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**Case Identifier:** 4776d70c-faf7-5a54-97d1-5b195e6b177e
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-05-29
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 29.05.2008 BO.2007.0211
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_BO-2007-0211_2008-05-29.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 29 mai 2008 

  
	
  Composition

  	
  M. Pascal Langone, président;  M. Guy Dutoit et M. François Gillard,
  assesseurs; Mme Christiane Schaffer, greffière.

  

 

	
  Recourant

  	
   

  	
  A.X.________, à 1********,
  représenté par Me Nicolas MATTENBERGER, avocat, à Vevey,  

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Office cantonal des bourses d'études
  et d'apprentissage (OCBEA), BAP, à Lausanne 

  

   

 

	
  Objet

  	
     Décision en matière
  d'aide aux études         

  
	
   

  	
  Recours A.X.________ c/ décision de l'Office cantonal des
  bourses d'études et d'apprentissage du 2 novembre 2007

  

 

Vu les faits suivants

A.                               
A.X.________, né le 1er septembre 1978, habite
son propre appartement de deux pièces à 1********. Ses parents sont divorcés.
Sa mère A.Y.________ s'est remariée avec B.Y.________ et le couple habite 2********.
Son père B.X.________,  remarié à Z.______ née A.________, habite 3********. 

En automne 1999, A.X.________ a entrepris des études
de lettres à l'Université de Lausanne qu'il a abandonnées après une année pour
des études de droit, toujours à Lausanne, auxquelles il a renoncé en 2002 pour
suivre les cours de l'Ecole supérieure de journalisme à Paris. Dès le mois de
mars 2006, il a occupé divers emplois temporaires, suivis d'une période de
chômage (avril 2004 à novembre 2005), avant d'être mis au bénéfice du revenu
d'insertion dès le mois de décembre 2005. Pour l'année 2005, la décision de
taxation du prénommé fait état d'un revenu net (ch. 650 de la déclaration
d'impôt) de 17'688 fr. et d'une fortune imposable de zéro franc. Pour la même
année 2005, la décision de taxation des époux Y.________-X.________ indique un
revenu net (ch. 650 de la déclaration d'impôt) de 161'408 fr. et une fortune
imposable de 374'000 fr. La notification de taxation pour l'impôt fédéral
direct des époux X.________-A.________, domiciliés dans le canton de Neuchâtel
(expédiée le 15 mars 2007 mais ne portant pas d'indication sur l'année de
référence) précise que le revenu net 1 (ch. 6.13 de la décision) se monte à
94'760 fr.

B.                              
Le 9 juillet 2007, A.X.________ a présenté une demande de
bourse d'études afin de suivre les cours de la Faculté de lettres de
l'Université de Fribourg, en vue de l'obtention d'un bachelor en lettres. Il a
notamment indiqué avoir travaillé dès le mois de juillet 2006 auprès du Centre B.________
de 4******** et de l'C.________, réalisant les gains suivants :

                                                     07.2006 480 fr.

                                                     09.2006 240
fr.

                                                     10.2006 160
fr. + 277.95 fr.

                                                     11.2006 375.80
fr.

                                                     12.2006 150.30
fr.

                                                     01.2007 720
fr.

                                                     02.2007 462.10
fr.

                                                     03.2007 770
fr.

                                                     04.2007 139.35
fr.

C.                              
 Par décision du 2 novembre 2007,
l'OCBEA a refusé l'octroi d'une bourse d'études à A.X.________ pour les motifs
suivants :

"-   La fréquentation de cette université élude
les exigences inhérentes à l'organisation, à la réglementation ou au programme
des études dans le canton de Vaud (LAE, art. 6, ch. 3, al. 2).

-     Vous n'avez pas exercé régulièrement une activité
lucrative dans le canton de Vaud 12 mois au moins avant le début des études
pour lesquelles vous demandez l'aide de l'Etat. Vous ne pouvez donc pas être
considéré(e) comme indépendant(e) (LAEF art. 12 ch. 2).

-     La capacité financière de votre famille dépasse
les normes fixées par le barème (LAE art. 14 et 16)."

La possibilité de demander l'octroi d'un prêt sans
intérêt d'un montant maximum de 42'240 fr. lui était offerte.

Par mail du 12 novembre 2007 à l'OCBEA, A.X.________
a expliqué qu'il était intéressé par un prêt, demandant quelles étaient les
démarches à entreprendre. L'OCBEA a demandé à l'intéressé par lettre du 14
novembre 2007 de signer une reconnaissance de dette annexée portant sur un prêt
de 10'560 fr. et de fournir une attestation de l'Université de Fribourg pour le
semestre d'hiver 2007-2008 

D.                              
 Le 23 novembre 2007, agissant par l'intermédiaire de son
conseil, A.X.________ a déféré la décision de l'OCBEA du 2 novembre 2007 auprès
du Tribunal administratif (depuis le 1er janvier 2008 la Cour de
droit administratif et public du Tribunal cantonal; CDAP) concluant à sa
réforme en ce sens qu'une bourse d'études lui soit accordée. Après avoir été
définitivement exmatriculé de l'Université de Lausanne, il avait suivi une
année de cours auprès d'une école de journalisme à Paris; toutes ces études
avaient été financées par ses parents. L'exmatriculation définitive devait être
reconnue comme une raison valable ouvrant le droit à une bourse d'études pour
un cursus suivi hors du canton. Si tel n'était pas le cas, on empêcherait toute
personne ayant abandonné ses études d'en reprendre de nouvelles quelques années
plus tard, après différentes expériences professionnelles et de vie. Le
recourant contestait en outre être dépendant de ses parents. Etant âgé de 29
ans, ses parents n'étaient plus tenus de lui apporter leur soutien financer,
devoir limité à vingt-cinq ans ou à la fin de la première formation. Il vivait
d'ailleurs de ses deniers, ayant exercé diverses activités professionnelles,
ses revenus étant complétés par le revenu d'insertion. 

Dans ses déterminations du 11 février 2008,
l'autorité intimée a conclu au rejet du recours, avec calcul détaillé à
l'appui.

Le conseil du recourant a produit des déterminations
complémentaires par courrier du 28 mars 2008.

Le tribunal a statué par voie de circulation.

Considérant en droit

1.                               
Toute personne remplissant les conditions fixées par la loi
sur l'aide aux études et à la formation professionnelle (LAEF; RSV 416.11) a
droit au soutien financier de l'Etat (art. 4 al. 1 LAEF). Ce soutien a un
caractère subsidiaire, puisqu'il est destiné à compléter celui de la famille,
au besoin à y suppléer (art. 2 al. 1 LAEF). Le législateur a voulu maintenir le
principe de la responsabilité première des parents.

a) Selon l'art. 14 al. 1 LAEF, la nécessité et la
mesure du soutien à accorder dépendent des moyens financiers dont le requérant
et ses père et mère (ou éventuellement d'autres personnes qui subviennent à son
entretien) disposent pour assumer les frais d'études, de formation et
d'entretien du requérant. L'art. 14 al. 2 LAEF précise que la capacité
financière du requérant lui-même est seule prise en considération si le
requérant majeur est financièrement indépendant. 

Est réputé financièrement indépendant le requérant
âgé de moins de 25 ans qui a exercé une activité lucrative continue, en
principe dix-huit mois immédiatement avant le début des études ou de la
formation pour lesquelles il demande l'aide de l'Etat (art. 12 ch. 2 al. 2
LAEF). Si le requérant est âgé de plus de 25 ans, il doit avoir exercé une
activité lucrative pendant douze mois en principe (art. 12 ch. 2 al. 3 LAEF).
Aux termes de l'art. 7 al. 3 RLAEF, le requérant majeur qui se prévaut de son
indépendance financière doit en apporter la preuve.

Selon le "Barème pour l'attribution des bourses
d'études et d'apprentissage" (ci-après : le barème) adopté par le Conseil
d’Etat le 30 mai 2007, la condition d' "activité lucrative" régulière
prévue par l'art. 12 LAEF pour qualifier le requérant de financièrement
indépendant est remplie lorsque (v. lettre C.1 du barème): 

•      pour le requérant majeur,
le salaire global de dix-huit mois doit s’élever à au moins 25’200 fr.;

•      pour le requérant âgé de
plus de 25 ans au début des études pour lesquelles il demande l'aide de l'Etat,
le salaire global de douze mois doit s'élever à au moins 16'800 fr.;

•      mais,
pour tous les indépendants, le salaire ne doit pas être inférieur mensuellement
à la valeur d’une demi bourse, soit 700 fr., en exerçant une activité lucrative
régulière et sans être en formation.

b) Il est rappelé qu'en matière de bourses d'études,
le législateur a maintenu le principe de la responsabilité première des
parents, responsabilité qui n'est limitée ni par l'âge (majorité ou 25 ans), ni
par la situation familiale du requérant (mariage, concubinage). En outre, la
notion d'indépendance financière définie dans la LAEF est propre au droit
public cantonal et ne se réfère pas à l'art. 277 al. 2 CC, disposition de droit
privé fédéral qui fonde l'obligation des parents à l'égard des enfants (v. TA
BO.2007.0077 du 22 octobre 2007 consid. 2b et les arrêts cités). Il convient
donc d'examiner si le recourant remplit les conditions de l'indépendance
financière telles qu'elles sont définies dans la LAEF. 

c) Le requérant étant âgé de 29 ans et demi, la
période pendant laquelle il doit avoir exercé une activité lucrative avant sa
demande est de douze mois (art. 12 ch. 2 LAEF et lettre C.1 du barème) et le
salaire réalisé durant cette période ne doit pas être inférieur à 16'800 fr.
(barème let. C.1).  Or, au cours des douze mois qui ont précédé sa demande de
bourse d'études, l'intéressé n'a exercé une activité lucrative que pendant neuf
mois et il a réalisé des revenus totalisant 3'775.50 fr., montant inférieur à
celui prévu par le barème. En outre, la moyenne du salaire est de 419.50 par
mois, si l'on ne prend en compte que les mois durant lesquels il a travaillé,
et elle est de 314.60 fr. par mois sur l'ensemble de la période de douze mois. Ces
montants sont inférieurs à la limite de 700 fr. par mois prévue par le barème. Il
n'est au surplus pas contesté que ces revenus n'ont pas permis d'assurer
l'entretien du recourant, qui a dû faire appel à l'aide de l'Etat et a été mis
au bénéfice du revenu d'insertion. A cet égard, le Tribunal administratif a
rappelé que  l'aide sociale - en l'espèce le revenu d'insertion - ne saurait
être ajoutée aux revenus réalisés durant la période précédant la demande de
bourse pour justifier l'indépendance financière prétendument acquise par
l'intéressé avant le début de sa formation (TA BO.2006.0090 du 1er
mars 2007 consid. 2 al. 2). Il apparaît donc clairement que les conditions de
l'indépendance financière ne sont pas remplies. 

2.                               
La nécessité et la mesure du soutien à accorder au
requérant dépendent des moyens financiers dont ses père et mère disposent pour
assumer ses frais d'études, de formation et d'entretien (art. 14 al. 1 LAEF). Les
critères pour déterminer la capacité financière du requérant et des personnes
qui subviennent à son entretien, ainsi que le coût de ses études, de même que
les conditions donnant droit à l'aide de l'Etat, sont énumérés aux art. 16 à 20
LAEF. 

a) L'art. 16 LAEF prévoit ce qui suit pour la
capacité financière :

"Entrent en ligne de compte pour l'évaluation de
la capacité financière :

1)  les charges, à savoir les dépenses d'entretien et
de logement;

2)  les ressources, à savoir :

a)  le revenu net admis par la Commission d'impôt;

b)  la fortune, dans la mesure où elle
dépasse le but d'une juste prévoyance et si, par son mode d'investissement, le
capital peut supporter, en faveur du recourant, des prélèvements qui ne portent
pas un préjudice sensible à l'activité économique de la famille;

c)   l'aide financière accordée par
toute institution publique ou privée, si ce subside est expressément destiné au
paiement des frais d'études tels qu'ils sont définis à l'art. 19 de la présente
loi".

Aux termes de l'art. 10 al. 1 du règlement du 21
février 1975 d'application de la LAEF, dans sa teneur en vigueur dès le 1er
août 2006 (RLAEF; RSV 416.11.1), le revenu est fixé de la manière suivante :

"Le revenu familial déterminant (capacité
financière) est constitué du code 650 de la décision de taxation définitive
relative à la période fiscale de référence. La période fiscale de référence est
celle qui précède l'année civile précédant la demande. A défaut, l'office
statue provisoirement sur la base de la dernière décision de taxation
disponible."

A l'art. 10b al. 1 RLAEF, il est précisé :

"L'Office procède à une évaluation du revenu
déterminant lorsque :

a)  la taxation fiscale admet un revenu net équivalent
à zéro ou

b)  le requérant indépendant diminue ou
cesse son activité lucrative dans le but de débuter une formation."

 b) L’art. 18 LAEF traite des charges et de la
manière de les calculer : 

"Les charges sont calculées selon un barème des charges
normales, compte tenu de la composition de la famille et du nombre et de l’âge
des enfants. Ce barème, établi et périodiquement adapté par la Commission
cantonale des bourses d’études, doit être approuvé par le Conseil d’Etat".

L'art. 8 al. 2 RLAEF précise qu'elles correspondent
aux frais mensuels minimum d'une famille pour l'alimentation, le loyer, les
services industriels, l'équipement, le ménage, l'habillement, les assurances,
le dentiste, les impôts, les loisirs et les frais divers. Elles tiennent compte
de la composition de la famille, du nombre et de l'âge des enfants. Elles
s’élèvent à : 

"Fr.
3'100.- pour deux parents

Fr.
2'500.- pour un parent

auxquels
s’ajoutent, par enfant à charge

Fr.
700.- pour un enfant mineur

Fr.
800.- pour un enfant majeur ».

La portée de l'art. 18 LAEF est précisée comme
suit : 

"Art. 11 RLAEF

L'insuffisance ou l'excédent du revenu familial, par
rapport aux charges normales, se répartit entre les membres de la famille, à
raison d'une part par parent, une part par enfant en scolarité obligatoire et
deux parts pour chaque enfant en formation.

 

Art. 11a RLAEF

1Si la part
de l'excédent du revenu familial afférente au requérant est égale ou supérieure
au coût des études, aucune allocation complémentaire n'est attribuée. 

2En cas
d'insuffisance de ce revenu, une allocation complémentaire est allouée pour
contribuer, en plus du coût des études, à couvrir des frais d'entretien du
requérant".

Les principes qui ont guidé le Conseil d'Etat lors
de l'adoption de ces dispositions réglementaires sont les suivants : 

"Le droit à une allocation dépend, toute autre
condition étant remplie, de la mesure dans laquelle le revenu des parents est
insuffisant pour supporter le coût des études. Il s'établit ensuite une
comparaison entre le revenu et les charges. Celles-ci se calculent à partir du
barème dit "des charges normales", sorte d'inventaire des dépenses
normales d'une famille disposant d'un revenu qui lui permet un niveau de vie à
mi-chemin entre la gêne et l'aisance. Il est (le barème) un instrument de
mesure qui permet de proportionner le soutien financier de l'Etat aux besoins
du requérant et à la situation de la famille (BGC printemps 1973 - septembre
1973, p. 1240)".

Cette réglementation tient compte des dépenses
normales forfaitaires d'une famille, indépendamment des charges réelles et de
la situation financière effective de la famille. Ainsi, les éléments à prendre
en compte dans le calcul de l'allocation d'une bourse sont préétablis et ils ne
peuvent être modifiés en fonction des circonstances particulières de la
famille.

c) Aux termes de l'art. 19 LAEF, pour le calcul du
coût des études, sont prises en considération toutes les dépenses qu'elles
nécessitent, y compris celles qui résultent de la distance entre le domicile et
le lieu des études. L'art. 12 RLAEF est libellé comme suit :

"1 Les éléments
constituant le coût des études sont :

a.   les écolages et les diverses taxes scolaires;

b.   les fournitures (manuels, instruments, matériel)
indispensables à la poursuite normale des études;

c.   les vêtements de travail spéciaux;

d.   les frais de déplacement du domicile au lieu de
travail ou d'études et vice versa ou, le cas échéant, les frais de logement
hors de la famille;

e.   les frais de repas si la distance entre le
domicile et le lieu de travail ou d'études ou les exigences des horaires le
justifient.

2 Les frais
mentionnés à la lettre a sont comptés dans le coût des études selon les tarifs
des établissements de formation.

3 Les frais
mentionnés aux lettres b) à e) font l'objet d'un forfait selon barème du
Conseil d'Etat. Ils sont comptés pour onze mois pour les apprentissages et dix
mois pour les gymnases, écoles assimilées et Hautes Ecoles, à l'exception des
frais de logement qui sont comptés pour douze mois."

Le "Barème et directives pour l'attribution des
bourses d'études et d'apprentissage" du 30 mai 2007 (ci-après : le
barème), précise notamment ce qui suit pour le coût des études :

"Déplacements

Fr. 550..-- pour ceux qui utilisent seulement les
transports urbains (bus, TSOL)

(...)

Repas de midi

Si l'horaire ne permet pas au requérant de rentrer à
son domicile à midi, l'Office fait entrer dans les coûts des études une
participation aux frais de repas de Fr. 10.-- par jour, maximum Fr. 200.-- par
mois.

(...)                 

d) Le soutien de l’Etat est accordé quand les
charges, augmentées du coût des études du requérant, excèdent le revenu (art.
20 LAEF).

Sans doute la loi présente-t-elle dans la définition
des conditions financières donnant droit à la bourse un certain schématisme,
mais le tribunal ne peut que s’y conformer (cf. arrêt TA BO.2005.0010 du 19 mai
2005; voir aussi Luc Recordon, Tâches de l’Etat et des communes, L’enseignement
et la formation, in La Constitution vaudoise du 14 avril 2003, édité par Pierre
Moor, p. 152-153).

3.                               
a) Le coût des études retenu par l'autorité intimée est de
5'595 fr. (soit 2'810 fr. pour la formation proprement dite, 2'200 fr. pour les
frais de repas pris hors du domicile et 585 fr. pour les frais de transport),
montant qui n'est pas contesté par le recourant.

b) La famille du requérant est composée de sa mère
et de son beau-père, de son père et de sa belle-mère. Un seul de ses frères et
soeur, C.X.________ né le 1er avril 1992 en apprentissage, est
encore à la charge de ses parents. Les charges mensuelles s'élèvent par
conséquent à 7'700 fr. (3'100 fr. pour chacun des couples, respectivement 6'200
fr. auxquels s'ajoutent 700 fr. pour l'enfant mineur C.X.________ et 800 fr.
pour le requérant majeur).

c) Pour l'année de référence 2005, les ressources de
la famille comprennent le revenu net (ch. 650 de la déclaration d'impôt) du
couple Y.________-X.________ à hauteur de 161'408 fr. et apparemment celui du
couple X.________-A.________ de 94'760 fr. (ch. 6.13 de la taxation
neuchâteloise), soit au total 256'168 fr. A ces revenus, peut s'ajouter une
part de la fortune des parents (art. 10 al. 2 RLAEF), selon des normes définies
dans le barème (let. A.2). En l'espèce toutefois, comme le montrent les calculs
ci-après, le montant des revenus suffit à lui seul à exclure l'octroi d'une
aide. Les ressources annuelles de la famille se montent à 256'168 fr., respectivement
à 21'347 fr. par mois, dont il convient de déduire les charges - 7'700 fr.
(let. b supra) - ce qui laisse un excédent mensuel de 13'647 fr. à répartir
entre les membres de la famille, étant rappelé que ce montant ne tient pas
compte de la fortune des parents du requérant. 

La répartition se fait en huit parts, conformément à
l'art. 11 RLAEF (1 part pour chacun des 4 adultes, 2 parts pour chacun des deux
enfants en formation). La famille peut par conséquent affecter au financement
des études du requérant un montant mensuel arrondi de 3'411 fr. ([13'647 : 8] x
2), soit 40'932 fr. par an. Le montant annuel des frais d'études à hauteur de 5'595
fr. est donc plus que largement couvert par l'excédent familial. Le requérant
n'a par conséquent pas droit à une bourse.

4.                               
Au surplus, même dans l'hypothèse où les revenus de la
famille du recourant auraient été insuffisants pour couvrir ses frais d'études,
l'octroi d'une bourse aurait dû être refusé pour les motifs suivants.

a) Le soutien financier de l'Etat n'est en principe
octroyé qu'aux étudiants et élèves fréquentant des écoles dans le canton de
Vaud (art. 6 ch. 1 LAEF). Il peut être accordé aux élèves, étudiants et
apprentis fréquentant des établissements d'instruction hors du canton de Vaud
pour des raisons reconnues valables, telles que la proximité géographique ou la
possibilité d'y obtenir une formation ou un titre professionnel pour lesquels
le canton de Vaud ne possède pas d'école appropriée (art. 6 ch. 3 al. 1 LAEF).
Aucune aide ne sera toutefois allouée si la fréquentation d'une école hors du
canton est motivée par l'intention d'éluder les exigences inhérentes à
l'organisation ou à la réglementation ou au programme des études dans le canton
de Vaud (art. 6 ch. 3 al. 2 LAEF). L'art. 3 al. 1 let. a et b RLAEF précise que
sont reconnues comme raisons valables pour la fréquentation d'un établissement
d'instruction sis hors du canton de Vaud, la proximité d'un établissement sis
dans un autre canton si elle est propre à diminuer sensiblement le coût des
études (let. a) et l'impossibilité d'obtenir dans le canton, faute d'école
appropriée ou à cause du manque de place, le titre de formation professionnelle
ou universitaire désiré (let. b). En octroyant des subsides en priorité aux
étudiants des établissements d'instruction du canton, le législateur vaudois a
voulu imposer aux bénéficiaires de ce soutien qu'ils se plient aux conditions
en vigueur dans le canton de Vaud : la loi, qui consacre le caractère tout à
fait exceptionnel du subventionnement des études hors du canton de Vaud,
garantit ainsi le libre choix de la formation, mais non pas celui du lieu où
cette formation peut s'acquérir (cf. notamment ATF du 9 août 1999 dans la cause
1P.323/1999, cons. 5b, et la référence citée).  A plusieurs reprises, le
Tribunal administratif, dès le 1er janvier 2008 la Cour de droit
administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP), a jugé que l'étudiant qui
avait subi un échec définitif auprès d'une faculté de l'Université de Lausanne
ne pouvait pas obtenir une bourse pour poursuivre ses études auprès d'une
université hors du canton de Vaud (v. notamment BO.2006.0030 du 4 juillet 2006
et BO.2007.0200 du 5 février 2008).

b) Le requérant a suivi des études auprès de la
Faculté des lettres de l'Université de Lausanne, qu'il a abandonnées après un
an. Il a ensuite suivi trois semestres à la Faculté de droit, toujours à
l'Université de Lausanne, études qu'il a abandonnées avec un échec aux examens
de 1ère année. Il a été définitivement exmatriculé de l'Université
de Lausanne. Il a ensuite opté pour une école de journalisme à Paris, avant de
revenir à 1********. En septembre 2007, il a repris des études auprès de la
Faculté des lettres de l'Université de Fribourg, pour lesquelles il sollicite
l'aide de l'Etat. Il n'est pas contesté que le choix de cette université a été
dicté par l'impossibilité de poursuivre un cursus universitaire à Lausanne. Or,
au même titre que l'échec,  l'exmatriculation définitive, dont le recourant se
prévaut et dont il porte l'entière responsabilité, ne saurait être considérée
comme une "raison reconnue valable" au sens de l'art. 6 ch. 3 al. 1
LAEF qui ouvrirait un droit à une bourse d'études pour la poursuite d'un cursus
auprès d'une université dans un autre canton. La décision querellée doit par
conséquent être également confirmée sur ce point.

5.                               
Il résulte des considérants qui précèdent que le recours
est rejeté, la décision de l'autorité intimée étant confirmée. Vu l'issue du
pourvoi, un émolument de justice est mis à la charge du recourant, qui, bien
qu'assisté d'un avocat, n'a pas droit à l'allocation  de dépens.

  

 

 

Par
ces motifs

la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

I.                                  
Le recours est rejeté.  

II.                                
La décision de l'Office cantonal des bourses d'études et
d'apprentissage (OCBEA) du 2 novembre 2007 est confirmée.

III.                               
Un émolument de justice de 100 (cent) francs est mis à la
charge du recourant A.X.________.

IV.                             
Il n'est pas alloué de dépens.

Lausanne, le 29 mai 2008

 

Le président:                                                                                             La
greffière:

                                                                                                                  

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de
l'avis d'envoi ci-joint.

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa
notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le recours en matière de droit
public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur
le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours constitutionnel subsidiaire
à celles des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans
une langue officielle, indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de
preuve, et être signé. Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte
attaqué viole le droit. Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent
être jointes au mémoire, pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il
en va de même de la décision attaquée.