# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 8b176767-5c52-5a68-a96a-6d454ae3eea6
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours civile HC / 2022 / 1023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_010_HC---2022---1023_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

JJ22.034470-221582

288 

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS CIVILE

_________________________________________

Arrêt du
12 décembre 2022

__________________

Composition
:               M.             
pellet,
président

             
              M.             
Winzap  et  Mme Courbat 

Greffière
:              Mme             
Juillerat Riedi

 

 

*****

 

 

Art.
207 al. 1 let. c CPC

 

 

             
Statuant à huis clos sur le recours interjeté par 
A.D.________,
à Genève, demandeur, contre l’autorisation de procéder délivrée le 2 novembre
2022 par la Juge de paix du district de Morges  dans la cause divisant le recourant d’avec 
B.D.________,
à Morges, défenderesse, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal considère :

             
En fait :

 

A.             
Le 2 novembre 2022, la Juge de paix du district de Morges (ci-après : le premier juge) a délivré
une autorisation de procéder dans la cause introduite le 23 août 2022 par A.D.________ contre
B.D.________ et a mis les frais judiciaires, arrêtés à 210 fr., à la charge du demandeur.
 

 

             
En droit, le premier juge a délivré une autorisation de procéder en application de l’art.
209 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS 272) et a mis les frais à
la charge du demandeur conformément à l’art. 207 al. 1 let. c CPC, tout en
réservant l’art. 207 al. 2 CPC.

B.             
Par acte du 6 décembre 2022, A.D.________
(ci-après : le recourant) a interjeté recours contre l’autorisation de procéder
précitée, en concluant à ce que les frais judiciaires ne soient pas mis à sa charge.

 

C.             
La Chambre des recours civile fait sien dans son entier l'état de fait de la décision, complété
par les pièces du dossier, dont il ressort notamment ce qui suit :

1.             
Le 23 août 2022, le recourant a déposé
devant le premier juge une requête de conciliation dans laquelle il concluait à ce que B.D.________
soit condamnée à lui verser le montant de 3'240 fr., avec intérêts à 5% l’an
dès le 15 août 2022. 

 

2.             
La conciliation, qui s’est tenue devant le premier juge le 2 novembre 2022 en présence des
deux parties, n’a pas abouti. 

 

 

             
En droit
:

 

1.

1.1             
L’art. 110 CPC ouvre la voie du recours
séparé de l’art. 319 let. b ch. 1 CPC contre les décisions sur les frais, lesquels
comprennent les frais judiciaires et les dépens (art. 95 al. 1 CPC). Les frais fixés par l’autorité
de conciliation peuvent ainsi faire l’objet d’un recours à la cour cantonale (ATF 140
III 227 consid. 3.1 ; TF 4A_387/2013 du 17 février 2014 consid. 3.2, non publié
à l'ATF 140 III 70), même si l'autorisation
de procéder ne constitue pas une décision et qu'aucune voie de droit n'est ouverte à son
encontre (ATF 140 III 227 consid. 3.1 ; ATF 139 III 273 consid. 2.3 et les références
citées ; CREC 21 mars 2017/115 et les réf. citées).

 

             
Le recours doit être déposé auprès de la Chambre des recours civile, dont la compétence
découle de l’art. 73 LOJV (loi d’organisation judiciaire du 12 décembre 1979
; BLV 173.01). S’agissant du délai de recours, celui-ci est déterminé par la procédure
applicable au litige au fond, eu égard au caractère accessoire des frais judiciaires (ATF 134
I 159 consid. 1.1). Dès lors que le litige au fond est soumis à la procédure ordinaire
(art. 219 ss CPC), le délai de recours est en l’espèce de 30 jours (art. 321 al. 1 CPC).

 

1.2             
Déposé en temps utile (art. 321 al. 1 CPC) par une partie qui a un intérêt digne
de protection (art. 59 al. 2 let. a CPC), le recours, écrit et motivé, est recevable.

 

2.             
Le recours est recevable pour violation du droit
(art. 320 let. a CPC) et constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 let. b CPC). L’autorité
de recours dispose d’un plein pouvoir d’examen s’agissant de la violation du droit
(Jeandin, Commentaire romand, Code de procédure civile, 2e
éd., Bâle 2019 [cité ci-après : CR CPC], nn. 2 et 3 ad art. 320 CPC ; Spühler,
Basler Kommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung [ZPO], 3e
éd., Bâle 2017, n. 26 ad art. 319 CPC) ; elle revoit librement les questions de droit soulevées
par le recourant et peut substituer ses propres motifs à ceux de l’autorité précédente
ou du recourant (Spühler, op. cit., n. 1 ad art. 320 CPC ; Hohl, Procédure civile, tome II,
2e
éd., Berne 2010, n. 2508 p. 452). S’agissant des faits, toutefois, le pouvoir d’examen
dont dispose l’autorité saisie d’un recours est plus restreint qu’en appel, le
grief de la constatation manifestement inexacte des faits se recoupant avec celui de l’arbitraire
au sens de l’art. 9 de la Constitution fédérale (Jeandin, op. cit., nn. 4 et 5 ad art.
320 CPC et les références citées). Le pouvoir d’examen de la Chambre des recours
est donc limité à l’arbitraire s’agissant des faits retenus par l’autorité
précédente (TF 4D_30/2017 du 5 décembre 2017 consid. 2.2 et les références citées)

 

             
Les conclusions, les allégations de fait et les preuves nouvelles sont irrecevables en procédure
de recours (art. 326 al. 1 CPC).

 

3.

3.1             
Le recourant soutient que les frais de la procédure de conciliation ne devraient pas être mis
à sa charge. Il fait état de son litige personnel avec l’intimée, qui n’est
autre que sa sœur, et des motifs qui l’auraient conduit à ne pas déposer une action
au fond, en particulier le fait que l’intimée aurait accepté le compromis qu’il
avait proposé au cours de l’audience de conciliation.

 

3.2             
Aux termes de l'art. 207 al. 1 let. c CPC, les frais de la procédure de conciliation sont mis à
la charge du demandeur lorsqu’une autorisation de procéder est délivrée. La teneur
de cette disposition ne laisse pas de marge d’appréciation et impose de mettre les frais
de la procédure de conciliation à la charge du demandeur, sous réserve de l’art.
207 al. 2 CPC, en cas de dépôt d’une demande, ce qui signifie que le demandeur pourra
en obtenir le cas échéant le remboursement dans le cadre des dépens alloués en cas
de gain du procès (Tappy, Commentaire romand, CPC, 2e
éd., 2018, n. 11 ad art. 95 CPC). Il importe peu que l’intimé ait refusé un arrangement
à l’amiable ou qu’une proposition de jugement mettant les frais à la charge de
l’intimé ait été émise (CREC 6 juillet 2017/241).

 

3.3             
En l’espèce, la teneur de l'art. 207 al. 1 let. c CPC est claire et il ne fait nul doute que
le recourant – demandeur dans la procédure de conciliation – supporte, à ce stade,
la charge des frais de conciliation. C’est donc à juste titre que le premier juge a mis les
frais de cette procédure de conciliation à la charge du recourant. Cela est d’autant
plus justifié ici que le recourant déclare qu’il ne déposera pas de demande au fond,
peu importe les motifs qui ont conduit celui-ci à renoncer à son action. Au surplus, le recourant
ne conteste pas la quotité des frais judiciaires.

             

4.

4.1             
Pour ces motifs, le recours, manifestement mal fondé, doit être rejeté (art. 322 al. 1
in fine CPC).

 

4.2             
Le présent arrêt peut être rendu sans frais judiciaires de deuxième instance (cf.
art. 10 et 11 TFJC [tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre 2010 ; BLV 270.11.5]).

 

4.3             
L'intimée n'ayant pas été invitée
à se déterminer, il n'y a pas lieu de lui allouer de dépens (art. 322 al. 1 in
fine CPC). 

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours civile du Tribunal cantonal,

en
application de l'art. 322 al. 1 CPC,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
La décision est confirmée. 

 

             
III.             
L’arrêt, rendu sans frais, est exécutoire.

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

Du

 

             
  L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à
huis clos, est notifié à :

 

‑             
M. A.D.________

-                                     
Mme B.D.________.

 

             
La Chambre des recours civile considère que la valeur litigieuse est inférieure à 30'000 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral ;
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme la Juge de paix du district de Morges.

 

             
La greffière :