# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f456ad97-7a8c-5a8d-b88b-6a941e6cd8fe
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-04-15
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 15.04.2013 P/14987/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-14987-2011_2013-04-15.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties et à l'autorité inférieure en date du 17 avril 2013. 

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/14987/2011 AARP/171/2013 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 15 avril 2013 

 

Entre 

 

X______, prévenu, comparant par Me Giorgio CAMPA, avocat, 2, rue Saint-Laurent, 1207 

Genève, 

 

appelant, 

 

contre le jugement JTCO/181/2012 du 17 décembre 2012 rendu par le Tribunal 

correctionnel, 

 

Et 

 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6b, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565 - 1211 Genève 3, 

 

intimé.

- 2/9 - 

P/14987/2011 

 

EN FAIT : 

A. a. Par courrier du 24 décembre 2012, X______ a annoncé appeler du jugement rendu 
le 17 décembre 2012 par le Tribunal correctionnel, notifié le 5 février 2013 dans sa 
version motivée, par lequel le tribunal de première instance l'a reconnu coupable de 
vol et tentative de vol par métier (art. 139 ch. 1 et 2 du Code pénal suisse du 21 
décembre 1937 [CP ; RS 311.0]), de dommages à la propriété (art. 144 CP), de 
violations de domicile (art. 186 CP), d’infraction à l’art. 115 al. 1 let. b de la loi 
fédérale sur les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr ; RS 142.20) et d’infraction à 
l’art. 19a al. 1 de la loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes du 
3 octobre 1951 (LStup ; RS 812.121), l'a acquitté de trois infractions [chiffres I 19, 
III 18 (page 14) et III 18 (page 19) de l’acte d’accusation], d'autres infractions 
[chiffres III 9 (page 12) et III 9 (page 17)] étant classées, l'a condamné à une peine 
privative de liberté de trois ans, sous déduction de 386 jours de détention subie avant 
jugement, partiellement complémentaire à celles prononcées les 8 et 21 septembre 
2011, son maintien en détention de sûreté étant encore ordonné, et l'a enfin 
condamné aux frais de la procédure par CHF 9'727.05, comprenant un émolument de 
jugement de CHF 2'000.-. 

 b. Par acte du 8 février 2013, X______ a formé la déclaration d'appel prévue à l'art. 
399 al. 3 du Code de procédure pénale du 5 octobre 2007 (CPP ; RS 312.0). Il 
conclut à l’octroi du sursis partiel, la partie ferme de la peine à exécuter devant être 
compensée par la détention subie avant jugement. 

B. Les faits pertinents pour l'issue du litige sont les suivants : 

 a. X______ a commis une vingtaine de cambriolages entre le 9 septembre et le 27 
novembre 2011 dans le canton de Genève, mais également dans le canton de Vaud. Il 
a dérobé principalement des espèces, des bijoux et du matériel informatique et 
électronique. 

 Il a par ailleurs séjourné en Suisse sans titre de séjour valable et consommé des 
stupéfiants. 

 Ces faits ne sont pas contestés. 

 b. X______ a été interpellé le 28 novembre 2011 grâce aux éléments matériels 
(traces ADN, empreintes d'oreilles et de semelles) recueillis par la police sur les lieux 
de ses méfaits.  

 Il a d'emblée admis les faits qui lui étaient reprochés et s'est spontanément dénoncé 
s'agissant de deux cas genevois non élucidés et des cambriolages commis dans le 
canton de Vaud. 

 Tant à la police que devant le Ministère public, il a expliqué qu'il agissait parfois seul 
ou avec des comparses. Il avait appris en Géorgie à arracher les cylindres des portes 

- 3/9 - 

P/14987/2011 

palières et avait commencé à cambrioler dès son arrivée à Genève, car il n'avait 
aucune ressource financière. Il était en outre toxicomane, dépendant à la cocaïne et à 
l'héroïne, qu'il s'injectait. Le butin de ses délits lui permettait d'assurer sa 
consommation journalière en drogue, dont le coût s'élevait à CHF 300.- environ, 
ainsi que ses besoins courants. Il envoyait en outre de l'argent dans différents pays en 
vue de solder ses dettes. Depuis son incarcération, il ne se droguait plus et prenait un 
traitement de substitution à la méthadone.  

 c. Lors de l'audience de jugement, il a confirmé ses déclarations et admis l'ensemble 
des faits qui lui étaient reprochés à l'exception de deux cambriolages dont il ne se 
rappelait pas. A l'époque des faits, il était prêt à tout pour assouvir sa consommation 
de drogue. Il n'avait agi que dans cette optique. Il ne cambriolait que des 
appartements vides et s'en assurait avant d'entrer. S'il se rendait compte qu'il y avait 
quelqu'un dans l'appartement, il prenait immédiatement la fuite. Il s'emparait de tout 
ce qu'il pouvait vendre ou échanger le jour même contre de la drogue. Quelques 
heures lui suffisaient pour se procurer la drogue dont il avait besoin, qu'il 
consommait à raison de deux ou trois grammes par jour. Il présentait ses excuses aux 
parties plaignantes et leur demandait de lui pardonner. Il ne consommait plus ni 
drogue ni méthadone depuis environ 6 mois et souhaitait seulement pouvoir rentrer 
chez lui auprès de sa famille à sa sortie de prison. 

C. a. Dans sa déclaration d'appel, X______ conteste le jugement entrepris en tant qu'il 
l'a condamné à une peine privative de liberté de 3 ans ferme. Il ne sollicite aucune 
réquisition de preuve. 

 b. Dans ses observations du 8 mars 2013, le Ministère public ne formule pas de 
demande de non-entrée en matière, ne forme pas d’appel joint, s’en rapporte à 
l’appréciation de la Chambre de céans s’agissant de la recevabilité de l’appel, conclut 
à son rejet, faisant siens les motifs retenus par les premiers juges, et ne requiert pas 
des preuves nouvelles. 

 c. Les parties plaignantes n’ont pas présenté d’observations ni formé d’appels joints. 

 d.a Le 21 mars 2013, la Chambre de céans a ordonné l'ouverture d'une procédure 
orale.  

 d.b Devant la Chambre pénale d'appel et de révision, X______ a persisté dans ses 
conclusions telles qu'elles résultent de sa déclaration d'appel et confirmé ses 
précédentes déclarations s'agissant de sa situation personnelle. Interpellé sur ses 
antécédents en Italie, il a expliqué y avoir été injustement condamné à une peine 
d'emprisonnement de 12 mois pour un vol qu'il n'avait pas commis. Il ne savait 
toutefois pas dans quel contexte il avait été détenu par les autorités italiennes, ni pour 
quelle raison son casier judiciaire italien ne mentionnait aucune condamnation.  

 Avant son incarcération, il consommait de l'héroïne à raison d'un gramme par jour 
environ, 2 grammes lui suffisant pour deux jours ou à défaut 20 milligrammes de 
méthadone. Il avait besoin de renouveler sa consommation tous les deux jours. Il 

- 4/9 - 

P/14987/2011 

avait commencé par fumer et sniffer l'héroïne, puis par se l'injecter. Il était content 
d'avoir été arrêté, car depuis son incarcération, il ne consommait plus aucun 
stupéfiant, ne prenant dorénavant même plus de la méthadone, et avait même arrêté 
de fumer des cigarettes.  

 Par correspondance, sa famille lui avait assuré qu'en raison des récents 
développements politiques dans son pays, il serait en mesure de trouver un emploi 
auprès d'une usine métallurgique, récemment réaffectée suite à la chute de l'ancien 
régime, s'il rentrait dans son pays. Sa mère, son père et son frère aîné travaillaient 
auprès de cette usine, sa mère y exerçant la profession de comptable et son père celle 
d'ouvrier. A sa sortie de prison, il souhaitait ainsi retourner en Géorgie pour y vivre 
honnêtement et fonder une famille. Durant son incarcération, il avait eu le temps de 
réfléchir sur les erreurs commises et était conscient qu'il aurait pu mal finir s'il avait 
persisté dans la voie de la délinquance. En définitive, son interpellation avait été un 
bienfait, même si la vie en prison n'était pas facile. 

 d.c Par la voix de son conseil, X______ fait grief au Tribunal correctionnel d'avoir 
fait preuve d'une sévérité excessive à son encontre et d'avoir omis de prendre en 
considération son excellente collaboration à la procédure, sa consommation de 
stupéfiants à l'époque des faits et sa prise de conscience consécutive aux 16 mois de 
détention qu'il venait de subir. Ses antécédents ne sont en outre pas de nature à 
fonder un pronostic défavorable. Il conclut, principalement, au prononcé d'une peine 
privative de liberté assortie du sursis partiel même avec un quantum de 36 mois, la 
peine ferme devant être compensée avec la détention préventive et, subsidiairement, 
au prononcé d'une peine inférieure, toujours avec la compensation de la détention 
subie avant jugement.  

 d.d Le Ministère public conclut à la confirmation du jugement attaqué, à savoir au 
prononcé d'une peine de 36 mois sans sursis. 

D. X______ est né le ______1989 en Géorgie où il a vécu jusqu'à l'âge de 19 ans. Il est 
célibataire, sans enfant, sans domicile fixe et ne perçoit aucun revenu. Il a vécu 8 
mois en Italie avant d'arriver en Suisse, plus précisément à Genève, au mois de 
______2011. Ne bénéficiant d'aucune formation professionnelle, il n'a jamais 
travaillé. 

 Il a déjà été condamné par le Ministère public du canton de Genève : 

- le 20 juillet 2011, pour séjour illégal, à une peine pécuniaire de 30 jours-amende, 
sursis révoqué le 8 septembre 2011 ; 

- le 30 août 2011, pour séjour illégal, à une peine pécuniaire de 10 jours-amende 
avec sursis (peine complémentaire au jugement du 20.07.2011) ;  

- le 8 septembre 2011, pour vol, tentative de vol, dommages à la propriété et séjour 
illégal, à une peine privative de liberté de 2 mois (peine d'ensemble avec le 
jugement du 20.07.2011) ; 

- 5/9 - 

P/14987/2011 

- le 21 septembre 2011, pour violation de domicile, entrée et séjour illégaux, à une 
peine privative de liberté de 30 jours.  

 Son extrait de casier judiciaire italien est vierge. 

EN DROIT : 

1. L'appel est recevable pour avoir été interjeté et motivé selon la forme et dans les 
délais prescrits (art. 398 et 399 CPP). 

 La partie qui attaque seulement certaines parties du jugement est tenue d'indiquer 
dans la déclaration d'appel, de manière définitive, sur quelles parties porte l'appel, à 
savoir (art. 399 al. 4 CPP) : la question de la culpabilité, le cas échéant en rapport 
avec chacun des actes (let. a) ; la quotité de la peine (let. b) ; les mesures qui ont été 
ordonnées (let. c) ; les prétentions civiles ou certaines d'entre elles (let. d) ; les 
conséquences accessoires du jugement (let. e) ; les frais, les indemnités et la 
réparation du tort moral (let. f) ; les décisions judiciaires ultérieures (let. g). 

 La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel (art. 404 
al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP). 

2. 2.1.1 Selon l'art. 47 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabilité de l'auteur. Il prend 
en considération les antécédents et la situation personnelle de ce dernier ainsi que 
l'effet de la peine sur son avenir (al. 1). La culpabilité est déterminée par la gravité de 
la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, par le caractère 
répréhensible de l'acte, par les motivations et les buts de l'auteur et par la mesure 
dans laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, compte tenu de 
sa situation personnelle et des circonstances extérieures (al. 2). Comme sous l'ancien 
droit, le facteur essentiel est celui de la faute.  

 La culpabilité de l'auteur doit être évaluée en fonction de tous les éléments objectifs 
pertinents, qui ont trait à l'acte lui-même, à savoir notamment la gravité de la lésion, 
le caractère répréhensible de l'acte et son mode d'exécution. Du point de vue 
subjectif, sont pris en compte l'intensité de la volonté délictuelle ainsi que les 
motivations et les buts de l'auteur. A ces composantes de la culpabilité, il faut ajouter 
les facteurs liés à l'auteur lui-même, à savoir les antécédents (judiciaires et non 
judiciaires), la réputation, la situation personnelle (état de santé, âge, obligations 
familiales, situation professionnelle, risque de récidive, etc.), la vulnérabilité face à la 
peine, de même que le comportement après l'acte et au cours de la procédure pénale 
(ATF 134 IV 17 consid. 2.1; 129 IV 6 consid. 6.1). 

 2.1.2 D'après l'art. 49 al. 1 CP, si, en raison d'un ou de plusieurs actes, l'auteur 
remplit les conditions de plusieurs peines de même genre, le juge le condamne à la 
peine de l'infraction la plus grave et l'augmente dans une juste proportion. Il ne peut 
toutefois excéder de plus de la moitié le maximum de la peine prévue pour cette 
infraction.  

- 6/9 - 

P/14987/2011 

 Lorsque le juge est en présence de deux infractions dont l'une a été commise avant 
une précédente condamnation et l'autre après celle-ci, il faut d'abord déterminer 
l'infraction pour laquelle la loi prévoit la peine la plus grave, puis évaluer la sanction 
qu'elle mérite dans le cas concret. Il faut ensuite l'augmenter en fonction de la peine 
évaluée pour l'autre infraction à juger. L'élément de la peine d'ensemble relatif à 
l'acte en concours rétrospectif sera déterminé comme une peine additionnelle. Cette 
méthode permet d'appliquer l'art. 49 al. 1 CP sans négliger l'art. 49 al. 2 CP (arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_28/2008 du 10 avril 2008 consid. 3.3.2 avec référence aux ATF 
127 IV 106 consid. 2 p. 107 ; 116 IV 14 consid. 2b p. 17). Cela ne vaut toutefois que 
pour les sanctions du même genre et il est par conséquent exclu de prononcer une 
peine privative de liberté, à titre de peine complémentaire, à une sanction pécuniaire 
ordonnée précédemment (ATF 137 IV 57 consid. 4.3). 

 2.1.3 Sur le plan objectif, seules les peines de six mois à deux ans peuvent être 
assorties du sursis complet (cf. art. 42 al. 1 CP), alors que le sursis partiel peut être 
accordé aux peines allant de un an à trois ans en vertu de l'art. 43 al. 1 CP. 

 Les conditions subjectives permettant l’octroi du sursis au sens de l’art. 42 CP 
s’appliquent également à l’octroi du sursis partiel (ATF 134 IV 1 consid. 5.3.1 p. 10). 
Il en va ainsi des perspectives d’amendement. Lorsque le pronostic quant au 
comportement futur de l’auteur n’est pas défavorable, la loi exige que l’exécution de 
la peine soit au moins partiellement suspendue. En revanche, un pronostic 
défavorable exclut également le sursis partiel. S’il n'existe aucune perspective que 
l’auteur puisse être influencé de quelque manière que ce soit par le sursis complet ou 
partiel, la peine doit être entièrement exécutée (ATF 134 IV 1 consid. 5.3.1 p. 10; 
arrêt du Tribunal fédéral 6B_717/2011 du 17 janvier 2012 consid. 2). Il en va de 
même des conditions posées à l’art. 42 al. 2 CP. L’octroi d’un sursis partiel est dès 
lors exclu si, durant les cinq ans qui précèdent l’infraction, l’auteur a été condamné à 
une peine privative de liberté ferme ou avec sursis de six mois au moins ou à une 
peine pécuniaire de cent quatre-vingts jours-amende au moins, sauf s’il justifie de 
circonstances particulièrement favorables (arrêt du Tribunal fédéral 6B_492/2008 du 
19 mai 2009 consid. 3.1.2), c’est-à-dire de circonstances propres à renverser la 
présomption de pronostic négatif attachée à un tel antécédent. 

 Le nouveau droit pose des exigences moins élevées quant au pronostic pour l'octroi 
du sursis. Auparavant, il fallait que le pronostic soit favorable. Désormais, il suffit 
qu'il n'y ait pas de pronostic défavorable. Le sursis est désormais la règle dont on ne 
peut s'écarter qu'en présence d'un pronostic défavorable. Il prime en cas d'incertitude 
(cf. ATF 134 IV 1 consid. 4.2.2 p. 5s). Le pronostic doit être posé selon les mêmes 
critères que sous l'ancien droit. 

 2.1.4 Lorsque la fixation de la peine (résultant de l'appréciation de toutes les 
circonstances essentielles, dont l'effet de la sanction et de son exécution sur l'avenir 
de l'auteur) conduit au prononcé d'une peine privative de liberté – qui se situe dans 
les limites légales du sursis ou du sursis partiel – le juge doit se demander si en 
prononçant une sanction inférieure ou égale à cette limite, il demeure dans son 

- 7/9 - 

P/14987/2011 

pouvoir d'appréciation. Dans l'affirmative, il doit s'en tenir à cette quotité. Dans la 
négative, il peut prononcer une peine privative de liberté dépassant même légèrement 
la limite légale. Il n'est plus possible de relativiser la nouvelle limite légale par une 
interprétation de la loi. A cet égard, la pratique découlant de l'ATF 118 IV 337 
consid. 2c p. 339-340 n'a plus sa place dans le nouveau droit. Dans tous les cas, le 
juge doit expressément motiver sa décision sur ce point (ATF 134 IV 17 consid. 3 p. 
22 ss).  

 2.1.5 Aux termes de l'art. 44 al. 1 CP, si le juge suspend totalement ou partiellement 
l'exécution d'une peine, il impartit au condamné un délai d'épreuve de deux à cinq 
ans. Dans le cadre ainsi fixé par la loi, la durée du délai d'épreuve est à déterminer en 
fonction des circonstances du cas, en particulier selon la personnalité et le caractère 
du condamné, ainsi que du risque de récidive. Plus celui-ci est important, plus long 
doit être le délai d'épreuve et la pression qu'il exerce sur le condamné pour qu'il 
renonce à commettre de nouvelles infractions (ATF 95 IV 121 consid. 1). La durée 
doit être déterminée de manière à offrir la plus grande probabilité que le condamné 
ne récidivera pas (arrêt du Tribunal fédéral 6B_16/2009 du 14 avril 2009 consid. 2). 

 2.2 En l'espèce, l'appelant ne peut se prévaloir d'aucune circonstance atténuante au 
sens de l'art. 48 CP et il y a concours d'infractions selon l'art. 49 al. 1 CP, ce qui 
justifie une augmentation de la peine de l’infraction la plus grave, soit celle du vol 
par métier dont la peine menace est une peine privative de liberté de dix ans au plus, 
dans une juste proportion.  

 Les faits reprochés à l'appelant sont objectivement graves, puisqu'il a commis pas 
moins d'une vingtaine de cambriolages en à peine trois mois. Sa faute est lourde et 
ses mobiles sont égoïstes en tant qu'il n'a pas hésité à s'en prendre au patrimoine 
d'autrui, notamment des bijoux ayant une valeur sentimentale, par appât d'un gain 
facile. La répétition des actes commis, à intervalles très proches, dénote une forte 
intensité délictuelle, seule son arrestation ayant mis fin à ses activités coupables. 

 A sa décharge, il convient de tenir compte de son jeune âge, de sa situation 
personnelle, instable et précaire, ainsi que de sa toxicomanie à l'époque des faits, 
même si cela ne justifie en rien les actes commis. Les premiers juges devaient 
prendre en considération que l'appelant commettait notamment des cambriolages en 
vue d'assouvir sa consommation de stupéfiants et sous l'emprise de telles substances.  

 L'appelant projette de rentrer dans son pays, même si ses projets professionnels 
restent peu concrets et non documentés. Il semble toutefois bien intégré dans son 
groupe familial. 

 Il a collaboré à l'enquête d'une manière significative, puisqu'il a reconnu les faits qui 
lui étaient reprochés et s'est spontanément dénoncé s'agissant d'affaires non 
élucidées. Il a exprimé des regrets envers ses victimes et sa satisfaction d'être libéré 
de ses addictions, ainsi que son souhait de changer de vie et de sortir de la 
délinquance. Il convient en outre de ne pas perdre de vue les effets dissuasifs et 

- 8/9 - 

P/14987/2011 

bénéfiques, notamment s'agissant de la prise de conscience de sa toxicomanie et de la 
portée de ses actes, de la détention que l'appelant a d'ores et déjà subie. 

 Les condamnations datant de juillet et août 2011 pour infractions à la LEtr ne 
constituent pas des antécédents significatifs et les deux autres condamnations de 
septembre 2011 ne sauraient pleinement fonder un état de récidive postérieure, 
s'agissant de peines partiellement complémentaires. Par ailleurs, l'extrait du casier 
judiciaire italien figurant à la procédure fait foi et aucun antécédent étranger ne peut 
ainsi être retenu à son encontre, tout doute sur la nature exacte de son incarcération 
ne pouvant être écarté. 

 Même s'il est prématuré de poser un pronostic d'avenir favorable, force est d'admettre 
qu'un pronostic clairement défavorable tel que requis par la jurisprudence ne saurait 
être retenu en l'état. 

 Au vu de l'ensemble de ces éléments, il convient de condamner l'appelant à une peine 
privative de liberté de 36 mois, tout en fixant au maximum légal la partie ferme de la 
peine à exécuter, à savoir 18 mois, afin de tenir compte de la lourdeur de sa faute, et 
de prononcer un long délai d'épreuve pour le dissuader de récidiver. 

3.  L'appelant ayant obtenu gain de cause pour l'essentiel, les frais de la procédure 
d’appel seront laissés à la charge de l’Etat (art. 428 CPP a contrario). 

* * * * * 

- 9/9 - 

P/14987/2011 

 

PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

 

Reçoit l'appel formé par X______ contre le jugement JTCO/181/2012 rendu le 17 
décembre 2012 par le Tribunal correctionnel dans la procédure P/14987/2011. 

L'admet. 

Et statuant à nouveau : 

Met X______ au bénéfice du sursis partiel et fixe à dix-huit mois la partie de la peine à 
exécuter. 

Le met au bénéfice du sursis pour le solde de la peine (18 mois) et fixe le délai d'épreuve à 
quatre ans. 

Confirme pour le surplus le jugement entrepris. 

Laisse les frais de la procédure d'appel à la charge de l'État. 

Siégeant :  

Monsieur Jacques DELIEUTRAZ, président ; Mesdames Verena PEDRAZZINI RIZZI et 
Yvette NICOLET, juges ; Madame Julie ROY MÉAN, greffière-juriste. 

 

Le Greffier : 

Alain BANDOLLIER 

 Le Président : 

Jacques DELIEUTRAZ 

 

 

Indication des voies de recours : 

Conformément aux art. 78 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF ; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral 

par la voie du recours en matière pénale. 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.