# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a0e9f260-2277-5811-9f7c-caa757b9a2c6
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-09-18
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 18.09.2008 A/2924/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-2924-2008_2008-09-18.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET 

 

CANTON DE GENEVE 

 

POUVOIR JUDICIAIRE 
 

 

DCSO/395/08 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 

17 juin 2005 (LTF ; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Commission de 

surveillance des Offices des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance 

en matière de poursuite pour dettes et faillite (art. 56R al. 3 LOJ). Il doit être déposé devant le 

Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les dix jours qui suivent la notification de l'expédition 

complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2 let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière 

de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). Le recours doit être rédigé dans 

une langue officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens 

de preuve, et être signé (art. 42 LTF). 

 

DÉCISION 

DE LA COMMISSION DE SURVEILLANCE 
DES OFFICES DES POURSUITES ET DES FAILLITES 

SIÉGEANT EN SECTION 

DU JEUDI 18 SEPTEMBRE 2008 

Cause A/2924/2008, demande (art. 132 LP) formée le 7 août 2008 par l’Office des 

poursuites tendant à la détermination du mode de réalisation des servitudes personnelles 

d’usage de parkings extérieurs et intérieurs grevant la parcelle n° 7xx4, plan x6 de la 

Commune de S______, dans le cadre des poursuites formant la série n° 05 xxxx02 D et 

dirigées contre M. E______. 

 

Décision communiquée à : 

- Office des poursuites  

 

- M. E______ 

 

- Etat de Genève, service cantonal d’avance et de recouvrement des pensions 
alimentaires (SCARPA) 

Rue Ardutius-de-Faucigny 2 
1204 Genève  

 

 

 - 2 - 

- C______ SA 

 

- W______ AG 

 

- Fondation de valorisation des actifs de la Banque Cantonale de Genève  

Rue Pierre-Fatio 15 
Case postale 3228 
1211 Genève 3 
 
 

 

 - 3 - 

 

E N   F A I T  

A. Dans le cadre des poursuites formant la série n° 05 xxxx02 D, requises par la 

Fondation de valorisation des actifs de la Banque cantonale de Genève              

(ci-après : la Fondation de valorisation), C______ SA, W______ AG et l'Etat de 

Genève dirigées contre M. E______, l'Office des poursuites    (ci-après : l'Office) 

a procédé, en date du 16 février 2007, à la saisie des servitudes personnelles 

d'usage de parkings extérieurs n
os

 x5 et x6 ainsi que des servitudes personnelles 

d'usage de parkings intérieurs n
os

 xx8, xx9 et xx0, grevant la parcelle n° 7xx4, 

plan x6 de la Commune de S______ et cessibles seulement à un copropriétaire, 

inscrites sur le registre des servitudes, respectivement sous n° xxx79 et n° xxx78. 

 Le 12 juillet 2007, la Fondation de valorisation a requis la vente desdites 

servitudes.  

 Sur la base de l'expertise établie par M. J______, architecte mandaté par ses soins, 

l'Office a estimé les servitudes susmentionnées à, respectivement, 5'000 fr. (n
os

 x5 

et x6) et 15'000 fr. (n
os

 xx8, xx9 et xx0) et a dressé un procès-verbal d'estimation 

qu'il a communiqué aux parties le 14 décembre 2007. 

 Par courriers du 1
er

 février 2008, l'Office a interpellé les créanciers saisissants 

ainsi que le poursuivi afin qu'ils se prononcent sur le mode de réalisation des 

servitudes considérées. 

 M. E______ a répondu qu'il était favorable à une vente de gré à gré, l'Etat de 

Genève s'est prononcé pour une vente aux enchères, C______ SA a déclaré qu'elle 

s'en remettait à la décision de l'autorité de surveillance et W______ AG qu'elle 

n'avait pas de revendication particulière à émettre. La Fondation - qui est par 

ailleurs copropriétaire de la propriété par étages - a, quant à elle, fait une offre de 

vente de gré à gré à hauteur de 1'000 fr. pour chacune des deux places de parking 

extérieures (n
os

 x5 et x6) et de 1'500 fr. pour chacune des trois places de parking 

intérieures (n
os

 xx8, xx9 et xx0). 

 Par courriers du 22 février 2008, l'Office a soumis cette offre aux trois autres 

créanciers ainsi qu'au débiteur, lesquels ont tous répondu qu'ils l'acceptaient. 

B. Le 7 août 2008, l'Office a saisi la Commission de céans d'une demande de 

détermination du mode de réalisation des cinq servitudes personnelles d'usage de 

parking. 

 Par courrier du 12 août 2008, la Commission de céans a imparti aux parties un 

unique délai au 2 septembre 2008 pour lui faire part de leurs éventuelles 

observations. 

 

 - 4 - 

 La Fondation de valorisation a confirmé son "approbation du mode de réalisation 

proposé lequel rencontre l'adhésion de tous les intéressés". L'Etat de Genève a 

déclaré qu'il n'avait aucune nouvelle observation à formuler. 

 Le poursuivi et les deux autres créanciers saisissants n'ont pas donné suite. 

 

E N   D R O I T  

1. La réalisation des droits patrimoniaux saisis dans le cadre d'une poursuite est régie 

par les art. 122 ss LP. Selon l'art. 132 al. 1 LP, lorsqu'il s'agit de biens non 

spécifiés aux articles précédents (126, 128, 130 et 131 LP), tels qu'un usufruit, une 

part dans une succession indivise, dans une société ou dans une autre 

communauté, le préposé demande à l'autorité de surveillance de fixer le mode de 

réalisation. Cette norme représente une règle attributive de compétence en 

fonction de la nature spéciale des droits patrimoniaux à réaliser, qui est indiquée à 

titre exemplatif par l’énumération hétéroclite qu’elle comporte, englobant les 

usufruits et différentes parts de communauté (Pierre-Robert Gilliéron, 

Commentaire, ad art. 132 n° 8, 16 et 18 ; Magdalena Rutz, in SchKG II, ad 

art. 132 n° 1 ss ; Sébastien Bettschart, in CR-LP, ad art. 132 n° 2 ss ; Carl Jaeger / 

Hans Ulrich Walder / Thomas M. Kull / Martin Kottmann, SchKG, 4
ème

 éd. 1997, 

ad art. 132 n° 5).  

 Comme l’expriment les versions allemande et italienne de l’art. 132 al. 1 LP, il 

s’agit de suivre des procédures particulières pour la réalisation des droits 

patrimoniaux d’une autre nature (« Vermögensbestandteile anderer Art », « beni 

d’altra specie ») que les biens meubles ou les créances ordinaires, soit des droits 

patrimoniaux dont la nature spéciale appelle une prise en compte attentive des 

différents intérêts en présence, notamment par la consultation des intéressés, dont 

les avis ne lient cependant pas l’autorité de surveillance, qui doit veiller à ce que 

la réalisation produise le meilleur résultat possible (Pierre-Robert Gilliéron, 

Commentaire, ad art. 132 n° 10, 16, 29, 51). Les cas visés par cette disposition 

sont ceux dans lesquels les éléments patrimoniaux à réaliser s’entremêlent à ceux 

d’autres personnes que le débiteur, au point qu’il est difficile de considérer ces 

éléments isolément et de les traiter sans tenir compte des intérêts de ces tiers en 

plus de ceux des parties (DCSO du 27 mai 2004 ; Hans Fritzsche / Hans Ulrich 

Walder-Bohner, SchK I, § 23 n° 59, § 30 n° 29 ss ; Carl Jaeger / Hans Ulrich 

Walder / Thomas M. Kull / Martin Kottmann, SchKG, 4
ème

 éd. 1997, ad art. 132 

n° 10).  

1.c. Les droits patrimoniaux à réaliser en l’espèce sont des servitudes personnelles 

d’usage de parkings intérieurs et extérieurs, qui sont liées à des lots de propriété 

par étages.  

 

 - 5 - 

Les servitudes forment une catégorie de droits réels limités, soit de droits 

conférant une maîtrise partielle sur une chose, par opposition à la propriété, qui 

procure en principe la maîtrise totale d’une chose. Les facultés de maîtrise de la 

chose que confèrent les servitudes consistent en la faculté d’utiliser et/ou de jouir 

de la chose. Elles sont foncières quand elles assujettissent un fonds, plus 

précisément lorsqu’elles appartiennent au propriétaire actuel d’un certain fonds et 

qu’elles sont dirigées principalement contre le propriétaire actuel d’un autre fonds. 

Elles sont personnelles quand elles existent au profit de personnes 

individuellement déterminées, prises comme telles et non comme propriétaires 

actuels (Paul-Henri Steinauer, Les droits réels, tome II, 2
ème

 éd. 1994, n° 2133 ss 

et 2186 ss., et tome III, 3
ème

 éd. 2003, n° 2572 ss). L’art. 132 al. 1 LP cite 

l’usufruit à titre d’exemple courant de droit patrimonial dont la réalisation doit 

suivre une procédure spéciale impliquant l’intervention de l’autorité de 

surveillance.  

 Les servitudes personnelles dont il est question sont des droits dont la nature 

spéciale appelle une prise en compte attentive des différents intérêts en présence 

au stade de sa réalisation au sens de cette disposition (Magdalena Rutz,                

in SchKG II, ad art. 132 n° 46). Aussi est-ce à juste titre que l’Office a saisi la 

Commission de céans pour détermination du mode de réaliser ce droit (cf. 

DCSO/509/2006 du 17 août 2006). La présente demande est donc recevable.  

2. A l’égard de servitudes, le pouvoir décisionnaire de la Commission de céans ne se 

trouve pas restreint par des règles spécifiques qui, comme à l’égard de parts de 

communauté, fixent les modes de réalisation de façon plus étroite que ne le laisse 

penser l’art. 132 al. 3 LP, aux termes duquel l’autorité de surveillance « peut 

ordonner la vente aux enchères, confier la réalisation à un gérant ou prendre toute 

autre mesure » (art. 10 al. 2 OPC ; ATF 93 III 116 consid. 1 ; DCSO du 6 mai 

2004 consid. 2.c ; Pierre-Robert Gilliéron, Commentaire, ad art. 132 n° 52 et 61). 

Si cette disposition ne fixe pas de mode de réalisation particulier, elle pose en 

revanche une exigence supplémentaire par rapport aux modes ordinaires ou 

extraordinaires de réalisation, en rendant obligatoire la consultation des intéressés. 

 Il sied, par ailleurs, de relever qu'une restriction de cessibilité en faveur, comme 

en l'espèce, des copropriétaires de la propriété par étages, n'est pas opposable dans 

le cadre d’une procédure d’exécution forcée (cf. à titre comparatif, la               

non-opposabilité du droit de préemption conventionnel lors d’une vente de gré à 

gré : art. 51 al. 1 ORFI ; ATF 126 III 93 ; DCSO du 27 mai 2004).  

3. En l’espèce, l’un des créanciers poursuivants, par ailleurs copropriétaire de la 

propriété par étages, a fait une offre de vente de gré à gré pour chacune des 

servitudes, que tous les autres intéressés ont expressément acceptée (art. 130 ch. 1 

LP). 

 

 - 6 - 

 Le poursuivi et les créanciers poursuivants ont été dûment consultés par la 

Commission de céans. Le créancier ayant fait l'offre de vente de gré à gré l'a 

confirmée. Les autres intéressés ont également, expressément pour l'un, tacitement 

pour les autres, confirmé leur accord pour une telle vente.  

4. La Commission de céans dira en conséquence que l'Office doit réaliser les droits 

patrimoniaux saisis par la voie d'une vente de gré à gré à la Fondation de 

valorisation, aux prix offerts par cette dernière, soit 1'000 fr. pour chacune des 

servitudes personnelles d'usage de parking extérieur n
os

 x5 et x6 et 1'500 fr. pour 

chacune des servitudes personnelles de parking intérieur n
os

 xx8, xx9 et xx0. 

 

 

*  *  *  *  *  

 

 - 7 - 

 

P A R   C E S   M O T I F S ,  

L A   C O M M I S S I O N   D E   S U R V E I L L A N C E    

S I É G E A N T   E N   S E C T I O N   :  

A la forme : 

Déclare recevable la demande A/2924/2008 formée le 7 août 2008 par l'Office des 

poursuites tendant à la détermination du mode de réalisation des servitudes personnelles 

d'usage de parkings extérieurs n
os

 x5 et x6 ainsi que des servitudes personnelles d'usage 

de parkings intérieurs n
os

 xx8, xx9 et xx0, grevant la parcelle n° 7xx4, plan x6 de la 

Commune de S______ et inscrites sur le registre des servitudes, respectivement sous     

n° xxx79 et n° xxx78, saisies dans le cadre des poursuites formant la série                    

n° 05 xxxx02 D et dirigées contre M. E______. 

Au fond : 

1. Dit que l'Office des poursuites doit réaliser les servitudes personnelles 

susmentionnées par la voie d'une vente de gré à gré à la Fondation de valorisation 

des actifs de la Banque cantonale de Genève, au prix de 1'000 fr. pour chacune 

des servitudes personnelles n
os

 x5 et x6 et au prix de 1'500 fr. pour chacune des 

servitudes personnelles n
os

 xx8, xx9 et xx0.  

 

Siégeant : Mme Ariane WEYENETH, présidente ; M. Denis MATHEY, juge 
assesseur, et M. Yves DE COULON, juge assesseur suppléant 

 

 

Au nom de la Commission de surveillance : 

 

Véronique PISCETTA      Ariane WEYENETH 

         Greffière :                        Présidente : 

 

 

La présente décision est communiquée par courrier A à l’Office concerné et par courrier 

recommandé aux autres parties par la greffière le