# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** cb5b45d6-fd3b-5d65-b2cc-1db84bfd5b1c
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2021-04-09
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 09.04.2021 F-1506/2021
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_F-1506-2021_2021-04-09.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 

 

 

  

 

 Cour VI 

F-1506/2021 

 

 
 

  A r r ê t  d u  9  a v r i l  2 0 2 1  

Composition 
 Gregor Chatton, juge unique,  

avec l'approbation de Walter Lang, juge ; 

José Uldry, greffier. 

   

Parties 

 
A._______, né le (…) 1998, 

Irak,  

Centre fédéral pour requérants d’asile de Vallorbe, 

Champs-de-la-Croix 21, 1337 Vallorbe, 

recourant,  

 

  
contre 

  
Secrétariat d’Etat aux migrations SEM, 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 

 
Asile (non-entrée en matière / procédure Dublin) et renvoi ; 

décision du SEM du 26 mars 2021 / N (…). 

 

 

 

F-1506/2021 

Page 2 

Vu 

la demande d’asile déposée en Suisse, le 1er mars 2021, par A._______, 

né le (…) 1998, ressortissant irakien, alias B._______, né le (…) 1994, 

ressortissant syrien, alias C._______, né le (…) 1998, ressortissant irakien, 

alias D._______, né le (…) 1998, ressortissant irakien, 

le résultat de la comparaison avec l’unité centrale du système européen 

« Eurodac » en date du 4 mars 2021, dont il ressort que l’intéressé a dé-

posé une demande d’asile en Roumanie le 7 février 2021, 

l’audition sommaire sur les données personnelles du 8 mars 2021, 

l’entretien individuel Dublin du 10 mars 2021, en application de l'art. 5 du 

règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 

26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de 

l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection in-

ternationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de 

pays tiers ou un apatride (refonte) (JO L 180/31 du 29.6.2013,  

ci-après : le règlement Dublin III ou RD III), au cours duquel le requérant a 

exercé son droit d’être entendu quant à la compétence présumée de la 

Roumanie pour l’examen de sa demande d’asile et quant aux faits médi-

caux, 

la requête du 10 mars 2021 du Secrétariat d’Etat aux migrations (ci-après : 

le SEM) aux autorités roumaines aux fins de la reprise en charge de l’inté-

ressé, conformément à l’art. 18 par. 1 let. b RD III, 

la réponse du 19 mars 2021, par laquelle les autorités roumaines ont ac-

cepté la reprise en charge de l’intéressé en vertu de 

l’art. 18 par. 1 let. b RD III, 

la décision du 26 mars 2021, notifiée le 30 mars 2021, par laquelle le SEM, 

se fondant sur l’art. 31a al. 1 let. b LAsi (RS 142.31), n’est pas entré en 

matière sur cette demande d’asile, a prononcé le transfert de l’intéressé 

vers la Roumanie et a ordonné l’exécution de cette mesure, constatant 

l’absence d’effet suspensif à un éventuel recours, 

le recours interjeté le 1er avril 2021 par l’intéressé contre cette décision 

auprès du Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal ou TAF) et 

les demandes tendant à l’octroi de mesures superprovisionnelles, de l’effet 

suspensif au recours et de l’assistance judiciaire totale dont il est assorti, 

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les mesures superprovisionnelles du 6 avril 2021, par lesquelles le Tribunal 

a provisoirement suspendu l’exécution du transfert du recourant, 

la réception du dossier de première instance par le Tribunal, en date du 

6 avril 2021, 

et considérant 

qu’en vertu de l’art. 31 LTAF (RS 173.32), applicable par renvoi de 

l’art. 105 LAsi, le Tribunal connaît des recours contre les décisions au sens 

de l’art. 5 PA, prises par les autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF, 

qu’en particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l’asile peu-

vent être contestées devant le Tribunal, lequel statue alors définitivement, 

sauf demande d’extradition déposée par l’Etat dont le requérant cherche à 

se protéger (art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi de l’art. 105 LAsi, et 

art. 83 let. d ch. 1 LTF), exception non réalisée en l’espèce, 

que l’intéressé a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA, applicable par renvoi 

de l’art. 37 LTAF), 

que le recours, interjeté dans la forme (art. 52 al. 1 PA) et le délai 

(art. 108 al. 3 LAsi) prescrits par la loi, est recevable, 

qu’à l’encontre d’une décision de non-entrée en matière et de transfert, un 

recourant peut invoquer, en vertu de l’art. 106 al. 1 LAsi, la violation du droit 

fédéral, notamment pour abus ou excès dans l’exercice du pouvoir d’ap-

préciation (let. a), et l’établissement inexact ou incomplet de l’état de fait 

pertinent (let. b), 

qu’il ne peut, par contre, pas invoquer l’inopportunité de la décision atta-

quée (cf. ATAF 2015/9 consid. 8.2.2), 

que, saisi d'un recours contre une décision de non-entrée en matière sur 

une demande d'asile, le Tribunal se limite à examiner le bien-fondé d'une 

telle décision (cf. ATAF 2014/39 consid. 2), 

qu’il y a lieu de déterminer si le SEM était fondé à faire application de 

l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, disposition en vertu de laquelle il n'entre pas en 

matière sur une demande d'asile lorsque le requérant peut se rendre dans 

un Etat tiers compétent, en vertu d'un accord international, pour mener la 

procédure d'asile et de renvoi, 

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qu'avant de faire application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, le SEM examine 

la compétence relative au traitement d'une demande d'asile selon les con-

ditions fixées dans le règlement Dublin III, 

que s'il ressort de cet examen qu'un autre Etat est responsable du traite-

ment de la demande d'asile, le SEM rend une décision de non-entrée en 

matière après que l'Etat requis a accepté la prise ou la reprise en charge 

du requérant ou s’est abstenu de répondre dans un certain délai 

(art. 22 par. 7 et art. 25 par. 2 RD III ; ATAF 2017 VI/5 consid. 6.2 ; voir 

également art. 1 et 29a al. 2 de l'ordonnance 1 sur l'asile [OA 1, 

RS 142.311]), 

qu'aux termes de l'art. 3 par. 1 RD III, une demande de protection interna-

tionale est examinée par un seul Etat membre, celui-ci étant déterminé se-

lon les critères fixés à son chapitre III, 

que la procédure de détermination de l'Etat responsable est engagée aus-

sitôt qu'une demande d'asile a été déposée pour la première fois dans un 

Etat membre (art. 20 par. 1 RD III), 

que, dans une procédure de reprise en charge (anglais : take back), 

comme en l'espèce, il n'y a en principe aucun nouvel examen de la com-

pétence selon le chapitre III du règlement Dublin III (cf. ATAF 2017 VI/5 

consid. 6.2 et 8.2.1 ; arrêt du TAF F-1499/2018 du 25 octobre 2019 con-

sid. 3.3, non publié in ATAF 2019 VI/7), 

que l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection 

internationale en vertu du règlement est, notamment, tenu de reprendre en 

charge – dans les conditions prévues aux art. 23, 24, 25 et 29 – le deman-

deur dont la demande est en cours d'examen et qui a présenté une de-

mande auprès d'un autre Etat membre ou qui se trouve, sans titre de sé-

jour, sur le territoire d'un autre Etat membre (art. 18 par. 1 let. b RD III), 

que, lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'Etat 

membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sé-

rieuses raisons de croire qu'il existe dans cet Etat membre des défaillances 

systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des de-

mandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant 

au sens de l'art. 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union euro-

péenne (JO C 364/1 du 18.12.2000, ci-après : Charte UE), l'Etat procédant 

à la détermination de l'Etat responsable poursuit l'examen des critères fixés 

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au chapitre III afin d'établir si un autre Etat peut être désigné comme res-

ponsable (art. 3 par. 2 al. 2 RD III), 

que, lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur vers un Etat dési-

gné sur la base des critères du chapitre III ou vers le premier Etat auprès 

duquel la demande a été introduite, l'Etat membre procédant à la détermi-

nation devient l'Etat responsable (art. 3 par. 2 al. 3 RD III), 

qu'en l'occurrence, le 10 mars 2021, le SEM a soumis, dans les délais fixés 

aux art. 23 par. 2 et art. 24 par. 2 RD III, une requête aux fins de reprise en 

charge, fondée sur l'art. 18 par. 1 let. b RD III, aux autorités roumaines, 

que, le 19 mars 2021, les autorités roumaines ont expressément accepté 

de reprendre en charge le recourant sur la base de 

l’art. 18 par. 1 let. b RD III, 

que la Roumanie a ainsi reconnu sa compétence pour traiter la demande 

d'asile de l’intéressé, 

que le recourant s’oppose toutefois à son transfert vers ce pays, arguant 

que les conditions de vie y sont inhumaines, que les autorités roumaines 

ne lui ont pas donné d’informations quant à la procédure d’asile lors de son 

interpellation, qu’elles l’ont repoussé vers la frontière de la Serbie, ont été 

violentes et l’ont frappé à plusieurs reprises, et ont ensuite pris ses em-

preintes digitales et enregistré sa demande d’asile sans explication et sans 

le prendre en charge, 

que, par ailleurs, l’intéressé affirme, pièces diverses à l’appui (cf. annexes 

recours, photos, clés USB et rapport du Jesuit Refugee Service [JRS] du 

12 mars 2018), avoir dû se loger avec une vingtaine de personnes dans un 

espace étroit qui était insalubre, dans lequel il faisait froid et où il n’y avait 

ni eau ni nourriture et où les autorités roumaines maltraitaient les requé-

rants d’asile, qui se faisaient insulter et battre lorsqu’ils se plaignaient, ajou-

tant que plusieurs de ses amis étaient morts de froid, 

que par conséquent, contrairement à ce que prétend le SEM dans sa dé-

cision du 26 mars 2021, la Roumanie ne respecterait pas les droits de 

l’Homme, 

qu'au vu de l'art. 3 par. 2 al. 2 RD III, il convient d'examiner s'il y a de 

sérieuses raisons de croire qu'il existe, en Roumanie, des défaillances sys-

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témiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des deman-

deurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au 

sens de l'art. 4 de la Charte UE, 

qu'à cet égard, il convient de rappeler que ce pays est lié à cette Charte et 

partie à la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés 

(CR, RS 0.142.30) ainsi qu'au Protocole additionnel du 31 janvier 1967 

(PA/CR, RS 0.142.301), à la CEDH (RS 0.101) et à la Convention du 10 dé-

cembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhu-

mains ou dégradants (CCT, RS 0.105) et, à ce titre, en applique les dispo-

sitions, ce qu’a encore confirmé un arrêt récent du Tribunal de céans 

(cf. arrêt du TAF F-4980/2020 du 14 octobre 2020 consid. 5.1), 

que la Roumanie est ainsi, quoiqu’en dise le recourant, présumée respec-

ter la sécurité des demandeurs d'asile, en particulier leur droit à l'examen, 

selon une procédure juste et équitable, de leur demande, et leur garantir 

une protection conforme au droit international et au droit européen (direc-

tive n° 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 

relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la protec-

tion internationale [ci-après: directive Procédure] ; directive n° 2013/33/UE 

du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des 

normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internatio-

nale [ci-après : directive Accueil]), 

que la présomption de sécurité peut, cela dit, être renversée en présence 

d'indices sérieux que, dans le cas concret, les autorités de l'Etat membre 

désigné comme étant responsable ne respecteraient pas le droit interna-

tional (cf. ATAF 2010/45 consid. 7.4 et 7.5),  

que toutefois, jusqu’à présent, ni le Tribunal de céans, ni la Cour euro-

péenne des droits de l’Homme (ci-après : le Cour EDH), ni encore la Cour 

de justice de l’Union européenne (ci-après : la CJUE) n’ont retenu l’exis-

tence de défaillances systémiques en Roumanie (cf. arrêt du TAF  

F-2060/2019, F-2061/2019 précité consid. 6.3), 

qu’en outre, dans le cas particulier, le recourant a certes fait valoir qu’un 

transfert en Roumanie l’exposerait à de mauvais traitements, mais n'a au-

cunement établi qu'il pourrait être soumis à des conditions d'accueil à ce 

point mauvaises qu'il pourrait être victime de traitements contraires à 

l'art. 3 CEDH, la production d’une photo et d’un film (cf. annexes recours, 

clé USB) le faisant apparaître dans une pièce en compagnie d’autres re-

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quérants d’asile ainsi que les rapports de l’organisation catholique interna-

tionale JRS du 12 mars 2018 et « du médiateur » auxquels se réfère le 

recourant (cf. rapports 75/2019 et 46/2019 ; www.avp.ro/in-

dex.php?lang=ro-ro, toutefois introuvables sur le site mentionné par le re-

courant, consulté en avril 2021) n'apportant pas d’indice objectif, concret 

et sérieux qu'il serait lui-même privé durablement de tout accès aux condi-

tions matérielles minimales d'accueil prévues par la directive Accueil au 

point qu'il faudrait renoncer à son transfert,  

qu’au demeurant, si – après son retour en Roumanie – le requérant devait 

être contraint par les circonstances à mener une existence non conforme 

à la dignité humaine, ou que ce pays viole ses obligations d'assistance à 

son encontre, ainsi que la directive précitée, ou de toute autre manière 

porte atteinte à ses droits fondamentaux, il lui appartiendrait de faire valoir 

ses droits directement auprès des autorités roumaines, en usant des voies 

de droit adéquates (cf. art. 26 directive Accueil), 

que, partant, il n'y a pas lieu d'admettre que cet Etat connaît des défail-

lances systémiques au sens de l'art. 3 par. 2 al. 2 RD III, si bien que l'ap-

plication de cette disposition ne se justifie pas en l'espèce,  

qu'en vertu des art. 17 par. 1 RD III (clause de souveraineté) et 

29a al. 3 OA 1, la Suisse peut, pour d'autres motifs liés à la situation per-

sonnelle de l'intéressé et/ou aux conditions régnant dans l'Etat de destina-

tion (« raisons humanitaires »), décider d'examiner une demande de pro-

tection internationale même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des 

critères fixés dans le règlement (cf. arrêts du TAF F-1499/2018 du 25 oc-

tobre 2019 consid. 3.5, non publié in ATAF 2019 VI/7, et F-7130/2017 du 

28 mai 2018 consid. 2.5), 

que, comme l'a retenu la jurisprudence (cf. ATAF 2015/9 consid. 8.2.1, 

2012/4 consid. 2.4 et 2011/9 consid. 4.1), le SEM doit admettre la respon-

sabilité de la Suisse pour examiner une demande de protection internatio-

nale qui lui est présentée, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu 

des critères fixés dans le règlement Dublin III, lorsque le transfert envisagé 

vers l'Etat membre désigné responsable par lesdits critères viole des obli-

gations de la Suisse relevant du droit international public, 

que le recourant fait valoir que son transfert vers la Roumanie serait pro-

blématique et qu’il « ne souhaite pas y être renvoyé » au motif qu’il y avait 

été « frappé à plusieurs reprises », que les « conditions de vie là-bas 

http://www.avp.ro/index.php?lang=ro-ro
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étaient inhumaines » et que ce pays « ne respecte[rait] pas du tout les 

droits humains »,  

que l’intéressé se prévaut à cet égard d’une violation de 

l’art. 17  par. 1 RD III en lien avec l’art. 29a al. 3 OA 1, 

que, s’agissant des allégations de l’intéressé, il convient de relever, d’une 

part, que celui-ci n’a fourni aucun élément de preuve concret et, d’autre 

part, que la Roumanie est un Etat de droit et qu’il n’existe pas d'indice lais-

sant penser que ses autorités n'offriraient pas une protection adéquate, 

précisant qu’il incomberait au recourant, cas échéant, de s’adresser aux 

autorités policières ou judiciaires compétentes, 

que le recourant semble en outre s’opposer – sans toutefois l’alléguer ex-

plicitement dans le cadre de son recours – à son transfert en Roumanie 

pour des raisons d’ordre médical (cf. annexes recours, photo de pied 

« noirci »), 

que, conformément à la jurisprudence de la Cour EDH (arrêt de la Cour 

EDH Paposhvili c. Belgique [GC] du 13 décembre 2016, req. n° 41738/10), 

le retour forcé d'une personne touchée dans sa santé n'est susceptible de 

constituer une violation de l'art. 3 CEDH que lorsqu'il y a des motifs sérieux 

de croire que cette personne, bien que ne courant pas de risque imminent 

de mourir, ferait face, en raison de l'absence de traitements adéquats dans 

le pays de destination ou du défaut d'accès à ceux-ci, à un risque réel d'être 

exposée à un déclin grave, rapide et irréversible de son état de santé en-

traînant des souffrances intenses ou à une réduction significative de son 

espérance de vie (cf. ATAF 2011/9 consid. 7.1), 

qu’en l’espèce, le recourant a déclaré, dans le cadre de son entretien Du-

blin (cf. SEM pce 16), bien se porter physiquement même si son voyage 

avait été psychologiquement difficile et qu’il n’avait pas consulté l'infirmerie 

du centre, 

que par ailleurs, aucun document médical – sous réserve de la photo de 

pied précité, sans plus d’explications à ce sujet – n’a été produit au cours 

de la procédure hormis quatre journaux de soins, indiquant que le recou-

rant était positif au coronavirus du 19 au 21 mars 2021, sans toutefois pré-

senter de symptôme, 

que celui-ci n’a pris aucun (autre) rendez-vous auprès de l’infirmerie du 

centre et que par conséquent, aucun traitement ne lui a été prescrit, 

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Page 9 

que vu qu’aucune complication médicale significative, susceptible de re-

présenter un obstacle à son transfert vers la Roumanie ne ressort du dos-

sier de la cause, l’intéressé ne peut donc pas se prévaloir de la jurispru-

dence précitée (cf. arrêt du TAF F-6836/2019 du 27 février 2020 con-

sid. 6.3), 

qu'en tout état de cause, la Roumanie est liée par la directive Accueil, et 

doit ainsi faire en sorte que les demandeurs d'asile reçoivent les soins mé-

dicaux nécessaires qui comportent, au minimum, les soins urgents et le 

traitement essentiel des maladies, et fournir l'assistance médicale ou autre 

nécessaire aux demandeurs ayant des besoins particuliers en matière 

d'accueil (art. 19 par. 1 et 2 de ladite directive), 

qu'aussi, aucun élément au dossier ne permet de conclure qu'en cas de 

transfert vers la Roumanie, le recourant risquerait d'être exposé à un déclin 

grave, rapide et irréversible de son état de santé, 

qu'en conséquence, il y a lieu de retenir que les problèmes de santé du 

recourant ne sauraient s’opposer à l'exécution de son transfert vers la Rou-

manie, celui-ci n’étant par ailleurs plus en quarantaine ensuite de sa con-

tamination asymptomatique à la Covid-19 (cf. SEM pces 25 à 27), 

qu'au surplus, si le recourant devait être contraint par les circonstances à 

mener dans cet Etat une existence non conforme à la dignité humaine ou 

s'il devait estimer que ce pays viole ses obligations d'assistance à son en-

contre ou de toute autre manière porte atteinte à ses droits fondamentaux 

– en particulier s’agissant de ses conditions d’accueil (cf. recours p. 2) –, il 

lui appartiendra de faire valoir ses droits directement auprès des autorités 

roumaines en usant des voies de droit adéquates (art. 26 de la directive 

Accueil), 

qu'il s'ensuit que la décision querellée n'est pas contraire aux obligations 

de la Suisse découlant du droit international, 

que le SEM a, en outre, bien pris en compte les faits allégués par le recou-

rant, susceptibles de constituer des raisons humanitaires au sens de 

l'art. 29a al. 3 OA 1, en lien avec l'art. 17 par. 1 RD III, 

que l'autorité inférieure a exercé correctement son pouvoir d'appréciation, 

en examinant notamment s'il y avait lieu d'entrer en matière sur la demande 

pour des raisons humanitaires, et qu'elle n'a pas fait preuve d’abus dans 

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Page 10 

son appréciation ni violé le principe de la proportionnalité ou de l'égalité de 

traitement, 

que le Tribunal précise qu'il ne peut plus, en la matière, substituer son ap-

préciation à celle de l'autorité inférieure, son contrôle étant limité à vérifier 

si celle-ci a constaté les faits pertinents de manière exacte et complète et 

si elle a exercé son pouvoir d'appréciation conformément à la loi 

(cf. ATAF 2015/9 consid. 8), ce qui se révèle être le cas en l’espèce, 

qu'en conclusion, c'est à bon droit que le SEM a considéré qu'il n'y avait 

pas lieu de faire application de la clause de souveraineté ancrée à 

l'art. 17 par. 1 RD III, 

que s'agissant encore de la crise sanitaire liée à la Covid-19, celle-ci n'est 

pas de nature à remettre en cause la possibilité de transfert du recourant 

vers la Roumanie, dès lors que cette situation est temporaire et que, si elle 

devait retarder momentanément l'exécution du transfert, celle-ci devra 

avoir lieu ultérieurement, en temps approprié (cf. arrêt du TAF F-1854/2020 

du 15 avril 2020 consid. 7), 

que, par ailleurs, une suspension temporaire de l'exécution d'un transfert 

en application du règlement Dublin III pour des motifs extrinsèques à la 

procédure n'est pas, en elle-même, de nature à remettre en cause les dé-

cisions rendues en application des critères de détermination de l'Etat 

membre responsable de l'examen d'une demande de protection internatio-

nale au sens du règlement Dublin III (cf. arrêt du TAF F-2052/2020 du 

5 mai 2020 p. 5 s.), 

qu'au vu de ce qui précède, c'est à juste titre que le SEM n'est pas entré 

en matière sur la demande d'asile de l’intéressé, en application de 

l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, et qu'il a prononcé son transfert de Suisse vers la 

Roumanie conformément à l'art. 44 LAsi, aucune exception à la règle gé-

nérale du renvoi n'étant réalisée (art. 32 OA 1), 

que partant, le recours doit être rejeté, 

que, s'avérant manifestement infondé, il est rejeté dans une procédure à 

juge unique, avec l'approbation d'un second juge (art. 111 let. e LAsi), 

qu'il est dès lors renoncé à un échange d'écritures, le présent arrêt n'étant 

motivé que sommairement (art. 111a al. 1 et 2 LAsi), 

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que les conclusions du recours étant d'emblée vouées à l'échec, la requête 

d'assistance judiciaire totale est rejetée et celle d’octroi de l’effet suspensif 

au recours est devenue sans objet, dans la mesure où il a été statué im-

médiatement sur le fond, 

que, vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la 

charge du recourant, conformément à l'art. 63 al. 1 PA et aux art. 2 et 

3 let. a du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et 

indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral  

(FITAF, RS 173.320.2), 

(dispositif à la page suivante) 

  

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Page 12 

le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

La requête d’assistance judiciaire totale est rejetée. 

3.  

Les frais de procédure, d’un montant de 750 francs, sont mis à la charge 

du recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans 

les 30 jours dès l’expédition du présent arrêt. 

4.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l’autorité cantonale. 

 

Le juge unique : Le greffier : 

  

Gregor Chatton José Uldry 

 

 

Expédition : 

  

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Page 13 

Destinataires : 

– recourant (recommandé ; annexe : un bulletin de versement) 

– SEM, Centre fédéral de Boudry, ad n° de référence N (…) 

– Service de la population du canton de Vaud (en copie)