# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 59799ba6-8bcc-50ab-9856-aab00f9bd313
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-07-18
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 18.07.2023 A/1083/2023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1083-2023_2023-07-18.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/1083/2023-TAXIS ATA/779/2023  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 18 juillet 2023 

 

 dans la cause 

 

A______ recourant 
représenté par Me Guy ZWAHLEN, avocat 

contre 

SERVICE DE POLICE DU COMMERCE ET DE LUTTE CONTRE LE 

TRAVAIL AU NOIR intimé 
 

- 2/17 - 

A/1083/2023 

EN FAIT 

A.     a. A______, né en 1985 et domicilié dans le canton de Genève, détient un permis 
de conduire suisse depuis le 6 avril 2021. 

b. Il est titulaire d’une carte professionnelle de chauffeur de taxi, délivrée le 14 
juin 2021 par le service de police du commerce et de lutte contre le travail au noir 
(ci-après : PCTN) du département de l’économie et de l’emploi (ci-après : le 
département). 

c. Depuis août 2021, il loue une autorisation d’usage accru du domaine public 
(ci-après : AUADP) portant sur la plaque d’immatriculation n° 1______ détenue 
par un tiers domicilié en France, représentant une entité ayant une adresse à 
Genève. Selon un document intitulé « contrat de mise à disposition d’une 
autorisation d’usage accru du domaine public » signé le 12 août 2021, il 
bénéficiait de l’usage exclusif de l’AUADP donnant droit à l’immatriculation 
« GE 1______ » en échange du paiement, par avance, d’un loyer mensuel de 
CHF 430.80 TTC. 

B.     a. Le 2 novembre 2022, l’intéressé a déposé auprès du PCTN, au moyen du 
formulaire correspondant, une requête en délivrance d’une AUADP au sens de 
l’art. 46 al. 13 de la loi sur les taxis et les voitures de transport avec chauffeur du 
28 janvier 2022 (LTVTC - H 1 31). 

Outre le contrat précité, il a également produit une attestation démontrant le 
versement régulier de la somme de CHF 430.80 entre le 1er septembre 2021 et le 
31 octobre 2022, à savoir un montant total de CHF 6'462.- pour 15 mois. Une 
attestation de l’office genevois compétent confirmait que le requérant était affilié 
dans le domaine du transport de personnes auprès d’une caisse genevoise de 
compensation depuis le 1er janvier 2020 en qualité d’assuré de condition 
indépendante. 

b. Après l’avoir invité à exercer son droit d’être entendu et reçu ses observations, 
le PCTN a rejeté la demande par décision du 23 février 2023.  

L’intéressé ne remplissait pas les conditions de l’art. 46 al. 13 LTVTC puisqu’il 
n’était pas l’utilisateur effectif d’une AUADP au moment du dépôt de cette loi, 
soit le 26 février 2020. Il avait obtenu sa carte professionnelle de chauffeur de taxi 
le 14 juin 2021. La date du 12 août 2021, à laquelle il était locataire d’une 
AUADP, n’était pas pertinente, faute d’être prise en compte dans l’art. 46 al. 13 
LTVTC. Par ailleurs, le PCTN ne se considérait pas compétent pour examiner le 
grief tiré d’une violation du principe de non-rétroactivité des lois, dans la mesure 

- 3/17 - 

A/1083/2023 

où il était chargé d’appliquer les normes adoptées par le législateur. Une telle 
violation ne lui semblait, cela étant, pas être réalisée in casu. 

C.     a. Par acte expédié le 24 mars 2023, A______ a recouru auprès de la chambre 
administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre 
cette décision en concluant à son annulation. En outre, il a sollicité, tant à titre 
d’effet suspensif et de mesure provisionnelle qu’à titre principal, la délivrance 
d’une AUADP au sens de l’art. 20 LTVTC et l’octroi d’une équitable indemnité 
de procédure. 

Il invoquait tout d’abord la non-conformité de l’art. 46 al. 13 LTVTC au principe 
de la non-rétroactivité des lois, ce qui empêchait l’application de cette norme. 
Seule était déterminante la date de l’entrée en vigueur de la LTVTC, fixée au 1er 
novembre 2022, et non celle de son dépôt. Comme il était utilisateur effectif d’une 
AUADP lors de l’entrée en vigueur de cette loi, il devait se voir attribuer une 
AUADP pour l’avenir. Il n’existait pas d’intérêt public prépondérant justifiant la 
position du PCTN, à savoir l’usage effectif de l’AUADP au moment du dépôt de 
la loi, position qui le privait de toute source de revenu, chauffeur de taxi 
indépendant étant sa seule profession. La loi devenait « publique » lorsqu’elle 
était « promulguée », mais non au moment de son dépôt. Seul était décisif le 
moment où la loi devenait obligatoire, c’est-à-dire lors de son entrée en vigueur. Il 
était donc insoutenable de prendre en compte les faits pertinents existant déjà au 
moment du dépôt de la loi. Il alléguait également la violation de la liberté 
économique garantie aux art. 27 de la Constitution fédérale de la Confédération 
suisse du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101) et 35 de la Constitution de la République 
et canton de Genève du 14 octobre 2012 (Cst-GE - A 2 00) ainsi que celle du 
principe d’égalité de traitement ancré à l’art. 8 Cst. par rapport aux autres 
chauffeurs de taxi indépendants bénéficiant d’une AUADP, de manière directe et 
non à travers une location de plaques, avant l’entrée en vigueur de la loi. 

b. La présidente de la chambre administrative a, par décision du 9 juin 2023, 
admis la requête de mesure provisionnelle de l’intéressé, dit qu’il continuait de 
bénéficier d’une AUADP jusqu’à droit jugé au fond et réservé le sort des frais de 
la procédure. 

c. Le PCTN a conclu au rejet du recours. 

d. Dans sa réplique, le recourant a encore fait grief au PCTN de ne pas avoir 
démontré l’existence d’un intérêt public prépondérant pour faire rétroagir au jour 
du dépôt de la loi, et non de son entrée en vigueur, la condition de l’usage effectif 
d’une AUADP. Il s’est aussi prévalu d’une violation du principe de la 
proportionnalité parce qu’il ne pouvait, à l’avenir, plus exercer son activité 
lucrative et qu’il était de ce fait privé d’un droit acquis « dès lors qu’il l’exerçait 
auparavant ». Le fait d’exercer cette activité comme employé ou comme chauffeur 
de VTC comportait plusieurs inconvénients (trouver un employeur, perdre les 

- 4/17 - 

A/1083/2023 

avantages de l’AUADP ainsi que l’accès à l’aéroport et à la gare) et l’empêchait 
de pouvoir choisir et exercer librement son activité dans le cadre d’un marché 
assurant une libre et équitable concurrence, en violation des garanties 
constitutionnelles précitées. Il n’aurait par ailleurs pas le droit au chômage en 
raison de son statut d’indépendant et risquait de devoir recourir à l’aide sociale. 
Cela le mettrait dans une situation économique difficile et le contraindrait à 
s’« ubériser », alors qu’il remplissait les autres conditions de l’art. 46 al. 13 
LTVTC et celles de l’art. 13 al. 5 LTVTC pour voir son AUADP maintenue. 

e. Sur ce, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger. 

EN DROIT 

1. Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente par le destinataire de la 
décision litigieuse, le recours est recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation 
judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ - E 2 05 ; art. 60 al. 1 let. a et b et 62 al. 1 
let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA - E 5 
10). 

2. De jurisprudence constante, la chambre administrative est habilitée à revoir, à titre 
préjudiciel et à l’occasion de l’examen d’un cas concret, la conformité des normes 
de droit cantonal au droit fédéral (ATA/675/2021 du 29 juin 2021 consid. 6 ; 
Pierre MOOR/Alexandre FLÜCKIGER/Vincent MARTENET, Droit 
administratif, vol. 1, 3e éd., 2012, p. 345 ss n. 2.7.3). Cette compétence découle du 
principe de la primauté du droit fédéral sur le droit des cantons, ancré à l’art. 49 
Cst. (ATF 138 I 410 consid. 3.1 ; ATA/397/2021 du 13 avril 2021 consid. 6). 
D’une manière générale, les lois cantonales ne doivent rien contenir de contraire à 
la Cst., aux lois et ordonnances du droit fédéral (ATF 145 IV 10 consid. 2.1 ; 
ATA/1299/2020 du 15 décembre 2020 consid. 4a ; Giorgio 
MALINVERNI/Michel HOTTELIER/ Maya HERTIG RANDALL/Alexandre 
FLÜCKIGER, Droit constitutionnel suisse, vol. 1, 4e éd., 2021, p. 33 ss n. 1982 
ss). Le contrôle préjudiciel permet de déceler et de sanctionner la violation par 
une loi ou une ordonnance cantonale des droits garantis aux citoyens par le droit 
supérieur. Toutefois, dans le cadre d'un contrôle concret, seule la décision 
d'application de la norme viciée peut être annulée (ATA/1367/2019 du 10 
septembre 2019 consid. 6b ; Pierre MOOR/Alexandre FLÜCKIGER/Vincent 
MARTENET, op. cit., p. 352 ss n. 2.7.4.2). 

La juridiction constitutionnelle suisse consacre de façon générale le système 
diffus de contrôle de constitutionnalité. Toute autorité chargée de l’application des 
normes doit examiner si celles-ci sont conformes au droit supérieur et, si tel n’est 
pas le cas, refuser de les mettre en œuvre. Cette obligation est désignée par 
l’expression « contrôle préjudiciel général » (Giorgio MALINVERNI/Michel 

- 5/17 - 

A/1083/2023 

HOTTELIER/ Maya HERTIG RANDALL/Alexandre FLÜCKIGER, op. cit., p. 
733 n. 1982). Le contrôle préjudiciel général s’exerce également sur les actes 
législatifs cantonaux, en tout cas dans la mesure où leur conformité au droit 
fédéral et au droit international est en cause. Cette conclusion s’impose en vertu 
du principe de la primauté du droit fédéral sur le droit cantonal (art. 49 al. 1 Cst. ; 
Giorgio MALINVERNI/Michel HOTTELIER/Maya HERTIG 
RANDALL/Alexandre FLÜCKIGER, op. cit., p. 736 n. 1991). Le PCTN pouvait 
ainsi examiner le grief tiré d’une violation du principe de non-rétroactivité des 
lois. 

3. La LTVTC, actuellement en vigueur depuis le 1er novembre 2022, résulte du 
projet de loi (ci-après : PL) n° 12'649 sur les taxis et les voitures de transport avec 
chauffeur, déposé par le Conseil d’État devant le Grand Conseil le 26 février 
2020. Ce projet a été renvoyé à la commission parlementaire des transports qui a 
rendu deux rapports, respectivement le 16 août 2021 (ci-après : Rapport A) et le 
11 janvier 2022 (ci-après : Rapport B). 

3.1 Dans sa présentation du PL, le département a apporté les précisions suivantes. 
En raison du numerus clausus des AUADP, le délai d’attente pour leur obtention 
pouvait atteindre plusieurs années, ce qui augmentait leur valeur économique et 
permettait à leurs titulaires de gagner de l’argent en vivant de la rente résultant de 
la location de leurs plaques pour un loyer dépassant parfois plus de dix fois le 
montant de la taxe annuelle. De nombreux chauffeurs voulant exercer la 
profession de taxi étaient ainsi contraints de louer une AUADP, ce qui les rendait 
dépendants et économiquement vulnérables. Il était apparu que 53 personnes 
détenaient 150 AUADP, dont une personne qui en avait dix. En l’absence d’outils 
permettant de contrôler les prix, le PL prévoyait de supprimer la cession des 
plaques, en recourant à leur location ou au bail à ferme. Ainsi, selon le PL, le 
détenteur d’une AUADP pouvait soit l’utiliser lui-même, soit engager un 
chauffeur pour l’utiliser, qui devenait contractuellement son employé, soit céder 
définitivement l’AUADP. 

3.2 Il ressort des débats que la commission parlementaire a voulu supprimer la 
location des plaques, qui conférait une rente de situation aux titulaires d’une 
AUADP, lesquels les louaient à un prix abusif. Le bail à ferme, tel qu’il était 
pratiqué par certaines personnes, restait un système exploitant une certaine 
dépendance, qui permettait la réalisation de marges excessives par rapport à l’outil 
de travail proposé, en tirant profit d’un avantage octroyé par l’État pour le 
monnayer. Il convenait de supprimer cette possibilité, une indemnisation étant 
introduite dans les dispositions transitoires en faveur des personnes rendant leur 
AUADP. 

3.3 À l’issue de la séance du 28 janvier 2022, le Grand Conseil a adopté la 
LTVTC (loi 12'649), publiée le 4 février 2022 dans la Feuille d’avis officielle de 

- 6/17 - 

A/1083/2023 

la République et canton de Genève (ci-après : FAO) fixant le délai référendaire au 
16 mars 2022. 

3.4 Vu l’expiration du délai référendaire, le Conseil d’État a, par arrêté du 23 mars 
2022 publié dans la FAO du 25 mars 2022, promulgué la LTVTC pour être 
exécutoire dans tout le canton dès le lendemain de la publication dudit arrêté, 
l’entrée en vigueur de la loi devant être fixée ultérieurement par le Conseil d’État. 
Lors de son communiqué hebdomadaire du 19 octobre 2022, le Conseil d’État a 
annoncé que la LTVTC et son règlement d’application entreraient en vigueur le 
1er novembre 2022. 

4. Le recourant considère que l’art. 46 al. 13 LTVTC n’est pas conforme au principe 
de la non-rétroactivité des lois, dans la mesure où il prend en compte la date du 
dépôt de ladite loi, et non son entrée en vigueur, pour examiner la condition de 
l’usage effectif de l’AUADP. Cet argument semble confondre deux questions 
distinctes, à savoir, d’une part, celle de la non-rétroactivité des lois et, d’autre 
part, celle des modalités du régime transitoire. Il convient de les examiner l’une 
après l’autre. 

 L’art. 46 al. 13 LTVTC dispose, sous l’intitulé « Attribution des autorisations 4.1
restituées ou caduques », que : « Le département peut attribuer l’autorisation 
d’usage accru du domaine public à la personne physique ou morale qui en était 
l’utilisateur effectif au moment du dépôt de la présente loi, s’il en est toujours 
l’utilisateur au moment de l’adoption de la loi, en fait la requête et réalise les 
conditions de délivrance visées à l’article 13, alinéa 5, de la présente loi ». 

 Selon un principe général de droit intertemporel, rappelé dans l’arrêt 4.2
2C_339/2021 du Tribunal fédéral du 4 mai 2022 (consid. 4.1), les dispositions 
légales applicables à une contestation sont celles en vigueur au moment où se sont 
produits les faits juridiquement déterminants pour trancher celle-ci (ATF 146 V 
364 consid. 7.1 ; 140 V 41 consid. 6.3.1). Liée aux principes de sécurité du droit 
et de prévisibilité, l'interdiction de la rétroactivité des lois résulte du droit à 
l'égalité de traitement (art. 8 Cst.), de l'interdiction de l'arbitraire et de la 
protection de la bonne foi (art. 5 et 9 Cst.). L'interdiction de la rétroactivité 
(proprement dite) fait obstacle à l'application d'une norme à des faits entièrement 
révolus avant son entrée en vigueur (ATF 147 V 156 consid. 7.2.1), car les 
personnes concernées ne pouvaient, au moment où ces faits se sont déroulés, 
connaître les conséquences juridiques découlant de ces faits et se déterminer en 
connaissance de cause. Une exception à cette règle n'est possible qu'à des 
conditions strictes, soit en présence d'une base légale suffisamment claire, d'un 
intérêt public prépondérant et moyennant le respect de l'égalité de traitement et 
des droits acquis (ATF 147 V 156 consid. 7.2.1 ; 146 V 364 consid. 7.1 ; 138 I 
189 consid. 3.4). La rétroactivité doit en outre être raisonnablement limitée dans 
le temps (ATF 147 V 156 consid. 7.2.1 ; 146 V 364 consid. 7.1 ; arrêt du Tribunal 
fédéral 1C_366/2016 du 13 février 2017 consid. 2.1). 

- 7/17 - 

A/1083/2023 

 En l’espèce, la requête – c’est-à-dire le fait juridiquement déterminant – du 4.3
recourant auprès du PCTN en vue de l’obtention d’une AUADP date du 
2 novembre 2022, soit après l’entrée en vigueur de la nouvelle LTVTC. Cette 
demande doit donc s’examiner au regard de la nouvelle réglementation, 
conformément au principe général du droit intertemporel rappelé par la 
jurisprudence fédérale susmentionnée. Contrairement à ce que semble penser le 
recourant, sa requête ne soulève pas de question sous l’angle de la rétroactivité 
des lois puisqu’elle a été déposée après l’entrée en vigueur de la nouvelle LTVTC. 
Ce grief doit être écarté. 

5. Le recourant soulève aussi la question des modalités du régime transitoire. Celle-
ci implique au préalable d’examiner si la nouvelle réglementation entrée en 
vigueur le 1er novembre 2022 exige la mise en place d’un régime transitoire en 
faveur du recourant. Celui-ci est chauffeur de taxi louant une AUADP depuis août 
2021, après avoir obtenu la carte professionnelle de chauffeur de taxi en juin 
2021. 

 L'ordre juridique suisse peut être modifié à tout moment, conformément aux 5.1
principes régissant la démocratie. Il n'existe pas, selon le Tribunal fédéral, de droit 
au maintien d'une certaine législation (arrêt du Tribunal fédéral 2E_3/2020 du 
11 novembre 2021 consid. 9.7.2 et arrêts cités). Dans certaines circonstances, la 
jurisprudence a toutefois déduit des principes de l'égalité de traitement, de la 
bonne foi, de la proportionnalité et de l'interdiction de l'arbitraire, l'obligation pour 
le législateur de prévoir un régime transitoire (ATF 145 II 140 consid. 4 ; 134 I 23 
consid. 7.6.1 ; 130 I 26 consid. 8.1 ; 128 I 92 consid. 4). Un tel régime doit 
permettre aux administrés de s'adapter à la nouvelle réglementation et non pas de 
profiter le plus longtemps possible de l'ancien régime plus favorable (ATF 145 II 
140 consid. 4 ; 134 I 23 consid. 7.6.1 ; arrêt du Tribunal fédéral 2E_3/2020 précité 
consid. 9.7.2). 

Il n'y a pas de droit constitutionnel à cet égard (ATF 118 Ib 241 consid. 5e et 9b ; 
arrêt du Tribunal fédéral 2E_3/2020 précité consid. 9.7.2). L'auteur de la 
réglementation dispose d'une large marge d'appréciation (ATF 128 I 92 consid. 4 ; 
arrêt du Tribunal fédéral 2C_482/2020 du 28 septembre 2021 consid. 7.2). Il faut, 
le cas échéant, procéder à une pesée des intérêts entre la protection de la bonne foi 
et le principe de la légalité qui exige que, sauf motif particulier, les lois ou 
ordonnances entrent en vigueur sans retard (arrêts du Tribunal fédéral 
2C_158/2012 du 20 avril 2012 consid. 3.8 ; 1A.196/1999 du 24 novembre 1999 
consid. 6a). La question de savoir quand le nouveau droit doit entrer en vigueur et 
selon quelles modalités dépend du but poursuivi par la norme. Une entrée en 
vigueur immédiate se justifie lorsqu'il s'agit d'éviter qu'à la faveur de certains 
délais, les intéressés ne se hâtent de faire ce que le nouveau droit tend à interdire, 
privant ainsi la loi de son effet (ATF 114 Ib 17 consid. 4 et 6b ; 104 Ib 205 consid. 
5b). 

- 8/17 - 

A/1083/2023 

En revanche, lorsque le changement de législation conduit les particuliers à des 
sacrifices trop importants au regard du but visé, il peut se justifier d'aménager 
l'entrée en vigueur, par exemple en publiant la loi assez tôt pour permettre aux 
personnes visées de prendre leurs dispositions, ou en prévoyant une entrée en 
vigueur par paliers, la possibilité d'octroyer des autorisations exceptionnelles ou 
encore des délais d'adaptation. Il convient toutefois de faire preuve de retenue à 
cet égard et de n'agir qu'en présence d'intérêts dignes de protection, car, outre 
l'intérêt public à une application immédiate du nouveau droit, les principes de 
l'égalité de traitement et de la sécurité du droit commandent que les anciens 
rapports juridiques soient rendus conformes au nouveau droit dans les meilleurs 
délais (arrêt du Tribunal fédéral 2E_3/2020 précité consid. 9.7.2 et arrêts cités). 

 La présente espèce se distingue des affaires ayant donné lieu aux 5.2
ATA/525/2023 du 23 mai 2023 et ATA/687/2023 du 27 juin 2023. Celles-ci 
concernaient respectivement un chauffeur de taxi louant une AUADP depuis mai 
et juillet 2022, soit une période postérieure tant à la publication de l’adoption, le 
28 janvier 2022, de la nouvelle LTVTC dans la FAO du 4 février 2022 qu’à la 
promulgation de cette loi, publiée dans la FAO du 25 mars 2022. Cette seconde 
publication constatait, d’une part, l’expiration du délai référendaire sans 
utilisation du référendum contre la nouvelle LTVTC et annonçait, d’autre part, sa 
future entrée en vigueur à une date à fixer ultérieurement par le Conseil d’État. 

Le recourant loue une AUADP depuis août 2021, après avoir obtenu la carte 
professionnelle de chauffeur de taxi le 14 juin 2021 et signé le 12 août 2021 le 
contrat « de mise à disposition » y relatif. Ces deux dates correspondent à une 
période antérieure aux deux publications précitées, ce qui constitue une différence 
importante avec les affaires susmentionnées. Contrairement à celles-ci, le 
recourant ne savait ni ne pouvait de bonne foi savoir, au moment où il a conclu le 
contrat de location de l’AUADP le 12 août 2021, que la nouvelle LTVTC, et en 
particulier son art. 46 al. 13, serait adoptée, ni que l’exercice de la profession de 
chauffeur de taxi par le biais de la location d’une AUADP serait définitivement 
interdit par la loi. Une telle issue était alors seulement hypothétique vu les travaux 
législatifs en cours. Autre était la situation du chauffeur de taxi visé par l’arrêt 
précité de mai 2023, qui devait, pour les raisons susévoquées, connaître et 
s’attendre audit changement de loi et de pratique lorsqu’il a décidé, en mai 2022, 
d’exercer la profession de chauffeur de taxi moyennant la location d’une AUADP. 
Il va de soi que l’existence d’une probabilité qu’un événement se réalise n’est pas 
comparable à la survenance de celui-ci. Celle-ci supprime, à l’instar de la situation 
traitée dans l’arrêt de mai 2023, tout doute quant à sa réalisation. Ce même 
raisonnement s’applique à l’affaire susmentionnée de juin 2023. 

 Ainsi, les situations exigeant l’instauration d’un régime transitoire par le 5.3
législateur résultent d’une pesée des intérêts entre la protection de la bonne foi et 
le principe de la légalité impliquant, en général, une entrée en vigueur immédiate 

- 9/17 - 

A/1083/2023 

du nouveau droit. À cet égard, la jurisprudence précitée rappelle que cette mise en 
balance s’effectue uniquement s’il existe des intérêts dignes de protection, eu 
égard non seulement au principe de la légalité mais également à ceux de l’égalité 
de traitement et de la sécurité du droit. Tel n’est pas le cas si le but de l’administré 
est de profiter le plus longtemps possible de l’ancien régime plus favorable. 

Conformément aux deux conditions cumulatives découlant de la jurisprudence 
susmentionnée, la mise en place d’un régime transitoire présuppose d’abord 
d’avoir bénéficié de l’application de l’ancien droit, ce qui a été le cas du recourant 
dès août 2021. La seconde condition implique que le recourant ait dû supporter un 
sacrifice trop important découlant du changement de législation. Il convient de 
rappeler que le législateur, auteur de la réglementation en cause, dispose d’une 
large marge d’appréciation et que le but poursuivi par la norme est un critère 
décisif pour déterminer la date d’entrée en vigueur ainsi que ses modalités, 
compte tenu de la jurisprudence précitée. Dès lors, la notion jurisprudentielle de 
« sacrifice trop important » étant une notion juridiquement indéterminée, il 
revient, en premier lieu, au législateur de la préciser à l’aune du but poursuivi par 
la nouvelle réglementation et dans le respect des principes constitutionnels, tels 
que celui de la légalité, de la bonne foi et l’égalité de traitement.  

 Une des nouveautés importantes de la nouvelle LTVTC, entrée en vigueur le 5.4
1er novembre 2022, est la suppression de la cession des AUADP (art. 13 al. 3 
LTVTC) et de toute possibilité de location de plaque ou de bail à ferme (p. 123 et 
236 du Rapport A), rediscutée lors du deuxième renvoi en commission (p. 3, 7, 
10 ss, 20 ss et 39 ss Rapport B). Ce changement législatif a des répercussions tant 
sur les bailleurs que sur les locataires des AUADP, pour lesquels un régime 
transitoire a été prévu à l’art. 46 al. 8 à 12 pour les premiers et à l’art. 46 al. 13 
pour les seconds. Les al. 8 à 12 précités se trouvent, à l’art. 46 LTVTC, sous 
l’intitulé « Interdiction de la mise à disposition des [AUADP] » et l’al. 13 précité 
sous celui « Attribution des autorisations restituées ou caduques ».  

5.4.1 La systématique de ces alinéas montre une corrélation entre ces deux 
réglementations transitoires en ce sens que l’application de l’art. 46 al. 13 LTVTC 
dépend de la restitution des AUADP par les bailleurs de celles-ci, régie par les 
al. 8 à 12 précités. L’art. 46 al. 13 LTVTC met aussi en place un traitement 
privilégié en faveur des locataires des AUADP par rapport aux personnes figurant 
sur la liste d’attente d’une AUADP, à certaines conditions. Certaines de celles-ci 
sont contestées en l’espèce, ce qui constitue l’objet du présent litige.  

5.4.2 À titre de rappel, la teneur de l’art. 46 al. 13 LTVTC pose quatre conditions 
que le locataire d’une AUADP sous l’ancien droit doit remplir : être l’utilisateur 
effectif de l’AUADP « au moment du dépôt de la présente loi », l’être « toujours 
[…] au moment de l’adoption de la loi », faire la requête de l’AUADP et réaliser 
les conditions de délivrance de l’AUADP visées à l’art. 13 al. 5 LTVTC. Cette 
norme-ci exige entre autres d’être titulaire d’une carte professionnelle et d’en 

- 10/17 - 

A/1083/2023 

réaliser toujours les conditions d’octroi (let. a), de ne pas avoir contrevenu, dans 
les trois années précédant la requête, de manière grave ou répétée aux dispositions 
de la LTVTC ou à ses normes d’exécution (let. b) et de s’être acquitté de la taxe 
annuelle (let. c). 

Parmi les quatre conditions précitées posées par l’art. 46 al. 13 LTVTC, est en 
l’espèce litigieuse celle exigeant d’être utilisateur effectif de l’AUADP « au 
moment du dépôt de la présente loi ». Il convient ainsi d’examiner la volonté du 
législateur sur ce point à la lumière des travaux préparatoires, afin de cerner la 
notion de « sacrifice trop important » justifiant, aux yeux du législateur genevois, 
un régime transitoire en faveur des locataires des AUADP aux conditions 
susmentionnées.  

5.4.3 Ces travaux sont ponctués par deux rapports de la commission parlementaire 
en charge de l’examen de la nouvelle LTVTC actuellement en vigueur : le 
Rapport A déposé le 16 août 2021 devant le Grand Conseil et le Rapport B déposé 
devant ce dernier le 11 janvier 2022.  

Le Rapport A décrit les travaux de la commission parlementaire menés d’avril 
2020 à janvier 2021. Après une description du PL 12’649 initial du Conseil d’État 
par les représentants du département compétent, ce rapport retranscrit les 
nombreuses auditions effectuées ainsi que les interventions du département et les 
débats de la commission sur ce PL initial. Celui-ci a été déposé le 26 février 2020, 
peu de temps avant la période de confinement dû à la pandémie et décrété en 
Suisse mi-mars 2020. Ces premiers travaux ont donné lieu à plusieurs 
amendements du PL initial par les commissaires et abouti à un nouveau PL, à 
savoir le PL 12’649-A. 

À la suite de plusieurs sollicitations du milieu professionnel concerné, les 
commissaires ont voté un renvoi urgent du PL 12’649-A en commission, ce qui a 
donné lieu au deuxième tour des travaux de la commission décrits dans le Rapport 
B. Après une présentation du département sur les sujets sélectionnés par la 
commission en vue d’un deuxième traitement et une audition, la commission a 
discuté sur trois notes du département (annexe 2 à 4 du Rapport B) et procédé à de 
nouveaux débats et au vote final. Ces travaux ont conduit à de nouveaux 
amendements des commissaires et abouti à un nouveau PL 12’649-B, soumis à la 
séance plénière du Grand Conseil du 28 janvier 2022. 

 La question litigieuse porte, en l’espèce, sur la condition susévoquée d’être 5.5
utilisateur effectif de l’AUADP « au moment du dépôt de la présente loi », 
formulation pouvant prêter à interprétation. Il n’est pas non plus clair si le 
locataire de l’AUADP doit en être l’utilisateur effectif depuis le « dépôt de la 
présente loi » jusqu’à son adoption, c’est-à-dire pendant toute la période comprise 
entre ces deux moments, ou s’il ne doit l’être qu’à ces deux moments précis. Il y a 
lieu de rappeler que cette période, située entre fin février 2020 et fin janvier 2022, 

- 11/17 - 

A/1083/2023 

a connu de nombreuses et variables restrictions liées à la crise sanitaire, avec des 
répercussions sociales et économiques importantes. Il est ainsi, dans ce contexte si 
particulier, d’autant plus essentiel de rechercher la volonté du législateur genevois 
sur ce point, compte tenu de l’impact de la nouvelle réglementation sur les 
chauffeurs ayant loué une AUADP à une époque où ils ne pouvaient de bonne foi 
pas s’attendre à l’interdiction de cette pratique.  

5.5.1 L’al. 13 de l’art. 46 LTVTC est une disposition transitoire qui ne figurait pas 
dans le PL 12’649 initial du Conseil d’État. À l’origine, l’art. 46 de ce PL 
contenait sept alinéas. Les réglementations transitoires susmentionnées, contenues 
actuellement aux al. 8 à 13 de l’art. 46 LTVTC, s’y sont ajoutées, en deux temps, 
lors du processus législatif décrit supra et développé infra. 

5.5.2 S’est d’abord imposée l’idée de prévoir un passage en douceur en faveur des 
bailleurs des AUADP (p. 104 ss du Rapport A). Elle s’est concrétisée, à l’issue du 
2e débat devant la commission parlementaire concernant le PL initial lors du 
premier renvoi, avec l’adoption de trois nouveaux alinéas, proposés par le 
département, à l’art. 46 LTVTC (qui étaient alors les al. 8, 9 et 10) sous l’intitulé 
« Interdiction de la mise à disposition des [AUADP] » (p. 207 s du Rapport A). 
Ce sujet a été discuté à plusieurs reprises au sein de la commission, notamment 
après les auditions des milieux concernés, entre la fin du 2e débat et le 3e débat du 
PL initial lors du premier renvoi (p. 104 ss, 207s et 213s du Rapport A), ainsi que 
lors du deuxième renvoi en commission (p. 25 ss et 38 ss Rapport B). Les 
discussions ont notamment porté sur le moyen d’inciter les bailleurs d’AUADP à 
remettre celles-ci, et les plaques correspondantes, qu’ils n’utilisaient plus 
personnellement. Elles ont finalement abouti, lors du deuxième renvoi en 
commission, à l’adoption des al. 8 à 12 de l’art. 46 LTVTC, actuellement en 
vigueur. Deux préoccupations ont guidé les travaux des commissaires. Ceux-ci 
tenaient, d’une part, à mettre fin à la pratique, jugée problématique, que des 
personnes puissent tirer un profit, qui plus est excessif, de ce qu’elles avaient 
obtenu gratuitement de l’État et, d’autre part, à assurer le respect de la liste 
d’attente (p. 109 du Rapport A). 

5.5.3 En revanche, les commissaires ont peu discuté du traitement transitoire en 
faveur des locataires des AUADP, qui n’était pas controversé. Il découle de 
quelques interventions à ce sujet qu’il leur semblait logique, voire évident, de leur 
attribuer en priorité les AUADP qui seraient restituées au département par les 
bailleurs de celles-ci. À ce sujet, on peut citer les propos du président de la 
commission lors du deuxième renvoi en commission, soulignant que le régime 
transitoire prévoyait « une attribution en priorité à l’utilisateur effectif » (p. 39 du 
Rapport B) et que « l’objectif [était] de donner la priorité aux utilisateurs effectifs 
et de mettre fin au bail à ferme » (p. 40 du Rapport B). Les représentants du 
département ont relevé, lors du deuxième renvoi en commission, s’agissant du 
régime transitoire en faveur des locataires des AUADP, qu’il s’agissait d’un 

- 12/17 - 

A/1083/2023 

« aspect social » afin de clarifier rapidement leur situation puisqu’ils dépendaient 
encore de leur bailleur à qui ils devaient payer la location. Le bailleur avait une 
obligation soit d’employer les chauffeurs locataires, soit de restituer les AUADP. 
Les représentants du département signalaient aussi l’existence d’une disposition 
transitoire permettant « au département d’attribuer l’AUADP restituée à la 
personne qui l’exploitait effectivement, soit au locataire. Cette clause évit[ait] que 
le locataire ne perde son outil de travail lorsque l’AUADP [était] restituée par le 
bailleur » (p. 27 du Rapport B). Par ailleurs, lors du premier renvoi en 
commission, après le 2e débat et avant le 3e débat sur le PL initial, le président 
alors en charge du département avait déjà admis qu’il fallait « obliger [les 
bailleurs] à remettre les plaques à ceux qui les utilis[ai]ent vraiment » (p. 213 du 
Rapport A). Un député avait aussi souligné l’importance de protéger les locataires 
des plaques qui « devraient avoir un accès privilégié et venir en tête de liste » 
(p. 214 du Rapport A), ce qui n’a été contesté par aucun autre membre de la 
commission. Aucune exigence de durée minimale d’utilisation effective de 
l’AUADP par son locataire n’apparaît à aucun moment dans les travaux 
préparatoires. 

Ce n’est qu’à l’issue du 3e débat, dans le cadre du premier renvoi en commission, 
qu’un régime transitoire en faveur des locataires d’AUADP a été introduit dans le 
PL par les commissaires sous l’al. 10 de l’art. 46 d’alors (p. 235s du Rapport A). 
La teneur, mise au vote de ce nouvel al. 10 devant la commission parlementaire, 
est mise en évidence dans le Rapport A, par l’usage du gras, de l’italique et du 
rouge et d’un encadrement de cet alinéa 10 d’alors, en ces termes : « Le 
département peut attribuer l’autorisation d’usage accru du domaine public à la 
personne physique ou morale qui en était l’utilisateur effectif au moment de 
l’adoption de la loi, en fait la requête et réalise les conditions de délivrance visées 
à l’article 13, alinéa 5, de la présente loi » (p. 236 du Rapport A). Cette teneur, 
signalée comme étant l’art. 46 al. 10 tel qu’amendé par le département, a été 
acceptée par tous les commissaires, sans aucune opposition ni abstention (p. 236 
du Rapport A). Elle ne contient pas la condition litigieuse dans la présente cause, 
qui exige d’être « l’utilisateur effectif au moment du dépôt de la présente loi ». Le 
président de la commission a ensuite mis au vote l’intégralité de l’art. 46 dans sa 
version alors amendée, qui a été unanimement acceptée, puis le PL 12649, tel 
qu’amendé par la commission, devenu le PL 12649-A, majoritairement accepté 
sous réserve de deux abstentions (p. 236 et 240 ss Rapport A). 

5.5.4 De nouvelles discussions ont eu lieu lors du deuxième renvoi, en urgence, 
devant la commission parlementaire, sous la nouvelle présidence du département. 
Elles ont abouti à quelques nouveaux amendements. Ceux-ci ne sont pas 
déterminants par rapport à l’art. 46 al. 13 LTVTC qui est au centre de la présente 
procédure, si ce n’est pour des raisons formelles liées à la numérotation actuelle 
des alinéas de l’art. 46 LTVTC. C’est lors de ce deuxième renvoi en commission 

- 13/17 - 

A/1083/2023 

qu’ont été introduits les alinéas actuels 9, 10 et 11, l’ancien al. 9 devenant l’actuel 
al. 12 et l’ancien al. 10 devenant l’actuel al. 13 (p. 45, 69 et 107 du Rapport B). 

5.5.5 Un constat frappant découle des travaux de la commission, dans le cadre du 
premier renvoi du PL initial en commission, au sujet de l’ancien al. 10, devenu 
l’actuel al. 13, de l’art. 46 prévoyant le régime transitoire en faveur des locataires 
des AUADP. La teneur susmentionnée relative à ce régime transitoire, acceptée 
unanimement par la commission parlementaire (p. 236 du Rapport A), n’est pas 
celle qui a été retranscrite dans le PL 12’649-A (p. 261 du Rapport A), pourtant 
censé contenir tous les amendements au PL initial que ladite commission a votés 
et acceptés. Cette retranscription erronée a été reprise dans le PL 12'649-B (p. 69 
et 105 ss du Rapport B). Cette erreur n’a été repérée à aucun moment ultérieur du 
processus législatif et se retrouve dans la version actuellement en vigueur de 
l’art. 46 al. 13 LTVTC. 

5.5.6 Il existe aussi, au sujet de l’al. 8 de l’art. 46 du PL, un décalage similaire 
entre la version acceptée par la commission, prévoyant un délai de douze mois (p. 
235 du Rapport A), et celle répercutée dans le PL 12649-A (p. 261 du Rapport A), 
qui a conservé le délai de six mois proposé initialement par le département au lieu 
d’y intégrer le délai de douze mois voté par la commission. Cela étant, ce 
décalage a été identifié par une députée comme étant une « erreur de forme qui 
s’était glissée lors de l’amendement final » lors du deuxième tour des travaux de 
la commission (p. 38 du Rapport B). Cette erreur a ainsi pu être corrigée dans le 
PL 12’649-B (p. 38 et 68 du Rapport B). 

 Dans ces conditions, se pose la question du sort qu’il convient de réserver à la 5.6
divergence constatée entre la version – à l’origine de l’actuel art. 46 al. 13 
LTVTC (régime transitoire en faveur des locataires d’AUADP) – adoptée par la 
commission parlementaire (p. 236 du Rapport A) et celle retranscrite, de manière 
erronée, dans le PL 12’649-A (p. 261 du Rapport A) puis reportée dans le PL 
12’649-B soumis au vote plénier du Grand Conseil (p. 69 et 105 ss du Rapport B). 
En recherchant la volonté du législateur au sujet de la condition litigieuse figurant 
dans la teneur en vigueur de l’art. 46 al. 13 LTVTC, la chambre administrative 
constate qu’il ressort des travaux préparatoires susmentionnés que cette condition 
n’a pas été acceptée par la commission parlementaire alors que l’article topique a 
fait l’objet d’un vote spécifique de celle-ci. 

5.6.1 La première conclusion s’imposant à l’issue de ce constat est qu’il n’est pas 
possible d’interpréter l’art. 46 al. 13 LTVTC à la lumière de sa seule lettre. En 
effet, d’une part, celle-ci ne semble pas correspondre à la volonté initiale 
clairement exprimée dans le Rapport A de la commission parlementaire. D’autre 
part, l’idée de transmettre les AUADP remises par les bailleurs aux locataires 
effectifs a été admise au cours des travaux préparatoires, sans qu’elle ne suscite de 
débats ou désaccords ni qu’elle ne soit subordonnée à une exigence particulière, 
notamment de durée minimale d’utilisation effective. Cette idée correspond 

- 14/17 - 

A/1083/2023 

d’ailleurs au but poursuivi par la nouvelle LTVTC consistant à supprimer la 
location de plaques et le bail à ferme en faveur du principe exprimé à l’art. 13 al. 3 
LTVTC, selon lequel l’AUADP est personnelle et intransmissible. 

5.6.2 Dans ces circonstances inhabituelles, la chambre administrative peut 
difficilement considérer l’ajout – inexpliqué – de la condition litigieuse comme 
étant une volonté de la commission parlementaire vu que celle-ci a accepté une 
teneur correspondant à l’actuel art. 46 al. 13 mais sans la condition litigieuse. Si, 
certes, le département compétent est habilité à présenter le PL (art. 109 al. 2 de la 
Constitution de la République et canton de Genève du 14 octobre 2012 - Cst-GE -
 A 2 00), la décision de l’adopter, le cas échéant après l’avoir modifié par des 
amendements votés en commission puis, le cas échéant en séance plénière du 
Grand Conseil, relève de la compétence de l’organe législatif (art. 91 al. 1 Cst-
GE) et non de l’organe exécutif, conformément au principe de la séparation des 
pouvoirs. À cet égard, le fait que le Conseil d’État dirige la phase préparatoire de 
la procédure législative (art. 109 al. 1 Cst-GE) et qu’il puisse aussi présenter des 
amendements et des propositions au Grand Conseil (art. 109 al. 2 Cst-GE) ne le 
dispense pas, dans ces cas, de clairement le signaler lors des travaux préparatoires, 
ce qui n’a pas été le cas concernant l’ajout de la condition litigieuse dans le PL 
12’649-A, repris ensuite jusqu’au vote final du parlement genevois sans que 
personne ne remarque le rajout litigieux.  

Reconnaître une valeur juridiquement contraignante à cette condition dans de 
telles circonstances compromettrait la mission confiée à la commission 
parlementaire par le Grand Conseil et la confiance qui y est légitimement 
associée. En effet, s’agissant du fonctionnement du Grand Conseil, l’art. 90 al. 1 
Cst-GE dispose que le Grand Conseil constitue des commissions afin de préparer 
ses débats (phr. 1ère). La compétence de celles-ci est régie par l’art. 90 Cst-GE. Il 
est donc essentiel, pour garantir le bon fonctionnement de cette institution 
démocratique fondamentale, de veiller à une correcte retranscription des votes et 
amendements des commissions dans les documents pertinents. Le fait que tel n’a 
pas été le cas concernant la condition litigieuse de l’art. 46 al. 13 LTVTC nuit à la 
correcte transmission de la volonté claire et unanime de la commission 
parlementaire auprès des membres du Grand Conseil réunis en séance plénière et 
ainsi au processus démocratique d’adoption des lois.  

Cela étant, qu’il s’agisse d’une simple erreur de transcription, à l’instar de l’autre 
erreur du même type relevée plus haut, ou d’un acte délibéré, ne change rien au 
fait qu’à aucun moment, ni la commission parlementaire, ni d’ailleurs le Grand 
Conseil, n’ont voulu limiter le cercle des utilisateurs effectifs d’AUADP, qui ont 
de bonne foi recouru à la location des plaques, à d’autres conditions que celles 
votées par la commission parlementaire à la fin du 3ème débat du premier renvoi en 
commission, juste avant son vote final (p. 236 du Rapport A). C’est ainsi dans ce 
sens qu’il y a lieu de définir la notion jurisprudentielle de « sacrifice trop 

- 15/17 - 

A/1083/2023 

important » justifiant in casu un régime transitoire en faveur des locataires des 
AUADP en raison du changement législatif apporté par la nouvelle LTVTC, 
entrée en vigueur le 1er novembre 2022, à la pratique de location de plaque, 
désormais légalement interdite. 

Enfin, la chambre de céans peine à comprendre l’introduction du critère litigieux 
consistant à exiger d’avoir aussi été locataire effectif « au moment du dépôt de la 
présente loi », en l’absence de toute explication quant à sa motivation et/ou à sa 
mise en œuvre compte tenu du contexte exceptionnel lié à la crise sanitaire 
survenue peu après le dépôt du PL 12'649. Celle-ci a non seulement conduit au 
confinement dès mi-mars 2020 mais également à plusieurs restrictions affectant la 
population dans ses rapports sociaux mais également sur le plan économique, et 
ce pendant la période visée par la teneur en vigueur de l’art. 46 al. 13 LTVTC, 
soit de fin février 2020 à fin janvier 2022. Dans un contexte si singulier, il est 
surprenant qu’aucune référence n’y soit faite alors qu’est en cause un régime 
censé assurer une transition la moins abrupte possible aux locataires des AUADP. 
La formulation de la condition litigieuse est par ailleurs erronée puisqu’au 
moment du dépôt seul existait un PL, et non la loi.  

Le département n’a pas non plus apporté d’explication à la divergence entre la 
version acceptée par la commission, ne contenant pas la condition litigieuse et 
n’ayant pas été correctement retranscrite dans le PL 12649-A respectivement le 
PL 12’649-B, destinés à la plénière du parlement, et celle finalement entrée en 
vigueur.  

Dans ces circonstances, la chambre administrative ne peut retenir que le texte 
formellement adopté reflète la volonté du législateur genevois d’exiger des 
locataires des AUADP d’être des utilisateurs effectifs de celles-ci non seulement 
au moment de l’adoption de la nouvelle LTVTC, le 28 janvier 2022, mais 
également au moment du dépôt du PL y relatif, le 26 février 2020. Admettre le 
contraire compte tenu de la retranscription erronée du vote clair et unanime de la 
commission et de l’intention de celle-ci rappelée reviendrait à imputer une volonté 
au parlement, qui n’a pas été acceptée par les commissaires, qui ont en amont 
œuvré de manière approfondie à son élaboration alors qu’à aucun moment des 
travaux préparatoires n’apparaît la volonté de limiter le cercle des chauffeurs 
ayant loué de bonne foi les AUADP, à d’autres conditions que celles votées par la 
commission à la fin du 3e débat du premier renvoi en commission. 

Le fait de circonscrire le cercle des locataires d’AUADP aux utilisateurs effectifs 
au moment de l’adoption de la nouvelle loi permet d’assurer le respect du principe 
de la bonne foi, en évitant des abus consistant à louer une AUADP pour pouvoir 
bénéficier de l’application de l’art. 46 al. 13 LTVTC et ainsi courcircuiter l’ordre 
prévu dans la liste d’attente. Comme déjà relevé dans les ATA/525/2023 et 
ATA/687/2023 précités, le régime transitoire ne sert pas à tirer profit de l’ancien 
droit le plus longtemps possible, mais à permettre un passage en douceur pour les 

- 16/17 - 

A/1083/2023 

personnes subissant des sacrifices trop importants du fait de la nouvelle 
réglementation. Considérer que tel est le cas des personnes utilisant effectivement 
les AUADP au moment de l’adoption de la LTVTC est soutenable au regard du 
but poursuivi par la nouvelle réglementation et de l’importance, pour les membres 
de la commission parlementaire, de supprimer les abus liés à la pratique des 
locations de plaques. 

Au vu de ce qui précède et malgré la lettre de l’art. 46 al. 13 LTVTC, il y a lieu de 
considérer qu’il n’est pas décisif que le recourant ait été utilisateur d’une AUADP 
au moment du dépôt du projet de loi le 26 février 2020. Comme le recourant était, 
au regard du dossier produit, utilisateur effectif de l’AUADP depuis août 2021 de 
manière continue jusqu’au dépôt de sa requête au sens de l’art. 46 al. 13 LTVTC 
intervenu le 2 novembre 2022, il l’était au moment de l’adoption de la LTVTC, 
soit le 28 janvier 2022, et remplit ainsi la condition y relative. Il a en outre déposé 
ladite demande début novembre 2022, quelques jours après l’entrée en vigueur de 
la nouvelle loi. Il n’apparaît pas que le recourant était une entreprise de diffusion 
de courses selon l’art. 46 al. 5 LTVTC. Il remplit ainsi les conditions d’octroi 
d’une AUADP au sens de l’art. 46 al. 13 LTVTC. 

Partant, le recours sera admis et le dossier renvoyé au PCTN afin qu’il délivre au 
recourant une AUADP, pour autant que les autres conditions soient remplies, ce 
qui semble, a priori, le cas. 

6. Vu l’issue du litige, aucun émolument ne sera perçu et une indemnité de 
procédure de CHF 1'000.- sera allouée au recourant (art. 87 LPA). 

 

* * * * * 
 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 24 mars 2023 par A______ contre la décision du 
service de police du commerce et de lutte contre le travail au noir du 23 février 2023 ; 

au fond : 

l’admet et annule la décision du service de police du commerce et de lutte contre le 
travail au noir du 23 février 2023 ; 

- 17/17 - 

A/1083/2023 

renvoie le dossier au service de police du commerce et de lutte contre le travail au noir 
en vue de l’octroi d’une autorisation d’usage accru du domaine public, au sens des 
considérants ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument ; 

alloue à A______ une indemnité de procédure de CHF 1'000.-, à la charge de l’État de 
Genève ; 

dit que conformément aux art. 82 ss LTF, le présent arrêt peut être porté dans les trente 
jours qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en 
matière de droit public ; le mémoire doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de 
preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au 
Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ; 

communique le présent arrêt à Me Guy ZWAHLEN, avocat du recourant, ainsi qu'au 
service de police du commerce et de lutte contre le travail au noir. 

Siégeant : Valérie LAUBER, présidente, Valérie MONTANI, Florence KRAUSKOPF, 
Eleanor McGREGOR et Claudio MASCOTTO, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

le greffier-juriste : 
 
 

F. SCHEFFRE 
 

 la présidente siégeant : 
 
 

V. LAUBER 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 

 la greffière :