# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c119c835-9651-5ab9-972d-373c934e87bb
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2019 / 58
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2019---58_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC18.037880-190259

56 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
28 mars 2019

__________________

Composition
:              Mme             
Byrde,
présidente

             
              MM.             
Colombini et  Maillard, juges

Greffier
              :             
M.              Elsig

 

 

*****

 

 

Art.
321 al. 1 CPC

 

 

             
Vu le prononcé non motivé rendu le 14 décembre 2018, à la suite de l’interpellation
du poursuivi, par le Juge de paix du district de l’Ouest lausannois, notifié au poursuivi
le 18 décembre 2018, refusant de suspendre la procédure, prononçant la mainlevée
définitive de l’opposition formée par
L.________,
à [...], à la poursuite n° 8'698'744 de l’Office des poursuites du district de l’Ouest
lausannois exercée par
Etat
de Vaud, représenté par l’Office
d’impôt des districts de Lausanne et de l’Ouest lausannois,
à Lausanne, fixant les frais judiciaires à 90 fr., les mettant à la charge du poursuivi
et disant qu’en conséquence celui-ci rembourserait au poursuivant son avance de frais, par
90 fr., sans allocation de dépens pour le surplus,

 

             
vu la demande de motivation de ce prononcé déposée le 20 décembre 2018 par le poursuivi,

 

             
vu les motifs du prononcé adressés aux parties le 7 février 2019 et notifiés au poursuivi
le lendemain,

 

             
vu le recours daté du 12 février 2019 mais remis à la poste le lendemain interjeté
par le poursuivi contre ce prononcé et les pièces produites avec le recours,

 

             
vu les autres pièces du dossier ;

 

             
attendu que la demande de motivation et le recours ont été déposés dans les délais
de dix jours des art. 239 al. 2 et 321 al. 2 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ;
RS 272) ;

 

             
attendu que la partie qui entend user d'une voie de droit a la charge de se conformer à certaines
règles de forme, à défaut de quoi sa démarche sera frappée d'irrecevabilité
(Jeandin, in Bohnet/Haldy/Jeandin/Schweizer/Tappy (éd.), Commentaire romand, Code de procédure
civile, 2e
éd., 2019, n. 1 ad
art. 321 CPC), 

 

             
qu'en particulier, selon l'art. 321 al. 1 CPC, le recours doit être motivé, 

 

             
que, si la motivation du recours fait défaut, l’instance de recours n’entre pas en matière,

 

             
que, selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, la motivation du recours doit à tout
le moins satisfaire aux exigences qui sont posées pour un acte d’appel (TF 5A_387/2016 du
7 septembre 2016 consid. 3.1 ; TF 5A_488/2015 du 21 août 2015 consid. 3.2.1, publié in
RSPC 6/2015 pp. 512 s., et les arrêts cités),

 

             
que cela signifie que le recourant doit démontrer le caractère erroné de la motivation
de la décision attaquée et que son argumentation doit être suffisamment explicite pour
que l’instance de recours puisse la comprendre, ce qui suppose une désignation précise
des passages de la décision qu’il attaque et des pièces du dossier sur lesquelles il
fonde sa critique (ibid.),

 

             
que ni l’art. 132 al. 1 et 2 ni l’art. 56 CPC ne sont applicables en cas d’absence
de motivation d’un acte de recours (ibid.),

 

             
qu’en l’espèce, le recourant requiert la révision des taxations fiscales pour les
années 2015 et 2016, déclare avoir demandé une nouvelle taxation pour les années
2013 et 2014, sans avoir reçu de nouvelles depuis, et fait valoir que sa fiduciaire a écrit
à l’office d’impôt le 14 décembre 2018 en réponse à un courrier
de ce dernier l’informant que son ancienne fiduciaire n’avait pas rempli de déclaration
d’impôt, qu’il y a eu un flottement administratif durant la période 2013-2014 et
jusqu’à sa faillite de 2016, qu’il tente d’y remédier, qu’il a fait
valoir devant le premier juge une différence entre les montants pris en considération par la
taxation d’office et ceux dus selon les déclarations d’impôts 2015 et 2016 et qu’il
a rempli ces déclarations,

 

             
que ce faisant, il ne remet pas en question la motivation du prononcé selon laquelle l’intimé
est au bénéfice d’une décision de taxation définitive et exécutoire, valant
titre à la mainlevée définitive,

 

             
que son recours ne satisfait pas aux exigences de motivation de l’art. 321 al. 1 CPC et de la jurisprudence
susmentionnée,

 

             
qu’il est en conséquence irrecevable ;

 

             
attendu qu’au demeurant, à supposer recevable, il devrait être rejeté,

 

             
qu’en effet, la jurisprudence considère que le juge de la mainlevée ne peut revoir le
bien-fondé de la décision sur laquelle se fonde la demande de mainlevée définitive
(ATF 140 III 180 consid. 5.2.1 ; ATF 124 III 501 consid. 3a, JdT 1999 II 136),

 

             
que le premier juge ne pouvait donc examiner l’argument du recourant selon lequel il y aurait une
différence entre les montants pris en compte dans la taxation d’office et ceux résultant
d’autres déclarations d’impôt,

 

             
que, pour la même raison, le recourant requiert en vain la révision de la taxation en cause,

 

             
qu’en outre l’art. 81 al. 1 LP (loi fédérale du 11 avril 1889 sur la poursuite
pour dettes et la faillite ; RS 281.1) ne permet au juge de refuser la mainlevée définitive
en présence d’une décision exécutoire que si l’opposant prouve par titre que
la dette a été éteinte ou qu’il a obtenu un sursis postérieurement à la
décision ou qu’il ne se prévale de la prescription,

 

             
qu’en l’espèce, le recourant n’a produit en première instance aucune pièce
établissant que l’intimé lui aurait accordé un sursis à la suite de sa demande
de nouvel examen de la taxation des années 2013 et 2014,

 

             
que c’est dès lors à juste titre que le premier juge a prononcé la mainlevée
définitive de l’opposition du recourant ;

 

             
attendu que le présent arrêt peut être rendu sans frais.

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est irrecevable.

 

             
II.             
L’arrêt, rendu sans frais, est exécutoire.

 

La
présidente :               Le greffier
:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. L.________,

‑             
Office d’impôt des districts de Lausanne et de l’Ouest lausannois (pour Etat de Vaud).

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 400 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe 
(art.
74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les
trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
Mme la Juge de paix du district de l’Ouest lausannois.

 

             
Le greffier :