# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 322537a1-95ed-5a56-9a42-7015ff70b631
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2019-06-11
**Language:** fr
**Title:** Genf Tribunal pénal 11.06.2019 P/11918/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_TP_001_P-11918-2016_2019-06-11.pdf

## Full Text

Siégeant : Marine WYSSENBACH, présidente, Alexandra BANNA et Katalyn 
BILLY, juges, Josiane STICKEL-CICUREL, Nelly HARTLIEB, Patrick 
MUTZENBERG et Félix LAEMMEL, juges assesseurs, Aurélien GEINOZ, 
greffier-délibérant 

P/11918/2016  

RÉPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E   
 

 

JUGEMENT  

DU TRIBUNAL CRIMINEL  

 

Chambre 23 

 
11 juin 2019  

 

MINISTÈRE PUBLIC  

A______, partie plaignante, assistée de Me B______ 

contre  

X______, né le ______1967, actuellement en exécution anticipée de peine aux 
établissements de Bellechasse, prévenu, assisté de Me C______ 
 
Y______, née le ______1957, actuellement détenue à la Prison de Champ-Dollon, 
prévenue, assistée de Me D______ 

  

- 2 -  

 
P/11918/2016  

 

CONCLUSIONS FINALES DES PARTIES 
 

Le Ministère public conclut au prononcé d'un verdict de culpabilité de X______ du chef 
de tentative d'assassinat (art. 22 et 112 CP) et de brigandage aggravé (art. 140 ch. 4 CP) 
et au prononcé d'un verdict de culpabilité de Y______ du chef d'instigation à assassinat 
(art. 24 et 112 CP) et d'instigation à brigandage aggravé (art. 24 et 140 ch. 4 CP). Il 
requiert la condamnation des prévenus à une peine privative de liberté de 18 ans chacun 
et le prononcé d'une mesure thérapeutique ambulatoire, au sens de l'art. 63 CP, pour 
chacun d'eux. Il s'en rapporte à son annexe s'agissant des confiscations et restitutions. Il 
sollicite le maintien en détention pour des motifs de sûreté de Y______. Il demande la 
condamnation solidaire des prévenus aux frais de la procédure. 

A______, par la voix de son conseil, conclut au prononcé d'un verdict de culpabilité de 
X______ du chef de tentative d'assassinat et de brigandage aggravé et de Y______ du 
chef d'instigation à assassinat et d'instigation à brigandage aggravé. Elle demande que 
les prévenus soient condamnés, conjointement et solidairement, à lui verser des 
montants de CHF 100'000.-, à titre d'indemnité pour les atteintes à l'intégrité physique, 
et de CHF 100'000.-, à titre d'indemnité pour tort moral, avec intérêts à 5% l'an dès le 
1er juillet 2016. Enfin, elle conclut à la condamnation des prévenus aux frais de la 
procédure.  

Y______, par la voix de son conseil, conclut à son acquittement d'instigation à 
assassinat et d'instigation à brigandage aggravé. Elle requiert la condamnation de l'Etat 
de Genève à lui verser une indemnité de CHF 164'200.- conformément à l'art. 429 al. 1 
let. c CPP. Subsidiairement, elle conclut à un verdict de culpabilité d'instigation à 
lésions corporelles simples, au prononcé d'une peine compatible avec sa libération 
immédiate et d'une mesure, au sens de l'art. 63 CP. Elle sollicite la restitution des 
affaires figurant aux inventaires la concernant et conclut au déboutement de la partie 
plaignante de ses conclusions civiles.  

X______, par la voix de son conseil, conclut à la déqualification juridique des actes 
qualifiés de tentative d'assassinat figurant sous chiffre C. III. 1. et 2. de l'acte 
d'accusation et s'en rapporte à justice quant à leur qualification juridique, proposant 
celles de lésions corporelles graves (art. 122 CP), de mise en danger de la vie d'autrui 
(art. 129 CP) et de menaces (art. 180 CP). Il demande à être mis au bénéfice de la 
circonstance atténuante visée par l'art. 48 let. a ch. 4 CP et sollicite le prononcé d'une 
peine privative de liberté de 10 ans maximum. Il conclut à son acquittement de 
brigandage aggravé. Quant aux conclusions civiles de la partie plaignante, il s'en 
rapporte à justice. 

 

 

- 3 -  

 
P/11918/2016  

 

 
EN FAIT 

 
A.a. Par acte d'accusation du 25 février 2019, il est reproché à X______ d'avoir, le 1er 
juillet 2016 au domicile de A______, tenté de tuer cette dernière, en la ligotant, en 
entravant sa bouche d'un bâillon fabriqué au moyen de plusieurs couches de tissu et 
d'adhésif et en lui donnant au moins dix coups de marteau sur le corps et le visage, 
avant de quitter l'appartement, laissant la victime pour morte, alors qu'il lui avait causé 
de multiples fractures au visage, aux mains, aux pieds, au dos et à un genou et avait 
concrètement mis en danger la vie de la victime; soit des faits qualifiés de tentative de 
meurtre (art. 111 cum 22 CP; C.III.1). 

a.b. Il est reproché X______ d'avoir agi intentionnellement, avec une absence 
particulière de scrupules et un mépris complet de la vie humaine et de l'intégrité 
d'autrui, soit avec la circonstance aggravante de l'assassinat (art. 22 al. 1, 111 et 112 CP; 
C.III.2), dès lors que le prévenu a prémédité son acte : 

- en agissant à la demande de Y______, belle-sœur de A______, qui lui avait 
demandé de supprimer cette dernière dès lors qu'elle faisait du mal et voulait 
tuer E______,  

- en accompagnant Y______ dans le courant du printemps 2016 pour que celle-ci 
puisse lui montrer où vivait la victime et lui montrer des photos d'elle pour qu'il 
puisse la reconnaître,  

- en attendant le 1er juillet 2016 pour agir, sachant que A______ était seule à 
Genève et que son mari se trouvait au Maroc,  

- en prenant ses instructions auprès de Y______ par téléphone, dans la nuit du 30 
juin 2016 au 1er juillet 2016  

- et en se rendant au domicile de A______ vers 16h30 afin de l'agresser alors que 
celle-ci pénétrait dans son appartement, agissant à la façon d'un tueur à gage. 

Et qu'il a fait preuve d'un sang-froid énorme et d'une grande cruauté : 

- en menaçant la victime avec un couteau et en la torturant au moyen du marteau 
durant plus de deux heures,  

- en tentant de tuer A______ au moyen d'une arme, soit un marteau, qu'il devait 
utiliser à plusieurs reprises pour arriver à ses fins,  

- en la frappant un grand nombre de fois avec cette arme qu'il tenait à deux mains 
pour donner plus de force à ses coups, après avoir maîtrisé sa victime en ligotant 
ses pieds et ses mains  

- et en lui mettant un bâillon sur la bouche pour l'empêcher de crier, la rendant 
complètement à sa merci et sans défense. 

L'acte d'accusation retient enfin que le mobile du prévenu était particulièrement odieux 
car futile et inconsistant, dès lors qu'il ne connaissait pas A______, mais a accepté de la 
tuer à la demande de Y______, cette dernière la pensant néfaste pour son propre frère, 

- 4 -  

 
P/11918/2016  

 

et sans penser à obtenir de sa part de l'argent pour ce faire, bien qu'elle lui en avait 
proposé un peu. 

a.c. Il est par ailleurs reproché à X______ d'avoir, dans les circonstances décrites supra 
(C.III.1 et C.III.2), dérobé le téléphone portable de A______ en agissant de façon 
particulièrement dangereuse et avec une grande cruauté, étant précisé qu'il l'a menacée 
avec un couteau de cuisine pointé en direction de son sternum à une distance de moins 
d'un mètre, l'a bâillonnée et ligotée, lui demandant à plusieurs reprises, muni du 
couteau, où elle cachait ses bijoux et son argent, l'a frappée à coups de marteau durant 
près de deux heures, en lui causant de sérieuses lésions et en mettant sa vie 
concrètement en danger, avant de quitter l'appartement en la laissant inconsciente, faits 
qualifiés de brigandage aggravé (art. 140 ch. 1, 2, 3 et 4 CP; C.IV). 

b.a. Par le même acte d'accusation, il est reproché à Y______ d'avoir décidé et 
convaincu X______, dans le courant du printemps 2016, de se rendre chez sa belle-
sœur, A______, pour la tuer, en lui expliquant que son frère E______ allait mourir car 
son épouse voulait le tuer, en l'emmenant à Genève, à la fin du mois de mai 2016, afin 
de planifier l'exécution en lui montrant où la victime habitait, en lui montrant des photos 
d'elle, et par de nombreux contacts avec lui, en particulier depuis le Maroc, le 1er juillet 
2016, pour l'informer que A______ était seule à Genève, le renseigner sur le bon 
moment pour se "débarrasser" d'elle et réitérer sa demande de tuer cette femme, en 
l'informant en outre qu'elle le paierait par la suite, ce X______ a effectivement tenté de 
faire le 1er juillet 2016, faits qualifiés d'instigation à meurtre (art. 24 cum 111 CP; B.I.1). 

b.b. Il est également reproché à Y______ d'avoir agi avec la circonstance aggravante de 
l'assassinat (art. 112 CP), pour avoir agi avec une absence particulière de scrupules en 
préméditant son acte, et avec un mobile particulièrement odieux car futile et 
inconsistant, soit le fait qu'elle voulait se débarrasser de A______ parce qu'elle 
considérait qu'elle était néfaste pour son frère, E______ (B.I.2). 

b.c. Il est enfin reproché à Y______ des faits qualifiés d'instigation à brigandage 
aggravé (art. 24 cum 140 chiffres 1, 2, 3 et 4 CP) et décrits comme suit : Y______ a 
décidé X______ à tuer sa belle-sœur, en faisant passer ces faits pour un brigandage, à 
savoir en lui dérobant des biens et de l'argent, et en lui causant des lésions sérieuses 
pouvant entraîner la mort (B.II). 

B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure :  

 

Les faits antérieurs à l'agression de la partie plaignante 

a.a. Y______ et X______ sont voisins depuis 2014. Ils se sont connus dès 
l'emménagement de Y______ à F______ et se sont rapprochés à tout le moins au 
printemps 2016. Y______ s'est confiée à X______, au sujet de prétendus actes de 
persécution de son ex-époux, G______, et des maîtresses de ce dernier. Y______ 

- 5 -  

 
P/11918/2016  

 

trouvait de la compagnie et de l'écoute auprès de X______, avec lequel elle a lié une 
relation de confiance. Devenus très proches, ils avaient pour habitude de s'appeler 
plusieurs fois par jour alors même qu'ils étaient voisins, et avaient évoqué l'idée de se 
marier. 

a.b. Les relations qu'entretenait Y______ avec son entourage, son ex-époux, ses 
voisines et ses belles-sœurs étaient imprégnées de paranoïa et de méfiance depuis de 
nombreuses années. Internée en hôpital psychiatrique contre son gré à plusieurs 
reprises, la dernière fois de 2011 à 2013, Y______ n'a eu de cesse de dénoncer auprès 
de diverses autorités son ex-époux et les prétendues maîtresses de ce dernier durant dix 
ans, les accusant de s'introduire chez elle par la magie ou l'hypnose pour la torturer. 
Durant ces années, elle s'immisçait dans la vie de son frère E______, en accusant ses 
belles-sœurs successives de sorcellerie et d'avoir des comportements adultères pour 
briser ces unions qu'elle méprisait. Parvenue à ruiner la relation maritale de son frère et 
d'H______, après de nombreuses années de menaces, notamment par l'envoi de 
cassettes à sa belle-sœur, et de mises en garde infondées à l'adresse de son frère, 
Y______ a voulu en faire de même avec l'union entre son frère et A______. Accusant 
rapidement A______ de faire de la sorcellerie et de nuire à son frère, Y______ a 
rapidement manifesté sa volonté de la voir elle-aussi sortir de la vie de son frère pour 
des raisons qui lui étaient propres, son frère E______ n'ayant, pour sa part, pas eu de 
grief contre son épouse. Elle a en outre adressé une lettre anonyme à son frère après sa 
première année d'union avec A______ pour accuser sans fondement cette dernière 
d'avoir contracté mariage pour obtenir des papiers suisses et d'entretenir une relation 
extraconjugale.  
 
a.c. Dans ce contexte, le 6 mai 2016, Y______ est venue rendre visite à son frère et à sa 
belle-sœur A______ à Genève, alors que ce n'était ni habituel ni prévu, et a passé 
quelques jours chez eux. Elle a appris à cette occasion que ces derniers se rendraient au 
Maroc durant le Ramadan, lequel allait durer du 4 juin au 5 juillet 2016. Elle a 
également appris que sa belle-sœur reviendrait en Suisse le 25 juin 2016 à minuit, pour 
une semaine, pour retirer les rentes du couple. A______ devait rejoindre sa famille au 
Maroc par avion, le 2 juillet 2016, ce que Y______ a appris à cette occasion. Malgré ses 
ressentiments pour H______, tels qu'exprimé par celle-ci, Y______ lui a rendu visite 
lors de son séjour à Genève, soit le 10 mai 2016. Selon les déclarations d'H______, 
Y______ lui a alors fait part de sa haine pour A______, et a prédit, avec rage, que 
A______ le paierait très cher si elle restait dans la vie de son frère.  
 

a.d. Après ces quelques jours passés à Genève, Y______ a demandé, à tout le moins à 
deux reprises, à X______ de l'accompagner à Genève. Alors que ni l'un ni l'autre ne 
disposait d'une voiture, ils ont emprunté divers transports en commun dans le seul but 
de venir à Genève. La deuxième fois, le 25 juin 2016 dans la journée, ils ont en outre 
pris le bus 3______ jusqu'au I______ pour se rendre au domicile de E______ et son 
épouse alors absents.  

- 6 -  

 
P/11918/2016  

 

a.e. A______ a quitté le Maroc pour rejoindre Genève en avion le 25 juin 2016. Elle a 
atterri à l'aéroport à 22h50.  

a.f. Le 28 juin 2016, X______ a accompagné Y______ à la gare routière de Lyon, cette 
dernière ayant prévu de quitter la France pour se rendre au Maroc. Arrivée au Maroc le 
29 juin 2016, Y______ ne s'est pas rendue chez son frère qui l'attendait à Fès comme 
annoncé. Au contraire, son neveu J______ est venu la chercher à son arrivée et l'a 
emmenée chez lui, à la demande de sa tante. Il l'a hébergé la nuit du 30 juin au 1er juillet 
2016 à tout le moins. Durant cette nuit-là et après avoir passé la soirée du Ramadan 
avec son neveu, Y______ a appelé quatre fois X______ depuis le Maroc entre 1h00 
(heure marocaine), soit 3h00 (heure française), et 1h34 soit 3h34 (heure française), et a 
également reçu un appel de ce dernier. Y______ a utilisé pour ce faire la carte SIM que 
son neveu lui avait prêtée ce soir-là pour qu'elle puisse appeler X______, alors en 
France.   

a.g. Le 1er juillet 2016, A______ est allée, comme cela avait été prévu, retirer les rentes 
de son époux et de son amie K______, restée au Maroc, acheter des médicaments et 
retirer un extrait de compte à Moillesulaz avant de rentrer chez elle vers 16h30. Elle a 
adressé un dernier message à son amie à 16h44, puis a reçu deux messages auxquels elle 
n'a jamais répondu.  

a.h. Le 1er juillet 2016, à environ 16h30, alors qu'elle s'apprêtait à entrer dans son 
appartement, A______ a été surprise et poussée violemment à l'intérieur par X______, 
un homme qu'elle n'avait jamais vu. Ce dernier l'attendait. Il s'en est pris à sa victime à 
visage découvert mais équipé de gants. Après avoir refermé la porte et emmené la 
victime dans la cuisine, il l'a menacée d'un couteau et forcée à s'allonger sur le sol, en 
lui disant qu'il ne lui ferait pas de mal. Il a commencé par lui mettre une banane dans la 
bouche pour éviter qu'elle ne crie et a cherché de quoi l'attacher dans la chambre à 
coucher. La partie plaignante s'étant précipitée au salon, alors que son agresseur se 
trouvait dans la chambre à coucher, pour cacher son portefeuille derrière un coussin. 
X______ l'a rejointe au salon et l'a ligotée et bâillonnée au moyen de chaussettes, de 
tissu et d'adhésif, en continuant à la menacer avec le couteau et en demandant où se 
trouvait son argent et son or, sans toutefois lui retirer son bâillon pour lui permettre de 
répondre. A un moment donné, il lui a mis un coussin sur le visage. En raison des liens 
et du bâillon, A______ a perdu plusieurs fois connaissance, avant même d'être frappée. 
Lorsque son téléphone s'est mis à sonner, elle a observé X______ le mettre dans sa 
sacoche.  

a.i. Après la fouille de l'appartement, X______ qui avait trouvé un marteau d'un poids 
de plus de 1 kg dans la cuisine, est revenu au salon et s'est mis à frapper la victime avec 
le marteau qu'il tenait à deux mains en prenant de l'élan par-dessus son épaule. Il l'a 
blessée aux pieds, aux mains lorsque la victime essayait de se protéger, aux genoux, 
dans le dos et pour finir au visage. Ce faisant, X______ a donné au moins 45 coups de 
marteau à la victime, dont 7 sur le visage, alors qu'elle était ligotée et bâillonnée, tantôt 

- 7 -  

 
P/11918/2016  

 

consciente tantôt inconsciente, et sans défense, et a, à un moment indéterminé, encore 
jeté du sel dans les yeux de sa victime. 

a.j. Après ces faits, X______ a quitté l'appartement, laissant sa victime baignant dans 
son sang, inconsciente, bâillonnée et ligotée.  

a.k. La victime a, quant à elle, repris conscience momentanément et a rampé jusqu'à la 
porte de l'appartement où une voisine l'a trouvée et la secourue en coupant sans attendre 
son bâillon pour qu'elle puisse respirer.  

Les constats et les investigations policières 

b.a. Le 1er juillet 2016, vers 19h20, la police a été avisée du fait que des secours avaient 
été requis au domicile de E______, soit dans un appartement situé au 6ème étage de 
l'immeuble de la rue ______ 61. Une femme entravée par des liens et blessée au 
marteau avait été retrouvée par une voisine sur le seuil de la porte. Les premiers 
gendarmes arrivés sur les lieux avaient trouvé la victime, A______, l'épouse de 
E______, encore entravée et entourée de ses voisins, dont L______, la femme qui avait 
alerté les secours à 19h17 ce jour-là. La victime a été prise en charge par un médecin, 
lequel avait constaté que son état était très préoccupant en raison notamment d'un 
traumatisme crânien sévère. Son pronostic vital était très réservé. Le visage de la 
victime présentait les stigmates de nombreux coups compatibles avec des coups portés 
avec un marteau, une perforation de la joue et une lacération de 3 ou 4 centimètres au-
dessus de la lèvre supérieure à gauche. Ses mains, ses jambes et ses pieds avaient été 
écrasés par des coups. La victime avait pu indiquer qu'elle avait reçu des coups dans le 
dos et perdu connaissance à plusieurs reprises en raison des coups et du fait que les 
bâillons l'asphyxiaient. Elle était en état de choc. Plusieurs couches de tissu et de scotch 
enserraient encore son cou et un tissu caoutchouteux entourait ses poignets. 

b.b. Lors de la perquisition de l'appartement de la victime, la police a trouvé une bague 
déposée sur la selle d'un vélo d'appartement, dans la cuisine. Dans le salon, les 
inspecteurs ont constaté des traces de sang sur le canapé, le sol ainsi que des projections 
contre le mur et le plafond, indiquant que l'agression avait dû se dérouler principalement 
dans cette pièce qui avait été fouillée. Sur le sol, se trouvaient un marteau et un couteau 
à manche jaune pourvu d'une lame d'une quinzaine de centimètres avec des traces de 
sang. Un oreiller avec de nombreuses traces de sang se trouvait au sol entre le canapé et 
la table basse. Une valise ouverte dont le contenu avait été fouillé se trouvait par terre. 
Un rouleau d'adhésif, large et transparent, une dent fissurée et une banane avec une 
empreinte dentaire étaient sur le canapé à l'instar d'un sac à main dont le contenu, 
notamment un portemonnaie vide, avait été dispersé. Un portefeuille contenant 
CHF 2'920.05 (dont 28x100.-, 1x50.-, 3x20.-, 1x10.-) et 318.03 dirhams marocains 
(l'équivalant de CHF 30.-) était caché derrière le coussin du dossier du canapé. Une 
poudre indéterminée était visible sur le canapé. Les tiroirs et les portes des armoires de 
la chambre à coucher étaient ouverts et la télévision, dans cette pièce, débranchée. La 

- 8 -  

 
P/11918/2016  

 

clé du domicile de la victime se trouvait encore dans la serrure intérieure de la porte 
palière. 

b.c.a. Plusieurs personnes de l'entourage du couple formé par E______ et A______ ont 
été contactées par la police dans les premières heures de l'enquête. K______, la 
meilleure amie de la victime, a expliqué avoir été en contact avec la victime par 
téléphone peu de temps avant son agression. Tout allait bien. Elle avait confié sa carte 
bancaire à A______ pour que cette dernière puisse retirer CHF 1'000.- pour son compte, 
lors de son bref séjour à Genève. Elle ignorait qui avait pu s'en prendre à A______. 

b.c.b. E______ se trouvait au Maroc. Contacté par la police le 2 juillet 2016, il a 
expliqué qu'il s'était rendu au Maroc avec son épouse au début du mois de juin et que 
cette dernière était rentrée seule à Genève pour une semaine. Il était prévu qu'elle le 
rejoigne le 2 juillet 2016 au Maroc.  

b.c.c. J______, (tél. 5______), l'un des neveux de E______ vivant au Maroc, a expliqué 
par téléphone que plusieurs membres de la famille s'étaient retrouvés pour fêter le 
Ramadan au Maroc, dont son oncle et son épouse A______, ainsi que Y______, une 
tante arrivée de France le 30 juin 2016.  

b.d. Selon les premiers renseignements recueillis par la police, la victime était restée 
seule à son domicile la semaine ayant précédé son agression. Elle n'affichait pas de 
signes extérieurs de richesse et portait le voile. Elle vivait dans un quartier populaire et 
n'avait, a priori, aucune fortune. Elle avait retiré une somme de CHF 2'900.- le jour des 
faits avant de se rendre en France voisine pour chercher un extrait de compte pour une 
amie et de rentrer seule à son domicile. A______ avait reçu et envoyé des messages 
jusqu'en fin d'après-midi, le 1er juillet 2016, le dernier message émis l'ayant été à 16h44, 
et les derniers messages reçus à 16h47 et 17h15, alors qu'elle se trouvait sur le réseau 
suisse. Aucun échange n'a été relevé à partir de cette heure. 

b.e. La rente AVS de E______, d'un montant de CHF 1'058.-, avait été versée sur son 
compte le 1er juillet 2016, comme chaque 1er du mois, et avait été prélevée le même jour 
par A______ au Postomat du I______. Deux rentes d'un montant total de CHF 1'851.20 
avaient été versées à l'époux de K______, montant duquel CHF 1'000.- avait été retiré 
par la plaignante dûment autorisée, le 1er juillet 2016, au Postomat de M______. 
A______ avait en outre retiré CHF 750.- sur son propre compte, le 30 juin 2016, 
conformément à la documentation transmise par les établissements sollicités durant 
l'instruction.  

La plainte pénale  

c.a.a. A______ a été entendue par la brigade criminelle, le 2 juillet 2016, aux soins 
intensifs des Hôpitaux universitaires de Genève (ci-après HUG).  

- 9 -  

 
P/11918/2016  

 

c.a.b. Elle a expliqué qu'elle s'était rendue, la veille, au I______ pour retirer une somme 
de CHF 2'000.- au Postomat. Elle avait acheté des médicaments destinés à son amie 
K______ à la pharmacie et s'était rendue à l'office de Poste de Moillesulaz pour 
récupérer un extrait de compte pour la même amie, avant de retourner chez elle vers 
16h, sans avoir l'impression d'être suivie.  

c.a.c. Alors qu'elle ouvrait la porte de son appartement, un inconnu était arrivé dans son 
dos et l'avait poussée à l'intérieur du logement avant de refermer la porte à clé. Il l'avait 
emmenée dans la cuisine, menacée avec l'un des couteaux de cuisine trouvé là et lui 
avait demandé de s'allonger par terre, ce qu'elle avait fait. Alors qu'il était face à elle, le 
visage découvert, il lui avait dit qu'il n'allait pas lui faire de mal. Il lui avait semblé très 
nerveux. Il lui avait demandé si elle avait des cordes et affirmait qu'il savait qu'elle avait 
de l'argent et de l'or. Elle ne portait pourtant pas de bijoux et ses deux alliances en or se 
trouvaient dans son portemonnaie. Elle lui avait répondu qu'elle n'avait pas de cordes et 
avait ajouté qu'il pouvait prendre tout ce qu'il voulait pour qu'il ne lui fasse pas de mal. 
Il lui avait alors enfoncé une banane dans la bouche pour l'empêcher de crier. Alors qu'il 
cherchait de quoi l'attacher dans la chambre à coucher, elle était allée cacher son 
portemonnaie derrière le canapé, dans le salon. Lorsque son agresseur l'avait trouvée 
dans le salon, il avait remplacé la banane dans sa bouche par trois chaussettes et l'avait 
bâillonnée avec un foulard et du papier adhésif qu'il avait attaché autour de sa tête pour 
l'empêcher de recracher les chaussettes. Il avait ligoté ses chevilles avec une robe et ses 
poignets avec l'adhésif pour tapis trouvé dans le couloir. Il lui avait intimé l'ordre de 
s'allonger sur le canapé et de mettre sa tête en direction de la fenêtre sur l'accoudoir, ce 
qu'elle avait fait. Il lui demandait "tout le temps" où était son argent. Elle répondait 
qu'elle n'en avait pas par des signes de la tête. Alors qu'il fouillait l'appartement, il 
l'avait plusieurs fois retournée sur le canapé et lui avait même mis un coussin sur la tête 
pour qu'elle ne puisse pas voir ce qu'il faisait, selon les déductions de la victime.  

c.a.d. Il avait trouvé un portemonnaie contenant environ CHF 20.- dans son sac à mains 
et avait éloigné le téléphone fixe. Il s'était emparé de son téléphone portable. Elle 
pensait qu'il avait également volé la télévision de la chambre à coucher car elle l'avait 
entendu débrancher des câbles. Ayant en fin de compte trouvé un rouleau d'adhésif dans 
un réduit, il avait consolidé les liens existants et attaché ses poignets contre ses cuisses. 
Il lui avait demandé si elle avait des sacs et avait pris des choses dans une valise.  

c.a.e. Alors qu'elle lui avait demandé si elle avait un marteau et pensant qu'il allait 
l'utiliser pour ouvrir une petite mallette, elle lui avait indiqué de la tête qu'il y en avait 
un dans la cuisine. Elle avait perdu connaissance à cause de ses entraves qui 
l'empêchaient de respirer et avait cru mourir. Puis, alors qu'elle était sur le canapé, il lui 
avait donné, en tenant le marteau des deux mains, des coups qu'elle n'avait pas pu éviter, 
sur les pieds, les mains, dans le dos et au visage. Elle avait à nouveau perdu 
connaissance.  

- 10 -  

 
P/11918/2016  

 

c.a.f. A son réveil, elle se trouvait par terre, à côté du canapé. Son agresseur était parti. 
Après avoir réussi à défaire certains liens autour de ses poignets, elle avait rampé 
jusqu'à la porte d'entrée qu'elle avait pu entrouvrir. Elle avait glissé sa tête à l'extérieur 
pour appeler à l'aide. Une voisine l'avait découverte et appelé les secours. Elle lui avait 
coupé ses liens dans l'attente des secours. Son agresseur était resté environ deux heures 
chez elle. Il l'avait menacée à plusieurs reprises avec le couteau. Elle ne se souvenait pas 
avoir reçu des coups de couteau alors qu'elle était consciente. Son agresseur était un 
homme de 40 à 50 ans, plus grand qu'elle, bronzé et costaud, et des tatouages en forme 
de croix sur l'un des bras. Selon elle, il ne parlait pas bien français et avait un accent. 
Elle ne l'avait jamais vu avant. Il portait des gants noirs et était venu avec un petit 
chariot à roulette, un "diable".  

c.a.g. Hormis les faits dont elle avait été victime le 1er juillet 2016, A______ a expliqué 
être rentrée du Maroc, où elle se trouvait avec son époux, quelques jours plus tôt pour 
régler des affaires administratives. Elle devait rejoindre son époux le 2 juillet 2016. Son 
couple avait connu des problèmes conjugaux par le passé mais pas récemment. Son 
époux n'avait jamais été violent. Ils étaient en bons termes.  

c.a.h. Interrogée sur une éventuelle relation extraconjugale pour les besoins de 
l'enquête, elle a expliqué qu'elle n'en avait jamais eues mais que sa belle-sœur, 
Y______, l'avait accusée, dix ans plus tôt, d'avoir un amant. Sa belle-sœur était malade 
psychiquement et avait passé une année dans une clinique psychiatrique par le passé. 
Elle accusait régulièrement ses voisins de choses bizarres et son ex-époux de lui avoir 
volé de l'argent. La dernière fois qu'elle avait vu Y______, c'était avant le Ramadan, 
deux semaines avant l'agression, lorsque cette dernière était venue passer quelques jours 
chez elle et son époux. Tout s'était alors bien déroulé. Interrogée sur la personne qui 
aurait pu s'en prendre à elle de la sorte, A______ a dit ignorer qui pouvait lui en vouloir. 
A part avec sa belle-sœur Y______, tout allait bien dans sa famille.  

Les constats médicaux et l'expertise médicale 

d. A teneur des expertises médicales réalisées sur A______, cette dernière a souffert de 
nombreuses fractures (fractures des 2e et 3e doigts de la main droite, du pouce droit, de 
la tête du péroné, du 5ème métatarse du pied gauche, des 11e et 12e côtes, fractures-
arrachements des processus transversaux gauches, des 3, 4 et 5ème lombaires, fractures 
de l'orbite gauche, du sinus gauche, de l'alvéole de la dent 24, de l'arcade zygomatique 
gauche, une fracture-arrachement du processus ptérygoïde latérale gauche) 
d'hématomes, d'un défect cutané au niveau de la joue gauche jusqu'au plan osseux, d'un 
hématome du muscle du psoas gauche. L'extenseur propre de son index droit a été 
complétement sectionné et celui de l'extenseur commun de l'index droit partiellement 
sectionné. Les fractures des mains ont été traitées chirurgicalement en urgence, avec 
suture des tendons sectionnés de la main droite. Les plaies aux genoux et au pied gauche 
ont été lavées et suturées en urgence. Les fractures maxillo-faciales ont été réduites 
chirurgicalement et deux dents ont été extraites. Une suspension de la boule de Bichat 

- 11 -  

 
P/11918/2016  

 

(graisse de la joue) au niveau de la pommette gauche a été nécessaire pour combler le 
défect cutané de la joue.  

L'ensemble du tableau lésionnel était la conséquence de multiples traumatismes 
contondants avec une composante tangentielle pour les dermabrasions. Ce tableau était 
compatible avec les déclarations de l'expertisée, soit des coups de marteau. Les plaies 
aux genoux avaient également pu être causées par le couteau soumis à l'expert ou par le 
marteau. Les plaies aux mains évoquaient des lésions défensives. Il s'agissait selon 
l'expert d'une hétéro-agression. Au vu de l'état de choc hémorragique, les lésions 
constatées avaient concrètement mis en danger la vie de la victime. 

Les premières auditions de E______ et d'H______ 

e.a. E______ a expliqué, lors de son audition par la police le 5 juillet 2016, qu'il s'était 
rendu au Maroc avec son épouse sur un vol de la compagnie Easyjet, le 4 juin 2016. Son 
épouse avait un rendez-vous impératif à l'Hospice général, le 27 juin 2016, de sorte qu'il 
avait acheté un billet d'avion pour qu'elle puisse revenir à Genève le 25 juin 2016 et le 
rejoindre au Maroc le 2 juillet 2016. E______ était bénéficiaire d'une rente de 
l'assurance-invalidité et de prestations complémentaires. Son épouse n'avait ni économie 
ni revenu. Il n'y avait pas d'or chez eux, à l'exception d'une bague que son épouse portait 
à son doigt lors de son agression, et donc aucun intérêt financier à ce que quiconque 
agresse son épouse ou lui-même. A part sa sœur, Y______, tout le monde aimait son 
épouse, laquelle respectait tout le monde.  

e.b. Avant le Ramadan, Y______ était venue passer quatre jours chez lui et son épouse 
au I______. Il n'aimait pas que sa sœur vienne leur rendre visite, mais il se sentait 
obligé de l'accueillir. Cette fois-ci, tout s'était bien déroulé. E______ et son épouse lui 
avaient dit qu'ils allaient passer deux mois au Maroc. Y______ avait alors décidé de les 
rejoindre à Fès durant leur séjour. Elle connaissait ainsi l'emploi du temps de A______ 
et savait que le premier jour de chaque mois la rente AI était versée et le 10 de chaque 
mois les prestations complémentaires. Arrivée le mercredi 29 juin 2016 à Fès, Y______ 
n'était toutefois pas venue le rejoindre comme prévu mais avait préféré aller dans l'est 
du Maroc, à plus de 300 km, chez une autre sœur prénommée N______. Elle avait 
contacté un neveu, J______ (ou O______), pour qu'il vienne la chercher à la gare. Ce 
dernier avait proposé à Y______ de l'emmener voir son frère mais elle avait refusé, ce 
qui lui avait paru bizarre. E______ n'avait eu aucun contact avec sa sœur depuis son 
arrivée au Maroc. Elle ne l'avait même pas appelé alors qu'elle avait dû apprendre 
l'agression de A______.  

e.c. Avec la haine que sa sœur gardait contre A______ depuis des années, E______ 
pensait qu'elle était la seule personne qui pouvait avoir des mauvaises pensées contre sa 
femme. Sa sœur souffrait de problèmes psychologiques importants. Elle soupçonnait 
tout le monde, sa voisine, son époux et d'autres personnes de son entourage, de diverses 
choses. Elle avait fait plusieurs séjours en hôpital psychiatrique en France. Moins d'un 

- 12 -  

 
P/11918/2016  

 

an après son mariage avec A______, il avait reçu une lettre anonyme pour l'avertir que 
son épouse s'était mariée avec lui pour obtenir des papiers suisses et avait un amant 
"noir". Tout indiquait, selon E______, que cette lettre envoyée de France avait été 
rédigée par sa sœur qu'il jugeait folle. A une occasion, alors que Y______ était 
hospitalisée à Saint-Julien-en-Genevois, A______ lui avait amené un repas. Sa sœur 
avait alors accusé son épouse d'avoir mis du poison dans ce repas pour lui faire du mal. 
E______ considérait que sa sœur était terrible et capable de faire du mal à toute 
personne qui la provoquerait. Sa seule solution étant la vengeance. Elle disait beaucoup 
de mensonges et allait chez quelqu'un qui pratiquait les envoûtements. On lui avait 
d'ailleurs dit que Y______ avait fait de la magie noire contre lui pour qu'il se sépare de 
son épouse A______. C'était aussi sa sœur qui était derrière son divorce avec sa 
précédente épouse, H______. A la fin de son audition, E______ a dit craindre que sa 
sœur n'envoie quelqu'un pour lui faire du mal à lui, si elle apprenait qu'il avait témoigné.  

f.a. H______, l'ex-épouse de E______, a été entendue, le 6 juillet 2016. Elle a confirmé 
que Y______ était la cause de son divorce avec E______. Cette dernière lui avait mis 
des choses dans la tête et venait sans cesse chez eux en l'accusant de tout et notamment 
de pratiquer la sorcellerie et de vouloir tuer son frère. Elle accusait également P______, 
sa fille d'une première union, alors âgée de 8 ans, de pratiquer la sorcellerie. A cause de 
ce qu'elle mettait dans la tête de son frère, il était arrivé à ce dernier de se montrer 
violent et de lui donner des claques lorsqu'ils étaient encore mariés. Y______ lui avait 
en outre envoyé des cassettes audio par la poste dans lesquelles elle l'accusait de tous les 
maux. Si on s'opposait à Y______ ou si on la contredisait, elle était capable de se mettre 
à hurler et de s'en prendre à autrui. Elle lui faisait peur. 

f.b. Divorcée depuis de nombreuses années de E______, H______ voyait parfois encore 
sa belle-sœur puisqu'elle était la tante de ses deux enfants. Quatre mois plus tôt, 
Y______ était venue chez elle sans prévenir avec comme présent un poulet. Le jugeant 
pourri, H______ avait évité de manger. Son ex belle-sœur était encore revenue la voir, 
alors qu'elle séjournait quelques jours chez son frère et A______ en mai 2016. A cette 
occasion, elle avait parlé avec une certaine rage de A______ dont elle avait dit 
beaucoup de mal. C'était son principal sujet de conversation. A______ était une sorcière 
qui voulait tuer son frère et lui voler son argent. La place de E______ était auprès de sa 
précédente épouse et leurs enfants.  

f.c. Ayant appris de la bouche de son fils ce qui était arrivé à A______, H______ était 
rentrée du Portugal, le 2 juillet 2016. Le lendemain, elle avait appelé le neveu de son ex-
époux au Maroc. Il savait qui était derrière l'agression et l'avait confié à la police. Sans 
la nommer, le neveu avait expliqué qu'il avait surpris une conversation téléphonique 
explicite entre cette personne et un tiers. H______ avait immédiatement pensé qu'il 
s'agissait d'Y______. Elle avait rappelé ce neveu le lendemain pour savoir si c'était bien 
le cas, ce que le neveu lui avait confirmé. Il lui avait expliqué que Y______ avait reçu 
un appel téléphonique à une heure du matin d'un correspondant avec un numéro 
français, auquel elle avait indiqué que A______ était toute seule en Suisse et qu'elle le 

- 13 -  

 
P/11918/2016  

 

paierait après. Le neveu lui avait aussi expliqué que Y______ était venue au Maroc avec 
six valises qui ne contenaient que de la nourriture, à la surprise de tous. Les membres de 
la famille pensaient que Y______ faisait du mal autour d'elle et qu'elle avait tenté de 
briser plusieurs couples.  

f.d. A l'issue de l'audition d'H______, le fils celle-ci, Q______, a fait lire aux 
inspecteurs de la police judiciaire une communication entre plusieurs membres de la 
famille O______. Ceux-ci pensaient que Y______ était l'instigatrice de l'agression de 
A______. Y______ se trouvait alors chez une tante à Taourirt, à environ 200 km à l'Est 
de Fès au Maroc. 

L'entraide judiciaire 

g.a. La brigade criminelle ayant été avisée par un proche de Y______, au Maroc, qui 
voulait conserver l'anonymat, que la nuit précédant l'agression de A______, Y______ 
avait eu une conversation téléphonique d'environ 30 minutes en arabe avec le titulaire 
du raccordement 6______, l'entraide des autorités françaises a été requise pour identifier 
et mettre sous écoute le titulaire de ce numéro. A teneur du rapport de brigade 
criminelle, le dénonciateur anonyme affirmait avoir entendu Y______ dire à son 
interlocuteur que sa belle-sœur était seule à Genève et qu'elle reviendrait au Maroc le 
lendemain. Elle avait ajouté "tu fais comme on a dit", ou "tu fais ce qui est prévu" ou 
encore "tu fais ce qu'on a décidé". La personne qui avait entendu cette conversation si 
dérangeante en avait fait part à ses proches. 

g.b. Selon les informations recueillies dans le cadre de l'entraide judiciaire avec la 
France, le titulaire du numéro 6______ auprès de l'opérateur Bouygues était X______, 
depuis l'activation dudit numéro en date du 6 septembre 2013. Selon les autorités 
françaises, X______ était domicilié à la rue R______ 7______, à F______, à côté de 
Y______, domiciliée pour sa part à la rue R______ 8______, à F______.  

Les données de la téléphonie 

h.a. Les données rétroactives du raccordement de X______ ont montré qu'entre le 13 
juin 2016 et le 10 juillet 2016, la grande majorité des bornes activées par ce dernier se 
trouvait à proximité immédiate de son domicile. Plus de 50% des communications 
étaient avec le numéro de portable ou le numéro fixe utilisé en France par Y______. 
Cette dernière et X______ avaient des contacts quotidiens jusqu'au 29 juin 2016, date 
du départ au Maroc de Y______.  

h.b. Le 1er juillet 2016, X______ avait été à cinq reprises en communication entre 3h03 
(heure française, soit 1h03 au Maroc) à 3h34 (soit 1h34 au Maroc), avec le même 
numéro marocain, comme l'avait indiqué le dénonciateur anonyme à la brigade 
criminelle immédiatement après les faits. Les quatre premiers appels provenaient du 
numéro marocain et le dernier appel était fait par X______ vers ce numéro. X______ 
n'avait eu aucune communication, le 1er juillet 2016, entre 16h28, alors que son 
téléphone activait une borne dans la région de Thoiry, jusqu'à 19h34.  

- 14 -  

 
P/11918/2016  

 

h.c. Le 1er juillet 2016 à 20h37, soit quelques heures après l'agression de A______, 
X______ adressait un message au numéro marocain 9______, soit à Y______ pour lui 
demander de l'appeler. 

h.d. Après la communication du 1er juillet 2016 à 3h36, et jusqu'au 10 juillet 2016 (date 
de la fin du rétroactif), X______ avait eu de nombreux contacts avec des numéros 
marocains, notamment les numéros 9______ et 10______ utilisés par Y______ depuis 
le Maroc.  

h.e. Le 6 juillet 2016 à 18h15 et le 8 juillet 2016 à 10h50, X______ avait reçu deux 
messages du numéro de service 11______ au sujet d'un transfert d'argent en faveur de 
Y______, alors au Maroc. Le dernier message de Western Union lui indiquait que son 
transfert d'argent avait bien été réceptionné par Y______.  

h.f. Plusieurs conversations téléphoniques ont en outre été enregistrées dans le cadre 
d'une surveillance de la téléphonie. Y______ et X______ ponctuaient régulièrement 
leurs conversations par des rires et se disaient qu'ils se manquaient l'un à l'autre. 
Y______ demandait à X______ quand il viendrait au Maroc et celui-ci lui répondait 
qu'il viendrait dès qu'il aurait fini des choses qu'il devait faire avant son départ. Il 
ressortait également de ces conversations que Y______ en voulait à son neveu parce 
qu'il lui avait pris son logement, ses affaires et de l'argent. Elle l'avait fait suivre et 
témoignait beaucoup d'hostilité envers l'épouse de ce dernier. X______ lui disait de 
façon directive ce qu'elle devait faire pour récupérer sa maison. Enfin, Y______ et 
X______ mentionnaient régulièrement les traces ou preuves que ce dernier aurait 
laissées derrière lui et la crainte que l'on puisse découvrir l'auteur des faits commis sur 
A______ le 1er juillet 2016 et remonter à eux. 

h.g. Ainsi dans une conversation du 11 juillet 2016 à 14h22, Y______ (9______) 
expliquait à X______ qu'elle était allée au Tribunal et irait le lendemain au 
Commissariat. Le fils de sa sœur et l'épouse de celui-ci refusaient de lui rendre sa 
maison et ses clés. X______ réagissait fortement et lui disait de se rendre à la police et 
de "les faire sortir tout de suite". Au cours de cette conversation, X______ répétait à 
Y______ qu'elle devait faire sortir son neveu et sa famille de la maison avant qu'il ne 
vienne, sinon ça allait "très mal finir" car c'était chez lui. La conversation se poursuivait 
comme suit :  

X______ : "tu me manques, tu me manques … Y______, j'ai appelé S______ je lui ai 
dit." 

Y______ : "Je ne suis pas toute seule je suis avec les enfants de ma sœur enfin de mon 
frère, tu as parlé à S______ oui? Hier elle m'a dit que tu as parlé avec elle." 

X______ : "je lui ai dit c'est fait" 

Y______ : "quand tu viens au Maroc?" 

- 15 -  

 
P/11918/2016  

 

X______ : "je vais régler des affaires aujourd'hui ou demain je vais voir cela je vais 

l'amener et… ce soir, je vais rentrer aujourd'hui" 

Y______ : " merci merci" (…) 

h.h. La conversation du 11 juillet 2016 se poursuivait dès 21h02 ainsi :  

X______ : "allo" 

Y______ : "c'est moi, le robot tu l'as pris ou non ?" 

X______ : "quel robot? Non pas encore" 

Y______ : "robot" 

X______ : "pas encore c'est demain que j'y vais tu n'as pas encore compris" 

Y______ : "attends un peu de patience je vais te dire une chose, il ne faut pas aller à cet 

endroit" 

X______ : "ok je l'ai pas amené" 

Y______ :"tu as compris je vais te dire autre chose" 

X______ : "c'est …" 

Y______ : "un peu de patience je suis toute seule je suis dehors, les choses de là-bas, ils 

ont trouvé des traces, ils ont trouvé une preuve".  

X______ : "comment ils ont trouvé la preuve?" 

Y______ : "wwallah, je viens juste de parler à mon frère, il a dit qu'ils ont trouvé la 

preuve, une personne de nationalité française, c'est lui qui était là-bas" 

X______ : "ohhh" 

Y______ : "je te dis" 

X______ : "ils ont trouvé la preuve?" 

Y______ : "oui ils ont trouvé la preuve" 

X______ : "de quoi?" 

Y______ : "je sais pas, ils ont trouvé la preuve que celui qui a fait cela n'est pas de 

Suisse, il est de France. 

- 16 -  

 
P/11918/2016  

 

X______ : "c'est rien" 

Y______ : "ah oui" 

X______ : "il n'y a rien, ok ils ne savent rien" 

Y______ : "c'est vrai?" 

X______ : "il n'y a rien, personne et rien, il y a rien, c'est fait exprès" 

Y______ : "non, non ils ont parlé à mon frère de là-bas, de là-bas" 

X______ : (n'a pas été traduit car était incompréhensible)  

Y______ : "oui" 

X______ : "ok il n'y a rien ?" 

Y______ : "je sais pas il a dit qu'ils vont faire leur enquête, je sais pas"   

X______ : " il n'y a rien" 

Y______ : "je dois pas avoir peur? je dois pas avoir peur?" 

X______ : "ah" 

Y______ : "je dois pas avoir peur? il n'y a rien du tout?" 

X______ : "il n'y a rien du tout j'te dis" 

Y______ : "alors c'est bon, je te laisse maintenant, et chez l'autre il faut pas y aller, 

c'est bon" 

X______ ok inchallah il n'y a rien du tout" 

Y______ : "allez" 

(…) 

X______ : "ok il faut pas avoir peur il n'y a rien…" 

h.i. Dans la conversation suivante du 11 juillet 2016 à 21h05, Y______ et X______ 
échangeaient dans les termes suivants :  

X______ : "je n'entends rien éloigne toi. Il est malade, il a fait un accident qu'as-tu 

dit?" 

- 17 -  

 
P/11918/2016  

 

Y______ : "non, c'est bon je te dis il est revenu à lui-même et ils l'ont interrogé, il a 

parlé et dit…" 

X______ : "ah!" 

Y______ : "oui" 

X______ : "ils ont parlé avec toi, il n'y a rien du tout?" 

Y______ : "c'est bon après tout ça (non traduit car incompréhensible) la famille. Il faut 

y penser, il y a rien du tout, il faut pas avoir peur, lui il était malade au coma, le bon 

dieu lui est venu en aide c'est tout. Merci beaucoup." 

X______ : "allez au revoir il ne faut pas avoir peur." 

Y______ : "merci" 

X______ : "au revoir il ne faut pas avoir peur. Si je peux faire des choses, je les faits, 
au revoir. Toi ça va?" 

h.j. Le 12 juillet 2016, ils ont eu une nouvelle conversation à 10h52 :  

X______ : "(salutations). Allez, c'est bon, il n'y a rien eu? Tu as appelé ton frère tout va 

bien?" 

Y______ : "ils ont dit qu'ils n'ont pas trouvé le téléphone sur elle, la femme là" 

X______ : "ah ils ont dit que son téléphone n'y était plus, est parti avec, ils ont pris le 

téléphone, ils ont rien laissé?"  

Y______ : "ils ont dit qu'ils n'ont pas trouvé le téléphone ils ont trouvé les traces de 

[l]'autre en France"  

(…) 

X______ : "ayayaya, en ce moment l'Etre doit faire attention à lui-même, le moment 

n'est pas bien, tu as compris" 

Y______ : "même comme ça, toi tu rien laisser ici derrière toi?" 

X______ : "je n'ai rien laissé (non traduit car incompréhensible)  

Y______ : "alors c'est bon, tout va bien?" 

(…) 

- 18 -  

 
P/11918/2016  

 

Y______ : "je te dis une parole, tu as dit que la carte tu dois la changer" 

X______ : "la carte?" 

Y______ : "(non traduit car incompréhensible) son téléphone à elle…" 

X______ : "ok ok je ne téléphone plus avec" 

Y______ : "oui" 

(…) 

X______ : "j'ai enlevé la puce, j'ai enlevé la puce du téléphone" 

Y______ : "oui maintenant tu l'enlèves et aussi tu ramasses tous les papiers et me les 

envoie, tout à T______"  

(...) 

h.k. A 21h11 le même jour, X______ relevait dans une conversation que Y______ avait 
changé de numéro de téléphone (10______).  

h.l. A 23h51 le 12 juillet 2016, Y______ demandait à X______ de lui amener des 
chaussures lorsqu'il viendrait au Maroc. Elle se plaignait ensuite du fait que le fils de 
son frère avait pris ses affaires, de sorte qu'elle voulait porter plainte contre lui. 
X______ l'y encourageait.  

h.m. Le 14 juillet 2016 à 13h45, Y______ lui demandait de lui faxer son jugement de 
divorce. A 13h48, elle lui demandait également de faxer son acte de mariage.  

La lettre anonyme  

i. Le 15 novembre 2016, A______ a remis à la police la lettre anonyme que son époux 
avait reçu environ une année après leur mariage. Son époux et elle-même étaient 
persuadés que la lettre avait été envoyée par sa sœur Y______. 

La déclaration des témoins  

j.a. Entendu sur commission rogatoire en cours d'instruction, G______, l'ex-époux de 
Y______ a expliqué qu'il vivait dans une maison de retraite à U______ depuis 2010. Il 
n'avait pas eu le choix car Y______ avait pris tout ce qui se trouvait dans son 
appartement. Au début de leur mariage, tout se passait très bien. Ils avaient ensuite 
voulu adopter un garçon prénommé V______ qui avait vécu pendant environ 2 ou 3 ans 
avec eux, avant qu'ils ne le ramènent au Maroc à 6 ans. La procédure d'adoption n'avait 
pas abouti en raison de leurs revenus trop faibles. Y______ avait commencé à avoir des 
hallucinations et se sentait agressée par des voisines. Elle allait souvent à la gendarmerie 
se plaindre. Elle l'accusait d'avoir une maîtresse alors que ce n'était pas vrai. Elle était 

- 19 -  

 
P/11918/2016  

 

jalouse et pensait que la maîtresse de son époux était une voisine, W______, avec 
laquelle il ne parlait même pas. Cela avait duré plusieurs années. Y______ avait été 
hospitalisée au Centre psychothérapeutique de l'Z______ à AA______. Dans une lettre 
postée le 7 octobre 2016, Y______ lui avait réclamé un dossier qu'il lui avait déjà 
envoyé. Son ex-épouse n'était pas consciente d'être malade et du fait qu'elle avait besoin 
de médicaments. Il connaissait E______ et sa première épouse H______. Lorsque tous 
les deux étaient mariés, Y______ importunait souvent H______ qu'elle n'aimait pas. 
Elle lui avait dit à de nombreuses reprises qu'elle pensait qu'H______ voulait tuer son 
frère. Elle pensait qu'en les séparant, elle mettrait son frère à l'abri. Elle croyait à la 
sorcellerie et pensait qu'elle était victime de la sorcellerie. Elle n'en faisait pas. E______ 
s'était remarié avec une nouvelle femme d'origine arabe qui ne plaisait pas à Y______, 
car elle pensait qu'elle faisait elle aussi de la magie noire, qu'elle utilisait pour faire du 
mal à tout le monde. Selon lui, son ex-épouse n'avait pas de revenu et vivait au crochet 
de sa famille. Elle avait acheté un appartement à Fès mais n'avait jamais pu le payer.  

j.b. L'ancienne compagne de X______, AB______, a expliqué que depuis 7 ou 8 mois 
elle n'avait plus eu de nouvelles de ce dernier. Elle avait eu une relation intime durant 
un an avec lui et avait porté plainte. Durant leur relation, X______ était agressif 
verbalement mais jamais physiquement. Il lui était arrivé de jeter par terre un repas 
qu'elle avait préparé, de sorte qu'elle le jugeait violent "avec les objets". Un jour, il lui 
avait craché au visage et elle avait mis fin à leur relation. Elle l'a décrit comme 
possessif, jaloux, nerveux et impulsif. Pour illustrer ses propos elle a expliqué que 
X______ s'était battu à une occasion avec un homme avec lequel elle avait eu une 
relation après leur rupture. Il était également très timide avec les autres femmes et 
mettait une certaine distance avec elles. Il n'avait pas d'amies. Après leur relation, 
X______ lui avait dit qu'il voyait une autre femme. Un jour, au téléphone, il lui avait dit 
que cette femme lui préparait à manger. Elle était passée devant chez lui et l'avait vu 
manger seul. Il n'avait jamais voulu la lui présenter mais lui avait dit qu'il était 
amoureux d'elle et que c'était réciproque. X______ était musulman très croyant mais pas 
très pratiquant. Il ne faisait pas le Ramadan et ne priait pas forcément. Il écrivait 
constamment des choses en arabe qu'il ne voulait pas traduire et parlait parfois tout seul.  
Il se contentait de dire qu'il se protégeait. Il disait souvent qu'on lui en voulait et il 
récitait pour cette raison toujours des prières censées le protéger. Pour elle, il était "très 
faux" et ne disait pas la vérité. Sa femme et ses quatre enfants se trouvaient en Algérie. 
Il parlait souvent de problèmes d'argent avec son père. Elle pensait qu'il cachait quelque 
chose. Sa voiture était tombée en panne quand ils se fréquentaient. A sa connaissance, 
X______ se déplaçait depuis lors à pied. Elle avait échangé des messages et eu des 
conversations téléphoniques avec X______ après le 1er juillet 2016, mais celui-ci n'avait 
pas fait allusion à une agression.  

j.c. Lors de son audition devant le Ministère public le 9 février 2018, E______ a 
indiqué, s'agissant de sa sœur, qu'il ne pouvait pas faire autrement que de l'aimer, mais 
ce qui était arrivé était arrivé. Il a confirmé ses précédentes déclarations au sujet du 
séjour de Y______ chez eux en mai 2016, précisant qu'elle était venue pour acheter une 

- 20 -  

 
P/11918/2016  

 

valise et leur avait dit qu'elle allait aussi au Maroc pour le Ramadan. Y______ savait 
quand son épouse et lui-même iraient au Maroc et quand A______ serait de retour à 
Genève. Lorsque la famille avait appris ce qui était arrivé à A______, tout le monde 
avait rompu contact avec Y______. Si on faisait une petite chose à Y______, celle-ci 
réagissait très fort pour se défendre. Elle avait l'amour de se venger. Elle n'aimait pas 
son épouse et faisait beaucoup de sorcellerie. Il a confirmé que selon lui c'était sa sœur 
qui avait envoyé la lettre anonyme accusant son épouse d'avoir un amant. Elle avait 
également accusé H______ de sorcellerie. Quant à l'ex-époux de Y______, ce dernier 
était un homme très sympathique et ouvert. Selon E______, on pouvait ensorceler 
quelqu'un avec la nourriture mais cela se passait entre époux et ce n'était pas nuisible 
pour la personne.  

j.d. Lors de son audition devant le Ministère public, le 4 octobre 2018, H______ a 
confirmé que Y______ était capable de s'en prendre à A______, qu'elle détestait. Dans 
son souvenir, le neveu avec lequel elle s'était entretenue plusieurs fois par téléphone 
après les faits, lui avait dit qu'il avait entendu sa tante dire "Est-ce que tu es déjà rentré 
dans l'appartement? Est-ce que tu as déjà fini? Est-ce que tu as déjà fait ton travail?" et 
précisé que A______ était seule en Suisse. Y______ avait aussi parlé d'argent que son 
interlocuteur recevrait après. Au sujet des photos d'elle et ses enfants prises par 
Y______ le 10 mai 2016, elle l'avait vu faire.  

L'arrestation de X______ 

k.a. X______ a été appréhendé à son domicile en France, le 14 juillet 2016, au petit 
matin. Il a été informé qu'il faisait l'objet d'un mandat d'arrêt européen pour une 
tentative d'assassinat commise à Genève au début du mois de juillet 2016. En réaction, 
il a fait mine d'être surpris, arguant qu'il n'était jamais venu dans cette ville. Il n'a pas 
demandé des explications détaillées sur les charges qui lui étaient reprochées.  

k.b. X______ s'étant opposé à son extradition, la Cour d'appel de Lyon a, par arrêt du 
11 août 2016, autorisé la procédure d'extradition. A son arrivée en Suisse le 7 décembre 
2016, l'avis de recherche et d'arrestation lui a été notifié. Le prévenu a immédiatement 
dit qu'il n'y était pour rien et que c'était à cause du mari d'une amie dont il possédait de 
nombreux documents à son appartement. Il a d'ailleurs demandé si cette amie et voisine, 
soit Y______, avait été arrêtée. A la lecture du mandat, X______ a marqué son 
étonnement du fait que la victime n'était pas décédée et un certain soulagement. 

k.c. Détenu à la prison de Champ-Dollon, X______ a écrit un courrier le 14 décembre 
2016 à son ancien employeur, AC______ commençant par : "la femme n['est] pas 
MORTE, c'est bon". Ce courrier a été saisi par le Ministère public.  

Les perquisitions au domicile de X______ 

l.a. Lors de la perquisition du domicile de X______, la police a trouvé le téléphone 
portable de A______ sur une table basse, trois cartes SIM collées sur un morceau 

- 21 -  

 
P/11918/2016  

 

d'adhésif, dont la carte SIM du téléphone de A______, un sac en bandoulière avec une 
paire de gant noir, le propre téléphone portable de X______ ainsi qu'une serviette 
blanche tâchée de sang dans le panier à linge. 

l.b. La police a découvert un cabas avec des documents appartenant à Y______ sous 
l'assise du canapé, dont une lettre de Y______ expliquant avoir surpris un groupe de 
femmes de Bellegarde sortir de son appartement et prendre la fuite après qu'elles aient 
saccagé son logement et volé des affaires, une lettre du 22 juillet 2013, dans laquelle 
elle affirmait que son époux, G______, pouvait entrer dans son logement par hypnose et 
une lettre du 9 février 2015 destinée à la police municipale d'AD______, pour se 
plaindre de ce qu'elle vivait un calvaire avec son mari, en particulier à cause de la 
maîtresse de ce dernier, craignait pour sa vie, se sentait persécutée, était hypnotisée et 
abusée par son époux et sa maîtresse (coups et blessures, destruction de ses affaires, 
vols divers, cheveux coupés etc.) et pour conclure en demandant  l'intervention de la 
justice afin d'être protégée. Elle ajoutait dans ce courrier avoir été contrainte de boire de 
l'essence et s'être fait injecter de l'essence par piqûre sur le visage. La maîtresse de son 
ex-époux avait changé la serrure de son appartement durant la nuit pour l'empêcher de 
sortir de chez elle et pour venir la tuer par la suite. La police a en outre découvert dans 
ces documents une plainte du 8 juin 2015, pour des violences en réunion subies entre 
janvier 2003 et juin 2015 ainsi qu'une dénonciation du 13 janvier 2016 au préfet de 
Bourg-en-Bresse.  

l.c. La perquisition du téléphone de X______ a révélé que ce dernier avait enregistré 
Y______ sous plusieurs numéros de téléphone et noms, notamment le +12______ sous 
"Voisin Voisin fix fix fix" et sous "Voisin 1111111", le +13______ sous "Voisin vosin". 
Le numéro de téléphone portable utilisé par Y______ était le numéro le plus 
fréquemment en contact avec X______. Malgré de nombreuses données effacées, le 
téléphone de X______ contenait encore un message envoyé à Y______, le 16 mai 2016 
à 21h50, dans lequel il écrivait : "Dit a ton frere pour les papier carte sejour sa femme 
en suisse". X______ avait en outre conservé des photographies et vidéos de son ex-
compagne, AB______, et une photographie de Y______ datée du 28 juin 2016.  

Les traces et les profils ADN 

m.a. Une trace de sang appartenant à A______ a été identifiée sur une chaussure saisie 
chez X______ et l'ADN de ce dernier a été prélevé sur l'autre chaussure de la même 
paire. Les traces de semelles étaient compatibles avec celles trouvées chez la victime. 

m.b. L'ADN de X______ a été identifié sur un rouleau d'adhésif, le couteau et le 
marteau ayant été utilisés lors de l'agression de la plaignante. 

m.c. La poudre indéterminée trouvée sur le canapé était du sel. 

Les premières déclarations de X______ du 7 décembre 2016 

- 22 -  

 
P/11918/2016  

 

n.a. Dans sa première audition, X______ a expliqué qu'il s'était opposé à son extradition 
car il attendait que Y______ explique au commissariat ou au procureur ce qu'il s'était 
passé. Elle avait toutes les réponses sur ce qu'il s'était passé chez lui, notamment les 14 
et 20 juin 2016. Il avait remarqué que son appartement avait été fouillé bien que les 
portes étaient verrouillées et qu'il était le seul à avoir les clés. Il a affirmé avoir compris, 
pour la première fois depuis son arrestation, à la lecture du mandat d'arrêt, que la 
victime n'était pas décédée. Jusqu'alors, il pensait être accusé de meurtre et non pas de 
tentative de meurtre.  

Sans indiquer son rôle, il avait immédiatement évoqué sa voisine Y______, qu'il 
côtoyait depuis le milieu du mois de mai 2016. Celle-ci l'aurait abordé à cette époque 
pour lui demander de l'aide et pouvoir venir chez lui. Elle se disait persécutée et torturée 
par son ex-époux et cinq autres femmes, lesquels venaient chez elle quatre à cinq fois 
par semaine, l'endormaient et la torturaient. Sa voisine lui avait dit avoir mal. Elle 
boitait. La police surveillait les alentours de son appartement tous les soirs mais n'avait 
pas pu attraper son ex-époux sur le fait. Au début, X______ ne l'avait pas vraiment crue. 
En voyant des marques sur elle et du fait qu'il avait observé deux personnes en train de 
surveiller son domicile depuis un véhicule, il l'avait toutefois crue, petit à petit. En plus 
de lui faire subir des sévices et de l'avoir menacée, son ex-mari déchirait ses papiers, de 
sorte qu'elle lui avait demandé de bien vouloir garder ses papiers chez lui et des valises 
avec lesquelles elle voulait aller au Maroc. Lors de la vérification de leur contenu, 
X______ avait constaté qu'il s'agissait de cadeaux.  

n.b. Au sujet de son ADN sur l'adhésif trouvé sur la victime, il a expliqué que dès qu'il 
avait des affaires sales, il les mettait dans une corbeille à linge dans sa salle de bain. Il a 
refusé de répondre aux autres questions sur les faits. S'agissant de sa situation 
personnelle, il a expliqué vivre avec son épouse et ses quatre enfants en France bien 
qu'il n'y avait aucune trace d'eux chez lui. Il a dit ne pas avoir d'antécédents judiciaires. 
Il a enfin dit être déjà venu par le passé à Genève avec Y______. Il lui avait écrit une 
lettre, le 12 octobre 2016, pour lui demander de lui rendre visite en prison.   

L'audience du 8 décembre 2016L'audience du 8 décembre 2016 

o. Lors d'une audition au Ministère public, le 8 décembre 2016, X______ a contesté les 
faits qui qui étaient reprochés. Il a expliqué que Y______ lui avait confié que son ex-
époux la torturait et lui avait remis des papiers personnels pour qu'il les conserve chez 
lui. Il avait constaté, à trois reprises entre le 25 et le 27 juin 2016, que son appartement 
avait été fouillé et avait pensé que c'était l'œuvre de l'ex-époux de Y______, qui aurait 
agi par jalousie. Il était venu le 25 ou le 26 juin 2016 à Genève avec Y______, celle-ci 
voulant y acheter un téléphone. Il n'était venu qu'une fois à Genève avec Y______ puis 
était revenu seul dans cette ville, le 1er juillet 2016, pour acheter le même téléphone que 
Y______, en vain. Le frère de Y______ vivait à Genève car cette dernière le lui avait 
dit. Il ne connaissait pas A______ et n'était jamais allé chez cette femme. Il avait cru 
que la victime était morte, parce que les gendarmes français lui avaient dit qu'il était 

- 23 -  

 
P/11918/2016  

 

recherché pour meurtre et les policiers suisses l'avaient confirmé. Il croyait un petit peu 
à la sorcellerie. Il ne contactait pas souvent Y______, soit deux ou trois fois par 
semaine. Il avait eu un contact avec elle alors qu'elle était au Maroc, et lui avait 
notamment demandé si le téléphone qu'il avait trouvé chez lui et qui ne lui appartenait 
pas était à elle.   

L'audience du 24 janvier 2017 

p. Lors de son audition du 24 janvier 2017, le prévenu a été confronté à A______, 
laquelle a reconnu sa voix et son visage. X______ a indiqué que c'était lui "qui a[vait] 
fait ça". Il a ajouté qu'il était allé "attraper une dame chez elle" qui ne lui avait rien fait. 
Il ne savait pas ce qui s'était passé et ne connaissait pas la plaignante. Ni Y______ ni 
personne d'autre ne l'avait envoyé chez cette dernière ou ne lui avait demandé de faire 
ce qu'il avait fait à A______. Il ne se souvenait pas l'avoir frappée. Y______ ne lui 
faisait pas peur.  

L'audience du 4 octobre 2017 

q. Lors de son audition devant le Ministère public le 4 octobre 2017, X______ a indiqué 
qu'il se rappelait de l'appartement de la victime et d'avoir frappé celle-ci lorsqu'il était 
entré. Il ignorait la raison pour laquelle il l'avait frappée, comment et avec quoi. Il 
n'avait pas pris le téléphone de la victime bien que celui-ci avait été retrouvé chez lui. Il 
ne savait pas comment il s'était rendu au domicile de A______, puisqu'il ne savait pas 
où elle habitait.  

Y______ lui avait demandé, avant cela, à trois ou quatre reprises, d'aller frapper une 
femme sans préciser de qui il s'agissait. Il lui avait dit non. Il avait ensuite bu un coca 
qui n'avait pas fait le bruit habituel lorsqu'il avait ouvert le couvercle et avait été malade 
durant trois jours. Il était sûr que Y______ lui avait fait quelque chose. Peut-être qu'elle 
lui avait dit qui il devait aller frapper reprenant les termes utilisés par son avocate dans 
la question posée, après qu'il ait bu ledit coca. 

Le fait qu'il ait laissé beaucoup de traces confirmait selon lui qu'il n'était pas "bien" lors 
des faits. Il ne les aurait pas laissées dans le cas contraire.  

Il ne se souvenait plus s'il avait appelé Y______ après le 1er juillet 2016, mais se 
souvenait avoir été malade durant trois jours. Il vomissait et était allé voir le Dr 
AE______. Il avait pris des médicaments durant cinq ou six jours.  

L'arrestation de Y______ et la perquisition de son logement et de son téléphone 

r.a. Le 11 mars 2017, Y______ a été arrêtée en Espagne alors qu'elle rentrait en car 
depuis le Maroc en France. Elle a été extradée vers la Suisse le 11 décembre 2017. 

r.b. De son téléphone portable ont été extraites des données et des conversations 
enregistrées avec S______, sa voyante. Au cours de ces conversations, Y______ 

- 24 -  

 
P/11918/2016  

 

indiquait son soulagement lorsque S______ lui confirmait que la police n'avait pas 
trouvé de trace de celui qui s'en était pris à sa belle-sœur. Elle remerciait Dieu qu'on ne 
puisse pas le retrouver.  

r.b.a. Ainsi le 7 août 2017 à 17h19, Y______ posait des questions à S______ sur 
X______.  

Y______ : "Confirme-moi comme il faut pour X______." 

S______ : "Oui" 

Y______ : "Ou celui qui a frappé la femme de mon frère, s'ils l'arrêtent, moi je vais 

partir avec lui. Tu as compris? Regarde juste ce que tu as sur lui.  

S______ : "Et c'est sur lui qu'on comptait. Je te jure il n'a pas de parole." 

Y______ : "Non, je te jure il a une parole. Soit il s'est fait frapper, soit il y a quelque 

chose d'autre."  

S______ : "il y a d'autres choses sur lesquelles on s'était entendu" 

Y______ : "J'ai compris… j'ai compris…"  

r.b.b. A 18h02 le même jour, dans une conversation avec S______ :  

Y______ : "Et X______?" 

S______ : "X______, ma sœur, il n'y a plus de traces de lui et il ne m'appelle plus avec 
ce numéro." 

Y______ : "Il n'a pas de danger pour lui?"  

S______ : "Non il n'y a rien".  

r.b.c. Dans une conversation du 8 août 2016 à 0h55, S______ demandait à Y______ si 
elle avait eu des nouvelles du criminel. Y______ lui répondait que non et qu'il avait 
disparu. Il était peut-être rentré au Maroc. Elle demandait alors à la voyante de regarder 
encore et la rappellerait ensuite.  

r.b.d. Le lendemain à 15h11, Y______ demandait à S______ de regarder la photo de 
X______, qu'elle allait lui envoyer, pour voir s'il avait des problèmes ou s'il avait été 
arrêté.  

r.b.e. Les 13 et 14 août 2016, Y______ continuait d'interroger S______ au sujet de 
X______ et la voyante répondait que ce dernier ne l'appelait plus. S______ demandait 

- 25 -  

 
P/11918/2016  

 

également à Y______ si elle avait promis à ce dernier de s'acter (se marier) avec lui, ce 
que son interlocutrice a contesté.  

r.b.f. Le 17 août 2016, Y______ avait peur et voulait savoir si X______ avait été 
reconnu ou pas.   

r.b.g. La conversation du 18 août 2016 avait la teneur suivante :  

S______ : "C'est tout bon. Ils ne se sont aperçus, ils ne savent pas. Ils ne [se] sont pas 

aperçus de qui a frappé la femme de ton frère. Il n'y a aucun problème qui va 

ressurgir."  

Y______ : "Ils ne savent pas qui l'a frappé?" 

S______ : "Non. Ils ne savent rien. Tout est normal."  

Y______ : "Dieu merci, dieu merci, dieu merci. (…)"  

Y______ : "Est-ce que j'ai besoin d'avoir peur mon amie chérie? Y'a rien du tout?" 

S______ : "Que le bon Dieu te rende heureuse, non il n'y a rien du tout. Il n'y a que le 

bien."  

Y______ : "Car celui qui a frappé, ils ne le connaissent pas?" 

S______ : "Non ils ne le connaissent pas non." 

Y______ : "Il n'y a personne qui se doute à mon sujet?" 

S______ : "Non, non, moi je n'ai rien vu." 

r.b.h. Dans une conversation du 24 août 2016 à 2h55, Y______ interrogeait sa voyante 
au sujet de l'épouse de son frère et renseignait sa voyante sur les armes utilisées lors des 
faits.  

Y______ : "Sa femme elle est guérie ou elle n'est pas guérie?" 

S______ : "Tout doucement, elle va mieux." 

Y______ : "Elle est rentrée à la maison? Elle n'est plus à l'hôpital?" 

S______ : "Non, elle n'est plus à l'hôpital." 

Y______ : "Mais elle a été beaucoup frappée." 

- 26 -  

 
P/11918/2016  

 

S______ : "Oui elle a été frappée comme il faut. Attends, attends… elle, elle a été 
frappée avec du fer, écrasé ou un bâton?" 

Y______ : "Elle a été frappée avec le fer." 

S______ : "Le couteau?" 

Y______ : "oui, avec le couteau oui." 

S______ : "mais ils n'ont arrêté personne…" 

Y______ : "Mais ils ne vont rien arrêter?"  

S______ : "Ils ne savent/trouvent rien." 

Y______ : "ils ne savent rien?"  

S______ : "Et pour elle (la victime) c'est comme ça…" 

Y______ : "Dieu merci".  

r.b.i. Enfin, dans une conversation avec un cousin, AF______, Y______ lui expliquait 
que les hommes qui s'en étaient pris à sa belle-sœur étaient des professionnels et 
n'avaient laissé aucune trace. Elle ajoutait que l'agresseur était noir de peau et avait 
agressé A______ parce qu'elle ne se comportait pas bien alors qu'elle portait le voile. 

r.b.j. Une vidéo de E______ et de A______, réalisée dans le bus le 7 mai 2016, et une 
vidéo d'H______ et de ses enfants, du 10 mai 2016, ont également été trouvées dans le 
téléphone de Y______.  

Les premières déclarations de Y______ 

s.a. Lors de son audition du 11 décembre 2017, Y______ a affirmé qu'elle ne savait rien 
de l'agression de sa belle-sœur. Personne ne lui avait expliqué ce qui lui était arrivé lors 
de sa détention en Espagne. Alors qu'elle était au Maroc, sa sœur N______ lui avait 
expliqué que la police suisse avait appelé leur frère E______ pour lui dire que quelque 
chose était arrivé à son épouse. Son frère lui avait dit qu'elle avait été blessée mais ne 
lui avait pas donné de détails. Elle avait eu une conversation avec A______ après 
l'agression au mois d'août. Cette dernière lui avait dit qu'elle allait très bien. Depuis 
l'agression, elle n'avait revu ni son frère E______ ni sa belle-sœur. Elle avait été étonnée 
d'apprendre que sa belle-sœur avait été agressée à Genève, la pensant au Maroc.  

s.b. Quant à X______, Y______ a commencé par nier le connaître, avant d'admettre 
qu'ils étaient voisins. Elle lui avait parlé trois ou quatre fois et lui avait remis ses 
papiers, puis ses vêtements pour les mettre à l'abri, car elle devait voyager et elle avait 
constaté que des choses manquaient chez elle. La dernière fois qu'elle l'avait vu, c'était 

- 27 -  

 
P/11918/2016  

 

plusieurs mois ou semaines avant de partir au Maroc en juin 2016. A la vue de la 
photographie extraite du téléphone de X______ sur laquelle elle apparaissait aux côtés 
de ce dernier, le 28 mai 2016, elle a confirmé toutefois qu'il l'avait accompagnée à la 
gare à Lyon en vue de son départ au Maroc, à sa demande. Elle ne connaissait personne 
d'autre et avait confiance en lui. Ils étaient de bons amis et elle le considérait comme 
son frère. Elle avait trouvé en lui quelqu'un qui l'aidait. Elle n'avait en revanche jamais 
envisagé une relation intime ou le mariage avec lui. Il était marié et avait quatre enfants. 
Ils s'appelaient toutefois trois ou quatre fois par jour parfois. X______ ne connaissait ni 
son frère ni A______, elle ne lui avait jamais parlé d'eux. Ce n'était pas lui qui avait 
agressé A______ et ce n'était pas elle qui lui avait dit de faire cela. Après avoir contesté 
dans un premier temps qu'elle était venue à Genève avec X______, elle a ensuite admis 
qu'il l'y avait accompagnée avant son départ pour le Maroc. Elle avait acheté un 
téléphone à cette occasion. 

s.c. Avant son départ pour le Maroc, elle avait en outre rendu visite à son frère et sa 
belle-sœur à l'improviste un vendredi, vers 17h00, en mai 2016. Elle y était restée une 
semaine car elle voulait acheter une valise au marché aux puces. Cette semaine s'était 
bien passée. Son frère et sa belle-sœur s'entendaient bien. Elle n'avait jamais entendu 
dire que A______ trompait son époux. Son frère avait plusieurs fois évoqué le divorce 
mais elle lui avait conseillé de rester avec son épouse, qu'elle considérait comme sa 
sœur. Lors de sa visite, A______ lui avait dit qu'elle allait passer le mois du Ramadan 
au Maroc avec son époux. Y______ ignorait toutefois que sa belle-sœur avait prévu de 
rentrer en Suisse en juin 2016. Lors de cette visite chez son frère, elle avait également 
rendu visite à H______, l'ex-épouse de son frère, qu'elle considérait elle aussi comme 
une sœur. 

s.d. Lorsqu'elle s'était rendue au Maroc, elle avait résidé avec son neveu J______ lequel 
vivait avec sa famille dans la maison qu'elle lui prêtait. Elle avait dormi la première 
nuit, du 29 au 30 juin 2016, chez sa sœur N______, et la seconde, du 30 au 1er juillet 
2016, chez son neveu. Elle avait découvert que quelqu'un avait volé ses affaires dans sa 
maison et en avait parlé à son neveu avec lequel elle avait partagé le repas du Ramadan. 
Elle était très nerveuse. Après le repas, durant la nuit du 30 juin au 1er juillet 2016, alors 
que son neveu était allé se coucher, elle avait eu plusieurs conversations téléphoniques 
avec X______. Elle l'avait contacté avec une carte SIM que son neveu lui avait prêtée. 
Lors des conversations, elle s'était plainte du vol de ses affaires dans sa maison alors 
occupée par son neveu. Le lendemain matin, elle avait à nouveau parlé avec X______, 
alors qu'elle était dans le train vers Taourirt, pour lui demander qu'il lui envoie de 
l'argent car elle avait oublié sa carte bancaire. Il lui avait envoyé EUR 30.- ou EUR 40.-. 

s.e. Quant à sa vie privée, Y______ a expliqué qu'elle vivait seule. Issue d'une fratrie de 
six frères et sœurs, son frère aîné et sa plus jeune sœur étaient décédés. Elle s'était 
mariée en 2000 avec G______ et avait adopté un enfant de trois ans. Son mari était 
méchant avec elle, les frappait elle et leur enfant, de sorte que l'enfant avait été placé en 
foyer à l'âge de 6 ans. Il vivait désormais au Maroc et devait avoir 17 ans. Son époux lui 

- 28 -  

 
P/11918/2016  

 

volait son argent. Elle avait obtenu le divorce, le 11 septembre 2014. Depuis décembre 
2009, G______ était interné dans un établissement médico-psychiatrique aux 
AG______, à AA______, où elle était allée le voir une fois. Il l'avait alors frappée. 
Durant leur vie commune, son époux l'avait parfois empêchée de rentrer à la maison, de 
sorte qu'il lui était arrivé de dormir au bord d'une rivière. La maîtresse de son ex-époux, 
W______, l'avait monté contre elle et lui avait fait tourner la tête. En 2016, elle avait 
informé son ex-époux de son intention de recourir à la police pour que W______ et lui-
même arrêtent de lui faire du mal. Son ex-époux s'était arrangé pour l'envoyer en 
établissement psychiatrique bien qu'elle ne souffrait pas de problèmes psychiatriques, 
pour éviter qu'elle ne dénonce sa maîtresse qui avait pris un crédit à son nom auprès de 
la banque de France en usurpant sa signature. Après son hospitalisation, Y______ avait 
continué à craindre que W______ ne se cache et la frappe ou lui tire les cheveux. Elle 
avait été mise sous tutelle en France par un juge de protection de l'adulte sur la base 
d'une expertise. Musulmane, elle faisait ses prières tous les jours et n'avait pas d'autres 
croyances ni ne pratiquait la magie noire. Son ex-époux en revanche avait tout appris de 
la magie noire de sa mère qui la pratiquait. Au sujet de la magie noire, elle a ajouté 
qu'en 2006 ou 2007 au Maroc, elle avait constaté que l'un de ses couscous s'était 
transformé en pâte à pain et qu'elle avait pensé que son ex-époux en était responsable. 
Elle a expliqué qu'elle entendait des bruits dans sa tête depuis 2009. S______ était l'une 
de ses amies de longue date et vivait au Maroc. X______ ne la connaissait pas, mais elle 
lui en avait parlé.  

L'audience du 15 décembre 2017 

t.a. Au Ministère public, Y______ a précisé que son frère avait été content de la voir 
lorsqu'elle était venue à l'improviste en mai 2016 et que A______ était comme sa sœur. 
Elle les voyait une fois par an. Elle n'avait jamais eu de problème avec elle ni n'avait 
envoyé de lettre anonyme à son frère pour le faire douter de son épouse. Y______ a 
répété qu'elle avait également une bonne relation avec la précédente épouse de son 
frère, H______, malgré les déclarations contraires de cette dernière et celles de E______ 
à ce sujet. Elle a soutenu malgré les déclarations de son frère qu'elle ignorait que 
A______ rentrerait quelques jours à Genève en juin pour retirer leurs rentes.  

t.b. X______ était un ami, quelqu'un de bien et gentil. Il lui avait demandé de se marier 
avec lui, mais elle lui avait dit non. Elle s'était confiée à lui au sujet de son ex-époux et 
s'était rendue deux fois sur le pas de la porte du logement de X______ pour amener 
chez lui ses affaires et du poulet puis était revenue avant leur départ pour Lyon. Elle 
s'était rendue à une occasion avec lui à Genève pour acheter un téléphone portable loin 
de la gare, la dernière semaine du mois de mai 2016. Tous deux s'étaient rendus au 
I______ en bus n° 3______. X______ l'avait attendue à l'arrêt de bus pendant qu'elle 
s'était rendue chez son frère. Elle avait sonné mais n'avait trouvé personne. En fin 
d'audition, Y______ est revenue sur cette déclaration et a indiqué que X______ ne 
l'avait pas attendue à l'arrêt de bus mais l'avait suivie jusqu'en face de la porte de 
l'immeuble de son frère et lui avait demandé le nom de ce dernier.  

- 29 -  

 
P/11918/2016  

 

t.c. Elle était déjà venue par le passé avec X______ à Genève mais plus ensuite, 
contrairement aux déclarations de ce dernier qui expliquait l'avoir accompagnée le 25 
ou le 26 juin 2016.  

t.d. Elle contestait être le seul lien entre A______ et X______ et ajoutait que ce dernier 
s'en était déjà pris à des gens. Il lui avait expliqué avoir frappé une dame et attaché un 
monsieur dans leur maison. Elle ne voulait pas en dire plus car elle craignait qu'il ne 
vienne la tuer lorsqu'il sortirait de prison. Elle n'avait jamais demandé à X______ de 
tuer A______. Peut-être qu'il disait cela car il voulait lui faire du mal et pensait qu'il 
était en prison à cause d'elle. Elle avait voulu "couper" la relation avec X______ quand 
il lui avait expliqué qu'il entrait chez les gens. Elle était néanmoins allée en sa 
compagnie à la gare de Lyon fin juin car elle le lui avait demandé avant d'apprendre ce 
qu'il avait fait. Lorsqu'elle était au Maroc, elle ne lui avait pas dit au téléphone qu'elle le 
paierait par la suite, comme l'avait rapporté son neveu J______. Elle l'avait en revanche 
bien appelé pour lui demander qu'il lui envoie de l'argent.  

La confrontation du 10 janvier 2018 

u.a. Lors de l'audience devant le Ministère public le 10 janvier 2018, les prévenus ont 
été entendus en confrontation. X______ a soutenu qu'il ne se rappelait pas être allé avec 
Y______ au bas de l'immeuble de la victime alors que Y______ l'a réaffirmé. Il était 
venu une fois à Genève avec Y______ pour qu'elle achète un téléphone et peut-être 
qu'elle lui avait dit que son frère habitait dans le coin. 

u.b. Chacun des prévenus a affirmé que c'était l'autre qui avait évoqué l'idée de se 
marier. X______ avait eu beaucoup de contacts téléphoniques avec Y______ qui le 
"saoulait" au sujet de son ex-époux. Il ne se souvenait en revanche pas avoir parlé avec 
elle le 1er juillet 2016. Avant les faits, elle lui avait dit d'aller "taper une dame" mais 
n'avait pas dit laquelle. Il a rappelé qu'il était alors allé taper A______. Pour lui, c'était 
Y______ qui le lui avait demandé. Y______ l'ayant contesté, X______ a répété "si si 
elle me l'a dit" puis a ajouté qu'il avait bu un coca le soir et ne savait pas ce qui lui était 
arrivé. Il pensait donc qu'il y avait quelque chose dans le coca. Y______ l'a contesté.  

u.c. A______ a, pour sa part, indiqué que Y______ était venue, deux ou trois semaines 
avant leur départ pour le Maroc, leur rendre visite, seule en bus et était restée trois ou 
quatre jours. Elle ignorait si Y______ avait su qu'elle devait rentrer à Genève entre le 26 
juin et le 2 juillet 2016. Son époux lui avait dit que Y______ avait contacté son neveu 
pour lui demander si elle était de retour à Genève en juin 2016. Y______ a contesté lors 
de l'audience s'être ainsi enquise auprès du neveu. 

u.d. Durant cette audience, Y______ a affirmé, contrairement à ce qu'elle avait soutenu 
précédemment, qu'elle avait confiance en X______ et n'avait jamais eu peur de lui. 
Interrogée sur un message que ce dernier lui avait envoyé le 16 mai 2016 ("dis à ton 
frère pour les papiers carte de séjour de sa femme en Suisse"), elle a indiqué ne pas s'en 
souvenir.  

- 30 -  

 
P/11918/2016  

 

La confrontation du 9 mars 2018 

v.a. Lors de l'audience du 9 mars 2018, X______ a expliqué qu'il ne connaissait 
personne au Maroc à l'exception de Y______. C'était la seule personne avec qui il avait 
eu des contacts téléphoniques, depuis le Maroc. Il l'avait appelée une ou deux fois. Il 
avait parlé avec Y______ de sa maison au Maroc mais n'avait en fait pas l'intention 
d'aller la rejoindre là-bas, malgré les propos tenus. S'il lui avait dit qu'elle lui manquait, 
c'était uniquement parce qu'il se sentait seul et que Y______ lui rendait visite de temps 
en temps. Malgré la teneur légère de leurs conversations, il avait peur de Y______.  

v.b. Au sujet des faits, X______ a réexpliqué que Y______ lui avait demandé s'il 
connaissait quelqu'un qui pouvait aller "frapper sa belle-sœur". Il lui avait répondu qu'il 
ne connaissait personne et lui avait demandé quel était le problème. Y______ avait 
répondu que sa belle-sœur faisait du mal à son frère et à ses neveux, de sorte qu'il lui 
avait conseillé d'aller voir la police. Il avait alors fermé sa porte. Y______ connaissait 
S______, une voyante, et cela avait commencé à lui faire peur. Il avait néanmoins lui-
même parlé une ou deux fois à S______ alors qu'il était avec Y______.  

v.c. Au sujet des traces et des preuves qu'elle évoquait dans les conversations avec 
X______, Y______ a soutenu qu'elle ne se rappelait pas du sens de ces conversations, 
avant de se souvenir que ces traces et preuves étaient en liens avec un accident de 
voiture dont X______ lui avait parlé. La voiture de ce dernier avait fini sa course dans 
un mur.  

v.d. X______ a refusé d'expliquer pourquoi il évoquait des preuves et des traces lors de 
ses conversations avec Y______. A la question de savoir si Y______ lui avait donné des 
instructions sur ce qu'il devait faire après l'agression, il l'a contesté. Il a ensuite 
spontanément expliqué que Y______ était venue chez lui et lui avait demandé de 
trouver quelqu'un pour la débarrasser de sa belle-sœur, puis lui avait demandé, à lui, de 
se débarrasser d'elle. Il a précisé avoir refusé de faire ce que Y______ lui demandait et 
que celle-ci s'était alors mise à lui amener du couscous. 

Interrogé sur le sens de la demande de Y______ qui voulait trouver quelqu'un pour se 
débarrasser de sa belle-sœur, il a alors indiqué que "se débarrasser" signifiait en fait "la 
débarrasser de chez elle", puis a ajouté "la mettre dehors". A la question de savoir si 
Y______ lui avait demandé de tuer A______, il a répondu que non.  

La confrontation du 30 août 2018 

w.a. Lors de leur audition du 30 août 2018 au sujet des données trouvées sur le 
téléphone de Y______, X______ a contesté que cette dernière lui ait montré le film 
vidéo de sa belle-sœur et de son frère.  

w.b. Interrogée sur ce qu'elle avait indiqué à sa voyante S______, lors d'une 
conversation le 7 août 2016 à 17h09 ("Ou celui qui a frappé la femme de mon frère s'ils 

- 31 -  

 
P/11918/2016  

 

l'arrêtent je vais partir avec lui..."), Y______ a simplement expliqué qu'elle disait ainsi 
qu'elle "n'allait pas vivre avec lui".  

La confrontation du 26 octobre 2018 

x.a. Lors de leur audition du 26 octobre 2018, au sujet de la même conversation 
téléphonique, Y______ a corrigé sa précédente déclaration. Le fait qu'elle indiquait 
qu'elle allait "partir" avec celui qui avait frappé sa belle-sœur, si celui-ci était arrêté, 
signifiait qu'elle ne savait pas qui avait frappé sa belle-sœur. Elle a précisé que ce n'était 
pas elle qui avait envoyé X______ faire ce genre de chose.   

x.b. Au sujet d'une conversation du même jour à 18h02, Y______ a expliqué que si elle 
interrogeait S______ sur X______, c'était parce que ce dernier lui avait dit qu'il était 
allé chercher une voiture en Algérie. Elle s'inquiétait car elle n'avait plus de nouvelles 
de lui. Elle avait ensuite discuté avec son cousin AF______ et répété à ce dernier ce que 
son neveu et son frère E______ lui avaient tous deux rapporté au sujet de A______. Son 
neveu lui avait dit que l'agresseur était noir et son frère, que la police n'avait trouvé 
aucune trace. Si elle riait durant les conversations téléphoniques, c'était parce qu'elle 
avait toujours eu l'habitude de rire.  

x.c. Quant à la conversation du 8 août 2016 à 17h51, Y______ n'a pas expliqué 
pourquoi S______ lui demandait à elle, si elle avait des nouvelles du criminel ou de 
l'agresseur de sa belle-sœur, ni pourquoi elle a pu lui répondre qu'elle n'en avait pas et 
que ce dernier n'était pas réapparu. Elle ne savait pas pourquoi elle demandait à 
S______ si X______ avait été arrêté, dans la conversation du 9 août 2016 à 15h11. En 
revanche, elle était abattue car elle parlait de son ex-mari et non de X______.  

x.d. Au sujet de la conversation du 13 août 2016 à 15h08, lorsque S______ lui rappelait 
que X______ ne l'avait plus contactée, la voyante visait un autre X______, soit un 
homme qui devait remettre à Y______ des papiers pour son mariage. Cet homme ne 
l'appelait plus et Y______ s'inquiétait pour sa santé car elle savait que cet homme s'était 
fait opérer de l'estomac.  

x.e. Au sujet de la conversation du 14 août 2016 à 17h28, elle a confirmé que X______ 
l'avait demandé en mariage (s'acter), mais qu'elle avait dit non. Il parlait alors bien de 
X______ dans cette conversation. 

x.f. Au sujet de la conversation du 17 août 2016 à 14h39, Y______ a expliqué que 
lorsqu'elle était allée voir son frère et sa belle-sœur, à Genève, en mai 2016, elle avait 
trouvé X______ en bas de l'immeuble. Elle lui avait dit que personne n'était là, mais au 
Maroc pour le Ramadan. Elle se demandait si X______ avait pu retourner chez eux en 
pensant qu'il n'y avait personne.  

x.g. Y______ n'a pas expliqué pourquoi dans leurs conversations du 18 août 2016 à 
12h41 et à 13h15, S______ la rassurait en disant "ils ne savent pas qui a frappé la 

- 32 -  

 
P/11918/2016  

 

femme de ton frère" et en concluait qu'aucun problème n'allait ressurgir. Y______ ne se 
souvenait pas pourquoi elle répondait "Dieu merci" à cet égard. Elle a tenu à préciser 
qu'elle avait peur à l'époque car elle avait été agressée au Maroc par deux personnes qui 
ne voulaient pas qu'elle se rende au Tribunal. Quant aux questions qu'elle posait à 
S______ sur "X______", il ne s'agissait pas de X______ mais du président du quartier 
sur le plan religieux.  

x.h. Y______ a expliqué avoir appris de son frère que sa belle-sœur avait été frappée 
avec le fer et le couteau, tel qu'elle le rapportait à S______ dans leur conversation du 23 
août 2016 à 21h49. Malgré la teneur des conversations téléphoniques, elle contestait 
avoir été fâchée que sa belle-sœur refuse que son frère vienne au Maroc. C'était 
S______ qui disait parfois n'importe quoi.  

L'expertise psychiatrique de X______ et son complément  

y. Selon l'expertise réalisée le 27 juillet 2017, X______ était sur la défensive à 
l'évocation de Y______ et affirmait avoir été angoissé lorsque cette dernière venait chez 
lui. Il s'était rendu une fois à Genève avec Y______, laquelle voulait lui montrer où 
habitaient son frère et sa belle-sœur. Il a indiqué à l'experte que Y______ lui avait dit 
qu'elle aimerait que quelqu'un donne une "bonne raclée" à sa belle-sœur. Il a contesté 
que Y______ lui ait demandé d'aller régler son compte à sa belle-sœur. Lors de leur 
venue à Genève, Y______ lui avait proposé de faire une balade à Genève et lui avait 
montré où vivaient son frère et sa belle-sœur. Elle avait ajouté que celle-ci torturait son 
époux, le frère de Y______. X______ a expliqué son acte par une force inexplicable. Il 
avait eu des hallucinations durant le trajet en bus et avait souffert d'amnésie durant et 
après les faits. Il se souvenait toutefois qu'il était monté dans l'ascenseur, avait appuyé 
sur la sonnette de la porte de l'appartement de la victime et s'était fait passer pour son 
voisin. A______ lui avait tout de suite ouvert la porte. La victime avait menti lorsqu'elle 
avait indiqué qu'il l'avait attendue à l'étage et poussée par derrière.  

L'expertise a conclu à un retard mental léger, un trouble spécifique de la personnalité et 
un trouble anxieux phobique. 

Selon expertise, X______ tentait avec ses propres capacités d'introspection, fortement 
limitées, de donner du sens à son acte par une reconstruction psychique faisant appel à 
l'imaginaire, plus acceptable pour son psychisme. Il se disait victime d'une amnésie 
circonscrite aux événements les plus graves. Les défenses constatées, son 
fonctionnement psychique et relationnel, rentraient dans le cadre d'un trouble de la 
personnalité non spécifié, séquelle d'un trouble précoce du développement. Son 
fonctionnement psychique, tout autant que le retard intellectuel et les aspects phobiques 
et anxieux, participaient à une très forte dépendance affective, en particulier dans ses 
relations aux femmes, ainsi qu'à une "influençabilité/suggestionnabilité" majeure. Cette 
influençabilité expliquait bien l'ambivalence éprouvée à l'égard de Y______ et l'attitude 
globale de X______ vis-à-vis du délire de celle-ci. Le diagnostic du délire induit était 
exclu faute d'idées délirantes partagées par les deux protagonistes.  

- 33 -  

 
P/11918/2016  

 

Le trouble de la personnalité, le retard mental léger et le trouble anxieux phobique 
résultaient d'une dysharmonie évolutive assimilable à un développement mental 
incomplet. Les facultés cognitives de X______, malgré le retard mental léger, n'étaient 
pas diminuées au moment des faits, le trouble anxieux et le trouble de la personnalité 
n'altérant pas ces facultés d'autre part. 

Le trouble de la personnalité caractérisé par des traits pervers, une tendance à la 
manipulation, au mensonge et un fonctionnement psychique archaïque, associés à des 
difficultés intellectuelles constatées, avaient faiblement affaibli les capacités volitives de 
X______. 

Seule une faible diminution de la responsabilité pénale était retenue en raison de l'aspect 
prémédité de l'acte, de la cruauté et de l'acharnement dont X______ avait fait preuve sur 
la victime, lors des faits. La longue durée de l'agression, en l'absence d'un trouble 
mental majeur comme une psychose qui romprait tout contact avec la réalité, signalait 
en elle-même une responsabilité pénale quasi entière. 

Un risque de récidive était relevé et une mesure thérapeutique ambulatoire préconisée. 

Dans le complément d'expertise du 14 août 2018, l'experte a confirmé son expertise et 
son diagnostic, notamment quant à l'absence de délire induit.  

L'expertise psychiatrique de Y______ 

 

z. L'expertise du 22 mars 2018 révélait que Y______ avait été hospitalisée à trois 
reprises dans un établissement psychiatrique (4 et 5 avril 2007, du 19 décembre 2008 au 
2 janvier 2009 et du 25 mai 2011 au 12 avril 2013) et présentait des idées délirantes de 
persécution et de jalousie. Y______ mentionnait des voisines qui pratiquaient l'hypnose, 
la magie, l'ensorcellement et qui la suivaient, la frappaient et l'injuriaient. Elle était 
totalement anosognosique.  

Au sujet des faits, Y______ a expliqué avoir demandé à X______ de l'accompagner à 
Genève lors de ses visites chez son frère. Il ne devait toutefois pas être vu avec elle, car 
cela était inacceptable dans sa culture. Lors de l'un de leurs déplacements à Genève, elle 
avait demandé à X______ de l'attendre à un arrêt de bus, mais il l'avait suivie jusqu'à 
l'entrée de l'immeuble où vivaient son frère et sa belle-sœur.  Il lui avait alors posé de 
nombreuses questions au sujet de la date du départ de son frère et de sa belle-sœur pour 
le Maroc. Elle avait pensé que ces questions étaient innocentes et visaient à alimenter la 
conversation. Avant son départ au Maroc en juin 2016, elle s'était rendue à trois reprises 
sur le pas de la porte de son voisin, la première fois pour lui amener une salade, des 
vêtements et des documents légaux, la deuxième fois, le 27 juin 2016, pour lui amener 
des habits et un poulet rôti et le 28 juin 2016 pour lui demander de l'accompagner à 
Lyon en vue de son départ au Maroc. X______ lui avait expliqué que par le passé il 
s'était introduit chez des gens et avait attaché un homme à une chaise et frappé sa 

- 34 -  

 
P/11918/2016  

 

femme. Elle avait commencé à avoir peur de lui et avait voulu récupérer ses vêtements, 
mais X______ avait refusé de les lui rendre. Quant à la teneur des conversations 
téléphoniques qu'elle avait eues avec X______ au sujet des traces et des preuves, elle a 
expliqué à l'expert avoir conseillé à X______, qui avait eu un accident de voiture, 
d'enlever les papiers du véhicule. S'agissant du téléphone portable mentionné lors de 
leur conversation, son voisin l'avait trouvé dans un parc où il avait fait un pic-nic et 
l'avait gardé pour lui, raison pour laquelle il avait enlevé la carte SIM.   

Lors de l'expertise, des signes cliniques indirects en faveur d'un processus hallucinatoire 
n'ont pas été constatés. Par rapport aux faits reprochés, Y______ manquait d'empathie 
spontanée pour la victime. L'expert avait observé des traits de personnalité 
paranoïaque : psychorigidité, avec un refus de pardonner, en lien avec une hypertrophie 
du moi, une fausseté du jugement logique, une tendance à forcer les événements et un 
caractère soupçonneux, notamment concernant la fidélité de son conjoint, ainsi que des 
mécanismes de défense paranoïaque comme le déni et la projection. 

Le diagnostic était une personnalité paranoïaque et un trouble délirant persistant. 

Y______ n'a pas évoqué de signes qui pouvaient faire penser qu'elle était en période de 
décompensation psychique aiguë au moment des faits. Le trouble délirant persistant 
était enkysté, donc pas actif, et ne concernait pas des faits ou des événements récents. 
Le trouble délirant persistant était probablement présent lors des faits reprochés mais 
n'avait pas influencé le comportement de Y______, laquelle n'avait pas justifié ses actes 
par ses croyances délirantes. 

Le trouble de la personnalité paranoïaque ne perturbait pas les facultés de l'expertisée de 
percevoir le caractère illicite de ses actes. Elle distinguait clairement le bien du mal et 
percevait ce qui était licite ou pas. 

Néanmoins en raison des distorsions cognitives que ce trouble entraînait, en rapport 
avec des sentiments de persécution, une perception erronée des attitudes d'autrui ou une 
vision excessive de ses droits, la faculté pour l'expertisée de se déterminer pouvait être 
considérée comme altérée au moment de la commission des actes. Si l'expertisée était 
reconnue coupable des faits reprochés, sa responsabilité serait donc légèrement 
diminuée.  

L'expert a relevé un risque de récidive en lien avec les troubles diagnostiqués et a 
préconisé une mesure thérapeutique ambulatoire en vue de diminuer ce risque.  

C.a.a. Lors des débats, X______ a reconnu être l'auteur des faits commis sur A______, 
le 1er juillet 2016, en précisant qu'il ne savait pas comment il s'était rendu chez cette 
femme qui lui était inconnue ni comment il avait agi. Il ne se souvenait pas du sujet des 
conversations qu'il avait eues avec Y______ durant la nuit du 1er juillet 2016, ni 
comment il était entré chez la partie plaignante. Il ignorait comment il l'avait frappée, 
avec quoi et s'il avait pris des gants et un diable pour venir chez elle. Il s'était demandé 

- 35 -  

 
P/11918/2016  

 

après coup ce qu'il avait fait avec les gants et avait envisagé de se rendre à la police, 
avant d'y renoncer. Il n'avait pas le souvenir d'avoir ligoté et bâillonné la victime. Il se 
rappelait avoir ensuite pris le train de Genève à U______ puis le bus. Il s'était endormi à 
la gare car il ne se sentait pas bien, comme si quelqu'un lui avait donné une drogue. De 
retour chez lui, il était tombé dans le salon et dans la cuisine. Il n'avait pas parlé de ces 
événements avec Y______ par la suite. Il a affirmé qu'il était "dans ses mains" (de 
Y______), elle le guidait, c'était comme une drogue. C'était comme si une force lui 
disait "vas faire ça, vas faire ça, va faire ça". C'était Y______. La force ne lui avait pas 
dit de prendre un marteau et il ne se souvenait pas pourquoi il avait pris un marteau.  

a.b. Avant les faits, il était venu à deux reprises à Genève avec Y______, une fois pour 
que celle-ci achète un téléphone et une autre fois lors de laquelle Y______ lui avait 
montré où habitait son frère E______. Il ignorait pourquoi elle le lui avait montré. 
Y______ lui avait demandé de trouver quelqu'un pour la "débarrasser" de sa belle-
sœur. Elle avait insisté. Il fallait qu'il trouve quelqu'un pour aller chez sa belle-sœur, 
"pour la débarrasser, pour la frapper". Il avait demandé à Y______ pourquoi, mais elle 
n'avait pas voulu lui répondre. Il n'avait pas cherché quelqu'un pour ce faire. Puis, 
Y______ lui avait dit d'aller chez A______ : "tu la frappes, tu me la débarrasses". 
Interrogé sur le sens de "se débarrasser de quelqu'un", il a indiqué que cela signifiait la 
frapper. Confronté au fait qu'il avait dit durant l'instruction que cela signifiait "la sortir 
de chez elle", X______ a confirmé les deux sens. Y______ ne lui avait pas proposé 
d'argent pour faire cela. X______ avait refusé de répondre à la demande de Y______. Il 
avait même fermé la porte à sa voisine. Elle était revenue par la suite, voyant de la 
lumière chez lui, et il lui avait ouvert. Y______ lui avait dit que sa belle-sœur avait fait 
du mal à sa famille et qu'elle ne s'entendait pas avec elle.  

a.c. A la suite des faits, il n'en avait jamais parlé avec Y______ ou S______. Il a 
contesté la teneur des conversations téléphoniques qu'il avait eues entre le 1er et le 15 
juillet 2016 avec Y______. Il se sentait seul, raison pour laquelle il lui disait qu'elle lui 
manquait. Il ne se souvenait plus avoir retiré la puce du téléphone trouvé chez lui 
appartenant à la victime.  

b.a. Y______ a contesté les faits qui lui sont reprochés dans l'acte d'accusation, en 
précisant qu'elle n'aurait jamais pu faire cela à A______ qui était comme sa sœur pour 
elle. Elle n'avait pas instruit X______ d'agir; elle n'était pas "à ce point idiote pour 
l'envoyer massacrer sa belle-sœur". Selon elle, il était allé dans la maison de celle-ci en 
pensant qu'il n'y avait personne. Elle ignorait pourtant pourquoi X______ se serait rendu 
chez son frère et [s]a belle-sœur en leur absence. Elle précisait savoir en revanche que 
c'était un "Monsieur qui était déjà entré chez quelqu'un, qui a[vait] ligoté le monsieur et 
frappé la femme.".  

b.b. Avant son départ pour le Maroc, elle avait demandé à X______ de l'accompagner à 
Genève pour acheter un téléphone portable. A cette occasion, elle n'était pas allée chez 
son frère. En revanche, elle était en effet allée le voir accompagnée de X______ à une 

- 36 -  

 
P/11918/2016  

 

autre occasion, mais avait demandé à celui-ci de l'attendre à un arrêt de bus pour ne pas 
être vue avec lui. Elle avait sonné plusieurs fois chez son frère, mais il n'était pas là. 
Lorsqu'elle était redescendue, X______ était à 40 ou 50 cm de la porte de l'immeuble et 
c'est ainsi qu'il avait su où habitait son frère. Elle avait amené à deux reprises des plats 
chez son voisin sans entrer chez lui.  

b.c. Lors de son séjour chez son frère et sa belle-sœur, elle avait dit à sa belle-sœur 
qu'elle les rejoindrait au Maroc, la dernière semaine du Ramadan. Elle ignorait tout des 
allers-retours prévus par sa belle-sœur. Elle était partie pour le Maroc le 28 juin 2016. 
Elle avait découvert des problèmes dans son appartement, de sorte qu'elle n'était pas 
allée voir son frère et sa belle-sœur, dans le nouvel appartement de ces derniers dont elle 
ignorait l'adresse. Elle était allée chez son autre frère à Taourirt, dans les montagnes. 
Alors qu'elle se rendait chez ce dernier, elle avait demandé à X______ de lui envoyer de 
l'argent. Il lui avait alors envoyé EUR 40.-. Elle-même ne lui avait jamais prêté de 
l'argent. Elle l'avait appelé la nuit du 1er juillet 2016 pour lui raconter ce qu'elle avait 
découvert au Maroc, son neveu ayant mis l'appartement qu'elle lui avait prêté à son 
nom. Au sujet des conversations postérieures avec X______ dans lesquelles elle voulait 
s'assurer q