# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 5e2dcba6-fcaa-5d5d-9607-4c7f8914172c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2025-04-10
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 10.04.2025 A/2670/2024
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-2670-2024_2025-04-10.pdf

## Full Text

Siégeant : Karine STECK, présidente; Philippe LE GRAND ROY et Christine 
LUZZATTO, juges assesseurs 

  

 
 

R É P U B L I Q U E  E T  
 

    C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/2670/2024 ATAS/279/2025 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 10 avril 2025 

Chambre 3 

 

En la cause 

A______ 

représenté par Me Razi ABDERRAHIM, avocat 

 

recourant 

 

contre  

OFFICE CANTONAL DE L'EMPLOI 

 

intimé 

 

 
 
 

 

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- 2/11 - 

EN FAIT 

 

 A______ (ci-après : l’assuré), né en 1967, de nationalité française, au bénéfice 
d’un permis C, est marié depuis 2004 et père de trois enfants scolarisés et vivant 
avec leur mère en France, à B______, dans une maison appartenant au couple. 

b. L’assuré a travaillé en Suisse à compter de 2011, dans le domaine de 
l’informatique. Il a été employé par la même société jusqu’au 30 novembre 2023.  

c. De 2011 à 2018, l’assuré a effectué quotidiennement les trajets entre la France 
et la Suisse. Selon le registre de l’Office cantonal de la population et des 
migrations (ci-après : OCPM), il a habité à Genève à partir du 24 juillet 2018, 
d’abord avenue C______ chez D______, puis, du 8 juin 2023 au 1er mai 2024, 
chez son oncle, à Versoix, et, depuis le 1er mai 2024, à Vernier. Selon l’OCPM, 
l’assuré, bien que marié, s’est annoncé comme « seul à Genève ». 

 L’assuré s’est annoncé auprès de l’office cantonal de l’emploi (ci-après : OCE) 
pour le 1er décembre 2023, en déclarant être domicilié chez son oncle, à Versoix. 
Il a indiqué être séparé.  

b. En mars 2024, intriguée par le fait que des fiches de salaire mentionnent une 
adresse en France, la caisse cantonale genevoise de chômage (ci-après : la caisse) 
a soumis le cas de l’assuré pour examen à l’OCE.  

Contacté par téléphone, l’intéressé avait précisé être séparé et être hébergé 
gratuitement chez son oncle, son épouse résidant toujours en France.  

L’oncle de l’assuré avait rédigé en date du 22 mars 2024 une attestation 
confirmant qu’il avait hébergé son neveu du 12 juin 2023 au 31 mars 2024, après 
qu’il s’est trouvé dans une situation difficile suite à sa séparation. Il précisait 
qu’au début, son neveu venait régulièrement dormir chez lui mais qu’ensuite, 
gêné par la situation, il était devenu « irrégulier dans ces allers et retours ». Il avait 
enfin trouvé un logement pour la fin du mois. 

L’assuré avait quant à lui indiqué par courriel du 23 mars 2024 être toujours à la 
recherche d’un logement fixe et d’un travail. Sa situation familiale était 
compliquée du fait de l’éloignement de sa femme et de ses enfants. Sa femme 
avait toujours refusé de le suivre en Suisse parce que l’un de leurs enfants, 
handicapé, était pris en charge par la Sécurité sociale française. Mais cet enfant, 
désormais âgée de 25 ans, était placé dans une structure adaptée et autonome, de 
sorte que son épouse était « prête à franchir le pas » et à déménager en Suisse. Il 
fallait toutefois trouver un logement pour la famille. 

c. Le 27 mars 2024, l’OCE a adressé à l’assuré un courrier sollicitant de sa part un 
certain nombre de renseignements afin de déterminer son lieu de domicile.  

d. Par courriel du 2 avril 2024, l’assuré a répondu qu’il n’était plus domicilié chez 
son oncle, mais qu’il n’avait pas encore de nouvelle adresse.  

 
 
 

 

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- 3/11 - 

Il avait emménagé chez son oncle le 12 juin 2023 de manière transitoire pour 
« prendre du recul par rapport [au] conflit avec [sa] femme et le temps de chercher 
un logement en [son] nom sur Genève ». Il disait être toujours à la recherche d’un 
logement fixe.  

Ses enfants étaient scolarisés en France.  

Il possédait un véhicule immatriculé à Genève.  

e. Par décision du 8 avril 2024, l’OCE a nié à l’assuré le droit à l’indemnité au 
motif qu’il ne remplissait pas la condition de la domiciliation en Suisse.  

Il était établi qu’il était propriétaire d’un bien immobilier en France, où vivaient 
son épouse et ses enfants, que ceux-ci étaient scolarisés en France et que 
l’intéressé avait été hébergé gratuitement de juin 2023 à mars 2024 par son oncle, 
à Versoix, mais que cet hébergement n’était que transitoire, suite à une séparation 
avec sa femme.  

Dans ces conditions, l’existence d’une résidence régulière à Genève ne pouvait 
être admise, ce que l’intéressé reconnaissait d’ailleurs expressément en qualifiant 
son hébergement à Versoix de transitoire. 

f. Le 8 mai 2024, l’assuré s’est opposé à cette décision en faisant valoir que, 
depuis son inscription, il remplissait toutes ses obligations envers l’assurance-
chômage et recherchait soigneusement un nouvel emploi. Il soulignait avoir 
travaillé à Genève depuis 2011, être titulaire d’un permis C depuis 2023 et être 
assuré auprès de l’assurance-maladie obligatoire en Suisse. Il expliquait vivre 
depuis 2018 « une séparation graduelle » avec son épouse, restée en France et 
avoir, depuis lors, été contraint de changer plusieurs fois de domicile à Genève en 
raison de la crise du logement. Il n’en restait pas moins que toute sa vie 
professionnelle et sociale se trouvait à Genève. Il avait pu conclure un contrat de 
bail durable pour un logement au Lignon.  

Il produisait à l’appui de ses dires, notamment :  

- des témoignages d’amis certifiant qu’ils l’avaient rencontré à Genève et/ou 
qu’il y recherchait activement un emploi ;  

- un certificat attestant de son affiliation à l’assurance obligatoire des soins 
suisse pour 2024 ;   

- un contrat de bail pour une chambre meublée au Lignon, débutant le 1er mai 
2024, renouvelable tacitement de mois en mois. 

g. Par décision du 17 juin 2024, l’OCE a rejeté l’opposition.  

Il a considéré qu’au vu de sa situation familiale, il paraissait peu vraisemblable 
que le centre des intérêts et le domicile principal de l’assuré ne se trouvent pas en 
France, auprès de sa famille. 

 
 
 

 

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- 4/11 - 

 Par écriture du 19 août 2024, l’assuré a interjeté recours contre cette décision, 
en concluant à son annulation et à ce que lui soit reconnu le droit aux prestations 
de chômage depuis décembre 2023. 

En substance, l’assuré explique qu’il a travaillé en Suisse depuis 2011, qu’en 
2018, les relations avec son épouse se sont tendues, notamment en raison du refus 
de cette dernière d’emménager en Suisse, qu’il a alors pris la décision de s’en 
séparer et de s’installer seul à Genève et qu’en juillet 2018, il a ainsi emménagé 
chez D______, un collègue avec lequel il a vécu en colocation pendant de 
nombreuses années. Il a annoncé son changement d’adresse à l’OCPM et, depuis 
lors, a toujours vécu à Genève, ne se rendant en France que pour rendre visite à 
ses enfants, restés auprès de leur mère. Malgré une séparation de fait, l’assuré et 
son épouse n’ont pas entamé de procédure de divorce pour « diverses raisons 
personnelles ». Il a entrepris des recherches pour obtenir un logement.  

Il explique que les fiches de salaire de décembre 2022 et janvier 2023 
mentionnant son adresse en France sont le fruit d’une erreur de son employeur, 
comme le démontre le fait que des fiches antérieures indiquent l’adresse de son 
ancien collègue, D______. Ces fiches n’étaient pas envoyées par courrier, mais 
disponibles sur une plateforme en ligne, raison pour laquelle il n’a pas jugé 
nécessaire et utile d’en demander la correction.  

En mai 2023, D______, son colocataire, a mis fin à son bail pour emménager dans 
un autre logement. Le recourant ne souhaitant pas reprendre le bail de son 
collègue, a emménagé durant un mois chez un ami, avant d’être hébergé par son 
oncle, à Versoix. Si cet hébergement était temporaire, il n’en allait pas de même 
de sa domiciliation à Genève. Il a ensuite loué une chambre meublée à partir de 
mai 2024 au Lignon. Il a certes conservé une relation cordiale avec son épouse, 
mais il n’a jamais été question pour lui de retourner vivre en France. Le recourant 
admet avoir néanmoins tenté de se remettre en couple avec son épouse et de la 
faire venir auprès de lui, à Genève, en vain. Il en est sorti convaincu que plus 
aucun avenir en commun n’était envisageable, raison pour laquelle il a entamé une 
procédure de divorce.  

A l’appui de ses dires, le recourant produit, notamment : 

- une attestation établie par D______, non datée, confirmant qu’il connait 
l’assuré depuis longtemps, qu’ils ont travaillé ensemble dans la même 
entreprise durant plusieurs années et qu’ils ont vécu en colocation après que 
l’assuré s’est séparé de sa femme en 2018 ; 

- un permis B valable jusqu’au 23 juillet 2023, faisant mention d’une entrée en 
Suisse le 24 juillet 2018 ; 

 
 
 

 

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- 5/11 - 

- des factures de primes d’assurance-maladie obligatoire émises en 2019 et 
2020 ; 

- la facture d’un ophtalmologue adressée à l’assuré chez D______, concernant 
des soins administrés le 16 septembre 2019 ; 

- la liste des prestations médicales remboursées par l’assurance-maladie en 2019, 
faisant état de plusieurs achats auprès d’une pharmacie de Plan-les-Ouates et 
de consultations auprès du docteur E______, de l’ophtalmologue et d’un 
médecin dentiste ; 

- un courrier de la caisse interprofessionnelle AVS de la FÉDÉRATION DES 
ENTREPRISES ROMANDES (ci-après : FER-CIAM) adressé à l’assuré chez 
D______ le 2 octobre 2019 ; 

- un extrait du casier judiciaire adressé à l’assuré chez D______ le 7 juillet 
2021 ; 

- une attestation du Dr E______ du 23 juillet 2024, confirmant qu’il est le 
médecin traitant de l’assuré depuis 2018 ; 

- un courrier adressé à l’assuré chez D______ le 30 juillet 2021 répondant 
défavorablement à une demande de location formulée par l’intéressé ; 

- les fiches de salaire de l’assuré de février et mars 2020 adressées à lui chez 
D______, tout comme son certificat de salaire de l’année 2019 ; 

- une attestation établie le 6 septembre 2024 par Me F______, avocate à 
Annemasse, confirmant que l’assuré lui a demandé, en août 2024, d’engager 
une procédure de divorce et que, dans le cadre de la procédure, il a déclaré 
avoir quitté le domicile conjugal en date du 24 juillet 2018. 

b. Invité à se déterminer, l’intimé, dans sa réponse du 17 septembre 2024, a 
conclu au rejet du recours. 

c. Le 25 octobre 2024, le recourant a persisté dans ses conclusions. 

d. Les autres faits seront repris – en tant que de besoin – dans la partie « en droit » 
du présent arrêt. 

 

EN DROIT 

1.  

1.1 Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 8 de la loi sur l'organisation 
judiciaire, du 26 septembre 2010 (LOJ - E 2 05), la chambre des assurances 
sociales de la Cour de justice connaît, en instance unique, des contestations 

 
 
 

 

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prévues à l'art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances 
sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA - RS 830.1) relatives à la loi fédérale sur 
l'assurance-chômage obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité, du 25 juin 
1982 (loi sur l’assurance-chômage, LACI - RS 837.0). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

1.2 À teneur de l’art. 1 al. 1 LACI, les dispositions de la LPGA s’appliquent à 
l’assurance-chômage obligatoire et à l’indemnité en cas d’insolvabilité, à moins 
que la LACI n’y déroge expressément. 

1.3 La procédure devant la Cour de céans est régie par les dispositions de la 
LPGA et de la loi sur la procédure administrative, du 12 septembre 1985 (LPA – 
E 5 10). 

1.4 Interjeté dans la forme et le délai prévus par la loi, le recours est recevable  
(art. 56ss LPGA et 62ss LPA). 

2. L’objet du litige porte sur le droit du recourant aux indemnités de chômage à 
compter du 1er décembre 2023, plus particulièrement sur la question de savoir s’il 
a été domicilié en Suisse depuis lors et jusqu’au 17 juin 2024, date de la décision 
litigieuse. 

3. En vertu de l’art. 8 al. 1 LACI, l’assuré a droit à l’indemnité de chômage s’il 
remplit un certain nombre de conditions cumulatives (ATF 124 V 218 consid. 2), 
au nombre desquelles figure le fait d’être domicilié en Suisse (art. 8 al. 1 let. c).  

3.1 Selon la jurisprudence, la notion de domicile au sens de la LACI ne 
correspond pas à celle du droit civil (art. 23ss du Code civil suisse du 
10 décembre 1907 ; CC – RS 210), mais bien plutôt à celle de la résidence 
habituelle (cf. bulletin du SECO sur l’indemnité de chômage [IC], état juillet 
2013, B 136 ; voir aussi les textes allemands et italien de l’art. 8 al. 1 let. c LACI : 
« in der Schweiz wohnt », « risiede in Svizzera » ; arrêt du Tribunal fédéral 
8C_270/2007 di 7 décembre 2007, consid. 2.1). Sont ainsi exigées, selon cette 
disposition légale, la résidence effective en Suisse, ainsi que l’intention de 
conserver cette résidence pendant un certain temps et d’en faire, durant cette 
période, le centre de ses relations personnelles (ATF 125 V 469 consid. 5).  

L’entrée en vigueur de la LPGA n’a pas modifié cette pratique, dès lors que la 
notion de domicile inscrite à l’art. 13 al. 1er LPGA ne trouve pas application en 
matière d’assurance-chômage et ce, même si la LACI ne contient de dérogation 
expresse qu’à l’égard des étrangers habitant en Suisse (cf. ATAS/726/2008 du 
19 juin 2008, consid. 4). En particulier, le principe prévu par l’art. 24 al. 1 CC, 
selon lequel toute personne conserve son domicile aussi longtemps qu’elle ne s’en 
est pas créé un nouveau, n’entre pas en ligne de compte pour l’application de 
l’art. 8 al. 1 let. c LACI (arrêt du Tribunal fédéral C 121/02 du 9 avril 2003, 
consid. 2.2). 

 
 
 

 

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Pour avoir droit à l’indemnité, l’assuré doit remplir cette condition du 
« domicile » en Suisse, non seulement à l’ouverture du délai-cadre, mais pendant 
tout le temps où il touche l’indemnité (Gustavo SCARTAZZINI, 
Marc HURZELER, Bundessozialversicherungsrecht, 4ème éd. 2012, p. 599, n° 59 
et les réf. citées). Cette exigence essentielle est l’expression de l’interdiction de 
l’exportation des indemnités de chômage, principe instauré pour prévenir les abus. 
Ce dernier terme doit être compris en ce sens que la vérification et les conditions 
du droit aux prestations, en particulier l’existence d’une situation de chômage, 
sont rendues plus difficiles lorsque l’assuré réside à l’étranger (arrêt du Tribunal 
fédéral C 226/02 du 26 mai 2003 consid. 1.1; Thomas NUSSBAUMER, in 
Schweizerisches Bundesverwaltungsrecht, Soziale Sicherheit, vol. XIV, 
3ème éd. 2016 p. 2319, n. 180). 

3.2 Dans la mesure où la résidence suppose un séjour d’une certaine durée dans 
un endroit donné et la création en ce lieu de rapports assez étroits (arrêt du 
Tribunal fédéral 9C_283/2015 du 11 septembre 2015), l’occupation d’un studio 
une à deux fois par semaine – le reste du temps étant passé à l’étranger – ne suffit 
pas à établir une résidence effective en Suisse (arrêt du Tribunal fédéral C 226/02 
du 26 mai 2003 ; Boris RUBIN, Assurance-chômage, 2ème éd. 2006, p. 173). De 
même, un séjour tout à fait éphémère ou de pur hasard, ainsi qu’un pied-à-terre 
destiné uniquement à la recherche d’un emploi, ne sont pas assimilables à une 
résidence. Cela étant, un séjour prolongé et permanent n’est pas indispensable 
(arrêt du Tribunal fédéral 8C_270/2007 du 7 décembre 2007, consid. 2.2 et 3.1). 
Si tel n’était pas le cas, certaines personnes se trouveraient dépourvues de 
résidence et, partant, privées de domicile (Boris RUBIN, ibidem). Ainsi, en cas de 
séjour, tantôt dans un endroit, tantôt dans un autre, la résidence est là où les liens 
sont les plus forts (ATF 87 II 7 consid. 2 ; arrêt du Tribunal fédéral C 153/03 du 
22 septembre 2003). En revanche, la présence de seules relations professionnelles, 
même intenses, avec la Suisse ne suffit pas (arrêt du Tribunal fédéral 
8C_326/2020 du 4 août 2020 consid. 3). Le fait d’avoir une adresse officielle en 
Suisse et d’y payer ses impôts n’est pas déterminant si d’autres indices permettent 
de conclure à l’existence d’une résidence habituelle à l’étranger (cf. arrêt du 
Tribunal fédéral C 149/01 du 13 mars 2002, consid. 3). 

Ainsi, le Tribunal fédéral a jugé que l’assuré, qui loge une partie de la semaine à 
Genève dans un pied-à-terre de dimensions modestes ne lui permettant pas 
d’accueillir sa famille, afin de conserver une adresse en Suisse pour bénéficier de 
la qualité de résident sur territoire helvétique, mais réside la plupart du temps en 
France voisine avec ses trois enfants qui y sont régulièrement scolarisés, dont il a 
la garde et sur lesquels il exerce l’autorité parentale, a le centre de ses intérêts 
personnels en France dès lors qu’il y bénéficie de diverses prestations sociales 
(revenu minimum d’insertion, allocation de soutien familial, aide au logement; 
arrêt du Tribunal fédéral 8C_777/2010 du 20 juin 2011).  

 
 
 

 

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Dans un arrêt 8C_186/2017 du 1er septembre 2017, qui concernait un demandeur 
d’emploi partageant un appartement de 2.5 pièces avec son frère à Lugano (TI), 
possédant un véhicule sans l’avoir dédouané, et retournant en Italie (où vivaient 
ses parents) durant les week-ends, le Tribunal fédéral a considéré que la proximité 
du domicile avec la frontière, en particulier dans la région du Sottoceneri, exigeait 
une plus grande rigueur dans l’application de l’art. 8 al. 1 let. c LACI, afin de 
s’assurer que l’assuré avait effectivement le centre de ses relations personnelles en 
Suisse (arrêt du Tribunal fédéral 8C_186/2017 du 1er septembre 2017 consid. 5.3 ; 
cf. aussi l’arrêt du Tribunal fédéral 8C_440/2022 du 23 février 2023 consid. 4.1).  

3.3 Selon une jurisprudence constante, le juge des assurances sociales apprécie la 
légalité des décisions attaquées, en règle générale, d’après l’état de fait existant au 
moment où la décision litigieuse a été rendue. Les faits survenus postérieurement, 
et qui ont modifié cette situation, doivent normalement faire l’objet d’une 
nouvelle décision administrative (ATF 121 V 366 consid. 1b et les références). 
Les faits survenus postérieurement doivent cependant être pris en considération 
dans la mesure où ils sont étroitement liés à l’objet du litige et de nature à 
influencer l’appréciation au moment où la décision attaquée a été rendue (ATF 99 
V 102 et les arrêts cités ; arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 321/04 du 
18 juillet 2005 consid. 5). 

3.4 La procédure est régie par la maxime inquisitoire, selon laquelle les faits 
pertinents de la cause doivent être constatés d’office par le juge, mais ce principe 
n’est pas absolu, sa portée est restreinte par le devoir des parties de collaborer à 
l’instruction de l’affaire (art. 61 let. c LPGA). Celui-ci comprend en particulier 
l’obligation des parties d’apporter, dans la mesure où cela peut être 
raisonnablement exigé d’elles, les preuves commandées par la nature du litige et 
des faits invoqués, faute de quoi elles risquent de devoir supporter les 
conséquences de l’absence de preuves (ATF 130 I 183 consid. 3.2 ; 125 V 195 
consid. 2). Le devoir du juge de constater les faits pertinents ne dispense donc pas 
les parties de collaborer à l’administration des preuves en donnant des indications 
sur les faits de la cause ou en désignant des moyens de preuve (ATF 130 I 184 
consid. 3.2, 128 III 411 consid. 3.2). 

Autrement dit, si la maxime inquisitoire dispense les parties de l’obligation de 
prouver, elle ne les libère pas du fardeau de la preuve. En cas d’absence de 
preuve, c’est à la partie qui voulait en déduire un droit d’en supporter les 
conséquences (ATF 117 V 264 consid. 3), sauf si l’impossibilité de prouver un 
fait peut être imputée à son adverse partie (ATF 124 V 375 consid. 3). 

3.5 Le juge des assurances sociales fonde sa décision, sauf dispositions contraires 
de la loi, sur les faits qui, faute d’être établis de manière irréfutable, apparaissent 
comme les plus vraisemblables, c’est-à-dire qui présentent un degré de 
vraisemblance prépondérante. Il ne suffit donc pas qu’un fait puisse être considéré 
seulement comme une hypothèse possible. Parmi tous les éléments de fait allégués 
ou envisageables, le juge doit, le cas échéant, retenir ceux qui lui paraissent les 

 
 
 

 

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plus probables (ATF 126 V 360 consid. 5b, 125 V 195 consid. 2 et les références ; 
cf. ATF 130 III 324 consid. 3.2 et 3.3). Aussi n’existe-t-il pas, en droit des 
assurances sociales, un principe selon lequel l’administration ou le juge devrait 
statuer, dans le doute, en faveur de l’assuré (ATF 126 V 322 consid. 5a). 

3.6 En l’espèce, le recourant allègue en substance être domicilié à Genève depuis 
le 24 juillet 2018 et l’avoir donc déjà été à l’ouverture du délai-cadre 
d’indemnisation, le 1er décembre 2023.  

Il est vrai que la situation familiale de l’assuré compliquée nécessite quelques 
précisions afin d’élucider la question de son domicile.  

De l’instruction du dossier, il peut être considéré comme établi que, depuis juillet 
2018, l’assuré a effectivement eu une résidence effective à Genève, d’abord en 
colocation avec D______, jusqu’en mai 2023, puis chez son oncle, jusqu’en avril 
2024 et que, depuis le 1er mai 2024, dans son propre logement, au Lignon. Cela 
ressort non seulement de ses dires, mais également du témoignage de son 
colocataire, de son oncle, du registre de l’OCPM et de la production de son 
contrat de bail.  

Certes, de l’aveu même du recourant, il lui est arrivé de dormir, durant la période 
où l’hébergeait son oncle, en France, avec son épouse et ses enfants. Il est vrai 
également que sa famille est restée en France et que ses enfants y sont scolarisés. 
Cela étant, force est de constater que, depuis le début, le recourant a expliqué être 
séparé de fait de son épouse. Il s’est ainsi formellement annoncé « seul à 
Genève » auprès de l’OCPM. Dans sa demande de prestations, il a précisé être 
séparé. Il l’a allégué tout au long de la procédure – même s’il a reconnu avoir eu 
l’espoir, à un moment donné, de renouer avec son épouse et de la convaincre de le 
rejoindre. Ses propos sont corroborés par le fait qu’il s’est séparé de son épouse et 
a installé sa résidence effective à Genève il y a de cela plusieurs années déjà, plus 
de cinq ans avant de perdre son emploi et de solliciter l’octroi de prestations. On 
notera au surplus que cette séparation de fait va vraisemblablement se terminer 
par le divorce du couple. Dans ces conditions, si l’on ne peut nier qu’une partie 
des intérêts personnels du recourant soit restée auprès de ses enfants, il n’en 
demeure pas moins qu’il est établi au degré de la vraisemblance prépondérante 
qu’il est séparé de fait de son épouse depuis 2018 déjà et que les allégations selon 
lesquelles il aurait décidé de refaire sa vie à Genève sont étayées par son 
comportement.  

Ainsi que le fait remarquer le recourant, le fait que l’hébergement par son oncle 
n’ait constitué qu’une solution provisoire ne permet pas encore d’en déduire que 
sa résidence à Genève l’était, dès lors qu’il y a vécu plusieurs années auparavant 
déjà et que ses efforts pour trouver un logement ont finalement abouti, ce qui 
démontre qu’il avait bel et bien l’intention de poursuivre sa vie à Genève, où il 
réside, a souscrit des assurances et entrepris un suivi médical. 

 
 
 

 

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Dans ces conditions, la Cour de céans considère que le recourant était bel et bien 
domicilié en Suisse au moment de son inscription au chômage, si bien que c’est à 
tort que l’intimé lui a nié le droit aux prestations. Le recours est donc admis et la 
décision litigieuse annulée.  

 

*** 

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

À la forme : 

1. Déclare le recours recevable.  

Au fond : 

2. L’admet.  

3. Annule la décision du 17 juin 2024.  

4. Renvoie la cause à l’intimé pour calcul des prestations dues.  

5. Condamne l’intimé à verser au recourant la somme de CHF 2'000.- à titre de 
participation à ses frais et dépens. 

6. Dit que la procédure est gratuite. 

7. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110) ; le mémoire de recours doit indiquer les 
conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de 
son mandataire ; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l'envoi. 

 
La greffière 

 
 
 

Diana ZIERI 

 La présidente 
 
 
 

Karine STECK 
 
 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’au Secrétariat 
d'État à l'économie par le greffe le