# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 9c8bb4b6-6693-5936-9002-608bfb1abb14
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2017 / 79
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2017---79_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC16.045801-170352

86 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
11 mai 2017

_________________

Composition
:              Mme             
Rouleau,
présidente

             
              Mme             
Byrde et M. Maillard, juges

Greffier
              :             
M.              Elsig

 

 

*****

 

 

Art.
82 al. 1 LP

 

 

             
La Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal, statuant à huis clos en sa qualité
d'autorité de recours en matière sommaire de poursuites, s'occupe du recours exercé par
K.________
GmbH, à [...], contre le prononcé rendu
le 21 novembre 2016, à la suite de l’audience du même jour, par le Juge de paix du district
de la Broye-Vully, dans la cause opposant la recourante à
T.________
SA, à [...].

 

             
Vu les pièces au dossier, la cour considère :

 

 

             
En fait :

 

 

1.             
Le 30 août 2016, à la réquisition de K.________ GmbH, l’Office des poursuites du
district de la Broye-Vully a notifié à T.________ SA, dans la poursuite n° 7'994'161,
un commandement de payer la somme de 5'331 fr. 80 avec intérêt à 5 % l’an dès
le 1er
novembre 2015, indiquant comme titre de la créance ou cause de l’obligation : « Facture
no [...] du 15.09.2016 et no [...] du 15.07.2016. »

 

             
La poursuivie a formé opposition totale.

 

 

2.             
a) Par acte du 12 octobre 2016, la poursuivante
a requis du Juge de paix du district de la Broye-Vully, avec suite de frais, qu’il prononce la
mainlevée de l’opposition à concurrence de 5'331 fr. 80 avec intérêt à
5 % l’an dès le 1er
novembre 2015 et de 73 francs 30 de frais de commandement de payer. A l’appui de sa requête,
elle a produit, outre le commandement de payer susmentionné, les pièces suivantes :

 

-
une copie d’un bulletin de commande «  [...] » signé le 21 octobre 2014
par la poursuivie portant sur la fourniture par la poursuivante d’un paquet de base comportant
une inscription de la poursuivie, avec adresse, portrait de la société et logo, un lien de
l’adresse E-mail, la présentation de cinq catégories de produits et/ou cinq produits
avec images et liens inclus, l’intégration de l’info-mail avec liens inclus, un formulaire
de demande d’information privée, un téléchargement de documents propres, de listes
de prix, de données sécuritaires, d’indication de montage et un listing prioritaire pour
la Suisse romande à un prix de 2'900 fr. par an, d’un paquet de communication comportant une
participation à la Newsletter durant trois semaines consécutives, l’envoi à 28'000
destinataires inscrits, sept jours de promotion News « Produit de la semaine » sur
la page d’accueil et un an de Skycraper sur la Documentation suisse du bâtiment de façon
aléatoire sur toutes les pages sauf la page d’accueil, pour un prix annuel de 1'100 francs.
Le contrat était conclu pour une durée de deux ans, du 1er
novembre 2014 au 21 octobre 2016, Le prix total des prestations de 4'000 fr. faisait l’objet d’un
rabais de 10 %, et était alors ramené à 3'600 fr. plus TVA ;

 

-
une copie d’une facture n° [...] de 3'600 fr., plus 288 fr. de TVA, portant sur la période
du 1er
novembre 2015 au 31 octobre 2016, adressée le 15 septembre 2015 par la poursuivante à la poursuivie ;

 

-
une copie d’un troisième rappel du 9 mars 2016 relatif à cette facture ;

 

-
une copie d’un bulletin de commande « I [...] » signé le 3 août 2010
par la poursuivie portant sur la fourniture par la poursuivante d’une licence utilisateur, de « données
d’objets 6 mois rétroactif », d’un masque de recherche professionnel avec
critères de recherches détaillés, d’une recherche de texte intégrale, d’alarmes
et de surveillance des favoris et de différentes possibilités d’export pour une redevance
annuelle de 2'907 fr., TVA non comprise, compte tenu d’un rabais de 10 % et d’une durée
du contrat de deux ans dès le 1er
septembre 2010, prolongée tacitement d’année en années sauf avis de résiliation
donnée par écrit au moins trois mois avant l’échéance ;

 

-
une copie d’une facture n° [...] de 3'085 fr., plus 246 fr. 80 de TVA, portant sur la période
courant du 1er
septembre 2016 au 31 août 2017, adressée le 15 juillet 2016 par la poursuivante à la poursuivie ;

 

-
un extrait du compte de la poursuivie auprès de la poursuivante faisant état d’un paiement
de 500 fr. le 7 juin 2016, de 1'388 fr. le 19 juillet 2016 et d’un solde débiteur de 5'331
fr. 80.

 

             
b) Par
courriers recommandés du 18 octobre 2016, le juge de paix a notifié la requête à
la poursuivie et cité les parties à comparaître à l’audience du 21 novembre
2016.

 

             
c) La
poursuivie s’est déterminée le 18 novembre 2016 et a conclu, avec suite de frais et dépens,
au rejet de la requête de mainlevée et au maintien de son opposition.

 

             
Les parties ont fait défaut à l’audience du 21 novembre 2016.

 

 

3.             
Par prononcé rendu sous forme de dispositif
le 21 novembre 2016, notifié à la poursuivante le 15 décembre 2016, le Juge de paix du
district de la Broye-Vully a rejeté la requête de mainlevée (I), a fixé à 180
fr. les frais judiciaires (II), les a mis à la charge de la poursuivante (III) et a alloué
à la poursuivie des dépens, par 300 fr. (IV).

 

             
Le 20 décembre 2016, la poursuivante a demandé la motivation de ce prononcé.

 

             
Les motifs du prononcé ont été adressés aux parties le 20 février 2017 et notifiés
à la poursuivante le lendemain. En bref, le premier juge a considéré que la poursuivante
n’avait pas établi par pièces avoir exécuté la prestation de services qui lui
incombait.

 

 

4.             
Par acte du 24 février 2017, la poursuivante
a recouru contre ce prononcé en concluant à son annulation, à l’admission de sa
requête de mainlevée, à la mise des frais judiciaires à la charge de l’intimée
et à l’allocation de dépens. Elle a produit un lot de pièces.

 

             
L’intimée T.________ SA n’a pas été invitée à se déterminer.

 

 

 

             
En droit
:

 

 

I.             
La demande de motivation et le recours ont été
déposés dans les délais de dix jours des art. 239 al. 2 et 321 al. 2 CPC (Code de procédure
civile du 19 décembre 2008 ; RS 272). Motivé conformément à l’art. 321
al. 1 CPC, le recours est recevable.

 

             
En revanche, les pièces produites avec le recours sont irrecevables dans la mesure où elles
ne figurent pas au dossier de première instance, vu la prohibition des preuves nouvelles prévue
à l’art. 326 al. 1 CPC.

 

 

II.             
Selon l'art. 82 LP, le créancier dont la
poursuite se fonde sur une reconnaissance de dette constatée par acte authentique ou sous seing
privé peut requérir la mainlevée provisoire de l'opposition au commandement de payer.

 

             
Constitue une reconnaissance de dette au sens de l'art. 82 al. 1 LP l'acte sous seing privé, signé
par le poursuivi ou son représentant, d'où ressort sa volonté de payer au poursuivant,
sans réserve ni condition, une somme d'argent déterminée, ou aisément déterminable,
et échue (ATF 139 III 297 consid. 2.3.1 p. 301 ; ATF 136 III 624 consid. 4.2.2 p. 626, ATF 136 III
627 consid. 2 p. 629 et la jurisprudence citée).

 

             
Un contrat écrit justifie en principe la mainlevée provisoire de l'opposition pour la somme
d'argent incombant au poursuivi si les conditions d'exigibilité de la dette sont établies (TF
5A_465/2014 du 20 août 2014 consid. 7.2.1.2). Le contrat bilatéral vaut reconnaissance de dette
si le créancier poursuivant a rempli les obligations contractuelles exigibles avant le paiement
requis ou au moment de ce paiement (Krauskopf, La mainlevée provisoire : quelques jurisprudences
récentes, JdT 2008 II 23, spéc. p. 31).

 

             
La question de la fourniture de la prestation du poursuivant qui se fonde sur un contrat bilatéral
ne ressortit pas à un moyen libératoire que le poursuivi doit nécessairement soulever.
Dès lors qu'un contrat bilatéral n'est pas en soi une reconnaissance de dette pure et simple,
la fourniture par le poursuivant de sa propre prestation est une condition pour que le contrat vaille
titre de mainlevée. Cette question doit donc être examinée d'office (CPF, 10 juin 2016/178
; CPF, 12 février 2016/49 ; CPF, 30 octobre 2015/304 ; CPF, 27 août 2014/300; CPF, 21 mai 2014/188).

 

              En l’espèce,
la recourante n’a produit en première instance que les bons de commande, les factures en cause
et un extrait de ses comptes relatif à l’intimée, mais aucun document attestant que les
prestations qu’elle s’était engagée à fournir ont été exécutées
durant les périodes couvertes par ces factures. Le seul fait que l’intimé ait versé
des acomptes ne suffit pas à pallier ce manque, de sorte que c’est à juste titre que
le premier juge a rejeté la requête de mainlevée.

 

 

III.             
En conclusion, le recours, manifestement mal fondé,
doit être rejeté et le prononcé confirmé.

 

             
Vu le rejet du recours, les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 360
fr., doivent être mis à la charge de la recourante.

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
Le prononcé est confirmé.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 360 fr. (trois cent soixante
francs), sont mis à la charge de la recourante K.________ GmbH.

 

             
IV.             
L'arrêt est exécutoire.

 

La
présidente :               Le greffier
:

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
K.________ GmbH,

‑             
M. Jacques Lauber, agent d’affaires breveté (pour T.________ SA).

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 5’331 fr.
80.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés
devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification
(art. 100  al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
Mme le Juge de paix du district de la Broye-Vully.

 

             
Le greffier :