# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c0d42383-5ca8-5259-8e2a-ffd357697a86
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-04-27
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 27.04.2021 P/15502/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-15502-2018_2021-04-27.pdf

## Full Text

Siégeant : Monsieur Vincent FOURNIER, président ; Madame Alessandra CAMBI 
FAVRE-BULLE et Monsieur Gregory ORCI, juges ; Madame  
Cécile JOLIMAY, greffière-juriste délibérante. 

 

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

P/15502/2018 AARP/142/2021 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 27 avril 2021 

 

Entre 

A______, partie plaignante, représentée par ses curateurs, B______ et C______, comparant 

par Me AQ______, avocate,  

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

appelants, 

intimés sur appel joint, 

 

contre le jugement JTCO/123/2019 rendu le 17 septembre 2019 par le Tribunal 

correctionnel, 

 

et 

D______, domicilié c/o V______, ______, comparant par Me AR______, avocat,  

intimé sur appel, 

  appelant joint.

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EN FAIT : 

A. a.a. En temps utile, B______ et C______, parents et curateurs de A______, le 
Ministère public (MP), ainsi que D______, forment appel ou appel joint contre le 
jugement du 17 septembre 2019, par lequel le Tribunal correctionnel (TCO) a 
acquitté ce dernier des chefs d'actes d'ordre sexuel commis sur une personne 
incapable de discernement ou de résistance (art. 191 du code pénal suisse [CP]) et de 
menaces (art. 180 al. 1 CP) et a ordonné sa libération immédiate après 398 jours de 
détention avant jugement. Le TCO a également rejeté les conclusions civiles des 
parties plaignantes et alloué CHF 59'700.- à D______ à titre d'indemnité pour tort 
moral. Les frais de la procédure, par CHF 17'321.-, y compris un émolument de 
jugement de CHF 3'000.-, ont été laissés à la charge de l'Etat.  

a.b. Le MP entreprend le jugement dans son ensemble, sous réserve des restitutions 
ordonnées, concluant au prononcé d'un verdict de culpabilité à l'encontre de 
D______ pour les chefs d'actes d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de 
discernement ou de résistance et de menaces, à sa condamnation à une peine 
privative de liberté de 36 mois assortie du sursis partiel, partie ferme de 18 mois et 
délai d'épreuve de trois ans, ainsi qu'à son expulsion de Suisse pour une durée de 
cinq ans, frais de première instance et d'appel à sa charge. Il soutient par ailleurs les 
conclusions civiles des parties plaignantes.   

a.c. A______ conclut à la condamnation de D______ pour ces mêmes infractions 
ainsi qu'à l'allocation en sa faveur d'une indemnité pour tort moral de CHF 40'000.-, 
avec intérêts à 5% dès le 21 juillet 2018, et des montants de CHF 36'790.- 
correspondant à ses frais de défense pour la procédure de première instance et CHF 
9'800.- pour la procédure d'appel. 

A titre de réquisition de preuve, elle sollicite une nouvelle audition de F______. 

a.d. D______ conclut au rejet des appels principaux, à la confirmation du jugement 
entrepris, ainsi qu'au paiement d'une indemnité pour tort moral de CHF 79'000.-. Il 
sollicite également l'indemnisation de ses frais de défense pour la procédure d'appel à 
hauteur de CHF 29'240.55. 

b. Selon l'acte d'accusation du 4 juin 2019, il est reproché à D______ les faits qui 
suivent, survenus alors qu'il était moniteur lors du camp spécialisé organisé par 
l'association G______ entre les 17 et 31 juillet 2018 (ci-après : le camp) : 

b.a. Le 21 juillet 2018, au milieu de la nuit, alors qu'il effectuait une garde, il a 
profité du fait que son binôme H______, également monitrice, était affairée au 
nettoyage des cuisines pour rejoindre A______ dans sa chambre à coucher, 
abandonnant provisoirement ses tâches ménagères, et a commis sur cette dernière, 
qui était éveillée, des actes d'ordre sexuel durant plusieurs minutes en posant l'une de 
ses mains sur la poitrine de A______, sous son pyjama, lui touchant notamment avec 
insistance son sein gauche, puis continuant ses gestes vers le bas de son corps, lui 

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touchant son ventre, puis ses parties génitales, allant ensuite jusqu'à la pénétrer 
vaginalement avec ses doigts, poursuivant ses attouchements au niveau de ses fesses, 
sous ses vêtements, puis finissant par embrasser ses pieds. A______ n'a pu opposer 
la moindre résistance compte tenu de son handicap physique et du fait qu'elle a été 
prise par surprise, au milieu de la nuit, situation que D______ a exploitée 
intentionnellement.  

b.b. D______ a ensuite demandé à A______ de ne rien raconter à sa monitrice 
I______, en utilisant les termes "sinon tu vas mourir", paroles qui l'ont effrayée. 

B. Les faits pertinents pour l'issue de l'appel sont les suivants : 

1. A______  

a.a. A______, née le ______ 1995, souffre d'un handicap depuis sa naissance. Elle 
est incapable de bouger ses membres inférieurs et présente une mobilité très réduite 
au niveau de ses membres supérieurs. Elle a néanmoins une très bonne capacité de 
discernement, de même qu'une très bonne mémoire. Elle a conscience du monde, de 
ses limites, de ses capacités et de l'origine de son handicap. Elle a la notion du danger 
et vérifie tous les éléments concernant sa sécurité. A______ est en outre très attentive 
aux personnes et à son environnement. Elle communique avec les gestes, le regard, 
ainsi qu'un classeur de pictogrammes qu'elle connaît par cœur, versé à la procédure, 
et depuis plus récemment (soit mai ou juin 2018) à l'aide d'un ordinateur de 
communication avec reconnaissance visuelle. Elle ne parle pas mais entend et voit 
bien. Elle peut lire des mots simples et isolés et sait partiellement écrire. Elle 
vocalise le mot "non" et hoche la tête pour dire "oui". Elle vocalise aussi des sons 
pour attirer l'attention. Elle est capable de désigner avec son regard ou son bras un 
objet pour donner une piste à son interlocuteur sur le sujet qu'elle souhaite aborder. 
D'après F______, son psychologue référent, elle a un niveau de communication assez 
poussé par rapport à d'autres résidents de l'institution qui l'accueille et arrive, de 
manière générale pour les sujets du quotidien, à se faire comprendre ; dans le cas 
contraire, elle trouve des pistes. Elle se déplace en chaise roulante et a besoin d'aide 
pour tous les gestes de la vie quotidienne.  

A______ est très sociable et agréable et était, à l'époque des faits, en plein passage de 
l'adolescence à l'âge adulte, affirmant son caractère et sa détermination, susceptible 
de coups de colère, suivis de pleurs et d'atteintes à sa sécurité, étant capable de se 
mettre en danger si elle était trop contrariée ou frustrée. J______, qui s'occupait des 
soins de A______ au foyer de Y______ (ci-après : le foyer ou le centre) et avait 
rempli la fiche d'admission du 5 juillet 2018, a expliqué en cours de procédure que la 
mention de "fixations sur ses accompagnateurs" (ndr : in extenso : "dans la relation 
avec l'autre, A______ peut développer des fixations sur ses accompagnateurs", 
"hétéro-agressivité" et "auto-agressivité") signifiait qu'il arrivait à A______ de 
souhaiter revoir des personnes connues durant son enfance, surtout des femmes, par 
exemple son ancienne physiothérapeute. Si A______ n'aimait pas quelqu'un ou 

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entendait quelque chose qui lui déplaisait, elle pouvait se montrer agressive en 
mordant, en tirant les cheveux ou en "fonçant dessus" avec son fauteuil roulant. Elle 
pouvait également être auto-agressive, en faisant des mouvements brutaux ou en se 
précipitant, par exemple, contre un mur, lorsque quelque chose s'était passé. Elle était 
alors en pleurs, gérant difficilement ses émotions. Il fallait la faire "redescendre" et 
se calmer pour que son entourage puisse la comprendre. Elle avait de la peine à gérer 
la frustration et le fait de ne pas être comprise. Pour B______, la mention "dans la 
relation avec l'autre, A______ peut développer des fixations sur ses 

accompagnateurs" signifiait qu'elle était très pudique et n'aimait pas être changée par 
des messieurs. 

A______ réside chez ses parents, ses curateurs, mais passe ses journées en semaine 
au foyer. Elle a participé, régulièrement depuis 2010, aux prestations de l'association 
G______ durant les week-ends et pendant les vacances d'été.  

a.b. A______ est continente, demande d'aller aux toilettes et ne porte pas de couches, 
y compris la nuit, ce qui ressort des témoignages de H______ et K______, moniteurs 
lors du camp, ainsi que de celui de I______, responsable du camp et référente de 
A______, mais aussi de son dossier confidentiel établi par G______ le 20 février 
2018, de la "fiche d'admission" "Handicap" du 5 juillet 2018, d'un document 
"A______" non daté, d'un document résumant les spécificités de "A______ 23 ans" 
divisé en plusieurs axes (ci-après : tableau soleil) avec une rubrique "Hygiène" ("pas 
de protection, utilise le toilette") et d'un document rempli par la monitrice de 
A______ suite à sa visite chez ses parents le 15 juin 2018. Figurait néanmoins dans 
son dossier du camp un seul document manuscrit "A______" qui indiquait 
"Protection la nuit. La journée, elle demande à aller aux toilettes", lequel a été 
qualifié d'ancien par I______, précisément parce que le besoin de protection la nuit 
était dépassé. 

2. Le camp 

i. Organisation du camp et prise en charge des participants 

b.a. Le camp organisé par l'association G______ a eu lieu du 17 au 31 juillet 2018 à 
Z______ [GE]. Il comptait 18 moniteurs, dont D______, et 12 résidents, dont 
A______, ainsi que les prénommés AA______ et AB______ notamment. L______ et 
M______, responsable et co-responsable du camp, avaient pour rôle d'encadrer les 
moniteurs, dès lors qu'ils n'étaient pas tous des professionnels de l'accompagnement. 

Durant la journée, chaque moniteur accompagnait et prenait en charge le résident qui 
lui avait été attribué au préalable et dont il était le "référent". I______ était la 
monitrice référente de A______, tandis que D______ était celui de AA______.  

La nuit, selon un système de tournus journalier, deux moniteurs dits "veilleurs" 
passaient toutes les heures dans les chambres pour prodiguer les soins nécessaires 
aux résidents.  

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b.b. Deux séances d'information ont été organisées en amont du camp, les 2 juin et 
16 juillet 2018.  

La journée du 2 juin 2018 a consisté en une formation dispensée par du personnel de 
la Fondation Y______, notamment sur les soins d'hygiène et d'alimentation, la 
sécurité, le transfert, l'habillement et la manipulation. D______ était présent et avait, 
selon L______, participé en tant que "cobaye" à un exercice sur l'hygiène et la 
toilette intime. Au terme de cette formation, tous les moniteurs avaient reçu un 
fascicule d'une trentaine de pages concernant les thématiques qui avaient été 
abordées durant la journée. Les nouveaux moniteurs devaient en prendre 
connaissance avant le début du camp. 

Le 16 juillet 2018, soit la veille du camp, tous les moniteurs ont été convoqués au 
pavillon de Z______ [GE]. Lors de cette réunion, le fonctionnement du camp ainsi 
que les informations indispensables à son bon déroulement leur ont été présentés. 
Chaque moniteur avait expliqué les spécificités du résident dont il avait la 
responsabilité s'agissant notamment de ses soins, de son hygiène, des consignes de 
sécurité et de sa médication.  

Selon les déclarations concordantes de L______, M______ et I______, les 
spécificités de A______, soit en particulier qu'elle ne portait pas de couches et était 
capable de manifester par les gestes ou le regard son besoin de se rendre aux 
toilettes, avaient été évoquées. L______ avait rappelé que les soins et toilettes 
intimes des résidentes féminines devaient être faits par des monitrices, et l'inverse 
pour les hommes, étant néanmoins précisé qu'un moniteur homme pouvait vérifier si 
une couche devait être changée. Selon la compréhension de H______, monitrice, les 
hommes n'étaient pas censés s'occuper des résidentes, sauf lors des veilles de nuit. Il 
y avait toutefois systématiquement un binôme homme-femme conduisant des 
monitrices à s'occuper des résidentes. Toujours selon elle, un moniteur pouvait faire 
les vérifications sur une résidente, à savoir par-dessus la protection ou en l'ouvrant et 
en sentant avec les mains, si elle était humide, en tapotant dans les deux cas. Lorsque 
la protection était ouverte, il suffisait de regarder. M______ a quant à elle déclaré 
qu'il n'y avait pas eu d'instruction expresse de tamponner la couche, mais elle-même 
n'excluait pas que certains moniteurs l'eussent fait. Selon L______, elle avait 
expliqué aux moniteurs qu'il convenait, lorsque le résident était sur le dos ou sur le 
côté, de relever la couette et baisser le pyjama afin de vérifier la couleur de la ligne 
jaune sur la couche allant des parties intimes jusqu'au bas du dos, qui devenait bleue 
ou violette en cas de présence d'urine ou de selles. Pour M______, l'existence de ce 
marqueur n'avait pas été spécifiquement indiquée aux moniteurs au début du camp. 
Ces derniers avaient toutefois préalablement passé une journée sur le lieu de vie de 
son résident, deux s'agissant de D______ auprès de AA______.  

b.c. Les informations spécifiques relatives à chaque résident étaient consignées dans 
le "cahier des tournants", afin de faciliter la tâche des moniteurs de veille. Dans ce 
cahier, versé à la procédure, rien n'a été mentionné concernant A______. Lors de son 

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audition au MP, M______ a constaté qu'il manquait la page initiale, contenant le 
nom de tous les résidents et les besoins spécifiques de chacun lors du passage des 
moniteurs durant la nuit.  

En cas de doute, ces derniers avaient également accès au dossier complet de tous les 
résidents et pouvaient poser des questions aux responsables ou aux référents, en 
particulier avant d'effectuer une veille. Cette consigne avait été inscrite dans un 
cahier consacré au compte-rendu quotidien des veilles ("carnet de veilles"), dont les 
feuilles volantes ont été versées au dossier. I______ a déclaré avoir expliqué à 
chaque moniteur qui ne connaissait pas A______, dont à D______ le jour ayant 
précédé sa première veille tandis qu'ils se trouvaient avec leurs résidents respectifs au 
centre commercial N______, le protocole à suivre si celle-ci avait besoin d'aller aux 
toilettes. I______ lui avait en particulier dit que A______ n'utilisait pas de couche et 
qu'il n'était pas usuel qu'elle demande d'aller aux toilettes. Si c'était le cas, elle était 
capable de l'exprimer et il y avait toujours une jeune fille présente qui pourrait 
l'aider. D______ ne lui avait pas posé de question à propos de A______. 

b.d. Une soirée de clôture du camp a eu lieu le 30 juillet 2018, appelée par certains 
"soirée paella", regroupant les personnes ayant vécu ce camp et les familles des 
résidents. A______ y a participé avec ses parents C______ et B______. 

b.e. Il ressort du plan des lieux du camp versé au dossier que le pavillon disposait 
d'une grande salle commune donnant sur un couloir desservant les chambres d'un 
côté et les sanitaires notamment de l'autre.  

ii. Journée du 21 juillet 2018 et jours suivants 

c.a. Le "suivi journalier des activités" indique que, le 21 juillet 2018, A______ ainsi 
que les résidentes AD______, AB______ et AE______ s'étaient promenées en fin de 
matinée. Dans l'après-midi, A______ ainsi que les résidents AA______ et AB______ 
étaient allés faire du shopping [au centre commercial] N______. Le soir, A______ 
était sortie avec les résidents AA______ et AF______ au bar AG______ au bord du 
lac et tous étaient rentrés tard, après avoir passé une excellente soirée.  

c.b. Selon le planning des moniteurs, D______ et H______ étaient en charge de la 
veille ce jour-là.  

c.c. Selon le "carnet de veilles", le 21 juillet 2018, A______ était réveillée durant les 
rondes de 01h15, 03h00, 05h00 et de 06h30. D'une manière générale, elle s'était 
réveillée à plusieurs reprises lors des autres nuits, y compris avant la date précitée, au 
passage des veilleurs. L______ a confirmé à cet égard que A______ se réveillait 
facilement lorsque l'on entrait dans sa chambre. 

c.d. Selon plusieurs témoignages, le 22 juillet 2018 A______ avait "fait une crise" 
lorsqu'elle avait dû changer de chambre, puis une autre "crise" lorsque sa référente 
avait refusé de lui donner du W______ [marque de soda]. Les jours suivants, elle 

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avait participé à plusieurs activités avec plusieurs résidents, dont AA______ et son 
référent D______, à savoir le 22 juillet 2018 à la Beach Party à AH______ (France), 
le 23 juillet 2018 à la luge d'été, le 26 juillet 2018 au Zoo de AI______, puis le soir 
au bar AG______ et le 29 juillet 2018 à une activité de "CIMGO". 

iii. Bilan général du camp 

d.a. Selon le "bilan du séjour de vacances", l'ambiance générale durant le camp avait 
été bonne, les nouveaux moniteurs s'étant rapidement adaptés et ayant compris le 
rythme du séjour.  

Les autres moniteurs se sont accordés à dire de D______ qu'il s'était montré timide 
de prime abord avant de s'ouvrir peu à peu. Il s'était bien impliqué dans ses tâches et 
avait effectué un bon travail dans sa prise en charge du résident AA______, avec 
lequel il avait pu tisser un beau lien malgré la barrière de la langue des signes (voir 
aussi la fiche d'évaluation de D______, établie par G______). 

De son côté, D______ a écrit dans un document "autres éléments à partager", qu'il 
était très content d'avoir pu participer à ce camp, une très bonne expérience, et qu'il 
remerciait toute l'équipe pour son soutien. 

d.b. Il ressort de la "synthèse par participant" que A______ avait passé un très bon 
camp, avait adoré la compagnie des moniteurs et apprécié toutes les activités. Elle 
avait tendance à insister lorsqu'elle voulait quelque chose, ce qui pouvait compliquer 
son accompagnement. Elle savait comment tester et chercher les limites mais était 
capable d'accepter le cadre dès que les choses étaient mises au clair. 

3. Dévoilement 

e.a. Selon le document intitulé "dénonciation pénale", rédigé par O______, secrétaire 
général de l'association G______, et co-signé par les époux B______/C______, 
lequel retranscrit leurs propos, B______ avait senti que quelque chose n'allait pas 
lors de la soirée de clôture du camp. Sa fille lui avait fait un signe de la tête en lui 
désignant D______, puis en désignant ses propres parties génitales. Elle avait 
demandé à sa fille si ce moniteur "avait été méchant avec elle", mais I______ était 
intervenue pour expliquer que D______ était gentil et que c'était son premier séjour. 
Ce dernier, contrairement aux autres moniteurs, n'était pas venu les saluer. La mère 
de A______ avait eu un mauvais pressentiment. 

A son retour à domicile, A______ avait voulu se doucher immédiatement, alors 
qu'elle l'avait déjà été le matin-même. Sous la douche, elle avait montré à sa mère ses 
seins et ses parties génitales. Sa mère n'avait pas compris ce que cela signifiait, ce 
d'autant plus que la monitrice lui avait indiqué que tout s'était très bien passé durant 
le camp. A______ avait refusé de s'alimenter, obligeant ses parents à la nourrir par 
gastrostomie, ce qui était inhabituel (elle mangeait normalement ses aliments mixés, 
seules les boissons passant par la sonde pour éviter les fausses routes). A partir du 

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8 août 2018, A______ avait commencé à aller vraiment mal et avait eu des angoisses 
durant la nuit qui l'avaient tenue éveillée jusqu'à 04h00 à 05h00, pour dormir ensuite 
jusqu'à midi. Elle était tombée un soir de son lit, ce qui était anormal. Le lendemain, 
A______ n'avait plus voulu rester seule dans son lit. A partir du 11 août 2018, elle 
avait exprimé vouloir mourir, en levant les yeux vers le ciel, et désigné les 
pictogrammes "honte" et "peur". Jusqu'au 12 août 2018, ses réactions avaient été de 
plus en plus fortes. Elle avait rejeté la barrière que ses parents voulaient installer à 
son lit, se débattant en faisant comme des convulsions et en agressant sa mère 
comme si elle ne la reconnaissait pas, avant d'embrasser ses parents et de leur 
demander pardon. Elle avait montré son sein gauche, ce que sa mère avait interprété 
comme un mal-être, et ses parties génitales. Le 12 août 2018, elle avait voulu aller à 
l'hôpital, alors qu'elle détestait s'y rendre, et y avait été soumise à différents examens 
médicaux qui s'étaient révélés négatifs. Après cela, les crises de A______ avaient été 
de plus en plus nombreuses et ses parents avaient compris que quelque chose de 
grave s'était produit. A______ avait fini par demander son cahier de vacances 
contenant plusieurs photos des activités réalisées lors du camp et y avait désigné 
D______.  

Le 13 août 2018, les parents de A______ avaient emmené leur fille au centre de jour 
pour discuter avec son éducateur référent, F______, lequel avait demandé à A______ 
si elle avait subi un abus, ce que cette dernière avait confirmé en hochant la tête pour 
dire "oui". Elle s'était mise à pleurer, selon sa mère de soulagement d'avoir été 
comprise. F______ avait posé des questions à A______ sur la manière dont l'abus 
s'était passé et elle avait répondu de manière très cohérente. Lorsque F______ avait 
présenté à A______ de manière aléatoire plusieurs photos du camp sur lesquelles 
figuraient plusieurs moniteurs, elle avait systématiquement désigné de son doigt 
D______. 

e.b. Il ressort ce qui suit du compte rendu rédigé par F______ à la suite de son 
entretien avec A______ : 

Hors la présence de ses parents, à l'aide de son classeur de communication et d'un 
boudin ergonomique pour représenter son corps, F______ avait demandé à A______ 
de lui relater les faits en détaillant les actions et paroles de son agresseur. Selon le 
rapport rédigé par la suite, lequel ne fait pas mention des pictogrammes désignés par 
A______, cette dernière avait expliqué être sortie le samedi 21 juillet 2018 avec 
AF______ et AA______, accompagnés des moniteurs I______, la prénommée 
AJ______ et D______. Ils étaient rentrés après minuit. Alors qu'elle dormait dans la 
chambre qu'elle occupait avec AB______, son agresseur l'avait réveillée en posant sa 
main sur sa bouche tout en disant "CHUSSSSS, TRANQUILLE". Il avait posé sa main 
sur son corps jusqu'à "doigter son vagin", lui avait touché les seins, le ventre, le 
vagin et les fesses, car elle dormait dans la position fœtale, puis lui avait embrassé les 
pieds. Il lui avait dit "qu'elle était la plus jolie du camp", "qu'il était amoureux 
d'elle", "si elle voulait être sa femme" et "qu'il aimerait l'inviter boire un verre". En 
quittant la chambre, il lui avait dit "dors bien et ne raconte pas à I______ (ndr : 

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I______) sinon tu vas mourir". A______ avait d'abord pensé qu'il s'agissait d'un 
voleur qui voulait s'emparer de son baladeur MP3, avant de comprendre les 
intentions à caractère sexuel de son agresseur. Elle avait eu très peur et s'était trouvée 
tétanisée dans son lit. Le lendemain, A______ avait essayé de raconter à M______ ce 
qu'elle avait subi la veille, mais celle-ci n'était pas parvenue à la comprendre, pensant 
que A______ accusait "le garçon" d'essayer de voler son MP3. A______ n'avait pas 
pu en parler à I______, vu les menaces de son agresseur. Elle était restée soucieuse 
jusqu'au 26 juillet 2018, lorsqu'elle avait demandé à cette dernière d'appeler sa mère, 
laquelle n'avait pas non plus compris ce qu'elle voulait lui raconter.  

e.c. Devant le MP, F______, a précisé connaître A______ depuis quatre ans, au 
cours desquels elle avait évolué dans son comportement. Il avait un lien privilégié 
avec elle.  

Il avait rédigé seul le compte rendu du 13 août 2018, sur la base de ce que A______ 
lui avait "raconté", en présence de P______, son supérieur hiérarchique. 

A______ n'avait pas crié car elle pensait qu'il s'agissait d'un voleur. Elle avait été 
caressée d'abord sur sa bouche, puis avec une main que l'auteur avait glissée le long 
de son corps par le côté jusqu'à ses fesses, avant de toucher son vagin, sans que lui-
même ne sache si c'était par-dessus ou par-dessous le pyjama. Il n'avait pas mesuré la 
valeur du mot "doigter" porté dans son rapport, ce d'autant plus qu'il s'agissait d'un 
verbe, d'une action et que les explications de A______ n'étaient pas aussi poussées. Il 
n'était donc pas en mesure d'expliquer si la main de l'agresseur n'avait qu'effleuré ou 
avait pénétré les parties génitales de l'intéressée.  

A______ lui avait désigné son agresseur sur l'une des photos de groupe du camp 
amenée par sa mère et avait précisé que cela s'était produit un samedi soir, après une 
sortie de groupe. Le lendemain, sa monitrice avait congé et elle avait tenté 
d'expliquer les faits à sa remplaçante. L'appel téléphonique entre A______ et sa mère 
avait eu lieu après le retour de congé de I______.  

4. Déclarations et évolution de A______ et D______  

i. A______ 

f.a. A______ a été auditionnée par la police le 5 septembre 2018 selon le protocole 
EVIG et en présence d'une éducatrice spécialisée. Elle s'est exprimée à l'aide de son 
cahier de pictogrammes. Elle a désigné les mots "un homme", "vagin", "poitrine", 
"samedi soir", "samedi 21", "silence" et "mourir". Interrogée sur l'homme en 
question, elle a mentionné les mots "avoir peur" et "fâché". En lien avec le vagin et 
la poitrine, elle a désigné le mot "main", puis "se réveiller" et "toucher", avec la 
précision que cela ne s'était produit qu'une fois. AB______ était présente dans la 
chambre. Elle ne pensait pas que cette dernière avait pu voir ou comprendre ce qui 
s'était passé. A la question de savoir si elle se souvenait si H______ était présente 
dans la chambre au moment des faits, elle a répondu "non". 

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Lorsqu'il lui a été demandé si son agresseur lui avait dit quelque chose, elle a désigné 
les pictogrammes "silence" et "mourir", avant de confirmer, sur questions orientées, 
qu'il l'avait menacée et qu'il ne parlait pas correctement le français. Le soir des faits, 
elle portait un t-shirt et un pantalon ainsi qu'un slip. Elle n'a pas été en mesure 
d'indiquer si l'homme en question l'avait touchée par-dessus ou par-dessous les 
habits, avant de désigner la case "j'ai pas le bon picto pour dire ça". Elle n'avait pas 
vu le sexe de son agresseur. A la question de savoir quelles parties du corps son 
agresseur avait touchées, elle a désigné son sein droit, son entrejambe, ainsi que son 
pied. Interrogée sur la manière dont il l'avait touchée, sur le geste que ce dernier avait 
eu avec sa main ou ses doigts, elle a mentionné le mot "taper".  

Elle a désigné les mots "triste", "fâchée" et "avoir peur" pour exprimer son ressenti 
par rapport à ce qu'il s'était passé. Interrogée sur le moment où elle avait parlé de 
cette affaire, elle a indiqué "lundi". Elle a désigné le prévenu sur planche 
photographique. 

f.b. En première instance, A______ a désigné les pictogrammes "homme", "toucher", 
"nuit", "samedi", "main", "jambe", "tête", "silence", "parler", "mourir", "maman", 
"papa", "moi". A la question de savoir si D______ l'avait touchée sur ou sous le 
pyjama, elle a d'abord répondu qu'elle ne pouvait pas répondre à cette question avant 
de montrer le pictogramme "sur". Elle a confirmé ses déclarations à la police et tout 
ce qu'elle avait raconté à F______. D______ l'avait touchée sur la "jambe", la "tête", 
le "pied", le "vagin", la "fesse", avec sa main, sans qu'elle ne puisse préciser quelle 
partie. Interrogée sur ce qu'il avait fait avec sa main, elle a indiqué : "ventre" et 
"enlever". Le pictogramme "taper" ne lui disait rien, au contraire de "taper avec peu 
de force", "samedi", "toute la journée", "taper". En revanche, "taper avec peu de 
force" ne correspondait pas à quelque chose qui s'était passé cette nuit-là. En lien 
avec son ressenti, elle a décrit : "fatiguée", "triste", "fâchée", "dimanche", "matin", 
"téléphone", "maman". Elle avait éprouvé : "avoir peur", "femme", "dimanche", "se 
réveiller". Durant la suite du camp, elle avait été : "triste", "fâchée". A présent, elle 
se sentait : "triste", "ça va bien". Seule AB______ était dans sa chambre lors des 
faits. Lorsque D______ y était entré, il y avait un peu de lumière et la porte était 
ouverte. H______ était entrée à plusieurs reprises dans sa chambre, cette nuit-là, avec 
ce même homme, lequel regardait et ne parlait pas. Elle souhaitait que D______ 
quitte la Suisse. 

f.c. Selon l'attestation produite, Q______, psychologue, a suivi A______ entre le 
12 octobre 2018 et le 13 mai 2019. Lors de la première séance, sa patiente présentait 
un état psychologique perturbé se manifestant par un état de stress post-traumatique 
ainsi que par des réactions comportementales, telles qu'une agitation, une irritabilité 
et des crises, un comportement anxieux se traduisant par un besoin de rituels répétés, 
un évitement et un sentiment de peur l'amenant à éviter les situations, les personnes 
et les lieux rappelant l'épisode traumatique, des troubles du sommeil et une fatigue 
démesurée, une insécurité émotionnelle face au rappel de l'événement, une demande 
excessive de contact avec des personnes significatives et des sentiments de tristesse 

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et des pleurs lorsqu'elle se sentait seule, notamment la nuit. Certains symptômes 
présents au début du traitement avaient progressivement évolué positivement. Lors 
de la dernière séance, A______ pouvait se concentrer sur d'autres aspects positifs de 
la sa vie, telle qu'une rencontre familiale. 

ii. D______ 

g.a. D______ a d'emblée et de manière constante contesté les faits reprochés.  

Il se souvenait avoir participé à la journée de formation avant le camp, lors de 
laquelle la question des soins intimes aux résidents avait été abordée. Il avait reçu de 
la documentation qu'il avait consultée à une ou deux reprises avant le camp. Il ne se 
souvenait pas si, à cette même occasion, on lui avait enseigné le geste de tamponner 
une protection ou s'il y avait eu des informations sur les veilles de nuit. Le premier 
jour du camp, il avait reçu la liste des participants ainsi que diverses informations, 
puis tous les dossiers des résidents. Les moniteurs avaient disposé de deux heures 
pour prendre connaissance des informations relatives à la personne qui leur était 
attribuée. Il ne se rappelait pas du cahier qui se trouvait dans la grande salle tel 
qu'évoqué par H______ lors de son audition. Selon lui, il existait en revanche 
plusieurs cahiers de couleur verte pour chacun des résidents. Il n'avait pas le souvenir 
qu'il avait été fait mention lors de la séance d'information de ce que A______ était 
continente et n'avait pas besoin de protection. Il avait été davantage concentré sur les 
informations relatives à AA______. Il ne se rappelait pas non plus d'avoir demandé à 
I______, lors d'une sortie [au centre commercial] N______, le protocole à suivre 
s'agissant des besoins intimes de A______, ni qu'elle lui en ait parlé lors de cette 
sortie. Il avait pris connaissance des consignes en vue des veilles de nuit durant les 
deux jours de formation dispensés avant le camp. Il était conscient que plusieurs 
notions lui manquaient en termes d'expérience et de connaissance et qu'il fallait qu'il 
se forme. 

Le 21 juillet 2018, il devait surveiller le camp durant la nuit, en compagnie de 
H______, ce dès 22h00 ou 23h00. Cela impliquait la prise de connaissance des 
documents relatifs à chaque résident, la vérification que tous étaient bien allés à selle 
et n'étaient pas souillés, et éventuellement leur change à l'aide de son binôme, étant 
précisé que tous les résidents portaient une couche et qu'il ne se souvenait pas si 
AA______ portait des protections avec un marqueur de couleur indiquant une 
éventuelle souillure. Les veilleurs devaient procéder à ces vérifications chaque heure 
ou heure et demie. Ils pénétraient dans la chambre des résidents avec une lampe 
frontale et procédaient par l'odorat. Ils avaient également le droit d'effectuer une 
vérification physique avec délicatesse en cas de doute, tandis qu'ils posaient 
directement la question aux résidents qui étaient capables de répondre par la parole. 
Il faisait ce contrôle parfois seul, parfois avec son binôme. Il était arrivé à son 
binôme de tamponner en même temps que lui. Aucune consigne n'avait été donnée 
en ce qui concernait les résidents de sexe opposé, dès lors qu'il pouvait y avoir deux 
surveillants du même sexe lors d'une même surveillance. La journée, il leur arrivait 

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de se donner un coup de main entre moniteurs, quel que soit le sexe du résident, et il 
avait donc été amené à aider à changer des résidentes.  

Devant la police, D______ a affirmé qu'ils avaient pu, conjointement avec H______, 
poser la question des selles à A______, laquelle répondait en hochant la tête et par 
gestes. Il ne se rappelait pas s'il avait changé sa couche. Il avait peut-être vérifié si 
elle avait besoin de l'être, mais il ne pensait pas l'avoir fait personnellement. Devant 
le MP, D______ a précisé que, lors de la première ronde, H______ et lui étaient 
entrés dans la chambre de A______, dont il s'était occupé alors que sa collègue s'était 
dirigée vers AB______, les deux lits étant distants de 1,5 à 2 m. Il avait, en présence 
de H______, "tamponné" la couche ou le pantalon de A______, alors réveillée, à 
l'arrière pour voir si c'était humide, ce qui n'avait duré que quelques secondes dès 
lors qu'elle n'était pas souillée. Elle avait bougé comme elle en avait l'habitude sur 
son fauteuil. Il n'avait pas observé de sentiment de peur ou de surprise. A ce moment-
là, sa collègue lui avait dit qu'il suffisait de demander à A______ si elle souhaitait 
aller aux toilettes ou être changée. Cette remarque lui avait fait penser que H______ 
l'avait vu "tamponner" A______. Devant le TCO, il a déclaré s'être rendu compte que 
A______ ne portait pas de protection à ce moment-là et que sa collègue ne l'avait pas 
vu effectuer ce geste. Après avoir terminé ses soins auprès de AB______, H______ 
avait demandé à A______ si elle avait besoin d'aller aux toilettes et il s'était alors 
rendu compte qu'il ne fallait pas procéder à des vérifications sur elle. Il avait évité de 
parler de son geste à sa collègue, convaincu qu'il n'y avait pas de problème. Il avait 
dit à l'expert qu'il avait tu son geste par peur des conséquences sur son travail, à 
savoir ne pas être réengagé pour un prochain camp parce qu'il aurait ignoré des 
spécificités des résidents. C'était une erreur de sa part, comme de ne pas les avoir 
apprises par cœur avant sa première veille. Il ne comprenait pas pourquoi H______ 
prétendait qu'il ne s'était pas occupé de A______ lors de la première ronde. Peut-être 
était-ce parce qu'elle lui avait demandé si elle avait besoin d'aller aux toilettes. Il 
n'avait pas demandé à A______ de se taire après son geste de vérification. 

Il n'avait ni effectué de contrôle, ni n'était entré dans la chambre de A______ seul. Il 
avait passé toute la nuit avec H______, s'occupant du ménage entre chaque ronde à 
compter de 01h00 ou 02h00 du matin. Ils s'étaient mis d'accord sur le fait que sa 
collègue s'occuperait de la cuisine et lui des toilettes. Cette dernière plaçait aussi 
chaque heure le linge lavé dans le sèche-linge qui se trouvait dans les toilettes. Le 
nettoyage des salles des sanitaires n'avait pas pris deux heures. Il avait vu H______ 
toutes les 10 à 20 minutes, dès lors qu'il faisait des allers-retours afin de chercher des 
désinfectants et lui demandait souvent quels produits utiliser. Durant 
l'accomplissement de ces tâches, il ne s'était pas rendu dans la chambre de A______, 
ni ailleurs. Il contestait s'être absenté durant 30 minutes entre 06h30 et 07h00, 
lorsqu'il était revenu pâle. Sentant l'odeur des toilettes et des produits de nettoyage, et 
comme il faisait chaud, il était sorti prendre l'air, dès lors que son travail était 
pratiquement terminé. Il n'en avait pas demandé la permission à H______ dans la 
mesure où tous deux venaient de finir leurs tâches. Il ne lui avait pas dit qu'il ne se 
sentait pas bien, car il ne voulait pas la décourager, avant de dire que c'était parce 

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qu'il avait banalisé la situation et qu'il avait considéré cela comme une faiblesse. En 
dehors des veilles, il ne s'était jamais rendu dans les chambres des résidents. 

Lors de la soirée du 30 juillet 2018, il n'avait pas dévisagé la mère de A______ ni ne 
les avait évitées. Il n'avait pas salué toutes les familles, non pas en raison de la 
barrière linguistique, mais parce qu'il avait été occupé avec AA______, très remonté 
en raison de l'absence de sa mère. Il avait dû le changer deux fois et prêter attention à 
ce qu'il ne se salisse pas en mangeant, dès lors que, comme tout le monde, il était 
vêtu de blanc ce soir-là.  

A______ avait été soignée de la même manière que les autres résidents et ils 
n'avaient pas eu de moments de partage ou de complicité plus importants qu'avec les 
autres résidents. Il n'éprouvait aucune attirance pour elle. 

Il était hétérosexuel et n'avait pas d'amie intime, sa dernière relation étant antérieure 
à son arrivée en Suisse. Il avait entretenu avec elle ses premières relations sexuelles, 
ce qui les faisait remonter à trois ans. Sa situation ne lui permettait pas de s'investir 
dans une relation, son objectif premier étant d'apprendre la langue, de s'intégrer et de 
trouver un travail. Comme tout être humain, il avait des envies normales et ne faisait 
rien dans un tel cas. Il ne parvenait pas à expliquer pourquoi A______ le mettait en 
cause dès lors qu'il n'y avait eu aucune tension entre eux durant le camp. 

g.b. Il ressort de l'expertise psychiatrique du 11 février 2019 que D______ ne 
souffrait d'aucun trouble mental au moment des faits, en particulier psychotique ou 
bipolaire, pas plus que d'un trouble du développement psychosexuel ou de la 
préférence sexuelle. Selon leurs déclarations au MP, les experts n'avaient pas décelé 
de manque au niveau de la sexualité de D______. Compte tenu de son parcours de 
vie et de sa perception culturelle de la sexualité, il n'était pas étonnant qu'il ait mis 
cela de côté pour se consacrer à son objectif premier, son voyage migratoire. 

Sa responsabilité était pleine et entière. Le risque de récidive d'infractions à caractère 
sexuel était faible, dans l'hypothèse d'une culpabilité. Dès lors que les faits n'étaient 
pas en lien avec l'état mental de l'expertisé, aucune mesure thérapeutique ou 
internement n'étaient préconisées. 

h.a. D______ a produit une attestation établie par le Dr R______ le 28 août 2018, à 
teneur de laquelle ce dernier l'avait suivi en consultation du 12 octobre 2016 au 
10 mars 2017 pour des troubles de l'appétit, du sommeil et de la concentration en lien 
avec des difficultés de permis de séjour et de logement. Il était alors en manque 
d'espoir ainsi qu'en perte de confiance. Sa situation s'était toutefois améliorée 
lorsqu'il avait trouvé un nouveau logement. Aucun trouble du comportement ou du 
caractère n'était apparu. La colère qu'il avait pu manifester était en lien avec sa 
situation d'asile ou contre lui-même. 

h.b. Selon l'attestation du Dr R______ du 28 février 2020, le suivi de D______ avait 
repris à sa sortie de prison. Le thérapeute avait retrouvé un jeune homme abattu, en 

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perte de confiance et très craintif de tout environnement social. Il prédominait chez 
lui un sentiment d'injustice et une extrême méfiance. Ceci avait des répercussions sur 
son sommeil, son appétit, ses facultés de concentration et sa capacité à créer des liens 
avec les autres, ce qui préalablement était pourtant son atout majeur. Il avait 
abandonné tout projet de travailler dans le domaine des soins alors qu'il avait "trouvé 
sa voie". Il pouvait néanmoins progressivement reprendre un rythme de sommeil 
régulier, pratiquer des activités sportives et reprendre les cours de perfectionnement 
en français. Le thérapeute avait l'ambition que son patient puisse recommencer un 
stage dès la prochaine rentrée scolaire. Avec l'arrivée du procès, il constatait chez 
D______ une résurgence de symptômes anxieux et dépressifs ainsi qu'une 
reviviscence des moments passés en prison, lesquelles, sur le plan somatique, se 
traduisaient par des douleurs abdominales. Un traitement antidépresseur avait dû être 
réintroduit depuis le 24 février 2020. La psychothérapie se poursuivait à un rythme 
hebdomadaire. 

h.c. En appel, D______ produit un nouveau rapport d'évaluation rédigé par le 
Dr R______ le 14 décembre 2020, selon lequel une amélioration de son état général 
avait pu être observée depuis février 2020 puisqu'il avait pu s'engager dans un 
nouveau projet professionnel par le biais de stages de S______. Il persistait 
néanmoins à se montrer méfiant et à ressentir de la crainte par rapport au regard des 
autres. A compter de novembre 2020, il avait à nouveau consulté de manière 
hebdomadaire en raison des prochains débats d'appel, qui faisaient ressurgir une 
anxiété importante.  

i.a. V______ avait fait la connaissance de D______, alors âgé de 18 ans, dans le 
cadre d'une association. Dans un premier temps, elle lui apportait du soutien scolaire 
et l'invitait à manger. A sa majorité, il avait dû quitter le foyer de AK______ pour 
celui des AL______, où il ne se sentait pas bien. Il avait cherché une famille 
d'accueil et elle avait fini par lui proposer de venir habiter chez elle. Toute sa famille 
l'avait bien accepté. Après en avoir discuté avec sa fille, bien avant l'interpellation de 
D______, elle avait pris la décision de l'adopter. Ce projet était toujours d'actualité 
au moment de l'audience d'appel.  

D______ avait voulu devenir éducateur pour personnes en situation de handicap et 
elle pensait qu'il était fait pour cela. Il avait également des projets de vie ; il 
souhaitait se marier et avoir deux enfants. Il était sérieux, avait une ligne directrice. 
Au moment de son interpellation, D______ allait commencer un préapprentissage 
d'intégration, avec ensuite une possibilité d'apprentissage. Il était revenu rayonnant 
de l'entretien d'embauche. Son avenir commençait à être tracé. 

i.b. Selon U______, sœur aînée de D______, ce dernier s'était toujours bien 
comporté. Il n'avait jamais eu aucun problème, ni avec les filles, ni avec personne. Il 
était un homme de paix qui aimait rigoler et qui était gentil avec tout le monde. Elle 
ignorait s'il avait déjà eu une amie intime. 

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iii. B______ et C______ 

j.a. Selon les déclarations de B______, le lundi, avant de retourner au foyer, 
A______ lui avait demandé de feuilleter son cahier de vacances. Elle avait 
précisément désigné D______ de son pouce parmi un groupe de trois à quatre 
personnes. Elle avait répondu à sa mère qu'il s'agissait du "monsieur" qui lui avait 
fait du mal par un hochement de tête et avait pleuré. B______ n'avait pas cherché à 
en savoir plus. Arrivée au foyer, elle avait demandé à se faire aider pour comprendre 
ce qu'il en était. En confiance dans ce milieu, A______ avait expliqué les faits avec 
son classeur de pictogrammes, en présence de ses parents et de deux intervenants. 
Elle avait montré qu'elle avait été pénétrée par le doigt du prévenu, lequel l'avait 
visitée durant son sommeil, alors qu'il n'était pas censé s'occuper d'elle. 

La question de la sexualité n'avait jamais été abordée avec sa fille car elle était 
pudique et pas tactile. Il y avait eu un épisode de main baladeuse à l'occasion d'un 
entraînement de "foot-fauteuil". Sa fille, énervée, le lui avait relaté le jour-même et 
lui avait montré comment ledit garçon l'avait touchée, en faisant des gestes sur sa 
poitrine et sur l'une de ses jambes. 

Le courant n'était pas passé entre la sexo-pédagogue et sa fille, d'où l'interruption du 
suivi. Elle avait néanmoins entrepris, en lien avec la présente affaire, une thérapie 
avec la psychothérapeute Q______. Toutes deux communiquaient via le cahier de 
pictogrammes. A l'époque du premier jugement, sa fille arrivait un peu mieux à 
dormir, mais cela restait encore difficile tant pour cette dernière que pour ses parents. 
A______ vivait très mal les faits même si ça allait désormais un peu mieux. Elle était 
toujours coquette et souriante mais parfois, elle n'était plus là, elle avait la tête 
ailleurs et était soucieuse. Elle était devenue une autre personne. Détruite, elle aurait 
besoin de temps pour se reconstruire. Elle utilisait des balles anti-stress et recevait un 
traitement homéopathique pour dormir. Durant les nuits, sa fille avait besoin qu'un 
matelas soit placé au pied de son lit, même vide, ce qui la rassurait. Ils lui avaient 
acheté un petit chien qui la faisait rire. Depuis les faits, A______ n'avait plus voulu 
partir en camp. 

j.b. Lors de la soirée de clôture du camp ainsi qu'aux Hôpitaux universitaires 
genevois (HUG), C______ avait vu sa fille faire les gestes décrits par son épouse. 
Cela lui avait donné le sentiment que le courant n'était pas passé avec le moniteur, 
sans imaginer que des faits plus graves auraient pu s'être produits. A son retour du 
camp, A______ avait vraiment eu un comportement très violent, absolument 
exceptionnel. Elle avait voulu se faire du mal et mourir. Ce n'était que lorsqu'elle 
avait désigné D______ sur l'une des photos du camp, parmi un petit groupe dans son 
carnet de vacances, que son épouse et lui-même avaient réalisé, comme relevé par les 
HUG, que ses réactions ne résultaient pas d'un problème médical. C______ et sa 
femme avaient envisagé d'autres pistes telles que la dépression avant d'en venir aux 
abus sexuels et avaient attiré l'attention de leur fille sur la gravité des faits dénoncés. 
Ils étaient finalement convaincus que ces accusations étaient fondées. 

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Depuis les faits, leur vie était un enfer. Alors que les camps et week-ends à l'extérieur 
de leur fille représentaient des vacances pour son épouse et lui, A______ ne voulait 
plus dormir ailleurs et les nuits étaient agitées. Elle avait par ailleurs peur de ne pas 
être crue dans le cadre de la présente procédure. 

5. Témoignages 

i. F______ 

l. F______ croyait ce que A______ lui avait rapporté ; elle n'avait jamais raconté 
d'histoires infondées. Un an auparavant, elle avait dénoncé les vols, avérés, d'une 
stagiaire. Elle s'était aussi plainte d'un événement de nature sexuelle trois ans 
auparavant, vérifié, à l'occasion d'une séance de "foot-fauteuil". Elle avait conscience 
de ses parties intimes, de son corps et des limites à ne pas franchir. Les aspects liés à 
la sexualité étaient abordés tous les lundis en atelier, outre des discussions avec elle 
et avec ses parents. Il pensait que A______ savait désormais ce qu'était un abus, ce 
qu'elle ignorait auparavant. 

A______ était traumatisée et encore angoissée, raison pour laquelle elle portait des 
balles anti-stress en caoutchouc. Elle restait immobile et n'allait plus se balader, 
notamment sur la terrasse, en écoutant sa musique. Par moment, elle adoptait un 
comportement d'énervement, à savoir qu'elle faisait des gestes circulaires avec ses 
bras et devenait rouge. 

ii. O______ 

m. O______ avait rencontré A______ pour la première fois lorsqu'elle était venue 
avec ses parents dénoncer les faits qu'il avait couchés par écrit, ayant créé seul la 
première partie contextuelle. 

Il avait présenté, de manière aléatoire, cinq à dix photos de groupe à A______, dont 
certaines sur lesquelles D______ ne figurait pas. Elle s'était agitée en voyant 
D______, affichant en revanche un sourire lorsqu'il s'agissait d'un autre moniteur. Il 
avait marqué d'un "non" les photos sur lesquelles A______ ne désignait pas son 
agresseur. Il ne lui avait pas demandé de reformuler les faits. A la fin de l'entretien, 
A______ avait eu un comportement très expressif, soit un soupir mélangé à des 
sanglots. 

ii. H______ 

n. Au moment du camp, H______ connaissait A______ pour avoir été sa référente 
lors d'un week-end organisé par G______ en mai 2018. 

A______ dormait couchée sur le côté, en position fœtale, recouverte de son drap. 
Elle avait le sommeil léger et se réveillait souvent lorsqu'on entrait dans sa chambre. 
Lors de la veille du 21 juillet 2018, A______ n'avait presque pas dormi et lui avait 

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semblé très alerte, comme si elle s'était réveillée bien avant, et se redressait dès qu'on 
entrait dans la chambre. A______ n'étant pas incontinente, il n'était pas nécessaire de 
vérifier la présence de selles ou d'urine. Il était impossible que D______ lui ait 
prodigué des soins intimes, dès lors que A______ avait toujours répondu par la 
négative lorsqu'ils lui avaient demandé si elle avait besoin d'aller aux toilettes. 
Devant le MP, H______ a encore ajouté que lors de la veille du 21 juillet 2018, tant 
D______ qu'elle-même savaient que A______ était continente, ce qui ressortait par 
ailleurs du cahier de liaison se trouvant dans la grande salle, à la disposition de tous 
les moniteurs. Toujours au MP, elle a précisé qu'ils avaient effectué cinq rondes, 
s'occupant alternativement de AB______ et de A______. Lors de la première ronde, 
elle s'était occupée de cette dernière. En sortant de la chambre, D______ lui avait 
demandé comment savoir si cette résidente avait besoin d'aller aux toilettes. Elle lui 
avait répondu qu'il suffisait de le lui demander et de regarder son visage pour 
comprendre. Elle n'avait jamais indiqué à son binôme, elle était formelle, qu'il fallait 
tamponner les parties intimes de A______ et à aucun moment elle n'avait vu ce 
dernier agir de la sorte.  

D______ et elle-même n'étaient pas restés constamment ensemble, à l'exception des 
rondes. Entre 03h00 et 05h00, elle avait nettoyé la cuisine et une partie du salon, 
tandis que D______ s'était proposé de nettoyer les salles de bains et les douches 
situées en face des chambres des résidents. Elle n'était ainsi pas en mesure de voir ce 
qu'il faisait pendant ce temps. Vers 06h30-07h00, il s'était absenté pendant 30 
minutes sans avertir, avant de revenir vers elle, très pâle. Lorsqu'elle lui avait 
demandé ce qui se passait, il lui avait répondu qu'il se sentait fatigué et qu'il avait 
besoin de se reposer. Lors de la veille du 28 juillet 2018, D______ était également 
pâle en fin de nuit, après s'être absenté toutefois moins longtemps que lors de la 
première veille. Tous deux s'étaient endormis entre 06h00 et 07h00. Selon ses 
déclarations au MP, les tâches ménagères avaient été effectuées entre 03h00 et 
04h00. Pendant les 30 minutes durant lesquelles elle avait été séparée de D______, il 
était venu lui poser une question ce qui avait pris une trentaine de seconde. Il y avait 
un total de six sanitaires et elle ignorait s'il les avait effectivement nettoyés, l'ayant 
toutefois vu avec des produits de nettoyage. Il était présent pendant la ronde de 
06h30, auprès des résidents AM______, AA______ et AB______, qui leur avait pris 
cinq minutes. Elle n'avait rien remarqué de particulier concernant A______ lors de 
cette ronde. Elle se trouvait au salon lorsqu'elle avait vu le teint pâle de D______, 
lequel était arrivé de la cour située devant la cuisine, sans qu'elle ne puisse 
déterminer s'il venait de la cuisine ou du couloir. 

Pendant la deuxième semaine du camp, elle n'avait pas observé de comportement 
particulier chez A______. En revanche, il était prévu qu'elle partage sa chambre avec 
un garçon, avec son accord et celui de ses parents. A______ avait fait une grosse 
crise ; elle-même ne l'avait jamais vue dans un tel état de colère. 

H______ avait eu une bonne image de D______, qui s'était bien occupé de son 
résident. 

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iii. L______ 

o. Pour L______, D______ devait savoir que A______ était continente et elle ne 
voyait aucune raison qui l'aurait poussé à lui prodiguer des soins intimes pendant la 
nuit.  

Elle n'avait pas été inquiète de constater que, lors de la veille du 21 juillet 2018, 
A______, ne dormait pas à 01h15, 03h00, 05h00, et qu'elle était réveillée à 06h30. Il 
était en effet usuel qu'elle se réveille rapidement lorsque l'on entrait dans sa chambre. 
A______ avait fait deux crises durant la deuxième semaine du camp, au changement 
de chambre, et lorsque I______ avait refusé de lui donner du W______. Lors de la 
"soirée paella" A______ avait effectivement essayé de dire quelque chose en 
désignant D______. 

L______ a évoqué à plusieurs reprises les "limites linguistiques" de D______, se 
souvenant en particulier que lorsqu'il prenait la parole, ses interventions étaient 
courtes et qu'il fallait un peu l'aider.  

iv. I______ 

p. Devant le MP, I______, a indiqué que A______ était la plus facile à vivre parmi 
les résidentes dont elle s'était occupée. Elle communiquait avec elle par questions 
fermées auxquelles A______ répondait en bougeant la tête. A______ donnait aussi 
des indications par des mouvements stéréotypés de ses bras. Toutes deux 
communiquaient sur des sujets plus personnels, comme les garçons, en l'occurrence 
le moniteur prénommé K______, sans toutefois avoir de discussions profondes ou 
philosophiques. Face à des difficultés de communication, I______ avait demandé de 
l'aide à d'autres moniteurs, voire à L______.  

Lors de la "soirée paella", A______ avait montré avec son bras et sa tête D______ 
qui se trouvait à une petite dizaine de mètres. I______ lui avait alors posé des 
questions fermées pour essayer de comprendre ce qui se passait. Celle-ci avait 
manifesté par un hochement de tête son souhait de dire quelque chose à ses parents. 
A la question de savoir si quelque chose s'était passé qu'elle voudrait raconter à ses 
parents, il lui semblait que A______ n'avait répondu ni par oui, ni par non. Voyant 
que sa mère ne s'inquiétait pas particulièrement des gestes de sa fille, elle avait dit 
qu'elle était désolée de ne pouvoir la comprendre. Elle s'était dit qu'il y avait peut-
être eu un malentendu entre D______ et A______. Elle n'avait rien remarqué de 
particulier dans le comportement de ce moniteur lors de cette soirée. A aucun autre 
moment durant le camp, A______ n'avait tenté de lui dire quelque chose par rapport 
à D______ et elle n'avait rien remarqué de particulier entre eux. 

D'habitude, A______ dormait la nuit mais il pouvait arriver que, si on entrait dans sa 
chambre, le bruit de la porte ou les soins prodigués à l'autre résident la réveillent. Il 
n'y avait pas besoin de la réveiller ou de procéder à des vérifications. Si elle était 

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réveillée, on lui demandait si elle avait besoin d'aller aux toilettes. Il n'y avait pas 
besoin de tamponner ni son corps, ni son matelas pour voir si c'était mouillé. 

I______ n'avait pas remarqué de changement de comportement chez A______ durant 
le camp, hormis ses fortes réactions lors d'un refus de lui donner du W______ et du 
changement de chambre. 

Lors de sa veille du 17 juillet 2018, I______ n'avait pas été surprise de trouver 
A______ réveillée à chacun de ses passages, dès lors qu'elle partageait la chambre 
avec une résidente bruyante et qu'il s'agissait de la première nuit au camp. Pour le 
24 juillet 2018, elle se référait à ce qui était mentionné dans le cahier, à savoir qu'elle 
dormait. 

Elle avait pris de nombreuses photos de A______ durant le séjour, dont celles à 
AN______ [VD] et à la plage de AH______ retrouvées dans le téléphone de 
D______. 

Elle ignorait qui avait rédigé les documents intitulés "A______" et "A______", qui 
devaient être antérieurs au camp. Après prise de connaissance de la mention 
"protection de nuit", elle a confirmé que ces documents n'étaient plus d'actualité. Ces 
documents étaient à disposition des moniteurs dans le dossier de la résidente de 
couleur verte placé dans une boîte en plastique. 

v. M______ 

q. M______ ne se souvenait pas d'un épisode particulier lors duquel A______ aurait 
essayé de dire quelque chose qui n'aurait pas été compris, ce qui était fréquent. Pour 
un sujet important et vu son caractère têtu, A______ était en mesure de se faire 
comprendre. D'ailleurs, selon elle, compte tenu de son caractère, A______ aurait 
clairement fait savoir si elle n'avait pas voulu côtoyer AA______, avec lequel elle 
s'entendait alors bien, et D______ lors d'une activité. Elle a par ailleurs confirmé que 
A______ avait fait deux uniques crises durant le camp (W______ et changement de 
chambre).  

Elle avait eu l'impression que D______ comprenait ce qu'on lui disait, malgré la 
barrière de la langue. En fin de camp, il lui avait dit que A______ était belle.  

D______ avait eu une attitude exemplaire envers son résident. 

vi. K______ 

r. Selon K______, moniteur, A______ avait le sommeil très léger et se réveillait à 
chaque fois à cause de la lumière ou lorsqu'on ouvrait la porte. Si A______ dormait 
au passage des veilleurs, ils ne la réveillaient pas. Si elle était réveillée, ils lui 
demandaient si elle avait besoin d'aller aux toilettes. A______ n'avait pas besoin de 
protection et les moniteurs le savaient. Le liseré de couleur des couches avertissait 
d'une souillure. Outre l'odeur, la règle de base transmise et connue de tous était de 

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passer la main au niveau de la protection après avoir posé la question au résident. Il 
ne se souvenait pas d'avoir dit à D______ de tamponner discrètement les couches 
pour ce contrôle.  

Durant le camp, il communiquait avec D______ en français ; il ne comprenait donc 
pas pourquoi il avait un interprète (pour l'audience). Il lui était arrivé de discuter avec 
lui de leur vie privée ainsi que des filles. D______ lui avait confié qu'il trouvait la 
monitrice prénommée AO______ jolie. Il ne l'avait pas dit s'agissant de A______. 

C. a.a. Requise par la CPAR, la direction de la prison de AP______ lui a adressé un 
rapport le 8 janvier 2020 sur les conditions de détention de D______ durant son 
incarcération du 18 août 2018 au 17 septembre 2019. Il ressortait de son parcours 
cellulaire qu'il avait occupé des cellules offrant une surface individuelle de plus de 
4 m² à l'exception de 73 jours non consécutifs, à savoir :  

 du 18 au 21 août 2018 (quatre jours), puis du 23 au 27 août 2018 (cinq jours), puis 
du 3 au 6 septembre 2018 (quatre jours), dans la cellule 162, unité Nord, de type 
C3, occupée par six détenus, offrant 3.70 m² par détenu ; 

 du 7 septembre au 19 septembre 2018 (13 jours), puis du 26 septembre au 
10 octobre 2018 (15 jours), puis du 18 au 20 octobre 2018 (trois jours), dans la 
cellule 317, unité Sud, de type C3, occupée par six détenus offrant, 3.70 m² par 
détenu ; 

 les 24 et 25 octobres 2018 (deux jours), puis du 29 octobre au 14 novembre 2018 
(17 jours), puis du 17 novembre au 20 novembre 2018 (quatre jours), puis du 22 
au 27 novembre 2018 (six jours), dans la cellule 315 unité Sud, de type C3, 
occupée par six détenus, offrant 3.70 m² par détenu. 

Le détenu s'était inscrit le 4 septembre 2018 sur une liste d'attente pour obtenir un 
poste dans un atelier et avait effectivement travaillé en cuisine du 13 février au 17 
septembre 2019 à raison, une semaine sur deux, de trois heures par jour, 
respectivement de 5h45 par jour. Il avait eu accès à la grande salle de gymnastique 
depuis le 7 septembre 2018 jusqu'à sa libération, outre, sur cette même période, aux 
deux petites salles de gymnastique des unités Sud et Est. Il avait reçu 47 visites, non 
comptées celles de son conseil. 

a.b. A teneur de la procédure, les demandes d'autorisation de visite des 20 et 28 août, 
3, 4 et 7 septembre 2018 ont été refusées au prévenu par la direction de la procédure 
pour motif de collusion. 

c. Après avoir ordonné la procédure écrite en raison de la situation de pandémie 
COVID-19 et avoir pris connaissance des diverses écritures des parties, la CPAR a 
finalement fixé des débats, lesquels se sont tenus le 15 décembre 2020. 

d. Il ressort des écritures et des plaidoiries des parties ce qui suit : 

- 21/43 - 

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d.a. Le MP persiste dans ses conclusions.  

Seul l'événement décrit dans l'acte d'accusation du 4 juin 2019 pouvait être à l'origine 
des changements importants constatés chez la victime dès le mois d'août 2018. Les 
révélations de A______ avaient été rapides et son comportement, notamment son 
silence sur les attouchements durant le reste du camp, pouvait s'expliquer par les 
nombreuses barrières (déni, honte, etc.) qui pouvaient inciter les victimes de 
violences sexuelles à garder le silence parfois même durant plusieurs années après 
l'agression, ce qui était a fortiori valable dans la situation personnelle particulière de 
A______.  

Ses déclarations avaient été constantes, cohérentes et crédibles sur les éléments 
principaux de l'accusation, à savoir l'arrivée impromptue au milieu de la nuit, dans sa 
chambre, d'un individu de sexe masculin, qui l'avait agressée sexuellement. Les 
éventuelles variations ne concernaient que des détails dans le récit d'une victime qui, 
en l'espèce, devait être pris et interprété dans sa globalité. A______ avait "raconté" 
cette même histoire tant à son référent F______ qu'à la police, puis devant ses juges. 
Elle avait aussi désigné toute une série de pictogrammes importants de manière 
constante devant la police et le TCO. Il fallait tenir compte de ce moyen d'expression 
spécifique qui était le sien et des divers interlocuteurs aux fins d'obtenir un récit 
compréhensible, à quoi s'était ajouté l'écoulement du temps. Il était également 
nécessaire de ne pas faire preuve d'une rigueur excessive concernant les variations 
retenues par les premiers juges entre le document rédigé par F______ et les 
pictogrammes finalement désignés par la victime à la police et durant les débats. Le 
TCO était passé outre le contenu du certificat médical de la psychologue Q______, 
pourtant clair. 

D______ s'était régulièrement contredit et/ou avait varié dans ses explications. Il 
savait que A______ était continente et capable d'indiquer si elle avait besoin d'aller 
aux toilettes. Il en avait été spécifiquement informé, à l'instar des autres moniteurs, et 
cela figurait dans des cahiers. Tandis que chaque témoin était resté mesuré à l'égard 
de D______, aucune déposition n'allait dans le sens de la thèse avancée par ce 
dernier.  

L'appréciation objective de l'ensemble des éléments de preuves convergeait vers la 
véracité du récit de A______ et ne laissait subsister aucun doute sérieux et 
insurmontable quant à la nature du geste à caractère sexuel commis par le prévenu. 

La faute de D______ était lourde. Il s'en était pris à la libre détermination en matière 
sexuelle, ainsi qu'à la dignité et à la liberté de A______. Son mobile, consistant à 
assouvir une pulsion sexuelle, était égoïste et particulièrement méprisable. Sa 
situation personnelle, familiale et administrative n'expliquait pas un tel 
comportement. Sa collaboration avait été médiocre, tant il n'avait eu de cesse de nier 
les faits, y compris devant l'autorité d'appel, et s'était adapté aux faits de la cause. Sa 
prise de conscience était, partant, inexistante. Sa responsabilité était pleine et entière. 

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D______ ne pouvait être mis au bénéfice de la clause de rigueur. Il n'avait jamais eu 
d'emploi stable et la durée de son séjour en Suisse était courte. Son jeune âge et la 
présence d'une bonne partie de sa famille dans son pays d'origine n'étaient pas de 
nature à l'exposer à une situation personnelle grave suite à un renvoi. 

d.b. A______ sollicite à titre préjudiciel l'audition du témoin F______ et persistent 
dans ses conclusions. 

Une nouvelle audition du témoin F______ s'imposait pour que la CPAR se forge sa 
propre opinion, notamment s'agissant de la manière dont le compte-rendu du 13 août 
2018 avait été établi et sur la question de savoir si D______ avait introduit ses doigts 
dans son vagin ou non. Contrairement à ce qu'avait considéré le TCO, F______ ne 
s'était pas contredit. Tout au plus y avait-il eu une erreur de langage quant au terme 
"doigter". F______ n'était pas de langue maternelle française et ne savait pas ce que 
cela signifiait. Il voulait dire que les doigts de l'auteur avaient touché le vagin de 
A______. Son témoignage ne pouvait être écarté, ce d'autant qu'il permettait de 
comprendre ce qui s'était passé et donnait du crédit aux révélations de A______.  

Elle avait dû surmonter des obstacles encore plus importants qu'une victime qui ne 
souffrait pas de son handicap pour révéler ce qu'elle avait subi. Communiquant à 
l'aide d'un cahier de pictogrammes, il lui était compliqué de s'exprimer de manière 
précise et ses interlocuteurs pouvaient éprouver des difficultés à saisir la portée de 
ses phrases. Le processus de dévoilement et son changement de comportement à son 
retour du camp témoignaient de la crédibilité de son discours, constant. Elle n'avait 
subi aucune influence de la famille, du corps hospitalier ou de son éducateur référant 
F______. Elle ne connaissait aucunement le prévenu avant le camp et n'avait aucun 
intérêt, ni bénéfice secondaire à retirer en l'accusant d'avoir procédé à des 
attouchements sur elle, D______ ayant par ailleurs confirmé qu'il n'avait eu aucun 
litige avec elle. Elle avait évoqué tant à la police qu'en première instance les mêmes 
zones touchées, celles-là mêmes figurant dans le compte-rendu de F______. 
L'absence d'indication spontanée de certains éléments ne signifiait pas qu'ils étaient 
inexistants. Elle avait réussi à être au contraire très précise et pondérée dans le 
déroulement des faits. Les conséquences psychologiques attestaient également de la 
véracité de ce qu'elle avait vécu, ce d'autant plus qu'elles avaient perduré dans le 
temps. F______ avait parlé d'une période de traumatisme, tandis que la psychologue 
Q______ avait diagnostiqué un stress post-traumatique se manifestant par des 
réactions comportementales. Ses parents avaient constaté la persistance de certains 
symptômes. 

Les déclarations de D______ n'étaient pas crédibles. Il ressortait de la procédure qu'il 
avait eu l'opportunité de se retrouver seul avec elle et qu'il s'était bien introduit dans 
sa chambre, hors ronde, pour procéder à des attouchements. Si, comme soutenu par 
le prévenu, elle s'était trouvée allongée sur le côté en position fœtale, il aurait 
immédiatement pu constater qu'elle ne portait pas de couche. Elle s'était en outre 
plainte non pas d'un seul geste, mais de plusieurs sur sa bouche, sa poitrine, son 

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ventre, ses fesses et ses pieds. D______ avait enfin déclaré à l'expert avoir touché 
l'entrejambe de A______, alors qu'il avait indiqué en première instance lui avoir 
touché les fesses. L'absence de déviance sexuelle ou de troubles psychologiques 
n'excluait nullement la commission des infractions reprochées, pas plus que le fait 
que le prévenu ait donné satisfaction dans le cadre de ses précédents stages. 

A______ produit une note d'honoraires d'un montant de CHF 9'800.-, TVA 
comprise, pour l'activité déployée par Me AQ______ entre le 18 septembre 2019 et le 
20 avril 2020. 

d.c. D______ s'oppose à une nouvelle audition de F______, non sollicitée en 
première instance, dans la mesure où les parties plaignantes avaient pu lui poser leurs 
questions à l'occasion de son audition au MP. Il avait en outre clairement affirmé ne 
pas être capable de dire si l'agresseur avait effleuré ou introduit ses doigts dans le 
vagin de A______ et ne pas se souvenir s'il avait posé la question à cette dernière. Si 
F______ venait à être réentendu, il ne pourrait ainsi pas fournir d'éléments 
supplémentaires.  

Il persiste dans ses conclusions et amplifie le montant requis à titre de réparation du 
tort moral à CHF 79'600.-. 

Il avait subi des conditions de détention difficiles en passant 99 jours dans une 
cellule triple, dont 73 jours avec un espace personnel de 3,70 m2. Il avait notamment 
occupé une cellule de l'aile Est dépourvue d'arrivée d'air frais de l'extérieur et dans 
laquelle l'aération était défectueuse, l'obligeant à endurer l'air vicié et lui provoquant 
des difficultés respiratoires et maux de ventre. A cela s'ajoutait qu'il n'avait pas pu 
recevoir la visite de proches durant plus d'un mois après son incarcération. Il avait 
également développé des problèmes d'angoisse et de dépression nécessitant un suivi 
par une psychologue de l'unité de psychiatrie pénitentiaire. Les premiers juges 
avaient mésusé de leur pouvoir d'appréciation en limitant à CHF 150.- l'indemnité 
journalière pour détention injustifiée, en tenant compte seulement de la durée de la 
détention. Son cas présentait d'autres facteurs aggravant son tort moral, tels que son 
très jeune âge, les graves accusations, son arrestation, les conditions de sa détention 
et leur impact sur sa santé physique et psychique, les conséquences de la procédure 
pénale sur son avenir professionnel ainsi que les séquelles psychiques éprouvées 
après sa libération. Au vu de ces circonstances, il convenait d'octroyer le montant 
habituel retenu par le Tribunal fédéral de CHF 200.- par jour de détention injustifiée. 

Les déclarations de A______ à F______, à la police et au TCO présentaient des 
différences importantes, irréconciliables avec le principe de la présomption 
d'innocence. F______ avait posé des questions fermées à A______ et interprété ses 
réponses. Entendue de manière libre et non orientée devant la police, elle n'avait plus 
raconté que son agresseur lui avait mis la main sur la bouche en lui disant "chut", 
qu'il lui avait intimé de ne pas en parler à sa référente, qu'il était amoureux d'elle. 
Mais surtout, elle n'avait pas dit qu'elle avait été touchée sur le ventre et les fesses et 

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que l'agresseur avait introduit les doigts dans son vagin mais avait utilisé le terme 
"taper". Lors de l'audience de jugement elle avait encore varié dans ses déclarations 
en ne mentionnant plus les attouchements sur sa poitrine, en ne désignant pas le 
pictogramme "vagin" et en affirmant que le terme "taper" ne lui disait rien. Or, 
l'écoulement du temps ne pouvait pas expliquer ces inconstances, l'audition EVIG 
ayant eu lieu trois semaines seulement après la rédaction du compte rendu par 
F______ et l'audience de jugement moins d'un an après. Les éléments récurrents de 
son récit, soit la date des faits ou le fait que l'agresseur ne parlait pas bien le français 
ne permettaient pas en eux-mêmes de retenir qu'une agression sexuelle s'était 
produite. Compte tenu de son handicap, il était difficile de traduire ce que A______ 
avait voulu exprimer mais il fallait avoir les mêmes exigences que pour une personne 
"normale" en terme de fiabilité des accusations. 

Sa version des faits n'était pas irréconciliable avec celle de H______. Il était 
plausible que la précitée et D______ fussent entrés ensemble dans la chambre, qu'elle 
se soit d'abord occupée de AB______, sans regarder ce qu'il faisait, et que, ne l'ayant 
pas vu effectuer le contrôle, elle se soit ensuite dirigée vers A______. Au moment où 
il était arrivé dans la chambre, il ne savait pas que A______ ne portait pas de couche. 
Cette ignorance était due à son manque d'expérience dans le domaine ainsi qu'à sa 
mauvaise maîtrise du français constatée dans sa fiche d'évaluation et attestée par le 
fait qu'il devait faire appel à un traducteur dans le cadre de la procédure. Cela était 
corroboré par la question qu'il avait posée à H______ lorsqu'il s'en était rendu 
compte, étant relevé que s'il n'avait lui-même pas effectué le contrôle dont il avait 
parlé et avait vu H______ procéder au sien, il n'aurait pas eu de raison de s'interroger 
à ce sujet. Il était par ailleurs impossible qu'il ait le temps de commettre les actes 
reprochés dans le laps de temps de 30 minutes évoqué par sa collègue, tout en devant 
nettoyer les sanitaires, ce d'autant qu'il aurait pris le risque d'être surpris par 
AB______ ou H______.  

Aucun encadrant n'avait constaté de changement de comportement chez A______ 
après le 21 juillet 2018. Elle avait continué à prendre part à des activités lors 
desquelles il était également présent alors qu'elle était en mesure de les choisir 
librement.  

L'hypothèse d'une vexation survenue chez A______ d'avoir été contrôlée alors 
qu'elle était continente pouvait être soulevée. Elle avait effectivement pu être surprise 
car elle ne le connaissait pas et parce qu'il effectuait un contrôle qui n'avait pas lieu 
d'être. 

D______ produit deux notes de frais relatives à l'activité déployée par Me AR______ 
entre le 29 avril et le 15 décembre 2020. Au total, il sollicite ainsi d'être indemnisé à 
hauteur de CHF 42'164.50, TVA comprise, pour ses frais de défense privée en 
procédure d'appel, soit 87 heures d'activité de chef d'étude au taux horaire de 
CHF 450.- comprenant 4 heures estimées pour l'audience d'appel. 

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D.  Me X______, défenseur d'office de D______, dépose un état de frais pour la 
procédure d'appel, comptabilisant au total, sous des libellés divers, 8 heures et 5 
minutes d'activité de chef d'étude et 26 heures et 10 minutes d'activité de stagiaire, 
dont le détail sera repris infra dans la mesure nécessaire à la taxation.  

 Il a été indemnisé à hauteur de plus de 30 heures d'activité en première instance.  

EN DROIT : 

 L'appel et l'appel joint sont recevables pour avoir été interjetés et motivés selon la 1.
forme et dans les délais prescrits (art. 398, 399 et 401 du code de procédure pénale 
suisse [CPP]). 

La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel (art. 404 
al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP). 

2. 2.1.1. Conformément aux art. 403 al. 4 et 331 al. 1 CPP, applicables par renvoi de 
l'art.  405 al. 1 CPP, la direction de la procédure de la juridiction d'appel statue sur 
les réquisitions de preuves présentées avec la déclaration d'appel ou lors de la 
préparation des débats, celles rejetées voire d'éventuelles réquisitions nouvelles 
pouvant encore être formulées devant la juridiction d'appel, à l'ouverture des débats, 
au titre de questions préjudicielles (art. 339 al. 2 et 3 cum art. 405 al. 1 CPP). 

 2.1.2. Selon l'art. 389 al. 1 CPP, la procédure de recours se fonde sur les preuves 
administrées pendant la procédure préliminaire et la procédure de première instance. 
L'art. 389 al. 3 CPP règle les preuves complémentaires. Ainsi, la juridiction de 
recours peut administrer, d'office ou à la demande d'une partie, les preuves 
complémentaires nécessaires au traitement du recours (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_78/2012 consid. 3.1 du 27 août 2012). Conformément à l'art. 139 al. 2 CPP, il n'y 
a pas lieu d'administrer des preuves sur des faits non pertinents, notoires, connus de 
l'autorité ou déjà suffisamment prouvés. 

 Cette disposition codifie, pour la procédure pénale, la règle jurisprudentielle déduite 
de l'art. 29 al. 2 Cst. en matière d'appréciation anticipée des preuves (arrêts du 
Tribunal fédéral 6B_259/2016, 266/2016 du 21 mars 2017 consid. 5.1.2 et les 
références ; 6B_476/2016 du 23 février 2017 consid. 2.1 ; 6B_136/2016 du 23 
janvier 2017 consid. 1.1.1). Le juge peut renoncer à l'administration de certaines 
preuves, notamment lorsque les faits dont les parties veulent rapporter l'authenticité 
ne sont pas importants pour la solution du litige. Le refus d'instruire ne viole ainsi le 
droit d'être entendu des parties que si l'appréciation anticipée de la pertinence du 
moyen de preuve offert, à laquelle le juge a procédé, est entachée d'arbitraire (ATF 
141 I 60 consid. 3.3 p. 64 et les références ; 136 I 229 consid. 5.3 p. 236 ; arrêts du 
Tribunal fédéral 6B_71/2016 du 5 avril 2017 consid. 2.1.3 ; 1B_112/2012 du 6 
décembre 2012 consid. 2.1). 

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 2.1.3. Conformément à l'art. 389 al. 2 CPP, l'administration des preuves du tribunal 
de première instance n'est répétée que si les dispositions en matière de preuves ont 
été enfreintes (let. a), l'administration des preuves était incomplète (let. b) ou les 
pièces relatives à l'administration des preuves ne semblent pas fiables (let. c). Par 
ailleurs, selon l'art. 343 al. 3 CPP, applicable aux débats d'appel par le renvoi de l'art. 
405 al. 1 CPP, le tribunal réitère l'administration des preuves qui, lors de la 
procédure préliminaire, ont été administrées en bonne et due forme lorsque la 
connaissance directe du moyen de preuve apparaît nécessaire au prononcé du 
jugement. Seules les preuves essentielles et décisives dont la force probante dépend 
de l'impression qu'elles donnent doivent être réitérées. Afin de déterminer quel 
moyen de preuve doit l'être, le juge dispose d'un pouvoir d'appréciation étendu (arrêts 
du Tribunal fédéral 6B_614/2012 du 15 février 2013 consid. 3.2.3 et 6B_484 2012 
du 11 décembre 2012 consid. 1.2). 

 2.2. En l'espèce, la conclusion des parties plaignantes visant à l'audition du témoin 
F______ doit être rejetée dans la mesure où, tel que la CPAR l'a formulé en fixant les 
débats (cf. avis d'audience du 3 décembre 2019) ainsi que lors de l'audience d'appel, 
elle estime être suffisamment renseignée s'agissant de la manière dont le compte-
rendu du 13 août 2018 a été établi sans que le témoignage direct de son auteur ne soit 
nécessaire. F______ a déjà indiqué au MP qu'il n'était pas en mesure d'expliquer si la 
main de D______ n'avait fait qu'effleurer, par-dessus ou sous son pyjama, ou avait 
pénétré les parties génitales de A______. Il est peu probable que plus de deux ans 
après les faits dénoncés par A______ ses souvenirs soient meilleurs qu'alors et qu'il 
puisse être davantage précis sur ce point. 

 La réquisition de preuve est partant rejetée. 

3. 3.1. Le principe in dubio pro reo, qui découle de la présomption d'innocence, 
garantie par l'art. 6 ch. 2 CEDH et, sur le plan interne, par les art. 32 al. 1 de la 
Constitution fédérale de la Confédération suisse [Cst.] et 10 al. 3 CPP, concerne tant 
le fardeau de la preuve que l'appréciation des preuves au sens large (ATF 144 IV 345 
consid. 2.2.3.1). En tant que règle sur le fardeau de la preuve, la présomption 
d'innocence signifie, au stade du jugement, que ce fardeau incombe à l'accusation et 
que le doute doit profiter au prévenu (arrêts du Tribunal fédéral 6B_519/2018 du 
29 août 2018 consid. 3.1 ; 6B_377/2018 du 22 août 2018 consid. 1.1).  

Comme règle d'appréciation des preuves, la présomption d'innocence signifie que le 
juge ne doit pas se déclarer convaincu de l'existence d'un fait défavorable à l'accusé 
si, d'un point de vue objectif, il existe des doutes quant à l'existence de ce fait. Il 
importe peu qu'il subsiste des doutes seulement abstraits et théoriques, qui sont 
toujours possibles, une certitude absolue ne pouvant être exigée. Il doit s'agir de 
doutes sérieux et irréductibles, c'est-à-dire de doutes qui s'imposent à l'esprit en 
fonction de la situation objective (ATF 138 V 74 consid. 7 p. 82 ; ATF 127 I 38 
consid. 2a p. 41 ; ATF 124 IV 86 consid. 2a p. 87 s.). 

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Les cas de "déclarations contre déclarations", dans lesquelles les déclarations de la 
victime en tant que principal élément à charge et les déclarations contradictoires de la 
personne accusée s'opposent, ne doivent pas nécessairement, sur la base du principe 
"in dubio pro reo", conduire à un acquittement (ATF 137 IV 122 consid. 3.3 p. 127).  

3.2. Au sens de l'art. 10 al. 2 CPP, le tribunal apprécie librement les preuves 
recueillies selon l'intime conviction qu'il retire de l'ensemble de la procédure. 

Les déclarations de la victime constituent un élément de preuve. Le juge doit, dans 
l'évaluation globale de l'ensemble des éléments probatoires rassemblés au dossier, les 
apprécier librement (arrêts du Tribunal fédéral 6B_1306/2017 du 17 mai 2018 
consid. 2.1.1 ; 6B_716/2010 du 15 novembre 2010 consid. 1.3). Confronté à des 
versions contradictoires, le tribunal forge sa conviction sur la base d'un ensemble 
d'éléments ou d'indices convergents. Les preuves doivent être examinées dans leur 
ensemble et l'état de fait déduit du rapprochement de divers éléments ou indices. Un 
ou plusieurs arguments corroboratifs peuvent demeurer fragiles si la solution retenue 
peut être justifiée de façon soutenable par un ou plusieurs arguments de nature à 
emporter la conviction (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9 ; arrêts du Tribunal fédéral 
6B_324/2017 du 8 mars 2018 consid. 1.1 ; 6B_1183/2016 du 24 août 2017 
consid. 1.1 ; 6B_445/2016 du 5 juillet 2017 consid. 5.1). 

3.3.1. Aux termes de l'art. 191 CP, est punissable celui qui, sachant qu'une personne 
est incapable de discernement ou de résistance, en aura profité pour commettre sur 
elle l'acte sexuel, un acte analogue ou un autre acte d'ordre sexuel.  

Un acte d'ordre sexuel est une activité corporelle sur soi-même ou sur autrui, qui tend 
à l'excitation ou à la jouissance sexuelle de l'un des participants au moins. Il s'agit 
d'une notion relative. Sont visés les actes clairement connotés sexuellement du point 
de vue d'un observateur extérieur, au vu de l'ensemble des circonstances, telles l'âge 
de la victime, sa différence d'âge avec l'auteur, la durée de l'acte et son intensité, ainsi 
que le lieu choisi par l'auteur (ATF 125 IV 58 consid. 3b p. 63 ; arrêt du Tribunal 
fédéral 6B_1122/2018 du 29 janvier 2019 consid. 3.2 et les références citées). 
Doctrine et jurisprudence qualifient d'acte d'ordre sexuel ou d'acte analogue à l'acte 
sexuel une caresse insistante du sexe, des fesses ou des seins, même par-dessus les 
habits, de même que celui que commet l'auteur lorsqu'il met son sexe en contact 
particulièrement étroit avec le corps de la victime et, inversement, lorsque le corps de 
celle-ci touche étroitement celui de l'auteur (ATF 118 II 410 ; 86 IV 177 = JdT 1961 
IV 13 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_103/2011 du 6 juin 2011 consid. 1.1 ; B. 
CORBOZ, Les infractions en droit suisse, vol. I, 3ème éd., Berne 2010, n. 11 ad art. 
187 CP). 

Sur le plan subjectif, l'art. 191 CP définit une infraction intentionnelle. La formule 
"sachant que" signifie que l'auteur a connaissance de l'incapacité de discernement ou 
de résistance de la victime. Agit donc intentionnellement celui qui s'accommode de 
l'éventualité que la victime ne puisse pas être, en raison de son état physique ou 

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psychique, en situation de s'opposer à une sollicitation d'ordre sexuel, mais lui fait 
subir malgré tout un acte d'ordre sexuel (arrêts du Tribunal fédéral 6B_1175/2015 du 
19 avril 2016 consid. 3.2).  

3.3.2. L'art. 180 al. 1 CP réprime le comportement de celui qui, par une menace 
grave, aura alarmé ou effrayé une personne. 

Sur le plan objectif, cette infraction suppose la réalisation de deux conditions. 
Premièrement, il faut que l'auteur ait émis une menace grave, soit une menace 
objectivement de nature à alarmer ou à effrayer la victime. On tient compte de la 
réaction qu'aurait une personne raisonnable, dotée d'une résistance psychologique 
plus ou moins normale, face à une situation identique (ATF 122 IV 97 consid. 2b p. 
100 ; ATF 99 IV 212 consid. 1a p. 215 ss ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_578/2016 du 
19 août 2016 consid. 2.1). L'exigence d'une menace grave doit conduire à exclure la 
punissabilité lorsque le préjudice évoqué apparaît objectivement d'une importance 
trop limitée pour justifier la répression pénale. En second lieu, il faut que la victime 
ait été effectivement alarmée ou effrayée, peu importe que les menaces lui aient été 
rapportées de manière indirecte par un tiers. Elle doit craindre que le préjudice 
annoncé se réalise. L'infraction est intentionnelle, le dol éventuel étant suffisant 
(arrêts du Tribunal fédéral 6B_578/2016 du 19 août 2016 consid. 2.1 ; 6B_871/2014 
du 24 août 2015 consid. 2.2.2). 

3.4.1. En l'espèce, la CPAR considère les éléments figurant supra au point B.1 pour 
établis sur la base des éléments de la procédure, tout comme le fait que l'appelant 
joint a fonctionné pour la première fois, à la satisfaction de ses collègues et de sa 
hiérarchie, comme moniteur (aux côtés de 17 autres) lors du camp organisé à 
Z______ [GE] entre les 17 et 31 juillet 2018 par l'association G______ pour des 
jeunes gens souffrant de handicap physique et cérébral, qu'il était le référent du 
résident AA______ tandis que I______ était la référente de A______ et que cette 
dernière a partagé la chambre avec la prénommée AB______ dans un premier temps, 
puis avec un autre résident. 

3.4.2. L'appelant joint a, tout comme les autres moniteurs, bénéficié des instructions 
et conseils donnés lors des séances des 2 juin 2018 et 16 juillet 2018, concernant 
notamment les soins à apporter spécifiquement à chacun des résidents au niveau de 
l'hygiène et de la toilette intime. Chaque moniteur a expliqué aux autres les 
spécificités de son propre résident, dont la question de l'autonomie pour aller aux 
toilettes. Les moniteurs avaient en outre à disposition, dans la grande salle du 
pavillon, un dossier complet concernant chacun des résidents, soit un classeur vert 
pour A______, comprenant en première page le tableau soleil comportant, sous la 
rubrique hygiène, la mention qu'elle ne porte pas de couche et utilise les toilettes. En 
tout état, les moniteurs pouvaient s'adresser à la responsable ou à la co-responsable 
pour toute question, en tout temps. 

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L'appelant joint a effectué deux veilles avec la monitrice H______ les 21 et 28 juillet 
2018, laquelle connaissait A______ pour avoir été sa référente lors d'un week-end en 
mai 2018. Les gardes consistaient en un passage une fois par heure du binôme dans 
les chambres des résidents pour leur prodiguer les soins nécessaires, en particulier le 
change de couches souillées. Les moniteurs inscrivaient dans un carnet de veille, à 
l'intention de leurs collègues, si les résidents avaient besoin de soins intimes durant la 
nuit. En tout état, les veilleurs devaient préalablement s'entretenir avec les moniteurs 
référents, ce qui a été le cas entre l'appelant joint et la témoin I______. Les veilleurs 
remplissaient au quotidien une fiche résumant la situation lors de leur ronde, 
notamment si tel ou tel résident était réveillé à leur passage. La veille impliquait 
aussi qu'ils effectuent le ménage des locaux.  

En dépit de ce qui précède et même si l'ensemble des moniteurs se sont accordés à 
dire que A______ ne portait pas de protection et que l'appelant joint devait le savoir, 
il ne peut être exclu avec certitude – s'agissant d'une appréciation personnelle du for 
intérieur de ce dernier – que l'appelant ait pu ne pas comprendre et/ou ne pas se 
souvenir que A______ était continente et qu'elle n'avait pas besoin de couches. Il 
était en effet totalement novice en matière de soins aux personnes handicapées ; il 
s'agissait de son premier camp, son niveau de français était faible et une quantité 
importante d'informations lui avait été donnée en un laps de temps restreint. Dans ces 
circonstances, il apparaît plausible qu'il se soit principalement concentré sur les 
informations relatives au résident dont il avait seul la charge et la responsabilité. De 
plus, s'agissant de rondes nocturnes impliquant le passage auprès de nombreux 
résidents, l'on ne saurait lui reprocher de n'avoir pas étudié le dossier de chacun, au 
préalable, pour être certain de se rappeler de leurs spécificités, ce d'autant qu'il 
fonctionnait avec une éducatrice plus expérimentée, à laquelle il pouvait se référer le 
cas échéant. Le fait qu'il ait dû questionner son binôme à propos de la manière de 
savoir si la partie plaignante avait besoin de se rendre aux toilettes appuie cette 
hypothèse, puisque l'on comprendrait difficilement son intérêt s'il avait au préalable 
totalement intégré cette caractéristique – au risque d'attirer l'attention sur ce point,  
eût-il été dans ses intentions de se livrer à des attouchements sur elle –. Face à un 
doute insurmontable c'est la version la plus favorable à l'appelant joint, soit qu'il ne 
savait pas/ne se souvenait pas que A______ ne portait pas de protection, qui devra 
être retenue. 

3.4.3. Dans l'acte d'accusation, il est reproché à l'appelant joint d'avoir, en profitant 
du fait que son binôme se trouvait affairée au nettoyage de la cuisine et durant 
plusieurs minutes, posé l'une de ses mains sur la poitrine de la partie plaignante sous 
son pyjama, d'avoir touché avec insistance son sein gauche, d'avoir ensuite fait des 
mouvements avec ses mains vers le bas du corps de cette dernière, toujours sous ses 
vêtements, touchant son ventre, puis ses parties génitales, d'avoir introduit ses doigts 
dans son vagin avant de poursuivre ses attouchements au niveau des fesses, toujours 
sous les vêtements de celle-ci, et d'avoir terminé par lui embrasser les pieds.  

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La parole de la partie plaignante a été recueillie et retranscrite à plusieurs reprises. Le 
premier rapport rédigé par son psychologue référent constitue le document 
comportant le plus d'éléments, dont certains n'ont toutefois pas été restitués lors de 
son audition EVIG, puis devant le TCO. Il est par ailleurs difficile de lui accorder un 
poids important, dans la mesure où le récit qui y figure correspond à une 
interprétation des propos de la partie plaignante, dont le point de départ, soit les 
pictogrammes désignés par celle-ci et/ou ses réactions, n'est pas mentionné et dont 
les auditions ultérieures ont montré le caractère subjectif important : le témoin 
F______ a ainsi admis que le terme "doigter" utilisé dans son rapport n'était pas 
adapté et qu'il ne savait en réalité pas dire si l'auteur avait introduit ou non ses doigts 
dans le vagin de la partie plaignante ; tout en indiquant que le rapport précité était 
exact, la partie plaignante a affirmé avoir été touchée "sur" les vêtements, ce qui est 
contradictoire et démontre que la méthode de communication, soit l'utilisation de 
questions fermées pour confirmer l'interprétation des pictogrammes, est faillible. 

Aucun élément au dossier ne démontre que le prévenu se serait retrouvé seul dans la 
chambre de la partie plaignante à un quelconque moment. D'une part, la description 
du déroulement de la soirée par la témoin H______, et notamment du fait qu'ils se 
sont séparés pour effectuer des tâches ménagères, n'est pas suffisante pour établir que 
l'appelant joint aurait pénétré dans la chambre de la partie plaignante sans elle. 
D'autre part, les déclarations de A______ ne sont pas claires à cet égard, puisqu'à la 
question de savoir si elle se souvenait si H______ avait été présente dans la chambre 
au moment des faits, elle a répondu "non", sans que l'on sache si cela signifie qu'elle 
ne s'en souvenait pas ou que tel n'avait pas été le cas. L'appelant joint a quant à lui 
déclaré de manière constante ne s'être jamais retrouvé seul dans la chambre de la 
partie plaignante. 

L'appelant joint a admis avoir "tamponné" la partie plaignante au niveau des fesses. 
H______ a quant à elle affirmé avoir elle-même procédé à tous les contrôles sur 
A______ et ne jamais avoir vu l'appelant joint agir de la sorte. Or, dans un contexte 
de veille de nuit, de fatigue et de pénombre, il ne peut être totalement exclu qu'elle 
ait pu ne pas voir l'appelant joint et s'apercevoir de son geste, ce d'autant qu'elle était 
occupée avec une autre résidente. A cela s'ajoute que la désignation par la partie 
plaignante du pictogramme "taper" pour décrire le geste de son agresseur corrobore 
le récit de l'appelant joint. Rien ne permet dès lors d'écarter la version de ce dernier, 
étant par ailleurs relevé que pour effectuer le contrôle, il a dû être amené à soulever 
la couverture de la partie plaignante et que l'on ne peut exclure qu'il ait pu lui toucher 
le sein gauche, ou autre, ce faisant, vu la position fœtale adoptée, sans que ses gestes 
n'aient pu revêtir un caractère intentionnel. 

Cela dit, il ne peut être nié que le geste de l'appelant joint pouvait avoir un caractère 
équivoque, ce dont il s'est lui-même rendu compte, mais rien ne permet de retenir 
une intention sexuelle de sa part. En effet, il ressort du dossier que les moniteurs 
n'étaient pas tous au courant du témoin de couleur présent sur les protections des 
résidents et avaient recours au toucher pour effectuer les contrôles.  

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Ainsi, il sera retenu qu'alors que l'appelant joint se trouvait dans la chambre de la 
partie plaignante avec H______, il a touché la partie plaignante par derrière au 
niveau de son entrejambe, par-dessus ses vêtements, sans que sa collègue ne le voie 
faire. S'agissant de l'aspect subjectif, dès lors qu'il est retenu qu'il ignorait que 
A______ était continente et pouvait demander à se rendre aux toilettes, il n'est pas 
possible de retenir avec certitude une volonté délictuelle au moment des faits.  

3.4.4. A l'instar des éléments qui précèdent, les menaces évoquées par la partie 
plaignante ne sont pas suffisamment étayées. Certes, a-t-elle désigné de manière 
constante les pictogrammes "silence" et "mourir" et a opiné, en réponse à une 
question fermée, que son agresseur l'avait menacée. Cela étant, rien ne permet, sans 
effectuer d'interprétation, de restituer avec précision les termes prétendument utilisés 
par son agresseur et, partant, d'affirmer sans doute possible qu'ils devaient être 
interprétés comme une menace. La sensation d'être menacé est en effet propre à 
chaque individu et dépend de sa sensibilité personnelle, de sorte que la partie 
plaignante, déjà effrayée par le fait d'avoir été touchée sur ses parties intimes, ce qui 
était une situation anormale pour elle, a pu interpréter de manière négative des 
termes ou gestes anodins, ou à tout le moins qui pouvaient être interprétés autrement 
que par une menace de mort.  

3.4.5. Les déclarations des parents de la partie plaignante s'agissant du comportement 
de celle-ci à son retour du camp sont crédibles et confirmées par l'attestation de sa 
psychothérapeute. Les séquelles psychologiques laissées par ces événements 
apparaissent ainsi bien réelles et confirment que la partie plaignante a vécu cet 
épisode comme une agression, sentiment certainement exacerbé par le fait qu'elle ne 
soit pas tout de suite parvenue à se faire comprendre de son entourage, mais pas qu'il 
s'est agi d'actes pénalement répréhensibles.  

3.4.6. En définitive, l'analyse de l'ensemble des éléments évoqués ci-avant laisse 
subsister un doute sérieux et insurmontable ne permettant pas, en vertu du principe in 
dubio pro reo, de retenir que le prévenu se soit rendu coupable d'acte d'ordre sexuel 
sur une personne incapable de discernement ou de résistance et de menaces.  

L'acquittement sera donc confirmé. 

4. 4.1. L'appelant fait valoir des prétentions en indemnisation en lien avec les 
conditions de sa détention avant jugement. 

4.1.1. L'art. 3 de la Convention européenne des droits de l'Homme [CEDH] prévoit 
que nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou 
dégradants. Les garanties offertes par cette norme en matière de détention ne sont pas 
plus étendues que celles contenues dans la Constitution fédérale (ATF 143 I 241 
consid. 3.4 p. 246 ; ATF 140 I 125 consid. 3.3 p. 133). En se référant à la 
Recommandation Rec (2006) 2 sur les Règles pénitentiaires européennes édictée par 
le Comité des ministres du Conseil de l'Europe le 11 janvier 2006 ainsi qu'au 

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Commentaire de ces règles émanant du Comité européen pour la prévention de la 
torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT), la jurisprudence 
a déduit de l'art. 3 CEDH ainsi que des autres normes protégeant la dignité humaine, 
en droit international et en droit interne, un certain nombre de critères permettant 
d'évaluer si les conditions concrètes de détention se situent en-deçà ou au-delà du 
seuil du traitement inhumain ou dégradant. 

Un traitement dénoncé comme contraire à l'art. 3 CEDH doit atteindre un niveau 
d'humiliation ou d'avilissement supérieur à ce qu'emporte habituellement la privation 
de liberté. La gravité de cette atteinte est jaugée au regard de l'ensemble des données 
de la cause, considérées globalement, notamment de la nature et du contexte du 
traitement ainsi que de sa durée (ATF 141 I 141 consid. 6.3.4 p. 147 ; ATF 139 I 272 
consid. 4 p. 278 ; ATF 123 I 221 consid. II/1c/cc p. 233). Celle-ci est susceptible de 
rendre incompatible avec la dignité humaine une situation qui ne le serait pas 
nécessairement sur une courte période (ATF 141 I 141 consid. 6.3.4 p. 146 s. ; arrêt 
du Tribunal fédéral 6B_352/2018 du 27 juillet 2018 consid. 6.2). Sans viser à 
l'exhaustivité, il s'agit d'apprécier, notamment, si le lieu de détention répond à des 
exigences minimales quant à l'hygiène (propreté ; accès aux installations de bains et 
de douche et aux sanitaires ; protection de l'intimité), à la literie, à la nourriture 
(régime alimentaire ; hygiène de la préparation et de la distribution ; accès à l'eau 
potable), à l'espace au sol, au volume d'air, à l'éclairage et à l'aération, en tenant 
compte notamment des conditions climatiques locales et des possibilités d'effectuer 
des exercices à l'air libre (arrêts du Tribunal fédéral 6B_71/2016 du 5 avril 2017 
consid. 5.2 ; 6B_688/2015 du 19 mai 2016 consid. 7.2). 

4.1.2. Concernant l'espace au sol à disposition de chaque détenu, il sied, dans la 
règle, de considérer comme standard minimum une surface disponible estimée à 4 m2 
par détenu dans un dortoir et à 6 m2 dans une cellule (individuelle) ; ces conditions 
d'hébergement doivent cependant être modulées en fonction des résultats d'analyses 
plus approfondies du système pénitentiaire ; le nombre d'heures passées en dehors de 
la cellule doit être pris en compte ; en tout état, ces chiffres ne doivent pas être 
considérés comme la norme (ATF 140 I 125 consid. 2 ; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_352/2018 du 27 juillet 2018 consid. 6.2). 

Le Tribunal fédéral – s'inspirant également de la jurisprudence de la Cour européenne 
des droits de l'homme (cf. ATF 140 I 125 consid. 3.4 p. 134 s.) – retient le critère de 
la surface individuelle inférieure à 4 m2 (en dernier lieu : arrêt du Tribunal fédéral 
1B_394/2016 du 25 avril 2017 consid. 2.2.1). Dans un arrêt de principe Mursic 
contre Croatie du 20 octobre 2016 (§ 110 à 115), la Grande Chambre de la Cour 
européenne des droits de l'homme s'est cependant écartée de cet ordre de grandeur de 
4 m2, déduit des normes établies par le CPT : désormais, la Cour retient qu'une 
surface de 3 m2 au sol par détenu constitue la norme minimale pertinente (arrêt du 
Tribunal fédéral 1B_325/2017 du 14 novembre 2017 consid. 3.3). 

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Une durée qui s'approche de trois mois consécutifs apparaît comme la limite au-delà 
de laquelle ces conditions de détention ne peuvent plus être tolérées. Ce délai ne peut 
cependant pas être compris comme un délai au sens strict du terme mais comme une 
durée indicative à prendre en compte dans le cadre de l'appréciation globale de toutes 
les conditions concrètes de détention (ATF 140 I 125 consid. 3.6.3 ; arrêts du 
Tribunal fédéral 1B_239/2015 du 29 septembre 2015 consid. 2.4 ; 1B_152/2015 du 
29 septembre 2015 consid. 2.4 ; 6B_14/2014 du 7 avril 2015 consid. 5.4.2.1 et 
5.4.2.2). 

De brèves interruptions d'un à trois jours/d'une ou deux nuits isolés lors desquelles 
un détenu bénéficie d'un espa