# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 8edf7937-b1a7-5c8a-a28f-80e64e7e09ca
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2004-11-30
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 30.11.2004 A/910/2004
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-910-2004_2004-11-30.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/910/2004-TPE ATA/928/2004  

ARRÊT 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 30 novembre 2004 

 

dans la cause 

 

S.I. V______  
représentée par Me François Canonica, avocat  

contre 

DEPARTEMENT DE L'AMENAGEMENT, DE L'EQUIPEMENT ET DU 
LOGEMENT 
 

 

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A/910/2004 

EN FAIT 

1.  Par lettre-signature du 25 mars 2004, adressée à la S.I. V______, p.a. 
Monsieur G______, rue Y______, 1207 Genève, le département de 
l'aménagement, de l'équipement et du logement (ci-après : le département) lui a 
ordonné, en application des articles 129 et suivants de la loi sur les constructions 
et les installations diverses du 14 avril 1988 (LCI - L 5 05), d’évacuer, dans un 
délai de trente jours, les véhicules entreposés et d’enlever le revêtement bitumeux 
réalisé sans droit sur la parcelle ______, feuille ______ de la commune de 
Vernier, à l’adresse, route Z______, 1214 Vernier. 

  Toutes mesures ou sanctions demeuraient réservées. 

  La décision indiquait qu’elle était susceptible de recours au Tribunal 
administratif dans un délai de trente jours, dès sa notification. 

2.  La S.I. V______ a saisi le Tribunal administratif d’un recours contre la 
décision précitée, par acte du 29 avril 2004. 

  Elle avait loué la surface initialement prévue pour la construction d’un 
parking et le locataire avait lui-même sous-loué cette surface à un vendeur de 
voitures ainsi qu’à un carrossier. Elle n’avait donc pas à être sanctionnée pour le 
comportement adopté par autrui. 

  Elle a conclu à l’annulation de la décision querellée et, vu la brièveté du 
délai, elle a sollicité le droit de compléter ses écritures. 

3.  Le département s’est déterminé le 30 juin 2004. Il a conclu au rejet du 
recours, la S.I. V______ étant perturbateur par situation. 

4.  A la demande du Tribunal administratif, le département a justifié de la date 
de la notification de la décision querellée en produisant un extrait de l’information 
d’acheminement de l’entreprise La Poste, duquel il résulte que la décision a été 
remise à son destinataire le 29 mars 2004.  

5.  Les renseignements ci-dessus ont été transmis à la S.I. V______ et un délai 
au 30 juillet 2004 a été imparti pour ses observations. 

  Cette injonction étant restée lettre morte, un nouveau délai a été imparti à la 
S.I. V______ au 30 août 2004. 

  Par lettre-signature du 11 octobre 2004, le Tribunal administratif a imparti à 
la S.I. V______ un ultime délai au 30 octobre 2004, en précisant que passé cette 
date, le tribunal garderait la cause à juger sur la base des pièces en sa possession. 

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A/910/2004 

  A ce jour, la S.I. V______ ne s’est manifesté en aucune manière. 

EN DROIT 

1.  Interjeté devant la juridiction compétente, le recours est recevable (art. 56A 
de la loi sur l'organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - LOJ - E 2 05). 

  Selon l’article 63 alinéa 1 lettre a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 (LPA - E 5 10), le délai de recours est de trente jours s’il s’agit 
d’une décision finale ou d’une décision en matière de compétence. 

2. a. Les délais de réclamation et de recours fixés par la loi sont des dispositions 
impératives de droit public. Ils ne sont, en principe, pas susceptibles d'être 
prolongés (art. 16 al. 1 1ère phrase LPA), restitués ou suspendus, si ce n'est par le 
législateur lui-même (SJ 1989 p. 418). Ainsi, celui qui n'agit pas dans le délai 
prescrit est forclos et la décision en cause acquiert force obligatoire (SJ 2000 I 22 
et références citées). 

 b. Les cas de force majeure restent réservés (art. 16 al. 1 2ème phrase LPA). A 
cet égard, il y a lieu de préciser que tombent sous cette notion les événements 
extraordinaires et imprévisibles qui surviennent en dehors de la sphère d'activité 
de l'intéressé et qui s'imposent à lui de l'extérieur de façon irrésistible (SJ précitée) 

3.  Les délais commencent à courir le lendemain de leur communication ou de 
l'événement qui les déclenche (art. 17 al. 1 LPA). Par ailleurs, lorsque le dernier 
jour du délai est un samedi, un dimanche ou un jour légalement férié, le délai 
expire le premier jour utile (art. 17 al. 3 LPA). Les délais sont réputés observés 
lorsque l’acte de recours est parvenu à l’autorité ou a été remis à son adresse à un 
bureau de poste suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse 
au plus tard le dernier jour du délai avant minuit (art. 17 al. 4 LPA). 

  La preuve de l’observation du délai, soit donc de l’expédition ou de la 
réception de l’acte en temps utile, incombe à la partie recourante (ATA/418/1997 
du 1er juillet 1997). 

4.  En l’espèce, il est établi par pièce que la décision querellée a été distribuée à 
la recourante le 29 mars 2004. Le délai de recours de trente jours a commencé à 
courir le 30 mars 2004 pour venir à échéance le mercredi 28 avril 2004. 

  En postant son recours le 29 avril 2004, la recourante a agi tardivement, soit 
au-delà du délai de trente jours précité. Elle n’allègue au demeurant aucun cas de 
force majeure l’ayant empêchée d’agir en temps utile. 

5.  Dès lors, son recours sera déclaré irrecevable. 

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A/910/2004 

6.  Vu l’issue du litige, un émolument de CHF 500.- sera mis à la charge de la 
recourante, qui succombe (art. 87 LPA). 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

déclare irrecevable le recours interjeté le 29 avril 2004 par la SI V______ contre la 
décision du département de l'aménagement, de l'équipement et du logement du 25 mars 
2004; 

met à la charge de la recourante un émolument de CHF 500.-; 

communique le présent arrêt à Me François Canonica, avocat de la recourante ainsi 
qu'au département de l'aménagement, de l'équipement et du logement. 

Siégeants : M. Paychère, président, Mmes Bovy, Hurni, M. Thélin, Mme Junod, juges. 

Au nom du Tribunal administratif : 

la greffière-juriste adj.  
 
 

M. Tonossi 

 le président : 
 
 

F. Paychère 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 

 la greffière :