# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 8a6ababf-f923-54b3-bdf4-dbd0072d8900
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-01-25
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Zivilappellationshöfe 25.01.2023 101 2022 441
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_001_101-2022-441_2023-01-25.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00

www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

101 2022 441 & 442

Arrêt du 25 janvier 2023
Ie Cour d’appel civil

Composition Président : Jérôme Delabays
Juges : Sandra Wohlhauser, Laurent Schneuwly
Greffier-rapporteur : Ludovic Farine

Parties A.________, défendeur et appelant, représenté par Me Liza 
Sant'Ana Lima, avocate

contre

B.________, requérante et intimée, représentée par Me João Lopes, 
avocat

Objet Mesures protectrices de l'union conjugale (autorité parentale, garde et 
entretien des enfants mineurs), divorce prononcé à l'étranger et 
compétence selon la CLaH96 et la Convention de Lugano, droit d'être 
entendu

Appel du 21 novembre 2022 contre la décision de la Présidente du 
Tribunal civil du Lac du 10 novembre 2022

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considérant en fait

A. A.________ et B.________, ressortissants portugais, nés respectivement en 1979 et 1977, se 
sont mariés en 2001 au Portugal. Trois enfants sont issus de leur union : C.________, née en 2002 
et aujourd'hui majeure, D.________, née en 2009, et E.________, né en 2012.

Depuis plusieurs années, les époux vivaient en Suisse, tandis que les enfants mineurs habitaient au 
Portugal auprès de leurs grands-parents. Le 26 juillet 2021, durant des vacances au Portugal, 
A.________ a introduit une procédure de divorce à l'encontre de son épouse. Le 16 août 2021, 
B.________ est rentrée en Suisse avec D.________ et E.________. Le père est revenu en Suisse 
ultérieurement.

Le 22 septembre 2021, B.________ a déposé une requête de mesures protectrices de l'union 
conjugale devant la Présidente du Tribunal civil du Lac (ci-après : la Présidente). Dans sa réponse 
du 15 octobre 2021, A.________ a conclu à ce que cette requête soit déclarée irrecevable, au motif 
de l'existence d'une procédure de divorce au Portugal, et à ce que, statuant sur mesures provisoires 
au sens de l'art. 10 de la loi du 18 décembre 1987 sur le droit international privé (LDIP ; RS 291), la 
Présidente constate que le déplacement des enfants mineurs est illicite et ordonne leur retour au 
Portugal. Le 27 octobre 2021, l'épouse a conclu à ce que sa requête de mesures protectrices soit 
déclarée recevable et à ce que celle de mesures provisionnelles déposée par son mari soit déclarée 
irrecevable.

Chacun assisté de son mandataire, les époux ont comparu à l'audience du 2 novembre 2021, au 
cours de laquelle seule leur conciliation a été tentée sans qu'ils ne soient interrogés. La Présidente 
a ensuite indiqué qu'elle statuerait sur la recevabilité des requêtes des parties.

Par courrier du 4 novembre 2022, B.________ a informé la Présidente qu’aucune procédure n’était 
pendante par-devant la Commission de protection des enfants et des jeunes de F.________, au 
Portugal, s’agissant des enfants D.________ et E.________. Il ne résulte pas du dossier qu'une 
copie de ce courrier aurait été transmise à la mandataire du mari.

L'époux est parti s'établir au Portugal en janvier 2022.

Le 28 juin 2022, A.________ a produit une copie du jugement de divorce prononcé le 13 juin 2022 
par le Tribunal de G.________, au Portugal. Cette décision ne statue pas sur les effets accessoires 
du divorce.

Par décision du 10 novembre 2022, après avoir constaté que le divorce des époux a été prononcé 
le 13 juin 2022 par le Tribunal de G.________, la Présidente a partiellement admis la requête de 
mesures protectrices de l'union conjugale du 22 septembre 2021 et déclaré irrecevable la requête 
de mesures provisionnelles du mari du 15 octobre 2021. Sur le fond, sous réserve d’une décision 
de l’autorité compétente pour connaître du déplacement illicite des enfants, elle a attribué l'autorité 
parentale et la garde sur les enfants à leur mère, réservé le droit de visite du père et fixé les 
contributions d'entretien dues par celui-ci pour ses enfants, chaque partie supportant ses propres 
dépens et la moitié des frais judiciaires, sous réserve de l'assistance judiciaire.

B. Le 21 novembre 2022, A.________ a interjeté appel contre la décision du 10 novembre 2022 
et sollicité l'effet suspensif. Il conclut, sous suite de frais, principalement à ce qu'il soit constaté que 
la première juge a violé la garantie du délai raisonnable et son droit d'être entendu, à ce que la 
décision attaquée soit annulée et à ce que le retour des enfants D.________ et E.________ au 
Portugal soit ordonné, et subsidiairement à ce qu'il soit constaté que la Présidente n'est pas 

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compétente pour se prononcer sur la requête de son épouse, à ce que la décision attaquée soit 
annulée et à ce que le retour des enfants D.________ et E.________ au Portugal soit ordonné. Pour 
le cas où la décision ne serait pas annulée, il prend des conclusions plus subsidiaires sur le fond, 
tendant notamment à l'attribution de la garde à lui-même, et des conclusions encore plus 
subsidiaires par lesquelles il sollicite le renvoi de la cause à la première juge pour nouvelle décision, 
après audition des enfants et éventuelle expertise familiale.

Dans sa réponse du 16 janvier 2023, B.________ conclut, sous suite de frais, au rejet de l'appel et 
de la requête d'effet suspensif. En outre, elle a sollicité l'assistance judiciaire, qui lui a été octroyée 
par arrêt du 19 janvier 2023.

en droit

1.
1.1. L'appel est recevable notamment contre les décisions finales de première instance, pour 
autant que, dans les affaires patrimoniales, la valeur litigieuse au dernier état des conclusions soit 
supérieure à CHF 10'000.- (art. 308 al. 1 let. a et al. 2 CPC). Le délai d'appel en procédure sommaire 
– qui régit notamment les mesures protectrices de l'union conjugale (art. 271 CPC) – est de 10 jours 
(art. 314 al. 1 CPC).

En l’espèce, la décision attaquée a été notifiée à la mandataire de l'appelant le 11 novembre 2022 
(DO/35.1). Déposé le 21 novembre 2022, l'appel a dès lors été interjeté en temps utile. Le mémoire 
est, de plus, dûment motivé et doté de conclusions. En outre, l’appel concerne notamment 
l’attribution de la garde sur les enfants mineurs, soit une question qui n'a pas de valeur patrimoniale 
appréciable en argent (arrêt TF 5A_218/2014 du 25 juin 2014 consid. 1.1), quand bien même elle a 
néanmoins un aspect financier. Il s'ensuit la recevabilité de l'appel.

1.2. La procédure sommaire (art. 252 ss CPC) s'applique aux causes de mesures protectrices de 
l'union conjugale (art. 271 CPC), le tribunal établissant toutefois les faits d'office (maxime inquisitoire, 
art. 272 et 296 al. 1 CPC) et, s'agissant de questions relatives à des enfants mineurs, n'étant pas lié 
par les conclusions des parties (maxime d'office, art. 296 al. 3 CPC). Par ailleurs, si la Cour applique 
le droit d'office (art. 57 CPC), elle doit en principe, hormis pour les cas de vices manifestes, se limiter 
à statuer sur les critiques formulées dans la motivation écrite de l'appel (ATF 142 III 413 
consid. 2.2.4).

1.3. La cognition de la Cour d'appel est pleine et entière, en fait comme en droit (art. 310 CPC).

1.4. Selon l'art. 316 al. 1 CPC, la Cour d'appel peut ordonner des débats ou statuer sur pièces. 
En l'espèce, vu que toutes les pièces utiles au traitement de l'appel figurent au dossier, il n'est pas 
nécessaire d'assigner les parties à une audience.

2.
Dans un premier grief, l'appelant reproche à la première juge d'avoir admis sa compétence pour 
statuer sur la requête de mesures protectrices de l'union conjugale déposée par son épouse et 
d'avoir violé la garantie d'un délai raisonnable pour rendre sa décision.

2.1. Il fait d'abord valoir que, dans la mesure où une procédure de divorce était pendante au 
Portugal lors de l'introduction de la requête le 22 septembre 2021, la première juge n'était 
compétente, conformément à l'art. 10 let. b LDIP, que pour prononcer des mesures provisoires, à 

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condition que celles-ci soient urgentes et nécessaires (arrêt TF 5A_910/2017 consid. 4.2). Or, en 
rendant son prononcé plus d'une année après le début de la litispendance, elle a implicitement 
confirmé qu'aucune des mesures requises par l'épouse n'était urgente, ce qui justifie d'annuler la 
décision attaquée (appel, p. 18-19). Par ailleurs, ce délai excessif pour statuer sur la requête 
constitue selon lui une violation du délai raisonnable prévu par l'art. 29 al. 1 Cst. féd. (appel, p.  16 -
 17).

On doit lui opposer que, d'après ce qu'il allègue lui-même, le divorce des parties a désormais été 
prononcé, par jugement du Tribunal de G.________ du 13 juin 2022, avant que la première juge ne 
statue par décision du 10 novembre 2022. Or, selon la jurisprudence (arrêt TF 5A_214/2016 du 
26  août 2016 consid. 5.1), "[l]orsqu'une partie se prévaut d'un jugement de divorce étranger dans 
le cadre d'une procédure de mesures protectrices de l'union conjugale introduite en Suisse où elle 
est domiciliée, le juge suisse demeure compétent (art. 46 LDIP) pour rendre des mesures 
protectrices de l'union conjugale (…) tant que le jugement invoqué n'a pas été reconnu en Suisse 
selon la procédure applicable". En l'espèce, l'appelant, qui était domicilié dans notre pays lors de la 
litispendance, ne prétend pas avoir entrepris une quelconque démarche pour faire reconnaître en 
Suisse – c'est-à-dire transcrire dans les registres de l'état civil (arrêt TF 5A_214/2016 du 26 août 
2016 consid. 5.2) – le jugement de divorce prononcé au Portugal. C'est dès lors à juste titre que la 
Présidente a admis sa compétence pour connaître de la présente cause malgré l'existence d'une 
procédure de divorce au Portugal, ce d'autant que le tribunal portugais n'a pas du tout statué sur les 
effets accessoires du divorce, en particulier s'agissant des enfants D.________ et E.________.

Quant au grief tiré de la durée excessive de la procédure, l'on ne voit pas à quel titre cet élément 
pourrait entraîner l'annulation de la décision attaquée, et l'appelant ne l'explique pas. Au demeurant, 
il ne résulte pas du dossier que celui-ci aurait relancé la première juge ou se serait plaint de l'absence 
de décision, ou qu'il aurait usé de la possibilité de déposer un recours pour retard injustifié s'il 
l'estimait nécessaire (art. 319 let. c CPC).

2.2.
2.2.1. L'appelant soutient aussi que la première juge n'était pas compétente pour traiter les 
conclusions relatives aux enfants mineurs (autorité parentale, garde, droit de visite, contributions 
d'entretien), dans la mesure où ceux-ci avaient leur résidence habituelle au Portugal avant que leur 
mère ne les déplace de manière illicite en Suisse le 16 août 2021 (appel, p. 20-22).

2.2.2 En matière de protection des enfants, l'art. 85 al. 1 LDIP dispose que la compétence des 
autorités judiciaires suisses est régie par la Convention de la Haye du 19 octobre 1996 concernant 
la compétence, la loi applicable, la reconnaissance, l’exécution et la coopération en matière de 
responsabilité parentale et de mesures de protection des enfants (CLaH96 ; RS 0.211.231.011), 
ratifiée à la fois par la Suisse et le Portugal. Cette convention concerne notamment l’attribution, 
l’exercice et le retrait total ou partiel de la responsabilité parentale (art. 3 let. a CLaH96) ainsi que le 
droit de garde, comprenant notamment celui de décider du lieu de résidence de l'enfant, et le droit 
de visite (art. 3 let. b CLaH96). Aux termes de l'art. 5 al. 1 CLaH96, les autorités de l’État contractant 
de la résidence habituelle de l’enfant sont en principe compétentes pour prendre des mesures. 
Cependant, l'art. 7 al. 1 CLaH96 prévoit qu'en cas de déplacement ou de non-retour illicite de 
l’enfant, les autorités de l’État contractant dans lequel l’enfant avait sa résidence habituelle 
immédiatement avant son déplacement ou son non-retour conservent leur compétence jusqu’au 
moment où l’enfant a acquis une résidence habituelle dans un autre État et que, soit la personne 
ayant le droit de garde a acquiescé au déplacement (let. a), soit l’enfant a résidé dans cet autre État 
pour une période d’au moins un an après que cette personne a connu ou aurait dû connaître le lieu 
où se trouvait l’enfant, aucune demande de retour présentée pendant cette période n’est encore en 
cours d’examen et l’enfant s’est intégré dans son nouveau milieu (let. b).

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S'agissant de l'obligation alimentaire en faveur des enfants mineurs, la Convention de Lugano du 
30 octobre 2007 concernant la compétence judiciaire, la reconnaissance et l’exécution des décisions 
en matière civile et commerciale (Convention de Lugano, CL ; RS 0.275.12), ratifiée tant par la 
Suisse que le Portugal, s'applique en lieu et place de l'art. 79 LDIP (CR LDIP / CL – BUCHER, 2011, 
art. 79 n. 3). Aux termes de l'art. 5 ch. 2, est compétent le tribunal le tribunal du lieu où le créancier 
d’aliments a son domicile ou sa résidence habituelle (let. a) ou, en cas de demande accessoire à 
une action relative à la responsabilité parentale, le tribunal compétent pour connaître de cette 
demande (let. c). 

2.2.3. En l'espèce, il est établi que, lors du dépôt de la requête de mesures protectrices de l'union 
conjugale, les deux époux étaient domiciliés en Suisse, tandis que les enfants D.________ et 
E.________ y avaient leur résidence habituelle. Certes, ceux-ci semblent avoir auparavant séjourné 
au Portugal, auprès de leurs grands-parents paternels, dans le cadre d'un placement informel 
convenu par le père et la mère. Il est cependant douteux que ce séjour ait été constitutif d'un domicile 
au Portugal : selon l'art. 25 al. 1 CC, l'enfant sous autorité parentale partage le domicile de ses père 
et mère, qui en 2021 se trouvait en Suisse. Même à retenir que le séjour des enfants au Portugal ait 
créé une résidence habituelle dans ce pays (art. 20 al. 1 let. b LDIP), il n'apparaît pas qu'en 
ramenant, au terme des vacances d'été 2021, ses enfants avec elle en Suisse, où tant elle-même 
que l'appelant étaient domiciliés, l'intimée les aurait déplacés de manière illicite au sens de l'art. 7 
al. 1 CLaH96. Elle les a bien plutôt fait venir dans le pays de résidence et de domicile communs des 
deux parents, et ce n'est que par la suite, en janvier 2022, que l'appelant a décidé de repartir s'établir 
dans son pays d'origine. Admettre le contraire reviendrait à considérer qu'alors que les parents 
étaient tous deux domiciliés en Suisse et que les enfants les avaient rejoints, les autorités 
portugaises auraient seules été compétentes pour connaître d'une demande concernant les enfants, 
ce qui serait illogique et impraticable. 

Au vu de ce qui précède, il faut retenir que, lors de l'introduction de la procédure, les enfants avaient 
leur résidence habituelle en Suisse et que cette résidence n'avait pas été créée suite à un 
déplacement illicite. Par conséquent, c'est à juste titre que la première juge s'est considérée comme 
compétente pour traiter les conclusions relatives aux enfants mineurs et il est sans incidence que, 
comme le soulève l'appelant, la procédure ait duré plus d'une année : ce n'est pas l'écoulement du 
temps qui a fondé une compétence en Suisse, mais le fait que les enfants aient été réunis avec leurs 
parents dans le pays de domicile de ceux-ci. 

2.3. L'appelant conclut encore à ce que le Tribunal cantonal constate le déplacement illicite des 
enfants et ordonne leur retour au Portugal, conformément à l'art. 3 de la Convention de la Haye du 
25 octobre 1980 sur les aspects civils de l’enlèvement international d’enfants (CLaH80 ; RS 
0.211.230.02). Il fait valoir que, selon l'art. 7 al. 1 de la loi du 21 décembre 2007 sur l’enlèvement 
international d’enfants et les Conventions de la Haye sur la protection des enfants et des adultes 
(LF-EEA ; RS 211.222.32), le tribunal supérieur du canton où l’enfant résidait au moment du dépôt 
de la demande connaît en instance unique des demandes portant sur le retour d’enfants.

Cependant, outre le fait que le déplacement des enfants du Portugal en Suisse ne peut pas être 
considéré comme illicite (supra, consid. 2.2.3), il apparaît que, depuis l'été 2021, l'appelant n'a 
jamais saisi la IIe Cour d'appel civil – qui est compétente comme instance cantonale unique (art. 17 
al. 2 du règlement du Tribunal cantonal précisant son organisation et son fonctionnement [RTC ; 
RSF 131.11]), à l'exclusion de la Ie Cour d'appel civil – d'une demande de retour de ses enfants. 
Dans ces conditions, il ne peut être fait droit à ses conclusions.

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3.
Dans un deuxième grief, l'appelant se plaint d'une violation de son droit d'être entendu (appel, p.  25-
 27).

3.1 Le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. comprend notamment le droit pour le 
justiciable de s'exprimer sur les éléments pertinents avant qu'une décision ne soit prise touchant sa 
situation juridique, d'avoir accès au dossier, de produire des preuves pertinentes, de participer à 
l'administration des preuves essentielles, ainsi que de prendre connaissance de toute argumentation 
présentée au tribunal et de se déterminer à son propos (ATF 142 III 48 consid. 4.1.1). En droit 
matrimonial, l'art. 273 al. 1 CPC prévoit en particulier que le tribunal doit tenir une audience ; il ne 
peut y renoncer que s'il résulte des allégués des parties que l'état de fait est clair ou incontesté. De 
plus, selon l'art. 297 al. 1 CPC, le tribunal entend les parents personnellement pour régler le sort 
des enfants. La tenue d'une audience est dès lors obligatoire et la renonciation à celle-ci doit 
demeurer exceptionnelle (arrêt TC FR 101 2012 300 du 3 décembre 2013 consid. 2b).

Le droit d’être entendu est un droit de nature formelle, dont la violation entraîne l’annulation de la 
décision attaquée sans égard aux chances de succès du recours sur le fond. Ce moyen doit par 
conséquent être examiné en premier lieu. La jurisprudence permet toutefois de renoncer à 
l’annulation d’une décision violant le droit d’être entendu lorsque l’autorité de recours, devant 
laquelle la partie lésée a pu s'exprimer, dispose d’un plein pouvoir d’examen lui permettant de 
réparer le vice en seconde instance ; une telle réparation peut également avoir lieu en cas de 
manquement grave, si le renvoi de la cause à l’autorité précédente pour cette raison conduirait 
uniquement au prolongement inutile de la procédure, en faisant fi de l’intérêt des parties à un 
règlement rapide du litige (ATF 137 I 195 consid. 2.2 et 2.3.2).

3.2. En l'espèce, comme le soulève l'appelant, il ne résulte pas du dossier que sa mandataire aurait 
reçu une copie du courrier de l'avocat de l'intimée du 4 novembre 2022, par lequel la Présidente a 
été informée qu’aucune procédure de protection des enfants n'étant pendante au Portugal. Pour ce 
motif déjà, et même si ce manquement pourrait en soi être réparé en procédure d'appel, le droit 
d'être entendu de A.________ a été violé.

Par ailleurs, et surtout, la Présidente n'a jamais entendu les époux lors d'une audience. Si elle a bien 
tenu, le 2 novembre 2021, une audience de conciliation, celle-ci n'a duré qu'une vingtaine de minutes 
et les parties n'ont pas été interrogées (DO/19). Or, les questions relatives au sort des enfants étaient 
litigieuses, les deux époux sollicitant la garde exclusive, et chaque parent faisait valoir que le bien-
être des enfants ne pouvait être sauvegardé qu'en lui confiant la garde. La mère a, de plus, allégué 
que les enfants ne veulent plus avoir de contacts avec leur père (DO/3, p. 13-15). Il était dès lors 
indispensable d'entendre personnellement les parties (art. 273 al. 1 et 297 al. 1 CPC), de donner à 
D.________ et E.________ la possibilité d'être auditionnés (art. 298 al. 1 CPC) et, le cas échéant, 
d'ordonner une enquête sociale afin d'investiguer plus précisément les conditions d'accueil des 
enfants chez leur mère et les raisons pour lesquelles ceux-ci ont une position aussi tranchée par 
rapport à leur père. La première juge ne l'a cependant pas fait, violant de manière fondamentale le 
droit d'être entendues des parties.

3.3. La violation du droit d'être entendu est ainsi avérée et sa gravité ne permet pas de corriger 
ce manquement en appel. Etant donné que l'état de fait doit être complété sur des points essentiels, 
et afin de ne pas priver les parties du double degré cantonal de juridiction qui leur est garanti par 
l'art. 75 LTF, il convient d'annuler la décision attaquée et de renvoyer la cause à la Présidente pour 
nouvelles instruction et décision, dans le sens des considérants (art. 318 al. 1 let. c ch. 2 CPC).

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4.
Vu le présent prononcé sur le fond, la requête d'effet suspensif formulée dans l'appel est sans objet.

5.
Aux termes de l'art. 106 al. 1 et 2 CPC, les frais sont en principe mis à la charge de la partie 
succombante ; lorsqu'aucune d'elles n'obtient entièrement gain de cause, les frais sont répartis selon 
le sort de la cause. Cette disposition est aussi applicable aux affaires de droit de la famille, quand 
bien même le tribunal a la faculté, en application de l'art. 107 al. 1 let. c CPC, de s'écarter des règles 
générales et de répartir les frais selon sa libre appréciation (ATF 139 III 358 consid. 3).

En l'espèce, la décision querellée est annulée, comme l'appelant y concluait, mais ses griefs tirés 
de la prétendue incompétence de la première juge pour traiter la cause sont rejetés, de même que 
ses conclusions tendant à un retour des enfants au Portugal. Partant, il se justifie que, sous réserve 
de l'assistance judiciaire, chaque partie supporte ses propres dépens d'appel, et la moitié des frais 
de justice (art. 106 al. 2 CPC).

Les frais judiciaires dus à l'Etat sont fixés à CHF 1'200.-. Ils seront acquittés à raison de CHF 600.- 
par prélèvement sur l'avance versée par l'appelant, le solde lui étant restitué (art. 111 al. 1 CPC) ; 
les CHF 600.- restants seront pris en charge par l'Etat au titre de l'assistance judiciaire.

(dispositif en page suivante)

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la Cour arrête :

I. L'appel est partiellement admis.

Partant, la décision prononcée le 10 novembre 2022 par la Présidente du Tribunal du Lac est 
annulée. La cause lui est renvoyée pour nouvelles instruction et décision, dans le sens des 
considérants.

II. La requête d'effet suspensif est sans objet.

III. Sous réserve de l'assistance judiciaire octroyée à B.________, chaque partie supporte ses 
propres dépens d'appel et la moitié des frais de justice dus à l'Etat. Ceux-ci sont fixés à 
CHF  1'200.- et seront acquittés à concurrence de CHF 600.- par prélèvement sur l'avance 
versée par A.________, le solde lui étant restitué ; les CHF 600.- restants seront pris en charge 
par l'Etat au titre de l'assistance judiciaire.

IV. Notification.

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en matière civile; la 
qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 72 à 77 et 90 ss 
de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). Il connaît également des recours 
constitutionnels subsidiaires ; la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 113 à 119 et 90 ss LTF. Dans les deux cas, le recours motivé doit être 
déposé devant le Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les trente jours qui suivent sa 
notification. Si une partie forme un recours ordinaire et un recours constitutionnel, elle doit déposer 
les deux recours dans un seul mémoire.

Fribourg, le 25 janvier 2023/lfa

Le Président Le Greffier-rapporteur