# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 9c053619-fa7b-5d78-bf61-3817fe5011b5
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2004-01-19
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 19.01.2004 BO.2003.0148
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_BO-2003-0148_2004-01-19.html

## Full Text

CANTON DE VAUD

TRIBUNAL ADMINISTRATIF

Arrêt

du 19 janvier 2004

sur le recours interjeté par  A. X.________,
représenté par sa mère, B. X.________, 1********, à Z.________

contre

la décision de l'Office cantonal des
bourses d'études et d'apprentissage (ci-après : l'office) du
15 octobre 2003, refusant de lui octroyer une bourse d'études.

* * * * * * * * * * * * * * * *

Composition de la section: M. Pierre-André
Marmier, président; M. Pierre Allenbach et M. Rolf Wahl, assesseurs.

Vu les faits suivants:

A.                      A. X.________, né le
9 novembre 1987 est célibataire. Il vit avec ses parents ainsi que sa
sœur  C. X.________ née en 1981, qui n'exerce pas d'activité lucrative et son
frère  D. X.________, né en 1986, qui effectue une formation préalable à un apprentissage.

                        Selon les
renseignements fournis par l'Office d'impôt de Cully, le revenu net des parents
de A. X.________ a été fixé à 64'000 fr. pour l'année 2002. Leur situation a
néanmoins changé depuis la taxation, en ce sens que la mère de A. X.________
perçoit une rente de l'assurance-invalidité (y compris deux rentes
complémentaires pour enfant) d'un montant mensuel de 2'146 fr.; quant à son
père, il reçoit des prestations de la Caisse intercommunale de pensions de
4'371 fr.30 par mois.

B.                    Par demande du
11 août 2003, A. X.________ a sollicité l'octroi d'une bourse pour
entreprendre un apprentissage d'électricien de montage.

                        L'office, selon
décision du 15 octobre 2003 a refusé le soutien matériel requis aux
motifs que la capacité financière de la famille de A. X.________ dépassait les
normes fixées par le barème.

C.                    C'est contre cette
décision que, par l'intermédiaire de sa mère, A. X.________ a recouru le
31 octobre 2003. A l'appui du recours, B. X.________ expose
brièvement que, compte tenu de ses charges, le budget familial est extrêmement
serré. 

D.                    Dans ses déterminations
du 24 novembre 2003, l'office, après avoir présenté les motifs et
calculs qui l'avaient amené à rendre la décision attaquée, a conclu au rejet du
recours.

                        B. X.________ a déposé
le 28 novembre 2003 une écriture complémentaire dans laquelle elle
présente le détail des charges de la famille.

                        L'avance de frais de
100 fr. requise par le greffe a été versée en temps utile.

E.                    Le Tribunal
administratif a statué par voie de circulation.

 

Considérant en droit:

1.                     Déposé en temps utile,
le recours satisfait aux conditions formelles énoncées à l'art. 31 LJPA. Il y a
donc lieu d'entrer en matière sur le fond.

2.                     Toute personne
remplissant les conditions fixées par la loi a droit au soutien financier de
l'Etat pour la poursuite d'études ou d'une formation professionnelle. Pour
l'essentiel, ces conditions sont de deux ordres : des conditions de nationalité
et de domicile d'une part, des conditions financières de l'autre. Les
conditions financières reposent sur l'un des principes cardinaux de la loi du
11 septembre 1973 sur l'aide aux études et à la formation professionnelle
(LAE), exprimé à son art. 2 : "le soutien de l'Etat est destiné à
compléter celui de la famille, au besoin à y suppléer". C'est dire que
ce soutien a un caractère subsidiaire. Le législateur a voulu maintenir le
principe de la responsabilité première des parents.

                        Aux termes de l'art.
14 LAE, la nécessité et la mesure du soutien à accorder dépendent des moyens
financiers dont le requérant et ses père et mère (ou éventuellement d'autres
personnes qui subviennent à son entretien) disposent pour assumer les frais
d'études et d'entretien du requérant. En vertu de l'art. 14 al. 2 LAE, il n'est
fait abstraction de la situation financière des parents que si le requérant est
financièrement indépendant. Cette exception découle du principe de la
subsidiarité du soutien de l'Etat; on admet que le requérant, après qu'il a
acquis son indépendance financière et pour autant que celle-ci ait duré un certain
temps, ne peut plus raisonnablement attendre le soutien de ses parents.

                        Dans le cas présent,
le recourant ne peut donc pas être considéré comme financièrement indépendant
au sens de la LAE. La situation financière de ses parents doit par conséquent
être prise en considération.

3.                     Les critères pour
déterminer la capacité financière des parents sont énumérés dans des
prescriptions légales précises. L'art. 16 LAE, modifié les 22 mai 1979 et 27
février 1980, est libellé de la manière suivante :

"Entrent
en ligne de compte pour l'évaluation de la capacité financière :

1)  les
charges, à savoir les dépenses d'entretien et de logement;

2)  les ressources, à
savoir :

a)    le
revenu net admis par la Commission d'impôt;

b)    la
fortune, dans la mesure où elle dépasse le but d'une juste prévoyance et si,
par son mode d'investissement, le capital peut supporter, en faveur du
recourant, des prélèvements qui ne portent pas un préjudice sensible à
l'activité économique de la famille;

c)    l'aide
financière accordée par toute institution publique ou privée, si ce subside est
expressément destiné au paiement des frais d'études tels qu'ils sont définis à
l'art. 19 de la présente loi."

                        Selon l'art. 8 al. 2
du règlement du 21 février 1975 d'application de la LAE (RAE) les charges correspondent
aux frais mensuels minimum d'une famille pour l'alimentation, le loyer, les
services industriels, l'équipement, le ménage, l'habillement, les assurances,
le dentiste, les impôts, les loisirs et les frais divers. Elles tiennent compte
de la composition de la famille, du nombre et de l'âge des enfants.

                        Selon les art. 11 et
11a RAE, qui précisent la portée de l'art. 18 LAE, "l'insuffisance ou
l'excédent du revenu familial, par rapport aux charges normales, se répartit
entre les membres de la famille, à raison d'une part par parent, une part par
enfant en scolarité obligatoire et deux parts pour chaque enfant en formation.
Si la part de l'excédent du revenu familial afférente au requérant est égale ou
supérieure au coût des études, aucune allocation complémentaire n'est
attribuée. En cas d'insuffisance de ce revenu, une allocation complémentaire
peut être allouée pour contribuer, en plus du coût des études, à couvrir des
frais d'entretien du requérant".

                        Les principes qui ont
guidé le Conseil d'Etat lors de l'adoption de ces dispositions réglementaires
sont les suivantes : "le droit à une allocation dépend, toute autre
condition étant remplie, de la mesure dans laquelle le revenu des parents est
insuffisant pour supporter le coût des études. Il s'établit ensuite une
comparaison entre le revenu et les charges. Celles-ci se calculent à partir du
barème dit "des charges normales", sorte d'inventaire des dépenses
normales d'une famille disposant d'un revenu qui lui permet un niveau de vie à
mi-chemin entre la gêne et l'aisance. Il est (le barème) un instrument de
mesure qui permet de proportionner le soutien financier de l'Etat aux besoins
du requérant et à la situation de la famille (BGC printemps 1973 - septembre
1973, p. 1240)".

                        Cette réglementation
garantit l'égalité de traitement pour tous les requérants, quelle que soit leur
situation familiale vu qu'elle tient compte des dépenses normales d'une
famille. Ainsi, les éléments à prendre en compte dans le calcul de l'allocation
d'une bourse sont préétablis et ne peuvent être introduits au gré des
circonstances particulières.

4.                     Pour déterminer en
l'espèce si une allocation de bourse se justifie et dans l'affirmative pour en
fixer le montant, il convient au préalable d'arrêter les ressources de la
famille du recourant. Selon les renseignements qui figurent au dossier,
l'addition des rentes d'invalidité et de la pension versée au père du recourant
représentent un montant mensuel de 6'517 fr., sans franchise, ni déduction
(art. 10b du Règlement d'application de la LAE du 21 juillet 1975
(RAE).

                        De ce revenu, on
déduit en revanche les charges correspondant aux frais mensuels minimums d'une
famille pour l'alimentation, le loyer, les services industriels, l'équipement,
le ménage, l'habillement, les assurances, le dentiste, les impôts, les loisirs
et les divers frais. Conformément à l'art. 8 RAE, ces charges s'élèvent à 3'100
fr. pour les parents et à 700 fr. par enfant mineur, soit en l'occurrence à
4'500 fr. A cet égard, il y a lieu de relever que le Tribunal administratif ne
peut pas prendre en considération les montants mentionnés par B. X.________
dans sa lettre du 28 novembre 2003 dès lors que les charges sont
fixées de la même manière pour toutes les familles, en vertu de l'art. 8 RAE
précité.

                        Après déduction des
charges, il reste un excédent de revenu de 2'017 fr. (6'517 - 4'500) qu'il
convient de répartir à raison de deux parts pour les parents, de deux parts
pour le recourant et deux parts pour son frère, soit au total six parts. Le
recourant a donc droit à 672 fr. par mois (2'017 : 6 x 2), ce qui représente
8'064 fr. par an. C'est ce dernier montant que la famille peut consacrer aux
frais de formation du recourant.

5.                     Selon les calculs
opérés par l'office, et non contestés par le recourant, ses frais d'études
s'élèvent à 3'250 fr. Ils sont donc inférieurs à la part du revenu afférente au
recourant de sorte qu'aucune bourse ne peut lui être allouée.

6.                     La décision entreprise
se révèle justifiée de sorte qu'elle sera maintenue, ce qui conduit au rejet du
recours.

                        A titre exceptionnel,
le présent recours sera rendu sans frais eu égard à la situation financière de
la famille du recourant.

 

Par ces motifs

le Tribunal administratif

arrête:

I.                      Le recours est
rejeté.

II.                     La décision de
l'Office cantonal des bourses d'études et d'apprentissage du
15 octobre 2003 est maintenue.

III.                     Le présent
arrêt est rendu sans frais.

jc/Lausanne, le 19 janvier 2004

                                                          Le
président:                                   

                                                                     

                                                                     

 

 

Le présent arrêt est notifié aux
destinataires de l'avis d'envoi ci-joint.