# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 48dddc5d-53ab-5bca-92ec-e6bc5144a23c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-12-18
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 18.12.2018 A/5049/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-5049-2017_2018-12-18.pdf

## Full Text

Siégeant : Doris GALEAZZI, Présidente; Christine TARRIT-DESHUSSES et Christian 
PRALONG, Juges assesseurs 

  

 
 

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/5049/2017 ATAS/1179/2018 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 18 décembre 2018 

1ère Chambre 

 

En la cause 

Monsieur A______, domicilié au GRAND-LANCY, comparant 
avec élection de domicile en l'étude de Maître Christophe 
ZELLWEGER  

 

recourant 

 

contre 

SERVICE DES PRESTATIONS COMPLÉMENTAIRES, sis route 
de Chêne 54, GENÈVE 

intimé 

 

 
 
 

 

A/5049/2017 

- 2/10 - 

EN FAIT 

1. Monsieur A______ (ci-après : l’assuré ou le recourant), né le ______ 1934 au 
Portugal, est au bénéfice de prestations complémentaires fédérales et cantonales 
depuis 1994. 

2. Dans le cadre de la révision périodique du dossier, le 12 décembre 2016, l’assuré 
n’a rien mentionné dans le questionnaire à la rubrique relative à la propriété 
immobilière, mais a indiqué dans la « déclaration des biens immobiliers » annexée 
qu’il possédait une maison à l’étranger. 

Le service des prestations complémentaires (ci-après : SPC) a par ailleurs constaté 
qu’il était au bénéfice d’une rente de la sécurité sociale portugaise et qu’il 
cohabitait avec Madame B______, née le ______ 1935 en Italie, depuis de 
nombreuses années. 

3. Par décisions des 23 et 30 mai 2017, le SPC a réclamé à l’assuré le remboursement 
de la somme de CHF 197'428.- représentant les prestations complémentaires, les 
subsides d’assurance-maladie et le remboursement de frais de maladie versés à tort 
à compter du 1er juin 2010. Il a en effet repris le calcul des prestations 
complémentaires avec effet au 1er juin 2010 en tenant compte de la rente étrangère, 
des biens immobiliers sis à l’étranger, ainsi que des produits y relatifs, un loyer 
partagé (la moitié en raison de la cohabitation avec Mme B______) et la mise à jour 
de l’épargne des intérêts y relatifs. Il a ajouté que l’assuré n’avait plus droit ni aux 
prestations complémentaires, ni au subside pour l’assurance-maladie dès le 1er juin 
2017. 

4. Par courrier du 6 juin 2017, l’assuré a sollicité la remise de l’obligation de 
rembourser la somme de CHF 197'428.-, alléguant qu’il ne disposait que d’une 
rente AVS de CHF 1'191.- par mois pour tout revenu et que son loyer s’élevait à 
CHF 686.- par mois. 

5. Par décision du 23 août 2017, le SPC a refusé la remise. Il a constaté qu’il n’avait 
pas eu connaissance du fait que l’assuré était au bénéfice d’une rente de la sécurité 
sociale portugaise, qu’il était propriétaire de biens immobiliers au Portugal et qu’il 
partageait depuis de nombreuses années son appartement avec une tierce personne. 
Ce n’est que lors de la révision périodique de son dossier entreprise dès le mois de 
novembre 2016 qu’il l’avait appris. Il considère dès lors que l’assuré a violé son 
devoir d’annoncer et ainsi commis une négligence grave qui exclut la bonne foi, au 
sens juridique du terme. 

6. L’assuré a contesté ladite décision le 31 août 2017. Un entretien s’est déroulé le 
5 septembre 2017 dans les locaux du SPC. Au cours de cet entretien, l’assuré a 
expliqué qu’il n’était pas le seul propriétaire de la maison au Portugal, dès lors qu’il 
y avait eu un partage des biens avec ses trois enfants suite au décès de son épouse 
survenu dans le courant de l’année 2000, et a proposé de se rendre au Portugal afin 
de se procurer tous les documents utiles. 

 
 
 

 

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7. Le 19 septembre 2017, l’assuré a informé le SPC qu’il était allé au Portugal comme 
il en avait été convenu. Il a ainsi été en mesure de produire un document établi par 
le Registre central de contributions daté du 7 septembre 2017, attestant que les 
héritiers de feue Madame C______, son épouse, sont au nombre de quatre, dont lui-
même et ses trois enfants. Il a précisé que : 

« Suite au décès de ma femme, mes enfants ne se sont jamais entendus entre eux 
pour faire le partage, donc les maisons sont toujours à mon nom, mais je ne peux 
pas les vendre tout seul. C’est pour cela que je n’ai jamais déclaré à l’époque les 
maisons, parce qu’elles n’étaient plus à moi tout seul. Voilà. Et maintenant comme 
je suis honnête et j’ai déclaré en pensant comme elles ne sont pas complètement à 
moi, je me suis mis dans une situation compliquée. Maintenant je me trouve avec 
une petite retraite et on me réclame toute cette somme d’argent ». 

8. Par décision du 14 novembre 2017, le SPC a rejeté l’opposition. Il considère qu’il 
était aisément reconnaissable que les éléments de ressources dont l’assuré a tu 
l’existence auraient une influence sur son droit aux prestations complémentaires, de 
sorte que la bonne foi doit être d’emblée exclue. 

9. L’assuré, représenté par Maître Christophe ZELLWEGER, a interjeté recours le 
22 décembre 2017 contre ladite décision sur opposition. Il a préalablement expliqué 
qu’il n’avait pas reçu l’invitation de la Poste à venir retirer le pli recommandé 
contenant la décision litigieuse, de sorte qu’il n’en avait eu connaissance que le 
2 décembre 2017 lorsqu’il l’avait reçue sous pli simple. Au fond, il conclut à ce que 
la remise lui soit accordée, faisant valoir que : 

« L’assuré est une personne peu au fait des formalités administratives, il n’arrive 
pas à s’occuper de ses affaires et doit en permanence se faire assister dans la totalité 
de ses démarches, aussi simples puissent-elles paraître pour l’ensemble des 
administrés. Il ne maîtrise pas la langue française et n’a jamais été scolarisé. Le 
décès de son épouse en 2010 l’a fortement affecté et diminué, si bien qu’il se trouve 
aujourd’hui dans un état dépressif avancé et ne dispose pas de la capacité de se 
rendre compte qu’un patrimoine dont il n’était pas l’unique propriétaire, et qui est 
situé à l’étranger, devait être déclaré aux autorités suisses ». 

Il relève à cet égard que les indications contradictoires figurant, d’une part, dans le 
questionnaire du 12 décembre 2016 et, d’autre part, dans la déclaration des biens 
immobiliers annexée démontrent clairement son incapacité à s’occuper 
correctement de ses affaires. 

Il souligne le fait qu’il a spontanément renseigné le SPC dans le cadre de la révision 
de son dossier. Il rappelle enfin qu’il n’est pas l’unique propriétaire de la maison et 
n’en tire aucune source de revenu.  

10. Dans sa réponse du 22 janvier 2018, le SPC a conclu à l’irrecevabilité du recours 
pour cause de tardiveté. 

 
 
 

 

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11. Par arrêt incident du 6 février 2018, la chambre de céans a déclaré le recours 
recevable (ATAS/99/2018). 

12. Dans son préavis au fond du 9 mars 2018, le SPC a conclu au rejet du recours. Il 
considère que les circonstances dont se prévaut l’assuré ne suffisent pas à justifier 
la violation de son obligation de renseigner, qui lui a, au demeurant, été 
régulièrement signalée. 

13. Dans sa réplique du 13 avril 2018, l’assuré a déclaré qu’il persistait dans ses 
conclusions. 

14. Le 3 mai 2018, le SPC a rappelé que l’assuré était au bénéfice de prestations 
complémentaires depuis le 1er mai 1994, qu’il avait reçu régulièrement l’invitation 
à renseigner sans délai l’administration de tout changement dans sa situation 
personnelle et/ou économique et qu’il avait attendu, sans autre justification valable, 
le mois de février 2017, dans le cadre de la demande de renseignements qui lui a été 
adressée lors de la révision périodique de son dossier, pour signaler que non 
seulement sa fortune ne correspondait pas à celle prise en compte par le SPC, 
compte tenu de ses avoirs à l’étranger, mais encore qu’il était titulaire d’une rente 
de la sécurité sociale portugaise et qu’il cohabitait depuis le 24 novembre 2006 déjà 
avec une tierce personne. 

15. Ce courrier a déjà été transmis à l’assuré et la cause gardée à juger. 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 3 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 
26 septembre 2010 (LOJ - E 2 05), la chambre des assurances sociales de la Cour 
de justice connaît en instance unique des contestations prévues à l’art. 56 de la loi 
fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 
(LPGA - RS 830.1) relatives à la loi fédérale sur les prestations complémentaires à 
l’assurance-vieillesse, survivants et invalidité du 6 octobre 2006 (LPC -
 RS 831.30). Elle statue aussi, en application de l'art. 134 al. 3 let. a LOJ, sur les 
contestations prévues à l'art. 43 de la loi cantonale sur les prestations 
complémentaires cantonales du 25 octobre 1968 (LPCC - J 4 25). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Par arrêt du 6 février 2018, le recours a été déclaré recevable (ATAS/99/2018). 

3. Le litige porte sur le droit du SPC de refuser à l’assuré la remise de l’obligation de 
rembourser la somme de CHF 197'428.-, étant rappelé que les décisions des 23 et 
30 mai 2017 fixant le principe et le montant de la restitution sont entrées en force. 

4. a. À teneur de l’art. 25 LPGA, les prestations indûment touchées doivent être 
restituées, la restitution ne pouvant toutefois être exigée lorsque l’intéressé était de 
bonne foi et qu’elle le mettrait dans une situation difficile (al. 1er).  

http://justice.geneve.ch/perl/JmpLex/J%207%2015

 
 
 

 

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La teneur de cette disposition est répétée pour les PCF à l’art. 5C LPFC et pour les 
PCC à l’art. 24 al. 1 LPCC et, par le biais d’un renvoi par analogie à l'art. 25 
LPGA, pour les subsides d’assurance-maladie à l’art. 33 al. 1 LaLAMal. 

Selon l’art. 4 al. 1 et 2 ordonnance sur la partie générale du droit des assurances 
sociales du 11 septembre 2002 (OPGA - RS 830.11), la restitution entière ou 
partielle des prestations allouées indûment, mais reçues de bonne foi, ne peut être 
exigée si l'intéressé se trouve dans une situation difficile (al. 1), est déterminant, 
pour apprécier s'il y a une situation difficile, le moment où la décision de restitution 
est exécutoire (al. 2). 

b. La remise de l'obligation de restituer est donc soumise à deux conditions 
cumulatives : la bonne foi de l'assuré et sa situation financière difficile.  

La bonne foi doit faire l’objet d’un examen minutieux dans chaque cas particulier. 
Elle doit notamment être niée lorsque le versement indu de la prestation a pour 
origine le comportement intentionnel ou la négligence grave de la personne tenue à 
restitution. Tel est le cas lorsque des faits ont été tus ou des indications inexactes 
données intentionnellement ou à la suite d’une négligence grave. Il y a ainsi faute 
grave chaque fois que la nécessité d’annoncer un changement survenu est évidente 
(RCC 1986 p. 668), en d’autres termes, chaque fois que l’intéressé ne se conforme 
pas à ce qui peut être raisonnablement exigé d’une personne capable de 
discernement, se trouvant dans une situation identique et dans les mêmes 
circonstances (cf. ATF 112 V 103 consid. 2c, 110 V 180 consid. 3c ; arrêt non 
publié du TFA du 20 janvier 2007, C 93/2005). 

Selon l’art. 5 al. 1 OPGA, il y a situation difficile, au sens de l'art. 25 al. 1 LPGA, 
lorsque les dépenses reconnues par la LPC et les dépenses supplémentaires au sens 
de l'al. 4 sont supérieures aux revenus déterminants selon la LPC. 

c. S’agissant de la bonne foi, la jurisprudence constante considère que l’ignorance, 
par le bénéficiaire, du fait qu’il n’avait pas droit aux prestations ne suffit pas pour 
admettre qu’il était de bonne foi. Il faut bien plutôt qu’il ne se soit rendu coupable, 
non seulement d’aucune intention malicieuse, mais aussi d’aucune négligence 
grave.  

La bonne foi est exclue d'emblée lorsque les faits qui conduisent à l'obligation de 
restituer – comme une violation du devoir d'annoncer ou de renseigner – sont 
imputables à un comportement dolosif ou à une négligence grave. On parlera de 
négligence grave lorsque l'ayant droit ne se conforme pas à ce qui peut 
raisonnablement être exigé d'une personne capable de discernement dans des 
circonstances identiques (cf. ATF 110 V 176 consid. 3d p. 181). Il faut ainsi en 
particulier examiner si, en faisant preuve de la vigilance exigible, il aurait pu 
constater que les versements ne reposaient pas sur une base juridique. Il n’est pas 
demandé à un bénéficiaire de prestations de connaître dans leurs moindres détails 
les règles légales. En revanche, il est exigible de lui qu’il vérifie les éléments pris 
en compte par l’administration pour calculer son droit aux prestations. On peut 

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attendre d'un assuré qu'il décèle des erreurs manifestes et qu'il en fasse l'annonce à 
la caisse (arrêt du Tribunal fédéral 9C_498/2012 du 7 mars 2013 consid. 4.2). On 
ajoutera que la bonne foi doit être niée quand l'enrichi pouvait, au moment du 
versement, s'attendre à son obligation de restituer, parce qu'il savait ou devait 
savoir, en faisant preuve de l'attention requise, que la prestation était indue (art. 3 
al. 2 CC; ATF 130 V 414 consid. 4.3, arrêt du Tribunal fédéral 8C_385/2011 du 13 
février 2012 consid. 3). L'assuré peut en revanche invoquer sa bonne foi lorsque 
l'acte ou l'omission fautifs ne constituent qu'une violation légère de l'obligation 
d'annoncer ou de renseigner (ATF 138 V 218 consid. 4 p. 220 s.; 112 V 97 consid. 
2c p. 103 et les références; arrêts du Tribunal fédéral 9C_474/2009 du 21 août 2009 
consid. 2 et 9C_638/2014 du 13 août 2015). 

d. Selon l’art. 31 LPGA, l'ayant droit, ses proches ou les tiers auxquels une 
prestation est versée sont tenus de communiquer à l'assureur ou, selon le cas, à 
l'organe compétent toute modification importante des circonstances déterminantes 
pour l'octroi d'une prestation (al. 1). Toute personne ou institution participant à la 
mise en œuvre des assurances sociales a l'obligation d'informer l'assureur si elle 
apprend que les circonstances déterminantes pour l'octroi de prestations se sont 
modifiées (al. 2). 

Selon l’art. 24 de l’ordonnance sur les prestations complémentaires à l’assurance-
vieillesse, survivants et invalidité du 15 janvier 1971 (OPC-AVS/AI - RS 831.301), 
l'ayant droit ou son représentant légal ou, le cas échéant, le tiers ou l'autorité à qui 
la prestation complémentaire est versée, doit communiquer sans retard à l'organe 
cantonal compétent tout changement dans la situation personnelle et toute 
modification sensible dans la situation matérielle du bénéficiaire de la prestation. 
Cette obligation de renseigner vaut aussi pour les modifications concernant les 
membres de la famille de l'ayant droit. 

5. Le juge des assurances sociales fonde sa décision, sauf dispositions contraires de la 
loi, sur les faits qui, faute d’être établis de manière irréfutable, apparaissent comme 
les plus vraisemblables, c’est-à-dire qui présentent un degré de vraisemblance 
prépondérante. Il ne suffit donc pas qu’un fait puisse être considéré seulement 
comme une hypothèse possible ; la vraisemblance prépondérante suppose que, d'un 
point de vue objectif, des motifs importants plaident pour l'exactitude d'une 
allégation, sans que d'autres possibilités ne revêtent une importance significative ou 
n'entrent raisonnablement en considération (ATF 139 V 176 consid. 5.3 et les 
références). Parmi tous les éléments de fait allégués ou envisageables, le juge doit, 
le cas échéant, retenir ceux qui lui paraissent les plus probables (ATF 126 V 360 
consid. 5b; 125 V 195 consid. 2 et les références; cf. ATF 130 III 324 consid. 3.2 et 
3.3). Aussi n’existe-t-il pas, en droit des assurances sociales, un principe selon 
lequel l’administration ou le juge devrait statuer, dans le doute, en faveur de 
l’assuré (ATF 126 V 322 consid. 5a). 

Le principe inquisitoire, qui régit la procédure dans le domaine de l'assurance 
sociale (cf. art. 43 al. 1 et 61 let. c LPGA), exclut que la charge de l'apport de la 

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preuve ("Beweisführungslast") incombe aux parties, puisqu'il revient à 
l'administration, respectivement au juge, de réunir les preuves pour établir les faits 
pertinents. Dans le procès en matière d'assurances sociales, les parties ne supportent 
en règle générale le fardeau de la preuve que dans la mesure où la partie qui voulait 
déduire des droits de faits qui n'ont pas pu être prouvés en supporte l'échec. Cette 
règle de preuve ne s'applique toutefois que s'il n'est pas possible, dans les limites du 
principe inquisitoire, d'établir sur la base d'une appréciation des preuves un état de 
fait qui correspond, au degré de la vraisemblance prépondérante, à la réalité 
(ATF 128 V 218 consid. 6; ATF 117 V 261 consid. 3b; arrêt du Tribunal fédéral 
9C_632/2012 du 10 janvier 2013 consid. 6.2.1).  

Conformément au principe inquisitoire qui régit la procédure dans le domaine des 
assurances sociales, le juge des assurances sociales doit procéder à des 
investigations supplémentaires ou en ordonner lorsqu'il y a suffisamment de raisons 
pour le faire, eu égard aux griefs invoqués par les parties ou aux indices résultant du 
dossier. Il ne peut ignorer des griefs pertinents invoqués par les parties pour la 
simple raison qu'ils n'auraient pas été prouvés (VSI 5/1994 220 consid. 4a). 

De plus, quand bien même la procédure est régie par le principe inquisitoire, ce 
principe est limité par le devoir de collaborer des parties, lequel comprend 
l’obligation de ces dernières d’apporter, dans la mesure où cela est raisonnablement 
exigible d’elles, les preuves commandées par la nature du litige et des faits 
invoqués, faute de quoi elles risquent de devoir supporter les conséquences de 
l’absence de preuve (ATF 125 V consid. 2 et les références). En effet, si le principe 
inquisitoire dispense les parties de l’obligation de prouver, il ne les libère pas pour 
autant du fardeau de la preuve, en ce sens qu’en cas d’absence de preuve, la 
décision sera défavorable à la partie qui voulait déduire un droit de l’état de fait non 
prouvé (cf. arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 294/02 du 20 novembre 
2002).  

Autrement dit, si malgré les moyens mis en œuvre par le juge pour établir la réalité 
d’un fait allégué par une partie, la preuve de ce fait ne peut être rapportée avec une 
vraisemblance suffisante pour emporter la conviction du tribunal, c’est à la partie 
qui voulait en déduire un droit d’en supporter les conséquences (SPIRA, Le 
contentieux de la sécurité sociale, in : 100 ans de sécurité sociale en Suisse, Cahiers 
genevois de la sécurité sociale 1990 N° 7, p. 131).  

6. En l’espèce, le SPC a refusé d’accorder à l’assuré la remise de l’obligation de 
restituer le trop perçu relativement à toute la période de recalcul, soit du 1er juin 
2010 au 31 mai 2017, considérant que celui-ci avait failli à son obligation de le 
renseigner. 

L’assuré ne conteste pas recevoir une rente de la sécurité sociale portugaise et 
partager depuis plusieurs années son appartement avec une tierce personne, et 
admet n’en avoir pas informé le SPC avant que la révision de son dossier soit 
initiée en novembre 2016. Il fait en revanche valoir que les biens immobiliers dont 

 
 
 

 

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il est propriétaire au Portugal font en réalité partie de la succession de feu son 
épouse et que « mes enfants ne se sont jamais entendus entre eux pour faire le 
partage, donc les maisons sont toujours à mon nom, mais je ne peux pas les vendre 
tout seul », de sorte qu’il n’avait pas pensé à les déclarer au SPC, ce d’autant moins 
qu’il n’en tire aucun revenu. 

7. Force est de constater que l’assuré ne s’est pas conformé à son obligation de 
renseigner. Il convient de rappeler à ce stade qu'il n'appartient pas aux assurés de 
décider quelles sont les informations pertinentes dont ils doivent informer 
l'administration. Peu importe qu'en réalité, les faits jouent effectivement aucun rôle 
dans le calcul des prestations (ATF 123 V 151).  

Il n’est par ailleurs pas contestable que l’obligation de renseigner a été signalée en 
bonne et due forme à l'assuré dans le formulaire de demande de prestations puis 
expressément rappelée à intervalles réguliers. Il ne pouvait donc ignorer les devoirs 
qui lui incombaient à ce titre, de sorte qu’une négligence doit lui être reprochée.  

8. Reste à qualifier la gravité de cette faute. En effet, la bonne foi d'un assuré ne peut 
être niée que lorsque l'acte ou l'omission fautif constitue une violation grave de 
l'obligation d'annoncer ou de renseigner. 

9. Il s’agit, en l’espèce, d’examiner si la nécessité d’annoncer l’existence de la rente et 
la présence de son amie dans l’appartement devait ou non apparaître évidente à 
l’assuré. Son mandataire allègue qu’il « ne maîtrise pas la langue française et n’a 
jamais été scolarisé. Le décès de son épouse en 2010 l’a fortement affecté et 
diminué, si bien qu’il se trouve aujourd’hui dans un état dépressif avancé et ne 
dispose pas de la capacité de se rendre compte qu’un patrimoine dont il n’était pas 
l’unique propriétaire, et qui est situé à l’étranger, devait être déclaré aux autorités 
suisses ».  

Force est toutefois de considérer que l’assuré ne pouvait manquer, à la seule lecture 
du plan de calcul annexé aux décisions qui lui étaient notifiées, de constater que la 
liste des revenus pris en compte par le SPC ne mentionnait pas les rentes de la 
sécurité sociale portugaise et qu’il n’y était pas question de sa co-locataire. Aussi 
l’omission d’en informer le SPC relève-t-elle pour le moins, d’une négligence 
grave. 

10. En revanche, compte tenu de la situation juridique dans laquelle se trouvent les 
biens immobiliers concernés - que l’assuré ne peut vendre en l’état et dont il ne 
retire aucun revenu -, la chambre de céans est d’avis qu’on ne saurait qualifier la 
négligence, dont il a fait preuve en n’annonçant pas leur existence au SPC, de 
grave. En effet, il ne pouvait que constater que ces biens n’avaient aucune influence 
sur ses revenus, et, partant, sur son droit aux prestations complémentaires. Il peut 
être admis qu’il lui était difficile de comprendre qu’il avait une obligation 
d’annoncer alors qu’il n’était pas seul propriétaire. 

En conséquence, la condition de la bonne foi doit être admise s’agissant de la 
perception indue de la part de prestations complémentaires liées à la non prise en 

 
 
 

 

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compte des biens immobiliers sis au Portugal, étant précisé que ce n’est pas parce 
qu’un bénéficiaire de prestations complémentaires s’est le cas échéant rendu 
coupable d’une négligence grave en n’annonçant pas au SPC un élément de ses 
revenus ou de sa fortune qu’une négligence grave doit nécessairement être retenue à 
son encontre s’agissant de la non-prise en compte d’autres éléments influençant le 
calcul du droit aux prestations complémentaires (ATAS/186/2018). 

11. Le recours est ainsi partiellement admis et la cause renvoyée au SPC pour fixation 
de la part du trop-perçu imputable aux biens immobiliers sis au Portugal, examen 
de la condition de la charge trop lourde pour cette part, puis nouvelle décision. 

 

 

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

À la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. L’admet partiellement, en ce sens que la condition de la bonne foi est admise 
s’agissant du devoir d’informer le SPC de l’existence de biens immobiliers sis au 
Portugal. 

3. Le rejette pour le surplus. 

4. Renvoie la cause au SPC pour fixation de la part du trop-perçu imputable aux biens 
immobiliers sis au Portugal, examen de la condition de la charge trop lourde pour 
cette part, puis nouvelle décision. 

5. Condamne le SPC à verser à l’assuré un montant de CHF 2'000.- à titre de dépens. 

6. Dit que la procédure est gratuite. 

7. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public (art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 17 juin 2005 - LTF -
 RS 173.110). Le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 
moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire; il doit 
être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du 
recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l'envoi. 

 
La greffière 

 
 
 
 

Nathalie LOCHER 

 La présidente 
 
 
 
 

Doris GALEAZZI 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 
des assurances sociales par le greffe le