# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c651f511-ab06-54b7-b58f-7e3d49a9e60f
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des curatelles Arrêt / 2018 / 503
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_008_Arr-t---2018---503_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

QE05.041182-180537

 116

 

 

CHAMBRE
DES CURATELLES     

___________________________________

Arrêt
du 27 juin 2016

__________________

Composition
:               M.             
Krieger,
président

             
              Mmes             
Kühnlein et Giroud Walther, juges

Greffier
              :             
Mme              Bourckholzer 

 

 

*****

 

 

Art.
404 CC ; 3 al. 3 et 4 RCur 

 

 

             
La Chambre des curatelles du Tribunal cantonal prend séance pour statuer sur le recours interjeté
par F.________,
à Lausanne, contre la décision rendue le 19 février 2018 par le Juge de paix du district
de Lausanne dans la cause concernant
A.V.________,
à Lausanne. 

 

             
Délibérant à huis clos, la Chambre voit :

 

             
En fait :

 

 

A.             
Par décision du 19 février 2018, envoyée pour notification le 5 mars 2018, le
Juge de paix du district de Lausanne (ci-après : le juge de paix) a alloué à F.________
une indemnité totale de 3'300 fr. pour ses activités déployées du 1er
janvier au 31 décembre 2016, débours compris, à la charge de A.V.________, né le
[...] 1949 (I), a autorisé F.________ à prélever le montant de son indemnité, arrêtée
sous chiffre I ci-dessus, sur les avoirs de A.V.________, une fois la décision devenue définitive
et exécutoire (II), et a rendu la décision sans frais (III).

 

             
En droit, le juge de paix a retenu qu’il avait nommé F.________ en qualité de curatrice
de A.V.________ spécifiquement en raison de ses compétences juridiques de spécialiste
dans le domaine successoral, mais que les opérations relatives au partage de la succession de feue
B.V.________ n’avaient pas encore permis l’établissement d’une convention de partage
en bonne et due forme. Ainsi, les divers projets de conventions que la curatrice lui avait soumis avaient
dû lui être retournés pour qu’elle les rectifie conformément au droit. Au vu
de ces circonstances, le juge de paix a estimé inenvisageable de rémunérer la curatrice
pour l’entier de ces opérations, la personne concernée n’ayant pas à assumer
de tels frais. Il a par conséquent réduit le temps consacré aux opérations qui avaient
nécessité les compétences professionnelles de la curatrice à seulement six heures,
allouant à celle-ci un montant de 2'100 fr., au tarif horaire de 350 fr., et lui a accordé
les 1'000 fr. usuellement versés pour la gestion courante de la curatelle, ainsi que 200 fr. de
débours. 

 

 

B.             
Par acte du 5 avril 2018, Me F.________ a recouru contre cette décision et a conclu à sa réforme
en ce sens que l’indemnité totale lui revenant pour son activité déployée durant
l’année 2016 devrait être arrêtée à 6'945 fr., débours compris. 

 

             
Par lettre du 24 mai 2018, le juge de paix n’a ni pris position ni reconsidéré sa décision.
 

 

 

C.             
La Chambre retient les faits suivants :

 

1.             
Par décision du 13 décembre 2005, la Justice de paix du district de Lausanne (ci-après :
la justice de paix) a institué une tutelle à forme de l’art. 369 aCC (Code civil suisse
du 10 décembre 1907 ; RS 210) en faveur de A.V.________, né le [...] 1949, et a désigné
Me L.________ en qualité de tuteur. Après l’entrée en vigueur du nouveau droit de
la protection de l’adulte le 1er janvier
2013, cette mesure de protection a été remplacée de plein droit par une curatelle de portée
générale au sens de l’art. 398 CC.  

             

2.             
Le 13 avril 2012, la mère de A.V.________, [...], est décédée. 

 

             
Selon l’inventaire civil clôturé des biens de la succession de la défunte établi
le 4 février 2013, la succession présentait un solde positif et avait pour seuls héritiers
: A.V.________ et sa sœur, W.________. Les deux héritiers légaux ont accepté la succession.

 

             
Lors de la transmission au juge de paix de la déclaration d’acceptation de la succession de
A.V.________ du 7 février 2013, le curateur, Me L.________, a précisé que l’inventaire
civil ne mentionnait pas l’existence d’un immeuble situé à T.________, en France,
lequel appartenait à la défunte selon l’attestation de propriété établie
en sa faveur, dont il joignait une copie, et qu’il convenait d’aviser les autorités
françaises que le certificat d’héritier valait par conséquent également, dans
la mesure que droit dirait, pour ce bien. Il a ajouté qu’en accord avec W.________, il demandait
l’autorisation de vendre l’immeuble. 

 

             
La vente de l’immeuble a nécessité de nombreuses démarches relatives notamment au
choix d’un acquéreur fiable et solvable, à la mise en œuvre d’une expertise
du bien, à une procédure d’expropriation par les autorités françaises, à
l’établissement d’une promesse de vente, etc. 

 

3.             
Le 13 mai 2014, Me F.________ a repris le mandat de curateur de MeL.________, qui avait requis d’être
relevé de sa mission. 

 

4.             
Me F.________ a reçu une indemnisation de l’autorité de protection pour les opérations
accomplies à compter de son entrée en fonction jusqu’au 31 décembre 2015.

 

5.             
Dans le cadre de sa mission, Me F.________ a notamment eu pour tâche d’établir une convention
de partage des biens successoraux entre les deux héritiers, cette mission ayant nécessité
diverses opérations et engendré quelques complications dont Me F.________ a fait état
dans les différents courriers qu’elle a adressés au juge de paix.

 

             
Ainsi, dans son courrier du 23 février 2016 au juge de paix, lequel s’étonnait de ne
pas avoir encore reçu l’accord attendu, la curatrice a expliqué qu’en raison de
problèmes de santé devant nécessiter une prochaine hospitalisation, A.V.________ n’avait
pas été en mesure de signer le document en cause. Le juge de paix a accordé à la
curatrice un délai supplémentaire pour finaliser la convention.

 

             
Par courrier du 24 mars 2016, la curatrice a informé le juge de paix que son prédécesseur
avait déjà établi une convention de partage signée par les héritiers au mois
de septembre 2013, qui avait été partiellement exécutée, l’ensemble des comptes
bancaires de la défunte ayant été réparti par moitié entre les deux héritiers,
et que dès que W.________ lui aurait communiqué la date précise de virement des avoirs
bancaires sur le compte de son frère et le sien, elle se proposait de leur faire signer, pour la
forme, une convention sommaire comprenant une quittance pour solde de tout compte, ce qui permettrait
d’éviter des frais.

 

             
Le 28 avril 2016, la curatrice a transmis au juge de paix la convention de partage signée le 21
avril 2016 par W.________ et paraphée par elle-même pour le compte de A.V.________. Dans son
courrier d’accompagnement, elle a précisé que le produit de la vente de l’immeuble
avait également été réparti par moitié entre les deux héritiers et
qu’il n’y avait plus rien dans la succession. 

 

             
La convention de partage soumise au juge de paix contenait dans son préambule la mention qu’au
mois de septembre 2013, les parties avaient déjà signé une convention de partage partielle
établie par le précédent curateur et portant sur les actifs bancaires, selon laquelle
chaque héritier avait reçu une part de 41'225 fr. 70 et que cette convention se trouvait
en annexe pour faire partie intégrante de l’accord final.

 

             
Par courrier du 2 mai 2016, le juge de paix a indiqué à la curatrice que, contrairement à
ce qui figurait dans le préambule de l’accord précité, ce dernier ne figurait pas
dans son envoi et qu’au surplus, il avait déjà été retourné le 18 septembre
2013 à l’ancien curateur afin qu’il le complète conformément aux instructions
données. Le juge de paix a donc imparti à la curatrice un délai au 31 mai 2016
pour lui permettre d’établir une nouvelle convention en bonne et due forme, détaillant
l’actif, mais également le passif de la succession.

 

             
Par lettre du 27 mai 2016, la curatrice a retourné la convention au juge de paix, l’informant
que le dossier en sa possession ne contenait visiblement pas tous les éléments dont son prédécesseur
avait disposé à l’époque et qu’elle avait obtenu de W.________ des informations
complémentaires qu’elle joignait en annexe. En particulier, elle transmettait l’inventaire
que le précédent curateur avait établi au mois d’août 2012, dont l’exactitude
n’avait pas été remise en cause et au moyen duquel, dans un souci de simplification,
elle avait complété la convention. L’inventaire faisait état des passifs de la succession,
soit des frais d’enterrement, de ceux d’EMS et des dépenses médicales qui totalisaient
environ 20'000 francs. 

 

             
Par courrier du 31 mai 2016, le juge de paix a renvoyé la convention à la curatrice, lui impartissant
un ultime délai au 30 juin 2016 afin qu’elle lui retourne le document, lequel devait mentionner
le détail de l’actif, mais également celui du passif de la succession. 

             

             
Par lettre du 28 juin 2016, la curatrice a retourné la convention au juge de paix. Elle a précisé
que le document contenait à présent dans son préambule le montant exact des dettes de
la succession, accepté par les deux parties, mais qu’elle n’était pas en mesure
de fournir des pièces plus détaillées, les comptes bancaires étant clos depuis plus
de trois ans et aucune contestation n’étant survenue à propos des montants figurant dans
la convention. Les dettes au décès de la défunte se composaient d’un solde de factures
d’EMS et de frais d’ensevelissement, qui avaient été acquittées par le précédent
curateur. Dès lors, le solde de l’actif net de la succession ayant été réparti
entre les deux héritiers, conformément à leurs parts légales, il lui apparaissait
que rien ne s’opposait à la ratification de la convention.

 

             
Le 5 juillet 2016, la curatrice a envoyé au juge de paix la dernière version de la convention
de partage, expliquant qu’en raison d’une erreur de secrétariat, c’était
la précédente version qui lui avait été adressée. 

 

             
Par correspondance du 7 juillet 2016, le juge de paix a informé la curatrice que la convention transmise
n’était toujours pas conforme aux instructions précédemment données et que
l’inventaire mentionné dans la correspondance n’était pas joint à son envoi.

 

             
Par courrier du 26 septembre 2016, la curatrice a informé le juge de paix qu’elle venait de
recevoir des documents complémentaires de W.________, ainsi que des extraits bancaires, mais que,
compte tenu de la charge de travail actuelle, il ne lui était pas possible de faire le nécessaire
avant le 15 octobre 2016.

 

             
Par lettre du 11 octobre 2016, la curatrice a informé le juge de paix  qu’elle avait demandé
un extrait de compte à la Banque Cantonale Vaudoise (ci-après : la BCV) et qu’à
cette occasion, elle avait appris qu’une erreur était survenue lors du versement des parts
héréditaires, ce qui lui avait permis de saisir pourquoi elle n’avait tout d’abord
pas compris les calculs qui avaient été effectués et les mouvements qu’elle avait
constatés. En annexe, elle a transmis une copie de la lettre adressée par la BCV à ce
sujet.

 

6.             
Par courrier du 22 mars 2017, le juge de paix a avisé la curatrice que, lors de sa séance du
7 mars 2017, la justice de paix avait approuvé le compte 2015 de la curatelle.

             

7.             
Par correspondance du 6 février 2018, la curatrice a adressé au juge de paix sa liste des opérations
pour la période du 1er
janvier au 31 décembre 2016. Elle a précisé avoir consacré 32.65 heures à l’exercice
de son mandat et, notamment, avoir surligné en rouge les opérations qui relevaient de son activité
d’avocate, soit, selon elle, 13.5 heures. Elle a expliqué que les 18.5 heures restantes lui
avaient permis d’assurer la gestion courante de la curatelle et que ces heures lui apparaissaient
devoir être rémunérées, à tout le moins au tarif minimum de l’assistance
judiciaire, dès lors qu’il était manifeste que le forfait annuel ne couvrait pas les
heures de travail qu’elle avait accomplies, lesquelles n’avaient pas été prises
sur son temps libre mais sur celui de son activité professionnelle. Elle réclamait par ailleurs
des débours d’un montant de 716 fr. 75.

             

8.             
Par décision du 17 avril 2018, le juge de paix a consenti à la signature par la curatrice de
la convention de partage successoral signée le 19 mars 2018 par les deux héritiers légaux. 

 

             

             
En droit :

 

 

1.             
              Le recours est dirigé
contre une décision du juge de paix fixant l’indemnité due à Me F.________ pour
son activité de curatrice pour la période du 1er
janvier au 31 décembre 2016.

 

1.1             
Contre une telle décision, le recours de l'art. 450 CC est ouvert à la Chambre des curatelles
(art. 8 LVPAE [Loi du 29 mai 2012 d'application du droit fédéral de la protection de l'adulte
et de l'enfant ; RSV 211.255] et 76 al. 2 LOJV [Loi d'organisation judiciaire du 12 décembre
1979 ; RSV 173.01]) dans les trente jours dès la notification de la décision (art. 450b
al. 1 CC). Les personnes parties à la procédure, les proches de la personne concernée
et les personnes qui ont un intérêt juridique à l'annulation ou à la modification
de la décision attaquée ont qualité pour recourir (art. 450 al. 2 CC). Le recours doit
être dûment motivé et interjeté par écrit (art. 450 al. 3 CC), les exigences
de motivation ne devant cependant pas être trop élevées (Steck, Basler Kommentar, Zivilgesetzbuch
I, Art. 1-456 ZGB, 5e
éd., Bâle 2014, n. 42 ad art. 450 CC, p. 2624).

 

             
              L’art.
446 al. 1 CC prévoit que l'autorité de protection établit les faits d'office. Compte tenu
du renvoi de l’art. 450f CC aux règles du CPC, l’art. 229 al. 3 CPC est applicable
devant cette autorité, de sorte que les faits et moyens de preuve nouveaux sont admis jusqu’aux
délibérations. Cela vaut aussi en deuxième instance (Steck, op. cit., n. 7 ad art. 450a
CC, p. 2626, et les auteurs cités). En matière de protection de l'adulte et de l'enfant, la
maxime inquisitoire illimitée est applicable, de sorte que les restrictions posées par l'art.
317 CPC pour l'introduction de faits ou moyens de preuve nouveaux sont inapplicables (cf. JdT 2011 III
43 ; CCUR 28 février 2013/56).

 

             
              La Chambre des curatelles
doit procéder à un examen complet de la décision attaquée, en fait, en droit et en
opportunité (art. 450a CC), conformément à la maxime d’office et à la maxime
inquisitoire, puisque ces principes de la procédure de première instance s’appliquent
aussi devant l’instance judiciaire de recours (Droit de la protection de l'enfant, Guide pratique
COPMA, Zurich/St-Gall 2017, n. 5.77, p. 180). Elle peut confirmer ou modifier la décision attaquée
devant elle. Dans des circonstances exceptionnelles, elle peut aussi l’annuler et renvoyer l’affaire
à l’autorité de protection, par exemple pour compléter l’état de fait
sur des points essentiels (art. 318 al. 1 let. c ch. 2 CPC [Code de procédure civile du 19 décembre
2008 ; RS 272], applicable par renvoi des art. 450f CC et 20 LVPAE). Selon les situations,
le recours sera par conséquent de nature réformatoire ou cassatoire (Guide pratique COPMA 2017,
n. 5.84, p. 182). 

             
              

             
              Conformément à
l'art. 450d CC, la Chambre des curatelles donne à la justice de paix (art. 4 al. 1 LVPAE) l'occasion
de prendre position (al. 1), cette autorité pouvant, au lieu de prendre position, reconsidérer
sa décision (al. 2).

 

1.2             
En l’espèce, motivé et interjeté en temps utile par la personne concernée,
le présent recours est recevable. Il en va de même des pièces produites en deuxième
instance, si tant est qu’elles ne figurent pas déjà au dossier.

 

             
              L’autorité
de protection a été consultée conformément à l’art. 450d al. 1 CC. 

 

 

2.

2.1             
              La
recourante critique le montant de l’indemnité qui lui a été alloué pour son
activité de curatrice déployée du 1er
janvier au 31 décembre 2016. Elle conteste se voir reconnaître un temps de seulement six heures
pour les opérations ayant nécessité des compétences juridiques, faisant valoir qu’elle
n’est pas responsable du retard qui a été mis dans l’établissement de la convention
de partage et que les projets de conventions successivement établis n’étaient en tous
cas pas contraires au droit. Elle explique que la difficulté a résidé dans le fait que
le partage des biens successoraux avait été initié par le précédent curateur,
que celui-ci avait procédé à des répartitions préalables en vertu d’une
convention établie par ses soins et qu’elle avait dû récupérer et récolter
différents documents bancaires, dont certains étaient relativement anciens, le décès
de la défunte remontant à six ans. En outre, une fois les documents bancaires recueillis, il
lui avait fallu retracer les différents mouvements intervenus depuis le décès et comprendre
quels frais incombant à la succession avaient été réglés au moyen de quel compte.
Ensuite, la situation comptable « embrouillée » et le fait que le précédent
curateur avait déjà réparti les avoirs alors que la convention n’avait pas été
ratifiée par le juge n’avait pas simplifié les opérations. Enfin, une erreur de
la BCV avait nécessité un remboursement partiel de la sœur de A.V.________. Par ailleurs,
d’autres opérations comme l’établissement et la finalisation des comptes de la
curatelle pour l’année 2015, de même que l’examen des décisions de restitution
des prestations complémentaires rendues dans le dossier, ainsi que diverses correspondances relevaient
également de l’activité typique de l’avocat. 

 

             
              Quant aux opérations
relevant de l’activité usuelle d’un curateur, savoir le paiement des nombreuses factures
courantes, les contacts pris par e-mail ou téléphone avec le personnel infirmier de l’EMS
où réside la personne concernée, les contacts réguliers avec les médecins et
la psychologue en charge de la personne concernée et la participation à une séance de
réseau justifiaient, selon la recourante, une indemnité nettement supérieure au montant
usuel de 1'000 fr., lequel ne représentait que 54 fr. l’heure, soit même pas le tiers
du tarif horaire mis à la charge de l’assistance judiciaire. Selon la recourante, vu la charge
de travail supportée sur son temps de mandataire professionnel, il convenait d’appliquer par
conséquent, à tout le moins, un tarif horaire de 120 francs. 

 

2.2             
Selon l’art. 404 CC, le curateur a droit à une rémunération appropriée et au
remboursement des frais justifiés, ces sommes étant prélevées sur les biens de la
personne concernée (al. 1). L’autorité de protection de l’adulte fixe la rémunération
en tenant compte en particulier de l’étendue et de la complexité des tâches confiées
au curateur (al. 2). Les cantons édictent les dispositions d’exécution et règlent
la rémunération et le remboursement des frais lorsque les sommes afférentes ne peuvent
être prélevées sur les biens de la personne concernée (al. 3).

 

             
              D’après la
Circulaire du Tribunal cantonal n° 4 du 19 octobre 2011 relative à la rémunération
des tuteurs et curateurs, applicable dès et y compris les comptes de l’année 2011 et
demeurée en vigueur jusqu’au 31 décembre 2012, la rémunération était arrêtée
au minimum à 1’000 fr. et au maximum à 3 pour mille de la fortune du pupille, comprenant
les rentes et pensions capitalisées, à l’exclusion toutefois des rentes AVS, Al et accidents
ou d’autres caisses de même genre ainsi que des prestations d’aide sociale ou rentes
complémentaires AVS/Al. Les débours étaient remboursés sur la base d’une liste
détaillée du tuteur ou curateur, une justification sommaire suffisant lorsqu’ils ne dépassaient
pas 200 fr. par an. S’agissant du pupille indigent, l’indemnité n’excédait
pas 1’000 fr. par an, cas extraordinaires réservés. Les débours étaient remboursés
sur la même base que pour les autres pupilles.  

 

             
              Depuis le 1er
janvier 2013, il est prévu que si le travail effectif ne justifie pas que la rémunération
soit fixée à un montant inférieur ou supérieur, la rémunération est arrêtée
au minimum à 1’000 fr. et au maximum à 3 pour mille de la fortune de la personne concernée,
comprenant les rentes et pensions à leur valeur de rachat, à l’exclusion toutefois des
rentes AVS, Al et accidents ou d’autres caisses de même genre ainsi que des prestations d’aide
sociale ou rentes complémentaires AVS/Al (art. 3 al. 3 RCur [Règlement du 18 décembre
2012 sur la rémunération des curateurs ; RSV 211.255.2]). Selon l’art. 3 al. 4 RCur,
le curateur appelé à fournir des services propres à son activité professionnelle
a droit, en principe, à une rémunération fixée sur la base du tarif en usage dans
sa profession ; l’indemnité qui lui est ainsi allouée n’est pas soumise à
la TVA, l’activité en cause relevant de la puissance publique ; lorsque le curateur effectue
également des opérations sans lien avec son activité professionnelle, celles-ci justifient
une indemnité distincte fixée par application analogique de l’art. 3 al. 3 RCur. S’agissant
des débours, ils font l’objet d’une liste de frais détaillée que le curateur
présente à l’autorité compétente en même temps que son rapport annuel.
Une justification sommaire suffit lorsqu’ils ne dépassent pas 200 fr. par an (art. 2 al. 3
RCur).

 

             
              Les débours et l’indemnité
du curateur sont à la charge de la personne concernée (art. 4 al. 1 RCur). Lorsque celle-ci
est indigente, le curateur a droit au paiement par l’Etat, outre les débours, d’une
indemnité n’excédant pas le montant de 1’000 fr. par an, sous réserve des
cas extraordinaires et ceux visés par l’art. 3 al. 4 RCur, et il est statué sans frais
judiciaires. Est réputée indigente toute personne concernée dont la fortune nette est
inférieure à 5’000 fr. (art. 4 al. 2 RCur).

 

             
              Lorsque, dans le cadre
de son mandat, le curateur doit accomplir pour la personne concernée des actes propres à son
activité professionnelle, il est rémunéré en conséquence. La jurisprudence a
admis que cette rémunération est, en principe, fixée sur la base du tarif professionnel
concerné. L’autorité de protection conserve néanmoins un certain pouvoir d’appréciation
lui permettant, selon les circonstances, de réduire l’indemnité qui serait due selon
le tarif, voire de s’écarter de ce dernier (ATF 116 II 399 consid. 4b/cc ; SJ 2000 I p. 342).
Sont notamment déterminantes en la matière l’importance et la difficulté du mandat
confié ainsi que la situation de fortune et de revenus de la personne concernée (TF 5A 319/2008
du 23 juin 2008 consid. 4.1 et les réf. citées ; CTUT 21 juillet 2010/138 ; CCUR
21 mars 2018/58 consid. 2.1.2).

              
                           

2.3             
              En l’espèce,
il convient de relever que, par décision postérieure au recours, la convention de partage a
pu être approuvée par la justice de paix. Certes, la succession ne présente aucune difficulté
juridique particulière dès lors que la défunte a laissé ses deux enfants comme uniques
héritiers, chacun pour la moitié des biens. Un inventaire civil a été dressé
le 4 février 2013 pour les biens mobiliers et les biens immobiliers ont été vendus le
1er
avril 2015 et la contre-valeur déjà répartie entre les héritiers. Cela étant,
comme l’indique la recourante, il ressort de la convention de partage que des mouvements importants
de patrimoine ont eu lieu entre l’établissement de l’inventaire civil et l’élaboration
de la convention, nécessitant un travail administratif important. Pour ces motifs, il peut être
admis qu’un total de 13,5 heures sur l’entier de l’année 2016 n’est pas
disproportionné et peut être rémunéré au tarif de l’avocat. 

 

             
En revanche, l’argumentation retenue devant la Chambre de céans selon laquelle l’avocat
curateur aurait droit à une rémunération selon le tarif de l’assistance judiciaire
pour toutes les activités de gestion courante de la curatelle, déployées au motif qu’elles
auraient été exercées sur les heures de travail est contraire à tous les principes
exposés ci-dessus. Les opérations liées à l’héritage de la personne concernée
étant terminées, il n’y a plus lieu de recourir aux services d’un curateur disposant
de connaissances particulières et approfondies. Si la recourante entend ne pas poursuivre sa mission
au tarif usuel fixé par voie réglementaire au motif que cela empiète de manière trop
importante sur ses heures de travail, il lui appartient de demander à être relevée de
sa mission. 

 

 

3.             
En conclusion, le recours doit être partiellement admis et la décision réformée au
chiffre I de son dispositif en ce sens qu’est allouée à Me F.________ une indemnité
totale de 5'925 fr. pour ses activités déployées du 1er
janvier au 31 décembre 2016, débours compris, à la charge de A.V.________, né
le [...] 1949 (I), la décision étant confirmée pour le surplus. 

 

             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 150 fr., sont mis à la
charge de la recourante, le solde étant laissé à la charge de l’Etat. La recourante
ayant versé un montant de 300 fr. à titre d’avance de frais, la somme de 150 fr. lui
sera dès lors restituée (art. 111 al. 1 et 2 CPC, applicable par renvoi de l’art. 450f CC).

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des curatelles du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est partiellement admis.

 

             
II.             
La décision est réformée au chiffre I de son dispositif comme suit :

 

I.                 
Alloue à Me F.________ une indemnité
totale de 5'925 fr. (cinq mille neuf cent vingt-cinq francs) pour ses activités déployées
du 1er
janvier au 31 décembre 2016, débours compris, à la charge de A.V.________, né le 
[...] 1949 ;

 

             
              Elle est confirmée
pour le surplus.  

 

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 300 fr. (trois cents francs),
sont mis à la charge de la recourante Me F.________, par 150 fr. (cent cinquante francs), le
solde étant laissé à la charge de l’Etat.

 

             
IV.             
L'arrêt est exécutoire.

 

Le
président :              La greffière
:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

‑             
Me F.________,

‑             
A.V.________,

 

et
communiqué à :

 

‑             
Juge de paix du district de Lausanne,

 

par
l'envoi de photocopies.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente
jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

 

             
La greffière :