# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** bd33200f-f75d-54cf-8850-8b85527b42f9
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-09-14
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Strafkammer 14.09.2016 502 2016 214
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_005_502-2016-214_2016-09-14.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

502 2016 214

Arrêt du 14 septembre 2016 

Chambre pénale

Composition Président: Hubert Bugnon
Greffière: Aleksandra Bjedov

Parties A.________, prévenu et recourant

contre

MINISTERE PUBLIC, intimé

Objet Ordonnance de non-entée en matière - frais à la charge du 
"prévenu" (art. 426 al. 2 CPP) 

Recours du 19 août 2016 contre l'ordonnance du Ministère public du 
9 août 2016

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considérant en fait

A. Le 11 mars 2016, vers 06.45 heures, à B.________, A.________ a fait l’objet d’un contrôle 
de Police, alors qu’il était au volant du véhicule de marque Subaru, immatriculé ccc. Il ressort du 
rapport de dénonciation que les policiers ont constaté que cette personne présentait des signes 
d’une consommation de stupéfiants (yeux rougis). Selon le procès-verbal de son audition, il a 
déclaré spontanément avoir fumé un joint de marijuana la veille entre 22 et 23 heures. Des 
prélèvements d’urine et de sang ont été effectués. Le rapport d’expertise toxicologique du 24 avril 
2016 (DO/11 s.) indique que les analyses des échantillons biologiques ont démontré la présence, 
dans le sang, de THC à <0.7 μg/L et de la THCCOOH (métabolite inactif du THC) à 3.7 μg/L. 

B. Par ordonnance du 9 août 2016, le Ministère public a prononcé une non-entrée en matière 
aux motifs que l'achat et la consommation de marijuana ont eu lieu à l'étranger et que la 
concentration de THC est inférieure à la limite définie dans la loi, si bien que les éléments 
constitutifs de l'infraction de conduite en état d'incapacité de conduire ne sont pas réunis. Il a mis 
les frais de procédure par CHF 781.- à la charge du "prévenu" en application analogique de 
l'art. 426 al. 2 CPP.  

C. Par courrier non daté, posté en France le 19 août 2016 à l'adresse du Ministère public qui l'a 
reçu le 22 du même mois et transmis à la Chambre le 29, A.________ a recouru contre 
l’ordonnance de non-entrée en matière en tant qu'elle met à sa charge les frais de la cause. 

Dans sa lettre de transmission du recours, du 29 août 2016, le Ministère public expose qu'à titre 
d'observations il se réfère aux éléments figurant dans sa décision. 

 

en droit

1. a) En application des art. 310 al. 2, 322 al. 2 du code de procédure pénale suisse du 
5 octobre 2007 et 85 al. 1 de la loi du 31 mai 2010 sur la justice [LJ], la voie du recours à la 
Chambre pénale est ouverte contre une ordonnance de non-entrée en matière. 
L’art. 395 let. b CPP prévoit cependant que, lorsque l’autorité de recours est un tribunal collégial, le 
recours porte sur les conséquences économiques accessoires d’une décision et que le montant 
litigieux n’excède pas CHF 5'000.-, la direction de la procédure, soit le président du tribunal selon 
l’art. 61 let. c CPP, statue seule. En l’espèce, le recours portant sur les conséquences 
économiques accessoires d’une décision de non-entrée en matière et la valeur litigieuse étant de 
CHF 781.-, la compétence du Président de la Chambre pénale est donnée. 

b) Le délai de recours est de dix jours dès notification (art. 396 al. 1 CPP). Selon 
l'art. 91 al. 1 et 4 CPP, le délai est réputé observé si l’acte de procédure est accompli auprès de 
l’autorité compétente au plus tard le dernier jour du délai et le délai est également respecté "si 
l'écrit parvient au plus tard le dernier jour du délai à une autorité suisse non compétente". En 
l'espèce, l’ordonnance querellée a été adressée et notifiée au recourant à une date inconnue et le 
recours est parvenu au Ministère public, autorité non compétente pour en connaître, le 22 août 
2016. Dans ces circonstances et compte tenu du rapprochement de la date de la décision et de 
celle de la réception du recours, le délai doit être considéré comme respecté. 

c) Le recours doit être motivé (art. 396 al. 1 CPP) et indiquer précisément les motifs qui 
commandent une autre décision (art. 385 al. 1 let. b CPP). L’exigence de motivation englobe aussi 
celle de prendre des conclusions. En l'occurrence, le recours a été établi non pas dans la structure 

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d'un mémoire en justice sous forme de simple lettre et il ne contient pas de conclusions formelles. 
Pour autant, on peut y déceler les modifications que la partie recourante voudrait faire apporter à 
l’ordonnance attaquée et l'indication de raisons qui les justifieraient. Cette partie n’étant de plus 
pas représentée par un avocat, l’exigence de motivation est appréciée, selon une pratique 
constante en de tels cas, avec moins de rigueur et elle doit être considérée en l'espèce comme 
respectée.  

2. a) S’agissant des frais, le Ministère public a retenu qu’en application de l’art. 426 al. 2 CPP 
il y a lieu de les mettre à la charge de A.________ au motif que "le prévenu (sic) a donné lieu à la 
procédure relative à la conduite en état d'incapacité de conduire, et donc notamment à des 
analyses toxicologiques, par un comportement contraire à l'ordre juridique, en l'occurrence en 
admettant avoir consommé des stupéfiants peu de temps après avant de prendre le volant".  

Dans le cadre de son recours, A.________ expose notamment qu’aucun test salivaire n'a été 
effectué avant la prise de sang et qu'il avait conscience d'être en dessous des valeurs légales 
définies en raison de sa faible quantité de consommation de la veille, raison pour laquelle il a été 
honnête dans sa déclaration sur sa consommation. 

b) Selon l’art. 426 al. 2 CPP, lorsque la procédure fait l’objet d’une ordonnance de 
classement ou que le prévenu est acquitté, tout ou partie des frais de procédure peuvent être mis 
à sa charge s’il a, de manière illicite et fautive, provoqué l’ouverture de la procédure ou rendu plus 
difficile la conduite de celle-ci. 

En l'espèce l'ordonnance rendue n'est pas une ordonnance de classement, mais une ordonnance 
de non-entrée en matière. Compte tenu de la formulation de la norme précitée, se pose la question 
de savoir si cette disposition est applicable en cas de non-entrée en matière (sur cette question, 
voir MOREILLON/PAREIN-REYMOND, Petit commentaire - CPP, 2016, art. 310 n. 23). La formulation 
de la règle, qui suppose une ouverture de la procédure pénale qui est précisément écartée par le 
refus d'entrer en matière, et la distinction voulue entre le classement et la non-entrée en matière, 
celle-ci étant réservée aux cas dans lesquels le Ministère public n'a procédé à aucun acte 
d'instruction (cf. Message in FF 2006 p. 1248), paraissent s'opposer à une telle application. Il faut 
cependant constater que, lorsqu'il s'agit, en sens inverse, d'une indemnisation de la personne 
dénoncée, le Tribunal fédéral admet l'application analogique de la règle prévue en faveur du 
prévenu, soit de l'art. 429 al. 1 CPP (ATF 139 IV 241 consid. 1). Par ailleurs, la Chambre et la 
jurisprudence admettent qu'avant le prononcé d'une non-entrée en matière l'une ou l'autre 
opération peut être menée par le Ministère public (TF arrêts 6B_341/2013 du 18 décembre 2013 
consid. 2.2 et réf.; TC FR arrêt 502 14 166 du 15 avril 2015 consid. 7b).  

La question peut cependant demeurer ouverte étant donné que, supposé applicable, l'art. 426 al. 2 
CPP ne peut conduire en l'espèce à ce que les frais soient mis à la charge du recourant, pour les 
raisons exposées ci-après.  

c) Selon la jurisprudence, il faut, pour que l'art. 426 al. 2 CPP soit applicable, que le prévenu 
ait adopté un comportement fautif et reprochable, non sous l’angle pénal du terme, mais au regard 
du droit civil. Le comportement fautif du prévenu doit être à l’origine de l’ouverture de l’enquête 
pénale et des frais pour que ceux-ci puissent lui être imputés s’il est acquitté ou mis au bénéfice 
d’une ordonnance de classement. Il faut que le prévenu ait clairement violé une norme de 
comportement, écrite ou non écrite, résultant de l’ordre juridique suisse dans son ensemble, pour 
permettre une application analogique de l’art. 41 CO. La violation exigée doit s’apprécier selon des 
critères objectifs et clairement établis : il ne suffit pas que l’attitude du prévenu contrevienne à 
l’éthique (CHAPUIS in Commentaire romand - CPP, 2011, art. 426 n. 2). La condamnation aux frais 
d'un prévenu ou d'un accusé libéré ne résulte ainsi pas d'une responsabilité pour une faute pénale, 
mais d'une responsabilité proche du droit civil, née d'un comportement fautif. Ce mécanisme est 

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compatible avec les art. 32 al. 1 Cst. et 6 §. 2 CEDH (ATF 116 Ia 162 consid. 2d et 2e). La 
condamnation d'un prévenu acquitté à supporter tout ou partie des frais viole en revanche la 
présomption d'innocence lorsqu'elle laisse entendre directement ou indirectement que ce dernier 
serait néanmoins coupable des infractions qui lui étaient reprochées ou qu'il aurait commis une 
faute pénale (TF arrêts 6B_87/2012 du 27 mai 2012 consid. 1.2; 1B_21/2012 du 27 mars 2012 
consid. 2.1, et réf.). Il est régulièrement admis qu’un comportement contraire à une disposition 
légale puisse, à condition que la présomption d’innocence soit respectée, être retenu pour justifier 
la mise à charge des frais même si l’action pénale pour l’infraction correspondante n’a pas abouti à 
une condamnation (TF arrêt 6B_331/2012 du 22.10.2012, consid. 2.3). 

Selon l’art. 55 al. 2 LCR, si la personne concernée présente des indices laissant présumer une 
incapacité de conduire et que ces indices ne sont pas dus ou pas uniquement dus à l’influence de 
l’alcool, elle peut faire l’objet d’autres examens préliminaires qu’un alcootest, notamment d’un 
contrôle d’urine et de la salive. Ainsi, conformément à l’art. 10 al. 2 OCCR, lorsqu’il existe des 
indices accréditant que la personne contrôlée est incapable de conduire à cause d’une autre 
substance que l’alcool et qu’elle a conduit un véhicule dans cet état, la police peut ordonner un 
test préliminaire permettant de déceler la présence de stupéfiants ou de médicaments, notamment 
dans les urines, la salive ou la sueur. Une prise de sang sera ordonnée si la personne concernée 
présente des indices laissant présumer une incapacité de conduire à cause d’une autre substance 
que l’alcool et qu’elle a conduit un véhicule dans cet état (art. 55 al. 3 let. a LCR et 12 al. 1 let. b 
OCCR).

Hors autorisation spécifique, la consommation de stupéfiants est illégale en Suisse (art. 4 ss 
LStup) et la situation d’un conducteur dont la valeur limite de stupéfiants dans le sang n’a pas été 
atteinte n’est dès lors pas comparable à celle de l’automobiliste circulant avec un taux d’alcoolémie 
non autorisé. Ainsi, dans le cas d’une procédure ouverte pour conduite en état d’incapacité, la 
jurisprudence du Tribunal fédéral a retenu que le prévenu au bénéfice d’une ordonnance de 
classement peut se voir condamner aux frais de la procédure lorsqu’un contrôle de détection de 
stupéfiants a été ordonné en raison de ses yeux rougis et d’un comportement ralenti mais que la 
valeur limite de stupéfiants dans le sang n’a pas été atteinte, alors même qu’il est établi que 
l’intéressé en a consommé la veille (TF arrêt du 1B_180/2012 du 24 mai 2012, résumé in : Forum 
poenale 4/2011, 224 art. 426 al. 2 CPP ; voir en outre : Obergericht BE, arrêt BK 11 296 du 24 
janvier 2012). L’autorité de céans a notamment admis qu’alors même que la présence de THC 
n’avait pas été mise en évidence dans le sang, la condamnation d’un automobiliste aux frais de 
procédure se justifiait dès lors qu’il avait admis avoir consommé un joint de marijuana ou de 
haschisch la veille au soir et avait subi ultérieurement un nouveau contrôle de stupéfiants se 
révélant positif (TC arrêt 502 2010 446 du 9 septembre 2010). Un résultat analogue s’impose alors 
même que la quantité de THC présente dans le sang du prévenu est inférieure à la valeur limite 
prévue par la loi, mais que celui-ci présente des signes évidents de consommation de stupéfiants, 
est en possession de 1,5g de marijuana et admet en outre avoir consommé cette substance deux 
jours auparavant (TC arrêt 502 2012 139 du 12 décembre 2012 et 502 2014 260). 

En tout état de cause, la condamnation aux frais ne doit être fondée que sur la base de faits 
incontestés ou de circonstances déjà clairement établies (TF arrêt 6B_250/2014 du 13 janvier 
2014 consid. 1.3). 

d) En l’espèce, les policiers ont constaté, lors du contrôle à 06h45 environ, uniquement que 
le recourant présentait des yeux rougis (DO 02 et 08 verso). Une heure plus tard, au moment de 
procéder à l'examen médical, l'incapacité a été qualifiée d'indécelable (DO 09). Cela ne conduit 
pas au constat de signes évidents d'incapacité et conséquemment pas non plus à un clair état de 
fait concernant une violation d'une norme de comportement de nature à causer les mesures 
ordonnées. 

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Un tel état de fait, peu élevé en certitude, nécessitait à tout le moins, comme mesure préalable, 
d'effectuer un test moins coûteux, de type Drugwipe, qui aurait permis de savoir si les frais 
supplémentaires liés à une prise de sang et son analyse se justifiait ou non. L'analogie voulue par 
la jurisprudence avec le régime de responsabilité civile implique au demeurant aussi l'application 
du principe de diminution du dommage et il appartient dès lors à l'Etat de rendre suffisamment 
vraisemblable la nécessité de la mesure dont il veut faire supporter les coûts par la personne 
concernée. Or le recourant indique qu'un tel test n'a pas été fait et ni le rapport de dénonciation ni 
une autre pièce du dossier ne mentionne la prise d'une telle mesure. 

Au vu de ce qui précède, il existe, dans les circonstances de cette cause, à tout le moins un doute 
sur cette nécessité. Il en découle l'admission du recours et la modification de l’ordonnance par la 
mise de ses frais à la charge de l'Etat. 

3. Vu l’issue du pourvoi et en application des art. 428 al. 1 CPP, 33 ss et 43 RJ, les frais de la 
procédure de recours seront mis à la charge de l'Etat. 

la Chambre arrête:

I. Le recours est admis.

Partant, le chiffre 2 de l’ordonnance de classement du 9 août 2016 est modifié pour prendre 
la teneur suivante: 

2. Les frais de procédure sont mis à la charge de l'Etat. 

II. Les frais de la procédure de recours sont fixés à CHF 270.- (émolument: CHF 200.-; 
débours: CHF 70.-) et mis à la charge de l'Etat. 

III. Communication.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours 
qui suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). 
L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Les mémoires doivent être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, 
à l’attention de ce dernier, à la Poste suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire 
suisse. Hormis celui du Liechtenstein, les offices postaux étrangers ne sont pas assimilés à un 
bureau de poste suisse. Pour que le délai de recours soit sauvegardé en pareil cas, il faut que le 
pli contenant le mémoire arrive le dernier jour du délai au plus tard au greffe du Tribunal fédéral ou 
que la Poste suisse en prenne possession avant l’expiration du délai.

Fribourg, le 14 septembre 2016  

Président Greffière