# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a8b5324b-bac9-5cc6-8d0e-2048e84b9630
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-12-01
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 01.12.2016 P/6339/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-6339-2014_2016-12-01.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/6339/2014 AARP/481/2016

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 1er décembre 2016 

 

Entre 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

appelant, 

 

contre le jugement JTDP/560/2016 rendu le 7 juin 2016 par le Tribunal de police, 

 

et 

A______, comparant par Me B______, avocat, ______, 

intimé.

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EN FAIT : 

A. a. Par courrier expédié le 15 juin 2016, le Ministère public a annoncé appeler du 
jugement rendu le 7 juin précédent, dont les motifs lui ont été notifiés le 1er juillet 
2016, par lequel le tribunal de première instance a reconnu A______ coupable de 
violation grave des règles de la circulation routière (art. 90 al. 2 de la loi fédérale sur 
la circulation routière du 19 décembre 1958 [LCR ; RS 741.01]), l'a condamné à une 
peine pécuniaire de 150 jours-amende à CHF 30.- l'unité, avec sursis pendant trois 
ans, et à une amende de CHF 1'100.- (peine privative de liberté de substitution de 
11 jours), ainsi qu'aux frais de la procédure. 

 b. Aux termes de son acte du 7 juillet 2016, le Ministère public conteste la fixation 
de la peine, concluant à ce que A______ soit condamné à une peine pécuniaire de 
330 jours-amende, avec sursis de quatre ans, et à une amende de CHF 4'000.- à titre 
de sanction immédiate (assortie d'une peine privative de liberté de substitution non 
quantifiée), frais de la procédure à sa charge. 

 c. Par acte d'accusation du Ministère public, il est reproché à A______ d'avoir, le 
mardi 18 juin 2013 à 14h09, sur l'autoroute A1 à proximité du point kilométrique 
PK 0.670 à Bardonnex, circulé, au volant de son véhicule automobile de marque 
VW immatriculé en France, en direction de ce pays à la vitesse de 92 km/h 
nonobstant la limitation de 40 km/h à cet endroit, commettant ainsi un dépassement 
important de 49 km/h (après déduction de la marge de sécurité de 3 km/h) et créant 
un sérieux danger pour la sécurité d'autrui, ou à tout le moins, en en prenant le risque. 

B. Les faits encore pertinents à ce stade ressortent de la procédure : 

 a. Selon le procès-verbal des mesures de vitesse et les pièces annexes, le véhicule de 
A______ avait été contrôlé de la manière décrite dans l'acte d'accusation. Durant 
l'intervention (d'une heure et 30 minutes), 294 conducteurs (sur les 640 empruntant le 
tronçon) avaient circulé au-delà de la limitation prescrite. 

 À teneur du cliché radar produit, le tronçon rectiligne, comportant trois voies de 
circulation, offrait une bonne visibilité. Il faisait jour et le ciel était dégagé. La 
chaussée était sèche et le trafic fluide.  

 b.a. Dès sa première audition et tout au long de la procédure, A______ a reconnu les 
faits reprochés, même s'il ne se souvenait pas d'avoir commis un excès de vitesse 
d'une telle ampleur ni ne se l'expliquait. Sur la route des vacances, il n'avait 
probablement pas dû prêter attention aux panneaux de limitation. Il n'était pas dans 
ses habitudes de dépasser la vitesse autorisée. Il n'avait d'autres antécédents que de 
petits excès de vitesse qui lui avaient valu des retraits de points. Il regrettait son 
comportement. 

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 b.b. Devant le Tribunal de police, A______ a admis avoir omis de rétrograder à 
temps avant la douane. Il s'agissait d'un moment d'inattention de sa part, intervenu 
dans une période délicate de licenciement et séparation conjugale. Il empruntait 
régulièrement ce tronçon d'autoroute, se rendant depuis plusieurs années en voiture 
sur son lieu de travail en Suisse. 

C. a. Avec l'accord des parties, la Chambre pénale d'appel et de révision (ci-après : la 
CPAR) a ouvert une procédure écrite. 

 b. À teneur de son mémoire du 20 septembre 2016, le Ministère public persiste dans 
les conclusions découlant de sa déclaration d'appel. 

 La faute était très grave vu la proximité de la zone douanière, la présence de 
nombreux autres usagers de la route et l'ampleur du dépassement. Le décalage entre 
sa vitesse et celle des autres automobilistes en pleine décélération était source de 
multiples dangers concrets. A______ avait fait preuve d'un mépris manifeste envers 
les règles de la circulation routière et la sécurité des usagers de la route. Sa situation 
familiale, et encore moins son départ en vacances, n'excusaient un tel excès de 
vitesse ni n'atténuaient son importance. Sa parfaite connaissance du tronçon aurait dû 
l'inciter à la prudence et au respect de la signalisation. Au regard des précédents 
jurisprudentiels (AARP/294/2016 du 4 juillet 2016), des buts de la loi, et du quasi 
délit de chauffard, l'excès de vitesse devait être sévèrement sanctionné. 

 c. Dans sa réponse du 12 octobre 2016, A______ conclut au rejet de l'appel, frais à la 
charge de l'État. 

 La sanction prononcée consacrait une application correcte des critères de l'art. 47 du 
code pénal suisse du 21 décembre 1937 (CP ; RS 311.0). L'ampleur de l'excès de 
vitesse n'était pas si grave qu'il entrainât de facto une mise en danger concrète des 
autres automobilistes, laquelle ne reposait sur aucun élément du dossier. Les bonnes 
conditions de circulation sur le tronçon qui n'était, dans ce créneau horaire, pas 
particulièrement fréquenté, plaidaient dans un sens contraire. Vu les difficultés 
d'ordre privé qu'il rencontrait, A______, moins attentif et un peu tendu au volant, 
s'était vraisemblablement laissé happer par la vitesse plus élevée du trafic. La longue 
durée de la procédure jouait un rôle atténuant dans le cadre de la fixation de la peine. 
L'absence d'argumentation du Ministère public excluait l'augmentation du montant 
de l'amende au niveau requis au risque de rendre disproportionné son rapport à la 
peine pécuniaire. Le montant de CHF 1'100.- était justifié bien qu'il dépassât la limite 
jurisprudentielle de 20%. 

d. Me B______, défenseur d'office de A______, a déposé un état de frais qui se 
chiffre à CHF 1'752.80, y compris la TVA et le forfait courrier/téléphone de 20%, ce 
qui représente six heures et 40 minutes d'activité du chef d'étude, en sus d'1h45 et 
une vacation à la CPAR effectuées par l'avocat stagiaire. 

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e. Le Tribunal de police conclut à la confirmation du jugement entrepris. 

f. La cause a été gardée à juger sous dizaine, ce dont le Ministère public a été 
informé sans qu'il ne réagisse. 

D. A______ est citoyen français, en instance de divorce et père de deux enfants nés en 
2009 et 2012. Il est titulaire d'un permis de conduire français depuis le 21 septembre 
1992 et circule sur les routes suisses depuis 2011, date où il a obtenu son permis de 
frontalier. Il verse mensuellement EUR 1'200.- pour l'entretien de sa famille. Il 
exerce la profession de coordinateur technique immobilier et perçoit un salaire 
mensuel de EUR 2'300.-, auquel s'ajoute une prime annuelle dont le montant est 
inférieur à un salaire. En 2015, son revenu annuel s'était chiffré à environ 
EUR 29'000.-. Il ne supporte, en l'état, pas de frais de logement. Propriétaire d'une 
résidence secondaire d'une valeur de EUR 265'000.-, il perçoit des revenus annuels 
net immobiliers de EUR 2'000.- environ. Il a une dette en compte courant d'environ 
EUR 4'000.-. 

A______ n'a aucun antécédent inscrit à son casier judiciaire suisse. 

EN DROIT : 

1. L'appel est recevable pour avoir été interjeté et motivé selon la forme et dans les 
délais prescrits (art. 398 et 399 du Code de procédure pénale du 5 octobre 2007 
[CPP ; RS 312.0]). 

 La partie qui attaque seulement certaines parties du jugement est tenue d'indiquer 
dans la déclaration d'appel, de manière définitive, sur quelles parties porte l'appel, à 
savoir (art. 399 al. 4 CPP) : la question de la culpabilité, le cas échéant en rapport 
avec chacun des actes (let. a) ; la quotité de la peine (let. b) ; les mesures qui ont été 
ordonnées (let. c) ; les prétentions civiles ou certaines d'entre elles (let. d) ; les 
conséquences accessoires du jugement (let. e) ; les frais, les indemnités et la 
réparation du tort moral (let. f) ; les décisions judiciaires ultérieures (let. g). 

 La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel (art. 404 
al 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP). 

2. 2.1. Selon l'art. 90 al. 2 LCR, celui qui, par une violation grave d'une règle de la 
circulation, crée un sérieux danger pour la sécurité d'autrui ou en prend le risque est 
puni d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire, 
celle-ci pouvant aller jusqu'à 360 jours-amende. Quant aux alinéas 3 et 4, ils 
prévoient que celui qui dépasse la vitesse maximale autorisée d'au moins 50 km/h là 
où la limite était fixée à 50 km/h, est puni d'une peine privative de liberté d'un an à 
quatre ans. 

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 2.2. La culpabilité de l'intimé n'ayant pas été contestée, le verdict rendu par le 
premier juge est en force sur ce point. 

3. 3.1. Selon l'art. 47 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabilité de l'auteur. Il prend 
en considération les antécédents et la situation personnelle de ce dernier ainsi que 
l'effet de la peine sur son avenir (al. 1). La culpabilité est déterminée par la gravité de 
la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, par le caractère 
répréhensible de l'acte, par les motivations et les buts de l'auteur et par la mesure 
dans laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, compte tenu de 
sa situation personnelle et des circonstances extérieures (al. 2). 

La culpabilité de l'auteur doit être évaluée en fonction de tous les éléments objectifs 
pertinents, qui ont trait à l'acte lui-même, à savoir notamment la gravité de la lésion, 
le caractère répréhensible de l'acte et son mode d'exécution (objektive 
Tatkomponente). Du point de vue subjectif, sont pris en compte l'intensité de la 
volonté délictuelle ainsi que les motivations et les buts de l'auteur (subjektive 
Tatkomponente). À ces composantes de la culpabilité, il faut ajouter les facteurs liés 
à l'auteur lui-même (Täterkomponente), à savoir les antécédents (judiciaires et non 
judiciaires), la réputation, la situation personnelle (état de santé, âge, obligations 
familiales, situation professionnelle, risque de récidive, etc.), la vulnérabilité face à la 
peine, de même que le comportement après l'acte et au cours de la procédure pénale 
(ATF 141 IV 61 consid. 6.1.1 p. 66 s. ; ATF 136 IV 55 consid. 5 p. 57 ss ; ATF 134 
IV 17 consid. 2.1 p. 19 ss ; ATF 129 IV 6 consid. 6.1 p. 20). L'art. 47 CP confère un 
large pouvoir d'appréciation au juge. Celui-ci ne viole le droit fédéral en fixant la 
peine que s'il sort du cadre légal, s'il se fonde sur des critères étrangers à l'art. 47 CP, 
s'il omet de prendre en considération des éléments d'appréciation prévus par cette 
disposition ou, enfin, si la peine qu'il prononce est exagérément sévère ou clémente 
au point de constituer un abus du pouvoir d'appréciation (ATF 136 IV 55 consid. 5.6 
p. 61 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_1249/2014 du 7 septembre 2015 consid. 1.2).  

3.2. Dans le domaine des excès de vitesse, la jurisprudence, afin d'assurer l'égalité de 
traitement, a été amenée à fixer des règles précises. Ainsi, le cas est objectivement 
grave, c'est-à-dire sans égard aux circonstances concrètes, en cas de dépassement de 
la vitesse autorisée de 35 km/h ou plus sur les autoroutes (ATF 132 II 234 consid. 3.1 
p. 237 s. ; ATF 124 II 259 consid. 2b p. 261 ss). L'importance de la mise en danger et 
celle de la faute doivent néanmoins être appréciées au regard des circonstances du 
cas concret afin de fixer la sanction (cf. art. 47 CP ; arrêts du Tribunal fédéral 
6B_580/2015 du 18 avril 2016 consid. 1.3 et 6B_264/2007 du 19 septembre 2007 
consid. 3.1). 

Aussi, si l'on peut comprendre, dans le contexte du traitement des infractions de 
masse, la pratique du Ministère public consistant à appliquer une échelle de peines 
correspondant à l'importance du dépassement de vitesse, ce qui revient à prendre 
pour seul critère celui de la gravité objective de la faute, il ne saurait être question, 

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pour le juge du fond, de renoncer à appliquer l'ensemble des critères de l'art. 47 CP 
(AARP/264/2016 du 28 juin 2016 consid. 2.3). 

3.3. Compte tenu des nombreux paramètres qui interviennent dans la fixation de la 
peine, une comparaison avec des affaires concernant d'autres accusés et des faits 
différents est d'emblée délicate. Le principe de l'individualisation des peines, voulu 
par le législateur, est donc à l'origine des disparités en cette matière, lesquelles ne 
suffisent pas en elles-mêmes pour conclure à un abus du pouvoir d'appréciation.  

Avec les précautions d'usage que justifient les développements qui précèdent, des 
causes topiques ont récemment été jugées à Genève. Dans des circonstances 
identiques au cas d'espèce (dépassement de vitesse de 45 km/h sur le même tronçon 
d'autoroute limité à 40km/h), le comportement de l'automobiliste a été réprimé, en 
appel, par 150 jours-amende (AARP/335/2016 du 24 août 2016), l'arrêt étant définitif 
et exécutoire. 

Dans un deuxième cas (dépassement de 49 km/h sur une route limitée à 50 km/h en 
dehors de la ville), le motocycliste fautif, condamné en premier lieu par la CPAR à 
90 jours-amende, a, sur recours au Tribunal fédéral qui avait jugé la peine trop 
clémente (arrêt 6B_580/2015 du 18 avril 2016), été sanctionné de 180 jours-amende 
(AARP/197/2015 du 22 avril 2015 et AARP/264/2016 du 22 juin 2016). 

Dans l'affaire évoquée par le Ministère public, l'automobiliste circulant sous retrait 
du permis de conduire, 46 km/h au-dessus de la vitesse limitée à 50 km/h, en pleine 
ville, a été condamné à une peine pécuniaire de 270 jours-amende (AARP/294/2016 
du 4 juillet 2016). 

3.4. Selon l'art. 48 let. e CP, le juge atténue la peine si l'intérêt à punir a sensiblement 
diminué en raison du temps écoulé depuis l'infraction et que l'auteur s'est bien 
comporté dans l'intervalle. L'atténuation de la peine en raison du temps écoulé depuis 
l'infraction procède de la même idée que la prescription. Cette condition est en tout 
cas réalisée lorsque les deux tiers du délai de prescription de l'action pénale sont 
écoulés. Le juge peut toutefois réduire ce délai pour tenir compte de la nature et de la 
gravité de l'infraction (ATF 140 IV 145 consid. 3.1 p. 148 ; ATF 132 IV 1 consid. 
6.2 p. 2). Le juge doit se référer à la date à laquelle les faits ont été souverainement 
établis, et non au jugement de premier instance. Ainsi, lorsque le condamné a fait 
appel, il faut prendre en considération le moment où le jugement de seconde instance 
a été rendu dès lors que ce recours a un effet dévolutif (ATF 140 IV 145 consid. 3.1 
p. 148 ; 132 IV 1 consid. 6.2.1 p. 4 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_664/2015 du 
18 septembre 2015 consid. 1.1). 

Le délai de prescription de l'infraction prévue à l'art. 90 al. 2 LCR, passible d'une 
peine privative de liberté de trois ans au maximum, était de sept ans (art. 97 al. 1 let., 
c aCP [soit dans sa teneur en juin 2013 plus favorable à l'intimé, art. 2 CP] applicable 
par renvoi de l'art. 102 al. 1 LCR). 

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3.5. Selon l'art. 42 al. 4 CP, le juge peut prononcer, en plus du sursis, une peine 
pécuniaire sans sursis ou une amende selon l'art. 106 CP. 

Le juge fixe le montant de l'amende et la quotité de la peine privative de liberté de 
substitution en tenant compte de la situation de l'auteur, afin que la peine 
corresponde à la faute commise (art. 106 al. 3 CPP). En cas de peines combinées au 
sens de l'art. 42 al. 4 CP, l'amende ne peut pas conduire à une aggravation de la peine 
ou au prononcé d'une sanction supplémentaire. Si une peine combinée est justifiée, 
les deux sanctions considérées ensemble doivent correspondre à la gravité de la faute 
(ATF 134 IV 53 consid. 5.2 p. 55 s. ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_61/2010 du 
27 juillet 2010 consid. 5.2). Pour tenir compte du caractère accessoire des peines 
cumulées, il se justifie en principe d'en fixer la limite supérieure à un cinquième, 
respectivement à 20%, de la peine principale (ATF 135 IV 188 consid. 3.4.4 p. 191). 

 3.6. En l'espèce, l'intimé a dépassé la vitesse maximale autorisée d'une manière telle 
que son comportement constitue une violation grave de la LCR. 

L'écart entre la vitesse à laquelle il circulait et celle des autres véhicules était, certes, 
source de danger pour la sécurité, mais rien au dossier n'indique que ce danger 
potentiel se soit concrétisé en portant préjudice à un tiers déterminé, l'acte 
d'accusation étant d'ailleurs muet à ce propos. Les bonnes conditions de circulation et 
météorologiques, ainsi que la parfaite visibilité ont atténué les risques encourus, sans 
compter que le différentiel limité avec la vitesse des autres véhicules automobiles 
aussi en infraction rendait le risque pour la sécurité des autres usagers assez 
théorique. 

Le comportement relève du manque d'attention qui peut partiellement s'expliquer par 
les soucis personnel et professionnel de l'intimé. Un tel excès reste isolé dans son 
parcours de conducteur à en croire l'absence d'antécédents en Suisse. 

Au vu de ce qui précède, sa faute est importante, sans pour autant pouvoir être 
qualifiée de "très grave" comme plaidé par l'appelant. 

L'intimé a d'emblée reconnu les faits et pris conscience du caractère répréhensible de 
son acte, ce que corrobore son bon comportement postérieur. Les regrets manifestés 
semblent sincères. Il est sans antécédent, élément neutre s'agissant de la fixation de la 
peine (ATF 136 IV 1 consid. 2.6). 

La circonstance atténuante du temps écoulé plaidée par l'intimé ne saurait entrer en 
ligne de compte, les deux tiers du délai de prescription n'étant pas atteints et les 
lenteurs exemptes de critique vu le type d'infraction poursuivie et l'extranéité de la 
cause, qui a nécessairement influencé la conduite de l'instruction. 

Le principe de l'individualisation des peines rend toute comparaison assez malaisée. 
Il reste que les peines prononcées dans les causes mentionnées en référence sont 

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relevantes, les deux premières étant identiques ou proches de celle décidée par le 
premier juge dans la présente cause. Il est certes difficile de comparer les situations 
de fait et d'affirmer qu'un dépassement supérieur de 4 km/h dans des circonstances 
semblables doit être sanctionné plus sévèrement ou que rouler à une vitesse 
excessive de 49 km/h sur une route de campagne est plus ou moins grave que le cas 
d'espèce. La difficulté de tirer des généralités à partir des particularités de chaque cas 
rend délicate l'application de barèmes préétablis pour tel dépassement de vitesse, 
cette manière de procéder faisant fi du principe de l'individualisation des peines. 
Dans le même sens, il convient de se garder d'appliquer un tarif de "peine plancher" 
pour une infraction qui ne la connait pas, contrairement à la norme que pose l'art. 90 
al. 3 et 4 LCR.  

Les conclusions en appel du Ministère public, vraisemblablement dictées par les 
normes qui précèdent, outrepassent la dernière des peines susévoquées qui 
sanctionnait pourtant un comportement autrement plus grave qu'en l'espèce, ce qui ne 
manque pas de surprendre. 

Compte tenu de l'ensemble des circonstances, la quotité de 150 jours-amende 
prononcée par le premier juge consacre une application correcte des critères de 
l'art. 47 CP. Le montant unitaire de la peine, non contesté par les parties, est adéquat 
au regard de la situation financière de l'intimé, de sorte qu'il n'y a pas lieu de le 
revoir. 

Le bénéfice du sursis est acquis à l'intimé, à l'instar du délai d'épreuve qui n'est pas 
contesté. 

Dès lors que la quotité de la peine pécuniaire est confirmée, il n'y a pas lieu de revoir 
le montant de l'amende, que l'intimé a approuvé nonobstant la menue disproportion 
relevée, pas plus que la quotité de la peine privative de liberté de substitution. Au 
demeurant, l'amende requise par le Ministère public est à ce point exorbitante qu'elle 
ne respecterait en tout état pas les critères posés par l'art. 106 al. 3 CP auquel renvoie 
l'art. 42 al. 4 CP. 

Aussi, le jugement entrepris sera intégralement confirmé et l'appel rejeté. 

4. Vu la qualité de l'appelant qui succombe, les frais de la procédure seront laissés à la 
charge de l'État (art. 428 CPP). 

5. 5.1. Les frais imputables à la défense d'office ou à l'assistance juridique gratuite pour 
la partie plaignante sont des débours (art. 422 al. 2 let. a CPP) qui constituent des 
frais de procédure (art. 422 al. 1 CPP) et doivent, conformément à l'art. 421 al. 1 
CPP, être fixés par l'autorité pénale dans la décision finale au plus tard (ATF 139 IV 
199 consid. 5.1 p. 201-202). La juridiction d'appel est partant compétente, au sens de 
l'art. 135 al. 2 CPP, pour statuer sur l'activité postérieure à sa saisine. 

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 5.2.1. Selon l'art. 135 al. 1 CPP, le défenseur d'office ou le conseil juridique gratuit 
(cf. art. 138 al. 1 CPP) est indemnisé conformément au tarif des avocats de la 
Confédération ou du canton du for du procès. S'agissant d'une affaire soumise à la 
juridiction cantonale genevoise, l'art. 16 du règlement sur l'assistance juridique du 
28 juillet 2010 (RAJ ; E 2 05.04) s'applique. 

 Cette dernière disposition prescrit que l'indemnité, en matière pénale, est calculée 
selon le tarif horaire suivant, débours de l'étude inclus : avocat stagiaire CHF 65.- 
(let. a) ; et chef d'étude CHF 200.- (let. c). En cas d'assujettissement – l'assujettisse-
ment du patron de l'avocat au statut de collaborateur n'entrant pas en considération 
(arrêts du Tribunal fédéral 6B_486/2013 du 16 juillet 2013 consid. 4 et 6B_638/2012 
du 10 décembre 2012 consid. 3.7) – l'équivalent de la TVA est versé en sus. 

 5.2.2. À teneur de la jurisprudence, est décisif pour fixer la rémunération de l'avocat, 
le nombre d'heures nécessaires pour assurer la défense d'office du prévenu (arrêt du 
Tribunal fédéral 2C_509/2007 du 19 novembre 2007 consid. 4).  

 À l'instar de cette jurisprudence, l'art 16. al. 2 RAJ prescrit également que seules les 
heures nécessaires à la défense devant les juridictions cantonales sont retenues et 
sont appréciées en fonction notamment de la nature, de l'importance et des difficultés 
de la cause, de la valeur litigieuse, de la qualité du travail fourni et du résultat obtenu. 

 5.3. Considérée globalement, l'activité exercée par Me B______, défenseur d'office 
de l'intimé, est en adéquation avec la nature, l'importance et la difficulté de la cause. 

Aussi, l'indemnité requise lui sera-t-elle allouée à hauteur de CHF 1'901.35, ce 
montant correspondant à six heures et 40 minutes d'activité au tarif de 
CHF 200.-/heure, respectivement une heure et 45 minutes à celui de CHF 65.-/heure 
(CHF 1'447.10.- et CHF 20.- de frais de déplacement), plus la majoration forfaitaire 
de 20% (CHF 293.40) et la TVA au taux de 8% (CHF 140.85). 

* * * * *  

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PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

 
Reçoit l'appel formé par le Ministère public contre le jugement JTDP/560/2016 rendu le 
7 juin 2016 par le Tribunal de police dans la procédure P/6339/2014. 

Le rejette. 

Laisse les frais de la procédure d'appel à la charge de l'État de Genève. 

Arrête à CHF 1'901.35, TVA comprise, le montant des frais et honoraires de Me B______, 
défenseur d'office de A______. 

Notifie le présent arrêt aux parties. 

Le communique, pour information, à l'autorité inférieure et à la Direction générale des 
véhicules. 

Siégeant : 

Monsieur Jacques DELIEUTRAZ, président; Monsieur Pierre MARQUIS et Madame 
Verena PEDRAZZINI RIZZI, juges. 

 

Le greffier : 

Jean-Marc ROULIER 

 Le président : 

Jacques DELIEUTRAZ 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Indication des voies de recours : 
 

Conformément aux art. 78 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110), le 

présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec expédition complète 

(art. 100 al. 1 LTF), par-devant le Tribunal fédéral (1000 Lausanne 14), par la voie du recours en matière 

pénale, sous la réserve qui suit. 

 

Dans la mesure où il a trait à l'indemnité de l'avocat désigné d'office ou du conseil juridique gratuit pour la 

procédure d'appel, et conformément aux art. 135 al. 3 let. b CPP et 37 al. 1 de la loi fédérale sur 

l'organisation des autorités pénales de la Confédération du 19 mars 2010 (LOAP; RS 173.71), le présent 

arrêt peut être porté dans les dix jours qui suivent sa notification avec expédition complète (art. 39 al. 1 

LOAP, art. 396 al. 1 CPP) par-devant la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral (6501 Bellinzone).