# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a416a40b-fdc1-590d-bbc6-2e8487a7b3fb
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2006-12-20
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 20.12.2006 BE.2006.6
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG/CH_BSTG_001_BE-2006-6_2006-12-20.pdf

## Full Text

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéro de dossier:  BE.2006.6 
 
 
 

 

 

 
 

  Arrêt du 20 décembre 2006 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Emanuel Hochstrasser, 
président, Barbara Ott et Tito Ponti,  
Le greffier Luca Fantini  

   
 
Parties 

  
SWISSMEDIC, INSTITUT SUISSE DES PRODUITS 
THERAPEUTIQUES,  

requérant 
 

 Contre 
   

A.,  
 
représenté par Me Pierre Siegrist, avocat, 

opposant 
 

Objet  Levée des scellés (art. 50 al. 3 DPA) 

 

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Faits: 
 

A. Suite à diverses dénonciations, Swissmedic a ouvert le 6 avril 2005 une 
procédure pénale administrative contre A. pour soupçons d’infractions à la 
législation sur les produits thérapeutiques, notamment fabrication, com-
merce de gros, publicité, exportation et importations illégales de médica-
ments (doss. Swissmedic I/1/000003). Cette décision a été notifiée au pré-
venu le 18 mai 2005, date à laquelle des perquisitions ont été faites dans 
les locaux de la Pharmacie B. et au siège de la Pharmacie B., toutes deux 
situées à Genève, ainsi que chez A. – raison individuelle, à Z.  
 
 

B. Informés de leur droit de s’opposer à la perquisition et de demander la mise 
sous scellés de documents, tant A. que sa mère, C., ont renoncé à faire 
usage de cette possibilité. Le responsable d’enquête a néanmoins réservé 
la possibilité pour A. de se « déterminer plus tard, éventuellement au cas 
par cas ». Le disque dur de l’ordinateur utilisé par A. a, le jour même de la 
perquisition et d’entente entre parties, été copié et la copie mise sous scel-
lés, tandis que la pièce originale était restituée à ce dernier. 

 
 
C. Par acte du 7 septembre 2006, Swissmedic sollicite la levée des scellés 

apposés le 18 mai 2005 sur la copie du disque dur saisi dans les locaux de 
la Pharmacie B., de même que la consultation et le tri des données qui se 
trouvent sur ce support électronique, sous suite de frais et dépens (act. 1). 

 
 
D. Dans sa réponse du 2 octobre 2006, A. conclut au rejet de la requête préci-

tée et au refus de consultation des données figurant sur la copie du disque 
dur concerné, sous suite de frais (act. 4).  

 
 
E. Invité à répliquer, Swissmedic maintient ses conclusions (act. 6). 
 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris 
si nécessaire dans les considérants en droit. 
 
 
 
 
 
 

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La Cour considère en droit: 
 

1. En vertu des art. 25 al. 1 et 50 al. 3 DPA, la Cour des plaintes du Tribunal 
pénal fédéral est compétente pour statuer sur l’admissibilité d’une perquisi-
tion qui fait l’objet d’une opposition. La requête de levée des scellés n’est 
pas soumise à un délai particulier. La légitimation pour agir de Swissmedic 
étant donnée par l’art. 90 al. 1 de la Loi sur les produits thérapeutiques 
(LPTh), la requête est recevable. 

 
 
2. La perquisition de papiers est régie par l’art. 50 DPA. Cette disposition pré-

voit en substance que cette opération doit se limiter aux écrits pertinents 
pour l’enquête (al. 1) et que le secret professionnel, en l’occurrence celui 
du pharmacien, doit être sauvegardé (al. 2). Si le détenteur des papiers 
s’oppose à la perquisition, ce qu’il est tenu de faire séance tenante (ATF 
127 II 151, 156 et arrêts cités), ceux-ci sont placés sous scellés. Il revient 
ensuite à la Cour des plaintes, sur requête de l’autorité qui a ordonné la 
saisie, de statuer sur l’admissibilité de la perquisition (al. 3) et d’ordonner, 
le cas échéant, la levée des scellés et le tri des pièces saisies. S’il s’agit de 
sauvegarder un secret professionnel au sens des art. 50 al. 2 DPA et 321 
CP, ces opérations se font sous le contrôle de l’autorité de plainte. Lors-
que, à l’issue du tri, il subsiste des divergences entre le détenteur et 
l’autorité qui a procédé à la saisie, la Cour des plaintes statue par une dé-
cision sujette à plainte au sens des art. 105bis et 214 PPF (TPF BE.2004.9 
du 9 juin 2005). 

En l’occurrence, rien n’indique que l’inculpé se serait opposé à la perquisi-
tion effectuée dans les locaux de «la pharmacie B.» ou au siège de cette 
société, ou encore à celui de «A. – raison individuelle » (doss. Swissmedic 
I/1/000005 et III/1/000001 et 000013). Au contraire, ce dernier et sa mère 
ont expressément déclaré renoncer à faire usage de la possibilité qui leur 
était offerte de demander la mise sous scellés de documents (doss. 
Swissmedic III/2/000005 et 000011). Il reste que, cette possibilité leur ayant 
néanmoins été réservée par le responsable d’enquête et l’autorité qui a or-
donné la saisie ayant sollicité la levée des scellés, l’accord par lequel le 
disque dur de l’ordinateur de la pharmacie a été copié et la copie mise sous 
scellés paraît avoir été considéré comme une opposition à la perquisition 
(doss. Swissmedic III/03/000009 et 000011, III/5/000005). Il sera dès lors 
admis comme tel. 
 

 
3. Dans le cadre d’une procédure de levée des scellés régie par l’art. 50 al. 3 

DPA, la Cour des plaintes n’a pas à se prononcer sur la réalité des infrac-

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tions reprochées à la personne poursuive, mais elle se limite à déterminer 
si la perquisition est admissible, ou, en d’autres termes, si le requérant peut 
avoir accès aux pièces saisies ou non (arrêt du Tribunal fédéral 
8G.116/2004 du 26 janvier 2004 consid. 6; ATF 106 IV 413, 417-418 con-
sid. 3 et 4). La perquisition n’est admissible que s’il existe des soupçons 
suffisants de la commission d’une infraction. La nécessité d’une perquisi-
tion doit en effet être justifiée par des soupçons précis et objectivement fon-
dés et non seulement sur de vagues soupçons ou sur une prévention pu-
rement subjective. L’art. 46 al. 1 let. a DPA permet le séquestre des objets 
susceptibles de servir de pièces à conviction. L’art. 48 al. 1 DPA prévoit en 
particulier qu’une perquisition peut être faite dans les locaux dans lesquels 
se trouvent les objets à séquestrer. Conformément à l’art. 45 DPA, la me-
sure susmentionnée doit respecter le principe de la proportionnalité. L’objet 
de la perquisition doit par ailleurs être circonscrit de manière suffisamment 
précise pour que son lien avec un soupçon précis et fondé avec les faits, 
objets de l’accusation, de même que le respect du principe de la propor-
tionnalité, puissent être vérifiés (arrêt 8G.116/2004 consid. 6; ATF 104 IV 
125, 131 ss consid. 3b). Il est inévitable que la perquisition de papiers porte 
aussi sur des pièces qui se révéleront sans intérêt pour l’enquête (arrêt 
8G.116/2004 consid. 6 précité; ATF 108 IV 75, 76 consid. 5; JAAC 64.52). 
Pour le surplus, la Cour des plaintes a fait sienne la jurisprudence du Tri-
bunal fédéral en la matière (voir arrêts du TPF BK_B 062/04 du 7 juin 2004; 
BK_B 059/04 du 7 juillet 2004; BK_B 162/04 du 19 novembre 2004). 

3.1 Entre le 6 novembre 2003 et le 15 mars 2005, Swissmedic a été saisi de 
plusieurs dénonciations émanant notamment de pharmaciens ainsi que des 
Service du pharmacien cantonal de Vaud et de Genève, et de la Direction 
sanitaire du canton de Glaris. Celles-ci faisant état d’une activité suspecte 
de mise sur le marché de produits thérapeutiques sans que les autorisa-
tions nécessaires n’aient été délivrées, Swissmedic a, en date du 6 avril 
2005, ordonné l’ouverture d’une procédure pénale administrative pour 
soupçons d’infraction à la législation sur les produits thérapeutiques, no-
tamment pour fabrication, commerce de gros, publicité, exportation et im-
portation illégales de médicaments. Dans le cadre de cette enquête, 
Swissmedic a, en date du 18 mai 2005, procédé à plusieurs perquisitions 
dans les locaux de la «Pharmacie B.» sise à Y., au siège de la « pharmacie 
B.» sise à Y. ainsi que dans les locaux de la maison « A. – raison indivi-
duelle », sise à Z. Vu les soupçons précis engendrés par les faits dénon-
cés, ces perquisitions se justifient parfaitement.  Les mesures de contrainte 
ordonnées par le requérant sont en outre conformes au principe de la pro-
portionnalité, en ce sens que seule une perquisition opérée dans les locaux 
des différents lieux où s’exerçait l’activité de l’opposant était de nature à 
permettre à l’institut de confirmer la réalité des dénonciations reçues et 

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d’évaluer l’ampleur des actes illicites éventuels. En tant que telles, lesdites 
perquisitions respectent les principes généraux décrits plus haut (voir 
consid. 3). Elles sont donc admissibles. 

 
 
4.  
4.1 L’inculpé invoque son secret de pharmacien pour s’opposer à la levée des 

scellés apposés sur la copie du disque dur. Il souligne que ce support 
d’information dont Swissmedic requiert la consultation contient des élé-
ments confidentiels, notamment des listes de clients de la pharmacie, et il 
reproche à l’institut d’avoir déjà violé son secret en communiquant de telles 
informations au Département de la santé du canton de Genève. Swissme-
dic, de son côté, relève que les activités du prévenu comprenaient aussi 
bien des activités traditionnelles de pharmacien, que des activités de fabri-
cation et de commerce de gros de médicaments soumis à autorisation et 
que, conformément aux déclarations de l’opposant du 6 juin 2005 (doss. 
Swissmedic III/10/021), la copie du disque dur doit contenir certaines in-
formations nécessaires à l’instruction, à savoir notamment les doubles des 
factures adressées également aux différentes pharmacies ou drogueries 
concernées, et relevant par conséquent du commerce en gros. Le secret 
professionnel ne s’applique qu’aux documents et informations liés à 
l’activité typique du pharmacien, soit, notamment, à celle qui a trait à la fa-
brication ou à la remise de médicaments sur ordonnance, ainsi qu’aux 
contacts avec les médecins et au conseil des patients. Le pharmacien ne 
saurait par contre l’opposer à la saisie de papiers relatifs à une activité dont 
le caractère commercial est prépondérant (TPF BE.2004.7 du 11 avril 
2006). En l’espèce, la fabrication et la distribution de produits homéopathi-
ques sur une grande échelle ne constituent à l’évidence pas des activités 
typiques du pharmacien. Le secret professionnel ne peut donc pas être in-
voqué à cet égard. La levée des scellés doit ainsi être ordonnée, avec 
quelques précautions toutefois, dans la mesure où, comme expressément 
admis par Swissmedic (act. 6 pag. 6. n. 110), on ne peut exclure que, 
compte tenu des particularités du cas d’espèce, certains fichiers du disque 
dur mis sous scellés puissent contenir des données sensibles protégées 
par le secret du pharmacien et dont la saisie ne pourrait de ce fait pas être 
ordonnée. 

4.2 Lorsque le secret professionnel au sens des art. 321 CP et 50 al. 2 DPA 
doit être sauvegardé, le tri des documents mis sous scellés s’effectue sous 
le contrôle de la Cour des plaintes, en présence du détenteur des papiers 
ou autre support de données et avec la participation du magistrat, respecti-
vement de l’enquêteur, en charge du dossier (TPF BE.2005.4 du 8 août 
2005 consid. 7.1; BK_B 039/04 du 26 mai 2004 consid. 1.2; BK_B 062/04 

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du 7 juin 2004 consid. 1.2). Le droit fédéral institue en effet un secret pro-
fessionnel absolu, dont la violation est passible des peines prévues par 
l’art. 321 CP. Compte tenu de la présence possible de données couvertes 
par le secret du pharmacien, les scellés seront levés et le tri des fichiers ef-
fectué sous le contrôle de la Cour des plaintes. 

  
 
5. La requête de Swissmedic est ainsi partiellement admise. Les parties se-

ront convoquées ultérieurement aux fins d’assister à la levée des scellés et 
au tri des données.  

 

6. Selon l'article 245 PPF, les frais et les dépens liés à la procédure judiciaire 
sont déterminés selon les art. 146 à 161 OJ. Selon l'article 156 al. 1 OJ en 
règle générale, les frais judiciaires sont mis à la charge de la partie qui 
succombe. En l'occurrence, l’opposant n'a obtenu gain de cause que par-
tiellement, il se justifie dès lors de mettre à sa charge un émolument réduit 
de Fr. 1'000.-- (art. 156 al. 1 et 3 OJ). Swissmedic sera par contre dispensé 
du paiement des frais judiciaires en vertu de l’art. 156 al. 2 OJ. Une indem-
nité de Fr. 1’000.--, à charge de Swissmedic, est octroyée à l'opposant à ti-
tre de dépens (art. 1 al. 2 règlement du 11 février 2004 sur les dépens et 
indemnités alloués devant le Tribunal pénal fédéral, RS 173.711.31). 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

- 7 - 

 

 

 
Par ces motifs, la Cour prononce: 

 
1. La requête est partiellement admise. 
 
2. La levée des scellés apposés sur la copie du disque dur saisie le 18 mai 

2005 est ordonnée, sous la surveillance de la Cour des plaintes. 
 

Les parties seront invitées ultérieurement à se présenter au siège du Tribu-
nal pénal fédéral pour assister à la levée des scellés et au tri des documents. 
 

3. Un émolument de Fr. 1'000.-- est mis à la charge de l’opposant. 

4. Une indemnité de Fr. 1’000.--, à charge de Swissmedic, est allouée à 
l’opposant à titre de dépens. 

 
 

Bellinzone, le 21 décembre 2006 
 
Au nom de la Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
Le président:   Le greffier:  
 
 
 
 
 
Distribution 
 
- Swissmedic, Institut suisse des produits thérapeutiques, 
- Me Pierre Siegrist, avocat,  
 
 
 

Indication des voies de recours 

Dans les 30 jours qui suivent leur notification, les arrêts de la Cour des plaintes relatifs aux mesu-
res de contrainte sont sujets à recours devant le Tribunal fédéral pour violation du droit fédéral ; la 
procédure est réglée par les art. 214 à 216, 218 et 219 de la loi fédérale du 15 juin 1934 sur la pro-
cédure pénale, qui sont applicables par analogie (art. 33 al. 3 let. a LTPF). 

Le recours ne suspend l’exécution de l’arrêt attaqué que si l’autorité de recours ou son président 
l’ordonne