# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 9811dfa9-a945-5858-875f-3ea1de28802c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-11-15
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 15.11.2016 A/2899/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-2899-2015_2016-11-15.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/2899/2015-EXPLOI ATA/967/2016  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 15 novembre 2016 

 

   dans la cause 

 

CLINIQUE A______ SA 
représentée par Me Nicolas Jeandin, avocat  

contre 

DÉPARTEMENT DE L'EMPLOI, DES AFFAIRES SOCIALES ET DE LA 
SANTÉ 
 

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A/2899/2015 

EN FAIT 

1.  Par arrêtés du Conseil d’État du 14 janvier 2004, puis du 1er février 2006, 
A______, devenue à cette dernière date Clinique A______ SA (ci-après : 
A______ ou la clinique) – société anonyme qui est sise à Genève, a pour 
administrateur M. B______ et, selon le registre du commerce, a pour but 
l’exploitation d'un centre de traitement et d'expertises médicales – a été autorisée à 
exploiter un établissement médical psychiatrique, sis chemin C______ ______ à 
Genève, aussi longtemps que le Dr D______ assumait les fonctions de médecin 
répondant dudit établissement – qui devait être sous son contrôle et sa surveillance 
selon l’arrêté du 14 janvier 2004 –, étant précisé que la durée maximale de 
traitement ininterrompu serait de quarante-huit heures, soit de deux nuits 
consécutives au maximum. 

2. a. A______ est composée de trois départements séparés : le premier 
(« département psychiatrie ») est celui des soins psychiatriques semi-hospitaliers 
qui lui permet de garder les patients pendant deux nuits, mais qui n’est occupé par 
aucun médecin et n’a pour l’instant jamais reçu de patient. Le second département 
(« département expertises » ou centre d’expertises médicales pluridisciplinaires) 
est le cabinet de groupe qui sert à effectuer des expertises pluridisciplinaires, sur 
mandat en particulier de l’Office fédéral des assurances sociales (ci-après : OFAS) 
dans le domaine de l’assurance-invalidité (ci-après : AI), d’assureurs-accidents ou 
d’assureurs-maladie, et sous la responsabilité du Dr D______ – le « medical 
manager » – ; ces expertises représentent environ 97 % des activités de la clinique 
et sont plus de mille par an ; cela comprend toutes les spécialités médicales ; les 
expertises psychiatriques représentent environ 25 % de toutes ces expertises. Le 
troisième département (« département soins ambulatoires ») est celui des soins, 
notamment en chirurgie et ORL, qui représente environ 3 à 4 % des activités de la 
clinique. 

  Toutes les spécialités mentionnées sur le papier à lettres et sur le site 
Internet de la clinique autres que la chirurgie et ORL ne sont utilisées que pour 
des expertises. 

 b. A______ figure sur la liste des centres d’expertises agréés par l’OFAS, qui 
sont spécialisés dans l’examen des cas médicaux et auxquels sont attribués des 
mandats d’expertise médicale polydisciplinaire de façon aléatoire par 
SuisseMED@P, plateforme basée sur le web. 

  Ceci résulte de la convention conclue le 6 février 2012 entre l’OFAS et 
A______ « concernant l’établissement d’expertises pluridisciplinaires pour 
évaluer les droits à des prestations de l’assurance-invalidité » sur la base de l’art. 
72bis du règlement sur l'assurance-invalidité du 17 janvier 1961 (RAI - RS 

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831.201). À teneur de l’art. 2 de cette convention, en fait partie intégrante 
notamment l’annexe 1 « Critères pour l’établissement d’expertises 
pluridisciplinaires pour évaluer les droits à des prestations de l’AI », qui prévoit 
des conditions professionnelles, organisationnelles et formelles, de même qu’un 
contrôle de la qualité. En vertu de l’art. 5 de la convention, le mandataire – la 
clinique – collabore activement au contrôle de la qualité dans le cadre de MED@P 
(let. a) et l’OFAS vérifie le respect des consignes et conditions fixées dans la 
convention, et peut aussi contrôler la qualité des expertises réalisées (let. b). 

 c. La mise en œuvre des expertises confiées par les assureurs-accident ou 
maladie est quant à elle régie par des conventions ad hoc ou des contrats non 
écrits de mandat chaque fois qu’il est fait appel à A______. 

 d. Selon les explications de A______, les mandats d’expertise lui sont 
adressés, et non aux experts directement. Celle-ci mandate ensuite les experts, 
lesquels travaillent sur la base d’un contrat de mandat – « contrat de mandat 
type » pour les membres du « team des experts de la Clinique A______ » (site 
internet de celle-ci), « contrat de mandat spécifique » pour les experts 
n’intervenant que ponctuellement – et sont payés par prestations ; ils sont libres de 
leurs opinions et indépendants, la responsabilité de la clinique étant de fournir les 
ressources nécessaires pour réaliser les expertises dans un délai très court et pour 
la qualité de celles-ci. 

3.  Dans le courant de l’année 2010, le service du médecin cantonal (ci-après : 
SMC) a ordonné à A______ de « demander des autorisations de pratiquer pour les 
médecins experts qui [exerçaient] en son sein ». 

4.  Par lettres des 26 août et 2 septembre 2011, le Dr E______, spécialiste FMH 
en psychiatrie et psychothérapie, auquel A______ avait fait, dès avril 2006, 
régulièrement appel pour réaliser des expertises qui lui étaient confiées et qui 
s’était trouvé en litige avec elle à compter du premier semestre 2011, a dénoncé la 
clinique au SMC pour avoir confié des expertises à des médecins qui n’étaient pas 
« autorisés » par celui-ci, dont il a fourni une liste. 

  Des investigations du SMC, il est ressorti que vingt-huit des experts de 
A______ avaient émis une expertise sans avoir été au bénéfice d’un droit de 
pratiquer ; dix d’entre eux l’avaient obtenu par la suite, ce qui n’avait pas été le 
cas des dix-huit autres, parmi lesquels quatre auraient été des secrétaires basés à 
H______ (« où certains secrétaires [auraient] un diplôme de médecin »). 

  Par note du 16 février 2012, le SMC a saisi la commission de surveillance 
des professions de la santé et des droits des patients (ci-après : la commission)  
afin qu’elle fasse la lumière sur le droit de pratique des médecins experts œuvrant 
pour A______. Notamment, l’OFAS savait que celle-ci disposait d’un secrétariat 
à H______, ce qui était légal ; cependant, il n’était pas au courant d’une sous-

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traitance à l’étranger et d’une signature par un médecin reconnu dans le canton de 
Genève.  

  La commission a alors décidé d’ouvrir une procédure administrative contre 
A______ (cause n° 1______/______/______). 

  En 2012, suite à ses constatations, le médecin cantonal a infligé des 
amendes d’un montant de CHF 500.- à douze de ces médecins, ainsi qu’une 
amende de CHF 5'000.- au Dr D______. 

5.  Entretemps, par courrier du 2 septembre 2011, le Dr E______ a fait part à la 
commission de ce que, parallèlement à des questions relatives à la facturation des 
expertises qu’il avait effectuées pour le Dr D______, d’importantes modifications 
de ses rapports étaient, malgré son désaccord de principe exprimé à plusieurs 
reprises à celui-ci, effectuées par des médecins non psychiatres, non autorisés à 
pratiquer dans le canton de Genève et, pour certains, se trouvant à H______. Il 
ajoutait : « entre 2006 et mi-2010, mes rapports n’étaient pas modifiés, je les 
signais à l’avance et constatais après coup qu’il n’y avait pas de modifications 
sinon corrections et erreurs de plume. C’est donc à l’insu de mon plein gré que le 
Dr. D______ faisait modifier mes rapports avant que je ne le découvre plusieurs 
semaines plus tard ». Enfin et subsidiairement, la rédaction des expertises 
pluridisciplinaires ne donnait jamais lieu à un « concilium » entre les différents 
spécialistes qui y participaient, la synthèse finale de ces expertises étant « très 
probablement faite par les correcteurs ou auditeurs, peut-être non spécialistes, et là 
aussi, non autorisés à exercer sur le canton de Genève ». 

  Dans ce contexte, le Dr E______ avait, début 2011, refusé de signer une 
première série d’expertises, avant de finalement le faire sur insistance du  
Dr D______, qui invoquait des délais. Celui-ci ayant continué à faire modifier ses 
expertises, il avait refusé de signer les suivantes, parallèlement à quoi le Dr 
D______ avait retardé le paiement des anciennes expertises, pourtant terminées. Il 
avait entrepris de nouvelles démarches pour avoir accès à ses expertises, les relire 
puis les signer, mais le Dr D______ continuait à refuser et à l’inviter à les signer 
chez son conseil, précisant par écrit qu’il n’avait pas à les emmener, le privant par 
là même de la possibilité de les relire attentivement ; ce comportement était un 
aveu de la part du Dr D______, le motif de son refus obstiné de laisser le Dr 
E______ lire ses propres rapports et les corriger ne pouvant être contenu que dans 
les expertises, qui avaient donc été modifiées sans son accord. Le Dr D______ 
menaçait en outre le Dr E______ de faire refaire, à ses frais, ses expertises dans 
son centre. 

  Figurent à cet égard au dossier onze lettres du conseil de A______ adressées 
le 27 mai 2011 au Dr E______, avec copie aux assureurs mandants, concernant 
chacune un expertisé différent, qui indiquaient qu’à teneur du document 
informatique retraçant l’historique de sa contribution au rapport (« tasks de dictée 

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et de corrections résolus » pour la plupart, ainsi que « versions corrigées et 
uploadées ») – joint –, il avait non seulement relu son expertise, mais également 
procédé aux corrections nécessaires, disposant de surcroît du temps nécessaire à 
ce travail conformément à la pratique courante ; la clinique sommait le  
Dr E______ de cesser ses agissements, c’est-à-dire propager des propos inexacts 
et attentatoires à son honneur, et l’invitait à signer ses expertises. Par pli du 21 
juin 2011, l’avocat de A______ a sommé le Dr E______ de convenir d’une date 
pour la signature des expertises. Par courriers des 17 et 18 août 2011 de son 
conseil – qui est devenu en début 2014 chef de cabinet du conseiller d’État 
actuellement en charge du département de l’emploi, des affaires sociales et de la 
santé (ci-après : DEAS) –, le Dr E______ a sollicité de l’avocat de A______ la 
remise dans leur intégralité des projets d’expertise afin qu’il puisse les lire avant 
de les signer. Par lettres des 25 août et 1er septembre 2011, l’avocat de la clinique 
a offert au Dr E______ de prendre connaissance et signer les expertises non 
encore signées directement en son étude, celles-ci ne devant en aucun cas quitter 
les locaux ; un tirage des expertises définitives avec les éventuelles modifications 
du Dr E______ serait remis par la suite à celui-ci. 

6.  En annexe au courrier du 2 septembre 2011 ainsi que par trois plis du  
7 septembre 2011 et un du 3 février 2012, le Dr E______, dont l’adresse de 
courriel était sur Gmail, a transmis à la commission des échanges de courriels 
qu’il avait eus en mai, juin et juillet 2011 avec deux correcteurs – ou relecteurs ou 
scripteurs – qui vivaient à H______ et dont l’adresse de courriel était 
« J______@I______.com », ainsi qu’avec une « assistant manager » de A______ 
(« F______.G______@A______.ch »). Dans certains de ces échanges, le Dr 
E______ s’opposait aux modifications proposées ou déjà opérées par les deux 
correcteurs malgaches. 

  Le 15 septembre 2011, le Dr E______ s’est également adressé par écrit à la 
commission. 

  Par courriers du 16 septembre 2011 ainsi que du 23 septembre 2011, il a 
transmis à la commission des copies de rapports qu’il avait rédigés et sur lesquels 
figuraient des corrections manuscrites provenant selon lui de « correcteurs ». Par 
exemple, sur l’un de ces rapports, la phrase « La CDT à 3.10 % démontre que 
l’explorée abuse d’alcool, au moins plus de 60g/j d’éthanol pendant plus de deux 
semaines » avait été biffée, le texte devant la remplacer étant « En outre, la forte 
probabilité de prise compulsive d’éthyle conduit l’investigateur à mentionner 
l’exigibilité d’une abstinence à l’éthanol (…) ». Dans un autre rapport, le terme 
« Nihil » au titre de diagnostic (sans incidence sur la capacité de travail) avait été 
remplacé par « Episode dépressif moyen (F32.1), en rémission », étant précisé que 
c’était un épisode dépressif moyen selon un médecin, sévère selon un autre, qui 
avait, à teneur du rapport d’expertise, « conduit à ouvrir ce chapitre » ; dans le 
même rapport, « Un monitoring n’est pas nécessaire » avait été remplacé par « Un 

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monitoring est exigible, au rythme d’une fois par mois, (…) ». Dans un autre 
rapport, un « épisode dépressif léger (F32.0) » (sans incidence sur la capacité de 
travail) était, selon la correction manuscrite, devenu un « épisode dépressif moyen 
(F32.1) ». Dans un autre rapport, avait été ajoutée à la main la phrase « En outre, 
aucune pulsion de nature hétéro- ou auto-agressive n’a pu être démontré (sic) lors 
de l’expertise ». Dans un autre rapport encore, qui mentionnait, sous « Examens 
biologiques d’autres substances », benzodiazépines – négatif, cannabis – négatif et 
opiacés – négatif, la première et la troisième de ces substances avaient été tracées, 
de même que la phrase qui suivait (« La recherche urinaire d’opiacés est négative, 
or, les métabolites de l’oxycodone positivent la recherche urinaire d’opiacés. On 
peut donc considérer que l’explorée ne prend pas le Targin@ [oxycodone, 
naloxone]) ». Dans un autre rapport, enfin, un score de l’échelle Hamilton aurait 
été modifié, les biffages et le chiffre manuscrit ne permettant toutefois pas de 
prouver une telle assertion. 

7.  En date du 7 octobre 2011, le bureau de la commission a décidé d’ouvrir 
une procédure administrative à l’encontre du Dr D______ et de renvoyer ce 
dossier à une sous-commission (cause n° 2______/______/______), le 
dénonciateur ne pouvant quant à lui pas être partie à la procédure. 

8.  Par pli du 14 octobre 2011, le Dr E______ a fait part à la commission 
d’autres exemples de corrections manuscrites sur un autre de ses rapports 
d’expertise, dont cinq pages étaient produites et qui faisait partie des onze 
expertises que cet expert avait refusé de signer dans les dernières semaines de sa 
collaboration avec la clinique. En page 9, concernant l’« auto-questionnaire de 
SPIELBERGER », la phrase initiale « Le questionnaire n’a pas été rempli » était 
complétée manuscritement par les termes « par l’assuré, pouvant traduire 
l’absence d’une collaboration de sa part ». En page 10, sous un graphique « Phase 
actuelle du diagnostic et évolution », avait été ajouté à la main la mention « phase 
3 d’une rémission retardée », qui contredisait, selon le Dr E______, le diagnostic 
de « trouble de l’adaptation avec prédominance de la perturbation d’autres 
émotions (F43.23) », selon lui d’autant plus que le stress psychosocial, tel 
qu’étayé plus loin, était trop récent pour être déclaré retardé. En page 18, le terme 
« aucun », sous « Diagnostic(s) en lien avec le reste de l’examen clinique » (sans 
incidence sur la capacité de travail), avait été remplacé par « forte présomption de 
prise compulsive d’éthyle ». En page 19, se référant à des examens biologiques 
portant sur le taux des yGT, il avait initialement été écrit « Ce taux plaide pour des 
épisodes d’alcoolisation aiguë » ; « alcoolisation » avait été remplacé à la main 
par « éthylisme » et la phrase avait été complétée par l’ajout « notamment les  
3 jours avant l’expertise dissipant ainsi le doute sur la réalité de la 
consommation ». En page 20, sous « Plaintes actuelles et symptômes », avait été 
ajoutée à la main la phrase « La forte présomption d’une alcoolisation aiguë est le 
seul diagnostic à retenir dans ce chapitre », ce qui, d’après le Dr E______, était un 

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diagnostic différent de celui de « forte présomption de prise compulsive d’éthyle » 
(p. 18). 

9.  Par lettre du 23 novembre 2011 signée – comme toutes celles qui seront 
mentionnées ci-après – par le Dr D______, A______ s’est déterminée sur les 
griefs formulés à son encontre par le Dr E______. Notamment, la clinique avait 
mis en avril 2011 un terme à « ses relations de travail » avec celui-ci, car son 
profil de compétences ne convenait plus, accumulant les retours négatifs et 
négligeant la rédaction de ses expertises, ce à quoi s’ajoutaient en parallèle une 
obsession pour l’argent et des notes d’honoraires irrationnelles. Était en outre 
exposé le fonctionnement de la collaboration de la clinique avec le  
Dr E______, lequel avait par le passé « toujours accepté les remarques des 
auditeurs qui [étaient] surtout formelles comme le [faisaient] des secrétaires 
expérimentées » ; en refusant de signer ses rapports dans les délais normaux, 
celui-ci avait pénalisé les assurés. 

10.  Par écrit du 26 janvier 2012, A______ a signalé à la commission que quatre 
personnes – dont deux étaient les correcteurs mentionnés plus haut – étaient des 
secrétaires travaillant dans la société à laquelle la clinique sous-traitait son 
secrétariat à H______. 

11.  Par pli du 19 mars 2012, le Dr E______ a communiqué à la commission une 
lettre adressée le même jour à l’office de l’assurance-invalidité du canton de 
Fribourg, lui faisant part de modifications jugées substantielles entre la version de 
l’expertise qu’il avait réalisée – mais non signée – et celle qui avait été transmise 
par A______ à cet office. Avaient notamment été ajoutés, par rapport à son texte 
et sans son accord, les phrases « À ce propos, un monitoring strict devra être 
réalisé, une dépendance au cannabis existant et l’assurée ne prenant pas son 
traitement de façon régulière » et « Au niveau de la médecine interne, il faut 
retenir une consommation importante de tabac (et de cannabis) entraînant une 
bronchite chronique », ainsi que le diagnostic de « troubles mentaux et troubles du 
comportement liés à l’utilisation de dérivés du cannabis, utilisation nocive pour la 
santé » ; le Dr E______ contestait formellement le diagnostic de dépendance au 
cannabis et indiquait qu’aucune discussion n’avait eu lieu concernant le diagnostic 
de bronchite chronique. 

12.  Le 16 avril 2012, le Dr E______ a communiqué à la commission une lettre 
adressée le 3 avril 2012 par l’office de l’assurance-invalidité du canton de 
Fribourg à A______ se plaignant de ce que cette dernière lui avait transmis le  
18 juillet 2011 un rapport d’expertise pluridisciplinaire non signé par les experts 
et ne l’avait pas régularisé malgré ses demandes, le rapport étant en l’état 
inexploitable juridiquement. 

13.  Par courrier du 16 août 2012, A______ s’est déterminée sur la note du SMC 
du 16 février 2012. Ce n’était que depuis 2012 qu’un droit de pratique était 

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demandé par l’OFAS pour des expertises AI polydisciplinaires. La clinique 
disposait d’un « département de contrôle qualité faisant de la relecture », par des 
auditeurs travaillant sous la responsabilité des experts. 

14.  Le 2 septembre 2012, les causes n° 1______/______/______ et 
2______/______/______ ont été jointes sous le n° 2______/______/______. 

15.  Par lettre du 30 avril 2013, un avocat jurassien, faisant suite à un échange de 
correspondance entre le Dr E______ et sa mandante – une assurée –, s’est plaint 
auprès de la commission de ce que, par l’établissement de l’expertise la 
concernant, A______ avait fait preuve d’un « comportement inadmissible qui 
[confinait] à des procédés juridiques totalement interdits (notamment tromperie, 
escroquerie voire plus) ». Son recours contre la décision de l’office AI du canton 
du Jura qui se fondait sur cette expertise avait été admis par la chambre des 
assurances du Tribunal cantonal jurassien, lequel avait renvoyé la cause à l’office 
pour mise en œuvre d’une nouvelle expertise. Sa mandante était bouleversée par 
cette situation. 

16.  Par pli du 9 novembre 2013, la clinique a transmis à la commission un 
« mémo » daté du même jour et exposant sa vision des faits. 

  Notamment, comme cela ressortait des historiques informatiques annexés 
aux lettres de son conseil du 27 mai 2011 au Dr E______, ce dernier avait fait 
« resolve » à ses tâches de corrections et avait donc bel et bien corrigé ses 
expertises. 

  Étaient en outre évoquées des dénonciations de la clinique et du  
Dr D______ faites par le Dr E______ auprès d’un journal satirique. 

17.  Dans le cadre de la procédure n° 2______/______/______, lors d’une 
séance du 25 novembre 2013, le Dr D______ et le Dr E______, en qualité de 
témoin, ont été entendus, en partie simultanément, par la sous-commission de la 
commission. L’expertise produite le 14 octobre 2011 par le Dr E______ a été 
examinée. 

  Selon le Dr D______, le Dr E______ était venu à deux reprises à la 
clinique : la première fois, il était parti avec les expertises et les propositions de 
corrections ; la seconde fois, il était venu et reparti sans signer ; invité ensuite à 
deux reprises chez les avocats de A______, il n’était jamais venu, alors qu’il avait 
tout loisir de modifier et signer ses expertises, ayant bien eu en mains les 
propositions de corrections de celles-ci. Le Dr E______ a quant à lui déclaré que 
les deux fois auxquelles il s’était rendu à la clinique, on ne lui avait montré que la 
dernière page, de sorte que n’ayant pas vu le contenu de ses expertises, il avait 
refusé de les signer ; ce n’était qu’ensuite, chez les avocats de la clinique, qu’il lui 

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avait été demandé de signer ses expertises après avoir pu prendre connaissance du 
contenu, mais sans droit de le modifier ou de le corriger. 

  Le Dr D______ a déclaré que ce n’était pas lui qui avait effectué les 
modifications manuscrites dans le rapport d’expertise produit le 14 octobre 2011 
par le Dr E______ et ignorait qui les avait faites ; il les assumait néanmoins en sa 
qualité de médecin responsable. Selon lui, ces modifications ne modifiaient pas le 
contenu de cette expertise, les synonymes utilisés ne représentant que des 
corrections de pure forme. Celles-ci avaient été effectuées sans que le patient ait 
été vu par celui qui les avait faites. Normalement, les corrections envisagées 
étaient soumises préalablement à l’expert, pour accord. Dans le cas d’espèce, dans 
la mesure où le Dr E______ avait refusé de signer l’expertise corrigée, le  
Dr D______ l’avait signée lui-même, sans avoir vu l’expertisé. Il n’avait jamais 
modifié une expertise déjà signée par un expert ; les experts pouvaient accéder en 
tout temps aux expertises qu’ils avaient rendues ; les dossiers étaient 
systématiquement discutés avec l’expert et celui-ci recevait les propositions de 
corrections par courriel ou, photocopiées, par courrier. A été par ailleurs décrite la 
situation des expertises signées à la dernière page, à l’avance, par l’expert ; selon 
le Dr D______, l’expert avait la responsabilité de vérifier que la version finale de 
son expertise correspondait bien au travail qu’il avait fait, et il pouvait donner son 
accord au sujet de l’expertise finale formellement ou informellement (à savoir par 
téléphone ou oralement dans les locaux de la clinique) ; le  
Dr E______ n’avait jamais présigné ses expertises. Enfin, dans la règle, il n’y 
avait pas de « concilium » autour d’une table dans le cadre duquel les experts 
confrontaient leurs avis ; le Dr D______ ou un autre expert faisait la synthèse ; 
cela étant, les experts échangeaient au moyen des multiples médias modernes et 
« en personne également » ; le professionnel effectuant la synthèse du cas pouvait 
ne pas avoir vu l’expertisé ; après l’audition du témoin et en fin d’audition, le Dr 
D______ a précisé que les « conciliums » étaient réguliers et systématiques. 

  Par ailleurs, le Dr D______ s’est engagé à transmettre à la commission 
l’intégralité du brouillon de l’expertise produite le 14 octobre 2011 par le  
Dr E______, le journal qui permettait la traçabilité des corrections, « la 
connaissance du correcteur », ainsi que l’expertise finale qu’il avait signée. 

18.  Par lettre du 7 décembre 2013 à la commission, A______ a apporté des 
informations complémentaires. 

  Notamment, le Dr E______ ayant corrigé ses derniers rapports, mais refusé 
d’apporter ce qu’il nommait une relecture finale – ou finalisation – et de signer six 
mois après avoir vu les personnes expertisées, la situation était éthiquement 
critique. 

  L’objet de tous les rapports d’expertise confiés au Dr E______ était de 
connaître la capacité de travail en lien avec des atteintes à la santé. Le  

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Dr E______ avait déjà répondu à ces points, les assureurs en LCA et les personnes 
expertisées ayant été prévenues des conclusions les jours suivant l’expertise. 
L’assureur LAI avait quant à lui refusé l’expertise non signée et en avait organisé 
une autre. 

  Le Dr E______ ayant abandonné ses mandats en cours de route, la clinique 
s’était trouvée dans une situation inconnue. Il n’avait pas semblé possible de 
déranger les personnes ayant été vues en expertise six mois après pour commencer 
de nouveaux rapports. En qualité de médecin-répondant, le  
Dr D______ avait pris la décision de respecter les arrêts de travail donnés par le 
Dr E______ mais d’apporter de petites modifications au contenu afin de répondre 
aux critères de qualité jurisprudentiels des expertises qu’il devait signer lui-même, 
tout en expliquant aux mandants et aux personnes examinées que le  
Dr E______ avait abandonné ses mandats. 

19.  À un courrier de A______ qui était daté également du 7 décembre 2013 et 
qui exposait que les extraits du rapport qui lui avaient été remis en annexe lors de 
la séance du 25 novembre 2013 ne permettaient pas d’identifier le nom de la 
personne concernée, la commission a répondu le 7 janvier 2014 que la clinique 
devait faire le nécessaire afin d’identifier ce document, qui était aisé à trouver 
parmi onze expertises. 

20.  Par courrier du 11 février 2014, le Dr D______, pour A______, a 
notamment informé la commission qu’il n’avait pas retrouvé le rapport 
d’expertise précité. Il lui semblait toutefois qu’il s’agissait d’une fausse question, 
car le nom de la personne ayant effectué des corrections était secondaire ; les 
relecteurs de A______ avaient une formation de médecin, fonctionnaient en 
qualité d’assistants médicaux et suivaient les « process de travail » établis à leur 
intention par la clinique. 

  Dans le cas d’espèce, le Dr E______ avait « purement et simplement 
abandonné ses mandats en cours de route ». Ses conclusions en termes de reprise 
de travail avaient déjà été communiquées aux assurances et aux personnes 
expertisées six mois auparavant. Le Dr D______ avait donc pris sur lui de finir 
ces rapports et de les signer à la place de l’expert comme on le faisait dans les 
centres médicaux lorsque les médecins internes étaient définitivement absents. Il 
avait pour mission de ne pas trahir la pensée de l’expert et en même temps de 
signer sous sa responsabilité et donc de ne pas laisser passer des choses qui 
seraient manifestement erronées. 

  Il a terminé son courrier ainsi : « De ce que je me souviens de nos échanges 
le soir de notre réunion en Commission, j’ai donc, comme les Membres présents 
été dérangé à l’idée qu’à l’augmentation d’une CDT on puisse dire comme 
l’affirmait l’expert que diagnostique une dépendance à l’alcool. A fortiori, 
l’expert n’avait pas pris le soin de défendre l’idée d’une dépendance en décrivant 

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d’autres critères diagnostiques. À ce titre, j’ai donc attribué à ce diagnostic 
l’attribut de « possible » au lieu de tout simplement l’enlever, puis j’ai changé le 
mot « alcool » qui par expérience est stigmatisé pour celui d’« éthyle » moins 
connu et qui préserverait mieux les sensibilités. De la sorte, je pense avoir fait 
justice à la personne vue en expertise en ne lui collant pas un diagnostic loin 
d’être prouvé et laissant facilement voir que cela pouvait se discuter. D’un autre 
côté, bien qu’en opposition avec les conclusions de l’expert, je n’ai pas tout 
simplement effacé son affirmation ». 

21.  Par pli du 11 juin 2014, le Dr E______ a transmis à la commission un 
rapport d’expertise adressé le 18 octobre 2013 par A______ au médecin-conseil 
d’un assureur, rapport qu’il considérait comme discutable. Il a aussi produit une 
lettre qu’il avait écrite le 14 mai 2014 au médecin-conseil de ce même assureur, 
apparemment à la demande d’un gestionnaire de ce dernier, critiquant plusieurs 
points d’un rapport d’expertise de A______. 

  La commission a transmis en copie ce courrier et ses annexes à la clinique. 

22.  Par lettre du 30 septembre 2014, le Dr E______ a fait parvenir à la 
commission un rapport d’expertise établi le 15 septembre 2011 par A______, un 
courrier qu’il avait adressé le 24 février 2014 à une médecin et qui contenait de 
nombreuses critiques sur ledit rapport, ainsi qu’un arrêt de la chambre des 
assurances sociales de la Cour de justice du 27 août 2014 concernant l’assuré en 
cause. 

  La commission a transmis en copie ce courrier et ses annexes à A______, de 
même que la demande qu’elle avait adressée le 1er octobre 2014 au  
Dr E______ de cesser ses envois spontanés de documents. 

23.  Par lettre du 5 janvier 2015, soit dans le délai imparti par courrier de la 
commission du 18 novembre 2014, A______ s’est déterminée sur des documents 
que le Dr E______ avait fait parvenir à celle-là le 30 septembre 2014 et a indiqué 
que les allégations de celui-ci lui paraissaient sans fondement et malveillantes. 

  Le même jour, elle a transmis à la commission un regret et un retrait par un 
journaliste des termes qu’il avait utilisés dans un article publié dans le journal 
satirique susmentionné, exprimés devant une juridiction qui avait été saisie par 
une plainte pénale du Dr D______. 

24.  Par pli du 3 février 2015, la commission a transmis à A______ un courrier 
du Dr E______ du 27 janvier 2015 et sa réponse du 3 février 2015, informant 
celui-ci qu’elle n’accepterait désormais plus que des observations qu’elle aurait 
requises. 

25.  Par lettre du 25 février 2015, la commission a informé la clinique qu’elle 
avait terminé ses travaux d’instruction et lui a communiqué la liste de ses 

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nouveaux membres qui seraient amenés à statuer en séance plénière, partant du 
principe que, sans manifestation de sa part d’ici au 26 mars 2015, elle n’avait pas 
de motif de récusation à faire valoir. 

26.  Par préavis du 30 avril 2015 – non transmis à A______ –, la commission a, 
sur la base de l’art. 130 al. 1 let. c de la loi sur la santé du 7 avril 2006 (LS - K 1 
03), estimé qu’une sanction de retrait temporaire de l’autorisation d’exploitation 
de la clinique pour une durée de trois mois était seule proportionnée à la gravité 
des comportements constatés, sanction pour laquelle seul le DEAS était compétent 
en vertu de l’art. 127 al. 3 let. b LS. 

  L’instruction qu’elle avait menée avait montré que le processus 
d’établissement du rapport d’expertise était le suivant : A______ se voyait confier 
un mandat par une compagnie d’assurance ou un office AI et déléguait ce mandat 
(sous-mandat) à une personne (sous-mandataire), sans considération – à tout le 
moins jusqu’en 2012 – de la question de savoir si celle-ci bénéficiait ou non d’un 
droit de pratique – problématique qui avait été traitée par le SMC, qui avait 
prononcé des amendes – ; la clinique préconisait les règles relatives à 
l’établissement du rapport d’expertise ; l’auteur du rapport d’expertise l’adressait 
non signé à A______, laquelle transmettait le texte de celui-ci, pour relecture et 
modifications, à des personnes non identifiées qui, dans la majorité des cas et 
jusqu’en 2012, ne disposaient pas d’un droit de pratique, certaines vivant et 
exerçant leur activité professionnelle à H______ ; les modifications opérées sur 
les projets de rapports ne se cantonnaient pas toujours à de simples questions 
formelles et pouvaient être substantielles, et étaient effectuées par un scripteur qui 
n’avait pas vu l’expertisé ; le projet de rapport ainsi modifié était alors soumis 
pour signature à l’auteur originaire du rapport, puis le rapport dans sa version 
finale était adressé à la compagnie d’assurance ou l’office AI. 

  Les modifications opérées sur le rapport d’expertise transmis le 14 octobre 
2011 à la commission par le Dr E______, examinées à titre d’exemple par la sous-
commission, étaient sensibles, puisque, notamment, en ajout du texte original, un 
diagnostic de prise compulsive d’alcool était posé (p. 18), dont on concevait bien 
les conséquences juridiques et pécuniaires qui pouvaient en être tirées. À 
l’audience du 25 novembre 2013, le Dr D______ avait déclaré ne pas reconnaître 
le scripteur qui avait procédé à ces ajouts mais les accepter comme s’ils étaient 
siens, admettant qu’il avait signé le rapport d’expertise sans avoir vu l’expertisé. 

  Le fait que, malgré l’engagement du Dr D______, la clinique n’avait pas 
fourni à la commission les documents que celle-ci avait demandés lors de 
l’audition du 25 novembre 2013, au motif qu’elle ne les aurait pas retrouvés, était 
invraisemblable. 

  De même, sans être contredit, le Dr E______ avait produit la copie d’une 
lettre adressée le 19 mars 2012 à l’office de l’assurance-invalidité du canton de 

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Fribourg, dans laquelle se trouvaient consignées des modifications introduites par 
A______, telle une « dépendance au cannabis », alors que l’auteur du texte 
originaire, seule personne à avoir apparemment vu l’expertisée, la déniait. 

  La clinique n’avait en réalité fourni aucune explication satisfaisante sur les 
modifications substantielles qu’elle – agissant par le biais du Dr D______ ou de 
personnes non identifiées – avait fait introduire dans les rapports d’expertise, qui 
présentaient ainsi la caractéristique commune que l’auteur réel ou apparent du 
texte n’avait jamais vu l’expertisé. Or il était admis que l’expert devait avoir 
bénéficié de l’immédiateté de l’examen, avoir vu personnellement l’expertisé et 
être le seul auteur du rapport d’expertise. 

  En pleine tourmente avec le Dr E______, A______ avait fait le choix non 
pas de revenir au texte original établi par ce médecin, mais de faire signer par le 
Dr D______ la version transformée des rapports de celui-là, émettant ainsi en 
toute connaissance de cause des rapports divergents de ceux établis par la seule 
personne qui avait vu l’expertisé. Il était troublant que la clinique n’ait pas, vu la 
présente procédure, entrepris la démarche corrective la plus élémentaire consistant 
à communiquer à la compagnie d’assurance ou à l’office AI, ainsi qu’à 
l’expertisé, le texte original établi par le Dr E______. Le doute planait que 
A______ ait lésé volens nolens le sort pécuniaire d’expertisés, « les affectant 
quant à des décisions de rente aujourd’hui encore en force ». 

  La problématique des médecins de la clinique qui ne possédaient pas, 
jusqu’en 2012, de droits de pratique avait été traitée par le SMC, qui avait 
sanctionné les personnes concernées par une amende. 

  Faute de réponses aux questions relatives à la nature des corrections et au 
statut des correcteurs étrangers (secrétaires, secrétaires-médecins, ou assistants 
médicaux) malgré l’instruction menée, il n’était pas possible d’établir que les 
prescriptions relatives aux autorisations de pratiquer des correcteurs avaient ou 
non été respectées. 

  Il n’en demeurait pas moins que la clinique, en faisant circuler des textes 
hors du circuit restreint de personnes astreintes au secret médical, avait clairement 
permis que les exigences liées à celui-ci soient violées. Il était par ailleurs 
ahurissant de constater que les communications électroniques effectuées par les 
personnes concernées, et qui contenaient notamment le nom de l’expertisé, se 
faisaient par le biais de boîtes non sécurisées, telles que Gmail. 

  La preuve était ici faite que A______, dévoyant le processus régulier 
d’établissement d’une expertise médicale, n’était pas dotée d’une organisation 
adéquate qui lui permette de mener à bien sa mission et respecter suffisamment le 
droit des patients. Le « business model » développé par la clinique, loin de ces 
prescriptions, était en fait un nœud de relations contractuelles où étaient ignorés 

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les impératifs d’une expertise sérieuse pouvant répondre à l’attente que l’ordre 
juridique avait placée en elle. 

27.  Par arrêté du 25 juin 2015 signé par le conseiller d’État, le DEAS, reprenant 
les constatations et les motifs émis par la commission dans son préavis, dont il 
partageait pleinement l’appréciation, a retiré à A______ l’autorisation 
d’exploitation pour une période limitée à trois mois, période durant laquelle il lui 
était interdit d’exploiter l’institution, conformément aux art. 127 al. 3 let. b et 130 
al. 1 LS. 

28.  Par acte expédié le 27 août 2015 au greffe de la chambre administrative de 
la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative), A______ a formé recours 
contre cet arrêté, concluant préalablement à la convocation d’une audience 
publique lors de laquelle le Dr D______ serait entendu par ladite chambre, au 
fond à l’annulation de l’arrêté querellé et à la condamnation de l’État de Genève à 
tous les frais de la procédure ainsi qu’à une indemnité pour les frais 
indispensables causés par le recours. 

  Son droit d’être entendu avait été violé. En effet, si le fait que le préavis de 
la commission du 30 avril 2015 ne lui avait jusqu’à présent jamais été 
communiqué semblait ne pas poser problème à teneur de la jurisprudence, il était 
en revanche clairement inadmissible qu’elle ait été privée de la possibilité de faire 
valoir son point de vue avant que le département ne lui retirât son autorisation 
d’exploiter, sanction au demeurant très grave. En outre, le grief de supposée 
violation du secret médical commise par elle n’avait jamais été évoqué avant de 
figurer dans la décision attaquée, laquelle était au surplus insuffisamment motivée 
concernant ce point. 

  Dans les faits allégués, il était fait état d’un arrière-fond politique. Le 
conseiller d’État actuellement en charge du DEAS, lorsqu’il était député au Grand 
Conseil, avait déposé avec des collègues, le 11 juin 2012, une proposition de 
motion se plaignant de compétences et d’une indépendance restreintes des experts 
médicaux et tendant à inviter le Conseil d’État à présenter un projet de loi 
constituant un bureau cantonal d’expertises médicales (M 2014-A). Dans son 
rapport du 11 janvier 2013, le Conseil d’État avait jugé non nécessaire le dépôt 
d’un tel projet de loi (M 2014-B). 

  Le correcteur – « peer-reviewer » – procédait à une relecture purement 
formelle du projet de l’expert, en vérifiant le contenu rédactionnel afin de valider 
que le document était précisément « convaincant », à savoir sans contradictions, 
omissions ou encore prises de position arbitraires. 

  Par courrier du 26 avril 2010, une expertisée s’était plainte auprès d’un 
assureur du comportement du Dr E______ à son égard. Était par ailleurs produite 
une « attestation » du 24 août 2015 d’une « psychologue et quality manager » de 

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A______ émettant des critiques à l’encontre du Dr E______, liant les 
dénonciations de ce dernier à ses prétentions pécuniaires, de même qu’une 
« attestation » du 28 juillet 2015 d’une ancienne secrétaire-réceptionniste de la 
clinique relevant, lors de la dernière année de collaboration du Dr E______, de 
fréquents incidents avec les expertisés et des réactions négatives de certains des 
assureurs mandants. 

  Le retrait temporaire d’une autorisation d’exploitation n’était pas prévu par 
la loi, et ni la let. b, ni la let. c de l’art. 130 al. 1 LS n’étaient applicables à son cas, 
les let. a et d ne semblant quant à elles pas pertinentes. 

  Par ailleurs, sa liberté économique était violée. En effet, la sanction 
litigieuse était dépourvue de tout intérêt public, puisqu’elle n’avait aucun effet sur 
les activités supposément illicites, à savoir celles relatives à l’établissement 
d’expertises médicales, mais pénalisaient les activités qui étaient en tout état de 
cause licites, soit celles afférentes à l’exploitation de son établissement médical 
psychiatrique, dont la cessation pendant trois mois aurait pour elle des impacts en 
termes financiers – pouvant même signifier l’arrêt définitif de ses activités – et en 
termes de réputation, tant auprès des patients qu’auprès des acteurs institutionnels 
du secteur de la santé. Cette atteinte à sa liberté économique était de plus contraire 
au principe de la proportionnalité, c’est-à-dire aux règles d’aptitude, de nécessité 
et de proportionnalité au sens étroit. 

29.  Dans sa réponse du 2 novembre 2015, le DEAS a écarté tous les griefs de la 
clinique et conclu, « avec suite de frais et dépens », au rejet du recours, dans la 
mesure de sa recevabilité, et à la confirmation de son arrêté querellé. 

  Notamment, contrairement à ce que soutenait la clinique, le grief relatif aux 
corrections apportées sur certaines expertises par des scripteurs non identifiés 
n’avait pas été abandonné, mais constituait le fondement essentiel de la décision 
prise. En effet, les questions relatives à la nature des corrections et au statut des 
correcteurs étrangers (secrétaires, secrétaires-médecins ou assistants médicaux) 
étaient demeurées sans réponse malgré l’instruction menée. Il était grave que le 
médecin responsable de la clinique ne puisse ni justifier les modifications 
apportées, ni indiquer qui les avait effectuées, et qu’il les valide sans avoir vu la 
personne expertisée. 

30.  Une audience de comparution personnelle des parties s’est tenue le  
23 février 2016 devant le juge délégué de la chambre administrative, la clinique 
étant représentée par le Dr D______ et le DEAS par la médecin cantonale 
déléguée et une juriste. 

 a. Selon la médecin cantonale déléguée, l’expert évaluait la santé d’un patient 
et posait un diagnostic, ce qui pouvait avoir de lourdes conséquences. Le 
département considérait donc qu’il devait contrôler les compétences des médecins 

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experts en vérifiant leur diplôme et en leur octroyant un droit de pratique, même 
s’il n’y avait pas de lien thérapeutique entre l’expert et l’expertisé. Il fallait bien 
qu’une autorité vérifie ces compétences. Le DEAS octroyait effectivement deux 
autorisations distinctes, l’une qui était l’autorisation de police découlant de la loi 
sur les professions médicales basée sur les diplômes, et un deuxième document 
qui était une autorisation à pratiquer à charge de la loi fédérale sur  
l’assurance-maladie du 18 mars 1994 (LAMal - RS 832.10), art. 55A LAMal, qui 
permettait au canton de limiter le nombre de spécialistes qui exerçaient à charge 
de la LAMal (clause du besoin). Les expertises n’entraient pas dans les prestations 
remboursées par la LAMal, de sorte que tout médecin titulaire d’une autorisation 
de police pouvait faire une expertise. Les médecins experts devaient être au 
bénéfice d’une autorisation de police délivrée par le département. 

  Le présent litige entrait dans le cadre de la lumière à faire sur le 
fonctionnement de la clinique selon le courrier du SMC du 16 février 2012, plus 
particulièrement sur l’organisation et la méthode de travail pour l’établissement 
des expertises. 

 b. Selon le Dr D______, l’autorisation de police ne fondait pas un droit de 
faire une expertise, seul le diplôme de médecin spécialiste le fondant. 

  D’après lui, dès que les corrections proposées par le relecteur étaient faites, 
l’expert recevait un courriel généré automatiquement dans lequel il trouvait son 
propre texte et celui proposé par le relecteur avec les explications des 
modifications proposées. L’expert avait accès en tout temps à son propre texte et à 
celui contenant les modifications proposées. Les suivis des « logs » figurant dans 
les documents informatiques retraçant l’historique des contributions du  
Dr E______ aux expertises, joints aux lettres du conseil de A______ adressées le 
27 mai 2011 à celui-ci, constituaient les suivis des tâches et des modifications 
dans le dossier ; le Dr E______ avait corrigé son texte et accepté les modifications 
des relecteurs ; la mention « Update file » signifiait qu’il avait terminé sa tâche de 
correction. Le Dr D______ pensait que les corrections manuscrites sur les projets 
d’expertise produits les 16 et 23 septembre ainsi que 14 octobre 2011 par le Dr 
E______ émanaient de ce dernier, et non d’un relecteur. Les relecteurs 
n’écrivaient pas à la main. Lorsque le relecteur proposait des modifications 
mineures, l’expert en était informé, mais il n’était pas nécessaire qu’il confirme 
son accord expressément. En revanche, lorsqu’il s’agissait de points importants, 
c’est-à-dire la capacité de travail, les limitations, le traitement, le diagnostic et 
l’examen clinique, l’accord formel de l’expert était nécessaire. Cet accord formel 
pouvait avoir lieu oralement par téléphone ou par courriel, notamment. Les 
relecteurs étaient identifiés, et n’étaient connus que de la clinique. L’expert ne 
faisait pas que signer le projet contenant les modifications du relecteur, mais 
vérifiait celles-ci et pouvait les refuser. À part avec le  
Dr E______, il n’était jamais arrivé qu’un expert refuse de signer la version finale 

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de son rapport. L’expert avait toujours le droit de signer son rapport sans les 
modifications proposées par le relecteur. Le médecin qui cosignait l’expertise 
avec l’expert n’avait pas forcément vu l’expertisé.  

  S’agissant des expertises non signées par le Dr E______ (environ  
mi-2011), le Dr D______ a déclaré les avoir signées et avoir informé les patients 
expertisés et les assureurs que le Dr E______ n’avait pas voulu signer son 
expertise, qu’il prenait sur lui de rendre des conclusions et que, si nécessaire et 
demandé, la clinique referait gratuitement les expertises. Cela se faisait ainsi 
partout, y compris à l’hôpital. Par rapport au texte original du  
Dr E______, le Dr D______ n’avait modifié que des points non importants. 

31.  Le 29 février 2016, A______ a produit de nouvelles pièces. 

32.  Dans ses observations finales du 14 avril 2016, A______ a persisté dans les 
conclusions et arguments de son recours. Il découlait de la jurisprudence que 
l’accomplissement d’expertises médicales pluridisciplinaires ne pouvait pas être 
considéré comme la dispensation d’un soin au sens de l’art. 2 al. 2 LS, ce qui 
rendait cette loi inapplicable in casu. 

33.  Dans ses observations finales du 15 avril 2016, le département a persisté 
dans les conclusions de son recours, les expertises, telles que celles établies par la 
recourante, devant être considérées comme des soins au sens de l’art. 2 LS. 

34.  Par lettre du 15 avril 2016, la chambre administrative a informé les parties 
de ce que la cause était gardée à juger. 

35.  Pour le reste, les arguments des parties seront, en tant que de besoin, repris 
dans la partie en droit ci-après. 

EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 135 LS ; art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du  
26 septembre 2010 - LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a et 63 al. 1 let. b de la loi sur 
la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2. a. Le droit d'être entendu, garanti par les art. 29 al. 2 de la Constitution 
fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101) et 41 LPA, 
sert non seulement à établir correctement les faits, mais constitue également un 
droit indissociable de la personnalité garantissant à un particulier de participer à la 
prise d'une décision qui touche sa position juridique. Il comprend, en particulier, 
le droit pour la personne concernée de s'expliquer avant qu'une décision ne soit 
prise à son détriment, celui de fournir des preuves quant aux faits de nature à 

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influer sur le sort de la décision, celui d'avoir accès au dossier, celui de participer 
à l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se déterminer à 
leur propos. En tant que droit de participation, le droit d'être entendu englobe donc 
tous les droits qui doivent être attribués à une partie pour qu'elle puisse faire valoir 
efficacement son point de vue dans une procédure (ATF 132 II 485 consid. 3.2 ; 
129 II 497 consid. 2.2, et les références). L'étendue du droit de s'exprimer ne peut 
pas être déterminée de manière générale, mais doit être définie au regard des 
intérêts concrètement en jeu. L'idée maîtresse est qu'il faut permettre à une partie 
de pouvoir mettre en évidence son point de vue de manière efficace  
(ATF 111 Ia 273 consid. 2b ; 105 Ia 193 consid. 2b/cc). 

 b. Le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. implique également 
pour l'autorité l'obligation de motiver sa décision. Selon la jurisprudence, il suffit 
que le juge mentionne, au moins brièvement, les motifs qui l'ont guidé et sur 
lesquels il a fondé sa décision, de manière à ce que l'intéressé puisse se rendre 
compte de la portée de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause. L'autorité 
n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et 
griefs invoqués par les parties, mais elle peut au contraire se limiter à ceux qui lui 
paraissent pertinents (ATF 138 I 232 consid. 51. ; 137 II 266 consid. 3.2 ;  
136 I 229 consid. 5.2 ; 134 I 83 consid. 4.1). 

3.  En l’occurrence, par sa lettre du 25 février 2015, la commission a clairement 
fait savoir à la recourante que l’instruction était terminée et qu’une décision serait 
rendue après le 26 mars 2015, laquelle pouvait, vu la nature de la procédure, 
contenir une mesure ou une sanction administrative. La clinique devait donc 
s’attendre à recevoir une sanction administrative et ne pouvait pas exclure qu’elle 
soit la plus sévère de celles prévues par la loi. Elle savait que la mesure ou la 
sanction pouvaient concerner le droit de pratique des experts (cause n° 
2______/______/______) et le déroulement des expertises, notamment la portée 
des corrections effectuées par les scripteurs et les modalités de participation du 
rédacteur à la version finale de son rapport d’expertise (cause n° 
1______/______/______), étant précisé que ces deux causes avaient été jointes. 
Elle pouvait faire part par écrit à la commission de sa position relativement aux 
reproches qui lui étaient faits et à leurs éventuels effets sur la décision à rendre. 

  S’agissant en particulier de la violation du secret médical, s’il est exact que 
la commission n’a pas expressément fait part à la recourante de ce reproche, elle 
l’a tiré des pièces auxquelles la clinique avait eu accès et qui avaient trait au 
déroulement de l’établissement des rapports d’expertise. De plus, les considérants 
de l’arrêté querellé exposent dans les grandes lignes en quoi le secret médical 
aurait été violé, l’absence de base légale mentionnée ne permettant pas de retenir 
un défaut de motivation. 

  Enfin, le DEAS n’est pas tenu de communiquer aux personnes – physiques 
ou morales – concernées le préavis de la commission sur lequel il se fonde pour 

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leur infliger une sanction administrative (ATA/324/2016 du 19 avril 2016  
consid. 6). 

  Au regard de ce qui précède, les griefs de violations du droit d’être entendu 
de la recourante sont écartés. 

4.  Aux termes de l’art. 34 de la loi fédérale sur les professions médicales 
universitaires du 23 juin 2006 (LPMéd - RS 811.11), l’exercice d’une profession 
médicale universitaire à titre indépendant requiert une autorisation du canton sur 
le territoire duquel la profession médicale est exercée. 

  En vertu de l’art. 40 de cette loi, les personnes exerçant une profession 
médicale universitaire à titre indépendant doivent observer notamment les devoirs 
professionnels suivants : a. exercer leur activité avec soin et conscience 
professionnelle et respecter les limites des compétences qu’elles ont acquises dans 
le cadre de leur formation universitaire, de leur formation postgrade et de leur 
formation continue ; c. garantir les droits du patient ; f. observer le secret 
professionnel conformément aux dispositions applicables. 

5. a. À teneur de son art. 1, la LS a pour but de contribuer à la promotion, à la 
protection, au maintien et au rétablissement de la santé des personnes, des groupes 
de personnes, de la population et des animaux, dans le respect de la dignité, de la 
liberté et de l’égalité de chacun (al. 1) ; elle garantit une égalité d’accès de chacun 
à des soins de qualité (al. 2) ; elle encourage les responsabilités individuelle, 
familiale et collective ainsi que la solidarité (al. 3). 

  L’art. 2 LS définit les notions de santé (al. 1) et de soins (al. 2), et, à teneur 
de son art. 3 al. 1 afférent au « champ d’application », la LS définit et encourage 
le partenariat entre les acteurs publics et privés du domaine de la santé et régit les 
soins. 

 b. En vertu de l’art. 34 LS, le chapitre V de la ladite loi (« relations entre 
patients et professionnels de la santé ») est composé des « dispositions générales » 
(section 1, art. 34 à 40), des « principaux droits des patients » (section 2, art. 42 à 
51), du « traitement des données relatives à la santé du patient » (section 3, art. 52 
à 58) et des « mesures médicales spéciales » (section 4, art. 58A à 70), et, en vertu 
de l’art. 34 LS, règle les relations entre patients, professionnels de la santé et 
institutions de santé lors de soins prodigués tant dans le secteur public que dans le 
secteur privé. 

 c. Le chapitre VI de la LS a trait aux « professions de la santé » et, 
conformément à l’art. 71 al. 1 LS, s’applique aux professionnels de la santé qui 
fournissent des soins en étant en contact avec leurs patients ou en traitant leurs 
données médicales et dont l’activité doit être contrôlée pour des raisons de santé 
publique. 

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  Conformément à l’art. 74 al. 1 LS, une personne n’a le droit de pratiquer 
une profession de la santé que si elle est au bénéfice d’une autorisation de pratique 
délivrée par le département ou, à teneur d’une modification légale entrée en 
vigueur le 14 mai 2016, a suivi le processus d’annonce, prévu par la LPMéd. 

  L’art. 80 LS dispose que, sauf dispositions contraires de ladite loi, les 
devoirs professionnels prévus à l’art. 40 LPMéd s’appliquent à tous les 
professionnels de la santé. 

  L’art. 87 LS prescrit que les professionnels de la santé et leurs auxiliaires 
sont tenus au secret professionnel (al. 1), lequel a pour but de protéger la sphère 
privée du patient (al. 2 1ère phr.). 

 d. Le chapitre VIII concerne les « institutions de santé ». Selon l’art. 100 LS, 
par institution de santé, on entend tout établissement, organisation, institut ou 
service qui a, parmi ses missions, celle de fournir des soins (al. 1) ; le Conseil 
d’État détermine les catégories d’institutions de santé – ce qu’il a fait en arrêtant 
le règlement sur les institutions de santé du 22 août 2006 (RISanté - K 2 05.06) – 
(al. 2) ; les cabinets individuels ou de groupe ne sont pas soumis au présent 
chapitre (al. 3). 

  Aux termes de l’art. 101 LS, afin de protéger la santé des patients et de la 
population et de garantir des soins appropriés de qualité, la création, l’extension, 
la transformation et l’exploitation de toute institution de santé sont soumises à 
autorisation (al. 1) ; l’autorisation d’exploitation est délivrée par le département 
lorsque l’institution, compte tenu de sa mission : a) est dirigée par une ou des 
personnes responsables qui possèdent la formation ou les titres nécessaires ; b) est 
dotée d’une organisation adéquate ; c) dispose du personnel qualifié nécessaire 
ayant reçu une formation professionnelle adéquate ; d) dispose des locaux et de 
l’équipement nécessaires répondant aux exigences d’hygiène et de sécurité des 
patients ; e) participe à l’établissement des statistiques et des autres moyens de 
mesures nécessaires à la réalisation et à l’évaluation de la planification sanitaire 
cantonale ; f) garantit, s’il y a lieu, la fourniture adéquate en médicaments (al. 2) ; 
l’autorisation d’exploitation indique la mission de l’institution de santé ; elle peut 
fixer un nombre maximal de personnes que l’institution peut prendre en charge 
(al. 3) ; le Conseil d'État définit, selon la nature des prestations offertes, pour 
chaque catégorie d'institution, les conditions spécifiques d'octroi de l'autorisation 
d'exploitation qui visent notamment l'aménagement des locaux, l'effectif et la 
qualification du personnel, ainsi que les exigences à l'égard du ou des répondants ; 
il peut charger le département de régler le détail de cette matière (al. 4). 

  Au titre des « obligations », l’art. 107 LS prescrit que les institutions de 
santé doivent fournir, de manière continue et personnalisée, les soins qui entrent 
dans leur mission à toute personne qu’elles prennent en charge ; elles ne peuvent, 
de leur propre initiative, arrêter la prise en charge d’une personne que si la 

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continuité de celle-ci est garantie (al. 1) ; si nécessaire, elles doivent veiller, 
notamment par leur service social, à prendre toutes les dispositions utiles pour 
sauvegarder les intérêts des patients (al. 3) ; elles doivent, dans l’intérêt des 
patients et de la santé de la population, collaborer avec les autres institutions de 
santé et les professionnels de la santé et fonctionner de manière coordonnée  
(al. 4). 

 e. En vertu de l’art. 125A LS intitulé « dispositions générales » et sis au début 
du chapitre XI afférent aux « mesures administratives et sanctions », les mesures 
et sanctions administratives sont applicables en cas de violation de la LS et de ses 
dispositions d’exécution. 

  Les art. 127 ss LS traitent des sanctions administratives. 

  Conformément à l’art. 128 LS, le droit de pratiquer d’un professionnel de la 
santé peut être limité ou retiré : a) si une condition de son octroi n’est plus 
remplie ; b) en cas de violation grave des devoirs professionnels ou malgré des 
avertissements répétés (al. 1) ; le retrait peut porter sur tout ou partie du droit de 
pratique et être d’une durée déterminée ou indéterminée (al. 2) ; le département 
peut révoquer le droit de pratique lorsqu’il a connaissance après coup de faits qui 
auraient justifié un refus de son octroi (al. 3) ; le retrait et la révocation de 
l’autorisation font l’objet d’une publication dans la Feuille d’avis officielle  
(ci-après : FAO ; al. 4). Il est précisé que la commission est compétente pour 
infliger des avertissements, des blâmes et des amendes jusqu’à CHF 20'000.-  
(art. 127 al. 1 let. a LS). 

  Selon l’art. 130 LS, l’autorisation d’exploiter une institution de santé peut 
être limitée ou retirée : a) si l’une des conditions d’octroi n’est plus remplie ; b) si 
la ou les personnes responsables ne s’acquittent pas, de manière grave ou répétée, 
de leurs devoirs découlant de la présente loi ; c) en cas de manquements graves ou 
répétés dans l’organisation de l’institution, qui en compromettent la mission ; d) 
en cas de manquements graves ou répétés dans la qualité des soins (al. 1) ; si 
l’institution ne remédie pas à la situation aux conditions et dans les délais fixés 
par le département, l’autorisation est retirée (al. 2) ; lorsque le retrait de 
l’autorisation entraîne le transfert de patients dans d’autres institutions, le 
département peut en assurer l’organisation, les frais étant en principe à la charge 
de l’institution responsable (al. 3) ; le retrait de l’autorisation fait l’objet d’une 
publication dans la FAO (al. 4). 

  Il sied de préciser qu’à teneur de l’art. 127 al. 3 LS, la commission est 
compétente pour prononcer, à l’encontre des exploitants et des responsables des 
institutions de santé, des avertissements, des blâmes et des amendes jusqu’à  
CHF 50'000.- (let. a), le département étant seul compétent s’agissant de la 
limitation ou du retrait de l’autorisation d’exploitation (let. b). Conformément à 
cette même disposition légale, l’amende peut être prononcée en plus de 

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l’interdiction de pratiquer (al. 5) et les sanctions administratives peuvent être 
accompagnées de l’injonction de suivre une formation complémentaire ou de 
procéder aux aménagements nécessaires pour se mettre en conformité avec les 
conditions de pratique ou d’exploitation (al. 6). 

6.  Selon l’art. 1 al. 2 de la loi sur la commission de surveillance des 
professions de la santé et des droits des patients du 7 avril 2006 (LComPS -  
K 3 03), la commission est chargée de veiller : a) au respect des prescriptions 
légales régissant les professions de la santé et les institutions de santé visées par  
la LS ; b) au respect du droit des patients. 

  En application de l’art. 19 LComPS, la commission émet un préavis à 
l’intention du département lorsqu’elle constate, au terme de l’instruction, qu’un 
professionnel de la santé ou qu’une institution de santé a commis une violation de 
ses obligations susceptible de justifier une interdiction temporaire ou définitive de 
pratique, pour tout ou partie du champ d’activité, ou une limitation ou un retrait de 
l’autorisation d’exploitation, conformément à la LS. 

7.  Il n’est en l’espèce pas contesté que la recourante est une institution de 
santé, au sens de l’art. 100 LS, à tout le moins en tant qu’elle a été autorisée par 
l’arrêté du Conseil d’État du 1er février 2006 – auquel l’arrêté querellé se réfère 
dans son préambule – à exploiter un établissement médical psychiatrique, 
permettant un traitement ininterrompu de patients pour une durée maximale de 
quarante-huit heures, soit deux nuits consécutive au maximum. 

8.  Est en revanche litigieuse la question de savoir si les expertises effectuées 
sous la responsabilité de la recourante – et sur lesquelles portent tous les reproches 
du département – constituent des soins au sens notamment des art. 2 al. 2 et 100 
al. 1 LS. 

  L’intimé y répond par l’affirmative. Il semble en conclure que celle-ci est 
également une institution de santé du fait qu’elle établit des expertises, et que 
l’autorisation octroyée le 1er février 2006 porte aussi sur cette activité, pour 
l’exercice de laquelle les experts devraient être des médecins au bénéfice d’un 
droit de pratiquer (art. 74 ss LS) et effectuer les expertises selon les règles de l’art. 
Selon lui, l’intérêt public de la sanction litigieuse réside dans la confiance que le 
patient doit pouvoir faire à l’expert qui l’examine. 

  La société intéressée, quant à elle, conteste l’entier de la position de l’intimé 
et soutient que son centre d’expertises médicales pluridisciplinaires 
(« département expertises ») n’est pas soumis à la LS. 

9. a. Le fait que l’arrêté d’autorisation du Conseil d’État du 1er février 2006 ne 
mentionne expressément que l’« établissement médical psychiatrique », à savoir la 
fourniture de traitements psychiatriques à des patients au sein de la clinique même 

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pour une certaine durée ne devant pas dépasser quarante-huit heures, n’exclut pas 
que le centre d’expertises médicales pluridisciplinaires ait été et soit soumis à 
autorisation conformément à l’art. 101 LS. 

  À cet égard, la précision dans le dispositif de l’arrêté querellé que, durant 
trois mois, il est « interdit [à la recourante] d’exploiter l’institution » doit être 
comprise comme incluant toutes les activités de l’institution de santé qu’est la 
recourante, y compris son centre d’expertises médicales pluridisciplinaires 
(« département expertises »). 

 b. S’agissant de la notion d’institution de santé, durant les travaux 
préparatoires de la LS (PL 9328), il a été renoncé à l'expression « établissements 
de soins » par exemple, qui n'aurait pas permis d’englober toutes les entités 
visées. En effet, les laboratoires d'analyses ou de recherches médicales ainsi que 
les institutions de promotion de la santé peuvent difficilement être qualifiés  
d'« établissements de soins ». C'est pourquoi, à l'instar de la législation 
fribourgeoise, c'est la notion d'« institutions de santé » qui a finalement été 
retenue. Peu importe ici que l'institution poursuive d'autres missions, comme c'est 
le cas des EMS ou des organisations d'aide ou de soins à domicile. Si les 
institutions offrent des soins, exclusivement ou parmi d'autres missions, le 
chapitre VIII leur est applicable. La notion d'institution de santé a donc une portée 
relativement large. Le service de santé de la jeunesse, la section de médecine 
dentaire de la faculté de médecine ou encore le service médico-pédagogique 
dépendant de l'office de la jeunesse entrent ainsi, par exemple, dans la définition 
légale (MGC 2003-2004/XI A 5861 s.). 

  À teneur de l’art. 1 RISanté, en fonction de leur mission, les catégories 
d’institutions de santé sont les établissements médicaux privés et publics, les 
établissements médico-sociaux, les organisations d’aide et de soins à domicile, les 
laboratoires d’analyses médicales, les services d’ambulance, les institutions de 
lutte contre les dépendances, les institutions de promotion de la santé et de 
prévention, les autres institutions spécialisées, les pharmacies publiques, les 
drogueries, les commerces d’optique. 

 c. Ainsi, d’une part, il découle du fait que la notion d’institution de santé doit 
être comprise dans un sens large et que, selon l’art. 100 al. 1 LS, elle peut avoir 
d’autres missions que celle de fournir des soins, que la recourante doit être 
considérée dans son ensemble et son entier, c’est-à-dire pour ses trois 
« départements », comme une institution de santé. D’autre part, l’art. 130 LS ne 
fait pas de distinctions, concernant la portée du retrait de l’autorisation d’exploiter 
une institution de santé, entre les divers activités ou services de celle-ci. 

 d. Le retrait de l’autorisation d’exploitation litigieux porte donc sur l’entier des 
activités et services de la clinique, y compris son centre d’expertises médicales 
pluridisciplinaires. 

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10. a. Afin de déterminer quelles sont les conditions de retrait de l’art. 130 LS qui 
devraient le cas échéant être remplies, il se justifie d’examiner si l’établissement 
d’expertises, dans le cadre et sous le contrôle de la recourante, entre ou non dans 
la notion de soins au sens de la LS.  

 b. Pour ce qui est des « définitions », l’art. 2 LS précise que la santé consiste 
en un état physique, psychique et social qui favorise à tout âge l’équilibre de la 
personne au sein de la collectivité (al. 1) et que les soins comprennent tout service 
fourni à une personne, à un groupe de personnes ou à la population dans le but de 
promouvoir, de protéger, d’évaluer, de surveiller, de maintenir, d’améliorer ou de 
rétablir la santé humaine (al. 2). 

  Selon les travaux préparatoires de la LS (PL 9328), la définition de la 
« santé » proposée à l’art. 2 al. 1 LS ne reprend pas exactement celle de 
l'Organisation mondiale de la santé (ci-après : OMS), la conception de cette 
dernière étant souvent perçue comme totalisante et utopiste, de nature à favoriser 
des dérives dans les attentes qu'elle suscite. La notion de « soins », définie à  
l'art. 2 al. 2 LS, revêt une acception large. Les soins dont il est question ici ne se 
limitent pas aux seuls services fournis par les professionnels de la santé, de même 
que les activités en matière de santé humaine ne s'arrêtent pas au seul verbe 
« soigner ». Ainsi, pas moins de sept verbes tentent de circonscrire les différents 
aspects que peuvent revêtir les soins tels qu'ils doivent être compris dans le projet, 
sept verbes qui n'aspirent cependant pas à l'exhaustivité. Les soins palliatifs par 
exemple, qui se laissent difficilement définir au moyen d'un verbe, sont 
assurément des « soins » et sont donc compris dans la définition de l'al. 2  
(MGC 2003-2004/XI A 5830-5831). 

 c. Selon la jurisprudence de la chambre de céans, doit être considérée comme 
un patient au sens de l’art. 9 LComPS, titulaire des droits reconnus et protégés par 
la LS, toute personne qui entretient ou a entretenu une relation thérapeutique avec 
un professionnel de la santé – ou une institution de santé – dont l’activité est régie 
par cette loi (ATA/662/2014 du 26 août 2014 consid. 10 ; ATA/640/2014 du  
19 août 2014 consid. 8 ; ATA/142/2014 du 11 mars 2014 consid. 6 ; 
ATA/265/2009 du 26 mai 2009 consid 4). 

  Dans une cause relativement récente ayant trait exclusivement à la question 
de la qualité de partie, en sus du statut de dénonciatrice, d’une personne expertisée 
devant la commission, la chambre administrative a considéré que, puisque c'était 
le Tribunal tutélaire qui avait ordonné une expertise sur la dénonciatrice 
recourante – laquelle n'avait ainsi jamais été la destinataire directe de prestations 
médicales de la part de l’experte psychiatre ni ne lui en avait demandées –, le 
rapport d'expertise s'insérait dans le cadre d'une procédure judiciaire, sans avoir 
pour effet de créer un lien thérapeutique entre l’expertisée et l'experte, la première 
n’étant ainsi pas la patiente de la seconde (ATA/640/2014 précité consid. 11 ; 

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dans le même sens, ATA/662/2014 précité consid. 13, confirmé par l’arrêt du 
Tribunal fédéral 2C_313/2015 du 1er mai 2015). 

  L’ATA/640/2014 a, sur recours de l’expertisée, été confirmé par le Tribunal 
fédéral (arrêt 2C_885/2014 du 28 avril 2015). Selon la Haute Cour, il n'est pas 
arbitraire de considérer que le fait qu'un médecin expertise une personne 
uniquement à la demande du Tribunal tutélaire ne constitue pas un « service 
fourni à [cette] personne [...] dans le but d'évaluer [...] la santé humaine » au sens 
de l'art. 2 al. 2 LS. En effet, l'objectif de l'expertise était de répondre aux questions 
posées par le Tribunal tutélaire dans le but de renseigner la justice dans le cadre 
d'une procédure opposant les parents relative à la garde de leur enfant. En outre, la 
recourante ne démontrait pas en quoi il était arbitraire de distinguer la relation qui 
lie un expert mandaté par un tribunal dans le cadre d'une procédure judiciaire et la 
personne expertisée de celle qui lie ou a lié un patient et son médecin traitant 
(arrêt du Tribunal fédéral 2C_885/2014 précité consid. 4.4 ; dans le même sens, 
arrêt du Tribunal fédéral 2C_1176/2014 du 1er mai 2015 consid. 4.3). À cet égard, 
il est en principe exclu qu'un médecin avec qui un expertisé entretient une relation 
thérapeutique puisse intervenir comme expert judiciaire (ATF 124 I 170  
consid. 4 ; cf. également arrêt du Tribunal fédéral 9C_920/2013 du 20 mai 2014 
consid. 3.4.1 qui opère une distinction entre le « mandat thérapeutique » et 
« mandat d'expertise » ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_956/2013 du 5 décembre 
2013 consid. 3.2.2). Il découle d'ailleurs de l'art. 6 du Code de déontologie de la 
Fédération des médecins suisses du 12 décembre 1996 (révisé jusqu’au 28 avril 
2016) que la relation entre un patient et un expert est de nature non thérapeutique 
(arrêt du Tribunal fédéral 2C_885/2014 précité consid. 4.4 ; arrêt du Tribunal 
fédéral 2C_1176/2014 précité consid. 4.3). 

  À teneur de l’art. 2 dudit Code de déontologie, le médecin a pour mission de 
protéger la vie de l’être humain, de promouvoir et de maintenir sa santé, de 
soigner les maladies, d’apaiser les souffrances et d’assister les mourants jusqu’à 
leur dernière heure. Ce code distingue entre les mandats thérapeutiques et les 
mandats non thérapeutiques. Concernant les seconds, son art. 6 prévoit que, si la 
relation entre un patient et un médecin est de nature non thérapeutique (médecin 
légiste, expert, médecin-conseil, activité de médecin du travail et activité sur 
mandat d'une association sportive, etc.), la personne concernée doit en être 
clairement informée. 

 d. Il ressort de ces considérations que la relation entre le médecin expert et 
l’expertisé n’est pas de nature thérapeutique. 

  Cependant, conformément à l’art. 2 al. 2 LS, les soins comprennent tout 
service fourni à une personne, à un groupe de personnes ou à la population dans le 
but notamment d’évaluer la santé humaine, ce qui est le cas de l’établissement 
d’expertises médicales. En outre, les institutions de santé faisant l’objet du 
RISanté, en particulier les laboratoires d’analyses médicales (art. 25 RISanté) et 

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les institutions de promotion de la santé et de prévention (art. 51 RISanté), ne 
voient à tout le moins pas nécessairement s’établir des relations thérapeutiques en 
leur sein. 

  Partant, la fourniture de soins au sens de la LS, de par l’acception large de 
cette notion, n’est pas nécessairement conditionnée et liée à une relation 
thérapeutique et existe également lorsqu’un médecin expert évalue la santé d’un 
expertisé en établissant une expertise à son sujet, en vue de permettre à un 
assureur social ou privé de déterminer si l’assuré concerné a ou non droit à des 
prestations de sa part, par exemple en cas d’incapacité de travail. 

  Au demeurant, si, dans son intervention médicale, le médecin expert n’a a 
priori pas d’objectif thérapeutique dans la relation qu’il établit avec l’expertisé, 
son intervention peut aussi revêtir une dimension thérapeutique, dans la mesure, 
par exemple, où l’expertise peut aboutir à proposer ou initier une prise en charge 
médicale subséquente (Romano LA HARPE/Beat HORISBERGER/ Timoty W. 
HARDING/Marinette UMMEL, Acte médical requis par une autorité, constat 
médical et certificat médical, in Romano LA HARPE/Marinette UMMEL/  
Jean-François DUMOULIN, Droit de la santé et médecine légale, 2014, p. 379 ss, 
spéc. 380). 

 e. Par surabondance, si la situation des institutions de santé doit être distinguée 
de celle des professionnels de la santé, il n’en demeure pas moins que celles-ci 
sont composées de professionnels de la santé, y compris même les laboratoires 
d’analyses médicales (art. 25 RISanté) et les institutions de promotion de la santé 
et de prévention (art. 51 RISanté) qui doivent être dirigés par des professionnels 
de la santé (art. 25 al. 1 let. a RISanté et 1 let. c du règlement sur les professions 
de la santé du 22 août 2006 - RPS - K 3 02.01, depuis le 23 mars 2016 ; 
respectivement art. 52 let. a RISanté). 

  La LS cumule deux types d'infractions pouvant être commises par les 
professionnels de la santé, qui étaient traitées auparavant dans deux lois distinctes 
au moyen de deux procédures différentes : la violation des droits des patients, 
d'une part, et la violation des règles professionnelles, d'autre part (ATA/227/2010 
du 30 mars 2010 consid. 5b ; ATA/402/2009 du 25 août 2009). Selon la 
jurisprudence du Tribunal administratif, qui demeure applicable par la chambre de 
céans, un médecin-psychiatre, intervenant comme expert médical pour le compte 
d’une assurance, exerce dans le cadre de ce mandat une activité tombant sous le 
coup de l’art. 40 LPMéd – qui est afférent aux « devoirs professionnels » et doit 
être interprété largement –, et donc soumise à la surveillance des professions de la 
santé instituée par la loi (ATA/172/2013 du 19 mars 2013 consid. 12 ; 
ATA/513/2009 du 13 octobre 2009), en particulier  
l’art. 41 LPMéd, qui ne s’applique pas seulement aux professionnels de la santé 
exerçant à titre indépendant mais à tous lesdits professionnels (art. 80 LS). La 
surveillance des professionnels de la santé n'est pas liée nécessairement à 

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l'existence d'un rapport contractuel entre le médecin et un patient (ATA/513/2009 
précité consid. 4). 

  Dans ces conditions, il serait incohérent que des médecins puissent, pour 
leur comportement adopté en établissant des expertises, faire l’objet de la 
surveillance et d’éventuelles sanctions de la commission ou du département, mais 
pas, le cas échéant, l’établissement, l’organisation, l’institut ou le service qui les 
emploie ou les mandate pour établir des expertises. 

 f. Dans le cas présent, les personnes, en particuliers les assurés, qui ont fait 
l’objet des expertises du Dr E______ et font, d’une manière générale, l’objet 
d’expertises par les experts mandatés par la recourante, n’ont eu, respectivement 
n’ont avec le Dr E______ et les autres experts aucun lien thérapeutique, ni, 
partant, la qualité de patients au sens de la LS. 

  Toutefois, aux fins de répondre aux questions qui leur sont posées, les 
experts effectuent une anamnèse, procèdent à des examens cliniques, évaluent la 
santé humaine et/ou posent des diagnostics, et évaluent ainsi la santé des 
expertisés et fournissent des soins au sens large énoncé plus haut. 

  Vu ce qui précède, l’établissement d’expertises dans le cadre et sous le 
contrôle de la recourante, y compris concernant les modalités des modifications, la 
situation des correcteurs, la relecture et la signature par les experts ainsi que le 
respect d’un éventuel secret professionnel (art. 87 LS) dans ce cadre, constitue des 
soins au sens de la LS et entre dès lors dans le champ d’application de la LS 
concernant les institutions de santé. 

11. a. La conformité au droit de l’arrêté querellé est subordonnée à la 
reconnaissance que de graves manquements ou dysfonctionnements de la 
recourante en matière d’établissement d’expertises, s’ils étaient établis, 
réaliseraient une ou plusieurs des quatre conditions – alternatives – posées par 
l’art. 130 al. 1 LS pour le retrait de l’autorisation d’exploiter ledit établissement 
médical psychiatrique. 

 b. La réalisation de la condition énoncée à la let. a de l’art. 130 al. 1 LS, à 
savoir que l’une des conditions d’octroi de l’autorisation d’exploiter n’est plus 
remplie, n’est pas invoquée par l’intimé, ce à juste titre car celui-ci n’a fait aucun 
reproche à la recourante concernant l’établissement médical psychiatrique, le seul 
« département » de celle-ci qui ait fait l’objet d’une autorisation d’exploitation. 
Elle peut donc être d’emblée écartée. 

 c. Il reste à déterminer si la sanction litigieuse peut être fondée sur les let. b, c 
et/ou d de l’art. 130 al. 1 LS et, si, tel est le cas, si elle est proportionnée. 

  Il est précisé que les actes du Dr D______, professionnel de la santé et 
responsable médical à tout le moins du « département psychiatrie » et du 

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« département expertises » de la clinique, engagent celle-ci, tant sous l’angle des 
soins que de l’organisation (notamment art. 101 al. 2 let. a LS). 

 d. À l’instar de l’amende administrative (ATA/647/2016 du 26 juillet 2016 
consid. 4b ; ATA/61/2014 du 4 février 2014 ; ATA/74/2013 du 6 février 2013 et 
les arrêts cités), les autres sanctions administratives doivent respecter le principe 
de la proportionnalité (art. 36 al. 3 Cst.). 

  Le principe de la proportionnalité, consacré de manière générale à l’art. 5  
al. 2 Cst. et, en lien avec les restrictions de liberté – ici la liberté économique –, à 
l’art. 36 al. 3 Cst., exige qu'une mesure restrictive soit apte à produire les résultats 
escomptés (règle de l'aptitude) et que ceux-ci ne puissent être atteints par une 
mesure moins incisive (règle de la nécessité); en outre, il interdit toute limitation 
allant au-delà du but visé et il exige un rapport raisonnable entre celui-ci et les 
intérêts publics ou privés compromis (principe de la proportionnalité au sens 
étroit, impliquant une pesée des intérêts ; ATF 142 I 76 consid. 3.5.1). 

12. a. S’agissant de la condition que la ou les personnes responsables ne 
s’acquittent pas, de manière grave ou répétée, de leurs devoirs découlant de la LS 
(art. 130 al. 1 let. b LS) – qui incluent les devoirs professionnels prévus à  
l’art. 40 LPMéd (art. 80 LS) –, la recourante soutient que les griefs contenus dans 
l’arrêté querellé ne visent pas directement le Dr D______. 

  Toutefois, celui-ci était – et est – responsable médical tant de 
l’établissement médical psychiatrique que du centre d’expertises médicales 
pluridisciplinaires, et la sanction administrative est en grande partie fondée sur les 
actes accomplis par celui-ci en cette qualité.   

 b. Il n’est tout d’abord pas contesté par l’intimé que les projets de rapports 
d’expertise contenant les modifications opérées par les relecteurs ont été portés à 
la connaissance du Dr E______. 

  Ensuite, excepté pour les onze rapports que le Dr E______ a refusé de 
signer en 2011, il n’est ni allégué par l’intimé ni établi que cet expert ou d’autres 
auteurs d’expertises aient refusé de signer leurs projets de rapports avec les 
modifications effectuées par les scripteurs. Les griefs du département sur ce point 
se concentrent donc sur ces onze expertises. 

  Il ressort par ailleurs de l’instruction effectuée tant par la commission que 
par la chambre de céans que, face au refus du Dr E______ de signer ces onze 
rapports au motif qu’il était empêché lors de sa relecture finale de refuser le cas 
échéant des modifications opérées par des correcteurs, le Dr D______ les a lui-
même signés avec des modifications, sans avoir vu les expertisés. 

 c. Concernant le rapport d’expertise produit le 14 octobre 2011 par le  
Dr E______ devant la commission, le Dr D______ a, le 25 novembre 2013, 

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déclaré assumer les modifications manuscrites et donc avoir signé le rapport 
d’expertise avec celles-ci. En revanche, le 23 février 2016 devant le juge délégué, 
il a dit que ces modifications, de même que celles figurant dans les rapports 
produits les 16 et 23 septembre 2011 n’émanaient pas d’un relecteur, mais du  
Dr E______ lui-même. Il est toutefois impossible que toutes les modifications 
proviennent de celui-ci, l’écriture n’étant pas la même de rapport en rapport, voire 
même à l’intérieur des rapports. 

  En tout état de cause, le Dr D______ a, dans son courrier du 11 février 2014 
à la commission, indiqué ne pas avoir voulu laisser passer des choses qui auraient 
été manifestement erronées et, lors de l’audience du 23 février 2016, a déclaré 
avoir informé les expertisés et les assureurs qu’il prenait sur lui de rendre des 
conclusions. De plus, il ressort de ladite lettre du 11 février 2014 que le  
Dr D______ a lui-même procédé à des modifications du rapport original du Dr 
E______ produit le 14 octobre 2011 devant la commission, notamment sur un 
point non négligeable, à savoir l’ajout de l’attribut « possible » au diagnostic de 
dépendance à l’alcool qui aurait prétendument été posé par l’expert, mais qui ne 
figure pas dans les cinq pages du rapport produit. Ces indications du Dr D______ 
n’apparaissent pas compatibles avec des modifications des onze rapports 
d’expertise du Dr E______ qui auraient toutes été sans importance. 

  L’intimé n’a pas pu prouver exactement que tous les corrections et ajouts 
effectués à la main dans les rapports produits en septembre et octobre 2011 par le 
Dr E______ devant la commission figurent effectivement dans les versions finales 
adressées aux assureurs. Le Dr D______ et la recourante ne l’ont toutefois pas 
clairement nié et, surtout, n’ont fourni aucune explication ni aucun document 
permettant d’infirmer de telles modifications, alors qu’ils devaient détenir et 
produire à tout le moins les versions finales des expertises adressées aux 
assureurs, ainsi que les différentes « versions corrigées et uploadées », y compris 
le texte initial du Dr E______, dont le suivi informatisé imprimé était annexé aux 
onze lettres du conseil de la clinique du 27 mai 2011, qui mentionnaient 
également le nom des assurés expertisés. 

  La crédibilité du Dr D______ et de la recourante est au demeurant fortement 
diminuée par la grande confusion et les importantes divergences dans leurs 
explications devant la commission puis devant la chambre de céans, y compris 
concernant l’existence ou non de « conciliums » et de leurs modalités, de même 
que concernant l’éventuelle existence d’une communication, avant la signature 
des rapports modifiés du Dr E______ par le Dr D______, des conclusions en 
matière de reprise du travail aux assureurs et expertisés alors que ces rapports ont 
ensuite fait l’objet de modifications. 

  Il sera donc retenu que les corrections et ajouts effectués à la main sur les 
rapports produits en septembre et octobre 2011 par le Dr E______ ont été apportés 
dans les versions finales des expertises signées par le Dr D______. 

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 d. S’agissant du rapport produit le 14 octobre 2011 par le Dr E______, s’il 
n’est à tout le moins pas évident de voir dans le remplacement du mot 
« alcoolisation » par « éthylisme » une modification substantielle, le 
remplacement, au titre de diagnostic sans incidence sur la capacité de travail, du 
terme « aucun » par « forte présomption de prise compulsive d’éthyle » – apparaît 
substantiel, et on ne peut pas exclure que cette modification ait eu un impact sur 
l’appréciation de la situation de l’expertisé par l’assureur. 

  Pour ce qui est des dix autres rapports d’expertise non signés par le  
Dr E______, plusieurs modifications manuscrites apparaissent substantielles. 
Ainsi en est-il notamment de l’ajout, respectivement la modification de 
diagnostics, même sans incidence sur la capacité de travail, un « épisode dépressif 
moyen (F32.1), en rémission » remplaçant « nihil » et un « épisode dépressif 
moyen (F32.1) » remplaçant un « épisode dépressif léger (F32.1) ». Il en est de 
même de l’ajout de la phrase « En outre, aucune pulsion de nature hétéro- ou  
auto-agressive n’a pu être démontré (sic) lors de l’expertise », ainsi que de la 
suppression de la mention des benzodiazépines et des opiacés parmi les 
substances relevées lors d’examens biologiques, seul restant le cannabis. 

 e. Le Dr D______ et la recourante ont allégué de manière constante, dès le 9 
novembre 2013, que le Dr E______ avait effectué les corrections en cause dans 
ses rapports d’expertise, comme l’attesteraient les mentions faites dans les suivis 
informatiques. De son côté, le Dr E______ a toujours affirmé qu’il avait été 
empêché lors de sa relecture finale de refuser le cas échéant des modifications 
opérées par des correcteurs, et, dans quelques courriels aux relecteurs malgaches, 
il a exprimé son opposition à des modifications proposées ou déjà effectuées par 
ceux-ci. Quoi qu’il en soit, même si le Dr E______ avait dans un premier temps 
effectué ou accepté les modifications et même si le désaccord de celui-ci ou sa 
volonté de vérifier le bien-fondé des modifications n’avaient été exprimés qu’à la 
fin du processus d’établissement des expertises, il est hautement problématique 
que le Dr D______ ait signé les rapports d’expertise contenant des modifications 
substantielles sans l’accord de l’expert, au lieu de garder tels quels les textes de ce 
dernier sous réserve de corrections de pure forme et quitte à préciser que ces 
rapports n’exprimaient que la pensée et la position du Dr E______, le seul à avoir 
vu les expertisés. 

  Du reste, lors de l’audience du 23 février 2016, le Dr D______ a déclaré 
que, lorsqu’il s’agit de points qui, comme certains en l’occurrence, sont 
importants, c’est-à-dire portent sur la capacité de travail, les limitations, le 
traitement, le diagnostic et l’examen clinique, l’accord formel de l’expert est 
nécessaire. 

  En droit des assurances sociales, l'élément décisif pour apprécier la valeur 
probante d'une pièce médicale n'est en principe ni son origine, ni sa désignation 
sous la forme d'un rapport ou d'une expertise, mais bel et bien son contenu. Il 

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importe, pour conférer pleine valeur probante à un rapport médical, que les points 
litigieux importants aient fait l'objet d'une étude circonstanciée, que le rapport se 
fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les 
plaintes exprimées par la personne examinée, qu'il ait été établi en pleine 
connaissance de l'anamnèse, que la description du contexte médical et 
l'appréciation de la situation médicale soient claires et enfin que les conclusions 
de l'expert soient dûment motivées (ATF 134 V 231 consid. 5.1 ; 125 V 351 
consid. 3a ; arrêt du Tribunal fédéral 8C_21/2016 du 20 septembre 2016  
consid. 3.2). Il ressort en outre des lignes directrices de qualité des expertises 
psychiatriques dans le domaine de l’Assurance-invalidité établies en février 2012 
par la Société suisse de psychiatrie et psychothérapie, produites par la recourante, 
qu’un examen de l’expertisé présent par l’expert est nécessaire (dans ce sens, arrêt 
du Tribunal fédéral I 42/06 du 26 juin 2007 consid. 4.5 ; ATA/513/2009 précité 
consid. 10). 

  Dans ces conditions, le comportement du Dr D______ et, par lui, de la 
recourante, consistant à signer des rapports d’expertise sans avoir vu l’expertisé et 
en l’absence d’accord de l’expert qui a vu l’assuré, n’est pas admissible. 

  La clinique ne saurait y opposer son allégation selon laquelle elle serait 
seule garante de la qualité du travail accompli et de la conformité du contenu de 
l’expertise vis-à-vis de ses mandants, à savoir les assureurs ou tribunaux. 

 f. Par ailleurs, la clinique n’a pas prouvé, concernant le rapport d’expertise 
produit le 14 octobre 2011, les allégations du Dr D______ selon lesquelles il 
aurait informé l’expertisé et l’assureur que le Dr E______ n’avait pas voulu signer 
son expertise, qu’il prenait sur lui de rendre des conclusions et que, si nécessaire 
et demandé, la clinique referait gratuitement l’expertise. 

  Il apparaît à cet égard incompréhensible et injustifié que, malgré la demande 
formulée le 25 novembre 2013 par la commission et son propre engagement, le  
Dr D______ n’ait pas retrouvé ce rapport d’expertise – dans ses versions initiale 
et finale – parmi les onze expertises et n’ait même pas produit le journal qui 
permettait d’accéder à la traçabilité des corrections et à l’identité du correcteur, 
qu’il devait pourtant avoir à sa disposition au sein de la clinique. 

  Il est également inacceptable que le médecin responsable n’ait pas exposé 
de manière cohérente qui avait écrit à la main les propositions de modifications 
dans le rapport produit le 14 octobre 2011 et dans quel cadre du processus 
d’établissement de l’expertise, déclarant le 25 novembre 2013 qu’il en ignorait 
l’auteur et le 23 février 2016 que le Dr E______ était l’auteur de toutes les 
propositions de modifications manuscrites figurant dans ce rapport et les rapports 
produits les 16 et 23 septembre 2011 par celui-ci. 

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 g. Enfin, la recourante n’a certes pas expressément contesté le contenu de la 
lettre que le Dr E______ a adressé le 19 mars 2012 à l’office de  
l’assurance-invalidité du canton de Fribourg, et les ajouts mentionnés dans ce 
courrier, notamment le diagnostic de dépendance au cannabis, apparaissent 
substantiels. Cependant, la clinique ayant contesté l’ensemble des reproches du  
Dr E______ et en l’absence de production au dossier de la version finale du 
rapport adressée à l’office ainsi que de la version du Dr E______ sans 
modifications, l’existence de divergences substantielles entre les deux ne peut pas 
être retenue en l’état. 

 h. Au regard de ce qui précède, doivent être reprochés au Dr D______ des 
manquements à son devoir professionnel d’exercer son activité avec soin et 
conscience professionnelle, au sens de l’art. 40 let. a LPMéd, pour les motifs 
suivants : d’une part, il a signé et adressé à des assureurs onze rapports d’expertise 
modifiés sur des points substantiels sans l’accord de l’expert qui avait vu les 
expertisés, dans des conditions mettant en cause leur valeur probante et sans 
établir en avoir informé lesdits assureurs ; d’autre part, il n’a pas été en mesure de 
présenter à la commission, malgré son engagement, le rapport d’expertise 
correspondant à celui produit le 14 octobre 2011 par le Dr E______ ainsi que les 
documents permettant de déterminer le déroulement de sa réalisation et 
l’existence d’éventuelles divergences entre le texte initial de l’expert et la version 
finale adressée à l’assureur, ni d’expliquer qui avait écrit à la main les 
propositions de modifications dans le rapport et dans quel cadre du processus 
d’établissement de l’expertise. 

  Ces manquements ne se rapportent pas seulement à la violation par le 
responsable médical de la clinique de ses devoirs découlant de la LS (art. 130 al. 1 
let. b LS), mais également à la qualité des soins (art. 130 al. 1 let. d LS). 

13. a. Concernant la condition des manquements graves ou répétés dans 
l’organisation de l’institution, qui en compromettent la mission (art. 130 al. 1  
let. c LS), doivent être examinés, au regard des griefs contenus dans l’arrêté 
querellé, la question du statut des correcteurs étrangers et la violation du secret 
médical invoquée par l’intimé. 

 b. Le statut des correcteurs étrangers, en particulier malgaches, ne saurait en 
tant que tel avoir, dans le cadre du présent litige, une portée indépendante de la 
question des modifications et de l’accord de l’expert à ce sujet, question tranchée 
plus haut. En outre, il n’est ni établi, ni prétendu par l’intimé que le fait d’avoir un 
secrétariat à l’étranger, en l’occurrence H______, serait en l’état illégal. 

  Cela étant, rien dans l’attitude et les allégations de la recourante ne montre 
une quelconque remise en cause, ni même une clarification de sa pratique 
concernant le caractère substantiel de certaines modifications des projets de 

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rapports d’expertise par des correcteurs, ainsi que la façon dont ces modifications 
sont apportées aux projets. 

  À cela s’ajoute l’absence de production, malgré l’engagement du  
Dr D______, du rapport d’expertise examiné le 25 novembre 2013 – dans ses 
versions initiale et finale – et du journal qui permettait d’accéder à la traçabilité 
des corrections et à l’identité du correcteur, qui devaient pourtant avoir été 
archivés sur papier et/ou support informatique par la clinique. 

  Enfin, les renseignements fournis par le Dr D______, pour la clinique, aux 
autorités durant toute l’instruction sont en grande partie confus et incohérents, et 
sans ancrage dans des pièces qu’il devait pourtant détenir. 

  Ces circonstances mettent en lumière des manquements dans l’organisation 
de la clinique. 

  Au surplus, si ces manquements portent sur le « département expertises », 
rien ne permet de penser qu’ils ne pourraient pas aussi se produire auprès du 
« département psychiatrie » en cas d’ouverture réelle de ce dernier, le responsable 
médical étant le même pour les deux et leur organisation pouvant être commune. 

 c. Pour le reste, comme l’a relevé la recourante, il est regrettable que l’intimé 
n’ait invoqué aucune base légale, ni aucun principe juridique à l’appui de son 
reproche de violation du secret médical, énoncé au demeurant pour la première 
fois dans le préavis de la commission. 

  L’art. 87 LS afférent au secret professionnel doit se lire en parallèle avec les 
dispositions sur le traitement des données et les dossiers de patients. La violation 
du secret professionnel doit faire l'objet d'une sanction pénale spécifique. Le 
champ d'application des dispositions genevoises est plus large que celui de  
l'art. 321 du Code pénal suisse du 21 décembre 1937 (CP - RS 311.0), et ceci dans 
le souci de mettre sur pied d'égalité tous les professionnels de la santé (MGC 
2003-2004/XI A 5859). 

  Les dispositions applicables au secret professionnel au sens de l’art. 40  
let. f LPMéd sont en particulier l’art. 321 CP, mais peuvent être aussi l’art. 35 de 
la loi fédérale sur la protection des données du 19 juin 1992 (LPD - RS 235.1 ; 
Dominique SPRUMONT/Jean-Marc GUINCHARD/Deborah SCHORNO, Loi sur 
les professions médicales – Commentaire, 2009, n. 77 ad art. 40 LPMéd). En tant 
que confident, le médecin doit, conformément à l’art. 321  CP – afférent au secret 
professionnel, en l’occurrence médical –, respecter les secrets qui lui sont révélés 
ès qualités, même si les faits ne lui sont pas communiqués en vue de poser un 
diagnostic, de décider ou appliquer une thérapie, mais relèvent de difficultés 
personnelles, par exemple matrimoniales ou professionnelles (ATF 101 Ia 10 
consid. 5c ; Bernard CORBOZ, Les infractions en droit suisse, volume II, 2010,  

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p. 766). En revanche, l’expert médecin qui établit un rapport dans le cadre d’une 
procédure judiciaire pourrait être soumis au secret de fonction de l’art. 320 CP 
(ATA/662/2014 précité consid. 14 ; ATA/640/2014 précité consid. 12). 

  Il n’apparaît pas nécessaire en l’espèce de trancher quelle norme pénale 
relative au secret est applicable au médecin expert qui établit un rapport à la 
demande d’un assureur, social ou privé. 

  On ne voit cependant pas en l’état en quoi la clinique aurait fait circuler des 
textes hors du circuit restreint de personnes astreintes au secret médical, puisque  
l’art. 321 ch. 1 al. 1 CP soumet aussi les auxiliaires des médecins au secret 
professionnel. 

  Cela étant, l’activité des experts, de même que du responsable médical et de 
l’ensemble du personnel de la recourante, y compris à l’étranger (art. 6 LPD), est 
soumise au devoir de discrétion prévu par l’art. 35 LPD concernant toutes les 
informations qui se rapportent aux expertisés (art. 3 let. a LPD), les données 
personnelles relatives à la santé étant en effet des données sensibles au sens de 
cette disposition légale, qui méritent une protection accrue (art. 3 let. c ch. 2 LPD ; 
Dominique MANAÏ, Droits du patient et biomédecine, 2013, p. 132 ss ; Thomas 
GÄCHTER/Bernhard RÜTSCHE, Gesundheitsrecht, 2013, n. 360). En outre, 
conformément à l’art. 7 LPD afférent à la sécurité des données – et visant le 
même objectif que l’art. 7 de la Convention du Conseil de l’Europe pour la 
protection des personnes à l'égard du traitement automatisé des données à 
caractère personnel conclue à Strasbourg le 28 janvier 1981 (RS 0.235.1) –, les 
données personnelles doivent être protégées contre tout traitement non autorisé 
par des mesures organisationnelles et techniques appropriées (al. 1) ; le Conseil 
fédéral édicte des dispositions plus détaillées sur les exigences minimales en 
matière de sécurité des données (al. 2).  

  Dans le cas présent, des noms d’expertisés figurent dans des courriels 
échangés entre le Dr E______ et des correcteurs, des rapports ou à tout le moins 
des textes y semblent contenus et le Dr E______ a utilisé une adresse de courriel 
Gmail. Ces circonstances sont hautement problématiques s’agissant de données 
sensibles. 

  Certes, la commission et le département n’ont pas formulé de reproche de 
violation du secret médical et/ou d’absence de protection des données 
personnelles avant le prononcé de l’arrêté attaqué, ni n’ont investigué ce point. 

  Toutefois, la clinique n’a apporté, dans le cadre de la présente procédure, 
aucun élément de fait concernant sa pratique en matière de sécurité des données 
des personnes expertisées, ni a fortiori allégué ou démontré avoir pris des mesures 
en faveur d’une telle sécurité, ce qui fait craindre que des manquements ont pu 
avoir lieu sur ce point. 

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14.  Même indépendamment des reproches en matière de sécurité des données, 
les manquements du Dr D______ et de la clinique retenus ci-dessus sont graves, 
étant donné notamment, d’une part, qu’ils ont été commis au détriment de la 
valeur probante d’expertises transmises à des assureurs et po