# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** ea3ec59e-02f2-511b-bf38-8840ad885a98
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2024-05-10
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 10.05.2024 D-2725/2024
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-2725-2024_2024-05-10.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour IV 

D-2725/2024 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  1 0  m a i  2 0 2 4  

Composition 
 Chrystel Tornare Villanueva, Juge unique,  

avec l’approbation de Yanick Felley, juge ; 

Yves Beck, greffier. 

   

Parties 
 A._______, né le (...), alias  

A._______, né le (...), alias  

A._______, né le (...),  

Côte d'Ivoire,  

recourant,  

  
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Exécution du renvoi (procédure accélérée) ;  

décision du SEM du 22 avril 2024. 

 

 

 

D-2725/2024 

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Vu 

la demande d'asile déposée en Suisse par A._______ en date du 

15 janvier 2024,  

la feuille de données personnelles qu’il a remplie et signée, à la même 

date, sur laquelle il a indiqué être né le [mineur],  

les investigations entreprises, le 17 janvier 2024, par le SEM sur la base 

d’une comparaison des données dactyloscopiques enregistrées dans la 

banque de données « Eurodac » qui ont révélé que l’intéressé avait été 

interpellé en Italie, le 21 juillet 2023, et qu’il y avait déposé une demande 

d’asile, le 17 novembre 2023, sous l’identité de A._______, né le [mineur],  

l’audition de requérant d’asile mineur non accompagné (RMNA) du 

8 février 2024, lors de laquelle l’intéressé a en particulier été entendu sur 

ses données personnelles, réitérant être né le [mineur], ses relations 

familiales, sa formation scolaire et professionnelle, la date et les modalités 

de son départ de Côte d’Ivoire, ses motifs d’asile ainsi que sa situation 

médicale,  

l’extrait, remis en copie, d’un acte de naissance établi à B._______ en date 

du (...) 2009,  

le droit d’être entendu octroyé par le SEM à l’intéressé, le 12 février 2024, 

en ce qui concerne sa minorité alléguée,  

la requête présentée par le SEM en date du 14 février 2024 aux autorités 

italiennes en vue de la reprise en charge de l'intéressé, fondée sur 

l'art. 18 par. 1 let. b du règlement [UE] no 604/2013 du Parlement européen 

et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de 

détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande 

de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un 

ressortissant de pays tiers ou un apatride (refonte) (JO L 180 du 29 juin 

2013 p. 31 ss),  

la détermination de l’intéressé du 15 février 2024 au droit d’être entendu 

du 12 février précédent,  

le refus des autorités italiennes du 23 février 2024 à la requête de reprise 

en charge du SEM, au motif que l’intéressé était considéré comme mineur, 

en l’absence de documents ou d’évaluation médicale de l’âge,  

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la décision du 29 février 2024, entrée en force de chose décidée en 

l’absence de recours, par laquelle le SEM a modifié les données 

personnelles de A._______ dans SYMIC, retenant comme date de 

naissance principale celle du [majeur], au motif que les déclarations du 

prénommé concernant notamment son âge, son parcours ainsi que son 

réseau familial et social étaient invraisemblables,  

le courrier du (...) 2024, par lequel l’Ambassade de Côte d’Ivoire en Suisse 

(ci-après : l’Ambassade), requise par l’intéressé d’identifier son extrait 

d’acte de naissance, a répondu que ce document n’était pas enregistré 

dans les registres de l’Etat civil de la mairie de B._______ et qu’il « ne 

serait pas digne de foi »,  

le procès-verbal de l’audition sur les motifs d’asile du 11 avril 2024,  

le prise de position de l’intéressé du 19 avril 2024 sur le projet de décision 

du SEM envoyé le 17 avril précédent,  

la décision du 22 avril 2024, notifiée le jour même, par laquelle le SEM, tout 

en considérant que l’intéressé n’avait pas rendu vraisemblable sa minorité, 

a refusé de lui reconnaître la qualité de réfugié, rejeté sa demande d'asile, 

prononcé son renvoi de Suisse et ordonné l'exécution de cette mesure,  

le recours du 2 mai 2024 (date du sceau postal), par lequel l’intéressé a 

conclu au prononcé d'une admission provisoire, subsidiairement à l’entrée 

en matière sur sa « demande de reconsidération », très subsidiairement 

au renvoi de la cause au SEM,  

les requêtes d'assistance judiciaire totale et de dispense du paiement de 

l’avance de frais qu’il comporte,  

le courrier du 3 mai 2024, par lequel le Tribunal administratif fédéral  

(ci-après : le Tribunal) a accusé réception du recours,  

 

et considérant 

que le Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les 

décisions au sens de l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à 

l'art. 33 LTAF,  

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qu'en particulier, les décisions rendues par le SEM en matière d'asile 

peuvent être contestées devant le Tribunal (art. 33 let. d LTAF, applicable 

par renvoi de l'art. 105 LAsi [RS 142.31]), lequel statue alors 

définitivement, sauf demande d'extradition déposée par l'Etat dont le 

requérant cherche à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 LTF), exception non 

réalisée en l’espèce,  

que l'intéressé a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA),  

que, présenté dans la forme (art. 52 al. 1 PA) et le délai (art. 108 al. 1 LAsi) 

prescrits par la loi, son recours est recevable,  

que la conclusion subsidiaire du recours, tendant à ce qu’il soit ordonné au 

SEM d’entrer en matière sur la demande de reconsidération de sa décision 

du 29 février 2024, portant sur la modification des données SYMIC, est 

irrecevable, dès lors que le litige ne peut porter que sur la décision du SEM 

du 22 avril 2024 de refus d’asile,  

que le recourant n'a pas contesté cette décision en tant qu'elle lui dénie la 

qualité de réfugié, rejette sa demande d'asile et prononce son renvoi de 

Suisse, de sorte que, sur ces points, elle a acquis force de chose décidée,  

que le litige ne porte donc que sur l'exécution du renvoi,  

que cette mesure est ordonnée si elle est licite, raisonnablement exigible 

et possible (art. 83 de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers 

et l'intégration [LEI, RS 142.20]),  

qu'en l'espèce, comme déjà indiqué, le recourant n'a pas remis en cause 

la décision du SEM du 22 avril 2024 en tant qu'elle lui dénie la qualité de 

réfugié et rejette sa demande d'asile, de sorte qu'il ne saurait se prévaloir 

du principe de non-refoulement prévu à l'art. 5 LAsi, disposition qui 

s'applique uniquement aux réfugiés,  

qu'en outre, aucun élément du dossier ne permet d'admettre l'existence 

d'un risque concret et sérieux pour lui, en cas de retour dans son pays 

d'origine, d'être exposé à un traitement prohibé par l'art. 3 de la Convention 

du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés 

fondamentales (CEDH, RS 0.101) ou encore par l'art. 3 de la Convention 

du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements 

cruels, inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105),  

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que l'exécution du renvoi est donc licite au sens de l'art. 83 al. 3 LEI 

(cf. ATAF 2014/28 consid. 11),  

qu’elle est également raisonnablement exigible (art. 83 al. 4 LEI) dans la 

mesure où elle ne fait pas apparaître, en l’espèce, une mise en danger 

concrète du recourant,  

qu'en effet, la Côte d’Ivoire ne se trouve pas en proie à une guerre, une 

guerre civile ou à une situation de violence généralisée,  

que par ailleurs, le recourant n’a pas établi à satisfaction de droit sa 

minorité,  

qu’il n’a déposé aucune pièce d’identité au sens de l’art. 1a let. c de 

l'ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l'asile (OA 1, RS 142.311),   

que de plus, l’extrait d’acte de naissance qu’il a déposé en copie, outre que 

ce document ne saurait être considéré comme un document d’identité au 

sens de la disposition légale précitée, constitue manifestement un faux, au 

vu de l’écrit de l’Ambassade du (...) 2024 (cf. supra),  

que les déclarations du recourant au sujet de sa date de naissance, partant 

de sa prétendue minorité, ne sont pas non plus vraisemblables, comme 

constaté à bon escient par le SEM dans sa décision dont est recours 

(cf. consid. III, ch. 2), à laquelle il y a lieu de se référer,  

que dans ces conditions, le SEM n’avait pas à ordonner de mesures 

d’instruction complémentaires permettant d’établir la minorité ou la majorité 

du recourant,  

qu’au vu de ce qui précède, c’est à raison que le SEM a considéré le 

recourant comme majeur, celui-ci n’ayant pas rendu vraisemblable, comme 

il lui appartenait de le faire, sa minorité,  

que le recourant devant être considéré comme majeur, il ne revient pas 

aux autorités suisses de s’assurer qu’il sera remis à un membre de sa 

famille, à un tuteur ou à une structure d’accueil pouvant garantir sa 

protection dans l’Etat concerné (art. 69 al. 4 LEI a contrario ; cf. ATAF 2021 

VI/3 consid. 11.5.2 ; 2015/30 consid. 7.4),  

que s’agissant de sa situation personnelle, le recourant est jeune, apte à 

travailler et n'a pas démontré souffrir de problèmes de santé décisifs qui 

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feraient obstacles à l’exécution de son renvoi (cf. le procès-verbal de 

l’audition du 11 avril 2024, questions 4 ss ; cf. le recours, p. 2, par. 4),  

qu’en outre, l’exigibilité de l’exécution du renvoi de ressortissants ivoiriens 

originaires de B._______ (région C._______), à l’instar du recourant, n’est 

pas conditionnée par l’existence de circonstances personnelles favorables 

(cf. ATAF 2009/41, spéc. consid. 7.11),  

qu’étant né et ayant vécu de nombreuses années dans son pays d’origine 

jusqu’à son départ du pays en janvier 2022, il doit disposer, bien que cela 

ne soit pas décisif en l’espèce et contrairement à ce qu’il soutient, de 

relations sur place de nature à faciliter sa réinstallation,  

qu’il convient pour le surplus de renvoyer aux considérants de la décision 

attaquée, dès lors que ceux-ci sont suffisamment explicites et motivés et 

que le recours ne contient aucun élément nouveau propre à en remettre 

en cause le bien-fondé (art. 109 al. 3 LTF, par renvoi de l’art. 4 PA),  

que l’exécution du renvoi est enfin possible (art. 83 al. 2 LEtr ; cf. ATAF 

2008/34 consid. 12 et jurisp. cit.), le recourant étant tenu, le cas échéant, 

de collaborer à l’obtention de documents de voyage lui permettant de 

retourner dans son pays d’origine (art. 8 al. 4 LAsi),  

que le recours doit ainsi être rejeté,  

que s'avérant manifestement infondé, il l'est dans une procédure à juge 

unique, avec l'approbation d'un second juge (art. 111 let. e LAsi),  

qu'il est dès lors renoncé à un échange d'écritures, le présent arrêt n'étant 

motivé que sommairement (art. 111a al. 1 et 2 LAsi),  

que dans la mesure où les conclusions du recours étaient d’emblée vouées 

à l’échec, la demande d’assistance judiciaire totale doit être rejetée (art. 65 

al. 1 PA), 

que celle tendant à la dispense du versement d’une avance de frais est 

sans objet,  

que vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la 

charge du recourant, conformément à l’art. 63 al. 1 PA et aux art. 2 et 3 du 

règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités 

fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2),   

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le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté.  

2.  

La demande d’assistance judiciaire totale est rejetée.  

3.  

Les frais de procédure, d'un montant de 750 francs, sont mis à la charge 

du recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans 

les 30 jours dès l'expédition du présent arrêt.  

4.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité cantonale. 

 

La juge unique : Le greffier : 

  

Chrystel Tornare Villanueva Yves Beck 

 

 

Expédition :