# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** ae482597-b024-5a32-8bd3-28cf3f2e3833
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-06-06
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Strafkammer 06.06.2016 502 2015 242
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_005_502-2015-242_2016-06-06.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

502 2015 242

Arrêt du 6 juin 2016

Chambre pénale

Composition Président: Hubert Bugnon
Juges: Jérôme Delabays, Sandra Wohlhauser
Greffier: Pierre Collaud

Parties A.________, prévenu et recourant, représenté par Me Bernard 
Ayer, avocat

contre

MINISTÈRE PUBLIC, autorité intimée

Objet Ordonnance de classement (art. 319 CPP) – confiscation (art. 320 
al. 2 CPP et 69 CP) 

Recours du 2 novembre 2015 contre l'ordonnance de classement du 
Ministère public du 23 octobre 2015

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considérant en fait

A. Suite à un rapport de dénonciation du 28 novembre 2014, une procédure pénale a été 
ouverte à l'encontre de A.________ pour menaces à l'encontre de son ex-épouse. Dans le cadre 
de son intervention, la police a séquestré quatre armes à feu appartenant au prévenu. 

Après suspension de la procédure en application de l'art. 55a CP, le Ministère public a, par 
ordonnance du 23 octobre 2015, classé cette procédure et a notamment prononcé la confiscation 
des quatre armes séquestrées et dit que deux d’entre elles, invendables, seront détruites et que 
les deux autres seront réalisées, selon les considérants, pour un montant d’environ CHF 1000.-, le 
prix de vente revenant à leur propriétaire. 

B. Par mémoire de son mandataire du 2 novembre 2015, A.________ a interjeté recours contre 
l’ordonnance de classement précitée. Son recours porte uniquement sur le chiffre 3 du dispositif de 
l’ordonnance en question (ordonnance attaquée/p. 1) dans la mesure où celui-ci prévoit la 
confiscation des quatre armes séquestrées, la vente de deux d’entre elles et la destruction des 
deux autres. Dans son recours, A.________ soutient notamment que la procédure ayant été 
classée, le séquestre de ses armes ne se justifie plus et ce, d’autant plus que ses armes n’ont 
servi à la commission d’aucune infraction et ne sont aucunement liées à l’affaire qui l’opposait à 
son ex-épouse. Il admet avoir proposé que ses armes soient vendues, mais allègue que cela vaut 
uniquement pour une vente à leur valeur marchande, soit CHF 3'999.-. Il affirme ainsi ne pas avoir 
été entendu quant au prix de vente des armes et produit deux quittances (recours/pièces 4 et 5) 
pour un total de CHF 2'879.-. Il ajoute avoir acheté les deux autres armes pour un total de CHF 
1'120.-, sans toutefois en apporter la preuve. Ainsi, le recourant soutient qu’au vu de sa situation 
financière particulièrement difficile, la vente de ses armes pour une somme totale de CHF 1'000.- 
lui crée un préjudice financier certain. Il conclut, sous suite de frais et dépens, à l’admission du 
recours, à l’annulation de la confiscation des quatre armes séquestrées et, partant, à la restitution 
de ces dernières. 

Dans sa détermination du 23 novembre 2015, le Ministère public conclut au rejet du recours. Il y 
signale en sus que la confiscation des armes est pleinement justifiée, d’une part, par la volonté du 
recourant de les vendre et, d’autre part, par le soupçon de menaces proférées envers son ex-
épouse et ce, bien que la procédure n’ait pas abouti à une condamnation. Il estime également que 
seul le bureau des armes et explosifs de la Police cantonale est à même d’assurer que la vente se 
fasse dans des conditions qui assurent la sécurité de tiers. Enfin, le Ministère public affirme, outre 
le fait que les propositions de prix obtenues correspondent au marché de la reprise d’armes, qu’en 
l’espèce il existe un risque important que le recourant vende les armes à une connaissance pour 
une somme modique et en reprenne possession par la suite. 

Ces déterminations ont été communiquées au mandataire du recourant.

en droit

1. a) En application de l’art. 322 al. 2 CPP, ainsi que de l’art. 85 al. 1 LJ, la voie du recours à 
la Chambre pénale est ouverte contre une ordonnance de classement.

b) Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai 
de dix jours, à l’autorité de recours. L’ordonnance querellée a été notifiée au recourant au plus tôt 

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le 24 octobre 2015, si bien que le recours, remis à un bureau de poste le 2 novembre 2015, a été 
déposé dans le délai légal.

c) Doté de conclusions et motivé (art. 396 al. 1 CPP), le recours contre l’ordonnance de 
classement est recevable en la forme.

d) En tant qu’elle classe une procédure qui a été ouverte à l’encontre du recourant, celui-ci 
est directement touché par l’ordonnance querellée et a un intérêt à ce qu’elle soit annulée ou 
modifiée (art. 382 al. 1 CPP), ce d’autant plus que l’ordonnance en question prévoit la confiscation 
de valeurs patrimoniales lui appartenant. 

e) Il sera statué sans débats (art. 397 al. 1 CPP).

2. Le recourant n’attaque que le chiffre 3 de l’ordonnance du 23 octobre 2015, à savoir la 
confiscation des quatre armes à feu séquestrées au cours de la procédure pénale ouverte contre 
lui pour menaces à l’encontre de son ex-épouse. Dans un premier temps, le recourant allègue, en 
se fondant sur l’art. 267 al. 1 CPP, que le séquestre des armes n’est plus justifié du fait du 
classement de la procédure et développe des arguments en lien avec le séquestre. Or, en 
l’espèce, le Ministère public a prononcé la confiscation – et non le séquestre – des armes du 
recourant sur la base de l’art. 69 CP. Bien qu’un tel défaut de motivation puisse remettre en 
question la recevabilité de ce grief, il convient tout de même d’examiner le bien-fondé de la 
confiscation, dans la mesure où le recourant, dans un deuxième temps, semble contester 
l’exécution de la confiscation ordonnée. En effet, il affirme que la vente de ses armes pour une 
somme totale de CHF 1'000.- lui crée un préjudice financier certain, au vu de sa situation 
financière difficile. Il produit deux quittances (recours/pièces 4 et 5) pour un total de CHF 2'879.- et 
ajoute avoir acheté les deux autres armes pour un total de CHF 1'120.-, sans toutefois en apporter 
la preuve. Il requiert donc la restitution des armes pour pouvoir ainsi procéder lui-même à leur 
vente. 

a) Le ministère public lève dans l’ordonnance de classement les mesures de contrainte en 
vigueur. Il peut ordonner la confiscation d’objets et de valeurs patrimoniales (art. 320 al. 2 CPP). 
La confiscation des objets et des valeurs patrimoniales est fondée sur les art. 69 à 72 CP ; il n’est 
donc pas nécessaire, en pareil cas, d’ordonner une procédure de confiscation indépendante au 
sens des art. 367 ss CPP (MOREILLON/PAREIN-REYMOND, Petit commentaire – Code de procédure 
pénal, 2013, art. 320 n. 7). Alors même qu’aucune personne déterminée n’est punissable, le juge 
prononce la confiscation des objets qui ont servi ou devaient servir à commettre une infraction ou 
qui sont le produit d’une infraction, si ces objets compromettent la sécurité des personnes, la 
morale ou l’ordre public (art. 69 al. 1 CP). 

L’application de l’art. 69 CP est subordonnée à l’existence d’un objet qui compromet la sécurité 
des personnes, la morale ou l’ordre public, ainsi qu’à l’établissement d’un lien de connexité entre 
cet objet et l’infraction. Lorsque ces conditions sont remplies, le juge doit ordonner d’office une 
confiscation de sécurité (cf. ATF 130 IV 143 consid. 3.3.3/JdT 2006 IV 75). Pour que l’art. 69 CP 
s’applique, il n’est pas nécessaire que l’infraction ait été commise, ni même tentée ; il faut, mais il 
suffit, qu’il existe un risque sérieux que l’objet puisse servir à commettre une infraction (ATF 130 
précité consid. 3.3.1). Il ne faut pas émettre d’exigences élevées en ce qui concerne le danger de 
compromission de la sécurité des personnes, de la morale ou de l’ordre public et la vraisemblance 
qu’il y ait un danger si l’objet n’est pas confisqué en main de l’ayant droit est suffisante (cf. ATF 
127 IV 203 consid. 7b). Toutefois, le principe de la proportionnalité prévaut, si bien que le juge doit 
renoncer à la confiscation si le danger a été complètement écarté ou si une mesure moins incisive 
suffit à atteindre le but visé (cf. ATF 117 IV 345 consid. 2a). 

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En ce qui concerne les armes, celles-ci ne sont pas de prime abord destinées à commettre des 
actes pénalement répréhensibles, mais peuvent servir à ces fins. Leur confiscation ne peut 
intervenir que lorsqu'elles ont effectivement servi à commettre une infraction ou qu'elles ont 
sérieusement été envisagées comme moyen pour la perpétrer (TF arrêt 1B_412/2013 du 16 avril 
2014 consid. 3.1 et réf.). 

b) En l’espèce, les quatre armes n’ont pas servi à commettre une infraction. Cependant, il 
s'agit d'armes à feu qui se trouvaient toutes en possession du recourant, ne permettant ainsi pas 
d'exclure, au vu de la gravité et de la violence des menaces proférées par ce dernier à l’encontre 
de son ex-épouse et ce, à maintes reprises, qu'elles auraient pu être utilisées pour commettre une 
infraction, qui plus est une infraction grave. De telles armes peuvent très facilement causer de 
sérieuses atteintes à la santé, voire à la vie de personnes. 

Si l’on se réfère à l’audition du recourant du 21 novembre 2014 (DO 8 ss), il se justifie d’émettre 
des craintes quant à la restitution des armes au recourant notamment lorsqu’il affirme : « Il est vrai 
que dans la détresse, j’ai pu dire à son papa que je préférais mourir que de vivre cette situation » 
ou encore « En repartant je lui ai griffé la voiture avec ma clé. Elle m’avait dit des paroles que je 
n’ai pas supportées ». On peut raisonnablement s’interroger sur la réaction du recourant si, à 
l’avenir, son ex-épouse venait à tenir des propos accroissant son désarroi et qu’il ne supporterait 
pas. Les déclarations de son ex-épouse dans le cadre de son audition du 20 novembre 2014 (DO 
6 ss) confirment l’existence d’un risque en cas de restitution des armes : « Dans la maison il est 
allé chercher un couteau et il s’est légèrement griffé le bras en menaçant de se suicider, puis il est 
parti », « J’ai également des messages en portugais où il dit que j’ai ouvert sa tombe en le quittant, 
ou alors un autre ou il dit que nous allons mourir les deux ensemble », « Il a également demandé 
aux enfants de lui dire chez qui ils voudraient aller s’il arrivait quelque chose à papa et maman ». 

La marraine de sa fille et le fils de celle-ci ont également confirmé avoir été abordé par le recourant 
dans l'intention de "régler les choses" pour sa fille s'il "arrivait quelque chose" aux parents de celle-
ci (DO 27 l. 17 ss et 30 l. 14 ss). 

Partant compte tenu des conditions de la confiscation prévues à l’art. 69 CP et de l’ensemble des 
circonstances du cas d’espèce, la confiscation des quatre armes en question ordonnée par le 
Ministère public dans son ordonnance de classement du 23 octobre 2015 est justifiée et il convient 
de la confirmer, ce d’autant plus que le prévenu avait consenti à leur vente (DO 10 l. 51 ss). 

c) Enfin, le recourant conteste l’exécution de la confiscation et demande la restitution des 
armes pour pouvoir lui-même procéder à leur vente. Toutefois, compte tenu des observations du 
Ministère public du 23 novembre 2015 qui font écho aux cas qui se sont déjà présentés, il convient 
de se rallier pleinement à son point de vue ; le risque que les armes en question se retrouvent 
dans la sphère de possession du recourant sont élevés, voire très importants. Ainsi, il n’est pas 
contestable que seul le bureau des armes et explosifs de la Police cantonale est à même de se 
charger de la vente des armes, que ce soit pour s’assurer du bon déroulement de la vente, pour 
s’assurer que la vente ait réellement lieu ou encore pour assurer la sécurité de tiers. 

Il s’ensuit le rejet du recours et la confirmation de l’ordonnance querellée. 

3. a) Les frais de la procédure de recours, fixés à CHF 250.- (émolument : CHF 200.-; 
débours : CHF 50.-), sont mis à la charge du recourant qui succombe (art. 428 al. 1 CPP; art. 33 
et ss du règlement du 30 novembre 2010 sur la justice [RSF 130.11 ; RJ]).

b) Aucune indemnité de partie n’est allouée au recourant qui succombe.

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la Chambre arrête:

I. Le recours est rejeté.

Partant, l’ordonnance de classement du 23 octobre 2015 est confirmée.

II. Les frais de la procédure de recours, fixés à CHF 250.-, sont mis à la charge de A.________.

III. Aucune indemnité de partie n’est allouée.

IV. Communication.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours 
qui suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). 
L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

 

Fribourg,  le 6 juin 2016/pic

Président Greffier