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**Case Identifier:** 30b4aa4c-1f28-522f-9c1e-7764ea83d17a
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-02-14
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 14.02.2023 C/6724/2021
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-6724-2021_2023-02-14.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 15 février 2023. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/6724/2021-5 CAPH/16/2023 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des prud'hommes 

DU MARDI 14 FEVRIER 2023 

 

 

A______ SA, sise ______, recourante contre une amende rendue par le Tribunal des 

prud'hommes le 22 juillet 2022, comparant par Me Michael RUDERMANN, avocat, 

Avocats Associés, Boulevard des Tranchées 36, 1206 Genève, en l'Étude duquel elle 

fait élection de domicile. 

  

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C/6724/2021- 

EN FAIT 

A. Par décision du 22 juillet 2022, le Tribunal des prud'hommes, soit pour lui 
B______, a condamné [l'étude d'avocats] A______ SA à une amende de 500 fr. 
pour avoir usé de mauvaise foi ou de procédés téméraires dans la cause 
C/6724/2021. 

B.  a. Par acte déposé à la Cour de justice le 4 août 2022, A______ SA a formé 
recours contre cette amende, concluant à son annulation. 

b. Invité à se déterminer sur le recours, le Tribunal a conclu au maintien de 
l'amende qu'il avait prononcée.  

c. A______ SA a répliqué, persistant dans ses conclusions. 

d. La cause a été gardée à juger le 17 octobre 2022. 

C.  Les faits pertinents suivants résultent de la procédure. 

a. Le 30 septembre 2021, C______ a formé devant le Tribunal des prud'hommes 
une demande en paiement à l'encontre de A______ SA. 

b. A______ SA y a répondu le 30 novembre 2021. 

c. C______ a déposé des déterminations le 4 février 2022. 

d. Lors de l'audience de débats d'instruction du 4 avril 2022, le Tribunal a fixé, 
d'entente entre les parties, une audience de débats le lundi 11 juillet 2022, 
consacrée à l'audition de trois témoins ainsi qu'aux plaidoiries finales. 

e. Par courrier déposé au Tribunal le mercredi 6 juillet 2022, A______ SA a 
indiqué que, pour des motifs inhérents à son activité professionnelle, non 
prévisibles lors de l'audience du 4 avril 2022 et impérieux, Me D______ avait dû 
s'absenter dès le 24 juin 2022 à l'étranger, son retour étant prévu le 1er septembre 
2022; il en était de même pour le témoin E______. Me F______ serait également 
à l'étranger les jours des audiences. Il n'était pas envisageable de plaider lors de 
l'audience fixée. Elle sollicitait par conséquent le report de l'audience après le 
1er septembre 2022. 

Elle a notamment joint à son courrier deux billets d'avion au nom de 
Me D______, émis le 9 mai 2022 par G______ [compagnie aérienne], pour un vol 
Genève-Dubaï le 24 juin 2022 et un vol Dubaï-Genève le 1er septembre 2022. 

f. Par courrier déposé le 8 juillet 2022 par Me D______, portant la mention "exct", 
celui-ci a indiqué que le témoin E______ et lui-même étaient à Dubaï pour 
finaliser les démarches nécessaires au fonctionnement de leur nouvelle société de 

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services, qu'eux-mêmes, Me F______ et d'autres collaborateurs de l'Etude avaient 
effectué plus de dix allers-retours Dubaï-Genève ces deux derniers mois ce qui 
représentait une charge financière importante et que Me F______ n'était plus 
inscrit au barreau de Genève.  

g. Le 11 juillet 2022, le Tribunal a annulé l'audience prévue le jour même. 

h. Dans sa décision du 21 juillet 2022, le Tribunal a considéré que le représentant 
de la défenderesse savait, le 9 mai 2022, soit trente-cinq jours après l'audience de 
débats lors de laquelle l'audience du 11 juillet 2022 avait été fixée et soixante-
quatre jours avant l'audience, qu'il ne serait pas présent à Genève à cette date. Il 
avait toutefois laissé passer cinquante-sept jours avant d'en avertir le Tribunal, 
trois jours ouvrables avant l'audience. Ce faisant, il avait clairement adopté un 
comportement contraire à la bonne foi. Une amende de 500 fr. devait donc être 
infligée à A______ SA. 

EN DROIT 

1. 1.1 La voie du recours est ouverte contre une amende infligée en vertu de 
l'art. 128 al. 3 CPC (art. 128 al. 4 et art. 319 let. b. ch. 1 CPC). 

Interjeté selon la forme et dans le délai prescrit, que celui soit de 30 jours comme 
indiqué dans la décision attaquée ou de dix jours en vertu de l'art. 321 al. 2 CPC, 
ce qui fait l'objet de discussions dans la doctrine (voir à cet égard les références 
citées à l'ATF 145 III 469, consid. 4), le recours est recevable. 

1.2 Le recours est recevable pour violation du droit et pour constatation 
manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC). La constatation manifestement 
inexacte des faits équivaut à l'arbitraire. 

2.  La recourante conteste sa condamnation à une amende pour divers motifs. Elle 
soutient notamment qu'elle aurait dû être entendue avant que l'amende soit 
prononcée et que les conditions pour le prononcé d'une telle amende n'étaient pas 
réunies.  

2.1 Selon l'art. 128 al. 3 CPC, la partie ou son représentant qui usent de mauvaise 
foi ou de procédés téméraires sont punis d'une amende disciplinaire de 2'000 fr. au 
plus; l'amende est de 5'000 fr. au plus en cas de récidive. 

Par comportement de bonne foi, on entend un comportement qui, objectivement, 
correspond à ce qui peut être légitimement attendu des parties à un procès, à 
savoir une attitude éthiquement correcte. Elles doivent adopter un comportement 
conforme à la confiance qu’elles ont suscité chez un autre acteur du procès 
(BOHNET, Commentaire romand, Code de procédure civile, 2ème éd., 2019, n. 7 ad 
art. 52 CPC). 

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Constituent des procédés téméraires, le fait, par exemple, de bloquer une 
procédure en multipliant des recours abusifs (ATF 111 Ia 148, c. 4, JdT 1985 I 
584) ou le fait de déposer un recours manifestement dénué de toute chance de 
succès dont s’abstiendrait tout plaideur raisonnable et de bonne foi (ATF  
120 III 107, c. 4b). 

Le tribunal devra respecter le droit d’être entendu de l'intéressé avant de 
prononcer une amende disciplinaire (HALDY, Commentaire romand, Code de 
procédure civile, 2ème éd., 2019, n. 5 ad art. 128 CPC; GSCHWEND, Basler 
Kommentar, Zivilprozessordnung, 3ème éd., 2017, n. 24 ad art. 128 CPC). La 
violation du droit d'être entendu peut être réparée lorsque la partie lésée a la 
possibilité de s'exprimer devant une autorité de recours jouissant d'un pouvoir 
d'examen complet en fait et en droit (ATF 145 I 167 consid. 4.4; 142 II 218 
consid. 2.8.1). 

2.2 En l'espèce, le Tribunal n'a pas invité la recourante à se déterminer avant 
d'infliger l'amende litigieuse, ce qu'il aurait dû faire afin de lui permettre de 
fournir d'éventuelles explications quant aux reproches que le Tribunal lui a 
adressés dans la décision attaquée. La Cour ne dispose pas d'un pouvoir d'examen 
complet en fait dans le cadre d'un recours. Cela étant, au vu des considérations qui 
suivent, un renvoi au Tribunal pour qu'il entende la recourante constituerait une 
vaine formalité. 

La recourante a requis, le 6 juillet 2022, le renvoi de l'audience prévue le 11 juillet 
suivant, dont la date avait été fixée le 4 avril 2022. Le billet d'avion de Me 
D______ avait toutefois été émis le 9 mai 2022 déjà, soit deux mois auparavant. 
Le motif invoqué, et son caractère impérieux, n'était par ailleurs nullement étayé. 
Il ressort en outre des explications fournies le 8 juillet 2022 par Me D______ qu'il 
avait effectué un nombre important d'allers-retours dans les deux mois précédents, 
de sorte que son retour à Genève pour participer à l'audience n'était pas 
excessivement compliqué. Il a par ailleurs mentionné à cette même occasion le 
coût du déplacement depuis Dubaï pour participer à l'audience, élément qu'il lui 
appartenait toutefois de prendre en compte avant d'effectuer son déplacement à 
l'étranger. 

Cela étant, il ne ressort pas de la décision entreprise que la recourante aurait déjà 
précédemment agit de la sorte dans la procédure. Il ne peut en outre pas être 
retenu qu'elle aurait cherché par sa demande de report à retarder de manière 
excessive l'avancement de la cause. A cet égard, il ne peut être considéré que le 
report de l'audience après l'été, à partir du 1er septembre 2022, était de nature à 
retarder de manière exagérée la procédure. Le Tribunal n'a par ailleurs pas fondé 
l'amende infligée sur le fait que la recourante aurait cherché à obtenir, ou qu'elle 
était susceptible d'obtenir, un avantage indu en demandant l'annulation de 
l'audience fixée. En tout état de cause, le Tribunal n'avait pas d'obligation de 

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donner suite à la demande de report d'audience s'il estimait que les motifs 
invoqués n'étaient pas suffisants. 

Au vu de ce qui précède, le comportement reproché à la recourante ne peut être 
qualifié d'abusif et n'atteint pas le niveau de gravité requis pour que soit 
prononcée une amende. 

Le recours est ainsi fondé et l'amende prononcée sera annulée. 

3. Au vu du montant de l'amende contestée, la procédure de recours est gratuite 
(art. 114 let. c cum 116 al. 1 CPC; 19 al. 3 let. c LaCC; 71 RTFMC). 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre des prud'hommes, groupe  : 

 
A la forme : 

Déclare recevable le recours formé par A______ SA contre la décision AMTPH/8/2022 
rendue le 22 juillet 2022 par le Tribunal des prud'hommes dans la cause C/6724/2021 

Au fond : 

Annule cette décision. 

Déboute les parties de toute autre conclusion. 

Dit que la procédure est gratuite. 

Siégeant : 

Monsieur Laurent RIEBEN, président; Madame Anne-Christine GERMANIER, juge 
employeur; Monsieur Willy KNÖPFEL, juge salarié; Monsieur Javier BARBEITO, 
greffier.  

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours et valeur litigieuse : 

 
Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière civile; la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 

déterminées par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110). Il connaît également des recours constitutionnels subsidiaires; la 

qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées par les  

art. 113 à 119 et 90 ss LTF. Dans les deux cas, le recours motivé doit être formé dans 

les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

L'art. 119 al. 1 LTF prévoit que si une partie forme un recours ordinaire et un recours 

constitutionnel, elle doit déposer les deux recours dans un seul mémoire. 
 
Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 
Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 15'000 fr.