# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 94d4a7d8-2bfc-58e6-931f-cb59cdde0076
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2025-03-04
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 04.03.2025 C/6932/2021
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-6932-2021_2025-03-04.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 11 mars 2025. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/6932/2021 ACJC/327/2025 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU MARDI 4 MARS 2025 

 

Entre 

Monsieur A______, domicilié ______ [GE], appelant d'un jugement rendu par la 15ème 
Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 28 mai 2024, représenté par 

Me Ninon PULVER, avocate, NP & VS Avocates, rue des Alpes 15, case postale, 1211 

Genève 1,   

et 

Madame B______, domiciliée ______ [GE], intimée, représentée par Me Camille LA 
SPADA-ODIER, avocate, Odier Halpérin & Associés Sàrl, boulevard des Philosophes 

15, case postale 427, 1211 Genève 4. 

 

- 2/19 - 

 

C/6932/2021 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/6390/2024 du 28 mai 2024, reçu par les parties le 3 juin 2024, 
le Tribunal de première instance a notamment dissout par le divorce le mariage 

contracté le ______ 1988 par B______ et A______ (ch. 1 du dispositif), donné 

acte aux parties de ce que la villa sise chemin 1______ no. ______, [code postal] 

C______ [GE], dont la jouissance exclusive est accordée à B______, sera mise en 

vente au plus tard le 31 janvier 2027 et que le bénéfice sera partagé par moitié 

entre chacune des parties (ch. 2), donné acte aux parties de leur engagement, dès 

l'entrée en force du jugement de divorce, de faire inscrire au Registre foncier, en 

faveur de B______, un droit d'habitation sur cet immeuble jusqu'au 31 décembre 

2026 (ch. 3), donné acte à B______ de son engagement de libérer cet immeuble 

de ses biens et de sa personne à cette date (ch. 4), donné acte à A______ de son 

engagement de verser à B______, dans les 30 jours suivant la réception du 

jugement, 325'000 fr. en contrepartie de sa part de copropriété sur le chalet de 

D______ [FR] (ch. 5), ordonné en conséquence au Conservateur du Registre 

foncier de transférer la part de copropriété sur l'immeuble précité, inscrite au nom 

de B______ en faveur de A______ (ch. 6), donné acte à ce dernier de son 

engagement de verser à B______, dans les 30 jours suivants la réception du 

jugement, 1'246'167 fr. 85 à titre de liquidation du régime matrimonial et autres 

prétentions (ch. 7), ratifié pour le surplus les conventions conclues par les parties 

les 16 novembre 2023 et 2 février 2024 (ch. 9), leur a donné acte de que, 

moyennant le respect des chiffres 2 à 8 précités et des obligations convenues dans 

leurs conventions, elles avaient liquidé leur régime matrimonial et n'avaient plus 

de prétentions à faire valoir l'une contre l'autre à ce titre (ch. 10), ordonné à 

l'institution de prévoyance de A______ de transférer un montant de 809'420 fr. 

par le débit du compte de celui-ci sur le compte de libre passage de B______ au 

titre du partage des avoirs LPP des parties (ch. 11), condamné A______ à 

contribuer à l'entretien de B______, par mois et d'avance, à hauteur de 15'000 fr., 

jusqu'à ce qu'il prenne effectivement sa retraite (ch. 12), mis les frais judiciaires 

en 9'000 fr. à la charge des parties par moitié chacune, A______ étant condamné à 

verser 1'500 fr. aux Services financiers du Pouvoir judiciaire à ce titre et B______ 

4'500 fr. (ch. 13), dit qu'il n'était pas alloué de dépens (ch. 14) et débouté les 

parties de toute autre conclusion (ch. 16). 

B. a. Le 3 juillet 2024, A______ a formé appel contre le chiffre 12 du dispositif de ce 
jugement, concluant principalement à ce que la Cour l'annule et dise qu'aucune 

contribution post divorce n'est due entre les parties. Subsidiairement, il a conclu à 

ce que la Cour limite la contribution à 5'000 fr. par mois jusqu'au ______ février 

2026, avec suite de frais et dépens. 

 b. B______ a conclu à la confirmation du jugement querellé, avec suite de frais et 
dépens. 

- 3/19 - 

 

C/6932/2021 

 Elle a produit deux pièces nouvelles. 

 c. Les parties ont répliqué et dupliqué, persistant dans leurs conclusions. 

 d. Elles ont été informées le 16 décembre 2024 de ce que la cause était gardée à 
juger. 

C. Les faits pertinents suivants résultent du dossier. 

 a. B______, née le ______ 1963 et A______, né le ______ 1961, ont contracté 
mariage le ______ 1988.  

 Le couple a eu quatre enfants, aujourd'hui majeurs, à savoir E______ née le 

______ 1990, F______ née le ______ 1992, G______ née le ______ 1995 et 

H______ né le ______ 2001.  

 b. B______ et A______ vivent séparément depuis mai 2018.  

B______ est demeurée à l'ancien domicile conjugal, sis chemin 1______ 

no. ______ à C______.  

 c. Par demande adressée le 7 avril 2021 au Tribunal, A______ a requis le 
prononcé du divorce.  

 d. Sur mesures provisionnelles, A______ a notamment été condamné à contribuer 
à l'entretien de B______ à hauteur de 15'000 fr. par mois à compter du 1er octobre 

2022 par arrêt de la Cour du 7 février 2023.  

 La Cour a notamment retenu que les frais de B______ établis par pièces étaient de 

11'200 fr. par mois. 

 e. En cours de procédure, les parties ont déposé deux conventions destinées à 
régler les questions liées à la liquidation de leur régime matrimonial, ainsi qu'au 

partage des avoirs LPP, l'une conclue le 16 novembre 2023, et l'autre le 2 février 

2024.  

Dans leur convention du 16 novembre 2023, outre les éléments ressortant du 

dispositif du jugement du 28 mai 2024 énoncés ci-dessus, les parties ont 

notamment convenu que, à compter du 1er mai 2024, B______ devrait verser une 

indemnité de 1'750 fr. à A______ en lien avec l'occupation de la villa, cette 

somme pouvant être déduite de l'éventuelle contribution d'entretien due par ce 

dernier. B______ s'engageait à continuer, comme elle le faisait, à assumer les frais 

courants afférents à l'immeuble (intérêts hypothécaires, assurances, frais 

d'entretien, etc.) tant qu'elle l'occuperait. L'indemnité devait être augmentée à 

4'500 fr. par mois, si B______ continuait à occuper la maison après le 

31 décembre 2026, contre le gré de A______ (art. I). 

- 4/19 - 

 

C/6932/2021 

f. Lors de son audition par le Tribunal, A______ a allégué avoir des problèmes de 
santé. Il entendait réduire son taux d'activité. Sa patientèle diminuait puisqu'il était 

en fin de carrière. Pendant la vie commune, il avait proposé à B______, titulaire 

d'un diplôme de médecine, de prendre "deux années sabbatiques" à la maison pour 

pouvoir passer son FMH, en finançant une personne pour s'occuper des enfants et 

du ménage. Il lui avait aussi offert un bureau dans son cabinet pour sa propre 

consultation, mais elle avait refusé ses propositions. 

B______ a pour sa part déclaré que, sans FMH, elle ne pouvait pratiquer que sous 

la tutelle d'un médecin. A______ lui avait proposé un petit bureau dans son 

cabinet pour s'occuper de "bobologie", ce qui ne lui aurait de toute manière pas 

permis de développer sa propre clientèle. 

 g. Le témoin I______ a indiqué qu'elle était collègue de travail de A______ 
qu'elle connaissait depuis les années 90 et avec qui elle avait noué des relations 

régulières professionnelles et amicales (attestation du 21 mars 2022). Elle 

connaissait également B______. Elle avait fréquenté les A______/B______ 

environ deux fois par an. Elle a expliqué que A______ avait souhaité que celle-ci 

reprenne une activité professionnelle. Elle-même et son époux lui avaient souvent 

dit que ce serait une bonne chose. Ces discussions avaient eu lieu au cours des 

années 2002 à 2016. Selon le témoin, B______ n'avait "jamais postulé à l'hôpital, 

ni ouvert un cabinet ni rejoint celui de son époux. Elle préférait attendre qu'on lui 

fasse des propositions que de chercher elle-même un poste". Elle avait en outre 

refusé la proposition de son époux de venir travailler dans son cabinet. Elle n'avait 

pas repris d'activité professionnelle parce qu'elle avait peur de ne pas être à la 

hauteur (en raison de l'absence d'une formation post-graduée), le témoin précisant 

que cela n'était pas un problème en soi puisqu'il était "facile de refaire des cours 

pour se mettre à niveau". En outre, elle n'avait pas spécialement eu envie de 

reprendre une activité professionnelle, se sentant bien chez elle.  

h. La situation personnelle et financière des parties est la suivante :  

h.a A______ est médecin oncologue-hématologue. Il exploite son propre cabinet 
médical.  

En 2019, il a réalisé un bénéfice net de 758'576 fr. représentant un revenu mensuel 

net de l'ordre de 63'200 fr. Il a indiqué au Tribunal que, jusque-là, il avait eu des 

revenus "très confortables". 

En 2020, son bénéfice net a été de 246'109 fr. 80. Selon lui, cette diminution de 

revenus s'expliquait par la pandémie qui avait réduit le nombre de consultations 

médicales durant l'année 2020, par une modification de la loi sur les médicaments 

et les dispositifs médicaux et par le fait que plusieurs nouveaux médecins 

oncologues s'étaient établis depuis 2016 dans les environs de son cabinet.  

- 5/19 - 

 

C/6932/2021 

Le compte de résultat de A______ fait apparaître un bénéfice net de 

662'103 fr. 95, soit 55'175 fr. par mois pour l'exercice 2021. L'intéressé a admis 

avoir touché des revenus nets de 56'000 fr. par mois pour l'année 2021.  

Selon une attestation de la secrétaire de A______ du 21 mars 2022, ce dernier 

n'avait "jamais émis le désir de diminuer volontairement sa charge de travail". En 

audience, il a allégué vouloir travailler jusqu'à ses 65 ans, soit jusqu'en février 

2026, pour autant que sa santé le lui permette.  

Le Tribunal a retenu que les revenus de A______ étaient de 63'000 fr. nets par 

mois, relevant que les années 2020 et 2021 étaient exceptionnelles et non 

représentatives de sa capacité contributive réelle.  

Ses charges ont été fixées à 13'235 fr. par mois et comprennent le montant de base 

OP en 1'200 fr., le loyer en 3'640 fr., les primes d'assurances (LAMal et LCA) en 

814 fr., les frais de déplacement de 520 fr. 70, les frais médicaux non couverts de 

49 fr., les charges relatives au chalet en 344 fr. 55 et les contributions publiques 

en 6'666 fr.  

A______ fait valoir en appel que le Tribunal aurait dû retenir dans ses charges les 

frais d'entretien de ses enfants majeurs, en 1'877 fr. pour H______, et 1'500 fr. 

pour F______. 

Il dispose d'une fortune d'un montant supérieur à deux millions. 

h.b B______ ne travaille pas. 

Elle est titulaire d'un diplôme de médecine, obtenu en 1987. Elle n'a pas fait de 

spécialisation. Elle a travaillé au service d'une clinique genevoise entre 1988 et 

1990, avant la naissance de ses enfants. Elle a ensuite effectué des remplacements, 

de manière irrégulière, au sein de J______. Entre 2002 et 2017, elle a perçu à ce 

titre des revenus totalisant 380'716 fr., soit 2'115 fr. net par mois (380'716 / 15 ans 

/ 12 mois). 

A teneur d'une attestation du 22 février 2022 du Pr K______, médecin-chef de 

service du Département L______, B______ n'effectuait "plus de remplacements 

au sein de son service depuis 2018, (leurs) besoins de remplacements étant 

comblés en interne et ce de manière définitive. Au vu de son bagage d'expérience 

clinique très limité et très spécifique (médecine ______), il (lui semblait) très 

difficile, pour ne pas dire impossible, pour B______ de retrouver un poste 

similaire dans les prochaines années. A cela (s'ajoutait) que B______ (n'avait) 

pas effectué de spécialisation après avoir obtenu son diplôme de médecin et 

(n'avait) travaillé que de manière très irrégulière. Ces éléments et son âge 

(représentaient) des obstacles importants à une reprise éventuelle de l'exercice de 

sa profession. De manière générale, les perspectives professionnelles de B______ 

- 6/19 - 

 

C/6932/2021 

dans le domaine médical qui (impliquait) une expérience clinique préalable 

(étaient) très limitées". Le même médecin a attesté le 23 mai 2022 de ce qu'une 

formation en médecine ______ impliquait entre autres une formation de 3 à 6 

mois dans un centre de référence, comme Londres ou Anvers et un minimum de 2 

ans de travail dans un hôpital situé en région ______, dans au moins 3 continents 

différents. 

Selon une attestation du 4 avril 2022 de son psychiatre (auprès duquel elle a 

entrepris un suivi à partir de septembre 2018), B______ souffrait de symptômes 

dépressifs et anxieux, de troubles de la concentration importants, de troubles du 

sommeil et d'une perte d'estime de soi consécutives, selon les dires de la patiente, 

aux violences psychologiques qu'elle avait subies de la part de son mari. Une 

seconde attestation, datée du 31 mai 2022, atteste d'une incapacité de travail de 

100% depuis le début de la prise en charge en raison des symptômes dépressifs, 

en particulier de la symptomatologie de la sphère cognitive (concentration, 

attention et mémoire), la profession de médecin nécessitant un état de 

concentration et d'attention irréprochable, ce que la patiente n'avait pas recouvré.  

Selon une attestation établie en mai 2022, par le Dr M______, amie médecin de 

B______, celle-ci avait dû renoncer à la poursuite de sa carrière professionnelle au 

moment de la naissance de son quatrième enfant, en 2001, les conditions pour 

continuer à mener de front sa carrière et l'éducation des enfants n'étant pas réunies 

(aide restreinte pour la garde des enfants, absence de soutien dans l'entourage 

familial, manque de disponibilité de son époux du fait d'horaires chargés et de 

contraintes professionnelles). Par la suite, la reprise d'une activité professionnelle, 

une fois les enfants plus grands, avait été entravée, d'une part, par un état anxio-

dépressif sévère secondaire lié aux tentions familiales et, d'autre part, par 

l'absence de formation continue et de pratique clinique pendant plusieurs années, 

rendant l'accès à des postes de médecine interne extrêmement difficile. Après plus 

de 15 ans sans exercice, et à un âge proche de la soixantaine, un retour dans le 

domaine médical semblait irréaliste compte tenu de l'évolution de la pratique 

clinique et des thérapies. Toute postulation dans les hôpitaux était illusoire et un 

titre FMH était indispensable pour une installation en cabinet.  

Le Tribunal a retenu que B______ disposerait, après le divorce, d'une fortune de 

deux millions de francs. Elle allait percevoir 1'548'000 fr. à l'issue de la 

liquidation du régime matrimonial, ainsi que 23'102 fr. 95 d'arriérés de 

contributions d'entretien. Après la vente de la villa, sa fortune serait augmentée de 

la moitié du bénéfice de celle-ci. 

L'appelant fait valoir que le Tribunal a omis de tenir compte des revenus de la 

fortune de l'intimée, lesquels pouvaient être estimés à 3'350 fr. par mois (2%).  

- 7/19 - 

 

C/6932/2021 

Le Tribunal a arrêté à 12'922 fr. par mois les charges de B______, relevant qu'il 

n'y avait pas lieu de modifier les montants fixés par arrêt de la Cour du 7 février 

2023. Ces charges comprenaient le montant de base OP en 1'200 fr., les frais de 

logement en 4'435 fr. (1'185 fr. d'intérêts hypothécaires + 1'750 fr. d'indemnité + 

1'500 fr. d'entretien), 191 fr. de frais d'électricité, 160 fr. pour l'assurance bâtiment 

et RC, 4'980 fr. de contributions publiques, les primes d'assurances en 746 fr. 20 

(LAMal et LCA), les frais de chauffage de 428 fr. 10, 30 fr. 40 de frais de 

redevance télévisuelle, les frais d'Internet, réseau fixe et TV en 284 fr. 50, les frais 

de véhicule en 253 fr. 35 et ses frais médicaux non couverts de 213 fr. 

L'appelant fait valoir que les frais d'entretien de la maison, transport, assurance-

bâtiment et frais médicaux ne sont pas établis. L'électricité et les frais de 

redevance télévisuelle étaient inclus dans l'entretien OP. Les impôts 

correspondraient à 11'000 fr. par an si la contribution d'entretien était supprimée. 

L'indemnité de 1'750 fr. ne devait pas être inclue dans les charges de l'intimée. 

 Le Tribunal a retenu, sans que cela ne soit contesté en appel que, au moment où 

elle atteindra l'âge de la retraite, B______ percevra en principe une rente LPP de 

4'047 fr. 10 par mois ainsi qu'une rente AVS de 2'465 fr., soit des revenus 

mensuels de 6'417 fr. 10, auxquels s'ajouteront des prestations au titre des avoirs 

du 3ème pilier. 

 i. La cause a été gardée à juger par le Tribunal le 17 mai 2024.  

EN DROIT 

1. 1.1 L'appel a été formé en temps utile et selon les formes légales contre une 
décision susceptible d'appel, de sorte qu'il est recevable (art. 308 et 311 CPC). 

1.2 Les maximes des débats (art. 277 al. 1 CPC) et de disposition sont applicables 
s'agissant de la contribution due entre conjoints (art. 58 al. 1 CPC; arrêts du 

Tribunal fédéral 5A_478/2017 du 7 juin 2018 consid. 5; 5A_728-756/2020 du 

12 janvier 2022 consid. 3.1). 

1.3 La Cour revoit la cause en fait et en droit avec un plein pouvoir d'examen 
(art. 310 CPC), dans la limite des griefs formulés (ATF 142 III 413 consid. 2.2.2 

et les références citées). 

2. L'intimée a produit des pièces nouvelles. 

2.1 Selon l'art. 317 al. 1 CPC, les faits et moyens de preuve nouveaux sont 
admissibles en appel pour autant qu'ils soient invoqués ou produits sans retard 

(let. a) et qu'ils n'aient pas pu l'être en première instance, bien que la partie qui 

s'en prévaut ait fait preuve de la diligence requise (let. b). 

- 8/19 - 

 

C/6932/2021 

2.2 La pièce 101, à savoir une facture de prime d'assurance maladie du 31 août 
2024 est postérieure à la date à laquelle la cause a été gardée à juger, de sorte 

qu'elle est recevable. 

Tel n'est pas le cas la pièce 102, qui date du 20 février 2023. 

3. Le Tribunal a considéré que le mariage, qui était de longue durée, soit 30 ans, 
avait durablement marqué de son empreinte la situation économique de l'intimée, 

âgée de 61 ans, qui avait renoncé à sa carrière pour se consacrer essentiellement à 

l'éducation des enfants et à la tenue du ménage. L'activité à temps partiel qu'elle 

avait exercée entre 2002 et 2017 ne lui permettait pas de couvrir ses charges, de 

sorte qu'elle n'avait jamais été autonome financièrement. Compte tenu de son âge, 

de son peu d'expérience professionnelle, de son absence de spécialisation FMH, et 

de sa santé fragile, il ne lui était pas possible de se réinsérer dans le monde du 

travail. Le fait que l'appelant ait régulièrement encouragé l'intimée à reprendre une 

activité professionnelle pendant le mariage n'était pas pertinent, puisque celle-ci 

ne l'avait pas fait et qu'il s'en était accommodé, continuant à couvrir tous ses frais. 

Après paiement de ses charges et du déficit de l'intimée, le disponible de 

l'appelant était de 36'800 fr. environ (63'000 fr. – 13'235 fr. – 12'922 fr.). Une 
contribution de 15'000 fr. tenait compte équitablement du droit à l'excédent de 

l'intimée et du fait que l'appelant aidait financièrement deux de ses enfants 

majeurs. 

L'appelant fait valoir que l'intimée n'a pas renoncé à travailler sur la base d'un 

projet de vie commun des parties, mais contre son avis, ce qui a été attesté par le 

témoin I______, qui le voyait quotidiennement. Il ne s'était pas accommodé de 

cette situation mais elle lui avait été imposée. L'intimée n'avait que 55 ans au 

moment de la séparation, était au bénéfice d'une formation de médecin et avait 

travaillé pendant le mariage, de sorte que le caractère "lebensprägend" de celui-ci 

n'existait pas. De plus, les charges de l'intimée avaient été surévaluées par le 

Tribunal, qui avait omis de comptabiliser les revenus de sa fortune; le poste impôt 

était excessif, l'indemnité de 1'750 fr. ne devait pas être comptabilisée dans les 

charges et les frais d'entretien de la villa n'étaient pas établis. L'intimée pouvait 

couvrir ses charges raisonnables, voire puiser dans sa fortune au besoin jusqu'à 

l'âge de la retraite. Les certificats produits n'attestaient pas du fait que l'intimée 

était incapable de travailler. Un revenu hypothétique devait lui être imputé. Elle 

pouvait se remettre à niveau et travailler comme médecin salarié ou assistant de 

première année ce qui lui procurerait un revenu variant entre 5'400 fr. et 7'400 fr. 

En tout état de cause, une éventuelle contribution d'entretien devaient être limitée 

à 5'000 fr. par mois, correspondant au train de vie commun pendant le mariage, et 

ne pourrait perdurer au-delà de l'âge légal de sa retraite. 

3.1.1 Aux termes de l'art. 125 al. 1 CC, si l'on ne peut raisonnablement attendre 
d'un époux qu'il pourvoie lui-même à son entretien convenable, y compris à la 

- 9/19 - 

 

C/6932/2021 

constitution d'une prévoyance vieillesse appropriée, son conjoint lui doit une 

contribution équitable. Dans son principe, comme dans son montant et sa durée, 

l'obligation d'entretien doit être fixée en tenant compte des éléments énumérés de 

façon non exhaustive à l'art. 125 al. 2 CC (ATF 147 III 249 consid. 3.4.2 et les 

références; 138 III 289 consid. 11.1.2). La détermination de la contribution 

d'entretien est laissée, pour une part importante, à l'appréciation du juge du fait, 

qui applique les règles du droit et de l'équité (art. 4 CC; ATF 148 III 161 

consid. 4.1; 134 III 577 consid. 4; arrêts du Tribunal fédéral 5A_312/2023 du 

30 avril 2024 consid. 3.1; 5A_397/2022 du 17 mai 2023 consid. 7.3).   

Lorsque l'union conjugale a durablement marqué de son empreinte la situation de 

l'époux bénéficiaire ("lebensprägende Ehe"), le principe est que le standard de vie 

choisi d'un commun accord durant la vie commune doit être maintenu pour les 

deux parties dans la mesure où leur situation financière le permet (art. 125 al. 2 

ch. 3 CC; ATF 147 III 249 consid. 3.4.3; 141 III 465 consid. 3.1). Dans cette 

hypothèse, on admet en effet que la confiance placée par l'époux créancier dans la 

continuité du mariage et dans le maintien de la répartition des rôles, convenue 

librement par les conjoints, mérite objectivement d'être protégée (ATF 148 III 161 

consid. 4.1; 147 III 249 consid. 3.4.1 et les références). Lorsqu'en revanche le 

mariage n'a pas eu d'influence sur les conditions d'existence, il faut se référer à la 

situation antérieure au mariage et replacer de ce fait l'époux créancier dans la 

situation qui serait la sienne si le mariage n'avait pas été conclu (ATF 148 III 161 

consid. 5.1; 147 III 249 consid. 3.4.1).  

3.1.2 Un mariage doit en tout état être considéré comme ayant durablement 
influencé la situation économique de l'époux bénéficiaire lorsque celui-ci a 

renoncé à son indépendance financière afin de se consacrer au ménage et/ou à 

l'éducation des enfants communs pendant plusieurs années et que ce choix lui ôte 

la possibilité de reprendre l'activité professionnelle qu'il exerçait auparavant ou 

d'en trouver une nouvelle lui offrant des perspectives économiques équivalentes. 

Ce sont les circonstances du cas particulier qui sont déterminantes à cet égard, et 

non les présomptions abstraites posées antérieurement par la jurisprudence 

(ATF 148 III 161 consid. 4.2; 147 III 249 consid. 3.4.2-3.4.3; arrêts du Tribunal 

fédéral 5A_510/2021 du 14 juin 2022 consid. 3.1.2; 5A_826/2020 du 

30 mars 2022 consid. 5.2; 5A_191/2021 du 22 février 2022 consid. 5.1.1). 

3.1.3 En présence de mariages ayant eu un impact décisif, le Tribunal fédéral part 
du principe que la confiance dans la continuité du mariage et dans le maintien de 

la répartition des rôles, convenue librement par les conjoints, mérite 

objectivement d’être protégée, et que l’art. 125 al. 1 CC donne droit au maintien 
du dernier train de vie commun, en présence de moyens suffisants, respectivement 

à un train de vie identique pour les deux parties, en cas de moyens insuffisants en 

raison des coûts supplémentaires engendrés par le divorce. En revanche, chaque 

époux doit épuiser sa propre capacité lucrative, tant que cela est possible et 

- 10/19 - 

 

C/6932/2021 

exigible (primauté du principe de l’autonomie) (arrêt du Tribunal fédéral 
5A_801/2022 consid. 5.4.2). 

Admettre l'influence concrète du mariage sur l'un des conjoints ne donne 

cependant pas nécessairement un droit à une contribution d'entretien après le 

divorce. Sur la base du texte clair de l'art. 125 CC, le principe de l'indépendance 

financière prime le droit à l'entretien après le divorce. Il en découle pour l'époux 

un devoir de se (ré) intégrer sur le marché du travail ou d'étendre une activité 

lucrative déjà existante. Un conjoint ne peut ainsi prétendre à une contribution 

d'entretien que si, en dépit des efforts que l'on peut raisonnablement attendre de 

lui, il n'est pas ou pas totalement en mesure de pourvoir lui-même à son entretien 

convenable (ATF 147 III 249 consid. 3.4.4; 141 III 465 consid. 3.1; 134 III 145 

consid. 4). En principe, le devoir de se (ré)intégrer sur le marché du travail ou 

d'étendre une activité lucrative déjà existante s'impose dès la séparation lorsque 

l'on ne peut plus compter sérieusement sur une reprise de la vie commune 

(ATF 147 III 249 consid. 3.4.4 et les références). 

Pour calculer la contribution d'entretien après le divorce, il convient d'appliquer la 

méthode du minimum vital avec répartition de l'excédent (méthode concrète en 

deux étapes), laquelle est contraignante sauf situations particulières, notamment si 

les conditions financières sont extrêmement favorables. L'application d'une autre 

méthode doit être spécialement motivée (ATF 147 III 265, consid. 6.6;  

ATF 147 III 293, consid. 4.5 ; ATF 147 III 301, consid. 4.3). 

Selon la méthode du minimum vital avec répartition de l'excédent, les ressources 

financières et les besoins des personnes concernées sont déterminés puis répartis 

entre les membres de la famille de manière à couvrir, dans un certain ordre, le 

minimum vital du droit des poursuites ou, si les ressources sont suffisantes, le 

minimum vital élargi du droit de la famille, puis l'excédent éventuel  

(ATF 147 III 265, consid. 7 ; ATF 147 III 293, consid. 4 ; ATF 147 III 301, 

consid. 4.3). 

Les besoins des parties sont calculés en partant du minimum vital au sens du droit 

des poursuites (art. 93 LP). Celui-ci comprend le montant de base fixé par les 

normes d'insaisissabilité (NI 2023, RS/GE E 3 60.04) auquel s'ajoutent différents 

frais supplémentaires, à savoir les frais de logement effectifs ou raisonnables (y 

compris les charges et les frais de chauffage), les coûts de santé, tels que les 

primes d'assurance-maladie obligatoire, les frais de transports publics et les frais 

professionnels (ATF 147 III 265 consid. 7.2). 

Lorsque les moyens financiers le permettent, l'entretien convenable doit être 

étendu au minimum vital du droit de la famille. Les postes suivants entrent 

généralement dans l'entretien convenable : les impôts, un forfait de 

télécommunication, les assurances, les frais de formation continue nécessaires, les 

- 11/19 - 

 

C/6932/2021 

frais de logement correspondant à la situation réelle (plutôt que fondés sur le 

minimum d'existence), les frais d'exercice du droit de visite, un montant adapté 

pour l'amortissement des dettes et, en cas de circonstances favorables, les primes 

d'assurance-maladie complémentaires, ainsi que les dépenses de prévoyance 

privée des travailleurs indépendants. En revanche, la prise en compte de postes 

supplémentaires comme les voyages ou les loisirs n'est pas admissible. Ces 

besoins doivent être financés au moyen de la répartition de l'excédent. Toutes les 

autres particularités devront également être appréciées au moment de la répartition 

de l'excédent (ATF 147 III 265, consid. 7.2). 

S’il reste un excédent après couverture du minimum vital de droit de la famille 
des époux, il sera alloué à l’entretien de l’enfant majeur. Si, après cela, il subsiste 
encore un excédent, il sera réparti en équité entre les ayants-droits  

(ATF 147 III 265, consid. 7.2 et 7.3). 

Le train de vie mené jusqu'à la cessation de la vie commune constitue la limite 

supérieure du droit à l'entretien (ATF 147 III 293, consid. 4.4 ; ATF 141 III 465 

consid. 3.1). 

3.1.4 Pour fixer la contribution d'entretien, le juge doit en principe tenir compte du 
revenu effectif des parties, tant le débiteur d'entretien que le créancier pouvant 

néanmoins se voir imputer un revenu hypothétique supérieur. Il s'agit ainsi 

d'inciter la personne à réaliser le revenu qu'elle est en mesure de se procurer et 

qu'on peut raisonnablement exiger d'elle afin de remplir ses obligations  

(ATF 143 III 233 consid. 3.2; 137 III 102 consid. 4.2.2.2).   

Lorsqu'il entend tenir compte d'un revenu hypothétique, le juge doit examiner 

deux conditions cumulatives. Il doit déterminer d'une part si l'on peut 

raisonnablement exiger d'une personne qu'elle exerce une activité lucrative ou 

augmente celle-ci, eu égard, notamment, à sa formation, à son âge et à son état de 

santé. Il doit d'autre part établir si la personne concernée a la possibilité effective 

d'exercer l'activité ainsi déterminée et quel revenu elle peut en obtenir, compte 

tenu des circonstances subjectives susmentionnées, ainsi que du marché du travail. 

Les circonstances concrètes de chaque cas sont déterminantes. Les critères dont il 

faut tenir compte sont notamment l'âge, l'état de santé, les connaissances 

linguistiques, la formation (passée et continue), l'expérience professionnelle, la 

flexibilité sur les plans personnel et géographique, la situation sur le marché du 

travail, etc. (arrêt du Tribunal fédéral 5A_88/2023 du 19 septembre 2023, 

consid. 3.3.2). 

Le revenu de la fortune est pris en considération au même titre que le revenu 

provenant de l'exercice d'une activité lucrative; lorsque la fortune ne produit 

aucun ou qu'un faible rendement, il peut être tenu compte d'un revenu 

hypothétique. La détermination des rendements futurs de la fortune procède 

- 12/19 - 

 

C/6932/2021 

toujours d'une estimation. Le Tribunal fédéral a notamment considéré qu'un taux 

de 2% n'était pas arbitraire, lorsque le bénéficiaire de la fortune en question 

disposait d'une expérience du milieu des affaires et de connaissances du domaine 

bancaire (arrêts du Tribunal fédéral 5A_679/2019 du 5 juillet 2021 consid. 8; 

5A_842/2022 du 23 novembre 2023 consid. 3). 

3.1.5 Pour fixer la durée de la contribution d'entretien, le juge doit tenir compte de 
l'ensemble des critères énumérés de façon non exhaustive à l'art. 125 al. 2 CC, 

notamment des revenus et de la fortune des époux (ch. 5), ainsi que des 

expectatives de l'assurance-vieillesse et de la prévoyance professionnelle ou 

d'autres formes de prévoyance (ch. 8). En pratique, l'obligation est souvent fixée 

jusqu'au jour où le débiteur de l'entretien atteint l'âge de la retraite. Il n'est 

toutefois pas exclu d'allouer une rente sans limitation de durée, en particulier 

lorsque l'amélioration de la situation financière du créancier n'est pas envisageable 

et que les moyens du débiteur le permettent (arrêt du Tribunal fédéral 5A_88/2023 

du 19 septembre 2023, consid. 4.1). 

 3.1.6 Selon l'art. 126 al. 1 CC, le juge du divorce fixe le moment à partir duquel la 
contribution d'entretien en faveur du conjoint est due. Celle-ci prend en principe 

effet à l'entrée en force du jugement de divorce, sauf si le juge en fixe, selon son 

appréciation, le dies a quo à un autre moment (ATF 142 III 193, consid. 5.3). 

 3.1.7 Selon l'art. 311 al. 1 CPC, il incombe au recourant de motiver son appel. 
Selon la jurisprudence, il doit démontrer le caractère erroné de la motivation de la 

décision attaquée et son argumentation doit être suffisamment explicite pour que 

l'instance d'appel puisse la comprendre, ce qui suppose une désignation précise 

des passages de la décision qu'il attaque et des pièces du dossier sur lesquelles 

repose sa critique (ATF 138 III 374). Même si l'instance d'appel applique le droit 

d'office (art. 57 CPC), le procès se présente différemment en seconde instance, vu 

la décision déjà rendue. L'appelant doit donc tenter de démontrer que sa thèse 

l'emporte sur celle de la décision attaquée. Il ne saurait se borner à simplement 

reprendre des allégués de fait ou des arguments de droit présentés en première 

instance, mais il doit s'efforcer d'établir que, sur les faits constatés ou sur les 

conclusions juridiques qui en ont été tirées, la décision attaquée est entachée 

d'erreurs. Il ne peut le faire qu'en reprenant la démarche du premier juge et en 

mettant le doigt sur les failles de son raisonnement. Si la motivation de l'appel est 

identique aux moyens qui avaient déjà été présentés en première instance, avant la 

reddition de la décision attaquée (arrêt du Tribunal fédéral 4A_97/2014 du 26 juin 

2014 consid. 3.3), ou si elle ne contient que des critiques toutes générales de la 

décision attaquée ou encore si elle ne fait que renvoyer aux moyens soulevés en 

première instance, elle ne satisfait pas aux exigences de l'art. 311 al. 1 CPC et 

l'instance d'appel ne peut entrer en matière (arrêts du Tribunal fédéral 

4A_290/2014 consid. 3.1, 5A_438/2012 du 27 août 2012 consid. 2.2, 4A_97/2014 

déjà cité consid. 3.3). 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/5A_245/2021

- 13/19 - 

 

C/6932/2021 

 L'appelant ne peut se limiter à annexer à ses allégués son propre calcul, dans 

lequel il parvient à un autre résultat que le premier juge; cela ne démontre pas 

encore la fausseté de ce dernier. Il doit au contraire exposer, dans la motivation de 

l’appel, pourquoi et en quoi le résultat auquel est parvenu le premier juge, 
respectivement le calcul sur lequel il repose, est erroné – et non simplement que 
celui-ci diverge de son propre mode de calcul (arrêt du Tribunal fédéral 

4A_418/2017 du 8 janvier 2018 consid. 2.4). 

 3.2.1 En l'espèce, le Tribunal a considéré à bon droit que l'union conjugale avait 
durablement marqué de son empreinte la situation de l'intimée puisque celle-ci a 

renoncé à sa carrière de médecin pour s'occuper des quatre enfants du couple et de 

la tenue du ménage, ce qui a permis à l'appelant de se consacrer sans restriction à 

sa propre activité professionnelle et d'en retirer un revenu confortable.  

 Le fait que l'appelant ait proposé à plusieurs reprises à l'intimée de recommencer à 

travailler, offrant de l'aider dans ses démarches, n'est pas décisif dans ce contexte. 

Le fait est que l'intimée n'a pas donné suite à ces propositions et que l'appelant a 

néanmoins continué à financer sans restriction tous ses frais, avec le résultat que 

l'intimée n'a jamais complété sa formation en vue de l'obtention de son FMH, ni 

repris, après la naissance de ses enfants, une activité professionnelle régulière et 

suivie.  

 Les quelques heures de remplacement qu'elle a effectuées entre 2002 et 2017 ne 

sont pas déterminantes, dans la mesure où il ne s'agissait que d'une activité 

d'appoint, lui procurant un revenu modeste qui ne lui permettait pas de couvrir ses 

frais. 

 Compte tenu de ces circonstances, et de la longue durée du mariage, à savoir 

30 ans jusqu'à la séparation, la confiance de l'intimée dans la continuité du 

mariage et dans le maintien de la répartition des rôles convenue entre les parties 

mérite d'être protégée. Elle peut donc prétendre à un train de vie identique à celui 

mené pendant la vie commune, ou, à tout le moins, à un train de vie identique à 

celui de l'appelant. 

 Contrairement à ce que fait valoir l'époux, l'on ne peut exiger de l'intimée qu'elle 

finance son train de vie en reprenant une activité professionnelle. Un simple 

diplôme de médecine obtenu il y a 38 ans, sans spécialisation, n'est pas suffisant 

pour permettre à l'intimée de retrouver un travail dans le domaine médical. Les 

connaissances scientifiques et les pratiques dans le domaine de la médecine 

évoluent rapidement et les connaissances qu'elle a acquises avant 1987, sont 

obsolètes. Ce qui précède est corroboré par l'attestation rédigée par l'ex-employeur 

de l'intimée, le Professeur K______, qui a indiqué qu'il n'avait plus de 

remplacement à lui confier depuis 2018 et que, vu son bagage limité et très 

spécifique, il lui serait très difficile, voire impossible de trouver un poste similaire 

- 14/19 - 

 

C/6932/2021 

dans les prochaines années. Son absence de spécialisation, son manque 

d'expérience professionnelle et son âge constituaient des obstacles importants à 

une reprise éventuelle de l'exercice de sa profession.  

 Vu l'âge de l'intimée, il n'est pas possible d'exiger d'elle qu'elle entame une 

formation complémentaire, qui nécessiterait plusieurs années d'études 

supplémentaires, comme l'a indiqué le Professeur K______. 

 Le Dr M______ a fait les mêmes constatations que son confrère K______ 

concernant les perspectives de réinsertion professionnelle de l'intimée. 

 L'appelant, qui prétend que celle-ci pourrait travailler comme médecin "assistant 

de première année", n'apporte aucun élément concret à l'appui de ses affirmations. 

Contrairement à ce qu'il affirme l'on ne saurait considérer que sa formation est 

"complète, toujours valable et même recherchée sur le marché du travail". 

 Lorsqu'il soutient que l'intimée pourrait être indemnisée pour son "activité de 

maman de jour" puisqu'elle garde ses petits-enfants quelques jours par semaine, 

l'appelant perd de vue qu'il ne s'agit pas là d'une activité professionnelle offrant 

des perspectives équivalentes à celle à laquelle l'intimée a renoncé pour sa famille. 

En tout état de cause, aucun élément concret du dossier ne permet de retenir que 

l'intimée pourrait effectivement trouver du travail rémunéré comme "maman de 

jour". 

 A cela s'ajoute que, contrairement à ce que soutient l'appelant, il n'y a aucun motif 

de douter de la véracité des certificats médicaux produits par l'intimée qui 

attestent du fait que, au moment de la séparation des parties, celle-ci a connu des 

difficultés psychiques et a souffert de dépression, problèmes ayant provoqué une 

incapacité de travail. Les difficultés de l'intimée ont été confirmée par le 

Dr M______ qui a attesté, en mai 2022, du fait que celle-ci se trouvait dans un 

état anxio-dépressif sévère lié aux tensions familiales. Cette dépression, couplée à 

son absence de formation continue et de pratique clinique, rendait l'accès à des 

postes de médecine interne extrêmement difficile. 

 En tout état de cause, la question de savoir si l'état de santé de l'intimée lui permet 

ou non de travailler à l'heure actuelle n'est pas décisive. Pour les motifs relevés ci-

dessus, aucun revenu hypothétique ne peut lui être imputé, car son âge (61 ans), sa 

formation lacunaire et son absence d'expérience professionnelle constituent des 

obstacles insurmontables dans le cadre de la recherche d'une activité 

professionnelle. 

 Le principe du versement d'une contribution d'entretien doit dès lors être admis. 

 3.2.2 Il reste à fixer le montant de ladite contribution. 

- 15/19 - 

 

C/6932/2021 

 L'appelant fait valoir que le montant fixé par le Tribunal est trop élevé et que les 

dépenses de l'intimée ne dépassent pas 5'000 fr. par mois, montant correspondant 

à son train de vie pendant la vie commune. 

 L'appelant ne critique pas de manière motivée, conformément à la jurisprudence 

susmentionnée, son revenu mensuel de 63'000 fr. tel que fixé par le Tribunal. Il se 

limite a relevé quelques éléments de faits, renvoyant sans autre précision à "la 

procédure", sans indiquer quelle conséquence il en tire en lien avec le revenu 

déterminant qu'il convient de retenir. La Cour retiendra dès lors que le revenu 

mensuel de l'appelant est bien de 63'000 fr. par mois comme l'a jugé le Tribunal. 

 C'est à juste titre par ailleurs que ce dernier n'a pas retenu dans les charges de 

l'appelant les montants qu'il verse à ses enfants majeurs. Il doit en effet être tenu 

compte de ces versements lors d'une étape ultérieure du calcul. 

 Les charges de l'appelant en 13'235 fr. par mois seront dès lors confirmées. Son 

disponible est ainsi de 49'700 fr. par mois arrondis. 

 En lien avec les charges de l'intimée, l'appelant soutient à juste titre que 

l'indemnité de 1'750 fr. qui lui est due en échange de l'occupation par elle seule de 

la villa dont les parties sont copropriétaires ne doit pas être incluse dans les 

charges de l'intimée à couvrir par ses soins. En effet, ce mode de calcul revient à 

faire financer cette indemnité par l'appelant, ce qui n'était clairement pas 

l'intention des parties au moment de la conclusion de la convention du 

16 novembre 2023. Les termes de cette convention tiennent compte des éléments 

fixés par la Cour dans son arrêt du 7 février 2023, laquelle a retenu comme frais 

directs en lien avec la maison, charges non comprises, 1'185 fr. d'intérêts 

hypothécaires et 1'500 de frais d'entretien, soit un total de 2'685 fr.  

 A cela s'ajoute que, comme le relève l'appelant, le montant total des frais de 

logement retenus par le Tribunal, soit 4'435 fr. (2'685 fr. plus 1'750 fr.) est 

excessif pour une personne seule. 

Les frais de logement à retenir pour l'intimée sont ainsi les intérêts hypothécaires 

en 1'185 fr. et les frais d'entretien en 1'500 fr. Ces derniers frais sont bien établis 

par pièces, comme cela ressort de l'arrêt de la Cour du 7 février 2023, et l'appelant 

ne fournit aucun élément concret permettant de penser que ces dépenses n'existent 

plus à l'heure actuelle. La convention des parties signée le 16 novembre 2023 fait 

d'ailleurs expressément référence auxdits frais d'entretien, ce qui atteste que ces 

dernières les considéraient comme acquis. 

Il ressort de la pièce produite par l'intimée en appel que ses frais d'assurance 

maladie ont augmenté de 162 fr. puisqu'ils sont actuellement de 908 fr. au lieu de 

746 fr. 

- 16/19 - 

 

C/6932/2021 

Les autres frais de l'intimée retenus par le Tribunal sont établis par les pièces 

versées à la procédure. Aucun élément du dossier ne permet de retenir qu'ils ne 

sont plus d'actualité. Compte tenu du niveau de vie confortable des parties, les 

Tribunal a à juste titre retenu que les charges de l'intimée devaient être calculées 

selon le minimum vital élargi, comprenant outre le montant de base OP, les frais 

de logements réels, y compris les charges et les frais de chauffage. Dans ce cadre, 

le Tribunal a correctement usé de son pouvoir d'appréciation en comptabilisant les 

frais d'électricité et de redevance TV en sus du montant de l'entretien OP. 

Il résulte de ce qui précède que les charges hors impôt de l'intimée sont celles 

calculées par le Tribunal et conformes aux considérants de l'arrêt de la Cour du 

7 février 2023, sous déduction de l'indemnité de 1'750 fr. et avec une 

augmentation de 162 fr. de la prime d'assurance maladie, soit 6'350 fr. arrondis. 

En ce qui concerne les revenus de l'intimée, l'appelant relève à juste titre qu'il 

convient de tenir compte du fait qu'elle dispose, depuis le divorce, d'une fortune 

mobilière de plus de 2'000'000 fr., étant précisé que, après la vente de la villa 

qu'elle occupe, elle touchera encore environ 600'000 fr. à ce titre.  

Le taux de 2% qu'il propose est cependant trop élevé. En effet, il convient de tenir 

compte du fait que l'intimée vient de toucher cette fortune et qu'un certain temps 

sera nécessaire pour qu'elle puisse la placer et en tirer un revenu. La Cour 

retiendra dès lors que la fortune de l'intimée est susceptible de lui rapporter un 

revenu d'environ 1% par an, soit de 1'600 fr. par mois environ (20'000 fr. : 

12  mois). 

Le montant du déficit de l'intimée à couvrir par l'appelant, hors impôts est ainsi de 

4'750 fr. environ (6'350 fr. moins 1'600 fr.). 

Le Tribunal a considéré que l'intimée avait droit à une part d'excédent de 2'000 fr. 

environ par mois, sans que cela ne soit critiqué de manière motivée en appel par 

l'une ou l'autre des parties (art. 311 CPC). Ce montant est adéquat au regard du 

niveau de vie des parties pendant la vie commune, et des moyens actuels de 

l'appelant qui dispose d'un solde disponible confortable auquel l'intimée doit 

pouvoir participer pour financer notamment ses loisirs. 

L'on relèvera à cet égard que l'intimée ne prétend pas que lesdits loisirs 

occasionneraient des dépenses supérieures à ce montant. Sa retraite est quant à 

elle suffisamment financée par les prestations AVS et LPP qu'elle percevra en 

6'500 fr. par mois environ, montant auquel s'ajouteront des prestations au titre du 

3ème pilier et les revenus de sa fortune. 

Cela porte à 6'750 fr. environ le montant à verser par l'appelant hors impôts. 

- 17/19 - 

 

C/6932/2021 

Les impôts dont devra s'acquitter l'intimée peuvent être estimés, selon la calculette 

disponible sur le site internet de l'administration fiscale genevoise, à 3'250 fr. par 

mois. 

La contribution post-divorce due par l'appelant pour l'entretien de l'intimée sera 

ainsi fixée à 10'000 fr. par mois.  

Les moyens de l'appelant lui permettent amplement de verser ce montant et de 

continuer à contribuer en outre à l'entretien de ses enfants majeurs. 

Concernant la durée du versement de la contribution, l'appelant relève à bon droit 

qu'il n'y a pas lieu in casu de déroger au principe selon lequel la contribution est 

généralement due jusqu'à l'âge de la retraite du débiteur. 

Aucune circonstance particulière ne justifie une telle dérogation. L'on ignore en 

l'état si l'appelant continuera à travailler après l'âge légal de la retraite et rien ne 

permet de retenir que, s'il fait ce choix, son revenu sera identique à celui qu'il 

touche actuellement. 

L'intimée disposera quant à elle le moment venu de ressources largement 

suffisantes pour assurer ses vieux jours. Il lui incombera, au besoin, d'utiliser sa 

fortune pour compléter ses revenus entre février 2026, date de la retraite de 

l'appelant, et janvier 2028, date de sa propre retraite.  

Le chiffre 12 du dispositif du jugement querellé sera dès lors modifié en ce sens 

que la contribution due par l'appelant pour l'entretien post-divorce de l'intimée 

sera fixée à 10'000 fr. par mois et sera due jusqu'à ce que l'appelant atteigne l'âge 

légal de la retraite. 

4. La modification du jugement querellé ne justifie pas de revoir le sort des frais et 
 dépens fixés par le Tribunal. 

Compte tenu de l'issue de la cause et de la nature familiale du litige, les frais 

judiciaires d'appel, arrêtés à 5'000 fr. et compensés avec l'avance fournie par 

l'appelant, seront mis à la charge des parties à raison d'une moitié chacune 

(art. 111, 106 et 107 let. c CPC; 30 et 35 RTFMC). 

 L'intimée versera dès lors à l'appelant 2'500 fr. à ce titre. 

 Chaque partie gardera ses dépens à sa charge (art. 107 let. c CPC). 

 

* * * *  

- 18/19 - 

 

C/6932/2021 

 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté le 3 juillet 2024 par A______ contre le chiffre 12 du 

dispositif du jugement JTPI/6390/2024 rendu le 28 mai 2024 par le Tribunal de 

première instance dans la cause C/6932/2021. 

Au fond : 

Annule le chiffre 12 précité et, statuant à nouveau : 

Condamne A______ à verser à B______ au titre de contribution d'entretien post-

divorce, par mois et d'avance, 10'000 fr. jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge légal de la retraite, 

à savoir jusqu'au ______ février 2026. 

Confirme le jugement querellé pour le surplus. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Met à la charge des parties, à raison d'une moitié chacune, les frais judiciaires d'appel 

fixés à 5000 fr. et compensés avec l'avance versée, acquise à l'Etat de Genève. 

Condamne B______ à verser à A______ 2'500 fr. au titre des frais judiciaires d'appel. 

Dit qu'il n'est pas alloué de dépens d'appel. 

Siégeant : 

Monsieur Laurent RIEBEN, président; Madame Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ, 

Madame Ursula ZEHETBAUER GHAVAMI, juges; Madame Camille LESTEVEN, 

greffière. 

 

 

 

 

 

 

 

 

- 19/19 - 

 

C/6932/2021 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 

30'000 fr. 

 

 

http://intrapj/perl/JmpLex/RS%20173.110