# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 53ff9aa5-ac04-57f1-b1bf-c734f4fb2d54
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-11-28
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 28.11.2008 A/4971/2007
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-4971-2007_2008-11-28.pdf

## Full Text

Siégeant : Karine STECK, Présidente; Violaine LANDRY-ORSAT et Christine 

KOEPPEL, Juges assesseurs 

  

 

 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/4971/2007 ATAS/1396/2008 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 

ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 3 

du 28 novembre 2008 

 

En la cause 

Monsieur B__________, domicilié à  CHOISY en FRANCE recourant 

 

contre 

VAUDOISE ASSURANCES, sise place de Milan, case postale 

120, 1001 LAUSANNE 

intimée 

 

 

 

 

 

A/4971/2007 

- 2/10 - 

EN FAIT 

1. Monsieur B__________ (ci-après : l'assuré), né en 1960, est employé depuis 1994 

comme cuisinier par la société X__________ SA. A ce titre, il est assuré contre le 

risque d'accidents professionnels et non professionnels, ainsi que contre celui de 

maladie professionnelle auprès de LA VAUDOISE GENERALE COMPAGNIE 

D'ASSURANCES SA. 

2. Le 20 juin 2007, l'employeur de l'assuré a adressé à LA VAUDOISE GENERALE 

COMPAGNIE D'ASSURANCES SA une déclaration d'accident en se référant à un 

évènement daté du 30 mai 2007. Sous l'intitulé "description de l'accident", il s'est 

contenté d'indiquer : "douleur poignet droit". Il ressort de ce document que le 

travail a été interrompu à compter du 18 juin 2007 en raison d'une tendinite du bras 

droit.  

3. La Dresse  L__________, établie en France, a indiqué avoir été consultée pour la 

première fois le 30 mai 2007 par l'assuré qui se plaignait de douleurs présentes au 

poignet droit depuis le mois d'avril 2007, surtout lors de la rotation interne et de la 

pince pouce - autres doigts. Le médecin a constaté un œdème de la tabatière 

anatomique et au-dessus, au niveau radial. Le patient a décrit des douleurs à l'appui 

et spontanées. Le médecin a conclu à une impotence fonctionnelle et a retenu le 

diagnostic de tendinite de De Quervain entrainant une incapacité de travail totale du 

19 juin au 1er juillet 2007, date à partir de laquelle elle a préconisé une reprise de 

l'activité en ménageant le poignet (cf. questionnaire du 30 juin 2007). 

4. Interrogé par l'assureur, l'intéressé a expliqué en date du 2 juillet 2007 que les 

lésions étaient survenues dans le cadre de son activité de chef de cuisine, expliquant 

que ce poste implique la "manipulation soutenue et répétitive de braisage de filets 

de poulet dans une sauteuse" et l'utilisation d'une spatule en inox avec la main 

droite. Il a souligné que cela implique de braiser près de 24 tonnes de filets de 

poulet par an, depuis trois ans, par pièces 200 g manipulées une à une et d'assurer 

au surplus "des cuissons normales de sautés, braisés, émincés, etc.". L'assuré a 

précisé que les douleurs étaient apparues progressivement depuis le début du mois 

d'avril 2007, alors qu'il manipulait des spatules en inox.  

5. Le 13 juillet 2007, la Dresse L__________ a attesté d'une nouvelle incapacité totale 

de travail du 13 juillet 2007 au 12 août 2007. Elle a précisé que la tendinite s'était 

aggravée à compter du deuxième ou troisième jour de reprise du travail et ceci 

malgré le port d'une attelle. 

6. Le Dr M__________, spécialiste en radiologie, a établi en date du 4 septembre un 

bref rapport suite à des radiographies numérisées de l'épaule droite. Il conclut à un 

conflit sous acromial. Il précise l'absence d'anomalie osseuse décelable, de 

pincement de l'interligne glèno-huméral, note une hauteur normale de l'espace sous 

 

 

 

 

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acromi-claviculaire et la présence d'une calcification au niveau du tendon du supra-

épineux, dont il précise qu'elle apparaît peut hétérogène et qu'il est possible qu'elle 

soit en cours de résorption spontanée.  

7. En date du 5 septembre 2007, un collaborateur de l'assureur expert en dommages a 

rencontré l'assuré, qui lui a précisé n'avoir jamais rencontré de problème auparavant 

avec l'un ou l'autre des poignets; il a simplement signalé une tendinite au coude 

droit une quinzaine d'années auparavant. Il a expliqué qu'il allait mieux, qu'il 

arrivait à bien serrer les objets, mais que le tendon lui faisait toujours mal lorsqu'il 

voulait ouvrir le pouce. Il a également mentionné qu'était venu s'ajouter un 

problème à l'épaule droite. L'assuré a expliqué que son activité professionnelle 

implique des mouvements répétitifs avec des ustensiles tels que des louches, 

spatules ou écumoires, de déplacer des charges, de cuire les filets en leur imposant 

des mouvements de rotation, de découper et de trancher. 

8. Par décision du 5 octobre 2007, l'assurance a refusé la prise en charge du cas. Elle  

a considéré que celui-ci ne constituait en effet ni un accident, ni une maladie 

professionnelle, dans la mesure où les douleurs au poignet droit ne pouvaient être 

attribuées de façon nettement prépondérante à l'exercice de l'activité 

professionnelle;  le cas relevait, par conséquent, de l'assurance-maladie. Selon 

l'assurance, les troubles présentés par l'assuré ne sont pas typiques de sa profession. 

Ils entrent dans le cadre d'une maladie d'étiologie, sans doute plurifactorielle, à 

l'apparition de laquelle les gestes répétitifs de la profession de l'assuré peuvent 

avoir contribué mais qu'ils n'ont en aucun cas causée.  

9. Par courrier du 10 octobre 2007, l'assuré a formé opposition à cette décision. Il s'est 

étonné que l'on refuse de considérer son atteinte comme une maladie 

professionnelle et qu'aucune expertise médicale n'ait été pratiquée.  

10. Par décision sur opposition du 14 novembre 2007, l'assurance-accidents a confirmé 

sa décision du 5 octobre 2007.  

Elle a estimé que l'on ne pouvait considérer que la preuve d'une relation de 

causalité qualifiée avait été médicalement apportée, pas plus que celle d'une 

relation de causalité exclusive ou nettement prépondérante. Elle a relevé qu'aucun 

diagnostic pouvant être considéré comme une conséquence typique ou inhérente à 

la profession exercée et dont la prévalence serait, en outre, quatre fois supérieure 

dans la profession exercée par l'assuré que ce qu'elle est dans la population en 

général, n'a été posé.  

Elle a ajouté que, même si l'on ne dispose pas d'études spécifiques dans le domaine 

de la cuisine, il ressort d'une étude de la SUVA que les tendovaginites sténosantes - 

dont fait partie la tendinite de De Quervain -, ne présentent pas une prévalence de 4 

à 1, même dans les professions sollicitant particulièrement les articulations des 

doigts. L'assurance en a tiré la conclusion que l'on ne pouvait pas non plus 

 

 

 

 

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considérer l'atteinte comme une maladie professionnelle au sens de la clause 

générale. 

11. Par courrier du 17 décembre 2007, l'assuré a interjeté recours contre cette décision. 

Il allègue que plusieurs arrêts de travail lui ont été prescrits par son médecin 

généraliste suite à une inflammation aiguë du poignet droit et que s'y sont ajoutées 

quelque temps après une tendinite à l'épaule droite puis une septo-spinose. L'arrêt 

de travail de deux mois et demi que lui a imposé ce dernier problème en septembre 

2007 n'a pas suffi à guérir les tendinites.  

Le recourant soutient que son atteinte à la santé est la conséquence directe des 

gestes qu'il répète depuis trois ans dans le cadre de son activité professionnelle, 

laquelle consiste à cuire des filets de poulet braisés à longueur de journée. Il 

reproche à l'intimé de prendre prétexte des termes techniques médicaux pour ne pas 

reconnaître son obligation de lui verser des prestations et demande, en définitive, 

que l'atteinte à la santé dont il souffre soit considérée comme une maladie 

professionnelle.  

12. Invitée à se déterminer, l'intimée, dans sa réponse du 5 février 2008, a conclu au 

rejet du recours. Elle explique avoir soumis le rapport d'échographie du poignet 

droit du 10 décembre 2007 à l'appréciation de son médecin-conseil, le 

Dr  N__________, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique. Ce dernier a 

confirmé le diagnostic de tendinite de De Quervain dont l'intimée relève qu'il ne 

figure pas dans la liste de l'annexe 1 l'ordonnance, raison pour laquelle la situation 

doit être évaluée sous l'angle de la clause générale. Il faut dès lors que l'affection 

causée le soit exclusivement ou de manière nettement prépondérante par l'exercice 

de l'activité professionnelle, ce qui signifie que les cas d'atteinte pour un groupe 

professionnel déterminé doivent être quatre fois plus nombreux que ceux 

enregistrés dans le reste de la population en général. Or, tel n'est pas le cas, selon 

une étude de la division de médecine des accidents de la SUVA, même dans les 

professions sollicitant particulièrement les articulations des doigts. 

13. Convoqué devant le Tribunal de céans, le Dr N__________ a indiqué, par courrier 

du 16 mai 2008, qu'il ne serait d'aucune aide dans la mesure où la question de 

savoir si le cas relève d'une maladie professionnelle ou non relève du droit plutôt 

que de la médecine. Il a souligné par ailleurs que l'atteinte dont souffre le recourant 

ne figurait pas sur la liste exhaustive des maladies professionnelles. Lui-même s'est 

contenté d'expliquer à l'assurance en quoi consistait cette atteinte, sans prendre 

position sur le fait de savoir si elle constitue ou non une maladie professionnelle.  

14. Interrogée par le Tribunal de céans, l'intimée a quant à elle expliqué par courrier du 

20 mai 2008 que le Dr N__________ lui a donné son avis par oral et non par écrit. 

Elle a ajouté, par lettre du 4 juin 2008, que sa décision se fondait non pas sur l'avis 

du Dr N__________ mais plutôt sur l'étude de la division de médecine des 

 

 

 

 

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accidents de la SUVA, intitulée "Les tendovaginites sténosantes sont-elles des 

maladies professionnelles?"  

L'intimée a finalement produit une courte note interne signée du Dr N__________ 

dont il ressort en substance que le diagnostic de tendinite de De Quervain doit être 

confirmé. Le médecin explique qu'il s'agit d'une inflammation des tendons court 

extenseur et abducteur du pouce, lesquels passent par la même coulisse du poignet. 

Il ajoute que c'est une pathologie rencontrée très fréquemment dans une 

consultation d'orthopédie, probablement même la tendinite la plus fréquente, et 

qu'en cas de résistance au traitement conservateur, une intervention chirurgicale 

doit être envisagée.  

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 56V al. 1 let. a ch. 5 de la loi genevoise sur l'organisation 

judiciaire (LOJ), le Tribunal cantonal des assurances sociales connaît en instance 

unique des contestations prévues à l’article 56 de la loi fédérale sur la partie 

générale du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPGA) relatives à la 

loi fédérale sur l’assurance-accidents du 20 mars 1981 (LAA). Sa compétence pour 

juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Interjeté dans les forme et délai légaux (art. 60 LPGA), le recours est recevable. 

3. Le litige porte sur le droit du recourant aux prestations de l'assurance-accidents, 

plus particulièrement sur le caractère de maladie professionnelle de la tendinite de 

De Quervain dont il souffre. 

4. En vertu de l'art. 6 al. 1 LAA, les prestations d'assurance sont allouées en cas 

d'accident professionnel, d'accident non professionnel et de maladie 

professionnelle. 

5. a) Selon l'art. 9 al. 1 LAA, sont réputées maladies professionnelles les maladies 

dues exclusivement ou de manière prépondérante, dans l'exercice de l'activité 

professionnelle, à des substances nocives ou à certains travaux.  

Le Conseil fédéral établit la liste de ces substances ainsi que celle de ces travaux et 

des affections qu'ils provoquent. Se fondant sur cette délégation de compétence, 

ainsi que sur l'art. 14 OLAA, le Conseil fédéral a dressé à l'annexe I de l'OLAA la 

liste des substances nocives, d'une part, et la liste de certaines affections, ainsi que 

des travaux qui les provoquent, d'autre part.  

Selon la jurisprudence, la définition du risque assuré est des plus restrictives et la 

liste figurant en annexe 1 à l'OLAA est exhaustive (RAMA 1988 no U 61 p. 449 

consid. 1a). 

 

 

 

 

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L'exigence d’une relation prépondérante est réalisée lorsque la maladie est due pour 

plus de 50 % à l’action d’une substance nocive mentionnée dans la première liste, 

ou que, dans la mesure où elle figure parmi les affections énumérées dans la 

seconde liste, elle a été causée à raison de plus de 50 % par les travaux indiqués en 

regard. Quant à l’exigence d’une relation exclusive, elle signifie que la maladie 

professionnelle doit être due pratiquement à 100 % à l’action de la substance nocive 

ou du travail indiqué (ATF 119 V 200 consid. 2a et la référence ; RAMA 2000 n° U 

398 p. 333 et sv consid. 3). 

b) Aux termes de l'art. 9 al. 2 LAA, sont aussi réputées maladies professionnelles 

(selon la clause dite générale) les autres maladies dont il est prouvé qu'elles ont été 

causées exclusivement ou de manière nettement prépondérante par l'exercice de 

l'activité professionnelle. Cette clause générale répond au besoin de combler 

d'éventuelles lacunes qui subsisteraient dans la liste que le Conseil fédéral a été 

chargé d'établir en vertu de l'art. 9 al. 1 LAA (ATF 116 V 141 consid. 5a et les 

références).  

Selon la jurisprudence, l'exigence d'une relation exclusive ou nettement 

prépondérante est réalisée lorsque la maladie professionnelle résulte à 75 % au 

moins de l'activité professionnelle (ATF 126 V 186 consid. 2b, 119 V 201 consid. 

2b). En d'autres termes, il faut que les cas d'atteintes pour un groupe professionnel 

déterminé soient quatre fois plus nombreux que ceux enregistrés dans la population 

en général (cf. ATF 116 V 143 consid. 5c; RAMA 2000 no U 408 p. 407).  

Ainsi que l'a relevé MAURER, (Schweizerisches Unfallversicherunsrecht, p. 222), 

les conditions d'application de l'art. 9 al. 2 LAA ne sont susceptibles d'être remplies 

que dans de rares situations compte tenu des exigences posées. Elles supposent en 

tout cas que la maladie résulte de l'exposition d'une certaine durée à un risque 

professionnel typique ou inhérent. Un événement unique et par conséquent un 

simple rapport de simultanéité ne suffisent pas (ATF 126 V 186 consid. 2b). 

Les prestations accordées en vertu de l’art. 9 al. 2 LAA correspondent en quelque 

sorte à des prestations pionnières, en ce sens qu’elles seront ultérieurement appelées 

à être allouées sur la base des listes prévues à l’al. 1
er

. En d’autres termes, si des 

substances et des travaux figurent dans les listes prévues à l’art. 9 al. 1 LAA, c’est 

parce que le Conseil fédéral leur a d’ores et déjà reconnu une certaine faculté 

causale juridiquement décisive, tandis qu’il n’en a pas fait autant là où il faut 

recourir à la clause générale (G. SCARTAZZINI, « Les rapports de causalité dans 

le droit suisse de la sécurité sociale » p. 100 à 102). Il incombe à l’assuré de rendre 

vraisemblable, avec un degré de présomption suffisant, que son affection est due, 

dans la proportion requise à son activité professionnelle (ATF 116 V 142). La 

clause générale ne signifie pas que l’assureur-accidents soit tenu de verser des 

prestations pour toute affection qui s’est manifestée au cours du travail. La prise en 

charge par l’assurance-accidents d’une maladie professionnelle suppose, outre une 

 

 

 

 

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relation exclusive ou nettement prépondérante, la survenance d’une affection 

typique de la profession considérée (ATF 116 V 143). 

6. En l’espèce, la tendinite de De Quervain dont est atteinte l'assuré ne figure pas sur 

la liste des affections de l’annexe I de l’OLAA. Seule y figurent les tendovaginites 

"peritendinitis crepitans", dont la tendovaginite de De Quervain doit être distinguée.  

L’examen des conditions liées à la reconnaissance d’une maladie professionnelle 

doit ainsi se faire d’abord en application de l’art. 9 al. 2 OLAA. 

7. A plusieurs reprises, le Tribunal fédéral des assurances a examiné la question de 

savoir si l’exigence d’une relation exclusive ou nettement prépondérante au sens de 

l’art. 9 al. 2 LAA est à apprécier principalement sur le vu des bases 

épidémiologiques médicalement reconnues ou si, au contraire, ce sont les 

circonstances particulières de l’occupation professionnelle qui doivent prévaloir 

(notamment ATF 126 V 183; RAMA 2000 N° U 408, p. 407).  

8. Dans ces affaires, la Haute Cour a rappelé qu'en médecine générale, la relation de 

cause à effet ne peut que rarement être tirée ou déduite à la manière d’une science 

mathématique. Compte tenu du caractère empirique de la médecine, lorsqu’une 

preuve directe ne peut être rapportée à propos d’un état de fait médical, il est bien 

plutôt nécessaire de procéder à des comparaisons avec d’autres cas d’atteintes à la 

santé, soit par une méthode inductive ou par l’administration de la preuve selon ce 

mode. Dans ce cadre, la question de savoir si et dans quelle mesure la médecine 

peut, au regard de l’état des connaissances dans le domaine particulier, donner ou 

non d’une manière générale des informations sur l’origine d’une affection médicale 

joue un rôle décisif dans l’admission de la preuve dans un cas concret. S’il apparaît 

comme un fait démontré par la science médicale qu’en raison de la nature d’une 

affection particulière, il n’est pas possible de prouver que celle-ci est due à 

l’exercice d’une activité professionnelle, il est hors de question d’apporter la 

preuve, dans un cas concret, de la causalité qualifiée (cf. notamment ATFA U 

381/01 du 20 mars 2003 consid. 3.3).  

Selon la jurisprudence, dans la mesure où la preuve d’une relation de causalité 

qualifiée selon l’expérience médicale ne peut pas être apportée de manière générale, 

l’admission de celle-ci dans le cas particulier est exclue. En revanche, si les 

connaissances médicales générales sont compatibles avec l’exigence légale d’une 

relation causale nettement prépondérante, voire exclusive, entre une affection et une 

activité professionnelle déterminée, subsiste alors un champ pour des investigations 

complémentaires en vue d’établir, dans le cas particulier, l’existence de cette 

causalité qualifiée (ATF 126 V 189, consid. 4c et les références).  

9. Ainsi que cela ressort de la jurisprudence rappelée supra, le seul fait que l'intéressé 

souffre d'une tendinite de De Quervain n'implique pas encore que cette dernière soit 

 

 

 

 

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causée exclusivement ou de manière nettement prépondérante par l'exercice de sa 

profession.  

S'agissant de la profession de cuisinier et des risques qu'elle comporte, l'intimé a 

indiqué qu'aucune étude scientifique n'avait été menée.  

En revanche, il est vrai que la division de la médecin de la SUVA a mené au 

printemps 2000 une étude sur la question de savoir si les tendovaginopathies 

sténosantes - dont fait partie la tendovaginite de De Quervain - sont des maladies 

professionnelles. Cette étude se réfère à des travaux dont elle souligne qu'ils ont 

profondément modifié l'appréhension de la genèse des tendovaginites sténosantes, 

rendant pratiquement impossible d'assumer les troubles qui découlent de ce type 

d'affection au titre de maladie professionnelle selon les critères de la loi.  

Il est précisé que la tendovaginite de De Quervain, tout comme les autres 

tendovaginites sténosantes, se différentie clairement sur de nombreux points des 

tendovaginites "peritendinitis crepitans" (seules mentionnées dans la liste 

exhaustive des maladies professionnelles, ainsi qu'on l'a vu plus haut) car, 

contrairement à ces dernières, elles sont d'origine métabolique (et non 

inflammatoire), dues dans la majeure partie des cas à une dégénération, et les 

mouvements répétitifs sont sans influence significative sur leur apparition.  

La dénomination de tendovaginite figurant dans la liste annexée à l'ordonnance 

résulte en effet d'une traduction médicalement inexacte du texte original allemand. 

C'est pourquoi elle a été complétée par le terme de "peritendinitis crepitans" qui 

figure dans le texte allemand, lequel seul fait foi. On vise ici les inflammations 

aiguës affectant le tissu péri-tendineux ou les péri-tendinites crépitantes ou encore 

les synovites crépitantes. D'origine mécanique, par frottements à la suite d'un effort 

répété inaccoutumé, ces inflammations sont caractérisées par une vive douleur et 

une crépitation neigeuse le long du parcours du tendon, d'où le nom de l'affection. 

Les localisations privilégiées sont le tendon d'Achille, ainsi que les tendons 

extenseurs dans la portion distale et dorsale de l'avant-bras. Il s'agit d'une affection 

tout à fait différente d'autres tendinites sténosantes, comme la tendovaginite de De 

Quervain ou tendinite de De Quervain.  

En l'espèce, le Dr L__________ et le recourant n'apportent aucun élément 

susceptible de prouver que ce genre d'atteinte est quatre fois plus fréquent dans 

l'activité de cuisinier que les cas enregistrés dans la population en général. Il 

convient au surplus de relever que le Dr L__________ exerce en France, pays où la 

notion de maladie professionnelle n'est pas la même en Suisse, ce qui peut 

expliquer son incompréhension face à la réponse de l'assurance-accidents. 

En conséquence, force est de constater qu’un lien de causalité exclusif ou nettement 

prépondérant entre les atteintes et l’exercice de l’activité professionnelle n’a pas été 

établi au sens de la jurisprudence relative à l’art. 9 al. 2 LAA.  

 

 

 

 

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Aussi est-ce à juste titre que l’assureur a nié en l’espèce l’existence d’une maladie 

professionnelle.  

10. Eu égard aux considérations qui précèdent, le recours est rejeté.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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- 10/10 - 

PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable.  

Au fond : 

2. Le rejette.  

3. Dit que la procédure est gratuite. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 

dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 

(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 

public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 

juin 2005 (LTF); le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 

moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit 

être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie électronique aux 

conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du 

recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l'envoi. 

 

La greffière 

 

 

 

 

Yaël BENZ  

 La présidente 

 

 

 

 

Karine STECK 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 

de la santé publique par le greffe le