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**Case Identifier:** a968207f-dd99-5c9d-9902-05ca3c8e39c2
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-06-23
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 23.06.2020 A/4487/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-4487-2018_2020-06-23.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/4487/2018-ICCIFD ATA/617/2020  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 23 juin 2020 

4ème section 

   dans la cause 

 

Madame et Monsieur A______ 
représentés par Me Thierry Ador et Me Michel Cabaj, avocats  

contre 

ADMINISTRATION FISCALE CANTONALE 

et 

ADMINISTRATION FÉDÉRALE DES CONTRIBUTIONS 
 

_________ 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 
24 juin 2019 (JTAPI/576/2019) 

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A/4487/2018 

EN FAIT 

1)  Monsieur A______ (ci-après : le contribuable) et son épouse, Madame 

A______ (ci-après : la contribuable), sont ressortissants d’Indonésie.  

  Ils ont été tenus pour assujettis à l’impôt dans le canton de Genève depuis 
l’exercice fiscal 1999 et ont été inscrits au rôle ordinaire de l’impôt dans le canton 
de Genève dès la période fiscale 2000. 

  Ils ont remis à l’administration fiscale cantonale (ci-après : AFC-GE) leur 
déclaration fiscale 2001-A, mais seulement une déclaration provisoire 2001-B. 

L’AFC-GE leur a alors notifié une décision de taxation d’office pour l’impôt 
fédéral direct (ci-après : IFD) et pour l’impôt cantonal et communal (ci-après : 
ICC), contre laquelle ils ont formé une réclamation. Ils ont également déposé une 

déclaration fiscale pour l’exercice 2002. 

2)  Le 28 novembre 2003, l’AFC-GE a ouvert une procédure de rappel d’impôt. 
Pour l’ICC, cela concernait la période 1998 à 2000, tandis que pour l’IFD, il 
s’agissait de la période fiscale 1999-2000.  

3)  Le 10 mai 2004, le Conseiller fédéral en charge du département fédéral des 

finances a donné l’ordre à la division des affaires pénales et enquêtes (ci-après : 
DAPE) de mener une enquête en raison de soupçons fondés de soustraction 

continue de montants importants d’impôts. Celle-ci a été close en 2009. 

4)  Par courrier du 15 décembre 2005, l’AFC-GE a informé le contribuable de 
la clôture de la procédure de rappel d’impôt ouverte le 28 novembre 2003 pour 
l’exercice 2000. Elle lui a notifié un bordereau ICC accompagné d’un bordereau 
d’amende d’un montant similaire, contre lesquels les contribuables ont formé le 
19 janvier 2006 une réclamation.  

5)  Le 6 décembre 2006, les contribuables ont quitté la Suisse pour la 

Grande-Bretagne. 

6)  Par courrier du 16 novembre 2007, l’AFC-GE a informé les contribuables 
que les procédures de rappels d’impôt engagées par courrier du 28 novembre 2003 
pour les années 1998 à 2000 étaient étendues aux périodes fiscales 2001-B et 

2002. 

7)  Le 5 décembre 2007, l’AFC-GE a informé les contribuables que les 
bordereaux relatifs aux périodes fiscales 1998 à 2001 seraient notifiés après la 

reddition de son rapport par la DAPE. Pour des raisons de prescription, elle allait 

notifier une taxation 2002 avant la fin de l’année 2007. 

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8)  Le 18 janvier 2008, les contribuables ont formé une réclamation à réception 

des deux bordereaux de taxation 2002 annoncés. 

9)  Le 19 décembre 2008, l’AFC-GE a notifié aux contribuables des bordereaux 
ICC et IFD relatifs aux exercices fiscaux 2003 à 2005, bordereaux contre lesquels 

les contribuables, le 16 janvier 2009, ont formé une réclamation. 

10)  Le 24 mars 2009, la DAPE a rendu son rapport d’enquête qui mettait en 
évidence des dissimulations fiscales imputables au contribuable, lequel avait été 

inculpé. Elle suggérait des reprises fiscales sur les revenus déclarés, dont elle 

chiffrait le montant concernant les périodes fiscales 2000 (ICC uniquement), 2001 

et 2002 (ICC et IFD). Pour les périodes fiscales 2003 et 2004, des éléments de 

revenus supplémentaires allaient être ajoutés aux éléments de taxation ordinaire. 

11) a. Le 18 décembre 2009, l’AFC-GE a statué d’une part sur la réclamation des 
contribuables du 19 janvier 2006 dirigée contre le bordereau ICC 2000 et le 

bordereau d’amende qui s’y rattachait. Elle a modifié le montant dudit bordereau 
en leur faveur, et maintenu la quotité de l’amende à concurrence du nouveau 
montant d’impôt. Elle a statué d’autre part sur leur réclamation contre les 
bordereaux de taxation relatifs aux exercices 2001 à 2005 par deux décisions, 

l’une concernant l’ICC et l’autre l’IFD. 

 b. Le 20 janvier 2010, les contribuables ont saisi d’un recours la commission 
cantonale de recours en matière administrative (ci-après : CCRA), dont le rôle a 

été repris depuis le 1er janvier 2011 par le Tribunal administratif de première 

instance (ci-après : TAPI). Leurs conclusions en annulation portaient sur les 

décisions sur réclamation relatives aux exercices fiscaux 2001-B à 2005 

(cause A/239/2010). Par la suite, le 11 février 2010, ils ont précisé à l’instance de 
recours que leur recours incluait également la décision sur réclamation du 

18 décembre 2009 concernant l’exercice fiscal ICC 2000.  

12)  Le 15 janvier 2010, l’AFC-GE a indiqué aux contribuables que la procédure 
pénale pour soustraction d’impôt ouverte le 16 novembre 2007 était terminée pour 
l’IFD et l’ICC 2001-B et 2002 et leur a notifié un bordereau d’amende de 
CHF 6'952'629.75 pour l’IFD et de CHF 18'501'641.45 pour l’ICC. Par décision 
sur réclamation du 19 août 2010, l’AFC-GE a maintenu les deux bordereaux 
d’amende précités. Le 17 septembre 2010, les contribuables ont interjeté un 
recours auprès de la CCRA (cause A/3227/2010). 

13)  Le 20 août 2010, l’AFC-GE a notifié aux contribuables des bordereaux de 
taxation ICC et IFD 2006 pour la période du 1er janvier au 6 avril 2006, date de 

leur départ pour l’étranger. Les contribuables ont formé une réclamation à 
l’encontre de ces deux bordereaux par acte du 21 septembre 2010. Le 
30 septembre 2010, l’AFC-GE a rejeté leur réclamation, et les contribuables ont 

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interjeté un recours auprès de la CCRA contre ces deux décisions 

(cause A/3825/2010). 

14)  Le 21 mai 2012, le TAPI a ordonné la jonction des différentes causes 

précitées. Il a déclaré irrecevable le recours interjeté dans le cadre de la cause 

A/239/2010 en tant qu’il portait sur l’année fiscale 2000 et a rejeté les recours 
pour le surplus. 

15)  Le 4 mars 2013, les contribuables ont interjeté un recours auprès de la 

chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre 

administrative), en concluant à l’annulation du jugement du TAPI précité, de 
même que celle des bordereaux de taxation et d’amende ICC et IFD, 
subsidiairement à leur réduction. 

16)  Par arrêt du 24 novembre 2015 (ATA/1261/2015), la chambre 

administrative a rejeté le recours des contribuables, dans la mesure où il était 

recevable. 

17)  Saisi d’un recours des contribuables qui concluait à la mise à néant de l’arrêt 
de la chambre administrative précité, le Tribunal fédéral, par arrêt du 

24 novembre 2016, l’a admis partiellement dans la mesure où il était recevable, 
selon le dispositif suivant : 

  « L’arrêt rendu le 24 novembre 2015 par la Cour de justice est annulé en 
tant qu’il concerne le prononcé de l’amende pour tentative de soustraction d'IFD 
et d'ICC pour les périodes 2001-B et 2002, et confirmé pour le surplus ». 

18)  Par arrêt du 22 août 2017 (ATA/1204/2017), la chambre administrative a 

annulé partiellement les décisions de l’AFC-GE du 15 janvier 2010, confirmées 
sur réclamation le 19 août 2010, en tant qu’elles prononçaient à l’encontre des 
contribuables des amendes pour tentative de soustraction d'impôt pour les 

périodes 2001-B et 2002, et confirmé pour le surplus et en tant que de besoin les 

décisions de l’AFC-GE du 18 décembre 2009, confirmées sur réclamation le 
19 août 2010, relatives aux exercices 2001 à 2005, ainsi que celle du 20 août 2010 

confirmée sur réclamation le 30 septembre 2010, relative à l’exercice 2006. 

19)  Par ailleurs, dans leurs déclarations fiscales 2007 à 2009, les contribuables 

ont déclaré uniquement leur bien immobilier sis à B______ et ils n’ont ainsi été 
imposés que sur cet élément. 

20)  Pour les périodes 2010 à 2014, ils ont été taxés d’office, faute d’avoir 
retourné leurs déclarations fiscales. Le 7 octobre 2015, ils ont élevé réclamation à 

l’encontre de ces taxations. Par décisions du 28 septembre 2015, l’AFC-GE a 
admis partiellement la réclamation des intéressés. 

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21)  Le 28 octobre 2016, les contribuables ont recouru devant le TAPI à 

l’encontre de ces décisions, en faisant notamment valoir que l’immeuble de 
B______ devait être considéré comme sans valeur dans le revenu et la fortune, en 

raison du séquestre le grevant. 

22)  Par jugement du 7 février 2018 (JTAPI/126/2018), le TAPI a rejeté leur 

recours. Ce jugement a été confirmé par la chambre administrative le 5 mars 2019 

(ATA/223/2019). 

23)  Des procédures de séquestre ont par ailleurs été engagées par l'AFC-GE. Le 

9 avril 2010, l’AFC-GE a formé, à l’encontre des contribuables, quatre demandes 
de sûretés valant ordonnances de séquestre (fiscal) pour un montant total de 

CHF 139'484'026.10, afin de garantir le paiement de l’ICC 2000 à 2005 et de 
l’IFD 2001 à 2005. 

24)  Les contribuables ayant formé opposition aux commandements de payer 

notifiés par l’AFC-GE, celle-ci a requis la mainlevée des oppositions, procédures 
qui ont fait l’objet de recours jusqu’au Tribunal fédéral, lequel a statué par arrêts 
des 10 avril 2018 (déclarant irrecevables les recours 5A_30/2018, 5A_31/2018 et 

5A_32/2018) et 3 septembre 2018 (rejetant les recours 5A_555/2018, 

5A_556/2018 et 5A_557/2018). 

  Dans les trois premiers arrêts, le Tribunal fédéral a retenu que les recourants 

se contentaient d’alléguer leur insolvabilité sans nullement étayer leur propos, et 
de faire référence à leur « situation financière actuelle », sans la décrire, ni a 

fortiori la démontrer, de sorte que leur argumentation ne satisfaisait nullement aux 

exigences de motivation requises. 

  Dans les trois derniers, le Tribunal fédéral a jugé qu’il n'appartenait pas au 
juge de la mainlevée, en l'absence de décision de répartition prise par les autorités 

fiscales, de se préoccuper de l'éventuelle insolvabilité d'un époux. 

25)  Le 23 mai 2017, l’AFC-GE a requis quatre nouveaux séquestres contre les 
contribuables, également pour un montant total de CHF 139'484'026.10, avec 

intérêts à 5 % l’an dès le 23 mai 2017, afin de garantir les impôts susmentionnés. 
Ces séquestres se fondaient sur l’art. 271 al. 1 ch. 6 de la loi fédérale sur la 
poursuite pour dettes et la faillite du 11 avril 1889 (LP - RS 281.1). 

26)  Les ordonnances de séquestres et les commandements de payer en 

validation du séquestre ont été communiqués aux contribuables par voie édictale. 

Ces derniers y ont fait opposition. 

27)  Les ordonnances de séquestres sont entrées en force (arrêts du Tribunal 

fédéral 5A_510/2018, 5A_511/2018 et 5A_512/2018 du 26 septembre 2018). 

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28)  Par arrêts du 20 novembre 2018 (ACJC/1603/2018, ACJC/1604/2018, 

ACJC/1605/2018 et ACJC/1606/2018), la chambre civile a suspendu l’effet 
exécutoire accordé aux quatre jugements rendus par le Tribunal de première 

instance prononçant la mainlevée de l’opposition aux commandements de payer 
susmentionnés, considérant que, compte tenu de l’importance des montants 
litigieux, il était vraisemblable que la continuation des poursuites serait de nature 

à provoquer des difficultés financières pour les contribuables. 

29)  S'agissant des années 2015 et 2016, les contribuables ont été taxés d’office, 
n’ayant pas renvoyé leurs déclarations fiscales dans les délais prescrits. 

30)  Après avoir reçu leurs bordereaux 2015, ils ont remis une déclaration 

fiscale. 

31)  Le 4 août 2017, les contribuables ont élevé réclamation à l’encontre de leur 
taxation 2016. Il y avait lieu de tenir compte de leur situation patrimoniale sur le 

plan mondial, ainsi que de leurs dettes fiscales en Suisse, confirmées par le 

Tribunal fédéral. Au 31 décembre 2015, celles-ci s’élevaient à CHF 86'202'807.- 
pour M. A______ et à CHF 60'748'536.- pour son épouse, intérêts en sus. Pour 

l’année 2015, ils demandaient la prise en considération de la fortune et des 
revenus sis hors canton, ressortant de leur déclaration fiscale indonésienne qu’ils 
joignaient. 

32)  Par pli du 18 octobre 2017 adressé à l’AFC-GE, les contribuables ont 
exposé que les déclarations fiscales suisse et indonésienne 2015 faisaient 

apparaître une fortune de CHF 20'681'606.-, alors que les dettes 

« solidaires » s’établissaient à CHF 117'556'665.-. Ils n’étaient ainsi pas en 
mesure de faire face à leurs obligations financières, à savoir à leurs dettes fiscales 

excédant CHF 86'000'000.- et aux intérêts y afférents, de sorte qu’ils se trouvaient 
en situation d’insolvabilité. En conséquence, l’AFC-GE aurait déjà dû émettre une 
décision fixant la part d’impôt due pour chacun des époux. 

33)  Par pli du 18 janvier 2018, les contribuables ont invité l’AFC-GE à donner 
suite à leur requête du 18 octobre précédent. 

34)  Par décision du 8 février 2018, l’AFC-GE a rejeté la demande de répartition, 
pour le motif que les précités n’avaient pas établi qu’ils se trouvaient en situation 
d’insolvabilité. Les pièces remises ne permettaient pas d’attester de leur incapacité 
durable de remplir leurs obligations financières. 

35)  Les contribuables ont élevé réclamation à l’encontre de cette décision, par 
lettre du 15 mars 2018. 

  Selon le rapport de la DAPE, l’ensemble des éléments imposables du couple 
avait été attribué à M. A______, hormis ceux relatifs à l’immeuble de B______. 
L’AFC-GE était au courant de leur situation d’insolvabilité depuis 2016, à la suite 

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du recours ayant donné lieu à l’arrêt du Tribunal fédéral 2C_32/2016. Ils avaient 
remis une « due diligence » mondiale de leurs actifs. 

  Les 4 août et 18 octobre 2017, ils avaient établi leur situation 

d’insolvabilité. Par ailleurs, compte tenu de la situation économique précaire 
prévalant en Indonésie, la valeur de leurs actifs s’était dépréciée. Leurs dettes 
indonésiennes se montaient à l’équivalent de CHF 157'650'000.-, auxquelles 
s’ajoutaient les prétentions de l’AFC-GE s'élevant à plus de CHF 86'000'000.-, 
alors que leurs actifs équivalaient à quelque CHF 90'000'000-. Ils ne pourraient 

ainsi jamais faire face à leurs obligations. 

36)  Le 30 avril 2018, les contribuables ont complété leur réclamation en 

concluant, préalablement, à la suspension des procédures de poursuites en lien 

avec les impôts 2000 à 2006 et, principalement, à ce que l’AFC-GE procède à la 
répartition des éléments imposables entre les époux. 

  Ils ont produit un « due diligence opinion addenda » datée du même jour, 

établie par une étude d’avocats de Jakarta, qui évaluait les actifs de M. A______ à 
USD 17'925'643.-. Ses principales dettes, envers les sociétés C______ Ldt 

(ci-après : C______ Ltd) et D______ (ci-après : D______), totalisaient environ 

USD 165'821'774.-. Dès lors, ses actifs présentaient un solde négatif de 

USD 147'896'131.-, sans compter leurs dettes fiscales pour les années 2000 à 

2006, qui s'élevaient, pour M. A______ et pour son épouse, à respectivement 

CHF 130'000'000.- et à CHF 92'000'000.- environ, y compris les intérêts. Par 

ailleurs, si l’on défalquait des actifs de M. A______ la valeur des biens 
immobiliers singapouriens et suisses, propriétés de son épouse, le solde débiteur 

était porté à CHF 292'661'426.-, respectivement à CHF 237'825'097.- pour son 

épouse. Ils faisaient par ailleurs l’objet de nombreuses poursuites pour dettes en 
Suisse. 

  Leurs revenus de l’année 2016 se chiffrant à CHF 100’155.-, ils étaient 
incapables de faire face à leurs engagements financiers, et ils devaient être 

considérés comme insolvables, ne répondant plus solidairement des impôts dus. 

37)  Par décision du 13 novembre 2018, l’AFC-GE a rejeté la réclamation, au 
motif que les contribuables n’avaient pas démontré qu’ils se trouvaient en 
situation d’insolvabilité. 

  Le « due diligence opinion addenda » et leur déclaration fiscale 

indonésienne ne constituaient pas des éléments de preuve suffisants. Ils n’avaient 
produit aucun acte de défaut de biens les concernant, ni aucune pièce établissant 

l’existence d’une faillite ou d’un concordat par abandon d’actifs. Leurs seules 
poursuites, hormis celles émanant de l’AFC-GE, portaient sur de faibles montants 
et se rapportaient à leur villa de B______, qui n’était gagée qu’à concurrence de 

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CHF 1'600'000.-, alors qu’elle avait été estimée à une valeur oscillant entre 
CHF 12'000'000.- et CHF 23'000'000.-. 

  En outre, ils ne faisaient pas état d’hypothèques grevant leur immeuble sis 
au Royaume-Uni. La prétendue diminution de valeur d’actifs mondiaux d’un 
richissime homme d’affaires ne saurait être assimilée à une situation de 
surendettement. En 2017, le magazine Forbes avait classé M. A______ au 

35ème rang des personnes les plus riches d’Indonésie. Les contribuables étaient 
toujours représentés par des avocats réputés, qui fonctionnaient peu probablement 

à découvert. 

  Dans ses arrêts du 10 avril 2018 (5A_30/2018, 5A_31/2018 et 

5A_32/2018), le Tribunal fédéral avait globalement retenu que les époux 

n’avaient nullement démontré leur situation d’insolvabilité. 

38)  Par acte du 14 décembre 2018, les contribuables ont interjeté recours devant 

le TAPI à l’encontre de la décision du 13 novembre 2017, concluant, 
principalement, à l’annulation de la décision entreprise, des bordereaux 
d’ICC 2000 à 2006 et d’IFD 2001 à 2006 ainsi qu’à l’ouverture d’une procédure 
de répartition des éléments imposables des époux. Subsidiairement, ils ont conclu 

à l’annulation de la décision attaquée et des bordereaux susmentionnés, en tant 
que Mme A______ ne devait être imposée que sur l’immeuble de B______, et à 
l’émission de nouveaux bordereaux. 

  Selon leur déclaration fiscale indonésienne pour l’année 2017, les actifs de 
M. A______, d’une valeur de quelques millions de francs suisses, ne couvraient 
de loin pas leurs dettes se chiffrant à plus de CHF 300'000'000.-, à savoir 

CHF 157'650'000.- auxquels s’ajoutaient des dettes fiscales et intérêts de 
respectivement CHF 86'000'000.- et CHF 50'000'000.-. Les actifs de son épouse 

étaient valorisés à CHF 20'000'000.-, tandis que ses dettes s’établissaient à 
CHF 220'000'000.-. Les contribuables étaient dès lors manifestement en situation 

d’insolvabilité.  

  Ils étaient par ailleurs endettés auprès des sociétés indonésiennes D______ 

et C______ Ltd, ainsi que des créanciers suisses, tels que des entreprises de 

réparation ou d’entretien, en lien avec leur immeuble de B______, ou encore des 
avocats. 

39)  Par jugement du 24 juin 2019, le TAPI a rejeté le recours. 

  Il découlait de leurs déclarations fiscales indonésiennes 2015 et 2016 que les 

dettes des contribuables excédaient leurs actifs de plusieurs dizaines de millions 

de CHF. Cela étant, ils n'avaient produit aucun justificatif relatif à la seule dette 

dont ils se prévalaient encore dans leur déclaration fiscale indonésienne 2016, à 

savoir la créance de C______ Ltd à leur encontre, dont l'existence paraissait au 

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demeurant douteuse. En effet, le 25 avril 2018, C______ Ltd – qui avait des 
rapports de proximité avec le contribuable – avait attesté qu'outre ses liquidités, 
son seul actif se composait d'une participation dans la société canadienne 

E______, n'indiquant aucunement qu'elle serait titulaire d'une créance à l'encontre 

des contribuables. Ceux-ci n'avaient dès lors pas démontré se trouver de manière 

durable en situation d'insolvabilité. 

40)  Par acte posté le 29 juillet 2019, les contribuables ont interjeté recours 

auprès de la chambre administrative contre le jugement précité, concluant 

préalablement à l'octroi de mesures provisionnelles, à savoir qu'interdiction soit 

faite à l'office des poursuites (ci-après : OP) de prendre quelque mesure que ce 

soit à l'encontre des contribuables, et principalement à l'annulation du jugement 

attaqué et à ce que soit ordonnée l'ouverture de la procédure de répartition des 

éléments imposables entre époux s'agissant de l'ICC 2000 à 2006 et de l'IFD 2001 

à 2006. 

  La procédure devait être renvoyée au TAPI, qui n’avait pas pris en compte 
une demande du 21 juin 2019 dans laquelle ils avaient fait valoir leur séparation 

de fait au titre de deuxième motif d’ouverture de la procédure de séparation des 
éléments imposables entre époux.  

  Ils avaient établi de manière détaillée leur insolvabilité et il incombait à 

l’AFC-GE et au TAPI de formuler toute demande de renseignements 
complémentaires nécessaire eu égard aux garanties fondamentales d’une 
procédure équitable et du droit d’être entendu. 

  Le TAPI avait retenu à tort qu’ils n’auraient pas renversé la présomption 
établie par le rapport de la DAPE du 24 mars 2009 quant à leur situation 

financière. Il n’incombait pas au justiciable de prouver un fait négatif.  

  Le TAPI avait retenu à tort que l’attestation des administrateurs de la société 
C______ Ltd du 25 avril 2018 était douteuse. S’il existait un doute sur la valeur 
actuelle de la société malgré les pièces produites, le TAPI aurait dû instruire ou 

renvoyer la cause à l’AFC-GE pour examiner plus en détail la structure des actifs 
de la société. Les pertes sur investissements et réductions de capital d’E______ 
n’avaient à tort pas été pris en compte, selon le même raisonnement que celui fait 
pour C______ Ltd. La créance de la société D______ n’avait à tort pas été prise 
en compte en violation de leur droit d’être entendu. 

  La preuve du sauvetage de la société F______ du frère du contribuable était 

donnée par une appréciation logique des faits notoires ou non contestés. Seul le 

contribuable pouvait rembourser cette créance. 

  Il était notoire que le contribuable avait financé de nombreuses œuvres 
caritatives jusqu’à ce que sa situation financière se détériore. 

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  C’est à tort que le TAPI n’avait pas admis comme preuve les déclarations 
fiscales indonésiennes 2015 et 2016 ainsi que la « due diligence opinion » pour 

admettre la créance de C______ Ltd.  

  Ni l’un ni l’autre n’avait de biens et d’avoirs suffisants pour couvrir ne 
serait-ce que les deux tiers du total des dettes. Les époux étaient chacun en 

situation de surendettement complet. Huit titres de créances privées portant sur un 

montant total d’environ CHF 400'000.- n’avaient pas été pris en compte Ils étaient 
criblés de dettes à l’égard de créanciers privés, de leurs sociétés, de l’agence qui 
avait succédé à G______ et du fisc suisse pour près de soixante fois la valeur des 

actifs du recourant, respectivement plus de dix fois s’agissant de la recourante. 

41)  Le 12 août 2019, le TAPI a transmis son dossier sans formuler 

d’observations. 

42)  Le 23 août 2019, l'AFC-GE a conclu à l'irrecevabilité de la demande de 

mesures provisionnelles. 

43)  Par décision du 19 septembre 2019, la chambre administrative a déclaré la 

demande de mesures provisionnelles irrecevable pour raison de compétence. 

44)  Le 20 septembre 2019 l’AFC-GE a répondu au recours en concluant à son 
rejet. 

  Les 29 juillet et 28 août 2019, les contribuables avaient demandé à 

l’AFC-GE de statuer en tenant compte de leur séparation de fait. Le jugement du 
TAPI était antérieur à ces faits et il n’y avait donc pas lieu de renvoyer la cause à 
celui-ci, le droit d’être entendu des contribuables n’ayant pas été violé.  

45)  Par observations spontanées du 30 septembre 2019, les recourants ont 

déposé le courrier adressé le même jour à l’AFC-GE et ses annexes valant 
addenda à la demande d’ouverture de la procédure de répartition des éléments 
imposables entre époux au motif de leur séparation de fait et de leur divorce. Une 

requête en divorce avait été déposée par le contribuable le 23 septembre 2019.  

46)  Le 22 novembre 2019, l’AFC-GE a déposé des observations. En se 
prévalant à un stade aussi tardif de la procédure de leur séparation de fait, les 

recourants tentaient de créer une situation qui avait pour seule finalité d’échapper 
aux impôts qu’ils devaient selon l’arrêt du Tribunal fédéral du 24 novembre 2016 
devenu définitif. 

  La séparation de fait alléguée datait de juin 2018 et n’avait pas été invoquée 
dans les actes antérieurs. Tant la convention de mesures protectrices de l’union 
conjugale que la requête en divorce ne constituaient pas des éléments suffisants 

pour attester de la séparation de fait. De plus, même si un jugement de divorce 

- 11/18 - 

A/4487/2018 

devait être rendu, il faudrait encore qu’il ne viole pas l’ordre public suisse pour 
pouvoir être reconnu, ce qui n’était pas établi. 

  Plusieurs vidéos et photographies recueillies sur internet témoignaient du 

fait que même après leur séparation alléguée, les recourants s’affichaient 
publiquement comme un couple.  

  L’AFC-GE concluait à l’irrecevabilité de toutes les pièces non traduites en 
français ou traduites de manière libre et partielle ou encore d’origine non précisée.  

47)  Le 22 novembre 2019, les recourants ont déposé des observations. 

  Le courrier annonçant la séparation de fait avait été déposé à la Poste le 

21 juin 2019 et reçu par le TAPI le matin du 25 juin 2019. Ces nova auraient dû 

être prises en compte ou alors traitées comme une demande de révision.  

  L’AFC-GE étant entrée en matière pour instruire la séparation de fait des 
recourants, la chambre pourrait décliner sa compétence sous cet angle pour 

préserver un maximum de degrés de juridictions. 

48)  Le 10 janvier 2020, les recourants se sont déterminés sur les observations de 

l’AFC-GE. 

  Leur divorce avait été prononcé le 2 décembre 2019 et était entré en force le 

17 décembre 2019.  

  Les questions de traduction soulevées par l’AFC-GE relevaient d’un 
formalisme excessif.  

49)  Le 31 janvier 2020, les recourants ont déposé les originaux du jugement de 

divorce, sa traduction anglaise jurée du 2 janvier 2020 et sa traduction officielle 

française du 28 janvier 2020, les originaux devant être récupérés le 

11 février 2020.  

50)  Le 28 février 2020, l’AFC-GE a déposé des observations. 

  Le jugement de divorce produit n’était pas muni d’un sceau officiel. Il 
ressortait des nombreuses photographies et vidéos disponibles sur internet, 

postérieures à leur séparation alléguée, que les recourants étaient toujours en 

couple aussi bien dans leur vie publique que privée, notamment le 

23 janvier 2020, lors de leur anniversaire de mariage. 

  L’insolvabilité prétendue était encore contredite par des articles de presse 
des 18 décembre 2019 et 6 janvier 2020, lesquels portaient sur le projet de 

construction d’une nouvelle capitale indonésienne sur des terrains de 42'000 et de 
173'400 hectares, propriétés du recourant.  

- 12/18 - 

A/4487/2018 

51)  Le 15 mai 2020, les recourants ont répliqué. 

  Le 21 février 2020, l’AFC-GE avait rejeté leur demande d’ouverture de la 
procédure de répartition des éléments imposables au motif que leur séparation 

n’était pas avérée. Le 9 avril 2020, l’AFC-GE avait rejeté leur réclamation pour le 
même motif. Ils avaient déposé un recours auprès du TAPI. 

  Il était notoire que la recourante était une fervente catholique pratiquante 

pour qui le mariage ne pouvait être dissous que par la mort. En conséquence, elle 

s’estimait probablement encore mariée sans préjudice de son état civil. Elle avait 
contraint le recourant à apparaître avec elle lors de divers événements publics 

après leur séparation de fait.  

52)  Les parties ont été informées le 22 mai 2020 que la cause était gardée à 

juger. 

EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 

recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - 

LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 

12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2)  Il convient de déterminer l’objet du litige.  

 a.  L'objet du litige est principalement défini par l'objet du recours (ou objet de 

la contestation), les conclusions du recourant et, accessoirement, par les griefs ou 

motifs qu'il invoque. L'objet du litige correspond objectivement à l'objet de la 

décision attaquée, qui délimite son cadre matériel admissible (ATF 136 V 362 

consid. 3.4 et 4.2 ; arrêt du Tribunal fédéral 2C_581/2010 du 28 mars 2011 

consid. 1.5 ; ATA/71/2018 du 23 janvier 2018).  

 b.  Selon l’art. 68 LPA, le recourant peut invoquer des motifs, des faits et des 
moyens de preuve nouveaux qui ne l’ont pas été dans les précédentes procédures, 
sauf exception prévue par la loi. A contrario, cette disposition ne permet pas au 

recourant de prendre des conclusions qui n’auraient pas été formées devant 
l’autorité de première instance.  

  Selon la jurisprudence constante de la chambre de céans, l’objet d’une 
procédure administrative ne peut pas s’étendre ni se modifier qualitativement au 
fil des instances. Il peut uniquement se réduire, dans la mesure où certains 

éléments de la décision attaquée ne sont plus contestés devant l’autorité de recours 
(ATA/239/2016 du 15 mars 2016 et les références citées). Si un recourant est libre 

de contester tout ou partie de la décision attaquée, il ne peut pas prendre, dans son 

- 13/18 - 

A/4487/2018 

mémoire de recours, des conclusions qui sortent du cadre des questions qui ont été 

traitées dans la procédure antérieure. Quant à l’autorité de recours, elle n’examine 
pas les prétentions et les griefs qui n’ont pas fait l’objet du prononcé de l’instance 
inférieure, sous peine de détourner sa mission de contrôle, de violer la compétence 

fonctionnelle de cette autorité-ci, d’enfreindre le principe de l’épuisement des 
voies de droit préalables et, en définitive, de priver les parties d’un degré de 
juridiction (ATA/648/2016 du 26 juin 2016 ; Benoît BOVAY, Procédure 

administrative, 2ème éd., 2015, p. 558 et les références citées). 

 c. Conformément à l'art. 54 loi de procédure fiscale du 4 octobre 2001 

(LPFisc - D 3 17), la chambre administrative peut à nouveau déterminer tous les 

éléments imposables et, après avoir entendu le contribuable, elle peut également 

modifier la taxation au désavantage de ce dernier. Il s'agit d'une norme spéciale 

qui déroge à la réglementation du pouvoir de décision régi par l'art. 69 al. 1 LPA. 

En effet, l'art. 54 LPFisc permet à la chambre administrative d'aller au-delà des 

conclusions des parties, éventuellement au désavantage du contribuable, 

indépendamment des motifs invoqués.  

  Toutefois, la reformatio in pejus, comme la reformatio in melius, doivent 

respecter le cadre strict de l'objet du litige tel qu'il résulte des moyens soulevés par 

les parties (ATA/71/2018 précité consid. 13c ; Benoît BOVAY, op. cit., 

p. 610-611). 

 d. En l’espèce, la procédure concerne le rejet de l’AFC-GE, par décision du 
8 février 2018, d’une demande de répartition des impôts dus, en raison d’une 
incapacité durable de remplir leurs obligations financières. Cette décision a été 

confirmée sur réclamation le 13 novembre 2018 puis le 24 juin 2019 par le TAPI. 

  Dans un deuxième temps, les contribuables ont déposé le 

30 septembre 2019, à l’AFC-GE, une seconde requête de répartition des impôts 
dus par chacun des époux au motif d’une séparation de fait. Cette requête a été 
refusée par décision de l’AFC-GE du 21 février 2020, confirmée sur réclamation 
le 9 avril 2020 et fait actuellement l’objet d’une procédure de recours auprès du 
TAPI.  

  Parallèlement, les recourants ont informé le TAPI par envoi du 21 juin 2019 

de l’existence d’un second et nouveau motif de rupture de la solidarité entre 
époux. Ils font valoir dans leur recours que leur séparation, qu’ils avaient faite 
valoir avant le jugement, aurait dû être prise en compte par le TAPI dans son 

jugement. 

  Il appert ainsi que les conséquences éventuelles de la séparation de fait des 

contribuables, laquelle a fait l’objet d’une seconde requête de la part des 
contribuables et d’une seconde décision de l’AFC-GE sont exorbitantes au litige, 
et c’est donc à juste titre que le TAPI ne les a pas examinées, sans qu’il soit 

- 14/18 - 

A/4487/2018 

encore nécessaire de savoir si la séparation de fait a été annoncée dans les délais 

fixés par le TAPI (art. 75 LPA). 

  Le grief des recourants doit ainsi être écarté, et il découle de ce qui précède 

que l’objet du litige est le refus de l’AFC-GE, confirmé par le TAPI, de considérer 
comme remplie la condition de l’insolvabilité des contribuables. 

3)  Les recourants font grief au TAPI et à l’AFC-GE de ne pas avoir admis que 
leur situation réalisait la condition d’insolvabilité, au sens des art. 13 al. 1 de la loi 
fédérale sur l’impôt fédéral direct du 14 décembre 1990 (LIFD - RS 642.11) et 
12 al. 1 de la loi sur l'imposition des personnes physiques - objet de l'impôt – 
assujettissement à l'impôt (aLIPP-I) du 22 septembre 2000, dont la teneur est 

identique, applicables en l’espèces, le litige concernant les taxations IFD 2001 à 
2006 et ICC 2000 à 2006. 

  Cette insolvabilité entraînerait la fin de la solidarité entre époux, laquelle 

implique qu’ils soient considérés comme des débiteurs solidaires passifs, 
répondant ainsi chacun pour l’entier de la dette (arrêt du Tribunal fédéral 
2C_58/2015 et 2C_59/2015 du 23 octobre 2015, consid. 5.1). 

 a. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, l’insolvabilité doit être reconnue 
dès l’instant où sont établis des éléments qui attestent de l’incapacité durable du 
débiteur de remplir ses obligations financières, par exemple, un surendettement 

complet, l’existence d’actes de défaut de biens (à tout le moins définitifs), 
l’ouverture de la faillite ou la conclusion d’un concordat par abandon d’actifs 
(arrêts du Tribunal fédéral 2C_58/2015 et 2C_59/2015 précités, consid. 5.2 ; 

2C_709/2008 du 2 avril 2009 consid. 4.2).  

 b. Selon la directive de l’administration fédérale des contributions AFC, 
circulaire no 30 du 21 décembre 2010 (2ème éd.), l’insolvabilité doit être reconnue 
si des caractéristiques concluantes sont prouvées, qui attestent de l’incapacité 
durable du débiteur de remplir ses obligations financières. Un renvoi à la pratique 

et aux commentaires de doctrine relatifs aux art. 83 de la loi fédérale complétant 

le Code civil suisse du 30 mars 1911 (Livre cinquième : Droit des obligations - 

CO - RS 220) et 897 du Code civil suisse du 10 décembre 1907 (CC - RS 210) est 

fait.  

 c. L’insolvabilité est reconnue si le débiteur est dans l’incapacité durable de 
régler ses dettes exigibles ; en d’autres termes, il ne doit plus être à même de 
désintéresser ses créanciers dans un avenir prévisible. Tel est le cas, par exemple 

lorsque le débiteur tombe en faillite ou demande un sursis concordataire, ou 

encore, en principe, lorsqu’il ferme ses guichets, refuse sans raison de régler ses 
dettes ou met abruptement un terme à son exploitation (Bénédict FOËX, 

Commentaire romand - Code civil II, ad. Art. 897 CC n. 2).  

- 15/18 - 

A/4487/2018 

 d. Selon la jurisprudence constante de la chambre de céans, le débiteur est 

insolvable lorsqu’il ne dispose pas de moyens liquides suffisants pour s’acquitter 
de ses dettes exigibles. Cet état ne doit toutefois pas être passager (ATA/260/2013 

du 23 avril 2013). Il y aura insolvabilité notamment en cas de faillite, concordat 

ou saisie infructueuse. Seul celui dont l’insolvabilité s’est étendue sur certaines 
périodes sans qu’il ait pu redresser sa situation financière et amortir régulièrement 
ses dettes doit être considéré comme insolvable (ATA/1458/2017 du 

31 octobre 2017). 

4)  La maxime inquisitoire est applicable à la détermination de la dette fiscale. 

L'administration fiscale supporte le fardeau de la preuve de l'existence d'éléments 

imposables et, selon un principe généralement admis en matière fiscale, il 

incombe à celui qui prétend à l'existence d'un fait de nature à éteindre ou à 

diminuer sa dette fiscale d'en apporter la preuve et de supporter les conséquences 

de l'échec de cette preuve (ATF 133 II 153 consid. 4.3 ; ATA/223/2020 du 

25 février 2020 consid. 6). 

  La preuve de l’insolvabilité en tant que fait de nature à diminuer ou à 
éteindre la dette fiscale revient à l’époux qui invoque pareille situation afin de se 
soustraire à la responsabilité solidaire illimitée (arrêt du Tribunal fédéral 

2C_709/2008 précité consid. 4.3). 

  En l’espèce, il appartient donc aux recourants de prouver leur insolvabilité 
durable.  

5)  En vue d’apporter cette preuve, les recourants font valoir que les actifs dont 
ils disposent ne couvrent pas leurs dettes.  

  En premier lieu, il faut constater que les recourants n’ont jamais soulevé des 
problèmes d’endettement, notamment dans les procédures de taxation 2007 à 
2014. Or, ils allèguent aujourd’hui que leur situation financière s’est dégradée 
suite à la crise financière de 2008, dégradation encore aggravée entre 2014 et 

2016 au point d’être aujourd’hui insolvables et ce, depuis 2018 déjà. Cette 
situation découlerait notamment du financement entre 2009 et 2014 des 

campagnes électorales parlementaires de deux de leurs enfants ainsi que de celles 

du frère du recourant et de l’actuel président de l’Indonésie. Ils allèguent 
également que les sociétés du recourant n’ont plus aucune substance, dès lors qu’il 
n’existe ni actifs réalisables ou susceptibles de servir de sûretés, ni réserves 
pouvant faire l’objet d’une distribution et qu’elles étaient sur le point d’être 
liquidées.  

  Les documents produits, censés attester de cette situation, sont des états de 

la situation financière internationale (due diligence opinion du 11 janvier 2016 et 

son addenda du 30 avril 2018) établis par une étude d’avocats indonésienne. Le 
premier reprend les éléments de la déclaration d’impôts indonésienne de 2014 des 

- 16/18 - 

A/4487/2018 

recourants ainsi que de divers articles de presse et le second est « une mise à 

jour » du précédent avis.  

  À titre d’exemple, pour 2016, une seule dette figure dans la déclaration 
fiscale, à l’égard de C______ Ltd pour un montant de IDR 1'609'520'000'000.-, 
soit CHF 121'406'094.- (taux de change au 31 décembre 2016 de 

CHF 0.007543/IDR 100). Or cette société a attesté le 25 avril 2018 l’état de ses 
actifs, parmi lesquels la créance à l’égard du contribuable ne figure pas. En effet, 
le seul actif mentionné est constitué par les participations dans la société E______. 

  À l’égard de cette attestation, les recourants exposent qu’elle avait été 
rédigée par les administrateurs de C______ Ltd en vue d’établir leur solvabilité et 
qu’il ne se justifiait pas de mentionner la créance en question. De plus, en cas de 
doute, des mesures d’instruction auraient dû être prises pour clarifier la structure 
des actifs de la société. Les recourants perdent ainsi de vue qu’il leur appartient de 
prouver ces faits dont ils entendent tirer des conséquences, à savoir la réduction de 

leur dette fiscale. En outre, compte tenu des liens existants entre le recourant et la 

société C______ Ltd, comme cela avait déjà été relevé dans le rapport du DAPE, 

il était douteux que cette créance, si elle existait, donnerait lieu à un recouvrement 

forcé. Le même raisonnement doit être fait s’agissant des griefs soulevés 
concernant les sociétés E______ et D______. 

  Quant au grief concernant le montant de USD 420'000'000.- que le 

recourant allègue avoir payé pour sauver la société de son frère, il n’est pas 
possible de retenir que la preuve de cette dépense a été faite. En effet, les 

recourants estiment qu’une « appréciation logique de faits notoires » suffit, 
renvoyant à la « due diligence opinion », laquelle se fonde sur des articles de 

presse au sujet de diverses campagnes électorales. Les recourants retiennent 

également comme notoire le financement de nombreuses œuvres caritatives, 
rapporté par internet et la presse locale. 

  Or, s’agissant des faits dits notoires, le Tribunal fédéral a déjà précisé qu’en 
principe, s’agissant d’informations publiées sur internet, celles qui bénéficiaient 
d’une empreinte officielle, pouvaient être considérées comme notoires, tels qu’une 
inscription au registre du commerce ou un cours de change 

(ATF 143 IV 380 consid.1.1 ; arrêt du Tribunal fédéral 2C_569/2018 du 

27 mai 2019 consid. 3.2).  

  Ainsi, s’il fallait adopter la définition des recourants, s’agissant des faits 
notoires, ceux-ci ne pourraient pas remettre en doute, comme ils le font, les 

publications du magazine Forbes qui mentionnent la fortune du recourant comme 

étant la 40ème fortune d’Indonésie et ayant de surcroît augmenté entre 2010 et 
2019, en contradiction totale avec leurs allégations, ou encore le fait que les 

terrains et les concessions dont ils disposent en Indonésie ne seraient pas valorisés 

en lien avec le déplacement de la capitale, comme la presse s’en est fait l’écho.  

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  Concernant leur situation d’endettement telle qu’elle ressort de l’extrait du 
registre des poursuites de l’OP du 5 février 2019, il appert qu’aucun acte de défaut 
de biens ni aucune faillite n’a été enregistrée.  

  En comparant cet extrait avec celui du 7 février 2018, deux créances pour un 

montant total d’environ CHF 10'000.- ont été payées (H______ SA et I______ 
SA) et deux autres poursuites, qui apparaissaient dans l’extrait de 2018, ont été 
retirées pour un montant d’environ CHF 86'000.- (J______ et garage 
K______ SA). 

  Au vu de ce qui précède, il n’est dès lors pas possible de retenir que la 
preuve d’une situation d’insolvabilité durable, telle que requise par 
l’art. 13 al. 1 1ère phr. LIFD a été fournie en l’espèce. 

  En conséquence, le recours sera rejeté. 

6)  Vu l’issue du litige, un émolument de CHF 3'000.- sera mis à la charge 
solidaire de Madame et Monsieur A______ (art. 87 al. 1 LPA), et il ne sera alloué 

aucune indemnité de procédure (art. 87 al. 2 LPA). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 29 juillet 2019 par Madame et 

Monsieur A______ contre le jugement du Tribunal administratif de première instance 

du 24 juin 2019 ; 

au fond : 

le rejette ; 

met un émolument de CHF 3'000.- à la charge solidaire de Madame et 

Monsieur A______ ; 

dit qu’il n’est pas alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 

2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 

suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 

de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 

- 18/18 - 

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de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 

au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 

conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 

invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l'envoi ; 

communique le présent arrêt à Mes Michel Cabaj et Thierry Ador, avocats des 

recourants, à l'administration fiscale cantonale, à l'administration fédérale des 

contributions ainsi qu'au Tribunal administratif de première instance. 

Siégeant : Mme Krauskopf, présidente, M. Verniory, Mme Payot Zen-Ruffinen, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

S. Hüsler Enz 
 

 la présidente siégeant : 
 
 

F. Krauskopf 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :