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**Case Identifier:** 2427bd92-6d7d-5c65-82a9-1186670baf8b
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2021-06-28
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 28.06.2021 A-6038/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_A-6038-2020_2021-06-28.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour I 

A-6038/2020 

 
 

  A r r ê t  d u  2 8  j u i n  2 0 2 1  

Composition 
 Jérôme Candrian (président du collège),  

Christine Ackermann, Jürg Marcel Tiefenthal, juges, 

Manon Progin, greffière. 
 

 
 

Parties 
 1. A._______,  

2. B._______,  

tous deux représentés par  

Maître Jean-Christophe Diserens,  

Kellerhals Carrard Lausanne/Sion SA,  

3. X._______ SA,  

représentée par  

Maître Amédée Kasser,  

Kasser Schlosser avocats,  

recourants,  

 
 

 
contre 

 
 Commission fédérale d’estimation (…),  

autorité inférieure.  

 
 

 
 

Objet 
 Déni de justice/retard injustifié. 

A-6038/2020 

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Faits : 

A.  

A.a Par courrier commun du 6 octobre 2017, conformément à une conven-

tion passée entre eux, A._______ et B._______, d’une part, ainsi que 

X._______ SA, d’autre part (tous les trois ci-après : les requérants), agis-

sant par l’intermédiaire de leur mandataire respectif, ont saisi la Commis-

sion fédérale d’estimation (…) (ci-après : la CFE) pour qu’elle statue sur le 

montant de l’éventuelle indemnité complémentaire due par X._______ SA 

à A._______ et B._______ au titre des entraves causées par une servitude 

personnelle constituée par ces derniers en faveur de X._______ SA.  

A.b N’ayant pas obtenu de réponse de la part de cette dernière, les requé-

rants lui ont adressé des courriers de relance le 14 novembre 2017 et le 

18 janvier 2018.  

A.c Suite à un échange de courriels, le Président de la CFE a finalement 

organisé une séance préliminaire qui s’est tenue le 25 juin 2018 et lors de 

laquelle il s’est interrogé sur sa compétence pour connaître de la cause qui 

lui était soumise. A l’issue de cette séance, des délais ont été impartis aux 

requérants pour déposer un exposé motivé des faits destiné notamment à 

établir la compétence de la CFE.  

Les requérants ont procédé dans les délais impartis. 

A.d La procédure n’ayant connu aucun développement dans l’intervalle, 

les requérants ont adressé des courriers de relance à la CFE le 28 jan-

vier 2019, le 11 avril 2019, le 21 août 2019 et le 19 décembre 2019. Toutes 

ces missives sont restées sans réponse.  

En parallèle, les requérants ont également tenté de contacter le Président 

de la CFE par téléphone le 28 mai 2019, le 17 octobre 2019, le 21 no-

vembre 2019, le 5 décembre 2019 et le 12 décembre 2019, sans succès.  

A.e Dans un courriel daté du 12 février 2020, le Président de la CFE a 

indiqué aux requérants qu’une décision serait notifiée avant le 

15 mars 2020.  

Cette indication n’a toutefois été suivie d’aucun effet.  

A.f Un ultime courriel de relance a été adressé par les requérants au Pré-

sident de la CFE en date du 7 mai 2020.  

A-6038/2020 

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B.  

B.a Le 12 août 2020, A._______ et B._______, conjointement à 

X._______ SA (tous les trois ci-après : les plaignants), ont saisi le Tribunal 

administratif fédéral, en sa qualité d’autorité de surveillance des commis-

sions fédérales d’expropriation (ci-après aussi : l’autorité de surveillance 

au sein du Tribunal administratif fédéral), d’une plainte à l’encontre de la 

CFE et de son Président.  

Ils ont invoqué que le comportement inexplicablement passif du Président 

de la CFE violait le principe de célérité et était constitutif d’un déni de justice 

formel.  

B.b Par courrier du 14 août 2020, l’autorité de surveillance au sein du Tri-

bunal administratif fédéral a indiqué aux plaignants que, lorsqu’une procé-

dure d’estimation ou d’expropriation est ouverte devant la CFE, la voie de 

la plainte à l’autorité de surveillance est subsidiaire par rapport à celle du 

recours pour déni de justice. Par conséquent, elle a informé les plaignants 

que le Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal) ouvrirait une pro-

cédure ordinaire de recours sans opposition de leur part dans un délai 

d’une semaine.  

B.c Par écriture du 21 août 2020, les plaignants se sont opposés à l’ouver-

ture d’une procédure ordinaire de recours, indiquant qu’ils avaient délibé-

rément saisi l’autorité de surveillance par la voie de la plainte et exclu la 

saisine du Tribunal par un recours pour déni de justice dans le but d’éviter 

des retards et des coûts supplémentaires. Ils ont requis de l’autorité de 

surveillance qu’elle interpelle le Président de la CFE sur les raisons des 

retards pris dans le dossier et qu’elle l’invite à indiquer le délai dans lequel 

la décision attendue serait rendue, subsidiairement qu’elle lui fixe un délai 

à cet effet.  

B.d Suite à des contacts téléphoniques avec les plaignants, l’autorité de 

surveillance au sein du Tribunal administratif fédéral a décidé de procéder 

à une inspection du (…) arrondissement. Ses tentatives de prise de contact 

avec le Président de la CFE sont toutefois restées vaines, de sorte qu’une 

inspection n’a pu avoir lieu.  

  

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C.  

C.a Par courrier du 24 novembre 2020, A._______ et B._______, conjoin-

tement à X._______ SA (tous les trois ci-après : les recourants), ont indi-

qué au Tribunal qu’il y avait lieu de considérer leur écriture du 12 août 2020 

comme un recours.  

C.b Par décision incidente du 8 décembre 2020, le Tribunal a ouvert la 

présente procédure de recours et imparti à la CFE (ci-après : l’autorité in-

férieure) un délai échéant le 29 décembre 2020 pour déposer sa réponse 

au recours et produire le dossier complet de la cause.  

C.c Le 13 janvier 2021, le Tribunal a constaté que l’autorité inférieure 

n’avait pas procédé dans le délai imparti au 29 décembre 2020 et lui a 

imparti un nouveau délai échéant le 1er février 2021 pour ce faire.  

C.d Par ordonnance du 4 mars 2021, le Tribunal a pris acte que l’autorité 

inférieure n’avait pas procédé dans le délai imparti au 1er février 2021 et lui 

a imparti un ultime délai échéant le 31 mars 2021 pour déposer sa réponse 

au recours et produire le dossier complet de la cause, l’invitant instamment 

à se conformer à ce délai. 

C.e Par ordonnance du 6 mai 2021, le Tribunal a pris acte que l’autorité 

inférieure n’avait pas procédé en la cause et a invité l’autorité de surveil-

lance au sein du Tribunal administratif fédéral, préalablement intervenue, 

à se déterminer à ce sujet.   

C.f Le 11 mai 2021, la Présidente de la Chambre 1 de la Cour I du Tribunal 

a indiqué que la surveillance des commissions fédérales d’estimation 

n’était plus du ressort du Tribunal administratif fédéral depuis le 1er jan-

vier 2021. Elle a également rappelé que l’intervention de l’autorité de sur-

veillance était subsidiaire par rapport à la voie ordinaire du recours mais 

que l’autorité de surveillance au sein du Tribunal administratif fédéral avait 

déjà exceptionnellement agi en amont dans la présente cause en essayant 

de prendre contact avec le Président de la CFE, sans succès.  

En tant que de besoin, les autres faits et arguments pertinents des recou-

rants seront examinés dans les considérants en droit ci-dessous.  

 

  

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Droit : 

1.  

1.1 La procédure de recours est régie par la loi fédérale du 20 dé-

cembre 1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021), à moins 

que la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 

173.32) n’en dispose autrement (cf. art. 37 LTAF). Le Tribunal examine 

d’office et librement sa compétence (cf. art. 7 al. 1 PA), ainsi que la rece-

vabilité des recours qui lui sont soumis. 

1.2 Conformément à l’art. 31 LTAF et sous réserve des exceptions prévues 

à l’art. 32 LTAF, non pertinentes en l’espèce, le Tribunal connaît des re-

cours contre les décisions au sens de l’art. 5 PA prises par les autorités 

mentionnées à l’art. 33 LTAF. Aux termes de l’art. 46a PA, le recours est 

également recevable si, sans en avoir le droit, l’autorité saisie s’abstient de 

rendre une décision sujette à recours ou tarde à le faire. Le recours pour 

déni de justice ou retard injustifié doit être adressé à l’autorité qui serait 

compétente pour connaître d’un recours dirigé contre la décision attendue 

(cf. notamment arrêt du Tribunal fédéral [TF] 2C_81/2009 du 26 mai 2009 

consid. 2.1 ; ATAF 2008/15 consid. 3.1.1 ; arrêts du Tribunal administratif 

fédéral [TAF] F-5906/2020 du 25 janvier 2021 ; A-4584/2019 du 13 dé-

cembre 2019 consid. 2.2.2 ; Message du 4 septembre 2001 concernant la 

révision totale de l’organisation judiciaire fédérale, FF 2001 4000 ss, 

p. 4206 ; MOSER/BEUSCH/KNEUBÜHLER, Prozessieren vor dem Bundesver-

waltungsgericht, 2ème éd. 2013, no 5.18 ; UHLMANN/WÄLLE-BÄR, in : Wald-

mann/Weissenberger [édit.], Praxiskommentar Verwaltungsverfa-

hrensgesetz, 2ème éd. 2016, art. 46a PA no 12).  

Conformément à l’art. 77 al. 1 de la loi fédérale du 20 juin 1930 sur l’expro-

priation (LEx, RS 711), les décisions de la commission d’estimation – qui 

est une autorité précédente au sens de l’art. 33 let. f LTAF – peuvent faire 

l’objet d’un recours devant le Tribunal administratif fédéral. Par consé-

quent, le Tribunal est compétent pour connaître d’un recours pour déni jus-

tice formé à l’encontre de l’autorité inférieure.  

1.3  

1.3.1 Un recours pour déni de justice ou retard injustifié n’est recevable 

que si la personne concernée a requis de l’autorité compétente qu’elle 

rende une décision et si elle a un droit au prononcé d’une décision (cf. 

ATAF 2010/53 consid. 1.2.3). Un tel droit existe lorsque, d’une part, une 

autorité est obligée, de par le droit applicable, d’agir en rendant une déci-

sion et que, d’autre part, la personne qui s’en prévaut a la qualité de partie 

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au sens de l’art. 6 PA en lien avec l’art. 48 al. 1 PA (cf. ATF 135 II 60 con-

sid. 3.1.2 ; ATAF 2016/20 consid. 3 ; MOSER/BEUSCH/KNEUBÜHLER, op. cit., 

no 5.20 ; UHLMANN/WÄLLE-BÄR, op. cit., art. 46a PA no 13). Si la personne 

qui a requis de l’autorité qu’elle rende une décision n’a pas la qualité de 

partie, l’autorité saisie doit rendre une décision d’irrecevabilité (cf. ATF 

130 II 521 consid. 2.5). De même, si une autorité s’estime incompétente 

pour statuer sur une requête, elle ne saurait restée inactive. Elle doit en 

principe d’abord vérifier si l’affaire peut être transmise à l’autorité compé-

tente (cf. art. 8 PA). Cependant, conformément à l’art. 9 al. 2 PA, lorsque 

le requérant requiert expressément le prononcé d’une décision et prétend 

que l’autorité saisie est compétente, celle-ci est tenue de rendre une déci-

sion d’irrecevabilité et de constater son incompétence (cf. ATAF 2009/1 

consid. 3 ; 2008/15 consid. 3.2 ; arrêts du TAF A-4584/2019 précité con-

sid. 1.3 ; A-6015/2018 du 14 novembre 2019 consid. 2.2.1 ; A-653/2019 du 

3 juillet 2019 consid. 2.1 ; MOSER/BEUSCH/KNEUBÜHLER, op. cit., no 5.24 ; 

THOMAS FLÜCKIGER, in : Waldmann/Weissenberger [édit.], Praxiskommen-

tar Verwaltungsverfahrensgesetz, 2ème éd. 2016, art. 9 PA nos 9 et 13).  

1.3.2 En l’espèce, les recourants ont saisi l’autorité inférieure d’une re-

quête commune le 6 octobre 2017. Par courriers du 21 août 2019 et du 

19 décembre 2019, ils ont ensuite expressément requis de l’autorité saisie 

qu’elle leur communique sa décision. Pour sa part, dans un courriel daté 

du 12 février 2020, l’autorité inférieure a indiqué qu’une décision serait no-

tifiée avant le 15 mars 2020, sans que cette annonce ne soit toutefois suivie 

d’effets.  

L’autorité inférieure a certes émis des doutes sur sa compétence pour con-

naître de la requête des recourants. Toutefois, conformément à la jurispru-

dence susmentionnée, même si elle s’estimait incompétente, elle était te-

nue de rendre une décision d’irrecevabilité constatant son incompétence, 

dès lors que les recourants avaient expressément requis le prononcé d’une 

décision (cf. art. 9 al. 2 PA). Par conséquent, force est d’admettre que ces 

derniers avaient un droit au prononcé d’une décision.  

1.4 Au surplus, aux termes de l’art. 50 al. 2 PA, le recours pour déni de 

justice ou retard injustifié peut être formé en tout temps. Déposé dans les 

formes prescrites par la loi (cf. art. 52 al. 1 PA), le recours du 12 août 2020 

est recevable quant à la forme, de sorte qu’il convient d’entrer en matière. 

 

  

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2.  

L’objet du litige consiste à déterminer si l’autorité inférieure était en droit de 

s’abstenir, jusqu’à ce jour, de rendre une décision sur la requête commune 

déposée le 6 octobre 2017 par les recourants. 

3.  

3.1 Aux termes de l’art. 29 al. 1 de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 

(Cst., RS 101), toute personne a droit, dans une procédure judiciaire ou 

administrative, à ce que sa cause soit jugée dans un délai raisonnable. 

Cette disposition consacre le principe de la célérité ou, en d’autres termes, 

prohibe le retard injustifié à statuer. L’autorité viole cette garantie constitu-

tionnelle et commet un déni de justice formel lorsqu’elle ne rend pas la 

décision qu’il lui incombe de prendre dans le délai prescrit par la loi ou dans 

un délai que la nature de l’affaire ainsi que toutes les autres circonstances 

font apparaître comme raisonnable (cf. ATF 144 I 318 consid. 7.1 ; 

131 V 407 consid. 1.1 ; 130 I 312 consid. 5.1). Entre autres critères sont 

notamment déterminants le degré de complexité de l’affaire, l’enjeu que 

revêt le litige pour l’intéressé, ainsi que le comportement de ce dernier et 

celui des autorités compétentes (cf. ATF 135 I 265 consid. 4.4 ; 130 I 312 

consid. 5.2 ; 125 V 188 consid. 2a).  

Le caractère raisonnable de la durée d’une procédure ne peut donc pas 

être fixé de manière absolue, mais doit être apprécié dans le cas d’espèce 

en tenant compte de toutes les circonstances et de l’ensemble de la pro-

cédure. Pour la personne concernée, il n’est pas important de savoir sur 

quels motifs est fondée la durée excessive de la procédure ; est unique-

ment déterminant le fait que l’autorité n’agit pas ou pas dans les délais (cf. 

arrêts du TAF A-3684/2013 du 13 mars 2014 consid. 4.2.1 ; C-8034/2008 

du 5 mars 2009 consid. 3).  

3.2 En l’espèce, au vu des circonstances, force est d’admettre que l’auto-

rité inférieure n’a pas agi dans un délai raisonnable. Elle a d’abord tardé à 

réagir à la requête déposée par les recourants en date du 6 octobre 2017, 

les courriers de relance envoyés par ces derniers le 14 novembre 2017 et 

le 18 janvier 2018 étant restés sans réponse. Certes, l’autorité inférieure a 

organisé une séance préliminaire qui s’est tenue le 25 juin 2018 et à l’issue 

de laquelle elle a imparti des délais aux recourants pour déposer un exposé 

motivé des faits. Cependant, quand bien même les recourants ont procédé 

dans les délais impartis, la procédure n’a connu aucun développement de-

puis lors. A intervalles réguliers, les recourants ont adressé des courriers 

de relance à l’autorité inférieure et ont tenté de joindre le Président de la 

CFE par téléphone, en vain. Finalement, plus de seize mois après le dépôt 

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des dernières écritures des recourants, l’autorité inférieure a, par courriel 

du 12 février 2020, informé ces derniers qu’une décision serait rendue 

avant le 15 mars 2020. Cette annonce n’a toutefois été suivie d’aucun effet 

et l’ultime courrier de relance des recourants du 7 mai 2020 n’a suscité 

aucune réaction de la part de l’autorité inférieure. Dans ces circonstances, 

il est manifeste que le comportement de l’autorité inférieure est constitutif 

d’un déni de justice formel, de sorte que le recours doit être admis. 

3.3 A cela s’ajoute que l’autorité inférieure est restée étrangement silen-

cieuse aux sollicitations de l’autorité de surveillance au sein du Tribunal 

administratif fédéral dans le cadre de la procédure ouverte suite à la plainte 

déposée par les recourants le 12 août 2020. De surcroît, dans le cadre de 

la procédure de recours devant le Tribunal de céans, l’autorité inférieure 

n’a donné aucune suite aux invitations répétées à déposer sa réponse au 

recours et à produire le dossier complet de la cause. Ce faisant, elle s’est 

rendue coupable d’une grave violation de l’obligation de collaborer qui lui 

incombait en vertu de l’art. 13 al. 1 PA et de l’art. 57 PA. Le silence de 

l’autorité inférieure a d’ailleurs empêché le Tribunal de mener l’instruction 

du recours. Ce comportement contraire au droit ne saurait être toléré et il 

convient de rappeler fermement l’autorité inférieure à ses devoirs procédu-

raux.   

4.  

Compte tenu de ce qui précède, le recours pour déni de justice doit être 

admis. Dans un tel cas, la cause est en principe renvoyée à l’autorité infé-

rieure et celle-ci invitée à statuer (cf. art. 61 al. 1 PA), de manière à ce que 

toutes les instances de recours soient préservées (cf. ATAF 2008/15 con-

sid. 3.1.2 ; arrêt du TAF A-3290/2011 du 29 septembre 2011 consid. 3 ; 

MOSER/BEUSCH/KNEUBÜHLER, op. cit., no 5.25). Partant, la cause sera ren-

voyée à l’autorité inférieure et celle-ci invitée à statuer sur la requête des 

recourants dans les plus brefs délais.  

5.  

La surveillance des commissions fédérales d’estimation a fait l’objet d’une 

nouvelle réglementation dans le cadre de la révision de la LEx, entrée en 

vigueur le 1er janvier 2021 (RO 2020 4085 ; FF 2018 4817). Conformément 

au nouvel art. 63 LEx, le Tribunal administratif fédéral assume les tâches 

et exerce les compétences suivantes : a. il assure la surveillance de la 

gestion administrative des commissions d’estimation et de leurs prési-

dents ; b. il peut demander des rapports ponctuels ou périodiques aux pré-

sidents et aux commissions ; c. il remplit les tâches visées aux art. 59ter et 

A-6038/2020 

Page 9 

59quater LEx ; d. il assure le versement des indemnités ou des rémunéra-

tions aux membres des commissions d’estimation et aux collaborateurs de 

leurs secrétariats. Aux termes de l’art. 59 al. 5 LEx, le Tribunal fédéral peut 

relever un membre d’une commission d’estimation de ses fonctions avant 

la fin de son mandat s’il a, intentionnellement ou en faisant preuve de né-

gligence grave, violé gravement ses devoirs de fonction (let. a), ou  s’il n’est 

durablement plus capable d’exercer sa fonction (let. b).  

Le présent arrêt sera ainsi communiqué au Tribunal fédéral au titre de sa 

compétence posée par l’art. 59 al. 5 LEx et au Tribunal administratif fédéral 

en sa qualité d’autorité de surveillance de la gestion administrative des 

commissions fédérales d’estimation (cf. art. 63 let. a LEx) et d’ancienne 

autorité de surveillance de l’autorité inférieure intervenue préalablement à 

la présente cause (cf. anc. art. 63 LEx).  

6.  

Demeure à trancher la question des frais et dépens.  

6.1 Conformément à l’art. 63 al. 1 PA, les frais de procédure, qui compren-

nent l’émolument judiciaire et les débours, sont mis à la charge de la partie 

qui succombe. Aucun frais de procédure n’est toutefois mis à la charge des 

autorités inférieures, ni des autorités fédérales recourantes et déboutées 

(cf. art. 63 al. 2 1ère phr. PA), de sorte qu’il n’est pas perçu de frais de pro-

cédure en l’espèce. Par conséquent, l’avance de frais de 1'500 francs ver-

sée par les recourants leur sera restituée dès l’entrée en force du présent 

arrêt. 

6.2 Selon l’art. 64 al. 1 PA et l’art. 7 du règlement du 21 février 2008 con-

cernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif 

fédéral (FITAF, RS 173.320.2), la partie qui obtient gain de cause a droit à 

des dépens pour les frais nécessaires causés par le litige. Les dépens 

comprennent les frais de représentation et les éventuels autres frais de la 

partie (art. 8 al. 1 FITAF). Conformément à l’art. 14 al. 2 FITAF, le Tribunal 

fixe les dépens sur la base de la note de frais déposée ou, à défaut, sur la 

base du dossier. En l’occurrence, les dépens seront fixés à 1'000 francs et 

seront mis à la charge de l’autorité inférieure. 

  

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Page 10 

 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours pour déni de justice est admis. 

2.  

La Commission fédérale d’estimation (…) est instamment invitée à statuer 

sur la requête des recourants du 6 octobre 2017.  

3.  

Il n’est pas perçu de frais de procédure. L’avance de frais de 1'500 francs 

versée par les recourants leur sera restituée dès l’entrée en force du pré-

sent arrêt.  

4.  

Une indemnité de dépens de 1'000 francs est allouée aux recourants, à la 

charge de l’autorité inférieure.   

5.  

Le présent arrêt est adressé : 

– aux recourants (acte judiciaire) 

– à l’autorité inférieure (acte judiciaire) 

– au Tribunal fédéral (recommandé) 

– au Tribunal administratif fédéral (courrier interne) 

 

L'indication des voies de droit se trouve à la page suivante. 

Le président du collège : La greffière : 

  

Jérôme Candrian Manon Progin 

  

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Indication des voies de droit : 

La présente décision peut être attaquée devant le Tribunal fédéral, 

1000 Lausanne 14, par la voie du recours en matière de droit public, dans 

les trente jours qui suivent la notification (art. 82 ss, 90 ss et 100 LTF). Ce 

délai est réputé observé si les mémoires sont remis au plus tard le dernier 

jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention de ce dernier, à La 

Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse 

(art. 48 al. 1 LTF). Le mémoire doit être rédigé dans une langue officielle, 

indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. 

La décision attaquée et les moyens de preuve doivent être joints au 

mémoire, pour autant qu'ils soient en mains de la partie recourante (art. 42 

LTF). 

 

Expédition :