# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 0dbb7535-8c29-5683-b31b-5d4e494bd562
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-04-22
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Strafkammer 22.04.2015 502 2015 63
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_005_502-2015-63_2015-04-22.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

502 2015 63

Arrêt du 22 avril 2015

Chambre pénale

Composition Président: Roland Henninger
Juges: Hubert Bugnon, Jérôme Delabays
Greffier: Alexandre Reymond

Parties A.________, recourante 

contre

MINISTÈRE PUBLIC, intimé

 

Objet Ordonnance de non-entrée en matière

Recours du 25 mars 2015 contre l’ordonnance du Ministère public du 
16 mars 2015

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considérant en fait

A. Le 18 janvier 2015 vers 22h20, B.________, née en 1940, est décédée à son domicile, 
après l’arrivée des secours. Après avoir effectué la levée de corps et un examen externe, le 
médecin du Centre universitaire romand de médecine légale (ci-après: CURML) a rendu un 
rapport concluant à une mort naturelle, écartant l’hypothèse d’une intervention d’un tiers.

B. Se fondant sur ce rapport et estimant qu’il n’y avait pas lieu d’ouvrir une instruction quant au 
décès de B.________, le Ministère public a rendu le 16 mars 2015 une ordonnance de non-entrée 
en matière.

C. Le 25 mars 2015 A.________ – fille de la défunte – a déposé un recours auprès de la 
Chambre pénale contre cette ordonnance de non-entrée en matière. Invité à se déterminer, le 
Ministère public s’est référé aux considérants de son ordonnance. 

en droit

1. a) En application des art. 310 al. 2, 322 al. 2 du Code de procédure pénale suisse du 
5 octobre 2007 (ci-après: CPP) et 85 al. 1 de la loi du 31 mai 2010 sur la justice (ci-après: LJ), la 
voie du recours à la Chambre pénale est ouverte contre une ordonnance de non-entrée en 
matière. Le délai de recours est de dix jours (art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP). En l’espèce, le 
respect de ce délai ne fait pas de doute, le recours ayant été déposé le 25 mars 2015.

b) La Chambre statue sans débats (art. 397 al. 1 CPP).

c) Selon l’art. 382 al. 1 CPP, toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à 
l’annulation ou à la modification d’une décision a qualité pour recourir contre celle-ci. La partie 
plaignante a la qualité pour recourir contre une décision de non-entrée en matière. Lorsque la 
victime entend recourir, elle doit s’être constituée partie plaignante selon l’art. 118 ss CPP 
(SCHMID, StPO Praxikommentar, Zurich/St-Gall 2009, Art. 382 N 5). Toutefois et en vertu du droit 
constitutionnel à être entendu (art. 29 al. 2 Cst.), le lésé et la victime ont la qualité pour recourir 
lorsque le recours intervient avant le dernier délai pour se constituer partie plaignante selon l’art. 
118 al. 3 CPP (TF arrêts 1B_298/2012, consid. 2.1 et 1B_646/2012, consid. 1.2; SCHMID, op.cit., 
Art. 382 N 5; MOREILLON/PAREIN-REYMOND, Petit commentaire CPP, Art. 382 N 5; CR CPP-
CALAME, Art. 382 N 11). 

La fille de la défunte est une proche de la victime au sens de l’art. 116 al. 2 CPP et 1 al. 2 LAVI 
(ATF 138 IV 186 / JdT 2013 IV 98, consid. 1.4.1). Comme elle ne s’est pas constituée partie 
plaignante, elle n’a en principe pas la qualité pour recourir. Or, lorsqu’une ordonnance de non-
entrée en matière est rendue, les parties ne sont pas nécessairement préalablement informées, si 
bien que la victime n’a pas eu l’opportunité de se constituer partie plaignante (SCHMID, op. cit., Art. 
310 N 7). En conséquence, la qualité pour recourir doit être admise.

d) Le recours doit être motivé (art. 396 al. 1 CPP) et indiquer précisément les motifs qui 
commandent une autre décision (art. 385 al. 1 let. b CPP). L’exigence de motivation englobe aussi 
celle de prendre des conclusions. Cela signifie que la partie recourante doit définir les 
modifications qui devraient être apportées à l’ordonnance attaquée et décrire les raisons qui 
justifieraient de telles modifications. La doctrine considère toutefois que, lorsque la partie n’est pas 

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représentée par un avocat, l’exigence de motivation est respectée si les conclusions peuvent être 
sans équivoque déduites de la motivation (BSK StPO-ZIEGLER, Art. 385 N 1). Le recourant doit en 
tout état de cause exposer concrètement et spécifiquement en quoi la décision qu’il attaque 
contrevient aux motifs dont il se prévaut (CR CPP-CALAME, Art. 386 N 21). Si le mémoire ne 
satisfait pas à ces exigences, l’autorité de recours le renvoie au recourant pour qu’il le complète 
dans un bref délai. Si, à l’expiration de ce délai supplémentaire, le mémoire ne satisfait toujours 
pas à ces exigences, l’autorité de recours n’entre pas en matière (art. 385 al. 2 CPP). Une telle 
possibilité ne peut toutefois être offerte au recourant que lorsque l’exposé de son mémoire de 
recours est insuffisant (BSK StPO-ZIEGLER, Art. 385 N 3) et que le défaut de motivation peut être 
facilement corrigé suite à l’indication donnée par l’autorité (DONATSCH/HANSJAKOB/LIEBER, 
Kommentar zur Schweizerischen Strafprozessordnung (StPO), Zurich/Bâle/Genève 2010, Art. 385 
N 3). Tel n’est pas le cas lorsque le recourant n’a même pas entamé la critique des motifs retenus 
par l’autorité intimée. L’autorité de recours n’a alors pas à fixer de délai supplémentaire et doit au 
contraire partir du principe que le recourant accepte la motivation présentée par cette dernière. 
L’autorité de deuxième instance n’a en effet pas à s’inquiéter du fait que le recourant présente une 
argumentation optimale (BSK StPO-ZIEGLER, Art. 385 N 4).

En l’espèce, la recourante se limite à prétendre qu’il est trop tôt pour que le Ministère public rende 
une ordonnance de non-entrée en matière, et qu’il devrait attendre d’avoir connaissance du 
dossier médical de la défunte. Or, le Ministère public a prononcé l’ordonnance de non-entrée en 
matière considérant que le rapport de police et les investigations médicales excluaient 
l’intervention d’un tiers dans le décès de B.________. La recourante ne remet en question ni les 
conclusions du CURML, ni l’absence d’intervention de tiers lors du décès de sa mère. Elle 
n’explique pas en quoi les faits énoncés apparaîtraient comme constitutifs d’une infraction pénale. 
Le recours ne répondant ainsi pas aux exigences minimales de motivation, il doit être déclaré 
irrecevable.

2. Eût-il été recevable que le recours aurait dû être rejeté. 

a) Selon l’art. 310 al. 1 let. a CPP, le Ministère public rend immédiatement une ordonnance 
de non-entrée en matière s’il ressort de la dénonciation ou du rapport de police que les éléments 
constitutifs de l’infraction ne sont manifestement pas réunis. Une ordonnance de non-entrée en 
matière doit être prononcée pour des motifs de fait ou de droit manifestes, c’est-à-dire lorsqu’il 
apparaît clairement que les faits ne sont pas punissables. En cas de doute, il convient d’ouvrir une 
instruction (ATF 137 IV 285 consid. 2.3 et références citées). Une ordonnance de non-entrée en 
matière peut également être rendue en cas d’absence de soupçon suffisant. L’on peut admettre 
que les éléments constitutifs de l’infraction ne sont manifestement pas réunis lorsque rien n’aurait 
jamais permis d’éveiller un soupçon ou bien lorsque le soupçon existant au début de la poursuite 
pénale a été complètement écarté. Le Ministère public ouvre en revanche une instruction lorsqu’il 
ressort du rapport de police, des dénonciations ou de ses propres constatations des soupçons 
suffisants laissant présumer qu’une infraction a été commise (art. 309 al. 1 let. a CPP). Les indices 
factuels de la commission d’une infraction nécessaires à l’ouverture d’une enquête pénale doivent 
être sérieux et de nature concrète. De simples rumeurs ou présomptions ne sont pas suffisantes. 
Une enquête ne doit pas être davantage engagée pour pouvoir acquérir un soupçon (TF arrêt 
6B_830/2013 du 10 décembre 2013 consid. 1.4; TC/FR arrêt 502 2014 217 du 12 décembre 2014 
consid. 2a).

b) Les motifs exposés par le Ministère public sont pertinents dès lors qu’il ne ressort 
d’aucune pièce du dossier des éléments susceptibles de fonder le soupçon selon lequel une 
quelconque infraction pourrait avoir été commise. 

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En l’espèce, rien ne laisse présumer qu’une infraction a été commise. En effet, le rapport du 
CURML conclut à un décès d’origine naturelle, sans mettre en évidence des éléments évoquant 
l’intervention d’une tierce personne dans le décès. Ce rapport n’est d’ailleurs nullement contesté 
par la recourante. Elle ne l’a certes obtenu que quelques jours avant que le Ministère public ne 
rende l’ordonnance de non-entrée en matière; mais alors qu’elle pouvait le contester dans son 
recours, si elle avait des motifs de le faire, elle ne l’a pas fait.

En conséquence, et faute du moindre indice qui permettrait d'envisager sérieusement qu'un tiers 
pourrait être pénalement responsable de ce décès, c’est à bon droit que le Ministère public a rendu 
une ordonnance de non-entrée en matière. 

3. Les frais de procédure de recours, fixés à 278 francs (émolument: 200 francs; débours: 
78 francs), doivent être mis à la charge de la recourante qui succombe (art. 428 al. 1 CPP ; art. 19 
du règlement du 30 novembre 2010 sur la justice).

la Chambre arrête:

I. Le recours est irrecevable.

II. Les frais de la procédure de recours, fixés à 278 francs, sont mis à la charge de 
A.________. 

III. Communication.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours 
dès la notification de l’arrêt rédigé. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). 
L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 22 avril 2015/are

Président Greffier