# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** fc82fc20-ee84-59be-9c08-cafb5b1c5153
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-05-30
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 30.05.2014 C/19493/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-19493-2013_2014-05-30.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés, ainsi qu'à l'Office 

des faillites, à l'Office des poursuites, au Registre du commerce et au Registre 

foncier le 02.06.2014. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/19493/2013 ACJC/654/2014 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 30 MAI 2014 

 

Entre 

A______, domicilié ______ (GE), recourant contre jugement rendu par la 8ème 
Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 19 mars 2014, comparant par 

Me Ronald Asmar, avocat, rue Général-Dufour 15, case postale 5556, 1211 Genève 11, 

en l'étude duquel il fait élection de domicile, 

et 

B______, sise ______ (TI), intimée, comparant en personne. 

 

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C/19493/2013 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/3800/2014 du 19 mars 2014, expédié pour notification aux 
parties le même jour, le Tribunal de première instance (ci-après : le Tribunal) a 

déclaré A______ en état de faillite dès le 19 mars 2014 à 14:15 heures (ch. 1 du 

dispositif), a arrêté les frais judiciaires à 200 fr., compensés avec l'avance de frais 

effectuée par B______ (ch. 2), les a mis à la charge de A______ et l'a condamné à 

les verser à B______ (ch. 3). 

 En substance, le Tribunal a retenu que la requête de faillite n'était pas tardive, le 

délai de quinze mois pour requérir la mise en faillite depuis la notification du 

commandement de payer ayant été suspendu durant la procédure de mainlevée de 

l'opposition. 

B. a. Par acte déposé le 24 mars 2014 au greffe de la Cour de justice, A______ a 
formé recours contre ce jugement. Il a conclu, avec suite de dépens, à ce que, 

préalablement, l'effet suspensif au recours soit octroyé, et, principalement, à 

l'annulation du jugement entrepris.  

 Il a fait valoir que le délai de quinze mois avait commencé à courir le 3 février 

2012, date de la notification du commandement de payer. L'introduction par 

B______ d'une requête de mainlevée définitive de l'opposition avait interrompu le 

délai. Le Tribunal avait rendu son jugement le 25 avril 2013, lequel avait été 

notifié aux parties le 3 mai 2013. Cette décision pouvait faire l'objet d'un appel 

jusqu'au 13 mai 2013, date à laquelle elle était devenue définitive. Le délai de 

péremption avait ainsi recommencé à courir le lendemain, pour venir à échéance 

le 21 août 2013. La requête de faillite de B______, introduite le 19 septembre 

2013 était dès lors tardive, la péremption du commandement de payer étant 

intervenue dans l'intervalle.  

 b. Par décision présidentielle du 24 mars 2014 (ES/43/2014), la suspension de 
l'effet exécutoire attaché au jugement a été accordée. 

 c. Dans sa réponse du 7 avril 2014, B______ a requis le rejet du recours et la 
confirmation de la décision entreprise, avec suite de frais et dépens. 

 Elle indique que le délai de péremption a été suspendu du 24 janvier 2013, date du 

dépôt de la demande de mainlevée au 25 juin 2013, date à laquelle le Tribunal a 

certifié le caractère exécutoire de la décision de mainlevée de l'opposition. Dès 

lors, le délai de quinze mois n'était pas échu le 17 septembre 2013. 

 d. Par réplique du 22 avril 2014, A______ a contesté la position de B______. Il a 
précisé que la décision de mainlevée était entrée en force de chose jugée et était 

devenue exécutoire dans le cas d'espèce à l'échéance du délai d'appel. Le certificat 

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délivré par les autorités attestant du caractère exécutoire ne modifiait pas la date à 

laquelle une décision était exécutoire. 

 e. Dans sa duplique du 29 avril 2014, B______ a persisté dans ses précédentes 
conclusions. 

 f. Les parties ont été avisées le 5 mai 2014 par le greffe de la Cour de ce que la 
cause était gardée à juger. 

C. Les faits pertinents suivants résultent de la procédure : 

 a. Le 3 février 2012, B______ a fait notifier à A______ un commandement de 
payer, poursuite n°1______, pour les sommes de 10'561 fr. 40, plus intérêts à 15% 

dès le 16 décembre 2011 et 609 fr. 70, ainsi qu'une commination de faillite. 

 Le poursuivi a formé opposition totale au commandement de payer. 

 b. Le 24 janvier 2013, B______ a saisi le Tribunal d'une requête de protection en 
cas clair, concluant à ce que A______ soit condamné à lui verser, avec suite de 

frais et dépens, 10'561 fr. 40 avec intérêts à 15% l'an depuis le 16 décembre 2011 

et 609 fr. 70 d'intérêts courus, et à ce que la mainlevée définitive de l'opposition 

formée au commandement de payer soit prononcée. 

 c. Par jugement du 25 avril 2013, expédié pour notification aux parties le 2 mai 
2013, le Tribunal, statuant par voie de procédure sommaire, a fait droit aux 

conclusions de B______. 

 Le jugement a été reçu par les deux parties le 3 mai 2013. 

 Aucun appel n'a été formé contre cette décision. 

 d. Le 17 septembre 2013, B______ a saisi le Tribunal d'une requête de faillite à 
l'encontre de A______. 

 e. A l'audience du 21 novembre 2013, B______ n'était ni présente ni représentée. 

 A______ a sollicité un délai pour régler la dette. 

 Le Tribunal a imparti un délai à A______ au 13 décembre 2013 pour déposer une 

quittance de l'Office des poursuites attestant du paiement de la dette ou une 

déclaration de retrait de B______. 

 Sur requête de A______, le Tribunal a prolongé ce délai au 28 février 2014. 

 f. Par pli du 7 mars 2014, le conseil de A______ a indiqué au Tribunal que la 
requête de faillite formée par B______ était tardive, au sens de l'art. 162 al. 2 LP. 

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 g. Le 14 mars 2014, B______ a contesté la tardiveté alléguée et précisé que le 
délai de quinze mois à compter de la notification du commandement de payer 

avait été suspendu durant la procédure de mainlevée. 

 h. Sur quoi, le Tribunal a rendu le jugement entrepris. 

EN DROIT 

1. Selon l'art. 309 let. b ch. 6 CPC, l'appel n'est pas recevable contre les décisions 
pour lesquelles le tribunal de la faillite ou du concordat est compétent en vertu de 

la LP. L'art. 174 al. 1 LP prévoit que la décision du juge de la faillite peut faire 

l'objet d'un recours au sens du CPC dans les dix jours. Seule la voie du recours est 

ainsi ouverte (art. 319 let. a CPC). 

 La Cour est l'autorité compétente pour statuer sur les recours contre la décision du 

juge de la faillite (art. 120 al. 1 let. a LOJ). 

 Formé selon la voie, dans le délai et selon la forme prescrits par la loi (art. 321 

al. 1 CPC), le présent recours est recevable.  

2. Dans le cadre d'un recours, le pouvoir d'examen de la Cour est limité à la violation 
du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC). Les 

parties peuvent faire valoir des faits nouveaux lorsque ceux-ci se sont produits 

avant le jugement de première instance (art. 174 al. 1 LP), mais non portés à la 

connaissance du juge de la faillite, pourvu que le requérant les fasse valoir dans le 

délai de recours (DALLEVES/FOEX/JEANDIN, Commentaire Romand, Poursuite et 

faillite, n. 5 ad art. 174 LP). Le débiteur peut également se fonder sur de vrais 

nova, soit des faits et moyens de preuve qui se sont réalisés seulement après la 

déclaration de faillite (DALLEVES/FOEX/JEANDIN, op. cit., n. 6 ad art. 174 LP). 

 Le recours est instruit en procédure sommaire (art. 251 let. a CPC). Par ailleurs, 

en matière de faillite, la maxime inquisitoire s'applique (art. 255 let. a CPC), de 

sorte que la preuve des faits allégués doit être apportée par titre (art. 254 al. 1 

CPC). D'autres moyens de preuve sont toutefois admissibles (art. 254 al. 2  

let. c CPC). 

3. 3.1 A teneur de l'art. 166 al. 2 LP, le droit de requérir la faillite se périme par 
quinze mois à compter de la notification du commandement de payer; si 

opposition a été formée, ce délai ne court pas entre l'introduction de la procédure 

judiciaire et le jugement définitif. 

 Les règles du CPC s'appliquent à la computation et à l'observation des délais 
(art. 31 LP). Les délais déclenchés par la communication ou la survenance d'un 

événement courent dès le lendemain de celles-ci. Lorsqu'un délai est fixé en mois, 

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il expire le jour du dernier mois correspondant au jour où il a commencé à courir 

(art. 142 al. 1 et 2 CPC).  

 Le délai est suspendu pendant la durée du procès en reconnaissance de dette 

(art. 79 et 279 LP), de la procédure de mainlevée - provisoire ou définitive - de 

l'opposition (art. 80-83 LP), du procès en libération de dette (art. 83 al. 2 LP) et de 

la procédure en constatation du retour ou du non-retour à meilleure fortune 

(art. 265a LP). Il appartient au juge, et non aux autorités de surveillance, de 

déterminer si la réquisition de faillite a été déposée en temps utile (ATF 113 III 

120 consid. 2 p. 122 et les références). Le but de la norme en discussion est de 

prévenir un allongement démesuré de la durée de la poursuite par la déchéance 

dont elle frappe le poursuivant qui s'est désintéressé de la procédure d'exécution 

forcée. La péremption constituant la sanction de l'inaction du poursuivant, le délai 

demeure suspendu aussi longtemps que dure l'instance qui vise à la levée de 

l'opposition et ne recommence à courir que si, après avoir obtenu une décision 

exécutoire, l'intéressé n'en fait pas usage pour requérir la continuation de la 

poursuite (136 III 152 consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral 5P.259/2006 du 

12 décembre 2006 consid. 3.1). 

 Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, depuis l'entrée en vigueur du CPC le 

1er janvier 2011, le droit fédéral contient une définition du caractère exécutoire 

des décisions à l'art. 336 al. 1 CPC. En règle générale, une décision devient 

exécutoire au moment où elle entre en force de chose jugée formelle (formelle 

Rechtskraft), ce qui se produit lorsqu'elle ne peut plus être attaquée par une voie 

de recours ordinaire (Message du 28 juin 2006 relatif au code de procédure civile 

suisse ad art. 334 p. 6989). Ainsi, la décision qui peut faire l'objet d'un appel  

- voie de recours ordinaire (art. 308 ss CPC) - n'acquiert pas force de chose jugée 

et ne devient pas exécutoire (art. 315 al. 1 CPC), au contraire de la décision contre 

laquelle est ouverte le recours au sens des art. 319 ss CPC qui acquiert force de 

chose jugée et devient exécutoire (art. 325 al. 1 CPC). Le tribunal ayant la faculté 

d'ordonner l'exécution anticipée (cf. par ex. art. 315 al. 2 CPC) ou d'accorder 

l'effet suspensif (cf. par ex. art. 325 al. 2 CPC), il y a par conséquent des décisions 

pour lesquelles force de chose jugée formelle (formelle Rechtskraft) et force 

exécutoire (Vollstreckbarkeit) ne coïncident pas. Ainsi, en vertu de l'art. 336 al. 1 

let. a et b CPC, une décision est exécutoire lorsqu'elle est entrée en force et que le 

tribunal n'a pas suspendu l'exécution (art. 325 al. 2 et 331 al. 2 CPC) ou qu'elle 

n'est pas encore entrée en force, mais que son exécution anticipée a été prononcée. 

Les mêmes règles sont applicables lorsque la décision porte sur le versement d'une 

somme d'argent et doit être exécutée selon la LP (art. 335 al. 2 CPC) (arrêt du 

Tribunal fédéral 5A_866/2012 du 1er février 2013 consid. 4.1). 

 3.2 L'appel est recevable contre les décisions finales de première instance, si la 
valeur au dernier état de conclusions est de 10'000 fr. au moins (art. 308 CPC). Si 

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la décision a été rendue en procédure sommaire, le délai pour l'introduction de 

l'appel est de dix jours (art. 314 al. 1 CPC). 

 3.3 Dans le cas d'espèce, le commandement de payer a été notifié au recourant le 
3 février 2012, date à laquelle le délai de quinze mois a commencé à courir. 

L'intimée a saisi, le 24 janvier 2013 le Tribunal d'une requête de mainlevée, 

suspendant ainsi ledit délai. Par conséquent, le délai a couru du 3 février 2012 au 

23 janvier 2013, soit durant 355 jours. Le Tribunal a rendu son jugement le 

25 avril 2013, reçu par les parties le 3 mai 2013. La procédure sommaire étant 

applicable à cette procédure, le délai d'appel, de dix jours, est arrivé à échéance le 

13 mai 2013. 

 Contrairement à ce que soutient l'intimée, la date à laquelle le certificat a été 

délivré, attestant du caractère exécutoire du jugement rendu par le Tribunal, n'est 

pas déterminante. La Cour retient à cet égard que la détermination du dies a quem 

du délai de quinze mois déprendrait de chaque cas particulier et créerait ainsi une 

insécurité juridique.  

 Le délai a dès lors été suspendu pendant 110 jours (du 24 janvier au 13 mai 2013) 

et a recommencé à courir dès le 14 mai 2013. Le délai de quinze mois pour 

requérir la faillite s'est en conséquence périmé le 23 août 2013. La requête de 

faillite, introduite le 17 septembre 2013 était en conséquence tardive. 

 3.4 Compte tenu des éléments qui précèdent, le recours est fondé et le jugement 
entrepris sera annulé. 

4.  L'intimée, qui succombe, sera condamnée aux frais (art. 106 al. 1 et 3 CPC). 

En vertu de l'art. 61 al. 1 OELP, la juridiction supérieure à laquelle sont déférées 

les décisions rendues dans une procédure sommaire en matière de poursuite 

(art. 251 CPC) peut prélever un émolument n'excédant pas une fois et demie 

l'émolument que peut prélever l'autorité de première instance. 

Le premier juge a fixé l'émolument de première instance à 200 fr. Partant, 

l'émolument de la présente décision sera fixé à 220 fr. et mis à la charge de 

l'intimée, compensé avec l'avance de frais du même montant opérée par le 

recourant, acquise à l'Etat (art. 111 al. 1 CPC). L'intimée sera en conséquence 

condamnée à les verser au recourant. Les frais de première instance seront 

également mis à sa charge, compte tenu de l'issue de la présente procédure. 

L'intimée sera également condamnée aux dépens du recourant assisté d'un conseil 

devant le Tribunal et la Cour, arrêtés à respectivement 1'000 fr. pour la première 

instance et 500 fr. devant la Cour, débours et TVA compris (art. 96 et 105  

al. 2 CPC; art. 85 et 89, 90 du règlement fixant le tarif des greffes en matières 

civile du 22 décembre 2010, E 1 05.10; art. 25 et 26 LaCC; art. 25 LTVA). 

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5. La présente décision s'inscrit dans une procédure de faillite sujette au recours de 
droit civil au Tribunal fédéral (art. 72 al. 1 LTF) indépendamment de la valeur 

litigieuse (art. 74 al. 2 let. d LTF). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté le 24 mars 2014 par A______ contre le jugement 

JTPI/3800/2014 rendu le 19 mars 2014 par le Tribunal de première instance dans la 

cause C/19493/2013-8 SFC. 

Au fond : 

L'admet. 

Annule ce jugement. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais de première instance et d'appel : 

Arrête les frais judiciaires à 420 fr., compensés par les avances de frais fournies, 

acquises à l'Etat. 

Les met à la charge de B______. 

Condamne B______ à verser 220 fr. à A______ à ce titre. 

Condamne B______ à verser 1'500 fr. à A______ à titre de dépens. 

Siégeant : 

Madame Nathalie LANDRY-BARTHE, présidente; Madame Elena SAMPEDRO et 

Monsieur Laurent RIEBEN, juges; Madame Céline FERREIRA, greffière. 

 

La présidente : 

Nathalie LANDRY-BARTHE 

 La greffière : 

Céline FERREIRA 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par devant le Tribunal fédéral 

par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.