# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a64a9ba2-7c46-588a-b240-0c4d9c866471
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour d'appel civile HC / 2016 / 368
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_002_HC---2016---368_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

JI13.014459-151816

223 

 

 

cour
d’appel CIVILE

_____________________________

Arrêt du
31 mai 2016

__________________

Composition
:               M.             
ABRECHT,
président

             
              Mmes             
Bendani  et  Giroud Walther, juges

Greffière
:              Mme             
Huser

 

 

*****

 

 

Art.
285 al. 1 et 286 al. 2 CC

 

 

             
Statuant, à la suite de l'arrêt rendu le 20 octobre 2015 par le Tribunal fédéral,
sur l'appel interjeté par
A.P.________,
à […], demanderesse,
représentée par sa mère B.P.________,
contre le jugement rendu le 31 mars 2014 par le Président du Tribunal civil de l’arrondissement
de Lausanne dans la cause divisant l’appelante d’avec
V.________,
à […], défendeur, la Cour d’appel civile du Tribunal cantonal considère :

             
En fait :

 

 

A.              
Par jugement du 31 mars 2014, le Président
du Tribunal civil de l’arrondissement de Lausanne a rejeté l’action introduite par A.P.________,
représentée par sa mère B.P.________, contre V.________ selon demande du 8 mars 2013 (I),
maintenu la convention du 5 janvier 2004 (recte 2005) (II), arrêté les frais judiciaires à
1'800 fr. à la charge de la demanderesse (III), dit que la demanderesse doit verser au défendeur
la somme de 8'400 fr. à titre de dépens (IV) et rejeté toutes autres ou plus amples conclusions
(V).

 

             
Concernant la capacité d’ester en justice de B.P.________, codétentrice avec le défendeur
de l’autorité parentale à l’égard de l’enfant A.P.________, le premier
juge a considéré que, dès lors que cette question avait fait l’objet d’une
décision incidente du 20 septembre 2013 lui reconnaissant une telle capacité, il n’y
avait pas lieu d’y revenir. Pour juger si la contribution d’entretien prévue par la
convention devait être modifiée, le premier juge a pris en considération un revenu net
du débirentier de 7'858 fr. 20 par mois. Il a tout d’abord appliqué la méthode dite
« des pourcentages » et a déduit de la contribution ainsi obtenue la part fournie
en nature par le père, dès lors qu’il gardait l’enfant à raison de 40 %. Il
a ensuite appliqué la méthode dite « des tabelles zurichoises », prenant
en considération un montant de 1'935 fr. pour l’entretien d’un enfant de dix ans, dont
à déduire l’assurance maladie par 151 fr. 75 et les frais d’accueil pour enfants
en milieu scolaire (ci-après : APEMS) par 337 fr. 50 assumés par la mère, majoré
de 20%, appliquant au résultat le taux de 40 % correspondant à la proportion dans laquelle
le père s’occupait de sa fille ainsi que les taux de 58 et 42 % correspondant à la part
respective des parents au revenu global du couple. Il a constaté que ces deux méthodes ne conduisaient
pas à un montant de pension supérieur à ce qui avait été prévu par convention.

 

 

B.              
Par acte du 19 mai 2014, A.P.________, représentée
par sa mère B.P.________, a formé appel contre ce jugement en concluant à sa réforme
en ce sens que la pension soit fixée à 1'100 fr. par mois jusqu’à l’âge
de 10 ans, à 1'400 fr. jusqu’à l’âge de 16 ans et à 1'700 fr. jusqu’à
la majorité ou l’indépendance financière, l’art. 277 al. 2 CC (Code civil
suisse du 10 décembre 1907; RS 210) étant réservé, que ces montants soient indexés,
que V.________ soit astreint à payer une part proportionnelle à sa capacité financière
des frais extraordinaires de A.P.________, qu’il lui doive un montant à fixer à dire
de justice, non inférieur à 2'800 fr. avec intérêt à 5% l’an, à titre
d’arriéré de sa contribution pour l’année ayant précédé l’ouverture
d’action ainsi qu’un montant à fixer à dire de justice, non inférieur à
7'800 fr. avec intérêt à 5% l’an, « représentant l’arriéré
de sa contribution à l’entretien de sa fille A.P.________ pour la période courant depuis
l’ouverture de l’action en première instance et le présent appel, montant soumis
à amplification durant la procédure devant l’instance d’appel ». Subsidiairement,
elle a conclu à l’annulation du jugement et au renvoi de la cause à la juridiction de
première instance. 

 

             
Dans sa réponse du 5 août 2014, l’intimé a conclu au rejet de l’appel et,
par voie d’appel joint, à la réduction de la contribution pour l’entretien de l’enfant
A.P.________ à 610 fr. par mois dès le 1er
décembre 2013, appel joint qu’il a retiré par lettre du 22 août 2014. Il a également
invoqué la question de la légitimation active (recte : capacité d’ester en
justice) de B.P.________, en soutenant qu’un conflit d’intérêts existait entre
A.P.________ et sa mère qui la représentait dans le cadre de la présente action et que,
par conséquent, la désignation d’un curateur de représentation en faveur de l’enfant
s’imposait.

 

             
L’appelante a déposé le 26 septembre 2014 une réplique dans laquelle elle a confirmé
ses conclusions. Elle s’est encore exprimée spontanément par lettre du 2 octobre 2014
et a produit une pièce. L’intimé a pour sa part déposé de nouvelles déterminations
le 3 novembre 2014, dans lesquelles il a mentionné à nouveau la question de la capacité
d’ester en justice de B.P.________ en se référant à son écriture précédente.

 

 

C.             
La Cour d'appel civile retient les faits pertinents suivants, sur la base du jugement complété
par les pièces du dossier :

 

1.             
A.P.________, née le [...] 2004, est la fille de B.P.________ et de V.________. Celui-ci l’a
reconnue comme sa fille par acte du 8 octobre 2004 passé devant l’Officier d’état
civil de Lugano.

 

             
Les parties ont conclu une convention le 5 janvier 2005 – datée toutefois par erreur du 5
janvier 2004 –, ratifiée le 24 mars 2005 par la Commission tutélaire numéro 2 de
Mendrisio (Commissione tutoriale N° 2 sede di Mendrisio). Celle-ci, rédigée en italien,
prévoit, en cas de séparation, l’exercice de l’autorité parentale conjointe
et l’attribution de la garde à B.P.________ avec un droit de visite pour V.________. La contribution
d’entretien due par ce dernier en faveur de sa fille a été fixée à 500 fr.
dès l’éventuelle séparation des parties et jusqu’à la sixième année
de l’enfant, à 650 fr. de sa 7e
à sa 12e
année, à 800 fr. de sa 13e
à sa 16e
année, et à 1'000 fr. de sa 17e
à sa 18e
année, ces montants étant indexés au coût de la vie et payables par mois d’avance
en mains de la mère, puis de l’enfant majeur, respectivement en mains du représentant
légal de l’enfant. 

 

             
Les revenus des parties ne ressortent pas de la convention. Il est constant, les parties l’admettant,
qu’à l’époque elles étaient toutes deux étudiantes, V.________ étant
en voie d’achever un Master à l’EPFL.

 

2.             
B.P.________ et V.________ se sont séparés en mars 2008. Depuis lors et jusqu’au mois
de juin 2012, V.________ a régulièrement versé 1'000 fr. par mois à B.P.________.
Il s’est ensuite acquitté de la contribution mensuelle prévue par la convention, après
indexation, de 680 fr., motivant cette modification par sa perspective de fonder une nouvelle famille,
le revenu désormais stable de B.P.________ et l’exercice de la garde partagée sur l’enfant
A.P.________. Il s’en est suivi un échange de correspondances entre les conseils des parties,
qui n’a pas permis d’aboutir à une conciliation.

 

3.             
a)
En 2012, B.P.________ disposait d’un revenu net de quelque 5'582 fr. par mois (cf. déclaration
d’impôts, pièce 152). Jusqu’au 30 avril 2014, B.P.________ exerçait une activité
lucrative à 80 %, dans deux emplois différents. Elle travaillait à 50 % à l’Hôpital
[...] à [...] pour un salaire mensuel net de 3'661 fr. 75, part au 13e
salaire incluse, mais allocations familiales de 200 fr. non comprises, et à 30 % en tant que responsable
de recherche [...], pour un salaire mensuel net de 1'896 fr. 70, 13e
salaire compris. Enfin, elle siégeait à titre de bénévole à la Commission [...]
et au sein de la Commission [...], ce qui lui rapportait en moyenne 150 fr. par mois. En définitive,
elle retirait de ses activités un revenu mensuel net de 5'708 fr.40.

             
A compter du 1er
mai 2014, B.P.________ a augmenté son taux d'activité de 10%. Depuis cette date, elle travaille
à 40% au sein de l’Hôpital [...]Chablais pour un revenu mensuel net de 2'971 fr. et à
50% [...] où elle réalise un revenu mensuel net de 2'930 fr. Son revenu mensuel net se monte
donc au total à 6'392 fr., 13e
salaire compris. 

             

             
b)
Ingénieur de formation, V.________ a travaillé quant à lui pour [...] à [...] jusqu’à
fin novembre 2012 pour un salaire de 6'800 fr. net par mois puis, dès le 1er
décembre 2012, pour le compte de [...] à [...] pour un salaire de 7'689 fr. 70 net par mois.
Ce dernier montant comprend un bonus potentiel annuel basé sur la performance de 11'000 francs.

 

             
Depuis le 1er
janvier 2014, il a été engagé par [...] en qualité de chef de projets pour un salaire
mensuel net de 7'858 fr. 20, allocation régionale et 13e
salaire compris. 

 

             
V.________ est marié. Son épouse, enseignante, a réalisé en 2012 un salaire de 33'384
fr. net pour un taux d’activité de 55 % ; on peut dès lors admettre qu’elle
réalise un revenu mensuel net de 2'782 fr. par mois. 

             

             
Une fille, [...], née le [...] 2015, est issue de leur union.

             

             
c) V.________ a sa fille A.P.________ auprès
de lui deux nuits par semaine et un week-end sur deux, soit le vendredi soir et le samedi soir. Les vacances
scolaires sont partagées pratiquement par moitié, A.P.________ passant six semaines avec son
père et sept semaines avec sa mère. Une semaine supplémentaire est partagée entre
les deux parents selon les modalités prévues pour une semaine hors vacances. 

 

             
Les charges mensuelles de l’enfant A.P.________ se composent – en sus des frais d’entretien
courants – d'une prime d'assurance maladie de 151 fr. 75, de dépenses liées à des
cours de piano de 150 fr. par mois ainsi que de frais d'APEMS. Ceux-ci s'élevaient à 337 fr.
50 en 2013. En septembre 2014, ils se sont élevés à 385 fr. 35, en octobre 2014 à
167 fr. 10, en novembre 2014 à 249 fr. 55, en décembre 2014 à 205 fr. 65, en janvier 2015
à 309 fr. 05, en février 2015 à 245 fr. 35, en mars 2015 à 295 fr.
35, en avril 2015 à 172 fr. 15, en mai 2015 à 179 fr. 25 et en juin 2015 à 404 fr.
50. Depuis le mois de septembre 2015, A.P.________ ne fréquente plus l’APEMS. Les charges
mensuelles de l’enfant sont supportées par B.P.________. V.________ achète toutefois
quelques vêtements pour sa fille. Il a par ailleurs loué des équipements de ski et de
patin et les a laissés à la disposition de sa fille lorsque celle-ci se trouvait auprès
de sa mère. 

 

4.             
A.P.________, représentée par sa mère B.P.________, a déposé une demande auprès
du Président du Tribunal civil de l’arrondissement de Lausanne le 8 avril 2013, en prenant,
avec dépens, les conclusions suivantes :

 

« I.
La contribution d’entretien de V.________ à sa fille A.P.________ est augmentée en ce
sens qu’il paiera mensuellement et à l’avance le premier de chaque mois dès le
1er
novembre 2012, en mains de B.P.________, une pension dont le montant sera fixé à dires de justice
mais qui ne sera pas inférieure à:

             
              -              
Fr. 1’500.- (mille cinq cents francs) jusqu’à ce que A.P.________ ait atteint l’âge
de 10 ans révolus ; 

             
              -              
Fr. 1’800.- (mille huit cents francs) jusqu’à ce que A.P.________ ait atteint I’âge
de 16 ans révolus ; 

             
              -              
Fr. 2’100.- (deux mille cent francs) dès lors et jusqu’à la majorité de A.P.________
ou son indépendance financière, l’article 277 alinéa 2 CC étant réservé.

 

lI.
Les montants fixés sous chiffre I. ci-dessus, correspondant à l’indice suisse des prix
à la consommation, au jour du jugement définitif et exécutoire, seront adaptés proportionnellement
le premier janvier de chaque année, la première fois le 1er
janvier 2013, sur la base de l’indice au 30 novembre précédent.

 

III.
En plus du versement de la contribution fixée sous chiffre 1 ci-dessus, V.________ est astreint
à participer financièrement aux frais extraordinaires de B.P.________.

 

IV.
V.________ est le débiteur de B.P.________ du montant fixé à dires de justice mais qui
ne sera pas inférieur à Fr. 7’600, avec intérêt à 5% l’an, représentant
l’arriéré de sa contribution à l’entretien de sa fille A.P.________ pour l’année
qui a précédé l’ouverture d’action. »

             

             
Dans sa réponse du 27 mai 2013, le défendeur a conclu, avec dépens, à ce que la procédure,
intentée sans pouvoir contre lui, soit déclarée irrecevable, subsidiairement rejetée,
par jugement préjudiciel sans instruction sur le fond.

 

             
Par jugement du 20 septembre 2013, la requête incidente de V.________ a été rejetée.
Cette décision n’a pas fait l’objet d’un appel.

             
Dans sa réponse complémentaire du 4 décembre 2013, le défendeur a conclu, avec dépens,
à ce que la demande soit déclarée irrecevable et à ce que les conclusions de la demande
soient rejetées. Reconventionnellement, il a conclu à ce que la convention conclue par les
parties devant la Commission tutélaire de Mendrisio soit modifiée partiellement à son
chiffre 2, en ce sens qu’il verse à B.P.________ pour l’entretien de A.P.________ une
contribution mensuelle de 600 fr., au début de chaque mois, pour la première fois le 1er
décembre 2013, montant indexable, et à ce qu’elle soit partiellement modifiée en
ce sens que la garde de l’enfant A.P.________ soit répartie entre les deux parents, selon
le système actuellement en place, ce qui correspond à environ 43 % pour V.________ et environ
57 % pour B.P.________, sous réserve de modification selon libre entente entre les parties.

 

             
Dans sa réplique du 19 décembre 2013, la demanderesse a confirmé les conclusions de sa
demande du 8 avril 2013 et a conclu, avec dépens, au rejet des conclusions prises par le défendeur,
pour autant qu’elles soient recevables. 

 

             
Les parties, assistées de leurs conseils, ont été entendues à l’audience d’instruction
du 4 février 2014. Par dictée au procès-verbal, la demanderesse a précisé la
conclusion IV de sa demande en ce sens que le défendeur doive payer à B.P.________ un montant
fixé à dire de justice, mais qui ne sera pas inférieur à 20'800 fr., avec intérêts
à 5 % l’an, correspondant à l’arriéré de sa contribution à l’entretien
de sa fille A.P.________ depuis l’année ayant précédé l’ouverture d’action.

 

             
Le défendeur a conclu à libération de cette conclusion.

 

 

D.             
              Par
arrêt du 6 novembre 2014, dont le dispositif a été notifié aux parties le 10 novembre
2014, la Cour d’appel civile a prononcé ce qui suit :

 

«
I.
              L’appel est partiellement
admis et il est pris acte du retrait de l’appel joint.

 

II.
              Le jugement est réformé
comme il suit :

 

I.         
admet partiellement l’action introduite
par A.P.________, représentée par sa mère B.P.________, contre V.________, selon demande
du 8 avril 2013 ;

 

II.       
dit que la convention d’entretien du 5 janvier
2004 ratifiée le 24 mars 2005 par la Commission tutélaire numéro 2 de Mendrisio est modifiée
à son chiffre 2 let. d comme il suit :

 

da)
V.________ contribuera à l’entretien de sa fille A.P.________ par le versement, d’avance
le premier jour de chaque mois en mains de B.P.________ d’une pension d’un montant, allocations
familiales non comprises, de :

 

-                   
700 fr. (sept cents francs) pour la période
d’avril à octobre 2012 et de 850 fr. (huit cent cinquante francs) à compter du mois de
novembre 2012, cela jusqu’à ce que l’enfant ait atteint l’âge de 12 ans
révolus ;

 

-                   
1'000 fr. (mille francs) depuis lors jusqu’à
l’âge de 16 ans révolus ;

 

-                   
1'150 fr. (mille cent cinquante francs) depuis
lors jusqu’à la majorité de l’enfant, respectivement son indépendance financière,
l’art. 277 al. 2 CC étant réservé.

 

db)
Les montants fixés sous lettre da) ci-dessus, correspondant à l'indice suisse des prix à
la consommation au jour du jugement définitif et exécutoire, seront adaptés proportionnellement
le premier janvier de chaque année, la première fois le 1er
janvier 2015 sur la base de l'indice au 30 novembre précédent.

 

dc)
Outre la contribution prévue sous lettre da) ci-dessus, V.________ assumera les frais d’entretien
extraordinaires de sa fille A.P.________ à concurrence de 60%.

 

III.     
dit que les frais judiciaires, arrêtés
à 1'800 fr. (mille huit cents francs) sont mis à la charge de la demanderesse, par 900 fr.
(neuf cents francs), et à la charge du défendeur, par 900 fr. (neuf cents francs) ;

 

IV.   
dit que le défendeur V.________ doit verser
à la demanderesse A.P.________ la somme de 900 fr. (neuf cents francs) à titre de restitution
d’avance de frais, les dépens étant compensés ;

V.     
rejette toutes autres ou plus amples conclusions.

 

III.
              Les frais judiciaires
de deuxième instance, arrêtés à 1'200 fr. (mille deux cents francs), sont mis à
la charge de A.P.________, par 600 fr. (six cents francs), et de V.________, par 600 fr. (six cents francs).

 

IV.             
V.________ doit verser à A.P.________ la somme de 600 fr. (six cents francs) à titre de
restitution d’avance de frais de deuxième instance, les dépens de deuxième instance
étant compensés.

 

V.          
L’arrêt motivé est exécutoire. »

 

L’arrêt
motivé a été communiqué aux parties le 8 janvier 2015 (arrêt CACI du 6 novembre
2014/575).

En
droit, la Cour de céans a retenu que même si la garde de l'enfant A.P.________ avait été
attribuée à la mère par convention du 5 janvier 2005 et que cette attribution n'avait
pas été remise en cause, il y avait lieu de tenir compte du fait que le père avait l'enfant
auprès de lui deux nuits par semaine, le vendredi soir et le samedi, et une fin de semaine sur deux
ainsi que durant la moitié des vacances scolaires et que, par conséquent, celui-ci assumait
des frais liés à l'accueil de sa fille supérieurs à ceux qui étaient habituellement
assumés par un parent exerçant un droit de visite usuel. La Cour de céans a en revanche
considéré qu'aucun élément ne permettait de dire que les frais fixes tels que la
prime d'assurance maladie et les frais de cours, d'écolage et d'APEMS n'étaient pas assumés
par la mère. Partant, il n'y avait pas lieu de répartir entre les deux parents le coût
de l'entretien de l'enfant en fonction du temps qu'il passait avec chacun d'eux, comme l'avait prévu
le premier juge; il convenait d'appliquer la méthode abstraite en tenant compte d'un taux de 15%
du revenu net du débirentier et en pondérant le résultat obtenu en fonction, d'une part,
des frais particuliers liés à un droit de visite accru et, d'autre part, de la différence
de revenus des parents. En l'occurrence, la Cour de céans a admis un montant de 300 fr. dans les
charges du père à titre de frais particuliers liés au droit de visite élargi justifiant
la pondération de la contribution d’entretien. Elle a ainsi fixé la contribution d'entretien
à 700 fr. d'avril 2012 à octobre 2012 et à 850 fr. dès novembre 2012, tout en prévoyant
encore deux paliers de 150 francs. Enfin, dans la mesure où les revenus de l'appelant correspondaient
à 60% du revenu global des parents, la Cour de céans a jugé adéquat de prévoir
que celui-ci devait assumer d'éventuelles dépenses extraordinaires dans cette même proportion.

 

 

E.             
              Le
9 février 2015, V.________ a déposé un recours en matière civile auprès du Tribunal
fédéral à l’encontre de l’arrêt précité. 

 

Par
arrêt du 20 octobre 2015 (TF 5A_111/2015), le Tribunal fédéral a notamment admis le recours,
annulé l’arrêt du 6 novembre 2014 et renvoyé la cause à la Cour de céans
pour nouvelle décision dans le sens des considérants.

 

En
droit, le Tribunal fédéral a considéré que le droit d'être entendu du recourant
avait été violé à deux égards. D'une part, la Cour de céans n'avait pas
pris en considération les faits nouveaux invoqués par celui-ci, à savoir la diminution
des frais d'APEMS à la charge de la mère et l'augmentation de ses propres charges due à
la naissance de sa fille dans un proche avenir, alors que ces allégations nouvelles n'étaient
pas dépourvues de pertinence. D'autre part, s'agissant de la question de la nécessité
d'une représentation de l'enfant par un curateur en raison d'un conflit d'intérêts avec
la mère, la Cour de céans se devait de juger en quoi elle n'avait pas à entrer en matière
ou en quoi elle devait nier le conflit, dès lors que ce point avait été soulevé par
le défendeur.

 

 

F.             
              Par
courrier du 11 novembre 2015, les parties ont été invitées à se déterminer sur
l’arrêt rendu par le Tribunal fédéral le 20 octobre 2015 et à produire toutes
pièces établissant la variation du coût de la prise en charge de l’enfant par l’APEMS
dès la rentrée 2014/2015, en main de l'appelante, et toutes pièces établissant la
naissance d’un nouvel enfant dans le foyer de l’intimé V.________, en mains de l’intimé.

 

             
              Par courrier du 2 décembre
2015, V.________ s'est déterminé sur les questions soulevées par le Tribunal fédéral
et a communiqué l'acte de naissance de sa fille, [...], née le [...] 2015. Il a conclu au rejet
de l'appel du 19 mai 2014.

 

Par
déterminations du 18 décembre 2015, accompagnées d’un bordereau de six pièces,
A.P.________ a confirmé les conclusions prises au pied de son appel du 19 mai 2014. Elle a produit
en particulier deux factures de devoirs surveillés pour l'année scolaire 2014/2015, une quittance
des transports publics lausannois pour l'abonnement annuel pour l'année 2015, des courriers attestant
du prix du camp scolaire pour l'année 2014/2015, une facture de l'école de musique pour les
cours de piano de septembre 2015 à janvier 2016, ainsi qu'un lot de factures de l'APEMS pour les
mois de septembre 2014 à juin 2015.

 

             
              Par courrier du 21 décembre
2015, l’appelante a produit un bordereau complémentaire de trois pièces, relatives à
un contrat de location d’un piano, à un contrat de services de téléphonie mobile
ainsi qu’à une facture de cotisation annuelle pour la gymnastique.

 

             
              Par courrier du 8 janvier
2016, le conseil de l’appelante a précisé que celle-ci ne bénéficiait plus
des prestations de l’APEMS depuis la rentrée scolaire 2015, mais que la mère continuait
à assumer les frais liés à sa fille à hauteur des montants exposés dans ses
déterminations du 18 décembre 2015 et qu’elle dépensait un montant d’environ
180 fr. par mois pour couvrir les frais de repas de l’enfant à la cantine quatre fois par
semaine.

 

             
              Par courrier du 11 janvier
2016, l’intimé a notamment invoqué le fait que la mère de l’appelante avait
assumé des frais d’APEMS réduits durant l’année scolaire 2014-2015 et plus
aucuns frais à ce titre depuis la rentrée d’août 2015.

 

 

             
En droit
:

 

 

1.

1.1             
             
En vertu du principe de l’autorité de l’arrêt de renvoi, l'autorité cantonale,
à laquelle une affaire est renvoyée, est tenue de fonder sa nouvelle décision sur les
considérants de droit de l'arrêt du Tribunal fédéral. Le juge auquel la cause est
renvoyée voit donc sa cognition limitée par les motifs de l'arrêt de renvoi, en ce sens
qu'il est lié par ce qui a été déjà tranché définitivement par le
Tribunal fédéral et par les constatations de fait qui n'ont pas été attaquées
devant lui (ATF 133 III 201 consid. 4.2). Des faits nouveaux ne peuvent être pris en considération
que sur les points qui ont fait l'objet du renvoi, lesquels ne peuvent être ni étendus, ni
fixés sur une base juridique nouvelle (ATF 131 III 91 consid. 5.2 et les réf. citées).
Le renvoi de la cause à l’autorité cantonale a pour effet de reporter celle-ci au stade
où elle se trouvait immédiatement avant que cette instance se prononce ; l'autorité
de renvoi reprend donc la précédente procédure, qui n'est pas close, faute de décision
finale sur les points laissés ouverts (TF 5A_631/2012 du 2 novembre 2012 consid. 4.1.2 et les
réf. cit.).

 

1.2             
En l’espèce, seuls les faits nouveaux
portant sur les questions qui ont fait l’objet de l’arrêt de renvoi entrent ainsi en
considération, à condition que le droit de procédure applicable autorise leur introduction
à ce stade de la procédure. En d’autres termes, à la suite de l’arrêt
du Tribunal fédéral du 20 octobre 2015, l'état de fait arrêté par l'instance
d'appel ne peut plus être modifié, sauf sur les points renvoyés, à savoir sur la
question de la diminution des frais d'APEMS à la charge de B.P.________ et de l'augmentation des
charges de V.________ à la suite de la naissance de sa fille [...], née le [...] 2015 (cf.
consid. 3.2 de l’arrêt
du Tribunal fédéral du 20 octobre 2015) ainsi que sur celle de la nécessité
d'une représentation de l'enfant par un curateur en raison d'un conflit d'intérêts avec
la mère (cf. consid. 3.3 de l'arrêt du Tribunal fédéral du 20 octobre 2015).

 

                          
La pièce produite par l'intimé le 2 décembre 2015, soit l'acte de naissance de sa fille
[...], est recevable et il en sera tenu compte. Il en va de même du lot de factures de l'APEMS produites
par l'appelante le 18 décembre 2015. En revanche, les pièces nouvelles produites également
le 18 décembre 2015, à savoir les factures relatives aux devoirs surveillés pour l'année
scolaire 2014-2015, la quittance des transports publics lausannois pour l'abonnement annuel 2015, les
courriers attestant du prix du camp scolaire à la montagne pour l'année 2014-2015, ainsi que
la facture de l'école de musique pour les cours de piano de septembre 2015 à juin 2016 sont
irrecevables, puisqu’elles n’ont pas trait aux questions susmentionnées. Quant aux pièces
nouvelles produites le 21 décembre 2015 par l'appelante, correspondant à un contrat de location
d'un piano, un contrat de services de téléphonie mobile et à une facture de cotisation
pour la gymnastique pratiquée par A.P.________, elles sont irrecevables pour le même motif.

 

             
S’agissant de la question du droit de garde, aucune conclusion formelle n’a été
prise à cet égard dans l’échange d’écritures en première instance,
de sorte que les courriers des 2 décembre 2015 et 14 avril 2016 de l’intimé, relatifs
à cette question, ne sont pas recevables. 

 

 

1.3             
L’appelante A.P.________, représentée
par sa mère B.P.________, a formé des réquisitions de preuve complémentaires dans
ses déterminations du 18 décembre 2015. Elle a en particulier requis toutes les fiches de salaire
de l'intimé et de son épouse entre janvier 2013 et décembre 2015, les certificats de salaire
annuels de l'intimé et de son épouse de 2013 à 2015 et les contrats de travail y relatifs.

 

             
              Le revenu de l'intimé
et celui de son épouse ne font toutefois pas partie des questions renvoyées par le Tribunal
fédéral à l’instance d’appel. Dès lors, ces points n’ont pas à
faire l’objet d’une instruction complémentaire telle que requise par l’appelante,
de sorte que les réquisitions de preuve complémentaires y relatives doivent être rejetées.

 

 

2.

2.1             
Il convient tout d’abord d’examiner
la question de la nécessité d’une représentation de l’enfant par un curateur
en raison d’un éventuel conflit d’intérêts avec la mère ; en effet,
la recevabilité de l’acte d’appel et, partant, l’examen des autres griefs, dépend
de la réponse donnée à cette question. Cette problématique a été soulevée
par l’intimé dans sa réponse à l’appel du 5 août 2014 et évoquée
à nouveau dans sa duplique du 3 novembre 2014. 

 

2.2

2.2.1             
Aux termes de l’art 67 al. 1 CPC, l’exercice des droits civils confère la capacité
d’ester en justice. La personne qui n’a pas l’exercice des droits civils agit par l’intermédiaire
de son représentant légal (art. 67 al. 2 CPC).

 

             
La capacité d’ester en justice est une notion de procédure, laquelle dépend toutefois
du droit matériel puisqu’elle se réfère à la notion d’exercice des droits
civils. Tout comme la capacité d’être partie, elle constitue une condition de recevabilité
de la demande (art. 59 al. 2 let. c CPC) et, à ce titre, est examinée d’office par le
juge. La non-réalisation de cette condition aboutira, le cas échéant, à un jugement
d’irrecevabilité dépourvu d’autorité de chose jugée (Jean, CPC Commenté,
Bâle 2011, n. 16 ad art. 67 CPC, p. 219). 

 

             
Il se peut que le défaut de capacité d’ester en justice survienne durant le procès :
dans ce cas le tribunal informera l’autorité compétente afin que celle-ci nomme un représentant
légal qui puisse continuer le procès, ce que prévoit l’art. 69 al. 2 CPC (Jeandin,
op. cit., n. 18 ad art. 67 CPC, p. 219).

 

2.2.2             
En application de l’art. 299 al. 1 CPC,
le tribunal ordonne si nécessaire la représentation de l’enfant et désigne un curateur
expérimenté dans le domaine de l’assistance et en matière juridique. Le tribunal
examine s’il doit instituer une curatelle en particulier lorsque les parents déposent des
conclusions différentes relatives à l’attribution de l’autorité parentale
ou du droit de garde ou à des questions importantes concernant leurs relations personnelles avec
l’enfant (al. 2 let. a), de même que si l’autorité tutélaire ou l’un
des parents le requièrent (al. 2 let. b). Sur demande de l’enfant capable de discernement,
le tribunal désigne un représentant, l’enfant pouvant former recours contre le rejet
de sa demande (al. 3).

 

             
Le juge doit examiner d’office si l’enfant doit être représenté par un curateur,
en particulier dans les situations énumérées à l’art. 299 al. 2 CPC. Même
dans ces situations, la désignation d’un curateur n’a néanmoins pas lieu automatiquement
et le juge n’est pas tenu de rendre une décision formelle à ce sujet (TF 5C.274/2001
du 23 mai 2002 consid. 2.5.2, in FamPra.ch 2002 p. 845). Il s’agit d’une possibilité
relevant du pouvoir d’appréciation du juge (TF 5A_619/2007 du 25 février 2008 consid.
4.1 et les réf. citées, in FamPra.ch 2008 p. 700 ; TF 5A_735/2007 du 28 janvier 2008
consid. 4.1, in FamPra.ch 2008 p. 449). En revanche, si l’enfant capable de discernement requiert
lui-même la désignation d’un curateur, le juge doit y donner suite (TF 5A_465/2012 du
18 septembre 2012 consid. 4.1.2 ; TF 5A_619/2007, déjà cité).

 

2.3.             
En l’espèce, par décision incidente du 20 septembre 2013, le Président du Tribunal
civil de l’arrondissement de Lausanne a rejeté la requête incidente déposée
par V.________ le 27 mai 2013 tendant à prononcer l’irrecevabilité de la demande déposée
par A.P.________, représentée par sa mère, le 8 avril 2013. Il a en substance considéré
qu’il ne se justifiait pas d’instituer une curatelle de représentation en faveur de
l’enfant, dès lors que l’intérêt de l’enfant n’était manifestement
pas en opposition avec celui de B.P.________, parent gardien et co-détentrice de l’autorité
parentale qui représentait sa fille dans la procédure en modification d’une pension alimentaire
et qui défendait les intérêts de son enfant à bénéficier d’une pension
alimentaire adaptée à ses besoins et aux ressources de son père, débiteur d’aliments.
Par jugement du 31 mars 2014, le Président a retenu que la question de la capacité d’ester
en justice de B.P.________ avait fait l’objet de la décision incidente précitée
et que V.________ n’avait pas fait usage de son droit d’appel, de sorte que la décision,
devenue définitive et exécutoire, n’avait pas à être remise en cause.

 

             
Le Tribunal fédéral a relevé, dans son arrêt du 20 octobre 2015, que bien que la
question eût fait l’objet d’une décision incidente, rappelée dans le jugement
attaqué du 31 mars 2014, il n’était pas exclu qu’un conflit d’intérêts
puisse surgir en cours de procédure en cas de modification des circonstances, étant entendu
qu’une mise en danger abstraite des intérêts du représenté suffisait. 

 

2.4             
En l’occurrence, on ne voit pas en quoi le raisonnement tenu par le premier juge dans la décision
incidente du 27 mai 2013 devrait être différent dans le cadre de la présente procédure
d’appel. L’appelant évoque à cet égard que B.P.________ réclamerait une
pension pour elle-même par le biais de l’action en modification d’une pension alimentaire,
en prétendant à une indemnité pour la différence entre son taux d’activité
et une activité à plein temps, et que, partant, elle n’agirait pas dans l’intérêt
de sa fille mais dans son propre intérêt. Cet argument ne suffit pas à établir l’existence
d’un conflit d’intérêt entre l’enfant A.P.________ et sa mère qui justifierait
la désignation d’un curateur de représentation. En effet, la pension qui avait été
fixée par convention du 5 janvier 2005 et qui fait l’objet de l’action en modification
était destinée uniquement à l’enfant, dans une situation où les parents n’ont
jamais été mariés. Ainsi, seule la pension en faveur de l’enfant entre en ligne
de compte, à l’exclusion d’une pension en faveur du parent gardien. On ne voit dès
lors pas comment la mère pourrait prétendre à une pension en sa faveur dans cette situation.
Il faut au contraire considérer que les prétentions en augmentation de la pension en faveur
de A.P.________ ne peuvent que bénéficier à celle-ci et qu’elles ont été
émises dans son propre intérêt. Dans cette situation, l’appréciation du premier
juge conserve sa pertinence et l’appelant n’indique aucune circonstance particulière
ou nouvelle propre à étayer l’hypothèse d’une mise en danger abstraite des
intérêts de l’enfant A.P.________. 

 

             
Dès lors que l’on ne saurait admettre l’existence d’un conflit d’intérêts
entre A.P.________ et sa mère qui la représente, la désignation d’un curateur de
représentation ne se justifie pas en l’espèce. 

 

 

3.             

3.1             
L'appel de A.P.________ tend à la réforme
du jugement en ce sens que la pension due par V.________ en sa faveur à compter du 1er novembre
2012 ne soit pas inférieure à 1'100 fr. par mois jusqu'à ce que l'appelante ait atteint
l'âge de 10 ans révolus, 1'400 fr. par mois dès lors et jusqu'à l'âge de
16 ans révolus et 1'700 fr. par mois dès lors et jusqu'à la majorité de l'appelante
ou son indépendance financière.

3.2             
Aux termes de l’art. 276 al. 1 CPC, les
père et mère doivent pourvoir à l’entretien de l’enfant et assumer, par conséquent,
les frais de son éducation, de sa formation et des mesures prises pour le protéger. L’entretien
est assuré par les soins et l’éducation ou, lorsque l’enfant n’est pas sous
la garde de ses père et mère, par des prestations pécuniaires (art. 276 al. 2 CC).

 

             
L’art. 286 al. 2 CC prévoit que, si la situation change notablement, le père, la mère
ou l'enfant peuvent demander au juge de modifier ou supprimer la contribution d'entretien. La survenance
d’un fait nouveau, important et durable, n’entraîne toutefois pas automatiquement une
modification de la contribution d’entretien. Ce n’est que si la charge d’entretien
devient déséquilibrée entre les deux parents, au vu des circonstances prises en compte
dans le jugement précédent, en particulier si cette charge devient excessivement lourde pour
le parent débirentier qui aurait une condition modeste, qu’une modification de la contribution
peut entrer en considération (ATF 137 III 604 consid. 4.1.1 ; ATF 134 III 337 consid. 2.2.2).
Le juge ne peut toutefois pas se limiter à constater une modification dans la situation d'un des
parents pour admettre la demande ; il doit procéder à une pesée des intérêts
respectifs de l'enfant et de chacun des parents pour juger de la nécessité de modifier la contribution
d'entretien dans le cas concret (ATF 137 III 604 consid. 4.1.1. ; TF 5A_562/2011 du 21 février
2012 consid. 4.3, rés. in RMA 2012 p. 300). Le moment déterminant pour apprécier si des
circonstances nouvelles se sont produites est la date du dépôt de la demande de modification
(ATF 120 II 285 consid. 4b ; ATF 137 III 604 consid. 4.1.1.). Lorsqu'il admet que les conditions
susmentionnées sont remplies, le juge doit alors fixer à nouveau la contribution d'entretien,
après avoir actualisé tous les éléments pris en compte pour le calcul dans le jugement
précédent (ATF 137 III 604 consid.4.1.2). Ainsi, lorsque la survenance d’un fait nouveau
est avérée, il n’est pas nécessaire d’examiner si un autre changement dans
la situation constitue également un fait nouveau, mais il faut actualiser cet élément
au moment de recalculer la contribution d’entretien (ATF 137 III 604 consid. 4.2).

 

             
La naissance de nouveaux enfants constitue un
fait nouveau qui, sauf situation financière favorable, entraîne un déséquilibre entre
les parents (ATF 137 III 604 consid. 4.2). A cet égard, le remariage du débiteur d’aliments
peut entraîner une augmentation de ses charges, en relation avec son devoir d’entretien envers
les enfants issus de cette nouvelle union, puisque les enfants qui disposent d’un droit à
l’entretien doivent être traités de manière égale au regard de leurs besoins
objectifs (ATF 116 II 110 consid. 4a).

 

             
En l’espèce, la naissance de l’enfant [...] constitue à elle seule un fait nouveau
qui justifie d’entrer en matière sur une modification de la contribution d’entretien
fixée par convention du 5 janvier 2005.

 

3.3             
Aux termes de l’art. 285 al. 1 CC, la contribution d’entretien doit correspondre aux besoins
de l’enfant ainsi qu’à la situation et aux ressources des père et mère, compte
tenu de la fortune et des revenus de l’enfant ainsi que de la participation de celui des parents
qui n’a pas la garde de l’enfant à la prise en charge de ce dernier. Ces différents
critères doivent être pris en considération; ils exercent une influence réciproque
les uns sur les autres. Celui des parents dont la capacité financière est supérieure peut
être tenu, suivant les circonstances, de subvenir à l'entier du besoin en argent si l'autre
remplit son obligation à l'égard de l'enfant essentiellement en nature (TF 5A_386/2012
du 23 juillet 2012 consid. 4.2.1 et réf.; TF 5A_402/2010 du 10 septembre 2010). La différence
de revenus entre les époux justifie que l’un d'eux assume les frais fixes tels que l’assurance-maladie
et les frais d’écolage et les frais médicaux non couverts, en sus du logement et de l’entretien
courant auquel il subvient lorsque les enfants sont avec lui (TF 5A_497/2011 du 5 décembre
2011 consid. 7.1.3 – 7.5).

 

             
Pour fixer le montant de la contribution d’entretien en faveur des enfants mineurs, la jurisprudence
vaudoise part en règle générale d’un pourcentage du revenu mensuel ou de la capacité
de gain du débiteur de la contribution alimentaire, fixé en fonction du nombre d’enfants
bénéficiaires; cette proportion est évaluée à environ 15 à 17 % du revenu
mensuel net du débirentier pour un enfant, 25 à 27% lorsqu’il y en a deux, 30 à
35% lorsqu’il y en a trois et 40% lorsqu’il y en a quatre (Bastons-Bulletti, L’entretien
après divorce : méthodes de calcul, montant, durée et limites, in SJ 2007 II 77 ss, spéc.
p. 107 s. ; RSJ 1984, p. 392, n. 4 et note p. 393 ; Meier/Stettler, Droit de la filiation, 5e
éd., Zurich 2014, n. 1076, pp. 712 s. ; TF 5A_84/2007 du 18 septembre 2007 consid. 5.1). Il s’agit
là d’un taux approximatif qui doit être pondéré au vu des circonstances, selon
l’équité (ATF 107 Il 406 consid. 2c ; RSJ 1984, p. 392, n. 4 précité ;
Meier/Stettler, ibid.). Le Tribunal fédéral a avalisé la méthode forfaitaire telle
qu’appliquée dans le canton de Vaud, pour autant que la contribution d’entretien reste
en rapport avec le niveau de vie et la capacité contributive du débiteur (TF 5A_84/2007
précité; TF 5A_178/2008 du 23 avril 2008 consid. 3.3).

 

             
Les taux précités s’entendent toutefois pour des enfants en bas âge, de sorte qu’il
se justifie d’augmenter les pensions lorsque les enfants sont plus âgés (par ex. CREC
II 30 janvier 2006/116 consid. 6d et les réf. citées). Dans la pratique, on rencontre avant
tout l’échelonnement des contributions (allant en s’accroissant) en fonction de l’âge
des enfants: les seuils sont généralement fixés à six ans, dix ou douze ans et seize
ans (cf. CACI 19 janvier 2012/38; CREC II 22 octobre 2007/207 consid. 5 et les réf. citées).

 

3.4             
              En
l’espèce, dès lors que la méthode des pourcentages utilisée par le Juge délégué
dans l’arrêt du 6 novembre 2014 n’a pas été remise en cause par le Tribunal
fédéral, il n’y a pas de raison de s’en écarter.

 

             
              De même, il n’y
a pas de raison de s’écarter du taux de 15% retenu dans l’arrêt du 6 novembre 2014,
conforme à la pratique, pour ce qui est de la période du 1er
avril 2012 au 30 avril 2015, pas plus qu’il n’y a de raison de revenir sur le montant arrêté
ex aequo et bono à 300 fr. par mois, à titre de frais particuliers (alimentation, cadeaux,
sorties) pris en charge par l’intimé en lien avec son droit de visite élargi. L’intimé
n’allègue au surplus pas que le montant de la contribution d’entretien retenu dans l’arrêt
précité entamerait son minimum vital, même après la naissance de sa fille [...].

 

             
              Enfin, les paliers de
150 fr. prévus dans l’arrêt du 20 novembre 2015 peuvent également être maintenus,
n’ayant fait l’objet d’aucune critique. 

 

             
              Compte tenu de la méthode
de calcul retenue pour déterminer la contribution d’entretien, la question de la diminution
des frais d’APEMS dans les charges de l’appelante n’a aucune incidence, dès lors
que seuls les revenus de l’intimé sont déterminants. 

 

             
              Pour ce qui est de la
pension due à compter du 1er
mai 2015, mois de la naissance d’ [...], il y a lieu de tenir compte de l’augmentation des
charges de l’intimé et de prendre en considération un taux de 25% de ses revenus, appliqué
pour deux enfants conformément à la pratique, soit 12.5% pour chaque enfant, en maintenant
la pondération de 300 francs. 

 

             
              En fonction de ce qui
précède, la pension sera fixée à 700 fr. (montant arrondi), correspondant à
15% de 6'800 fr. (soit 1'020 fr.), sous déduction de 300 fr., pour la période d’avril
2012 à octobre 2012. Elle sera fixée à 850 fr. (montant arrondi), correspondant à
15% de 7'689 fr. 70 (soit 1'153 fr. 45), sous déduction de 300 fr., pour la période de novembre
2012 à avril 2015 et à 700 fr. (montant arrondi), correspondant à 12.5% (25% / 2) de 7'858 fr.
20 (soit 982 fr. 25), sous déduction de 300 fr., dès mai 2015. La pension sera ensuite augmentée
par deux paliers de 150 francs.

 

 

4.             
              

4.1             
              Au vu de ce qui précède,
l'appel de A.P.________ doit être partiellement admis et la convention du 5 janvier 2004 (recte :
2005) modifiée dans le sens qui vient d’être exposé. V.________ contribuera ainsi
à l'entretien de sa fille A.P.________ par le versement, d'avance le premier jour de chaque mois
en mains de [...], d'une pension d'un montant, allocations familiales non comprises, de 700 fr. pour
la période d'avril à octobre 2012, de 850 fr. pour la période de novembre 2012 à
avril 2015 et de 700 fr. dès le mois de mai 2015, cela jusqu'à ce que l'enfant ait atteint
l'âge de 12 ans révolus, puis de 850 fr. depuis lors jusqu'à l'âge de 16 ans révolus,
et enfin de 1'000 fr. depuis lors jusqu'à la majorité de l'enfant, respectivement son indépendance
financière, l'art. 277 al. 2 CC étant réservé. Ces montants, correspondant à
l'indice suisse des prix à la consommation au jour du jugement définitif et exécutoire,
seront adaptés proportionnellement le premier janvier de chaque année, la première fois
le 1er
janvier 2015 sur la base de l'indice au 30 novembre précédent. En outre, V.________ assumera
les frais d'entretien extraordinaires de sa fille A.P.________ à concurrence de 60 %.

             

4.2             
En première instance, les frais judiciaires par 1'800 fr. ont été entièrement mis
à la charge de la demanderesse, qui a par ailleurs été astreinte à verser au défendeur
la somme de 8'400 fr. à titre de dépens. Compte tenu de l’admission partielle de la demande
en procédure d’appel, il y a lieu de réformer le jugement sur ce point également
en faisant supporter à chacune des parties la moitié des frais de justice et en compensant
les dépens (art. 106 al. 2 CPC).  

4.3             
La même répartition doit être adoptée
s’agissant des frais d’appel. Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés
à 1'200 fr. (63 al. 2 TFJC [tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre 2010, RSV 270.11.5]),
seront donc supportés par moitié par chacune des parties et les dépens compensés
(art. 106 al. 2 CPC).  

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour d’appel civile

prononce
:

 

             
I.             
L’appel est partiellement admis et il est pris acte du retrait de l’appel joint.

 

             
II.             
Le jugement est réformé comme il suit :

 

I.                  
admet partiellement l’action introduite
par A.P.________ représentée par sa mère B.P.________, contre V.________, selon demande
du 8 avril 2013 ;

II.                
dit que la convention d’entretien du 5 janvier
2004 ratifiée le 24 mars 2005 par la Commission tutélaire numéro 2 de Mendrisio est
modifiée à son chiffre 2 let. d comme il suit :

 

da)
V.________ contribuera à l’entretien de sa fille A.P.________ par le versement, d’avance
le premier jour de chaque mois en mains de B.P.________, d’une pension d’un montant, allocations
familiales non comprises, de :

 

-                   
700 fr. (sept cents francs) pour la période
d’avril à octobre 2012 et de 850 fr. (huit cent cinquante francs) pour la période de
novembre 2012 à avril 2015, 700 fr. (sept cents francs) à compter du mois de mai 2015, cela
jusqu’à ce que l’enfant ait atteint l’âge de 12 ans révolus ;

-                   
850 fr. (huit cent cinquante francs) depuis lors
et jusqu’à ce que l’enfant ait atteint l’âge de 16 ans révolus ;

 

-                   
1'000 fr. (mille francs) depuis lors et jusqu’à
la majorité de l’enfant, respectivement jusqu’à son indépendance financière,
aux conditions de l’art. 277 al. 2 CC.

 

             
                           
db) Les montants fixés sous lettre da) ci-dessus, correspondant à l’indice suisse des
prix à la consommation au jour du jugement définitif et exécutoire, seront adaptés
proportionnellement le premier janvier de chaque année, la première fois le 1er
janvier 2015 sur la base de l’indice au 30 novembre précédent.

             

             
                           
dc) Outre la contribution prévue sous lettre da) ci-dessus, V.________ assumera les frais d’entretien
extraordinaires de sa fille A.P.________ à concurrence de 60% de ceux-ci.

 

III.              
dit que les frais judiciaires, arrêtés
à 1'800 fr. (mille huit cents francs), sont mis à la charge de la demanderesse, par 900 fr.
(neuf cents francs), et à la charge du défendeur, par 900 fr. (neuf cents francs) ;

 

IV.             
dit que le défendeur V.________ doit verser
à la demanderesse A.P.________ la somme de 900 fr. (neuf cents francs) à titre de restitution
partielle d’avance de frais, les dépens étant compensés ;

 

V.               
rejette toutes autres ou plus amples conclusions.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 1'200 fr. (mille deux cents
francs), sont mis à la charge de A.P.________, par 600 fr. (six cents francs), et de V.________,
par 600 fr. (six cents francs).

 

             
IV.             
V.________ doit verser à A.P.________ la somme de 600 fr. (six cents francs) à titre de
restitution partielle d’avance de frais de deuxième instance, les dépens de deuxième
instance étant compensés.

             
V.             
L’arrêt est exécutoire.

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

Du

 

             
Le présent arrêt, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est
notifié à :

 

‑             
Me Michel Chavanne (pour A.P.________),

‑             
Me Jacques Ballenegger (pour V.________),

 

             
et communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. le Président du Tribunal civil de l’arrondissement de Lausanne.

 

 

             
La Cour d’appel civile considère que la valeur litigieuse est supérieure à 30'000
francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), le cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss
LTF. Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la
valeur litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et
de droit du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés
devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification
(art. 100 al. 1 LTF).

 

             
La greffière :