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**Case Identifier:** bcc1a021-6df4-5474-a04b-0855b5bf99e7
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-03-04
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 04.03.2016 A/457/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-457-2016_2016-03-04.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/457/2016-MC ATA/200/2016  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 4 mars 2016 

en section 

   dans la cause 

 

Monsieur A______ 

contre 

 

OFFICE CANTONAL DE LA POPULATION ET DES MIGRATIONS 
 

_________ 

 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 

16 février 2016 (JTAPI/164/2016) 

- 2/6 - 

A/457/2016 

EN FAIT 

1.  Monsieur A______, né le ______ 1983, ressortissant algérien, a déposé le 
21 octobre 2008 une demande d’asile en Suisse sur laquelle le secrétariat d’état 
aux migrations (ci-après : SEM) a refusé d’entrer en matière le 11 novembre 
2008. Le SEM a en outre prononcé le renvoi de Suisse de l’intéressé. Cette 
décision est entrée en force sans avoir été contestée.  

2.  Entre le 24 juillet 2009 et le 3 février 2015, M. A______  a fait l’objet de 
cinq condamnations pénales par les autorités judiciaires genevoises, en particulier 
pour vol (art. 139 ch. 1 du Code pénal suisse du 21 décembre 1937 - CP - RS 
311.0) et tentative de brigandage (art. 22 al. 1 et 140 al. 1 ch. 1 CP).  

3.  Entendu a réitérées reprises entre décembre 2008 et janvier 2015, par 
l’office cantonal de la population et des migrations (ci-après : OCPM), il a 
d’abord déclaré ne pas vouloir retourner en Algérie, avant d’évoquer les 
difficultés à obtenir des documents d’identité.  

4.  Le 8 mai 2015, le SEM a avisé l’OCPM que les autorités algériennes 
avaient reconnu M. A______ comme l’un de leurs ressortissants et étaient 
disposées à délivrer un laissez-passer en sa faveur.  

5.  Le 2 décembre 2015, une place a été réservée par SwissREPAT pour 
M. A______ sur un vol à destination d’Alger le 11 janvier 2016.  

6.  Le 28 décembre 2015, M. A______ a été interpellé par la police sur requête 
de l’OCPM et a été mis en détention administrative, sur ordre de l’officier de 
police, pour une durée de soixante jours, aux fins d’assurer l’exécution de son 
renvoi. 

  Lors de son audition par l’officier de police, M. A______ a déclaré ne pas 
vouloir être renvoyé en Algérie.  

7.  Le 30 décembre 2015, M. A______ a confirmé devant le Tribunal 
administratif de première instance (ci-après : TAPI) son opposition à un retour en 
Algérie et son intention de refuser de monter dans l’avion sur lequel une place lui 
avait été réservée.  

8.  Par jugement du 30 décembre 2015, le TAPI a confirmé l’ordre de mise en 
détention administrative du 28 décembre 2015 jusqu’au 25 février 2016. Dit 
jugement n’a pas été contesté.  

9.  Le 11 janvier 2016, M. A______ s’est opposé à l’exécution de son renvoi en 
refusant de monter à bord de l’avion. 

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A/457/2016 

10.  Le 28 janvier 2016, M. A______ a été inscrit auprès de SwissREPAT pour 
un vol de ligne Genève-Alger avec escorte policière. Compte tenu des contraintes 
logistiques imposées par les autorités algériennes, le vol ne pourrait intervenir que 
dans un délai de quatre à six mois.  

11.  Le 11 février 2016, l’OCPM a sollicité auprès du TAPI la prolongation de la 
détention administrative de M. A______ jusqu’au 25 mai 2016, cette mesure 
constituant l’unique moyen de mener à bien le rapatriement de l’intéressé.  

12.  Le 16 février 2016, M. A______ a confirmé devant le TAPI qu’il refusait de 
retourner en Algérie, s’en rapportant à justice sur la demande de prolongation de 
la détention administrative.  

13.  Par jugement du 16 février 2016, remis en mains propres à M. A______ et à 
l’OCPM le jour même, le TAPI a prolongé la détention administrative de 
M. A______ jusqu’au 25 mai 2016.  

  Statuant le 30 décembre 2015, le TAPI avait retenu que les conditions de 
mise en détention administrative de M. A______ étaient réalisées, dès lors que ce 
dernier faisait l’objet d’une décision de renvoi exécutoire, qu’il avait été 
condamné pour des infractions qualifiées de crime (art. 10 al. 2, 139 et 140 CP), 
avait déclaré à plusieurs reprises ne pas vouloir retourner dans son pays d’origine 
et n’avait entrepris aucune démarche en vue de l’exécution de son renvoi. Ces 
éléments étaient toujours d’actualité. Depuis lors, il avait refusé de monter à bord 
de l’avion qui devait le ramener en Algérie. La légalité de la détention 
administrative devait ainsi être confirmée. Les démarches nécessaires au renvoi 
avaient été entreprises avec célérité et la mesure respectait le principe de la 
proportionnalité. Enfin, rien ne permettait de retenir que le renvoi serait 
impossible, illicite ou inexigible.  

14.  Le 24 février 2016, M. A______ a recouru auprès de la chambre 
administrative de la Cour de justice (ci-après : chambre administrative) contre le 
jugement susmentionné, concluant à l’annulation de celui-ci et à ce que sa mise ne 
liberté soit ordonnée.  

  Il était conscient que son séjour en Suisse était illégal et qu’il faisait l’objet 
d’une mesure de renvoi depuis 2008. Depuis lors, il n’avait pas tenté de fuir ou de 
disparaître. Il avait effectivement commis des infractions mais essentiellement 
dans le but de subvenir à ses besoins les plus élémentaires et son comportement en 
prison avait toujours été irréprochable. Il n’était pas opposé à un retour dans son 
pays d’origine, mais pas aux conditions qui lui avaient été proposées à ce jour. Il 
ne disposait d’aucune ressource financière et un retour n’était envisageable que si 
une aide au retour lui était allouée. Il avait d’ailleurs un projet concret mais sa 
détention l’empêchait d’entreprendre les démarches actives pour bénéficier d’une 
aide.  

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15.  Le 25 février 2016, le TAPI a transmis son dossier.  

16.  Le 1er mars 2016, l’OCPM a conclu au rejet du recours, faisant sienne 
l’argumentation du TAPI. Après avoir pris connaissance des écritures de 
M. A______, un collaborateur de l’OCPM avait rencontré l’intéressé le 29 février 
2016 pour l’informer des aides qui pourraient lui être octroyées en cas de départ, 
en particulier une aide au retour de CHF 1'000.-. M. A______ avait répondu qu’il 
s’attendait à recevoir au moins CHF 5'000.- et que, sans cela, il ne quitterait pas la 
Suisse.  

17.  Les observations de l’OCPM ont été transmises à M. A______ et la cause a 
été gardée à juger.  

EN DROIT 

1.  Interjeté le 24 février 2016 contre le jugement du TAPI prononcé et 
communiqué aux parties le 16 février 2016, le recours l'a été en temps utile auprès 
de la juridiction compétente (art. 132 al. 2 de la loi sur l’organisation judiciaire du 
26 septembre 2010 - LOJ - E 2 05 ; art. 10 al. 1 de la loi d’application de la LEtr 
du 16 juin 1988 - LaLEtr - F 2 10 ; art. 17 et 62 al. 1 let. b de la loi sur la 
procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -  E 5 10). 

2.  Selon l’art. 10 al. 2 LaLEtr, la chambre administrative doit statuer dans les 
dix jours qui suivent sa saisine. Ayant reçu le recours le 25 février 2016 et statuant 
ce jour, elle respecte ce délai. 

3.  La chambre administrative est compétente pour apprécier l’opportunité des 
décisions portées devant elle (art. 10 al. 2 LaLEtr). Elle peut confirmer, réformer 
ou annuler la décision attaquée ; cas échéant, elle ordonne la mise en liberté de 
l’étranger (art. 10 al. 3 LaLEtr). 

4.  La détention administrative porte une atteinte grave à la liberté personnelle 
et ne peut être ordonnée que dans le respect de l'art. 5 de la Convention de 
sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 
4 novembre 1950 (CEDH - RS 0.101) ; (ATF 135 II 105 consid. 2.2.1 ; arrêts du 
Tribunal fédéral 2C_256/2013 du 10 avril 2013 consid. 4.1 ; 2C_1017/2012 du 
30 octobre 2012 consid. 3 et les jurisprudences citées) et de l'art. 31 de la 
Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101), 
ce qui suppose en premier lieu qu'elle repose sur une base légale. Le respect de la 
légalité implique ainsi que la mise en détention administrative ne soit prononcée 
que si les motifs prévus dans la loi sont concrètement réalisés (arrêts du Tribunal 
fédéral 2C_256/2013 précité consid. 4.1 ; 2C_478/2012 du 14 juin 2012 
consid. 2.1). 

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A/457/2016 

5.  Ainsi que cela a été retenu par le TAPI dans son jugement du 30 décembre 
2015 concernant le recourant et que ce dernier n’a pas contesté, les conditions 
posées par les art. 76 al. 1 let. b ch. 1, 3 et 4 et 75 al. 1 let. h de la loi fédérale sur 
les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr - RS 142.20) sont réunies : le recourant 
fait l’objet d’une décision de renvoi de Suisse depuis 2008, il a été condamné pour 
crime, ne s’est pas soumis à son obligation de collaborer, a refusé expressément 
de retourner en Algérie. En outre, il s’est opposé à l’exécution de son renvoi le 
11 janvier 2016 en refusant de monter dans un avion à destination de l’Algérie. 
Dans ses écritures de recours, il a persisté dans son refus de retourner dans son 
pays d’origine, aux conditions qui lui étaient proposées, perdant de vue qu’il n’est 
pas en situation de tenter d’imposer des exigences financières pour accepter de 
respecter les décisions rendues à son encontre. La chambre de céans retiendra 
donc que les conditions pour la mise en détention administrative au sens des 
dispositions légales précitées sont toujours réalisées. 

6.  La prolongation de ladite détention a été ordonnée jusqu’au 25 mai 2016. À 
cette date, elle atteindra cinq mois, ce qui est inférieur à la durée ordinaire de six 
mois prévue par l’art. 79 al. 1 LEtr, étant précisé que cette durée peut en outre être 
prolongée de douze mois au plus, notamment lorsque la personne concernée ne 
collabore pas avec l’autorité compétente (art. 79 al. 2 LEtr). Vu l’intérêt public à 
l’exécution du renvoi, en rapport avec les condamnations pénales du recourant, 
cette durée est conforme au principe de proportionnalité.  

7.  Les autorités suisses chargées de l’exécution du renvoi ayant entrepris 
rapidement des démarches utiles, le principe de célérité est respecté. 

8.   Selon l’art. 80 al. 4 LEtr, l’autorité judiciaire qui examine la décision tient 
compte de la situation familiale de la personne détenue et des conditions 
d’exécution de la détention. Celle-ci doit en particulier être levée lorsque son 
motif n’existe plus ou si, selon l’art. 80 al. 6 let. a LEtr, l’exécution du renvoi ou 
de l’expulsion s’avère impossible pour des raisons juridiques ou matérielles ou 
qu’il ne peut être raisonnablement exigé, cette dernière disposition légale 
renvoyant à l’art. 83 al. 1 à 4 LEtr. 

  En l’espèce, aucun élément du dossier ne révèle que l’exécution du renvoi 
serait illicite, impossible ou inexigible. Le recourant ne le prétend d’ailleurs pas.  

9.  Au vu de ce qui précède, le recours sera rejeté. 

  Vu la nature du litige, aucun émolument ne sera perçu (art. 87 al. 1 LPA et 
art. 12 al. 1 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en procédure 
administrative du 30 juillet 1986 - RFPA - E 5 10.03). Vu l’issue de celui-ci, 
aucune indemnité de procédure ne sera allouée (art. 87 al. 2 LPA). 

 
* * * * * 

- 6/6 - 

A/457/2016 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 24 février 2016 par Monsieur A______ contre le 
jugement du Tribunal administratif de première instance du 16 février 2016 ; 

au fond : 

le rejette ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument, ni alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours 
qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en 
matière de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 
moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être 
adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession 
du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Monsieur A______, ainsi qu'à l’office cantonal de la 
population et des migrations, au Tribunal administratif de première instance, au 
secrétariat d'État aux migrations, ainsi qu'à l’établissement de Favra, pour information. 

Siégeants : Mme Junod, présidente, M. Dumartheray, Mme Payot Zen-Ruffinen, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

S. Hüsler Enz 

 la présidente siégeant : 
 
 

Ch. Junod 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le   la greffière :