# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1f14ef9d-38f4-521b-889e-3884e73ced3a
**Source:** Bern Gerichte (BE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-06-29
**Language:** fr
**Title:** Bern Verwaltungsbehörden Bau- und Verkehrsdirektion 29.06.2017 110 2017 13
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/BE_BVD/BE_VB_001_110-2017-13_2017-06-29.pdf

## Full Text

DÉCISION DE
LA DIRECTION DES TRAVAUX PUBLICS,

DES TRANSPORTS ET DE L’ÉNERGIE

OJ n° 110/2017/13 Berne, le 29 juin 2017

NG

en la cause liée entre

A.________
recourante 1

Municipalité de Sauge, Haut du Village 8, 2536 Plagne
recourante 2

et

Préfecture du Jura bernois, rue de la Préfecture 2, 2608 Courtelary

en ce qui concerne la décision de la Préfecture du Jura bernois du 20 décembre 2016 (PC 
no 152/2015; transformations extérieures et intérieures, démolition partielle de la salle 
ouest existante, nouvelle construction annexe avec appartements, changement d'affecta-
tion du bâtiment est en appartement)

I. Faits

1. La recourante 1 a déposé le 1er juillet 2015 une demande de permis de construire 

pour l'aménagement d'un appartement au rez-de-chaussée de l'ancien hôtel-restaurant 

C.________ (bâtiment 2) et pour l'édification, à la place de l'annexe ouest (bâtiment 2a), 

d'un nouveau bâtiment contigu comportant trois appartements. Les coûts de construction 

se montent à 1'211'000 fr. Le projet est sis dans la zone du village ancien. Le bâtiment 

C.________ figure dans l'inventaire des monuments historiques comme étant digne de 

conservation. Sur la carte dans le géoportail du canton de Berne, c'est le bâtiment 2b qui 

est désigné par erreur comme digne de conservation par un point bleu, et non le bâtiment 

OJ no 110/2017/13 2

2. La fiche du recensement architectural en version électronique concernant le bâtiment 

C.________ a entretemps été corrigée, elle portait également par erreur le no 2b. Quoi qu'il 

en soit, dans la version papier disponible auprès de la commune et du Service des 

monuments historiques, juridiquement contraignante1, les données sont et ont toujours été 

correctes.2 Le bâtiment est en outre partie intégrante à la fois de l'ensemble bâti A (village-

rue) et de l'ensemble bâti B (accès transversal).

2. Dans son rapport du 22 décembre 2015, le Service des monuments historiques du 

canton de Berne (SMH) a conclu que le projet constitue une altération peu acceptable du 

monument historique inscrit dans le périmètre qu'il transforme. Il a proposé le refus de 

l'autorisation, en précisant à quelles conditions celle-ci pourrait entrer en considération 

(notamment: éviter le conflit entre l'avant-toit ouest du bâtiment principal et la cage d'esca-

lier de la nouvelle construction; renoncer à la nouvelle toiture à demi-croupes au profit d'un 

toit à deux pans et remplacer la lucarne à croupe par une lucarne rampante). 

3. Par décision du 20 décembre 2016, la préfecture a rejeté la demande de permis.

4. Par écriture du 20 janvier 2017, la recourante 1 a interjeté recours auprès de la 

Direction des travaux publics, des transports et de l'énergie (TTE) contre la décision du 

20 décembre 2016. Elle conclut en substance à l'annulation de celle-ci et à l'octroi du per-

mis. Son argumentation concerne la partie de la nouvelle construction qui fait le lien entre 

celle-ci et l'ancien hôtel-restaurant, et qui comporte notamment la cage d'escalier. La re-

courante 1 reproche à la préfecture de ne pas l'avoir informée que la construction d'un toit 

plat nécessitait l'octroi d'une dérogation. En cas de dépôt d'une telle demande, la préfec-

ture aurait dû procéder à une pesée des intérêts. La recourante 1 fait en outre grief au re-

présentant du SMH d'avoir changé d'avis au sujet de la forme de la toiture. Elle invoque le 

soutien de la commune pour ce projet.

1 circulaire ISCB (Information systématique des communes bernoises) no 7/721.0/27.1 du 18 septembre 
2014 "Révision du recensement architectural", p. 3
2 dossier préfectoral, p. 6

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5. Par écriture du 23 janvier 2017, la recourante 2 a également interjeté recours auprès 

de la TTE contre la décision du 20 décembre 2016. Elle conclut principalement à l'annula-

tion de celle-ci, à tout le moins pour la transformation de l'ancien restaurant, et subsidiai-

rement, pour le surplus, au renvoi à l'autorité de première instance pour nouvelle décision. 

La recourante 2 invoque d'abord une violation du principe de la proportionnalité, dans le 

sens où la préfecture a refusé le projet dans son ensemble, alors que le changement d'af-

fectation de l'ancien restaurant pourrait être réalisé indépendamment du remplacement de 

l'annexe ouest. Elle est d'avis que seule l'exigence de résoudre le conflit entre la cage 

d'escalier et l'avant-toit du bâtiment principal est formulée impérativement, les autres élé-

ments du rapport du SMH exprimant des souhaits. Finalement, elle estime que la première 

instance a violé son obligation de procéder à une pesée des intérêts. 

6. Dans sa prise de position du 28 février 2017, la préfecture a conclu au rejet du re-

cours. Elle estime que, au vu des arguments du recours, rien ne commande de s'écarter du 

rapport du SMH. 

II. Considérants

1. Recevabilité

a) En vertu de l’art. 40 al. 1 LC3, les décisions relatives à l’octroi d’un permis de cons-

truire peuvent faire l’objet d’un recours auprès de la TTE. La recourante 1 a qualité pour 

recourir au sens de l'art. 65 al. 1 LPJA4 et de l'art. 40 al. 2 LC étant donné que la décision 

attaquée lui refuse le permis de construire. Elle est donc particulièrement atteinte par cette 

décision et a un intérêt digne de protection à sa modification. Au surplus, le recours de la 

recourante 1 a été déposé en temps utile et selon les formes légales. Il est par conséquent 

recevable quant à la forme.

b) Le délai de recours est de 30 jours à compter de la notification du permis de cons-

truire (art. 40 al. 1 LC). Pour que le délai soit observé, l'acte considéré doit être accompli 

3 loi du 9 juin 1985 sur les constructions, LC, RSB 721
4 loi du 23 mai 1989 sur la procédure et la juridiction administratives, LPJA, RSB 155.21

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avant l'expiration du délai (art. 42 al. 1 LPJA). En particulier, l'écrit doit être remis à un bu-

reau de poste suisse avant l'expiration du délai (art. 42 al. 2 LPJA). Les délais dont le dé-

but dépend d’une communication, d’une publication officielle ou de la survenance d’un 

événement courent dès le lendemain de celles-ci (art. 41 al. 1 LPJA). Si le dernier jour du 

délai est un samedi, un dimanche ou un jour férié selon le droit fédéral ou cantonal, le délai 

expire le premier jour ouvrable qui suit (art. 41 al. 2 LPJA). La procédure administrative 

bernoise ne connaît pas de vacances judiciaires, en particulier en ce qui concerne les 

semaines de Noël et du Nouvel-An5. 

Le délai a été indiqué correctement dans la décision attaquée, qui a été notifiée à la recou-

rante 2 en date du 21 décembre 2016.6 Le délai de recours est donc échu le 20 janvier 

2017. Selon le suivi des envois de la Poste accessible par internet ("track and trace"), la 

recourante 2 a remis son l'écriture le 23 janvier 2017 au bureau de poste de Péry. En tant 

que recours, cette écriture, intitulée ainsi, est tardive. Le recours de la recourante 2 est 

irrecevable. Le contenu de l'écriture du 23 janvier 2017 est pris en considération en tant 

que prise de position de la commune.

2. Protection des monuments historiques

a) Les monuments historiques sont des objets et des ensembles exceptionnels présen-

tant une valeur culturelle, historique ou esthétique. Ils comprennent notamment les sites, 

les ensembles bâtis, les constructions, les jardins, les installations, les détails d'architecture 

intérieure, l'agencement des pièces et les équipements fixes (art. 10a al. 1 LC). Les mo-

numents historiques sont dignes de protection lorsqu'ils présentent des qualités architecto-

niques si importantes et des caractéristiques si remarquables qu'ils doivent être conservés 

dans leur intégrité (art. 10a al. 2 LC). Ils sont dignes de conservation lorsqu'ils doivent être 

préservés en raison de leur intérêt architectonique ou de leurs particularités (art. 10a al. 3 

LC). Les monuments historiques des deux sortes peuvent être transformés pour les be-

soins de la vie et de l'habitat contemporains avec ou sans réaffectation à de nouveaux 

usages, à condition que ces derniers soient adéquats et que la valeur des monuments soit 

prise en compte; ils ne doivent pas être altérés par des transformations de leur environne-

5 Thomas Merkli / Arthur Aeschlimann / Ruth Herzog, Kommentar zum Gesetz über die Verwaltungsrechts-
pflege im Kanton Bern, 1997, art. 41 n. 6
6 dossier préfectoral, p. 99

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ment (art. 10b al. 1 LC). En particulier, les monuments historiques dignes de conservation 

ne doivent subir aucune transformation de leur extérieur; leur démolition n'est possible que 

si leur conservation s'avère disproportionnée (art. 10b al. 3 LC). L'application est plus res-

trictive pour ceux qui sont dignes de protection (art. 10b al. 2 LC). 

La législation en matière de monuments historiques vise la conservation de la substance 

originale d'un objet. Les objets du patrimoine doivent, dans toute la mesure du possible, 

être conservés dans l'état où ils nous ont été transmis. Ils ne doivent pas être dénaturés 

par des ajouts. Les interventions doivent être réversibles autant que faire se peut. Leur 

étendue et leur portée doivent être réduites le plus possible.7 La prise en compte de la va-

leur au sens de l'art. 10b al. 1 LC signifie que la transformation du monument historique ne 

doit pas porter atteinte aux qualités et particularités en vertu desquelles celui-ci a été porté 

au recensement architectural (cf. art. 10d al. 1 let. a LC). La préservation d'un monument 

digne de conservation vise non seulement sa structure, mais également la substance bâtie 

d'origine et les éléments essentiels de l'intérieur.8

Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, les restrictions au droit de propriété ordonnées 

en vue de la protection des monuments historiques répondent en principe à l'intérêt public. 

Celui-ci prévaut, en règle générale, sur l'intérêt privé lié à une utilisation financière optimale 

du bâtiment. Le principe de la proportionnalité est applicable. Il commande qu'une mesure 

restrictive soit apte à produire les résultats escomptés (aptitude); il requiert en outre que 

ceux-ci ne puissent être atteints par une mesure moins incisive, autrement dit il interdit 

toute limitation allant au-delà du but visé (nécessité); finalement, il exige un rapport raison-

nable entre celui-ci et les intérêts publics ou privés compromis (exigibilité). Une mesure de 

protection des monuments sera contraire au principe de proportionnalité (au sens étroit) si, 

dans la pesée des intérêts en présence, elle produit des effets insupportables pour le pro-

priétaire. Plus un bâtiment est digne d'être conservé ou protégé, moins les exigences de la 

rentabilité doivent être prises en compte.9 

7 Commission fédérale des monuments historiques, Principes pour la conservation du patrimoine culturel 
bâti en Suisse, 2007, p. 43 et 46 s.
8 Aldo Zaugg / Peter Ludwig, Kommentar zum Baugesetz des Kantons Bern, 4e éd., tome I, Berne 2013, 
art. 10a-10f n. 5 s.; JTA no 100.2007.1242 du 7 août 2009, cons. 4.2.2 
9 ATF 126 I 219 consid. 2c; Zaugg / Ludwig, art. 10a-10f n. 3 et 6

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b) La description du bâtiment au recensement architectural (RA) est la suivante: 
Hôtel-restaurant de la fin du XIXe s. Bâtiment massif, rez de débit avec terrasse couverte par toit-
terrasse au S, 2 étages de locaux et comble habitable. Agrandissement contigu à l'O, sans intérêt. 
Petite annexe de remise contiguë au NE. Toit pavillon-croupe à revillonnage, faîte EO; au S pignon 
transversal central en demi-croupe avec berceau. Couverture tuiles naturelles. Avant-toits en 
caisson. Plusieurs Velux. Façades, crépi grossier beige. Encadrements avec tablettes saillantes, 
ciment moulé peint en brun foncé. Fenêtres à croisillons; partiellement volets en bois.
Au S grand carrefour entre rue principale EO et accès de F.________; à l'E et à l'O contiguïté; au N 
verdure.

c) Le SMH estime souhaitable, dans le souci du respect hiérarchique des interventions 

nouvelles par rapport à la substance historique, d'éviter tout conflit avec les avant-toits. 

Cette charge sert aussi à conserver au monument historique son aspect authentique.

d) Le projet consiste principalement en un nouveau bâtiment de quatre niveaux, 

comportant trois appartements, soit un par étage, ainsi que des places de stationnement et 

des locaux techniques au rez-de-chaussée (déjà partiellement existant). L'appartement du 

dernier étage est sous combles. L'accès aux appartements s'effectue par un nouveau 

corps de bâtiment intermédiaire abritant la cage d'escalier, l'ascenseur et une partie des 

salles de séjour. Ce corps de bâtiment est intercalé entre la nouvelle construction et 

l'ancien hôtel-restaurant et leur est contigu. Sa largeur est de 2.10 m, il est composé de 

baies vitrées. Aussi bien la nouvelle construction que l'ancien hôtel-restaurant sont dotés 

de toits pentus couverts de tuiles. La toiture du corps intercalé est plate. Elle dépasse le 

chéneau de l'ancien hôtel-restaurant d'environ 2.20 m. Ainsi, la construction du nouveau 

corps de bâtiment a pour effet, au troisième étage, la destruction de l'avant-toit de l'ancien 

hôtel-restaurant sur la presque totalité du pan ouest. Ne resteraient pour l'essentiel que les 

angles de l'avant-toit ouest.10 Cette intervention va clairement à l'encontre du RA, qui men-

tionne expressément les avant-toits en caisson, après avoir consacré une bonne partie de 

la description à la toiture en général. La documentation photographique à disposition con-

firme que le toit et en particulier les avant-toits constituent un élément marquant du bâti-

ment.11 Ils contribuent à lui conférer son caractère massif, voire majestueux. A ce jour, 

l'avant-toit est resté intact sur tout son pourtour, et ce malgré des transformations non né-

gligeables du bâtiment en 198712, alors même qu'à cette époque, les prescriptions en ma-

10 cf. plans de la demande de permis, notamment 3e étage, façade sud, façade nord et coupe B-B (annexe 
au dossier préfectoral, p. 33 et 35 à 37) ainsi que les perspectives simulant les ombres portées (dossier 
préfectoral, p. 30 à 45)
11 fiche du RA relative au bâtiment 2 (pan nord), fiche du RA relative à l'ensemble bâti B (pans sud et ouest), 
photographie au dossier préfectoral p. 86 (pans est et nord)
12 transformations des chambres d'hôtel en appartements, dossier préfectoral p. 87

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tière de protection n'avaient pas la même précision qu'aujourd'hui et que l'obligation 

d'inventaire n'existait pas. Les prescriptions communales relèvent également que l'avant-

toit constitue, quand il existe, un véritable élément de la construction.13 A cela s'ajoute que 

l'ancien hôtel-restaurant occupe une position centrale lorsqu'on arrive dans le village en 

venant de F.________. Le bâtiment est nommément cité dans la fiche du RA relative à 

l'ensemble bâti B. Sa façade principale surplombe l'accès au village de façon marquante et 

l'avant-toit ouest est particulièrement visible.14 

e) Il résulte de ce qui précède que le corps de bâtiment intermédiaire ne tient pas suffi-

samment compte de la valeur de l'ancien hôtel-restaurant telle qu'elle résulte du RA, étant 

donné qu'une partie non négligeable de l'avant-toit est destiné à être détruit. Cette inter-

vention porte atteinte aussi bien à la substance bâtie qu'à la structure authentiques du toit. 

De plus, elle est irréversible. Pour toutes ces raisons, elle va à l'encontre de l'art. 10b al. 1 

LC. Il n'est pas contraire au principe de la proportionnalité de refuser le permis à cet égard. 

Le refus du permis empêche la destruction de l'avant-toit, la mesure remplit par consé-

quent le critère d'aptitude. Par ailleurs, il n'y a pas de mesure moins incisive. Le corps de 

bâtiment intermédiaire sert en particulier à l'accès aux appartements projetés. En le rema-

niant de sorte qu'il n'entre plus en conflit avec l'avant-toit du bâtiment existant ou encore en 

se tournant vers une autre solution, le maître de l'ouvrage devra selon toute vraisemblance 

revoir la disposition des appartements. Ni l'autorité d'octroi du permis ni l'autorité de re-

cours ne peuvent se substituer à lui à cet effet. Le refus du permis respecte donc égale-

ment le critère de la nécessité. Finalement, le refus répond aussi au critère d'exigibilité. Le 

SMH a clairement fait comprendre que, moyennant la suppression du conflit entre cage 

d'escalier et avant-toit (ainsi que quelques autres adaptations, cf. consid. 2f ci-dessous), la 

création d'appartements à cet endroit est tout à fait envisageable du point de vue de la 

protection des monuments historiques. A la suite du rapport négatif du SMH, la préfecture 

a donné à la recourante 1 l'occasion de modifier sa demande de permis.15 La recourante 1 

n'a pas donné suite. Elle a prétendu que selon décision cantonale, le bâtiment C.________ 

ne ferait plus partie du RA.16 Malgré le démenti catégorique du SMH, la recourante 1 (ou 

respectivement son architecte) a persisté dans sa position.17 Dans son recours non plus, la 

13 règlement de construction du 22 juin 1991, annexe III ch. 1.3
14 photographie illustrant la fiche du RA relative à l'ensemble bâti B 
15 dossier préfectoral, p. 56
16 dossier préfectoral, p. 68
17 dossier préfectoral, p. 79 ainsi que 89 s.

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recourante 1 n'indique pas en quoi l'adaptation requise par le SMH porterait atteinte à ses 

intérêts. Etant donné la possibilité d'élaborer un projet qui tienne compte des exigences en 

matière de monuments historiques, l'intérêt de la recourante1 à garder son projet tel quel 

ne fait pas le poids par rapport à la perte irrémédiable d'une composante importante du 

monument historique. Au sens étroit, le refus du permis de construire n'est donc pas non 

plus disproportionné. 

La recourante 1 reproche à l'autorité d'octroi du permis de construire de ne pas l'avoir in-

formée que la construction d'un toit plat nécessitait l'octroi d'une dérogation à l'art. 32 RC18. 

Il semblerait qu'elle parte de l'idée que c'est faute de demande de dérogation à l'alinéa 2 de 

cette disposition, lequel interdit les toits plats sauf pour certaines constructions annexes 

non habitées, que la demande de permis a été rejetée. Tel n'est pas le cas. Comme vu ci-

dessus, la demande de permis doit être rejetée sur la base de l'art. 10b al. 1 LC et en ap-

plication du principe de la proportionnalité. Ainsi, la recourante 1 n'a pas non plus été pri-

vée de la pesée des intérêts, comme elle paraît l'invoquer, puisque celle-ci s'effectue en 

l'occurrence précisément sous la forme de l'examen de la proportionnalité, en particulier 

sous l'angle de l'exigibilité. L'autorité d'octroi du permis de construire a procédé à cette 

analyse correctement dans son considérant 3.4. Finalement, la recourante 1 reproche au 

SMH d'avoir changé d'avis. Cette affirmation ne se vérifie pas. Lors d'une séance de la 

commission communale de construction concernant un précédent projet, et à laquelle 

étaient également invités le maire et des représentants du SMH, ceux-ci avaient souligné 

que "le premier projet avec une pente de 20o s'imbrique dans le toit du bâtiment 

C.________ ce qui pose des problèmes techniques et esthétiques".19 En résumant la 

séance, le président de la commission a notamment mentionné dans l'énumération des 

points à discuter avec l'architecte: "pas de liaison avec le bâtiment C.________ ". Il résulte 

de ce qui précède que la position en vertu de laquelle le toit de l'ancien hôtel-restaurant 

doit rester intact avait été d'emblée défendue par le SMH, puis à tout le moins comprise par 

les autorités présentes. Quant à la formulation finale figurant au compte rendu de la 

séance, selon laquelle "(le représentant du SMH) nous assure que quelle que soit la 

solution que nous retiendrons, il ne s'y opposera pas", trop vague et non validée par 

ailleurs, elle ne peut pas être considérée comme déterminante. 

18 règlement de construction du 22 juin 1991
19 dossier préfectoral, p. 58 s.: compte rendu de la séance du 22 octobre 2014

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f) Au vu de ce qui précède, le recours de la recourante 1 doit être rejeté et la décision 

de la préfecture confirmée. Les arguments invoqués par la commune dans son écriture du 

23 janvier 2017 ne remettent pas en cause ce résultat. Elle reproche à l'autorité d'octroi du 

permis d'avoir refusé le projet dans son ensemble, alors que le changement d'affectation 

de l'ancien restaurant pourrait être réalisé indépendamment du remplacement de l'annexe 

ouest. Elle y voit une violation du principe de la proportionnalité. La TTE ne partage pas 

cette opinion. Dans le projet actuel, le rez-de-chaussée de l'ancien restaurant C.________ 

et celui de la nouvelle construction sont reliés par une porte qui accède directement à la 

nouvelle cage d'escalier. Au rez-de-chaussée du bâtiment existant se trouvent non 

seulement l'appartement projeté, mais également les accessoires des appartements situés 

dans la nouvelle construction, à savoir trois caves et la buanderie. La manière dont le 

maître de l'ouvrage souhaite adapter son projet, notamment régler les accès, lui appartient 

(cf. consid. 2e ci-dessus). Elle peut avoir une incidence également sur l'aménagement du 

bâtiment existant. L'octroi partiel du permis dans la mesure où le projet concerne le 

bâtiment existant n'irait donc pas dans le sens de l'économie de la procédure, d'ailleurs la 

recourante 1 elle-même ne le demande pas. La préfecture n'a pas violé le principe de la 

proportionnalité. 

Par ailleurs, la commune est d'avis que seule l'exigence de résoudre le conflit entre la cage 

d'escalier et l'avant-toit du bâtiment principal est formulée impérativement par le SMH, les 

autres éléments figurant dans le rapport (forme du toit et de la lucarne de la nouvelle cons-

truction) n'exprimant d'après elle que des souhaits de ce service. Cet avis n'est pas décisif. 

A ce stade de la procédure et comme il résulte de l'ensemble du présent considérant, le 

projet ne peut de toute façon pas être autorisé. De plus, les conditions émises par le SMH 

sont toutes énumérées sous le titre 3 "Charges" de son rapport du 22 décembre 2015, par 

conséquent mises sur pied d'égalité. L'emploi du conditionnel ou de formulations telles que 

"souhaitable" ou "préférer" n'expriment rien d'autre que le principe de la libre appréciation 

des preuves par l'autorité d'octroi du permis de construire tel qu'il résulte de l'art. 35 al. 2 

DPC20. Ce que la commune nomme "exigence" protège directement et physiquement le 

bâtiment en tant que monument historique inventorié comme digne de conservation; ce 

qu'elle désigne comme "souhaits" touchent non seulement à cet objet indirectement (par 

l'intermédiaire de son environnement), mais encore à la protection de l'ensemble bâti (qui 

20 décret du 22 mars 1994 concernant la procédure d'octroi du permis de construire, DPC, RSB 725.1

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est également un monument historique figurant au RA21), ainsi qu'à la protection du site. La 

législation ne prévoit pas de hiérarchie entre ces divers types de protection.

Finalement, la commune estime que la première instance a violé son obligation de procé-

der à une pesée des intérêts. Cet argument est infondé, il est renvoyé à cet égard au con-

sidérant 2e ci-dessus. 

3. Frais

Les frais de procédure sont perçus sous la forme d'un émolument forfaitaire. Un émolu-

ment supplémentaire peut être perçu pour les enquêtes particulières, les expertises ou 

d'autres mesures d'instruction (art. 103 al. 1 LPJA). Un émolument forfaitaire de 200 à 

4'000 fr. est perçu pour les décisions sur recours dans des affaires de justice administrative 

(art. 19 al. 1 en relation avec art. 4 al. 2 et 3 OEmo22).

Selon la pratique de la TTE, les frais de la procédure sont fixés à 1'600 fr. Les frais de la 

procédure de recours sont mis à la charge de la partie qui succombe, à moins que le com-

portement d’une partie au cours de la procédure permette une répartition différente ou qu’il 

soit justifié par des circonstances particulières de ne pas percevoir de frais (art. 108 al. 1 

LPJA). La recourante 1, qui succombe, assume les frais de procédure. Il n'est pas mis de 

frais de procédure à la charge de la commune (art. 108 al. 2 LPJA). 

III. Décision

1. Le recours de la recourante 1 du 20 janvier 2017 est rejeté.

Le recours de la recourante 2 du 23 janvier 2017 est déclaré irrecevable.

La décision du 20 décembre 2016 est confirmée.

2. Les frais de procédure par 1'600 fr. sont mis à la charge de la recourante 1. 

La facture lui sera notifiée dès l'entrée en force de la présente décision.

21 cf. notamment art. 10a al. 1 LC et géoportail du canton de Berne
22 ordonnance du 22 février 1995 fixant les émoluments de l'administration cantonale, OEmo, RSB 154.21

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IV. Notification

- A.________, par courrier recommandé

- Municipalité de Sauge, par courrier recommandé

- Préfecture du Jura bernois, par courrier A

- Service des monuments historiques, pour information

DIRECTION DES TRAVAUX PUBLICS, 

DES TRANSPORTS ET DE L’ÉNERGIE

La directrice

Barbara Egger-Jenzer

Conseillère d'Etat