# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1a05a75d-c7e7-5e7d-b2ef-de4c1d784c63
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2012-02-28
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 28.02.2012 D-4945/2009
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-4945-2009_2012-02-28.pdf

## Full Text

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t

T r i buna l   adm in i s t r a t i f   f édé ra l

T r i buna l e   ammin i s t r a t i vo   f ede ra l e

T r i buna l   adm in i s t r a t i v   f ede ra l

   

Cour IV
D­4945/2009

A r r ê t   d u   2 8   f é v r i e r   2 0 1 2

Composition Gérard Scherrer (président du collège), 
Jenny de Coulon Scuntaro, Hans Schürch, juges ;
Yves Beck, greffier.

Parties A._______, né le (…), 
B._______, née le (…), 
C._______, né le (…),
Serbie,   
recourants, 

contre

Office fédéral des migrations (ODM), Quellenweg 6, 
3003 Berne,   
autorité inférieure. 

Objet Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 8 juillet 2009 / 
(…).

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Faits :

A. 
Le  25  mai  2009,  A._______,  son  épouse  B._______,  et  leur  enfant 
C._______,  d'ethnie  rom,  en  provenance  de  la  ville  de  Z._______ 
(province  de  la  Voïvodine),  sont  entrés  en  Suisse  et  ont  déposé  une 
demande  d'asile  au  centre  d'enregistrement  et  de  procédure  (CEP)  de 
Vallorbe.  Ils  étaient  accompagnés  de  leur  fils,  respectivement  frère, 
D._______  (dossier ODM […] ; arrêt du Tribunal administratif  fédéral D­
4946/2009), ainsi que de leur fille, respectivement sœur, E._______ et de 
l'enfant  de  celle­ci  (dossier  ODM  […] ;  arrêt  du  Tribunal  administratif 
fédéral D­4944/2006). 

B. 
Selon leurs déclarations du 28 mai 2009 (audition sommaire) et du 9 juin 
2009  (audition  sur  les  motifs  d'asile),  ils  seraient  retournés  habiter 
Z._______  en  l'an  2003  après  le  refus  définitif  de  leur  demande  d'asile 
déposée en (…). Dans cette localité, ils auraient toujours été détestés par 
les  Serbes  qui  auraient  voulu  éradiquer  le  pays  des  membres  de  la 
communauté  rom.  C._______  et  son  frère  aîné  D._______  n'auraient 
ainsi  pas  été  scolarisés  en  raison  du  comportement  inamical  (insultes, 
crachats,  provocations, menaces, maltraitance)  de  Serbes  jaloux  d'eux. 
Dans  le  courant  du  mois  d'avril  2009,  à  proximité  du  domicile  familial, 
A._______, C._______ et D._______ auraient été  interpellés et  frappés 
par trois ou quatre Serbes qui leur auraient enjoint de quitter le pays. Le 
même mois, quatre Serbes élégants que les intéressés ne connaissaient 
pas  se  seraient  présentés  à  leur  domicile  et  auraient  exigé  d'eux  qu'ils 
émigrent. Quelques  jours plus  tard, dans  la nuit du 17 au 18 avril 2009, 
en  l'absence  de  A._______  et  de  ses  deux  fils  partis  à  Novi  Sad  pour 
vendre  leur marchandise  au marché,  B._______  et  sa  fille  auraient  été 
violées à  leur  domicile  par  quatre Serbes  inconnus.  Le  forfait  accompli, 
B._______  aurait  immédiatement  téléphoné  à  la  police,  dont  trois  ou 
quatre de ses membres seraient intervenus une heure après les faits ou, 
suivant  les  versions,  le  lendemain. Par  ailleurs,  elle  se  serait  rendue  le 
lendemain  à  l'hôpital  de  la  ville  avec  sa  fille  pour  recevoir  des  soins  et 
faire constater l'agression. Informé à son retour du viol de son épouse et 
de sa fille, A._______ aurait eu un problème cardiaque, le 20 avril 2009, 
qui  aurait  justifié  son  hospitalisation  jusqu'au  4 mai  suivant.  Par  crainte 
pour  leur  sécurité,  les  intéressés  auraient  vendu  leur  maison,  puis 

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seraient partis s'installer, le 9 mai 2009, chez les parents de B._______, à 
Z._______. Le 24 mai 2009,  ils auraient quitté  le pays grâce à  l'aide de 
passeurs à qui ils auraient remis 5'000 euros.

C. 
Par décision du 8 juillet 2009, l'ODM, tout en laissant indécise la question 
de la vraisemblance des préjudices allégués, a rejeté la demande d'asile 
en raison du manque de pertinence, au sens de l'art. 3 de la loi sur l'asile 
du  26  juin  1998  (LAsi,  RS  142.31),  des  faits  allégués,  a  prononcé  le 
renvoi des intéressés de Suisse et a ordonné l'exécution de cette mesure.

Il  a  relevé  que  la  situation  des minorités  ethniques  s'était  améliorée  en 
Serbie, pays dans lequel une loi – entrée en vigueur le 25 février 2002 – 
pour  la  protection  et  la  liberté  des  minorités  nationales,  d'une  part, 
garantissait à celles­ci une formation scolaire et l'obtention d'informations 
dans leur  langue maternelle et, d'autre part, prévoyait  l'introduction dans 
les  services  publics  d'un  quota  d'employés  issus  des  minorités 
nationales.

En outre, les agissements perpétrés contre les intéressés étant le fait de 
tiers et non imputables à des agents de l'Etat, cet office a précisé que les 
autorités  serbes  poursuivaient  et  sanctionnaient  les  auteurs  d'exactions 
commises contre les membres de minorités. Les recourants avaient ainsi 
la possibilité de faire appel à un avocat pour faire valoir leurs arguments 
et,  pour  le  cas  où  la  police  refuserait  d'entreprendre  des  démarches, 
d'interjeter  recours  auprès  d'une  instance  supérieure.  En  l'espèce,  cet 
office a relevé que la police était intervenue à leur domicile après les viols 
allégués et qu'elle  leur avait donc offert une protection adéquate. Enfin, 
les agressions alléguées étant circonscrites au plan  local,  les  intéressés 
pouvaient, selon le principe de la subsidiarité (recte : possibilité de refuge 
interne), s'établir dans une autre région de la Serbie.

D. 
Dans  le  recours  interjeté  le  4  août  2009,  les  intéressés  ont  brièvement 
répété leurs motifs d'asile. Ils ont soutenu que la police ne protégeait pas 
les minorités ethniques, en dépit de lois d'intégration, que les procédures 
judiciaires  étaient  longues,  période  durant  laquelle  aucune  protection 
n'était offerte, et que les coupables n'étaient pratiquement jamais arrêtés 
ni  inquiétés.  Ils  ont  par  ailleurs  nié  pouvoir  s'installer  dans  une  autre 
région  de  leur  pays,  non  seulement  parce  que  les  Roms  y  subissaient 
des  agressions  sur  l'ensemble  du  territoire,  mais  aussi  parce  qu'ils 

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seraient confrontés à des difficultés  insurmontables pour se reconstruire 
économiquement,  sans  le  soutien  de  leur  famille  restée  à  Z._______. 
Enfin,  ils ont contesté  le caractère exigible de  l'exécution de  leur renvoi. 
Ainsi,  les  problèmes  cardiaques  dont  souffrait  A._______  ne  lui 
permettaient  pas  de  travailler  ni,  en  conséquence,  de  subvenir  aux 
besoins  de  la  famille,  et  les  traitements  nécessaires  n'étaient  pas 
intégralement  pris  en  charge  par  l'assurance  maladie.  Quant  à 
B._______,  elle  souffrait,  tout  comme  sa  fille,  de  traumatismes  liés  au 
viol, et un retour sur le lieu de l'agression ne pouvait qu'aggraver son état 
de  santé.  Enfin,  les  recourants  ont  relevé  que  leur  maison  avait  été 
vendue avant leur départ pour la Suisse et qu'ils ne disposaient plus d'un 
endroit  où  loger  à  Z._______.  Ils  ont  conclu  à  la  reconnaissance  de  la 
qualité  de  réfugié  et  à  l'octroi  de  l'asile,  subsidiairement  de  l'admission 
provisoire, et ont demandé l'assistance judiciaire partielle.

Ils  ont  déclaré  qu'ils  allaient  déposer  des  documents  (un  rapport  de 
police,  des  certificats médicaux  et  un  contrat  de  vente  de  leur maison) 
établis  dans  leur  pays  d'origine  qui  démontraient,  selon  eux,  les 
préjudices qu'ils y avaient subis. En outre, A._______ et son épouse ont 
mentionné  qu'ils  avaient  chacun  rendez­vous  avec  le  médecin  et  qu'ils 
allaient prochainement transmettre  les certificats médicaux relatifs à  leur 
état de santé.

E. 
Par décision incidente du 10 août 2009, le juge instructeur a renoncé à la 
perception  d'une  avance  de  frais  et  a  déclaré  qu'il  serait  statué 
ultérieurement sur la demande d'assistance judiciaire partielle. Il a imparti 
aux  recourants  un  délai  échéant  le  7  septembre  2009,  prolongé  au 
16 septembre  suivant,  pour  déposer  les moyens  de  preuve mentionnés 
dans le recours.

F. 
Par missives du 12 août et des 8 et 10 septembre 2009,  les  recourants 
ont  déposé  les  rapports  médicaux  (avec  une  traduction  en  allemand) 
établis  en Serbie  le  17  (à  23  heures  50)  et  le  18  avril  (à  7  heures  15) 
2009,  le  contrat  de  vente  (et  sa  traduction  allemande)  d'un  bien 
immobilier  rédigé  le 17 mai 2009 à Z._______, ainsi  que deux  rapports 
médicaux établis en Suisse.

Selon  ceux­ci,  A._______  souffrait  de  problèmes  cardiaques  (haute 
tension  artérielle  [HTA] ;  cf.  le  rapport  du  22  juillet  2009  du  docteur 

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H._______,  spécialiste  en  médecine  interne),  et  B._______ 
d'hypertension, de douleurs à la poitrine, de maux de tête et de migraines 
(cf.  le  rapport  du  8  septembre  2009  de  la  doctoresse  I._______, 
spécialiste en médecine générale).

G. 
Dans sa détermination du 30 septembre 2009,  l'ODM a proposé  le  rejet 
du  recours.  Il  a  relevé  que  la  date  et  l'heure  inscrites  sur  les  rapports 
médicaux  établis  en  Serbie  ne  correspondaient  pas  aux  propos  de 
B._______, laquelle avait déclaré s'être rendue à l'hôpital le lendemain du 
viol. Cet office a également relevé que A._______ et son épouse avaient 
reçu les soins nécessaires à leurs problèmes de santé en Serbie et que 
les traitements (initiés en Suisse) étaient aussi disponibles dans cet Etat. 
Enfin,  il  a  souligné  que  les  recourants,  même  s'ils  n'étaient  plus 
propriétaire  d'une  maison,  disposaient  dans  leur  pays  d'origine  d'un 
réseau familial susceptible de les aider dans leur réintégration.

H. 
Dans leur réplique postée le 16 octobre 2009, les recourants ont confirmé 
que B._______ et E._______ avaient consulté les médecins le lendemain 
du viol et ont expliqué que  le personnel médical serbe s'était  trompé de 
date en rédigeant les rapports médicaux. Ils ont par ailleurs soutenu que 
ceux établis en Suisse démontraient les viols perpétrés contre elles pour 
des  motifs  ethniques.  Enfin,  ils  ont  déclaré  qu'ils  n'auraient  pas  vendu 
leur maison s'ils n'avaient pas été contraints de le faire.

I. 
Dans un courrier posté  le 7 mars 2010,  les recourants ont déposé deux 
écrits  datés  du  9  novembre  2009  et  du  27  avril  2005  relatifs  aux 
conditions  d'existence  des Roms  en  Voïvodine,  ainsi  qu'une  attestation 
du docteur J._______ datée du 19 février 2010. 

Dans cette attestation, le thérapeute a mentionné que l'état psychosocial 
de A._______, de son épouse B._______, et de leurs enfants E._______ 
et D._______, qui le consultaient depuis le 16 octobre 2009, était marqué 
non seulement par  leur  vécu en Serbie, mais également par  le  rejet de 
leur  demande  d'asile,  par  l'absence  de  perspective  d'avenir,  par  la 
détérioration des relations familiales, ainsi que par leurs conditions de vie 
actuelles  (cinq  adultes  dans  une  même  chambre).  Ces  circonstances 
avaient  en  particulier  déclenché  des  crises  et  des  comportements 
agressifs entre A._______ et son fils D._______ (cf. dossier […] cité sous 

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let.  A  ci­dessus),  raison  pour  laquelle  celui­là  avait  dû  être  éloigné  des 
siens  durant  trois  jours,  en  janvier  2010,  à  la  suite  d'une  explosion 
verbale  de  colère.  Le  médecin  a  estimé  qu'il  serait  souhaitable  de 
modifier  les  conditions  d'habitation  des  membres  de  la  famille,  ce  qui 
contribuerait à améliorer leur état psychique.

Droit :

1. 

1.1. Selon  l'art. 31 de  la  loi du 17  juin 2005 sur  le Tribunal administratif 
fédéral  (LTAF, RS 173.32),  le Tribunal administratif  fédéral  (le Tribunal) 
connaît  des  recours  contre  les  décisions  au  sens  de  l’art.  5  de  la  loi 
fédérale  du  20  décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA, 
RS 172.021). En particulier,  les décisions rendues par  l’ODM en matière 
d'asile –  lesquelles n'entrent  pas dans  le  champ d'exclusion de  l'art.  32 
LTAF  –  peuvent  être  contestées  devant  le  Tribunal  conformément  à 
l'art. 33 let. d LTAF (disposition applicable en vertu du renvoi de l’art. 105 
LAsi). Le Tribunal est donc compétent pour connaître du présent litige. Il 
statue  de  manière  définitive,  sauf  demande  d’extradition  déposée  par 
l’Etat dont le requérant cherche à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la loi 
du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]).

1.2. Les recourants ont qualité pour recourir  (art. 48 al. 1 PA). Présenté 
dans la forme (art. 52 PA) et le délai prescrits (art. 108 al. 1 LAsi) par la 
loi, le recours est recevable.

2. 

2.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d’origine ou dans 
le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 
ou craignent à juste titre de l’être en raison de leur race, de leur religion, 
de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou 
de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de 
sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l’intégrité corporelle ou 
de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression 
psychique  insupportable.  Il  y  a  lieu  de  tenir  compte  des motifs  de  fuite 
spécifiques aux femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi).

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2.2.  Quiconque  demande  l’asile  (recourant)  doit  prouver  ou  du  moins 
rendre  vraisemblable  qu’il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est 
vraisemblable  lorsque  l’autorité  estime  que  celle­ci  est  hautement 
probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur 
des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont 
contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de 
manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 
LAsi).

3. 

3.1. Selon  la  jurisprudence de  l'ancienne Commission suisse de recours 
en matière  d'asile  (cf.  Jurisprudence  et  informations  de  la  Commission 
suisse de recours en matière d'asile [JICRA] 2006 n° 18 consid. 10) dont 
il n'y a pas lieu de s'écarter, une persécution au sens de l'art. 3 LAsi peut 
aussi être le fait de tiers, lorsque l'Etat n'entreprend rien pour l'empêcher 
ou  pour  sanctionner  leurs  auteurs,  que  ce  soit  parce  qu'il  tolère  voire 
soutient de tels agissements ou, sans intention délibérée de nuire, parce 
qu'il n'a pas la capacité de les prévenir. L'Etat n'est toutefois pas tenu de 
garantir une protection absolue à tous ses citoyens et en tous lieux, mais 
la  protection  doit  revêtir  un  caractère  effectif  et  la  victime disposer  d'un 
accès  raisonnable  à  cette  protection.  Autrement  dit,  le  principe  de  la 
subsidiarité  de  la  protection  internationale  par  rapport  à  la  protection 
nationale permet d'exiger d'un requérant d'asile qu'il ait épuisé dans son 
propre  pays  les  possibilités  de  protection  contre  d'éventuelles 
persécutions avant de solliciter celle d'un Etat tiers.

3.2.  En  l'occurrence,  indépendamment  de  la  réalité  des  préjudices 
allégués,  les  recourants  n'ont  apporté  aucun  élément  de  preuve  qui 
démontrerait  que  les  autorités  en  place  n'entreprendraient  rien  pour 
retrouver  les  auteurs  du  viol  dont  B._______  aurait  prétendument  été 
victime  dans  la  nuit  du  17  au  18  avril  2009,  ni  qu'elles  lui  refuseraient 
toute  protection  contre  de  nouvelles  infractions.  En  effet,  force  est  de 
constater que  la police est  intervenue à son domicile suite à  l'agression 
précitée.  N'est  pas  décisif  le  fait  que  l'enquête  n'avance  guère  (cf.  le 
recours, p. 7) et que les coupables n'aient pas encore été arrêtés et, par 
conséquent, jugés. Seule compte en effet la volonté des autorités de les 
retrouver  et  de  les  traduire  en  justice,  laquelle  n'est  aujourd'hui  plus 
contestable  (cf.  notamment  arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  E­
554/2011  du  25  janvier  2011  et  les  réf.  cit.),  au  point  que  le  Conseil 
fédéral a, en date du 6 mars 2009 avec effet au 1er avril suivant, déclaré 

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la Serbie Etat  sûr,  rang auquel seul peut être élevé un Etat assurant  le 
respect  des  droits  de  l'homme,  ainsi  que  l'application  des  conventions 
internationales conclues dans ce domaine. Enfin, l'Etat et ses organes ne 
sauraient  être  tenus  de  garantir  à  tout moment  une  protection  totale  et 
une sécurité absolue à ses citoyens, notamment à ses minorités, car seul 
compte la volonté des autorités de protéger leurs administrés.

3.3.  S'agissant  des  insultes,  crachats,  provocations,  menaces  et 
maltraitance  dont  l'enfant  C._______  aurait  été  régulièrement  victime, 
rien  n'indique  que  les  autorités  n'auraient  pas  entrepris  les  démarches 
nécessaires  pour  le  protéger,  si  elles  avaient  eu  connaissance  de  ces 
faits (cf. le pv de l'audition de C._______, question 23, p. 5). Par ailleurs, 
il appert clairement que ces atteintes ne présentent pas l'intensité requise 
pour  constituer  des  persécutions  déterminantes  pour  la  reconnaissance 
de  la  qualité  de  réfugié.  En  effet,  D._______,  victime  des  mêmes 
incivilités  que  son  frère  C.______,  a  mentionné  qu'il  s'agissait  de 
"chicaneries répétées qui sont désagréables". Surtout, malgré la maladie 
affectant  son  père,  C._______  n'aurait  pas  omis  de  lui  signaler  ces 
agissements  s'ils  avaient  été  d'une  certaine  gravité  (cf.  le  pv  des 
auditions de C._______ du 28 mai 2005, question 15, p. 4, et du 9  juin 
2009, question 21, p. 4 ; cf. aussi  le pv de  l'audition de A._______ du 9 
juin 2009, question 24, p. 5).

Au  demeurant,  A._______  n'accordait  aucune  importance  (cf.  le  pv  de 
son audition du 9 juin 2009, question 47, p. 7) ou ignorait (cf. supra)  les 
menées  dirigées  contre  ses  fils.  En  conséquence,  son  refus  de  les 
scolariser ne pouvait avoir celles­ci pour origine, étant encore précisé que 
C._______ n'a pas non plus été scolarisé en Allemagne, bien qu'il  y  fut 
en sécurité. 

3.4. Enfin, les motifs liés à des conditions de vie difficile et à l'absence de 
perspective  d'avenir  (cf.  le  recours,  sous  "possibilité  de  fuite  interne", 
p. 7 s.,  ainsi  que  le  courrier  du 7 mars 2010 et  ses annexes  cités  sous 
let. I ci­dessus) ne sont pas pertinents en matière d'asile. En effet, de tels 
motifs  sont  étrangers  à  la  définition  du  réfugié,  telle  que  prévue 
exhaustivement à l'art. 3 LAsi.

3.5. Partant, même vraisemblables, les faits allégués par les recourants à 
l'appui de  leur demande de protection en Suisse ne sont pas pertinents 
en matière d'asile. Il n'y a donc pas lieu d'examiner encore si ces derniers 
bénéficient  ou  non  d'une  possibilité  de  refuge  interne.  S'agissant  des 

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moyens de preuve déposés (certificats médicaux délivrés en Serbie et en 
Suisse, contrat de vente de la maison),  ils ne sont pas décisifs, dès lors 
que  les  faits  qu'ils  sont  censés  établir  ne  sont  quoi  qu'il  en  soit  pas 
pertinents.

3.6.  Il  s'ensuit  que  le  recours,  en  tant  qu'il  conteste  le  refus  de  la 
reconnaissance de la qualité de réfugié et le rejet de la demande d'asile, 
doit être rejeté.

4. 

4.1. Lorsqu’il rejette la demande d’asile ou qu’il refuse d’entrer en matière 
à ce sujet, l’ODM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en 
ordonne  l’exécution ;  il  tient  compte  du  principe  de  l’unité  de  la  famille 
(art.  44  al.  1  LAsi).  Le  renvoi  ne  peut  être  prononcé,  selon  l’art.  32  de 
l’ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l’asile relative à la procédure (OA 1, 
RS 142.311),  lorsque  le  recourant  d’asile  dispose  d’une  autorisation  de 
séjour  ou  d’établissement  valable,  ou  qu’il  fait  l’objet  d’une  décision 
d’extradition ou d’une décision de renvoi conformément à  l’art. 121 al. 2 
de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 (Cst., RS 101).

4.2.  Aucune  exception  à  la  règle  générale  du  renvoi  n’étant  en 
l’occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette 
mesure.

5. 

5.1. L’exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement 
exigible  et  possible  (art.  44  al.  2  LAsi).  Si  ces  conditions  ne  sont  pas 
réunies,  l’admission  provisoire  doit  être  prononcée  conformément  à 
l'art. 83 de  la  loi  fédérale sur  les étrangers du 16 décembre 2005  (LEtr, 
RS 142.20). 

5.2. L’exécution n’est pas  licite  lorsque  le  renvoi de  l’étranger dans son 
Etat d’origine ou de provenance ou dans un Etat  tiers est  contraire aux 
engagements  de  la  Suisse  relevant  du  droit  international  (art.  83  al.  3 
LEtr). Aucune personne ne peut être contrainte, de quelque manière que 
ce soit, à se rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa 
liberté  serait  menacée  pour  l’un  des  motifs  mentionnés  à  l’art.  3  al.  1 
LAsi, ou encore d’où elle  risquerait d’être astreinte à se  rendre dans un 
tel pays (art. 5 al. 1 LAsi). Nul ne peut être soumis à  la  torture ni à des 
peines ou  traitements  inhumains ou dégradants  (art. 3 de  la convention 

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du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés 
fondamentales [CEDH, RS 0.101]).

5.3. L’exécution de  la décision peut ne pas être raisonnablement exigée 
si  le  renvoi  ou  l’expulsion  de  l’étranger  dans  son  pays  d’origine  ou  de 
provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple  en  cas  de 
guerre,  de  guerre  civile,  de  violence  généralisée  ou  de  nécessité 
médicale (art. 83 al. 4 LEtr).

5.4. L’exécution n’est pas possible  lorsque l’étranger ne peut pas quitter 
la  Suisse  pour  son  Etat  d’origine,  son  Etat  de  provenance  ou  un  Etat 
tiers, ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr).

6. 

6.1. L’exécution du renvoi est illicite,  lorsque la Suisse, pour des raisons 
de droit  international public, ne peut contraindre un étranger à se rendre 
dans  un  pays  donné  ou  qu’aucun  autre  Etat,  respectant  le  principe  du 
non­refoulement,  ne  se  déclare  prêt  à  l’accueillir ;  il  s’agit  d’abord  de 
l’étranger  reconnu  réfugié,  mais  soumis  à  une  clause  d’exclusion  de 
l’asile, et ensuite de l’étranger pouvant démontrer qu’il serait exposé à un 
traitement prohibé par l’art. 3 CEDH ou encore l’art. 3 de la convention du 
10  décembre  1984  contre  la  torture  et  autres  peines  ou  traitements 
cruels,  inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105) (Message du 
Conseil  fédéral  à  l’appui  d’un  arrêté  fédéral  sur  la  procédure  d’asile 
[APA], du 25 avril 1990, in : FF 1990 II 624).

6.2.  L’exécution  du  renvoi  ne  contrevient  pas  au  principe  de  non­
refoulement  de  l’art.  5  LAsi.  Comme  exposé  plus  haut,  les  recourants 
n'ont  pas  rendu  vraisemblable  qu’en  cas  de  retour  dans  leur  pays 
d’origine, ils seraient exposés à de sérieux préjudices au sens de l’art. 3 
LAsi.

6.3. En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant du 
droit international, il sied d’examiner particulièrement si l’art. 3 CEDH, qui 
interdit la torture, les peines ou traitements inhumains, trouve application 
dans le présent cas d’espèce.

6.4. Si l’interdiction de la torture, des peines et traitements inhumains (ou 
dégradants)  s’applique  indépendamment  de  la  reconnaissance  de  la 
qualité  de  réfugié,  cela  ne  signifie  pas  encore  qu’un  renvoi  ou  une 
extradition serait prohibée par le seul fait que dans le pays concerné des 

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violations  de  l’art.  3  CEDH  devraient  être  constatées ;  une  simple 
possibilité  de  subir  des  mauvais  traitements  ne  suffit  pas.  Il  faut  au 
contraire  que  la  personne  qui  invoque  cette  disposition  démontre  à 
satisfaction  qu’il  existe  pour  elle  un  véritable  risque  concret  et  sérieux 
d’être victime de tortures, ou de traitements inhumains ou dégradants en 
cas de renvoi dans son pays. Il en ressort qu’une situation de guerre, de 
guerre  civile,  de  troubles  intérieurs  graves  ou  de  tension  grave 
accompagnée  de  violations  des  droits  de  l’homme  ne  suffit  en  principe 
pas (hormis des cas exceptionnels de violence d'une extrême intensité) à 
justifier la mise en œuvre de la protection issue de l’art. 3 CEDH, tant que 
la personne concernée ne peut rendre hautement probable qu’elle serait 
visée  personnellement  –  et  non  pas  simplement  du  fait  d’un  hasard 
malheureux  –  par  des  mesures  incompatibles  avec  la  disposition  en 
question (JICRA 1996 no 18 consid. 14b  let. ee p. 186 s. ; cf. également 
arrêts  de  la Cour  européenne  des  droits  de  l'homme  [Cour EDH],  arrêt 
F.H.  c. Suède,  no  32621/06,  20  janvier  2009,  et  arrêt  Saadi  c. Italie, 
no 37201/06, 28 février 2008). 

6.5. En l’occurrence, les recourants n'ont pas établi qu'un tel risque pèse 
sur eux (cf. consid. 3 supra). 

6.6. Dès lors, l’exécution du renvoi de ceux­ci sous forme de refoulement 
ne  transgresse  aucun  engagement  de  la  Suisse  relevant  du  droit 
international, de sorte qu’elle s’avère  licite  (art. 44 al. 2 LAsi et 83 al. 3 
LEtr). 

7. 

7.1. Selon l’art. 83 al. 4 LEtr,  l’exécution de la décision peut ne pas être 
raisonnablement exigée si le renvoi ou l’expulsion de l’étranger dans son 
pays  d’origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par 
exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou 
de  nécessité médicale. Cette  disposition  s’applique  en  premier  lieu  aux 
"réfugiés  de  la  violence",  soit  aux  étrangers  qui  ne  remplissent  pas  les 
conditions  de  la  qualité  de  réfugié  parce  qu’ils  ne  sont  pas 
personnellement persécutés, mais qui fuient des situations de guerre, de 
guerre civile ou de violence généralisée, et ensuite aux personnes pour 
qui  un  retour  reviendrait  à  les  mettre  concrètement  en  danger, 
notamment parce qu’elles ne pourraient plus recevoir les soins dont elles 
ont  besoin.  L’autorité  à  qui  incombe  la  décision  doit  donc  dans  chaque 
cas confronter  les aspects humanitaires  liés à  la situation dans  laquelle 

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se  trouverait  l’étranger  concerné  dans  son  pays  après  l’exécution  du 
renvoi à  l’intérêt public militant en  faveur de son éloignement de Suisse 
(ATAF  2011/7  consid.  9.1  p.  89,  ATAF  2009/52  consid.  10.1  p.  756 s., 
ATAF  2009/51  consid.  5.5  p. 748,  ATAF  2009/28  consid. 9.3.1  p.  367, 
ATAF 2007/10 consid. 5.1 p. 111 ; JICRA 2005 no 24 consid. 10.1 p. 215 
et jurisp. cit.). 

S'agissant plus spécifiquement des personnes en  traitement médical en 
Suisse, l'exécution du renvoi ne devient inexigible, en cas de retour dans 
leur  pays  d'origine  ou  de  provenance,  que  dans  la  mesure  où  elles 
pourraient  ne  plus  recevoir  les  soins  essentiels  garantissant  des 
conditions minimales  d'existence ;  par  soins  essentiels,  il  faut  entendre 
les soins de médecine générale et d'urgence absolument nécessaires à 
la garantie de la dignité humaine (GABRIELLE STEFFEN, Droit aux soins in : 
Olivier  Guillod / Dominique  Sprumont / Béatrice  Despland  [éditeurs], 
13ème  Journée  de  droit  de  la  santé  de  l'institut  de  droit  de  la  santé, 
Université  de  Neuchâtel,  Berne  2007  [Editions  Weblaw], 
Zurich / Bâle / Genève 2007 [Schulthess], spéc. p. 50 ss ; STEFFEN, Droit 
aux soins et rationnement, Berne 2002, p. 81 s. et 87). L'art. 83 al. 4 LEtr, 
disposition  exceptionnelle  tenant  en  échec  une  décision  d'exécution  du 
renvoi,  ne  saurait  en  revanche  être  interprété  comme  une  norme  qui 
comprendrait  un  droit  de  séjour  lui­même  induit  par  un  droit  général 
d'accès en Suisse à des mesures médicales visant à recouvrer  la santé 
ou  à  la  maintenir,  au  simple  motif  que  l'infrastructure  hospitalière  et  le 
savoir­faire médical dans le pays d'origine ou de destination de l'intéressé 
n'atteint pas le standard élevé qu'on trouve en Suisse (JICRA 1993 no 38 
p.  274 s.).  Ainsi,  il  ne  suffit  pas  en  soi  de  constater,  pour  admettre 
l'inexigibilité de l'exécution du renvoi, qu'un traitement prescrit sur la base 
de normes suisses ne pourrait être poursuivi dans  le pays de  l'étranger. 
On  peut  citer  ici  les  cas  de  traitements  visant  à  atténuer  ou  guérir  des 
troubles  psychiques  ou  physiques  qui  ne  peuvent  être  qualifiés  de 
graves. Si les soins essentiels nécessaires peuvent être assurés dans le 
pays d'origine ou de provenance de  l'étranger concerné,  le cas échéant 
avec d'autres médications que celles prescrites en Suisse, l'exécution du 
renvoi  dans  l'un  ou  l'autre  de  ces  pays  sera  raisonnablement  exigible. 
Elle  ne  le  sera  plus,  au  sens  de  l'art.  83  al.  4  LEtr  si,  en  raison  de 
l'absence  de  possibilités  de  traitement  adéquat,  l'état  de  santé  de 
l'intéressé  se  dégraderait  très  rapidement  au  point  de  conduire  d'une 
manière certaine à la mise en danger concrète de sa vie ou à une atteinte 
sérieuse,  durable,  et  notablement  plus  grave  de  son  intégrité  physique 
(GOTTFRIED  ZÜRCHER,  Wegweisung  und  Fremdenpolizeirecht :  die 

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verfahrensmässige  Behandlung  von  medizinischen  Härtefällen,  in 
Schweizerisches  Institut  für Verwaltungskurse, Ausgewählte Fragen des 
Asylrechts,  Lucerne  1992). Cela  dit,  il  sied  de  préciser  que  si,  dans  un 
cas  d'espèce,  le  grave  état  de  santé  ne  constitue  pas  en  soi  un  motif 
d'inexigibilité sur  la base des critères qui précèdent,  il peut demeurer un 
élément  d'appréciation  dont  il  convient  alors  de  tenir  compte  dans  le 
cadre  de  la  pondération  de  l'ensemble  des  éléments  ayant  trait  à 
l'examen de l'exécution du renvoi (JICRA 2005 no 24 consid. 10.1 p. 215, 
JICRA 2003 no 24 consid. 5b p. 157 s.). 

7.2. En l'espèce, il est notoire que la Serbie ne connaît pas une situation 
de guerre, de guerre civile ou de violence généralisée sur l'ensemble de 
son  territoire  qui  permettrait  d’emblée  –  et  indépendamment  des 
circonstances  du  cas  d’espèce  –  de  présumer,  à  propos  de  tous  ses 
ressortissants,  l’existence  d’une  mise  en  danger  concrète  au  sens  de 
l’art. 83 al. 4 LEtr.

7.3. En ce qui  concerne plus particulièrement  la  situation des Roms de 
Serbie,  le  Tribunal  observe  qu'en  dépit  des  efforts  importants  entrepris 
par  les autorités pour promouvoir  l'égalité sociale des membres de cette 
minorité,  ceux­ci  sont  toujours  la  cible  de  diverses  discriminations, 
notamment dans les domaines du logement, de l'éducation, du travail, et 
de  la  santé.  De  fait,  un  grand  nombre  de  Roms  vivent  dans  des 
conditions de grande pauvreté et sont en outre largement touchés par le 
chômage  (cf.  Commission  of  the  European  Communities,  Serbia  2009 
Progress  Report,  Bruxelles,  14  octobre  2009,  section  2.2,  p.  13 ss ; 
Helsinki Committee  for Human Rights  in Serbia, Annual Report : Serbia 
2008,  Belgrade  2009,  p.  387 ss;  Home  Office,  UK  Border  Agency, 
Operational Guidance Note, Serbia, 1er septembre 2008, ch. 3.6, p. 3 ss ; 
US  Department  of  State,  Country  Reports  on  Human  Rights  Practices 
2008, spéc. section 5 sous "National / Racial / Ethnic Minorities" ; Country 
of  Return  Information  Project,  country  sheet  Serbia,  août  2007 ; 
CHRISTIAN  BODEWIG / AKSHAY  SETHI,  Poverty,  Social  Exclusion  and 
Ethnicity  in  Serbia  and  Montenegro :  The  case  of  the  Roma,  octobre 
2005, p. 1 ss et p.19 ss).

7.4. Toutefois, cette situation, bien qu'insatisfaisante, n'est pas de nature, 
en l'espèce, à exposer les recourants à une mise en danger concrète et 
donc à faire obstacle à l'exécution de leur renvoi.

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En  effet,  à  leur  retour,  ceux­ci  pourront  compter  sur  l'existence  d'un 
réseau familial, en particulier sur les parents de B._______ chez lesquels 
ils  ont  brièvement  séjourné  avant  leur  départ  pour  la  Suisse.  Ils  auront 
aussi le soutien de D.______, dont la demande d'asile a été rejetée et qui 
doit également quitter la Suisse (cf. arrêt du Tribunal administratif fédéral 
D­4946/2006). 

En outre, il ne ressort pas des rapports médicaux établis en Suisse cités 
sous  let.  F  ci­dessus  (cf.  également  l'attestation  citée  let.  G)  que  les 
époux A._______ et B.______ souffrent d'une affection d'une gravité telle 
qu'un  retour  en  Serbie  serait  de  manière  certaine  de  nature  à  mettre 
concrètement et sérieusement en danger  leur vie ou  leur santé à brève 
échéance,  respectivement  que  leur  état  nécessite  impérativement  des 
traitements  médicaux  ne  pouvant  être  poursuivis  qu'en  Suisse,  sous 
peine d'entraîner de telles conséquences (cf. JICRA 2003 n° 24 précitée). 
En  effet,  il  n'est  pas  question,  dans  ces  rapports,  d'un  traitement 
stationnaire, mais exclusivement d'une prescription médicamenteuse. En 
tout état de cause, et bien que cela ne soit pas décisif pour l'issue de la 
cause, vu ce qui précède, force est de relever que les recourants ont déjà 
bénéficié, dans  leur pays d'origine, de soins adéquats (cf. notamment  le 
pv de l'audition de A._______ du 9 juin 2009, questions 10 s., p. 3, et le 
pv de l'audition de B._______ du 9 juin 2009, question 94, p. 11). Il n'y a 
aucune raison de penser qu'il en aille différemment à leur retour. En effet, 
la  Serbie,  et  en  particulier  la  région  de  Voïvodine,  dispose  d'une 
infrastructure  médicale  de  pointe  (cf.  arrêts  du  Tribunal  administratif 
fédéral D­6908/2011 du 18 janvier 2012, E­4013/2011 du 5 octobre 2011 
consid. 7.2.3  et  les  réf.  cit.,  D­5915/2006  du  3  novembre  2010 
consid. 7.3.2,  et  E­1658/2010  du  25  mai  2010  et  les  réf.  cit. ;  Praxis, 
Analysis  of  the main obstacles  and problems  in  access of Roma  to  the 
rights  to  health  and  health  care,  Belgrade,  juillet  2011,  spéc.  p.  48 ss ; 
The  Country  of  Return  Information  Project,  Country  Sheet  Serbia,  juin 
2009, p. 73 ss), et  les époux A._______ et B._______ auront accès aux 
soins  adéquats  pour  le  cas  où  leur  état  de  santé  respectif  devait 
s'aggraver.  Pour  les  raisons  qui  précèdent,  les  recourants  ne  sauraient 
arguer  à  bon  escient  du  fait  qu'ils  ne  disposeraient  pas  de  moyens 
financiers suffisants pour payer  leurs traitements. Sur ce point,  force est 
encore  de  constater  qu'ils  jouissaient  dans  leur  pays  d'origine  d'une 
bonne situation économique, laquelle leur a valu quelques inimitiés (cf. le 
pv de l'audition de C._______ du 9 juin 2009, question 5, p. 3, et le pv de 
l'audition de A._______, questions 23 et 60, p. 5 et 9 ; cf. aussi le pv de 
l'audition de D._______ du 9 juin 2009, question 18, p. 6). 

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7.5. Pour  ces motifs,  l’exécution  du  renvoi  doit  être  considérée  comme 
raisonnablement exigible.

8. 
Enfin,  les  recourants  sont  en  possession  de  documents  suffisants  pour 
rentrer dans leur pays ou, à tout le moins, sont en mesure d’entreprendre 
toute  démarche  nécessaire  auprès  de  la  représentation  de  leur  pays 
d’origine en vue de  l’obtention de documents de voyage  leur permettant 
de quitter  la Suisse. L’exécution du renvoi ne se heurte donc pas à des 
obstacles  insurmontables  d’ordre  technique  et  s’avère  également 
possible au sens de l'art. 83 al. 2 LEtr (cf. ATAF 2008/34 consid. 12). 

9. 

9.1.  Cela  étant,  l’exécution  du  renvoi  doit  être  déclarée  conforme  aux 
dispositions légales.

9.2. Il s’ensuit que le recours, en tant qu’il conteste la décision de renvoi 
et son exécution, doit être également rejeté.

10.  
Vu l'issue de la cause, il y aurait lieu de mettre les frais de procédure à la 
charge des recourants, conformément aux art. 63 al. 1 PA ainsi que l'art 2 
et l'art. 3 du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et 
indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  (FITAF,  RS 
173.320.2).  Toutefois,  la  demande  d'assistance  judiciaire  partielle 
déposée simultanément au recours est admise (art. 65 al. 1 PA), dès lors 
que  l'indigence  des  recourants  est  établie  et  que  les  conclusions  du 
recours,  au  moment  de  son  dépôt,  n'étaient  pas  vouées  à  l'échec, 
s'agissant en particulier du caractère exigible de  l'exécution du renvoi.  Il 
est donc statué sans frais.

(dispositif page suivante)

D­4945/2009

Page 16

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce :

1. 
Le recours est rejeté.

2. 
La demande d'assistance judiciaire partielle est admise.

3. 
Il n'est pas perçu de frais.

4. 
Le présent arrêt est adressé à la mandataire des recourants, à l’ODM et à 
l’autorité cantonale compétente.

Le président du collège : Le greffier :

Gérard Scherrer Yves Beck

Expédition :