# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e81abea4-f1b2-5462-a8d1-a1f04308eee6
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour d'appel civile HC / 2012 / 282
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_002_HC---2012---282_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

JL12.005672-120765

204

 

 

cour
d’appel CIVILE

_____________________________

Arrêt du
2 mai 2012

_________________

Présidence
de               M.             
Colombini,
président

Juges             
:              MM.             
Creux et Krieger

Greffier
              :             
M.              Corpataux

 

 

*****

 

 

Art.
257d, 267 CO

 

 

             
Statuant à huis clos sur l’appel interjeté par A.________,
à Yverdon-les-Bains, sous-locataire, contre l’ordonnance d’expulsion rendue le 16 avril
2012 par le Juge de paix du district du Jura – Nord vaudois dans la cause divisant la 
Caisse
de pensions X.________, à Lausanne, bailleresse,
d’avec W.________,
à Yverdon-les-Bains, locataire, la Cour d’appel civile du Tribunal cantonal voit :

             
En fait :

 

 

A.             
Par ordonnance du 16 avril 2012, communiquée le même jour aux parties, le Juge de paix du district
du Jura – Nord vaudois a ordonné au locataire W.________ de quitter et rendre libres de tous
objets et tous occupants pour le lundi 7 mai 2012 à midi les locaux occupés dans l’immeuble
sis [...], à Yverdon-les-Bains (appartement de 3,5 pièces, n° [...] plus une cave) (I),
arrêté les frais judiciaires à 300 fr. et compensé ceux-ci avec l’avance de
frais de la bailleresse Caisse de pensions X.________ (II), mis les frais à la charge du locataire
(III), dit qu’en conséquence le locataire remboursera à la bailleresse son avance de
frais à concurrence de 300 fr., sans allocation de dépens pour le surplus (IV) et dit que toutes
autres ou plus amples conclusions sont rejetées (V).

 

             
En droit, le premier juge a considéré que le locataire ne s’était pas acquitté
de l’entier de l’arriéré de loyer dans le délai comminatoire qui lui avait
été imparti et que la résiliation qui lui avait été signifiée par avis
du 14 décembre 2011 pour le 31 janvier 2012 était donc valable, de sorte que son expulsion
pouvait être prononcée dans la procédure de cas clair prévue par l’art. 257
CPC (Code de procédure civile suisse du 19 décembre 2008, RS 272).

 

 

B.             
Par mémoire du 25 avril 2012, le sous-locataire
A.________ a fait appel de cette ordonnance, concluant implicitement à pouvoir rester dans son appartement.

 

             
L’appelant a produit un lot de pièces à l’appui de son appel.

 

             
L’appelant a requis par ailleurs que l’effet suspensif soit accordé à son appel ;
cette requête est toutefois sans objet au vu du rejet de l’appel.

 

             
Les parties à la procédure devant le premier juge, à savoir la bailleresse Caisse de pensions
X.________ et le locataire W.________, n’ont pas été invitées à se déterminer
sur l’appel.

 

C.             
La Cour d'appel civile retient les faits suivants, sur la base de l'ordonnance complétée par
les pièces du dossier :

 

             
a)
La Caisse de pensions X.________, représentée par la régie [...], bailleresse, d’une
part, et W.________, locataire, d’autre part, ont conclu le 18 juin 2007 un contrat de bail à
loyer portant sur un appartement de 3,5 pièces situé dans un immeuble sis [...], à Yverdon-les-Bains ;
le contrat a été conclu pour une durée initiale limitée, du 1er
juillet 2007 au 30 septembre 2008, le bail se renouvelant par la suite aux mêmes conditions de six
mois en six mois, sauf avis de résiliation donné et reçu sous pli recommandé par
l’une des parties trois mois à l’avance. Le loyer mensuel a été fixé
à 1'360 fr., plus 130 fr. d’acompte de chauffage et d’eau chaude ; à partir
du mois de septembre 2008, cet acompte a été augmenté de 40 francs.

 

             
b)
Par courrier recommandé du 17 octobre 2011, la bailleresse a fait savoir à son locataire qu’il
avait accumulé un arriéré de loyer de 2'658 fr. 65 – montant correspondant aux loyers
de septembre et d’octobre 2011, déduction faite d’une ristourne chauffage par 231 fr.
35 et d’un montant de 170 fr. acquitté le 4 octobre 2011 – et lui a imparti un délai
de trente jours pour acquitter cette somme, faute de quoi son bail pourrait être résilié
en application de l’art. 257d CO (Code des obligations suisse du 30 mars 1911, RS 220).

 

             
Le 24 octobre 2011, le locataire a versé une partie de l’arriéré qui lui était
réclamé, soit un montant de 1'530 francs.

 

             
Par formule agréée du 14 décembre 2011, adressée le même jour à l’intéressé
sous pli recommandé, la bailleresse a résilié le bail de son locataire pour le 31 janvier
2012 ; la formule précise que le bail est résilié en vertu de l’art. 257d CO.

 

             
Le 14 décembre 2011, le locataire a réglé le solde de son arriéré de loyers,
en versant à nouveau un montant de 1'530 francs.

 

             
c)
Par requête du 1er
février 2012, les sous-locataires A.________ et son épouse ont saisi la Commission de conciliation
en matière de baux à loyer du district du Jura – Nord vaudois, concluant en substance
à l’annulation du congé.

             
d)
Par requête du 13 février 2012, la bailleresse a saisi le Juge de paix du district du Jura
– Nord vaudois (ci-après : le juge de paix), concluant, avec suite de frais et vacations,
à ce que celui-ci ordonne à son locataire de restituer, soit rendre libre de tout objet et
de tout occupant, l’appartement situé dans l’immeuble sis [...], à Yverdon-les-Bains.

 

             
Le 22 février 2012, le sous-locataire A.________ a adressé au juge de paix une détermination
sur la requête de la bailleresse.

 

             
Par courrier du 30 mars 2012, le sous-locataire a sollicité du juge de paix qu’il l’autorise
à participer à l’audience ; après avoir invité les parties à se déterminer
à ce propos, le juge de paix a refusé la présence du sous-locataire à l’audience.

 

             
L’audience a eu lieu le 3 avril 2012. A cette occasion, le locataire a déclaré qu’il
recevait les bulletins de versement de la bailleresse et qu’il les transmettait à un sous-locataire
qui occupait le logement. Il a produit ensuite une procuration signée le 30 mars 2012 en faveur
de son sous-locataire pour « toutes démarches administratives (fiscale) et juridiques
(faillite et poursuites) liées à l’objet faisant partie de la convocation à l’audience
relative à cette cause le lundi 2 avril 2012 » ; le sous-locataire a alors été
autorisé à participer à l’audience et a déclaré en substance qu’il
reconnaissait n’avoir pas payé le loyer durant trois mois et qu’il souhaitait prendre
le bail à son nom. La bailleresse a relevé pour sa part qu’elle n’avait appris
que récemment qu’un sous-locataire occupait l’appartement litigieux.

 

 

             
En droit
:

 

 

1.             
a)
L’appelant agit en sa qualité de sous-locataire, et non pas comme représentant du locataire,
la procuration produite devant le premier juge étant limitée à l’audience devant
celui-ci ; il y a lieu d’examiner d’office la recevabilité de son appel, notamment
sous l’angle de la qualité pour appeler.

 

             
b) Selon la jurisprudence de la Chambre des recours
rendue sous l’empire de la LPEBL (Loi du 18 mai 1955 sur la procédure d’expulsion en
matière de baux à loyer et à ferme, abrogée au 1er
janvier 2011), le sous-locataire qui occupait les locaux n’avait pas qualité pour recourir
contre l’ordonnance d’expulsion, n’étant pas partie à la procédure.
En revanche, il avait qualité pour recourir contre l’avis d’exécution forcée,
dans la mesure où il était touché dans ses intérêts, l’ordonnance d’expulsion
lui étant opposable (Guignard, Procédures spéciales vaudoises, Lausanne 2008, nn. 2 et
3 ad art. 1 LPEBL, n. 2 ad art. 22 LPEBL et n. 5 ad art. 23 LPEBL et les réf. citées).

             

             
Cette jurisprudence peut être maintenue sous
l’empire du CPC. Le CPC ne traite pas explicitement de la qualité pour appeler ou recourir.
En principe seules les parties à la procédure principale disposent de cette qualité, tout
comme leurs successeurs à titre universel ou particulier, ainsi que les parties intervenantes ou
appelées en cause (Jeandin, in CPC commenté, Bâle 2012, nn. 12-13 ad Intro. art. 308-334
CPC). En revanche, les tiers n’ont qualité pour recourir que si leurs intérêts juridiques
sont touchés par la décision contestée (Blickenstorfer, in Schweizerische Zivilprozessordnung
– Kommentar [DIKE-Komm. ZPO], Zurich/St Gall 2011, n. 86 ad Vorbem. Art. 308-334 CPC ; Reetz, in
Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung [ZPO], Zurich 2010, n. 35 ad Vorbem. zu den Art. 308-318
CPC ; Jeandin, loc. cit.). Tel est le cas du tiers astreint à produire des pièces, du
témoin ou du conseil d’office qui entend contester la quotité de son indemnité (Blickenstorfer,
loc. cit. ; voir d’autres exemples chez Reetz, loc. cit., qui cite notamment le cas du tiers
touché par une mesure procédurale, en particulier lorsque la contrainte est exercée).

 

             
En droit du bail, la sous-location n’engendre pas de relations contractuelles directes entre le
bailleur principal et le sous-locataire (ATF 120 II 112, JT 1995 I 202 ; Lachat, Le bail à
loyer, Lausanne 2008, p. 579 ; Bise/Planas, in Commentaire pratique – Droit du bail à
loyer, Bâle 2010, n. 80 ad art. 262 CO). On doit en déduire que, même si le prononcé
d’expulsion lui est opposable (admettent l’opposabilité Lachat, op. cit., p. 580 et
Bise/Planas, op. cit., n. 85 ad art. 262 CO), le sous-locataire, qui n’est pas partie à la
procédure d’expulsion, n’est pas touché dans ses intérêts juridiques,
mais tout au plus dans ses intérêts de fait, par l’ordonnance d’expulsion.

 

             
L’appelant, en sa qualité de sous-locataire, n’étant pas touché dans ses intérêts
juridiques, son appel est irrecevable.

2.             
L’arrêt peut être rendu sans frais judiciaires de deuxième instance ; il n’y
a au demeurant pas matière à l’allocation de dépens de deuxième instance, les
parties à la procédure de première instance n’ayant pas été invitées
à se déterminer sur l’appel.

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour d’appel civile du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

prononce
:

 

             
I.             
L’appel est irrecevable.

 

             
II.             
L’arrêt est rendu sans frais judiciaires de deuxième instance.

 

             
III.             
L’arrêt est exécutoire.

 

Le
président :              Le
greffier :

 

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

‑             
M. A.________

‑             
M. W.________

-
              Caisse de pensions X.________

 

             
La Cour d’appel civile considère que la valeur litigieuse est supérieure à 15’000 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. le Juge de paix du district du Jura – Nord vaudois

 

             
Le greffier :