# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1c2ef542-c7ec-5456-9c58-cdaca14d54b6
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 1998-11-11
**Language:** fr
**Title:** Verwaltungspraxis der Bundesbehörden (1987-2017) Rekuskommission des Bundesgerichts 11.11.1998 JAAC 63.52
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_VB/CH_VB_022_JAAC-63-52--_1998-11-11.pdf

## Full Text

JAAC 63.52

Arrêt de la Chambre d’accusation du Tribunal fédéral
du 11 novembre 1998 statuant sur la plainte de JJC.

contre la décision du directeur de l’Administration
fédérale des contributions concernant une requête
en consultation du dossier).

Art. 193 LIFD. Clôture de l’enquête de la Division d’enquêtes fiscales
spéciales (DEF). Requête en consultation du dossier. Plainte à la
Chambre d’accusation du Tribunal fédéral (art. 27 al. 3 et art. 28 al. 3
DPA).

- La LIFD exclut clairement toute voie de droit contre la notification
du rapport et de son contenu. Le rejet d’une requête en complément
d’enquête ne peut être attaqué qu’ultérieurement, dans la procédure
normale. Le principe est dès lors celui de l’absence de recours dans le
cadre de l’enquête dévolue à la DEF (art. 193 al. 4 LIFD).

- L’intérêt public et les intérêts privés (art. 36 DPA et art. 26 à 28
PA, art. 110 LIFD) que la DEF tient à sauvegarder, en invoquant la
protection des sources, des méthodes de travail et le secret fiscal, sont
d’un poids nettement supérieur à l’intérêt du plaignant à consulter le
dossier.

- La DEF n’a pas abusé de son pouvoir d’appréciation et n’a pas
violé l’art. 6 CEDH en refusant l’accès aux pièces du dossier, soit la
dénonciation à l’origine de l’enquête, la demande du directeur de
l’Administration fédérale des contributions au chef du Département
fédéral des finances d’autoriser l’ouverture d’une enquête selon les
art. 190 ss LIFD ainsi que la totalité des procès-verbaux formels et
informels des autres inculpés.

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Art. 193 DBG. Abschluss der Untersuchung der Abteilung Besondere
Steueruntersuchungen (BSU). Gesuch um Akteneinsicht. Beschwerde an
die Anklagekammer des Bundesgerichts (Art. 27 Abs. 3 und Art. 28 Abs. 3
VStrR).

- Das DBG schliesst jedes Rechtsmittel gegen die Eröffnung des Berichtes
und seines Inhaltes aus. Die Ablehnung eines Antrages auf Ergänzung
der Untersuchung kann im späteren Hinterziehungsverfahren oder
Verfahren wegen Steuervergehen angefochten werden. Im Rahmen
des Untersuchungsverfahrens der Abteilung BSU herrscht somit der
Grundsatz, dass keine Rechtsmittel gegeben sind (Art. 193 Abs. 4 DBG).

- Das öffentliche und die privaten Interessen (Art. 36 VStrR und
Art. 26 bis 28 VwVG sowie Art. 110 DBG), auf die sich die Abteilung
BSU bei ihrer verweigerten Akteneinsicht stützt, insbesondere der
Schutz ihrer Informationsquellen, ihrer Arbeitsmethoden sowie das
Steuergeheimnis, sind jedenfalls bedeutend höher einzuschätzen als das
Interesse des Beschwerdeführers an Akteneinsicht.

- Die Abteilung BSU hat ihr Ermessen nicht überschritten und Art. 6
EMRK nicht verletzt, indem sie die Einsicht in die dem Verfahren
zugrunde liegende Denunziation, in den Antrag des Direktors der
Eidgenössischen Steuerverwaltung an den Chef des Finanzdepartements
um Eröffnung einer Untersuchung nach den Art. 190 ff. DBG sowie in
die Gesamtheit der Einvernahmeprotokolle der übrigen Beschuldigten
verweigerte.

Art. 193 LIFD. Chiusura di un’inchiesta della Divisione inchieste fiscali
speciali (DIFS). Richiesta di consultazione degli atti. Ricorso alla
Camera d’accusa del Tribunale federale (art. 27 cpv. 3 e art. 28 cpv. 3
DPA).

- La LIFD esclude in modo categorico ogni rimedio giuridico contro
la notifica del rapporto d’inchiesta e del suo contenuto. La reiezione
di una domanda di complemento d’inchiesta può essere impugnata
nel successivo procedimento per sottrazione d’imposta oppure nella
procedura per delitti fiscali. Nel quadro di un’inchiesta della DIFS vige
il principio secondo cui non è dato nessun rimedio giuridico (art. 193
cpv. 4 LIFD).

- L’interesse pubblico o privato (art. 36 DPA e art. da 26 a 28 PA come
pure art. 110 LIFD), sul quale la DIFS fonda il rifiuto di accordare la
consultazione degli atti, ovvero in particolare la protezione delle fonti
di informazione, il metodo di lavoro come pure il segreto fiscale, hanno
un valore nettamente superiore rispetto al diritto del ricorrente di
consultare gli atti.

- La DIFS non abusa del suo potere d’apprezzamento e non infrange
l’art. 6 CEDU rifiutando l’istanza di consultazione della denuncia
dell’istanza del direttore dell’Amministrazione federale delle
contribuzioni al Capo del Dipartimento federale delle finanze per
l’apertura di un’inchiesta secondo gli art. 190 e seguenti LIFD, come
pure della totalità dei processi verbali di audizione dell’imputato.

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Résumé des faits:

A. Par décision du 4 décembre 1995, le chef du Département fédéral des
finances a chargé la Division d’enquêtes fiscales spéciales (DEF) d’ouvrir une
enquête notamment contre C. SA et contre JJC., actionnaire principal de C.
SA. Ces contribuables sont sérieusement soupçonnés de graves infractions
fiscales, ce qui permet de mettre en oeuvre la DEF (art. 190 ss de la loi
fédérale du 14 décembre 1990 sur l’impôt fédéral direct [LIFD], RS 642.11).
Diverses perquisitions ont eu lieu; des documents ont été saisis dans les locaux
commerciaux et privés des inculpés. Leurs détenteurs ne se sont pas opposés à
la perquisition des papiers (art. 50 al. 3 de la loi fédérale du 22 mars 1974 sur
le droit pénal administratif [DPA], RS 313.0).

JJC., C. SA et d’autres personnes ont été inculpés de soustraction d’impôt, de
complicité de soustraction d’impôt, de violations d’obligations de procédure
et de faux dans les titres. Ils ont été interrogés de manière informelle, puis
plusieurs auditions formelles ont eu lieu. JJC. a pu faire valoir les faits et les
preuves à sa décharge (art. 39 DPA).

B. Le 8 juillet 1998, conformément à l’art. 193 LIFD, la DEF a envoyé le
rapport de clôture d’enquête à JJC. Il s’agit de 90 pages et de 47 annexes.
L’administration considère que toutes les pièces pertinentes s’y trouvent.

C. Le 19 août 1998, JJC. a pu consulter l’ensemble des pièces et documents
saisis par la DEF le 14 décembre 1995. Le représentant de cet inculpé a
demandé à voir la dénonciation à l’origine de l’enquête, la demande du
directeur de l’Administration fédérale des contributions (AFC) au chef du
Département fédéral des finances d’autoriser l’ouverture d’une enquête et les
procès-verbaux d’audition (formels et informels) de trois autres inculpés.

Le 7 septembre 1998, la DEF a rejeté par écrit la requête de JJC., en application
des art. 110 LIFD, 36 DPA et 26 à 28 de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur
la procédure administrative (PA, RS 172.021). Cet inculpé a saisi le directeur de
l’AFC d’une plainte, qui a été rejetée le 21 septembre 1998.

D. Le 25 septembre 1998, JJC. a présenté une plainte à la Chambre d’accusation
du Tribunal fédéral (art. 27 al. 3 et art. 28 al. 3 DPA). D’après lui, en bref, le
refus de l’accès aux pièces qu’il demande pourrait l’empêcher de discuter des
faits influençant l’appréhension des éléments subjectifs lors de la fixation des
sanctions éventuelles; l’auteur de la dénonciation étant connu de tous, il n’y
aurait pas lieu de protéger cette source et le tri des procès-verbaux d’audition
devrait pouvoir être contrôlé par l’inculpé car il apparaîtrait partial. Le
plaignant invoque une violation de l’art. 6 de la Convention de sauvegarde des
droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 (CEDH,
RS 0.101). Il estime qu’il existe une obligation d’entendre contradictoirement
les personnes auditionnées, cela par souci d’équité.

Le plaignant demande à la Chambre d’accusation principalement d’annuler
la décision du 21 septembre 1998, cela fait, de l’autoriser à consulter
l’intégralité des pièces qui lui ont été cachées, soit la dénonciation, la
demande d’autorisation d’ouvrir une enquête adressée par l’AFC au chef

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du Département fédéral·des finances ainsi que les procès-verbaux d’audition
(formels et informels) des trois inculpés A., Y. et L. Il sollicite également un
délai raisonnable pour présenter des observations au sujet du rapport du
8 juillet 1998 de la DEF, cela sous suite de dépens. Il demande encore le renvoi
de la cause à l’autorité compétente afin qu’elle entende contradictoirement
les trois inculpés prénommés. Subsidiairement, il conclut à l’annulation de la
décision attaquée et au renvoi de la cause à l’autorité compétente afin qu’elle
réentende les trois inculpés prénommés. Cela fait, il requiert l’octroi d’un délai
raisonnable pour présenter des observations au sujet du rapport de la DEF du
8 juillet 1998, le tout sous suite de dépens.

E. Invitée à se déterminer, l’AFC a requis la jonction de la présente procédure
avec celle découlant de la plainte déposée par C. SA, en faillite, qui présente
pratiquement les mêmes conclusions. L’AFC conclut au rejet des deux plaintes
dans leur intégralité, avec suite de frais et dépens. Cette autorité précise
que la question du délai de réponse demandé est réglée par la décision
attaquée puisqu’il a d’ores et déjà été admis d’octroyer un tel délai, après
que la Chambre de céans aura statué sur les plaintes.

Sur le fond, l’AFC résume les considérants de la décision attaquée (en
elles-mêmes, la dénonciation et la demande d’autorisation d’ouvrir une
enquête ne porteraient pas préjudice au contribuable, elles seraient protégées
par le secret fiscal et par le secret garanti aux intérêts publics et privés
importants - art. 110 LIFD et art. 27 PA; le secret fiscal et celui que garantit
l’art. 27 PA justifieraient le refus de permettre l’accès à l’intégralité des
procès-verbaux d’audition, tous les extraits pertinents ayant été fournis au
plaignant).

En droit:

1. ...

2. Le chef de conclusions tendant à l’octroi d’un délai au plaignant pour se
déterminer sur le rapport de clôture de la DEF est sans objet, puisqu’il est
admis d’accorder ce délai après que la Chambre de céans aura statué.

3.a. Les mesures spéciales d’enquête de l’AFC sont régies par les art. 190 ss
LIFD. Le législateur a voulu ainsi doter l’administration fiscale d’un organe
spécialisé capable de mener rapidement des investigations lorsque de graves
infractions fiscales sont soupçonnées (voir le Message sur l’harmonisation
fiscale, FF 1983 III 242 ss).

Si les faits résultant de ces investigations paraissent constituer des infractions,
une procédure fiscale - ou pénale - normale est engagée, avec tous les droits
qui s’y rattachent pour le contribuable (art. 194 al. 1 et 2 LIFD). On peut donc
se demander s’il existe un droit de recours déjà au stade préliminaire que
constitue l’enquête spéciale. La loi exclut clairement toute voie de droit
contre la notification du rapport et de son contenu. Le rejet d’une requête

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en complément d’enquête ne peut être attaqué qu’ultérieurement, dans la
procédure normale. Le principe est dès lors celui de l’absence de recours dans
le cadre de l’enquête dévolue à la DEF (art. 193 al. 4 LIFD).

b. D’après l’art. 193 al. 3 dernière phrase LIFD, l’inculpé a cependant le droit
de consulter le dossier de la DEF selon l’art. 114 LIFD. Or, cette disposition
prévoit que le refus de l’accès au dossier peut faire l’objet d’un recours. Par le
renvoi aux art. 19 à 50 DPA prévu à l’art. 192 al. 1 LIFD, la Chambre de céans
est compétente pour examiner ce recours lorsqu’il s’agit d’un refus émanant
de la DEF et confirmé par le directeur de l’AFC (art. 27 et art. 28 DPA).

c. L’accès aux pièces que le contribuable n’a pas produites ou signées peut
être autorisé - une fois les faits établis - à condition qu’aucune sauvegarde
d’intérêts publics ou privés ne s’y oppose (art. 114 al. 1 et 2 LIFD). L’autorité
qui statue sur une demande de consultation de ces pièces doit mettre en
balance l’intérêt du contribuable d’une part, les intérêts publics ou privés
d’autre part. Elle possède à cet égard un certain pouvoir d’appréciation.

d. Dans la mesure où le plaignant demande à voir le dossier complet de l’AFC
tel qu’établi par la DEF, il ne s’agit pas d’une requête en complément d’enquête,
puisque l’AFC dispose de ces pièces au moment de statuer par une décision
de non-lieu ou de renvoi aux autorités chargées de la suite de la procédure.
L’inculpé fait valoir en substance que le refus d’accéder à la dénonciation
et aux autres pièces l’empêcherait de développer des moyens de défense
propres à renverser les conclusions du rapport de clôture ou à atténuer
l’éventuelle sanction. Or, il connaît ces conclusions et les éléments essentiels
sur lesquels celles-ci reposent. Il aura la possibilité de les contester et d’offrir
des contre-preuves dans le délai obtenu pour discuter le rapport. Il pourra
encore le faire devant l’autorité qui statuera finalement sur la sanction. Ainsi,
au stade de l’enquête de la DEF, l’intérêt actuel du plaignant à connaître les
pièces qu’il demande paraît minime, voire inexistant. Cet intérêt ne pourrait
être que celui de motiver ou de mieux motiver sa requête en complément
d’enquête après avoir eu accès aux pièces refusées. Il n’établit cependant
pas ici l’existence d’un tel intérêt et on ne le discerne pas non plus. De toute
façon, l’intérêt public et les intérêts privés que la DEF tient à sauvegarder (en
invoquant la protection des sources, des méthodes de travail et le secret fiscal)
sont d’un poids nettement supérieur.

L’AFC n’a pas abusé de son pouvoir d’appréciation et n’a pas violé l’art. 6 CEDH
en refusant l’accès aux pièces demandées. La plainte doit être rejetée sur ce
point. Cela n’empêche nullement que cette question puisse être soumise aux
autorités chargées de la suite de la procédure, lesquelles pourront statuer sans
être liées par le présent arrêt.

e. Le chef de conclusions tendant à ce que trois personnes soient réentendues
contradictoirement par la DEF apparaît comme une requête en complément
d’enquête au sens de l’art. 193 al. 4 LIFD. Or, on l’a vu, cette disposition exclut
tout recours contre le refus par la DEF d’un tel complément. Le moyen est dès
lors irrecevable.

4. La plainte doit être rejetée, dans la mesure où elle est recevable et où elle
n’est pas devenue sans objet.

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Page d’accueil du Tribunal fédéral

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http://www.bger.ch/fr/index.htm

Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften

Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées

Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali

JAAC 63.52 - Arrêt de la Chambre d'accusation du Tribunal fédéral du 11 novembre 1998

statuant sur la plainte de JJC. contre la décision du directeur de l'Administration fédérale

des contributions concernant une requête en consultation du dossier).

In Verwaltungspraxis der Bundesbehörden
Dans Jurisprudence des autorités administratives de la Confédération
In Giurisprudenza delle autorità amministrative della Confederazione

Jahr 1999
Année

Anno

Band 63
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	Arrêt de la Chambre d'accusation du Tribunal fédéral du 11 novembre 1998 statuant sur la plainte de JJC. contre la décision du directeur de l'Administration fédérale des contributions concernant une requête en consultation du dossier).
	Résumé des faits:
	En droit: