# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b6e302ed-fe9d-5ff6-b85a-3f6fa584b590
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2015-09-23
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 23.09.2015 A-1187/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_A-1187-2015_2015-09-23.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour I 

A-1187/2015 

 

 
 

  A r r ê t  d u  2 3  s e p t e m b r e  2 0 1 5  

Composition 
 Jérôme Candrian (président du collège),  

Claudia Pasqualetto Péquignot, Kathrin Dietrich, juges, 

Olivier Bleicker, greffier. 
 

 
 

Parties 
 X._______,   

représenté par Me Pierre Serge Heger, avocat,  

Etude Heger & Troya, Grand-Rue 26,  

Case postale 329, 1630 Bulle,  

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Administration fédérale des douanes AFD,  

Centre immobilier Genève, Avenue Louis-Casaï 84,  

Case postale, 1211 Genève 28,    

autorité inférieure.  

 
 

 
 

Objet 
 Nouvelle estimation des logements de service. 

 

 

 

A-1187/2015 

Page 2 

Faits : 

A.  

X._______, domicilié à (…), est membre du personnel des postes de 

gardes-frontière de la Région VI (Genève). L’Administration fédérale des 

douanes AFD lui a attribué une chambre meublée (n° […]) dans un 

appartement communautaire, au (…). L'indemnité (forfaitaire) mensuelle a 

été fixée à 172 francs, charges comprises. 

B.  

B.a Le 29 octobre 2014, le chef du centre des Ressources humaines de 

l'Administration fédérale des douanes AFD a informé X._______ que 

l'indemnité mensuelle de son logement de service serait portée, 

au 1er janvier 2015, à 330 francs (dédommagement forfaitaire). Il lui a 

également remis, à cette occasion, une copie d'un bulletin d'information 

interne précisant les motifs de cette augmentation. 

B.b Le 16 décembre 2014, lors d'une séance au cours de laquelle aucun 

procès-verbal n'a été tenu, l'Administration fédérale des douanes AFD a 

invité X._______ à lui communiquer, jusqu'au 15 janvier 2015, les éléments 

contestés du calcul du dédommagement. Ce délai n'a pas été utilisé par 

l'intéressé. 

B.c Par décision du 23 janvier 2015, l'Administration fédérale des douanes 

AFD, représentée par le Centre immobilier – Genève, a fixé le 

dédommagement mensuel du logement de service de X._______ à 

330 francs, charges comprises, à compter du 1er janvier 2015. 

C.  

Le 24 février 2015, X._______ (ci-après : le recourant) a formé un recours 

contre cette décision devant le Tribunal administratif fédéral. Le 

recourant conclut à l'annulation de la décision du 23 janvier 2015. Il affirme, 

en substance, que l'estimation de la surface de son logement a fait l'objet 

d'une variation non justifiée, que l'autorité inférieure n'a pas tenu compte 

des inconvénients constants ou qui se sont aggravés de son logement de 

service, que la hausse du dédommagement est excessive, qu'elle absorbe 

la modeste augmentation de salaire accordée quelque temps auparavant, 

qu'elle repose sur une base de calcul géographique discutable et, enfin, 

que le logement présente une absence d'entretien. 

 

A-1187/2015 

Page 3 

D.  

Le 18 mars 2015, le recourant a précisé, en substance, que certains des 

griefs élevés ne le concernaient pas directement car il est au bénéfice d'un 

dédommagement forfaitaire. 

E.  

Le 17 avril 2015, le Tribunal administratif fédéral a attribué l'effet suspensif 

au recours. 

F.  

Le 28 avril 2015, l'Administration fédérale des douanes AFD (ci-après : 

l'autorité inférieure) a répondu au recours en concluant à son rejet. 

G.  

Dans une écriture en réplique du 29 mai 2015, le recourant a persisté dans 

sa conclusion initiale.  

H.  

Le 22 juin 2015, l'autorité inférieure a déposé une duplique en la cause et 

s'est référée, pour l'essentiel, à sa réponse. 

La cause a ensuite été annoncée comme gardée à juger. 

I.  

Les autres faits et arguments de la cause seront abordés, si nécessaire, 

dans les considérants en droit qui suivent. 

Droit : 

1.  

1.1 La procédure de recours est régie par la loi fédérale du 20 décembre 

1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021), pour autant que la 

loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32) 

n'en dispose pas autrement (art. 37 LTAF). Le Tribunal examine d'office et 

librement sa compétence (art. 7 PA) ainsi que la recevabilité des recours 

qui lui sont soumis. 

1.2 Sous réserve de l'exception prévue à l'art. 32 al. 1 let. c LTAF, le 

Tribunal administratif fédéral est compétent, en vertu de l'art. 36 al. 1 de la 

loi du 24 mars 2000 sur le personnel de la Confédération (LPers, 

RS 172.220.1), pour connaître des recours contre les décisions, au sens 

de l'art. 5 PA, prises dans une cause relevant du droit de la fonction 

publique. Tel est bien le cas en l'espèce, l’acte attaqué ayant été rendu en 

A-1187/2015 

Page 4 

application du droit public fédéral par la Direction générale des douanes, 

représentée par le Centre immobilier Cgfr – Genève, dans ses fonctions 

comme autorité compétente et précédente au Tribunal administratif fédéral 

(art. 33 let. d LTAF ; cf. arrêt du Tribunal administratif fédéral A-7333/2014 

du 27 mai 2015 consid. 1.1). 

1.3 Destinataire de la décision attaquée, qui lui signifie une augmentation 

de 158 francs du dédommagement mensuel de son logement de service, 

le recourant est particulièrement atteint et a un intérêt digne de protection 

à requérir son annulation ou sa modification (art. 48 al. 1 PA). Il a donc 

qualité pour recourir. 

1.4 Présenté au surplus dans le délai (art. 50 al. 1 PA) et les formes (art. 52 

al. 1 PA) prescrits par la loi, le recours est ainsi recevable. 

2.  

2.1 En sa qualité d’autorité de recours, le Tribunal dispose d’un plein 

pouvoir d’examen en fait et en droit. Il revoit librement l’application du droit 

par l’autorité inférieure, y compris l’excès ou l’abus du pouvoir 

d’appréciation, la constatation des faits et l’opportunité de la décision 

attaquée (art. 49 PA). Le Tribunal applique le droit d’office, sans être lié par 

les motifs invoqués (art. 62 al. 4 PA), ni par l’argumentation juridique 

développée dans la décision entreprise (ATAF 2014/24 consid. 2.2). 

2.2 L'objet du recours porte sur la validité en droit de l'augmentation 

du dédommagement du logement de service imposée au recourant. 

3.  

Il convient de commencer par déterminer si la contestation entre les parties 

relève bien du droit public. 

3.1 La jurisprudence s'appuie sur plusieurs critères pour déterminer si une 

contestation relève du droit privé ou du droit public (cf. arrêt du Tribunal 

fédéral 2C_404/2012 du 11 février 2013 consid. 4.1.1 ; arrêt du Tribunal 

administratif fédéral A-6175/2013 du 12 février 2015 consid. 2.3.1 et réf. 

cit.). Les normes de droit privé sont essentiellement horizontales, alors que 

celles de droit public sont verticales dans les relations juridiques qu'elles 

régissent. A cet égard, il s'agit d'examiner si la norme sauvegarde 

exclusivement ou principalement l'intérêt public ou les intérêts privés 

(critère des intérêts), si elle réglemente la réalisation de tâches publiques 

ou l'exercice d'une activité publique (critère fonctionnel), si les rapports 

qu'elle organise subordonnent une partie à l'autre en fait ou en droit ou les 

A-1187/2015 

Page 5 

fait traiter d'égal à égal à tous points de vue (critère de la subordination), 

ou enfin si la violation de la norme entraîne une sanction relevant du droit 

privé (par exemple, nullité d'un acte juridique) ou une sanction relevant du 

droit public (par exemple, révocation d'une autorisation) en vertu du critère 

modal ou de la sanction. Aucun de ces critères ne l'emporte a priori sur les 

autres. Il faut en effet garder à l'esprit que la délimitation entre droit privé 

et droit public répond à des fonctions totalement différentes suivant les 

nécessités de la réglementation en cause et, notamment, selon les 

conséquences juridiques pouvant en découler dans chaque affaire ; ces 

exigences ne peuvent pas être théoriquement réunies en un seul critère 

distinctif qui ferait définitivement autorité, mais requièrent au contraire une 

approche modulée et pragmatique (cf. ATF 138 II 134 consid. 4.1). 

3.2 Contrairement aux locaux d'habitation en faveur desquels des mesures 

d'encouragement ont été prises par les pouvoirs publics et dont le loyer est 

soumis au contrôle d'une autorité (art. 253b al. 3 du code des obligations 

du 30 mars 1911 [CO, RS 220]), le droit des obligations ne règle pas 

expressément la question de savoir si le droit privé du bail est applicable 

aux logements de service des agents publics. Le CO ne contient d’ailleurs 

plus aucune disposition sur les logements de service depuis le 1er juillet 

1990 (cf. anc. art. 267c let. b CO ; PETER BURKHALTER/EMMANUELLE 

MARTINEZ-FAVRE, Commentaire SVIT du droit du bail, 2011, p. 17). A cet 

égard, la doctrine et la jurisprudence s’accordent sur la circonstance que 

les pouvoirs publics peuvent réglementer l’utilisation de logements de 

service, lorsque ceux-ci présentent un lien étroit avec un rapport de service 

régi par le droit public (cf. arrêt du Tribunal fédéral 2P.206/1998 du 1er mars 

1999, publié in Mietrechtspraxis [MP] 2000 p. 65, arrêt du Tribunal fédéral 

du 3 novembre 1995, publié in : Zbl 1997 p. 71 ss, MP 1995 p. 58 et Revue 

de droit administratif et de droit fiscal [RDAF] 1998 I p. 696 ; arrêt de la 

Cour de justice de la République et canton de Genève, Chambre d'appel 

en matière de baux et loyers, 15 juin 1998, D.S. c. SI L.P. publié in : 

Semaine Judiciaire [SJ] 1999 I 29 ; DAVID LACHAT, Le bail à loyer, 2008, 

p. 71 n° 1.2.1 i.f. ; SIDONIE MORVAN/DAVID HOFMANN, Questions choisies de 

procédure civile genevoise en matière de baux et loyers, publié in : SJ 2008 

II 74 ; PETER HÄNNI, Das öffentliche Dienstrecht der Schweiz, 2ème éd., 

2008, p. 312 ; PETER HIGI, Zürcher Kommentar, 1994, n° 20 ad art. 253 

CO, p. 80 s.). 

Un tel lien étroit doit être reconnu lorsque le rapport de droit est au service 

direct du bon accomplissement d'une tâche publique (ATF 103 II 227 

consid. 3 ; cf. arrêt du Tribunal fédéral 4A_250/2015 du 21 juillet 2015 

consid. 4a, 2P.206/1998 précité consid. 2a) ; peu importe que cette tâche 

A-1187/2015 

Page 6 

ait ou non un caractère d'acte de souveraineté et qu'elle puisse 

éventuellement être exercée aussi par une entreprise privée. C'est ainsi le 

critère du but qui est déterminant (voir ég. HÄFELIN/MÜLLER/UHLMANN, 

Allgemeines Verwaltungsrecht, 6ème éd., 2010, p. 237 n° 1058 ; PETER 

MÜNCH/MARKUS METZ, Stellenwechsel und Entlassung, 2ème éd., 2012, 

p. 16 n° 1.39 ; THOMAS MERKLI, ARTHUR AESCHLIMANN/RUTH HERZOG, 

Kommentar zum Gesetz über die Verwaltungsrechtspflege im Kanton 

Bern, 1997, p. 336). Le droit du bail ne saurait en effet porter sur des 

choses qui servent à l'usage public ou à remplir des tâches publiques (arrêt 

du Tribunal fédéral 4A_250/2015 précité consid. 4a).  

3.3 Dans le cas présent, le logement de service a été attribué au recourant, 

qui est domicilié dans le canton (…), afin qu'il puisse remplir au mieux ses 

obligations professionnelles, au vu des contraintes liées à sa fonction 

(services de piquet, tâches de surveillance, etc. ; voir ég. Feuille fédérale 

[FF] 1999 I 1443). L'utilisation du logement n° (…) est ainsi dans un rapport 

étroit, direct et fonctionnel avec le service de l'Etat. Elle est par conséquent 

soumise au droit public fédéral (cf. arrêt A-7333/2014 précité consid. 1.1 ; 

décision de la Commission fédérale de recours en matière de personnel 

fédéral CRP du 15 février 2001, CRP 2000-025, consid. 1a/cc, publié in : 

Jurisprudence des autorités administratives de la Confédération [JAAC] 

65.81 ; LUKASZ GREBSKI/JASMIN MALLA, in : PORTMANN/UHLMANN, 

Bundespersonalgesetz, 2013, p. 380 ss). En vertu du principe de la 

primauté du droit public sur le droit privé, la seule voie de droit fédéral qui 

peut entrer en considération est donc celle ouverte par le droit public, ce 

dont il suit la compétence de l'autorité inférieure pour statuer sur 

l'augmentation du logement de service du recourant par voie décisionnelle. 

Il n'en disconvient pas. 

4.  

4.1 L'application du droit public à la relation nouée entre le recourant et 

l'Etat à propos de son logement de service a notamment pour corollaire 

que l'Etat est tenu, dans sa mise en œuvre, de respecter les principes 

constitutionnels régissant l'ensemble de son activité, tels la légalité (art. 5 

al. 1 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 

[Cst., RS 101]), la bonne foi (art. 5 al. 3 et art. 9 Cst.), l'égalité de traitement 

(art. 8 al. 1 Cst.), l'interdiction de l'arbitraire (art. 9 Cst.) ou encore le droit 

d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst. ; arrêt du Tribunal fédéral 2P.63/2003 du 

29 juillet 2003 consid. 2.3). Il devra également prendre en considération le 

principe de la proportionnalité (art. 5 al. 2 Cst.). Les dispositions de 

procédure du droit privé du bail (art. 274 ss CO) ne peuvent en revanche 

trouver application en l'espèce, étant donné la nature de droit public des 

A-1187/2015 

Page 7 

rapports en cause (cf. GREBSKI/MALLA, op. cit., ch. marg. 48 p. 384). Il faut 

réserver cependant les règles du droit privé du bail qui contiennent des 

principes juridiques généraux, dont la non-observation devrait être 

considérée comme une violation des considérations de justice 

fondamentales (RDAF 1998 I p. 697) et qui, à ce titre, ont vocation à 

s'appliquer à l'ensemble de l'ordre juridique. L'application du droit privé à 

titre de droit public supplétif n'oblige cependant pas le juge administratif à 

interpréter les normes concernées comme elles le sont en droit privé ; il 

peut tenir compte des spécificités du droit public (ATF 139 I 57 consid. 5.1, 

ATF 138 I 232 consid. 6.1). 

4.2 Au titre du droit public applicable, il résulte de l'art. 21 al. 1 let. b LPers 

que les dispositions d'exécution de la législation sur le personnel de la 

Confédération peuvent prévoir que l'employé doit, si sa fonction l'exige, 

occuper un appartement de fonction ; les dispositions d'exécution peuvent 

réglementer les rapports juridiques à des conditions pouvant déroger à la 

législation sur le droit du bail. Sur cette base, le Conseil fédéral a prévu, à 

l'art. 90 de l'ordonnance du 3 juillet 2001 sur le personnel de la 

Confédération (OPers, RS 172.220.111.3), que le Département fédéral des 

finances DFF définit les principes applicables à l'utilisation de logements 

de service et au montant à payer à ce titre (art. 90 al. 1 OPers) ; ensuite, 

les départements fixent les modalités dans leur domaine d'activité (art. 90 

al. 2 OPers). L'art. 21 let. c de l'ordonnance concernant la gestion de 

l'immobilier et la logistique de la Confédération du 5 décembre 2008 (OILC, 

RS 172.010.21) rappelle également que des règles particulières 

s'appliquent à l'utilisation et l'exploitation de logements de service et 

renvoie à l'art. 90 OPers précité.  

4.3 A cet égard, comme le précise l'art. 59 de l'ordonnance du Département 

fédéral des finances DFF du 6 décembre 2001 concernant l'ordonnance 

sur le personnel de la Confédération (O-OPers, RS 172.220.111.31), 

l'employé qui utilise un logement de service doit verser un 

dédommagement et des charges. Le montant du dédommagement est 

calculé en fonction de la surface du logement et de son prix au mètre carré. 

Il tient compte du niveau des loyers pratiqués au niveau local ainsi que des 

avantages et des inconvénients du logement. (art. 59 al. 1 O-OPers). Le 

DFF édicte des directives sur le dédommagement et les charges à payer 

pour l'utilisation d'un logement de service (art. 59 al. 2 O-OPers). 

Se fondant sur ces dispositions, la Direction générale des douanes a édicté 

des instructions, le 1er septembre 2014, sur les logements de service et 

logements locatifs. Celles-ci prévoient que, en cas d'assignation dans un 

A-1187/2015 

Page 8 

appartement communautaire, l'indemnité est fixée à 250 francs par 

chambre (pour les zones 1 à 7, définies à l'art. 11 al. 2 O-OPers ; cf. ch. 3.4 

des instructions du 1er septembre 2014 précitées) ou à 330 francs par 

chambre (pour les zones 8 à 13). 

5.  

5.1 Le recourant estime, tout d'abord, que les directives du DFF du 1er août 

2013 sur le dédommagement et les charges à payer pour l'utilisation d'un 

logement de service rentrent dans la catégorie des ordonnances 

administratives dans la mesure où elles ne sont pas publiées au recueil 

systématique (cf. mémoire de recours, p. 11, 2ème paragraphe i. f.). Il estime 

que cela "peut ouvrir la porte à une critique du point de vue du principe de 

la base légale". 

L’autorité inférieure a renoncé à prendre expressément position sur ce 

grief. Elle souligne néanmoins que les directives du DFF respectent le 

cadre de la délégation de compétence établie par la législation fédérale 

(art. 48 de la loi du 21 mars 1997 sur l'organisation du gouvernement et de 

l'administration [LOGA, RS 172.010]). 

5.2  

5.2.1 Le droit est la base et la limite de l'activité de l'Etat (art. 5 al. 1 Cst.). 

Le principe de la séparation des pouvoirs interdit à un organe de l'Etat 

d'empiéter sur les compétences d'un autre organe ; en particulier, il interdit 

au pouvoir exécutif d'édicter des règles de droit, si ce n'est dans le cadre 

d'une délégation valablement conférée par le législateur (ATF 134 I 322 

consid. 2.2, ATF 130 I 1 consid. 3.1). Une ordonnance d'exécution d'une loi 

fédérale ne peut disposer qu'intra legem et non pas praeter legem. Elle 

peut établir des règles complémentaires de procédure, préciser et détailler 

certaines dispositions de la loi, éventuellement combler de véritables 

lacunes ; mais, à moins d'une délégation expresse par le législateur, elle 

ne peut poser des règles nouvelles qui restreindraient les droits des 

administrés ou leur imposeraient des obligations, même si ces règles sont 

encore conformes au but de la loi (ATF 134 I 269 consid. 4.2, ATF 134 I 

322 consid. 2.2 ; arrêt du Tribunal administratif fédéral A-1405/2014 du 31 

juillet 2015 consid. 2.2.3). 

  

A-1187/2015 

Page 9 

5.2.2  

5.2.2.1 L'art. 37 al. 1 phr. 1 LPers confère au Conseil fédéral la compétence 

générale d'édicter les dispositions d'exécution de la loi. Il pouvait déléguer 

ce pouvoir aux employeurs ou, si des raisons objectives l'exigeaient, à des 

services spécialisés (cf. art. 37 al. 3 anc. LPers ; RO 2001 907). L'art. 37 

al. 3 anc. LPers n’indiquait toutefois pas expressément les compétences 

que le Conseil fédéral pouvait déléguer. A l'occasion de la dernière révision 

d'ampleur de la LPers, le législateur a décidé de clarifier cette disposition. 

Aux termes de l'art. 37 al. 3 LPers (refonte), entré en vigueur le 1er juillet 

2013, les employeurs édictent les dispositions d'exécution, pour autant que 

la LPers ne réserve pas cette compétence au Conseil fédéral. Ainsi, 

découlant dorénavant directement de la loi, la compétence de réglementer 

n'a pas besoin d'être déléguée par le Conseil fédéral (FF 2011 6193). En 

d'autres termes, si la LPers habilite le Conseil fédéral à édicter des 

dispositions d'exécution, il ne peut déléguer cette compétence. En 

revanche, chaque fois que la LPers renvoie aux "dispositions d'exécution", 

il appartient aux employeurs de les édicter directement (FF 2011 6193 s.). 

Les employeurs sont les organes énumérés à l'art. 3 al. 1 LPers, à savoir 

le Conseil fédéral (pour l'administration fédérale), l'Assemblée fédérale 

(pour les Services du Parlement), les Chemins de fer fédéraux, le Tribunal 

fédéral, le Ministère public de la Confédération et l'Autorité de surveillance 

du Ministère public de la Confédération. Selon l'art. 3 al. 2 LPers, les 

départements, la Chancellerie fédérale, les groupements, les offices et les 

unités administratives décentralisées sont également considérés comme 

employeurs dans la mesure où le Conseil fédéral leur délègue les 

compétences nécessaires à cet effet. 

L'art. 21 al. 1 let. b LPers ne définit pas quelle est l'autorité habilitée à 

adopter les dispositions d'exécution en matière de logement de service. 

Conformément à l'art. 37 al. 3 anc. LPers, le Conseil fédéral a pu déléguer 

cette compétence au DFF, en sa qualité de principal employeur concerné 

(art. 90 al. 1 OPers). Depuis le 1er juillet 2013, la compétence du DFF peut 

se fonder directement sur l'art. 37 al. 3 LPers (refonte), en sa qualité 

d'employeur désigné par le Conseil fédéral sur la base des art. 3 al. 2 LPers 

et art. 2 al. 4 OPers. Le DFF y a donné suite en adoptant l'art. 59 O-OPers, 

qui constitue le fondement des directives applicables en l'espèce. 

5.2.2.2 Il résulte de l'art. 21 al. 1 let. b LPers que le législateur fédéral a 

délégué de manière relativement large la compétence d'édicter des 

dispositions d'exécution relatives aux droits et obligations afférents aux 

appartements de fonction. Il est également intéressant de relever que le 

Rapporteur du Conseil national a souligné, lors des débats, la nécessité, 

A-1187/2015 

Page 10 

pour les douaniers en particulier, d'effectuer des rotations géographiques 

imposées par l'exercice de leur fonction et de disposer, à cet effet, d'une 

législation relative à leur logement de service applicable en 

pratique (BO 1999 CN 2096). Par suite, le DFF peut préciser et détailler 

l'art. 21 LPers et, au vu de la délégation expresse figurant dans la loi, il peut 

poser des règles qui restreignent les droits des administrés ou leur 

imposent des obligations, à condition que ces règles soient conformes au 

but de la loi (cf. supra, consid. 5.2.1). Dans ce contexte, l’art. 21 al. 1 LPers 

n’offre cependant pas un blanc-seing au DFF pour régler les rapports 

juridiques des employés auxquels un logement de service est attribué. 

D’une part, l'employeur est tenu de respecter les principes constitutionnels 

régissant l'ensemble de l’activité de l’Etat (cf. consid. 4.1).  

Ainsi, le principe de la proportionnalité exige en particulier que le 

dédommagement fixé par le département ne soit pas en disproportion 

évidente avec la valeur objective de la prestation fournie et se situe dans 

une limite raisonnable. A cet égard, la jurisprudence a considéré que la 

mesure la plus fiable de l’adéquation d’une estimation du logement de 

service est certainement celle des 70 % du loyer d’objets comparables 

selon les usages locaux (cf. JAAC 65.81 consid. 5d). D’autre part, les 

départements doivent respecter la politique du personnel (art. 4 LPers) et 

le Conseil fédéral coordonne et dirige la mise en œuvre de cette politique 

(art. 5 et 37  al. 1 LPers ; FF 1999 II 1454). Il lui appartient donc de 

s’assurer, notamment, que les mesures et les décisions prises par les 

départements sont conçues de manière à ce qu’elles contribuent à la 

compétitivité de la Confédération sur le marché de l’emploi et à la 

réalisation des objectifs mentionnés à l’art. 4 al. 2 et al. 3 LPers. C'est 

d'ailleurs la raison pour laquelle le Conseil fédéral a chargé le DFF de 

définir, pour l'ensemble des départements, les principes applicables à 

l'utilisation des logements de service et au montant à payer à ce titre 

(art. 90 al. 1 OPers) ; soit d'édicter les directives du DFF du 1er août 2013 

(art. 59 al. 2 O-OPers). Dans ce cadre, le chiffre 3.6 al. 1 des directives du 

DFF du 1er août 2013 rappelle que, en principe, le dédommagement pour 

le logement de service doit représenter environ 70 % du loyer d'objets 

comparables selon les usages locaux ou environ 80 % du loyer de 

logements coopératifs du personnel de la Confédération au même lieu ou 

dans des lieux présentant des conditions similaires. 

5.2.3 Sur le vu de ce qui précède, le Tribunal estime que les règles édictées 

par le DFF s’inscrivent dans le cadre d’une mise en œuvre régulière de la 

législation sur le personnel de la Confédération, conformément aux 

délégations de compétence prévues dans ces textes. L'O-OPers et les 

A-1187/2015 

Page 11 

directives qui s'y rapportent ont de plus régulièrement été tenues à la 

disposition du recourant (notamment sur l'Intradouane) et ces dernières 

prescriptions concernent un petit cercle d'intéressés directs appelés à 

assumer une obligation. Les directives du DFF n'avaient dès lors pas à être 

publiées au Recueil officiel du droit fédéral (cf. art. 5 al. 1 let. a de la loi 

fédérale du 18 juin 2004 sur les recueils du droit fédéral et la Feuille 

fédérale [LPubl, RS 170.512]) ou au Recueil systématique du droit fédéral 

(art. 11 al. 1 LPubl). La teneur des dispositions d'exécution du DFF 

respecte dès lors le principe de la légalité. Il en résulte que les directives 

du 1er août 2013 du DFF sur le dédommagement et les charges à payer 

pour l’utilisation d’un logement de service ne constituent pas une simple 

ordonnance administrative, comme l’invoque le recourant, mais des 

prescriptions déployant des effets externes et opposables aux sujets de 

droit qu’elles concernent. 

Il convient de rejeter en ce sens le grief du recourant. 

6.  

6.1 Le recourant affirme, ensuite, que les modalités fixées par le DFF pour 

estimer le dédommagement de son logement de service aboutissent un 

résultat excessif et sans réelle justification. Le renchérissement cumulé 

n'aurait en tout cas pas atteint le niveau de la hausse du dédommagement 

et le logement présenterait une absence d'entretien et de travaux en plus-

value. 

L’autorité inférieure lui oppose que la méthode de calcul est objective et 

repose sur les directives et instructions pertinentes. 

6.2 L'occupation d'un logement de service excède l'usage commun et peut 

de ce fait donner lieu à la perception d'un dédommagement. Les 

dédommagements perçus pour l'usage particulier d'un bien appartenant à 

l'Etat sont soumis – comme le rappelle le recourant – au principe de la 

proportionnalité. Ce principe implique que le montant du dédommagement 

soit en rapport avec la valeur objective de la prestation fournie et reste dans 

des limites raisonnables. La valeur de la prestation se mesure soit à son 

utilité pour l'administré (y compris de sa situation économique), soit à son 

coût par rapport à l'ensemble des dépenses de l'activité administrative en 

cause (ATAF 2010/34 consid. 9.2, ATAF 2008/3 consid. 3.4.1). Lorsque la 

prestation en cause est également fournie par des privés, il est possible de 

se baser sur sa valeur marchande (ATF 122 I 279 consid. 6c). Il s'ensuit 

que le montant du dédommagement peut être calculé selon un certain 

A-1187/2015 

Page 12 

schématisme tenant compte de la vraisemblance et de moyennes (cf. arrêt 

du Tribunal fédéral 2C_329/2008 du 15 octobre 2008 consid. 4.2).  

Le montant du dédommagement doit cependant être établi selon des 

critères objectifs et s'abstenir de créer des différences qui ne seraient pas 

justifiées par des motifs pertinents (ATF 139 III 334 consid. 3.2.4). A cet 

égard, une norme – ou une décision – viole en particulier le principe de 

l'égalité de traitement lorsqu'elle établit des distinctions juridiques qui ne se 

justifient par aucun motif raisonnable au regard de la situation de fait à 

réglementer ou lorsqu'elle omet de faire des distinctions qui s'imposent au 

vu des circonstances, c'est-à-dire lorsque ce qui est semblable n'est pas 

traité de manière identique et ce qui est dissemblable ne l'est pas de 

manière différente. Il faut que le traitement différent ou semblable injustifié 

se rapporte à une situation de fait importante (cf. arrêt du Tribunal 

administratif fédéral A-592/2014 du 9 mars 2015 consid. 4.2.3.1 et réf. cit.). 

6.3  

6.3.1 La nouvelle estimation du logement de service du recourant repose 

principalement sur les instructions précitées du 1er septembre 2014. Celles-

ci prévoient, en leur ch. 3.4, un dédommagement forfaitaire de 250 à 330 

francs (appartement communautaire) et de 330 à 440 francs (centre 

communautaire).  

Ces logements sont par ailleurs meublés, équipés et disposent, 

généralement dans une pièce commune, d'un appareil radio/TV. Les coûts 

de chauffage et les charges, la production d'eau chaude, la consommation 

normale d'électricité et de gaz, les taxes de raccordement et d'abonnement 

(concessions comprises) pour un appareil radio/TV et le réseau WIFI sont 

inclus dans ce dédommagement (cf. ch. 3.5 ss). 

6.3.2 Au cas d'espèce, le recourant s'est vu attribuer une chambre 

meublée dans un appartement communautaire, à (…) (soit en zone 13, 

selon l'art. 11 al. 2 O-OPers). Selon les instructions du 1er septembre 2014, 

il doit s'acquitter d'une indemnité forfaitaire de 330 francs, charges 

comprises (cf. ch. 3.4). A cet égard et quoi qu'en dise le recourant en 

référence aux directives du DFF du 1er août 2013, le Tribunal ne perçoit 

aucun élément susceptible de remettre en cause ce montant. L'indemnité 

forfaitaire liée à l'occupation d'un logement de fonction n'a en particulier 

pas le caractère d'un droit acquis, sauf engagement individuel en ce sens, 

et sa fixation est régie par la législation en vigueur au moment considéré. 

L'Etat est ainsi libre de revoir en tout temps sa politique en matière de 

logement de service et les personnes qui en bénéficient doivent compter 

A-1187/2015 

Page 13 

avec le fait que les dispositions en cause puissent faire l'objet 

ultérieurement de modifications. Enfin, et de manière plus générale, l'Etat 

pouvait prévoir un mode de calcul différent pour les logements de service 

destinés à être attribués aux agents célibataires (soit un système 

forfaitaire), dans la mesure où son intention a été de les favoriser au vu de 

leur situation particulière. A savoir, comme l'expose l'autorité inférieure, 

faire en sorte de maintenir les logements pour célibataires nettement en 

dessous de leur valeur afin que les loyers augmentent moins en faveur des 

jeunes collaborateurs percevant des salaires plus bas et afin de garantir la 

flexibilité nécessaire aux agents concernés (cf. Bulletin d'information du 

Chef du Corps des gardes-frontière sur les nouvelles instructions de l'AFD 

concernant les logements de service du 1er septembre 2014). Si l'on se 

réfère au loyer moyen dans canton de Genève, en 2012, on s'aperçoit 

d'ailleurs d'emblée qu'il est plus de deux fois supérieur à celui fixé par 

l'autorité inférieure (765 francs pour une pièce, sans les charges ; 

cf. Annuaire statistique du canton de Genève, 2013, T 05.15 p. 126). Le 

recourant ne fait enfin valoir aucun élément particulier se rapportant à la 

situation propre de son logement de service. 

Les différents griefs du recourant seront par conséquent rejetés. 

6.4 Au vu des considérants qui précèdent, la décision attaquée est 

conforme au droit et le recours s'avère mal fondé, ce qui conduit à son 

rejet. 

7.  

7.1 La procédure devant le Tribunal administratif fédéral en matière de droit 

du personnel de la Confédération est gratuite, sauf s'il y a recours 

téméraire (art. 34 al. 2 LPers). Il ne sera en conséquence pas perçu de 

frais de procédure. 

7.2 Succombant, le recourant n'a pas droit à des dépens (art. 64 al. 1 PA 

et art. 7 ss du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et 

indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, 

RS 173.320.2]). L'autorité inférieure n'y a, elle-même, pas droit (art. 7 al. 3 

FITAF).  

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

A-1187/2015 

Page 14 

2.  

Il n'est pas perçu des frais de procédure. 

3.  

Il n'est pas alloué de dépens. 

4.  

Le présent arrêt est adressé : 

– au recourant (Acte judiciaire) 

– à l'autorité inférieure (Recommandé) 

– au Secrétariat général du DFF (Acte judiciaire) 

 

Le président du collège : Le greffier : 

  

Jérôme Candrian Olivier Bleicker 

 
Indication des voies de droit : 

Les décisions du Tribunal administratif fédéral concernant les rapports de 

travail de droit public peuvent être contestées auprès du Tribunal fédéral, 

pourvu qu'il s'agisse d'une contestation pécuniaire dont la valeur litigieuse 

s'élève à 15'000 francs au minimum ou qui soulève une question juridique 

de principe (art. 85 al. 1 let. b et al. 2 LTF). S'il s'agit d'une contestation non 

pécuniaire, le recours n'est recevable que si celle-ci touche à la question 

de l'égalité des sexes (art. 83 let. g LTF). Si le recours en matière de droit 

public est ouvert, il doit être déposé au Tribunal fédéral, 

Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne, dans un délai de 30 jours dès la 

notification de la décision contestée (art. 82 ss, 90 ss et 100 LTF). Le 

mémoire doit être rédigé dans une langue officielle et doit indiquer les 

conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. La décision 

attaquée et les moyens de preuve doivent être joints au mémoire, pour 

autant qu'ils soient en mains du recourant (art. 42 LTF). 

Expédition :