# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 30605c47-e0dc-5918-89a7-4a0ff24a3cf3
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-12-21
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre constitutionnelle 21.12.2018 A/4269/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_015_A-4269-2018_2018-12-21.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/4269/2018-ABST ACST/29/2018 

  

COUR DE JUSTICE 

Chambre constitutionnelle 

Décision du 21 décembre 2018 

Sur effet suspensif 
 

dans la cause 

 

A______ 

B______ SÀRL 
représentées par Me Thierry Ador, avocat  

contre 

CONSEIL D'ÉTAT

- 2/5 - 

 

 

 
 

 

Attendu, en fait, que :  

1.  Le 31 octobre 2018, le Conseil d'État a adopté une modification du règlement 
d'exécution de la loi sur les taxis et les voitures de transport avec chauffeur, du 
21 juin 2017 (RTVTC - H 1 31 01). 

  Cette modification concernait deux articles du RTVTC (art. 7 al. 1 et 
21 RTVTC), faisant notamment passer, par le biais d'une nouvelle teneur de 
l'art. 21 RTVTC, le nombre d'autorisations d'usage accru du domaine public 
(ci-après : AUADP) de 1'100 à 1'200. 

2.  Cette modification réglementaire a été publiée le 6 novembre 2018, et est 
entrée en vigueur le 1er décembre 2018. 

3.  Par acte déposé le 5 décembre 2018, la A______ (ci-après : A______) et 
B______ Sàrl (ci-après : B______) ont interjeté un recours auprès de la chambre 
constitutionnelle de la Cour de justice (ci-après : la chambre constitutionnelle) contre 
la modification réglementaire précitée, concluant préalablement à la restitution 
(recte : à l'octroi) de l'effet suspensif au recours, et principalement que soit prononcée 
la nullité de la modification de l'art. 21 RTVTC, le tout « avec suite de frais et 
dépens ». 

  L'art. 46 al. 1 et 2 de la loi sur les taxis et les voitures de transport avec 
chauffeur du 13 octobre 2016 (LTVTC - H 1 31) prévoyait que les AUADP étaient 
attribuées à trois catégories d'ayants droit, énumération qui était limitative. Il résultait 
du texte de la disposition précitée que le nombre de ces ayants droit s'était figé 
six mois après l'entrée en vigueur de la LTVTC, soit dès le 31 décembre 2017. Il 
n'était donc pas possible, sur la base de la LTVTC, d'augmenter réglementairement le 
nombre d'AUADP. 

  Le service de police du commerce et de lutte contre le travail au noir 
(ci-après : PCTN) avait par ailleurs, dans les faits, délivré 1'146 AUADP, dont au 
moins 41 sur la base de cessions qui avaient pourtant été déclarées illicites par la 
chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative). Il 
n'y avait dès lors pas lieu de procéder par voie réglementaire à une régularisation ex 
post. 

  Il y avait lieu de conférer l'effet suspensif au recours, dès lors qu'en cas 
d'admission du recours, les AUADP qui auraient été délivrées illicitement après le 
1er décembre 2018 au-delà de l'ancien plafond de 1'100 AUADP seraient devenues 
effectives et pourraient, en pratique, difficilement être « défaites ». 

- 3/5 - 

A/4269/2018 

4.  Le 18 décembre 2018, le Conseil d'État, invité à répondre sur la question de 
l'effet suspensif, a indiqué ne pas s'opposer à la restitution (recte : à l'octroi) de 
celui-ci. 

5.  Sur ce, la cause a été gardée à juger sur la question de l'effet suspensif. 

 Considérant, en droit, que : 

1.  La recevabilité du recours sera examinée dans l'arrêt au fond.  

2.  Les mesures provisionnelles, y compris sur effet suspensif, sont prises par le 
président ou le vice-président ou, en cas d’urgence, par un autre juge de la chambre 
constitutionnelle (art. 21 al. 2 et 76 de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10).  

3. a. Selon l’art. 66 LPA, en cas de recours contre une loi constitutionnelle, une loi 
ou un règlement du Conseil d’État, le recours n’a pas d'effet suspensif (al. 2) ; 
toutefois, lorsqu'aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s’y oppose, la 
juridiction de recours peut, sur la demande de la partie dont les intérêts sont 
gravement menacés, restituer l’effet suspensif (al. 3). D’après l'exposé des motifs du 
projet de loi portant mise en œuvre de la chambre constitutionnelle, en matière de 
recours abstrait, l’absence d’effet suspensif automatique se justifie afin d’éviter que 
le dépôt d’un recours bloque le processus législatif ou réglementaire, la chambre 
constitutionnelle conservant toute latitude pour restituer, totalement ou partiellement, 
l'effet suspensif lorsque les conditions légales de cette restitution sont données 
(PL 11311, p. 15).  

 b. Lorsque l'effet suspensif a été retiré ou n'est pas prévu par la loi, l'autorité de 
recours doit examiner si les raisons pour exécuter immédiatement la décision 
entreprise sont plus importantes que celles justifiant le report de son exécution. Elle 
dispose d'un large pouvoir d'appréciation, qui varie selon la nature de l'affaire. La 
restitution de l'effet suspensif est subordonnée à l'existence de justes motifs, qui 
résident dans un intérêt public ou privé prépondérant à l’absence d’exécution 
immédiate de la décision ou de la norme (arrêt du Tribunal fédéral 2C_1161/2013 du 
27 février 2014 consid. 5.5.1). Pour effectuer la pesée des intérêts en présence (arrêt 
du Tribunal fédéral 8C_239/2014 du 14 mai 2014 consid. 4.1), l'autorité de recours 
n'est pas tenue de procéder à des investigations supplémentaires, mais peut statuer 
sur la base des pièces en sa possession (ATF 117 V 185 consid. 2b ; arrêt du Tribunal 
fédéral 1C_435/2008 du 6 février 2009 consid. 2.3 et les arrêts cités).  

  L'octroi de mesures provisionnelles – au nombre desquelles figure l'effet 
suspensif (Philippe WEISSENBERGER / Astrid HIRZEL, Der Suspensiveffekt und 
andere vorsorgliche Massnahmen, in Isabelle HÄNER / Bernhard WALDMANN 
[éd.], Brennpunkte im Verwaltungsprozess, 2013, 61-85, p. 63) – présuppose 
l'urgence, à savoir que le refus de les ordonner crée pour l'intéressé la menace d'un 
dommage difficile à réparer (ATF 130 II 149 consid. 2.2 ; 127 II 132 consid. 3 = 

- 4/5 - 

A/4269/2018 

RDAF 2002 I 405). En matière de contrôle abstrait des normes, l’octroi de l’effet 
suspensif suppose en outre généralement que les chances de succès du recours 
apparaissent manifestes (Stéphane GRODECKI / Romain JORDAN, Code annoté de 
procédure administrative genevoise, 2017, n. 835 ss ; Claude-Emmanuel DUBEY, 
La procédure de recours devant le Tribunal fédéral, in 
François BELLANGER / Thierry TANQUEREL [éd.], Le contentieux administratif, 
2013, 137-178, p. 167). 

4.  En l’espèce toutefois, point n'est besoin d'examiner si cette dernière condition 
est remplie. En effet, le Conseil d'État ne se dit pas opposé à l'octroi de l'effet 
suspensif, ce qui suppose qu'il considère qu'aucun intérêt prépondérant n'interdit que 
l'octroi de nouvelles AUADP puisse être différé de quelques mois. En outre, le 
maintien en vigueur de l'art. 21 RTVTC dans sa nouvelle teneur aurait pour 
conséquence qu'en cas d'admission de recours, il serait difficile voire impossible, en 
vertu notamment des principes de la bonne foi de l'administration et de la sécurité du 
droit, de procéder à la révocation des AUADP délivrées après ce jour. 

5.  L'effet suspensif sera dès lors octroyé au présent recours, la chambre de céans 
ordonnant la suspension, à partir de ce jour, de l'art. 21 RTVTC entré en vigueur le 
1er décembre 2018 (ce qui est admissible, ACST/1/2016 du 15 janvier 2016 consid. 7 
et l'arrêt cité). Le sort des frais sera réservé jusqu'à droit jugé sur le recours. 

Vu l’art. 66 al. 2 et 3 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 
(LPA - E 5 10) ; 

 

LA CHAMBRE CONSTITUTIONNELLE 

 

octroie l’effet suspensif au recours ; 

ordonne la suspension de l'art. 21 RTVTC tel que modifié par le règlement du Conseil 
d'État modifiant le règlement d'exécution de la loi sur les taxis et les voitures de transport 
avec chauffeur (RTVTC), du 31 octobre 2018 ; 

réserve le sort des frais de la procédure jusqu’à droit jugé au fond ; 

dit que conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), la présente décision peut être portée dans les trente jours 
qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de 
preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au 
Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 

- 5/5 - 

A/4269/2018 

conditions de l’art. 42 LTF. La présente décision et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique la présente décision, en copie, à Me Thierry ADOR, avocat des recourantes, 
ainsi qu'au Conseil d'État. 

 
Le président : 

 

Jean-Marc Verniory 

 

Copie conforme de cette décision a été communiquée aux parties. 

Genève, le la greffière :