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**Case Identifier:** cc016141-2cd4-5fb2-a8da-c4ce86af40f8
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-08-06
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 06.08.2015 C/19073/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-19073-2013_2015-08-06.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 6 août 2015. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/19073/2013-1 CAPH/135/2015 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des prud'hommes 

DU 6 AOUT 2015 

 

Entre 

A______, sise ______, Genève, appelante d'un jugement rendu par le Tribunal des 
prud'hommes le 21 août 2014 (JTPH/548/2014), comparant par Me Yvan JEANNERET, 
avocat, Etude Keppeler & Ass., rue Ferdinand-Hodler 15, case postale 360, 1211 
Genève 17, en l'Étude duquel elle fait élection de domicile, 

 d'une part, 

et 

Monsieur B______, domicilié ______, intimé, comparant par Me Christian BRUCHEZ, 
avocat, rue Verdaine 12, case postale 3647, 1211 Genève 3, en l'Étude duquel il fait 
élection de domicile, 

 d'autre part. 

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EN FAIT 

A. A______ était une société anonyme inscrite au Registre du commerce de Genève, 
qui avait pour but la fabrication d'inscriptions, sérigraphie, impression numérique, 
commerce de films et fourniture de prestations de services correspondants. Elle 
avait pour administrateurs C______ et D______. 

En mai 2014, la société a été radiée par suite de fusion, ses actifs et passifs étant 
repris par E______, devenue F______, société anonyme inscrite au Registre du 
commerce de Genève. 

B. B______, né en 1982, a été mandaté, en 2009 et/ou 2010 environ, à quelques 
reprises par A______, laquelle le fournissait en matières premières. Il était alors 
actif à son compte, sous la forme d'une entreprise en raison individuelle G______. 
Il avait un atelier, sis 1______ à Gland, et vivait au 2______ à Gland (VD), avec 
H______, collaboratrice de A______ jusqu'en août 2012. 

A compter du 1er février 2011, il s'est engagé au service de A______, en qualité de 
"collaborateur interne", d'abord à 80% puis à 100% (42 heures hebdomadaires) 
dès le 1er mai 2011. 

Son salaire mensuel était en dernier lieu de 5'100 fr. Le droit aux vacances était de 
quatre semaines par an; en cas de maladie, après un délai de carence de 60 jours, 
l'assurance perte de gain versait 80% du salaire. Le délai de congé était de trois 
mois pour la fin d'un mois dès la deuxième année de service. 

B______ affirme que l'administratrice de la société, D______, lui avait demandé 
de communiquer à l'entreprise une adresse différente de celle de son domicile, 
afin que le directeur ne sache pas qu'il faisait ménage commun avec une 
collaboratrice. Il avait alors donné l'adresse de son atelier 1______ à Gland. Il y 
recevait son certificat de salaire; les fiches de salaire étaient en général remises de 
la main à la main. 

Les contrats de travail établis en février et mai 2011 portent l'adresse précitée. 

Selon D______, l'adresse de l'atelier avait été communiquée spontanément par 
B______, sans raison; le fait qu'il vivait avec une collègue ne posait pas de 
problème. 

D______ avait demandé que ne soit pas évoquée la relation avec B______, raison 
pour laquelle le courrier de l'entreprise était adressé à l'atelier et non au domicile 
de celui-ci; l'arrangement avait été pris d'entente avec l'administratrice. L'activité à 
l'atelier était un "à-côté", que connaissait D______ (témoin H______). 

C. Durant son emploi, B______ a entretenu de bons rapports de travail avec ses 
collègues; il faisait des erreurs dans son travail, à l'instar d'autres employés 

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(témoin I______). Il produisait un travail de très bonne qualité; il était actif pour 
sa propre entreprise le soir et le week-end (témoin J______). 

D. Du 19 au 22 février 2013, B______ a été incapable de travailler pour cause de 
maladie. 

Par courrier électronique du 20 février 2013, auquel était joint un certificat 
d'incapacité de travail, il s'est adressé à son employeur pour lui faire part de ce 
qu'il rentrait "à l'instant des urgences" où un ulcère à l'estomac lui avait été 
diagnostiqué, de ce qu'il devait "aller faire d'autres tests dès qu'un 
gastroentérologue serai[it] disponible" et de ce que dans l'intervalle le médecin 
voulait qu'il se repose au maximum. 

Il allègue avoir, le 22 février suivant, averti par courrier électronique A______ de 
ce qu'il ne serait pas de retour le lundi 25 février suivant, car il n'allait pas mieux 
et avait beaucoup d'examens et tests à passer. Il a produit copie de ce courriel. 

Pour sa part, l'employeur affirme ne pas avoir reçu un tel courrier électronique, 
mais avoir contacté son employé par sms pour savoir si celui-ci serait de retour au 
travail le 25 février suivant, message resté sans réponse. Il a produit une copie 
d'écrans de téléphone portable montrant un échange avec B______ le 19 février 
2015 (l'employé évoquait avoir des crampes d'estomac et vomi du sang), et un 
sms daté du 22 février 2015 ainsi rédigé "j'attends de savoir si nous pouvons 
compter sur toi lundi, j'ai besoin des infos ce matin". 

Selon certificat médical du 25 février 2013, B______ a été mis au bénéfice d'un 
nouvel arrêt de travail, du 25 février au 11 mars 2013. Il a produit une copie d'un 
courrier (portant son adresse privée 2______ à Gland) qu'il affirme avoir adressé 
en courrier simple, ce même 25 février 2013 à A______, auquel était joint le 
certificat médical précité. 

A______ conteste avoir reçu ledit courrier. 

E. Par lettre du 1er mars 2013 (adressée au 1______ à Gland), A______, sous la 
signature de D______, a relevé que B______ ne s'était pas présenté à son poste le 
25 février précédent, et n'avait pas donné de nouvelles, ce qui représentait un 
abandon de poste. Elle relevait avoir effectué de "multiples appels téléphoniques 
restés sans réponse", l'invitait à répondre tout de suite à son courrier, lui 
demandait la production d'un certificat médical au 4 mars et la restitution 
immédiate de la clé de l'entreprise, et exigeait sa présence à son poste le 5 mars à 
14h00, sous peine de licenciement avec effet immédiat pour "abandon de poste 
répétitif et violation répétitive de [l'] obligation de confidentialité". Elle évoquait, 
encore, un épisode similaire, datant de septembre 2012, lorsqu'il n'avait pas donné 
de nouvelles durant trois semaines, puis avait promis que cela ne se reproduirait 
plus. Elle faisait en outre valoir une indemnité pour abandon de poste, et la 
réparation du dommage supplémentaire (recherche et engagement d'un 

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collaborateur pour la charge de travail liée au Salon de l'auto). Elle exigeait enfin 
le retrait immédiat de photos postées sur Instagram. 

Par lettre du 6 mars 2013 (adressée au 1______ à Gland), A______, sous la 
signature notamment de D______, a licencié B______ avec effet immédiat. Elle 
lui a communiqué ce qui suit: "Nous nous référons à notre dernière lettre du 1er 
mars 2013 suite à laquelle nous sommes malheureusement restés sans aucune 
réponse ou réaction de ta part. Ainsi, nous constatons que tu ne t'es pas présenté à 
la reprise du travail, et cela ni le 25 février 2013 (fin de ton certificat médical) ni 
ce jour (voir notre lettre du 1er mars 2013). Tu ne m'as pas appelée pour 
m'informer d'un éventuel retard ou autre. Tu m'as laissée dans l'ignorance la plus 
totale depuis le 25 février 2013 […]. Le rapport de confiance qui doit exister entre 
l'employeur et le travailleur a été rompu du fait de ton comportement". 

B______ affirme qu'il ne s'est pas rendu à son atelier durant deux à trois semaines 
après le début de son incapacité de travail. En raison de son état, il ne pouvait pas 
conduire, et avait dû être amené par sa compagne ou la mère de celle-ci. Il n'avait 
pris connaissance du courrier du 1er mars précité que le 7 ou le 8 mars, en même 
temps qu'il avait trouvé la lettre de licenciement. Il se sentait aussi incapable de 
répondre au téléphone.  

D______ a déclaré qu'en raison du stress, elle n'avait pas fait le lien avec la 
circonstance que les courriers étaient adressés à l'atelier et non au domicile de 
B______; elle n'avait pas eu l'idée de procéder à double adressage. Selon elle, 
l'employé savait qu'il recevait le courrier de son employeur à l'adresse qu'il avait 
communiquée pour la correspondance. Elle avait en outre découvert l'existence de 
photographies, que l'employé se serait appropriées sur Instagram, ce qui avait été 
le déclencheur de l'avertissement et du congé; elle avait aussi appris que B______ 
s'apprêtait à créer une nouvelle société. 

 Pendant sa maladie, B______ était dépressif et "très bas" physiquement. Il n'avait 
pas travaillé dans son propre atelier (déclaration B______). 

 Durant sa maladie, le moral de B______ était plus bas que terre, il était à la 
maison chaque fois que sa compagne y rentrait, il n'avait plus envie de rien 
(témoin H______). 

F. Le 15 août 2013, B______ a saisi l'Autorité de conciliation du Tribunal des 
prud'hommes d'une requête dirigée contre A______ en paiement de 64'245 fr., 
avec suite d'intérêts moratoires. 

Au bénéfice d'une autorisation de procéder délivrée le 8 octobre 2013, il a déposé 
au Tribunal une demande par laquelle il a conclu à ce que A______ soit 
condamnée à lui verser 17'274 fr. avec intérêts moratoires à 5% l'an dès le 30 juin 
2013, à titre de salaires durant le délai de congé, 12'791 fr. avec intérêts moyens à 
5% dès le 30 avril 2013 à titre de rémunération du 1er mars au 19 mai 2013, 3'400 

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fr. avec intérêts moratoires moyens à 5% dès le 31 mars 2013 à titre de vacances 
2013, et 30'600 fr. à titre d'indemnité pour licenciement injustifié. 

Par mémoire-réponse du 7 février 2014, A______ a conclu au déboutement de 
B______ de toutes ses conclusions. Elle a déclaré compenser toute créance avec 
sa propre créance dérivant de l'abandon de poste, lequel représentait un des motifs 
de la résiliation avec effet immédiat, l'autre étant une violation du devoir de 
confidentialité lié aux photographies mises sur Instagram. Elle a évoqué, dans la 
partie en droit de son acte, un avertissement infligé en septembre 2012. Elle a 
produit copie de sms datés des "03.09" et "04.09" requérant des nouvelles et un 
certificat médical, de même qu'une déclaration de sinistre LAA relative à 
B______ pour fissure d'un doigt, et un certificat médical du 31 août 2012 pour 
une incapacité de travail du précité durant dix jours.  

A l'audience du Tribunal du 3 juillet 2014, B______ a modifié ses conclusions, et 
s'est opposé à la compensation formulée par l'employeur. Il a déclaré ne pas avoir 
retrouvé d'emploi. F______ a fait valoir, à titre d'objection de compensation, un 
quart du salaire, soit 1'300 fr., et un dommage, ce à quoi B______ s'est opposé. 
D______ a notamment déclaré que lors de l'avertissement oral de septembre 2012, 
l'employé avait été interpellé pour que les absences injustifiées ne se reproduisent 
plus et que l'employeur soit averti en cas d'absence, ce qui avait été fait en 
présence d'une tierce personne. Aucune position de B______ sur ce sujet ne 
résulte du procès-verbal d'audience, qui a déclaré qu'il n'avait jamais reçu 
d'avertissement écrit de la part de son employeur. 

A l'audience du 21 août 2014, B______ a déposé copie d'un procès-verbal 
d'entretien réalisé le 16 août 2013 avec l'assureur perte de gain, dans lequel il se 
plaignait notamment, outre ses problèmes physiques, de sa dépression, de crises 
d'angoisse, et relatait des activités limitées au maximum; il se référait à un suivi 
psychiatrique en cours, et affirmait ne pas avoir d'activité lucrative ni de projets 
professionnels, se sentant inapte à travailler. Les parties ont plaidé, persistant dans 
leurs conclusions antérieures, sur quoi la cause a été gardée à juger. 

G. Par jugement du 21 août 2014, expédié pour notification aux parties le 28 janvier 
2015, le Tribunal des prud'hommes a condamné F______ à verser à B______ le 
montant brut de 36'512 fr. 28, soit 9'010 fr. avec intérêts moratoires à 5% l'an dès 
le 16 avril 2013 (ch. 2), 3'316 fr. 65 avec intérêts moratoires à 5% l'an dès le 16 
mai 2013 (ch. 3), 6'054 fr. 19 avec intérêts moratoires à 5% l'an dès le 16 juillet 
2013 (ch. 4), 10'200 fr. avec intérêts moratoires à 5% l'an dès le 16 août 2013 (ch. 
5), 7'931 fr. 44 (ch. 6), ainsi que le montant net de 20'400 fr avec intérêts 
moratoires à 5% l'an dès le 6 mars 2013 (ch. 7), a invité la partie qui en avait la 
charge à effectuer les déductions sociales obligatoires (ch. 8), et débouté les 
parties de toute autre conclusion (ch. 9). 

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En substance, le Tribunal a retenu que l'employeur avait été informé de ce que son 
employé souffrait d'une maladie, et devait subir davantage de tests, qu'il devait 
donc l'interpeller avant de conclure à un abandon de poste, que son courrier du 1er 
mars 2013 n'avait pas été adressé au domicile de l'employé ce qu'il savait, que par 
conséquent le licenciement avec effet immédiat n'était pas justifié, que les 
rapports de travail avaient pris fin le 6 mars 2013, qu'en vertu d'une période de 
protection de nonante jours, il ne pouvait être licencié qu'à compter du 20 mai 
2013 moyennant un préavis contractuel de trois mois pour la fin d'un mois soit au 
31 août 2013, qu'il avait donc droit, pour cette période à 6'054 fr. 19 (jusqu'à ce 
qu'il soit à nouveau apte au travail dès le 1er juillet 2013) et à 10'200 fr. 
ultérieurement, qu'il avait encore droit à 9'010 fr. pour la période allant du  
1er mars au 19 mai 2013, qu'il avait droit à la rémunération de vacances et heures 
supplémentaires, que l'indemnité pour licenciement avec effet immédiat injustifié 
devait être arrêtée à 20'400 fr. en raison des circonstances et des conséquences du 
congé, alors qu'il était un employé qui avait jusqu'alors donné satisfaction. 

 Par acte du 2 mars 2015, F______ a formé appel contre le jugement précité. Elle a 
conclu à l'annulation de celui-ci, cela fait au déboutement de B______ de toutes 
ses conclusions, avec suite de frais et dépens. 

 Par mémoire-réponse du 8 mai 2015, B______ a conclu à la confirmation des 
chiffres 2, 5 et 7 du dispositif du jugement entrepris, et à ce qu'il lui soit donné 
acte de ce qu'il admettait l'annulation des chiffres 3 et 4 de ce dispositif, et la 
modification du chiffre 6 de ce dispositif en ce sens que la condamnation de 
F______ en sa faveur porte sur 7'470 fr. 30, avec suite de frais. 

 Il a produit copies de ses courriers adressés au Tribunal, respectivement les  
26 novembre et 22 décembre 2014, dans lesquels il communiquait que l'assurance 
perte de gain de l'employeur avait admis l'arrêt de travail pour cause de maladie à 
partir du 20 février 2013, versé des indemnités journalières à partir du 20 avril 
2013 et jusqu'au 30 juin 2013, à concurrence de 9'846 fr., montant qui devait être 
retranché de ses conclusions. 

 Les parties ont été avisées le 10 juin 2015 de ce que la cause était gardée à juger, 
l'appelante n'ayant pas fait usage de son droit de répliquer. 

EN DROIT 

1. L'appel est dirigé contre une décision finale de première instance rendue dans le 
cadre d'un litige portant sur une valeur de plus de 10'000 fr. (art. 308 al. 1 let. a et 
al. 2 CPC). Il a été déposé dans le délai de 30 jours à compter de la notification de 
la décision motivée (art. 311 al. 1 CPC), et il respecte au surplus la forme prescrite 
(art. 130, 131 et 311 CPC). 

Il est ainsi recevable. 

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2. L'instance d'appel revoit la cause en fait et en droit avec un plein pouvoir 
d'examen (art. 310 CPC). 

Les faits pertinents dont l'appelante considérait qu'ils n'avaient pas été retenus par 
les premiers juges ont ainsi été intégrés directement dans la partie en fait du 
présent arrêt. 

3. L'appelante reproche au Tribunal d'avoir retenu le caractère injustifié du 
licenciement avec effet immédiat communiqué à l'intimé, et d'avoir dès lors fait 
droit à certaines des prétentions de celui-ci. Elle ne reprend pas son argumentation  
relative à un abandon de poste, et l'objection de compensation qui lui était liée, ni 
celle ayant trait à une violation d'obligation de fidélité. 

3.1 L'employeur et le travailleur peuvent résilier immédiatement le contrat en tout 
temps pour de justes motifs; la partie qui résilie immédiatement le contrat doit 
motiver sa décision par écrit si l'autre partie le demande (art. 337 al. 1 CO). Son 
notamment considérées comme de justes motifs toutes les circonstances qui, selon 
les règles de la bonne foi, ne permettent pas d'exiger de celui qui a donné le congé 
la continuation des rapports de travail (art. 337 al. 2 CO). Le juge apprécie 
librement s'il existe de justes motifs (art. 337 al. 3 in initio CO). 

En règle générale, seule une violation particulièrement grave des obligations 
contractuelles peut justifier une résiliation du contrat de travail avec effet 
immédiat; si le manquement est moins grave, il ne peut entraîner une résiliation 
immédiate que s'il a été répété malgré un avertissement (ATF 130 III 213 consid. 
3.1). Selon la jurisprudence, la résiliation immédiate pour justes motifs, qui 
constitue une mesure exceptionnelle, doit être admise de manière restrictive (ATF 
130 III 28 consid. 4.1). Elle n'est pas destinée à sanctionner un comportement 
isolé ni à procurer à l'employeur une satisfaction (ATF 129 III 380 consid. 3.1; 
arrêt du Tribunal fédéral 4A_507/2010 du 2 décembre 2010 consid. 3.2). La 
gravité du manquement ne saurait ainsi entraîner à elle seule l'application de l'art. 
337 al. 1 CO. Ce qui est déterminant, c'est que les faits invoqués à l'appui d'une 
résiliation immédiate aient entraîné la perte du rapport de confiance qui constitue 
le fondement du contrat de travail (ATF 130 III 213 consid. 3.1 et 127 III 153 
consid. 1c; arrêt du Tribunal fédéral 5A_60/2014 du 22 juillet 2014 consid. 3.1).  

Le juge, pour apprécier s'il existe de justes motifs, applique les règles du droit et 
de l'équité (art. 4 CC); à cet effet, il prendra en considération tous les éléments du 
cas particulier, notamment la position et la responsabilité du travailleur, le type et 
la durée des rapports contractuels, ainsi que la nature et l'importance des incidents 
invoqués (ATF 137 III 303 consid. 2.1.1; arrêt du Tribunal fédéral 5A_60/2014 
précité consid. 3.1.). 

3.2 L'abandon de poste entraîne en effet l'expiration immédiate du contrat; il est 
réalisé lorsque le travailleur refuse consciemment, intentionnellement et 
définitivement de continuer à fournir le travail convenu (ATF 121 V 277 consid. 

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3a). Lorsque ce refus ne ressort pas d'une déclaration explicite du travailleur, le 
juge doit examiner si l'employeur a pu de bonne foi, en considération de 
l'ensemble des circonstances, comprendre son attitude comme un abandon de 
poste; le principe de la confiance, relatif à l'interprétation des déclarations et 
autres manifestations de volonté entre cocontractants (cf. ATF 135 III 410 consid. 
3.2; 133 III 675 consid. 3.3), est ici déterminant (arrêt 4C.339/2006 du  
21 décembre 2006, consid. 2.1). Lorsque l'attitude du travailleur est équivoque, il 
incombe à l'employeur de le mettre en demeure de reprendre son activité. Dans le 
procès, il lui incombe de prouver les faits propres à dénoter un abandon de poste 
(arrêt du Tribunal fédéral 4C.169/2001 du 22 août 2001, consid. 3b/aa). 

3.3 En l'espèce, le courrier de licenciement du 6 mars 2013 se réfère à une rupture 
du lien de confiance liée au comportement de l'intimé, qui n'avait pas donné 
d'information depuis le 25 février précédent, en dépit de la lettre du 1er mars 2013. 

 Il est établi et non contesté que l'intimé a été incapable de travailler depuis le  
19 février 2013, durant plusieurs mois, en raison d'une maladie physique, et des 
certificats d'incapacité de travail ont été régulièrement établis en sa faveur. Il est 
par ailleurs admis que l'appelante a connu la première période d'empêchement de 
travailler (du 19 au 22 février 2013), et sa probable prolongation. 

 L'envoi du 25 février 2013, comportant un certificat médical, est contesté par 
l'appelante, qui affirme ne pas l'avoir reçu, et avoir été ainsi légitimée à adresser 
un courrier, le 1er mars 2013, en des termes relativement virulents, qui évoquent 
un épisode similaire intervenu en septembre précédent, un abandon de poste et 
menacent d'un licenciement avec effet immédiat.  

 L'intimé soutient, de son côté, n'avoir pas pris connaissance de cette lettre avant 
de recevoir son courrier de licenciement, en raison de la circonstance que cette 
correspondance ne lui a pas été adressée à son domicile, mais à son atelier. 

 Il apparaît d'emblée que la maladie dont l'intimé a souffert n'était pas factice, et 
présentait un caractère sérieux et urgent, dont témoignaient les éléments qui 
étaient indubitablement en possession de l'employeur avant le 25 février 2013, soit 
la consultation d'urgence, l'arrêt de travail, et la nécessité d'examens 
complémentaires. Ces circonstances devaient conduire l'employeur à faire montre 
d'une certaine compréhension envers son collaborateur. Certes, l'appelante a, non 
pas allégué dans les formes prévues par la loi (cf art. 221 et 222 CPC), mais 
évoqué un épisode similaire qui serait survenu en septembre 2012 et qui aurait 
donné lieu à un avertissement oral; faute d'allégation sur ce point, et vu la maxime 
des débats applicable dans la présente procédure, l'intimé n'avait pas à se 
déterminer, ni le Tribunal à investiguer davantage. Par conséquent, aucune 
conclusion ne peut être tirée de l'épisode en question, relatif, apparemment, à un 
accident et non une maladie. 

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 L'intimé, qui supportait la preuve de l'existence de son empêchement de travailler, 
affirme, courrier simple à l'appui, qu'il a transmis copie de son certificat médical 
aussitôt que celui-ci avait été établi, soit le 25 février 2013, ce qui est contesté par 
l'appelante. Ainsi, faute de pli recommandé, il n'a pas pu démontrer qu'il aurait 
avisé son employeur. Cela étant, il apparaît surprenant que l'appelante n'ait reçu ni 
la lettre précitée, ni le courrier électronique produit par l'intimé, daté du 22 février 
2013, qui annonçait également la poursuite de l'incapacité de travail vu un état de 
santé non amélioré. 

 Il est par ailleurs constant que tant le courrier d'avertissement du 1er mars que la 
lettre de congé du 6 mars 2013 n'ont pas été acheminés au domicile de l'intimé, 
mais à son atelier, ce que la signataire du courrier de l'appelante savait. Dans le 
contexte de maladie qui prévalait, dont l'appelante connaissait certains éléments  
relativement inquiétants comme déjà rappelé ci-dessus, cet envoi n'apparaît pas 
suffisant. Il est, en effet, conforme au cours ordinaire des choses, voire aux 
principes légaux, qu'une personne atteinte d'une maladie physique d'une certaine 
importance, et incapable de travailler, soit confinée chez elle hors des rendez-vous 
médicaux, et ne se rende pas dans un local à destination professionnelle, même 
accessoire, tel un atelier, ni, cas échéant, ne procède au retrait immédiat de son 
courrier recommandé. Il ne peut ainsi être reproché à l'intimé de ne pas avoir pris 
connaissance du courrier d'avertissement du 1er mars 2013, qui comportait une 
menace de licenciement immédiat faute de réaction au 5 mars suivant, étant 
rappelé en outre que ce délai était en tout état trop bref pour que pli recommandé 
soit réputé notifié au terme du délai de garde postal de sept jours. La théorie de la 
réception absolue – quels que soient ses mérites en droit du travail – ne saurait 
trouver place en l'occurrence. 

 L'appelante n'a pas repris ses prétentions liées à un abandon de poste, dont elle 
avait considéré qu'il était réalisé. Or, comme le rappelle la jurisprudence citée ci-
dessus, l'employeur, lorsqu'il estime qu'il a des raisons de trouver équivoque 
l'attitude de son employé, doit le mettre en demeure valablement de reprendre le 
travail, avant toute décision, ce qui n'a pas été fait en l'espèce. 

 Au vu de l'ensemble des considérations qui précèdent, le comportement du 
travailleur n'apparaît pas d'une gravité telle qu'il pouvait entraîner une rupture 
définitive de confiance, et partant fonder les justes motifs d'un congé avec effet 
immédiat, ainsi que l'ont retenu les premiers juges. 

4. A titre subsidiaire, sans prendre de conclusions sur ce point, l'appelante critique la 
quotité des montants alloués par le Tribunal. 

4.1 Lorsque l'employeur résilie immédiatement le contrat sans justes motifs, le 
travailleur a droit à ce qu'il aurait gagné si les rapports de travail avaient pris fin à 
l'échéance du délai de congé ou à la cessation du contrat conclu pour une durée 
déterminée (art. 337c al. 1 CO). 

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C/19073/2013-1 

La prétention du travailleur fondée sur l'art. 337c al. 1 CO est une créance en 
dommages-intérêts qui inclut non seulement le salaire, y compris en nature, mais 
également la compensation des autres avantages résultant du contrat de travail, 
tels que les gratifications ou les indemnités de départ (arrêts du Tribunal fédéral 
4C.321/2005 du 27 février 2006, consid. 8.3; 4C.127/2002 du 3 septembre 2002, 
consid. 4.1 et les références). 

On impute sur ce montant ce que le travailleur a épargné par suite de la cessation 
du contrat de travail ainsi que le revenu qu'il a tiré d'un autre travail ou le revenu 
auquel il a intentionnellement renoncé (art. 337c al. 2 CO). Conformément à l'art. 
8 CC, c'est à l'employeur qu'il incombe de prouver, sous réserve du devoir de 
collaboration de l'intimé, que celui-ci a réalisé un revenu auprès d'un nouvel 
employeur et, le cas échéant, à combien il s'élève (cf arrêt du Tribunal fédéral 
4A_570/2009, du 7 mai 2010, consid. 7.1). 

4.2 En cas de licenciement immédiat injustifié, l'employé a droit, en sus du salaire 
pendant le délai de congé (art. 337c al. 1 CO), à une indemnité selon l'art. 337c al. 
3 CO. Cette disposition prévoit que le juge peut condamner l'employeur à verser 
au travailleur une indemnité dont il fixera librement le montant, compte tenu de 
toutes les circonstances; elle ne peut toutefois dépasser le montant correspondant 
à six mois de salaire du travailleur. Cette indemnité doit être soigneusement 
distinguée des droits découlant de l'art. 337c al. 1 CO et s'ajoute à eux (ATF 120 
II 209 consid. 9b p. 214). Cette indemnité a une double finalité, à la fois 
réparatrice et punitive. Comme elle est due même si le travailleur ne subit aucun 
dommage, il ne s'agit pas de dommages-intérêts au sens classique, mais d'une 
indemnité sui generis, s'apparentant à une peine conventionnelle. Ainsi, parmi les 
circonstances déterminantes, il faut non seulement ranger la faute de l'employeur, 
mais également d'autres éléments tels que la durée des rapports de travail, l'âge du 
lésé, sa situation sociale et les effets économiques du licenciement. (ATF 135 III 
405 consid. 3.1). 

4.3 En l'espèce, l'appelante ne critique pas, à juste titre, la conclusion du Tribunal 
selon laquelle l'intimé aurait eu droit, si le contrat de travail n'avait pas pris fin le 
6 mars 2013 du fait du licenciement avec effet immédiat justifié, à un salaire 
jusqu'au 31 août 2013, en raison de son incapacité de travail, de la période de 
protection et du préavis contractuel de congé. 

 Elle ne remet pas non plus en question la quotité (9'010 fr.) accordée par les 
premiers juges pour la période allant du 1er mars au 23 avril 2013, soit celle où 
l'employé avait contractuellement droit à son salaire entier, de sorte que celle-ci 
sera confirmée. 

 Pour les périodes subséquentes, soit du 24 avril au 19 mai, puis du 20 mai au  
30 juin 2013, le Tribunal avait alloué respectivement 3'316 fr. 65 et 6'054 fr. 19. 
L'appelante relève une erreur de calcul dans ce dernier montant. Point n'est besoin 

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de l'examiner plus avant, puisque l'intimé, qui a perçu des prestations de 
l'assurance perte de gain après que la cause avait été gardée à juger en première 
instance, admet avoir eu satisfaction et acquiesce dès lors à l'annulation des 
condamnations de l'appelante de ces deux chefs, représentant les chiffres 3 et 4 du 
dispositif du jugement attaqué.  

 S'agissant de la période allant du 1er juillet au 31 août 2013, l'appelante ne remet 
pas en cause la quotité allouée, qui est correcte. 

 L'appelante, à bien la comprendre, reproche au Tribunal de ne pas avoir instruit la 
question d'une éventuelle déduction, liée au revenu qu'aurait perçu l'intimé par 
ailleurs, soit en l'occurrence des prestations de l'assurance-chômage ou d'une 
éventuelle autre activité. Ce faisant, elle perd de vue que le fardeau de la preuve à 
ce propos lui incombait, et qu'elle n'a procédé à aucune offre de preuve portant sur 
ce point, en première instance. De surcroît, si des indemnités avaient été servies à 
l'employé par une caisse de chômage, celle-ci n'aurait pas manqué de se subroger 
dans les droits de son assuré, en vertu de l'art. 29 LACI, ce qui n'a pas été le cas 
dans la présente procédure. 

 L'appelant relève encore une erreur dans le jugement attaqué, qui a retenu que 
l'intimé avait droit au paiement de 6 jours de vacances, au pro rata temporis, pour 
l'année 2013 et non de 4,33 jours de vacances. L'intimé acquiesce à l'appel sur ce 
point, et propose que le montant alloué de 1'656 fr. 84 soit réduit en conséquence 
à 1'195 fr. 70. Ce calcul est en effet correct, de sorte que le chiffre 6 du dispositif 
du jugement, consacré aux jours de vacances 2012 (non contestés dans la quotité 
allouée de 5'757 fr. 20) et 2013, et aux heures supplémentaires (non critiquées par 
l'appelante dans leur quotité de 517 fr. 40) sera modifié dans le sens d'une 
condamnation de l'appelante à verser 7'470 fr. 30 au lieu de 7'931 fr. 44. 

 Enfin, en ce qui concerne la quotité de l'indemnité fondée sur l'art. 337c al. 3 CO, 
les premiers juges ont correctement apprécié la situation. Il y a, en effet, lieu de 
tenir compte de ce que le congé a été notifié durant une longue incapacité de 
travail, pour cause de maladie, soit à une période où l'employé était 
particulièrement affaibli. Si ce dernier n'avait pas fait montre de toute la rigueur 
attendue dans la transmission de l'information, l'employeur s'est révélé trop pressé 
dans sa réaction, prenant hâtivement une décision lourde de conséquences. 
L'intimé, qui est jeune, a vu son état de santé psychique péjoré. Il était au service 
de l'intimée depuis deux ans, sans avoir fait l'objet de reproches avérés. Il n'a pas 
été démontré qu'il aurait rapidement retrouvé un emploi. Partant le montant alloué 
sera confirmé. 

4.4 En définitive, les chiffres 3 et 4 du dispositif du jugement attaqué seront 
annulés, le chiffre 6 sera réformé dans le sens d'une condamnation de l'appelante à 
verser à l'intimé 7'470 fr. 30, la décision étant confirmée pour le surplus. 

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5. Compte tenu des circonstances du cas d'espèce, il se justifie de répartir les frais, 
arrêtés à 300 fr. (art. 71 RTFMC) et couverts par l'avance déjà opérée, à raison 
d'un tiers à charge de l'intimé, et de deux tiers à charge de l'appelante (art. 106 al. 
1 CPC). 

 Il n'est pas alloué de dépens (art. 22 al. 2 LaCC). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre des prud'hommes, groupe 1 : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel formé par F______ contre le jugement rendu le 21 août 2014 
par le Tribunal des prud'hommes. 

Au fond : 

Annule les chiffres 3 et 4 du dispositif de ce jugement. 

Modifie le chiffre 6 du dispositif de ce jugement en ce sens que F______ est condamnée 
à verser à B______ le montant brut de 7'470 fr. 30. 

Confirme le jugement attaqué pour le surplus. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais d'appel : 

Arrête les frais judiciaires de l'appel à 300 fr., couverts par l'avance déjà opérée, acquise 
à l'Etat de Genève. 

Les met à la charge de F______ à raison de 200 fr. et à celle de B______ à raison de 
100 fr. 

Condamne en conséquence B______ à verser 100 fr. à F______. 

Siégeant : 

Madame Sylvie DROIN, présidente; Monsieur Pierre-Alain L'HÔTE, juge employeur, 
Monsieur Ivo VAN DOORNIK, juge salarié; Madame Véronique BULUNDWE-LÉVY, 
greffière. 

 

La présidente : 

Sylvie DROIN 

 La greffière : 

Véronique BULUNDWE-LÉVY 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Indication des voies de recours et valeur litigieuse : 

 
Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec 

expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du recours en matière 

civile. 

 
Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 
Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 15'000.- fr.