# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** ce32e102-b54f-525a-8ca1-14e3512a0045
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2014-08-18
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 18.08.2014 E-3375/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-3375-2014_2014-08-18.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour V 

E-3375/2014 

 

 

 

 A r r ê t  d u  1 8  a o û t  2 0 1 4  

Composition 

 
William Waeber (président du collège),  

Claudia Cotting-Schalch, Christa Luterbacher, juges, 

Isabelle Fournier, greffière. 

 

 
 

Parties 

 
A._______, né le (…), 

Turquie,   

représenté par (…), Elisa – Asile, 

recourant,  

 
 

 
contre 

 

 
Office fédéral des migrations (ODM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne,    

autorité inférieure.  

 

Objet 

 
Déni de justice (retard injustifié) ; N (…). 

 

 

E-3375/2014 

Page 2 

Vu 

la demande d’asile déposée par le recourant, le 7 juillet 2011, auprès de 

l'Ambassade de Suisse à Ankara,  

la décision du 23 septembre 2011, par laquelle l'ODM a autorisé 

l'intéressé à entrer en Suisse, pour la poursuite de l'instruction de sa 

demande, 

l'enregistrement de la demande d'asile de l'intéressé en Suisse, le 

24 octobre 2011, 

le procès-verbal de son audition sommaire au Centre d'enregistrement et 

de procédure (CEP) de Bâle, du 24 novembre 2011, 

la lettre du 18 janvier 2013, par laquelle la mandataire du recourant a 

demandé à l'ODM de bien vouloir convoquer rapidement l'intéressé pour 

l'audition sur ses motifs ou rendre une décision sur sa demande d'asile, 

compte tenu de son âge et de la durée de la procédure, 

le procès verbal de l'audition de l'intéressé, du 2 avril 2013, 

le courrier du 3 mai 2013, par lequel le recourant a transmis à l'ODM 

plusieurs documents à l'appui de sa demande d'asile, conformément à ce 

qui lui avait été demandé lors de son audition, ainsi qu'un rapport 

médical, 

le courrier du 15 juillet 2013, par lequel il a encore déposé d'autres 

moyens de preuve, 

la lettre de la mandataire du recourant, du 2 octobre 2013, enjoignant 

l'ODM de prendre une décision sur la demande d'asile de l'intéressé, 

compte tenu de la vulnérabilité particulière de celui-ci, en lui rappelant 

que la procédure durait depuis près de deux ans,  

le courrier de la mandataire du recourant à l'ODM, du 6 février 2014, 

rappelant le contenu de sa lettre du 2 octobre 2013 et le priant 

instamment de prendre une décision, 

le courrier du 7 mars 2014, par lequel l'ODM a répondu à l'intéressé que, 

sans constituer une excuse valable, l'augmentation exponentielle des 

demandes d'asile depuis 2011 pouvait représenter une explication 

raisonnable à l'accumulation du retard pris dans son dossier et lui a 

E-3375/2014 

Page 3 

assuré que, dans la mesure du possible, il ne manquerait pas de donner 

"très prochainement" suite à sa requête, 

le courrier de la mandataire du recourant, du 7 mai 2014, réitérant ses 

précédentes requêtes, 

le recours déposé le 18 juin 2014 auprès du Tribunal administratif fédéral 

(ci-après : le Tribunal) pour déni de justice (retard injustifié),  

la réponse de l'ODM au recours, du 3 juillet 2014, 

 

et considérant 

qu'en vertu de l’art. 31 LTAF, le Tribunal connaît des recours contre les 

décisions au sens de l’art. 5 PA, prises par les autorités mentionnées à 

l’art. 33 LTAF, 

qu'en particulier, les décisions rendues par l'ODM concernant l'asile et le 

renvoi peuvent être contestées devant le Tribunal conformément à 

l'art. 33 let. d LTAF et à l'art. 105 LAsi (RS 142.31), 

qu'en l'espèce, le recourant ne conteste pas une décision, mais se plaint 

d'un retard injustifié de l'ODM à statuer sur sa demande d'asile, 

qu'un tel recours pour déni de justice ou retard injustifié, prévu à 

l'art. 46a PA, est de la compétence de l'autorité qui aurait été appelée à 

statuer sur le recours contre la décision attendue (cf. ATAF 2008/15 

consid. 3.1.1 ; voir aussi MARKUS MÜLLER, in : Auer/Müller/Schindler [éd.], 

Kommentar zum Bundesgesetz über das Verwaltungsverfahren [VwVG], 

Zurich/St Gall 2008, art. 46a, no 3), 

que le Tribunal est donc compétent pour connaître du présent recours,  

que, sous le titre marginal "déni de justice et retard injustifié", l'art. 46a PA 

dispose que le recours est recevable si, sans en avoir le droit, l'autorité 

saisie s'abstient de rendre une décision sujette à recours ou tarde à le 

faire, 

que le dépôt d'un recours pour déni de justice ou retard injustifié suppose 

que l'intéressé non seulement ait requis de l'autorité compétente qu'elle 

E-3375/2014 

Page 4 

rende une décision, mais également ait un droit à se voir notifier une telle 

décision, 

qu'un tel droit existe lorsqu'une autorité est tenue, de par le droit 

applicable, d'agir en rendant une décision, et que l'intéressé qui s'en 

prévaut a la qualité de partie, selon l'art. 6 PA en relation avec 

l'art. 48 al. 1 PA (cf. ATAF 2010/29 consid. 1.2.2 p. 407 s et réf. cit., 

ATAF 2009/1 consid. 3 p. 6, ATAF 2008/15 consid. 3.2), 

que ces conditions sont manifestement remplies dans le cas d'espèce,  

que, déposé au surplus dans la forme prescrite par la loi 

(cf. art. 52 al. 1 PA), le recours est recevable, 

que le recourant fait valoir une violation de l'art. 29 al. 1 Cst., 

qu'aux termes de cette disposition, toute personne a droit, dans une 

procédure judiciaire ou administrative, à ce que sa cause soit traitée 

équitablement et jugée dans un délai raisonnable, 

que cette disposition consacre le principe de célérité ou, en d'autres 

termes, prohibe le retard injustifié à statuer, 

que l'autorité viole cette garantie constitutionnelle lorsqu'elle ne rend pas 

la décision qu'il lui incombe de prendre dans le délai prescrit par la loi ou 

dans un délai que la nature de l'affaire, ainsi que toutes les autres 

circonstances, font apparaître comme raisonnable, 

que le caractère raisonnable de la durée de la procédure s'apprécie sur la 

base d'éléments objectifs, tels que le degré de complexité de l'affaire, le 

temps qu'exige l'instruction de la procédure, l'enjeu que revêt le litige pour 

l'intéressé, ou encore le comportement de ce dernier et celui des 

autorités compétentes (cf. JÉRÔME CANDRIAN, Introduction à la procédure 

administrative fédérale, Bâle 2013, p. 74), 

qu'il n'est pas important de savoir si l'autorité a, ou non, commis une 

faute, 

qu'est déterminant uniquement le fait que l'autorité agit ou non dans les 

délais légaux ou, à défaut, dans des délais raisonnables, 

qu'il faut examiner si les circonstances concrètes qui ont conduit à la 

prolongation de la procédure sont objectivement justifiées, 

E-3375/2014 

Page 5 

qu'il appartient à la personne concernée d'entreprendre ce qui est en son 

pouvoir pour que l'autorité fasse diligence, que ce soit en l'invitant à 

accélérer la procédure ou en recourant, le cas échéant, pour retard 

injustifié, 

qu'en ce qui concerne l'autorité, on ne saurait lui reprocher quelques 

"temps morts", qui sont inévitables dans une procédure, 

qu'ainsi, pour autant qu'aucun de ces temps morts ne soit d'une durée 

vraiment choquante, c'est l'appréciation d'ensemble qui prévaut, 

que des périodes d'intense activité peuvent donc compenser le fait que le 

dossier ait été momentanément laissé de coté en raison d'autres affaires, 

qu'en revanche, une organisation déficiente, un manque de personnel ou 

une surcharge structurelle ne peuvent justifier la lenteur excessive d'une 

procédure (cf. ATF 130 I 312 consid. 5.2 et réf. cit. et ATF 130 IV 54 

consid. 3.3.3 et réf. cit.; UHLMANN / WÄLLE-BÄR, in : Praxiskommentar 

VwVG, Zurich / Bâle / Genève 2009, art. 46a, no19, p. 930 s. ; MARKUS 

MÜLLER, op. cit., no 6 ad. art. 46a), 

que, selon les dispositions applicables avant l'entrée en vigueur, le 

1
er

 février 2014, de la modification de la LAsi du 14 décembre 2012, les 

décisions en matière d'asile (sauf les décisions de non-entrée en matière 

devant être rendues dans des délais encore plus courts) devaient, en 

règle générale, être rendues dans les vingt jours ouvrables suivant le 

dépôt de la demande ou, lorsque d'autres mesures d'instruction 

s'imposaient, dans les trois mois suivant le dépôt de la demande 

(cf. art. 37 al. 2 et 3 LAsi, dans sa teneur avant le 1
er
 février 2014) ,  

que le nouvel art. 37 al. 2 LAsi, entré en vigueur le 1
er
 février 2014, a 

réduit ce délai à dix jours ouvrables après le dépôt de la demande d'asile,  

qu'en l'occurrence, la procédure d'asile du recourant en Suisse a été 

ouverte le 24 octobre 2011, 

que l'audition de l'intéressé sur ses motifs a eu lieu le 2 avril 2013, soit 

plus de 17 mois plus tard, sur intervention de son mandataire, 

qu'aucune mesure d'instruction n'est intervenue depuis cette audition, soit 

depuis plus d'une année, 

E-3375/2014 

Page 6 

que, comme le souligne son mandataire, le recourant s'est toujours 

montré collaborant, a remis spontanément à l'ODM les documents en sa 

possession et a fait le nécessaire pour transmettre sans délai les 

documents qui étaient requis de sa part lors de l'audition,  

qu'à plusieurs reprises il s'est adressé à l'ODM pour lui demander de 

statuer sur sa demande d'asile, en lui expliquant sa vulnérabilité due à 

son âge et à un état de santé extrêmement fragile, 

qu'il a ainsi manifestement entrepris ce qui était en son pouvoir pour que 

l'autorité fasse diligence, 

qu'après avoir été relancé à plusieurs reprises par l'intéressé, l'ODM a, 

dans son courrier du 7 mars 2014, reconnu le retard pris dans son 

dossier en raison de la surcharge de l'office, tout en l'assurant qu'il ferait 

le nécessaire pour répondre "très prochainement" à sa requête, 

que, depuis lors, plus de trois mois se sont écoulés sans qu'une décision 

ne soit rendue, ce qui a justifié le dépôt du recours du 18 juin 2014,   

que ne sont méconnus ni la surcharge de l'ODM ni le fait que celui-ci 

n'est pas en mesure de traiter chaque demande d'asile dans les délais de 

traitement prévus par la loi,   

qu'il n'en demeure pas moins que, dans le cas concret, l'ODM n'a 

entrepris aucune mesure d'instruction ni rendu de décision depuis 

l'audition de l'intéressé sur ses motifs, soit depuis plus de quinze mois, 

qu'il n'a fourni aucune raison objective, liée au cas particulier du 

recourant et non à des questions d'organisation, de nature à justifier une 

inaction d'une si longue durée,  

qu'il a d'ailleurs reconnu lui-même que les raisons invoquées ne 

constituaient pas un motif valable excusant son retard, 

que son engagement, exprimé dans sa réponse au recours, à statuer sur 

la demande d'asile de l'intéressé d'ici la fin de l'année courante ne 

change rien à ce constat et doit être plutôt considéré comme une 

reconnaissance du caractère fondé de la présente procédure, 

qu'au vu de ce qui précède, force est de reconnaître que la procédure n'a 

pas été menée dans un délai raisonnable au sens de l'art. 29 al. 1 Cst.,   

E-3375/2014 

Page 7 

que, par conséquent, le recours pour retard injustifié doit être admis, 

qu'il est enjoint à l'ODM de rendre dans les meilleurs délais une décision 

sur la demande d'asile de l'intéressé, 

que, le recourant ayant eu gain de cause, il n'y a pas lieu de percevoir de 

frais de procédure (cf. art. 63 al. 1 et 2 PA), 

que la demande d'assistance judiciaire partielle devient donc sans objet, 

que le recourant a droit à des dépens pour les frais indispensables 

encourus en raison de la présente procédure de recours 

(cf. art. 64 al. 1 PA et art. 7 du règlement du 21 février 2008 concernant 

les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral 

[FITAF, RS 173.320.2]), 

qu'en l'absence d'un décompte du mandataire, les dépens sont fixés sur 

la base du dossier (cf. art. 14 al. 2 FITAF), 

qu'ils sont arrêtés, ex aequo et bono, à 400 francs,     

 

(dispositif page suivante) 

  

E-3375/2014 

Page 8 

le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est admis. 

2.  

Il est enjoint à l'ODM de rendre dans les meilleurs délais une décision sur 

la demande d'asile de l'intéressé.  

3.  

Il n'est pas perçu de frais de procédure.  

4.  

La demande d'assistance judiciaire partielle est sans objet. 

5.  

L'ODM versera au recourant le montant de 400 francs à titre de dépens. 

6.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, à l’ODM et à l’autorité 

cantonale. 

 

Le président du collège : La greffière : 

  

William Waeber Isabelle Fournier 

 

 

Expédition :