# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1176cc57-95a6-5aca-8d2f-ba8bea00d6a6
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2018 / 124
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2018---124_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC18.001452-180903

177 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
13 août 2018

__________________

Composition
:              Mme             
Byrde,
présidente

             
              MM.             
Hack et Maillard, juges

Greffier
              :             
Mme              Debétaz Ponnaz

 

 

*****

 

 

Art.
321 al. 1 CPC

 

 

             
Vu le prononcé du 16 mars 2018 rendu par le Juge de paix du district de Lavaux-Oron à la suite
de l’interpellation de la partie poursuivie, rejetant la requête de mainlevée d’opposition
déposée par W.________,
[...], dans la poursuite n° 8’539’945 de l’Office des poursuites du district de
Lavaux-Oron exercée à son instance contre l’Etablissement
d'assurance contre l'incendie et les éléments naturels du Canton de Vaud,
à Pully, arrêtant à 180 fr. les frais judiciaires, compensés avec l’avance
de frais de la poursuivante, les mettant à la charge de cette dernière et n’allouant
pas de dépens,

 

             
vu les demandes de motivation de ce prononcé formulées par chacune des parties en temps utile,

 

             
vu les motifs du prononcé adressés aux parties le 12 juin 2018 et notifiés à la poursuivante
le lendemain, 

 

             
vu le recours formé par la poursuivante par lettre postée le 19 juin 2018, concluant implicitement
à la réforme du prononcé en ce sens que l’opposition à la poursuite en cause
est levée, 

 

             
vu les autres pièces du dossier ;

 

 

             
attendu que le recours au sens des art. 319 ss CPC (Code de procédure civile ; RS 272) doit
être introduit auprès de l'instance de recours par acte écrit et motivé (art. 321
al. 1 CPC), dans les dix jours à compter de la notification de la décision motivée (art.
321 al. 2 CPC),

 

             
qu’en l’espèce, le recours a été formé en temps utile ;

 

             
attendu que la partie qui entend user d'une voie de droit a la charge de se conformer à certaines
règles de forme, à défaut de quoi sa démarche sera frappée d'irrecevabilité
(Jeandin, in
Bohnet/Haldy/Jeandin/Schweizer/Tappy (éd.), Code de procédure civile commenté, Bâle
2011, n. 1 ad
art. 321 CPC), 

 

             
qu'en particulier, selon l'art. 321 al. 1 CPC, le recours doit être motivé, 

 

             
que si la motivation du recours fait défaut, l’instance de recours n’entre pas en matière,

 

             
que selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, la motivation du recours doit à tout le
moins satisfaire aux exigences qui sont posées pour un acte d’appel (TF 5A_488/2015 du 21
août 2015 consid. 3.2.1 et 3.2.2, publié in
RSPC 6/2015 pp. 512 s., et les arrêts cités),

 

             
que cela signifie que le recourant doit démontrer le caractère erroné de la motivation
de la décision attaquée et que son argumentation doit être suffisamment explicite pour
que l’instance de recours puisse la comprendre, ce qui suppose une désignation précise
des passages de la décision qu’il attaque et des pièces du dossier sur lesquelles il
fonde sa critique (ibid.),

 

             
que ni l’art. 132 al. 1 et 2, ni l’art. 56 CPC ne sont applicables en cas d’absence
de motivation d’un acte de recours (ibid.), 

 

             
qu’en l’espèce, la recourante ne s’en prend à aucun élément du
raisonnement du premier juge et, en particulier, ne conteste pas les considérants selon lesquels
elle n’a produit aucun titre de mainlevée d’opposition, provisoire ou définitive,
soit aucune reconnaissance de dette ni aucune décision assimilable à un jugement,

 

             
qu’elle soutient seulement, en se référant à deux factures, que l’intimé
doit lui rembourser, en plus des frais d’intervention d’urgence sur une toiture, le coût
de la remise en état de celle-ci,  

 

             
qu’une telle motivation, que l’intéressée a déjà fait valoir en première
instance, ne répond pas aux exigences de la loi et de la jurisprudence rappelées plus haut,

 

             
que le recours doit par conséquent être déclaré irrecevable ;

 

             
attendu que le présent arrêt peut être rendu sans frais ; 

 

             
attendu que le recours, même s’il était recevable, aurait de toute manière dû
être rejeté, en l’absence de tout titre de mainlevée d’opposition produit,

 

             
que la recourante avait d’ailleurs déjà été informée en première
instance de la nécessité de produire certains titres à l’appui de sa requête
de mainlevée et de la possibilité de retirer sa requête si elle ne détenait pas de
tels titres, par une lettre du juge de paix du 19 janvier 2018 à laquelle elle n’a donné
aucune suite,

 

             
que, si elle veut obtenir une décision sur l’indemnité à laquelle elle prétend,
la recourante doit ouvrir une procédure au fond devant le juge civil ordinaire.

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est irrecevable.

 

             
II.             
L’arrêt, rendu sans frais, est exécutoire.

 

 

La
présidente :               La greffière
:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme W.________,

‑             
Etablissement d'assurance contre l'incendie et les éléments naturels du Canton de Vaud.

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 7’129 fr.
15.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe 
(art.
74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les
trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
Mme la Juge de paix du district de Lavaux-Oron.

 

             
La greffière :