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**Case Identifier:** f474c3cf-8e32-539e-8d06-0a47c2a5a79e
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-08-22
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 22.08.2017 C/2266/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-2266-2017_2017-08-22.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 08.09.2017. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/2266/2017 ACJC/1036/2017 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU MARDI 22 AOÛT 2017 

 

Entre 

A______, sise______ à Genève, recourante contre un jugement rendu par la 16ème 
Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 17 mai 2017, comparant en 

personne, 

et 

B______, sise______ à Genève, intimée, comparant par Me Michel Bergmann, avocat, 
rue de Hesse 8-10, case postale 5715, 1211 Genève 11, en l'étude duquel elle fait 

élection de domicile. 

 

 

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C/2266/2017 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/6516/2017 du 17 mai 2017, reçu par A______ le 19 mai 2017, 
le Tribunal de première instance, statuant par voie de procédure sommaire, a 

prononcé la mainlevée définitive de l'opposition formée par A______ au 

commandement de payer poursuite n° 1______ (ch. 1 du dispositif) et a condamné 

cette dernière à verser 500 fr. à B______ à titre de frais judiciaires (ch. 2 et 3) 

ainsi que 1'800 fr. à titre de dépens (ch. 4). 

B. a. Le 29 mai 2017, A______ a formé recours contre ce jugement, concluant à son 
annulation et au déboutement de sa partie adverse de ses conclusions en 

mainlevée définitive de l'opposition, avec suite de frais et dépens. 

 b. Le 22 juin 2017 B______ a conclu au rejet du recours, avec suite de frais et 
dépens. 

c. Par arrêt du 26 juin 2017, la Cour de justice a rejeté la requête de A______ 
tendant à la suspension de l'effet exécutoire attaché au jugement querellé. 

d. Les parties ont été informées le 14 juillet 2017 de ce que la cause était gardée à 
juger, la recourante n'ayant pas fait usage de son droit de répliquer. 

C.  Les faits pertinents suivants résultent du dossier. 

 a. Le 21 janvier 2013, A______ a assigné B______ devant le Tribunal de 
première instance en paiement de 15'422'738 fr. à titre de réparation du dommage 

causé, selon elle, par cette dernière en sa qualité de réviseur d'une société 

C______ SA. 

Par jugement du 23 mars 2015, le Tribunal a débouté A______ de toute ses 

prétentions et l'a condamnée à payer à B______ 50'000 fr. à titre de dépens. 

Ce jugement a été confirmé par arrêt de la Cour de justice du 8 avril 2016. Les 

dépens d'appel dus à B______ ont été fixés à 28'000 fr. 

Ces deux décisions sont définitives et exécutoires. 

b. Le 18 novembre 2016, B______ a fait notifier à A______ un commandement 
de payer portant sur la somme de 78'000 fr. avec intérêts à 5% dès le 8 avril 2016 

au titre de dépens dus selon arrêt de la Cour de justice du 8 avril 2016. 

Il a été formé opposition à ce commandement de payer. 

c. Le 13 janvier 2017, B______ a requis du Tribunal le prononcé de la mainlevée 
définitive de cette opposition. 

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C/2266/2017 

Lors de l'audience du Tribunal du 12 mai 2017, A______ a indiqué, par 

l'intermédiaire de son avocat, qu'elle se rapportait aux pièces produites et relevait 

que "les procédures pénales, notamment diligentées à l'encontre de D______" 

étaient toujours pendantes. Elle n'a produit aucune pièce. 

B______ a relevé que les infractions pénales étaient contestées et que l'existence 

d'un jugement en force justifiait le prononcé de la mainlevée. 

La cause a été gardée à juger par le Tribunal à l'issue de l'audience. 

EN DROIT 

1. 1.1 S'agissant d'une procédure de mainlevée, seule la voie du recours est ouverte 
(art. 319 let. a et 309 let. b ch. 3 CPC). La procédure sommaire s'applique 

(art. 251 let. a CPC). 

 Aux termes de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC, le recours, écrit et motivé, doit être 

introduit auprès de l'instance de recours dans les dix jours à compter de la 

notification de la décision motivée, pour les décisions prises en procédure 

sommaire. 

En l'espèce, le recours a été interjeté dans le délai et selon les formes prévus par la 

loi, de sorte qu'il est recevable. 

 1.2 Les conclusions, allégations de fait et preuves nouvelles sont irrecevables 
(art. 326 al. 1 CPC).  

1.3 Dans le cadre d'un recours, le pouvoir d'examen de la Cour est limité à la 
violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits  

(art. 320 CPC). L'autorité de recours a un plein pouvoir d'examen en droit, mais 

un pouvoir limité à l'arbitraire en fait, n'examinant par ailleurs que les griefs 

formulés et motivés par la partie recourante (HOHL, Procédure civile, Tome II, 

2
ème

 édition, Berne, 2010, n° 2307). 

Les maximes des débats et de disposition s'appliquent (art. 55 al. 1, 255 lit. a 

a contrario et 58 al. 1 CPC). 

2. Le Tribunal a retenu que l'argument de la recourante selon lequel des procédures 
pénales seraient actuellement pendantes était dénué de pertinence. 

 La recourante fait valoir qu'une procédure pénale contre D______ et E_______, 
employés de l'intimée, est en cours et que les éléments révélés par cette procédure 

permettraient prochainement de faire réviser l'arrêt de la Cour de justice du 8 avril 

2016, en ce sens que sa condamnation à verser des dépens à l'intimée serait 

annulée. 

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C/2266/2017 

 2.1 Aux termes de l'art. 80 al. 1 LP, le créancier qui est au bénéfice d'un jugement 
exécutoire peut requérir du juge la mainlevée définitive de l'opposition.  

Lorsque la poursuite est fondée sur un jugement exécutoire rendu par un tribunal 

ou une autorité administrative suisse, le juge ordonne la mainlevée définitive de 

l'opposition, à moins que l'opposant ne prouve par titre que la dette a été éteinte 

ou qu'il a obtenu un sursis, postérieurement au jugement, ou qu'il ne se prévale de 

la prescription (art. 81 al. 1 LP). 

La mainlevée définitive de l'opposition n'est accordée que si le jugement 

condamne le poursuivi à payer une somme d'argent déterminée, c'est-à-dire 

chiffrée. Le juge de la mainlevée doit vérifier que la prétention déduite en 

poursuite ressort du jugement qui lui est présenté (ATF 135 III 315 consid. 2.3; 

134 III 656 consid. 5.3.2; arrêt du Tribunal fédéral 5A_217/2012 du 9 juillet 2012 

consid. 6.1.1; 5A_487/2011 du 2 septembre 2011 consid. 3.1). 

Le juge doit vérifier d'office l'identité du poursuivant et du créancier et l'identité 

du poursuivi et du débiteur désignés dans le titre de mainlevée, ainsi que l'identité 

de la créance déduite en poursuite et de la dette constatée par jugement 

(GILLIERON, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la 

faillite, 1999, n. 13 ad art. 81 LP; arrêt du Tribunal fédéral 5A_635/2008 du 

23 janvier 2009). 

 Dans la procédure de mainlevée définitive, le juge n'a ni à revoir ni à interpréter le 

titre de mainlevée qui lui est produit. La loi elle-même (art. 81 al. 1 LP) imposant 

au débiteur le fardeau de la preuve et fixant le mode de preuve, le juge ne peut 

admettre que les moyens de défense du débiteur - étroitement limités - que celui-

ci prouve par titre. Il n'incombe pas au juge de la mainlevée de trancher des 

questions de droit matériel délicates ou pour la solution desquelles le pouvoir 

d'appréciation du juge joue un rôle important; ces questions relèvent 

exclusivement de la compétence du juge du fond (ATF 124 III 501 consid. 3a; 

115 III 97 consid. 4b, JdT 1991 II 47). 

 2.2 En l'espèce, le jugement du Tribunal du 23 mars 2015 et l'arrêt de la Cour du 
8 avril 2016, portant condamnation de la recourante à verser à l'intimée des 

dépens en 78'000 fr., sont définitifs et exécutoires. 

 Ils constituent par conséquent des titres justifiant la mainlevée de l'opposition 

pour le montant précité. 

 La recourante, qui n'a produit aucune pièce, n'a quant à elle pas prouvé par titre 

que sa dette était éteinte, ou qu'elle avait obtenu un sursis, ni ne s'est prévalue de 

la prescription, au sens de l'art. 81 al. 1 LP. 

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C/2266/2017 

 Le fait qu'une procédure pénale soit pendante contre deux employés de l'intimée 

ne permet pas, comme l'a retenu à juste titre le Tribunal, de faire échec au 

prononcé de la mainlevée. En tout état de cause, ni l'existence d'une telle 

procédure, ni son contenu, contestés par l'intimée, n'ont été rendus vraisemblables 

par la recourante. 

 C'est par conséquent à bon droit que le Tribunal a prononcé la mainlevée 

définitive de l'opposition formée au commandement de payer poursuite  

n° 1______. 

 Le jugement querellé sera dès lors confirmé. 

3. La recourante qui succombe sera condamnée aux frais du recours (art. 106 CPC). 

 Les frais judiciaires seront arrêtés à 750 fr. (art. 48 et 61 al. 1 OELP) et 
compensés avec l'avance faite par la recourante qui restera acquise à l'Etat de 

Genève (art. 111 al. 1 CPC).  

 Une indemnité de 2'000 fr., débours et TVA inclus, sera allouée à l'intimée à titre 

de dépens (art. 85, 89 et 90 RTFMC). 

* * * * * 

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C/2266/2017 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté par A______ contre le jugement JTPI/6516/2017 

rendu le 17 mai 2017 par le Tribunal de première instance dans la cause C/2266/2017-

16 SML. 

Au fond : 

Rejette ce recours. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête à 750 fr. les frais judiciaires du recours, les compense avec l'avance versée qui 

reste acquise à l'Etat de Genève et les met à charge de A______.  

Condamne A______ à verser 2'000 fr. à B______ à titre de dépens de recours. 

Siégeant : 

Madame Sylvie DROIN, présidente; Madame Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ et 

Monsieur Ivo BUETTI, juges; Monsieur David VAZQUEZ, commis-greffier. 

 

La présidente : 

Sylvie DROIN 

 Le commis-greffier : 

David VAZQUEZ 

 

 
Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 

173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec 

expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du recours 

en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 30'000 fr.