# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 10d33fc0-edc0-523e-b0fa-4cb818e503f0
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-08-31
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 31.08.2010 A/4631/2009
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-4631-2009_2010-08-31.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/4631/2009-EXPLOI ATA/576/2010  

ARRÊT 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 31 août 2010 

  

   dans la cause 

 

Madame Andrée ESTRADE 
représentée par Me William Dayer, avocat  

contre 

DÉPARTEMENT DES AFFAIRES RÉGIONALES, DE L'ÉCONOMIE ET DE 
LA SANTÉ 

et 

DIRECTION GÉNÉRALE DE LA SANTÉ 
 

 

- 2/12 - 

A/4631/2009 

EN FAIT 

1.  Madame Andrée Estrade exploite à Genève depuis le 1er juillet 2004 le bar 
à café-tea-room « La Perle des Lions » dans une arcade donnant sur le Passage des 
Lions, selon bail contracté avec les copropriétaires de l'immeuble n°6304 feuille 
29 Cité. 

2.  Selon le cadastre de la commune de Genève-Cité, le Passage des Lions, 
composé d’un couloir en coude d'une longueur de 70 mètres environ, relie 
aujourd'hui la rue de la Confédération et la rue du Rhône. Il est sis sur des terrains 
privés, dont la parcelle précitée. A teneur de « la convention relative à 
l'établissement et à l'usage du passage [des Lions] » conclue entre les propriétaires 
des immeubles adjacents et approuvée par le Conseil municipal le 12 août 1902, le 
passage est couvert sur toute son étendue et accessible aux seuls piétons. A ses 
deux entrées la largeur doit être de 4,50 mètres et la hauteur de 4,65 mètres au 
maximum. Quant à la largeur dans le reste du passage, elle ne doit pas dépasser 
6 mètres et la hauteur 8,50 mètres environ, sauf au point de brisure de l'axe, où la 
largeur doit être de 10 mètres et la hauteur d'au moins 9,50 mètres. 

3.  L’arcade louée par Mme Estrade donne sur la partie du couloir située entre 
la rue de la Confédération et le point où celui-ci forme un coude. Devant les 
locaux de son établissement public et dans le couloir, elle a installé une terrasse à  
la disposition de ses clients.  

4.  Par courrier du 19 novembre 2009, la direction générale de la santé (ci-
après : DGS), rattachée au département de l’économie et de la santé, devenu 
depuis le 7 décembre 2009, le département des affaires régionales, de l’économie 
et de la santé (ci-après : DARES), a confirmé au Comptoir immobilier Suisse SA 
(ci-après : la régie), gérant de l’immeuble sis, 4 rue du Rhône, que la loi sur 
l’interdiction de fumer dans les lieux publics du 22 janvier 2009 (LIF - K 1 18) et 
son règlement d’application relatif à la loi sur l’interdiction de fumer dans les 
lieux publics du 7 octobre 2009 (RIF - K 1 18.01) s'appliquaient aux commerces, 
aux centres commerciaux et aux galeries marchandes, si bien que « le centre 
commercial de la Tourelle du Petit-Saconnex et le Passage des Lions devaient 
respecter l’interdiction de fumer ».  

  Ce courrier résumait les obligations des exploitants et responsables des lieux 
soumis à l'interdiction de fumer, en particulier la responsabilité « d'informer de 
manière suffisamment visible le personnel et la clientèle que l'établissement est 
(était) soumis à l'interdiction de fumer ». La sanction encourue en cas de non 
respect des dispositions légales était celle de l'amende, laquelle pouvait aller de 
CHF 100.- à CHF 1'000.-. La DGS priait le Comptoir immobilier de diffuser ces 
informations « à qui de droit ». 

- 3/12 - 

A/4631/2009 

  Aucune voie de droit n'était indiquée dans ce document. 

5.  La régie a écrit à Mme Estrade le 26 novembre 2009. Suite à des plaintes et 
au constat de l'un de ses collaborateurs qui avait constaté que des clients du café 
fumaient sur la terrasse, en lui transmettant le courrier précité de la DGS ainsi 
qu’un exemplaire de la LIF et du RIF. Son café et sa terrasse étaient soumis à 
l'interdiction de fumer. Dès lors, il appartenait à Mme Estrade d'en informer son 
personnel et sa clientèle de manière suffisamment visible.  

6.  Par acte déposé le 22 décembre 2009, Mme Estrade a interjeté recours 
auprès du Tribunal administratif contre la décision  de la DGS du 19 novembre 
2009, reçue le 26 du même mois via la régie. Elle conclut préalablement à la 
confirmation de l'effet suspensif et, sur le fond, à l'annulation de la décision 
entreprise.  

  La « mesure d'exécution » datant du 11 décembre 2009, soit la pose par la 
DGS de panneaux d'interdiction de fumer à chacune des entrées du Passage des 
Lions, concluant à la suppression desdits panneaux. 

  Le Passage des Lions, et plus particulièrement la terrasse de « La Perle des 
Lions » étaient des propriétés privées ne relevant pas du domaine public. En 
conséquence, faute de compétence, la LIF et son règlement d’application n'étaient 
pas applicables. Par ailleurs, ni l’une ni l’autre ne mentionnaient l'interdiction de 
fumer dans les « passages » ; ceux-ci devant être assimilés à de petites rues. Enfin, 
la configuration du Passage des Lions excluait qu'il soit apparenté à un lieu public 
fermé au sens de l'art. 2 LIF. 

7.  Le 8 février 2010, la DGS a conclu au rejet du recours. 

  Elle ne disposait pas de la compétence d'apposer des panneaux d'interdiction 
de fumer, celle-ci appartenant aux exploitants ou aux responsables des lieux 
publics concernés. Ceux apposés de part et d'autre du Passage des Lions n'étaient 
ainsi pas de son fait. 

  S'agissant de l'application de la LIF dans les passages privés accessibles au 
public, référence était faite à la jurisprudence du Tribunal fédéral (ATF 128 I 
301), autorisant un canton à interdire la fumée dans les lieux privés ouverts au 
public. L'art. 178B al. 3 let. c de la Constitution de la République et canton de 
Genève du 24 mai 1847 (Cst-GE - A 2 00) stipulait que tous les établissements 
publics au sens de la loi sur la restauration, le débit de boissons et l’hébergement 
du 17 décembre 1987 (LRDBH - I 2 21) étaient concernés par l'interdiction de 
fumer dans les lieux publics intérieurs ou fermés. Le Passage des Lions 
constituant un lieu accessible au public, il était soumis à l'interdiction de fumer. 
Enfin, la DGS a rappelé que la volonté du législateur était également d'interdire de 

- 4/12 - 

A/4631/2009 

fumer dans les lieux semi-ouverts, ce dans le but d'assurer une protection efficace 
de la population contre la fumée passive.  

8.  Par décision du 15 février 2010 (ATA/95/2010), la Présidente du tribunal de 
céans a rejeté la requête en restitution de l'effet suspensif, traitée comme une 
requête en mesures provisionnelles, décision confirmée par l’arrêt du Tribunal 
fédéral 2C_235/2010 du 18 juin 2010. 

9.  Le 30 mars 2010, la direction générale de la mobilité (ci-après : DGM), 
rattachée au département de l'intérieur et de la mobilité (ci-après : DIM), a 
répondu à une requête du 22 février 2010 du juge délégué. Le Passage des Lions, 
comme du reste celui de Malbuisson, n'appartenait pas au domaine public car il 
était sis sur fonds privé. Il ne faisait pas partie du réseau routier comme pouvaient 
l'être certaines voies privées car il ne se prêtait pas à la circulation des véhicules 
(art. 43 al. 1er de la loi fédérale sur la circulation routière du 19 décembre 1958 
(LCR - RS 741.01). 

10.  Le juge délégué a entendu les parties lors d’une audience de comparution 
personnelle le 16 avril 2010.  

 a. Mme Estrade a persisté dans les termes de son recours. Des agents étaient 
intervenus dans son établissement pour procéder à des constats et relever l'identité 
des clients. Pour éviter tout inconvénient à sa clientèle, elle respectait 
actuellement l'interdiction de fumer sur cette terrasse. Les passants empruntant le 
Passage des Lions n'éteignaient pas leur cigarette à l'entrée. Enfin, l'interdiction de 
fumer n'était pas respectée dans le passage voisin, soit celui de Malbuisson. 

 b. Les représentantes de la DGS ont confirmé la position du DARES ; tant le 
Passage des Lions que celui de Malbuisson étaient soumis à la LIF. Ces passages 
étaient considérés comme « fermés » en raison de leur longueur. Le Passage des 
Lions constituait une galerie marchande au sens de la LIF. 

  A la suite de l'entrée en vigueur de cette loi, la DGS avait préféré opter pour 
une « stratégie d'accompagnement ». A cette fin, le courrier du 19 novembre 2009 
avait été adressé au Comptoir immobilier. Il s'agissait d'un courrier-type envoyé à 
de multiples propriétaires et exploitants. 

  La LIF était applicable dès lors qu'un lieu était accessible au public, ce 
indépendamment du fait qu'il soit sis sur fonds privé ou public. Seule la rue et 
certains lieux spécialement aménagés, tels que les cercles, échappaient à 
l'interdiction de fumer.  

 c. Les parties ont admis que le Passage des Lions était ouvert de manière 
permanente à chacune de ses extrémités et qu'il comportait un plafond lequel était 
surélevé en son coude et composé d'un toit en voûte. 

- 5/12 - 

A/4631/2009 

  A l'issue de l'audience, un délai au 17 mai 2010 a été accordé aux parties 
pour déposer d’éventuelles observations. 

11.  Le 29 avril 2010, la DGS a persisté dans ses conclusions. 

  Le Passage des Lions était une galerie marchande au sens de l'art. 3 let. f 
LIF, il était donc interdit d'y fumer. La terrasse de « La Perle des Lions », bien 
que située sur un fonds privé, n'en demeurait pas moins un lieu accessible au 
public. Comme l'avait confirmé la conférence suisse des directrices et directeurs 
cantonaux de la santé du 30 mars 2010, « les passages longs et entrant avec deux 
côtés ouverts aux extrémités, doivent (devaient) être considérés comme des 
espaces fermés ». L'interdiction de fumer s'étendait aux lieux semi-ouverts. 

12.  Dans le délai imparti, Mme Estrade a repris en substance son argumentation 
antérieure. Pour le surplus, le Passage des Lions disposait d'une ventilation 
suffisante pour que l'interdiction de fumer ne lui soit pas applicable. En effet, le 
législateur avait souligné que « seules étaient décisives la circulation et la qualité 
de l'air » dans le but de protéger la population contre le tabagisme passif. 

13.  Le juge délégué a informé les parties le 17 mai 2010 que la cause était 
gardée à juger. 

EN DROIT 

1.  Le Tribunal administratif est l'autorité de recours ordinaire contre les 
décisions des autorités administratives (art. 4 RIF ; art. 56A al. 1 et 2 de la loi sur 
l’organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - LOJ - E 2 05), dont font partie 
tant le DAEL que la DGS (art. 5 let. c de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2. a. Au sens de l’art. 4 LPA sont considérées comme des décisions les mesures 
individuelles et concrètes prises par l’autorité dans les cas d’espèce fondés sur le 
droit public fédéral, cantonal ou communal et ayant pour objet de créer, de 
modifier ou d’annuler des droits et des obligations (let. a), de constater 
l’existence, l’inexistence ou l’étendue de droits, d’obligations ou de faits (let. b), 
de rejeter ou de déclarer irrecevables des demandes tendant à créer, modifier, 
annuler ou constater des droits ou des obligations (let. c). 

 b. Par une décision de constatation au sens de l'art. 4 al. 1er let. b, l'autorité 
donne à l'intéressé un renseignement de nature obligatoire concernant sa situation 
de fait ou l'interprétation, respectivement l'éventuelle application d'une disposition 
légale. Ce type de décision ne modifie pas le statut juridique de l'administré mais 
est une sorte de réponse à une demande de renseignements, assortie des effets 
d'une décision (ATA/246/2006 du 9 mai 2006). 

- 6/12 - 

A/4631/2009 

 c. En droit genevois, la notion de décision est calquée sur celle du droit fédéral  
(art. 5 de la loi fédérale sur la procédure administrative du 20 décembre 1968 - PA 
- RS 172.021), ce qui est également valable pour les cas limites, ou plus 
exactement pour les actes dont l’adoption n’ouvre pas de voie de recours. Ainsi, 
de manière générale, les communications, opinions, recommandations et 
renseignements ne déploient aucun effet juridique et ne sont pas assimilables à des 
décisions, de même que les avertissements ou certaines mises en demeure 
(ATA/42/2007 du 30 janvier 2007 consid. 4 ; ATA/602/2006 du 14 novembre 
2006 consid. 3 ; ATA/836/2005 du 6 décembre 2005 consid. 2 ; P. MOOR, Droit 
administratif, Vol. 2, Berne 2002, p. 214, n. 2.2.3.3 ; B. BOVAY, Procédure 
administrative, Berne 2000, pp. 334-344). 

  En l'espèce, le courrier de la DGS du 19 novembre 2009 était certes adressé 
à la régie, mais était destiné aux locataires de l’immeuble qu’elle gérait pour leur 
signifier que le Passage des Lions était soumis au régime de l'interdiction de 
fumer instauré par la LIF. Les obligations imposées aux exploitants ou 
responsables des lieux soumis à cette interdiction étaient clairement rappelées 
ainsi que les conséquences juridiques liées aux violations de la LIF et du RIF. 
Partant, ce courrier n'avait pas le caractère d'un simple renseignement et pouvait 
être considéré par les personnes concernées comme une décision au sens de l'art. 4 
al. 1er let. b LPA, sujette à recours en vertu de l'art. 57 let. a LPA. 

3.  A teneur de l’art. 60 let. a et b LPA, ont qualité pour recourir les parties à la 
procédure qui a abouti à la décision attaquée et toute personne touchée 
directement par une décision et qui a un intérêt personnel digne de protection à ce 
qu’elle soit annulée ou modifiée.  

  L’intérêt du recourant n’est digne de protection que s’il est actuel, c’est-à-
dire si la situation de fait ou de droit est susceptible d’être influencée par l’issue 
du recours. Son admission doit donc lui procurer un avantage ou supprimer un 
inconvénient de nature matérielle ou idéale (B. BOVAY, Procédure 
administrative, Berne, 2000, p. 351). Le juge ne se prononcera ainsi que sur des 
recours dont l’admission élimine véritablement un préjudice concret (P. MOOR, 
Droit administratif, tome II, Berne, 2002, p. 642). L’existence d’un tel intérêt 
s’apprécie non seulement au moment du dépôt du recours, mais aussi lors du 
prononcé de la décision sur recours ; s’il s’éteint pendant la procédure, le recours 
sera déclaré sans objet (ATF 123 II 285 consid. 4 p. 286 ss ; 118 Ia 46 consid. 3c 
p. 53 ; 111 Ib 58 consid. 2 et les références citées ; ATA/915/2004 du 
23 novembre 2004 ; ATA/270/2001 du 24 avril 2001 ; ATA/731/2000 du 
5 décembre 2000 ; ATA/295/1997 du 6 mai 1997 ; A. GRISEL, Traité de droit 
administratif, Neuchâtel, 1984, p. 900 ). 

  En l'occurrence, en sa qualité d'exploitante de « La Perle des Lions », 
établissement soumis à la LRDBH au sens de l'art. 178B al. 3 let. c Cst-GE, la 
recourante est directement touchée par l'interdiction de fumer dans le Passage des 

- 7/12 - 

A/4631/2009 

Lions. Elle possède également un intérêt actuel à ce que l'application de la LIF 
audit Passage soit examinée par le tribunal de céans. Il en résulte que sa qualité 
pour recourir doit être admise. 

4.  Le délai de recours au Tribunal administratif est de 30 jours s'il s'agit d'une 
décision finale (art. 63 al. 1er let. a LPA). Ce délai court dès le lendemain la 
notification de la décision (art. 63 al. 3 LPA). Dès lors qu'il est établi que la 
recourante a eu connaissance de la décision querellée dans les jours qui ont suivi 
le 26 novembre 2009 et qu'elle a recouru à son encontre par acte du 
22 décembre 2009, le recours a été déposé en temps utile auprès de l'autorité 
compétente (art. 56A al. 1 et 2 LOJ ; art. 63 al. 1er let. a LPA), sans qu'il y ait 
besoin d'examiner les conséquences pour celle-ci de l'absence d'indication des 
voies de recours. 

  Au vu de ce qui précède, le recours interjeté contre la décision du 
19 novembre 2009 de la DGS est recevable. 

5. a. Selon l'art. 178B al. 1er Cst-GE, le Conseil d'Etat est chargé de prendre des 
mesures contre les atteintes à l'hygiène et à la santé de la population résultant de 
l'exposition à la fumée du tabac, dont il est démontré scientifiquement qu'elle 
entraîne la maladie, l'invalidité et la mort. Afin de protéger l'ensemble de la 
population, il est interdit de fumer dans les lieux publics intérieurs ou fermés, tout 
particulièrement dans ceux qui sont soumis à une autorisation d'exploitation 
(al. 2).  

 b. L'art 178B al. 3 Cst-GE sont concernés par l'interdiction de fumer : 

a) tous les bâtiments ou locaux publics dépendant de l'Etat et des communes 
ainsi que de toutes autres institutions de caractère public ;  

b) tous les bâtiments ou locaux ouverts au public, notamment ceux affectés 
à des activités médicales, hospitalières, para-hospitalières, culturelles, 
récréatives, sportives ainsi qu'à des activités de formation, de loisirs, de 
rencontres, d'exposition ;  

c) tous les établissements publics au sens de la législation sur la restauration, 
le débit de boissons et l'hébergement ;  

d) les transports publics et les autres transports professionnels de personnes ;  

e) les autres lieux ouverts au public tels que définis par la loi. 

6. a.  A teneur de l'art. 2 al. 1er LIF, il est interdit de fumer dans les lieux publics 
ou accessibles au public, intérieurs ou fermés. Sont des lieux accessibles au 
public, les locaux dont l'accès n'est pas réservé à un cercle de personnes déterminé 
et délimité de manière étroite (al. 2). Sont des lieux fermés, les espaces couverts 

- 8/12 - 

A/4631/2009 

par un toit et entourés par des murs ou cloisons, permanents ou temporaires, quels 
que soient les types de matériaux utilisés (al. 3).  

 b. Le champ d'application de l'interdiction de fumer prévue par la disposition 
constitutionnelle précitée est précisé à l'art. 3 LIF ; sont notamment concernés :  

a) les bâtiments et locaux publics dépendant de l'Etat et des communes ainsi 
que toutes autres institutions de caractère public ;  

b) les hôpitaux et les autres institutions de santé, au sens de la loi sur la 
santé, du 7 avril 2006 ;  

c) les établissements de formation, les écoles et les garderies ;  

d) les bâtiments ou locaux dédiés à la culture, au sport, aux loisirs, aux 
rencontres et aux expositions ;  

e) les maisons de jeux ;  

f) les commerces, les centres commerciaux et les galeries marchandes ;  

g) les établissements d'exécution des peines et des mesures ;  

h) les véhicules de transports publics et les autres transports professionnels 
de personnes ;  

i) les établissements au sens de la loi sur la restauration, le débit de boissons 
et l'hébergement, du 17 décembre 1987. 

  Selon l'exposé des motifs présenté à l'appui du projet de la LIF, ces 
dispositions ont pour but de protéger la population contre le tabagisme passif (PL 
10375, ad. art. 1 al. 1er LIF, p. 16). En outre, l'énumération des lieux soumis à 
l'interdiction de fumer n'est pas exhaustive (PL 10375, ad. art. 3 LIF, p. 17). Se 
pose dès lors la question de savoir si les « passages » font partie du champ 
d'application de la LIF. 

7.  La recourante allègue que le Passage des Lions ainsi que « La Perle des 
Lions » sont des propriétés privées qui échappent à l'application de la LIF et du 
RIF. 

  Le critère d'application de la LIF n'est pas de savoir si un lieu 
éventuellement soumis à l'interdiction de fumer est sis sur fonds privé ou public 
mais de déterminer s'il s'agit d'un lieu public ou accessible au public. En l'espèce, 
il est avéré que le Passage des Lions est emprunté par les piétons sans aucune 
restriction particulière ; il s'agit donc d'un lieu accessible au public. Partant, la 
question de l'application de la LIF à ce passage se pose. 

  Le grief de l'inapplicabilité de la LIF sur fonds privé sera écarté. 

- 9/12 - 

A/4631/2009 

8.  La recourante soutient que ni la LIF ni le RIF ne mentionnent l'interdiction 
de fumer dans les « passages ».  

 a. Selon une jurisprudence constante du Tribunal fédéral, la loi s’interprète en 
premier lieu d’après sa lettre (interprétation littérale). Si le texte légal n’est pas 
absolument clair, si plusieurs interprétations de celui-ci sont possibles, le juge 
recherchera la véritable portée de la norme en la dégageant de sa relation avec 
d’autres dispositions légales, de son contexte (interprétation systématique), du but 
poursuivi, singulièrement de l’intérêt protégé (interprétation téléologique), ainsi 
que de la volonté du législateur telle qu’elle ressort notamment des travaux 
préparatoires (interprétation historique) (ATF 132 V 321 consid. 6 p. 326 ; 129 V 
258 consid. 5.1 pp. 263/264 et les références citées). Le Tribunal fédéral utilise les 
diverses méthodes d’interprétation de manière pragmatique, sans établir entre 
elles un ordre de priorité hiérarchique (ATF 133 III 175 consid. 3.3.1 p. 178 ; 125 
II 206 consid. 4a pp. 208/209 ; ATA/422/2008 du 26 août 2008 consid. 7). Enfin, 
si plusieurs interprétations sont admissibles, il faut choisir celle qui est conforme à 
la Constitution (ATF 119 Ia 241 consid. 7a p. 248 et les arrêts cités).  

 b. Le juge est, en principe, lié par un texte légal clair et sans équivoque. Ce 
principe n’est cependant pas absolu. En effet, il est possible que la lettre d’une 
norme ne corresponde pas à son sens véritable. Ainsi, l’autorité qui applique le 
droit ne peut s’en écarter que s’il existe des motifs sérieux de penser que le texte 
ne correspond pas en tous points au sens véritable de la disposition visée. De tels 
motifs peuvent résulter des travaux préparatoires, du fondement et du but de la 
prescription en cause, ainsi que de sa relation avec d’autres dispositions (ATF 131 
I 394 consid. 3.2 p. 396 ; 131 II 13 consid. 7.1 p. 31 ; 130 V 479 consid. 5.2 
p. 484 ; 130 V 472 consid. 6.5.1 p. 475). En dehors du cadre ainsi défini, des 
considérations fondées sur le droit désirable ne permettent pas de s’écarter du 
texte clair de la loi, surtout si elle est récente (ATF 118 II 333 consid. 3 p. 342 ; 
117 II 523 consid. 1e p. 525). 

 c. Selon le dictionnaire Larousse, un « passage » est défini comme une galerie 
couverte où ne passent que les piétons. Ce mot d'origine française, fut utilisée dès 
le début du XVIIIème siècle en France pour désigner les étroites rues privées qui 
traversent l'intérieur des grands îlots d'habitation (Johann Friederich GEIST, le 
passage un type architectural du XIXème siècle, 4ème éd., 1989, P. Mardarga édit., 
p. 11). Selon ce dernier auteur spécialisé qui recense le Passage des Lions comme 
appartenant au genre (op. cit. p. 210), « le terme de passage sert à désigner une 
ruelle couverte par une verrière, bordée des deux côtés par des rangées de 
boutiques, reliant des rues animées. Les étages peuvent abriter des commerces, 
des bureaux, des ateliers, des logements. Le passage est une forme d'organisation 
du commerce de détail. C'est un espace public sur terrain privé qui facilite la 
circulation, un raccourci, une protection contre les intempéries, un espace réservé 
au piéton. » (op. cit. p. 12). 

- 10/12 - 

A/4631/2009 

   En l'occurrence, le Passage des Lions correspond à cette définition, soit une 
voie ouverte au public, avec la caractéristique que les bâtiments érigés sur chacun 
de ses côtés accueillent des commerces accessibles par cette voie et que certains 
d’entre eux, dont celui de la recourante, utilisent une partie de sa surface comme 
terrasse. Or, la configuration de ce passage, soit une voie coudée de 70 mètres 
environ, ouverte à ses seules deux extrémités et dont le plafond est conçu sans 
ouverture, ne permet pas une circulation suffisante de l'air, à l’instar d’une rue à 
ciel ouvert. Dans un tel contexte, la fumée des amateurs d’herbe à Nicot, 
notamment celle des utilisateurs de la terrasse de l’établissement public de la 
recourante, ne peut s’échapper. En se stockant dans une atmosphère confinée, 
cette fumée amoindrit la qualité de l'air respiré à l'intérieur de cet espace. Même si 
ce genre de lieu ne fait pas partie de ceux énoncés expressément dans la loi 
comme étant ceux soumis à l’interdiction de fumer (art. 178B al. 3 Cst-GE et art. 
3 LIF), un passage comme le Passage des Lions s'apparente à un lieu fermé 
accessible au public au sens de l'art 2 LIF. Cela se justifie au vu du confinement 
de l’air que ses caractéristiques engendrent. C’est d’autant plus le cas que s’y 
déroulent des activités commerciales, à l’instar de celles d’un centre commercial, 
et que la surface du couloir est utilisée comme terrasse par des établissements 
publics. Il est ainsi soumis au régime d’interdiction instauré par cette loi, ce qui se 
justifie au vu des objectifs de santé publique visés par le législateur, soit la lutte 
contre le tabagisme passif dans tous les lieux confinés accessibles au public.  

  Au vu de ce qui précède, c'est à juste titre que la DGS a constaté et rappelé  
que les restrictions instaurées par la LIF s’appliquaient au Passage des Lions et, 
partant à la terrasse du café de la recourante qui se situe dans celui-ci. 

9.  En tous points mal fondé, le recours sera rejeté et la décision du 
19 novembre 2009 de la DGS, en ce qu'elle concerne le Passage des Lions, 
confirmée.  

10.  Un émolument de procédure de CHF 1'000.- sera mis à la charge de la 
recourante qui succombe (art. 87 al. 1er LPA).  

   

* * * * * 
 
 
 
 
 
 
 
 

- 11/12 - 

A/4631/2009 

PAR CES MOTIFS 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 1er février 2010 par Madame Andrée Estrade 
contre la décision du 19 novembre 2009 du département des affaires régionales, de 
l'économie et de la santé ; 

au fond : 

le rejette ; 

met à la charge de Madame Andrée Estrade un émolument de CHF 1'000.- ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;   

communique le présent arrêt à Me William Dayer, avocat de la recourante, au 
département des affaires régionales, de l'économie et de la santé, ainsi qu’à la direction 
générale de la santé. 

Siégeants : M. Thélin, président, Mmes Bovy, Hurni et Junod, M. Dumartheray, juges. 

Au nom du Tribunal administratif : 

la greffière-juriste adj. : 
 
 

F. Glauser 

 le vice-président : 
 
 

Ph. Thélin 
 
 

 

 

- 12/12 - 

A/4631/2009 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :