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**Case Identifier:** 3983d0b3-234e-5e77-9d54-62c8f1f85689
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-01-09
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des baux et loyers 09.01.2024 C/14139/2023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_004_C-14139-2023_2024-01-09.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 9 janvier 2024 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/14139/2023 ACJC/19/2024 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des baux et loyers 

DU MARDI 9 JANVIER 2024 

 

Entre 

Madame A______, domiciliée ______ [GE], Madame B______, domicilié 
______ [GE], Monsieur C______, domicilié ______ [GE], recourants contre une 
ordonnance rendue par le Tribunal des baux et loyers le 18 décembre 2023, représentés 

par Me Olivier WEHRLI, avocat, rue de Hesse 8, case postale , 1211 Genève 4,  

et 

D______ SA, sise c/o E______ SA, ______ [GE], intimée, représentée par Me 
Stéphane PENET, avocat, quai Gustave-Ador 2, case postale 3021, 1211 Genève 3. 

 

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C/14139/2023 

Vu, EN FAIT, la procédure C/14139/2023, pendante devant le Tribunal des baux et 
loyers, en contestation de congé; 

Vu l'ordonnance du 18 décembre 2023 rendue par le Tribunal des baux et loyers, 

rejetant les demandes de suspension de la procédure et de jonction de la présente 

procédure avec la cause C/1______/2022, et indiquant les moyens de preuve admis, en 

l'état, pour chaque partie; 

Vu le recours formé en temps opportun par les locataires contre cette décision, 

sollicitant l'annulation de la décision déférée et la jonction de la présente procédure avec 

les causes C/1______/2022 et C/14139/2023; 

Vu la requête tendant à la suspension de l'effet exécutoire attaché à l'ordonnance 

querellée dont le recours est assorti, les locataires faisant en substance valoir subir un 

préjudice difficilement réparable, le refus de jonction des causes précitées entraînant un 

"dédoublement des mesures probatoires", engendrant des frais et de temps inutiles; 

Attendu que, la bailleresse s'en rapporte à justice quant à l'octroi de l'effet suspensif; 

Considérant, EN DROIT, que la décision querellée est une ordonnance d'instruction 
(art. 124 CPC), susceptible du seul recours, recours dont la recevabilité est subordonnée 

à l'existence d'un préjudice difficilement réparable (art. 319 let. b ch. 2 CPC), la 

cognition de la Cour étant limitée à l'appréciation manifestement inexacte des faits et à 

la violation de la loi (art. 321 al. 2 CPC); 

Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la 

décision entreprise, l'autorité de recours (soit la Cour de céans) pouvant suspendre le 

caractère exécutoire en ordonnant au besoin des mesures conservatoires ou le dépôt de 

sûretés (art. 325 CPC); 

Que constitue un "préjudice difficilement réparable" au sens de l'art. 319 let. b ch. 2 

CPC toute incidence dommageable, y compris financière ou temporelle, qui ne peut être 

que difficilement réparée dans le cours ultérieur de la procédure; que l'instance 

supérieure devra se montrer exigeante, voire restrictive, avant d'admettre 

l'accomplissement de cette dernière condition, sous peine d'ouvrir le recours à toute 

décision ou ordonnance d'instruction, ce que le législateur a clairement exclu : il s'agit 

de se prémunir contre le risque d'un prolongement sans fin du procès (parmi d'autres 

: ACJC/1458/2022 du 3 novembre 2022 consid. 2.1; JEANDIN, CR-CPC, n. 22 ad art. 

319 CPC); 

Qu'en d'autres termes, la notion de préjudice difficilement réparable doit être interprétée 

restrictivement, puisque la personne touchée disposera le moment venu de la faculté de 

remettre en cause la décision ou ordonnance en même temps que la décision au fond : il 

incombe au recourant d'établir que sa situation procédurale serait rendue notablement 

plus difficile et péjorée si la décision querellée était mise en œuvre, étant souligné 

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C/14139/2023 

qu'une simple prolongation de la procédure ou un accroissement des frais ne suffisent 

pas; qu'on retiendra l'existence d'un préjudice difficilement réparable lorsque ledit 

préjudice ne pourra plus être réparé par un jugement au fond favorable au recourant, ce 

qui surviendra par exemple lorsque des secrets d'affaires sont révélés ou qu'il y a 

atteinte à des droits absolus à l'instar de la réputation, de la propriété et du droit à la 

sphère privée (JEANDIN, op. cit., n. 22 et 22a ad art. 319 CPC);  

Qu'une simple prolongation de la procédure ou un accroissement des frais de celle-ci ne 

constitue pas un préjudice difficilement réparable (SPÜLER, Basler Kommentar, 

Schweizerische Zivilprozessordnung, n. 7 ad art. 319 CPC); que retenir le contraire 

équivaudrait à permettre à un plaideur de contester immédiatement toute ordonnance 

d'instruction pouvant avoir un effet sur le sort de la cause, ce que le législateur a 

justement voulu éviter (parmi plusieurs : ACJC/220/2023 du 13 février 2023 

consid. 2.1; ACJC/943/2015 du 28 août 2015 consid. 2.2; ACJC/35/2014 du 10 janvier 

2014 consid. 1.2.1); 

Considérant qu'en l'espèce, l'existence d'un préjudice difficilement réparable est, prima 

facie et sans préjudice de l'examen au fond, douteuse; 

Qu'en tout état de cause les recourants pourraient attaquer l'ordonnance querellée avec 

la décision au fond (Message du Conseil fédéral CPC, FF 2006 6841, ad art. 316 p. 

6984; BRUNNER, Kurzkommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung ZPO, Basel 

2010, n. 13 ad art. 319 CPC; BLICKENSTORFER, Kommentar Schweizerische 

Zivilprozessordnung (ZPO), Zurich/St-Gallen 2011 n. 40 ad art. 319 CPC); 

Que les faibles chances de succès du recours justifient dès lors le rejet de la requête de 

suspension de l'effet exécutoire attaché à la décision attaquée. 

* * * * * 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ACJC/220/2023
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ACJC/943/2015
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ACJC/35/2014

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C/14139/2023 

PAR CES MOTIFS, 

La Présidente de la Chambre des baux et loyers : 

Statuant sur la suspension de l'effet exécutoire : 

Rejette la requête tendant à la suspension de l'effet exécutoire attaché à l'ordonnance  

rendue le 18 décembre 2023 par le Tribunal des baux et loyers dans la cause 

C/14139/2023-OBL-13. 

Siégeant : 

Madame Nathalie LANDRY-BARTHE, présidente; Madame Maïté VALENTE, 

greffière. 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indications des voies de recours : 
 

La présente décision, incidente et de nature provisionnelle (137 III 475 consid. 1) est 

susceptible d'un recours en matière civile, les griefs pouvant être invoqués étant 

toutefois limités (art. 98 LTF), respectivement d'un recours constitutionnel subsidiaire 

(art. 113 à 119 et 90 ss LTF). Dans les deux cas, le recours motivé doit être formé dans 

les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

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C/14139/2023 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.