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**Case Identifier:** 79620cc6-8b7b-59e5-abd7-1b25611e3d43
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-02-07
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 07.02.2014 C/8799/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-8799-2013_2014-02-07.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 10.02.2014. 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/8799/2013 ACJC/149/2014 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 
 

DU VENDREDI 7 FEVRIER 2014 

 

Entre 

A______, sise ______ (GE), recourante contre un jugement rendu par la 3ème Chambre 
du Tribunal de première instance de ce canton le 23 octobre 2013, comparant par Me 

Mark Barokas, avocat, rue de l'Athénée 15, case postale 368, 1211 Genève 12, en 

l'étude duquel elle fait élection de domicile, 

et 

B______, domicilié ______ (GE), intimé, comparant par Me Roman Seitenfus, avocat, 
rue du Lac 12, case postale 6150, 1211 Genève 6, en l'étude duquel il fait élection de 

domicile. 

 

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C/8799/2013 

EN FAIT 

A. Par jugement du 23 octobre 2013, expédié pour notification aux parties le 
25 octobre 2013, le Tribunal de première instance (ci-après : le Tribunal), statuant 

par voie de procédure sommaire, a débouté A______ de ses conclusions en 

mainlevée provisoire (ch. 1 du dispositif), a arrêté les frais judiciaires à 400 fr. et 

les a compensés avec l'avance fournie par A______ (ch. 2), a laissé lesdits frais à 

la charge de celle-ci (ch. 3) et l'a condamnée à verser à B______ une somme de 

720 fr. au titre de dépens (ch. 4). 

En substance, le premier juge a retenu que B______ était valablement représenté 

par Me Roman Seitenfus, avocat indépendant inscrit au Registre des avocats 

genevois. Il a retenu que le contrat de bail valait reconnaissance de dette au sens 

de l'art. 82 LP et que la Cour de Justice, dans un arrêt du 22 février 2013 rendu 

entre les mêmes parties dans le cadre d'une poursuite relative à un arriéré de loyer 

concernant le même bien immobilier, avait considéré que l'existence d'une créance 

compensatoire exigible de B______ était vraisemblable (ACJC/1______). Le 

Tribunal des baux n'ayant pas encore rendu de décision dans le cadre de la 

procédure en réduction de loyer et en dommages et intérêts introduite par 

B______ à l'encontre de A______ dans le cadre de la procédure C/1______, la 

compensation invoquée était toujours actuelle et libérait B______ de la poursuite 

objet de la présente procédure.  

B. a. Par acte déposé le 4 novembre 2013 au greffe de la Cour de justice, A______ 
recourt contre ce jugement, dont elle sollicite l'annulation. Elle sollicite l'apport de 

la cause C/8799/2013 et, cela fait, conclut au prononcé de la mainlevée provisoire 

de l'opposition formée au commandement de payer notifié le 13 juin 2012 dans la 

poursuite n
o
 3______, avec suite de frais et dépens. 

A______ reproche au premier juge d'avoir méconnu les règles de la mainlevée 

provisoire en retenant l'exception de compensation, et d'avoir violé les règles sur 

le défaut et l'art. 8 LLCA en considérant que l'intimé avait été valablement 

représenté par son avocat à l'audience du 19 août 2013. 

Elle a déposé des pièces nouvelles. 

b. Dans sa réponse du 25 novembre 2013, B______ conclut principalement à 
l'irrecevabilité du recours et subsidiairement à la confirmation du jugement et au 

déboutement de A______ de toutes ses conclusions, avec suite de frais et dépens. 

Il conteste que son conseil ne puisse le représenter et relève que la recourante 

intente la même procédure que celle ayant abouti à l'arrêt de la Cour de justice du 

22 février 2013 (ACJC/1______). Il invoque la compensation et précise qu'une 

demande en paiement de dommages et intérêts, ainsi qu'en réduction du loyer, a 

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C/8799/2013 

été déposée et est encore pendante. Les faits démontraient par ailleurs qu'il avait 

droit à une réduction de loyer, la Cour de justice ayant à cet égard retenu qu'il 

avait subi une diminution de jouissance considérable.  

L'intimé a déposé des pièces nouvelles. 

c. Les parties ont été informées le 27 novembre 2013 par le greffe de la Cour de la 
mise en délibération de la cause. 

C.  Il résulte des pièces soumises au Tribunal : 

a. Le 18 mai 1989, la société immobilière D______ et les époux B______ et 
C______ ont conclu un contrat de bail portant sur une arcade d'environ 75 m2 et 

sur un studio transformé en cuisine, situés au rez-de-chaussée de l'immeuble sis 

______ à ______ (GE). 

Le loyer annuel convenu s'élevait à 49'980 fr. dès le 1er juin 1994, soit 4'165 fr. 

par mois. 

Les charges ont été portées à 3'600 fr. par an (soit 300 fr. mensuel) par avis de 

majoration du 18 novembre 2008. 

b. Dans les locaux, B______ exploite un établissement à l'enseigne "F______".  

c. Les époux B______ et C______ ont divorcé en 1993. 

d. A______ est devenue propriétaire de l'immeuble sis ______ à ______ (GE). 

e. Le contrat de bail de l'arcade a été résilié le 23 août 2010 et une procédure en 
contestation du congé est en cours (C/3______). 

f. Par décision du 9 août 2011, le Département des constructions (actuel 
Département de l'Urbanisme) a autorisé A______ à agrandir le restaurant et à 

abattre des arbres. 

Pour exécuter ces travaux, A______ a posé des panneaux de bois en décembre 

2011 recouvrant l'ensemble des vitres de l'établissement exploité par B______, ce 

dernier s'y étant opposé. 

g. Le restaurant exploité par B______ a fait l'objet d'une fermeture administrative 
durant l'année 2012. 

h. Le 9 janvier 2012, B______ a requis, par voie de mesures provisionnelles, le 
retrait immédiat des panneaux litigieux, l'exploitation de son restaurant étant 

devenue impossible. 

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C/8799/2013 

Par ordonnance du 17 janvier 2012, confirmée par arrêt  de la Cour de justice du 

18 juin 2012 (ACJC/2______), le Tribunal des baux et loyers a condamné 

A______ à retirer lesdits panneaux d'ici au 23 janvier 2012, considérant que ceux-

ci empêchaient l'usage convenu de la chose louée, les locaux étant privés de toute 

lumière du jour à l'exception de la porte d'entrée. 

La Cour de justice a relevé qu'il était "indubitable que le requérant [était l'objet] 

d'une atteinte dûment avérée, car l'établissement public [était] privé des 

importants jours dont il [disposait]" et qu'il ne faisait "aucun doute qu'un 

établissement public ne pouvait fonctionner normalement avec des fenêtres 

obturées par des planches et la difficulté extrême d'une exploitation dans de telles 

conditions s'avère incontestable ; on imagine mal que la clientèle s'accommode et 

soit encline à fréquenter un établissement public, dépourvu de jour […]". La Cour 

a indiqué que A______ ne respectait pas les principes posés par  

l'article 260 CO, qui n’autorise le bailleur à rénover ou modifier la chose louée 

que si les travaux peuvent être raisonnablement imposés au locataire et que le bail 

n’a pas été résilié. 

i. Par jugement du 27 novembre 2012, le Tribunal de première instance a débouté 
A______ de ses conclusions en mainlevée provisoire de l'opposition formée au 

commandement de payer le loyer de mars 2012 et la consommation d'eau froide 

selon facture du 20 février 2012, poursuite n
o
 4______. Dans son arrêt du 22 

février 2013 rejetant le recours de A______ (ACJC/1______), la Cour de justice a 

retenu que l'existence d'une créance compensatoire exigible de l'intimé à 

l'encontre de la recourante était vraisemblable, l'intimé ayant été effectivement 

entravé dans l'exploitation de son établissement public, du fait de la pose par la 

recourante de panneaux de sécurité placés contre les vitrages du restaurant, 

l'existence d'un défaut de la chose louée justifie une réduction de loyer, et, à 

certaines conditions, l'octroi de dommages-intérêts.  

j. Par requête déposée le 12 octobre 2012 au greffe du Tribunal des baux et loyers, 
B______ a requis le retrait total de tous les panneaux obstruant le café-restaurant 

F______, une réduction de loyer de 100% dès le 22 décembre 2011 jusqu'à 

complète réfection des défauts et le paiement de 238'669 fr. au titre de dommages 

et intérêts, sous réserve d'amplification. La procédure est en cours sous 

n° C/1______. 

k. Sur requête de A______, l'Office des poursuites a dressé un inventaire 
n° 5______, comme faisant l'objet du droit de rétention du bailleur, des meubles 

garnissant les locaux loués, sis ______ à ______ (GE) par B______, indiquant les 

loyers échus du 1
er

 juillet 2012 au 25 février 2013. 

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C/8799/2013 

A______ a validé cet inventaire dans le cadre de la poursuite en réalisation de 

gage en faisant notifier le 10 avril 2013 à B______ un commandement de payer 

poursuite n° 3______, pour les sommes de trois fois 4'465 fr. et de 159 fr.  

L'acte de poursuite indique que le premier montant de 4'465 fr. concerne les loyers 

échus du 1
er

 décembre 2012 au 25 mars 2013, le deuxième les loyers échus du 1
er

 

janvier 2013 au 25 mars 2013, le troisième les loyers échus du 1
er

 février 2013 au 

25 mars 2013 et le montant de 159 fr. les coûts du PV d'inventaire n° 5______, et 

ce en vertu du contrat de bail à loyer portant sur une arcade sise ______ à ______ 

(GE), "F______" (sic). 

B______ a formé opposition totale audit commandement de payer, le même jour. 

l. Par requête expédiée le 24 avril 2013 au greffe du Tribunal de première 
instance, A______ a requis la mainlevée provisoire de l'opposition formée au 

commandement de payer notifié le "13 juin 2012" (sic) dans la poursuite 

n° 3______ à hauteur de 13'494 fr. La requête indiquait "B______ comparant par 

Me Roman Seitenfus", avec domicile élu en l'étude E______.  

Par courrier du 22 juillet 2013, A______, se référant à l'art. 8 al. 1 ch. 3 et al. 2 

LLCA et à l'arrêt 4A_38/2013 rendu par le Tribunal fédéral le 12 avril 2013, a 

soulevé la question de la représentation de B______ par Me Roman Seitenfus, 

collaborateur d'une association qui avait défendu les intérêts du mandant devant le 

Tribunal des baux et loyers 

m. Lors de l'audience du 19 août 2013 devant le Tribunal, A______ a exposé que 
les loyers étaient à jour au 28 février 2013, et que le solde restant dû était de 

26'949 fr. 45. Elle a contesté la créance de l'intimé et précisé qu'aucune décision 

judiciaire n'avait été rendue constatant l'existence d'une contre-créance. Elle a 

déposé le décompte locataire au 26 juillet 2013, et le dispositif du jugement du 30 

mai 2013 (C/3______). 

B______ s'est opposé à la mainlevée provisoire se prévalant du jugement du 30 

mai 2013 et de l'arrêt de la Cour du 22 février 2013, décisions qui 

reconnaissaient qu'il avait des contre-créances à faire valoir sur les loyers 

réclamés. 

 

EN DROIT 

1. 1.1 S'agissant d'une procédure de mainlevée, seule la voie du recours est ouverte 
(art. 319 let. b et 309 let. b ch. 3 CPC). La procédure sommaire s'applique 

(art. 251 let. a CPC). 

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C/8799/2013 

Aux termes de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC, le recours, écrit et motivé, doit être 

introduit auprès de l'instance de recours dans les dix jours à compter de la 

notification de la décision motivée, pour les décisions prises en procédure 

sommaire. 

Interjeté dans le délai et les formes prévus par la loi, le recours est en l'espèce 

recevable. 

1.2 Dans le cadre d'un recours, le pouvoir d'examen de la Cour est limité à la 
violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits  

(art. 320 CPC). 

L'autorité de recours a un plein pouvoir d'examen en droit, mais un pouvoir limité 

à l'arbitraire en fait, n'examinant par ailleurs que les griefs formulés et motivés par 

le recourant (HOHL/DE PORET/BORTOLASO/AGUET, Procédure civile, Tome II, 

2ème édition, Berne, 2010, n. 2307). 

Par ailleurs, le recours étant instruit en procédure sommaire (art. 251 let. a CPC), 

la maxime des débats s'applique et la preuve des faits allégués doit être apportée 

par titre (art. 55 al. 1, 255 let. a a contrario et 254 CPC). En outre, la maxime de 

disposition s'applique (art. 58 al. 1 CPC). 

2.  2.1 Les conclusions, les allégations de fait et les preuves nouvelles sont 
irrecevables (art. 326 al. 1 CPC).  

2.2 Les allégués de fait et pièces nouveaux de la recourante et de l'intimé sont dès 
lors irrecevables. 

Les conclusions de la recourante tendant à l'apport de la procédure C/8799/2013 

(à savoir la présente cause) sont par ailleurs sans objet, l'instance de recours étant 

chargée de demander le dossier à l'instance précédente (art. 327 al. 1 CPC), ce qui 

a été fait en l'espèce.  

3. Dans un premier grief dont elle ne tire pas de conclusions, la recourante reproche 
au premier juge d'avoir violé les règles sur le défaut ainsi que l'art. 8 LLCA en 

admettant la représentation de l'intimé par Me Seitenfus. Elle soutient que le 

conseil de l'intimé, collaborateur d'une association de défense des locataires, ne 

remplit pas les conditions personnelles de l'art. 8 al. 1 ch. 3 et al. 2 LLCA, faute 

d'être en mesure de pratiquer en toute indépendance. La recourante n'expose pas 

quelles conséquences en lien avec le défaut elle entend tirer de ce grief. 

Cette question peut rester indécise. En effet, même s'il avait statué sans tenir 

compte des conclusions et arguments de l'intimé, au motif que ce dernier n'était 

pas valablement représenté, le premier juge aurait de toute façon dû refuser de 

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C/8799/2013 

prononcer la mainlevée provisoire sur base des seules pièces et allégations de la 

recourante, pour les motifs qui seront exposés ci-après.  

Le présent arrêt sera en tout état notifié au domicile élu de l'intimé. 

4. 4.1 Le créancier dont la poursuite se fonde sur une reconnaissance de dette 
constatée par acte authentique ou sous seing privé peut requérir la mainlevée 

provisoire (art. 82 al. 1 LP). Le juge prononce la mainlevée si le débiteur ne rend 

pas immédiatement vraisemblable sa libération (art. 82 al. 2 LP). Il doit vérifier 

d'office notamment l'existence matérielle d'une reconnaissance de dette, l'identité 

entre le poursuivant et le créancier désigné dans ce titre, l'identité entre le 

poursuivi et le débiteur désigné et l'identité entre la prétention déduite en 

poursuite et la dette reconnue (GILLIERON, Commentaire de la loi fédérale sur la 

poursuite pour dettes et la faillite, Lausanne 2001, n. 73ss ad art. 82 LP). 

La procédure de mainlevée provisoire est une procédure sur pièces 

(Urkundenprozess), dont le but n'est pas de constater la réalité de la créance en 

poursuite, mais l'existence d'un titre exécutoire : le créancier ne peut motiver sa 

requête qu'en produisant le titre et la production de cette pièce, considérée en 

vertu de son contenu, de son origine et des caractéristiques extérieures comme un 

tel titre, suffit pour que la mainlevée soit prononcée si le débiteur n'oppose pas et 

ne rend pas immédiatement vraisemblable des exceptions. Le juge de la mainlevée 

provisoire examine donc seulement la force probante du titre produit par le 

créancier, sa nature formelle - et non la validité de la créance - et lui attribue force 

exécutoire (ATF 132 III 140 consid. 4.1). 

4.2 D'après la jurisprudence, le commandement de payer et la requête de 
mainlevée en matière de prestations périodiques doivent renseigner exactement le 

débiteur sur chaque détail de la créance déduite en poursuite et sur les imputations 

à faire valoir. Cette exigence n'a pas pour seule raison d'être de permettre au 

débiteur de préparer sa défense, mais elle est encore destinée à donner au juge de 

la mainlevée les moyens de trancher une contestation éventuelle portant sur la 

libération du débiteur. Il appartient au juge d'examiner d'office cette question 

(SJ 1988 p. 506).  

4.3 En l'espèce, la recourante a indiqué pour la prise d'inventaire, les loyers échus 
du 1

er
 juillet 2012 au 25 février 2013. Dans le commandement de payer validant 

cet inventaire, la recourante poursuit l'intimé pour trois loyers de 4'465 fr., charges 

incluses. L'expression loyers échus du 1
er

 décembre 2013 au 25 mars 2013 

employée sous "titre et date de la créance", laisse apparaître une probable erreur 

de plume, la Cour comprenant que la recourante visait le 25 février 2013 - comme 

indiqué dans l'inventaire - dans la mesure où ce changement de date n'est ni 

expliqué ni explicable autrement. Ainsi, faute d'indication sur ce que représente 

cette période courant jusqu'au 25 mars [recte: février] 2013, la Cour comprend 

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C/8799/2013 

que les trois montants de 4'465 fr. réclamés correspondent aux loyers mensuels de 

décembre 2012, janvier et février 2013, charges incluses. 

Or, lors de l'audience du 19 août 2013, la recourante a indiqué que le loyer était à 

jour au 28 février 2013, et a déposé un décompte établi par la régie au 26 juillet 

2013 confirmant cet allégué. 

La Cour retiendra dès lors, sur base des seules pièces et allégations de la 

recourante, que la créance de loyer visée par la poursuite en réalisation de gage 

n
o
 3______, soit de décembre 2012, janvier et février 2013, est éteinte. 

C'est ainsi, à juste titre, que le tribunal a débouté la recourante de sa requête de 

mainlevée. Le jugement entrepris sera dès lors confirmé, par substitution de 

motifs. 

5. 5.1 Par surcroît de moyens, et à supposer que l'on doive tenir pour valablement 
déduite en poursuite la créance de loyer du mois de mars 2013, la Cour relève que 

l'intimé s'oppose à la mainlevée provisoire, en faisant valoir qu'il disposerait d'une 

créance compensatoire fondée sur la réduction de loyer et la perte de son chiffre 

d'affaires. Il se réfère à la procédure en cours devant le Tribunal des baux et loyers 

(C/1______), ainsi qu'à l'arrêt rendu par la Cour le 22 février 2013 sur mainlevée 

provisoire. 

5.1.1 Pour faire échec à la demande de mainlevée provisoire fondée sur une 
reconnaissance de dette, il incombe au débiteur de faire valoir et rendre 

immédiatement vraisemblables ses moyens libératoires (art. 82 al. 2 LP; arrêt du 

Tribunal fédéral 5P. 321/2005 du 27 janvier 2006 consid. 3.2). 

Le poursuivi peut se libérer en rendant vraisemblables les moyens issus du droit 

civil et se rapportant à l’engagement pris, objections ou exceptions, ayant trait à la 

naissance de l'engagement (nullité du contrat, vices du consentement), à 

l'extinction de l'obligation (paiement, compensation, prescription), à l'inexigibilité 

de la prestation (exceptio non adimpleti contractus) ou à la présence de défauts 

(art. 82 al. 2 LP; GILLIERON, op. cit., n. 785 p. 156, 157 et références citées; 

KRAUSKOPF, La mainlevée provisoire : quelques jurisprudences récentes, in JdT 

2008 II 3, p. 45). 

Le poursuivi doit prouver par titre le moyen libératoire qu'il invoque, mais il n'a 

pas à apporter la preuve absolue (ou stricte) desdits moyens mais seulement leur 

simple vraisemblance. Cela signifie que le juge n'a pas à être persuadé de 

l'existence de l'allégué des faits pertinents présentés par le débiteur, car il suffit 

que, sur la base d'éléments objectifs, il acquiert l'impression d'une certaine 

vraisemblance de l'existence de ces faits, sans pour autant qu'il doive exclure la 

possibilité que ceux-ci aient pu se dérouler autrement (ATF 130 III 321, 

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C/8799/2013 

consid. 3.3; arrêt du Tribunal fédéral 5P. 321/2005 du 27 janvier 2006 consid. 3.2; 

GILLIERON, op. cit., n. 786 p. 157; SCHMIDT, Commentaire romand, Poursuite et 

faillite, 2005, n. 30-32 ad art. 82 LP). 

Le moyen libératoire est opérant même s'il est survenu pendant la procédure 

sommaire de mainlevée et n'est invoqué qu'à l'audience du juge de la mainlevée 

ou dans une détermination écrite (GILLIERON, op. cit., ad art. 82 n. 84). 

5.1.2 L'art. 120 CO dispose que lorsque deux personnes sont débitrices l'une 
envers l'autre de sommes d'argent, chacune des parties peut compenser sa dette 

avec sa créance, si les deux dettes sont exigibles (al. 1). Le débiteur peut opposer 

la compensation même si sa créance est contestée (al. 2). Il n'est pas nécessaire 

que la créance invoquée en compensation soit liquide, à savoir non contestée ou 

dont l'existence et la quotité soient établies par jugement ou tout autre titre 

exécutoire (JEANDIN, Commentaire Romand, Code des obligations I, Bâle, 2012, 

n. 18 ad art. 120 CO). 

5.2 En l'espèce, les pièces produites démontrent que l'intimé a effectivement été 
entravé dans l'exploitation de son établissement public, du fait de la pose par la 

recourante de panneaux de sécurité placés contre les vitrages du restaurant. Ces 

planches ont été posées en décembre 2011 et ont été retirées par la recourante en 

septembre 2012. La Chambre des baux et loyers de la Cour de justice, dans son 

arrêt rendu le 18 juin 2012 a retenu que le requérant avait été l'objet d'une atteinte 

dûment avérée dans le cadre du bail et que la recourante ne respectait pas les 

principes posés par l'article 260 CO qui n’autorise le bailleur à rénover ou 

modifier la chose louée que si les travaux peuvent raisonnablement être imposés 

au locataire et que le bail n’a pas été résilié. La Cour de céans, statuant par voie de 

procédure sommaire le 22 février 2013, a retenu que l'existence d'un défaut de la 

chose louée justifiait une réduction de loyer, et, à certaines conditions, l'octroi de 

dommages-intérêts. Il n'y a pas lieu de s'écarter de ces considérants, d'autant 

moins qu'une procédure introduite par l'intimé le 12 octobre 2012, tendant à une 

réduction de loyer et au paiement de dommages et intérêts, est pendante sous 

C/1______. 

La Cour retient dès lors, à l'instar du premier juge, que l'existence d'une créance 

compensatoire exigible de l'intimé à l'encontre de la recourante est vraisemblable. 

Le jugement entrepris ne viole dès lors pas l'art. 82 LP. 

Le recours sera partant rejeté pour ce motif également. 

6. La recourante, qui succombe, sera condamnée aux frais (art. 106 al. 1 et 3 CPC). 

En vertu de l'art. 61 al. 1 OELP, la juridiction supérieure à laquelle sont déférées 

les décisions rendues dans une procédure sommaire en matière de poursuite 

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C/8799/2013 

(art. 251 CPC) peut prélever un émolument n'excédant pas une fois et demie 

l'émolument que peut prélever l'autorité de première instance. 

Le premier juge a fixé l'émolument de première instance à 400 fr. Partant, 

l'émolument de la présente décision sera fixé à 450 fr. et mis à la charge de la 

recourante, compensé avec l'avance de frais opérée par celle-ci, acquise à l'Etat 

par compensation (art. 111 CPC). 

La recourante sera également condamnée aux dépens de l'intimé assisté d'un 

conseil devant la Cour, arrêtés à 1'000 fr., débours et TVA compris (art. 96 et 105 

al. 2 CPC; art. 85, 89 et 90 du règlement fixant le tarif des greffes en matières 

civile du 22 décembre 2010, E 1 05.10; art. 25 et 26 LaCC; art. 25 LTVA). 

7. La valeur litigieuse, au sens de l'art. 51 LTF, est inférieure à 30'000 fr. 

* * * * *  

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C/8799/2013 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté par A______ contre le jugement 

JTPI/14179/2013 rendu le 23 octobre 2013 par le Tribunal de première instance 

dans la cause C/8799/2013-3 SML. 

Au fond : 

Rejette le recours. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais de recours : 

Arrête les frais judiciaires du recours à 450 fr., compensés par l'avance de frais 

fournie par A______, acquise à l'Etat. 

Les met à la charge de A______. 

Condamne A______ à verser 1'000 fr. à B______ à titre de dépens. 

Siégeant : 

Madame Daniela CHIABUDINI, présidente; Madame Sylvie DROIN et 

Madame Alix FRANCOTTE CONUS, juges; Madame Véronique BULUNDWE, 

greffière. 

 

La présidente : 

Daniela CHIABUDINI 

 La greffière : 

Véronique BULUNDWE 

 

Indication des voies de recours : 

Conformément aux art. 113 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 

2005 (LTF: RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 

suivent sa notification avec expédition complète (art 100 al. 1 LTF) par devant le 

Tribunal fédéral par la voie du recours constitutionnel subsidiaire. 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 30'000 fr.