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**Case Identifier:** 157b7e2a-84e0-5795-ae82-115c70ec4953
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-10-08
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 08.10.2015 A/3826/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-3826-2014_2015-10-08.pdf

## Full Text

Siégeant : Karine STECK, Présidente; Michael BIOT et Claudiane CORTHAY, Juges 

assesseurs 

  

 
 

 

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/3826/2014 ATAS/771/2015 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 8 octobre 2015 

3
ème

 Chambre 

 

En la cause 

Monsieur A______, domicilié c/o B______, au  GRAND-LANCY, 
comparant avec élection de domicile en l'étude de Maître BAIER 
Florian recourant 

 

contre  

OFFICE DE L'ASSURANCE-INVALIDITE DU CANTON DE 
GENÈVE, sis rue des Gares 12, GENÈVE intimé 

 

  

 
 
 

 

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EN FAIT 

 

1. Monsieur A______ (ci-après : l’assuré), né en ______ 1962, serveur de profession, 
a été victime, le 10 décembre 2008, d’un accident de la circulation : le conducteur 
du véhicule dans lequel il se trouvait en tant que passager en a perdu la maîtrise, 
l’automobile a terminé sa trajectoire sur la glissière de sécurité et l’assuré a subi 
une fracture de l’épaule droite et des contusions à la tête.  

2. Saisi d’une première demande de prestations de l’assuré, l’office cantonal de 
l’assurance-invalidité (ci-après : OAI) l’a rejetée par décision du 14 avril 2010.  

L’OAI a considéré que l’assuré, s’il était certes désormais incapable d’exercer son 
activité habituelle de serveur, avait en revanche recouvré, depuis juin 2009, une 
pleine capacité de travail dans une activité adaptée. Comparant le revenu annuel 
réalisé par l’assuré avant l’atteinte à sa santé, soit CHF 41'697.-, à celui qu’il aurait 
pu obtenir en exerçant à plein temps une activité adaptée, soit CHF 53'981.- (selon 
l’Enquête suisse sur la structure des salaires [ESS], TA1, niveau 4, et compte tenu 
d’une réduction supplémentaire de 10%), l’OAI a constaté l’absence de perte de 
gain.  

Cette décision a été rendue à l’issue d’une instruction ayant permis de recueillir 
notamment les éléments suivants : 

- un rapport d’imagerie médicale du 2 février 2009 concluant, en l’absence de 

lésions traumatiques du crâne, à des structures centrales médianes intactes, à 

un système ventriculaire normal, à des ventricules latéraux symétriques, à 

l’absence d’anomalies vasculaires, mais à une importante déformation de la 

cloison nasale et à une importante pan-sinusite ; 

- différents rapports émis par le docteur C______, faisant état d’une 

ostéosynthèse de la clavicule droite et se faisant l’écho des plaintes de son 

patient (douleurs persistantes à ce niveau) ; 

- un rapport des hôpitaux universitaires de Genève (HUG) du 16 décembre 

2008, faisant état d’une fracture du tiers moyen de la clavicule droite et d’une 

luxation de l’articulation acromio-claviculaire à droite de grade II ; 

- un rapport du Dr C______ du 27 janvier 2010 confirmant ces  diagnostics et 

mentionnant par ailleurs une hernie discale protrusive plus marquée à droite, 

des varices réticulaires et une insuffisance veineuse du membre inférieur 

droit ; 

- un rapport du 5 décembre 2008 du docteur D______, spécialiste FMH en 

neurologie, faisant état d’un examen neurologique et d’un examen du membre 

inférieur droit normaux en dehors de lésions dégénératives (discopathie L5-S1 

 
 
 

 

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assez marquée, avec hernie discale au même niveau, sans déficit radiculaire), 

précisant que le problème principal consistait dans l’insuffisance veineuse du 

membre inférieur droit ; 

- un rapport émis le 27 novembre 2009 par l’atelier de réadaptation 

préprofessionnel des HUG, concluant qu’il était illusoire d’imaginer une 

utilisation complète du bras droit, particulièrement sur une échelle ou dans un 

travail en hauteur, mais ajoutant qu’on pouvait considérer l’assuré comme 

désormais en mesure de travailler sur le marché primaire, bien qu’un doute 

subsistât quant à son rendement, vu l’état de ses membres inférieurs ; 

- un avis émis le 15 février 2010 par le service médical régional de l’AI (ci-

après : SMR) concluant à une totale incapacité de travail dans l’activité de 

serveur, mais à une capacité totale dans une activité adaptée aux limitations 

fonctionnelles et ce, depuis le 22 juin 2009. 

3. Une nouvelle demande de prestation déposée en février 2011 a fait l’objet d’un 
refus d’entrée en matière de la part de l’OAI le 25 août 2011. 

Avaient alors été versés au dossier : 

- un rapport d’observation du service de neuro-rééducation des HUG du 26 avril 

2010, mentionnant une fracture complexe de la clavicule droite, un problème 

de circulation artérielle des membres inférieurs aggravé par la profession de 

serveur, deux opérations à droite en relation avec cette pathologie, la 

probabilité d’une nouvelle intervention dans le futur (non planifiée) et une 

hernie discale provoquant des douleurs dorsolombaires ;  ce rapport concluait 

à une capacité de travail sur le marché primaire ; 

- un rapport du docteur E______, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique, 

du 28 mars 2011 (rapport d’expertise à l’attention de l’assureur-accident), 

constatant une arthrose acromio-claviculaire droite invalidante post-

traumatique, un cal vicieux après ostéosynthèse du tiers proximal de la 

clavicule droite et une claudication intermittente des deux membres 

inférieurs ; il précisait que la « mal position » de l’épaule droite était n’était 

pas source d’invalidité ; les plaintes concernant la plaque et le foyer de 

fracture étaient minimes ; en revanche, l’assuré souffrait d’une atteinte 

douloureuse de l’articulation acromio-claviculaire droite sur arthrose, ouvrant 

droit à une indemnisation pour atteinte à l’intégrité de 5% ; selon l’expert, 

l’assuré aurait pu reprendre son travail de serveur à 50% le 4  mai 2009, et à 

100% le 20 juin 2009. 

- un avis du Service médical régional de l’AI (ci-après : SMR), constatant 

l’absence d’aggravation au niveau de l’épaule et relevant qu’en ce qui 

concernait la problématique des membres inférieurs, des investigations avaient 

déjà été réalisées en 2009 et qu’à cet égard, les plaintes subjectives restaient 

sensiblement les mêmes et ne démontraient aucune aggravation de ce 

problème. 

 
 
 

 

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4. Le 25 septembre 2013, le docteur F______, spécialiste FMH en chirurgie 
orthopédique, a suggéré à l’OAI la révision du dossier de son patient au terme d’un 
bref rapport attestant que celui-ci se plaignait toujours de douleurs importantes, 
avec une limitation des mouvements de l’épaule à 110° d’antépulsion et 
d’abduction. Le médecin émettait l’avis que l’évolution était stationnaire depuis des 
années et relevait par ailleurs les grandes difficultés linguistiques de l’assuré, 
pouvant entraver une reconversion professionnelle. 

5. Un rapport d’imagerie du 24 mars 2014 a conclu à une cervicarthrose basse, à une 
discopathie thoracique moyenne modérée et à une épaule normale. 

6. Dans un rapport du 25 mars 2014, le Dr C______ a fait état d’une péjoration de la 
situation en expliquant que les douleurs étaient plus importantes et en ajoutant que 
l’assuré ne pouvait plus exercer son métier. Pour le reste, le médecin rappelle 
l’accident dont a été victime son patient, le fait qu’il a été opéré de la clavicule 
droite et qu’en avril 2008, il a également subi une opération des jambes pour 
raisons vasculaires.  

7. Ont alors été versés au dossier AI de l’assuré :  

- un rapport établi par le docteur G______ le 30 novembre 2011 à l’intention du 

service de l’office fédéral des migrations, mentionnant une « amélioration 

limitée par rapport à son angoisse et à son état dépressif » ; le médecin 

concluait à un trouble dépressif récurrent épisode moyen depuis septembre 

2011, sous traitement, sans se prononcer sur la capacité de travail ; 

- un rapport rédigé le 8 mars 2014 par le docteur H______, spécialiste FMH en 

chirurgie orthopédique, faisant état d’une diminution de la sensibilité de la 

jambe droite sans rapport avec l’accident et préconisant d’éviter les 

mouvements effectués au-dessus du plan et les mouvements répétitifs de 

l’épaule droite, ainsi que le port de charge de plus de 5 kg ; le médecin 

émettait l’avis que l’assuré était capable d’effectuer normalement, sans 

difficulté, ni douleur, ni gêne, des travaux administratifs. 

8. L’OAI a alors soumis le dossier de l’assuré à son SMR, qui a émis l’avis qu’une 
aggravation n’avait pas été rendue plausible, les médecins faisant état d’une 
« évolution stationnaire depuis des années ». Le SMR a rappelé que les difficultés 
linguistiques n’avaient pas à être prises en compte et relevé qu’il n’était pas 
contesté que l’assuré soit désormais dans l’incapacité totale d’exercer son activité 
habituelle. 

9. Le 23 septembre 2014, le médecin traitant de l’assuré a adressé un bref courrier à 
l’OAI l’informant que son patient ferait l’objet d’une nouvelle intervention 
chirurgicale en raison de sa mauvaise circulation (sans préciser quand). 

10. Par décision du 11 novembre 2014, l’OAI a refusé d’entrer en matière sur la 
nouvelle demande de prestations de l’assuré, au motif que ce dernier n’avait pas 

 
 
 

 

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rendu plausible que son état de santé se serait modifié au point d’éventuellement 
changer son droit aux prestations. 

11. Par écritures du 11 décembre 2014 et du 30 janvier 2015, l’assuré a interjeté 
recours contre cette décision en concluant principalement à ce que la cause soit 
renvoyée à l’OAI afin que ce dernier se détermine sur sa capacité résiduelle de 
travail et statue sur sa dernière demande de prestations, subsidiairement à l’octroi 
d’une rente entière ou partielle, voire d’une mesure de reclassement professionnel. 

Le recourant reproche à l’intimé de n’avoir jamais investigué les troubles 
psychiques évoqués par le Dr G______.  

Il allègue que son état de santé s’est dégradé sur tous les plans et en veut pour 
preuve le courrier du Dr C______ du 25 mars 2014, ainsi que d’autres documents 
médicaux, produits à l’appui de son recours, notamment :  

- un rapport établi le 13 janvier 2015 par le médecin radiologue I______, 

concluant à une discarthrose marqué en L5-S1 avec des phénomènes 

inflammatoires de type MODIC I à droite et MODIC II à gauche, à un minime 

débord discal responsable d’un rétrécissement foraminal droit modéré sans 

argument formel pour un conflit radiculaire et à l’absence de canal lombaire 

rétréci ; 

- un rapport rédigé le 23 janvier 2015 par la doctoresse J______, spécialiste en 

médecine physique et réadaptation, indiquant que l’assuré souffre de douleurs 

au niveau de l’épaule droite et de lombalgies chroniques à mettre en relation 

avec la discarthrose, et émettant l’avis que, dans son état actuel, il pourrait 

exercer à 50% une activité adaptée, c’est-à-dire en position assise, 

n’impliquant ni déplacements importants ni port d’objets lourds ; ce médecin 

reconnaît qu’il lui est difficile de décrire comment a évolué l’état de santé de 

l’assuré depuis avril 2010 mais émet malgré tout l’avis qu’il semble y avoir eu 

une petite amélioration en ce qui concerne l’épaule droite et pas de 

changement en ce qui concerne les lombalgies et les douleurs intermittentes au 

niveau des membres inférieurs ; 

- un certificat médical rédigé le 2 février 2015 par le docteur K______, 

spécialiste FMH en psychiatrie, indiquant qu’il suit le patient depuis le 23 

décembre 2014 et qu’il conclut à un trouble dépressif récurrent, épisode actuel 

sévère. 

- un rapport du docteur L______ du 2 février 2015.  

12. Invité à se déterminer, l’intimé, dans sa réponse du 26 février 2015, a conclu au 
rejet du recours. 

13. Par écriture du 11 mars 2015, le recourant a persisté dans ses conclusions en faisant 
valoir qu’il appartient à l’OAI de procéder d’office aux examens nécessités par 
l’aggravation alléguée. Selon lui, les documents fournis dans le cadre du recours ne 

 
 
 

 

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feraient qu’attester de la détérioration effective de l’état de santé, aggravation qui 
serait antérieure à sa dernière demande de prestations.  

 

EN DROIT 

 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 2 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 
26 septembre 2010 (LOJ; RS E 2 05) en vigueur depuis le 1er janvier 2011, la 
chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît, en instance unique, 
des contestations prévues à l'art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit 
des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA; RS 830.1) relatives à la loi 
fédérale sur l’assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI; RS 831.20). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Sur le plan matériel, sont en principe applicables les règles de droit en vigueur au 
moment où les faits juridiquement déterminants se sont produits (ATF 129 V 1 
consid. 1; 127 V 467 consid. 1 et les références). En ce qui concerne en revanche la 
procédure, et à défaut de règles transitoires contraires, le nouveau droit s'applique 
sans réserve dès le jour de son entrée en vigueur (ATF 117 V 93 consid. 6b; 112 V 
360 consid. 4a ; RAMA 4/1998 p. 316 consid. 3b).  

3. Interjeté dans les formes et délai prévus par la loi, le recours est recevable (art. 56 à 
60 LPGA). 

4. Le litige se limite au point de savoir si l’intimé était fondé à refuser d’entrer en 
matière sur la dernière demande de prestations du recourant.  

5. Lorsque la rente d'invalidité a été refusée parce que le degré d'invalidité était 
insuffisant, la nouvelle demande ne peut être examinée que si l'assuré rend 
plausible que son invalidité s'est modifiée de manière à influencer ses droits (art. 87 
al. 2 et 3 du règlement sur l'assurance-invalidité du 17 janvier 1961 [RAI; 
RS 831.201]). Les conditions d'entrée en matière prévues par l'art. 87 al. 2 et 3 RAI 
ont pour but de restreindre la possibilité de présenter de manière répétée des 
demandes de rente identiques (ATF 133 V 108 consid. 5.3.1). L’exigence du 
caractère plausible d’une modification de l’état de santé susceptible d’influencer les 
droits de l’assuré doit permettre à l'administration d'écarter sans plus ample examen 
de nouvelles demandes, respectivement des demandes de révision dans lesquelles 
l'assuré se borne à répéter les mêmes arguments, sans alléguer une modification des 
faits déterminants (ATF 125 V 410 consid. 2b, 117 V 198 consid. 4b et les 
références).  

C’est à l’aune des mêmes dispositions légales que le Tribunal fédéral a examiné le 
cas d’un assuré qui avait déposé une nouvelle demande de prestations, alors qu’il 
avait bénéficié auparavant d’une rente entière de l’assurance-invalidité pour une 

 
 
 

 

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durée limitée dans le temps (arrêt du Tribunal fédéral 9C_970/2010 du 30 mars 
2011). 

6. Lorsqu'elle est saisie d'une nouvelle demande, l'administration doit donc 
commencer par examiner si les allégations de l'assuré sont, d'une manière générale, 
plausibles. Si tel n'est pas le cas, l'affaire est liquidée d'entrée de cause et sans 
autres investigations par un refus d'entrer en matière. A cet égard, l'administration 
se montrera d'autant plus exigeante pour apprécier le caractère plausible des 
allégations de l'assuré que le laps de temps qui s'est écoulé depuis sa décision 
antérieure est bref. Elle jouit sur ce point d'un certain pouvoir d'appréciation que le 
juge doit en principe respecter (ATF 109 V 108 consid. 2b). Ainsi, le juge ne doit 
examiner comment l’administration a tranché la question de l’entrée en matière que 
lorsque ce point est litigieux, c’est-à-dire quand l’administration a refusé d’entrer 
en matière en se fondant sur l’art. 87 RAI et que l’assuré a interjeté recours pour ce 
motif. Ce contrôle par l’autorité judiciaire n’est en revanche pas nécessaire lorsque 
l’administration est entrée en matière sur la nouvelle demande (ATF 109 V 114 
consid. 2b). 

7. Le principe inquisitoire, selon lequel les faits pertinents de la cause doivent être 
constatés d'office par l'autorité (cf. ATF 125 V 193 consid. 2, 122 V 157 consid. 1a 
et les références), ne s'applique pas à la procédure de l'art. 87 RAI (ATF 130 V 64 
consid. 5.2.5). Eu égard au caractère atypique de celle-ci dans le droit des 
assurances sociales, le Tribunal fédéral des assurances a précisé que 
l'administration pouvait appliquer par analogie l'art. 73 RAI (voir l'art. 43 al. 3 
LPGA) – qui permet aux organes de l'AI de statuer en l'état du dossier en cas de 
refus de l'assuré de coopérer – à la procédure régie par l'art. 87 RAI, à la condition 
de s'en tenir aux principes découlant de la protection de la bonne foi (cf. art. 5 al. 3 
et 9 Cst.; ATF 124 II 265 consid. 4a).  

Ainsi, lorsqu'un assuré introduit une nouvelle demande de prestations ou une 
procédure de révision sans rendre plausible que son invalidité s'est modifiée, 
notamment en se bornant à renvoyer à des pièces médicales qu'il propose de 
produire ultérieurement ou à des avis médicaux qui devraient selon lui être 
recueillis d'office, l'administration doit lui impartir un délai raisonnable pour 
déposer ses moyens de preuve, en l'avertissant qu'elle n'entrera pas en matière sur 
sa demande pour le cas où il ne se plierait pas à ses injonctions. Enfin, cela 
présuppose que les moyens proposés soient pertinents, en d'autres termes qu'ils 
soient de nature à rendre plausible les faits allégués. Un assuré qui renonce à 
présenter des preuves alors qu'il y a été invité et a bénéficié d'un délai raisonnable 
pour ce faire ne saurait invoquer la violation de son droit à un procès équitable au 
sens de l'art. 6 par. 1 CEDH. En effet, l'administration a offert à l'assuré une 
possibilité raisonnable de présenter sa demande, y compris ses moyens de preuve, si 
bien que ce dernier ne se retrouvait nullement dans une situation de net désavantage 
par rapport à son interlocuteur (arrêt du Tribunal fédéral 9C_970/2010 du 30 mars 

 
 
 

 

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2011 consid. 4 ; voir arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme Dombo 
Beheer BV contre Pays-Bas du 27 octobre 1993, Série A, vol. 274 n° 33). 

8. L'exigence du caractère plausible de la nouvelle demande selon l'article 87 RAI ne 
renvoie pas à la notion de vraisemblance prépondérante usuelle en droit des 
assurances sociales. Les exigences de preuves sont, au contraire, sensiblement 
réduites en ce sens que la conviction de l'autorité administrative n'a pas besoin 
d'être fondée sur la preuve pleinement rapportée qu'une modification déterminante 
est survenue depuis le moment auquel la décision refusant les prestations a été 
rendue. Des indices d'une telle modification suffisent alors même que la possibilité 
subsiste qu'une instruction plus poussée ne permettra pas de l'établir (Damien 
VALLAT, La nouvelle demande de prestations AI et les autres voies permettant la 
modification de décisions en force, RSAS 2003, p. 396 ch. 5.1 et les références). 

9. Lors de l'appréciation du caractère plausible d'une modification déterminante des 
faits influant sur le droit aux prestations, on compare les faits tels qu'ils se 
présentaient au moment de la décision administrative litigieuse et les circonstances 
prévalant à l'époque de la dernière décision d'octroi ou de refus des prestations 
(ATF 130 V 64 consid. 2 ; 109 V 262 consid. 4a). 

Enfin, on rappellera que dans un litige portant sur le bien-fondé du refus d'entrer en 
matière sur une nouvelle demande, le juge doit examiner la situation d'après l'état 
de fait tel qu'il se présentait à l'administration au moment où celle-ci a statué. Son 
examen est ainsi d'emblée limité au point de savoir si les pièces déposées en 
procédure administrative justifiaient ou non la reprise de l'instruction du dossier. Il 
ne sera donc pas tenu compte des rapports produits postérieurement à la décision 
litigieuse (ATF 130 V 64 consid. 5.2.5 ; 121 V 366 consid. 1b et les références ; 
arrêt du Tribunal fédéral 9C 959/2011 du 6 août 2012 consid. 4.3). 

10. Il ressort de ce qui précède que la question qui se pose en l’occurrence est 
uniquement celle de savoir si le recourant, au moment de la décision litigieuse - soit 
le 11 novembre 2014 - avait rendu plausible une aggravation de son état de santé 
survenue depuis le 14 avril 2010 - date du dernier rejet après examen au fond.  

En l’occurrence, l’atteinte principale au moment de la décision initiale était une 
fracture comminutive du tiers moyen de la clavicule et une luxation de l’articulation 
acromio-claviculaire à droite. S’y ajoutaient des lombalgies sur discopathie L5-S1 
assez marquée (cf. rapport du Dr D______ du 5 décembre 2008) et une insuffisance 
veineuse des membres inférieurs de stade II (cf. rapport du Dr C______ du 27 
janvier 2010). 

Or, force est de constater que la nouvelle demande de l’assuré repose sur les mêmes 
éléments médicaux que ses précédentes requêtes. En particulier, le Dr F______, 
dans son certificat du 12 février 2014, qualifie l’évolution de l’état de santé de son 
patient de « stationnaire depuis des années ». Quant au Dr C______, il a certes 
mentionné la nécessité d’une nouvelle intervention des membres inférieurs, mais 
sans attester d’aucune dégradation durable sur ce plan. Il avait au demeurant déjà 

 
 
 

 

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été tenu compte des limitations induites par cette affection par la limitation du 
périmètre de marche et la constatation que l’activité de serveur n’était plus exigible.   

Quant aux pièces médicales produites après la décision litigieuse, soit après le 
11 novembre 2014, elles ne sauraient être prises en compte pour procéder à 
l’évaluation de la situation, puisque, dans un litige portant sur le bien-fondé du 
refus d'entrer en matière sur une nouvelle demande, le juge doit se contenter 
d'examiner la situation d'après l'état de fait tel qu'il se présentait à l'administration 
au moment où celle-ci a statué. Son examen se limite ainsi au point de savoir si les 
pièces déposées en procédure administrative justifient ou non la reprise de 
l'instruction du dossier (arrêt 9C_789/2012 du 27 juillet 2013 consid. 4.1). Dans ce 
type de procédure, il n'appartient pas à l'office intimé ou au tribunal cantonal 
d'instruire le cas sur le fond. 

Il demeure néanmoins loisible au recourant de saisir en tout temps l’administration 
d’une nouvelle demande de prestations s’il estime que les conditions réglementaires 
sont remplies.  

Eu égard aux considérations qui précèdent, le recours est rejeté. 
 

 

 

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable.  

Au fond : 

2. Le rejette.  

3. Renonce à percevoir l’émolument.  

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110); le mémoire de recours doit indiquer les 
conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de 
son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l'envoi. 

 
La greffière 

 
 
 

Marie-Catherine SECHAUD 

 La présidente 
 
 
 

Karine STECK 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 
des assurances sociales par le greffe le