# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b38db5f2-b7b5-5d7c-891d-322d79b9a31c
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des curatelles MP / 2013 / 2
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_008_MP---2013---2_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

L112.007698-130687

135 

 

LA
JUGE DELEGUEE

DE
LA CHAMBRE DES CUratelles

____________________________________________

 

Ordonnance
de mesures provisionnelles

___________________________________

 

 
du  31 mai 2013

_____________

Présidence
de              Mme             
Favrod,
juge déléguée

Greffière             
:              Mme             
Villars

 

*****

 

Art.
390, 445, 450 CC; 

 

             
La juge déléguée de la Chambre des curatelles du Tribunal cantonal prend séance pour
statuer sur la requête de mesures provisionnelles déposée par A.S.________,
à Boulogne (F), B.S.________,
à Garons (F), C.S.________,
à Paris (F),  D.S.________,
à Chambord (F), et  E.S.________,
à Paris (F), dans le cadre de leur recours contre le jugement rendu le 12 décembre 2012 par
la Justice de paix du district de Nyon dans la cause concernant F.S.________,
à [...]. 

 

             
Statuant à huis clos, la juge déléguée voit : 

             
En fait :

 

 

A.             
Par jugement du 12 décembre 2012, envoyé pour notification le 27 décembre suivant, la
Justice de paix du district de Nyon (ci-après : justice de paix) a clos sans suite l'enquête
en interdiction civile instruite à l'encontre d'F.S.________, né le 3 mars [...] et domicilié
à [...] (I), et mis les frais de la procédure, par 300 fr., à la charge des dénonçants
A.S.________, B.S.________, C.S.________, D.S.________ et E.S.________ (II). 

 

 

B.             
Par acte d'emblée motivé du 17 janvier 2013, A.S.________, B.S.________, C.S.________, D.S.________
et E.S.________ ont recouru contre cette décision en con­cluant, avec dépens, à son
annulation et à la réouverture de l'enquête aux fins de procéder à des mesures
d'instruction complémentaires, en particulier une expertise psychiatrique d'F.S.________. Les recourants
ont produit un bordereau de pièces à l'appui de leur écriture.

 

             
Interpellée, l'autorité de protection a, par courrier du 21 mars 2013, informé la cour
de céans qu'elle n'avait aucun complément à apporter à sa décision du 12 décembre
2012.

 

             
Par requête de mesures provisionnelles du 5 avril 2013, A.S.________, B.S.________, C.S.________,
D.S.________ et E.S.________ ont requis  du Juge délégué de la Chambre des curatelles
qu'il désigne un représentant provisoire à F.S.________ pour représenter ses intérêts,
qu'il interdise au prénommé et à tout tiers représentant celui-ci de procéder
à tout acte de disposition à titre onéreux ou gratuit portant sur les biens d'F.S.________,
que le représentant provisoire ait pour mission de procéder à l'inventaire des biens du
prénommé et qu'il soit chargé de procéder à la gestion des affaires courantes
de celui-ci, et que le représentant provisoire soit chargé de faire connaître la teneur
de l'ordonnance de mesures provisionnelles à tous les repré­sentants d'F.S.________, de
même qu'aux membres du conseil de fondation de la Fondation [...]. A l'appui de leur écriture,
les requérants ont produit un bordereau de pièces.

 

             
Dans sa réponse du 22 avril 2013, F.S.________ a conclu, avec dépens, au rejet du recours.
Il a produit plusieurs pièces.

 

 

C.             
La juge déléguée retient les faits suivants :

 

             
F.S.________, né le 3 mars [...] et domi­ci­lié à  [...], est à la
tête d'une importante fortune comprenant no­tam­ment plusieurs parcelles à [...].

 

             
La Fondation [...], créée le 14 juillet 2008, a été inscrite au Registre du commerce
(ci-après : RC) le 26 août 2008. F.S.________ est le président du conseil de la fondation
et dispose de la signature collective à deux.

 

             
Le 18 janvier 2012, F.S.________ a été hospitalisé en urgence à l'Hôpital de
[...] à la suite d'un accident vasculaire cérébral (AVC). Les médecins ont alors
diagnostiqué un état dépressif et une probable démence d'origine mixte, et préconisé
la mise en place d'une mesure de protection en faveur d'F.S.________.

 

             
Par requête du 27 février 2012, A.S.________, B.S.________, C.S.________, D.S.________ et E.S.________
ont fait part à la justice de paix de leurs inquié­tudes concernant la situation de leur
père F.S.________ et sollicité l'institution d'une mesure de protection en faveur de celui-ci.
A cette occasion, ils ont notamment expliqué que les responsables médicaux des deux établissements
qui avaient accueilli F.S.________ à Paris avaient relevé la nécessité d'une protection
judiciaire de celui-ci, tant en raison de son état de santé déficient et de sa faible
capacité cognitive que de l'extrême complexité de ses affaires qu'il était dans l'incapacité
de gérer et des pressions dont il était susceptible de faire l'objet.

 

             
Par courrier du 3 mars 2012, Me [...], avocate à Genève, a porté à la connaissance
de la justice de paix qu'F.S.________ avait signé le 15 février 2012 une procuration par laquelle
il l'avait expressément mandatée pour le représenter et l'assister dans le cadre notamment
de la gestion et de l'administration de tous ses biens situés en Suisse et à l'étranger.
Elle a joint à son courrier une attestation de la Dresse [...], spécialiste en psychiatre et
psychothérapie FMH à Genève, qui certifiait qu'elle avait rencontré F.S.________
le 21 février 2012 et qu'il avait sa pleine capacité de discer­nement concernant la procuration
signée en faveur de Me [...] dont il avait parfaitement saisi les enjeux.

 

             
Le 28 août 2012, F.S.________ a vendu à un tiers la parcelle no 203 de la commune de [...],
sise au bord du lac, d'une surface de 1'941 m2 comprenant une villa avec piscine.

 

             
Mandaté par le Juge de paix du district de Nyon (ci-après : juge de paix), le Dr [...], spécialiste
en psychiatre et psychothérapie FMH à [...], a déposé son rapport d'expertise concernant
F.S.________ le 19 octobre 2012. L'expert a exposé en substance que l'expertisé présentait
une démence de type mixte (vasculaire et dégénérative) sévère, associée
à un trouble anxieux et dépressif mixte, ainsi que des problèmes psychosociaux et environnementaux,
qu'il s'agissait d'une affection neuro-dégénérative irréversible, entraînant
une perte progressive des facultés cérébrales et psychiques et que ces troubles portaient
atteinte à ses capacités de gérer ses affaires financières très com­plexes
qui nécessitaient l'assistance de professionnels, mais qu'ils ne l'empê­chaient pas de
mener une existence paisible dans sa propriété entouré par son amie et ses amis. L'expert
a précisé que les affections dont souffrait l'expertisé ne l'empêchaient pas d'apprécier
la portée de ses actes et de gérer ses affaires sans les compro­mettre, qu'il n'y avait
aucun élément évocateur d'une incapacité de discerne­ment dans les pièces
qui lui avaient été remises, que le trouble dépressif et anxieux diagnostiqué n'était
pas de nature à porter atteinte à ses capacités, qu'il avait su prendre de son plein gré
toutes les dispositions nécessaires pour que ses affaires puissent être gérées sans
être compromises, notamment en créant une fondation et en désignant une avocate en tant
que gestionnaire administrative et financière de ses propres biens, la gestion et l'administration
de sa fortune et de ses biens nécessitant le re­cours à des compétences spécialisées,
et que les décisions de l'expertisé étaient parfaitement cohérentes. L'expert a encore
ajouté que la perte de discernement ne saurait être automatiquement déduite d'un diagnostic
de démence, qu'il ne pouvait être déclaré incapable de discernement parce qu'il s'opposait
aux désirs et aux pressions de sa famille, que les mesures qu'il avait prises pour la gestion de
son patrimoine étaient incontestables, qu'aucun élément au dossier ne permettait de conclure
à une incapacité de discernement et que même s'il ne jouissait plus d'une autonomie totale
du fait de ses capacités psychiques et physiques diminuées par l'âge et la maladie, sa
situation personnelle ne nécessitait pas la prise de mesures particulières.

 

             
Lors de son audience du 12 décembre 2012, la justice de paix a procé­dé à l'audition
d'F.S.________, assisté de son conseil. Il a produit un mandat pour cause d'inaptitude, établi
le 5 septembre 2012 par le notaire [...], à [...], et dont l'entrée en vigueur avait été
fixée au 1er
janvier 2013, par lequel il désignait Me [...] en qualité de mandataire pour le cas où
il deviendrait incapa­ble de discernement, temporairement ou défini­tivement.

 

 

 

             
En droit :

 

 

1.             
a)             
Dès le 1er
janvier 2013, les mesures de protection de l'adulte sont régies par le nouveau droit de protection
de l'adulte (art. 14 al. 1 Tit. fin. CC [Code civil du 10 décembre 1907, RS 210).

 

             
b)             
La requête de mesures provisionnelles a été déposée dans le cadre d'un recours
dirigé contre une décision de l'autorité de protection ordonnant la clôture sans
suite d'une enquête en interdiction civile. Contre une telle décision, le recours de l'art.
450 CC est ouvert à la Chambre des curatelles (art. 8 LVPAE [Loi d'application du droit fédéral
de la protection de l'adulte et de l'enfant du 29 mai 2012, RSV 211.255] art. 76 LOJV [Loi d'organisation
judiciaire du 12 décem­bre 1979, RSV 173.01]).

 

             
              Les mesures provisionnelles
sont régies exclusivement par le droit fédéral, plus particulièrement par l'art.
445 CC, selon lequel l'autorité de protection de l'adulte prend, d'office ou à la demande d'une
personne partie à la procédure, toutes les mesures provisionnelles nécessaires pendant
la durée de la procédure (al. 1). 

 

             
              En cas de recours contre
une décision de l'autorité de protection, l'instance judiciaire de recours doit procéder
à un examen complet de la décision attaquée, en fait, en droit et en opportunité
(art. 450a CC), conformément à la maxime d'office et à la maxime inquisitoire, puisque
ces principes de la procédure de première instance s'appliquent aussi devant la Chambre des
curatelles. En raison de l'effet dévolutif du recours, l'instance judiciaire de recours a la compétence,
par application analogique de l'art. 445 CC, d'ordonner d'éventuelles mesures provision­nelles
(Droit de protec­tion de l'adulte, Guide pratique COPMA, 2012, n. 12.34, p. 289).

 

             
La compétence d'ordonner les mesures provisionnelles au sens de l'art. 445 CC relève de la
seule compétence du Juge délégué de la Chambre des curatelles, lequel peut statuer
sur les affaires auxquelles s'applique la procédure sommaire conformément aux art. 248 ss CPC
(art. 42 al. 2 let. e et 43 al. 1 let. e CDPJ [Code de droit privé judiciaire vaudois du 12 janvier
2010, RSV 211.02]), ce qui est le cas pour les mesures provisionnelles. 

 

 

2.             
a)             
Les requérants sollicitent l'institution d'une mesure de protection provi­soi­re en faveur
de leur père et de son patrimoine, faisant valoir que la capacité de discerne­ment de
leur père est indubitablement limitée. Ils exposent en substance que la constitution de la
Fondation [...] est de nature à léser leurs réserves, que la viabilité de cette fonda­tion
est précaire, que rien n'empêche leur père de contribuer à titre gracieux au fonctionnement
de la fondation, qu'ils espèrent que les travaux entrepris au château de [...] soient financés
par la fondation conformément à ses obligations, et non par leur père, qu'ils viennent
d'apprendre que ce dernier a vendu la parcelle no 203 de la commune de [...] le 22 août 2012 alors
qu'il faisait l'objet d'une expertise, parcelle d'une surface de 1'941 m2 située au bord du lac
d'une valeur de plusieurs millions de francs comprenant une villa avec piscine louée pendant de
nombreuses années et constituant la dernière source de revenus réguliers du patrimoine
suisse d'F.S.________, qu'ils ignorent le montant du prix de vente de cette parcelle et l'affectation
de celui-ci, que la parcelle no 124 de la commune de [...] d'une surface de 45'388 m2 pourrait être
déclassée en zone verte et que, dès le 1er
janvier 2014, les héritiers résidant en France ne seront plus exonérés de l'impôt
successoral s'agissant de biens immobiliers situés en Suisse et détenus par un résident
suisse.

 

             
b)             
Selon l'art. 390 al. 1 CC, l'autorité de
protection de l'adulte institue une curatelle lorsqu'une personne majeure est partiellement ou totalement
empêchée d'assurer elle-même la sauvegarde de ses intérêts en raison d'une déficience
mentale, de troubles psychiques ou d'un état de faiblesse qui affecte sa condition personnelle (ch.
1), ou lorsqu'elle est, en raison d'une incapacité passagère de discernement ou pour cause
d'absence, empêchée d'agir elle-même et qu'elle n'a pas désigné de représentant
pour des affaires qui doivent être réglées (ch. 2). L'autorité de protection de l'adulte
prend en considération la charge que la personne concernée représente pour ses proches
et pour les tiers ainsi que leur besoin de protection (al. 2). A l'instar de l'ancien droit de tutelle,
une cause de curatelle (état objectif de faiblesse), ainsi qu'une condition de curatelle (besoin
de protection) doivent être réunies pour justifier le prononcé d'une curatelle (Meier/Lukic,
Intro­duction au nouveau droit de la protection de l'adulte, 2011, n. 397, p. 190). 

 

             
              Pour fonder une curatelle,
il faut encore que l'état de faiblesse entraîne un besoin de protection de la personne, savoir
qu'il ait pour conséquence l'incapacité totale ou partielle de la personne concernée d'assurer
elle-même la sauvegarde de ses intérêts ou de désigner un représentant pour
gérer ses affaires, notion correspondant à la condition d'interdiction des art. 369 et 372
aCC. Bien que la loi ne le précise pas, il peut s'agir d'intérêts patrimoniaux et/ou personnels
(Meier/Lukic, op. cit., n. 405, p. 193; Guide pratique COPMA, n. 5.10, p. 138).

 

             
S'agissant d'une mesure provisoire, il suffit que la cause et la condition soient réalisées
à première vue (JT 2005 III 51).

 

             
c)             
En l'espèce, l'état de faiblesse d'F.S.________ est attesté par le diagnostic posé
par le Dr [...] dans son rapport d'expertise du 19 octobre 2012. Cet état de faiblesse doit encore
avoir pour consé­quence l'incapacité totale ou partielle de la personne concernée
d'assurer elle-même la sauvegarde de ses intérêts ou de désigner un représentant
pour la gestion et l'administration de ses affaires. 

 

             
              Il résulte des pièces
figurant au dossier que, le 15 février 2012, F.S.________ a choisi de mandater une avocate pour
la repré­senter et l'assister dans le cadre de la gestion et de l'administration de tous ses
biens situés en Suisse et à l'étranger et que, par acte notarié du 5 septembre 2012,
il a désigné cette avocate en qualité de mandataire pour le cas où il deviendrait
incapable de discernement, temporairement ou définitivement, avec effet au 1er
janvier 2013. La responsabilité de cette avocate pourrait, cas échéant, être engagée
si elle prenait des décisions contraires aux intérêts de son mandat. 

 

             
              S'agissant de la fondation,
rien n'indique qu'F.S.________ était en état de faiblesse lors de sa création le 14 juillet
2008. Quand bien même ce choix serait de nature à réduire sa fortune, cette décision
relevait ainsi vraisemblablement de sa liberté personnelle. Aucun élément au dossier n'indique
que la vente de la parcelle no 203 de la commune de [...] s'est faite au préjudice des intérêts
du père des requérants et le fait qu'il s'agirait de la principale source de revenus de l'intéressé
n'est pas pertinent, ce d'autant qu'on ignore le montant du prix de vente et son affectation. On ne peut
enfin tirer aucun argument du fait que la parcelle no 124 de la commune de [...] pourrait être déclassée
en zone de verdure ou que les héritiers résidant en France ne seront plus, dès le 1er
janvier 2014, exonérés de l'impôt successoral, ce qui à l'évidence fera perdre
aux requérants une partie de leurs espérances successorales ; en effet, aucune mesure
de protection en faveur de l'intéres­sé ne peut faire obstacle à des modifications
réglementaires ou législatives. Les soupçons relatifs au fait qu'F.S.________ financerait
lui-même les travaux du château de [...] alors que ceux-ci devraient être pris en charge
par la fondation ne sont pour leur part pas rendus suffisamment vraisembla­bles pour justifier l'institution
d'une mesure de protection provisoire. Il apparaît, pour le surplus et en l’état, que
les incertitudes liées à la santé de l'intéressé en 2012 lorsqu'il a établi
une procuration en faveur de Me [...] ne sont pas telles qu'il faille prendre des mesures immédiates
comme une révocation de procuration ou la désignation d'un autre représentant, l'avocate
ayant par ailleurs produit un certificat médical établi le 21 février 2012 par un psychiatre
qui certifiait qu'F.S.________ avait alors sa pleine capacité de discernement pour signer une telle
procura­tion. 

 

             
              Dans ces conditions, quand
bien même l'intéressé souffre d'une démence de type mixte sévère associée
à un trouble anxieux et dépressif mixte, et que sa situation financière, complexe, a subi
des changements importants durant ces dernières années, les requérants n'ont pas rendu
suffisamment vraisemblable, en l’état, que la situation financière de leur père
serait en danger, que le besoin de protection de celui-ci serait avéré et que la condition
de l'urgence serait réalisée. Les moyens invoqués par les requérants se révèlent
par conséquent mal fondés.

 

 

3.             
En définitive, la requête de mesures provisionnelles déposée par A.S.________, B.S.________,
C.S.________, D.S.________ et E.S.________ doit être rejetée.

 

             
              Les frais judiciaires
de la procédure provisionnelle, arrêtés à 1'000 fr. (art. 74a al. 1 TFJC [Tarif des
frais judiciaires civils du 28 septembre 2010]), sont mis à la charge des requérants qui succombent
(art. 106 al. 1 CPC), solidaire­ment entre eux.

 

             
              Il n'y a pas lieu d'allouer
des dépens aux requérants qui succombent.

 

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Juge déléguée de

la
Chambre des curatelles du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos

par
voie de mesures provisionnelles,

prononce
:

 

             
I.             
La requête de mesures provisionnelles est rejetée.

 

             
II.             
Les frais judiciaires de la présente décision, arrêtés à 1'000 fr. (mille francs),
sont mis à la charge des requérants A.S.________, B.S.________, C.S.________, D.S.________
et E.S.________, solidairement entre eux.

 

             
III.             
Il n'est pas alloué de dépens.

             

             
IV.             
L'ordonnance est immédiatement exécutoire.

 

La
juge déléguée :             
La greffière :

 

 

 

Du

 

             
L’ordonnance qui précède, dont la rédaction a été approuvée à
huis clos, est notifiée à :

 

‑             
Me Christian Marquis (pour A.S.________, B.S.________, C.S.________, D.S.________ et E.S.________),

‑             
Me Jean-Philippe Heim (pour F.S.________),

et
communiquée à :

 

‑             
Justice de paix du district de Nyon,

 

par
l'envoi de photocopies. Elle prend date de ce jour.

 

             
La présente ordonnance peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente
jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

 

             
La greffière :