# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** fefc97d0-e7b5-5c42-be90-52a10516dc25
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2013-08-20
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 20.08.2013 BB.2013.10
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG/CH_BSTG_001_BB-2013-10_2013-08-20.pdf

## Full Text

Décision du 20 août 2013 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Stephan Blättler, prési-

dent, Roy Garré et Patrick Robert-Nicoud,  

le greffier Aurélien Stettler  

   

Parties  A., représenté par Me Guillaume Fatio, avocat, 

recourant 

 

 contre 

   

  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,  

 

et 

 

BANQUE B., représentée par Me Yves Klein, avocat, 

intimés 

 

   

Objet  Admission de la partie plaignante (art. 118 ss en lien 

avec l'art. 104 al. 1 let. b CPP) 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

 

Numéro de dossier: BB.2013.10 

(Procédure secondaire:  BP.2013.3)  

 

 

- 2 - 

 

 

 

Faits: 

 

A. Le Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC) a, en date du 

10 décembre 2012, ouvert une instruction pénale à l'encontre du dénommé 

A. pour soupçons de blanchiment d'argent (art. 305
bis

 CP). Cette dernière 

fait (notamment) suite au dépôt, le 30 novembre 2012, d'une plainte pénale 

par la banque B. contre X. pour blanchiment d'argent (procédure 

BP.2013.3, act. 4.1).  

 

Les investigations du MPC s'inscrivent dans le contexte de l'effondrement, 

en février 2009, du groupe C., un conglomérat de sociétés financières ap-

partenant au financier D. Selon la banque B., les faits en question lui au-

raient causé, ainsi qu'aux quelque 22'000 investisseurs ayant souscrit des 

certificats de dépôt émis par ses soins, des pertes estimées à 

USD 7 milliards (procédure BP.2013.3, act. 4.1, p. 2). La plainte pénale – et 

les mesures d'instruction diligentées à ce stade par le MPC – portent no-

tamment sur le rôle joué par plusieurs comptes bancaires ouverts au nom 

de D. et de la banque B. auprès de la banque E. à Z. En effet, et dans la 

mesure où D. fait l'objet d'une procédure pénale aux Etats-Unis et a, pour 

l'heure, été condamné – en première instance – à une peine de 110 ans 

d'emprisonnement pour des infractions assimilables, en droit suisse, aux 

crimes d'escroquerie, de gestion déloyale qualifiée et de faux dans les titres 

(procédure BP.2013.3, act. 4.1, p. 20), les comptes en question seraient 

susceptibles d'avoir été utilisés pour blanchir des fonds liés aux infractions 

précitées. 

 

Le MPC dirige actuellement son enquête contre A., lequel est présenté 

comme l'un des directeurs de la banque E. s'étant occupé des comptes en 

question. 

 

 

B. Par courrier du 25 janvier 2013, le MPC a adressé les lignes suivantes au 

conseil de la banque B.: 

"Maître, 

Je prends acte que votre mandante, la banque B. (…)[,] s'est constituée partie 

plaignante par le dépôt de sa plainte contre inconnus pour blanchiment d'ar-

gent du 30 novembre 2012. 

En application des art. 115 et 118ss CPP et sur la base des faits décrits et 

des arguments développés par la banque B., il se justifie d'accepter son inter-

vention en qualité de partie plaignante dans le cadre de la présente procédure 

pénale. 

- 3 - 

 

 

(…)" (act. 1.1). 

 

 

C. Par mémoire du 7 février 2013 adressé à la Cour des plaintes du Tribunal 

pénal, A. a formé recours contre la décision susmentionnée et pris les 

conclusions suivantes: 

 

"Préalablement 

1. Octroyer l'effet suspensif au recours. 

A la forme: 

2. Recevoir le présent recours. 

Au fond: 

3. Annuler la décision du Ministère public de la Confédération du 25 jan-

vier 2013 rendue dans le cadre de la procédure pénale fédérale n
o
 SV-

12.1845, notifiée le 28 janvier 2013, acceptant l'intervention de la BANQUE 

B. en qualité de partie plaignante dans cette même procédure pénale. 

4.  Refuser la qualité de partie plaignante à la BANQUE B. dans le cadre de la 

procédure n
o
 SV-12.1845. 

Subsidiairement, si mieux n'aime le Tribunal: 

5.   Restreindre totalement l'accès de la BANQUE B. au dossier de la procédu-

re n
o
 SV-12.1845 jusqu'à la clôture de l'instruction et le limiter ensuite 

uniquement aux pièces relatives aux seuls comptes n
o
 1 et 2 ouverts au 

nom de la BANQUE B. auprès de la BANQUE E. 

6. Obliger la BANQUE B. et ses conseils sous la menace des peines de l'art. 

292 CP à n'utiliser les informations qu'ils obtiendraient dans le cadre de 

la procédure n
o
 SV-12.1845 que pour l'exercice de leurs droits dans cette 

même procédure, à l'exclusion de tout autre usage. 

En tout état: 

7. Débouter tout opposant de toute autre ou contraire conclusion, sous suite 

de frais et dépens qui comprendront une équitable participation aux frais 

d'avocat de Monsieur A." (act. 1, p. 2 s.). 

 

Par ordonnance du 27 février 2013, le juge rapporteur de la Cour des plain-

tes a concédé au recours l'effet suspensif requis (procédure BP.2013.3). 

 

Invité à répondre, le MPC a, le 11 mars 2013, déposé des observations aux 

termes desquelles il conclut au rejet du recours dans la mesure de sa rece-

vabilité, ainsi qu'à la confirmation de la décision entreprise (act. 4). Egale-

ment appelée à se déterminer, la banque B. a, par écriture du 

- 4 - 

 

 

11 mars 2013, conclu au rejet du recours pour le cas où il serait déclaré re-

cevable (act. 5). Dans la mesure où les écritures des parties se référaient à 

la compétence de l'autorité fédérale de surveillance des marchés financiers 

(ci-après: FINMA) en lien avec la faillite ancillaire de la banque B., la Cour 

de céans a invité ladite autorité à se déterminer sur le recours (act. 7), ce 

qui a été fait par acte du 5 avril 2013 (act. 11). Le recourant a répliqué en 

date du 15 mai 2013 (act. 15). Invités à dupliquer, le MPC a indiqué à la 

Cour qu'il y renonçait (act. 18), alors que la banque B. a déposé une écritu-

re le 25 juin 2013 (act. 20). Une copie de la duplique de la banque B. a été 

adressée au recourant pour information. 

 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris 

si nécessaire dans les considérants en droit. 

 

 

 

 

La Cour considère en droit: 

 

1.  

1.1 En tant qu’autorité de recours, la Cour des plaintes examine avec plein 

pouvoir de cognition en fait et en droit les recours qui lui sont soumis (Mes-

sage relatif à l’unification du droit de la procédure pénale du 21 décem-

bre 2005, FF 2006 1057, 1296 i.f.; STEPHENSON/THIRIET, in Basler Kom-

mentar, Schweizerische Strafprozessordnung [ci-après: BaK-StPO], n
o
 15 

ad art. 393 CPP; KELLER, in Kommentar zur Schweizerischen Strafprozess-

ordnung, 2010, n
o
 39 ad art. 393 CPP; SCHMID, Handbuch des schweize-

rischen Strafprozessrechts, Zurich/Saint-Gall 2009, n
o
 1512). 

 

1.2 Les décisions du MPC peuvent faire l’objet d’un recours devant la Cour de 

céans (art. 393 al. 1 let. a CPP et art. 37 al. 1 de la loi fédérale sur 

l’organisation des autorités pénales de la Confédération [LOAP; RS 173.71] 

en lien avec l’art. 19 al. 1 du règlement sur l’organisation du Tribunal pénal 

fédéral [ROTPF; RS 173.713.161]). Le recours contre les décisions noti-

fiées par écrit ou oralement est motivé et adressé par écrit, dans le délai de 

dix jours, à l’autorité de recours (art. 396 al. 1 CPP). Aux termes de 

l’art. 393 al. 2 CPP, le recours peut être formé pour violation du droit, y 

compris l’excès et l’abus du pouvoir d’appréciation, le déni de justice et le 

retard injustifié (let. a), la constatation incomplète ou erronée des faits 

(let. b) ou l’inopportunité (let. c). Interjeté le 7 février 2013, le présent re-

cours a été déposé dans le délai de dix jours dès la notification du pronon-

cé attaqué. Il a ainsi été formé en temps utile. 

- 5 - 

 

 

 

1.3  

1.3.1 Le recours est recevable à condition que le recourant dispose d’un intérêt 

juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification de la décision en-

treprise (art. 382 al. 1 CPP). Le recourant doit avoir subi une lésion, c'est-à-

dire un préjudice causé par l’acte qu’il attaque et doit avoir un intérêt juridi-

que à l’élimination de ce préjudice (PIQUEREZ/MACALUSO, Procédure pénale 

suisse, 3
e
 éd., Genève/Zurich/ Bâle 2011, n° 1911). 

 

1.3.2 La Cour de céans a récemment été amenée à se prononcer à plusieurs re-

prises sur la question de l'intérêt dont dispose un prévenu à attaquer une 

décision admettant une partie plaignante à la procédure dirigée à son en-

contre. Selon cette jurisprudence, le prévenu ne dispose en principe pas 

d'intérêt juridiquement protégé pour s'en prendre à pareille décision, l'at-

teinte subie par ledit prévenu en pareille hypothèse étant de manière géné-

rale purement factuelle (v. décision du Tribunal pénal fédéral BB.2013.38 

du 29 juillet 2013, consid. 1.2). A titre exceptionnel toutefois, l'existence 

d'un tel intérêt a été reconnue, et ce lorsque la partie plaignante admise à 

la procédure est un Etat (TPF 2012 48 consid. 1.3.1; décisions du Tribunal 

pénal fédéral BB.2011.107 du 30 avril 2012, consid. 1.5; BB.2012.101 du 

22 janvier 2013, consid. 1.3), ou lorsque le sujet de droit en question est de 

nature "quasi-étatique" (décisions du Tribunal pénal fédéral BB.2012.107 

du 15 mai 2013, consid. 1.3; BB.2012.194 du 2 juillet 2013, consid. 2.1). 

 

1.3.3 En l'espèce, la partie plaignante admise à la procédure est une banque pri-

vée en liquidation. Aucun élément allégué et/ou produit par les parties au 

cours de l'échange d'écritures intervenu en lien avec la présente procédure 

ne permet d'assimiler la banque B. à un Etat, respectivement de conclure à 

la nature "quasi-étatique" de cette institution actuellement en liquidation 

(v. décision du Tribunal pénal fédéral BB.2012.107 du 15 mai 2013, 

consid. 1.3). Il n'existe au demeurant aucune raison d'étendre cette juris-

prudence au présent cas de figure, dès lors que la prémisse de cette der-

nière réside précisément dans le déséquilibre affectant les parties au plan 

procédural, lorsqu'un prévenu se voit confronté à une partie plaignante do-

tée de pouvoirs assimilables au "ius puniendi". Pouvoirs permettant à un 

Etat, voire tout organisme à lui assimilable, de passer par la voie de l'en-

traide judiciaire pour obtenir les informations figurant à la procédure pénale 

nationale. 

 

Partant, et en l'absence de tout élément permettant de retenir l'existence 

d'un cas exceptionnel dans lequel un intérêt juridiquement protégé devrait 

être reconnu au prévenu qui entendrait s'en prendre à la décision admet-

- 6 - 

 

 

tant une partie plaignante à la procédure dirigée contre lui, il ne saurait être 

entré en matière sur le recours. 

 

1.4 Pareil constat ne préjuge en rien de la question de l'accès au dossier, la-

quelle n'est pas traitée par la décision entreprise et sort partant du cadre de 

la présente cause. Le MPC indique à cet égard expressément dans ses 

observations du 11 mars 2013 qu'"[i]l est incontesté et incontestable qu'[il] 

accordera, en temps voulu, un accès au dossier à la banque B., confor-

mément à la jurisprudence en la matière, avec les restrictions d'usage qui, 

au demeurant, ont déjà été acceptées par la banque B., sur le principe" 

(act. 4, p. 4). 

 

 

2. Au vu des considérants qui précèdent, le recours doit être déclaré irrece-

vable. 

 

 

3. Selon l’art. 428 al. 1 CPP, les frais de la procédure de recours sont mis à la 

charge des parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de cause ou 

succombé. Ceux-ci se limitent en l’espèce à un émolument qui, en applica-

tion de l’art. 8 du règlement du Tribunal pénal fédéral du 31 août 2010 sur 

les frais, émoluments, dépens et indemnités de la procédure pénale fédéra-

le (RFPPF; RS 173.713.162), sera fixé à CHF 1'500.--, à la charge du re-

courant. 

 

 La partie qui obtient gain de cause a droit à une indemnité pour les dépen-

ses occasionnées par l’exercice raisonnable de ses droits de procédure 

(art. 436 al. 1 en lien avec l’art. 429 al. 1 let. a CPP). En l'espèce, au vu du 

sort du recours et des conclusions prises par l'intimée banque B., cette 

dernière doit être considérée comme obtenant gain de cause. Selon l'art. 

12 al. 2 RFPPF, lorsque l'avocat ne fait pas parvenir le décompte de ses 

prestations dans la procédure devant la Cour des plaintes, avec son unique 

ou sa dernière écriture, le montant des honoraires est fixé selon l'apprécia-

tion de la Cour. En l'espèce, une indemnité d'un montant de CHF 2'000.-- 

(TVA comprise) sera allouée à la banque B., à charge du recourant. 

 

- 7 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Le recours est irrecevable. 

 

2. Un émolument de CHF 1'500.-- est mis à la charge du recourant. 

 

3. Une indemnité d'un montant de CHF 2'000.-- (TVA incluse) est accordée à la 

banque B., à la charge du recourant. 

 

 

Bellinzone, le 21 août 2013 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le président:  Le greffier:  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Me Guillaume Fatio, avocat 

- Ministère public de la Confédération 

- Me Yves Klein, avocat 

 

 

 

 

Indication des voies de recours 

Il n’existe pas de voie de recours ordinaire contre la présente décision.