# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 3915de70-bd34-56ed-8583-f61941f2659e
**Source:** Bern Gerichte (BE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-07-01
**Language:** fr
**Title:** Bern Verwaltungsgericht 01.07.2023 200 2022 487
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/BE_Verwaltungsgericht/BE_VG_001_200-2022-487_2023-07-01.pdf

## Full Text

200.2022.487.LPP
N° AVS 
BEP/EGC

Tribunal administratif du canton de Berne
Cour des affaires de langue française

Jugement du 1er juillet 2023

Droit des assurances sociales

C. Tissot, président
G. Zürcher et A.-F. Boillat, juges
Ph. Berberat, greffier

A.________
représenté par B.________
demandeur

contre

Fondation pour la retraite anticipée dans le secteur principal de la 
construction (FAR) 
Obstgartenstrasse 19, 8006 Zurich
défenderesse

relatif à une demande du 25 août 2022 (rente transitoire)

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 1er juillet 2023, 200.2022.487.LPP, page 2

En fait:

A.

A.________, né en septembre 1961, a travaillé sans interruption depuis 
2004 en tant qu'ouvrier auprès d'une entreprise de construction. A ce titre, 
il a été soumis à la Convention collective de travail pour la retraite anticipée 
dans le secteur principal de la construction (CCT RA). Le 27 août 2019, il a 
été victime d'un accident de travail et a perçu des prestations de 
l'assurance-accident. Le 27 février 2020, il a déposé une demande de 
prestations de l'assurance-invalidité (AI). Le 19 février 2021, l'Office AI 
Berne a communiqué à l'assuré que pour la période du 1er mars au 31 mai 
2021, il prenait financièrement en charge une mesure tendant à instruire 
l'aptitude à la réadaptation au sein de l'entreprise dans laquelle celui-ci 
travaillait, assortie d'un coaching. Il a également signalé que l'assuré avait 
droit à des indemnités journalières pendant la durée de la mesure. Celle-ci 
a démontré un rendement de 100% de l'assuré dans l'activité adaptée qui 
lui a été confiée par son employeur, qui s'est poursuivie jusqu'au 5 juillet 
2021, date à laquelle l'intéressé a pris des vacances.

B.

Le 1er janvier 2021, l'assuré a requis de la Fondation pour la retraite 
anticipée dans le secteur principal de la construction (FAR) le versement 
d'une rente transitoire ordinaire de retraite anticipée à partir du 1er octobre 
2021. Par courrier du 30 juin 2021, la fondation FAR a refusé de donner 
suite à cette demande de prestations, estimant que les conditions pour 
l'obtention d'une rente transitoire n'étaient pas réunies.

C.

Par action introduite le 25 août 2022 auprès du Tribunal administratif du 
canton de Berne, A.________, représenté par un avocat, a conclu, sous 
suite de frais et dépens, à ce que la fondation FAR soit condamnée à lui 

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verser mensuellement, à partir du 1er octobre 2021 et jusqu'à ce qu'il 
atteigne l'âge ordinaire de la retraite, une rente transitoire de Fr. 4'202.40, 
avec à chaque fois, pour les mois d'octobre 2021 à août 2022, des intérêts 
de 5% l'an à compter du 1er jour du mois suivant celui pour lequel la rente 
est versée. Dans son mémoire de réponse du 29 novembre 2022, la 
fondation FAR a conclu au rejet de la demande, sous suite de frais et 
dépens. Par réplique du 21 décembre 2022 et duplique du 7 février 2023, 
A.________ et la fondation FAR ont confirmé leurs conclusions 
respectives. Le 17 février 2023, le mandataire d'A.________ a produit sa 
note d'honoraires.

En droit:

1.

1.1 Aux termes de l'art. 73 al. 1 de la loi fédérale du 25 juin 1982 sur la 
prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité (LPP, 
RS 831.40), chaque canton désigne un tribunal qui connaît, en dernière 
instance cantonale, des contestations opposant institutions de prévoyance, 
employeurs et ayants droit.

1.1.1 D'un point de vue matériel, la compétence des tribunaux désignés à 
l'art. 73 LPP présuppose que le litige concerne la prévoyance 
professionnelle au sens strict ou large. Tel est le cas lorsque le litige est 
spécifiquement relatif au domaine juridique de la prévoyance 
professionnelle et a pour objet le rapport de prévoyance entre un ayant 
droit et une institution de prévoyance. Il s'agit ainsi essentiellement de 
litiges portant sur les prestations d'assurances, les prestations de libre 
passage et les cotisations. La voie de droit prévue par l'art. 73 LPP n'est en 
revanche pas ouverte lorsque le litige ne trouve pas son fondement 
juridique dans la prévoyance professionnelle, même s'il déploie des effets 
en droit de la prévoyance (ATF 141 V 170 c. 3; SVR 2017 
BVG n° 12 c. 2.2), ou lorsqu'il concerne des prestations uniquement 

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allouées selon le pouvoir d'appréciation (ATF 141 V 605 c. 3.2.2). La loi 
limite le cercle des participants à la procédure susceptibles d'être parties à 
un procès en matière de prévoyance professionnelle au sens de l'art. 73 
LPP aux institutions de prévoyance, aux employeurs et aux ayants droit. 
S'agissant en particulier de la notion d'institution de prévoyance, l'art. 73 al. 
1 LPP ne s'écarte pas de la description de l'art. 48 LPP. Sont visées les 
institutions de prévoyance enregistrées qui entendent participer à 
l'application du régime de l'assurance obligatoire (art. 48 al. 1 LPP) et qui 
ont la possibilité d'étendre la prévoyance au-delà des prestations légales 
minimales (institutions de prévoyance dites enveloppantes; 
art. 49 al. 2 LPP), ainsi que les institutions de personnel non enregistrées 
au sens de l'art. 89a al. 6 et 7 du code civil suisse du 10 décembre 1907 
(CC, RS 210) qui sont actives dans le domaine de la prévoyance 
professionnelle (ATF 141 V 170 c. 3, 130 V 111 c. 3.1.2).

1.1.2 En l'occurrence, la défenderesse est une institution de prévoyance 
non enregistrée, au sens de l'art. 89a al. 7 CC, active dans le cadre de la 
prévoyance surobligatoire (arrêt du Tribunal fédéral [ci-après: TF] 
9C_392/2016 du 17 octobre 2016 c. 3.1). La présente cause consiste ainsi 
en une contestation entre un ayant droit et une institution de prévoyance, 
qui ressortit à la compétence du tribunal prévu à l'art. 73 LPP 
(ATF 122 V 323 c. 2a; TF 9C_211/2008 du 7 mai 2008 c. 3.2). Dans cette 
mesure, le Tribunal administratif est compétent pour connaître, en tant 
qu'instance cantonale unique, du présent litige à raison de la matière (art. 
73 al. 1 LPP en relation avec l'art. 87 let. c de la loi cantonale du 
23 mai 1989 sur la procédure et la juridiction administratives [LPJA, RSB 
155.21]).

1.1.3 Selon l'art. 73 al. 3 LPP, le for est au siège ou domicile suisse du 
défendeur ou au lieu de l'exploitation dans laquelle l'assuré a été engagé. 
Dès lors que le demandeur a été engagé dans le canton de Berne par son 
employeur, entreprise active dans le domaine de la construction, le 
Tribunal administratif est également compétent à raison du lieu. En outre, 
la demande a été déposée dans les formes prescrites (art. 32 LPJA), par 
une partie disposant de la qualité pour agir et représentée par un 

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mandataire dûment autorisé (art. 15 al. 1 LPJA). Il convient donc d'entrer 
en matière sur la présente action de droit administratif.

1.2 En procédure d'action, l'objet du litige est déterminé par les 
conclusions de la demande. Dans les limites de l'objet du litige, le tribunal 
compétent en matière de prévoyance professionnelle n'est toutefois pas lié 
par les conclusions des parties (art. 92 al. 3 LPJA; voir également 
ATF 135 V 23 c. 3.1). Il examine les allégués des parties quant aux faits et 
au droit dans les limites de son pouvoir d'appréciation (art. 92 al. 1 LPJA) et 
constate les faits d'office (art. 73 al. 2 LPP). En l'espèce, le litige porte sur 
le droit du demandeur à une rente transitoire mensuelle de Fr. 4'202.40 
avec intérêts à 5% l'an pour les mois d'octobre 2021 à août 2022 (les 5% 
d'intérêts étant demandés à chaque fois pour un mois dès le début du mois 
suivant), puis de Fr. 4'202.40 par mois jusqu'à ce que le demandeur 
atteigne l'âge ordinaire de la retraite.

1.3 Le jugement de la cause incombe à la Cour des affaires de langue 
française du TA dans une composition ordinaire de trois juges (art. 54 al. 1 
let. c et 56 al. 1 de la loi cantonale du 11 juin 2009 sur l'organisation des 
autorités judiciaires et du Ministère public [LOJM, RSB 161.1]).

2.

2.1 La Société suisse des Entrepreneurs, d'une part, et les syndicats 
Unia et Syna (auxquels s'est ensuite joint le syndicat Cadres de la 
Construction Suisse), d'autre part, ont conclu le 12 novembre 2002 la CCT 
RA. Par arrêté du 5 juin 2003, entré en vigueur le 1er juillet 2003 (FF 2003 
3603), le Conseil fédéral en a étendu le champ d'application à l'ensemble 
du territoire suisse, à l'exception du canton du Valais et de certaines 
entreprises particulières (voir l'art. 4 de la loi fédérale du 28 septembre 
1956 permettant d'étendre le champ d'application de la convention 
collective de travail, RS 221.215.311). Cette convention collective permet 
aux travailleurs du secteur principal de la construction de prendre une 
retraite anticipée dès l'âge de 60 ans révolus et d'en atténuer les 
conséquences financières. Afin d'assurer l'application de la convention, les 

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parties contractantes ont constitué le 19 mars 2003 la fondation FAR (voir 
art. 23 al. 1 CCT RA; TF 9C_782/2014 du 25 août 2015 c. A). 

2.2 S'agissant des genres de prestations allouées par la fondation FAR, 
l'art. 13 CCT RA prévoit que seules les prestations suivantes sont versées: 
a) des rentes transitoires; b) des compensations des bonifications de 
vieillesse LPP; c) des rentes de veuves, veufs et orphelins de durée limitée; 
d) des prestations de remplacement dans des cas de rigueur. Aux termes 
de l'art. 14 al. 1 CCT RA, le travailleur peut faire valoir son droit à une rente 
transitoire lorsqu'il remplit les conditions cumulatives suivantes: a) il a 60 
ans révolus; b) il n'a pas encore atteint l'âge ordinaire de la retraite au sens 
de l'assurance-vieillesse et survivants (AVS); c) il a exercé une activité 
soumise à l'obligation de cotiser pendant au moins quinze ans pendant les 
20 dernières années et de manière ininterrompue pendant les sept 
dernières années précédant le versement des prestations dans une 
entreprise selon le champ d'application de la CCT RA; d) il renonce 
définitivement, sous réserve de l'art. 15 CCT RA, à toute activité lucrative. 
L'art. 14 al. 2 let. a CCT RA prévoit en outre que le travailleur qui ne remplit 
pas complètement le critère d'occupation selon l'art. 14 al. 1 let. c CCT RA 
peut faire valoir son droit à une rente transitoire réduite notamment lorsqu'il 
a exercé une activité soumise à l'obligation de cotiser pendant dix ans 
seulement au cours des 20 dernières années dans une entreprise soumise 
à la CCT RA, mais de manière ininterrompue pendant les sept dernières 
années précédant le versement des prestations.

2.3 L'art. 7 al. 1 CCT RA dispose que les ressources pour le 
financement de la retraite anticipée proviennent principalement du cumul 
des cotisations des employeurs et des travailleurs, de contributions de tiers 
de même que des revenus de la fortune de la fondation. L'art. 8 CCT RA 
prescrit notamment que la cotisation du travailleur correspond à 1,5% du 
salaire déterminant. Dans le sens d'une cotisation d'assainissement, il est 
encore prélevé du salaire déterminant de chaque travailleur soumis à la 
CCT une part supplémentaire de 0,5% (2% au total) jusqu'au 31 décembre 
2019, respectivement de 0,75% (2,25% au total) à partir du 1er janvier 2020 
(al. 1). La cotisation de l'employeur correspond à 5,5% du salaire 
déterminant (al. 2). Est considéré comme salaire déterminant, le salaire 

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AVS obligatoire jusqu'au maximum de la loi sur l'assurance accident (LAA; 
al. 4). L'art. 6 al. 1 du règlement relatif aux prestations et aux cotisations de 
la fondation FAR (règlement RA; valable dès le 2 décembre 2016) reprend 
cette prescription en disposant que les cotisations sont basées sur le 
salaire déterminant, consistant dans le salaire soumis à l'AVS des 
travailleurs assujettis jusqu'au maximum LAA.

3.

3.1 En l'espèce, le demandeur conclut au versement par la fondation 
FAR d'une rente transitoire mensuelle à partir du 1er octobre 2021 jusqu'à 
ce qu'il atteigne l'âge ordinaire donnant droit à une rente de vieillesse 
d'après la loi fédérale du 20 décembre 1946 sur l'assurance vieillesse et 
survivants (LAVS, RS 831.10). Il fait valoir en substance qu'il a travaillé de 
manière ininterrompue dans le secteur de la construction du 12 janvier 
2004 au 30 septembre 2021, c'est-à-dire 17 ans, 8 mois et 18 jours, 
toujours dans des entreprises qui étaient soumises à la CCT RA. Il précise 
qu'il a bénéficié d'indemnités journalières de l'assurance-accident dès le 27 
août 2019, date de son accident de travail, puis d'une mesure de 
réadaptation octroyée par l'AI du 1er mars au 31 mai 2021, au cours de 
laquelle son employeur a perçu des indemnités journalières pour 
compenser sa perte de rendement. Il souligne qu'il a poursuivi son activité 
professionnelle auprès de son employeur pendant toute cette période, au 
même endroit et en effectuant les mêmes tâches que celles exercées 
précédemment. Il conteste le point de vue de la défenderesse, selon lequel 
il présenterait une lacune contributive dans les sept dernières années 
précédant le début de la rente, du fait que la période de la mesure de 
réadaptation de l'AI, du 1er mars au 31 mai 2021, ne constituerait pas une 
activité assujettie à la CCT RA.

3.2 La défenderesse est pour sa part d'avis que le demandeur n'a pas 
travaillé dans le secteur de la construction sans interruption du 12 janvier 
2004 au 30 septembre 2021. Elle invoque en premier lieu que, selon un 
courrier adressé le 26 février 2021 par l'Office AI Berne à la caisse de 
compensation (dossier [dos.] défenderesse 2), le demandeur se trouvait en 

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incapacité de travail à 100% à partir du 27 août 2019 et qu'il n'avait dès lors 
plus pu travailler comme précédemment en tant que maçon depuis cette 
date. Elle allègue à cet égard que, pendant la mesure de réadaptation 
accordée au demandeur du 1er mars au 31 mai 2021, celui-ci avait été 
affecté par son employeur à une activité adaptée et moins exigeante. Cette 
activité ne pouvait pas être prise en considération en tant qu'activité 
soumise à l'obligation de cotiser au sens de l'art. 14 al. 1 let. c CCT RA, 
même si elle a été effectuée dans une entreprise soumise à la CCT RA. La 
défenderesse souligne sur ce point que l'engagement du demandeur 
auprès de son employeur pendant la période en question n'a pas été 
financé par un salaire, mais par des indemnités journalières de l'AI, qui ne 
sont pas assujetties à cotisations selon l'art. 9 CCT RA. Elle précise encore 
à ce propos que les indemnités journalières de l'AI avaient été versées à 
l'employeur, qui les a déduites du salaire qu'il a ensuite versé au 
demandeur. Elle reconnaît enfin avoir perçu à tort des cotisations sur les 
indemnités journalières de l'AI et être disposée à les restituer, mais déclare 
que cela ne changeait rien au fait qu'il n'y avait pas eu d'activité du 
recourant soumise à l'obligation de cotiser pendant la période du 1er mars 
au 31 mai 2021.

4.

Compte tenu des thèses des parties, des faits documentés au dossier et 
des dispositions applicables précitées, il y a lieu d'examiner si le 
demandeur peut se prévaloir d'une durée d'activité ininterrompue de sept 
ans soumise à cotisations d'après la CCT RA jusqu'au 30 septembre 2021, 
date à partir du lendemain de laquelle il requiert l'octroi d'une rente 
transitoire de la part de la fondation FAR. Celle-ci conteste que cette 
condition d'octroi d'une rente transitoire soit remplie en l'occurrence, 
alléguant une interruption de l'obligation de cotiser du 1er mars au 31 mai 
2021. Il s'agit ainsi de définir la portée de l'art. 14 al. 1 let. c CCT RA cité 
plus haut (c. 2.2).

4.1 Le litige porte sur l'interprétation d'une convention collective au sens 
de l'art. 356 du code des obligations du 30 mars 1911 (CO, RS 220), dont 

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le champ d'application a été étendu par le Conseil fédéral. Les clauses de 
telles conventions collectives de travail ont un effet direct et impératif sur 
les contrats individuels entre les employeurs et les employés qu'elles lient 
et sont appelées des clauses normatives. En tant que dispositions 
normatives, elles doivent être interprétées d'après les mêmes règles que 
celles qui s'appliquent aux lois (ATF 136 III 283 c. 2.3.1 et les références; 
VGE BV/2008/68340 du 14 mai 2008 c. 3.2; voir VISCHER/MÜLLER, Der 
Arbeitsvertrag, 4e éd. 2014, p. 450 n. 29; STREIFF/VON KÄNEL/RUDOLPH, 
Arbeitsvertrag, 7e éd. 2012, art. 356 n. 15). La norme s'interprète en 
premier lieu selon sa lettre (interprétation littérale). Si le texte n'est pas 
absolument clair et que plusieurs interprétations de celui-ci sont possibles, 
ou s'il y a des raisons sérieuses de penser que le texte ne reflète pas la 
volonté réelle de son auteur, il convient de rechercher quelle est la véritable 
portée de la norme, en tenant compte de tous les éléments d'interprétation 
(grammatical, historique, actuel, systématique et téléologique [voir SVR 
2005 ALV n° 6 c. 3.3]). Ce faisant, il y a lieu de se baser notamment sur la 
genèse de la norme et sur son but, sur les appréciations à la base du texte 
en question ainsi que sur l'importance de la norme par rapport à d'autres 
dans un contexte donné. A cet égard, les matériaux législatifs ne sont 
certes pas absolument déterminants, mais constituent une aide utile afin de 
discerner le sens de la norme. S'agissant de l'interprétation des normes 
juridiques, le Tribunal fédéral s'est toujours inspiré d'un pluralisme 
pragmatique de méthodes (ATF 147 V 55 c. 5.1, 135 I 198 c. 2.1, 135 II 78 
c. 2.2, 135 V 153 c. 4.1). Il n'y a lieu de déroger au sens littéral d'un texte 
clair – à savoir sans ambiguïté et non équivoque – par voie d'interprétation 
que lorsque des raisons objectives permettent de penser que ce texte ne 
restitue pas le sens "véritable" de la disposition en cause. De tels motifs 
peuvent découler des travaux préparatoires (interprétation historique), du 
but de la disposition (interprétation téléologique) ou de son rapport avec 
d'autres dispositions légales (interprétation systématique), en particulier si 
l'interprétation grammaticale mène à un résultat que le législateur ne peut 
avoir voulu (ATF 147 V 377 c. 4.1, 146 V 28 c. 4.2).

4.2 En l'espèce, il s'agit donc d'examiner tout d'abord, en vertu d'une 
interprétation littérale des dispositions déterminantes de la CCT RA, s'il y a 
lieu de retenir que le demandeur, pendant la mesure de réadaptation 

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accordée par l'AI du 1er mars au 31 mai 2021, a exercé une activité 
assujettie à cotisations dans une entreprise active dans le domaine de la 
construction et soumise à la CCT RA, ce que la défenderesse conteste.

4.2.1 La défenderesse invoque en substance que, selon le rapport de 
coaching du 10 mai 2021 relatif à la mesure de réadaptation effectuée par 
le demandeur (dos. défenderesse 3), celui-ci a procédé pendant cette 
période à des travaux de montage et de démontage de tuyaux d'injection 
ou de longrines, à divers travaux de serrurerie pour réparer le matériel de 
travail, ainsi qu'à des travaux d'aide au chargement et au déchargement 
des camions et de nettoyage et d'entretien des conteneurs, de l'atelier et 
des équipements de travail. Or, toujours d'après la défenderesse, ce genre 
de travaux représentait une activité adaptée et moins exigeante que son 
activité antérieure de maçon, qui n'entre dès lors pas dans le champ 
d'application de la CCT RA. Selon elle, une mesure de réadaptation 
décidée par l'AI ne représente pas une activité pertinente soumise à 
cotisation au sens de l'art. 14 al. 1 CCT RA lorsqu'il s'agit de mesures dans 
le cadre d'une instruction de l'aptitude à la réadaptation, tel que cela ressort 
de la communication faite par l'AI à l'employeur en date du 19 février 2021 
(dos. demandeur 8). Elle ajoute qu'il est plutôt aléatoire de déterminer si les 
mesures professionnelles pouvaient avoir lieu dans l'entreprise où travaillait 
l'assuré jusqu'alors, car cela dépendait de la volonté de l'employeur. Pour 
elle, il était assez inhabituel qu'une personne limitée physiquement suive 
des mesures en vue de l'aptitude à la réadaptation dans une entreprise du 
secteur principal de la construction. Se référant à un courrier de l'Office AI 
Berne du 26 février 2021 adressé à la caisse de compensation compétente 
et à un procès-verbal de l'AI du 10 octobre 2022 (dos. défenderesse 2 et 
4), la défenderesse allègue encore que l'employeur, la SUVA et l'AI avaient 
cherché une solution transitoire pour le demandeur jusqu'en octobre 2021, 
afin de permettre à celui-ci d'obtenir une rente transitoire de sa part. 
D'après elle, l'employeur s'était déclaré prêt à occuper le demandeur 
pendant un certain temps, dans le cadre d'une activité adaptée et peu 
exigeante financée par l'AI au moyen d'indemnités journalières, ce qui avait 
permis ensuite au demandeur de ne plus se présenter au travail à partir de 
juin 2021 en raison d'un crédit de vacances.

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4.2.2 Entre autres conditions à l'octroi d'une rente transitoire, l'art. 14 al. 1 
let. c CCT RA dispose que le travailleur doit avoir exercé une activité 
soumise à l'obligation de cotiser [...] de manière ininterrompue pendant les 
sept dernières années précédant le versement des prestations dans une 
entreprise selon le champ d'application de la CCT RA. Les entreprises 
entrant dans ce champ d'application et le personnel auquel s'applique la 
CCT RA sont, pour leur part, définies respectivement aux art. 2 et 3 
CCT RA. En l'espèce, il n'est pas douteux ni contesté que l'employeur du 
demandeur entre dans la catégorie des entreprises visée à l'art. 2 CCT RA, 
en particulier de son al. 2 let. a, qui cite les entreprises qui ont une activité 
dans le secteur du bâtiment, du génie civil, des travaux souterrains et de 
construction de routes (y compris la pose de revêtements).

4.2.3 S'agissant de la personne du recourant et de son activité exercée 
en tant que mesure professionnelle de réadaptation auprès de son 
employeur habituel du 1er mars au 31 mai 2021, on constate ce qui suit: 

4.2.3.1 Aux termes de l'art. 3 al. 1 CCT RA relatif au personnel, la 
convention s'applique aux travailleurs (indépendamment de leur mode de 
rémunération et de leur lieu d'engagement) occupés sur des chantiers et 
dans des ateliers d'entreprises de construction au sens de l'art. 2 CCT RA. 
Cela concerne en particulier les contremaîtres et les chefs d'atelier (let. a), 
les chefs d'équipe (let. b), les travailleurs professionnels tels que maçons, 
charpentiers, constructeurs de routes, paveurs (let. c), les ouvriers de la 
construction (avec ou sans connaissances professionnelles; let. d), les 
spécialistes tels que machinistes, chauffeurs, magasiniers, isoleurs et 
auxiliaires, pour autant qu'ils soient employés dans une entreprise ou une 
partie d'entreprise selon l'art. 2 al. 1 ou 3 de la CCT RA (let. e) et les 
agents de sécurité avec formation, pour autant qu'ils soient engagés pour 
la sécurité des travaux de voies ou dans la zone dangereuse du rail (let. f). 
L'art. 3 al. 1 CCT RA cite ensuite trois exceptions concernant des 
professions spécifiques à la construction de voies ferrées. A la lecture de 
cette disposition, on peut déjà conclure de manière certaine que la liste des 
professions qui y figure n'est pas exhaustive ("Cela concerne en 
particulier..."). Pour le surplus, il faut également souligner que le lieu de 
l'exercice des activités visées n'est pas limité aux chantiers de construction, 

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mais s'étend aussi aux ateliers d'entreprises de construction dans 
lesquelles des tâches annexes sont exécutées (version allemande, dont la 
teneur fait foi [voir art. 26 al. 2 CCT RA]: "Hilfsbetriebe").

4.2.3.2 En l'occurrence, il ressort de la demande de prestations déposée 
par le demandeur le 1er janvier 2021 (dos. demandeur 9) que celui-ci, qui 
dispose d'une formation de maçon, était employé par la même entreprise 
du 12 janvier 2004 au 30 septembre 2011 en tant qu'ouvrier de la 
construction. Du 1er octobre 2011 au 30 septembre 2021, cette entreprise 
l'a plus spécifiquement engagé en qualité de constructeur de fondations 
("Grundbauer"). Cette activité consiste à veiller que le sous-sol sur lequel 
les bâtiments ou les voies de circulation seront construits soit solide et sûr, 
notamment en consolidant le sol en perçant ou en enfonçant par exemple 
des pieux en béton ou en acier et en sécurisant les fouilles très profondes 
contre le risque d'effondrement (voir le site internet de la Société suisse 
des entrepreneurs: https://baumeister.swiss/fr/formation/professions-de-la-
construction-home/professions/constructeurdefondations/). En tant que tel, 
on ne peut dès lors nier que le demandeur entre dans une catégorie de 
personnel visé par l'art. 3 al. 1 CCT RA; son activité de longue date pour 
son employeur peut en effet être rattachée tant à la let. c (travailleurs 
professionnels tels que maçons, charpentiers, constructeurs de routes, 
paveurs) qu'à la let. d (ouvriers de la construction avec ou sans 
connaissances professionnelles). Il reste à déterminer si tel était encore le 
cas pour la période litigieuse de la mesure de réadaptation accordée par 
l'AI, du 1er mars au 31 mai 2021. La défenderesse invoque pour sa part que 
le demandeur était en incapacité de travail totale en tant que maçon depuis 
son accident du 27 août 2019. Comme déjà mentionné plus haut (c. 4.2.1), 
pendant la mesure de réadaptation, l'employeur du demandeur a confié à 
celui-ci des travaux adaptés à son état de santé. Il s'agissait de montage et 
de démontage de tuyaux d'injection ou de longrines, de divers travaux de 
serrurerie pour réparer le matériel de travail, ainsi que de travaux d'aide au 
chargement et au déchargement des camions et de nettoyage et 
d'entretien des conteneurs, de l'atelier et des équipements de travail. Le 
demandeur effectuait ces tâches dans un dépôt-atelier de son employeur. 
Bien qu'il s'agisse là effectivement de travaux plus légers et moins 
astreignants physiquement que l'ensemble des travaux que le demandeur 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 1er juillet 2023, 200.2022.487.LPP, page 13

effectuait avant son accident, ces activités entrent dans le cadre de l'art. 3 
al. 1 CCT RA. En effet, le recourant les a exercés dans un atelier de son 
employeur, lieu de travail mentionné expressément dans le texte clair de 
cette disposition. En outre, leur contenu fait aussi partie du travail courant 
d'un ouvrier de la construction polyvalent. En particulier, le montage et le 
démontage de tuyaux d'injection et de longrines (soit des poutres en béton 
armé reposant sur des fondations ponctuelles - plots, puits ou pieux - 
et supportant un voile de remplissage ou un mur en maçonnerie [voir 
BLIN-LACROIX/ROY, Le dictionnaire professionnel du BTP, 3e éd. 2011]), 
qui sont des outils de travail courants en maçonnerie et, plus 
particulièrement, pour la construction de fondations, spécialisation 
professionnelle du demandeur, entrent à l'évidence dans la palette des 
compétences de celui-ci. La défenderesse invoque aussi qu'il est 
assez inhabituel qu'une personne limitée physiquement suive des 
mesures de réadaptation dans une entreprise du secteur principal de la 
construction et que cela dépendait, en l'occurrence, du bon vouloir de 
l'employeur du demandeur. Or, même si tel était le cas, cela ne change 
rien au constat que le statut d'engagement du demandeur chez son 
employeur et les travaux qu'il a effectués pendant la période du 1er 
mars au 31 mai 2021 correspondent bien aux conditions de l'art. 3 al. 1 
CCT RA. On soulignera encore dans ce contexte que le demandeur ne 
s'est pas trouvé en incapacité de travail totale depuis l'accident du 27 
août 2019 pour toute activité professionnelle, quelle qu'elle soit. 
D'après le suivi du dossier de l'Office AI Berne, on constate en effet 
notamment qu'il avait repris son activité habituelle à 50% auprès de 
son employeur le 20 avril 2020 et qu'une augmentation du taux 
d'activité à 100% était prévue à partir du 1er mai 2020. Après une 
nouvelle incapacité de travail due à une exacerbation de ses douleurs 
dorsales, l'employeur du demandeur lui a ensuite confié des travaux 
adaptés à plein temps dans son atelier à partir de novembre 2020 déjà, 
avant qu'il effectue la mesure de réadaptation organisée par l'Office AI 
Berne du 1er mars au 31 mai 2021 (dos. défenderesse 4 ["Protokoll" de 
l'Office AI Berne] p. 2 et 5).

4.2.3.3 Il s'ensuit qu'il faut reconnaître que tant la fonction du demandeur 
dans l'entreprise qui l'employait pendant la période litigieuse que la nature 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 1er juillet 2023, 200.2022.487.LPP, page 14

des tâches qui lui ont été confiées pendant ce laps de temps entrent dans 
le cadre des conditions mises par la CCT RA à son application au cas 
d'espèce.

4.2.4

4.2.4.1 La défenderesse fait aussi valoir que pendant les trois mois de la 
mesure de réadaptation, du 1er mars au 31 mai 2021, l'engagement du 
demandeur auprès de son employeur n'était pas financé par un salaire 
versé par celui-ci, mais par des indemnités journalières de l'AI. D'après la 
défenderesse, ces indemnités journalières ne sont pas soumises à 
cotisations au sens de la CCT RA, dans la mesure où elles ne sont pas 
soumises à la perception de cotisations AVS et où elles sont versées 
directement à l'ayant droit. Elle en conclut que l'activité exercée par le 
demandeur du 1er mars au 31 mai 2021 ne pouvait donc pas être prise en 
compte dans la durée d'activité au sens de l'art. 14 al. 1 let. c CCT RA.

4.2.4.2 Comme on l'a vu précédemment (voir c. 2.3 ci-dessus), d'après 
l'art. 8 al. 1 et 2 CCT RA, les cotisations du travailleur et de l'employeur 
correspondent à un pourcentage respectif du salaire déterminant. L'al. 4 du 
même article prévoit qu'est considéré comme salaire déterminant, le salaire 
AVS obligatoire jusqu'au maximum LAA. L'art. 3 al. 2 CCT RA dispose pour 
sa part notamment que les travailleurs sont assujettis à la CCT RA dès le 
moment où ils sont soumis à l'AVS. Or, aux termes de l'art. 25 al. 1 de la loi 
fédérale du 19 juin 1959 sur l'assurance-invalidité (LAI, RS 831.20), sont 
payées sur les indemnités journalières les cotisations à l'assurance-
vieillesse et survivants (let. a), à l'assurance-invalidité (let. b), au régime 
des allocations pour perte de gain (let. c) et, le cas échéant, à l'assurance-
chômage (let. d). Par conséquent, contrairement à ce qu'affirme la 
défenderesse, les indemnités journalières de l'AI dont le demandeur a 
bénéficié pendant les trois mois en question sont bel et bien soumises à la 
perception de cotisations à l'AVS. En outre, l'allégation de la défenderesse, 
selon laquelle les indemnités journalières de l'AI seraient en règle générale 
versées directement par la caisse de compensation à l'ayant droit, ce qui 
aurait pour conséquence que personne ne verse des cotisations en 
application de la CCT RA sur ces indemnités journalières et qu'il n'existerait 
pas non plus de droit y afférent de sa part, tombe à faux en l'espèce. En 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 1er juillet 2023, 200.2022.487.LPP, page 15

effet, comme la défenderesse le reconnaît d'ailleurs elle-même, les 
indemnités journalières de l'AI ont été versées à l'employeur du 
demandeur. L'employeur les a de son côté prises en compte dans le salaire 
versé à son employé à raison du montant convenu dans son contrat de 
travail. Cette situation n'a rien d'insolite et est prise en considération dans 
la Circulaire de l'Office fédéral des assurances sociales [OFAS] concernant 
les indemnités journalières de l'AI (CIJ). Celle-ci précise à son ch. 1806 que 
les indemnités journalières qu'un employeur tenu de cotiser au sens de 
l'art. 12 al. 2 de la loi du 20 décembre 1946 sur l'assurance-vieillesse et 
survivants (LAVS, RS 831.10) verse à l'assuré ou qu'il compense avec le 
salaire sont considérées comme un élément du salaire déterminant au 
sens de l'AVS. L'employeur doit inclure les indemnités dans son décompte 
pour la caisse de compensation selon le mode habituel. Il n'a pas à faire de 
différence entre la part du salaire pris en charge par l'AI et celle qu'il 
assume lui-même. L'inscription ultérieure dans le compte individuel de 
cotisations est ainsi automatiquement garantie.

4.2.4.3 Cela étant, force est de retenir que les indemnités journalières 
versées par l'AI à l'employeur du demandeur, qui étaient intégrées au 
salaire versé du 1er mars au 31 mai 2021, étaient un élément du salaire 
déterminant au sens de l'AVS et, partant, au sens de l'art. 8 al. 4 CCT RA. 
Ce n'est dès lors nullement à tort que des cotisations d'après la CCT RA 
ont également été prélevées sur ces indemnités.

4.3 En conséquence, en vertu d'une application littérale du texte sans 
équivoque des dispositions déterminantes de la CCT RA, il faut conclure 
qu'au cours de la période du 1er mars au 31 mai 2021, au cours de laquelle 
le demandeur a bénéficié d'indemnités journalières de l'AI au titre d'une 
mesure de réadaptation effectuée au sein de l'entreprise qui l'employait 
depuis 2004, celui-ci a bien exercé une activité soumise à l'obligation de 
cotiser, au sens de l'art. 14 al. 1 let. c CCT RA. Au vu du dossier, il 
n'apparaît en outre pas que le demandeur - qui a atteint l'âge de 60 ans en 
date du 11 septembre 2021 - ne remplisse pas les autres conditions 
requises par la CCT RA. Il convient dès lors de reconnaître son droit à une 
rente transitoire au sens de l'art. 14 CCT RA à partir du 1er octobre 2021. 
Sur le vu de ce qui précède, il peut être renoncé à requérir l'édition des 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 1er juillet 2023, 200.2022.487.LPP, page 16

dossiers de l'assurance-accidents et de l'assurance-invalidité du 
demandeur, tel que celui-ci l'a requise. 

4.4 Cela étant, on relèvera enfin que les moyens relativement limités 
dont dispose la défenderesse, en fonction des cotisations qu'elle perçoit 
pour la couverture de ses prestations, ne peuvent l'affranchir des 
obligations résultant de la CCT RA. Il en va de même de son taux de 
couverture de 85.7% à la fin de l'année 2021, qu'elle fait aussi valoir. En 
outre, comme on l'a vu précédemment, il ressort du dossier que le 
demandeur dispose d'une pleine capacité de travail dans une activité 
adaptée. Il ne peut donc pas prétendre à des prestations d'une autre 
assurance sociale depuis qu'il a atteint l'âge de 60 ans, le 11 septembre 
2021. Dans cette mesure, le principe de subsidiarité des prestations de la 
défenderesse, qu'elle invoque, ne saurait non plus influer sur l'issue de la 
présente procédure.

5.

5.1 Concernant le montant de la rente transitoire, le demandeur conclut 
à l'octroi d'une rente mensuelle de Fr. 4'202.40. Pour ce faire, il se fonde 
sur le salaire mensuel brut de Fr. 5'696.- qu'il a réalisé au cours de l'année 
civile 2021. A l'appui de sa conclusion, il produit ses décomptes de salaire 
des mois de mars à mai 2021 (dos. demandeur 12).

5.2 D'après l'art. 16 al. 1 CCT RA, la rente transitoire complète consiste 
en un montant forfaitaire d'au moins Fr. 6'000.- par an (let. a) et 65% du 
salaire moyen annuel convenu par contrat, sans allocations, indemnités 
pour heures de travail supplémentaires, etc. (salaire de base pour la rente; 
let. b). L'art. 16 al. 2 CCT RA précise que la rente transitoire ne peut 
cependant être supérieure aux limites de 80% du salaire de base 
déterminant pour la rente (let. a) et de 2,4 fois la rente AVS maximale 
(let. b).

5.3 Sur cette base, en prenant 65% du salaire mensuel brut du 
demandeur de Fr. 5'696.- tel qu'indiqué sur les décomptes de salaires 
produits, on obtient une somme de Fr. 3'702.40, à laquelle il convient 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 1er juillet 2023, 200.2022.487.LPP, page 17

encore d'ajouter 1/12 du montant forfaitaire annuel de Fr. 6'000.- 
mentionné à l'art. 16 al. 1 let. a CCT RA, soit Fr. 500.-. On parvient ainsi 
bien à un résultat de Fr. 4'202.40. Conformément à l'art. 16 al. 2 CCT RA, 
cette somme est par ailleurs inférieure aux 80% du salaire mensuel de 
base du demandeur de Fr. 5'696.- et du montant de 2,4 fois la rente AVS 
maximale, celle-ci étant de Fr. 2'390.- du 1er janvier 2021 au 31 décembre 
2022 et de Fr. 2'450.- à partir du 1er janvier 2023 (voir sur ce point le site 
internet www.ahv-iv.ch).

5.4 Le demandeur conclut encore au versement par la défenderesse 
d'un intérêt moratoire de 5% l'an sur les montants mensuels de rente dus à 
partir du 1er octobre 2021, et ce, à compter du lendemain de chaque 
échéance mensuelle.

5.4.1 En matière de prévoyance professionnelle, il est admis qu'à défaut 
de dispositions statutaires ou réglementaires particulières, des intérêts 
moratoires sont dûs par le débiteur en demeure, au sens des art. 104 s. 
CO (ATF 145 V 18 c. 4.2). Dans ce contexte, en application de l'art. 105 al. 
1 CO, l'intérêt moratoire n'est toutefois dû qu'à partir du jour de la poursuite 
ou de la demande en justice faite par la personne assurée (ATF 119 V 131 
c. 4; VGE BV/2022/293 du 23 mars 2023 c. 5.6.1), et non pas dès 
l'échéance de chaque prestation périodique, comme le voudrait le 
demandeur. A cet égard, le jour déterminant en l'occurrence est la remise à 
la poste suisse du courrier contenant la demande, à savoir le 25 août 2022. 
En effet, la juridiction administrative primaire, prévue par l'art. 73 LPP, est 
régie sur ce point, non pas par le Code de procédure civile du 19 décembre 
2008 (CPC, RS 272), mais par le droit cantonal bernois, qui se base sur le 
principe d'expédition, et pas sur le principe de la réception de l'acte en 
cause (VGE BV/2020/648 du 15 mars 2021 c. 4.2; voir RUTH HERZOG, in: 
Herzog/Daum [éd.], Kommentar zum Gesetz über die 
Verwaltungsrechtspflege im Kanton Bern, 2e éd. 2020, art. 90 n. 5 en 
relation avec RETO FELLER, in: Herzog/Daum [éd.], op. cit., art. 16 n. 3).

5.4.2 En ce qui concerne le taux de l'intérêt moratoire, l'intérêt à servir en 
première ligne est celui qui découle du règlement de l'institution de 
prévoyance; à défaut, l'art. 104 al. 1 CO est applicable, qui prescrit un taux 
d'intérêt moratoire de 5% l'an (ATF 119 V 131 c. 4a; VGE BV/2022/293 du 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 1er juillet 2023, 200.2022.487.LPP, page 18

23 mars 2023 c. 5.6.1, BV/2020/648 du 15 mars 2021 c. 4.2; JTA 
LPP/2009/6390 du 1er avril 2009 c. 4.2.1). En l'occurrence, ni la CCT RA, ni 
le règlement RA ne prévoient de dispositions particulières concernant 
l'intérêt moratoire des prestations. Dès lors, il convient de retenir un taux 
d'intérêt moratoire de 5% l'an, selon l'art. 104 al. 1 CO, à verser par la 
défenderesse à partir du 25 août 2022 sur les montants de rente transitoire 
dus.

6.

6.1 Il résulte de ce qui précède que le droit du demandeur à une rente 
transitoire au sens de l'art. 14 al. 1 CCT RA d'un montant mensuel de 
Fr. 4'202.40 à partir du 1er octobre 2021, assortie d'un intérêt moratoire de 
5% l'an à partir du 25 août 2022, doit être admis sur son principe. 
Néanmoins, le demandeur précise qu'afin de se procurer une source de 
revenu dans l'intervalle, il a été contraint de poursuivre son activité auprès 
du même employeur, dans le cadre du même emploi, postérieurement au 
1er octobre 2021, et qu'il a continué de verser des cotisations selon la CCT 
RA sur ce revenu. Il a produit ses décomptes de salaire des mois d'avril à 
septembre 2022 (dos. demandeur 16).

6.2 D'après l'art. 14 al. 1 let. d CCT, le travailleur peut faire valoir son 
droit à une rente transitoire notamment s'il renonce définitivement à toute 
activité lucrative, sous réserve de l'art. 15. L'art. 15 al. 1 CCT RA dispose 
que pendant le versement d'une rente transitoire, il est permis d'exercer 
une activité assujettie à la CCT RA dans une entreprise soumise à la 
CCT RA avec un revenu annuel inférieur au seuil d'entrée fixé par l'art. 7 al. 
1 LPP majoré de 30%, sans perte de la prestation de la retraite anticipée. 
La moitié du revenu entre le seuil d'entrée selon la LPP et cette limite 
supérieure est imputée sur la rente transitoire et peut être compensée avec 
les rentes transitoires en cours. L'exercice d'une autre activité 
indépendante ou dépendante demeure autorisé si le revenu est inférieur de 
moitié au seuil d'entrée selon l'art. 7 al. 1 LPP. Concrétisant ces 
prescriptions, l'art. 24 al. 2a du règlement RA prévoit notamment que si le 
bénéficiaire d'une rente transitoire réalise un revenu dépassant le gain 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 1er juillet 2023, 200.2022.487.LPP, page 19

autorisé [...], il doit rembourser les prestations de rente à hauteur des 
montants suivants: en cas de premier dépassement: remboursement 
équivalent au gain excédentaire (différence entre le gain autorisé et le gain 
effectivement réalisé); en cas de deuxième dépassement: remboursement 
équivalent au gain excédentaire plus suppression de la moitié d'une rente 
mensuelle RA; dès le troisième dépassement: remboursement équivalent 
au gain excédentaire plus suppression d'une rente mensuelle RA; dès le 
deuxième dépassement, le Conseil de fondation peut déroger dans des cas 
particuliers aux montants à rembourser précités.

6.3 Se référant aux dispositions conventionnelles et réglementaire 
précitées, la défenderesse fait valoir qu'en cas d'admission du droit du 
demandeur à une rente transitoire, le gain excédentaire réalisé par celui-ci 
devrait être imputé sur la rente, si l'activité exercée après le début de son 
droit à la rente dépassait le cadre des activités permises. Ce point de vue 
doit être confirmé. En effet, le demandeur ayant poursuivi son activité 
lucrative auprès de son employeur après le 1er octobre 2021 aux mêmes 
conditions salariales, son revenu du travail est supérieur à celui d'une 
activité autorisée au sens de l'art. 15 al. 1 CCT RA précité. Il s'ensuit que le 
montant concret des prestations de rente transitoire arriérées dues par la 
défenderesse pour la période à partir du 1er octobre 2021 jusqu'à leur 
versement effectif par celle-ci, compte tenu d'un intérêt moratoire de 5% 
l'an à partir du 25 août 2022 sur les arriérés de rente, devra encore être 
établi. Pour ce faire, il y a lieu de tenir compte des salaires réalisés par le 
demandeur lors de la poursuite de son activité lucrative au-delà du 1er 
octobre 2021 et de la date concrète à laquelle il mettra fin à celle-ci, au vu 
de la reconnaissance de son droit à une rente anticipée. Ces éléments 
n'étant pas complètement déterminables en l'état, il se justifie d'ordonner à 
la défenderesse de les établir, de fixer le montant des prestations arriérées 
dues au demandeur et de procéder à leur versement, compte tenu de 
l'obligation de remboursement, le cas échéant par compensation, qui 
découle de l'art. 24 al. 2a du règlement RA (ATF 129 V 450 c. 3.4).

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 1er juillet 2023, 200.2022.487.LPP, page 20

7.

7.1 En conséquence, l'action de droit administratif est partiellement 
admise et la défenderesse condamnée à verser au demandeur une rente 
transitoire, au sens de l'art. 14 CCT RA, d'un montant mensuel de 
Fr. 4'202.40 à partir du 1er octobre 2021, assortie d'un intérêt moratoire de 
5% l'an à partir du 25 août 2022. Elle est rejetée pour le surplus. La 
défenderesse fixera le montant des arriérés dus au demandeur, au sens 
des considérants qui précèdent.

7.2 Il n'y a pas lieu de percevoir de frais de procédure 
(art. 73 al. 2 LPP).

7.3 Vu l'issue de la procédure, le demandeur, représenté par un avocat, 
a droit au remboursement de la majeure partie de ses dépens par la 
défenderesse, dans la mesure où seul le point de départ des intérêts 
moratoires dus sur les arriérés de la rente diffère de celui retenu dans ses 
conclusions (art. 104 al. 1 en corrélation avec l'art. 109 al. 1 LPJA). D'après 
l'art. 41 al. 1 et 4 de la loi cantonale du 28 mars 2006 sur les avocats 
(LA, RSB 168.11), dans les procédures d'action et de recours relevant du 
droit des assurances sociales, le montant du remboursement des dépens 
est déterminé en fonction de l'importance et de la complexité du litige, sans 
tenir compte de la valeur litigieuse. La note d'honoraires du 17 février 2023 
du mandataire du demandeur indique un montant d'honoraires, débours 
compris, de Fr. 5'378.- et de TVA de Fr. 414.-. Sur cette base, en 
application de l'art. 13 de l'ordonnance cantonale du 17 mai 2006 sur le 
tarif applicable au remboursement des dépens (ORD, RSB 168.611), 
compte tenu de l'activité du mandataire nécessaire pour la seule procédure 
d'action, du gain de cause en majeure partie et en comparaison avec des 
cas similaires, la défenderesse est condamnée à verser au demandeur un 
montant de Fr. 5'385.- (honoraires [débours compris]: Fr. 5'000.- et TVA 
[7,7% de Fr. 5'000.-)]: Fr. 385.-) à titre de remboursement d'une grande 
partie de ses dépens. Malgré son gain de cause très partiel, la 
défenderesse n'a, en tant qu'institution d'assurance sociale, pas droit à des 
dépens (ATF 126 V 143 c. 4b).

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 1er juillet 2023, 200.2022.487.LPP, page 21

Par ces motifs:

1. L'action de droit administratif est partiellement admise. La défenderesse 
est condamnée à verser au demandeur une rente transitoire mensuelle 
de Fr. 4'202.40 à partir du 1er octobre 2021, assortie d'un intérêt 
moratoire de 5% l'an à partir du 25 août 2022. Elle fixera le montant des 
arriérés dus au demandeur, au sens des considérants qui précèdent. 
Pour le surplus, l'action est rejetée.

2. Il n'est pas perçu de frais de procédure.

3. La défenderesse est condamnée à verser au demandeur un montant de 
Fr. 5'385.- (honoraires [débours compris]: Fr. 5'000.- et TVA [7,7% de 
Fr. 5'000.-]: Fr. 385.-) à titre de remboursement d'une partie de ses 
dépens.

4. La défenderesse n'a pas droit à des dépens.

5. Le présent jugement est notifié (R):
- au mandataire du demandeur,
- à la défenderesse,
- à l'Office fédéral des assurances sociales,
et communiqué pour information (B):
- à l’ C.________.

Le président: Le greffier:
e.r.: Q. Kurth

Voie de recours
Dans les 30 jours dès la notification de ses considérants, le présent jugement peut 
faire l'objet d'un recours en matière de droit public auprès du Tribunal fédéral, 
Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne, au sens des art. 39 ss, 82 ss et 90 ss de la loi 
fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF, RS 173.110).