# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** d4d2a375-f213-5abf-a37c-f5566b8cb892
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2016-09-23
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 23.09.2016 B-1692/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_B-1692-2016_2016-09-23.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour II 

B-1692/2016 

 

 
 

  A r r ê t  d u  2 3  s e p t e m b r e  2 0 1 6  

Composition 
 Pascal Richard (président du collège),  

Ronald Flury, Pietro Angeli-Busi, juges, 

Alban Matthey, greffier. 
 

 
 

Parties 
 X._______,  

représenté par Me Michel Zen Ruffinen, avocat,  

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat à la formation,  

à la recherche et à l'innovation SEFRI,  

Einsteinstrasse 2, 3003 Berne,    

autorité inférieure, 

 

Institut Suisse de Police (ISP),  

Commission d'examen,  

Avenue du Vignoble 3,  

Case postale 146, 2009 Neuchâtel 9,    

première instance.  

 
 

 
 

Objet 
 Examen professionnel de policier. 

 

B-1692/2016 

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Faits : 

A.  

X._______ (ci-après : le recourant) s'est présenté à l'examen professionnel 

de policier lors de la session de (…) 2015. Par décision du 20 février 2015, 

la Commission d'examen (ci-après : la première instance) lui a notifié son 

échec en raison de la note de 3.9 obtenue pour la branche « Intervention 

policière » ; elle a précisé que le brevet fédéral de policier ne lui était pas 

délivré. 

B.  

B.a Le 16 avril 2015, le recourant a formé recours contre cette décision 

auprès du Secrétariat d'Etat à la formation, à la recherche et à l'innovation 

SEFRI (ci-après : l'autorité inférieure). Il a fait valoir que le lieutenant 

Y._______, directeur technique de l’examen, aurait dû se récuser, 

précisant que sa présence lors des épreuves l’a fortement déstabilisé et 

permet de douter que celles-ci aient été appréciées avec la neutralité et 

l’impartialité nécessaires. Il se prévaut notamment d’avoir reçu, par sms, 

de cette personne des propositions - qu’il a dû refuser – de fin septembre 

à début octobre 2014. Il se plaint également de n’avoir connu son binôme 

qu’une semaine avant les examens, de la différence injustifiable de 

notation entre les épreuves orales et écrites, ainsi que de la 

comptabilisation non conforme au règlement des notes de branche. 

B.b Dans ses écritures du 19 août 2015, l'autorité de première instance a 

confirmé sa décision et contesté tous les griefs formulés par le recourant. 

S’agissant en particulier de la demande de récusation du directeur 

technique de l’examen, elle a produit une prise de position de l’académie 

de police de Z._______ (ci-après : l’académie) affirmant que les examens 

s’étaient déroulés de manière identique pour tous les candidats et que le 

lieutenant Y._______ avait agi de manière parfaitement correcte. De 

même, l’académie a relevé que celui-ci et le recourant se connaissaient 

depuis plus de 12 ans et avaient développé une relation d’amitié sans 

ambiguïté, le premier ayant intégré en 2002 puis fréquenté, à raison de 

deux fois par semaine, le club sportif dans lequel le second enseignait en 

qualité de moniteur. Elle a ajouté que les messages reçus avaient été 

envoyés par erreur et suivis d’excuses ; lesdits messages auraient été 

destinés à une personne portant le même prénom que le recourant. Elle a 

également indiqué que, malgré les messages reçus, le recourant avait 

continué de solliciter l’assistance et le soutien du lieutenant Y._______. 

Enfin, elle a relevé que le directeur technique de l’examen n’était pas 

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soumis à l’obligation de récusation, seuls les l’experts l’étant, et que la 

demande formulée en ce sens par le recourant était tardive. 

B.c Le recourant a maintenu ses conclusions et griefs dans sa réplique du 

21 septembre 2015, précisant notamment que le directeur technique jouait 

un rôle prépondérant dans le déroulement des examens. 

B.d Le 19 octobre 2015, la première instance a confirmé sa décision de ne 

pas délivrer le brevet fédéral de policier.  

B.e Par décision du 15 février 2016, l'autorité inférieure a rejeté le recours. 

Elle a notamment jugé, concernant la récusation du directeur technique de 

l’examen, que la relation entretenue avec le recourant n’avait jamais fait 

l’objet de la moindre ambiguïté, qu’aucun lien d’ordre personnel n’avait 

perturbé le bon déroulement des examens et que rien ne permettait de 

déduire que la présence du Lieutenant Y._______ aurait été inadmissible. 

Elle a en outre estimé qu’aucun élément du dossier ne laissait à penser 

que celui-ci aurait eu une influence sur l’appréciation des examens 

pratiques, les notes étant attribuées par les experts. 

C.  

Par acte du 17 mars 2016, le recourant exerce un recours contre cette 

décision auprès du Tribunal administratif fédéral concluant à son 

annulation. A l'appui de ses conclusions, il se plaint de constatations 

inexactes des faits en tant que l’autorité inférieure a considéré que sa 

relation avec le directeur technique de l’examen n’avait jamais fait l’objet 

de la moindre ambiguïté. Il conteste notamment que les messages reçus 

auraient été destinés à une autre personne. Il fait en outre valoir que, suite 

à cet incident, le directeur technique a été en charge des examens 

pratiques oraux. Il en déduit que les résultats qu’il y a obtenus sont sujets 

à caution. Par ailleurs, il invoque que ses notes des thèmes pratiques «  vol 

par effraction » et « violence domestique » ont injustement été abaissées 

à 3.5 et qu’en retenant les résultats effectifs de 3.6 et 3.65, il aurait obtenu 

une note de branche de 4. 

D.  

D.a Par courrier remis à la poste le 20 avril 2016, l’académie a requis du 

Tribunal administratif fédéral qu’il lui reconnaisse la qualité de tiers 

intéressé dans la procédure de recours. 

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D.b Le recourant s’est opposé à cette requête, par écritures du 25 avril 

2016, alors que la première instance et l’instance inférieure ont accueilli 

favorablement cette demande par courriers respectifs, remis à la poste le 

2 mai 2016. 

D.c Par décision incidente du 4 mai 2016, le Tribunal administratif fédéral 

a rejeté cette requête pour le motif que la première instance était 

responsable du déroulement de l’examen quand bien même elle en avait 

délégué l’organisation à l’académie et qu’elle seule devait dès lors se 

déterminer sur les griefs du recours. 

D.d Le 24 mai 2016, l’académie a requis une reconsidération de cette 

décision faisant valoir que la première instance n’entendait pas se 

déterminer sur les griefs formulés à l’encontre du directeur technique. 

D.e Par décision incidente du 25 mai 2016, le Tribunal administratif fédéral 

a rejeté cette demande. 

E.  

E.a Dans ses observations du 14 avril 2016, la Commission d'examen a 

indiqué maintenir sa décision de ne pas délivrer le brevet fédéral de policier 

au recourant. 

E.b Invitée à se déterminer sur le recours, l'autorité inférieure a conclu à 

son rejet par courrier du 4 mai 2016. Elle constate tout d’abord que le 

recourant invoque, devant le tribunal, des messages dont elle n’a pas eu 

connaissance. Se référant aux pièces dont elle disposait, elle maintient que 

la relation entre le recourant et le directeur technique ne faisait l’objet 

d’aucune ambiguïté. De même, elle indique qu’il appartient au recourant 

de prouver que le directeur technique aurait eu un comportement 

inadéquat et non à celui-ci de se disculper. Pour le surplus, elle renvoie à 

la décision attaquée. 

F.  

Le 6 juillet 2016, le recourant a fait part d’ultimes remarques, indiquant 

notamment que l’autorité inférieure était en possession de huit messages 

échangés entre le 29 septembre et le 3 octobre 2014 pour statuer. 

Les arguments avancés de part et d'autre au cours de la présente 

procédure seront repris plus loin dans la mesure où cela s'avère 

nécessaire.  

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Page 5 

Droit : 

1.  

 

1.1 Le Tribunal administratif fédéral est compétent pour statuer sur le 

présent recours (art. 31, 32 et 33 let. d de la loi du 17 juin 2005 sur le 

Tribunal administratif fédéral [LTAF, RS 173.32], art. 5 al. 2 de la loi fédérale 

sur la procédure administrative du 20 décembre 1968 [PA ; RS 172.021]). 

1.2 La qualité pour recourir doit être reconnue au recourant (art. 48 al. 1 

PA). Les dispositions relatives à la représentation, au délai de recours, à la 

forme et au contenu du mémoire, ainsi qu'à l'avance de frais (art. 11 al. 1, 

50 al. 1, 52 al. 1, 63 al. 4 PA) sont en outre respectées. 

Le recours est ainsi recevable. 

2.  

Le recourant se plaint tout d’abord du comportement du directeur technique 

de l’examen à son égard et fait valoir que, dans ces circonstances, les 

résultats obtenus lors des examens sont sujets à caution. Il requiert ainsi, 

implicitement à tout le moins, la récusation de celui-ci. 

2.1  

2.1.1 Un vice de procédure ne constitue un motif de recours au sens de 

l’art. 49 let. a PA justifiant l’admission du recours et l’annulation ou la 

réforme de la décision attaquée que s’il existe des indices que ce vice ait 

pu exercer une influence défavorable sur les résultats de l’examen. Un vice 

purement objectif ne saurait, faute d’intérêt digne de protection de celui qui 

s’en prévaut, constituer un motif de recours, sauf s’il s’avère 

particulièrement grave (cf. arrêts du TAF B-3542/2010 du 14 octobre 2010 

consid. 5 et B-6500/2008 du 19 mars 2009 consid. 5.1.1). Une décision 

prise au mépris des règles de récusation est toutefois attaquable et 

annulable, indépendamment du point de savoir s'il existe un intérêt matériel 

à son annulation. Aussi, celui qui fait grief que la décision viole les 

dispositions relatives à la récusation ne doit pas prouver que dite décision 

eût été différente sans la collaboration de la personne prévenue. En 

revanche, il doit alléguer et rendre vraisemblable les circonstances qui 

fondent un motif de récusation (cf. arrêt du TAF A-6210/2011 du 

5 septembre 2012 consid. 4.2.2 ; décision incidente du B-804/2014 du 

16 avril 2014 consid. 5.2 et réf. cit.). En matière d’examen, l’admission d’un 

vice de nature formelle ne peut mener qu’à autoriser le recourant à 

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repasser l’épreuve en question (cf. arrêts du TAF B-3542/2010 précité 

consid. 5 et B-6500/2008 précité consid. 5.1.1).  

2.1.2 Le principe de la bonne foi et l'interdiction de l'arbitraire (art. 9 Cst.) 

s'opposent à ce que des griefs d'ordre formel qui auraient pu être soulevés 

à un stade antérieur soient invoqués plus tard, une fois une issue 

défavorable connue (cf. ATF 135 III 334 consid. 2.2, 134 I 20 consid. 4.3.1, 

132 II 485 consid. 4.3, 130 III 66 consid. 4.3 ; arrêt du TF 5A_641/2011 du 

23 février 2012 consid. 4.1.2). Aussi, il appartient au candidat de soulever 

immédiatement, dans la mesure du possible, tout motif qu'il pourrait faire 

valoir au sujet de la manière dont les examens se sont déroulés, sous 

peine de péremption (cf. arrêts du TAF B-6075/2012 du 6 juin 2013 consid. 

4.1.2 et B-1465/2010 du 19 janvier 2011 consid. 6.3 ; arrêt du TF 

2P.14/2002 du 10 juillet 2002 consid. 3.2 ; ATF 124 I 121/JdT 1999 I 159 

consid. 2). 

2.2 L'art. 10 PA traitant de la récusation s'applique à la procédure relative 

aux examens professionnels, aux examens de maîtrise et aux autres 

examens de capacité (art. 2 al. 2 PA). Il s'ensuit qu'un règlement d'examen 

peut régler plus en détail la procédure de récusation pour autant qu'il ne 

déroge pas à l'art. 10 PA (art. 4 PA) ; ainsi, même si les motifs énumérés à 

l’art. 10 PA ne figurent pas dans le règlement d’examen, ils sont néanmoins 

applicables (cf. arrêt du TAF B-2333/2012 du 23 mai 2013 consid. 4). 

2.2.1 Le règlement concernant l’examen professionnel de Policier/Policière 

du 18 juin 2012 (ci-après : le règlement d’examen) prévoit que les experts 

se récusent s’ils sont proches parents de la candidate ou du candidat de 

même que s’ils sont ou ont été ses supérieurs hiérarchiques ou ses 

collaboratrices ou collaborateurs. Les deux expertes et experts ne doivent 

pas appartenir au même corps de police et au moins l’une ou l’autre d’entre 

eux ne doit pas être formateur/formatrice du cours préparatoire aux 

examens (art.4.44). Il est également prévu que les instructeurs des cours 

préparatoires, les proches parents ainsi que les supérieurs, collaboratrices 

et collaborateurs actuels ou anciens de la candidate / du candidat se 

récusent lors de la séance de la Commission régionale ainsi que de la 

Commission d’examen (art. 4.53). 

2.2.2 Selon l'art. 10 al. 1 let. a PA, les personnes appelées à rendre ou à 

préparer la décision doivent se récuser si elles ont un intérêt personnel 

dans l'affaire. L'intérêt peut être tant matériel qu'idéal et influencer aussi 

bien la situation juridique que factuelle. Il faut toutefois qu'il soit de nature 

à mettre en cause l'indépendance de la personne concernée (arrêt du TF 

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4A_162/2010 du 22 juin 2010 consid. 2.2 et les réf. cit.). L'art. 10 al. 1 let. d 

PA, conçu comme une clause générale (« Auffangtatbestand »), prévoit, 

quant à lui, que les personnes appelées à rendre ou à préparer la décision 

doivent se récuser si, pour d'autres raisons que celles énumérées aux let. a 

à c, elles pourraient avoir une opinion préconçue dans l'affaire. Ces 

« autres raisons » sont à déterminer selon les circonstances concrètes du 

cas d'espèce (cf. décision incidente du TAF B-4852/2012 du 15 novembre 

2012 consid. 5.3.2). La récusation ne s'impose pas seulement lorsqu'une 

prévention effective est établie car une disposition interne de la part de la 

personne concernée ne peut guère être prouvée ; il suffit que les 

circonstances donnent l'apparence d'une prévention dans une affaire et 

fassent redouter une activité partiale. Il peut s'agir soit d'un comportement 

subjectif de la personne, soit de certains faits objectifs de fonctionnement 

ou d'organisation (cf. ATF 138 IV 142 consid. 2.1). Cependant, seules des 

circonstances constatées objectivement doivent être prises en 

considération ; les impressions purement individuelles d'une partie ne sont 

pas décisives (cf. ATF 134 I 20 consid. 4.2 ; ATAF 2007/5 consid. 2.3 et réf. 

cit.). La récusation sera admise dès qu'il existe une apparence objective 

de prévention, peu importe que le membre de l'autorité concerné se sente 

lui-même apte à se prononcer en toute impartialité (cf. arrêt du TF 

5A_643/2010 du 11 janvier 2011 consid. 3.1).  

2.3 De pratique constante, le devoir de récusation ne s'impose pas qu'à 

celui qui est appelé à rendre ou à préparer la décision. Dite obligation vaut 

également pour toutes les personnes qui sont susceptibles d'avoir une 

influence sur l'adoption de l'acte administratif, à savoir également les 

personnes en charge du dossier et les rédacteurs des procès-verbaux avec 

voix consultative (cf. ATF 119 V 456 consid. 5a ; décisions incidentes du 

TAF B-4852/2012 précitée consid. 5.4 et B-804/2014 précité consid. 5.4). 

En l’espèce, selon le règlement d’examen, le directeur technique est 

membre de la Commission régionale (art. 2.41 let. c) qui choisit les experts, 

organise et surveille les examens, ainsi que seconde la Commission 

d’examen avant, pendant et après les épreuves (art. 2.5 let. c à e). Selon 

l’art. 4.51 du règlement d’examen, les Commissions régionales délibèrent 

des résultats de l’examen lors d’une séance qui se tient au terme des 

épreuves ; elles font la demande à la Commission d’examen d’attribuer ou 

de refuser le brevet fédéral. 

Il suit de ce qui précède, que en raison de sa qualité de membre de la 

Commission régionale, le directeur technique est susceptible d’avoir une 

influence sur la décision d’attribuer ou non le brevet fédéral au recourant. 

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L’art. 4.53 du règlement d’examen prévoit d’ailleurs expressément une 

obligation de récusation pour les membres de la Commission régionale. 

2.4 En l’occurrence, il ressort du dossier et n’est pas contesté (cf. recours, 

p. 3 et 10, ainsi que prise de position de l’académie du 3 août 2015, p. 4 et 

5) que le recourant et le lieutenant Y._______ se connaissent depuis plus 

de 12 ans et ont développé une relation d’amitié, le premier ayant intégré 

en 2002 puis fréquenté, à raison de deux fois par semaine, le club sportif 

dans lequel le second enseigne en qualité de moniteur. De même, le 

lieutenant Y._______ a assisté et soutenu le recourant dans sa préparation 

aux examens en cause. Ces circonstances sont, à elles seules, propres à 

révéler une apparence de prévention et à faire douter de l'impartialité du 

directeur technique lors de l’évaluation des épreuves du recourant. En 

effet, les liens étroits noués entre les deux personnes durant de 

nombreuses années ainsi que le soutien apporté par l’un à la préparation 

des épreuves de l’autre créent une apparence objective de prévention au 

point qu'une récusation s'imposait en application de l'art. 10 al. 1 PA. Dans 

ces circonstances, il importe peu de déterminer qui était le véritable 

destinataire des messages reçus par le recourant et les conséquences de 

ceux-ci quant à l’impartialité du directeur technique. 

2.5 Le recourant ne fait pas valoir, en l'espèce, qu'il ignorait que le 

lieutenant Y._______ serait le directeur technique de ses examens, au 

contraire. Il aurait dès lors pu requérir sa récusation avant que ne débutent 

les épreuves. L'apparence de prévention était toutefois si évidente en 

l'occurrence que le directeur technique aurait dû se récuser spontanément; 

ce vice doit être apprécié avec plus de rigueur qu'une éventuelle tardiveté 

de la demande de récusation (ATF 134 I 20 consid. 4.3.2). 

2.6 Compte tenu de l’admission de ce grief de nature formelle, point n’est 

besoin d’examiner plus avant les autres éléments invoqués par le 

recourant.  

En définitive, le présent recours doit être admis et la décision attaquée ainsi 

que la décision de la première instance doivent être annulées, le recourant 

étant autorisé à repasser l'examen professionnel de policier.  

3.  

Les frais de procédure, comprenant l'émolument judiciaire et les débours, 

sont mis à la charge de la partie qui succombe (art. 63 al. 1, 1ère phrase PA 

et art. 1 al. 1 du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens 

et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, 

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RS 173.320.2]). Aucun frais de procédure n'est mis à la charge des 

autorités inférieures ni des autorités fédérales recourantes et déboutées 

(art. 63 al. 2 PA). L'émolument judiciaire est calculé en fonction de la valeur 

litigieuse, de l'ampleur et de la difficulté de la cause, de la façon de 

procéder des parties et de leur situation financière (art. 2 al. 1 et 4 FITAF).  

Vu l'issue de la procédure, il n'y a pas lieu de percevoir de frais de 

procédure. L'avance de frais de 1'500 francs versée, le 31 mars 2016, par 

le recourant doit lui être restituée. 

4.  

L'autorité de recours peut allouer, d'office ou sur requête, à la partie ayant 

entièrement gain de cause une indemnité pour les frais indispensables et 

relativement élevés qui lui ont été occasionnés (art. 64 al. 1 PA en relation 

avec l'art. 7 al. 1 FITAF). Les dépens comprennent les frais de 

représentation et les éventuels autres frais nécessaires de la partie 

(art. 8 FITAF). Les frais de représentation comprennent notamment les 

honoraires d'avocat (art. 9 al. 1 let. a FITAF), lesquels sont calculés en 

fonction du temps nécessaire à la défense de la partie représentée (art. 10 

al. 1 FITAF) ; le tarif horaire des avocats est de 200 francs au moins et de 

400 francs au plus (art. 10 al. 2 FITAF). Les parties qui ont droit aux dépens 

doivent faire parvenir au tribunal, avant le prononcé de la décision, un 

décompte de leurs prestations ; à défaut, le tribunal fixe l'indemnité sur la 

base du dossier (art. 14 FITAF). 

En l’occurrence, le recourant a droit à des dépens, dès lors qu'il obtient 

gain de cause et est représenté par un avocat, dûment légitimé par 

procuration. L’intervention de celui-ci a impliqué le dépôt d’un recours de 

12 pages et d’une réplique de 3 pages pour la présente procédure et celui 

de trois écritures de même grandeur devant l’instance inférieure. Compte 

tenu de l’ampleur et de la complexité de l’affaire, il se justifie - au regard du 

barème précité et en l'absence de note de frais et d'honoraires - d’allouer 

au recourant une indemnité équitable de dépens d'un montant de 3'000 

francs (TVA comprise) pour les deux instances de recours ; elle est mise à 

la charge de la première instance (art. 64 al. 2 PA). 

5.  

Les décisions relatives au résultat d'examens n'étant pas susceptibles de 

recours en matière de droit public au Tribunal fédéral (art. 83 let. t de la loi 

fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF; RS 173.110]), le 

présent arrêt est définitif. 

 

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Page 10 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est admis et la décision rendue le 15 février 2016 par le 

Secrétariat d'Etat à la formation, à la recherche et à l'innovation, comme 

celle du 20 février 2015 de la Commission d'examen sont annulées. 

2.  

Il n'est pas perçu de frais de procédure. L'avance de frais de 1'500 francs 

versée par le recourant lui est restituée. 

3.  

Une indemnité de 3'000 francs (TVA comprise) est allouée au recourant à 

titre de dépens pour les deux instances de recours et mise à la charge de 

la première instance. 

4.  

Le présent arrêt est adressé : 

– au recourant (recommandé ; annexes : formulaire "adresse de 

paiement", annexes en retour) 

– à l'autorité inférieure (n° de réf. […] ; recommandé ; annexe : dossier 

en retour) 

– à la première instance (recommandé ; annexe : annexe en retour) 

 

 

Le président du collège : Le greffier : 

  

Pascal Richard Alban Matthey 

 

 

Expédition : 10 octobre 2016