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**Case Identifier:** 8cb1f21f-85ed-5d90-8e9d-18fa0d63cac4
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-10-05
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 05.10.2023 C/20227/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-20227-2020_2023-10-05.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 5.10.2023.  

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/20227/2020 ACJC/1315/2023 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU JEUDI 5 OCTOBRE 2023 

 

Entre 

Monsieur A______, domicilié ______, appelant d'un jugement rendu par la 

2ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 18 août 2023 et intimé, 

représenté par Me Anne REISER, avocate, rue de Saint-Léger 2, 1205 Genève. 

et 

Madame B______, domiciliée ______, intimée et appelante, représentée par  

Me Caroline FERRERO MENUT, avocate, ETUDE CANONICA & ASSOCIES, rue 

François-Bellot 2, 1206 Genève. 

 

- 2/5 - 

 

C/20227/2020 

Attendu, EN FAIT, que par jugement du 18 août 2023, le Tribunal de première 
instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a notamment attribué à 

B______ la jouissance exclusive du domicile conjugal sis chemin 1______ no. ______, 

[code postal] E______ [GE], ainsi que du mobilier le garnissant (ch. 2 du dispositif), 

maintenu l'autorité parentale conjointe des parties sur les enfants C______, né le ______ 

2015 et D______, né le ______ 2015 (ch. 3), attribué à B______ la garde sur les enfants 

C______ et D______ (ch. 4), réservé à A______ un droit aux relations personnelles 

avec C______ et D______ qui s'exercera, à défaut d'accord contraire entre les parties 

selon les modalités fixées (ch. 5), dispensé A______ de contribuer à l'entretien de ses 

fils D______ et C______ (ch. 8 du dispositif), condamné B______ à verser en mains de 

A______, par mois et d’avance, une somme de 1'200 fr. à titre de contribution à son 
entretien, dès le prononcé du présent jugement (ch. 9), mis les frais judiciaires, arrêtés à 

32'000 fr., à la charge de chacune des parties à raison de moitié (ch. 11), dit qu'il n'était 

pas alloué de dépens (ch. 12) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 14); 

Que par acte déposé à la Cour de justice le 31 août 2023, A______ a formé appel contre 

ce jugement; qu'il a conclu à l'annulation des ch. 2, 4, 5, 9, 11, 12 et 14 du dispositif du 

jugement attaqué et, cela fait, en substance, à ce que la jouissance exclusive du domicile 

conjugale lui soit attribuée, ainsi que la garde exclusive des enfants, un droit de visite 

étant réservé à la mère, à ce que celle-ci soit condamnée à verser en ses mains une 

contribution d'entretien en faveur des enfants, ainsi qu'une contribution à son propre 

entretien et à ce que B______ soit condamnée en tous les frais de la procédure de 

première instance et d'appel; 

Qu'il a conclu préalablement à l'octroi de l'effet suspensif à son appel concernant le 

ch. 11 du dispositif du jugement attaqué; qu'il a fait valoir qu'il est sans ressource 

financière et qu'il est ainsi exposé à d'importantes difficulté financières; 

Que par acte expédié le 4 septembre 2023 à la Cour de justice, B______ a également 

formé appel à la Cour contre le jugement du 18 août 2023; qu'elle a conclu à 

l'annulation des ch. 8 et 9 de son dispositif et, cela fait, à ce qu'il soit dit qu'elle ne doit 

aucune contribution à l'entretien de A______ et à ce que ce dernier soit condamné à lui 

verser un montant de 200 fr. par enfant à titre de contribution à l'entretien de ceux-ci, le 

tout avec suite de frais;  

Que sans prendre de conclusion à cet égard, il ressort de la page 14 s. de son appel 

qu'elle sollicite la restitution de l'effet suspensif à son appel; qu'elle expose qu'elle n'est 

pas en mesure de verser le montant de 1'200 fr. qu'elle a été condamnée à payer au vu de 

son disponible de 712 fr. et que A______ est en mesure d'assumer ses charges s'il 

déploie une activité; 

Qu'invité à se déterminer à cet égard, A______ a conclu au rejet de cette requête;  

  

- 3/5 - 

 

C/20227/2020 

Considérant, EN DROIT, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC; 

Que l'ordonnance querellée portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas 

d'effet suspensif ex lege (art. 315 al. 4 let. b CPC); qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, 

l'exécution de mesures provisionnelles peut toutefois exceptionnellement être suspendue 

si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable;  

Que saisie d'une demande d'effet suspensif, l'autorité cantonale d'appel doit procéder à 

une pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables  

(ATF 138 III 378 consid. 6.3 et les références citées; 137 III 475 consid. 4.1; arrêt du 

Tribunal fédéral 5A_514/2012 du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2); 

Que concernant le paiement d'une somme d'argent, à teneur de la jurisprudence du 

Tribunal fédéral, il appartient à la partie recourante de démontrer qu'à défaut d'effet 

suspensif, elle serait exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne 

pourrait pas obtenir le remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain 

de cause au fond (arrêt du Tribunal fédéral 5A_708/2013 du 14 mai 2014 consid. 1.1); 

Que le juge prendra également en considération les chances de succès du recours 

(ATF 115 Ib 157 consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral 4D_30/2010 du 25 mars 2010 

consid. 2.3); 

Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de 

première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large 

pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas 

d'espèce (ATF 137 III 475 consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral 5A_403/2015 du 

28 août 2015 consid. 5); 

Qu'en l'espèce, l'appelant n'explique pas quel préjudice difficilement réparable il serait 

susceptible de subir si l'effet suspensif n'était pas accordé au ch. 11 du dispositif du 

jugement attaqué, relatif aux frais judicaires; qu'il n'a pas allégué faire l'objet d'une mise 

en demeure de payer ceux-ci ou d'une poursuite; qu'au surplus, la condamnation à la 

moitié des frais judiciaires n'apparaît, prima facie, pas d'emblée manifestement contraire 

au droit au vu de la nature et de l'issue du litige; 

Que la demande d'effet suspensif de l'appelant sera dès lors rejetée; 

Que concernant la demande d'effet suspensif de l'appelante, elle ne fait l'objet d'aucune 

conclusion à teneur de la page 4 de son appel; qu'il doit être compris de ses explications 

à la page 14 s. qu'elle demande la suspension du caractère exécutoire du ch. 9 du 

dispositif du jugement attaqué relatif au versement, par elle, d'une contribution à 

l'entretien de l'appelant; qu'en tout état de cause, la décision (négative) par laquelle le 

Tribunal dispense l'appelant de contribuer à l'entretien de ses enfants (ch. 8) ne peut 

bénéficier d'un effet suspensif, en l'absence d'effet à suspendre; 

- 4/5 - 

 

C/20227/2020 

Que l'appelante conteste le montant de ses revenus et charges retenus par le Tribunal; 

que tant le montant des revenus de l'appelante que ceux de ses charges ne semblent 

cependant pas, prima facie, d'emblée manifestement erronés, en particulier en ce qui 

concerne la question de la prise en compte de l'assurance de prévoyance, dont la prime 

s'élève à 573 fr. par mois et dont l'appelante admet qu'elle ne doit pas être comptabilisée 

dans ses charges; que même en tenant compte, par hypothèse, des autres chiffres 

avancés par l'appelante à titre de revenus (12'576 fr.) et de charges (7'533 fr., sans les 

573 fr. précités) et de frais des enfants (3'756 fr.), celle-ci dispose des moyens financiers 

pour s'acquitter de la contribution d'entretien fixée par le Tribunal en faveur de son 

époux sans entamer son minimum vital; que pour le surplus, il ne peut être considéré, à 

ce stade, prima facie, que l'appel est manifestement fondé; 

Qu'au vu de ce qui précède, la requête d'effet suspensif de l'appelante sera rejetée; 

Qu'il sera statué sur les frais liés à la présente décision dans l'arrêt au fond (art. 104 al. 3 

CPC). 

* * * * * 

- 5/5 - 

 

C/20227/2020 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

 
Statuant sur requête de suspension du caractère exécutoire du jugement 
entrepris : 

Rejette les requêtes formées par A______ et B______ tendant à suspendre le caractère 

exécutoire attaché au jugement JTPI/9216/2023 rendu le 18 août 2023 par le Tribunal 

de première instance dans la cause C/20227/2020. 

Dit qu'il sera statué sur les frais liés à la présente décision dans l'arrêt au fond. 

Siégeant : 

Monsieur Laurent RIEBEN, président; Madame Gladys REICHENBACH, greffière. 

 

Le président : 

Laurent RIEBEN 

 La greffière : 

Gladys REICHENBACH 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

La présente décision, incidente et de nature provisionnelle (ATF 137 III 475 

consid. 1 et 2), est susceptible d'un recours en matière civile (art. 72 ss de la loi 

fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005; LTF - RS 173.110), les griefs pouvant 

être invoqués étant toutefois limités (art. 93/98 LTF). 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.