# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 46da2637-4017-5357-bd80-caf712d96ff5
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-10-31
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 31.10.2022 C/27387/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-27387-2020_2022-10-31.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/27387/2020 ACJC/1429/2022 

DECISION 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU LUNDI 31 OCTOBRE 2022 

 

Requête (C/27387/2020) formée le 26 novembre 2020 par Madame A______, 

domiciliée ______ (Genève), comparant en personne, tendant à l'adoption de B______, 

née le ______ 2019.  

* * * * * 

Décision communiquée par plis recommandés du greffier 

du    1
er

 novembre 2022 à : 

 

- Madame A______ 

______. 

- Madame C______ 

______. 

- AUTORITE CENTRALE CANTONALE EN 

 MATIERE D'ADOPTION 
 Rue des Granges 7, 1204 Genève. 

- DIRECTION CANTONALE DE L'ETAT CIVIL 

 Route de Chancy 88, 1213 Onex (dispositif uniquement). 

 

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C/27387/2020 

EN FAIT 

A. C______, née le ______ 1977 à Genève, originaire de D______ (Genève) et 

E______ (Jura), a donné naissance le ______ 2019 à F______ (Genève) à 

l'enfant B______ . L'acte de naissance ne mentionne pas de paternité. 

 Elle est liée depuis le ______ 2019 par un partenariat enregistré à A______, née le 

______ 1992 à F______ (Genève), originaire de G______ (Genève). 

B.  a) Par requête du 26 novembre 2020, A______, a sollicité le prononcé de 

l'adoption par elle-même de l'enfant B______.  

Elle a exposé que sa compagne avait déjà une fille aînée, H______, née en 2016, 

qu’elle avait adopté en 2019. Elle avait pourvu, avec sa compagne, depuis la 
naissance du second enfant, aux soins et à l'éducation de celle-ci. L'établissement 

d'un lien de filiation entre B______ et elle-même permettrait à la mineure 

d'obtenir une situation juridique correspondant à sa vie familiale ainsi qu’une 
double filiation, comme sa sœur, dans son intérêt.  

Par courrier du 1
er

 novembre 2020, C______ s’est déclarée d’accord avec 
l’adoption de sa fille par sa compagne. 

Le dossier soumis à la Cour contient, outre les documents d'état civil usuels, des 

courriers et des documents attestant de la communauté domestique du couple. 

b) Dans son rapport du 18 juillet 2022, le Service d'autorisation et de surveillance 

des lieux de placement a confirmé que A______ avait fourni des soins et pourvu à 

l'éducation de la mineure depuis sa naissance; celle-ci était intégrée à la famille de 

A______, qui la considérait comme l'enfant du couple qu'elle forme avec sa 

compagne. Toutes les conditions légales étaient réunies. C______ avait donné son 

consentement à l'adoption. A______ était enseignante au sein d’un Collège à 
70%. Elle disposait par ailleurs de temps pour s'occuper de l'enfant B______ et de 

sa sœur, qui était âgée de plus de 5 ans et montrait son attachement à B______. 
L'adoption était conforme à l'intérêt de l'enfant et devait être prononcée, dès lors 

qu'elle donnerait un fondement légal à une situation de fait d'ores et déjà existante. 

L'évaluation sociale démontrait que A______ connaissait C______ depuis qu'elle 

avait 20 ans, qu'elles formaient ménage commun depuis 10 ans et avaient conçu 

ensemble le projet de devenir parents. Elle assumait pleinement son rôle de parent 

auprès de la mineure B______. Un fort lien d'attachement unissait la requérante à 

l'enfant, qui l'identifiait comme parent. 

c) Par courrier du 29 juin 2022, C______ et A______ ont déclaré qu'elles 

souhaitaient que l'enfant B______ conserve le nom de famille C______ après son 

adoption. 

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C/27387/2020 

EN DROIT 

1. Compte tenu du domicile à Genève de la requérante et de la mineure dont 

l'adoption est requise, la Cour de justice est compétente pour connaître de la 

requête (art. 268 al. 1 CC, art. 120 al. 1 let. c LOJ). 

Il n'existe aucun élément d'extranéité, dans la mesure où tant l'adoptante que la 

mineure concernée ont la nationalité suisse. 

2. 2.1 Un enfant mineur peut être adopté si le ou les adoptants lui ont fourni des 

soins et ont pourvu à son éducation pendant au moins un an et si toutes les 

circonstances permettent de prévoir que l'établissement d'un lien de filiation 

servira le bien de l'enfant sans porter une atteinte inéquitable à la situation d'autres 

enfants du ou des adoptants (art. 264 al.1 CC). Une adoption n'est possible que si 

le ou les adoptants, vu leur âge et leur situation personnelle, paraissent à même de 

prendre l'enfant en charge jusqu'à sa majorité (art. 264 al. 2 CC). 

Une personne peut adopter l'enfant de son partenaire enregistré (art. 264c al. 1 

ch. 2 CC). Le couple doit faire ménage commun depuis au moins trois ans 

(art. 264c al. 2 CC). 

La différence d'âge entre l'enfant et le ou les adoptants ne peut pas être inférieure 

à seize ans ni supérieure à 45 ans (art. 264d al. 1 CC).  

L'adoption requiert le consentement du père et de la mère de l'enfant (art. 265a 

al. 1 CC). Il peut être fait abstraction du consentement d’un des parents lorsqu’il 
est inconnu (art. 265c CC). 

2.2 Dans le cas d'espèce, les conditions au prononcé de l'adoption sont remplies. 

L'adoptante et la mère de la mineure vivent en communauté domestique depuis 

2012, soit depuis plus de 8 ans au moment du dépôt de la requête et sont liées par 

un partenariat enregistré depuis le ______ 2019. La requérante est présente dans le 

quotidien de l'enfant depuis sa naissance; elle lui a prodigué des soins et a pourvu 

à son éducation depuis lors. Etant enseignante à temps partiel, elle est à même de 

prendre l'enfant en charge jusqu'à sa majorité. La mère biologique de la mineure a 

donné son consentement à l'adoption. Aucun père n’est mentionné aux Registres 
de l’état civil. 

Il ressort par ailleurs du rapport du Service d'autorisation et de surveillance des 

lieux de placement du 18 juillet 2022 que le prononcé de l'adoption est conforme à 

l'intérêt de la mineure et ne fera qu'entériner, juridiquement, une situation de fait 

existante. 

Il sera par conséquent donné une suite favorable à la requête. 

- 4/5 - 

 

 

C/27387/2020 

3. 3.1 L'enfant acquiert le statut juridique d'un enfant du ou des parents adoptifs 

(art. 267 al. 1 CC). En conséquence, les liens de filiation antérieurs sont rompus 

sauf à l’égard de la personne avec laquelle le parent adoptif (…) est lié par un 
partenariat enregistré (art. 267 al. 2 et 3 ch. 2 CC). Les liens de filiation entre 

l’adoptée et sa mère biologique ne seront pas rompus (art. 267 al. 3 ch. 2 CC). 

Le nom de l'enfant et son droit de cité sont déterminés par les dispositions 

relatives aux effets de la filiation (art. 267a al. 2 et 267b CC). 

En vertu de l'art. 270a al. 1 CC, lorsque l'autorité parentale est exercée de manière 

exclusive par l'un des parents, l'enfant acquiert le nom de célibataire de celui-ci.  

En vertu de l'art. 271 al. 1 CC, l'enfant acquiert le droit de cité cantonal et 

communal du parent dont il porte le nom. L'enfant mineur qui prend le nom de 

l'autre parent acquiert en lieu et place de son droit de cité cantonal et communal 

antérieur celui de ce parent (art. 271 al. 2 CC). 

3.2 Dans le cas d'espèce, l'enfant porte le nom de sa mère biologique, C______ , 

actuellement seule détentrice de l'autorité parentale sur la mineure, et continuera 

de porter le nom de famille C______ après adoption, ce qui correspond par 

ailleurs à la volonté de ses parents. Elle conservera ses droits de cité actuels. 

4. Les frais de la procédure, arrêtés à 1'000 fr. (art. 19 al. 1 et 3 let. a LaCC; 26 du 

Règlement fixant le tarif des frais en matière civile - RTFMC), sont mis à la 

charge de la requérante. Ils sont entièrement compensés avec l'avance de frais de 

même montant, qui reste acquise à l'Etat de Genève (art. 98, 101 et 111 CPC). 

* * * * * 

- 5/5 - 

 

 

C/27387/2020 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

Prononce l'adoption de B______ , née le ______ 2019 à F______ (Genève), originaire de 

D______ (Genève) et E______ (Jura) par A______, née le ______ 1992 à F______ 

(Genève), originaire de G______ (Genève). 

Dit que le lien de filiation entre B______ et C______, née le ______ 1977 à Genève, 

originaire de D______ (Genève) et E______ (Jura), n'est pas rompu. 

Dit que B______  continuera de porter le nom de famille C______ et conservera ses droits 

de cité actuels, soit D______ (Genève) et E______ (Jura). 

Arrête les frais de la procédure à 1'000 fr., les met à la charge de A______ et dit qu'ils sont 

compensés avec l'avance de frais versée, qui reste acquise à l'Etat de Genève. 

Siégeant : 

Monsieur Cédric-Laurent MICHEL, président; Mesdames Paola CAMPOMAGNANI et 

Jocelyne DEVILLE-CHAVANNE, juges; Madame Jessica QUINODOZ, greffière. 

 

   

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 308 ss du code de procédure civile (CPC), la présente décision peut faire 

l'objet d'un appel par-devant la Chambre de surveillance de la Cour de justice dans les 10 jours qui 

suivent sa notification. 

 

L'appel doit être adressé à la Cour de justice, place du Bourg-de-Four 1, case postale 3108, 

1211 Genève 3.