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**Case Identifier:** c0e3e40e-1291-556e-8e39-70bae79e0df1
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-08-09
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 09.08.2023 A/1320/2023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1320-2023_2023-08-09.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/1320/2023-FPUBL ATA/819/2023  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 9 août 2023 

 

    dans la cause  

 

A______ recourant 
représenté par Me Mattia DEBERTI, avocat 

contre 

OFFICE CANTONAL DES VÉHICULES intimé 
 

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A/1320/2023 

EN FAIT 

A.     a. Par courrier du 20 mars 2023, le directeur général de l’office cantonal des 
véhicules (ci-après : OCV) du département de la santé et des mobilités a libéré  
A______, préposé au guichet depuis 2010, de son obligation de travailler « pour 
garantir la bonne marche du service », précisant qu’il envisageait de demander au 
Conseil d’État de valider cette mesure. L’intéressé serait prochainement convoqué 
à un entretien de service afin d’être entendu au sujet de son « attitude inappropriée 
», en particulier à l’égard d’une collaboratrice. Selon les déclarations de cette 
dernière, il avait adopté un comportement pouvant être assimilé à du harcèlement. 
Les faits en cause et l’état de la procédure demandaient qu’il reste éloigné de son 
lieu de travail. Un délai au 24 mars 2023 lui était octroyé pour faire part de ses 
éventuelles observations. 

b. Le 22 mars 2023, A______, par l’intermédiaire d’un avocat, a requis 
l’annulation immédiate de la libération de son obligation de travailler et 
l’autorisation de reprendre son activité dès le 27 mars 2023. La suspension devait 
être ordonnée par les autorités en charge d’une éventuelle enquête administrative. 
L’éloignement décidé par le directeur général avait pour but de l’isoler et de le 
punir avant même de connaître l’issue d’une telle enquête qui n’avait pas encore 
été ouverte. 

c. En date du 27 mars 2023, le directeur administratif du service des ressources 
humaines du département des infrastructures (ci-après : DI-RH) a informé  
A______ qu’il transmettrait ses observations à l’autorité compétente, soit le 
Conseil d’État, lequel se prononcerait sur la suite à leur donner probablement au 
début du mois de mai, compte tenu des processus de décisions internes et des fêtes 
pascales. Dans l’intervalle, l’intéressé était invité à respecter strictement la 
mesure. 

d. Le 28 mars 2023, A______ a demandé sur quelle base légale il avait été libéré 
de son obligation de travailler et les motifs justifiant cet éloignement.  

e. Par courrier du 31 mars 2023, le directeur administratif du DI-RH lui a répondu 
que la mesure en cause ne s’inscrivait pas dans le cadre d’une enquête 
administrative, mais dans celui des mesures de gestion du personnel, raison pour 
laquelle elle devrait être validée par le Conseil d’État, comme le prévoyait la 
jurisprudence. Il lui a communiqué copie des procès-verbaux des auditions de 
trois collaborateurs du service entendus au début du mois et octroyé un délai pour 
faire valoir des observations. La procédure suivrait ensuite son cours sans autre 
avis et son dossier serait transmis au Conseil d’État. L’employeur pourrait 
également décider d’ouvrir une procédure de résiliation des rapports de service ou 
de sanctions disciplinaires.  

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f. Le 5 avril 2023, l’intéressé a réitéré sa demande d’annulation de la libération de 
l’obligation de travailler, cette dernière ne pouvant être exigée en l’absence de 
décision du Conseil d’État. À défaut, il saisirait la chambre administrative de la 
Cour de justice (ci-après : la chambre administrative).  

g. Par courrier du 19 avril 2023, le directeur administratif du DI-RH a informé 
l’intéressé qu’il envisageait de demander au Conseil d’État, outre la validation de 
la libération de l’obligation de travailler, l’ouverture d’une enquête administrative 
et sa suspension provisoire. Dans un tel cas, un entretien de service préalable ne 
serait pas nécessaire. 

h. Le 4 mai 2023, l’employé a contesté le bien-fondé de la libération de son 
obligation de travailler et le renoncement à la tenue d’un entretien de service.  

B.     a. Par arrêté du 17 mai 2023, le Conseil d’État a ouvert une enquête administrative 
à l’encontre de A______, validé la libération de l’obligation de travailler du 20 
mars 2023, prononcé sa suspension immédiate avec maintien de ses prestations, 
réservé le prononcé d’une décision de suppression de toutes les prestations et dit 
que l’intéressé devait compenser ses heures excédentaires pendant sa suspension 
provisoire. 

b. L’employé n’a pas recouru contre cet arrêté. 

C.     a. Par acte du 18 avril 2023, A______ a interjeté recours auprès de la chambre 
administrative contre la libération de l’obligation de travailler du 20 mars 2023. Il 
a conclu à la constatation de la nullité de ladite décision et à ce qu’il soit dit qu’il 
était tenu par son obligation de travailler aussi longtemps que l’autorité 
compétente n’en aurait pas décidé autrement. 

La libération de l’obligation de travailler constituait une mesure individuelle et 
concrète prise à son encontre par une autorité. Elle avait des conséquences sur sa 
présence au bureau, sa réputation et ses relations avec les autres membres du 
personnel, lui causant ainsi un préjudice irréparable. Le recours contre une telle 
décision incidente était de dix jours, mais le courrier du 20 mars 2023 ne qualifiait 
pas la mesure en question de décision, ni ne mentionnait de voies de droit. La 
notification de la décision était donc irrégulière, de sorte que sa nullité pouvait 
être invoquée en tout temps. En outre, la décision était nulle pour ne pas avoir été 
prononcée par le Conseil d’État. 

b. Dans sa réponse du 31 mai 2023, l’office du personnel de l’État a relevé que 
l’arrêté du Conseil d’État du 17 mai 2023 validant la libération de l’obligation de 
travailler du 20 mars 2023 n’ayant pas été attaqué, le recours était devenu sans 
objet et la cause devait être rayée du rôle.  

Subsidiairement, la décision litigieuse n’était en soi pas susceptible de causer un 
préjudice irréparable, puisqu’une décision finale entièrement favorable au 

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recourant permettrait de la réparer. Le recourant n’avait pas allégué que 
l’admission de son recours pourrait conduire immédiatement à une décision finale 
permettant d’éviter une procédure probatoire longue et coûteuse.   

c. Le 13 juin 2023, le recourant a admis que l’objet principal du recours n’avait 
plus lieu d’être, une décision ayant désormais été rendue par l’organe compétent. 
Cela étant, les motifs de son recours étaient légitimes, puisque ce n’était que sur 
son insistance concernant l’illégalité de la mesure et l’introduction de son recours 
que l’intimé s’était adressé à l’autorité compétente. Une telle pratique, contraire à 
la loi et impliquant une mauvaise foi évidente, semblait « se populariser ». Elle 
devait être fermement condamnée. Il convenait d’accéder, à tout le moins, à sa 
dernière conclusion et à condamner l’intimé à tous les frais et dépens de la 
procédure. 

d. Invité par la chambre de céans à préciser s’il retirait son recours, le recourant a 
conclu à ce qu’il soit constaté que la cause était devenue sans objet et à ce que 
l’État soit condamné aux frais de la procédure et à une indemnité. 

e. Le 7 juillet 2023, l’intimé a fait valoir que le recourant savait que son recours 
était voué à l’échec, puisqu’il avait attiré son attention sur la jurisprudence de la 
chambre de céans rendue dans une affaire similaire. 

EN DROIT 

1. Le recours a été interjeté devant la juridiction compétente (art. 132 de la loi sur 
l’organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ - E 2 05). 

2. 2.1 Aux termes de l’art. 28 al. 1 de la loi générale relative au personnel de 
l’administration cantonale, du pouvoir judiciaire et des établissements publics 
médicaux du 4 décembre 1997 (LPAC - B 5 05), dans l’attente du résultat d’une 
enquête administrative ou d’une information pénale, le Conseil d’ État, la 
commission de gestion du pouvoir judiciaire ou le conseil d’administration peut, 
de son propre chef ou à la demande de l’intéressé, suspendre provisoirement un 
membre du personnel auquel il est reproché une faute de nature à compromettre la 
confiance ou l’autorité qu’implique l’exercice de sa fonction. Au sein de 
l’établissement, le président du conseil d’administration peut procéder, à titre 
provisionnel et sans délai, à la suspension de l’intéressé.  

2.2 Selon la jurisprudence de la chambre administrative, la libération imposée de 
l’obligation de travailler ne se différencie pas, relativement aux droits et 
obligations du membre du personnel de l’État qui en fait l’objet, de la suspension 
provisoire visée à l’art. 28 LPAC (ATA/1169/2022 du 22 novembre 2022 consid. 
1 ; ATA/231/2017 du 22 février 2017 consid. 1).  

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Une telle décision est une décision incidente contre laquelle le délai de recours est 
de dix jours (ATA/1169/2022 précité consid. 1 ; ATA/231/2017 précité consid. 1). 

La chambre administrative a déjà eu l’occasion de juger que le recours contre une 
décision de libération de l’obligation de travailler prise par une autorité 
incompétente, en l’occurrence la directrice d’une école de commerce et de culture 
générale, était devenu sans objet suite au prononcé d’une nouvelle décision de 
l’autorité compétente en la matière, soit le Conseil d’État. Elle a donc rayé la 
cause du rôle (ATA/1225/2019 du 13 août 2019). 

2.3 Dans deux arrêts (ATA/97/2014 du 18 février 2014 ; ATA/846/2014 du 
28 octobre 2014), dont le premier concernait un directeur d'établissement scolaire 
genevois, la chambre administrative a considéré que la libération de l'obligation 
de travailler, comme la suspension provisoire, était susceptible d'affecter la 
situation juridique du fonctionnaire en tant que titulaire de droits et d'obligations à 
l'égard de l'État (ATF 136 I 323 consid. 4.5), à l'instar d'une privation de toute 
direction d'un dicastère prise à l'encontre d'un élu communal par ses collègues 
(arrêt du Tribunal cantonal neuchâtelois CDP.2013.269 du 25 novembre 2013). 
La mesure litigieuse touchait non seulement l'obligation de travailler du recourant, 
mais aussi sa présence dans son bureau et ses relations avec le personnel, de sorte 
que cette mesure devait être considérée comme une décision, au même titre que la 
suspension provisoire visée par l'art. 28 LPAC. 

2.4 En l’espèce, conformément à la jurisprudence précitée, le recours du 18 avril 
2023 est devenu sans objet, dès lors que le Conseil d’État a validé la mesure 
litigieuse, par arrêté du 17 mai 2023.  

La cause sera donc rayée du rôle, ce qui correspond d’ailleurs aux dernières 
conclusions des parties. 

3. Le recourant requiert que l’intimé soit condamné à tous les frais et dépens de la 
procédure. Il soutient que le Conseil d’État n’a validé la décision du directeur 
général de l’OCV de le libérer de son obligation de travailler, qu’en raison de son 
insistance et du dépôt du présent recours. 

3.1 Conformément à l’art. 87 de la loi sur la procédure administrative du  
12 septembre 1985 (LPA - E 5 10), la juridiction administrative qui rend la 
décision statue sur les frais de procédure et émoluments. En règle générale, l’État, 
les communes et les institutions de droit public ne peuvent se voir imposer de frais 
de procédure si leurs décisions font l’objet d’un recours (al. 1). La juridiction 
administrative peut, sur requête, allouer à la partie ayant entièrement ou 
partiellement gain de cause, une indemnité pour les frais indispensables causés par 
le recours (al. 2). La juridiction administrative statue dans les limites établies par 
règlement du Conseil d’État et cela conformément au principe de proportionnalité 
(al. 3). 

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Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, les décisions des tribunaux en matière 
de frais et dépens n’ont pas à être motivées, l’autorité restant néanmoins liée par le 
principe général de l’interdiction de l’arbitraire (ATF 114 Ia 332 consid. 2b ;  
111 Ia 1). 

La chambre administrative dispose d’un large pouvoir d’appréciation quant à la 
quotité de l’émolument qu’elle met à charge de la partie qui succombe 
(ATA/413/2023 du 20 avril 2023 et les références). 

Il est de jurisprudence constante que la partie qui succombe supporte une partie 
des frais découlant du travail qu’elle a généré par sa saisine (ATA/182/2018 du  
27 février 2018 consid. 2).  

Les frais de justice sont des contributions causales qui trouvent leur fondement 
dans la sollicitation d’une prestation étatique et, partant, dépendent des coûts 
occasionnés par le service rendu. Il est cependant notoire que, en matière 
judiciaire, les émoluments encaissés par les tribunaux n’arrivent pas, et de loin, à 
couvrir leurs dépenses effectives (ATF 143 I 227 consid. 4.3.1 ; 141 I 105 consid. 
3.3.2 ; 133 V 402 consid. 3.1). La mise en œuvre de la justice génère une activité 
qui ne se limite pas à celle des seuls juges et du greffier, puisqu’elle nécessite 
également tout un travail administratif. Dans ce sens, tout dossier nécessite un 
travail minimum incompressible (arrêt du Tribunal fédéral 2C_580/2014 du 13 
février 2015 consid. 3.4). 

3.2 Dans le courrier litigieux du 20 mars 2023, le directeur général de l’OCV a 
clairement indiqué à l’intéressé qu’il entendait saisir le Conseil d’État pour valider 
sa décision de libération de l’obligation de travailler. Le 27 mars 2023, le service 
des RH a précisé au recourant que le Conseil d’État se prononcerait au début du 
mois de mai 2023, compte tenu de la procédure de prise des décisions et des fêtes 
pascales. Le 31 mars 2023, il lui a expliqué que la libération de l’obligation de 
travailler constituait une mesure de gestion du personnel qui serait validée par le 
Conseil d’État et que cette pratique était conforme à la jurisprudence, dont les 
références lui étaient communiquées. Enfin, le 19 avril 2023, le service des RH a 
confirmé une nouvelle fois que la validation de la mesure allait être demandée à 
l’autorité compétente.  

Partant, le dépôt d’un recours n’était pas nécessaire, l’intéressé ayant été informé 
dès le prononcé de la décision litigieuse que le Conseil d’État serait saisi pour 
valider la décision du directeur général de l’OCV. Conformément à ce qui avait 
été annoncé, le Conseil d’État s’est déterminé le 17 mai 2023. Bien qu’un délai de 
près de deux mois puisse interpeller, il sera relevé que le recourant ne l’a 
nullement critiqué en tant que tel, étant rappelé qu’il savait d’emblée qu’une telle 
validation n’interviendrait pas avant le début du mois de mai 2023 et que ce 
nonobstant il a déposé son recours le 18 avril 2023. 

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Dans ces circonstances, il se justifie de faire supporter au recourant les frais de la 
procédure qu’il a inutilement initiée. 

4. Un émolument de CHF 800.- sera mis à la charge du recourant (art. 87 al. 1 LPA) 
et aucune indemnité de procédure ne sera allouée (art. 87 al. 2 LPA). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

dit que le recours interjeté le 18 avril 2023 par A______ contre la décision du 20 mars 
2023 prise par le directeur de l’office cantonal des véhicules est devenu sans objet ;  

raye la cause du rôle ; 

met à la charge de A______ un émolument de CHF 800.- ; 

dit qu’il n’est pas alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du  
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110),  la présente décision peut être portée dans les trente 
jours qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral ; 

- par la voie du recours en matière de droit public, s’il porte sur les rapports de travail 
entre les parties et que la valeur litigieuse n’est pas inférieure à CHF 15’000.- ; 

- par la voie du recours en matière de droit public, si la valeur litigieuse est inférieure à 
CHF 15’000.- et que la contestation porte sur une question juridique de principe ; 

- par la voie du recours constitutionnel subsidiaire, aux conditions posées par les  
art. 113 ss LTF, si la valeur litigieuse est inférieure à CHF 15’000.- ; 

le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de preuve et 
porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au Tribunal 
fédéral suisse, av. du Tribunal fédéral 29, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par 
voie électronique aux conditions de l’art. 42 LTF. La présente décision et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être jointes à 
l’envoi ; 

communique le présent arrêt à Me Mattia DEBERTI, avocat du recourant, ainsi qu’à 
l’office cantonal des véhicules. 

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Siégeant : Francine PAYOT ZEN-RUFFINEN, présidente, Florence KRAUSKOPF, 
Valérie LAUBER, Eleanor McGREGOR, Philippe KNUPFER, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

le greffier-juriste : 
 
 

F. SCHEFFRE 
 

 la présidente siégeant : 
 
 

F. PAYOT ZEN-RUFFINEN 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 

 la greffière :