# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** d175781a-080c-5261-8f55-9fb7e5be890b
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-04-25
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 25.04.2013 P/3961/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-3961-2013_2013-04-25.pdf

## Full Text

Communiqué l'arrêt aux parties en date du 25 avril 2013 

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/3961/2013 ACPR/171/2013

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du jeudi 25 avril 2013 

 

Entre 

A._____, domicilié _____, comparant par Me Andreia RIBEIRO, avocate, boulevard 

Helvétique 19, 1207 Genève, 

 

recourant, 

 

contre l'ordonnance de séquestre rendue le 14 mars 2013 par le Ministère public, 

 

Et 

 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6b, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565 - 1211 Genève 3, 

 

intimé.

- 2/7 - 

P/3961/2013 

 

EN FAIT : 

A. Par acte déposé au greffe de la Chambre de céans le lundi 25 mars 2013, A.______ 
recourt contre l'ordonnance du Ministère public du 14 mars 2013, notifiée 
immédiatement, par laquelle ce dernier a ordonné le séquestre du véhicule BMW, 
saisi lors de son arrestation le même jour. 

 Le recourant conclut à l'annulation de cette ordonnance et à la restitution du véhicule 
saisi.  

B. Les faits pertinents pour l'issue du litige sont les suivants : 

 a) A.______, ressortissant russe, né le 26 avril 1993 à Moscou, actuellement 
domicilié à ______, est au bénéfice d'un permis B en Suisse, où il étudie à 
l'université _______ à Genève. Il est propriétaire d'un véhicule BMW, immatriculé 
______ en Allemagne. 

 b) Le 13 mars 2013, vers 11 h 45, A.______, alors qu'il circulait au volant de sa 
BMW sur l'autoroute de contournement de Genève, en provenance de Divonne-les-
Bains et en direction de la Jonction, a dépassé par la droite un inspecteur de police, 
qui circulait au volant d'un véhicule de service banalisé. L'inspecteur l'a suivi et a 
constaté, sur plusieurs kilomètres, la commission de nombreuses infractions graves à 
la LCR, cet automobiliste effectuant nombre de dépassements par la droite, collant 
les autres usagers, leur faisant des appels de phares, zigzaguant et atteignant, sur une 
longue distance, une vitesse de 180 km/h au compteur du véhicule de police. 
A.______ a été arrêté sur les lieux, non sans se débattre à cette occasion. 

 c) A.______ a reconnu avoir circulé à une vitesse supérieure à celle qui était 
autorisée et avoir slalomé entre les voitures, étant en retard pour ses cours. Il a aussi 
affirmé avoir "l'expérience de la route", car il conduisait depuis l'âge de 12 ans. Son 
permis de conduire a été saisi sur-le-champ. 

 d) Il ressort de l'enquête, d'une part, qu'A.______ avait déjà commis des infractions 
semblables, dans les mêmes circonstances, entre le 7 et le 8 mars précédent, et, 
d'autre part, qu'il avait été flashé, le 25 février 2013, sur la même autoroute, à 121 
km/h puis, une heure plus tard, au quai de Cologny, à 105 km/h, commettant ainsi, 
après déduction de la marge de sécurité, des excès de vitesse respectifs de 35 km/h et 
de 39 km/h. 

 e) Selon l'étalonnage du véhicule de service VW Golf, conforme aux instructions 
fédérales de l'OFROU, celui-ci circule à 173 km/h lorsque son compteur indique 180 
km/h.  

- 3/7 - 

P/3961/2013 

 f) A.______ a été mis en prévention de crime contre la circulation routière et 
opposition aux actes de l'autorité pour les faits sus décrits. Il a admis la plupart des 
faits qui lui étaient reprochés, mais a contesté avoir conduit dangereusement. Il a 
précisé que c'était toujours lui qui conduisait la BMW et qu'il l'avait payée. A.______ 
a été remis en liberté le 18 mars 2013, après s'être acquitté d'une caution de CHF 
30'000.-. 

C. À l'appui de sa décision querellée, rendue le 14 mars 2013, le Ministère public a 
retenu qu'A.______ avait adopté un comportement dangereux, au sens de l'art. 90 al. 
3 LCR, toujours au volant de son véhicule BMW, et que seule la saisie de celui-ci 
était susceptible de prévenir tout risque de récidive le jour où son détenteur serait 
remis en liberté. 

D. a) Dans son recours, A.______ reproche au Ministère public d'avoir violé le principe 
de proportionnalité, au regard d'actes qui ne devaient pas nécessairement tomber sous 
le coup de l'art. 90 al. 3 LCR, considérant par ailleurs que le risque de récidive 
pouvait être écarté du fait de la remise de son permis de conduire et relevant, sans 
l'étayer, que son père avait besoin de son véhicule en Russie.  

 b) À réception du recours, la cause a été gardée à juger, sans échange d'écritures ni 
débats. 

EN DROIT : 

1. Le recours est recevable pour avoir été interjeté dans les délai et forme prévus par la 
loi (art. 385 al. 1, 390 al. 1 et 396 al. 1 CPP) contre une décision du Ministère public 
sujette à recours (art. 20 al. 1 lit. c, 393 al. 1 lit. c et 222 CPP), devant l'autorité 
compétente en la matière, soit à la Chambre de céans (art. 128 al. 1 lit. a LOJ/GE), 
émaner par ailleurs du prévenu, partie à la procédure (art. 104 al. 1 lit. a CPP) et qui 
a un intérêt à l'annulation de ladite décision). 

2.  La Chambre pénale de recours peut décider d'emblée de traiter, sans échange 
d'écritures ni débats, les recours manifestement mal fondés (art. 390 al. 2 et 5 CPP 
a contrario). 

 Tel est le cas en l'occurrence, au vu des considérations qui suivent. 

3. 3.1. Le 1er janvier 2013 est entré en vigueur le premier volet de la Modification Via 
sicura du 15 juin 2012 de la Loi fédérale sur la circulation routière (ci-après LCR), 
dont font partie les dispositions concernant le nouveau délit de " chauffard " (art. 16c 
al. 2 let. abis et 90 al. 3 et 4 LCR-Via sicura). 

 L'art. 90 LCR, qui ne comprend pas le terme lui-même de chauffard, considère que 
cette qualité doit être reconnue à toute personne qui adopte un des comportements 
ainsi décrits : 

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P/3961/2013 

 " Al. 3 Celui qui, par une violation intentionnelle des règles fondamentales de la 
circulation, accepte de courir un grand risque d’accident pouvant entraîner de graves 
blessures ou la mort, que ce soit en commettant des excès de vitesse particulièrement 
importants, en effectuant des dépassements téméraires ou en participant à des courses 
de vitesse illicites avec des véhicules automobiles est puni d’une peine privative de 
liberté d’un à quatre ans. 

 Al. 4 L’al. 3 est toujours applicable lorsque la vitesse maximale autorisée a été 
dépassée: 

 a. d’au moins 40 km/h, là où la limite était fixée à 30 km/h; 

 b. d’au moins 50 km/h, là où la limite était fixée à 50 km/h; 

 c. d’au moins 60 km/h, là où la limite était fixée à 80 km/h; 

 d. d’au moins 80 km/h, là où la limite était fixée à plus de 80 km/h ". 

 3.2. Les art. 16c al. 2 let. abis et 90 al. 3 LCR décrivent donc une forme qualifiée de 
l’infraction grave de l’art. 16c al. 1 let. a LCR, respectivement de la violation grave 
d’une règle de la circulation de l’art. 90 al. 2 LCR. L’auteur doit, par une violation 
intentionnelle des règles fondamentales de la circulation, accepter de courir un grand 
risque d’accident pouvant entraîner de graves blessures ou la mort, que ce soit en 
commettant des excès de vitesse particulièrement importants, en effectuant des 
dépassements téméraires ou en participant à des courses de vitesse illicites avec des 
véhicules automobiles. La qualification de chauffard suppose la réunion de deux 
éléments objectifs cumulatifs, soit la violation intentionnelle et objectivement grave 
d’une règle fondamentale de la circulation et la création d’un grand risque d’accident 
pouvant entraîner de graves blessures ou la mort (C. MIZEL, Le délit de chauffard et 
sa répression pénale et administrative, PJA 2013, p. 189 et ss). 

 Sur le plan subjectif, le " chauffard " doit savoir ou estimer possible qu’il enfreint les 
règles élémentaires de la circulation et accepter de courir le risque de provoquer un 
accident pouvant entraîner de graves blessures ou la mort. Le dol éventuel suffit (C. 
MIZEL, op. cit. p. 194). 

 3.3. Selon l'art. 90a ch. 1 LCR, lui aussi en vigueur depuis le 1er janvier 2013, le 
Tribunal peut ordonner la confiscation d’un véhicule automobile lorsque les règles de 
la circulation ont été violées gravement et sans scrupules (let. a), et que cette mesure 
peut empêcher l’auteur de commettre d’autres violations graves des règles de la 
circulation (let. b). 

 Selon le Message du Conseil fédéral : "Dans les cas de graves d'infractions aux 
règles de la circulation routière, notamment en cas de grave violation des limites de 

vitesse, certains cantons confisquent et valorisent déjà le véhicule concerné en vertu 

de l’art. 69 CP. La présente mesure vise à réglementer uniformément la confiscation 

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P/3961/2013 

et la réalisation des véhicules (art. 90a projet LCR), comme l’ont demandé quatre 

interventions parlementaires. La confiscation d’un véhicule automobile représente 

une atteinte à la garantie de la propriété protégée par l’art. 26 de la Constitution. 

Une atteinte de ce type doit notamment respecter le principe de la proportionnalité: 

la confiscation du véhicule automobile n’est proportionnée et justifiée que dans des 

cas exceptionnels. Les circonstances du cas concret sont à cet égard déterminantes. 

La présente proposition de permettre aux tribunaux de confisquer les véhicules 

automobiles tient compte des principes constitutionnels. Toute violation grave des 

règles de la circulation ne doit pas entraîner automatiquement la confiscation du 

véhicule utilisé. La confiscation ne sera infligée que si l’auteur de l’infraction a agi 

sans scrupule et si la confiscation convient pour le dissuader de commettre d’autres 

infractions graves aux règles de la circulation. Il appartient au juge d’établir un 

pronostic à ce sujet. (…). Il incombera au juge d’examiner au cas par cas si les 

conditions nécessaires à la confiscation et à la réalisation du véhicule sont remplies" 
(Message du Conseil fédéral du 20 octobre 2010 concernant Via sicura, FF 2010, 
7703 ss). 

 3.4. En l'occurrence, la mesure querellée est parfaitement adaptée aux circonstances. 
Le recourant a, de manière répétée, gravement contrevenu aux dispositions de la 
LCR, dans une mesure telle qu'il doit être considéré, prima facie, comme un 
"chauffard" au sens des dispositions décrites ci-dessus. Notamment, en slalomant sur 
une autoroute urbaine, ou la circulation est importante à l'heure en cause (11h45 le 13 
mars 2013), il remplit la condition du dépassement téméraire et, en roulant à cette 
occasion à une vitesse largement excessive (173 km/h au lieu de 80 km/h, soit un 
dépassement de 93 km/h), il réalise une autre condition de l'art. 90 al. 3 LCR, rendant 
ainsi obligatoire son application. Partant, le Procureur était fondé à considérer qu'il 
pouvait ordonner la saisie du véhicule du recourant, puisqu'il avait gravement et sans 
scrupules violé les règles de la circulation et que cette mesure est de nature à 
l'empêcher de commettre d’autres violations graves des règles de la circulation, ce 
que ne garantit pas nécessairement le retrait de son permis. Par conséquent, cette 
mesure n'est nullement disproportionnée et le fait que le père du recourant souhaite 
utiliser le véhicule en cause ne vient pas contredire ce constat. La saisie querellée 
aurait pu également être ordonnée en application de l'art. 263 let. d CPP, dont les 
conditions sont, mutatis mutandis, réalisées. 

4. Le recourant, qui succombe, supportera les frais de la procédure envers l'État 
(art. 428 CPP). 

* * * * * 

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P/3961/2013 

 

PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

 

Reçoit le recours formé par A.______ contre la décision de séquestre rendue le 14 mars 
2013 par le Ministère public dans la procédure P/3961/2013. 

Le rejette. 

Condamne A.______ aux frais de la procédure de recours qui s'élèvent à 
CHF 1'095.-, y compris un émolument de CHF 1'000.-. 

Siégeant : 

Messieurs Christian COQUOZ, président; Louis PEILA et Christian MURBACH, juges; 
Sandro COLUNI, greffier.  

 

Le greffier : 

Sandro COLUNI 

 Le président : 

Christian COQUOZ 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF ; 

RS 173.110) ; la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les trente jours qui 

suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

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P/3961/2013 

 

 ETAT DE FRAIS P/3961/2013

 
 

 
COUR DE JUSTICE 

 

 
 
 
Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais en matière pénale 
(E 4 10 03). 
 

Débours (art. 2) 

- frais postaux CHF 20.00 

Émoluments généraux (art. 4)  

- délivrance de copies (lit. a) CHF       

- délivrance de copies (lit. b) CHF       

- état de frais (lit. h) CHF 75.00 

Émoluments de la Chambre pénale de recours (art. 13)   

- décision indépendante (lit. c) CHF 1'000.00 

-  CHF       

Total     CHF   1'095.00