# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** ed99c26f-b370-517c-92a6-392f39a0da44
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2014-09-04
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 04.09.2014 RR.2014.104
**Docket/Reference:** RR.2014.104
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_RR-2014-104_2014-09-04

## Full Text

Entraide judiciaire internationale en matière pénale à l'Espagne. Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP).
;;Entraide judiciaire internationale en matière pénale à l'Espagne. Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP).
;;Entraide judiciaire internationale en matière pénale à l'Espagne. Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP).
;;Entraide judiciaire internationale en matière pénale à l'Espagne. Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP).

Arrêt du 4 septembre 2014 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Stephan Blättler, président, 

Giorgio Bomio et Nathalie Zufferey Franciolli,  

le greffier Aurélien Stettler  

   

Parties  A. LTD, représentée par Me Shahram Dini, avocat, 

recourante 

 

 contre 

   

  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION, 

partie adverse 

 

   

Objet  Entraide judiciaire internationale en matière pénale à 

l'Espagne 

 

Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP) 

 
 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

 

Numéro de dossier: RR.2014.104 

 

 

 

- 2 - 

 

 

 

Faits: 

 

A. Le Tribunal central d’instruction n° 5 de la Audiencia Nacional de Madrid 

(Espagne) (ci-après: l’autorité requérante) mène une instruction préliminai-

re, notamment contre le dénommé B., pour des faits assimilables, en droit 

suisse, aux infractions de faux dans les titres (art. 251 du Code pénal, CP; 

RS 311), de blanchiment d’argent (art. 305
bis

 CP) et de corruption (art. 

322
ter

 CP). Par le biais d’une demande d’entraide judiciaire du 2 mars 2009, 

complétée par plusieurs requêtes d’entraide complémentaires, l’autorité 

espagnole a notamment requis la production d'informations bancaires 

concernant le dénommé C., homme politique espagnol soupçonné d'avoir 

perçu des sommes directement de la part de B. 

 

 

B. Chargé de son exécution par l’Office fédéral de la justice (ci-après: OFJ), le 

Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC) est entré en matière 

par décision du 3 juin 2009. Dans le cours de l'exécution de la demande 

susmentionnée, le MPC a été informé par le biais d'une annonce MROS 

que les dénommés B. et C. étaient ayants droit économiques de diverses 

relations bancaires ouvertes en Suisse. Par ailleurs, l'exécution de la de-

mande d'entraide et de ses divers compléments a permis au MPC de met-

tre à jour l'existence d'un compte bancaire n
o 
1 ouvert auprès de la banque 

D. susceptible d'intéresser les autorités espagnoles dans le cadre de leur 

enquête. Le titulaire dudit compte est la société A. Ltd. 

 

 

C. Le MPC a, en octobre 2013, procédé à une séance de tri des pièces en 

présence de fonctionnaires espagnols et du conseil suisse de A. Ltd. 

 

Il ressort du dossier de la cause qu'à l'issue de cette séance, les fonction-

naires espagnols ont exprimé leur souhait d'obtenir les documents suivants 

s'agissant de la recourante: "[i] documenti d'apertura, tutte le transazioni 

dall'anno 2000 ad oggi che hanno a che fare con le società E., F. e G. Ltd; 

la documentazione relativa alla transazione del 27.12.2004 per 52'845 Euro 

e relativa all'investimento nel Fondo H. (doc. MPC-00425, MPC-00426, 

MPC-00239)" (dossier MPC, rubrique 14, nota agli atti du 2 octobre 2013, 

p. 2). 

 

 La note au dossier susmentionnée précise encore que "[i]l MPC provvederà 

a richiedere alla banca i documenti giustificativi relativi alle transazioni so-

pra menzionate, invierà copia degli stessi all'avv. Dini chiedendo allo stesso 

- 3 - 

 

 

se è d'accordo per l'invio a favore dell'autorità rogante nelle vie semplificate 

ex art. 80c AIMP" (ibidem). 

 

 

D. Par courrier du 9 décembre 2013, le MPC s'est adressé en ces termes à 

Me Dini, conseil de A. Ltd: 

"Maître, 

La présente se réfère à la commission rogatoire mentionnée sous rubrique, plus 

particulièrement à la documentation bancaire relative au compte 1 dont le titu-

laire est la société A. Ltd, […]. 

L'analyse du compte de la société A. Ltd a fait ressortir les transactions listées 

dans le tableau ci-dessous. 

L'accord pour une transmission simplifiée de la documentation bancaire discu-

tée lors de la rencontre du 02 octobre 2013 avec les autorités espagnoles por-

tait sur la documentation d'ouverture ainsi que sur les transactions ayant trait 

aux sociétés G. LTD, F. et E. ainsi que sur les documents concernant la tran-

saction du 27 décembre 2004 en faveur de la société I. 

Lors de l'analyse dudit compte, d'autres transactions pouvant avoir un lien avec 

la procédure ont été identifiées. Il s'agit des transactions no 7 à 17 du tableau 

ci-dessous. S'agissant de la transaction no 10, une demande d'édition complé-

mentaire auprès de la banque est en cours afin de compléter la documentation 

bancaire. 

Ces transactions sont d'intérêt pour la procédure à l'étranger car elles touchent 

des titulaires de comptes qui ont déjà fait l'objet d'une décision de clôture sépa-

rée. Ainsi, la documentation bancaire permettrait aux autorités espagnoles une 

meilleure reconstitution des flux de fonds entre les différents titulaires et ayant-

droit économiques". 

[…]. 

Je vous invite à prendre position sur la transmission de la documentation ban-

caire relative à la relation bancaire 1 dont le titulaire est la société A. Ltd […]." 

 

En date du 18 décembre 2013, le conseil de A. Ltd a fait savoir au MPC ce 

qui suit: 

"Monsieur le Procureur fédéral, 

Je fais suite à vos courriers des 9 et 10 décembre 2013 dans la procédure vi-

sée en marge. 

Par la présente, je vous confirme que 

- 4 - 

 

 

1) A. Ltd accepte la transmission à l'Etat requérant en exécution simplifiée (art. 

80c EIMP) des documents suivants: 

- documentation d'ouverture de compte 1 auprès de la banque D. et des piè-

ces justificatives; 

- relevés bancaires relatifs aux opérations du 21/12/2004 et 27.12.2004 (in-

vestissement dans le fond H. – MPC-00239 MPC-00425 et MPC-00426); 

[…]". 

 

 

E. Par décision de clôture du 13 février 2014, le MPC a ordonné la transmis-

sion à l’autorité requérante des documents bancaires concernant le compte 

n
o
 1 susmentionné pour lesquels A. Ltd n'avait pas donné son accord à une 

remise simplifiée, soit les documents référencés MPC-00499 à MPC-00518 

(act. 1.1, p. 6, ch. V/2). 

 

 

F. Par mémoire du 17 mars 2014, A. Ltd a saisi la Cour des plaintes du Tribu-

nal pénal fédéral d'un recours contre la décision de clôture susmentionnée, 

et pris les conclusions suivantes (act. 1, p. 3): 

"A LA FORME 

1. Déclarer recevable le présent recours interjeté contre la […] décision de 

clôture en matière d'entraide pénale internationale, rendue par le ministère 

public de la Confédération le 13 février 2014 dans la procédure 

RH.09.0044, accordant l'entraide judiciaire internationale requise par les 

autorités pénales espagnoles, dans la procédure pénale espagnole 

275/2008 et par J., juge auprès du Tribunal Supérieur de la Justice de Ma-

drid, dans la procédure pénale espagnole 01/09. 

AU FOND 

Préalablement 

2. Confirmer l'effet suspensif du présent recours et dire que la décision de clô-

ture en matière d'entraide pénale internationale, rendue par le ministère 

public de la Confédération le 13 février 2014 dans la procédure 

RH.09.0044 ne sera pas exécutée jusqu'à droit jugé par la Cour des plain-

tes du Tribunal pénal fédéral.  

Principalement 

3. Annuler et mettre à néant la décision dont est recours relativement à la 

transmission à l'autorité requérante de la documentation bancaire (sous 

numérotation MPC-00499 à MPC-00518) du compte n
o
 1 de A. LTD en les 

livres de la banque D. […]. 

- 5 - 

 

 

4. Débouter tout opposant de toutes autres ou contraires conclusions. 

5. Allouer à la recourante une indemnité à titre de dépens." 

 

 

G. Invité à se déterminer, le MPC a conclu au rejet du recours et produit le 

dossier de la cause (act. 10). L’OFJ a pour sa part indiqué se rallier à la 

décision entreprise et renoncer à présenter des observations (act. 8). La 

recourante a répliqué en date du 28 avril 2014 (act. 12). Une copie de la 

réplique a été adressée pour information au MPC et à l’OFJ par le greffe de 

céans (act. 13). 

 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris 

si nécessaire dans les considérants en droit. 

 

 

 

 

La Cour considère en droit: 

 

1. La Confédération suisse et le Royaume d’Espagne sont tous deux parties à 

la Convention européenne d’entraide judiciaire en matière pénale (CEEJ; 

RS 0.351.1). Les art. 48 ss de la Convention d’application de l’Accord 

Schengen du 14 juin 1985 (CAAS; n° CELEX 42000A0922(02); Journal of-

ficiel de l’Union européenne L 239 du 22 septembre 2000, p. 19 à 62) 

s’appliquent également à l’entraide pénale entre ces deux Etats. Peut éga-

lement s’appliquer en l’occurrence la Convention du Conseil de l’Europe re-

lative au blanchiment, au dépistage, à la saisie et à la confiscation des pro-

duits du crime (CBl; RS 0.311.53). Les dispositions de ces traités 

l’emportent sur le droit autonome qui régit la matière, soit la loi fédérale sur 

l'entraide internationale en matière pénale (EIMP; RS 351.1) et son ordon-

nance d’exécution (OEIMP; RS 351.11). Le droit interne reste toutefois ap-

plicable aux questions non réglées, explicitement ou implicitement, par le 

traité et lorsqu’il est plus favorable à l’entraide (ATF 137 IV 33 consid. 

2.2.2; 136 IV 82 consid. 3.1; arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2010.9 du 

15 avril 2010, consid. 1.3), ce qui est valable aussi dans le rapport entre el-

les des normes internationales (v. art. 48 ch. 2 CAAS et 39 ch. 2 CBl). 

L’application de la norme la plus favorable doit avoir lieu dans le respect 

des droits fondamentaux (ATF 135 IV 212 consid. 2.3; 123 II 595 

consid. 7c). 

 

1.1 En vertu de l’art. 37 al. 2 let. a LOAP, mis en relation avec les art. 25 al. 1 

et 80e al. 1 EIMP, la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral est com-

- 6 - 

 

 

pétente pour connaître des recours dirigés contre les décisions de clôture 

de la procédure d’entraide rendues par l’autorité fédérale d’exécution. 

 

1.2 Le délai de recours contre la décision de clôture est de 30 jours dès la 

communication écrite de celle-ci (art. 80k EIMP). Déposé à un bureau de 

poste suisse le 17 mars 2014, le recours contre la décision entreprise est 

intervenu en temps utile. 

 

1.3 Selon l'art. 80h let. b EIMP, la qualité pour agir contre une mesure d'en-

traide judiciaire est reconnue à celui qui est personnellement et directement 

touché par la mesure d’entraide. La personne visée par la procédure pé-

nale étrangère peut recourir aux mêmes conditions (art. 21 al. 3 EIMP). 

Aux termes de l’art. 9a let. a OEIMP, est notamment réputé personnelle-

ment et directement touché au sens des art. 21 al. 3 et 80h EIMP, en cas 

d’informations sur un compte, le titulaire du compte dont les documents 

font l’objet de la décision de clôture. En application de ces principes, la 

qualité pour recourir est reconnue à la recourante, en tant que titulaire de la 

relation bancaire visée par la mesure querellée (v. supra let. D). 

 

 

2. La recourante se plaint en substance d’une violation du principe de la pro-

portionnalité (act. 1, p. 10 s.). Selon elle, le MPC "ne saurait, a posteriori, 

de son propre chef et sans en être requis, substituer son propre pouvoir 

d'examen à celui de l'autorité requérante pour décider de transmettre des 

documents [auxquels] cette dernière a délibérément renoncé[s]" (act. 1, 

p. 13). 

 

2.1 Selon le principe de la proportionnalité, la question de savoir si les rensei-

gnements demandés sont nécessaires ou simplement utiles à la procédure 

pénale est en principe laissée à l’appréciation des autorités de poursuite de 

l’Etat requérant. L’Etat requis ne disposant généralement pas des moyens 

qui lui permettraient de se prononcer sur l’opportunité de l’administration 

des preuves acquises au cours de l’instruction étrangère, il ne saurait subs-

tituer sur ce point sa propre appréciation à celle des magistrats chargés de 

l’instruction. La coopération ne peut dès lors être refusée que si les actes 

requis sont manifestement sans rapport avec l’infraction poursuivie et im-

propres à faire progresser l’enquête, de sorte que la demande apparaît 

comme le prétexte à une recherche indéterminée de moyens de preuve 

(ATF 122 II 367 consid. 2c; arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2009.33-36 

du 25 juin 2009, consid. 3.1). Le principe de la proportionnalité interdit en 

outre à l’autorité suisse d’aller au-delà des requêtes qui lui sont adressées 

et d’accorder à l’Etat requérant plus qu’il n’a demandé. Cela n’empêche 

- 7 - 

 

 

pas d’interpréter la demande selon le sens que l’on peut raisonnablement 

lui donner. Le cas échéant, une interprétation large est admissible s’il est 

établi que toutes les conditions à l’octroi de l’entraide sont remplies; ce 

mode de procéder permet aussi d’éviter d’éventuelles demandes complé-

mentaires (ATF 121 II 241 consid. 3a; arrêt du Tribunal pénal fédéral 

RR.2009.286-287 du 10 février 2010, consid. 4.1). Enfin, l’entraide vise non 

seulement à recueillir des preuves à charge, mais également à décharge 

(arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2008.287 du 9 avril 2009, consid. 2.2.4 

et la jurisprudence citée). 

 

2.2  

2.2.1 Comme rappelé plus haut, l’autorité requérante enquête sur les agisse-

ments de B. (v. supra let. A), soupçonné d’avoir mis en place un vaste ré-

seau de sociétés dans le but de blanchir des bénéfices obtenus de manière 

illicite en Espagne, notamment ensuite d’actes de corruption prenant la 

forme de remise d’argent et de cadeaux à des responsables politiques im-

pliqués dans l’octroi de marchés publics (v. supra ibidem). Une partie au 

moins des valeurs patrimoniales ainsi obtenues en exécution de ces con-

trats aurait ensuite transité par ledit réseau de sociétés – dont certaines si-

tuées à l’étranger –, avant d’être réinjectée dans le circuit financier espa-

gnol. Pareils agissements, s’ils devaient être confirmés, tomberaient en 

droit suisse sous le coup de l’art. 305
bis

 CP réprimant le blanchiment 

d’argent (v. ATF 137 IV 79 consid. 3.2 in fine). 

 

Cela étant, l’autorité requérante soupçonne le dénommé K., alors maire de 

la ville de Z. (région de Madrid), d'avoir perçu, à titre personnel, des fonds 

en lien avec son activité publique dans le cadre d'adjudications de travaux 

publics. Ces fonds auraient transité par un compte ouvert au nom de la so-

ciété I. en les livres de la banque D., compte qui a pour ayants droit éco-

nomiques tant K. que B., l'un des principaux prévenus dans l'enquête es-

pagnole. Or il appert que l’exécution de la demande d’entraide a révélé 

que, en date du 27 décembre 2004, un versement à hauteur de EUR 

52'845.-- a été opéré du compte de la recourante en faveur de celui de la 

société I. Dans ces conditions, force est d’admettre qu’il existe un rapport 

objectif entre le compte de la recourante, d’une part, et les infractions fai-

sant l’objet de l’investigation espagnole, d’autre part. Le fait que la procédu-

re espagnole ne soit pas dirigée formellement contre la recourante ne 

constitue pas un obstacle à l’entraide. S’agissant de demandes relatives à 

des informations bancaires, il convient en effet de transmettre tous les do-

cuments qui peuvent avoir trait au soupçon exposé dans la demande 

d’entraide; il suffit qu’il existe un lien de connexité entre l’état de fait sur le-

quel porte l’enquête pénale menée par les autorités de l’Etat requérant et 

- 8 - 

 

 

les documents visés par la remise pour que ceux-ci doivent être remis. Les 

autorités suisses sont tenues, au sens de la procédure d’entraide, 

d’assister les autorités étrangères dans la recherche de la vérité en exécu-

tant toute mesure présentant un rapport suffisant avec l’enquête pénale à 

l’étranger (ATF 129 II 462 consid. 5.3; arrêts du Tribunal fédéral 

1A.189/2006 du 7 février 2007, consid. 3.1; 1A.72/2006 du 13 juillet 2006, 

consid. 3.1). 

 

2.2.2 Lorsque la demande vise à éclaircir le cheminement de fonds d’origine dé-

lictueuse, il convient en principe d’informer l’Etat requérant de toutes les 

transactions opérées au nom des entités (personnes physiques ou mo-

rales) et par le biais des comptes impliqués dans l’affaire, même sur une 

période relativement étendue (ATF 121 II 241 consid. 3c). S’agissant d'un 

compte susceptible, comme en l’espèce, d’avoir joué un rôle dans un mé-

canisme de blanchiment d'argent, l’autorité requérante a intérêt à pouvoir 

prendre connaissance de toute transaction susceptible de s’inscrire dans le 

mécanisme frauduleux mis en place par les personnes sous enquête en 

Espagne. C'est en vain que la recourante argue du fait que les documents 

dont la transmission est aujourd'hui ordonnée par le MPC ne figuraient pas 

au nombre de ceux pour lesquels les fonctionnaires espagnols avaient, en 

octobre 2013 lors de leur passage en Suisse, fait part de leur intérêt. En 

d'autres termes, l'argument selon lequel l'autorité requérante aurait "délibé-

rément renoncé" à prendre connaissance de ces informations complémen-

taires (act. 1, p. 13) ne convainc pas. En effet, au moment de désigner les 

pièces présentant à leurs yeux un intérêt pour leurs investigations, lesdits 

fonctionnaires ne pouvaient pas encore savoir ce que la demande d'édition 

bancaire intervenue postérieurement à la séance de tri – soit le 16 octobre 

2013 – allait produire comme résultats. Or si la demande d'édition bancaire 

avait certes pour but d'obtenir les justificatifs relatifs aux transactions ex-

pressément indiquées par l'autorité requérante, il n'en demeure pas moins 

que l'autorité d'exécution, sur la base des documents nouvellement pro-

duits par la banque D., a été en mesure de mettre à jour des transactions 

supplémentaires présentant un lien avec la procédure espagnole. Dès lors 

que certaines des entités impliquées dans lesdites transactions ont, dans le 

cadre de la procédure d'entraide conduite par le MPC, déjà fait l'objet de 

décisions de clôture séparées, force est d'admettre avec l'autorité d'exécu-

tion qu'elles peuvent présenter un intérêt évident pour l'autorité requérante. 

 

Certes, il se peut également que le compte litigieux n’ait pas servi à rece-

voir le produit d’infractions pénales, ni à opérer des virements illicites ou à 

blanchir des fonds. L’autorité requérante n’en dispose pas moins d’un inté-

rêt à pouvoir le vérifier elle-même, sur le vu d’une documentation complète, 

- 9 - 

 

 

étant rappelé que l’entraide vise non seulement à recueillir des preuves à 

charge, mais également à décharge (ATF 118 Ib 547 consid. 3a; arrêt du 

Tribunal fédéral 1A.88/2006 du 22 juin 2006, consid. 5.3; arrêt du Tribunal 

pénal fédéral RR.2007.29 du 30 mai 2007, consid 4.2). Selon la jurispru-

dence, le principe de l’utilité potentielle joue un rôle crucial dans 

l’application du principe de la proportionnalité en matière d’entraide pénale 

internationale. C’est le propre de l’entraide de favoriser la découverte de 

faits, d’informations et de moyens de preuve, y compris ceux dont l’autorité 

de poursuite étrangère ne soupçonne pas l’existence. Il ne s’agit pas seu-

lement d’aider l’Etat requérant à prouver des faits révélés par l’enquête qu’il 

conduit, mais d’en dévoiler d’autres, s’ils existent. Il en découle, pour 

l’autorité d’exécution, un devoir d’exhaustivité, qui justifie de communiquer 

tous les éléments qu’elle a réunis, propres à servir l’enquête étrangère, afin 

d’éclairer dans tous ses aspects les rouages du mécanisme délictueux 

poursuivi dans l’Etat requérant (arrêts du Tribunal pénal fédéral 

RR.2010.173 du 13 octobre 2010, consid. 4.2.4/a et RR.2009.320 du 2 fé-

vrier 2010, consid. 4.1; ZIMMERMANN, La coopération judiciaire internatio-

nale en matière pénale, 3
e
 éd., Berne 2009, n° 722, p. 673 s.). 

 

En l’espèce, l’autorité d’exécution entend transmettre les justificatifs relatifs 

à onze opérations bancaires opérées à partir ou en faveur du compte de la 

recourante. Ces opérations ont été effectuées entre 2004 et 2008 – soit 

une période correspondant à celle des faits sous enquête en Espagne. 

Comme déjà relevé, il apparaît que les titulaires des comptes en question, 

à tout le moins certains d'entre eux, ont déjà fait l'objet de décisions de clô-

ture séparées de la part du MPC dans le cadre de l'exécution de la de-

mande d'entraide espagnole. Sur le vu des considérations qui précèdent, 

force est de constater que l’autorité d’exécution n’a pas violé le principe de 

la proportionnalité en autorisant la remise aux autorités espagnoles des in-

formations bancaires relatives aux onze opérations susmentionnées, et ce 

au regard du principe cardinal de l'utilité potentielle dont l'importance en 

matière d'entraide a été rappelée ci-avant. Il s’ensuit que le grief tiré de la 

violation du principe de la proportionnalité n’est en l'espèce pas fondé et 

doit être rejeté. 

 

  

3. Les considérants qui précèdent conduisent au rejet du recours. 

 

 

4. En règle générale, les frais de procédure comprenant l'émolument d'arrêté, 

les émoluments de chancellerie et les débours sont mis à la charge des 

parties qui succombent (art. 63 al. 1 PA, applicable par renvoi de l'art. 39 

http://links.weblaw.ch/BGE-118-IB-547
http://links.weblaw.ch/1A.88/2006

- 10 - 

 

 

al. 2 let. b LOAP). Le montant de l'émolument est calculé en fonction de 

l'ampleur et de la difficulté de la cause, de la façon de procéder des parties, 

de leur situation financière et des frais de chancellerie (art. 73 al. 2 LOAP). 

La recourante supportera ainsi les frais du présent arrêt, fixés à 

CHF 4'000.-- (art. 73 al. 2 LOAP et art. 8 al. 3 du règlement du Tribunal pé-

nal fédéral sur les frais, émoluments, dépens, et indemnités de la procédu-

re pénale fédérale du 31 août 2010 [RFPPF; RD 173.713.162] et art. 63 al. 

5 PA), entièrement couverts par l'avance de frais effectuée. 

 

 

- 11 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Le recours est rejeté. 

 

2. Un émolument de CHF 4'000.--, couvert par l'avance de frais déjà versée, 

est mis à la charge de la recourante.  

 

 

Bellinzone, le 4 septembre 2014 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le président:  Le greffier:  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Me Shahram Dini, avocat 

- Ministère public de la Confédération 

- Office fédéral de la justice, Unité Entraide judiciaire 

 

 

Indication des voies de recours 

Le recours contre une décision en matière d’entraide pénale internationale doit être déposé devant 
le Tribunal fédéral dans les 10 jours qui suivent la notification de l’expédition complète (art. 100 al. 
1 et 2 let. b LTF). 
 
Le recours n’est recevable contre une décision rendue en matière d’entraide pénale internationale 
que s’il a pour objet une extradition, une saisie, le transfert d’objets ou de valeurs ou la 
transmission de renseignements concernant le domaine secret et s’il concerne un cas 
particulièrement important (art. 84 al. 1 LTF). Un cas est particulièrement important notamment 
lorsqu’il y a des raisons de supposer que la procédure à l’étranger viole des principes 
fondamentaux ou comporte d’autres vices graves (art. 84 al. 2 LTF).