# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 81c7a3d0-670a-55a0-a1b6-2daadf8dc48e
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-10-05
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 05.10.2018 P/550/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-550-2018_2018-10-05.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/550/2018 ACPR/576/2018 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du vendredi 5 octobre 2018 

 

Entre 

 

A______, p.a. B______ Sàrl, ______ [VD], comparant en personne, 

recourant, 

 

contre l'ordonnance rendue le 12 juin 2018 par le Tribunal de police, 

 

et 

 

SERVICE DES CONTRAVENTIONS, chemin de la Gravière 5, case postale 104, 1211 

Genève 8, 

LE TRIBUNAL DE POLICE, rue des Chaudronniers 9, 1204 Genève - case postale 3715, 

1211 Genève 3, 

intimés. 

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P/550/2018 

EN FAIT : 

A. Par acte expédié au greffe du Tribunal pénal le 14 juin 2018, qui l'a, à son tour, 
transmis à la Chambre de céans, A______ recourt contre l'ordonnance du 12 juin 
2018, notifiée le lendemain, par laquelle le Tribunal de police a constaté son défaut à 
l'audience de jugement et dit que les oppositions qu'il avait formées contre les 
ordonnances pénales des 10 et 11 octobre 2017 étaient réputées retirées, ces 
ordonnances étant assimilées à des jugements entrés en force. 

Le recourant conclut à ce qu'une nouvelle audience soit appointée par le Tribunal 
pénal. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier : 

a. Selon les rapports de contraventions du 14 septembre 2017, A______, 
représentant légal de la société C______ SA, a été mis, le 8 mai 2017, en demeure 
d'informer le Service des contraventions, dans un délai de 30 jours, de l'identité de 
l'auteur de l'infraction n° 1______. 

La même demande lui avait été formulée le 17 mai 2017, en tant que représentant 
légal de la société D______ Sàrl, concernant l'infraction n° 2______. 

b. N'ayant reçu aucune réponse de sa part, le Service des contraventions a 
condamné A______, par ordonnances pénales n° 3______ du 10 octobre 2017 et  
n° 4______ du 11 octobre 2017, à verser la somme totale de CHF 1'500.-  
(2 x CHF 750.-) pour ne pas s'être conformé à l'obligation de renseigner sur l'identité 
du conducteur ou désigner la personne à laquelle le véhicule avait été confié. 

c. Par lettre adressée au Service des contraventions le 22 décembre 2017, A______ 
a prié ledit service de "revoir ses décisions" faisant état de difficultés dans 
l'acheminement de son courrier qui l'auraient empêché de répondre dans le délai aux 
demandes de renseignements. 

d. Le 10 janvier 2018, le Service des contraventions, considérant les oppositions 
formées le 22 décembre 2017 par A______ comme tardives, a transmis les 
procédures au Tribunal de police afin qu'il se détermine sur la validité tant des 
ordonnances pénales que des oppositions. 

e. Par lettre du 6 février 2018, le Tribunal de police a imparti un délai au 26 février 
2018 à A______ afin qu'il se détermine sur l'apparente irrecevabilité de ses 
oppositions. 

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f. Le 23 mars 2018, A______ a réitéré son opposition aux ordonnances pénales. 
Son changement d'adresse ayant provoqué des "croisements de courriers" à l'origine 
de son opposition tardive, il mentionnait l'adresse à laquelle tout courrier devait lui 
être adressé afin de "permettre une réception en temps et en heure", soit chez 
B______ Sàrl à ______ [VD]. 

g. Un mandat de comparution à une audience par devant le Tribunal de police, le 
12 juin 2018 à 10 heures lui a été transmis par courrier recommandé à cette adresse, 
mentionnant que s'il ne se présentait pas à l'audience, sans excuse valable, 
l'opposition serait réputée retirée et l'ordonnance pénale déclarée exécutoire. 

h. À teneur du procès-verbal d'audience du 12 juin 2018, la cause a été appelée  
à 10 heures 05. A______ n'était ni présent ni excusé. L'audience a pris fin à  
10 heures 10. 

C. Dans l'ordonnance querellée, le Tribunal de police, constatant le défaut non excusé 
de A______, dûment convoqué, à l'audience de jugement, a fait application des  
art. 357 al. 2 et 354 al. 3 CPP et dit que les oppositions formées contre les 
ordonnances pénales des 10 et 11 octobre 2017 étaient réputées retirées. 

D. a. Dans son recours, A______ expose qu'ayant égaré la convocation du Tribunal de 
police, il s'était présenté le 13 juin 2018  – soit le lendemain de l'audience – au 
Tribunal de première instance (ci-après : TPI) en lieu et place du Tribunal de police. 
Le TPI l'avait alors informé qu'il n'avait été convoqué à aucune audience. 

b. À réception du recours, la cause a été gardée à juger, sans échange d'écritures ni 
débats. 

EN DROIT : 

1. 1.1. Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme prescrite  
(art. 90 al. 2, 396 al. 1 et 385 al. 1 CPP), concerner une décision du Tribunal de 
police sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. b CPP; 
arrêts du Tribunal fédéral 6B_346/2011 du 1er juillet 2011 consid. 4.2 et 
6B_801/2013 du 17 décembre 2013 consid. 1.1) et émaner du prévenu, qui a la 
qualité pour agir (art. 104 al. 1 let. a, 111 et 382 al. 1 CPP) et un intérêt 
juridiquement protégé à l'annulation ou la modification de l'ordonnance entreprise 
(382 al. 1 CPP). 

1.2. Le recours a également été formé dans le délai fixé par l'art. 396 CPP, soit 
dans les dix jours dès la notification de la décision entreprise.  

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Le délai est, en effet, réputé observé si l'acte de procédure est accompli auprès de 
l'autorité compétente au plus tard le dernier jour du délai (art. 91 al. 1 CPP), c'est-à-
dire si les écrits sont remis ce jour-là à l'autorité pénale ou à la Poste suisse (art. 91 
al. 2 CPP). En l'occurrence, le recours a bien été expédié le 14 juin 2018, mais a été 
adressé au Tribunal pénal et, partant, à une autorité non compétente pour en 
connaître. Selon l'art. 91 al. 4 CPP, le délai est néanmoins réputé observé si l'écrit 
parvient, dans le délai, à une mauvaise autorité, puis que celle-ci le transmet sans 
retard à l'autorité compétente, ce qui fut le cas en l'espèce. 

2. La Chambre pénale de recours peut décider d'emblée de traiter sans échange 
d'écritures ni débats les recours manifestement irrecevables ou mal fondés (art. 390 
al. 2 et 5 a contrario CPP). Tel est le cas en l'occurrence, au vu des considérations 
qui suivent. 

3. 3.1. À teneur de l'art. 357 al. 1 CPP, lorsque des autorités administratives sont 
instituées en vue de la poursuite et du jugement des contraventions, elles ont les 
attributions du ministère public. L'art. 357 al. 2 CPP renvoyant aux dispositions sur 
l'ordonnance pénale, applicables par analogie à la procédure pénale en matière de 
contraventions.  

3.2. Selon l'art. 356 al. 2 CPP, en cas d'opposition à une ordonnance pénale 
rendue par le Ministère public, le Tribunal de première instance – en l'occurrence le 
Tribunal de police – statue sur la validité de l'ordonnance pénale et de l'opposition à 
celle-ci. 

3.3. À teneur de l'art. 356 al. 4 CPP, si l'opposant à une ordonnance pénale fait 
défaut aux débats devant le tribunal de première instance sans être excusé et sans se 
faire représenter, son opposition est réputée retirée. Toutefois, à la différence de ce 
que prévoit l'art. 355 al. 2 CPP pour la procédure d'opposition devant le ministère 
public, l'opposant qui fait défaut aux débats devant le Tribunal a le droit de se faire 
représenter, à moins que, lorsqu'il est prévenu, sa présence n'ait, comme en l'espèce, 
été exigée (Message relatif à l'unification du droit de la procédure pénale (CPP) du 
21 décembre 2005, FF 2006 1275 ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_289/2013 du 6 mai 
2014 consid. 12.2 et références citées; 6B_747/2012 du 7 février 2014 consid. 3.3). 

L'art. 356 al. 4 CPP, qui exclut l'application des règles sur la procédure par défaut, 
trouve application non seulement en cas de contravention, mais aussi s'agissant de 
délits voire de crimes, son champ d'application étant déterminé non par le type de 
l'infraction mais par la compétence répressive du ministère public. Cette norme 
constitue ainsi une règle spéciale par rapport à l'art. 336 CPP, qui régit les débats de 
première instance et rend, en cas d'absence injustifiée, la procédure par défaut 
applicable (art. 336 al. 4 CPP) (arrêt du Tribunal fédéral 6B_289/2013 du 6 mai 2014 
consid. 12.3). 

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L'art. 356 al. 4 CPP ne définit pas à quelles conditions un empêchement peut être 
considéré comme excusé ou non. Conformément à l'art. 94 al. 1 CPP, applicable par 
analogie, une partie peut demander la restitution du délai si elle a été empêchée de 
l'observer et qu'elle est de ce fait exposée à un préjudice important et irréparable. Elle 
doit toutefois rendre vraisemblable que le défaut n'est imputable à aucune faute de sa 
part. Un empêchement subjectif suffit. La jurisprudence admettant que cette norme 
permet à l'opposant défaillant de demander la restitution du terme de comparution 
(arrêt du Tribunal fédéral 6B_360/2013 du 3 octobre 2013 consid. 3.3), il n'y a pas de 
raison de se montrer plus sévère à l'égard de l'opposant qui annonce son absence et 
demande le renvoi avant les débats. De même, la jurisprudence a déduit des garanties 
conventionnelles et constitutionnelles du droit de l'accusé à être jugé en sa présence 
que l'absence doit être considérée comme valablement excusée non seulement en cas 
de force majeure (impossibilité objective de comparaître), mais également en cas 
d'impossibilité subjective, due à des circonstances personnelles ou à une erreur non 
imputable au défaillant (ATF 127 I 213 consid. 3a p. 216). Les mêmes principes 
s'appliquent au stade de l'audience d'appel. Il n'y a pas lieu de s'en écarter dans le 
cadre de l'art. 356 al. 4 CPP (arrêt du Tribunal fédéral 6B_289/2013 du 6 mai 2014 
consid. 11.3 et références citées). 

Au considérant 3.3 de l'arrêt 6B_747/2012 du 7 février 2014 précité, le Tribunal 
fédéral s'est inspiré, par analogie, des principes dégagés de l'art. 336 al. 3 CPP, selon 
lesquels pour être dispensé à se présenter, le prévenu doit se prévaloir d'un 
empêchement majeur tel que la maladie ou un domicile à l'étranger, cela pour autant 
que la comparution lui occasionne des frais disproportionnés en comparaison de 
l'importance de la cause (A. KUHN / Y. JEANNERET (éds), Commentaire romand : 
Code de procédure pénale suisse, Bâle 2011, n° 2 ad art. 336). De simples 
obligations professionnelles ne suffisent pas (P.-R. Wyder, Basler Kommentar, 2011, 
n° 17 ad art. 336). 

3.4. En l'espèce, le recourant allègue avoir été empêché de comparaître devant le juge  
au motif qu'ayant égaré sa convocation, il s'était présenté, le lendemain, devant une 
autre juridiction. 

Il ne s'agit cependant pas d'un empêchement non fautif au sens des principes sus-
rappelés. 

En effet, le recourant tente de justifier son absence par la perte de la convocation qui 
l'aurait amené à se présenter devant la mauvaise autorité, le lendemain de l'audience 
à laquelle il avait été convoqué. Il admet ainsi avoir reçu cette convocation. 
Responsable de sa perte, il lui appartenait d'effectuer les démarches pour retrouver la 
date et le lieu de l'audience à laquelle il avait été convoqué. Ne l'ayant pas fait, et ne 
s'étant, dès lors, pas présenté, par sa faute, devant le Tribunal de police, c'est à bon 

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droit que l'autorité précédente a pris note du défaut non excusé et fait application de 
l'art. 356 al. 4 CPP. 

4. Le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui comprendront un 
émolument de CHF 800.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif 
des frais en matière pénale, RTFMP ; E 4 10.03). 

* * * * * 

 

PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

 
Rejette le recours. 

Condamne A______ aux frais de la procédure de recours, qui comprennent un émolument 
de CHF 800.-. 

Notifie le présent arrêt ce jour, en copie, au recourant, au Service des contraventions et au 
Tribunal de police. 

Siégeant : 

Madame Corinne CHAPPUIS BUGNON, présidente; Monsieur Christian COQUOZ et 
Madame Daniela CHIABUDINI, juges; Monsieur Xavier VALDES, greffier. 

 

Le greffier : 

Xavier VALDES 

 La présidente : 

Corinne CHAPPUIS BUGNON 

 

 

 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en matière 

pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110); la 

qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss 

LTF. Le recours doit être formé dans les trente jours qui suivent la notification de l'expédition 

complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent être 

remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention de ce dernier, 

à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF). 

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P/550/2018 ÉTAT DE FRAIS   

 
 

 
COUR DE JUSTICE 

 

 
 
 
Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais en matière pénale 
(E 4 10.03). 
 

Débours (art. 2) 

- frais postaux CHF 30.00 

Émoluments généraux (art. 4)  

- délivrance de copies (let. a) CHF       

- délivrance de copies (let. b) CHF       

- état de frais (let. h) CHF 75.00 

Émoluments de la Chambre pénale de recours (art. 13)   

- décision sur recours (let. c) CHF 800.00 

-  CHF       

Total  CHF  905.00