# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 365893c3-e98e-5b91-b00d-d007113b24fd
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2025-03-24
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 24.03.2025 PE.2025.0050
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_PE-2025-0050_2025-03-24.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 24 mars 2025  

  
	
  Composition

  	
  M. Alex Dépraz, président;
  MM. Guillaume Vianin et Raphaël Gani, juges; Mme Nathalie Cuenin, greffière. 

  

 

	
  Recourant

  	
   

  	
  A.________, à ********, représenté par Me Matthieu Carrel, avocat à
  Lausanne,

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Service de la population (SPOP), à
  Lausanne.    

  

   

 

	
  Objet

  	
  Renvoi

  
	
   

  	
  Recours A.________ c/ décision du Service de la population
  (SPOP) du 21 janvier 2025 prononçant son renvoi de Suisse et de l'espace
  Schengen (art. 64 LEI).

  

 

Considérant en fait et en droit:

1.                     
A.________ (ci-après aussi: l'intéressé ou le recourant), ressortissant
du Nigéria né le ******** 1996, a été incarcéré le 3 avril 2024 sur ordre du
Ministère public de l'arrondissement de l'Est vaudois dans le cadre d'une
procédure pénale pour blanchiment d'argent et infraction grave à la loi
fédérale sur les stupéfiants. A.________ est en détention provisoire depuis
lors.

2.                     
Le 3 janvier 2025, le Service de la population (SPOP; ci-après aussi:
l'autorité intimée) a informé A.________ de son intention de prononcer son
renvoi de Suisse en l'absence d'une autorisation de séjour valable et lui a
imparti un délai de cinq jours pour faire valoir ses éventuelles objections.
L'intéressé n'a pas réagi en temps utile.

3.                     
Par décision du 21 janvier 2025, notifiée le 22 janvier 2025, le SPOP a
prononcé le renvoi de Suisse et de l'espace Schengen de A.________ avec effet
immédiat dès sa sortie de prison.

4.                     
Le 23 janvier 2025, A.________ a adressé au SPOP un courrier dans lequel
il demande s'il est possible qu'il soit expulsé en Italie à sa sortie de
détention, invoquant y résider et y travailler et y avoir ses documents
d'identité.

5.                     
A la requête du SPOP, le Service pénitentiaire lui a transmis une carte
d'identité italienne pour étrangers et un permis de séjour ("permesso di
soggiorno") qui se trouvaient dans les effets personnels du recourant.

6.                     
Le 3 février 2025, l'avocat de l'intéressé est intervenu auprès du SPOP
et a requis que le courrier du 23 janvier 2025 soit considéré comme un recours
et transmis à la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal
(CDAP) comme objet de sa compétence dans l'hypothèse où un renvoi vers l'Italie
ne serait pas possible.

7.                     
Le 8 février 2025, le SPOP a été informé par le centre de coopération
des polices et des douanes que l'intéressé n'était plus titulaire d'un permis
de séjour en Italie.

8.                     
Le 13 mars 2025, le SPOP a transmis le courrier du 23 janvier 2025 de A.________
à la CDAP comme objet de sa compétence avec son dossier.

9.                     
Le 18 mars 2025, l'avocat de l'intéressé a requis en son nom auprès de
la CDAP l'octroi de l'assistance judiciaire avec sa désignation comme conseil
d'office ainsi que la possibilité de déposer un mémoire ampliatif.

10.                  
La décision du SPOP, fondée sur les art. 64 ss de la loi fédérale du 16
décembre 2005 sur les étrangers et l’intégration (LEI; RS 142.20), peut faire
l’objet d’un recours de droit administratif au sens des art. 92 ss de la loi
vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; BLV
173.36) dans un délai de cinq jours ouvrables suivant sa notification (art. 64
al. 3 LEI).

11.                  
En l'occurrence, il est douteux que le recourant ait manifesté
clairement son intention de recourir dans le délai légal de cinq jours. En
effet, dans son courrier du 23 janvier 2025, qui a été adressé à l'autorité
intimée et non à la Cour de céans, le recourant mentionne uniquement son
souhait d'être expulsé si possible vers l'Italie – ce qui comme on le verra
relève de l'exécution de la décision attaquée – sans indiquer clairement qu'il
conteste celle-ci. Le courrier de son avocat du 3 février 2025, dont ressort
son intention de recourir auprès de la CDAP, a été déposé après le délai de
recours de cinq jours ouvrables.  Quoi qu'il en soit, la question de la
recevabilité du recours peut rester indécise, le recours, à supposer qu'il soit
recevable, devant de toute manière être rejeté pour les motifs qui suivent.

12.                  
Il n'y a pas lieu d'impartir un délai au recourant pour compléter son
mémoire comme il le requiert. En effet, le recourant avait connaissance au plus
tard le 3 février 2025 du fait que sa lettre du 23 janvier 2025 n'avait pas été
transmise à la CDAP et il lui appartenait sous l'angle de la bonne foi de
compléter déjà à ce moment-là son argumentation s'il entendait faire valoir ses
arguments devant la CDAP. Impartir un délai au recourant pour compléter son
recours reviendrait dans ces circonstances à prolonger le délai de recours de
l'art. 64 al. 3 LEI dont la brièveté s'explique par le fait que les décisions
de renvoi doivent pouvoir être exécutées rapidement.

13.                  
Aux termes de l'art. 64 al. 1 LEI, les autorités compétentes rendent une
décision de renvoi ordinaire à l’encontre d’un étranger qui n’a pas
d’autorisation alors qu’il y est tenu (let. a), d’un étranger qui ne remplit
pas ou ne remplit plus les conditions d'entrée en Suisse (art. 5) (let. b) ou
d’un étranger auquel une autorisation est refusée ou dont l'autorisation, bien
que requise, est révoquée ou n'est pas prolongée après un séjour autorisé (let.
c). L'art. 5 al. 1 LEI, auquel renvoie l'art. 64 al. 1 let. b LEI, prévoit que,
pour entrer en Suisse, tout étranger doit notamment avoir une pièce de
légitimation reconnue pour le passage de la frontière et être muni d'un visa si
ce dernier est requis (let. a), disposer des moyens financiers nécessaires
à son séjour (lit. b) et ne représenter aucune menace pour la sécurité et
l’ordre publics ni pour les relations internationales de la Suisse (let. c).
D’après l’art. 64 al. 2 LEI, l’étranger qui séjourne illégalement en Suisse et
qui dispose d’un titre de séjour valable délivré par un autre Etat lié par l’un
des accords d’association à Schengen est invité sans décision formelle à se
rendre immédiatement dans cet Etat. S’il ne donne pas suite à cette invitation,
une décision au sens de l’al. 1 est rendue. Si des motifs de sécurité et
d’ordre publics, de sécurité intérieure ou extérieure justifient un départ
immédiat, une décision est rendue sans invite préalable. D’après l’art. 69 LEI,
relatif à l’exécution du renvoi ou de l’expulsion, si l’étranger a la possibilité
de se rendre légalement dans plusieurs États, l’autorité compétente peut le
renvoyer ou l’expulser dans le pays de son choix.

14.                  
En l'occurrence, il ne ressort pas du dossier que le recourant
prétendrait disposer d'une autorisation de séjour en Suisse. Peu importe en
outre qu'il dise disposer d'un titre de séjour en Italie, soit dans un Etat
membre de l'espace Schengen. En effet, détenu provisoirement depuis le 3 avril
2024 au motif qu'il aurait participé activement à un important trafic de
cocaïne, le recourant représente manifestement une menace pour la sécurité
publique qui justifie son renvoi immédiat dès sa sortie de prison (art. 64 al.
1 let. b LEI et art. 64d al. 2 let. a LEI).

15.                  
Pour le surplus, de jurisprudence constante (arrêts CDAP PE.2025.0008 du
18 mars 2025 consid. 3c; PE.2025.0017 du 7 mars 2025 consid. 3b; PE.2025.0013
du 12 février 2025 consid. 2; PE.2024.0191 du 7 janvier 2025 consid. 3;
PE.2024.0177 du 1er novembre 2024 consid. 2; PE.2024.0130 du 10
septembre 2024 consid. 2c), la question de savoir si le recourant pourra être
renvoyé vers l'Italie, comme il le souhaite, ou s'il devra être renvoyé vers
son pays d'origine doit être examinée au stade ultérieur de l'exécution de la
décision de renvoi. En effet, la décision de renvoi précise expressément que
l'obligation de quitter le territoire des pays membres de l'espace Schengen est
soumise à la condition que l'intéressé ne soit pas titulaire d'un permis de
séjour dans l’un de ces Etats et que celui-ci consente à la réadmission sur son
territoire. Autrement dit, la décision attaquée ne préjuge pas de la
possibilité d'un renvoi vers l'Italie, même si, au vu des éléments recueillis
par le SPOP, l'intéressé ne paraît plus disposer d'un titre de séjour valable
dans ce pays.

16.                  
Manifestement mal fondé, le recours doit être rejeté par un arrêt
sommairement motivé (art. 82 LPA-VD). Dès lors que le recours était d'emblée
dénué de toute chance de succès, la requête d'assistance judiciaire doit
également être rejetée (art. 18 al. 1 LPA-VD). Il peut être renoncé à la
perception d'un émolument judiciaire (art. 50 LPA-VD). Vu le sort du recours,
il n'y a pas lieu d'allouer des dépens (art. 55 LPA-VD).  

Par ces motifs

 la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

 

I.                      
Le recours est rejeté.

II.                     
La décision du Service de la population du 21 janvier 2025 est
confirmée.

III.                   
La requête d'assistance judiciaire est rejetée.

IV.                   
Il n'est pas perçu d'émolument ni alloué de dépens.

Lausanne, le 24 mars 2025

 

Le
président:                                                                                                 La
greffière:    

Le présent arrêt est communiqué aux participants à la
procédure, ainsi qu'au Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM).

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa
notification, d'un recours au Tribunal fédéral (Tribunal fédéral suisse, 1000
Lausanne 14). Le recours en matière de droit public s'exerce aux conditions des
articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS
173.110), le recours constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss
LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,
indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.
Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.
Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,
pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la
décision attaquée.