# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f777007d-45a3-5d38-9153-ec0728852e0d
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2009-04-07
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 07.04.2009 RR.2009.91
**Docket/Reference:** RR.2009.91
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_RR-2009-91_2009-04-07

## Full Text

Entraide judiciaire internationale en matière pénale à la République d'Haïti
Remise anticipée de valeurs patrimoniales (art. 74a EIMP); assistance judiciaire (art. 65 PA);;Entraide judiciaire internationale en matière pénale à la République d'Haïti
Remise anticipée de valeurs patrimoniales (art. 74a EIMP); assistance judiciaire (art. 65 PA);;Entraide judiciaire internationale en matière pénale à la République d'Haïti
Remise anticipée de valeurs patrimoniales (art. 74a EIMP); assistance judiciaire (art. 65 PA);;Entraide judiciaire internationale en matière pénale à la République d'Haïti
Remise anticipée de valeurs patrimoniales (art. 74a EIMP); assistance judiciaire (art. 65 PA)

Arrêt du 7 avril 2009  
IIe Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Cornelia Cova, prési-
dente, Giorgio Bomio et Roy Garré,  
le greffier David Glassey  

   

Parties  1. A.,  
2. B.,  
 

tous deux représentés par Me Marc Henzelin, 
avocat,  

recourants 
 

 contre 
   
  OFFICE FÉDÉRAL DE LA JUSTICE, UNITÉ EN-

TRAIDE JUDICIAIRE,  
partie adverse 

 
   

Objet  Entraide judiciaire internationale en matière pénale à 
la République d’Haïti 
 
Remise anticipée de valeurs patrimoniales (art. 74a 
EIMP); assistance judiciaire (art. 65 PA)  

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéro de dossier:  RR.2009.91-92 /  RP.2009.7-8   

 
 

 

 

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Faits: 
 

A. Le 11 février 2009, l’Office fédéral de la Justice (ci-après: OFJ) a ordonné 
la remise à la République d’Haïti de la totalité des avoirs de Jean-Claude 
DUVALIER (ex-«Président à vie» de la République d’Haïti entre 1971 et 
1986) et de divers proches et familiers de celui-ci. Ces avoirs, déposés sur 
les comptes n° 1 et n° 2 ouverts respectivement au nom de la FONDATION 
C. d’une part, et de Jean-Claude DUVALIER et D. d’autre part, dans les li-
vres de la banque E. à Genève, avaient été saisis en Suisse en 1986, suite 
à une demande d’entraide judiciaire internationale haïtienne de la même 
année, à laquelle de nombreux compléments furent apportés par la suite. 
Les autorités haïtiennes reprochaient notamment à Jean-Claude DUVA-
LIER et à ses proches et familiers d’avoir, sous le régime dictatorial du pré-
cité, vidé les caisses de l’Etat haïtien et détourné à leur profit des sommes 
considérables. 

 
 
B. A. affirme avoir été arrêté et détenu arbitrairement («without charges»; act. 

1.2) en Haïti peu après l’arrivée à la tête de l’Etat de Jean-Claude DUVA-
LIER. Après un bref séjour en prison («I was detained for a short period of 
time and was released»; act. 1.2), il aurait quitté son pays pour la Floride. 

 
B. affirme avoir été arrêté en Haïti en décembre 1980, au motif qu’il était 
soupçonné d’opposition au régime de Jean-Claude DUVALIER. Il affirme 
avoir subi des tortures durant sa détention qui dura environ 10 mois. Après 
sa libération, il quitta son pays clandestinement pour la Floride (act. 1.3). 
 
En mars 1986, A. et B. ont introduit, individuellement et au nom du peuple 
haïtien, une action en dommages et intérêts contre Jean-Claude DUVA-
LIER et F. devant la «United States District Court Southern District of Flori-
da». Les défendeurs n’ont jamais comparu à cette procédure, qui aboutit le 
8 janvier 1988 à un jugement par défaut. Sur les actions individuelles, la 
Cour a alloué des indemnités de USD 1'000'000.-- et USD 750'000.--, res-
pectivement à A. et B.. Sur l’action introduite au nom du peuple haïtien, la 
Cour alloua aux demandeurs une somme de USD 504'000'000.--, laquelle 
devait être reversée au peuple haïtien sous la supervision de cette même 
juridiction (act. 1.6). 
 
Tirant avantage des informations contenues dans la demande d’entraide 
formée à la Suisse en avril 1986 par le nouveau gouvernement d’Haïti, A. 
et B. ont entrepris des recherches afin de localiser les avoirs de Jean-
Claude DUVALIER et de F., en vue d’obtenir le paiement des créances 

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personnelles respectivement de USD 1'000'000.-- et de USD 750'000.-- 
nées en leur faveur en vertu du jugement américain du 8 janvier 1988 (act. 
1, p. 7, ch. 19). Le 7 janvier 2008, ils ont déposé auprès du Tribunal civil de 
Bâle-Ville deux requêtes de séquestre sur les avoirs appartenant à Jean-
Claude DUVALIER déjà saisis suite à la demande d’entraide haïtienne, soit 
en particulier les avoirs déposés sur le compte n° 1 précité (act. 1.12). A. et 
B. n’ont toutefois jamais fait valoir dans la procédure de séquestre en 
Suisse la créance en faveur du peuple haïtien dont il était question dans le 
jugement du 8 janvier 1988. Le 7 janvier 2008, le Juge du séquestre de 
Bâle-Ville a ordonné deux séquestres à hauteur respectivement de USD 
1'000'000.-- portant intérêts à 7,15% au 8 janvier 1988 en faveur de A. et 
de USD 750'000.-- portant intérêts à 7,15% au 8 janvier 1988 en faveur de 
B. Ces séquestres frappaient les compte n° 1 et n° 2 précités (act. 1.13). 
Les ordonnances de séquestre et les commandements de payer ont été 
publiés dans la Feuille officielle du canton de Bâle-Ville le 13 août 2008 
(act. 1.20). Le 31 octobre 2008, A. et B. ont déposé une action en contesta-
tion des prétentions de la FONDATION C. au sens de l’art. 108 LP devant 
le Tribunal civil de Bâle-Ville (act. 1.23). Cette procédure est actuellement  
pendante. 
 
    

C. Le 26 novembre 2008, A. et B. ont demandé à l’OFJ de bien vouloir tenir 
compte de leurs prétentions dans la décision à prendre sur une éventuelle 
remise à Haïti des avoirs sis en Suisse détenus par Jean-Claude DUVA-
LIER et ses complices (act. 1.32). En effet, si une partie des avoirs dépo-
sés sur les comptes n° 1 et n° 2 était grevée, depuis janvier 2008, d’un sé-
questre civil destiné à garantir leurs prétentions personnelles respectives 
en dommages et intérêts résultant du jugement américain, la totalité des 
avoirs déposés sur ces mêmes comptes était également l’objet, depuis 
1986, d’un séquestre prononcé suite à une demande d’entraide judiciaire 
internationale en matière pénale haïtienne. Ayant eu connaissance de la 
demande haïtienne tendant à la remise des fonds saisis, A. et B. 
s’inquiétaient dès lors de voir l’OFJ faire suite à cette demande (act. 1.32). 
Le 11 février 2009, l’OFJ leur a répondu qu’une décision rendue le même 
jour ordonnait la remise des fonds DUVALIER à la République d’Haïti. Cet 
Office précisait que le séquestre ordonné en vertu de la demande 
d’entraide judiciaire internationale en matière pénale formée par Haïti pri-
mait sur le séquestre civil prononcé en leur faveur (act. 1.33). 

 
 
D. Le 16 février 2009, A. et B. ont saisi l’OFJ d’une demande tendant à obtenir 

une copie de la décision de clôture rendue par cet Office le 11 février 2009 

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afférente à la transmission des avoirs DUVALIER à la République d’Haïti 
(act. 1.34). Le 27 février 2009, l’OFJ a refusé d’accéder à cette requête, au 
motif que les demandeurs n’étaient pas parties à la procédure d’entraide 
(act. 1.35). 

 
 
E. Le 16 mars 2009, A. et B. ont recouru contre la décision de l’OFJ du 11 fé-

vrier 2009 relative à la transmission des avoirs DUVALIER à la République 
d’Haïti. Ils concluent principalement à ce que l’entraide ne soit accordée et 
à ce que la remise des avoirs ne soit octroyée que pour les montants dé-
passant leurs créances personnelles respectives de USD 1'000'000.-- et 
USD 750'000.--, portant toutes deux intérêts à 7,15% au 8 janvier 1988. Ils 
requièrent préalablement l’accès au dossier et l’octroi d’un délai pour com-
pléter leur recours. Ils sollicitent enfin l’assistance judiciaire (act. 1).   
 
Les arguments et moyens de preuves invoqués par les parties seront repris 
si nécessaire dans les considérants en droit.  
 
 
 
La Cour considère en droit: 
 

1.  
1.1 En vertu de l’art. 28 al. 1 let. e ch. 1 de la Loi fédérale sur le Tribunal fédé-

ral (LTPF; RS 173.71), mis en relation avec les art. 80e al. 1 de la Loi fédé-
rale sur l’entraide sur l’entraide internationale en matière pénale (EIMP; RS 
351.1) et 9 al. 3 du Règlement du Tribunal pénal fédéral du 20 juin 2006 
(RS 173.710), la IIe Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral est compé-
tente pour connaître des recours dirigés contre les décisions de clôture de 
la procédure d’entraide rendues par l’autorité fédérale d’exécution. 

 
1.2 La Confédération suisse n’est pas liée à la République d’Haïti par un traité 

d’entraide judiciaire internationale en matière pénale. C’est donc exclusi-
vement sur la base du droit suisse autonome – c’est-à-dire de l'EIMP et de 
son ordonnance d'exécution (OEIMP; RS 351.11) – qu’il y a lieu de statuer 
sur le présent recours. 

 
2. Dans sa lettre du 11 février 2009 (v. supra let. C), l’OFJ a considéré que les 

recourants n’avaient pas qualité de partie à la procédure d’entraide. Il a dès 
lors refusé de leur notifier sa décision du 11 février 2009 relative à la 
transmission des avoirs DUVALIER à la République d’Haïti. 

 

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2.1 La personne qui reproche à l’autorité inférieure de lui avoir refusé à tort la 
qualité de partie à la procédure d’entraide est légitimée à recourir (ATF 124 
II 124 consid. 1b; 122 II 130 consid. 1; arrêt du Tribunal fédéral 1A.1/2009 
du 20 mars 2009, consid. 2.2.1).   

 
2.2 En l’espèce, les recourants s’estiment victimes du système dictatorial ayant 

eu cours en Haïti sous la présidence de Jean-Claude DUVALIER. Selon 
eux, les prétentions civiles personnelles en leur faveur résultant du juge-
ment américain du 8 janvier 1988 seraient connexes aux faits invoqués à 
l’appui de la demande d’entraide haïtienne de 1986 et de ses complé-
ments. Sur le fond, leur recours est fondé sur l’art. 74a al. 4 let. c EIMP. A 
teneur de cette disposition, les objets ou valeurs saisis en Suisse à titre 
conservatoire dont l’autorité étrangère compétente requiert la remise peu-
vent être retenus en Suisse si une personne étrangère à l’infraction et dont 
les prétentions ne sont pas garanties par l’Etat requérant rend vraisembla-
ble qu’elle a acquis de bonne foi en Suisse des droits sur ces objets ou va-
leurs, ou si, résidant habituellement en Suisse, elle rend vraisemblable 
qu’elle a acquis de bonne foi des droits sur eux à l’étranger. Les recourants 
invoquent cette disposition à l’appui de leur démarche tendant à ce que 
l’entraide ne soit accordée à Haïti – et la remise des avoirs effectuée – que 
pour les montants dépassant leurs créances personnelles respectives ré-
sultant du jugement américain du 8 janvier 1988. Estimant que seul le titu-
laire de droits réels peut se prévaloir de l’art. 74a al. 4 let. c EIMP, l’OFJ a 
dénié la qualité de parties à la procédure d’entraide aux recourants, qui ne 
prétendent pas avoir acquis de tels droits en Suisse sur les avoirs litigieux 
(act. 1.33). 

  
2.2.1 S’agissant d’une personne qui se prétend lésée dans la procédure pénale 

étrangère, la jurisprudence considère – même s’agissant de l’Etat requé-
rant lui-même – qu’elle ne peut en principe être admise en qualité de partie 
à la procédure d'entraide (TPF RR.2007.77 du 2 août 2007; RR.2007.183 
du 31 janvier 2008). Une exception à ce principe se justifie seulement dans 
la mesure où la sauvegarde des intérêts du lésé l’exige, à condition que n’y 
fassent pas obstacle des intérêts opposés et prépondérants, comme le rap-
pelle notamment l’art. 80b EIMP (ATF 127 II 104 consid. 3d). 

 
2.2.2 Dans le cas d’espèce, il ne se justifie pas de faire une exception au prin-

cipe selon lequel celui qui se prétend lésé dans la procédure pénale étran-
gère ne peut intervenir en qualité de partie à la procédure d'entraide. En ef-
fet, les recourants ne remplissent manifestement pas les conditions de la 
disposition qu’ils invoquent à l’appui de leur démarche. 

 

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a) Les recourants n’ont en effet jamais acquis en Suisse quelque droit que ce 
soit sur les avoirs de la FONDATION C., au sens de l’art. 74a al. 4 let. c 
EIMP. A l’appui de leur démarche, ils font valoir que la condition de 
l’acquisition d’une créance en Suisse serait remplie par le fait qu’ils au-
raient signé, le 9 janvier 2008 à Genève, une convention avec Jean-Claude 
DUVALIER en vue de régler leur litige. En bref, cette convention, annexée 
au recours (act. 1.14), prévoit en premier lieu la novation des créances dé-
coulant du jugement par défaut rendu le 8 janvier 1988 par la «United Sta-
tes District Court Southern District of Florida». Elle prévoit ensuite 
l’acceptation, à bien plaire, de la part des recourants, de réduire le montant 
de leurs créances personnelles, pour autant que le paiement ait lieu avant 
le 21 janvier 2008. A défaut de paiement à cette date, la convention pré-
voyait que les recourants reprendraient tous leurs droits, sur la base de la 
novation. 

 
b) Il sied en premier lieu de relever qu’il ne ressort aucunement du dossier 

que Jean-Claude DUVALIER ait donné au dénommé G. le pouvoir de si-
gner en son nom et pour son compte la convention en question. Bien qu’il 
ressorte du texte de la convention qu’une procuration soit annexée à ce 
document (act. 1.14 in fine), aucune annexe ne figure dans l’exemplaire 
fourni à la Cour par les recourants. Ceux-ci ont dès lors échoué à établir la 
preuve de l’existence d’une quelconque reconnaissance de dette signée en 
leur faveur en Suisse par Jean-Claude DUVALIER. A supposer que ce 
dernier ait reconnu les créances personnelles nées en faveur des recou-
rants du jugement américain du 8 janvier 1988 en ratifiant une telle conven-
tion, on ne s’explique d’ailleurs pas pourquoi aucun paiement n’est interve-
nu dans le délai imparti pour régler le litige à l’amiable (act. 1.15). 

 
c) Eût-elle été valablement conclue à Genève entre les recourants et Jean-

Claude DUVALIER, cette convention ne modifierait en rien le fait que les 
éventuelles créances des premiers contre le deuxième sont nées aux 
Etats-Unis, et non en Suisse. Les prétentions civiles soulevées par les re-
courants devant la justice bâloise ne sont du reste pas fondées sur la 
convention du 9 janvier 2008, puisque celle-ci prévoit à son article 4 la 
seule compétence des tribunaux genevois (sous réserve d’un recours au 
Tribunal fédéral suisse). Il n’est en effet en aucun cas admissible que la 
conclusion d’un règlement à l’amiable en Suisse entre la personne poursui-
vie à l’étranger et des lésés puisse faire obstacle à la remise des avoirs à 
l’Etat requérant, via la requête d’un séquestre civil déposée par les lésés 
environ 22 ans après la saisie des avoirs dans le cadre de l’entraide.    

  

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d) Par surabondance, la Cour rappelle qu’il est de jurisprudence constante 
que les droits dont le tiers visé par l’art. 74a al. 4 let. c EIMP doit rendre 
vraisemblable l’acquisition de bonne foi en Suisse sont des droits réels et 
non – comme en l’espèce – de simples créances personnelles (MAURICE 
HARARI, Remise internationale d’objets et valeurs in Etude en l’honneur de 
Dominique Poncet, 1997, p. 188 et références citées en note 87). Or le sé-
questre civil, qui constitue une simple mesure de sûreté, ne confère aucun 
droit réel sur les avoirs séquestrés (ATF 123 II 595 consid. b). Cette juris-
prudence est une concrétisation du principe selon lequel, en droit suisse, le 
séquestre pénal prime le séquestre civil en cas de conflit (ATF 93 III 89 
consid. 3), comme l’OFJ le relevait correctement dans sa lettre du 11 fé-
vrier 2009 à l’intention des recourants. 

 
e) C’est enfin à juste titre que les recourants ne prétendent pas entrer dans le 

champ d’application de l’art. 74a al. 4 let. a, b ou d EIMP. Ils n’ont en effet 
pas leur résidence habituelle en Suisse (let. a), aucune autorité ne fait va-
loir des droits sur les avoirs DUVALIER saisis en Suisse (let. c) et aucune 
procédure pénale susceptible d’aboutir à la confiscation de ces valeurs 
n’est pendante en Suisse (let. d). Dès lors que les recourants n’entrent ma-
nifestement pas dans la catégorie des personnes susceptibles d’invoquer 
la disposition sur laquelle ils fondent leur recours, ils ne sauraient se voir 
reconnaître un quelconque intérêt au sens de l’art. 80h let. b EIMP. Pour ce  
motif, la qualité de partie à la procédure d’entraide doit leur être déniée, et 
leur recours rejeté. 

 
2.2.3 Eussent-ils rempli les conditions nécessaires à se prévaloir de l’art. 74a 

EIMP, la question se serait posée de savoir si l’OFJ n’en aurait pas moins 
dû dénier aux recourants la qualité de parties à la procédure d’entraide. En 
effet, selon la jurisprudence, une personne qui se prétend lésée dans la 
procédure pénale étrangère peut, exceptionnellement, être admise en qua-
lité de partie à la procédure d'entraide, à condition toutefois que n’y fassent 
pas obstacle des intérêts opposés et prépondérants (v. supra consid. 
2.2.1).  
 
Dans le cas d’espèce, les fonds dont la République d’Haïti a sollicité la re-
mise dans le cadre de la procédure d’entraide représentent un total de 
CHF 7'000'000.-- environ. Aux termes de la demande d’entraide, la remise 
de ces fonds est demandée au bénéfice de la population haïtienne, qui 
«reste une des plus pauvres de la planète». Or, les dédommagements que 
les recourants font valoir pour eux-mêmes devant les tribunaux de Bâle-
Ville représentent environ le 30% de cette somme. Si les recourants 
avaient rempli les conditions nécessaires à se prévaloir de l’art. 74a EIMP, 

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l’autorité d’exécution aurait dû examiner, au moment de résoudre la ques-
tion de la qualité de parties à la procédure d’entraide des recourants, la 
portée du conflit existant entre les intérêts individuels de ces derniers et 
l’intérêt général du peuple haïtien. En effet, selon la jurisprudence citée 
plus haut, les intérêts opposés et prépondérants du peuple haïtien auraient 
été, dans cette hypothèse, susceptibles de s’opposer à ce que les recou-
rants se voient reconnaître la qualité de partie à la procédure d’entraide. 
Cette problématique semble d’ailleurs ne pas avoir échappé aux recou-
rants, qui reconnaissent eux-mêmes que «les crimes dont ils ont été victi-
mes» en Haïti n’étaient qu’«une goutte d’eau dans la mer des victimes du 
régime duvaliériste» (act. 1, p. 29). Dans ces conditions, pour l’hypothèse 
où les recourants auraient pu se prévaloir de l’art. 74a EIMP et sous l’angle 
de la nécessité de protéger les intérêts juridiques prépondérants (cf. art. 
80b al. 2 let. b), l’OFJ aurait dû trancher la question de savoir si ceux-ci 
pouvaient être admis à faire valoir les prétentions civiles qu’ils élevaient sur 
30% environ des avoirs saisis dans le cadre de la procédure d’entraide, en 
opposition à la prétention élevée par l’Etat requérant en vue d’améliorer les 
conditions de vie de tout un peuple. Au vu des considérants qui précèdent, 
cette question n’a toutefois pas à être tranchée par la Cour de céans.     

 
3. Le recours étant d’emblée infondé, la Cour de céans a renoncé à procéder 

à un échange d’écritures (art. 57 al. 1 de la Loi fédérale sur la procédure 
administrative [PA; RS 172.021] a contrario, applicable par renvoi de l’art. 
30 let. b LTPF). 

 
4. Les recourants demandent l'assistance judiciaire. Selon l'article 65 al. 1 PA, 

celle-ci est accordée à la partie indigente dont les conclusions ne parais-
sent pas vouées à l’échec. Cette dernière condition n’est manifestement 
pas remplie en l’espèce, de sorte que les demandes d'assistance judiciaire 
doivent être rejetées. 

 
5. Compte tenu des particularités du cas d’espèce, il y a lieu de renoncer à 

percevoir des frais (art. 63 al. 1 PA).  

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Par ces motifs, la IIe Cour des plaintes prononce: 
 
1. Le recours est rejeté. 
 
2. Les demandes d’assistance judiciaire sont rejetées. 

 
3. La présente décision est rendue sans frais.  

 
 

Bellinzone, le 8 avril 2009 
 
Au nom de la IIe Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
La présidente:       Le greffier:  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Distribution 
 
- Me Marc Henzelin, avocat, rue de la Mairie 35, case postale 6569, 

1211 Genève 6  
- Office fédéral de la justice, Unité Entraide judiciaire, Bundesrain 20, 

3003 Berne (B 65’472) 
 

Indication des voies de recours 

Le recours contre une décision en matière d’entraide pénale internationale doit être déposé devant 
le Tribunal fédéral dans les 10 jours qui suivent la notification de l’expédition complète (art. 100 al. 
1 et 2 let. b LTF). 
 
Le recours n’est recevable contre une décision rendue en matière d’entraide pénale internationale que s’il 
a pour objet une extradition, une saisie, le transfert d’objets ou de valeurs ou la transmission de 
renseignements concernant le domaine secret et s’il concerne un cas particulièrement important (art. 84 
al. 1 LTF). Un cas est particulièrement important notamment lorsqu’il y a des raisons de supposer que la 
procédure à l’étranger viole des principes fondamentaux ou comporte d’autres vices graves (art.84 al. 2 
LTF).