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**Case Identifier:** 7db0072a-28af-5a17-b095-850772a457d4
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-01-09
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 09.01.2018 A/2382/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-2382-2017_2018-01-09.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/2382/2017-DIV ATA/10/2018  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 9 janvier 2018 

 

   dans la cause 

 

Madame A______ 
  

contre 

DÉPARTEMENT DE LA SÉCURITE ET DE L'ÉCONOMIE - DIRECTION DES 
FINANCES DE LA POLICE 
 

 

- 2/6 - 

A/2382/2017 

EN FAIT 

1)  Par courrier du 17 janvier 2017 adressé à Madame Monica BONFANTI, 
commandante de la police, Madame A______ a sollicité une attestation de main-
courante déposée le 16 décembre 2016 contre son époux, concernant une 
altercation survenue entre eux le 15 octobre 2016, afin de la produire dans le cadre 
de sa demande de mesures protectrices de l'union conjugale. 

2)  Après avoir demandé et reçu une copie de la pièce d'identité de 
Mme A______, Mme BONFANTI lui a transmis le 20 mars 2017 une fiche de 
renseignements relatant l'évènement en question. 

3)  Le 19 mai 2017, la direction des finances de la police (ci-après : DFP), 
rattachée au département de la sécurité et de l'économie (ci-après : DSE), a 
adressé à Mme A______ une facture d'un montant de CHF 300.- correspondant à 
l'« émolument pour extrait de main courante envoyé le 20 mars 2017 ».  

  Au titre des voies de droit, le bordereau mentionnait uniquement la 
possibilité de recourir auprès de la chambre administrative de la Cour de justice 
(ci-après : la chambre administrative) dans un délai de trente jours conformément 
au règlement sur les émoluments et frais des services de police du 24 août 2016 
(REmPol - F 1 05.15). 

4)  Par acte du 30 mai 2017, Mme A______, agissant en personne, a interjeté 
recours auprès de la chambre administrative contre la décision précitée. 

  Mère de quatre enfants mineurs, elle percevait une pension alimentaire d'un 
montant de CHF 1'750.- en leur faveur. Son salaire mensuel s'élevait à 
CHF 1'024.25. Compte tenu de la précarité de sa situation financière, elle 
sollicitait que sa demande soit examinée avec bienveillance. 

5)  À la demande du juge délégué attirant son attention sur le contenu de 
l'art. 65 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985  
(LPA - E 5 10), Mme A______ a précisé, par courrier du 9 juin 2017, qu'elle 
n'était pas en mesure de régler la somme réclamée de CHF 300.- pour sa demande 
d'extrait de main-courante. Elle a également déposé une demande d'assistance 
juridique, détaillant ses ressources financières, laquelle a été refusée par décision 
du 15 juin 2017. 

6)  Dans ses écritures responsives du 11 juillet 2017, la DFP a conclu 
principalement, à l'irrecevabilité du recours et subsidiairement, au rejet de  
celui-ci. 

- 3/6 - 

A/2382/2017 

  L'acte de recours du 29 mai 2017 et son complément du 9 juin 2017 ne 
contenant aucune prétention exacte ni un quelconque grief contre la décision 
querellée au sens de l'art. 65 LPA, celui-ci était irrecevable. Selon les art. 59 al. 2 
et 3 et  art. 64 de la loi sur la police du 9 septembre 2014 (LPol - F 1 05), ainsi que 
les art. 1 al. 2 et art. 11 let. c REmPol, le montant de CHF 300.- de la taxe causale 
était clairement mentionné, de sorte que le principe de la légalité était respecté, à 
l’instar de ceux de la couverture des frais et de l'équivalence. Par ailleurs, 
Mme A______ n'avait pas sollicité de remise telle que prévue par  
l'art. 14 REmPol. Étant donné les circonstances, le DSE n'était plus en mesure de 
procéder à cet examen. En outre, si Mme A______ alléguait réaliser un revenu 
mensuel de CHF 1'024.- et percevoir une contribution d'entretien de  
CHF 1'750.- pour ses quatre enfants, elle omettait d'indiquer que son salaire net 
était perçu treize fois l'an, qu'elle recevait des allocations familiales, de logement 
et des subsides d'assurance-maladie.  

7)  Mme A______ n'ayant formulé aucune requête complémentaire ni exercé 
son droit à la réplique dans le délai imparti, les parties ont été informées le 21 août 
2017 que la cause était gardée à juger. 

EN DROIT 

1)  La chambre administrative est l’autorité supérieure ordinaire de recours en 
matière administrative. Les compétences de la chambre constitutionnelle et de la 
chambre des assurances sociales sont réservées (art. 132 al. 1 de la loi sur 
l’organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ - E 2 05).  

  Le recours est ouvert devant elle contre les décisions des autorités et 
juridictions administratives au sens des art. 4, 4A, 5, 6 al. 1 let. a et e, et 57 LPA. 
Sont réservées les exceptions prévues par la loi (art. 132 al. 2 LOJ). Le recours à 
la chambre administrative n’est en particulier pas recevable contre les décisions 
pour lesquelles le droit cantonal prévoit une autre voie de recours (art. 132  
al. 8 LOJ). 

2) a. Aux termes de l'art. 59 LPol,  lorsqu’un administré, par son comportement 
contraire au droit, a justifié l’intervention de la police, celle-ci lui en facture les 
frais (al. 1). Lorsque l’intervention résulte de circonstances qui la rendent 
nécessaire ou d’une demande particulière, la police peut en facturer les frais 
(al. 2). Les frais d’intervention de la police font l’objet d’un tarif établi par le 
Conseil d’État (al. 3). 

  Le Conseil d’État édicte les règlements nécessaires à l’application de la 
LPol, ainsi que les tarifs relatifs aux émoluments et frais découlant de 
l’intervention des services de police (art. 64 LPol). 

- 4/6 - 

A/2382/2017 

 b. L'art. 11 let. c REmPol prévoit un émolument de CHF 300.- pour un extrait 
de main-courante.  

  L'art. 1 al. 1 REmPol renvoie aux art. 1 à 6 du règlement sur les émoluments 
de l’administration cantonale du 15 septembre 1975 (REmAC - B 4 10.03) en ce 
qui concerne la compétence de la police, soit pour elle la DFP, de percevoir pour 
l'exercice de ses activités le remboursement des frais et les émoluments prévus 
dans le REmPol, sous réserve des dispositions spéciales découlant notamment de 
l'application du droit fédéral ou concordataire. 

 c. La DFP (art. 17 REmPol) peut exceptionnellement, d'office ou sur requête 
de la personne qui démontre qu'elle est dépourvue de ressources suffisantes et 
pour autant que la faute de celle-ci soit de peu d'importance, accorder une 
réduction partielle ou totale des frais et émoluments qui sont en principe dus 
(art. 14 al. 1 REmPol). La requête doit être déposée dans les trente jours dès 
notification de la facture relative aux frais et émoluments (art. 14 al. 2 REmPol). 

3)  En l'espèce, la recourante, qui comparaît en personne, n’a pas pris de 
conclusions formelles en annulation de la décision du département du 19 mai 
2017. On comprend toutefois de ses écritures qu'elle sollicite une exonération du 
paiement de l’émolument facturé de CHF 300.- pour l'extrait de main-courante 
délivré, au motif de la précarité de sa situation financière qu’elle allègue, laquelle 
ne lui permettrait pas de s'acquitter de cette somme.  

  Il s’ensuit que la recourante ne conteste pas le bien-fondé ou le principe 
même de l'émolument en tant que tel, lequel ne fait en conséquence pas l’objet du 
présent litige, mais sollicite la bienveillance du créancier aux fins d’exonération 
du paiement ou en tous les cas de la diminution de son montant. En ces 
circonstances et contrairement aux indications contenues dans la décision 
querellée, la voie de droit adéquate est celle de la remise, et non pas du 
« recours ».  

  Partant, le « recours » contre la décision du 19 mai 2017 sera déclaré 
irrecevable. 

4)  En application des art. 64 al. 2 et art. 11 al. 3 LPA, l’affaire sera transmise 
d’office à l'autorité compétente, en l’espèce la DFP, afin que cette dernière le 
traite comme une requête de réduction ou d'exonération de l'émolument au sens de 
l'art. 14 REmPol, cette nouvelle décision ouvrant une nouvelle voie de droit  
par-devant la chambre de céans. 

5)  Vu l'issue du litige, aucun émolument ne sera perçu (art. 87 al. 1 LPA). 
Aucune indemnité de procédure ne sera allouée à la recourante qui n'a pas pris de 
conclusion en ce sens et qui n'agit pas par l'intermédiaire d'un avocat (art. 87 al. 2 
LPA). 

- 5/6 - 

A/2382/2017 

 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

déclare irrecevable le « recours » interjeté le 30 mai 2017 par Madame A______ contre 
la décision du 19 mai 2017 de la direction des finances de la police ; 

le transmet à la direction des finances de la police auprès du département de la sécurité 
et de l'économie aux sens des considérants ; 

dit qu'il n'est pas perçu d'émolument, ni alloué d'indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ; 

communique le présent arrêt à Madame A______ ainsi qu'au département de la sécurité 
et de l'économie - direction des finances de la police. 

Siégeant : Mme Junod, présidente, M. Thélin, Mme Krauskopf, M. Pagan, Mme Payot 
Zen-Ruffinen, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

M. Rodriguez Ellwanger 
 

 la présidente siégeant : 
 
 

Ch. Junod 
 

 

  

- 6/6 - 

A/2382/2017 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 
 
Genève, le  

 

  
 

la greffière :