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**Case Identifier:** 72c5dec5-3572-5633-9d82-b0922562e65b
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-11-09
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 09.11.2021 P/9022/2021
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-9022-2021_2021-11-09.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/9022/2021 ACPR/759/2021 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du mardi 9 novembre 2021 

 

Entre 

Centre Hospitalier Universitaire Vaudois (CHUV), Unité des affaires juridiques, Champ 

de l'Air, rue du Bugnon 21, 1011 Lausanne, comparant par Me Odile PELET, avocate,  

Petit-Chêne 12, case postale 7172, 1002 Lausanne 

recourant 

 

contre l'ordonnance de non-entrée en matière rendue le 19 mai 2021 par le Juge des mineurs 

 

et 

LE JUGE DES MINEURS, rue des Chaudronniers 7, 1204 Genève – case postale 3686, 
1211 Genève 3 

intimé 

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P/9022/2021 

EN FAIT : 

A. Par acte expédié au greffe de la Chambre de céans le 7 juin 2021, le Centre 
Hospitalier Universitaire Vaudois (ci-après, CHUV) recourt contre l'ordonnance du 
19 mai 2021, notifiée le 26 suivant, par laquelle le Juge des mineurs a refusé d'entrer 
en matière sur les faits visés par la procédure dirigée contre la mineure A______.  

Le recourant conclut, sous suite de frais et dépens non chiffrés, à l'annulation de 
l'ordonnance querellée et au renvoi de la cause à l'autorité précédente pour 
instruction et nouvelle décision.  

B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier : 

a. Le 23 février 2021, vers 22h45, la centrale d'engagement et de transmission de la 
Police cantonale vaudoise (CET) a requis l'intervention d'une patrouille pour un 
incendie survenu dans une chambre de l'Unité de soins B______ de l'Hôpital de 
C______, rattaché au CHUV, à D______.  

b. Le 24 février suivant, le Tribunal des mineurs de Lausanne a ordonné l'ouverture 
d'une instruction (art. 309 al. 3 CPP) contre inconnu pour incendie intentionnel.  

c. Entendue le même jour par la police en qualité de personne appelée à donner des 
renseignements, la Dresse E______, responsable médicale de B______, a refusé, 
sous couvert de secret médical, de révéler l’identité de la patiente mineure ayant 
causé l'incendie.  

Le soir des faits, ses collègues et elle étaient parvenus à ouvrir la porte de la chambre 
incendiée – bloquée par la patiente –, et à en extraire cette dernière de force, en la 
tirant par les bras. Ils avaient ensuite immédiatement fermé la porte pour contenir 
l'incendie. À sa sortie, la patiente tenait dans ses mains un morceau de papier – remis 
à la police – sur lequel était inscrit "Sachez que si j'ai fait ça c'était pour une bonne 
raison j'en ai marre d'être là". 

Après avoir placé l’ensemble des patients de l’unité en sécurité, elle avait actionné le 
bouton poussoir qui déverrouillait les portes du bâtiment et appelait automatiquement 
les pompiers.  

D'après elle, la patiente, qui avait été placée à B______ par la "Justice de paix" de 
Genève, avait agi dans le but de signifier son désaccord avec les règles qui lui étaient 
imposées par la structure. Le jour des faits, une partie de ses demandes avait en effet 
été rejetée par le personnel soignant, à la suite de quoi elle leur avait déclaré qu'ils 
allaient "découvrir son côté dragon".  

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d. Également entendue, A______ – identifiée grâce au mot manuscrit remis à la 
police –, née le ______ 2004, a reconnu avoir, la veille, intentionnellement mis le feu 
au matelas de sa chambre à l'aide d'un briquet, précisant que plusieurs évènements 
survenus ce jour-là – sur lesquels elle ne souhaitait pas s'exprimer – l'avait contrariée. 
Elle s'était d'abord assise sur une chaise, placée devant la porte de sa chambre afin 
d'empêcher les soignants d'y entrer, puis finalement avait accepté d'ouvrir et de 
suivre ces derniers. Elle n'était "pas bien" et avait agi "sans raison". 

e. Selon le rapport d'incendie de la Police cantonale vaudoise du 5 mars 2021, les 
pompiers étaient sur place à l'arrivée des gendarmes. D'après les éléments recueillis 
auprès du personnel soignant, une patiente se trouvait seule dans sa chambre 
lorsqu'elle avait bouté le feu à son matelas. L'alarme incendie avait alerté les 
collaborateurs de l'unité, lesquels avaient été en mesure d'identifier la chambre 
n° 2______ comme celle étant concernée. Après être parvenus à ouvrir la porte de 
celle-ci, ils avaient pu en extraire la patiente de force, laquelle avait été acheminée en 
ambulance au CHUV pour y effectuer des contrôles. Les trois autres patients de 
l'unité avaient également été évacués par le personnel soignant. S'agissant des dégâts 
constatés, les murs et le sol de la chambre concernée avaient été entièrement noircis 
par la fumée, le matelas était calciné et la lampe du plafond fondue. 

f. Le 5 mai 2021, le Tribunal des mineurs de Genève a accepté de reprendre la 
procédure pénale ouverte dans le canton de Vaud, le domicile légal de A______ étant 
situé chez sa mère, au 1______ [GE].   

g. Le 17 mai suivant, après avoir obtenu la levée du secret médical, le CHUV a 
déposé plainte contre A______ pour dommages à la propriété (art. 144 CP) et 
incendie intentionnel (art. 221 CP), lui reprochant d'avoir, par son geste imprudent – 
vraisemblablement motivé par son "insatisfaction et sa frustration" –, gravement mis 
en danger le personnel soignant et les patients de B______. En outre, les dommages 
matériels occasionnés par l'incendie s'élevaient à environ CHF 30'000.-, la chambre 
sinistrée étant d’ailleurs toujours inutilisable plus de deux mois après les faits.  

Il se constituait "partie civile", précisant déposer plainte contre la mineure afin 
qu'elle prenne conscience de la gravité de ses actes et participe à la réparation du 
préjudice causé, dans une mesure proportionnée à ses ressources.   

À l'appui, le CHUV a produit trois factures relatives aux travaux de réfection d'un 
montant total de CHF 28'175.75. 

C. Dans sa décision querellée, rendue le 19 mai 2021, le Juge des mineurs considère que 
les éléments constitutifs de l'infraction d'incendie intentionnel (art. 221 CP) étaient 
réunis, dès lors que le feu bouté au matelas de A______ s'était propagé dans sa 
chambre, comme en attestaient les dégâts recensés dans le rapport d'incendie du 

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5 mars 2021. De plus, l’extinction du feu avait nécessité l'intervention des pompiers, 
la mineure en ayant perdu la maîtrise. 

Cette dernière faisait toutefois l'objet d'une mesure civile et était, dans ce cadre, 
placée à B______ depuis le 16 février 2021. L'autorité civile suivait sa situation 
depuis longtemps et les mesures de protection nécessaires étaient prises. Dans ces 
circonstances, une poursuite pénale et une éventuelle condamnation risquaient 
sérieusement de compromettre l'objectif de la mesure civile en cours d'exécution. 
Partant, en application de l'art. 21 al. 1 let. a DPMin, il était décidé de ne pas entrer 
en matière sur les faits (art. 310 al. 1 CPP).  

D. a. Dans son recours, le CHUV rappelle que l'art. 21 DPMin définissait les cas dans 
lesquels l'autorité de jugement devait renoncer à infliger une peine. Or, le Juge des 
mineurs n'avait pas exempté de peine la mise en cause mais avait prononcé une non-
entrée en matière. Au surplus, les conditions d'application de cette disposition 
n'étaient manifestement pas réunies, puisque la prénommée était soumise à une 
mesure de placement civile. Le prononcé d'une peine ne risquait dès lors pas de 
compromettre l'objectif visé par la mesure de protection déjà ordonnée à la suite de la 
commission d'une première infraction ou ordonnée dans la procédure en cours.  

En tout état, le risque qu'une peine fût susceptible d'influer défavorablement sur le 
cours de la mesure civile ne reposait sur aucun élément du dossier. Tant l'autorité 
civile que les médecins de B______ étaient bien plutôt d'avis que la renonciation à 
toute poursuite pénale était délétère pour la mineure. Selon la Dresse E______, la 
responsabilisation de A______ était en effet un "axe thérapeutique central" et 
l'absence de sanction ne lui permettrait pas de se remettre en question. Il était dès lors 
essentiel que la justice participât à lui fixer des limites, en sanctionnant les 
infractions qu'elle avait commises. En tout état, le Tribunal de protection de l'adulte 
et de l'enfant de Genève (ci-après, TPAE) n'avait pas été interpellé par le Juge des 
mineurs, de sorte que le risque encouru pour la mesure civile reposait uniquement sur 
l'appréciation de ce dernier.   

Déposée le 17 mai 2021, sa plainte pénale n'avait pas encore été réceptionnée par 
l'autorité intimée, ni partant prise en considération avant la décision querellée, rendue 
le 19 suivant. Or, il disposait d'un intérêt direct à participer à la procédure pénale, 
puisque A______, qui souffrait de troubles psychiatriques complexes, était toujours 
hospitalisée à B______. La mise en cause devait être confrontée aux conséquences 
légales de ses actes, lesquels étaient, de surcroît, objectivement graves, puisqu'elle 
avait provoqué intentionnellement un incendie en hôpital psychiatrique. La laisser 
impunie risquait ainsi de favoriser une récidive. Enfin, le montant du dommage 
qu'elle avait causé s'élevait à quelque CHF 30'000.-, sans compter la perte financière 
liée à la non-occupation de la chambre incendiée, toujours inutilisable.  

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À l'appui de son recours, le CHUV produit notamment une copie de la décision 
rendue par le TPAE, le 8 février 2021, ordonnant le placement à des fins d'assistance 
de A______ à B______. Il en ressort que la prénommée, qui a fait l'objet d'une 
expertise psychiatrique, souffre d'un trouble mixte des conduites et des émotions. Sa 
situation était jugée extrêmement inquiétante par les experts, au regard de la nature 
de son trouble et de ses conséquences sur son comportement (multiples "passages à 
l'acte hétéro-agressifs" et des fugues). En conséquence, seul un placement dans une 
structure hospitalière fermée était de nature à la protéger tout en répondant à ses 
besoins de reconstruction. 

b. Dans ses observations, le Juge des mineurs persiste dans les termes de son 
ordonnance, rappelant que A______ faisait déjà l'objet d'un placement civil en milieu 
fermé, dans une unité d'hospitalisation psychiatrique. Cette mesure de protection, la 
plus contraignante qui soit, répondait aux besoins de protection de la mineure et était 
antérieure, de sorte qu'aucune mesure de protection pénale (forcément moins 
incisive) n'entrait en considération (art. 20 al. 2 let. b DPMin).  

Pour le surplus, la plainte pénale déposée par le recourant, le 17 mai 2021, avait été 
réceptionnée par le greffe du Tribunal des mineurs le 20 mai suivant, soit le 
lendemain du prononcé de la décision querellée.   

c. Dans sa réplique, le recourant maintient sa position, reprochant au Juge des 
mineurs d'invoquer pour la première fois l'art. 20 al. 2 let. b DPMin, qui n'était 
toutefois pas pertinent. En effet, s'il n'était pas contesté que le droit pénal des mineurs 
organisait et encourageait la collaboration entre les autorités civiles et pénales, cette 
coopération faisait précisément défaut dans le cas d'espèce. Alors qu’il était attendu 
du Juge des mineurs qu'il prononçât une décision renforçant la mesure civile en 
cours, celle-ci avait, au contraire, été affaiblie par l’ordonnance querellée, laquelle 
nuisait au processus thérapeutique.   

Enfin, le fait que sa plainte fût réceptionnée par le Juge des mineurs postérieurement 
au prononcé de l'ordonnance de non-entrée en matière ne l'empêchait pas de recourir 
contre cette décision. En effet, ni le Tribunal des mineurs vaudois, ni genevois ne 
l'avaient rendu attentif à ses droits, conformément à l'art. 118 al. 4 CPP. Il n'avait 
donc pas été mesure de se constituer valablement dans la procédure, avant que la 
décision querellée ne soit rendue.  

EN DROIT : 

1. 1.1. Le recours a été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 3 al. 1 
PPMin cum art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP) et concerne une ordonnance sujette à 
recours auprès de la Chambre de céans (art. 3 al. 1 et 39 al. 1 PPMin cum art. 393 
al. 1 let. b CPP).  

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1.2. La qualité pour former recours est définie à l'art. 382 al. 1 CPP, qui prévoit que 
toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l'annulation ou à la modification 
d'une décision a qualité pour recourir contre celle-ci.  

La partie plaignante a notamment la qualité de partie à la procédure (art. 18 let. c 
PPMin cum art. 104 al. 1 let. b CPP). À teneur de l'art. 118 al. 1 CPP, seul peut se 
constituer partie plaignante – et ipso facto être légitimé à recourir contre 
l'ordonnance querellée – le lésé qui déclare expressément vouloir participer à la 
procédure pénale comme demandeur au pénal ou au civil. Une plainte pénale 
équivaut à une telle déclaration (al. 2).  

La déclaration doit être faite avant la clôture de la procédure préliminaire, c’est-à-
dire avant qu'une décision de non-entrée en matière ne soit rendue (Y. JEANNERET 
/ A. KUHN / C. PERRIER DEPEURSINGE (éds), Commentaire romand : Code de 
procédure pénale suisse, 2ème éd., Bâle 2019, art. 118 n. 16 et les références citées). 

On doit toutefois admettre au titre d’exception que le lésé puisse se constituer partie 
plaignante à l’occasion d’un recours dirigé contre la décision mettant un terme à la 
procédure préliminaire lorsque ce dernier n’a pas eu la possibilité de se constituer 
partie plaignante antérieurement, ce qui pourra être le cas – outre la violation par le 
ministère public de son obligation d’informer – lorsque le ministère public rend 
d’entrée de cause une ordonnance de non-entrée en matière (Y. JEANNERET / A. 
KUHN / C. PERRIER DEPEURSINGE (éds), op.cit., art. 118 n. 16a et les références 
citées). 

1.3. En l’espèce, le recourant a déposé plainte pénale et s'est constitué partie 
plaignante par courrier du 17 mai 2021, soit dans le délai de l'art. 31 CP et deux jours 
avant le prononcé de l'ordonnance querellée. Le Juge des mineurs n'a toutefois pas 
pris connaissance de la plainte avant de clôturer la procédure préliminaire. Cela 
étant, à la lumière des principes sus-rappelés, dès lors que le recourant n'a pas eu 
l'occasion de se prononcer avant le refus d'entrer en matière, il peut se voir 
reconnaître certains droits de partie, dont celui d'interjeter recours.  

Il en découle qu'il dispose de la qualité pour recourir et que son recours est recevable.  

2. Les pièces nouvelles produites par le recourant devant la Chambre de céans sont 
également recevables (arrêt du Tribunal fédéral 1B_368/2014 du 5 février 2015 
consid. 3.2 in fine). 

3. Le recourant soutient que les conditions d'une non-entrée en matière n'étaient pas 
réunies.  

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3.1. Une ordonnance de non-entrée en matière est immédiatement rendue s'il ressort 
de la dénonciation ou du rapport de police que les éléments constitutifs d'une 
infraction ou les conditions à l'ouverture de l'action pénale ne sont manifestement pas 
réunis (art. 310 al. 1 let. a CPP cum 3 al. 1 PPMin). 

3.2. Par ailleurs, selon l'art. 5 al. 1 let. a PPMin, l'autorité d'instruction, le ministère 
public des mineurs ou le tribunal renonce à toute poursuite pénale si les conditions 
d'exemption prévues à l'art. 21 DPMin sont remplies et s'il n'y a pas lieu de prendre 
de mesures de protection ou si l'autorité civile a déjà ordonné des mesures 
appropriées.  

3.3. Selon l'art. 21 al. 1 DPMin, l'autorité de jugement renonce à prononcer une 
peine si celle-ci risque de compromettre l'objectif visé par une mesure de protection 
déjà ordonnée ou qui sera ordonnée dans la procédure en cours (let. a), ou si la 
culpabilité du mineur et les conséquences de l'acte sont peu importants (let. b).  

Dans le cadre de cette disposition, une controverse porte sur la question de savoir si 
la mesure de protection visée doit concerner dans tous les cas la procédure en cours. 
Tel ne serait pas le cas notamment lorsque la mesure a été ordonnée par l'autorité 
civile dans le cadre d'une procédure distincte. Le Tribunal cantonal vaudois semble 
être favorable à cette solution (arrêt de la Chambre des recours pénale, Vaud, 
n°2012/897 du 24 octobre 2012). L'ensemble de la doctrine s'accorde toutefois à dire 
que la raison d'être de cette disposition est de favoriser le succès de la mesure de 
protection, qu'elle ait déjà été ordonnée dans une procédure préalable ou qu'elle soit 
prévue dans la procédure en cours (M. GEIGER / E. REDONDO / L. TIRELLI, 
Droit pénal des mineurs - Petit Commentaire, Bâle 2019, n. 30 ad art. 20 DPMin et 
les références citées).  

3.4.1. En l'espèce, il est manifeste que les conditions des infractions de dommage à la 
propriété (art. 144 CP) et d'incendie intentionnel (art. 221 CP) sont réunies. Seule la 
question de savoir si la mise en cause pouvait bénéficier d'une renonciation à toute 
poursuite en application de l'art. 5 al. 1 let. a PPMin cum 21 al. 1 let. d DPMin sera 
dès lors examinée. 

De l’avis du premier juge, l'hypothèse visée à l'art. 21 al. 1 let. a DPMin est réalisée, 
puisque l'autorité civile a déjà pris une mesure appropriée, le TPAE ayant ordonné, 
dans le cadre d'une procédure distincte, le placement à des fins d’assistance de la 
mise en cause auprès de B______. Nonobstant la controverse mentionnée ci-dessus, 
les conditions de la disposition légale précitée ne sont pas réunies en l'espèce.  

En effet, il ne résulte pas du dossier qu'une peine serait susceptible d'influer 
défavorablement sur le cours de la mesure –  civile – de placement. Bien plutôt, il 
apparaît le contraire, soit que l'absence de poursuite pénale serait de nature à nuire au 

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développement de la mise en cause, laquelle ne parviendrait pas à se remettre en 
question ni à prendre conscience de la gravité de ses actes. Ainsi, la poursuite, 
respectivement la condamnation de l'intéressée contribueraient à sa 
responsabilisation et constitueraient un axe thérapeutique central. Selon le recourant, 
cet avis serait au demeurant partagé par le juge civil ayant prononcé la mesure de 
placement susmentionnée, opinion sur laquelle le Juge des mineurs ne s’est pas 
prononcé et qu’il n’a pas instruite. 

Au surplus, la culpabilité de la mise en cause et les conséquences de ses agissements 
ne sauraient être considérées comme de peu d'importance, au sens de l'art. 21 al. 1 
let. b DPMin. En effet, l'intéressée a provoqué intentionnellement un incendie dans 
un hôpital psychiatrique et mis en danger la vie, l'intégrité corporelle et la santé de 
nombreuses personnes. En outre, elle n'a exprimé nul regret et n'a présenté aucune 
excuse. Il n'apparaît pas non plus qu'elle ait d'une quelconque autre manière réparé le 
dommage causé dans la mesure de ses moyens ni fourni un effort particulier pour 
compenser le tort causé.  

Ainsi, ni les éléments retenus par l'autorité précédente, pas plus que d'autres, ne 
permettent, en l'état de la procédure, de retenir que les conditions de l'art. 21 al. 1 
let. a et b DPMin seraient réunies.    

3.4.2. Finalement, l'art. 20 al. 2 let. b DPMin, invoqué pour la première fois par le 
Juge des mineurs dans ses observations, ne saurait trouver application ici.  

En effet, conformément à cette disposition, l'autorité pénale des mineurs peut 
transférer à l'autorité civile la compétence d'ordonner des mesures de protection si 
des raisons majeures le justifient, notamment s'il paraît nécessaire de maintenir des 
mesures civiles ordonnées antérieurement.  

Un transfert de compétences de l’autorité pénale à son homologue civil ne saurait 
toutefois intervenir en cas d’infractions pénales graves ou si le risque de récidive est 
élevé (M. GEIGER / E. REDONDO / L. TIRELLI, op.cit., n 17 ad art. 20 DPMin et 
les références citées). 

En l'occurrence, outre le fait qu'il n'apparaît pas que le Juge des mineurs ait transféré 
à l'autorité civile la compétence d'ordonner des mesures civiles – celle-ci n'ayant, au 
demeurant, pas été interpellée dans le cadre de la procédure pénale –, une peine ne 
paraît pas susceptible, comme il a été vu ci-dessus, d'influer défavorablement sur le 
cours de la mesure de placement ordonnée antérieurement. En tout état de cause, un 
transfert de compétence en vertu de cette disposition ne se justifierait pas, puisque les 
actes commis par la mise en cause sont graves et qu'il apparaît qu'une absence de 
sanction favoriserait la récidive.  

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Au vu de l'ensemble de ces éléments, les conditions pour une exemption de peine et, 
a fortiori, pour la renonciation à toute poursuite pénale ne paraissent pas d'emblée 
réunies en l'espèce, de sorte que c'est à tort que le Juge des mineurs a rendu 
l'ordonnance querellée.  

4. Il s'ensuit que le recours doit être admis ; partant, l'ordonnance entreprise sera 
annulée et le dossier renvoyé au Juge des mineurs pour nouvelle décision. 

5. L'admission du recours ne donne pas lieu à la perception de frais (art. 44 al. 1 PPMin 
cum art. 428 al. 4 CPP). 

6. Représentée par un avocat, le recourant, plaignant, n'a pas chiffré ni justifié de 
prétentions en indemnité au sens de l'art. 433 al. 2 CPP, applicable en instance de 
recours (art. 436 al. 1 CPP), de sorte qu'il ne lui en sera point alloué (arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_1345/2016 du 30 novembre 2017 consid. 7.2). 

* * * * * 

  

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PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

 
Admet le recours.  

Annule, en conséquence, l’ordonnance déférée et renvoie la cause au Juge des mineurs 
pour nouvelle décision au sens des considérants.  

Laisse les frais de la procédure de recours à la charge de l'État. 

Notifie le présent arrêt ce jour, en copie, au recourant, soit pour lui son conseil, et au  
Juge des mineurs.  

Siégeant : 

Madame Corinne CHAPPUIS BUGNON, présidente ; Monsieur Christian COQUOZ et 
Madame Daniela CHIABUDINI, juges ; Monsieur Julien CASEYS, greffier. 

 

Le greffier : 

Julien CASEYS 

 La présidente : 

Corinne CHAPPUIS BUGNON 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110); la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les trente jours qui 

suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent 

être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention 

de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse 

(art. 48 al. 1 LTF).