# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** eca49160-0e1a-5285-96c3-1d931d768740
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2009-09-03
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 03.09.2009 A/2074/2009
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-2074-2009_2009-09-03.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET 

 

CANTON DE GENEVE 

 

POUVOIR JUDICIAIRE 
 

 

DCSO/394/09 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 

17 juin 2005 (LTF ; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Commission de 

surveillance des Offices des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance 

en matière de poursuite pour dettes et faillite (art. 56R al. 3 LOJ). Il doit être déposé devant le 

Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les dix jours qui suivent la notification de l'expédition 

complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2 let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière 

de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). Le recours doit être rédigé dans 

une langue officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens 

de preuve, et être signé (art. 42 LTF). 

 

DÉCISION 

DE LA COMMISSION DE SURVEILLANCE 
DES OFFICES DES POURSUITES ET DES FAILLITES 

SIÉGEANT EN SECTION 

DU JEUDI 3 SEPTEMBRE 2009 

Cause A/2074/2009, plainte 17 LP formée le 15 juin 2009 par M. H______, élisant 
domicile en l'étude de Me Olivier CRAMER, avocat, à Genève. 

 

Décision communiquée à : 

- M. H______  

domicile élu : Etude de Me Olivier CRAMER, avocat 
 Rampe de la Treille 5 
 1204 Genève 
 
 

- B______ SA 

 
 
 
 

- Office des poursuites 

 

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E N   F A I T  

A. Mme H______ est propriétaire d'une villa sise xx, chemin U______, parcelle 

n° 3xxx, sur la commune de G______. 

Ce bien immobilier fait l'objet d'une poursuite en réalisation de gage 

n° 08 xxxx06 F intentée par B______ SA. Deux autres parcelles adjacentes, 

propriété de A______ SA, société dont Mme H______ est administratrice unique, 

font également l'objet d'une poursuite en réalisation de gage n° 08 xxxx48 W. 

Un commandement de payer dans le cadre de la poursuite n° 08 xxxx06 F, a été 

notifié, sur réquisition de B______ SA, à Mme H______ le 7 mai 2008 auquel la 

débitrice a formé opposition. 

La mainlevée d'opposition obtenue le 15 août 2008, B______ SA a adressé une 

réquisition de vente à l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) le 31 mars 2009. 

L'Office a adressé à Mme H______ un avis de réception de réquisition de vente 

par pli recommandé du 8 avril 2009. 

B A réception de la réquisition de vente, l'Office a mandaté la société X______ SA 

aux fins de procéder à l'expertise de ce bien immobilier ainsi que des deux 

parcelles adjacentes, propriété d'A______ SA. L'Office a informé Mme H______ 

par courrier recommandé et courrier simple du 28 avril 2009, de ce qu'elle sera 

contactée par cette société pour fixer un rendez-vous, que des photographies 

seront prises lors de cette visite pour illustrer l'expertise et les annonces de la 

vente, tout en la remerciant d'être présente ou représentée lors de la visite de 

l'architecte. L'Office indique que le courrier recommandé lui est revenu avec la 

mention "non réclamé". 

 L'expert mandaté, soit M. L______ de la société X______ SA, a essayé en vain de 

contacter Mme H______, lui proposant par courriel des dates de visite, mais sans 

succès. L'Office a alors adressé un courrier, par voie simple et recommandée, le 

15 mai 2009 à Mme H______, l'informant que l'expert se rendra en son immeuble 

sis xx, chemin U______ à G______ le 4 juin 2009 à 9h00. pour procéder à 

l'expertise, avertissant par la même occasion l'intéressée que "Dans l'hypothèse où 

vous ne seriez pas présente ou vous ne vous feriez pas représenter, nous nous 

verrons contraints de faire ouvrir les locaux par un serrurier avec l'assistance de 

la force publique, à vos frais". Ce courrier est adressé sous menace des peines de 

droit de l'art. 292 CP. 

 L'Office a pris contact avec la gendarmerie de G______, afin de les informer de 

cette ouverture forcée et qu'elle soit prête, le cas échéant à intervenir. L'Office 

indique dans son rapport que "compte tenu de l'identité de la débitrice, connue de 

 

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ses services, la police indiqua qu'elle serait présente sur place à 9h00, le 4 juin 

2009. Un serrurier et l'expert furent également convoqués". 

 Ainsi, le 4 juin 2009, l'Office, l'expert, un serrurier et la police se sont rendus dans 

la propriété de M. H______, qui était présente, mais a quitté les lieux en refusant 

d'ouvrir les portes. 

 Quatre serrures ont ainsi dû être forcées puis remplacées pour permettre la visite 

de l'expert qui a duré jusqu'à 11 h. 

C. Le 15 juin 2009, M. H______ a porté plainte auprès de la Commission de céans 

afin "d'annuler la mesure d'estimation forcée de la propriété de Mme H______, 

érigée sur la parcelle n° 3xxx, chemin U______, Commune de G______, effectuée 

par l'Office des poursuites le 4 juin 2009". A l'appui de sa plainte, la plaignante 

estime que l'intervention de l'Office a été disproportionnée et a violé le principe de 

la subsidiarité. Elle ne conteste pas avoir pris connaissance que le créancier 

gagiste avait requis la vente de sa propriété mais que par contre, elle indique 

n'avoir pris connaissance des courriels de l'expert que tardivement, à fin mai 2009. 

Elle indique ignorer que l'Office allait recourir le 4 juin 2009 à la force publique, 

violant ainsi selon elle sa sphère privée et son droit de propriété. Elle estime qu'à 

défaut d'une réaction de sa part, l'Office aurait dû la convoquer à l'Office, voire 

émettre un mandat de conduite à son égard. Elle considère que rien ne justifiait 

une urgence particulière dans son dossier. 

La plaignante critique ensuite le choix de l'expert ainsi que le déroulement de 

l'expertise. Quand au choix de l'expert, elle relève que M. L______ ne semble pas 

être architecte, ni expert reconnu et travaille pour la régie immobilière N______. 

Elle estime que mandater une société de courtage, voire une personne active dans 

le domaine du courtage, la place en situation de conflit d'intérêts, à tout le moins 

potentiel. De plus, elle estime que l'Office et l'expert ont passé au maximum 

30 minutes pour procéder à la visite de son bien, soit un terrain de 2'500 m2 et une 

villa sur 4 niveaux pour un volume de 2'000 m3, ce qui est, pour la plaignante, 

inimaginable pour effectuer une estimation digne de ce nom. 

 A______ a de son côté porté plainte pour les mêmes motifs dans le cadre de la 

poursuite n° 08 xxxx48 W, cette plainte étant pendante sous référence 

n° A/2090/2009. 

D. Invitée à se déterminer, B______ SA a indiqué par courrier du 1
er

 juillet 2009 

soutenir la position de l'Office dans le déroulement de cette procédure de 

recouvrement jusqu'à ce jour. 

E. Dans son rapport du 14 juillet 2009, l'Office considère que la plainte est 

irrecevable. En effet, s'agissant du déroulement de l'expertise, l'Office estime qu'il 

ne s'agit pas d'une mesure au sens de l'art. 17 al. 1 LP tout comme la désignation 

de X______ SA en tant qu'expert. De plus, la désignation de l'expert figure dans 

 

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le courrier du 28 avril 2009 contre lequel la plaignante n'a formé opposition que le 

15 juin 2009, soit tardivement. 

 L'Office indique pour le surplus que la société X______ SA est indépendante 

juridiquement de la régie N______ SA et est spécialisée en expertises 

immobilières. L'Office conteste le fait que l'expert ne soit resté sur place que 

30 minutes alors qu'en réalité, il a passé une bonne partie de la matinée à visiter 

tous les locaux alors qu'il aurait paru opportun pour la débitrice de rester sur place 

et d'accompagner l'expert dans sa mission. 

 

E N   D R O I T  

1.a.  La Commission de céans est compétente pour connaître des plaintes dirigées 

contre des mesures prises par des organes de l’exécution forcée qui ne sont pas 

attaquables par la voie judiciaire ou des plaintes fondées sur un prétendu déni de 

justice ou retard injustifié (art. 17 LP ; art. 10 al. 1 et art. 11 al. 2 LaLP ; art. 56R 

al. 3 LOJ). 

1.b.  A teneur de l’art. 17 al. 2 LP, la plainte doit être déposée dans les dix jours de 

celui où le plaignant a eu connaissance de la désignation de X______ SA, l'expert 

mandaté par l'Office. 

1.c. La Commission de céans retient que Mme H______ est au courant de l'existence 

de cette poursuite, et devait s'attendre à recevoir des communications de l'Office, 

sachant qu'elle a pris connaissance de la réquisition de vente déposée par B______ 

SA, selon avis de réception de vente du 8 avril 2009, tel que cela ressort de sa 

plainte (page 2, ad 6).  

En vertu de la jurisprudence, un acte judiciaire ou de poursuite, objet d'une 

tentative infructueuse de notification par la poste, est réputé notifié le septième 

jour après cette tentative si le destinataire ne le retire pas (ATF 127 I 31 consid. 

2a/aa et les arrêts cités). La fiction de la notification ne vaut cependant que si le 

destinataire de l'envoi pouvait s'attendre avec quelque vraisemblance à recevoir la 

communication en question (ATF 127 I 31 consid. 2a/aa, JdT 2001 I 727 ; ATF 

117 III 4 consid. 2 ; ATF 117 V 131 consid. 4a), ce qui est le cas en l'espèce. 

Ainsi, fort de ces principes, la plaignante est considérée comme ayant été 

valablement atteinte lorsque l'Office lui a adressé ses courriers des 28 avril 2009 

et 15 mai 2009, au plus tard le dernier jour du délai de garde. La plainte ayant été 

déposée le 15 juin 2009, elle est donc manifestement tardive. 

1.d. Même en suivant les allégués de la plaignante, la plainte n'en demeure pas moins 

irrecevable. 

 

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La plaignante indique avoir appris la désignation de X______ SA et non pas de 

M. L______ lorsqu'elle a pris connaissance de ses courriels à fin mai 2009. Même 

en faisant fi des principes ci-dessus et en tenant compte des déclarations de la 

plaignante quant à la prise de connaissance de la désignation de la personne de 

l'expert, la plainte déposée le 15 juin 2009 devrait être également déclarée 

irrecevable, pour cause de tardiveté dans ce cas. 

2. La plaignante se plaint de la qualité du travail de l'expert dans sa plainte du 

15 juin 2009, tout en ayant été absente lorsque celui-ci a déployé son activité et 

avant que l'Office ne communique sa décision quant à l'estimation de l'immeuble 

en question. 

 La plaignante ayant requis une nouvelle expertise en date du 20 juillet 2009 sur la 

base de l'art. 9 al. 2 LP (proc. A/2576/2009), la Commission de céans déclarera 

irrecevable la présente conclusion, n'ayant pas à préjuger de l'activité déployée par 

l'expert mandaté par l'Office. A cet égard, la Commission de céans notera que la 

jurisprudence prévoit que les intéressés ne peuvent, dans une poursuite en 

réalisation de gage immobilier, en pareil cas que prétendre à une nouvelle 

estimation par des experts, en sus de celle de l'Office (ATF 120 III 136 n° 45, JdT 

1997 II 38). 

 Cette conclusion est donc en l'état également irrecevable. 

3. Mme H______ se plaint du comportement de l'Office qui aurait usé de moyens 

disproportionnés à son égard afin que l'expertise puisse s'effectuer. Il ne s'agit 

manifestement pas d'une plainte contre une décision de l'Office, les griefs de la 

plaignante n'étant pas dirigés contre le fait que son bien immobilier soit expertisé, 

mais par rapport aux moyens mis en œuvre pour arriver à cette fin. Il s'agit d'une 

dénonciation. 

Selon l'art. 14 al. 2 LP, des mesures disciplinaires peuvent être prises contre un 

préposé ou un employé, d'office ou sur dénonciation du lésé. Le droit fédéral ne 

confère toutefois pas aux parties la possibilité de requérir des mesures 

disciplinaires. Tout au plus une telle conclusion de sa part peut-elle être 

considérée comme une dénonciation invitant la Commission de céans à prononcer 

une sanction disciplinaire ; la plaignante n’a toutefois aucun recours à l’autorité 

fédérale de surveillance si sa dénonciation est écartée (BlschK 2002 45 ; Pierre-

Robert Gilliéron, Commentaire ad art. 14 n. 35 et ad art. 17 n° 77 ss).  

C’est là une question dont la Commission de céans est seule maître, et qu’elle 

entend traiter aussi au regard de considérations d’opportunité (DCSO/186/03 

consid. 4 in fine du 22 mai 2003), sans forcément communiquer sa décision à ce 

propos à la plaignante (DCSO/250/04 consid. 3.g du 19 mai 2004). 

 

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La présente plainte est donc irrecevable sur ce point en tant qu’elle est dirigée 

pour partie contre les fonctionnaires de l'Office ayant accompagné l'expert dans sa 

mission. 

Cela étant, la Commission de céans traitera cette plainte comme une dénonciation 

qu'elle examinera dans le cadre de son pouvoir de surveillance, étant rappelé que 

le dénonciateur n'a pas la qualité de partie à la procédure. 

 

*  *  *  *  *  

 

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P A R   C E S   M O T I F S ,  

L A   C O M M I S S I O N   D E   S U R V E I L L A N C E    

S I É G E A N T   E N   S E C T I O N   :  

 

Déclare irrecevable la plainte formée le 15 juin 2009 par Mme H______ contre la 

désignation de l'expert par l'Office et le déroulement de l'expertise du 4 juin 2009 dans 

le cadre de la poursuite en réalisation de gage n° 08 xxxx06 F. 

 

 

 

Siégeant : M. Philippe GUNTZ, président ;  Mme Valérie CARERA et M. Philipp 
GANZONI, juges assesseur(e)s. 

 

 

Au nom de la Commission de surveillance : 

 

Paulette DORMAN       Philippe GUNTZ 

     Greffière :                       Président : 
 

 

 

 

 

La présente décision est communiquée par courrier A à l’Office concerné et par courrier 

recommandé aux autres parties par la greffière le