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**Case Identifier:** 789f270b-30eb-517d-846e-ecd1f89c53c8
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-09-24
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 24.09.2018 A/169/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-169-2017_2018-09-24.pdf

## Full Text

Siégeant : Valérie MONTANI, Présidente ; Maria-Esther SPEDALIERO et Jean-Pierre 
WAVRE, Juges assesseurs 

  

 
 

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/169/2017 ATAS/840/2018 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 24 septembre 2018 

6ème Chambre 

 

En la cause 

Madame A______, domiciliée à CHÂTELAINE, représentée par 
Docteur B______  

 

 

recourante 

 

contre  

OFFICE DE L'ASSURANCE-INVALIDITÉ DU CANTON DE 
GENÈVE, sis rue des Gares 12, GENÈVE 

intimé 

 

 
 
 

 

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EN FAIT 

1. Madame A______ (la recourante ou l’assurée), née le ______ 1969, suissesse 
depuis 2010, divorcée, mère de deux enfants née en 1993 et 1995, titulaire de 
diplômes d’éducatrice de la petite enfance obtenus l’un au Pérou, l’autre en 
Equateur (reconnus en Suisse par décision du 4 septembre 2006 de l’Office fédéral 
de la formation professionnelle et de la technologie) a travaillé du 27 août 2012 au 
9 août 2013, à un taux de 50%, pour le secteur de la petite enfance de C______. 

2. Le 17 novembre 2006, l’assurée a été victime d’un accident de scooter et a présenté 
une disjonction de la symphyse pubienne et un traumatisme cranien léger (rapport 
des HUG du 30 novembre 2006). Le cas a été pris en charge par la Vaudoise 
générale, compagnie d’assurances SA, assureur-accident. 

3. Une IRM lombaire du 28 février 2013 a conclu à une petite protrusion discale 
postéro-médiane au niveau L5-S1, sans conflit discoradiculaire, ni sténose du canal 
mise en évidence. 

4. L’assurée a été en incapacité de travail depuis le 7 juin 2013, attestée par ses 
médecins traitants (du 7 au 9 juin par le docteur B______, FMH médecine-
générale, du 10 juin au 14 juillet par l’hôpital de zone de Nyon et du 1er juillet 2013 
au 28 février 2014 par le Dr B______). La Zurich assurance, assureur perte de gain 
maladie, a pris le cas en charge. 

5. Le 10 juin 2013, l’assurée a subi une intervention chirurgicale (hystérectomie 
abdominale, appendicectomie et correction d’une incontinence urinaire) à l’hôpital 
de zone de Nyon (selon rapport de celui-ci du 10 juin 2013). 

6. Le 4 septembre 2013, le Dr B______ a attesté d’une incapacité de travail totale 
depuis le 5 juin 2013 en raison de problèmes urinaires apparus après l’opération et 
cervicobrachialgies depuis trois semaines. 

7. Une IRM cervicale du 6 septembre 2013 a conclu à l’absence d’anomalie disco-
vertébrale majeure ; pas de conflit disco-radiculaire ni sténose canalaire. 

8. Le 11 septembre 2013, la doctoresse D______, FMH en neurologie, 
électroneuromyographie, echo-Doppler carotido-Vertébral, a indiqué que l’assurée 
présentait de nombreuses plaintes localisées sur le côté hémi-corporel droit, tantôt 
des douleurs au genou, à la hanche, à la cheville ou encore au niveau du talon à 
droite et encore récemment des cervicobrachialgies droites avec aussi une 
impression de faiblesse du membre supérieur droit ; Il n’y avait pas d’autre signes 
évoquant une lésion pariétale ou thalamique gauche, toutefois, une IRM cérébrale 
était prévue pour exclure toute éventualité ; à l’ENMG présence d’une atteinte 
discrète focale au carpe uniquement sensitive myélinique, n’expliquant pas les 
symptômes ; les plaintes dépassaient aussi un syndrome radiculaire et ne lui 
semblaient pas en relation avec une somatisation ; un avis psychiatrique était 
souhaitable ; du Lyrica ou Saroten retard restait à introduire. 

 
 
 

 

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9. Une IRM cérébrale du 26 septembre 2013 a conclu à l’absence d’anomalie 
parenchymateuse ni prise de contraste suspecte ; minime ectasie de la carotide 
interne droite en position carotido-cave pour laquelle un simple contrôle à un an par 
angio-IRM était suffisant. 

10. Le 13 octobre 2013, le Dr B______, a attesté d’un état d’épuisement avec douleurs 
invalidantes de l’hémicorps droit, état dépressif patent et complication urinaire suite 
à l’hystérectomie avec colosuspension. 

11. Un CT-SCAN du 20 novembre 2013 a conclu à une normalité des structures 
digestives notamment pas de dilatation évoquant un éventuel iléus grêle ; formation 
bien limitée pelvienne gauche prenant faiblement le contraste en périphérie à la 
phase tardive dans un contexte post-hystérectomie évoquant en premier lieu une 
collection post-opératoire (Hématome) qui était plus volumineuse selon les 
renseignements recueillis auprès de la patiente, à corréler à un examen spécialisé si 
indiqué. 

12. Du 18 novembre au 2 décembre 2013, l’assurée a séjourné à la clinique genevoise 
de Montana, sur demande du 7 octobre 2013 du Dr B______ (pour douleurs de 
l’hémicorps droit avec cervicalgies, lombalgies et état dépressif et d’épuisement). 
Les diagnostics de troubles urogénitaux post-colposuspension ont été posés ; elle a 
bénéficié de séances de physiothérapie (rapport de la clinique genevoise de 
Montana du 5 décembre 2013). 

13. Le 4 décembre 2013, l’assurée a déposé une demande de prestations d’invalidité en 
mentionnant une hystérectomie totale plus appendicectomie. 

14. Le 21 février 2014, le Dr B______ a attesté d’une capacité de travail complète de 
l’assurée dans le domaine de la petite enfance sans port de charges de plus de 5 kg. 

15. Le 25 février 2014, le Dr B______ a écrit à l’OAI qu’il suivait régulièrement 
l’assurée en raison de cervicalgies et lombalgies droites chroniques, traduisant 
essentiellement une surcharge physique et qui étaient de bon pronostic vu la 
normalité des examens radiologiques ; la situation médicale s’était décompensée en 
juin 2013, avec l’apparition des problèmes mictionnels et un état dépressif ; 
actuellement, la situation s’était à peu près rétablie sur le plan psychique ; les 
douleurs cervico-lombaires étaient contrôlées par un traitement d’acupuncture, et 
les difficultés mictionnelles s’amélioraient, bien qu’il fallait encore à l’assurée cinq 
à dix minutes pour vider complètement sa vessie ; dans cette situation, l’assurée 
allait reprendre son travail pour le 1er mars prochain, avec une limitation de 
charges ; il n’y avait donc pas lieu, pour l’instant, de demander une rente ou une 
réadaptation. 

16. Un rapport d’évaluation de l’OAI du 25 mars 2014, faisant suite à un entretien du 
même jour avec l’assurée, a conclu à la mise sur pied d’une aide pour la 
constitution d’un dossier de candidature adéquat. 

 
 
 

 

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17. Le 30 avril 2014, la doctoresse E______ du SMR a retenu une incapacité de travail 
de l’assurée du 10 juin au 10 juillet 2013, non durable. 

18. Le 2 mai 2014, l’OAI a relevé que l’assurée avait signalé une péjoration de son état 
de santé, que des MIP n’étaient pas appropriées et que l’instruction médicale devait 
être poursuivie. 

19. Par communication du 8 mai 2014, l’OAI a renoncé à des mesures de réadaptation 
professionnelles. 

20. L’assurée a été en incapacité de travail du 12 au 18 mai 2014, attestée par l’hôpital 
de zone de Nyon. 

21. Le 30 juin 2014, le Dr B______ a attesté d’un état de santé aggravé, avec une 
nouvelle intervention (problème urinaire) ; l’assurée était à nouveau apte au travail. 

22. Le 26 août 2014, le docteur F______, FMH OB-GYN, a attesté d’une intervention 
le 12 mai 2014 (section de la bandelette de TVT-Abbrevo en sous-urétral et cysto-
urétroscopie) ; l’intervalle entre les deux opérations avait dû être assez difficile 
pour l’assurée en raison de difficultés mictionnelles, freinant la reprise d’une 
activité mais actuellement le problème semblait amélioré.  

23. Le 4 mars 2015, le docteur G______, FMH psychiatrie-psychologie, a rempli un 
rapport médical AI attestant d’une capacité de travail totale du point de vue 
psychiatrique. 

24. Le 27 juillet 2015, la Dresse E______ a confirmé ses conclusions du 30 avril 2014. 

25. Le 28 juillet 2015, le Dr B______ a écrit à l’OAI en requérant une réadaptation ; 
l’assurée présentait, suite à un accident de scooter de 2006, une instabilité sacro-
iliaque qui nécessitait un changement professionnel. 

26. Par projet du 3 août 2015, l’OAI a refusé toute prestation à l’assurée en constatant 
qu’elle avait été en incapacité de travail à : 

- 100% du 7 juin 2013 au 10 juillet 2013 ; 

- 0% du 11 juillet 2013 au 11 avril 2014 ; 

- 100% du 12 avril 2014 au 31 mai 2014 ; 

- 0% dès le 1er juin 2014. 

Il ne s’agissait pas d’une incapacité de travail de longue durée (une année) ; le droit 
à des prestations financières n’était dès lors pas ouvert ; de plus, des mesures 
professionnelles n’étaient pas à l’ordre du jour puisque la capacité de travail de 
l’assurée était entière dans toute activité professionnelle. 

27. Le Dr B______ a attesté d’une incapacité de travail du 21 juillet au 30 septembre 
2015. 

 
 
 

 

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28. Le 17 septembre 2015, la Vaudoise assurances, a indiqué à l’OAI que l’assurée 
avait annoncé une rechute de son accident du 17 novembre 2006, avec une 
incapacité de travail totale depuis le 21 juillet 2015. 

29. Le 18 septembre 2015, l’assurée a déclaré à la Vaudoise assurances une rechute ; en 
jouant au football elle avait tiré dans une balle, ce qui avait produit une torsion de 
l’aile iliaque droite et déclenché des douleurs. 

30. Le 21 septembre 2015, l’assurée a contesté le projet de décision de l’OAI du 
3 août 2015 en relevant que suite aux douleurs constantes présentes depuis son 
accident de 2006, elle avait diminué son taux de travail à 80%, puis à 50%, que dès 
mars 2015 elle avait fait des remplacements en crèche, qu’elle avait souffert de 
l’aile iliaque droite et des articulations sacro iliaque, présenté des insomnies et des 
douleurs au bras droit et qu’elle sollicitait une réinsertion professionnelle. 

31. Le 28 septembre 2015, le Dr B______ a écrit à la Vaudoise assurances qu’il 
estimait que la décompensation douloureuse était liée à l’instabilité sacro-iliaque 
due à l’accident. 

32. Par décision du 26 octobre 2015, la Vaudoise assurances a refusé la prise en charge 
du traitement de 2015, faute de causalité probable entre les douleurs apparues le 17 
juillet 2015 et l’accident du 17 novembre 2006. 

33. Le 28 octobre 2015, le Dr B______ a écrit à l’OAI que le travail n’avait pas pu être 
repris pour de longues périodes en raison de lombo-sciatalgies persistantes, suites 
de l’accident de 2006 ; l’incapacité de travail était totale dans l’activité habituelle ; 
des infiltrations avaient dû être stoppées en raison de complications rares. 

34. Le 29 octobre 2015, l’assurée a indiqué à l’OAI qu’elle était dans un état de 
faiblesse extrême, suite à une complication due aux infiltrations. 

35. Le 26 novembre 2015, le docteur H______, FMH gastroentérologie et médecine 
générale interne, a indiqué qu’il existait un fort soupçon de rectocèle pouvant 
contribuer à une constipation terminale et qu’une éventuelle intervention était 
discutée. 

36. Le 1er décembre 2015, la doctoresse I______, FMH chirurgie générale et digestive, 
a rappelé que l’assurée avait présenté trois laparoscopies pour kyste récidivant de 
l’ovaire (en 1989-1992 et 1996), avec un syndrome pelvien douloureux et qui avait 
été réopéré en juin 2013 par le Dr F______ à Nyon ; d’une hystérectomie par 
Pfannenstiel, puis salpingectomie gauche, conservation de l’ovaire gauche et 
appendicectomie en passant. Dans le même temps, une correction d’incontinence 
urinaire avait été faite par mise en place d’une bandelette de TVT par voie vaginale. 
Elle avait été reprise en mai 2014 pour une section de la bandelette TVT-Abbrevo, 
en raison de difficultés mictionnelles très importantes. 

L’assurée se plaignait de troubles de la défection. Des investigations étaient en 
cours. 

 
 
 

 

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37. Le 6 décembre 2015, le Dr B______ a précisé à la Dresse I______ que l’assurée 
avait réagi à une infiltration de corticoïde par un blocage de la fonction 
surrénalienne.  

38. Le 10 décembre 2015, l’assurée à signalé à l’OAI qu’elle rencontrait beaucoup de 
problèmes gynécologiques. 

39. Le 17 décembre 2015, la Dresse I______ a effectué une défécographie concluant à 
un périnée descendant avec fermeture de l’angle ano-rectal, une importante 
rectocèle antérieure ne se vidant que très partiellement, une absence de décollement 
pré-sacré et la présence d’une elytrocèle grêle associée. L’assurée, devant une 
incontinence urinaire évidente lors de son examen proctologique, avait été envoyée 
pour un bilan urodynamique qui aurait lieu début février 2016 chez le Dr J______. 

Une éventuelle prise en charge chirurgicale était à examiner. 

40. Le 4 janvier 2016, la doctoresse K______, FMH gynécologie obstétrique, a rempli 
un rapport médical AI attestant d’un suivi depuis janvier 2013 et de traitements 
hospitaliers en 2012, 2013 et 2014. 

41. Le 17 janvier 2016, le Dr B______ a attesté d’une incapacité de travail totale de 
l’assurée dans l’activité habituelle et d’un problème digestif justifiant une 
intervention chirurgicale. 

42. Le 9 février 2016, le SMR a estimé qu’une évaluation gynécologique ne se justifiait 
pas. 

43. A la demande de l’OAI, la Clinique romande de réadaptation (ci-après : CRR) a 
rendu le 16 août 2016 un rapport d’expertise (docteur L______, médecine interne 
générale, docteur M______, psychiatrie et psychothérapie et la doctoresse 
N______, rhumatologue). 

L’assurée se plaignait de difficultés à porter des charges, à se relever de la position 
assise, de douleurs fessières irradiant à la région lombaire, au membre inférieur 
droit ainsi que dans la région du trapèze et cervicale droite, des fourmillements de 
la main gauche, des douleurs pubiennes et de tout le côté droit, des sensations de 
lâchage du membre inférieur droit, une impression de faiblesse, des troubles du 
sommeil, de la concentration, de la fatigue et des vertiges. Les experts ont posé les 
diagnostics, avec répercussion sur la capacité de travail, de rachialgies chroniques 
non spécifiques (J 30.4) ; état douloureux chronique diffus dans l’hémicorps droit 
(R 52.9) ; status après cure de tunnel carpien bilatérale ; status après dysjonction 
traumatique de la symphyse pubienne et entorse sacro-iliaque en 2007 ; status après 
hystérectomie et colposuspension ; rectocèle (N 81.6) ; troubles statiques des pieds 
(R 29.8) 

Sur le plan uro-génital, les plaintes qui avaient justifié la demande initiale de 
prestations AI étaient aujourd’hui décrites comme résolues. Les médecins 
attestaient que l’ablation de la bandelette TVT, responsable de difficultés 
mictionnelles majeures, avait résolu ce problème. L’assurée n’avait plus aucune 

 
 
 

 

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plainte de ce côté. Il restait certes la sensation désagréable du rectocèle, pour 
laquelle une ré-éducation du plancher pelvien était en cours et qui n’était pas 
susceptible de justifier une incapacité de travail, hormis temporaire si une 
intervention était réalisée. 

Sur le plan ostéoarticulaire, l’examen montrait de discrètes contractures 
musculaires para rachidiennes lombaires et une discrète limitation des amplitudes 
en flexion du tronc, sans signe radiculaire. La mobilisation du bassin, des sacro-
iliaques et des hanches était indolore. Les examens paracliniques avaient confirmé 
la présence de discrets troubles dégénératifs cervicaux, mais aucune anomalie de 
cet ordre au niveau lombaire, ni aucune anomalie du signal en regard de la 
symphyse pubienne et des articulations sacro-iliaques. La largeur de la symphyse 
était normale. 

Ces examens, tant cliniques que paracliniques, n’étaient pas concordants avec une 
dysjonction de la symphyse pubienne, conclusion qui avait déjà été retenue par 
d’autres examinateurs. 

Les constatations radiologiques étaient d’une grande banalité et, sans nier 
l’authenticité de rachialgies non spécifiques, elles ne pouvaient suffire à expliquer 
l’intensité et la diffusion des plaintes douloureuses. Elles contrastaient avec la 
gestuelle spontanée, parfaitement fluide, et avec de multiples activités déployées 
par l’assurée dans sa vie quotidienne. 

La diffusion des douleurs de l’hémicorps droit, avec la notion de lâchages, ne 
pouvait pas être objectivement justifiée. 

Sur le plan psychiatrique, l’anamnèse biographique avait retrouvé des événements 
hautement traumatisants et l’assurée avait manifesté à plusieurs reprises au cours 
des différents entretiens une émotivité importante, toutefois largement dominée. 
Les entretiens s’étaient ensuite déroulés de façon tout à fait simple et authentique. 
Quelques éléments de type stress post-traumatique avaient pu survenir dans son 
parcours, mais leurs traces n’étaient plus aujourd’hui réellement apparentes. 
L’assurée avait été perçue par l’expert psychiatre, comme par les autres experts, 
comme une femme dynamique, battante, volontaire, ayant démontré par son 
parcours sa capacité de s’engager et d’aboutir à ses objectifs. Rien ne permettait de 
suspecter chez elle un diagnostic de registre dépressif, lequel n’avait jamais 
d’ailleurs été évoqué autrement que par le médecin traitant. Il n’était pas non plus 
question d’un trouble de la personnalité, chez cette personne capable de s’impliquer 
et de s’insérer dans des activités associatives ou politiques. Finalement, il n’était 
retenu sur le plan psychiatrique aucun diagnostic et a fortiori la capacité de travail 
était entière. 

Les experts retenaient consensuellement le diagnostic d’état douloureux chronique 
diffus, en relevant que si l’on devait examiner un tel diagnostic, de plaintes 
douloureuses sans substrat organique bien identifié, à la lumière des critères récents 

 
 
 

 

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de la jurisprudence, les indicateurs étaient parfaitement concordants pour ne pas lui 
accorder une valeur incapacitante. 

Aucune mesure AI n’était justifiée. L’évaluation psychiatrique a conclu, au vu des 
limitations de l’assurée à une aide à la réinsertion. 

44. Le 1er novembre 2016, la doctoresse O______ du SMR a estimé que la capacité de 
travail de l’assurée était, sur la base de l’expertise, de 100% dans toute activité. 

45. Par décision du 17 décembre 2016, l’OAI a rejeté la demande de prestations, faute 
d’atteinte à la santé durablement incapacitante, les incapacités de travail totales 
reconnues étant du 7 juin au 10 juillet 2013 et du 12 avril au 31 mai 2014. 

46. Le 10 janvier 2017, le Dr B______ a écrit à l’OAI que l’expertise semblait ne pas 
tenir compte de la problématique urinaire et digestive, justifiant l’arrêt de travail 
depuis juillet 2015. 

47. Le 16 janvier 2017, l’OAI a transmis ce courrier à la chambre des assurances 
sociales de la Cour de Justice, laquelle a enregistré un recours. 

48. Le 27 janvier 2017, l’assurée, représentée par un avocat, a recouru à l’encontre de 
la décision de l’OAI du 17 décembre 2016 en concluant à son annulation et à 
l’octroi de prestations d’invalidité, dont une rente d’invalidité. 

49. Le 27 février 2017, l’OAI a conclu au rejet du recours en relevant que l’expertise de 
la CRR était probante. 

50. Le 23 mars 2017, l’assurée a répliqué en relevant qu’elle souffrait depuis 2013 
d’importants problèmes de santé physique et psychiques qui la limitaient dans la vie 
privée, et dans toute activité professionnelle ; elle avait été en incapacité de travail 
du 10 juin 2013 au 1er mars 2014 puis dès le 12 avril 2014, selon les Drs B______, 
I______ et la clinique genevoise de Montana ; en particulier, la CRR avait 
minimisé le problème uro-génital et celui du rectocèle et retenu aucun diagnostic 
psychiatrique alors qu’elle souffrait d’une profonde dépression ; l’OAI avait 
d’ailleurs relevé le 25 mars 2014 un moral lourd et le 30 avril 2014 un état dépressif 
réactionnel en lien avec des facteurs psychosociaux ; le psychiatre avait préconisé 
une aide à la réinsertion que l’OAI n’avait pas retenue. 

Le recourante a produit un rapport de la doctoresse P______, FMH psychiatrie 
psychothérapie du 14 mars 2017, selon lequel elle suivait l’assurée depuis le 27 
février 2017, suite au décès de son médecin-psychiatre, pour évacuer le choc dû à 
ce décès ; l’assurée présentait un état dépressif majeur et était totalement incapable 
de travailler ; le trouble psychique était susceptible d’amélioration mais il était 
probable qu’un autre diagnostic, masqué actuellement, apparaisse. 

51. Le 7 avril 2017, la doctoresse Q______ du SMR a relevé que l’avis de la Dresse 
P______ n’était pas susceptible de modifier les conclusions du 1er janvier 2016. 

52. Le 13 avril 2017, l’OAI a dupliqué en maintenant sa position. 

 
 
 

 

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53. Le 5 mai 2017, l’assurée a observé que l’avis du SMR ne pouvait être suivi car 
celui-ci ne l’avait pas examinée et que le volet psychiatrique de l’expertise de la 
CRR contenait certaines contradictions relatives à l’apparition des symptômes d’un 
état dépressif, sans que la mesure préconisée par l’expert ne soit reprise dans les 
conclusions globales de l’expertise. 

54. A la demande de la chambre de chambre de céans, les Drs P______, I______ et 
F______ ont donné des renseignements complémentaires. 

- Dans un avis du 18 juillet 2017, complété le 12 septembre 2017, la 
Dresse P______ a indiqué que l’assurée présentait un état dépressif majeur, 
actuellement en rémission, avec une incapacité de travail de 100% mais qu’elle 
pourrait reprendre actuellement un travail graduellement, d’abord à 50% dans 
une activité compatible avec ses plaintes physiques, que son état de santé s’était 
aggravé depuis août 2016 par l’apparition d’un état dépressif majeur et le décès 
subit de son père, lequel avait entraîné un réveil des symptômes de stress post-
traumatique. 

- Dans un avis du 11 août 2017, la Dresse I______ a attesté de deux consultations 
les 16 janvier et 17 décembre 2015, d’un diagnostic de rectocèle antérieure, 
incontinence urinaire d’effort, difficultés à l’excrétion et d’un arrêt de travail en 
novembre et décembre 2015 ; elle était d’accord avec l’appréciation de la CRR 
sur le plan uro-génital ainsi qu’avec l’avis du Dr B______ du 10 janvier 2017. 

- Dans un avis du 23 août 2017, le Dr F______ a attesté d’un suivi du 
21 mai 2013 au 12 juin 2014 ; le premier diagnostic était un syndrome pelvien 
douloureux sur uterus myomateux et adénomyosique, ainsi que sur un status 
adhérentiel pelvien, post deux laparoscopies pour kystes ovarien. Ceci avait 
conduit à la première intervention le 10 juin 2013 : hystérectomie abdominale, 
salpingectomie gauche avec conservation de l’ovaire gauche, appendicectomie 
en passant, et correction d’une incontinence urinaire par mise en place d’une 
bandelette sous-urétrale de type TVT-Abbrevo, par voie vaginale. Ce dernier 
geste s’était compliqué par un problème de difficultés mictionnelles, devenant 
progressivement invalidant, sur rétrécissement de la bandelette, provoquant un 
syndrome obstructif de l’urètre. Ceci avait pu être corrigé par la section de cette 
bandelette, geste réalisé le 12 mai 2014. Les suites de cette deuxième opération 
avaient été simples, la patiente avait retrouvé une miction normale, sans 
incontinence ; pendant l’intervalle de onze mois entre ces deux opérations, 
l’assurée était devenue de plus en plus gênée par ces difficultés mictionnelles, et 
certainement qu’une incapacité de travail en avait découlé (douleurs, temps 
prolongé sur les toilettes). 

Depuis juin 2014, une incapacité de travail n’était plus justifiée et il était donc 
d’accord avec l’appréciation de la CRR. 

Les douleurs de la sy pubienne lorsqu’elle se levait de la station assise au sol ou 
au lever de poids supérieurs à 5 kg, à la lecture de tous les rapports d’experts, ne 

 
 
 

 

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lui paraissaient pas feintes, bien réelles, son envie de travailler également. Les 
douleurs de la sy pubienne, tout comme des coccodynies, étaient parfois 
persistantes à long terme, même sans substrat anatomo-pathologique marqué. Ce 
type de douleur survenait assez souvent, après des accouchements, traumatiques 
ou non, et une approche thérapeutique par ostéopathie était parfois bénéfique ; 
l’ancienne activité, en tant que telle, ne lui paraissait pas adaptée ; une activité 
adaptée à son problème ostéo-articulaire douloureux devait être exigible ; il 
fallait que cette activité tienne compte de sa formation professionnelle 
d’éducatrice de la petite enfance, en lui permettant d’éviter les situations qui 
engendraient ses douleurs, donc éventuellement un travail avec des enfants un 
peu plus âgés, au-delà de 3-5 ans, comme suggéré par l’un de ses collègues 
d’expertise ; cette activité adaptée devait pouvoir être débutée le plus rapidement 
possible. 

Il était surpris par l’appréciation du Dr B______, de janvier 2017 : celui-ci 
mettait en avant une persistance du problème urinaire, affirmant que l’assurée 
continuait à avoir de grosses difficultés à uriner ; il n’avait personnellement pas 
revu l’assurée depuis trois ans, et ne pouvait pas objectivement se prononcer à ce 
sujet ; il se basait sur son examen de 2014 et sur l’avis gynécologique de son 
confrère, dans l’expertise ; le problème de la rétrocèle était toujours pendant, en 
cours de traitement, avec peut-être une nouvelle chirurgie à la clef ; à lui seul, il 
ne lui paraissait pas être urochee cause d’incapacité de travail. 

55. Le 29 septembre 2017, la Dresse Q______ du SMR a rendu un avis selon lequel les 
réponses des Drs I______ et F______ confirmaient l’appréciation de la CRR ; la 
Dresse P______, considérant une capacité de travail de 50% en augmentation 
progressivement, sans limitations fonctionnelles retenues, ne pouvait être suivie. 

56. Le 13 octobre 2017, l’OAI a maintenu ses conclusions. 

57. Le 14 octobre 2017, la recourante a observé qu’une activité dans sa profession 
habituelle n’était pas exigible de sorte que l’OAI devait calculer son degré 
d’invalidité en fonction d’une activité adaptée. 

58. Le 27 octobre 2017, le Docteur R______, radiologue, a effectué une défécographie 
et conclu à un périnée bas mais surtout descendant avec une fermeture de l’angle 
ano-rectal durant la défécation, la confirmation et la persistance d’’une 
volumineuse rectocèle antérieure sous-lévatorienne et l’apparition d’une élytrocèle 
en fin d’examen. Pas de décollement. Discret prolapsus muqueux recto-rectal qui 
s’arrêtait à 3 cm au-dessus de la rectocèle.  

59. Le 13 novembre 2017, le Docteur S______, FMH chirurgie proctologie, a requis du 
Docteur T______ des HUG qu’il se prononce sur une possible intervention 
chirurgicale du rectocèle. 

60. Le 27 novembre 2017, la chambre de céans a entendu les parties en audience de 
comparution personnelle. 

 
 
 

 

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La recourante a déclaré : « J’ai beaucoup de soucis pour aller aux toilettes, pour 
éliminer les selles. Je prends beaucoup de temps et c’est douloureux. J’ai effectué 
une défechographie qui a montré un grand rectocèle. Ma médecin m’a adressée au 
Dr T______, mais celui-ci a renoncé à m’opérer en raison du risque d’incontinence 
définitive. Je fais de la physiothérapie et de l’ostéothérapie mais cela m’occasionne 
parfois des blocages, peut-être en raison des multiples adhérences que j’ai dans le 
ventre. Je passe beaucoup de temps aux toilettes.  

J’estime que je ne peux plus travailler du tout dans une crèche, d’abord en raison du 
fait que je dois toujours passer beaucoup de temps aux toilettes et que je ne peux 
pas laisser les enfants seuls, ensuite parce que je ne peux plus m’asseoir par terre. 
J’ai en effet des douleurs suite à mon accident de scooter de 2006. Je précise 
qu’après l’opération du Dr F______, j’ai eu des problèmes très importants pour 
uriner jusqu’à ce que ce médecin me réopère en 2014. Ce problème est maintenant 
réglé.  

J’ai de la peine à porter des charges donc je ne peux par exemple plus porter un 
bébé dans le cadre de mon travail. J’ai demandé à travailler avec des enfants plus 
grands de trois à cinq ans, mais même dans ce contexte, j’ai de la peine à exercer 
mon métier. J’ai souvent des douleurs dans toute la partie droite de mon corps et 
cela depuis l’accident. Je souhaite retravailler mais dans un autre domaine que la 
petite enfance. Je me sens capable encore de faire beaucoup de choses. Je suis 
conseillère municipale à la commune de Vernier. Depuis octobre 2015, je suis à 
l’Hospice général. Je veux me sortir de cette situation et en particulier je souhaite 
que mes enfants puissent continuer à étudier.  

Je souhaite avant tout une mesure de réinsertion de la part de l’OAI avec 
éventuellement un stage d’orientation. 

Mon psychiatre est décédé subitement début 2017, ce qui m’a occasionné un état 
dépressif. Celui-ci s’est cependant amélioré. Je suis toujours suivie par la Dresse 
U______. Je vais mieux mais je suis sujette à des rechutes dépressives par moment 
lorsque certains événements me font revivre des moments douloureux de mon 
passé. J’ai en effet été forcée de quitter le Pérou dans des conditions difficiles. J’ai 
l’impression de ne pas avoir digéré tout ce qui m’est arrivé. Je vois la Dresse 
U______ une fois par semaine. Je fais aussi de l’acupuncture chez le Dr B______ 
et de la physiothérapie à l’Hôpital de La Tour. 

A la CRR, les médecins, dont le rhumatologue, étaient étonnés que je n’ai pas 
encore eu de réadaptation. C’est vraiment en raison des problèmes liés à mon côté 
droit du corps que je ne peux plus exercer comme éducatrice. 

Je précise que j’ai des blocages qui entrainent des incapacités de travail de trois 
semaines minimum, ce qui m’empêche aussi de travailler comme éducatrice.  

Je n’ai pas contesté la décision de refus de La Vaudoise du 26 octobre 2015. 

 
 
 

 

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- 12/26 - 

Je ne souhaite pas rester à l’assistance sociale, je veux retravailler à tout prix. J’ai 
même envisagé de devenir indépendante en commercialisant une protection contre 
la pluie pour les vélos. L’Hospice général m’a dit qu’il ne pouvait pas m’aider pour 
cela, mais je reste très motivée pour retravailler. 

Je suis très handicapée avec le rectocèle que l’on ne peut pas opérer ». 

L’avocat de la recourante a déclaré : « Je relève que l’expert psychiatre de la CRR 
préconisait des mesures de réadaptation ». 

La représentante de l’intimé a déclaré : « Dès lors que la CRR a conclu à une 
capacité de travail totale dans toute activité, aucune mesure de réadaptation ne se 
justifie ». 

61. Le 19 juin 2018, le Dr T______ a écrit au Dr B______ que l’asynchronisme 
abdomino-pelvien ne pouvait faire l’objet d’aucune chirurgie, pathologie souvent 
en relation avec un problème psychologique, voire un problème d’abus. 

62. A la demande de la chambre de céans, le Dr T______ a indiqué le 6 février 2018 
qu’il n’avait prescrit aucune incapacité de travail chez l’assurée ; l’asynchronisme 
abdomino-pelvien ne suffisait pas à expliquer l’incapacité de travail, due à des 
problèmes psychologiques. 

63. Le 20 mars 2018, la chambre de céans a informé les parties qu’elle entendait 
confier une expertise psychiatrique au docteur V______, FMH psychiatrie et 
psychothérapie, à Chêne-Bourg, et leur a communiqué le projet de mission 
d’expertise. Un délai leur a été imparti pour qu’elles se prononcent sur une 
éventuelle récusation de l’expert ainsi que sur les questions libellées dans la 
mission d’expertise. 

64. Le 28 mars 2018, la recourante a indiqué qu’elle n’avait ni question 
complémentaire ni motif de récusation à faire valoir. 

65. Le 29 mars 2018, l’OAI a relevé qu’une expertise psychiatrique figurait déjà au 
dossier de sorte qu’il s’opposait à l’expertise judiciaire mais n’avait pas de motif de 
récusation à l’encontre de l’expert, ni de question complémentaire.  

66. Par ordonnance du 10 avril 2018, la chambre de céans a confié une expertise 
psychiatrique au Dr V______. 

67. Le 12 juin 2018, le Dr V______ a rendu son rapport d’expertise.  

L’assurée faisait état de plaintes fonctionnelles et douloureuses, de mauvaise 
qualité de son sommeil et de plaintes d’ordre social. Il n’y avait pas de plainte 
psychique. Une forte émotivité était objectivée en entretien. Il n’y avait pas de 
diagnostic psychiatrique. Il rejoignait les constatations et conclusions du volet 
psychiatrique de l’expertise de la CRR. 

Une reprise de travail d’abord à 50 % puis à 100 % était raisonnable, compte tenu 
du déconditionnement survenu depuis bientôt trois ans.  

 
 
 

 

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68. Le 2 juillet 2018, le docteur W______ du SMR a rendu un avis selon lequel l’expert 
confirmait les conclusions du Dr M______ de la CRR, de sorte qu’il n’y avait pas 
d’atteinte à la santé justifiant une incapacité de travail. 

69. Le 12 juillet 2018, la recourante a observé que son activité professionnelle 
habituelle n’était plus adaptée à ses limitations fonctionnelles, de sorte qu’elle 
persistait dans les conclusions de son recours. 

70. Le 16 juillet 2018, l’OAI a maintenu ses conclusions, en se référant à l’avis du 
SMR du 2 juillet 2018. 

71. Sur quoi la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 2 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 
26 septembre 2010 (LOJ - E 2 05) en vigueur dès le 1er janvier 2011, la chambre 
des assurances sociales de la Cour de justice connaît, en instance unique, des 
contestations prévues à l'art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des 
assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA - RS 830.1) relatives à la loi fédérale 
sur l’assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI - RS 831.20). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. A teneur de l'art. 1 al. 1 LAI, les dispositions de la LPGA s'appliquent à l'assurance-
invalidité, à moins que la loi n'y déroge expressément. 

Toutefois, les modifications légales contenues dans la LPGA constituent, en règle 
générale, une version formalisée dans la loi de la jurisprudence relative aux notions 
correspondantes avant l'entrée en vigueur de la LPGA; il n'en découle aucune 
modification du point de vue de leur contenu, de sorte que la jurisprudence 
développée à leur propos peut être reprise et appliquée (ATF 130 V 343 consid. 3). 

3. Le délai de recours est de 30 jours (art. 56 LPGA; art. 62 al. 1 de la de loi sur la 
procédure administrative du 12 septembre 1985 [LPA - E 5 10]). Interjeté dans la 
forme et le délai prévus par la loi, le recours est recevable (art. 56 ss LPGA et 
62 ss LPA). 

4. Le litige porte sur le droit de la recourante à une rente d'invalidité, singulièrement 
sur l'évaluation de sa capacité de travail. 

5. Aux termes de l’art. 8 al. 1er LPGA, est réputée invalidité l’incapacité de gain totale 
ou partielle qui est présumée permanente ou de longue durée. Selon l’art. 7 LPGA, 
est réputée incapacité de gain toute diminution de l'ensemble ou d'une partie des 
possibilités de gain de l'assuré sur le marché du travail équilibré qui entre en 
considération, si cette diminution résulte d'une atteinte à la santé physique ou 
mentale et qu'elle persiste après les traitements et les mesures de réadaptation 
exigibles (al 1). Seules les conséquences de l’atteinte à la santé sont prises en 
compte pour juger de la présence d’une incapacité de gain. De plus, il n’y a 
incapacité de gain que si celle-ci n’est pas objectivement surmontable (al. 2 en 

 
 
 

 

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- 14/26 - 

vigueur dès le 1er janvier 2008). Pour évaluer le taux d'invalidité, le revenu que 
l'assuré aurait pu obtenir s'il n'était pas invalide est comparé avec celui qu'il pourrait 
obtenir en exerçant l'activité qui peut raisonnablement être exigée de lui après les 
traitements et les mesures de réadaptation, sur un marché du travail équilibré 
(art. 16 LPGA et art. 28 al. 2 LAI). 

6. Les atteintes à la santé psychique peuvent, comme les atteintes physiques, entraîner 
une invalidité au sens de l'art. 4 al. 1 LAI en liaison avec l'art. 8 LPGA. On ne 
considère pas comme des conséquences d'un état psychique maladif, donc pas 
comme des affections à prendre en charge par l'assurance-invalidité, les 
diminutions de la capacité de gain que l'assuré pourrait empêcher en faisant preuve 
de bonne volonté; la mesure de ce qui est exigible doit être déterminée aussi 
objectivement que possible (ATF 102 V 165; arrêt du Tribunal fédéral des 
assurances I 786/04 du 19 janvier 2006 consid. 3.1).  

Dans l'éventualité où des troubles psychiques ayant valeur de maladie sont admis, il 
y a alors lieu d'évaluer le caractère exigible de la reprise d'une activité lucrative par 
l'assuré, au besoin moyennant un traitement thérapeutique. A cet effet, il faut 
examiner quelle est l'activité que l'on peut raisonnablement exiger de lui. Pour 
admettre l'existence d'une incapacité de gain causée par une atteinte à la santé 
mentale, il n'est donc pas décisif que l'assuré exerce une activité lucrative 
insuffisante; il faut bien plutôt se demander s'il y a lieu d'admettre que la mise à 
profit de sa capacité de travail ne peut, pratiquement, plus être raisonnablement 
exigée de lui, ou qu'elle serait même insupportable pour la société (ATF 127 V 294 
consid. 4c, ATF 102 V 165; VSI 2001 p. 224 consid. 2b et les références). Ces 
principes sont valables, selon la jurisprudence, pour les psychopathies, les 
altérations du développement psychique (psychische Fehlentwicklungen), 
l'alcoolisme, la pharmacomanie, la toxicomanie et pour les névroses 
(RCC 1992 p. 182 consid. 2a et les références; arrêt du Tribunal fédéral des 
assurances I 237/04 du 30 novembre 2004 consid. 4.2). 

7. La reconnaissance de l'existence de troubles somatoformes douloureux persistants 
suppose d'abord la présence d'un diagnostic émanant d'un expert (psychiatre) et 
s'appuyant lege artis sur les critères d'un système de classification reconnu 
(ATF 130 V 396 consid. 5.3). 

Le diagnostic d'un trouble douloureux somatoforme doit être justifié médicalement 
de telle manière que les personnes chargés d’appliquer le droit puissent vérifier que 
les critères de classification ont été effectivement respectés. En particulier, 
l’exigence d’une douleur persistante, intense et s’accompagnant d’un sentiment de 
détresse doit être remplie. Un tel diagnostic suppose l’existence de limitations 
fonctionnelles dans tous les domaines de la vie (tant professionnelle que privée). 
Les médecins doivent en outre prendre en considération les critères d’exclusion de 
ce diagnostic retenus par la jurisprudence (ATF 141 V 281 consid. 2.1.1. et 2.2). 
Ainsi, si les limitations liées à l'exercice d'une activité résultent d'une exagération 
des symptômes ou d'une constellation semblable, on conclura, en règle ordinaire, à 

 
 
 

 

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l'absence d'une atteinte à la santé ouvrant le droit à des prestations d'assurance. Au 
nombre des situations envisagées figurent la discordance entre les douleurs décrites 
et le comportement observé, l'allégation d'intenses douleurs dont les 
caractéristiques demeurent vagues, l'absence de demande de soins, les grandes 
divergences entre les informations fournies par le patient et celles ressortant de 
l'anamnèse, le fait que des plaintes très démonstratives laissent insensible l'expert, 
ainsi que l'allégation de lourds handicaps malgré un environnement psychosocial 
intact (ATF 131 V 49 consid. 1.2). 

Une expertise psychiatrique est, en principe, nécessaire quand il s'agit de se 
prononcer sur l'incapacité de travail que les troubles somatoformes douloureux sont 
susceptibles d'entraîner (ATF 130 V 352 consid. 2.2.2 et 5.3.2). Une telle 
appréciation psychiatrique n'est toutefois pas indispensable lorsque le dossier 
médical comprend suffisamment de renseignements pour exclure l'existence d'une 
composante psychique aux douleurs qui revêtirait une importance déterminante au 
regard de la limitation de la capacité de travail. 

Les principes jurisprudentiels développés en matière de troubles somatoformes 
douloureux sont également applicables à la fibromyalgie (ATF 132 V 65 
consid. 4.1), au syndrome de fatigue chronique ou de neurasthénie (ATF 139 V 
346; arrêt du Tribunal fédéral 9C_662/2009 du 17 août 2010 consid. 2.3 in SVR 
2011 IV n° 26 p. 73), à l'anesthésie dissociative et aux atteintes sensorielles (arrêt 
du Tribunal fédéral des assurances I 9/07 du 9 février 2007 consid. 4 in SVR 2007 
IV n° 45 p. 149), à l’hypersomnie (ATF 137 V 64 consid. 4) ainsi qu'en matière de 
troubles moteurs dissociatifs (arrêt du Tribunal fédéral 9C_903/2007 du 30 avril 
2008 consid. 3.4), de traumatisme du type « coup du lapin » (ATF 141 V 574 
consid. 5.2 et ATF 136 V 279 consid. 3.2.3) et d’état de stress post-traumatique 
(ATF 142 V 342 consid. 5.2). En revanche, ils ne sont pas applicables par analogie 
à la fatigue liée au cancer (cancer-related Fatigue) (ATF 139 V 346 consid. 3; arrêt 
du Tribunal fédéral 9C_73/2013 du 2 septembre 2013 consid. 5). 

8. L'évaluation des syndromes sans pathogenèse ni étiologie claires et sans constat de 
déficit organique ne fait pas l'objet d'un consensus médical (arrêt du Tribunal 
fédéral 9C_619/2012 du 9 juillet 2013 consid. 4.1). Pour ces motifs, la 
jurisprudence a dégagé un certain nombre de principes et de critères normatifs pour 
permettre d'apprécier - sur les plans médical et juridique - le caractère invalidant de 
ce genre de syndromes. Selon la jurisprudence ayant cours jusqu’à récemment, 
ceux-ci n'entraînaient pas, en règle générale, une limitation de longue durée de la 
capacité de travail pouvant conduire à une invalidité (ATF 130 V 352 consid. 
2.2.3). Il existait une présomption que de tels syndromes ou leurs effets pouvaient 
être surmontés par un effort de volonté raisonnablement exigible (ATF 131 V 49 
consid. 1.2). Le Tribunal fédéral a toutefois reconnu qu'il existait des facteurs 
déterminés qui, par leur intensité et leur constance, rendaient la personne incapable 
de fournir cet effort de volonté, et a établi des critères permettant d'apprécier le 
caractère invalidant de ces syndromes (cf. ATF 130 V 352 consid. 2.2. et ATF 131 

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V 49 consid. 1.2). Au premier plan figurait la présence d'une comorbidité 
psychiatrique importante par sa gravité, son acuité et sa durée. D'autres critères 
pouvaient être déterminants, tels que des affections corporelles chroniques, un 
processus maladif s'étendant sur plusieurs années sans rémission durable 
(symptomatologie inchangée ou progressive), une perte d'intégration sociale dans 
toutes les manifestations de la vie, un état psychique cristallisé, sans évolution 
possible au plan thérapeutique, résultant d'un processus défectueux de résolution du 
conflit, mais apportant un soulagement du point de vue psychique (profit primaire 
tiré de la maladie, fuite dans la maladie), l'échec de traitements ambulatoires ou 
stationnaires conformes aux règles de l'art (même avec différents types de 
traitement), cela en dépit de l'attitude coopérative de la personne assurée (ATF 132 
V 65 consid. 4.2). En présence de tels syndromes, la mission d'expertise consistait 
surtout à porter une appréciation sur la vraisemblance de l'état douloureux et, le cas 
échéant, à déterminer si la personne expertisée disposait des ressources psychiques 
lui permettant de surmonter cet état. Eu égard à la mission confiée, les experts 
failliraient à celle-ci s'ils ne tenaient pas compte des différents critères mis en 
évidence par le Tribunal fédéral dans le cadre de leur appréciation médicale 
(ATF 132 V 65 consid. 4.2 et 4.3). 

9. Dans un arrêt récent (ATF 141 V 281), le Tribunal fédéral a abandonné la 
présomption qui prévalait jusqu’à ce jour, selon laquelle les syndromes du type 
troubles somatoformes douloureux et affections psychosomatiques assimilées 
peuvent être surmontés en règle générale par un effort de volonté raisonnablement 
exigible (ATF 132 V 65; ATF 131 V 49; ATF 130 V 352). Désormais, la capacité 
de travail réellement exigible doit être évaluée dans le cadre d'une procédure 
d'établissement des faits structurée et sans résultat prédéfini, permettant de mettre 
en regard les facteurs extérieurs incapacitants d’une part et les ressources de 
compensation de la personne d’autre part (ATF 141 V 281 consid. 3.6 et 4). Il n'y a 
plus lieu de se fonder sur les critères de l'ATF 130 V 352, mais sur une grille 
d’analyse comportant divers indicateurs qui rassemblent les éléments essentiels 
propres aux troubles de nature psychosomatique (ATF 141 V 281 consid. 4). Ces 
indicateurs concernent deux catégories, à savoir celle du degré de gravité 
fonctionnelle et celle de la cohérence. 

Ces indicateurs sont classés comme suit : 

I. Catégorie «  degré de gravité fonctionnelle » 

Les indicateurs relevant de cette catégorie représentent l’instrument de base de 
l’analyse. Les déductions qui en sont tirées devront, dans un second temps, résister 
à un examen de la cohérence (ATF 141 V 281 consid. 4.3). 

A. Axe « atteinte à la santé » 

1. Expression des éléments pertinents pour le diagnostic et des symptômes 

Les constatations relatives aux manifestations concrètes de l’atteinte à la santé 
diagnostiquée permettent de distinguer les limitations fonctionnelles causées par 

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cette atteinte de celles dues à des facteurs non assurés. Le point de départ est le 
degré de gravité minimal inhérent au diagnostic. Il doit être rendu vraisemblable 
compte tenu de l’étiologie et de la pathogenèse de la pathologie déterminante pour 
le diagnostic. Par exemple, sur le plan étiologique, la caractéristique du syndrome 
somatoforme douloureux persistant est, selon la CIM-10 F45.5, qu’il survient dans 
un contexte de conflits émotionnels ou de problèmes psycho-sociaux. En revanche, 
la notion de bénéfice primaire de la maladie ne doit plus être utilisée 
(consid.  4.3.1.1). 

2. Succès du traitement et de la réadaptation ou résistance à ces derniers 

Ce critère est un indicateur important pour apprécier le degré de gravité. L’échec 
définitif d’un traitement indiqué, réalisé lege artis sur un assuré qui coopère de 
manière optimale, permet de conclure à un pronostic négatif. Si le traitement ne 
correspond pas ou plus aux connaissances médicales actuelles ou paraît inapproprié 
dans le cas d’espèce, on ne peut rien en déduire s’agissant du degré de gravité de la 
pathologie. Les troubles psychiques sont invalidants lorsqu'ils sont graves et ne 
peuvent pas ou plus être traités médicalement. Des déductions sur le degré de 
gravité d’une atteinte à la santé peuvent être tirées non seulement du traitement 
médical mais aussi de la réadaptation. Si des mesures de réadaptation entrent en 
considération après une évaluation médicale, l’attitude de l’assuré est déterminante 
pour juger du caractère invalidant ou non de l’atteinte à la santé. Le refus de 
l'assuré d'y participer est un indice sérieux d'une atteinte non invalidante. A 
l’inverse, une réadaptation qui se conclut par un échec en dépit d’une coopération 
optimale de la personne assurée peut être significative dans le cadre d’un examen 
global tenant compte des circonstances du cas particulier (consid. 4.3.1.2). 

3. Comorbidités 

La comorbidité psychique ne joue plus un rôle prépondérant de manière générale, 
mais ne doit être prise en considération qu’en fonction de son importance concrète 
dans le cas d’espèce, par exemple pour juger si elle prive l’assuré de ressources. Il 
est nécessaire de procéder à une approche globale de l’influence du trouble 
somatoforme douloureux avec l’ensemble des pathologies concomitantes. Un 
trouble qui, selon la jurisprudence, ne peut pas être invalidant en tant que tel (cf. 
consid. 4.3.1.2; arrêt du Tribunal fédéral 9C_98/2010 du 28 avril 2010, consid. 
2.2.2, in : RSAS 2011 IV n° 17, p. 44) n’est pas une comorbidité (arrêt du Tribunal 
fédéral 9C_1040/2010 du 6 juin 2011, consid. 3.4.2.1, in : RSAS 2012 IV n° 1, 
p. 1) mais doit à la rigueur être pris en considération dans le cadre du diagnostic de 
la personnalité (ATF 141 V 281 consid. 4.3.2). Ainsi, un trouble dépressif 
réactionnel au trouble somatoforme ne perd pas toute signification en tant que 
facteur d’affaiblissement potentiel des ressources, mais doit être pris en 
considération dans l’approche globale (ATF 141 V 281 consid. 4.3.1.3). 

B. Axe « personnalité » (diagnostic de la personnalité, ressources personnelles) 

 
 
 

 

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Il s’agit d’accorder une importance accrue au complexe de personnalité de l’assuré 
(développement et structure de la personnalité, fonctions psychiques 
fondamentales). Le concept de ce qu’on appelle les « fonctions complexes du Moi » 
(conscience de soi et de l’autre, appréhension de la réalité et formation du 
jugement, contrôle des affects et des impulsions, intentionnalité et motivation) entre 
aussi en considération. Comme les diagnostics relevant des troubles de la 
personnalité sont, plus que d’autres indicateurs, dépendants du médecin 
examinateur, les exigences de motivation sont particulièrement élevées (consid. 
4.3.2). 

C. Axe « contexte social » 

Si des difficultés sociales ont directement des conséquences fonctionnelles 
négatives, elles continuent à ne pas être prises en considération. En revanche, le 
contexte de vie de l’assuré peut lui procurer des ressources mobilisables, par 
exemple par le biais de son réseau social. Il faut toujours s’assurer qu’une 
incapacité de travail pour des raisons de santé ne se confond pas avec le chômage 
non assuré ou avec d’autres difficultés de vie (consid. 4.3.3). 

II. Catégorie « cohérence » 

Cette seconde catégorie comprend les indicateurs liés au comportement de l’assuré. 
(consid. 4.4). 

A. Limitation uniforme du niveau des activités dans tous les domaines comparables 
de la vie 

Il s’agit ici de se demander si l’atteinte à la santé limite l’assuré de manière 
semblable dans son activité professionnelle ou dans l’exécution de ses travaux 
habituels et dans les autres activités (par exemple, les loisirs). Le critère du retrait 
social utilisé jusqu’ici doit désormais être interprété de telle sorte qu’il se réfère non 
seulement aux limitations mais également aux ressources de l’assuré et à sa 
capacité à les mobiliser. Dans la mesure du possible, il convient de comparer le 
niveau d’activité sociale de l’assuré avant et après la survenance de l’atteinte à la 
santé (consid. 4.4.1). 

B. Poids de la souffrance révélé par l’anamnèse établie en vue du traitement et de la 
réadaptation 

La prise en compte d’options thérapeutiques, autrement dit la mesure dans laquelle 
les traitements sont mis à profit ou alors négligés, permet d’évaluer le poids effectif 
des souffrances. Tel n’est toutefois pas le cas lorsque le comportement est influencé 
par la procédure assécurologique en cours. Il ne faut pas conclure à l’absence de 
lourdes souffrances lorsque le refus ou la mauvaise acceptation du traitement 
recommandé est la conséquence d’une incapacité (inévitable) de l’assuré à 
reconnaître sa maladie (anosognosie). Les mêmes principes s’appliquent pour les 
mesures de réadaptation. Un comportement incohérent de l'assuré est là aussi un 

 
 
 

 

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indice que la limitation fonctionnelle est due à d’autres raisons que l'atteinte à la 
santé assurée (consid. 4.4.2). 

Le juge vérifie librement si l’expert médical a exclusivement tenu compte des 
déficits fonctionnels résultant de l’atteinte à la santé et si son évaluation de 
l’exigibilité repose sur une base objective (consid. 5.2.2; ATF 137 V 64 consid. 1.2 
in fine).  

10. La jurisprudence développée au sujet des troubles somatoformes douloureux 
s'applique dorénavant à toutes les maladies psychiques (ATF 143 V 409; 143 V 
418)). 

11. La plupart des éventualités assurées (par exemple la maladie, l'accident, l'incapacité 
de travail, l'invalidité, l'atteinte à l'intégrité physique ou mentale) supposent 
l'instruction de faits d'ordre médical (ATF 122 V 157 consid. 1b). Pour apprécier le 
droit aux prestations d’assurances sociales, il y a lieu de se baser sur des éléments 
médicaux fiables (ATF 134 V 231 consid 5.1). La tâche du médecin consiste à 
porter un jugement sur l’état de santé et à indiquer dans quelle mesure et pour 
quelles activités l’assuré est, à ce motif, incapable de travailler. En outre, les 
données médicales constituent un élément utile pour déterminer quels travaux on 
peut encore, raisonnablement, exiger de l’assuré (ATF 125 V 256 consid. 4 et les 
références). 

Selon le principe de libre appréciation des preuves, pleinement valable en 
procédure judiciaire de recours dans le domaine des assurances sociales (cf. art. 61 
let. c LPGA), le juge n'est pas lié par des règles formelles, mais doit examiner de 
manière objective tous les moyens de preuve, quelle qu'en soit la provenance, puis 
décider si les documents à disposition permettent de porter un jugement valable sur 
le droit litigieux. En cas de rapports médicaux contradictoires, le juge ne peut 
trancher l'affaire sans apprécier l'ensemble des preuves et sans indiquer les raisons 
pour lesquelles il se fonde sur une opinion médicale et non pas sur une autre. 
L'élément déterminant pour la valeur probante d'un rapport médical n'est ni son 
origine, ni sa désignation, mais son contenu. A cet égard, il importe que les points 
litigieux importants aient fait l'objet d'une étude fouillée, que le rapport se fonde sur 
des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes 
exprimées, qu'il ait été établi en pleine connaissance du dossier (anamnèse), que la 
description des interférences médicales soit claire et enfin que les conclusions de 
l'expert soient bien motivées (ATF 134 V 231 consid. 5.1; ATF 133 V 450 
consid. 11.1.3; ATF 125 V 351 consid. 3). 

Sans remettre en cause le principe de la libre appréciation des preuves, le Tribunal 
fédéral des assurances a posé des lignes directrices en ce qui concerne la manière 
d'apprécier certains types d'expertises ou de rapports médicaux. 

Ainsi, en principe, lorsqu’au stade de la procédure administrative, une expertise 
confiée à un médecin indépendant est établie par un spécialiste reconnu, sur la base 
d'observations approfondies et d'investigations complètes, ainsi qu'en pleine 

 
 
 

 

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connaissance du dossier, et que l'expert aboutit à des résultats convaincants, le juge 
ne saurait les écarter aussi longtemps qu'aucun indice concret ne permet de douter 
de leur bien-fondé (ATF 125 V 351 consid. 3b/bb). 

Dès lors qu'en l'absence de résultats sur le plan somatique, le seul diagnostic de 
troubles somatoformes douloureux ne suffit pas pour justifier un droit à des 
prestations d'assurance sociale, il incombe à l'expert psychiatre, dans le cadre large 
de son examen, d'indiquer à l'administration (et au juge) si et dans quelle mesure un 
assuré dispose de ressources psychiques qui - eu égard également aux critères 
pertinents - lui permettent de surmonter ses douleurs. Les prises de position 
médicales sur la santé psychique et sur les ressources dont dispose l'assuré 
constituent une base indispensable pour trancher la question (juridique) de savoir si 
et dans quelle mesure on peut exiger de celui-ci qu'il mette en œuvre toute sa 
volonté pour surmonter ses douleurs et réintégrer le monde du travail. Dans le cadre 
de la libre appréciation dont ils disposent, l'administration et le juge ne sauraient ni 
ignorer les constatations de fait des médecins, ni faire leur les estimations et 
conclusions médicales relatives à la capacité (résiduelle) de travail, sans procéder à 
un examen préalable de leur pertinence du point de vue du droit des assurances 
sociales. Cela s'impose en particulier lorsque l'expert atteste une limitation de la 
capacité de travail fondée uniquement sur le diagnostic de troubles somatoformes 
douloureux. Dans un tel cas, il appartient aux autorités administratives et judiciaires 
d'examiner avec tout le soin nécessaire si l'estimation médicale de l'incapacité de 
travail prend en considération également des éléments étrangers à l'invalidité (en 
particulier des facteurs psychosociaux et socio-culturels) qui ne sont pas pertinents 
du point de vue des assurances sociales, ou si la limitation (partielle ou totale) de la 
capacité de travail est justifiée par les critères juridiques déterminants (arrêt du 
Tribunal fédéral des assurances I.648/03 du 18 septembre 2004 consid. 5.1.3 et 
5.1.4). 

Le juge peut accorder pleine valeur probante aux rapports et expertises établis par 
les médecins d'un assureur social aussi longtemps que ceux-ci aboutissent à des 
résultats convaincants, que leurs conclusions sont sérieusement motivées, que ces 
avis ne contiennent pas de contradictions et qu'aucun indice concret ne permet de 
mettre en cause leur bien-fondé. Le simple fait que le médecin consulté est lié à 
l'assureur par un rapport de travail ne permet pas encore de douter de l'objectivité 
de son appréciation ni de soupçonner une prévention à l'égard de l'assuré. Ce n'est 
qu'en présence de circonstances particulières que les doutes au sujet de l'impartialité 
d'une appréciation peuvent être considérés comme objectivement fondés. Etant 
donné l'importance conférée aux rapports médicaux dans le droit des assurances 
sociales, il y a lieu toutefois de poser des exigences sévères quant à l'impartialité de 
l'expert (ATF 125 V 351 consid. 3b/ee).  

Une appréciation médicale, respectivement une expertise médicale établie sur la 
base d'un dossier n’est pas en soi sans valeur probante. Une expertise médicale 
établie sur la base d'un dossier peut avoir valeur probante pour autant que celui-ci 

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contienne suffisamment d'appréciations médicales qui, elles, se fondent sur un 
examen personnel de l'assuré (RAMA 2001 n° U 438 p. 346 consid. 3d). 
L’importance de l’examen personnel de l’assuré par l’expert n’est reléguée au 
second plan que lorsqu’il s’agit, pour l’essentiel, de porter un jugement sur des 
éléments d’ordre médical déjà établis et que des investigations médicales nouvelles 
s’avèrent superflues. En pareil cas, une expertise médicale effectuée uniquement 
sur la base d’un dossier peut se voir reconnaître une pleine valeur probante (arrêt du 
Tribunal fédéral 8C_681/2011 du 27 juin 2012 consid. 4.1 et les références). 

Dans une procédure portant sur l'octroi ou le refus de prestations d'assurances 
sociales, lorsqu'une décision administrative s'appuie exclusivement sur 
l'appréciation d'un médecin interne à l'assureur social et que l'avis d'un médecin 
traitant ou d'un expert privé auquel on peut également attribuer un caractère probant 
laisse subsister des doutes même faibles quant à la fiabilité et la pertinence de cette 
appréciation, la cause ne saurait être tranchée en se fondant sur l'un ou sur l'autre de 
ces avis et il y a lieu de mettre en œuvre une expertise par un médecin indépendant 
selon la procédure de l'art. 44 LPGA ou une expertise judiciaire (ATF 135 V 465 
consid. 4.6; arrêt du Tribunal fédéral 9C_301/2013 du 4 septembre 2013 consid. 3). 

Un rapport au sens de l'art. 59 al. 2bis LAI (en corrélation avec l'art. 49 al. 1 RAI) a 
pour fonction d'opérer la synthèse des renseignements médicaux versés au dossier 
et de prodiguer des recommandations quant à la suite à donner au dossier sur le 
plan médical. En tant qu'il ne contient aucune observation clinique, il se distingue 
d'une expertise médicale (art. 44 LPGA) ou d'un examen médical auquel il arrive au 
SMR de procéder (art. 49 al. 2 RAI; arrêt du Tribunal fédéral 9C_542/2011 du 26 
janvier 2012 consid. 4.1). Ces rapports ne posent pas de nouvelles conclusions 
médicales mais portent une appréciation sur celles déjà existantes. Au vu de ces 
différences, ils ne doivent pas remplir les mêmes exigences au niveau de leur 
contenu que les expertises médicales. On ne saurait en revanche leur dénier toute 
valeur probante. Ils ont notamment pour but de résumer et de porter une 
appréciation sur la situation médicale d'un assuré, ce qui implique aussi, en 
présence de pièces médicales contradictoires, de dire s'il y a lieu de se fonder sur 
l'une ou l'autre ou s'il y a lieu de procéder à une instruction complémentaire (arrêt 
du Tribunal fédéral 9C_581/2007 du 14 juillet 2008 consid. 3.2 et les références 
citées). 

En ce qui concerne les rapports établis par les médecins traitants, le juge peut et 
doit tenir compte du fait que, selon l'expérience, le médecin traitant est 
généralement enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de 
la relation de confiance qui l'unit à ce dernier (ATF 125 V 351 consid. 3b/cc; arrêt 
du Tribunal fédéral des assurances I.244/05 du 3 mai 2006 consid. 2.1). S'il est vrai 
que la relation particulière de confiance unissant un patient et son médecin traitant 
peut influencer l'objectivité ou l'impartialité de celui-ci (cf. ATF 125 V 351 consid. 
3a 52; ATF 122 V 157 consid. 1c et les références), ces relations ne justifient 
cependant pas en elles-mêmes l'éviction de tous les avis émanant des médecins 

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traitants. Encore faut-il démontrer l'existence d'éléments pouvant jeter un doute sur 
la valeur probante du rapport du médecin concerné et, par conséquent, la violation 
du principe mentionné (arrêt du Tribunal fédéral 9C/973/2011 du 4 mai 2012 
consid. 3.2.1). 

Les constatations médicales peuvent être complétées par des renseignements 
d’ordre professionnel, par exemple au terme d'un stage dans un centre d'observation 
professionnel de l'assurance-invalidité, en vue d'établir concrètement dans quelle 
mesure l'assuré est à même de mettre en valeur une capacité de travail et de gain sur 
le marché du travail. Il appartient alors au médecin de décrire les activités que l'on 
peut encore raisonnablement attendre de l'assuré compte tenu de ses atteintes à la 
santé (influence de ces atteintes sur sa capacité à travailler en position debout et à 
se déplacer; nécessité d'aménager des pauses ou de réduire le temps de travail en 
raison d'une moindre résistance à la fatigue, par exemple), en exposant les motifs 
qui le conduisent à retenir telle ou telle limitation de la capacité de travail. En 
revanche, il revient au conseiller en réadaptation, non au médecin, d'indiquer 
quelles sont les activités professionnelles concrètes entrant en considération sur la 
base des renseignements médicaux et compte tenu des aptitudes résiduelles de 
l'assuré. Dans ce contexte, l'expert médical et le conseiller en matière 
professionnelle sont tenus d'exercer leurs tâches de manière complémentaire, en 
collaboration étroite et réciproque (ATF 107 V 17 consid. 2b; SVR 2006 IV n° 10 
p. 39). 

En cas d'appréciation divergente entre les organes d'observation professionnelle et 
les données médicales, l'avis dûment motivé d'un médecin prime pour déterminer la 
capacité de travail raisonnablement exigible de l'assuré (arrêt du Tribunal fédéral 
des assurances I 531/04 du 11 juillet 2005, consid. 4.2). En effet, les données 
médicales permettent généralement une appréciation plus objective du cas et 
l'emportent, en principe, sur les constatations qui peuvent être faites à l'occasion 
d'un stage d'observation professionnelle, qui sont susceptibles d’être influencées par 
des éléments subjectifs liés au comportement de l'assuré pendant le stage (arrêt du 
Tribunal fédéral 9C_462/2009 du 2 décembre 2009 consid. 2.4). Au regard de la 
collaboration, étroite, réciproque et complémentaire selon la jurisprudence, entre les 
médecins et les organes d'observation professionnelle (cf. ATF 107 V 17 consid. 
2b), on ne saurait toutefois dénier toute valeur aux renseignements d'ordre 
professionnel recueillis à l'occasion d'un stage pratique pour apprécier la capacité 
résiduelle de travail de l'assuré en cause. Au contraire, dans les cas où l'appréciation 
d'observation professionnelle diverge sensiblement de l'appréciation médicale, il 
incombe à l'administration, respectivement au juge - conformément au principe de 
la libre appréciation des preuves - de confronter les deux évaluations et, au besoin 
de requérir un complément d'instruction (arrêt du Tribunal fédéral 9C_1035/2009 
du 22 juin 2010 consid. 4.1, in SVR 2011 IV n° 6 p. 17; arrêt du Tribunal fédéral 
9C_833/2007 du 4 juillet 2008, in Plädoyer 2009/1 p. 70; arrêt du Tribunal fédéral 
des assurances I 35/03 du 24 octobre 2003 consid. 4.3 et les références, in Plädoyer 

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2004/3 p. 64; arrêt du Tribunal fédéral 9C_512/2013 du 16 janvier 2014 consid. 
5.2.1). 

12. Conformément au principe inquisitoire qui régit la procédure dans le domaine des 
assurances sociales, le juge des assurances sociales doit procéder à des 
investigations supplémentaires ou en ordonner lorsqu'il y a suffisamment de raisons 
pour le faire, eu égard aux griefs invoqués par les parties ou aux indices résultant du 
dossier. Il ne peut ignorer des griefs pertinents invoqués par les parties pour la 
simple raison qu'ils n'auraient pas été prouvés (VSI 5/1994 220 consid. 4a). En 
particulier, il doit mettre en œuvre une expertise lorsqu'il apparaît nécessaire de 
clarifier les aspects médicaux du cas (ATF 117 V 282 consid. 4a; RAMA 1985 
p. 240 consid. 4; arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 751/03 du 19 mars 2004 
consid. 3.3). Dans un arrêt de principe, le Tribunal fédéral a modifié sa 
jurisprudence en ce sens que lorsque les instances cantonales de recours constatent 
qu'une instruction est nécessaire parce que l'état de fait médical doit être élucidé par 
une expertise, elles sont en principe tenues de diligenter une expertise judiciaire si 
les expertises médicales ordonnées par l'OAI ne se révèlent pas probantes 
(ATF 137 V 210 consid. 4.4.1.3). Cela étant, un renvoi à l'administration pour mise 
en œuvre d'une nouvelle expertise reste possible, même sous l'empire de la nouvelle 
jurisprudence, notamment quand il est fondé uniquement sur une question restée 
complètement non instruite jusqu'ici, lorsqu'il s'agit de préciser un point de 
l'expertise ordonnée par l'administration ou de demander un complément à l'expert 
(ATF 137 V 210 consid. 4.4.1.3 et 4.4.1.4; SVR 2010 IV n. 49 p. 151, consid. 3.5; 
arrêt du Tribunal fédéral 8C_760/2011 du 26 janvier 2012 consid. 3). 

Les expertises mises en œuvre selon l’ancien standard de procédure ne perdent pas 
en soi valeur de preuve. Lors de l’application par analogie des exigences désormais 
modifiées en matière de droit matériel des preuves, il faut examiner dans chaque 
cas si l’expertise administrative et/ou juridique demandée – le cas échéant dans le 
contexte d’autres rapports médicaux réalisés par des spécialistes – permet ou non 
une évaluation concluante à la lumière des indicateurs déterminants. Suivant le 
degré et l’ampleur de clarification nécessaire, un complément ponctuel peut dans 
certaines circonstances suffire (ATF 141 V 281 consid. 8). 

Lorsqu’une expertise ne permet pas une appréciation concluante du cas à l'aune des 
indicateurs déterminants développés par la nouvelle jurisprudence en lien avec les 
troubles somatoformes douloureux et d’autres syndromes somatiques dont 
l'étiologie est incertaine, un renvoi à l’administration pour instruction 
complémentaire et nouvelle décision est possible (arrêt du Tribunal fédéral 
8C_219/2015 du 12 octobre 2015 consid. 5.4). 

13. En l’occurrence, dans son ordonnance du 10 avril 2018, la chambre de céans a 
constaté que l'intimé s'était fondé sur l'expertise de la CRR du 16 août 2016 pour 
retenir une capacité de travail totale de la recourante et pour refuser à celle-ci tout 
droit à une rente d'invalidité et que la recourante avait contesté la valeur probante 
de cette expertise du point de vue somatique, en reprochant aux experts de ne pas 

 
 
 

 

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avoir pris en compte son problème uro-génital et de rectocèle. À cet égard, le 
Dr X______ avait indiqué le 11 août 2017 qu’il était d’accord avec l’appréciation 
de la CRR selon laquelle le problème uro-génital était réglé et que la sensation 
désagréable du rectocèle ne justifiait pas une incapacité de travail durable ; quant au 
Dr F______, il avait indiqué que dès juin 2014 il n’y avait plus, sur le plan uro-
génital, d’incapacité de travail, de sorte qu’il rejoignait l’appréciation de la CRR et 
le problème de rectocèle ne paraissait pas être une cause d’incapacité de travail ; 
enfin, le Dr T______ avait également estimé le 6 février 2018 que le diagnostic 
d’asynchronisme abdomino-pelvien n’expliquait pas l’incapacité de travail de la 
recourante, celle-ci étant plutôt à relier à des problème psychologiques. Au vu de ce 
qui précédait, il y avait lieu de constater que l’expertise de la CRR était, du point de 
vue somatique, confirmée par les médecins-traitants de la recourante, de sorte 
qu’aucun élément ne permettait de mettre en doute sa valeur probante. En 
conséquence, une instruction complémentaire du point de vue somatique ne se 
justifiait pas.  

En revanche, le volet psychiatrique de l’expertise de la CRR, niant tout diagnostic 
psychiatrique, était sérieusement remis en cause par les constatations et conclusions 
des Drs B______ et P______. En effet, le premier avait constaté un état 
d’épuisement et un état dépressif patent chez la recourante (avis des 
13 octobre 2013 et 25 février 2014) ; le second avait attesté d’un état dépressif 
majeur, d’abord totalement incapacitant depuis août 2016, puis incapacitant à 
hauteur de 50 %, et d’états émotionnels liés à d’anciens syndrômes de stress post-
traumatique pouvant fluctuer selon les circonstances (avis des 14 mars, 18 juillet et 
12 septembre 2017). Il convenait en conséquence de compléter l'instruction 
médicale sur cet aspect. 

14. L’expertise judiciaire du 12 juin 2018 répond aux réquisits jurisprudentiels précités 
pour qu’il lui soit reconnu une pleine valeur probante. Elle comprend une anamnèse 
complète, sur la base de deux entretiens avec la recourante, un status psychiatrique 
détaillé, une discussion des diagnostics psychiatriques qui pourraient entrer en ligne 
de compte, soit ceux d’insomnie, de dépression, d’état de stress post-traumatique, 
de trouble anxieux spécifique, de trouble de la personnalité, de trouble à 
symptomatologie somatique et de trouble neurocognitif léger, aboutissant à leur 
exclusion, sur la base d’une argumentation convaincante. 

L’expert conclut ainsi à l’absence de diagnostic psychiatrique ; il mentionne des 
problèmes psychologiques débutant en 2013 ou 2014, avec des symptômes 
dépressifs, en relevant qu’il est possible que la recourante ait rempli les critères 
diagnostiques pour un état dépressif majeur en mars 2017, selon le rapport de la 
Dre P______ du 14 mars 2017, mais que les symptômes ne sont pas précisés dans 
ledit rapport et qu’il n’est donc pas possible de dire, rétrospectivement, si la 
recourante a présenté un état dépressif majeur.  

Les parties admettent la valeur probante de l’expertise. La recourante estime 
cependant que, vu la difficulté pour l’expert de se prononcer sur sa capacité de 

 
 
 

 

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travail de façon rétroactive, l’incapacité de travail attestée par la Dre P______ 
devrait être prise en compte.  

A cet égard, il convient de constater que l’expert admet que la recourante a présenté 
une réaction particulièrement intense au décès de son psychiatre, en février 2017 
(expertise judiciaire p. 10) ; cependant, il relève que la Dre P______ note une 
évolution favorable en juillet 2017 puis en septembre 2017, avec une reprise de 
travail progressive attestée le 12 septembre 2017 (expertise judiciaire p. 14).  

Dans ces conditions, même si une incapacité de travail totale de la recourante devait 
être admise de mars à septembre 2017, voire même à décembre 2017 au vu de la 
reprise de travail progressive ordonnée par la Dre P______, force est de constater 
que cette incapacité de travail est postérieure à la décision attaquée, de sorte qu’elle 
sort de l’objet du litige (ATF 131 V 242) ; de plus elle n’est pas durable et ne 
pourrait avoir d’incidence sur le droit aux prestations d’invalidité de la recourante. 

Enfin, du point de vue somatique, les conclusions de l’expertise de la CRR, 
probantes, doivent être suivies, de sorte que le diagnostic d’état douloureux 
chronique diffus sans caractère incapacitant doit être admis. 

Au demeurant, il convient de retenir que la recourante ne présente, d’un point de 
vue somatique et psychiatrique, aucun diagnostic incapacitant, selon les 
conclusions de l’expertise de la CRR du 16 août 2016 et de l’expertise judiciaire du 
12 juin 2018, sous réserve des incapacités de travail totales admises par l’intimé du 
7 juin au 10 juillet 2013 et du 12 avril au 31 mai 2014. 

15. Partant, la recourante ne subit aucune perte de gain, de sorte qu’elle n’a droit à 
aucune prestation d’invalidité. 

En conséquence, son recours ne peut qu’être rejeté. 

Bien que la procédure ne soit pas gratuite en matière d'assurance-invalidité 
(art. 69 al. 1bis LAI), il convient de renoncer à la perception d'un émolument, la 
recourante étant au bénéfice de l'assistance juridique (art. 12 al. 1 du règlement sur 
les frais, émoluments et indemnités en procédure administrative du 30 juillet 1986 
[RFPA - E 5 10.03]). 

 

 

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

À la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. Le rejette. 

3. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110); le mémoire de recours doit indiquer les 
conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de 
son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l'envoi. 

 
La greffière 

 
 
 
 

Julia BARRY 

 La présidente 
 
 
 
 

Valérie MONTANI 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 
des assurances sociales par le greffe le