# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** d76b6810-9b48-5d12-abf5-9541b8ee488e
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2015-01-15
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 15.01.2015 E-4690/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-4690-2014_2015-01-15.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour V 

E-4690/2014 

 

 

 

 A r r ê t  d u  1 5  j a n v i e r  2 0 1 5  

Composition 

 
Jean-Pierre Monnet (président du collège),  

William Waeber, Esther Karpathakis, juges, 

Jean-Marie Staubli, greffier. 

 

 
 

Parties 

 
A._______, né le (…), 

Guinée-Bissau,   

représenté par (…),  

(…), 

recourant,  

 
 

 
contre 

 

 
Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM ;  

précédemment Office fédéral des migrations, ODM),  

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

 

 

Objet 

 
Asile et renvoi ; 

décision de l'ODM du 18 juillet 2014 / N (…) 

 

 

E-4690/2014 

Page 2 

Faits : 

A.  

Le 13 octobre 2012, le recourant a déposé une demande d'asile au Centre 

d'enregistrement et de procédure (ci-après: CEP) de Vallorbe. 

B.  

Lors de l'audition sommaire du 26 octobre 2012, il a déclaré être d'ethnie 

mandinka, né à Bissau, musulman et célibataire. Suite au décès de sa 

mère, alors qu’il n’avait que trois ou quatre ans, il aurait vécu avec sa demi-

sœur plus jeune que lui. Un ancien ami de son père, appelé Samba Diallo, 

aurait subvenu à leurs besoins, en leur apportant régulièrement de la 

nourriture.  

Entre mars et avril 2012, Samba Diallo aurait été assassiné par des 

militaires devant "tout le monde", et sa famille, persécutée, aurait dû 

déménager dans un autre quartier de la ville. Le recourant et sa demi-sœur 

se seraient retrouvés sans assistance et auraient alors vécu chez un 

homme prénommé B._______. Ils auraient toutefois été chassés et 

menacés de mort par ce dernier, après que le recourant s’est opposé au 

dessein de cet homme d'exciser sa demi-sœur. Ils se seraient alors rendus 

à Farim, dans le but de retrouver des membres de leur famille, sans 

succès. Le recourant y aurait travaillé d'avril 2012 à juillet 2012 en tant que 

(…), avant de quitter la Guinée-Bissau. Sa demi-sœur serait, quant à elle, 

retournée vivre à Bissau avec un ami. 

Démuni de toute pièce d'identité, le recourant se serait en premier lieu 

rendu en Gambie, en traversant la Casamance. Il aurait ensuite séjourné 

deux jours dans un endroit inconnu, avant d'embarquer sur un bateau qui 

l'aurait conduit jusqu'en Italie, en Espagne ou au Portugal. Le voyage aurait 

été financé par son employeur à Farim. Le recourant aurait été 

accompagné par un homme, prénommé C._______, jusqu'au point 

d'embarquement et, à son arrivée en Europe, un couple l'aurait emmené 

en Suisse.  

Il a allégué avoir quitté son pays en raison des menaces proférées par 

B._______. Un retour à Bissau ne serait selon lui pas imaginable de par 

les coups d'Etat à répétition, l'absence de logement et son dénuement. Il 

craindrait aussi d’être considéré comme un membre de la famille Diallo et 

par conséquent d'être persécuté, en dépit du fait qu'il n'ait subi aucun 

préjudice depuis son départ de la capitale. 

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Page 3 

C.  

Entendu le 14 juillet 2014 sur ses motifs d’asile, le recourant a déclaré avoir 

été élevé avec sa demi-sœur par une femme, prénommée D._______ ou 

E._______, dans le quartier F._______ à Bissau. Samba Diallo aurait, 

quant à lui, régulièrement apporté de la nourriture et donné de l’argent à 

leur gouvernante, dans le but de payer les frais et taxes d’écolage. Ce 

bienfaiteur aurait été, selon le recourant, un militaire, impliqué dans un 

coup d’Etat au cours duquel un président et un général de l’armée auraient 

trouvé la mort. Lors de discussions avec cet homme, il aurait appris que 

son propre père, décédé alors qu'il n'était qu'un nourrisson, avait combattu 

aux côtés des Portugais lors de la guerre d’indépendance de la Guinée-

Bissau. 

Suite au décès de leur gouvernante, ils auraient été recueillis par Samba 

Diallo et auraient vécu avec sa famille jusqu’à son assassinat, une semaine 

plus tard. Ce tragique événement aurait eu lieu durant une nuit, alors que 

Samba se trouvait en uniforme militaire devant un bar situé en face chez 

lui, emplacement qu’il fréquentait chaque jour avec des amis. Le recourant 

et sa demi-sœur auraient regardé la télévision lorsqu’ils auraient entendu 

des tirs. Ils seraient immédiatement sortis et auraient aperçu le corps sans 

vie de Samba, avant que celui-ci ne soit emporté dans une voiture. Son 

épouse aurait tenté de s’interposer, avant de renoncer à toute action en 

raison des menaces des assaillants. Selon une autre version, le recourant 

et sa demi-sœur auraient vu les assaillants tirer les coups de feu et auraient 

été les uniques témoins de l’attaque, Samba ayant été exceptionnellement 

seul devant le bar. 

Un mois avant son assassinat, Samba Diallo aurait reçu plusieurs lettres 

de menaces, visant également les membres de sa famille et les autres 

personnes de son entourage. Le recourant lui-même aurait été qualifié de 

fils de traître et menacé de mort dans l'une d’entre elles. La lettre en 

question n’aurait pas été adressée au recourant directement, mais à 

Samba, pour la raison que son auteur aurait su que celui-ci était 

responsable de celui-là.  

Durant les deux jours consécutifs à l'assassinat, le recourant aurait vécu 

chez un ami à Bissau, alors que sa demi-sœur serait retournée à leur 

ancien domicile. Craignant pour sa vie en raison de la mention de son nom 

dans la lettre précitée et du fait qu'il était assimilé aux membres de la 

famille Diallo, il se serait rendu à Farim en avril 2012 avec sa demi-sœur 

et aurait travaillé durant trois mois en tant que (…) pour une personne 

prénommée C._______. Un homme, âgé et prénommé G_______, leur 

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aurait offert une chambre et aurait projeté, un jour, d'exciser la demi-sœur 

du recourant, ce à quoi celui-ci se serait opposé catégoriquement. Pour 

cette raison, ils auraient été chassés tous les deux et se seraient retrouvés 

dans la rue. La demi-sœur serait allée vivre chez un soldat, avec lequel 

elle serait retournée à Bissau, et le recourant aurait, quant à lui, quitté son 

pays d'origine en juillet 2012, suivant les conseils de son employeur. 

Le recourant a déclaré en outre avoir subi des agressions récurrentes 

depuis son plus jeune âge en raison de la situation instable en Guinée-

Bissau. Il aurait notamment été brutalisé à deux reprises, par des 

personnes lui ayant reproché le passé militaire de son père, la première 

fois, à l'âge de sept ans et, la deuxième fois, durant son adolescence. 

D.  

Par décision du 18 juillet 2014, notifiée le 22 juillet 2014, le SEM a refusé 

de reconnaître la qualité de réfugié au recourant, rejeté sa demande 

d'asile, prononcé le renvoi de Suisse et ordonné l'exécution de cette 

mesure. 

L'autorité de première instance a considéré que les déclarations du 

recourant ne satisfaisaient pas aux exigences de vraisemblance énoncées 

à l'art. 7 de la loi du 26 juin 1998 sur l'asile (LAsi, RS 142.31), dès lors que 

son récit n'était pas crédible au vu de ses contradictions, et que les 

préjudices liés à la situation politique, économique et sociale du pays ne 

constituaient pas une persécution au sens de l'art. 3 LAsi. Il a estimé que 

l'exécution du renvoi en Guinée-Bissau était licite, possible et pouvait être 

raisonnablement exigée.  

E.  

Par acte daté du 21 août 2014, l'intéressé a formé recours contre cette 

décision. Il a conclu implicitement à son annulation ainsi qu’à la 

reconnaissance de la qualité de réfugié et à l'octroi de l'asile. 

Il a soutenu, entre autres, que l'autorité inférieure n’a pas contesté la 

vraisemblance des véritables motifs ayant entraîné sa fuite de 

Guinée-Bissau, à savoir le risque de se faire persécuter en raison de sa 

qualité de témoin lors de l’assassinat de Samba Diallo. Il a allégué qu'il 

avait effectivement été la première personne sur les lieux du drame et 

aurait vu les assassins. Il aurait même tenu Samba dans ses bras quelques 

secondes avant qu'il ne rende l’âme. En tant que protégé de celui-ci et fils 

d'un père assassiné pour des raisons obscures, sa présence en première 

ligne lors de l'agression armée contre son bienfaiteur l'aurait exposé à un 

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risque de sérieux préjudices, à tel point que son départ de Guinée-Bissau 

se serait avéré inévitable. 

F.  

Par décision incidente du 22 août 2014, le Tribunal a invité le recourant à 

payer une avance sur les frais de procédure de 600 francs jusqu'au 

8 septembre 2014, sous peine d'irrecevabilité du recours.  

Le recourant s'est acquitté le 28 août 2014 de l'avance de frais requise. 

G.  

Par ordonnance du 22 octobre 2014, le Tribunal a invité le recourant à 

fournir, jusqu'au 6 novembre 2014, une description de ses troubles de 

santé concrets, étayée et complétée par un rapport médical au sens des 

considérants de dite ordonnance, sous peine qu'il soit statué en l'état du 

dossier. 

Par écrit du 3 novembre 2014, la mandataire du recourant a sollicité la 

prolongation du délai pour déposer les documents précités. 

Par ordonnance du 10 novembre 2014, le Tribunal a admis la prolongation 

du délai jusqu'au 24 novembre 2014. 

H.  

Par courrier du 21 novembre 2014, le recourant a produit une attestation 

médicale datée du 5 novembre 2014 dont il ressort qu'il souffre d'un état 

de stress post-traumatique (CIM-10, F43.1) et d'un épisode dépressif 

moyen (F32.1) et qu’il est suivi depuis le 6 octobre 2014. Le médecin 

traitant pronostique une stabilisation et une amélioration de la santé 

psychologique du patient avec un traitement psychothérapeutique 

individuel à raison d'une séance par semaine, accompagné d'un traitement 

à base d'antidépresseurs. 

I.  

Les autres faits ressortant du dossier seront évoqués, si nécessaire, dans 

les considérants qui suivent. 

  

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Droit : 

1.  

1.1 En vertu de l’art. 31 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal administratif 

fédéral (LTAF, RS 173.32), le Tribunal connaît des recours contre les 

décisions au sens de l’art. 5 de la  loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la 

procédure administrative (PA, RS 172.021).  

En particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l’asile et le 

renvoi - lesquelles n'entrent pas dans le champ d'exclusion de 

l'art. 32 LTAF - peuvent être contestées devant le Tribunal conformément 

à l'art. 33 let. d LTAF (loi à laquelle renvoie l’art. 105 LAsi).  

Le Tribunal est donc compétent pour connaître du présent litige. Il statue 

de manière définitive (cf. art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le 

Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]). 

1.2 Le recourant a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA). Présenté dans 

le délai légal (cf. art. 108 al. 1 LAsi) et dans la forme prescrite par la loi (cf. 

art. 52 al. 1 PA), le recours est recevable. 

2.  

2.1 Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d’origine ou dans 

le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 

ou craignent à juste titre de l’être en raison de leur race, de leur religion, 

de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou 

de leurs opinions politiques (art. 3 al. 1 LAsi). Sont notamment considérées 

comme de sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l’intégrité 

corporelle ou de la liberté, de même que les mesures qui entraînent une 

pression psychique insupportable (art. 3 al. 2 LAsi). 

2.2 Quiconque demande l’asile doit prouver ou du moins rendre 

vraisemblable qu’il est un réfugié (art. 7 al. 1 LAsi). La qualité de réfugié 

est vraisemblable lorsque l’autorité estime que celle-ci est hautement 

probable (art. 7 al. 2 LAsi). Ne sont pas vraisemblables notamment les 

allégations qui, sur des points essentiels, ne sont pas suffisamment 

fondées, qui sont contradictoires, qui ne correspondent pas aux faits ou qui 

reposent de manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou 

falsifiés (art. 7 al. 3 LAsi). 

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2.3 Les allégations sont vraisemblables, lorsque, sur les points essentiels, 

elles sont suffisamment fondées (ou consistantes), concluantes (ou 

constantes et cohérentes) et plausibles et que le requérant est 

personnellement crédible. 

2.4 Les allégations sont fondées, lorsqu'elles reposent sur des descriptions 

détaillées, précises et concrètes, la vraisemblance de propos généraux, 

voire stéréotypés, étant généralement écartée. Elles sont concluantes, 

lorsqu'elles sont exemptes de contradictions entre elles, d'une audition à 

l'autre ou avec les déclarations d'un tiers (par exemple, proche parent) sur 

les mêmes faits. Elles sont plausibles, lorsqu'elles correspondent à des 

faits démontrés (en particulier aux circonstances générales régnant dans 

le pays d'origine) et sont conformes à la réalité et à l'expérience générale 

de la vie. La crédibilité du requérant d'asile fait défaut non seulement 

lorsque celui-ci s'appuie sur des moyens de preuve faux ou falsifiés, mais 

encore s'il dissimule des faits importants, en donne sciemment une 

description erronée, modifie ses allégations en cours de procédure ou en 

rajoute de façon tardive et sans raison apparente ou s'il enfreint son 

obligation de collaborer (cf. art. 8 LAsi). Quand bien même la 

vraisemblance autorise l'objection et le doute, ceux-ci doivent toutefois 

paraître, d'un point de vue objectif, moins importants que les éléments 

parlant en faveur de la probabilité des allégations. Lors de l'examen de la 

vraisemblance des allégations de fait d'un requérant d'asile, il s'agit pour 

l'autorité de pondérer les signes d'invraisemblance en dégageant une 

impression d'ensemble et en déterminant, parmi les éléments militant en 

faveur ou en défaveur de cette vraisemblance, ceux qui l'emportent 

(cf. ATAF 2012/5 consid. 2.2, ATAF 2010/57 consid. 2.3). 

2.5 Conformément à une jurisprudence constante, des contradictions ou 

omissions entre les deux auditions peuvent être retenues dans le cadre de 

l'appréciation de la vraisemblance lorsque les déclarations claires, faites 

au centre d'enregistrement et de procédure, portant sur des points 

essentiels des motifs d'asile, sont diamétralement opposées aux 

déclarations faites ultérieurement devant l'ODM ou lorsque des 

événements ou des craintes déterminés invoqués par la suite comme motif 

principal d'asile n'ont pas été évoqués, au moins dans les grandes lignes, 

audit centre (Jurisprudence et informations de la Commission suisse de 

recours en matière d'asile [JICRA] 1993 no 3). 

 

 

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3.  

3.1 En l'occurrence, il convient d'examiner la vraisemblance du récit du 

recourant sur les raisons qui l'ont amené à quitter son pays.  

3.2 D'une manière générale, il convient de constater que le recourant n'a  

été ni constant ni circonstancié en ce qui concerne l'essentiel de ses 

allégués. Il a en particulier évoqué des motifs de fuite divergents, au cours 

des différentes étapes de la procédure d'asile, ce qui conduit le Tribunal à 

sérieusement mettre en doute la crédibilité de l'ensemble de ses 

déclarations. 

3.3 Force est tout d'abord d'admettre que le principal motif de fuite allégué 

par le recourant lors de l'audition sommaire, à savoir les menaces de mort 

proférées par le dénommé B._______ - qui aurait projeté d'exciser sa demi-

sœur - n'a plus été spontanément avancé par le recourant dans le cadre 

de l'audition sur les motifs. Le recourant est uniquement revenu sur ce motif 

après que le collaborateur du SEM, responsable de sa deuxième audition, 

lui a rappelé le contenu de ses précédentes déclarations. 

3.3.1 Ainsi, tandis que, lors de la première audition, il a indiqué avoir vécu 

avec sa demi-sœur chez le dénommé B._______ à Bissau, avant de 

s'enfuir en direction de Farim, il a affirmé, lors de la seconde, avoir cohabité 

avec cet individu à Farim, et non dans la capitale. Cette dernière affirmation 

n'est d'ailleurs pas cohérente avec les déclarations ressortant du procès-

verbal de la même audition, selon lesquelles sa demi-sœur et lui-même 

n'auraient pas eu "tellement" de problèmes à Farim (cf. procès-verbal 

d'audition du 14 juillet 2014, Q 183). 

3.3.2 Le recourant s'est également contredit s'agissant du sobriquet de cet 

individu, qu'il dénomme non plus B._______, mais G._______ dans le 

cadre de la seconde audition. 

3.4 Dans le cadre de sa première audition, le recourant n'a donné que peu 

d'informations sur la personne de Samba Diallo. Il s'est contenté de le 

décrire comme un bienfaiteur qui aurait subvenu à ses besoins, ainsi qu'à 

ceux de sa demi-sœur, en leur apportant régulièrement de la nourriture. Il 

a également évoqué son assassinat intervenu un jour du mois de mars ou 

d'avril 2012, par des militaires, devant une foule de gens. 

Lors de la deuxième audition, il a décrit cet individu comme un militaire, 

impliqué dans un coup d’Etat au cours duquel un président et un général 

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de l’armée, tous les deux inconnus du recourant, auraient trouvé la mort. Il 

a, en outre, retracé avec plus de détails les événements liés à son 

assassinat. 

Ses motifs d'asile, en tant qu'ils sont tirés de l'assassinat de Samba Diallo, 

sont également empreints de graves divergences.  

3.4.1 Il a allégué avoir fui son pays de crainte d'être assimilé à la famille de 

Samba Diallo et, partant, d'être persécuté suite à l'assassinat de celui-ci. 

Cela ressort surtout de sa deuxième audition et, dans une moindre mesure 

seulement, de la première. Dans son recours, par contre, il déclare avoir 

quitté la Guinée-Bissau, en raison du fait qu'il aurait vu les assassins de 

Samba et qu'il courait, de ce fait, un grand danger. 

3.4.2 Il a d'abord affirmé avoir entendu des coups de feu alors qu'il 

regardait la télévision avec sa demi-sœur (cf. procès-verbal d'audition du 

14 juillet 2014, Q 126). Il a ensuite modifié ses déclarations et indiqué avoir 

vu les assaillants tirer sur leur cible (cf. procès-verbal d'audition du 14 juillet 

2014, Q 144). Une pareille divergence n'est pas admissible. 

3.4.3 Il a également allégué lors de la première audition que l'assassinat 

avait eu lieu devant une foule de gens (cf. procès-verbal d'audition du 

26 octobre 2012, pt. 7.02, dernière question), avant d'affirmer, dans le 

cadre de la deuxième audition, que Samba était en réalité seul. Dans le 

recours, il expose que Samba était seul dans la rue, et que les clients du 

bar, assis à l'intérieur, ont pu voir son assassinat à travers les vitrines. Cette 

dernière version est toutefois incompatible avec sa déclaration selon 

laquelle sa sœur et lui-même étaient les seuls témoins de l'assassinat (cf. 

procès-verbal d'audition du 14 juillet 2014, Q 144-146) et n'est guère 

compatible avec celle selon laquelle l'épouse de Samba serait arrivée 

inopinément sur les lieux et aurait tenté d'empêcher l'enlèvement du corps 

par la seconde voiture des assaillants (cf. procès-verbal d'audition du 14 

juillet 2014, Q 126). 

3.4.4 A cela s'ajoute que c’est uniquement dans le cadre de la seconde 

audition que le recourant a allégué l'existence d'une lettre de menaces de 

mort à son égard, dans laquelle il aurait été qualifié de fils de traître. 

L'absence de toute mention de la lettre et des menaces précitées, lors de 

la première audition, constitue un indice sérieux en défaveur de la 

vraisemblance des déclarations du recourant. Il est en effet difficilement 

imaginable que le recourant puisse avoir oublié d’évoquer cet élément 

capital dans le cadre de son audition personnelle. Cette allégation tardive 

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Page 10 

apparaît par conséquent uniquement articulée pour les besoins de la 

cause. 

3.4.5 En réalité, tout porte à croire que le recourant s'est inspiré de faits 

notoires, relatifs au colonel Samba Diallo, ancien responsable des 

renseignements militaires sous les ordres de l'ex-chef de l'armée de 

Guinée-Bissau, José Zamora Induta, pour scénariser ses motifs d'asile.  

3.4.5.1 Selon les sources consultées par le Tribunal, ce colonel aurait été 

un proche de Carlos Gomez Junior, candidat à l'élection présidentielle 

avortée de 2012 (Rémi Carayol, Guinée-Bissau: le putsch auquel tout le 

monde s'attendait, 13.04.2012, 

<http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120413150538/>, 

consulté le 19.12.2014). Il aurait été, entre autres, démis de ses fonctions, 

au même titre que José Zamora Induta, et incarcéré durant huit mois 

depuis avril 2010, suite à l'assassinat du général Batista Tagmé Na Waie 

en 2009, peu de temps avant que le président Joao Bernardo Vieira lui-

même ne soit tué (AFP, Guinée-Bissau : un ex-responsable des 

renseignements militaires abattu en pleine rue, in : Jeune Afrique, 19 mars 

2012, <http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB2012031 

9115746/>, consulté le 19.12.2014 ; News Wires, Opposition cite "fraud" 

and demand poll be cancelled, 20.03.2012,<http://www.france24.com/en/ 

20120320-opposition-guinea-bissau-cancellation-fraud-election-

un/#./?&_suid=1419008909817021319058212381725>, consulté le 

19.12.2014 ; BBC, Guinea.Bissau ex-spy chef Samba Djalo shot dead, 

19.03.2014, <http://www.africareview.com/News/Bissau-ex-spy-chief-

shot-dead/-/979180/1369438/-/7ahtoq/-/index.html>, consulté le 

19.12.2014). 

3.4.5.2 Les déclarations du recourant concernant ses liens avec Samba 

Diallo paraissent extrêmement vagues et imprécises. Il n'a pas non plus 

été en mesure de mentionner ni le grade de son bienfaiteur, ni son 

incarcération durant huit mois, ni son ancienne position en tant que chef 

des renseignements militaires. Son récit manque de détails significatifs 

d'un vécu personnel. Ce manque patent d'allégations circonstanciées et 

précises contribue également à remettre sérieusement en cause ses motifs 

d'asile.  

3.4.5.3 En outre, ses déclarations relatives au déroulement de l'assassinat 

de Samba Diallo ne correspondent pas non plus aux informations parues 

dans la presse.  

E-4690/2014 

Page 11 

Selon les sources consultées, le colonel Samba Diallo aurait été assassiné 

le 18 mars 2012 par des militaires non identifiés, peu de temps après la 

clôture des opérations de vote en lien avec le premier tour de l'élection 

présidentielle avortée de 2012, aux environs de minuit. Au moment de 

l'attaque armée, Samba Diallo se trouvait en face de son domicile à 

F._______ sur la terrasse d'un bar. Cinq coups de feu auraient été tirés 

contre lui. Son corps aurait été ensuite emporté à l'hôpital, selon certaines 

sources, ou transporté à son domicile, selon d'autres. Son épouse, appelée 

Fatoumata, aurait été présente lors de l'attaque. Le jour après l'assassinat, 

les membres de la famille se seraient recueillis au domicile du colonel au 

côté de son épouse (AFP, Guinée-Bissau : un ex-responsable des 

renseignements militaires abattu en pleine rue, in : Jeune Afrique, 19 mars 

2012,<http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJA 

WEB20120319115746/>, consulté le 19.12.2014 ; News Wires, Opposition 

cite "fraud" and demand poll be cancelled, 20.03.2012, 

<http://www.france24.com/en/20120320-opposition-guinea-bissau-

cancellation-fraud-election-un/#./?&_suid=141900890981702131905821 

2381725>, consulté le 19.12.2014 ; BBC, Guinea.Bissau ex-spy chef 

Samba Djalo shot dead, 19.03.2014, <http://www.africareview.com/News 

/Bissau-ex-spy-chief-shot-dead/-/979180/1369438/-/7ahtoq/-/index.html>, 

consulté le 19.12.2014 ; Richard Valdmanis et Alberto Dabo, Diallo's death 

clouds Bissau vote, <http://www.iol.co.za/news/africa/diallo-s-death-

clouds-bissau-vote-1.1259897>, consulté le 19.12.2014). 

Ainsi, il ne ressort pas de ces informations que le corps de Diallo a été 

emporté par les assaillants. Surtout, les membres de la famille Diallo, en 

particulier l'épouse du colonel, ne semblent pas avoir été sous l'emprise 

d'une crainte de persécution telle qu'ils auraient été obligés de quitter le 

quartier, contrairement aux déclarations du recourant.  

3.5 Partant, le recourant n'a pas rendu vraisemblable, au sens de 

l'art. 7 LAsi, ni qu'il est exposé à une persécution de la part du dénommé 

B._______ ou G._______ ni qu'il a eu les liens de proximité allégués avec 

Samba Diallo. Les prétendus risques qu'il soit personnellement victime de 

menaces de mort, voire de représailles, parce qu'il serait assimilé à la 

famille Diallo ou considéré comme un témoin-clé lors de l’assassinat, sont 

sans fondement.  

3.6 Le recourant soutient encore avoir subi par le passé et depuis son plus 

jeune âge des agressions récurrentes, de la part de personnes 

indéterminées, en raison de la situation instable en Guinée-Bissau et du 

fait que son père aurait été un ancien combattant à la solde des colons 

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portugais. D'une part, le Tribunal constate que le recourant n'a jamais fait 

allusion au passé de son père ni aux insultes dont il aurait été l'objet 

("fils d'un traître") lors de sa première audition ; cette allégation tardive 

apparaît uniquement articulée pour les besoins de la cause. D'autre part, 

ces préjudices - au demeurant décrits de manière vague et imprécise - qui 

émanent de particuliers, sont manifestement trop anciens pour être la 

cause de son départ du pays. 

3.7 L'intéressé fait également valoir qu'il a fui son pays en raison des coups 

d'Etat à répétition et de la situation sécuritaire instable prévalant en 

Guinée-Bissau dont souffriraient les habitants du pays. Ces motifs ne sont 

toutefois pas pertinents au sens de l'art. 3 LAsi, dès lors qu'ils visent toute 

la population et ne sont pas susceptibles de représenter un risque concret 

de persécution ciblée spécifiquement contre le recourant pour des motifs 

politiques ou analogues. 

3.8 Enfin, le recourant fait valoir qu'il n'y a aucune perspective d'avenir en 

Guinée-Bissau, notamment en raison de l'absence d'opportunités 

professionnelles et de ressources financières. Ces inconvénients ne sont 

ni suffisamment graves pour constituer une persécution ni ne 

correspondent à un des motifs énumérés exhaustivement à l'art. 3 LAsi. 

D'ordre économique, ils sont étrangers à la définition de la qualité de 

réfugié et, par conséquent, sans pertinence. 

3.9 Au vu de ce qui précède, le recourant n'a pas établi l'existence d'une 

crainte objectivement fondée d'être exposé à de sérieux préjudices au sens 

de l'art. 3 LAsi, en cas de retour en Guinée-Bissau. 

4.  

Ainsi, le recours, en tant qu'il conteste le refus de la reconnaissance de la 

qualité de réfugié et le rejet de la demande d'asile, doit être rejeté et la 

décision attaquée confirmée sur ces points. 

5.  

5.1 Lorsqu’il rejette la demande d’asile ou qu’il refuse d’entrer en matière 

à ce sujet, le SEM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en 

ordonne l’exécution ; il tient compte du principe de l’unité de la famille (art. 

44 LAsi). Le renvoi ne peut être prononcé, selon l’art. 32 de l’ordonnance 

1 du 11 août 1999 sur l’asile relative à la procédure (OA 1, RS 142.311), 

lorsque le requérant d’asile dispose d’une autorisation de séjour ou 

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Page 13 

d’établissement valable, ou qu’il fait l’objet d’une décision d’extradition ou 

d’une décision de renvoi conformément à l’art. 121 al. 2 de la Constitution 

fédérale du 18 avril 1999 (Cst., RS 101). 

5.2 Aucune exception à la règle générale du renvoi n’étant en l’occurrence 

réalisée, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette mesure.  

6.  

L’exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement 

exigible et possible. Si ces conditions ne sont pas réunies, l’admission 

provisoire doit être prononcée. Celle-ci est réglée par l’art. 84 de la loi 

fédérale sur les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr, RS 142.20). 

7.  

7.1 L’exécution du renvoi est illicite, lorsque le renvoi de l’étranger dans 

son Etat d’origine ou de provenance ou dans un Etat tiers est contraire aux 

engagements de la Suisse relevant du droit international (art. 83 al. 3 LEtr). 

Aucune personne ne peut être contrainte, de quelque manière que ce soit, 

à se rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa liberté 

serait menacée pour l’un des motifs mentionnés à l’art. 3 al. 1 LAsi, ou 

encore d’où elle risquerait d’être astreinte à se rendre dans un tel pays (art. 

5 al. 1 LAsi). Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou 

traitements inhumains ou dégradants (art. 3 de la Convention du 4 

novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés 

fondamentales [CEDH, RS 0.101]). Aucun Etat partie n'expulsera, ne 

refoulera, ni n'extradera une personne vers un autre Etat où il y a des motifs 

sérieux de croire qu'elle risque d'être soumise à la torture (art. 3 de la 

Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou 

traitements cruels, inhumains ou dégradants [Conv. torture, RS 0.105]). 

7.2 En l'occurrence, l’exécution du renvoi ne contrevient pas au principe de 

non-refoulement de l’art. 5 LAsi. Comme exposé plus haut, le recourant n'a 

pas rendu vraisemblable qu’en cas de retour dans son pays d’origine, il 

serait exposé à de sérieux préjudices au sens de l’art. 3 LAsi.  

7.3 En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant du 

droit international, il sied d’examiner particulièrement si l’art. 3 CEDH, qui 

interdit la torture, les peines ou traitements inhumains, trouve application 

dans le présent cas d’espèce. 

E-4690/2014 

Page 14 

7.3.1 Si l’interdiction de la torture, des peines et traitements inhumains (ou 

dégradants) s’applique indépendamment de la reconnaissance de la 

qualité de réfugié, cela ne signifie pas encore qu’un renvoi ou une 

extradition serait prohibée par le seul fait que dans le pays concerné des 

violations de l’art. 3 CEDH devraient être constatées ; une simple 

possibilité de subir des mauvais traitements ne suffit pas. Il faut au contraire 

que la personne qui invoque cette disposition démontre à satisfaction qu’il 

existe pour elle un véritable risque concret et sérieux d’être victime de 

tortures, ou de traitements inhumains ou dégradants en cas de renvoi dans 

son pays. Une situation de guerre, de guerre civile, de troubles intérieurs 

graves ou de tension grave accompagnée de violations des droits de 

l’homme ne suffit pas à justifier la mise en œuvre de la protection issue de 

l’art. 3 CEDH, tant que la personne concernée ne peut rendre hautement 

probable qu’elle serait visée personnellement – et non pas simplement du 

fait d’un hasard malheureux – par des mesures incompatibles avec la 

disposition en question (Cour européenne des droits de l'homme [ci-après 

: CourEDH], arrêt Affaire N.K. c. France, 19 décembre 2013, requête n° 

7974/11, arrêt F.H. c. Suède, 20 janvier 2009, requête n° 32621/06 ; 

CourEDH, arrêt Saadi c. Italie, 28 février 2008, requête n° 37201/06). 

7.3.2 En l’espèce, le recourant n'a pas démontré à satisfaction de droit qu'il 

existait, pour lui, un risque réel, fondé sur des motifs sérieux et avérés, 

d'être victime de torture ou encore d'un traitement inhumain ou dégradant 

au sens de l'art. 3 CEDH en cas d'exécution du renvoi en Guinée-Bissau. 

Il ne ressort pas non plus du dossier que l'exécution du renvoi pourrait 

exposer l'intéressé à un traitement contraire à l'art. 3 Conv. torture précité. 

7.4 Dès lors, l’exécution du renvoi ne transgresse aucun engagement de 

la Suisse relevant du droit international, de sorte qu’elle s’avère licite 

(cf. art. 83 al. 3 LEtr). 

8.  

8.1 Selon l’art. 83 al. 4 LEtr, l’exécution de la décision ne peut pas être 

raisonnablement exigée si le renvoi ou l’expulsion de l’étranger dans son 

pays d’origine ou de provenance le met concrètement en danger, par 

exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou de 

nécessité médicale.  

Cette disposition s’applique en premier lieu aux «réfugiés de la violence», 

soit aux étrangers qui ne remplissent pas les conditions de la qualité de 

réfugié parce qu’ils ne sont pas personnellement persécutés, mais qui 

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Page 15 

fuient des situations de guerre, de guerre civile ou de violence généralisée, 

et ensuite aux personnes pour qui un retour reviendrait à les mettre 

concrètement en danger, notamment parce qu’elles ne pourraient plus 

recevoir les soins dont elles ont besoin (ATAF 2011/50 consid. 8.2). 

8.2 S'agissant plus spécifiquement des personnes en traitement médical 

en Suisse, l'exécution du renvoi ne devient inexigible, en cas de retour 

dans leur pays d'origine ou de provenance, que dans la mesure où elles 

pourraient ne plus recevoir les soins essentiels garantissant des conditions 

minimales d'existence ; par soins essentiels, il faut entendre les soins de 

médecine générale et d'urgence absolument nécessaires à la garantie de 

la dignité humaine (cf. ATAF 2011/50 consid. 8.3).  

L'art. 83 al. 4 LEtr, disposition exceptionnelle tenant en échec une décision 

d'exécution du renvoi, ne saurait en revanche être interprété comme une 

norme qui comprendrait un droit de séjour lui-même induit par un droit 

général d'accès en Suisse à des mesures médicales visant à recouvrer la 

santé ou à la maintenir, au simple motif que les structures hospitalières et 

le savoir-faire médical dans le pays d'origine ou de destination de 

l'intéressé n'atteignent pas le standard élevé qu'on trouve en Suisse 

(cf. ATAF 2009/2 consid. 9.3.2). 

8.3 En l'occurrence, la Guinée Bissau ne connaît pas une situation de 

guerre, de guerre civile ou de violence généralisée qui permettrait d'emblée 

– et indépendamment des circonstances du cas d'espèce – de présumer, 

à propos de tous les ressortissants du pays, l'existence d'une mise en 

danger concrète au sens de l'art. 83 al. 4 LEtr. 

8.4 Concernant l'état de santé du recourant, il ressort du certificat médical 

du 5 novembre 2014 qu'il souffre d'un état de stress post-traumatique 

(CIM-10, F43.1) et d'un épisode dépressif moyen (F32.1) et qu'il est suivi 

depuis le 6 octobre 2014 à raison d'une séance par semaine. Après six 

séances, son médecin estime nécessaire, pour la "stabilisation et 

l'amélioration" de son état de santé psychologique, un traitement par 

psychothérapie et antidépresseur. 

8.4.1 Le certificat médical précité retient que l'état de santé du recourant 

est lié aux événements vécus dans son pays. A cet égard, il sied cependant 

de rappeler, comme développé plus haut, que le Tribunal considère que 

les principaux motifs d'asile sont invraisemblables. Partant, il y a lieu de 

relativiser le contenu de ce document. 

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Page 16 

8.4.2 Le Tribunal constate, par ailleurs, que la détérioration de l'état de 

santé du recourant et le traitement prodigué font suite à la décision du SEM 

du 18 juillet 2014, prononçant le renvoi de l'intéressé en Guinée-Bissau et 

apparaissent, par conséquent, liés à la perspective de devoir retourner 

dans un environnement social que le recourant a quitté depuis plus de deux 

ans. En effet, le 14 juillet 2014, celui-ci a déclaré qu'il se sentait en bon état 

de santé (procès-verbal, Q 217). Ce n'est que dans son recours du 21 août 

2014 qu'il allègue pour la première fois des troubles de mémoire et des 

traumatismes affectifs de la petite enfance. Le Tribunal ne sous-estime pas 

les appréhensions que le recourant peut ressentir à l'idée de regagner la 

Guinée-Bissau. Il n'en demeure pas moins que l'on ne saurait de manière 

générale prolonger indéfiniment le séjour d'une personne au seul motif que 

la perspective d'un retour exacerbe son état psychologique. Le Tribunal est 

conscient des problèmes de santé psychique de l'intéressé en réaction à 

une décision négative et au stress lié à un renvoi dans son pays d'origine. 

Il considère néanmoins qu'il appartiendra à son médecin traitant de le 

préparer à la perspective d'un retour, voire aux autorités d'exécution de 

vérifier, le cas échéant, le besoin de mesures particulières que requerrait 

son état lors de l'organisation du renvoi 

8.4.3 En tout état de cause, il n'apparaît pas que les troubles psychiques 

actuels de l'intéressé soient à ce point graves qu'ils mettraient sa vie ou sa 

santé concrètement et gravement en danger, en cas d'interruption des 

soins et de retour dans son pays d'origine.  

8.4.4 Le recourant n'a pas démontré qu'il serait en incapacité de travailler. 

Il est célibataire et dispose d'une formation scolaire. On peut 

raisonnablement penser qu'il sera, à court ou moyen terme et en dépit des 

difficultés du pays, en mesure de trouver une activité lucrative, le cas 

échéant, en faisant appel au réseau social qu'il est censé s'être constitué 

sur place. Ses motifs d'asile ayant été considérés comme 

invraisemblables, il peut légitimement être mis en doute qu'il n'ait plus 

aucun contact avec sa sœur à Bissau, des proches ou amis dans son pays 

d'origine. Il peut dès lors être admis, au vu de l'ensemble de ces facteurs, 

qu'il sera à même d'assurer ses besoins essentiels et de se réinsérer dans 

son pays d'origine sans rencontrer d'excessives difficultés.  

8.4.5 Dans ces circonstances, le Tribunal estime que les problèmes 

médicaux de l'intéressé ne constituent pas un obstacle à l'exécution du 

renvoi. 

E-4690/2014 

Page 17 

8.5 Au demeurant, le Tribunal rappelle que les motifs résultant de difficultés 

consécutives à une crise socio-économique (pauvreté, conditions 

d'existence précaires, difficultés à trouver un emploi et un logement, 

revenus insuffisants, absence de toute perspective d'avenir) ou à la 

désorganisation, la destruction des infrastructures ou des problèmes 

analogues, auxquels, dans le pays concerné, chacun peut être confronté, 

ne sont pas, en tant que tels, déterminants en matière d'exécution du 

renvoi (cf. ATAF 2010/41 consid. 8.3.6 et réf. cit.). 

8.6 Pour l'ensemble de ces motifs, l’exécution du renvoi doit être 

considérée comme raisonnablement exigible (cf. art. 83 al. 4 LEtr). 

9.  

9.1 L’exécution n’est pas possible lorsque l’étranger ne peut pas quitter la 

Suisse pour son Etat d’origine, son Etat de provenance ou un Etat tiers, ni 

être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr). 

9.2 En l'espèce, l'exécution du renvoi est possible, le recourant étant en 

mesure d’entreprendre toute démarche nécessaire auprès de la 

représentation de son pays d’origine en vue de l’obtention de documents 

de voyage lui permettant de quitter la Suisse (cf. ATAF 2008/34 

consid. 12).  

10.  

Il s’ensuit que le recours, en tant qu’il conteste la décision de renvoi et son 

exécution, doit être également rejeté et la décision attaquée confirmée sur 

ces points. 

11.  

Au vu de l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure, 

d'un montant de 600 francs, à la charge du recourant, conformément à l'art. 

63 al. 1 PA et aux art. 2 et 3 let. b du règlement du 21 février 2008 

concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif 

fédéral (FITAF, RS 173.320.2). Ce montant est toutefois entièrement 

couvert par l'avance de frais du même montant, versée le 28 août 2014. 

 

(dispositif page suivante) 

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Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Les frais de procédure, d'un montant de 600 francs, sont mis à la charge 

du recourant. Ce montant est entièrement couvert par l'avance de frais du 

même montant, versée le 28 août 2014. 

3.  

Le présent arrêt est adressé à la mandataire du recourant, au SEM et à 

l'autorité cantonale. 

 

Le président du collège : Le greffier : 

  

Jean-Pierre Monnet Jean-Marie Staubli 

 

 

Expédition :