# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 196e7826-c544-5618-8556-2c930d02cdd9
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-12-21
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 21.12.2022 A/2448/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-2448-2018_2022-12-21.pdf

## Full Text

Siégeant : Jean-Louis BERARDI, Président suppléant ; Béatrice BERGOZ et Luciano 
DE TORO, Arbitres 

  

 
 

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/2448/2018 ATAS/1155/2022 

ARRET 

DU TRIBUNAL ARBITRAL 
DES ASSURANCES 

du 21 décembre 2022  

 

En la cause 

CSS KRANKEN-VERSICHERUNG AG 

SUPRA - 1846 SA 

CONCORDIA KRANKEN-UND UNFALLVERSICHERUNG 

AVENIR ASSURANCE MALADIE SA 

KPT KRANKENKASSE AG 

VIVAO SYMPANY AG 

SWICA GESUNDHEITSORGANISATION 

MUTUEL ASSURANCE MALADIE SA 

INTRAS ASSURANCE-MALADIE SA 

ASSURA-BASIS SA 

VISANA AG 

HELSANA VERSICHERUNGEN AG 

demanderesses 

 
 
 

 

A/2448/2018 

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AVANEX VERSICHERUNGEN AG 

Toutes représentées par SANTÉSUISSE, sise Römerstrasse 20, 
SOLEURE, comparant avec élection de domicile en l'étude de 
Maître Olivier BURNET  

 

contre  

 

Monsieur A______, domicilié à GENEVE, comparant avec 
élection de domicile en l'étude de Maître Olivier FRANCIOLI  

 

 

 

défendeur 

 

 
 
 

 

A/2448/2018 

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EN FAIT 

1. Titulaire d’un diplôme français d’infirmier, Monsieur A______ (ciaprès : le 
défendeur) exerce la profession d’infirmier indépendant dans le canton de Genève. 
A ce titre, il a exploité entre 2015 et 2017, en raison individuelle, le « Centre 
infirmier B______ », repris dès 2018 par la société anonyme éponyme.  

2. Par courrier du 29 décembre 2015, SANTÉSUISSE a averti l’intéressé que ses 
prestations remboursées en 2014 par l’assurance obligatoire des soins 
(ci-après : l’AOS) dépassaient le chiffre d’affaires annuel maximum possible d’un 
infirmier ambulatoire, soit, selon ses calculs, entre CHF 130'000.- et 
CHF 140'000.-.  

3. En juillet 2016, les parties ont conclu une transaction de rétrocession portant sur 
l’année 2014. 

4. Le 14 décembre 2017, une séance a eu lieu entre M. A______, assisté de deux 
avocats, et SANTÉSUISSE concernant notamment sa facturation pour 
l’année 2016.  

A teneur du procès-verbal correspondant, le premier a expliqué que, contrairement 
aux autres infirmiers indépendants, il s’était positionné sur un créneau 
psychosocial et psychogériatrique. L’IMAD, dont lui-même était un ancien 
responsable, ne prenait pas de « patients psy ». Il travaillait de 7h à 21h, avec une 
pause entre 13h30 et 15h. En 2016, 50 à 55% de ses consultations avaient eu lieu 
au centre, le reste au domicile des patients. Depuis juillet 2016, il avait cessé de 
pratiquer des entretiens psychiatriques de groupe de six patients (séance de 
45 minutes x 6). Il facturait le tarif le plus bas, soit le taux horaire de CHF 54.60 
selon l’Ordonnance sur les prestations dans l’assurance obligatoire des soins en 
cas de maladie (OPAS  RS 832.112.31) 

De son côté, la représentante de SANTÉSUISSE a « réexpliqué » qu’en 
comparaison avec les médecins spécialisés en psychiatrie, rémunérés à raison de 
CHF 200.- de l’heure à Genève et dont le tarif « est divisé par le nombre de 
personnes participant » aux séances de couple ou de groupe, la méthode de 
facturation adoptée par M. A______ lui permettait de percevoir « plus de 60% de 
plus » que ces spécialistes. D’une manière générale, l’évaluation d’économicité 
des infirmiers indépendants se faisait sur la base d’un volume maximum 
facturable calculé en collaboration avec l’Association suisse des infirmières et 
infirmiers (ci-après : l’ASI). L’organisation des locaux de l’intéressé lui 
permettait d’effectuer plusieurs perfusions en même temps « puisqu’il est 
‘appelable’ immédiatement ; le reste de son activité relevait de la psychiatrie ». 

A l’issue de cet entretien, M. A______ s’est engagé à fournir, jusqu’à fin janvier 
2018, un relevé de sa facturation par jour de travail, reflétant le nombre et le type 
de positions en lien avec le nombre de patients, pour 2015 et 2016, relevé établi 
par la Caisse des médecins. 

 
 
 

 

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5. Par courriel du 30 janvier 2018, et relance du 4 juillet suivant, SANTÉSUISSE a 
rappelé au défendeur qu’il s’était engagé à lui transmettre « des éléments pouvant 
justifier de son agenda et de sa facturation ». 

L’intéressé n’a pas donné suite à ces demandes. 

6. Le 3 juillet 2018, une nouvelle séance, infructueuse, s’est tenue entre les parties. 

7. Le 13 juillet 2018 (timbre postal), les demanderesses, représentées par 
SANTÉSUISSE, ont déposé une demande en paiement, datée du 10 juillet, 
tendant à ce que le Tribunal arbitral des assurances (ci-après : le tribunal de céans) 
condamne M. A______ à leur rembourser, sous suite de frais et dépens, 
CHF 126'753.- à titre de prestations jugées non économiques pour l’année 2016, 
soit la différence entre le montant de CHF 318'561.- versé au défendeur au titre de 
l’AOS et le revenu annuel maximum de CHF 191'808.- que pouvait 
théoriquement réaliser un infirmier (cause enregistrée sous le n° A/2448/2018). 

8. Les données statistiques pour l’année 2016 avaient été traitées par SASIS SA le 
17 juillet 2017, si bien que le délai de péremption d’un an prévu par 
l’art. 25 al. 2 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances 
sociales du 6 octobre 2000 (LPGA - RS 830.1) avait été respecté. 

Les demanderesses ont calculé le revenu annuel maximum de CHF 191'808.- 
comme suit :  

   tarif horaire heures facturation 

Montant horaire catégorie de 
soins selon l'art. 7a al. 1 let. a 
OPAS 

79.80 20 1'596 

Montant horaire catégorie de 
soins selon l’art. 7a al. 1 let. b 
OPAS 

65.40 20 1'308 

Montant horaire catégorie de 
soins selon l’art. 7a al. 1 let. c 
OPAS 

54.60 20 1'092 

Heures hebdomadaires en présence du patient 60 3'996 

Revenu annuel maximum 48 semaines/an 191'808 

 

Ce calcul prend en considération les exigences inhérentes à la profession 
d’infirmier (repos, formation continue, déplacements et travaux administratifs) et 
tient compte d’une durée de répartition moyenne de 1/3 pour l’évaluation, conseil 
et coordination (art. 7a al. 1 let. a OPAS), 1/3 pour les examens et traitements 
(art. 7 al. 1 let. b OPAS) et 1/3 pour les soins de base (art. 7 al. 1 let. c OPAS) 
(ci-après : tarifs A, B et C). 

9. Lors d’une audience du 9 novembre 2018, le tribunal de céans a tenté sans succès 
de concilier les parties. 

 
 
 

 

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10. Dans sa réponse du 7 février 2019, le défendeur a conclu à l’irrecevabilité de la 
demande, respectivement à son rejet. 

La demande était irrecevable ratione temporis, motif pris de l’absence de 
conciliation préalable devant un organe paritaire, prévue par les conventions 
administratives conclues entre les demanderesses et l’ASI –, procédure à laquelle 
il n’avait pas renoncé. 

Sur le fond, sa pratique était particulière, car aucun autre infirmer à Genève ne 
disposait d’une infrastructure comparable à la sienne, qui lui permettait de 
recevoir ses patients directement dans ses locaux plutôt que de devoir se déplacer 
à leur domicile ; il pouvait ainsi consacrer plus de temps à prodiguer des soins en 
comparaison avec les autres infirmiers indépendants, dont le temps de 
déplacement entre le domicile ou le lieu d’hospitalisation de chaque patient 
représentait une partie non négligeable de leur journée de travail. Son 
infrastructure lui permettait de pratiquer des soins infirmiers (dont des perfusions) 
à plusieurs patients simultanément. Il débutait son travail entre 6h30 et 7h, prenait 
une pause de 30 à 60 minutes à midi et terminait son travail entre 19h et 19h30. Il 
lui arrivait fréquemment d’intervenir chez des patients plus tôt dans la matinée ou 
plus tard dans la soirée. Il travaillait régulièrement les samedis et les dimanches. 
En 2016, il n’avait pris aucune semaine de vacances. Madame C______, 
assistance administrative à plein temps, pouvait témoigner de son horaire de 
travail (Note du Tribunal : cette dernière est administratrice présidente de la 
société, avec signature individuelle, et par ailleurs épouse du défendeur : 
cf. allégation des demanderesses, non contestée, ci-dessous § 9). 

La transaction intervenue en juillet 2016 pour l’année 2014 avait été obtenue par 
SANTÉSUISSE en raison du manque d’information dont il disposait à l’époque 
« sur les pratiques de SANTÉSUISSE » en matière de réclamation de rétrocession 
d’honoraires, et alors qu’il n’était pas assisté d’un avocat. 

Selon les statistiques fournies par les demanderesses, en 2015, seuls quatre 
infirmiers indépendants exerçaient une activité à plein temps à Genève et seuls six 
infirmiers réalisaient un chiffre d’affaires supérieur à CHF 100'000.-. Les 
infirmiers indépendants exerçant une activité lucrative à plein temps n’étaient pas 
plus nombreux qu’en 2015. Contrairement à ces derniers, son revenu était amputé 
de charges importantes liées à l’infrastructure du centre. 

Les prétentions des demanderesses étaient périmées, dès lors que SANTÉSUISSE 
avait dû avoir connaissance des statistiques de SASIS SA au moment de leur 
publication, à savoir, en principe, selon un arrêt du Tribunal fédéral 9C_778/2016 
du 12 décembre 2017 (concernant une infirmière exerçant à Genève), au mois de 
mai de l’année concernée, soit, en l’occurrence, plus d’une année avant le dépôt 
de la demande. 

Les demanderesses n’avaient produit aucune facture prouvant qu’elles avaient 
effectivement versé des prestations relevant de l’AOS. Les « Daten-Pools » 2016 

 
 
 

 

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listant les assureurs ayant pris en charge des prestations LAMal cette année-là 
« étaient contestés ».  

Les demanderesses n’avaient apporté aucun élément de preuve à l’appui de leurs 
prétentions, fondées uniquement sur un « calcul schématique » et un seuil 
théorique d’un chiffre d’affaires et d’un horaire hebdomadaire d’un infirmier 
indépendant à plein temps. Si, dans son arrêt 9C_778/2016 précité, le Tribunal 
fédéral avait validé cette méthode de calcul schématique, c’était toutefois 
uniquement sous l’angle restreint de l’arbitraire. Or ce mode de calcul était 
arbitraire et limitait de façon inadmissible sa liberté économique, puisqu’il était 
empêché de travailler plus de 60 heures par semaine et plus de 48 semaines par 
année. Il limitait également les prestations de soins, en partant du postulat que 
seules 20 heures leur étaient nécessairement consacrées. De plus, selon l’art. 7a 
al. 2 OPAS, le temps facturable n’était pas le temps effectif, mais le temps facturé 
selon les unités de temps définies par cette ordonnance, prévoyant au minimum 
10 minutes par intervention et un arrondissement au montant supérieur pour 
correspondre à une unité de 5 minutes. De facto, il appliquait ainsi le projet 
e-Karus, soit le « Concept relatif à la structure tarifaire pour les soins ambulatoires 
et stationnaires dans les EMS, les organisations d’aide et de soins à domicile ainsi 
que pour le personnel infirmier », projet porté en particulier par SANTÉSUISSE. 
Le montant du revenu annuel maximum de CHF 191'808.- était aléatoire dès lors 
que, dans un courrier du 7 juillet 2017, SANTÉSUISSE avait retenu, pour l’année 
2015, un montant, différent, de CHF 229'824.-. De surcroît, la structure de soins 
qu’il avait mise en place lui permettait de recevoir des patients directement dans 
ses locaux, - circonstance qui influait considérablement sur ses temps de 
déplacement -, et de déléguer les travaux administratifs à une assistante occupée à 
plein temps, qu’il devait rémunérer, contrairement aux autres infirmiers dont 
aucun ne disposait d’une telle assistance. Pour pouvoir comparer son revenu à 
celui des autres infirmiers, il convenait dès lors de déduire ces charges 
supplémentaires ainsi que les loyers des locaux et des appareils nécessaires. Sa 
pratique rendait ainsi inopérante la méthode schématique utilisée par les 
demanderesses. 

A titre subsidiaire, le défendeur a offert de produire, sous forme caviardée, les 
pièces relatives à sa facturation et à sa comptabilité. 

Le défendeur a encore requis la production par les demanderesses des 
informations relatives à la publication des données de SASIS SA et les 
informations dont disposait l’ASI « sur les infirmiers genevois et leur pratique ». 
En tant que de besoin, il a sollicité un délai raisonnable pour produire une liste de 
témoins (patients, infirmiers ou médecins) censés confirmer son emploi du temps 
et les particularités de sa pratique. 

Il a enfin demandé la mise en œuvre d’une expertise analytique, « seul moyen de 
preuve pouvant éventuellement entrer en considération pour évaluer l’économicité 
de sa pratique, compte tenu des particularités de celle-ci ».  

 
 
 

 

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11. Par réplique du 26 avril 2019, les demanderesses ont maintenu leurs conclusions. 

Pour parvenir au gain annuel maximum réalisable pour 2015 (CHF 229'824.-), 
elles avaient pris, par gain de paix, le tarif horaire le plus élevé, soit CHF 79.80. 
Seuls deux infirmiers, dont le défendeur, avaient atteint, cette année-là, un 
montant versé au titre de l’AOS supérieur à CHF 267'000.-, tandis que le 
troisième infirmier n’avait perçu que CHF 177'660.-.  

L’organisation professionnelle du défendeur relevait de son propre choix et ne 
l’autorisait pas à facturer de façon abusive.  

Le « Daten-Pool » mentionnait expressément la liste des assureurs-maladie ayant 
pris en charge les notes d’honoraires du défendeur. Ce document constituait un 
élément de preuve reconnu par la jurisprudence du Tribunal fédéral, de sorte que 
le défendeur invoquait en vain l’absence de qualité pour agir et de légitimation 
active des demanderesses. 

Le défendeur avait touché le plus de prestations en 2016 (CHF 318'561.15) alors 
qu’un second infirmier avait perçu CHF 249'651.15 et faisait également l’objet 
d’une procédure devant le tribunal de céans (Ndr : cette procédure a donné lieu à 
l’ATAS/440/2021 du 10 mai 2021, dans lequel le tribunal de céans a admis le 
bien-fondé de la demande ; cet arrêt est entré en force faute de recours au Tribunal 
fédéral).  

Les conventions administratives n’avaient que pour objet de régler les processus 
administratifs applicables aux prestations ambulatoires et ne pouvaient être 
assimilées à des normes de droit fédéral. Au reste, la procédure de conciliation 
visée par ces conventions avait pour but de régler à l’amiable des litiges 
concernant la facturation d’un patient particulier, et non pas des questions 
générales relevant de la polypragmasie, laquelle nécessitait la mise en commun 
des remboursements de l’ensemble des assureurs-maladie. Soulevé trois mois 
après l’audience de tentative de conciliation du 9 novembre 2018, le moyen tiré 
d’une prétendue irrecevabilité de la demande, motif pris de l’absence préalable de 
tentative de conciliation, relevait de l’abus de droit. En dépit de la présente 
procédure judiciaire, rien n’aurait empêché les discussions transactionnelles de se 
poursuivre.  

Les trois tarifs horaires susceptibles de s’appliquer pouvaient être partagés 
équitablement en trois tiers. Le travail hebdomadaire en présence du patient de 
60 heures retenu était très large. Les demanderesses auraient pu appliquer l’autre 
mode de calcul retenu par le tribunal de céans dans un ATAS/776/2016 du 
16 septembre 2016, mode plus favorable aux assureurs. En application de cet 
arrêt, la moyenne des montants remboursés aux infirmiers ayant obtenu un 
montant supérieur à CHF 100'000.- (en faisant abstraction des deux premiers, qui 
faisaient l’objet d’une procédure judiciaire en polypragmasie), soit 
CHF 129'893.28 [(108'562.30 + 126'145.50 + 154'972.05) : 3], moyenne 
augmentée de la marge de tolérance de 30% appliquée aux médecins 

 
 
 

 

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(CHF 38'967.98), aurait permis de réclamer au défendeur CHF 149'699.89 
(318'561.15 – 129'893.28 – 38'967.98), au lieu de CHF 126'753.-. 

En raisonnant par l’absurde, soit en supposant que le défendeur travaillât 365 
jours par an à raison de 10 heures par jour et au tarif le plus élevé de CHF 79.80, 
on obtiendrait un montant théorique maximal de CHF 291'270.-. 

Le montant choisi de CHF 191'808.- était favorable au défendeur, puisqu’il 
permettait justement déjà de tenir compte des arrondis possibles en matière de 
facturation et de gain d’optimisation en termes d’efficacité. Sinon, 
SANTÉSUISSE se serait limitée à la méthode de calcul utilisée par le Tribunal 
arbitral dans son ATAS/776/2016 précité permettant de porter à CHF 168'861.26 
(129'893.28 + 38'967.98) le seuil de revenu limite pour l’année 2016.  

Le défendeur ne pouvait rien tirer du concept e-Karus, car ses interventions et 
factures étaient toujours plus élevées que le seul minimum facturable de 
10 minutes. Il ressortait de sa grille de prestations (pièce 23, dem.) que le 
défendeur appliquait à tort un arrondi de 5 minutes à chaque acte effectué dans le 
cadre d’une même prestation, au lieu de l’appliquer seulement à chaque type de 
prestation (tarifs A, B ou C).  

L’engagement de son épouse (Ndr : Mme C______) comme assistante 
administrative ou les multiples salles de consultation dont il disposait ne 
permettaient pas de justifier un prétendu gain d’efficacité, singulièrement son 
niveau de facturation extrême. La qualité des soins n’était pas remise en cause. Le 
tarif infirmier était un tarif au temps consacré au patient et le défendeur ne pouvait 
se consacrer à un patient en cours de perfusion s’il était en même temps en train 
d’effectuer des soins en faveur d’un autre patient, une prise en charge 
psychiatrique ou mettre en place une perfusion dans une autre salle. 

Les demanderesses ont produit les documents suivants :  

- un courrier de SASIS SA du 17 juillet 2017 attestant que la communication à 
SANTÉSUISSE des données statistiques 2016 du défendeur était intervenue le 
17 juillet 2017 ; 

- une liste nominative des infirmiers indépendants actifs dans le canton de 
Genève en 2016 établie par SANTÉSUISSE ;  

- une liste détaillée des prestations remboursées par l’AOS aux infirmiers du 
canton de Genève en 2016 établie par SANTÉSUISSE ; 

- une grille de prestations et positions correspondantes (A, B ou C) effectuées 
par le défendeur du 27 juin au 29 juin 2016 ; 

- deux notes d’honoraires des 29 juin 2016 et 3 janvier 2017 pour des 
traitements effectués du 31 mai au 17 juin 2016, respectivement du 2 au 
21 décembre 2016. 

 
 
 

 

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Enfin, les demanderesses ont requis la production par la Caisse des médecins de 
l’extraction informatique de la facturation du défendeur pour l’année 2016 (dates, 
positions détaillées, quantité, numéro de patient, minutage, montants en CHF, 
etc…), permettant d’effectuer des tableaux croisés dynamiques Excel. Elles ont 
également requis la production de l’agenda professionnel, original, du défendeur 
relatif à l’année 2016. 

12. Par duplique du 28 juin 2019, le défendeur a persisté dans sa position. 

Aucun autre infirmier à Genève n’avait suivi la formation spécifique permettant 
d’utiliser « le système clinique » mis en place par lui-même pour le suivi de ses 
patients et pour lequel il était spécifiquement formé, ni ne disposait d’une 
infrastructure telle que la sienne pour le mettre en œuvre. Grâce aux résultats 
obtenus, ses patients, en particulier celui concerné par la facture d’honoraires du 
3 janvier 2017, présentaient un très faible taux d’hospitalisation et les gains en 
termes d’économicité étaient considérables. 

Le courrier de SASIS SA du 17 juillet 2017 ne permettait pas de dire si les 
données du défendeur étaient ou non déjà disponibles pour SANTÉSUISSE ou les 
demanderesses à ce moment-là. Sur demande, ces données auraient pu être 
obtenues dès janvier 2017 au plus tard ; la formule utilisée pour établir les 
statistiques des médecins n’était pas nécessaire dans le cas d’un infirmier 
indépendant, puisqu’il suffisait d’additionner les chiffres fournis par les assureurs 
au 31 décembre 2016. Au demeurant, les éléments factuels sur lesquels se 
fondaient les reproches des demanderesses à cet égard ressortaient directement 
des factures concernées des 29 juin 2016 et 3 janvier 2017. Les demanderesses 
n’avaient pas établi quelles étaient les prétentions qui auraient nécessité de 
disposer des chiffres totaux facturés à l’AOS.  

Par ailleurs, les prétentions de SUPRA-1846 SA, AVENIR ASSURANCE 
MALADIE SA et MUTUEL ASSURANCE MALADIE SA, qui faisaient toutes 
parties du GROUPE MUTUEL (ci-après : GM), étaient périmées, puisque ce 
groupe compilait les chiffres fournis par ses membres en début d’année déjà -, 
comme cela ressortait d’un courrier du GM du 21 janvier 2019 (pièce 20, déf.).  

Les montants facturés par le défendeur à ces trois assureurs pour l’année 2016 
totalisaient CHF 198'970.- et dépassaient le « plafond » de CHF 191'808.- 
appliqué par les demanderesses. L’intégralité de la demande devrait être rejetée 
dès lors que les montants remboursés par les autres assureurs étaient largement 
inférieurs audit « plafond ». 

Le groupe de comparaison n’était pas représentatif, car les infirmiers gagnant un 
revenu inférieur à CHF 155'000.- ne travaillaient pas à un taux d’occupation de 
100%. La méthode de calcul dégagée de l’ATAS/776/2016 ne pouvait trouver 
application dès lors que le groupe de comparaison contenait les données 
d’infirmiers n’ayant pas un taux d’occupation de 100%. L’échantillon des 

 
 
 

 

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infirmiers réalisant un revenu supérieur à CHF 100'000.- était de toute manière 
trop réduit.  

Indépendamment de leur intitulé, les conventions administratives prévoyaient des 
mesures destinées à garantir le caractère économique des prestations au sens de la 
loi fédérale sur l'assurance-maladie du 18 mars 1994 (LAMal - RS 832.10). 

Le « Daten-Pool » ne constituait pas un moyen de preuve et les chiffres qu’il 
contenait ne correspondaient pas aux données du défendeur. 

Ses mandats médicaux OPAS étaient régulièrement acceptés par les assureurs. Sa 
manière de facturer respectait scrupuleusement les prescriptions légales, 
réglementaires et professionnelles en la matière. 

A titre de mesure d’instruction, le défendeur a en particulier requis la production 
de tout document permettant de vérifier le taux d’occupation des infirmiers du 
groupe de comparaison qui réalisaient des revenus inférieurs à CHF 155'000.-.  

12.1 Le courrier du GM du 21 janvier 2019 précité est libellé comme suit :  

« Votre facturation » 

(…) 

« Suite à un contrôle de vos factures, les éléments suivants ont été relevés : 

Nous avons constaté que les prestations que vous avez facturées aux assurances 

membres du Groupe Mutuel pour les années 2017 et 2018 sont disproportionnées 

en comparaison à une activité à plein temps d’un infirmier indépendant. 

En vue de pouvoir éclaircir votre situation, nous vous saurions gré de bien 

vouloir nous décrire de manière très précise votre organisation. 

Les prestations sont-elles effectuées par d’autres personnes et facturées sous 
votre n° RCC ? Si tel est le cas, nous vous invitons à nous communiquer leur nom, 

la manière dont leurs prestations sont facturées ainsi qu’une copie de leur contrat 
de travail. 

Afin de compléter vos dossiers, nous souhaiterions obtenir votre réponse détaillée 

sur les questions soulevées ainsi que les documents demandés, d’ici le 
11 février 2019 au plus tard ». 

12.2 L’éventuelle réponse du défendeur ne figure pas au dossier. 

13. Les demanderesses se sont déterminées le 26 septembre 2019. 

Lorsqu’un assureur-maladie se prononçait sur l’opportunité de tel ou tel 
traitement, il le faisait au cas par cas. Celui-ci n’était toutefois pas qualifié pour se 
déterminer sur l’économicité de la pratique globale de tel ou tel infirmier, 
puisqu’il ne disposait pas de l’ensemble des notes d’honoraires de ce dernier. Au 
demeurant, chaque facture individuelle de tout infirmier indépendant pourrait ne 
pas être contraire au principe de l’économicité, tandis que cela n’empêcherait pas 
l’ensemble de la pratique de cet infirmier de ne pas respecter ce principe. 

 
 
 

 

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Depuis plusieurs années, c’était toujours dans le courant du mois de juillet que le 
résultat du traitement des données était transmis à SANTÉSUISSE par SASIS SA. 
Ce n’était qu’à partir de cette date que SANTÉSUISSE, en sa qualité de 
représentante des assureurs-maladie, était en mesure de prendre connaissance des 
données de chaque fournisseur de prestation fournies à SASIS SA, respectivement 
que le délai de péremption commençait à courir. En l’occurrence, SANTÉSUISSE 
avait pris connaissance le 21 juillet 2017 des données spécifiques du défendeur 
pour 2016, comme cela résultait d’un document interne relatif à l’extraction 
desdites données (Ndr : ce document précise qu’il a été créé le 21 juillet 2017). 
Dans le cas des infirmiers, il n’existait pas de groupe de comparaison ni de 
statistiques, comme c’était le cas pour les médecins. 

Le GM ne pouvait analyser l’ensemble des factures des assureurs et ne pouvait 
dès lors procéder à une analyse globale de la facturation du défendeur. Le GM, 
avec environ 25% de part de marché sur le canton de Genève, était néanmoins 
déjà arrivé aux mêmes conclusions s’agissant de la pratique non économique du 
défendeur pour les années 2017 et 2018.  

Selon la jurisprudence, le « Daten-Pool » avait pleine valeur probante et indiquait 
valablement les divers montants pris en charge par chaque assureur listé.  

A cet égard, les demanderesses ont joint un lot de « factures justificatives 
prouvant la valeur (de ce document) » concernant les prestations fournies par le 
défendeur en 2016. 

14. Dans ses déterminations du 17 janvier 2020, le défendeur a maintenu sa position. 

Les assureurs avaient approuvé tous ses mandats OPAS et les avaient ainsi jugés 
conformes au principe de l’économicité.  

Aucune disposition ne limitait le nombre d’heures de travail d’un infirmier 
indépendant. 

Ce n’était pas seulement au moment de l’analyse globale effectuée par 
SANTÉSUISSE que les assureurs étaient en mesure de se déterminer sur le 
respect ou non du principe d’économicité. Ce n’était que pour des raisons de 
confort que SANTÉSUISSE déléguait également la compilation des données du 
défendeur à SASIS SA, ce qui retardait de plusieurs mois sa prise de 
connaissance. Comme l’avait relevé le tribunal de céans dans son 
ATAS/776/2016, le manque de diligence dont ferait preuve SANTÉSUISSE en 
demandant tardivement les statistiques ne serait jamais sanctionné si l’on se 
fondait uniquement sur la date à laquelle cette association en prendrait 
connaissance.  

Un délai de plus de six mois pour demander à SASIS SA la transmission du 
résultat de l’addition des montants facturés était manifestement excessif. 
SANTÉSUISSE ne devait pas attendre que SASIS SA lui transmette 
spontanément les données le concernant, soit vraisemblablement en même temps 

 
 
 

 

A/2448/2018 

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que les données statistiques des médecins. GM pouvait parfaitement analyser 
l’ensemble des factures payées par les assureurs en 2016. Au demeurant, 
l’essentiel de ses patients était assuré auprès du GM, lequel lui avait payé 
CHF 198'970.- cette année-là. Il n’était pas nécessaire pour le GM de procéder à 
une analyse globale de sa pratique pour lui permettre de savoir que son chiffre 
d’affaires avait ainsi été plus élevé que le « plafond » arbitrairement fixé par les 
demanderesses à CHF 191'808.-. 

A l’appui de cette écriture, le défendeur a produit six « formulaires OPAS » 
portant sur les périodes des 29 janvier 2015 au 29 avril 2016, 18 septembre 2016 
au 18 décembre 2016, 18 août 2016 au 18 novembre 2016, 19 janvier 2015 au 
19 avril 2016, 1er mars 2016 au 1er juin 2016 et 19 mai 2016 au 19 août 2016.  

Il a également versé un courrier de la CSS ASSURANCE du 19 avril 2016 
acceptant de prendre en charge « le même budget au temps consacré que nous 
vous avions confirmé par notre dernière décision du 02.03.2016. Nous prenons en 
charge 125,16 heures par trimestre dans le cadre de l’assurance obligatoire des 
soins. Pour chaque prestation, nous pouvons comptabiliser le nombre d’heures 
suivant : Evaluation et conseils : 0,33 heures, Examens et traitements (soins) : 
53,00 heures et Soins de base : 71,83 heures ». 

15. Dans leurs déterminations du 26 février 2020, les demanderesses ont fait valoir 
que les mandats OPAS ne constituaient pas ipso facto un blanc-seing permettant à 
tel ou tel fournisseur de prestations de ne pas respecter le principe d’économicité. 
Considérant que les journées ne faisaient que 24 heures et que les infirmiers ne 
pouvaient facturer que le temps passé auprès du patient, il n’était pas imaginable 
que le défendeur ait effectué toutes les prestations facturées à la charge de la 
LAMal à ses patients répartis dans 13 caisses maladies différentes. L’analyse 
globale de l’économicité de chaque fournisseur de soins n’était pas du ressort de 
chaque fournisseur, mais de SANTÉSUISSE, qui disposait de l’ensemble des 
données lui permettant de se déterminer sur la pratique du fournisseur concerné. 

La répartition théorique en trois parties égales des trois catégories de tarif était 
favorable au défendeur. 

A le suivre, le défendeur devrait travailler 15 heures par jour en tout, 48 semaines 
par an sans être malade ni suivre une quelconque formation continue, ce qui 
n’était pas admissible, dès lors qu’en sus de 60 heures par semaine en présence du 
patient, celui-ci devait passer du temps à traiter les aspects administratifs du 
dossier (facturation, demandes de mandats OPAS, correspondances avec les 
assurances, coordination avec les autres soignants, etc..), lesquels étaient toutefois 
déjà rémunérés par le forfait OPAS. 

La transmission des données relatives aux fournisseurs de prestations par 
SASIS SA aux environs de la mi-juillet correspondait à une pratique bien établie. 
SANTÉSUISSE n’avait jamais cherché à retarder l’envoi de données par cette 
société. Sa bonne foi ne saurait être mise en doute. 

 
 
 

 

A/2448/2018 

- 13/56 - 

Les infirmiers recevaient, en sus des montants versés par les assureurs-maladie, 
une participation de l’Etat de Genève au titre de financement résiduel prévu par la 
LAMal pour les prestations non couvertes par cette loi.  

A cet égard, les demanderesses ont requis la production, par la Direction générale 
de la santé du canton de Genève (ci-après : DGS), d’un décompte indiquant la 
totalité des montants versés au défendeur pour son activité en 2016 au titre de 
financement résiduel. 

16. Dans ses observations du 15 juin 2020, le défendeur a maintenu sa requête tendant 
à la mise en œuvre d’une expertise analytique, afin de déterminer si le travail 
facturé par lui avait effectivement été réalisé.  

Il fallait distinguer le cas des médecins, dont les chiffres faisaient l’objet de 
statistiques et étaient pondérés en fonction de nombreux facteurs, - ce qui pouvait 
expliquer un certain délai de traitement -, et le cas des infirmiers indépendants 
dont les chiffres pertinents pour le contrôle de l’économicité résultaient d’une 
simple addition des montants facturés à chaque assureur durant l’année concernée, 
chiffres qui pouvaient être connus dès la deuxième moitié du mois de janvier de 
l’année suivante. Les demanderesses ne pouvaient raisonnablement prétendre que 
plus de six mois étaient nécessaires pour effectuer une addition. En janvier 2017 
au plus tard, les assureurs membres du GM savaient que le défendeur avait facturé 
en 2016 un montant de CHF 198'970.-, lequel dépassait le revenu maximal 
(arbitrairement) arrêté à CHF 191'808.- par les assureurs pour plafonner les 
honoraires annuels des infirmiers indépendants. 

Le défendeur a joint un courrier de la DGS du 11 mars 2020, attestant qu’aucune 
procédure relative au financement résiduel cantonal des soins pour les années 
2013 à 2018 n’avait eu cours ces années-là concernant son activité d’infirmier 
indépendant. 

17. Dans leurs observations du 8 juillet 2020, les demanderesses ont fait valoir que les 
mandats OPAS n’avaient aucun lien avec les problèmes d’économicité au sens de 
la LAMal. Chaque assureur se déterminait de cas en cas sur la prestation et ne 
pouvait se prononcer sur la totalité des actes facturés. Un certain laps de temps 
était nécessaire pour que toutes les factures soient collectées auprès des 
assureurs-maladie et agrégées par SASIS SA. 

18. Lors de l’audience de comparution personnelle du 4 décembre 2020, les parties 
ont maintenu leurs conclusions. 

18.1 Les demanderesses ont fait valoir que, dans son courrier du 21 janvier 2019, 
le GM avait seulement émis une appréciation intermédiaire, qu’il entendait 
investiguer plus avant. A ce stade, le GM ne disposait pas d’éléments complets et 
n’était pas en mesure de chiffrer son dommage. Compte tenu de sa part de marché 
importante, le GM pouvait supposément se faire une idée générale d’une 
surfacturation probable en tenant compte des recommandations de l’ASI. 

 
 
 

 

A/2448/2018 

- 14/56 - 

18.2 De son côté, le défendeur a exposé que l’élément d’appréciation invoqué par 
le GM consistait dans le volume des prestations facturées, ce qui induisait 
forcément qu’il connaissait les chiffres correspondants.  

Sa facturation prétendument importante s’expliquait notamment par le type de 
patients qu’il suivait, soit des patients psychiatriques et gériatriques, qui 
nécessitaient une prise en charge au long cours. Cela nécessitait une alliance 
thérapeutique qui, par définition, nécessitait du temps pour créer une relation de 
confiance. Compte tenu de cette spécificité, les médecins lui adressaient un 
nombre important de patients. En octobre 2019, il avait réduit son volume de 
travail pour des raisons familiales. En 2016, il effectuait 12 à 13 heures par jour, 
6 jours sur 7, voire 7 jours sur 7. Le matin, il se rendait au domicile de ses patients 
et l’après-midi, il se rendait au centre. Il disposait alors de quatre salles de soins 
(trois à la date de l’audience), ce qui lui permettait d’effectuer quatre perfusions 
simultanément, comme en système hospitalier. Il prenait en charge la série 
suivante de quatre patients l’heure suivante. Le temps comptabilisé pour une 
perfusion par patient correspondait au temps correspondant mentionné dans 
l’OPAS. En moyenne, une perfusion prenait entre 60 et 75 minutes par patient. 
Toutefois, comme il intervenait simultanément dans la même heure sur quatre 
patients différents, il facturait également ce temps-là pour les trois autres patients. 
Les soins ayant été bien effectués, il en réclamait le remboursement. Pour une 
heure de travail effective, il facturait ainsi 4h en tout au maximum, ce qui pouvait 
expliquer un volume de facturation plus élevé que les autres infirmiers, qui ne 
travaillaient pas dans un centre de soins. Par semaine, il pouvait ainsi perfuser 
deux séries de quatre patients par jour, soit environ huit à dix patients par jour. 
Ensuite, chaque patient devait être perfusé dix fois durant un laps de temps d’un 
mois. Cela correspondait à quatre-vingt à cent perfusions par mois. Cette manière 
de procéder était correcte, puisqu’elle correspondait à celle en vigueur dans un 
centre hospitalier en termes de surveillance des patients. En tous les cas, il 
convenait de tenir compte des charges qu’il supportait en lien avec la structure 
qu’il avait créée. 

Jusqu’en juin 2019, il n’avait jamais demandé de financement résiduel au canton 
de Genève, dès lors qu’il n’était pas joignable 24h sur 24h, comme l’exigeait le 
Règlement genevois ad hoc.  

18.3 De leur côté, les demanderesses ont rétorqué que le mode de procéder du 
défendeur ne correspondait pas à l’esprit du tarif, qui exigeait la présence continue 
de l’infirmier-ère auprès du patient pour une surveillance continue. En effet, pour 
les infirmières-ères à domicile, « en vue d’assurer cette présence », le tarif horaire 
était le même. L’analogie avec un centre hospitalier était inopérante, puisque les 
tarifs n’étaient pas les mêmes. Les soins avaient bien été fournis par le défendeur. 
Il s’agissait toutefois, selon le principe d’économicité, de faire bénéficier les 
assurés d’éventuelles économies qui découleraient d’une optimisation de la 
structure tarifaire, telle que l’organisation créée par celui-ci. Il s’agissait de 

 
 
 

 

A/2448/2018 

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réduire les coûts à la charge de l’assurance, et donc des assurés. Les charges 
d’exploitation du défendeur ne devaient pas être prises en compte dans le cadre de 
la LAMal. Dans une certaine mesure, elles étaient d’ailleurs déjà prises en compte 
dans le tarif appliqué aux infirmières indépendantes (achats de pansement, frais de 
déplacement et de téléphone, participation au loyer). 

18.4 A l’issue de l’audience, le tribunal a accordé au défendeur un délai pour 
produire son agenda professionnel pour 2016 ainsi que le relevé correspondant 
établi par la Caisse des médecins. Il a également invité les demanderesses à 
expliciter certains calculs présentés dans leur réplique du 29 avril 2019. 

19. Par courrier du 1er février 2021, le défendeur a sollicité un délai supplémentaire 
pour produire son agenda professionnel. Après vérification, il s’avérait qu’un tel 
agenda n’existait pas en tant que document relié unique, mais devait être 
recomposé au moyen de différents documents, dont ses mandats OPAS. Vu son 
domaine de compétence, il traitait un nombre limité de patients auxquels il 
prodiguait des soins sur une base régulière, continue et prolongée. Les mêmes 
soins étaient prodigués, en sorte qu’il n’était pas nécessaire pour lui d’inscrire 
dans un agenda précisément et systématiquement chaque rendez-vous.  

20. Par courrier du 22 février 2021, les demanderesses ont fourni les précisions 
requises.  

Le défendeur appliquait systématiquement par erreur un arrondi de 5 minutes à 
chaque acte faisant partie du tarif concerné. Il résultait en particulier de ses notes 
d’honoraires des 29 juin 2016 et 3 janvier 2017 que celui-ci surfacturait des actes 
simples qui ne nécessitaient pas de longues durées. Ainsi, du 2 au 17 juin 2016, le 
défendeur avait vérifié les signes vitaux (tension artérielle, pouls, température, 
respiration, poids) du patient selon l’art. 7 al. 2 let. b OPAS pendant 15 minutes et 
cela tous les jours. De même, il ressortait de la note d’honoraires du 3 janvier 
2017 que le défendeur facturait ses prestations sans être au chevet du patient, ce 
qu’il avait lui-même implicitement admis lors de l’audience du 4 décembre 2020, 
en prétendant pouvoir bénéficier du système appliqué en milieu hospitalier. Or les 
prestations fournies par l’intéressé ne pouvaient être comparées à celles d’un 
hôpital. 

21. Par courrier du 22 mars 2021, le défendeur a sollicité une prolongation de délai 
pour se déterminer sur cette dernière écriture, motif pris qu’il devait reprendre 
l’examen des factures concernées et les mandats OPAS correspondants. 

22. Par envoi du 22 mars 2021, le défendeur a remis au Tribunal arbitral un relevé 
anonymisé des factures encaissées par patient pour l’année 2016, établi par la 
Caisse des médecins le 18 mars 2021, ainsi qu’un « calendrier 2016 ».  

Il ressort dudit relevé que l’intéressé a encaissé, en 2016, CHF 309'664.35 
correspondant à l’équivalent de 5'029,75 heures d’activité, soit respectivement 
129,58 heures pour le tarif A, 2'942,08 heures pour le tarif B et 4'200,17 heures 
pour le tarif C. 

 
 
 

 

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Dans l’hypothèse où les demanderesses souhaiteraient obtenir des documents 
nominatifs, une procédure de levée du secret professionnel par devant « la 
commission du secret professionnel » devrait être introduite. L’ordre de 
production du tribunal de céans ne le relevait pas automatiquement de son secret 
professionnel institué par l’art. 321 du Code pénal suisse du 21 décembre 1937 
(CP - RS 311.0) ou les art. 87 et 88 de la loi cantonale genevoise sur la santé (LS), 
dès lors que l’exception de l’art. 88 al. 2 LS n’était pas applicable à la présente 
procédure. La loi genevoise de procédure administrative ne l’obligeait 
apparemment pas non plus à renseigner l’autorité, dès lors qu’il n’avait pas lui-
même introduit la procédure ni pris de conclusions indépendantes. 

II ne disposait pas d’un agenda proprement dit pour 2016, aussi avait-il 
reconstitué un « calendrier 2016 » des patients auxquels il avait prodigué des 
soins durant cette période. Les chiffres indiqués dans la première colonne 
correspondaient au jour du mois concerné et les initiales mentionnées dans les 
autres colonnes correspondaient à celles des patients soignés ce jour-là. Il n’était 
pas possible de reconstituer son emploi du temps a posteriori de façon plus 
précise, sauf à devoir procéder à des recoupements et recherches dont la 
réalisation impliquerait une allocation de temps et de ressources manifestement 
disproportionnées. Cette année-là, il n’avait pas pris de vacances et avait prodigué 
des soins à ses patients psychiatriques également durant les week-ends. 

23. Dans ses déterminations du 9 avril 2021, le défendeur a contesté avoir indûment 
procédé à des arrondis dans sa facturation. Selon lui, les divisions des tarifs A, B 
et C en sous-catégories opérées dans ses factures l’avaient été exclusivement à des 
fins de transparence. Il appliquait le temps effectif pour chaque tarif lors d’une 
même intervention comme le précisait le concept e-Karus. Les assureurs 
contestaient désormais ses factures pour les besoins de la cause, alors qu’ils les 
avaient validées. Si l’on pouvait admettre que les assureurs ne pouvaient pas 
procéder à un contrôle préalable de chaque facture, et qu’ils étaient dès lors 
légitimés, sur le principe, à effectuer des contrôles a posteriori, ils n’en étaient pas 
pour autant légitimés à remettre en cause une méthode de présentation de la 
facturation utilisée pour toutes les factures d’un praticien plusieurs années après 
avoir pris en charge lesdites factures. 

24. Par courrier du 14 avril 2021, les demanderesses ont fait valoir que le « calendrier 
professionnel » pour 2016 avait été établi a posteriori par le défendeur si bien que 
sa valeur probante était douteuse. Il était invraisemblable que le défendeur ne 
disposât pas d’un agenda professionnel.  

Il ressortait du relevé de la Caisse des médecins que, durant l’année 2016, les 
assureurs avaient versé au défendeur CHF 309'664.35. Puisque le canton de 
Genève avait également versé une participation de CHF 114'534.64, celui-ci avait 
réalisé un revenu total de CHF 424'198.99 cette année-là.  

 
 
 

 

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L’intéressé avait facturé un montant correspondant à 5'029,75 heures en 2016. A 
supposer qu’il eût travaillé les 366 jours de cette année-là (bissextile), cela 
impliquerait qu’il ait passé, chaque jour, 13,74 heures au chevet de ses patients, 
respectivement travaillé 97,72 heures par semaine. En admettant qu’il eût pris 
quatre semaines de vacances et qu’il eût travaillé 7 jours sur 7, il aurait encore 
prétendument travaillé 15 heures par jour.  

A l’appui de leurs prétentions initiales, les demanderesses étaient parties de la 
fiction que les trois tarifs OPAS se répartissaient à raison d’un tiers chacun. Ce 
mode de calcul, beaucoup plus favorable, devait être corrigé, puisque le 
pourcentage de temps retenu pour chacune de ses prestations était, désormais, 
connu. En appliquant le nouveau pourcentage (A : 2,58% ; B : 58,49% et 
C : 38,93%) à une durée hebdomadaire de 60 heures, on obtenait un revenu 
hebdomadaire de CHF 3'694.03. Compte tenu de quatre semaines de vacances par 
an, c’était un revenu annuel maximum de CHF 177'313.45 (CHF 3'694.03 x 
48 semaines) qu’il convenait de prendre en compte, au lieu de CHF 191'808.-. Le 
montant finalement réclamé pour l’année 2016 devait ainsi être porté à 
CHF 141'247.55 (318'561 - 177'313.45), au lieu de CHF 126'753.-.  

Les demanderesses ont également requis du tribunal de céans d’ordonner au 
défendeur de produire son agenda professionnel 2016 original sous la menace de 
la peine d’amende prévue par l’art. 292 CP.  

25. Par courrier du 18 mai 2021, le défendeur a proposé de verser à la procédure une 
version nominative de son agenda reconstitué pour 2016, pour autant qu’il fût 
délié du secret professionnel par l’instance compétente, ainsi que les mandats 
OPAS anonymisés pour les soins fournis cette année-là. Il a contesté avoir perçu 
une participation CHF 114'198,99 en 2016 de la part du canton de Genève, 
comme l’avait d’ailleurs attesté la DGS dans son courrier du 11 mars 2020. 
Quatre patients étaient disposés à témoigner devant le tribunal de ce qu’il avait 
assuré un suivi chez eux 7 jours sur 7 jusqu’en octobre 2019. L’infrastructure de 
son centre lui permettait d’être auprès des patients sous perfusion durant toute la 
durée des soins. Il serait insoutenable de ne pas rémunérer certaines perfusions au 
prétexte qu’elles avaient été effectuées en simultané. Cela reviendrait à interdire 
indirectement à un infirmier indépendant de s’organiser comme il l’avait fait, 
puisqu’aucun infirmier ne pourrait raisonnablement vouloir louer des locaux pour 
permettre d’accueillir plusieurs patients uniquement aux fins de prodiguer des 
soins gratuitement, au bénéfice des assureurs. Certes, les éventuelles économies 
qui découleraient d’une optimisation de la structure tarifaire devraient bénéficier 
aux assurés. Cela ne devait toutefois pas aboutir à retenir que les perfusions en 
cause ne mériteraient aucune rémunération. Il appartenait au contraire aux 
demanderesses de démontrer que le système qu’il avait mis en place aurait permis 
des économies à reporter au bénéfice des assurés, et dans quelle mesure. 

 
 
 

 

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Le défendeur a joint à son envoi un courrier de Madame D______ du 5 février 
2021 attestant en particulier que « Monsieur A______ s’occupe de moi depuis 
mars 2013 et il a (sic) passé tous les jours jusqu’au mois d’octobre 2019 ». 

26. Par courrier du 1er juin 2021, les demanderesses ont amplifié leur conclusion 
principale, concluant au paiement de CHF 149'699.85 pour l’année 2016, 
conformément au mode de calcul retenu dans l’ATAS/776/2016 précité, encore 
confirmé par l’ATAS/440/2021 précité. Subsidiairement, elles ont conclu au 
remboursement de CHF 126'753.-. 

27. Dans ses déterminations du 21 juin 2021, le défendeur s’est opposé à la 
modification des conclusions des demanderesses, motifs pris qu’une telle 
modification n’était pas prévue par la loi et que le tribunal de céans était au 
demeurant lié par les conclusions des parties. 

En tout état, cette augmentation des conclusions des demanderesses était périmée, 
puisqu’elle était formulée plus d’une année après le dies a quo du délai de 
péremption, lequel aurait commencé à courir, à suivre les demanderesses, le 
17 juillet 2017. 

Il a en outre requis formellement la citation des témoins mentionnés dans son 
courrier du 18 mai 2021, afin de confirmer qu’il avait travaillé 7 jours sur 7 en 
2016. Cette audition lui permettrait de justifier un volume de travail 
particulièrement important par rapport aux coûts moyens des autres infirmiers de 
son groupe de comparaison.  

A cet égard, le défendeur a produit un courrier de Madame E______ du 11 mars 
2021 attestant que celui-ci lui apportait un soutien indéfectible, la suivait 
quotidiennement depuis février 2013 jusqu’à ce jour, à sa grande satisfaction, et 
qu’il était venu à son domicile 7 jours sur 7 jusqu’en octobre 2019. 

Les trois infirmiers retenus dans le groupe de comparaison avaient facturé un 
montant de plus CHF 100'000.- par an. Ce montant correspondait à environ 
33 heures travaillées par semaine dans le cas d’un infirmier prenant cinq semaines 
de vacances par an et dix jours de congé durant les jours fériés. Il était dès lors 
parfaitement possible pour un infirmier de travailler beaucoup. 

Il a également expliqué que le montant de CHF 114'198.99 figurant sur le relevé 
de la Caisse des médecins du 18 mars 2021 (cf. ci-dessus § 20) était une 
« simulation ». A cet égard, il a produit un courriel de la Caisse des médecins du 
21 juin 2021 expliquant que le versement de la part cantonale via le canton de 
Genève n’était valable que depuis le 1er janvier 2019, mais que des infirmiers 
indépendants avaient demandé « une liste récapitulative des années précédentes, 
dans le but de voir s’ils pouvaient demander un rétroactif ». 

Il a également versé un courrier d’une agence fiduciaire du 20 mai 2021 attestant 
qu’il avait réalisé un revenu net de CHF 164'737.16 en 2016. Si la demande en 
paiement devait être admise, cela reviendrait à le priver de quasiment tout revenu 

 
 
 

 

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pour l’année 2016 (164'737.16 – 149'699.85 = 15'037.31), alors qu’il avait 
travaillé pratiquement tous les jours cette année-là. 

28. Dans leurs déterminations du 31 août 2021, les demanderesses ont en particulier 
fait valoir que la loi de procédure administrative genevoise n’interdisait pas 
l’augmentation de conclusions et que le « revenu du défendeur était très largement 
supérieur aux capacités humaines d’une personne », si bien que sa pratique 
transgressait les normes retenues dans les ATAS/776/2016 et ATAS/440/2021. 

29. Par courrier spontané du 15 septembre 2021, le défendeur a contesté avoir une 
capacité de travail surhumaine. Dans le domaine de la finance en particulier, 
certains jeunes banquiers pouvaient travailler jusqu’à 95 heures par semaine. 
Selon un article du « Financial Times » du 18 mars 2021, joint audit envoi, des 
négociations étaient en cours avec la direction de l’établissement concerné afin de 
plafonner à 80 le nombre d’heures par semaine. De nombreuses personnes 
travaillaient plus de 80 heures par semaine sur des périodes prolongées, en 
particulier les membres d’organes exécutifs cantonaux ou les dirigeants 
d’entreprise. 

30. Le 7 juillet 2020 (timbre postal), les demanderesses (Ndr : AVANEX a fusionné 
entretemps avec HELSANA) ont déposé une seconde demande en paiement, 
concluant à ce que le défendeur soit condamné, pour l’année 2018, à leur restituer 
CHF 246'804.95 « selon la méthode du chiffre d’affaires moyen + 30% », 
appliquée dans l’ATAS/776/2016.  

Ce montant correspond à la différence entre les coûts totaux facturés par le 
défendeur en 2018 (CHF 302'001.10) et le revenu moyen de 105 infirmiers-ères 
ne faisant pas l’objet de demandes de rétrocession dans le canton de Genève, 
augmenté d’une marge de tolérance de CHF 30% (CHF 55'196.15) 
(= 42'458.58 + 30%). 

Subsidiairement, elles ont requis le paiement de CHF 110'193.10, « selon le 
nombre d’heures théoriquement réalisable par un infirmier ». Ce montant 
représente la différence entre les coûts totaux facturés par le défendeur en 2018 
(CHF 302'001.10) et un « montant théoriquement facturable » de CHF 191'808.-. 

Ce dernier montant tient compte d’un horaire hebdomadaire de 60 heures et de 
48 semaines de travail par an (englobant repos, formation continue, déplacements 
et administration) et d’une répartition moyenne des types de prestations fournies 
d’un tiers chacune. Il s’établit comme suit : 

 

 

 

  tarif horaire heures facturation 

 
 
 

 

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Montant horaire catégorie 
de soins selon l'art. 7a al. 1 
let. a OPAS 

79.80 20 1'596 

Montant horaire catégorie 
de soins selon l’art. 7a al. 1 
let. b OPAS 

65.40 20 1'308 

Montant horaire catégorie 
de soins selon l’art. 7a al. 1 
let. c OPAS 

54.60 20 1'092 

Heures hebdomadaires en présence du 
patient 

60 3'996 

Revenu annuel maximum 48 semaines/an 191'808 

 

A l’appui de leur demande, elles ont produit un courrier de SASIS SA du 
17 juillet 2019 attestant que les statistiques du défendeur pour 2018 avaient été 
communiquées à SANTÉSUISSE le 17 juillet 2019. 

Elles ont également sollicité la jonction de la cause avec la cause A/2448/18. 

Cette cause a été enregistrée sous le n° A/2044/2020. 

31. Le 4 décembre 2020, le tribunal a procédé à une tentative de conciliation. Il a 
accordé aux parties un délai pour lui communiquer l’état d’avancement de leurs 
pourparlers extrajudiciaires. Le défendeur s’en est rapporté à justice quant à la 
demande de jonction des causes. 

32. Sans réaction des parties dans le délai imparti, le tribunal a prolongé d’office ledit 
délai au 15 mars 2021. 

33. Par courriers des 3 et 16 mars 2021, les demanderesses ont informé le tribunal que 
les pourparlers extrajudiciaires n’avaient pas abouti. 

34. Par acte déposé le 2 juillet 2021 (timbre postal), les demanderesses ont conclu à 
ce que le défendeur soit condamné, pour l’année 2019, à leur restituer 
CHF 123'243.80 « selon la méthode du chiffre d’affaires moyen + 30% », 
appliquée dans l’ATAS/776/2016. 

Ce montant s’établit ainsi :  

- coûts totaux facturés par le défendeur :     CHF 299'838.95 

- revenu moyen de 4 infirmiers ayant facturé 

un montant supérieur à CHF 100’00.- :   CHF 135'842.43 

- + marge de tolérance de 30% :  CHF 176'595.15 

- différence (CHF 299'838.95 – CHF 176'595.15) :  CHF 123'243.80 

Les demanderesses ont précisé avoir eu connaissance des statistiques du 
défendeur pour l’année 2019, le 11 novembre 2020, date d’extraction du 
« Daten-Pool » de SASIS SA. 

 
 
 

 

A/2448/2018 

- 21/56 - 

Subsidiairement, elles ont requis le paiement de CHF 122'575.30, « selon le 
nombre d’heures théoriquement réalisable par un infirmier ». Ce montant 
représente la différence entre les coûts totaux facturés par le défendeur en 2019 
(CHF 299'838.95) et un « montant théoriquement facturable » de CHF 177'312.- 
(recte: CHF 177'264.-). Ce dernier montant tient compte d’un horaire 
hebdomadaire de 60 heures et de 48 semaines de travail par an (englobant repos, 
formation continue, déplacements et administration) et du taux d’activité afférent 
aux types de prestations fournies tel qu’il ressortait du relevé de la Caisse des 
médecins pour l’année 2016 produit dans la procédure A/2448/2018 (cf. ci-dessus 
§ 20), à savoir 2,58% (évaluation, conseil et coordination), 58,49% (examens et 
traitements) et 38,93% (soins de base). Il s’établit comme suit : 

 

  tarif horaire heures facturation 

Montant horaire catégorie de 
soins selon l'art. 7a al. 1 let. a 
OPAS 

79.80 2 123 

Montant horaire catégorie de 
soins selon l’art. 7a al. 1 let. b 
OPAS 

65.40 35 2'295 

Montant horaire catégorie de 
soins selon l’art. 7a al. 1 let. c 
OPAS 

54.60 20 1'275 

Heures hebdomadaires en présence du patient 60 3'693 

Revenu annuel maximum 48 semaines/an 177'264 

 

Elles ont également requis la production auprès de la Caisse des médecins du 
relevé des factures encaissées par le défendeur du 1er janvier au 
31 décembre 2019, avec la répartition de ces montants par tarif, tout en se 
réservant, le droit de modifier leurs conclusions. 

Cette cause a été enregistrée sous le n° A/2275/2021. 

35. Le 3 septembre 2021, le tribunal a procédé à une tentative de conciliation. A cette 
occasion, le défendeur s’est engagé à fournir jusqu’au 30 septembre 2021 le relevé 
de la Caisse des médecins concernant ses factures encaissées du 1er janvier au 
31 décembre 2019. 

Le tribunal a également imparti au défendeur un délai pour lui fournir son 
mémoire de réponse, ainsi qu’une reconstitution de la période de son agenda du 
1er janvier au 30 septembre 2019 et une extraction de son agenda électronique 
pour la période du 1er octobre au 31 décembre 2019 - période à partir de laquelle il 
avait déclaré avoir commencé à en faire usage. 

 
 
 

 

A/2448/2018 

- 22/56 - 

Malgré les diverses prolongations de délai accordées, à sa demande, le défendeur 
n’a fourni aucun document en lien avec cet agenda dans le dernier délai échéant le 
17 janvier 2022. 

Par courrier du 24 janvier 2022, le tribunal a refusé une nouvelle demande de 
prolongation de délai, dans la mesure où l’intéressé avait été averti que le délai 
dernièrement prolongé constituait une ultime prolongation. 

Dans l’intervalle, par courrier du 30 septembre 2021, le défendeur a annoncé qu’il 
remettrait au tribunal, avec son mémoire de réponse, le relevé de ses facturations 
pour l’année 2019 établi par la Caisse des médecins. 

36. Dans ses mémoires de réponse du 10 novembre 2021 (causes n° A/2044/2020 et 
A/2575/2021), le défendeur a repris en substance, mutatis mutandis, son 
argumentation développée dans la procédure A/2448/2018.  

Il a précisé qu’il était fréquent que plusieurs perfusions soient réalisées 
simultanément, ou qu’une perfusion soit réalisée simultanément à une 
consultation ; il demeurait constamment à proximité des patients et leur assurait 
une surveillance constante ; les patients perfusés étaient installés dans des salles 
de soins individuelles et il employait deux assistantes administratives, dont une à 
plein temps. Il traitait souvent entre quinze et dix-huit patients par jour. Son seul 
revenu, et non son chiffre d’affaires, pouvait, à la rigueur, être comparé à celui des 
autres infirmiers indépendants du groupe de comparaison. En 2019, son salaire 
était de CHF 9'400.- net par mois. 

Le défendeur a également versé au dossier les documents suivants :  

- un courrier du docteur F______ du 28 juillet 2021 certifiant que la quasi-
totalité des patients pris en charge par l’intéressé était des cas complexes et 
compliqués, autant pour le versant somatique que pour celui psychiatrique ;  

- un courrier du docteur G______, psychiatre, du 16 septembre 2019, attestant 
que le défendeur respectait les mandats OPAS à la pleine et entière satisfaction 
des patients  ; 

- un courrier de Me H______ du 15 juin 2018 attestant que M. A______ avait 
prêté des services professionnels quotidiens à domicile, de janvier 2015 à mars 
2018, en faveur d’une de ses protégées, à son entière satisfaction. 

Par ailleurs, contrairement à ce qu’il avait annoncé dans son courrier du 
30 septembre 2021, le défendeur n’a pas produit le relevé de ses facturations pour 
l’année 2019 établi par la Caisse des médecins. 

37. Par courriers des 24 janvier et 4 mars 2022, le tribunal de céans a demandé à la 
Caisse des médecins de lui fournir les relevés de la facturation des prestations du 
défendeur pour les années 2018 et 2019.  

Il ressort en particulier desdits relevés, datés du 15 mars 2022, que les 
assureurs-maladie ont payé au défendeur en 2018 et 2019, respectivement 

 
 
 

 

A/2448/2018 

- 23/56 - 

CHF 299'431.10 et CHF 227'133.35, équivalant à 4'711,84 heures, respectivement 
3'526,58 heures par an. 

38. Le 29 mars 2022, le tribunal a accordé aux parties un délai pour se déterminer sur 
le contenu desdits relevés. 

39. Par courrier du 25 avril 2022, le défendeur a indiqué qu’il n’avait pas 
d’observations à formuler et que les données fournies par la Caisse des médecins 
correspondaient aux prestations qu’il avait effectuées « durant l’année 2019 ». 
Tout en prenant note du refus du tribunal de lui accorder un nouveau délai pour 
produire son agenda (pour l’année 2019), le défendeur a indiqué qu’il produirait 
« prochainement » ce document, tout en « se prévalant de la maxime inquisitoire 
applicable à la présente procédure ». Il aurait produit les relevés établis par la 
Caisse des médecins pour 2018 et 2019 sur interpellation préalable du tribunal, 
« dès lors qu’il n’avait absolument aucune raison de ne pas les verser ». Ainsi sa 
collaboration à l’établissement des faits sur ce point ne pouvait être remise en 
cause. 

40. Par courrier du 10 juin 2022, les demanderesses ont relevé que les montants 
facturés par le défendeur en 2018 et 2019 avaient atteint respectivement 
CHF 320'075.55 et CHF 265'173.60 et que la surfacturation atteindrait, en tenant 
compte de 10 heures de travail par jour durant 48 semaines par an, 
CHF 216'739.40 ces deux années-là. 

Les montants encaissés par le défendeur étaient censés correspondre à une 
présence effective auprès du patient. Il s’agissait d’une exigence découlant de la 
Convention administrative entre l’ASI et les assureurs. 

Le pourcentage des heures travaillées en 2018 et 2019 correspondait, par tarifs A, 
B et C, et compte tenu d’un horaire hebdomadaire de 60 heures, à 0,75%, 47%, 
95% et 11,29% (2018), respectivement 0,45%, 53,43% et 6,12% (2019).  

Appliqué au tarif horaire correspondant, le revenu « total théorique selon tarifs 
effectifs » par semaine s’élevait à CHF 3'812.92 en 2018 (60.21 + 3'136.24 + 
616.47) et à CHF 3'864.36 en 2029 (35.75 + 3'494.50 + 334.11).  

Compte tenu de 48 semaines par an, le revenu annuel « maximum » correspondant 
s’élevait à CHF 183'020.37 pour 2018 et à CHF 185'489.39 pour 2019, 
conformément aux tableaux suivants : 

 

 

Pour 2018 

Tarif tarif horaire % par tarif Total selon 
tarifs effectifs 

A « Evaluation et 
conseils » 

79.80 0,75 60.21 

 
 
 

 

A/2448/2018 

- 24/56 - 

(art. 7a al. 1 let. a OPAS) 

B « Examen et 
traitements »  

(art. 7a al. 1 let. b OPAS) 

65.40 347,95 30'136.24 

C « Soins de base »  

(art. 7a al. 1 let. c OPAS) 

54.60 11,29 616.47 

Heures hebdomadaires en présence du 
patient 

60 3'812.92 

Revenu annuel maximum 48 semaines/an 183'020.37 

 

Pour 2019  

Tarif tarif horaire % par tarif Total selon 
tarifs effectifs 

A « Evaluation et 
conseils » 

(art. 7a al. 1 let. a OPAS) 

79.80 0,45 35.75 

B « Examen et 
traitements »  

(art. 7a al. 1 let. b OPAS) 

65.40 53,43 3'494.50 

C « Soins de base »  

(art. 7a al. 1 let. c OPAS) 

54.60 6,12 334.11 

Heures hebdomadaires en présence du 
patient 

60 3'864.36 

Revenu annuel maximum 48 semaines/an 185'489.39 

 

Au regard des montants facturés à l’AOS en 2018 et 2019 (respectivement 
CHF 320'075.55 et CHF 265'173.60), la surfacturation atteindrait toujours, en 
reprenant le raisonnement par l’absurde développé dans sa réplique du 
26 avril 2019 (cause A/2448/2018), 10 heures par jour tous les jours durant 
48 semaines par an. 

41. Par courrier spontané du 11 juillet 2022, le défendeur a indiqué que les montants 
mentionnés dans le courrier des demanderesses du 10 juin 2022 étaient faux et ne 
correspondaient pas, au demeurant, aux montants allégués dans les demandes. Les 
montants encaissés en 2019 s’expliquaient par un volume de travail très important 
et par ses « gains en efficacité ». Les prestations facturées l’avaient été sur la base 
des mandats OPAS validés par les assureurs, si bien qu’il ne pouvait y avoir 
violation du principe d’économicité. S’il n’avait pas effectué les prestations 

 
 
 

 

A/2448/2018 

- 25/56 - 

découlant des mandats OPAS, les patients concernés auraient sans aucun doute 
signalé la problématique. Les assureurs n’avaient pas enquêté auprès des patients. 
Les demanderesses n’avaient pas non plus remis en cause les perfusions 
effectuées. Il était donc arbitraire de retenir que lorsqu’il réalisait deux perfusions 
simultanément dans deux salles de soins, tout en supervisant continuellement les 
deux patients, seule une perfusion aurait dû être facturée, le geste ayant été 
effectué deux fois.  

42. Par trois courriers spontanés des 9 et 12 septembre 2022, le défendeur a maintenu 
l’intégralité des mesures d’instructions requises dans ses écritures dans les causes 
A/2448/2018, A/2044/2020, et A/2275/2021, soit en particulier son audition dans 
les procédures A/2044/2018 et A/2275/2021. Il a sollicité d’être informé d’un 
éventuel refus du tribunal de mettre en œuvre lesdites mesures, respectivement 
d’une éventuelle jonction des causes et du versement éventuel de pièces produites 
dans l’une ou l’autre de ces procédures, et requis l’octroi d’un délai pour se 
déterminer. En tout état, il a requis « formellement » d’être informé au préalable 
de la décision du tribunal de garder la cause à juger et requis un délai pour 
récapituler sa position au regard des résultats de l’instruction. 

43. Par courrier du 11 octobre 2022, le tribunal a informé les parties que la cause était 
gardée à juger. 

 

EN DROIT 

1. Préliminairement, vu l’identité des parties et l'étroite connexité des cas, il 
convient, par économie de procédure, de prononcer la jonction des causes 
A/2448/2018, A/2044/2020 et A/2275/2021 (art. 70 de la loi sur la procédure 
administrative du 12 septembre 1985 [LPA-GE - E 5 10]). Le tribunal ne rendra 
ainsi qu'un seul et même arrêt dans ces trois procédures sous le numéro de cause 
A/2448/2018. 

2.  

2.1. Selon l’art. 89 al. 1 LAMal les litiges entre assureurs et fournisseurs de 
prestations sont jugés par le Tribunal arbitral. Est compétent le Tribunal arbitral 
du canton dont le tarif est appliqué ou dans lequel le fournisseur de prestations est 
installé à titre permanent (art. 89 al. 2 LAMal). Le Tribunal arbitral est aussi 
compétent si le débiteur de la rémunération est l’assuré (système du tiers garant, 
art. 42 al. 1 LAMal) ; en pareil cas, l’assureur représente, à ses frais, l’assuré au 
procès (art. 89 al. 3 LAMal). La procédure est régie par le droit cantonal 
(art. 89 al. 5 LAMal). 

Selon l'art. 39 al. 1 de la loi de la République et canton de Genève du 29 mai 1997 
d'application de la loi fédérale sur l'assurance-maladie (LaLAMal ; rs/GE J 3 05), 
un tribunal arbitral est chargé aux termes, notamment, de l'art. 89 LAMal de 
trancher les litiges entre assureurs et fournisseurs de prestations. Selon 

 
 
 

 

A/2448/2018 

- 26/56 - 

l'art. 41 LaLAMal, le tribunal ne peut entrer en matière avant que le cas ait été 
soumis à un organisme de conciliation prévu par convention ou à une tentative de 
conciliation conformément aux dispositions de l'art. 45 LaLAMal. Par ailleurs, 
l'art. 45 LaLAMal prévoit que :  

« 1 Le tribunal est saisi par une requête adressée au greffe. 
2 Si le cas n'a pas été soumis à un organisme de conciliation prévu par convention, 
le président du tribunal tente de concilier les parties. 
3 En cas d'échec, le tribunal statue après avoir permis aux parties de s'expliquer, 
soit oralement, soit par un échange de mémoires si la nécessité s'en fait sentir, et 
après avoir procédé à toute mesure probatoire utile. Il établit les faits d'office et 
apprécie librement les preuves. 
4 Les règles générales de procédure de la loi [de la République et canton de 
Genève] sur la procédure administrative, du 12 septembre 1985, s'appliquent pour 
le surplus, notamment en ce qui concerne la récusation des membres du tribunal et 
l'établissement des faits. 
5 Les jugements motivés sont communiqués aux parties par écrit dans les 
30 jours (…) »  

Conformément à l'art. 46 al. 1 LaLAMal, les frais du tribunal et de son greffe sont 
à la charge des parties. Ils comprennent les débours divers (notamment indemnités 
de témoins, frais d'expertise, port, émoluments d'écriture), ainsi qu'un émolument 
global n'excédant pas CHF 15'000.-. Dans le jugement ou dans le procès-verbal de 
conciliation, le tribunal fixe le montant des frais et décide quelle partie doit les 
supporter (art. 46 al. 2 LaLAMal). Lorsque le tribunal est saisi d'un litige, il peut 
ordonner aux parties de faire les avances de frais nécessaires 
(art. 46 al. 3 LaLAMal). 

2.2. En l’espèce, la qualité de fournisseur de prestations au sens des 
art. 35ss LAMal et 38ss de l’ordonnance sur l'assurance-maladie du 27 juin 1995 
(OAMal ; RS 832.102) du défendeur, installé à titre permanent dans le canton de 
Genève, pendant les années déterminantes 2016, 2018 et 2019, n’est pas 
contestée. Quant aux demanderesses, elles entrent dans la catégorie des assureurs 
autorisés à pratiquer à charge de l'assurance obligatoire des soins au sens de la 
LAMal (cf. site internet de l'OFSP pour la liste des assureurs-maladie admis, 
disponible 
sur www.bag.admin.ch/themen/krankenversicherung/00295/11274/index.html?lan
g=fr). 

2.3. Le défendeur a conclu à l’irrecevabilité des demandes ratione temporis, 
motif pris de l’absence de conciliation préalable devant un organe paritaire, 
prévue par les conventions administratives conclues entre les demanderesses et 
l’ASI – procédure à laquelle il n’avait pas renoncé. A son avis, les dispositions 
des conventions administratives ont été édictées sur délégation, en application de 

 
 
 

 

A/2448/2018 

- 27/56 - 

l’art. 56 al. 5 LAMal, si bien qu’elles ont rang de droit fédéral et priment les 
dispositions cantonales genevoises en matière de conciliation. De leur côté, les 
demanderesses estiment en particulier que, soulevé trois mois après l’audience de 
tentative de conciliation du 9 novembre 2018, le moyen tiré d’une prétendue 
irrecevabilité des demandes relève de l’abus de droit. 

Contrairement à ce que soutient le défendeur, - qui n’a au demeurant pas 
démontré sa qualité de membre de l’ASI - les conventions en cause ne prescrivent 
pas, impérativement, un préalable obligatoire de conciliation. Comme cela ressort, 
par exemple, du texte de l’art. 17 al. 1 et 2 de la Convention administrative entre 
l’ASI et les « assureurs signant la convention » du 31 mai 2011 
(https://www.sbk.ch/files/sbk/service/freiberufliche_pflege/formulare_vertraege/A
dministrativvertrag_fr_tarifsuisse.pdf), il s’agit là uniquement d’une règle 
générale, dénuée de caractère contraignant pour les parties : « En règle générale, 
les litiges entre assureurs et fournisseurs de prestations doivent être réglés 
directement par les parties concernées (al. 1). Avant de procéder à un arbitrage 
selon l’art. 89 de la LAMal, une tentative de conciliation a lieu avec la 
participation de l’assureur concerné et de l’ASI pour autant que les deux parties en 
litige ne renoncent pas à la tentative de conciliation (al. 2) ». Semblable constat 
est renforcé par l’absence de toute indication d’un délai pendant lequel la 
procédure de conciliation devrait être initiée, ni même d’un délai dans lequel la 
procédure arbitrale judiciaire devrait être introduite en cas d’échec de la 
conciliation ou de refus d’une partie de s’y soumettre (comp. arrêt du Tribunal 
fédéral 4A_18/2007 du 6 juin 2007 consid. 4.3.1). 

A cela s’ajoute qu’il n'existe pas, dans l’ordre juridique suisse, une tendance 
marquée à sanctionner la violation d'un mécanisme obligatoire préalable à 
l'arbitrage par une décision d'irrecevabilité ratione temporis de la demande au 
fond. Il semblerait plutôt qu'un courant doctrinal majoritaire se dessine, du moins 
en Suisse, en faveur de la suspension de la procédure arbitrale et de la fixation 
d'un délai aux parties pour leur permettre de réparer cette omission (comp. en 
matière d’arbitrage international, arrêt du Tribunal fédéral 4A_46/2011 du 16 mai 
2011 consid. 3a). En matière d’assurance-maladie, le droit fédéral ne prévoit du 
reste plus l'obligation pour les cantons d'instaurer une procédure de conciliation 
obligatoire préalable à la saisine du Tribunal arbitral cantonal (arrêts du Tribunal 
fédéral 9C_778/2016 précité consid. 5.3 ; 4A_18/2007 précité consid. 4.3).  

S’il prétend n’avoir pas renoncé à une tentative de conciliation préalable selon 
l’art. 17 al. 2 de la convention administrative précitée (cette disposition prévoyant 
également la participation de l’ASI à cette occasion), le défendeur n’a toutefois 
formulé aucune requête dans ce sens lors de la séance du 14 décembre 2017 avec 
SANTÉSUISSE, alors qu’il était assisté de deux avocats, ni même jusqu’au dépôt 
de la demande en justice du 13 juillet 2018, voire ultérieurement, s’il entendait 
réparer cette omission. Dans une telle perspective, il lui aurait du reste été loisible 
de se faire assister par un représentant de l’ASI déjà lors de la séance du 

 
 
 

 

A/2448/2018 

- 28/56 - 

14 décembre 2017, en présence des assureurs concernés, respectivement des 
représentants de SANTÉSUISSE. C’est le lieu de rappeler que la tentative 
préalable de conciliation prévue par ces conventions administratives vise à éviter 
autant que faire se peut une saisie du Tribunal arbitral (arrêt du Tribunal fédéral 
K 143/03 du 30 avril 2004 consid. 8.2 in fine). 

Il appert de ces considérations que le caractère obligatoire de la procédure de 
conciliation prévue par les conventions administratives conclues entre les 
demanderesses et l’ASI n'est pas avéré.  

2.4. Le serait-il que le sort à réserver au grief d’irrecevabilité ratione temporis ne 
s'en trouverait pas modifié pour autant.  

En vertu de l'art. 2 al. 2 du Code civil suisse du 10 décembre 1907 (CC - RS 210), 
l'abus manifeste d'un droit n'est pas protégé par la loi. Ce principe vaut également 
dans le domaine de la procédure (ATF 132 I 249 consid. 5 ; ATF 123 III 220 
consid. 4d). Il peut y avoir abus de droit, notamment, lorsque l'exercice d'un droit 
ne répond à aucun intérêt (ATF 123 III 200 consid. 2b). En outre, le principe de la 
bonne foi s'oppose à ce qu'une partie qui constate un prétendu vice de procédure 
ne le signale pas immédiatement, à un moment où il pourrait encore être le cas 
échéant corrigé, mais attende l'issue de la procédure pour l'invoquer 
ultérieurement si celle-ci lui a été défavorable (ATF 126 III 249 consid. 3c). Agit, 
dès lors, de manière abusive, la partie qui invoque le non-épuisement du préalable 
obligatoire de conciliation dans son recours contre la sentence, alors qu'elle ne 
l'avait pas proposé à l'autre partie avant l'arbitrage (arrêt du Tribunal fédéral 
4A_18/2007 précité consid. 4.3.3 ; consid. 4, non publié, de l'ATF 129 III 675). 

En l’occurrence, contrairement à son engagement pris à l’issue de la séance du 
14 décembre 2017 avec SANTÉSUISSE, et en dépit de plusieurs relances, le 
défendeur n’a pas fourni « les éléments pouvant justifier de son agenda et de sa 
facturation », alors même que son obligation de collaborer impliquait qu’il 
produisît de lui-même tout document déterminant se trouvant en sa possession. Le 
défendeur a du reste fait preuve du même défaut de collaboration devant le 
tribunal de céans : à l’issue de l’audience du 4 décembre 2020, il s’était engagé à 
fournir son agenda professionnel, avant d’annoncer, par courrier du 
1er février 2021, qu’après vérification (sic), il n’avait jamais possédé un tel 
agenda. Il a ensuite fait valoir - à tort, comme on le verra ci-dessous - que la loi ne 
l’obligeait pas à communiquer au tribunal une version nominative de son agenda 
reconstitué pour 2016, respectivement de ses mandats OPAS pour cette année-là, 
et qu’il devrait préalablement être délié du secret professionnel à cet effet par 
« l’instance compétente ». De même, ce n’est que le 22 mars 2021, soit plus de 
trois ans après la séance du 14 décembre 2017 précitée, qu’il a fourni un relevé de 
sa facturation pour l’année 2016 établi par la Caisse des médecins le 18 mars 
2021. Dans ces circonstances, on peut sérieusement douter que le défendeur ait 
jamais eu la réelle volonté, dont il se targue aujourd’hui, de rechercher une 

 
 
 

 

A/2448/2018 

- 29/56 - 

quelconque solution transactionnelle en l’occurrence. De ce point de vue, le grief 
d’irrecevabilité ratione temporis se révèle abusif. 

Quoi qu'il en soit, si telle avait bien été son intention, le défendeur aurait dû la 
traduire dans les faits. Il ne suffisait pas, à cette fin, d'exciper de l'incompétence 
du Tribunal arbitral tout au long de la procédure. Au contraire, il eût fallu agir. Et 
la chose était possible, dès lors qu’une conciliation peut intervenir à n'importe 
quel moment du litige, y compris pendant une procédure arbitrale en cours, 
lorsque les parties souhaitent interrompre cette dernière pour explorer les 
possibilités de règlement amiable. Rien n'eût donc empêché le défendeur de 
prendre les devants et de mettre en œuvre la procédure de conciliation tout en 
invitant le Tribunal arbitral à suspendre temporairement la procédure conduite par 
lui. Au lieu de quoi, il a préféré participer à l'arbitrage, tout en se ménageant la 
possibilité d'invoquer ultérieurement le moyen pris du défaut de conciliation 
préalable. Pareille attitude n'apparaît pas conforme aux règles de la bonne foi 
(comp. arrêt 4A_18/2007 précité consid. 4.3.3.1).  

De surcroît, trois tentatives de conciliation ont, finalement, eu lieu entre les parties 
les 9 novembre 2018 (cause A/2448/2018), 4 décembre 2020 (cause 
A/2044/2020) et 3 septembre 2021 (cause A/2275/2021) devant le tribunal de 
céans, entre le défendeur, assisté de son conseil, et les représentantes de 
SANTÉSUISSE, en application de l’art. 45 al. 2 LaLAMal. Le défendeur ne 
saurait ainsi, en tout état, se prévaloir d’avoir été privé d’un tel mécanisme en 
l’occurrence. 

Mal fondé, le moyen tiré d’une absence de tentative préalable de conciliation, 
supposé invoqué en temps utile, est téméraire et ne peut donc qu'être rejeté.  

2.5. Le tribunal de céans est ainsi compétent ratione loci, materiae et temporis 
pour juger du cas d’espèce. 

3. Le litige porte sur la question de savoir si la pratique du défendeur, en sa qualité 
d'infirmier indépendant, pendant les années 2016, 2018 et 2019, est contraire au 
principe de l’économicité, et si, dans l’affirmative, celui-ci est tenu de rembourser 
les montants réclamés par les demanderesses. 

4.  

4.1. Le défendeur invoque la péremption des prétentions des demanderesses. Il 
soutient que les demanderesses n’ont pas agi dans le délai d’une année à compter 
du jour où sont publiées, ou auraient pu l’être, les statistiques annuelles de 
SASIS SA. 

4.2. Aux termes de l'art. 25 al. 2 LPGA, dans sa teneur en vigueur jusqu’au 
31décembre 2020, le droit de demander la restitution s'éteint un an après le 
moment où l'institution d'assurance a eu connaissance du fait, mais au plus tard 
cinq ans après le versement de la prestation. Le même délai s'applique aux 
prétentions en restitution fondées sur l'art. 56 al. 2 LAMal (ATF 133 V 579 

 
 
 

 

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- 30/56 - 

consid. 4.1). Il s'agit d'une question qui doit être examinée d'office par le juge saisi 
d'une demande de restitution (ATF 140 V 521 consid. 2.1).  

Depuis le 1er janvier 2021, le délai de péremption est porté d’un à trois ans 
(art. 25 al. 2 LPGA). L’application du nouveau délai de péremption aux créances 
déjà nées et devenues exigibles sous l’empire de l’ancien droit est admise, dans la 
mesure où la péremption était déjà prévue sous l’ancien droit et que les créances 
ne sont pas encore périmées au moment de l’entrée en vigueur du nouveau droit 
(ATF 134 V 353 consid. 3.2 ; arrêt du Tribunal fédéral 1C_540/2014 du 
5 janvier 2015, consid. 3.1). Si, au moment de l’entrée en vigueur de la nouvelle 
loi, le délai de péremption relative ou absolue en vertu de l’ancien 
art. 25 al. 2 LPGA a déjà expiré et que la créance est déjà périmée, celle-ci reste 
périmée. 

4.3. Malgré la terminologie légale, il s'agit de délais (relatif ou absolu) de 
péremption et non de prescription (ATF 142 V 20 consid. 3.2.2). Ces délais ne 
peuvent par conséquent être interrompus (cf. ATF 136 II 187 consid. 6), ni 
suspendus et ne laissent pas subsister d'obligation naturelle (ATF 119 V 431 
consid. 3a). Le délai de péremption absolu de cinq ans prévu par l’art. 25 al. 2 
LPGA signifie que si le délai d’une année a été respecté, la restitution ne peut 
porter que sur des paiements effectués dans les cinq ans précédant la demande de 
restitution (ATF 112 V 180 consid. 4a).  

Pour préserver le délai, il suffit de déposer une demande devant l'autorité de 
conciliation prévue par le droit cantonal ou les conventions tarifaires ou devant le 
Tribunal arbitral cantonal au sens de l'art. 89 al. 1 LAMal. Là où il n'existe pas de 
procédure de conciliation obligatoire et où, par conséquent, une demande doit être 
déposée directement devant un tribunal, le délai de péremption est sauvegardé par 
un acte préalable par lequel l'assureur-maladie fait valoir de manière appropriée sa 
créance en restitution des prestations contre le fournisseur de prestations 
(ATF 133 V 579 consid. 4.3.4 et 4.3.5). Si l'acte conservateur a été accompli, le 
délai se trouve sauvegardé, cela une fois pour toutes (arrêt du Tribunal fédéral 
9C_778/2016 précité consid. 5.1). 

L'administration doit disposer de tous les éléments qui sont décisifs dans le cas 
concret et dont la connaissance fonde - quant à son principe et à son étendue - la 
créance en restitution à l'encontre de la personne tenue à restitution (ATF 111 V 
14 consid. 3). Si l'administration dispose d'indices laissant supposer l'existence 
d'une créance en restitution, mais que les éléments disponibles ne suffisent pas 
encore à en établir le bien-fondé, elle doit procéder, dans un délai raisonnable, aux 
investigations nécessaires. A défaut, le début du délai de péremption doit être fixé 
au moment où elle aurait été en mesure de rendre une décision de restitution si 
elle avait fait preuve de l'attention que l'on pouvait raisonnablement exiger d'elle. 
Dans tous les cas, le délai de péremption commence à courir immédiatement s'il 
s'avère que les prestations en question étaient clairement indues (arrêt du Tribunal 
fédéral 9C_454/2012 du 18 mars 2013 consid. 4 non publié in ATF 139 V 106). 

 
 
 

 

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- 31/56 - 

Cependant, lorsque la restitution est imputable à une faute de l'administration, on 
ne saurait considérer comme point de départ du délai d'une année le moment où 
l'erreur a été commise par l'administration, mais le moment auquel celle-ci aurait 
dû, dans un deuxième temps (par exemple à l'occasion d'un contrôle), se rendre 
compte de son erreur en faisant preuve de l'attention requise. En effet, si l'on 
plaçait le moment de la connaissance du dommage à la date du versement indu, 
cela rendrait souvent illusoire la possibilité pour l'administration de réclamer le 
remboursement de prestations allouées à tort en cas de faute de sa part (ATF 124 
V 380 consid. 1).  

Lorsque le début du délai de péremption dépend de la connaissance de certains 
faits, il incombe au défendeur d'établir que le délai de péremption n'est pas 
respecté (arrêt du Tribunal fédéral 5C.215/1999 du 9 mars 2000 consid. 6, non 
publié in ATF 126 III 278). 

Selon le Tribunal fédéral, il n'est pas arbitraire, faute d'éléments établissant le 
contraire, de retenir comme point de départ du délai de péremption, la date 
figurant sur les documents intitulés « préparation des données » et correspondant à 
la prise de connaissance par les caisses-maladie des statistiques légitimant leurs 
réclamations (arrêts 9C_593/2021 du 6 septembre 2022 consid. 3.3.3 et 
9C_968/2009 du 15 décembre 2010 consid. 2.3). 

4.4. Le juge des assurances sociales fonde sa décision, sauf dispositions 
contraires de la loi, sur les faits qui, faute d’être établis de manière irréfutable, 
apparaissent comme les plus vraisemblables, c’est-à-dire qui présentent un degré 
de vraisemblance prépondérante. Il ne suffit donc pas qu’un fait puisse être 
considéré seulement comme une hypothèse possible. Parmi tous les éléments de 
fait allégués ou envisageables, le juge doit, le cas échéant, retenir ceux qui lui 
paraissent les plus probables (ATF 126 V 360 consid. 5b ; ATF 125 V 195 consid. 
2). Aussi n’existe-t-il pas, en droit des assurances sociales, un principe selon 
lequel l’administration ou le juge devrait statuer, dans le doute, en faveur de 
l’assuré (ATF 126 V 322 consid. 5a). 

5. Il s’agit en l’espèce de déterminer la date à compter de laquelle court le délai de 
péremption du droit pour les demanderesses de réclamer les prétentions 
litigieuses, soit la date à laquelle elles ont eu (ou pu en avoir) connaissance des 
données statistiques du défendeur. 

5.1. En l’occurrence, les statistiques 2016 ont été publiées le 17 juillet 2017. Par 
courrier du 17 juillet 2017 adressé à SANTÉSUISSE, SASIS SA a confirmé que 
ces données avaient été mises à sa disposition le jour-même. Selon le défendeur, 
ce courrier ne confirme toutefois pas la date à laquelle les données étaient déjà 
disponibles, mais fait uniquement état du moment où SANTÉSUISSE les a 
demandées à SASIS SA. A son avis, le délai de péremption a commencé à courir 
non pas depuis la publication de ses statistiques, mais dès le moment où ses 
factures ont été traitées par les caisses-maladie ; c'est à ce moment-là que les 

 
 
 

 

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assureurs, faisant preuve de toute l'attention que l'on pouvait exiger d'eux, auraient 
dû découvrir les erreurs de facturation alléguées, car ils disposaient alors de toutes 
les circonstances déterminantes leur permettant de réclamer le trop-perçu ; il 
convenait ainsi de distinguer le contrôle de l'économicité de celui du contrôle des 
factures.  

5.2. Il est vrai que les statistiques pour les infirmiers-ères doivent être 
spécifiquement demandées par SANTÉSUISSE à SASIS SA au cas par cas et que 
leurs données ne nécessitent pas d’être traitées comme celles des médecins (qui 
requièrent notamment la création de groupes de comparaison ou calcul d’indices). 
Dans l’ATAS/776/2016 précité, le tribunal de céans avait constaté que la date à 
laquelle les demanderesses ont connaissance des données relatives aux 
infirmiers-infirmières dépendait très étroitement de celle à laquelle elles s’en 
étaient inquiétées auprès de SASIS SA. Le tribunal avait toutefois déduit de 
différentes pièces produites par la partie défenderesse elle-même que les chiffres 
pertinents concernant les infirmiers-ères étaient établis en même temps que ceux 
concernant les médecins et avait retenu, à titre de dies a quo, les dates de 
publication des statistiques, singulièrement des compilations des données de 
l’infirmière concernée. Dans son arrêt 9C_778/2016 précité, concernant la même 
affaire, le Tribunal fédéral n'a pas remis en cause l’analogie ainsi opérée avec les 
statistiques des médecins. Il convient dès lors de procéder de même en l’espèce, 
en retenant la date de publication des statistiques du 17 juillet 2017 à titre de 
dies a quo. 

Au reste, il ne s’agit pas ici de contrôler seulement une position tarifaire, - dont la 
facturation erronée serait, le cas échéant, reconnaissable par l'assureur déjà au 
moment du traitement de la facture litigieuse -, mais d’un contrôle de 
l’économicité d’un fournisseur de prestations, lequel requiert par définition qu’il 
soit procédé à une comparaison de l’activité économique du défendeur avec celle 
des autres infirmiers œuvrant dans le canton de Genève. Or cela nécessite de 
devoir traiter un nombre important de données relatives non seulement à 
l’infirmier concerné, mais également aux infirmiers du groupe de comparaison, 
opération qui prend obligatoirement du temps. Pour garantir leur objectivité et 
leur représentativité, il est en outre indispensable que ces données portent sur une 
période suffisamment longue, ce qui exclut de procéder à des comparaisons 
mensuelles. Il n'y a par ailleurs pas lieu de fixer un délai minimal dans lequel les 
données devraient être traitées et analysées, celui-ci étant déterminé par le délai de 
péremption absolu de cinq ans à compter du versement des prestations auquel est 
soumis le droit à la restitution (comp. arrêt du Tribunal fédéral 9C_821/2012 du 
12 avril 2013 consid. 4.3). 

Par surabondance, on observera que la prise en compte d’une date de 
communication des statistiques analogue à celle des médecins contribue à assurer 
une certaine égalité de traitement entre les infirmiers indépendants eux-mêmes. 

 
 
 

 

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5.3. Le défendeur objecte que les prétentions des assurances membres du GM 
pour l’année 2018, soit SUPRA-1846 SA, AVENIR ASSURANCE MALADIE 
SA et MUTUEL ASSURANCE MALADIE SA, à hauteur de respectivement 
CHF 6'965.10, CHF 21'412.95 et CHF 153'266.47, sont périmées, dans la mesure 
où le GM compilait les chiffres fournis par ses membres « en début d’année 
déjà », comme cela ressortait d’un courrier du GM du 21 janvier 2019.  

Contrairement à ce qu’avance le défendeur, pareille pratique ne saurait se déduire 
dudit courrier. En effet, le GM y expose uniquement que « suite à un contrôle de 
vos factures, (…) les prestations que vous avez facturées aux assurances membres 
du Groupe Mutuel pour les années 2017 et 2018 sont disproportionnées en 

comparaison à une activité à plein temps d’un infirmier indépendant ». Il faut 
ainsi bien plutôt considérer qu’il s’agissait-là d’un contrôle aléatoire. D’ailleurs, si 
le GM avait eu pour pratique de contrôler systématiquement, en début de chaque 
année, les factures de tous ses membres, on ne voit pas pourquoi il aurait attendu 
le mois de janvier 2019 pour signaler au défendeur le caractère disproportionné de 
sa facturation pour l’année 2017. Il n’aurait pas non plus manqué d’en faire de 
même, en janvier 2017, pour la facturation de l’année 2016, dont les 
demanderesses ont également invoqué le caractère non économique. 

Quoi qu’il en soit, contrairement à l’opinion du défendeur, le Tribunal fédéral a 
posé que le point de départ du délai de péremption doit être fixé en se fondant sur 
le moment où les statistiques des factures de SANTÉSUISSE sont portées à la 
connaissance des assureurs-maladie, et cela quelle que soit la méthode (statistique 
ou analytique) sur laquelle se fonde la remise en cause du caractère économique 
des prestations dispensées (arrêt du Tribunal fédéral 9C_21/2016 du 17 novembre 
2016 consid. 6.2). 

Peu importe qu’au moment d’envoyer son courrier du 21 janvier 2019, voire le 
11 février 2019 au plus tard (soit à l’expiration du délai vainement fixé au 
défendeur pour se déterminer), le GM pût, le cas échéant, disposer d’indices d’une 
surfacturation pour l’année 2018, voire se faire une idée générale d’une 
surfacturation probable compte tenu par ailleurs de sa part de marché importante 
(cf. déclarations des demanderesses du 4 décembre 2020). Non seulement le 
défendeur n’a finalement pas fourni au GM, dans le délai imparti, les informations 
complémentaires « détaillées » requises, « en vue de pouvoir éclaircir (sa) 
situation », soit en particulier une description « très précise de (son) 
organisation », ou l’existence de prestations effectuées éventuellement par 
d’autres personnes et facturées sous son propre n° RCC. Mais encore, ce n’est 
qu’en prenant connaissance des statistiques 2018 que le GM aura pu corroborer 
avec suffisamment de certitude le caractère a priori non économique des 
prestations prises en charge par lui cette année-là. 

Il s’ensuit que les créances des assureurs membres du GM pour 2018 n’étaient pas 
périmées au moment d’en prendre connaissance le 17 juillet 2019. 

 
 
 

 

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5.4. Dans la mesure où le défendeur n’a pas établi à satisfaction de droit que les 
demanderesses disposaient, avant le 17 juillet 2017, respectivement le 
17 juillet 2019 et le 11 novembre 2020, d'indices laissant supposer l'existence 
d'une créance en restitution, singulièrement le caractère bien-fondé de celle-ci, 
pour les années 2016, 2018 et 2019, il y a lieu de considérer que les 
demanderesses, - dont la bonne foi est présumée (art. 3 al. 1 CC) -, ont, comme 
elles l’allèguent, eu connaissance du motif de restitution, au plus tôt, le 
17 juillet 2017, respectivement le 17 juillet 2019 et le 11 novembre 2020. 

Il en résulte que la demande en paiement déposée le 13 juillet 2018 auprès du 
tribunal de céans et portant sur l'année 2016, respecte le délai de péremption d’une 
année prévu à l'art. 25 al. 2 aLPGA. 

Il en va de même des demandes en paiement subséquentes, déposées le 
7 juillet 2020 et le 2 juillet 2021, et portant respectivement sur les années 2018 et 
2019, étant précisé que, pour les prétentions afférentes à l’année 2019, le délai de 
péremption d’un an courant dès le 19 juillet 2020, non échu au 1er janvier 2021, a 
été porté à trois ans dès le 1er janvier 2021, conformément au nouvel art. 25 LPGA 
entré en vigueur ce jour-là. 

6.  

6.1. Le défendeur conteste la qualité pour agir des demanderesses, motif pris 
qu’elles n’avaient produit aucune facture prouvant qu’elles avaient effectivement 
versé des prestations relevant de l’AOS. Ce faisant, il a remis en cause les 
« Daten-Pools » listant les assureurs ayant pris en charge des prestations LAMal 
en 2016, 2018 et 2019. 

6.2. Selon l'art. 56 al. 2 let. b LAMal, ont qualité pour demander la restitution les 
assureurs dans le système du tiers-payant. Selon la jurisprudence, il s'agit de 
l'assureur qui a effectivement pris en charge la facture. Par ailleurs, les assureurs, 
représentés le cas échéant par leur fédération, sont habilités à introduire une action 
collective à l'encontre du fournisseur de prestations, sans spécifier pour chaque 
assureur les montants remboursés. Ainsi, il ne saurait être question, dans le cadre 
de l'art. 56 al. 2 let. a LAMal, d'exiger de chaque assureur-maladie séparément 
qu'il entame une action en restitution du trop-perçu contre le fournisseur de 
prestations en cause ; les assureurs - représentés cas échéant par SANTÉSUISSE 
– peuvent introduire une demande globale de restitution à l'encontre d'un 
fournisseur de prestations et, à l'issue de la procédure, se partager le montant 
obtenu au titre de restitution de rétributions perçues sans droit (ATF 127 V 281 
consid. 5d). Le fait d'agir collectivement, par l'intermédiaire d'un représentant 
commun, et de réclamer une somme globale qui sera répartie à la fin de la 
procédure ne contrevient donc pas au droit fédéral (ATF 136 V 415 consid. 3.2). 
Il est dès lors sans importance que certains assureurs n'aient remboursé aucun 
montant pendant une période déterminée. Ils ne participeront pas au partage 

 
 
 

 

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- 35/56 - 

interne (ATFA non publié K 6/06 du 9 octobre 2006, consid. 3.3 non publié in 
ATF 133 V 37, mais in SVR 2007 KV n° 5 p. 19 ; ATF 127 V 281 consid. 5d). 

Néanmoins, la prétention en remboursement appartient à chaque 
assureur-maladie, raison pour laquelle son nom doit figurer dans la demande, ainsi 
que dans l'intitulé de l'arrêt. Lorsqu'un groupe d'assureurs introduit une demande 
globale, il peut dès lors seulement réclamer le montant que les membres de ce 
groupe ont payé en trop, mais non la restitution de montants payés par d'autres 
assureurs ne faisant pas partie du groupe, à moins d'être au bénéfice d'une 
procuration ou d'une cession de créance de la part de ces derniers. Dans 
l'hypothèse où une violation du principe d'économicité est retenue, seuls devraient 
être restitués par le médecin recherché les montants effectivement remboursés par 
les caisses-maladie parties à la procédure (arrêt du Tribunal fédéral 9C_260/2010 
du 27 décembre 2011 consid. 4.7). Enfin, la production, par une 
assurance-maladie, d'une seule facture pour l'année litigieuse suffit à admettre sa 
légitimation active (ATFA non publié cause K 61/99 du 8 mars 2000, consid. 4.c).  

6.3. Il est notoire que SANTÉSUISSE représente diverses caisses-maladie 
autorisées à pratiquer à charge de l'assurance-maladie sociale, mais cette 
association n'a pas qualité pour agir en son nom propre en tant que demanderesse. 
Toutefois, rejeter la demande de SANTÉSUISSE ou des assureurs-maladie de ce 
groupe, au motif que les membres du groupe n'ont pas été individuellement 
énoncés dans l'intitulé de la demande, ne se concilie ni avec le principe de la 
prohibition du formalisme excessif (cf. art. 9 et 29 al. 1 Cst.), ni avec l'obligation 
du tribunal d'établir, avec la collaboration des parties, les faits déterminants pour 
la solution du litige (art. 89 al. 5 LAMal ; arrêt du Tribunal fédéral 9C_260/2010 
du 27 décembre 2011 consid. 5.3.1). 

6.4. Le point de savoir si une partie a la qualité pour agir (ou légitimation active) 
ou la qualité pour défendre (légitimation passive) - question qui est examinée 
d'office (ATF 110 V 347 consid. 1) - se détermine selon le droit applicable au 
fond, également pour la procédure de l'action soumise au droit public. En 
principe, c'est le titulaire du droit en cause qui est autorisé à faire valoir une 
prétention en justice de ce chef, en son propre nom, tandis que la qualité pour 
défendre appartient à celui qui est l'obligé du droit et contre qui est dirigée l'action 
du demandeur (RSAS 2006 p. 46 ; ATF 125 III 82 consid. 1a). La qualité pour 
agir et pour défendre ne sont pas des conditions de procédure, dont dépendrait la 
recevabilité de la demande, mais constituent des conditions de fond du droit 
exercé. Leur défaut conduit au rejet de l'action, qui intervient indépendamment de 
la réalisation des éléments objectifs de la prétention du demandeur, et non pas à 
l'irrecevabilité de la demande (SVR 2006 BVG n° 34 p. 131 ; cf. ATF 126 III 59 
consid. 1). 

7.  

 
 
 

 

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7.1. En l’espèce, l’action en justice est conduite par SANTÉSUISSE, 
représentant douze caisses-maladie agréées pour la Suisse. On ne saurait exiger de 
chaque assureur qu’il entame une action en restitution du trop-perçu, de sorte que 
SANTÉSUISSE est autorisée à introduire une demande globale 
(ATAS/1118/2012 consid. 7b ; ATAS/1090/2012 consid. 7b.a). 

7.2. Chaque assureur doit avoir remboursé des factures du défendeur (arrêt du 
Tribunal fédéral K 30/05 du 12 mars 2007 consid. 5.2 et 6.2). La production, par 
une assurance-maladie, d'une seule facture pour l'année litigieuse suffit à admettre 
sa légitimation active (ATFA non publié cause K 61/99 du 8 mars 2000, 
consid. 4c), étant considéré que le contrôle de la légitimation active, par la 
production d'une facture, est une exigence minimale que l'on peut attendre des 
assureurs, exigence qui n'est de loin pas insurmontable ou contraignante 
(ATAS/1118/2012). 

7.3. En l’occurrence, les demanderesses ont produit trois documents nommés 
« Daten-Pool » pour les années 2016, 2018 et 2019, lesquels détaillent les 
montants pris en charge par chaque assureur, tant pour l’année en cause, que pour 
les coûts directs. Ce document permet de savoir quelles assurances ont pris en 
charge des soins pour l’année concernée et quelles assurances ne l’ont pas fait. 
Figurant toutes sur lesdits documents, les demanderesses sont, dès lors, habilitées 
à demander la restitution de l'intégralité de l'éventuel trop perçu.  

Le défendeur conteste la valeur probante des « Daten-Pool ». Il n’apporte 
toutefois aucun élément à l’appui de sa contestation et le dossier ne contient aucun 
indice permettant de remettre en cause leur contenu. Or, selon la jurisprudence 
constante du tribunal de céans, une pleine valeur probante a depuis longtemps été 
reconnue aux « Daten-Pool », en l'absence d'éléments contraires rendant 
vraisemblable que l’une ou l’autre des caisses demanderesses n'aurait pas, pour 
l’année considérée, presté en faveur du fournisseur de prestations concerné, sur la 
base de sa propre facturation (arrêt du Tribunal fédéral 9C_778/2016 précité 
consid. 6 ; ATAS/209/2018 du 9 mars 2018).  

7.4. Selon l'art. 56 al. 2 let. b LAMal, ont qualité pour demander la restitution 
des sommes reçues à tort, les assureurs dans le système du tiers payant. Selon la 
jurisprudence, il s'agit de l'assureur qui a effectivement pris en charge la facture. 
Par ailleurs, les assureurs-maladie, représentés le cas échéant par leur fédération, 
peuvent introduire une action collective à l'encontre d'un fournisseur de 
prestations, sans spécifier pour chaque assureur les montants remboursés et, à 
l'issue de la procédure, se partager le montant obtenu à titre de restitution des 
rétributions perçues sans droit. Il est dès lors sans importance que certains 
assureurs n'aient remboursé aucun montant pendant une période déterminée. Ils ne 
participeront pas au partage interne (arrêt K 6/06 du 9 octobre 2006 consid. 3.3 
non publié in ATF 133 V 37, mais in SVR 2007 KV n° 5 p. 19 ; ATF 127 V 281 
consid. 5d). Néanmoins, la prétention en remboursement appartient à chaque 
assureur-maladie, raison pour laquelle son nom doit figurer dans la dema