# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** d691c528-6885-5362-bc4f-92ff56086e71
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-01-26
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Verwaltungsgerichtshöfe 26.01.2023 602 2022 217
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_007_602-2022-217_2023-01-26.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00

www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

602 2022 217
602 2022 218

Arrêt du 26 janvier 2023

IIe Cour administrative

Composition Président : Johannes Frölicher 
Juges : Anne-Sophie Peyraud, Yann Hofmann 
Greffière : Magalie Bapst

Parties A.________ SA, recourante, représentée par Me Alexis Overney et 
Me Cécile Bonmarin, avocats

contre

PAROISSE B.________, autorité intimée 

Objet Marchés publics

Recours du 21 octobre 2022 contre la décision du 10 octobre 2022

Tribunal cantonal TC
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considérant en fait

A. Le 12 septembre 2022, la Paroisse B.________ a invité A.________ SA à lui soumettre une 
offre pour des travaux de pierres naturelles dans le cadre de l’entretien et de la conservation de 
l’enveloppe de l’édifice de C.________. 

A.________ SA a déposé une offre par courrier du 23 septembre 2022 auprès de D.________ et 
également sous forme électronique, par courriel. 

B. Par décision du 10 octobre 2022, la Paroisse B.________ a exclu l’offre déposée par 
A.________ SA. Elle a en effet considéré que cette dernière avait enfreint la réglementation sur les 
marchés publics en adressant son offre également par courriel à D.________ et en y indiquant le 
montant de la soumission. 

Le 12 octobre 2022, la Paroisse, par l’intermédiaire de D.________, a attribué le marché public à 
une autre entreprise. Cette décision n’a pas été communiquée à A.________ SA.

C. Par mémoire du 21 octobre 2022, A.________ SA recourt contre la décision d’exclusion 
auprès du Tribunal cantonal (602 2022 217), en concluant – sous suite de frais et dépens – 
principalement, à l’annulation de la décision attaquée, à ce qu’elle-même soit réintégrée dans la 
procédure d’adjudication et à ce que l’entreprise ayant participé à l’établissement des documents 
d’appel d’offres et sa soumission soit exclue de la procédure d’adjudication. Elle requiert en outre 
l’effet suspensif au recours (602 2022 218). 

D. Par mesure provisionnelle urgente du 24 octobre 2022 (602 2022 219), le Juge délégué à 
l’instruction a interdit une éventuelle adjudication du marché jusqu’à droit connu sur la demande 
d’effet suspensif au recours. 

E. Dans ses observations du 14 novembre 2022, la Paroisse B.________ conclut, sous suite de 
frais judiciaires, au rejet du recours. 

Le 23 novembre 2022, la recourante a déposé ses contre-observations.

Il sera fait état des arguments développés par les parties à l’appui de leurs conclusions dans les 
considérants de droit du présent arrêt, pour autant que cela soit utile à la solution du litige. 

en droit

1.

1.1. Selon la jurisprudence, l’autorité de recours applique le droit en vigueur au jour où l’autorité 
administrative a statué (ATF 144 II 326 consid. 2.1.1). En outre, le droit transitoire de la nouvelle 
législation fribourgeoise sur les marchés publics prévoit que les procédures lancées avant l’entrée 
en vigueur de la nouvelle législation demeurent soumises à l’ancien droit (art. 20 al. 1 de la loi 
fribourgeoise du 2 février 2022 sur les marchés publics, LCMP; RSF 122.91.1, et 64 al. 1 de l'accord 
intercantonal du 15 novembre 2019 sur les marchés publics, AIMP 2019; RSF 122.91.3). Dans cette 

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mesure, il y a lieu d’appliquer ci-après les règles découlant de la loi fribourgeoise du 11 février 1998 
sur les marchés publics (LMP; RSF 122.91.1), l'accord intercantonal du 25 novembre 1994 sur les 
marchés publics (AIMP 1994; RSF 122.91.2) et le règlement fribourgeois du 28 avril 1998 sur les 
marchés publics (RMP; RSF 122.91.11).

1.2. Le recours contre la décision d'exclusion du 10 octobre 2022 a été déposé dans le délai et 
les formes prescrits, par la destinataire de la décision litigieuse, qui s'est acquittée de l'avance de 
frais dans le délai imparti.

2.

En ce qui concerne l'intérêt de la recourante à contester la décision d'exclusion prise à son encontre, 
il y a cependant lieu de préciser ce qui suit.

2.1. En droit des marchés publics, l'intérêt à contester une décision d'exclusion consiste à obtenir 
l'adjudication du marché, respectivement à obtenir des dommages-intérêts. Cela signifie qu'au 
moment où la décision d'adjudication est entrée en force sans avoir été contestée, il n'existe plus 
d'intérêt à contester la décision d'exclusion puisque même l'annulation de celle-ci ne peut pas 
conduire à l'obtention du marché ou au versement d'un dédommagement (cf. arrêts TF 2C_603/2021 
du 8 février 2022; TC FR 602 2022 185 du 14 décembre 2022 consid. 2). 

Selon la jurisprudence, toute personne concernée par l'issue d'une procédure a l'obligation de se 
renseigner sur l'existence et le contenu de la décision qui la clôt dès qu'elle peut en soupçonner 
l'existence, sous peine de se voir opposer l'irrecevabilité d'un éventuel recours dirigée contre elle 
pour cause de tardiveté (ATF 139 IV 228 consid. 1.3; arrêts TF 2C_83/2020 du 14 septembre 2020 
consid. 4.2; 2C_309/2018 du 10 septembre 2018 consid. 4.1). Il convient à cet égard de s'en tenir 
aux règles de la bonne foi qui s'appliquent non seulement à l'administration, mais aussi aux 
justiciables (ATF 122 I 97 consid. 3a/aa); ainsi, l'intéressé doit agir dans un délai raisonnable dès 
qu'il a connaissance de quelque manière que ce soit de la décision qu'il entend contester (ATF 111 
V 149 consid. 4c; arrêts TF 2C_83/2020 du 14 septembre 2020 consid. 4.2; 9C_202/2014 du 
11 juillet 2014 consid. 4.2). Attendre passivement est en effet contraire au principe de la bonne foi 
(ATF 139 IV 228 consid. 1.3; 134 V 306 consid. 4.2; 107 Ia 72 consid. 4a; arrêt TF 2C_83/2020 du 
14 septembre 2020 consid. 4.2 et les références citées). Le Tribunal fédéral n'a pas fixé de critères 
pour déterminer si l'intéressé a agi dans un délai raisonnable; en principe, il tient compte du délai 
légal dans lequel le recours aurait dû être formé et de la diligence dont on pouvait s'attendre de la 
part de l'intéressé en fonction des particularités du cas d'espèce (cf. ATF 139 IV 228 consid. 1.3; 
111 V 149 consid. 4; 106 V 93 consid. 2; arrêt TF 2C_83/2020 du 14 septembre 2020 consid. 4.3; 
pour le tout, cf. arrêt TF 2C_603/2021 du 8 février 2022 consid. 6.1).

2.2. En l’occurrence, dans son recours du 21 octobre 2022 dirigé contre la décision d’exclusion 
du 10 octobre 2022, la recourante demande sa réintégration dans la procédure d’adjudication. A ce 
moment-là, elle n’avait pas eu connaissance de la décision d’adjudication du 12 octobre 2022, celle-
ci ne lui ayant pas été communiquée. 

Certes, les observations de la Paroisse B.________ du 14 novembre 2022, transmises à la 
recourante, n’indiquent pas expressément qu’une décision d’adjudication du marché a été rendue. 
En revanche, la recourante observe dans ses contre-observations du 23 novembre 2022, en faisant 
référence aux observations précitées, que « l’intimée ne nie pas que l’entreprise à laquelle les 
travaux ont été adjugés a participé à la préparation de l’appel d’offres ». Il ressort de ces propos que 

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la recourante connaissait l’existence d’une décision d’adjudication du marché. Or, elle n’a pas 
entrepris les démarches nécessaires pour en obtenir la notification, en prendre connaissance et 
l’attaquer, quand bien même il lui appartenait d’agir.

Par conséquent, l’absence de réaction de la recourante, au surplus représentée par des avocats, 
contrevient au principe de la bonne foi. Ces derniers ne pouvaient en effet pas ignorer que le recours 
déposé contre la décision d'exclusion n'avait d'intérêt que si la décision d'adjudication n'était pas 
définitive et exécutoire, puisqu'une réintégration dans la procédure d'adjudication serait sinon 
impossible.

Il s’ensuit que la recourante, qui n'a pas recouru contre la décision d'adjudication du 12 octobre 2022 
dans un délai raisonnable à compter du moment où elle a eu connaissance de son existence et qui 
est désormais entrée en force de chose décidée, également à son égard, ne peut plus se prévaloir 
d'un intérêt à demander sa réintégration dans la procédure d'adjudication et, donc, à contester son 
exclusion (cf. à ce propos, arrêts TF 2C_603/2021 du 8 février 2022; TC FR 602 2022 185 du 
14 décembre 2022 consid. 2). 

Le fait que le Juge délégué à l'instruction ait interdit une éventuelle adjudication par mesure 
provisionnelle urgente du 24 octobre 2022 ne change rien à ce constat. En effet, dès lors que 
l'adjudication était intervenue antérieurement, la mesure provisionnelle urgente ne pouvait plus que 
signifier que la conclusion du contrat était interdite.

C’est le lieu de noter, dès lors que le Juge délégué à l'instruction a interdit, par mesure provisionnelle 
urgente du 24 octobre 2022, une éventuelle adjudication du marché jusqu'à droit connu sur la 
demande d'effet suspensif au recours, il incombait à l'autorité intimée d’informer sans délai le 
Tribunal du fait que le marché public avait déjà été adjugé le 12 octobre 2022 et qu'elle n'attende 
pas le 14 novembre 2022 pour communiquer cette information dans les pièces annexées à ses 
observations sur le recours.

3.

Il résulte de ce qui précède que, faute pour la recourante de disposer d'un intérêt à demander sa 
réintégration à la procédure d'adjudication et, partant, à contester son exclusion, le recours (602 
2022 217) doit être déclaré irrecevable.

De même, dès lors que le recours est déclaré irrecevable, il n'y a pas lieu de donner suite aux 
requêtes de mesures d'instruction (audition, informations complémentaires) formulées par la 
recourante.

Vu l'issue du litige, la demande d'effet suspensif (602 2022 218) est devenue sans objet.

4.

Il appartient à la recourante, qui succombe, de supporter les frais de procédure conformément à 
l'art. 131 du code fribourgeois du 23 mai 1991 de procédure et de juridiction administrative (CPJA; 
RSF 150.1).

Pour le même motif, elle n’a pas droit à une indemnité de partie (art. 137 CPJA).

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la Cour arrête :

I. Le recours (602 2022 217) est irrecevable.

II. La requête d’octroi de l’effet suspensif (602 2022 218), devenue sans objet, est rayée du rôle.

III. Les frais de procédure, par CHF 1'500.-, sont mis à la charge de la recourante. Ils sont prélevés 
sur l'avance de frais versée. Le solde de CHF 1'000.- est restitué à la recourante.

IV. Il n’est pas alloué d’indemnité de partie. 

V. Notification.

Pour autant qu'elle pose une question de principe, la présente décision peut faire l'objet d'un recours 
auprès du Tribunal fédéral, à Lausanne, dans les 30 jours dès sa notification.

La fixation du montant des frais de procédure peut, dans le même délai, faire l'objet d'une 
réclamation auprès de l'autorité qui a statué, si seule cette partie de la décision est contestée 
(art. 148 CPJA).

Fribourg, le 26 janvier 2023/yho/mab

Le Président : La Greffière :