# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 3a3464b1-1fb5-5a44-bc1d-dea0c666126e
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour d'appel civile HC / 2015 / 164
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_002_HC---2015---164_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

TD13.055770-142282
TD13.055770-142283 

136  

 

 

JUGE
DELEGUEE DE LA cour d’appel CIVILE

__________________________________________________________

Arrêt du
20 février 2015

__________________

Présidence
de              Mme             
COURBAT,
juge déléguée

Greffière             
:              Mme             
Vuagniaux

 

 

*****

 

 

Art.
176 al. 1 ch. 1 et 176 al. 3 CC ; 29 al. 2 Cst. ; 317 al. 1 CPC

 

 

             
Statuant à huis clos sur les appels interjetés par A.F.________,
à [...], requérant, et B.F.________,
à [...], intimée, contre l’ordonnance de mesures provisionnelles rendue le 18 décembre
2014 par la Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement de l’Est vaudois dans la
cause divisant les appelants entre eux, la Juge déléguée de la Cour d’appel civile
du Tribunal cantonal voit :

             
En fait :

 

A.             
Par ordonnance de mesures provisionnelles du 18 décembre 2014, la Présidente du Tribunal civil
de l’arrondissement de l’Est vaudois (ci-après : la Présidente du Tribunal
d’arrondissement) a attribué la jouissance du domicile conjugal, chalet x.________, [...],
à A.F.________, à charge pour lui d’en assumer les frais y relatifs (I), rappelé
la convention signée par les parties le 19 septembre 2014 et ratifiée séance tenante par
la Présidente de céans, dont la teneur est la suivante :

 

« I.             
La garde sur C.F.________, né le [...] 2010, est provisoirement attribuée à B.F.________,
chez laquelle il est légalement domicilié.

II.             
A.F.________ aura son fils C.F.________ auprès de lui, à charge pour lui d’aller le chercher
et de l’y ramener :

du
samedi 27 septembre 2014 à 12 heures au lundi 29 septembre 2014 à 18 heures,

du
vendredi 17 octobre 2014 à 10 heures au dimanche 26 octobre 2014 à 21 heures,

du
lundi 3 novembre 2014 à 10 heures au dimanche 9 novembre 2014 à 18 heures,

du
vendredi 28 novembre 2014 à 10 heures au dimanche 30 novembre 2014 à 18 heures,

du
vendredi 12 décembre 2014 à 10 heures au dimanche 14 décembre 2014 à 18 heures,

du
dimanche 21 décembre 2014 à 9 heures au samedi 3 janvier 2015 à 18 heures,

du
vendredi 16 janvier 2015 à 10 heures au dimanche 18 janvier 2015 à 18 heures,

du
lundi 2 février 2015 à 10 heures au dimanche 8 février 2015 à 18 heures,

du
vendredi 20 février 2015 à 10 heures au dimanche 22 février 2015 à 18 heures,

du
vendredi 6 mars 2015 à 10 heures au vendredi 13 mars 2015 à 18 heures,

du
vendredi 27 mars 2015 à 10 heures au dimanche 29 mars 2015 à 18 heures.

Les
parties prennent acte que B.F.________ sera absente deux jours durant la semaine du 13 au 17 octobre
2014.

III.             
Les parties s’engagent à respecter le planning établi au chiffre II ci-dessus et à
ne pas s’importuner, se harceler, de quelque manière que ce soit, notamment par courrier,
fax, téléphone, e-mail ou texto, ainsi que de ne pas se dénigrer mutuellement.

IV.             
Les parties conviennent d’entreprendre une médiation auprès de Me Catherine Jaccottet
Tissot, à Lausanne, ou à son défaut Me Anne-Marie Germanier Jaquinet, à Lausanne. »
(II),

 

             
attribué la garde sur l’enfant C.F.________,
né le [...] 2010, à A.F.________ à compter du 1er
avril 2015 (III), dit qu’à compter du 1er
avril 2015, B.F.________ aura son fils C.F.________ auprès d’elle, à charge pour elle
d’aller le chercher et le ramener chez son père, un week-end sur deux du vendredi soir à
18h00 au dimanche soir à 18h00, toutes les semaines du mardi soir à 18h00 au mercredi soir
à 18h00 et durant sept semaines de vacances, avec un préavis de deux mois donné à
A.F.________ (IV), astreint A.F.________ à contribuer à l’entretien de son fils C.F.________
pour la période du 1er
décembre 2013 au 31 mars 2015, par le régulier versement, d’avance le premier de chaque
mois, en mains de B.F.________ d’un montant mensuel de 2'000 fr., éventuelles allocations
familiales non comprises et dues en sus, et dit qu’il règlera en sus, par le versement en
mains des tiers concernés :

-             
ses primes d’assurance-maladie et assurance-accidents, ses frais médicaux non couverts par
une assurance, ses frais dentaires, d’orthodontie, d’optique et d’ophtalmologie ;

-             
ses frais de garderie à hauteur d’un montant maximum de 1'200 fr. par mois jusqu’à
ce qu’C.F.________ soit scolarisé ;

-             
le salaire de la maman de jour à concurrence d’un montant maximum de 3'500 fr. brut par mois ;

-             
ses frais d’écoles privées (tuteur privé, répétiteur, séjours linguistiques
à l’étranger inclus), d’activités sportives et/ou musicales (V),

 

             
dit qu’à compter du 1er
avril 2015, B.F.________ est dispensée de verser une contribution d’entretien en faveur de
son fils C.F.________ (VI), astreint A.F.________ à contribuer à l’entretien de B.F.________
par le régulier versement, d’avance le premier de chaque mois, en mains de celle-ci, à
compter du 1er
décembre 2013, d’un montant mensuel de 23'950 fr., sous déduction des montants d’ores
et déjà versés à ce jour (VII), dit que A.F.________ versera en mains de Me Henri-Philippe
Sambuc, conseil de B.F.________, un montant de 50'000 fr., à titre de provisio ad litem, dans les
dix jours dès ordonnance définitive et exécutoire (VIII), désigné le Dr. Pierre-Alain
Matile, à Lausanne, et à son défaut la Dresse Marina Walter-Menzinger, à Genève,
en qualité d’expert, l’intéressé étant chargé de procéder à
une expertise visant à déterminer les conditions d’existence de l’enfant C.F.________
auprès de ses parents, les capacités parentales de ceux-ci et à faire toutes propositions
utiles relatives à l'attribution de l'autorité parentale, de la garde, à l'exercice des
relations personnelles, ainsi qu’aux éventuelles mesures de protection de l’enfant au
sens des articles 307 ss CC (Code civil suisse du 10 décembre 1907 ; RS 210) (IX), dit
que les parties avanceront les frais de l’expert chacune pour moitié (X), désigné
Me Henriette Dénéréaz Luisier, avocate à Vevey, en qualité de curatrice de représentation
de l’enfant au sens de l’art. 299 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre
2008 ; RS 272), celle-ci étant chargée de représenter les intérêts de l’enfant
C.F.________, né le [...] 2010, dans la procédure en divorce qui divise ses parents (XI), arrêté
les frais de la procédure à 2'962 fr. 85 à la charge de B.F.________ et à 1'481 fr.
45 à la charge de A.F.________ (XII), dit que B.F.________ est la débitrice de A.F.________
et lui doit immédiat paiement de la somme de 10'000 fr., à titre de dépens (XIII), déclaré
l’ordonnance immédiatement exécutoire, nonobstant appel (XIV), et rejeté toutes
autres ou plus amples conclusions (XV).

 

             
En droit, le premier juge a retenu, s’agissant de la garde de l’enfant C.F.________, que
les relations personnelles de l’enfant avec chacun de ses parents étaient bonnes et que les
deux parents avaient des capacités éducatives équivalentes et répondaient aux besoins
fondamentaux de l’enfant. Au vu du rapport du Service social Z.________, le père semblait
toutefois s’impliquer et s’investir plus que la mère dans l’éducation de
son fils, celle-ci déléguant le travail d’éducation principalement à la nounou
T1.________ et ne semblant pas très préoccupée par les questions d’éducation,
quand bien même elle aimait son enfant. De plus, en raison de la reprise de son activité professionnelle,
de son refus de collaborer pleinement à l’exercice du droit de visite, de sa décision
de se séparer de la nounou T1.________ et de son refus de participer, pour un motif futile, à
la médiation convenue lors de l’audience de mesures provisionnelles du 19 septembre 2014,
il y avait lieu de confier la garde de l’enfant C.F.________ au père à partir du 1er
avril 2015. En outre, compte tenu du conflit opposant les parents, des problèmes de malnutrition
dont souffrait l’enfant et du refus de la mère d’entamer le processus de médiation
prévu, il apparaissait opportun de mettre en œuvre une expertise pédopsychiatrique, ainsi
que de désigner un curateur de représentation en faveur de l’enfant en la personne de
Me Henriette Dénéréaz Luisier. Le premier juge a considéré comme plausible l’explication
de la mère selon laquelle son salaire mensuel net de 8'851 fr. 90 était entièrement
utilisé à rembourser l’emprunt qu’elle avait fait auprès de sa société,
de sorte qu’elle ne devait aucune contribution pour l’entretien de son enfant à partir
du 1er
avril 2015. S’agissant du train de vie des époux durant la vie commune, le premier juge a
retenu le budget mensuel de 54'700 fr. en chiffres ronds, soit le montant mensuel de 44'949 fr.
présenté par le mari, auquel il convenait d’ajouter 3'333 fr. pour les vacances (40'000
fr. par année) et la somme mensuelle moyenne de 6'433 fr. que l’épouse avait prélevée
de sa société et qu’elle avait dépensée pour son entretien durant la vie commune.
Du budget mensuel de la famille de 54'700 fr., le premier juge a déduit le budget mensuel de
l’enfant par 6'800 fr., de sorte que le train de vie du couple était fixé à 47'900
fr. par mois. La contribution d’entretien en faveur de l’épouse devait donc être
arrêtée à la moitié de cette somme, soit 23'950 francs. Enfin, dès lors qu’on
pouvait estimer à environ 125 heures le nombre d’heures de travail nécessaires pour mener
à bien la procédure, le mari devait verser une provisio ad litem de 50'000 fr. à son épouse.

 

B.             
a) Par acte du 29 décembre 2014, A.F.________
a fait appel de cette ordonnance en concluant, avec dépens, à sa réforme en ce sens qu’il
est astreint à contribuer à l’entretien de son épouse par le régulier versement,
d’avance le premier de chaque mois, en mains de celle-ci, à compter du 1er
décembre 2013, d’un montant mensuel de 12'000 fr., sous déduction des montants d’ores
et déjà versés à ce jour, et à ce qu’il ne doit aucun montant à Me
Henri-Philippe Sambuc, conseil de B.F.________, à titre de provisio ad litem. L’appelant a
produit deux pièces (1 et 2).

 

             
Par acte du 29 décembre 2014, B.F.________ a fait appel de cette ordonnance en prenant les conclusions
suivantes :

 

« Au
fond

Annuler
et modifier les chiffres du dispositif de l’ordonnance dont appel comme suit

Chiffres
III et IV :

Annuler
le transfert de la garde d’C.F.________ né le [...] 2010 à partir du 1er avril
2015 au cité A.F.________

Annuler
par suite le droit de visite de l’appelante accordé à partir du 1er
avril 2015

Maintenir
la garde d’C.F.________ à l’appelante B.F.________ durant la procédure de divorce

Renvoyer
le cité au droit de visite tel que déterminé par les parties dans leur convention du 22.12.2013.

Chiffre
VII :

Fixer
le montant de la pension due mensuellement par avance par le cité à l’appelante à
46'055 fr. dès le 1er
décembre 2013

Condamner
le cité à verser à l’appelante la somme de 422'660 fr. due à titre d’arriérés
de pensions du 1.12.2013 au 31.12.2014, plus intérêts à 5 % dès le 1.1.2015

Faire
interdire au cité de compenser les dites pensions par les prêts que le cité a accordé
à l’appelante les 15.11.2013 à hauteur de 82'000 fr. et 22 décembre 2013 à
hauteur de 112'500 francs.

Chiffre
VIII : provisio ad litem

Fixer
la provision ad litem à 150'000 francs.

Chiffres
IX, X, XI : curatelle éducative et expertise
pédopsychiatrique

Dire
que ces actes d’instruction doivent faire l’objet de décisions d’instruction distinctes
et ne peuvent être incluses dans une ordonnance provisionnelle.

Les
annuler en l’état.

Chiffres
XII, XIII : frais et dépens

Annuler
les frais et dépens mis à la charge de l’appelante

Débouter
le cité de toutes autres ou contraires conclusions

Le
condamner en tous les dépens de première instance et d’appel. »

 

             
b)
Par lettre du 30 décembre 2014, la Juge déléguée de la Cour d’appel civile
a rejeté la requête d’effet suspensif de A.F.________ du 29 décembre 2014, aux motifs
qu’il ne subissait pas de préjudice difficilement réparable et que l’intérêt
de la partie créancière à l’entretien à une exécution immédiate l’emportait
sur celui du débiteur.

 

             
Par lettre du 16 janvier 2015, la Juge déléguée de la Cour d’appel civile a rejeté
la requête d’effet suspensif de B.F.________ du 15 janvier 2015, celle-ci étant sans
objet dès lors que la garde de l’enfant était attribuée à son père à
partir du 1er avril
2015.

 

             
c)
Le 29 janvier 2015, B.F.________ a requis l’audition de cinq témoins ( [...]) et du témoin-expert
[...], la production de divers documents de la part de l’appelant (151 à 156), du Groupe F.________
(157) et d’une agence de voyage (158), ainsi que des préavis de la curatrice de l’enfant
C.F.________ (159) et du pédopsychiatre désigné par la Présidente du Tribunal d’arrondissement
(160). L’appelante a déposé un bordereau de pièces (101 à 109).

 

             
Le 2 février 2015, A.F.________ s’est opposé à l’audition des six témoins,
aux réquisitions des pièces 151 à 158 et à la production de la pièce 108.

 

             
Le 3 février 2015, B.F.________ a notamment exposé qu’elle avait renoncé à
l’audition de ses témoins au cours de l’audience du 19 septembre 2014, car elle avait
obtenu la garde de l’enfant selon la convention passée lors de dite audience et qu’elle
ne s’attendait pas à ce que la garde de l’enfant soit ensuite transférée au
père.

 

             
Par lettre du 3 février 2015, la Juge déléguée de la Cour d’appel civile a
rejeté les mesures d’instruction requises par l’appelante le 29 janvier 2015. La Juge
déléguée a exposé dans sa décision que la maxime inquisitoire ne lui interdisait
pas de renoncer à l’administration d’une preuve lorsqu’elle considérait qu’elle
n’était pas adéquate ou pertinente à la suite de son appréciation anticipée
des preuves, soit lorsqu’elle se forgeait une opinion en se fondant sur les preuves déjà
administrées et qu’elle considérait sans arbitraire que des preuves supplémentaires
ne la feraient pas changer d’avis. Ainsi, l’audition des six témoins et la production
de divers documents de voyage de l’appelant démontrant qu’il ne serait pas disponible
pour l’enfant C.F.________ n’étaient pas nécessaires dans la mesure où l’on
disposait en l’état de suffisamment d’éléments sur l’enfant (pièce
158), un rapport des Drs Matile ou Walter-Meninger ne serait pas demandé sachant qu’une expertise
de la part de l’un d’eux avait été ordonnée dans le cadre de l’ordonnance
attaquée (pièce 160), la curatrice de représentation de l’enfant C.F.________ avait
été citée à comparaître à l’audience d’appel du 20 février
2015, de sorte qu’il ne se justifiait pas de lui demander un préavis (pièce 159), la
production du dossier médical de l’appelant apparaissait prématurée puisque les
experts Matile ou Walter-Meninger avaient notamment pour mission de s’entretenir avec tous les
membres de la famille (pièce 156) et la production des pièces 151 à 155 et 157 n’étaient
pas utiles au litige, particulièrement en ce qui concernait l’établissement du train
de vie des époux.

 

             
Le 4 février 2015, B.F.________ a renouvelé sa réquisition de mesures d’instruction,
à l’exception du préavis des Drs Matile ou Walter-Meninger, dans la mesure où les
deux praticiens avaient refusé la mission d’expertise, et de l’audition de la curatrice
de représentation de l’enfant C.F.________, dès lors que celle-ci serait entendue au
cours de l’audience d’appel du 20 février 2015. L’appelante a déposé
une pièce (110).

 

             
Par lettre du 6 février 2015, la Juge déléguée de la Cour d’appel civile a
rejeté la requête de reconsidération de B.F.________ pour les motifs déjà exposés
dans son courrier du 3 février 2015.

 

             
Le 9 février 2015, B.F.________ a réitéré ses arguments tendant à l’audition
des témoins. A.F.________ s’est déterminé le 10 février 2015.

 

             
Par lettre du 10 février 2015, la Juge déléguée de la Cour d’appel civile a
informé B.F.________ qu’elle n’entendait pas donner suite à ses réquisitions
de mesures d’instruction.

 

             
Le 12 février 2015, [...] a spontanément déposé un témoignage écrit en
faveur de B.F.________.

 

             
Le 17 février 2015, B.F.________ a produit un bordereau de pièces (111 à 133).

 

             
Le 19 février 2015, A.F.________ s’est déterminé et a produit un bordereau de pièces
(3 à 15).

 

             
Le 19 février 2015, B.F.________ s’est déterminée et a produit un bordereau de pièces
(134 à 139).

 

             
d)
Par lettre du 23 janvier 2015, la Juge déléguée de la Cour d’appel civile a requis
de B.F.________ et de l’agence P.________Sàrl qu’elles produisent « toute
pièce établissant que le chalet y.________, sis [...], est / a été proposé à
la sous-location sur le site internet [...], avec indication de la date à laquelle l’annonce
a été postée » (51) et « toute pièce établissant l’existence
d’un ou de plusieurs contrats de sous-location, actuel(s) et/ou futur(s), portant sur le chalet
y.________, sis [...], avec indication des périodes et prix de location » (52).

 

             
Le 23 janvier 2015, l’agence P.________Sàrl a répondu que le chalet y.________ avait
été proposé sur son site internet du 15 septembre au 30 novembre 2014, mais que l’annonce
était restée affichée encore quelques semaines en raison d’une erreur technique.
L’agence a ajouté qu’elle n’avait pas de contrat en cours ou futur concernant
le chalet. Le 13 février 2015, B.F.________ a répondu qu’elle ne détenait pas les
pièces 51 et 52.

 

             
Les 13 et 16 février 2015, A.F.________ a sollicité l’audition d’ [...], manager
de l’agence P.________Sàrl.

 

             
Le 16 février 2015, la Juge déléguée de la Cour d’appel civile a requis de
l’agence P.________Sàrl qu’elle produise toute documentation relative à la sous-location
du chalet y.________ (notamment annonces, contrats et correspondances).

 

             
Le 17 février 2015, l’agence P.________Sàrl a répondu que le chalet y.________ avait
été loué du 20 décembre 2014 au 3 janvier 2015 et que l’objet n’était
plus proposé sur le marché. L’agence a produit la copie d’un accord conclu entre
elle et B.F.________ le 17 septembre 2014, la confirmation de réservation du chalet du 20 décembre
2014 au 3 janvier 2015, ainsi que la copie d’un virement bancaire selon lequel le montant de 100'730
fr. avait été versé le 11 novembre 2014 sur le compte de la société M.________GmbH.
Par lettre du même jour, la Juge déléguée de la Cour d’appel civile a rejeté
la demande d’audition d’ [...].

 

             
e)
L’audience d’appel s’est tenue le 20 février 2015.

 

             
L’appelant a comparu personnellement, assisté de Mes Estelle Chanson et Axelle Prior, avocates
en l’étude Bourgeois avocats, à Lausanne. L’appelante a comparu personnellement,
assistée de Me Bernard de Chedid, avocat en l’étude Avocatdid, à Lausanne, et de
Me Henri-Philippe Sambuc, avocat à Genève. Me Sambuc a assisté l’appelante au cours
de la procédure de première instance et a produit le mémoire d’appel du 29 décembre
2014. Me de Chedid a ensuite œuvré dans le cadre de la procédure de deuxième instance.

 

             
A l’audience, l’appelante a exposé qu’elle s’était adjointe les conseils
de Me de Chedid en sus de ceux de Me Sambuc pour la procédure d’appel et que Me Sambuc continuerait
à l’assister dans le cadre de la procédure de divorce au fond.

 

             
A l’audience, l’appelante a produit les originaux du courrier et du bordereau de pièces
(134 à 139) du 19 février 2015 qu’elle avait envoyés la veille par télécopie.
Elle a produit la pièce 140. Elle a retiré les deux derniers paragraphes du chiffre VII (page
2) de la conclusion de son mémoire d’appel du 29 décembre 2014, ainsi que les conclusions
IX, X et XI. Elle a maintenu sa conclusion en paiement d’une contribution mensuelle en sa faveur
d’un montant de 46'055 fr. dès le 1er décembre
2013 et a renouvelé les mesures d’instruction déjà rejetées par la Juge déléguée
de la Cour d’appel civile. S’agissant de la location / contrat d’hébergement du
chalet y.________, elle a déclaré que, dès le départ, son intention était uniquement
de mettre à disposition le chalet pendant deux semaines à la fin de l’année 2014,
étant entendu que c’était une période très lucrative, et qu’C.F.________
était chez son père. Elle a confirmé que le contrat avait été conclu en son
nom personnel, mais qu’elle avait ensuite décidé d’affecter le montant perçu
en faveur de sa société afin de réduire le solde débiteur. Me Sambuc a exposé
qu’il avait lui-même donné instruction à sa cliente de résilier en janvier
2015 le contrat avec P.________Sàrl, dès lors qu’il considérait que cela pourrait
créer des problèmes dans le cadre du présent litige.

 

             
L’appelant a produit les originaux du courrier et du bordereau de pièces (3 à 15) du
19 février 2015 qu’il avait envoyés la veille par télécopie. Il a sollicité
le retranchement des pièces 108, 110, 111, 113 à 130 et 133 à 139 produites par l’appelante.
Il a conclu au rejet de toutes les conclusions de l’appelante.

 

             
Me Denéréaz Luisier, curatrice de représentation de l’enfant C.F.________, a été
entendue. En résumé, elle a déclaré qu’elle avait rencontré les parents
séparément à son étude, puis ensuite chacun d’eux séparément à
leur domicile respectif avec l’enfant. Elle a constaté que l’enfant n’était
ni maigre ni dodu et qu’il lui avait paru être en bonne santé, un bon petit montagnard.
Après un moment d’agitation chez chaque parent, l’enfant était devenu calme, paisible
et en confiance. Un contact physique s’était fait rapidement avec chacun des parents. Elle
a constaté que les parents n’avaient pas la même vision de l’éducation d’un
enfant. Monsieur souhaitait donner une structure à l’enfant, notamment par rapport à
des horaires stricts, à l’alimentation et à la gestion des crises. Madame souhaitait
que l’enfant aille à son rythme, elle ne voulait pas le stresser ou l’angoisser par
rapport à la propreté et à l’alimentation et pensait que les choses devaient se
faire plus naturellement. Mais chacun des parents cherchait à faire au mieux. Me Dénéréaz
Luisier a eu un entretien téléphonique avec la directrice de la garderie où C.F.________
va assez régulièrement. Lorsque les parents vivaient encore ensemble, l’enfant n’allait
pas bien, était renfermé, triste, ne cherchait pas le contact et montrait peu d’intérêt
pour l’entourage. Les moments des repas étaient épouvantables. Sur ces six derniers mois,
en particulier sur ces dernières semaines, C.F.________ avait beaucoup évolué, il était
joyeux, avait fait de grands progrès tant sur le comportement que sur les repas et la propreté.
Elle avait constaté un véritable déclic chez les parents après la séparation,
comme s’ils s’étaient réveillés par rapport à leur rôle. Me Dénéréaz
Luisier a exprimé une petite inquiétude par rapport à la manière dont cela fonctionnait
avec T1.________ et l’infirmière T2.________. T1.________, qui n’avait finalement pas
été licenciée par la mère et avec laquelle elle avait parlé quelques minutes,
était dans une situation difficile, travaillant chez les deux parents alternativement. Il lui semblait
que T1.________ faisait « l’œil de Moscou » chez l’un et chez l’autre
parent. Elle n’était pas sûre que cela soit dans l’intérêt de l’enfant,
mais il ne faisait aucun doute que l’enfant C.F.________ était très attaché à
T1.________. Quant à l’infirmière T2.________, qu’elle n’avait pas rencontrée,
Me Dénéréaz Luisier pensait que c’était compliqué, car il existait un
litige entre celle-ci et la mère. Chaque parent dénigrait l’autre et elle pensait qu’aucun
des deux ne protégeait vraiment l’enfant du conflit conjugal. Elle pensait qu’C.F.________
était en souffrance compte tenu de la situation et se trouvait dans une situation délicate.
Elle a conclu au maintien de la garde de l’enfant à la mère jusqu’au dépôt
du rapport d’expertise, le père bénéficiant d’un droit de visite un week-end
sur deux, pouvant être élargi jusqu’au lundi, et la moitié des vacances.

 

             
Chaque partie a conclu au rejet de l’appel de l’autre.

 

C.             
La Juge déléguée retient les faits suivants, sur la base de l’ordonnance complétée
par les pièces du dossier :

 

1.             
B.F.________, née le [...] 1977, de nationalité [...], et A.F.________, né le [...] 1970,
de nationalité [...], se sont mariés le [...] 2008 à [...]. Un enfant est issu de cette
union : C.F.________, né le [...] 2010.

 

2.             
Par contrat de mariage de droit allemand du 14 décembre 2007, les époux F.________ ont choisi
l’application du droit allemand sur les effets généraux de leur mariage et adopté
le régime de la séparation de biens.

 

             
Par contrat de mariage de droit suisse du 20 décembre 2007, les époux F.________ ont fait régir
leur régime matrimonial par le droit allemand conformément à l’art. 52 LDIP (loi
fédérale du 18 décembre 1987 sur le droit international privé ; RS 291). Ils
ont prévu qu’en cas de non-application du régime de la séparation de biens de droit
allemand, le régime suisse de la séparation de biens serait adopté.

 

3.             
Par contrat signé le 11 avril 2011, les époux F.________ ont engagé T1.________ à
titre d’employée de maison et de gouvernante. Elle devait s’occuper principalement de
tout ce qui était en rapport avec l’enfant de l’employeur, ainsi que de la tenue de
l’intérieur de la demeure de l’employeur.

 

4.             
Les époux vivent séparés à tout le moins depuis le 1er
décembre 2013.

 

5.             
A.F.________ s’est établi dans le canton de Vaud depuis le 1er
juillet 2006. Il acquis une parcelle de la commune de [...], sur laquelle a été érigé
le chalet x.________, ancien domicile conjugal qu’il occupe actuellement.

 

             
Par décision du 13 juillet 2006, l’Administration cantonale des impôts, à Lausanne
(ci-après : l’ACI), a assujetti A.F.________ au régime de l’imposition d’après
la dépense à compter de son arrivée. Le 22 février 2010, l’ACI a précisé
que ce régime était soumis aux conditions suivantes : B.F.________ ne devait percevoir
aucun salaire relatif à l’exploitation de sa société, son activité au sein
de la société devait se limiter à la supervision (haute surveillance des affaires), par
opposition à une implication opérationnelle, et B.F.________ ne devait pas apparaître
personnellement dans la communication déployée par la galerie et devait faire preuve de la
plus grande retenue dans le cadre de ses relations avec les médias.

 

             
A.F.________ n’exerce ainsi aucune activité lucrative. Il vit de sa fortune qu’il estime
à 20-25 millions d’euros. Selon la déclaration d’impôts suisse pour l’année
2012, le train de vie annuel des époux était de 344'500 fr. et la fortune déclarée
en Suisse de 3'234'010 fr., composée de placements et d’immeubles.

 

             
Par décision du 20 juin 2013, l’ACI a constaté que B.F.________ était inscrite d’une
part au registre du commerce [...] en tant qu’unique associée gérante, avec signature
individuelle, de la société M.________GmbH depuis le 12 novembre 2009, d’autre part au
registre du commerce [...] en tant qu’unique gérante, avec signature individuelle, de la société
M.________Sàrl depuis le 16 septembre 2011. De plus, B.F.________ apparaissait en tant que personne
à contacter sur le site internet de la société M.________Sàrl. L’ACI a dès
lors révoqué l’assujettissement des époux F.________ au régime de l’imposition
d’après la dépense à partir de la période fiscale 2012.

 

             
Compte tenu du dépôt de la requête commune de divorce du 22 décembre 2013 (cf.
infra) et de la prise de domicile de B.F.________ dans le canton de [...], l’ACI a maintenu sans
interruption le régime d’imposition d’après la dépense en faveur de A.F.________.

 

6.             
B.F.________ possède un master en arts, délivré par la [...]. Selon le curriculum vitae
qu’elle a produit, elle parle couramment l’anglais, le français, l’allemand et
l’italien. Depuis le 12 novembre 2009, elle est l’associée gérante unique,
avec signature individuelle, de la société M.________GmbH, active dans le commerce d’objets
et de livres d’art et qui exploite une galerie d’art à [...].B.F.________ a expliqué
qu’elle se rendait à la galerie de midi à 19 heures en haute saison (soit de Noël
à février) et qu’elle travaillait environ à 50 % le reste du temps, la majeure
partie pouvant s’effectuer, selon elle, à domicile. Elle se rendait aux principales manifestations
artistiques, comme Art Basel, qui exigeaient des déplacements ponctuels à l’extérieur
plusieurs semaines par année.

 

             
Durant la procédure de première instance, B.F.________ a refusé de produire les pièces
comptables relatives à sa société ou tout autre document attestant de sa situation financière
(cf. jgt, pp. 7-8). Les seules pièces produites par B.F.________ concernant sa situation financière
personnelle et professionnelle sont des courriels des 23 mai 2014 et 28 août 2014 de la société
[...], dont la teneur est la suivante :

 

« A
votre demande, nous vous confirmons en notre qualité de comptable de la société M.________GmbH
que le total de vos prélèvements personnels entre le 01.09.2008 et le 31.12.2013 dans ladite
société s’élève à CHF 707'628 fr. 26 alors que les apports se montent
à CHF 295'901 fr. 59. Ceux-ci ajoutés au solde du compte au 31.08.2008 de CHF 288'610 fr. 59
dont nous n’avons pas le détail (la comptabilité n’étant pas en notre possession),
le solde débiteur à votre égard à cette dernière date est donc de CHF 700'337
fr. 26 (…).

[...], Comptable »

 

« Par
la présente et selon votre demande, en tant que responsable de la tenue de la comptabilité
de votre société, je peux vous confirmer les points suivants :

-                                
des mesures ont été prises afin que
vous puissiez rembourser au plus vite votre compte courant.

-                                
Votre salaire mensuel est calculé puis comptabilisé
en diminution de votre compte courant. Aucun salaire ne vous est payé.

-                                
L’augmentation de votre compte courant au
cours de ces dernières années est due au fait que des dépenses privées sont payées
à l’aide des comptes bancaires de la galerie.

[...], Sous-directeur »

 

             
Selon la fiche de salaire de juin 2014, B.F.________ perçoit un revenu mensuel brut de 12'000 fr.
de M.________GmbH, soit 8'851 fr. 90 net après déduction de 1'474 fr. 10 pour les cotisations
sociales et 1'674 fr. pour l’impôt à la source fixe.

7.             
Par courriel du 1er
août 2013, A.F.________ a fait parvenir à B.F.________ leur budget de l’année 2011
comme il suit :

 

« Category             
CHF              Euro             
Subtotal              Comment

Taxes
forfait              122’000

AVS             
10'000

             
                           
132’000

Staff :

 [...] 2011             
57'200                           
              4400x13

Nanny             
62'400                           
              4800x13

Overtime Nanny             
36'000                           
              3000*12

 [...]             
2’000

Lawyer [...]             
8’000

Rent Appartment             
20’400                           
              1’700

Rent Garage             
2’400

             
                           
188’400

 

Insurance :

Cars             
9’000

Taxes Car             
4'000                           
              4x1000

Medical A.F.________
& C.F.________                           
6’000

Medical B.F.________             
6'000                           
              500x12

 

Garden             
25’000

Money B.F.________             
24’000                           
              2000x12

Credit Card Expenses 2010             
85'000                           
              includes, food House Expenses
[...]              9'600             
                           
800x12

 

Car Maintenance             
5'000                           
              Estimated

 

House :

Swisscom             
1’440

Sunrise             
2’400

TV             
631

Electricity             
4’100

Water             
900

Assurance House             
3'000                           
              Fire

Dogs             
1'000                           
              Toilettage

Art & Jewellery
Insurance                           
15’000

Taxes Immobilier             
3’000

Deneigement             
600

Securite             
1’000

Imprevu             
5’000

 

Golf Membership             
2’700

 

Total             
513'771              21’000

 

Grand Total
in Euro                           
442’124

Per month CHF             
44’949

 

Gross Needs
Euro :                           
589’498

Gross Needs
CHF :                           
719’188

Per month Euro             
              49’125

Per month CHF             
              61’406

 

EXCLUDED :

Trips

Mortgage

Maintenance
x.________ »

 

             
Ce budget n’inclut pas les frais de crèche d’C.F.________ qui y passe deux jours et
demi par semaine depuis le mois de novembre 2013, pour un coût estimé entre 1'100 fr. et 1'200
fr. par mois.

 

8.             
Figure au dossier une convention de vie (« deed »), non signée par les parties,
établie le 28 août 2013 par le notaire [...]. Dans le préambule, il est indiqué que
le droit de l’enfant C.F.________ de vivre dans le chalet x.________ serait traité dans une
convention de vie séparée, que l’épouse et l’enfant auraient droit à
une pension en cas de prédécès de A.F.________ et que la convention est établie pour
assurer la continuité du régime du forfait fiscal vaudois. Les parties convenaient que la convention
de vie entrerait en force au plus tôt après instruction conjointe sur les détails de la
convention de vie d’C.F.________ ou après réception de dite convention de vie par le
notaire précité (ch. 8).

 

9.             
Par courriel du 21 septembre 2013, B.F.________ a écrit à son époux qu’en premier
lieu et avant tout, elle ne voulait pas sacrifier sa vie à lui et à l’enfant C.F.________.
Elle ajoutait qu’il était épuisant de s’occuper de l’enfant et que la nounou
T1.________ était incapable de l’élever. Elle demandait à son mari d’engager
une professionnelle pour remplacer T1.________. Elle indiquait qu’elle ne s’infligerait plus
de voyager douze heures en avion avec l’enfant, pensant que celui-ci avait peur de l’avion,
et laissait le soin à son mari de s’occuper de cette problématique.

 

10.             
Par contrat signé le 16 novembre 2013, B.F.________ a pris à bail un chalet de neuf pièces
(chalet y.________), à [...], depuis le 1er
décembre 2013. Elle y habite avec l’enfant C.F.________. Le bail prend fin au 31 décembre
2015 et le loyer mensuel net est de 12'500 francs.

 

             
Selon deux contrats signés les 15 novembre et 22 décembre 2013, A.F.________ a prêté
à B.F.________ un total de 204'300 fr. en relation avec le bail à loyer du chalet y.________
(garantie de loyer, avance de loyers et commission de courtage). Le remboursement de ces prêts était
prévu par compensation avec un règlement définitif en capital qui devait revenir à
l’épouse dans la convention sur les effets du divorce du 22 décembre 2013 (cf. infra).
Au cours de l’audience d’appel du 20 février 2015, l’appelante a déclaré
que l’ensemble des prêts était remboursé et l’appelant a soutenu qu’il
subsistait un solde à payer de 47'000 francs.

 

11.             
Le 22 décembre 2013, les époux F.________ ont ouvert action en divorce par requête commune
avec accord complet.

 

             
Au cours de l’audience du 15 mai 2014, B.F.________ a informé la Présidente du Tribunal
d’arrondissement qu’elle n’entendait plus confirmer toutes les clauses de la convention
sur les effets du divorce signée le 22 décembre 2013, s’agissant notamment de sa contribution
d’entretien. A.F.________ a également remis en cause la convention. Les époux ont toutefois
confirmé leur volonté de divorcer.

 

12.             
Par requête de mesures provisionnelles et
superprovisionnelles du 21 mai 2014, A.F.________ a conclu à ce qu’il doive contribuer
à l’entretien de son épouse par le versement d’un montant mensuel de 10'000 fr.
(I) et à l’entretien de son fils, d’une part par le versement d’un montant mensuel
de 2'000 fr. en mains de son épouse, d’autre part par le versement mensuel en mains des personnes
concernées du salaire de la maman de jour par 3'500 fr., des frais de crèche par 1'200 fr.
et des autres frais (tels que primes d’assurance-maladie et accident, frais médicaux, sport,
loisirs) pour un montant de 2'000 fr. au maximum.

 

             
Par prononcé du 22 mai 2014, la Présidente du Tribunal d’arrondissement a rejeté
la requête de mesures superprovisionnelles de A.F.________ du 21 mai 2014 et a informé les
parties que l’audience de mesures provisionnelles était fixée au 13 juin 2014.

 

13.             
Par requête de mesures provisionnelles et superprovisionnelles complémentaire du 2 juin 2014,
A.F.________ a conclu à ce que la jouissance du domicile conjugal lui soit attribuée (I), à
ce que la garde sur l’enfant C.F.________ lui soit attribuée (II), à ce que la mère
bénéficie d’un libre et large droit de visite à convenir d’entente avec le
père et, à défaut d’entente, à ce que celle-ci ait l’enfant auprès
d’elle un week-end sur deux du vendredi à 18h00 au dimanche à 18h00 et la moitié
des vacances scolaires (III), à ce que la mère assume les frais de l’enfant lors de son
droit de visite (IV) et à ce qu’il contribue à l’entretien de son épouse par
le versement d’un montant mensuel de 10'000 fr. dès le 1er
décembre 2013 (V).

 

             
A.F.________ a sollicité l’audition des témoins T1.________, T2.________, T3.________
et T4.________, ainsi que la mise en œuvre d’une expertise pédopsychiatrique et d’un
mandat d’évaluation.

 

14.             
Par requête de mesures provisionnelles du 2 juin 2014, B.F.________ a conclu à ce que l’autorité
parentale sur C.F.________ reste conjointe, à ce que la garde d’C.F.________ lui soit confiée,
à ce que le père bénéficie d’un droit de visite un week-end sur deux, la moitié
des jours fériés et une semaine par mois, à ce que A.F.________ contribue à l’entretien
de son fils par le versement d’un montant mensuel de 10'000 fr., à ce qu’il soit
fait interdiction à A.F.________ de la harceler, de la menacer ou d’intervenir dans sa vie
privée et à ce qu’il lui soit ordonné de cesser toute surveillance, à ce que
A.F.________ contribue à son entretien par le versement d’un capital de 1'596'600 fr. pour
la période du 1er
décembre 2013 au 30 novembre 2016, soit 1'800'000 fr. moins les prêts accordés de 203'400
fr., avec intérêts à 5 % dès le 1er
août 2014, à ce qu’alternativement A.F.________ contribue à son entretien par le
versement d’un montant de 315'000 fr., avec intérêts à 5 % l’an dès
le 1er
juin 2014, pour la période du 1er
décembre 2013 au 30 mai 2014, et à ce que A.F.________ lui verse le montant de 150'000 fr.
à titre de provisio ad litem.

 

             
B.F.________ n’a pas sollicité l’audition de témoins.

 

15.             
Le 6 juin 2014, la Présidente du Tribunal d’arrondissement a informé A.F.________ –
avec copie adressée à B.F.________ – qu’en raison du lundi de Pentecôte et
des délais légaux d’assignation, il ne serait pas possible de convoquer les témoins.
Elle l’a néanmoins autorisé à les faire entendre comme témoins amenés.

 

16.             
Au cours l’audience de mesures provisionnelles du 13 juin 2014, B.F.________ a pris les deux conclusions
incidentes suivantes :

 

« I.             
La requête du 2 juin 2014 déposée par A.F.________ est irrecevable ;

II.             
Avant toute chose, il y a lieu de donner un délai aux parties afin qu’elles puissent se déterminer
sur les conclusions prises ».

 

             
Les quatre témoins amenés par A.F.________ ont ensuite été entendus.

 

             
- T1.________, baby-sitter, a déclaré qu’elle entretenait de bonnes relations avec les
parties. Une journée typique se passait comme suit : elle arrivait vers 9h00 chez la mère
et amenait C.F.________ à la crèche. C’était elle et le père qui amenaient
C.F.________ chez le coiffeur et chez le dentiste (une fois chez ce dernier). Chaque parent allait chez
le médecin avec l’enfant, mais c’était le père qui y allait le plus souvent.
Elle avait constaté qu’il y avait des tensions entre C.F.________ et sa mère, mais actuellement
pas autant. Elle n’avait pas constaté de tensions entre C.F.________ et son père. Elle
travaillait à plein temps mais elle faisait beaucoup d’heures supplémentaires. Chaque
semaine était différente. Elle était arrivée au service des époux F.________
lorsqu’C.F.________ avait quatre mois. Elle travaillait pour les deux parents, soit là où
se trouvait C.F.________. Elle s’occupait parfois d’C.F.________ les week-ends en plus de
la semaine lorsque le père ou la mère devaient travailler ou voyager. C.F.________ allait trois
jours à la crèche. Il était arrivé qu’ [...] s’occupe de l’enfant
lorsqu’elle ne pouvait pas et que la mère ne pouvait pas non plus le garder. C.F.________
souffrait de troubles alimentaires : il n’aimait manger que des pâtes, du riz, des pizzas,
des actimels et du lait. C’était plus calme pour manger depuis un mois. C.F.________ était
plus souvent avec elle qu’avec son père ou sa mère, mais c’était le père
qui passait le plus de temps avec l’enfant. Les deux parents aimaient leur enfant, ils ne l’avaient
jamais maltraité. Elle s’occupait d’C.F.________ lorsque les parents travaillaient ou
voyageaient. Il était arrivé que le père soit absent pendant un mois, probablement en
janvier 2014. Il avait aussi voyagé en avril 2014.

 

             
- T3.________, femme de ménage, a déclaré qu’elle travaillait pour A.F.________.
Depuis la séparation des époux, il lui était arrivé de s’occuper du linge de
B.F.________, à savoir laver, repasser et faire les valises. B.F.________ voyageait beaucoup, peut-être
une fois par mois. Lorsque B.F.________ était en voyage, C.F.________ restait avec T1.________ ou
celle-ci se joignait à elle et l’enfant. C.F.________ souffrait de troubles alimentaires,
à savoir ne mangeait pas correctement. Il y avait beaucoup d’aliments qu’il n’aimait
pas manger ou n’acceptait pas de manger. Ces troubles existaient depuis qu’elle travaillait
pour les époux F.________, soit depuis qu’C.F.________ avait deux ans. Les deux parents aimaient
leur enfant et elle ne les avait jamais vu le brutaliser.

 

             
- T2.________, infirmière indépendante, a déclaré qu’elle avait été
contactée en premier par B.F.________, car C.F.________ ne mangeait pas. Ils avaient fait connaissance
le 31 mai 2013 lorsque la famille était encore ensemble. Elle travaillait pour A.F.________ depuis
le 31 janvier 2014 afin de lui apprendre à s’occuper seul de l’enfant. Elle travaillait
en moyenne 2 à 4 jours par mois et était payée 1'000 fr. par jour. C.F.________ avait
besoin d’un rythme pour pouvoir s’épanouir. C.F.________ était un enfant très
sensible qui pouvait changer de comportement en fonction de la personne qui se trouvait en face de lui.
C.F.________ allait mieux qu’avant. Elle travaillait avec le père sur la mise en place d’un
rythme plus structurant. L’enfant acceptait les règles, mangeait à table et mangeait
plus diversifié. Avant, l’enfant mangeait quand bon lui semblait. Le père était
engagé au quotidien et avait les compétences pour s’occuper de son fils. Elle partait
vendredi prochain à Vienne pendant quatre jours avec A.F.________, C.F.________ et sa propre fille.

 

             
- T4.________, conseiller juridique, a déclaré qu’il était un ami des époux
F.________ et qu’il les connaissait depuis six ans. Depuis la séparation des époux, il
avait plus de contacts avec A.F.________ et sa fille jouait beaucoup avec C.F.________. A.F.________
était un père très concerné qui s’occupait bien de son fils, était présent
et lui offrait un cadre stable pour son éducation. Il pensait que la mère était aussi
concernée par son fils. Il ne savait pas quelles activités la mère faisait avec l’enfant.

 

             
La Présidente du Tribunal d’arrondissement a imparti aux parties un délai au 10 juillet
2014 pour qu’elles se déterminent sur leurs requêtes respectives de mesures provisionnelles
et compléter, le cas échéant, leurs moyens de preuves. L’audience a été
suspendue jusqu’à la production des déterminations des parties.

 

17.             
Le 3 juillet 2014, le conseil de B.F.________ a sollicité une prolongation de délai au 10 août
2014 afin de produire ses déterminations sur mesures provisionnelles, en raison d’une surcharge
de travail. Il a également demandé le report de l’audience de mesures provisionnelles
prévue le 4 septembre 2014 en raison des vacances de sa cliente à ce moment-là.

 

             
Par lettre du 9 juillet 2014, la Présidente du Tribunal d’arrondissement a accordé aux
deux parties une prolongation de délai au 10 août 2014.

 

18.             
Par lettre du 24 juillet 2014 adressée à son époux, B.F.________ a exposé qu’C.F.________
commençait à comparer les actes de l’infirmière T2.________ avec les siens, ce qui
démontrait sa volonté de saper son autorité. Elle a subordonné l’exercice du
droit de visite du père à la double condition que celui-ci renonce aux services de T2.________
et que T1.________ accompagne systématiquement l’enfant C.F.________ lorsque celui-ci allait
chez son père. Si cela n’était pas fait, elle a indiqué qu’elle refuserait
toute visite et toutes vacances d’C.F.________ chez son père, y compris durant le mois d’août
à venir.

 

             
Par requête de mesures superprovisionnelles et provisionnelles du 28 juillet 2014, A.F.________
a conclu à ce qu’il ait son fils auprès de lui aux dates convenues entre les parties,
jusqu’à ce qu’il soit statué sur les conclusions II et III de sa requête de
mesures provisionnelles du 2 juin 2014 (I), à ce qu’il ait son fils auprès de lui une
semaine sur deux, du vendredi soir à 18h00 au dimanche soir à 18h00, une semaine par mois du
dimanche soir à 18h00 au dimanche soir à 18h00, la moitié des vacances scolaires, aux
réunions et fêtes de la famille F.________ et les années impaires la veille de Noël,
à l’Ascension et au Jeûne Fédéral et les années paires à Noël,
Nouvel An, Pâques et Pentecôte (II), et à ce qu’ordre soit donné à B.F.________
de lui remettre l’enfant aux dates convenues (III).

 

             
Par ordonnance de mesures superprovisionnelles du 29 juillet 2014, la Présidente du Tribunal d’arrondissement
a attribué un droit de visite à A.F.________ et dit qu’il aura son fils auprès de
lui le 1er
août 2014, du 8 au 18 août 2014, du 1er
au 12 septembre 2014 et du 21 décembre 2014 au 3 janvier 2015 (I), attribué un droit de visite
au père une semaine sur deux du vendredi soir à 18h00 au dimanche soir à 18h00, une semaine
entière par mois du dimanche soir à 18h00 au dimanche soir à 18h00, la moitié des
vacances scolaires, lors des réunions et fêtes de la famille F.________ au mois d’août
et en automne, les années impaires la veille de Noël, à l’Ascension et au Jeûne
Fédéral et les années paires à Noël, Nouvel An, Pâques et Pentecôte
(II), et a imparti à B.F.________ un délai de 48h pour qu’elle se détermine sur
la demande d’exécution forcée du chiffre III de la requête du 28 juillet 2014.

 

             
Par courrier du 31 juillet 2014, B.F.________ s’est opposée à toute exécution forcée
de l’ordonnance de mesures superprovisionnelles du 29 juillet 2014 et a conclu à la nullité
de celle-ci.

 

             
Par courrier du 5 août 2014, A.F.________ a conclu à l’exécution forcée de
l’ordonnance de mesures superprovisionnelles du 29 juillet 2014 et au rejet de la conclusion en
nullité de B.F.________. L’exécution forcée n’a finalement pas eu lieu.

 

19.             
Le 6 août 2014, au vu des éléments apparus à l’audience de mesures provisionnelles
du 13 juin 2014, la Présidente du Tribunal d’arrondissement a informé les parties qu’elle
avait mandaté le Service social Z.________, afin d’évaluer les conditions d’existence
de l’enfant C.F.________ et les capacités éducatives des parents, en vue de faire des
propositions relatives à l’autorité parentale, la garde et/ou l’existence des relations
personnelles.

 

             
Par lettre du 12 août 2014, avec copie adressée à A.F.________ et B.F.________, la Présidente
du Tribunal d’arrondissement a demandé au Service social Z.________ de commencer ses travaux
dès que possible.

 

20.             
Le 11 août 2014, B.F.________ a en substance conclu au rejet des conclusions de la requête
de mesures provisionnelles de A.F.________ du 2 juin 2014. Elle a déposé une liste de
19 témoins. Le 11 août 2014, la Présidente du Tribunal d’arrondissement a informé
B.F.________ qu’elle limitait l’audition à quatre témoins, un délai au 28
août 2014 lui étant imparti afin qu’elle désigne lesquels elle souhaitait retenir.

 

             
Le 11 août 2014, A.F.________ a conclu à ce que les conclusions constatatoires de la requête
de mesures provisionnelles de B.F.________ du 2 juin 2014 soient déclarées irrecevables et
à ce que les autres conclusions soient rejetées.

 

21.             
Par requête de mesures superprovisionnelles du 18 août 2014, B.F.________ a conclu par voie
de mesures superprovisionnelles à ce que le droit de visite de A.F.________ soit suspendu et à
ce qu’interdiction lui soit faite de la harceler et, par voie de mesures provisionnelles, à
la mise en œuvre d’une expertise psychiatrique de A.F.________, à la suspension du droit
de visite de celui-ci et à ce qu’interdiction lui soit faite de la harceler.

 

             
Par ordonnance de mesures superprovisionnelles du 20 août 2014, la Présidente du Tribunal d’arrondissement
a interdit à A.F.________ de harceler B.F.________, sous la menace de l’art. 292 CP (I), rejetant
toutes autres ou plus amples conclusions.

 

             
Par arrêt du 5 septembre 2014, le Juge délégué de la Cour d’appel civile a
déclaré irrecevable l’appel de B.F.________ à l’encontre de l’ordonnance
de mesures superprovisionnelles du 20 août 2014.

 

22.             
Par requête de mesures superprovisionnelles et provisionnelles du 21 août 2014, A.F.________
a conclu à ce que la garde de son fils lui soit attribuée (I), à ce que B.F.________ lui
remette l’enfant (II), à ce que celle-ci bénéficie d’un droit de visite une
semaine sur deux du vendredi soir à 18h00 au dimanche soir à 18h00, une semaine par mois du
dimanche soir à 18h00 au dimanche soir à 18h00 et les années impaires la veille de Noël,
à l’Ascension et au Jeûne Fédéral et les années paires à Noël,
Nouvel An, Pâques et Pentecôte (III), et subsidiairement à ce que les mesures rendues
par ordonnance de mesures superprovisionnelles du 29 juillet 2014 soient assorties de la peine de
l’art. 292 CP (IV).

 

             
Par ordonnance de mesures superprovisionnelles du 22 août 2014, la Présidente du Tribunal d’arrondissement
a enjoint B.F.________ à se soumettre à l’ordonnance de mesures superprovisionnelles
du 29 juillet 2014 sous la commination de la peine d’amende prévue par l’art. 292 CP.

 

23.             
Le 28 août 2014, B.F.________ a déposé une liste de 18 témoins, dont les quatre
premiers devaient être convoqués pour l’audience du 19 septembre 2014.

 

24.             
L’audience de mesures provisionnelles a eu lieu le 19 septembre 2014. Les parties ont produit chacune
un bordereau de pièces. B.F.________ a renoncé à l’audition des quatre témoins
cités à comparaître au bénéfice de la convention partielle telle qu’exposée
sous chiffre A ci-dessus.

 

             
La Présidente du Tribunal d’arrondissement a ratifié la convention pour valoir ordonnance
partielle de mesures provisionnelles. La conciliation a échoué pour le surplus.

 

             
A.F.________ a pris une conclusion nouvelle en ce sens qu’une curatelle éducative (art. 308
al. 1 CC) soit mise en œuvre en faveur de l’enfant C.F.________ avec pour mission d’assister
les parents de ses conseils et de son appui, ainsi que de procéder à la surveillance de la
prise en charge d’C.F.________ par ses deux parents par des contrôles réguliers aux domiciles
respectifs de ceux-ci. B.F.________ a conclu au rejet.

 

             
B.F.________ a augmenté sa conclusion en entretien à un montant de 75'000 fr. par mois à
compter du 1er
décembre 2013, sous imputation des montants déjà versés. A.F.________ a conclu au
rejet.

 

             
Aux cours débats, B.F.________ a confirmé qu’elle n’avait pas l’intention
de garder la nounou T1.________ à son service depuis le témoignage de celle-ci au cours de
l’audience du 13 juin 2014, qu’elle estimait erroné. A.F.________ a confirmé qu’il
continuerait à employer la nounou T1.________ au service de l’enfant.

 

25.             
Le Service social Z.________ a déposé son rapport le 25 septembre 2014. Après avoir
exposé le comportement d’C.F.________ et son environnement, ses déterminations étaient
les suivantes :

 

« Qualité
de l’éducation

La
mère ne semble pas trop préoccupée par les questions d’éducation. Dans la conversation,
les thèmes et intérêts personnels sont plus importants.

Mme
B.F.________ a conscience du fait qu’elle a un fils et entend assumer sa responsabilité en
tant que mère. Il ne fait aucun doute qu’elle aime son enfant et qu’elle veut avoir
C.F.________ auprès d’elle. Mme B.F.________ répond aux besoins fondamentaux d’C.F.________.
Elle lui donne à boire et l’incite à manger pendant l’entretien.

Cela
étant, Mme B.F.________ délègue le travail d’éducation principalement à
la nounou T1.________. Il m’est difficile d’évaluer la qualité de l’éducation
de Mme B.F.________. La conscience des contenus de l’éducation et des besoins spécifiques
de l’enfant ne s’est pas exprimée très fortement dans le cadre de l’entretien.

Le
père semble s’intéresser à la question des besoins de son enfant. Il fait preuve
d’empathie et d’intérêt pour le développement de son fils. Il lui tient à
cœur de prendre en charge et de soutenir l’enfant aussi bien que possible. Il veut offrir
à C.F.________ un environnement correspondant à un enfant de son âge. Il organise également
des vacances communes avec les cousins, ou des rencontres avec des enfants du même âge. M.
A.F.________ a conscience du fait qu’il doit s’adapter aux besoins de l’enfant. Il
est disposé à changer ses intérêts personnels. Il veut connaître l’enfant
et ses besoins. Des thèmes comme la santé, l’école, le développement du langage,
le rythme du sommeil et de l’alimentation ou le fait de fixer des limites ne lui sont pas étrangers.
Il semble très attentif au contenu de l’éducation, au développement et aux besoins
d’C.F.________.

Lorsque
cela est possible, il arrive également à M. A.F.________ d’entreprendre quelque chose
seul avec son fils. Pour lui, il est important d’être l’une des principales personnes
de confiance d’C.F.________. Il voit toutes les facettes de son rôle en tant que père
et souhaite fournir sa contribution à l’éducation en donnant à l’enfant une
belle relation.

Son
désir est qu’C.F.________ passe suffisamment de temps avec l’un des parents et reçoive
ses valeurs. Il souhaite qu’C.F.________ ne soit pas pris en charge uniquement par la nounou. Il
veut prendre le temps de s’occuper de l’enfant.

M.
A.F.________ considère la mère comme une personne tout aussi importante dans la vie d’C.F.________.
Il n’aimerait en aucun cas interdire cette relation à l’enfant.

 

Perception
du problème par les intéressés

Mère :

Elle
voit le divorce comme une lutte, trouve qu’C.F.________ est instrumentalisé et a peur qu’on
lui enlève l’enfant. Les contenus matériels du divorce revêtent un grand poids pour
elle.

Père :

Il
aimerait offrir au garçon la meilleure prise en charge et la meilleure éducation possibles.
Il estime que le style de vie et l’environnement de la mère ne sont pas favorables pour l’enfant.

(…)

 

Evaluation
de l’attribution du droit de garde

Les
deux parents estiment avoir les mêmes droits. D’après les entretiens avec les parties,
celles-ci souhaitent partager l’autorité parentale conjointe. Chacun des parents voit l’autre
comme une personne de confiance importante pour C.F.________. D’après l’entretien avec
C.F.________, celui-ci ne semble d’ailleurs pas se trouver dans un conflit de loyauté. Certes,
il distingue nettement les parties et les maisons, et ne les confond pas. Il est toutefois en mesure
de parler ouvertement des deux côtés. Il convient d’observer que sa plus grande réaction
concerne la nounou T1.________. Elle semble être sa principale personne de confiance. Celle-ci est
présente aussi bien chez le père que chez la mère, et s’occupe d’C.F.________
depuis sa naissance. Son lien affectif avec C.F.________ est profond. Il me semble absolument essentiel
que, dans cette situation instable durant le divorce et le changement de son environnement, C.F.________
ait à ses côtés cette personne de confiance fiable.

Sur
la base des entretiens et visites, il parait judicieux d’attribuer la garde au père A.F.________,
car celui-ci veut et peut consacrer beaucoup de sa personne et de son temps à l’enfant.

La
répartition des parts de prise en charge devrait être constante, et pour le développement
positif d’C.F.________, celle-ci doit avoir lieu principalement chez le parent qui est conscient
des besoins d’C.F.________ et s’en occupe. Actuellement, c’est le cas chez son père.

La
majeure partie des parts de prise en charge devrait être attribuée au père (3/1).

Recommandations

Je
recommande l’autorité parentale conjointe avec une prise en charge principale par le père.
Ceci à condition que la base, à savoir la communication entre les parents, puisse être
assurée. L’enfant C.F.________ a besoin d’un environnement stable et constant afin de
pouvoir se développer correctement et sainement. Cet environnement est actuellement plus présent
chez le père, la mère étant souvent en déplacement ou absente en raison de son travail.
Le père est disposé à se consacrer entièrement à l’enfant. »

 

26.             
Le 1er
octobre 2014, A.F.________ a déposé ses conclusions motivées quant à l’action
au fond.

 

27.             
Par courriel du 7 octobre 2014, A.F.________ a demandé à son épouse qu’elle signe
une autorisation générale de voyager en faveur d’C.F.________ pour les périodes
convenues lors de l’audience de mesures provisionnelles du 19 septembre 2014. Le 8 octobre 2014,
B.F.________ a répondu que son époux aurait « volé/soustrait » la
copie du testament de son père et qu’elle ne signerait donc aucun document d’aucune
nature avant que la copie du testament ne lui soit restituée et que cette pièce soit retirée
du bordereau de son époux du 1er
octobre 2014.

 

             
Le 9 octobre 2014, A.F.________ a renouvelé la demande d’autorisation générale de
voyager auprès de son épouse, en précisant qu’il en avait besoin pour son départ
en [...] avec l’enfant en date du 17 octobre 2014. Le 11 octobre 2014, B.F.________ a répondu
qu’elle signerait une déclaration de voyager au cas par cas.

 

28.             
Le 9 octobre 2014, la Présidente du Tribunal d’arrondissement a transmis aux parties le rapport
du Service social Z.________, avec sa traduction en français, et leur a imparti un délai au
20 octobre 2014 pour se déterminer.

 

29.             
Par courrier du 14 octobre 2014, A.F.________ a conclu à titre superprovisionnel à ce que la
garde de l’enfant C.F.________ lui soit attribuée.

 

             
Le 16 octobre 2014, la Présidente du Tribunal d’arrondissement a rejeté la requête
de mesures superprovisionnelles du 14 octobre 2014 de A.F.________.

 

             
Le 16 octobre 2014, la Présidente du Tribunal d’arrondissement a informé les parties
qu’une audience de mesures provisionnelles était fixée au 28 octobre 2014.

 

             
Le 20 octobre 2014, le conseil de B.F.________ a demandé une prolongation de délai au 24 octobre
2014 afin de produire ses déterminations sur le rapport du Service social Z.________, en raison
d’une mauvaise angine. Le 23 octobre 2014, la Présidente du Tribunal d’arrondissement
lui a imparti jusqu’au jour de l’audience prévue le 28 octobre 2014 pour se déterminer.

 

30.             
A.F.________ s’est déterminé sur le rapport du Service social Z.________ le 20 octobre
2014.

 

             
Le 27 octobre 2014, B.F.________ a écrit personnellement à la Présidente du Tribunal d’arrondissement.
Le même jour, par l’intermédiaire de son conseil, elle a conclu à ce que les conclusions
du rapport du Service social Z.________ ne soient pas suivies, à ce que A.F.________ soit débouté
de ses conclusions et à ce qu’ordre soit fait aux parties d’exécuter l’accord
intervenu le 19 septembre 2014.

 

31.             
Au cours de l’audience de mesures provisionnelles du 28 octobre 2014, les parties ont produit chacune
un bordereau de pièces. B.F.________ a confirmé qu’elle n’entendait plus se soumettre
au processus de médiation convenu en septembre, au motif notamment que son époux lui aurait
« subtilisé » le testament de son père. Les conseils des époux ont
renoncé à plaider et la Présidente du Tribunal d’arrondissement a considéré
que les débats étaient clos.

 

32.             
Le 6 novembre 2014, le conseil de B.F.________ a sollicité la suspension de l’instruction
au fond jusqu’à ce que la question de la provisio ad litem soit tranchée et payée
par la partie adverse.

 

             
Le 18 novembre 2014, la Présidente du Tribunal d’arrondissement a rejeté la requête
de suspension de cause.

 

33.             
Par contrat signé le 17 septembre 2014, B.F.________
a mandaté l’agence immobilière P.________Sàrl afin de sous-louer son domicile, le
chalet y.________. Le contrat était conclu pour une durée initiale de douze mois, mais indiquait
que le chalet serait mis sur le marché du 20 décembre 2014 au 11 janvier 2015. Il n’est
pas établi que B.F.________ a informé l’agence P.________Sàrl qu’elle était
locataire du chalet et non pas propriétaire. Le contrat produit a été barré sur toutes
ses pages, avec la mention manuscrite « cancelled 11.01.2015 », suivi de deux signatures
illisibles. Le contrat prévoyait que les paiements devaient être versés sur le compte
personnel de B.F.________ (no
[...]) à la Banque Cantonale de [...].

 

             
B.F.________ a sous-loué le chalet y.________ du 20 décembre 2014 au 3 janvier 2015. L’agence
P.________Sàrl a produit la confirmation de réservation. Le produit de cette sous-location,
d’un montant de 100'730 fr., a été versé le 11 novembre 2014 sur le compte
courant de la société M.________GmbH (no
[...]) à la Banque Cantonale de [...]. Lors de l’audience d’appel du 20 février
2015, l’appelante a admis que l’enfant n’avait pas dormi chez elle dans la nuit du
20 au 21 décembre 2014, avant que le père ne vienne chercher l’enfant pour l’exercice
du droit de visite prévu du 21 décembre 2014 au 3 janvier 2015.

 

             
A la question de son époux qui lui demandait, par courriel du 19 décembre 2014, où
irait dormir l’enfant pendant les périodes de sous-location, B.F.________ a répondu « I
don’t sublet ».

 

34.             
Par courriel du 22 novembre 2014, A.F.________ a demandé à son épouse de venir avec l’enfant
C.F.________ à l’ambassade d’ [...], à Berne, afin d’y renouveler le passeport
de l’enfant. Le rendez-vous était prévu le 6 janvier 2015 à 14h15. Par réponse
du même jour, B.F.________ a répondu qu’elle était d’accord. S’en sont
suivis plusieurs échanges de messages jusqu’au 26 novembre 2014 aux termes desquels B.F.________
s’est rétractée et a subordonné sa coopération au paiement du loyer du chalet
y.________. Le 1er
janvier 2015, à la suite d’une ultime demande de son mari, B.F.________ a finalement répondu
qu’elle ne viendrait pas.

 

             
Par lettre et téléfax du 5 janvier 2015, le conseil de A.F.________ a écrit au conseil
de B.F.________ afin de lui demander de bien vouloir confirmer que B.F.________ se rendrait à l’ambassade
d’ [...] le lendemain pour le rendez-vous fixé à 14h15. Le conseil de B.F.________ n’a
pas répondu.

 

             
A.F.________ ne s’est pas rendu à l’ambassade d’ [...].B.F.________ s’y
est déplacée avec l’enfant C.F.________. Par l’entremise des conseils des parties,
B.F.________ a envoyé un courriel à son mari le 6 janvier 2015 à 14h28 lui reprochant
son absence.

 

 

             
En droit
:

 

1.             
L’appel est recevable contre les décisions
de première instance sur les mesures provisionnelles (art. 308 al. 1 let. b CPC), dans les causes
non patrimoniales ou dont la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de 10'000 fr.
au moins (art. 308 al. 2 CPC). Les ordonnances de mesures provisionnelles étant régies par
la procédure sommaire, selon l’art. 248 let. d CPC, le délai pour l’introduction
de l’appel est de dix jours (art. 314 al. 1 CPC). L’appel est de la compétence du juge
unique (art. 84 al. 2 LOJV [loi d’organisation judiciaire du 12 décembre 1979 ;
RSV 173.01]).

 

             
En l'espèce, formé en temps utile par des parties qui ont un intérêt digne de protection
(art. 59 al. 2 let. a CPC) et portant sur des conclusions non patrimoniales et patrimoniales, les appels
des époux F.________ sont recevables.

 

2.             
L'appel peut être formé pour violation du droit ou pour constatation inexacte des faits (art.
310 CPC). L'autorité d'appel peut revoir l'ensemble du droit applicable, y compris les questions
d'opportunité ou d'appréciation laissées par la loi à la décision du juge, et
doit le cas échéant appliquer le droit d'office conformément au principe général
de l'art. 57 CPC. Elle peut revoir librement l'appréciation des faits sur la base des preuves administrées
en première instance. Le large pouvoir d'examen en fait et en droit ainsi défini s'applique
même si la décision attaquée est de nature provisionnelle (JT 2011 III 43 c. 2 et les
réf.).

 

             
Selon l’art. 311 al. 1 CPC, l’appel doit être motivé, la motivation consistant
à indiquer sur quels points et en quoi la décision attaquée violerait le droit et/ou sur
quels points et en quoi les faits auraient été constatés de manière inexacte ou incomplète
par le premier juge. Le juge d’appel n’est pas tenu d’examiner, comme le ferait une
autorité de première instance, toutes les questions juridiques qui se posent si elles ne sont
pas remises en cause devant elle, ni de vérifier que tout l’état de fait retenu par le
premier juge est exact et complet, si seuls certains points de fait sont contestés devant elle (Jeandin,
CPC commenté, Bâle 2011, n. 3 ad art. 311 CPC et la jurisprudence constante de la CACI, par
exemple CACI 10 octobre 2013/537 c. 2.2 ; CACI 1er février
2012/57 c. 2a).

3.             
Pour les questions relatives aux enfants, la maxime d’office s’applique à l’objet
du procès et la maxime inquisitoire à l’établissement des faits. Ainsi, le juge
n’est pas lié par les conclusions des parties. Il peut attribuer non seulement moins que ce
qui est requis dans les conclusions, mais aussi autre chose, voire statuer en l’absence de conclusions.
Il doit en outre établir les faits en ordonnant d’office l’administration des moyens
de preuves nécessaires ; les parties doivent toutefois collaborer à la procédure
probatoire en lui soumettant les faits déterminants et leurs offres de preuve.

 

             
Pour les questions relatives aux époux, le principe de disposition s'applique à l'objet du
litige et la maxime des débats à l'établissement des faits. Ainsi, le juge est lié
par les conclusions des parties ; il ne peut accorder à l'une ni plus, ni autre chose que ce
qu'elle demande, ni moins que ce que l'autre reconnaît lui devoir. Il statue en outre dans les limites
des faits allégués et établis par les parties. La jurisprudence publiée aux ATF 128
III 411 tranche par l'affirmative la question de savoir si, dans un recours dirigé tant contre la
contribution d'entretien de l'enfant que contre celle du conjoint, ou contre cette dernière seulement
vu l'art. 148 al. 1 aCC, la violation de la maxime inquisitoire peut conduire à modifier non seulement
la première, mais aussi la seconde, bien que l'établissement des faits y relatif soit soumis
à la maxime de disposition. Par cette jurisprudence, le Tribunal fédéral a voulu ainsi
éviter que le juge statue sur la contribution d'entretien de l'enfant et du conjoint sur la base
d'un état de fait différent, sous prétexte que le procès n'est pas soumis aux mêmes
maximes dans un cas et dans l'autre. En revanche, il n'a d'aucune façon entendu admettre une entorse
au principe de disposition auquel la contribution d'entretien du conjoint est soumise. Cette prétention
ne peut être revue que si elle est l'objet de conclusions et, cas échéant, uniquement
dans les limites de celles-ci (TF 5A_361/2011 du 7 décembre 2011 c. 5.3).

 

4.             
a) L’appelante a produit de nombreux témoignages
écrits (pièces 111 à 129, 134 à 137 et 140). [...] écrit spontanément à
la Juge déléguée de la Cour d’appel civile le 12 février 2015 afin de témoigner
en faveur de l’appelante. L’appelant a également produit des témoignages écrits
(pièces 13, 13a, 14 et 14a).

 

             
b)
Les témoignages écrits ne font pas partie de la liste exhaustive des moyens de preuve de l’art.
168 al. 1 CPC. L’alinéa 2 de cette disposition réserve les dispositions régissant
le sort des enfants dans les procédures relevant du droit de la famille. Selon le message du Conseil
fédéral du 28 juin 2006 relatif au CPC (p. 6929), le numerus clausus de l’art. 168
al. 1 CPC souffre d’une exception commandée par les intérêts des enfants dans les
procédures de droit de la famille (al. 2). D’autres formes de preuve sont admises, notamment
les enregistrements d’auditions ou d’entretiens qui ne se sont pas déroulés selon
les règles du témoignage ou de l’interrogatoire des parties. Une place est faite, dans
ces procédures spéciales, à la preuve libre, informelle parce que le tribunal doit établir
les faits d’office.

 

             
Les témoignages écrits produits spontanément par les parties ne peuvent pas être
pris en compte en tant que renseignements écrits, puisqu’ils n’ont pas été
sollicités par le juge (art. 190 al. 2 CPC). La question de savoir si, en procédure fédérale,
les témoignages écrits sont recevables, est controversée. Hafner (Basler Kommentar, Schweizerische
Zivilprozessordnung, 2e
éd., 2013 n. 1 ad art. 190 CPC) les considère comme admissibles dans le cadre de l’art.
168 al. 2 CPC. Schweizer (CPC commenté, Bâle 2011, nn. 10-14 ad art. 168 CPC) et Schmid (ZPO,
Kurzkommentar, Oberhammer Hrsg, 2e
éd., Bâle 2014, n. 1 ad art. 190 CPC) sont plus nuancés.

 

             
c)
De manière générale, il faut tenir compte du fait que les témoignages écrits
produits par les parties ont été rédigés en cours de procès et qu’ils
n’ont pas été sollicités par le juge, de sorte que l’on ne saurait leur conférer
de valeur probante. En l’espèce, la question de leur admissibilité sous l’angle
de l’art. 168 CPC peut demeurer ouverte, dès lors que, de toute manière, même si
l’on devait considérer ces témoignages écrits comme admissibles au sens de l’art.
168 CPC, il ressort du considérant qui suit (5c) qu’ils sont irrecevables sous l’angle
de l’art. 317 al. 1 CPC.

 

5.             
a) Aux termes de l’art. 317 al. 1 CPC, les
faits et moyens de preuve nouveaux ne sont pris en compte que s’ils sont invoqués ou produits
sans retard (let. a) et ne pouvaient être invoqués ou produits devant la première
instance bien que la partie qui s’en prévaut ait fait preuve de la diligence requise (let.
b), ces deux conditions étant cumulatives. Il appartient à l’appelant de démontrer
que ces conditions sont réalisées, de sorte que l’appel doit indiquer spécialement
les faits et preuves nouveaux et motiver spécialement les raisons qui les rendent admissibles selon
lui (TF 5A_695/2012 du 20 mars 2013 c. 4.2.1 ; TF 4A_334/2012 du 16 octobre 2012 c. 3.1 ;
JT 2011 III 43 c. 2 et les réf. citées). En effet, dans le système du CPC, tous les faits
et moyens de preuve doivent en principe être apportés dans la procédure de première
instance. La diligence requise suppose donc qu'à ce stade, chaque partie expose l'état de fait
de manière soigneuse et complète et qu'elle amène tous les éléments propres
à établir les faits jugés importants (TF 4A_334/2012 du 16 octobre 2012 c. 3.1 et les
réf. citées, in SJ 2013 I 311). Les faits doivent être allégués et énoncés
de façon suffisamment détaillée dès les écritures de première instance,
de manière à circonscrire le cadre du procès, assurer une certaine transparence et, en
particulier, permettre une contestation efficace par la partie adverse. Le procès doit en principe
se conduire entièrement devant les juges du premier degré ; l'appel est ensuite disponible
mais il est destiné à permettre la rectification des erreurs intervenues dans le jugement plutôt
qu'à fournir aux parties une occasion de réparer leurs propres carences (TF 4A_569/2013 du
24 mars 2014 c. 2.3 ; TF 4A_309/2011 du 16 décembre 2013 c. 3.2, SJ 2014 I 196).

 

             
A cet égard, on distingue vrais et faux novas. Les vrais novas sont des faits ou moyens de preuve
qui ne sont nés qu’après la fin de l’audience de débats principaux de première
instance. Ils sont recevables en appel lorsqu’ils sont invoqués sans retard après leur
découverte. Les faux novas sont des faits ou moyens de preuve nouveaux qui existaient déjà
lors de l’audience de débats principaux. Leur recevabilité en appel est exclue s’ils
avaient pu être invoqués en première instance en faisant preuve de la diligence requise
(Colombini, Condensé de la jurisprudence fédérale et vaudoise relative à l’appel
et au recours en matière civile, in JT 2013 III 131 ss, n. 40, p. 150 et les réf.).

 

             
La jurisprudence vaudoise (JT 2011 III 43, RSPC 2011 p. 320, note approbatrice de Tappy) considère
qu'en appel, les novas, lorsque la maxime inquisitoire est applicable, notamment en mesures protectrices
de l'union conjugale (art. 272 CPC) et en mesures provisionnelles dans une procédure matrimoniale
(art. 277 al. 3 CPC), sont soumis au régime ordinaire (Tappy, Les voies de droit du nouveau Code
de procédure civile, JT 2010 III 139 ; Hohl, Procédure civile, Tome II, 2e
éd., Berne 2010, n. 2410, p. 437). Le Tribunal fédéral, après avoir considéré
que cette interprétation de la loi était dépourvue d'arbitraire (TF 5A_402/2011 du 5 décembre
2011 c. 4.2, RSPC 2012 p. 231 ; cf. aussi TF 5A_609/2011 du 14 mai 2012 c. 3.2.2, qui ne tranche
pas la controverse, l'appelant n'ayant pas fait valoir que le premier juge n'aurait pas instruit conformément
à la maxime inquisitoire), l'a définitivement confirmée dans l'ATF 138 III 625 c. 2.2.
On doit donc retenir que l'art. 317 al. 1 CPC régit de manière complète et autonome la
possibilité pour les parties d'invoquer des faits et moyens de preuve nouveaux, y compris lorsque
la maxime inquisitoire est applicable, et que l'art. 229 al. 3 CPC ne s'applique qu'à la procédure
de première instance. Le Tribunal fédéral relève à cet égard que l'existence
d'une procédure simplifiée implique logiquement qu'elle doit être plus rapide et plus
expédiente. Il serait paradoxal qu'elle soit en réalité plus difficile parce que le plaideur
négligent pourrait faire rebondir la cause en appel en invoquant pour la première fois des
faits ou moyens de preuve qu'il a omis de présenter en première instance (ATF 138 III 625 c.
2.2, RSPC 2013 p. 32, note Bohnet).

 

             
Les parties peuvent toutefois faire valoir que le juge de première instance a violé la maxime
inquisitoire en ne prenant pas en considération certains faits (Hohl, op. cit., no 2414 p. 438).
Des novas peuvent par ailleurs être en principe librement introduits en appel dans les causes régies
par la maxime d'office, par exemple sur la situation des enfants mineurs en droit matrimonial (Tappy,
op. cit., JT 2010 III 139). Toutefois, l’application stricte de l’art. 317 CPC, dans
le cadre d’une procédure à laquelle la maxime inquisitoire s’applique, ne saurait
en soi être qualifiée de manifestement insoutenable, l’arbitraire ne résultant pas
du seul fait qu’une autre solution serait concevable, voire préférable (TF 5A_342/2013
du 27 septembre 2013 c. 4.1.2).

 

             
b)
S’agissant de l’appelant, les pièces 1 et 2 (lettre comminatoire du 9 décembre
2014 et réquisition de poursuite du 15 décembre 2014), 3, 11 et 12 (échanges de courriels
entre les époux des 22, 23 et 26 novembre 2014, 19 décembre 2014 et 1er janvier
2015), 4a et 6 (correspondance relative à l’inscription de l’enfant C.F.________ à
l’école), 7 (tickets de caisse datés des 16 et 18 janvier 2015), 8, 8a, 9 et 10 (correspondances
entre les conseils des époux), 10a (photographie prise par l’appelante) sont recevables, dès
lors qu’elles concernent des événements postérieurs à l’audience des
débats du 28 octobre 2014. Les déterminations de l’appelant et de l’appelante du
16 janvier 2015 sur l’effet suspensif (pièces 4 et 5) et la demande de réquisition des
pièces 51 et 52 de l’appelant du 29 décembre 2014 (pièce 15) figurent déjà
au dossier.

 

             
S’agissant de l’appelante, les pièces 101 à 105 (correspondances concernant la
scolarité de l’enfant C.F.________, procès-verbal de l’audition de l’appelante
concernant la plainte déposée à son encontre par T2.________ et échanges de courriels
entre les époux) sont recevables, dès lors qu’elles concernent des événements
postérieurs à l’audience des débats du 28 octobre 2014. Les pièces 106 à
108 (extrait internet, lettre de [...] du 24 juin 2014 et lettre de [...] du 18 septembre 2014) sont
irrecevables, dès lors qu’elles auraient pu être produites en première instance.
La pièce 109 (DVD contenant deux séquences vidéo) est irrecevable, dès lors que l’appelante
n’expose pas son contenu et en quoi les conditions de l’art. 317 al. 1 CPC seraient réalisées.
La pièce 110 (attestation de la fiduciaire [...] du 3 février 2015) est irrecevable, dès
lors qu’il y est fait mention de la situation financière de l’appelante depuis le 1er janvier
2014 et que ces informations auraient donc pu être produites en première instance. La pièce
130 (journal intime de l’appelante débutant le 18 août 2014) n’est pas recevable,
dès lors que l’intéressée n’explique pas en quoi elle aurait été
empêchée de produire ce mode de preuve avant l’audience des débats du 28 octobre
2014. Les pièces 131 et 132 (rapports médicaux des 10 et 16 février 2015, respectivement
du pédiatre et du dentiste de l’enfant C.F.________) sont recevables. La pièce 133 n’est
pas recevable, s’agissant du mémoire de réponse de l’action au fond du 16 février
2015 et de son bordereau. La pièce 138 (attestation d’un magasin de sport) est recevable,
faisant état d’un événement qui s’est produit le 9 janvier 2015. La pièce
139 (ordonnance du 6 octobre 2014 du Ministère public du canton de [...]) n’est pas recevable,
dès lors qu’elle aurait pu être produite en première instance.

 

             
c)
S’agissant des témoignages écrits produits par les parties (cf. supra, c. 4a), ils
doivent tous être déclarés irrecevables, dès lors qu’ils sont datés postérieurement
à l’audience des débats du 28 octobre 2014 (la pièce 120 n’étant par
ailleurs pas datée) et qu’ils auraient pu être produits en première instance ou
que ces témoins auraient pu être cités à comparaître ou être amenés
en audience en première instance. On observera de surcroît qu’en produisant les pièces
111 ( [...]), 112 ( [...]), 122 ( [...]), 126 ( [...]) et 127 ( [...]), l’appelante tente de faire
admettre le témoignage écrit de cinq personnes que la Juge déléguée de la Cour
d’appel civile avait refusé d’auditionner par lettre du 3 février 2015 et
qu’en produisant les pièces 111 ( [...]), 122 ( [...]) et 126 ( [...]), l’appelante
essaie de faire admettre le témoignage écrit de trois personnes qui avaient été citées
à comparaître à l’audience du 19 septembre 2014, mais qu’elle avait renoncé
à faire témoigner. Il apparaît ainsi que l’appelante essaie de réparer ses
propres carences puisqu’il est établi qu’elle n’a pas sollicité l’audition
de témoins en première instance alors qu’elle en avait l’occasion ou qu’elle
y a renoncé (cf. infra, c. 6c).

 

             
En particulier, le témoignage écrit du Dr  [...] du 12 février 2015 (pièce 112)
n’est pas recevable pour les raisons évoquées ci-dessus. Par ailleurs, quand bien même
on devait considérer que ce document est recevable, on constate que ce médecin a été
mandaté par l’appelante, que celui-ci procède à une simple appréciation du
rapport du Service social Z.________ du 25 septembre 2014 sans apporter de nouveaux éléments
déterminants concernant l’enfant, qu’il n’a pas entendu le père alors qu’il
a rencontré sa mandante longuement à trois reprises et qu’il ressort de son écriture
qu’il n’a apparemment obtenu pour lecture que le rapport du Service social Z.________.

 

             
Quoi qu’il en soit, même si tous les témoignages écrits produits par les appelants
étaient considérés comme recevables, cela ne changerait rien à l’issue du litige,
particulièrement en ce qui concerne l’attribution du droit de garde de l’enfant au père
(cf. infra, c. 8).

 

6.             
a)
L’appelante fait valoir que son droit d’être entendu a été violé à
plusieurs reprises. Elle expose qu’elle n’a pas pu se faire entendre lors de l’audience
du 15 mai 2014 en ce qui concerne les menaces que lui aurait faites son mari avant de quitter le domicile
conjugal, que les auditions des témoins de l’appelant du 13 juin 2014 ont eu lieu avant qu’elle
n’ait eu l’occasion de se déterminer sur les allégués de la partie adverse,
que la convention signée le 19 septembre 2014 n’était pas limitée au 31 mars 2015,
mais reprenait l’accord initial de la requête commune de divorce, de sorte que toutes les
requêtes ultérieures de modification de la garde de l’appelant sont sans objet, et qu’elle
a renoncé à l’audition des témoins au cours de l’audience du 19 septembre
2014 uniquement sous le bénéfice de l’accord partiel intervenu, ce qui vidait le litige
sur le point du droit de garde.

 

             
b) aa)
Le droit d’être entendu est une garantie constitutionnelle prévue par l'art. 29 al. 2
Cst. (Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 ; RS
101), qui permet à toute personne qui est partie à une procédure d’être informée
et entendue avant qu’une décision ne soit prise à son sujet. Il s’agit d’une
garantie minimale, comprenant plusieurs aspects, et concrétisée pour l’essentiel par
les dispositions législatives dans les différents domaines du droit, en particulier la procédure
civile. Il assure ainsi en particulier au justiciable le droit de s’expliquer avant qu’une
décision ne soit rendue à son détriment, celui de fournir des preuves quant aux faits
de nature à influer sur le sort de la décision, celui d’avoir accès au dossier,
celui de participer à l’administration des preuves, d’en prendre connaissance et de
se déterminer à leur propos, celui de se faire représenter et assister et celui d’obtenir
une décision de la part de l’autorité compétente (ATF 136 I 265 c. 3.2 ; ATF
135 II 286 c. 5.1 ; ATF 132 V 368 c. 3.1). Ce droit est concrétisé par l’art. 53
CPC.

 

             
Le droit d’être entendu est un droit de nature formelle, dont la violation entraîne l’annulation
de la décision attaquée sans égard aux chances de succès du recours sur le fond (ATF
127 V 431 c. 3d/aa). Ce moyen doit par conséquent être examiné en premier lieu (ATF 124
I 49, SJ 1998 403) et avec un plein pouvoir d’examen (ATF 127 III 193 c. 3 et la jurisprudence
citée). La jurisprudence permet toutefois de renoncer à l’annulation d’une décision
violant le droit d’être entendu lorsque l’autorité de recours dispose d’un
plein pouvoir d’examen lui permettant de réparer le vice en seconde instance et lorsque l’informalité
n’est pas de nature à influer sur le jugement (Haldy, CPC commenté, Bâle 2011, n.
20 ad art. 53 CPC) ou sur la procédure, le renvoi de la cause à l’autorité précédente
conduisant évidemment au prolongement de la procédure (TF 2P_20/2005 du 13 avril 2005 et les
réf. citées ; TF 6B_76/2011 du 31 mai 2011).

 

             
bb)
La procédure sommaire s’applique aux mesures provisionnelles (art. 248d CPC). S’agissant
des mesures provisionnelles dans le cas d’un divorce, les dispositions régissant la protection
de l’union conjugale sont applicables par analogie (art. 276 al. 1 CPC). En application de l'art.
253 CPC, lorsque la requête ne paraît pas manifestement irrecevable ou infondée, le tribunal
donne à la partie adverse l'occasion de se déterminer oralement ou par écrit. Cette disposition
concrétise le droit d'être entendu du défendeur ou intimé, garanti par l'art. 53
CPC ainsi que par les art. 29 al. 2 Cst. et 6 § 1 CEDH (Convention européenne de sauvegarde
des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; RS 0.101) (Haldy, op. cit., nn. 1 à
5 ad art. 53 CPC ; Bohnet, CPC commenté, Bâle 2011, n. 2 ad art. 253 CPC). La règle
de l’art. 253 CPC n’est toutefois qu’exceptionnellement applicable aux mesures protectrices.
En effet, selon l’art. 273 al. 1 CPC, la tenue d’une audience est en principe obligatoire
et le tribunal ne peut y renoncer que s’il résulte des allégués des parties que
l’état de fait est clair ou incontesté (Tappy, CPC commenté, Bâle 2011, n.
17 ad art. 273 CPC).

 

             
Convoquer des débats permet au tribunal de s’abstenir d’inviter l’intimé
à déposer des déterminations écrites, puisqu’il suffit au regard de l’art.
253 CPC qu’il puisse se déterminer oralement. Rien n’empêche toutefois le juge
de fixer néanmoins un tel délai si une écriture de la partie adverse lui paraît utile.
Même s’il n’y est pas invité, l’intimé est de toute façon en droit
de déposer spontanément avant l’audience des déterminations écrites, que le
tribunal est tenu de prendre en considération par souci de respect du droit à l’égalité
des armes (Tappy, CPC commenté, Bâle 2011, n. 20 ad art. 273 CPC).

 

             
c)
En l’espèce, les époux F.________ ont ouvert action en divorce sur requête commune
avec accord complet le 22 décembre 2013. Lors de l’audience du 15 mai 2014, l’épouse
a indiqué qu’elle n’entendait plus confirmer toutes les clauses de la convention sur
les effets du divorce produite avec la requête commune et l’époux a déclaré
que, dans ces conditions, il remettait également en cause la convention signée. La Présidente
du Tribunal d’arrondissement a attribué le rôle du demandeur à A.F.________ et a
imparti un délai au 20 juin 2014 à A.F.________ pour déposer des conclusions motivées
au sens de l’art. 286 CPC. On ne voit pas en quoi le droit d’être entendu de l’appelante
aurait pu être violé au cours de l’audience du 15 mai 2014, puisque l’appelant
n’avait pas encore déposé ses conclusions motivées en bonne et due forme à
ce moment-là.

 

             
A.F.________ a déposé une requête de mesures provisionnelles le 21 mai 2014. Le 22
mai 2014, la Présidente du Tribunal d’arrondissement a informé les parties que l’audience
de mesures provisionnelles était fixée au 13 juin 2014. Le 2 juin 2014, A.F.________ a déposé
un complément de mesures provisionnelles en sollicitant au surplus l’audition de quatre témoins.
Le 2 juin 2014, B.F.________ a également déposé une requête de mesures provisionnelles,
mais n’a pas sollicité l’audition de témoins. Le 6 juin 2014, la Présidente
du Tribunal d’arrondissement a informé A.F.________ – avec copie à B.F.________
– qu’en raison du lundi de Pentecôte et des délais légaux d’assignation,
il ne serait pas possible de convoquer les témoins, mais a autorisé leur audition en qualité
de témoins amenés. De son côté, l’appelante n’a pas annoncé qu’elle
souhaitait également amener des témoins, alors qu’elle avait pourtant connaissance que
son mari le ferait. Contrairement à ce que soutient l’appelante, la Présidente du Tribunal
d’arrondissement n’avait pas à solliciter les déterminations écrites respectives
des parties avant de fixer l’audience du 13 juin 2014. En effet, les mesures provisionnelles
dans le cadre d’un divorce sont régies par la procédure sommaire des art. 248 ss CPC
et la tenue d’une audience a été fixée conformément à l’art. 273
al. 1 CPC, précisément afin que les parties puissent être entendues oralement. C’est
parce que l’appelante a demandé à pouvoir être entendue par écrit que la Présidente
du Tribunal d’arrondissement a imparti un délai aux deux parties au 10 juillet 2014 afin qu’elles
se déterminent sur leurs requêtes respectives du 2 juin 2014, ce qu’elles ont fait par
la suite. Il n’y a donc aucune violation du droit d’être entendu de l’appelante.

 

             
Le 28 août 2014, B.F.________ a déposé une liste de 18 témoins, dont les quatre
premiers ont été convoqués à l’audience de mesures provisionnelles du 19 septembre
2014. Au cours de cette audience, les parties ont notamment convenu d’attribuer la garde de l’enfant
C.F.________ provisoirement à la mère jusqu’au 31 mars 2015. Elles ont aussi dressé
une liste exhaustive des droits de visite du père de septembre 2014 à mars 2015. L’appelante
a renoncé à l’audition de ses quatre témoins au bénéfice de cette convention.
Dès lors que l’attribution du droit de garde était clairement limitée jusqu’au
31 mars 2015 et que les parties savaient que la mise en œuvre d’une évaluation par les
services sociaux [...] avait été ordonnée notamment afin de faire des propositions relatives
à l’autorité parentale, la garde et/ou l’existence des relations personnelles,
l’appelante ne pouvait aucunement en déduire que le droit de garde lui serait automatiquement
attribué à partir du 1er
avril 2015. Aucune des pièces au dossier ni aucune clause de la convention ne permettent de retenir
que le droit de garde ne serait plus discuté tant que durerait la procédure de mesures provisionnelles.
L’appelante, assistée d’un mandataire professionnel, a choisi en toute connaissance
de cause de ne pas faire entendre ses témoins au bénéfice de la convention partielle,
en d’autres termes au bénéfice de l’attribution du droit de garde jusqu’au
31 mars 2015 et non au-delà, de sorte que son droit d’être entendu n’a pas été
violé. La convention du 22 décembre 2013 dont elle se prévaut ne lui est d’aucun
secours, puisque celle-ci a été conclue lorsque les parents étaient encore d’accord
sur les modalités du divorce et que cela n’est de loin plus le cas.

 

             
Le 9 octobre 2014, la Présidente du Tribunal d’arrondissement a transmis aux parties le rapport
du Service social Z.________, avec sa traduction en français, et leur a imparti un délai au
20 octobre 2014 pour se déterminer. Le 16 octobre 2014, elle a informé les parties qu’une
audience de mesures provisionnelles était fixée d’office le 28 octobre 2014. Ayant pourtant
connaissance du fait que le Service social Z.________ préconisait l’attribution du droit de
garde au père, l’appelante, toujours assistée d’un mandataire professionnel, n’a
pas jugé utile de réagir à l’encontre du rapport du Service social Z.________ entre
le 9 et le 28 octobre 2014 ni de faire citer des témoins à l’audience prévue le
28 octobre 2014 ou de demander à les amener, alors qu’elle a bénéficié de plus
de dix jours entre le 16 et le 28 octobre 2014 pour le faire. Elle ne peut donc se prévaloir d’une
violation du droit d’être entendu.

 

             
L’appelante semble par ailleurs reprocher au premier juge de ce que la procédure provisionnelle
a duré six mois (cf. mémoire d’appel, p. 3 in fine). On rappellera à toutes fins
utiles que c’est elle qui a demandé à produire des déterminations écrites sur
la requête de mesures provisionnelles du 21 mai 2014 et la requête complémentaire de mesures
provisionnelles du 2 juin 2014 de l’appelant – alors que la procédure sommaire ne le
prévoit en principe pas, précisément afin de ne pas retarder la cause –, que c’est
elle qui a demandé une prolongation de délai au 10 août 2014 pour produire ses déterminations
(le délai initial ayant été fixé au 10 juillet 2014) et que c’est elle
qui a demandé le report de l’audience de mesures provisionnelles prévue le 4 septembre
2014 parce qu’elle était en vacances.

 

             
Au vu de ce qui précède, le grief de la violation du droit d’être entendu de l’appelante
doit être rejeté.

 

7.             
L’appelante soutient que l’accord
passé le 19 septembre 2014 n’avait ni condition ni limite dans le temps et que la modification
du droit de garde est nulle, dès lors que le caractère nécessaire, durable et significatif
d’une modification consacre la notion d’immédiateté, ce qui n’est pas le
cas pour un changement futur à intervenir au 31 mars 2015.

 

             
En l’espèce, lors de l’audience du 19 septembre 2014, les parties ont convenu d’attribuer
le droit de garde à la mère provisoirement jusqu’au 31 mars 2015 et ont établi une
liste détaillée des droits de visite du père, également jusqu’au 31 mars
2015. Il s’agit donc d’un cas où le règlement des droits de garde et de visite
respectivement des mère et père a été expressément fixé de manière
provisoire pour une durée déterminée. Au cours de l’audience du 19 septembre 2014,
aucune des deux parties n’a retiré sa conclusion en attribution du droit de garde. Chaque
parent était donc conscient que l’autre n’avait pas renoncé à obtenir la garde
de l’enfant au-delà du 31 mars 2015. Comme évoqué ci-dessus, l’appelante
n’avait aucune raison de partir du principe que le droit de garde lui était définitivement
acquis pendant toute la durée de la procédure provisionnelle. Cela est d’autant plus
vrai que le Service social Z.________, qui avait notamment pour mission de faire une proposition sur
le droit de garde, n’avait pas encore déposé son rapport à ce moment-là.

 

             
Cela étant, il n’y avait pas lieu de statuer sous l’angle de nouvelles circonstances
de fait essentielles et durables au sens de l’art. 179 CC justifiant un réexamen des mesures
provisionnelles ordonnées comme l’a fait le premier juge (cf. jgt, pp. 17-18), d’une
part parce que la convention, ratifiée pour valoir ordonnance partielle de mesures provisionnelles,
réglait clairement les droits de garde et de visite de manière temporaire jusqu’au 31
mars 2015, sans aucune modification des conclusions des parties à cet égard, d’autre
part parce que le premier juge devait également statuer sur les autres conclusions des mesures provisionnelles
respectives des parties (contribution d’entretien et provisio ad litem notamment).

 

             
Ce grief de l’appelante doit donc être rejeté.

 

8.             
a) L’appelante soutient que la garde de
l’enfant C.F.________ doit lui être attribuée. Elle fait valoir qu’elle travaille
à mi-temps à domicile et que tous ses voyages ont eu lieu, depuis le 1er
décembre 2013, lorsque l’enfant était chez son père. Elle expose que le père
ne s’est jamais occupé de l’enfant durant la vie commune, qu’il part en voyage
d’agrément à l’étranger quatre à cinq mois dans l’année et
qu’il est inapte à s’occuper de l’enfant en raison de sa santé psychique
déficiente. Elle considère qu’elle est intellectuellement très brillante, respectée
dans son métier et que l’éducation de son enfant est une question si évidente qu’elle
n’a pas besoin de s’en prévaloir. Sur un plan nutritionnel, l’enfant est suivi
par des médecins qui n’ont rien à redire sur sa santé. Elle soutient que le rôle
dit de stabilisateur de la nounou T1.________ est une fiction, que celle-ci est une femme de ménage
qui n’a aucune compétence d’éducation, qui est source de tensions constantes, qui
absorbe quotidiennement de hautes doses de prozac et à laquelle on ne peut plus faire confiance,
car à la solde de son mari qui la paie. En outre, le rapport du Service social Z.________ dispose
que l’enfant fait la part des choses entre les domiciles de ses père et mère, de sorte
que celui-ci n’a pas besoin d’être rassuré par T1.________. Elle affirme que ce
n’est ni en juin ni en septembre qu’elle a annoncé vouloir se séparer de T1.________,
mais lors de l’audience du 28 octobre 2014. Elle fait valoir que le rapport des services sociaux
[...] est une « hérésie » et qu’elle n’a jamais dit qu’elle
déléguait le travail d’éducation à la nounou. L’affirmation selon laquelle
elle aurait rendu particulièrement difficile le droit de visite du père est purement imaginaire
et c’est au contraire son époux qui a empêché l’enfant de communiquer avec
elle durant dix jours. Elle soutient que dans la mesure où son époux ment, calomnie, trompe,
a subtilisé des documents intimes de son père et a demandé le droit de garde au fond,
ainsi qu’une curatelle éducative pour l’enfant, la mise en place d’une médiation
n’a plus grand sens. Enfin, elle considère comme le summum le fait que le juge de première
instance ait prétendu qu’elle avait plaisir à plaider, alors que c’est elle qui
a dû faire face à de nombreuses requêtes de mesures provisionnelles, ce qui démontre
une appréciation subjective, contraire au dossier.

 

             
b)
En vertu de l'art. 176 al. 3 CC, applicable aux mesures provisionnelles durant la procédure de divorce
selon renvoi de l’art. 276 al. 1 CPC, lorsque les époux ont des enfants mineurs, le juge des
mesures protectrices ordonne les mesures nécessaires d'après les dispositions sur les effets
de la filiation (cf. art. 273 ss CC). Les principes posés par la jurisprudence et la doctrine
en matière de divorce sont applicables par analogie (Chaix, Commentaire romand, Code civil I, Bâle
2010, n. 19 ad art. 176 CC ; TF 5A_69/2011 du 27 février 2012 c. 2.1, in FamPra.ch
2012 p. 817).

 

             
Le droit de garde est une composante de l'autorité parentale. A cet égard, les nouvelles dispositions
sur l'autorité parentale entrées en vigueur au 1er juillet
2014 sont immédiatement applicables auprès des autorités cantonales (art. 12 al.
1 et 7b Tit. final CC ; TF 5A_92/2014 du 23 juillet 2014 c. 2.1). Selon le nouvel art. 133 CC, le
juge règle les droits et les devoirs des père et mère conformément aux dispositions
régissant les effets de la filiation. Cette réglementation porte notamment sur la garde de
l’enfant, les relations personnelles ou la participation de chaque parent à la prise en charge
de l’enfant (al. 1). Le terme « garde » se réfère à la prise
en charge effective de l’enfant (Message concernant une modification du Code civil suisse [Autorité
parentale] du 16 novembre 2011, FF 2011 8315 p. 8338). Pendant sa minorité, l’enfant est soumis
à l’autorité parentale conjointe des père et mère (art. 296 al. 2 CC), qui
inclut le droit de déterminer le lieu de résidence de l’enfant (art. 301a al. 1 CC).
Pour le surplus, le titulaire du droit de garde est responsable de l'encadrement quotidien, des soins
et de l'éducation de l'enfant (ATF 136 III 353 c. 3.2, JT 2010 I 491).

 

             
Pour l'attribution de la garde, le bien de l’enfant prime la volonté des parents. L’examen
porte alors en premier lieu sur les capacités éducatives des parents. En cas de capacités
équivalentes, la disponibilité des parents est déterminante, surtout chez les enfants
en bas âge. En cas de disponibilité équivalente, la stabilité et les relations familiales
sont à examiner. Selon les circonstances, la disponibilité peut cependant céder le pas
à la stabilité. Enfin, en fonction de l’âge, il peut être tenu compte du désir
de l’enfant. Ces critères peuvent être mis en balance avec d’autres, tels que la
volonté d’un parent à coopérer avec l’autre ou la nécessité de ne
pas séparer la fratrie (TF 5A_834/2012 du 26 février 2013 c. 4.1). Il convient de choisir la
solution qui, au regard des données de