# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1c484ed8-b547-5c31-b3a1-b1ef37aa4a7d
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2011-08-18
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 18.08.2011 C-8423/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_C-8423-2010_2011-08-18.pdf

## Full Text

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t

T r i buna l   adm in i s t r a t i f   f édé ra l

T r i buna l e   ammin i s t r a t i vo   f ede ra l e

T r i buna l   adm in i s t r a t i v   f ede ra l

Cour III
C­8423/2010

A r r ê t   d u   1 8   a oû t   2 0 1 1

Composition Jean­Daniel Dubey (président du collège), 
Blaise Vuille, Andreas Trommer, juges,
Aurélia Chaboudez, greffière.

Parties A._______,  
représentée par Maître Philippe Oguey, (…),
recourante, 

contre

Office fédéral des migrations (ODM), 
Quellenweg 6, 3003 Berne,   
autorité inférieure. 

Objet Refus d'autorisation d'entrée dans l'Espace Schengen.

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Faits :

A. 
A._______, ressortissante de Mongolie née le 1er octobre 1944, a sollicité 
un visa le 10 octobre 2006 auprès de la Représentation suisse à Pékin en 
Chine,  en  vue  de  venir  en  Suisse  rendre  visite  à  sa  fille,  B._______, 
demande  qui  lui  a  été  refusée  le  15  juin  2007  par  la  représentation 
précitée. Elle a déposé une nouvelle demande de visa  le 20 août 2007. 
Par décision du 20 octobre 2008, l'ODM a refusé d'autoriser l'intéressée à 
entrer  en  Suisse,  estimant  que  sa  sortie  de  ce  pays  au  terme  de  son 
séjour  n'était  pas  suffisamment  garantie  en  raison  de  sa  situation 
personnelle et de la situation socio­économique de son pays d'origine. Le 
13  octobre  2009,  elle  s'est  vu  une  nouvelle  fois  refuser  l'autorisation 
d'entrer en Suisse. 

B. 
Le 30 mai 2010, A._______ a sollicité une nouvelle fois un visa pour venir 
en  Suisse  rendre  visite  à  sa  fille  pendant  deux  mois.  Elle  a  joint  à  sa 
demande une lettre d'invitation du 20 mars 2010 signée de sa fille et de 
son beau­fils, dans  laquelle B._______  indiquait que  le but du séjour de 
sa mère était de venir voir sa petite­fille, qui venait de naître, et de visiter 
le pays où elle­même vivait depuis 2002, qu'elle s'engageait à prendre en 
charge  tous  les  frais  du  séjour  et  garantissait  que  sa mère  quitterait  la 
Suisse avant la fin de son visa, sollicité pour une durée de trois mois, du 
1er  juin au 1er  septembre 2010. Elle a produit, en copie, ses documents 
d'identité, une attestation de  résidence du 25 mars 2010, selon  laquelle 
elle  habitait  avec  deux  membres  de  sa  famille,  une  lettre  du  25  mars 
2010 indiquant qu'elle touchait une retraite de MNT (tugriks) 136'406 (soit 
CHF 105 environ  selon  le  taux de  change à  cette  date)  depuis  octobre 
1999, l'acte de naissance de sa petite­fille, née le 18 décembre 2009, et 
des  documents  relatifs  à  une  assurance  voyage  et  des  billets  d'avion 
ainsi  que  d'autres  concernant  les  moyens  financiers  de  ses  hôtes  en 
Suisse. 

C. 
Suite  au  refus  de  l'Ambassade  de  Suisse  à  Pékin  de  délivrer  le  visa 
sollicité,  A._______  a  formé  opposition  auprès  de  l'ODM  par  lettre  du 
10 août 2010. Elle y a indiqué qu'elle avait trois enfants, que son fils aîné 
vivait aux Etats­Unis d'Amérique, que sa  fille était en Suisse et que son 
fils cadet travaillait en Corée, qu'elle­même résidait en Mongolie avec son 
mari,  lequel était  très malade et nécessitait quelqu'un pour s'occuper de 
lui. Elle a expliqué qu'elle s'était vu refuser un visa pour la Suisse les trois 

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années précédentes et  qu'il  lui  était  difficile  de  se déplacer  chaque  fois 
jusqu'à  Pékin  pour  y  déposer  sa  demande.  Elle  a  affirmé  qu'elle  ne 
voulait  pas  rester  en  Suisse  pour  une  longue  durée  car  elle  devait 
retourner  auprès  de  son  mari  et  s'est  engagée  à  quitter  le  territoire 
helvétique à l'échéance du visa. 

D. 
A  la  demande  des  autorités  communales  de  son  lieu  de  domicile, 
B._______  a  indiqué  que  le  but  du  séjour  de  A._______  était  de  lui 
permettre d'effectuer une visite  touristique et de voir sa fille et sa petite­
fille,  et  qu'elle  souhaitait  rester 60 jours en Suisse, mais  se contenterait 
d'un séjour de 30 jours si nécessaire. L'invitante s'est engagée à ce que 
sa  mère  quitte  la  Suisse  à  l'échéance  du  visa,  par  courrier  du 
23 septembre  2010,  et  a  produit  une  déclaration  de  prise  en  charge 
signée  le même  jour, accompagnée de documents dont  il  ressortait que 
son conjoint  touchait une  rente d'invalidité complète depuis mai 2002 et 
qu'elle­même  était  au  chômage  depuis  août  2009.  Des  attestations  de 
l'absence de poursuites à  l'encontre des  invitants, datées du 11 octobre 
2010, ont été versées au dossier. Les autorités communales ont émis un 
préavis  positif,  le  23  septembre  2010,  à  l'octroi  du  visa  sollicité,  tandis 
que  le  Service  de  la  population  du  canton  de  Vaud  a  préavisé 
négativement cette demande, le 11 octobre 2010.

E. 
Par décision du 8 novembre 2010, l'ODM a rejeté l'opposition du 10 août 
2010, confirmé le refus d'autorisation d'entrée dans l'Espace Schengen à 
l'encontre de A._______ et mis les frais de la procédure à la charge de la 
prénommée. L'office précité a estimé qu'au vu de la situation personnelle 
de  la  requérante  ainsi  que  de  la  situation  socio­économique  prévalant 
dans son pays d'origine,  la  sortie de  l'intéressée de  l'Espace Schengen 
n'était  pas  suffisamment  garantie,  celle­ci  pouvant  y  prolonger  sa 
présence  dans  l'espoir  de  trouver  des  conditions  d'existence meilleures 
que celles qu'elle connaît dans sa patrie. L'ODM a également considéré 
que les moyens financiers nécessaires à son séjour n'étaient pas établis 
à satisfaction. 

F. 
Par l'intermédiaire de son mandataire, A._______ a recouru contre cette 
décision le 7 décembre 2010, concluant à l'annulation de cette dernière et 
à l'octroi du visa sollicité. Elle a invoqué que la pension de retraite qu'elle 
touchait n'était pas  très élevée selon  les standards suisses, mais devait 
être  relativisée  au  vu  du  montant  de  retraite  dans  certains  pays  de 

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l'Espace Schengen, comme la Roumanie où elle s'élevait en moyenne à 
EUR 100.­ par mois. La  recourante a allégué qu'elle n'était plus en âge 
de  rester  en  Suisse  pour  y  travailler,  qu'elle  était  propriétaire  de  son 
logement en Mongolie, que son mari n'était pas en mesure de voyager à 
cause de son état de santé, que c'était leur fils aîné qui viendrait avec sa 
femme s'occuper de son mari pendant son absence et qu'elle n'allait pas 
abandonner son mari après plus de 40 ans de mariage. Elle a fait valoir 
qu'hormis  la  famille de sa  fille, elle avait  tous ses proches en Mongolie, 
soit son mari, ses deux fils et un petit­fils, qu'elle ne parlait que le mongol 
et  ne  maîtrisait  que  l'alphabet  cyrillique,  si  bien  qu'il  était  difficile  de 
concevoir qu'elle puisse abandonner son mari et l'essentiel de sa famille 
pour vivre dans un endroit où elle ne pourrait pas communiquer avec les 
habitants.  Elle  a  expliqué  qu'elle  souhaitait  voir  sa  fille  et  faire 
connaissance de sa petite­fille et qu'il était plus pratique qu'elle­même se 
déplace jusqu'en Suisse car le voyage entre ce pays et la Mongolie durait 
une douzaine d'heures, attente non comprise, ce qui ne pouvait pas être 
imposé à une famille avec un enfant en bas âge. Elle a déclaré qu'elle ne 
comprenait pas en quoi elle ou sa famille n'avaient pas déposé assez de 
garanties  au  sujet  de  leurs  moyens  financiers  et  s'est  dit  prête  à  en 
présenter d'autres,  comme un billet  d'avion aller­retour ou  la  conclusion 
d'une  assurance­maladie.  Enfin,  elle  a  précisé  qu'elle  n'avait  pas  de 
famille ailleurs qu'en Suisse et en Mongolie et a cité un cas dans lequel le 
visa avait été octroyé. 

G. 
Par courrier du 16 décembre 2010, A._______ a produit des copies des 
certificats de propriété de deux appartements de 2 pièces à Oulan­Bator. 

H. 
L'ODM s'est déterminé sur le recours le 24 février 2011 et en a proposé 
le rejet. Il a considéré que les attaches familiales que la recourante faisait 
valoir  ne  suffisaient  pas  à  garantir  son  retour  au  vu  du  contexte  socio­
économique  que  connaissait  la  Mongolie  et  qu'elles  pouvaient  être 
relativisées puisque la recourante était à même de s'absenter hors de sa 
patrie  pendant  une  relativement  longue  période.  Il  a  retenu  que  le  fait 
qu'elle  possède  un  appartement  en  Mongolie  n'était  pas  un  facteur 
déterminant offrant  l'assurance de son  retour dans sa patrie et que son 
souhait  de  venir  rendre  visite  à  sa  famille  n'était  pas  un  critère  décisif. 
Enfin, se référant au cas cité dans le recours, l'ODM a relevé que chaque 
requête  de  visa  faisait  l'objet  d'un  examen  individuel  sur  la  base  de 
l'ensemble des éléments. 

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I. 
Dans sa réplique du 1er avril 2011,  la recourante a relevé que  la plupart 
des  pays  étaient moins  prospères  que  la Suisse  et  soutenu que  l'ODM 
n'avait  pas  démontré  en  quoi  le  risque  qu'elle  ne  rentre  pas  dans  son 
pays d'origine à l'issue du séjour en Suisse était réalisé. Elle a fait valoir 
qu'elle n'aurait droit à aucune pension en Suisse, pays dont elle  ignorait 
la  langue  et  les  coutumes,  qu'il  n'était  pas  imaginable  qu'elle  dépende 
financièrement et socialement de sa fille et son beau­fils à moyen terme, 
ni  qu'elle  délaisse  son  époux,  son  petit­fils  et  ses  autres  enfants  en 
Mongolie,  qu'elle  n'était  pas  à  plaindre  financièrement  puisqu'elle  y 
possédait  deux  appartements  (et  non un  seul  comme  l'affirmait  l'ODM). 
Enfin,  elle  a  soupçonné  l'ODM  d'avoir  été  influencé  par  les  refus  des 
précédentes  requêtes  de  visa  qu'elle  avait  déposées.  Elle  a  produit  un 
décompte des honoraires perçus par son représentant. 

Droit :

1.  

1.1. Sous réserve des exceptions prévues à  l'art. 32 de  la  loi du 17  juin 
2005 sur  le Tribunal administratif  fédéral  (LTAF, RS 173.32),  le Tribunal 
administratif fédéral (ci­après : le Tribunal ou le TAF), en vertu de l'art. 31 
LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi 
fédérale  du  20  décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA, 
RS 172.021) prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF.

En  particulier,  les  décisions  en  matière  de  refus  d'autorisation  d'entrée 
prononcées  par  l'ODM  (cf.  art.  33  let. d  LTAF)  sont  susceptibles  de 
recours  au  Tribunal,  qui  statue  définitivement  (cf.  art.  1  al.  2  LTAF  en 
relation avec l'art. 83 let. c ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal 
fédéral [LTF, RS 173.110]).

1.2. A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant le 
TAF est régie par la PA (cf. art. 37 LTAF).

1.3. L'intéressée a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA). Présenté dans 
la  forme  et  les  délais  prescrits  par  la  loi,  le  recours  est  recevable  (cf. 
art. 50 et 52 PA).

2. 
La recourante peut invoquer devant le TAF la violation du droit fédéral, y 

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compris  l'excès  ou  l'abus  du  pouvoir  d'appréciation,  la  constatation 
inexacte ou incomplète des faits pertinents ainsi que l'inopportunité de la 
décision  entreprise,  sauf  lorsqu'une  autorité  cantonale  a  statué  comme 
autorité  de  recours  (cf.  art.  49  PA).  Dans  le  cadre  de  la  procédure  de 
recours, le TAF applique d'office le droit fédéral.

Conformément à l'art. 62 al. 4 PA, l'autorité de recours n'est pas liée par 
les  motifs  invoqués  à  l'appui  du  recours.  Aussi  peut­elle  admettre  ou 
rejeter le pourvoi pour d'autres motifs que ceux invoqués.

3. 
La  politique  des  autorités  suisses  en matière  de  visa  joue  un  rôle  très 
important dans la prévention de l'immigration clandestine (cf. à ce sujet le 
Message  concernant  la  loi  sur  les  étrangers  du  8 mars  2002,  FF  2002 
3493).  Aussi,  elles  ne  peuvent  accueillir  tous  les  étrangers  qui  désirent 
venir dans ce pays, que ce soit pour des séjours de courte ou de longue 
durée  et  peuvent  donc  légitimement  appliquer  une  politique  restrictive 
d'admission (cf. ATF 135 I 143 consid. 2.2 p. 147; ALAIN WURZBURGER, La 
jurisprudence  récente  du  Tribunal  fédéral  en  matière  de  police  des 
étrangers, Revue de Droit administratif et de Droit  fiscal  [RDAF] 1997  I, 
p. 287).

La  législation suisse sur  les étrangers ne garantit aucun droit ni quant à 
l'entrée  en Suisse,  ni  quant  à  l'octroi  d'un  visa. Comme  tous  les  autres 
Etats,  la  Suisse  n'est  en  principe  pas  tenue  d'autoriser  l'entrée  de 
ressortissants  étrangers  sur  son  territoire. Sous  réserve  des  obligations 
découlant  du  droit  international,  il  s'agit  d'une  décision  autonome  (cf. 
Message précité, FF 2002 3531; voir également ATF 135 II 1 consid. 1.1 
p. 4).

4.  

4.1. Les  dispositions  sur  la  procédure  en matière  de  visa  ainsi  que  sur 
l'entrée  en  Suisse  et  la  sortie  de  ce  pays  ne  s'appliquent  que  dans  la 
mesure où les accords d'association à Schengen, qui sont mentionnés à 
l'annexe 1 ch. 1 de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers 
(LEtr,  RS 142.20),  ne  contiennent  pas  de  dispositions  divergentes  (cf. 
art. 2 al. 4 et 5 LEtr).

4.2.  S'agissant  des  conditions  d'entrée  en  Suisse  pour  un  séjour 
n'excédant  pas  trois  mois,  l'art.  2  al.  1  de  l'ordonnance  du  22  octobre 
2008  sur  l'entrée  et  l'octroi  de  visas  (OEV,  RS  142.204)  renvoie  au 

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Règlement  (CE)  no 562/2006  du  Parlement  européen  et  du Conseil  du 
15 mars  2006  établissant  un  code  communautaire  relatif  au 
franchissement  des  frontières  par  les  personnes  (code  frontières 
Schengen [JO L 105 du 13 avril 2006 p. 1­32]), dont l'art. 5 a été modifié 
par le Règlement (UE) no 265/2010 du Parlement européen et du Conseil 
du  25  mars  2010  modifiant  la  convention  d'application  de  l'accord  de 
Schengen  et  le  Règlement  (CE)  no  562/2006  en  ce  qui  concerne  la 
circulation des personnes titulaires d'un visa de  long séjour (JO L 85 du 
31 mars 2010). Les conditions d'entrée ainsi prévues correspondent, pour 
l'essentiel, à celles posées à l'art. 5 LEtr.

4.3. Cela est d'ailleurs corroboré par le Règlement (CE) no 810/2009 du 
Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 établissant un code 
communautaire  des  visas  (code  des  visas  [JO  L  243  du  15 septembre 
2009]), aux termes duquel  il appartient au demandeur de visa de fournir 
des  informations permettant d'apprécier sa volonté de quitter  le  territoire 
des Etats membres avant l'expiration du visa demandé (cf. art. 14 par. 1 
let.  d du code des visas) et  une attention particulière est accordée à  la 
volonté du demandeur de visa de quitter  le territoire des Etats membres 
avant la date d'expiration du visa demandé (cf. art. 21 par. 1 du code des 
visas).

5. 
Le Règlement (CE) no 539/2001 du Conseil du 15 mars 2001 (JO L 81 du 
21  mars  2001,  p.  1­7)  différencie,  en  son  art.  1  par.  1  et  2,  les 
ressortissants  des  Etats  tiers  selon  qu'ils  sont  soumis  ou  non  à 
l'obligation  du  visa. En  tant  que  ressortissante  de Mongolie, A._______ 
est soumise à l'obligation du visa.

6.  

6.1. Dans  la  décision  querellée,  l'ODM  a  refusé  d'autoriser  l'entrée  en 
Suisse  de  la  prénommée  principalement  au  motif  que  son  départ  à 
l'échéance du visa sollicité n'apparaissait pas suffisamment assuré.

6.2. Afin de déterminer si l'étranger présente les garanties nécessaires à 
sa  sortie  de  Suisse,  l'autorité  se  base,  d'une  part,  sur  la  situation 
politique,  sociale  et  économique  prévalant  dans  le  pays  de  provenance 
de  l'intéressé  et,  d'autre  part,  sur  sa  situation  personnelle,  familiale  et 
professionnelle. 

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6.3. En l'occurrence, il ne faut pas perdre de vue que la Mongolie reste un 
pays  pauvre,  dont  le  quart  du  revenu  national  provient  de  dons 
internationaux et le PIB par habitant ne s'élève qu'à USD 1'554 (source : 
www.diplomatie.gouv.fr > Pays­zones géo > Mongolie > Présentation de 
la Mongolie, visité le 21 juin 2011), alors que celui de la Suisse se monte 
à  plus  de  CHF  60'000  (cf.  www.bfs.admin.ch  >  Economie  nationale  > 
Produit  intérieur  brut).  Ces  conditions  économiques  défavorables,  dont 
les  conséquences  se  font  sentir  sur  le  niveau  de  la  qualité  de  vie,  que 
connaît  la  majeure  partie  de  la  population,  peuvent  s'avérer  décisives 
lorsqu'une  personne  prend  la  décision  de  quitter  sa  patrie,  en  ce  sens 
qu'elles ne sont pas sans exercer une pression migratoire importante sur 
la population, cette tendance étant encore renforcée, comme l'expérience 
l'a démontré,  lorsque  la personne concernée peut s'appuyer à  l'étranger 
sur un  réseau social  (parenté, amis) préexistant, comme c'est  le cas en 
l'occurrence.

6.4. Ainsi, on ne saurait d'emblée écarter  les craintes émises par  l'ODM 
que l'intéressée ne cherche à prolonger son séjour en Suisse au­delà de 
la validité du visa sollicité. Cela étant, l'autorité ne saurait se fonder sur la 
seule situation prévalant dans  le pays de provenance de  l'étranger pour 
conclure à l'absence de garantie quant à sa sortie ponctuelle de Suisse, 
mais  doit  également  prendre  en  considération  les  particularités  du  cas 
d'espèce  (cf. ATAF  2009/27  consid. 7  et  8  p. 345).  Si  un  invité  assume 
dans  son  pays  d'origine  d'importantes  responsabilités,  tant  au  plan 
professionnel, social que familial, on pourra établir un pronostic favorable 
quant  à  son  départ  de  Suisse  à  l'issue  de  la  validité  de  son  visa.  Au 
contraire,  si  un  invité n'a pas d'obligations  significatives dans son pays, 
on  considère  comme  élevé  le  risque  d'un  comportement  contraire  aux 
prescriptions de police des étrangers.

6.5. En vue de démontrer que son retour en Mongolie était suffisamment 
assuré,  A._______  a  allégué,  dans  son  mémoire  de  recours  du 
7 décembre 2010, qu'elle y bénéficiait d'une  rente de  retraitée, qu'elle y 
possédait  deux  appartements,  qu'elle  s'occupait  de  son mari malade  et 
qu'hormis sa  fille,  toute sa  famille se  trouvait en Mongolie, à savoir  son 
mari,  ses  deux  fils  et  son  petit­fils.  Ces  dernières  déclarations 
contredisent  toutefois  celles  figurant  dans  sa  lettre  d'opposition  du 
10 août 2010. L'intéressée y expliquait,  en effet,  que son  fils aîné vivait 
aux Etats­Unis  et  que  le  plus  jeune  résidait  et  travaillait  en Corée. Ces 
informations  contradictoires  fournies  par  la  recourante  au  sujet  de  ses 
attaches  familiales,  lesquelles  sont  un  des  facteurs  déterminants  dans 
l'examen de la garantie de la sortie de Suisse, font non seulement douter 

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du but réel du visa sollicité, mais il en résulte aussi que ses trois enfants 
ont  émigré,  ce  qui  laisse  à  penser  qu'ils  ont  cherché  de  meilleures 
conditions de vie ailleurs, compte  tenu de  la situation socio­économique 
peu  favorable  en  Mongolie  (cf.  consid.  6.3  ci­dessus),  ce  que  la 
recourante pourrait, à son tour, être tentée de faire par le biais d'un séjour 
en Suisse. Le dossier contient également des divergences au sujet de la 
durée du séjour envisagé,  la  recourante ayant sollicité un visa pour une 
durée de 60 jours (cf. formulaire de visa signé le 30 mai 2010), tandis que 
dans sa lettre d'invitation du 20 mars 2010, B._______ parle d'un séjour 
de  trois  mois,  précisant  même  les  dates,  à  savoir  du  1er  juin  au 
1er septembre 2010. Au vu de ces éléments contradictoires, force est de 
constater  que  le  but  et  la  durée  du  séjour  de  A._______  ne  sont  pas 
clairement  établis,  de  sorte  que  sa  sortie  de Suisse,  respectivement  de 
l'Espace Schengen, dans les délais n'est pas suffisamment garantie.

7.   

7.1.  Cela  étant,  le  désir  exprimé  par  la  recourante,  au  demeurant 
parfaitement  compréhensible,  de  venir  en  Suisse  rendre  visite  à  sa 
famille ne constitue pas, à lui seul, un motif justifiant l'octroi d'un visa (cf. 
consid.  3  ci­dessus). Certes,  il  peut,  du moins à première  vue,  sembler 
sévère de refuser à une personne l'autorisation d'entrer dans un pays où 
résident des membres de sa famille. Il convient toutefois de souligner que 
cette  situation  ne  diffère  pas  de  celle  de  nombreux  étrangers  dont  la 
parenté  demeure  également  en  Suisse.  En  effet,  au  vu  du  nombre 
important de demandes de visa et du risque que la personne bénéficiant 
d'un  visa  d'entrée  ne  quitte  pas  la  Suisse  au  terme  de  son  séjour,  les 
autorités  ont  été  amenées  à  adopter  une  politique  d'admission  très 
restrictive  et,  par  conséquent,  à  procéder  à  une  sévère  limitation  du 
nombre  d'acceptations  des  requêtes  visant  à  l'octroi  d'une  autorisation 
d'entrée en Suisse (cf. consid. 3 supra). Pareilles considérations ne sont 
ainsi pas sans avoir une incidence importante dans l'appréciation du cas 
particulier.

7.2.  Par  surabondance,  il  convient  encore  de  relever  qu'un  refus 
d'autorisation  d'entrée  dans  l'Espace  Schengen  prononcé  par  les 
autorités  helvétiques  n'a  pas  en  l'occurrence  pour  conséquence 
d'empêcher les intéressés de se voir, ceux­ci pouvant tout aussi bien se 
rencontrer hors de  l'Espace Schengen, malgré  les  inconvénients d'ordre 
pratique ou de convenance personnelle que cela pourrait engendrer. 

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7.3. Enfin, dans  la mesure où  le  recours doit être  rejeté pour  les motifs 
exposés  ci­dessus,  le  Tribunal  peut  se  dispenser  d'examiner  si  les 
invitants disposent ou non des moyens financiers nécessaires à prendre 
en charge les frais de séjour de l'invitée.

8. 
Se référant à un arrêt du Tribunal, la recourante invoque une inégalité de 
traitement.  Il suffit de relever à ce sujet que d'une part,  l'état de fait à  la 
base  de  l'arrêt  cité  diffère  fondamentalement  de  la  situation  du  cas 
présent  (nationalité,  âge,  situation  personnelle  des  requérants)  et  que, 
d'autre part, la législation sur les étrangers ne garantit aucun droit quant à 
l'octroi  d'un  visa  et  que  les  autorités  helvétiques  doivent  examiner  en 
fonction  des  circonstances  particulières  de  chaque  requête  le  risque 
résultant du  fait que  la personne bénéficiant d'un visa d'entrée ne quitte 
pas  la  Suisse,  voire  l'Espace  Schengen  au  terme  de  son  séjour. 
Lorsqu'ils  statuent  en  tenant  compte  de  l'ensemble  des  circonstances, 
comme tel a été le cas en l'espèce,  l'ODM et  le Tribunal établissent des 
distinctions  qui  se  justifient  pleinement,  de  sorte  qu'on ne  saurait  y  voir 
une violation de l'égalité de traitement ou de l'interdiction de l'arbitraire. 

9. 
Compte  tenu  de  ce  qui  précède,  il  appert  que,  par  sa  décision  du 
8 novembre 2010, l'ODM n'a ni violé le droit fédéral, ni constaté des faits 
pertinents  de manière  inexacte  ou  incomplète ;  en  outre,  cette  décision 
n'est pas inopportune (art. 49 PA). 

En conséquence, le recours est rejeté.

10. 
Vu  l'issue de  la cause,  il  y a  lieu de mettre  les  frais de procédure, d'un 
montant  de  Fr.  600.­,  à  la  charge  de  la  recourante,  conformément  à 
l'art. 63  al.  1  PA  en  relation  avec  l'art.  1  et  l'art.  3  du  règlement  du 
21 février  2008  concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le 
Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2).

(dispositif page suivante) 

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Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce :

1. 
Le recours est rejeté. 

2. 
Les frais de procédure, d'un montant de Fr. 600.­, sont mis à la charge de 
la  recourante. Ce montant est compensé par  l'avance de  frais versée  le 
20 décembre 2010.

3. 
Le présent arrêt est adressé :

– à la recourante (Recommandé)
– à l'autorité inférieure (avec dossier n° de réf. 6683471.2)
– au  Service  de  la  population  du  canton  de  Vaud  (en  copie,  pour 

information ; avec dossier cantonal en retour)

Le président du collège : La greffière :

Jean­Daniel Dubey Aurélia Chaboudez

Expédition :