# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 49a7f7e9-0cdd-50eb-a72d-27a7afdc00f2
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-11-17
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Schuldbetreibungs- und Konkurskammer 17.11.2021 105 2021 92
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_003_105-2021-92_2021-11-17.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00
tribunalcantonal@fr.ch
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

105 2021 92

Arrêt du 17 novembre 2021
Chambre des poursuites et faillites

Composition Présidente : Catherine Overney
Juges : Dina Beti, Markus Ducret
Greffier-rapporteur : Ludovic Farine

Parties A.________

et

B.________

plaignants

contre

L'OFFICE DES POURSUITES DE LA GRUYÈRE, autorité intimée

Objet Minimum d'existence (art. 93 LP)

Plainte du 27 octobre 2021 contre la décision de saisie de salaire du 
26 octobre 2021

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considérant en fait

A. A.________ est marié à B.________. Le couple a trois enfants : C.________, née en 2000 et 
aujourd'hui majeure, D.________, né en 2003, et E.________, né en 2014.

A.________ fait l'objet de nombreuses poursuites. Le 4 octobre 2021, l'Office des poursuites de la 
Gruyère (ci-après : l'OP Gruyère) a saisi sur ses indemnités SUVA, dès le 1er octobre 2021, tout 
montant dépassant son minimum vital arrêté à CHF 2'963.75. Par décision du 26 octobre 2021, cette 
saisie a été modifiée en raison de la fin de formation de l'enfant C.________ ; désormais, soit dès 
le 1er  novembre 2021, est saisi tout montant dépassant le minimum vital arrêté à CHF 2'450.-.

B. Par courrier du 27 octobre 2021, A.________ et B.________ ont déposé plainte contre la 
décision de saisie du 26 octobre 2021. Ils exposent que leur fille C.________ vit toujours chez eux 
et n'a pour le moment aucun revenu, et qu'ils ne parviennent pas à assumer leurs charges avec le 
montant qui leur est laissé. Ils demandent de trouver une solution. 

Dans sa détermination du 8 novembre 2021, l'autorité intimée conclut au rejet de la plainte.

en droit

1.

1.1. Sauf dans les cas où la loi prescrit la voie judiciaire, il peut être porté plainte à l'autorité de 
surveillance lorsqu'une mesure de l'office est contraire à la loi ou ne paraît pas justifiée en fait (art. 17 
al. 1 LP). La plainte doit être déposée dans les dix jours de celui où le plaignant a eu connaissance 
de la mesure (art. 17 al. 2 LP).

En l'espèce, la plainte du 27 octobre 2021 a été formée en temps utile, la décision attaquée étant 
datée du 26 octobre 2021.

1.2. Selon l'art. 7 al. 1 de la loi fribourgeoise du 12 février 2015 d'application de la législation 
fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite (LALP ; RSF 28.1), la plainte doit être formulée par 
écrit et motivée. Au surplus, l'art. 9 al. 1 LALP dispose que la procédure est régie par le code de 
procédure et de juridiction administrative du 23 mai 1991 (CPJA ; RSF 150.1). Aux termes de l'art. 81 
al. 1 CPJA, le mémoire contient, sous peine d'irrecevabilité, les conclusions du recourant et ses 
motifs.

Dans le cas particulier, les plaignants motivent brièvement leur plainte. Celle-ci ne contient certes 
pas de conclusions formelles, mais l'on comprend que les époux A.________ et B.________, qui ne 
sont pas assistés d'un avocat, demandent la suppression de toute saisie, ou au moins l'abaissement 
de la retenue qui a été imposée. Dans ces circonstances, il faut considérer que la plainte remplit les 
exigences minimales de recevabilité, sous réserve de ce qui suit.

1.3. B.________ n'est pas visée par la décision de saisie. Si sa situation financière est prise en 
compte, c'est parce que la jurisprudence impose de répartir proportionnellement les charges de la 
famille entre les époux (infra, consid. 2.1). Elle n'a, par conséquent, pas la qualité pour déposer 
plainte et, en tant qu'elle émane d'elle, la plainte est donc irrecevable.

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2.

2.1. L'art. 93 al. 1 LP dispose que les revenus du travail, notamment, peuvent être saisis, 
déduction faite de ce que le préposé estime indispensable au débiteur et à sa famille. L'office des 
poursuites – qui a une marge d'appréciation – doit se référer aux lignes directrices pour le calcul du 
minimum d'existence en matière de poursuite (minimum vital), celui-ci devant être fixé en fonction 
des circonstances de fait existant lors de l'exécution de la saisie. Si des changements interviennent 
en cours de saisie, le débiteur ou le créancier doivent demander à l'office des poursuites une révision 
de situation au sens de l'art. 93 al. 3 LP (BSK SchkG I – VON DER MÜHLL, 2ème éd. 2010, art. 93 
n. 17). Lorsque le poursuivi vit en ménage commun avec son conjoint qui dispose aussi d'un revenu, 
il y a lieu de procéder à une répartition proportionnelle des charges de la famille entre les revenus 
des deux époux (ATF 116 III 75 consid. 2a ; arrêt TF 5A_306/2018 du 19 septembre 2018 
consid. 3.4). De plus, si l'office doit certes établir d'office la situation financière, le débiteur est tenu 
de collaborer en apportant les éléments de fait importants et en fournissant les preuves à sa 
disposition (BSK SchkG I – VON DER MÜHLL, art. 93 n. 16) ; le poursuivi doit ainsi établir qu'il paie 
effectivement les charges alléguées, en produisant des justificatifs de paiement (CR LP – OCHSNER, 
2005, art. 93 n. 82 ; ATF 121 III 20 consid. 3b ; arrêt TF 5A_661/2013 du 15 janvier 2014 consid. 5.2).

2.2. En l'espèce, la décision du 26 octobre 2021 retient la situation suivante :

Débiteur Conjoint Total

Revenu net CHF 3'457.20 CHF 3'237.90 CHF 6'695.10
% des revenus 51.64 % 48.36 %

Base mensuelle CHF   877.84 CHF   822.16 CHF 1'700.- (MV)
Suppl. enf. < 10 ans CHF   206.55 CHF   193.45 CHF   400.- (E.________)
Suppl. enf. > 10 ans CHF   309.82 CHF   290.18 CHF   600.- (D.________)
Charges communes CHF 1'043.08 CHF   976.92 CHF 2'020.- (loyer)
Charges propres payées CHF      77.45 CHF     72.55 CHF   150.- (rech. emploi)
Charges enfant CHF      18.41 CHF     17.26 CHF     35.67
Contr. enf. mineur          – CHF    110.07        – CHF    103.10          – CHF   213.17
Minimum d'existence CHF 2'423.10 CHF 2'269.40
augmentation       CHF      26.90
(non contestée)

Il est précisé que les primes d'assurance-maladie de la famille n'ont pas été prises en compte, car 
elles ne sont pas payées.

2.3. Le plaignant reproche à l'OP Gruyère d'avoir augmenté la saisie par rapport à la décision 
antérieure, alors que son épouse est au chômage et que sa fille, qui a certes fini sa formation, vit 
toujours avec eux et n'a pas de revenu.

Il oublie toutefois que, lorsqu'il impose une saisie, l'office doit calculer celle-ci en fonction des 
circonstances concrètes, ce qui implique de tenir compte de différents paramètres, dont le montant 
du salaire ne constitue qu'un élément. Il n'est donc pas possible de déterminer la saisie par rapport 
au seul revenu, puisque le salaire éventuel du conjoint et les charges actuelles de la famille entière 
doivent aussi être pris en compte. Dans ces circonstances, il n'est ainsi pas exclu que la retenue 

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soit plus élevée que lors d'une saisie précédente, alors que le revenu du poursuivi et de sa conjointe 
ont par hypothèse un peu diminué.

En ce qui concerne la fille majeure C.________, qui a terminé sa formation, elle n'est plus considérée 
comme étant à la charge de ses parents (arrêt TC FR 105 2018 180 du 19 janvier 2019 consid. 2.4). 
C'est dès lors à juste titre que l'autorité intimée a fait abstraction de ses charges, quand bien même 
elle vit encore chez ses parents.

2.4. En ce qui concerne les autres postes du minimum vital, A.________ ne les critique pas. Il ne 
fait notamment pas valoir que ce serait à tort que les primes d'assurance-maladie n'ont pas été 
prises en compte.

De plus, selon la doctrine, l'enfant qui a un salaire est en mesure de consacrer le tiers de ce revenu 
à son propre entretien (BSK SchkG I – VON DER MÜHLL, art. 93 n. 35). En l'espèce, la décision 
querellée retient une participation de D.________ de CHF 213.17, soit 1/3 de son revenu d'apprenti 
de CHF 639.50, et tient compte parallèlement, dans les charges de ses parents, de son minimum 
vital LP (CHF 600.-) et d'un montant de CHF 35.67. En effet, ce montant est celui qui manque à 
l'enfant pour assumer, avec son salaire, la participation précitée et ses frais d'acquisition du revenu, 
à savoir CHF 217.- pour les repas à l'extérieur et CHF 245.- pour les frais de déplacement. Ce mode 
de procéder ne prête pas le flanc à la critique et n'est, du reste, pas remis en cause.

2.5. Au vu de ce qui précède, la décision de l'OP Gruyère de saisir tout montant dépassant le 
minimum vital du débiteur, arrêté à CHF 2'465.-, est conforme au droit. Certes, en raison de la saisie, 
toute la famille se trouve réduite au minimum vital LP strict et doit se serrer la ceinture. Toutefois, la 
loi garantit au débiteur la possibilité de mener une existence décente, mais ne le protège pas contre 
la perte des commodités de la vie (arrêt TF 5A_35/2015 du 13 janvier 2016 consid. 5.1). On précisera 
cependant qu'en l'espèce, toute la différence entre le revenu du plaignant et son minimum 
d'existence est saisi, mais qu'en ce qui concerne son épouse, elle conserve – sauf si elle fait elle-
même l'objet d'une saisie de revenus – toute la différence entre son propre salaire et son minimum 
d'existence, soit près de CHF 1'000.- par mois. 

Il s'ensuit le rejet de la plainte.

3.

Il n'est pas perçu de frais (art. 20a al. 2 ch. 5 LP), ni alloué de dépens (art. 62 al. 2 de l'ordonnance 
du 23 septembre 1996 sur les émoluments perçus en application de la loi fédérale sur la poursuite 
pour dettes et la faillite [OELP ; RS 281.35]).

(dispositif en page suivante)

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la Chambre arrête :

I. La plainte est rejetée, dans la mesure de sa recevabilité.

Partant, la décision de saisie de salaire prononcée le 26 octobre 2021 à l'encontre de 
A.________ est confirmée.

II. Il n'est pas perçu de frais, ni alloué de dépens.

III. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral dans les dix jours qui 
suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 
par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). L'acte de recours 
motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 17 novembre 2021/lfa

La Présidente : Le Greffier-rapporteur :