# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 48d6c03d-f687-5b63-b674-a0f0e17377c7
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2016-04-25
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 25.04.2016 D-274/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-274-2016_2016-04-25.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour IV 

D-274/2016 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  2 5  a v r i l  2 0 1 6  

Composition 
 Gérard Scherrer (président du collège),  

William Waeber, Thomas Wespi, juges; 

Michel Jaccottet, greffier. 

   

Parties 
 A._______,  

née le (…), 

agissant pour elle-même et son enfant 

B._______,  

né le (…), 

Erythrée,  

recourante,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile (non-entrée en matière / procédure Dublin) et renvoi; 

décision du SEM du 30 décembre 2015 / N (…). 

 

 

 

D-274/2016 

Page 2 

Vu 

la demande d'asile déposée en Suisse par A._______, agissant pour elle-

même et son enfant B._______, en date du 16 juin 2015, 

le procès-verbal de l'audition du 29 juin 2015, lors de laquelle elle a déclaré 

avoir quitté son pays d'origine en février 2015 pour se rendre en Ethiopie, 

au Soudan, en Libye et en Italie où elle serait arrivée le 6 juin 2015, avant 

de rejoindre la Suisse neuf jours plus tard, 

la demande de prise en charge adressée aux autorités italiennes 

compétentes en date du 3 juillet 2015, restée sans réponse dans le délai 

utile, 

l'acceptation de cette demande par les autorités italiennes, le 24 novembre 

2015, 

la décision du 30 décembre 2015, notifiée huit jours plus tard, par laquelle 

le SEM, en application de l'art. 31a let. b de la loi du 26 juin 1998 sur l'asile 

(LAsi, RS 142.31), n'est pas entré en matière sur la demande d'asile de 

l'intéressée, a prononcé son transfert et celui de son enfant vers l'Italie et 

ordonné l'exécution de cette mesure,  

le recours du 14 janvier 2016, assorti de demandes d'octroi de l'effet 

suspensif et d'assistance judiciaire, et concluant à l'annulation de ladite 

décision et à l'entrée en matière sur la demande d'asile,  

la décision incidente du 20 janvier 2016, par laquelle le Tribunal 

administratif fédéral (le Tribunal) a octroyé l'effet suspensif au recours, 

renoncé à percevoir une avance de frais et informé la recourante qu'il 

statuerait ultérieurement sur la demande d'assistance judiciaire, 

le courrier de la recourante du 22 janvier 2016, 

 

et considérant 

que le Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF (RS 173.32), connaît des recours 

contre les décisions au sens de l'art. 5 PA (RS 172.021) prises par les 

autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF, 

D-274/2016 

Page 3 

qu'en particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile 

peuvent être contestées devant le Tribunal, lequel statue alors 

définitivement, sauf demande d'extradition déposée par l'Etat dont le 

requérant cherche à se protéger (art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi 

de l'art. 105 LAsi, et art. 83 let. d ch. 1 LTF [RS 173.110]), exception non 

réalisée en l'espèce, 

que le Tribunal est donc compétent pour connaître du présent recours, 

que l'intéressée a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA), 

que présenté dans la forme (cf. art. 52 al. 1 PA) et le délai (cf. art. 108 al. 2 

LAsi) prescrits par la loi, le recours est recevable, sous réserve de ce qui 

suit, 

qu'à l'encontre d'une décision de non-entrée en matière et de transfert 

fondée sur l'art. 31a al. 1 let. b LAsi et le règlement (UE) no 604/2013 du 

Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères 

et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de 

l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un 

des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride 

(refonte) (JO L 180/31 du 29.6.2013, ci-après: règlement Dublin III), le 

recourant peut invoquer, en vertu de l'art. 106 al. 1 LAsi, la violation du droit 

fédéral, notamment l'abus ou l'excès dans l'exercice du pouvoir 

d'appréciation (let. a), et l'établissement inexact ou incomplet de l'état de 

fait pertinent (let. b), 

qu'il ne peut pas invoquer l'inopportunité de la décision attaquée (cf. ATAF 

2015/9 consid. 8.2.2), 

que le Tribunal limite son examen à la question du bien-fondé d'une telle 

décision de non-entrée en matière (cf. ATAF 2014/39 consid. 2. et réf. cit.), 

de sorte que, dans le recours, l'intéressé ne peut que conclure à 

l'annulation de la décision attaquée et à l'entrée en matière sur sa 

demande, 

que toute autre ou plus ample conclusion est irrecevable, 

qu'est donc irrecevable, d'un point de vue purement formel, la conclusion 

visant à faire constater la violation par le SEM des art. 3 et 8 CEDH,  

qu'il s'agit là, du reste, d'une motivation et non d'une conclusion, 

D-274/2016 

Page 4 

que, cela étant, il y a lieu de déterminer si le SEM était fondé à faire 

application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, disposition en vertu de laquelle il 

n'entre pas en matière sur une demande d'asile lorsque le requérant peut 

se rendre dans un Etat tiers compétent, en vertu d'un accord international, 

pour mener la procédure d'asile et de renvoi, 

qu'avant de faire application de la disposition précitée, le SEM examine la 

compétence relative au traitement d'une demande d'asile selon les critères 

fixés dans le règlement Dublin III; cf. art. 1 et 29a al. 1 de l'ordonnance 1 

sur l'asile du 11 août 1999 [OA 1, RS 142.311] dans sa nouvelle version, 

entrée en vigueur le 1er juillet 2015, conforme à la modification du 12 juin 

2015 [RO 2015 1848 spéc. 1854]),  

que, s'il ressort de cet examen qu'un autre Etat est responsable du 

traitement de la demande d'asile, le SEM rend une décision de non-entrée 

en matière après que l'Etat requis a accepté la prise ou la reprise en charge 

du requérant d'asile, 

qu'aux termes de l'art. 3 par. 1 du règlement Dublin III, une demande de 

protection internationale est examinée par un seul Etat membre, celui-ci 

étant déterminé selon les critères fixés à son chapitre III, 

que la procédure de détermination de l'Etat responsable est engagée, 

aussitôt qu'une demande d'asile a été déposée pour la première fois dans 

un Etat membre (art. 20 par. 1 du règlement Dublin III),  

que dans une procédure de prise en charge (anglais: take charge), les 

critères énumérés au chapitre III du règlement (art. 8-15) doivent être 

appliqués successivement (principe de l'application hiérarchique des 

critères de compétence; art. 7 par. 1 du règlement Dublin III),  

que pour ce faire, il y a lieu de se baser sur la situation existant au moment 

du dépôt de la première demande dans un Etat membre (art. 7 par 2 du 

règlement Dublin III; ATAF 2012/4 consid. 3.2; FILZWIESER/SPRUNG, 

Dublin III-Verordnung, Das Europäische Asylzuständigkeitssystem, état au 

1er février 2014, Vienne 2014, pt. 4 sur l'art. 7),  

que, lorsqu'aucun Etat membre responsable ne peut être désigné sur la 

base de ces critères, le premier Etat membre auprès duquel la demande 

de protection internationale a été introduite est responsable de l'examen 

(art. 3 par. 2 1er alinéa du règlement Dublin III),  

D-274/2016 

Page 5 

qu'en vertu de l'art. 3 par. 2 du règlement Dublin III, lorsqu’il est impossible 

de transférer un demandeur vers l’Etat membre initialement désigné 

comme responsable parce qu’il y a de sérieuses raisons de croire qu’il 

existe dans cet Etat membre des défaillances systémiques dans la 

procédure d’asile et les conditions d’accueil des demandeurs, qui 

entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de 

l’art. 4 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne 

(JO C 364/1 du 18.12.2000), l’Etat procédant à la détermination de l’Etat 

responsable poursuit l’examen des critères fixés au chapitre III afin d’établir 

si un autre Etat peut être désigné comme responsable, 

que, lorsqu’il est impossible de transférer le demandeur vers un Etat 

désigné sur la base de ces critères ou vers le premier Etat auprès duquel 

la demande a été introduite, l’Etat membre procédant à la détermination 

devient l’Etat responsable, 

que, sur la base de l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III (clause de 

souveraineté), chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande 

de protection internationale qui lui est présentée par le ressortissant d'un 

pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu 

des critères fixés dans le règlement,  

que le SEM doit admettre la responsabilité de la Suisse pour examiner une 

demande de protection internationale qui lui est présentée lorsque le 

transfert envisagé vers l'Etat membre désigné responsable par lesdits 

critères viole des obligations de la Suisse relevant du droit international 

public,  

qu'il peut admettre cette responsabilité pour des raisons humanitaires au 

sens de l'art. 29a al. 3 OA 1 (cf. ATAF 2015/9 consid. 8.2), 

qu'en l'occurrence, le 3 juillet 2015, le SEM a soumis aux autorités 

italiennes compétentes, dans le délai fixé à l'art. 21 par. 1 du règlement 

Dublin III une requête aux fins de prise en charge, fondées sur l'art. 13  

par. 1 du règlement Dublin III, l'intéressée ayant déclaré être entrée 

illégalement en Italie et y avoir séjourné avant sa venue en Suisse,  

que, n'ayant pas répondu à cette demande dans le délai prévu par l'art. 22 

par. 1 du règlement Dublin III, l'Italie est réputée l'avoir acceptée et, 

partant, avoir reconnu sa compétence pour traiter la demande d'asile de 

l'intéressée (cf. art. 22 par. 7 du règlement Dublin III), 

D-274/2016 

Page 6 

que la compétence de l'Italie pour mener la procédure d'asile introduite en 

Suisse est ainsi acquise,  

que la recourante, invoquant l'application de l'art. 8 CEDH (RS 0.101), 

s'oppose à son transfert en Italie, au motif qu'elle est enceinte des œuvres 

d'un requérant d'asile en Suisse (reconnu réfugié au bénéfice de 

l'admission provisoire par décision du SEM du 4 février 2016), avec lequel 

elle entretiendrait une relation réelle et sincère,  

que, toutefois, la recourante n'a ni allégué ni produit de moyens de preuve 

susceptibles de démontrer la reconnaissance de l'enfant à naître par le 

prétendu père, ou les démarches entreprises dans ce but,  

qu'ils n'ont jamais vécu et ne vivent pas en communauté familiale, 

que l'effectivité d'une relation avec cette personne ne repose que sur ses 

propres allégations, 

qu'ainsi, l'art. 8 CEDH ne trouve nullement application en l'espèce,  

que, cela étant, la recourante allègue que l'Italie présente des défaillances 

systémiques dans ses conditions d'accueil, au point que les gens sont 

exposés à des conditions inhumaines et dégradantes, sans accès aux 

services de base, tels que l'hébergement et l'alimentation quotidienne,  

que par conséquent, elle sollicite implicitement l'application de la clause de 

souveraineté, prévue à l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III, 

que l'Italie est liée à la CharteUE et est signataire de la Convention du 

28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés (RS 0.142.30, ci-après : Conv. 

réfugiés), de la Convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits 

de l’homme et des libertés fondamentales (CEDH, RS 0.101) et de la 

Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou 

traitements cruels, inhumains ou dégradants (RS 0.105 , ci-après : Conv. 

torture), 

que l'Italie est également liée par la directive no 2013/32/UE du Parlement 

européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative à des procédures 

communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale [refonte] 

(JO L 180/60 du 29.6.2013, ci-après : directive Procédure) et la directive 

no 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 

établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la 

D-274/2016 

Page 7 

protection internationale [refonte] (JO L 180/96 du 29.6.2013, ci-après : 

directive Accueil), 

que ces directives qui ont abrogé et remplacent les anciennes directives 

no 2005/85/CE (cf. art. 53 directive Procédure) et no 2003/9/CE (cf. art. 32 

directive Accueil) avec effet au 21 juillet 2015, peuvent être invoquées, 

dans leurs dispositions inconditionnelles et suffisamment précises, par les 

particuliers devant les juridictions nationales italiennes à partir de cette 

date (cf. CJUE, arrêt du 24 novembre 2011, ASNEF c. Administración del 

Estado, C-468/10 et 469/10, par. 51),  

que, dans ces conditions, l'Italie est présumée respecter la sécurité des 

demandeurs d'asile, en particulier leur droit à l'examen, selon une 

procédure juste et équitable, de leur demande, et leur garantir une 

protection conforme au droit international et au droit européen,  

que cette présomption de sécurité n'est pas irréfragable, 

qu'en effet, les Etats demeurent néanmoins responsables, au regard de la 

CEDH, de tous les actes et omissions de leurs organes qui découlent du 

droit interne ou de la nécessité d'observer les obligations juridiques 

internationales (cf. arrêt de la CourEDH M.S.S. c. Belgique et Grèce du 

21 janvier 2011, requête n° 30696/09, § 338), 

qu'en premier lieu, cette présomption doit être écartée d'office en présence, 

dans l'Etat de destination du transfert, d'une défaillance systémique 

("systemic failure") comme dans l'affaire M.S.S. c. Belgique et Grèce de 

nature à engendrer, de manière prévisible, l'existence d'un risque réel de 

mauvais traitement de la personne concernée par le transfert (cf. décision 

de la CourEDH K. Daytbegova et M. Magomedova c. Autriche du 4 juin 

2013, requête n° 6198/12, § 61 et § 66 ; arrêt précité M.S.S. c. Belgique et 

Grèce §§ 338 ss ; arrêt de la Cour EDH R.U. c. Grèce du 7 juin 2011, 

requête n° 2237/08, §§ 74 ss), ce qui est le cas en présence d'une pratique 

avérée de violation des normes minimales de l'Union européenne (cf. 

ATAF 2010/45 consid. 7.5), 

qu'il est notoire que les autorités italiennes connaissent de sérieux 

problèmes relatifs à leur capacité d'accueil de nouveaux requérants d'asile, 

qu'à la différence de la situation prévalant en Grèce, on ne saurait 

cependant considérer qu'il apparaît au grand jour – sur la base de positions 

répétées et concordantes du Haut Commissariat des Nations Unies pour 

D-274/2016 

Page 8 

les réfugiés (HCR), du Commissaire des droits de l'homme du Conseil de 

l'Europe, ainsi que de nombreuses organisations internationales non 

gouvernementales – que la législation sur le droit d'asile n'est pas 

appliquée en Italie, ni que la procédure d'asile y est caractérisée par des 

défaillances systémiques d'une ampleur telle que les demandeurs d'asile 

n'ont pas de chances de voir leur demande sérieusement examinée par les 

autorités italiennes, ni qu'ils ne disposent pas d'un recours effectif, ni qu'ils 

ne sont pas protégés in fine contre un renvoi arbitraire vers leur pays 

d'origine (cf. arrêts de la CourEDH Tarakhel contre Suisse du 

4 novembre 2014, requête n° 29217/12, par. 106-115 ; M.S.S. contre 

Belgique et Grèce du 21 janvier 2011, requête n° 30696/09), ni que les 

manques affectant les conditions d'accueil des demandeurs entraînent un 

risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'art. 4 de la Charte 

UE (cf. art. 3 par. 2 2ème phrase du règlement Dublin III), 

qu'en conséquence, en l'absence d'une pratique avérée de violation 

systématique des normes communautaires minimales en la matière, 

le respect par l'Italie de ses obligations concernant les droits des 

requérants d'asile sur son territoire est présumé (cf. ATAF 2010/45 consid. 

7.4 et 7.5 ; voir aussi décision de la CourEDH Samsam Mohammed 

Hussein et autres c. les Pays-Bas et l’Italie du 2 avril 2013, n°  27725/10, § 

78), 

qu'en second lieu, la présomption de sécurité peut être renversée en 

présence d'indices sérieux que, dans le cas concret, les autorités de cet 

Etat ne respecteraient pas le droit international public contraignant 

(cf. ATAF 2010/45 consid. 7.4 et 7.5), 

que sur la question de la garantie en vue d'un transfert de personnes 

vulnérables en Italie, le Tribunal, en reprenant les exigences posées par la 

CourEDH dans l'arrêt Tarakhel cité, a rendu un arrêt selon lequel les 

autorités suisses ne peuvent pas procéder à un transfert d'une famille, sans 

avoir préalablement obtenu de la part des autorités italiennes une garantie 

individuelle concernant, d'une part, une prise en charge adaptée à l'âge 

des enfants et, d'autre part, la préservation de l'unité familiale (cf. ATAF 

2015/4), 

que le Tribunal a indiqué que l'existence de garanties de la part de l'Italie 

d'un hébergement conforme aux besoins particuliers des enfants et au 

respect de l'unité familiale n'était pas une simple modalité de mise en 

œuvre du transfert, mais une condition matérielle de la conformité du 

D-274/2016 

Page 9 

transfert aux engagements de la Suisse relevant du droit international 

public contraignant (cf.  ATAF 2015/4),   

qu'une telle condition matérielle est donc soumise à un contrôle 

juridictionnel, 

que ce contrôle ne saurait être considéré comme valablement exercé s'il 

doit se limiter à reconnaître de manière toute générale la licéité d'un futur 

transfert sous réserve du respect des conditions qu'il doit remplir, pour être 

conforme au droit international public contraignant, 

qu'en l'espèce, dans leur réponse, certes tardive, les autorités italiennes 

ont mentionné les coordonnées ainsi que les dates de naissance de 

l'intéressée et de son fils, 

qu'elles les ont également reconnus comme famille ("nucleo familiare"), 

que l'Italie a, par circulaires des 2 février et 8 juin 2015, informé les Etats 

membres que toute famille avec enfants sera prise en charge dans un 

hébergement conforme à leurs besoins particuliers et dans le respect de 

l'unité familiale, 

que par ailleurs, elle a établi une liste de programmes de structures 

d'accueil relevant du Système de protection pour requérants d'asile et 

réfugiés (SPRAR), auprès desquels des places ont été réservées pour 

l'hébergement de familles avec enfants mineurs, devant être transférées 

en Italie en application du règlement Dublin III, 

que les autorités italiennes ont indiqué dans leur réponse du 24 novembre 

2015 que le transfert de l'intéressée devait se faire à l'aéroport de 

C._______, 

que l'assignation à une structure d'accueil concrète relève de la 

compétence des autorités italiennes au moment de l'arrivée sur territoire 

italien, 

que par conséquent, la présomption selon laquelle l'Italie offre des 

garanties individuelles et suffisamment concrètes à une prise en charge 

adaptée à l'âge des enfants et à la préservation de l'unité familiale, n'est 

pas renversée (cf. arrêt du Tribunal administratif fédéral D-6358/2015 du  

7 avril 2016 et réf. cit. [destiné à la publication]),  

D-274/2016 

Page 10 

que rien au dossier ne permet de conclure que A._______, enceinte de (…) 

mois, ne serait pas en mesure de voyager ou que son transfert en Italie 

représenterait un danger concret pour sa santé ou celle de son enfant à 

naître, et serait illicite, 

qu'en outre, l'Italie, qui est lié par la directive Accueil, doit faire en sorte que 

les demandeurs d'asile reçoivent les soins médicaux nécessaires qui 

comportent, au minimum, les soins urgents et le traitement essentiel des 

maladies et des troubles mentaux graves, et fournir l'assistance médicale 

ou autre nécessaire aux demandeurs ayant des besoins particuliers en 

matière d'accueil, y compris, s'il y a lieu, des soins de santé mentale 

appropriés (cf. art. 19 par. 1 et 2 de ladite directive), 

que rien non plus ne permet d'admettre que l'Italie refuserait ou renoncerait 

à une prise en charge médicale adéquate dans le cas de la recourante, en 

particulier après que cette dernière y aura introduit une demande d'asile, 

que, si nécessaire, il incombera aux autorités suisses chargées de 

l'exécution du transfert de transmettre aux autorités italiennes les 

renseignements permettant une telle prise en charge (cf. art. 31 et 32 du 

règlement Dublin III),  

que la présomption de sécurité attachée au respect par l'Italie de ses 

obligations tirées du droit international public contraignant et du droit 

européen n'étant pas renversée, une vérification plus approfondie et 

individualisée des risques dans cet Etat de destination n'est pas nécessaire 

(cf. FRANCESCO MAIANI / CONSTANTIN HRUSCHKA, Le partage des 

responsabilités, entre confiance mutuelle et sécurité des demandeurs 

d'asile, in Asyl 2/11 p. 14), 

que l'Italie demeure dès lors l'Etat responsable de l'examen de la demande 

d'asile de la recourante au sens du règlement Dublin III et est tenue - en 

vertu de l'art. 13 par. 1 dudit règlement - de prendre en charge l'intéressée 

et son enfant, dans les conditions prévues aux art. 21, 22 et 29, 

que la jurisprudence belge citée à l'appui du recours ne saurait remettre en 

cause cette appréciation, le Tribunal n'étant pas lié par les décisions 

d'autorités étrangères, 

que l'intéressée n'a pas fait valoir d'éléments qui auraient pu nécessiter du 

SEM un examen plus détaillé de sa demande sous l'angle des raisons 

humanitaires, 

D-274/2016 

Page 11 

que le SEM, qui a motivé sa décision en tenant compte de tous les éléments 

allégués par l'intéressée et qui n'a pas fait preuve d'arbitraire dans son 

appréciation, ni violé le principe de la proportionnalité ou de l'égalité de 

traitement, a exercé correctement son pouvoir d'appréciation, en regard de 

l'art. 29a al. 3 OA 1,  

que le Tribunal ne peut plus, en la matière, substituer son appréciation à 

celle de l'autorité inférieure, son contrôle se limitant à vérifier si celle-ci a 

exercé son pouvoir et si elle l'a fait conformément à la loi (cf. ATAF 2015/9 

consid. 8), 

que, dans ces conditions, c'est à bon droit que le SEM n'est pas entré en 

matière sur la demande d'asile de l'intéressée (cf. art. 31a al. 1 let. b LAsi),  

qu'au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté, 

que, vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la 

charge de la recourante, conformément à l'art. 63 al. 1 PA et aux art. 2 et 

3 let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et 

indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2), 

que, toutefois, dans la mesure où les conclusions du recours n'étaient pas 

vouées à l'échec, la demande d'assistance judiciaire partielle doit être 

admise, de sorte qu'il y a lieu de statuer sans frais (cf. art. 110a al. 2  LAsi 

et art. 65 al. 1PA), 

que la demande d'assistance judiciaire totale est rejetée, la présente cause 

ne comportant aucune difficulté particulière qui aurait rendu nécessaire 

l'assistance d'un mandataire ayant des connaissances spécifiques en droit 

(65 al. 2 PA), 

 

(dispositif page suivante) 

  

 

  

D-274/2016 

Page 12 

le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté, dans la mesure où il est recevable. 

2.  

Il n'est pas perçu de frais de procédure. 

3.  

La requête d'assistance judiciaire totale est rejetée. 

4.  

Le présent arrêt est adressé à la recourante, au SEM et à l'autorité 

cantonale. 

 

Le président du collège : Le greffier : 

  

Gérard Scherrer Michel Jaccottet 

 

 

Expédition :