# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** d339a87b-a42e-5986-82d6-e341c06ca10e
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2015-11-16
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 16.11.2015 SK.2016.18
**Docket/Reference:** SK.2016.18
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_SK-2016-18_2015-11-16

## Full Text

Participation à une organisation criminelle (art. 260ter CP);;Participation à une organisation criminelle (art. 260ter CP);;Participation à une organisation criminelle (art. 260ter CP);;Participation à une organisation criminelle (art. 260ter CP)

Jugement du 16 novembre 2016 
Cour des affaires pénales 

Composition  

Les juges pénaux fédéraux Jean-Luc Bacher, président, 

Walter Wüthrich et David Glassey     

la greffière Marion Eimann  

Parties  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION, 

représenté par Jean-Luc Reymond, Procureur fédéral 

extraordinaire, 

 

 

contre 

  

A., défendu d'office par Maître François Roux,  

Objet 

 

Organisation criminelle (art. 260ter CP) et recel  

(art. 160 CP) 

  

B u n d e s s t r a f g e r i c h t  

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

 

Numéro du dossier: SK.2016.18 

- 2 - 

Faits: 

A. Procédure 

A.1. Le Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC) a ouvert une procédure 

en date du 7 avril 2009, pour soupçon de participation à une organisation 

criminelle (art. 260ter CP) à l’encontre de plusieurs personnes (procédure 

SV.09.0056, puis SV.11.0297). Cette enquête a ensuite été étendue à d'autres 

individus suspectés d’entretenir des liens avec cette organisation, notamment à 

B., C., D. et E.   

A.2. Le 10 mars 2010, cette enquête a également été étendue à A. (dossier MPC 01-

005-006). Dans le cadre de cette enquête, A. a été placé en détention provisoire 

du 15 mars 2010 au 12 août 2010. Sur la base d'un mandat d'arrêt international, 

il a été arrêté en Italie le 3 décembre 2013 et placé le même jour en détention 

extraditionnelle. Son extradition vers la Suisse a eu lieu le 24 mars 2014. A. a été 

libéré le 26 août 2015. 

A.3. Après avoir disjoint le 12 décembre 2011 l'instruction pénale ouverte contre B., 

C., D. et E. de la procédure principale, le MPC a renvoyé ces quatre prévenus 

en jugement devant la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal fédéral (ci-

après: la Cour) par acte d'accusation du 26 janvier 2012 complété le 16 avril 2012 

(procédure SV.11.0297). Par jugement du 28 juin 2012 (cause SK.2012.2), la 

Cour a reconnu les prénommés coupables de plusieurs infractions, dont la 

participation à une organisation criminelle (art. 260ter ch. 1 al. 1 CP). 

A.4. Le dossier présenté pour jugement à la Cour en 2012 contenait de très 

nombreuses retranscriptions traduites de conversations téléphoniques en langue 

étrangère. Ces retranscriptions se sont présentées sous la forme de procès-

verbaux d'écoutes téléphoniques établis en français sur mandat de la Police 

judiciaire fédérale (ci-après: PJF). Dans son jugement du 28 juin 2012, la Cour a 

considéré que les conditions pour l'utilisation de ces procès-verbaux d'écoutes 

téléphoniques étaient remplies et elle s'est avant tout basée sur ceux-ci pour 

conclure à la culpabilité des prévenus B., C., D. et E. 

- 3 - 

A.5. Les prévenus C. et D. ont chacun formé un recours en matière pénale auprès du 

Tribunal fédéral. Par arrêt du 23 septembre 2013 (causes 6B_125/2013 et 

6B_140/2013; ci-après: 6B_125/2013), celui-ci a admis ces recours et a annulé 

le jugement précité en faveur des deux recourants. Le Tribunal fédéral a estimé 

que le dossier présenté pour jugement ne permettait pas de connaître les 

modalités de l'établissement des procès-verbaux d'écoutes téléphoniques, ni de 

savoir qui avait procédé à la traduction de ces écoutes et si ces personnes 

avaient été suffisamment rendues attentives aux sanctions pénales de l'art. 307 

CP. Il a ainsi renvoyé la cause à la Cour pour nouvelle décision, tout en lui 

enjoignant d'obtenir, pour chaque procès-verbal d'écoute téléphonique qu'elle 

entendait utiliser, des informations sur la méthode appliquée pour aboutir de la 

conversation téléphonique en langue étrangère à un procès-verbal en français, 

l'identité de chaque personne ayant participé à ce processus, les instructions que 

chacune de ces personnes avait reçues pour ce faire et la preuve que chacune 

d'elles avait été suffisamment rendue attentive aux sanctions pénales de l'art. 

307 CP. 

Le Tribunal fédéral a encore précisé que, si ces informations ne pouvaient pas 

être réunies, les procès-verbaux d'écoutes téléphoniques ne pourraient pas être 

utilisés et les conversations téléphoniques en langue étrangère devraient faire 

l'objet d'une nouvelle traduction et retranscription. 

A.6. La Cour de céans a, par décision du 15 novembre 2013 (SK.2013.35), suspendu 

la procédure et renvoyé l'accusation au MPC pour complément d'instruction dans 

le sens des considérants du Tribunal fédéral, tout en se dessaisissant de la 

cause. 

A.7. Par jugement du 22 décembre 2017, la Cour des affaires pénales du Tribunal 

pénal fédéral a reconnu C. et D. coupables de participation à une organisation 

criminelle. Cette décision, non encore motivée, n’est pas encore entrée en force. 

A.8. En ce qui concerne le prévenu A., le MPC a disjoint le 25 novembre 2014 

l'instruction pénale ouverte à son encontre de la procédure principale et cette 

autorité l'a renvoyé en jugement devant la présente Cour par acte d'accusation 

du 18 décembre 2014. A l'image de l'accusation engagée en 2012 (v. ci-dessus), 

le dossier présenté alors pour jugement dans la procédure dirigée contre A. 

(SK.2014.52) contenait de nombreuses retranscriptions traduites de 

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conversations téléphoniques en langue étrangère et le MPC s'appuie 

principalement sur ces retranscriptions traduites pour étayer les actes reprochés 

au prénommé.  

A.9. Par décision du 2 février 2015, la Cour de céans a renvoyé la cause au MPC 

pour complément d'instruction en raison notamment du fait que le dossier ne 

comportait, de manière contraire au respect du droit d’être entendu, aucune 

information sur les qualifications professionnelles des traductrices (formation, 

connaissances linguistiques et expérience professionnelle). 

Le 4 mai 2015, le MPC, réinvesti de la direction de la procédure suite à la décision 

du 2 février 2015, a donné mission à la PJF d’entendre A. en qualité de prévenu 

et de lui demander de se déterminer sur le contenu des 69 conversations 

téléphoniques surveillées incriminantes, après les lui avoir fait écouter en langue 

originale. En date du 3 juin 2015, le MPC a détaillé la mission donnée à la PJF 

en précisant que l’interprète devait être amené à lire la transcription en français 

après avoir entendu la conversation originale en même temps que le prévenu et 

que ce dernier soit invité à confirmer, ou non, que ce qu’il a entendu correspond 

au texte. Le MPC a encore précisé que cette mention, ainsi que toute correction 

éventuelle de la transcription en question devront figurer au procès-verbal 

d’audition. Toutes les conversations ont été ainsi écoutées à nouveau par un 

interprète, F., - le dossier contient toutes les informations nécessaires à son sujet 

- qui a vérifié l’exactitude des procès-verbaux originaux et les a corrigés le cas 

échéant (MPC 10-000004).  

A.10. En date du 6 avril 2016, le MPC a renvoyé en accusation A. et a notifié à la Cour 

des affaires pénales un acte d’accusation à son encontre qui fait l’objet de la 

présente procédure.  

 

B. Mesures de surveillance secrètes 

Dans le cadre de l’enquête de police judiciaire, le MPC a ordonné, entre le 

28 avril 2009 et le 2 mars 2010, plusieurs mesures de surveillance secrètes, à 

savoir la surveillance de la correspondance par poste et des télécommunications, 

ainsi que des mesures techniques de surveillance. Pour chacune de ces 

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mesures, le MPC a adressé une demande d’autorisation au Tribunal pénal 

fédéral, qui a statué comme suit: 

 par décision du 29 avril 2009 (TK.2009.38), la surveillance rétroactive ordonnée 

le 28 avril 2009 par le MPC sur les raccordements n. 1, n. 2, n. 3, n. 4, n. 5 et n. 6 

a été autorisée du 28 octobre 2008 au 28 avril 2009, et la surveillance active sur 

les raccordements n. 1, n. 5 + (International Mobile Equipment Identity, ci-après: 

IMEI) et n. 6 + IMEI a été autorisée du 28 avril 2009 à 12h00 au 28 juillet 2009 à 

12h00 (dossier MPC, p. 09-01-0079 ss); 

 par décision du 29 juillet 2009 (TK.2009.78), la surveillance active ordonnée le 

28 juillet 2009 par le MPC sur le raccordement n. 6 a été autorisée jusqu’au 

20 août 2009 (dossier MPC, p. 09-02-0011 ss); 

 par décision du 25 août 2009 (TK.2009.85), la surveillance active ordonnée le 

20 août 2009 par le MPC sur les raccordements n. 7 et n. 6 a été autorisée 

jusqu’au 20 novembre 2009, et la surveillance active sur les raccordements n. 8, 

n. 9. et n. 10 a été autorisée jusqu’au 20 novembre 2009 (dossier MPC, p. 09-

03-0042 ss); 

 par décision du 20 novembre 2009 (TK.2009.121), la surveillance active 

ordonnée le 17 novembre 2009 par le MPC sur les raccordements n. 11 et n. 6 a 

été autorisée jusqu’au 9 décembre 2009 (dossier MPC, p. 09-04-0017 ss); 

 

 par décision du 5 mars 2010 (TK.2010.20), les surveillances active et rétroactive 

ordonnées le 2 mars 2010 par le MPC sur le raccordement n. 12 ont été autorisées 

jusqu’au 9 mars 2010 et respectivement du 26 février au 2 mars 2010 (dossier 

MPC 09-05-0022 ss). 

C. Autres mesures 

C.1. En date du 10 mars 2010, le MPC a ordonné une perquisition au domicile du 

prévenu, sis à V. Lors de cette perquisition plusieurs objets soupçonnés d’avoir 

été volés ont été découverts, en particulier 1 autoradio de marque PIONEER, 

1 caméra vidéo de marque SAMSUNG, 3 paires de lunettes de soleil des 

marques ARMANI, GUCCI et DOLCE & GABBANA, 5 flacons de parfum des 

marques HUGO BOSS, YVES ST LAURENT, BULGARI, NINA RICCI et 

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ARMANI, 2 rasoirs avec lames de rechange, 1 paire de baskets de marque 

ADIDAS, 3 vestes de marques diverses, 3 paires de pantalon jean’s de marques 

diverses, 4 pantalons de training longs de marques diverses, 7 t-shirts ou pulls 

de sport de marques diverses, 9 maillots de bain ou shorts de marques diverses 

et 2 sacs des marques ACTIVE et DIPLOMAT. 

C.2. Divers autres objets ont été également saisis à savoir des cartes SIM, des notes 

manuscrites, des téléphones et des objets en lien avec une consommation de 

stupéfiants soit, une balance de précision TRISA, une cuillère brûlée, sept 

sachets d’acide ascorbique, un bocal contenant des traces de substance blanche 

et trois seringues usagées (scellés no 00.00.0000-0013; 00.00.0016-0027 et 

01.00.0001-0002, MPC 06-0162 et 08-01-0006). 

D. Préparation des débats 

D.1. En date du 19 juillet 2016, la Cour de céans a ordonné l’administration de preuves 

d’office, soit le versement au dossier, en version intégrale et non anonymisée, de 

l’arrêt de la Cour de Justice du Canton de Genève n° ACPJ/142/2010 du 28 juin 

2010, de l’arrêt de la Cour de cassation du Canton de Genève n° ACAS/32/11 

du 17 mai 2011 ainsi que de l’arrêt de la Cour correctionnelle sans jury 

n°ACC756/10 du 22 octobre 2010; de l’édition en français du rapport de l’Office 

fédéral de la police fedpol intitulé Crime organisé, «les voleurs dans la loi», un 

rapport de recherche, publié en novembre 2010; en version intégrale et non 

anonymisée, de l’arrêt du Tribunal fédéral du 23 septembre 2013 (6B_125/2013, 

6B_140/2013) sur les recours formés contre la décision du Tribunal pénal fédéral 

du 28 juin 2012 (SK.2012.2); des extraits des casiers judiciaires suisse, géorgien 

et italien du prévenu et du rapport de la Prison du Bois-Mermet, à Lausanne, sur 

le comportement du prévenu pendant sa détention. 

  

- 7 - 

D.2. La Cour a également invité les parties à formuler des offres de preuve dans un 

délai échéant au 15 août 2016. Les extraits du casier judiciaire suisse et italien 

ont été transmis aux parties en date du 25 juillet 2016 (TPF 23.480.001). 

D.3. En date du 4 août 2016, le MPC a requis que soient versés au dossier de la 

cause le jugement rendu par le Tribunal correctionnel de l’arrondissement de 

Lausanne le 2 septembre 2011 dans la cause G. ainsi que l’ordonnance pénale 

du 25 avril 2016 du MPC à l’encontre d’H. (TPF 23.280.003-032). 

D.4. Le conseil d’office d’A., Me François Roux (ci-après: Me Roux) n’a pas formulé 

de réquisition de preuve. S’agissant de la réquisition du MPC, Me Roux a indiqué 

ne pas s’y opposer (TPF 23.521.005). 

D.5. En date du 12 août 2016, la Cour a reçu le rapport de la prison du Bois-Mermet 

concernant A. (TPF 23.241.002) et l’a transmis le même jour aux parties. 

D.6. Par ordonnance du 16 septembre 2016, la Cour a décidé de verser au dossier le 

jugement rendu par le Tribunal correctionnel de l’arrondissement de Lausanne le 

2 septembre 2011 dans la cause G. (TPF 23.280.033). 

E. Débats 

Bien que régulièrement cité à comparaître, par voie édictale dans la feuille 

fédérale du 3 août 2016 (TPF 23.831.005), aux débats débutant le 24 octobre 

2016 et, en cas de défaut aux premiers débats, à ceux du 15 novembre 2016 (en 

application de l'art. 366 al. 1 CPP), A. ne s'est pas présenté à l’ouverture des 

débats du 24 octobre 2016. 

E.1. Lors des premiers débats, interpellé par le juge président, Me Roux a expliqué 

ne pas avoir eu de nouvelles de son client depuis sa libération, ni écrites, ni 

orales, ni par parties interposées (TPF 23.92.002). Invitées à plaider sur 

l’absence d’A., les parties ont requis que l’absence du prévu soit constatée selon 

les art. 336 ch. 4 et 366 CPP et que de nouveaux débats soient fixés. Lors de 

nouveaux débats, le défenseur d’A. a eu l’occasion de s’exprimer sur la seconde 

absence de son client et les parties ont été invitées à plaider à ce sujet. La 

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défense a expliqué qu’il n’a eu aucun contact avec son client depuis le 28 août 

2015 (TPF 23.920.006). Les parties ont conclu à ce que la Cour passe à la 

procédure par défaut. Par décision rendue sur le siège et motivée oralement aux 

parties présentes, la Cour a constaté qu’A. avait été largement entendu en 

procédure préliminaire et qu’il n’avait donné suite à aucune des citations à 

comparaître, et cela sans excuse valable, tant pour les premiers débats que pour 

les seconds. Considérant que les conditions de la procédure par défaut étaient 

réunies, la Cour a, en vertu de l’art. 366 al. 4 CPP, décidé de tenir les débats en 

l’absence du prévenu. 

E.2. Les débats se sont déroulés en présence du MPC, de Me Roux et d’un interprète, 

F., mandaté par la Cour. A l'issue des débats, le MPC a prononcé son réquisitoire 

et a déposé les conclusions écrites suivantes: (I) reconnaître A. coupable de 

participation à une organisation criminelle; (II) condamner A. à une peine 

privative de liberté de 30 mois, dont 15 mois avec sursis pendant 5 ans, sous 

déduction de 783 jours de détention avant jugement; (III) ordonner la confiscation 

et la destruction de: 1 balance de précision TRISA (scellé n°00.00.0004), 

1 cuillère brûlée (scellé n° 00.00.0005); 7 sachets d’acide ascorbique (scellé 

n° 00.00.0006); 1 bocal contenant des traces de substance blanche (scellé 

n° 00.00.0010), 3 seringues usagées (scellé n°00.00.0011); (IV) ordonner la 

confiscation en vertu des art. 70 et 72 CP des autres objets séquestrés; (V) 

ordonner la restitution à A. des photos découvertes dans le sac DIPLOMAT et 

qui n’ont pas fait l’objet d’un séquestre; (VI) mettre à sa charge l’intégralité des 

frais d’enquête, y compris ceux de son défenseur d’office, étant précisé que le 

remboursement de ce dernier ne pourra intervenir que lorsque sa situation 

financière le permettra. 

E.3. Me Roux a conclu à ce que la Cour prononce une peine qui soit compensée par 

la détention préventive subie à ce jour, si elle devait condamner A.  

E.4. Après la clôture de la procédure probatoire, sur interpellation du juge président, 

les parties ont renoncé au prononcé public du jugement (TPF 23.920.010), en 

application de l’art. 84 al. 4 CPP. Le dispositif a été notifié aux parties en dates 

des 16 et 19 décembre 2016 (TPF 23.970.005 et 006).  

 

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F. Situation personnelle du prévenu 

F.1. A. est né le ______ à U. en Géorgie où il a suivi sa scolarité obligatoire jusqu’à 

l’âge de 15 ans avant de se spécialiser dans une école d’agriculture jusqu’à l’âge 

de 18 ans. Ensuite, il a «travaillé avec [s]a famille dans l’agriculture, surtout la 

terre, mais aussi avec des animaux» (MPC 13-01-0070, l. 19 à 22). Dans le 

courant 2007, muni d’un faux passeport et d’un faux visa au nom d’A. a. il a 

entrepris un voyage à destination de la Suisse, avec des compatriotes et a 

présenté une demande d’asile à Chiasso, «invent[ant] une histoire afin de pouvoir 

rester en Suisse» (MPC 13-01-0071, l. 27 s.). En sa qualité de demandeur 

d’asile, il a été logé gratuitement dans un appartement à V., a reçu des soins 

médicaux notamment pour le traitement de la tuberculose et une aide financière 

de l’ordre de CHF 500.- par mois.  

F.2. A. a été arrêté en date du 20 octobre 2009 à V. pour tentative de cambriolage 

puis il a été interpellé pour vol à l’étalage en compagnie de compatriotes (MPC 

13-01-0068, p. 13-01-0072). Au jour de son interpellation par la police judiciaire 

fédérale, il se trouvait dans son appartement en compagnie de 3 compatriotes, 

prétendument rencontrés par hasard dans un parc et qu’il aurait hébergés à leur 

demande.  

F.3. A. a été détenu durant une première période du 15 mars au 12 août 2010 pour 

les besoins de l’enquête du MPC. Suite à sa mise en liberté le 12 août 2010, il 

serait retourné en Géorgie, travaillant dans l’exploitation agricole familiale, avant 

de repartir pour l’Italie où il se serait marié, aurait eu un enfant et bénéficierait de 

l’aide sociale. 

F.4. Il a été arrêté à W. le 3 décembre 2013 sur commission rogatoire helvétique, puis 

extradé le 24 mars 2014 et détenu en Suisse. A. a été libéré 26 août 2015 et 

refoulé vers l’Italie. A. aura donc subi 783 jours de détention provisoire. 

  

- 10 - 

F.5. En ce qui concerne son état de santé, A. est atteint de tuberculose. Pour cette 

maladie il a reçu un traitement médical. 

F.6. Selon l’enquête menée à son encontre, plusieurs alias lui sont attribués. Il s’agit 

de A. a., A. b., A. c., A. d. et du pseudonyme A. e. (MPC 17-0022; MPC 06-0099; 

MPC18-0006; MPC 14-01-0011; MPC 10-0549; MPC pièce 10-1475 s.; MPC13-

01-0024 s.; MPC 13-01-0052, MPC 13-01-0059; MPC A 13-01-000010). 

F.7. En ce qui concerne le comportement d’A. en détention à la prison du Bois-

Mermet, à Lausanne, il ressort du rapport de comportement reçu le 12 août 2016 

sur demande de la Cour, que ce dernier a eu un comportement et une attitude 

corrects, qu’il s’est montré respectueux et poli. Il n’a reçu aucune visite pendant 

son incarcération (TPF 23.241.002). 

F.8. S’agissant de ses antécédents pénaux, A. figure au casier judiciaire suisse. En 

date du 28 avril 2008, il a été condamné par le Ministère public du Canton du 

Tessin à une peine pécuniaire de 15 jours-amende à CHF 30.- avec sursis (délai 

d’épreuve de 2 ans) et à une amende de CHF 500.-, pour vol (139 CP) de 

marchandise (valeur totale CHF 510,80) dans un supermarché (MPC 18-01-0004 

s.). Il a également été condamné en date du 29 août 2008 à une peine privative 

de liberté de 75 jours, avec révocation du précédent sursis par le Ministère public 

du Canton du Tessin, pour violation de domicile (186 CP), dommage à la 

propriété (144 CP) et vol (139 CP) (MPC 18-01-0006 s.). 

F.9. Au sujet de la situation patrimoniale d’A., les informations réunies sont très 

lacunaires mais le dossier d’instruction établit qu’A.  recevait l’assistance sociale 

à hauteur de CHF 500.- par mois et qu’il vivait, en Suisse, dans un foyer payé 

par l’assistance sociale (MPC 13-01-0046). Aucun élément de fortune ne peut 

être retenu en faveur d’A. 

Dans l’éventualité où d’autres précisions de faits sont nécessaires au jugement 

de la cause, elles seront apportées dans les considérants qui suivent. 

  

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La Cour considère en droit: 

 Compétence de la Cour 

 Compétence territoriale 

Le prévenu est accusé de s’être rendu coupable de recel sur le territoire suisse, 

en particulier dans le canton du Tessin. Les autorités pénales suisses de 

poursuite et de jugement sont compétentes en vertu des arts 3 al. 1 et 8 CP. 

S’agissant du reproche de participation à une organisation criminelle, le prévenu 

est accusé d’avoir agi sur le territoire suisse, en particulier dans le Canton du 

Tessin. En tout état de cause, l’art. 260ter ch. 3 CP prévoit qu’est également 

punissable celui qui aura commis l’infraction à l’étranger si l’organisation exerce 

ou doit exercer son activité criminelle en tout ou en partie en Suisse, ce qui est 

bien le cas en l’espèce (v. infra 4 et s.). La compétence helvétique est partant 

donnée pour l’ensemble des faits reprochés. 

 Compétence fédérale 

La Cour examine d’office si sa compétence à raison de la matière est donnée au 

regard de l’art. 35 al. 1 de la loi fédérale sur l’organisation des autorités pénales 

de la Confédération (LOAP; RS 173.719) et des arts. 23 et 24 CPP, qui 

énumèrent les infractions de compétence fédérale. La participation et le soutien 

à une organisation criminelle au sens de l’art. 260ter CP relèvent de la juridiction 

fédérale lorsque les actes punissables ont été commis pour une part 

prépondérante à l’étranger ou dans plusieurs cantons sans qu’il y ait une 

prédominance évidente dans l’un d’entre eux (art. 24 al. 1 CPP; art. 35 LOAP). 

La poursuite et le jugement de l’infraction relative au recel échoit, en principe, 

aux cantons.  

 

Le 6 novembre 2012, le MPC a ordonné, en application des arts 26 al. 2 et 34 al. 

1 CPP, la jonction, en mains des autorités fédérales, des poursuites pénales 

engagées contre A. par les autorités du Canton du Tessin pour tentative de vol, 

tentative de violation de domicile et des dommages à la propriété - infractions qui 

ne font plus l’objet de la présente procédure - pour recel d'un ordinateur, dès le 

21 mai 2009, à son domicile et recel des objets trouvés à son domicile le 15 mars 

2010. 

 

- 12 - 

En tout état de cause, selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, les impératifs 

d’efficacité et de célérité de la procédure pénale interdisent à la Cour des affaires 

pénales du Tribunal pénal fédéral de remettre en cause sa compétence à ce 

stade de la procédure, et ce même en l’absence d’accord explicite entre les 

autorités de la Confédération et les cantons, exception faite des cas où des motifs 

particulièrement impérieux le justifieraient (ATF 133 IV 235 consid. 7.1 p. 246 

ss). La Cour peut donc entrer en matière sur tous les chefs d’accusation. Partant 

la compétence matérielle de la Cour est donnée pour connaître de toutes les 

infractions reprochées au prévenu. 

 Prescription 

Les actes relevant du recel auraient été commis en date du 21 mai 2009 pour ce 

qui est de l’ordinateur, tandis que pour les autres objets l’acte d’accusation 

indique «jusqu’au 15 mars 2010». Quant aux actes relevant de la participation à 

une organisation criminelle, ils auraient été commis entre le 16 mai 2009 et le 

15 mars 2010.  

 

Le 1er janvier 2014, est entrée en vigueur une nouvelle disposition de la partie 

générale du code pénal concernant la prescription de l'action pénale, l'art. 97 al. 

1 let. c et d CP. Dès lors que les infractions reprochées au prévenu ont été 

commises avant le 1er janvier 2014, il y a lieu de rechercher la loi la plus 

favorable au prévenu. L'art. 389 CP prévoit que, sauf disposition contraire de la 

loi, les dispositions du nouveau droit concernant la prescription de l'action pénale 

et des peines sont applicables également à l'auteur d'actes commis ou jugés 

avant l'entrée en vigueur du nouveau droit si elles lui sont plus favorables que 

celles de l'ancien droit (al. 1). Il est tenu compte du temps pendant lequel la 

prescription a couru avant l'entrée en vigueur du nouveau droit (al. 2). A teneur 

de l'art. 97 al. 1 let. b CP, l'action pénale se prescrit par quinze ans si l'infraction 

est passible d'une peine privative de liberté de plus de trois ans, soit s'il s'agit 

d'un crime (art. 10 al. 2 CP). Jusqu'au 31 décembre 2013, la prescription de 

l'action pénale était de 7 ans si l'infraction était passible d'une autre peine (art. 

97 al. 1 let. c aCP), soit s'il s'agissait d'un délit (art. 10 al. 3 CP). En matière de 

délits, depuis le 1er janvier 2014, la prescription de l'action pénale est désormais 

de dix ans, si la peine maximale encourue est une peine privative de liberté de 

trois ans et de sept ans, si l'infraction est passible d'une autre peine (art. 97 al. 1 

let. c et d CP). La prescription ne court plus si, avant son échéance, un jugement 

de première instance a été rendu (art. 97 al. 3 CP). En l'espèce, le nouvel art. 97 

al. 1 let. c CP, entré en vigueur le 1er janvier 2014, qui prévoit l'allongement du 

délai de prescription pour les délits passibles de trois ans de privation de liberté, 

- 13 - 

n'est pas plus favorable au prévenu que ne l'était l'ancien droit, qui prévoyait un 

délai de prescription de sept ans pour tous les délits. Partant, c'est l'ancien droit 

qui trouve application, soit l'art. 97 al. 1 let. c aCP, pour tous les actes reprochés. 

 

La prescription court soit dès le jour où le prévenu a exercé son activité coupable, 

soit dès le jour du dernier acte, si cette activité s'est exercée à plusieurs reprises 

ou soit encore dès le jour où les agissements coupables ont cessé s'ils ont eu 

une certaine durée (art. 98 CP). Le recel (art. 160 CP) est passible d’une peine 

privative de liberté de cinq ans au plus ou d’une peine pécuniaire. Le receleur 

encourra la peine prévue pour l’infraction préalable si cette peine est moins 

sévère. En l’occurrence, l’infraction préalable relève du vol qui est une infraction 

passible d’une peine privative de liberté de cinq ans au plus (art. 139 ch. 1 CP) 

et du vol par métier passible d’une peine privative de liberté de dix ans au plus 

(art. 139 ch. 1 CP). Dans les deux cas, l’action pénale se prescrit par quinze ans. 

Ainsi, s’agissant du recel de l’ordinateur commis en date du 21 mai 2009, l’action 

pénale se prescrira en date du 21 mai 2024, tandis que la prescription de l’action 

pénale pour les autres cas de recel ne sera pas acquise avant le 15 mars 2025. 

 

Le dernier acte du prévenu relevant de son activité au service de l’organisation 

criminelle "Vor V Zakone" remonterait au 15 mars 2010, de sorte que c’est à cette 

date qu’a commencé à courir la prescription de l’action pénale relativement à 

l’art. 260ter CP. L’infraction à cette dernière disposition étant passible d’une 

peine privative de liberté de cinq ans au plus, l’action pénale se prescrit par 

quinze ans en l’espèce, soit le 15 mars 2025. 

 

La prescription de l’action pénale n’est ainsi acquise pour aucune des infractions 

reprochées, au jour du présent jugement. 

 Procédure par défaut 

Selon l’art. 366 CPP, si le prévenu, dûment cité, ne comparaît pas aux débats de 

première instance, le tribunal fixe de nouveaux débats et cite à nouveau le 

prévenu ou le fait amener (al. 1). Si le prévenu ne se présente pas aux nouveaux 

débats, ils peuvent être conduits en son absence, pour autant que les conditions 

suivantes soient remplies: le prévenu a eu suffisamment l’occasion de s’exprimer 

auparavant sur les faits qui lui sont reprochés et les preuves réunies permettent 

de rendre un jugement en son absence (al. 4). 

 

En l’espèce, cité à comparaître par voie édictale en date du 3 août 2016 (TPF 

23.831.005) aux débats débutant le 24 octobre 2016 et, en cas de défaut aux 

- 14 - 

premiers débats, à ceux du 15 novembre 2016 (en application de l'art. 366 al. 1 

CPP), A. ne s'est, les deux fois, pas présenté, et cela sans excuse. Son conseil 

a par ailleurs répété en audience la teneur de son courrier du 18 juillet 2016, par 

lequel il se disait sans nouvelle de son client depuis sa libération (TPF 

23.920.001-004 et 23.920.005-010). 

 

A la lecture du dossier constitué par le MPC, il appert qu’A. a été entendu par les 

autorités pénales, en qualité de prévenu pour participation à une organisation 

criminelle et recel, en dates des 15, 16 et 24 mars 2010 ainsi que du 27 mai 

2010, 5 et 12 août 2010, 24 mars 2014 et 13 juin 2014 (MPC 13-01-0001 à 0088). 

A ces occasions, il a été informé des charges pesant alors contre lui et de ses 

droits. Sauf lors de l’audition du 15 mars 2010, A. a toujours été assisté d’un 

défenseur et d’un interprète durant les auditions devant le MPC. A. a donc eu 

suffisamment l'occasion de s'exprimer sur les faits reprochés de sorte que les 

preuves réunies permettent à la Cour de rendre un jugement par défaut.  

 Organisation criminelle "Vor V Zakone" ("Voleurs dans la loi")  

 Préambule 

a) Dans le courant des années 2008 et 2009, le canton de Genève a enregistré une 

importante augmentation du nombre des cambriolages commis sur son territoire, 

principalement par des ressortissants Géorgiens. Face à ce phénomène, la 

police genevoise a constitué un groupe d'enquête qui est parvenu à mettre en 

lumière que la plupart des cambriolages en question étaient le fait d'une 

organisation structurée et hiérarchisée. Connue sous le nom de "Voleurs dans la 

loi" ("Vor V Zakone"), cette organisation, née dans les années 1930 dans 

certaines régions de l'ancienne Union soviétique, dont la Géorgie, s'est exportée 

dans divers pays européens au cours de la première décennie du XXIe siècle, à 

la suite notamment des importants changements politiques et législatifs survenus 

à la fin de l'ère soviétique (arrêt de la Cour correctionnelle de Genève ACC/56/10 

du 22 octobre 2010 [ci-après: ACC/56/10] consid. 1; arrêt de la Cour de cassation 

de Genève ACAS/32/11 du 17 mai 2011 [ci- après: ACAS/32/11], p. 2 ss; cf. Jean 

Pradel/Jacques Dallest, La Criminalité organisée, Droit français, droit 

international et droit comparé, Paris 2012, p. 80). L'existence de cette 

organisation, sa nature d'organisation criminelle au sens de l'art. 260ter CP et 

son implantation en Suisse ont été admises par les autorités judiciaires 

genevoises à plusieurs reprises (ACC/56/10 consid. 1 p. 32 et les trois arrêts 

cantonaux cités et ACAS/32/11 consid. 2). Il ressort des considérants de ces 

arrêts cantonaux, en particulier de l'arrêt ACC/56/10 précité, que cette 

- 15 - 

organisation est composée à sa base d'hommes âgés entre 18 et 40 ans, 

généralement toxicomanes, appelés les "garçons". Ceux-ci agissent en petits 

groupes hiérarchisés composés d'individus provenant d'une même région. Pour 

se procurer des revenus, ils commettent des infractions contre le patrimoine, 

essentiellement des cambriolages et des vols, et se déplacent d'un lieu à l'autre. 

A leur tête se trouve un chef, lui-même sous l'autorité de supérieurs hiérarchiques 

(les "Vor V Zakone" ou "Voleurs dans la loi"). Ce chef local est souvent secondé 

par le gardien de la caisse commune (appelée "obschak" ou "saerto") de 

l'organisation, dont les tâches consistent à collecter de l'argent auprès des 

membres pour alimenter la caisse commune, gérer les conflits entre membres, 

organiser des réunions, ainsi que le recel des objets volés (bijoux, ordinateurs 

portables, argent liquide, etc.), informer les chefs des activités des membres de 

l'organisation et répondre aux besoins des compatriotes incarcérés (argent, 

drogue, paiement des avocats). Par arrêt du 22 octobre 2010, rendu dans la 

cause ACC/56/10, qui est définitif et exécutoire depuis le 4 juillet 2011, la Cour 

correctionnelle de Genève a condamné dix individus, dont neuf d'origine 

géorgienne, parmi lesquels I. Ce dernier a été reconnu coupable de blanchiment 

d'argent aggravé, de vol, d'infractions à l'art. 19 ch. 1 LStup et de participation à 

une organisation criminelle, et condamné à une peine privative de liberté de six 

ans. En substance, la Cour correctionnelle de Genève a retenu que I. dit "I. a." 

était un membre important de l'organisation criminelle des "Voleurs dans la loi", 

au sein de laquelle il a occupé la fonction de "gardien" pour l'ensemble du 

territoire suisse de la caisse commune, auquel les "gardiens" des diverses 

régions devaient rendre des comptes. Il devait lui-même référer de ses activités 

à ses supérieurs hiérarchiques installés à l'étranger et s'est notamment chargé, 

personnellement ou par l'intermédiaire de subordonnés, de l'envoi d'argent à 

l'étranger. La Cour correctionnelle de Genève a constaté l'implication d’I. dans 

cette organisation criminelle et son rôle pivot sur la base de plusieurs éléments, 

notamment sur la base des sommes d'argent qu'il a fait parvenir aux 

responsables de l'organisation installés en Espagne et de l'intense activité 

téléphonique qu'il a déployée avec ces derniers. 

 

b) Surnommé notamment "B. a." et "B. b.", B., est né le ______, a été déclaré 

coupable de blanchiment d’argent aggravé, vol en bande, tentative répétée de 

vol en bande, dommages répétés à la propriété, violation de domicile, tentative 

de violation de domicile, entrées, sorties et séjour illégaux en Suisse, ainsi que 

de participation à une organisation criminelle par jugement du 28 juin 2012 de la 

Cour des affaires pénales du TPF (SK.2012.2 in dossier MPC 18-01-000002 ss).  

 

c) En résumé, les responsables de l’organisation établis en Espagne ont choisi B. 

pour reprendre, toujours à WW., la place laissée vacante, suite à son arrestation, 

- 16 - 

le 5 mai 2009, par I. dans le cadre de l’instruction menée par les autorités 

genevoises. En tant que responsable pour la Suisse de la caisse commune de 

l'organisation criminelle "Vor V Zakone", B. avait notamment pour tâche de 

collecter les contributions mensuelles des membres destinées à cette caisse, 

puis de les faire parvenir aux dirigeants de l'organisation établis en Espagne. B. 

a été impliqué dans l'organisation ou la participation à des vols ou à des tentatives 

de vols et il a tenté d'écouler des valeurs patrimoniales provenant d'infractions 

contre le patrimoine. Il a également servi l’organisation en se renseignant sur le 

sort de détenus et en donnant des consignes pour leur fournir de l'aide, 

essentiellement sous la forme d'argent. Il est intervenu pour régler des litiges 

concernant l'organisation, il était la personne à laquelle les nouveaux venus 

devaient s'annoncer et il était compétent pour autoriser ses subordonnés à 

emprunter de l'argent provenant de la caisse commune. 

 

d) D., fortement soupçonné d’avoir été un proche de B. et l’ex-responsable régional 

pour le Tessin de l'organisation criminelle "Vor V Zakone», a été déclaré 

coupable par le Tribunal pénal fédéral, par jugement du 22 décembre 2017. Cette 

décision, non encore motivée, n’est pas encore entrée en force. 

 

e) Lors de l’enquête, au travers des mesures de surveillances secrètes, il a été 

établi que, B. était l’utilisateur du raccordement n.13 et que D. était l’utilisateur du 

raccordement n. 6 (MPC 06-31-1367ss). 

 

 Liste de l’obschak 

4.2.1 B. a été arrêté le 15 mars 2010, alors qu’il planifiait de se rendre en Espagne en 

compagnie de C., ce dernier ayant été arrêté le même jour à son domicile à X., 

dont la perquisition a permis la découverte de divers bijoux et objets de valeur 

ainsi que d’une liste qui était soigneusement enroulée et emballée dans plusieurs 

couches de cellophane. Cette liste comporte les noms des personnes qui ont 

contribué à alimenter la caisse commune, les sommes qui ont été remises et les 

dates auxquelles les argents ont été remis au responsable national de la caisse 

commune, B., avec sa signature. La version traduite de cette liste indique 

notamment (MPC 10-0537ss):  
  

- 17 - 

Première page:  
(..) 
27.09.09 

Italien - canton 
Juillet - mois 
V. - Tessin 
D. a. - 450 francs 
 
27.09.09 

Italien - canton 
V. - Tessin 
D. a. - 350 francs 
(…) 
 
Deuxième page:  
(..) 
Pour 2 mois canton 
Italien – V. - Tessin 
D. a. m'a apporté et 
m'a donné 800 - 
huit cents francs 
J'ai donné 27.09.09 
800 francs 
 
Troisième page: 29.09.09 

 
J'ai donné à J. 
l'argent de l'obschak (saehrto) 
pour qu'il l'amène à K. en Espagne 
4330 francs, quatre mille 
trois cent trente francs, 
changes en euros 
ce qui fait 2855 euros et 
20 Centimes. 
La totalité, l'argent. 
 
29.09.09 

B. c. 
Signature manuscrite B. 
 
30.09.09 

4330 changes en euros 
ce qui fait 2855 et vingt Centimes 
est bien arrivé chez K. 
En Espagne 30.09.09 
B. c. 
Signature manuscrite B. 
 
Quatrième page: 30.12.2009 

IT. Cant. Tessin 
D. a apporte 
pour trois mois 1200 Fr 
J'ai donné 30/12/09 
1200fr 
Signature manuscrite de D. b. 

 
 
 

- 18 - 

4.2.2 Par ailleurs, dans la chambre occupée par D. à Y. (TI), a été saisie une liste 

comportant des noms et des chiffres désignée par le MPC comme étant la liste 

des cotisations à l’obschak du mois de janvier pour le canton du Tessin. La 

version traduite de cette liste indique (MPC 10-0545): 

Janvier 
B. a. 50 

L.  50 

M.  50 

A. f. 50 

N.  50 

O.  50 

 Extraits des mesures de surveillance secrètes 

Les mesures de surveillance secrètes portant sur le raccordement n. 6, attribué 

à D., alias D. a., soupçonné d’avoir été, à l’époque des faits, le responsable 

régional de l’organisation "Vor V Zakone" pour le Tessin, ont mené à 

l’établissement de 69 procès-verbaux des contrôles téléphoniques en lien avec 

A. (MPC 23-0019 à 20). De ces 69 procès-verbaux, ressortent les éléments 

suivants: 

Selon le dossier le "tumani" est une ancienne unité de valeur monétaire qui 

correspondait à 10 manetis, autre unité de l’ancienne monnaie en Géorgie. 

4.3.1 En date du 8 mai 2009, à 14h12, D. a appelé un A. e. sur le numéro n.14 pour lui 

donner rendez-vous dans un parc à V. (MPC 13-01-000 à 030). 

Confronté à cette conversation lors de son interrogatoire, A. a nié connaître les 

interlocuteurs et nié être le A. e. de cette conversation (MPC 13-01-000005, l. 10-

12).  

4.3.2 Le 15 mai 2009, à 11h22, D. et un inconnu répondant au numéro n. 15 parlent 

de quelqu’un que la police recherche. Lors de cette conversation, l’inconnu dit 

qu’il se trouve actuellement chez A. e. (MPC 13-01-000044  

et s.). 

Confronté à cette conversation lors de son interrogatoire, A. a nié être le A. e. 

évoqué dans cette conversation et a indiqué ne pas être en mesure de 

reconnaître si «D. a.» était celui qu’il connaissait (MPC 13-01-000007, l.14 - 22).  

- 19 - 

4.3.3 En date du 16 mai 2009, à 23h55, D. est appelé par quelqu’un du numéro n. 15. 

D., après lui avoir indiqué qu’il ne fallait pas parler au téléphone, convient d’une 

rencontre  avec lui et qu’A. e. viendra avec eux en évoquant apparemment un 

cambriolage (MPC 13-01-000054). 

4.3.4 Le 17 mai 2009, à 16h52, un inconnu, depuis le raccordement n.16, demande à 

D. si «P. de Z.» a aussi été libéré, ce à quoi il répond par l’affirmative, précisant 

que son téléphone est sous écoute et qu’il faut donc éviter de parler, qu’il va 

changer de numéro. D. dit être allé chez A. e. où il a vu «les gars» (MPC 13-01-

000057 s.). 

Lors de son interrogatoire, le prévenu a déclaré: «D. a. n'est jamais venu chez 

moi car nous n'étions pas si proches. Si on se voyait, on se rencontrait par hasard 

dehors. Pour vous répondre, lorsque j'étais à V., il y avait 3 ou 4 autres Georgiens 

qui s'appelaient A. e. et qui dès lors pourraient venir aussi de la région d’U.» 

(MPC 13-01-000009, l. 30-33). 

 

Lors de l’instruction, A. a expliqué plusieurs fois que les habitants d’U., comme 

lui, peuvent être appelés A. e. (MPC 13-01-000005). 

 

4.3.5 Le 20 mai 2009, à 17h15, N. a. (ci-après: 2) appelle D. (ci-après: 1) depuis le 

raccordement n. 17 afin de lui demander le numéro d’A.e. Le numéro qui lui est 

transmis est le n.14. La conversation suivante a lieu (MPC 13-01-000091 s.): 

2. Je vais te rappeler et donne-moi le numéro d’A. e. s'il te plait ?! Je vais lui demander si quelqu'un 
voudrait ce truc. Je l'ai amené ici et là. J’étais en train de sortir de l'agence de Western et c'était 
à ce moment-là que les flics m'ont interpellé. Ils ont retrouvé la console dans ma poche. Ils 
m'ont demandé pour la console, j'ai dit que c'était la console des enfants et que je cherchais un 
chargeur pour la console. 

1. Mec! Soit un peu raisonnable, à chaque fois il doit t'arriver un truc! Pourquoi tu fais ça?! 
2. C'étaient des flics d'hier, ces fils de pute! Ils m'ont reconnus, ces enculés! C'était pour cela qu'ils 

m'ont arrêté, tu comprends?! Ils voulaient savoir dans quel but je trainais à V., j'ai dit que je me 
baladais et que je volais rien. 

1. Pourquoi tu cherches A. e.? 
2.  Ils l'ont vérifié et... Je vais lui demander si quelqu'un le veut mec.  

4.3.6 Le 20 mai 2009, à 20h00, un inconnu appelle D. pour lui dire qu’il est chez A. e. 

et qu’il pense aller «courir» demain (MPC 13-01-000093 s.). 

Le MPC a soutenu que l’utilisation du mot «courir» est un code utilisé par les 

Géorgiens qui signifie «voler» (MPC 10-0139). Au vu du contexte et des contenus 

des conversations reportées au dossier (v. également 4.3.12), cette explication 

emporte la conviction de la Cour, malgré les déclarations contraires, peu 

- 20 - 

convaincantes, du prévenu prétendant qu’il s’agissait de pratiquer de l’exercice 

physique (MPC 1-01-000012, l. 23-26). 

4.3.7 Le jour suivant, à 11h14, D. appelle «N. a.» (raccordement n. 17). Lors de cette 

discussion il est dit que «l’ordinateur» est chez A. e. il précise l’y avoir laissé «par 

peur que ça soit saisi» (MPC 13-01-000097). 

4.3.8 Le 14 mai 2009, à 10h38, une personne appelée N. a., utilisateur du n.17, dit à 

D. qu’il se trouve chez A. e. et pense aller à UU. le jour même (MPC 13-01-

000120 s.). 

4.3.9 Le 23 mai 2009, à 13h03, une personne contacte D. au moyen du raccordement 

n. 17 pour lui indiquer qu’il se balade avec A. e. à V. (MPC 13-01-000103). 

4.3.10 Le 25 mai 2009 à 10h28, D. souhaite parler à N. Pour ce faire, il appelle A. e. 

utilisateur du raccordement n. 14. N. se trouve effectivement chez A. e. et D. 

parvient à lui parler (MPC 13-01-000123). 

4.3.11 Le 25 mai 2009 à 12h00, D. répond au téléphone en disant «oui, A. e. Mais son 

interlocuteur utilisant le n. 14 s’appelle N. Ce dernier demande à D. de le 

rejoindre, en lui disant qu’il va lui donner 40 francs parce qu’il a vendu quelque 

chose pour 80. 

Il appert ainsi que ce numéro est utilisé en général par A. e. et, 

exceptionnellement, par une autre personne se trouvant alors chez A. e. 

4.3.12 En date du 26 mai 2009, à 10h37, l’utilisateur du n. 18 dit à D. qu’il est chez A. e. 

et qu’il ira courir le lendemain; il lui promet un kilo d’or (en plaisantant). 

  

- 21 - 

4.3.13 En date du 3 juin 2009 à 17h02 la personne qui répond au numéro n. 19 dont le 

titulaire est A., appelle D. (ci-après:1) et tient la conversation suivante (MPC 13-

01-000143): 

1. - Allo! 
2. - Comment vas-tu D. a.? Tu fais quoi? 
1. – A. e., c'est toi? 
(…) 
2. - Oh, moi je viens d'arriver mec. Si tu as environ 150.- francs pour un jour ou deux pour (une 

expression inconnue). 
1. - Rien du tout mec je te le jure, j'ai de l'argent commun «saerto». Je peux te le donner du commun 

«saerto», si tu veux?! 

2. - Mec, ils ont arrêté celui d’U. et on lui a dit de payer 150.- francs pour le relâcher. 
1. - Je peux te donner 150.- francs du «saerto» et vous devez me le rembourser lundi ou mardi 

prochain. 
2. - Oui, bien sûr que oui, d'ici à lundi ou mardi, oui. 
1. - II ne reste deux ou trois jours jusqu'à mardi. Le week-end tout est fermé. 
2. - On est quel jour aujourd'hui? 
1. - Je vous donne du «saerto» dans ce cas-là, mec. 
(…) 
2. - Lui, il est arrêté à VV., moi, je suis à V. Ils ont dit si on rembourse 150.- francs à MANOR ils 

vont le relâcher. 
(…) 
1. - Vous en êtes sûr, qu'ils vont le relâcher après avoir réglé cet argent? Ils disent parfois des 

mensonges, mec. 
(…) 
2. - Je n'en sais rien, putain de merde! II m'a appelé pour me dire qu'ils demander de payer 150.- 

francs et qu'il sera relâché. 
1. - Je vais te donner l’argent de «saerto», jusqu’à lundi ou mardi prochain. Ensuite je dois partir à 

WW. pour l'amener là-bas. 

Il est précisé que, à l’époque des faits, B., responsable du «saerto» pour la 

Suisse, se trouvait bien à WW.  

Confronté à cette discussion, A. a déclaré qu’il n’était pas l’interlocuteur dans 

cette conversation (MPC 13-01-000108, l. 16-25). 

4.3.14 Quelques minutes plus tard, D. (ci-après: X) appelle Q., utilisateur du 

raccordement n. 21 et tient la conversation suivante (MPC 13-01-000145 et s.). 

X: Oui Q. 
Y:  D. a., A. e. viens de m'appeler concernant l'autre A. e. 
X: Oui, alors? 
Y: II est chez Manor de VV., il faut 150 manetis. 

Il appert ainsi que D. parle d’un A. e. connu de tous, et de «l’autre A. e.», 

personne venant probablement de la même région que le premier. 

  

- 22 - 

4.3.15 Quelques minutes plus tard, soit à 18h01, D. (ci-après: X) appelle l’utilisateur du 

numéro n. 14 (ci-après: Y) (MPC 13-01-000149): 

Y:  Oui D. a. 
X:  Mec, je suis au Manor, j'ai parlé avec ces femmes, tout le monde était là, et elles m'ont dit que 

les flics l'ont emmené il y a 10 minutes. J'ai demandé où était leur «sécurité» (la personne de 
la sécurité) qui l'a arrêté, et soit il est allé avec les flics, soit il n'est plus là, sur place, je ne sais 
pas. 

Y:  Donc ils l'ont emmené... 
X: Ça fait 15-20 minutes, ils m'ont dit. Je te jure, je suis directement venu au Manor, il y a 10-15 

minutes. 
Y:  Oui, on m'a dit qu'il fallait l'apporter dans 40 minutes... 
X:  Quand tu m'as appelé, j'étais dans le train, et je ne suis même pas descendu, je suis directement 

allé à VV., et je suis arrivé en retard quand même... 
Y: Oui, donc moi j'aurais encore plus du retard... 

4.3.16 À 18h24 D. explique ce qui suit à A. e. utilisateur du numéro n. 14: Il a été 

interrogé à la gare par 2 policiers, au sujet de son intervention chez MANOR et il 

a payé les CHF 150.- en espérant que la personne serait relâchée. Il dit encore: 

«Demain, quand je serai à V., je vais te voir. Je dois venir à V. demain, je dois 

aller à la police à 4 heures (...) Ils m'ont appelé hier et ils m'ont fixé un RDV, je 

ne sais pas pourquoi, A. e.» (MPC 13-01-000154). 

4.3.17 En date du 9 juin 2009, à 9h38, au moyen du raccordement n. 18 un certain R. 

appelle D. et évoque la possibilité de laisser quelque chose chez A. e. (MPC 13-

01-000164). 

4.3.18 Quelques heures plus tard, soit à 11h43, du même numéro (n. 18) quelqu’un 

appelle D. pour lui dire qu’il va partir dans une ou deux heures et qu’il va lui faire 

parvenir l’argent. D. lui indique de laisser l’argent à son intention chez A. e. (MPC 

13-01-000167). 

4.3.19 Toujours le même jour, à 17h52, du numéro n. 19, dont l’abonnement est au nom 

d’A., quelqu’un informe D. qu’il a laissé de l’argent (200) à la gare «chez S.», à 

charge pour cette personne de le remettre à D. L’utilisateur du numéro n. 19 est 

appelé A. e. Durant cette conversation, A. e. précise que 50 sont à lui et 150 à 

T.; D. lui demande si T. «met l’argent dans la caisse commune», ce à quoi A. e. 

répond qu’il ne sait pas (MPC 13-01-000170). 

Confronté à cette discussion, A. a nié être le A. e. de la discussion et a déclaré: 

«Je reconnais les voix de D. a. et d’A. e. mais ce n'est pas moi. Vous me dites 

que sur cette conversation, on reconnait particulièrement bien ma voix. Je vous 

réponds que c'est votre avis» (MPC 13-01-000112, l. 7-8). 

- 23 - 

4.3.20 En date du 21 juin 2009, à 19h37, D. appelle un certain A. g. sur le raccordement 

n. 22 qui lui passe au téléphone un dénommé AA. D. lui ordonne d’aller acheter 

des cigarettes et de les laisser chez A. e. (MPC 13-01000181). 

4.3.21 Le 29 juin 2009, à 19h43, D. appelle A. e. utilisateur du n. 14 et lui demande: «Le 

numéro de T., le numéro de A. e., tu le connais?». Pour réponse, le numéro n. 

18 lui est donné. Lors de cette conversation D. se plaint de ce que N. ne l’a pas 

informé avant de se rendre en Italie et a oublié le «saerto» (MPC13-01-000195). 

4.3.22 Le 30 juin 2009, à 22h49, un certain AA., utilisateur du n. 23, appelle D. AA. se 

renseigne sur l’identité d’un «gars de petite taille à la peau foncée» qui 

accompagnait D. Ce dernier lui dit qu’il s’agit d’A. h. AA. dit qu’A. h. est peut-être 

avec A. e. et l’autre, ce à quoi il lui est répondu que ce A. h. vivait à XX. 

(phonétique). D. l’invite à s’adresser à A. e. et lui donne le numéro n.19 (MPC 

13-01-000204). 

Confronté à cette discussion A. a déclaré qu’il ne savait pas à qui était ce numéro, 

qu’il l’avait peut-être souscrit pour lui ou pour un compatriote» (MPC 13-01-

000115, l. 10 à 13).  

4.3.23 En date du 20 juillet 2009, à 21h28, A. e. utilisant le n. 15 appelle D. et lui dit que 

N. habite chez lui. D. dit qu’il comprend qu’A. e. héberge BB., mais que N. a sa 

maison à VV. et devrait y retourner (MPC 13-01-000212 et s.).  

Il est précisé que, selon les explications du prévenu, «BB.» signifie frère ou frérot 

(MPC 13-01-0000011, l. 15-19). 

4.3.24 En date du 30 août 2009 à 15h12, un certain CC. appelle D. depuis la prison pour 

lui demander le numéro d’A. e. Le numéro n. 24 lui est donné. Les interlocuteurs 

discutent du fait que le A. e. en question aurait fait parvenir des cigarettes à CC. 

en prison. 

4.3.25 En date du 5 novembre 2009, à 18h25, D. appelle A. e. sur le raccordement n. 25. 

A. e. lui dit que lui-même et DD. ont été pris en flagrant délit de vol de chocolat 

dans un kiosque et que DD. avait été relâché avant lui (MPC 13-01-000273). 

Confronté à cette discussion, A. a nié être un des interlocuteurs et a déclaré qu’il 

était possible que le numéro soit à son nom mais qu’il n’était pas pour autant le 

A. e. (MPC 13-01-00022-26).  

- 24 - 

4.3.26 En date du 20 janvier 2010, à 12h40, D. appelle A. e., utilisateur du n. 26 pour lui 

dire qu’EE. et lui-même veulent passer chez lui dans 15-20 minutes (MPC 13-

01-000304). 

Au sujet de cette discussion, A. a déclaré: «Ce n'est pas moi qui parle au 

téléphone. Vous me demandez si D. a. et EE. sont venus chez moi. Je vous redis 

que je voyais très rarement D. a., dans la rue. On se saluait, c'est tout. C'était 

pareil avec EE. Mais je ne savais même pas qu'il s'appelait EE. C'était une 

connaissance, comme d'autres Georgiens.» (MPC 13-01-000242, l. 16 à 18).  

 

 Les raccordements en lien avec A.  

4.4.1 Selon le MPC, A. était en contact téléphonique avec D., au travers des 

raccordements téléphoniques suivants (MPC 10-0468 et MPC 10-1484 s.): 

 n. 27, dont A. était le titulaire sous le nom d’A. a.; 

 n. 19 dont A. était le titulaire sous le nom d’A. a.; 

 n. 28 96 dont A. était le titulaire sous le nom d’A. a.; 

 n. 29 dont le titulaire était FF.; 

 n. 25, dont le titulaire était GG.; 

 n. 14 dont le titulaire était HH.; 

 n. 24 (MPC 10-1475). 

Par ailleurs, au nom d’A. a. (à V.) était également enregistré le numéro n. 30 

(MPC 10-1485) 

Enfin, selon les extraits des conversations téléphoniques versées au dossier, A. 

aurait également utilisé le raccordement n. 15 (v. 4.3.23). 

4.4.2 A. a déclaré avoir possédé 4 à 5 numéros de téléphones pendant qu'il vivait au 

Tessin. Toujours selon ses déclarations, il changeait de numéro de téléphone 

après avoir fait l'objet de contrôles de police. II a expliqué avoir été arrêté la 

première fois pour une tentative de cambriolage, probablement en 2009 et a 

également reconnu avoir été interpellé encore à d'autres reprises, en compagnie 

de compatriotes géorgiens. En fait, sous la fausse identité d’A. a., A. avait déjà 

été interpellé au mois d'août 2008 pour vol, au Tessin (MPC 13.01-0073 -74, l. 

28 ss et MPC 10-1495). Il n’a toutefois pas été en mesure de se souvenir des 

numéros qu’il utilisait. 

- 25 - 

4.4.3 Le 20 octobre 2009, A. a été arrêté par la police tessinoise en possession d’un 

téléphone portable contenant la carte SIM n. 24 (MPC 06-201 et 10-1475). Arrêté 

le 15 mars 2010 à son domicile à V., A. était en possession du téléphone portable 

Nokia N76 (IMEI n. 31) contenant la carte SIM n. 26.  

4.4.4 Or, A. a nié être la personne appelée A. e. dans les conversations téléphoniques 

reportées ci-dessus, arguant que plusieurs autres personnes se faisaient appeler 

de cette manière (v. 4.3.4; MPC 13-01-000009 et MPC 13-01-000005).  

4.4.5 Il y a dès lors lieu d’examiner si les conversations impliquant un certain A. e. se 

rapportent à A. ou si, au contraire, il y a des doutes suffisamment raisonnables 

sur l’implication d’A. pour ne pas la tenir pour établie. La qualification des 

éventuels comportements retenus sera discutée ci-dessous. 

Comme il a été exposé ci-dessus, le surnom A. e. peut effectivement être donné 

aux personnes provenant de la région d’U. en Géorgie. A. provient précisément 

de cette région et, selon ses propres déclarations il lui arrivant de se faire 

désigner par ce surnom (v. 4.3.4, MPC 13-01-000009 et MPC 13-01-000005). La 

Cour retient donc que l’utilisation du nom A. e. n’est pas suffisante à elle seule 

pour conclure qu’il en va nécessairement et systématiquement d’A. mais que cela 

constitue un très sérieux indice, parmi d’autres, à prendre en considération dans 

un faisceau d’indices convergents. S’il est vrai que le nom A. e. ait été utilisé à 

une ou deux reprises, dans les conversations téléphoniques, pour désigner une 

autre personne qu’A., c’est habituellement A. qui était appelé ainsi. En effet, il n’a 

jamais été demandé à la personne répondant au nom d’A. e. si elle était bien 

celle qu’on appelait généralement ainsi. 

4.4.6 L’instruction a démontré que le numéro n. 19 était enregistré au nom d’A., que 

son utilisateur résidait au Tessin et que l’utilisateur s’est toujours annoncé 

comme A. e. (v. 4.3.13 et 4.3.19) ou était désigné par ce nom lorsque ce numéro 

était donné à autrui (v. 4.3.22). Ainsi, il est établi, malgré les déclarations 

contraires du prévenu, que ledit numéro a régulièrement été utilisé par A. 

4.4.7 S’agissant du numéro n. 26, utilisé à tout le moins en date du 20 janvier 2010 (v. 

4.3.26), la Cour retient également que ce numéro de téléphone était celui du 

prévenu et utilisé par lui, puisque l’utilisateur est appelé A. e. et que, lorsqu’A. a 

été arrêté en date du 15 mars 2010, ce numéro était en sa possession (v. 4.4.3). 

S’agissant des conversations du 20 juillet 2009 à 21h28 (v. 4.3.23) et du 

5 novembre 2009 (v. 4.3.25), même s’il y est fait mention d’un certain A. e. la 

Cour ne les retient pas car il demeure un certain doute qu’il en aille bien d’A., ce 

- 26 - 

d’autant que les conversations ont été effectuées avec des numéros de 

téléphone dont A. n’était pas le titulaire. 

 Les infractions reprochées à A. 

 Recel (art. 160 CP) 

5.1.1 Aux termes de l’art. 160 CP, se rend coupable de recel, celui qui aura acquis, 

reçu en don ou en gage, dissimulé ou aidé à négocier une chose dont il savait 

ou devait présumer qu’un tiers l’avait obtenue au moyen d’une infraction contre 

le patrimoine. Il sera puni d’une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou 

d’une peine pécuniaire. Le receleur encourra la peine prévue pour l’infraction 

préalable si cette peine est moins sévère. Si l’infraction préalable est poursuivie 

sur plainte, le recel ne sera poursuivi que si cette plainte a été déposée (art. 160 

ch. 1 al. 1 à 3 CP). Pour le recel, les éléments objectifs sont une chose, une 

infraction préalable contre le patrimoine, un lien de provenance entre la chose et 

l’infraction préalable, un acte de recel (acquisition, dissimulation, aide à la 

négociation). 

Le recel est punissable parce qu'il a pour effet de perpétuer, au préjudice de la 

victime du premier délit, l'état de chose contraire au droit que cette infraction a 

créé (ATF 127 IV 79 consid. 2b p. 83). Le comportement délictueux consiste à 

accomplir l'un des trois actes de recel énumérés limitativement par l'art. 160 ch. 

1 al. 1 CP, à savoir l'acquisition, dont la réception en don ou en gage ne sont que 

des variantes, la dissimulation et l'aide à la négociation d'une chose dont l'auteur 

sait ou doit présumer qu'un tiers l'a obtenue au moyen d'une infraction contre le 

patrimoine (ATF 128 IV 23 consid. 3c p. 24). 

 

Le point de savoir si l'auteur du délit préalable a été poursuivi ou puni est sans 

pertinence. Il suffit que l'acte initial réalise les conditions objectives d'un 

comportement pénalement répréhensible (ATF 101 IV 402 consid. 2 p. 405 et les 

références). Comme en matière de blanchiment (art. 305bis CP), la preuve stricte 

de l'acte préalable n'est pas exigée (cf. ATF 120 IV 323 consid. 3d p. 328; arrêt 

du Tribunal fédéral 6B_141/2007 du 24 septembre 2007 consid. 3.3.3). Il suffit 

que la valeur patrimoniale soit issue avec certitude d'un délit contre le patrimoine. 

Le recel peut se concevoir même lorsque l'auteur de l'acte préalable est inconnu, 

si la preuve peut être rapportée que le possesseur actuel d'une chose ne peut 

l'avoir acquise que d'un voleur inconnu (arrêt du Tribunal fédéral 6B_115/2007 

et la réf. à Hans Walder, Die Hehlerei gemàss StrGB Art. 144 - Kasuistik und 

Lehren, RPS 103/1986, p. 253). Enfin, le recel est une infraction intentionnelle 

- 27 - 

mais il suffit que l'auteur sache ou doive présumer, respectivement qu'il accepte 

l'éventualité que la chose provienne d'une infraction contre le patrimoine (dol 

éventuel; Bernard Corboz, Les infractions en droit suisse, vol. I, 3e éd. 2010, art. 

160 CP, n. 48). Il en va ainsi lorsque les circonstances suggèrent le soupçon de 

la provenance délictueuse (ATF 129 IV 230 consid. 5.3.2 p. 236 s. et les 

références à ATF 119 IV 242 consid. 2b, p. 247, 101 IV 402 consid. 2 p. 405). 

5.1.2 Le MPC reproche à A. d’avoir, le 21 mai 2009, à son domicile à V., alors que D. 

en avait discuté par téléphone le 20 mai 2009 à 17h15 avec un certain N. a. (v. 

4.3.5), membre non identifié de l’équipe rapprochée de D., dissimulé à son 

domicile un ordinateur volé par ce «N. a.». Le MPC soutient qu’A. devait savoir 

ou présumer qu’il avait obtenu cet ordinateur à la suite d’un vol.  

Le MPC fonde cette accusation sur la base de deux conversations reproduites 

ci-dessus, soit celle du 20 mai 2009 à 17h15 (v. 4.3.5) et celle du 21 mai 2009 à 

11h14 (v. 4.3.7) entre D. et un certain N. a. 

 

Lors de son audition du 03.06.2015, A. a reconnu la voix de D. Il a déclaré que 

D. a. n’avait jamais rien laissé chez lui. Il a encore déclaré «il est arrivé qu’un 

Géorgien, qui a été très rapidement renvoyé de Suisse, ait laissé chez moi des 

affaires qu’il n’a pas pu prendre avec. Mais ce n’était que des habits ou des 

photos. Je ne me souviens pas du nom du compatriote» (dossier MPC 13-01-

000013). 

 

Il appert que, lors de la perquisition du domicile d’A., les autorités n’ont pas trouvé 

d’ordinateur (ou de «console», v. 4.3.5), ni de traces d’un tel objet. De plus, les 

autorités n’ont fourni aucun autre détail quant à l’objet concerné (propriétaire, 

marque, etc.) et aucun autre indice ne permet d’établir qu’A. aurait reçu ou 

dissimulé un ordinateur dont il savait ou devait présumer qu’un tiers l’avait obtenu 

au moyen d’une infraction. 

 

Ainsi, faute de toutes précisions et d’élément matériel, la teneur des 

conversations téléphoniques n’est pas vérifiable et il n’est pas possible de retenir 

l’interprétation des faits proposée par le MPC hors de tout doute raisonnable. 

 

En l’absence d’éléments objectifs et de preuves de cette infraction, A. doit être 

acquitté de l’infraction de recel d’un ordinateur. 

5.1.3 Le MPC reproche également à A. de s’être rendu coupable de recel en 

dissimulant, à son domicile à V., jusqu’au 15 mars 2010, des objets volés, en 

particulier 1 autoradio de marque PIONEER, 1 caméra vidéo de marque 

- 28 - 

SAMSUNG, 3 paires de lunettes de soleil de marques ARMANI, GUCCI et 

DOLCE & GABBANA, 5 flacons de parfum de marques HUGO BOSS, YVES ST 

LAURENT, BULGARI, NINA RICCI et ARMANI, 2 rasoirs avec lames de 

rechange, 1 paire de basket de marque ADIDAS, 3 vestes de marques diverses, 

3 paires de pantalons jean’s de marques diverses, 4 pantalons de training longs 

de marques diverses, 7 t-shirts ou pulls de sport de marques diverses, 9 maillots 

de bain ou shorts de marques diverses et 2 sacs des marques ACTIVE et 

DIPLOMAT51. Ces objets ont été découverts au domicile d’A. lors de la 

perquisition du 15 mars 2010. Le MPC estime qu’A. devait savoir ou présumer 

que ces objets avaient été obtenus, en partie à la suite d’un ou de plusieurs vols 

par un certain II., membre de l’organisation criminelle. 

Lors de son audition du 27 mai 2010, interrogé sur les nombreux habits, parfums 

et lunettes de marque retrouvés dans son appartement, A. a expliqué: «II faut 

bien regarder les prix des objets trouvés chez moi et je pense que l'ensemble de 

ces objets a une valeur de CHF 2'000.-. Depuis 3 ans et demi que je suis en 

Suisse, j'ai pu économiser de l'argent. II est vrai que j'ai été arrêté pour vol mais 

cela ne veut pas dire que je vis de cela.» (MPC 13-01-0025). 

S’agissant du caméscope dans lequel figurait un film de vacances de tierces 

personnes, A. a expliqué lors du même interrogatoire: «Ce caméscope, je ne l'ai 

jamais enclenché. C'est un autre Géorgien qui le possédait, qui était sur le point 

de quitter la Suisse. II était convenu que je garde ce matériel en dépôt jusqu'à 

son départ, puis en fait il m'a donné ce matériel avant de quitter le pays. Vous 

me dites que dès lors, je pourrais être impliqué dans du recel, je vous réponds 

que c'était un cadeau. Vous me demandez pour quelle raison un Géorgien 

renoncerait à prendre ses affaires pour rentrer au pays; je vous réponds que dans 

ce cas, le Géorgien devait partir en Allemagne et pas en Géorgie» (dossier MPC 

13-01-0025). 

Lors de son audition du 24 mars 2014, A. a déclaré: «Je peux vous dire 

exactement. Il y avait deux paires de lunettes, quelques parfums, des habits, une 

caméra ou un appareil photo que je n’ai d’ailleurs pas utilisé. Cet appareil m’avait 

été offert. En ce qui concerne les habits, il y avait effectivement des habits neufs. 

Tous les habits dans mon appartement ont été considérés par la police comme 

des affaires volées alors que je vivais depuis longtemps au Tessin et que j’avais 

besoin de vêtements. Certains d’entre eux étaient d’ailleurs usagés» (MPC 13-

01-0060). 

La Cour relève que la majeure partie de ces objets sont de marques renommées 

et représente une valeur marchande conséquente. Or, le prévenu n’avait pas de 

- 29 - 

travail, pas de revenu – hormis les CHF 500.- mensuel de l’aide sociale – ni de 

fortune. Ainsi, la Cour ne peut retenir les explications peu claires et très 

invraisemblables du prévenu et considère qu’il existe un faisceau d’indices 

tendant à démontrer qu’il s’agit selon toute probabilité du butin de vols, commis 

par A. lui-même ou par des tiers. Il subsiste un grand doute quant à savoir si c’est 

pour s’être rendu coupable de vol ou de recel qu’A. a détenu tous les biens 

précités dans son appartement. Le doute devant profiter au prévenu, A. doit être 

acquitté de l’infraction de recel. 

 

 Participation à une organisation criminelle (art. 260ter ch. 1 CP) 

5.2.1 A teneur de l'art. 260ter CP, celui qui aura participé à une organisation qui tient 

sa structure et son effectif secrets et qui poursuit le but de commettre des actes 

de violence criminels ou de se procurer des revenus par des moyens criminels, 

celui qui aura soutenu une telle organisation dans son activité criminelle, sera 

puni d’une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou d’une peine 

pécuniaire (ch. 1). Est également punissable celui qui aura commis l’infraction à 

l’étranger si l’organisation exerce ou doit exercer son activité criminelle en tout 

ou en partie en Suisse. Dans ce cas, l’art. 3 al. 2 est applicable (ch. 3). 

Cette infraction suppose d'abord l'existence d'une organisation criminelle. Il s'agit 

d'une notion plus étroite que celle de groupe, de groupement au sens de l'art. 

275ter CP ou de bande au sens des art. 139 ch. 3 al. 2 et 140 ch. 3 al. 2 CP; elle 

implique l'existence d'un groupe structuré de trois personnes au minimum, 

généralement plus, conçu pour durer indépendamment d'une modification de la 

composition de ses effectifs et se caractérisant, notamment, par la soumission à 

des règles, une répartition des tâches, l'absence de transparence ainsi que le 

professionnalisme qui prévaut aux différents stades de son activité criminelle; 

c’est notamment le cas des groupes de type mafieux, des groupements 

terroristes, etc. (ATF 132 IV 132 consid. 4.1.2; TPF 2008 80 consid. 4.2.1 p. 82; 

Hans VEST, Delikte gegen den öffentlichen Frieden [Art. 258 – 263 StGB], 

Commentario, 2007, n° 15 ad art. 260ter CP; STRATENWERTH/BOMMER, 

Schweizerisches Strafrecht, BT II, Straftaten gegen Gemeininteressen, 6e éd. 

2008, p. 233, n° 21; DONATSCH/WOHLERS, Strafrecht IV, Delikte gegen die 

Allgemeinheit, 3e éd. 2004, p. 192; FF 1993 III 289 et 290). Il faut ensuite que 

cette organisation tienne sa structure et son effectif secrets. La discrétion 

généralement associée aux comportements délictueux ne suffit pas; il doit s'agir 

d'une dissimulation qualifiée et systématique, qui ne doit pas nécessairement 

porter sur l'existence de l'organisation elle-même mais sur la structure interne de 

celle-ci et le cercle de ses membres et auxiliaires (FF 1993 III 290/291; 

- 30 - 

STRATENWERTH/BOMMER, op. cit., p. 234, n°22; DONATSCH/WOHLERS, op. cit., p. 

193). Il faut en outre que l'organisation poursuive le but de commettre des actes 

de violence criminels ou de se procurer des revenus par des moyens criminels. 

Le but criminel doit être le but propre de l'organisation, dont l'activité doit 

concerner pour l'essentiel – mais non pas exclusivement – la commission de 

crimes, c'est-à-dire en tout cas d'infractions que le droit suisse qualifie de crimes 

(cf. art. 10 CP, art. 9 aCP). L'enrichissement par des moyens criminels suppose 

que l'organisation s'efforce de se procurer des avantages patrimoniaux illégaux 

en commettant des crimes; sont notamment visées les infractions constitutives 

de crimes contre le patrimoine et les crimes prévus par la loi fédérale sur les 

stupéfiants (FF 1993 III 291/292; DONATSCH/WOHLERS, op. cit., p. 235, n° 23; 

DONATSCH/WOHLERS, op. cit., p. 192/193). Il faut encore que l'auteur de 

l'infraction ait participé à l'organisation ou soutenu celle-ci dans son activité. 

Participe à une organisation criminelle celui qui s'y intègre et y déploie une activité 

concourant à la poursuite du but criminel de l'organisation. 

 

L'art. 260ter CP vise à permettre l'incrimination individuelle d'actes qui, parce qu’ils 

sont commis au sein d'une organisation, sont difficilement imputables à des 

individus. Conformément au message du Conseil fédéral du 30 juin 1993, cette 

disposition constitue l'un des éléments centraux d'une stratégie globale 

susceptible de combattre avec succès le crime organisé. Elle permet de réprimer 

la participation ou le soutien à une organisation criminelle dans les cas où la 

division extrêmement poussée des tâches et les mesures de dissimulation 

adoptées par l'organisation criminelle empêchent de prouver la participation des 

membres de l’organisation criminelle à des infractions déterminées. Les critères 

traditionnels d'imputabilité basés sur la responsabilité pénale individuelle ne sont 

en effet d'aucun secours lorsque la personne qui prête son concours à une 

infraction agit en tant que maillon aisément interchangeable d'une organisation 

criminelle que la pérennité et l'opacité des structures, fondées sur une division 

très poussée des tâches, rendent pratiquement impénétrables (FF 1993 III 287; 

cf. DE VRIES REILINGH, La répression des infractions collectives et les problèmes 

liés à l'application de l'art. 260ter CP relatif à l'organisation criminelle, notamment 

du point de vue de la présomption d'innocence, in RJB 2002 p. 290). 

 

Selon la jurisprudence, l'art. 260ter CP revêt un caractère subsidiaire si la 

participation ou le soutien de l'auteur à l'organisation criminelle s'épuise dans une 

infraction concrète; le cas échéant, il ne doit être puni que pour sa participation 

à cette infraction. Le concours réel entre cependant en considération si la 

participation ou le soutien à l'organisation va au-delà de la participation à un délit 

concret pour lequel l'auteur doit être puni (ATF 132 IV 132 consid. 4.2 p. 135/136; 

arrêt du Tribunal fédéral 6B_262/2007 du 13 août 2007 consid. 8.1.3). Tel est par 

- 31 - 

exemple le cas lorsque quelqu'un procure des moyens financiers à une 

organisation criminelle en sachant que seule une partie des fonds sera consacrée 

à un attentat déterminé alors que le reste servira à d'autres infractions, dans 

lesquelles la participation du financier ne pourra être établie (FF 1993 III 296). Le 

message précise encore que la forme aggravée du blanchiment d'argent au sens 

de l'art. 305bis ch. 2 CP est un cas d'application spécifique du soutien à une 

organisation criminelle (FF 1993 III 294). Si la participation ou le soutien de 

l’auteur à l'organisation dépasse le cadre des infractions précises et démontrées, 

on se trouve dans le cas d'un concours de lois; en revanche, si la participation ou 

le soutien à l'organisation s'épuise dans une infraction concrète que l'on peut 

démontrer, l'auteur ne doit être puni que pour la participation à cette dernière 

infraction (ATF 132 IV 132 consid.4.2 et la jurisprudence citée; arrêt du Tribunal 

fédéral 6S.229/2005 du 20 juillet 2005 consid. 1.2.3). 

 

Sur le plan subjectif, l'infraction est intentionnelle. Ainsi, l'auteur doit savoir ou du 

moins accepter l'éventualité que soient réunis les faits caractérisant une 

organisation criminelle (Bernard CORBOZ, op. cit., n° 9 ad art. 260ter CP et les 

réf.). Il n'est pas nécessaire qu'il soit au courant des délits concrètement commis 

par l'organisation. Il suffit que l'auteur se rende compte que l'organisation commet 

des infractions qui dépassent le cadre de simples contraventions. Il doit en outre 

se douter que son comportement sert le but criminel de l'organisation (HANS 

BAUMGARTNER, in BK-Strafrecht II, n° 14 ad art. 260ter CP). Il faut que celui qui 

apporte son soutien à une organisation criminelle sache ou, à tout le moins, 

envisage que sa contribution pourrait servir à la poursuite du but criminel de celle-

ci. Le seul fait de sympathiser avec des mouvements terroristes ou analogues à 

la mafia ou de les admirer ne suffit pas, du point de vue objectif déjà, à réaliser 

le comportement délictueux (ATF 132 IV 132 consid. 4.1.4 p. 135 et les arrêts 

cités; arrêt du Tribunal fédéral 6B_262/2007 du 13 août 2007 consid. 8.1.2). On 

retient qu’est membre d’une organisation criminelle celui qui est impliqué dans 

l’organisation et non celui qui fournit simplement une aide à celle-ci. Une fonction 

dirigeante n’est pas requise pour être membre, une fonction subalterne pouvant 

suffire. Participe comme membre de l’organisation celui qui s’y intègre et y 

déploie une activité concourant à la poursuite du but criminel de l’organisation. 

5.2.2 Dans le cas d’espèce – et comme exposé en préambule (v. 4.1 ss)  

– l’organisation connue sous le nom de "Voleurs dans la loi" ("Vor V Zakone") a 

été qualifiée d'organisation criminelle au sens de l'art. 260ter CP par les tribunaux 

et son implantation en Suisse a été admise par les autorités judiciaires 

genevoises à plusieurs reprises (ACC/56/10 consid. 1 p. 32 et les trois arrêts 

cantonaux cités, in dossier MPC, p. 18-01-0089; ACAS/32/11 consid. 2 p. 16 ss, 

in dossier TPF, p. 70 690 021 ss). Sa structure, son fonctionnement et les 

- 32 - 

activités de celles-ci sont bien connus et même l’utilisation de l’expression 

«courir» est connue des autorités un code pour le mot «voler», ce qui d’ailleurs 

se déduit facilement au vu du contenu des conversations reportées (v. 4.3.6 et 

4.3.12). 

Dès lors, il y a lieu d’examiner si le comportement reproché à A., entre fin 2009 

et 2010, est constitutif de participation ou soutien à l’organisation précitée. 

 

A titre liminaire, la Cour retient que les conversations téléphoniques au dossier 

accréditent très fortement la thèse que D. était un membre actif de l’organisation 

criminelle en cause et qu’il était au courant des activités délictuelles d’autres 

membres, connaissait le sens second du mot «courir», était en contact avec 

d’autres membres de l’organisation criminelle et était impliqué dans la gestion du 

«saerto» (voir notamment 4.3.3 à 4.3.8, 4.3.12 à 15, 4.3.20 à 22). La qualité de 

membre de l’organisation criminelle de D. est un élément qui permet de mieux 

comprendre et apprécier les propos et comportements du prévenu en cause.  

5.2.3 Sur la base des extraits de conversations reproduits ci-dessus, des éléments au 

dossiers et des constations de la Cour (v. 4.4), il appert de manière certaine que 

le 3 juin 2009, peu avant 17h02, un membre de l’organisation s’étant fait arrêter 

suite à un vol chez MANOR à YY. a contacté A. sur un de ses raccordements 

téléphoniques  et que ce dernier a appelé D., par le biais du n. 19, pour lui dire que 

cette personne pouvait être relâchée dans les 40 minutes, moyennant le paiement 

de CHF 150.- (v. 4.3.13). Sur ce, D. lui a proposé de prendre CHF 150.- du 

«saerto», mais que cette somme devait être remboursée «lundi ou mardi 

prochain» car il devait l’amener à WW. – où se trouvait B. à l’époque des faits – ce 

à quoi A. a répondu que ce serait fait, sans poser aucune question. Quelques 

minutes plus tard, au détenteur du raccordement n. 14, D. a fait rapport de la 

situation à son interlocuteur en disant: «Quand tu m’as appelé, j’étais dans le train, 

et je ne suis même pas descendu, je suis directement allé» et l’interlocuteur lui 

répond: «Oui donc moi j’aurais encore plus de retard», démontrant ainsi que 

l’utilisateur du numéro n. 14 était, à tout le moins à ce moment-là, la même 

personne que celle ayant informé D. de la situation un peu plus tôt.  

Il est vrai que le numéro n. 14 a aussi été utilisé par un certain N. à au moins une 

reprise (v. 4.3.11). Toutefois, le A. e. qui parle à ce numéro le 3 juin 2009 est bien 

A. car D. lui fait rapport sur la situation en évoquant l’appel qu’il vient d’avoir avec 

lui quelques minutes auparavant (au numéro n. 19) quant au Géorgien arrêté 

chez MANOR.  

- 33 - 

5.2.4 Il est établi que le 9 juin 2009, A. a confié à S., à l’intention de D., CHF 200.-, 

dont CHF 50.- pour son propre compte et CHF 150.- pour le compte de T. 

Sommes au sujet desquelles D. lui demande si elles doivent être attribuées au 

«saerto» ou non (v. 4.3.18 et 19). 

5.2.5 Lorsqu’un certain AA. cherche à entrer en contact avec d’autres personnes liées 

à D., en date du 30 juin 2009, ce dernier l’invite à s’adresser à A. et non à un tiers 

(v. 4.3.22); car c’est le numéro n. 19, attribué à A., que D. lui donne. 

En date du 20 janvier 2010, à 12h40, la Cour retient que D. a bel et bien appelé 

A. pour lui dire qu’EE. et lui-même voulaient passer chez lui (v. 4.3.26). 

5.2.6 Enfin, vu que, lors de son arrestation, A. était en possession de la carte SIM 

comportant le numéro de téléphone n. 24, qui a été communiqué en date du 

30 août 2009 à un certain CC. (v. 4.3.24), la Cour considère que c’est bien A. qui 

s’est chargé de faire envoyer des cigarettes à un autre membre de l’organisation 

en prison. 

5.2.7 Sur la base des agissements imputables à A., la Cour estime qu’il entretenait des 

contacts étroits et réguliers avec D., par téléphone (v. 4.3.1, 4.3.10 et 11, 4.3.13 

et 4.3.19), chez lui, dans son appartement (v. 4.3.3 et 26) et vraisemblablement 

dans des parcs à V. (v. 4.3.1 et 4.3.16). A. était également en contact avec 

d’autres membres de l’entourage de D., notamment S. (v. 4.3.19), T. (v. 4.3.19, 

4.3.21), l’autre A. e. (3.4.13), CC. (v. 3.4.24) et fort probablement AA. (v. 4.3.20). 

D’ailleurs, D. n’hésitait pas à transmettre le numéro du prévenu à ceux qui le 

demandaient (v. 4.3.22 et 4.3.24) témoignant ainsi du fait que, à ses yeux, A. e. 

soit A., pouvait se rendre utile aux membres de l’organisation. 

5.2.8 La Cour retient aussi que, lors de ces contacts, A. a démontré être extrêmement 

informé du fonctionnement du «saerto» et au moins d’un de ses buts, soit celui 

d’aider les autres membres de l’organisation en cas d’arrestation. Il savait 

manifestement des choses que l’organisation évite de divulguer aux non-

membres (v. 4.3.13 et 19).  

De plus, il appert qu’A. a fait, à tout le moins, un versement en faveur du chef de 

l’organisation criminelle du Tessin, D., et qu’il était destiné à alimenter ou à 

réalimenter la caisse commune de l’organisation. En effet, il ressort de la liste du 

«saerto» (v. 4.2.2) pour janvier que les cotisations s’élevaient visiblement pour 

tous les membres à CHF 50.- ce qui correspond au montant qui a été laissé à 

l’intention de D. chez S. (v. 4.3.19). La Cour n’a aucun motif d’envisager une 

explication alternative audit paiement. 

- 34 - 

 

Enfin, selon un faisceau d’indices concordants, il appert qu’A. a également 

accueilli des membres de l’organisation criminelle à son domicile (v. 4.3.3, 4.3.6, 

à 8, 4.3.10 et 4.3.26) et il apparaît comme certain qu’il a mis à disposition son 

appartement pour y déposer des objets et de l’argent (v. 4.3.7 et 4.3.18). Bien 

que l’infraction de recel ne soit pas retenue, la réception d’objets manifestement 

volés, constitue un indice supplémentaire d’une participation à l’organisation 

criminelle. Il est établi qu’A. a aidé diversement et activement d’autres membres 

de l’organisation et l’organisation elle-même. 

5.2.9 A. a également pris des mesures pour éviter d’être identifié en utilisant au moins 

un faux passeport, des alias («J’ai acheté ces faux papiers mais je ne sais pas 

où ils ont été fabriqués. J’ai utilisé un faux nom, soit A. a.», MPC 13-01-0070) et 

différents numéros de téléphone, en en changeant d’habitude après chaque 

interpellation par la police. Il a également finalement respecté la loi du silence 

relativement à l’organisation en niant entretenir des relations avec ses membres 

ou en indiquant ne pas se souvenir. Il a prétendu ignorer le nom des personnes 

qu’il chargeait d’aller chercher pour lui de l’argent chez Western Union (MPC 13-

01-0018) et ne pas se souvenir du visage de personnes dont on sait qu’il les 

fréquentait, qui ont été prises en photo en sa compagnie (MPC 13-01-0020 et 

0026) ou pour lesquelles il a pris des abonnements de téléphone (MPC 13-01-

000012). Il prétend également ne pas se souvenir des gens pour lesquels il aurait 

souscrit des abonnements de téléphones (MPC 13-01-000012).  

Ainsi, la Cour retient que par la nature, l’importance et la diversité de ses 

agissements, A. s’est rendu coupable de participation à l’organisation criminelle, 

les éléments constitutifs objectifs de l’art. 260ter CP étant, comme démontrés ci-

dessus, réalisés. 

5.2.10 Sur le plan subjectif, A. connaissait manifestement la structure hiérarchisée de 

l’organisation à laquelle il appartenait et son but (acquisition de revenus par des 

vols et des cambriolages). A. savait très bien ce qu’est la récolte de l’argent 

commun, l’obligation de rembourser ce qui est emprunté au «saerto» et l’utilité 

de celui-ci. Il est manifeste qu’il savait que les membres devaient cotiser à la 

caisse commune de l’organisation, en échange de certains avantages (aide 

logistique, paiement d’amendes, frais d’avocats, etc.). Il savait également que D. 

rassemblait localement les contributions au «saerto» et qu’il devait l’emmener 

régulièrement à WW. Il savait en outre que les membres de l’organisation 

s’efforçaient de garder secrètes son existence et sa structure en ayant recours à 

des alias, à un langage codé, pour parler de leurs activités, et en faisant usage 

de très nombreux raccordements téléphoniques différents. Sans qu’il ne soit 

- 35 - 

possible d’établir très précisément son rôle dans ladite organisation, A. apparaît 

comme une personne de confiance et utile pour D. De plus, le fait qu’A. mette à 

disposition d’autres membres de l’organisation criminelle des téléphones et 

numéros de téléphone obtenus à son nom indique qu’il voulait se rendre utile à 

l’organisation criminelle en favorisant la communication entre ses membres. 

Enfin, il savait nécessairement que les buts criminels poursuivis par cette 

organisation tendaient à la commission d'infractions dépassant de simples 

contraventions et que ses agissements servaient les buts de cette organisation. 

Au vu des éléments exposés ci-dessus, la Cour retient qu’il a agi 

intentionnellement et a aussi accepté que le groupe pour lequel il œuvrait puisse 

répondre à la définition juridique de l’organisation criminelle. C’est donc à tout le 

moins, par dol éventuel, qu’il a participé aux activités d’organisation criminelle. 

A. doit partant être reconnu coupable de participation à une organisation 

criminelle, au sens de l’art. 260ter ch. 1 al. 1 CP. 

 

 

 

 Fixation de la peine 

La Cour fixe la peine selon la culpabilité de l'auteur, en prenant en considération 

ses antécédents, sa situation personnelle et l'effet de la peine sur son avenir 

(art. 47 al. 1 CP). La culpabilité est déterminée par la gravité de la lésion ou de 

la mise en danger du bien juridique concerné, par le caractère répréhensible de 

l’acte, par les motivations et les buts de l’auteur et par la mesure dans laquelle 

celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, compte tenu de sa situation 

personnelle et des circonstances extérieures (art. 47 al. 2 CP). Ainsi, la culpabilité 

doit s'apprécier objectivement et subjectivement. Objectivement, il s'agit de 

prendre en considération le mode d'exécution de l'acte répréhensible, 

l'importance du bien juridiquement protégé par la norme qui a été violée et le 

résultat de l'activité illicite, soit la gravité de la lésion ou de la mise en danger. 

Subjectivement, il faut examiner quels étaient les mobiles de l'auteur, ses 

motivations, quelle était l'intensité de la volonté délictueuse, à quel point l'auteur 

était ou non libre de choisir entre comportement licite ou illicite et donc s'il lui 

aurait été facile ou non d'éviter de passer à l'acte. Plus il lui aurait été facile de 

respecter la norme enfreinte, plus sa décision de l’avoir transgressée pèse 

lourdement et, partant, sa faute est grave; et vice-versa (ATF 127 IV 101 consid. 

2a, 122 IV 241 consid. 1a et les arrêts cités). Relativement à la personne du 

prévenu, le juge doit prendre en compte ses antécédents, sa réputation, sa 

situation personnelle (âge, santé, formation, origine socio-économique), sa 

- 36 - 

vulnérabilité à la peine, son intégration sociale, son attitude et ses 

comportements après les faits qui lui sont reprochés ainsi que pendant la 

procédure (aveux, collaboration à l'enquête, remords, prise de conscience de sa 

propre faute; ATF 134 IV 17 consid. 2.1, 129 IV 6 consid. 6.1; arrêt du Tribunal 

fédéral 6B_759/2011 du 19 avril 2012 consid. 1.1). L'absence d'antécédent a en 

principe un effet neutre sur la fixation de la peine et n'a donc pas à être prise en 

considération dans un sens atténuant (ATF 136 IV 1 consid.2.6.4; arrêt du 

Tribunal fédéral 6B_246/2012 du 10 juillet 2012 consid. 2.6). 

 

Pour apprécier l'effet prévisible de la peine sur l'avenir du prévenu condamné, le 

juge se demande quelles seront, selon toute vraisemblance, les incidences 

principales de la peine infligée sur la vie future du prévenu. La peine doit être 

fixée de sorte qu’il existe un certain rapport entre la faute commise par le prévenu 

condamné et l’effet que la sanction produira sur lui. Cela découle de ce que le 

législateur a codifié la jurisprudence selon laquelle le juge doit éviter les sanctions 

qui pourraient détourner l’intéressé de l’évolution souhaitable (ATF 128 IV 73 

consid. 4, 127 IV 97 consid. 3, 119 IV 125 consid. 3b, 118 IV 337 consid. 2c). 

Cette exigence, qui relève de la prévention spéciale, n’autorise que des 

tempéraments marginaux, la peine devant toujours rester proportionnée à la 

faute (arrêt du Tribunal fédéral 6B_673/2007 du 15 février 2008 consid. 3.1). 

Comme l’ancien art. 63 CP, l'actuel art. 47 CP confère un large pouvoir 

d’appréciation au juge (arrêt du Tribunal fédéral 6B_207/2007 du 6 septembre 

2007 consid. 4.2.1, publié in Forumpoenale 2008, n° 8, p. 25 ss). 

 

Le cas échéant, le juge doit ensuite prendre en considération les circonstances 

susceptibles d'atténuer la peine. Le Code pénal énumère, à l'art. 48, les 

circonstances qui commandent une atténuation de la peine. Elles sont les 

suivantes: l'auteur a agi en cédant à un mobile honorable, dans une détresse 

profonde, sous l'effet d'une grave menace, sous l'ascendant d'une personne à 

laquelle il devait obéissance ou dont il dépendait (let. a); l'auteur a été induit en 

tentation grave par la conduite de la victime (let. b); il a agi en proie à une émotion 

violente que les circonstances rendaient excusable ou dans un état de profond 

désarroi (let. c); il a manifesté, par des actes, un repentir sincère, notamment en 

réparant le dommage dans la mesure du possible (let. d); l'intérêt à punir a 

sensiblement diminué en raison du temps écoulé depuis l'infraction et l'auteur 

s'est bien comporté dans l'intervalle (let. e). Au sujet de cette dernière 

circonstance atténuante, selon la jurisprudence, l'atténuation de la peine en 

raison d'un temps relativement long procède de la même idée que la prescription. 

La jurisprudence rendue sous l'empire de l'art. 64 aCP admettait donc qu'il s'était 

écoulé un temps relativement long au sens de la disposition précitée lorsque la 

poursuite pénale était près d'être prescrite. Suite à la modification du droit de la 

- 37 - 

prescription, entrée en vigueur au 1er octobre 2002, le Tribunal fédéral a jugé 

que, pour compenser l'allongement du délai de prescription et la suppression des 

règles sur l'interruption, le juge devait se montrer moins sévère dans 

l'appréciation de la notion de "date proche de la prescription"; cette condition est 

dès lors remplie quand le délai de prescription est de quinze ans, en tout cas 

lorsque les deux tiers du délai se sont écoulés; le délai écoulé peut cependant 

aussi être plus court, pour tenir compte de la nature et de la gravité de l'infraction 

(ATF 132 IV 1 consid. 6.2.1). Si, en raison d’un ou de plusieurs actes, l’auteur 

remplit les conditions de plusieurs peines de même genre, le juge fixe une peine 

pour l’infraction la plus grave et l’augmente dans une juste proportion. Il ne peut 

toutefois, ce faisant, dépasser de plus de la moitié le maximum de la peine 

menace prévue pour l'infraction la plus grave. Il est en outre lié par le maximum 

légal de chaque genre de peine (art. 49 al. 1 CP). Une fois déterminée l'infraction 

pour la commission de laquelle la loi fixe la peine la plus grave (ATF 93 IV 7 

consid. 2a, JdT1967 IV 49), la Cour de fixer concrètement la peine selon les 

critères exposés ci-dessus (art. 47 al. 1 CP). 

 

En règle générale, le juge suspend l'exécution d'une peine pécuniaire, d'un travail 

d'intérêt général ou d'une peine privative de liberté de six mois au moins et de 

deux ans au plus lorsqu'une peine ferme ne paraît pas nécessaire pour détourner 

l'auteur d'autres crimes ou délits (art. 42 al. 1 CP). Le sursis constitue la règle 

dont on ne peut s'écarter qu'en présence d'un pronostic défavorable; il prime en 

cas d'incertitude (ATF 135 IV 180 consid. 2.1; 134 IV 1 consid. 4.2.2; arrêts du 

Tribunal fédéral 6B_713/2007 du 4 mars 2008 consid. 2.1, publié dans SJ 2008 

I p. 277 ss; 6B_435/2007 du 12 février 2008 consid. 3.2). 

 

Le jour-amende est de CHF 3'000 au plus; le juge en fixe le montant selon la 

situation personnelle et économique de l'auteur au moment du jugement, 

notamment en tenant compte de son revenu et de sa fortune, de son mode de 

vie, de ses obligations d'assistance, en particulier familiales, et du minimum vital 

(art. 34 al. 2 CP). Le jugement indique le nombre et le montant des jours-amende 

(art. 34 al. 4 CP). Le Tribunal fédéral a déduit du principe du revenu net et des 

critères légaux les règles suivantes pour la détermination de la quotité du jour-

amende (ATF 134 IV 60 consid. 6 p. 68 ss). Le montant du jour-amende doit être 

fixé en partant du revenu que l'auteur réalise en moyenne quotidiennement, 

quelle qu'en soit la source, car c'est la capacité économique réelle de fournir une 

prestation qui est déterminante. Constituent des revenus, outre ceux d'une 

activité lucrative dépendante ou indépendante, notamment les revenus d'une 

exploitation industrielle, agricole ou forestière, ainsi que les revenus de la fortune 

(loyers et fermages, intérêts du capital, dividendes, etc.), les contributions 

- 38 - 

d'entretien de droit public ou privé, les prestations d'aide sociale ainsi que les 

revenus en nature. 

 

Ce qui est dû en vertu de la loi ou ce dont l'auteur ne jouit pas économiquement 

doit en être soustrait. Il en va ainsi des impôts courants, des cotisations à 

l'assurance- maladie et accidents obligatoire, ou encore des frais nécessaires 

d'acquisition du revenu, respectivement pour les indépendants, des frais justifiés 

par l'usage de la branche. Le principe du revenu net exige que seul le disponible 

excédant les frais d'acquisition du revenu soit pris en considération, dans les 

limites de l'abus de droit. L'évaluation du revenu net peut, dans la règle, être 

effectuée sur la base des données de la déclaration d'impôt (cf. art. 34 al. 3 CP). 

La notion pénale de revenu au sens de l'art. 34 al. 2 CP ne se confond cependant 

pas avec celle du droit fiscal. Si les revenus fluctuent fortement, il est nécessaire 

de se référer à une moyenne représentative des dernières années, sans que cela 

remette en cause le principe selon lequel la situation déterminante est celle 

existant au moment où statue le juge du fait (art. 34 al. 2 deuxième phrase CP). 

Cette règle ne signifie en effet rien d'autre que le tribunal doit établir de manière 

aussi exacte et actuelle que possible la capacité économique de l'intéressé, en 

tenant compte si possible de la période durant laquelle la peine pécuniaire devra 

être payée. 

 

La loi mentionne aussi spécialement d'éventuelles obligations d'assistance, 

familiales en particulier. La raison en est que les membres de la famille ne 

doivent, autant que possible, pas être affectés par la restriction apportée au train 

de vie du condamné. Le revenu net n’inclut pas les montants dus à titre 

d'entretien ou d'assistance, pour autant que le condamné s'en acquitte 

effectivement. En règle générale, les intérêts hypothécaires et les frais de 

logement ne peuvent pas être déduits. 

 

La loi se réfère, enfin, au minimum vital. On peut déduire des travaux 

préparatoires que ce minimum vital ne correspond pas à celui du droit des 

poursuites et que la part insaisissable des revenus (art. 93 LP) ne constitue pas 

une limite absolue. S'il fallait, dans chaque cas, établir le minimum vital du droit 

des poursuites et que seul soit disponible l'excédent, un cercle étendu de la 

population serait exclu de la peine pécuniaire. Cela n'était précisément pas la 

volonté du législateur. Même pour les condamnés vivant sur le seuil du minimum 

vital ou au-dessous, le montant du jour-amende ne doit pas être réduit à une 

valeur symbolique au risque que la peine pécuniaire, que le législateur a placée 

sur pied d'égalité avec la peine privative de liberté, perde toute signification (ATF 

134 IV 60 consid. 6.5.2). Mais une peine pécuniaire ne peut plus être considérée 

- 39 - 

comme symbolique lorsque le montant du jour-amende n'est pas inférieur à 

CHF 10.-, pour les auteurs les plus démunis (ATF 135 IV 180 consid. 1.4.2). 

 

En l’espèce, aux termes des considérants qui précèdent, le prévenu a été déclaré 

coupable de participation à une organisation criminelle (art. 260ter ch. 1 CP), 

infraction passible d’une peine privative de liberté de 5 ans au plus ou d’une peine 

pécuniaire.  

 

L’instruction a établi, sur la base des éléments au dossier, du casier judiciaire et 

des aveux du prévenu lui-même, qu’A. ne s’est livré à aucune activité licite 

pendant la durée de son séjour en Suisse.  

 

En participant à l’organisation criminelle, A. a porté atteinte aux intérêts juridiques 

d’un grand nombre de personnes physiques et morales qui sont les victimes 

directes de cette organisation. L’activité délictuelle d’A., qui s’est poursuivie 

malgré deux précédentes condamnations, indique une installation dans la 

délinquance, une inclination à agir à l’égard d’un nombre indéterminé de 

personnes par la recherche constante d’occasions délictuelles. Les nuisances 

sociales générées par l’organisation criminelle en cause ont été reconnues à 

plusieurs reprises par diverses autorités. Cette organisation sévit dans toutes les 

régions de la Suisse et occasionne de très nombreux dommages. La Cour relève 

par ailleurs que les mobiles d’A. sont égoïstes et qu’il n’a pas formulé d’excuse 

ou de regret sincère, ni même fourni d’explication qui aurait pu amener la Cour à 

considérer qu’il ne voulait œuvrer que passagèrement pour l’organisation ou pour 

se sortir d’un mauvais pas.  

 

A. avait déjà été condamné à deux reprises par les autorités suisses en 2008 

pour vols, dommage à la propriété et violation de domicile. Mais ces 

condamnations n’ont eu aucun effet positif sur lui. A., plutôt que de prendre 

conscience du tort causé à autrui par ses activités délictuelles, s’escrime plutôt 

à se trouver des excuses en prétendant qu’il n’a pas d’autre choix que de 

commettre des crimes pour subvenir à ses besoins (MPC 13-01-000243, I.9). De 

plus, au lieu de manifester des remords pour les actes reprochés, A. s’est plutôt 

efforcé de minimiser la gravité de ses comportements. 

 

Sa collaboration durant l’instruction a, de plus, été mauvaise; il n’a aidé d’aucune 

manière les autorités: non content de contester des faits qui pour certains étaient  

pourtant établis sans l’ombre d’un doute, A. a avancé des explications qui avaient 

manifestement pour but de brouiller les pistes et de rallonger l’enquête.  

 

- 40 - 

Tous ces éléments font ainsi obstacle à la formulation d’un pronostic favorable 

en faveur du prévenu. 

 

A l’enseigne des circonstances atténuante à mettre au bénéfice d’A., la Cour doit 

répondre à la question de savoir si la durée de la procédure est restée compatible 

avec le respect du principe de célérité (v. infra 5.4). 

 La violation du principe de célérité 

L'art. 6 §1 CEDH prévoit que toute personne a droit à ce que sa cause soit 

entendue dans un délai raisonnable, cette garantie étant répétée aux arts 5 CPP 

et 29 al. 1 Cst. Ces dispositions consacrent le principe de la célérité et prohibent 

le retard injustifié à statuer. Il s'agit d'une exigence à l'égard des autorités, qui se 

distingue de la prescription de l'action pénale. Le principe de célérité impose aux 

autorités de mener la procédure pénale sans désemparer, dès le moment où 

l'accusé est informé des soupçons qui pèsent sur lui, afin de ne pas le maintenir 

inutilement dans l’incertitude. 

 

L'autorité viole ce principe lorsqu'elle ne rend pas une décision qu'il lui incombe 

de prendre dans le délai prescrit par la loi ou dans le délai que la nature de 

l'affaire et les circonstances font apparaître comme raisonnable (v. ATF 130 I 312 

consid. 5.1 p. 331). Le caractère raisonnable du délai s'apprécie selon les 

circonstances particulières de la cause, eu égard notamment à la complexité de 

l'affaire, à l'enjeu du litige pour l'intéressé, à son comportement ainsi qu'à celui 

des autorités compétentes (ATF 135 I 265 consid. 4.4, p. 277; ATF 130 I 312 

consid. 5.1, p. 331). Comme les retards dans la procédure pénale ne peuvent 

être guéris, le Tribunal fédéral a tiré de la violation du principe de célérité des 

conséquences sur le plan de la peine. Le plus souvent, la violation de ce principe 

conduira à une réduction de la peine, parfois même à la renonciation à toute 

peine ou encore, dans des cas extrêmes, à une ordonnance de non-lieu 

(ATF 130 IV 54 consid. 3.3.1, p. 54/55 et les références citées). Une diminution 

de la peine ne peut entrer en ligne de compte qu'en cas de lacune crasse et 

avérée dans le déroulement de la procédure. Le fait que certains actes aient pu 

être effectués plus rapidement ne suffit pas pour que soit admise une telle 

violation (arrêts du Tribunal fédéral 6B_590/2014 du 12 mars 2015 consid. 5.3 et 

6B_473/2011 du 13 octobre 2011 consid. 4.2). Selon la jurisprudence, 

apparaissent comme des carences choquantes une inactivité de treize ou 

quatorze mois au stade de l'instruction, un délai de quatre ans pour qu'il soit 

statué sur un recours contre l'acte d'accusation ou encore un délai de dix ou onze 

mois pour que le dossier soit transmis à l'autorité de recours (ATF 130 IV 54 

consid. 3.3.3, p. 56 s.). 

- 41 - 

 

En l’espèce, l’enquête a été ouverte contre le prévenu le 10 mars 2010 et ce n’est 

que plus de 6 ans plus tard – le 6 avril 2016 – que le MPC a présenté un acte 

d’accusation conforme au droit devant le tribunal de première instance. Un tel 

délai pour présenter l’acte d’accusation apparait déraisonnable, vu la complexité 

toute relative de cette affaire. La Cour retient que le retard pris par l'instruction 

de la cause constitue une violation du principe de célérité garanti aux arts. 29 al. 

1 Cst. et 6 § 1 CEDH et qu’il faut donc accorder une réduction de la peine. 

 

Sur la base de tous les éléments exposés précédemment, la Cour conclut que 

compte tenu de la réduction de peine devant être accordée pour cause de 

violation du principe de célérité, une peine privative de liberté de 150 jours-

amende doit être prononcée à l’encontre d’A.. Etant donné la situation financière 

d’A., le montant du jour-amende doit être arrêté au minimum jurisprudentiel de 

CHF 10.-. 

 

 

 

 

 Imputation de la peine subie avant détention (art. 51 CP) 

Aux termes de l'art. 51 CP, le juge impute sur la peine prononcée la détention 

avant jugement subie par l'auteur dans le cadre de l'affaire qui vient d'être jugée 

ou d'une autre procédure. Un jour de détention correspond à un jour-amende ou 

à quatre heures de travail d'intérêt général. Il découle de cette disposition que la 

détention avant jugement doit être imputée sur la peine, indépendamment du fait 

que celle-ci soit ou non assortie du sursis et qu'il s'agisse d'une peine pécuniaire 

ou privative de liberté (ATF 135 IV 126 consid. 1.3.6 p. 129). En présence de 

peines de types différents, l'imputation de la détention avant jugement s'opère en 

premier lieu sur la peine privative de liberté, puis en cas d'excédent sur la peine 

pécuniaire, cela indépendamment d'une identité entre cette dernière et la 

détention subie avant jugement (arrêt du Tribunal fédéral 6B_983/2013 du 

24 février 2014 consid. 6.2). La question de l'indemnisation pour détention 

injustifiée n