# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 8b2b188d-773d-5d02-849b-e2be9fef221b
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 1995-07-07
**Language:** fr
**Title:** Verwaltungspraxis der Bundesbehörden (1987-2017) Rekurskommission Eidg. Departement für Verteidigung, Bevölkerungsschutz und Sport 07.07.1995 JAAC 61.88B
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_VB/CH_VB_009_JAAC-61-88B--_1995-07-07.pdf

## Full Text

JAAC 61.88B

Extrait d’une décision présidentielle de la Ie Division
de la Commission de recours du DMF du 7 juillet 1995

Art. 25 et 26 OM. Action récursoire de la Confédération contre un
militaire après un accident de la circulation.

Négligence grave admise lors d’une marche arrière imposée à un
camion avec remorque sans recourir à l’aide du passager. La négligence
grave selon les art. 25 et 26 OM n’est pas assimilable à la violation grave
des règles de la circulation au sens de l’art. 90 ch. 2 LCR.

Art. 25 und 26 MO. Regressforderung des Bundes gegen einen
Angehörigen der Armee nach Verkehrsunfall.

Grobfahrlässigkeit bejaht beim Rückwärtsfahren mit Lastwagen mit
Anhänger, ohne Beizug des Beifahrers. Grobfahrlässigkeit im Sinne der
Art. 25 und 26 MO ist nicht gleichzusetzen mit grober Verletzung von
Verkehrsregeln im Sinne von Art. 90 Ziff. 2 SVG.

Art. 25 e 26 OM. Regresso della Confederazione contro un militare in
caso di incidente della circolazione.

Ammessa la negligenza grave in occasione di una retromarcia imposta
a un autocarro con rimorchio senza ricorrere all’aiuto del passeggero.
La negligenza grave secondo gli art. 25 e 26 OM non è assimilabile a una
violazione grave delle regole della circolazione ai sensi dell’art. 90 cpv. 2
LCStr.

1

Résumé des faits:

Lors de la reddition des véhicules à la fin du cours de répétition, le recourant a
reculé avec un camion GMC 6´6 attelé à une remorque. Lors de la manoeuvre,
celle-ci s’est mise à angle droit avec le camion et le timon s’est brisé. L’accident
a causé un dommage de Fr. 1003.-. L’Office fédéral des troupes de transport a
mis à la charge du recourant 15% du dommage. Un recours dirigé contre cette
décision a été rejeté par la Commission de recours du DMF.

Extrait des considérants:

1. (...)

2. La décision attaquée se fonde sur les art. 25 et 26 de la loi fédérale sur
l’organisation militaire du 12 avril 1907 (OM[43]), qui rendent le militaire
responsable du matériel qui lui a été confié. L’intéressé répond ainsi du
dommage qu’il cause à la Confédération en violant ses devoirs de service
intentionnellement ou par négligence grave. Commet une négligence grave
celui qui viole les règles les plus élémentaires de la prudence et néglige des
précautions qui, dans les mêmes circonstances, se seraient imposées à toute
personne raisonnable (ATF 111 Ib 197).

La responsabilité du militaire dépend encore de l’existence d’un lien de
causalité entre la négligence grave et le préjudice survenu. Un fait est la
cause adéquate d’un dommage lorsque, d’après le cours ordinaire des choses
et l’expérience générale de la vie, il était propre à entraîner et paraît avoir
favorisé effectivement le résultat qui s’est produit. Ce qui est décisif, c’est que
le dommage ait été prévisible objectivement (André Grisel, Traité de droit
administratif, 2e éd. 1984, p. 799-800, et la jurisprudence citée).

3. En l’espèce, le recourant soutient que sa responsabilité est dégagée dans
la mesure où, étant au service militaire, il agissait sur ordre; que l’attelage,
à un camion non muni de rétroviseurs spéciaux, d’une remorque étroite et
par conséquent mal visible était irrégulier; que le fait de ne pas avoir fait
descendre l’aide-chauffeur pour l’aider n’avait joué aucun rôle; qu’il n’aurait
pas dû conduire ce véhicule pour les travaux de démobilisation, puisqu’en
tant que mécanicien il n’était autorisé à conduire que pour de brèves courses
d’essai; enfin que reculer de 2 m sans aide-chauffeur ne saurait être considéré
comme une faute grave de la circulation.

Cette argumentation est dépourvue de pertinence. Le recourant a clairement
violé ses devoirs de service en effectuant sa manoeuvre sans se faire aider
de l’aide-chauffeur (il l’a d’ailleurs admis lors de son audition). Or cette
précaution s’imposait d’autant plus dans le cas particulier que la remorque
était difficilement visible, parce que plus étroite que le camion tracteur,
ce que le recourant avait parfaitement remarqué; elle était de nature à
éviter l’accident, parce que l’aide-chauffeur aurait pu attirer l’attention du
conducteur avant que des dégâts ne se produisent.

Une prudence toute particulière était en tout cas de mise, dans la mesure où le
risque qu’une remorque se mette en travers au cours d’une marche arrière est
bien connu. Le recourant devait en être conscient et redoubler de précautions,

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http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE_111_Ib_197&resolve=1

le cas échéant en dételant la remorque, comme le font fréquemment les
chauffeurs militaires lorsque les conditions sont difficiles. Enfin, et même si on
admet que la remorque était difficile à contrôler dans la mesure où elle était
plus étroite que le camion, elle est nécessairement devenue visible lorsqu’elle
a commencé à se mettre en travers au cours de la manoeuvre, et le recourant
devait donc interrompre celle-ci avant que des dégâts ne se produisent. Qu’il
ne l’ait pas fait indique soit qu’il n’était pas suffisamment attentif, soit qu’il a
effectué sa marche arrière trop rapidement.

On peut ainsi reprocher au recourant la manoeuvre litigieuse qui, dans les
circonstances où elle a été effectuée, relève d’une négligence grave au sens
de la jurisprudence citée ci-dessus sous ch. 1. Il faut rappeler à cet égard
que cette notion ne correspond pas à celle de violation grave des règles de
la circulation routière, comme le recourant paraît le penser (voir par ex. JAAC
59.7A, p. 58). Peu importe également que les attributions militaires normales
du recourant ne comportent pas la conduite régulière de poids lourds, mais
seulement l’exécution de courses d’essai. Au contraire, cet élément devait
d’autant plus l’inciter à être prudent et à prendre les précautions nécessaires
à sa manoeuvre en respectant avec une rigueur accrue les instructions de
service lui prescrivant de se faire aider par l’aide-chauffeur. Enfin, le fait qu’il
ait conduit ce jour-là sur ordre - circonstance évidemment assez ordinaire au
service militaire - ne le dispensait pas davantage d’observer toute la prudence
justifiée par la situation.

4. La faute du recourant et la relation de cause à effet avec l’accident étant
ainsi établies, il reste à voir quelle part du dommage - établi lui aussi par le
dossier et du reste non contesté par le recourant - peut être mise à sa charge.

Conformément à la jurisprudence (ATF 111 Ib 199, déjà cité), pour déterminer
l’indemnité due par le militaire fautif, l’administration doit se référer par
analogie aux règles générales prévues aux art. 42 ss CO, plus spécialement
l’art. 43 al. 1 et l’art. 44 al. 1 CO, applicables par renvoi de l’art. 27 OM
(cf. le message relatif au projet d’art. 143 de la loi fédérale sur l’armée et
l’administration [LAAM], FF 1993 IV 200). Elle doit également tenir compte du
genre de service, de la qualification du militaire et de sa situation financière
(art. 27 OM; cf. art. 143 al. 2 du projet de LAAM).

En l’espèce, le dossier ne contient rien sur les renseignements militaires
relatifs au recourant. Quant à la situation financière de l’intéressé, rien
n’indique qu’elle ne lui permette pas de faire face à une dépense de l’ordre de
Fr. 150.-, et il n’a en tout cas rien allégué ni démontré en procédure à cet égard.
Dans ces conditions, une participation de 15%, soit correspondant aux ordres
de grandeur applicables en la matière (pour une participation de 10%, voir
par ex. JAAC 59.7B, p. 62), ne relève certainement pas d’un abus du pouvoir
d’appréciation (art. 49 let. a PA).

5. Le recours doit dès lors être rejeté, aux frais de son auteur débouté.

[43] RO 1968 74. Ces dispositions ont été reprises dans l’art. 139 de la loi
fédérale du 3 février 1995 sur l’armée et l’administration militaire (LAAM,
RS 510.10). Voir la remarque à la note 1, p. 831.

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https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc/150002780.pdf?ID=150002780
https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc/150002780.pdf?ID=150002780
http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE_111_Ib_199&resolve=1
https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc/150002783.pdf?ID=150002783

Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften

Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées

Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali

JAAC 61.88B - Extrait d'une décision présidentielle de la Ie Division de la Commission de

recours du DMF du 7 juillet 1995

In Verwaltungspraxis der Bundesbehörden
Dans Jurisprudence des autorités administratives de la Confédération
In Giurisprudenza delle autorità amministrative della Confederazione

Jahr 1997
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Band 61
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Le document a été digitalisé par les Archives Fédérales Suisses et la Chancellerie fédérale.

Il documento è stato convertito dall'Archivio federale svizzero e della Cancelleria federale.

	Extrait d'une décision présidentielle de la Ie Division de la Commission de recours du DMF du 7 juillet 1995
	Résumé des faits:
	Extrait des considérants: