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**Case Identifier:** e8f14dcc-79e7-5f3e-8d53-a44eaf403a8d
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-06-29
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 29.06.2017 A/267/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-267-2017_2017-06-29.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/267/2017-CS DCSO/339/17 

DECISION 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre de surveillance 
des Offices des poursuites et faillites 

DU JEUDI 29 JUIN 2017 

 

Plainte 17 LP (A/267/2017-CS) formée en date du 24 janvier 2017 par A______ AG, 

élisant domicile en l'étude de Me Jean-Charles SOMMER, avocat. 

 

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Décision communiquée par courrier A à l'Office concerné 

et par pli recommandé du greffier du 30 juin 2017 
à : 

- A______ AG 
c/o Me Jean-Charles SOMMER, avocat 
Place Longemalle 16 
Case postale 3407 
1211 Genève 3. 

- Office des poursuites. 

 

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A/267/2017-CS 

EN FAIT 

A. a. Le 19 décembre 2016, A______ AG (ci-après : A______) a adressé à l'Office 

des poursuites (ci-après : l'Office) une réquisition de poursuite dirigée contre 

B______, domicilié à Thônex (GE), portant sur les montants de 2'881 fr. 65 et de 

15 fr. allégués être dus au titre, respectivement, de solde dû selon acte de défaut 

de biens du 10 juin 1992 et de frais de recherche de solvabilité. 

La réquisition de poursuite comportait en outre les indications suivantes : 

"Interruption de la prescription 

La poursuite est uniquement destinée à l'interruption de la prescription et de ce 

fait, il n'y a pas lieu d'établir de commandement de payer. Nous vous prions de 

bien vouloir nous confirmer la réception de la réquisition de poursuite. 

La poursuite doit ensuite être considérée comme retirée." 

b. Par décision adressée le 13 janvier 2017 à A______, l'Office a refusé de donner 

suite à cette réquisition de poursuite. D'une part, les manifestations de volonté 

contenues dans celle-ci étaient contradictoires en ce que la créancière requérait 

tout à la fois l'ouverture et le retrait de la poursuite et empêchait l'Office d'établir 

un commandement de payer, alors que cette démarche constituait la conséquence 

nécessaire du dépôt d'une réquisition de poursuite valable; d'autre part, cette 

manière d'interrompre la prescription lésait les intérêts du créancier et des tiers dès 

lors que, faute de notification d'un commandement de payer, ceux-ci ne pouvaient 

savoir si la prescription avait été interrompue. 

B. a. Par acte déposé le 24 janvier 2017 au greffe de la Chambre de surveillance, 

A______ a formé une plainte au sens de l'art. 17 LP contre la décision rendue le 

13 janvier 2017 par l'Office. A ses yeux, la réquisition de poursuite constitue un 

acte de procédure déployant des effets de droit matériel, à savoir l'interruption de 

la prescription. Selon la jurisprudence, la notification effective au débiteur d'un 

commandement de payer n'était pas nécessaire pour que cet effet se produise, le 

poursuivant était par ailleurs libre en tout temps de retirer sa réquisition. Aucun 

intérêt public n'était compromis par un retrait immédiat de la réquisition, débiteur 

et créanciers pouvant en tout temps s'informer auprès de l'Office. Le dépôt et le 

retrait simultanés d'une réquisition de poursuite étaient du reste admis par la 

majeure partie des autorités de poursuite alémaniques. 

 b. Dans ses observations datées du 14 février 2017, l'Office a conclu au rejet de la 

plainte, persistant pour l'essentiel dans la motivation de sa décision et relevant 

pour le surplus que, faute pour l'Office de pouvoir traiter la réquisition et donc de 

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procéder au contrôle des indications y figurant et de sa propre compétence, la 

validité de cet acte de procédure n'était pas établie. 

 c. La cause a été gardée à juger le 15 février 2017, ce dont les parties ont été 

informées par avis du même jour. 

EN DROIT 

1. La plainte est recevable pour avoir été déposée auprès de l'autorité compétente 

(art. 6 al. 1 et 3 LaLP, art. 17 al. 1 LP), par une partie lésée dans ses intérêts  

(ATF 138 III 219 consid. 2.3; 129 III 595 consid. 3; 120 III 42 consid. 3), dans le 

délai utile de dix jours (art. 17 al. 2 LP) et selon la forme prescrite par la loi  

(art. 9 al. 1 et 2 LaLP, art. 65 al. 1 et 2 LPA, applicables par renvoi de l'art. 9 al. 4 

LaLP), à l'encontre d'une mesure de l'Office sujette à plainte. 

2. 2.1 La réquisition de poursuite est un acte de procédure du poursuivant, par lequel 

celui-ci requiert l'intervention de l'autorité en vue du recouvrement d'une 

prétention dont il estime être titulaire à l'encontre du poursuivi. A réception de cet 

acte de procédure, l'Office doit en vérifier la régularité formelle ainsi que sa 

propre compétence avant d'établir puis de notifier un commandement de payer 

qui, s'il n'est pas frappé d'opposition ou si elle est levée, devient un titre exécutoire 

(art. 67 al. 1, 69 et 71 LP; GILLIERON, Commentaire LP, n° 8 ad art. 67 LP; 

MALACRIDA/ROESLER, in KUKO SchKG, 2ème édition, 2014, n° 4 et 5  

ad art. 67 LP). 

 Le poursuivant peut retirer en tout temps la réquisition de poursuite. A l'instar de 

la réquisition de poursuite, la déclaration de retrait de cette réquisition, qui ne peut 

être conditionnelle et doit émaner que du poursuivant ou de son représentant, 

constitue un acte de procédure (ATF 83 III 7; GILLIERON, op. cit., n° 123  

ad art. 67 LP). 

 2.2 L'art. 135 al. 2 CO prévoit que la prescription des créances est interrompue 

lorsque le créancier fait valoir ses droits, notamment par des poursuites, par une 

requête de conciliation, par une action ou une exception devant un tribunal ou un 

tribunal arbitral ou par une intervention dans une faillite. L'interruption du délai 

de prescription de la créance invoquée constitue ainsi une conséquence de droit 

matériel du dépôt d'une réquisition de poursuite valable auprès de l'Office 

compétent (KOFMEL EHRENZELLER, in BAK SchKG I, 2ème édition, 2010, n° 48  

ad art. 67 LP). Cet effet se produit dès l'envoi de la réquisition de poursuite à 

l'Office et ne dépend pas de la notification effective d'un commandement de 

payer, de telle sorte que, sous réserve d'un abus de droit, le retrait de la réquisition 

de poursuite avant que le commandement de payer n'ait pu être notifié ou même 

établi ne fait pas obstacle à l'effet interruptif de prescription du dépôt de la 

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réquisition (ATF 114 II 262 consid. a; 101 II 77 consid. 2c; KOFMEL 

EHRENZELLER, op. cit., n° 48 ad art. 67 LP). 

 2.3 La question – en l'espèce litigieuse – de la validité d'une réquisition de 
poursuite par laquelle le poursuivant indique simultanément la retirer est 

controversée en doctrine (en faveur de la validité : DÄPPEN, in BAK OR I, 

6ème édition, 2015, n° 6 ad art. 135 CO; contra : STAEHELIN, in BAK SchKG, 

volume complémentaire à la deuxième édition, 2017, ad n° 48 ad art. 67 LP; 

PETER, La réquisition de poursuite et son retrait simultané, in BlSchK 2016, 

pp. 215-216). 

 Dans une décision rendue le 16 mars 2017 (DCSO/160/2017), la Chambre de 

céans a admis la validité d'une telle démarche dans la mesure où la volonté de la 

poursuivante de procéder en deux temps – d'abord une réquisition de poursuite, 
donnant lieu à la délivrance par l'Office d'une attestation (art. 67 al. 3 LP), puis le 

retrait de ladite réquisition – résultait sans équivoque de l'acte déposé : dès lors 
qu'aucune disposition légale ne contraignait le poursuivant à laisser s'écouler un 

certain délai avant de retirer la réquisition, et que le but poursuivi, soit 

l'interruption de la prescription, était légitime, un tel procédé n'était en effet pas 

constitutif d'un abus de droit. La question de savoir si ce but était atteint, à savoir 

si la prescription était véritablement interrompue, relevait de la compétence du 

juge civil. 

 La présente espèce est similaire, à cette différence près que la volonté de la 

poursuivante de retirer la réquisition de poursuite aussitôt celle-ci enregistrée et 

une attestation délivrée ne résulte pas, comme dans le précédent cité ci-dessus, 

d'un courrier d'accompagnement séparé mais du même acte que celui par lequel la 

poursuite est requise, intitulé "réquisition de poursuite". Cette divergence est 

toutefois sans portée : la volonté de la poursuivante de ne retirer la poursuite 

qu'après son enregistrement, et donc avec un décalage temporel relativement à son 

dépôt, ressort en effet clairement de l'acte déposé, en particulier de l'usage du 

terme "ensuite". A l'instar de la précédente espèce, le but poursuivi par la 

poursuivante – soit l'interruption de la prescription – est par ailleurs en soi 
légitime, de telle sorte que le procédé consistant à retirer la réquisition un instant 

de raison après l'avoir déposée ne peut être considéré comme constitutif d'un abus 

de droit. 

 Bien fondée, la plainte doit ainsi être admise. La décision rendue le 

13 janvier 2017 par l'Office sera donc annulée et l'Office invité à donner suite à la 

réquisition de poursuite déposée le 19 décembre 2016 en l'inscrivant, en délivrant 

à la plaignante une attestation de son dépôt puis en prenant acte de son retrait. 

 

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3. La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61 al. 2 

let. a OELP) et il ne peut être alloué aucuns dépens dans cette procédure (art. 62 

al. 2 OELP). 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre de surveillance : 

A la forme : 

Déclare recevable la plainte formée le 24 janvier 2017 par A______ AG contre la 

décision de refus de donner suite à la réquisition de poursuite déposée le 

19 décembre 2016 à l'encontre de B______ rendue le 13 janvier 2017 par l'Office des 

poursuites. 

Au fond : 

L'admet. 

Invite en conséquence l'Office des poursuites à donner suite, dans le sens des 

considérants, à la réquisition de poursuite déposée le 19 décembre 2016 par A______ 

AG. 

Siégeant : 

Monsieur Patrick CHENAUX, président; Madame Natalie OPPATJA et  

Monsieur Claude MARCET, juges assesseur(e)s; Madame Véronique PISCETTA, 

greffière. 

 

Le président : 

Patrick CHENAUX 

 La greffière : 

Véronique PISCETTA 

 

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Voie de recours : 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Chambre de surveillance des Offices 

des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance en matière de poursuite pour 

dettes et faillite (art. 126 LOJ). Il doit être déposé devant le Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les 

dix jours qui suivent la notification de l'expédition complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2  

let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). 

L’art. 119 al. 1 LTF prévoit que si une partie forme un recours ordinaire et un recours constitutionnel, 
elle doit déposer les deux recours dans un seul mémoire. Le recours doit être rédigé dans une langue 

officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens de preuve, et être 

signé (art. 42 LTF).  

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.