# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a1b29b7a-395f-5053-abf1-e26809cab8b7
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2024-04-08
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 08.04.2024 D-1408/2023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-1408-2023_2024-04-08.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour IV 

D-1408/2023 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  8  a v r i l  2 0 2 4  

Composition 
 Chrystel Tornare Villanueva (présidente du collège),  

Grégory Sauder, Nina Spälti Giannakitsas, juges ; 

Thierry Dupasquier, greffier. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

Libye,   

représenté par Karim Guinand,  

(…),  

recourant,  

  
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile (sans exécution du renvoi) ; 

décision du SEM du 14 février 2023 / N (..). 

 

 

 

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Vu 

la demande d'asile déposée en Suisse par A._______ (ci-après : le 

requérant, l’intéressé ou le recourant), le 30 août 2016, 

le procès-verbal de l’audition sur les données personnelles du 

6 septembre 2016, 

la décision du 10 novembre 2016, par laquelle le SEM, se fondant sur 

l'art. 31a al. 1 let. b LAsi (RS 142.31), n'est pas entré en matière sur la 

demande d'asile de l’intéressé, a prononcé son transfert vers l’Italie et 

ordonné l'exécution de cette mesure, constatant l'absence d'effet suspensif 

à un éventuel recours, 

l’arrêt D-7094/2016 du 22 novembre 2016, par lequel le Tribunal 

administratif fédéral (ci-après : le Tribunal) a rejeté le recours formé, le 

17 novembre 2016, contre cette décision,  

la nouvelle demande d’asile déposée en Suisse, le 18 janvier 2021, par 

l’intéressé, 

la décision du 3 mars 2021, par laquelle le SEM, se fondant sur 

l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, n'est pas entré en matière sur la demande d'asile 

de l’intéressé, a prononcé son transfert vers l’Allemagne et ordonné 

l'exécution de cette mesure, constatant l'absence d'effet suspensif à un 

éventuel recours, 

le courrier du 1er octobre 2021, par lequel le SEM, après avoir constaté que 

le délai pour effectuer le transfert vers l’Allemagne était échu, a annulé sa 

décision du 3 mars 2021 et informé l’intéressé de l’ouverture d’une 

procédure d’asile ordinaire en Suisse, 

le rapport de consultation d’endocrinologie du (…) indiquant que le 

requérant présentait « … », 

le procès-verbal de l’audition sur les motifs d’asile du 22 décembre 2021,  

la décision incidente du SEM de passage en procédure étendue du 

30 décembre 2021, 

la décision du 14 février 2023, notifiée le lendemain, par laquelle le SEM a 

refusé de reconnaître la qualité de réfugié au requérant, a rejeté sa 

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demande d'asile, a prononcé son renvoi de Suisse, mais a renoncé à 

l'exécution de cette mesure, lui substituant une admission provisoire en 

raison de son inexigibilité en particulier pour motifs médicaux, 

le recours interjeté, le 13 mars 2023, contre cette décision, par lequel le 

requérant, agissant par l’entremise de son représentant, a conclu à 

l’annulation de la décision attaquée et à l’octroi de l’asile, 

les demandes tendant à l’exemption du paiement d’une avance de frais et 

à l’octroi de l'assistance judiciaire partielle, dont le recours est assorti, 

les moyens de preuve qui l’accompagnent, soit notamment sa carte de 

(…), un document établi par le (…) à B._______ attestant de sa fonction 

de (…), une attestation de détention de la (…) de C._______ du (…), divers 

mandats de comparution, deux pièces médicales, un courriel de la 

doctoresse D._______, le rapport d’autopsie de son frère, un jugement du 

(…) rendu par le Tribunal de B._______, un procès-verbal de l’audition de 

l’intéressé par la police du (…) suite à la plainte qu’il avait déposée, 

l’ordonnance du 25 avril 2023, par laquelle le Tribunal a invité le requérant 

à produire une attestation d’indigence ainsi qu’à déposer la traduction du 

jugement du Tribunal de B._______ joint à son recours, 

le courrier du 2 mai 2023 et ses annexes (soit une attestation de perception 

de l'aide sociale et la traduction du document susmentionné), 

la réponse du 16 mars (recte : février) 2024, dans laquelle le SEM a 

constaté que le mémoire ne contenait aucun élément susceptible de 

modifier son appréciation et a proposé le rejet du recours, 

la réplique du recourant du 26 février 2024, 

  

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et considérant 

que le Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les 

décisions au sens de l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à 

l'art. 33 LTAF, 

qu'en particulier, les décisions rendues par le SEM en matière d'asile 

peuvent être contestées devant le Tribunal (art. 33 let. d LTAF, applicable 

par renvoi de l'art. 105 LAsi [RS 142.31]), lequel statue alors 

définitivement, sauf demande d'extradition déposée par l'Etat dont le 

requérant cherche à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 LTF), exception non 

réalisée dans le cas présent, 

que le Tribunal est ainsi compétent pour connaître du présent litige, 

qu’il statue de manière définitive (art. 83 let. d ch. 1 LTF),  

que l’intéressé a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA),  

que présenté dans la forme (art. 52 al. 1 PA) et le délai (art. 108 al. 2 LAsi) 

prescrits par la loi, le recours est recevable, 

que sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans 

le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 

ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion, de 

leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou de 

leurs opinions politiques (art. 3 al. 1 LAsi ; cf. ATAF 2007/31 consid. 5.2 à 

5.6),  

que sont notamment considérées comme de sérieux préjudices la mise en 

danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou de la liberté, de même que les 

mesures qui entraînent une pression psychique insupportable 

(art. 3 al. 2 LAsi),  

que quiconque demande l'asile doit prouver ou du moins rendre 

vraisemblable qu'il est un réfugié (art. 7 al. 1 LAsi),  

que ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur des 

points essentiels, ne sont pas suffisamment fondées, qui sont 

contradictoires, qui ne correspondent pas aux faits ou qui reposent de 

manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés 

(art. 7 al. 3 LAsi),  

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que le caractère tardif d'éléments tus lors de l'audition sur les données 

personnelles, mais invoqués plus tard, peut être retenu pour mettre en 

doute la vraisemblance des motifs d'asile allégués ; que dans certaines 

circonstances particulières, par exemple s'agissant de déclarations de 

victimes de graves traumatismes, les allégués tardifs peuvent être 

excusables (cf. p. ex. arrêt du Tribunal E-4977/2017 du 16 mai 2018 

consid. 3.3 et jurisp. cit.; ATAF 2009/51), 

qu’en l’espèce, au cours de ses auditions, le requérant a présenté deux 

versions diamétralement opposées des faits à l’origine de son départ du 

pays, 

que lors de sa première audition, il a expliqué n’avoir appris aucun métier 

et avoir fui la Lybie après avoir été menacé et violenté par des miliciens 

armés qui étaient à la recherche de son frère, membre de (…), 

qu’à la question de savoir s’il avait rencontré des difficultés particulières 

avec des tiers dans son pays d’origine, il a répondu « Moi, 

personnellement, non. C’était mon frère qui avait des problèmes » 

(cf. procès-verbal de l’audition sur les données personnelles, question 

n° 7.02), 

qu’au cours de l’audition sur les motifs, il a expliqué qu’il exerçait en réalité 

la fonction de (…) en Lybie, sous l’ancien régime, et qu’il avait été incarcéré 

pour cette raison entre 20(…) et 20(…) (cf. procès-verbal de l’audition sur 

les motifs d’asile, questions n° 13 ss), 

que les allégués tardivement apparus lors de l’audition sur les motifs, soit 

plus de cinq ans après l’audition sur les données personnelles, portent 

gravement atteinte à la crédibilité du récit du recourant, 

qu'en l'occurrence, comme l'a relevé le SEM, le récit de l’intéressé n'est 

pas vraisemblable, dans la mesure où ses déclarations divergent de 

manière substantielle entre ses deux auditions,  

que les motifs invoqués pour justifier ce revirement ne convainquent pas le 

Tribunal,  

qu’en effet, le requérant a expliqué avoir tu sa profession par peur d’être 

considéré comme un espion et d’être renvoyé en Lybie, le régime de 

Mouammar Kadhafi ne se trouvant à l’époque pas en bons termes avec les 

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pays européens (cf. procès-verbal de l’audition sur les motifs d’asile, 

questions n° 20),  

que toutefois, lors de sa première audition, il avait ouvertement déclaré 

soutenir le colonel Kadhafi (cf. procès-verbal de l’audition sur les données 

personnelles, question n° 7.02), 

que tout indique plutôt que le recourant a profité de l'écoulement de 

plusieurs années entre ses deux auditions pour compléter ses motifs 

d'asile et surtout, en trouver de nouveaux, qu'il n'avait pas même 

mentionnés brièvement à son arrivée en Suisse, 

que contrairement à ce qu’il soutient (cf. recours, p. 9 s. ; procès-verbal de 

l’audition sur les motifs d’asile, questions n° 21s.), il ne se trouvait à 

l'évidence pas dans une situation telle qu'il aurait été contraint de 

dissimuler ses véritables motifs d'asile lors de sa première audition,  

qu'il a été informé, en préambule de celle-ci, que ses propos seraient traités 

de manière confidentielle, qu'aucune information ne serait transmise aux 

autorités de son pays d'origine et qu'il pouvait ainsi s'exprimer sans 

crainte ; que son devoir de collaboration lui a également été expressément 

rappelé (cf. procès-verbal de l’audition sur les données personnelles, p. 2), 

qu’en tout état de cause, l’intéressé n’a pas rendu crédible sa fonction de 

(…),  

que la description donnée quant à sa formation et ses activités (…) est pour 

le moins vague, stéréotypée et dénuée de détails significatifs d’un réel vécu 

(cf. procès-verbal sur les motifs d’asile, questions n° 31 à 46), 

que contrairement à ce qu’il a avancé, la formation de (…) sous l’ancien 

régime, selon les informations à disposition du Tribunal, s’étalait sur une 

période de (…) (non de […]) et s’achevait par (…) (cf. […]>, site consulté le 

8 avril 2024), 

que sa carte (…), en format papier et produite seulement au stade du 

recours, ne dispose d’aucune valeur probante, dès lors qu’elle est 

aisément falsifiable et de piètre facture, 

que s’agissant du « jugement » (en réalité, selon la traduction produite par 

l’intéressé, un mandat d’arrêt et d’amener) du Ministère de la justice de 

B._______ du (…), il en ressort que le recourant aurait été condamné à 

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une peine pécuniaire de (…) dinars (soit environ (…) francs suisses) en 

raison de son statut de (…) sous l’ancien régime, respectivement à une 

peine privative de liberté de (…) ans pour non-paiement de ce montant, ce 

qui est pour le moins singulier, 

que le fait que ce mandat d’arrêt ait été adressé à (…) ne manque pas non 

plus d’interpeller, 

qu’il ressort quoi qu’il en soit de ce document que l’intéressé pourra éviter 

une incarcération s’il apporte la preuve du paiement de la peine pécuniaire 

à laquelle il aurait été prétendument condamné, 

que les divers mandats de comparution émis notamment à son encontre 

par le poste de police E._______ pour « un sujet qui [le] concerne » ne 

permettent pas de démontrer les craintes du recourant en cas de retour 

dans son pays d’origine, 

qu’il ne peut rien tirer du rapport du médecin légiste relatif à la mort de son 

frère,  

que le procès-verbal de sa plainte pénale du (…) pour (…), à le considérer 

comme authentique, ne lui est d’aucune utilité ; qu’au contraire, l’existence 

de ce document tend à indiquer qu’il pouvait compter sur une protection 

adéquate des autorités libyennes, celles-ci n’étant pas restées inactives, 

que de plus, s’il avait réellement fait l’objet d’une persécution étatique, il 

est singulier qu’il ait pris le risque d’aller se plaindre auprès des forces de 

l’ordre, qui plus est au commissariat E._______,  

qu’au surplus, l’intéressé s’est contredit sur l’origine de sa cicatrice au (…), 

indiquant tantôt avoir été blessé par deux miliciens à la recherche de son 

frère (cf. procès-verbal de l’audition sur les données personnelles, 

questions n° 3.01 et 7.01), tantôt avoir été frappé lors de son séjour en 

prison (cf. procès-verbal de l’audition sur les motifs d’asile, question n° 59), 

qu’il a également livré deux versions contradictoires au sujet de l’année au 

cours de laquelle il aurait subi cette blessure (fin 20(…) versus fin 20(…) ; 

cf. procès-verbal de l’audition sur les données personnelles, question 

n° 7.01 ; procès-verbal de l’audition sur les motifs d’asile, question n° 64), 

que ses tentatives pour expliquer ces importantes contradictions ne sont 

pas convaincantes (cf. procès-verbal précité, questions n° 61, 62 et 65), 

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qu’en outre, l’attestation de détention du (…) (selon laquelle le recourant 

aurait été incarcéré du (…) au (…); cf. procès-verbal de l’audition sur les 

motifs d’asile, question n° 14) ne coïncide pas avec ses déclarations, celui-

ci ayant tantôt expliqué avoir travaillé dans une boutique entre 20(…) et 

20(…) (cf. procès-verbal de l’audition sur les données personnelles, 

question n° 1.17.05), tantôt avoir été emprisonné de 20(…) à 20(…) (cf. 

procès-verbal de l’audition sur les motifs d’asile, question n° 13), 

que contrairement à l’avis du requérant, l’écoulement du temps entre sa 

libération de prison et l’audition sur les motifs d’asile ne saurait expliquer 

de telles discordances, dès lors qu’il s’agit d’évènements marquants de sa 

vie (cf. recours, p. 11), 

que tout porte ainsi à croire que ladite attestation a été établie pour les 

seuls besoins de la cause, 

que pour le reste, l’intéressé ne se prévaut, à juste titre, plus au stade du 

recours d'une crainte de persécution réfléchie en raison des problèmes 

rencontrés par son frère, celui-ci étant décédé en (…), de sorte qu’il ne 

risque pas d’être victime de persécution réfléchie (cf. ATAF 2010/57 

consid. 4.1.3 et réf. cit.), 

qu'en définitive, le Tribunal retient, à l'instar du SEM, que l'intéressé n’a 

pas rendu vraisemblables ses motifs d’asile et qu’il ne peut dès lors pas se 

prévaloir d'une crainte fondée de persécution en cas de retour en Lybie,  

qu'au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté, en tant qu'il conteste 

le refus de reconnaissance de la qualité de réfugié et le rejet de la demande 

d'asile, et la décision attaquée confirmée sur ces points,  

qu'aucune des conditions de l'art. 32 de l'ordonnance 1 du 11 août 1999 

sur l'asile relative à la procédure (OA 1, RS 142.311) n'étant réalisée, en 

l'absence notamment d'un droit du recourant à une autorisation de séjour 

ou d'établissement, le Tribunal est tenu de confirmer le renvoi (art. 44 LAsi), 

que les questions relatives à l'exécution du renvoi ne se posent pas, 

l'intéressé ayant été mis au bénéfice de l'admission provisoire,  

que compte tenu de l'issue de la cause, il y aurait lieu de mettre les frais 

de procédure à la charge du recourant, conformément aux art. 63 al. 1 PA 

ainsi que 2 et 3 let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, 

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dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, 

RS 173.320.2). 

que les conclusions du recours n’étant toutefois pas parues d’emblée 

vouées à l’échec au dépôt de celui-ci et l’intéressé étant indigent, la 

demande d’assistance judiciaire partielle doit être admise (art. 65 al. 1 PA), 

qu’il n’est dès lors pas perçu de frais de procédure, 

 

(dispositif : page suivante)  

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le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

La demande d’assistance judiciaire partielle est admise. 

3.  

Il n’est pas perçu de frais de procédure. 

4.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité cantonale 

compétente. 

 

La présidente du collège : Le greffier : 

  

Chrystel Tornare Villanueva Thierry Dupasquier 

 

 

Expédition :