# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 2f1e4b86-191e-5be2-bf80-85f6037db28e
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-07-25
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 25.07.2008 PE.2008.0066
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_PE-2008-0066_2008-07-25.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 25 juillet 2008 

  
	
  Composition

  	
  Mme Isabelle Guisan, présidente; MM. Guy Dutoit et Jean-Claude Favre,
  assesseurs; Mme Liliane Subilia-Rouge, greffière. 

  

 

	
  Recourant

  	
   

  	
  X.______________, à 1.************, représenté par Antoine CAMPICHE, Avocat, à Lausanne,
   

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Service de la
  population (SPOP), à Lausanne

  

   

 

	
  Objet

  	
  Autorisation de séjour

  
	
   

  	
  Recours X.______________ c/ décision du
  Service de la population (SPOP) du 22 janvier 2008 refusant de prolonger son
  autorisation de séjour

  

 

Vu les faits suivants

A.                               
Né le 4 janvier 1979 et originaire de
Serbie et Monténégro (Kosovo), X.______________ a déposé le 16 novembre 1998
une demande d¿asile qui a été rejetée le 17 mars 2000 par l¿Office fédéral des
réfugiés (actuellement Office fédéral des migrations [ODM]), avec un délai de départ fixé au 31 mai
2000. Sa trace a été perdue par les autorités le 14 juillet 2000; l'intéressé a
par la suite déclaré avoir poursuivi son séjour en Suisse sans autorisation.

B.                              
En juillet 2001, le consulat de
France à Genève a renvoyé au SPOP un permis B falsifié, trouvé en possession de
X.______________. Une réquisition a été adressée à la police, mais le SPOP n¿a
pas été informé des suites données à cette affaire.

C.                              
Selon le certificat figurant au
dossier, X.______________ travaille pour la société 2.************ SA, à 3.************,
depuis le mois de janvier 2003 en qualité de monteur en façades.

D.                              
Le 25 avril 2003, X.______________ a
épousé Y.______________, ressortissante suisse. Il a pu bénéficier ainsi d¿une
autorisation de séjour au titre du regroupement familial. Ayant été informé du
fait que les époux s¿étaient séparés en juillet 2004, le SPOP a requis de la
police communale de 1.************ qu¿elle entende l¿intéressé et son épouse au
sujet de leur situation familiale.

En date du 15 novembre 2005, le
divorce des époux XY.______________ a été prononcé.

Le 6 avril 2006, la commune de 1.************
a transmis au SPOP une copie du rapport de police relatif aux réquisitions
susmentionnées, daté du 6 janvier 2005. La lettre d¿accompagnement laissait
entendre que ce rapport aurait déjà été adressé au SPOP en date du 12 janvier
2005, mais qu'il aurait entre-temps disparu. Ce rapport mentionnait ce qui suit:

"Nous avons
informé l'intéressé que, selon le résultat de cette enquête, le Service de la
population pourra être amené à décider de la révocation ou du
non-renouvellement de son autorisation de séjour et qu'un délai pourra lui être
imparti pour quitter le territoire. Il se dit très attaché à notre pays et ne
désire pas retourner en Albanie pour le moment. Son épouse ne s'est, quant à
elle, pas prononcée".

E.                              
Par décision du 19 mai 2006, notifiée
le 2 juin 2006, le SPOP a refusé de prolonger l¿autorisation de séjour de X.______________,
étant donné que le mariage de l'intéressé avec une Suissesse était dissous, que
le recourant n¿avait pas d¿attaches particulières avec la Suisse et qu¿il ne
faisait pas état de qualifications professionnelles particulières.

F.                               
X.______________ a recouru contre
cette décision le 22 juin 2006 devant le Tribunal administratif (dès le 1er
janvier 2008, la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal) en
concluant à l¿admission du recours, à l¿annulation de la décision entreprise et
au renouvellement de son autorisation de séjour (procédure PE.2006.0361). Il
invoquait une violation du droit d¿être entendu, la mauvaise application des
dispositions relatives au renouvellement des autorisations, ainsi que la
constatation inexacte ou incomplète des faits pertinents.

G.                              
Par arrêt du 19 avril 2007, le tribunal
a admis le recours. Le Tribunal a considéré notamment ce qui suit:

"Le respect du
droit d¿être entendu aurait impliqué que l¿intéressé soit informé du fait
qu¿une procédure était ouverte à son encontre avant que la police ne procède à
son audition, de manière à ce qu¿il puisse prendre part activement au processus
devant aboutir à la décision. En d¿autres termes, le SPOP aurait dû informer
l¿intéressé par écrit, de manière à ce que celui-ci puisse prendre les mesures
nécessaires, par exemple recourir à un avocat ou réunir des éléments de preuve.
Il reviendra au SPOP de définir le contenu précis du courrier qu¿il utilisera
pour les cas semblables qui pourront se présenter dans le futur; cet avis
devrait à tout le moins signaler à l¿étranger concerné qu¿une procédure va être
ouverte à son encontre, qu¿il pourra faire valoir ses arguments et fournir des
pièces, qu¿il sera entendu par la police et qu¿il aura la possibilité de
consulter son dossier. Le Tribunal a d¿ailleurs eu l'occasion de constater dans
certains dossiers de recours que l'autorité intimée procédait déjà de cette
manière. Rien ne justifie qu'elle ne respecte pas les exigences précitées dans
tous les cas dans lesquels elle envisage de rendre une décision négative au
sujet de la délivrance, de la révocation ou du refus de renouvellement d'un
permis. 

Le droit d¿être
entendu de X.______________ a également été violé par le fait qu¿il n¿a pas pu
se prononcer sur des éléments essentiels de nature à influer sur le sort de la
décision ni produire des preuves relatives à ces faits. En effet, le recourant
ne pouvait clairement pas déduire des informations fournies lors de son
audition par la police que son activité professionnelle et son intégration en
Suisse seraient les éléments qui détermineraient la décision que rendrait le
SPOP.

[¿] la guérison des violations
du droit d¿être entendu doit être exclue au vu de la gravité des vices en
présence. Les violations en cause, qui transgressent des obligations minimales
de procédure, doivent être qualifiées de graves, pour l¿une parce qu¿elle prive
le recourant de la possibilité de participer dès ses débuts à la procédure le
concernant et, pour l¿autre, parce qu¿elle ne permet pas au recourant de se
déterminer sur deux motifs essentiels sur lesquels repose la décision attaquée.
La violation est grave également sous l¿angle des conséquences qu¿elle
entraîne, à savoir l¿obligation pour l¿intéressé de quitter le territoire
suisse [¿]".

H.                              
Le 5 novembre 2007, le SPOP a écrit à
X.______________ qu¿il envisageait de refuser de prolonger son autorisation de
séjour et qu¿il lui donnait la possibilité de prendre position.

I.                                  
Le 26 novembre 2007, X.______________
a répondu qu¿il importait que le SPOP lui communique quels étaient les éléments
parvenus à sa connaissance entre la date de la dernière décision négative, qui
remontait au 19 mai 2006, et le courrier du 5 novembre 2007. De son point de
vue, si aucun élément défavorable n¿était survenu, rien ne justifierait que le
SPOP ait attendu d¿avril à novembre 2007 avant de manifester une intention de
ne pas renouveler l¿autorisation de séjour.

J.                                
Le 14 janvier 2008, X.______________
a transmis des observations au SPOP. Il se prévalait de l¿application de l¿art. 50
al. 1 de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers (LEtr; RS
142.20), soutenant qu¿une réintégration dans son pays d¿origine semblait
fortement compromise. Il exposait également que les principes de la bonne foi
et de l¿interdiction de l¿arbitraire auraient été violés par les sept mois de
silence du SPOP (entre avril et novembre 2007). Il requérait en outre son
audition personnelle, ainsi que celle de quelques proches. Il demandait enfin
que le SPOP expose comment il avait instruit l¿aspect économique du dossier.

K.                              
Par décision du 22 janvier 2008, le
SPOP a refusé de prolonger l¿autorisation de séjour de X.______________, étant
donné que le mariage de l¿intéressé avec une Suissesse était dissous, qu¿il ne
pouvait se prévaloir d¿une situation d¿extrême rigueur, qu¿il n¿avait pas
d¿enfants, pas d¿attaches particulières avec la Suisse et qu¿il ne faisait pas
état de qualifications professionnelles particulières.

L.                               
Le 14 février 2008, X.______________
(ci-après: le recourant) a recouru contre cette décision devant la Cour de
droit administratif et public du Tribunal cantonal en concluant à l¿admission
du recours, à l¿annulation de la décision entreprise et au renvoi à l¿autorité
intimée pour qu¿elle rende une nouvelle décision après avoir procédé à une
instruction compète des faits pertinents, subsidiairement à la prolongation de
son autorisation de séjour. Il invoque un défaut d¿instruction suffisante sur
les éléments pertinents (violation du devoir d¿instruire d¿office, violation du
droit d¿être entendu, absence de motivation), la violation du principe de la
bonne foi et la violation des dispositions fédérales relatives à la
prolongation du permis de séjour en cas de dissolution de la famille. Il
requiert également diverses mesures d¿instruction.

Il a joint à son pourvoi diverses
pièces, dont une nouvelle attestation de Z.______________, directrice de 2.************
SA, établie le 12 février 2008, reprenant pour l¿essentiel les termes de la
précédente attestation et qui est libellée comme suit:

"Messieurs, 

En tant qu¿employeur
de Monsieur X.______________ nous nous permettons d¿intervenir en sa faveur et
vous demandons d¿étudier les mesures envisagées à son encontre avec une grande
bienveillance.

Engagé dans notre
Société en janvier 2003 Monsieur X.______________ a été formé par notre
entreprise. Par son efficacité et sa diligence, il a très rapidement passé
d¿aide monteur à monteur bien qu¿à son arrivée il n¿avait aucune connaissance
du travail de chantier.

Bien intégré au sein
de notre entreprise et respecté tant par ses collègues, chefs de chantiers et
que par la Direction, Monsieur X.______________ est un employé précieux
pour notre Entreprise. Très honnête et ponctuel, souple et ouvert face aux
différentes nationalités et cultures de ses collègues, Monsieur X.______________
est sans histoires et possède un solide esprit d¿équipe qui nous permet de le
mettre sur n¿importe quel chantier et sous les ordres de n¿importe lequel de
nos chefs de chantiers. La qualité d¿exécution de son travail et les
connaissances acquises font de Monsieur X.______________ un ouvrier qualifié
très difficilement remplaçable dans notre branche. Nous lui confions
également la responsabilité d¿amener chaque jour une équipe sur le chantier au
moyen d¿un de nos véhicules d¿entreprise.

Monsieur X.______________
exerce un travail très difficile et peu commun. Monteur en façade est un métier
très spécifique. Notre Entreprise comprend environ septante personnes, elle est
spécialisée dans la pose d¿éléments de façades pesant jusqu¿à plus de 900kg
(principalement du verre et parfois de l¿alu ou marbre). Cette pose s¿effectue
au moyen d¿engins de levage ou manuellement. Ce travail nécessite beaucoup de
professionnalisme tant au niveau de la manutention que de la sécurité, les
éléments étant lourds, onéreux et fabriqués sur mesure. Nos clients tels que ************
ou ************** sont exigeants et les mandats sont importants. Notre cahier
des charges 2008 est déjà très rempli et nous comptons sur tous nos monteurs
pour mener à bien nos engagements.

Il n¿est pas aisé pour notre Société
de trouver du personnel qui soit à la fois endurant (variations climatiques
etc.), réfléchi, agile sur les échafaudages et ce jusqu¿au sommet des bâtiments,
attentif aux consignes draconiennes des services de sécurité, tout en
respectant les délais souvent très courts dictés par nos clients. Monsieur X.______________
possède toutes les qualités mentionnées ci-dessus" (passages soulignés par
le tribunal).

M.                              
Le recourant s¿est acquitté en temps
utile de l'avance de frais.

N.                              
Par décision incidente du 25 février
2008, le juge instructeur a accordé l¿effet suspensif au recours.

O.                             
L'autorité intimée s'est déterminée
le 28 mars 2008 en concluant au rejet du recours.

P.                              
Le recourant a produit un mémoire
complémentaire en date du 30 mai 2008, confirmant ses conclusions. Il a requis
l¿audition de neuf témoins. Le juge instructeur a rejeté la requête d¿audition
de témoins, tout en autorisant le recourant à transmettre au tribunal des
déclarations écrites des personnes dont l¿audition avait été requise.

Q.                             
Dans un courrier du 4 juin 2008, le
SPOP a indiqué n¿avoir rien à ajouter à ses déterminations.

R.                              
Divers courriers ont été échangés
entre le recourant et le juge instructeur. En particulier, diverses
déclarations de tiers en faveur du recourant ont été produites en date du 11
juillet 2008. Interpellé par le juge instructeur, le SPOP a indiqué que les
éléments produits n¿étaient pas de nature à modifier sa décision.

S.                              
Les arguments respectifs des parties
seront repris ci-dessous dans la mesure utile.

Considérant en droit

1.                               
Aux termes de l'art. 4 al. 1 de la
loi du 18 décembre 1989 sur la juridiction et la procédure administratives
(LJPA; RS/VD 173.36), la Cour de droit administratif et public du Tribunal
cantonal connaît en dernière instance cantonale de tous les recours contre les
décisions administratives cantonales ou communales lorsqu'aucune autre autorité
n'est expressément désignée par la loi pour en connaître. Elle est ainsi compétente
pour statuer sur les recours interjetés contre les décisions du Service de la
population.

Déposé en temps utile, selon les
formes prescrites par la loi, le pourvoi du recourant est formellement
recevable, de sorte qu'il y a lieu d'entrer en matière sur le fond. 

2.                               
Le recourant soulève divers griefs
liés à la manière dont l¿autorité intimée a instruit le dossier et requiert sur
cette base des mesures d¿instruction. Dès lors que le recours doit être admis
pour les motifs figurant ci-après, le tribunal n¿examinera pas les questions
relatives à l¿instruction.

3.                               
La nouvelle LEtr, entrée en vigueur
le 1er janvier 2008, remplace l'ancienne loi fédérale du 26 mars
1931 sur le séjour et l'établissement des étrangers (LSEE). Selon l'art. 126
al. 1 LEtr, les demandes déposées avant l'entrée en vigueur de la présente loi
sont régies par l'ancien droit. Une interprétation littérale de cette
disposition révèle qu'elle s'applique à la situation de l'administré qui
sollicite une décision. Les autres situations déclenchant l'entrée en matière
de la part de l'autorité de décision ne sont pas réglées. En l'espèce, force
est de constater que le recourant a conclu en 2006 déjà et, après la reprise de
la présente procédure, en date du 26 novembre 2007, soit avant l'entrée en
vigueur de la LEtr, au renouvellement de son autorisation de séjour, de sorte
que l'application de la LEtr doit être écartée et le litige examiné à l'aune
des dispositions de la LSEE.

4.                               
En dehors des cas où une disposition
légale prévoit expressément le contrôle de l¿opportunité d¿une décision, la
Cour de droit administratif et public n¿exerce qu¿un contrôle en légalité,
c¿est-à-dire qu¿il examine si la décision entreprise est contraire à une
disposition légale ou réglementaire expresse, ou relève d¿un excès ou d¿un abus
du pouvoir d¿appréciation (art. 36 lit. a et c LJPA). La LSEE ne prévoyant
aucune disposition étendant le pouvoir de contrôle de l¿autorité de recours à
l¿inopportunité, ce grief ne saurait donc être examiné par la Cour de céans.

Il y a abus du pouvoir d¿appréciation
lorsqu¿une autorité, usant des compétences qui lui sont dévolues par la loi, se
laisse guider par des considérations non pertinentes ou étrangères au but des
dispositions applicables, ou encore lorsqu¿elle statue en violation des principes
généraux du droit administratif que sont l¿interdiction de l¿arbitraire,
l¿égalité de traitement, la bonne foi et la proportionnalité.

5.                               
a) Selon l'art. 1a LSEE, tout
étranger a le droit de résider sur le territoire suisse s'il est au bénéfice
d'une autorisation de séjour ou d'établissement ou si, selon la présente loi,
il n'a pas besoin d'une telle autorisation. Selon l'art. 4 LSEE, l'autorité
statue librement, dans le cadre des prescriptions légales et des traités avec
l'étranger, sur l'octroi d'une autorisation de séjour. Pour les autorisations,
les autorités doivent tenir compte des intérêts moraux et économiques du pays,
ainsi que du degré de surpopulation étrangère (art. 16 LSEE). Selon l'art. 7
al. 1 LSEE, le conjoint étranger d'un ressortissant suisse a droit à l'octroi
et à la prolongation de l'autorisation de séjour. Après un séjour régulier et
ininterrompu de cinq ans, il a droit à une autorisation d'établissement. Le
droit à l¿octroi ou à la prolongation d¿une autorisation de séjour s¿éteint
lorsque le divorce a été prononcé.

b) Les Directives et commentaires sur
l'entrée, le séjour et le marché du travail (Directives LSEE, 3e version
remaniée et adaptée, mai 2006, ci-après: les Directives) de l¿ODM prévoient ce
qui suit au chiffre 654 intitulé "Prolongation de l'autorisation de séjour
en cas de dissolution du mariage ou de la communauté conjugale":

"Dans certains
cas, notamment pour éviter des situations d'extrême rigueur, l'autorisation de
séjour peut être renouvelée après le divorce (conjoint d'un citoyen suisse,
chiffre 652) ou la dissolution de la communauté conjugale (conjoint étranger
d'un étranger, chiffre 653). Les autorités statuent librement dans le cadre des
prescriptions légales et des traités conclus avec l'étranger (art. 4 LSEE).

Les circonstances
suivantes seront déterminantes:

La durée du séjour
et les liens personnels avec la Suisse (notamment les conséquences d'un refus
pour les enfants) la situation professionnelle, la situation économique et sur
le marché du travail, le comportement et le degré d'intégration. Sont également
à prendre en considération les circonstances qui ont conduit à la dissolution
du lien matrimonial ou à la cessation de la vie commune".

Dans son Message du 8 mars 2002
concernant la loi sur les étrangers (FF 2002 p. 3469 ch. 1.3.7.6, p. 3512 et
ch. 2.6 p. 3552 ad art. 49 du projet), le Conseil fédéral relevait ce qui suit:

"Pour éviter
des cas de rigueur, le droit de séjour du conjoint et des enfants sera maintenu
même après la dissolution du mariage ou du ménage commun, lorsque des motifs
personnels graves exigent la poursuite du séjour en Suisse (art. 49). (¿)

La poursuite du
séjour en Suisse peut s¿imposer lorsque le conjoint demeurant en Suisse est
décédé ou lorsque la réinsertion familiale et sociale dans le pays d¿origine
s¿avère particulièrement difficile en raison de l¿échec du mariage. Tel est
notamment le cas lorsqu¿il y a des enfants communs, étroitement liés aux conjoints
et bien intégrés en Suisse. 

En revanche, rien ne
devrait s¿opposer à un retour lorsque le séjour en Suisse a été de courte
durée, que les personnes n¿ont pas établi de liens étroits avec la Suisse et
que leur réintégration dans le pays d¿origine ne pose aucun problème
particulier. Il importe d¿examiner individuellement les circonstances".

6.                               
a) Dans le cas présent, le recourant
est arrivé en Suisse en 1998, à l'âge de 19 ans. Le Tribunal fédéral a jugé que
la longue durée d'un séjour en Suisse n'est pas, à elle seule, un élément
constitutif d'un cas personnel d'extrême gravité dans la mesure où ce séjour
est illégal. Sinon, l'obstination à violer la législation en vigueur serait en
quelque sorte récompensée (ATF 130 II 39 consid. 3). Il n¿y a dès lors pas lieu
de tenir compte de la période située entre le 31 mai 2000 (date de départ impartie
au recourant après le rejet de sa demande d¿asile) et le 25 avril 2003 (date de
son mariage avec une Suissesse), durant laquelle le recourant a séjourné
illégalement en Suisse. En se référant au ch. 624.1 des Directives (selon
lequel le délai de cinq ans prévu à l¿art. 7, al.
1, 2ème phrase, LSEE ne commence à courir qu¿à la date du mariage en Suisse ou
de l¿entrée en Suisse en cas de mariage à l¿étranger, ATF 130 II 39 sp.
p. 49 et ATF non publié du 2 octobre 1996 dans la cause R.Y., 2A.413/1996), le SPOP estime qu¿il ne faut pas non plus tenir
compte de la période située entre le 16 novembre 1998 et
31 mai 2000. Il y a lieu de suivre le SPOP sur ce point.
Cela étant, la durée du séjour légal du recourant en
Suisse reste relativement importante (cinq ans) sans toutefois permettre de
conclure à un enracinement de celui-ci en Suisse.

C¿est ainsi à juste titre que
l¿autorité intimée n¿a pas retenu la durée du séjour comme déterminante mais a
examiné s¿il existait d¿autres circonstances justifiant le renouvellement de
l¿autorisation de séjour.

b) En ce qui concerne les relations familiales
de l'intéressé en Suisse et dans sa patrie, il faut constater que même si
celui-ci dispose d¿attaches familiales en Suisse (son oncle et ses cousines),
il n¿y a pas d¿enfant et qu¿en particulier sa mère demeure toujours au Kosovo.
Sur le plan social, bien que le recourant fasse partie d'une association
albanaise à Lausanne et que divers témoignages louent son caractère agréable,
sa serviabilité et sa tolérance, on ne peut considérer que son intégration au
tissu social et à la vie locale de son lieu de séjour soit particulièrement
poussée. En d¿autres termes, bien que louable, son intégration ne saurait être
qualifiée d'exceptionnelle. Sous le seul angle des relations familiales et
sociales, le recourant ne peut donc prétendre ne pouvoir vivre qu'en Suisse. De
ce point de vue, l¿intéressé, qui est encore jeune puisqu¿il n¿a pas encore
trente ans, devrait pouvoir se réadapter à son existence passée et à la
situation, même difficile, à laquelle il serait confronté en cas de retour dans
son pays. 

c) Les éléments susmentionnés ne sont
toutefois pas seuls déterminants. Selon les Directives, constituent également
des circonstances à prendre en compte: la situation professionnelle ainsi que
la situation économique et sur le marché du travail. Sur cette base, c¿est à
tort que l¿autorité intimée a estimé que le recourant ne faisait pas état de
qualifications professionnelles particulières. L¿autorité intimée n¿a en
particulier pas tenu compte des déclarations du 12 juin 2006 de l¿employeur du
recourant, 2.************ SA, telles qu¿elles ressortaient de son dossier. De
plus, la nouvelle attestation de l¿employeur, du 12 février 2008, confirme les
explications précédentes et insiste sur le fait que le recourant est non
seulement un employé sérieux et qualifié, mais encore qu¿il est très difficile
de le remplacer, l¿activité exercée par l¿intéressé étant très spécifique et
nécessitant des qualités particulières (endurance, réfléchi, agile, attentif
aux consignes, etc.).

Le tribunal ne voit pas de raison de
s¿écarter de l¿appréciation circonstanciée de l¿employeur du recourant, la
pénurie de personnel qualifié dans le domaine de la construction étant au
demeurant notoire (cf. notamment article paru dans le Supplément Emploi du
journal « 24 Heures » du 17 juillet 2008).

Cet élément, combiné au fait que le
comportement du recourant n'a depuis son arrivée en Suisse donné lieu à aucune
plainte, ni à aucune poursuite et que son intégration peut être qualifiée de
louable (cf. considérant ci-dessus), justifient la reconnaissance d'un cas de
rigueur au sens des Directives (pour deux cas récents relativement similaires
où le tribunal a admis l'existence d'un cas de rigueur, voir arrêt PE.2008.0022
du 28 mai 2008: près de 10 ans de
séjour légal; pas d¿enfant; frère, s¿ur, neveux et un cousin en Suisse;
profession de scieur de béton en qualité de chef d'équipe depuis 4 ans auprès
de la même entreprise; employeur ayant indiqué qu'il était très difficile de trouver
du personnel qualifié et qu'il aurait beaucoup de peine à remplacer le
recourant si celui-ci devait quitter la Suisse; voir aussi arrêt PE.2007.0385
du 22 février 2008: séjour en suisse depuis 7 ans et demi; pas d'enfant;
famille proche en Suisse; profession de plâtrier-peintre; aucune plainte ni
poursuite; maîtrise du français).

7.                               
Les considérants qui précèdent
conduisent à l'admission du recours et à l'annulation de la décision attaquée.
Le dossier sera retourné à l'autorité intimée pour nouvelle décision dans le
sens des considérants. Le recourant, qui obtient gain de cause avec
l'assistance d'un mandataire professionnel, a par ailleurs droit à l'allocation
de dépens ; l'arrêt sera rendu sans frais (art. 55 al. 1 LJPA).

Par ces motifs

la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

I.                                  
Le recours est admis.

II.                                
La décision du Service de la
population du 22 janvier 2008 est annulée; le dossier est renvoyé à cette
autorité afin qu'elle statue à nouveau dans le sens des considérants.

III.                               
L'arrêt est rendu sans frais.

IV.                             
L'Etat de Vaud, par le Service de la
population, versera au recourant une indemnité de 1'000 (mille) francs à titre
de dépens.

Lausanne, le 25 juillet 2008

 

La présidente:                                                                                           La
greffière:

                                                                                                                  

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires
de l'avis d'envoi ci-joint.

Il peut faire l'objet, dans les trente
jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le recours en
matière de droit public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du
17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours
constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,
indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. Les
motifs doivent exposer succinctement en quoi l¿acte attaqué viole le droit. Les
pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire, pour
autant qu¿elles soient en mains de la partie; il en va de même de la décision
attaquée.