# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 08af240e-695c-5d16-802d-35922340f3a2
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2013-10-18
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 18.10.2013 BH.2013.5
**Docket/Reference:** BH.2013.5
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_BH-2013-5_2013-10-18

## Full Text

Rejet de la demande de libération de la détention provisoire (art. 228 en lien avec l'art. 222 CPP). Prolongation de la détention provisoire (art. 227 en lien avec l'art. 222 CPP). Assistance judiciaire (art. 29 al. 3 Cst).;;Rejet de la demande de libération de la détention provisoire (art. 228 en lien avec l'art. 222 CPP). Prolongation de la détention provisoire (art. 227 en lien avec l'art. 222 CPP). Assistance judiciaire (art. 29 al. 3 Cst).;;Rejet de la demande de libération de la détention provisoire (art. 228 en lien avec l'art. 222 CPP). Prolongation de la détention provisoire (art. 227 en lien avec l'art. 222 CPP). Assistance judiciaire (art. 29 al. 3 Cst).;;Rejet de la demande de libération de la détention provisoire (art. 228 en lien avec l'art. 222 CPP). Prolongation de la détention provisoire (art. 227 en lien avec l'art. 222 CPP). Assistance judiciaire (art. 29 al. 3 Cst).

Décision du 18 octobre 2013  
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Stephan Blättler, 

président, Patrick Robert-Nicoud et Giorgio Bomio,     

la greffière Julienne Borel  

   

Parties  A., alias B. ou C., actuellement en détention, 

représenté par Me Aline Bonard, avocate,  

recourant  

 

 contre 

   

  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,  

intimé  

 

TRIBUNAL DES MESURES DE CONTRAINTE,  

autorité qui a rendu la décision attaquée  

 

 

 

 

   

Objet  Rejet de la demande de libération de la détention 

provisoire (art. 228 en lien avec l'art. 222 CPP). 

Prolongation de la détention provisoire (art. 227 en 

lien avec l'art. 222 CPP) 

Assistance judiciaire (art. 29 al. 3 Cst.) 

 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

 

Numéro de dossier: BH.2013.5 

Procédure secondaire: BP.2013.65 

 

 

- 2 - 

 

 

Faits: 

 

A. Le 7 avril 2009, le Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC) a 

ouvert une enquête de police judiciaire pour soupçon de participation à une 

organisation criminelle (art. 260
ter

 CP) contre le dénommé D., ainsi que 

plusieurs personnes suspectées d'entretenir des liens avec l'organisation 

en question (dossier du Tribunal des mesures de contrainte [ci-après: 

TMC], requête de mise en détention provisoire du MPC du 29 juin 2013, 

p. 3). Il ressort de l’enquête qu’une organisation criminelle internationale, 

fortement hiérarchisée, dirigée depuis l’Espagne et active principalement 

dans le vol par effraction, le vol et le recel, exerce son activité en Suisse. 

Une caisse commune dénommée « obschak » serait alimentée par les 

produits des méfaits commis par les membres de l’organisation (dossier 

TMC, rapport de la PJF du 7 décembre 2009; requête de mise en détention 

du MPC du 29 juin 2013, p. 2-4). 

 

 

B. L'enquête a par la suite été étendue le 10 mars 2010 à A., dont l'un de ses 

alias est B. (ci-après: le recourant), ressortissant géorgien, suspecté 

d'entretenir des liens avec cette organisation (dossier TMC, ordonnance 

d'extension du MPC du 10 mars 2010). Depuis le 15 mars 2010, le 

recourant fait l'objet d'un mandat d'arrêt décerné par le MPC (dossier du 

TMC, rapport d'arrestation 2013R004487 de la Police judiciaire fédérale [ci-

après: PJF] du 28 juin 2013, p. 2). L’enquête helvétique a permis de 

déterminer que le responsable, pour la Suisse, de la récolte mensuelle 

destinée à alimenter l’« obschak » est D., lequel a été en contact régulier 

avec les dirigeants de l’organisation basés en Espagne, et ce jusqu’à son 

arrestation le 15 mars 2010 (dossier TMC, rapport PJF du 19.02.2010, p. 9 

ss). 

 

 

C. Le recourant a séjourné illégalement en Suisse dès avril 2009. Il a été mis 

en détention administrative le 8 octobre 2009 en vue de son refoulement 

puis libéré le 12 octobre 2009 suite à un prononcé de la Commission 

cantonale de recours en matière administrative genevoise. Le 

26 novembre 2009, le recourant a été interpellé par la police genevoise et 

mis à nouveau en détention administrative. Enfin, le 9 décembre 2009, 

après avoir déclaré vouloir rentrer volontairement en Géorgie, le recourant 

a quitté par avion la Suisse pour Tbilissi (dossier du TMC, rapport 

2013R005689 de la PJF du 23 août 2013 [ci-après: rapport 

2013R005689]). 

 

- 3 - 

 

 

D. Par jugement du 28 juin 2012 de la Cour des affaires pénales du Tribunal 

pénal fédéral (SK.2012.2), D. a été notamment reconnu coupable de 

participation à une organisation criminelle (art. 260
ter

 ch. 1 al. 1 CP) et de 

blanchiment d’argent aggravé (art. 305
bis

 ch. 1 et ch. 2 let. a CP). Il purge 

actuellement sa peine dans le canton de Genève. 

 

 

E. Le 27 juin 2013, un dénommé C. s'est présenté au centre d'enregistrement 

et de procédure de Vallorbe afin de s'y faire enregistrer en qualité de 

demandeur d'asile. La procédure de vérification des empreintes a permis 

d'établir rapidement que ces dernières étaient celles appartenant au 

recourant (dossier du TMC, rapport 2013R005689, p. 2). Avertie de sa 

présence à Vallorbe par le MPC, la PJF a procédé à l'arrestation du 

recourant le 28 juin 2013 (dossier du TMC, rapport d'arrestation 

2013R004487 de la PJF du 28 juin 2013, p. 2). Sur requête du MPC du 

29 juin 2013, le TMC a ordonné le 1
er
 juillet 2013 une détention provisoire 

du recourant de 3 mois (jusqu'au 28 septembre 2013) pour risque de 

collusion et de fuite (dossier du TMC, ordonnance de détention provisoire 

du TMC du 1
er
 juillet 2013). 

 

 

F. Le 22 août 2013, le recourant a requis sa libération. Le 29 août 2013, le 

MPC a transmis la demande de A. au TMC du canton de Vaud, 

accompagnée d'une prise de position concluant au rejet de la demande de 

libération et à la prolongation de celle-ci pour une durée de 3 mois (dossier 

du TMC, demande de refus de mise en liberté et demande de prolongation 

de détention du MPC du 29 août 2013, p. 1-2). Le recourant a renoncé à la 

tenue d'une audience et s'est déterminé sur la demande du MPC 

susmentionnée le 4 septembre 2013 (act. 1.1, p. 3). 

 

 

G. Par ordonnance du 10 septembre 2013, le TMC a refusé la libération de la 

détention provisoire du recourant, d'une part, et prolongé la mesure pour 

une durée de 3 mois, soit jusqu'au 28 décembre 2013, d'autre part. 

 

 

H. Le 18 septembre 2013, A. recourt contre cette décision, concluant à la 

réforme de la décision attaquée et à sa libération immédiate (act. 1, p. 11). 

Il conclut en outre subsidiairement à la réforme de ladite décision, en ce 

sens que sa détention provisoire soit prolongée pour une période maximale 

d'un mois, soit jusqu'au 28 octobre 2013 (act. 1, p. 12). 

 

- 4 - 

 

 

I. Invité à répondre, le TMC indique ne pas avoir d'autres éléments à faire 

valoir et se réfère à sa décision du 10 septembre 2013 (act. 5). Quant au 

MPC, il renvoie à sa prise de position du 29 août 2013 à l'attention du TMC, 

à la décision de ce dernier du 10 septembre 2013, ainsi qu'aux pièces du 

dossier (act. 4). 

 

J. Le 30 septembre 2013, le recourant renonce à répliquer et persiste dans 

ses conclusions (act. 6). 

 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris, 

si nécessaire, dans les considérants en droit. 

 

 

 

La Cour considère en droit: 

 

1.  

1.1 La Cour des plaintes examine d’office et en pleine cognition la recevabilité 

des recours qui lui sont adressés (ATF 122 IV 188 consid. 1 et arrêts cités). 

 

1.2 Le détenu peut attaquer devant l'autorité de recours les décisions du TMC 

ordonnant une mise en détention provisoire ou une mise en détention pour 

des motifs de sûreté ou encore la prolongation ou le terme de cette 

détention (art. 222 et 393 al. 1 let. c CPP). La Cour des plaintes du Tribunal 

pénal fédéral est compétente pour statuer sur les recours contre les 

décisions des tribunaux des mesures de contrainte cantonaux dans les 

affaires relevant de la juridiction fédérale (art. 37 al. 1 et 65 al. 1 et 3 de la 

loi fédérale du 19 mars 2010 sur l'organisation des autorités pénales de la 

Confédération [LOAP; RS 173.71]) en lien avec l'art. 19 al. 1 du règlement 

du 31 août 2010 sur l'organisation du Tribunal pénal fédéral [ROTPF; RS 

173.713.161]). Le recours est recevable à la condition que le détenu 

dispose d'un intérêt juridiquement protégé à l'annulation ou à la 

modification de la décision entreprise (art. 382 al. 1 CPP). Le recours 

contre les décisions notifiées par écrit ou oralement doit par ailleurs être 

motivé et adressé par écrit, dans le délai de dix jours à l'autorité de céans 

(art. 396 al. 1 CPP). 

 

En l'espèce, interjeté dans le délai de dix jours dès la notification de la 

décision entreprise, le recours l'a été en temps utile. L’intérêt juridiquement 

protégé du détenu à entreprendre une décision refusant sa demande de 

mise en liberté, respectivement ordonnant la prolongation de sa mise en 

- 5 - 

 

 

détention provisoire ne faisant aucun doute, ce dernier est légitimé à 

recourir. Le recours est ainsi recevable en la forme. 

 

L’attention du TMC est attirée sur le fait que l’indication de la voie de 

recours figurant au pied de la décision entreprise mentionne à tort la 

« Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal ». L’autorité inférieure 

prendra garde à modifier l’indication des voies de droit en conséquence, 

lorsqu’elle aura à traiter à nouveau des procédures relevant de la juridiction 

fédérale (v. également BH.2011.2 du 18 mars 2011, consid. 1.2). 

 

1.3 En tant qu'autorité de recours, la Cour des plaintes examine avec plein 

pouvoir de cognition en fait et en droit les recours qui lui sont soumis 

(Message relatif à l'unification du droit de la procédure pénale du 

21 décembre 2005, FF 2006 1057, 1296 i.f.; STEPHENSON/THIRIET, 

Commentaire bâlois, Schweizerische Strafprozessordnung, Bâle 2011, 

n
o
 15 ad art. 393; KELLER, Kommentar zur Schweizerischen 

Strafprozessordnung [StPO], [DONATSCH/HANSJAKOB/LIEBER, éd.; ci-après: 

Kommentar], Zurich/Bâle/Genève 2010, n
o
 39 ad art. 393; SCHMID, 

Handbuch des schweizerischen Strafprozessrechts, Zurich/Saint-Gall 2009, 

n
o
 1512). 

 

 

2.  

2.1 La détention provisoire ne peut être ordonnée que lorsque le prévenu est 

fortement soupçonné d'avoir commis un crime ou un délit et qu'il y a 

sérieusement lieu de craindre qu'il se soustraie à la procédure pénale ou à 

la sanction prévisible en prenant la fuite, ou qu'il compromette la recherche 

de la vérité en exerçant une influence sur des personnes ou en altérant des 

moyens de preuves, ou encore qu'il compromette sérieusement la sécurité 

d'autrui par des crimes ou des délits graves après avoir déjà commis des 

infractions du même genre (art. 221 al. 1 CPP). La détention peut 

également être ordonnée s'il y a sérieusement lieu de craindre qu'une 

personne passe à l'acte après avoir menacé de commettre un crime grave 

(art. 221 al. 2 CPP). A l'instar de toutes les autres mesures de contrainte, la 

détention provisoire ne peut être ordonnée que si les buts poursuivis ne 

peuvent pas être atteints par des mesures moins sévères, et qu'elle 

apparaît justifiée au regard de la gravité de l'infraction (art. 197 al. 1 let. c et 

d CPP). 

 

http://links.weblaw.ch/BBl-2006-1057

- 6 - 

 

 

2.2 En l'espèce, le recourant conteste l'existence de forts soupçons le 

concernant (act. 1, p. 8-9).  

Il existe de forts soupçons lorsqu'il est admissible, pour un tiers objectif et 

sur la base de circonstances concrètes, que la personne ait pu commettre 

l'infraction ou y participer avec un haut degré de probabilité; il faut en 

d'autres termes que pèsent sur ladite personne de graves présomptions de 

culpabilité (SCHMOCKER, Commentaire romand, Code de procédure pénale, 

Bâle 2011, n
o
 8 ad art. 221 et références citées en note de bas de page 4; 

HUG, Kommentar, n
os

 4 et 5 ad art. 221; SCHMID, op. cit., n
o
 1019). Selon la 

jurisprudence du Tribunal fédéral, l'intensité des charges justifiant une 

détention varie selon les divers stades de l'instruction pénale. Des 

soupçons encore peu précis peuvent être considérés comme suffisants 

dans les premiers temps de l'enquête, mais la perspective d'une 

condamnation doit paraître vraisemblable après l'accomplissement de tous 

les actes d'instruction envisageables (arrêt du Tribunal fédéral 1B_42/2012 

du 14 février 2012, consid. 3.1 et références citées). 

 

2.3 La décision entreprise retient en substance qu'il existe, au stade actuel de 

l'enquête dirigée entre autres contre le recourant, de forts soupçons que ce 

dernier appartienne, respectivement ait soutenu une organisation criminelle 

au sens de l'art. 260
ter

 CP. Il est également mis en cause pour blanchiment 

d'argent qualifié (art. 305
bis

 ch. 2 let. a CP). Il est donc soupçonné de faire 

partie de l'organisation criminelle des « Voleurs dans la loi » et d'avoir 

effectué des versements ou reçu des montants pour le compte de cette 

organisation à travers des organismes de transfert de fonds. Les faits 

dénoncés s'inscrivent entre juillet et novembre 2009, étant précisé qu'il 

aurait agi directement sous les ordres du responsable du réseau suisse 

(act. 1.1, ch. 1, p. 1). 

 

Le risque de fuite serait avéré du fait de la nationalité géorgienne du 

recourant et de son absence d'attache avec la Suisse. Le TMC considère 

également qu'un risque de collusion est réalisé à ce stade de l'enquête, car 

des recherches doivent être effectuées afin d'établir l'ampleur de l'activité 

délictueuse du recourant et il y a lieu d'éviter qu'il ne puisse contacter 

d'éventuels comparses pour influencer leurs déclarations (act. 1.1, p. 1 et 

3). 

 

Le recourant quant à lui considère que les conditions justifiant la détention 

provisoire ne sont pas réunies. Le recourant conteste tout acte de soutien 

ou de participation à une organisation criminelle. Il fait en effet valoir qu'à 

aucun moment il n'a eu l'intention de soutenir une organisation criminelle, 

de quelques manière que ce soit (dossier du TMC, demande de mise en 

http://links.weblaw.ch/1B_42/2012

- 7 - 

 

 

liberté du recourant du 23 août 2013, p. 1; act. 1, ch. 4, p. 8). Le recourant 

admet la plupart des transferts de fonds effectués, pour des montants 

oscillant en moyenne autour de CHF 300.--, tout en relevant que les 

indications qui lui avaient été données par ses compatriotes ne 

permettaient pas, en aucun cas, d'imaginer que l'argent transféré aurait pu 

être de provenance délictueuse (dossier du TMC, demande de mise en 

liberté du recourant du 23 août 2013, p. 1). Il fait valoir qu'à ce stade de 

l'enquête, la preuve de l'origine criminelle ou délictuelle des fonds 

transférés n'a pas été rapportée et que son seul antécédent porte sur un 

vol à l'étalage en 2011 au Danemark (act. 1, ch. 5, p. 9). 

 

2.4 S'agissant des soupçons graves quant à l'existence d'une organisation 

criminelle, on constate notamment que le rapport de la PJF du 

7 décembre 2009 décrit de manière très précise le mode de 

fonctionnement et le mode opératoire des membres affiliés à l'organisation 

sous enquête. Ce rapport met en lumière l’existence d’une organisation 

hiérarchisée et structurée active dans la commission de vols et 

cambriolages, ainsi que de recel. Ladite organisation, présente dans de 

nombreux pays européens, disposait, à tout le moins jusqu’aux arrestations 

du printemps 2010, de plusieurs chefs régionaux (Tessin, Suisse centrale, 

Suisse orientale, Suisse romande) et d’un chef à l’échelon national. Les 

enquêteurs ont identifié ce dernier en la personne du dénommé D. 

(v. supra, let. A et B), lequel aurait succédé au dénommé E., arrêté au 

printemps 2009 par les autorités de poursuite genevoises, et condamné le 

22 octobre 2010 par la Cour correctionnelle genevoise  notamment pour 

appartenance à une organisation criminelle (v. dossier du TMC, rapport de 

la PJF du 7 décembre 2009, p. 14; décision du Tribunal pénal fédéral 

BH.2011.2 du 18 mars 2011, consid. 4.1.3). 

 

Le rôle du chef national et des chefs régionaux est de récolter 

l’« obschak », soit les contributions dont les membres de l’organisation 

doivent s’acquitter à la fin de chaque mois (dossier du TMC, rapport de la 

PJF du 7 décembre 2009, p. 14 ss), pour la faire remonter au sommet de 

l’organisation en Espagne. Il ressort par ailleurs des investigations 

policières au dossier que les membres de l’organisation entretiennent un 

certain secret et financent leurs activités par nombre de vols (dossier du 

TMC, rapport de la PJF du 07.12.2009, p. 59). 

 

La Cour de céans constate que l'existence de l'organisation des « Voleurs 

dans la loi », sa qualification d'organisation criminelle au sens de 

l'art. 260
ter

 CP et son implantation en Suisse ont été admises par les 

autorités judiciaires genevoises à plusieurs reprises ainsi que par la Cour 

- 8 - 

 

 

des affaires pénales du Tribunal pénal fédéral (jugement SK.2012.2 de la 

Cour des affaires pénales du Tribunal pénal fédéral du 28 juin 2012, 

consid. 12.3.4 a] et b]). 

 

2.5  Or dans ce contexte, contrairement à ce que prétend le recourant, ce n'est 

pas uniquement son séjour illégal en Suisse et l'usage d'un faux passeport 

qui lui sont reprochés. Il est bien plutôt soupçonné d'avoir joué un rôle actif 

pour l'organisation des « Voleurs dans la loi » en qualité d'un membre de 

l'équipe rapprochée de D. (dossier du TMC, demande de refus de mise en 

liberté et demande de prolongation de détention du MPC du 29 août 2013, 

p. 1). Le MPC soupçonne le recourant d'avoir effectué régulièrement des 

transferts d'argent à la demande ou pour le compte de D. Selon le MPC, le 

recourant et son partenaire F. suivaient les instructions de D. et ont été 

utilisés pour recevoir ou envoyer de l'argent via Western Union (requête de 

mise en détention provisoire du MPC du 29 juin 2013, p. 4, § 3-4; rapport 

de la PJF « exploitation des transferts d'argent », p. 27 et 33-36). Les 

éléments au dossier démontrent que le recourant connaissait et fréquentait 

D. Le recourant ne le conteste pas mais affirme que sa relation avec ce 

dernier était superficielle (dossier du TMC, audition du recourant du 

13 août 2013 [ci-après: audition du 13 août 2013], p. 4, ligne 31; audition 

du recourant du 21 août 2013 [ci-après: audition du 21 août 2013], p. 5, 

lignes 15-16 et p. 7, ligne 32; audition du recourant du 28 juin 2013 [ci-

après: audition du 28 juin 2013], p. 6, lignes 5-6). Il déclare toutefois à son 

sujet qu'« […] [il] le respecte car c'est une très bonne personne avec des 

qualités humaines » (dossier TMC, audition du recourant du 28 juin 2013, 

p. 3, lignes 27-28). Le recourant a également été vu en compagnie de D. et 

F. le 1
er

 novembre 2009 (dossier du TMC, rapport de la PJF du 

7 décembre 2009, p. 49). La Cour de céans relève aussi que le recourant 

s'est rendu chez D., information qui ressort de l'écoute téléphonique du 

14 novembre 2009 à 18h43, dans laquelle le recourant a déclaré 

reconnaître sa voix lorsqu'il appelait D. pour lui dire: « je suis en bas, je 

vais monter. » (audition du 21 août 2013, p. 18, lignes 9-12). Il reconnaît 

également être ami de longue date avec F., co-prévenu dans l'enquête du 

MPC (audition du 18 juillet 2013, p. 3, lignes 31-32; audition du 

21 août 2013, p. 6, ligne 14). Il est en outre fait explicitement mention à 

l'alias du recourant dans une conversation téléphonique entre D. et F. 

(dossier du TMC, audition du recourant du 23 juillet 2013 [ci-après: audition 

du 23 juillet 2013], annexe 2). 

 

2.6 Le recourant ne saurait être suivi lorsqu'il soutient que le TMC n'a pas su 

démontrer en quoi ses déclarations seraient contradictoires et qu'il n'a pas 

modifié sa position quant aux faits qui lui sont reprochés depuis sa 

- 9 - 

 

 

première audition. La Cour de céans relève au contraire à plusieurs 

reprises des contradictions et imprécisions dans les déclarations du 

recourant. Il affirme dans un premier temps qu'on lui demandait d'effectuer 

des transferts d'argent et qu'il ne pouvait pas refuser car il était le seul à 

disposer d'un passeport (audition du 28 juin 2013, p. 4, lignes 29-33). Puis 

il déclare qu' « [i]l y a bien sûr d'autres personnes de passage qui venaient 

en Suisse et qui avaient un passeport. [Il] n'étai[t] pas seul. » (audition du 

21 août 2013, p. 15, lignes 25-26). Comme le souligne justement le MPC 

dans sa demande de refus de mise en liberté et demande de prolongation 

de détention du 29 août 2013 (p. 4), le recourant se contredit à ce sujet 

lorsqu'il affirme par la suite qu'il a ses principes pour choisir les gens qu'il 

aide (audition du 21 août 2013, p. 17, lignes 22-23) et qu'il déclare 

qu'« [a]vant de faire des transferts d'argent [il] devai[t] être sûr que la 

personne qui [lui] demandait de les effectuer à sa place était réellement 

dans la difficulté sinon [il] n'acceptai[t] pas (audition du 23 juillet 2013, p. 3, 

lignes 6-8). 

 

2.7 Quant aux informations personnelles le concernant, il a d'abord déclaré 

avoir pour véritable identité C. (audition du 28 juin 2013, p. 8, lignes 18-19), 

puis avoue ensuite s'appeler réellement A. (dossier du TMC, audition du 

recourant du 16 juillet 2013, p. 3 [ci-après: audition du 16 juillet 2013). 

 

Le recourant soutient que les compatriotes géorgiens qu'il côtoie utilise le 

diminutif « G. » à son égard, alors qu'un co-prévenu, lors de son audition 

du 14 juillet 2010, la formellement reconnu sous le surnom de « H. » 

(audition du 23 juillet 2013, p. 5, lignes 30-35). 

 

Il a aussi dans un premier temps expliqué être en très bonne santé, 

psychiquement et physiquement (audition du 28 juin 2013, p. 10, ligne 8), 

puis revenir sur cette déclaration en invoquant qu'il a des problèmes de 

santé, comme une hépatite B, des problèmes d'estomac et d'autres soucis, 

raisons qui l'auraient poussées à venir en Suisse pour se faire soigner 

(audition du 21 août 2013, p. 16, lignes 18-29). On relève également que le 

recourant a tout d'abord affirmé être venu en Suisse pour y faire des études 

et travailler, sans évoquer le moindre problème de santé et le désir de se 

faire soigner ici (audition du 28 juin 2013, p. 7, lignes 25-26). Il a au surplus 

premièrement expliqué qu'il n'avait ni contact, ni relation avec F. (audition 

du 28 juin 2013, p. 9, ligne 8), puis a admis qu'il s'agissait d'un ami de 

longue date (v. supra consid. 2.5; audition du 16 juillet 2013, p. 4, ligne 22). 

Le recourant tient en outre à certains moments des propos confus, 

notamment lorsqu'il demande à ce qu'on l'amène à la frontière et promet de 

ne plus revenir de sa vie en Suisse, pour déclarer plus loin qu'il ne quittera 

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jamais la Suisse et restera toujours là (audition du 28 juin 2013, p. 10, 

lignes 4-5 et 25-26). 

 

De surcroît, il convient de constater que le recourant, sous plusieurs alias, 

est connu des services de police, notamment en Allemagne, où un mandat 

d'arrêt a été émis à son encontre pour vol en bande aggravé, alors qu'il a 

déclaré ne s'être jamais rendu dans ce pays (audition du 16 juillet 2013, 

p. 3, ligne 16), pour vol au Danemark (dossier du TMC, ordonnance de 

détention provisoire du TMC du 1
er

 juillet 2013, p. 1; audition du 

28 juin 2013, p. 8, lignes 6-12), vol en Israël (dossier du TMC, requête de 

mise en détention provisoire du MPC du 29 juin 2013, p. 4) et en Suisse 

pour entre autres infraction à la LStup, recel, vol par effraction dans un 

véhicule, filouterie d'auberge, vol et dommage à la propriété à Genève 

(dossier du TMC, rapport 2013R005689, p. 3, 9-10). Ce qui précède tend à 

renforcer les soupçons à son égard quant à d'éventuelles activités 

délictuelles, et ce dans plusieurs pays. 

 

2.8 Le recourant affirme, s'agissant des transferts d'argent qu'il effectuait à 

Western Union, ne pas connaître les personnes à qui il en a expédié et 

dont il en a reçu (dossier du TMC, audition du recourant du 18 juillet 2013 

[ci-après: audition du 18 juillet 2013], p. 6-8). Il semble avoir effectué ainsi 

des transferts d'argent pour des compatriotes qui lui étaient inconnus en se 

légitimant avec un faux passeport israélien, pour un total envoyé de 

CHF 14'623.35 et reçu de CHF 11'350.37, sans déduire les transferts 

contestés par le recourant (dossier du TMC, rapport de la PJF 

« exploitation des transferts d'argent » du 21 juillet 2010, p. 35). 

 

Il ressort en outre du dossier que le recourant a reçu CHF 220.-- provenant 

de I., présumé responsable de la Suisse centrale pour l'organisation 

criminelle (dossier du TMC, rapport de la PJF du 7 décembre 2009, p. 18; 

audition du 23 juillet 2013, annexe 4). Il découle sans équivoque de 

l'annexe 2 de l'audition du recourant du 23 juillet 2013 que cet argent ne lui 

était pas destiné. Cet élément semble dès lors démentir la thèse de celui-

ci, qui prétend que l'argent reçu était le sien et qu'il ne l'a pas transmis à un 

tiers (audition du 23 juillet 2013, p. 5, ligne 8). 

 

Ainsi, les éléments au dossier et, en particulier, la teneur de diverses 

surveillances téléphoniques le concernant, tendent à démontrer que le 

recourant jouait un certain rôle dans l'organisation en question, qu'il figurait 

parmi les personnes qui gravitaient autour de D. et qu'il semble avoir bien 

plus que de simples connaissances générales de la structure et du 

fonctionnement de ladite organisation. On relèvera en effet qu'il parle 

- 11 - 

 

 

spontanément de l'« obschak » (audition du 21 août 2013, p. 7, ligne 10) et 

qu'il déclare qu'il est « […] tout à fait capable de […] raconter comment 

fonctionne cette organisation et ce qu'elle fait, mais […] ne voi[t] pas ce que 

cela fait avec [s]on affaires » (audition du 21 août 2013, p. 10, lignes 5-6). 

Lors de son audition du 13 août 2013, le recourant a déclaré au procureur 

qu'« il est possible [qu'il] sache mieux que vos juristes ce qu'est 

l'organisation criminelle en question. […]. Je peux vous en dire encore plus, 

mais pas dans une conversation officielle.» (audition du 13 août 2013, p. 3, 

lignes 17-20). Il a en outre déclaré « [v]ous pouvez me mettre une arme sur 

la tête, ou me pendre par les pieds, je ne peux rien vous dire de plus » 

(audition du 28 juin 2013, p. 9, lignes 31-33). Ainsi le recourant paraît 

évoquer devoir se conformer à une certaine loi du silence que lui 

imposerait l'organisation. Il a également déclaré « […] vous pensez que 

vous êtes professionnel dans cet affaire, en fait vous n'avez aucune idée. Il 

faut aller vivre en Russie et en Géorgie, et vous comprendrez. Vous ne 

comprenez rien à cette organisation » (audition du 28 juin 2013, p. 11, 

lignes 2-4). Il a en sus refusé d'identifier D. sur les planches photo qui lui 

ont été présentées, alors qu'il admet par la suite l'avoir vu cinq ou sept fois 

(audition du 13 août 2013, p. 4, ligne 31), puis affirmer l'avoir vu peut-être 

cinquante fois dans sa vie (audition du 21 août 2013, p. 7, lignes 32-33). 

 

2.9 Au demeurant, les explications du recourant et les propos qu'il a tenus lors 

de ses auditions ne permettent pas d'infirmer les considérations et les 

soupçons exposés par le MPC et dans la décision entreprise. Le recourant 

soutient en effet que l'argent qu'il transférait provenait à sa connaissance 

de requérants d'asile recevant l'aide sociale ou de l'argent emprunté entre 

compatriotes (audition du 18 juillet 2013, p. 9, lignes 5-8). A cet argument 

on répondra que seul l'avancement de l'enquête permettra de déterminer la 

réalité de ces affirmations. 

2.10 Par ailleurs, il n'appartient pas au juge de la détention de procéder à une 

pesée complète des éléments à charge et à décharge et d'apprécier la 

crédibilité des personnes qui mettent en cause le prévenu, la valeur 

probante des différentes déclarations étant laissée à l'appréciation du juge 

du fond (arrêt du Tribunal fédéral 1B_131/2008 du 9 juin 2008, consid. 3.2 

in fine). Sur le vu de ce qui précède, force est d’admettre que la condition 

de l’existence des forts soupçons de culpabilité à l’encontre du recourant 

est en l’espèce réalisée. C’est le lieu de rappeler qu’il incombe au juge de 

la détention uniquement de vérifier, sous l’angle de la vraisemblance, que 

le maintien en détention avant jugement repose sur des indices de 

culpabilité suffisants (arrêt du Tribunal fédéral 1B_233/2010 du 

4 août 2010, consid. 3.4). A cet égard, la jurisprudence du Tribunal fédéral 

précise qu’il n’est pas nécessaire, au stade de l’examen de la détention 

- 12 - 

 

 

provisoire, que la condamnation du prévenu soit « quasiment certaine », 

mais il suffit bien plutôt d’un faisceau d’indices de sa culpabilité (arrêt 

1B_131/2008 précité, consid. 3.2). Il apparaît ainsi que l’ensemble des 

éléments évoqués précédemment constitue un faisceau d’indices suffisant 

pour justifier un maintien en détention, et ce pour soupçons d’infraction à 

l’art. 260
ter

 CP, réprimant la participation, respectivement le soutien à une 

organisation criminelle, les dénégations du recourant ne lui étant d’aucun 

secours. 

 

 

3. Le refus de demande de mise en liberté provisoire, respectivement la 

prolongation de la détention provisoire du recourant se fonde en outre sur 

le risque de fuite. 

 

3.1 La Cour relève que, en l’espèce, le risque de fuite est réalisé, étant rappelé 

que celui-ci existe si, compte tenu de la situation personnelle de l’intéressé 

et de l’ensemble des circonstances, il est vraisemblable que ce dernier se 

soustraira à la poursuite pénale ou à l’exécution de la peine s’il est libéré 

(arrêt du Tribunal fédéral 1P.430/2005 du 29 juillet 2005, consid. 5.1 et 

arrêts cités, notamment ATF 117 Ia 69 consid. 4a). En effet, le recourant, 

de nationalité géorgienne (dossier du TMC, rapport de la PJF 

2013R005689, p. 2), n’a aucun lien avec la Suisse. S’il se confirme que 

ledit recourant s’est rendu coupable des infractions qui lui sont reprochées, 

il y a fort à craindre qu’il ne quitte la Suisse pour échapper à la poursuite 

pénale ou à l’exécution de la peine. 

 

 

4. La réalisation du risque de fuite dispense d'examiner l'existence d'un risque 

de collusion. Néanmoins, pour répondre aux arguments du recourant, il est 

constaté que ce deuxième risque est également présent. On ne peut en 

effet pas suivre le recourant lorsqu'il soutient que le risque de collusion 

invoqué par le MPC n'est que purement théorique. C'est en effet à tort que 

le recourant affirme ne pas vouloir compromettre la recherche de la vérité, 

dans la mesure, entre autres, où celui-ci tient des propos contradictoires et 

vagues (v. supra consid. 2.6 ss), comme lorsqu'il a par exemple d'abord 

déclaré qu'il n'avait ni contact ni relation avec F. (audition du 28 juin 2013, 

p. 9, ligne 8), puis qu'il a admis que celui-ci était un ami (v. supra 

consid. 2.5 et 2.7; audition du 16 juillet 2013, p. 4, ligne 22). Dès lors, cela 

peut aussi laisser à penser qu’il cache encore certains éléments à l’autorité 

de poursuite et que, en cas de mise en liberté, il mettrait cette dernière à 

profit pour prendre contact avec des témoins ou d’autres prévenus, afin de 

tenter d’influencer leurs déclarations. 

- 13 - 

 

 

4.1 Ainsi, il importe que le recourant ne puisse interagir avec les autres 

personnes impliquées dans l'organisation sous enquête notamment en vue 

des confrontations envisagées par le MPC avec D. et d'autres co-prévenus 

(dossier du TMC, requête de mise en détention provisoire du MPC du 

29 juin 2013, p. 5). On peut de surcroît considérer que l'enquête respecte 

le principe de célérité, certaines démarches devant encore être entreprises 

dans ce contexte, notamment les confrontations précitées, mesures qui 

prennent nécessairement un certain temps au vu du nombre de personnes 

en cause. En effet, le MPC a procédé par six fois à l'audition du recourant, 

soit les 28 juin, 16 juillet, 18 juillet, 23 juillet, 13 août et 21 août 2013. 

Contrairement à ce qu'allègue le recourant, on ne saurait reprocher au 

MPC d'avoir préféré dans un premier temps entendre à plusieurs reprises 

le recourant et certains co-prévenus séparément avant d'organiser des 

confrontations entre eux. L'enquête ayant des ramifications internationales, 

d'une part, et visant un nombre important de prévenus dont il s'agit de 

déterminer le rôle précis joué au sein de l'organisation d'autre part, elle est 

susceptible de s'étendre sur un certain temps. Il sied donc de considérer 

que l'enquête avance à ce jour sans désemparer et que le MPC déploie les 

ressources nécessaires pour que celle-ci évolue rapidement. Il appartient 

maintenant au MPC de procéder au plus vite aux actes d'enquêtes qui 

s'imposent. 

 

 

5. La constatation de l'existence d'un risque de fuite, accessoirement de celui 

de collusion, dispense d'examiner la réalisation d'un risque de réitération 

au sens de l'art. 221 al. 1 let. c CPP. 

 

 

6. Quant au principe de la proportionnalité, contrairement à ce que soutient le 

prévenu, il est encore respecté. Dans l'examen de la proportionnalité de la 

durée de la détention, il y a lieu de prendre en compte la gravité des 

infractions faisant l'objet de l'instruction. Le juge peut maintenir la détention 

préventive aussi longtemps qu'elle n'est pas très proche de la durée de la 

peine privative de liberté à laquelle il faut s'attendre concrètement en cas 

de condamnation (ATF 133 I 168 consid. 4.1; 132 I 21 consid. 4.1; 

107 Ia 256 consid. 2 et 3 et les références citées; arrêt du Tribunal fédéral 

1B_641/2011, consid. 3.1). 

6.1 Le recourant soutient que les charges à son encontre s'amenuisent et que 

rien ne permet d'exclure que les conditions pour une ordonnance pénale 

soient réunies au terme de l'enquête. Il fait également référence à 

l'ATF 138 IV 1, dans lequel une personne accusée d'avoir blanchi 

USD 3.6 mio provenant d'une organisation criminelle et a été condamnée à 

- 14 - 

 

 

une peine pécuniaire de 90 jours-amende, soit une peine équivalente à une 

peine privative de liberté de 3 mois. On constate toutefois que l'affaire citée 

en exemple n'est pas comparable à la situation en question. En effet, le 

recourant est prévenu de participation à une organisation criminelle 

(art. 260
ter

 CP) et blanchiment d'argent qualifié (art. 305
bis

 ch. 2, let. a CP) 

alors que la peine prononcée dans l'ATF 138 IV 1 l'a été pour défaut de 

vigilance en matière d’opérations financières et blanchiment d'argent 

(art. 305
ter

 et 305
bis

 CP). En outre, la personne condamnée dans cette 

affaire n’avait pas d’antécédents pénaux et était entre autres bien intégré 

professionnellement, ainsi que l'avait constaté l'autorité de première 

instance (arrêt du Tribunal pénal fédéral SK.2010.10 du 1
er
 juin 2011, 

consid. 5.5). Certes, le recourant est dorénavant en détention depuis plus 

de trois mois, mais c'est le lieu de rappeler que la peine maximale prévue 

par l'art. 260
ter

 CP réprimant la participation et le soutien à une organisation 

criminelle est de cinq ans. Au vu du dossier, il est probable que la sanction 

dépassera la peine minimale, indépendamment du rôle que le recourant a 

assumé au sein de l'organisation criminelle et malgré l'absence 

d'antécédents judiciaires en Suisse (dossier du TMC, extrait du casier 

judiciaire de B. du 28 juin 2013). En effet, et contrairement à ce que 

soutient le recourant, les éléments recueillis à ce jour par l’autorité de 

poursuite à sa charge ainsi que les faits reprochés à l’organisation 

criminelle à laquelle le recourant est suspecté d’avoir apporté son soutien, 

ne sauraient être considérés comme de peu de gravité. Ceci autant de part 

l’activité délictuelle reprochée, qu’aux fréquentations du recourant, en 

particulier de membres influents de l’organisation sous enquête, au premier 

rang desquels figure D. 

 

6.2 Ainsi, la durée de la détention préventive déjà subie est encore compatible 

avec la peine encourue concrètement en cas de condamnation et ne viole 

pas – à ce stade – le principe de la proportionnalité. Le TMC a fixé la 

prolongation de la détention au 28 décembre 2013. A cette date, il 

conviendra de réexaminer les conditions de maintien de détention du 

recourant, en particulier le renforcement des présomptions de sa 

culpabilité. 

 

Il résulte de ce qui précède que le recours, mal fondé, doit être rejeté. 

 

 

7. Le recourant a requis l’assistance judiciaire. L'art. 132 al. 1 let. b CPP (par 

renvoi de l'art. 379 CPP pour la procédure de recours) précise qu'une 

défense d'office est ordonnée si le prévenu ne dispose pas des moyens 

nécessaires et que l'assistance d'un défenseur est justifiée pour 

- 15 - 

 

 

sauvegarder ses intérêts. L'assistance judiciaire comprend notamment 

l'exonération des frais de procédure (art. 136 CPP; HARARI/ALIBERTI, 

Commentaire romand, Code de procédure pénale suisse, Bâle 2011, n
o
 21 

ad art. 132). Le formulaire y relatif que le recourant a fait parvenir à 

l’autorité de céans, dûment signé, est vide de toute donnée (BP.2013.65, 

act. 3.1). En l’espèce, il ne fournit aucune pièce permettant d’établir sa 

situation. Néanmoins, son incarcération peut expliquer l’absence de pièces. 

Au vu du dossier, son indigence paraît établie. Toutefois, l'assistance 

judiciaire ne peut être octroyée que si la cause ne paraît pas dépourvue de 

toute chance de succès (art. 29 al. 3 Cst.) et ce, lors d’une appréciation 

sommaire et anticipée au moment du dépôt de la requête. Tel n’était en 

l’occurrence pas le cas de sorte que la requête doit être admise. Il sera 

donc statué sans frais. 

 

 

8. Un avocat d’office a été désigné au recourant en la personne de Me Aline 

Bonard. L’art. 135 al. 2 CPP prévoit que le ministère public ou le tribunal 

qui statue au fond fixent l’indemnité à la fin de la procédure. Même si, à 

rigueur de texte, l’autorité de céans n’intervient pas en tant que juge du 

fond, cette fonction étant revêtue, dans la juridiction pénale fédérale, par la 

Cour des affaires pénales du Tribunal pénal fédéral (art. 35 LOAP), il a été 

prévu, dans le règlement sur les frais, de s’en tenir à l’ancienne pratique en 

matière d’indemnisation du défenseur d’office dans le cadre d’une 

procédure de recours devant l’autorité de céans, à savoir que la Caisse du 

Tribunal pénal fédéral prend en charge cette dernière tout en en exigeant, 

le cas échéant, le remboursement au recourant (art. 21 al. 2 et 3 RFPPF). 

Pareille solution, en plus de simplifier la tâche de l’autorité appelée à 

indemniser le défenseur d’office en fin de procédure (MPC ou Cour des 

affaires pénales) en ce sens qu’elle règle clairement la problématique des 

frais/indemnités liés aux procédures incidentes, présente également 

l’avantage pour le défenseur lui-même d’être indemnisé dans des délais 

plus courts pour les opérations relatives aux procédures incidentes devant 

la Cour de céans.  

 

8.1 L’art. 12 al. 1 RFPPF prévoit que les honoraires des avocats sont fixés en 

fonction du temps effectivement consacré à la cause et nécessaire à la 

défense de la partie représentée. Le tarif horaire, lequel s’applique 

également aux mandataires d’office, est de CHF 200.-- au minimum et de 

CHF 300.-- au maximum (art. 12 al. 1 RFPPF), étant précisé que le tarif 

usuellement appliqué par la Cour de céans est de CHF 230.-- par heure 

(décision du Tribunal pénal fédéral BB.2012.8 du 2 mars 2012, 

consid. 4.2). En l’absence d’un mémoire d’honoraires, l’autorité saisie de la 

- 16 - 

 

 

cause fixe l’indemnité selon sa propre appréciation (art. 12 al. 2 RFPPF). 

Compte tenu de la nature de l’affaire et de l’activité déployée par le 

défenseur dans le cadre de la procédure inhérente au recours, une 

indemnité d’un montant de CHF 1’000.-- (débours et TVA compris) paraît 

justifiée. Ainsi que précisé au considérant précédent, la Caisse du Tribunal 

pénal fédéral versera cette indemnité à Me Aline Bonard. Celle-ci lui sera 

remboursée par le recourant s'il devait revenir à meilleure fortune (art. 135 

al. 4 let. a CPP; Message FF 2006 1057, 1160; art. 21 al. 3 RFPPF). 

- 17 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Le recours est rejeté. 

 

2. La demande d'assistance judiciaire est admise. 

 

3. Il est statué sans frais. 

 

4. L'indemnité d'avocat d'office de Me Aline Bonard pour la présente procédure 

est fixée à CHF 1'000.--, TVA incluse. Elle sera acquittée par la Caisse du 

Tribunal pénal fédéral, laquelle en demandera le remboursement au 

recourant s'il revient à meilleure fortune. 

 

 

Bellinzone, le 18 octobre 2013 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le président: La greffière:  

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Me Aline Bonard  

- Tribunal des mesures de contrainte 

- Ministère public de la Confédération  

 

 

Indication des voies de recours 

Dans les 30 jours qui suivent leur notification, les décisions de la Cour des plaintes relatives aux 
mesures de contrainte sont sujettes à recours devant le Tribunal fédéral (art. 79 et 100 al. 1 de la 
loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral; LTF). La procédure est réglée par les 
art. 90 ss LTF. 

Le recours ne suspend l’exécution de la décision attaquée que si le juge instructeur l’ordonne 
(art. 103 LTF).