# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 6e037909-3cb2-55c7-a714-53d83a2810b0
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2017-10-26
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 26.10.2017 F-2707/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_F-2707-2017_2017-10-26.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour VI 

F-2707/2017 

 

 
 

  A r r ê t  d u  2 6  o c t o b r e  2 0 1 7  

Composition 
 Blaise Vuille (président du collège),  

Yannick Antoniazza-Hafner, Gregor Chatton, juges, 

Alain Surdez, greffier. 
 

 
 

Parties 
 X._______, 

les membres de sa famille et ses proches, 

pour le compte desquels agit Ange Sankieme Lusanga, 

Juristes et théologiens Mobiles Migrations et 

Développement, 

Binzenstrasse 20, 4058 Bâle, 

recourants, 

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations SEM, 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

 
 

 
 

Objet 
 Refus d'entrer en matière sur une demande d’autorisation 

d'entrée en Suisse sous l'angle d'un visa pour motifs 

humanitaires. 

 

 

 

F-2707/2017 

Page 2 

Faits : 

A.  

Par courriel du 20 février 2017 envoyé à l’adresse de l’Ambassade de 

Suisse à Kinshasa, Ange Sankieme Lusanga (ci-après : le mandataire), 

agissant au nom du (…) X._______ (ressortissant de la République 

démocratique du Congo [ci-après : RDC] né le […]), de membres de sa 

famille et de proches (ci-après : les recourants), a sollicité de cette autorité 

en leur faveur l’octroi de visas humanitaires leur permettant d’obtenir une 

protection en Suisse. A l’appui de sa requête, le mandataire a allégué qu’à 

la suite notamment de l’enquête initiée par la représentation de Suisse 

précitée lors de précédentes démarches engagées par les intéressés, 

ceux-ci subissaient, dans la République du Congo (désignée également de 

manière informelle « Congo-Brazzaville ») où ils résidaient, des 

persécutions en raison de pressions exercées par le gouvernement de la 

RDC sur ce pays et étaient, dès lors, contraints de vivre dans la 

clandestinité. Le mandataire a notamment joint à sa requête la copie d’une 

lettre, datée du 12 janvier 2017, dans laquelle X._______ déclare 

notamment que le mandat qu’il avait antérieurement confié, avec 39 

membres de sa famille et proches collaborateurs, à Ange Sankieme 

Lusanga n’a pas été révoqué et qu’il ne peut se présenter physiquement 

avec ces derniers à l’Ambassade de Suisse à Kinshasa sans y encourir de 

nouveaux dangers. Une copie du passeport de X._______ a également été 

produite en annexe au courriel du 20 février 2017. 

Dans le cadre de l’échange de courriels opéré les jours suivants entre le 

mandataire et l’Ambassade de Suisse à Kinshasa, cette dernière autorité 

a souligné le fait que les requérants d’un visa humanitaire devaient impé-

rativement se présenter en personne et munis de leur passeport au guichet 

de ladite représentation ou d’une autre représentation de Suisse à l’étran-

ger pour y déposer leur demande et fournir les premiers renseignements 

nécessaires, conformément à leur devoir de collaboration à la constatation 

des faits. 

B.  

Après que le mandataire eut en l’espèce réitéré, dans un courriel du 23 

février 2017, qu’il était impossible à ses clients, pour des raisons de sé-

curité, de se présenter au guichet de l’Ambassade de Suisse à Kinshasa 

et argué du fait qu’en vertu de la jurisprudence du Tribunal administratif 

fédéral (ci-après : le TAF), une telle présence n’était pas une condition 

impérative pour le traitement de sa requête, dite Ambassade a, par déci-

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sion du 3 mars 2017, constaté que la demande de visas humanitaires pré-

sentée au nom des requérants ne pouvait pas être traitée. Dans la motiva-

tion de sa décision, l’Ambassade de Suisse à Kinshasa a relevé que, dans 

la mesure où elle était tenue de joindre à la demande une note de service 

comportant en particulier une brève prise de position de sa part au sujet 

des conditions d’entrée, un entretien personnel avec les requérants était 

donc nécessaire. L’exigence de la présence personnelle des requérants se 

fondait sur l’art. 10 du Règlement (CE) no 810/2009 du Parlement européen 

et du Conseil du 13 juillet 2009 établissant un code communautaire des 

visas (code des visas [JO L 243 du 15 septembre 2009], modifié en dernier 

lieu par le Règlement [UE] 2016/399 du Parlement européen et du Conseil 

du 9 mars 2016 concernant un code de l’Union relatif au régime de fran-

chissement des frontières par les personnes [code frontières Schengen; 

JO L 77/1 du 23 mars 2016]), en vertu duquel les demandeurs devaient se 

présenter en personne pour introduire leur demande. 

C.  

Par écrit daté du 8 avril 2017 et parvenu au Secrétariat d’Etat aux migra-

tions SEM le 10 avril 2017, le mandataire a fait opposition, au nom de 

X._______, de membres de sa famille et de proches, contre la décision 

prise le 3 mars 2017 par l’Ambassade de Suisse à Kinshasa. Le 

mandataire a notamment allégué qu’en raison des problèmes rencontrés 

antérieurement en RDC, ces personnes, qui se trouvaient dans le ressort 

territorial de la Représentation de Suisse à Kinshasa, n’étaient pas en 

mesure de se rendre dans un pays tiers pour y déposer, par le biais d’une 

autre représentation de Suisse, leur demande de visas humanitaires. Afin 

que ses mandants puissent bénéficier des garanties générales de pro-

cédure consacrées à l’art. 29 Cst., le mandataire a invité le SEM à faire 

application de la jurisprudence du TAF (arrêt E-6056/2014 du 20 février 

2014) lui permettant de renoncer à la présence personnelle des requérants 

auprès d’une représentation de Suisse. Au surplus, le mandataire a sollicité 

l’assistance judiciaire gratuite au sens de l’art. 65 al. 1 PA. 

D.  

Par décision du 8 mai 2017, le SEM a rejeté l'opposition formée le 8 avril 

2017 contre le prononcé de l’Ambassade de Suisse à Kinshasa. Le SEM a 

motivé sa décision par le fait que, conformément à la réglementation 

Schengen reprise par la Suisse, les requérants, soumis, en tant que 

ressortissants de RDC, à l’obligation du visa pour l’accomplissement d’un 

séjour en ce pays d’une durée n’excédant pas 90 jours (art. 1 du Règle-

ment [CE] no 539/2001 du Conseil du 15 mars 2001 fixant la liste des pays 

tiers dont les ressortissants sont soumis à l’obligation de visa pour franchir 

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les frontières extérieures des Etats membres et la liste de ceux dont les 

ressortissants sont exemptés de cette obligation [JO L 81 du 21 mars 2001, 

p. 1-7, et versions consolidées comportant les modifications apportées 

ultérieurement à ce texte]), doivent, en application de l’art. 10 par. 1 du 

code des visas, se présenter en personne pour introduire leur demande et 

pour permettre le relevé de leurs empreintes digitales (cf., sur ce second 

point, le par. 3 let. a de la dernière disposition citée). Cette prescription était 

également valable pour les demandes de visa à validité territoriale limitée 

pour motifs humanitaires (ci-après : visa VTL). Outre le fait que les 

données biométriques des requérants n’avaient jusqu’alors pas été saisies 

dans le cadre du système informatique des visas, le SEM a par ailleurs 

souligné qu’il était impossible à la représentation de Suisse à laquelle était 

adressée une demande de visa d’apprécier le bien-fondé d’une telle de-

mande sans que ces derniers soient, même brièvement, interrogés sur les 

motifs de leur requête et, cas échéant, sur les menaces encourues par eux. 

De plus, selon l’art. 19 du code des visas, la représentation compétente 

est tenue de vérifier que la demande remplit les conditions de recevabilité 

prévues au par. 1 de cette disposition, à défaut de quoi, notamment, la 

demande est déclarée irrecevable et n’est pas examinée. En conclusion, 

le SEM a considéré que c’était à juste titre, au vu des éléments exposés 

ci-avant, que l’Ambassade de Suisse à Kinshasa avait constaté que la de-

mande de visas humanitaires déposée par le mandataire était irrecevable, 

sans examiner le bien-fondé de cette demande. 

E.  

Par acte, daté du 11 avril 2017, dont l’envoi a été effectué dans un premier 

temps par télécopies des 11 et 12 mai 2017, puis en sa forme originale 

sous pli recommandé du 14 mai 2017, le mandataire a recouru contre la 

décision du SEM du 8 mai 2017, en concluant principalement à son annu-

lation et à l’octroi, en urgence, des visas humanitaires requis. Dans son 

argumentation, le mandataire a tout d’abord reproché à l’autorité intimée 

d’avoir commis un déni de justice en refusant d’examiner la demande de 

visas humanitaires à l’aune de la directive no 322.126 du 25 février 2014 

sur les demandes de visa pour motifs humanitaires (état au 30 août 2016 

[ci-après : directive no 322.126]) et de la jurisprudence du TAF évoquée 

dans ses précédentes écritures. Dans un second moyen, le mandataire a 

sollicité la récusation du signataire de la décision (chef de section au SEM) 

au motif que ce dernier avait une opinion défavorable à son sujet. Il a éga-

lement requis la récusation des juges et des greffiers du TAF ayant déjà 

traité des dossiers impliquant X._______ et ses proches. Par ailleurs, le 

mandataire a invoqué une violation du droit fédéral et de la jurisprudence 

développée par la Cour européenne des droits de l’homme, en ce sens que 

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les griefs invoqués par ses mandants n’avaient pas fait l’objet d’un contrôle 

attentif, ni d’un examen indépendant et rigoureux, plus particulièrement 

quant aux persécutions dont ils étaient victimes. 

F.  

Appelé à se prononcer sur le recours, le SEM en a proposé le rejet, le 30 

mai 2017. Le préavis de cette autorité a été communiqué par le TAF au 

mandataire le 8 juin 2017, pour information. 

G.  

Le 21 juin 2017, le mandataire a versé au dossier, par l’envoi d’une téléco-

pie, la copie d’une lettre (reçue par ce dernier le 20 juin 2017) d’un dé-

nommé C._______, proche de X._______, affirmant qu’à la suite de son 

retour en RDC, il avait à nouveau été contraint de vivre en compagnie de 

la famille de ce dernier dans la clandestinité et l’insécurité. Les copies de 

deux autres lettres des 31 juillet et 1er août 2017 émanant respectivement 

du Secrétaire National à l’administration du Parti (…) et de X._______ ont 

en outre été communiquées au TAF par le mandataire lors de l’envoi d’une 

télécopie du 2 août 2017. Le mandataire a encore fait parvenir au SEM, 

par téléfax du 24 août 2017, les copies des passeports de deux de ses 

cousines en vue également de la délivrance à ces dernières de visas 

humanitaires. L’autorité intimée les a transmises au TAF, comme objet de 

sa compétence. 

H.  

Les divers autres arguments invoqués de part et d'autre dans le cadre de 

la procédure de recours seront examinés, si nécessaire, dans les considé-

rants en droit ci-après. 

Droit : 

1.  

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 LTAF, le TAF, en vertu 

de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de 

l'art. 5 PA, prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. En parti-

culier, les décisions en matière d’autorisation d’entrée en Suisse pronon-

cées par le SEM - lequel constitue une unité de l'administration fédérale 

telle que définie à l'art. 33 let. d LTAF - sont susceptibles de recours au 

TAF, qui statue définitivement (art. 1 al. 2 LTAF en relation avec l'art. 83 

let. c ch. 1 LTF). 

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1.2 A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant le 

TAF est régie par la PA (cf. art. 37 LTAF). 

1.3 X._______, qui est personnellement visé par la décision attaquée et 

qui a confié à Ange Sankieme Lusanga, selon ce qu’il ressort d’une lettre 

du 12 janvier 2017 munie de sa signature originale et versée en la cause, 

la charge de le représenter dans le cadre de la présente procédure de 

demande de visas humanitaires, a qualité pour recourir (art. 48 

al. 1 PA). S’agissant des autres personnes pour le compte desquelles le 

mandataire a également sollicité des visas pour motifs humanitaires dans 

sa requête du 20 février 2017, ce dernier n’a pas désigné nommément ces 

autres requérants, faisant simplement référence à la famille et aux proches 

de X._______ dont les données avaient été communiquées à l’Ambassade 

de Suisse à Kinshasa en 2012. Ces autres requérants ne se sont en outre 

pas manifestés au cours de la présente procédure de demande de visas 

humanitaires par un quelconque écrit adressé aux autorités concernées. 

En l’absence de précisions sur ce point, on peut douter, en regard de l’art. 

48 al. 1 PA (par renvoi de l'art. 37 LTAF), de la qualité pour recourir de ces 

autres personnes pour ce qui est de la présente procédure (cf. notamment, 

sur la notion de qualité pour recourir au sens de cette disposition, ATAF 

2010/27 consid. 1.3.2; 2010/13 consid. 3.2; 2009/16 consid. 2.1; 2007/20 

consid. 2.4.1). Au demeurant, le mandataire n'a pas attesté, en ce qui 

concerne les membres de la famille et les proches de X._______, de ses 

pouvoirs de représentation pour former recours auprès du TAF, par la 

production d'une procuration écrite. Ainsi que le TAF l’a relevé à l’attention 

du mandataire précité dans un arrêt antérieur E-6615/2013 / E-6618/2013 

/ E-6620/2013 / E-6622/2013 du 27 janvier 2014, la procuration collective 

du 25 septembre 2012 est insuffisante à cet égard, en tant notamment 

qu'elle n'atteste pas de ses pouvoirs de représentation pour former 

recours. De plus, ladite procuration intervenait dans le cadre d’une 

procédure d’asile, distincte de l’actuelle procédure de demande de visas 

humanitaires, de sorte que sa validité était restreinte à la procédure d’asile 

et ne saurait être prise en considération dans la présente procédure de 

recours (cf. notamment arrêt du Tribunal fédéral [ci-après: le TF] 

9C_705/2008 du 10 octobre 2008). Toutefois, point n'est besoin de 

trancher définitivement la question de la qualité pour recourir des membres 

de la famille et des proches de X._______, du moment que le mandataire 

a le pouvoir de recourir au nom de ce dernier et que le recours, en tant qu’il 

concerne l’intéressé, doit de toute façon être rejeté sur la base des 

considérants qui suivent. Présenté dans la forme et les délais prescrits par 

la loi, le recours est recevable (cf. art. 50 et 52 PA). 

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2.  

Les recourants peuvent invoquer devant le TAF la violation du droit fédéral, 

y compris l'excès ou l'abus du pouvoir d'appréciation, la constatation 

inexacte ou incomplète des faits pertinents ainsi que l'inopportunité de la 

décision entreprise, sauf lorsqu'une autorité cantonale a statué comme 

autorité de recours (cf. art. 49 PA). L'autorité de recours n'est pas liée par 

les motifs invoqués par les parties (cf. art. 62 al. 4 PA), ni par les considé-

rants juridiques de la décision attaquée (cf. arrêt du TF 2C_221/2014 du 

14 janvier 2015 consid. 5.3; ATAF 2009/57 consid. 1.2; voir également 

ANDRÉ MOSER ET AL., Prozessieren vor dem Bundesverwaltungsgericht, 

Handbücher für die Anwaltspraxis, Tome X, 2ème éd. 2013, pp. 226/227 

ch. 3.197). Aussi peut-elle admettre ou rejeter le pourvoi pour d'autres 

motifs que ceux invoqués (cf. notamment ATAF 2007/41 consid. 2, et réf. 

citées; MOSER ET AL., op. cit., p. 24 ch. 1.54). Dans son arrêt, elle prend en 

considération l'état de fait régnant au moment où elle statue (cf. 

ATAF 2014/1 consid. 2, et jurisprudence citée). 

3.  

Dans la mesure où la décision attaquée du SEM du 8 mai 2017 confirme 

la décision du 3 mars 2017 aux termes de laquelle l’Ambassade de Suisse 

à Kinshasa a considéré que la demande de visas pour motifs humanitaires 

déposée par le mandataire en faveur de X._______, de membres de sa 

famille et de proches n’était pas susceptible d’être traitée et déclaré ainsi 

implicitement irrecevable dite demande, les recourants ne peuvent que 

contester le refus d’entrer en matière sur ladite demande, mais non 

invoquer le fond, à savoir l’existence des conditions justifiant l’octroi en 

faveur de ces derniers des visas pour motifs humanitaires. En vertu du 

principe de l'unité de la procédure, l'autorité de recours supérieure ne peut 

statuer que sur des points que l'autorité inférieure a examinés (cf. 

notamment ATAF 2010/5 consid. 2). Dans le cas présent, il s'agit de savoir 

si c’est à juste titre que le SEM a rejeté l’opposition des requérants en 

confirmant le refus de l’Ambassade de Suisse d'entrer en matière sur leur 

demande de visas pour motifs humanitaires. Dès lors, seuls peuvent être 

soulevés des griefs relatifs à la question de l'irrecevabilité; les conclusions 

ne peuvent tendre qu'au prononcé de l'entrée en matière et non, par 

exemple, à la réforme ou à l'annulation sur le fond de la décision attaquée. 

En d'autres termes, le fond de l'affaire ne doit pas être abordé (cf. no-

tamment arrêt du TF 2C_727/2016 du 17 juillet 2017 consid. 1.2). Or, les 

recourants perdent de vue ce principe, dans la mesure où une part impor-

tante de leur argumentation a trait aux menaces et persécutions auxquelles 

ils prétendent être exposés dans leur pays de résidence et, donc, au bien-

fondé de leur demande de visas pour motifs humanitaires. Il s’ensuit que 

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la conclusion des recourants visant à l’octroi des visas humanitaires requis 

est irrecevable. 

Dans ce contexte, le TAF ne saurait prendre en considération, dans le 

cadre de la présente affaire, la demande de visas que le mandataire des 

recourants a formulée, par télécopie adressée le 24 août 2017 au SEM et 

transmise ensuite à l’autorité judiciaire précitée, en faveur de deux de ses 

cousines, parties entre-temps à destination de la République d’Afrique du 

Sud. Indépendamment du fait que ladite demande ne fait mention d’aucun 

motif humanitaire concret au sens de la directive no 322.126, mais se réfère 

davantage à une visite d’ordre familial (le mandataire évoquant en effet le 

souhait de pouvoir bénéficier de l’affection de membres de sa famille), le 

TAF ne peut à l’évidence statuer, dans le cadre de la présente procédure 

de recours, sur une demande de visas d’entrée en Suisse pour laquelle 

aucune décision n’a encore été rendue par les autorités inférieures 

compétentes (cf. art. 31 LTAF en relation avec les art. 5 et 44 PA). 

4.  

Le TAF, qui statue en dernière instance sur les recours dirigés contre les 

décisions rendues par le SEM en matière d'autorisation d’entrée en Suisse 

(cf. consid. 1.1 supra), est également compétent pour se prononcer défini-

tivement sur les décisions rendues au cours d'une telle procédure et 

portant sur un aspect formel, tel la récusation (cf. notamment ATAF 2007/4 

consid. 1.1, et réf. citées). 

Dans le cadre de son recours, le mandataire allègue que le collaborateur 

du SEM dont la signature figure sur la décision attaquée et qui a déjà donné 

lieu à plusieurs demandes de récusation de sa part a une opinion pré-

conçue à son égard. Le mandataire laisse ainsi entendre qu’il requiert, 

dans le cadre de la présente procédure de demande de visas pour motifs 

humanitaires, la récusation dudit collaborateur. D’autre part, le mandataire 

sollicite également la récusation des juges et des greffiers ayant participé 

au traitement de procédures de recours antérieures au sein de la Cour V 

concernant X._______ et ses proches (procédures de recours E-[…], etc. 

…). 

4.1 La récusation est une institution destinée à garantir l'impartialité et 

l'indépendance des autorités, dont l'obligation trouve son fondement aux 

art. 29 al. 1 et 30 al. 1 Cst., en relation avec l'art. 6 CEDH qui a la même 

portée. Ces dispositions prévoient que toute personne a droit, dans une 

procédure judiciaire ou administrative, à ce que sa cause soit traitée équi-

tablement. Selon la jurisprudence, ce droit permet notamment d'exiger la 

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récusation d’un juge ou des membres d'une autorité administrative dont la 

situation ou le comportement est de nature à faire naître un doute sur leur 

impartialité; cette protection tend notamment à éviter que des circons-

tances extérieures à l'affaire ne puissent influencer une décision en faveur 

ou au détriment de la personne concernée. Cependant, seules des circons-

tances constatées objectivement doivent être prises en considération; les 

impressions purement individuelles d'une des personnes impliquées ne 

sont pas décisives (cf. notamment ATF 142 III 521 consid. 3.1.1; 140 III 221 

consid. 4.1; arrêt du TF 9C_499/2013 du 20 février 2014 consid. 5.1, et 

jurisprudence citée; ATAF 2007/5 consid. 2.3). Les garanties découlant de 

l'art. 30 al. 1 Cst. s'appliquent non seulement aux juges, mais également 

aux greffiers d'une autorité judiciaire, dans la mesure où ils participent à la 

formation de la décision (cf. notamment ATF 140 I 271 consid. 8.4.1). De 

manière générale, les dispositions sur la récusation sont moins sévères 

pour les membres des autorités administratives que pour les autorités ju-

diciaires. Contrairement à l'art. 30 al. 1 Cst., l'art. 29 al. 1 Cst. n'impose pas 

l'indépendance et l'impartialité comme maxime d'organisation. En règle gé-

nérale, les prises de positions qui s'inscrivent dans l'exercice normal des 

fonctions gouvernementales, administratives ou de gestion, ou dans les 

attributions normales de l'autorité partie à la procédure, ne permettent pas, 

dès lors que l'autorité s'exprime avec la réserve nécessaire, de conclure à 

l'apparence de la partialité et ne sauraient justifier une récusation, au risque 

sinon de vider de son sens la procédure administrative (cf. notamment 

ATF 137 II 431 consid. 5.2; arrêt du TF 9C_499/2013 précité consid. 5.3). 

En procédure administrative, l'art. 10 al. 1 PA énonce une liste exhaustive 

de motifs de récusation. En particulier, les personnes appelées à rendre 

ou à préparer la décision doivent se récuser si, pour d'autres raisons, elles 

pourraient avoir une opinion préconçue dans l'affaire (art. 10 al. 1 

let. d PA). Il ne suffit pas qu'il existe dans l'esprit d'une partie un sentiment 

de méfiance pour que l'impartialité d'une personne appelée à rendre ou à 

préparer une décision soit suspecte, mais il faut encore que ce sentiment 

repose sur des raisons objectives qui soient de nature à prouver que la 

personne appelée à décider peut avoir une opinion préconçue (cf. no-

tamment arrêt du TAF D-2132/2016 du 14 avril 2016, et réf. citées). La 

partie doit se prévaloir de faits, ce qui exclut les critiques générales ou les 

simples soupçons ne se fondant sur aucun élément tangible (cf. no-

tamment arrêt du TAF D-3646/2017 du 17 juillet 2017, et jurisprudence ci-

tée). 

 

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F-2707/2017 

Page 10 

4.2  

4.2.1 In casu, le TAF constate que des motifs de récusation tels qu’évoqués 

ci-avant font manifestement défaut, aucun indice ou fait ressortant du 

dossier ne laissant en effet apparaître une opinion préconçue de la part du 

collaborateur du SEM dont la signature figure sur la décision querellée du 

8 mai 2017. Rien n'indique en effet que ce collaborateur de l’autorité inti-

mée n'ait pas entrepris un examen objectif du dossier ni qu'il ait agi avec 

partialité. Le mandataire n'a même pas du reste indiqué, dans l’argumen-

tation de son recours, en quoi et pour quelle raison ce collaborateur du 

SEM serait prévenu en la cause. Au demeurant, le seul fait qu'une autorité 

ou qu’un membre de celle-ci soit amené au cours de la procédure à 

instruire des faits ou à prendre des décisions qui déplaisent à l'une ou 

l'autre des parties ne constitue pas en soi un motif de récusation (cf. no-

tamment arrêt du TF 1P.174/2006 du 23 mai 2006 consid. 3.3; arrêt du TAF 

D-2132/2016 précité). 

4.2.2 En outre, force est de relever que la demande de récusation des 

juges ayant déjà participé en qualité de juge instructeur ou de membre d’un 

collège dans les procédures antérieures dont a été saisie la Cour V et des 

greffiers impliqués également dans ces mêmes procédures (Rec. E…) est 

sans objet, dès lors que ceux-ci n'ont pas été désignés pour statuer sur le 

présent recours traité par la Cour VI du TAF (cf. notamment arrêt du TAF 

D-1170/2017 du 16 mars 2017). A noter au demeurant que le mandataire 

n’avance, à l’appui de sa demande de récusation, aucun fait objectif propre 

à accréditer un tant soit peu l’impartialité des juges et des greffiers sus 

désignés. Il convient de souligner dans ce contexte que la garantie du juge 

impartial ne permet pas non plus au justiciable de récuser un magistrat au 

motif que celui-ci aurait statué précédemment en sa défaveur (cf. no-

tamment arrêt du TF 1B_144/2009 du 4 juin 2009 consid. 2.2). 

En l’absence d’élément de nature à fonder une récusation de l’une ou 

l’autre des personnes mentionnées ci-dessus, le recours est donc mal 

fondé sur ce point. 

5.  

5.1 La législation suisse sur les étrangers ne garantit aucun droit ni quant 

à l'entrée en Suisse, ni quant à l'octroi d'un visa. Comme tous les autres 

Etats, la Suisse n'est en principe pas tenue d'autoriser l'entrée de ressor-

tissants étrangers sur son territoire. Sous réserve des obligations décou-

lant du droit international, il s'agit d'une décision autonome (cf. à ce sujet 

F-2707/2017 

Page 11 

le Message du Conseil fédéral concernant la loi sur les étrangers du 8 mars 

2002, FF 2002 3469, ch. 2.2 p. 3531, ad art. 3 du projet de loi; ci-après: 

Message LEtr; voir également ATF 135 II 1 consid. 1.1; ATAF 2014/1 

consid. 4.1.1; 2011/48 consid. 4.1; 2009/27 consid. 3, et jurisprudence ci-

tée). 

5.2 Les dispositions sur la procédure en matière de visa, ainsi que sur 

l'entrée en Suisse et la sortie de ce pays ne s'appliquent que dans la me-

sure où les accords d'association à Schengen, qui sont mentionnés à 

l'annexe 1, ch. 1, LEtr (RS 142.20), ne contiennent pas de dispositions di-

vergentes (cf. art. 2 al. 4 et 5 LEtr; voir également ATAF 2009/27 

consid. 4). 

Dès lors qu’il est un ressortissant de la RDC, X._______ doit obtenir, 

comme cela est du reste le cas des membres de sa famille et de ses 

proches de même nationalité, un visa pour entrer en Suisse (cf. art. 4 de 

l’ordonnance du 22 octobre 2008 sur l’entrée et l’octroi de visas [OEV, RS 

142.204] et règlement (CE) no 539/2001 précité du 15 mars 2001 

[JO L 81 du 21 mars 2001, pp. 1 à 7]). 

5.3  

5.3.1 S'agissant des conditions d'entrée en Suisse pour un séjour n'excé-

dant pas 90 jours, l'art. 2 al. 1 OEV, dans sa teneur du 4 mai 2016, entrée 

en vigueur le 16 mai 2016, renvoie à l’art. 6 du code frontières Schengen 

qui lui-même renvoie au code des visas. Les conditions d'entrée ainsi pré-

vues correspondent, pour l'essentiel, à celles posées par l'art. 5 LEtr (cf. 

notamment ATAF 2009/27 consid. 5.1; arrêt du TAF F-1596/2017 du 1er 

septembre 2017 consid. 5.3). 

5.3.2 Si les conditions pour l'octroi d'un visa uniforme pour l'Espace Schen-

gen ne sont pas remplies, un Etat membre peut, à titre exceptionnel, 

accorder l'entrée sur son territoire, pour un séjour d'une durée n'excédant 

pas 90 jours, notamment en raison de motifs humanitaires ou d'un intérêt 

national ou en raison d'obligations internationales (visa à validité territoriale 

limitée [visa VTL]; cf. art. 2 al. 4 et art. 12 al. 4 OEV, en relation avec les 

art. 6 par. 5 let. c du code frontières Schengen et art. 25 par. 1 let. a et 

par. 2 du code des visas). 

5.3.3 Toutefois, ainsi que l’a retenu la Cour de justice de l’Union euro-

péenne (CJUE) dans un arrêt rendu le 7 mars 2017 (cf. arrêt de la CJUE 

C-638/16 PPU X et X contre Etat belge), « une demande de visa à validité 

F-2707/2017 

Page 12 

territoriale limitée, introduite par un ressortissant d’un pays tiers pour rai-

sons humanitaires, sur la base de l’art. 25 du code des visas, auprès de la 

représentation de l’Etat membre de destination, située sur le territoire d’un 

pays tiers, dans l’intention d’introduire, dès son arrivée dans cet Etat 

membre, une demande de protection internationale et, par suite, de sé-

journer dans ledit Etat membre plus de 90 jours sur une période de 180 

jours, ne relève pas de l’application dudit code, mais en l’état actuel du 

droit de l’Union, du seul droit national ». 

Dans la cause F-7298/2016 du 19 juin 2017, le TAF a pris acte de l’arrêt 

précité de la CJUE. Il a toutefois considéré que cette décision ne remettait 

pas fondamentalement en question l’analyse effectuée jusqu’alors par la 

Suisse. En effet, il a rappelé que le législateur avait expressément voulu 

donner la possibilité aux personnes réellement menacées de pouvoir 

continuer à bénéficier de la protection de la Suisse, de sorte que, dans de 

telles circonstances, leur entrée en Suisse pouvait être autorisée par 

l’octroi d’un visa selon une procédure simple. En ce sens, le législateur a 

abrogé, le 29 septembre 2012, l'ancien art. 20 LAsi (RS 142 31), en vertu 

duquel les intéressés avaient la possibilité de déposer une demande d'asile 

à l'étranger auprès des représentations suisses. Dans son Message du 26 

mai 2010, accompagnant l'abrogation de l'art. 20 LAsi (cf. FF 2010 4035, 

spéc. 4048), le Conseil fédéral a toutefois relevé que « les personnes réel-

lement menacées devaient cependant pouvoir continuer à bénéficier de la 

protection de la Suisse. Si l'on présume, dans un cas d'espèce, que la 

personne qui s'adresse à une représentation suisse est exposée à une 

menace sérieuse et risque d'être directement et sérieusement mise en 

danger, son entrée en Suisse peut être autorisée par l'octroi d'un visa selon 

une procédure simple ». A cet effet, le législateur a édicté l'art. 2 al. 4 OEV, 

qui permettait de concrétiser la procédure simple qu’il appelait de ses 

vœux. Cette disposition prévoit que, dans les limites de leurs compétences, 

le DFAE et le SEM peuvent, dans certains cas, accorder l'entrée pour un 

séjour n'excédant pas 90 jours, notamment pour des motifs humanitaires, 

en dérogation aux conditions générales prévues dans le droit Schengen 

concernant la délivrance de visas (cf. également, sur ce qui précède, 

l’ATAF 2015/5 consid. 4.1.1 et 4.1.2). Au vu de la jurisprudence précitée de 

la CJUE, il apparaît toutefois que la pratique développée par le législateur 

suisse pour délivrer des visas humanitaires ne peut plus s'appuyer sur la 

notion retenue à l'art. 2 al. 4 OEV, en ce sens qu'elle renvoie à la notion de 

visa VTL telle que définie à l'art. 25 par. 1 du code des visas. Dans la me-

sure où le législateur suisse a expressément prévu un visa humanitaire 

pour les personnes exposées à une menace sérieuse et que la CJUE a 

conclu qu'il appartenait à chaque Etat de déterminer, sur la base de son 

F-2707/2017 

Page 13 

droit national, les critères d'octroi d'un tel visa, la pratique pour l'octroi de 

visas humanitaires doit dès lors pouvoir continuer de s'appliquer jusqu'à ce 

que le législateur suisse complète dans une norme la lacune induite par 

l'interprétation donnée par la CJUE à l'art. 25 par. 1 du code des visas. 

Aussi, pour procéder à un examen national des conditions d'entrée en 

Suisse d'un ressortissant d'un Etat tiers sollicitant auprès d'une représen-

tation suisse un visa aux fins d'obtenir de l'Etat suisse une protection inter-

nationale au sens de la Convention du 28 juillet 1951 sur le statut des ré-

fugiés (Convention sur les réfugiés, RS 0.142.30) et, donc, de séjourner 

sur son territoire de manière durable ou à tout le moins pour la durée né-

cessaire à la protection sollicitée, il se justifie, en l'état actuel du droit 

suisse, de se référer principalement aux art. 5 et 6 LEtr, ainsi que, de ma-

nière générale, à l'art. 2 al. 4 OEV (détaché cependant de l'application du 

code frontières Schengen et du code des visas) et, pour les questions de 

procédure, aux autres dispositions de l’OEV, notamment, pour ce qui est 

de la recevabilité de la demande, à l’art. 11b OEV (cf. consid. 4 de l’arrêt 

précité). Au titre de l’expression d’une pratique, il convient également de 

tenir compte des directives édictées par le SEM, qui précisent et concréti-

sent ces dispositions, soit principalement la directive no 322.126 du 25 fé-

vrier 2014 (état au 30 août 2016) concernant les demandes de visa pour 

motifs humanitaires. A cet égard, il convient de rappeler que, selon la juris-

prudence, l’autorité judiciaire peut prendre en considération les directives 

administratives lorsqu’elles permettent une application correcte des dispo-

sitions légales dans un cas d’espèce; cette autorité ne s’en écartera que 

lorsqu’elles sortent du cadre de l'application de la loi. En l’occurrence, dans 

la mesure où la directive no 322.126 renvoie aux conditions usuelles appli-

cables en matière de visa et d’entrée (cf. p. 1 de la directive) et reprend, 

sur le plan des modalités régissant le dépôt des demandes de visas, les 

dispositions identiques prévues tant par le droit suisse que par les accords 

d'association à Schengen (cf. ch. 3.1 de la directive), le TAF, qui n’a pas de 

motifs juridiques de s’en écarter, peut, donc, la prendre en considération 

(cf., sur cette question, notamment ATF 141 III 401 consid. 4.2.2; 138 II 536 

consid. 5.4.3; arrêt du TF 2C_522/2012 du 28 décembre 2012 consid. 2.3; 

ATAF 2015/5 consid. 7.2; 2009/15 consid. 5.1; 2007/48 consid. 6; 2007/16 

consid. 6.2; arrêt du TAF F-6648/2016 du 16 août 2017 consid. 5.2). Le fait 

que le SEM, qui a confirmé le refus de l’Ambassade de Suisse à Kinshasa 

d’entrer en matière sur la demande de visas déposée par les recourants, 

se soit fondé, dans la motivation de la décision querellée, sur les disposi-

tions régissant la délivrance d’un visa Schengen VTL pour motifs humani-

taires ne change rien à la pertinence des considérations émises ci-dessus 

et ne saurait, donc, affecter la validité de cette décision. 

F-2707/2017 

Page 14 

6.  

6.1 A l’instar de la règle posée par l’art. 10 par. 1 du code des visas, il 

résulte des dispositions du droit suisse régissant les modalités relatives au 

dépôt de la demande de visa que le requérant est tenu de se présenter 

« en personne » auprès de la représentation de Suisse pour introduire sa 

demande. La présence personnelle du requérant s’avère indispensable 

pour permettre aux agents de la représentation de Suisse de recueillir les 

identifiants biométriques (photographie et empreintes digitales) de l’inté-

ressé et de procéder à un bref entretien de conseil (examen des chances). 

Ces prescriptions, qui trouvent aussi application dans la réglementation 

Schengen (cf. notamment art. 10 par. 3 let. c et d, 13 et 21 par. 8 du code 

des visas), découlent des art. 102 al. 1 LEtr, 87 al. 1 de l’ordonnance du 24 

octobre 2007 relative à l’admission, au séjour et à l’exercice d’une activité 

lucrative [OASA, RS 142.201], 11b al. 1 let. d OEV et du ch. 3.1 de la di-

rective no 322.126. 

6.1.1 De manière générale, la législation régissant le séjour des étrangers 

en Suisse prévoit que les autorités compétentes peuvent, afin d’établir 

l’identité d’un étranger et d’enregistrer ses données lors de l’examen des 

conditions d’entrée ou lors d’une procédure liée au droit des étrangers, re-

lever les données biométriques de l’intéressé, à savoir notamment sa pho-

tographie et ses empreintes digitales (cf. art. 102 al. 1 LEtr et 87 al. 1 

let. a et b OASA). Cette prescription est reprise à l’art. 11b al. 1 let. d OEV 

et évoquée au ch. 3.1 de la directive no 322.126. Les procédés techniques 

ainsi prévus servent à garantir une identification fiable et rapide de l’inté-

ressé et à contrer l’utilisation frauduleuse notamment de documents de 

voyage et de visas. Il s’agit là d’un moyen capital permettant d’éviter que 

les prescriptions en matière de droit des étrangers ne soient détournées, 

dans la mesure où l’établissement rapide de l’identité exacte d’une per-

sonne facilite considérablement l’obtention des documents de voyage. Le 

report des attributs biométriques sur ces documents permet en outre, d’une 

part de simplifier et d’accélérer la procédure de contrôle dans l’intérêt du 

titulaire légitime de l’un de ces documents, d’autre part de faciliter l’exé-

cution d’un éventuel renvoi (cf. Message du Conseil fédéral du 4 décembre 

1995 concernant la révision totale de la loi sur l’asile ainsi que la modifica-

tion de la loi fédérale sur le séjour et l’établissement des étrangers 

[FF 1996 II 1, p. 121, ad art. 22c al. 3 du projet de modification de la LSEE] 

et Message LEtr [FF 2002 pp. 3580 et 3581, ad art. 97 du projet de loi]). 

Compte tenu des buts visés par les dispositions légales précitées, l’enre-

gistrement des attributs biométriques des personnes qui sollicitent un visa 

F-2707/2017 

Page 15 

d’entrée en Suisse doit logiquement être effectué pour toute personne re-

quérant un tel visa et pour toutes les catégories de visas, y compris les 

demandes de visas nationaux pour motifs humanitaires. Pour ce dernier 

type de visas d’entrée, le requérant doit donc aussi collaborer à la saisie 

de ses données biométriques, à défaut de quoi il s’expose à voir sa de-

mande de visa déclarée irrecevable, conformément à l’art. 11b al. 1 

let d OEV. En dérogation à cette disposition, les autorités suisses peuvent, 

notamment pour des motifs humanitaires, renoncer à l’exigence de l’enre-

gistrement des données biométriques du requérant et, donc, entrer néan-

moins en matière sur la demande de visa (art. 11b al. 2 OEV). Outre le cas 

dans lequel l’enregistrement des données biométriques aurait déjà été 

opéré à l’égard du requérant à une date relativement récente, l’on peut 

admettre que la renonciation à un tel enregistrement intervienne, à 

l’exemple de ce que prévoient les dispositions instaurées dans le cadre de 

la réglementation Schengen, pour les jeunes enfants, les personnes pour 

lesquelles il est physiquement impossible de recueillir les empreintes digi-

tales, pour les chefs d’Etat ou de gouvernement nationaux, ainsi que leurs 

conjoints qui les accompagnent et les membres de leurs délégations offi-

cielles, pour les souverains et les autres membres d’une famille royale lors 

d’invitation officielle ou de visites à des organisations internationales (cf. 

art. 13 par. 7 du code des visas). Pour les mêmes raisons qu’évoquées 

plus haut, il va de soi que l’existence de motifs humanitaires dont il est fait 

mention à l’art. 11b al. 2 OEV ne sauraient, dans le contexte de la déli-

vrance des visas nationaux pour motifs humanitaires, être admise du seul 

fait que le requérant allègue que sa vie ou son intégrité physique sont me-

nacées dans son pays d’origine ou de provenance au sens de la directive 

no 322.126, sans quoi les prescriptions relatives à l’enregistrement des 

données biométriques prévu pour les personnes qui sollicitent un visa 

d’entrée en Suisse perdraient toute signification. 

6.1.2 Par ailleurs, ainsi que le prévoit la législation Schengen en matière 

d’octroi de visas d’entrée dans ledit Espace Schengen (cf. art. 10 par. 1 du 

code des visas), il convient d’inférer du ch. 3.1 de la directive no 322.126 

que l’étranger qui sollicite l’octroi d’un visa national pour motifs humani-

taires doit en principe soumettre sa demande également en personne à la 

représentation de Suisse, dans la mesure où celle-ci est tenue, selon les 

remarques mentionnées au ch. 3.1 de ladite directive, d’informer le requé-

rant de la possibilité de déposer une demande de visa humanitaire lors 

d’un bref entretien de conseil destiné à lui permettre d’examiner les 

chances de succès de la demande. Selon un principe général de la procé-

dure administrative, l'autorité n'a certes pas l’obligation d'entendre les 

F-2707/2017 

Page 16 

parties avant de prendre une décision susceptible d'être frappée d'opposi-

tion (cf. art. 30 al. 2 let. b PA). S’agissant plus particulièrement de la pro-

cédure d'octroi d’un visa pour motifs humanitaires, telle que décrite dans la 

directive no 322.126 du SEM, la représentation de Suisse n’est pas tenue, 

contrairement à l'ancienne procédure de demande d'asile à l'étranger, 

d’entendre oralement l'intéressé. Cette autorité ne procède pas davantage 

à une audition en matière d’asile (cf. arrêt du TAF D-3212/2013 du 26 mars 

2015 consid. 6.1.2). En effet, la représentation de Suisse n’effectue pas, 

lorsqu’elle est saisie d’une demande pour motifs humanitaires, des clarifi-

cations approfondies, une première appréciation du cas étant considérée 

comme suffisante (cf. ch. 3.1 de la directive no 322.126). Il n’en demeure 

pas moins que la comparution directe et personnelle du requérant prévue 

dans les locaux de la représentation de Suisse lors du dépôt de la de-

mande, si elle ne saurait être interprétée comme une assurance de la tenue 

d'une audition sur les motifs de la demande, est de nature à permettre à 

cette autorité, selon les expériences faites par le SEM, d’élucider les élé-

ments essentiels sur lesquels se fonde la demande de visa pour motifs 

humanitaires et d’apprécier si les conditions d'octroi d'un visa sont réali-

sées en l’espèce. Dans le cas d'une demande de visa pour motifs humani-

taires, il est en effet souvent difficile, voire impossible de prendre une dé-

cision sans avoir eu un entretien avec le requérant. De plus, la directive 

précitée n’exclut pas la faculté pour la représentation de Suisse d’inviter le 

requérant à un entretien complémentaire dans ses locaux lorsque la de-

mande de visa, fondée sur les informations et documents disponibles, ne 

lui permet pas de statuer sur cette demande (cf. arrêt du TAF D-3212/2013 

précité consid. 6.1.2). Il n’est pas inutile de rappeler que la représentation 

de Suisse est appelée à apprécier la pertinence des motifs humanitaires 

invoqués et, lorsqu’elle estime que tel est le cas ou qu’elle a des doutes à 

ce sujet, d’élaborer une note de service contenant une brève prise de po-

sition à l’intention du SEM auquel elle transmettra la demande de visa pour 

décision. Si elle considère par contre que les motifs allégués ne constituent 

pas des motifs humanitaires au sens de la directive no 322.126, la repré-

sentation de Suisse refuse la demande de visa dans sa propre compétence 

(cf. ch. 3.1 de la directive). Selon les vœux du législateur, la demande de 

visa pour motifs humanitaires doit être examinée avec soin, en tenant 

compte de la menace actuelle, de la situation personnelle de l'intéressé et 

de la situation prédominante dans son pays d'origine ou de provenance (cf. 

Message du Conseil fédéral du 26 mai 2010 précité, FF 2010 p. 4071). Il 

est dès lors impératif d'examiner attentivement les spécificités de la de-

mande de visa (cf. ch. 3.1 de la directive no 322.126). A cet égard, le re-

quérant est appelé à collaborer à l’établissement des faits (cf. art. 13 PA et 

ch. 3.1 de la directive no 322.126). C’est le lieu ici de rappeler qu’en matière 

F-2707/2017 

Page 17 

de droit des étrangers, l’art. 90 LEtr pose un devoir spécifique de collaborer 

à la constatation des faits déterminants à la charge de l'étranger (cf. no-

tamment arrêt du TF 2C_777/2015 du 26 mai 2016 consid. 3.3, non publié 

in ATF 142 I 152). Compte tenu des éléments exposés plus haut, la 

comparution directe et personnelle du requérant lors du dépôt de sa de-

mande de visa pour motifs humanitaires revêt sur le plan pratique une 

importance significative pour la représentation de Suisse chargée d’appré-

cier en premier lieu le bien-fondé de la demande, même si le bref entretien 

de conseil prévu à cette occasion ne correspond pas, à proprement parler, 

à une audition et si la procédure, en principe écrite, peut être poursuivie 

sans la comparution de l’intéressé dans le cas où la motivation exposée 

s’avère suffisamment claire et étayée. Le devoir de collaboration auquel le 

requérant est appelé à se prêter s’étend donc également à la comparution 

personnelle prescrite implicitement par le ch. 3.1 de la directive no 322.126 

(cf. remarque portant sur le bref entretien de conseil) et, cas échéant, à 

l’entretien complémentaire auquel la représentation de Suisse estime né-

cessaire de l’inviter en vue d’élucider les éléments essentiels de sa de-

mande de visa pour motifs humanitaires. 

Il s’ensuit qu’un refus de la part du requérant de se présenter personnelle-

ment auprès de la représentation de Suisse pour se prêter à l’enregistre-

ment de ses attributs biométriques et participer au bref entretien de conseil 

au cours duquel sont appréciées les chances de succès de sa demande 

ne peut que conduire à l’irrecevabilité de ladite demande, comme il y a lieu 

de le déduire de l’art. 11b al. 1 let. d OEV et des prescriptions que renferme 

la directive no 322.126 (cf. plus particulièrement les ch. 2 et 3.1 de la direc-

tive). Les mesures d’instruction ainsi prévues constituent en effet les 

conditions préalables nécessaires à l’examen au fond d’une demande de 

visa pour motifs humanitaires. 

6.2 En l’espèce, le mandataire des recourants soutient que ces derniers ne 

sont pas en mesure de se rendre auprès de l’Ambassade de Suisse à 

Kinshasa, dès lors que dite représentation se trouve à proximité du domi-

cile du Président de la RDC et que les intéressés font précisément l’objet 

de persécutions de sa part. Le mandataire argue également du fait que les 

intéressés ne peuvent pas procéder au dépôt de leur demande de visas 

auprès d’une représentation de Suisse sise dans un pays voisin de la Ré-

publique du Congo, du moment que ce dernier Etat relève du ressort terri-

torial de l’Ambassade de Suisse à Kinshasa (cf. notamment pp. 2 et 3 de 

l’acte de recours). Affirmant que X._______ risque à tout moment d’être 

expulsé par les autorités de la République du Congo vers la RDC et d’être 

ainsi exposé à une mort imminente, le mandataire de l’intéressé fait en 

F-2707/2017 

Page 18 

outre valoir que la délivrance à ce dernier d’un visa pour motifs 

humanitaires s’impose de toute urgence et l’affranchit ainsi de son obliga-

tion de se présenter en personne auprès d’une représentation de Suisse 

(cf. pp. 2 et 3 des écritures du mandataire du 2 août 2017). 

Ainsi que relevé ci-dessus, il appartient à tout ressortissant étranger qui 

sollicite un visa d’entrée en Suisse, notamment un visa national pour motifs 

humanitaires, de se présenter en personne auprès d’une représentation de 

Suisse aux fins de permettre à cette dernière autorité de procéder à l’enre-

gistrement de ses attributs biométriques, lorsque ces données n’ont pas 

encore été saisies dans le système national d’information sur les visas 

(ORBIS [cf. ordonnance du 18 décembre 2013 sur le système central 

d’information sur les visas et sur le système national d’information sur les 

visas, RS 142.512]). Dans le cas particulier, il ressort des indications men-

tionnées par l’autorité intimée dans la motivation de sa décision que les 

données biométriques de X._______, comme du reste celles des membres 

de sa famille et des proches pour lesquels le mandataire du premier 

nommé a également sollicité des visas pour motifs humanitaires, n’ont pas 

encore été enregistrées auprès de l’Ambassade de Suisse à Kinshasa ni 

auprès d’une autre représentation de Suisse à l’étranger et, donc, été 

saisies dans le système national d’information sur les visas. D’autre part, 

comme elle l’a mentionné à l’attention du mandataire des recourants dans 

le cadre de ses courriels des 23 et 28 février 2017, l’Ambassade de Suisse 

à Kinshasa a souhaité pouvoir avoir un entretien avec ces derniers et les a 

donc priés de se présenter personnellement à ses guichets ou à ceux d’une 

autre représentation de Suisse, munis des documents nécessaires (en 

particulier de leurs passeports), en vue d’éclaircir leur situation. Dès lors 

que X._______ et les autres intéressés n’entendent pas, en dépit de 

l’invitation adressée en ce sens par l’Ambassade de Suisse à Kinshasa, 

comparaître en personne dans les locaux de cette autorité ou d’une autre 

représentation de Suisse, se soustrayant ainsi à la saisie de leurs données 

biométriques et à l’entretien auquel ladite Ambassade envisageait de 

procéder aux fin d’élucider les motifs sur lesquels ils fondaient leur 

demande de visas humanitaires, c’est de manière justifiée que cette 

Ambassade a considéré, dans sa décision du 3 mars 2017, que semblable 

demande, formulée au moyen d’un courriel, ne pouvait être traitée et a, 

donc, prononcé de manière implicite son irrecevabilité, conformément à la 

disposition de l’art. 11b al. 1 let. d OEV a contrario et aux prescriptions 

contenues dans la directive no 322.126. Partant, c’est à bon droit que le 

SEM a, pour les mêmes raisons, rejeté, par la décision querellée du 8 mai 

2017, l’opposition formée par le mandataire des recourants contre la 

décision de l’Ambassade de Suisse à Kinshasa du 3 mars 2017. 

F-2707/2017 

Page 19 

Si tant est que X._______ et les autres intéressés ne peuvent se rendre 

auprès de l’Ambassade de Suisse à Kinshasa en raison de menaces 

pesant sur leur personne, ces derniers ont toutefois la faculté, ainsi que l’a 

souligné dite autorité dans le cadre des communications électroniques 

qu’elle a envoyées à leur mandataire les 23 et 28 février 2017, de 

s’adresser à une autre représentation de Suisse sise dans un pays voisin 

de leur pays de résidence actuel. Compte tenu des exigences posées par 

le législateur en ce qui concerne les formalités préalables auxquelles la 

représentation de Suisse est appelée à procéder sur le plan de la saisie 

des données biométriques et de la constatation des faits invoqués au titre 

des motifs humanitaires, il va de soi que l’Ambassade de Suisse à 

Kinshasa ou, cas échéant, le SEM, ne saurait en l’occurrence statuer sur 

le bien-fondé de la demande de visas pour motifs humanitaires en renon-

çant aux formalités préalables prescrites en la matière du seul fait que le 

mandataire invoque une situation d’urgence (cf. p. 2 des écritures 

envoyées par ce dernier au TAF le 2 août 2017). 

6.3 Au vu des éléments qui précèdent, il n’y a pas lieu de donner suite à la 

demande des recourants tendant à ce qu’il soit procédé à une enquête 

portant sur la légalité des investigations qui auraient été entreprises à leur 

sujet par l’Ambassade de Suisse à Kinshasa dans le cadre d’une procé-

dure antérieure en matière d’asile, l’objet du litige étant limité, comme re-

levé ci-dessus, au seul examen des conditions de recevabilité de leur de-

mande de visas pour motifs humanitaires. 

Dans ce contexte, il n’est au demeurant pas sans importance, s’agissant 

de la personne du (…) X._______, de rappeler à son mandataire, ainsi que 

l’Office fédéral des migrations (ODM; devenu le SEM depuis le 1er janvier 

2015) l’a souligné dans la décision prise sur opposition le 15 avril 2014 à 

son endroit en matière de visa pour motifs humanitaires également, que le 

prénommé a fait l’objet de la part de l’Office précité, le 2 février 2012, d’une 

décision de refus d’asile, au motif notamment que ce dernier était indigne 

de l’asile au sens de l’art. 53 LAsi. Cette décision a certes été annulée sur 

recours par le TAF, mais pour des raisons formelles, dans la mesure où 

X._______ n’était pas intervenu personnellement dans le cadre de la 

procédure de demande d’asile. L’ODM, auquel la cause a été renvoyée, a, 

en date du 5 avril 2012, classé l’affaire sans suite particulière, en raison du 

fait que l’intéressé ne s’était plus manifesté auprès de l’autorité suisse 

compétente (cf. arrêt du TAF E-[…] et décision attaquée de l’ODM du 2 

février 2012). 

7.  

F-2707/2017 

Page 20 

7.1 Cela étant, le grief par lequel les recourants reprochent au SEM d’avoir 

commis un déni de justice au motif que cette autorité n’aurait pas statué 

sur le mérite de leur demande de visas pour motifs humanitaires ou, tout 

au moins, n’aurait statué que partiellement sur cette demande, en omettant 

d’examiner leur requête à la lumière des critères fixés dans la directive 

no 322.126 est infondé et doit dès lors être rejeté. Selon la jurisprudence, 

commet un déni de justice formel et viole l'art. 29 al. 1 Cst. l'autorité qui 

notamment se refuse à statuer ou ne le fait que partiellement, alors qu'elle 

était compétente pour le faire. Ainsi, une constatation incomplète des faits 

pertinents viole le droit fédéral (cf. notamment ATF 135 V 23 consid. 2; 134 

I 229 consid. 2.3; arrêt du TF 5A_279/2010 du 24 juin 2010 consid. 3.3). 

De même, lorsqu'une autorité restreint le pouvoir d'examen que lui confère 

la loi, de manière inadmissible, elle commet un déni de justice formel en 

violation du droit d'être entendu de l'intéressé (cf. notamment ATF 131 II 

271 consid. 11.7.1). En l’espèce, le SEM a confirmé, sur opposition, la dé-

cision de l’Ambassade de Suisse à Kinshasa du 3 mars 2017, en retenant 

que la demande de visas pour motifs humanitaires était irrecevable, au 

motif que les requérants refusaient de se présenter en personne auprès 

d’une représentation de Suisse pour le dépôt de leur demande. Il résulte 

de ce qui précède que le SEM a statué sur les demandes de visas des 

recourants et n’a, donc, pas commis de déni de justice formel. Il n'y a pas 

en effet refus de statuer dès lors que l'autorité rend une décision 

d'incompétence ou qu'elle refuse d'entrer en matière en considérant qu'une 

condition de recevabilité fait défaut; dans ces cas, en effet, il y a une déci-

sion sur l'objet de la demande et non pas un refus de la traiter (cf. no-

tamment ATAF 2016/17 consid. 3.3; 2010/29 consid. 1.2.2, et jurisprudence 

citée). En outre, la motivation de la décision attaquée, qui comporte, sur 

les points essentiels, les mêmes développements que ceux exposés dans 

le présent arrêt, est suffisante au regard de l'art. 29 al. 2 Cst. A noter au 

demeurant qu’il n'y a pas de déni de justice ou de retard injustifié si l'auto-

rité a statué sur ce qui était demandé, mais dans un sens qui déplaît au 

recourant (cf. notamment arrêts du TF 1B_140/2015 du 29 avril 2015 

consid. 2; 2C_319/2009 / 2C_321/2009 du 26 janvier 2010 consid. 6.1 [non 

publié in ATF 136 II 241]). 

7.2 Par ailleurs, il convient de constater que le mandataire des recourants 

a envoyé un nombre important de courriers électroniques au TAF. Seul 

l’acte de recours a été réexpédié en original à cette autorité avec la signa-

ture dudit mandataire; les autres ont simplement été classés au dossier 

sous leur forme électronique. Le TAF ne saurait assez insister sur le fait 

que la procédure de recours auprès dudit Tribunal est en principe écrite (cf. 

notamment arrêt du TF 1C_534/2010 du 1er mars 2011 consid. 3.3; arrêt 

F-2707/2017 

Page 21 

du TAF C-5465/2008 du 18 janvier 2010 consid. 11, et réf. citées) et que le 

courrier électronique ne répond pas forcément aux exigences de celle-ci 

(ce que le TAF a au demeurant déjà rappelé à de multiples reprises au 

mandataire des recourants, sans que ce dernier n’en tienne compte [cf. 

arrêt du TAF C-3524/2015 du 7 septembre 2015 consid. 4.3.2]). 

8.  

Il s'ensuit que, par sa décision du 8 mai 2017, l'autorité intimée n'a ni violé 

le droit fédéral ni constaté des faits pertinents de manière inexacte ou 

incomplète; en outre, cette décision n'est pas inopportune (art. 49 PA). 

En conséquence, le recours est rejeté. 

9.  

Dans son pourvoi, le mandataire des recourants a sollicité en faveur de ces 

derniers l’octroi de l’assistance judiciaire totale, en application de 

l’art. 65 PA. 

9.1 L’alinéa 1 de cette disposition prévoit qu'après le dépôt du recours, la 

partie qui ne dispose pas de ressources suffisantes et dont les conclusions 

ne paraissent pas d'emblée vouées à l'échec est, à sa demande, dispen-

sée par l'autorité de recours, son président ou le juge instructeur de payer 

les frais de procédure. En outre, aux termes de l'art. 65 al. 2 PA, l'autorité 

de recours, son président ou le juge instructeur attribue un avocat à cette 

partie si la sauvegarde de ses droits le requiert. Ainsi que cela ressort des 

considérants qui précèdent, le recours doit être considéré comme étant 

manifestement voué à l’échec. En ne se présentant pas en personne 

auprès d’une représentation de Suisse, les recourants ne pouvaient igno-

rer, dans la mesure où ils sont assistés d’une personne ayant qualité de 

juriste, que leur refus de collaborer à la saisie de leurs empreintes entraî-

nerait, en l’absence de motif propre à justifier une dérogation au sens de 

l’art. 11b al. 2 OEV, l’irrecevabilité de leur demande de visas (art. 11b al. 1 

let. d OEV), ce d’autant moins que le SEM a notamment souligné, dans la 

motivation de la décision querellée du 8 mai 2017, la nécessité pour ladite 

représentation de procéder, préalablement à l’examen de leur demande de 

visas pour motifs humanitaires, au relevé, comme pour toute demande de 

visa d’entrée, de leurs empreintes digitales conformément aux prescrip-

tions régissant les formalités d’octroi des visas. Pour cette raison déjà, le 

recours apparaissait d’emblée voué à l’échec. D’autre part, l’indigence des 

recourants n’a nullement été démontrée par leur mandataire à l’appui de la 

demande d’assistance judiciaire. Par conséquent, la requête d’assistance 

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Page 22 

judiciaire présentée par les recourants dans le cadre de leur pourvoi est 

rejetée, en considération de l’art. 65 PA. 

9.2 Vu l’issue de la cause, il y a lieu dès lors de mettre les frais de procé-

dure à la charge des recourants, conformément à l’art. 63 al. 1 PA en rela-

tion avec les art. 1 à 3 du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, 

dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, 

RS 173.320.2]). 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(dispositif page suivante) 

  

F-2707/2017 

Page 23 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté, dans la mesure où il est recevable. 

2.  

La requête d’assistance judiciaire au sens de l’art. 65 al. 1 et 2 PA est 

rejetée. 

3.  

Les frais de procédure, d’un montant de 900 francs, sont mis à la charge 

des recourants. 

4.  

Le présent arrêt est adressé : 

– aux recourants, par l’entremise de leur mandataire 

(Recommandé [annexe : un bulletin de versement]) 

– à l'autorité inférieure, dossier SYMIC (…) en retour 

– en copie, à l’Ambassade de Suisse à Kinshasa, pour information. 

 

 

Le président du collège : Le greffier : 

 

  

Blaise Vuille Alain Surdez 

 

 

Expédition :