# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 075a358d-2f00-512d-a5fc-cbc8c2bbc430
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-04-28
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 28.04.2015 A/3888/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-3888-2014_2015-04-28.pdf

## Full Text

Siégeant : Doris GALEAZZI, Présidente; Christine TARRIT-DESHUSSES et Monique 
STOLLER FÜLLEMANN, Juges assesseurs 

  

 
 

R E P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/3888/2014 ATAS/309/2015 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 28 avril 2015 

1ère Chambre 

 

En la cause 

Monsieur A______ et 

Madame B______ A______, 

tous deux domiciliés à GENÈVE 

recourants 

 

contre 

CAISSE CANTONALE GENEVOISE DE COMPENSATION, 
Service juridique, sise rue des Gares 12, GENÈVE 

 

 

intimée 

 

 
 
 

 

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EN FAIT 

1. Madame B______A______ (ci-après l’assurée) et Monsieur A______ (ci-après 
l’assuré) exercent la profession de traducteurs-interprètes. Ils exploitent l’entreprise 
B______ & A______ Associés (ci-après l’entreprise). Ils sont affiliés auprès de la 
Caisse cantonale genevoise de compensation (ci-après la Caisse). 

2. L’administration fiscale cantonale a transmis à la Caisse les communications 
fiscales concernant l’assuré les 19 septembre, 11 octobre et 23 décembre 2013 
portant sur les années 2010 à 2012. 

3. Le 26 décembre 2013, l’assurée a transmis à la Caisse les comptes de pertes et 
profits et les bilans des années 2010 à 2012 de l’entreprise.  

4. Par décisions des 15 et 16 janvier 2014, la Caisse a fixé le montant des cotisations 
personnelles AVS/AI dues par chacun des époux pour les années 2010 à 2012. Elle 
s’est fondée sur les documents produits par l’assurée et non sur les communications 
fiscales. 

5. Par décisions du 12 novembre 2014, la Caisse a admis l’opposition formée par les 
époux et notifié à chacun d’entre eux une nouvelle décision, établie sur la base des 
déclarations de l’assurée et des communications fiscales. 

6. L’assurée a interjeté recours le 15 décembre 2014 (date du timbre postal : 16 
décembre 2014) contre lesdites décisions sur opposition. Elle demande 
l’échelonnement de l’ensemble de la dette sur trois ans à compter du mois de 
janvier 2015, ainsi que l’engagement de la part de la Caisse de suivre ses dossiers 
de plus près, « pour ne pas nous envoyer soudainement des bulletins de versement 
dont l’énormité des sommes demandées nous pousse à envisager de mettre un terme 
à nos activités professionnelle ». 

7. Le 23 décembre 2014, la Caisse a communiqué à la chambre de céans une 
attestation de la Poste, selon laquelle le pli contenant les décisions sur opposition du 
12 novembre 2014, a été distribué le lendemain.  

8. Invitée à renseigner la chambre de céans sur d’éventuelles circonstances qui l’aurait 
empêchée d’agir dans le délai légal de trente jours, l’assurée a indiqué, par courrier 
du 19 janvier 2015, que 

« Lorsque mon associé (et mari) a reçu la lettre de la Caisse cantonale genevoise de 
compensation, le 13 novembre, j’étais en déplacement. Or, je suis la personne 
chargée de la comptabilité, des finances, des impôts et autres tâches administratives 
dans notre petite entreprise; il a donc attendu mon retour. 

Nous avons reçu la lettre en question le 13 novembre. Le délai légal étant de 30 
jours, cela nous mène au 13 décembre - qui était un samedi. Je vous ai envoyé notre 
opposition le lundi 15 décembre, avant 17 heures. Ce jour-là, une amie qui sortait 
d’un rendez-vous chez l’ophtalmologue, Mme C______, est passée à notre bureau 
pour me parler d’une mauvaise nouvelle qu’elle avait reçue. Je lui ai offert un café, 

 
 
 

 

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nous avons parlé puis, puisque je devais absolument déposer cette lettre mais que 
nous ne voulions pas nous séparer, elle m’a accompagnée jusqu’au bout de la rue 
des D______ et elle peut témoigner que j’ai bien déposé cette lettre, dans la boîte, 
ce jour-là et ce - croyais-je - avant le passage du préposé. Etait-il passé plus tôt, 
avais-je quelques minutes de retard, je ne sais. Toujours est-il que vous m’informez 
maintenant que le timbre postal indique le 16 décembre ». 

9. Dans sa réponse du 16 février 2015, la Caisse, après avoir sollicité la jonction des 
causes, a conclu à l’irrecevabilité des recours, pour cause de tardiveté. 

Au fond, elle a rappelé qu’elle s’était fondée sur les communications fiscales de 
l’assuré, dont elle avait divisé par deux les montants y figurant, ce sur la base des 
déclarations de l’assurée. 

10. La chambre de céans a ordonné la comparution personnelle des parties le 31 mars 
2015, ainsi que l’audition de Mme C______. Cette dernière a alors déclaré que 

« Je me souviens que j’avais rendez-vous chez l’ophtalmologue, la Doctoresse 
E______, à 15h30, le 15 décembre 2014. J’ai appelé mon amie, en sortant du 
cabinet médical. J’avais besoin d’un soutien moral à ce moment-là. Je suis ensuite 
allée la rejoindre à son bureau. J’ai dû rentrer à la maison en voiture et terminer le 
trajet à pied. Nous avons parlé un moment, puis elle m’a dit qu’elle avait du 
courrier urgent à poster. Nous sommes donc parties à pied jusque chez elle et elle a 
posté sur le chemin 2 ou 3 enveloppes. Je sais qu’elle était pressée pour mettre ce 
courrier dans la boîte aux lettres avant 17h00, si je me souviens bien. Elle voulait le 
faire avant que le courrier soit relevé. J’étais étonnée qu’elle soit si pressée parce 
que c’est quelqu’un qui est en général disponible. Elle m’a dit que nous 
continuerions à parler chez elle. Je suis restée chez elle jusqu’à 18h00 environ ». 

Les époux se sont quant à eux déterminés comme suit : 

« Nous ne comprenons pas pour quelle raison la Caisse a mis autant de temps pour 
fixer le montant de nos cotisations. Nous avons pu constater lors d’une précédente 
taxation que la Caisse avait commis une erreur à hauteur de CHF 3'500.- en notre 
défaveur. Nous craignons que cela se reproduise. Nous aimerions dès lors que le 
Tribunal vérifie les montants retenus par la Caisse. Nous ne contestons pas les 
revenus communiqués par le fisc à la Caisse sur la base desquels celle-ci a calculé 
le montant des cotisations dues ». 

11. Sur ce, la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 1 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 
26 septembre 2010 (LOJ - E 2 05) en vigueur dès le 1er janvier 2011, la chambre 
des assurances sociales de la Cour de justice connaît, en instance unique, des 
contestations prévues à l'art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des 

 
 
 

 

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assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA - RS 830.1) relatives à la loi fédérale 
sur l'assurance-vieillesse et survivants, du 20 décembre 1946 (LAVS - RS 831.10). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Il y a préalablement lieu d’examiner la recevabilité des recours interjetés par 
l’assurée en son propre nom et au nom de son époux. 

3. Les décisions sur opposition et celles contre lesquelles la voie de l’opposition n’est 
pas ouverte sont sujettes à recours dans le délai de 30 jours suivant leur notification 
(art. 56 al. 1 et 60 al. 1 LPGA).  

4. En l’espèce, les décisions litigieuses ont été reçues par les assurés le 13 novembre 
2014 conformément au document de suivi des envois de La Poste produit par la 
Caisse. Le délai de recours a ainsi commencé à courir le 14 novembre 2014 et est 
parvenu à échéance le 15 décembre 2014. En effet, selon l’art. 38 al. 3 LPGA 
applicable par analogie (cf. art. 60 al. 2 LPGA), lorsque le délai échoit un samedi, 
son terme est reporté au premier jour ouvrable qui suit.  

5. Les délais sont réputés observés lorsque l'acte de recours est parvenu à l'autorité ou 
a été remis à son adresse à un bureau de poste suisse ou à une représentation 
diplomatique ou consulaire suisse au plus tard le dernier jour du délai avant minuit 
(art. 17 al. 4 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985; LPA - 
E 5 10). 

Alors que la preuve de la notification d'une décision incombe à l'autorité, celle de 
l'observation du délai de recours, donc de l'expédition de l'acte en temps utile, 
incombe à la partie recourante (ATA/121/2006 du 7 mars 2006 consid. 2; 
ATA/928/2004 du 30 novembre 2004 consid. 3). Si le sceau postal fait foi de la 
date d'expédition, cette présomption est réfragable, la partie ayant le droit de 
prouver par tous moyens utiles - en particulier par témoins - que le pli a été déposé 
en temps utile dans une boîte postale alors même qu'il n'aurait été oblitéré que le 
lendemain (ATF 109 IB 343 consid. 2a p. 344). La simple possibilité que l'acte ait 
été déposé dans les délais ne suffit pas (ATF 98 Ia 247 consid. 2 p. 249) ; il faut au 
contraire, sinon une preuve, du moins la vraisemblance (haute probabilité) que les 
faits allégués se sont passés comme prétendu (JAAC 61 n. 14, p. 147 précitée). 

Un arrêt non publié du Tribunal fédéral (5A_267/2008) rappelle que la partie qui 
doit accomplir un acte de procédure doit démontrer qu'elle l'a entrepris à temps. 
L'expéditeur doit ainsi prouver que son envoi a été expédié le dernier jour du délai à 
minuit au plus tard (ATF 92 I 253 consid. 3), peu importe que l'acte ait été remis au 
guichet de la poste ou déposé dans une boîte aux lettres (ATF 109 Ia 183 consid. 
3a). Dans l'un et l'autre cas, la date de la remise ou du dépôt est présumée coïncider 
avec celle du sceau postal. La partie qui prétend avoir déposé son acte la veille de la 
date attestée par le sceau postal a cependant le droit de renverser cette présomption 
par tous moyens de preuve appropriés (ATF 115 Ia 8 consid. 3a; 124 V 372 consid. 
3b), l'autorité cantonale étant tenue de lui en donner l'occasion (Arrêt 1P.446/2004 
du 28 septembre 2004, consid. 2). Le droit de faire administrer ces preuves suppose 

 
 
 

 

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néanmoins que la demande soit présentée selon les formes et délais prescrits par le 
droit cantonal (ATF 119 Ib 492 consid. 5b/bb; 117 Ia 262 4b). La jurisprudence 
précise toutefois que l'avocat qui se contente de déposer son pli dans une boîte aux 
lettres n'est pas sans ignorer le risque qu'il court que ce pli ne soit pas enregistré le 
jour même de son dépôt, mais à une date ultérieure. S'il souhaite renverser la 
présomption résultant du sceau postal apposé sur l'enveloppe ayant contenu une 
pièce de procédure, on est en droit d'attendre de lui qu'il indique spontanément à 
l'autorité compétente avoir respecté le délai, en présentant les moyens de preuves en 
attestant (Arrêt 5P.113/2005 consid. 3.1). Dans cette affaire (5A_267/2008), 
l'avocat mandaté s'était fait accompagner jusqu'à la boîte aux lettres par un 
confrère, lequel avait attesté de la date et de l'heure du dépôt sur l'enveloppe. Il 
avait par ailleurs faxé l'acte judiciaire à la Cour cantonale le soir même. Le Tribunal 
fédéral a estimé, d'une part, qu'il n'est pas nécessaire que la mention figurant sur 
l'enveloppe soit également apposée dans la télécopie, car il suffit qu'elle soit inscrite 
sur l'enveloppe contenant l'acte original et d'autre part, que la présence d'un seul 
témoin doit être considérée comme suffisante, d'autant plus que, constatant la 
fermeture du bureau de poste, l'expéditeur mandaté a pris la peine de transmettre 
par téléfax une copie de l'acte d'appel à la Cour de justice. 

6. Selon l'art. 61 let. c LPGA, le tribunal établit avec la collaboration des parties les 
faits déterminants pour la solution du litige et administre les preuves nécessaires et 
les apprécie librement.  

Le juge des assurances sociales fonde sa décision, sauf dispositions contraires de la 
loi, sur les faits qui, faute d’être établis de manière irréfutable, apparaissent comme 
les plus vraisemblables, c’est-à-dire qui présentent un degré de vraisemblance 
prépondérante. Il ne suffit donc pas qu’un fait puisse être considéré seulement 
comme une hypothèse possible. Parmi tous les éléments de fait allégués ou 
envisageables, le juge doit, le cas échéant, retenir ceux qui lui paraissent les plus 
probables (ATF 126 V 360 consid. 5b, 125 V 195 consid. 2 et les références ; 
cf. ATF 130 III 324 consid. 3.2 et 3.3). Aussi n’existe-t-il pas, en droit des 
assurances sociales, un principe selon lequel l’administration ou le juge devrait 
statuer, dans le doute, en faveur de l’assuré (ATF 126 V 322 consid. 5a). 

7. En l’occurrence, certes l’acte de recours est-il daté du 15 décembre 2014, le sceau 
postal porte toutefois celle du lendemain, soit du 16 décembre 2014.  

L’assurée allègue à cet égard que son recours a été déposé dans une boîte aux 
lettres postale le 15 décembre 2014, ce qui est attesté par son amie, Mme C______.  

Eu égard au fait que le sceau postal fait en principe foi de la date d’expédition, les 
assurés, ainsi que cette amie, ont été entendus par la chambre de céans le 31 mars 
2015.  

Les déclarations de l’assurée et de son amie laissent la chambre de céans perplexe. 
Ni la preuve, ni même la vraisemblance que le recours ait été posté ce jour-là ne 
sont établies. En effet, le comportement de l’assurée, qui sait que le 15 décembre 

 
 
 

 

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est le dernier jour du délai de recours, et qui, selon ses propres déclarations, se 
contente de déposer dans une boîte aux lettres l’acte de recours à quelques minutes 
de l’heure à laquelle le courrier est relevé, apparaît pour le moins léger.  

Il est vrai que dans un arrêt rendu le 15 décembre 2010 (ATAS/1295/2010), le 
Tribunal cantonal des assurances sociales, alors compétent, a considéré qu’une 
attestation signée par un témoin au dos du pli contenant l'acte de recours et son 
audition faisaient apparaitre comme hautement vraisemblable le fait que le recours 
avait effectivement été déposé le dernier jour du délai dans la boîte postale, de sorte 
qu’il avait admis la recevabilité du recours.  

La chambre de céans relève toutefois que dans le cas traité par le Tribunal cantonal 
des assurances sociales, le recourant avait personnellement dactylographié le 
recours et ne l'avait terminé qu’aux environs de 22h00, soit trop tard pour se rendre 
dans un office de la poste. Il avait donc déposé le recours dans la boîte aux lettres 
en bas de chez lui, après avoir demandé à sa colocataire, de l’accompagner et de 
signer sur place au verso de l’enveloppe. 

Force est de constater qu’en l’espèce, l’assurée avait, au contraire, la possibilité, 
jusqu’à 18h00, d’aller, avec ou sans son amie, jusqu’à l’office de poste se trouvant 
à quelques minutes à pied de son bureau. Elle aurait ainsi eu largement le temps 
d’obtenir au guichet un timbre humide attestant du jour et de l’heure du dépôt de 
son courrier. 

Il s’ensuit que les recours interjetés le 16 décembre 2014 contre les décisions du 12 
novembre 2014 sont tardifs.  

Pour le surplus, une restitution du délai de recours au sens de l'art. 41 al. 1 LPGA 
ne se justifie pas et il n'est pas nécessaire d'examiner si toutes les conditions légales 
en sont réunies. En effet, l’assurée n’allègue pas avoir été empêchée d’agir en 
temps utile.  

En conséquence, les recours doivent être déclarés irrecevables pour cause de 
tardiveté. 

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

1. Déclare les recours irrecevables pour cause de tardiveté. 

2. Dit que la procédure est gratuite. 

3. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110); le mémoire de recours doit indiquer les 
conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de 
son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l'envoi. 

 
La greffière 

 
 
 
 

Nathalie LOCHER 

 La présidente 
 
 
 
 

Doris GALEAZZI 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 
des assurances sociales par le greffe le