# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 799c09d3-28f0-5b05-944e-763b1b1ee95b
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2022-10-19
**Language:** fr
**Title:** Bundespatentgericht 19.10.2022 S2022_007
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BPatG/CH_PATG_001_S2022-007_2022-10-19.pdf

## Full Text

B u n d e s p a t e n t g e r i c h t  

T r i b u n a l  f é d é r a l  d e s  b r e v e t s  

T r i b u n a l e  f e d e r a l e  d e i  b r e v e t t i  

T r i b u n a l  f e d e r a l  d a  p a t e n t a s  

F e d e r a l  P a t e n t  C o u r t  

 

 

 

 S2022_007 

 

  D é c i s i o n  d u  1 9  o c t o b r e  2 0 2 2   

Composition de la Cour 
 

Président du Tribunal Mark Schweizer, docteur en droit 

Premier greffier MLaw Sven Bucher 

 

Parties à la procédure 
 

Harry Winston SA, 8, chemin du Tourbillon, 1228 Plan-les-

Ouates,  

représentée par Maître Peter Ling, Lenz & Staehelin, 

Brandschenkestrasse 24, 8027 Zürich, conseillée en matière 

de brevets par Thierry Ravenel, ICB Ingénieurs Conseils en 

Brevets, Faubourg de l’Hopital 3, 2000 Neuchâtel,  

 

demanderesse  
 

 
contre 

 
 

1. Creaditive AG c/o Lotus BusinessPark GmbH, Rotz-

bergstrasse 1, 6362 Stansstad,   

2. MHM Manufacture de haute Horlogerie et Microméca-

nique SA, avenue des Pâquiers 1, 2072 St-Blaise,   

 

défenderesses  
Objet 

 
titularité (mesures (super)provisionnelles) 

 

 

S2022_007 

Page 2 

Le président considère : 

1.  

Le 17 octobre 2022 (reçu le 19 octobre 2022), la demanderesse a intro-

duit la présente requête de mesures superprovisionnelles, en soutenant 

les conclusions suivantes : 

« Superprovisionnellement, sans entendre les défenderesses au préalable : 

1. Ordonner à l’Institut fédéral de la propriété intellectuelle de suspendre la 

procédure de délivrance de la demande de brevet suisse CH 717 766 pen-

dant la durée de la présente procédure et jusqu’à l’entrée en force de chose 

jugée de la décision au fond du Tribunal fédéral des brevets. 

2. Ordonner à la défenderesse 1, sous la menace de la peine prévue à l’art. 

292 CPC dirigée contre ses organes responsables, de ne pas céder, trans-

férer, vendre, donner, concéder des licences sur, disposer de ou aliéner de 

quelque manière et de ne pas abandonner la demande de brevet suisse CH 

717 766 pendant la durée de la présente procédure et jusqu’à l’entrée en 

force de chose jugée de la décision au fond du Tribunal fédéral des brevets. 

3. Ordonner à l’Institut fédéral de la propriété intellectuelle d’inscrire au Re-

gistre suisse des brevets une restriction du droit de disposer de la demande 

de brevet suisse CH 717 766 et de ne pas donner suite à une requête ten-

dant à l’inscription d’une licence, la cession, au transfert, à la vente, à la do-

nation, à la disposition, à l’aliénation ou à l’abandon de quelque manière de 

la demande de brevet suisse CH 717 766 pendant la durée de la présente 

procédure et jusqu’à l’entrée en force de chose jugée de la décision au fond 

du Tribunal fédéral des brevets. 

[…] » 

2.  

Les parties, toutes sociétés par actions, ont leur sièges en Suisse. 

L’action principale est orientée vers le transfert de la demande de brevet 

suisse CH 717 766. Il s’agit donc d’une action civile qui a un lien de con-

nexité avec des brevets dans le sens de l’art. 26 al. 2 LTFB. Le tribunal 

saisi a donc une compétence concurrente pour l’action principale. 

Selon le libellé strict de l’art. 26 para. 1 let. b LTFB, le Tribunal fédéral des 

brevets n’est compétent pour les mesures provisionnelles que pour les af-

faires qui relèvent de sa compétence exclusive selon l’art. 26 al. 1 let. a 

S2022_007 

Page 3 

LTFB. Il est largement admis que cela est dû à un oubli du législateur et 

que le Tribunal fédéral des brevets a une compétence concurrente éga-

lement pour les mesures provisionnelles en rapport avec les affaires pour 

lesquelles il a une compétence concurrente.1 

3.  

Par application de l’art. 23 al. 1 let. b LTFB, le président statue en tant 

que juge unique. 

4.  

La langue de la procédure est le français (art. 36 LTFB). 

5.  

Le tribunal ordonne les mesures provisionnelles requises en vertu de 

l’art. 77 LBI en lien avec l’art. 261 al. 1 CPC lorsque la partie requérante 

rend vraisemblable qu’une prétention dont elle est titulaire a été l’objet 

d’une atteinte ou risque de l’être (let. a) et que cette atteinte risque de lui 

causer un préjudice difficilement réparable (let. b). Une allégation est ju-

gée vraisemblable lorsque le juge la tient pour probable alors même que 

tous les doutes ne sont pas écartés.2 Les exigences pour rendre quelque 

chose vraisemblable dépendent également du caractère plus ou moins 

incisif des mesures demandées. Si les mesures affectent profondément la 

défenderesse, la vraisemblance doit être plus élevée. A l’inverse, si les 

mesures sont purement conservatoires, les exigences en termes de de-

gré de vraisemblance sont plus faibles.3 

En cas d’urgence particulière, notamment s’il y a risque d’entrave à leur 

exécution, le tribunal peut ordonner des mesures provisionnelles immé-

diatement, sans entendre (à titre superprovisionnel) la partie adverse 

(art. 265 al. 1 CPC). 

Les mesures provisionnelles qui sont imposées sans avoir entendu le dé-

fendeur portent atteinte au droit constitutionnel du défendeur d’être en-

tendu (art. 29 al. 2 Cst.). Ils ne doivent donc être ordonnés qu’en dernier 

ressort. Si l’urgence particulière est causée par le retard de la demande-

resse dans le dépôt de sa demande, la demande de mesures superprovi-

sionnelles doit être refusée. L’urgence spéciale requise ne s’applique pas 

si la demanderesse attend deux mois sans raison valable avant de dépo-

 
1 TFB, arrêt S2022_006 du 12 octobre 2022, c. 4. 
2 ATF 130 III 321 consid. 3.3. 
3 TFB, arrêt S2018_003 du 24 août 2018, consid. 7 – « chaudière miniature ». 

S2022_007 

Page 4 

ser sa demande.4 Le Tribunal fédéral des brevets a admis un délai 

d’attente de trois mois dans un cas où l’effet de surprise était important en 

raison des transferts antérieurs des demandes de brevet.5 Sinon, la de-

mande des mesures superprovisionnelles doit être déposée immédiate-

ment, dans un délai d’une à deux semaines après que la demanderesse 

est en mesure de le faire.6 

6.  

La demanderesse fait valoir que l’invention qui est revendiquée dans la 

demande de brevet litigieuse CH 717 766 a été créée par Karl Bernhard 

Lederer dans le cadre d’un contrat partenaire entre la demanderesse et la 

défenderesse 2, qui attribue à la demanderesse tous les droits de pro-

priété intellectuelle « nés en cours d’exécution » du contrat. A l’époque, 

M. Lederer était prétendument un employé de la défenderesse 2 et tous 

les droits sur ses inventions appartenaient à la défenderesse 2, qui avait 

à son tour cédé ces droits à la demanderesse. 

La demande de brevet litigieuse a été déposé par la défenderesse 1 le 

19 août 2020. M. Bernhard Lederer et M. Georg von Tardy sont cité in-

venteur. Selon la demanderesse, la désignation de M. Tardy comme co-

inventeur est due à une erreur de l’Institut fédéral de la propriété intellec-

tuelle (IPI) et a été corrigée entre-temps. 

La demande de brevet litigieuse a été publiée le 28 février 2022. La de-

manderesse fait valoir qu’elle n’a pas été informée par les défenderesses 

1 et 2 de la demande de brevet litigieuse. Elle n’en aurait eu connais-

sance qu’en mai 2022 au cours de ses activités de veille technologique. 

7.  

La demanderesse a eu connaissance de la demande de brevet litigieuse 

en mai 2022. La présente demande de mesures superprovisionnelles a 

été déposée le 17 octobre 2022, soit environ cinq mois après que la de-

manderesse a eu connaissance de la demande de brevet. Si la deman-

deresse avait déposé la présente requête dans un délai de quelques se-

maines après avoir pris connaissance de la demande de brevet CH 717 

766, le tribunal aurait pu prendre une décision sur les mesures provision-

nelles sollicitées après avoir entendu les défenderesses. Le dépôt tardif 

 
4 TFB, arrêt S2018_002 du 5 avril 2018, c. 7. 
5 TFB, arrêt S2018_003 du 20 avril 2018, c. 13. 
6 TFB, arrêt S2012_009 du 12 juin 2012, c. 5. 

S2022_007 

Page 5 

ne doit pas avoir pour effet d’exclure les défenderesses de leur droit 

constitutionnel d’être entendus. 

Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral des brevets, un retard de deux 

mois dans le dépôt d’une demande de mesures superprovisionnelles 

conduit à un rejet; un retard de trois mois peut encore être suffisant dans 

des circonstances particulières. En l’espèce, la demanderesse a déposé 

sa demande avec un retard de cinq mois, ce qui est sans doute tardif. La 

demande de mesures superprovisionnelles est par conséquent rejetée. 

8.  

Les défenderesses 1 et 2 doivent se voir fixer un délai pour répondre à la 

demande de mesures provisionnelles (art. 253 CPC). 

9.  

La demanderesse estime la valeur litigieuse à CHF 100’000. Il n’est pas 

tout à fait clair si ce montant est la valeur litigieuse pour le fond ou la de-

mande de mesures provisionnelles ou les deux.  

Dans le cas d’une action concernant la titularité d’un brevet ou d’une de-

mande de brevet, la valeur litigieuse découle de la valeur du brevet ou de 

la demande de brevet concerné.7 Puisque les mesures provisionnelles vi-

sent à sauvegarder un transfert futur du brevet (de la demande), la valeur 

litigieuse pour les mesures provisionnelles ne peut être inférieure à la va-

leur litigieuse pour l’action principale. Sur la base d’une valeur litigieuse 

de CHF 100’000, les frais de justice pour la procédure concernant les 

mesures provisionnelles sont prévus pour CHF 10’000 (cf. art. 1 al. 1 et 2 

al. 1 FP-TFB). Un délai est imparti à la demanderesse pour verser une 

avance de frais de ce montant en vertu de l’art. 98 CPC. 

10.  

La décision sur les frais est prise dans la décision finale sur les mesures 

provisionnelles (art. 104 al. 1 CPC). 

  

 
7 SCHWEIZER, Kosten und Entschädigungen am Bundespatentgericht, sic! 2022, 
pp. 362 ss., 363. 

S2022_007 

Page 6 

Le président reconnaît : 

1. La demande de mesures superprovisionnelles est rejetée. 

2. Un délai jusqu’au 7 novembre 2022 est imparti aux défenderesses 1 

et 2 pour soumettre la réponse relative à la demande des mesures 

provisionnelles. 

3. Il est imparti à la demanderesse un délai jusqu’au 31 octobre 2022 

pour verser une avance de frais à hauteur de CHF 10’000. 

4. Les frais judicaires seront fixés dans le cadre de la décision finale. 

5. La présente décision est communiquée à (contre avis de réception) :  

– la demanderesse avec facture n. 1185001895,  

– les défenderesses 1 et 2 avec la requête de mesures 

superprovisionnelles et ses annexes. 

 

La suspension des délais ne s’applique pas dans cette affaire (art. 145 al. 

2 lit. b CPC). 

 

Saint-Gall, le 19 octobre 2022 

Au nom du Tribunal fédéral des brevets 

Président du Tribunal Premier greffier 

 

 

Dr. iur. Mark Schweizer MLaw Sven Bucher 

 

Envoi le : 20 octobre 2022