# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** dd1e4bd6-75a0-5f44-b7ff-cc6ecd075395
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-06-26
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 26.06.2018 A/1280/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-1280-2018_2018-06-26.pdf

## Full Text

Siégeant : Karine STECK, Présidente ; Michael BIOT et Claudiane CORTHAY, Juges 
assesseurs 

  

 
 

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/1280/2018 ATAS/585/2018 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 26 juin 2018 

3ème Chambre 

 

En la cause 

Monsieur A______, domicilié à PLAN-LES-OUATES 

 

 

recourant 

 

contre 

OFFICE CANTONAL DE L'EMPLOI, Service juridique, sis rue 
des Gares 16, GENÈVE 

 

 

intimé 

 

 
 
 

 

A/1280/2018 

- 2/8 - 

  

 
 
 

 

A/1280/2018 

- 3/8 - 

 

EN FAIT 

 

1. Par décision du 22 mars 2018, le Service juridique de l’Office cantonal de l’emploi 
(ci-après : OCE) a prononcé la suspension de l’exercice du droit à l’indemnité de 
Monsieur A______ (ci-après : l’assuré) pour une durée d’un jour, au motif que 
l’intéressé avait remis tardivement ses recherches personnelles d’emploi relatives à 
février 2018. 

2. Le 30 mars 2018, l’assuré s’est opposé à cette décision en alléguant en substance 
avoir déposé son formulaire « preuves des recherches personnelles effectuées en 
vue de trouver un emploi » de février 2018 dans une boîte aux lettres à Plan-les-
Ouates le soir du 1er mars 2018. Il a ajouté que cette boîte n’avait peut-être pas été 
relevée à cause de la neige qui était tombée ce jour-là et les suivants. 

3. Par décision du 10 avril 2018, l’OCE a confirmé celle du 22 mars 2018. 

L’OCE a constaté que l’assuré avait envoyé le formulaire par courrier normal et 
que le cachet apposé sur l’enveloppe par la Poste portait la date du 6 mars 2018, 
soit un jour trop tard. Une sanction à son encontre était donc justifiée. 

Pour le reste, l’OCE a estimé avoir respecté le principe de proportionnalité en 
limitant la durée de la suspension à un seul jour. 

4. Par courrier du 16 avril 2018, l’assuré a interjeté recours contre cette décision. 

Il fait valoir qu’en février, il a fait quatorze recherches d’emploi au lieu des dix qui 
lui étaient demandées et s’insurge d’avoir malgré cela été sanctionné à cause d’une 
levée tardive imputable à la Poste. 

Il fait remarquer que, depuis le 26 février 2018, il travaille aux Établissements 
publics pour l’intégration (EPI) à 100%, que cela implique pour lui deux heures de 
déplacement par jour et que s’y ajoute le temps qu’il consacre à ses recherches 
d’emploi. 

5. Invité à se déterminer, l’intimé, dans sa réponse du 7 mai 2018, a conclu au rejet du 
recours. 

6. Une audience de comparution personnelle s’est tenue en date du 21 juin 2018, au 
cours de laquelle l’intimé a confirmé qu’il s’agissait-là du premier manquement 
reproché à l’assuré.  

Celui-ci a protesté une nouvelle fois de sa bonne volonté, dont il considère avoir 
apporté la preuve en faisant plus de recherches que ce qui est attendu de lui.  

  

 
 
 

 

A/1280/2018 

- 4/8 - 

 

EN DROIT 

 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 8 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 
26 septembre 2010 (LOJ - E 2 05), la Chambre des assurances sociales de la Cour 
de justice connaît, en instance unique, des contestations prévues à l'art. 56 de la loi 
fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 
(LPGA - RS 830.1) relatives à la loi fédérale sur l'assurance-chômage obligatoire et 
l'indemnité en cas d'insolvabilité, du 25 juin 1982 (loi sur l’assurance-chômage, 
LACI - RS 837.0). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Interjeté en temps utile et dans la forme prévue par la loi, le recours est recevable 
(art. 56 et 60 LPGA). 

3. Le litige porte sur le bien-fondé de la suspension du droit à l'indemnité du 
recourant. 

4. Selon l’art. 17 al. 1 LACI, l’assuré qui fait valoir des prestations d’assurance doit, 
avec l’assistance de l’office du travail compétent, entreprendre tout ce que l’on peut 
raisonnablement exiger de lui pour éviter le chômage ou l’abréger ; il lui incombe 
en particulier de chercher du travail, au besoin en dehors de la profession qu’il 
exerçait précédemment ; il doit apporter la preuve des efforts qu’il a fournis.  

Selon l’art. 26 al. 2 de l’ordonnance sur l’assurance-chômage obligatoire et 
l’indemnité en cas d’insolvabilité, du 31 août 1983 (OACI - RS 837.02), l’assuré 
doit remettre la preuve de ses recherches d’emploi pour chaque période de contrôle 
au plus tard le 5 du mois suivant ou le premier jour ouvrable qui suit cette date ; à 
l’expiration de ce délai, et en l’absence d’excuse valable, les recherches d’emploi 
ne sont plus prises en considération.  

Dans sa version antérieure au 1er avril 2011, l’OACI prévoyait, à son  
art. 26 al. 2bis, que si l'assuré n'avait pas remis ses justificatifs à cette même 
échéance, l'office compétent lui impartissait un délai raisonnable pour le faire, et 
que simultanément, il l'informait par écrit qu'à l'expiration de ce délai et en 
l'absence d'excuse valable, les recherches d'emploi ne pourraient pas être prises en 
considération. Quand un assuré ne faisait parvenir ses recherches d'emploi que dans 
le délai supplémentaire qui lui avait été imparti par l'office compétent, il n'y avait 
pas de place pour prononcer une suspension selon l'art. 30 al. 1 let. d LACI (cf. 
arrêt du Tribunal fédéral 8C_183/2008 du 27 juin 2008 consid. 3).  

Depuis avril 2011, la sanction prévue par l'art. 26 al. 2 OACI - à savoir la non-prise 
en compte des recherches d'emploi et, partant, une suspension du droit à 
l’indemnité - intervient déjà si les justificatifs ne sont pas remis à l'expiration du 

 
 
 

 

A/1280/2018 

- 5/8 - 

délai réglementaire, c'est-à-dire au plus tard le 5 du mois suivant ou le premier jour 
ouvrable qui suit cette date.  

Dans un arrêt publié aux ATF 139 V 164, le Tribunal fédéral a admis la conformité 
à la loi du nouvel article 26 al. 2 OACI (ne prévoyant plus l'octroi d'un délai de 
grâce) ; il a jugé que la loi n'impose pas de délai supplémentaire et que, sauf excuse 
valable, une suspension du droit à l'indemnité peut être prononcée si les preuves ne 
sont pas fournies dans le délai de l'art. 26 al. 2 OACI ; peu importe qu'elles soient 
produites ultérieurement, par exemple dans une procédure d'opposition (arrêt du 
Tribunal fédéral 8C 194/2013 du 26 septembre 2013 ; arrêts du Tribunal fédéral 
8C_885/2012 et 8C_886/2012 du 2 juillet 2013).  

5. La suspension du droit à l'indemnité est soumise exclusivement aux dispositions de 
la LACI et de ses dispositions d'exécution (Thomas NUSSBAUMER, 
Arbeitslosenversicherung, in Soziale Sicherheit, SBVR vol. XIV, 2ème éd. 2007, 
p. 2424 n. 825). Selon l’art. 30 al. 1 let. d LACI, le droit de l’assuré à l’indemnité 
est suspendu lorsqu’il est établi que celui-ci n’observe pas les prescriptions de 
contrôle du chômage ou les instructions de l’autorité compétente.  

La durée de la suspension est proportionnelle à la gravité de la faute  
(art. 30 al. 3 LACI). L'OACI distingue trois catégories de faute - à savoir les fautes 
légères, moyennes et graves - et prévoit, pour chacune d'elles, une durée minimale 
et maximale de suspension, qui est de 1 à 15 jours en cas de faute légère, de 16 à 
30 jours en cas de faute de gravité moyenne, et de 31 à 60 jours en cas de faute 
grave (art. 45 al. 3 OACI).  

La durée de la suspension du droit à l'indemnité de chômage est fixée compte tenu 
de la faute, mais aussi du principe de proportionnalité (Thomas NUSSBAUMER, 
op. cit., p. 2435, n° 855). En tant qu'autorité de surveillance, le Secrétariat d’État à 
l’économie (ci-après : SECO) a adopté un barème indicatif à l'intention des organes 
d'exécution (SECO - Bulletin janvier 2014 LACI IC/D72). Un tel barème constitue 
un instrument précieux pour les organes d'exécution lors de la fixation de la 
sanction et contribue à une application plus égalitaire des sanctions dans les 
différents cantons.  

Cela ne dispense cependant pas les autorités décisionnelles d'apprécier le 
comportement de l'assuré compte tenu de toutes les circonstances - tant objectives 
que subjectives - du cas d'espèce, notamment des circonstances personnelles, en 
particulier celles qui ont trait au comportement de l'intéressé au regard de ses 
devoirs généraux d'assuré qui fait valoir son droit à des prestations (cf. arrêt du 
Tribunal fédéral 8C_601/2012 du 26 février 2013 consid. 4.1, non publié in ATF 
139 V 164 et les références ; arrêt du Tribunal fédéral 8C_537/2013 du 16 avril 
2014 consid. 5.1 ; arrêt du Tribunal fédéral 8C_425/2014 du 12 août 2014 consid. 
5.1).  

À cet égard, le Tribunal fédéral a jugé que lorsque l'assuré manque par erreur ou 
par inattention un entretien de conseil et de contrôle, par exemple, mais prouve 

 
 
 

 

A/1280/2018 

- 6/8 - 

néanmoins, par son comportement en général, qu'il prend ses obligations de 
chômeur et de bénéficiaire de prestations très au sérieux, il n'y a pas lieu de le 
suspendre dans son droit à l'indemnité pour comportement inadéquat (arrêt 
C 123/04 du 18 juillet 2005 consid. 1 et réf. citées ; arrêt R. du 2 septembre 1999, 
C 209/99, publié au DTA 2000 n° 21 p. 101). Ainsi, un oubli unique et ponctuel ne 
saurait à lui seul marquer le désintérêt ou l'indifférence de l'assuré et illustrer son 
comportement général.  

Dans la cause susmentionnée, l'assuré avait oublié de se rendre à un entretien de 
conseil et s’en était excusé spontanément ; par ailleurs, il avait rempli de façon 
irréprochable ses obligations à l'égard de l'assurance-chômage durant les douze 
mois précédant cet oubli.  

6. a. Le défaut ou l’insuffisance de recherches d’emploi et la remise tardive de 
recherches d’emploi effectuées représentent des inobservations des prescriptions de 
contrôle du chômage ou des instructions de l’autorité compétente, visées par 
l’art. 30 al. 1 let. d LACI. Ces manquements n’atteignent pas forcément le degré de 
gravité des exemples de telles inobservations que cite cette disposition légale, 
comme le refus d’un travail convenable, le fait de ne pas se présenter à une mesure 
de marché du travail ou de l’interrompre sans motif valable, ou encore de 
compromettre ou empêcher, par son comportement, le déroulement de la mesure ou 
la réalisation de son but. Il y a en outre une différence de gravité, pouvant appeler à 
différencier la mesure de la sanction, entre le fait, pour un assuré, de n’effectuer 
aucune recherche d'emploi ou de produire ses recherches d’emploi après le délai 
(surtout en cas de léger retard seulement).  

b. Le Tribunal fédéral a jugé qu'une sanction identique ne devait pas s'imposer 
lorsque l'assuré ne faisait aucune recherche d'emploi ou lorsqu'il produisait ses 
recherches après le délai, surtout s'il s'agissait d'un léger retard qui avait lieu pour la 
première fois pendant la période de contrôle. Il a ainsi confirmé qu’un formulaire 
de recherches remis pour la première fois avec cinq jours de retard alors que 
l’assurée avait fait des recherches de qualité justifiait une sanction, non pas de cinq 
jours de suspension du droit à l’indemnité, mais uniquement d’un seul jour (arrêt du 
Tribunal fédéral 8C_2/2012 du 14 juin 2012).  

7. En ce qui concerne la preuve, le juge des assurances sociales fonde sa décision, sauf 
dispositions contraires de la loi, sur les faits qui, faute d'être établis de manière 
irréfutable, apparaissent comme les plus vraisemblables, c'est-à-dire qui présentent 
un degré de vraisemblance prépondérante. Il ne suffit donc pas qu'un fait puisse être 
considéré seulement comme une hypothèse possible. Parmi tous les éléments de fait 
allégués ou envisageables, le juge doit, le cas échéant, retenir ceux qui lui 
paraissent les plus probables (ATF 130 III 324 consid. 3.2 et 3.3 ; 126 V 360 
consid. 5b, 125 V 195 consid. 2). Il n'existe pas, en droit des assurances sociales, un 
principe selon lequel l'administration ou le juge devrait statuer, dans le doute, en 
faveur de l'assuré (ATF 126 V 322 consid. 5a). 

http://intrapj/perl/decis/130%20III%20324
http://intrapj/perl/decis/126%20V%20360
http://intrapj/perl/decis/125%20V%20195
http://intrapj/perl/decis/126%20V%20322

 
 
 

 

A/1280/2018 

- 7/8 - 

8. En l'espèce, il n’est pas contestable que le formulaire porte le cachet du 6 mars et 
qu’il a donc été remis avec retard.  

C’est le lieu de rappeler que la procédure dans le secteur des assurances sociales est 
régie par le principe inquisitoire d'après lequel les faits pertinents de la cause 
doivent être constatés d'office par l'assureur (cf. art. 43 al. 1 LPGA) ou, 
éventuellement, par le juge (cf. art. 61 let. c LPGA), mais que ce principe n'est pas 
absolu : sa portée peut être restreinte par le devoir des parties de collaborer à 
l'instruction de l'affaire (cf. notamment ATF 125 V 193 consid. 2 p. 195). Ainsi, les 
conséquences de l'absence de preuve sont supportées par la personne qui, selon la 
loi, a l'obligation de fournir la preuve. En l’occurrence, c’est au recourant qu’il 
incombe donc d’apporter la preuve qu’il a posté le formulaire litigieux en temps 
utile, ce qu’il n’a pu faire. Ses recherches ne peuvent donc plus être prises en 
compte (art. 26 al. 2 OACI). 

Cette omission constitue cependant le premier manquement du recourant depuis son 
inscription au chômage et le retard est minime, puisqu’il n’est que d’un seul jour.  

Qui plus est, il n’est pas contesté que les recherches d'emploi ont été dûment 
effectuées et l'intimé ne conteste pas non plus qu’elles correspondent, en termes de 
qualité et de quantité, à ce qui était demandé. L’assuré a enfin effectué 
significativement plus de recherches que ce qui lui était demandé.  

Il ressort de l’ensemble des circonstances que  le recourant prend ses obligations de 
chômeur et de bénéficiaire de prestations très au sérieux et qu’il s’agit là d’un 
manquement unique et ponctuel qui ne saurait à lui seul marquer le désintérêt ou 
l'indifférence de l'assuré et illustrer son comportement général. Dès lors, la Cour de 
céans considère qu’au vu des faits de la cause, il n'y a pas lieu de suspendre en 
l’occurrence le droit à l'indemnité pour comportement inadéquat. 

Partant, le recours est admis et la décision litigieuse annulée.  

Pour le surplus, la procédure est gratuite. 

 

 

 

http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=681%2F2014&rank=0&azaclir=aza&highlight_docid=atf%3A%2F%2F125-V-193%3Afr&number_of_ranks=0#page193

 
 
 

 

A/1280/2018 

- 8/8 - 

PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

À la forme : 

1. Déclare le recours recevable.  

Au fond : 

2. L’admet.  

3. Annule la décision du 10 avril 2018.  

4. Dit que la procédure est gratuite. 

5. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110); le mémoire de recours doit indiquer les 
conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de 
son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l'envoi. 

 
La greffière 

 
 
 
 

Marie-Catherine SÉCHAUD 

 La Présidente 
 
 
 
 

Karine STECK 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’au Secrétariat 
d'État à l'économie par le greffe le