# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 3c02f561-7af0-5b37-ae4f-396fd8bca6ab
**Source:** Valais/Wallis (VS)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-10-26
**Language:** fr
**Title:** Wallis Sonstiges Gericht Sonstige Kammer 26.10.2021 A1 21 168
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VS_Gerichte/VS_BZG_999_A1-21-168_2021-10-26.pdf

## Full Text

A1 21 168 

 

Tribunal cantonal 

Cour de droit public 

 

ARRÊT DU 26 OCTOBRE 2021 

rendu par 

 

Le soussigné, statuant ce jour en qualité de juge unique au Palais de justice (article 26 

LACP), à Sion; 

 

en la cause 

 

X _________, recourant, 

 

contre 

 

LE DEPARTEMENT DE LA SECURITE, DES INSTITUTIONS ET DU SPORT (DSIS), 

1950 Sion, autorité attaquée  

 

 

(requête de « report d’exécution de peine ») 

recours de droit administratif contre la décision du 28 juillet 2021 

  

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Faits 

 

A.  X _________, époux de A _________, a été condamné, par jugement rendu le 29 avril 

2021 par le Tribunal du IIIème arrondissement pour les districts de Martigny et St-Maurice, 

à une peine privative de liberté de 30 mois, assortie du sursis partiel (la partie à exécuter 

étant fixée à 6 mois), pour violation des articles 19 al. 2 let. a, 19bis et 19a ch. 1 LStup). 

Ce jugement est entré en force le 29 avril 2021. 

Le 14 juin 2021, l’OSAMA a fixé la date d’incarcération au 9 août 2021 à 10 heures. 

X _________ ne s’étant pas présenté, l’OSAMA a toutefois exceptionnellement renoncé 

à émettre pour le moment un mandat d’arrêt dans l’attente du résultat de son recours de 

droit administratif (cf. infra, consid. B). 

Le 16 juillet 2021, X _________ a sollicité le report de la date d’exécution de sa peine, 

aux motifs que son épouse était « dans l’attente d’un rendez-vous en neurologie, elle a 

des lésions au cerveau et un problème de sommeil », que leur fille allait commencer un 

apprentissage et qu’ils avaient aussi 6 chats, ce qui « demande de l’organisation ». Il a 

ajouté qu’il devait également entreprendre des démarches pour obtenir des prestations 

complémentaires et qu’il allait « prochainement commencer une thérapie chez un 

psychiatre ». 

B.  Par décision du 28 juillet 2021, communiquée le même jour, le Département de la 

sécurité, des institutions et du sport (DSIS) a refusé la requête de report de peine, 

estimant qu’en l’absence de motifs sérieux, l’intérêt public à une prompte exécution de la 

peine l’emportait sur celui, privé, de X _________ à la différer.  

Le 3 août 2021, X _________ a adressé un recours au Tribunal cantonal, concluant à 

« un report de 3 mois de la date de mon incarcération ». Il a justifié cette demande comme 

suit : son épouse et lui venaient d’emménager à Aigle, le 1er juillet 2021, et sa femme ne 

« pouvait pas monter toute seule les meubles que nous devons encore recevoir » ; « Je 

suis en pleine démarche pour les demandes de subsides et pour les prestations 

complémentaires » ; « Je recherche un psychiatre pour recommencer un suivi » ; « Ma 

femme a des lésions au cerveau et un dérèglement du sommeil, elle attend un rendez-

vous avec un neurologue à Rennaz » ; « Notre fille vient de trouver un apprentissage de 

cuisinière et comme c’était mon métier, je pourrais l’aider dans ces débuts »  et « Nous 

avons 6 chats ça demande aussi de l’organisation ». Dans son écriture, X _________ a 

également requis l’effet suspensif. 

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Dans sa détermination du 20 septembre 2021, le DSIS s’est simplement référé aux 

considérations émises dans sa décision du 28 juillet 2021. 

Le 24 septembre 2021, le juge soussigné a communiqué à X _________ la détermination 

du DSIS et lui a imparti un délai pour faire valoir d’éventuelles remarques 

complémentaires. Le 6 octobre 2021, l’intéressé a répondu qu’il venait d’apprendre le 

décès de sa mère, ce qui avait eu pour effet que « mes problèmes psycholoqiques et 

psychiatriques sont réapparus » et le contraignait à « régler la liquidation de ces affaires 

(problèmes de prestations complémentaires et succession de sa mère) ». A son courrier 

était annexé un certificat établi le 30 septembre 2021 par le Dr B _________ (médecin 

FMH psychiatrie et psychothérapie). 

 

Considérant en droit 

 

1.  Sans vouloir faire preuve de trop de formalisme, notamment quant aux exigences à 

remplir en matière de motivation, le juge de céans admet la recevabilité du recours du 

3 août 2021 (art. 72, 78 let. a, 79a al. 1 let. b, 80 al. 1 let. b-c, 46 et 48 LPJA ; art. 26 al. 3 

de la loi d’application du code pénal du 12 mai 2016 [LACP ; RS/VS 311.1]).  

2.  Dans une argumentation unique, le recourant, sans invoquer aucune disposition légale, 

sollicite « un report de 3 mois de la date de mon incarcération ». 

2.1. L’exécution des peines ressort de la compétence des cantons (articles 372 al. 1 CP 

et 439 CPP). Les modalités d’exécution d’une peine sont, en Valais, réglées dans la 

LACP, en particulier, s’agissant ici d’une peine privative de liberté, aux articles 53 ss 

LACP. 

De manière générale, les peines doivent être exécutées sans retard (Perrier Depeursinge, 

CPP annoté, 2ème éd. 2020, p. 664 ad art. 439 CPP). Cette exigence se justifie d’autant 

plus à l’égard d’une peine importante pour des infractions graves, en considération de la 

crédibilité du système pénitentiaire et de l’effectivité des sanctions (arrêt du Tribunal 

fédéral 6B_1252/2013 du 1er avril 2014 consid. 4.3). Par conséquent, ce n’est que pour 

des motifs sérieux et fondés qu’un prévenu peut demander à ce que l’exécution d’une 

sanction privative de liberté soit différée, tels que par exemple un motif d’ordre médical 

(impliquant l’incapacité de purger la peine, comme un risque de suicide) ou, mais pour 

des courtes peines uniquement, des motifs d’ordre familial (par ex. le prochain 

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accouchement de la conjointe ou l’organisation d’une garde d’enfants) ou professionnel 

(par ex. Lors de travaux de type saisonnier) (Jeanneret/Kuhn/Perrier Depeursinge, Code 

de procédure pénale suisse, 2ème éd. 2019, n. 41 ad art. 439 CPP ; Brägger/Vuille, Lexique 

pénitentiaire suisse, Bâle 2016, p. 488 ; Michel Perrin, l’ajournement et l’interruption de la 

peine, in TVJ 2002 p. 323 ss, p. 332). L’article 13 al. 1 let. a LACP précise d’ailleurs que 

le département peut différer, à la demande du condamné, pour des motifs sérieux et à 

brève échéance, une fois au plus sauf circonstance exceptionnelle, la date fixée pour 

subir la peine ou la mesure prononcée contre lui, si ce délai, assorti au besoin de 

conditions, paraît compatible avec l’ordre public. Les désagréments liés à une rupture 

avec le milieu familial, social et professionnel ne constituent pas de tels « motifs sérieux », 

car une telle rupture est inhérente à toute peine privative de liberté (ACDP A1 09 77 p. 3). 

2.2   En l’occurrence, aucun des motifs invoqués par X _________ - qui, il s’agit de ne 

pas l’oublier, a été condamné à une lourde peine privative de liberté (30 mois) pour avoir 

notamment commis un crime (article 19 al. 2 let. a LStup) en se livrant à un trafic de 

cocaïne de grande envergure (vente de 179 g de cocaïne pure) - ne constitue un « motif 

sérieux ». En effet, le fait que son épouse ait besoin de ses services pour installer des 

meubles, ou le fait d’entreprendre des démarches administratives (pour obtenir des 

prestations sociales ou s’occuper de la succession de sa mère), de vouloir faciliter le 

début d’apprentissage de sa fille majeure (Zoé, née en 2002), de devoir trouver une 

solution pour garder et entretenir 6 chats, de débuter une thérapie ou d’assister sa femme 

pour la conduire à un rendez-vous chez un spécialiste sont des désagréments inhérents 

à une rupture avec le milieu familial et social. Ces motifs, qui relèvent de la pure 

convenance personnelle, ne sauraient en aucun cas justifier le report de l’exécution d’une 

peine privative de liberté, ce d’autant que, on l’a vu plus haut, des raisons d’ordre familial 

n’entrent en considération que dans l’hypothèse, ici non réalisée, d’une courte peine. On 

peut en outre relever que les soi-disant démarches administratives, d’une part pourront 

s’effectuer depuis l’établissement pénitentiaire, d’autre part ne nécessitent pas une 

présence physique auprès des institutions concernées puisque les époux X-A _________ 

sont assistés par le CSR Bex et bénéficient de l’appui de l’assistante sociale C _________ 

depuis le 28 juillet 2021. Quant au « certificat médical » rédigé le 30 septembre 2021 par 

le Dr B _________, il s’agit d’un certificat générique, fort peu étayé au niveau scientifique 

et qui est largement insuffisant pour démontrer l’existence d’un motif d’ordre médical 

faisant obstacle à une incarcération immédiate. 

Partant, mal fondé, le grief est rejeté. 

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3.  Le recours est, sur le vu des considérations qui précèdent, rejeté (art. 80 al. 1 lit. e et 60 

al. 1 LPJA).  

Quant à la requête d’effet suspensif, elle doit être classée vu le présent jugement. 

4.  X _________ paiera un émolument de justice de 300 fr., débours inclus (art. 89 al. 1 

LPJA ; art. 3 al. 3, 11, 13 al. 1, 25 de la loi du 11 février 2009 fixant le tarif des frais et 

dépens devant les autorités judiciaires ou administratives – LTar ; RS/VS 173.8). Les 

dépens lui sont refusés (art. 91 al. 1 LPJA). 

 

 

Par ces motifs, le Tribunal cantonal prononce : 

 

1. Le recours est rejeté. 

2. La requête d’effet suspensif, sans objet, est classée. 

3. Les frais, par 300 fr., sont mis à la charge de X _________. 

4. Il n'est pas alloué de dépens. 

5. Le présent arrêt est communiqué à X _________, à Aigle, et au DSIS, à Sion. 

 
Sion, le 26 octobre 2021