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**Case Identifier:** b1753c8b-4e49-509a-acc6-bc5b19e866dc
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-06-29
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 29.06.2023 A/764/2022
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-764-2022_2023-06-29.pdf

## Full Text

Siégeant : Karine STECK, Présidente ; Philippe LE GRAND ROY et Christine 
LUZZATTO, Juges assesseurs 

  

 
 

R É P U B L I Q U E  E T  
 
. 1  C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/764/2022 ATAS/515/2023 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 29 juin 2023 

Chambre 3 

 

En la cause 

Madame A______ 
représentée par Me Jacques EMERY, avocat 

 

 

recourante 

 

contre  

OFFICE DE L'ASSURANCE-INVALIDITÉ DU CANTON DE 
GENÈVE 

intimé 

 

  

 
 
 

 

A/764/2022 

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EN FAIT 

 

 Madame A______ (ci-après : l’assurée), née en 1972, originaire du Maroc, est A.      a.
arrivée en Suisse en 2003 et a travaillé durant plusieurs années dans un pressing et 
pour des entreprises de nettoyage. 

b. En mars 2020, l’assurée a été engagée par une entreprise d’intérimaires et 
affectée à B______ (ci-après : B______) pour la désinfection des bureaux. 

c. Le 17 juin 2021, l’assurée a été licenciée oralement par son employeur. Le 
même jour, elle lui a fait parvenir un arrêt de travail. Par la suite, son psychiatre, 
le docteur C______, a attesté de l’existence d’un épisode dépressif sévère 
entraînant une totale incapacité de travail depuis le 17 juin 2021. 

 Préalablement, en date du 29 janvier 2020 déjà, l’assurée avait déposé une B.      a.
demande de prestations auprès de l’Office cantonal de l’assurance-invalidité 
(ci-après : OAI), en invoquant une dépression grave, des douleurs dorsales et 
cervicales, ainsi qu’une atteinte à l’épaule droite.  

b. L’instruction du dossier a permis de recueillir, notamment, les éléments 
suivants :  

- un bref certificat de la docteure D______, psychiatre et 
psychothérapeute, du 3 septembre 2019, attestant suivre régulièrement 
l’assurée depuis janvier 2019, pour un trouble dépressif récurrent ayant 
entraîné un arrêt de travail de quelques mois – avant une reprise, le 1er 
septembre 2019 –, suite à une décompensation dans un contexte de 
difficultés psychiques et physiques au travail ; 

- un rapport du docteur E______, spécialiste FMH en neurologie, du 14 
février 2020, expliquant que la patiente, depuis la pose de prothèses 
mammaires, en 2012, souffrait de cervicalgies, de dorsalgies, de 
douleurs thoraciques et d’une tendinopathie de l’épaule droite ; s’y 
ajoutaient des migraines depuis 2018 ; selon lui, les migraines, les 
cervicalgies, la tendinopathie de l’épaule droite, l’arthrose du genou 
gauche et la capsulite de stade IV bilatérale des seins entraînaient une 
incapacité totale de travail depuis 2018 ; l’assurée pourrait 
éventuellement exercer à 50% une activité limitant la station debout 
prolongée, les piétinements ou le travail bras en l’air, soit toute activité 
permettant d’alterner les positions assise et debout et la marche ; 

- un bref certificat du docteur F______ confirmant que l’assurée souffrait 
de douleurs lombaires et thoraciques, suite à la pose de deux implants 
mammaires en 2012 ; une opération médicale était nécessaire pour 
enlever les implants ; 

 
 
 

 

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- un avis émis le 2 février 2021 par le Service médical régional de l’AI 
(ci-après : SMR), constatant que l’assurée, employée de pressing, était 
en incapacité de travail depuis le 26 avril 2019 pour des raisons à la fois 
psychiatriques et somatiques ; au niveau somatique, le docteur 
G______, dermatologue, mentionnait des douleurs mammaires en lien 
avec une capsulite bilatérale des seins consécutive à la pose de 
prothèses, en 2012 ; le Dr E______ faisait mention de migraines et de 
cervicalgies avec amélioration progressive depuis l’instauration d’un 
traitement devant être augmenté ; le docteur H______, médecin traitant 
généraliste, faisait mention quant à lui d’une tendinopathie du membre 
supérieur droit, de gonalgies, de cervicalgies, et de dorsalgies, sans se 
prononcer sur la capacité de travail ; le docteur I______, rhumatologue, 
faisait état d’une chondropathie des genoux, de lombalgies chroniques 
mécaniques et d’une tendinopathie de l’épaule droite, avec une capacité 
de travail nulle dans l’activité habituelle mais de 100% dans une 
activité adaptée dès le 14 mai 2019 (sans port de charges de plus de 5 
kg, évitant les positions bras au-dessus de l’horizontale, le travail en 
hauteur et toute activité surchargeant le rachis cervical et lombaire) ; au 
niveau psychiatrique, le Dr C______ mentionnait un épisode dépressif 
sévère sans symptômes psychotiques apparu en 2012, avec les douleurs, 
entraînant une incapacité totale de travail dans l’activité habituelle et 
une capacité de 40 à 50% dans une activité adaptée ; la Dre D______, 
attestait d’une rémission des symptômes et d’une capacité de travail de 
100% dès le 1er septembre 2019 ; enfin, une expertise psychiatrique 
réalisée le 27 mai 2019 à la demande l’assurance perte de gain par le 
docteur J______ concluait à un trouble de l’adaptation avec une 
capacité de travail de 100% dès le 1er juin 2019 et mention de facteurs 
extra-médicaux (un fils atteint de mucoviscidose, un conjoint sans 
emploi, un manque de soutien et une incompréhension au travail) 
susceptibles de péjorer le pronostic de retour à l’emploi ; 

- un rapport du Dr E______ du 1er mars 2021 concluant à une 
tendinopathie de l’épaule droite et migraine épisodique depuis 2018, à 
une totale incapacité de travail dans l’activité de repasseuse (impliquant 
une position debout constante) depuis décembre 2018 et répétant, 
comme dans son précédent rapport, que l’assurée pourrait exercer une 
activité adaptée à 50% ; 

- un rapport de la docteure K______, spécialiste FMH en chirurgie 
plastique reconstructive et esthétique du 24 mars 2021, concluant à une 
capsulite au niveau des implants mammaires ayant entraîné une dépose 
de ceux-ci en novembre 2020, sans répercussion sur la capacité de 
travail ; 

 
 
 

 

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- un avis du SMR du 22 avril 2021 constatant que le psychiatre traitant se 
prononçait sur des limitations d’ordre somatique sortant de son domaine 
de compétence, que le Dr E______ se prononçait sur le plan 
rhumatologique exclusivement – et non sur le plan neurologique –, 
alors même que le rhumatologue traitant, le Dr I______, avait retenu 
une capacité de travail de 100% dans une activité adaptée dès le 
14 mai 2019, enfin, que le neurologue retenait toujours le diagnostic de 
capsulite mammaire incapacitant contrairement à la spécialiste en 
chirurgie reconstructive ; pour le SMR, il était clair que l’activité 
habituelle n’était plus exigible, en particulier en raison des atteintes 
rhumatologiques ; une expertise était nécessaire pour se prononcer sur 
la possibilité d’exercer une activité adaptée.  

c. L’OAI a mis en œuvre une expertise pluridisciplinaire. Les docteurs L______, 
rhumatologue, M______, spécialiste en médecine générale, N______, neurologue, 
et O______, psychiatre-psychothérapeute, ont rendu leur rapport le 27 octobre 
2021, en posant plusieurs diagnostics, notamment ceux de cervicalgies et 
lombalgies chroniques, de céphalées probablement mixtes migraineuses et de 
trouble dépressif récurrent en rémission. Les limitations fonctionnelles étaient les 
suivantes : nécessité d'alterner les positions, d’éviter la position statique assise tête 
penchée en avant, le port itératif de charges supérieures à 5-10 kg portées près du 
corps et le soulèvement itératif depuis le sol de charges supérieures à 2,5 kg, le 
travail des membres supérieurs dans le plan horizontal, le travail avec des engins 
avec vibrations à basse fréquence, les positions prolongées et/ou les mouvements 
itératifs en flexion, extension, rotation, inclinaison de la nuque, respectivement du 
tronc, les horaires réguliers, les machines dangereuses, les activités nécessitant 
une vigilance constante (telle que la surveillance de sécurité) et d'importantes 
capacités de concentration. La capacité de travail de l'assurée était nulle dans 
l'activité de blanchisserie depuis le 31 août 2019 en raison d'une périarthrite 
scapulo-humérale droite et d'une gonarthrose bilatérale. Dans une activité adaptée 
telle que celle de désinfection des bureaux, la capacité de travail était de 100%, 
avec une perte de rendement de 15% en raison de la fatigue consécutive au 
syndrome d'apnées du sommeil et des céphalées d'origine mixte. 

d. Le 8 novembre 2021, le SMR a retenu à titre d’atteintes principales des 
cervicalgies et lombalgies chroniques sur troubles dégénératifs, une périarthrite 
scapulo-humérale droite avec conflit sous acromial et tendinopathie du 
sus-épineux, des gonalgies sur gonarthrose bilatérales ; il a également mentionné, 
à titre d’atteinte supplémentaire, un syndrome d’apnée du sommeil de degré 
modéré à sévère appareillé, des céphalées probablement mixtes migraineuses et de 
tensions de faible prévalence (un à trois jours par semaine), un trouble dépressif 
récurrent initialement sévère et en rémission depuis mars 2020 ; se ralliant aux 
conclusions de l'expertise, il a admis une capacité de travail de 0% dès le 
26 avril 2019, mais de 85% (100% avec une baisse de rendement de 15%) dès le 

 
 
 

 

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16 mars 2020 dans une activité adaptée permettant de respecter les limitations 
fonctionnelles énumérées dans l’expertise. 

e. Par décision du 1er février 2022, l’OAI a nié à l’assurée le droit à toute 
prestation.  

Si l’assurée avait certes été totalement incapable d’exercer son activité habituelle 
depuis le 26 avril 2019, elle avait conservé en revanche recouvré, dans une 
activité adaptée à son état de santé, une capacité de travail de 100% dès le 
16 mars 2020, avec une baisse de rendement de 15% seulement.  

Comparant le revenu que l’assurée aurait réalisé sans atteinte à sa santé, soit 
CHF 43'080.-, à celui qu’elle aurait pu obtenir malgré celle-ci, soit CHF 47'364.-, 
l’OAI a obtenu un degré d’invalidité de 0%. 

 Par écriture du 7 mars 2022, l’assurée a interjeté recours contre cette décision C.      a.
auprès de la Cour de céans en concluant à la mise sur pied d’une expertise 
judiciaire pluridisciplinaire comportant des volets neurologique, psychiatrique et 
rhumatologique et, quant au fond, à ce que soit recalculé son degré d’invalidité.  

En substance, la recourante soutient qu’il existerait des contradictions manifestes 
entre les avis de ses médecins traitants et celui des experts, auxquels elle reproche 
de n’avoir tenu compte ni de ses troubles anxieux et dépressifs, ni de son trouble 
somatoforme douloureux persistant.  

À l’appui de sa position, elle produit, notamment :  

- divers certificats d’arrêt de travail délivrés par le Dr C______ faisant 
état d’une incapacité de travail de 100% depuis le 17 juin 2021 ;  

- un rapport du Dr E______ du 22 septembre 2021, faisant état d’un 
épisode dépressif sévère depuis février 2021 et d’une capacité de travail 
de 40% dans une activité adaptée à l’état de santé ;  

- un rapport du Dr F______ du 16 septembre 2021, faisant état de 
lombalgies, de problèmes articulaires, de problèmes anxio-dépressifs, 
ainsi que de problèmes respiratoires et concluant à une totale incapacité 
de travail dans l’activité habituelle et à une possible capacité de travail 
– non chiffrée – dans une activité adaptée, si une amélioration devait 
survenir ;  

- une brève attestation du Dr F______ du 7 octobre 2021 indiquant que 
les nombreuses pathologies de sa patiente (tendinopathie à l’épaule 
droite, arthrose du genou droit, troubles du sommeil, hépatite B, 
céphalées, dépression) « touche son aptitude de travailler à un 
pourcentage indéterminée » (sic) ;  

- un certificat du Dr C______ du 27 octobre 2021 attestant que l’assurée 
bénéficie d’un suivi psychiatrique et psychothérapeutique depuis 2018 

 
 
 

 

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et qu’elle souffre d’un épisode dépressif sévère évoluant de manière 
chronique et entraînant une incapacité de travail à 100% ;  

- une brève attestation de la docteure P______, neurologue, du 
25 novembre 2021, attestant qu’elle suit l’assurée en raison de 
céphalées et de troubles de la concentration sans autre précision ;  

- un rapport de la Dre Q______, neurologue, du 11 janvier 2022 suite à 
une évaluation électro-physiologique, concluant à un syndrome du 
canal carpien bilatéral à prédominance droite et recommandant d’éviter 
les mouvements répétitifs des poignets, le port de charges lourdes, les 
mouvements d’hyper-flexion ou d’hyper-extension des poignets, ainsi 
que les appuis prolongés sur les mains, préconisant pour le surplus une 
consultation auprès d’un chirurgien de la main en cas de persistance des 
symptômes. 

b. Invité à se déterminer l’intimé, dans sa réponse du 5 avril 2022, a conclu au 
rejet du recours. 

Selon l’intimé, le rapport d’expertise doit se voir reconnaître pleine valeur 
probante.  

c. Dans sa réplique du 6 mai 2022, l’assurée a persisté dans ses conclusions. 

Elle considère que le seul fait que quatre médecins différents concluent à une 
incapacité de travail, contrairement aux experts, suffit à lui seul à jeter le doute sur 
les conclusions de ces derniers. 

Elle maintient que lui reconnaître une capacité de travail de 100% tout en 
admettant de nombreuses limitations fonctionnelles incompatibles avec une 
activité manuelle est contradictoire. 

Elle argue que, puisqu’elle ne peut ni s’asseoir, ni conserver une position statique, 
ni soulever des charges, ni se concentrer, aucune activité n’est plus envisageable, 
d’autant qu’elle ne sait ni lire, ni écrire, élément dont elle reproche à l’intimé de 
ne pas avoir tenu compte à titre de réduction supplémentaire à appliquer au revenu 
d’invalide. 

d. Dans sa duplique du 24 mai 2022, l’intimé a également persisté dans ses 
conclusions.  

Il rappelle que le manque de connaissances en français et le manque de formation 
constituent des facteurs étrangers à l’invalidité qui ne sauraient être pris en 
compte dans le cadre de la réduction supplémentaire à appliquer au revenu 
d’invalide.  

Quant à l’existence d’une activité adaptée, il produit une note de son service de 
réadaptation du 17 mai 2022 indiquant que l’assurée pourrait prétendre de 
nombreux emplois tels que, par exemple : patrouilleuse scolaire – activité qui 
n’implique aucun port de charges –, surveillante de cantine scolaire et surveillante 

 
 
 

 

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d’études, démarcheuse téléphonique – activité impliquant une position assise, 
mais permettant des alternances et d’éviter tant la marche que le port de charges –, 
huissière dans un musée, employée dans un centre d’appels, agente d’accueil 
chargée de renseigner oralement les visiteurs.  

 Parallèlement à la procédure engagée en matière d’assurance-invalidité, D.      a.
l’assurée a également saisi la Cour de céans d’une demande en paiement visant à 
obtenir le versement, par l’assureur perte de gain de son employeur, d’indemnités 
journalières dès le 1er septembre 2021 (la fin des rapports de travail lui ayant été 
signifiée avec effet au 31 août 2021), demande que la Cour de céans a rejetée par 
arrêt du 28 septembre 2022 (ATAS/848/2022). 

En substance, la Cour de céans, amenée à examiner la valeur probante de 
l’expertise du CEMEDEX, a considéré que celle-ci répondait aux critères posés 
par la jurisprudence, qu’il convenait de s’y rallier et de retenir une capacité de 
85% dans le dernier emploi. 

b. Saisi à son tour d’un recours de l’assurée, le Tribunal fédéral l’a rejeté par arrêt 
du 26 janvier 2023 (ATF 4A_490/2022).  

Le Tribunal fédéral a rappelé que la Cour cantonale avait considéré que l’assurée 
avait recouvré une capacité de travail de 85% dans l’activité habituelle, que son 
incapacité de travail n’était donc que de 15%, taux insuffisant pour ouvrir droit 
aux indemnités journalières sollicitées. Les juges cantonaux avaient expressément 
relevé que l’activité exercée précédemment par l’assurée respectait ses limitations 
fonctionnelles, de sorte qu’un changement d’activité n’était pas nécessaire. 

Le Tribunal fédéral a écarté l’argumentation de l’assurée, qui reprochait aux juges 
de la Cour de céans de s’être fondés exclusivement sur une expertise réalisée dans 
le cadre de la procédure de l’assurance-invalidité, alors que tous les certificats 
médicaux qu’elle avait produits attestaient d’une incapacité de travail de 100%. 
Le Tribunal fédéral a jugé qu’il s’agissait-là d’une pure question d’appréciation 
des preuves, dont il ne pouvait s’écarter qu’en cas d’arbitraire, ce que n’invoquait 
pas l’intéressée. Cette dernière se limitait à relever que les certificats médicaux 
produits par ses soins attestaient tous d’une incapacité de travail de 100%, sans 
discuter l’appréciation des juges cantonaux, qui avaient pourtant expliqué avec 
soin les raisons pour lesquelles ils s’étaient ralliés à l’expertise et s’étaient écartés 
des rapports médicaux des médecins traitants. Quant à la seule affirmation de 
l’assurée selon laquelle l’estimation de sa capacité de travail présupposait un 
marché équilibré du travail, alors que celui-ci était en réalité déséquilibré, elle ne 
suffisait pas non plus pour lui donner gain de cause. Le Tribunal fédéral concluait 
que la Cour de céans avait retenu, sans arbitraire, une capacité de travail de 85% 
dans l’activité habituelle. 

c. Les autres faits seront repris – en tant que de besoin – dans la partie « en droit » 
du présent arrêt. 

 

 
 
 

 

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EN DROIT 

 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 2 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 
26 septembre 2010 (LOJ - E 2 05), la chambre des assurances sociales de la 
Cour de justice connaît, en instance unique, des contestations prévues à l'art. 56 de 
la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 
6 octobre 2000 (LPGA - RS 830.1) relatives à la loi fédérale sur l’assurance-
invalidité du 19 juin 1959 (LAI - RS 831.20). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. À teneur de l'art. 1 al. 1 LAI, les dispositions de la LPGA s'appliquent à 
l'assurance-invalidité, à moins que la loi n'y déroge expressément. 

3. Le 1er janvier 2021 est entrée en vigueur la modification du 21 juin 2019 de la 
LPGA. Dans la mesure où le recours a été interjeté postérieurement au 
1er janvier 2021, il est soumis au nouveau droit (cf. art. 82a LPGA a contrario).  

4. Le 1er janvier 2022, sont entrées en vigueur les modifications de la LAI du 
19 juin 2020 (développement continu de l’AI ; RO 2021 705) ainsi que celles du 
3 novembre 2021 du règlement sur l’assurance-invalidité du 17 janvier 1961 
(RAI - RS 831.201 ; RO 2021 706). 

En cas de changement de règles de droit, la législation applicable est celle qui était 
en vigueur lors de la réalisation de l'état de fait qui doit être apprécié 
juridiquement ou qui a des conséquences juridiques, sous réserve de dispositions 
particulières de droit transitoire (ATF 136 V 24 consid. 4.3 et la référence). 

En l’occurrence, la décision querellée concerne un premier octroi de rente dont le 
droit – si un tel droit devait être reconnu – serait né avant le 1er janvier 2022, de 
sorte que les dispositions légales applicables seront citées dans leur ancienne 
teneur. 

5. Interjeté dans la forme et le délai prévus par la loi, le recours est recevable 
(art. 56 LPGA ; art. 62 al. 1 de la de loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 [LPA - E 5 10]). 

6. Le litige porte sur le droit de la recourante aux prestations de 
l’assurance-invalidité.  

7.  

7.1 Est réputée invalidité, l'incapacité de gain totale ou partielle présumée 
permanente ou de longue durée, résultant d'une infirmité congénitale, d'une 
maladie ou d'un accident (art. 8 al. 1 LPGA et 4 al. 1 LAI). Selon l’art. 7 LPGA, 
est réputée incapacité de gain toute diminution de l'ensemble ou d'une partie des 
possibilités de gain de l'assuré sur le marché du travail équilibré qui entre en 
considération, si cette diminution résulte d'une atteinte à la santé physique, 
mentale ou psychique et qu'elle persiste après les traitements et les mesures de 

 
 
 

 

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réadaptation exigibles (al 1). Seules les conséquences de l’atteinte à la santé sont 
prises en compte pour juger de la présence d’une incapacité de gain. De plus, il 
n’y a incapacité de gain que si celle-ci n’est pas objectivement surmontable (al. 2 
en vigueur dès le 1er janvier 2008). 

7.2 En vertu de l’art. 28 al. 2 LAI, l’assuré a droit à une rente entière s’il est 
invalide à 70% au moins, à un trois quarts de rente s'il est invalide à 60% au 
moins, à une demi-rente s’il est invalide à 50% au moins, ou à un quart de rente 
s’il est invalide à 40% au moins. 

Pour évaluer le taux d'invalidité, le revenu que l'assuré aurait pu obtenir s'il n'était 
pas invalide est comparé avec celui qu'il pourrait obtenir en exerçant l'activité qui 
peut raisonnablement être exigée de lui après les traitements et les mesures de 
réadaptation, sur un marché du travail équilibré (art. 16 LPGA et art. 28a al. 1 
LAI). 

Il y a lieu de préciser que selon la jurisprudence, la notion d'invalidité, au sens du 
droit des assurances sociales, est une notion économique et non médicale ; ce sont 
les conséquences économiques objectives de l'incapacité fonctionnelle qu'il 
importe d'évaluer (ATF 110 V 273 consid. 4a). L’atteinte à la santé n’est donc pas 
à elle seule déterminante et ne sera prise en considération que dans la mesure où 
elle entraîne une incapacité de travail ayant des effets sur la capacité de gain de 
l’assuré (arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 654/00 du 9 avril 2001 
consid. 1). 

7.3  

7.3.1 Pour pouvoir calculer le degré d’invalidité, l’administration (ou le juge, s’il 
y a eu un recours) a besoin de documents qu’un médecin, éventuellement d’autres 
spécialistes, doivent lui fournir. La tâche du médecin consiste à porter un 
jugement sur l’état de santé et à indiquer dans quelle mesure et pour quelles 
activités l’assuré est, à ce motif, incapable de travailler (ATF 140 V 193 
consid. 3.2 et les références ; 125 V 256 consid. 4 et les références). En outre, les 
données médicales constituent un élément utile pour déterminer quels travaux on 
peut encore, raisonnablement, exiger de l’assuré (ATF 125 V 256 consid. 4 et les 
références.  

Selon le principe de libre appréciation des preuves, pleinement valable en 
procédure judiciaire de recours dans le domaine des assurances sociales 
(cf. art. 61 let. c LPGA), le juge n'est pas lié par des règles formelles, mais doit 
examiner de manière objective tous les moyens de preuve, quelle qu'en soit la 
provenance, puis décider si les documents à disposition permettent de porter un 
jugement valable sur le droit litigieux. En cas de rapports médicaux 
contradictoires, le juge ne peut trancher l'affaire sans apprécier l'ensemble des 
preuves et sans indiquer les raisons pour lesquelles il se fonde sur une opinion 
médicale et non pas sur une autre. L'élément déterminant pour la valeur probante 
d'un rapport médical n'est ni son origine, ni sa désignation, mais son contenu. À 

 
 
 

 

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cet égard, il importe que les points litigieux importants aient fait l'objet d'une 
étude fouillée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne 
également en considération les plaintes exprimées, qu'il ait été établi en pleine 
connaissance du dossier (anamnèse), que la description des interférences 
médicales soit claire et enfin que les conclusions de l'expert soient bien motivées 
(ATF 134 V 231 consid. 5.1 ; 133 V 450 consid. 11.1.3 ; 125 V 351 consid. 3). 

Sans remettre en cause le principe de la libre appréciation des preuves, le Tribunal 
fédéral des assurances a posé des lignes directrices en ce qui concerne la manière 
d'apprécier certains types d'expertises ou de rapports médicaux. 

7.3.2 Ainsi, en principe, lorsqu’au stade de la procédure administrative, une 
expertise confiée à un médecin indépendant est établie par un spécialiste reconnu, 
sur la base d'observations approfondies et d'investigations complètes, ainsi qu'en 
pleine connaissance du dossier, et que l'expert aboutit à des résultats convaincants, 
le juge ne saurait les écarter aussi longtemps qu'aucun indice concret ne permet de 
douter de leur bien-fondé (ATF 135 V 465 consid. 4.4. et les références ; 
125 V 351 consid. 3b/bb). 

7.3.3 Un rapport du SMR a pour fonction d'opérer la synthèse des renseignements 
médicaux versés au dossier, de prendre position à leur sujet et de prodiguer des 
recommandations quant à la suite à donner au dossier sur le plan médical. En tant 
qu'il ne contient aucune observation clinique, il se distingue d'une expertise 
médicale (art. 44 LPGA) ou d'un examen médical auquel il arrive au SMR de 
procéder (art. 49 al. 2 RAI ; ATF 142 V 58 consid. 5.1 ; arrêt du Tribunal fédéral 
9C_542/2011 du 26 janvier 2012 consid. 4.1). De tels rapports ne sont cependant 
pas dénués de toute valeur probante, et il est admissible que l'office intimé, ou la 
juridiction cantonale, se fonde de manière déterminante sur leur contenu. Il 
convient toutefois de poser des exigences strictes en matière de preuve ; une 
expertise devra être ordonnée si des doutes, même faibles, subsistent quant à la 
fiabilité ou à la pertinence des constatations effectuées par le SMR 
(ATF 142 V 58 consid. 5 ; 135 V 465 consid. 4.4 et 4.6 ; arrêt du Tribunal fédéral 
9C_371/2018 du 16 août 2018 consid. 4.3.1).  

7.3.4 En ce qui concerne les rapports établis par les médecins traitants, le juge 
peut et doit tenir compte du fait que, selon l'expérience, le médecin traitant est 
généralement enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de 
la relation de confiance qui l'unit à ce dernier (ATF 125 V 351 consid. 3b/cc). S'il 
est vrai que la relation particulière de confiance unissant un patient et son 
médecin traitant peut influencer l'objectivité ou l'impartialité de celui-ci 
(cf. ATF 125 V 351 consid. 3a 52 ; 122 V 157 consid. 1c et les références), ces 
relations ne justifient cependant pas en elles-mêmes l'éviction de tous les avis 
émanant des médecins traitants. Encore faut-il démontrer l'existence d'éléments 
pouvant jeter un doute sur la valeur probante du rapport du médecin concerné et, 
par conséquent, la violation du principe mentionné (arrêt du Tribunal fédéral 
9C_973/2011 du 4 mai 2012 consid. 3.2.1). 

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7.3.5 On ajoutera qu'en cas de divergence d’opinion entre experts et médecins 
traitants, il n'est pas, de manière générale, nécessaire de mettre en œuvre une 
nouvelle expertise. La valeur probante des rapports médicaux des uns et des autres 
doit bien plutôt s'apprécier au regard des critères jurisprudentiels (ATF 125 V 351 
consid. 3a) qui permettent de leur reconnaître pleine valeur probante. À cet égard, 
il convient de rappeler qu'au vu de la divergence consacrée par la jurisprudence 
entre un mandat thérapeutique et un mandat d'expertise (ATF 124 I 170 consid. 4 ; 
arrêt du Tribunal fédéral I 514/06 du 25 mai 2007 consid. 2.2.1, in SVR 2008 IV 
Nr. 15 p. 43), on ne saurait remettre en cause une expertise ordonnée par 
l'administration ou le juge et procéder à de nouvelles investigations du seul fait 
qu'un ou plusieurs médecins traitants ont une opinion contradictoire. Il n'en va 
différemment que si ces médecins traitants font état d'éléments objectivement 
vérifiables ayant été ignorés dans le cadre de l'expertise et qui sont suffisamment 
pertinents pour remettre en cause les conclusions de l'expert (arrêt du Tribunal 
fédéral 8C_755/2020 du 19 avril 2021 consid. 3.2 et les références). 

8. Le juge des assurances sociales fonde sa décision, sauf dispositions contraires de 
la loi, sur les faits qui, faute d’être établis de manière irréfutable, apparaissent 
comme les plus vraisemblables, c’est-à-dire qui présentent un degré de 
vraisemblance prépondérante. Il ne suffit donc pas qu’un fait puisse être considéré 
seulement comme une hypothèse possible. Parmi tous les éléments de fait allégués 
ou envisageables, le juge doit, le cas échéant, retenir ceux qui lui paraissent les 
plus probables (ATF 126 V 353 consid. 5b et les références ; 125 V 193 consid. 2 
et les références ; cf. ATF 130 III 321 consid. 3.2 et 3.3 et les références). Aussi 
n’existe-t-il pas, en droit des assurances sociales, un principe selon lequel 
l’administration ou le juge devrait statuer, dans le doute, en faveur de l’assuré 
(ATF 135 V 39 consid. 6.1 et la référence). 

9. Conformément au principe inquisitoire qui régit la procédure dans le domaine des 
assurances sociales, le juge des assurances sociales doit procéder à des 
investigations supplémentaires ou en ordonner lorsqu'il y a suffisamment de 
raisons pour le faire, eu égard aux griefs invoqués par les parties ou aux indices 
résultant du dossier. Il ne peut ignorer des griefs pertinents invoqués par les 
parties pour la simple raison qu'ils n'auraient pas été prouvés (VSI 5/1994 220 
consid. 4a). En particulier, il doit mettre en œuvre une expertise lorsqu'il apparaît 
nécessaire de clarifier les aspects médicaux du cas (ATF 117 V 282 consid. 4a ; 
RAMA 1985 p. 240 consid. 4 ; arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 751/03 
du 19 mars 2004 consid. 3.3). Lorsque le juge des assurances sociales constate 
qu'une instruction est nécessaire, il doit en principe mettre lui-même en œuvre une 
expertise lorsqu'il considère que l'état de fait médical doit être élucidé par une 
expertise ou que l'expertise administrative n'a pas de valeur probante 
(ATF 137 V 210 consid. 4.4.1.3 et 4.4.1.4). Un renvoi à l’administration reste 
possible, notamment quand il est fondé uniquement sur une question restée 
complètement non instruite jusqu'ici, lorsqu'il s'agit de préciser un point de 

 
 
 

 

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l'expertise ordonnée par l'administration ou de demander un complément à l'expert 
(ATF 137 V 210 consid. 4.4.1.3 et 4.4.1.4 ; SVR 2010 IV n. 49 p. 151, 
consid. 3.5 ; arrêt du Tribunal fédéral 8C_760/2011 du 26 janvier 2012 consid. 3). 

Si l’administration ou le juge, se fondant sur une appréciation consciencieuse des 
preuves fournies par les investigations auxquelles ils doivent procéder d’office, 
sont convaincus que certains faits présentent un degré de vraisemblance 
prépondérante et que d’autres mesures probatoires ne pourraient plus modifier 
cette appréciation, il est superflu d’administrer d’autres preuves (appréciation 
anticipée des preuves ; ATF 145 I 167 consid. 4.1 et les références ; 140 I 285 
consid. 6.3.1 et les références). Une telle manière de procéder ne viole pas le droit 
d’être entendu selon l’art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale de la Confédération 
suisse du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101 ; SVR 2001 IV n. 10 p. 28 consid. 4b), la 
jurisprudence rendue sous l’empire de l’art. 4 aCst. étant toujours valable 
(ATF 124 V 90 consid. 4b ; 122 V 157 consid. 1d). 

10. En l’occurrence, l’intimé, se fondant sur les conclusions de l’expertise 
pluridisciplinaire à laquelle il reconnaît pleine valeur probante, considère que la 
recourante a recouvré une capacité de travail de 85% dans une activité adaptée, ce 
qui lui permettrait de réaliser un revenu n’entraînant aucune perte de gain, ce que 
que la recourante conteste en arguant que ses médecins traitants, eux, lui 
reconnaissent une incapacité de travail, d’une part, que l’expertise est 
contradictoire en tant qu’elle retient un certain nombre de limitations 
fonctionnelles tout en lui reconnaissant une capacité de travail de 85%, d’autre 
part.  

On rappellera que la Cour de céans a déjà eu l’occasion de se pencher sur la 
question de la valeur probante de l’expertise pluridisciplinaire (cf. consid. 5 de 
l’arrêt du 28 septembre 2022 op. cit.), dans une procédure ne relevant certes pas 
de l’assurance-invalidité, mais dans laquelle la recourante faisait valoir les mêmes 
arguments que présentement.  

La recourante a été examinée le 11 août 2021 par l'experte psychiatre O______ 
qui, si elle a admis l’existence d’un trouble anxieux et dépressif mixte, d’un 
trouble dépressif récurrent en rémission et d’un trouble somatoforme douloureux, 
ne leur a pas reconnu de caractère invalidant au sens de la jurisprudence topique. 
L'experte a relevé que l’assurée était bien structurée et soignée, sans traits de 
caractères dysfonctionnels. En 2013-2014, elle avait souffert d’un état dépressif 
qualifié de sévère et réactionnel à une situation familiale complexe, qui avait 
mené à un divorce et à la perte de la garde de son fils cadet. Depuis 2016, elle 
bénéficiait d'une prise en charge et son état s'était suffisamment amélioré pour 
reprendre le travail en mars 2020, après une période de chômage. En janvier 2020, 
le Dr C______ avait fait état d'une rechute de l’état dépressif en lien avec une 
intensification des douleurs. Cependant, en mars 2020, l'assurée avait pu 
reprendre le travail chez son dernier employeur. Ses plaintes étaient 
essentiellement d'ordre somatique. Les douleurs la handicapaient dans les tâches 

 
 
 

 

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ménagères lourdes ; son arrêt de travail était motivé par les douleurs et une fatigue 
avec troubles du sommeil, lesquels s’étaient amendés avec le port d'un appareil 
CPAP [Continuous Positive Airway Pressure]. S’il y avait certes une lassitude et 
un manque d'élan vital, la capacité de travail sur le plan psychique était entière. 

Sur le plan somatique, les experts du CEMEDEX ont retenu les diagnostics de 
cervicalgies et lombalgies chroniques sur troubles dégénératifs, de syndrome de 
l'angulaire de l'omoplate à droite, de périarthrite scapulo-humérale droite sur 
impingement avec tendinopathie du sus-épineux, de gonalgies sur gonarthrose 
bilatérale, de céphalées probablement mixtes migraineuses et tension, de 
syndrome d'apnée du sommeil traité (diagnostiqué en mai 2021), de stéatose 
hépatique, d'hypercholestérolémie et d'obésité de type I. Les limitations 
fonctionnelles, nombreuses, interdisaient en particulier le travail dans un pressing 
et dans le nettoyage. 

De façon consensuelle, les experts ont retenu une capacité de travail de 100% 
avec une perte de rendement de 15% dans la dernière activité exercée (celle 
d’employée chargée de la désinfection des bureaux) ou toute autre activité 
adaptée. La diminution de rendement était justifiée par la fatigue consécutive au 
syndrome d'apnées du sommeil et des céphalées. 

Ainsi que la Cour de céans a déjà eu l’occasion de le constater, cette expertise 
remplit les principes jurisprudentiels développés par le Tribunal fédéral pour la 
reconnaissance d'une valeur probante dans le domaine de l'assurance sociale 
(cf. ATF 134 V 231 consid. 5.1 ; 133 V 450 consid. 11.1.3 ; 125 V 351 consid. 3). 
En effet, elle a été rendue en pleine connaissance du dossier médical, prend en 
considération les plaintes de la demanderesse, repose sur un examen clinique 
approfondi et contient des conclusions motivées et convaincantes. 

Certes, sur le plan psychiatrique, l'expertise est en contradiction avec 
l'appréciation de la capacité de travail par le Dr C______. Toutefois, au vu de 
l'examen clinique du 11 août 2021, les évaluations du médecin traitant ne 
paraissent pas plausibles. En particulier, le diagnostic de dépression sévère 
(F32.2) ne correspond pas aux symptômes de la Classification internationale des 
maladies, des troubles mentaux et troubles du comportement (ci-après : CIM-10 ; 
p. 78). L'experte psychiatre constate en effet que la recourante est bien orientée 
dans le temps et l'espace, avec une mémoire cliniquement adéquate et une 
attention bonne et soutenue. L'humeur est majoritairement sur un versant 
euthymique, même si elle a pleuré à deux reprises durant l'entretien en parlant de 
son fils cadet. Il n'y a pas de manifestation neurovégétative suggérant une anxiété, 
ni d'idéation thanatique ou auto-agressive, scénario suicidaire, vision pessimiste 
de l'avenir, sentiment de culpabilité, émoussement des affects ni ralentissement 
idéo-moteur. Cela étant, il peut tout au plus être admis que la recourante a souffert 
d'un épisode dépressif sévère dans le passé. Toutefois, sous traitement, l'épisode 
dépressif sévère s'est manifestement amélioré. Au demeurant, dans son rapport du 
7 septembre 2021, le Dr C______ ne mentionne que les atteintes somatiques 

 
 
 

 

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comme cause de l'incapacité de travail. Enfin, il ne fait pas état d'un élément 
médical qui aurait été ignoré par l'experte psychiatre. Partant, l'avis contraire du 
psychiatre traitant n'est pas propre à jeter le doute sur les conclusions de 
l'expertise. 

Le rapport du 22 septembre 2021 du Dr E______, selon laquelle la capacité de 
travail est nulle dans l'activité habituelle et de 40% dans une activité adaptée, ne 
permet pas non plus de douter des conclusions de l'expertise multidisciplinaire, en 
l’absence d'élément médical nouveau par rapport à celle-ci. Il appert en outre que 
ce médecin a repris l'évaluation de la capacité de travail par le Dr C______ dans 
son rapport du 7 septembre 2021, étant précisé que les deux médecins travaillent 
dans la même clinique. 

Quant au Dr F______, il n'a pas chiffré la diminution de la capacité de travail. 

Dans ces conditions, on ne saurait reprocher à l’intimé d’avoir suivi les 
conclusions de l’expertise quant à la capacité de l’assurée à exercer une activité 
adaptée.  

Il convient d’ajouter que, selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, un marché 
équilibré du travail offre une palette suffisamment large d’activités non qualifiées 
et adaptées aux limitations de l’assurée, sans qu’il soit nécessaire de déterminer 
précisément lesquelles elle serait capable d’exercer, étant rappelé qu’une 
formation insuffisante ou des difficultés linguistiques ne relèvent pas de 
l’assurance-invalidité. Cela étant, l’intimé, au cours de la procédure, a listé un 
certain nombre d’activités envisageables.  

Eu égard aux considérations qui précèdent, le recours est rejeté.  

 

 

 

 

 

 

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

À la forme : 

1. Déclare le recours recevable.  

Au fond : 

2. Le rejette.  

3. Met un émolument de CHF 200.- à la charge de la recourante.  

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110) ; le mémoire de recours doit indiquer les 
conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de 
son mandataire ; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l'envoi. 

 
La greffière 

 
 
 
 

Christine RAVIER 

 La présidente 
 
 
 
 

Karine STECK 
 
 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 
des assurances sociales par le greffe le