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**Case Identifier:** 684ef8c2-f01b-5b79-b043-d21a3f08edab
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2015-04-30
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 30.04.2015 RR.2014.224
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG/CH_BSTG_001_RR-2014-224_2015-04-30.pdf

## Full Text

Arrêt du 30 avril 2015  
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Stephan Blättler, prési-

dent, Giorgio Bomio et Patrick Robert-Nicoud,  

la greffière Claude-Fabienne Husson Albertoni  

   

Parties  1. A. LTD,  

2. B. LTD,  

 

représentées toutes deux par Me Reza Vafadar, avo-

cat,  

recourantes 

 

 contre 

   

  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,  

partie adverse 

 

   

Objet  Entraide judiciaire internationale en matière pénale à 

la République tchèque 

 

Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP) 

 
 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

 

Numéros de dossiers:  RR.2014.224-225 

 

 

 

- 2 - 

 

 

 

Faits: 

 

A. Le 24 juin 2005, le Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC) a 

ouvert une enquête de police judiciaire sur des faits éventuellement consti-

tutifs de blanchiment d’argent (art. 305bis CP), gestion déloyale des intérêts 

publics (art. 314 CP) et faux dans les titres (art. 251 CP) à l'encontre de  

C., D., E., F., G., H.et I. En résumé, le MPC soupçonnait les précités 

d’avoir, à tout le moins de 1997 à 2002, détourné à leur profit un montant 

de USD 150'000'000.-- au préjudice de la société tchèque J. (devenue de-

puis K.). Les personnes mises en cause auraient également été soupçon-

nées d'avoir utilisé une partie des fonds détournés pour acquérir pour leur 

usage exclusif la société et les actifs de L. AS.  

 

L'acte d'accusation a été déposé le 20 octobre 2011 auprès de la Cour des 

affaires pénales du Tribunal pénal fédéral (ci-après: Cour des affaires pé-

nales). Les débats ont eu lieu du 13 mai au 4 juillet 2013; la première partie 

du dispositif du jugement, qui portait sur la culpabilité des accusés et leurs 

peines, a été prononcée le 10 octobre 2013. La seconde partie du disposi-

tif, relative aux confiscations, a été prononcée le 29 novembre 2013. Les 

considérants ont été notifiés aux parties le 30 mai 2014 (jugement de la 

Cour des affaires pénales SK.2011.24). Divers recours ont été déposés 

auprès du Tribunal fédéral contre ce jugement. Ils sont encore pendants. 

 

 

B. Le 30 novembre 2012, le Ministère public supérieur de Prague a adressé 

une demande d'entraide aux autorités helvétiques (act. 5). 

 

En bref, il en ressort que les autorités tchèques soupçonnent notamment 

des actes d'escroquerie, de gestion déloyale, de collusion, de corruption et 

de blanchiment d'argent lors de la prise de contrôle des actifs du Groupe 

M. constitué des sociétés N. AS, L. AS et de Ieurs filiales. Ces actifs étaient 

partiellement de la propriété de l’Etat tchèque, lequel les gérait par 

l’intermédiaire de l’Agence tchèque de consolidation (ci-après: CKA) 

jusqu’à ce qu’ils soient vendus, le 20 décembre 2002, pour 

CZK 350’000'000.-- à la société suisse O. AG. Les actifs restants du 

Groupe M. ont été vendus sur la base d’un contrat de vente du 12 mars 

2003 à la société commerciale tchèque P. dont l’unique actionnaire était O. 

AG. 

 

Dans le cadre de la vente des actifs du Groupe M., le Gouvernement 

tchèque aurait été induit en erreur sur la véritable situation économique de 

ce Groupe et aurait ainsi approuvé la vente des actifs concernés, ce qui au-

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rait entraîné pour l’Etat tchèque la perte de sommes financières considé-

rables se chiffrant en centaines de millions de CZK. 

 

Au cours du processus de sélection du meilleur acquéreur, la société O. 

AG a pu obtenir, ou plus précisément on lui aurait donné la possibilité 

d’obtenir avant les autres concurrents des informations essentielles rela-

tives à la vente des actifs du Groupe M. Elle aurait en effet obtenu par 

avance le projet d'un «mémorandum d’information» qui comprenait des in-

dications détaillées concernant les différentes filiales de la société L. AS et 

devait servir de base pour la fixation de l’offre par les différents concur-

rents. Cette mise à disposition illicite de ce document se serait produite au 

moment où seules la CKA et la direction de la société L. AS I’avaient à leur 

disposition. Par ces agissements, on aurait fourni à un candidat à l’achat 

des actifs un avantage indu au détriment des autres intéressés. 

 

Après la prise de contrôle du Groupe M. par O. AG, les différentes filiales 

du Groupe lui ont fait parvenir des sommes financières considérables se 

chiffrant par centaines de millions CZK. Les autorités judiciaires tchèques 

soupçonnent qu’il s’agissait au moins en partie, de paiement des créances 

acquises par la société O. AG auprès de la CKA. Comme ces montants 

dépassent très largement la somme payée par O. AG pour l’acquisition des 

créances cédées, Ies autorités requérantes soupçonnent que ces créances 

n’étaient pas difficiles à recouvrer et que la situation économique dans les 

filiales pas aussi mauvaises que présentée dans la période précédant la 

vente. La direction de la société L. AS aurait ainsi induit en erreur le gou-

vernement tchèque en ce qui concerne la véritable situation économique 

de la société L. AS, ce qui l'aurait amené à approuver la vente des actifs 

concernés. 

 

En outre, les autorités judicaires tchèques soupçonnent que dans ce con-

texte et sur la base d’un contrat du 1er juillet 2002, O. AG aurait versé un 

montant de CZK 150'000'000.-- à la société Q. LTD, dont tout ou partie au-

rait pu être utilisé comme pot-de-vin pour influencer la procédure de sélec-

tion de l’acheteur, et cela aussi bien pour influencer certains membres des 

instances dirigeantes de la CKA que pour influer sur les activités de conseil 

consistant de fait en la sélection de l’acheteur, activité réalisée par la socié-

té R., laquelle a recommandé O. AG comme meilleur acheteur. 

 

L’autorité requérante a sollicité la production de la documentation bancaire 

des comptes en relation avec les fonds ayant permis l’acquisition de la so-

ciété L. AS ainsi qu’avec des transferts des entités du Groupe M. et des 

éventuels profits qui auraient pu en être tirés. 

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C. Par décision du 3 décembre 2012, l’Office fédéral de la justice (ci-après: 

OFJ) a délégué l’exécution de la présente demande d’entraide au MPC, le-

quel est entré en matière le 4 décembre 2012 (act. 8.2). Le 18 février 2014, 

il a ordonné que soient versées au dossier des copies de la documentation 

des comptes n° 1 de la société B. Ltd auprès de la banque S., ces pièces 

ayant été éditées dans le cadre d’une procédure pénale helvétique con-

nexe (EAII.04.0336). Le 3 mars 2014, les sociétés concernées ont indiqué 

au MPC refuser la transmission simplifiée de la documentation bancaire 

(act. 8.4). 

 

 

D. Le MPC a rendu des décisions de clôture le 4 juillet 2014 acceptant la de-

mande d'entraide du 30 novembre 2012. Il a ainsi ordonné, s'agissant de 

B. Ltd et de A. Ltd (act. 1.2) la remise de la documentation relative aux re-

lations bancaires dont ces derniers disposaient. 

 

 

E. Par mémoire commun, les sociétés précitées ont recouru le 5 août 2014 

contre lesdites ordonnances de clôture (act. 1). Elles ont pris les conclu-

sions suivantes: 

« Préalablement: 

Ordonner l'apport de la procédure SK.2011.24 et SV.11.0016 dans la présente 

procédure.  

 Principalement:  

1.  Admettre le présent recours.  

2.  Annuler les décisions de clôture et d'admission d'entraide rendues le 4 juillet 

2014 par le Ministère public de la Confédération autorisant la transmission à 

la République tchèque (sic!) les documentations bancaires en lien avec les re-

lations suivantes;  

a) Compte banque S. No 1  

b) Compte banque S. No 2 

3.  Condamner le Ministère public de la Confédération en tous les frais et dé-

pens, lesquels comprendront une indemnité pleine allouée aux Conseils des 

sociétés A. LTD et B. LTD (B. PLC).»  

Pour motifs, elles invoquent en substance une violation des exigences for-

melles de la demande d'entraide, des principes de la double incrimination, 

de celui du «ne bis in idem» et de la proportionnalité. Elles font valoir enfin 

l'inopportunité des décisions entreprises.  

 

 

http://links.weblaw.ch/BSTGER-SK.2011.24

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F. Dans sa réponse du 1er septembre 2014, l'OFJ se rallie au contenu des dé-

cisions querellées et renonce à déposer des observations (act. 7).  

 

Le même jour, le MPC conclut au rejet du recours dans la mesure de sa 

recevabilité, sous suite de frais (act. 8).  

 

Dans leur réplique du 18 septembre 2014, les recourantes persistent dans 

leurs conclusions (act. 10).  

 

 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris 

si nécessaire dans les considérants en droit.  

 

 

 

 

La Cour considère en droit: 

 

1. La Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral est compétente pour con-

naître des recours dirigés contre les décisions de clôture de la procédure 

d'entraide rendues par les autorités cantonales ou fédérales d'exécution et, 

conjointement, contre les décisions incidentes (art. 25 al. 1 et 80 e al. 1 de 

la loi fédérale internationale en matière pénale [EIMP; RS 351.1], mis en 

relation avec l'art. 37 al. 2 let. a ch. 1 de la loi fédérale sur l'organisation 

des autorités pénales de la Confédération [LOAP; RS 173.71] et l'art. 19 du 

règlement sur l'organisation du Tribunal pénal fédéral [ROTPF; 

RS 173.713.161]).  

 

2. L'entraide judiciaire entre la République tchèque et la Confédération suisse 

est régie par la Convention européenne d'entraide judiciaire en matière pé-

nale et ses protocoles additionnels (CEEJ; RS 0.351.1 et suivants). Les  

art. 48 ss de la Convention d'application de l'Accord Schengen du 14 juin 

1985 (CAAS; n° CELEX 42000A0922(02); Journal officiel de l'Union euro-

péenne L 239 du 22 septembre 2000, p. 19 à 62; publication de la Chancel-

lerie fédérale, «Entraide et extradition») trouvent également application en 

l'espèce. Les dispositions de ces traités l'emportent sur le droit autonome 

qui régit la matière, soit l'EIMP et son ordonnance d'exécution (OEIMP; 

RS 351.11). Le droit interne reste toutefois applicable aux questions non 

réglées, explicitement ou implicitement, par le traité et lorsqu'il est plus fa-

vorable à l'entraide (ATF 137 IV 33 consid. 2.2.2; 136 IV 82 consid. 3.1; 

124 II 180 consid. 1.3; 129 II 462 consid. 1.1; arrêt du Tribunal pénal fédé-

http://links.weblaw.ch/ATF-124-II-180
http://links.weblaw.ch/ATF-129-II-462

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ral RR.2010.9 du 15 avril 2010, consid. 1.3). L'application de la norme la 

plus favorable doit avoir lieu dans le respect des droits fondamentaux  

(ATF 135 IV 212 consid. 2.3; 123 II 595 consid. 7c). 

 

3.  

3.1 Aux termes de l'art. 80h let. b EIMP, a qualité pour recourir en matière d'en-

traide quiconque est personnellement et directement touché par une me-

sure d'entraide et a un intérêt digne de protection à ce qu'elle soit annulée 

ou modifiée. La qualité pour recourir est reconnue à la personne physique 

ou morale directement touchée par l'acte d'entraide. Selon l'art. 9a let. a 

OEIMP, est notamment réputé personnellement et directement touché au 

sens de l'art. 21 al. 3, et 80h EIMP, en cas d'informations sur un compte, le 

titulaire du compte. Sur la base de ces principes, la qualité pour recourir est 

reconnue aux sociétés recourantes en tant que titulaires des relations ban-

caires visées par les décisions de clôture. 

3.2 Les autres conditions de recevabilité étant remplies, il y a lieu d'entrer en 

matière. 

 

4.  

4.1 Les recourantes font valoir en substance d'abord que la requête d'entraide 

déposée par les autorités tchèques le 30 novembre 2012 ne satisfait pas 

aux conditions formelles d'un tel acte. Selon elles, cette demande ne serait 

pas fondée sur la procédure nationale tchèque, mais alimentée exclusive-

ment par des faits ressortant des demandes d'entraide judiciaires émanant 

des autorités suisses. Elles soutiennent au surplus que la demande d'en-

traide reproduit l'acte d'accusation que le MPC a produit devant la Cour des 

affaires pénales dans le cadre de l'affaire "MUS" impliquant les personnes 

actuellement prévenues en République tchèque. La demande invoquerait 

le fait que les personnes mises en cause se seraient rendues coupables 

d'escroquerie, de blanchiment et de corruption (active et passive) sans dé-

tailler les accusations proférées. En outre, le seul élément concret qu'elle 

contient aurait fait l'objet du jugement de la Cour des affaires pénales et au-

rait abouti à des acquittements définitifs et exécutoires. 

4.2 Aux termes de l'art. 14 CEEJ en l'occurrence applicable, la demande d'en-

traide doit notamment indiquer l'autorité dont elle émane (ch. 1 let. a), son 

objet et son but (ch. 1 let. b), dans la mesure du possible l'identité et la na-

tionalité de la personne en cause (ch. 1 let. c) ainsi que l'inculpation et un 

exposé sommaire des faits (ch. 2). Ces indications doivent permettre à 

http://links.weblaw.ch/BSTGER-RR.2010.9
http://links.weblaw.ch/ATF-123-II-595

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l'autorité requise de s'assurer que l'acte pour lequel l'entraide est deman-

dée est punissable selon le droit des parties requérante et requise (art. 5 

ch. 1 let. a CEEJ), qu'il ne constitue pas un délit politique ou fiscal (art. 2 

ch. 1 let. a CEEJ), et que le principe de la proportionnalité est respecté 

(ATF 118 Ib 111 consid. 5b et les arrêts cités). L'art. 28 al. 2 EIMP pose 

des exigences similaires. Selon la jurisprudence, l'on ne saurait exiger de 

l'Etat requérant un exposé complet et exempt de toute lacune, puisque la 

procédure d'entraide a précisément pour but d'apporter aux autorités de 

l'Etat requérant des renseignements au sujet des points demeurés obscurs 

(ATF 117 Ib 64 consid. 5c p. 88 et les arrêts cités). L'autorité suisse saisie 

d'une requête d'entraide en matière pénale n'a pas à se prononcer sur la 

réalité des faits évoqués dans la demande; elle ne peut que déterminer si, 

tels qu'ils sont présentés, ils constituent une infraction. Cette autorité ne 

peut s'écarter des faits décrits par l'Etat requérant qu'en cas d'erreurs, la-

cunes ou contradictions évidentes et immédiatement établies (ATF 126 II 

495 consid. 5e/aa; 118 Ib 111 consid. 5b). L'exposé des faits ne doit pas 

être considéré comme un acte d'accusation, mais comme un état des 

soupçons que l'autorité requérante désire vérifier. Sauf contradictions ou 

impossibilités manifestes, ces soupçons n'ont pas à être vérifiés dans le 

cadre de la procédure d'entraide judiciaire (arrêt du Tribunal fédéral 

1A.297/2004 du 17 mars 2005, consid. 2.1). Enfin, à teneur de l'art. 28 al. 6 

EIMP, l'autorité compétente peut exiger qu'une demande irrégulière en la 

forme soit modifiée ou complétée. Il appartient en effet à la logique même 

de la coopération internationale que, face à une requête encore insuffisante 

ou à des incompréhensions des autorités saisies de la demande de coopé-

ration, l'Etat requis invite l'autorité requérante à compléter sa demande (ar-

rêt du Tribunal pénal fédéral RR.2012.198 du 16 janvier 2013, consid. 2.3). 

4.3 In concreto, la demande du 30 novembre 2012 indiquait qu'elle s'ap-

puyait certes sur des éléments ressortant des différentes demandes 

d'entraide judiciaires helvétiques (act. 1.5 p. 2), mais également sur des 

informations recueillies par le biais de la procédure nationale tchèque 

ouverte en 2012 (act. 1.5 p. 2). Il apparaît ainsi que les autorités 

tchèques disposaient d'éléments propres pour fonder leur demande d'en-

traide. Il convient de relever au surplus que l'art. 28 EIMP n'exige pas que 

l'autorité requérante pour sa demande d'entraide se fonde sur ses propres 

recherches. Pour l'octroi de l'entraide, savoir si les données factuelles figu-

rant dans la demande proviennent de l'autorité requérante ou d'informa-

tions ressortant aux demandes d'entraide helvétiques n'a aucune impor-

tance (cf. arrêt du Tribunal fédéral 1C_126/2014 du 16 mai 2014, 

consid. 4.3 et références citées). Il est vrai que le 29 novembre 2012, le 

MPC a précisé aux autorités requérantes que leurs demandes d'entraide 

des 19 et 20 septembre 2012 étaient problématiques dans la mesure où 

http://links.weblaw.ch/ATF-118-IB-111
http://links.weblaw.ch/ATF-117-IB-64
http://links.weblaw.ch/ATF-126-II-495
http://links.weblaw.ch/ATF-126-II-495
http://links.weblaw.ch/ATF-118-IB-111
http://links.weblaw.ch/1A.297/2004
http://links.weblaw.ch/BSTGER-RR.2012.198
http://links.weblaw.ch/1C_126/2014

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elles faisaient référence à des pièces ressortant de l'acte d'accusation 

suisse et qu'elles ne pouvaient dès lors être exécutées (act. 1.15). Lesdites 

demandes d'entraide ne sont cependant pas l'objet des décisions de clô-

ture querellées. Par ailleurs, la demande du 30 novembre 2012 est suffi-

samment complète quant au descriptif des faits et des infractions pour les-

quels l'autorité requérante requiert des informations, tout en rappelant que 

ces éléments ne doivent pas être particulièrement détaillés. A cet égard, 

par exemple, les infractions évoquées ne se limitent pas à celle de corrup-

tion, mais également au blanchiment, à l'escroquerie ou encore, entre 

autres, à la collusion en lien avec une procédure d'appel d'offre publique ou 

de vente aux enchères publiques (act. 1.5.1 p. 1). Il convient de spécifier 

au surplus que l'on ne voit pas comment il eût été possible à l'autorité re-

quérante de préciser dans sa demande d'entraide - comme le requièrent 

les recourantes - «pour quelle raison les personnes acquittées en Suisse 

doivent être rejugées une seconde fois sur les mêmes faits en République 

tchèque» alors que la requête a été formulée près d'une année avant le ju-

gement de la Cour des affaires pénales ayant prononcé lesdits acquitte-

ments. 

4.4 Ces différents éléments permettent de retenir que la demande du 30 no-

vembre 2012 est formellement recevable. Mal fondé, le grief est inopérant.  

 

5.  

5.1 Les recourantes invoquent par ailleurs une violation du principe de la 

double incrimination. Elles allèguent en effet que l'infraction de corruption 

pour laquelle l'entraide a été requise, n'est pas réalisée. L'entraide doit par 

conséquent être refusée.  

5.2 La remise de documents est une mesure de contrainte au sens de l'art. 63 

al. 2 let. c EIMP, qui ne peut être ordonnée, selon l'art. 64 al. 1 EIMP mis 

en relation avec la réserve faite par la Suisse à l'art. 5 ch. 1 let. a CEEJ, 

que si l'état de fait exposé dans la demande correspond, prima facie, aux 

éléments objectifs d'une infraction réprimée par le droit suisse. L'examen 

de la punissabilité selon le droit suisse comprend les éléments constitutifs 

objectifs de l'infraction, à l'exclusion des conditions particulières du droit 

suisse en matière de culpabilité et de répression (ATF 124 II 184 consid. 

4b; 122 II 422 consid. 2a; 118 Ib 448 consid. 3a et les arrêts cités). Il n'est 

ainsi pas nécessaire que les faits incriminés revêtent, dans les deux légi-

slations concernées, la même qualification juridique, qu'ils soient soumis 

aux mêmes conditions de punissabilité ou passibles de peines équiva-

lentes; il suffit qu'ils soient réprimés, dans les deux Etats, comme des délits 

http://links.weblaw.ch/ATF-124-II-184
http://links.weblaw.ch/ATF-122-II-422
http://links.weblaw.ch/ATF-118-IB-448

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donnant lieu ordinairement à la coopération internationale (ATF 124 II 184 

consid. 4b/cc; 117 Ib 337 consid. 4a; 112 Ib 225 consid. 3c et la jurispru-

dence citée). La réunion des éléments constitutifs d'une seule infraction 

suffisent pour l'octroi de la «petite» entraide (v. ATF 125 II 569 consid. 6; 

arrêt du Tribunal fédéral 1C_138/2007 du 17 juillet 2007, consid. 2.3.2). 

Pour déterminer si la condition de la double incrimination est réalisée, le 

juge de l'entraide se fonde sur l'exposé des faits contenu dans la requête. Il 

est rappelé que l'autorité suisse saisie d'une requête n'a pas à se pronon-

cer sur la réalité des faits (ATF 107 Ib 264 consid. 3a; 1A.270/2006 du  

13 mars 2007, consid. 2.1; arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2008.69, 

consid. 3). 

5.3 L'escroquerie (art. 146 CP) se définit, au sens du droit suisse, comme le 

fait de celui qui, dans le dessein de se procurer ou de procurer à un tiers un 

enrichissement illégitime, induit astucieusement en erreur une personne 

par des affirmations fallacieuses ou par la dissimulation de faits vrais, ou 

exploite l'erreur dans laquelle se trouve une personne et détermine de la 

sorte la victime à des actes préjudiciables à ses intérêts pécuniaires ou à 

ceux d'un tiers (art. 146 ch. 1 CP). Une seule affirmation fallacieuse suffit, 

lorsque l'auteur soutient l'existence d'un fait qui en réalité n'existe pas. L'af-

firmation doit en principe porter sur un fait, passé ou actuel (ATF 122 II 428 

consid. 3a/bb); l'affirmation fausse peut également porter sur les intentions 

actuelles de l'auteur quant à son comportement futur (ATF 135 IV 78 con-

sid. 5.1). La tromperie peut consister non pas à affirmer un fait faux, mais à 

dissimuler un fait vrai. L'auteur peut également s'employer, en déployant 

une sorte de brouillard stratégique, à cacher la vérité, de manière à ce 

qu'elle ne soit pas découverte. Dans les deux cas, il s'agit d'une infraction 

par omission (CORBOZ, Les infractions en droit suisse, Vol. I, 3e éd., Berne 

2010, no 8 s. ad art. 146 CP et doctrine citée). La tromperie peut enfin con-

sister à conforter la dupe dans son erreur. En revanche, il n'est pas néces-

saire que le dommage soit définitif. Un dommage temporaire ou provisoire 

suffit car il faut se placer au moment de l'acte délictueux (ATF 102 IV 84 

consid. 4). De surcroît, le dommage peut aussi résulter de la différence ca-

chée entre la prestation fournie et celle qui était exigée selon le contrat 

(ATF 113 Ib 170 consid. 3c/bb). 

5.4 Dans les décisions querellées, le MPC ne se prononce pas spécifiquement 

sur la question de la double incrimination. Il ressort toutefois de la décision 

d'entrée en matière, qu'il a retenu que prima facie les faits décrits dans la 

commission rogatoire correspondent aux éléments constitutifs de l'escro-

querie, de la gestion déloyale, de l'exploitation de la connaissance de faits 

confidentiels, de la corruption d'agents publics suisses active et passive et 

du blanchiment d'argent (act. 1.18 p. 2). Il a ainsi retenu que les conditions 

http://links.weblaw.ch/ATF-124-II-184
http://links.weblaw.ch/ATF-117-IB-337
http://links.weblaw.ch/ATF-112-IB-225
http://links.weblaw.ch/ATF-125-II-569
http://links.weblaw.ch/1C_138/2007
http://links.weblaw.ch/ATF-107-IB-264
http://links.weblaw.ch/1A.270/2006
http://links.weblaw.ch/BSTGER-RR.2008.69
http://links.weblaw.ch/ATF-122-II-422
http://links.weblaw.ch/ATF-102-IV-84
http://links.weblaw.ch/ATF-113-IB-170

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de la double incrimination étaient remplies. Or, en l'espèce, il ressort de la 

commission rogatoire qu'il est notamment reproché aux prévenus d'avoir 

mis en œuvre une escroquerie au détriment de la République tchèque. 

Dans le cadre de la vente en décembre 2002 à O. AG des actifs propriétés 

de l'Etat tchèque et gérés par l'intermédiaire de la CKA, le Gouvernement 

tchèque aurait en effet été induit en erreur sur la véritable situation écono-

mique du Groupe M. et aurait ainsi approuvé la vente des actifs concernés 

à un prix inférieur à celui effectivement dû. Les actifs en question avaient 

d'un côté la forme de participations dans les sociétés de L. AS et de JJ. TS 

et d'un autre côté de créances de la société L. AS sur ses filiales. Au 

31 octobre 2002, la valeur nominale de ces actifs se chiffrait à 

CZK 4'923'950'000.-- alors qu'ils ont été cédés à O. AG  

pour CZK 350'000'000.-- Il est apparu qu'en analysant les flux de fonds 

postérieurs au rachat des créances par O. AG qu'en l'espace de cinq mois, 

les différentes filiales du groupe M. avaient déjà remboursé  

CZK 505'208'991.-- et plus de EUR 1'950'154.-- de leurs dettes alors 

qu'elles avaient été acquises au prix de CZK 150'000'000.--. Cela tendrait à 

laisser penser que ces créances n'étaient pas difficiles à recouvrer et que 

la situation économique des filiales du Groupe M. n'était pas aussi mau-

vaise que celle présentée par la direction du Groupe pendant la période 

précédant la vente des actifs. Cette dernière aurait ainsi induit en erreur le 

gouvernement tchèque à ce sujet. Par ailleurs, il appert que durant le pro-

cessus du meilleur acquéreur, O. AG se serait vue indûment privilégiée par 

rapport aux autres concurrents en obtenant par avance un «Mémorandum 

d'information» comprenant des éléments détaillés concernant les diffé-

rentes filiales de la société L. AS et devant servir de base pour la fixation 

de l'offre par les divers concurrents.  

5.5 Il y a lieu de constater que les différents éléments qui précèdent pourraient, 

sous l'angle de la double punissabilité, correspondre à première vue aux 

éléments constitutifs de l'escroquerie et ce, compte tenu notamment du fait 

que la situation économique effective du Groupe M. a été dissimulée à 

l'Etat tchèque ce qui aurait incité ce dernier à vendre ses actifs y relatifs à 

un prix qui semble nettement sous-évalué. C'est le lieu de rappeler que 

l'entraide peut être accordée si les éléments objectifs d'une seule infraction 

sont réalisés. Le grief doit dès lors être écarté. 

 

6.  

6.1 Les recourantes se prévalent également d'une violation du principe «ne bis 

in idem». Elles soutiennent en effet que les actes de corruption allégués 

dans la demande d'entraide ont déjà fait l'objet d'un acte d'accusation en 

- 11 - 

 

 

Suisse mais qu'ils ont définitivement été écartés par la Cour des affaires 

pénales dans son jugement du 10 octobre 2013 (SK.2011.24) pour le 

même complexe de faits que celui investigué en République tchèque. 

6.2 Le principe «ne bis in idem» signifie que nul ne peut être poursuivi ou puni 

à raison de faits pour lesquels il a déjà été acquitté ou condamné par un 

jugement définitif. En matière d'entraide, ledit principe est réglé à l'art. 66 

EIMP lequel spécifie que l'entraide peut être refusée si la personne réside 

en Suisse et si l'infraction qui motive la demande y fait déjà l'objet d'une 

procédure pénale (al. 1). L'entraide peut toutefois être accordée si la pro-

cédure ouverte à l'étranger n'est pas dirigée uniquement contre la per-

sonne poursuivie résidant en Suisse ou si l'exécution de la demande est de 

nature à la disculper (al. 2; arrêt du Tribunal pénal fédéral 

RR.2009.281/RP.2009.37 du 7 juillet 2010 consid. 3.2). Seule la personne 

potentiellement touchée par une possible violation du principe «ne bis in 

idem» a qualité pour soulever ce grief (cf. arrêt du Tribunal fédéral 

1A.5/2007 du 25 janvier 2008, consid. 2.4 et 3.5; arrêt du Tribunal pénal 

fédéral RR.2012.120 du 14 mars 2013, consid. 4.2). 

6.3 Les recourantes ne sont pas prévenues dans la procédure menée en Ré-

publique tchèque, elles ne peuvent donc se prévaloir de ce principe. Le 

grief est par conséquent inopérant. 

 

7.  

7.1 Les recourantes font valoir en outre la violation du principe de la proportion-

nalité. 

7.2 Selon ce principe, la question de savoir si les renseignements demandés 

sont nécessaires ou simplement utiles à la procédure pénale est en principe 

laissée à l'appréciation des autorités de poursuite de l'Etat requérant. L'Etat 

requis ne disposant généralement pas des moyens qui lui permettraient de 

se prononcer sur l'opportunité de l'administration des preuves acquises au 

cours de l'instruction étrangère, il ne saurait substituer sur ce point sa propre 

appréciation à celle des magistrats chargés de l'instruction. La coopération 

ne peut dès lors être refusée que si les actes requis sont manifestement 

sans rapport avec l'infraction poursuivie et impropres à faire progresser l'en-

quête, de sorte que la demande apparaît comme le prétexte à une recherche 

indéterminée de moyens de preuve (ATF 122 II 367 consid. 2c; arrêt du Tri-

bunal pénal fédéral RR.2009.33-36 du 25 juin 2009, consid. 3.1). Le principe 

de la proportionnalité interdit en outre à l'autorité suisse d'aller au-delà des 

requêtes qui lui sont adressées et d'accorder à l'Etat requérant plus qu'il n'a 

demandé. Cela n'empêche pas d'interpréter la demande selon le sens que 

http://links.weblaw.ch/BSTGER-SK.2011.24
http://links.weblaw.ch/BSTGER-RR.2009.281
http://links.weblaw.ch/BSTGER-RP.2009.37
http://links.weblaw.ch/1A.5/2007
http://links.weblaw.ch/BSTGER-RR.2012.120
http://links.weblaw.ch/ATF-122-II-367
http://links.weblaw.ch/BSTGER-RR.2009.33

- 12 - 

 

 

l'on peut raisonnablement lui donner. Le cas échéant, une interprétation 

large est admissible s'il est établi que toutes les conditions à l'octroi de l'en-

traide sont remplies; ce mode de procéder permet aussi d'éviter d'éven-

tuelles demandes complémentaires (ATF 121 II 241 consid. 3a; arrêt du Tri-

bunal pénal fédéral RR.2009.286-287 du 10 février 2010, consid. 4.1). Enfin, 

l'entraide vise non seulement à recueillir des preuves à charge, mais égale-

ment à décharge (arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2008.287 du 9 avril 

2009, consid. 2.2.4 et la jurisprudence citée). 

7.3 S'agissant de demandes relatives à des informations bancaires, il convient 

en principe de transmettre tous les documents qui peuvent faire référence au 

soupçon exposé dans la demande d'entraide; il doit exister un lien de con-

nexité suffisant entre l'état de faits faisant l'objet de l'enquête pénale menée 

par les autorités de l'Etat requérant et les documents visés par la remise 

(ATF 129 II 462 consid. 5.3; arrêts du Tribunal fédéral 1A.189/2006 du 7 fé-

vrier 2007, consid. 3.1; 1A.72/2006 du 13 juillet 2006, consid. 3.1). Les auto-

rités suisses sont tenues, au sens de la procédure d'entraide, d'assister les 

autorités étrangères dans la recherche de la vérité en exécutant toute me-

sure présentant un rapport suffisant avec l'enquête pénale à l'étranger. Lors-

que la demande vise, comme en l'espèce, à éclaircir le cheminement de 

fonds d'origine délictueuse, il convient d'informer l'Etat requérant de toutes 

les transactions opérées au nom des entités (personnes physiques ou mo-

rales) et par le biais des comptes impliqués dans l'affaire (ATF 121 II 241 

consid. 3c). L'utilité de la documentation bancaire découle du fait que l'autori-

té requérante peut vouloir vérifier que les agissements qu'elle connaît déjà 

n'ont pas été précédés ou suivis d'autres actes du même genre (cf. arrêts du 

Tribunal fédéral 1A.259/2006 du 26 janvier 2007, consid. 2.2; 1A.75/2006 du 

20 juin 2006, consid. 3.2; 1A.79/2005 du 27 avril 2005, consid. 4.2; 

1A.59/2005 du 26 avril 2005, consid. 6.2). 

7.4 Les autorités tchèques enquêtent pour escroquerie, blanchiment, corruption 

passive et corruption active, violation de l'obligation de gestion des biens 

d'autrui et collusions en lien avec une procédure d'appel d'offre publique ou 

de vente aux enchères publiques contre inconnus (act. 1.5.1). 

Les éléments qui figurent au dossier concernant les relations bancaires des 

personnes morales recourantes mettent en exergue le fait que chacune 

d'entre elles a été créditée à plusieurs reprises de sommes importantes pro-

venant du Groupe M.  

7.4.1 Ainsi, en ce qui concerne A. Ltd, les entrées de fonds sur la relation objet de 

la décision de clôture querellée proviennent pour l’essentiel de de la société 

CC. au titre de remboursement de prêts. Le compte en question a au de-

http://links.weblaw.ch/ATF-121-II-241
http://links.weblaw.ch/BSTGER-RR.2009.286
http://links.weblaw.ch/BSTGER-RR.2008.287
http://links.weblaw.ch/ATF-129-II-462
http://links.weblaw.ch/1A.189/2006
http://links.weblaw.ch/1A.72/2006
http://links.weblaw.ch/ATF-121-II-241
http://links.weblaw.ch/1A.259/2006
http://links.weblaw.ch/1A.75/2006
http://links.weblaw.ch/1A.79/2005
http://links.weblaw.ch/1A.59/2005

- 13 - 

 

 

meurant également été crédité de sommes importantes de la part d'entités 

du Groupe M.: notamment de KK. JS A.S. le 30 septembre 2003 et le 

1er octobre 2003 (pièces MPC act. 07-26-82-0028 et 07-26-82-0034), T. SRO 

du 6 mars 2003 au 29 août 2005 (pièces MPC act. 07-26-82-0154; 07-26-82-

0078; 07-26-82-0079; 07-26-82-0306; 07-26-82-0346; 07-26-82-0153; 07-26-

82-0184; 07-26-82-0210; 07-26-82-0238; 07-26-82-0280; 07-26-82-0325), 

AA. SRO les 5 avril 2004 et 22 décembre 2004 (pièces MPC act. 07-26-82-

0239; 07-26-82-0319), BB. SRO du 25 juin 2003 au 20 avril 2004 (pièces 

MPC act. 07-26-82-0160; 07-26-82-0220; 07-26-82-0256; 07-26-82-0078; 

07-26-82-0080; 07-26-82-0184), CC. SRO du 24 février 2006 au 1er juin 2006 

(pièces MPC act. 07-26-82-0368; 07-26-82-0382; 07-26-82-0388; 07-26-82-

0394), L. AS le 22 décembre 2005 (pièce MPC act. 07-26-82-0361), KK. JS 

A.S. du 4 juillet 2003 au 3 mai 2004 (pièces MPC act. 07-26-82-0124; 07-26-

82-0146; 07-26-82-0150; 07-26-82-0185; 07-26-82-0199; 07-26-82-0204; 07-

26-82-0262; 07-26-82-0079; 07-26-82-0080 ;07-26-82-0238) DD. SRO le 

2 octobre 2003 (pièce MPC act. 07-26-82-0157), EE. Les 22 décembre 2004 

et 14 janvier 2005 (pièces MPC act. 07-26-82-0313, 07-26-82-0333),  

FF. SRO du 16 juin 2003 au 13 août 2004 (pièces MPC act. 07-26-82-0108; 

07-26-82-0181;07-26-82-0291; 07-26-82-0078; 07-26-82-0079), de GG. 

SRO du 2 février 2005 au 29 septembre 2005 (pièces MPC act. 07-26-82-

0325; 07-26-82-0339; 07-26-82-0346). Il est dès lors possible que les ver-

sements en question soient liés au remboursement des créances acquises 

tel que précédemment mentionné (supra consid. 5.4). 

7.4.2 Quant à la relation bancaire de B. Ltd, elle a notamment été créditée, le 

1er avril 2003, de EUR 4'000'000.-- de la société HH. LTD, somme qui a été 

transférée à la même date en faveur de la société O. AG (pièce MPC  

act. 07-26-35-0023). Or, les deux sociétés sont mises en cause dans le pro-

cessus de l'acquisition du Groupe M. Par ailleurs, selon le formulaire des 

transactions inhabituelles, ce crédit de EUR 4'000'000.-- est à mettre en rela-

tion avec l’achat d’actions "M" (pièce MPC act. 07-26-73-0144). En outre, le 

même jour, O. AG achète CZK 40'000'000.-- pour un montant  

d'EUR 1'256'774.-- et effectue le jour même un versement d'un montant 

identique de son compte n° 3 auprès de la banque S. en faveur de O. AG sur 

le compte n°4 auprès de la banque II. à Prague (pièce MPC act. 07-26-73-

0149). A cet égard, il ressort du formulaire des transactions inhabituelles que 

ce transfert de couronnes tchèques sert à l'achat d’actions "M" (pièce MPC 

act. 07-26-73-0144). Enfin, le compte en cause a lui aussi été crédité à plu-

sieurs reprises par la société L. AS les 13 août 2004 (pièce MPC act. 07-26-

35-0028), 5 novembre 2004 (pièce MPC act. 07-26-35-0030), 29 et 30 avril 

2004, 7 juin 2004 (pièce MPC act. 07-26-35-0045), 12 juillet 2004 (pièce 

MPC act. 07-26-35-0047), ainsi que les 4 et 5 novembre 2004 (pièce MPC 

act. 07-26-35-0049). Il apparaît donc que des fonds ayant transité par le 

- 14 - 

 

 

compte de la recourante, soit un total de EUR 8’899’500.--, ont pu être utili-

sés dans le cadre de l’acquisition de la société L. AS en République tchèque 

et que des fonds provenant de cette entité y ont transité. 

7.4.3 Dans ces conditions, force est de reconnaître qu'il existe un rapport objectif, 

respectivement un «lien de connexité» suffisant entre les informations que 

l'autorité d'exécution entend transmettre en République tchèque et l'enquête 

qui y est diligentée. L'autorité requérante a dès lors intérêt à pouvoir prendre 

connaissance de la documentation d'ouverture et des extraits de compte, 

afin d'être informée de toute transaction susceptible de s'inscrire dans les 

montages mis en place par les prévenus sous enquête dans le pays requé-

rant. Ces informations sont sans conteste utiles à son enquête et lui permet-

tront d'instruire à charge comme à décharge, ce qui est conforme à la juris-

prudence (cf. arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2008.287 du 9 avril 2009, 

consid. 2.2.4 et la jurisprudence citée). Le grief de la violation du principe de 

la proportionnalité est ainsi privé d'assise.  

 

8.  

8.1 Dans un dernier grief, les recourantes invoquent l'inopportunité des déci-

sions de clôture. Elles estiment que le MPC aurait dû déclarer la demande 

d'entraide irrecevable au vu du jugement rendu par la Cour des affaires pé-

nales qui se serait prononcée sur le même complexe de faits et aurait défini-

tivement acquitté les accusés en lien avec le volet relatif au Groupe M. Selon 

elles, cela aurait au demeurant permis au MPC de choisir une solution radi-

calement différents et plus opportune, les recourantes étant au bénéfice d'un 

jugement exécutoire empêchant l'Etat requérant de les poursuivre une nou-

velle fois. 

8.2 Bien que ce motif de recours ne soit pas mentionné à l'art. 80i EIMP, con-

formément à sa jurisprudence, la Cour de céans examine également l'oppor-

tunité de la décision attaquée, en application de l'art. 49 let. c PA  

(arrêts du Tribunal pénal fédéral RR.2013.163 du 17 juillet 2013, consid. 4 et 

RR.2007.27 du 10 avril 2007, consid. 2.2). 

8.3 Tel que formulé, le grief relatif à l'inopportunité des décisions de clôture se 

recoupe implicitement avec celui du principe «ne bis in idem» traité précé-

demment (supra consid. 6). Il convient donc de l'écarter. On rappellera que 

la République tchèque a adressé ses demandes d'entraide en étant parfai-

tement informée des procédures ouvertes en Suisse. Ne pas y donner suite, 

sans qu'une raison formelle de refus d'entraide ne soit réalisée, équivaudrait 

à ne pas respecter les engagements internationaux pris par la Suisse en ma-

tière d'entraide internationale vis-à-vis de l'Etat requérant. 

http://links.weblaw.ch/BSTGER-RR.2008.287
http://links.weblaw.ch/BSTGER-RR.2013.163
http://links.weblaw.ch/BSTGER-RR.2007.27

- 15 - 

 

 

9. Les développements qui précèdent conduisent au rejet du recours. 

 

10. En règle générale, les frais de procédure comprenant l'émolument d'arrêté, 

les émoluments de chancellerie et les débours sont mis à la charge de la 

partie qui succombe (art. 63 al. 1 de la loi fédérale sur la procédure adminis-

trative [PA; RS 172.021]). Le montant de l'émolument est calculé en fonction 

de l'ampleur et de la difficulté de la cause, de la façon de procéder des par-

ties, de leur situation financière et des frais de chancellerie (art. 73 al. 2 

LOAP). Les recourantes qui succombent supporteront solidairement les frais 

du présent arrêt fixés à CHF 6'000.--, réputés couverts par les avances de 

frais acquittées (art. 73 al. 2 LOAP et art. 8 al. 3 du règlement du Tribunal 

pénal fédéral sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la procé-

dure pénale fédérale [RFPPF; RS 173.713.162] et art. 63 al. 5 PA). 

 

 

 

 

 

 

- 16 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Le recours est rejeté. 

 

2. Un émolument de CHF 6'000.--, réputé couvert par les avances de frais ac-

quittées, est mis à la charge solidaire des recourantes. 

 

 

Bellinzone, le 4 mai 2015 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le président: La greffière:  

 

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Me Reza Vafadar, avocat 

- Ministère public de la Confédération 

- Office fédéral de la justice, Unité Entraide judiciaire 

 

 

 

Indication des voies de recours 

Le recours contre une décision en matière d’entraide pénale internationale doit être déposé devant 
le Tribunal fédéral dans les 10 jours qui suivent la notification de l’expédition complète (art. 100  
al. 1 et 2 let. b LTF). 
 
Le recours n’est recevable contre une décision rendue en matière d’entraide pénale internationale 
que s’il a pour objet une extradition, une saisie, le transfert d’objets ou de valeurs ou la 
transmission de renseignements concernant le domaine secret et s’il concerne un cas 
particulièrement important (art. 84 al. 1 LTF). Un cas est particulièrement important notamment 
lorsqu’il y a des raisons de supposer que la procédure à l’étranger viole des principes 
fondamentaux ou comporte d’autres vices graves (art. 84 al. 2 LTF).