# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a801e09d-c2f4-5349-8ee7-30c149c9fb15
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2019-08-15
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 15.08.2019 A/2665/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-2665-2018_2019-08-15.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/2665/2018-CS DCSO/337/19 

DECISION 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre de surveillance 
des Offices des poursuites et faillites 

DU JEUDI 15 AOUT 2019 

 

Plainte 17 LP (A/2665/2018-CS) formée en date du 9 juillet 2018 par A______. 

 

* * * * * 

 

Décision communiquée par courrier A à l'Office concerné 

et par plis recommandés du greffier du  15 août 2019 
à : 

- A______ 
Département Contentieux 
______ 
______. 

- B______ 
c/o M. C______ 
______ 
______. 

- Office cantonal des poursuites. 

 

 

- 2/9 - 
 

 

A/2665/2018-CS 

EN FAIT 

A. a. B______, né le ______ 1977 et de nationalité suisse, est propriétaire de 

l'immeuble immatriculé sous n° 1______ de la commune de D______ [GE], 

section E______, soit une part de copropriété par étages n° 2______ de 

l'immeuble n° 1______ de la commune de D______, section E______,  

sis [nos.] ______ [rue] 3______. Cette part de copropriété comporte le droit 

exclusif de jouir d'un appartement de 114 m² avec pour dépendances une cave et 

un box en sous-sol. 

b. L'acquisition par B______ de l'immeuble n° 1______ de la parcelle de 

D______, section E______ (ci-après : l'appartement), intervenue en 2011, a été 

financée à hauteur de 400'000 fr. par un crédit hypothécaire octroyé par la 

[banque] A______. Selon cette dernière, le solde de 950'000 fr. serait provenu 

d'un prêt sans intérêts consenti à B______ par F______, née le ______ 1980 et de 

nationalité suisse. En février 2012, B______ aurait remboursé ce second prêt à 

hauteur de 385'000 fr. grâce à une augmentation correspondante du crédit 

hypothécaire consenti par A______, de telle sorte qu'il resterait devoir, en capital, 

785'000 fr. à A______ (400'000 fr. + 385'000 fr.) et 565'000 fr. (950'000 fr. – 
385'000 fr.) à F______. 

c. Dès 2016 au plus tard, l'appartement a été remis en location pour un loyer dont 

le montant ne ressort pas de la procédure. 

d. Statuant le 17 décembre 2012 dans le cadre de la procédure pénale  

n° P/4______/2012 dirigée – notamment – contre B______ pour des faits ne 
ressortant pas du dossier, le Ministère public a ordonné le séquestre de 

l'appartement. Par courrier adressé le 24 mai 2016 à la locataire, il l'a informée 

que ce séquestre s'étendait également aux revenus provenant de la location de 

l'appartement et l'a donc invitée à s'acquitter dorénavant desdits loyers en ses 

mains. 

Invité par la Chambre de céans, dans le cadre de l'instruction de la présente 

plainte, à préciser les motifs pour lesquels l'appartement avait été séquestré 

pénalement, le Ministère public a indiqué par lettre datée du 29 mars 2019 que 

l'appartement et les revenus en provenant avaient été séquestrés au titre de produit 

de l'infraction (non déterminée) reprochée à B______ dans le cadre de la 

procédure pénale conduite à son encontre, et non afin de garantir le recouvrement 

d'une éventuelle créance compensatrice au sens de l'art. 71 CP. 

e. Par courrier daté du 2 novembre 2016 adressé à B______, A______ a dénoncé 

au remboursement le crédit hypothécaire octroyé à ce dernier et l'a en 

conséquence invité à lui rembourser d'ici au 14 novembre 2016 la somme de 

796'674 fr. 20. Par le même courrier, elle a également dénoncé au remboursement 

pour le 31 mai 2017 les deux cédules hypothécaires de 400'000 fr. chacune 

grevant l'appartement, qui lui avaient été remises en garantie. 

- 3/9 - 
 

 

A/2665/2018-CS 

Faute de paiement de la part de B______, A______ a engagé à son encontre, le  

11 septembre 2017, une procédure en réalisation de gage immobilier portant sur 

l'appartement, fondée sur les deux cédules hypothécaires dont elle disposait. Elle 

n'a pas sollicité que le gage comprenne les loyers et fermages, au sens de l'art. 152 

al. 2 LP. 

Le commandement de payer, poursuite n° 5______, a été notifié le 3 octobre 2017 

à C______ pour le compte de B______. Il n'a pas été frappé d'opposition. 

Le 6 avril 2018, A______ a requis la vente de l'objet du gage. 

f. Après avoir été informé par l'avocat de B______ que les loyers de l'appartement 

faisaient l'objet d'une saisie pénale, et donc étaient versés directement en mains du 

Ministère public, l'Office a à son tour, par lettre datée du 3 mai 2018, porté ce fait 

à la connaissance de la poursuivante et lui a indiqué qu'en conséquence la gérance 

légale se limiterait à la vérification de la couverture d'assurance de l'immeuble de 

base, ce qui excluait implicitement la perception des loyers. 

g. Par courrier daté du 15 juin 2018 adressé à l'Office, A______, se référant à un 

entretien téléphonique avec le collaborateur de ce dernier traitant le dossier, a 

indiqué avoir "pris note que A______, en sa qualité de créancière gagiste de 

premier rang, se verra verser en priorité le produit de la vente de l'immeuble 

[l'appartement], en remboursement de sa créance, le séquestre pénal ne créant 

pas de droit de préférence en faveur de l'Etat lors de l'exécution forcée de la 

créance compensatoire (article 71 al. 3 LP)". Alléguant ensuite que le Ministère 

public "ne saurait bénéficier d'aucun droit de priorité, ni de participation, 

postérieurement à notre réquisition de vente", elle a invité l'Office à lui confirmer 

"par écrit, le cas échéant par une décision, que tant le produit de la vente de 

l'appartement en question que les loyers saisis depuis le 6 avril 2018 seront 

attribués exclusivement à notre établissement". 

Dans sa réponse datée du 4 juillet 2018, l'Office, se référant au séquestre des 

loyers ordonné par le Ministère public, a indiqué persister dans les termes de son 

courrier daté du 3 mai 2018. 

B. a. Par courrier daté du 9 juillet 2018 adressé vraisemblablement à la même date à 

l'Office, A______ a invité celui-ci à revenir sur sa "décision" datée du 4 juillet 

2018, dont elle comprenait que les revenus locatifs de l'appartement générés 

depuis le dépôt de la réquisition de vente ne lui seraient pas distribués en raison 

du séquestre pénal. Selon elle en effet, cette opinion violait l'art. 806 al. 1 et 3 CC 

dont les normes de l'exécution forcée, lesquelles demeuraient applicables en 

présence d'un séquestre visant à garantir le recouvrement d'une créance 

compensatoire au sens de l'art. 71 CP, devaient assurer la mise en œuvre. 

Au terme de son courrier, A______ indiquait que, si l'Office n'entendait pas lui 

donner une suite favorable, il devait être considéré comme une plainte au sens de 

l'art. 17 LP et transmis en tant que telle à l'autorité de surveillance. 

- 4/9 - 
 

 

A/2665/2018-CS 

b. Par pli du 7 août 2018, l'Office a transmis à la Chambre de céans, comme 

relevant de sa compétence, le courrier de A______ daté du 9 juillet 2018. 

c. Dans ses observations datées du 3 septembre 2018, l'Office a conclu à 

l'irrecevabilité de la plainte, subsidiairement à son rejet. 

Selon lui, sa lettre datée du 4 juillet 2018 ne faisait que confirmer celle datée du  

3 mai 2018, avec pour conséquence qu'elle ne faisait pas courir un nouveau délai 

de plainte. 

Sur le fond, les actifs séquestrés pénalement échappaient à l'exécution forcée en 

vertu de l'art. 44 LP. 

d. Le 1er mars 2019, la Chambre de surveillance a communiqué à la plaignante, à 

l'Office et à B______ la réponse du Ministère public à sa demande d'information 

sur les motifs pour lesquels le séquestre pénal avait été ordonné (cf. ci-dessus  

let. A.d), et leur a imparti un délai pour se déterminer. 

B______ ne s'est pas déterminé dans le délai imparti, ni plus tard. 

Par courrier daté du 3 mai 2019, l'Office a persisté dans ses conclusions et son 

argumentation. 

Par détermination datée du 1er mai 2019, A______ a elle aussi persisté dans ses 

conclusions. S'agissant de la recevabilité de sa plainte, elle a estimé que la 

décision contestée était nulle en ce qu'elle violait les dispositions de la LP 

régissant l'ordre de désintéressement des créanciers, lesquelles étaient édictées 

dans l'intérêt public, avec pour conséquence que la plainte était recevable. Sur le 

fond, elle a soutenu que le séquestre pénal supposé viser le produit de l'infraction 

– non déterminée – reprochée à B______ ne pouvait porter sur un montant 
supérieur à 565'000 fr., soit celui des fonds propres investis par celui-ci dans 

l'appartement. Le droit de gage dont elle bénéficiait de par la loi sur les revenus 

locatifs était par ailleurs absolu, de telle sorte qu'un séquestre pénal confiscatoire, 

même prononcé antérieurement, ne pouvait y faire obstacle. 

e. La cause a été gardée à juger le 20 mai 2019.   

EN DROIT 

1. 1.1.1 La voie de la plainte au sens de l'art. 17 LP est ouverte contre les mesures de 

l'Office ne pouvant être contestées par la voie judiciaire (al.1), ainsi qu'en cas de 

déni de justice ou de retard à statuer (al. 3). L'autorité de surveillance doit par 

ailleurs constater, indépendamment de toute plainte et en tout temps (ATF  

136 III 572 consid. 4), la nullité des mesures de l'Office contraires à des 

dispositions édictées dans l'intérêt public ou dans l'intérêt de personnes qui ne sont 

pas parties à la procédure (art. 22 al. 1 LP). 

 Par mesure de l'Office, il faut entendre tout acte matériel d'autorité accompli par 

l'Office en exécution d'une mission officielle dans une affaire concrète, ayant pour 

objet la continuation ou l'achèvement de la procédure d'exécution forcée et 

- 5/9 - 
 

 

A/2665/2018-CS 

produisant des effets externes (ATF 116 III 91 consid. 1). Ne constituent en 

conséquence pas des mesures sujettes à plainte la simple confirmation d'une 

décision déjà prise, une communication de l'Office sur ses intentions ou un avis 

(ERARD, in CR LP, 2005, n° 10 ad art. 17 LP). 

 1.1.2 La plainte doit être déposée, sous forme écrite et motivée (art. 9 al. 1 et 2 

LaLP; art. 65 al. 1 et 2 LPA, applicable par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP), dans les 

dix jours de celui où le plaignant a eu connaissance de la mesure (art. 17 al. 2 LP). 

Elle peut également être déposée en tout temps en cas de nullité de l'acte contesté 

(art. 22 al. 1 LP), de retard à statuer et de déni de justice (art. 17 al. 3 LP). Une 

augmentation des conclusions après l'expiration du délai de plainte n'est pas 

admissible (arrêt du Tribunal fédéral 5A_326/2015 du14 janvier 2016 consid. 

2.2). 

 A qualité pour former une plainte toute personne lésée ou exposée à l'être dans ses 

intérêts juridiquement protégés, ou tout au moins touchée dans ses intérêts de fait, 

par une décision ou une mesure de l'office (ATF 138 III 628 consid. 4; 138 III 219 

consid. 2.3; 129 III 595 consid. 3; 120 III 42 consid. 3). 

 1.2 En l'occurrence, l'Office a informé la plaignante, par ses courriers datés des  

3 mai et 4 juillet 2018, de ce qu'il n'entendait pas, suite au dépôt le 6 avril 2018 de 

la réquisition de vente, pourvoir à la gérance et à l'exploitation de l'immeuble 

faisant l'objet du gage (art. 102 al. 3 LP, applicable à la poursuite en réalisation de 

gage immobilier par renvoi de l'art. 155 al. 1 LP) sous réserve de la question 

marginale de la vérification de l'existence d'une assurance couvrant l'immeuble de 

base. Il s'agit là d'une mesure au sens de l'art. 17 LP, dès lors que l'Office refuse 

de procéder aux démarches lui incombant normalement en vue de continuer la 

poursuite. Cette décision ne pouvant être contestée par la voie judiciaire, celle de 

la plainte auprès de l'autorité de céans était ouverte. Directement touchée dans ses 

intérêts juridiquement protégés, la plaignante a qualité pour agir par cette voie et 

son acte respecte la forme écrite et comporte une motivation. On en déduit par 

ailleurs que la plaignante souhaite l'annulation du refus de l'Office, ce qui 

constitue une conclusion suffisante. La plainte est donc, à ce stade, recevable. 

 Comme le relève l'Office, sa décision de ne pas pourvoir à la gérance de 

l'appartement – et donc de ne pas veiller à obtenir le versement en ses mains du 
rendement locatif net – ressort déjà de son courrier daté du 3 mai 2018. Son 
second courrier daté du 4 juillet 2018 n'apporte à cet égard rien de nouveau, si ce 

n'est qu'il mentionne expressément que les loyers ne seront pas "saisis" en faveur 

de la plaignante. Si donc celle-ci avait entendu contester la décision de l'Office, 

elle aurait dû le faire dans les dix jours à compter de la réception du courrier daté 

du 3 mai 2018, et non attendre la confirmation par l'Office de sa position, 

intervenue par lettre datée du 4 juillet 2018. La plainte paraît donc tardive. 

 C'est pour le surplus à tort que la plaignante soutient dans sa détermination datée 

du 1er mai 2019 que la décision attaquée aurait trait aux règles de la LP régissant 

- 6/9 - 
 

 

A/2665/2018-CS 

l'ordre de désintéressement des différents créanciers, de telle sorte que leur 

violation entraînerait sa nullité. La décision attaquée ne traite en effet pas d'une 

question de distribution d'actifs déjà réalisés mais concerne le stade antérieur de la 

réalisation – en l'espèce par l'encaissement de créances. Elle est par ailleurs 
fondée sur l'inapplicabilité supposée des règles de la LP, en vertu de l'art. 44 LP, à 

la réalisation d'actifs faisant l'objet d'un séquestre pénal. 

 On peut cela étant se demander si un refus de l'Office, fondé sur une application 

par hypothèse erronée de l'art. 44 LP, de réaliser un actif et d'en distribuer le 

produit aux créanciers en conformité des règles de la LP ne serait pas atteint de 

nullité en application de l'art. 22 al. 1 LP. Ces règles ont en effet été édictées dans 

l'intérêt public et dans celui de personnes non parties à la procédure de poursuite, 

en particulier des créanciers susceptibles de participer à une saisie et donc de 

bénéficier d'une quote-part du produit de réalisation de l'actif concerné. La 

question peut toutefois souffrir de demeurer ouverte en l'état au vu de l'issue de la 

procédure. 

 Il sera donc entré en matière sur la plainte nonobstant sa vraisemblable tardiveté. 

2. 2.1 Le gage grevant un immeuble donné à bail comprend également les loyers ou 

fermages qui ont couru depuis l'introduction de la poursuite en réalisation de gage 

jusqu'au moment de la réalisation (art. 806 al. 1 CC). Le créancier gagiste 

immobilier peut donc, lorsqu'il introduit une poursuite tendant à la réalisation de 

son gage, exiger que celui-ci comprenne également les loyers et fermages  

(art. 152 al. 2 1ère phrase LP). Lorsqu'une telle exigence est exprimée, l'Office 

prend les renseignements nécessaires et avise les éventuels locataires ou fermiers 

qu'ils devront désormais s'acquitter des loyers et fermages en ses mains (art. 152 

al. 2 2ème phrase LP; art. 91 ORFI). 

 A compter du dépôt de la réquisition de vente de l'objet du gage (art. 154 LP), 

l'Office est tenu, à moins que le créancier gagiste n'y ait expressément renoncé, de 

pourvoir à la gérance et à la culture de l'immeuble faisant l'objet du gage (art. 102 

al. 3 LP, applicable à la poursuite en réalisation de gage immobilier par renvoi de 

l'art. 155 al. 1 LP; art. 101 al. 1 ORFI). Dans le cadre de cette gérance, qu'il peut 

déléguer à un tiers (art. 16 al. 3 ORFI), l'Office veillera notamment à la rentrée 

des loyers et fermages (art. 17 ORFI). Ceux-ci serviront en premier lieu à couvrir 

les frais et dépenses de la gérance et à acquitter les éventuels subsides accordés au 

débiteur et à sa famille en application de l'art. 103 al. 2 LP, le solde pouvant faire 

l'objet de répartitions provisoires dans le cadre desquelles le créancier gagiste 

poursuivant est colloqué en première ligne (art. 22 al. 1 ORFI). 

 2.2.1 Selon les termes de l'art. 44 LP, la réalisation d'objets confisqués en vertu 

des lois fédérales ou cantonales en matière pénale ou fiscale s'opère en conformité 

avec ces lois. A teneur de la jurisprudence (ATF 115 III 1 consid. 3a), cette 

disposition s'applique également à la mise sous mains de justice, soit au séquestre, 

y compris ses conditions, son exécution et ses effets, sans qu'il importe à cet égard 

- 7/9 - 
 

 

A/2665/2018-CS 

que cette mesure porte sur des actifs qui ont été antérieurement saisis. Les 

conditions et les effets de la "confiscation" au sens de l'art. 44 LP doivent être 

jugés uniquement par les juridictions pénales ou fiscales compétentes selon les 

dispositions des lois pénales ou fiscales. Les autorités en matière de poursuite et 

faillite ne peuvent opposer à une "confiscation" pénale ou fiscale une décision qui 

leur soit propre en sens contraire, qui serait ensuite susceptible de plainte au sens 

de l'art. 17 LP. Seules sont réservées les "confiscations" qui seraient manifeste-

ment illicites selon la loi applicable et que les autorités de poursuite pourraient dès 

lors considérer comme nulles (ATF 107 III 113 consid. 1). Sous cette réserve, 

l'examen des conditions et les effets d'un séquestre pénal ou fiscal relèvent des 

autorités compétentes selon la législation pénale ou fiscale, les autorités en 

matière de poursuite et faillite ne pouvant qu'en prendre acte. C'est par la voie de 

la procédure pénale, respectivement fiscale, que les créanciers ou l'administration 

de la faillite pourront contester une "confiscation" à leurs yeux injustifiée. 

 2.2.2 En matière pénale, l'art. 44 LP s'applique à la confiscation des valeurs 

patrimoniales qui sont le résultat d'une infraction ou qui étaient destinées à décider 

ou à récompenser l'auteur d'une infraction, si elles ne doivent pas être restituées au 

lésé en rétablissement de ses droits (art. 70 al. 1 CP). Les éléments patrimoniaux 

confisqués – ou mis sous mains de justice en vue de leur confiscation future  
(art. 263 al. 1 let. d CPP) – échappent ainsi aux prescriptions de la LP, l'art. 44 LP 
conférant à l'Etat ou au lésé un droit de distraction par rapport aux autres 

créanciers (ATF 142 III 174 consid. 3.1.1). 

 L'art. 44 LP ne s'applique en revanche pas à la créance compensatrice que peut 

prononcer le juge pénal lorsque les valeurs patrimoniales à confisquer ne sont plus 

disponibles (art. 71 al. 1 1ère phrase CP; KRÜSI, in Kommentar zum SchKG, 2017, 

Kren Kostkiewicz/Vock [éd.], N 4 ad art. 44 LP). Le séquestre pénal ordonné aux 

fins de garantir le paiement d'une telle créance compensatrice ne crée ainsi pas de 

droit de préférence en faveur de l'Etat ou de l'attributaire de la créance 

compensatrice (art. 71 al. 3 CP), de telle sorte que ces derniers devront faire valoir 

cette dernière selon les règles de la LP sans jouir d'aucun privilège par rapport aux 

autres créanciers, sous réserve d'une participation de plein droit à la saisie en 

application analogique de l'art. 281 LP (ATF 142 III 174 consid. 3.1.2 et 3.4). 

 2.3 Dans le cas d'espèce, les éléments patrimoniaux faisant l'objet de la poursuite 

en réalisation de gage immobilier engagée par la plaignante ont été séquestrés 

pénalement en vue de leur confiscation au sens de l'art. 70 al. 1 CP et non, comme 

paraissait le considérer la plaignante lors du dépôt de la plainte, en vue de garantir 

l'exécution d'une créance compensatoire au sens de l'art. 71 al. 1 CP. Il en résulte 

que l'art. 44 LP s'applique, avec pour conséquence que les actifs séquestrés 

pénalement échappent à l'application des règles de la LP. La décision de l'Office 

refusant de pourvoir à la gérance de l'appartement, et notamment d'en percevoir 

les loyers, est donc bien fondée. 

- 8/9 - 
 

 

A/2665/2018-CS 

 Dans sa détermination datée du 1er mai 2019, la plaignante expose que le 

Ministère public ne pouvait procéder au séquestre en vue de confiscation de 

l'immeuble grevé de gage en sa faveur et de ses revenus locatifs, dès lors que les 

fonds propres investis par son propriétaire – faisant l'objet de la procédure pénale 
– ne couvraient qu'une partie du prix d'achat, et que son propre droit de gage 
devait être protégé. Certes, il n'est pas exclu à cet égard que les conditions du 

prononcé d'un séquestre pénal n'aient pas été réunies ou que, le moment venu, le 

juge renonce à prononcer la confiscation. Il n'en reste pas moins que les 

ordonnances de séquestre ont été prononcées par l'autorité pénale disposant de la 

compétence pour le faire selon les lois de procédure pénale applicables et qu'elle 

ne souffre pas de nullité absolue, ce que la plaignante ne prétend au demeurant 

pas. C'est donc devant les juridictions pénales, et conformément aux voies prévues 

par la procédure pénale, qu'elle aurait dû – le cas échéant devra (cf. ci-dessous 
consid. 2.4) – faire valoir ses arguments afin d'obtenir la levée de la mesure de 
séquestre, respectivement que la confiscation ne soit pas ordonnée. Pour sa part, 

l'Office ne pouvait que prendre acte du séquestre et en tirer les conséquences. 

 La plainte sera donc rejetée dans la mesure de sa recevabilité. 

 2.4 Selon l'art. 70 al. 2 CP, la confiscation n'est pas prononcée lorsqu'un tiers a 

acquis les valeurs susceptibles d'être confisquées dans l'ignorance des faits qui 

l'auraient justifiée, et cela dans la mesure où il a fourni une contre-prestation 

adéquate ou si la confiscation se révèle à son égard d'une rigueur excessive. Au 

sens de cette disposition, le terme "acquis" vise non seulement un droit de 

propriété, mais également un droit réel limité, comme un droit de gage. 

 Comme relevé ci-dessus, il appartiendra ainsi aux juridictions pénales de 

déterminer si et dans quelle mesure le droit de gage immobilier invoqué par la 

plaignante sur l'appartement et son revenu locatif fait obstacle à la confiscation de 

ces éléments patrimoniaux, et ce pour autant que les autres conditions d'une 

confiscation soient réalisées. 

 Il convient cela étant d'éviter que, si la confiscation de l'appartement et de son 

revenu locatif ne devait finalement pas être prononcée dans le cadre de la 

procédure pénale en cours, le poursuivi ne récupère la libre disposition de ces 

actifs, en particulier du revenu locatif, lequel fait lui aussi l'objet du gage. A cette 

fin, il appartiendra à l'Office d'intervenir en temps utile auprès des juridictions 

pénales afin d'attirer leur attention sur le fait que les revenus locatifs nets échus à 

compter du dépôt de la réquisition de vente, qu'il n'a pu encaisser en raison du 

séquestre pénal, doivent, s'ils ne sont pas confisqués, lui être remis dans le cadre 

de la poursuite en réalisation de gage immobilier engagée par la plaignante. 

3. La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61 al. 2 let. a 

OELP) et il ne peut être alloué aucuns dépens dans cette procédure (art. 62 al. 2 

OELP).    

* * * * * 

- 9/9 - 
 

 

A/2665/2018-CS 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre de surveillance : 

A la forme : 

Déclare recevable la plainte formée le 9 juillet 2018 par A______ dans la poursuite en 

réalisation de gage immobilier n° 5______.  

Au fond : 

La rejette. 

Siégeant : 

Monsieur Patrick CHENAUX, président; Messieurs Georges ZUFFEREY et  

Christian CHAVAZ, juges assesseurs; Madame Sylvie SCHNEWLIN, greffière. 

 

Le président : 
 

Patrick CHENAUX 

 La greffière : 
 

Sylvie SCHNEWLIN 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal 
fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la 

Chambre de surveillance des Offices des poursuites et des faillites, unique autorité 

cantonale de surveillance en matière de poursuite pour dettes et faillite (art. 126 LOJ). 

Il doit être déposé devant le Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les dix jours qui 

suivent la notification de l'expédition complète de la présente décision (art. 100 al. 1  

et 2 let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière de poursuite pour effets de change 

(art. 100 al. 3 let. a LTF). L’art. 119 al. 1 LTF prévoit que si une partie forme un 
recours ordinaire et un recours constitutionnel, elle doit déposer les deux recours dans 

un seul mémoire. Le recours doit être rédigé dans une langue officielle, indiquer les 

conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens de preuve, et être signé 

(art. 42 LTF).  

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.