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**Case Identifier:** 368bcc49-203f-59c1-8b0e-778434f3cb14
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-12-21
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 21.12.2022 P/23181/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-23181-2015_2022-12-21.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/23181/2015 ACPR/889/2022 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du mercredi 21 décembre 2022 

 

Entre 

A______, domicilié ______, comparant par Me B______, avocate, 

recourant, 

 

contre l'ordonnance de classement partiel rendu le 28 juin 2022 par le Ministère public, 

 

et 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimé.

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P/23181/2015 

EN FAIT : 

A. Par acte expédié le 4 juillet 2022, A______ recourt contre l'ordonnance du 28 juin 
2022, notifiée le 30 juin 2022, par laquelle le Ministère public, après avoir 
partiellement classé la procédure, a notamment refusé de lui allouer un montant à 
titre de réparation morale (chiffre 4 du dispositif) et de lui allouer un montant à titre 
de dépenses occasionnées pour l'exercice raisonnable de ses droits de procédure 
(ch. 5), et a fixé à CHF 11'837.40 l'indemnité due à son avocate au titre de 
l'assistance judiciaire (ch. 9). 

 Le recourant conclut à l'octroi d'une indemnité de CHF 10'800.- à titre de réparation 
du tort moral pour détention injustifiée, d'une indemnité de CHF 18'847.50 à titre de 
frais de défense du 1er avril 2015 au 23 avril 2017, et d'un montant supplémentaire de 
CHF 1'710.25 relatif à l'activité couverte par l'assistance judiciaire concernant une 
note d'honoraires du 12 juin 2020. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier : 

a. Le 1er avril 2015, dans la procédure P/1______/2015, A______, qui était alors 
assisté d'un conseil d'office dans le cadre d'une défense obligatoire, a été mis en 
prévention pour infractions aux art. 19 al. 1 et 2, 19a LStup et 305bis CP ainsi que 
pour escroquerie (art. 146 CP). 

Il lui était reproché de s'être livré à un trafic de stupéfiants lui ayant permis de 
réaliser un gain de CHF 86'000.-, d'avoir dissimulé, au domicile de sa compagne, 
22,5 grammes de haschich (art. 19 al. 1 et 2 LStup), ainsi que d'avoir consommé 
régulièrement de la marijuana et du haschich entre mars 2010 et mars 2015 
(art. 19a LStup). Il était également prévenu d'avoir caché lesdits CHF 86'000.- chez 
sa compagne (art. 305bis CP) et trompé astucieusement sa caisse de chômage en 
dissimulant ces gains. 

b. A______ a été détenu provisoirement du 30 mars au 22 mai 2015, soit 55 jours, 
en raison de soupçon de participation à un trafic de stupéfiants. À cette date, il a été 
libéré, avec des mesures de substitution, restées en place jusqu'au 28 avril 2017. 

c. Le 2 avril 2015, Me B______ s'est constituée comme défenseur de choix de 
A______ et le Ministère public a révoqué la défense d'office en la personne du 
précédent avocat, par ordonnance du 7 avril 2015. 

d. Le 7 décembre 2015, la présente procédure a été disjointe de la cause 
P/1______/2015. 

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P/23181/2015 

e. Le 19 décembre 2016, le Ministère public a informé le prévenu qu'il entendait 
rendre une ordonnance de classement partiel s'agissant du blanchiment d'argent et de 
l'infraction grave à la LStup et une ordonnance pénale s'agissant des autres 
infractions. Il l'a invité à lui transmettre ses conclusions en indemnisation. 

f. Par courrier du 10 février 2017, A______ a requis une indemnité au sens de 
l'art. 429 al. 1 let. c CPP de CHF 10'800.- pour le tort moral subi en raison de la 
détention "injustifiée" de 54 jours, une indemnité au sens de l'art. 429 al. 1 let. a CPP 
de CHF 17'388.-, TVA comprise, et un montant de CHF 216.- de frais. 

g.a.  Par ordonnance pénale et de classement partiel du 18 avril 2017, le Ministère 
public a condamné A______ pour escroquerie (art. 146 al. 1 CP) et infraction à 
l'art. 19 al. 1 LStup à une peine pécuniaire de 120 jours-amende, sous déduction de 
55 jours-amende correspondant à 55 jours de détention avant jugement, à CHF 30.- 
le jour. Il a classé les autres infractions de blanchiment d'argent et à l'art. 19 al. 1 et 
2 LStup en lien avec le trafic de stupéfiants. Il a refusé d'allouer à A______ une 
indemnité et/ou un montant à titre de réparation du tort moral (art. 430 al. 1 
let. c CPP) (ch. 2 du dispositif) et l'a condamné aux frais de la procédure, arrêtés à 
CHF 510.- (ch. 13). 

g.b. Le 1er mai 2017, A______ a formé opposition à l'ordonnance pénale et a interjeté 
recours contre l'ordonnance de classement partiel. 

g.c. Par arrêt du 30 janvier 2018 (ACPR/55/2018), la Chambre de céans a admis le 
recours de A______ contre l'ordonnance et annulé les ch. 2 et 13 du dispositif, 
constatant qu'en raison de la confusion induite par le prononcé d'une seule décision et 
par son défaut de motivation sur la question des frais de la procédure, elle n'était pas 
en mesure d'exercer son contrôle sur ce point. Elle a renvoyé la cause au Ministère 
public pour nouvelle décision sur ces points. 

h.a. Le 24 avril 2017, A______ a adressé une demande d'assistance juridique, 
expliquant ne plus avoir les moyens d'assumer sa défense privée, et a transmis les 
justificatifs requis les 19 et 23 mai 2017. 

h.b. Dans un rapport du 24 mai 2017, le Service de l'Assistance juridique a conclu 
qu'il ne pouvait pas se prononcer sur la demande d'assistance judiciaire. Il a relevé 
que la situation financière présentée par l'intéressé, qui déclarait percevoir, avec son 
épouse, un revenu mensuel de CHF 1'652.- depuis le 1er mars 2017 et supporter des 
charges mensuelles de CHF 4'021.95, n'était pas crédible. 

h.c. Le 22 décembre 2017, Me B______ a informé qu'elle avait cessé d'occuper. 

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h.d. Par ordonnance du 22 février 2018, vu les préventions d'escroquerie et 
d'infractions à l'art. 19 al. 1 LStup, le Ministère public a ordonné la défense d'office 
(art. 132 al. 1 let. a ch. 1 CPP) de A______ et désigné Me B______, avec effet au 
même jour. 

h.e. Par courriel du 23 février 2018, Me B______ a transmis au Ministère public 
copie de la demande d'assistance juridique du 24 avril 2017 et prié le Procureur 
d'accorder cette assistance avec effet rétroactif à cette date. 

h.f. Par arrêt du 17 juillet 2018 (ACPR/397/2018), la Chambre de céans a annulé 
l'ordonnance du 22 février 2018 et renvoyé la cause au Ministère public pour 
nouvelle décision, considérant que celui-ci admettait ne pas avoir statué sur la 
requête du 24 avril 2017, dans laquelle il laissait entendre que le recourant ne devait 
pas être mis au bénéfice d'une défense d'office faute d'avoir établi son indigence. 

i. Le 28 juin 2019, le Procureur a ordonné l'extension de l'instruction à l'infraction 
d'inobservation des prescriptions légales sur la comptabilité (art. 325 cum 29 CP) 
lorsqu'il était administrateur de C______ SA. 

j. Le même jour, il a désigné Me B______ comme défenseur d'office, toujours dans 
le cadre du régime de la défense obligatoire de A______, dès le 24 avril 2017. 

k.a. Par avis de prochaine clôture de l'instruction du 26 mai 2020, le Ministère public 
a informé A______ qu'il entendait rendre une ordonnance de classement – dans 
laquelle il statuerait à nouveau sur les chiffres 2 et 13 de l'ordonnance de classement 
partiel du 18 avril 2017 – concernant les infractions à l'art. 325 CP (cf. B.i) et à 
l'art. 19a LStup (cf. B.a et h.a), et une ordonnance pénale s'agissant de l'infraction à 
l'art. 19 al. 1 let. d LStup et des faits ayant consisté à tromper astucieusement sa 
caisse de chômage en dissimulant des gains intermédiaires d'un montant de 
CHF 86'000.- entre août 2013 et février 2015 (cf. B.a). 

k.b. Le 12 juin 2020, A______ a sollicité l'octroi d'une indemnité de CHF 18'847.50, 
plus CHF 216.- de frais de photocopies, pour les dépenses occasionnées par 
l'exercice raisonnable de ses droits de procédure du 1er avril 2015 au 23 avril 2017, et 
l'indemnisation, à hauteur de CHF 3'410.50 de l'activité déployée (à raison de 7h55 
au tarif horaire de CHF 400.-) pour son recours contre l'ordonnance de classement 
partiel du 18 avril 2017.  

l.a. Le 6 février 2021, A______ a été prévenu, dans la cause P/2802/2021, 
d'infraction à l'art. 19 al. 1 let. b et d LStup, pour avoir, du 25 ou 26 décembre 2020 
au 1er février 2021, détenu une quantité totale de 12,649 kg de marijuana à son 
domicile. 

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l.b.  Me B______ a été nommée d'office le même jour. 

l.c. A______ a été détenu provisoirement du 5 février au 19 mars 2021, soit durant 
42 jours, en raison de soupçon de participation à un trafic de stupéfiants liés à la 
découverte d'importantes quantités de marijuana à son domicile, qui s'est avérée être 
du CBD. 

m.  Le 9 février 2021, la cause P/2802/2021 a été jointe à la cause P/23181/2015. 

n.  Par avis de prochaine clôture du 22 décembre 2021, complémentaire à celui du 
26 mai 2020, le Ministère public a informé A______ qu'il entendait rendre une 
ordonnance pénale et une ordonnance de classement concernant l'infraction à l'art. 19 
al. 1 let. c LStup à raison des faits dont celui-ci a été prévenu le 6 février 2021 (cf. 
B.k.a). 

o. Le 19 janvier 2022, A______ a produit une note d'honoraires intermédiaire de 
son défenseur. 

p. Par ordonnance pénale du 28 juin 2022, le Ministère public a déclaré A______ 
coupable d'escroquerie et d'infraction à l'art. 19 al. 1 let. b et c LStup (chiffre 4 du 
dispositif), et l'a condamné à une peine pécuniaire de 180 jours-amende, sous 
déduction de 97 jours-amende correspondant à 97 jours de détention avant jugement 
(ch. 5). Le prévenu y a fait opposition. 

C. Dans son ordonnance querellée, le Ministère public a, en particulier, refusé 
l'indemnisation des jours de détention avant jugement, ceux-ci devant être considérés 
dans le cadre de l'ordonnance pénale. Par ailleurs, il appartenait au prévenu de 
requérir le bénéfice de l'assistance judiciaire dès le début d'activité de son conseil, de 
sorte qu'une indemnité fondée sur l'art. 429 CPP pour les frais de défense antérieurs 
au 24 avril 2017 n'était pas justifiée, le prévenu n'ayant pas établi une péjoration de 
sa situation financière dès cette dernière date (sic). Il se justifiait dès lors de 
n'indemniser que les activités de son conseil opérées dès le 24 avril 2017, 
correspondant à la date du dépôt de la demande d'assistance judiciaire. 

D. a. À l'appui de son recours, A______ soutient que sa détention provisoire subie en 
2015 avait été ordonnée pour des faits classés par ordonnances des 18 avril 2017 et 
28 juin 2022 et que ceux restant à juger ne justifiaient pas ladite détention, de sorte 
qu'une indemnisation devait intervenir sans attendre l'issue de la procédure relative à 
ces derniers faits. Dans le cadre de l'indemnité liée à l'assistance judiciaire, le 
Ministère public avait omis de statuer sur une partie de son activité. Enfin, il n'avait 
pas tenu compte des frais de défense antérieurs à l'octroi de l'assistance judiciaire.  

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b. Le Ministère public expose que le prévenu étant poursuivi pour d'autres faits, qui 
n'ont pas été classés, l'indemnisation des jours de détention illicite doit être traitée 
dans la décision finale. Le refus d'indemnisation, sur la base de l'art. 429 CPP, de 
l'activité d'un conseil déployée antérieurement à l'octroi de l'assistance judiciaire était 
conforme à la jurisprudence de la Chambre de céans. S'agissant de la note 
d'honoraires du 12 juin 2020, il avait été induit en erreur par le fait que ladite note 
n'avait pas été intégrée dans le décompte de l'assistance judiciaire et faisait état d'un 
tarif horaire de CHF 400.-, laissant accroire que l'activité facturée n'était pas couverte 
par l'assistance judiciaire.   

c. Dans sa réplique, A______ fait valoir que la jurisprudence citée par le Ministère 
public concerne des situations où le prévenu n'avait pas d'avocat de choix et 
impliquait uniquement qu'une même activité ne peut être indemnisée une fois sur la 
base de l'assistance juridique et une fois sur la base de l'art. 429 CPP. 

EN DROIT : 

1. 1.1. En tant qu'il a trait à l'indemnité pour détention injustifiée et à l'indemnité 
pour les dépenses occasionnées par l'exercice raisonnable de ses droits de procédure 
(art. 429 CPP), le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans 
le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner des points d'une 
ordonnance de classement sujets à recours auprès de la Chambre de céans 
(art. 322 al. 2, 393 al. 1 let. a CPP) et émaner du prévenu qui, partie à la procédure 
(art. 104 al. 1 let. a CPP), a qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé à 
la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP). 

1.2. En revanche, le recourant n'a pas d'intérêt juridiquement protégé à obtenir 
l'augmentation de l'indemnisation fixée en faveur de son conseil d'office (arrêts du 
Tribunal fédéral 6B_1395/2017 du 30 mai 2018 consid. 4.1; 6B_429/2017 du 
14 février 2018 consid. 4.1 et les références citées). Seul son conseil eût été habilitée 
à recourir (art. 135 al. 3 CPP). Dès lors, la conclusion du recourant, visant à ce qu'il 
soit statué sur une note d'honoraires liées à des activités couvertes par l'assistance 
judiciaire, est irrecevable. 

2. Le recourant reproche au Ministère public d'avoir refusé de l'indemniser pour les 
jours de détention avant jugement subis du 30 mars au 22 mai 2015. 

2.1.1.  Selon l'art. 429 al. 1 let. c CPP, si le prévenu est acquitté totalement ou en 
partie ou s'il bénéfice d'une ordonnance de classement, il a droit à une réparation du 
tort moral subi en raison d'une atteinte particulièrement grave à sa personnalité, 
notamment en cas de privation de liberté. 

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À teneur de l'art. 431 al. 2 CPP, en cas de détention provisoire et de détention pour 
des motifs de sûreté, le prévenu a droit à une indemnité ou à une réparation du tort 
moral lorsque la détention a excédé la durée autorisée et que la privation de liberté 
excessive ne peut être imputée sur les sanctions prononcées à raison d’autres 
infractions. 

2.1.2.  À teneur de l'art. 51 CP, le juge impute sur la peine la détention avant 
jugement subie par l'auteur dans le cadre de l'affaire qui vient d'être jugée ou d'une 
autre procédure. Un jour de détention correspond à un jour-amende.  

Une peine privative de liberté doit, si possible, être compensée avec la privation de 
liberté déjà intervenue, même dans une autre procédure, pour autant que cela soit 
possible (ATF 133 IV 150 consid. 5.1 p. 154 s.). L'atteinte à la liberté personnelle 
que représente la privation de liberté avant jugement est un préjudice qui trouve sa 
réparation dans l'imputation de la durée de celle-ci sur la peine prononcée ou, en cas 
d'acquittement, dans une indemnité (ATF 117 IV 404 consid. 2a p. 407; 113 IV 118 
consid. 2b p. 121). La question de l'indemnisation d'une détention injustifiée ne se 
pose donc, en principe, que si une imputation suffisante de cette détention sur une 
autre sanction, au sens de l'art. 51 CP, n'est plus possible. Tel est le cas lorsque le 
nombre de jours de détention dépasse celui des jours-amende prononcés (arrêt 
6B_558/2013 du 13 décembre 2013 consid. 1.6 in fine). L'indemnisation financière 
est ainsi subsidiaire à l'imputation, et le prévenu n'a pas le droit de choisir entre l'une 
ou l'autre (ATF 141 IV 236 consid. 3.3 p. 239; arrêt du Tribunal fédéral 6B_84/2014 
du 13 août 2014 consid. 5.1). 

2.2. En l'espèce, les jours de détention pour lesquels le recourant réclame une 
indemnité ont été déduits de la quotité de la sanction qui lui a été infligée par 
ordonnance pénale du 28 juin 2022, à laquelle celui-ci a fait opposition.  

Or, conformément à la jurisprudence susmentionnée, l'indemnisation d'une détention 
injustifiée est subsidiaire à l'imputation des jours de détention sur la quotité de la 
sanction infligée, de sorte qu'il est prématuré d'envisager une telle indemnisation 
avant l'issue des procédures diligentées par le Ministère public contre le recourant en 
qualité de prévenu. 

Par conséquent, ce grief sera rejeté. 

3. Le recourant conteste le refus de lui allouer une indemnité pour les dépenses 
occasionnées par l'exercice raisonnable de ses droits de procédure pour la période du 
1er avril 2015 au 23 avril 2017. 

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3.1.1. Aux termes de l'art. 429 al. 1 let. a CPP, le prévenu, acquitté totalement ou 
en partie ou qui bénéficie d'une ordonnance de classement, a droit à une indemnité 
pour les dépenses occasionnées par l'exercice raisonnable de ses droits de procédure. 

3.1.2. L'indemnité concerne les dépenses du prévenu pour un avocat de choix 
(ATF 138 IV 205 consid. 1 p. 206). Elle couvre en particulier les honoraires d'avocat, 
à condition que le recours à celui-ci procède d'un exercice raisonnable des droits de 
procédure (arrêt du Tribunal fédéral 6B_387/2013 du 8 juillet 2013 consid. 2.1, non 
publié aux ATF 139 IV 241). 

En revanche, le prévenu acquitté qui est au bénéfice de l'assistance judiciaire ne 
saurait prétendre à une indemnité pour frais de défense (ATF 138 IV 205 consid. 1 
p. 206). L'indemnisation due par l'État à son conseil est en effet exclusive de toute 
autre de la part du prévenu, et le défenseur d'office ne peut rien exiger d'autre de lui 
(arrêts du Tribunal fédéral 6B_353/2012 du 26 septembre 2012 consid. 3 et 
6B_45/2012 du 7 mai 2012 consid. 1.2).  

Cela étant, l'art. 132 al. 1 let. b CPP s'applique aussi à des cas de défense obligatoire 
autres que ceux de la lettre a, notamment lorsque le prévenu, qui disposait jusqu'alors 
d'un défenseur de choix, voit sa situation financière évoluer au point de ne plus 
disposer des moyens nécessaires à la rémunération de celui-ci (arrêts du Tribunal 
fédéral 1B_355/2022 du 21 septembre 2022 consid. 3.2; 1B_461/2016 du 9 février 
2017 consid. 2.2.2). Sous réserve que le justiciable ne cherche pas ainsi à contourner 
la procédure prévue à l'art. 134 al. 2 CPP (cf. arrêt du Tribunal fédéral 1B_392/2017 
du 14 décembre 2017 consid. 2.3), le seul fait qu'il ne demande pas immédiatement 
le bénéfice de l'assistance judiciaire ne démontre pas encore que son choix 
procéderait d'une faute que l'Etat pourrait lui opposer lorsqu'il est tenu de lui verser 
des dépens ensuite d'un acquittement, même lorsque sa situation financière relève de 
l'indigence (arrêt du Tribunal fédéral 6B_1078/2014 du 9 février 2016 consid. 4.2.3; 
ACPR/440/2019 du 12 juin 2019 consid. 3.2).  

3.2. En l'espèce, le recourant, qui a constitué Me B______ en qualité de conseil 
de choix dès le 2 avril 2015, a requis le bénéfice de l'assistance judiciaire le 24 avril 
2017, lorsqu'il n'a plus eu les moyens de rémunérer un avocat de choix. Compte tenu 
des deux ans qui se sont écoulés entre la révocation de la première défense d'office et 
la demande d'assistance judiciaire, ainsi que du paiement par le recourant des 
honoraires de son conseil durant cette période, aucun élément ne permet de retenir 
que le dépôt de la demande d'assistance judiciaire le 24 avril 2017 procéderait d'une 
volonté de contourner les conditions de l'art. 134 al. 2 CPP.   

Par conséquent, le Ministère public ne pouvait pas refuser d'entrer en matière sur une 
indemnisation pour les dépenses occasionnées par l'exercice raisonnable des droits de 

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procédure de recourant durant cette période au seul motif que le recourant a, par la 
suite, été amené à requérir le bénéfice de l'assistance judiciaire. 

Au vu de ce qui précède, la cause sera renvoyée au Ministère public pour qu'il 
examine les autres conditions à l'octroi de l'indemnité requise et, le cas échéant, 
procède au calcul de celle-ci.  

Par conséquent, le recours sera partiellement admis. 

4. L'admission partielle du recours ne donne pas lieu à la perception de frais 
(art. 428 al. 1 CPP). 

5. Le défenseur d'office n'a pas produit d'état de frais pour la procédure de recours 
(art. 17 RAJ). Compte tenu de l'ampleur de ses écritures, cinq heures d'activité pour 
le recours, au tarif horaire de CHF 200.- (art. 16 al. 1 let. c RAJ), plus TVA (7,7%), 
apparaissent en adéquation avec le travail fourni. 

* * * * *  

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PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

 
Admet partiellement le recours. 

Annule, en conséquence, la décision querellée en tant qu'elle rejette la demande 
d'indemnité de A______ pour les dépenses occasionnées par l'exercice raisonnable de ses 
droits de procédure, relative aux opérations de Me B______ pour la période antérieure à 
l'octroi de l'assistance judiciaire. 

Renvoie la cause au Ministère public pour qu'il statue sur l'indemnisation demandée. 

Laisse les frais de recours à la charge de l'Etat. 

Alloue à Me B______, à la charge de l'État, une indemnité de CHF 1'077.-, TVA (7,7%) 
incluse, pour la procédure de recours. 

Notifie le présent arrêt ce jour, en copie, au recourant, soit pour lui son défenseur, et au 
Ministère public. 

Siégeant : 

Madame Corinne CHAPPUIS BUGNON, présidente; Monsieur Christian COQUOZ et 
Madame Alix FRANCOTTE CONUS, juges; Monsieur Julien CASEYS, greffier. 
 

Le greffier : 

Julien CASEYS 

 La présidente : 

Corinne CHAPPUIS BUGNON 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110); la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les trente jours qui 

suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent 

être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention 

de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse 

(art. 48 al. 1 LTF).