# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** ca923da8-c858-5d7c-aeb1-4aaa8a9399fd
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-12-04
**Language:** fr
**Title:** Genf Tribunal pénal 04.12.2023 P/19096/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_TP_001_P-19096-2019_2023-12-04.pdf

## Full Text

Siégeant : Mme Sabina MASCOTTO, présidente, M. Patrick MONNEY et M. 
Cédric GENTON, juges, M. Patrick MUTZENBERG, Mme Valérie GLASSON, 
Mme Nadia MERIBOUTE et Mme Béatrice GRANDJEAN-KYBURZ, juges 
assesseurs, Mme Berta CASAS-BIANCO, greffière-juriste délibérante, Mme 
Soraya COLONNA, greffière  

P/19096/2019  

RÉPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E   

 

JUGEMENT  

DU TRIBUNAL CRIMINEL  

Chambre 18 

4 décembre 2023  
 

MINISTÈRE PUBLIC  

A______, partie plaignante, assistée de Me B______ 
 
C______ et D______, parties plaignantes, assistées de Me E______ 
 
F______, partie plaignante, assisté de Me G______ 
 
H______, partie plaignante, assisté de Me G______ 

contre  

X______, né le ______ 1979, actuellement détenu à la Prison de Champ-Dollon, prévenu, 
assisté de Me I______ et de Me J______ 
Y______, né le ______ 1983, domicilié ______, prévenu, assisté de Me L______ 

Z______, né le ______ 1983, domicilié ______, prévenu, assisté de Me M______  

  

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CONCLUSIONS FINALES DES PARTIES : 

Le Ministère public conclut: 

- s'agissant de X______, à un verdict de culpabilité de l'ensemble des chefs 
d'infractions contenus dans l'acte d'accusation sauf ceux visés aux points 1.1.1.7 
et 1.1.3.2., au prononcé d'une peine privative de liberté à vie et au prononcé de 
l'internement au sens de l'art. 64 al. 1 CP; 

- s'agissant de Z______, à un verdict de culpabilité de tous les chefs d'infractions 
contenus dans l'acte d'accusation sauf la violation de domicile (point 1.2.3), au 
prononcé d'une peine privative de liberté, complémentaire à celle du 7 octobre 
2021, de 12 mois, dont 6 mois assortis du sursis; 

- s'agissant de Y______, il s'en rapporte à justice. 

A______ conclut à un verdict de culpabilité de tous les chefs d'infraction visés dans l'acte 
d'accusation la concernant. Elle persiste dans ses conclusions civiles. 

F______ et H______ concluent à un verdict de culpabilité de tous les chefs d'infraction 
visés dans l'acte d'accusation concernant N______, à l'exception du point 1.1.1.7, et 
persistent dans leurs conclusions civiles.  

C______ et D______ concluent à un verdict de culpabilité de brigandage aggravé (art. 
140 ch. 4 CP) et s'en rapportent à justice pour le surplus. Elles persistent dans leurs 
conclusions civiles, concluent à ce qu'il soit fait application de l'art. 73 CP, étant précisé 
qu'elles cèdent à l'Etat la part correspondante de leur créance qui serait payée ainsi.  

Z______ conclut à son acquittement du chef d'enlèvement et séquestration, 
subsidiairement à son acquittement de ce chef en application de l'art. 17 CP, il conclut au 
classement des faits de violation de domicile et s'en rapporte à justice s'agissant de sa 
culpabilité des faits de brigandage aggravé. Il conclut au prononcé d'une peine juste, avec 
la circonstance atténuante de l'art. 48 let. d CP, peine complémentaire à celle du 7 octobre 
2021, sous déduction d'un jour de détention avant jugement et de 18 jours au titre 
d'imputation des mesures de substitution, à ce que le délai d'épreuve du jugement du 7 
octobre 2021 soit prolongé d'un an, à ce que le Tribunal renonce à la révocation des sursis 
antérieurs et renonce à prononcer une mesure d'expulsion en application de l'art. 66a al. 
2 CP. Il acquiesce aux conclusions civiles de A______ à concurrence de CHF 500.- 
s'agissant de la réparation du tort moral et de CHF 1'000.- s'agissant de la réparation du 
dommage matériel. Il conclut à la restitution des objets visés aux chiffres 2.1.70 et 2.1.75 
et à sa condamnation aux frais à concurrence de 5% de ceux-ci au maximum.  

Y______ conclut à son acquittement, au rejet des conclusions civiles et à ce que la part 
des frais de la procédure le concernant soit laissée à la charge de l'Etat. 

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X______ ne s'oppose pas à un verdict de culpabilité des chefs de tentative de contrainte 
à l'exclusion de la tentative d'extorsion (1.1.2.2), de tentative de contrainte à l'exclusion 
de l'extorsion (1.1.3.3), de séquestration et enlèvement (1.1.3.4), de contrainte (1.1.3.5), 
d'atteinte à la paix des morts pour les faits commis en Suisse (1.1.1.8), de brigandage au 
sens de l'art. 140 ch. 1 et 3 CP à l'exclusion des ch. 2 et 4 (1.1.1.6). Il conclut à son 
acquittement des chefs d'assassinat (1.1.1.1), d'actes préparatoires de brigandage, 
absorbés par le brigandage (1.1.1.3), de tentative d'instigation à commission d'un 
brigandage (1.1.1.4), d'atteinte à la paix des morts s'agissant des faits commis en France 
(1.1.1.8), de brigandage (1.1.2.1) et de contrainte (1.1.2.3), au classement des faits de 
violation de domicile (1.1.1.5 et 1.1.3.2), à la prise en compte de la violation du principe 
de célérité, au prononcé d'une peine juste et à ce qu'il soit renoncé au prononcé d'un 
internement. Il conclut à ce qu'il soit pris acte de son acquiescement aux conclusions 
civiles et se réfère à l'acte d'accusation s'agissant du sort des objets saisis. 

  

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Table des matières 
 
EN FAIT ....................................................................................................................................... 5 

A.  ACTE D'ACCUSATION ................................................................................................. 5 

B. PRINCIPAUX ACTES DE PROCEDURE ................................................................... 10 

a. Faits commis au préjudice de N______ ......................................................................... 10 

b. Faits commis au préjudice de Q______ ......................................................................... 27 

c. Faits commis au préjudice notamment de O______ et A______ ................................... 32 

d. Expertise psychiatrique du 2 mars 2023 ......................................................................... 39 

e. Détention et mesures de substitution .............................................................................. 41 

f. Violation du principe de célérité .................................................................................... 42 

g. Audience de jugement .................................................................................................... 42 

C. DETERMINATIONS DES PREVENUS RELATIVEMENT A L'ACCUSATION ..... 44 

a.X______ ........................................................................................................................... 44 

b.Z______ ........................................................................................................................... 53 

c.Y______ ........................................................................................................................... 55 

D. FAITS RETENUS PAR LE TRIBUNAL ...................................................................... 57 

a. Faits commis au préjudice de N______ ......................................................................... 57 

b. Faits commis au préjudice de Q______ ......................................................................... 65 

c. Faits commis au préjudice notamment de O______ et A______ ................................... 67 

E. SITUATIONS PERSONNELLES ................................................................................. 69 

EN DROIT ................................................................................................................................. 72 

Classement .............................................................................................................................. 72 

Culpabilité ............................................................................................................................... 72 

Peines ...................................................................................................................................... 91 

Internement.............................................................................................................................. 97 

Expulsion ............................................................................................................................... 101 

Conclusions civiles et en indemnisation ............................................................................... 101 

Effets accessoires, frais et indemnisation .............................................................................. 102 

  

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EN FAIT 

A.a.a. Par acte d'accusation du 17 mai 2023, corrigé et complété par acte d'accusation du 
30 août 2023, il est reproché à X______ d'avoir, à Genève:  

dès le 9 août 2019, 

- pris la décision de commettre un brigandage au préjudice d'une prostituée au 
rendement intéressant et sélectionné à ce titre N______, vivant et travaillant dans 
un appartement sis ______,  

- se faisant passer faussement pour un client, convenu d'un rendez-vous avec 
N______ pour le 6 septembre 2019, vers 22h00,  

le 6 septembre 2019,  

- vers 23h12, alors qu'il se trouvait non loin du domicile de N______, tenté de 
recruter un tiers non identifié dont le rôle aurait été d'entrer en premier, de cacher 
les yeux de la victime et de la maîtriser, avant de l'aider à fouiller l'appartement 
de manière à s'approprier sans droit et dans un dessein d'enrichissement les biens 
et valeurs s'y trouvant, le comparse pressenti ayant cependant refusé de s'associer 
à ce projet,  

le 7 septembre 2019,  

- pris contact avec P______, domicilié en France, pour lui parler d'un "plan argent" 
et demandé à ce dernier de venir à Genève muni d'un spray au poivre,  

le 9 septembre 2019,  

- vers 17h34, convenu d'un nouveau rendez-vous avec N______ pour le jour même, 
à 23h00, lequel a par la suite été repoussé à 23h30,  

- vers 18h30, rencontré P______ et exposé à celui-ci son plan, consistant à "rentrer, 
gazer le visage de la victime, prendre les sous et partir", précisant que P______ se 
chargerait de gazer la victime et lui-même du reste, et qu'il n'y aurait aucune 
poursuite à craindre dans la mesure où il s'agissait d'argent non déclaré, estimé à 
CHF 50'000.-,  

- à l'heure du rendez-vous, laissé P______ se présenter seul à la porte de N______, 
tout en se postant à un autre étage pour faire le guet et lui donner d'ultimes 
instructions par TELEGRAM, puis, à 23h34, alors que P______ venait de se faire 
ouvrir la porte et d'inonder pendant plusieurs secondes les yeux et le visage de la 
victime de spray au poivre, pénétré sans droit dans l'appartement,  

- suite au cri étouffé et à l'appel à l'aide de N______, solidement placé une main sur 
la bouche de celle-ci pour étouffer ses cris puis, après s'être posté derrière la 
précitée, qui se débattait, l'avoir fermement tenue de son autre main, avant de la 
faire violemment chuter au sol et de la traîner sur son lit tout en la faisant basculer 
sur le ventre,  

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- après être parvenu à maîtriser N______ sur son lit pendant un certain temps - cette 
dernière ayant tenté, en vain, pendant une vingtaine de minutes au moins, de fuir, 
de se débattre, de supplier, de crier et d'appeler à l'aide - et à étouffer sa voix, ses 
pleurs et ses cris en appuyant sa tête sur le matelas et dans un coussin, puis en 
plaçant une taie d’oreiller sur sa tête, sorti son couteau et confié celui-ci à P______ 
en lui ordonnant de couper des câbles électriques présents dans l'appartement, 
selon les longueurs indiquées par ses soins,  

- une fois en possession des sections de câbles électriques coupés par P______,  
attaché les coussins ou taies d'oreiller sur la tête de N______ et ligoté les mains et 
les pieds de cette dernière, laquelle, placée sur le ventre, les pieds et les mains liés 
les uns aux autres vers l'arrière par du câble électrique, s'est retrouvée 
immobilisée, son silence étant au demeurant assuré par un coussin et une taie 
d'oreiller fermement fixés sur sa bouche, son nez et son cou, au moyen d'un double 
nœud bien serré,  

- par ces derniers actes, causé, vers minuit, le décès de N______ par étouffement 
ou étranglement, ou par une conjonction de ces causes, voire, selon l'état de fait 
alternatif, la perte de connaissance de la précitée, étant relevé que P______ a pris 
l'initiative de libérer N______ de ses liens et a tenté de lui prodiguer un massage 
cardiaque, avant que X______ ne lui demande de mettre fin à ses efforts, 
prétendant pouvoir constater seul le décès de la victime,  

- fouillé le téléphone de la victime - à la recherche d'informations et pour effacer 
des traces - ainsi que son appartement, dont un coffre-fort, de manière à 
s'approprier sans droit et dans un dessein d'enrichissement illégitime de l'argent, 
des biens, des clés et des valeurs à hauteur de quelques milliers de francs,  

- de concert avec P______, dans le but d'effacer toute trace et de simuler un départ 
en voyage, méticuleusement nettoyé l'appartement de la victime, placé le corps de 
cette dernière dans une valise - sachant et acceptant, selon l'état de fait alternatif, 
que cette mise en valise pouvait entraîner son décès par asphyxie ou par absence 
de soins - et décidé de s'approprier sans droit et d'emporter tous les éléments 
pouvant être porteur des traces; 

- quitté les lieux avec P______ en emportant la valise contenant le corps de 
N______ ainsi qu'une autre valise et divers sacs contenant des biens de cette 
dernière, avant de rejoindre Evian-les-Bains (France) en taxi le lendemain, vers 
4h30,  

le 11 septembre 2019,  

- vers 00h30, accompagné de P______ et éventuellement de tiers inconnus, muni 
de bidons d'essence, transporté en voiture la valise contenant le corps et des biens 
de N______, ainsi que des outils de fossoyeur, jusqu'à l'orée d'un bois épais de la 
commune de Marin, puis, après être descendu dudit véhicule, traîné la valise et 
les outils sur une pente très raide d'environ 150 mètres jusqu'à atteindre un petit 
replat, où il a creusé une fosse, y a placé la valise contenant le corps de la victime 

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ainsi que divers biens lui appartenant, avant de les brûler à l'essence et au bois, 
étant au surplus précisé que, suite aux faits, X______ a flirté sur les réseaux 
sociaux et pris du bon temps dans la région,  

faits qualifiés d'assassinat au sens de l'art. 112 CP (ch. 1.1.1.1. et 1.1.1.2. de l'acte 
d'accusation), d'acte préparatoire de brigandage au sens de l'art. 260bis al. 1 let. d CP (ch. 
1.1.1.3. de l'acte d'accusation), de tentative d'instigation à la commission d'un brigandage 
au sens des art. 24 et 140 CP (ch. 1.1.1.4. de l'acte d'accusation), de violation de domicile 
au sens de l'art. 186 CP (ch. 1.1.1.5. de l'acte d'accusation), de brigandage aggravé au sens 
des art. 140 ch. 1 et ch. 2 à 4 CP (ch. 1.1.1.6. de l'acte d'accusation), de vol au sens de 
l'art. 139 CP, subsidiairement d'appropriation illégitime au sens de l'art. 137 ch. 2 al. 1 
CP (ch. 1.1.1.7. de l'acte d'accusation), et d'atteinte à la paix des morts au sens de l'art. 
262 al. 2 CP (ch. 1.1.1.8. de l'acte d'accusation).  

a.b. Par le même acte d'accusation, il est reproché à X______ d'avoir, à Genève: 

- fin décembre 2017, dans le but de s'approprier sans droit et par la contrainte des 
valeurs et des données sur un réseau de prostitution clandestin - qu'il pensait 
trouver dans l'appartement de Q______ -, et de pousser les animateurs et 
prostituées dudit réseau à quitter Genève et affaiblir ainsi ce dernier à son profit, 
pris rendez-vous avec Q______ pour le 28 décembre 2019 en se faisant passer 
pour un client, étant relevé que ledit rendez-vous a finalement été reporté au 
lendemain, l'heure convenue ayant elle-même été retardée pour s'assurer de ne pas 
être surpris par la venue d'un client, 

- le 29 décembre 2017, à 19h24, muni d'une arme à feu chargée ainsi que d'une 
corde, pénétré - en retrait derrière un comparse russophone recruté à ces fins - 
chez Q______ après s'être fait ouvrir la porte par cette dernière, puis pointé le 
révolver en direction de la précitée, la menaçant ainsi d'un danger imminent pour 
sa vie ou son intégrité corporelle, et contraint l'intéressée à se bander les yeux avec 
un ruban, avant de la placer sur un divan et de lui ligoter les pieds et les mains à 
l'aide de la corde, la mettant ainsi hors d'état de résister,  

- interrogé Q______ de manière répétitive sur la localisation de son argent et de 
celui de l'animateur du réseau auquel elle était supposée appartenir, ainsi que sur 
les adresses utilisées par ce dernier - les questions étant posées en russe par son 
comparse, mais dictées par ses soins via des messages écrits envoyés de son 
téléphone, de manière notamment à ce que sa voix ne soit pas identifiée par sa 
victime -, puis, faute d'avoir obtenu ce qu'il voulait, fait pincer les ongles de 
Q______ par son comparse à l'aide d'une pince plate dans le but de la terrifier, de 
lui faire mal et de la faire parler, ce qui a eu pour effet de la faire pleurer et de 
l'angoisser, mais non d'obtenir les informations souhaitées, 

- de concert avec son comparse, pris sans droit et dans un dessein d'enrichissement 
tout l'argent se trouvant dans l'appartement (entre CHF 4'000.- et CHF 16'000.-), 
une montre ______, des bijoux ainsi que les passeports de Q______ et d'une autre 
personne, avant de quitter les lieux, étant précisé qu'un tiers est ensuite venu 

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déposer les passeports devant la porte de Q______ et que, suite aux faits, la 
précitée a fini par quitter son appartement et Genève, convaincue que sa sécurité 
n'était plus assurée,  

faits qualifiés de brigandage aggravé au sens de l'art. 140 ch. 1 et 2 à 4 CP (ch. 1.1.2.1. 
de l'acte d'accusation), de tentative d'extorsion et chantage au sens des art. 22 cum 156 al. 
1 et 3 CP (ch. 1.1.2.2. de l'acte d'accusation) et de contrainte au sens de l'art. 181 CP (ch. 
1.1.2.3. de l'acte d'accusation).  

a.c.  Il est enfin reproché à X______ d'avoir, à Genève:  

- début janvier 2018, conçu le projet de commettre un brigandage à l'encontre de 
O______ dans le but non seulement de s'enrichir sans droit et par la contrainte des 
valeurs qu'il trouverait chez ce dernier, mais encore de lui soutirer des 
informations sur son supposé réseau de prostitution, de manière à les utiliser à son 
profit, ainsi que d'amener, par la peur, les animateurs et prostituées dudit réseau à 
quitter Genève et affaiblir ainsi celui-ci à son profit, 

- le 5 janvier 2018, exposé cette opération et ses buts à Z______ et à Y______ - le 
premier devant agir avec lui et le second devant agir comme chauffeur -, tout en 
précisant qu'il serait armé, 

- le soir du 5 janvier 2018, après s'être fait conduire par Y______ au ______, 
______ [GE], soit une adresse présumée de O______, pénétré sans droit et par la 
ruse dans le logement en question, en compagnie de Z______, lui-même étant 
armé d'un revolver de marque SMITH & WESSON en calibre 38 spécial, chargé, 
et son comparse d'un couteau, 

- de concert avec Z______ et sous la menace des armes, mis face au sol les 
occupants de l'appartement, soit R______, S______, O______ et A______, et 
confisqué leurs téléphones, avant de faire ligoter les mains de O______ et de 
R______ par Z______, puis de demander avec insistance de l'argent à O______, 
aidé de Z______, lequel a planté d'un jet son couteau sur le sol pour faire monter 
la pression,  

- après avoir isolé O______ dans une chambre, sous la menace de son pistolet 
chargé, engagé une conversation avec ce dernier dans le but de le convaincre, 
notamment, de quitter Genève - ce que l'intéressé s'est rapidement engagé à faire 
- et de le menacer de faire du mal à son amie intime (A______) s'il ne lui montrait 
pas ses autres appartements, tout en continuant à lui demander avec insistance où 
se trouvait l'argent,  

- de concert avec Z______, longuement fouillé l'appartement, s'appropriant sans 
droit et dans un dessein d'enrichissement tout l'argent qui s'y trouvait, soit 
l'équivalent d'au moins CHF 7'000.-, de même que les passeports, porte-monnaies 
et téléphones, étant précisé que ces derniers biens ont été restitués ultérieurement, 

- sous la menace de son arme à feu, fait emmener O______ - la tête couverte et les 
mains attachées - par Z______ dans le coffre ou sur le siège arrière de la voiture 

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conduite par Y______, en attente près de la sortie de l'immeuble, étant relevé 
qu'après avoir conduit de force O______ dans le quartier ______ [GE], Z______ 
et Y______ ont fini par libérer l'intéressé de leur propre initiative, 

- effrayé, par son attitude menaçante, par son arme et par le sort réservé à O______, 
les autres occupants de l'appartement, les empêchant de la sorte de quitter 
l'appartement avant son départ, étant relevé qu'à compter du 6 janvier 2018, les 
intéressés ont définitivement quitté le logement avec O______, craignant pour 
leur sécurité, 

faits qualifiés de brigandage aggravé au sens de l'art. 140 ch. 1, 2 et 3 CP (ch. 1.1.3.1. de 
l'acte d'accusation), de violation de domicile au sens de l'art. 186 CP (ch. 1.1.3.2. de l'acte 
d'accusation), de tentative d'extorsion au sens des art. 22 cum 156 al. 1 et 3 CP (ch. 1.1.3.3. 
de l'acte d'accusation), de séquestration et enlèvement au sens de l'art. 183 ch. 1 CP (ch. 
1.1.3.4. de l'acte d'accusation) et de contrainte au sens de l'art. 181 CP (ch. 1.1.3.5. de 
l'acte d'accusation).  

b. Par le même acte d'accusation, il est reproché à Z______ d'avoir, à Genève, le soir 
du 5 janvier 2018, dans les circonstances décrites supra a.c.:  

- pénétré sans droit et par la ruse dans le logement occupé par O______, A______, 
R______ et S______, en compagnie de X______, lequel était armé d'un revolver 
de marque SMITH & WESSON en calibre 38 spécial, chargé - ce qu'il savait -, 
étant précisé qu'il était lui-même armé d'un couteau,  

- en faisant usage des moyens de contrainte décrits supra a.c., soustrait sans droit 
et dans un dessein d'enrichissement illégitime des biens appartenant à ou se 
trouvant sous la garde de O______, A______, R______ et S______,  

- emmené O______ - lequel avait la vue cachée par une veste et les mains attachées 
-, dans le coffre ou sur le siège arrière de la voiture conduite par Y______, puis, 
de concert avec ce dernier, conduit de force l'intéressé dans le quartier ______ 
[GE], où ils ont fini par le libérer de leur propre initiative, allant ainsi à l'encontre 
des ordres de X______, 

faits qualifiés de brigandage aggravé au sens de l'art. 140 ch. 1 et 2 CP (ch. 1.2.1. de l'acte 
d'accusation), de complicité de séquestration et enlèvement au sens des art. 25 cum 183 
ch. 1 CP (ch. 1.2.2. de l'acte d'accusation) et de violation de domicile au sens de l'art. 186 
CP (ch. 1.2.3. de l'acte d'accusation).  

c. Il est également reproché à Y______ d'avoir, à Genève, le soir du 5 janvier 2018, 
dans les circonstances décrites supra a.c.: 

- conduit X______ et Z______ au ______, ______ [GE], soit une adresse présumée 
de O______, acceptant de la sorte de servir de chauffeur sur simple appel de 
X______ et d'assister volontairement ce dernier dans le cadre de la commission 
d'un brigandage avec usage d'une arme,  

- intentionnellement prêté assistance à X______, via Z______, pour emmener de 
force O______, lequel était ligoté sur le siège arrière ou dans le coffre de son 

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véhicule, dans l'attente de nouvelles instructions de X______, alors qu'il savait ou 
ne pouvait ignorer que O______ n'entrait pas librement dans le véhicule - le fait 
qu'il était ligoté et apeuré lui étant connu ou ne pouvant lui échapper -, étant 
toutefois précisé qu'il a par la suite pris l'initiative, avec Z______, de libérer 
l'intéressé, allant ainsi à l'encontre des ordres de X______,  

faits qualifiés de complicité de brigandage aggravé au sens des art. 25 cum 140 ch. 1 et 2 
CP (ch. 1.3.1. de l'acte d'accusation) et de complicité de séquestration et enlèvement au 
sens des art. 25 cum 183 ch. 1 CP (ch. 1.3.2. de l'acte d'accusation).  

B. Les principaux actes de procédure sont les suivants:  

a. Faits commis au préjudice de N______ 

Signalement de la disparition de N______ et premiers actes d'enquête  

a.a.a. Le 12 septembre 2019, H______ s'est présenté au poste de police des Pâquis pour 
signaler la disparition de son amie intime, N______, née le ______ 1985, laquelle n'avait 
plus donné signe de vie depuis le soir du 9 septembre 2019.  

Entendu le lendemain en qualité de personne appelée à donner des renseignements (pièces 
10'126 ss), H______ a déclaré, en substance, avoir rencontré N______ en 2014, dans le 
cadre de ses activités en tant qu'escort-girl, et être en couple avec cette dernière depuis 
début 2018. Son amie intime avait passé le week-end du 7 au 8 septembre 2019 en ______ 
[France], chez sa famille. Leur dernier appel téléphonique remontait au lundi 9 septembre 
2019, à 17h38, étant précisé que N______ lui avait alors indiqué avoir un rendez-vous le 
soir même, à son retour de ______ [France], avec un client qu'elle était déjà supposée 
recevoir avant son départ mais qui ne s'était pas présenté. Elle lui avait aussi expliqué 
avoir dû reporter ledit rendez-vous de 23h00 à 23h30 car elle avait oublié ses clés en 
______ [France] et devait résoudre ce problème au préalable avec son bailleur. Le 10 
septembre 2019, après avoir tenté de la joindre à plusieurs reprises, il s'était connecté au 
compte GOOGLE de N______, auquel il avait accès, et avait été surpris de constater que 
le téléphone de celle-ci s'était déplacé à Evian à 04h00. Demeurant sans nouvelles de son 
amie intime, il avait entrepris plusieurs démarches pour tenter de la trouver et s'était 
notamment rendu au lieu de sa dernière localisation, soit à ______, à Evian, ainsi que 
plusieurs fois dans son appartement, à Champel, étant précisé qu'à son arrivée sur ce 
dernier lieu, il avait trouvé la porte d'entrée ouverte et avait été surpris par le désordre 
régnant sur place, étant de surcroît relevé qu'il n'y avait pas d'électricité. Il avait en outre 
constaté que les valises de son amie intime avaient disparu, de même que ses oreillers et 
son duvet.  

a.a.b. Suite au signalement de la disparition de N______, divers actes d'enquête ont été 
entrepris par les autorités suisses (cf. rapport de renseignements du 18 septembre 2019, 
pièces 60'000 ss).  

a.a.b.a. Une enquête de voisinage a été menée le 13 novembre 2019, lors de laquelle des 
voisins de N______ ont signalé avoir entendu une altercation le 9 septembre 2019, aux 
alentours de minuit (pièces 60'001 et 60'002).  

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Entendue le 13 septembre 2019 en qualité de personne appelée à donner des 
renseignements (pièces 60'008 ss), T______, habitant au quatrième étage, dans 
l'appartement voisin de celui de N______, a notamment déclaré avoir été réveillée vers 
23h45 par un "boum" sur le mur, puis avoir entendu les pleurs continus d'une femme en 
détresse qui semblait supplier quelqu'un de ne pas faire quelque chose. Elle n'avait pas 
entendu d'échange de mots mais, sur le moment, elle avait pensé à une dispute entre un 
père et sa fille, notamment à un père battant sa fille. Elle avait également entendu le bruit 
d'un homme faisant l'effort de pousser quelque chose, ainsi que des bruits de course à 
plusieurs reprises. Les bruits avaient duré une dizaine de minutes, puis le calme était 
revenu. Quelqu'un était par la suite sorti de l'appartement, puis elle avait entendu les 
sanglots d'un homme.  

Entendu le 15 septembre 2019 en qualité de personne appelée à donner des 
renseignements (pièces 60'030 ss), U______, logeant dans un appartement situé au 
troisième étage lors des faits, a déclaré avoir entendu, entre minuit et 01h00, une 
altercation qui l'avait beaucoup marqué de par son intensité, soit en particulier des bruits 
très énergiques provenant d'une femme, ainsi que des bruits d'impacts sur le plancher qui 
lui avaient fait penser à une personne tombant au sol. Il n'avait pas entendu de paroles, 
mais uniquement des bruits de force assimilables à ceux d'une bagarre et, en y repensant, 
à ceux d'une femme bâillonnée en train de se débattre. L'altercation avait duré entre 10 et 
15 minutes. 

a.a.b.b. Des investigations ont été effectuées sur l'ordinateur et le téléphone portables de 
H______ - qui avait accès au compte GOOGLE de son amie intime - et ont notamment 
permis de relever que le téléphone de N______ se trouvait encore près de son domicile le 
10 septembre 2019, à 01h28, puis qu'il a par la suite été localisé à la douane de Veyrier, 
entre 01h43 et 03h24, et à ______, à Evian-les-Bains, entre 04h31 et 11h44 (pièce 
60'002).  

a.a.b.c. Les premières investigations menées par la Brigade de la police technique et 
scientifique (ci-après: la BPTS) dans l'appartement les 13 et 15 septembre 2019 ont 
permis de déterminer qu'aucun éclairage ne fonctionnait et que la coupure d'électricité 
était due à un fusible qui avait sauté, et ont en outre permis de mettre en évidence, près 
de la salle de bain, la présence de traces vraisemblablement dues à un spray de défense 
ainsi que, sur le matelas, des traces de sang (pièces 60'003 et 60'004).  

Un cahier photographique de l'appartement a été versé à la procédure (pièces 60'659 ss).  

a.a.b.d. Les recherches menées auprès de différentes compagnies de taxi ont permis 
d'établir qu'un chauffeur de taxi de la société CH______ SA (ci-après: CH) a pris en 
charge ou déposé des clients le 10 septembre, à 01h43, à proximité de la douane de 
Veyrier, et que la course a été commandée à 01h27, depuis le raccordement +2______.  

Le chauffeur en question, soit V______, a été entendu le 17 septembre 2019 en qualité de 
personne appelée à donner des renseignements par la police (pièces 60037 ss). Il a déclaré 
avoir, dans la nuit du 9 au 10 septembre 2019, véhiculé deux hommes chargés de plusieurs 
bagages - dont une grande valise qui lui avait paru très lourde - et de sacs en plastique, 

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depuis ______ [GE] jusqu'au ______ [GE], près de la douane de Veyrier, précisant pour 
le surplus que les deux individus s'étaient montrés très courtois et n'avaient pas l'air 
paniqués.  

a.a.b.e. L'analyse des rétroactifs téléphoniques a permis de relever un contact 
téléphonique entre le raccordement de N______ et le raccordement appartenant à 
X______ (+1______), le 6 septembre 2019, à 23h38, de même qu'un contact intervenu le 
8 septembre 2019, à 21h24, entre ce dernier numéro et le raccordement +2______ 
susmentionné supra a.a.b.d., à l'origine de l'appel à CH______du 10 septembre 2019, à 
01h27 (pièce 20'065). 

a.a.c. Egalement avisée de la disparition de N______, la police judiciaire française a 
ouvert à son tour une enquête (pièces 40'253 ss) et procédé à divers actes d'investigation. 

a.a.c.a. H______ a été auditionné à deux reprises, les 16 et 18 septembre 2019, par la 
police française (pièces 40'315 ss et 40'677 ss). Il a essentiellement fourni les mêmes 
explications que celles données aux inspecteurs suisses.  

a.a.c.b. Les investigations concernant le raccordement téléphonique +2______, au nom 
de W______, mais vraisemblablement utilisé par son fils, P______, ont permis d'établir 
que ledit téléphone a effectué le même trajet d'Etrembières à Evian-les-Bains, le 10 
septembre 2019, entre 03h37 et 04h33, que les téléphones de N______ et celui d'un 
dénommé AA_____, chauffeur de taxi français (pièces 40'505 ss et 40'558 ss).  

Entendu le 18 septembre 2019 par la police française (pièces 40'656 ss), AA_____ a 
déclaré avoir pris en charge, le 10 septembre 2019, à 03h45, sur un parking situé près de 
la douane de Veyrier, deux individus munis de deux bagages ainsi que d'un sac à dos, 
puis les avoir déposés à ______, à Evian, vers 04h30.  

a.a.d. Ces premiers éléments ont permis aux autorités suisses et françaises de procéder, 
le 25 septembre 2019, à l'arrestation de X______ (pièces 60'061 ss) et de P______ (pièces 
41'221 ss). 

 

 

Première déposition de P______ et découverte du corps de N______ 

a.b.a. Lors de sa première déposition à la police judiciaire d'Annecy, les 25 et 26 
septembre 2019 (pièces 40'857 ss), P______ a déclaré avoir été contacté, moins d'un mois 
auparavant, par X______, lequel lui avait vaguement parlé d'un plan pour faire des sous. 
Dans la mesure où l'intéressé était un ancien codétenu de son frère, CG______, il s'était 
senti en confiance. Tous deux s'étaient vus à Genève pour boire un café et X______ lui 
avait alors exposé son plan. Il lui avait montré des statistiques sur des sites d'escort-girls 
- notamment concernant une dénommée "BP______" - pour lui montrer que celles-ci 
gagnaient de l'argent et avait évoqué un montant de EUR 50'000.-, précisant qu'il s'agissait 
d'un plan facile. X______ avait ensuite pris un rendez-vous avec la fille ("BP______") 
depuis son téléphone, en se faisant passer pour un client. Le rendez-vous avait 
initialement été fixé à 23h00 mais avait finalement eu lieu un peu plus tard. Il s'était rendu 

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avec X______ à l'adresse indiquée et, dans la mesure où ils étaient arrivés très en avance, 
ils avaient patienté à un arrêt de bus en attendant l'heure du rendez-vous. Par la suite, 
"BP______" avait communiqué le code d'entrée de son immeuble à X______ et lui-même 
avait tapé celui-ci, avant d'entrer dans l'immeuble, suivi du précité. Après s'être trompés 
d'ascenseur et avoir dû redescendre depuis le 5ème étage d'une autre allée, ils avaient fini 
par atteindre la bonne adresse. X______, qui se trouvait au 5ème étage, lui avait dit de se 
rendre au 4ème étage, d'entrer dans l'appartement et de mettre directement un coup de 
gazeuse. Il s'était exécuté, puis X______ l'avait rejoint dans l'appartement. La fille avait 
fait une mauvaise réaction à la gazeuse. Elle s'était mise à baver et sa langue était devenue 
bleue. Il se souvenait également l'avoir entendue crier. A un moment donné, il avait réalisé 
qu'ils étaient en train de la perdre et lui avait prodigué un massage cardiaque, en vain. Il 
s'était alors mis à pleurer et avait eu une crise d'angoisse. X______ lui avait dit que ce 
n'était pas de sa faute et s'était mis à fouiller l'appartement à la recherche d'argent, tandis 
que lui-même était resté dans son coin, dépassé par la situation. Il avait voulu partir, mais 
le précité l'en avait dissuadé. Quand bien même cette idée n'était pas la sienne, ils avaient 
fini par placer le corps dans une grande valise trouvée dans l'appartement, avant de quitter 
les lieux en emportant cette dernière. Ils avaient ensuite appelé un taxi qui les avait 
amenés jusqu'à la douane de Veyrier, puis avaient traversé la frontière à pied, toujours 
avec la valise, avant de monter dans un second taxi qui les avait conduits jusqu'à Evian-
les-Bains. Ils avaient entreposé la valise dans l'AUDI de son frère, stationnée à ______, 
puis avaient été dormir chez sa grand-mère. 

Interrogé sur le sort réservé à la valise contenant le corps de N______, P______ a désigné, 
sur GOOGLEMAPS, un secteur situé sur le chemin ______, dans la commune de Marin 
(France), comme étant celui où avait été enterré le corps de la victime. Le lendemain, il 
s'est rendu sur place avec les inspecteurs et les a conduits jusqu'au lieu en question (cf. 
pièces 41'296 ss).  

a.b.b. Le corps de N______ a été découvert le 26 septembre 2019, dans une zone boisée 
très escarpée et à la végétation très dense située dans la commune de Marin, à environ 
250 mètres en contrebas du chemin ______ (pièces 41'298 ss). Il était alors en partie 
calciné et recouvert de terre et de feuillages. De nombreux objets ont pour le surplus été 
retrouvés dans la cavité contenant le corps, parmi lesquels figuraient notamment de 
nombreux documents au nom de la victime (passeport français, copie de sa carte 
d'identité, documents bancaires, chéquiers, factures). 

Déclarations subséquentes de P______ devant les autorités françaises 

a.c. P______ a été entendu le 27 septembre 2019, par la police judiciaire d'Annecy (cf. 
deuxième et troisième dépositions, pièces 41'361 ss et 41'449 ss), ainsi que le 18 
novembre 2019, par le vice-président chargé de l'instruction (cf. procès-verbal 
d'interrogatoire du Tribunal de Grande Instance d'Annecy, pièces 40'906 ss).  

Il a déclaré que X______ lui avait déjà demandé de se procurer une bombe lacrymogène 
avant leur rencontre et que, lorsqu'ils s'étaient vus, l'intéressé lui avait indiqué que ce 
serait facile, qu'il n'aurait qu'à entrer et mettre un coup de gazeuse, puis que lui le suivrait 
et s'occuperait du reste, tout en précisant qu'ils n'auraient aucune poursuite à craindre, 

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l'argent n'étant pas déclaré. L'escort-girl avait été choisie en fonction de ses statistiques, 
soit - d'après sa compréhension - sur la base d'un revenu journalier déterminé à partir du 
nombre de clients journalier et du prix moyen de la prestation, X______ ayant notamment 
évoqué la somme de EUR 50'000.-. Il n'avait pas vu X______ prendre le rendez-vous 
avec l'escort-girl et ignorait si celui-ci avait été convenu avant ou après sa rencontre avec 
ce dernier. Vers 22h00, tous deux avaient pris le bus en direction du quartier de Champel 
et avaient attendu que l'escort-girl envoie le code d'accès à son immeuble à X______. 
Après s'être d'abord trompés d'ascenseur, ils avaient fini par trouver la bonne adresse et 
étaient montés au 5ème étage. X______ lui avait alors dit de descendre au 4ème étage, 
précisant qu'il le rejoindrait par la suite, après l'ouverture de la porte. 

S'agissant du déroulement des faits à l'intérieur de l'appartement de N______, P______ 
est revenu sur ses précédentes déclarations concernant les circonstances de la mort de 
N______ et a exposé ce qui suit:  

A son arrivée au 4ème étage, la porte était déjà ouverte et l'escort-girl l'attendait en sous-
vêtements, ce qui lui avait laissé penser que X______ avait dû lui écrire pour la prévenir 
de son arrivée. Il était entré dans l'appartement et lui avait directement mis un coup de 
gaz. X______ l'avait ensuite rejoint à l'intérieur du logement et avait refermé la porte. La 
fille avait eu un mouvement de recul, avait poussé un cri étouffé et avait appelé à l'aide. 
X______, qui se trouvait face à elle, avait alors placé sa main sur sa bouche pour 
l'empêcher de crier, puis s'était placé derrière elle. La fille s'était bien défendue et tous 
deux étaient tombés au sol, X______ tenant toujours sa main sur sa bouche. A un moment 
donné, il était parvenu à la faire basculer sur le lit, à plat ventre, et lui avait enfoncé la 
tête dans un coussin pendant un certain temps, avant de saisir la taie d'un autre oreiller et 
de placer celle-ci sur sa tête. Il s'était ensuite emparé d'un câble qu'il avait mis autour de 
sa tête, puis avait serré. Dès lors que la fille continuait à se débattre, X______ lui avait 
demandé de couper des câbles électriques situés sous le bureau, tout en lui tendant son 
couteau pour ce faire. Lui-même s'était exécuté et avait coupé plusieurs morceaux de 
câble - selon les longueurs indiquées par X______ -, ce qui avait fait sauter les plombs et 
les avait plongés dans le noir, les contraignant, dès cet instant, à faire usage de leurs 
téléphones pour s'éclairer. X______ avait d'abord mis du câble autour de la tête de la 
victime, puis il lui avait ligoté les mains derrière le dos, ainsi que les pieds, avant de 
finalement attacher mains et pieds ensemble de manière à ce que la victime se retrouve 
totalement immobilisée.  

A un moment donné, lui-même s'était rendu dans la salle de bains pour se rincer le visage 
- ayant également reçu du spray au poivre lorsqu'il avait sprayé la victime - et, à son 
retour, avait constaté que la précitée ne bougeait plus. Il s'était alors dirigé vers elle et, à 
l'aide du couteau de X______, l'avait libérée des câbles, s'apercevant alors que quelque 
chose - soit une corde (cf. déclarations du 27 septembre 2019, pièce 41'451), 
respectivement un bout de tissu (cf. déclarations du 18 novembre 2019, pièce 40'909) - 
était serré autour de son cou au moyen d'un double nœud bien serré. Il avait coupé le 
premier nœud, puis avait défait le second à la main. En retournant la fille sur le dos, il 
avait constaté que celle-ci avait les yeux clos, la bouche bleue ainsi que des marques sur 
le cou - soit un sillon rouge et des hématomes bleus et rouges -, et qu'il n'y avait plus de 

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pouls. Pris d'une immense panique, il lui avait prodigué un massage cardiaque, tout en 
alternant avec du bouche-à-bouche, et avait réitéré ces mouvements à plusieurs reprises, 
ces démarches s'avérant toutefois vaines. A un moment donné, X______ - occupé pendant 
tout ce temps à fouiller l'appartement - s'était approché de lui et avait posé sa main sur 
son épaule, tout en lui disant que ce n'était pas de sa faute et qu'il ne pouvait pas savoir 
que la fille était malade. Il s'était ensuite remis à fouiller les lieux, comme si de rien n'était. 
Dépassé par les événements, lui-même s'était assis sur le canapé et était resté ainsi pendant 
un certain temps. Par la suite, il avait voulu prendre la fuite, mais X______ l'en avait 
dissuadé en lui disant qu'ils allaient "gérer". Il se souvenait que le précité avait trouvé un 
coffre dans un placard et que celui-ci ne contenait aucun objet de valeur. Après avoir 
terminé de fouiller les lieux, X______ avait pris une grande valise et y avait placé le 
corps. Il avait ensuite pris d'autres valises et y avait mis notamment les coussins, la 
couette, les câbles, tous les téléphones portables, ainsi qu'un ordinateur. Lui-même avait 
écouté et suivi les instructions de l'intéressé.  

Ils avaient quitté l'appartement avec une grande valise, deux petites valises et un sac 
FNAC, puis s'étaient rendus sur un parking et avaient commandé un taxi qui les avait 
amenés jusqu'à la douane de Veyrier, étant précisé que X______ lui avait dit vouloir aller 
en France sans en indiquer la raison. Après avoir traversé la frontière à pied, l'intéressé 
lui avait demandé s'ils pouvaient aller chez lui et lui avait dit d'appeler un taxi. A leur 
arrivée à Evian, ils avaient placé toutes les valises dans l'AUDI appartenant à un ami de 
son frère (AB_____), stationnée sur ______, puis avaient été dormir chez sa grand-mère. 
A leur réveil le lendemain, vers 11h ou 12h, ils s'étaient rendus avec le véhicule au garage 
de AB_____, à ______ [France]. Après avoir présenté X______ comme un ami, il était 
parti chercher à manger, laissant le précité sur place. A son retour, il l'avait retrouvé au 
garage, en train de casser les téléphones de la victime à l'aide d'une clé à molette. 
L'intéressé lui avait par la suite demandé de s'en débarrasser, ce qu'il avait fait en jetant 
les appareils dans une rivière. Ils avaient finalement quitté les lieux à pied, laissant la 
voiture sur place, et lui-même avait appelé son ami "AH_____", lequel était venu les 
chercher et avait déposé X______ à l'hôtel AC_____, à Evian. A leur arrivée, la 
réceptionniste avait indiqué ne pas accepter de francs suisses et X______ l'avait donc 
chargé d'aller changer CHF 2'000.- trouvés dans l'appartement de la victime en euros. Il 
s'était rendu avec "AH_____" au casino pour effectuer le change, mais ce dernier était 
entré seul dans l'établissement, lui-même n'ayant pas de tenue adaptée. A leur retour à 
l'hôtel, il avait remis à X______ EUR 800.- et CHF 1'000.- - le casino n'ayant pas voulu 
changer cette seconde somme - et ce dernier lui avait restitué un montant de EUR 400.-. 
"AH______" et lui étaient ensuite repartis, laissant X______ seul à son hôtel.  

Dès lors que ce dernier lui avait dit qu'ils devaient se débarrasser du corps ("pas de 
meurtre sans corps") et lui avait demandé s'il connaissait un endroit approprié pour 
enterrer celui-ci, lui-même avait désigné un lieu situé dans la commune de Marin, où il 
plantait auparavant du cannabis. Il avait retrouvé X______ en début de soirée, vers 20h00 
ou 21h00, aux fins d'aller enterrer le corps, et tous deux s'étaient rendus à Marin, dans le 
véhicule de marque AUDI contenant les valises, une pelle et une pioche trouvées dans le 
garage de AB_____, ainsi que de l'essence. C'était lui qui conduisait et ils n'étaient que 

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deux. A leur arrivée sur place, la nuit commençait à tomber. Ils s'étaient garés à côté d'un 
chemin permettant d'accéder à la forêt et avaient sorti les valises du coffre. Après avoir 
déposé ces dernières en bordure de forêt, ils avaient dévalé une pente avec difficulté - 
tombant à plusieurs reprises -, puis X______ avait indiqué que l'endroit était bien et ils 
s'étaient mis à creuser, se relayant à tour de rôle. Cette étape avait été difficile et avait 
duré longtemps. Ils étaient ensuite remontés chercher les bagages, puis X______ avait 
mis la grosse valise dans la fosse, l'arrosant d'essence et l'enflammant, avant de jeter les 
autres bagages dans le feu. Il ignorait combien de temps avait duré cette étape, mais cela 
avait été très long. Une fois le feu éteint, ils avaient rebouché le trou et l'avaient recouvert 
de feuillages. Ils avaient ensuite regagné la voiture et lui-même avait déposé X______ à 
l'hôtel.  

S'agissant de l'essence utilisée pour brûler le corps, P______ a tantôt déclaré avoir été 
présent lors de son achat (pièce 41'454), tantôt indiqué que c'était X______ qui s'en était 
chargé et que ce dernier était déjà en possession de bidons d'essence lorsqu'il l'avait 
retrouvé à l'hôtel pour se rendre à Marin (pièce 40'910). En ce qui concerne le moment 
auquel le véhicule AUDI a été récupéré pour aller enterrer le corps, il a tantôt déclaré 
qu'après avoir retrouvé X______ ce soir-là, tous deux s'étaient rendus à pied au garage - 
où ils avaient fouillé les bagages et avaient notamment trouvé des papiers, des pièces, des 
clés, des téléphones, ainsi que quelques bijoux -, avant de prendre la route pour Marin 
(pièce 41'454), tantôt indiqué ne plus se souvenir du moment auquel le véhicule avait été 
récupéré (pièce 40'908). P______ s'est également contredit au sujet des outils utilisés pour 
creuser la fosse, alléguant, dans un premier temps, s'être procuré ces objets dans le garage 
de AB_____, à la demande de X______ (pièce 41'364), puis, dans un second temps, que 
c'était ce dernier qui les avait trouvés sur place et mis dans le coffre du véhicule (pièce 
40'908). S'agissant enfin de sa présence lors de la crémation du corps, il a d'abord déclaré 
être resté sur place lorsque la valise se consumait (pièce 41'364), avant de soutenir s'être 
éloigné pendant ce temps (pièces 41'454 et 40'908).  

Examens effectués sur le corps de N______ 

a.d.a. Selon le rapport d'autopsie médico-légale du 7 octobre 2019 (pièces 40'895 ss) et 
son complément du 11 août 2020 (pièces 40'994 ss), établis par la Prof. AD_____ et le 
Dr AE_____, du Service de médecine légale du CHU Grenoble-Alpes, il n'a pas été 
possible de déterminer la cause du décès de la victime, compte tenu de l'état du corps 
calciné et putréfié.  

Cela étant, l'hypothèse d'un décès par asphyxie mécanique - soit notamment en appliquant 
les mains et un coussin sur les voies aériennes supérieures - est compatible avec les 
données post-mortem et l'hypothèse d'un décès en lien avec une strangulation par un câble 
ne peut quant à elle être ni affirmée ni infirmée. S'agissant de l'hypothèse d'un décès en 
lien avec l'inhalation d'un gaz lacrymogène, elle est incompatible avec les données post-
mortem et les données de la littérature, qui ne mettent pas en évidence de cas de décès en 
lien avec une exposition unique à un gaz lacrymogène. Une cause traumatique dans le 
déterminisme du décès est enfin exclue malgré l'entorse grave à hauteur de C5-C6 (partie 
de la colonne vertébrale située dans le cou) mise en évidence lors de l'examen 

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radiologique (pièces 40'889 ss), laquelle est probablement d'origine post-mortem et ne 
peut en tout état pas être à l'origine du décès.  

a.d.b. Les examens toxicologiques ont permis de révéler la présence d'éthanol et de 
certains composés communs à ceux de l'essence dans les prélèvements de poumons, foie 
et reins, compatible avec la présence d'essence automobile (cf. rapport d'expertise 
toxicologique du 31 mars 2020, pièces 40'932 ss). 

Analyses téléphoniques 

a.e.a. Les extractions des téléphones de X______ et de P______ ainsi que l'analyse des 
données rétroactives des numéros utilisés par ces derniers et N______ ont fait l'objet de 
divers rapports de la Brigade criminelle et de la Brigade de criminalité informatique (ci-
après: la BCI) (cf. rapports du 2 juillet 2020, pièces 60'312 ss, du 25 mai 2020, pièces 
60'628 ss, du 8 janvier 2021, pièces 60'800 ss, du 17 novembre 2021, pièces 61'054 ss, 
du 6 décembre 2021, pièces 61'162 ss, et du 14 novembre 2022, pièces 61'215 ss), 
permettant d'établir la chronologie suivante:   

- le 15 août 2019, une photographie de N______ est enregistrée (possiblement de 
manière automatique) dans le téléphone de X______,   

- entre le 20 août et le 6 septembre 2019, le téléphone de X______ borne en 
permanence dans le canton de Vaud, 

- le 6 septembre 2019:  

- à 21h39, le texte suivant est traduit du français vers l'anglais, puis vers le 
russe, dans le téléphone de X______: "il faut aller vite. la fille attend rdv. 
il faut maitriser direct en ouvrant la porte. il faut qu elle ai les yeux cachés. 
car elle connait mon visage. ensuite je rentre et on fouille l appartement 
ensemble",  

- à 21h52, N______ confirme à H______ qu'elle va travailler,   

- entre 23h12 et 23h19, le téléphone de X______ active des antennes à 
proximité du domicile de N______ (______ [GE] et ______[GE]),   

- à 23h38, N______ tente de joindre X______, lequel est enregistré sous 
"vendredi" dans son répertoire téléphonique,  

- à 23h59, N______ écrit à H______ : "Je suis dégouté", "Bad choice",  

- le 7 septembre 2019, X______ contacte P______ pour la première fois, via 
SNAPCHAT, se présentant comme un ami de son frère et lui demandant de le 
rappeler urgemment, étant relevé que le précité ne prendra connaissance de ces 
messages que le lendemain, vers 20h00,  

- le 8 septembre 2019:  

- à 15h15, X______ envoie un message à P______ (via SNAPCHAT) en lui 
demandant de le contacter via l'application TELEGRAM, "avec 
autodestruction des messages",  

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- à 19h51, P______ télécharge l'application TELEGRAM sur son 
téléphone, étant relevé que, malgré l'effacement de données, trois 
interactions avec le numéro de X______, via cette application, sont 
observées à 19h53, 21h25 et 22h59,  

- à 21h24, P______ appelle X______ pendant 34 secondes,  

- le 9 septembre 2019:  

- à 00h33, une conversation ("secret chat") est initiée entre P______ et 
X______ sur TELEGRAM,  

- à 17h44, le téléphone de P______ est localisé pour la première fois en 
Suisse, à ______ [GE], 

- à 21h00, X______ modifie les paramètres d'autodestruction de ses 
messages sur son application TELEGRAM de manière à ce que ceux-ci 
soient effacés après 60 secondes, 

- à 22h15, N______, de retour de son week-end en ______ [France], rejoint 
son domicile, 

- entre 23h03 et 23h23, N______ envoie des sms à un tiers sans lien avec la 
présente affaire, lequel lui répond à son tour par sms à 23h25, 

- entre 23h26 et 23h29, N______ se rend sur le site booking.com et utilise 
diverses applications sur son téléphone (GOOGLE DRIVE, GOOGLE 
CHROME, WHATSAPP), avant d'actionner la touche de retour à l'écran 
d'accueil,  

- à 23h30, un changement d'orientation ("tilting") est enregistré sur le 
téléphone de N______,  

- à 23h30 et 23h34, P______ reçoit trois notifications TELEGRAM 
("message reçu"), 

- entre 23h24 et 00h04, l'application HEALTH installée sur le téléphone de 
P______ enregistre trois séquences de pas, à savoir:  

 entre 23:24:56 et 23:32:09, 168 pas pour 114 mètres,  

 entre 23:37:07 et 23:37:27, 21 pas pour 17 mètres,  

 entre 23:55:05 et 00:04:57, 191 pas pour 141 mètres,  

- le 10 septembre 2019:  

- à 00h19, le téléphone de P______ active l'antenne du chemin ______ 
[GE],  

- à 01h06, le téléphone de X______ active l'antenne de la rue ______ [GE],  

- à 01h15, X______ installe l'application UBER sur son téléphone,  

- à 01h27, un appel vers la centrale de CH______est effectué depuis le 
téléphone de P______, étant relevé que l'enregistrement de cet appel, 

- 19 -  

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figurant à la procédure, démontre que l'interlocuteur est X______ et que 
ce dernier commande un taxi en précisant, sur un ton calme, qu'il rentre de 
voyage et qu'il a quatre valises (cf. rapport de renseignements du 3 mars 
2020, pièces 60'238 ss),   

- entre 01h40 et 02h17, le téléphone de P______ active plusieurs antennes 
dans la région de Veyrier,  

- à 01h42, le téléphone de X______ active l'antenne du chemin ______ 
[GE], à Veyrier,  

- entre 02h29 et 03h00, cinq appels sont effectués depuis le téléphone de 
P______ vers des centrales ou chauffeurs de taxis en France,  

- à 19h31, 19h53, 20h51, 20h54 et 21h10, le téléphone de P______ active 
l'antenne du stade BB_____, à Evian-les-Bains,  

- à 22h40, X______ tente de joindre P______ à deux reprises,  

- à 23h02, X______ écrit à P______ pour savoir où il se trouve et tente de 
le joindre,  

 

- le 11 septembre 2019,  

- à 00h21, le téléphone de P______ déclenche l'antenne du stade BB_____; 
son application HEALTH n'enregistre aucune activité entre 00h17 et 
07h30, 

- le téléphone de X______ n'enregistre aucune activité entre entre 00h20 et 
07h07, 

- à 07h44, X______ contacte une dénommée "BQ______", via 
INSTAGRAM, pour lui souhaiter une bonne journée; à 22h47, il envoie 
deux photos de lui à la précitée, prises le jour-même et le montrant devant 
le lac, respectivement avec un cigare aux lèvres. 

a.e.b. S'agissant de la période postérieure aux faits du 9 au 11 septembre 2019, les 
données tirées du téléphone de X______ ont notamment permis de déterminer que le 
précité a séjourné dans un hôtel situé à Thonon-les-Bains le week-end du 14 au 15 
septembre 2019, où il a été rejoint par une femme rencontrée via les réseaux sociaux 
(AF_____), puis qu'il s'est rendu à ______ [France] du 16 au 24 septembre 2019.  

Pour le surplus, la police a retrouvé dans son téléphone une traduction (du français à 
l'espagnol), datée du 20 septembre 2019, d'un texte dont la teneur est la suivante: "pour 
moi aussi. un fossoyeur de cadavre sait aussi enterre son telephone ;)))", ledit texte étant 
visiblement destiné à un individu avec lequel X______ était en affaires et avec lequel il 
a communiqué en espagnol le même jour, par le biais de l'application TELEGRAM (cf. 
rapport de renseignements du 8 janvier 2021, pièces 60'800 ss).  

Examens menés par la BPTS 

- 20 -  

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a.f.a. Lors d'un retour à l'appartement de la victime effectué le 15 octobre 2019, il a été 
constaté que l'alimentation d'une lampe sur pied située sous le bureau avait été sectionnée, 
plutôt avec un objet tranchant à une lame qu'avec une pince coupante à double tranchant, 
l'extrémité du câble électrique menant à la prise étant absente et celle encore solidaire à 
la lampe mesurant environ 80 cm. L'examen du couteau saisi sur X______ lors de son 
interpellation a en outre permis d'observer une encoche visible sur le côté tranchant de la 
lame, d'environ 3 mm de longueur, ainsi que la présence d'un résidu métallique cuivré 
incrusté dans celle-ci (cf. rapport de la BPTS du 14 mai 2020, pièces 60'619 ss).  

a.f.b. Des prélèvements ont été effectués sur des traces rouges retrouvées sur le matelas 
de la victime (drap-housse et alèse), ainsi qu'au pied du lit, et ont permis de mettre en 
évidence un même profil ADN féminin F1. Les tests indicatifs de la présence de sang 
(tests OBTI) effectués sur ces mêmes prélèvements se sont par ailleurs révélés positifs 
(cf. rapport d'analyses ADN établi le 10 octobre 2019 par le CURML, pièces 60'166 ss, 
et rapports de la BPTS du 3 juillet 2020, pièces 60'642 ss, du 12 mai 2021, pièces 60'903 
ss, et du 10 novembre 2021, pièces 61'029 ss).  

a.f.c. Des prélèvements ont été effectués sur différentes traces orangées constatées dans 
l'appartement de N______, soit à l'entrée, dans la salle de bains, ainsi que sur le drap-
housse, et ont permis de mettre en évidence la présence de capsaïcine et d'autres dérivés 
de capsaïcinoïdes, permettant ainsi de confirmer l'usage d'un spray d'auto-défense.  

Les prélèvements effectués sur la jaquette de X______ ont permis d'observer une partie 
seulement des éléments constitutifs de la capsaïcine (oléorésine de capsicum), ce qui peut 
s'expliquer, selon l'Ecole des sciences criminelles de Lausannce (ci-après: l'ESC), par un 
ou plusieurs facteurs pouvant agir sur la persistance des substances d'intérêt sur le 
vêtement en question, comme par exemple des conditions de stockage non appropriées 
ou encore la distance séparant la jaquette du pulvérisateur lors du coup de spray (cf. 
rapport de l'ESC du 22 décembre 2022, pièces 61'220 ss, rapports de la BPTS du 13 avril 
2022, pièces 61'200 ss, et du 11 janvier 2023, pièces 61'226 ss).   

Des recherches complémentaires de traces de spray au poivre sur la casquette et le sac de 
sport de X______ ont été ordonnées par le Tribunal de céans (cf. mandat d'actes d'enquête 
du 29 septembre 2023). Si les résultats obtenus à la BPTS orientaient sur une possible 
présence de dérivés de capsaïcinoïdes sur le sac de sport, les analyses effectuées par l'ESC 
n'ont pas permis de le confirmer, ce qui peut s'expliquer soit par l'absence de ces 
composés, soit par une quantité plus faible que le seuil de détection en raison notamment 
d'une mauvaise persistance ou d'un problème de détection instrumentale (cf. rapport de la 
BPTS du 22 novembre 2023 et rapport de l'ESC du 20 novembre 2023).   

Images de vidéosurveillance 

a.g.a. Les images de vidéosurveillance fournies par les TPG pour la soirée du 9 
septembre 2019 montrent, à 20h56, X______ et P______ monter dans le bus n°3 (arrêt 
______), puis, à 21h06, descendre de celui-ci (arrêt ______) et prendre la direction de 
______ [GE], étant pour le surplus relevé que, tout au long du trajet, les intéressés se 

- 21 -  

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comportent comme s'ils ne se connaissaient pas (cf. rapport de renseignements du 3 
octobre 2019, pièces 60'118 ss).  

a.g.b. Les images de vidéosurveillance fournies par l'hôtel AC_____, à Evian, où 
X______ a séjourné du 10 au 12 septembre 2019, montrent ce dernier sortir de sa 
chambre, le 11 septembre 2019, à 00h29, puis y revenir à 06h52 (cf. rapport de la police 
judiciaire française du 27 septembre 2019, pièces 41'348 ss).  

a.g.c. Les images tirées de la vidéosurveillance du casino d'Evian-les-Bains ont enfin 
permis de relever qu'un individu identifié comme étant AH_____ s'est présenté dans cet 
établissement le 10 septembre 2019, à 17h13, aux fins de procéder au change de francs 
suisses en euros (cf. rapports de la police judiciaires française du 27 septembre 2019, 
pièces 41'369 ss, et du 9 décembre 2019, pièces 41'632 ss).  

Auditions en France  

a.h.a. Entendu le 30 mars 2021 en qualité de témoin (pièces 43'084 ss), CG______ a 
déclaré avoir fait la connaissance de X______ en prison, en 2019, et avoir partagé sa 
cellule avec ce dernier pendant environ deux semaines. X______ lui avait effectivement 
parlé d'un plan pour se faire de l'argent, mais lui-même lui avait répondu que ce n'était 
pas son "truc" de rentrer chez les gens et de les attacher. Selon lui, si l'intéressé avait fini 
par s'adresser à son frère, c'était parce qu'il cherchait un "con", étant précisé que son frère 
était une personne gentille et serviable, mais aussi très naïve et manipulable, à l'inverse 
de X______, qui était très intelligent et manipulateur. Son frère lui avait expliqué le 
déroulement des faits tel qu'il l'avait raconté à la police, à savoir qu'il était entré, qu'il 
avait gazé la fille, que X______ était entré à son tour et avait attaché la fille, que, lorsqu'il 
était ressorti de la salle de bain, la fille ne respirait plus, qu'il avait essayé de lui faire du 
bouche à bouche et qu'il était en panique, à l'inverse de X______, qui n'en avait rien à 
faire. Son frère n'avait pas voulu tuer la prostituée. Il s'agissait d'un accident. A la fin du 
mois d'octobre 2019, alors qu'il était encore en détention, X______ lui avait fait parvenir 
à deux reprises, via un autre détenu, deux pages écrites en majuscules et détaillant la 
version des faits qu'il devait faire dire à son frère, à savoir notamment qu'il y avait eu un 
accident, que X______ se trouvait à l'hôtel et qu'il n'était pas présent lors de l'enterrement. 
Pour le surplus, tous les membres de sa famille pratiquaient le jiu-jitsu.  

a.h.b. Entendu le 15 janvier 2020 en qualité de témoin (pièces 41'643 ss), AB_____ a 
indiqué avoir rencontré CG______ par le biais de son frère, P______, avec lequel il avait 
collaboré pour faire du négoce de voitures entre la Suisse et la France. Il avait vu P______ 
pour la dernière fois le 10 septembre 2019. Ce dernier était venu à son garage avec l'AUDI 
utilisée par son frère, vers 10h30 ou 11h00, en compagnie d'un homme dénommé 
"X______" qui avait l'air d'avoir de l'ascendant sur lui. Dès son arrivée, P______ s'était 
acquitté du loyer dû par un ami à lui (AI_____) pour la location d'une place de parc dans 
son garage et lui avait remis à ce titre CHF 400.-. Ils avaient discuté un certain temps près 
de la voiture et, à un moment donné, lui-même avait remarqué qu'un pneu arrière était à 
plat et avait proposé de le changer, mais les intéressés avaient refusé. P______ était 
ensuite parti chercher à manger et il s'était retrouvé seul avec "X______". Ce dernier, qui 
paraissait être un beau parleur, lui avait notamment parlé de ses activités dans la vente de 

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diamants et dans l'immobilier. Il lui avait en outre indiqué être à la recherche d'un 
logement pour deux ou trois jours. Au retour de P______, "X______" avait dit à ce dernier 
qu'ils devaient partir et P______ avait répondu qu'il ne souhaitait pas reprendre l'AUDI 
car celle-ci faisait du bruit et avait des problèmes de frein. Tous deux avaient un 
comportement normal, mais "X______" semblait commander le jeune homme en lui 
donnant des instructions. Il lui avait notamment demandé d'appeler une personne pour 
récupérer une voiture (FIAT PUNTO) et de chercher un hôtel. A un moment donné, les 
intéressés s'étaient rendus dans le garage et lui-même les y avait rejoints après avoir 
entendu du bruit. Il avait alors aperçu "X______" à quatre pattes en train de taper avec 
une grosse clé à molette sur un portable, avant de ramasser les éclats et de les mettre dans 
son sac de sport noir. Les précités étaient partis à pied, en direction d'Evian, vers 13h30 
ou 14h00. Suite aux faits, il s'était aperçu de la disparition d'une pioche et d'une pelle dans 
son garage.  

a.h.c. Plusieurs amis proches de P______, à savoir AI_____, AJ_____ et AH_____ ont 
été mis en garde à vue dans le cadre de la procédure instruite en France et auditionnés en 
cette qualité.    

Entendu à cinq reprises entre le 30 juin et le 3 septembre 2020 (pièces 41'740 ss, 41'742 
ss, 41'767 ss, 41'784 ss et 41'088 ss), AI_____ a déclaré avoir rencontré X______ à une 
occasion, un soir, alors qu'il avait rejoint P______ pour manger un kebab à Evian, étant 
précisé que cela l'avait choqué de voir son ami avec une personne de cet âge. Il avait 
effectivement demandé à P______ de payer un loyer à AB_____, car il n'avait plus 
d'argent. Suite à son arrestation, son ami l'avait appelé depuis la maison d'arrêt pour aller 
récupérer les espèces qu'il avait cachées chez AJ_____, sous le canapé de ce dernier, et 
les amener à sa mère. AI_____ a pour le surplus nié toute implication et, confronté aux 
analyses ADN effectuées sur la paire de gants retrouvées chez la grand-mère de P______, 
a indiqué que, si ses empreintes avaient été retrouvées sur ces derniers, c'était parce qu'il 
avait dû s'en servir, étant mécanicien et possédant de nombreux gants du même type.  

Entendu les 30 juin et 1er juillet 2020 (pièces 41'676 ss, 41'681 ss et 41'697 ss), AJ_____ 
a déclaré qu'il était possible qu'il ait déposé P______ à l'hôtel AC_____, à sa demande, 
mais ne pas en être certain, et avoir hébergé l'intéressé chez lui les jours précédant son 
arrestation. Un ou deux mois plus tard, AI_____ lui avait appris que P______ avait caché 
EUR 1'500.- sous son canapé, tout en précisant que cet argent était destiné à sa mère. En 
rentrant chez lui, il avait effectivement découvert une pochette contenant EUR 1'500.- à 
l'endroit indiqué et avait remis cette dernière à la mère de P______. AJ_____ a pour le 
surplus nié toute implication.  

Entendu le 1er juillet 2020 (pièces 41'718 ss), AH_____ a notamment confirmé avoir 
accepté de se rendre au casino pour changer CHF 2'000.-, à la demande de P______. Il a 
également contesté toute implication.   

a.h.d. AK_____, C______ et AL_____ ont été entendus les 6 et 15 janvier 2020 (pièces 
41'547 ss, 41'549 ss et 41'553 ss). Ils se sont notamment exprimés sur la visite que leur a 
rendue N______ en ______ [France], le week-end précédant son décès, ainsi que sur le 

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conflit rencontré par cette dernière avec sa famille paternelle, l'ayant conduite à léguer 
l'universalité des biens de sa succession à ses petites-cousines, C______ et D______.   

Auditions en Suisse 

a.i.a.  Les personnes suivantes ont été entendues devant le Ministère public:  

a.i.a.a. Entendu le 29 octobre 2020 (pièces 70'257 ss), H______ a confirmé ses 
déclarations à la police. Il a pour le surplus précisé que, lorsque N______ recevait des 
clients, ceux-ci restaient généralement en ligne afin de recevoir les instructions 
nécessaires pour accéder à son logement. Ce système permettait ainsi à son amie intime 
de voir la personne arriver depuis l'ascenseur.  

a.i.a.b. P______ et AI_____ ont été entendus le 27 novembre 2020 en qualité de 
personnes appelées à donner des renseignements (pièces 70'266 ss).  

P______ a confirmé ses déclarations devant les autorités françaises, précisant cependant 
que, lors de son arrivée à Genève, le rendez-vous avec N______ avait déjà été pris par 
X______. Ils n'avaient pas parlé du partage du butin, mais, logiquement, ils auraient dû 
se partager les EUR 50'000.- à raison de la moitié chacun. Hormis le fait qu'elle avait été 
surprise, il était incapable de décrire la réaction de N______ lors de son entrée dans 
l'appartement, dans la mesure où tout était allé très vite et où il avait lui-même reçu du 
spray au poivre. Il ne pouvait pas dire non plus de quelle manière la victime avait été 
ligotée - étant lui-même occupé à couper des câbles à ce moment -, mais il se souvenait 
qu'à la fin, elle se trouvait sur le ventre, les pieds et les mains liés les uns aux autres, vers 
l'arrière. Il ne se rappelait du reste pas si elle avait quelque chose dans la bouche ni si elle 
avait des marques autour du cou. C'était de sa propre initiative qu'il avait libéré la victime 
de ses attaches, suite à son retour de la salle de bains, et qu'il lui avait fait un massage 
cardiaque ainsi que du bouche-à-bouche, étant précisé que, pendant ce temps, X______ 
était occupé à fouiller les téléphones. Il ne se souvenait plus du temps que cela avait duré, 
mais, à un certain moment, X______ lui avait dit d'arrêter. C'était ce dernier qui avait eu 
l'idée de mettre la victime dans une valise et qui avait rempli les autres bagages. Au total, 
ils avaient emporté CHF 2'000.-. Cet argent avait notamment servi à payer le taxi et lui-
même en avait perçu moins de la moitié. Il ne se souvenait plus si les CHF 400.- remis à 
AB_____ appartenaient à la victime, mais tel n'était en tout pas le cas des EUR 1'500.- 
qu'il avait cachés chez AJ_____. S'agissant du déroulement de la soirée du 10 septembre 
2019, P______ a déclaré avoir été chercher X______ à son hôtel avec la voiture contenant 
déjà toutes les valises, puis que tous deux s'étaient rendus à l'endroit de la découverte du 
corps, où ils avaient creusé un trou, mis les valises dans celui-ci, puis mis l'essence et le 
feu. C'était X______ qui s'était chargé du feu, lui-même étant remonté à ce moment. Pour 
le surplus, P______ a indiqué ne plus se souvenir du moment auquel l'essence avait été 
achetée.  

AI_____ a pour sa part persisté à nier toute implication dans le déroulement des faits. 

a.i.a.c. Le Ministère public a procédé, le 23 juin 2021, à l'audition de AF_____, AM_____ 
et U______ en qualité de témoins (pièces 70'145 ss).  

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La première citée a déclaré se souvenir avoir rencontré X______ à une reprise, à Thonon-
les-Bains, avoir bu un verre avec lui puis l'avoir accompagné à son hôtel, tout en précisant 
que l'intéressé lui avait alors paru normal et détendu.  

AM_____ a déclaré avoir rencontré X______ plusieurs années auparavant, dans un 
contexte professionnel. Tous deux étaient devenus amis et avaient même été colocataires 
pendant un certain temps. Il avait vu l'intéressé pour la dernière fois entre août et 
septembre 2019, peu avant son arrestation, et ce dernier ne lui avait alors pas paru 
nerveux. 

U______ a confirmé, en substance, ses déclarations à la police, estimant cependant la 
durée des bruits à 15 à 20 minutes. Il a pour le surplus précisé ne pas avoir entendu de 
voix masculine, mais uniquement le bruit d'une femme très énervée et qui faisait 
énormément de bruit. Il y avait d'abord eu des cris étouffés (audibles mais inintelligibles), 
puis des impacts très forts au sol, allant d'un côté à l'autre de la pièce, étant précisé que 
cet enchaînement s'était répété. Sur le moment, il avait pensé à une dispute de couple très 
violente, puis, lorsqu'il avait été entendu par la police, il avait rationnalisé ce qu'il avait 
entendu en évoquant un bruit de femme bâillonnée tentant de crier mais ne pouvant sortir 
de mots.  

a.i.a.d. Entendu le 26 avril 2022 en qualité de témoin (pièces 70'465 ss), AN_____, 
inspecteur à la BCI en charge de l'extraction du téléphone de P______, s'est exprimé sur 
la méthodologie suivie et sur les logiciels utilisés pour l'extraction et le décodage. Dans 
la mesure où une extraction physique récupérait l'entier du contenu d'un appareil, aucune 
extraction supplémentaire ne permettrait d'obtenir davantage de données et tout ce qui 
pouvait être extrait de l'appareil en question l'avait été.  

a.i.a.e. Entendu le 1er juillet 2022 en qualité de témoin (pièces 70'486 ss), AB_____ a 
confirmé, en substance, ses déclarations à la police française. Se montrant cependant plus 
nuancé s'agissant des dégâts causés au téléphone, l'intéressé a déclaré ignorer lequel des 
deux avait cassé l'appareil, tout en précisant avoir vu X______ par terre et entendu 
P______ dire "on casse le téléphone".   

a.i.a.f. Entendue le 26 septembre 2022 en qualité de témoin (pièces 70'498 ss), AO_____, 
soit une amie proche de N______, a notamment indiqué qu'il arrivait relativement souvent 
à la précitée d'avoir des rendez-vous manqués et que, dans ces cas-là, elle rappelait le 
client si elle n'avait pas de nouvelles.  

a.i.a.g. Entendu le 20 janvier 2023 en qualité de témoin (pièces 70'508 ss), CG______ a 
déclaré ne plus se souvenir, vu le temps écoulé, du plan pour gagner de l'argent dont lui 
avait parlé X______. Il a pour le surplus confirmé que ce dernier avait tenté à deux 
reprises de lui transmettre une version des faits "toute arrangée" qu'il devait faire dire à 
son frère.  

a.i.b.  Le père, la sœur et la mère de X______ ont été entendus le 25 juin 2020, le 31 
mars 2021 et le 6 avril 2021, et se sont notamment exprimés sur son enfance ainsi que sur 
son parcours de vie (pièces 60'766 ss, 60'867 ss et 60'886 ss). Interrogés sur leur état 
d'esprit en apprenant les faits, la mère de X______ a notamment déclaré avoir été 

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traumatisée et confrontée à l'incompréhension la plus totale, tandis que son père s'est dit 
"soulagé", en ce sens que son fils - qui avait dévié du droit de chemin lors de son passage 
par l'école de recrues et qu'il considérait comme un mythomane - allait enfin être mis à 
l'écart de la société et ne pourrait plus faire de mal.  

a.i.c.X______ a été entendu par la police les 25 et 26 septembre 2019, 16 octobre 2019 
et 6 avril 2021 (pièces 60'084 ss, 60'176 ss, 60'944 ss), ainsi que devant le Ministère 
public les 26 septembre 2019, 10 janvier et 3 juillet 2020 (pièces 70'226 ss, 70'232 ss et 
70'248 ss). Il a en outre été entendu à plusieurs reprises en confrontation devant le 
Ministère public entre les mois d'octobre 2020 et mai 2023 (pièces 70'257 ss, 70'266 ss, 
70'371 ss, 70'402 ss, 70'415 ss, 70'432 ss, 70'459 ss, 70'465 ss, 70'486 ss, 70'498 ss, 70'508 
ss, 65'105 ss et 65'130 ss). 

Autres actes d'instruction  

a.j.a. De multiples objets appartenant à N______ (notamment une montre, des bijoux, 
des flacons de parfums, une crème de beauté, des clés et une poignée de valise) ont été 
retrouvés dans le garage renfermant le véhicule de marque AUDI utilisé par P______ et 
X______, sis dans la commune de ______ [France], ainsi que dans le parking situé face 
à la douane de Veyrier, à Etrembières. Les téléphones de N______ ont pour le surplus été 
retrouvés aux abords d'un ruisseau situé dans la commune de ______ [France], étant 
précisé que, vu leur état extrêmement endommagé (coque, écran et carte mère brisés, 
voire sectionnés), ils n'ont pas pu faire l'objet d'extractions (cf. rapports de la police 
judiciaire française du 18 septembre 2019, pièces 40'671 ss, et du 27 septembre 2019, 
pièces 41'389 ss, et rapport de renseignements du 15 février 2022, pièces 61'170 ss).   

a.j.b.  Une perquisition a été menée au domicile de la grand-mère de P______, chez 
laquelle ce dernier logeait lors des faits, et a notamment permis de retrouver une paire de 
gants sur lesquels des prélèvements ont été effectués et ont permis de confirmer non 
seulement une concordance avec le profil ADN du précité, mais également des 
contributions provenant du profil ADN de AI_____ (cf. rapport de la police judiciaire 
française du 25 septembre 2019, pièces 41'236 ss, et rapport de l'Institut national de police 
scientifique du 1er septembre 2020, pièces 41'132 ss).  

a.j.c. Dans le cadre de la procédure instruite en France, P______ a été soumis à des 
expertises psychiatrique (cf. rapport du Dr AP_____ du 16 décembre 2019, pièces 40'125 
ss) et psychologique (cf. rapport de AQ_____ du 13 février 2020, pièces 40'137 ss). S'il 
n'a pas été relevé de trouble psychopathologique ni de trouble de la personnalité chez 
P______, une possible carence paternelle a été mise en évidence par le psychologue 
AQ_____, laquelle, associée au jeune âge de l'intéressé, est de nature à le rendre plus 
influençable que la moyenne. P______ a pour le surplus fait l'objet d'un rapport d'enquête 
de personnalité daté du 28 février 2020 (pièces 40'148 ss), dont il résulte en particulier 
qu'il est décrit unanimement par son entourage comme un jeune homme manquant de 
maturité, naïf, nettement influençable et en pleine recherche identitaire.  

a.j.d. A teneur du rapport d'enquête de personnalité de N______, daté du 29 avril 2020 
et ordonné par les autorités françaises (pièces 40'919 ss), celle-ci a grandi sous la tutelle 

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de la protection de l'enfance et a été placée, à tout le moins, dans deux familles d'accueil 
jusqu'à sa majorité, ses parents n'étant pas en mesure d'assumer son éducation. Elle aurait 
commencé à se prostituer vers l'âge de 20 ans. D'après ses proches, N______ gagnait très 
bien sa vie grâce à l'exercice de cette activité et a ainsi pu investir dans l'immobilier, 
notamment en France et à Dubaï, ce qui est d'ailleurs corroboré par la documentation 
retrouvée à son domicile (cf. rapport de renseignements du 21 avril 2020, pièces 60'335 
ss). Sa mère est aujourd'hui décédée, tandis que son père, F______, est atteint de 
problèmes de santé et fait l'objet d'une mesure de tutelle depuis 2001 (cf. courrier de 
l'Association tutélaire du ______ [France] au Doyen des juges d'instruction du 7 octobre 
2019, pièce 40'872).  

a.j.e. Il résulte enfin du rapport de renseignements du 21 avril 2020, relatif à l'examen 
de la documentation retrouvée au domicile de N______ (pièces 60'335 ss), que cette 
dernière sous-louait son appartement à ______ [GE] depuis 2017 et qu'elle a renouvelé 
son bail pour la dernière fois le 29 août 2019.   

Plaintes 

a.k.a.H______ a déposé plainte pénale le 30 juillet 2020 (pièce 10'195).  

a.k.b.F______ a déposé plainte pénale le 17 mars 2021 (pièce 10'196).  

a.k.c.C______ et D______, petites-cousines de la victime instituées légataires 
universelles par testament olographe du 12 juin 2019 (pièces 81'721 ss), ont, par courriel 
daté du 20 mars 2023, manifesté leur volonté de se porter parties civiles à la présente 
procédure, ce qu'elles ont encore confirmé par courriers parvenus au Ministère public le 
28 mars 2023, respectivement le 23 mai 2023 (pièces 81'700 ss et 10'197 ss).  

Condamnation de P______ en France 

a.l. Par arrêt daté du 16 mars 2023, la Cour d'assises du Département de la Haute-
Savoie a déclaré P______ coupable des chefs de vol précédé, accompagné ou suivi de 
violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner au préjudice de N______ et 
d'atteinte au cadavre de cette dernière. Une peine de réclusion de 13 ans a été prononcée 
à son encontre, la période de sûreté étant fixée à 6 ans et 6 mois (cf. Arrêt criminel 
n°______ de la Cour d'assises du Département de la Haute-Savoie siégeant à Annecy en 
premier ressort du 16 mars 2023).  

b. Faits commis au préjudice de Q______  

Principaux actes d'enquête 

b.a.a. Les faits commis au préjudice de Q______ ont été instruits dans le cadre d'une 
autre procédure diligentée à l'encontre de X______ et d'autres prévenus, référencée 
P/3______et initialement ouverte des chefs d'exercice illicite de la prostitution et 
d'encouragement à la prostitution.  

Dans ce contexte-ci, la police a découvert un échange de messages entre X______ et une 
certaine AR_____, daté du 15 juin 2018 et traduit de l'anglais au français, dont il résulte 
en particulier que la précitée reproche à X______ d'avoir fait des "mauvaises choses et 
des problèmes avec des filles", qu'il aurait offensé l'une d'entre elles et se serait montré 

- 27 -  

 P/19096/2019   

très cruel, ce à quoi l'intéressé répond qu'il s'agit d'un sabotage et qu'il n'a "jamais été à 
la place où les deux ______ ont été" (cf. rapport de renseignements du 2 avril 2019, pièces 
50'567 ss). 

X______ s'adresse pour le surplus en ces termes à AR_____:  

"Chère BR______ 

S'il te plaît transfert ce message à BS______.  

[…] 

6. Oui tu as été volée et attachée. Désolé ce n'était pas contre toi. Le vol a été effectué 
par un idiot BT______un gars de ______. Il ne t'a pas touché sur mon ORDRE. La cible 
était BU______. C'était un dommage collatéral  

7. Oui c'était moi qui essayais de trouver BU______ et de le stopper. Je sais exactement 
pourquoi. 

8. Ce n'est pas un homme et il préfère toujours l'argent à la protection des filles. 

9. À Genève je peux fournir du travail je fournis aussi appartement et personne peut venir 
et créer des problèmes avec mes collaborateurs. Cela tu le sais très bien. 

10. En 4 ans tu as fait beaucoup d'argent et oui tu as perdu après le vol quelque chose 
comme 4'000 or 5000 à cause du stupide ______.  

[…] 

Peut-être tu me déteste mais ça ne change pas que mes conditions sont bonnes et le travail 
que je fourni est très bien." 

Les nommés "BS______" et "BU______" mentionnés dans ledit message ont pu être 
identifiés par la police comme étant Q______ et O______, ce dernier étant connu des 
services de police pour avoir recruté des prostituées originaires de pays de l'Est et les 
avoir fait travailler à Genève, sous l'égide de sa structure nommée "AS_____" (cf. 
rapports de renseignements du 2 avril 2019, pièces 50'567 ss, et du 17 juin 2019, pièces 
51'864 ss).  

b.a.b. Le 10 septembre 2019, la police a adressé un courriel à Q______ aux fins de 
l'informer de l'arrestation de X______ et tenter d'obtenir davantage de renseignements 
quant aux faits dont elle avait potentiellement été victime de la part de ce dernier (pièce 
52'900). Le 12 septembre 2019, Q______ a répondu par un courriel très critique à l'égard 
de la police, reprochant notamment à cette dernière de mettre en danger les travailleuses 
du sexe et se montrant peu disposée à communiquer les informations en sa possession. 
Elle a cependant fait part de son soulagement en apprenant l'arrestation de X______, 
tenant en particulier les propos suivants: "I'm glad that X______ was arrested, Really, I 
don't have words for to describe person like him […] I deeply hate X______ for what he 
did to me" (pièces 52'901 et 52'902).  

b.a.c. Le 2 avril 2020, dans le cadre de recherches effectuées sur internet, la police a 
découvert un forum russophone dédié à la prostitution, dont un fil de discussion portait 

- 28 -  

 P/19096/2019   

sur l'agence AS_____ et faisait notamment état de ce qui était arrivé à Q______. Le 
message suivant, daté du 30 août 2018 et émanant d'une dénommée "BN______", qui 
aurait vraisemblablement travaillé pour l'agence précitée, relate en particulier ce qui suit: 
"Je suis allée à Genève (BU______ est le boss sa copine est BV______ et BW______[c'est 
celui] qui vient chercher l'argent et répond au téléphone, BW______a une copine 
BE_____ qui cherche des filles […] Au début tout allait bien […] Et un beau jour 
BX______ est venue chez moi parce que BS______avait du travail. Mais c'est pas un 
client qui était venu mais des racailles ou des bandits, ils lui ont mis un pistolet sur la 
tête, ils ont attaché BS______et l'ont gardé environ 10 heures (ils ont pris l'argent, le 
téléphone et les passeports des filles). BS______est saine et sauve mais je pense qu'elle 
s'en rappellera toute sa vie […]" (message traduit du russe au français; cf. rapport de 
renseignements du 14 avril 2020, pièces 53'053 ss).  

b.a.d. L'analyse des données contenues dans les téléphones de X______ a notamment 
permis de mettre en évidence les échanges suivants intervenus les 29 et 30 décembre 2017 
avec le raccordement +4______, utilisé par l'agence AS_____ (pièces 53'089 et 53'090):  

Emetteur Destinataire Date et heure Contenu / Durée 

X______ AS_____ 
29.12.2017 
16:32 

"[…] i would like to meet BY______for 2 hours. 
Arround 6:30-7 pm. In wich place of Geneva are 
you located. I'm near airport. Thanks a lot. J-P." 

AS_____ X______ 
29.12.2017 
16:34 

"Hello Ok :-) So, 19:00 is OK. 500 roses 2h. the 
adress is: ______. Confrim pls […]" 

X______ AS_____ 
29.12.2017 
16:38 

 "Confirmed for 6:30-7. 500 roses. She do duo. 
Like lesboshow?" 

AS_____ X______ 
29.12.2017 
16:39 

"Yes […] 19:00 better :-)" 

X______ AS_____ 
29.12.2017 
16:40 

"[…] Better I meet BY______first and if the 
feeling is good I'll ask for duo. Thank you. Ok for 
7 pm." 

AS_____ X______ 
29.12.2017 
16:40 

"Ok 19:00 BY______for 2h :-)" 

AS_____ X______ 
29.12.2017 
19:01 

"[…] U at adress already?" 

X______ AS_____ 
29.12.2017 
19:02 

 "At 500 m." 

X______ AS_____ 
29.12.2017 
19:08 

"[…] Here i'm ;) Do i'm need wait? What is the 
code door and wich floor ?" 

AS_____ X______ 
29.12.2017 
19:10 

"Code: 1012 3 florr […]" 

X______ AS_____ 
29.12.2017 
19:10 

"Ok I can go now ?" 

- 29 -  

 P/19096/2019   

AS_____ X______ 
29.12.2017 
19:15 

"Ok" 

X______ AS_____ 
29.12.2017 
19:24 

"She not open door ?" 

X______ AS_____ 
29.12.2017 
19:24 

"Ah its ok !" 

X______ AS_____ 
30.12.2017 
14:06 

"People stoled my phone at the door of 
BY______! 2 mens. 170cm. Very large shoulder. 
Young i think 25 years old. Bad english 
communication level. I didn't call the cops 
because after my wife can understand something. 
Thank you fort hat first experience. Sorry but i'll 
not come back" 

AS_____ X______ 
30.12.2017 
15:03 

"And 2nd is a black indian piss of shit ~ 45 y o 
Shaved with a barb?))))))))))) Dont worry, I 
called the cops for a roberry and thay got fingers 
on a glass, etc….;-)" 

b.a.e.  L'analyse des données contenues dans le téléphone de AT_____, également 
prévenu dans le cadre de la P/5______, a en outre permis de mettre en évidence les 
échanges suivants intervenus le soir du 29 décembre 2017 avec le raccordement 
+6______, utilisé par O______, respectivement avec le raccordement +7______, utilisé 
par Q______ (pièces 53'115 ss):  

Emetteur Destinataire Heure Contenu / Durée 

O______ AT_____ 20:06 
"One guy come to one place", "And he seams 
sick", "She says he lay on floor" 

AT_____ O______ 20:07 "What do you mean ?" 

O______ AT_____ 20:07 "Client", "He fall on floor"  

AT_____ O______ 20:08 "Now ?" 

O______ AT_____ 20:08 "Yes" 

AT_____ O______ 20:08 "Which adress ?" 

O______ AT_____ 20:08 "~ 40 min ago" 

AT_____ O______ 20:08 "Who's the girl ?"  

O______ AT_____ 20:08 "BS______" 

AT_____ O______ 20:13 "May I call BS______ ?" 

O______ AT_____ 20:13 "Yes" 

AT_____ Q______ 20:16 
"Call emergency", "144", If its serious", "In phone 
you explain", "What's happen", "Don't worry they 
don't care about your work" 

- 30 -  

 P/19096/2019   

AT_____ Q______ 20:26 "Everything's fine ?" 

O______ AT_____ 20:35 "Maybe its not he is sick", "Maybe ist roberry" 

AT_____ O______ 20:37 
"According to all your potential ennemies", "Its a 
possibility^^" 

AT_____ O______ 20:39 "BS______ not answer me" 

Q______ AT_____ 20:57 "Yes but BU______ don't care of nothing" 

Q______ AT_____ 20:59 "I am tired of all problem" 

Q______ AT_____ 21:05 
"I want see and talk with BU______ Me tired of 
all" 

b.a.f. Par ordonnance datée du 9 décembre 2022, le Ministère public a ordonné la 
disjonction des faits concernant Q______ de la P/3______et la jonction de ces derniers à 
la présente procédure.     

Auditions  

b.b.a. Entendue en qualité de témoin à l'audience de confrontation du Ministère public 
du 8 juin 2022 (pièces 70'188 ss), Q______ a reconnu physiquement X______ et a déclaré 
ce qui suit s'agissant du déroulement des faits:  

Les faits s'étaient déroulés le 29 décembre 2017, vers 17h00, mais elle ne se rappelait plus 
vraiment de l'heure. Elle avait ouvert la porte car elle attendait un client et un individu 
parlant russe avait immédiatement pointé un pistolet sur elle, tout en lui demandant de se 
taire. Il lui avait ensuite tendu un ruban en lui ordonnant de mettre celui-ci sur ses yeux 
et elle s'était exécutée. Après avoir été menacée pendant une quinzaine de minutes avec 
le pistolet, on lui avait attaché les mains et les pieds avec de la corde, puis on l'avait 
installée sur le divan. Même si elle n'avait pas vu le second individu pénétrer dans 
l'appartement, elle avait compris qu'ils étaient deux en entendant leurs bruits de pas. Le 
russophone n'avait cessé de lui poser les mêmes questions pendant environ 30 minutes, 
tandis que l'autre individu rôdait dans l'appartement. Elle avait fini par comprendre que 
ce dernier - qui n'avait pas prononcé un seul mot - dictait ses questions par téléphone au 
russophone. On l'avait notamment interrogée sur l'emplacement de son argent et de celui 
d'"BU______" (O______), avec lequel elle avait travaillé pendant quatre ans, ainsi que 
sur l'adresse du précité et celle des autres prostituées, tout en insistant sur sa relation 
d'amitié avec l'intéressé et sur le fait qu'elle devait forcément avoir les réponses. Ne se 
souvenant pas de l'adresse exacte du précité, elle avait fini par désigner 
approximativement l'endroit où il résidait ______ [Genève]. A un moment donné, elle 
avait senti qu'on lui pinçait les doigts avec une pince plate pour lui faire mal et pour lui 
faire peur. Elle était très stressée et avait pleuré, et ils avaient voulu la calmer. Elle les 
avait ensuite entendu partir dans la cuisine et avait soulevé la tête pour voir à travers le 
bandeau. C'était alors qu'elle avait aperçu X______. Les intéressés avaient pris son 
passeport ainsi que celui de son amie, et lui avaient dit de partir en ______, d'arrêter de 
travailler avec BU______ - lequel était une mauvaise personne - et qu'elle n'avait rien à 

- 31 -  

 P/19096/2019   

faire ici. Elle leur avait promis de partir et les avait suppliés de lui laisser les passeports, 
en vain. Outre les passeports, ils avaient emporté tous les bijoux et tout l'argent qui se 
trouvaient dans l'appartement, ainsi que son téléphone. Les faits avaient duré environ trois 
heures. Après leur départ, elle s'était libérée des ficelles, avait couru à la porte pour la 
refermer, puis était sortie fumer sur le balcon, apercevant alors à nouveau les deux 
individus. Tandis qu'elle s'apprêtait à fuir par le balcon, on avait frappé à sa porte et elle 
avait alors entendu un autre individu parlant russe lui indiquer, à travers la porte, qu'il 
était venu déposer les passeports. Elle avait attendu au moins une heure avant d'ouvrir la 
porte et récupérer les passeports. Le lendemain, elle s'était confié à AT_____ - qu'elle 
considérait comme un ami - sur ce qui lui était arrivé. Le précité lui avait dit de prendre 
ses affaires et l'avait emmenée dans un autre appartement. Par la suite, AT_____ lui avait 
montré le pistolet avec lequel elle avait été agressée, tout en lui disant qu'elle ne devait 
plus s'inquiéter et que X______ ne les dérangerait plus. Il lui avait également acheté un 
billet d'avion pour lui permettre de rentrer chez elle.  

Q______ a renoncé à déposer plainte pour ces faits.  

b.b.b. Entendu les 10 janvier 2020, 28 juillet 2021 et 8 juin 2022 devant le Ministère 
public (pièces 10'071 ss, 70'147 ss et 70'188 ss), AT_____ - prévenu dans la P/3______- 
a confirmé être un ami proche de Q______. Il a pour le surplus refusé d'évoquer les 
éventuelles confidences de la précitée à propos des faits dont elle avait été victime et n'a 
pas souhaité se prononcer sur l'épisode évoqué par cette dernière, lors duquel il lui aurait 
montré l'arme utilisée lors des faits.  

b.b.c. Entendu le 10 janvier 2020 devant le Ministère public en qualité de personne 
appelée à donner des renseignements (pièces 70'071 ss), O______ a déclaré se sentir 
directement visé par les faits commis au préjudice de Q______, qui était une amie à lui, 
étant précisé qu'il avait lui-même été victime d'un vol armé de la part de X______. D'après 
ce que lui avait raconté Q______, X______ était présent lors des faits et était accompagné 
d'un russophone de très grande taille. A sa connaissance, cette dernière s'était fait dérober 
un montant de CHF 16'000.-.  

b.b.d. X______ a été entendu sur ces faits devant le Ministère public les 10 avril 2019, 
10 janvier 2020, 12 février 2020 et 8 juin 2022 (pièces 70'036 ss, 70'071 ss, 70'103 ss et 
70'188 ss).  

c. Faits commis au préjudice notamment de O______ et A______ 

Principaux actes d'enquête 

c.a.a. Les faits commis au préjudice notamment de O______ et A______ ont également 
été instruits sous la P/5______.  

Il résulte du message du 30 août 2018 découvert par la police sur un forum russophone et 
mentionné supra b.a.a. qu'outre les faits vécus par "BS______", l'auteure dudit message 
évoque également des faits qui seraient survenus le 5 janvier 2018 et lors desquels les 
mêmes "racailles" auraient retrouvé son patron, ainsi que "BW______" et "BE_____": 
"[…] ces racailles ont retrouvé notre boss et BW______et BE_____ (donc c'est clair qu'il 

- 32 -  

 P/19096/2019   

s'est passé la même chose  qu'avec BS______) […] " (message traduit du russe au 
français; cf. rapport de renseignements du 14 avril 2020, pièces 53'053 ss).  

c.a.b. La police a établi plusieurs "timelines" à partir des extractions des téléphones de 
X______, Z______ et AT_____ (pièces 53'087 ss, 53'203 ss et 53'311 ss), lesquels 
permettent en particulier de mettre en évidence les interactions suivantes:  

- le 5 janvier 2018:  

- à 14h33, X______ appelle Y______ pendant 58 secondes,  

- à 15h13, X______ écrit à Z______: "Nous sommes au café en face de 
BZ______",  

- à 18h31, Z______ tente d'appeler Y______, 

- à 18h51, Y______ tente d'appeler Z______,  

- à 19h25, X______ tente d'appeler Y______,  

- à 20h07, X______ écrit à Z______: "je vais voir le Banquier rapide",  

- à 20h06, X______ écrit à AT_____: "on arrive", puis, à 20h07, il lui dit 
qu'il se trouve au AU_____ "avec BW______ et sa femme", 

- à 20h39, A______ écrit à AT_____: "they are waiting for you in the 
restaurant, CA______, BW______and BE_____", "I'm at home", puis, à 
20h43, elle lui écrit: "BU______ was taken away",   

- entre 21h41 et 21h55, X______ tente de joindre Z______ à trois reprises 
et lui écrit: "Vous etes ou ????", "Appelle moi rapide", "Allo ???", "Allo 
Tu es ou ?",  

- à 21h52, X______ écrit à Y______: "Le chien!!! Tu l as promene ??? 
What s happen with dog ???",  

- entre 22h08 et 23h54, X______ tente de joindre Z______ à quatre reprises, 
tandis que ce dernier tente de le joindre à deux reprises,  

- à 22h26 et 22h30, A______ écrit à AT_____: "they do note give passport", 
"do not answer the CA______",  

- le 6 janvier 2018:  

- à 00h27, X______ reçoit un appel du numéro utilisé par A______ et 
O______ (enregistré sous "CB______"), lequel dure 26 secondes,  

- entre 00h39 et 00h42, A______ écrit à AT_____: "we are gone", "we are 
where you were", "I want to hear BU______", "please", ce à quoi le précité 
répond, à 00h43: "Where is he ??", "Now, I'm with ______", "And sorry 
but I don't understand… nothing Everything its like bulshit",  

- dès 00h49, X______ écrit plusieurs messages au numéro enregistré sous 
"CB______", soit en particulier: "Dont move there is danger in 
______[Genève]" (00h49), "I come", "15 minutes" (01h12), "Call me!" 

- 33 -  

 P/19096/2019   

(01h19), "Where you Open door fastly" (01h26), puis tente de le joindre à 
01h30,  

- entre 01h31 et 05h21, X______ tente de contacter Y______ et Z______ à 
de nombreuses reprises et, ne parvenant pas à les joindre, exprime son 
mécontentement par messages ("Mais merde !!!!! Fastly !!!!!!!", 
"BORDEL !!!!!!!! SHIT !!!! MERDE !!!!!!! YOUR FUCKING PHONE 
!!!!", "FUCK !!!!! WHAT FUCK ARE YOU DOING !!!!!", etc.),  

- entre 00h09 et 06h32, Y______ et Z______ tentent de se joindre à de 
multiples reprises, étant relevé que les tentatives d'appel émanent pour la 
plupart du premier cité,  

- entre 5h24 et 5h28, Y______ écrit à X______: "in 45 minutes, I will be 
near flat"; ce à quoi le précité répond: "NOOOO, NOT NEAR FLAT!!!! 
______, BAR WHERE MEET V", tout en lui demandant de prendre tous 
les sacs avec lui ("take all bag with you"), ce qui suscite les interrogations 
suivantes de la part de Y______: "wich bag??", "You doing some sheet in 
flat??",  

- à 6h30, X______ écrit à "CB______": "Have Passeport",  

- à 6h32 et 6h33, Z______ écrit à Y______: "je cours je vous cherche", "Ce 
connard est venu chez moi donc je ne pouvais pas répondre il était près 
de l'entrée de mon immeuble quand je suis sorti pour aller vers vous", 

- entre 6h39 et 06h42, Z______ tente de contacter Y______ mais ce dernier 
indique ne pas pouvoir parler et précise avoir "ramené le Noir à la maison" 
et lui avoir dit qu'"ils/nous/vous sont/sommes/êtes sortis pisser et là il y 
avait les flics…", 

- entre 6h43 et 06h49, Z______ insiste plusieurs fois auprès de Y______ 
pour pouvoir lui parler, précisant notamment que "c'est très urgent" et que 
"tout le monde aura de gros ennuis", et lui demande en outre où "il" est 
allé, ce à quoi Y______ répond notamment: "J'étais une fois avec lui près 
des portes et près des fenêtres et personne n'a ouvert. Après on est revenus 
à l'autre endroit… il a dormi un peu dans la voiture maintenant… Je 
savais plus quoi faire avec lui… je le mettais dehors et lui il ne voulait pas 
y aller…[…]", 

- à 8h37,  X______ demande à Z______ où est le sac et ce dernier lui 
demande de quel sac il parle,  

- à 11h32, "CB______" écrit à X______: "Pass all the Passports to 
AT______, please", ce à quoi le précité répond: "No! Ben left. Meet with 
BW______ later",  

- à 11h37, X______ demande à "CB______" quel est le lieu de rendez-vous 
et la précitée répond: "in the center", "near McDonald's", avant de lui 
demander où se trouve "BU______"; X______ fixe le rendez-vous à 

- 34 -  

 P/19096/2019   

19h00 au McDonald's de Rive, tout en laissant ouverte la question de son 
interlocutrice,   

- à 11h45, S______ ("CD______") écrit à AT_____: "______ write 
CE______, He give passport only BW______, In 18:45-19:00 in 
Macdonald in Rive U can come with BW______pls",  

- à 12h00, X______ écrit à Z______: "Mac Donald Rives at 13h15 avec les 
3 jeunes",  

- à 16h11, X______ écrit à  "CB______": "I heard A, is free", 

- le 7 janvier 2018, X______ écrit à une dénommée AV_____: "le reseau des 
Russes de Genève est tombé", "le marché eat a prendre", puis lui propose de faire 
affaire avec lui: "J ai le réseau et il y a les clients... Le probleme est que je fait 
partie du groupe des "bad boys". Donc autant qu une femme ambitieuse, chiante, 
avec un caractère de m**** maîtrise l affaire (quelqu un comme toi)"; il dit 
ensuite être épuisé ("cramé") suite à l'affaire du " mec du coffre de la voiture au 
______ [GE]" qui lui devrait "encore 40k",  

- le 8 janvier 2018, X______ écrit le message suivant à Z______: "D. and I. Si les 
personnes voulaient ils m'auraient deja arreter. Tous connaissent mon nom et je 
suis facile a trouver. L equipe complete est en ______. Les 3 jeunes sont partis en 
France pour declarer la perte du passeport. Les personnes ont bouclés tous les 
appartements et tout fouillé. Il n y a pas de déposition car A. ne peut pas prendre 
de risque lui même. Et en Suisse pas de plainte = pas de poursuite. Je pense que 
maintenant il a du recuperer son argent. Donc tout ce travail pour rien. Je veux 
aussi que tu comprennes ce que je devais faire quand personne ne répondait plus 
au tel 1 heure après !!!! Je devais penser quoi ???? AUCUNE REPONSE. Durant 
7 heure de temps. Oui probleme de batterie mais dans la voiture II y a chargeur 
pour téléphone […]",  

- le 16 janvier 2018, X______ s'adresse notamment en ces termes à Z______: 
"Maintenant prendre réseau avec moi oui ou non ?", "Action sur le terrain avec 
arme. Comme la première fois", "Message to CF______: Oublie BU______. 
Oublie tout. ______ n'existe pas seulement de la merde a ete dit. Jamais voir un 
idiot qui ne respecte pas les regles. Jamais un professionnel ne laisse la proie 
courir pour un pipi. Et en plus fait un rdv au jet d eau dans mon dos".  

c.a.c. A teneur du rapport de renseignements du 22 février 2022 (pièces 53'603 ss), la 
police a trouvé une potentielle correspondance entre l'arme à feu utilisée lors des faits du 
5 janvier 2018 et l'une des armes perquisitionnées le 8 octobre 2019 chez AT_____ dans 
le cadre d'une autre procédure. 

c.a.d. Par ordonnance datée du 9 décembre 2022, le Ministère public a ordonné la 
disjonction des faits commis au préjudice notamment de O______ et A______ de la 
P/3______et la jonction de ces derniers à la présente procédure.     

Auditions et plaintes  

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 P/19096/2019   

c.b.a.A______ a été entendue par la police et le Ministère public les 17 janvier (pièces 
70'086 ss), 26 mai (pièces 10'016 ss) et 19 août 2020 (pièces 70'125 ss)