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**Case Identifier:** 35960f52-6cec-5ea9-b3b1-339300d470a4
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-06-20
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 20.06.2014 C/25977/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-25977-2008_2014-06-20.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 25 juin 2014. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/25977/2008 ACJC/740/2014 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 20 JUIN 2014 

 

Entre 

HOIRIE DE FEUE A______, soit : 

1. Madame B______, domiciliée ______ (France), 

2. Madame C______, domiciliée ______ (Allemagne), 

appelantes d'un jugement rendu par la 19ème Chambre du Tribunal de première 

instance de ce canton le 24 janvier 2013, comparant toutes deux par Me Pierre Siegrist, 

avocat, 17, Grand-Rue, 1204 Genève, en l'étude duquel elles font élection de domicile, 

et 

BANQUE D______, ayant son ______ (Genève), intimée, comparant par Me Serge 
Fasel, avocat, 47, rue du 31-Décembre, 1207 Genève, en l'étude duquel elle fait élection 

de domicile. 

 

Cause renvoyée par ATF du 31 mars 2014. 

 

- 2/7 - 
 

C/25977/2008 

Vu, EN FAIT, la demande du 17 novembre 2008 formée par feue A______ contre la 
BANQUE D______ (ci-après: BANQUE D______) tendant à ce qu'il soit dit qu'elle ne 

devait pas à la banque la somme de 184'300 fr., subsidiairement que si la clause de 

dédite sur laquelle se fondait la banque était applicable, l'indemnité due soit réduite; 

Que le litige portait sur l'interprétation du contrat de prêt conclu par les parties ainsi que 

de la clause pénale qu'il contenait; 

Vu le jugement JTPI/1354/2013 du 24 janvier 2013 déboutant les hoirs de feu  

A______, à savoir B______ et C______, de leurs conclusions et donnant ordre au 

notaire auprès de qui la somme litigieuse était consignée de la débloquer en faveur de la 

BANQUE D______; 

Que ce jugement a fixé l'indemnité de procédure en faveur de la banque à 18'000 fr.; 

Vu l'arrêt de la Cour de justice ACJC/1310/2013 du 8 novembre 2013 réduisant le 

montant dû par les hoirs de feue A______ à 9'300 fr., condamnant la BANQUE 

D______ en tous les dépens de première instance, comprenant une indemnité de 

procédure de 18'000 fr. en faveur des hoirs de feue A______ et la condamnant aux frais 

judiciaires d'appel de 12'000 fr. et aux dépens d'appel de 10'000 fr.; 

Vu l'arrêt du Tribunal fédéral 4A_567/2013 du 31 mars 2014 admettant le recours en 

matière civile formé par la BANQUE D______, annulant l'arrêt cantonal et déboutant 

les hoirs de feu A______ de toutes leurs conclusions, ordonnant, par conséquent, au 

notaire détenant les fonds litigieux de les libérer en faveur de la banque; 

Que la cause a, en outre, été renvoyée à l'autorité cantonale afin qu'elle statue à nouveau 

sur les frais et dépens de l'instance cantonale; 

Vu la détermination de la BANQUE D______ après renvoi de la cause du Tribunal 

fédéral, par laquelle elle conclut à ce que l'indemnité de procédure de première instance 

de 18'000 fr. soit confirmée, les dépens d'appel soient fixés à 10'234 fr. et les 

émoluments de décision mis à la charge des hoirs d'A______, à savoir B______ et 

C______; 

Que ces dernières concluent à ce que les frais et dépens soient répartis à hauteur d'un 

tiers à la charge de la BANQUE D______ et de deux tiers à leur charge;  

Qu'elles exposent que le libellé équivoque de certains documents bancaires avait 

conduit feue A______ à ouvrir action, que la bonne foi de cette dernière devait ainsi être 

protégée, de sorte qu'il convenait de faire application de l'art. 107 al. 1 let. b CPC et 

qu'en en tout état de cause, la différence de capacité économique entre les parties 

justifiait que le critère de l'équité, prévu à l'art. 107 al. 1 let. f CPC, prenne davantage 

d'importance; 

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C/25977/2008 

Considérant, EN DROIT, qu'en cas de renvoi de la cause par le Tribunal fédéral 
conformément à l'art. 107 al. 2 LTF, l'autorité inférieure est liée sur tous les points, qui 

ont été définitivement tranchés par le Tribunal fédéral ainsi que par les constatations de 

fait qui n'ont pas été attaquées devant lui (ATF 135 III 334 consid. 2 et 2.1; 133 III 201 

consid. 4.2; 131 III 91 consid. 5.2; arrêt du Tribunal fédéral 4A_600/2012 du 14 janvier 

2013, consid. 1); 

Que cela signifie qu'elle doit limiter son examen aux points sur lesquels sa première 

décision a été annulée et qu'en revanche, les points qui n'ont pas ou pas valablement été 

remis en cause, qui ont été écartés ou dont il avait été fait abstraction lors de la 

procédure fédérale de recours ne peuvent plus être réexaminés par l'autorité cantonale, 

même si, sur le plan formel, la décision attaquée a été annulée dans son intégralité 

(ATF 135 III 334 consid. 2.1; 111 II 94 consid. 2); 

Qu'en l'espèce, les parties n'ont pas remis en cause ni devant la Cour ni devant le 

Tribunal fédéral le montant de l'indemnité de procédure de première instance de 

18'000 fr; 

Qu'elles n'ont pas non plus contesté dans la procédure fédérale le montant des frais 

judiciaires d'appel de 12'000 fr. ni celui des dépens d'appel de 10'000 fr.; 

Qu'au vu des principes sus-rappelés, ces montants ne peuvent donc être revus; 

Qu'au demeurant, les dépens d'appel, arrêtés à 10'000 fr., mais que l'intimée estime à 

10'234 fr., sont conformes aux art. 85 et 90 du règlement fixant le tarif des greffes en 

matière civile (RTFMC, E 1.05.10) adopté en exécution des dispositions de la 

Loi d'application du code civil suisse et d'autres lois fédérales en matière civile (LaCC, 

E 1 05), applicable à la procédure d'appel (art. 405 al. 1 CPC); 

Qu'il n'y a donc pas lieu de revenir sur la quotité des montants précités; 

Que seule doit être tranchée la répartition des frais et dépens des deux instances; 

Qu'à teneur de l'art. 176 al. 1 aLPC, applicable à la procédure de première instance 

(art. 404 al.1 CPC), tout jugement doit condamner aux dépens la partie qui succombe;  

Qu'en matière de répartition de la charge des dépens, la règle fondamentale consiste à 

indemniser la partie qui obtient gain de cause au préjudice de celle qui succombe pour 

les frais qu'elle a dû engager judiciairement afin de faire valoir les droits qui lui sont 

reconnus; 

Que le principe de base, qui régit la répartition des dépens, est donc celui du résultat 

("Erfolgsprinzip" : ATF 119 Ia 1 consid. 6b; BERTOSSA/GAILLARD/GUYET/ SCHMIDT, 

Commentaire de la loi de procédure civile genevoise, n. 6 ad art. 176); 

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C/25977/2008 

Que cette règle doit être appliquée strictement, sauf exceptions prévues par la loi 

(SJ 1978 p. 256; SJ 1980 p. 613; SJ 1986 p. 615); 

Que, par exception à ce principe, l'art. 176 al. 2 aLPC prévoit que même s'il a obtenu 

gain de cause, le plaideur victorieux peut être condamné à une partie des dépens, 

notamment si ses conclusions étaient exagérées ou s'il a provoqué des frais inutiles; 

Que cette exception part de l'idée que la partie qui succombe n'a pas à supporter de frais 

inutiles, en particulier ceux liés aux émoluments perçus sur un montant qui n'est en 

définitive pas alloué; 

Que cette exception doit être appliquée avec réserve et limitée aux cas flagrants 

(BERTOSSA/GAILLARD/GUYET/SCHMIDT, op. cit., n. 7 ad art. 176); 

Qu'enfin, l'art. 176 al. 3 aLPC réserve la faculté pour le juge de compenser les dépens, 

notamment entre époux, ainsi que lorsque l'équité le commande, le juge disposant à cet 

égard d'un large pouvoir d'appréciation (BERTOSSA/GAILLARD/GUYET/SCHMIDT, 

op. cit., n. 7ss ad art. 176); 

Que les dépens comprennent les frais exposés dans la cause, notamment les émoluments 

de greffe, ainsi qu'une indemnité de procédure, fixée en équité et qui constitue une 

participation aux honoraires d'avocat (art. 181 aLPC); 

Qu'en l'espèce, aucune circonstance particulière ne justifie de s'écarter de la règle fixée à 

l'art. 176 al. 1 aLPC; 

Qu'en effet, l'intimée a toujours soutenu la même position tout au long de la procédure 

et a finalement obtenu gain de cause; 

Que rien dans son attitude procédurale ne peut lui être reproché;  

Qu'en particulier, elle n'a pas recouru à des procédés dilatoires ni provoqué d'une autre 

manière des frais judiciaires inutiles; 

Que si l'interprétation à donner au contrat de prêt et en particulier à la clause pénale a 

divisé les parties, aucune instance n'a retenu que la clause était ambiguë et devait être 

opposée, de ce fait, à la banque qui l'avait rédigée; 

Qu'ainsi et contrairement à ce que soutiennent les hoirs, l'interprétation divergente 

opérée par les parties ne peut être imputée à la seule l'intimée, qui devrait ainsi assumer 

partiellement les conséquences financières qui découlent de la procédure; 

Qu'enfin si, certes, les parties ne disposent probablement pas des mêmes capacités 

financières, cet élément ne justifie pas de s'écarter de la règle de l'art. 176 al. 1 aLPC, ni 

le législateur cantonal ni la jurisprudence ne retenant ce critère dans la fixation de la 

répartition des dépens; 

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C/25977/2008 

Qu'au demeurant, il s'agit d'un élément propre à une grande partie des actions opposant 

un particulier à un institut bancaire; 

Qu'au vu de ce qui précède, il n'apparaît pas que le cas d'espèce présente de 

particularité, qui permettrait de considérer que la condamnation des hoirs de feue la 

cliente de la banque aux dépens de la procédure de première instance serait 

particulièrement choquante ou heurterait le sens de l'équité; 

Qu'il se justifie donc de mettre l'intégralité des dépens de première instance, y compris 

l'indemnité de procédure, à la charge des hoirs; 

Qu'aux termes de l'art. 106 CPC, applicable à la procédure d'appel (art. 405 al. 1 CPC), 

les frais - qui comprennent les frais judiciaires et les dépens (art. 95 al. 1 CPC) - sont 

mis à la charge de la partie succombante (al. 1) ou sont répartis selon le sort de la cause, 

lorsqu'aucune des parties n'obtient entièrement gain de cause (al. 2); 

Que le juge peut toutefois s'écarter de ces règles et répartir les frais selon sa libre 

appréciation, en statuant selon les règles du droit et de l'équité (art. 4 CC; ATF 139 III 

33 consid. 4.2), dans les hypothèses prévues par l'art. 107 CPC, notamment lorsqu'une 

partie a intenté le procès de bonne foi (art. 107 al. 1 let. b CPC) ou lorsque des 

circonstances particulières rendent la répartition en fonction du sort de la cause 

inéquitable (art. 107 al. 1 let. f CPC); 

Que la doctrine cite comme exemple du plaideur de bonne foi, celui dont l'action est 

rejetée en raison d'un revirement de jurisprudence (RÜEGG, in Basler Kommentar, 

Schweizerische Zivilprozessordnung, 2013, n. 5 ad art. 107), celui qui, sans que l'on 

puisse lui reprocher un manque de diligence, a agi en méconnaissance du droit ou de 

circonstances de fait découvertes durant la procédure (OBERHAMMER/DOMEJ/HAAS, 

Kurzkommentar ZPO, 2013, n. 3 ad art. 107), ou lorsque des objections et exceptions 

n'ont, contre toute attente, pas été soulevées ou encore lorsque la partie obtenant gain de 

cause a subitement modifié ses arguments en cours de procédure (JENNY, in Kommentar 

zur Schweizerischen Zivilprozessordnung, 2013, n. 7ss ad art. 107);  

Que l'art. 107 al. 1 let. f CPC est considéré comme une disposition permettant de 

s'écarter du principe de l'art. 107 al. 1 CPC lorsque l'équité l'exige et que l'application  

du principe de l'art. 106 CPC heurterait le sentiment de justice (cf. RÜEGG, op. cit., n. 9 

ad art. 107), par exemple lorsque le jugement n'alloue pas beaucoup plus que l'offre 

transactionnelle faite par la partie succombante ou lorsque les capacités financières des 

parties sont très inégales et que la partie financièrement plus faible avait des raisons 

particulièrement fondées d'ouvrir action, par exemple, dans une action en responsabilité 

formée par un actionnaire (OBERHAMMER/DOMEJ/HAAS, op. cit., n. 10 ad art. 107);  

Que le cas d'espèce ne s'apparente pas aux exemples qui viennent d'être cités, l'intimée 

n'ayant pas modifié son argumentations en cours de procédure, ni adopté - comme déjà 

mentionné - une attitude procédurale ayant engendré des frais inutiles; 

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C/25977/2008 

Que s'il n'y a pas lieu de mettre en doute la bonne foi de feue la demanderesse, sa 

situation procédurale n'est pas comparable à celle d'un plaideur confronté à un 

revirement de jurisprudence ou découvrant des faits en cours de procédure, dont il ne 

pouvait pas avoir connaissance même en faisant preuve de diligence; 

Qu'en outre, si les capacités financières des parties sont vraisemblablement très 

inégales, il ne peut être considéré que la défunte se trouvait dans une situation où elle ne 

disposait que d'indices pour former sa demande et que ceux-ci auraient été 

particulièrement fondés, la de cujus, qui était au demeurant avocate, ayant 

personnellement assisté aux discussions qui ont précédé la signature du contrat de prêt, 

de sorte qu'elle disposait de tous les éléments pour articuler sa demande;  

Qu'ainsi, la Cour ne discerne aucune circonstance in casu permettant de retenir que 

l'application de l'art. 106 al. 1 CPC serait inéquitable ou se heurterait au sentiment de 

justice; 

Que, partant, il y a également lieu de mettre les frais d'appel à la charge des appelantes; 

Qu'il sera, enfin, renoncé à percevoir des frais judiciaires et à fixer des dépens pour la 

procédure de renvoi. 

* * * * * 

- 7/7 - 
 

C/25977/2008 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

Statuant sur les frais après renvoi de la cause par le Tribunal fédéral : 

Condamne les hoirs de feue A______, soit B______ et C______, en tous les dépens de 

première instance, qui comprendront une indemnité de procédure de 18'000 fr. en faveur 

de la BANQUE D______. 

Arrête les frais judiciaires d'appel à 12'000 fr., les met à la charge des hoirs de feue 

A______, soit B______ et C______, et dit qu'ils sont compensés par l'avance de frais 

fournie par celles-ci, qui reste acquise à l'Etat de Genève. 

Condamne les hoirs de feue A______, soit B______ et C______, à verser à la 

BANQUE D______ la somme de 10'000 fr. à titre de dépens d'appel. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Siégeant : 

Madame Florence KRAUSKOPF, présidente; Monsieur Laurent RIEBEN et Monsieur 

Ivo BUETTI, juges; Madame Nathalie DESCHAMPS, greffière. 

 

La présidente : 

Florence KRAUSKOPF 

 La greffière : 

Nathalie DESCHAMPS 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 

30'000 fr.