# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** fad76a99-5a37-5882-bd42-e8cecc8a7573
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-06-02
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Strafkammer 02.06.2015 502 2015 53
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_005_502-2015-53_2015-06-02.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

502 2015 53

Arrêt du 2 juin 2015

Chambre pénale

Composition Président: Roland Henninger
Juges: Hubert Bugnon, Jérôme Delabays
Greffière: Catherine Faller

Parties A.________, prévenu et recourant

contre

MINISTERE PUBLIC DE L’ETAT DE FRIBOURG, intimé 

 

Objet Mandats d’amener, de perquisition et de séquestre

Recours du 12 mars 2015 contre les mandats d’amener, de 
perquisition et de séquestre du Ministère public du 2 mars 2015

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considérant en fait

A. Dans le cadre de la poursuite pénale ouverte contre A.________ pour infraction à la loi 
fédérale sur les stupéfiants (LStup), le Ministère public a délivré des mandats d’amener, de 
perquisition et de séquestre le 2 mars 2015. Ceux-ci ont été exécutés le jour même, en présence 
du prévenu.

B. Le 12 mars 2015, A.________ a interjeté recours contre les mandats ci-dessus. Il soutient 
que lors de la perquisition, les policiers lui ont annoncé avoir des mandats, mais, suite à un 
incident avec ses chiens, ont omis de les lui remettre en mains propres. Il ajoute avoir été surpris 
de ne pas avoir pu assister à la totalité de la perquisition, notamment lorsque les policiers ont 
perquisitionné les deux étages et les chambres de ses filles quand lui-même se trouvait au sous-
sol. Il allègue encore que le nom inscrit sur les mandats était mal orthographié et que les policiers 
ont pénétré dans un local qui appartenait en commun avec son voisin. Enfin, il explique ses 
problèmes de santé à l’origine de sa consommation et culture de cannabis.

C. Invité à se déterminer, le Ministère public a, par courrier du 26 mars 2015, conclu à 
l’irrecevabilité du recours et subsidiairement à son rejet. En substance, il a rappelé les éléments 
sur lesquels se fondaient les mandats, précisant que le résultat de la perquisition et les aveux du 
prévenu n’avaient fait que corroborer les premiers soupçons. Il a indiqué que le nom mal 
orthographié dans l’urgence n’était qu’une erreur de plume qui ne saurait remettre en cause la 
validité des mandats. Il relève que le recourant n’a formulé aucun grief contre le mandat d’amener 
et aucune conclusion en relation avec les griefs soulevés contre le mandat de perquisition et de 
séquestre. Il explique que la perquisition a été menée conformément aux art. 244 et 245 CPP, de 
sorte que le recourant ne dispose pas d’un intérêt actuel digne de protection.

D. Par courrier du 29 avril 2015, A.________ a pris position sur les déterminations du 23 mars 
2015 du Commandant de police en charge des opérations. En substance, il revient sur les propos 
qu’il a tenus lors de son audition de police et les circonstances entourant cette dernière, à savoir 
qu’il n’avait pas dormi les deux nuits précédentes car il fêtait ses 40 ans. Il explique encore que sa 
fille de 11 ans lui a confirmé qu’une policière était entrée dans sa chambre lors de la perquisition et 
qu’elle y avait rapidement regardé avec la lampe de poche. Par ailleurs, il a indiqué qu’il déposerait 
des déterminations plus précises dans les prochains jours. A ce jour, rien n’est parvenu à la 
Chambre de céans.

en droit

1. a) Le recours à la Chambre pénale étant ouvert contre les décisions rendues par le 
Ministère public (art. 393 al. 1 let. a CPP et. 85 al. 1 LJ), des mandats d’amener, de perquisition 
(art. 244 CPP) et de séquestre rendus par le Ministère public (art. 263 CPP) sont ainsi 
susceptibles de recours selon les art. 393 ss CPP. S’agissant du mandat d’amener, il aura le plus 
souvent déjà été exécuté avant même que le justiciable ait eu le temps d’exercer son droit de 
recours, ce qui pourra poser problème au niveau de l’exigence d’un intérêt actuel au recours, une 
constatation d’une violation des droits fondamentaux ou d’une règle de forme pouvant cependant 
exceptionnellement ouvrir la voie du recours (G. CHATTON, Commentaire romand CPP, Bâle, 2011, 
n. 46 ad art. 207).

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S’agissant du mandat de perquisition, en dépit de la jurisprudence de la CourEDH (arrêt Camezind 
c. Suisse du 16.12.1997), le Tribunal fédéral n’a pas renoncé à exiger un intérêt actuel et digne de 
protection (cf. C. CHIRAZI, Commentaire romand CPP, n. 42-43 ad art. 244), de sorte qu’en 
principe le recours de A.________ devrait être déclaré irrecevable, la perquisition ayant déjà eu 
lieu. Cependant, il dispose tout de même d’un intérêt à la constatation d’une violation des droits 
fondamentaux ou d’une règle de forme (cf. C. CHIRAZI, op. cit., n. 44-47 ad art. 244).

b) Le recours doit être déposé dans les dix jours qui suivent la notification de la décision 
(art. 396 al. 1 CPP), délai que A.________ a à l’évidence respecté.

c) Le recours doit être motivé (art. 396 al. 1 CPP) et indiquer précisément les motifs qui 
commandent une autre décision (art. 385 al. 1 let. b CPP). L’exigence de motivation du recours – 
qui a été elle aussi mentionnée dans la décision attaquée – englobe aussi celle de prendre des 
conclusions. Cela signifie que la partie recourante doit définir les modifications qui devraient être 
apportées à l’ordonnance attaquée et décrire les raisons qui justifieraient de telles modifications. 
La doctrine considère toutefois que, lorsque la partie n’est pas représentée par un avocat, 
l’exigence de motivation est respectée si les conclusions peuvent être sans équivoque déduites de 
la motivation (ZIEGLER/KELLER, Basler Kommentar StPO, 2014, n. 1 ad art. 385). Le recourant doit 
en tout état de cause exposer concrètement et spécifiquement en quoi la décision qu’il attaque 
contrevient aux motifs dont il se prévaut (CALAME, Commentaire romand CPP, Bâle, 2011, n. 21 ad 
art. 386). Pour satisfaire à l'obligation de motiver, la partie recourante doit discuter les motifs de la 
décision entreprise et indiquer précisément en quoi elle estime que l'autorité précédente a 
méconnu le droit, de telle sorte que l'on comprenne clairement, à la lecture de son exposé, quelles 
règles de droit auraient été, selon elle, transgressées par la juridiction précédente (ATF 140 III 86 
consid. 2 p. 89).

En l’espèce, le recourant, qui procède seul, se limite à soulever des irrégularités formelles ayant 
entaché les opérations menées, sans formuler de conclusions. Il ne conteste cependant pas la 
validité matérielle des mandats, n’émettant notamment aucune critique quant à l’existence de 
soupçon suffisant ou quant à une violation du principe de proportionnalité. Par son recours, il 
semble rechercher une constatation des prétendues irrégularités formelles. Dans cette 
perspective, il sera entré en matière sur son recours, quand bien même celui-ci se situe à la limite 
de la recevabilité.

Par contre, l’on peine à saisir le lien entre les mandats attaqués et ses explications sur les raisons 
de sa consommation et culture de cannabis.

d) La Chambre statue sans débats (art. 397 al. 1).

2. a) Conformément à l'art. 197 al. 1 CPP, le prononcé d'une mesure de contrainte ne peut 
être ordonné que si les conditions matérielles suivantes sont réunies: l'existence d'une base légale 
(let. a), la présence d'indices suffisants de la commission d'une infraction (let. b), et le respect du 
principe de la proportionnalité (let. c et d), qui englobe le critère de l'aptitude (le séquestre est apte 
à produire le résultat escompté), de la nécessité (ce résultat ne peut pas être atteint par une 
mesure moins incisive) et de la proportionnalité au sens étroit (la mesure n'emporte pas de 
limitation allant au-delà du but visé et il existe un rapport raisonnable entre le séquestre et les 
intérêts privés compromis, eu égard à la gravité de l'infraction et des charges qui pèsent sur le 
prévenu) (TF arrêt 1B_293/2009 du 07.01.2010 consid. 3.2; VIREDAZ/JOHNER, Commentaire 
romand CPP, 2011, n. 7 ad art. 197).

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Aux termes de l’art. 199 CPP, lorsqu'une mesure de contrainte est ordonnée par écrit, une copie 
du mandat et une copie d'un éventuel procès-verbal d'exécution sont remis contre accusé de 
réception à la personne directement touchée, pour autant que la mesure de contrainte ne soit pas 
secrète.

Peut faire l’objet d’un mandat d’amener toute personne qui est fortement soupçonnée d’avoir 
commis un crime ou un délit et pour laquelle il y a lieu de présumer des motifs de détention (art. 
207 al. 1 let. d CPP). Un motif de détention est donné au sens de l’art. 221 al. 1 ou 2 CPP 
notamment lorsqu’il y a sérieusement lieu de craindre qu'il compromette la recherche de la vérité 
en exerçant une influence sur des personnes ou en altérant des moyens de preuves (CHATTON, 
op. cit., n. 35 ad art. 207).

Aux termes de l’art. 208 CPP, le mandat d'amener est décerné par écrit; en cas d'urgence, il peut 
être décerné oralement; il doit toutefois être confirmé par écrit (al. 1). Le mandat d'amener contient 
les mêmes indications que le mandat de comparution ainsi que la mention de l'autorisation 
expresse donnée à la police de recourir à la force si nécessaire et de pénétrer dans les bâtiments, 
les habitations et les autres locaux non publics pour exécuter le mandat (al. 2). L’art. 201 al. 2 CPP 
précise son contenu.

Aux termes de l’art. 244 al. 1 CPP, les perquisitions, fouilles et examens font l'objet d'un mandat 
écrit. En cas d'urgence ces mesures peuvent être ordonnées par oral, mais doivent être 
confirmées par écrit. Le mandat indique: la personne à fouiller ou les locaux, les documents ou les 
objets à examiner (let. a); le but de la mesure (let. b); les autorités ou les personnes chargées de 
l'exécution (let. c). 

L’art. 244 al. 2 let. b CPP dispose qu’une perquisition peut être effectuée lorsqu’il y a lieu de 
présumer que, dans ces locaux, se trouvent des traces, des objets ou des valeurs patrimoniales 
susceptibles d’être séquestrés. 

Au début de la perquisition, les personnes chargées de l'exécution présentent le mandat de 
perquisition (art. 245 al. 1 CPP). S'ils sont présents, les détenteurs des locaux qui doivent faire 
l'objet d'une perquisition sont tenus d'assister à celle-ci. S'ils sont absents, l'autorité fait, si 
possible, appel à un membre majeur de la famille ou à une autre personne idoine (art. 245 al. 2 
CPP).

L’art. 245 al. 2 CPP est une prescription d’ordre. Son éventuelle violation n’empêche pas que les 
preuves recueillies en l’absence de l’ayant droit des lieux perquisitionnés ou de tout tiers soient 
exploitées (CHIRAZI, op. cit., n. 16 ad art. 245).

b) A titre préliminaire, il convient de relever que la version exposée par le recourant 
s’oppose à celle du Commandant de police en charge des opérations (cf. déterminations du 
23 mars 2015 versées au dossier pénal).

S’agissant du grief de l’absence de réception des mandats et de l’erreur quant au nom, il faut 
relever que les mandats produits par le recourant ne portent effectivement pas sa signature, que 
son nom de famille a été mal orthographié (« Hottiger » au lieu de « Ottiger »), que l’accusé de 
réception est même libellé au nom d’une autre personne et que les mandats originaux ne se 
trouvent pas au dossier pénal. Quoi qu’il en soit, le but de l’accusé de réception est de pouvoir 
prouver que le mandat a été porté à la connaissance du prévenu en cas de contestation. Or, en 
l’espèce, il est incontestable que le recourant a pris connaissance de ces mandats, puisque celui-
ci les a produits à l’appui de son recours dans lequel il indique aussi les avoir vus au poste de 

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police. Il faut encore préciser que le recourant a signé le procès-verbal de perquisition. Quant au 
nom mal orthographié, en dépit de cette erreur de plume, le prévenu concerné par les mandats 
était clairement identifiable. Partant, ces griefs manifestement mal fondés doivent être rejetés. 

S’agissant du déroulement de la perquisition, il sied de relever que A.________ était présent lors 
de la perquisition comme l’en atteste sa signature sur le procès-verbal de perquisition, étant 
précisé que sa présence n’est pas une condition de validité de cette mesure d’instruction. En 
outre, dans son recours, il n’avance aucun élément probant démontrant les irrégularités dont il se 
prévaut. Si de telles irrégularités s’étaient réellement produites, A.________ aurait eu largement 
l’occasion de les faire inscrire au procès-verbal établi en sa présence durant la perquisition. Il 
aurait également pu s’exprimer à leur sujet durant son audition subséquente. Or, tel n’est pas le 
cas. Enfin, le déroulement relaté par le Commandant de police en charge des opérations dans ses 
déterminations sont conformes aux prescrits des art. 244 et 245 CPP, et sa version des faits est 
corroborée par l’absence de critique émise par le recourant au moment de la perquisition alors qu’il 
était en mesure de les formuler sur-le-champ, voire durant l’audition qui s’en est immédiatement 
suivie. Les griefs quant au déroulement de la perquisition doivent ainsi être rejetés.

c) Au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté. Aucune violation des droits 
fondamentaux ou de règle de forme n’est ainsi constatée.

3. Les frais de procédure, fixés à 370 francs (émolument: 300 francs; débours: 70 francs), sont 
mis à la charge du recourant qui succombe (art. 428 al. 1 CPP ; art. 33 et ss du règlement du 
30 novembre 2010 sur la justice). 

(dispositif en page suivante)

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la Chambre arrête:

I. Le recours est rejeté.

II. Les frais de procédure, fixés à 370 francs (émolument: 300 francs; débours: 70 francs), sont 
mis à la charge de A.________.

III. Communication.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours 
dès la notification de l’arrêt rédigé. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). 
L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 2 juin 2015/cfa

Président Greffière