# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 7dc6a53f-85f7-50fc-ba8b-49c3778327c9
**Source:** Valais/Wallis (VS)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-02-24
**Language:** fr
**Title:** Wallis Sonstiges Gericht Sonstige Kammer 24.02.2015 LP 14 30
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VS_Gerichte/VS_BZG_999_LP-14-30_2015-02-24.pdf

## Full Text

RVJ / ZWR 2016 199 

 

Poursuite pour dettes et faillites 
Schuldbetreibungs- und Konkursrecht 

Revendication - ATC (Autorité supérieure en matière de plainte 
LP) du 24 février 2015, X. c. Y. & Co AS - TCV LP 14 30 

Revendication ; séquestre 

- Notion et conditions de la revendication (art. 106 LP ; consid. 4.1). 

- En l'espèce, revendication sur des comptes bancaires séquestrés (consid. 4.2). 

- Notion de communication du procès-verbal de séquestre (art. 276 LP ; consid. 4.2). 

Widerspruchsverfahren; Arrest 

- Begriff und Voraussetzungen des Widerspruchsverfahrens (Art. 106 SchKG; E. 4.1). 

- Vorliegend Widerspruchsverfahren betreffend verarrestierte Bankkonten (E. 4.2). 

- Begriff der Mitteilung der Arresturkunde (Art. 276 SchKG; E. 4.2). 

 

Faits (résumé) 
 

A.  Sur requête de Y. & Co AS, le tribunal de district a déclaré exécu-
toires des jugements norvégiens.  A titre de mesures conservatoires 
(art. 39 al. 2 CL 1988), il a prononcé le séquestre de différents biens 
au nom de X. L’office des poursuites a expédié un avis de séquestre à 
la banque A. Le procès-verbal de séquestre a été communiqué aux 
parties. Lesdites décisions ont été confirmées par le Tribunal cantonal 
et le Tribunal fédéral. 

B.  X. a adressé à l’office des poursuites une déclaration de revendi-
cation du mobilier, de la créance, des sûretés et du compte bancaire. 
Le tribunal de district  a définitivement levé l’opposition dans le cadre 
de la poursuite en validation du séquestre. La banque A. a renseigné 
l’office des poursuites sur les comptes de X. L’office a notamment 
procédé à la saisie de divers biens, à savoir une créance de X. contre 
B. à concurrence de x xxx xxx euros, des sûretés versées par X. en 
mains de l’office des poursuites à concurrence de x xxx xxx et 
xxx xxxx fr., ainsi que divers comptes au nom de X. 

200 RVJ / ZWR 2016 

 

L’office des poursuites a écrit à Y. & Co AS et à C. que la créance de 
X. contre B., les sûretés versées par X. en mains de l’office, les 
comptes au nom de X., tous séquestrés, puis saisis, se trouvaient en 
possession de l'office. Il leur a imparti un délai de 20 jours pour ouvrir 
action en contestation de la prétention du tiers revendiquant, faute de 
quoi la prétention serait réputée admise dans la poursuite en cause. 

C.  Y. & Co AS a formé plainte contre la décision de l’office considé-
rant que la revendication formulée par X. était tardive. Les biens 
séquestrés, respectivement saisis, devaient ainsi être réalisés et le 
produit de la réalisation distribué. L’autorité inférieure a partiellement 
admis la plainte. Contre cette décision, X. a interjeté recours. 

 

Considérants (extraits) 
 

4.1  En vertu de l’art. 106 al. 1 LP, lorsqu’il est allégué qu’un tiers a 
sur le bien saisi un droit de propriété, de gage ou un autre droit qui 
s’oppose à la saisie ou qui doit être pris en considération dans la suite 
de la procédure d’exécution, l’office des poursuites mentionne la pré-
tention du tiers dans le procès-verbal de saisie ou en informe les par-
ties si la communication du procès-verbal a déjà eu lieu ; selon l’ali-
néa 2 de cette même disposition, le tiers peut annoncer sa prétention 
tant que le produit de la réalisation du bien saisi n’est pas distribué.  

La loi ne pose pas d’exigence de forme particulière en ce qui 
concerne la déclaration de revendication ; celle-ci peut être orale ou 
écrite (Tschumy, Commentaire romand, 2005, n. 8 ad art. 106 LP ; 
Staehelin, Commentaire bâlois, 2010, n. 19 ad art. 106 LP ; Rohner, 
Kurzkommentar, Schuldbetreibungs- und Konkursgesetz, 2014, n. 14 
ad art. 107 LP). Elle doit désigner de manière précise la cause de la 
revendication et son objet, ainsi que l’identité du revendiquant 
(Tschumy, n. 11 ad art. 106 LP ; Staehelin, n. 20 ad art. 106 LP ; 
Rohner, loc. cit.).  

Elle peut émaner du débiteur, du tiers revendiquant, ainsi que de tout 
autre intéressé (Staehelin, n. 18 ad art. 106 LP ; Tschumy, n. 9 ad 
art. 106 LP). Dès l’instant où le débiteur saisi déclare que certains 
objets mis sous le poids de la saisie appartiennent à un tiers, le 
préposé doit procéder conformément aux art. 106 à 109 LP. Le débi-

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teur agit en effet comme représentant du tiers, et sa déclaration équi-
vaut à celle du tiers lui-même (ATF 45 III 33 consid. 2, cité in Peter, 
Edition annotée de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la 
faillite, 2010, p. 575).  

Si les indications fournies par le déclarant sont peu claires ou incom-
plètes, l’office des poursuites doit impartir à celui-ci un court délai pour 
les préciser, ou procéder lui-même aux éclaircissements nécessaires 
(Staehelin, n. 20 ad art. 106 LP).  

La loi ne fixe aucun délai pour former la déclaration de revendication 
des biens saisis ou séquestrés. Selon la jurisprudence, elle peut inter-
venir, en principe, dès le moment où l’intéressé a eu connaissance de 
l’exécution valide de la saisie jusqu’à la distribution des deniers. Tou-
tefois, une annonce tardive par le tiers de ses prétentions pouvant 
compromettre les droits du créancier - qui aura soit accompli des 
actes ou engagés des frais inutilement, soit perdu l’occasion d’obtenir 
d’autres actes d’exécution pour la couverture de sa créance -, la 
déclaration de revendication doit être opérée dans un délai bref et 
approprié aux circonstances, le tiers étant déchu de son droit s’il tarde 
malicieusement à la faire ou s’il commet une négligence grossière. Le 
tiers n’est pas tenu d’annoncer sa prétention tant qu’une contestation 
relative à la saisissabilité des biens en causes ou à la validité du 
séquestre, respectivement de la saisie, n’a pas été tranchée (arrêt 
7B.190/2004 du 19 novembre 2004 consid. 4 et les réf.).  

4.2  En l’occurrence, il est constant que la déclaration de revendica-
tion du 19 février 2013 ne porte expressément que sur l’un des 
comptes séquestrés, soit le seul qui figure dans le procès-verbal de 
séquestre, auquel, d’ailleurs, la déclaration renvoie. 

X. savait pourtant que l’ensemble des comptes dont il est titulaire 
auprès de la banque A. étaient touchés par le séquestre. L’office des 
poursuites le lui avait signifié, lorsqu’il l’a convoqué, dans ses locaux, 
le 4 mai 2010, dans le cadre de l’exécution du séquestre. Un docu-
ment dressé à cette occasion, et communiqué le jour même à X., qui 
porte la signature de celui-ci, reprend l’ensemble des biens séques-
trés selon les ordonnances des 30 avril et 3 mai 2010, ordonnances 
que le juge de district a également communiquées à X., le 11 mai 
2010. 

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Celui-ci s’est ensuite vu communiquer le procès-verbal de séquestre, 
le 31 mai 2010, lequel mentionne uniquement que le séquestre a 
porté sur le compte n

o
 xxx, sans mentionner que d’autres comptes, 

dont l’établissement bancaire informerait l’office des poursuites de 
l’existence ultérieurement, étaient également visés, contrairement, 
semble-t-il, aux exigences en la matière (ATF 100 III 25). Ce n’est 
qu’en février 2014 que la banque A. orientera l’office sur les comptes 
qu’elle conduit pour X., après quoi celui-là procédera à la saisie de 
cinq comptes (3 mars 2014), puis impartira rapidement à Y. & Co AS 
et B. un délai pour introduire action en contestation de la revendica-
tion desdits comptes (11 mars 2014). Dans ces conditions, il est 
compréhensible que la déclaration de revendication, effectuée en 
temps utile le 19 février 2013 (cf. décision attaquée), ne mentionne 
expressément à ce moment-là que le compte n

o
 xxx.  

Cela étant, en renvoyant au procès-verbal de séquestre, l’intéressé a 
exprimé implicitement qu’il revendiquait l’ensemble des biens séques-
trés. Dans son appel auprès du Tribunal cantonal contre les décisions 
des 30 avril et 3 mai 2010, il a clairement nié l’existence d’une identité 
économique entre lui-même et B., raison pour laquelle il a requis 
l’annulation pure et simple des deux ordonnances de séquestre, qui 
visaient essentiellement des biens dont il est propriétaire. Dans ces 
conditions, il était reconnaissable, pour l’ensemble des participants à 
la procédure, en particulier pour Y. & Co AS, qu’il revendiquait 
l’ensemble des biens dont il est propriétaire ou titulaire et qui ont été 
séquestrés en vertu d’une prétendue identité économique. Il est dès 
lors excessivement formaliste de considérer que la revendication n’a 
porté que sur les biens précisément décrits dans la déclaration du 
19 février 2013 (cf. arrêt 7B.190/2004 du 19 novembre 2004 consid. 6). 
D’ailleurs, dans sa plainte du 21 mars 2014, Y. & Co AS n’a nullement 
prétendu que la déclaration de revendication ne portait, s’agissant des 
comptes, que sur celui expressément indiqué. Elle a bien plutôt argu-
menté que X. n’avait dressé qu’une liste exemplative des biens reven-
diqués, lui reprochant, en ce sens, un manque de précision. C’est dire 
qu’elle n’a pas été induite en erreur par le contenu incomplet de l’écri-
ture du 19 février 2013, dont elle a certainement parfaitement compris 
la portée.  

Aussi, l’office des poursuites a considéré à juste titre que la revendica-
tion portait sur l’ensemble des biens séquestrés. S’il avait nourri des 

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doutes à cet égard, il lui aurait d’ailleurs incombé de requérir des 
précisions de X., vu les circonstances d’espèce (cf. supra consid. 4.1). 

Compte tenu de ce qui précède, il y a lieu d’admettre les conclusions 
subsidiaires du recours en ce sens que l’office des poursuites impar-
tira un nouveau délai de 20 jours à Y. & Co AS pour introduire action 
en contestation de la revendication des comptes n

os
 uuu, vvv, yyy, zzz 

au nom de X. auprès de la banque A. Le fait que Y. & Co AS a d’ores 
et déjà introduit une action en contestation de la revendication s’agis-
sant de trois objets séquestrés ne saurait manifestement conduire à 
une autre solution.  

En revanche, X. ne saurait obtenir qu’il lui soit adressé un procès-
verbal complémentaire de séquestre. Un tiers touché par un séques-
tre, s’il doit être informé de la mesure (art. 276 al. 2 LP), ne dispose 
pas d'un droit à la communication du procès-verbal de séquestre 
(cf. arrêt 5A_789/2010 du 29 juin 2011 consid. 2). X. a d’ores et déjà 
une parfaite connaissance des comptes effectivement séquestrés, de 
sorte qu’on ne distingue pas l’intérêt qui serait le sien de se voir noti-
fier, à ce stade, un procès-verbal complémentaire de séquestre. Au 
reste, il n’a pas réagi lorsque l’office a imparti à Y. & Co AS et à B. un 
délai pour contester la revendication de l’ensemble desdits comptes, 
de sorte que sa requête apparaît quoi qu’il en soit tardive.