# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** eb0593a7-4b95-52f1-a02a-9bcb02ba5f1e
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-12-01
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Zivilappellationshöfe 01.12.2022 102 2022 219
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_001_102-2022-219_2022-12-01.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00

www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

102 2022 219

Arrêt du 1er décembre 2022

IIe Cour d’appel civil

Composition Présidente : Dina Beti
Juges : Catherine Overney, Michel Favre
Greffier-rapporteur : Luis da Silva

Parties A.________ SÀRL, requérante et recourante,

contre

B.________ SA, opposante et intimée

Objet Mainlevée provisoire (art. 82 LP) ; irrecevabilité du recours pour défaut 
de motivation

Recours du 9 novembre 2022 contre le jugement de la Présidente du 
Tribunal civil de l'arrondissement de la Sarine du 2 novembre 2022

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considérant en fait

A. Par décision du 2 novembre 2022, la Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement de la 
Sarine (ci-après: la Présidente) a rejeté la requête de mainlevée déposée le 22 septembre 2022 par 
A.________ Sàrl à l’encontre de B.________ SA dans le cadre de la poursuite n° ccc de l’Office des 
poursuites de la Sarine.

B. Le 9 novembre 2022, A.________ Sàrl a interjeté un recours à l’encontre de cette décision.

Compte tenu du sort réservé au recours, l’intimée n’a pas été invitée à déposer une réponse. 

en droit

1.

1.1. Seule la voie du recours (art. 319 ss du Code de procédure civile du 19 décembre 2008 [CPC]) 
au Tribunal cantonal est ouverte (art. 319 lit. a CPC), l'appel n'étant pas recevable contre une 
décision de mainlevée (art. 309 lit. b ch. 3 CPC). La procédure sommaire étant applicable (art. 251 
let. a CPC), le recours doit être déposé dans les dix jours à compter de la notification (art. 321 al. 2 
CPC), délai que le recourant a respecté. La Cour statue sans débats (art. 327 al. 2 CPC). La 
cognition de la Cour d’appel est pleine et entière en droit; s’agissant des faits, elle est limitée à leur 
constatation manifestement inexacte (art. 320 CPC). 

1.2. La valeur litigieuse s’élève à CHF 5’385.-, si bien que seule la voie du recours constitutionnel 
subsidiaire au Tribunal fédéral est ouverte, cas échéant (art. 74 al. 1 let. a a contrario LTF).

2.

2.1. En vertu de l'art. 321 al. 1 CPC, le recours doit être motivé, ce qui suppose de démontrer le 
caractère erroné de la motivation attaquée, sous peine d'irrecevabilité; pour satisfaire à cette 
exigence, il ne suffit cependant pas de renvoyer aux moyens soulevés en première instance, ni de 
se livrer à des critiques toutes générales de la décision attaquée: il faut que la motivation soit 
suffisamment explicite pour que l'instance de recours puisse la comprendre aisément, ce qui 
suppose une désignation précise des passages de la décision que le recourant attaque et des pièces 
du dossier sur lesquelles repose sa critique (ATF 138 III 374 consid. 4.3.1 et arrêt TF 5A_82/2013 
du 18 mars 2013 consid. 3.2). 

2.2. En l’espèce, force est de constater que l’acte de recours déposé par A.________ Sàrl ne 
contient aucune motivation idoine. En effet, la recourante ne critique aucunement les motifs 
pertinents de la Présidente qui a retenu que la créancière poursuivante avait produit une facture du 
11 avril 2022 pour le montant de CHF 5'385.- qui n’est pas signée par l’opposante et qui ne vaut 
donc pas titre de mainlevée à l’instar des autres pièces produites par la requérante. La recourante 
se contente d’affirmer que la facture du 11 avril 2022 n’a jamais été contestée par l’intimée malgré 
plusieurs rappels. Ce faisant, elle ne discute pas, même succinctement, les éléments retenus par le 
premier juge, n’exposant notamment pas en quoi celui-ci aurait eu tort de rejeter sa requête de 
mainlevée.  En définitive, elle ne formule aucune critique, ayant un minimum de consistance, à 

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l'encontre du contenu de la décision querellée elle-même, ne remettant pas en cause la motivation 
de la Présidente conformément au prescrit de l’art. 321 CPC.

Il s’ensuit l’irrecevabilité du recours.

3.

Quand bien même il serait recevable, le recours devrait de toute façon être rejeté dans la mesure 
où il est manifestement mal fondé, la décision attaquée ne comportant en définitive aucune erreur 
que ce soit dans l’application du droit et/ou dans sa justification en fait.

3.1. Aux termes de l'art. 82 LP, le créancier dont la poursuite se fonde sur une reconnaissance de 
dette constatée par acte authentique ou sous seing privé peut requérir la mainlevée provisoire (al. 
1). Le juge la prononce si le débiteur ne rend pas immédiatement vraisemblable sa libération (al. 2).

Constitue une reconnaissance de dette au sens de l’art. 82 al. 1 LP précité l’acte signé par le 
poursuivi – ou son représentant (ATF 112 III 88) – duquel il ressort sa volonté de payer au 
poursuivant, sans réserve ni condition, une somme d’argent déterminée ou aisément déterminable 
et échue. Quelle que soit la forme revêtue, la qualification de reconnaissance de dette ne sera 
reconnue qu’à une déclaration écrite et signée du poursuivi, déclaration par laquelle ce dernier 
reconnaît devoir au poursuivant une somme d’argent déterminée ou déterminable et exigible au 
moment de la réquisition de poursuite (GILLIÉRON, Poursuite pour dettes, faillite et concordat, 5e éd., 
2012, n. 776 p. 155). Ainsi, une facture adressée par le vendeur à l’acheteur vaut reconnaissance 
de dette si elle est signée par l’acheteur sans réserve ni condition (KRAUSKOPF, La mainlevée 
provisoire: quelques jurisprudences récentes in JdT 2008 II 32). 

La procédure de mainlevée – provisoire ou définitive – est un incident de la poursuite; il s'agit d'une 
procédure sur pièces qui n'a pas pour objet de statuer sur la réalité de la prétention en poursuite, 
mais uniquement sur la force exécutoire du titre produit par le poursuivant. Le jugement de 
mainlevée provisoire ne sortit que des effets de droit des poursuites et ne fonde pas l'exception de 
chose jugée quant à l'existence de la créance (ATF 136 III 583 consid. 2.3 et réf. citées).

3.2. En l’espèce, la Présidente a retenu que la requérante ne dispose d’aucun titre de mainlevée 
confirmant l'existence et le montant de la créance en poursuite. Elle a ainsi constaté que la 
requérante n’avait notamment produit aucune pièce signée par un représentant de la poursuivie, 
valant reconnaissance de dette au sens de l’art. 82 LP (cf. décision attaquée, p. 3), si bien que la 
requête de mainlevée du 22 septembre 2022 ne pouvait en définitive qu’être rejetée. 

La recourante ne le conteste pas. Dans ces circonstances, la procédure de mainlevée étant une 
procédure sur titre qui s’accompagne d’un formalisme certain, il y a lieu d’admettre, avec la 
Présidente, que la facture ainsi que les autres pièces produites par la requérante en première 
instance ne constituent pas une reconnaissance de dette et, partant, ne constituent pas un titre de 
mainlevée provisoire au sens de l’art. 82 LP. Il ne saurait en être autrement, même en rapprochant 
l’ensemble des documents produits en première instance par la requérante, dès lors qu’aucun 
d’entre eux n’est signé par l’opposante.

4.

4.1. Les frais de la procédure de recours sont mis à la charge de A.________ Sàrl, qui succombe 
(art. 106 al. 1 CPC). Ils comprennent les frais judiciaires, fixés forfaitairement à CHF 200.- (art. 48 
et 61 al. 1 OELP), qui seront prélevés sur l’avance de frais du même montant effectuée le 
25 novembre 2022.

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4.2. Il n’est pas alloué de dépens à l’intimée qui n’a pas été invitée à déposer une réponse, 
conformément au prescrit de l’art. 322 al. 1 CCP. 

la Cour arrête :

I. Le recours est irrecevable.

II. Les frais de la procédure de recours sont mis à la charge de A.________ Sàrl.

Les frais judiciaires sont fixés à CHF 200.- et seront prélevés sur l’avance de frais du même 
montant effectuée le 25 novembre 2022.

Il n’est pas alloué de dépens. 

III. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours constitutionnel au Tribunal fédéral dans les trente jours qui 
suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 
par les art. 113 à 119 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). L'acte de recours 
motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 1er décembre 2022/cov

EXPED-SIGN-01 EXPED-SIGN-02
La Présidente : Le Greffier-rapporteur :