# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 907435b9-72d9-5ec3-8d2f-dd058fddbc1e
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2003-12-15
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 15.12.2003 PE.2003.0221
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_PE-2003-0221_2003-12-15.html

## Full Text

CANTON DE VAUD

TRIBUNAL ADMINISTRATIF

Arrêt

du 15 décembre 2003

sur le recours interjeté le 30 juin 2003 par X.________, ressortissante chinoise née le 30
novembre 1983, et par 1.________, à
1630 Bulle, représentées par l'avocat Amédée Kasser, avenue de la Gare 5, case
postale 251, à 1001 Lausanne,

contre

la décision du Service de la population
(ci-après SPOP) du 5 juin 2003 refusant à X.________
une autorisation d'entrée en Suisse, respectivement une autorisation de séjour
pour études.

* * * * * * * * * * * * * * * *

Composition de la section: Mme Isabelle
Guisan, présidente; M. Jean-Daniel Henchoz et M. Jean-Claude Maire, assesseurs.
Greffière: Mme Florence Rouiller.

vu les faits suivants :

A.                     Le 30 décembre 2002, X.________ a déposé une demande de visa auprès de
l'Ambassade de Suisse à Beijing (ci-après : l'ambassade). A l'appui de sa
demande, elle a produit une attestation de 1.________
(ci-après : GIHE) confirmant que l'intéressée était définitivement inscrite, en
qualité d'étudiante régulière interne, aux cours de l'"Intensive English
Program" suivis du "Bachelor Degree Program" qui devaient se
dérouler du 3 février 2003 au 31 décembre 2006 à Bulle. La recourante s'est
encore engagée par écrit à quitter la Suisse à l'échéance de son autorisation
de séjour. Son curriculum vitae mentionne qu'elle a fréquenté l'école primaire
Xiao Ao Baisheng du mois de septembre 1990 au mois de juillet 1996, l'école
secondaire Shenzen Futian du mois de septembre 1996 au mois de juillet 2002 et
que depuis lors, elle a étudié l'anglais en autodidacte.

                        Un collaborateur de la
section visas de l'ambassade a testé les connaissances linguistiques de la
recourante le 30 décembre 2002 et a estimé, sur la base d'un test écrit et
oral, que cette dernière n'avait aucune connaissance des langues française,
allemande, italienne et anglaise et mentionné sous la rubrique
"Remarques" : "Hardly communicated". Le
collaborateur précité ne s'est en revanche pas prononcé sur l'issue à donner à
la requête de l'intéressée.

B.                    Le 5 février 2003, GIHE
a informé le Service de la population du canton de Fribourg de ce que
l'inscription de la recourante était reportée au 16 août 2003 et que la
formation envisagée s'effectuerait à Leysin. L'institution a dès lors fourni
une nouvelle attestation confirmant que X.________un
débutera ses cours le 16 août 2003 à Leysin et que ses études s'achèveront le
30 juin 2007.

C.                    Le 19 mai 2003,
l'autorité intimée a informé GIHE de ce que la recourante n'aurait pas ou pas
assez de connaissances linguistiques pour suivre l'enseignement souhaité. Elle
l'a interpellée en ces termes : "Les cinq mois d'anglais de base chez
vous seront-ils suffisants ?" L'institution a confirmé en date du 21
mai 2003 que, selon son agent basé en Chine, l'intéressée pourrait entreprendre
ses études au "Bachelor Degree Program" après les cinq mois de cours
intensifs d'anglais. 

D.                    Par décision du 5 juin
2003, notifiée par l'intermédiaire de l'ambassade à une date ne ressortant pas
du dossier, le SPOP a refusé de délivrer une autorisation d'entrée en Suisse,
respectivement de séjour pour études en faveur de X.________un.
Il a affirmé que l'intéressée ne possédait pas les connaissances linguistiques
suffisantes pour suivre l'enseignement dispensé par GIHE et, de manière
générale, pour mener son projet d'études à bien dans les délais annoncés.
L'autorité intimée a enfin considéré que les études d'anglais envisagées
pouvaient très bien être suivies dans son pays d'origine, voire dans un pays
anglophone.

E.                    X.________un et GIHE ont recouru contre la décision du SPOP le 30
juin 2003 en concluant à la délivrance d'une autorisation d'entrée en Suisse,
respectivement d'une autorisation de séjour pour études. A l'appui de leur
pourvoi, les recourantes ont en substance exposé ce qui suit :

"(...)

2.1.    Ce motif [de
refus] repose sur les informations communiquées par
l'Ambassade de Suisse à Beijing, selon lesquelles la recourante n'aurait
«aucune connaissance du français et très faible en anglais "Hardly
communicated"».

          Ce motif ne tient pas compte du fait que la première étape
des études envisagées par la recourante consiste précisément à améliorer ses
connaissances en anglais par un cours intensif donné par 1.________.

          (...)

          Par rapport à un autre cours de langue, ce cours présente
l'avantage d'être adapté et destiné aux études choisies, car il met l'accent
sur les domaines de l'hôtellerie et du tourisme, qui sont les spécialités de 1.________.

          (...)

          Il n'est en effet pas contesté que la recourante doit
améliorer son anglais, mais l'on ne voit pas pour quel motif elle ne pourrait
pas le faire à 1.________ et bénéficier ainsi
d'une préparation aux études envisagées, préparation exclue dans une école de
langue «généraliste». 1.________ a jugé la
recourante apte à suivre ce cours.

          (...)

2.4.    Pour les mêmes motifs, la décision attaquée est arbitraire, car
elle aboutit à un résultat particulièrement choquant, en ce sens qu'elle se
fonde sur des connaissances linguistiques supposées insuffisantes pour refuser
une autorisation d'acquérir des connaissances linguistiques précisément
adaptées aux études envisagées.

(...)".

                        Les intéressées ont
joint à leurs écritures notamment le descriptif du cours "English
Preparatory Program". Selon ce document, le cours précité est divisé en
deux sessions, soit d'une part l'"Intensive Basic English Course",
dont le but principal est de développer les capacités de l'étudiant à parler et
à communiquer, à lire à haute voix, à écouter et comprendre, à entretenir une
conversation, à développer son vocabulaire et ses aptitudes orales, ainsi que
de lui permettre de s'initier à la culture suisse et européenne, et, d'autre
part, l'"Intensive Intermediate English Course", comprenant quant à
lui de la conversation, des présentations orales et de la terminologie
hôtelière. Le 14 juillet 2003, GIHE a à nouveau attesté que X.________un paraissait avoir les connaissances
linguistiques nécessaires pour suivre le cours préparatoire d'anglais. 

                        L'avance de frais
requise a été versée en temps utile.

F.                     Par décision incidente
du 16 juillet 2003, le juge instructeur du Tribunal administratif a accordé des
mesures provisionnelles autorisant X.________un
à entrer dans le canton de Vaud pour y entreprendre ses études auprès de GIHE.

G.                    Le SPOP s'est déterminé
le 21 juillet 2003 en concluant au rejet du recours.

H.                    Les recourantes ont
déposé un mémoire complémentaire le 15 septembre 2003, dans lequel elles ont
intégralement maintenu leurs conclusions. Elles ont en outre allégué que, selon
les renseignements fournis par un certain nombre d'étudiants chinois présents
auprès de GIHE, les tests effectués par l'ambassade consistaient en entretiens,
dont la durée pouvait varier, et en une épreuve écrite, dont le contenu était
également variable. Certains avaient dû rédiger une composition, d'autres
remplir un questionnaire à choix multiples en une heure (plus selon certains,
moins selon d'autres).

I.                      Le SPOP s'est
déterminé le 24 septembre 2003 en concluant au maintien de sa décision. Il a
joint à son écriture une lettre de l'ambassade du 23 septembre 2003 affirmant
en substance ce qui suit :

"(...)

L'IMES venant juste
de statuer sur les tests reconnus au niveau international que chaque appliquant
doit joindre à son application de visa pour études en Suisse. Nous effectuions,
jusqu'à il y a peu, l'évaluation des connaissances linguistiques à l'ambassade.
Notre personnel se chargeait de cela au moyen de questionnaires et
d'interviews.

Cet examen se
divisait en deux épreuves. L'une orale qui pouvait durer de quelques minutes
jusqu'à un quart d'heure suivant les connaissances parfois inexistantes des
étudiants. La seconde écrite durait une heure précise, et nous vous faisions
parvenir les résultats en annexe de la demande de visa.

(...)".

J.                     Le tribunal a délibéré
par voie de circulation.

K.                    Les arguments respectifs
des parties seront repris ci-dessous dans la mesure utile.

considère en droit :

1.                     Aux termes de l'art. 4
al. 1 de la loi du 18 décembre 1989 sur la juridiction et la procédure
administratives (LJPA), le Tribunal administratif connaît en dernière instance
cantonale de tous les recours contre les décisions administratives cantonales
ou communales lorsque aucune autre autorité n'est expressément désignée par la
loi pour en connaître. Il est ainsi compétent pour statuer sur les recours
interjetés contre les décisions du SPOP et de l'Office cantonal de la
main-d'oeuvre et du placement rendues en matière de police des étrangers.

2.                     a) D'après l'art. 31
al. 1 LJPA, le recours s'exerce par écrit dans les 20 jours dès la
communication de la décision attaquée. En l'espèce, le recours a été déposé en
temps utile et satisfait aux conditions formelles énoncées à l'art. 31 al. 2 et
3 LJPA. En outre, X.________un, en tant que
destinataire de la décision attaquée, a manifestement qualité pour recourir au
sens de l'art. 37 al. 1 LJPA. 

                        b) S'agissant ensuite
de la qualité pour recourir de GIHE, à défaut de dispositions spéciales
légitimant d'autres personnes à recourir, l'art. 37 al. 1 LJPA reconnaît le
droit de recours à toute personne physique ou morale qui est atteinte par la
décision attaquée et a un intérêt digne de protection à ce qu'elle soit annulée
ou modifiée. Cette définition correspond à celle des art. 103 let. a OJ pour le
recours de droit administratif au Tribunal fédéral, respectivement 48 let. a PA
pour le recours administratif, et peut être interprétée à la lumière de la
jurisprudence du Tribunal fédéral concernant ces deux dispositions (cf. arrêt
TA GE 96/0025 du 27 août 1996, RDAF 1997 I 145, cons. 3a; cf. ég. arrêt PE
99/0086 du 4 juin 1999). X.________un ayant,
pour les raisons exposées ci-dessus, manifestement qualité pour recourir, le
tribunal peut entrer en matière sur le fond sans examiner la qualité pour
recourir de GIHE.

3.                     En dehors des cas où
une disposition légale prévoit expressément le contrôle de l'opportunité d'une
décision, le Tribunal administratif n'exerce qu'un contrôle en légalité,
c'est-à-dire examine si la décision entreprise est contraire à une disposition
légale ou réglementaire expresse ou relève d'un excès ou d'un abus du pouvoir
d'appréciation (art. 36 let. a et c LJPA; cf. parmi d'autres arrêts TA PE
1998/0135 du 30 septembre 1998, RDAF 1999 I 242, cons. 4). La loi fédérale sur
le séjour et l'établissement des étrangers du 26 mars 1931 (ci-après LSEE) ne
prévoyant aucune disposition étendant le pouvoir de contrôle de l'autorité de
recours à l'inopportunité, ce grief ne saurait donc être examiné par le
tribunal de céans (cf. parmi d'autres arrêt TA PE 1998/0135 du 30 septembre
1998, RDAF 1999 I 142, c. 4). 

                        Conformément à la
jurisprudence, il y a abus du pouvoir d'appréciation lorsqu'une autorité, usant
des compétences qui lui sont dévolues par la loi, se laisse guider par des
considérations non pertinentes ou étrangères au but des dispositions
applicables, ou statue en violation des principes généraux du droit
administratif que sont l'interdiction de l'arbitraire, l'égalité de traitement,
la bonne foi et la proportionnalité (cf. ATF 116 V 307, cons. 2).

4.                     Selon l'art. 1a LSEE,
tout étranger a le droit de résider sur le territoire suisse s'il est au
bénéfice d'une autorisation de séjour ou d'établissement. Selon l'art. 4 LSEE,
l'autorité statue librement, dans le cadre des prescriptions légales et des
traités avec l'étranger, sur l'octroi de l'autorisation de séjour. Elle tiendra
compte des intérêts moraux et économiques du pays, du degré de surpopulation
étrangère et de la situation du marché du travail (art. 16 al. 1 LSEE et 8 du
Règlement d'exécution de la LSEE du 1er mars 1949 [RSEE]). Ainsi, les
ressortissants étrangers ne bénéficient en principe d'aucun droit à l'obtention
d'une autorisation de séjour et de travail, sauf s'ils peuvent le déduire d'une
norme particulière du droit fédéral ou d'un traité international (cf. parmi
d'autres ATF 127 II 161, cons. 1a et 60, cons. 1a; 126 II 377, cons. 2 et 335,
cons. 1a; 124 II 361, cons. 1a), ce qui n'est manifestement pas le cas en
l'espèce.

5.                     Dans le cas présent, X.________un et GIHE demandent au tribunal
d'annuler la décision du SPOP du 5 juin 2003 et de délivrer une autorisation de
séjour pour études en faveur de la première nommée.

                        Aux termes de l'art.
32 de l'Ordonnance limitant le nombre des étrangers du 6 octobre 1986 (OLE),
des autorisations de séjour peuvent être accordées à des étudiants qui désirent
faire des études lorsque :

"a.      le
requérant vient seul en Suisse;

b.       il
veut fréquenter une université ou un autre institut d'enseignement supérieur;

c.       le
programme des études est fixé;

d.       la
direction de l'établissement atteste par écrit que le requérant est apte à
fréquenter l'école et qu'il dispose de connaissances linguistiques suffisantes
pour suivre l'enseignement;

e.       le
requérant prouve qu'il dispose des moyens financiers nécessaires et

f.        la
sortie de Suisse à la fin du séjour d'études paraît assurée."

6.                     Le SPOP reproche à X.________un de ne pas remplir l'exigence de l'art.
32 let. d OLE et se fonde à cet égard exclusivement sur le résultat du test
effectué auprès de l'ambassade. Cette appréciation est erronée pour les raisons
suivantes:

                        a) La direction de
GIHE a clairement attesté dans sa correspondance du 21 mai 2003 que la
requérante était apte à fréquenter son institution et qu'elle disposait des
connaissances linguistiques suffisantes pour suivre le cours d'"English
Preparatories Program", puis le "Bachelor Degree Program".

                        b) Par ailleurs, l'OLE ne conditionne nullement l'octroi d'une
autorisation de séjour pour études à la réussite d'un test de langues organisé
par l'autorité administrative. Si telle avait été la volonté du législateur, il
l'aurait expressément mentionné lors de la modification de la lettre d des art.
31 et 32 OLE en vigueur depuis le 1er novembre 1997 (ch. I de la modification
du 22 octobre 1997 de l'OLE, RO 1997 2410). Ce changement n'a toutefois
consisté qu'à requérir de la direction de l'établissement qu'elle atteste non
seulement que le requérant était apte à suivre les cours, mais encore que ce
dernier disposait de connaissances linguistiques suffisantes pour suivre
l'enseignement. On relève en outre que le projet de loi fédérale sur les
étrangers (FF 2002 p. 3604 ss; ci-après LEtr) prévoit, à son art. 27, qu'un
étranger peut être admis en vue d'une formation ou d'un perfectionnement si la
direction de l'établissement confirme qu'il peut suivre la formation ou le
perfectionnement (let. a). En l'état, la LEtr n'envisage donc toujours pas de
donner une quelconque compétence à l'autorité administrative pour tester
elle-même les connaissances linguistiques des requérants. Seule la direction de
l'établissement dans lequel l'étudiant va suivre ses études doit attester que
ce dernier est apte à suivre son enseignement.

                        c) La décision du SPOP
est donc illégale puisqu'elle érige, sans base légale, une condition
supplémentaire à l'octroi d'une autorisation de séjour pour études, soit la
réussite d'un test linguistique effectué à l'ambassade. De plus, le tribunal de
céans a déjà eu l'occasion d'admettre que le résultat de cette évaluation
devait être accueilli avec prudence (voir arrêts TA PE 2002/0457 du 27 mars
2003 et PE 2002/0499 du 13 mai 2003), les conditions dans lesquelles ces tests
avaient lieu étant inconnues et les candidats étant évalués sur des épreuves de
nature fort différente, telle que la rédaction d'un texte pour certains et la
réponse à différentes séries de questionnaires à choix multiples pour d'autres.
Par ailleurs, ni la circulaire de l'IMES du 4 septembre 2001 (intitulée
"Admission d'étudiants non-ressortissants d'un Etat membre de l'UE ou
l'AELE, des Etats-Unis, du Canada, d'Australie ou de Nouvelle-Zélande") ni
les directives LSEE (N° 511; état : 08.07.2003) ne détermine d'éventuels
critères objectifs d'évaluation. Ainsi, l'examen précité peut-il tout au plus
renseigner l'autorité compétente sur la faisabilité du cursus d'études envisagé
par le requérant étranger et constituer un indice sur le but réel du séjour en
Suisse, mais il ne saurait à lui seul fonder un refus (cf. arrêt TA PE
2000/0256 du 4 août 2000). En l'occurrence, le collaborateur de l'ambassade n'a
pas émis de préavis négatif sur la requête de X.________un,
se limitant à indiquer quelles étaient, selon lui, les connaissances
linguistiques de cette dernière.

                        Cela étant, on ne peut
que constater que l'exigence de l'art. 32 let. d OLE est pleinement remplie en
l'espèce.

                        On relèvera par
surabondance que le plan d'études de la recourante comprend un premier semestre
entièrement consacré à l'étude de la langue anglaise dans le milieu hôtelier
avant le début de la formation destinée à l'obtention d'un diplôme en
hôtellerie. Ce type de cursus, en deux étapes, n'a rien d'incongru. En effet, les
Cours d'introduction aux études universitaires en Suisse, à Fribourg, par
exemple, s'entendent également comme une première étape imposée à beaucoup
étudiants étrangers souhaitant fréquenter une université helvétique (notamment
les HEC à l'Université de Lausanne). Dans cette hypothèse, l'étudiant qui subit
un échec définitif aux Cours d'introduction précités ne pourra pas entamer les
études envisagées et l'autorité intimée ne lui délivrera aucune autorisation de
séjour pour études en Suisse. Il en va de même pour l'examen d'entrée à l'EPFL,
les étudiants étrangers étant autorisés à venir le passer à Lausanne, la
délivrance de l'autorisation de séjour pour études restant toutefois
conditionnée à sa réussite (cf. également pour un cursus à l'Ecole de Français
Moderne à l'Université de Lausanne). Quant à l'appréciation du SPOP, selon
laquelle la recourante pourrait parfaire ses connaissances en anglais dans son
pays d'origine, elle est injustifiée au regard de la formation prévue par la
suite. En effet, il est vraisemblablement plus profitable à l'intéressée de
perfectionner son anglais dans le pays où elle poursuivra, le cas échéant, sa
formation, de manière à pouvoir déjà se familiariser avec la mentalité et la
culture européennes (cf. dans le même sens arrêt TA PE 2002/0161 du 10 juin
2002).

7.                     En conclusion, la
décision de l'autorité intimée du 5 juin 2003 n'est pas conforme à l'OLE et
doit être annulée. Le SPOP délivrera une autorisation de séjour en faveur de
l'intéressée pour lui permettre de suivre les cours de l'"English
Preparatory Program" et ceux du "Bachelor Degree Program" auprès
de GIHE. Vu l'issue du pourvoi, le présent arrêt sera rendu sans frais et
l'avance effectuée par les recourantes, par 500 francs, leur sera restituée. Ayant
procédé par l'intermédiaire d'un mandataire professionnel, les recourantes ont
en outre droit à des dépens (art. 55 al. 1 LJPA).

Par ces motifs

le Tribunal administratif

arrête:

I.                      Le recours est
admis.

II.                     La décision du
SPOP du 5 juin 2003 est annulée.

III.                     Une autorisation
de séjour pour études sera établie en faveur de X.________un,
ressortissante chinoise née le 30 novembre 1983, pour lui permettre de suivre
les cours de l'"English Preparatory Program" et ceux du
"Bachelor Degree Program" auprès de 1.________,
à Bulle sur le campus de Leysin.

IV.                    Le présent
arrêt est rendu sans frais.

V.                     L'Etat de Vaud,
par le SPOP, versera aux recourantes un montant de 500 (cinq cents) francs, à
titre de dépens.

ip/Lausanne, le 15 décembre 2003

La présidente:                                                                                           La
greffière:

                                                                                                                  

 

 

 

 

 

Le présent arrêt est notifié :

-    aux recourantes, par l'intermédiaire de l'avocat Amédée Kasser, à
Lausanne;

-    au SPOP;

-    à l'Office fédéral de l'immigration, de l'intégration et de
l'émigration, IMES, Section Suisse Romande, Canton de Vaud, Quellenweg 9, 3003
Berne-Wabern.

 

 

 

 

Annexe pour le SPOP : son dossier en retour

Annexes pour les recourantes : lot de
pièces en retour