# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 136b3ef6-3a00-5de3-9901-5bd1be826f41
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-04-06
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 06.04.2017 A/2073/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-2073-2016_2017-04-06.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/2073/2016-CS DCSO/193/17

DECISION 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre de surveillance 
des Offices des poursuites et faillites 

DU JEUDI 6 AVRIL 2017 

Plainte 17 LP (A/2073/2016-CS) formée en date du 12 octobre 2016 par A______, 

élisant domicile en l'étude de Me Mirolub VOUTOV, avocat. 

* * * * * 

Décision communiquée par courrier A à l'Office concerné 

et par plis recommandés du greffier du 7 avril 2017 
à : 

- A______ 

c/o Me Mirolub VOUTOV, avocat 

Rue Pierre-Fatio 12 

1204 Genève. 

- Etat de Genève, Service des contraventions 

Chemin de la Gravière 5 

Case postale 104 

1211 Genève 8. 

- Office des poursuites. 

 

 

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A/2073/2016-CS 

EN FAIT 

A. a. Le 22 juillet 2015, le Service des contraventions de l’Etat de Genève a requis la 

poursuite de A______ à l’adresse B______. 

b. Le commandement de payer, poursuite n° 15 xxxx03 D, a été notifié à cette 

adresse en mains de A______, lui-même, le 12 novembre 2015, lequel y a formé 

opposition. 

c. Par acte déposé au greffe du Tribunal de première instance le 15 avril 2016, le 

Service des contraventions a requis la mainlevée de cette opposition, A______ 

étant mentionné dans la requête comme domicilié à B______. 

d. Par pli du 31 mai 2016, le Tribunal a convoqué les parties à une audience fixée 

au 4 juillet 2016. 

B. a. Par plainte déposée le 22 juin 2016 au greffe de la Chambre de surveillance des 

Offices des poursuites et des faillites (ci-après : la Chambre de surveillance), 

A______ a conclu à l’annulation de la poursuite n° 15 xxxx03 D. 

Il a indiqué ne pas être domicilié au B______, cette adresse étant celle de son 

épouse dont il n’use que pour sa correspondance. Il ne figurait pas sur le contrat 

de bail du logement de son épouse, ni « ailleurs en Suisse ». 

b. Dans ses observations du 4 juillet 2016, l’Office des poursuites  

(ci-après : l’Office) s’en est rapporté à justice s’agissant de la recevabilité tant 

formelle que matérielle de la plainte déposée par A______. 

Il a relevé que A______ n’était pas inscrit auprès de l’Office cantonal de la 

population en tant que personne domiciliée à Genève mais uniquement en tant 

qu’époux de C______, domiciliée B______. A______ se contentait toutefois 

d’alléguer qu’il ne serait pas domicilié en Suisse, alors qu’il existait des indices 

attestant de l’existence d’un domicile à Genève, sans indiquer dans quel autre 

pays il serait domicilié. 

L’Office a produit divers document que lui avait remis le plaignant en juillet 2015 

par le biais de son conseil, notamment un certificat médical émis par un médecin 

dont le cabinet se trouve au D______ à Genève par lequel ce praticien déclare 

suivre A______ en consultation depuis juillet 2008, et les relevés des rentes 

vieillesses qui ont été versées par le Canada à A______ en 2013 et 2014, relevés 

adressés au bénéficiaire à l’adresse B______. A noter que A______ à lui-même 

fait parvenir ces documents à son conseil par le biais d’un courrier indiquant 

exclusivement une adresse électronique en bas de page comme moyen de 

communication. 

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A/2073/2016-CS 

c. Le Service des contraventions a conclu à l’irrecevabilité de la plainte formée 

par A______, subsidiairement à sa tardiveté. 

Il a fait valoir que le commandement de payer était bien parvenu à A______ de 

sorte qu’une demande d’annulation ne pouvait être formulée à l’encontre de la 

poursuite. En outre, la plainte était tardive dès lors qu’elle avait été déposée 

plusieurs mois après la notification du commandement de payer. 

d. Entendu par la Chambre de céans, A______ a déclaré partager son temps entre 

l’Angleterre, le Canada, à Montréal où il loue un appartement, les Etats-Unis 

d’Amérique, où résident deux de ses enfants majeurs, et la Suisse. Ne disposant 

pas de bureau, il travaillait depuis le lieu où il se trouvait. Il a affirmé être 

domicilié E______ à Montréal (Canada), être ressortissant canadien, avoir le droit 

de vote et payer ses impôts dans ce pays, et recevoir une pension canadienne. 

Son épouse a indiqué rester plutôt en Suisse même s’il lui arrivait d’accompagner 

son époux à l’étranger. Pour elle, son époux n’avait pas véritablement de point 

d’attache, à part peut-être elle puisqu’elle était sa femme, et qu’il voyageait 

constamment. Elle ne savait pas où celui-ci acquittait des impôts, mais a indiqué 

qu’il ne disposait d’aucun actif en Suisse, ni d’aucun immeuble à l’étranger. 

e. Les 9 et 13 janvier 2017, le plaignant a produit divers documents attestant, 

selon lui, de son domicile au Canada, soit les relevés des rentes qui lui ont été 

versées par le Canada en 2011 et 2012, lesquels lui ont été adressés au  

F______, une convocation pour le renouvellement de son permis de conduire 

datée du 10 février 2012 envoyée à la même adresse, un permis de conduire 

international délivré par le Canada le 29 mars 2016 pour lequel il a mentionné 

l’adresse E______ à Montréal et un document établissant qu’il détient un compte 

bancaire auprès d’une banque canadienne. Il a également produit divers 

documents datés de 2017 attestant de ce qu’il est taxé par les autorités fiscales 

anglaises en qualité de « non-domicile resident of the UK ». 

Il a indiqué que l’unique raison de sa présence en Suisse était le fait que son 

épouse n’était pas en mesure de le suivre durant tous ses voyages. 

f. Les 16 et 23 janvier 2017, l’Office et le Service des contraventions ont persisté 

dans leurs précédentes conclusions. 

g. Les parties ont été informées par avis du 24 janvier 2017 de ce que la cause 

était gardée à juger. 

 

 

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A/2073/2016-CS 

EN DROIT 

1. 1.1 La Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes 

formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 126 al. 2 let. c LOJ; art. 6 al. 1 et 

3, art. 7 al. 1 LaLP) contre des mesures non attaquables par la voie judiciaire  

(art. 17 al. 1 LP), telles que la notification d'un commandement de payer. 

1.2 En tant que le plaignant conteste le for de la poursuite à Genève, il peut, en 

tout temps, faire valoir la nullité de celle-ci. Par ailleurs, sa plainte répond aux 

exigences minimales de forme (art. 9 al. 1 LaLP et art. 65 al. 1 et 2 LPA 

applicable par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP). 

2.  Dans la mesure où le plaignant fait valoir qu’il était domicilié à l'étranger au 

moment de la notification du commandement de payer, il convient d'examiner si 

l'Office était ou non compétent à raison du lieu pour le poursuivre et pour 

procéder à cette notification.  

 2.1 L’engagement et le déroulement d’une procédure d’exécution forcée 

supposent l’existence d’un for de la poursuite, lequel désigne l’organe de 

poursuite territorialement compétent auquel le créancier doit s’adresser pour 

introduire la poursuite. La LP définit le for de la poursuite principal, appelé for 

ordinaire (art. 46 LP), ainsi qu'un nombre très limité de fors spéciaux (art. 48 à 52 

LP).  

Le for ordinaire de la poursuite est au domicile du débiteur (art. 46 al. 1 LP). Le 

domicile de toute personne est au lieu où elle réside avec l'intention de s'y établir 

(art. 23 al. 1 CC). Lorsqu'il s'agit de déterminer le domicile d'une personne, le lieu 

indiqué par celle-ci n'est pas toujours décisif. Le domicile étranger doit être 

conforté par des faits, manifestant de façon objective et reconnaissable pour des 

tiers la volonté de l'intéressé de s’établir dans une ville étrangère et d'y faire le 

centre de ses intérêts personnels et professionnels (arrêt du Tribunal fédéral 

7B.207/2003 du 25 septembre 2003 consid. 3.2). 

Le débiteur qui n'a pas de domicile fixe -  ni en Suisse, ni à l’étranger – peut être 

poursuivi au lieu où il se trouve (art. 48 LP). Le séjour au sens de cette disposition 

implique une certaine durée dans un endroit donné et la création en ce lieu de 

rapports assez étroits. Un séjour tout à fait éphémère ou de pur hasard ne suffit pas 

(ATF 119 III 51 consid. 2d). Plus que pour le domicile, il faut se baser sur 

l'apparence extérieure plutôt que sur des éléments subjectifs tels que la volonté 

(ATF 119 III 54 consid. 2d, JdT 1995 II 11; BlSchK 2005 229 consid. 3). 

2.2 En l’espèce, il n’est pas contesté que le plaignant partage son temps entre 

l’Angleterre, le Canada, les Etats-Unis d’Amérique et la Suisse. 

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A/2073/2016-CS 

Le plaignant a admis ne pas être domicilié en Angleterre, où il semble pourtant 

développer une activité économique, ni aux Etats-Unis, où se trouvent ses enfants. 

Il soutient que son centre de vie est au Canada et non en Suisse.  

Du point de vue des attaches affectives, le plaignant n’a pas allégué avoir de la 

famille ou des amis au Canada. Il a également admis ne pas y disposer d’un 

bureau mais travailler avec son ordinateur depuis le lieu où il se trouve. Dès lors, 

le plaignant ne dispose d’aucune attache personnelle ou professionnelle avec le 

Canada. Le fait qu’il soit ressortissant canadien ne suffit pas à attester de son 

domicile en ce pays. Certes, le plaignant dispose d’un permis de conduire émis 

par le Canada mais toute personne ayant séjourné une fois dans ce pays peut 

détenir un tel document en le faisant renouveler sans même y résider. A cela 

s’ajoute que depuis l’année 2013 l’adresse figurant sur les documents des 

autorités canadiennes s’agissant du versement des rentes au plaignant est celle de 

B______. Pour le surplus, le plaignant n’a pas prouvé payer des impôts au 

Canada, ni être inscrit sur une liste électorale dans ces pays. Au vu de ce qui 

précède, le plaignant n’a pas établi qu’il était domicilié au Canada lorsque la 

poursuite a été introduite en 2015. 

En revanche, le plaignant dispose d’attaches personnelles en Suisse puisque son 

épouse y réside et qu’il vient la voir régulièrement. C’est également à Genève 

qu’il est suivi médicalement par un médecin depuis plusieurs années. Il est en 

outre facilement joignable à l’adresse B______ puisque le commandement de 

payer a pu lui être notifié en main propre à cet endroit. Le fait qu’il ne figure pas 

sur le contrat de bail de son épouse n’enlève rien au fait qu’il réside régulièrement 

dans l’appartement de cette dernière, ce qu’il a admis. Le fait que le plaignant 

n’ait pas administrativement déclaré son domicile en Suisse et se garde d’y 

séjourner plus de 90 jours consécutivement afin de ne pas avoir à demander 

d’autorisation de séjour n’est pas déterminant du point de vue du droit civil. 

Au vu de ce qui précède, le plaignant doit être considéré comme domicilié à 

Genève, où se situe le for de la poursuite. 

La plainte sera donc rejetée. 

Par surabondance, si l’on devait admettre que le plaignant n’est pas domicilié à 

Genève, alors il serait dans la situation d’une personne sans domicile en Suisse ou 

à l’étranger, de sorte qu’il pourrait être poursuivi au lieu où il se trouve, soit à 

Genève où il séjourne régulièrement afin de passer du temps avec son épouse. 

4.  La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP; art. 61 al. 2 let. a 

OELP). Il ne peut être alloué aucun dépens (art. 62 al. 2 OELP. 

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A/2073/2016-CS 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre de surveillance : 

A la forme : 

Déclare recevable la plainte formée le 22 juin 2016 par A______. 

Au fond : 

La rejette. 

Siégeant : 

Monsieur Patrick CHENAUX, président; Monsieur Georges ZUFFEREY et  

Monsieur Christian CHAVAZ, juges assesseurs; Madame Marie NIERMARECHAL, 

greffière. 

 

Le président : 

Patrick CHENAUX 

 La greffière : 

Marie NIERMARECHAL 

 

 

 

Voie de recours : 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 

2005 (LTF; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Chambre de surveillance des Offices 

des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance en matière de poursuite pour 

dettes et faillite (art. 126 LOJ). Il doit être déposé devant le Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les 

dix jours qui suivent la notification de l'expédition complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2  

let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). 

L’art. 119 al. 1 LTF prévoit que si une partie forme un recours ordinaire et un recours constitutionnel, 

elle doit déposer les deux recours dans un seul mémoire. Le recours doit être rédigé dans une langue 

officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens de preuve, et être 

signé (art. 42 LTF).  

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.