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**Case Identifier:** ac6082d6-b537-57ad-b9a2-30a8b66914af
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2009-09-28
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 28.09.2009 C/13903/2006
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-13903-2006_2009-09-28.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/13903/2006 - 5 

 
POUVOIR  JUDICIAIRE * COUR D’APPEL* 
 
 (CAPH/128/2009) 
 

 

 

E___ 

Dom. élu : Me Pascal JUNOD 
Rue de la Rôtisserie 6 

Case postale 3763 

1211  Genève 3 

 

 

 

 

 

Partie appelante 
 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ARRÊT PRESIDENTIEL 
(sur opposition à taxe) 

 

du 28 septembre 2009 

 

 

  M. Louis PEILA, président 

 

 

  M. Véronique BULUNDWE-LEVY, greffière  

 

 

 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/13903/2006 - 5 

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 * COUR D’APPEL * 
 

 

 

 

 

 

EN FAIT 
 

 

A. Par arrêt du 16 mars 2009, la Cour d'appel des prud'hommes a rendu une décision 

dont le dispositif était le suivant : 

 

 A la forme : 

Déclare recevable les appels interjetés par E___ et T___ contre le jugement ren-

du le 17 juin 2008 par le Tribunal des prud’hommes dans la cause C/13903/2006-

5. 

Au fond : 

 Annule ledit jugement; 

Puis statuant à nouveau : 

 Condamne E___ à payer à T___ la somme brute de 242'763 fr. 97, plus intérêts à 

5% dès le 1
er

 août 2005, à charge pour elle de s'acquitter des prestations sociales. 

 Dit que les émoluments d'appel versés par les parties restent acquis à l'Etat. 

Condamne T___ au paiement d’un émolument complémentaire de 7'500 fr. en fa-

veur de l'Etat. 

 Condamne E___ au paiement d’un émolument complémentaire de 7'500 fr. en 

faveur de l'Etat. 

 Déboute les parties de toutes autres conclusions; 

B. E___ a formé contre cette décision un recours en matière civile auprès du Tribunal 

fédéral, lequel fut déclaré irrecevable par arrêt du 26 juin 2009, reçu le 13 juillet sui-

vant. 

 

C. Parallèlement, E___ avait déposé, le 7 avril 2009, une requête en opposition à 

taxe, fondée sur l'art. 185 LPC, sollicitant une réduction du montant de 7'500 fr. de 

l'émolument complémentaire mis à sa charge à 5'000 fr., prenant pour seul argument le 

fait que la majorité des pièces qu'elle avait produites avaient été traduites, ce qui n'était 

manifestement pas le cas de son adverse partie, de sorte que le montant de l'émolument 

complémentaire, qui visait le fait que certaines pièces n'étaient pas traduites, devait être 

réduit.  

 

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D. Pour statuer sur cette opposition, il est nécessaire de résumer la procédure.  

 

a) Celle-ci, ouverte en juin 2006, a donné lieu à un jugement deux ans plus tard, 

condamnant E___ à payer à T___ la somme brute de 154'187 fr. 50, plus intérêts à 5% 

dès le 1
er

 août 2005. 

 

Très lapidairement résumé, ce jugement retenait, en s'appuyant sur le témoignage du 

rédacteur du contrat de travail, que T___ avait droit à une commission en tant que per-

sonne qui avait participé activement à la conclusion de contrats, ou à leur prorogation, 

selon l'interprétation qu'il avait lui-même proposée. Ce jugement a ensuite détaillé cha-

que contrat pour en déduire les montants qui devaient être alloués, ou refusés, à T___. Il 

a finalement déduit des montants ainsi arrêtés des sommes qui lui avaient été versées 

préalablement. 

 

T___ avait assigné E___ en paiement de 738'157 fr. à titre de commissions pour la pé-

riode d'avril 2003 à décembre 2005, puis avait réduit ses prétentions au versement de 

479'995 fr., plus intérêts et suite de dépens. 

 

E___ avait contesté l'essentiel des prétentions formulées, n'admettant qu'un versement 

de 8'950 fr.  

 

b) Les deux parties ont appelé de cette décision. 

 

T___ a conclu au versement de 333'386 fr. 75, plus intérêts à 5% dès le 1
er

 août 2005 et 

a sollicité la réouverture des enquêtes. Pour sa part, E___ a conclu au déboutement de 

toutes les conclusions de son adverse partie, sollicitant une nouvelle comparution per-

sonnelle des parties et, subsidiairement, le renvoi du dossier en première instance pour 

complément d'instruction relative à l'interprétation du contrat.  

 

c) Les faits suivants doivent être rappelés : 

 

ca) T___ a travaillé à Genève pour A___ , société spécialisée dans l'informatique ban-

caire, pendant plusieurs années. Après avoir résilié son contrat de travail le 24 décembre 

2002 pour le 31 janvier 2003, il a prorogé cette échéance au 31 mars 2003, notamment 

pour parachever un accord de collaboration entre A___ et E___, son nouvel employeur. 

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cb) En 2000, B___, président, C___ et D___ ont fondé le Groupe E___, dont le siège 

est à Z___ (Bahamas). Une des entités de ce groupe, inscrite au registre du commerce 

de Genève, est la requérante. 

 

Il n'est pas contesté que T___ a été l'un des artisans, mais pas le seul, de l'établissement 

du partenariat entre E___ et A___ 

 

cc) T___ a donc été engagé par E___ en qualité de directeur, dès le 1er avril 2003, 

moyennant une rémunération annuelle brute de 160'000 fr. Un an plus tard, il a reçu le 

titre de directeur des ventes et du marketing sur le plan mondial. Ses fonctions dirigean-

tes l'amenaient à s'occuper des perspectives et des projets actuels, des relations avec 

A___ et de marketing.  

 

cd) L’article 3 de son contrat d'engagement prévoyait le paiement d’une commission de 

5% sur les recettes des licences et de 3% sur les recettes des services, qui était due aux 

conditions suivantes « In a situation of effective participation lead by employee towards 

actual and/or new clients that results to signature of contract or addendum for licences 

and/or services(…). Moreover, in a situation where several employees share together 

the effective participation, the above mentioned rate will be shared between them.».  

 

Les parties divergeaient quant à l'interprétation des termes "effective participation" figu-

rant dans cette clause, divergence qui a animé une part importante de leur litige pru-

d'homal.  

 

Plusieurs témoins ont été entendus à ce sujet, certains à réitérées reprises. 

 

ce) Il n'apparaît pas qu'à un moment ou un autre l'activité de T___ ait prêté le flanc à la 

critique. Il ressort aussi des pièces produites que son départ était regretté. 

 

cf) S'agissant plus particulièrement de la problématique soumise, soit le paiement de 

commissions diverses, le Tribunal, puis la Cour, ont dû analyser l'activité spécifique de 

T___ pour savoir s'il avait droit à une commission et, dans l'affirmative, de quelle nature 

et pour quel montant. Cette réflexion a porté sur 28 établissements financiers répartis de 

par le monde. 

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cg) En droit, les développements ont également été considérables, s'agissant notamment 

d'apprécier la clause contractuelle susvisée, puis de l'appliquer aux 28 établissements 

financiers concernés et d'effectuer les calculs nécessaires, pour le cas où un droit de 

T___ serait reconnu, ce qui était contesté pour ainsi dire pour chaque établissement. 

 

ch) Pour toutes ces raisons, l'arrêt du 16 mars s'étend sur 51 pages, ce qui est fort inha-

bituel en matière prud'homale. 

 

ci) La partie juridique de l'arrêt en cause comportait in fine ceci, qui fait l'objet de l'op-

position à taxe : 

 

5. Compte tenu du résultat de l’appel, à savoir que chacun succombe pour une par-

tie non négligeable de ses conclusions, les émoluments perçus (2'200 fr. chacun) restent 

acquis à l’Etat.  

 

Par ailleurs, les intérêts en présence, notamment au regard de la valeur litigieuse, la 

complexité de la cause et l'importance de l'activité déployée à la solution du litige justi-

fient la mise à la charge des parties un émolument complémentaire à celui de mise au 

rôle déjà perçu en vertu de l'art. 42 du Règlement fixant le tarif des greffes en matière 

civile (art. 24, 25 al. 1, 42A dudit Règlement). Comptent notamment pour la fixation de 

cet émolument les écritures conséquentes mais peu cartésiennes des parties et les nom-

breuses pièces produites, pas nécessairement traduites d'ailleurs, éléments qui accrois-

sent notablement le travail devant être effectué.  

 

Chaque partie succombant partiellement, l'émolument complémentaire, soit 15'000 fr., 

sera réparti par moitié à la chacune.  

 

 

EN DROIT 

 

1. La requête de l'opposition à dépens, également appelée opposition à taxe, a été 
formée dans les délai et forme prescrits par l'art. 185 LPC. 

La procédure sommaire est applicable (art. 185 al. 3 LPC) et la Cour revoit la 

cause avec un plein pouvoir d'examen. 

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2.  L'opposition à taxe constitue une voie de recours subsidiaire par rapport aux au-
tres voies disponibles (opposition à défaut, appel, révision) et son objet se limite à 

l'arrêté du montant des dépens, à l'exception de leur répartition entre les plaideurs 

(BERTOSSA/GAILLARD/GUYET/SCHMIDT, Commentaire de la loi de procé-

dure civile genevoise, n. 1 ad art. 185 LPC; SJ 1973 p. 83; SJ 1986 p. 202; ATF 

n.p. 5 p. 65/1989 du 24.07.1989 consid. 1a; ACJ/133/2005 consid. 2.4). 

Plus spécifiquement, l'opposition à taxe dirigée contre un arrêt de la Cour de céans 

est recevable lorsque la contestation porte sur l'arrêté des dépens de l'instance 

d'appel (BERTOSSA et alii, op. cit. n. 2 ad art. 183 LPC et n. 1 ad art. 185 LPC). 

En raison du renvoi général de la LJP à la LPC, ces dispositions sont applicables à 

l'émolument complémentaire fixé en vertu de l'art. 42A LJP, dont la teneur est la 

suivante : " Un appel taxé conformément à l'article 42 peut, en fin de procédure, 

donner lieu à un émolument complémentaire; l'article 25 est applicable par ana-

logie.". Quant à cette dernière disposition, elle comporte l'alinéa 1 rédigé ainsi : 

"Le montant des émoluments complémentaire et de décision est fixé en fonction 

notamment des intérêts en jeu, de la complexité de la cause, de l'ampleur de la 

procédure ou de l'importance du travail qu'elle implique.". 

 

3. En l'espèce, l'opposante ne s'en prend pas au principe de l'émolument complémen-
taire, à juste titre au vu des faits relatés ci-dessus, qui démontrent à l'envi - et sans 

revenir sur le caractère confus et prolixe des écritures des parties - sa justification, 

mais uniquement au montant, sollicitant une réduction mineure de 7'500 fr. à 

5'000 fr., au bénéfice d'un unique argument, à savoir que seule la partie adverse 

serait responsable de la production de pièces non traduites. Tel argument n'est pas 

relevant. En effet, la lecture du considérant topique de l'arrêt en cause ne permet 

nullement de retenir que la Cour d'appel a quantifié chaque élément mis en exer-

gue et décidé ainsi de leur attribuer une quelconque valeur pécuniaire eu égard au 

montant final de l'émolument complémentaire. Il s'agit au contraire d'une appré-

ciation d'ensemble, qui tient compte de la valeur litigieuse, des intérêts en cause et 

surtout de la complexité de l'affaire, à laquelle l'absence de cartésianisme des par-

ties a beaucoup apporté. L'argument de l'opposante n'est donc manifestement ni 

suffisant ni même pertinent, puisque la Cour d'appel était dans l'impossibilité de 

chiffrer le surcroît de travail qu'engendrait chaque motif l'ayant incitée à solliciter 

un émolument complémentaire. Ce qui était fondamental dans cette procédure 

était le dépouillement des arguments, nécessaire pratiquement pour chaque éta-

blissement financier, et les calculs subséquents, ainsi que l'analyse de la clause 

contractuelle litigieuse, bien plus que l'absence de certaines traductions de pièces 

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rédigées en anglais, ce qui, sous nos latitudes, ne constitue pas un obstacle insur-

montable, et c'est ce qui a conduit à une décision d'une importance inhabituelle en 

matière prud'homale. Il s'ensuit que l'argument avancé pour obtenir une réduction 

est dénué de pertinence, de sorte que la Cour d'appel ne peut que confirmer la dé-

cision entreprise, avec suite de frais. 

 

 

PAR CES MOTIFS 

 

La Cour d’appel des prud’hommes, groupe 5 

 

 

 A la forme : 
 

Déclare recevable l'opposition à taxe formée par E___ contre l'arrêt de la Cour 

d'appel du 16 mars 2009 dans la cause C/13903/2006-5. 

 

Au fond : 

 

 La rejette; 

 Condamne E___ au paiement d’un émolument de décision de 500  fr. en faveur 
de l'Etat. 

 Déboute les parties de toutes autres conclusions; 

 

 

 

 

La greffière de juridiction      Le président