# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 4a195488-a042-5cfb-af1e-c025c2c2ef67
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2018-09-17
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 17.09.2018 E-5380/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-5380-2016_2018-09-17.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour V 

E-5380/2016 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  1 7  s e p t e m b r e  2 0 1 8  

Composition 
 Emilia Antonioni Luftensteiner (présidente du collège),  

Jeannine Scherrer-Bänziger, William Waeber, juges, 

Thierry Leibzig, greffier. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), son épouse 

B._______, née le (…), et leur enfant 

C._______, né le (…), 

Turquie,   

tous représentés par Maître Hüsnü Yilmaz, étude d'avocats, 

recourants,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile (non-entrée en matière / procédure Dublin) et renvoi ; 

décision du SEM du 23 août 2016 / N (…). 

 

 

 

E-5380/2016 

Page 2 

Faits : 

A.  

Le 25 mai 2016, A._______ et B._______ ont déposé, pour eux-mêmes et 

leur enfant mineur, une demande d'asile en Suisse. Ils ont remis à l’autorité 

leurs cartes d’identité en original, ainsi que celle de leur enfant. 

Les investigations entreprises par le SEM le même jour ont révélé, après 

consultation de la banque de données du système central européen 

d’information sur les visas (CS-VIS), que les intéressés avaient obtenu, le 

(…), un visa pour l’Italie de type C, valable du (…) au (…). 

B.  

Entendus le 2 juin 2016 sur leurs données personnelles (auditions 

sommaires), A._______ et B._______ ont notamment expliqué qu’ils 

avaient quitté la Turquie par avion, avec l’aide d’un passeur, à la fin du mois 

d’avril 2016. Après avoir transité par la Grèce, ils auraient pris un second 

vol à destination de l’Italie. A leur descente de l’avion, ils auraient 

immédiatement embarqué à bord d’une voiture pour rejoindre le frère du 

recourant en Suisse, à D._______. Ils auraient vécu chez lui durant 

plusieurs semaines, avant de finalement déposer une demande d’asile, le 

25 mai 2016.   

Lors de leurs auditions, les requérants ont également été invités à 

prendre position quant au prononcé éventuel par le SEM d’une décision de 

non-entrée en matière à leur encontre, ainsi que leur éventuel transfert vers 

l’Italie, pays potentiellement responsable pour traiter leur demande d’asile. 

A cet égard, ils ont en substance indiqué ne pas vouloir retourner en Italie 

pour y vivre et justifié leur position du fait que leur but avait toujours été de 

rejoindre la Suisse, même s’ils avaient obtenu un visa italien pour entrer 

en Europe. B._______ a également fait valoir qu’ils risquaient de se 

retrouver dans une situation difficile en cas de transfert en Italie, précisant 

que la vie dans un foyer ne serait pas adaptée à leur enfant et que le frère 

de son mari s’occupait très bien d’eux. Ils ont en outre fait part de divers 

problèmes de santé : A._______ a indiqué avoir des maux de dos et 

B._______ a expliqué qu’il lui manquait un rein depuis l’âge de cinq ans et 

qu’elle devait en conséquence faire l’objet d’un suivi régulier, tous les six 

mois. S’agissant de l’enfant C._______, la recourante a précisé que celui-

ci présentait un retard du langage. Elle a souligné que la Suisse était très 

attentive aux questions médicales et que, pour cette raison également, elle 

ne souhaitait pas être renvoyée en Italie. 

E-5380/2016 

Page 3 

C.  

En date du 16 juin 2016, le SEM a soumis aux autorités italiennes 

compétentes des requêtes aux fins de prise en charge de A._______ et 

B._______, ainsi que de leur enfant mineur, fondées sur l'art. 12 par. 2 du 

règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 

juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat 

membre responsable de l'examen d'une demande de protection 

internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant 

de pays tiers ou un apatride (refonte) (JO L 180/31 du 29.6.2013, ci-après : 

règlement Dublin III). 

D.  

Par communication électronique du 19 août 2016, soit un jour après 

l’échéance du délai officiel, les autorités italiennes ont expressément 

accepté de prendre en charge les intéressés et leur enfant, sur la base de 

cette même disposition. Elles ont précisé, en substance, que les 

requérants étaient considérés comme une famille, qu’ils seraient accueillis 

conformément à la circulaire du 8 juin 2015 et que leur transfert devrait 

s’effectuer à destination de l’aéroport de E._______. 

E.  

Par courriel du 24 août 2016, le SEM a informé l’Unité Dublin italienne qu'à 

défaut d'avoir répondu à la requête de prise en charge dans le délai requis 

par l’art. 22 par. 1 du règlement Dublin III, l'Italie était devenue l'Etat 

responsable de l'examen de la demande d'asile des requérants, depuis le 

18 août 2016. 

F.  

Par décision datée du 23 août 2016, notifiée le 1er septembre suivant, le 

SEM, se fondant sur l'art. 31a al. 1 let. b LAsi (RS 142.31), n'est pas entré 

en matière sur la demande d'asile des recourants, a prononcé leur transfert 

vers l’Italie, pays compétent pour traiter leur requête selon l’art. 12 par. 2 

du règlement Dublin III, et a ordonné l'exécution de cette mesure, 

constatant l'absence d'effet suspensif à un éventuel recours. 

L’autorité de première instance a tout d’abord confirmé que l’Italie était bien 

compétente pour l’examen de la demande d’asile des recourants, précisant 

notamment que l’acceptation tacite des autorités italiennes corroborait ce 

fait et rappelant que le règlement Dublin III ne confère pas aux requérants 

le droit de choisir l’Etat membre dans lequel ils aimeraient voir leur 

demande d’asile examinée pour des motifs personnels. Il a en outre relevé 

que, même si A._______ avait un frère vivant en Suisse, l’art. 16 par. 1 du 

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règlement Dublin III n’était pas applicable dans le cas d’espèce, dans la 

mesure où le dossier des intéressés n’avait pas mis en évidence de rapport 

de dépendance particulier au sens de cette disposition. Le SEM a 

également considéré que, compte tenu de la communication des autorités 

italiennes du 19 août 2016, il disposait de garanties suffisantes selon 

lesquelles les intéressés seraient pris en charge de manière adéquate en 

Italie, ceci dans le cadre de l’un des projets du Système de protection pour 

requérants d'asile et réfugiés (SPRAR) présents sur le territoire, même si 

celui-ci ne pouvait pas encore être spécifié pour l’heure. Fort de ce constat, 

il a retenu que A._______ et B._______ disposeraient sur place d’un 

logement adapté à l’âge de leur enfant et que l’unité familiale serait 

préservée. Par ailleurs, il a relevé qu’il n’y avait pas d’indices faisant penser 

que l’Italie ne respectait pas ses obligations internationales et qu’aucun 

élément ne permettait de retenir qu’un retour dans ce pays mettrait les 

intéressés dans une situation existentielle critique. Il a également retenu 

que les intéressés ne pouvaient pas se prévaloir d’une violation 

l’art. 8 CEDH, en l’absence de tout lien de dépendance particulier entre les 

recourants et le frère du recourant vivant en Suisse. Il a dès lors conclu 

qu’il n’y avait en l’occurrence aucun motif justifiant l’application de la clause 

de souveraineté prévue à l’art. 17 par. 1 du règlement Dublin III.  

S’agissant enfin de l’application de la « clause humanitaire » de l’art. 29a 

al. 3 de l’ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l’asile relative à la procédure 

(OA 1, RS 142.311), le SEM a d’abord rappelé qu’il s’agissait d’une 

disposition potestative et qu’il disposait d’une marge d’appréciation en la 

matière. Examinant la situation personnelle des intéressés, et plus 

particulièrement leurs allégations relatives à leurs états de santé, il a relevé 

que les divers problèmes médicaux des intéressés n’avaient été étayés par 

aucun rapport médical. Il a en outre considéré qu’il ne ressortait pas des 

déclarations des intéressés que lesdits problèmes atteignaient un degré de 

gravité tel qu’il se justifierait d’appliquer la clause de souveraineté pour des 

motifs humanitaires. Il a encore constaté que les intéressés n’avaient pas 

formellement adressé de demande de protection internationale aux 

autorités italiennes et qu’il leur sera loisible de le faire, suite à leur transfert, 

afin de bénéficier des droits découlant de la directive no 2013/33/UE du 

Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes 

pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale 

[refonte] (JO L 180/96 du 29.6.2013, ci-après: directive Accueil). Il a dès 

lors conclu que le dossier des intéressés n’avait pas mis en évidence 

l’existence de motifs particuliers justifiant l’application de la clause de 

souveraineté au sens de l’art. 29a al. 3 OA 1, en lien avec l’art. 17 par. 1 

du règlement Dublin III. 

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Page 5 

G.  

Le 6 septembre 2016, les intéressés ont interjeté recours contre cette 

décision auprès du Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal). A 

titre incident, ils ont sollicité la dispense du paiement d’une avance de frais, 

l’octroi de l’assistance judiciaire partielle et totale ainsi que la restitution 

(recte : l’octroi) de l’effet suspensif. Ils ont conclu, à titre principal, à 

l’annulation de la décision précitée ainsi qu’à l’entrée en matière sur leur 

demande d’asile et, subsidiairement, au renvoi de la cause au SEM pour 

complément d’instruction et nouvelle décision. 

H.  

Le 7 septembre 2016, le Tribunal a suspendu l’exécution du transfert à titre 

de mesures provisionnelles, dans l’attente du dossier de la cause. 

I.  

En date du 8 septembre 2016, le Tribunal a reçu le dossier de première 

instance. Par décision incidente du 14 septembre suivant, il a octroyé l’effet 

suspensif au recours, a admis la demande d’assistance judiciaire partielle 

et a rejeté la requête d’assistance judiciaire totale. Il a également imparti 

aux intéressés un délai de 30 jours pour produire un rapport médical 

détaillé et circonstancié concernant leurs états de santé respectifs ainsi 

que celui de leur enfant. Ce délai a été prolongé par ordonnance du 

Tribunal du 19 octobre 2016. 

J.  

Le 22 septembre 2016, le SEM a informé l’Unité Dublin Italie qu’un recours 

avec effet suspensif avait été introduit à l’encontre de la décision du 

23 août 2016 et que le délai de transfert de l’art. 29 al. 1 du règlement 

Dublin III était de ce fait suspendu jusqu’au prononcé de l’arrêt sur recours 

du Tribunal.  

K.  

Par écrit du 18 novembre 2016, les recourants ont complété leur recours. 

Ils ont par ailleurs déposé plusieurs rapports médicaux les concernant, 

datés des (…), (…) et (…) 2016, ainsi qu’une attestation établie par le 

médecin de la recourante en Turquie, datée du (…) 2016.  

L.  

Invité à se prononcer sur le recours et son complément, le SEM en a 

proposé le rejet dans sa réponse circonstanciée du 14 juin 2018. 

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Page 6 

M.  

Faisant usage de leur droit de réplique, le 20 août 2018, les recourants ont 

contesté les arguments du SEM et maintenu leurs conclusions. Ils ont joint 

à leur envoi un rapport médical du (…) 2018 portant sur l’état de santé de 

l’enfant C._______ ainsi qu’un certificat médical daté du (…) 2017 

concernant la recourante. Ils ont également produit plusieurs documents 

visant à attester leurs efforts d’intégration en Suisse ainsi que le début de 

la scolarisation de leur enfant. 

N.  

Les autres faits et arguments de la cause seront examinés, si nécessaire, 

dans les considérants en droit qui suivent. 

 

Droit : 

1.  

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 LTAF, le Tribunal, en 

vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de 

l'art. 5 PA, prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. En 

particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile peuvent 

être contestées devant le Tribunal, lequel statue alors définitivement, sauf 

demande d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à se 

protéger (cf. art. 105 en relation avec l'art. 6a al. 1 LAsi ; art. 33 let. d LTAF 

et art. 83 let. d ch. 1 LTF), exception non réalisée en l'espèce. 

1.2 Les intéressés ont qualité pour recourir. Présenté dans la forme et le 

délai prescrits par la loi, le recours est recevable (cf. art. 48 al. 1 PA et 

art. 52 al. 1 PA, applicables par renvoi de l'art. 37 LTAF, et 

art. 108 al. 2 LAsi). 

1.3 Le recours peut être interjeté pour violation du droit fédéral, notamment 

pour abus ou excès dans l'exercice du pouvoir d'appréciation, ou 

pour établissement inexact ou incomplet de l'état de fait pertinent 

(cf. art. 106 al. 1 let. a et b LAsi). 

1.4 Saisi d'un recours contre une décision de non-entrée en matière sur 

une demande d'asile, le Tribunal se limite à examiner le bien-fondé d'une 

telle décision (cf. ATAF 2012/4 consid. 2.2 ; 2009/54 consid. 1.3.3 ; 2007/8 

consid. 5). 

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Page 7 

2.  

En l’occurrence, il y a lieu de déterminer si le SEM était fondé à faire 

application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, disposition en vertu de laquelle il 

n'entre pas en matière sur une demande d'asile lorsque le requérant peut 

se rendre dans un Etat tiers compétent, en vertu d'un accord international, 

pour mener la procédure d'asile et de renvoi. 

2.1 Avant de faire application de la disposition précitée, le SEM examine la 

compétence relative au traitement d'une demande d'asile selon les critères 

fixés dans le règlement Dublin III. S'il ressort de cet examen qu'un autre 

Etat est responsable du traitement de la demande d'asile, le SEM rend une 

décision de non-entrée en matière après que l'Etat requis a accepté la prise 

ou la reprise en charge du requérant (cf. art. 29a al. 2 OA 1, art. 22 par. 7 

et art. 25 par. 2 du règlement Dublin III). 

2.2 Aux termes de l'art. 3 par. 1 du règlement Dublin III, une demande de 

protection internationale est examinée par un seul Etat membre, celui-ci 

étant déterminé selon les critères fixés à son chapitre III. La procédure de 

détermination de l'Etat responsable est engagée, aussitôt qu'une demande 

d'asile a été déposée pour la première fois dans un Etat membre (cf. art. 20 

par. 1 du règlement Dublin III). 

Dans une procédure de prise en charge (anglais : take charge), les critères 

énumérés au chapitre III du règlement (art. 8-15) doivent être appliqués 

successivement (principe de l'application hiérarchique des critères de 

compétence, cf. art. 7 par. 1 du règlement Dublin III). Pour ce faire, il y a 

lieu de se baser sur la situation existant au moment du dépôt de la première 

demande dans un Etat membre (cf. art. 7 par 2 du règlement Dublin III ; 

ATAF 2012/4 consid. 3.2 ; FILZWIESER/SPRUNG, Dublin III-Verordnung, 

Vienne 2014, pt 4 sur l'art. 7). 

En application de l’art. 12 par. 2 du règlement Dublin III, lorsqu’il est établi 

que le demandeur est titulaire d'un visa en cours de validité, l'Etat membre 

qui l'a délivré est responsable de l'examen de la demande de protection 

internationale, sauf si ce visa a été délivré au nom d'un autre Etat membre 

en vertu d'un accord de représentation prévu à l'art. 8 du règlement (CE) 

n° 810/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 

établissant un code communautaire de visas (JO L 243 du 15.9.2009).  

Lorsqu'aucun Etat membre responsable ne peut être désigné sur la base 

de ces critères, le premier Etat membre auprès duquel la demande de 

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protection internationale a été introduite est responsable de l'examen 

(cf. art. 3 par. 2 1ère phrase du règlement Dublin III).  

En vertu de l'art. 3 par. 2 du règlement Dublin III, lorsqu'il est impossible de 

transférer un demandeur vers l'Etat membre initialement désigné comme 

responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans 

cet Etat membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et 

les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de 

traitement inhumain ou dégradant au sens de l'art. 4 de la Charte des droits 

fondamentaux de l'Union européenne (JO C 364/1 du 18.12.2000, ci-

après : CharteUE), l'Etat procédant à la détermination de l'Etat responsable 

poursuit l'examen des critères fixés au chapitre III afin d'établir si un autre 

Etat peut être désigné comme responsable. Lorsqu'il est impossible de 

transférer le demandeur vers un Etat désigné sur la base de ces critères 

ou vers le premier Etat auprès duquel la demande a été introduite, l'Etat 

membre procédant à la détermination devient l'Etat responsable. 

2.3 L'Etat responsable de l'examen d'une demande de protection 

internationale en vertu du règlement est tenu de prendre en charge – dans 

les conditions prévues aux art. 21, 22 et 29 – le demandeur qui a introduit 

une demande dans un autre Etat membre (cf. art. 18 par. 1 let. a du 

règlement Dublin III). Cette obligation cesse si le demandeur ou une autre 

personne visée à l'art. 18 par. 1 let. c ou d a quitté le territoire des Etats 

membres pendant une durée d'au moins trois mois, à moins qu'il ne soit 

titulaire d'un titre de séjour en cours de validité délivré par l'Etat membre 

responsable (cf. art. 19 par. 2 du règlement Dublin III). 

2.4 Sur la base de l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III (clause de 

souveraineté), chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande 

de protection internationale qui lui est présentée par le ressortissant d'un 

pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu 

des critères fixés dans le règlement. 

3.  

3.1 En l’espèce, les investigations entreprises par le SEM ont établi, après 

consultation du système d’information sur les visas CS-VIS, qu’un visa 

Schengen de type C, valable du (…) au (…), avait été délivré aux 

recourants par l’Italie. 

En date du 16 juin 2016, le SEM a dès lors soumis aux autorités italiennes 

compétentes, dans le délai fixé à l’art. 21 par. 1 du règlement Dublin III, 

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des requêtes aux fins de prise en charge des intéressés, fondées sur 

l’art. 12 par. 2 de ce même règlement (visa en cours de validité).  

3.2 Bien que les autorités italiennes n’aient pas répondu à ces requêtes en 

temps utile (cf. art. 22 par. 1 et 6 du règlement Dublin III), l’Italie est réputée 

les avoir acceptées et, partant, avoir reconnu sa responsabilité pour la 

prise en charge des intéressés (cf. art. 22 par. 7 du règlement Dublin III). 

Le jour suivant l’échéance du délai officiel, soit le 19 août 2016, l’Unité 

Dublin italienne a d’ailleurs confirmé expressément cette responsabilité, en 

application de l'art. 12 par. 2 du règlement Dublin III (cf. consid. D. supra).  

3.3 Lors de leurs auditions du 2 juin 2016, les intéressés ont contesté cette 

compétence, en expliquant que leur intention avait toujours été de rejoindre 

la Suisse. Ils ont en outre fait valoir la présence en Suisse du frère du 

recourant. Enfin, dans leur complément du 18 novembre 2016, ils ont 

allégué que l’accord de l’Italie était vicié, dans la mesure où le premier pays 

de leur entrée dans l’espace Dublin était la Grèce. Ils ont ajouté à ce titre 

que les renvois Dublin n’étaient à ce jour pas possibles vers ce pays, et 

que la Suisse devait dès lors se déclarer compétente pour traiter leur 

demande d’asile.  

3.4 Il convient tout d’abord de rappeler que le règlement Dublin III ne 

confère pas aux demandeurs d'asile le droit de choisir l'Etat membre 

offrant, à leur avis, de meilleures conditions d'accueil comme Etat 

responsable de l'examen de leur demande d'asile (cf. ATAF 2010/45 

consid. 8.3). A cet égard, c’est à juste titre que le SEM a relevé dans la 

décision attaquée que le souhait des recourants de voir leur demande 

d'asile traitée en Suisse ne remettait nullement en cause la compétence de 

l’Italie.  

3.5 C’est également à bon droit que le SEM a retenu que les recourants 

ne pouvaient pas se prévaloir de la présence en Suisse du frère de 

A._______ pour fonder la compétence de cet Etat dans le traitement de 

leur demande d’asile. 

En effet, cette personne n’est pas un «membre de la famille» au sens de 

l’art. 2 let. g du règlement Dublin III. Par conséquent, ni l’art. 9, ni l’art. 10, 

ni l’art. 11 dudit règlement, précédant l’art. 12 dans l’ordre des critères de 

détermination de l’Etat responsable (cf. art. 7 par. 1 du règlement 

Dublin III), ne sont applicables en l’espèce. En outre, aucun élément du 

dossier ne permet de conclure à l'existence d'une situation de dépendance 

impliquant un besoin impérieux d'assistance entre les recourants et le frère 

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Page 10 

de A._______, au sens de l’art. 16 par. 1 du règlement Dublin III. Les 

intéressés n’ont d’ailleurs invoqué un tel lien de dépendance ni dans leur 

recours, ni dans leurs écrits subséquents. 

3.6 Enfin, l’argument des recourants, selon lequel le SEM aurait d’abord 

dû examiner la compétence de la Grèce, en tant que premier Etat de leur 

entrée dans l’espace Dublin, ne saurait être suivi.  

En l’espèce, la compétence de l’Italie repose sur le fait que ce pays a 

délivré un visa aux recourants, soit sur un acte de souveraineté par lequel 

il a expressément autorisé ceux-ci à entrer sur le territoire des Etats 

Schengen/Dublin. Il est rappelé à cet égard que l’art. 12 par. 2 du 

règlement Dublin III ne prévoit pas, pour son application, la condition de la 

première entrée – ni d’ailleurs de l’entrée tout court – sur le territoire de 

l’Etat membre ayant délivré le visa (cf. notamment arrêt du Tribunal  

E-2530/2016 du 24 août 2016, consid. 3). En outre, comme l’a relevé 

pertinemment le SEM dans sa réponse, le critère de détermination de 

l’art. 12 du règlement Dublin III précède celui de l’art. 13 dudit règlement 

relatif à l’entrée et/ou au séjour dans un autre Etat Dublin, de sorte qu’il 

prévaut conformément à la règle de la hiérarchie des critères (cf. art. 7 

par. 1 du règlement Dublin III ; cf. également consid. 2.2 supra). Le grief 

des recourants est dès lors manifestement mal fondé sur ce point. 

3.7 En conséquence, la responsabilité de l’Italie pour le traitement de la 

demande d’asile des recourants est acquise, au regard des critères de 

détermination de l’Etat membre responsable (cf. art. 7 ss du règlement 

Dublin III). 

4.  

4.1 Dans leur recours du 6 septembre 2016, les intéressés se sont 

également opposés à leur transfert vers l’Italie au motif que cette mesure 

serait contraire aux engagements de droit international liant la Suisse, au 

vu de leur vulnérabilité en tant que famille avec un jeune enfant et de leurs 

problèmes de santé respectifs. Ils ont en particulier fait valoir que les 

autorités italiennes n’étaient pas en mesure de fournir aux familles les 

conditions adéquates telles que définies dans l’arrêt de la Cour 

européenne des droits de l’homme (ci-après : CourEDH) en l'affaire 

Tarakhel c. Suisse du 4 novembre 2014 (requête n° 29217/12) et qu’il 

appartenait dès lors au SEM d’obtenir de l’Italie des garanties individuelles 

les concernant, s’agissant du respect de leur unité familiale, de l’intérêt 

supérieur de leur enfant et des conditions de leur prise en charge médicale. 

E-5380/2016 

Page 11 

Ils ont ajouté à ce titre que la présence d’un enfant en bas âge, présentant 

en outre des problèmes de développement, nécessitait une attention 

particulière de la part des autorités suisses pour ce qui est des garanties 

individuelles d’hébergement pour toute la famille. 

Dans leur complément du 18 novembre 2016, ils ont en substance fait 

valoir que la situation en Italie restait difficile et que les assurances fournies 

par les autorités de ce pays ne remplissaient pas le critère de 

l’individualisation qu’exige la jurisprudence. Ils ont allégué à ce titre que la 

promesse des autorités italiennes ne signifiait pas pour autant que leurs 

conditions sanitaires suite à un transfert dans ce pays seraient 

respectueuses de l’art. 3 CEDH et que rien ne permettait de déduire de la 

garantie donnée par l’Italie que leurs problèmes médicaux respectifs 

seraient correctement pris en charge par l’Italie. Ils ont enfin soutenu qu’un 

renvoi vers ce pays risquerait d’aggraver leur état de santé et serait dès 

lors constitutif d’une violation de l’art. 3 CEDH. Ils ont en conséquence prié 

le Tribunal de faire usage de la clause de souveraineté et de reconnaître 

la compétence de la Suisse pour le traitement de leur demande d’asile. 

4.2 Invité à se déterminer sur les arguments du recours, le SEM a d’abord 

souligné que la jurisprudence du Tribunal en matière de transfert des 

familles en Italie dans le cadre des procédures Dublin avait jusque-là 

toujours confirmé la pratique suivie par le SEM et considéré que celle-ci 

respectait les exigences posées par la CourEDH. Il a également relevé que 

la situation en Italie s’était considérablement détendue en matière d’accueil 

et de prise en charge, notamment en raison de la baisse importante des 

flux de migrants parvenant sur le territoire de cet Etat. Il a pour le reste 

intégralement renvoyé aux considérants de sa décision du 23 août 2016 

sur ce point. 

Pour ce qui concerne la problématique médicale des recourants, le SEM a 

considéré, à la lumière des différents documents médicaux versés au 

dossier, que les affections médicales dont souffraient les recourants 

n’étaient pas de nature à faire obstacle à l’exécution de leur transfert en 

Italie. Il a souligné à ce titre que seule la capacité d’être transféré était 

déterminante pour la suite de la procédure Dublin et que celle-ci serait 

évaluée de manière définitive par le SEM peu avant le transfert des 

intéressés. Il a par ailleurs précisé qu’il informerait l’Italie des situations 

médicales des recourants ainsi que des éventuels traitements et suivis 

médicaux nécessaires. Il a pour le reste relevé que les soins nécessaires 

étaient disponibles en Italie et qu’il n’y avait pas d’élément au dossier selon 

lequel les autorités italiennes refuseraient de fournir aux recourants les 

E-5380/2016 

Page 12 

soins adéquats. Il a enfin rappelé qu’il appartiendrait aux intéressés de faire 

enregistrer leur demande d’asile dès leur arrivée en Italie, afin de pouvoir 

bénéficier de l’ensemble des prestations que ce pays était tenu de mettre 

à leur disposition en application de la directive Accueil. 

S’agissant de l’application de la clause de souveraineté pour des motifs 

humanitaires, le SEM a considéré, après un examen attentif de l’ensemble 

des éléments présents au dossier, que les circonstances du cas d’espèce 

ne la justifiaient pas. 

4.3 Dans leur réplique du 20 août 2018, les recourants ont, en substance, 

réaffirmé que le SEM devait obtenir des garanties concrètes s’agissant des 

conditions de leur prise en charge, au risque d’une violation de 

l’art. 3 CEDH.  Ils ont en outre fait valoir que l’examen du dossier devait 

tenir compte de la longue durée de la procédure. Sur ce dernier point, ils 

ont précisé que les médecins de l’enfant C._______ estimaient qu’il fallait 

maintenir la socialisation et le soutien pédagogique dont il bénéficiait et 

qu’il importait d’éviter toute rupture afin qu’il puisse garder ses repères et 

soit en mesure de se développer harmonieusement. Ils ont ajouté à ce titre 

que l’intérêt supérieur de cet enfant était de demeurer en Suisse et d’y 

poursuivre son traitement comme sa scolarité. Ils ont enfin fait valoir qu’ils 

avaient tous fait des avancées notables pour leur intégration, que 

l’écoulement du temps avait une répercussion pour l’ensemble des 

membres de leur famille et qu’ils avaient dès lors droit à ce que leur cas 

soit traité en Suisse. Ils ont conclu que toute décision contraire serait 

disproportionnée. 

5.  

5.1 En l’espèce, il y a lieu de rappeler que l’Italie est liée à la CharteUE et 

partie à la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés 

(Conv. réfugiés, RS 0.142.30), ainsi qu’au Protocole additionnel du 

31 janvier 1967 (Prot., RS 0.142.301), à la CEDH et à la Convention du 

10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, 

inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105), et, à ce titre, est tenue 

d’en appliquer les dispositions. Elle est également liée par la directive 

no 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 

relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la 

protection internationale [refonte] (JO L 180/60 du 29.6.2013, ci-après : 

directive Procédure) et par la directive Accueil, ainsi que par la directive 

no 2011/95/UE du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2011 

concernant les normes relatives aux conditions que doivent remplir les 

E-5380/2016 

Page 13 

ressortissants des pays tiers ou les apatrides pour pouvoir bénéficier d'une 

protection internationale, à un statut uniforme pour les réfugiés ou les 

personnes pouvant bénéficier de la protection subsidiaire, et au contenu 

de cette protection [refonte] (JO L 337/9 du 20.12.2011). 

Dans ces conditions, cet Etat est présumé respecter la sécurité des 

demandeurs d'asile, en particulier leur droit à l'examen, selon une 

procédure juste et équitable, de leur demande, et leur garantir une 

protection conforme au droit international et au droit européen 

(cf. directives précitées). 

5.2 Toutefois, cette présomption de sécurité est réfragable. Cela signifie 

que les Etats demeurent responsables, au regard de la CEDH, de tous les 

actes et omissions de leurs organes qui découlent du droit interne ou de la 

nécessité d'observer les obligations juridiques internationales (cf. arrêt de 

la CourEDH M.S.S. c. Belgique et Grèce du 21 janvier 2011, requête 

n° 30696/09, par. 338). 

5.2.1 Ainsi, cette présomption doit être écartée d'office en présence, dans 

l'Etat de destination du transfert, d'une défaillance systémique (« systemic 

failure ») comme dans l'affaire M.S.S. c. Belgique et Grèce, de nature à 

engendrer, de manière prévisible, l'existence d'un risque réel de mauvais 

traitement de la personne concernée par le transfert (cf. décision de la 

CourEDH K. Daytbegova et M. Magomedova c. Autriche du 4 juin 2013, 

requête n° 6198/12, par. 61 et 66 ; arrêt précité M.S.S. c. Belgique et Grèce 

par. 338 ss ; arrêt de la CourEDH R.U. c. Grèce du 7 juin 2011, requête  

n° 2237/08, par. 74 ss), ce qui est le cas en présence d'une pratique avérée 

de violation des normes minimales de l'Union européenne 

(cf. ATAF 2010/45 consid. 7.5). 

5.2.2  Il est certes notoire que les autorités italiennes ont de sérieux 

problèmes relatifs à leur capacité d'accueil de nouveaux requérants d'asile. 

Cependant, à la différence de la situation prévalant en Grèce, on ne saurait 

considérer qu'il apparaît au grand jour – sur la base de positions répétées 

et concordantes du HCR, du Commissaire des droits de l'homme du 

Conseil de l'Europe, ainsi que de nombreuses organisations 

internationales non gouvernementales – que la législation sur le droit 

d'asile n'est pas appliquée en Italie, ni que la procédure d'asile y est 

caractérisée par des défaillances systémiques d'une ampleur telle que les 

demandeurs d'asile n'ont pas de chances de voir leur demande 

sérieusement examinée par les autorités italiennes, ni qu'ils ne disposent 

E-5380/2016 

Page 14 

pas d'un recours effectif, ni qu'ils ne sont pas protégés in fine contre un 

renvoi arbitraire vers leur pays d'origine (cf. arrêt de la CourEDH Jihana Ali 

et autres c. Suisse et Italie du 4 octobre 2016, n° 30474/14, par. 33 ; A. S. 

c. Suisse du 30 juin 2015, n° 39350/13, par. 36 ; A.M.E. c. Pays-Bas 

du 13 janvier 2015, n° 51428/10 ; Tarakhel c. Suisse du 4 novembre 2014, 

n° 29217/12, par. 106-115 ; arrêt précité M.S.S. c. Belgique et Grèce), ni 

que les manques affectant les conditions d'accueil des demandeurs 

entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de 

l'art. 4 de la Charte UE (cf. art. 3 par. 2 2ème phrase du règlement Dublin 

III). 

5.2.3 En conséquence, en l'absence d'une pratique avérée de violation 

systématique des normes communautaires minimales en la matière, le 

respect par l'Italie de ses obligations concernant les droits des requérants 

d'asile sur son territoire est présumé (cf. ATAF 2017 VI/5 consid. 8.4 ; 

ATAF 2010/45 consid. 7.4 et 7.5 ; voir aussi décision de la CourEDH 

Samsam Mohammed Hussein et autres c. les Pays-Bas et l’Italie du 

2 avril 2013, n° 27725/10, par. 78). 

5.2.4 Dans ces conditions, l'application de l'art. 3 par. 2 du règlement 

Dublin III ne se justifie pas en l'espèce. 

6.  

6.1 La présomption de sécurité attachée au respect par l'Italie de ses 

obligations tirées du droit international public et du droit européen peut 

également être renversée en présence d'indices sérieux et suffisants que, 

dans le cas concret, les autorités de cet Etat ne respecteraient pas le droit 

international (cf. ATAF 2011/9 consid. 6 ; 2010/45 consid. 7.5 et réf. cit.). 

6.2 A teneur de l’art. 17 par. 1 du règlement Dublin III (clause de 

souveraineté), par dérogation à l'art. 3 par. 1 du règlement, chaque Etat 

membre peut décider d'examiner une demande de protection 

internationale qui lui est présentée par un ressortissant d'un pays tiers ou 

un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères 

fixés dans le règlement. 

Comme la jurisprudence l'a retenu (cf. ATAF 2017 VI/5 consid. 8.5.2 et 

jurisp. cit.), le SEM doit admettre la responsabilité de la Suisse pour 

examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée 

même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le 

règlement Dublin III lorsque le transfert envisagé vers l'Etat membre 

E-5380/2016 

Page 15 

désigné responsable par lesdits critères viole des obligations de la Suisse 

relevant du droit international public. La licéité du transfert est, en ce sens, 

une condition du prononcé d'une non-entrée en matière en application de 

l’art. 31a al. 1 let. b LAsi. Le SEM peut également admettre cette 

responsabilité pour des raisons humanitaires au sens de l'art. 29a al. 3 

OA 1 (sur ce dernier point, voir consid. 7 infra). 

6.3 Il est tout d’abord constaté que, dans le cas particulier, les intéressés 

n'ont pas démontré l'existence d'un risque concret que les autorités 

italiennes refuseraient de les prendre en charge et de mener à terme 

l'examen de leur demande de protection, en violation de la directive 

Procédure. En outre, ils n'ont fourni aucun élément concret susceptible de 

démontrer que l’Italie ne respecterait pas le principe du non-refoulement, 

et donc faillirait à ses obligations internationales en les renvoyant dans un 

pays où leur vie, leur intégrité corporelle ou leur liberté seraient 

sérieusement menacées, ou encore d'où ils risqueraient d'être astreints à 

se rendre dans un tel pays. 

6.4 Ils n'ont pas non plus démontré que leurs conditions d'existence en 

Italie revêtiraient un tel degré de pénibilité et de gravité qu'elles seraient 

constitutives d'un traitement contraire à l'art. 3 CEDH ou encore à 

l'art. 3 Conv. torture. 

En effet, ils n'ont pas avancé lors de leurs auditions, ni dans leur recours, 

d'éléments suffisamment concrets et individuels pour démontrer qu'en cas 

de transfert, ils seraient personnellement exposés au risque que leurs 

besoins existentiels minimaux ne soient pas satisfaits, et ce de manière 

durable, sans perspective d'amélioration, au point qu'il faudrait renoncer à 

leur transfert. Au contraire, les intéressés ont allégué avoir rejoint la Suisse 

immédiatement après être entrés sur le territoire italien (cf. pièce A11/15 

point 5.02 p. 7 et pièce A13/12 point 5.02 p. 7).  

Les recourants n’ayant pas encore introduit une demande d’asile en Italie, 

ils n’ont pas donné la possibilité aux autorités de cet Etat d'examiner leur 

cas et de leur accorder un éventuel soutien. Ils n’ont dès lors de toute 

évidence pas eu à pâtir jusqu'à présent de défaillances de la procédure 

d'asile ou des conditions d'accueil des requérants d'asile dans ce pays. On 

ne saurait dès lors reprocher aux autorités italiennes d’avoir failli à leurs 

obligations internationales à leur égard. Même si l'appréhension des 

intéressés est compréhensible, aucun élément ne permet d'admettre qu'en 

cas de retour en Italie, ils seraient privés du soutien et des structures 

offertes par ce pays aux demandeurs d'asile, en particulier aux familles, ou 

E-5380/2016 

Page 16 

qu'en cas de difficultés, les autorités italiennes ne réagiraient pas de 

manière appropriée. 

6.5 S'agissant plus particulièrement du transfert en Italie de personnes 

formant une famille, il convient de se référer aux considérants de l'arrêt 

Tarakhel c. Suisse précité. La CourEDH a en effet conclu que les autorités 

suisses violeraient l'art. 3 CEDH si elles renvoyaient une famille en Italie 

sans avoir préalablement obtenu de la part des autorités italiennes une 

garantie individuelle concernant, d'une part, une prise en charge adaptée 

à l'âge des enfants et, d'autre part, la préservation de l'unité familiale 

(par. 122). L'existence de garanties de la part de l'Italie d'un hébergement 

conforme aux besoins particuliers des enfants et au respect de l'unité 

familiale n'est pas une simple modalité de mise en œuvre du transfert, mais 

une condition matérielle de la conformité de celui-ci aux engagements de 

la Suisse relevant du droit international, soumise à un contrôle juridictionnel 

(cf. ATAF 2015/4). Ce contrôle ne saurait être considéré comme 

valablement exercé s'il doit se limiter à reconnaître de manière toute 

générale la licéité d'un futur transfert sous réserve du respect des 

conditions qu'il doit remplir pour être conforme au droit international. Ainsi, 

des déclarations générales d'intention de la part des autorités italiennes ou 

du SEM ne suffisent pas. Ce dernier doit disposer, au moment du prononcé 

de sa décision, d'une garantie concrète et individuelle de possibilité 

d'hébergement dans une structure adéquate dès l'arrivée en Italie des 

personnes concernées et de respect de l'unité familiale. 

6.5.1 En l’espèce, dans leur communication du 19 août 2016, les autorités 

italiennes ont garanti au SEM que A._______ et B._______, accompagnés 

de leur enfant C._______, seraient hébergés dans une structure du 

SPRAR, en se référant de manière explicite à la circulaire du 8 juin 2015. 

Dans ce cadre, elles ont mentionné les noms ainsi que les dates de 

naissance des intéressés. Elles ont par ailleurs mis en évidence le fait qu'il 

s'agissait d'une famille (« nucleo familiare » ; « This family ») et ont précisé 

que les intéressés et leur enfant devaient être transférés à l'aéroport de 

E._______. Cette réponse individuelle doit, par ailleurs, être mise en 

relation avec les garanties générales données par l'Italie dans les 

différentes circulaires qui ont été régulièrement mises à jour, et dont les 

dernières datent des 15 février 2016 et 24 juillet 2017. Ces circulaires 

portent notamment sur la mise à disposition d’un logement respectant les 

droits de l’enfant et l’unité familiale pour les familles qui sont transférées 

dans ce pays en vertu du règlement Dublin III. 

E-5380/2016 

Page 17 

L'assignation à une structure d'accueil concrète relève de la compétence 

des autorités italiennes au moment de l'arrivée des intéressés sur le 

territoire italien, sachant que plusieurs centres SPRAR se trouvent en 

Sicile. 

6.5.2 Compte tenu de ces assurances tant générales qu’individuelles 

fournies par les autorités italiennes quant à l'hébergement des recourants 

et du fait que des données plus concrètes à ce sujet ne peuvent pas être 

fournies par avance, les exigences résultant de la jurisprudence précitée 

doivent être considérées comme remplies (cf. ATAF 2016/2 consid. 5 et, 

dans le même sens, CourEDH, décision N.A et autres c. Danemark du 

28 juin 2016, n° 15636/16, par. 29 s.). 

6.6 S’agissant plus spécifiquement des arguments avancés par les 

recourants en lien avec leurs états de santé, le Tribunal, au regard du droit 

international des droits de l’Homme, se détermine comme suit. 

6.6.1 Selon la jurisprudence de la CourEDH, le retour forcé d’une personne 

touchée dans sa santé n'est susceptible de constituer une violation de 

l'art. 3 CEDH que lorsqu'il y a des motifs sérieux de croire que cette 

personne, bien que ne courant pas de risque imminent de mourir, ferait 

face, en raison de l'absence de traitements adéquats dans le pays de 

destination ou du défaut d'accès à ceux-ci, à un risque réel d'être exposée 

à un déclin grave, rapide et irréversible de son état de santé entraînant des 

souffrances intenses ou à une réduction significative de son espérance de 

vie (cf. arrêt de la Cour EDH Paposhvili c. Belgique du 13 décembre 2016, 

n° 41738/10, par. 183 ; voir également arrêt de la Cour de Justice de 

l'Union européenne [CJUE] du 16 février 2017 en l'affaire C-578/16, par. 66 

à 68 ainsi qu’ATAF 2017 VI/7 consid. 6.2 et ATAF 2011/9 consid. 7.1). Il ne 

s’agit dès lors pas de déterminer si l’étranger bénéficiera, dans le pays de 

renvoi, de soins équivalents à ceux dispensés dans le pays d’accueil, mais 

d’examiner si le degré de gravité qu’implique le renvoi atteint le seuil 

consacré à l’art. 3 CEDH, soit un engagement du pronostic vital ou un 

déclin grave, rapide et irréversible de la santé tant psychique que physique 

(cf. notamment arrêt du Tribunal F-7125/2017 du 28 mai 2018 consid. 6.1 

et jurisp. citée). 

6.6.2 En l’occurrence, il ressort des documents médicaux déposés par les 

intéressés à l’appui de leur complément au recours du 18 novembre 2016 

et de leur réplique du 20 août 2018 que les recourants souffrent de divers 

problèmes de santé.  

E-5380/2016 

Page 18 

Ainsi, selon le rapport médical du (…) 2016, B._______ vit depuis l’âge de 

cinq ans avec un rein unique. Il ressort toutefois de ce rapport médical que 

cette situation médicale ne nécessite pas de traitement, hormis une 

« surveillance simple ». Le certificat médical du (…) 2017 précise quant à 

lui que l’intéressée ne présente aucune complication en lien avec sa 

néphrectomie et qu’elle n’a d’ailleurs aucune autre plainte. Les médecins 

préconisent dès lors un suivi de la créatinine et du sédiment urinaire deux 

fois par année ainsi qu’une consultation annuelle de néphrologie, afin de 

déceler rapidement les éventuelles complications de ce rein unique. 

Il ressort par ailleurs du rapport médical du (…) 2016 que A._______ 

souffrait alors d’un état de stress post-traumatique et d’un épisode 

dépressif sévère sans symptômes psychotiques, pour lequel il nécessitait 

à l’époque un suivi psychiatrique intensif ainsi qu’une médication à base 

de Setraline et d’Anxiolit. Le Tribunal relève à ce titre que, nonobstant 

l’ordonnance du 20 juin 2018 les invitant à actualiser leur situation médicale 

respective, les intéressés n’ont fourni aucun nouveau rapport médical 

détaillé et récent concernant l’état de santé de A._______. Dans leur 

réplique du 20 août 2018, ils se contentent de mentionner que ce dernier 

souffre toujours des mêmes problèmes psychiques, tout en précisant qu’il 

a dû interrompre son suivi pour différentes raisons indépendantes de sa 

volonté.  

Enfin, s’agissant de l’enfant C._______, le rapport médical du (…) 2016 

diagnostiquait des cris et terreurs nocturnes pouvant être compatibles avec 

un état de stress post-traumatique ainsi qu’une parasitose. Le rapport 

médical le plus récent, daté du (…) 2018, fait état quant à lui de « troubles 

du comportement » et de « retard léger du langage » et pose les 

diagnostics de status post parasitose intestinale et de status post état de 

stress post-traumatique, avec régression des acquisitions. Les médecins 

traitants de l’enfant ne font part d’aucun traitement actuel mais préconisent 

un suivi pédiatrique pour s’assurer que le développement psychomoteur 

demeure harmonieux. Ils soulignent à ce titre l’importance du maintien de 

la sociabilisation et du soutien pédagogique de l’enfant, tout en précisant 

qu’il s’agira d’éviter les ruptures fréquentes (lieu de vie, lieu de 

scolarisation), afin que l’enfant garde ses repères et se sente en sécurité. 

Ils mettent en gardent contre le risque de récidive des symptômes, avec 

nouvelle régression des acquisitions, en cas de réexposition aux 

événements traumatisants vécus par l’enfant. 

6.6.3 La situation des recourants ne saurait en aucun cas être minimisée. 

Toutefois, le Tribunal ne peut pas retenir que les précités souffrent de 

E-5380/2016 

Page 19 

pathologies d'une gravité telle qu'elles s'opposeraient à leur transfert vers 

l’Italie.  

Les recourants n’ont en particulier pas établi qu'eux et leur fils ne seraient 

pas en mesure de voyager ou que leur transfert représenterait un danger 

concret pour leur santé. Leurs problèmes de santé, tels qu’ils ressortent 

des rapports médicaux précités, n'apparaissent pas d'une gravité telle que 

leur transfert en Italie serait illicite au sens restrictif de la jurisprudence. Ils 

pourront y être traités, ce pays disposant de structures médicales similaires 

à celles existant en Suisse. Il y a d’ailleurs lieu de relever à ce sujet que 

leurs thérapeutes se sont prononcés quant aux possibilités de traitement 

dans leur pays d’origine et non pas au regard de l’Italie. 

En outre, même si les troubles du comportement et le retard du langage 

dont souffre leur enfant nécessitent un suivi pédiatrique sur le long terme, 

ils ne paraissent pas en soi graves au point de mettre sa santé en danger 

au sens de la jurisprudence précitée. 

Cela étant, l’Italie, qui est liée par la directive Accueil, doit faire en sorte 

que les demandeurs d'asile reçoivent les soins médicaux nécessaires qui 

comportent, au minimum, les soins urgents et le traitement essentiel des 

maladies et des troubles mentaux graves, et fournir l'assistance médicale 

ou autre nécessaire aux demandeurs ayant des besoins particuliers en 

matière d'accueil, y compris, s'il y a lieu, des soins de santé mentale 

appropriés (cf. art. 19 par. 1 et 2 de ladite directive). 

Aucun élément ne permet en l’occurrence d’admettre que les intéressés et 

leur fils ne pourront pas bénéficier des services d’accueil mis en place en 

Italie. Comme relevé ci-dessus, il ressort de la réponse des autorités 

italiennes du 19 août 2016 qu’ils ont été expressément admis au sein des 

projets SPRAR, lesquels prévoient des garanties spéciales pour les 

personnes vulnérables, dont ils font partie. 

S’agissant en outre des risques de retraumatisation évoqués par les 

médecins et concernant en particulier l’enfant C._______, il y a lieu de 

rappeler qu’il n’est en l’occurrence pas question de renvoyer les intéressés 

et leur enfant dans leur pays d’origine, où les événements prétendument à 

l’origine des faits traumatisants se seraient produits (cf. rapport médical du 

9 août 2018 pt 5.2 p. 3), mais d’un transfert vers l’Italie, pays compétent 

pour traiter leur demande de protection internationale.  

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Page 20 

Il appartiendra en conséquence aux médecins traitants en Suisse d’aider 

les recourants et, le cas échéant, leur fils à surmonter ou à tempérer les 

éventuelles angoisses qu’ils pourraient connaître à l’idée d’être transférés 

en Italie. Il appartiendra en outre au SEM, lors de l’organisation de 

l’exécution du transfert, de prendre en particulier en compte l’état de santé 

de l’enfant C._______ et de A._______, lesquels ont présenté un état de 

stress post-traumatique par le passé. Il devra s’assurer que leur état est 

stable et que le transfert peut être effectivement mis en œuvre. Aussi, il 

incombera à l’autorité d’en avertir les autorités italiennes, de manière à leur 

permettre de préparer l’arrivée des recourants de manière adaptée à leurs 

besoins. Cela dit, il n’y a pas lieu d’exiger du SEM qu’il obtienne, à ce stade 

de la procédure, des autorités italiennes, des garanties concrètes et 

précises quant au traitement médical nécessaire aux intéressés. En effet, 

comme il l’a indiqué dans la décision attaquée et l’a rappelé dans sa 

détermination du 14 juin 2018, la capacité de transfert des recourants sera 

évaluée de façon définitive au moment de l’organisation du transfert. Ainsi, 

c’est dans le cadre de l’exécution du transfert que les autorités suisses 

chargées de l'exécution dudit transfert transmettront, si nécessaire, aux 

autorités italiennes les renseignements permettant la poursuite de la prise 

en charge médicale des intéressés (cf. art. 31 et 32 du règlement 

Dublin III).  

6.6.4 Au vu de ce qui précède, rien ne permet en l'occurrence d'admettre 

que l’Italie refuserait ou renoncerait à une prise en charge médicale 

adéquate des recourants et de leur enfant, en particulier après que ces 

derniers y auront introduit une demande d'asile pour l’ensemble de la 

famille.  

6.7 Enfin, le fait que les recourants connaissent, depuis leur arrivée en 

Suisse, des personnes qui pourraient les soutenir dans le cadre de leur 

installation dans ce pays et que leur enfant a besoin de stabilité, 

notamment au niveau scolaire, ne constituent pas des motifs suffisants 

pour renoncer à leur transfert vers l’Italie et faire application de 

l’art. 17 par. 1 du règlement Dublin III, en combinaison avec l’art. 3 CEDH.  

L’enfant des recourants, qui vient d’entamer sa scolarisation en Suisse, 

pourra d’ailleurs être scolarisé en Italie et eux-mêmes auront la possibilité 

de solliciter de l’aide auprès des autorités italiennes, ou encore auprès 

d’œuvres d’entraide présentes dans ce pays, pour faciliter leur installation 

et leur intégration. 

6.8 En tout état de cause, si – après leur retour en Italie – les recourants 

devaient être contraints par les circonstances à mener une existence non 

E-5380/2016 

Page 21 

conforme à la dignité humaine, ou s’ils devaient constater que ce pays viole 

ses obligations d'assistance à leur encontre, ainsi que la directive précitée, 

ou de toute autre manière porte atteinte à leurs droits fondamentaux, il leur 

appartiendrait de faire valoir leurs droits directement auprès des autorités 

italiennes, en usant des voies de droit adéquates (cf. art. 26 directive 

Accueil). 

6.9 Au vu de ce qui précède, le transfert des recourants vers l’Italie n’est 

pas contraire aux obligations découlant de dispositions conventionnelles 

auxquelles la Suisse est liée.  

7.  

7.1 Selon l’art. 29a al. 3 OA 1, « le SEM peut, pour des raisons 

humanitaires, également traiter la demande lorsqu’il ressort de l’examen 

qu’un autre Etat est compétent ». Rédigée sous forme potestative et 

contenant la notion juridique indéterminée de « raisons humanitaires », 

cette norme confère au SEM un réel pouvoir d’appréciation, s’agissant de 

déterminer s’il existe des raisons humanitaires justifiant d’entrer en matière 

sur une demande d’asile alors qu’un autre Etat serait responsable pour la 

traiter (cf. ATAF 2015/9 précité consid. 7.5 et 7.6).  

7.2 La liberté d’appréciation (également parfois désignée sous la 

terminologie « pouvoir d’appréciation » ou encore « liberté de décision ») 

constitue un espace de liberté conféré par le législateur à l’administration, 

que le juge doit respecter, lorsqu’il n’a pas le pouvoir de contrôler 

l’opportunité d’une décision (cf. FRANÇOIS BELLANGER ET THIERRY 

TANQUEREL, le contentieux administratif, Genève-Zürich-Bâle 2013 

p. 209 ;  PIERRE MOOR, Droit administratif, vol. I, 3e éd., Berne 2012, 

ch. 4.3.1, p. 735 ss ; PIERRE TSCHANNEN/ULRICH ZIMMERLI/MARKUS 

MÜLLER, Allgemeines Verwaltungsrecht, 3e éd., Berne 2009, § 26 n. 

marg. 3-4). Le pouvoir de statuer en opportunité permet à l’autorité 

administrative de faire des choix dans l’application de la loi (mais pas de 

l’appliquer ou non) et de se déterminer entre plusieurs solutions prévues 

par le législateur. Une autorité supérieure possédant le même pouvoir 

d’appréciation peut considérer qu’un autre choix est meilleur et substituer 

son appréciation à celle de l’autorité inférieure. Un juge qui n’a pas le 

pouvoir de statuer en opportunité ne le peut en revanche pas ; il procède 

librement à une analyse en légalité et doit s’assurer que l’autorité 

administrative a fait usage de son pouvoir d’appréciation conformément à 

la loi, sans abus ni excès (cf. ATAF 2015/9 précité consid. 6.1). 

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Page 22 

7.3 Il ressort de la jurisprudence du Tribunal que pour retenir – ou non − 

l’existence de raisons humanitaires, il faut procéder à un examen de 

l’ensemble des éléments du cas d’espèce (cf. arrêts du Tribunal  

E-6725/2015 du 4 juin 2018 consid. 8.3 ; E-3260/2014 du 

26 septembre 2017 consid. 7.3.1). Chaque facteur, pris isolément, ne 

conduit en règle générale pas à la reconnaissance d’un cas humanitaire. 

En d’autres termes, il faut qu’il y ait, sur la base d’une appréciation de 

toutes les circonstances concrètes du cas d’espèce, un cumul de raisons 

qui fait apparaître le transfert comme problématique d’un point de vue 

humanitaire (cf. ATAF 2011/9 précité consid. 8.2 ; également JEAN-PIERRE 

MONNET, La Jurisprudence du Tribunal administrait fédéral en matière de 

transfert Dublin, in : Schengen et Dublin en pratique - Questions actuelles, 

2015, p. 425 et réf. cit, p. 426 s.). Il s’agit par ailleurs de tenir compte du 

principe de proportionnalité, étant précisé que celui-ci a pour fonction 

principale de canaliser l’usage de la liberté d’appréciation : lorsque la loi 

laisse à l’autorité le choix entre diverses possibilités d’action pour 

lesquelles elle est également compétente, sa liberté est restreinte dans la 

mesure où la sélection doit être orientée par une adéquation à la fin 

d’intérêt public qui est poursuivie (cf. E-3260/2014 précité consid. 7.3.1 ; 

PIERRE MOOR, Droit administratif, vol. I, 3e éd., 2012, ch. 5.2.1.1, p. 809).  

Ainsi, en sus de ceux à prendre en considération concernant les cas 

médicaux (cf. ATAF 2011/9 précité consid. 7.3, 7.4 et 8 ; voir également 

arrêt du Tribunal E-3508/2011 du 20 juillet 2011 consid. 6.2 et 6.3 ), 

d’autres facteurs peuvent également contribuer à l’admission de raisons 

humanitaires (cf. arrêt E-3260/2014 précité consid. 7.3.1 et jurisp. cit.), 

parmi lesquels :   

- la situation spécifique dans l’Etat de destination ;  

- la vulnérabilité particulière de la / des personne(s) visée(s) par le 

transfert ; 

- l’intérêt supérieur de l’enfant ;  

- des expériences traumatisantes vécues dans le pays d’origine ou 

postérieurement, en particulier dans l’Etat membre de l’espace 

Dublin où le requérant serait amené à retourner ;  

- des considérations tirées du principe de l’unité familiale ou de la 

présence en Suisse d’un proche susceptible d’apporter un soutien 

particulier ; 

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Page 23 

- la durée de la procédure de détermination de la responsabilité, 

respectivement la durée de la présence en Suisse.   

7.4 L'examen d'une potentielle application de la « clause de souveraineté 

pour des raisons humanitaires » ressortit à l'opportunité. Il ne peut plus être 

examiné sur le fond par l'autorité de recours depuis que l'art. 106 al. 1 let. 

c LAsi a été abrogé. Le pouvoir d'examen du Tribunal étant restreint, celui-

ci ne peut que vérifier si le SEM a exercé correctement son pouvoir 

d'appréciation, en ayant établi de manière complète l'état de fait et procédé 

à un examen complet de toutes les circonstances pertinentes 

(cf. consid. précédent), et s'il l'a fait selon des critères objectifs et 

transparents, dans le respect des principes constitutionnels que sont le 

droit d'être entendu, l'égalité de traitement et la proportionnalité. Pour cette 

raison, le SEM a l'obligation d'indiquer, de manière explicite, dans ses 

décisions, les raisons pour lesquelles il estime qu'il y a lieu ou non 

d'appliquer la « clause de souveraineté pour des raisons humanitaires » 

(cf. ATAF 2015/9 consid. 8.1 p. 127).  

7.4.1 En l’occurrence, il ressort de la décision entreprise que le SEM a fait 

usage de son pouvoir d'appréciation en prenant en compte les éléments 

allégués par les recourants en procédure de première instance, qu'il les a 

dûment entendus, et qu'il a motivé sa décision à cet égard.  

Il a par la suite complété sa motivation de manière détaillée dans sa 

détermination du 14 juin 2018, prenant également en compte les éléments 

apparus durant la procédure de recours, en particulier l’évolution de l’état 

de santé des intéressés et le temps écoulé depuis leur arrivée en Suisse. 

Il a considéré qu’un examen attentif de l’ensemble des éléments présents 

au dossier ne lui permettait pas de constater l’existence d’un cumul de 

facteurs commandant de renoncer au transfert des intéressés pour des 

motifs d’ordre humanitaire.  

Il a d’abord examiné le cas sous l’angle de l’intérêt supérieur de l’enfant 

C._______. Il a soulevé à ce titre que ce dernier est âgé de (…) ans et a 

constaté qu’il se trouve dès lors à un âge où il entretient encore 

principalement des relations avec ses père et mère et se socialise 

essentiellement par l’intermédiaire de ces personnes. Il a précisé que ce 

constat permettait de grandement relativiser, voire quasiment exclure, 

qu’un transfert en Italie avec ses parents pouvait avoir des conséquences 

contraires à son intérêt supérieur. Il a ajouté que le respect des exigences 

fixées par la jurisprudence, s’agissant du transfert des familles en Italie, 

E-5380/2016 

Page 24 

permettait également d’exclure d’autres facteurs négatifs relatifs à 

l’environnement auquel il serait confronté de manière imprévisible en Italie.  

S’agissant de la situation des intéressés sous l’angle leurs états de santé, 

le SEM a constaté que les troubles médicaux dont souffrent les recourants 

sont des affections répandues et ne nécessitent pas de soins 

spécifiquement pointus qui ne seraient pas disponibles en Italie. Il a 

rappelé à ce titre que ce pays, en tant que signataire de la directive Accueil, 

était tenu de fournir aux recourants, et dès lors également à l’enfant 

C._______, des soins médicaux adéquats. Il a dès lors retenu que les 

affections médicales des intéressés ne constituaient pas un motif justifiant 

l’application de la clause de souveraineté pour des raisons humanitaires. 

Enfin, le SEM a considéré que le temps écoulé depuis le dépôt de la 

demande d’asile en Suisse ne saurait être un élément justifiant l’annulation 

de la décision querellée. Il a estimé qu’il avait respecté, dans la mesure de 

ses possibilités, la célérité attendue par le préambule du règlement Dublin 

et qu’il avait traité le cas avec diligence.  

7.4.2 Au vu de ce qui précède, force est de constater que le SEM a tenu 

compte de l’ensemble des éléments susceptibles de constituer des motifs 

d’ordre humanitaire et a examiné s’il y avait lieu d’entrer en matière sur la 

demande d’asile, en application des art. 29a al. 3 OA 1 et 17 par. 1 du 

règlement Dublin III. Il a en outre dûment motivé sa décision du 

23 août 2016 et, en particulier, sa détermination du 14 juin 2018 sous cet 

angle, en expliquant de manière explicite les raisons pour lesquelles il 

estime qu’il n’existe pas, dans le cas d’espèce, de cumul de facteurs faisant 

apparaître le transfert des recourants comme problématique d’un point de 

vue humanitaire.  

En particulier, l’appréciation du SEM n'est pas arbitraire, dans la mesure 

où elle repose sur des critères transparents et raisonnables.  

Le SEM n’a pas non plus violé le principe de l'égalité de traitement ou de 

la proportionnalité dans son appréciation. S’agissant de ce dernier point, le 

Tribunal rappelle que, si la durée de la procédure de détermination de la 

responsabilité, respectivement la durée de la présence en Suisse, peut 

effectivement constituer l’un des facteurs à prendre en compte dans 

l’examen de l’ensemble des circonstances susceptibles de conduire à la 

reconnaissance d’un cas humanitaire (cf. notamment arrêts du Tribunal  

E-2703/2015 du 23 avril 2018 consid. 7.3.2 ;  E-4767/2016 du 28 février 

2018 consid. 5.6 et D-2177/2015 du 11 décembre 2017 consid. 6.2 s.), 

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Page 25 

l’élément déterminant demeure l’appréciation de la situation dans son 

ensemble (cf. dans le même sens, JEAN-PIERRE MONNET, op. cit., p. 427). 

Plus un cas d’espèce présente de facteurs graves et/ou défavorables à un 

transfert, plus la liberté d’appréciation laissée à l’autorité se trouve 

restreinte en vertu du principe de proportionnalité, et plus grandes doivent 

être les chances de reconnaissance de raisons humanitaires au sens de 

l’art. 29a al. 3 OA 1.  

En l’occurrence, la situation médicale de l’enfant des recourants ne révèle 

aucune vulnérabilité extrême ou accrue qui requerrait impérativement que 

l’enfant demeure en Suisse. Il en va de même de la situation médicale des 

parents. Enfin, les efforts d’intégration en Suisse des intéressés ainsi que 

le début de la scolarisation de l’enfant C._______ ne font pas non plus 

apparaitre une situation à ce point exceptionnelle que leur intérêt privé 

devrait l’emporter sur l’intérêt de la Suisse à un transfert vers l’Etat 

compétent. 

Le Tribunal – qui ne peut plus substituer son appréciation à celle de 

l'autorité inférieure – peut dès lors seulement constater que le SEM a établi 

de manière complète et exacte l'état de fait pertinent et qu’il a exercé son 

pouvoir d’appréciation conformément à la loi. 

8.  

8.1 En conclusion, c'est à bon droit que le SEM a considéré qu'il n'y avait 

pas lieu de faire application de la clause de souveraineté ancrée à l'art. 17 

par. 1 du règlement Dublin III, que ce soit pour des raisons tirées du respect 

par la Suisse de ses obligations internationales ou pour des raisons 

humanitaires. 

8.2 L’Italie demeure dès lors l'Etat responsable de l'examen de la demande 

d'asile des recourants au sens du règlement Dublin III et est tenue – en 

vertu de l'art. 12 par. 2 dudit règlement – de les prendre en charge, dans 

les conditions prévues aux art. 21, 22 et 29. 

8.3 Dans ces conditions, c'est à juste titre que le SEM n'est pas entré en 

matière sur la demande d'asile, en application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, 

et qu'il a prononcé le transfert des intéressés et de leurs enfants de Suisse 

vers l’Italie, en application de l'art. 44 LAsi, aucune exception à la règle 

générale du renvoi n'étant réalisée (cf. art. 32 OA 1). 

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Page 26 

9.  

Partant, le recours doit être rejeté et la décision attaquée confirmée. 

10.  

10.1 Vu l'issue de la cause, il y aurait lieu de mettre les frais de procédure 

à la charge des recourants, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 2 et 3 

let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et 

indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2). 

Toutefois, la demande d’assistance judiciaire partielle ayant été admise, il 

est statué sans frais (cf. art. 65 al. 1 PA). 

10.2 Au vu de l'issue du litige, les recourants n’ont pas droit à des dépens 

(cf. art. 64 al. 1 PA a contrario).             

 

(dispositif page suivante)  

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Page 27 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Il est statué sans frais. 

3.  

Il n’est pas alloué de dépens. 

4.  

Le présent arrêt est adressé aux recourants, au SEM et à l'autorité 

cantonale. 

 

La présidente du collège : Le greffier : 

  

Emilia Antonioni Luftensteiner Thierry Leibzig 

 

 

Expédition :