# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 153d5124-0d98-5ab5-819b-36f76721549a
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 1992-06-15
**Language:** fr
**Title:** Verwaltungspraxis der Bundesbehörden (1987-2017) Eidgenössisches Justiz- und Polizeidepartement (EJPD) 15.06.1992 JAAC 57.15
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_VB/CH_VB_002_JAAC-57-15--_1992-06-15.pdf

## Full Text

JAAC 57.15

Décision du Département fédéral de justice et police
du 15 juin 1992

Police des étrangers, asile. Autorisation d’établissement, libération du
contrôle fédéral.

Art. 28 LA. Séjour à prendre en considération.

La nature du séjour passé en Suisse au bénéfice de l’art. 19 LA revêt
un caractère temporaire; les années passées à ce titre sont prises en
compte dans la durée dont dépend l’obtention d’une autorisation de
séjour pour les réfugiés reconnus, mais non pour les demandeurs
d’asile déboutés ou dont la procédure n’a pas été menée à chef.

Fremdenpolizei, Asyl. Niederlassungsbewilligung, Entlassung aus der
eidgenössischen Kontrolle.

Art. 28 AsylG. Anzurechnender Aufenthalt.

Der Aufenthalt nach Art. 19 AsylG ist vorläufiger Natur; die unter
diesem Titel in der Schweiz verbrachte Zeit wird an die für die
Niederlassungsbewilligung erforderliche Dauer bei anerkannten
Flüchtlingen angerechnet, nicht aber bei Asylbewerbern, deren Gesuch
abgewiesen oder nicht zu Ende geführt wurde.

Polizia degli stranieri, asilo. Permesso di domicilio, liberazione dal
controllo federale.

Art. 28 LA. Soggiorno da prendere in considerazione.

Il soggiorno trascorso in Svizzera giusta l’articolo 19 LA è di natura
temporanea; gli anni trascorsi sotto questo titolo sono computati sulla
durata da cui dipende l’ottenimento di un permesso di domicilio per i
rifugiati riconosciuti, ma non per i richiedenti l’asilo la cui domanda
sia stata respinta o la cui procedura non sia stata portata a termine.

1

L’art. 26 de la LF du 5 octobre 1979 sur l’asile (LA, RS 142.31) reconnaît au
réfugié le droit au règlement de ses conditions de résidence dans le canton où
il séjourne. Concrètement, cela signifie que l’autorité cantonale compétente
délivre au réfugié reconnu une autorisation de séjour à l’année, renouvelable
régulièrement. L’art. 28 LA, quant à lui, dispose que le réfugié qui séjourne
régulièrement en Suisse depuis cinq ans au moins a droit, en principe, à
l’autorisation d’établissement. Cela permet de dire en conséquence que
le séjour prévu à l’art. 28 LA doit s’entendre comme le séjour accompli au
bénéfice d’une autorisation à l’année en application de l’art. 26 LA.

Cela étant, la pratique constante considère que le statut de réfugié prend effet
non pas à la date à laquelle l’asile est accordé par décision de l’autorité, mais
à celle à laquelle remonte le dépôt de la demande. L’égalité de traitement
postule, par conséquent, de ne pas faire de différence entre le réfugié qui se
voit accorder très rapidement l’asile et celui qui ne l’obtient que longtemps
après avoir déposé sa demande. S’agissant plus particulièrement de l’incidence
qu’a ce statut en matière de police des étrangers, il n’y a donc pas lieu de
favoriser l’un plutôt que l’autre. Partant, il faut considérer le temps qu’a passé
le réfugié dans l’attente de l’issue de sa procédure d’asile (art. 19 LA), comme
s’il s’agissait d’un séjour passé au bénéfice de l’autorisation à laquelle donne
droit l’art. 26 LA.

En revanche, ce raisonnement n’est pas valable pour le demandeur d’asile
dont la procédure n’a pas abouti. En effet, le séjour passé au bénéfice de
l’art. 19 LA est de nature temporaire, voire précaire. Son unique but est de
permettre au requérant d’asile d’attendre qu’une décision définitive soit prise
à son sujet. Celui-ci est informé d’emblée que s’il ne se voit pas octroyer l’asile,
il sera renvoyé de Suisse. Dans ce sens, sa situation n’est pas sans analogie
avec celle de l’étudiant autorisé à séjourner en Suisse, le temps d’y accomplir
sa formation. Celui-ci sait qu’une fois ses études achevées, il devra quitter ce
pays, cette conséquence étant clairement définie dès le départ. Or, dans le cas
de l’étudiant, la pratique refuse de prendre en considération le séjour qu’il
a passé en Suisse - séjour à caractère purement temporaire - dans le calcul
ouvrant la voie à la libération du contrôle fédéral.

Vu sous l’angle de l’art. 28 LA, cela signifie que le séjour régulier auquel fait
référence cette disposition non seulement peut, mais doit être interprété dans
le sens restrictif que lui donne le droit commun des étrangers, à savoir sous
forme d’une autorisation de séjour à l’année délivrée par l’autorité cantonale
de police des étrangers, sans qu’il soit dès lors possible d’y inclure la période
pendant laquelle un demandeur d’asile a été autorisé, par décision fédérale, à
demeurer en Suisse dans l’attente de l’issue de la procédure. Ne fait exception
à cette règle que le réfugié statuaire dont la particularité des droits a été
décrite plus haut.

Autrement dit, il s’agit de faire clairement la distinction entre la nature du
séjour passé en Suisse par un demandeur d’asile débouté ou dont la procédure
n’a pas été menée à chef, et celle du séjour du réfugié reconnu. Le premier ne
bénéficie que d’une autorisation de séjour à caractère précaire, liée au seul fait
que sa procédure est pendante devant l’autorité fédérale, tandis que le second,

2

qui peut tirer un véritable droit à une autorisation de séjour de l’art. 26 LA,
peut se voir valider rétroactivement le séjour passé en Suisse jusqu’au moment
où l’asile lui a été accordé.

Partant, les années de résidence en Suisse en tant que requérant d’asile ne
sauraient être prises en considération pour la transformation de l’autorisation
de séjour en autorisation d’établissement pour l’étranger dont la demande
d’asile a été rejetée. Le DFJP observe qu’une telle pratique est licite et qu’elle
ne viole pas le principe de l’égalité de traitement qui veut que la loi et les
décisions d’application de la loi traitent de façon égale des choses égales
et de façon différente des choses différentes (Blaise Knapp, Précis de droit
administratif, Bâle/Francfort-sur-le-Main 1991, 4e éd., p. 103 et ss).

3

Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften

Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées

Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali

JAAC 57.15 - Décision du Département fédéral de justice et police du 15 juin 1992

In Verwaltungspraxis der Bundesbehörden
Dans Jurisprudence des autorités administratives de la Confédération
In Giurisprudenza delle autorità amministrative della Confederazione

Jahr 1993
Année

Anno

Band 57
Volume

Volume

Seite ---
Page

Pagina

Ref. No 150 001 694

Das Dokument wurde durch das Schweizerische Bundesarchiv und die Bundeskanzlei konvertiert.

Le document a été digitalisé par les Archives Fédérales Suisses et la Chancellerie fédérale.

Il documento è stato convertito dall'Archivio federale svizzero e della Cancelleria federale.

	Décision du Département fédéral de justice et police du 15 juin 1992