# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e8337e64-04cd-58ad-a5f5-0e32d8cb0eb6
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-10-19
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 19.10.2021 A/1745/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1745-2020_2021-10-19.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/1745/2020-LCI ATA/1103/2021  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 19 octobre 2021 

3ème section 

   dans la cause 

 

Madame et Monsieur A______  
représentés par Me Yannick Fernandez, avocat  
et 
Madame B______ 
Madame C______ 
Monsieur D______ 
E______ SA 
représentés par Me Diane Schasca-Brunoni, avocate 
et 
Madame F______ 
Madame G______ 
Madame H______ 
Monsieur I______ 
Monsieur J______ 
représentés par Me Julien Pacot, avocat 

 

contre 

DÉPARTEMENT DU TERRITOIRE-OAC 

 
 
 

 A/1745/2020   

- 2 - 

et 

 

K______  
L______  
représentées par Me Claire Bolsterli, avocate 
 

_________ 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 
11 mars 2021 (JTAPI/245/2021) 

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EN FAIT 

1)  L’État de Genève est propriétaire de la parcelle no 4'029, feuille 8, de la 
commune de Genève-Plainpalais (ci-après : la ville), en 3ème zone de construction, 
sise 3, sentier des Saules, sur laquelle est actuellement érigé un bâtiment à 
vocation administrative.  

  Le bâtiment abritait autrefois l’ancienne manufacture horlogère des Frères 
STERN (ci-après : l’usine Stern), cadastré sous bâtiment n° A501. La parcelle se 
situe à l'intérieur d'un îlot actuellement en cours de densification entre le 
Rond-point de la Jonction, la rue des Deux-Ponts, la rue des Falaises et le Rhône 
(sentier des Saules). 

2)  Madame et Monsieur A______ (ci-après : les époux A______) sont 
copropriétaires d’un lot au sein de la propriété par étages (ci-après : PPE) érigée 
sur la parcelle no 4'107 de la commune de Genève-Plainpalais, au 9 sentier des 
Saules. Leur PPE est située en face de la construction projetée, séparée par la rue 
des Falaises.  

3)  Madame F______, Madame G______, Madame H______, Monsieur 
I______, Monsieur J______ et Monsieur M______ (ci-après : les consorts 
F______), domiciliés rue des Falaises 9, sont copropriétaires de lots de 
copropriété par étages de cet immeuble, situé sur la parcelle no 4'241, directement 
adjacente à la parcelle no 4'029.  

4)  Madame B______, Madame C______, Monsieur D______ et E______ SA 
(ci-après : les consorts B______) sont copropriétaires de la parcelle no 4'107 de la 
commune de Genève-Plainpalais, attenante à la parcelle no 4'029, de l’autre côté 
de la rue des Falaises. 

5)  Le 27 juin 2012, un droit de superficie conjoint a été accordé par l’État de 
Genève à la K______ (ci-après : K______) et à la L______ (ci-après : L______), 
respectivement pour 85 % et 15 % des droits à bâtir, afin de réaliser sur la parcelle 
no 4’029 un immeuble de logements « bon marché et de qualité ». 

6)  Par arrêté du 16 juin 2016, le conseiller d’État chargé de l'actuel 
département du territoire (ci-après : le département) a rejeté la demande de 
l'association Action Patrimoine Vivant (ci-après : APV) d’inscrire à l’inventaire le 
bâtiment n° A501 et la parcelle n° 4'029 précités et, partant, d’octroyer une 
mesure de protection au bâtiment.  

  Au vu de la grave pénurie de logements sévissant dans le canton de Genève, 
après pesée des intérêts, le département était amené à s’écarter des préavis 
favorables à la mesure de protection émis par la Ville de Genève (ci-après : la 

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ville) et la commission des monuments, de la nature et des sites (ci-après : 
CMNS). 

7)  Un concours architectural a été organisé en vue de construire un immeuble 
de logements sur cette parcelle. 

  Le projet « Eiréné » a été sélectionné par le jury en mars 2015, lequel 
consistait à remplacer le bâtiment existant par un immeuble de neuf étages, sur 
rez-de-chaussée, avec un parking souterrain, des coursives extérieures, des salles 
communes au rez-de-chaussée permettant d'accueillir deux-cents personnes, un 
local commercial, sept chambres d’hôtes et soixante-cinq logements, offrant un 
« cadre de vie de qualité, appropriable collectivement » qui stimulait « la 
convivialité entre habitants et l’intégration dans le quartier, ainsi que la mixité 
intergénérationnelle et sociale ». 

8)  En janvier 2018, le mandataire de la K______ et de la L______ a déposé 
une demande d’autorisation visant à la démolition du bâtiment administratif 
existant (l’ancienne usine Stern) et une demande d’autorisation de construire 
définitive en vue de la construction de deux immeubles de logements avec 
surfaces commerciales de 190 m2 et espaces communautaires, conformément au 
projet gagnant susvisé. Un garage souterrain, comprenant dix-sept places pour 
véhicules et nonante-six pour vélos, était prévu.  

  Cette demande a été enregistrée sous la référence DD 111'251. 

9)  Dans le cadre de l’instruction de l’autorisation de démolir M 8'026, les 
préavis suivants ont été délivrés : 

 -  le 16 janvier 2018, favorable sous conditions impératives, du service des 
monuments et des sites (ci-après : SMS). Il convenait de transmettre un reportage 
photographique du bâtiment avant travaux et l’autorisation de démolir était 
subordonnée à l’acceptation de l’autorisation des travaux de remplacement par 
l’autorité compétente. La demande de protection d’APV ayant été refusée par 
l’arrêté du département du 16 juin 2016, le SMS n’avait dans ce cas aucune 
observation à formuler ;  

 - les 18 janvier et 26 avril 2018, défavorables de la ville ; elle n’était pas 
favorable à la démolition de l’ancienne usine Stern avant qu’une requête 
définitive, conforme aux prescriptions de la législation en vigueur et au plan 
d’utilisation du sol (ci-après : PUS) n’ait été délivrée. 

Tous les autres préavis émis ont été favorables, cas échéant sous conditions. 

10)  Dans le cadre de l’instruction de l’autorisation de construire, les préavis 
favorables suivants ont notamment été recueillis : 

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 -  le 19 mars 2018, de la direction de la planification directrice cantonale et 
régionale (ci-après : SPI), sans observation. Le projet se trouvait dans le PUS de la 
ville, régi par le règlement relatif aux plans d'utilisation du sol de la ville du 
20 février 2007 (RPUS - LC 21 211). La conformité au RPUS était à analyser par 
la ville ; 

 - le 26 mars 2018, de la commission d’urbanisme (ci-après : CU), sans 
observation ; 

 - le 27 mars 2018, de la direction générale des transports, devenue l’office 
cantonal des transports (ci-après : OCT), avec dérogations et souhaits. La 
dérogation à l’art. 8 al. b du règlement relatif aux places de stationnement sur 
fonds privés du 16 décembre 2015 (RPSFP - L 5 05.10) était accordée, l’OCT 
acceptant la réalisation de dix-neuf places au lieu de vingt-deux. Il était souhaité 
que le requérant approche la ville pour l’aménagement du sentier des Saules, une 
cession du domaine public communal étant envisageable pour permettre 
l’élargissement dudit sentier. 

11)  La direction des autorisations de construire (ci-après : DAC) a émis les 
préavis suivants : 

 -  le 13 février 2018, la dérogation des jours des locaux habitables ouvrant sur 
la coursive de distribution demeurait réservée à l’analyse de la commission 
d'architecture (ci-après : CA). Il convenait de fournir l’attestation irrévocable du 
notaire chargé d’instrumenter le projet de modification de la servitude RS 20'384 ; 

 - le 19 septembre 2018 et le 18 février 2019, une modification du projet a été 
requise. Il convenait de supprimer les vues droites au 5ème étage côté jardin sur le 
toit, incohérentes, avec des vitrages fixes et translucides. À partir du 5ème étage de 
la façade sud sur la rue des Falaises, il ne fallait aucun élément ouvrant, qu’il soit 
plein ou vitré. La totalité des vitrages de la façade sud devait être fixe et 
translucide ; 

 - le 10 mai 2019, elle a émis un préavis favorable avec dérogations, sous 
conditions. Les distances aux limites de parcelles et aux vues droites n’étaient pas 
respectées, nécessitant une dérogation à l’art. 11 de la loi sur les constructions et 
les installations diverses du 14 avril 1988 (LCI - L 5 05), ainsi qu’à l’art. 47 LCI 
s’agissant des jours des locaux habitables ouvrant directement sur coursives de 
distribution. En revanche, le vide d'étage était respecté vu l'art. 49 al. 5 LCI. 

12)  La CA a examiné le projet à quatre reprises et émis les préavis suivants :  

 -  les 20 mars et 2 octobre 2018, demandant une modification du projet. Il 
convenait notamment de prévoir des vides d’étages à 2,60 m, voire 2,55 m 
minimum, pour favoriser une habitabilité de qualité et assurer une intégration 
architecturale soignée des superstructures et minimiser l’impact visuel de la 5ème 

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façade en particulier « dans un site remarquable des rives du Rhône, visible 
notamment, depuis la rive de Saint-Jean ». Les demandes de dérogation selon les 
art. 47 et 49 LCI étaient en suspens ; 

 -  le 5 mars 2019, favorable à la dérogation selon l’art. 49 LCI ; 

 - le 21 mai 2019, favorable avec dérogations et sous conditions. Au vu de la 
situation urbanistique se répétant dans toutes les formes d’îlots, avec un immeuble 
d’angle qui dans le projet ne contraignait pas les vis-à-vis et avec une orientation 
nord, elle était favorable à une dérogation selon l’art. 11 LCI « sur la servitude de 
distances et vues droites au bénéfice de la parcelle no 145 », ce qui permettait de 
garantir une continuité de l’îlot jugée essentielle dans ce tissu urbain. La 
dérogation à l’art. 49 al. 5 LCI avait été validée lors des préavis précédents. Il 
convenait de soumettre les teintes et matériaux avant la commande. 

13)  La ville, toujours en lien avec la demande d'autorisation de construire, a 
émis des préavis : 

 -  les 26 avril et 26 octobre 2018, demandant que le projet soit modifié en 
raison de l’harmonie urbanistique, l’ensoleillement du sentier des Saules, 
l’habitabilité et l’harmonie architecturale du front des façades sur le Rhône, la 
conformité au PUS, l’affectation du rez-de-chaussée, et la mobilité s’agissant du 
nombre de places pour vélos. Le préavis du 26 octobre 2018 précisait que 
l’art. 13 RPUS était respecté, étant précisé que la surface en « stabilizer » dans 
laquelle étaient plantés des arbres pouvait être considérée comme surface « en 
pleine terre » ; 

 - le 4 avril 2019, réitérant ses demandes de modification, lesquelles n'étaient 
pas remplies ; 

 - le 21 août 2019, défavorable. En effet, elle avait vainement demandé un 
projet modifié, conforme à l’art. 9 RPUS, et à la réduction d’un étage du volume 
de l’immeuble, le portant à R+8. Plus particulièrement, la condition de 
« l’harmonie urbanistique » n'était pas remplie sur le sentier des Saules, la 
corniche du projet dépassant notamment d'environ 3,8 m celle de l'immeuble 
voisin surélevé récemment au 9 dudit sentier. La partie supérieure de la façade, 
haute de trois étages, ne se raccordait pas de manière harmonieuse aux immeubles 
voisins. Cette superstructure n'était pas prévue au stade du concours et l'immeuble 
était très visible depuis la rive droite en surplomb. Le renoncement au 9ème étage 
permettrait également d'augmenter sensiblement les vides d'étage pour améliorer 
leur habilité et diminuer la différence avec les immeubles voisins, de même que 
l'ombre portée sur la promenade et le site naturel situés au nord. Elle demandait 
qu'une activité ouverte au public et à caractère culturel prenne place au 
rez-de-chaussée de l'immeuble et émettait le souhait qu'une partie des surfaces de 
l'ancienne usine Stern, utilisée pour des activités culturelles, soient repourvues 

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dans le nouvel immeuble. Les chambres d'hôtes ne contribuaient pas à l'animation 
du quartier et constituaient une affectation non conforme à l'art. 9 RPUS.  

14)  La direction générale de l’environnement, soit pour elle le service de l'air, 
du bruit et des rayonnements non ionisants (ci-après : SABRA) a émis des préavis 
favorables sous conditions : 

 - le 14 mars 2018. Quatre sources produisant du bruit étaient identifiées en 
toiture. Des dépassements importants étaient constatés par les simulations, et il 
convenait d’installer les silencieux proposés, selon les experts en acoustique du 
bureau @couConsult. En outre, un rapport acoustique était demandé à la 
fermeture du chantier, permettant de démontrer que toutes les exigences de 
l’ordonnance sur la protection contre le bruit du 15 décembre 1986 (OPB – 
RS 814.41) étaient respectées s’agissant des récepteurs sensibles. Cas échéant, des 
solutions devraient être proposées ; 

 - le 26 octobre 2018, confirmant ses conditions et rajoutant qu’aucune 
sonorisation ne pouvait être mise en place pour les terrasses en toiture et au 
rez-de-chaussée. L'immeuble n’était pas considéré comme un établissement 
public. La directive du 10 mars 1999 du Cercle bruit sur les établissements 
publics, visant la détermination et l’évaluation des nuisances sonores liées à 
l’exploitation des établissements publics (ci-après : DEP) ne s’appliquait donc 
pas, ce qui valait pour ces terrasses. Le comportement sur les coursives relevait du 
droit privé, de sorte qu'il n’était pas compétent pour le bruit pouvant en découler. 
Le futur locataire de la surface commerciale allait devoir déposer une demande 
d’autorisation APA auprès du département, et le dossier serait préavisé au regard 
du type de comportement projeté. La DEP serait appliquée en cas d’aménagement 
de l’arcade en établissement public. Le projet était prévu sur une parcelle de degré 
de sensibilité III (DS III selon l’art. 43 al. 1 OPB). 

15)  Le 5 avril 2018, les époux A______ et les consorts B______ ont formulé 
des observations à l’encontre du projet. 

16)  Le 31 octobre 2019, un accord de principe a été passé entre le département 
et la K______ s’agissant de la mise au bénéfice provisoire de la loi générale sur le 
logement et la protection des locataires du 4 décembre 1977 (LGL - I 4 05) et de 
la loi pour la construction de logements d'utilité publique du 24 mai 2007 (LUP -
 I 4 06) pour les immeubles du projet. 

17)  Par décisions du 19 mai 2020, publiées à cette même date dans la Feuille 
d’avis officielle de la République et canton de Genève (ci-après : FAO), le 
département a délivré l’autorisation de démolir M 8'026 ainsi que la décision 
globale d'autorisation de construire n° DD 111'251 portant sur la construction de 
deux immeubles avec surfaces commerciales et espaces communautaires-garage 
souterrain.  

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18)  Par acte du 18 juin 2020, les époux A______, ont interjeté recours auprès du 
Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) à l’encontre des 
autorisations de construire DD 111'251 et de démolir M 8'026, concluant 
principalement à leur annulation. Ce recours a été enregistré sous le n° de cause 
A/1745/2020. 

  L’autorisation de construire violait l’art. 10 al. 4 de la loi d'application de la 
loi fédérale sur l'aménagement du territoire du 4 juin 1987 (LaLAT - L 1 30), le 
département tentant, par le biais de cette procédure d’autorisation de construire, de 
contourner le mandat de planification qui lui imposait le plan directeur cantonal 
2030 (ci-après : le PDCn 2030). Le département devait définir l’image directrice 
même de la pointe de la Jonction, avec la participation de la population. 

  Le gabarit légal était dépassé. L’harmonie urbanistique n’avait pas été 
examinée par la CMNS et le projet détonnait avec les quatre ouvrages composant 
le front unifié d’architecture horlogère de ce quartier, raison pour laquelle le 
département avait considéré dans sa carte indicative qu’ils pouvaient être 
surélevés, dans leur ensemble. Dans ces conditions, en application de l’art. 89 et 
90 LCI, la CMNS aurait dû se prononcer. 

19)  Le 10 juillet 2020, les époux A______ ont complété leur recours. La CA 
n'était pas compétente pour se prononcer sur l’importante dérogation au gabarit. 
Le PUS était violé. Il ressortait des plans visés ne varietur qu’il n’était pas précisé 
à quel type d’activités les arcades du rez-de-chaussée seraient affectées. Les salles 
communes serviraient aux seuls futurs habitants de la coopérative. Les chambres 
d’hôtes, une activité de type hôtelier, ne remplissaient pas les conditions de 
l’art. 9 RPUS.   

20)  Dans leurs observations du 31 août 2020, la K______ et la L______ ont 
conclu au rejet du recours. 

21)  Le 7 septembre 2020, le département a conclu au rejet du recours.  

22)   Dans leur réplique du 2 octobre 2020, les époux A______ ont relevé que le 
fait que le bâtiment ne bénéficiât pas d’une mesure de protection selon les art. 7ss 
de la loi sur la protection des monuments, de la nature et des sites du 4 juin 1976 
(LPMNS - L 4 05) ne signifiait pas qu’il ne pouvait s’intégrer dans un ensemble 
selon les art. 89ss LCI et faire l’objet d’une protection à ce titre. 

23)  Dans leur duplique, la K______ et la L______ ont relevé que le bâtiment ne 
présentait pas d’intérêt esthétique ou architectural, ce que l’arrêté du département 
du 16 juin 2016 confirmait. 

24)  Par acte du 18 juin 2020, les consorts F______ ont également interjeté 
recours auprès du TAPI à l’encontre des autorisations de démolir et M 8'026 et de 

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construire DD 111'251, concluant à leur annulation. Ce recours a été enregistré 
sous le n° de cause A/1810/2020. 

  Contrairement au projet querellé, un projet d’autorisation sur la parcelle 
voisine avait été soumis au préavis du SMS. Or, le projet examiné jouxtait la zone 
protégée des rives du Rhône et du sentier des Saules, dont l'office du patrimoine et 
des sites (ci-après : OPS) avait qualifié la valeur patrimoniale d' « excellente », et 
empiétait en partie sur un espace public urbain. Il était dès lors incompréhensible 
que la CMNS ne se soit pas prononcée. 

  La CA n’avait examiné la question du dépassement des gabarits de hauteur 
et la dérogation au sens de l’art. 11 LCI qu'en lien avec l’art 47 LCI, relatif aux 
baies et vues droites. La DAC avait pourtant réservé l’analyse de la CA à ce 
propos. Enfin, l’acte notarié pour la modification de la servitude de distance en 
servitude de distance et droits de jours plus étendus sur la parcelle no 145 n’avait 
pas été transmis et ne figurait pas comme condition spécifique dans l’autorisation 
de construire litigieuse. 

  La majorité des surfaces du rez-de-chaussée ne respectait pas les principes 
de l’art. 9 RPUS.  

  Conformément au principe de coordination, le TAPI devait également 
annuler l'autorisation de démolir. 

25)  Dans leurs observations du 31 août 2020, la K______ et la L______ ont 
conclu au rejet du recours. 

26)  Le 7 septembre 2020, le département a conclu au rejet du recours.  

27)   Dans leur réplique du 2 octobre 2020, les consorts F______ ont relevé que 
le retrait des trois derniers étages ne permettait pas de déroger à la limite de 27 m. 

28)  Dans leur duplique du 12 novembre 2020, la K______ et la L______ ont 
fait remarquer que les consorts F______ confondaient la hauteur de la ligne 
verticale du gabarit, dont il était question à l’art. 27 al. 6 LCI, avec la hauteur de la 
construction elle-même. Le bâtiment serait d’une hauteur similaire à celle du 
bâtiment sis sur la parcelle no 145.  

  Les consorts F______ ne se fondaient sur aucune base légale qui justifierait 
d’annuler l’autorisation de construire pour absence de l'acte notarié en lien avec la 
servitude de distance et droits de jours, une problématique connue du 
département. Le document signé, en cours d’instruction, serait transmis en temps 
utile. La K______ et la L______ s’étaient engagées à présenter à la ville 
l’utilisation des salles communes dans les deux ans suivant la première mise à 
disposition des locaux.  

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29)  Le 18 juin 2020 encore, les consorts B______, ont interjeté recours au TAPI 
concluant principalement à l'annulation de l'autorisation de construire. Ce recours 
a été enregistré sous le n° de cause A/1854/2020. 

  Les art. 27, 11 et 46 LCI étaient violés. Le gabarit de hauteur n’était pas 
respecté, et le problème était encore aggravé par l’existence de la servitude. La 
dérogation au gabarit de hauteur n’avait pas été motivée par la CA, alors même 
que celle-ci était très importante. Le bâtiment projeté rompait avec l’harmonie de 
la silhouette de l’agglomération et la perception de sa topographie, de même 
qu'avec l’esthétique industrielle du quartier.  

  Des cuisines, salles à manger, et séjours du projet donnaient sur des 
coursives et non sur l’extérieur, contrairement aux prescriptions de l’art. 47 LCI. 
La CA n’avait pas examiné cette question, malgré la mention de la DAC dans son 
préavis. 

  Tous les bâtiments contigus étaient d’anciens bâtiments industriels 
présentant des vides d’étages importants, dont il se dégageait une certaine 
harmonie. Dans ces conditions, en autorisant un vide d’étages de 2,51 m pour les 
étages, alors que les conditions justifiant une telle dérogation n’étaient pas 
réalisées en l’espèce, l’autorisation violait l’art. 49 al. 3 et 5 LCI. En outre, une 
telle dérogation n’avait pas été publiée, en contradiction avec l’art. 3 al. 5 LCI. 

  Le périmètre dans lequel le projet litigieux s’inscrivait était un des derniers 
îlots témoins de l’architecture industrielle de la fin du 19ème et début 20ème siècle à 
Genève. La CMNS aurait dû être consultée et son préavis aurait 
vraisemblablement été défavorable. 

  Le RPUS n’était pas respecté, en particulier son art. 9. Ni les salles 
communes ni les chambres d’hôtes ne remplissaient la notion d’« ouvert au 
public ». 

  L’art. 8 al. 2 let. b RPSFP était violé, dès lors que le projet devait intégrer au 
minimum trente-huit places de parking pour les logements, en sus de places pour 
les surfaces commerciales. Une dérogation était inopportune dans ce quartier où 
les places étaient déjà très rares. 

  L’expertise du bureau d’acoustique N______ (ci-après : N______) figurant 
dans le dossier d’autorisation de construire révélait que les limites légales 
d’immission de bruit pour les pièces du projet sensibles au bruit seraient 
dépassées, en particulier en raison de l’usage prévisible des terrasses et coursives 
par un grand nombre de personnes. Il en allait de même des limites pour les 
constructions voisines. Contrairement aux allégations du SABRA, l’utilisation 
communautaire des terrasses leur conférait la qualité d’installation publique et 
justifiait qu’un contrôle soit institué. La demande du SABRA d'un rapport à la fin 

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du chantier n’était pas suffisante pour garantir que des mesures puissent être 
prises pour remédier au problème en temps utile. Il était par ailleurs notoire que le 
sentier des Saules était prisé comme lieu de détente et de fêtes, notamment durant 
la saison estivale. Il convenait donc de s’assurer que les valeurs limites ne soient 
pas dépassées et d’ordonner une expertise, le département n’ayant pas examiné 
cette question. 

  Il était matériellement impossible de réaliser le projet, car la parcelle était 
grevée d’une servitude de distance et vues droites au bénéfice de la parcelle no 145 
et de passage à pied en faveur des parcelles no 145 et 146. Il n’existait aucun 
document au dossier permettant de considérer que les propriétaires avaient 
renoncé à leurs servitudes. 

30)  Dans leurs observations du 31 août 2020, la K______ et la L______ ont 
conclu au rejet du recours. 

31)   Le 7 septembre 2020, le département a de même conclu au rejet du recours 
des consorts B______.  

  L’art. 47 LCI n’avait pas été violé, la CA ayant estimé que moyennant une 
distance de champ de 4 m, la typologique spécifique était conforme à cette 
disposition ; seules des cuisines donnaient sur les coursives. Le vide d’étages de 
2,51 m pouvait être accepté au vu des modifications apportées au projet, de son 
intégration réussie, notamment en faisant écho à l’immeuble voisin sis 42, rue des 
Deux-Ponts et au vu du nombre de nouveaux logements créés en période de 
pénurie. L’autorité technique avait examiné de manière circonstanciée la question 
du nombre de places de parking. Au vu du coût d’un second parking souterrain 
pour trois places manquantes, l’OCT avait accepté une dérogation en conformité 
avec le RPSFP.  L’impossibilité matérielle liée aux servitudes était une question de 
droit privé. 

32)   Dans leur réplique du 21 octobre 2020, les consorts B______ ont relevé que 
supprimer ou modifier la servitude de distance et vues droites reviendrait à rendre 
inapplicables les règles sur le gabarit. Il ne ressortait d'aucun document que la CA 
aurait procédé à un examen attentif en lien avec l'art. 49 al. 3 LCI. Aucune 
dérogation à l’art. 47 LCI n’avait été prévue par le législateur et même à supposer 
que la CA se soit penchée attentivement sur cette problématique, la solution 
prévue demeurait illégale. 

  Le bâtiment faisait enfin partie d’un ensemble, même s’il n’était pas porté à 
l’inventaire. L'art. 93 al. 1 LPMNS aurait dû s’appliquer et la CMNS préaviser le 
projet.  

  Le calcul du département était erroné dans le sens où le nombre de places de 
parking était de 22,67, soit vingt-trois places, et non vingt-deux. Il était erroné 

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d’appliquer le taux de 70 % à l’ensemble de la SBP, alors que seuls les LUP 
pouvaient bénéficier de la diminution des ratios réglementaires. 

33)  Dans sa duplique du 10 novembre 2020, le département a relevé que les 
droits de jours étaient préservés pour les parcelles nos 145 et 4'029. La limite 
parcellaire demeurait la base de calcul des distances et vues droites exigées par la 
LCI, la servitude ne servant pas de base pour le gabarit limitant les possibilités de 
construire. Le DT s’était renseigné auprès de Monsieur O______, « auteur » du 
préavis de la CA du 21 mai 2019, afin de rapporter de quelle manière cette 
commission avait traité cette question. Ce dernier avait précisé que l'application 
en l'espèce faite par la CA de l’art. 47 LCI découlait bien du « mode de vie et du 
cas particulier lié à l’occupation prévue du projet par les membres de la K______ 
et de la L______ ». 

34)   Dans leur duplique du 12 novembre 2020, la K______ et la L______ ont 
ajouté que les coursives avaient été relevées comme un point fort du projet par le 
jury du concours. Le département en avait déjà autorisé notamment à la rue des 
Falaises et à la rue des Deux-Ponts.  

35)   Par jugement du 11 mars 2021, le TAPI a préalablement ordonné la jonction 
des trois causes sous le n° A/1745/2020.  Il a déclaré recevables les recours 
déposés par les époux A______, les consorts F______ et les consorts B______ 
contre l'autorisation de construire DD 111'251 et les a rejetés. 

  Il a en revanche déclaré irrecevables les recours des époux A______ et 
consorts F______ portant sur l'autorisation de démolir M 8'026, faute de qualité 
pour recourir. Voisins du bâtiment appelé à disparaître, ils n'étaient pas lésés de 
manière directe ou spéciale par l'autorisation de démolir. On distinguait en effet 
mal quel avantage de fait ou de droit leur procurerait le maintien du bâtiment se 
trouvant sur la parcelle litigieuse. D'ailleurs, ils ne faisaient valoir aucun grief en 
lien avec cet ordre de démolition. 

  Le TAPI a rejeté les diverses demandes d'actes d'instruction, estimant que le 
dossier contenait les éléments suffisants et nécessaires à l'examen des griefs et 
arguments mis en avant par les parties.  

 Le projet litigieux, délimité par l'angle de la rue des Deux-Ponts et le sentier 
des Saules, se situait dans le périmètre des anciennes usines Stern, Beyeler, La 
Nationale Industries, Kugler et les TPG. 

  La parcelle concernée par le projet n'appartenait pas à un ensemble figurant 
dans la liste indicative visée à l'art. 90 al. 4 LCI. Il ressortait par ailleurs de 
l'ATA/281/2016 du 5 avril 2016, confirmé par le Tribunal fédéral (arrêt du 
Tribunal fédéral 1C_226/2016 du 28 juin 2017), que le bâtiment voisin, sur la 
parcelle no 145, n'avait pas été considéré comme appartenant à un ensemble dans 

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A/1745/2020 

le cadre de sa surélévation. La CMNS, consultée au motif que le bâtiment en 
question était soumis à l'inventaire cantonal au sens de l'art. 7 LPMNS, avait 
précisé qu'il n'appartenait à aucun ensemble et que « l'architecture du quartier 
[était] amenée à évoluer, en particulier sur le sentier des Saules ». Le SMS, 
sollicité à l'occasion de l'autorisation de démolir, avait indiqué ne pas avoir 
d'observations à formuler dans la mesure où la demande de protection de ce 
bâtiment avait été refusée par l'arrêté du département du 16 juin 2016. Dans ces 
conditions, bien que l'usine Stern soit un témoin historique de l'activité horlogère 
et industrielle à Genève, il ne pouvait être retenu qu'il appartenait à un ensemble 
au sens des 89ss LCI. En outre, ne figurant pas à l'inventaire cantonal au sens de 
l'art. 7 LPMNS, n'étant pas classé, n'appartenant pas à un plan de site et se situant 
en dehors de la protection des rives du Rhône, il ne bénéficiait d'aucune autre 
mesure de protection instaurée par la législation genevoise relative à la protection 
du patrimoine nécessitant de recueillir le préavis de la CMNS.  

  Le projet, selon la carte annexée au RPUS, se situait en secteur 2, de sorte 
que le RPUS lui était applicable. Bâtiment industriel à l'origine, il avait fait l'objet 
de diverses affectations, soit notamment administrative, et le département y avait 
notamment autorisé une salle de projection associative et un café culturel au 
1er étage. 

  L'art. 9 al. 1 ch. 1 RPUS n'avait pas été violé. Cette disposition ne 
s'appliquait que pour autant que la construction nouvelle se situe en continuité des 
bâtiments dont les rez-de-chaussée étaient affectés à des locaux ouverts au public. 
Or, l'immeuble rénové sur la parcelle voisine no 4'107 au sentier des Saules 9 ne 
comportait aucune surface ouverte au public ; la réglementation du RPUS ne lui 
avait pas été appliquée. Tel était également le cas des bâtiments voisins, à 
l'exception du café-restaurant « l'Ethno-Bar », situé 2, rue des Deux-Ponts. Aucun 
bâtiment sur le sentier des Saules ni sur la rue des Falaises ne comportait d'arcade 
ouverte au public. Ainsi, il pourrait en aller de même du projet querellé, qui 
prévoyait tout de même, conformément aux demandes de la ville, deux arcades 
commerciales ouvertes au public au rez-de-chaussée, dont l'activité projetée serait 
conforme au RPUS selon les préavis de la ville, et dont l'affectation exacte serait 
définie ultérieurement. Rien ne permettait au surplus de retenir que la K______ et 
la L______ ne respecteraient pas leurs engagements à cet égard ou modifieraient 
l'affectation de ces arcades de manière contraire à l'autorisation de construire. 

  Les salles communes participeraient à l'animation socio-culturelle du 
quartier et contribueraient à la diversité d'activités recherchée par le RPUS, étant 
précisé que l'autorisation de construire précisait expressément en son point 8 
qu'elles devraient être « ouvertes au public ». Le maintien du café culturel, de 
l'espace polyvalent et de l'épicerie coopérative actuellement abrités par le bâtiment 
n'était pas obligatoire au sens de l'art. 9 al. 3 RPUS, dès lors que le sentier des 
Saules ne se situait ni dans le secteur A (centre-ville) ni dans le secteur B (en 

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bordure de rues commerçantes), étant encore rappelé que l'affectation des arcades 
commerciales n'avait pas encore été définie. 

  Il ressortait clairement des plans visés ne varietur, notamment des coupes et 
gabarits A-A, B-B, C-C et E-E, que la hauteur de 27 m était respectée (20.96 m + 
6 m) et que les étages supérieurs se situaient en retrait de la ligne verticale en 
respectant une ligne oblique nette formant un angle de 35° avec la ligne de base.  

  S'agissant de la servitude RS n° 20'384, la modification de la « servitude de 
distance » en servitude de « jour les plus étendus et distances » avait été validée 
par le registre foncier le 15 septembre 2020, permettant la réalisation du projet 
sans dérogation au sens de l'art. 11 LCI. Au demeurant, par préavis du 21 mai 
2019, la CA avait précisé qu'au vu de la situation urbanistique se répétant dans 
toutes les formes d'îlots, avec un immeuble d'angle qui dans le projet ne 
contraignait pas les vis-à-vis et avec une orientation nord, elle était favorable à 
une dérogation selon l'art. 11 LCI « sur la servitude de distances et vues droites au 
bénéfice de la parcelle no 145 », ce qui permettait de garantir une continuité de 
l'îlot jugée essentielle dans ce tissu urbain. 

  Conformément à leur définition et aux plans visés ne varietur, les coursives 
prévues par le projet étaient des galeries de circulation extérieures, en façade, 
orientées côté sud du bâtiment, soit idéalement exposées à la lumière du jour. 
Seules quelques cuisines-salles à manger donneraient sur les coursives. Ce style 
architectural découlait de la volonté des futurs habitants et répondait à un besoin 
et à un mode de vie basé sur la convivialité et le partage. Ce choix typologique 
avait été considéré comme un point fort du projet par le jury du concours 
d'architecture. Partant, le TAPI, composé notamment d'un juge assesseur 
architecte, ne retenait aucune violation de l'art. 47 LCI. La création de ces 
coursives ne touchait au demeurant nullement les recourants à titre individuel et 
de manière particulière, de sorte que la recevabilité de ce grief pourrait se poser. 

  Le SABRA avait examiné en détail le projet, rendant un préavis favorable 
avec diverses conditions à respecter, lesquelles faisaient partie de l'autorisation de 
construire. Le SABRA avait demandé la mise en place dans les règles de l'art des 
éléments constructifs décrits dans l'évaluation acoustique des installations 
techniques donnant en toiture du bureau @couConsult, à savoir des amortisseurs 
de bruit s'agissant des monoblocs de la salle commune et des activités (ou 
silencieux) et l'obligation pour le maître d'ouvrage de s'assurer du respect des 
exigences de l'OPB. L'étude acoustique proposait en effet des mesures 
constructives permettant de démontrer le respect des exigences de l'OPB. Le 
SABRA avait examiné en détail les préoccupations des recourants s'agissant du 
bruit. Dans son préavis du 26 octobre 2018, il soulevait notamment le fait que le 
projet querellé, un immeuble de logements avec des espaces communautaires, 
n'était pas un établissement public soumis à la DEP. « En effet, un établissement 
public n'était pas une installation au sens des art. 7 al. 7 de la loi fédérale sur la 

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protection de l’environnement du 7 octobre 1983 (LPE - RS 814.01) et art. 2 
al. 1 OPB ». 

  Il en était de même des terrasses extérieures et sur le toit, ainsi que de la 
pergola, des espaces privés et réservés à l'usage des habitants de l'immeuble. Le 
SABRA avait précisé à cet égard qu'aucune sonorisation ne devait être mise en 
place, cette condition étant par ailleurs reprise dans l'autorisation. Le projet était 
conforme à la zone dans laquelle il s'insérait, de degré de sensibilité III, selon le 
plan no 29'321. Pour le surplus, s'agissant de l'utilisation des terrasses par les 
habitants, tout comme de l'utilisation des coursives, il n'appartenait pas à 
l'administration de s'immiscer dans des conflits de droit privé (ATA/169/2020 du 
11 février 2020 ; arrêt du Tribunal fédéral 1C_416/2012 du 6 décembre 2012). Il 
en allait de même des hypothétiques nuisances liées aux installations de détente 
situées le long du sentier des Saules, qui ne concernaient pas l'objet de la présente 
procédure. 

  Les deux arcades commerciales prévues par le projet feraient l'objet d'une 
requête en autorisation de construire avant leur premier usage, procédé usuel dans 
la mesure où l'activité de ces surfaces n'était pas encore définie. La DEP serait, 
selon précisions du SABRA dans son dernier préavis, appliquée à ce moment dans 
le cadre de l'aménagement d'un établissement public. 

  Le département avait donc suivi à juste titre les préavis de cette instance 
spécialisée. Dans ces conditions, l'expertise acoustique réclamée n'était pas 
nécessaire et le grief des nuisances sonores, pour autant qu'il soit recevable, devait 
être rejeté. 

  Compte tenu de la SBP totale du projet, il aurait fallu 32 places de parking. 
Néanmoins, la SBP relative aux appartements de la L______ ne devait pas être 
comptabilisée puisqu'il s'agissait de logements pour étudiants, pour lesquels 
aucune place de parking n'est exigée (art. 5 al. 10 RPSFP). Les appartements de la 
K______, d'une SBP de 6'473 m2, étaient des LUP (quarante-neuf logements de 
catégorie HM LUP, quinze logements LUP IV et cinq logements de catégorie 
HLM LUP), caractéristique permettant selon l'art. 5 al. 2 RPSFP, de réduire le 
nombre de places requises de 30 %, soit les 22,65 places correspondant au calcul 
opéré – à juste titre – par l'OCT, selon lequel il n'existait aucune règle exigeant 
d'arrondir ce chiffre à l'unité supérieure. La jurisprudence de la chambre 
administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) 
arrondissant à l'unité supérieure (ATA/1180/2015 du 3 novembre 2016 
consid. 7b) était isolée et l'arrêt du Tribunal fédéral 1C_647/2015 du 19 avril 2016 
confirmant cet arrêt ne traitait en réalité pas particulièrement de cette question qui 
ne lui avait pas été soumise (JTAPI/262/2018 du 22 mars 2018 consid. 30). En 
tout état, cette question d'arrondir à vingt-deux ou à vingt-trois le nombre de 
places nécessaires pouvait rester ouverte, puisque la dérogation avait été octroyée 
sans excès ou abus du pouvoir d'appréciation. L'OCT s'était fondé sur l'art. 8 al. 2 

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let. b RPSFP, soit en raison du coût élevé de construction par place 
supplémentaire d'environ CHF 60'000.-, selon le dossier d'autorisation,  
qu'engendrerait la construction d'un 2ème niveau, pour la réalisation des trois ou 
quatre places manquantes seulement.  

  La K______ avait de plus prévu diverses mesures permettant de limiter le 
nombre de voitures et le trafic aux abords du futur bâtiment, en mettant 
notamment à disposition des habitants du futur immeuble sept places de parking 
qu'elle possédait dans le quartier, en mettant sur pied un système de car-sharing 
réservé aux coopérateurs, ainsi qu'en faisant signer un engagement aux futurs 
habitants de louer une place de parking souterraine dans l'hypothèse où ils seraient 
propriétaires d'une voiture et en s'engageant à ne pas demander des macarons et 
pour la K______ à ne pas en délivrer. Ainsi, les perturbations engendrées dans le 
quartier par trois ou quatre voitures supplémentaires pouvaient être clairement 
considérées comme inexistantes. Enfin, le projet se situait dans une zone 
largement desservie en transports publics, comme le confirmait la fiche A01 du 
PDCn 2030, et proche des équipements publics et de services.  

  La dérogation signifiait par nature que l'autorité avait la possibilité – et 
même le devoir – de ménager au mieux les intérêts publics et privés. L'intérêt 
public commandait de se montrer d'autant plus sévère dans l'octroi d'une 
dérogation que le nombre de places manquantes était élevé. En l'espèce, la balance 
entre le coût très élevé de la réalisation de places supplémentaires, l'autre motif de 
dérogation relatif aux améliorations notables en matière d'offre en transports 
publics, la solution équilibrée trouvée par la K______ et la L______ pour limiter 
le trafic aux abords du projet et l'impact négligeable que la dérogation aurait sur 
les buts poursuivis par le RPSFP conduisait le TAPI à confirmer le bienfondé de 
cette dérogation sous l'angle de l'art. 8 al. 2 RPSFP.  

  Le grief de l'absence de planification pouvait être écarté dans la mesure de 
sa recevabilité. Le régime de la 3ème zone était appliqué au périmètre dans lequel 
venait s'insérer le projet litigieux, lequel était conforme à l'affectation de ladite 
zone et ne nécessitait donc pas la mise en œuvre d'une planification spéciale. Cette 
optique était confortée par les diverses surélévations des bâtiments sur le sentier 
des Saules et plus généralement à la pointe de la Jonction, qui n'avaient pas été 
coordonnées entre elles et rendaient visibles les différences d'architecture au sein 
d'un même secteur. S'agissant de l'obligation prévue à l'art. 10 al. 4 LaLAT, la 
pointe de la Jonction n'appartenait pas aux grands projets, ou projets urbains 
prioritaires, prévus par le PDCn 2030 (cf. fiche A17). Le périmètre dans lequel 
l'immeuble s'inscrivait n'était ainsi pas mentionné dans le PDCn 2030 et par 
conséquent, aucune obligation de planifier n'existait pour le département. Le 
projet était au contraire conforme aux exigences de ce dernier, qui visait à 
densifier le centre urbain déjà fortement urbanisé, comme la pointe de la Jonction. 
La construction prévue permettrait justement de requalifier et densifier un ancien 

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bâtiment industriel, contribuant à une utilisation rationnelle du sol, permettant 
aussi l'augmentation du nombre de logements, le développement de la mixité et la 
création de quartiers durables. Enfin, tant la SPI que la CU avaient émis des 
préavis favorables, démontrant par cela la conformité du projet à celle de la zone. 

  En suivant le préavis de l'instance spécialisée et en faisant prévaloir l'intérêt 
public à la construction d'un étage supplémentaire permettant la création de 
nouveaux logements, le département n'avait pas excédé ou abusé de son pouvoir 
d'appréciation, de sorte que le grief tiré de la violation de l'art. 49 LCI devait lui 
aussi être écarté. La CA avait en effet constaté le 20 mars 2018 dans son préavis, 
positif, qui n'avait pas besoin d'être motivé en application de la jurisprudence, que 
l'habitabilité s'orientait vers des logements à but collectif et requis diverses 
modifications afin de les améliorer, en particulier en prévoyant des vides d'étages 
tendant à 2,60 m. Dans son préavis du 2 octobre 2018, elle avait demandé à ce 
qu'ils soient portés à 2,55 m pour favoriser une « habitabilité de qualité » et 
assurer une intégration architecturale soignée des superstructures afin de 
minimiser l'impact visuel de la 5ème façade. Le 5 mars 2019, la CA avait rendu un 
préavis favorable à la dérogation avec conditions selon l'art. 49 LCI. On 
comprenait clairement que la CA avait alors préavisé favorablement un vide 
d'étage de 2,51 m, dans la fourchette médiane des dérogations, au vu de 
l'évolution du projet, intégrant les diverses modifications qu'elle avait demandées, 
et qu'elle avait considéré que cette dérogation ne rompait pas avec l'harmonie des 
bâtiments.  

  Le grief tiré de la violation des servitudes était irrecevable. La servitude de 
distances et vues droites avait fait l'objet d'une dérogation selon l'art. 11 LCI et 
pour la servitude de passage à pied, la K______ avait exposé qu'elle 
entreprendrait des discussions pour la faire radier. Quoi qu'il en soit, ces questions 
ressortaient au droit privé, la législation n'ayant pas pour but de veiller au respect 
des droits réels.  

36)  Les consorts F______, à l’exception de M. M______, ont formé recours à la 
chambre administrative le 28 avril 2021, concluant à l'annulation des chiffres 4 à 7 
du dispositif du jugement attaqué (à savoir rejet des trois recours, mise à la charge 
des recourants, pris solidairement, d'un émolument de CHF 2'100.-, restitution aux 
recourants du solde de l'avance de frais de CHF 600.-, condamnation des 
recourants, pris solidairement, à verser à la L______, et la K______, une 
indemnité de procédure de CHF 2'600.-, le tout selon la clé de répartition précisée 
aux considérants du jugement) et, cela fait, à l'annulation de la décision globale 
d'autorisation de construire DD 111'251. Ils se référaient à l'état de fait tel 
qu'établi en première instance auquel ils ajoutaient quelques éléments 
complémentaires.  

  La parcelle concernée par le projet jouxtait la zone protégée des rives du 
Rhône, en particulier le sentier des Saules, se trouvant sur une zone de 

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délassement et de bains. L'OPS avait, en 2015, attribué un caractère 
« exceptionnel » audit sentier. Ce souci de conservation d'un patrimoine historique 
et/ou architectural s'étendait bien plus loin que ledit sentier. Sous l'angle 
historique en effet, les anciennes manufactures présentes sur le site formaient le 
front horloger de la Jonction. L'ancienne usine Stern s'était vu attribuer la valeur 
« intéressant » aux recensements respectifs du patrimoine architectural et 
industriel et, de même que la parcelle voisine n° 145 comportant l'ancienne 
manufacture Eugène Tissot/Beyeler et avec laquelle elles formaient un tout, 
celle-ci étant inscrite à l'inventaire des immeubles dignes d'être protégés. On ne 
pouvait donc refuser d'appliquer à l'ancienne usine Stern la notion d'ensemble au 
sens des art. 89 ss LCI pour la seule raison qu'elle ne figurait pas sur la liste 
prévue par l'art. 90 al. 4 LCI ni n'avait été classée. La définition d'ensemble digne 
de protection ne pouvait en effet pas dépendre uniquement de l'analyse 
superficielle effectuée par les collaborateurs du département lors de 
l'établissement de listes, au demeurant difficilement accessibles. 

  De plus, les parcelles nos 4'029 et 145 étaient localisées dans le périmètre 
n° 17 du relevé de l'inventaire fédéral des sites construits d'importance nationale à 
protéger en Suisse (ci-après : ISOS), recensé en tant que « quartier de la 
Jonction », bénéficiant d'un objectif de sauvegarde A. La demande d'autorisation 
de construire portant sur la transformation et la réhabilitation d'immeubles sur la 
parcelle voisine n° 4'107, sur laquelle se trouvait l'ancienne manufacture La 
Nationale Industries, avait été soumise au préavis du SMS, alors même que le 
bâtiment y érigé n'était pas inscrit à l'inventaire, ni n'était classé, ni ne figurait sur 
la liste des ensembles maintenus du 19ème et du début du 20ème siècle (art. 89 à 93 
LCI). Ce bâtiment avait en revanche reçu la valeur « intéressant » aux 
recensements susmentionnés. Comme jugé par le Tribunal fédéral, cette 
protection ne souffrait aucune exception et l'inventaire ISOS devait être pris en 
considération dans la pesée des intérêts de chaque cas d'espèce en tant que 
manifestation d'un intérêt fédéral. 

  Ce n'était pas parce que le SMS n'avait rien précisé dans son préavis en lien 
avec l'autorisation de démolir M 8'026 s'agissant de cette problématique, dans la 
mesure où la demande de protection du bâtiment avait été refusée par arrêté du 
16 juin 2016, qu'il en résultait forcément que le bâtiment en place ne pouvait pas 
faire l'objet d'une mesure de protection. Le TAPI aurait au contraire dû déduire du 
fait que le SMS avait été consulté dans ce cadre, qu'il devait en aller de même 
pour l'autorisation de construire querellée. La position du TAPI, confinant à 
l'arbitraire, était donc particulière choquante, tant dans sa motivation que dans son 
résultat. Il ne pouvait être toléré que la CMNS ou le SMS ne se soient pas 
prononcés sur la validité et le respect du projet de construction. 

37)  Les consorts B______ et les époux A______ ont, les 3 et 4 juin 2021, 
« vigoureusement » soutenu les arguments et la démarche des consorts F______. 

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38)  Les époux A______ ont formé recours contre ce jugement auprès de la 
chambre administrative par acte déposé le 27 avril 2021, concluant principalement 
à son annulation et partant à celle de l'autorisation de construire DD 111'251 du 
19 mai 2021. Subsidiairement, ils ont conclu à l'annulation du jugement, au renvoi 
du dossier auprès du TAPI et à ce qu'il soit fait interdiction à Maître P______ de 
siéger en qualité de juge assesseur dans le cadre de la présente procédure. 

  Ils n'avaient eu connaissance de la composition du TAPI qu'à réception du 
dispositif du jugement attaqué. Or, Me P______ assumait de multiples 
responsabilités auprès de différentes fondations immobilières de droit public et de 
coopératives d'habitation, à savoir la vice-présidence de la Q______ et de membre 
de la R______. Il se définissait d'ailleurs comme un spécialiste de la question, 
comme son associé d'étude Maître S______. Il était en outre politiquement engagé 
auprès du Parti socialiste genevois, dont la position lui avait permis de rejoindre le 
comité de la T______ qui avait pour but la création de LUP et de logements à bon 
marché (HBM). Il apparaissait de façon évidente qu'il faisait preuve d'un véritable 
engagement sur le plan de la politique cantonale du logement allant au-delà de la 
simple opinion. Ces éléments étaient propres à éveiller des doutes sur sa capacité 
à prendre le recul nécessaire pour trancher la présente affaire en toute impartialité. 
Le projet de construction attaqué était en effet précisément le fruit d'une 
collaboration entre deux coopératives d'habitation pour la réalisation de soixante-
cinq logements à bon marché. Ces coopératives poursuivaient le même but social 
que celles administrées par Me P______ ou celle dont il était membre, ou par son 
associé, ainsi que le parti politique qu'il représentait. S'y ajoutait qu'il était associé 
à Me S______, défenseur de la K______ dans d'autres dossiers. Tous ces éléments 
étaient de nature à créer une apparence de partialité d'un point de vue objectif. 
Dans ces circonstances, il lui aurait appartenu de se récuser dans ce dossier. Le 
jugement devait être annulé pour ce premier motif. 

  Le TAPI, en considérant simplement que la construction envisagée était 
conforme à la 3ème zone et qu'aucune planification ne s'imposait dans ce secteur, 
avait consacré une violation de l'art. 10 al. 4 LaLAT. Cette instance ne s'était 
intéressée qu'aux objectifs poursuivis par la Fiche A01 du PDCn 2030, dont la 
mise à jour avait été approuvée par le Conseil fédéral en janvier 2021, sans se 
pencher sur les mesures de mise en œuvre pour y parvenir. Alors même que le 
projet attaqué soulevait de nombreuses questions, eu égard à son environnement, 
qu'une simple procédure d'instruction d'autorisation de construire ne pouvait 
appréhender, le périmètre « Pointe de la Jonction » représentait le seul secteur 
répertorié par la Fiche A01 à l'intérieur duquel le canton autorisait d'imposantes 
constructions, en s'abstenant de toute planification. Or, la nécessité d'une telle 
planification était reconnue dans le plan directeur de la ville de Genève (Fiche 
d'action PL 1). Le programme en question, visant les cinq bâtiments existants sur 
le sentier des Saules, n'avait pas été défini. Sous l'angle patrimonial, la Fiche A01 
obligeait les autorités à tenir compte des bâtiments industriels intéressants et 

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préconisait leur rénovation ainsi que leur affectation à d'autres usages. Les quatre 
ouvrages composant le front unifié d'architectures horlogères de la Jonction 
avaient été construits dans une volonté d'unité et d'harmonie et formaient un 
ensemble. Cette qualification avait été reconnue par l'OPS à travers la fiche de 
recensement du patrimoine industriel RPI - 134, laquelle mentionnait que « ces 
deux manufactures voisines et apparentées constituent un ensemble spécialisé 
dans la fabrication de cadrans de montres ». La valeur d'ensemble avait été aussi 
été reconnue par la sous-commission des monuments et antiquités de la CMNS 
lors de l'instruction de la mise à l'inventaire du bâtiment visé par l'autorisation de 
démolir. Enfin, l'OPS avait qualifié d'« exceptionnelle » la valeur patrimoniale du 
sentier des Saules. L'absence d'un préavis de la CMNS requis par la loi constituait 
un vice formel grave. 

  Une planification au sens large aurait permis d'appréhender les aspects 
mobilité et l'impact de la construction envisagée. On pouvait se demander 
comment les promoteurs comptaient assurer la gestion de dix-neuf places de 
stationnement pour les soixante-cinq logements prévus et s'assurer que leurs 
occupants entendaient bien délaisser leur voiture au profit d'une mobilité 
exclusivement douce, ce qui paraissait illusoire. Une telle planification aurait 
également pu permettre d'appréhender les questions des équipements publics, 
patrimoniale, à l'échelle de la Pointe de la Jonction, et environnementale. 

 La construction projetée s'élèverait à plus de 29 m au niveau des terrasses et 
à plus de 31 m au niveau des pergolas. La ligne verticale du gabarit se situant 
au-delà des 27 m prescrits par l'art. 27 LCI, une dérogation selon l'art. 11 LCI était 
nécessaire dans le cas d'espèce, ce que semblait admettre le TAPI. Or, la question 
de savoir si l'harmonie urbanistique de la rue était ou non respectée n'avait pas été 
examinée par la CMNS (art. 27 al. 7 LCI et art. 4 al. 1 de la loi sur les 
commissions d’urbanisme et d’architecture du 24 février 1961 [LCUA - L 1 55]), 
mais par la CA. Cette dernière avait examiné la dérogation sous un angle 
technique, par exemple la question de vue droite, et pas assez patrimonial. 

39)  Les consorts B______ ont également formé recours, par acte expédié le 
29 avril 2021, concluant préalablement à ce que soient ordonnés un transport sur 
place, une expertise acoustique et la production par le département de la servitude 
RS n° 20384 modifiée. Ils ont conclu principalement à l'annulation du jugement 
du TAPI ainsi que de l'autorisation de construire. 

  Dès lors que figuraient au dossier tant d'avis favorables que défavorables au 
projet, il apparaissait opportun que le juge rapporteur accepte un transport sur 
place en présence des parties, afin de pouvoir exercer son pouvoir d'appréciation 
librement. Il permettrait de constater que lors de la transformation du bâtiment 
dont ils étaient propriétaires à l'angle de la rue des Falaises et sentier des Saules, 
qui abritait auparavant les usines La Nationale Industries, toutes les structures et 
façades avaient été préservées. Leur bâtiment, comme celui faisant face au front 

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de la rue des Falaises de la parcelle 4'107, disposaient d'importants vides d'étage. 
Une dérogation à cette hauteur portait atteinte à l'harmonie qui se dégageait du 
caractère industriel des bâtiments du quartier. Un transport sur place permettrait 
également d'apprécier les griefs faits par la ville, dont l'impact négatif au niveau 
de l'ensoleillement du sentier des Saules. La hauteur du bâtiment rendait 
l'architecture brutalise et produisait un effet d'écrasement tant sur les immeubles 
voisins que sur le sentier. La seule renonciation aux deux derniers étages et la 
création d'un retrait des façades sur les étages 5, 6 et 7 permettraient d'alléger 
l'ensemble et d'obtenir une meilleure intégration dans le quartier. Ces éléments 
étaient visibles sur les maquettes virtuelles 3D du site du système d’information 
du territoire à Genève (SITG) produites en annexe. La diminution de la valeur 
locative de l'immeuble entraînée par la suppression de m2 habitables devait être 
mise en balance avec les valeurs patrimoniales et socioculturelles de l'objet à 
construire. La volonté de rendement de la K______ et la L______, pourtant 
diamétralement opposée à la philosophie qu'elles affichaient, semblait avoir pris le 
pas sur une densification respectueuse de l'intérêt public préservant la qualité de 
vie des habitants au sens large. 

  L'art. 27 al. 5 LCI avait été violé puisque, pour que le gabarit de hauteur 
prévu par le projet litigieux respecte la formule y prévue, il faudrait que la limite 
de propriété entre la parcelle concernée par le projet et la parcelle n° 145 soit 
déplacée de plusieurs mètres vers l'est ou qu'une servitude de distance et de vues 
droites soit inscrite à la charge de cette dernière parcelle. S'y ajoutait que la 
parcelle sur laquelle s'inscrivait le projet était elle-même grevée d'une telle 
servitude qui déplaçait fictivement et aux seules fins du calcul de gabarit la limite 
de propriété vers l'ouest et aggravait encore la problématique. Ainsi, une 
importante dérogation était nécessaire. Les consorts B______ n'avaient pas pu 
prendre connaissance de la servitude RS n° 20384 après modification qui aurait 
été validée par le registre foncier le 15 septembre 2021 pour permettre la 
réalisation du projet sans dérogation au sens de l'art. 11 LCI. Quand bien même 
une telle modification serait intervenue, un tel mode de procéder n'était pas 
admissible. Elle rendrait inapplicables les règles de gabarit. À titre superfétatoire, 
le préavis de la CA du 31 mai 2019 était incompréhensible sur ce point, étant 
relevé qu'il ne lui appartenait pas de décider si des servitudes de droit privé 
devaient être respectées. Dans la mesure où la dérogation au gabarit de hauteur 
était extrêmement importante en l'espèce, cela entraînait un devoir de motivation 
accru de la CA. Construire sur la parcelle en question un bâtiment plus haut que 
celui qui lui était contigu à l'est, se trouvant en pointe de l'îlot, malgré la pente du 
terrain naturel, rompait l'harmonie, la silhouette de l'agglomération et la 
perception de sa topographie. Par ailleurs, ce bâtiment romprait avec l'esthétique 
industrielle du quartier. Par conséquent, la dérogation octroyée apparaissait 
insuffisamment motivée et était au demeurant injustifiée. 

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  Le TAPI avait violé le principe de la garantie du double degré de juridiction 
en ne se prononçant pas sur l'absence au dossier de l'analyse de la CA pour valider 
la dérogation à l'art. 47 LCI, s'agissant des pièces dépourvues de jour, puisque 
donnant sur des coursives. La CA ne s'était jamais penchée sur cette 
problématique car elle n'avait vraisemblablement pas remarqué la contravention 
au texte légal. Les exigences fixées par la DAC pour octroyer la « dérogation » 
litigieuse n'étaient pas remplies. Ce grief devait être soumis à l'autorité 
compétente avant de pouvoir être porté devant le TAPI.  

  Le TAPI ne pouvait pas valablement retenir que l'absence dans le préavis du 
SMS de précision quant à l'appartenance du bâtiment à un ensemble était 
déterminant, puisqu'il revenait à la CMNS d'être consultée. De plus, l'analyse faite 
pour un bâtiment ne pouvait d'emblée s'appliquer aux immeubles voisins. Un 
parallèle entre le projet de la présente procédure et celui ayant abouti à 
l'ATA/281/2016 précité devait être également être écarté au motif que celui des 
Berges du Rhône SA portait uniquement sur une surélévation et que l'immeuble 
en question était inscrit à l'inventaire. Enfin, le TAPI admettait que le bâtiment à 
démolir était un témoin historique de l'activité horlogère et industrielle de la ville 
si bien qu'en l'absence de l'avis de la CMNS, il ne pouvait être exclu qu'il doive 
bénéficier d'une attention particulière. Le dossier devait être soumis à cette 
autorité, sans quoi le principe du double degré de juridiction serait violé. 

  Le TAPI retenait de manière contradictoire que l'architecture du quartier 
était amenée à évoluer, pour écarter le grief en lien avec la violation des art. 89 et 
93 LCI, tout en affirmant que la situation était figée pour écarter le grief d'une 
violation de l'art. 9 RPUS. Admettre l'implantation de locaux fermés au public 
dans le cadre de la nouvelle construction pourrait créer un précédent qui 
justifierait ensuite la privatisation des locaux situés au rez-de-chaussée pour 
chaque construction ou transformation d'immeubles voisins. Cela reviendrait à 
réfléchir à l'envers et à ignorer complètement le but du RPUS. Actuellement, une 
salle de projection associative et un café culturel existaient, ouverts au public. 
L'Ethno-Bar était situé à proximité. L'immeuble des Berges du Rhône abritait un 
logement d'étudiants, ce qui rendait vraisemblable qu'un établissement ouvert au 
public y voie le jour prochainement. Le périmètre du sentier des Saules devait 
ainsi être considéré comme un lieu d'activité accessible au public, contrairement à 
la jurisprudence à laquelle le TAPI s'était référé. Très apprécié des promeneurs 
toute l'année et des baigneurs en été, d'autres projets pouvaient être amenés à s'y 
développer. Ni les chambres d'hôtes prévues, ni les salles communes ne 
participeraient à l'animation du quartier. Par conséquent, le projet ne respectait pas 
le RPUS. Le respect de ce règlement par le nouveau projet était d'autant plus 
important qu'il viendrait en remplacement d'un bâtiment contribuant grandement à 
l'animation du quartier et à l'offre culturelle alternative de la ville, puisqu'abritant 
actuellement une épicerie coopérative, un cinéma, ainsi qu'un espace polyvalent. 

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  Le département avait rendu sa décision sans analyser la question de la perte 
d'ensoleillement des parcelles voisines, pourtant manifeste. Il découlait des 
maquettes virtuelles produites que même les étages supérieurs du bâtiment voisin 
subiraient une telle perte d'ensoleillement en raison de cette architecture brutaliste. 

  L'utilisation des coursives, mais également des terrasses en toiture par les 
habitants de coopérative, soit des étudiants et des locataires appréciant la vie 
communautaire, entraînerait dans le voisinage de la nouvelle construction des 
immissions de bruit supérieures à ce qui était admissible selon l'OPB. 
Contrairement à ce qu'avait retenu le TAPI, le SABRA n'avait pas examiné en 
détail les préoccupations des consorts B______. Le bruit engendré serait similaire 
à celui émanant de la terrasse d'un établissement public. Le SABRA ayant ignoré 
cette problématique, le département ne pouvait sans réserve se fonder sur son 
préavis. Une expertise acoustique aurait permis de veiller à ce que les installations 
techniques nécessaires au respect de l'OPB soient décidées et mises en place. 
L'expertise de N______ révélait que les limites légales d'immissions de bruit pour 
les pièces sensibles au bruit du projet litigieux seraient dépassées, en particulier en 
raison de l'usage prévisible des terrasses et coursives par un grand nombre de 
personnes. Le rapport exigé par le SABRA à la fermeture du chantier n'était pas 
suffisant puisqu'il n'était alors pas certain que des mesures seraient encore 
possibles pour remédier au problème. Par ailleurs, le préavis du SABRA omettait 
de traiter la problématique du bruit causé par les installations de plaisance situées 
le long du sentier des Saules. La présence de nombreuses personnes, y compris la 
nuit et disposant souvent d'appareils permettant de diffuser de la musique à des 
volumes importants engendrait également un dépassement insupportable des 
limites d'immissions de bruit. S'il pouvait être admis que ces dernières nuisances 
ne concernaient pas l'objet de la présente procédure, elles s'additionnaient 
toutefois au bruit émanant de la vie communautaire et étudiante envisagée dans la 
future construction. 

  La dérogation octroyée impliquant qu'il soit renoncé à près d'un tiers du 
nombre de places de stationnement prévues ne pouvait être considérée comme 
étant de peu d'importance. On ignorait par quel calcul le TAPI avait pu considérer 
que les perturbations engendrées par trois ou quatre voitures supplémentaires 
pouvaient être clairement considérées comme inexistantes. En admettant que 
selon la SBP totale du projet, trente-deux places devaient être créées, mais que 
seulement vingt-deux ou vingt-trois le seraient finalement, il s'agissait de dix 
respectivement onze véhicules se trouvant sans emplacement, non pas trois ou 
quatre. Un excès de coût pour la réalisation d'un deuxième sous-sol pour la 
création de dix voire onze places de parking supplémentaires était acceptable. En 
tout état, une dérogation n'apparaissait pas opportune dans ce quartier où les 
places de parking étaient déjà extrêmement rares. 

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  Les consorts B______ peinaient à comprendre les raisons qui avaient poussé 
la CA à finalement préaviser favorablement une dérogation pour les vides étages, 
sans justifier les raisons qui lui auraient fait changer d'avis dans une situation de 
fait inchangée. Cette dérogation intervenait au détriment de la qualité de vie des 
utilisateurs finaux et servait en réalité un intérêt privé. Le bâtiment contigu, celui 
à détruire, ainsi que celui situé de l'autre côté de la rue des Falaises présentaient 
tous des vides étages importants, bien que non identiques. Une réelle harmonie 
s'en dégageait toutefois qui participait au caractère industriel de l'ensemble. 
L'autorisation querellée violait l'art. 49 al. 5 LCI. À titre superfétatoire, il était 
relevé que cette dérogation n'avait pas été publiée en contravention manifeste avec 
l'art. 3 al. 5 LCI. 

40)  Le département a conclu, le 7 juin 2021, au rejet des trois recours. 

  Il s'en rapportait à justice s'agissant de la demande de récusation visant le 
juge assesseur M. P______. 

41)  La K______ et la L______ ont conclu le 8 juin 2021 au rejet des trois 
recours. 

  En lien avec la demande de récusation du juge assesseur M. P______, il 
était relevé que celui-ci n'était pas membre de la K______ ou de la L______ et 
n'avait jamais représenté les parties à la procédure. Il n'existait donc aucun rapport 
de dépendance entre eux. Son associé, Me S______, avait défendu les intérêts de 
la K______ plus de seize ans plus tôt, ce qui de toute évidence, n'était pas récent. 
Il n'était de plus intervenu que dans un seul et unique mandat, ce qui ne permettait 
pas de conclure à une éventuelle relation permanente entre lui et la K______. 
Enfin, le juge assesseur en question avait intégré l'étude en 2011, soit six ans après 
la fin de ce mandat. Cet unique mandat exercé par Me S______ ne pouvait ainsi 
constituer une quelconque apparence de partialité et un motif de récusation. 

42)  Les consorts B______ ont répliqué le 8 juillet 2021. L'apparence de 
partialité soulevée ne provenait pas tant du fait des mandats ayant pu être acceptés 
par l'associé du juge assesseur M. P______, mais de sa propre proximité avec les 
coopératives d'habitation, dès lors qu'il semblait y assumer des responsabilités. La 
CMNS aurait dû être consultée pour trancher la question de l'appartenance de la 
parcelle en cause à un ensemble architectural. C'était dans la mesure où le 
département ne semblait pas avoir pris la mesure de l'impact du bâtiment projeté 
sur l'environnement du sentier des Saules qu'ils avaient jugé nécessaire d'établir et 
de produire leur maquette. Son gabarit dépassait celui du bâtiment 145 d'un étage 
bien réel et non pas d'une seule superstructure ponctuelle. La perte 
d'ensoleillement relevée n'était qu'un des aspects de l'impression d'oppression et 
d'écrasement générée par le bâtiment projeté. Ils produisaient les images de 
l'ombre provoquée par la construction sur l'immeuble voisin le jour de l'équinoxe, 
soit le 22 septembre 2021, de 08h00 à 10h00, ombre qui recouvrait l'intégralité de 

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l'immeuble pendant presque deux heures. L'existence d'un inconvénient grave 
devait donc être constatée. Le projet diminué de deux étages causerait une perte 
d'ensoleillement d'à peine la moitié de l'immeuble voisin. Si les ouvertures de 
l'immeuble voué à être démoli étaient plus petites que celles des bâtiments 
voisins, cette différence n'était pas choquante dès lors qu'elles étaient 
proportionnées au gabarit plus modeste dudit immeuble. Sur un bâtiment 
beaucoup plus imposant, elles n'auraient pas le même impact visuel. Les deux 
coopératives devaient être attentives à la qualité et à la densification de leur 
promotion et leur but ne devrait pas être de maximiser les surfaces habitables en 
augmentant le nombre d'étages, sans égard pour le site et les immeubles voisins. 

43)  Dans leur réplique du 23 août 2021, les consorts F______ sont revenus 
largement sur le fait que le bâtiment actuellement érigé sur la parcelle n° 4'029 
faisait partie d'un ensemble digne de protection. Conformément à la coupe B-B, le 
dernier étage de l'immeuble projeté avant toiture s'élevait à 28.93 m, soit 
davantage que le maximum autorisé par l'art. 27 al. 6 LCI, de sorte que les 
conditions d'une dérogation au sens de l'art. 11 LCI auraient dû être examinées. 

44)  Les époux A______, dans leur réplique du 23 août 2021 également, se sont 
référés au plan directeur de quartier « Pôle Cornavin (Genève-Cité) » adopté par 
arrêté du Conseil d'État du 19 mai 2021, soit un énième exemple du périmètre visé 
par la Fiche A01 du PDC 2030. L'office de l'urbanisme avait confirmé, par un 
téléphone avec l'étude d'avocats les représentant, que la planification du secteur de 
la pointe de la Jonction était en cours. Il était donc plausible que le projet de 
construction contrecarre des orientations en cours de définition. En tout état, le 
fait même que l'État de Genève travaillait actuellement sur la planification du 
secteur en question leur donnait raison en tant qu'ils se plaignaient d'une violation 
de l'obligation de planification. En l'espèce, le département avait violé son 
obligation de planifier. 

  Dans la mesure où la CMNS avait été consultée pour se prononcer sur la 
transformation du bâtiment annexe à celui devant être démoli, il se justifiait a 
fortiori de la consulter dans le cas de la démolition de l'ancienne usine Stern. 

  Ils regrettaient enfin que le TAPI ait choisi le seul juge politiquement et 
professionnellement engagé sur la question coopérative. 

45)  Les parties ont été informées, le 24 août 2021, que la cause était gardée à 
juger.  

 Pour le surplus, leurs arguments et la teneur des pièces figurant au dossier 
seront repris ci-dessous dans la partie en droit dans la mesure nécessaire au 
traitement du recours. 

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EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2)  Les recourants A______ demandent la récusation de l'un des deux juges 
assesseur ayant siégé au TAPI. 

 a.  La garantie minimale d'un tribunal indépendant et impartial, telle qu'elle 
résulte des art. 30 al. 1 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 
18 avril 1999 (Cst. - RS 101) et 6 § 1 de la Convention de sauvegarde des droits 
de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 (CEDH - 
RS 0.101), lesquels ont, de ce point de vue, la même portée permet, 
indépendamment du droit de procédure, de demander la récusation d'un juge dont 
la situation ou le comportement est de nature à susciter des doutes quant à son 
impartialité. Elle n'impose pas la récusation seulement lorsqu'une prévention 
effective du magistrat est établie, car une disposition interne de sa part ne peut 
guère être prouvée. Il suffit que les circonstances donnent l'apparence de la 
prévention et fassent redouter une activité partiale du magistrat. Seules les 
circonstances constatées objectivement doivent être prises en considération. Les 
impressions purement individuelles de l'une des parties au procès ne sont pas 
décisives (ATF 140 III 221 consid. 4.1 ; 139 I 121 consid. 5.1 ; 138 I 1 
consid. 2.2). 

 b.  En droit administratif genevois, l'art. 15A LPA prévoit que les juges doivent 
notamment se récuser s'ils ont un intérêt personnel dans la cause (let. a), s'ils ont 
agi dans la même cause à un autre titre, notamment comme membre d'une 
autorité, comme conseil juridique d'une partie, comme expert, comme témoin ou 
comme médiateur (let. b) et s'ils pourraient être prévenus de toute autre manière, 
notamment en raison d'un rapport d'amitié ou d'inimitié avec une partie ou son 
représentant (let. f). Les juges, les membres des juridictions et les membres du 
personnel des juridictions qui se trouvent dans un cas de récusation sont tenus d'en 
informer sans délai le président de leur juridiction (art. 15A al. 3 LPA). La 
demande de récusation doit en outre être présentée sans délai et par écrit à la 
juridiction compétente (art. 15A al. 4 LPA). 

 c.  Selon un principe général, la partie qui a connaissance d'un motif de 
récusation doit l'invoquer aussitôt, sous peine d'être déchue du droit de s'en 
prévaloir ultérieurement, dès lors qu'il serait contraire aux règles de la bonne foi 
de garder en réserve le moyen tiré de la composition irrégulière de l'autorité pour 
ne l'invoquer qu'en cas d'issue défavorable de la procédure (ATF 140 I 271 
consid. 8.4.3 ; ATA/185/2020 du 18 février 2020 consid. 4d et les références 
citées). Cela ne signifie toutefois pas que la composition concrète de l'autorité 

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judiciaire amenée à statuer doive nécessairement être communiquée de manière 
expresse au justiciable. Il suffit que l'information ressorte d'une publication 
générale facilement accessible, en particulier sur internet, par exemple l'annuaire 
officiel. Selon la jurisprudence, la partie assistée d'un avocat est en tout cas 
présumée connaître la composition régulière du tribunal (arrêt du Tribunal fédéral 
2C_1058/2017 du 5 février 2019 consid. 5.2 et les références citées). 

  Toutefois, lorsque l'apparence de prévention est évidente, de sorte que le 
juge aurait dû se récuser spontanément, ce vice doit être apprécié avec plus de 
rigueur qu'une éventuelle tardiveté de la demande de récusation (ATF 134 I 20 
consid. 4.3.2).  

 d.  En l'espèce, il ressort du dossier que les recourants A______ ont porté la 
décision de l'autorité intimée le 18 juin 2020 par-devant le TAPI, où les trois 
causes ont été instruites à compter de cette date, puis gardées à juger, le jugement 
ayant été rendu le 11 mars 2021 par ladite juridiction dans une composition 
ordinaire. 

  Assistés de deux mandataires professionnellement qualifiés, ces recourants 
ne pouvaient ignorer la composition du TAPI statuant dans un litige relevant de la 
LCI, dans le cadre duquel il siège dans la composition d’un juge, qui le préside, et 
de deux juges assesseurs spécialisés en matière de construction, d’urbanisme et 
d’hygiène publique (art. 143 LCI), sur les dix juges assesseurs élus (art. 1 let. b du 
règlement fixant le nombre de juges assesseurs à élire au TAPI du 8 février 2018 - 
RNTAPI - E 2 05.07), la liste nominative des magistrats étant disponible sur le 
site internet du Pouvoir judiciaire, sur la page dédiée à cette juridiction 
(http://ge.ch/justice/tribunal-administratif-de-premiere-instance, consulté le 
28 septembre 2021). Il appartenait ainsi aux recourants de se manifester aussitôt 
après le dépôt de leurs recours, si ce n'est au moment du dépôt de celui-ci. 
M. P______ était alors déjà juge assesseur, élu le 24 mai 2018 avec entrée en 
fonction le 1er juin 2018 (https://ge.ch/grandconseil/memorial/seances/020101/2/ 
10/, consulté le 28 septembre 2021) -, et de ne pas attendre qu'un jugement soit 
rendu pour soulever ce point pour la première fois devant la chambre de céans. 

  Par ailleurs, le vice allégué n'est pas évident. En effet, ce juge assesseur n'a 
d'une part intégré l'étude d'avocats dans laquelle il travaille qu'en 2011, soit après 
qu'un des associés aurait assuré la défense de la K______, il y a seize ans environ, 
dans un dossier dont il n'est pas soutenu qu'il aurait un rapport avec l'immeuble 
projeté. L'implication et les liens dudit juge assesseur dans différentes fondations 
immobilières de droit public, dont il n'est pas soutenu qu'elles seraient liées 
directement aux deux coopératives intimées, de même que son engagement 
politique dans le parti socialiste genevois, ne suffisent pas à retenir qu'il n'aurait 
pas fait preuve de toute la retenue requise par sa fonction de juge assesseur. Il sera 
au demeurant rappelé que l'expérience acquise par sa profession et ses diverses 
fonctions sont précisément les qualités attendues du juge assesseur spécialisé. 

https://ge.ch/grandconseil/memorial/seances/020101/2/

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Rien ne permet ainsi de suspecter que le juge assesseur en question n’aurait pas 
tranché la cause en toute objectivité.  

  Le grief en lien avec le manque d’indépendance du TAPI, pour autant que 
recevable vu sa tardiveté, sera écarté. 

3)  Les recourants B______ sollicitent un transport sur place, une expertise 
acoustique et la production par le département de la servitude RS n° 20384 
modifiée. 

 a.  Tel qu'il est garanti par l'art. 29 al. 2 Cst., le droit d'être entendu comprend 
notamment le droit pour l'intéressé d'offrir des preuves pertinentes et d'obtenir 
qu'il y soit donné suite (ATF 132 II 485 consid. 3.2 ; 127 I 54 consid. 2b). Ce droit 
n'empêche pas le juge de renoncer à l'administration de certaines preuves et de 
procéder à une appréciation anticipée de ces dernières, s’il acquiert la certitude 
que celles-ci ne l'amèneront pas à modifier son opinion ou si le fait à établir 
résulte déjà des constatations ressortant du dossier (ATF 138 III 374 
consid. 4.3.2 ; 131 I 153 consid. 3). En outre, il n'implique pas le droit d'être 
entendu oralement, ni celui d'obtenir l'audition de témoins (ATF 134 I 140 
consid. 5.3 ; 130 II 425 consid. 2.1). 

 b. En l'espèce, le dossier contient les plans produits, les maquettes du projet, 
les images de synthèse et des photographies. Les outils numériques permettent de 
plus d'apprécier avec précision l'environnement, les caractéristiques 
architecturales du quartier, l'emplacement, les dimensions et le périmètre dans 
lequel le projet s'insèrerait. Il ne se justifie en conséquence pas de procéder à un 
transport sur place, la chambre de céans considérant être suffisamment renseignée 
pour trancher le litige. Une expertise acoustique n'a pas lieu d'être compte tenu de 
ce qui suit. La production par le département de la servitude RS n° 20384 
modifiée est inutile dans la mesure où ladite modification de la servitude a été 
validée par le registre foncier en date du 15 septembre 2020 sur la base de l'acte 
de modification du 29 août 2019 produit par le département en pièce 26 de son 
chargé du 31 août 2020.  

  Il ne sera en conséquence pas donné de suite favorable à ces trois demandes 
d'actes d'enquête. 

4) a.  L'acte de recours contient, sous peine d'irrecevabilité, la désignation de la 
décision attaquée et les conclusions du recourant (art. 65 al. 1 LPA). L'acte de 
recours contient également l'exposé des motifs ainsi que l'indication des moyens 
de preuve (art. 65 al. 2 1ère phr. LPA). La juridiction administrative applique le 
droit d'office et ne peut aller, en principe, au-delà des conclusions des parties, sans 
pour autant être liée par les motifs invoqués (art. 69 al. 1 LPA). 

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 b.  L'objet du litige est principalement défini par l'objet du recours, les 
conclusions du recourant et, accessoirement, par les griefs ou motifs qu'il invoque. 
L'objet du litige correspond objectivement à l'objet de la décision attaquée, qui 
délimite son cadre matériel admissible (ATF 136 V 362 consid. 3.4 et 4.2 ; arrêt 
du Tribunal fédéral 2C_581/2010 du 28 mars 2011 consid. 1.5 ; ATA/242/2020 
du 3 mars 2020 consid. 2a). La contestation ne peut excéder l'objet de la décision 
attaquée, c'est-à-dire les prétentions ou les rapports juridiques sur lesquels 
l'autorité inférieure s'est prononcée ou aurait dû se prononcer. L'objet d'une 
procédure administrative ne peut donc pas s'étendre ou qualitativement se 
modifier au fil des instances, mais peut tout au plus se réduire dans la mesure où 
certains éléments de la décision attaquée ne sont plus contestés. Ainsi, si un 
recourant est libre de contester tout ou partie de la décision attaquée, il ne peut pas 
prendre, dans son mémoire de recours, des conclusions qui sortent du cadre des 
questions traitées dans la procédure antérieure (ATA/1628/2019 consid. 2b). 

 c. En l'espèce, l'objet du litige est désormais circonscrit à la conformité au 
droit de l'autorisation de construire litigieuse, aucune des parties n'ayant en effet 
remis en cause le constat d'irrecevabilité du TAPI des recours des époux A______ 
et consorts F______ portant sur l'autorisation de démolir. 

5) a. Selon l’art. 61 al. 1 LPA, le recours peut être formé pour violation du droit y 
compris l’excès et l’abus du pouvoir d’appréciation (let. a), pour constatation 
inexacte ou incomplète des faits pertinents (let. b). Les juridictions administratives 
n’ont pas compétence pour apprécier l’opportunité de la décision attaquée, sauf 
exception prévue par la loi (al. 2). 

 b. L'autorité administrative jouit d'un large pouvoir d'appréciation dans l'octroi 
de dérogations. Cependant, celles-ci ne peuvent être accordées ni refusées d'une 
manière arbitraire. Tel est le cas lorsque la décision repose sur une appréciation 
insoutenable des circonstances et inconciliable avec les règles du droit et de 
l'équité et se fonde sur des éléments dépourvus de pertinence ou néglige des 
facteurs décisifs. Quant aux autorités de recours, elles doivent examiner avec 
retenue les décisions par lesquelles l'administration accorde ou refuse une 
dérogation. L'intervention des autorités de recours n'est admissible que dans les 
cas où le département s'est laissé guider par des considérations non fondées 
objectivement, étrangères au but prévu par la loi ou en contradiction avec elle. Les 
autorités de recours sont toutefois tenues de contrôler si une situation 
exceptionnelle justifie l'octroi de ladite dérogation, notamment si celle-ci répond 
aux buts généraux poursuivis par la loi, qu'elle est commandée par l'intérêt public 
ou d'autres intérêts privés prépondérants ou encore lorsqu'elle est exigée par le 
principe de l'égalité de traitement, sans être contraire à un intérêt public 
(ATA/639/2020 du 30 juin 2020 consid 4d et l’arrêt cité). 

  Selon une jurisprudence bien établie, la chambre de céans observe une 
certaine retenue pour éviter de substituer sa propre appréciation à celle des 

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commissions de préavis, pour autant que l'autorité inférieure suive l'avis de 
celles-ci. Les autorités de recours se limitent à examiner si le département ne s'est 
pas écarté sans motif prépondérant et dûment établi du préavis de l'autorité 
technique consultative, composée de spécialistes capables d’émettre un jugement 
dépourvu de subjectivisme et de considérations étrangères aux buts de protection 
fixés par la loi. De même, s'agissant des jugements rendus par le TAPI, la 
chambre administrative exerce son pouvoir d'examen avec retenue car celui-ci se 
compose pour partie de personnes possédant des compétences techniques 
spécifiques (ATA/860/2021 du 24 août 2021 consid. 6b et références citées). 

 c.  Constitue un abus du pouvoir d’appréciation le cas où l’autorité reste dans le 
cadre fixé par la loi, mais se fonde toutefois sur des considérations qui manquent 
de pertinence et sont étrangères au but visé par les dispositions légales 
applicables, ou viole des principes généraux du droit tels que l’interdiction de 
l’arbitraire et de l’inégalité de traitement, le principe de la bonne foi et le principe 
de la proportionnalité (ATF 137 V 71 ; ATA/1276/2018 du 27 novembre 2018 
consid. 4d ; Thierry TANQUEREL, Manuel de droit administratif, 2ème éd., 2018, 
n. 515). Il y a excès du pouvoir d’appréciation lorsque l’autorité dépasse le cadre 
de ses pouvoirs. En outre, celle-ci doit exercer son libre pouvoir d’appréciation 
conformément au droit, ce qui signifie qu’elle doit respecter le but dans lequel un 
tel pouvoir lui a été conféré, procéder à un examen complet de toutes les 
circonstances pertinentes, user de critères transparents et objectifs, ne pas 
commettre d’inégalité de traitement et appliquer le principe de la proportionnalité. 
Si elle ne respecte pas ces principes, elle abuse de son pouvoir (ATA/827/2018 
précité consid. 2b ; ATA/845/2015 précité consid. 2b ; Pierre MOOR/ Alexandre 
FLÜCKIGER/Vincent MARTENET, Droit administratif, vol. I, 3ème éd., 2012, 
p. 743 ss et les références citées). 

6) a. Tous les recourants soutiennent que l'usine Stern, vouée à la démolition si le 
projet devait se concrétiser, ferait partie d'un ensemble industriel de la fin du 
19ème – début du 20ème siècle digne d'être protégé.  

  Ce grief est toutefois irrecevable en tant que tel et n'a dès lors pas à être 
examiné au fond par la chambre administrative dans la mesure où il concerne 
l'autorisation de démolir, laquelle est désormais en force. Il sera toutefois 
examiné, sous l'angle de l'exigence ou non de l'intervention de la CMNS, pour 
émettre un préavis dans le cadre de l'autorisation de construire litigieuse. 

 b. Selon les recourants, l'immeuble projeté, d'une architecture « brutaliste », 
nuirait à l'environnement des rives du Rhône et du sentier des Saules, et plus 
largement de la Pointe de la Jonction. En tout état, la CMNS ou le SMS devaient 
être consultés dans le cadre de la demande d'autorisation de construire en cause, et 
non pas la seule CA. 

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7)  L'assujettissement d'un immeuble à des mesures de conservation ou de 
protection du patrimoine naturel ou bâti constitue une restriction du droit de 
propriété garanti par l'art. 26 al. 1 Cst.; pour être compatible avec cette 
disposition, l'assujettissement doit reposer sur une base légale - une loi au sens 
formel si la restriction est grave -, être justifié par un intérêt public et respecter le 
principe de la proportionnalité (art. 36 al. 1 à 3 Cst. ; ATF 126 I 219 consid. 2a et 
les arrêts cités). 

8) a.  En droit fédéral, les plans d'affectation règlent le mode d'utilisation du sol. 
Ils délimitent en premier lieu les zones à bâtir, les zones agricoles et les zones à 
protéger (art. 14 de la loi fédérale sur l’aménagement du territoire du 22 juin 1979 
(LAT - RS 700). Les zones à protéger comprennent notamment les cours d'eau, 
les lacs et leurs rives (art. 17 al. let a LAT), les paysages d'une beauté particulière, 
d'un grand intérêt pour les sciences naturelles ou d'une grande valeur en tant 
qu'éléments du patrimoine culturel (art. 17 al. 1 let. b LAT) et les localités 
typiques, les lieux historiques, les monuments naturels ou culturels (art. 17 al. 1 
let. c LAT). Lorsque les circonstances se sont sensiblement modifiées, les plans 
d'affectation font l'objet des adaptations nécessaires (art. 21 al. 2 LAT). 

 b.  En droit genevois, les plans de zone, qui sont des plans d'affectation du sol, 
comprennent les zones protégées, qui constituent des périmètres délimités à 
l'intérieur d'une zone à bâtir ordinaire ou de développement et qui ont pour but la 
protection de l'aménagement et du caractère architectural des quartiers et localités 
considérés (art. 12 al. 5 LaLAT). 

  Selon l'art. 29 al. 1 LaLAT sont notamment désignées comme zones à 
protéger au sens de l’art. 17 LAT : a) les eaux publiques et privées ainsi que les 
rives telles que définies par la loi sur les eaux du 5 juillet 1961 (LEaux-GE – 
L 2 05) ; b)  les sites et paysages au sens de l’article 35 LPMNS ; d)  les 
ensembles du 19ème siècle et du début du 20ème siècle, selon les articles 89 à 
93 LCI ; h) le site du Rhône, selon la loi sur la protection générale des rives du 
Rhône du 27 janvier 1989 (LPRRhône - L 4 13). 

9) a. Selon l'art. 15 al. 1 LEaux-GE, aucune construction ou installation, tant en 
sous-sol qu'en élévation, ne peut être édifiée à une distance de moins de 10,30 et 
50 m de la limite du cours d'eau, selon la carte des surfaces inconstructibles 
annexée à la LEaux (s'il existe un projet de correction du cours d'eau, cette 
distance est mesurée à partir de la limite future). L'al. 3 de cette disposition 
prévoit diverses dérogations, cas échéant assorties de charges ou de conditions 
(al. 6), lesquelles, selon l'al. 4, doivent être approuvées par le département et faire 
l'objet, hormis pour les requêtes en autorisation de construire instruites en 
procédure accélérée, d'une consultation de la commune et de la CMNS. 

  La LPRRhône a pour but de protéger le site du Rhône, de ses rives et de 
leurs abords (art. 1 LPRRhône).  Le périmètre du territoire protégé, délimité par 

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les plans nos 27850-600 et 27851-600 annexés, est régi par les dispositions des 
art. 3 à 6 LPRRhône (art. 2 al. 1 LPRRhône). Il constitue une zone à protéger au 
sens de l’article 17 LAT et 29 de la LaLAT. 

  Selon l'art. 3 al. 1 LPRRhône, aucune construction nouvelle, sous réserve de 
constructions d’utilité publique imposées par leur destination, ne peut être érigée à 
l’intérieur du périmètre délimité par les plans visés à l’art. 2. L’agrandissement de 
peu d’importance, l’adaptation, la transformation, voire la reconstruction de 
bâtiments et d’installations existants, demeurent réservés. 

 b.  La LPMNS a notamment pour but de conserver les monuments de l'histoire, 
de l'art ou de l'architecture, les antiquités immobilières ou mobilières situés ou 
trouvés dans le canton ainsi que le patrimoine souterrain hérité des anciennes 
fortifications de Genève (art. 1 let. a), de préserver l'aspect caractéristique du 
paysage et des localités, les immeubles et les sites dignes d'intérêt, ainsi que les 
beautés naturelles (art. 1 let. b), d'assurer la sauvegarde de la nature, en ménageant 
l'espace vital nécessaire à la flore et à la faune, et en maintenant les milieux 
naturels (art. 1 let. c), de favoriser l'accès du public à un site ou à son point de vue 
(art. 1 let. d). 

  La LPMNS poursuit la protection générale des monuments de l'histoire, de 
l'art ou de l'architecture et des antiquités immobilières situés ou découverts dans le 
canton, qui présentent un intérêt archéologique, historique, artistique, scientifique 
ou éducatif, ainsi que les terrains contenant ces objets et leurs abords (art. 4 
let. a LPMNS), et des immeubles et des sites dignes d'intérêt, ainsi que des 
beautés naturelles (art. 4 let. b LPMNS). 

  S'agissant des bâtiments, elle prévoit l'établissement d'un inventaire de tous 
les immeubles dignes d'être protégés au sens de l'art. 4 (art. 7 al. 1 LPMNS), ainsi 
que la possibilité pour le Conseil d'État d'ordonner la classement d'un monument 
ou d'une antiquité (art. 10 LPMNS). Les immeubles inscrits à l'inventaire doivent 
être maintenus et leurs éléments dignes d'intérêt préservés (art. 9 al. 1 LPMNS). 

  S'agissant de la nature et des sites, la LPMNS prévoit la protection des sites 
et paysages, espèces végétales et minéraux qui présentent un intérêt biologique, 
scientifique, historique, esthétique ou éducatif (art. 35 al. 1), soit notamment des 
paysages caractéristiques, tels que rives, coteaux, points de vue (art. 35 al. 2 let. a) 
et ensembles bâtis qui méritent d'être protégés pour eux-mêmes ou en raison de 
leur situation privilégiée (art. 35 al. 2 let. b), sous réserve des dispositions de la 
LCI sur les zones protégées. 

  Selon l'art. 38 LMNS, le Conseil d’État peut édicter les dispositions 
nécessaires à l’aménagement ou à la conservation d’un site protégé par 
l’approbation d’un plan de site assorti, le cas échéant, d’un règlement (al. 1). Ces 
plans et règlements déterminent notamment : a)  les mesures propres à assurer la 

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sauvegarde ou l’amélioration des lieux, telles que : maintien de bâtiments 
existants, alignement aux abords de lisières de bois et forêts ou de cours d’eau; 
angles de vue, arborisation ; b)  les conditions relatives aux constructions, 
installations et exploitations de toute nature (implantation, gabarit, volume, 
aspect, destination) ; c)  les cheminements ouverts au public ainsi que les voies 
d’accès à un site ou à un point de vue ; d)  les réserves naturelles (art. 38 
al. 2 LMNS). 

 c.  Les art. 89 ss LCI prévoient la préservation de l'unité architecturale et 
urbanistique des ensembles du 19ème siècle et du début du 20ème siècle qui sont 
situés en dehors des périmètres de protection (art. 89 al. 1 LCI). Sont considérés 
comme ensemble les groupes de deux immeubles ou plus en ordre contigu, 
d'architecture identique ou analogue, ainsi que les immeubles séparés dont 
l'emplacement, le gabarit et le style ont été conçus dans le cadre d'une 
composition d'ensemble dans le quartier ou dans la rue (art. 89 al. 2 LCI). 

  Selon l'art. 90 al. 1 LCI, les ensembles dont l'unité architecturale et 
urbanistique est complète sont maintenus. En cas de rénovation ou de 
transformation, les structures porteuses, de même que les autres éléments 
particulièrement dignes de protection doivent, en règle générale, être sauvegardés. 

  Le département établit et publie sans tarder une liste indicative des 
ensembles visés à l'alinéa 1 (art. 90 al. 4 LCI). Sur cette base, le département a 
publié deux séries d'ensembles retenus, en novembre 1985, puis en octobre 1989. 
Cette liste indicative de quarante-six ensembles retient des immeubles construits 
en majorité entre la fin du 19ème siècle et les années 1920.  

  Le choix du législateur d'une liste indicative, laisse une grande marge 
d'appréciation au département chargé de l'application de ces dispositions. Au cas 
par cas, le département a fait bénéficier de la protection des art. 89 et ss LCI des 
ensembles ne figurant pas sur la liste indicative. Cette manière de faire a 
régulièrement été confirmée par la chambre de céans en raison du caractère 
indicatif de la liste (ATA/169/2016 du 23 février 2016 consid. 6d ; 
ATA/1366/2015 du 21 décembre 2015 ; ATA/539/2009 du 27 octobre 2009). 

  Par ailleurs, la qualification d'ensemble dépend d'une volonté d'unité et 
d'harmonie dans la conception de l'espace aménagé pour les différents éléments 
formant un tout projeté et cohérent. À cet égard, les préavis des instances 
spécialisées en matière de protection du patrimoine sont déterminants. L'art. 90 
al. 4 LCI mentionne la compétence du département, notamment par le biais de ses 
instances spécialisées, telles que l'OPS (art. 6 al. 1 let. e du règlement sur 
l'organisation de l'administration cantonale du 1er juin 2018 - ROAC - B 4 05.10), 
lequel comprend notamment le SMS (ch. 3). 

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10) a. La CMNS est une commission consultative. Elle donne son préavis sur tous 
les objets qui, en raison de la matière, sont de son ressort. Elle se prononce en 
principe une seule fois sur chaque demande d’autorisation, les éventuels préavis 
complémentaires étant donnés par l’OPS par délégation de la commission. Elle 
peut proposer toutes mesures propres à concourir aux buts de la LMNS. Elle peut 
déléguer ses pouvoirs à des sous-commissions permanentes ainsi qu’à l’OPS 
(art. 47 LPMNS). 

  La CMNS donne son préavis notamment sur tout projet de travaux 
concernant un immeuble porté à l'inventaire, classé ou situé en zone protégée 
(art. 5 al. 2 let. c, e, f RPMNS). Il appartient au département de saisir la 
commission ou les sous-commissions concernées des projets pour lesquels un 
préavis ou des propositions sont requis en application de l’al. 2. Lorsqu'un préavis 
est exprimé par une sous-commission, il vaut préavis de la commission (art. 5 
al. 3 let. c, e, f RPMNS). 

 b. La CA est quant à elle consultée par le département, lorsqu'il doit se 
prononcer sur l'octroi d'une dérogation au gabarit des constructions, tels que 
définis par les art. 26 ss LCI, lorsque l'immeuble se trouve en 3ème zone de 
construction (art. 11 al. 4 LCI et art. 27 al. 7 LCI). Selon l'art. 4 al. 1 de la loi sur 
les commissions d’urbanisme et d’architecture du 24 février 1961 (LCUA -
L 1 55) auquel renvoie la dernière phrase de l'art. 11 al. 4 LCI, la CA n'est plus 
consultée lorsque le projet fait l'objet d'un préavis de la CMNS (art. 4 
al. 1 LCUA).  

 c. Lors de l'adoption de ces normes, le souhait du législateur était d'exclure 
une double consultation de la CMNS et de la CA, afin d'alléger la procédure. 
Cette modification devait également permettre d'éviter les préavis contradictoires. 
Ainsi, seule la CMNS est compétente pour donner son avis sur des projets régis 
par la LPMNS ou situés dans des zones protégées. À teneur de la nouvelle 
disposition alors adoptée, la CA ne devait plus être consultée pour ces projets 
(MGC 2003-2004/XI A 5893 ; MGC 2005-2006/V A 3504 et ss ; ATA/281/2016 
du 5 avril 2016 consid. 5). 

11)  En l'espèce, le conseiller d'État en charge du département a, par arrêté du 
16 juin 2016, rejeté la demande d'APV d'inscrire à l'inventaire l'usine Stern, 
nonobstant le préavis favorable de la CMNS, considérant, dans la pesée des 
intérêts, la prépondérance de la pénurie de logements sévissant à Genève. Si la 
CMNS a été consultée dans le cadre du projet de surélévation de l'immeuble 
voisin sis sur la parcelle n° 145 (anciennes usines Tissot puis Beyeler), c'est que 
ledit bâtiment avait fait l'objet d'une mise à l'inventaire limitée aux façades 
originelles selon arrêté du Conseil d'État du 1er septembre 2010, ce qui n'est pas le 
cas de l'usine Stern. 

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  Par ailleurs l'immeuble appelé à être démoli ne fait pas l'objet d'un plan de 
site. Le projet litigieux se situe intégralement en dehors du périmètre de protection 
des rives du Rhône qu'il jouxte. Il n'est pas soutenu qu'il ne respecterait pas la 
LEaux-Ge.  

  Ni la parcelle concernée par la procédure, ni les bâtiments limitrophes 
n'appartiennent à un ensemble figurant dans la liste visée à l'art. 90 al. 4 LCI. Si 
certes la liste des ensembles, sur laquelle l'usine Stern n'apparaît pas, n'est 
qu'indicative, les recourants F______ ne sauraient être suivis lorsqu'ils mettent en 
doute, en y substituant leur propre appréciation, les qualités des personnes 
l'établissant et les critères gouvernant leurs choix qui dépendraient d'une « analyse 
superficielle ».  En tout état, comme déjà relevé, les griefs formés sur ce point 
concernant l'autorisation de démolir sont irrecevables. 

  Partant la CMNS n'avait pas à émettre de préavis dans le cadre de 
l'instruction de la demande d'autorisation de construire querellée sur la base de la 
LPMNS et plus précisément de l'art. 5 al. 2 let. c, e et f du règlement d’exécution 
de la loi sur la protection des monuments, de la nature et des sites du 29 novembre 
1976 (RPMNS - L 4 05.01). 

  Il n'est enfin à juste titre pas soutenu que le site, respectivement l'immeuble 
en question, bénéficierait d'aucune autre mesure de protection instaurée par la 
législation genevoise relative à la protection du patrimoine nécessitant de 
recueillir le préavis de la CMNS. 

12)  Les recourants A______ se plaignent, en lien avec l'immeuble projeté, du 
non-respect de la fiche A01 du PDCn 2030, de même que de la fiche d'action PL1 
de la ville et du plan directeur de quartier (l'art. 10 al. 4 LaLAT). Le projet 
violerait aussi l'inventaire fédéral ISOS, dans la mesure où il se situerait dans le 
périmètre « P 17 Quartier de la Jonction » figurant audit inventaire. 

13) a.  À teneur de l’art. 10 al. 1 LaLAT, le plan directeur localisé fixe les 
orientations futures de l’aménagement de tout ou partie du territoire d’une ou 
plusieurs communes. Il est compatible avec les exigences de l’aménagement du 
territoire du canton contenues notamment dans le PDCn 2030. Le PDCom est un 
plan directeur localisé dont le périmètre recouvre la totalité du territoire d’une ou 
plusieurs communes. Le PDQ est un plan directeur localisé dont le périmètre 
recouvre une partie du territoire d’une ou plusieurs communes ; il affine le 
contenu du plan directeur cantonal ou communal, notamment en ce qui concerne 
l’équipement de base au sens de l’art. 19 LAT (art. 10 al. 2 LaLAT).  

  Le PDCom