# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 3644c13b-7084-5344-88f5-a245bfe28285
**Source:** Neuchâtel (NE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-04-24
**Language:** fr
**Title:** Neuenburg Autorité supérieure de surveillance LP 24.04.2017 ASSLP.2017.1 (INT.2017.181)
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/NE_Omni/NE_ASS_001_ASSLP-2017-1_2017-04-24.html

## Full Text

Arrêt du Tribunal Fédéral

  Arrêt du 18.05.2017 [5A_378/2017]

  

 

 

 

C O N S I D E R A N T

que X.
a fait l’objet de plusieurs poursuites,

que le
7 janvier 2015, l’office des poursuites lui a signifié que les montants qui se
trouvaient en consignation à l’office pour un total de 3'347.45 francs
étaient désormais versés pour solder la série no 2013004883 et passer un
acompte sur la série no [xxx], de sorte que le montant total encore dû au 31
janvier 2015 s’élevait à 1'989.35 francs, somme qu’il avait la possibilité
de payer jusqu’au 2 février 2015, faute de quoi une saisie mensuelle de
ressources de 450 francs serait lancée dès le 3 février 2015, comme il en
avait déjà été précédemment averti,

que le
20 février 2015, X. a demandé à pouvoir consulter son dossier, si bien qu’il a
été invité à se présenter à l’office des poursuites le 16 mars suivant,

que par
un courrier du 13 mars, posté le lendemain et parvenu à l’office le 17 mars
2015, X. a indiqué qu’il n’était pas en mesure de donner suite au rendez-vous
qui lui avait été fixé ; il ajoutait qu’il n’avait touché qu’un revenu de
388 francs pour le mois de février et qu’il ne manquerait pas de
transmettre à l’office un décompte justificatif, pièce qu’il n’a jamais
fournie,

que le
17 mars 2015, l’office l’a informé qu’il faisait l’objet d’une saisie mensuelle
de 450 francs sur ses revenus, avec effet dès le 1er mars 2015
et jusqu’au 28 février 2016, arrêtée sur la base d’un calcul de minimum vital
dont une copie était jointe, son attention étant expressément attirée sur le
fait que si le calcul en question ne correspondait plus à sa situation, il lui
appartenait de prendre rendez-vous avec l’office pour que sa situation soit
revue, ainsi que sur les conséquences pénales possibles en cas de non-paiement
des montants saisis,

que par
la suite X. ne s’est plus manifesté,

que le
10 mai 2016, l’office des poursuites a envoyé aux créanciers participant à la
série no [xxx] des actes de défaut de biens et des procès-verbaux de
distraction de biens saisis, mentionnant le non-paiement des mensualités de
mars 2015 à janvier 2016 y compris, X. recevant les exemplaires destinés au
débiteur de ces documents,

que par
courrier du 17 mai 2016, X. a reproché à l’office l’envoi de ces documents,
affirmant qu’il avait toujours fait parvenir à l’office les données relatives à
ses revenus, pour la dernière fois le 12 mai en relation avec son salaire du
mois d’avril 2016 « dont le contenu [était] clair » ; il
demandait donc à l’office de revenir sur sa décision (sous-entendu
l’établissement de procès-verbaux de distraction de biens saisis) et surtout de
ne pas transmettre ces procès-verbaux à ses créanciers, jusqu’à droit connu sur
le fait de savoir s’il avait ou non distrait des biens saisis ; il
ajoutait que si l’office ne devait pas donner une suite favorable à sa requête,
son courrier devait être considéré comme une plainte à transférer sans délai à
l’Autorité inférieure de surveillance (plus loin : AiSLP),

que
l’office a effectivement transmis trois jours plus tard, soit le 20 mai 2016,
la plainte du 17 mai 2016 à l’AiSLP,

que,
dans le cadre de l’instruction de la plainte, l’office a transmis le 6 juin
2016 son dossier à l’AiSLP, accompagné de ses observations qui, après avoir
repris l’historique ci-dessus, soulignent que le plaignant se soustrait
obstinément, malgré les multiples invitations qui lui avaient été faites, à ses
obligations en ne fournissant pas les informations et documents utiles à
l’établissement de son minimum vital et concluent en conséquence au rejet de la
plainte, dès lors que l’office a scrupuleusement respecté les dispositions
légales applicables, l’office relevant encore le caractère dilatoire de la
plainte et s’interrogeant sur son éventuelle témérité,

que X.
n’a pas réagi après avoir reçu pour information copie des observations de
l’office,

que par
décision du 11 janvier 2017, l’AiSLP a rejeté la plainte qu’elle a estimée
téméraire, si bien que des frais et une amende de 300 francs ont été mis à
la charge du plaignant,

que X.
recourt contre cette décision, faisant valoir en bref qu’il a toujours
renseigné l’office sur l’état de ses revenus et qu’il a cessé de payer les
retenues mensuelles (de 450 francs) à partir du moment où ses revenus
mensuels « sont descendus en dessous de cette limite de CHF 500.-, ce
dont l’Office a toujours été renseigné » comme l’établira la production
– qu’il réclame – de son dossier auprès de l’office ; il répète
ne pas avoir gagné plus de 500 francs par mois et ne plus avoir gagné quoi
que ce soit à partir de juin-juillet 2015 et constate que la décision ne traite
pas le fond du problème pour se limiter à lui reprocher son attitude qu’elle
tient pour téméraire, ce qu’il conteste également ; il conclut ainsi à
l’annulation de la décision, sous suite de frais et dépens,

que
l’AiSLP se réfère intégralement à sa décision et conclut au rejet du recours,
sans autre observation,

que le
recours a été déposé devant l’autorité compétente (art. 18 LP, 3
al. 1 LILP, 40 al. 2 OJN), dans les formes et délai légaux
(art. 18 LP), la procédure suivant les règles découlant de l’article 20a LP, des dispositions de la LP et, à titre
supplétif, de la loi sur la procédure et la juridiction administrative
(art. 19 LILP),

qu’il
n’y a pas lieu de requérir formellement le dossier de l’office des poursuites,
qui figure déjà au dossier de la procédure de recours, l’office l’ayant transmis
à l’AiSLP,

que dit
dossier ne contient aucune pièce justificative d’aucune sorte sur l’état des
revenus du recourant durant la période considérée,

que les
observations de l’office du 6 juin 2016 de l’office mentionnent expressément
l’obstination du recourant à ne pas fournir les informations et pièces
justificatives qui lui sont réclamées pour établir l’état de ses revenus,

que ni
dans le cadre de la procédure de première instance, bien qu’il ait eu
connaissance des affirmations de l’office à ce sujet, ni dans celui de la
présente procédure, le recourant – alors qu’il est tenu de collaborer à
l’établissement de sa situation financière (arrêt du TF du 21.06.2002
[7B.77/2002]) – n’a contesté les allégations de l’office en
fournissant des pièces ou autres éléments qui tendraient à établir leur
fausseté, se bornant à contredire l’office en prétendant lui avoir fourni
toutes indications utiles,

qu’un
clair indice de l’attitude du recourant, consistant à se limiter à diverses
affirmations dépourvues de toute preuve de leur véracité, peut être vu dans le
rendez-vous manqué – dû à une impossibilité de s’y rendre exempte de la
moindre explication – du 16 mars 2015, accompagné de l’annonce d’un envoi
prochain de justificatifs restée sans aucune suite,

que les
allégations du recourant sont au demeurant contradictoires, dès lors qu’on ne
s’explique pas comment il pourrait tout à la fois, comme il le prétend, avoir
régulièrement fourni des pièces justificatives de ses revenus au fil des mois à
l’office et s’être trouvé sans revenus aucuns à partir de juin 2015, situation
qui se traduirait par l’inexistence même de telles pièces justificatives,

qu’à
cela doit être ajouté le fait que le 17 mars 2015 déjà, en lui notifiant le
nouvel avis de saisie, l’office a expressément attiré l’attention de X. sur le
fait que si le calcul de son minimum vital ne correspondait plus à sa situation
du moment, il devait prendre rendez-vous avec l’office pour que sa situation
soit revue,

que X.
ne prétend pas ni ne démontre qu’il aurait tenté la moindre des démarches à ce
sujet, le dossier de l’office n’en contenant bien évidemment aucune trace,
circonstance totalement inexplicable si, comme le recourant le prétend, il
s’était tout à la fois trouvé sans revenus dès juin 2015 et avait régulièrement
renseigné l’office sur sa situation,

qu’il
faut conclure de ce qui précède que les déclarations du recourant, d’après
lesquelles il était sans revenu et en informait régulièrement l’office, sont
des allégations sans fondement, de pure circonstance et énoncées pour les
besoins de la cause,

que,
partant, c’est à juste titre que l’office a établi et délivré les
procès-verbaux de distraction de biens saisis et les actes de défaut de biens
contestés, que l’AiSLP a rejeté la plainte du 17 mai 2016 et que dite autorité
l’a considérée comme téméraire en raison, comme cela vient d’être vu, de
l’inconsistance des arguments de X., laquelle ne pouvait lui échapper,

qu’il
suit de ce qui précède que, mal fondé, le recours doit être rejeté,

qu’il
doit à son tour être qualifié de téméraire, la consistance des allégations et
arguments du recourant, inexistante en première instance, n’ayant pas gagné
plus d’épaisseur en deuxième instance,

que les
frais de la procédure de recours seront par conséquent mis à la charge de X.
(art. 20a al. 1 LP), l’Autorité
renonçant pour le surplus à infliger une nouvelle amende au recourant,

Par ces motifs,

L’AUTORITE CANTONALE SUPERIEURE DE SURVEILLANCE EN MATIERE DE POURSUITES ET DE
FAILLITES

1.      
Rejette le recours, manifestement mal fondé.

2.      
Arrête les frais de la procédure de recours à 400 francs et les met
à la charge du recourant.

Neuchâtel, le 24 avril
2017

Art. 17 LP

Plainte
et recours

A
l'autorité de surveillance

 

1 Sauf dans les cas où la loi
prescrit la voie judiciaire, il peut être porté plainte à l'autorité de
surveillance lorsqu'une mesure de l'office est contraire à la loi ou ne paraît
pas justifiée en fait.

2 La plainte doit être déposée dans
les dix jours de celui où le plaignant a eu connaissance de la mesure.

3 Il peut de même être porté
plainte en tout temps pour déni de justice ou retard non justifié.

4 En cas de plainte, l'office peut,
jusqu'à l'envoi de sa réponse, procéder à un nouvel examen de la décision
attaquée. S'il prend une nouvelle mesure, il la notifie sans délai aux parties
et en donne connaissance à l'autorité de surveillance.1

 

 

 

1 Introduit par le ch. I de la LF du 16 déc.
1994, en vigueur depuis le 1er janv. 1997 (RO 1995 1227; FF 1991 III 1).

Art. 20a1 LP

Procédure
devant les autorités cantonales2

 

1 …3

2 Les dispositions suivantes s'appliquent à la
procédure devant les autorités cantonales de surveillance:4

1.
les autorités de surveillance doivent, chaque fois qu'elles agissent en cette qualité,
se désigner comme telles et le cas échéant, comme autorité inférieure ou
supérieure;

2.
l'autorité de surveillance constate les faits d'office. Elle peut demander aux
parties de collaborer et peut déclarer irrecevables leurs conclusions lorsque les
parties refusent de prêter le concours nécessaire que l'on peut attendre
d'elles;

3.5 l'autorité de surveillance apprécie librement les
preuves; sous réserve de l'art. 22, elle ne peut pas aller au-delà des
conclusions des parties.

4.
la décision est motivée et indique les voies de droit; elle est notifiée par
écrit aux parties, à l'office concerné et à d'autres intéressés éventuels;

5.6 les procédures sont gratuites. La partie ou son
représentant qui use de procédés téméraires ou de mauvaise foi peut être
condamné à une amende de 1500 francs au plus ainsi qu'au paiement des
émoluments et des débours.

3 Pour le reste, les cantons règlent la
procédure.

 

 

 

1 Introduit par le ch. I de la LF du 16 déc.
1994, en vigueur depuis le 1er janv. 1997 (RO 1995 1227; FF 1991 III 1).

2 Nouvelle teneur selon le ch. I 6 de l'O
de l'Ass. féd. du 20 déc. 2006 concernant l'adaptation d'actes législatifs aux
disp. de la LF sur le TF et de la LF sur le TAF (RO 2006 5599;
FF 2006 7351).

3 Abrogé par le ch. 6 de l'annexe à la LF
du 17 juin 2005 sur le TF, avec effet au 1er janv. 2007 (RO 2006 1205;
FF 2001 4000).

4 Nouvelle teneur selon le ch. 6 de
l'annexe à la LF du 17 juin 2005 sur le TF, en vigueur depuis le 1er
janv. 2007 (RO 2006 1205;
FF 2001 4000).

5 Nouvelle teneur selon le ch. I 6 de l'O
de l'Ass. féd. du 20 déc. 2006 concernant l'adaptation d'actes législatifs aux
disp. de la LF sur le TF et de la LF sur le TAF (RO 2006 5599;
FF 2006 7351).

6 Introduit par le ch. 6 de l'annexe à la
LF du 17 juin 2005 sur le TF, en vigueur depuis le 1er janv. 2007 (RO 2006 1205;
FF 2001 4000).