# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 7e201f65-949e-500f-b308-8fcb709cfbbd
**Source:** Jura (JU)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-10-08
**Language:** fr
**Title:** Jura Tribunal Cantonal Cour constitutionnelle 08.10.2020 CON 2020 8
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/JU_Gerichte/JU_TC_010_CON-2020-8_2020-10-08.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DU JURA

TRIBUNAL CANTONAL

COUR CONSTITUTIONNELLE

CST 8 / 2020
Eff. Susp. 9 / 2020

Présidente :  Sylviane Liniger Odiet
Juges :  Daniel Logos, Philippe Guélat, Jean Crevoisier et Pascal Chappuis
Greffier e.r. :  Pablo Probst

ARRÊT DU 8 OCTOBRE 2020

dans la procédure en contrôle de la validité de l’ordonnance du 30 juin 2020 portant 
introduction de l’ordonnance fédérale sur les mesures destinées à lutter contre l’épidémie de 

COVID-19 en situation particulière, principalement de son article 5a

introduite par 

A.________,
requérant.

______

CONSIDÉRANT

En fait :

A. Dans le cadre de la pandémie COVID-19, le Gouvernement de la République et 
Canton du Jura a adopté le 30 juin 2020 l’ordonnance portant introduction de 
l’ordonnance fédérale sur les mesures destinées à lutter contre l’épidémie de COVID-
19 en situation particulière (RSJU 818.101.26 ; ci-après l’ordonnance COVID-19). 
Cette ordonnance a été publiée au Journal officiel du 2 juillet 2020 (JOJ 2020 p. 465).

B. Le 3 juillet 2020, le Gouvernement a adopté une modification de cette ordonnance en 
adoptant un nouvel art. 5a dont la teneur est la suivante :

1 Le port du masque est obligatoire dans tous les commerces et magasins. 
2 Les enfants de moins de douze ans sont dispensés de cette obligation.

Cette modification est entrée en vigueur le 6 juillet 2020 et déploie ses effets pendant 
deux mois à compter de son entrée en vigueur. Elle a été publiée au Journal officiel 
le 16 juillet 2020 (JOJ 2020 p. 493).

C. A.________ (ci-après le requérant) a déposé le 3 juillet 2020 une requête de mesures 
provisionnelles tendant à empêcher l’entrée en vigueur de la modification du 6 juillet 

2

2020. Par décision du 6 juillet 2020, la présidente de la Cour de céans a rejeté la 
requête (CST 7 / 2020), considérant que l’intérêt public à la protection de la santé de 
la population en raison de l’urgence sanitaire justifiait que la disposition précitée entre 
en vigueur immédiatement sans attendre l’échéance du délai de 15 jours dès la 
publication de l’ordonnance litigieuse au Journal officiel.

D. Le 28 juillet 2020, le requérant a introduit une requête en contrôle de la validité de 
l’ordonnance portant introduction de l’ordonnance fédérale sur les mesures destinées 
à lutter contre l’épidémie de COVID-19 en situation particulière du 30 juin 2020, plus 
particulièrement de son article 5a. Il a conclu à titre de mesure provisionnelle et 
urgente à ce que soit ordonné immédiatement l’effet suspensif à sa requête 
concernant l’art. 5a, respectivement la suspension immédiate de l’application de cette 
disposition. Sur le fond, il a conclu à l’annulation de l’art. 5a, et au besoin de certaines 
autres dispositions, voire de l’ordonnance dans son intégralité.

En substance, il fait valoir que l’obligation de porter le masque dans tous les 
commerces et magasins constitue manifestement une restriction de droits 
fondamentaux garantis constitutionnellement. Il invoque successivement des 
violations de la liberté personnelle, du droit à la vie et à l’intégrité physique et 
psychique, de la liberté économique et de l’égalité et des droits des consommateurs. 
Il considère que l’art. 5a constitue une atteinte inadmissible aux droits fondamentaux, 
faute de base légale suffisante, et une mesure disproportionnée.

E. Par ordonnance du 30 juillet 2020, le président a.h. de la Cour de céans a rejeté les 
mesures provisionnelles urgentes, maintenant l’entrée en vigueur au 6 juillet 2020 de 
l’ordonnance litigieuse. Il a également ordonné la publication de la requête au Journal 
officiel du 13 août 2020 (JOJ 2020 p. 543).

F. Dans sa prise de position du 25 août 2020, le Gouvernement a conclu au rejet de la 
requête et des mesures provisionnelles, à ce que soit constatée la conformité au droit 
supérieur de l’art. 5a et des autres dispositions de l’ordonnance COVID-19, sous suite 
de frais et dépens.

Il fait valoir que le canton du Jura faisait face, le 3 juillet 2020, à une recrudescence 
inquiétante du nombre de nouveaux cas, avec 29 nouveaux cas entre le 20 juin et le 
3 juillet 2020, date de l’adoption de l’ordonnance. Le port du masque a été 
recommandé par l’OMS le 10 juin 2020 dans les zones très fréquentées et à fort 
risque de transmission du virus, ainsi que par l’OFSP à de nombreuses reprises. 
Entre mars et juin 2020, la Confédération et les cantons, dont celui du Jura, ont dû 
utiliser le droit de nécessité pour prendre des mesures restreignant de manière 
beaucoup plus importante les droits fondamentaux des citoyens que l’obligation du 
port du masque dans certaines circonstances. S’agissant des bases légales 
permettant d’imposer le port du masque, le Gouvernement se fonde sur l’art. 40 al. 1 
et 2 LEp et 8 al. 2 de l’ordonnance COVID-19 en situation particulière du Conseil 
fédéral. Il se fonde également sur les art. 23 de la loi sanitaire et 5 al. 2 let. e de la loi 
sur la protection de la population et la protection civile. Si cela devait s’avérer 

3

insuffisant, il conviendrait d’admettre que les conditions d’utilisation de la clause 
générale de police sont remplies eu égard au nombre de nouveaux cas auxquels le 
canton a été confronté au début du mois de juillet. Le Gouvernement estime 
également que la mesure est proportionnée.

G. Par arrêté du 1er septembre 2020, le Gouvernement a prolongé l’obligation du port du 
masque dans les commerces et magasins (art. 5a) jusqu’au 6 décembre 2020. 
L’arrêté entre en vigueur le 7 septembre 2020 et a été publié au Journal officiel du 
10 septembre 2020 (JOJ 2020 p. 646).

Suite à cette prolongation, le recourant a déposé une nouvelle requête de mesures 
superprovisionnelles tendant à empêcher l’entrée en vigueur de cette prolongation. 
Par décision du 8 septembre 2020, la présidente de la Cour de céans a rejeté cette 
requête (CST 11/2020).

H. Prenant position le 14 septembre 2020, le requérant a confirmé ses conclusions. Il 
relève que le Gouvernement a prolongé jusqu’au 6 décembre 2020 le délai pour le 
port du masque, mais n’a indiqué aucun critère sur lesquels il se fonde pour justifier 
l’obligation du port du masque dans les commerces et les magasins ainsi que sur la 
durée de cette obligation. Le requérant remet également en cause la neutralité de 
l’OMS derrière laquelle le Gouvernement se retranche pour justifier sa mesure de port 
du masque obligatoire. Quant aux recommandations de l’OFSP, elles n’ont aucune 
valeur contraignante dans la mesure où l’on ne se trouve plus dans le régime de l’art. 
7 LEp. Le Gouvernement n’apporte aucun début de preuve de l’aptitude des masques 
à empêcher la propagation du coronavirus, se contentant de suivre des 
recommandations d’autorités.

I. Dans sa détermination du 29 septembre 2020, le Gouvernement a confirmé son 
mémoire de réponse. Il précise qu’il s’est basé sur les statistiques figurant sur les 
sites internet du Canton du Jura et de l’OFSP, raison pour laquelle aucun dossier n’a 
été transmis à la Cour constitutionnelle. S’agissant de la décision de prolonger 
l’obligation du port du masque, il relève que le nombre de nouvelles infections entre 
le 3 juillet et le 1er septembre 2020 s’élève à 48 cas et que le nombre de personnes 
mises en quarantaine et en isolement a augmenté durant cette période.

J. Il sera revenu ci-après en tant que besoin sur les autres éléments du dossier.

En droit :

1.
1.1 La Cour constitutionnelle contrôle, sur requête et avant mise en vigueur, la 

constitutionnalité des lois et leur conformité au droit fédéral, de même que la validité 
des décrets, arrêtés, ordonnances et règlements, convention de droit public, ainsi que 
de toute autre prescription législative de rang inférieur à la loi (art. 104 al. 1 et 2 let. a 
CJU ; art. 177 et 190 Cpa).

4

Au cas particulier, l’ordonnance COVID-19 adoptée par le Gouvernement comprend 
manifestement des règles de droit en tant qu’elle impose le port du masque dans les 
commerces et magasins sis sur le territoire de la République et Canton du Jura. En 
outre, la requête a été déposée dans les 15 jours dès la publication de l’adoption de 
l’art. 5a au Journal officiel (art. 194 Cpa).

1.2 Le requérant, citoyen domicilié dans le canton du Jura, est concerné par la disposition 
litigieuse et a qualité pour former une requête (art. 178 let. f Cpa, applicable par renvoi 
de l’art. 191 Cpa).

En outre, dans la mesure où le Gouvernement a prolongé la durée de l’art. 5a de 
l’ordonnance COVID-19 jusqu’au 6 décembre 2020, on ne saurait considérer que le 
recourant ne dispose plus d’un intérêt actuel à sa requête, de telle sorte qu’il convient 
d’entrer en matière sur la requête.

2. La Cour examine si l’acte qui lui est soumis est conforme au droit supérieur mentionné 
à l’art. 185 al. 1 et aux actes législatifs cantonaux de rang supérieur (art. 196 al. 1 
Cpa). Elle est limitée dans son examen aux griefs invoqués par le requérant, sauf cas 
où l’acte est manifestement contraire aux normes citées à l’alinéa 1 (art. 196 al. 2 
Cpa).

3. Le requérant estime que l’obligation de porter le masque dans les commerces et les 
magasins sur le territoire de la République et Canton du Jura porte atteinte à plusieurs 
droits fondamentaux, ainsi qu’à des dispositions légales.

A cet égard, il n’est guère contesté ni contestable que l’obligation de porter le masque 
porte atteinte à la liberté individuelle, notamment à l’intégrité physique des personnes. 
Toute intervention sur le corps humain, qu’elle entraîne la mort, cause une lésion 
grave ou légère, qu’elle soit volontaire ou accidentelle, constitue en effet une atteinte 
à la liberté personnelle. Il n’existe donc pas d’intervention étatique sur le corps humain 
qui ne touche la liberté personnelle d’une manière ou d’une autre. Ainsi, au même 
titre par exemple que le port obligatoire de la ceinture de sécurité (AUER / MALINVERNI, 
HOTTELIER, Droit constitutionnel suisse, vol. II, 2013, no 327 p. 149s et les 
références), l’obligation de porter le masque dans les commerces et les magasins 
constitue une atteinte à la liberté personnelle garantie par les art. 10 al. 2 Cst. et 8 
CJU.

Il convient donc d’examiner en premier lieu si les conditions permettant de limiter des 
libertés constitutionnelles sont remplies, dès lors que le requérant estime d’une part 
que les bases légales sont insuffisantes pour imposer le port du masque dans les 
commerces et les magasins et d’autre part que la mesure est disproportionnée.

4. A teneur de l’art. 36 Cst., toute restriction d’un droit fondamental doit être fondée sur 
une base légale. Les restrictions graves doivent être prévues par une loi. Les cas de 
danger sérieux, direct et imminent sont réservés (al. 1). Toute restriction d’un droit 

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fondamental doit être justifiée par un intérêt public ou par la protection d’un droit 
fondamental d’autrui (al. 2) et doit être proportionnée au but visé (al. 3) sans violer 
l’essence du droit en question (al. 4).

Toute restriction doit être fondée sur une base légale suffisamment claire et précise, 
les restrictions graves devant être prévues par une loi au sens formel (ATF 146 I 11 
consid. 3.1.2 ; 144 I 126 consid. 5.1; 139 I 280 consid, 5.1). L'exigence de précision 
est destinée à assurer la sécurité du droit et l'égalité de traitement. Dans cette 
mesure, les dispositions en cause doivent être formulées d'une manière suffisamment 
précise pour permettre aux individus d'adapter leur comportement et de prévoir les 
conséquences d'un comportement déterminé avec un degré de certitude approprié 
aux circonstances ( ATF 146 I 11 consid. 3.1.2 ; 143 II 162 consid. 3.2.1 ; 139 I 280 
consid. 5.1 et les références citées). Le principe de la légalité ne doit pas être vidé de 
sa substance ni, inversement, être appliqué avec une exagération telle qu'il entre en 
contradiction irréductible avec la réalité juridique et les exigences de la pratique (ATF 
143 II 283 consid. 3.5 ; 143 I 220 consid. 5.1.2 ; 135 I 130 consid. 7.2 et les références 
citées). Le législateur ne peut pas éviter de recourir à des concepts généraux plus ou 
moins flous qui nécessitent d'être concrétisés par la pratique. Le degré de précision 
nécessaire ne se prête pas à une définition abstraite. Il dépend notamment de la 
diversité des situations à évaluer, de la complexité et de la prévisibilité des décisions 
à prendre dans chaque cas d'espèce, des destinataires de la législation, de la gravité 
de l'atteinte aux droits fondamentaux et de la difficulté de choisir une solution 
appropriée avant qu'un cas d'application ne se présente concrètement (ATF 136 I 87 
consid. 3 = JdT 2010 I 87).

5.
5.1 La loi fédérale sur la lutte contre les maladies transmissibles de l’homme (loi sur les 

épidémies ; LEp ; RS 818.101) règle différentes situations et répartit les compétences 
entre la Confédération et les cantons aux art. 6 à 8 LEp. Il n’est pas contesté 
qu’actuellement les conditions pour admettre que la situation est particulière au sens 
de l’art. 6 al. 1 LEp sont données. 

En situation particulière selon l’art. 6 al. 2 LEp, le Conseil fédéral peut, après avoir 
consulté les cantons, ordonner des mesures visant des individus (let. a) ; ordonner 
des mesures visant la population (let. b) ; astreindre les médecins et d’autres 
professionnels de la santé à participer à la lutte contre les maladies transmissibles 
(let. c) ; déclarer obligatoires des vaccinations pour les groupes de population en 
danger, les personnes particulièrement exposées et les personnes exerçant certaines 
activités (let. d). Il s’agit de compétences qui appartiennent aux cantons en situation 
normale. Ces compétences étant attribuées au Conseil fédéral en situation 
particulière, il appartient à ce dernier d’adopter les ordonnances y relatives 
(cf. Andreas STÖCKLI, Regierung und Parlament in Pandemiezeiten in Pandémie et 
Droit : contribution du droit à la maîtrise d’une crise globale, RDS 2020 p. 19).

Cette disposition, tout comme l’art. 7 LEp qui réglemente la situation extraordinaire, 
est muette sur la répartition des compétences entre les différents degrés d’autorités 

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qui composent l’Etat. En conséquence, lorsque le Conseil fédéral décrète une 
situation particulière ou extraordinaire et ordonne des mesures de lutte, il lui revient 
de déterminer le régime applicable aux compétences cantonales (Frédéric BERNARD, 
La répartition des compétences entre la Confédération et les cantons en situation de 
pandémie, in Pandémie et Droit : contribution du droit à la maîtrise d’une crise globale, 
RDS 2020 p. 60). En outre, conformément à l’art. 75 LEp, les cantons exécutent la loi 
dans la mesure où son exécution n’incombe pas à la Confédération. Selon l’art. 102 
al. 2 et 3 de l’ordonnance sur les épidémies (OEp, RS 818.101.1), ils exécutent les 
mesures ordonnées par le Conseil fédéral en cas de situation particulière selon l’art. 
6 LEp ou en cas de situation extraordinaire selon l’art. 7 LEp, sauf si celui-ci en 
dispose autrement. Ils désignent les autorités et institutions compétentes pour 
exécuter la LEp et la présente ordonnance dans leur domaine de tâches.

5.2 Fondée sur l’art. 6 LEp, le Conseil fédéral a adopté le 19 juin 2020 l’ordonnance sur 
les mesures destinées à lutter contre l’épidémie de COVID-19 en situation particulière 
(ordonnance COVID-19 situation particulière ; RS 818.101.26) qui est entrée en 
vigueur le 22 juin 2020 à 0h00 (art. 15).

Selon l’art. 8 al. 2 de ladite ordonnance, si le nombre d’infections est élevé localement 
ou menace de le devenir, le canton peut prendre des mesures temporaires 
applicables régionalement selon l’art. 40 LEp. Il consulte préalablement l’OFSP et 
l’informe des mesures prises.

L’art. 40 LEp précise que les autorités cantonales compétentes ordonnent les 
mesures nécessaires pour empêcher la propagation des maladies transmissibles au 
sein de la population ou dans certains groupes de personnes. Elles coordonnent leur 
action (al. 1). Selon l’al. 2 de cette disposition, elles peuvent en particulier prendre les 
mesures suivantes : prononcer l’interdiction totale ou partielle de manifestations (let. 
a), fermer des écoles, d’autres institutions publiques ou des entreprises privées, ou 
réglementer leur fonctionnement (al. 2) ; interdire ou limiter l’entrée et la sortie de 
certains bâtiments ou zones, ou certaines activités se déroulant dans des endroits 
définis (let. c). Les mesures ordonnées ne doivent pas durer plus longtemps qu’il n’est 
nécessaire pour prévenir la propagation d’une maladie transmissible. Les mesures 
sont réexaminées régulièrement (al. 3).

L’art. 8 de l’ordonnance COVID-19 en situation particulière donne explicitement aux 
cantons la possibilité d’ordonner des mesures selon l’art. 40 LEp qui ont un caractère 
temporaire et une portée locale ou régionale. En temps normal, les cantons sont 
compétents pour ordonner des mesures de police sanitaire dans des cas individuels 
qui ont un effet collectif (p. ex. fermeture d’une école, d’un hôtel ou d’un autre 
établissement). Mais étant donné les responsabilités qui leur incombent lorsqu’une 
situation particulière est déclarée, il convient de leur donner le pouvoir d’ordonner des 
mesures selon l’art. 40 LEp qui ne sont pas limitées à des manifestations ou à des 
établissements déterminés, même si leur portée ne doit pas dépasser l’échelle locale 
ou régionale. Ces mesures peuvent régir le fonctionnement d’installations, interdire 
ou restreindre les flux de personnes dans certains bâtiments ou dans certains 

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secteurs, réglementer l’organisation d’activités déterminées, mais aussi imposer des 
règles de conduite à la population (p. ex. le port de masques faciaux). Cette démarche 
est admissible si un nombre élevé d’infections survient ou menace de survenir dans 
une région déterminée, par exemple sous la forme d’une flambée épidémique locale 
ou après un événement lors duquel la propagation du virus a été démultipliée. Les 
mesures en question doivent en outre être limitées dans le temps (Rapport explicatif 
concernant l’ordonnance du 19 juin 2020 sur les mesures destinées à lutter contre 
l’épidémie COVID-19 en situation particulière ; ordonnance COVID-19 situation 
particulière, version du 3 juillet 2020).

5.3 Il résulte de ces dispositions qu’il existe une base légale formelle dans la loi fédérale 
sur les épidémies qui autorise les autorités à imposer le port du masque, cette 
compétence découlant directement de l’art. 6 al. 2 LEp, respectivement de 
l’art. 40 LEp, et a été déléguée aux cantons par le Conseil fédéral à l’art. 8 al. 2 de 
l’ordonnance COVID-19 en situation particulière.

6. Sur la base de cette délégation de compétence, le Gouvernement de la République 
et Canton du Jura a adopté l’ordonnance portant introduction de l’ordonnance 
fédérale sur les mesures destinées à lutter contre l’épidémie de COVID-19 en 
situation particulière du 30 juin 2020 (RSJU 818.101.26). Dite ordonnance se fonde 
sur les dispositions fédérales précitées, sur les art. 90 al. 2 CJU, 5 al. 2 let. e de la loi 
sur la protection de la population et la protection civile (RSJU 521.1), ainsi que sur 
l’art. 23 de la loi sanitaire (RSJU 810.01). 

6.1 A teneur de l’art. 90 al. 2 CJU, sous réserve de la compétence du Parlement, le 
Gouvernement édicte les ordonnances qui mettent à exécution le droit fédéral, les 
lois et les décrets cantonaux. Dans le domaine de l’ordonnance, le Gouvernement 
détient une compétence législative totale, exclusive et originaire lorsqu’il s’agit 
d’ordonnances d’exécution, ceci en vertu de son pouvoir réglementaire qu’il tire 
directement de la Constitution (art. 90 al. 2 CJU). Il détient en outre une compétence 
législative dérivée qui lui permet d’adopter des ordonnances de substitution sur la 
base d’une délégation de compétence législative répondant aux conditions de 
l’art. 59 CJU. Enfin, le Gouvernement dispose d’un pouvoir réglementaire que lui 
confère le droit d’urgence : en vertu de l’art. 91 CJU, il peut édicter des ordonnances 
provisoires, valables durant un an. La clause générale de police, qui est du droit 
constitutionnel non écrit, l’autorise, lorsque les conditions en sont réunies, à prendre 
des mesures, notamment réglementaires, sans base légale particulière (MORITZ, la 
loi en droit constitutionnel jurassien, 2007, no 50 ; sur la différence entre ordonnance 
d’exécution et ordonnance de substitution, cf. RJJ 2006 p. 1 consid. 3.1 et 3.2 et les 
références).

6.2 Au cas particulier, l’art. 5a relatif à l’obligation de porter le masque découle 
directement des art. 6 LEp et 40 LEp dont l’exécution a été déléguée aux cantons par 
le Conseil fédéral à l’art. 8 de l’ordonnance COVID-19 situation particulière. Dans de 
telles situations, le Conseil fédéral a considéré qu’il est bon que les cantons aient la 
possibilité, à des conditions déterminées, de prévoir des mesures supplémentaires 

8

ou plus strictes (rapport explicatif précité, p. 9 ad art. 8) que celles figurant dans 
l’ordonnance COVID-19 situation particulière, étant précisé que ces mesures sont 
délimitées par l’art. 40 LEp (art. 8 Ordonnance COVID-19 situation particulière). Dans 
la mesure où le Conseil fédéral a délégué aux cantons la compétence de prendre les 
mesures déterminées par la loi, la question de la qualification de l’ordonnance 
cantonale entre ordonnance de substitution ou ordonnance d’exécution peut ainsi être 
laissée ouverte (RJJ 2006 p.1 consid. 3.2 in fine).

6.3 Il découle de ce qui précède que, contrairement à ce que soutient le requérant, il 
existe une base légale suffisante et qui résulte directement des dispositions adoptées 
par la Confédération autorisant le Gouvernement à adopter l’ordonnance COVID-19. 
En outre, l’art. 5a de ladite ordonnance s’inscrit directement dans cette délégation de 
compétence exécutive. 

7. Il convient encore d’examiner si les autres conditions de l’art. 36 Cst. exposées au 
considérant 4 ci-dessus sont remplies. Une restriction à un droit fondamental doit en 
effet être justifiée par un intérêt public et être proportionnée au but visé sans violer 
l’essence du droit en question.

7.1 S’agissant de l’intérêt public, il ne saurait être sérieusement contesté qu’en raison de 
la pandémie COVID-19, il existe un intérêt public prépondérant, voire majeur, à savoir 
la protection de la santé de la population, lequel justifie une restriction des droits 
fondamentaux pour autant que celle-ci soit proportionnée. L’ordonnance COVID-19 
situation particulière vise d’ailleurs expressément à prévenir la propagation du 
coronavirus, par exemple par le respect de distances interpersonnelles ou le port de 
masques de protection et à interrompre les chaînes de transmission, en particulier en 
identifiant les personnes ayant été en contact avec des personnes infectées (traçage 
des contacts), afin d’empêcher la propagation du virus (rapport explicatif précité, p. 
2).

7.2 Le principe de la proportionnalité exige qu'une mesure restrictive soit apte à produire 
les résultats escomptés (règle de l'aptitude) et que ceux-ci ne puissent être atteints 
par une mesure moins incisive (règle de la nécessité) ; en outre, il interdit toute 
limitation allant au-delà du but visé et il exige un rapport raisonnable entre celui-ci et 
les intérêts publics ou privés compromis (principe de la proportionnalité au sens étroit, 
impliquant une pesée des intérêts; ATF 136 IV 97 consid. 5.2.2 et les arrêts cités).

S’agissant des mesures susceptibles d’être prises, le législateur a renoncé, à 
l’art. 40 LEp, à établir une liste exhaustive des mesures à prendre pour limiter une 
épidémie. Les mesures prises doivent toutefois être adaptées, nécessaires et 
supportables. Savoir si une mesure est adaptée ou si elle est nécessaire exige des 
compétences techniques. S’agissant de l’obligation de porter le masque, il s’agit de 
déterminer si le port du masque est adapté pour empêcher la transmission du virus. 
Les pandémies ne sont pas des dangers au sens de la prévention des risques, mais 
plutôt des risques qui se caractérisent par le fait qu'aucune prévision fiable sur la 
probabilité de réalisation et la gravité des conséquences n'est possible. Le Tribunal 

9

fédéral l’a constaté lors de l’infection du SRAS. À cet égard, les connaissances 
scientifiques représentent un instantané. Le pouvoir judiciaire doit également s'y 
orienter. Dans le cas présent, cependant, la réalité dans d'autres pays est quelque 
peu utile pour être en mesure d'évaluer les mesures comme appropriées et 
nécessaires. Il faut également tenir compte du fait que différentes évaluations 
peuvent en résulter en fonction de la phase de propagation. Un examen de la 
proportionnalité dans une phase précoce, où l'objectif est de ralentir la propagation 
de la maladie virale infectieuse en empêchant autant que possible les contacts afin 
d'éviter un effondrement du système de santé de l'État avec de nombreux décès, peut 
se révéler différemment que dans une phase ultérieure. La durée réelle est également 
un critère pertinent (cf. Andreas ZÜND / Christoph ERRASS, Pandemie – Justiz -
Menschenrechte in Pandémie et Droit : contribution du droit à la maîtrise d’une crise 
globale, RDS 2020 p. 85s et les références citées).

7.2.1 Au cas particulier, le Gouvernement a adopté l’art. 5a de l’ordonnance COVID-19 le 
3 juillet 2020 en raison de l’augmentation particulièrement importante du nombre 
d’infections, dans le but de contenir la propagation du coronavirus. Comme l’explique 
le Gouvernement dans son communiqué de presse du 3 juillet 2020, depuis une 
dizaine de jours, le canton fait face à une recrudescence du coronavirus avec plus 
d’une vingtaine de nouveaux cas confirmés. En outre, dans un nouveau communiqué 
de presse du 5 juillet 2020 (CST 7/2020 du 6 juillet 2020 ; 
https://www.jura.ch/CHA/SIC/Centre-medias/Communiques-2020/Quarantaines-et-
cas-en-hausse-dans-le-Jura.html), suite à la détection d’autres cas positifs, les 
autorités cantonales ont pris la décision de placer en quarantaine l’ensemble des 
enseignants et élèves des écoles secondaires de B.________ et de C.________. La 
plupart des employés de deux PME ont également fait l’objet d’une même mesure de 
prévention. Le Gouvernement a qualifié l’évolution de la situation de préoccupante et 
a lancé un appel à la vigilance et au respect des règles de l’OFSP. Les statistiques 
font état de 206 cas dès le 20 juin 2020 et de 235 cas le 3 juillet 2020, puis 244 cas 
le 6 juillet 2020. Les infections n’ont cessé d’augmenter par la suite atteignant 280 
cas, dont 5 hospitalisations le 7 septembre 2020, date de la prorogation de l’art. 5a, 
puis 324 cas le 30 septembre 2020 avec 4 hospitalisations, dont une personne aux 
soins intensifs, étant rappelé que la République et Canton du Jura comptait quelque 
73584 habitants au 31 décembre 2019 
(https://www.jura.ch/fr/Autorites/Coronavirus/Chiffres-H-JU/Evolution-des-cas-
COVID-19-dans-le-Jura.html). Il est ainsi établi que le nombre de cas a très fortement 
augmenté dès le 20 juin 2020 dans le canton du Jura, ce qui n’était pas le cas depuis 
le 20 mai 2020, où l’on dénombrait 203 cas, soit seulement 3 cas de moins que le 20 
juin 2020. 

En outre, dès le 6 juillet 2020, le Conseil fédéral a imposé à tous les voyageurs âgés 
de plus de 12 ans le port du masque facial dans les transports publics (cf. art. 3a 
ordonnance COVID-19 situation particulière ; RO 2020 p. 2735s). L’art. 3 de cette 
ordonnance en vigueur depuis le 22 juin 2020 à 00h00 impose par ailleurs à chaque 
personne de respecter les recommandations de l’OFSP en matière d’hygiène et de 
conduite face à l’épidémie. Il fait référence aux règles d’hygiène et de conduite que 

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l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a édictées, actualisées et publiées sur 
son site Internet depuis le début de l’épidémie de coronavirus en vertu de l’art. 9 al. 3 
LEp. Elles portent sur les distances à respecter, le port du masque, le lavage des 
mains ou encore la manière de se saluer (pas de poignées de main), de tousser ou 
d’éternuer. Ces règles sont expliquées à la population sur des affiches désormais 
connues de tous, sous la forme de pictogrammes accompagnés d’un texte court 
(Rapport explicatif, op. cit. ad art. 3 p. 2). S’agissant du masque, la Confédération 
recommande de manière générale de porter un masque lorsque la distance de 1.5 
mètre avec les autres personnes ne peut pas être respectée et qu’il n’y a pas de 
protection physique (p. ex. parois de séparation). Porter un masque dans l’espace 
public permet surtout de protéger les autres personnes, une personne infectée 
pouvant être contagieuse sans le savoir jusqu’à deux jours avant l’apparition des 
symptômes. Les masques ne garantissent pas une protection à 100%, mais ils 
permettent de ralentir la propagation du nouveau coronavirus 
(https://www.bag.admin.ch/bag/fr/home/krankheiten/ausbrueche-epidemien-
pandemien/aktuelle-ausbrueche-epidemien/novel-cov/masken.html consulté le 30 
septembre 2020). Depuis la décision cantonale, plusieurs autres cantons ont 
d’ailleurs pris une décision similaire quant au port du masque dans les commerces et 
magasins. C’est notamment le cas du canton de Vaud, de Fribourg, du Valais, de 
Neuchâtel, de Bâle-Ville et de Zürich.

On ne saurait ainsi reprocher au Gouvernement d’avoir pris des mesures pour tenter 
de contenir la propagation du virus compte tenu de l’augmentation soudaine des 
infections dès le 20 juin 2020. En outre, le nombre de cas a suivi une courbe 
ascendante depuis lors, de telle sorte que la prolongation de l’obligation de porter le 
masque décidée début septembre 2020 se justifiait également. Il est en effet établi, 
compte tenu des connaissances scientifiques actuelles, que le port du masque est 
apte à ralentir la propagation de la COVID-19. En outre, on ne voit pas quelle mesure 
moins incisive pourrait être prise actuellement pour ralentir la propagation du virus. Si 
le fait de porter un masque dans les commerces et les magasins restreint la liberté 
individuelle, il n’empêche nullement les personnes de se rendre dans les commerces 
et d’y effectuer leurs courses, les citoyens pouvant s’y rendre librement pendant les 
heures d’ouverture. Le port du masque contribue également, en l’état des 
connaissances scientifiques et associé aux mesures de quarantaine, de traçage des 
contacts et de distanciation sociale et d’hygiène, à contenir, voire à ralentir, la 
propagation du virus. 

7.2.2 Avec le requérant, il convient toutefois de relever que l’ordonnance ne prévoit aucune 
exception si ce n’est pour les enfants de moins de 12 ans. Le Gouvernement déclare 
faire une application souple de la disposition litigieuse lors de contrôles. Il n’en 
demeure pas moins que telle que rédigée, cette disposition est problématique au 
regard du respect du principe de la légalité et de l’égalité de traitement. L’art. 3a al. 1 
de l’ordonnance COVID-19 situation particulière prévoit d’ailleurs expressément une 
exception au port du masque dans les transports publics pour les personnes pouvant 
attester qu’elles ne peuvent pas porter de masque facial pour des raisons 
particulières, notamment médicales. Si une nouvelle prolongation de l’obligation de 

https://www.bag.admin.ch/bag/fr/home/krankheiten/ausbrueche-epidemien-pandemien/aktuelle-ausbrueche-epidemien/novel-cov/masken.html
https://www.bag.admin.ch/bag/fr/home/krankheiten/ausbrueche-epidemien-pandemien/aktuelle-ausbrueche-epidemien/novel-cov/masken.html

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porter le masque devait être envisagée au-delà du 6 décembre 2020, la liste des 
exceptions qu’il appartient au Gouvernement de définir devra être précisée dans 
l’ordonnance eu égard au principe de légalité et d’égalité de traitement. Ce point ne 
permet toutefois pas de remettre en question le principe même du port du masque.

7.2.3 A juste titre, le Gouvernement a prévu de réexaminer périodiquement le port du 
masque. La mesure a été prise pour une durée de deux mois dans un premier temps, 
puis prolongée jusqu’au 6 décembre 2020. Ces durées sont compatibles avec le 
principe de proportionnalité et avec l’art. 40 al. 3 LEp. En outre, pour toute 
prolongation, l’OFSP doit être consulté préalablement (art. 8 ordonnance COVID-19 
situation particulière). 

7.2.4 Dans sa requête, le requérant se réfère à plusieurs articles relatant divers dangers 
concernant le port du masque. De tels articles traitant de généralités sur le sujet ne 
sont toutefois pas de nature à remettre en cause l’obligation du port du masque dès 
lors qu’ils ne constituent que des points de vue divers sur le sujet. Ils doivent 
également être pris avec prudence eu égard au considérant 7.2 ci-dessus. En outre, 
une personne souffrant, par exemple, de problèmes dermatologiques susceptibles 
d’être liés au port du masque pourra, le cas échéant, se voir délivrer une dispense 
médicale.

7.2.5 Au vu de ce qui précède, il apparaît que la décision d’imposer le port du masque dans 
les commerces et magasins est proportionnée. Elle ne vide manifestement pas la 
liberté individuelle de toute substance dès lors que les personnes restent libres de se 
rendre ou pas en ces lieux.

7.3 Les conditions de l’art. 36 Cst. sont manifestement remplies, de telle sorte que l’art. 
5a litigieux n’apparaît pas contraire à la liberté personnelle.

8. Cela étant, le raisonnement ci-dessus s’applique mutatis mutandis aux prétendues 
violations des autres droits constitutionnels alléguées par le requérant, à savoir la 
liberté économique et le principe d’égalité (ch. 17 et 18 de la requête), ainsi qu’au 
droit des consommateurs (ch. 19 requête). A cet égard, il sied de relever que le 
requérant fait état d’une diminution considérable de la clientèle des magasins et 
commerces jurassiens depuis l’entrée en vigueur de l’obligation de porter le masque, 
mais n’apporte aucun élément susceptible d’étayer ses allégations. Il n’explique par 
ailleurs pas en quoi l’obligation de porter le masque crée une concurrence déloyale 
avec les commerces et magasins en ligne et n’apporte aucun élément établissant 
cette allégation.

Quant à la violation du principe d’égalité (art. 10 Cst. / art. 6 CJU) alléguée en raison 
du fait que des établissements tels que les offices postaux, les salons de coiffure et 
de soins esthétiques ne sont pas soumis à l’obligation de porter le masque alors 
même que l’on peut s’y rendre pour acquérir des biens vendus dans les commerces 
et magasins, la situation entre ces différents commerces n’est absolument pas 
comparable. Les salons de coiffures et de soins esthétiques ont pour action principale 

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les soins aux personnes. La poste dispose de guichets pour des services spécifiques 
(courriers et paiements principalement). En outre, de nombreux bureaux de poste 
dans les villages se situent dans les commerces, de telle sorte que le port du masque 
est obligatoire. Le recourant omet également de préciser que les salons de coiffure 
et de soin, de même que les bureaux de poste, doivent respecter les mesures de 
protection imposées par la Confédération. En particulier, il est notoire que la distance 
de 1.5 mètre ne peut être respectée entre le coiffeur et le client lors des soins aux 
cheveux, de telle sorte que coiffuresuisse.ch a imposé le port du masque aux 
employés et aux clients dans les salons de coiffure lorsque la distance de protection 
ne peut pas être observée (Concept de protection « Covid-19 » de l’association 
suisse de la coiffure consultable sur 
https://coiffuresuisse.ch/fileadmin/user_upload/default/oeffentlich/Bilder/Mitgliedersei
te/2020_Coronavirus/Schutzkonzept/DO_Schutzkonzept_Coiffure_Suisse_V03.04_
FR.pdf). Cela étant, la situation des bureaux de poste, des salons de coiffure ou de 
soins esthétiques diffère fondamentalement de celle des commerces et magasins. En 
particulier, la vente de produits que l’on trouve dans les premiers ne constitue pas 
leur activité principale, de telle sorte que l’on ne saurait retenir une inégalité de 
traitement avec les commerces et les magasins.

9. Au vu de ce qui précède, la requête doit être rejetée.

10. La procédure est gratuite (art. 231 al. 1 Cpa). Il n’y a pas lieu d’allouer de dépens au 
requérant qui succombe.

PAR CES MOTIFS

LA COUR CONSTITUTIONNELLE

rejette 

la requête ;

dit

qu’une éventuelle prolongation de l’obligation de porter le masque dans les commerces et les 
magasins devra prévoir expressément les exceptions au sens des considérants ;

constate

que la requête d’effet suspensif est devenue sans objet ;

dit

que la procédure est gratuite et qu’il n’est pas alloué de dépens ;

https://coiffuresuisse.ch/fileadmin/user_upload/default/oeffentlich/Bilder/Mitgliederseite/2020_Coronavirus/Schutzkonzept/DO_Schutzkonzept_Coiffure_Suisse_V03.04_FR.pdf
https://coiffuresuisse.ch/fileadmin/user_upload/default/oeffentlich/Bilder/Mitgliederseite/2020_Coronavirus/Schutzkonzept/DO_Schutzkonzept_Coiffure_Suisse_V03.04_FR.pdf
https://coiffuresuisse.ch/fileadmin/user_upload/default/oeffentlich/Bilder/Mitgliederseite/2020_Coronavirus/Schutzkonzept/DO_Schutzkonzept_Coiffure_Suisse_V03.04_FR.pdf

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ordonne

la publication du dispositif du présent arrêt au prochain Journal officiel ;

informe

les parties des voie et délai de recours, selon avis ci-après ;

ordonne

la notification du présent arrêt :
 au requérant, A.________ ;
 au Gouvernement de la République et Canton du Jura, Hôtel du Gouvernement, 2800 

Delémont.

Porrentruy, le 8 octobre 2020 

AU NOM DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE
La présidente : Le greffier e.r. :

Sylviane Liniger Odiet Pablo Probst

Communication concernant les moyens de recours :

Le présent arrêt peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le 
recours en matière de droit public s'exerce aux conditions des articles 82ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal 
fédéral (LTF - RS 173.110), le recours constitutionnel subsidiaire aux conditions des articles 113 ss LTF. Le 
mémoire de recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14; il doit être rédigé dans une langue 
officielle, indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. Les motifs doivent exposer 
succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit. Si le recours n'est recevable que s'il soulève une question 
juridique de principe, il faut exposer en quoi l'affaire remplit cette condition. Les pièces invoquées comme moyens 
de preuve doivent être jointes au mémoire, pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de 
la décision attaquée.