# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b78035d6-3b43-5570-bdd8-e2d34064c44b
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2025-04-17
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 17.04.2025 F-2565/2025
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_F-2565-2025_2025-04-17.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour VI 

F-2565/2025 

 

 
 

  A r r ê t  d u  1 7  a v r i l  2 0 2 5  

Composition 
 Claudia Cotting-Schalch, juge unique,  

avec l'approbation d’Aileen Truttmann, juge ; 

Duc Cung, greffier. 
 

 
 

Parties 
 A._______, né le (…), 

Turquie, 

recourant,  

  
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations SEM,  

Quellenweg 6, 3003 Berne,    

autorité inférieure.  

  
 

 
 

Objet 
 Asile (non-entrée en matière) et renvoi (procédure Dublin - 

art. 31a al. 1 let. b LAsi) ; décision du SEM du 7 avril 2025 / 

N (…). 

 

 

 

F-2565/2025 

Page 2 

Faits : 

A.  

Le 4 mars 2025, A._______ a déposé une demande d'asile en Suisse. Les 

investigations diligentées par le Secrétariat d’Etat aux migrations (ci-

après : SEM), sur la base d’une comparaison dactyloscopique avec l’unité 

centrale du système européen « Eurodac », ont révélé que le prénommé 

avait formulé une demande de protection internationale en Allemagne le 3 

juillet 2022. 

B.  

Le requérant a été entendu dans le cadre d’un entretien individuel, le 

14 mars 2025, au sujet de la possible compétence de l’Allemagne pour le 

traitement de sa demande d’asile ainsi que l’établissement des faits 

médicaux. 

C.  

Le 17 mars 2025, les autorités allemandes ont admis la requête aux fins 

de reprise en charge présentée, le 14 mars précédent, par le SEM sur la 

base de l'art. 18 par. 1 let. d du règlement Dublin III (ci-après : RD III ; 

référence complète : règlement [UE] no 604/2013 du Parlement européen 

et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de 

détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande 

de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un 

ressortissant de pays tiers ou un apatride [refonte ; JO L 180 du 

29.06.2013]), en se fondant sur la disposition invoquée. 

D.  

Par décision du 7 avril 2025, notifiée le jour même, le SEM, en vertu de 

l'art. 31a al. 1 let. b LAsi (RS 142.31), n'est pas entré en matière sur la 

demande d’asile de l’intéressé, a prononcé son transfert vers l’Allemagne 

et a ordonné l'exécution de cette mesure, constatant l'absence d'effet 

suspensif à un éventuel recours. 

E.  

Le 11 avril 2025 (date du sceau postal), A._______ a interjeté recours 

contre cette décision auprès du Tribunal administratif fédéral (ci-après : 

Tribunal ou TAF). Il a demandé, à titre préalable, le prononcé de mesures 

superprovisionnelles, l’octroi de l’effet suspensif, l’assistance judiciaire 

totale, respectivement la dispense du versement d’une avance de frais, et 

a conclu, sur le fond, à l’annulation de la décision attaquée et, à titre 

principal, à l’entrée en matière sur sa demande d’asile et, subsidiairement, 

au renvoi de la cause à l’autorité intimée pour complément d’instruction. 

F-2565/2025 

Page 3 

F.  

Par ordonnance du 14 avril 2025, l'exécution du transfert du recourant a 

été suspendue à titre de mesures superprovisionnelles. 

Droit : 

1.  

1.1 Les décisions rendues par le SEM en matière d'asile peuvent être 

contestées devant le Tribunal, lequel statue de manière définitive, sauf 

exception, non réalisée en l'espèce (art. 1 al. 2 et art. 33 let. d LTAF 

[RS 173.32], applicables par renvoi de l'art. 105 LAsi, en relation avec 

l'art. 83 let. d ch. 1 LTF [RS 173.110]). 

1.2 L’intéressé a qualité pour recourir ; le recours, qui a été interjeté dans 

la forme et le délai prescrits, est recevable (art. 48 al. 1 et 52 al. 1 PA, 

applicables par renvoi de l'art. 37 LTAF, et art. 108 al. 3 LAsi). 

2.  

2.1 Dans le cas d’espèce, il y a lieu de déterminer si le SEM était fondé à 

faire application de l’art. 31a al. 1 let. b LAsi, en vertu duquel il n’entre pas 

en matière sur une demande d’asile lorsque le requérant peut se rendre 

dans un Etat tiers compétent, en vertu d’un accord international, pour 

mener la procédure d’asile et de renvoi. 

2.2 Aux termes de l’art. 3 par. 1 RD III, une demande de protection 

internationale est examinée par un seul Etat membre, celui-ci étant 

déterminé selon les critères fixés au chapitre III. Dans une procédure de 

reprise en charge (anglais : take back), tel qu’en l’espèce, il n’y a aucun 

nouvel examen de la compétence selon ledit chapitre, sous réserve des 

situations prévues à l'art. 7 par. 3 RD III (en lien avec les critères de 

détermination visés aux art. 8, 10 et 16 RD III) et à l'art. 20 par. 5 RD III 

(cf. ATAF 2019 VI/7 consid. 6.4.1.3 ; 2017 VI/5 consid. 6.2 et 8.2.1). 

A cet égard, le Tribunal relève que, l’asile ayant été octroyé à la fiancée 

alléguée du recourant en Suisse (cf. dossier N […]), c’est à tort que le SEM 

a examiné la question de l’application de l’art. 10 RD III. Quant à l’art. 9 RD 

III, il n’entre pas en considération dans le cadre d’une procédure de reprise 

en charge. En revanche, c’est à juste titre que l’autorité intimée a retenu 

qu’une telle relation n’entrait pas dans la définition de « membres de la 

famille » prévue à l’art. 2 let. g RD III. Ainsi, une application de l’art. 16 RD 

III est exclue, aucun lien de dépendance particulier n’ayant du reste été 

F-2565/2025 

Page 4 

invoqué. L’éventuelle incidence de la relation avec dite fiancée sera, pour 

le surplus, examinée ci-dessous (cf. infra, consid. 3.3). 

2.3 L’Etat responsable de l’examen d’une demande de protection 

internationale en vertu du règlement est tenu de reprendre en charge – 

dans les conditions prévues aux art. 23, 24, 25 et 29 – le ressortissant de 

pays tiers ou l’apatride dont la demande a été rejetée et qui a présenté une 

demande auprès d’un autre Etat membre ou qui se trouve, sans titre de 

séjour, sur le territoire d’un autre Etat membre (art. 18 par. 1 let. d RD III). 

2.4 En l’occurrence, à la suite de la requête soumise par le SEM dans le 

délai prévu à l’art. 23 par. 2 RD III, les autorités allemandes compétentes 

ont expressément accepté de reprendre en charge l’intéressé dans le délai 

fixé à l’art. 25 par. 1 RD III. Ainsi, l’Allemagne a reconnu sa compétence 

pour traiter la demande d’asile du recourant. Sur le principe, ce dernier n’a 

pas contesté dite compétence. 

3.  

3.1 Pour s’opposer à son transfert, l’intéressé a fait valoir la présence de 

sa fiancée en Suisse. Par ailleurs, il a mis en avant son état de santé 

psychique précaire, lié à un traumatisme remontant à 15 ans, et a exposé 

présenter des idées suicidaires. 

3.2 Sur la base de l’art. 17 par. 1 RD III, chaque Etat membre peut décider 

d’examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée 

par le ressortissant d’un pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne 

lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le règlement. Comme l’a 

retenu la jurisprudence, le SEM doit admettre la responsabilité de la Suisse 

pour examiner une demande de protection internationale qui lui est 

présentée, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères 

fixés dans le RD III, lorsque le transfert envisagé vers l'Etat membre 

désigné responsable par lesdits critères viole des obligations de la Suisse 

relevant du droit international public. Il peut également admettre cette 

responsabilité pour des raisons humanitaires au sens de l'art. 29a al. 3 de 

l’ordonnance 1 sur l’asile du 11 août 1999 (OA 1, RS 142.311 ; 

cf. ATAF 2017 VI/5 consid. 8.5.2). 

3.3  

3.3.1 Tout d’abord, le Tribunal relève qu’un étranger peut, selon les 

circonstances, se prévaloir de l'art. 8 par. 1 CEDH (RS 0.101) pour 

s'opposer à une éventuelle séparation de sa famille. D'après une 

jurisprudence constante, les relations visées par cette norme sont avant 

F-2565/2025 

Page 5 

tout celles qui concernent la famille dite nucléaire, soit celles qui existent 

entre époux ainsi qu'entre parents et enfants mineurs vivant en ménage 

commun (cf. ATF 144 II 1 consid. 6.1 ; arrêt du Tribunal fédéral [ci-après : 

TF] 2C_976/2019 du 24 février 2020 consid. 4.1). Les fiancés ou les 

concubins ne sont en principe pas habilités à invoquer l'art. 8 CEDH, à 

moins que le couple n'entretienne depuis longtemps des relations étroites 

et effectivement vécues et qu'il n'existe des indices concrets d'un mariage 

sérieusement voulu et imminent (cf. arrêts du TF 2C_584/2022 du 29 juillet 

2022 consid. 3.1 ; 2C_722/2019 du 2 septembre 2019 consid. 4.1).  

3.3.2 En l’espèce, le recourant a exposé, lors de l’entretien Dublin, avoir 

rencontré sa fiancée en B._______ en 2021 et n’avoir, depuis lors, jamais 

fait vie commune avec elle. Il ressort certes du dossier qu’une procédure 

préparatoire de mariage a tout récemment été introduite auprès du canton 

de domicile de cette dernière. Rien ne permet toutefois d’admettre qu’un 

mariage serait imminent, l’Office de l’état civil compétent étant encore au 

stade de la vérification des identités. Même s’il est tout à fait 

compréhensible que les intéressés – qui n’ont pas voyagé ensemble 

jusqu’en Suisse – souhaitent continuer à pouvoir vivre dans le même pays, 

il n'y a ainsi pas lieu de considérer que leur relation a atteint le degré de 

stabilité et d'intensité requis pour pouvoir être assimilée à une union 

conjugale ni qu'elle reflète des liens personnels étroits, au sens de la 

jurisprudence précitée. Au demeurant, il sera loisible au recourant de 

poursuivre les démarches relatives à la procédure préparatoire de mariage 

depuis l’Allemagne, respectivement de solliciter, le cas échéant, une 

autorisation de séjour en vue du mariage. 

3.3.3 L’intéressé ne pouvant se prévaloir d'une vie familiale protégée par 

l'art. 8 CEDH, son transfert vers l’Allemagne n'emporte pas violation de 

cette disposition. 

3.4  

3.4.1 S’agissant de son état de santé, le recourant a exposé, selon le 

journal de soins du 17 mars 2025, que son traitement médicamenteux – 

composé de deux hypnotiques – était inefficace et qu’il souhaitait voir un 

psychologue. Il ressort du dernier document médical à disposition, soit un 

journal de soins daté du 9 avril 2025, que l’intéressé a sollicité une 

réévaluation de sa médication contre ses troubles du sommeil ainsi que 

l’introduction d’un traitement antidépresseur et a indiqué présenter des 

idées noires par moments, mais pas d’idées suicidaires actives. Un 

nouveau traitement pour le sommeil a alors été introduit, un médicament 

antidépresseur prescrit pour une durée de sept jours et un rendez-vous 

F-2565/2025 

Page 6 

avec l’infirmerie prévu cinq jours plus tard. Aucun nouveau document 

médical n’a été produit à l’appui du recours. 

3.4.2 Ainsi, rien ne permet d'inférer que le recourant serait, en l’état, inapte 

à voyager ou que son transfert vers l’Allemagne représenterait un danger 

concret pour sa santé. A propos des vagues idéations suicidaires 

évoquées, le Tribunal rappelle que le risque de suicide (« suicidalité ») ou 

la tentative de suicide commise par une personne dont l'éloignement a été 

ordonné ne constitue pas, en soi, un obstacle à l'exécution du renvoi ou du 

transfert, si tant est que la personne concernée est apte à voyager et que 

des mesures concrètes (adaptées à l'état de la personne) sont prises pour 

prévenir la réalisation de tels actes (cf. ATAF 2017 VI/7 consid. 6.4 ; arrêt 

du TAF F-461/2025 du 13 février 2025 consid. 7.3.2 et jurisp. cit.). Il 

appartiendra dès lors aux autorités d'exécution du transfert de vérifier les 

mesures d'accompagnement qu'impose l'état de santé de l’intéressé, de 

manière à prévenir, le cas échéant, tout acte d'auto-agression de sa part, 

et aux thérapeutes de le préparer à la perspective de ce transfert. 

3.4.3 Par ailleurs, les problèmes de santé du recourant pourront 

manifestement être traités en Allemagne, ce pays disposant de structures 

médicales adéquates (cf. arrêts du TAF F-1417/2025 du 10 mars 2025 

consid. 2.2.1 ; F-6995/2024 du 13 novembre 2024 consid. 3.2). En effet, 

même si la directive Accueil (référence complète : directive no 2013/33/UE 

du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des 

normes pour l'accueil des personnes demandant la protection 

internationale) ne trouve plus application en l’espèce, dès lors que 

l’intéressé a définitivement été débouté par les autorités allemandes et est 

tenu de retourner dans son pays d'origine (art. 3 par. 1 de ladite directive), 

l'assistance à laquelle il pourra prétendre jusqu'à l'exécution du renvoi 

relève du droit national allemand. A cet égard, aucun élément concret ne 

permet de considérer que l’Allemagne refuserait, le cas échéant, au 

recourant l’accès aux soins en cas d’urgence ou de problèmes graves, les 

soins médicaux essentiels étant garantis dans ce pays, même pour les 

personnes en situation irrégulière. 

3.4.4 En tout état de cause, dans le cas où l’intéressé devait avoir besoin 

de soins particuliers au moment de son transfert vers l’Allemagne, il lui 

appartiendra d'en informer les autorités suisses chargées de l'exécution de 

cette mesure. Le cas échéant, il incombera alors à celles-ci de transmettre, 

sous une forme appropriée, aux autorités allemandes les renseignements 

permettant une éventuelle prise en charge médicale spécifique (art. 31 et 

32 RD III). 

F-2565/2025 

Page 7 

3.4.5 Dans ces circonstances, il n’appert pas que l’intéressé souffre de 

problèmes de santé d’une gravité telle que l’exécution de son transfert vers 

l’Allemagne serait illicite au sens restrictif de la jurisprudence constante 

(cf. arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme Paposhvili 

c. Belgique du 13 décembre 2016, requête no 41738/10 ; Savran 

c. Danemark du 7 décembre 2021, requête no 57467/15, par. 122 à 139 ; 

ATAF 2017 VI/7 consid. 6.2).  

3.5 Il s’ensuit que le transfert du recourant vers l’Allemagne n’est pas 

contraire aux obligations de la Suisse relevant du droit international public. 

En outre, le Tribunal constate que le SEM a établi, dans la décision 

entreprise, de manière complète et exacte l’état de fait pertinent et n’a 

commis ni excès ni abus de son large pouvoir d’appréciation en refusant 

d’admettre l’existence de raisons humanitaires au sens de l'art. 29a 

al. 3 OA 1, en combinaison avec l'art. 17 par. 1 RD III, nonobstant la 

préférence marquée par le recourant de voir sa procédure d’asile menée 

par la Suisse. 

4.  

Au vu de ce qui précède, c’est à juste titre que le SEM n'est pas entré en 

matière sur la demande d'asile de l’intéressé, en application de 

l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, et a prononcé son transfert de la Suisse vers 

l’Allemagne, en application de l'art. 44 LAsi, aucune exception à la règle 

générale du renvoi n'étant réalisée (art. 32 OA 1). Par conséquent, le 

recours doit être rejeté. 

5.  

5.1 S’avérant manifestement infondé, il l’est dans une procédure à juge 

unique, avec l’approbation d’un second juge (art. 111 let. e LAsi). Il est dès 

lors renoncé à un échange d’écritures, le présent arrêt n’étant motivé que 

sommairement (art. 111a al. 1 et 2 LAsi). 

5.2 Dans la mesure où il a été immédiatement statué sur le fond, les 

requêtes tendant à l’octroi de l’effet suspensif et à la dispense du 

versement d’une avance de frais sont sans objet.  

6.  

6.1 Par ailleurs, les conclusions du recours étant d'emblée vouées à 

l'échec, la demande d'assistance judiciaire partielle et totale est rejetée. 

6.2 Vu l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la 

charge du recourant, conformément aux art. 63 al. 1 PA et art. 2 et 3 let. a 

F-2565/2025 

Page 8 

du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités 

fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2). 

 

(dispositif page suivante) 

  

F-2565/2025 

Page 9 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

La requête d’assistance judiciaire partielle et totale est rejetée. 

3.  

Les frais de procédure, d’un montant de 750 francs, sont mis à la charge 

du recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans 

les 30 jours dès l’expédition du présent arrêt. 

4.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, à l'autorité inférieure et à 

l’autorité cantonale. 

 

La juge unique : Le greffier : 

  

Claudia Cotting-Schalch Duc Cung 

 

 

Expédition :