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**Case Identifier:** 738f9de8-04ac-5d87-a770-716ffac7f92e
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des curatelles Pron / 2014 / 51
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_008_Pron---2014---51_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

D514.009499-141598

203 

 

 

CHAMBRE
DES CUratelles

___________________________________

Arrêt
du 8 septembre 2014

_______________________

Présidence
de               Mme             
Kühnlein,
présidente,

Juges :             
              M.              
Colombini et Mme Courbat

Greffier
              :             
Mme              Schwab Eggs

 

 

*****

 

 

Art.
426 al. 4. 450a al. 2, 450b al. 3 CC; art. 29 al. 1 Cst.; art. 117 LAJ

 

 

             
La Chambre des curatelles du Tribunal cantonal prend séance pour statuer sur le recours pour déni
de justice interjeté par V.________, à Lausanne, à la suite du dépôt d'une requête
en mainlevée de placement à des fins d'assistance déposée le 31 juillet 2014 devant
le Juge de paix du district de Lausanne.

 

             
Délibérant à huis clos, la Cour voit :

 

En
fait :

 

A.             
Par acte motivé du 4 septembre 2014, V.________ a adressé à la Chambre des curatelles
un recours pour déni de justice contre "le refus de statuer de 

la
Justice de paix du district de Lausanne sur sa requête en mainlevée de la mesure de placement
à des fins d'assistance". Il a conclu à ce que la justice de paix soit enjointe de statuer
sur la requête en mainlevée de placement déposée le 31 juillet 2014, dans les trois
jours suivant la notification de l'arrêt de la Chambre des curatelles; il a également requis
d'être mis au bénéfice de l'assistance judiciaire, Me Philippe Chaulmontet étant
nommé en qualité d'avocat d'office.

 

             
Par télécopie du 5 septembre 2014, Me Philippe Chaulmontet a remis une note d'honoraires, ainsi
qu'une liste des opérations effectuées.

 

B.             
La cour retient les faits suivants :

 

             
Par décision du 20 mars 2014, envoyée pour notification aux parties le 3 avril 2014, le Juge
de paix du district de Lausanne (ci-après : juge de paix) a notamment confirmé le placement
provisoire à des fins d'assistance de V.________, né le 21 mars 1994, à l'Hôpital
de Cery ou dans tout autre établissement approprié (IV).

 

             
Le 20 juin 2014, le Dr [...], Chef de clinique du Service de psychiatrie générale de l'Hôpital
de Cery, a écrit au juge de paix qu'il n'existait pas d'arguments aigus sur le plan médical
leur permettant de justifier une demande de privation de liberté pour V.________, mais que l'évolution
positive constatée et la construction du projet en cours semblaient avoir été permises
par les mesures prononcées.

 

             
Par décision du 26 juin 2014, le juge de paix a accordé le bénéfice de l'assistance
judiciaire à V.________. Celui-ci a été astreint au versement d'une franchise mensuelle
de 50 fr., dès et y compris le 1er
juillet 2014.

 

             
Le 18 juillet 2014, sur requête du juge de paix, le Dr [...] a précisé que V.________
ne présentait alors pas de critère leur permettant de justifier médicalement une privation
de liberté à des fins d'assistance et que la question du devenir de la mesure étant délicate,
il lui paraissait relever d'un processus d'expertise qui pourrait, cas échéant, servir à
la mise en place de mesures de soins ambulatoires.

 

             
Le 31 juillet 2014, V.________, par son conseil, a requis sa libération de tout placement à
des fins d'assistance. Il a précisé qu'il ne résidait plus à l'Hôpital de Cery,
mais au Foyer [...], qu'il était tout à fait disposé à poursuivre le traitement ambulatoire
débuté auprès de la Dresse [...] et qu'il pouvait compter sur le soutien de ses parents.

 

             
Le 14 août 2014, à la requête du juge de paix, [...], directeur de la Fondation [...],
a écrit qu'il n'était pas en mesure de se déterminer sur le maintien ou la levée
du placement à des fins d'assistance de V.________. Celui-ci était en effet en phase d'intégration
et il était encore difficile de cerner ce qui ressortait de sa problématique d'addiction actuellement
stabilisée ou d'une fragilité psychique demandant un soutien et un encadrement spécialisé.
Le directeur a conclu en espérant que l'expertise en cours donnerait des éclaircissements sur
les meilleures perspectives à développer pour V.________.

 

             
Le 20 août 2014, le juge de paix a écrit au conseil de V.________ que, sauf avis de sa part,
il partait de l'idée que l'opportunité de maintenir respectivement de lever le placement à
des fins d'assistance provisoire serait examinée une fois que le rapport d'expertise requis le 4
avril 2014 aurait été rendu, soit en principe d'ici au 15 septembre 2014 et après audition
de V.________ par l'autorité de protection de l'adulte, lors de l'audience de jugement au fond.

 

             
Le 26 août 2014, le conseil de V.________ a répondu qu'il maintenait sa requête tendant
à la libération de son client, par voie de mesures provisionnelles et que, s'agissant de l'expertise,
il était peu probable qu'elle soit rendue d'ici au 15 septembre 2014, son client n'ayant pas
encore été convoqué par les experts.

 

             
Le 29 août 2014, le conseil de V.________ a adressé au juge de paix un courrier du 22 août
du Dr [...], médecin associé du Service d'alcoologie du CHUV et de [...]. Selon ce courrier,
les signataires ont considéré que la mesure de placement à des fins d'assistances n'était
plus justifiée sur le plan alcoologique.

             
Le 1er
septembre 2014, le juge de paix a cité V.________ à comparaître à l'audience du 25
septembre 2014.

 

             
Par courrier du 2 septembre 2014 adressé au juge de paix, le conseil de V.________ a rappelé
qu'en vertu de l'art. 426 al. 4 CC, la décision sur la demande de libération devait être
prise "sans délai" et que la fixation de l'audience au 25 septembre 2014 ne respectait
manifestement pas l'exigence de célérité. Il a requis qu'il soit statué sans délai
sur la demande de mise en liberté de son client.

 

             
Le 3 septembre 2014, le juge de paix a répondu que V.________ avait quitté l'Hôpital de
Cery pour intégrer le Foyer [...] et que l'audience était appointée dans un délai
raisonnable. Par courrier du même jour, le juge de paix a demandé au Foyer [...] de lui faire
parvenir un bref rapport lui indiquant si le maintien de la mesure de placement à des fins d'assistances
de V.________ se justifiait ou s'il pouvait être levé. Le même jour, le juge de paix a
écrit à deux médecins du CHUV et leur a demandé de lui faire parvenir un bref rapport
lui indiquant si le maintien de la mesure se justifiait ou s'il pouvait être levé. 

 

 

             
En droit :

 

1.             
Le recourant  se plaint du fait que le juge de paix n'a pas statué sur sa requête de mainlevée
d'un placement à des fins d'assistance.

 

             
L'art. 450a al. 2 CC ouvre la voie du recours contre le retard injustifié du tribunal, ce recours
pouvant être formé en tout temps (art. 450b al. 3 CC). Un tel recours est de la compétence
de la Chambre des curatelles (art. 8 LVPAE [loi du 29 mai 2012 d'application du droit fédéral
de la protection de l'adulte et de l'enfant, RSV 211.255] et 76 al. 2 LOJV [loi d'organisation judiciaire
du 12 décembre 1979, RSV 173.01]).

 

             
Interjeté par une personne partie à la procédure (art. 450 al. 2 CC), le présent
recours est recevable.

 

 

2.             
Le recourant invoque l'art. 426 al. 4 CC selon lequel la personne concernée par un placement à
des fins d'assistance peut demande sa libération en tout temps et que la décision doit être
prise sans délai.

 

             
a)
La notion de retard injustifié de l'art. 319 let. c CPC (Code de procédure civile du 19 décembre
2008, RS 272) est la même qu'aux art. 94 et 100 al. 7 LTF (Tappy, Les voies de droit du nouveau
Code de procédure civile, in JT 2010 III 115, spéc. p. 153) qui posent comme critère le
délai raisonnable au sens de l'art. 29 al. 1 Cst. (Constitution fédérale du 18 avril 1999,
RS 101; Corboz, Commentaire de la LTF, Berne 2009, n. 10 ad art. 94 LTF). Dire s'il y a ou non retard
injustifié est une question d'appréciation. Il faut se fonder à ce propos sur des éléments
objectifs (Donzallaz, Loi sur le Tribunal fédéral, Commentaire, Berne 2008, n. 3416, p. 1269).
On peut appliquer par analogie ces considérations au retard injustifié dont il est question
à l'art. 450a al. 2 CC.

 

             
La décision sur la requête de libération doit intervenir sans délai (art. 426
al. 4 CC). Ce délai doit être évalué en fonction de toutes les circonstances de l'espèce
(Guillod, in Commentaire du droit de la famille [CommFam], Protection de l'adulte, Berne 2013, n. 99
ad art. 426 CC). Une partie de la doctrine préconise un délai de trois jours, voire cinq jours
(Guillod, op. cit., nn. 100 ss ad art. 426 CC; Steinauer/Fountoulakis, Droit des personnes physiques
et de la protection de l'adulte, Berne 2014, n. 1413, note infrapaginale 140 et les références
citées).

 

             
b)
En l'espèce, le juge de paix a reçu le 20 juin 2014 un courrier d'un médecin dont la teneur
justifiait le réexamen du placement à des fins d'assistance provisoire. Il a encore reçu
le 29 août 2014, une lettre émanant d'autres professionnels de la santé allant dans le
même sens. 

 

             
Le 31 juillet 2014, le recourant a requis formellement sa libération de tout placement à des
fins d'assistance.

 

             
Le délai de trois, voire cinq jours, préconisé par la doctrine pour statuer sur la demande
de libération ne peut être érigé en règle absolue. Il dépend en effet de
la possibilité concrète de respecter le droit d'être entendu de la personne concernée
et d'obtenir des rapports médicaux permettant de statuer sur la requête. Dans le cas d'espèce,
il apparaît que le fait de fixer une audience le 25 septembre 2014, alors que la requête a
été déposée le 31 juillet 2014, n'est pas conforme au principe de célérité
découlant de la loi. En outre, il n'est pas envisageable que l'autorité de protection tarde
à rendre une décision au motif que le tiers mandaté, médecin de l'institution ou
expert, n'est lui-même pas en mesure de se déterminer sur le maintien ou la levée du placement,
comme en l'espèce, ou n'est pas en mesure de rendre un rapport dans un délai raisonnable. Dans
un tel cas de figure, le juge doit fixer une audience et statuer au vu du dossier, si les avis médicaux
requis n'ont pas été produits à temps.

 

             
Dans ces circonstances, le recours doit être admis et la cause renvoyée au juge de paix pour
qu'il statue sur la requête en mainlevée du placement à des fins d'assistance déposée
le 31 juillet 2014 par V.________ dans un délai de cinq jours ouvrables suivant la notification
du présent arrêt.

 

 

3.             
a) Le
recourant a requis d'être mis au bénéfice de l'assistance judiciaire.

 

             
Selon l'art. 117 CPC, une personne a droit à l’assistance judiciaire si elle ne dispose pas
de ressources suffisantes et si sa cause ne paraît pas dépourvue de toute chance de succès.
L'assistance judiciaire peut être accordée totalement ou partiellement (art. 118 al. 2 CPC);
en particulier, il est possible d’exiger du requérant, lorsque sa situation financière
le permet, qu’il participe aux frais de procès, en s’acquittant  d’une franchise
mensuelle.

 

             
En l'espèce, V.________ remplit manifestement ces deux conditions cumulatives. Sa situation financière
lui permet, par ailleurs, de s’acquitter d’un montant de 50 fr. (cinquante francs), à
titre de franchise mensuelle. L'assistance judiciaire doit par conséquent lui être accordée,
pour la procédure de recours, Me Philippe Chaulmontet étant désigné en qualité
de conseil d'office, avec effet au 4 septembre 2014. 

 

             
b) Me
Philippe Chaulmontet réclame le paiement d'une indemnité pour le mandant de conseil d'office
qu'il a exécuté dans le cadre de la cause. Selon la liste des opérations qu'il a jointe
à son courrier, il a consacré 6h.10 à l'exécution de son mandat, pour la procédure
de recours. 

             
Eu égard aux difficultés de la cause, en fait et en droit, considérées au moment
où Me Philippe Chaulmontet a procédé, ce temps n’apparaît pas déraisonnable.

 

             
Compte tenu d’un tarif horaire de 180 fr., hors TVA (art. 2 al. 1 let. a RAJ [Règlement du
7 décembre 2010 sur l'assistance judiciaire en matière civile, RSV 211.02.3]), il convient
par conséquent de lui allouer une indemnité totale de 1'218 fr. 35, montant arrondi à
1'220 fr., comportant une indemnité de 1'098 fr., des débours de 30 fr. 10 (art. 2 al. 3 RAJ)
et un montant de 90 fr. 20 à titre de TVA,

 

             
Dans la mesure de l'art. 123 CPC, le bénéficiaire de l'assistance judiciaire est tenue au remboursement
de l’indemnité au conseil d'office mise à la charge de l'Etat.

 

             
c) Le
présent arrêt peut être rendu sans frais judiciaires (art. 74a al. 4 TFJC [tarif du 28
septembre 2010 des frais judiciaires civils, RSV 270.11.5]).

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des curatelles du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

p
r o n o n c e :

 

             
I.             
Le recours est admis.

 

             
II.             
Ordre est donné au Juge de paix de statuer sur la requête en mainlevée de placement à
des fins d'assistance déposée le 31 juillet 2014 par V.________, dans un délai de cinq
jours ouvrables dès notification du présent arrêt.

 

             
III.             
Le bénéfice de l'assistance judiciaire est accordé à V.________ pour la procédure
de recours avec effet au 4 septembre 2014, Me Philippe Chaulmontet étant désigné en qualité
de conseil d'office.

             

             
IV.             
V.________ est astreint à payer une franchise mensuelle de 50 fr. (cinquante francs), dès et
y compris le 1er
octobre 2014, à verser auprès du Service juridique et législatif, case postale, à
1014 Lausanne.

 

             
V.             
L'indemnité d'office de Me Philippe Chaulmontet est fixée à 1'220 fr. (mille deux cent
vingt francs), TVA et débours compris.

 

             
VI.             
Le bénéficiaire de l'assistance judiciaire est, dans la mesure de l'art. 123 CPC, tenu
au remboursement de l'indemnité au conseil d'office mise à la charge de l'Etat.

 

             
VII.             
L'arrêt, rendu sans frais judiciaires, est exécutoire.

 

La
présidente :               La greffière
:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

‑             
Me Philippe Chaulmontet (pour V.________),

 

et
communiqué à :

 

‑             
Mme [...], Juge de paix du district de Lausanne,

-             
M. [...], Directeur du Foyer [...]

 

par
l'envoi de photocopies. 

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral,
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente
jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

 

             
La greffière :