# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 95a7c1c4-e9ce-55ac-af3c-c2da41c3ef4a
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2017-10-25
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 25.10.2017 F-6712/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_F-6712-2016_2017-10-25.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour VI 

F-6712/2016 

 

 
 

  A r r ê t  d u  2 5  o c t o b r e  2 0 1 7  

Composition 
 Blaise Vuille (président du collège),  

Yannick Antoniazza-Hafner, Antonio Imoberdorf, juges, 

Marie-Claire Sauterel, greffière. 
 

 
 

Parties 
 A._______,  

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations SEM,  

Quellenweg 6, 3003 Berne,    

autorité inférieure.  

 
 

 
 

Objet 
 Refus d'autorisation d'entrée dans l'Espace Schengen  

concernant B._______. 

 

 

 

F-6712/2016 

Page 2 

Faits : 

A.  

 

Le 17 août 2016, B._______, ressortissant camerounais né le 22 mai 1956, 

a sollicité un visa Schengen auprès de l'Ambassade de Suisse à Yaoundé 

dans le but d'effectuer un séjour de visite de 90 jours auprès d’un couple 

d’amis, A._______ et son épouse, ressortissants suisses, domiciliés à Fri-

bourg. A cette occasion, il a indiqué qu’il était célibataire. A l'appui de sa 

demande, il a produit divers documents, dont une copie de son passeport, 

une attestation de couverture d’assurance, ainsi qu'une lettre d'invitation 

datée du 12 juillet 2016, dans laquelle A._______ confirme sa volonté d'ac-

cueillir son ami à Fribourg et s’engage à prendre en charge tous les frais 

inhérents au séjour envisagé.  

B.  

Le 22 août 2016, la Représentation diplomatique précitée a refusé la déli-

vrance du visa en faveur de B._______ au moyen du formulaire-type 

Schengen en indiquant que l’objet et les conditions du séjour envisagé 

n’avaient pas été justifiés. Cette décision a été notifiée le même jour au 

prénommé. 

C.   

Par courrier du 29 août 2016, A._______ a formé opposition audit refus 

auprès du SEM en faisant valoir qu’il avait bien envoyé à l’Ambassade une 

lettre d’invitation en faveur de B._______ pour un séjour de visite et qu’il 

ne comprenait pas pourquoi, selon cette autorité, les conditions du séjour 

n’étaient pas justifiées. Il a relevé une nouvelle fois que le séjour était en-

tièrement pris en charge financièrement. Il a ainsi requis du SEM la déli-

vrance du visa sollicité. 

D.  

Par décision du 4 octobre 2016, le SEM a rejeté l'opposition précitée et 

confirmé le refus d'autorisation d'entrée concernant B._______. 

Dans la motivation de son prononcé, l'autorité inférieure a estimé en subs-

tance qu’au vu des éléments du dossier et de la situation personnelle du 

requérant (célibataire, âgé de soixante ans, sans charge familiale et 

n'ayant jamais voyagé dans l'Espace Schengen), sa sortie de l'Espace 

Schengen au terme du visa sollicité ne pouvait pas être considérée comme 

suffisamment garantie.  

F-6712/2016 

Page 3 

E.  

Par écrit daté du 29 octobre 2016, posté le 31 octobre 2016, A._______ a 

recouru contre la décision précitée auprès du Tribunal administratif fédéral 

(ci-après : le Tribunal ou le TAF), en concluant à son annulation et à la 

délivrance du visa sollicité. Dans son pourvoi, il a indiqué que la sortie de 

l’Espace Schengen de B._______ à l’issue du séjour était assurée, car le 

prénommé avait trois enfants et deux petits-enfants à charge au Cameroun 

(sa fille n’étant pas mariée). Il a précisé qu’il élevait les enfants avec leur 

maman, qui vivait sous le même toit, mais avec laquelle il n’avait plus de 

relation de couple. Il a également indiqué que B._______ était pasteur 

dans deux églises, l’une à Ebolowa et l’autre à Yaoundé, et qu’il ne pourrait 

pas retrouver en Suisse une situation professionnelle comparable à celle 

qu’il connaissait au Cameroun. Enfin, il a mentionné que B._______ tou-

chait des revenus réguliers sur son compte et a produit un extrait de 

compte bancaire. 

F.  

Appelée à se prononcer sur le recours, l’autorité inférieure en a proposé le 

rejet par préavis du 31 janvier 2017, en relevant notamment à propos des 

revenus du prénommé que l’extrait de compte bancaire produit n’établissait 

pas à satisfaction et de manière durable la situation financière de 

B._______.  

G.  

Invité à se prononcer sur ce préavis, A._______ a persisté dans ses con-

clusions. Un double de ces observations a été porté à la connaissance du 

SEM.  

Droit : 

1.  

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 LTAF, le Tribunal, en 

vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de 

l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. En particu-

lier, les décisions en matière de refus d'autorisation d'entrée dans l'Espace 

Schengen prononcées par le SEM - lequel constitue une unité de l'admi-

nistration fédérale telle que définie à l'art. 33 let. d LTAF - sont susceptibles 

de recours au Tribunal qui statue définitivement (cf. art. 1 al. 2 LTAF en 

relation avec l'art. 83 let. c ch. 1 LTF). 

1.2 A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant le 

Tribunal est régie par la PA (cf. art. 37 LTAF). 

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1.3 A._______, qui a pris part à la procédure devant l'autorité inférieure, a 

qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA). Présenté dans la forme et les délais 

prescrits par la loi, le recours est recevable (cf. art. 50 et 52  PA). 

2.  

La partie recourante peut invoquer devant le Tribunal la violation du droit 

fédéral, y compris l'excès ou l'abus du pouvoir d'appréciation, la constata-

tion inexacte ou incomplète des faits pertinents ainsi que l'inopportunité de 

la décision entreprise, sauf lorsqu'une autorité cantonale a statué comme 

autorité de recours (cf. art. 49 PA). Dans le cadre de la procédure de re-

cours, le Tribunal applique d'office le droit fédéral. Conformément à l'art. 62 

al. 4 PA, l'autorité de recours n'est pas liée par les motifs invoqués à l'appui 

du recours, ni par les considérants de la décision attaquée. Aussi peut-elle 

admettre ou rejeter le pourvoi pour d'autres motifs que ceux invoqués. 

Dans son arrêt, elle prend en considération l'état de fait régnant au moment 

où elle statue (cf. ATAF 2014/1 consid. 2 et la jurisprudence citée). 

3.  

La politique des autorités suisses en matière de visa joue un rôle très im-

portant dans la prévention de l'immigration clandestine (cf. à ce sujet le 

Message du Conseil fédéral [CF] concernant la loi sur les étrangers du 

8 mars 2002, FF 2002, p. 3493). Aussi, elles ne peuvent accueillir tous les 

étrangers qui désirent venir dans ce pays, que ce soit pour des séjours de 

courte ou de longue durée, et peuvent donc légitimement appliquer une 

politique restrictive d'admission (cf. ATF 135 I 143 consid. 2.2 ; voir égale-

ment arrêt du Tribunal C-1392/2012 du 16 avril 2014 consid. 4, et la juris-

prudence citée). 

La législation suisse sur les étrangers ne garantit aucun droit ni quant à 

l'entrée en Suisse, ni quant à l'octroi d'un visa. Comme tous les autres 

Etats, la Suisse n'est en principe pas tenue d'autoriser l'entrée de ressor-

tissants étrangers sur son territoire. Sous réserve des obligations décou-

lant du droit international, il s'agit d'une décision autonome (cf. Message 

du CF précité, publié in : FF 2002, p. 3531 ; voir également l'ATF 135 II 1 

consid. 1.1 et l'ATAF 2009/27 consid. 3, ainsi que la jurisprudence citée). 

La réglementation Schengen reprise par la Suisse dans le cadre de la con-

clusion des accords d’association à Schengen limite toutefois les préroga-

tives des Etats membres parties à ces accords, dans le sens où cette ré-

glementation, d’une part, prévoit des conditions uniformes pour l’entrée 

dans l’Espace Schengen et la délivrance des visas y relatifs, d’autre part 

oblige les Etats membres à refuser l’entrée et l’octroi du visa requis si les 

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conditions prescrites ne sont pas remplies. En outre, lorsque l’autorité com-

pétente pour se prononcer sur la demande de visa parvient à la conclusion 

que toutes les conditions auxquelles est subordonnée l’obtention d’un visa 

d’entrée sont réunies et qu’il n’existe aucun motif de refus, le visa doit en 

principe être délivré au requérant. Il reste que, dans le cadre de cet exa-

men, dite autorité dispose d’un large pouvoir d’appréciation. Ainsi que le 

Tribunal l’a souligné dans sa jurisprudence, la réglementation Schengen 

ne confère, pas plus que la législation suisse, ni de droit à l’entrée dans 

l’Espace Schengen, ni de droit à l’octroi d’un visa (cf. ATAF 2014/1 consid. 

4.1.1 et 4.1.5).  

4.  

4.1 Les dispositions sur la procédure en matière de visa ainsi que sur l'en-

trée en Suisse et la sortie de ce pays ne s'appliquent que dans la mesure 

où les accords d'association à Schengen, qui sont mentionnés à l'annexe 

1, ch. 1 LEtr (RS 142.20), ne contiennent pas de dispositions divergentes 

(cf. art. 2 al. 4 et 5 LEtr). S'agissant des conditions d'entrée en Suisse pour 

un séjour n'excédant pas 90 jours, l'art. 2 al. 1 de l'ordonnance du 22 oc-

tobre 2008 sur l'entrée et l'octroi de visas (OEV, RS 142.204), dans sa te-

neur du 5 avril 2017, entrée en vigueur le 1er mai 2017, renvoie à l’art. 6 du 

code frontières Schengen (référence complète : Règlement [UE] 2016/399 

du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 établissant un code 

communautaire relatif au régime de franchissement des frontières par les 

personnes [JO L 77 du 23 mars 2016]). Les conditions d'entrée ainsi pré-

vues correspondent, pour l'essentiel, à celles posées par l'art. 5 LEtr. Aussi 

la pratique et la jurisprudence relatives à l'art. 5 LEtr, notamment celles 

concernant la garantie de sortie prévue par l'art. 5 al. 2 LEtr, peuvent-elles 

être reprises in casu (sur les détails de cette problématique, cf. ATAF 

2009/27 consid. 5.2 et 5.3). Cette interprétation est d'ailleurs corroborée 

par le code des visas (référence complète : Règlement (CE) no 810/2009 

du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 établissant un code 

communautaire des visas [JO L 243 du 15 septembre 2009]), aux termes 

duquel il appartient au demandeur de visa de fournir des informations per-

mettant d'apprécier sa volonté de quitter le territoire des Etats membres 

avant l'expiration du visa demandé (cf. art. 14 par. 1 let. d du code des 

visas) et une attention particulière est accordée à la volonté du demandeur 

de visa de quitter le territoire des Etats membres avant la date d'expiration 

du visa demandé (cf. art. 21 par. 1 du code des visas). 

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4.2 Si les conditions pour l'octroi d'un visa uniforme pour l'Espace Schen-

gen ne sont pas remplies, un Etat membre peut, à titre exceptionnel, déli-

vrer un visa à validité territoriale limitée (ci-après: un visa VTL) notamment 

pour des motifs humanitaires ou d'intérêt national ou en raison d'obligations 

internationales (cf. art. 12  al.  1 en relation avec l'art. 2  al.  4 OEV, art. 

32  par.  1 en relation avec l'art. 25 par. 1 let. a et par.  2 du code des visas 

et art. 5 par. 4 let. c du code frontières Schengen). 

4.3 Le Règlement (CE) no 539/2001 du Conseil du 15 mars 2001 (JO L 81 

du 21 mars 2001, p. 1-7) – applicable par renvoi –, différencie en son art. 1 

par. 1 et 2 les ressortissants des Etats tiers selon qu'ils sont soumis ou non 

à l'obligation du visa. Du fait qu’il est un ressortissant camerounais, 

B._______ est soumis à l'obligation de visa. 

5.  

5.1 Dans la décision querellée, l’autorité inférieure a confirmé le refus 

d’autorisation d’entrée dans l’Espace Schengen prononcé par l’Ambas-

sade de Suisse à Yaoundé à l’encontre du prénommé aux motifs que le 

départ ponctuel de celui-ci de l’Espace Schengen avant l’expiration du visa 

sollicité n’apparaissait pas suffisamment assuré.  

5.2 C'est le lieu de rappeler que, selon la pratique constante des autorités, 

une autorisation d'entrée en Suisse ne peut être délivrée à des étrangers 

dont le retour dans leur pays n'est pas assuré, soit en raison de la situation 

politique ou économique prévalant dans celui-ci, soit en raison de la situa-

tion personnelle du requérant. 

Lorsque l'autorité examine si l'étranger présente les garanties nécessaires 

en vue d'une sortie de Suisse dans les délais impartis (au sens de l'art. 5 

al. 2 LEtr), elle ne peut le faire que sur la base d'indices fondés sur la si-

tuation personnelle, familiale ou professionnelle de l'étranger désirant se 

rendre en Suisse, d'une part, et d'une évaluation du comportement de 

l'étranger une fois arrivé en Suisse en fonction de ces prémisses, d'autre 

part. On ne saurait dès lors reprocher à l'autorité de prendre une décision 

contraire à la loi lorsque dite autorité se fonde sur de tels indices et sur 

l'évaluation susmentionnée pour appliquer la disposition précitée. 

Ces éléments d'appréciation doivent en outre être examinés dans le con-

texte de la situation générale prévalant dans le pays de provenance de 

l'intéressé, dans la mesure où il ne peut être exclu qu'une situation politi-

quement, socialement ou économiquement moins favorisée que celle que 

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connaît la Suisse puisse influencer le comportement de la personne invitée 

(cf., sur les points qui précèdent, notamment ATAF 2014/1 consid. 6.1). 

Lors de l'examen de demandes de visa émanant de personnes provenant 

de pays ou de régions connaissant une situation socio-économique ou po-

litique difficile, il se justifie en effet d'appliquer une pratique restrictive, car 

les intérêts privés de telles personnes s'avèrent souvent incompatibles 

avec le but et l'esprit d'une autorisation d'entrée limitée dans le temps (cf. 

ATAF 2014/1 précité ibidem). 

5.3 Au regard de la situation socio-économique prévalant au Cameroun, 

on ne saurait de prime abord écarter les craintes de l'autorité intimée de 

voir l'intéressé prolonger son séjour en Suisse ou dans l'Espace Schengen 

au-delà de la date d'échéance du visa sollicité. 

A ce propos, il faut prendre en considération la qualité de vie et les condi-

tions économiques particulières que connaît l'ensemble de la population 

au Cameroun. Avec un produit intérieur brut (PIB) par habitant de 1’250 

USD en 2015, cet Etat demeure très en dessous des standards européens. 

Pour l'année 2016, l'indice de développement humain (IDH), qui prend en 

compte la santé, l'éducation et le revenu des personnes, le classe en 153e 

position sur 188 Etats (source: le site internet du Ministère français des 

affaires étrangères, à l'adresse http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-

pays/cameroun/presentation-du-cameroun/, mis à jour le 26 mai 2017, 

consulté en octobre 2017). 

Dès lors, les conditions socio-économiques difficiles au Cameroun ne sont 

pas sans exercer une pression migratoire importante. Cette tendance mi-

gratoire est encore renforcée, comme l'expérience l'a démontré, lorsque la 

personne concernée peut s'appuyer à l'étranger sur un réseau social (pa-

rents, amis) préexistant, comme cela est le cas en l'espèce (cf. notamment  

arrêt du TAF C-6328/2015 du 11 mai 2016 consid. 6.5). 

Aussi, eu égard à la situation générale prévalant au Cameroun et aux nom-

breux avantages qu'offrent la Suisse et d'autres pays membres de l'Espace 

Schengen (en termes de niveau et de qualité de vie, d'emploi, de sécurité, 

d'infrastructures scolaires et socio-médicales, etc.), le Tribunal ne saurait 

de prime abord faire abstraction du risque d’une éventuelle prolongation 

par B._______ de son séjour sur le territoire helvétique ou sur le territoire 

de l'Espace Schengen au-delà de la durée de validité de son visa (dans le 

même sens, cf. arrêts du TAF C-7856/2015 du 24 février 2016 consid. 6.2, 

C-6336/2014 du 16 juin 2015 consid. 7.1.2). 

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Cela étant, l'autorité ne saurait se fonder sur la seule situation prévalant 

dans le pays de provenance de l'étranger pour conclure à l'absence de 

garantie quant à sa sortie ponctuelle de Suisse, mais doit également pren-

dre en considération les particularités du cas d'espèce (cf. 

ATAF 2014/1 précité consid. 6.3.1; 2009/27 consid. 7 et 8). Ainsi, si la per-

sonne invitée assume d'importantes responsabilités dans son pays d'ori-

gine (au plan professionnel, familial et/ou social), un pronostic favorable 

pourra, suivant les circonstances, être émis quant à son départ ponctuel 

de Suisse à l'issue de la validité de son visa. En revanche, le risque d'une 

éventuelle transgression future des prescriptions de police des étrangers 

pourra être jugé élevé lorsque la personne concernée n'a pas d'obligations 

suffisantes  dans son pays d'origine pour l'inciter à y retourner au terme de 

son séjour (cf. notamment ATAF 2014/1 ibid.). 

6. Il convient dès lors d'examiner si, en l'état, la situation personnelle, fa-

miliale, professionnelle et patrimoniale de B._______ plaide en faveur de 

sa sortie ponctuelle de Suisse (ou de l'Espace Schengen), au terme du 

séjour envisagé. 

6.1 En l'espèce, il ressort du dossier que le prénommé, âgé actuellement 

de plus de 61 ans, déclare être célibataire (cf. demande d’entrée du 17 

août 2016). A._______ précise à ce propos que son invité a trois enfants 

et deux-petits enfants à charge et qu’il vit avec eux à Ebolowa, ainsi 

qu’avec la mère de ses enfants, avec laquelle il n’entretient toutefois plus 

aucune relation de couple. Selon les actes de naissance produits, ses en-

fants sont âgés de 16, 18 et 20 ans (cf. recours du recourant du 29 octobre 

2016 et pièces jointes).  

Certes, la présence de trois enfants et de deux petits-enfants au Cameroun 

constitue une attache familiale importante qui, a priori, parle en faveur du 

retour de l'intéressé dans ce pays à la fin du séjour projeté. A ce sujet, le 

Tribunal observe cependant que B._______ se déclare célibataire et qu’il 

envisage de quitter son pays d'origine durant trois mois sans que cela ne 

cause le moindre problème. A ce propos, A._______ relève que cette ab-

sence de plusieurs semaines ne poserait pas de souci à ses proches, car 

ses enfants sont grands, ont l’habitude de vivre séparés de leur père (qui 

travaille à Yaoundé et Ebolowa [situé à 168 km de la capitale]) et leur ma-

man s’occupe d’eux si nécessaire.   

Ce qui précède démontre en fait que l'intéressé, père de trois enfants, dont 

deux sont déjà majeurs, n'exerce pas dans son pays de responsabilités 

familiales susceptibles de le dissuader de prolonger son séjour en Suisse, 

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puisque les enfants et petits-enfants de son entourage ont l’habitude de 

vivre sans lui, sous la responsabilité de leur mère et grand-mère. Selon 

l'expérience générale, des liens tels que ceux évoqués ici, comme d’ail-

leurs les autres relations familiales et sociales que le prénommé entretient 

dans son pays, sont parfois insuffisants pour inciter une personne à retour-

ner dans sa patrie, surtout au vu du contexte socio-économique difficile 

dans lequel se trouve le Cameroun.  Il ne faut en effet pas perdre de vue 

que la Suisse connaît un niveau de vie tant sur le plan économique, médi-

cal que sécuritaire, sensiblement supérieur au Cameroun et que ces élé-

ments peuvent s’avérer décisifs, lorsqu’une personne prend la décision de 

quitter son pays, ce d’autant plus que B._______ n’entretient plus de rela-

tions avec la mère de ses enfants. Il pourrait ainsi réellement envisager 

une nouvelle existence, fut-elle temporaire, hors de son pays d'origine. 

6.2  Sur un autre plan, le requérant déclare être pasteur (cf. demande d’en-

trée du 17 août 2016) et être responsable de deux églises, l’une à Ebolowa 

et l’autre à Yaoundé. Or, d’une part l’intéressé n’a pas établi clairement les 

revenus de son activité, en ce sens qu’il n’a notamment pas indiqué s’il 

était salarié ou indépendant, n’a produit aucun bulletin de salaire, ni précisé 

quelles étaient ses ressources financières professionnelles mensuelles. Le 

Tribunal constate, ceci étant, que malgré sa prétendue responsabilité pas-

torale, il est prêt à quitter ses fonctions durant une longue période (trois 

mois). Le recourant a précisé que cela ne posait pas de problèmes, car 

durant son absence, B._______ sera remplacé par le conseil de l’église. 

Sur ce point également, cet élément, ne démontre pas d’attaches particu-

lières susceptibles de le dissuader de prolonger son séjour en Suisse ou 

dans l’Espace Schengen. 

Dans ce contexte, la qualité de vie et la situation socio-économique préva-

lant en Suisse sont autant de facteurs susceptibles d’inciter l’intéressé, une 

fois arrivé en ce pays, à y poursuivre son séjour pour y bénéficier de meil-

leures conditions, ne serait-ce que temporairement. 

7.  

Le Tribunal relève également qu'un refus d'autorisation d'entrée dans l'Es-

pace Schengen prononcé par les autorités helvétiques n'a pas en l'occur-

rence pour conséquence d'empêcher les intéressés de se voir, dès lors 

qu'ils peuvent tout aussi bien se rencontrer hors de Suisse, au Cameroun 

notamment où le recourant et sa famille, selon ses propres déclarations, 

se rendent pour des séjours de vacances. 

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Page 10 

 

Par ailleurs, le recourant n'a pas invoqué de raisons susceptibles de justi-

fier la délivrance d'un visa à validité territoriale limitée (cf. consid. 4.2 ci-

avant).  

Sans pour autant minimiser l'importance des raisons d'ordre affectif qui 

motivent sa demande, le Tribunal ne saurait admettre, au vu de l'ensemble 

des éléments du dossier, que le retour de B._______ dans sa patrie au 

terme de l'autorisation requise puisse être considéré comme suffisamment 

assuré. Les conditions d'entrée prévues par le code frontières Schengen 

concernant la garantie que l'intéressé quittera la Suisse dans le délai fixé 

n'étant pas remplies in casu, c'est donc de manière fondée que l'autorité 

de première instance a écarté l'opposition du 29 août 2016 et confirmé le 

refus d'octroyer au prénommé une autorisation d'entrée dans l'Espace 

Schengen. 

8.  

Il s'ensuit que, par sa décision du 4 octobre 2016, l'autorité intimée n'a ni 

violé le droit fédéral, ni constaté des faits pertinents de manière inexacte 

ou incomplète; en outre, cette décision n'est pas inopportune (art. 49  PA). 

En conséquence, le recours est rejeté. 

Vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la charge 

du recourant, conformément à l'art. 63  al.  1 PA en relation avec les art. 

1  à 3 du règlement du 21  février 2008 concernant les frais, dépens et 

indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, 

RS 173.320.2). 

(dispositif page suivante) 

  

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Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté.  

2.  

Les frais de procédure, d’un montant de 700 francs, sont mis à la charge 

du recourant. Ces frais sont prélevés sur l’avance d’un même montant ver-

sée le 7 décembre 2016.  

3.  

Le présent arrêt est adressé : 

– au recourant (Recommandé) 

– à l'autorité inférieure, avec dossier Symic 19711541.7 en retour. 

 

 

Le président du collège : La greffière : 

 

 

  

Blaise Vuille Marie-Claire Sauterel 

 

 

Expédition :