# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 63d4d75f-9f09-5e9a-81ad-afa3a4f1ca89
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-12-06
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 06.12.2010 A/2160/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-2160-2010_2010-12-06.pdf

## Full Text

Siégeant : Valérie MONTANI, Présidente; Teresa SOARES et Luis ARIAS, Juges 

assesseurs 

  

 

 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/2160/2010 ATAS/1296/2010 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 

ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 6 

du 6 décembre 2010 

 

En la cause 

Monsieur P__________, domicilié aux Avanchets, 

représenté par ASSUAS Association suisse des assurés 

recourant/demandeur 

 

contre 

MUTUEL ASSURANCES, rue du Nord 5, 1920 Martigny intimée/défenderesse 

 

 

 

 

 

A/2160/2010 

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EN FAIT 

1. M. P__________ (ci-après : l'assuré), né en 1960, marié depuis le 7 décembre 2007 

à Mme Q__________ née en 1970, tous deux de nationalité colombienne, est assuré 

depuis 2009 en assurance obligatoire des soins (LAMAL) et en assurance maladie 

complémentaire (Global mi-privée, Mundo et legis) auprès de la Mutuel 

Assurances, membre du Groupe Mutuel association d'assureur (ci-après : 

l'assurance ou l'intimée). 

2. Le 10 janvier 2009, l'assuré s'est rendu en Colombie dans la Ville de Manzales. 

3. Le 22 janvier 2009, l'assuré a consulté le Dr A__________, chirurgien plastique, 

auprès de la clinique Santillana. 

4. Le 10 février 2009, l'Hôpital de la Tour a informé l'assuré qu'à la demande de son 

médecin, le Dr B__________, spécialiste FMH oto-rhino-laryngologie, une 

chambre lui était réservée le vendredi 13 mars 2009; 

5. Le 12 février 2009, l'assuré a été opéré à la clinique Santillana par les Drs 

A__________ et C__________. L'intervention a été double selon un rapport 

chirurgical des médecins précités du 12 février 2009, soit une septorhinoplastie et 

une herniorraphie motivée par les diagnostics de déviation de la cloison nasale et de 

hernie ombilicale sans obstruction ni gangrène. 

6. Le 17 juin 2009, l'assuré a écrit à l'assurance qu'il avait programmé avec son 

médecin, le Dr B__________, une opération chirurgicale après ses vacances en 

Colombie, que son état de santé s'était empiré en Colombie et que le chirurgien 

A__________ avait estimé qu'il faillait l'opérer en urgence, que souffrant de 

fibrillation auriculaire, il avait dû subir des examens cardiologiques avant 

l'intervention, que les médecins avaient constaté une hernie ombilicale qu'il 

convenait également d'opérer en urgence, que l'opération (pour le problème au nez 

et pour la hernie) avait eu lieu le 12 février 2009, qu'il avait aussi dû se faire 

enlever un kyste apparu à la joue droite, qu'il avait repris son travail à la mi-avril, à 

la date de son retour en Colombie, qu'il demandait en conséquence le 

remboursement des frais médicaux à la suite des soins prodigués en Colombie. Il a 

exposé qu'il avait versé un total de 12'682 fr. 15, dont 7'000 fr. pour le premier 

chirurgien et 2'400 fr. pour le second. 

7. Le 5 août 2009, à la demande de l'assurance, l'assuré a rempli un questionnaire pour 

traitement médical à l'étranger dans lequel il a mentionné un séjour en Colombie 

dans sa résidence secondaire de Manizales du 10 janvier au 9 avril 2009 en raison 

de vacances prévues pendant cinq semaines. Le séjour avait été prolongé en raison 

des opérations. Il y avait eu une hospitalisation de deux jours. Les factures 

médicales avaient été payées comptant. Il avait reçu de l'agent d'une amie puis de 

 

 

 

 

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son épouse, par l'intermédiaire de l'agence Ria Money Transfert et puisé dans ses 

comptes salaire et privé. 

8. Le 6 août 2009, l'assurance a informé l'assuré qu'elle avait mandaté son partenaire 

étranger pour vérifier les tarifs pratiqués par les fournisseurs de soins. 

9. Le 13 octobre 2009, l'assuré, représenté par l'Association Suisse des Assurés 

(ASSUAS), a requis de l'assurance une décision formelle relativement à la prise en 

charge des frais d'hospitalisation en Colombie. 

10. Le 27 octobre 2009, Elvia, société du groupe Mondial assistance, a rempli un 

rapport selon lequel le centre médical existait, le médecin facturant y exerçait 

régulièrement son activité, le diagnostic était celui de septorhinoplastie pour 

déviation de cloison nasale et herniorraphie ombilicale; il ne s'agissait pas du tout 

d'un traitement d'urgence, les factures n'étaient pas fausses mais les honoraires du 

Dr A__________ étaient exagérément élevés comparés à ceux pratiqués par deux 

chirurgiens colombiennes de prestige. 

11. Par décision du 6 novembre 2009, l'assurance a refusé de prendre en charge le 

montant de 25'495'305 COP, soit 12'137 fr. 25 au motif qu'il ne s'agissait pas d'un 

cas d'urgence à l'étranger et que la note du Dr A__________ était surfacturée. Par 

ailleurs, aucune prestation n'était due non plus sur la base du contrat d'assurances 

complémentaires. 

12. Le 13 novembre 2009, le Dr A__________ a rédigé un résumé du dossier médical 

en indiquant que l'assuré s'était présenté le 22 janvier 2009 en consultation en 

invoquant des gênes respiratoires devenant aiguës lors des changements climatiques 

et une obstruction nasale gênant le sommeil. A l'examen physique il avait trouvé un 

collapsus de la voûte nasale droite et une déviation septale sévère, séquelle 

probable d'une chirurgie antérieure. Une hernie ombilicale avait été trouvée de 

façon incidente et le chirurgien général avait considéré qu'elle devait être opérée. Il 

avait été considéré que le patient devait être opéré le plus rapidement possible en 

prenant en compte les gênes nasales et respiratoires aiguës pour les changements de 

température et de climat ainsi que la hernie ombilicale.  

13. Le 7 décembre 2009, l'assuré, représenté par ASSUAS, a fait opposition à cette 

décision en faisant valoir qu'il souffrait d'une rhinosinusite chronique sur déviation 

de la cloison nasale depuis le 13 mai 2008 ainsi que d'une arythmie cardiaque avec 

hypertension artérielle, qu'en vacances en Colombie il avait dû consulter le 

Dr A__________ le 22 janvier 2009 en raison de difficultés à respirer, que ce 

dernier avait également diagnostiqué un collapsus de la voûte et une hernie 

ombilicale, qu'il avait dû être opéré le 12 février 2009 à la Clinique Santillana, que 

le montant total des frais médicaux était de 12'682 fr. 15, qu'il s'agissait d'un cas 

d'urgence, qu'il n'était, enfin, pas responsable de la surfacturation. 

 

 

 

 

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14. Le 18 mars 2010, le Dr D__________, médecin-conseil de l'assurance, a rendu un 

avis selon lequel l'assuré aurait pu rentrer en Suisse pour effectuer l'opération 

prévue le 13 mars 2009. Quant à l'opération de la hernie ombilicale elle n'était 

effectuée en urgence que dans les cas d'étranglement, ce qui n'était pas le cas en 

l'espèce. 

15. Par décision du 21 mai 2010, l'assurance a rejeté l'opposition de l'assuré les 

interventions ne relevant pas de l'urgence et les frais de la septorhinoplastie étant 

surfacturés. 

16. Le 23 juin 2010, l'assuré, représenté par ASSUAS, a recouru auprès du Tribunal 

cantonal des assurances sociales à l'encontre de la décision sur opposition de 

l'assurance en concluant à son annulation et à la condamnation de l'assurance au 

paiement de 12682 fr. 15 avec intérêts dès le 7 décembre 2009. Il fait valoir qu'il 

avait consulté en urgence le Dr A__________, souffrant de difficultés à respirer et 

d'une sensation de blocage, de thorax serré, d'étouffement et d'essoufflement. Un 

traitement aux antibiotiques lui avait été prescrit mais les symptômes s'étaient 

maintenus. Quant à la hernie ombilicale, le Dr C__________ avait estimé qu'il 

faillait l'opérer en raison d'un risque d'étranglement. Il lui était difficile d'envisager 

dans ces conditions un retour en avion de plus de vingt heures. La programmation 

d'une intervention le 13 mars 2009 à Genève excluait qu'il ait prévu de se faire 

opérer en Colombie. Les frais d'hospitalisation en clinique privée étaient dus en 

application du contrat d'assurance maladie complémentaire. 

17. Le 22 juillet 2010, l'assurance a conclu au rejet du recours en relevant que la 

première consultation avait eu lieu en Colombie le 22 janvier 2010 alors que 

l'intervention n'avait été pratiquée que le 12 février 2009, de sorte qu'il ne s'agissait 

pas d'une urgence. Les prestations de l'assurance complémentaire n'étaient pas dues 

dès lors que celles de la LAMAL étaient refusées et qu'enfin les maladies pour 

lesquelles il avait été opéré à l'étranger existaient avant le voyage et ne relevaient 

ainsi pas de l'assurance complémentaire Mundo. 

18. Le 31 août 2010, le recourant a répliqué que le délai entre la consultation du 22 

janvier 2009 et l'opération du 12 février 2009 était justifié par le fait qu'il avait 

d'abord dû suivre le traitement antibiotique prescrit par le Dr A__________ et 

effectuer des contrôles cardiaques par le Dr E_________, qu'enfin il n'était pas 

traité avant son voyage pour la hernie ombilicale. 

19. Le 4 octobre 2010, le Tribunal de céans a tenu une audience de comparution 

personnelle des parties. Le recourant a exposé qu'il avait programmé des vacances 

en Colombie du 10 janvier au 12 février 2009, qu'il avait à son arrivée souffert de la 

gorge, du front et du nez puis de fatigue à l'effort et de difficultés à respirer de sorte 

qu'il avait consulté le Dr A__________ le 20 janvier 2009, lequel lui avait prescrit 

des antibiotiques puis indiqué qu'il subissait une complication de la rhinite qui 

 

 

 

 

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justifiait une opération en urgence car les antibiotiques n'avaient pas eu d'effet sur 

le blocage respiratoire, que le Dr A__________ était chirurgien plastique mais lui 

avait été recommandé comme oto-rhino, que le Dr F_________ lui avait 

diagnostiqué une hernie ombilicale avec un risque d'étranglement - surtout au vu de 

son activité d'aide-soignant - et estimé qu'il pouvait se faire opérer à Genève 

immédiatement en rentrant, qu'il avait subi une opération du nez en Colombie il y 

avait six ans suite à un accident, qu'il avait prévu de dépenser environ 10'000 fr. à 

12'000 fr. en Colombie pour ses vacances et qu'il avait dès lors fait des transferts 

bancaires en Colombie à partir de décembre 2008. Le représentant de l'intimée a 

considéré que le recourant avait effectué des transfert d'argent en Colombie en 

décembre 2008 et janvier 2009 en vue de l'opération. 

20. Le 6 octobre 2010, l'intimée a observé que le rapport du 13 novembre 2009 du 

Dr A__________ ne faisait état que de troubles respiratoires dus au changement de 

climat et de température, soit uniquement des signes de refroidissement, qu'en 

2004, le recourant avait requis le remboursement de 3'000 fr. pour des prestations 

étrangères qu'elle avait refusé au motif qu'il s'agissait d'un accident, que le 

Dr B__________ avait attesté qu'il restait une déviation postérieure à gauche avec 

des céphalées de sorte que l'opération n'avait pas traité la fonction respiratoire du 

nez et était donc esthétique, qu'enfin le Dr A__________ était un chirurgien 

plasticien et non pas un oto-rhino laryngologue. 

21. A la demande du Tribunal de céans, le Dr B__________ a indiqué le 21 octobre 

2010 qu'il suivait le recourant depuis le 13 mai 2008, qu'il avait posé les diagnostics 

de sinusite aigüe, puis rhinosinusite chronique sur déviation de la cloison nasale, 

qu'une septoplastie, turbinectomie et ethmoïdectomie était programmée le 6 janvier 

2009, que le recourant avait subi en Colombie une ethmoïdectomie antérieure, qu'il 

restait une déviation de la cloison nasale associée à une inflammation profonde des 

sinus, que l'affection qui avait nécessité l'intervention en Colombie relevait peut-

être de l'urgence, qu'en effet si le patient souffrait d'une sinusite aigüe, une 

désobstruction par ethmoïdectomie antérieure partielle était souvent pratiquée, que 

l'intervention prévue en Suisse n'était pas une urgence immédiate, qu'enfin le 

recourant n'était pas guéri et qu'une septoplastie, une ethmoïdectomie complète et 

une polypectomie étaient à prévoir dans les prochains mois. 

22. A la demande du Tribunal de céans, le rapport chirurgical du 12 février 2009 et 

celui du Dr A__________ du 13 novembre 2009 ont été traduits en français. 

23. Sur quoi, la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 56V al. 1 let. a ch. 4 et let. c de la loi sur l'organisation 

judiciaire, du 22 novembre 1941 (LOJ ; RS E 2 05), le Tribunal cantonal des 

 

 

 

 

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assurances sociales connaît en instance unique tant des contestations prévues à l’art. 

56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 

octobre 2000 (LPGA ; RS 830.1) qui sont relatives à la loi fédérale sur l'assurance-

maladie, du 18 mars 1994 (LAMal ; RS 832.10) que des contestations relatives aux 

assurances complémentaires à l’assurance-maladie sociale prévue par la LAMal, et 

à l’assurance-accidents obligatoire prévue par la loi fédérale sur l'assurance-

accidents, du 20 mars 1981 (LAA ; RS 832.20), relevant de la loi fédérale sur la 

contrat d'assurance, du 2 avril 1908 (loi sur le contrat d’assurance, 

LCA ; RS 221.229.1). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente le recours est recevable 

(art. 60 LPGA). Dans la mesure où le recours comporte également une demande en 

paiement fondée sur la LCA, celle-ci est également recevable. 

3. L'objet du litige porte sur le droit du recourant au remboursement par l'intimée de 

12'682 fr. 15 correspondant aux frais du traitement médical suivi en Colombie en 

2009, tant du point de vue de la LAMal que de l'assurance complémentaire Mundo. 

4. a) Selon l'art. 34 al. 2 LAMal, le Conseil fédéral peut décider de la prise en charge, 

par l'assurance obligatoire des soins, des coûts des prestations prévues aux art. 25 

al. 2 ou 29 LAMal fournies à l'étranger pour des raisons médicales (première 

phrase). Se fondant sur cette délégation de compétence, l'autorité exécutive a édicté 

l'art. 36 OAMal, intitulé "Prestations à l'étranger". Selon l'alinéa 1er de cette 

disposition, le Département fédéral de l'intérieur (DFI) désigne, après avoir 

consulté la commission compétente, les prestations prévues aux art. 25 al. 2 et 29 

de la loi dont les coûts occasionnés à l'étranger sont pris en charge par l'assurance 

obligatoire des soins lorsqu'elles ne peuvent être fournies en Suisse (une liste de ces 

prestations n'a cependant pas été établie; cf. ATF 131 V 271 consid. 3.1 p. 274, 128 

V 75). Une exception au principe de la territorialité selon l'art. 36 al. 1 OAMal en 

corrélation avec l'art. 34 al. 2 LAMal n'est admissible que dans deux éventualités du 

point de vue de la LAMal. Ou bien il n'existe aucune possibilité de traitement de la 

maladie en Suisse; ou bien il est établi, dans un cas particulier, qu'une mesure 

thérapeutique en Suisse, par rapport à une alternative de traitement à l'étranger, 

comporte pour le patient des risques importants et notablement plus élevés (RAMA 

2003 n° KV 253 p. 231 consid. 2). Il s'agira, en règle ordinaire, de traitements qui 

requièrent une technique hautement spécialisée ou de traitements complexes de 

maladies rares pour lesquelles, en raison précisément de cette rareté, on ne dispose 

pas en Suisse d'une expérience diagnostique ou thérapeutique suffisante. En 

revanche, quand des traitements appropriés sont couramment pratiqués en Suisse et 

qu'ils correspondent à des protocoles largement reconnus, l'assuré n'a pas droit à la 

prise en charge d'un traitement à l'étranger en vertu de l'art. 34 al. 2 LAMal. C'est 

pourquoi les avantages minimes, difficiles à estimer ou encore contestés d'une 

 

 

 

 

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prestation fournie à l'étranger, ne constituent pas des raisons médicales au sens de 

cette disposition; il en va de même du fait qu'une clinique à l'étranger dispose d'une 

plus grande expérience dans le domaine considéré (ATF 131 V 271 consid. 3.2 p. 

275; RAMA 2003 n° KV 253 p. 231 consid. 2; ATF du 4 mars 2008 9C 11/2007). 

b) Aux termes de l'art. 36 al. 2 OAMal, l'assurance obligatoire des soins prend en 

charge le coût des traitements effectués en cas d'urgence à l'étranger. Il y a urgence 

lorsque l'assuré, qui séjourne temporairement à l'étranger, a besoin d'un traitement 

médical et qu'un retour en Suisse n'est pas approprié. Il n'y a pas urgence lorsque 

l'assuré se rend à l'étranger dans le but de suivre ce traitement. Ce qui est 

déterminant, c'est que l'assuré ait subitement besoin et de manière imprévue d'un 

traitement à l'étranger. Il faut que des raisons médicales s'opposent à un report du 

traitement et qu'un retour en Suisse apparaisse inapproprié (arrêt R. du 5 août 2003 

K 65/03; ATF du 4 mars 2008 9C 11/2007). 

5. a) Les conditions générales pour les assurances maladie et accidents 

complémentaires du Groupe Mutuel assurance GMA SA (CGC) en vigueur dès le 

1
er

 juillet 2000 prévoient qu'il n'y a pas de couverture d'assurance pour les coûts 

d'un traitement inefficace, inadéquat ou non économique (art. 18 al. 1 let. g CGA). 

b) Selon les conditions particulières de l'assurance Mundo (CAM édition 1
er

 juillet 

2000), la couverture d'assurance est valable dans le monde entier à l'exclusion de la 

Suisse et du Lichtenstein (art. 2 al. 1 CAM). En cas de maladie ou d'accident, la 

somme assurée est destinée au remboursement notamment des traitements 

ambulatoires reconnus au sens de la LAMal (art. 6 al. 1 CAM) et des 

hospitalisations pour les traitements reconnus au sens de la LAMal (art. 6 al. 2 

CAM). La somme assurée ne peut être mise à contribution si l'assuré décide de se 

faire traiter volontairement à l'étranger (art. 7 al. 1 CAM) ou pour les maladies déjà 

en traitement et non encore consolidées au moment du départ (art. 7 al. 2 CAM). 

c) Selon les conditions particulières de l'assurance complémentaire Global mi-

privée (édition 1
er

 juillet 2000 CAGM) lorsqu'un assuré tombe malade à l'étranger 

et qu'il est hospitalisé, l'assureur lui alloue, durant 60 jours au plus par année civile, 

une prestation maximale de 1'000 fr. par jour. Sauf accord préalable de l'assureur, 

les traitements volontaires à l'étranger ne sont pas pris en charge (art. 2.1.1.3.c 

CAGM). 

6. a) En l'espèce, en application de la LAMal il n'est pas contesté que les interventions 

pratiquées en Colombie sont également pratiquées en Suisse de sorte que la seule 

question qui se pose est celle de l'existence d'une urgence médicale au sens de l'art. 

36 al. 2 OAMal. 

A cet égard, il est à constater que s'agissant tout d'abord de la hernie ombilicale le 

recourant admet lui-même que selon l'avis du Dr G_________, l'opération de la 

hernie ombilicale aurait pu avoir lieu à son retour à Genève (cf. procès-verbal de 

 

 

 

 

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comparution personnelle des parties du 4 octobre 2010). Selon le recourant, le 

Dr F_________ lui a indiqué que le risque d'étranglement était important au vu de 

sa profession d'aide-soignant. Cette hernie ne comprenait ainsi qu'un risque aigu 

d'étranglement au vu des efforts nécessités par la profession du recourant, laquelle 

devait être reprise au retour en Suisse de celui-ci de sorte qu'une urgence médicale 

en Colombie ne saurait être admise, comme l'a d'ailleurs indiqué le médecin-conseil 

de l'intimée. 

Reste à déterminer si l'intervention de la cloison nasale relève de l'urgence 

médicale. 

Le Dr A__________ a spécifié le 13 novembre 2009 que l'intervention devait être 

effectuée le plus rapidement possible en raison de la gêne nasale et respiratoire 

mais aussi en raison de la présence de la hernie ombilicale. Or, celle-ci, comme il a 

été discuté ci-dessus, ne saurait être qualifié de cas d'urgence. Le Dr A__________ 

n'a pas réellement motivé les raisons de la nécessité d'une intervention immédiate 

de la cloison nasale; en particulier on peine à comprendre pour quelle raison le 

recourant n'aurait pas pu se faire opérer à son retour de vacances le 13 mars 2009, 

comme cela avait été programmé avec le Dr B__________. 

En outre la planification de l'opération de la cloison nasale a eu lieu après la 

consultation auprès du Dr A__________ le 22 janvier 2009 mais sans qu'une 

hospitalisation n'ait été jugée nécessaire. Ceci démontre qu'il n'y avait pas d'urgence 

médicale (à cet égard, ATF du 7 octobre 2009 9C 291/09) le recourant n'ayant en 

particulier pas été traité pour une insuffisance respiratoire justifiant des soins 

urgents. Au demeurant, le Dr B__________ a tout au plus indiqué que si le patient 

souffrait d'une sinusite aigüe, l'intervention pratiquée en Colombie était appropriée, 

sans préciser qu'elle était nécessairement urgente. Enfin, cette opération n'a pas 

réglé totalement le problème du recourant puisque selon le Dr B__________ une 

nouvelle intervention de la cloison nasale doit être prochainement programmée. Au 

vu de ce qui précède, l'intervention pratiquée par le Dr A__________ ne saurait non 

plus être qualifiée de cas d'urgence au sens de l'art. 36 OAMal. 

En revanche, il y a lieu d'admettre que la consultation du 22 janvier 2009 auprès du 

Dr A__________ ainsi que le traitement antibiotique prodigué par celui-ci relève 

d'un cas d'urgence, l'intimé ne contestant d'ailleurs pas que le recourant ait souffert 

d'une rhinite et d'une sinusite aiguë ayant justifié ledit traitement. 

 b) S'agissant de l'assurance complémentaire, l'intervention du 12 février 2009 ne 

relevant pas de l'urgence, il y a lieu d'admettre qu'elle a été décidée volontairement 

par le recourant au sens de l'art. 7 al. 1 CAM de sorte qu'aucune prestation n'est due 

à ce titre au recourant. S'agissant des frais liés à la consultation du 22 janvier 2009 

et au traitement antibiotique, lesquels relèvent d'un cas d'urgence, ils peuvent être 

pris en charge selon l'art. 6 al. 1 CAM, soit au titre de traitement ambulatoire 

 

 

 

 

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obligatoirement reconnu au sens de la LAMal, étant remarqué que la rhinite/sinusite  

s'est déclenchée à l'arrivée en Colombie de sorte qu'elle ne peut être considérée 

comme une maladie déjà en traitement et non encore consolidée au moment du 

départ, au sens de l'art. 7 CAM. 

7. Au vu de ce qui précède, le recours et la demande seront partiellement admis et 

l'obligation de prise en charge de l'intimée reconnue pour les frais liés à la 

consultation du 22 janvier 2009 auprès du Dr A__________ et au traitement 

antibiotique prodigué. Le coût de la consultation n'étant pas spécifié au dossier il 

conviendra de l'évaluer selon le tarif LAMal pratiqué pour une consultation en 

Suisse. 

8. Vu l'admission très partielle du recours et de la demande, une indemnité versée au 

recourant par l'intimée ne se justifie pas. 

 

 

 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

A la forme : 

1. Déclare le recours et la demande recevables. 

Au fond : 

2. Les admets partiellement. 

3. Condamne l'intimée à prendre en charge le traitement prodigué au recourant en 

Colombie, au sens des considérants. 

4. Rejette le recours et la demande pour le surplus. 

5. Dit que la procédure est gratuite.  

6. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt dans 

un délai de 30 jours dès sa notification par la voie du recours en matière de droit 

public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 17 

juin 2005 (LTF ; RS 173.110) auprès du Tribunal fédéral (Schweizerhofquai 6, 6004 

Lucerne) pour ce qui a trait aux prestations relevant de la LAMal et/ou par la voie 

du recours en matière civile auprès du Tribunal fédéral (av. du Tribunal fédéral 29, 

case postale, 1000 Lausanne 14), conformément aux art. 72 ss LTF en ce qui 

concerne les prestations relevant de la LCA; le mémoire de recours doit indiquer les 

conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de 

son mandataire ; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie 

électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 

possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 

l'envoi. 

 

La greffière 

 

 

Nancy BISIN 

 La présidente 

 

 

Valérie MONTANI 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 

de la santé publique et à l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers par le 

greffe le