# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** ee82e671-8fac-5f4b-b545-b26de5fa6930
**Source:** Bern Gerichte (BE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2019-07-29
**Language:** fr
**Title:** Bern Obergericht Beschwerdekammer in Strafsachen 29.07.2019 BK 2019 307
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/BE_ZivilStraf/BE_OG_008_BK-2019-307_2019-07-29.pdf

## Full Text

Cour suprême
du canton de Berne

Chambre de recours pénale 

Obergericht
des Kantons Bern

Beschwerdekammer in 
Strafsachen

Décision
BK 19 307

Hochschulstrasse 17
Case postale
3001 Berne
Téléphone +41 31 635 48 13
Fax +41 31 634 50 55
coursupreme-penal.berne@justice.be.ch
www.justice.be.ch/coursupreme Berne, le 29 juillet 2019

Composition Juges d’appel Schnell (Présidente), Bratschi et Gerber
Greffière Vogt

Participants à la procédure A.________
représenté d'office par Me B.________
prévenu/recourant

Objet demande d'exécution anticipée de la peine

procédure pénale pour infractions graves à la loi sur les 
stupéfiants, blanchiment d'argent, éventuellement par métier, 
représentation de violence

recours contre la décision du Tribunal régional Jura 
bernois-Seeland, Agence du Jura bernois, du 25 juin 2019 

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Considérants :

1.

1.1 Par décision du 25 juin 2019, le Tribunal régional Jura bernois - Seeland, Agence 
du Jura bernois (ci-après : Tribunal régional), a rejeté la demande d’exécution 
anticipée de la peine présentée le 4 juin 2019 par A.________ et ordonné son 
maintien en détention pour des motifs de sûreté. Les frais de procédure ont été 
joints au fond. 

1.2 Me B.________ a, au nom de A.________, recouru le 8 juillet 2019 contre ladite 
décision en retenant les conclusions suivantes :

1. Annuler la décision du Président du tribunal régional Jura bernois-Seeland, Agence de 
Moutier (direction de la procédure) du 25 juin 2019.

2. Partant, admettre la demande d’exécution anticipée de la peine du prévenu du 4 juin 2019.

3. Sous suite de frais et dépens.

A l’appui de ses conclusions, le défenseur du recourant fait valoir qu’au stade 
actuel de la procédure, le risque de collusion a véritablement et drastiquement 
diminué en rappelant que l’audition finale du prévenu s’est tenue le 14 mai 2019 et 
l’acte d’accusation a été porté devant le Tribunal. Or, les motifs de la décision 
querellée sont parfaitement similaires à ceux du Tribunal régional des mesures de 
contrainte dans sa décision du 27 mai 2019 alors que des indices concrets d’un 
risque de collusion sont purement et simplement inexistants.

Aucune circonstance de fait tirée du dossier ne saurait concrétiser ce risque et à 
aucun moment le prévenu n’a cherché à exercer des pressions ou à communiquer 
au sujet de la procédure pénale avec des tiers, mais s’est borné à vouloir 
communiquer avec sa famille. Ni le comportement du prévenu ni de véritables 
recherches de personnes concrètes ne sont d’ailleurs invoquées. Il n’en va pas de 
la responsabilité du prévenu que depuis plus de 12 mois des personnes abstraites 
soient recherchées alors même que ces dernières n’ont aucun lien direct avec la 
procédure ouverte à l’encontre du prévenu et feraient l’objet d’une autre procédure. 
Selon l’acte d’accusation, il est d’ailleurs reproché au prévenu de s’être 
régulièrement approvisionné auprès de D.________ à Bienne et à Moutier en 
quantités substantielles, de sorte qu’il s’agirait là du fournisseur soi-disant « encore 
recherché » par les autorités pénales lors même que celui-ci se trouve 
actuellement en détention. Ainsi, un risque de collusion fondé sur cette précision de 
la recherche d’éventuels fournisseurs est manifestement trop abstrait et infondé au 
stade avancé de la procédure à l’encontre du prévenu. Concernant le risque de 
collusion avec d’éventuels clients consommateurs, il s’agit de constater que de très 
nombreuses personnes ont été entendues de sorte qu’on a peine à comprendre 
comment un quelconque risque de collusion peut subsister à ce stade de la 
procédure. De surcroît, le prévenu s’est montré coopératif en répondant de façon 
cohérente dans le cadre de ses auditions et en ayant admis avoir vendu de la 

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cocaïne. Or, le risque de collusion est en principe exclu lorsque le prévenu a fait 
des aveux crédibles et probants.

La demande d’exécution anticipée de la peine doit donc être admise, étant précisé 
que le prévenu est en détention provisoire, respectivement pour des motifs de 
sûreté depuis plus d’un an et que cette situation lui est très difficilement 
supportable. Si la demande est admise, il pourrait alors entretenir des contacts 
avec sa famille, en particulier avec ses enfants et, de surcroît, cela faciliterait sa 
réinsertion sociale, le prévenu souhaitant pouvoir travailler dans le cadre de sa 
détention.

1.3 Par ordonnance du 9 juillet 2019, la Présidente de la Chambre de recours pénale a 
ouvert une procédure de recours et imparti un délai de 5 jours au Parquet général 
ainsi qu’au Tribunal régional pour prendre position.

1.4 Par courrier du 11 juillet 2019, le Tribunal régional a informé la Chambre de 
recours pénale qu’il ne souhaitait pas prendre position et qu’il se ralliait à sa 
décision du 25 juin 2019.

1.5 Quant au Ministère public, à qui le Parquet général a délégué la compétence de 
prendre position, il a conclu au rejet du recours, sous suite des frais.
Le Ministère public relève que le prévenu a admis avoir acheté puis vendu de la 
cocaïne de qualité à une bonne partie des personnes citées comme acheteuses. Il 
a cependant systématiquement contesté les quantités vendues, telles qu’articulées, 
minimisant largement les faits. Il a nié connaître certains des consommateurs 
l’ayant mis en cause, photos à l’appui. Il a contesté les qualifications aggravées en 
lien avec les infractions reprochées.

De l’avis du Ministère public, prétendre que le prévenu s’est montré coopératif, en 
répondant de manière cohérente dans le cadre de ses auditions, comme le soutient 
la défense (recours p. 7), est objectivement faux et contraire aux preuves 
matérielles et objectives recueillies en procédure, eu égard en particulier aux 
écoutes téléphoniques dont il a fait l’objet et auxquelles il a été confronté. Il est dès 
lors exclu d’admettre que le prévenu a produit des aveux crédibles et probants 
dans le cas d’espèce et, dès lors, le prévenu ne saurait en tirer le moindre 
argument pour nier l’existence du risque de collusion.
S’agissant de ce risque, le Ministère public rappelle qu’il est notoire et reconnu que 
ce dernier ne peut plus être évité en exécution de peine, dans la mesure où les 
établissements correspondants n’ont plus de contrôle direct sur les visites et les 
téléphones que les détenus peuvent utiliser pratiquement librement, ni sur la 
correspondance qu’ils peuvent envoyer et recevoir et qui ne fait plus l’objet que 
d’un contrôle sécuritaire, sans lien avec le contenu des écrits (cf. notamment 
Commentaire romand du CPP, MOREILLON et Co, ad art. 236 CPP, note 6). La 
jurisprudence cantonale l’admet également. 
Le Ministère public explique comme suit les raisons pour lesquelles le risque de 
collusion subsiste dans le cas d’espèce : « …le prévenu s’est adonné à la vente de cocaïne 
dans un trafic à qualifier de grande ampleur, ceci sur quelque 2 ans. Celui ou ceux qui lui ont 

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vendu/remis cette drogue dans la première phase du trafic sont toujours recherchés en vue de leur 
identification et interpellation. Le prévenu sait pertinemment de qui il s’agit. Laissé libre de 
communiquer, il pourrait très facilement les informer de l’ensemble des éléments connus en 
procédure et qui ont dû lui être soumis. Ce n’est que dans une deuxième phase que le prévenu s’est 
approvisionné auprès de D.________…, cet individu ayant effectivement été interpelé et empêché de 
nuire, à la suite des investigations. 
Le prévenu réalise principalement le risque de collusion à l’égard des personnes auxquelles il a vendu 
de la drogue. Le prévenu connaît ces personnes, en partie de longue date, a eu contact avec elles 
par téléphone (voir les écoutes téléphoniques déjà évoquées), ayant agi prioritairement sur la place 
de Moutier, se rendant souvent aux domiciles de ses différents clients pour leur livrer de la 
marchandise. Il est susceptible d’exercer sur toutes ces personnes des pressions ou des menaces, 
ou de les pousser à faire des déclarations en sa faveur, surtout qu’il conteste pratiquement toutes les 
quantités de drogue vendue, articulées par ses anciens clients. Une telle démarche serait 
particulièrement aisée, s’il est libre de leur téléphoner, de leur écrire ou encore de les recevoir en 
visite sur sollicitation correspondante, sans aucun contrôle. 
Il est tout aussi évident qu’en présence d’une défense de rupture, disposée à contester même les 
éléments objectifs du dossier, le prévenu est susceptible d’exiger que les témoins des faits, soit les 
consommateurs, soient recités à déposer devant le tribunal de répression. L’exercice d’une collusion 
apparaît dès lors très plausible, facilement réalisable et de ce fait vraisemblable. Elle ne peut être 
écartée qu’en maintenant le prévenu dans le statut carcéral qui est le sien actuellement, cela jusqu’au 
procès ».
Le Ministère public ajoute que la situation personnelle du prévenu ne requiert 
aucun égard particulier s’agissant du régime de détention. S’agissant du besoin de 
faciliter la réinsertion sociale, il relève que ce facteur ne saurait concerner le 
prévenu, lequel a passé plusieurs années à violer l’ordre juridique suisse et devra 
faire l’objet d’une expulsion obligatoire, tant du fait des infractions commises 
(même dans la mesure admise) que du point de vue de son statut légal, étant 
étranger et sans liens personnels importants dans notre pays. 

1.6 Par ordonnance du 16 juillet 2019, la prise de position du Ministère public ainsi que 
le courrier du Tribunal régional ont été notifiés au recourant en lui impartissant un 
délai de 5 jours pour répliquer.

1.7 Dans sa réplique du 19 juillet 2019, le défenseur du recourant a confirmé les 
conclusions retenues dans son recours en renvoyant aux arguments qui y ont été 
développés. S’agissant du nouvel élément soulevé par le Ministère public selon 
lequel les personnes qui ont remis de la drogue au recourant seraient toujours 
recherchées en vue de leur identification et leur interpellation et que le prévenu 
pourrait être tenté de contacter ses premiers fournisseurs, D.________ n’étant 
intervenu que dans une seconde phase, la défense considère que le raisonnement 
du Ministère public se base sur des éléments hypothétiques. Un risque de collusion 
fondé sur la volonté de rechercher d’éventuels fournisseurs est manifestement trop 
abstrait pour fonder un danger de collusion. L’argument du Ministère public basé 
sur le fait que le recourant serait susceptible d’exercer des menaces et des 
pressions sur ses acheteurs en vue d’influencer en sa faveur le sort de la 
procédure est difficilement compréhensible puisque les déclarations du prévenu et 
celles des consommateurs dans cette affaire se trouvent déjà toutes protocolées 

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au dossier, l’acte d’accusation ayant été déposé depuis deux mois devant le 
Tribunal régional. S’agissant de la question de la resocialisation, la défense relève 
qu’elle ne connaît pas de limite de frontière et qu’il convient de tenir compte de cet 
élément quand bien même le prévenu risque une expulsion du territoire helvétique.

1.8 La réplique du recourant a été transmise pour information au Ministère public ainsi 
qu’au Tribunal régional.

2.

2.1 Aux termes de l’art. 393 al. 1 lit. b CPP, le recours est recevable contre les 
ordonnances, les décisions et les actes de procédure des tribunaux de première 
instance, sauf contre ceux de la direction de la procédure. Cette disposition doit 
être lue en corrélation avec l’art. 65 al. 1 CPP aux termes duquel « les 
ordonnances rendues par les tribunaux » ne peuvent être attaquées qu’avec la 
décision finale.

Les décisions de la direction de la procédure rendues avant les débats, qui 
touchent directement les parties dans leurs droits procéduraux, doivent être 
susceptibles d’être immédiatement attaquées par la voie du recours prévu à l’art. 
393 al. 1 lit. b CPP après qu’elles ont été rendues et non pas seulement par la voie 
de l’appel dans la décision finale. En effet, par le terme « direction de la 
procédure », il ne faut pas entendre l’entité judiciaire dont émane l’acte, mais bien 
l’objet de la décision, soit la « conduite de la procédure » : le terme de direction de 
la procédure est en effet une mauvaise traduction de l’expression allemande 
« verfahrensleitende Entscheide ». Ce ne sont donc pas tant les ordonnances, 
décisions et actes de procédure de la direction de la procédure du tribunal de 
première instance qui sont exclues du champ d’application du recours mais bien 
plutôt les décisions concernant la marche de la procédure (LAURENT MOREILLON, 
AUDE PAREIN-REYMOND, in CPP Code de procédure pénale, ad art. 393, note 16). 
Ainsi que l’a précisé le Tribunal fédéral dans le cadre d’un recours contre une 
décision de la direction de la procédure de première instance prise avant les 
débats (ATF 1B_569/2011 du 23 décembre 2011, consid. 2 et doctrine citée ; ATF 
1B_678/2012 du 9 janvier 2013, consid. 1), il convient de limiter l’exclusion du 
recours aux décisions qui ne sont pas susceptibles de causer un préjudice 
irréparable, de telles décisions ne pouvant donc faire l’objet ni d’un recours au sens 
du CPP, ni d’un recours immédiat auprès du Tribunal fédéral. A l’inverse, si la 
décision peut causer un préjudice irréparable, elle est en principe attaquable par la 
voie du recours prévu par le CPP, puis par le recours en matière pénale du 
Tribunal fédéral.

Dans la mesure où la décision rendue par le Tribunal régional est susceptible de 
causer un préjudice irréparable à A.________, elle peut faire l’objet d’un recours 
écrit et motivé auprès de la Chambre de recours pénale dans un délai de 10 jours 
dès sa notification. A.________ est directement atteint dans ses droits par la 
décision en cause et donc légitimé à recourir (art. 382 CPP). Il y a dès lors lieu 
d’entrer en matière sur le recours déposé dans les formes et délais (art. 396 al. 1 
CPP). 

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3.

3.1 Aux termes de l'art. 236 al. 1 CPP, la direction de la procédure peut autoriser le 
prévenu à exécuter de manière anticipée une peine privative de liberté ou une 
mesure entraînant une privation de liberté si le stade de la procédure le permet. En 
vertu de l'art. 236 al. 4 CPP, le prévenu est soumis au régime de l'exécution de la 
peine dès son entrée dans l'établissement, sauf si le but de la détention provisoire 
ou de la détention pour des motifs de sûreté s'y oppose. Les modalités d'exécution 
de peine ne permettent en effet pas de prévenir les manoeuvres de collusion aussi 
efficacement que le cadre de la détention préventive. L'exécution anticipée de la 
peine doit ainsi être refusée lorsqu'un risque élevé de collusion demeure de sorte 
que le but de la détention et les besoins de l'instruction seraient compromis. Il 
appartient alors à l'autorité de démontrer que les circonstances particulières du cas 
d'espèce font apparaître un danger concret et sérieux de manoeuvres, propres à 
entraver la manifestation de la vérité, en indiquant, au moins dans les grandes 
lignes et sous réserve des opérations à conserver secrètes, quels actes 
d'instruction elle doit encore effectuer et en quoi le régime d'exécution de peine en 
compromettrait l'accomplissement. Dans cet examen, entrent en ligne de compte 
les caractéristiques personnelles du détenu, son rôle dans l'infraction ainsi que ses 
liens avec les autres prévenus (arrêts du Tribunal fédéral 1B_186/2018 du 8 mai 
2018, consid. 2.2 ; 1B_127/2017 du 20 avril 2017, consid. 2.1; 1B_426/2012 du 3 
août 2012, consid. 2.1; 1B_415/2012 du 25 juillet 2012 consid. 3 et les arrêts cités).

3.2 Le prévenu a été placé le 26 juin 2018 en détention provisoire qui a été prolongée 
et transformée en détention pour des motifs de sûreté suite au dépôt de l’acte 
d’accusation. S'agissant du stade de la présente procédure, il convient de 
constater que l'instruction préliminaire au sens de l'art. 299 al. 1 CPP est achevée, 
que l'acte d'accusation a été rédigé le 22 mai 2019 et que le Tribunal a fixé les 
débats pour novembre 2019. L’état actuel de la procédure permettrait donc une 
exécution anticipée de peine.

La question se pose cependant de savoir si un risque de collusion élevé demeure 
en raison notamment des aveux partiels du prévenu. L’instance précédente motive 
ce danger du fait que le prévenu ne reconnaît pas les quantités de drogue vendues 
et qu’il y a lieu d’éviter qu’il ne prenne contact avec des personnes liées au trafic de 
stupéfiants en cause, dont certaines ne sont peut-être pas encore identifiées ou 
n’ont pas été interrogées, et compromette ainsi la recherche de la vérité. Par 
ailleurs, il y a lieu d’empêcher que D.________, son fournisseur, n’entre en contact 
avec le prévenu ou vice versa afin de se disculper mutuellement ou de se renvoyer 
la responsabilité. Le Ministère public invoque le danger que le prévenu ne mette à 
profit les nouvelles conditions de détention assouplies en exerçant des pressions 
ou des menaces sur les consommateurs qu’il connaît depuis longue date afin de 
les pousser à faire des déclarations en sa faveur comme témoins devant le 
Tribunal de répression et d’altérer ainsi les preuves.

3.3 Force est de constater que les consommateurs qui ont acheté de la cocaïne au 
prévenu ont été entendus de manière circonstanciée dans la procédure par 
audition déléguée. Même s’ils n’ont souvent pas pu d’emblée articuler les quantités 
de drogue qu’ils ont achetées auprès du prévenu, ils ont néanmoins pour la plupart 

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admis que les quantités chiffrées par la police au moyen des différentes mesures 
de surveillance mises en place dans la procédure correspondaient à la réalité. 
Certes, le prévenu conteste ces quantités, et on ne saurait dire qu’il a eu un 
comportement coopératif durant l’enquête. Néanmoins, des aveux complets ne 
sont plus une condition nécessaire pour l’exécution anticipée de la peine (MATTHIAS 
HÄRRI in Basler Kommentar, Schweizerische Strafprozessordnung, 2e éd, ad art. 
236, note 14). Par ailleurs, il ne ressort pas du dossier que le prévenu appartienne 
à un réseau de trafiquants faisant régner la terreur et qu’il soit un homme violent ou 
qu’il ait exercé des menaces sur les consommateurs, même si certains d’entre eux 
l’ont décrit comme un homme froid, dur et intraitable en affaires, voire même 
arrogant. Il est possible que le prévenu ait eu d’autres clients que ceux qui ont pu 
être interpelés et qu’il ait également eu d’autres fournisseurs que D.________ qui 
fait l’objet d’une procédure pénale séparée. Toutefois, les faits essentiels 
paraissent avoir été élucidés et on ne saurait motiver un danger accru de collusion 
à ce stade de la procédure et après plus d’une année de détention provisoire et 
pour des motifs se sûreté par la crainte que le prévenu ne prenne contact avec des 
personnes encore non identifiées. Il n’est pas non plus démontré à suffisance que 
le prévenu pourrait compromettre la recherche de la vérité et entraver les 
investigations des autorités par des intimidations et des menaces à l’égard des  
consommateurs qui ont déjà été entendus et du fournisseur identifié. Les 
déclarations recueillies en procédure sont du reste également étayées par les 
mesures de contrôle qui ont été ordonnées. 

Au vu de ce qui précède, les circonstances du cas d’espèce ne font pas apparaître  
un risque de collusion concret justifiant le refus d’un passage de A.________  du 
régime de la détention pour motifs de sûreté à un régime d’exécution anticipée de 
la peine. 

Le recours est donc admis.

4.

4.1 Compte tenu du résultat auquel parvient la Chambre de recours pénale, les frais de 
la procédure de recours, comprenant un émolument global de CHF 1'500.00, sont 
mis à la charge du canton, en application de l’art. 428 al. 1 CPP.

4.2 L’indemnisation du défenseur d’office pour la présente procédure sera fixée à la fin 
de la procédure conformément à l’art. 135 al. 2 CPP.

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La Chambre de recours pénale décide :

1. Le recours est admis. 

2. La demande de A.________ tendant à être placé en régime d’exécution anticipée de 
la peine est admise.

3. Les frais de la procédure de recours, comprenant un émolument global de
CHF 1'500.00, sont mis  à la charge du canton.

4. A notifier :
- au Tribunal régional Jura bernois-Seeland, Agence du Jura bernois (au préalable 

par fax) avec le dossier 
- à A.________, par Me B.________ (au préalable par fax)
- au Ministère public du canton de Berne, Région Jura bernois-Seeland, Agence du 

Jura bernois 

A communiquer:
- au Parquet général du canton de Berne

Berne, le 29 juillet 2019 Au nom de la Chambre de recours 
pénale
La Présidente :

Schnell, Juge d'appel

La Greffière :

Vogt

Voies de recours :
Un recours en matière pénale selon les art. 39 ss, 78 ss et 90 ss de la loi du 17 juin 1995 sur le Tribunal 
fédéral (LTF; RS 173.110) peut être déposé auprès du Tribunal fédéral (Av. du Tribunal fédéral 29, Case 
postale, 1000 Lausanne 14) contre la présente décision dans les 30 jours qui suivent sa notification. Le 
recours doit respecter les exigences de l’art. 42 LTF.

Remarques :
Les envois par fax et par e-mail ordinaire ne sont pas valables et ne sauvegardent pas les délais.
Le numéro du dossier doit figurer sur les envois (BK 19 307).