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**Case Identifier:** a8d5d925-95f3-5e31-83c2-3a7aa17ba5a7
**Source:** Jura (JU)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-07-27
**Language:** fr
**Title:** Jura Tribunal Cantonal Cour administrative 27.07.2020 ADM 2020 24
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/JU_Gerichte/JU_TC_005_ADM-2020-24_2020-07-27.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DU JURA

TRIBUNAL CANTONAL

COUR ADMINISTRATIVE

 ADM 24 / 2020

Présidente :  Sylviane Liniger Odiet
Juges :  Daniel Logos, Philippe Guélat, Jean Crevoisier et Pascal Chappuis
Greffière :  Carine Guenat

ARRET DU 27 JUILLET 2020

en la cause liée entre

A.________,

recourante,

et

le Gouvernement de la République et Canton du Jura, Hôtel du Gouvernement, rue de 
l'Hôpital 2, 2800 Delémont,

intimé,

relative à la décision de l’intimé du 14 janvier 2020.

______

CONSIDÉRANT

En fait :

A. Par décision du 15 septembre 2009, le Département des finances, de la justice et de 
la police, auquel était rattaché l’Office des véhicules, a octroyé une réduction de 80% 
de la taxe sur les véhicules à la recourante pour l’ensemble de ses véhicules et 
remorques affectés aux tournées.

B. En date du 17 septembre 2019, l’intimé a informé la recourante qu’une réduction de 
la taxe n’apparaissait plus justifiée pour l’ensemble de ses véhicules et qu’il convenait 
de faire un examen distinct pour chaque type de véhicules quant à l’opportunité 

2

d’octroyer une réduction. L’intimé envisageait la taxation suivante à partir du 
1er janvier 2020 : 

Voitures de tourisme : taxe entière
Voitures de livraison : taxe entière
Camions : réduction de 50% de la taxe (art. 17 

ch. 4 du décret)
Tracteurs à sellette : réduction de 50% de la taxe (art. 17 

ch. 4 du décret)
Remorques servant au transport de chose : moitié de la taxe normale (art. 6 

al. 1 let. a du décret)
Caravanes à usage forain : huitième de la taxe normale (art. 6 

al. 3 let. f du décret)
Remorques de travail : huitième de la taxe normale (art. 6 

al. 3 let. d du décret)

C. Par courrier du 30 septembre 2019, la recourante a contesté la révision de la 
réduction de la taxe proposée par l’intimé. 

D. Le 18 novembre 2019, une rencontre a eu lieu avec le chef du Département de 
l’environnement, en présence de représentants de l’Office des véhicules et du Service 
juridique. À cette occasion, la recourante a notamment fait part de sa situation 
financière difficile et précisé que ses véhicules faisaient peu de déplacements, car 
tous les transports étaient effectués en une seule fois afin d’éviter de faire des allers-
retours pour des questions écologiques.

E. Par décision du 14 janvier 2020, l’intimé a supprimé, à partir du 1er juillet 2020, la 
réduction de 80% de la taxe octroyée par décision du 15 septembre 2009 pour 
l’ensemble des véhicules et remorques de la recourante affectés aux tournées et 
retenu la taxation suivante :

Voitures de tourisme : réduction de 25% de la taxe 
normale (art. 17 ch. 4 du décret)

Voitures de livraison : réduction de 25% de la taxe 
normale (art. 17 ch. 4 du décret)

Camions : réduction de 50% de la taxe 
normale (art. 17 ch. 4 du décret)

Tracteurs à sellette : réduction de 50% de la taxe 
normale (art. 17 ch. 4 du décret)

Remorques servant au transport de chose : réduction de 50% de la moitié de la 
taxe normale (art. 6 al. 1 let. a et 17 
ch. 4 du décret)

Caravanes à usage forain : huitième de la taxe normale (art. 6 
al. 3 let. f du décret)

Remorques de travail : huitième de la taxe normale (art. 6 
al. 3 let. d du décret)

3

En substance, l’intimé considère qu’il n’est pas possible de prendre en considération 
la situation financière de la recourante, les aspects culturels et promotionnels ainsi 
que de procéder à une comparaison intercantonale des barèmes appliqués lors de 
l’examen de la réduction de la taxe. L’opportunité d’octroyer une réduction et, le cas 
échéant, le taux de réduction doivent uniquement se baser sur les critères fixés à l’art. 
17 ch. 4 du décret sur l’imposition des véhicules routiers et des bateaux (ci-après : le 
décret ; RSJU 741.611).

En ce qui concerne les voitures de tourisme et de livraison, une réduction de la taxe 
peut continuer à être octroyée car ces véhicules sont utilisés en priorité pour les 
déplacements du cirque et pour tracter les caravanes des artistes et des 
collaborateurs. Toutefois, la réduction doit être diminuée en passant de 80 à 25%. 
Les plaques de plusieurs de ces véhicules sont déposées chaque année durant 
plusieurs mois, en particulier pendant les mois où ils sont immobilisés en raison du 
fait que la recourante n’est pas en tournée. Même s’ils circulent peu sur la voie 
publique, ces véhicules peuvent être utilisés à d’autres fins que pour les tournées. 

S’agissant des camions et des tracteurs à sellette, une réduction de la taxe peut 
également continuer à être octroyée dans la mesure où ces véhicules circulent peu 
sur la voie publique mais cette réduction doit être diminuée en passant de 80 à 50% 
car les plaques de la majorité de ces véhicules sont déposées chaque année durant 
plusieurs mois, en particulier pendant les mois où ils sont immobilisés en raison du 
fait que la recourante n’est pas en tournée. 

Les remorques servant au transport de choses sont quant à elles soumises à la moitié 
de la taxe normale (art. 6 al. 1 let. a du décret) et bénéficient donc déjà d’une 
réduction. Toutefois, comme ces véhicules circulent peu sur la voie publique, une 
réduction supplémentaire de 50% de la taxe peut continuer à être octroyée. Cette 
réduction tient compte du fait que les plaques de la majorité de ces véhicules sont 
déposées chaque année durant plusieurs mois, en particulier pendant les mois où ils 
sont immobilisés en raison du fait que la recourante n’est pas en tournée.

Concernant les caravanes à usage forain et les remorques de travail, ces véhicules 
sont soumis au huitième de la taxe normale (art. 6 al. 3 let. d et f du décret) et 
bénéficient donc déjà d’une réduction importante. Les plaques de plusieurs de ces 
véhicules sont déposées chaque année durant plusieurs mois, en particulier pendant 
les mois où ils sont immobilisés en raison du fait que la recourante n’est pas en 
tournée.

F. La recourante a interjeté recours auprès de l’intimé et du Président de l’intimé contre 
la décision du 14 janvier 2020 par courriers reçus les 27 et 28 janvier 2020 ; lesdits 
recours ont été transmis à la Cour de céans comme objet de sa compétence le 12 
février 2020. 

4

La recourante invoque que l’augmentation brutale de la taxe en question constitue 
pour elle un risque financier considérable, mettant en péril son existence. Elle relève 
aussi que dans d’autres cantons, le « rachat » des plaques d’immatriculation 
représente un coût de Fr. 24.- seulement. En Allemagne, le « rachat » ne coûte rien 
et aucune taxe n’est due. Elle précise que les camions ne sont destinés qu’à 
transporter du matériel de cirque et que les voitures ne servent qu’à tracter les 
caravanes des artistes ; aucun de ces véhicules n’est utilisé pour des déplacements 
privés ou pour des vacances. 

G. La recourante s’est encore exprimée par courriers des 14 février, 2 et 9 mars 2020.

H. Dans son mémoire de réponse du 20 mars 2020, l’intimé conclut au rejet du recours 
et, partant, à la confirmation de sa décision du 14 janvier 2020, sous suite des frais 
et dépens. 

En substance, l’intimé explique que chaque canton est souverain pour déterminer sa 
méthode de calcul de la taxe d’imposition sur les véhicules, si bien que la recourante 
ne saurait procéder à des comparaisons de montants forfaitaires appliqués par 
d’autres cantons ou d’autres pays pour certains types de véhicules. En ce qui 
concerne le calcul du taux de réduction pour chaque type de véhicules, l’intimé 
renvoie aux chiffres 4 et 5 de la décision attaquée. 

I. La recourante s’est encore déterminée par courriers des 31 mars et 3 avril 2020, 
accompagnés de différentes annexes.

J. Par courrier du 1er avril 2020 adressé à l’intimé, B.________ s’est exprimée au nom 
des élèves de l’école du cirque du Jura. Elle invite l’intimé et le Département de la 
culture à prendre en considération la précarité de la situation de la recourante et à 
reconsidérer leurs décisions.

En droit :

1. La Cour administrative est compétente en vertu de l'art. 160 let. a du Code de 
procédure administrative (Cpa ; RSJU 175.1). 

Pour le surplus, déposé dans les forme et délai légaux, par une personne disposant 
manifestement de la qualité pour recourir, le recours est recevable, de sorte qu’il y a 
lieu d’entrer en matière. 

2. L'art. 122 Cpa prévoit que le recours peut être formé pour violation du droit, y compris 
l'excès ou l'abus du pouvoir d'appréciation (let. a) et pour constatation inexacte ou 
incomplète des faits pertinents (let. b). Il peut aussi être formé pour inopportunité si 
le litige porte, en particulier, sur des décisions relatives à la fixation d'une contribution 
publique (let. c ch. 1 in limine), tel est notamment le cas des taxes causales comme 
en l'espèce (BROGLIN/WINKLER DOCOURT, Procédure administrative – Principes 
généraux et procédure jurassienne, p. 166, n° 458, note 586 et les références citées). 

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3. L’objet du litige porte sur la réduction de la taxe d’utilisation mise à la charge de la 
recourante pour l’ensemble des véhicules et remorques affectés aux tournées.

4.
4.1 L’art. 105 de la loi fédérale sur la circulation routière (LCR ; RS 741.01) donne aux 

cantons la compétence d’imposer les véhicules et de percevoir des taxes. Dans le 
canton du Jura, en application de l’art. 9 al. 1 de la loi du 26 octobre 1978 sur la 
circulation routière et l’imposition des véhicules routiers et des bateaux (RSJU 
741.11), les véhicules routiers qui circulent sur la voie publique et dont le lieu de 
stationnement est le canton du Jura sont soumis à un impôt calculé en fonction du 
poids total du véhicule et du nombre de jours pendant lesquels ce dernier a été 
autorisé à circuler. L’art. 11 de ladite loi prévoit que le Parlement fixe par voie de 
décret les bases d’imposition et règle l’échelonnement ainsi que la perception et 
l’affectation des impôts. Ainsi, il résulte du décret sur l’imposition des véhicules 
routiers et des bateaux (RSJU 741.611 ; ci-après : décret), que tout véhicule 
automobile et sa remorque stationnés dans le canton du Jura et qui, en vertu de la 
législation fédérale, doivent être munis de permis de circulation, sont soumis à une 
taxe (art. 1 décret). Le calcul de la taxe se fonde sur le poids total du véhicule en 
kilogrammes tel qu’il est indiqué sur le permis de circulation et sur le nombre de jours 
pendant lesquels le véhicule a été autorisé à circuler (art. 4 al. 1 décret). La taxe 
normale s’élève à Fr. 348.- pour les 1'000 premiers kilos ; pour chaque tranche 
supplémentaire de 1'000 kilos, elle se réduit de 14% du montant précédent (art. 5 
décret et art. 1 al. 2 de l’arrêté portant indexation de la taxe sur les véhicules ; RSJU 
741.611.02).

Les véhicules suivants sont soumis à la moitié de la taxe normale (art. 6 al. 1 décret) :
a) remorques servant au transport de choses ;
b) remorques servant au transport de personnes ;
c) voitures automobiles d’habitation ;
d) caravanes ;
e) remorques pour le transport des engins de sport ;
f) véhicules comprenant un moteur à propulsion électrique ;
g) véhicules propulsés au gaz naturel ;
h) véhicules propulsés à l’hydrogène.

Les véhicules suivants sont soumis au quart de la taxe normale (art. 6 al. 2 décret) :
a) chariots à moteur industriels ;
b) monoaxes industriels.

Les véhicules suivants sont soumis au huitième de la taxe normale (art. 6 al. 3 
décret) :
a) véhicules automobiles agricoles, à l’exception des chariots à moteur ;
b) chariots de travail ;
c) machines de travail ;
d) remorques de travail ;

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e) … ;
f) semi-remorques caravanes et caravanes à usage forain.

Les véhicules suivants sont soumis au seizième de la taxe normale (art. 6 al. 4 
décret) : chariots à moteur agricoles.

Sur demande, la taxe peut être réduite (art. 17 décret) :
1. lorsque le détenteur utilise le véhicule à des fins d’utilité générale ;
2. lorsque le détenteur utilise le véhicule dans l’intérêt d’une corporation selon 

l’art. 2 al. 1 let. a ;
3. lorsque, par suite d’invalidité, une personne est tributaire de son propre véhicule 

automobile, de celui d’une personne en ménage avec lui ou, en cas de 
placement en institution, de celui d’un proche ;

4. lorsque le détenteur du véhicule ne circule sur la voie publique 
qu’exceptionnellement ou seulement sur un parcours restreint.

4.2 La taxe prévue à l’art. 1 du décret apparaît comme un émolument d’utilisation, soit 
une contrepartie de l’utilisation d’une infrastructure publique lorsque le rapport 
d’utilisation est régi par le droit public. L’émolument, comme la charge de préférence 
et la taxe de remplacement, sont des contributions publiques, causales, liées à une 
prestation de l’Etat (TANQUEREL, Manuel de droit administratif, 2ème éd., 2018, 
n° 239ss). S’agissant de la contribution litigieuse, il ne fait guère de doute que celle-
ci constitue la contrepartie d’une prestation de l’Etat, en l’occurrence la construction, 
l’aménagement et l’entretien des routes cantonales notamment. Cette contribution 
répond ainsi à la définition de l’émolument. Les taxes perçues doivent obéir aux 
principes généraux régissant le droit administratif, notamment le principe de la 
légalité, de la couverture des frais et d’équivalence (TANQUEREL, op. cit., p. 245ss). 
S’agissant du principe de la légalité, les exigences de la jurisprudence sont de 
manière générales très strictes dans le domaine des contributions publiques. La 
perception de telles contributions doit être prévue, quant à son principe, dans une loi 
au sens formel qui définit elle-même au moins le cercle des contribuables, l’objet et 
la base de calcul de cette contribution. Les conditions de perception doivent aussi 
être réglées de façon assez précise dans une règle de droit. Ces exigences trouvent 
cependant une certaine modulation suivant la nature de la contribution en cause. Elles 
sont appliquées strictement pour les contributions publiques que sont les impôts mais 
elles peuvent être assouplies pour les contributions causales (TANQUEREL, op. cit., 
n° 249). Quant au principe de la couverture des frais, il s’applique pour la plupart des 
contributions causales, en particulier celles dépendant des coûts, à savoir celles qui 
servent à couvrir certaines dépenses de l’Etat, telles les émoluments et les charges 
de préférence. Il en découle que le produit global des contributions ne doit pas 
dépasser, ou seulement de très peu, l’ensemble des coûts engendrés par la 
subdivision concernée de l’administration. Cela étant, pour les contributions causales 
indépendantes des coûts que sont, par exemple, les émoluments de concession ou 
certains émoluments d’utilisation, comme c’est le cas en l’espèce, le principe de 
couverture des frais n’entre pas en ligne de compte (ATF 143 II 283, 293-294 ; 131 II 
735, 740). Quant au principe d’équivalence, il s’applique aux contributions causales 

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et constitue l’expression du principe de la proportionnalité en matière de contributions 
publiques ; il veut que le montant de la contribution exigée d’une personne déterminée 
soit en rapport avec la valeur objective de la prestation fournie à celle-ci (ATF 143 I 
220 consid. 5.2.2 ; 143 I 227 consid. 4.2.2 ; 139 I 138 consid. 3.2 ; 135 I 130 consid. 
2) ou, dit autrement, que les contributions causales soient répercutées sur les 
contribuables proportionnellement à la valeur des prestations fournies ou des 
avantages économiques retirés (TANQUEREL, op. cit., n° 254s. et les références). Ce 
principe n’est au fond que l’expression, en matière de contributions causales, des 
principes de la proportionnalité et de l’égalité de traitement. Il n’implique toutefois pas 
que le coût de chacune des prestations doive être pris en considération ; au contraire, 
il tolère un certain schématisme en la matière (KNAPP, Précis de droit administratif, 
4ème éd, 1991, n° 2824). L’administration n’est ainsi pas tenue de fixer le prix de 
chacune des opérations effectuées au coût exact de celle-ci et au travail qu’elle exige 
(ATF 103 Ia 230 consid. 4a). Il est admis qu’elle puisse recourir, à des fins de 
simplification à des critères schématiques, clairs et facilement compréhensibles (ATF 
109 Ia 325 ; 108 Ia 111, 114). L’autorité législative jouit à cet égard, pour établir la 
répartition de la couverture des frais du service intéressé entre les différents 
administrés, d’un large pouvoir d’appréciation, à condition toutefois de respecter le 
principe de la prohibition de l’arbitraire et celui de l’égalité de traitement (ATF 103 Ia 
230, déjà cité, consid. 4a) ; l’utilisation de tels barèmes ne sera ainsi sanctionnée par 
le juge qu’à la condition qu’ils aboutissent à un résultat insoutenable et absolument 
injustifiable et qu’ils établissent des différences qui ne se justifieraient pas pour des 
motifs raisonnables (ATF 109 Ia 325, déjà cité ; 106 Ia 241 consid. 3b).
 

5.
5.1 En l’espèce, on peut tout d’abord se demander si le mémoire de recours est 

suffisamment motivé au regard des exigences en la matière. La recourante se 
contente en effet d'opposer son opinion à celle de l’intimé, sans démontrer en quoi 
les dispositions légales auraient été appliquées de manière manifestement 
insoutenable ou que la solution retenue serait choquante. Elle se déclare d’accord 
avec le principe de la révision de la taxe litigieuse vers une taxe plus onéreuse (« nous 
comprenons qu’un tarif peut évoluer dans le temps ») et fait mention de faits dont 
l’intimé a expressément tenu compte et qu’il a considéré comme établis (« nos 
camions ne sont destinés qu’à transporter du matériel de cirque et les voitures ne 
servent qu’à tracter les caravanes de nos artistes »). Quoi qu'il en soit, la question 
peut être laissée ouverte dans la mesure où les griefs de la recourante sont de toute 
façon mal fondés pour les motifs suivants. 

5.2 D’une manière générale et compte tenu du principe de causalité, les véhicules doivent 
être imposés selon leur poids, dans la mesure où il ne fait pas de doute que lorsque 
le poids du véhicule (charge par essieu) augmente, l'usure des routes s'accroît plus 
que proportionnellement. Le poids influe également sur le dimensionnement des 
routes (voies lentes) et l'écoulement du trafic. Les coûts d'infrastructure occasionnés 
par le véhicule dépendent largement des prestations de celui-ci. Il convient dès lors 
de rejeter les forfaits annuels, quand bien même les cantons pourraient les percevoir 
simplement en les ajoutant à l'impôt sur les véhicules à moteur (cf. Message du 16 

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janvier 1980 du Conseil fédéral concernant une vignette autoroutière et une 
redevance sur le trafic des poids lourds, p. 1138s.). La recourante ne saurait donc 
invoquer certains forfaits appliqués par d’autres cantons ou pays, d’autant qu’il 
convient de rappeler que chaque canton conserve la compétence d’imposer les 
véhicules et de percevoir des taxes selon les critères mentionnés ci-dessus 
(cf. consid. 4.1). La situation financière du détenteur du ou des véhicules concernés 
ne fait par ailleurs pas partie desdits critères, de sorte que la recourante ne saurait 
rien tirer du fait que l’augmentation de la taxe constitue pour elle un risque financier 
considérable, mettant en péril son existence. B.________, qui n’est au demeurant 
pas partie à la présente procédure, ne saurait non plus être suivie en tant qu'elle invite 
l’intimé et le Département de la culture à prendre en considération la précarité de la 
situation de la recourante. 

5.3 La décision du 15 septembre 2009, de même que les décisions de 1998 et 2001, 
étaient fondées sur l’art. 17 ch. 4 du décret mais également sur les art. 4 et 11 de la 
loi du 9 novembre 1978 sur l’encouragement des activités culturelles (RSJU 443.1). 
De ce fait, elles étaient motivées par deux éléments distincts. Le premier était que les 
véhicules et remorques de la recourante circulent peu sur la voie publique en général, 
en particulier sur le réseau routier jurassien, ils effectuent des parcours relativement 
courts entre les sites étapes, le déplacement en convois lors des tournées constituant 
la règle, et ils passent la majeure partie du temps à l’arrêt dans les localités où le 
spectacle est présenté aux populations. Le deuxième élément était la dimension 
culturelle liée aux activités du cirque et de l’école de cirque qui avait été prise en 
compte comme élément prépondérant d’appréciation de la requête de réduction de 
la taxe. Or, ce deuxième élément n’est pas un motif de réduction de la taxe prévu à 
l’art. 17 du décret malgré le fait qu’à l’époque, il avait été considéré comme un 
élément important d’appréciation de la réduction. À cet égard, l’argument selon lequel 
il importe de soutenir « tout un pan de l’art et de la culture afin de permettre à la 
population de continuer à rêver » (cf. notamment courrier de B.________ du 27 avril 
2020) ne saurait remettre en question la décision litigieuse. Par conséquent, la 
réduction de 80% de la taxe pour l’ensemble des véhicules et remorques de la 
recourante n’apparaît plus justifiée et doit être réévaluée, ce que la recourante ne 
conteste pas. Au demeurant, une révision de la réduction de la taxe normale, tous les 
quatre ans, était prévue par l’art. 2 de la décision du 15 septembre 2009.

5.4 La recourante fait en revanche valoir que les camions ne sont destinés qu’à 
transporter du matériel de cirque et que les voitures ne servent qu’à tracter les 
caravanes des artistes ; aucun de ces véhicules n’est utilisé pour des déplacements 
privés ou pour des vacances. L’intimé a tenu compte de cet aspect puisqu’il a 
appliqué, pour les voitures de tourisme et de livraison ainsi que pour les camions et 
les tracteurs à sellette, une réduction de 25% de la taxe normale pour la première 
catégorie et de 50% pour la deuxième catégorie, en application de l’art. 17 ch. 4 du 
décret. Il a considéré qu’une réduction de la taxe pouvait continuer à être octroyée 
puisque ces véhicules sont utilisés en priorité pour les déplacements de la recourante 
et pour tracter les caravanes des artistes. Cependant, si les plaques des voitures de 
tourisme et de livraison sont déposées chaque année durant plusieurs mois, en 

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particulier pendant les mois où ces véhicules sont immobilisés en raison du fait que 
la recourante n’est pas en tournée, et même si ces voitures circulent peu sur la voie 
publique, elles sont susceptibles d’être utilisées à d’autres fins que les tournées. 
Quant aux camions et tracteurs à sellettes, l’intimé a également considéré que ces 
véhicules circulent peu sur la voie publique. Les plaques de la majorité de ces 
véhicules sont déposées chaque année durant plusieurs mois, en particulier pendant 
les mois où ils sont immobilisés en raison du fait que la recourante n’est pas en 
tournée. La réduction est plus élevée (50%) que celle pour les voitures de tourisme 
et de livraison (25%), ce qui s’explique aisément par le fait que ces dernières sont 
susceptibles d’être utilisées plus facilement et plus fréquemment par la recourante, 
hors des périodes de tournée, que ne pourraient l’être les camions et les tracteurs à 
sellette. 

5.5 Dans cette mesure, on ne voit pas en quoi la décision de l’intimé du 14 janvier 2020 
serait insoutenable ou choquante. En taxant les différents types de véhicules de la 
recourante conformément aux bases de calcul et aux taux de réduction retenus dans 
ladite décision, l’intimé a fait usage de son large pouvoir d’appréciation dans le 
respect des principes de l’égalité de traitement et de l’interdiction de l’arbitraire. 

6. Partant, le recours doit être rejeté.

7. (...)

PAR CES MOTIFS 

LA COUR ADMINISTRATIVE

rejette

le recours ;

met

les frais de la procédure, par Fr. 1'000.- à charge de la recourante, à prélever sur son avance ;

n'alloue pas

de dépens ;

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informe

les parties des voies et délai de recours selon avis ci-après ;

ordonne

la notification du présent arrêt :
 à la recourante ;
 à l’intimé, Gouvernement de la République et Canton du Jura, Hôtel du Gouvernement, rue 

de l'Hôpital 2, 2800 Delémont.

Porrentruy, le 27 juillet 2020 

AU NOM DE LA COUR ADMINISTRATIVE
La présidente : La greffière :

Sylviane Liniger Odiet Carine Guenat
p.o. : Pablo Probst

Communication concernant les moyens de recours :

Le présent arrêt peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le 
recours en matière de droit public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal 
fédéral (LTF - RS 173.110), le recours constitutionnel subsidiaire aux conditions des articles 113 ss LTF. Le 
mémoire de recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14; il doit être rédigé dans une langue 
officielle, indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. Les motifs doivent exposer 
succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit. Si le recours n'est recevable que s'il soulève une question 
juridique de principe, il faut exposer en quoi l'affaire remplit cette condition. Les pièces invoquées comme moyens 
de preuve doivent être jointes au mémoire, pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de 
la décision attaquée.