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**Case Identifier:** 9abfe888-405e-599a-96ed-fd305adcc290
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2004-05-19
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 19.05.2004 C/7315/2003
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-7315-2003_2004-05-19.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE  Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/7315/2003 - 4 
 

POUVOIR  JUDICIAIRE * COUR D’APPEL* 
 

 

 

Monsieur T______ 
Dom. élu : ASSOCIATION DES 
COMMIS DE GENEVE 
Rue du Perron 10 
Case postale 3069 
1211 Genève 3 
 
Partie appelante 

 

 

 
CAISSE DE CHOMAGE DE L’ACG 
Rue du Perron 10 
Case postale 3069 
1211 Genève 3 
 
Partie intervenante 
 
 
 
 
 
 
D’une part 

E______ SA 
Dom. élu : Me Jean DE SAUGY 
Boulevard des Philosophes 9 
1205 Genève 
 
 
 
Partie intimée 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
D’autre part 

 
 
 

 
 

ARRET 
 

du  jeudi 19 mai 2004 
 

 
  Mme Martine HEYER, présidente 
 
 
  Mme Véronique STOFER et M. Denis MATHIEU, juges employeurs 
 
  MM. Richard JEANMONOD et David MUNGALL, juges salariés 
 
 
  M. Antoine ANKEN, greffier d’audience 
 
 

 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/7315/2003 - 4  

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EN FAIT 
 
 
A. T______ a constitué la société E______ SA le 23 novembre 1965. Depuis sa fon-

dation et ce jusqu’au 28 janvier 2003, T______ était employé et administrateur-
président de ladite société (pièce 1 déf.). 

 
 T______ a été l’actionnaire unique de E______ SA pendant 25 ans. Courant 1998, 

il est entré en partenariat avec A______ qui a investi fr. 1'500'000.- dans la société 
contre remise de 50% des actions. A______ a alors dit que s’il devait rajouter en-
core de l’argent, il demanderait le solde des actions. Cela s’est réalisé en juin 
2000, date à laquelle ce dernier est devenu actionnaire unique de E______ SA. 

 
 
B. Durant les années 1999, 2000 et 2001, T______ a été victime de différents pro-

blèmes de santé et s’est vu octroyer, en septembre 2002, une rente de l’assurance 
invalidité de 50% avec effet rétroactif au mois de juin 2001. 

 
 
C. En date du 23 janvier 2001, E______ SA et T______ ont signé un protocole 

d’accord à teneur duquel il était notamment indiqué que ce dernier occuperait do-
rénavant les fonctions de responsable de la veille technologique et de conseiller 
commercial grands comptes jusqu’au 30 octobre 2004, date de son départ à la re-
traite (pièce 2 déf.). 

 
 Le taux d’activité de T______ a été fixé à 50% et son salaire à 8'000 fr. par mois. 
 
 
D. Le 17 octobre 2002, B______ et A______, administrateurs, C______, réviseur, et 

T______ ont eu un entretien au sujet des difficultés financières de la société 
E______ et de la nécessité de résilier le contrat de travail de T______ pour des 
raisons économiques. 

 
 A______ avait préparé un chèque de fr. 150'000.- à l’ordre de E______ SA. Il a 

précisé que la société n’avait plus d’argent pour payer les salaires et qu’il remet-
trait ce chèque à la société si un accord était trouvé avec T______ quant aux con-
ditions entourant son licenciement (p.-v. du 19.5.2004, p. 2). 

 
 T______, de par sa position de président du conseil d’administration, était au cou-

rant de l’état des finances de la société. Il savait que le compte d’exploitation était 
négatif (p.-v. du 19.5.2004, p. 2). 

 
 Par courrier du même jour, remis en main propre à T______, E______ SA a pris 

la décision suivante : 
 
 « Afin de redresser la situation économique et financière, le Conseil 

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d’administration a décidé de prendre des mesures drastiques par la réorganisa-
tion des sociétés du groupe.  

 Parmi ces mesures, nous vous confirmons notre entretien par lequel nous vous 

avons notifié votre licenciement pour des raisons économiques. 

 Nous sommes navrés de prendre cette décision que seule la situation financière 

des sociétés nous contraint d’appliquer ». 
 
 T______ a contresigné ledit courrier juste en dessous de la mention « lu et ap-

prouvé ». 
 
 Le même jour, les parties ont conclu une convention prévoyant les modalités de 

remboursement d’un prêt que T______ avait consenti à E______ SA à hauteur de 
475'000 fr. et lequel une somme de 200'000 fr. restait encore due.  

 
 Un certificat de travail, établi par E______ SA le 6 janvier 2003, précisait que la 

fin des rapports de travail était fixée au 31 janvier 2003. 
 
 
E. Par courrier du 14 mars 2003, T______, sous la plume de D______, a réclamé a 

E______ SA son salaire jusqu’à la fin octobre 2004 en raison de la convention du 
23 janvier 2001. 

 
 
F. Par réponse du 15 avril 2003, E______ SA a affirmé que la fin des rapports de 

travail avait été arrêtée d’un commun accord entre les parties intervenu le 
17 octobre 2002, et, qu’en conséquence, elle était valablement libérée de toutes 
ses obligations d’employeur envers T______ après le 31 janvier 2003.  

 
 
G. Par demande parvenue au greffe de la juridiction des prud’hommes le 2 avril 

2003, T______ a assigné E______ SA en paiement de 168'000 fr. plus intérêts à 
5% l’an dès le 2 avril 2003. Ladite somme se décomposait comme suit : 

 
 88'000 fr.  à titre de salaire pour 11 mois durant l’année 2003; 
 80'000 fr.  à titre de salaire pour 10 mois durant l’année 2004; 
 
 à cela s’ajoutait le fait de pouvoir garder le véhicule de l’entreprise. 
 
 
H. Une tentative de conciliation a eu lieu entre les parties le 12 mai 2003, en vain. 
  
 
I. En date du 10 juin 2003, E______ SA a déposé au greffe de la juridiction des 

prud’hommes un mémoire de réponse. Elle a conclu au déboutement du deman-
deur au motif que ce dernier avait voulu et accepté la résiliation anticipée du con-
trat de travail. 

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J. Par lettre du 29 juillet 2003, la Caisse de chômage de l’ACG a déclaré se subro-

ger, selon l’article 29 LACI, dans les droits aux prétentions de salaire du deman-
deur envers la défenderesse pour un montant provisoire net de fr. 24'570.60 cor-
respondant aux indemnités versées pour la période du 3 février 2003 au 31 juillet 
2003. 

 
 
K. A l’audience de comparution personnelle, T______ a déclaré avoir été sous le 

choc lorsqu’on lui a présenté la lettre de licenciement compte tenu du fait notam-
ment qu’il avait créé l’entreprise 38 ans plus tôt. Il a encore dit avoir signé la 
lettre sans réaliser qu’il l’avait lue et approuvée.  

 
 Le représentant de E______ SA a entièrement contesté les allégués de T______. Il 

a par ailleurs produit en audience la convention du 17 octobre 2002. 
 
 Les parties ayant maintenu leurs conclusions respectives, le Tribunal a gardé la 

cause à juger. 
 
 
L. Par lettre du 29 septembre 2003, la Caisse de chômage de l’ACG a déclaré se su-

broger, selon l’article 29 LACI, dans les droits aux prétentions de salaire du de-
mandeur envers la défenderesse pour un montant provisoire net de 33'101 fr. 40 
correspondant aux indemnités versées pour la période du 3 février 2003 au 
30 septembre 2003. 

 
 
M. Par jugement du 18 août 2003, le Tribunal des prud’hommes a débouté T______ 

de toutes ses conclusions. Il a motivé sa décision par le fait que les parties avaient 
valablement et par accord mutuel mis un terme anticipé aux rapports de travail en 
signant et en approuvant la lettre du 17 octobre 2002. 

 
 
N. Par acte reçu au greffe de la juridiction des prud’hommes le 5 janvier 2004, 

T______ appelle dudit jugement. Il en réclame l’annulation et demande à la Cour 
de condamner E______ SA à lui payer la somme de 168'000 fr. représentant 11 
mois de salaire pour l’année 2003 et 10 mois de salaire pour l’année 2004.  

 
 A l’appui de ses conclusions, l’appelant précise tout d’abord que la convention du 

17 octobre 2002 ne concernait pas les rapports de travail entre l’intimée et lui, 
mais le remboursement d’un prêt de 200'000 fr. qu’il avait consenti à E______ 
SA. Il prétend ensuite ne pas avoir compris que, en signant la lettre du 17 octobre  
2002, il renonçait à ses salaires jusqu’à sa retraite. Il croyait simplement poser le 
sceau de réception de son licenciement. Il argue enfin que E______ SA, par la 
lettre du 17 octobre 2002, a cherché à se soustraire aux conséquences impératives 

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d’un licenciement en temps inopportun sanctionné par l’article 336c CO, ce qui 
contreviendrait à l’article 341 al. 1 CO. 

 
 
O. Par mémoire de réponse, déposé au greffe de la juridiction des prud’hommes le 

26 mars 2004, l’intimée conclut à la confirmation du jugement et au déboutement 
de l’appelant. 

 
 A l’appui de ses conclusions, E______ SA fait valoir que l’appelant a valablement 

et en pleine connaissance de cause accepté de voir son contrat de durée détermi-
née être résilié de manière anticipée. 

 
 
P. Par lettre du 3 mai 2004, la Caisse de chômage de l’ACG a déclaré se subroger, 

selon l’article 29 LACI, dans les droits aux prétentions de salaire du demandeur 
envers la défenderesse pour un montant provisoire net de 63'524 fr. 30 correspon-
dant aux indemnités versées pour la période du 1er février 2003 au 30 avril 2004. 

 
 
Q. A l’audience du 19 mai 2004, les parties ont persisté dans leurs conclusions.  
 
 Au sujet de l’entretien du 17 octobre 2002, la Cour retient des déclarations des 

parties qu’elles ont négocié pendant une heure les termes de la convention de 
remboursement du prêt que l’appelant avait consenti à l’intimée. Cette négocia-
tion ayant abouti à satisfaction des parties, T______ a ensuite signé, après l’avoir 
lue et approuvée, la lettre de résiliation de son contrat de travail. En d’autres 
termes, la convention constituait un préalable nécessaire à la résiliation anticipée 
du contrat de travail à durée déterminée. 

 
 L’appelant a affirmé – pour la première fois devant la Cour - que le principal point 

qui l’intéressait dans la négociation était la reprise par l’intimée de la garantie de 
loyer qu’il assumait toujours pour les locaux de l’entreprise. 

 
 
 

EN DROIT 
 
 
1. Interjeté dans la forme et le délai prévus par la loi (art. 59 de la loi sur la juridic-

tion des prud’hommes; ci-après LJP), l’appel de T______ est recevable. 
 
 
2.a) L’appelant faisant valoir un état de choc au moment de la signature de la lettre de 

licenciement, la Cour étudiera d’abord si l’accord passé entre les parties est enta-
ché d’un vice du consentement et plus particulièrement d’une lésion. 

 

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 A teneur de l’article 21 CO, en cas de disproportion évidente entre la prestation 
promise par l’une des parties et la contre-prestation de l’autre, la partie lésée peut, 
dans le délai d’un an, déclarer qu’elle résilie le contrat et répéter ce qu’elle a payé, 
si la lésion a été déterminée par l’exploitation de sa gêne, de sa légèreté ou de son 
inexpérience. 

 
 Un contrat est considéré comme juste dès lors que deux personnes, libres et ca-

pables, ont accepté de s’y soumettre et que l’accord est le fruit d’une concurrence 
loyale. Peu importe que l’une des  parties fasse une bonne, voire une très bonne 
affaire. Néanmoins, la loi accorde une protection particulière à une partie lorsque 
l’autre obtient un avantage excessif. Il y a lésion lorsqu’une partie exploite une si-
tuation de faiblesse de l’autre pour obtenir la promesse d’une prestation en dis-
proportion évidente avec la sienne. 

 
 Deux conditions doivent être satisfaites pour que l’on puisse conclure à la lésion :  
 
 Une condition objective, soit la disproportion évidente entre les prestations. La loi 

exige que la disproportion soit évidente. Elle doit sauter aux yeux (ATF 92 II 168 
= JT 1967 I 130; SCHMIDLIN, Commentaire romand, n°4 ad art. 21 CO). Le 
juge appréciera librement en étant attentif au fait que la disproportion évidente 
doit être le résultat d’une exploitation usuraire.  

 
 Une condition subjective, soit la gêne, la légèreté ou l’inexpérience du lésé et son 

exploitation par le lésant. La loi concrétise la défaillance de la volonté contrac-
tuelle du lésé par trois situations typiques, ce qui permet de compléter la liste par 
des situations analogues comme, par exemple, des situations de stress ou de sur-
prise (SCHMIDLIN, op. cit., n°6 ad art. 21 CO). 

 
 L’auteur de la lésion doit tirer profit de la situation d’infériorité de son partenaire. 

Il sait ou doit savoir qu’il recueille des avantages excessifs de la faiblesse de son 
cocontractant (ATF 95 II 109 = JT 1970 I 92). Dans ce sens, la lésion est un com-
portement contraire à la bonne foi. 

 
b) En l’espèce, l’on peut avoir des doutes sur une éventuelle disproportion entre les 

prestations des parties. En effet, T______ s’est engagé à abandonner la poursuite 
de son activité, et partant des prétentions salariales à hauteur de 168'000 fr., en 
échange de l’engagement par E______ SA de lui rembourser mensuellement un 
prêt qu’il lui avait consenti. En d’autres termes, l’appelant abandonnait son em-
ploi de manière anticipée contre la garantie du remboursement d’un prêt auquel il 
avait droit, en tout état, et quoi qu’il fût advenu du contrat de travail le liant à 
l’intimée. Cette dernière a d’autre part consenti à céder gratuitement à l’appelant 
une voiture de fonction et à assumer les frais d’un voyage à Paris qu’il avait fait 
quelques temps plus tôt. En première analyse, il semble donc bien y avoir ici une 
disproportion entre les prestations, E______ SA faisant manifestement une meil-
leure affaire que T______. 

 

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 Cependant, il convient de rappeler que l’intimée se trouvait dans une situation 
financière précaire en octobre 2002 au point qu’elle n’avait plus d’argent pour 
payer les salaires (p.-v. du 19.5.2004, p. 2). Le 17 octobre 2002, A______, devenu 
actionnaire unique de E______ SA en juin 2000, s’est dit prêt à remettre des fonds 
dans la société pour autant qu’un accord soit trouvé avec l’appelant quant à son li-
cenciement. En cas d’échec de cette négociation, l’intimée aurait vraisemblable-
ment été dans une situation un peu plus précaire. L’appelant n’avait rien à gagner 
à faire échouer la transaction. En effet, d’une part le remboursement de son prêt 
aurait été compromis, et d’autre part, étant donné sa position de garant du loyer 
des locaux de l’entreprise, il aurait dû en supporter le paiement en cas de défaut de 
l’intimée. 

 
 Quand bien même il faudrait retenir une disproportion entre les prestations, au vu 

des circonstances ci-dessus décrites, celle-ci ne serait pas encore décisive pour 
conclure à une lésion dans le contrat. 

 
c) Il faut encore que cette disproportion ait été obtenue par l’exploitation de la gêne, 

de la légèreté ou de l’inexpérience du lésé.  
 
 En l’espèce, l’appelant allègue avoir été dans un état de choc en apprenant que 

l’objet de la réunion était son licenciement et il soutient avoir signé et approuvé la 
lettre du 17 octobre 2002 sans comprendre la portée de son acte. En tant que fon-
dateur de E______ SA, il est compréhensible que T______ ait été choqué de de-
voir quitter son activité. Cependant, il a pu négocier son départ. En effet, aux dires 
des parties, la réunion a duré plus d’une heure, pendant laquelle l’appelant a négo-
cié les modalités de remboursement de son prêt, a obtenu gratuitement une voiture 
de fonction pour son usage privé et la prise en charge par l’intimée des frais d’un 
voyage à Paris, qu’elle avait jusqu’alors toujours refusé d’assumer. La conven-
tion, dont les termes sont tous favorables aux intérêts de l’appelant, apparaît donc 
bien faire partie de la négociation de la résiliation anticipée de son contrat de tra-
vail, et partant, il doit être admis qu’elle a – logiquement – précédé ladite résilia-
tion.  

 
 L’appelant a certes été poussé vers la sortie de façon abrupte, mais le choc qu’il 

en a ressenti n’a pas été exploité par l’intimée pour obtenir un avantage excessif. 
La négociation serrée qui s’est déroulée le 17 octobre 2002 avant le licenciement 
est incompatible avec cette hypothèse. 

 
 Enfin, à juste titre, l’appelant, du fait de sa position dans l’entreprise, n’allègue 

pas avoir été la victime de sa légèreté ou de son inexpérience.  
 
d) En conclusion sur ce premier point, il n’y a pas eu de lésion dans la conclusion de 

la convention entre les parties ni dans l’acceptation par l’appelant de la résiliation 
anticipée de son contrat de travail. 

 
 

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3. L’appelant prétend encore que l’intimée a agi de manière à éluder une disposition 
impérative de la loi, soit l’article 336c CO. 

 
a) A teneur de l’article 341 al. 1 CO, le travailleur ne peut pas renoncer, pendant la 

durée du contrat et durant le mois qui suit la fin de celui-ci, aux créances résultant 
de dispositions impératives de la loi ou d’une convention collective. 

 
 L’article 336c CO, disposition impérative selon l’article 362 CO, traite de la rési-

liation en temps inopportun par l’employeur. 
 
 Cependant, l’ensemble des dispositions relatives à la protection contre les congés 

n’est pas applicable aux contrats de travail de durée déterminée (WYLER, Droit 
du travail, p. 421-422; BRUNNER/BÜHLER/WAEBER, Commentaire du contrat 
de travail, p. 168; FAVRE/MUNOZ/TOBLER, Le contrat de travail code annoté, 
n° 1.2 ad art. 336c CO). Ceux-ci prennent automatiquement fin à leur échéance ou 
par commun accord des parties dans les limites rappelées ci-dessus (ATF 119 II 
449; ATF 118 II 58 = JT 1993 I 154; SJ 1987 p. 549; SJ 1983 p. 94; ATF 102 Ia 
417 = JT 1977 I 276; ATF 104 II 204). 

 
b) En l’espèce, il n’est pas contesté par les parties qu’elles étaient liées par un contrat 

de travail de durée déterminée. L’appelant ne peut donc se prévaloir de la protec-
tion contre les congés en temps inopportun, et doit être débouté sur ce second 
point également. 

 
 
4. La décision entreprise doit être confirmée en tant qu’elle admet la validité de la 

résiliation anticipée du contrat de travail de l’appelant par commun accord des 
parties. L’appelant sera débouté de toutes ses conclusions, les frais d’appel de-
meurant à sa charge. 

 
 
5.a) Selon l’article 29 al. 2 LACI, la caisse de chômage qui opère des versements en 

faveur d’un chômeur est subrogée dans les droits de celui-ci jusqu’à concurrence 
du montant total versé à titre d’indemnités journalières. 

 
 La caisse de chômage n’est subrogée qu’en ce qui concerne la période 

d’indemnisation et uniquement pour les créances de nature salariale ou similaire. 
 
 Aux termes de l’article 14 LJP, la caisse de chômage intervenant dans la procé-

dure en raison de sa subrogation dans les droits de son assuré partie à la procédure 
comparaît à l’audience. En cas d’absence de sa part, il n’est toutefois pas pronon-
cé défaut contre elle. Dans ce cas, il est statué sur la base des prétentions formu-
lées par écrit par la caisse, et en fonction des pièces produites (art. 14 al. 2 LJP). 

 
b) En l’espèce, la caisse a fait valoir des prétentions pour des créances qui ne sont 

pas de nature salariale ou similaire. En effet, la caisse entend être subrogée pour le 

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versement d’indemnités dès le 1er février 2003, alors que le contrat de travail a va-
lablement pris fin, d’entente entre les parties, le 31 janvier 2003. La caisse de 
chômage de l’ACG sera donc déboutée des fins de sa demande. 

 
  
 
 

PAR CES MOTIFS 
 

La Cour d'appel des prud'hommes, groupe 4, 
 
A la forme : 
 
- reçoit l'appel interjeté par T______ contre le jugement du tribunal des prud'hommes 

du 18 août 2003 rendu en la cause n° C/7315/2003 - 4; 
 
 
 Au fond : 
 
-  le rejette 
- confirme ledit jugement; 
- laisse les frais d’appel à la charge de T______,  
- déboute les parties de toutes autres conclusions. 
 
 
 
La greffière de juridiction La présidente