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**Case Identifier:** f04320d1-8ddb-5219-b26f-10283273075b
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2005-09-05
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des baux et loyers 05.09.2005 C/24094/2003
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_004_C-24094-2003_2005-09-05.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 

 

  

R E P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/24094/2003 ACJC/961/2005 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre d’appel en matière de baux et loyers 

AUDIENCE DU LUNDI 5 SEPTEMBRE 2005  

 

Entre 

Monsieur A______, domicilié ______ [Genève], appelant d'un jugement rendu par la 
Tribunal des baux et loyers le 7 octobre 2004, comparant par Me Maurice 

SCHNEEBERGER avocat, 49, rue des Eaux-Vives, 1207 Genève, en l'étude duquel il 

fait élection de domicile, 

          d'une part; 

et 

B______, (anciennement : C______ HOLDING), sise ______ Zurich, intimée, 
comparant par Me Jean-Marc SIEGRIST, avocat, 23, quai des Bergues, 1201 Genève, 

en l'étude duquel elle fait élection de domicile, 

          d'autre part. 

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C/24094/03 

EN FAIT 

A. Par acte déposé à la Chambre d'appel de céans le 10 novembre 2004, A______ 
appelle du jugement JTBL/1569/04 rendu le 7 octobre 2004 par le Tribunal des 

baux et loyers qui a déclaré irrecevables les conclusions de A______ contre 

B______ en réduction de loyer et débouté A______ de ses conclusions en 

paiement de dommages et intérêts en     2'852 fr. contre B______. 

 A l'appui de ses conclusions d'appel, l'appelant fait valoir que la faute du bailleur 

justifiant des dommages et intérêts consiste en la violation d'une promesse, soit la 

prise en charge du coût de l'hôtel durant les travaux. Il précise que la réduction de 

loyer sollicitée, soit 30% durant un mois, est incluse dans le montant sollicité à 

titre de réparation du dommage et que c'est à tort que le Tribunal des baux et 

loyers a déclaré cette requête additionnelle irrecevable. 

 L'intimée conclut à la confirmation du jugement attaqué. 

 Les faits pertinents sont les suivants : 

B. Les parties sont liées par bail à loyer conclu le 8 novembre 1979, portant sur un 
appartement de 4 pièces au 7

ème
 étage de l'immeuble ______ à ______ [Genève]. 

 Le bail a été conclu pour une durée initiale de 3 ans, du 1
er

 janvier 1980 au         

31 décembre 1982 et se renouvelle tacitement d'année en année depuis lors. Le 

loyer annuel, sans les charges, a été fixé en dernier lieu à 11'808 fr. dès le           

1
er

 janvier 2002. 

C. Par pli du 5 juin 2003, la régie a informé tous les locataires de l'immeuble que des 
travaux de rénovation complète de l'ascenseur allaient être entrepris dès le 25 août 

2003, et ce pour une durée de 3 semaines. 

 Une pétition non signée mais émanant "des locataires de l'immeuble" a été 

adressée à la régie le 25 juin 2003. Les locataires y sollicitaient un 

dédommagement, rappelant que l'immeuble abritait des personnes âgées et des 

personnes handicapées. 

 La bailleresse a fait savoir qu'elle ne pouvait pas prendre position mais qu'elle 

sollicitait la liste des pétitionnaires pour examiner leur demande et leur répondre. 

D. L'entreprise D______ a distribué aux locataires de l'immeuble ou placardé dans 
les allées un avis confirmant que les travaux de réparations auraient lieu du 18 

août au 19 septembre 2003 pour les allées ______ et ______, du 25 août au 26 

septembre 2003 pour les allées ______ et ______, avenue ______, précisant que 

l'ascenseur de l'allée serait donc immobilisé durant toute la période pour les 

besoins du chantier. 

- 3/7 - 

 

 

C/24094/03 

 Par pli LSI du 8 août 2003, le locataire a sollicité de sa bailleresse qu'elle prenne 

en charge les frais d'hôtel du 25 août au 26 septembre 2003, faisant valoir qu'il ne 

pourrait plus avoir accès à son appartement, situé au 7
ème

 étage, en raison de son 

âge (93 ans) et de ses problèmes cardiaques. 

 Par pli du 13 août 2003, la bailleresse a invité le locataire à lui communiquer le 

coût de l'hôtel, précisant que la jurisprudence admettait une réduction de loyer de 

20% ce qui équivalait, en l'espèce, à 197 fr. pour un mois et que c'était sur cette 

base qu'elle pourrait négocier sa demande d'indemnisation. 

E. Par pli du 19 août 2003, le locataire a fait savoir à sa bailleresse que le prix moyen 
d'une chambre d'hôtel à Genève se situait entre 150 et 200 fr. par nuit et que pour 

diminuer son dommage, il était disposé à séjourner à ______, en Valais, le prix 

d'un hôtel s'élevant à environ 100 fr. par nuit. 

F. Le 14 août 2003, la régie a adressé à tous les locataires de l'immeuble, dont 
l'appelant, une lettre circulaire faisant référence à la pétition du 25 juin 2003 et 

indiquant que la bailleresse se déterminerait sur les diverses demandes de 

dédommagement à la fin des travaux, et en fonction de l'étage de chaque 

logement. 

G. Par pli du 5 septembre 2003, la bailleresse a informé le locataire qu'elle refusait de 
prendre en charge les vacances qu'il avait passées dans le Haut-Valais durant les 

travaux. Elle rappelait qu'il avait été proposé aux personnes âgées et impotentes le 

nom d'une entreprise qui se mettait à leur disposition pour faire leurs courses trois 

fois par semaine. 

H. Par requête du 8 octobre 2003, déclarée non conciliée le 1er mars 2004 et 
introduite en temps utile devant le Tribunal des baux et loyers, le locataire a 

conclu à ce que sa bailleresse soit condamnée à lui payer 2'852 fr. Il fait valoir que 

le défaut consiste en l'immobilisation de l'ascenseur pendant un mois, ce qui lui a 

causé un dommage, soit les frais d'hôtel, étant précisé qu'il a satisfait à l'obligation 

de réduire le dommage, puisqu'il a accepté de se déplacer en Valais où le prix des 

chambres est moins élevé. Il a produit la facture d'hôtel du 26 août au                  

26 septembre 2003, un certificat médical attestant qu'il ne peut pas monter            

7 étages à pied, qu'il est âgé de 93 ans et qu'il souffre d'une cardiopathie. 

I. Lors de l'audience de comparution personnelle du 14 juin 2004, le locataire a 
déclaré qu'il ne se déplaçait pas beaucoup, qu'il marchait à l'aide d'une canne et 

qu'il vivait seul. Il a précisé qu'il ne souhaitait plus l'aide à domicile dont il avait 

bénéficié suite à une intervention médicale. Il a fait valoir que les quatre 

ascenseurs de l'immeuble avaient été réparés simultanément. 

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C/24094/03 

 Surtout, il a déclaré amplifier sa demande à hauteur de la réduction de loyer de 

30% sur un mois, ce qui a été confirmé par courrier adressé au Tribunal des baux 

et loyers le 23 juin 2004. 

 Pour sa part, la bailleresse a fait valoir que la réparation des quatre ascenseurs 

simultanément était sans incidence, puisqu'il y avait un ascenseur par montée et 

aucun passage entre chaque allée. Chaque ascenseur avait été réparé durant un 

mois, soit trois semaines d'immobilisation totale et une semaine de remise en 

fonction le soir et la nuit. Elle a précisé qu'aucun locataire n'avait demandé l'aide à 

domicile proposée. Elle a ajouté avoir versé une indemnité à l'un des locataires, 

soit la réduction de loyer proposée ainsi que 300 fr. pour l'aide qui avait dû lui être 

apportée. 

J. Le Tribunal a ordonné les plaidoiries sur le siège. Les parties ont persisté dans 
leurs conclusions et renoncé à plaider. L'affaire a été gardée à juger le jour même. 

K. Par jugement du 7 octobre 2004, communiqué aux parties le 11 octobre 2004, le 
Tribunal des baux et loyers a déclaré irrecevables les conclusions en réduction de 

loyer du locataire et débouté ce dernier de ses conclusions en paiement. 

 L'argumentation développée par les parties dans le cadre de l'appel seront reprises, 

si nécessaire dans la partie en droit de l'arrêt. 

EN DROIT 

1. L'appel est recevable pour avoir été déposé dans la forme et dans le délai prescrits 
(art. 443 et 444 LPC). 

 Les dernières conclusions prises en première instance ayant porté sur une valeur 

litigieuse ne dépassant pas 8'000 fr. en capital, le Tribunal a statué en dernier 

ressort (art. 56 P al.1 LOJ). Seul est en conséquence ouvert l'appel extraordinaire 

en violation de la loi (art. 292 LPC), dans le cadre duquel la Cour est liée par les 

faits constatés par le Tribunal, sous réserve de l'arbitraire (art. 292 al.1 lit. d LPC; 

BERTOSSA/GAILLARD/GUYET/SCHMIDT, Commentaire de la loi de 

procédure civile genevoise, n°2 ad art. 445 LPC, n° 6 et ss, ad art. 292 LPC). 

2. La substitution des parties sera ordonnée, l'immeuble ayant été transféré de 
C______ HOLDING à B______, selon publication dans la FAO du  14 mai 2004. 

3. Lorsque le locataire est empêché d'user de la chose conformément au contrat, il 
peut exiger du bailleur une réduction proportionnelle du loyer et des dommages et 

intérêts, selon l'art. 259 a CO. 

- 5/7 - 

 

 

C/24094/03 

 Si en raison du défaut, le locataire a subi un dommage, le bailleur lui doit des 

dommages-intérêts s'il ne prouve qu'aucune faute ne lui est imputable, 

conformément à l'art. 259 e CO. 

 Dans le cas d'espèce, la bailleresse a rempli ses devoirs contractuels et légaux en 

entretenant la chose louée, soit en faisant procéder à la réparation des ascenseurs. 

De plus, rien n'indique que les travaux n'auraient pas été organisés de façon 

efficace, sur la période la plus courte possible et de manière à causer le moins de 

nuisances possibles. A cet égard, l'argument du locataire concernant 

l'immobilisation des quatre ascenseurs en même temps est sans pertinence 

puisqu'il n'y a aucun lien entre les allées. 

 Ainsi, la bailleresse n'a commis aucune faute, de sorte que c'est à juste titre que le 

Tribunal des baux et loyers a rejeté la demande de dommages-intérêts du 

locataire. 

 Par ailleurs et contrairement à ce qu'affirme ce dernier, la bailleresse n'a jamais 

promis de prendre en charge les frais d'hôtel. Bien au contraire, elle a demandé à 

connaître le coût de l'hôtel et immédiatement précisé que la négociation avait pour 

cadre strict la réduction de loyer généralement accordée par la jurisprudence selon 

elle, soit 20%, ce qui équivalait à  197 fr. en l'espèce. 

4. S'agissant de la requête en réduction de loyer, cette dernière a été formulée lors de 
l'audience de comparution personnelle du 14 juin 2004. Le locataire a indiqué 

amplifier sa demande à hauteur d'une réduction de loyer, soit 30% sur un mois. 

 Il a précisé, s'agissant des dommages et intérêts, que le montant réclamé ne 

concernait que l'hébergement et non pas les repas. 

 Ainsi, la formulation de l'amplification de la demande était tout à fait claire. 

 Si le Tribunal des baux et loyers l'estimait utile, il devait accorder au locataire un 

délai pour amplifier, par écrit, sa requête initiale. 

 Cela étant, les exigences de célérité et de simplicité de la procédure devant le 

Tribunal des baux et loyers ont conduit à juste titre ce dernier à ne pas fixer un tel 

délai complémentaire. 

 Partant, c'est à tort que le Tribunal des baux et loyers a jugé la demande de 

réduction de loyer irrecevable, sur la base de l'art. 7 LPC. 

 Par ailleurs, les faits avaient été exposés dans la demande initiale en dommages et 

intérêts. Ceux afférents à la demande de réduction de loyer sont exactement les 

mêmes. Ils ont été complétés par l'audition du demandeur en audience. 

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C/24094/03 

 Compte tenu de ce qui précède, les conclusions seront déclarées recevables et 

examinées sur le fond. 

 A ce sujet, le Tribunal erre lorsqu'il prétend que le locataire n'apporte aucune 

preuve de la réduction de l'usage des locaux. A l'évidence, l'usage des locaux est 

réduite lorsqu'on habite un appartement au 7
ème

 étage et que l'ascenseur est 

inutilisable pendant 3, voire 4 semaines d'affilée, ce d'autant plus si l'on est âgé de 

plus de 90 ans et atteint dans sa santé. 

 La casuistique en matière de réduction de loyer en l'absence d'ascenseur est 

maigre. Le Tribunal avait accordé une réduction de loyer variant selon les étages, 

à raison de 8% pour le 2
ème

 étage, 10%
 
pour les 3

ème
 et 4

ème
 étages, 12% pour le 

5
ème

 étage et 15% pour les 6
ème

 et 7
ème

 étages, à défaut d'ascenseur (jugement de la 

14
ème

 Chambre du 21 décembre 1976). 

 Dans le cas d'espèce, le bailleur a offert une réduction de loyer de 20% durant un 

mois, le locataire réclame une réduction de loyer de 30%. 

 Les réductions de loyer mentionnées ci-dessus sont fixées de façon objective, en 

appréciant le défaut et la diminution de jouissance de l'objet loué pour tout 

locataire, d'âge et d'état de santé moyens et pour lequel le fait de devoir, chaque 

jour, monter tous les étages à pied constitue une gêne, surmontable. 

 Il faut préciser que la diminution de jouissance n'est pas seulement liée à 

l'appartement, mais également aux communs. En particulier, le loyer d'un 

appartement tient compte de l'existence d'un ascenseur, de sorte que son absence 

est, incontestablement, une diminution de jouissance de l'objet loué. 

 Dans le cas d'espèce, le locataire est particulièrement âgé et atteint dans sa santé. 

Il ne fait aucun doute que durant tous les travaux, il lui aurait été totalement 

impossible de quitter son appartement puisqu'il ne pouvait pas, sans être porté, 

remonter 7 étages à pied. 

 Le désagrément est ainsi d'importance, puisqu'il implique que le locataire doit 

rester cloîtré chez lui durant 3 semaines et est limité dans ses déplacements la 

quatrième semaine. 

 Compte tenu de l'ensemble des circonstances, il y a donc lieu de fixer la réduction 

de loyer à 25% durant un mois. 

 En revanche, le locataire ne peut prétendre à aucun autre dédommagement lié à 

l'absence de l'ascenseur, puisque la bailleresse a offert de mettre à disposition une 

entreprise qui pouvait livrer, 3 fois par semaine, les achats des locataires âgés 

et/ou handicapés. 

5. L'intimée, qui succombe, supportera l'émolument d'appel. 

- 7/7 - 

 

 

C/24094/03 

PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté par A______ contre le jugement JTBL/1569/2004 

rendu le 7 octobre 2004 par le Tribunal des baux et loyers dans la cause C/24094/2003-

1-D. 

Préalablement : 

Constate la substitution  des parties, C______ HOLDING devenant B______. 

Au fond : 

Annule ce jugement. 

Déclare recevables les conclusions de A______ en réduction de loyer. 

Fixe la réduction de loyer à 25% du loyer du 25 août au 26 septembre 2003, soit 246 fr. 

Condamne B______, société ______, à verser à A______ la somme de 246 fr. 

Condamne B______, société ______, à verser à l'Etat de Genève un émolument en 200 

fr. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Siégeant : 

Monsieur François CHAIX, président; Mesdames Marguerite JACOT-DES-COMBES 

et Florence KRAUSKOPF, juges; Monsieur Pierre DAUDIN et Madame Sabina 

MASCOTTO, juges assesseurs; Madame Muriel REHFUSS, greffier. 

 

Le président : 

François CHAIX 

 Le greffier : 

Muriel REHFUSS