# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a6faa5ae-86a6-57b8-b7b2-dff362b9c91f
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-04-29
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 29.04.2024 FI.2024.0015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_FI-2024-0015_2024-04-29.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 29 avril 2024 

  
	
  Composition

  	
  Mme Mihaela Amoos Piguet, présidente; M. Guillaume Vianin et M. Alex
  Dépraz, juges; M. Christophe Baeriswyl, greffier. 

  

 

	
  Recourants

  	
  1.

  	
   A.________, à
  ********, 

  	 

	
   

  	
  2.

  	
   B.________, à
  ********, 

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Administration cantonale des impôts,
  à Lausanne,   

  

   

	
  Autorité concernée

  	
   

  	
  Administration fédérale des
  contributions, à Berne.   

  

   

 

	
  Objet

  	
  Impôt cantonal et communal (sauf soustraction)' Impôt
  fédéral direct (sauf soustraction)      

  
	
   

  	
  Recours A.________ et B.________ c/ décision de
  l'Administration cantonale des impôts du 13 décembre 2023 (ICC et IFD;
  période fiscale 2012; frais de garde).

  

 

Vu les faits suivants:

A.                    
A.________, né en 1978, et B.________, née en 1984, se sont mariés le 27
mars 2009. Deux enfants sont issus de leur union: C.________, né en 2006, et D.________,
né en 2009. Les époux se sont séparés fin 2014 et ont divorcé le 3 juin 2022.
En 2012, A.________ travaillait comme chauffeur de personnes à 25% pour le
compte d'une société de service de limousine et B.________ comme assistante de
direction à 100% pour le compte d'une société de conseils financiers. Ils
habitaient à ********.

B.                    
Le 26 septembre 2013, A.________ et B.________ ont déposé leur
déclaration d'impôt pour la période fiscale 2012. Ils ont annoncé comme revenus
leurs salaires annuels nets respectifs, soit 3'027 fr. et 60'080 fr.; ils ont par
ailleurs revendiqué diverses déductions, dont 14'040 fr. à titre de frais de garde;
ils sont parvenus selon leur calcul à un revenu et une fortune imposables nuls
pour l'impôt cantonal et communal (ICC) et à un revenu imposable de 4'800 fr.
pour l'impôt fédéral direct (IFD).

Le 24 mars 2014, l'Office d'impôt du district de
Nyon (ci-après: l'office d'impôt) a adressé aux contribuables une demande de
pièces justificatives. Le 27 mai 2014, en l'absence de réponse, il leur a
envoyé un rappel, qui est également resté sans suite.

Par décision de taxation du 22 juillet 2014,
l'office d'impôt a arrêté les éléments imposables du couple pour la période
fiscale 2012; il a retenu un revenu imposable de 41'600 fr. pour l'ICC, un
revenu imposable de 41'400 fr. pour l'IFD et une fortune imposable de 1'000
fr.; il leur a infligé par ailleurs des amendes pour violation des règles de
procédure. Les corrections portaient notamment sur les frais de garde, dont la
déduction avait été refusée faute d'avoir été documentée.

C.                    
Par lettre du 19 août 2014, A.________ et B.________ ont formé une
réclamation contre cette décision. Ils ont produit les attestations de frais de
garde pour leurs deux enfants, soit 9'090 fr. 70 pour C.________ et 5'914 fr.
50 pour D.________, et ont requis que la décision de taxation soit réexaminée
sur cette base.

Dans sa nouvelle détermination des éléments
imposables du 2 septembre 2014, l'office d'impôt a maintenu sa décision de
taxation du 22 juillet 2024, relevant que la déduction de frais de garde
n'était possible que, si les époux étaient tous deux empêchés d'encadrer leurs
enfants, ce qui n'était pas le cas en l'espèce, compte tenu de l'activité très
accessoire exercée par A.________.

Par lettre du 16 septembre 2014, les contribuables
ont maintenu leur réclamation pour les motifs suivants:

"-     Nous pensons que nous avons commis une erreur lors de la
saisie des informations personnelles quant à l'emploi de Monsieur A.________.
En effet, celui-ci possède un contrat auprès de son employeur dit "A
l'appel", autrement dit, Monsieur A.________ ne sait ni quand, ni à quelle
heure il peut être appelé pour travailler (transfert de personne). [...]

-       
Ce type de contrat ne lui (nous) permet pas de garder les enfants
et de ne pas les mettre dans des UAPE. Madame B.________ travaille à 100% et
ceci faisant, elle ne serait pas en mesure de garder les enfants dans le cas où
Monsieur A.________ serait appelé à venir travailler à Genève."

Les époux ont été entendus le 16 octobre 2014 dans
les locaux de l'office d'impôt. Il leur a été proposé une déduction en proportion
du temps de travail de A.________, ce qu'ils ont refusé. Le dossier a dès lors
été transmis à l'Administration cantonale des impôts (ACI) comme objet de sa
compétence.

Le 18 avril 2023, l'ACI a adressé à A.________ et B.________
à leurs adresses respectives (les intéressés ayant divorcé dans l'intervalle)
une proposition de règlement, confirmant le refus de la déduction des frais de
garde revendiquée.

Malgré un rappel, les contribuables ne se sont pas
déterminés sur cette proposition de règlement.

Invité à produire des justificatifs de ses heures
pour les courses effectuées en 2012, A.________ a répondu qu'il ne disposait
d'aucun document pour cette période.

Par décision sur réclamation du 13 décembre 2023,
notifiée à chacun des ex-époux, l'ACI a confirmé la décision de taxation
d'office du 22 juillet 2014. 

D.                    
Le 24 janvier 2024 (date du cachet postal), A.________, agissant seul, a
contesté cette décision devant la Cour de droit administratif et public du
Tribunal cantonal (CDAP). Il a expliqué qu'il était dans l'incapacité
matérielle de payer la somme réclamée.

Dans sa réponse du 26 mars 2024, l'ACI a conclu au
rejet du recours. L'Administration fédérale des contributions (AFC) n'a pas
procédé.

Bien qu'invité à le faire, A.________ n'a pas déposé
d'écriture complémentaire. 

B.________, qui a été appelée en cause comme partie
recourante, le recours pouvant également déployer des effets sur elle, ne s'est
pas exprimée.

Considérant en droit:

1.                     
Interjeté en temps utile (cf. art. 140 al. 1 de la loi fédérale du 14 décembre
1990 sur l'impôt fédéral direct [LIFD; RS 642.11] et art. 95 de la loi vaudoise
du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative [LPA-VD; BLV 173.36],
applicable par renvoi de l'art. 199 de la loi vaudoise du 4 juillet 2000 sur
les impôts directs cantonaux 

[LI; BLV 642.11]), le recours satisfait par ailleurs aux autres conditions
formelles de recevabilité (cf. en particulier art. 140 al. 2 LIFD et 79 al. 1
LPA-VD, applicable par renvoi de l'art. 99 LPA-VD), de sorte qu'il y a lieu
d'entrer en matière sur le fond.

2.                     
Le litige porte sur le refus d'une déduction de frais de garde.

3.                     
a) En droit fédéral comme en droit cantonal, les frais de garde
d'enfants par des tiers sont déductibles jusqu'à concurrence d'un certain
montant (cf. art. 33 al. 3 LIFD; art. 37 al. 1 let. k LI). En 2012,
la déduction s'élevait à 10'100 fr. au plus par enfant de moins de 14 ans au
niveau fédéral et à 7'100 fr. au niveau cantonal. Elle est conçue comme une
déduction anorganique, même si les frais engendrés peuvent avoir un lien étroit
avec l'obtention du revenu (TF 2A.681/2004 consid. 2; ég. Circulaire no 30
de l'AFC sur l'imposition de la famille, ch. 8.1).

La déduction pour frais de garde est subordonnée à
un certain nombre de conditions. Les frais engendrés doivent notamment avoir un
lien de causalité direct avec l'activité lucrative, la formation ou
l'incapacité de gain du contribuable. Ainsi, il ne suffit pas qu'une personne
exerce une activité professionnelle, poursuive une formation ou se trouve en
incapacité de gain. La déduction pour frais de garde suppose que le
contribuable n'est pas en mesure d'assurer lui-même l'encadrement de ses
enfants et que cet empêchement est le résultat de l'un des trois motifs
précités (cf. Message sur le dégrèvement des familles, FF 2009 4237 ss,
spéc. 4271; ég. Christine Jaques in Noël/Aubry Girardin (éd.),
Commentaire romand, Impôt fédéral direct, 2ème éd., Bâle 2017, N 121
ad 33 LIFD). Les époux faisant ménage commun avec leurs enfants doivent
être empêchés simultanément de les encadrer pour l'un de ces motifs (cf.
Christine Jaques, op. cit., N 121 ad 33 LIFD; ég. Circulaire
sur l'imposition de la famille, ch. 8.4.2). Les parents qui exercent tous deux
une activité lucrative, mais dont l'un travaille à temps partiel, ne peuvent
ainsi déduire que les frais engendrés pendant le temps de travail qui leur est
commun (cf. Christine Jaques, op. cit., N 121 ad 33
LIFD).

En matière fiscale, il appartient au contribuable
d'apporter la preuve des faits qui diminuent sa dette ou la suppriment (cf. ATF 140 II 248 consid.
3.5; ATF 133 II 153 consid. 4.3).
Les art. 33 al. 3 LIFD et 37 al. 1 let. k LI le rappellent en faisant
expressément référence à des frais de garde "documentés". C'est donc
au contribuable faisant valoir des frais de garde qu'il incombe de fournir à l'autorité
fiscale les documents probants permettant de vérifier que toutes les conditions
sont remplies pour la défalcation de ces dépenses (cf. Message sur le
dégrèvement des familles, FF 2009 4237 ss, spéc. 4272; ég. Circulaire sur
l'imposition de la famille, ch. 8.6).

b) En l'espèce, l'autorité intimée a refusé la
déduction des frais de garde revendiquée, au motif qu'il ne pouvait être retenu
que le recourant n'était pas en mesure d'assumer lui-même l'encadrement de ses
enfants, vu l'activité lucrative très accessoire qu'il exerçait à l'époque.

Le recourant ne conteste pas ce raisonnement. Il
soutient même qu'il ignorait que son ex-épouse avait revendiqué la déduction de
frais de garde. Comme seul argument, il affirme qu'il serait dans l'incapacité
de s'acquitter du montant réclamé. Sa situation financière n'a toutefois aucune
incidence sur le droit ou non à une déduction pour frais de garde.

La décision attaquée ne peut dès lors qu'être
confirmée. Le recourant aura la possibilité de s'adresser à l'autorité de
taxation pour lui demander des facilités de paiement, voire la remise (totale
ou partielle) de l'impôt réclamé, une fois celle-ci entrée en force. 

4.                     
Les considérants qui précèdent conduisent au rejet du recours et à la
confirmation de la décision attaquée. Il est renoncé à percevoir des frais de
justice, compte tenu de la situation financière délicate du recourant (cf. art.
50 LPA-VD). L'allocation de dépens n'entre pas en considération (cf. art. 55
al. 1 a contrario LPA-VD).

 

Par ces motifs

 la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

I.                      
Le recours est rejeté.

II.                     
La décision sur réclamation de l'Administration cantonale des impôts du

13 décembre 2023 est confirmée.

III.                   
L'arrêt est rendu sans frais, ni allocation de dépens.

Lausanne, le 29 avril 2024

 

La présidente:                                                                                          Le greffier:

                                                                                                                  

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de
l'avis d'envoi ci-joint.

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa
notification, d'un recours au Tribunal fédéral (Tribunal fédéral suisse, Schweizerhofquai
6, 6004 Lucerne). Le recours en matière de droit public s'exerce aux conditions
des articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS
173.110), le recours constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss
LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,
indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.
Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.
Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,
pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la
décision attaquée.