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**Case Identifier:** 39e65add-eb04-5b8e-9b39-b1f5f3995664
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-12-09
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 09.12.2014 A/3280/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-3280-2011_2014-12-09.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/3280/2011-ICC ATA/973/2014  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 9 décembre 2014 

1
ère

 section 

   dans la cause 

 

ADMINISTRATION FISCALE CANTONALE 

 

contre 

M. A______ B______ 

représenté par la fiduciaire Patrick Tritten, mandataire 

 

_________ 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 

25 juin 2012 (JTAPI/825/2012) 

- 2/14 - 

A/3280/2011 

EN FAIT 

1)  M. A______ B______, né le ______ 1984, est domicilié au chemin de 

C______ ______, à Genève, avec son frère, M. D______ B______, né le ______ 

1986. 

2)  M. A______ B______ a, dans sa déclaration fiscale pour l’année 2008, 
établie le 15 septembre 2009, indiqué détenir 50 % des actions de la société 

E______ SA, anciennement F______ SA, et de la société G______ SA (ci-après : 

G______ SA). 

  Il avait exercé également une activité dépendante auprès de E______ SA. 

En 2008, il avait perçu un salaire brut de CHF 159'000.- et un revenu immobilier 

brut de CHF 27'511.-. Son revenu net imposable était de CHF 120'163.- et sa 

fortune nette de CHF 3'634'314.-. 

3)  M. D______ B______ a, dans sa déclaration fiscale 2008, établie le 

15 septembre 2009, indiqué posséder aussi 50 % des actions des sociétés E______ 

SA et G______ SA. 

  Il n’avait pas exercé d’activité lucrative en 2008. En revanche, il avait 
perçu, comme son frère, un revenu brut immobilier de CHF 27'511.-. Il ne 

disposait d’aucun revenu net imposable et sa fortune nette était de 
CHF 3'265'982.-. 

4)  Par bordereaux du 28 septembre 2009, l’administration fiscale cantonale (ci-
après : AFC) a imposé M. A______ B______ au titre de l’impôt cantonal et 
communal (ci-après : ICC) respectivement à hauteur de CHF 64'695.05 calculé 

sur la base d’un revenu imposable de CHF 87'331.- et d’une fortune imposable de 
CHF 5'182'384.- pour la période fiscale 2006, et à concurrence de CHF 54'618.40 

calculé sur la base d’un revenu imposable de CHF 86'453.- et d’une fortune 
imposable de CHF 4'129'906.- pour l’année 2007. 

5)  Par bordereau du 20 octobre 2010, l’AFC a imposé M. A______ B______ à 
hauteur de CHF 120'500.70 au titre de l’ICC 2008 comprenant un impôt sur le 
revenu de CHF 26'351.80 et un impôt sur la fortune de CHF 93'265.50, calculé sur 

un revenu imposable de CHF 120'190.- à un taux de CHF 120'190.- et une fortune 

nette imposable de CHF 9'760'118.- à un taux de CHF 9'760'118.-. 

  La fortune brute du contribuable se montait à CHF 11'313'673.-. La 

déduction des intérêts sur le fonds de rénovation placé sur le compte « H______» 

à 50 % n’était pas admise au titre d’intérêts échus de capitaux d’épargne. La 
valeur des actions de E______ SA avait été fixée à CHF 76'748.- par action, la 

valeur de celles de G______ SA à CHF 9'278.- par action. 

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6)  Le 1
er

 novembre 2010, le contribuable a élevé réclamation contre le 

bordereau du 20 octobre 2010 concernant l’ICC 2008. 

  L’impôt avait un caractère confiscatoire. Par ses revenus ordinaires, il ne 
pouvait pas assumer le paiement de ses impôts. Il devait contracter un crédit 

auprès de son employeur et était obligé de s’endetter continuellement, diminuant 
ainsi son patrimoine. L’évaluation de ses sociétés par capitalisation des bénéfices 
nets ne correspondait pas à la réalité économique, même si E______ SA et 

G______ SA avaient connu de bons résultats depuis quelques années. Il ne 

pouvait pas organiser son salaire en fonction de leur développement ni s’octroyer 
un dividende, sous peine d’appauvrir leurs besoins en liquidités. Sa principale 
fortune était ainsi virtuelle et n’avait pas de rendement. Le fonds de rénovation 
placé sur le compte « H______» était un compte bloqué et constitué de façon 

obligatoire. Sa charge fiscale devait être plafonnée à 60 % de son revenu. 

7)  Par bordereau du 4 avril 2011, l’AFC a imposé M. D______ B______ à 
hauteur de CHF 92'494.75 au titre de l’ICC 2008, calculé sur un revenu imposable 
de CHF 0.- et une fortune nette imposable de CHF 9'607'655.- à un taux de 

CHF 9'607'655.-. 

  Sa fortune brute se montait à CHF 11'300'640.-. La valeur des actions de 

E______ SA avait été fixée à CHF 76'748.- par action, la valeur de celles de 

G______ SA à CHF 9'278.- par action. 

8)  Par décision sur réclamation du 22 septembre 2011, l’AFC a maintenu 
l’ICC 2008 de M. A______ B______. 

  L’impôt n’était pas confiscatoire. Il ne portait pas une atteinte intense au 
patrimoine du contribuable ni de manière durable ni de façon excessive. E______ 

SA et G______ SA étaient estimées à leur valeur substantielle simple. Aucune 

valeur de rendement n’avait été prise en considération concernant leur 
valorisation. L’essentiel de cette valeur reposait sur des bénéfices reportés et sur 
les réserves latentes sur les participations et les immeubles. 

  L’intéressé avait renoncé librement à un revenu en raison de rapports 
familiaux et en vue de réaliser ultérieurement un revenu plus important, la charge 

fiscale excessive liée aux impôts sur le revenu et la fortune pouvait lui être 

imputée. La garantie de la propriété n’était pas violée. Pour la période fiscale 
2008, les fonds librement distribuables de E______ SA étaient de 

CHF 9'443'500.-. M. A______ B______ avait envers cette société deux dettes de 

CHF 867'363.- et de CHF 71'185.- ayant occasionné le paiement d’intérêts 
respectivement de CHF 19'942.- et de CHF 1'080.-. 

  Le rendement brut de la fortune privée était de CHF 27'162.- et après 

déductions, le rendement net était négatif à hauteur de moins CHF 22'637.-. Ses 

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autres revenus étaient de CHF 142'827.-. En lui appliquant le système du bouclier 

fiscal, le rendement net minimal de 1 % de sa fortune était de CHF 97'602.- 

portant son revenu net imposable à CHF 240'429.- En limitant sa charge fiscale 

maximale à 60 % de son revenu net imposable, il devait un montant de 

CHF 144'257.40 au titre de l’ICC 2008. 

9) a. Par acte expédié le 4 octobre 2011, M. A______ B______ a recouru contre 

cette décision auprès du Tribunal administratif de première instance (ci-après : 

TAPI) concluant à ce que les dispositions sur le « bouclier fiscal » lui soient 

appliquées. 

  Le revenu de son travail et le rendement de sa fortune ne suffisaient pas au 

paiement de l’ICC 2008, sans occasionner une diminution de sa fortune. Cet 
appauvrissement se présentait sous forme d’une baisse de sa fortune mobilière et 
d’une augmentation de ses dettes. Il perdurait depuis quatre ans. Associé avec son 
frère dans les affaires immobilières, il ne pouvait pas disposer librement de ses 

gains en capitaux. Ses sociétés ayant besoin de trésorerie ne pouvaient pas 

distribuer des dividendes. 

 b. Le 15 février 2011, l’AFC a conclu au rejet du recours. 

  L’imposition du contribuable ne violait pas le principe de sa capacité 
contributive ni la garantie de la propriété, même si la charge fiscale devait 

dépasser sa capacité économique pour la période fiscale 2008. L’application des 
dispositions sur le bouclier fiscal aboutissait à une augmentation de l’ICC 2008, le 
portant à un total de CHF 144'257.40 au lieu de CHF 120'500.70. 

 c. Le 5 mars 2012, sur demande du TAPI, l’AFC a produit les bordereaux 
susmentionnés portant sur les périodes fiscales 2006 et 2007. Les années 2009 et 

2010 n’avaient pas encore été taxées. 

 d. Le 12 mars 2012, M. A______ B______ a persisté dans les termes et les 

conclusions de son recours. 

  E______ SA, considérée comme son actif principal, était la cause de l’impôt 
confiscatoire. Celle-ci ne lui procurait aucun revenu. Il devait soit vendre sa 

participation, soit s’endetter pour financer ses impôts. Ses revenus nets, sans la 
valeur locative pour 2008, étaient négatifs à hauteur de moins CHF 24'060.-, de 

moins CHF 100'448.- pour 2009 et de moins CHF 63'126.- pour 2010. Sa fortune 

nette était de CHF 9'812'118.- pour 2008, de CHF 18'140'869.- pour 2009 et de 

CHF 17'233'324.- pour 2010. 

 e. Le 28 mars 2012, l’AFC a réitéré ses observations antérieures. 

 f. Le 25 juin 2012, le TAPI a admis le recours de M. A______ B______ et 

renvoyé le dossier à l’AFC pour nouvelle taxation. 

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  Le bouclier fiscal ne s’appliquait pas pour l’imposition 2008, en vertu du 
principe de la non-rétroactivité, cette disposition étant entrée en vigueur le 

1
er

 janvier 2011. Il convenait néanmoins de s’inspirer de cette norme pour fixer le 
maximum de l’impôt à 60 % du revenu net imposable, sans prendre en 
considération le 1% de rendement net de la fortune. 

  L’impôt constituait 74,08 % du revenu imposable pour 2006, 63,18 % pour 
2007 et 100,26 % pour l’année 2008. Il portait une atteinte considérable au 
patrimoine du concerné, le montant dû excédant le revenu net dont il disposait. 

Celui-ci devait utiliser sa fortune pour subvenir à son entretien courant. Cette 

atteinte s’inscrivait dans la durée, la limite de 60 % mentionnée par la 
jurisprudence étant dépassée depuis 2006. L’ICC 2008 revêtait un caractère 
confiscatoire et devait être réduit à 60 % du revenu net imposable. 

10) a. Par bordereau rectificatif du 29 juin 2012, l’AFC a imposé M. D______ 
B______ à hauteur de CHF 58'414.95 au titre de l’ICC 2008, calculé sur un 
revenu imposable de CHF 0.- et une fortune nette imposable de CHF 6'226'715.- à 

un taux de CHF 6'226'715.-. 

  En appliquant à sa situation le système du bouclier fiscal, son imposition 

était confiscatoire. Un dégrèvement de moins CHF 34'079.80 et une réduction 

sociale sur la fortune de moins CHF 3'380'940.- lui étaient dès lors reconnus. 

 b. Par courrier du 6 juillet 2012, l’intéressé a retiré son recours du 
6 septembre 2011 enregistré sous le numéro de cause A/2737/2011 pendant par-

devant le TAPI. 

 c. Par jugement du 9 juillet 2012, le TAPI a rayé du rôle la 

cause A/2737/2011. 

11)  Par acte expédié le 25 juillet 2012, l’AFC a recouru contre le jugement du 
TAPI du 25 juin 2012 auprès de la chambre administrative de la Cour de justice 

(ci-après : la chambre administrative) concluant à son annulation et à la 

confirmation de sa décision sur réclamation du 22 septembre 2011 concernant 

l’ICC 2008 de M. A______ B______. 

  Le TAPI avait ramené l’imposition à 60 % du revenu net imposable, mais 
n’avait pas arrêté le rendement net de la fortune à au moins 1 % de la fortune nette 
de M. A______ B______. Appliquer le correctif du bouclier fiscal aboutissait à un 

ICC 2008 de CHF 144'257.40 au lieu de CHF 120'500.70, compte tenu d’un 
rendement minimum de 1 % sur sa fortune nette de CHF 9'760'118.-, soit 

CHF 97'602.-. 

  E______ SA et G______ SA détenues à 50% par le contribuable n’étaient 
pas à leur début d’activité. La première était inscrite au registre du commerce 
depuis le 18 juillet 1997 et la deuxième depuis le 20 octobre 1989. Elles avaient 

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été estimées à leur valeur substantielle simple, laquelle reposait essentiellement 

sur les bénéfices reportés et sur les réserves latentes sur les participations et les 

immeubles. L’estimation retenue correspondait à la réalité économique. 

  En 2008, pour sa seule participation dans E______ SA, l’intéressé disposait 
au minimum d’un montant de CHF 9'443'500.- de réserves librement 
distribuables. L’ICC 2008 ne représentait que 1,27 % des dividendes susceptibles 
d’être reçus. Dès lors, l’impôt était couvert par les dividendes et ne pouvait pas 
être considéré comme confiscatoire. Le contribuable avait en outre d’autres 
participations  considérées comme des actifs susceptibles de donner lieu à une 

distribution de dividendes. En refusant de se verser des dividendes des sociétés 

dans lesquelles il avait une part de 50 %, il créait lui-même artificiellement une 

situation dans laquelle l’impôt pouvait devenir confiscatoire. Il s’obligeait 
également à créer des dettes envers ses sociétés afin de ne pas devoir payer ses 

impôts. 

12)  Le 2 août 2012, le TAPI a transmis son dossier sans formuler 

d’observations. 

13)  Le 15 octobre 2012, M. A______ B______ a conclu au rejet du recours. 

  La situation de son frère, autre actionnaire de E______ SA et G______ SA, 

était identique à la sienne, mais l’AFC avait décidé d’appliquer à celui-ci la 
solution retenue par le TAPI dans son jugement du 25 juin 2012, en contrepartie 

d’un retrait de son recours. 

  Les liquidités de E______ SA et G______ SA avaient été réinvesties 

conformément à leur but et il ne restait pas aux deux sociétés de disponibilités 

pour verser un éventuel dividende. 

14)  Par courrier du 16 octobre 2012, le juge délégué a accordé aux parties un 

délai au 31 octobre 2012 pour formuler toute requête complémentaire. 

15)  Le 29 octobre 2012, l’AFC a persisté dans les termes et les conclusions de 
son recours. 

16)  Ensuite de quoi, la cause a été gardée à juger.  

17)  Par arrêt du 3 septembre 2013 (ATA/584/2013), la chambre administrative a 

admis le recours de l’AFC. 

  La fortune de M. A______ B______ avait un rendement négatif lié 

notamment à l’absence de dividendes versés par E______ SA et G______ SA, 
sociétés bénéficiaires, dont il était actionnaire à hauteur de 50 % avec son frère. Il 

avait des dettes envers les sociétés qui l’obligeaient à verser des intérêts diminuant 
d’autant ses propres revenus. En raison de cette organisation, même si la charge 

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fiscale dépassait son revenu pour une certaine période, elle ne pouvait pas être 

qualifiée de confiscatoire. 

18)  Par acte expédié le 11 octobre 2013, M. A______ B______ a recouru contre 

cet arrêt auprès du Tribunal fédéral concluant à son annulation et à la confirmation 

du jugement du TAPI du 25 juin 2012. 

  La chambre administrative avait commis un déni de justice et avait violé le 

principe de l’égalité de traitement et l’interdiction d’une imposition confiscatoire, 
en ne se prononçant pas sur la situation fiscale de son frère qui, selon lui, était 

identique. 

19)  Par arrêt du 27 mars 2014 (2C_943/2013), le Tribunal fédéral a admis le 

recours, a annulé l’arrêt de la chambre administrative et a renvoyé à celle-ci la 
cause pour une nouvelle décision dans le sens des considérants. 

  Le droit d’être entendu du contribuable avait été violé dès lors qu’elle ne 
s’était pas prononcée sur la question de l’égalité de traitement en lien avec son 
frère qui, selon lui, se trouvait dans la même situation économique. 

20)  Faisant suite à l’arrêt du Tribunal fédéral, la chambre de céans a, par 
courrier du 5 mai 2014, accordé à M. A______ B______ un délai au 20 mai 2014 

pour compléter ses écritures sur la question de l’égalité de traitement. 

21)  Le 4 juin 2014, l’intéressé a conclu à la rectification de sa taxation 2008 et 
de toutes les autres impositions qui ont suivi de 2009 à 2012. 

  Il avait débuté son activité lucrative cinq ans avant son frère, celui-ci ayant 

commencé à travailler en 2009. Les deux frères avaient repris la société F______ 

SA et, de par leur association, avaient modifié sa raison sociale en E______ SA. 

Leur rémunération n’était pas identique en raison de la différence de leur âge et du 
début de leur activité dépendante au sein de E______ SA. Leurs dettes auprès de 

leurs sociétés étaient quasiment identiques dans leurs quotités et leur évolution. Ils 

avaient obtenu des arrangements de paiement avec l’AFC pour leurs arriérés 
d’impôts. Ils avaient décidé d’acheter deux appartements acquis à raison de 50 % 
chacun en 2010 afin de compléter leurs avoirs de prévoyance professionnelle. 

Leur charge fiscale était également identique à quelques milliers de francs près. 

  Les revenus de l’activité dépendante des deux frères étaient en dessus (sic) 
de la moyenne, aussi avaient-ils cherché à obtenir des revenus supplémentaires en 

investissant dans l’achat des appartements loués. Leurs sociétés ne pouvaient pas 
s’appauvrir afin de permettre une distribution de dividendes ou de se conformer à 
des règles fiscales. Elles n’avaient pas de liquidités suffisantes et réinvestissaient 
sans cesse dans de nouveaux objets immobiliers. Il ne s’agissait pas de sociétés 
« tirelire ». Il ne pouvait leur être reproché d’utiliser des artifices fiscaux afin 

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d’économiser des impôts. Il n’était pas conforme à un État de droit de prélever des 
impôts non représentatifs des revenus acquis. 

  Le bouclier fiscal permettait de corriger la distorsion entre l’impôt et la 
réalité économique. Les impôts réclamés n’étaient pas proportionnels à sa capacité 
économique. Le calcul forfaitaire de 1 % de la fortune commerciale était 

inapplicable à son cas et à celui de son frère. 

  Pour le surplus, il a repris ses arguments antérieurs. 

22)  Le 13 juin 2014, la chambre de céans a transmis à l’AFC cette détermination 
sur la question de l’égalité de traitement et lui a accordé un délai au 
11 juillet 2014 pour formuler ses observations. 

23)  Le 11 août 2014, l’AFC a maintenu ses écritures antérieures, a produit sous 
secret fiscal la déclaration fiscale de M. D______ B______ pour l’année 2008 et a 
persisté dans les termes et les conclusions de son recours. 

  En 2008, les deux frères étaient débiteurs de E______ SA pour un montant 

identique de CHF 19'942.- chacun et pour une deuxième dette dont le montant dû 

par M. A______ B______ était inférieur à celui dû par son frère. Ils étaient 

copropriétaires d’un bien immobilier sis au chemin de C______ ______, à 
Genève, pour une moitié chacun depuis le 1

er
 octobre 2007. Leurs intérêts et 

dettes hypothécaires étaient identiques. En 2008, M. A______ B______ avait 

exercé une activité lucrative lui ayant procuré un revenu brut de CHF 159'000.- 

pour un revenu net imposable de CHF 120'190.-. Son frère était étudiant, n’avait 
exercé en 2008 aucune activité rémunérée et n’avait aucun revenu imposable pour 
cette période fiscale. 

  Les situations entre les deux frères n’étaient donc pas semblables. 

  L’AFC avait analysé ces situations en appliquant de façon anticipée le 
système du bouclier fiscal. Une limite fixe de taxation de 60 % avait été retenue 

dans les deux cas et un rendement net de fortune fixé au maximum à 1 % de la 

fortune nette. Ce mécanisme correctif permettait de déterminer un montant de 

charge fiscale maximale visant à mettre en œuvre le principe constitutionnel de 
l’interdiction de l’imposition confiscatoire, tout en permettant d’éviter les abus, 
notamment en présence de contribuables qui s’arrangeaient pour ne percevoir 
aucun revenu. La disposition sur le bouclier fiscal n’était pas directement 
applicable, mais son contenu pouvait être utilisé dans la mesure où une telle 

solution permettait de respecter le principe de la proportionnalité, tout en restant 

en-deçà du seuil posé par la jurisprudence fédérale pour reconnaître le caractère 

confiscatoire de l’impôt. 

  L’application du mécanisme du bouclier fiscal à M. D______ B______, qui 
n’avait aucun revenu imposable en 2008, avait pour effet un dégrèvement d’impôt 

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sur la fortune puisque les impôts globaux dépassaient le 1 % du rendement net de 

sa fortune après les déductions usuelles. Il y avait dans ce cas une imposition 

confiscatoire. Elle avait corrigé l’ICC 2008 de ce contribuable et lui avait dès lors 
proposé le retrait de son recours en lui transmettant le bordereau rectificatif du 29 

juin 2012. 

  En revanche, M. A______ B______ disposait, en 2008, d’un revenu net 
imposable de CHF 120'190.-. L’application du système du bouclier fiscal 
aboutissait à une augmentation de son ICC 2008. Son imposition n’étant pas 
confiscatoire, aucune rectification n’avait été effectuée. 

  Ainsi, l’application du système du bouclier fiscal aux situations 
économiques des deux frères aboutissait à un impôt confiscatoire dans le cas de 

M. D______ B______, mais pas dans celui de M. A______ B______. Leur 

situation était donc différente et justifiait un traitement différent. Dans les faits, 

elle était liée au revenu salarial du dernier nommé en 2008, à la différence de son 

frère qui n’en avait pas. 

  Pour le surplus, l’AFC a repris ses arguments antérieurs. 

24)  Le 12 août 2014, le juge délégué a transmis à M. A______ B______ la 

détermination de l’AFC et lui a accordé un délai au 12 septembre 2014 pour 
formuler toute requête complémentaire et l’a informé que, passé ce délai, la cause 
serait gardée à juger. 

25)  Le 14 octobre 2014, l’intéressé a persisté dans les termes de ses précédentes 
écritures. 

  Il n’y avait pas de différences significatives dans sa déclaration fiscale et 
celle de son frère. La seule spécificité qui apparaissait était liée au début de 

l’activité lucrative de son frère. Celui-ci était étudiant en 2008 et n’avait pu 
commencer une activité lucrative qu’en 2009. L’application du système du 
bouclier fiscal rendait marginale l’importance des revenus ordinaires imposables, 
les montants d’impôt sur la fortune étant prépondérants. 

  Pour le surplus, il a repris ses arguments antérieurs. 

26)  Le 17 octobre 2014, le juge délégué a communiqué à l’AFC la 
détermination précitée, ensuite de quoi, la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 

recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - 

LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 

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12 septembre 1985 - LPA - E 5 10 ; art. 7 al. 2 de la loi de procédure fiscale du 

4 octobre 2001 - LPFisc - D 3 17). 

2)  L’objet du présent litige porte sur l’ICC 2008. 

  Par ailleurs, la seule question à examiner suite à l’arrêt de renvoi du 
Tribunal fédéral est celle de la conformité de la taxation litigieuse à l’égalité de 
traitement entre M. A______ B______ et son frère lors de leur imposition 

respective durant la période fiscale en cause. 

3) a. En vertu de l’art. 8 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 
18 avril 1999 (Cst. - RS 101), tous les êtres humains sont égaux devant la loi. En 

matière fiscale, le principe de l’égalité de traitement est repris à  
l’art. 127 al. 2 Cst. qui dispose que dans la mesure où la nature de l'impôt le 
permet, les principes de l'universalité, de l'égalité de traitement et de la capacité 

économique doivent, en particulier, être respectés. 

 b. Une décision ou un arrêté viole le principe de l’égalité de traitement garanti 
par l’art. 8 Cst. lorsqu’il établit des distinctions juridiques qui ne se justifient par 
aucun motif raisonnable au regard de la situation de fait à réglementer ou lorsqu’il 
omet de faire des distinctions qui s’imposent au vu des circonstances, c’est-à-dire 
lorsque ce qui est semblable n’est pas traité de manière identique et lorsque ce qui 
est dissemblable ne l’est pas de manière différente (ATF 138 V 176 consid. 8.2 
p. 183 ; 134 I 23 consid. 9.1 p. 42 ; 131 I 1 consid. 4.2 p. 6). Cela suppose que le 

traitement différent ou semblable injustifié se rapporte à une situation de fait 

importante (ATF 138 I 225 consid. 3.6.1 p. 229 ; 138 I 265 consid. 4.1 p. 267 ; 

137 V 334 consid. 6.2.1 p. 348 ; arrêt du Tribunal fédéral 8C_582/2013 du 

2 mai 2014 consid. 6.2.1). L'inégalité de traitement apparaît ainsi comme une 

forme particulière d'arbitraire, consistant à traiter de manière inégale ce qui 

devrait l'être de manière semblable ou inversement (ATF 129 I 346 consid. 6 

p. 357 ; arrêts du Tribunal fédéral 1F_2/2014 du 3 juillet 2014 consid. 1.3.1 et 

2C_200/2011 du 14 novembre 2011 consid. 5.1). 

 c. Les contribuables qui sont dans la même situation économique doivent 

supporter une charge fiscale semblable ; lorsqu’ils sont dans des situations de fait 
différentes qui ont des effets sur leur capacité économique, leur charge fiscale doit 

en tenir compte et y être adaptée. Ainsi, d’après le principe de la proportionnalité 
de la charge fiscale à la capacité contributive (ATA/881/2014 du 

11 novembre 2014 ; ATA/270/2014 du 15 avril 2014), chaque citoyen doit 

contribuer à la couverture des dépenses publiques compte tenu de sa situation 

personnelle et en proportion de ses moyens (ATF 140 II 157 consid. 7.1 p. 160). 

4)  En l’espèce, il ressort des déclarations fiscales respectives des deux frères 
B______ que chacun d’eux détient 50 % des actions des sociétés E______ SA et 
G______ SA et est propriétaire pour une moitié de leurs appartements loués. 

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Leurs dettes et les intérêts qu’ils payent sont quasiment identiques. Par ailleurs, ils 
ne perçoivent pas de dividendes de leurs sociétés. Leurs fortunes nettes 

imposables sont également proches, soit CHF 9'760'118.- pour M. A______ 

B______ et CHF 9'607'655.- pour son frère. 

  En revanche, leurs situations économiques présentent une différence 

importante quant aux revenus réalisés durant la période fiscale litigieuse. Ils ont 

certes, tous les deux, perçus un revenu immobilier identique de CHF 27'511.-, 

mais M. D______ B______ était, en 2008, étudiant et n’exerçait pas d’activité 
lucrative lui procurant un salaire. Par contre, son frère avait une activité 

dépendante auprès de E______ SA qui lui a permis de gagner un salaire brut de 

CHF 159'000.- pour un revenu net imposable de CHF 120'190.-. 

  En appliquant le correctif du « bouclier fiscal », qui prévoit que pour 

calculer la charge fiscale maximale de 60 % sur le revenu net imposable, un 

rendement net d’au moins 1 % sur la fortune nette imposable doit être pris en 
compte, à leurs situations économiques respectives, la différence entre leurs 

revenus nets imposables s’avère déterminante pour fixer l’ICC 2008 de chacun 
d’eux. 

  Pour l’intimé, en prenant en considération un rendement net de 1 % sur sa 
fortune nette imposable de CHF 9'760'118.-, soit CHF 97'602.-, son revenu net 

imposable est porté à CHF 240'419.-, ses autres revenus imposables, en 2008, 

étant de CHF 142'827.-, d’après les indications qu’il a fournies à l’AFC dans sa 
déclaration fiscale et retenues comme pertinentes par celle-ci. L’ICC de l’intimé 
sur son revenu et sa fortune représentant 60 % de son revenu net imposable en 

2008 est, dans ce cas de figure, de CHF 144'257.40. Il n’est pas confiscatoire et ne 
viole pas la garantie de propriété. La taxation de CHF 120'500.70 que l’intimé 
conteste reste inférieure à ce montant qui résulte des règles du bouclier fiscal, 

étant précisé que celui-ci ne peut pas exiger, comme il le revendique dans ses 

écritures, l’application partielle de ce correctif fiscal en demandant que son ICC 
soit ramené à 60 % de son revenu net imposable sans tenir compte du seuil de 1 % 

de rendement net de sa fortune privée. Par ailleurs, l’AFC n’a pas modifié 
l’ICC 2008 en défaveur de l’intimé, alors que l’art. 43 al. 1 LPFisc lui en donne la 
prérogative, moyennant le respect du droit d’être entendu de celui-ci. 

  En appliquant les mêmes règles du bouclier fiscal à la situation de 

M. D______ B______, son ICC 2008 s’avère confiscatoire. Son revenu net 
imposable équivaut au rendement net de 1 % de sa fortune nette de 

CHF 9'607'655.-, soit CHF 92'494.75 après les déductions usuelles. Pour respecter 

le principe de l’interdiction d’une imposition confiscatoire, son ICC doit être 
ramené à la charge fiscale maximale admissible de 60 % de ce rendement net de 

sa fortune nette imposable, soit CHF 58'414.95. 

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  Le salaire de CHF 159'000.- perçu de E______ SA par l’intimé en 2008 
rend ainsi les situations économiques des deux frères B______ différentes. 

L’intimé reconnaît du reste dans ses écritures que sa situation économique 
présente des différences avec celle de son frère. En conséquence de quoi, 

M. D______ B______ ne peut pas supporter une charge fiscale semblable à celle 

de son frère, sa capacité contributive étant différente. 

  Le grief tiré de la violation du principe de l’égalité de traitement sera ainsi 
écarté. 

5)  Au demeurant, la fortune de l’intimé a certes un rendement négatif de moins 
CHF 22'637.-, mais celui-ci est lié à l’absence de dividendes versés par E______ 
SA et G______ SA, dont il est actionnaire à hauteur de 50 %. En outre, il a des 

dettes envers ces sociétés qui l’obligent à verser des intérêts, diminuant d’autant 
ses propres revenus. C’est une organisation qu’il a librement voulue. Ainsi, même 
si la charge fiscale dépasse son revenu pour l’année 2008, elle ne peut être 
qualifiée de confiscatoire, dans la mesure où l’intimé a renoncé volontairement, en 
raison de l’attente d’un gain futur supérieur au revenu de la fortune, au versement 
de dividendes distribuables en réserves de CHF 9'443'500.- de E______ SA, dont 

l’ICC 2008 de CHF 120'500.70 ne représente que le 1,27 %. 

6)  Ce qui précède conduit à l’admission du recours de l’AFC. 

  Partant, le jugement du TAPI sera annulé, le bordereau de taxation 

ICC 2008 du 20 octobre 2010 et la décision sur réclamation de l’AFC du 
22 septembre 2011 rétablis. 

7)  Vu l’issue du litige, un émolument de CHF 1’500.- sera mis à la charge de 
l’intimé (art. 87 al. 1 LPA). Aucune indemnité de procédure ne lui sera allouée 
(art. 87 al. 2 LPA). 

 

 

* * * * * 

  

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PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 25 juillet 2012 par l’administration fiscale 
cantonale contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 

25 juin 2012 ; 

au fond : 

l’admet ; 

annule le jugement du Tribunal administratif de première instance du 25 juin 2012 ; 

rétablit la décision sur réclamation de l’administration fiscale cantonale du 
22 septembre 2011 et le bordereau du 20 octobre 2010 pour l’ICC 2008 ;  

met à la charge de M. A______ B______ un émolument de CHF 1'500.- ; 

dit qu’il n’est pas alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 

2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 

suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 

de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 

de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 

au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 

conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à l’administration fiscale cantonale, à la fiduciaire Patrick 
Tritten, mandataire de M. A______ B______, ainsi qu'au Tribunal administratif de 

première instance. 

Siégeants : M. Thélin, président, Mme Payot Zen-Ruffinen, M. Pagan, juges. 

 

 

http://intrapj/perl/JmpLex/RS%20173.110

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Au nom de la chambre administrative : 

le greffier-juriste : 

 

 

F. Scheffre 

 le président siégeant : 

 

 

Ph. Thélin 

 

 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  

 

 

 

 

 

 la greffière :