# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 08b9e95a-9079-5777-be69-1a9b5a0b9036
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2015-03-17
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 17.03.2015 D-802/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-802-2015_2015-03-17.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour IV 

D-802/2015 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  1 7  m a r s  2 0 1 5  

Composition 
 Claudia Cotting-Schalch, juge unique,  

avec l'approbation de Jean-Pierre Monnet, juge ; 

Thomas Thentz, greffier. 

   

Parties 
 A._______, née (…), 

Erythrée,   

représentée par (…), 

recourante,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM;  

anciennement Office fédéral des migrations, ODM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Demande d'asile présentée à l'étranger et autorisation 

d'entrée;  

décision du SEM du 14 janvier 2015 / N (…). 

 

 

 

D-802/2015 

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Vu 

la décision du 11 décembre 2009, par laquelle l'ODM (actuellement : 

Secrétariat d'Etat aux migrations, ci-après : SEM) a reconnu la qualité de 

réfugié à B._______ – le fils de A._______ – et lui a octroyé l'asile,  

la demande d'asile basée sur l'art. 20 LAsi dans son ancienne teneur  

(RO 2012 5359), déposée par A._______ auprès du SEM  

le 27 septembre 2012, par l'entremise de son mandataire,  

le courrier du 4 décembre 2012, par lequel le SEM, soulignant qu'une 

audition de la requérante par la représentation suisse à Khartoum n'était 

pas possible (cf. ancien art. 10 al. 1 de l'ordonnance 1 du 11 août 1999 sur 

l'asile relative à la procédure, OA 1, RO 2013 3065), a engagé une 

procédure écrite et requis de l'intéressée qu'elle réponde à un certain 

nombre de questions, afin de clarifier sa situation personnelle et présenter 

ses motifs d'asile,  

l'écrit du 18 septembre 2014 par lequel le Secrétariat d'Etat, considérant 

que la réponse de A._______ datée du 15 mars 2013 était lacunaire, l'a 

invitée à compléter celle-ci,  

le courrier du 19 novembre 2014 impartissant un délai à l'intéressée afin 

qu'elle produise une version traduite dans l'une des langues officielles de 

sa réponse du 20 octobre 2014,  

la réponse de A._______, transmise en français le  

12 décembre 2014, dans laquelle elle a pour l'essentiel fait valoir que vivant 

seule en Erythrée, elle aurait accompagné sa sœur au Soudan à une date 

inconnue, afin d'assister au mariage de l'un de ses neveux ; que n'ayant 

pas de revenu et ledit neveu ne pouvant pas subvenir à ses besoins, elle 

serait retournée en Erythrée ; qu'à son arrivée, les autorités erythréennes 

auraient exigé d'elle le paiement de la somme  

de 50'000 nafkas, en raison de la sortie illégale du pays de son fils et de 

ses petits-enfants ; que ne pouvant pas payer cette somme, l'intéressée 

serait retournée au Soudan, où elle demeurerait depuis lors ; qu'elle ne 

serait pas enregistrée auprès du HCR et souhaiterait rejoindre la Suisse 

afin d'y vivre avec son fils et ses petits-enfants,  

la décision du 14 janvier 2015, notifiée le 16 janvier suivant, par laquelle le 

SEM a refusé d'autoriser la requérante à entrer en Suisse et rejeté sa 

demande d'asile,  

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le recours interjeté auprès du Tribunal administratif fédéral (ci-après : le 

Tribunal) le 7 février 2015 (date du sceau postal) par A._______, concluant 

préalablement à ce qu'il ne soit pas perçu d'avance sur les frais de 

procédure et principalement à l'annulation de la décision précitée et à 

l'octroi d'une autorisation d'entrer en Suisse,  

 

et considérant 

qu'en vertu de l'art. 31 LTAF, le Tribunal connaît des recours contre les 

décisions au sens de l'art. 5 PA, prises par les autorités mentionnées à 

l'art. 33 LTAF, 

qu'en particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile 

peuvent être contestées, par renvoi de l'art. 105 LAsi, devant le Tribunal, 

lequel statue alors définitivement, sauf demande d'extradition déposée par 

l'Etat dont le requérant cherche à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 LTF), 

exception non réalisée en l'espèce, 

que le Tribunal est donc compétent pour connaître du présent recours,  

que l'intéressée a qualité pour recourir,  

que présenté dans la forme (art. 52 al. 1 PA) et le délai (art. 105 et  

108 al. 1 LAsi et art. 21 al. 1 PA) prescrits par la loi, le recours est 

recevable, 

que la loi fédérale du 28 septembre 2012 portant modifications urgentes 

de la loi sur l'asile (RO 2012 5359), entrée en vigueur le  

29 septembre 2012, avec effet jusqu'au 28 septembre 2015, a supprimé la 

possibilité de déposer une demande d'asile auprès d'une représentation 

suisse 

qu'elle a prévu, à titre de disposition transitoire, que les demandes d'asile 

déposées à l'étranger avant son entrée en vigueur restent soumises aux 

art. 12, 19, 20, 41 al. 2, 52 et 68 LAsi dans leur ancienne teneur, 

que la présente demande d'asile, déposée le 27 septembre 2012, doit ainsi 

être examinée au regard de ces dispositions, 

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que lorsqu'un requérant dépose une demande d'asile auprès d'une 

représentation suisse à l'étranger (art. 19 al. 1 LAsi dans son ancienne 

teneur), celle-ci transmet la demande accompagnée d'un rapport au SEM 

(ancien art. 20 al. 1 LAsi),  

qu'afin d'établir les faits, l'office fédéral (désormais : Secrétariat d'Etat aux 

migrations) autorise le requérant à entrer en Suisse si celui-ci ne peut 

raisonnablement être astreint à rester dans son Etat de domicile ou de 

séjour ou à se rendre dans un autre Etat (ancien art. 20 al. 2 LAsi), 

que le Département fédéral de justice et police peut habiliter les 

représentations suisses à accorder l'autorisation d'entrée en Suisse aux 

requérants qui rendent vraisemblable que leur vie, leur intégrité corporelle 

ou leur liberté sont exposées à une menace imminente pour l'un des motifs 

mentionnés à l'art. 3 al. 1 LAsi (ancien art. 20 al. 3 LAsi),  

que selon l'art. 10 al. 1 de l'OA1 dans son ancienne teneur, la 

représentation suisse à l'étranger procède, en règle générale, à l'audition 

du requérant d'asile ; que si cela n'est pas possible, ladite représentation 

invite le requérant d'asile à lui exposer ses motifs d'asile par écrit (ancien 

art. 10 OA1),  

qu'en l'occurrence, la représentation suisse à Khartoum n'a pas été en 

mesure de procéder à l'audition de la recourante en raison de son manque 

d'effectif et faute de conditions adéquates sur le plan sécuritaire,  

qu'ainsi par courriers du 4 décembre 2012 et du 18 septembre 2014, 

l'intéressée a été invitée à se prononcer par écrit afin de compléter sa 

demande d'asile,  

qu'en date du 12 décembre 2014, elle a produit la traduction en français de 

ses déterminations du 15 mars 2013 et du 20 octobre 2014,  

qu'ainsi, les faits ayant été suffisamment établis et l'instruction conduite 

conformément à la loi, l'autorité de première instance a pu statuer en toute 

connaissance de cause,  

que dans le cas d'une demande d'asile déposée à l'étranger, le SEM doit 

se limiter à examiner s'il y a lieu d'autoriser l'entrée en Suisse du requérant 

en application de l'ancien art. 20 al. 2 LAsi, voire de rejeter la demande en 

application de l'ancien art. 52 al. 2 LAsi (Organisation suisse d'aide aux 

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réfugiés OSAR [éd.], Manuel de la procédure d'asile et de renvoi, 2009, 

p. 64),  

que si le requérant n'a pas rendu vraisemblables des persécutions  

(art. 3 et 7 LAsi) ou si l'on peut attendre de sa part qu'il s'efforce d'être 

admis dans un autre Etat (ancien art. 52 al. 2 LAsi), le SEM est légitimé à 

rendre une décision matérielle négative et par voie de conséquence à 

refuser son entrée en Suisse (ATAF 2012/3 consid. 2.3; 2011/10 

consid. 3.2),  

que les conditions permettant l'octroi d'une autorisation d'entrée sont 

définies de manière restrictive, raison pour laquelle l'autorité dispose d'une 

marge d'appréciation étendue ; qu'outre l'existence d'une mise en danger 

au sens de l'art. 3 LAsi, l'autorité prendra en considération d'autres 

éléments, notamment l'existence de relations particulières avec la Suisse 

ou avec un autre pays, l'assurance d'une protection dans un Etat tiers, la 

possibilité pratique et l'exigibilité objective d'une admission dans un autre 

pays, en d'autres termes, la possibilité et l'exigibilité de rechercher une 

protection ailleurs qu'en Suisse, ainsi que les chances d'intégration et 

d'assimilation ; que ce qui est décisif pour l'octroi d'une autorisation 

d'entrée, c'est le besoin de protection des personnes concernées, et donc 

les réponses aux questions de savoir si l'existence d'un danger au sens de 

l'art. 3 LAsi a été rendue vraisemblable et si l'on peut raisonnablement 

exiger des intéressés que, durant l'examen de leur demande, ils 

poursuivent leur séjour dans leur pays d'origine ou se rendent dans un pays 

d'accueil qui leur serait plus proche que la Suisse (ATAF 

2011/10 consid. 3.3), 

que dans sa décision du 14 janvier 2014, le SEM a considéré que la 

recourante n'avait pas exposé avoir eu de sérieux problèmes avec les 

autorités erythréennes, et ne pouvait dès lors pas se prévaloir de la 

protection subsidiaire de la Suisse ; qu'en particulier, alors même que les 

autorités de son pays auraient exigé d'elle le paiement de 50'000 nafkas 

en raison de la fuite de son fils et de ses petits-enfants, elle aurait pu se 

rendre légalement au Soudan, apparemment sans problème ; qu'aussi, 

n'ayant pas fait valoir de persécution au sens de l'art. 3 LAsi, le Secrétariat 

d'Etat pouvait s'abstenir d'examiner si la poursuite de son séjour au 

Soudan était raisonnablement exigible ou si elle avait des relations 

particulièrement étroites avec la Suisse,  

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qu'à l'appui de son recours, l'intéressée a soutenu que l'accumulation d'un 

certain nombre de facteurs plaidaient en faveur de l'octroi d'une 

autorisation d'entrée en Suisse ; qu'ainsi, elle n'était nullement en sécurité 

au Soudan, où elle vivait dans une situation d'asservissement contraire à 

la dignité humaine, les érythréens sans statut devant s'y cacher et n'ayant 

pas l'autorisation d'y travailler ; qu'elle était par ailleurs très âgée et s'étant 

vu confisquer ses terres par les autorités erythréennes, elle n'avait plus de 

moyen de subvenir à ses besoins ; que finalement, elle avait des liens 

étroits avec la Suisse, en les personnes de son fils et de ses petits-fils,  

que le Tribunal rappelle tout d'abord qu'aux termes de l'art. 3 al. 1 LAsi, 

sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans le 

pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices ou 

craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion, de 

leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou de 

leurs opinions politiques ; que sont notamment considérés comme de 

sérieux préjudices, la mise en danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou 

de la liberté, de même que les mesures qui entraînent une pression 

psychique insupportable ; qu'il y a en outre lieu de tenir compte des motifs 

de fuite spécifiques aux femmes (art. 3 al. 2 LAsi,  cf. également ATAF 

2007/31 consid. 5.2-5.6), 

que quiconque demande l'asile doit prouver ou du moins rendre 

vraisemblable qu'il est un réfugié ; que la qualité de réfugié  

est vraisemblable lorsque l'autorité estime que celle-ci est hautement 

probable ; que ne sont pas vraisemblable notamment les allégations qui, 

sur des points essentiels, ne sont pas suffisamment fondées, qui sont 

contradictoires, qui ne correspondent pas aux faits ou qui reposent de 

manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiées  

(art. 7 LAsi),  

qu'en l'occurrence le Tribunal, à l'instar du SEM, ne met nullement en doute 

que l'âge de la recourante et son statut de femme seule en Erythrée aient 

pu lui valoir certaines difficultés dans son quotidien ; que cependant, au vu 

des pièces figurant au dossier, il n'y a toutefois pas lieu d'admettre que les 

préjudices allégués aient pu atteindre un tel degré d'intensité au point de 

remplir les critères définis à l'art. 3 al. 1 et 2 LAsi, 

qu'en particulier, l'allégué selon lequel elle aurait dû payer 50'000 nafkas 

en raison de la fuite de son fils se limite à une simple affirmation, nullement 

étayée ; qu'en outre, ce seul élément n'est pas constitutif d'un sérieux 

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préjudice au sens de l'art. 3 al. 1 LAsi précité, ce d'autant moins que la 

recourante a apparemment pu quitter l'Erythrée sans problème suite à 

cette demande,  

que c'est ainsi à juste titre que le SEM a retenu que l'intéressée n'a pas 

rendu vraisemblables des motifs déterminants au sens de la disposition 

précitée, et a en conséquence rejeté sa demande d'asile, 

que concernant la possibilité pour l'intéressée de poursuivre son séjour au 

Soudan au sens de l'art. 52 al. 2 LAsi, le Tribunal souligne qu'il n'y a pas 

lieu de l'examiner, dès lors que la demande d'asile est rejetée en raison de 

l'absence de préjudice au sens de l'art. 3 al. 1 LAsi, 

qu'à cet égard, le Tribunal note cependant que les allégations de la 

recourante concernant sa situation au Soudan se limitent à de simples 

affirmations ; que celles-ci sont en outre peu vraisemblables eu égard, 

d'une part, à l'aide dont l'intéressée est susceptible de bénéficier de la part 

de son fils, lequel s'est vu octroyer l'asile en Suisse et, d'autre part, aux 

membres de sa famille qui résident au Soudan,  

qu'ainsi, sans être en l'occurrence déterminant au vu de ce qui précède, la 

demande de l'intéressée ne remplit pas non plus les conditions de l'ancien 

art. 52 al. 2 LAsi, disposition selon laquelle l'asile peut être refusé à une 

personne qui se trouve à l'étranger et dont on peut attendre qu'elle s'efforce 

d'être admise dans un autre Etat, 

que, dans ces conditions, c'est à juste titre que le SEM lui a refusé 

l'autorisation d'entrer en Suisse et a rejeté sa demande d'asile, 

qu'au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté,  

que s'avérant manifestement infondé, le recours est rejeté dans une 

procédure à juge unique, avec l'approbation d'un second juge  

(art. 111 let. e LAsi),  

qu'il est dès lors renoncé à un échange d'écritures, le présent arrêt n'étant 

motivé que sommairement (cf.  art.  111a al. 1 et 2 LAsi),  

que dans la mesure où il a été rapidement statué sur le fond, la demande 

formulée dans le recours tendant à ce qu'il soit renoncé à la perception 

d'une avance de frais est sans objet,  

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qu'au vu de l'issue de la cause, il y aurait lieu de mettre les frais de 

procédure à la charge de la recourante ; qu'il y est toutefois renoncé, 

compte tenu de la particularité du cas d'espèce (art. 63 al. 1 dernière 

phrase PA et art. 6 let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les 

frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, 

RS 173.320.2]), 

(dispositif page suivante)  

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le Tribunal administratif fédéral prononce: 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Il n'est pas perçu de frais de procédure.  

3.  

Le présent arrêt est adressé à la recourante et au SEM.  

 

La juge unique : Le greffier : 

  

Claudia Cotting-Schalch Thomas Thentz 

 

 

Expédition :