# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 4c8598a1-5bdd-58f4-88eb-5b0ba1ec6516
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-03-31
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Zivilappellationshöfe 31.03.2021 101 2021 120
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_001_101-2021-120_2021-03-31.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00
tribunalcantonal@fr.ch
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

101 2021 120/121/122/123/124/125

Arrêt du 31 mars 2021

Ie Cour d’appel civil

Composition Président : Jérôme Delabays
Greffière-rapporteure : Séverine Zehnder

Parties A.________, recourante, représentée par Me Nathalie Weber-
Braune, avocate

contre

B.________, intimé, représenté par Me Frédérique Riesen, avocate

Objet Recours contre des ordonnances d’instruction ; irrecevabilité 
manifeste du recours

Recours du 23 mars 2021 contre les ordonnances d’instruction du 
Président du Tribunal civil de l'arrondissement de la Gruyère des 
10 et 16 mars 2021

Requête d’effet suspensif

Requête d’assistance judiciaire

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considérant en fait

A. Depuis le 10 novembre 2020, une procédure d’avis aux débiteurs est pendante devant le 
Président du Tribunal civil de la Gruyère (ci-après: le Président du tribunal), sur l’initiative de 
A.________, qui a requis qu’ordre soit donné à l’employeur de son mari B.________ de lui verser, 
après prélèvement sur le salaire de celui-ci, une somme de CHF 4'000.- correspondant à la 
contribution d’entretien globale fixée par décision de mesures protectrices de l’union conjugale du 
28 septembre 2016 pour A.________ et les deux enfants mineurs du couple. Cette mesure a été 
ordonnée par décision urgente du 11 novembre 2020. Chaque partie a déposé des déterminations 
écrites. Elles ont comparu devant le Président du tribunal le 27 janvier 2021.

Au terme de cette audience, ce magistrat a notamment fixé à l’intimé un délai de 30 jours pour 
produire des pièces. Constatant qu’il ne s’était pas exécuté, le Président du tribunal lui a imparti le 
10 mars 2021 un délai supplémentaire au 30 mars 2021 pour produire les documents. Le 11 mars 
2021, A.________ a réagi, sollicitant qu’il lui soit transmis copie de la requête de prolongation de 
délai, cas échéant qu’il lui soit indiqué la base légale qui permettait au magistrat d’accorder ce 
délai sans demande de prolongation. Le Président du tribunal lui a répondu le 12 mars 2021 qu’il a 
agi d’office car il estime indispensable de détenir les pièces établissant la situation financière de 
B.________, sa manière d’agir étant conforme à son interprétation du CPC, quand bien même 
l’octroi d’un délai supplémentaire n’est pas prévu dans de telles circonstances. Le 15 mars 2021, 
le greffe du Tribunal de la Gruyère a reçu une requête de prolongation de délai de B.________ 
datée du 10 mars 2021. Le 16 mars 2021, le Président du tribunal lui a accordé une prolongation 
de délai jusqu’au 30 mars 2021. Le 17 mars 2021, Me Frédérique Riesen a annoncé qu’elle 
représentait désormais B.________.

B. Le 22 mars 2021, A.________ a déposé un recours contre les prolongations de délai des 10 
et 16 mars 2021, dont elle a conclu à l’annulation, le Président du tribunal devant rendre sa 
décision sur la base des pièces produites par les parties jusqu’au 3 mars 2021. Elle a requis que 
son recours soit muni de l’effet suspensif, dans le sens que la procédure de première instance doit 
être suspendue jusqu’à droit connu sur le recours, et a demandé l’assistance judiciaire pour la 
procédure de recours.

Aucune détermination n’a été sollicitée de l’intimé. Le greffe du Tribunal de la Gruyère a produit le 
dossier le 26 mars 2021.

en droit

1.

1.1. Le recours du 23 mars 2021 est dirigé contre deux décisions de prolongation de délai, qui 
constituent des ordonnances d’instruction typiques au sens de l’art. 124 al. 1 CPC (arrêt TF 
5A_783/2014 du 4 novembre 2014 consid. 1). La voie du recours est ouverte dans un délai de dix 
jours (art. 321 al. 2 CPC) pour autant que ces décisions causent un préjudice difficilement 
réparable (art. 319 let. b ch. 2 CPC).

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1.2.

1.2.1. A.________ soutient qu’un tel dommage existe en l’espèce car, compte tenu du délai 
supplémentaire imparti sans droit selon elle par le Président du tribunal, ce dernier pourrait rendre 
une décision négative sur la requête d’avis aux débiteurs en se basant sur des pièces 
irrecevables ; elle devrait alors déposer un appel contre la décision rejetant sa requête d’avis aux 
débiteurs, appel qui risque d’être rejeté faute de contestation préalable des ordonnances 
d’instruction. Cela constituerait un préjudice difficilement réparable.

1.2.2. La recourante est dans l’erreur. Si une décision intermédiaire peut être attaquée par un 
recours expressément prévu par la loi conformément à l’art. 319 let. b ch. 1 CPC, elle ne peut plus 
être remise en cause avec la décision finale. En revanche, les ordonnances d’instruction 
attaquables selon l’art. 319 let. b ch. 2 CPC peuvent être contestées avec la décision finale, s’il y 
subsiste un intérêt actuel (PC CPC-BASTONS-BULLETTI, 2021 art. 319 n. 9 et 12 et les références ; 
CR CPC-JEANDIN, 2ème éd. 2019, art. 319 n. 20 et 23a et les références). Le risque de ne pas 
obtenir gain de cause existe pour toute partie dans toute procédure et il ne constitue pas un 
dommage difficile à réparer. La personne touchée disposera le moment venu de la faculté de 
remettre en cause l’ordonnance d’instruction en même temps que la décision au fond, une simple 
prolongation de la procédure ou un accroissement des frais ne suffisant pas pour établir un 
préjudice difficilement réparable (CR CPC-JEANDIN, art. 319 n. 22a et les références).

1.2.3. En l’espèce, à supposer que l’avis aux débiteurs soit refusé sur la base de pièces que 
A.________ estime irrecevables, elle pourra saisir l’autorité de recours et tenter de faire constater 
cette irrecevabilité et, cas échéant, annuler ou réformer la décision de première instance. Faute de 
préjudice difficilement réparable, son recours est irrecevable, ce qui doit être constaté par décision 
présidentielle (art. 45 al. 1 let. b de la loi sur la justice [LJ]).

2.

Au demeurant, le recours est manifestement mal fondé. La procédure d’avis aux débiteurs 
introduite le 10 novembre 2020, qui relève in casu des mesures protectrices de l’union conjugale 
(art. 177 CC), est régie par la maxime inquisitoire (art. 271 et 272 CPC), plus précisément la 
maxime inquisitoire illimitée dès lors qu’elle concerne notamment des enfants mineurs. Dans ces 
conditions, les faits et moyens de preuve nouveaux peuvent être introduits jusqu’aux délibérations 
(art. 229 al. 3 CPC), et même en appel indépendamment des conditions de l’art. 317 CPC (ATF 
144 III 349). Il est en outre admis que lorsque la maxime inquisitoire illimitée est applicable, le juge 
peut mettre en œuvre tout moyen qui lui semble approprié pour éclaircir les faits, même des 
moyens inhabituels (not. ATF 122 I 53 consid. 4). Dans ces conditions, le Président du tribunal 
était parfaitement en droit d’aborder B.________ le 10 mars 2021 puisqu’il n’avait pas produit des 
pièces que le magistrat estime nécessaires pour trancher la cause. Sa décision ne relève pas 
d’une application soi-disant erronée des art. 142 ss CPC, comme le soutient A.________ dans son 
recours, mais est justifiée en vertu de la maxime inquisitoire illimitée.

3.

Le recours étant jugé, la requête d’effet suspensif est sans objet.

4.

4.1. Le recours étant manifestement irrecevable, la requête d’assistance judiciaire sera rejetée 
(art. 117 let. b CPC).

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4.2. Les frais judiciaires de la procédure de recours, par CHF 300.-, sont mis à la charge de 
A.________ (art. 106 al. 1 CPC).

Il n’y a pas matière à dépens, l’intimé n’ayant pas été invité à se déterminer.

le Président de la Cour arrête :

I. Le recours est irrecevable.

II. La requête d’effet suspensif est sans objet.

III. La requête d’assistance judiciaire est rejetée.

IV. Les frais judiciaires de la procédure de recours, par CHF 300.-, sont mis à la charge de 
A.________.

Il n’est pas alloué de dépens.

V. Notification.

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en matière civile; 
la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 72 à 77 et 90 
ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). Il connaît également des recours 
constitutionnels subsidiaires; la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 113 à 119 et 90 ss LTF. Dans les deux cas, le recours motivé doit être 
déposé devant le Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les trente jours qui suivent sa 
notification. Si une partie forme un recours ordinaire et un recours constitutionnel, elle doit déposer 
les deux recours dans un seul mémoire.

Fribourg, le 31 mars 2021/jde

Le Président : La Greffière-rapporteure :