# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** cc1418fe-6190-5127-8242-8819d2a2988c
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2015-05-20
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 20.05.2015 D-387/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-387-2015_2015-05-20.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour IV 

D-387/2015 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  2 0  m a i  2 0 1 5  

Composition 
 Claudia Cotting-Schalch (présidente du collège),  

Yanick Felley, Daniele Cattaneo, juges, 

Thomas Thentz, greffier. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

Ghana,   

représenté par (…), 

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM;  

anciennement Office fédéral des migrations, ODM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Regroupement familial (admission provisoire);  

décision de l'ODM du 18 décembre 2014 / N (...) 

 

 

 

D-387/2015 

Page 2 

Vu 

la décision du 28 mars 2011 par laquelle l'ODM (actuellement : Secrétariat 

d'Etat aux migrations, ci-après : SEM) a constaté la qualité de réfugié de 

B._______ ainsi que de sa fille C._______ (les intéressées), rejeté leurs 

demandes d'asile, prononcé leur renvoi de Suisse et, tenant compte de 

l'illicéité de l'exécution de cette mesure vers l'Erythrée, le pays d'origine 

des intéressées, y a substitué une admission provisoire,  

la demande visant à inclure A._______ dans l'admission provisoire des 

intéressées, présentée par celui-ci le 27 janvier 2014,  

la transmission de ladite demande au SEM par le Service de la population 

du canton de Vaud le (…), celui-ci notant que A._______ et B._______ 

n'avaient jamais fait ménage commun ni n'étaient mariés, que cette 

dernière était au bénéfice du revenu d'insertion et à la recherche d'un 

emploi et que la paternité de A._______ envers C._______  n'était pas 

établie,  

le droit d'être entendu accordé à A._______ par le SEM, par courrier  

du 30 septembre 2014, le Secrétariat d'Etat informant l'intéressé qu'il 

entendait rejeter sa demande de regroupement familial dans la mesure où 

le service cantonal des migrations compétent lui avait signalé dans sa prise 

de position que si la condition du logement de B._______ paraissait certes 

remplie, cette dernière était en revanche entièrement assistée et ne 

remplissait ainsi pas la condition de l'autonomie financière ; le Secrétariat 

d'Etat a en outre noté que c'était à juste titre que l'autorité cantonale avait 

relevé que la paternité de A._______ n'était pas établie, 

le courrier du 17 novembre 2014, par lequel A._______ s'est prononcé sur 

l'autonomie financière de B._______ et a informé l'autorité de première 

instance qu'un test ADN allait être effectué afin d'établir sa paternité à 

l'égard de C._______ , 

le résultat dudit test ADN, transmis au SEM par courrier  

du 3 décembre 2014, établissant la paternité de A._______ sur C._______  

avec une probabilité supérieure à 99,999%, 

la décision du SEM du 18 décembre 2014 (notifiée le 20 décembre suivant) 

refusant l'entrée en Suisse de A._______ et rejetant les demandes de 

regroupement familial et d'inclusion dans l'admission provisoire, au motif 

que B._______, laquelle n'avait jamais exercé d'activité lucrative en Suisse 

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et bénéficiait du revenu d'insertion depuis le 1er avril 2011, était entièrement 

à la charge de l'assistance et n'était ainsi pas en mesure d'assurer de 

manière stable et durable l'entretien de A._______ et de C._______, de 

sorte que l'une des conditions de l'art. 85 al. 7 LEtr (RS 142.20) n'était pas 

réalisée,  

le recours du 19 janvier 2015 (date du sceau postal), interjeté contre cette 

décision auprès du Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal), par 

lequel A._______ a contesté l'appréciation du SEM quant à l'autonomie 

financière des intéressées, arguant que celle-ci devait être appréciée dans 

son ensemble, en tenant notamment compte de sa propre capacité de gain 

une fois installé en Suisse ; qu'en effet, en tant que ressortissant ghanéen 

actuellement âgé de 50 ans, il trouverait selon lui rapidement une activité 

lucrative lui permettant à lui seul l'entretien de toute sa famille,  

la décision incidente du 17 février 2015 par laquelle le Tribunal, en se 

fondant sur l'art. 63 al. 4 PA, a invité le recourant à payer la somme  

de 700 francs à titre d'avance sur les frais de procédure présumés, sous 

peine d'irrecevabilité du recours,  

le paiement de cette somme dans le délai imparti,  

la décision incidente du 10 mars 2015, par laquelle le Tribunal a invité le 

SEM à se prononcer sur le recours,  

la réponse du Secrétariat d'Etat du 12 mars 2015, maintenant 

intégralement les considérants de la décision attaquée et proposant le rejet 

du recours,  

la prise de position du recourant en date du 31 mars 2015 – faisant suite à 

la décision incidente du Tribunal du 16 mars 2015 l'invitant à se prononcer 

sur la réponse du SEM – dans laquelle il a admis, à l'instar du Secrétariat 

d'Etat, qu'il n'existait aucune garantie qu'il trouve un emploi et puisse 

subvenir aux besoins de sa famille en Suisse, mais que l'octroi d'une 

autorisation d'entrée lui permettrait cependant d'avoir une chance de 

trouver un travail et qu'en l'espèce, le principe constitutionnel de la 

proportionnalité exigerait, dans la balance des intérêts, de privilégier, en 

vertu de l'art. 8 CEDH, l'intérêt privé à celui public, 

 

et considérant 

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qu'en vertu de l'art. 31 LTAF, le Tribunal connaît des recours contre les 

décisions au sens de l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à 

l'art. 33 LTAF, 

qu'en particulier, les décisions en matière de regroupement familial avec 

des personnes admises provisoirement, prononcées par le SEM – lequel 

est une unité de l'administration fédérale telle que définie  

à l'art. 33 let. d LTAF – peuvent être contestées devant le Tribunal, lequel 

statue alors définitivement (cf. art. 83 let. c ch. 3 de la loi du 17 juin 2005 

sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]), 

que partant le Tribunal est compétent pour connaître du présent litige, 

qu'à moins que la LTAF, ou des dispositions du droit fédéral qui règlent une 

procédure plus en détail, n'en disposent autrement, la procédure devant le 

Tribunal est régie par la PA (art. 37 LTAF et art. 4 PA), 

que A._______ a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA),  

que présenté dans la forme (art. 52 al. 1 PA) et le délai (art. 50 al. 1 PA) 

prescrits par la loi, le recours est recevable,  

que l'art. 85 al. 7 LEtr prévoit la possibilité pour le conjoint et les enfants 

célibataires de moins de 18 ans des personnes admises provisoirement de 

bénéficier du regroupement familial et du même statut, au plus tôt trois ans 

après le prononcé de l'admission provisoire si, cumulativement, ils vivent 

en ménage commun, ils disposent d'un logement approprié et la famille ne 

dépend pas de l'aide sociale, 

que dans sa décision querellée et dans sa détermination  

du 12 mars 2015, le SEM a considéré que l'autonomie financière n'était 

pas réalisée en l'occurrence, faute pour B._______, entièrement à la 

charge de l'assistance publique, de pouvoir assurer de manière stable et 

durable l'entretien de A._______ et de leur enfant commun, 

que dans son recours et sa détermination du 31 mars 2015,  A._______ a 

fait valoir que la situation financière de sa famille, à savoir celle constituée 

par B._______, leur fille commune et lui-même, devait être appréciée dans 

son ensemble, en tenant compte en particulier de sa capacité – de sa 

"chance" – à trouver un travail une fois installé en Suisse,  

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qu'il convient au préalable de noter qu'au cours de sa procédure d'asile et 

en particulier de ses deux auditions du 25 mars 2008 et du 10 avril 2008, 

l'intéressée a indiqué être mariée, en Erythrée, à un homme dénommé (…) 

et avoir deux fils, prénommés Hermon et Daniel  

(cf. notamment procès-verbal d'audition du 10 avril 2008, p. 5),  

qu'au vu du dossier, il n'apparaît pas que ce mariage ait été dissous entre-

temps, même si B._______ n'a plus eu de nouvelles de son mari depuis 

son départ d'Erythrée, (cf. écrit daté du 24 février 2014 adressé par 

l'intéressée au mandataire de A._______, lequel a été transmis aux 

autorités cantonales compétentes, puis au SEM dans le cadre de la 

demande de regroupement familial),  

que B._______ et A._______ puissent être considérés en tant que 

conjoints et ainsi répondre à la première condition prévue à 

l'art. 85 al. 7 LEtr est dès lors fortement sujet à caution ; que même si le 

SEM n'a apparemment pas mis en doute le statut de conjoints des 

intéressés, cette question peut, en l'espèce, rester indécise pour les motifs 

retenus ci-après,  

qu'en l'occurrence, B._______ a été mise au bénéfice d'une admission 

provisoire en Suisse en tant que réfugiée, par décision du SEM  

du 28 mars 2011, 

que le délai d'attente de trois ans exigé par l'art. 85 al. 7 LEtr est échu, à 

l'instar de celui de cinq ans de l'art. 74 al. 4 OASA, qui commence  

à courir à l'expiration du délai de trois ans permettant le  

dépôt d'une demande de regroupement familial (cf. RUEDI ILLES, in : 

Caroni/Gächter/Thurnherr [Hrsg.], Bundesgesetz über die Ausländerinnen 

und Ausländer [AuG], Stämpflis Handkommentar, Berne 2010, ad art. 85, 

MARTINA CARONI/THOMAS GÄCHTER/DANIELA THURNHERR [éd.], Berne 

2010, p. 826), 

que la question de l'existence de raisons familiales majeures  

(art. 47 al. 4 LEtr) ne se pose dès lors pas,  

que l'admission provisoire étant un statut précaire, réglant la présence en 

Suisse de l'étranger aussi longtemps que l'exécution de son renvoi n'est 

pas licite, raisonnablement exigible ou possible (art. 83 al. 1 LEtr ;  

ATF 138 I 246 consid. 2.3 p. 249 ; arrêt du Tribunal fédéral 2C_793/2011 

du 22 février 2012 consid. 2.2 ; arrêts du Tribunal administratif fédéral  

E-2930 2011 du 22 novembre 2012 et D-932/2012 du 22 février 2012), la 

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recourante n'est pas au bénéfice d'une autorisation de séjour lui conférant 

un droit de présence assuré sur la base duquel elle pourrait se prévaloir 

d'un droit au regroupement familial en vertu de la LEtr  

(ATF 137 I 284 consid. 1.2 p. 286 s.), 

que toutefois, le titulaire d'une admission provisoire possède, dans certains 

cas, de facto un droit de présence assuré en Suisse, de sorte qu'on ne peut 

exiger, sous l'angle du droit international et en particulier de l'art. 8 par. 1 

CEDH, qu'il quitte la Suisse pour aller vivre sa vie familiale à l'étranger 

(ATF 2C_639/2012 du 13 février 2013),  

qu'en pareille circonstance, il convient de procéder à la pesée des intérêts 

prévue par l'art. 8 par. 2 CEDH, le droit au respect de la vie familiale garanti 

par l'art. 8 par. 1 CEDH n'étant pas absolu, 

qu'une ingérence dans son exercice est possible pour autant qu'elle soit 

prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société 

démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, 

au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention 

des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la 

protection des droits et libertés d'autrui, 

que cette disposition exige ainsi une pesée des intérêts en présence et 

l'examen de la proportionnalité de la mesure prévue (cf. art. 8 par. 2 CEDH 

; ATF 135 II 377 consid. 4.3 p. 381, ATF 125 II 633 consid. 2  

p. 639, ATF 122 II 1 consid. 2 p. 5 s. ; ATAF 2012/4 consid. 4.4 p. 34), 

que dans le cas d'espèce, il ressort du dossier que l'intéressée est 

entièrement à la charge de l'assistance publique et ce depuis son arrivée 

en Suisse le 17 mars 2008 et que malgré d'importantes recherches, elle ne 

dispose pas à l'heure actuelle d'un emploi en Suisse, 

qu'elle vit, avec sa fille, dans un appartement de 2,5 pièces appartenant à 

(…),  

qu'en outre et selon toute vraisemblance, B._______, âgée de 39 ans, ne 

pourra pas assurer de manière pérenne son entretien et celui de deux 

personnes, à savoir sa fille et son compagnon, dans un futur proche,  

que concernant à A._______, âgé de 51 ans, indépendamment du fait qu'il 

n'est pas le conjoint de B._______, il devra d'abord s'intégrer dans son 

nouvel environnement socioculturel en Suisse et prendre simultanément 

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soin de sa fille de six ans, de sorte que, très vraisemblablement, il ne sera 

pas rapidement en mesure d'intégrer le marché du travail pour compléter 

les maigres revenus de la famille, ceci en vue d'atteindre un équilibre 

budgétaire dans une perspective proche,  

qu'au regard des éléments à prendre en considération, le refus d'autoriser 

l'entrée en Suisse de A._______ apparait dès lors légitime et proportionné,  

qu'en effet, il correspond à l'intérêt public visant à intégrer les étrangers et 

par conséquent à limiter l'autorisation à demeurer en Suisse aux seules 

personnes qui ne dépendent pas de l'assistance publique, du moins de 

manière durable et significative (cf. ATF 137 I 284 consid. 2.6 à 2.8 p. 292 

ss, arrêts du Tribunal fédéral 2C_1018/2012 du 6 décembre 2013 consid. 

2.1, 3.2 et 4.2.1 s., et les arrêts cités, 2C_983/2012 du 5 septembre 2013, 

2C_555/2012 du 19 novembre 2012 consid. 2.2, 2C_752/2011 du 2 mars 

2012 consid. 4.2 et 4.4, 2C_793/2011 du 22 février 2012 consid. 2.2 et 2.4, 

et 2C_508/2009 du 20 mai 2010 consid. 2.2) ; que le Tribunal fédéral a 

certes émis des doutes sur le rejet de la demande de regroupement familial 

d'une personne admise provisoirement, sous l'angle de l'art. 8 al. 2 CEDH, 

lorsque les perspectives d'un équilibre financier paraissent réalistes à 

brève échéance (voir par exemple ATF 2C_639/2012 du 13 février 2013 

consid. 4.5.1 et arrêt du Tribunal fédéral 2C_983/2012 du 5 septembre 

2013 relatif à un réfugié au bénéfice de l'asile) ; que dans le cas particulier 

toutefois, une telle perspective n'apparaît pas possible à court ou moyen 

terme, 

que dès lors, la décision du SEM refusant l'autorisation d'entrer en Suisse 

et l'inclusion de A._______ dans l'admission provisoire de B._______ 

et de sa fille est fondée sur une pesée des intérêts conforme  

à l'art. 8 par. 2 CEDH, 

que dans ces circonstances, le SEM a à juste titre estimé que la condition 

fixée par l'art. 85 al. 7 let. c LEtr, relative à l'absence de dépendance à 

l'aide sociale n'était pas remplie en l'occurrence,  

que dans la mesure où les conditions prévues aux let. a à c de la disposition 

précitée sont cumulatives et que celle de l'indépendance financière (art. 85 

al. 7 let. c LEtr) n'est pas réalisée, la demande de regroupement familial 

doit être rejetée,  

que cela étant, le Tribunal relève encore qu'il est pour le moins surprenant 

que le père de la fille de B._______ s'avère en réalité être A._______, alors 

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que durant sa procédure d'asile, l'intéressée a notamment fait valoir que 

celle-là était née à la suite d'un viol qu'elle aurait subi durant sa détention 

en Erythrée en 2007 (cf. procès-verbal de l'audition de l'intéressée du 10 

avril 2008, question n° 43, p. 8),  

que vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la 

charge du recourant, conformément aux art. 63 al. 1 PA et art. 2 et 3 let. b 

du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités 

fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2),  

 

(dispositif page suivant) 

  

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le Tribunal administratif fédéral prononce: 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Les frais de procédure, d'un montant de 700 francs, sont mis à la charge 

du recourant et prélevés intégralement sur l'avance de frais du même 

montant versée le 28 février 2015. 

3.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité cantonale. 

 

La présidente du collège : Le greffier : 

  

Claudia Cotting-Schalch Thomas Thentz 

 

 

Expédition :