# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1557e7e0-10d0-51a5-8297-46b319e7880f
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2022-01-04
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 04.01.2022 E-4996/2021
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-4996-2021_2022-01-04.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 

 

  

 
 Cour V 

E-4996/2021 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  4  j a n v i e r  2 0 2 2  

Composition 
 Camilla Mariéthoz Wyssen, juge unique,  

avec l’approbation de Gérald Bovier, juge ; 

Jean-Marie Staubli, greffier. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

Cameroun,   

représenté par Mathias Deshusses,  

Entraide Protestante Suisse EPER/SAJE,  

(…),  

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile (non-entrée en matière) et renvoi (Dublin) ; 

recours réexamen ; 

décision du SEM du 5 novembre 2021 / N (…). 

 

 

 

E-4996/2021 

Page 2 

Vu 

la demande d’asile déposée en Suisse par A._______, le 

5 novembre 2020, 

la décision du 25 février 2021, par laquelle le SEM, se fondant sur 

l’art. 31a al. 1 let. b LAsi (RS 142.31), n’est pas entré en matière sur cette 

demande, a prononcé le transfert de l'intéressé vers l’Italie et a ordonné 

l’exécution de cette mesure, 

l’arrêt F-972/2021 du 15 mars 2021, par lequel le Tribunal administratif 

fédéral (ci-après : le Tribunal) a rejeté le recours du 4 mars 2021 contre la 

décision précitée, 

l'avis du 13 septembre 2021, par lequel le B._______ a informé le SEM de 

la disparition de l'intéressé, le 11 septembre 2021, 

la requête du SEM aux autorités italiennes du 14 septembre 2021 (non 

communiquée à l’intéressé), tendant à la prolongation de 18 mois du délai 

de transfert du requérant, du fait de sa disparition, en application de 

l'art. 29 par. 2 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et 

du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de 

détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande 

de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un 

ressortissant de pays tiers ou un apatride (refonte) (JO L 180/31 du 

29.6.2013 ; ci-après : règlement Dublin III),  

la demande de réexamen du 17 septembre 2021 (date du sceau postal), 

tendant à l’annulation de la décision du SEM du 25 février 2021 et à 

l’examen de sa demande d’asile par la Suisse, au motif que le délai de 

transfert de six mois vers l’Italie était arrivé à échéance, 

la décision incidente du 15 octobre 2021, par laquelle le SEM, estimant que 

cette demande était d’emblée vouée à l’échec au motif que ledit délai de 

transfert avait été prolongé à dix-huit mois, a imparti au recourant un délai 

au 29 octobre 2021 pour s’acquitter d’une avance de frais de 600 francs 

sous peine de non-entrée en matière sur sa demande de réexamen, 

le courrier du 5 novembre 2021, réceptionné par le SEM le 8 novembre 

suivant, par lequel le recourant a produit un écrit d’un responsable de foyer 

de C._______ du 5 novembre 2021, et soutenu qu’au regard des 

informations émanant de cette pièce, sa demande de réexamen n’était pas 

d’emblée vouée à l’échec, 

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la décision du 5 novembre 2021, notifiée quatre jours plus tard, par laquelle 

le SEM, constatant que l’avance de frais requise n’avait pas été versée 

dans le délai imparti, n’est pas entré en matière sur la demande de 

réexamen de l’intéressé, 

le courrier du recourant du 11 novembre 2021, réceptionné par le SEM le 

15 novembre suivant, 

le recours interjeté, le 16 novembre 2021, contre cette décision, 

les demandes tendant à l’octroi de l’effet suspensif et à la dispense du 

versement des frais de procédure dont il est assorti, 

l’ordonnance du 17 novembre 2021, par laquelle la juge en charge de 

l’instruction a provisoirement suspendu l’exécution du renvoi de l’intéressé 

en application de l’art. 56 PA (RS 172.021), 

la réponse du SEM du 22 novembre 2021, 

la réplique du recourant du 9 décembre 2021, 

 

et considérant 

que le Tribunal, en vertu de l’art. 31 LTAF (RS 173.32), connaît des recours 

contre les décisions au sens de l’art. 5 PA prises par les autorités 

mentionnées à l’art. 33 LTAF, 

qu'en particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile 

peuvent être contestées devant le Tribunal (art. 33 let. d LTAF, applicable 

par renvoi de l'art. 105 LAsi), lequel statue alors définitivement, sauf 

demande d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à se 

protéger (art. 83 let. d ch. 1 LTF [RS 173.110]), exception non réalisée en 

l'espèce, 

que le Tribunal est donc compétent pour statuer dans la présente cause, 

que le recourant a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA), 

que présenté dans la forme (art. 52 al. 1 PA) et le délai (art. 108 al. 3 LAsi) 

prescrits par la loi, le recours est recevable, 

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que la décision attaquée est une décision de non-entrée en matière sur 

une demande de réexamen, prise en application de l’art. 111d LAsi, pour 

cause de non-paiement de l’avance de frais, 

que l'objet du litige ne peut dès lors porter que sur le bien-fondé de la 

décision de non-entrée en matière (cf. ATAF 2010/27 consid. 2.1.3, 

2009/54 consid. 1.3.3 ; arrêt du Tribunal E-5543/2018 du 9 octobre 2018), 

et, à titre préjudiciel, sur les motifs et actes à l’origine de celle-ci, soit en 

l’occurrence la décision incidente du 15 octobre 2021 et l’argumentation 

ayant conduit le SEM à considérer comme dépourvue de chances de 

succès la demande de réexamen déposée, 

que l'art. 111d al. 3 1ère et 2ème phrases LAsi dispose que si une personne 

dépose une demande de réexamen à la clôture définitive de la procédure 

d’asile et de renvoi, le SEM peut exiger le versement d’une avance de frais 

équivalant aux frais de procédure présumés, en impartissant à l’intéressé 

un délai raisonnable et en l’avertissant qu’à défaut de paiement, il n’entrera 

pas en matière sur sa demande, 

que selon les alinéas 2 et 3 let. a de cette disposition, elle peut renoncer, 

sur demande, à percevoir une avance de frais si la personne qui a déposé 

la demande de réexamen est indigente et que sa demande n’apparaît pas 

d’emblée vouée à l’échec, 

que, faisant application de cette disposition, le SEM a, par décision 

incidente du 15 octobre 2021, sollicité de l’intéressé le versement d'une 

avance de frais de 600 francs, au motif que sa demande était vouée à 

l’échec, 

que cette avance n’ayant pas été versée dans le délai imparti, le SEM n’est, 

par décision du 5 novembre 2021, pas entré en matière sur la demande de 

réexamen du recourant, 

qu’il y a donc lieu de déterminer si cette demande de réexamen était 

effectivement dénuée de chances de succès, 

qu’une procédure est dénuée de chances de succès lorsque les 

perspectives de gagner sont notablement plus faibles que les risques de la 

perdre et qu’elles ne peuvent être considérées comme sérieuses, au point 

qu’un plaideur raisonnable et de condition aisée renoncerait à s’y engager 

en raison des frais qu’il s’exposerait à devoir supporter, 

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qu’elle ne l'est en revanche pas lorsque les chances de succès et les 

risques d'échec sont à peu près égaux ou lorsque les premières ne sont 

que légèrement inférieures aux secondes (cf. ATF 138 III 217 

consid. 2.2.4 ; 129 I 129 consid. 2.3.1 ; 128 I 225 consid. 2.5.3), 

qu’à l’appui de sa demande de réexamen du 17 septembre 2021, le 

recourant a fait valoir que le délai de six mois, prévu pour sa prise en 

charge par l’Italie, était arrivé à échéance le 15 septembre précédent et 

que le SEM devait dès lors entrer en matière sur sa demande d’asile, 

que, dans sa décision incidente du 15 octobre 2021, le SEM a relevé, que 

par convocation du 1er septembre 2021, le recourant avait été informé de 

la venue, le 11 septembre 2021 à 10h00, à son domicile (foyer de 

C._______), d’un collaborateur de B._______, afin de l’accompagner à 

D._______ pour y effectuer un test de dépistage du Covid-19 en vue de 

l’exécution de son transfert vers l’Italie, 

qu’à la date prévue, le collaborateur de B._______ avait toutefois constaté 

l’absence de l’intéressé, 

qu’informé, le 13 septembre 2021, du fait que le recourant ne s’était pas 

présenté à son test de dépistage par le B._______, le SEM, se fondant sur 

l’art. 29 par. 2 du règlement Dublin III, avait requis la prolongation du délai 

de transfert à 18 mois, de sorte que ledit délai n’était pas échu, 

qu'à teneur de cette disposition, le délai de transfert vers un Etat membre 

responsable peut être porté à dix-huit mois au maximum si la personne 

concernée prend la fuite, 

qu'il y a "fuite" lorsque le requérant compromet par son comportement le 

transfert vers l’Etat responsable et donc un examen rapide de sa demande 

d’asile (cf. ATAF 2010/27 consid. 7.2.3), 

qu’en d'autres termes, il y a fuite non seulement en cas d'obstruction 

intentionnelle du demandeur à la procédure de transfert, ce qui suppose 

l’existence d’une action ou inaction, laquelle peut être unique, mais aussi 

dans d’autres cas, où les autorités de l'Etat responsable du transfert sont 

objectivement dans l'incapacité de le retrouver (cf. CHRISTIAN FILZWIESER/ 

ANDREA SPRUNG, Dublin III-Verordnung, Vienne, Graz, 2014, commentaire 

K12 ad art. 29 ; cf. entre autres, arrêt du Tribunal E-2802/2020 du 

17 juin 2020 consid. 3.4 et réf. cit.), 

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que dans son recours, l’intéressé fait en substance valoir que le SEM 

n’était pas fondé à requérir la prolongation du délai de transfert à 18 mois, 

dès lors qu’il n’avait jamais fui ni entravé l’exécution de son transfert, 

que dite autorité aurait selon lui violé son droit d’être entendu en ne lui 

permettant pas de se déterminer sur les faits survenus le 

11 septembre 2021 avant de considérer que sa demande de réexamen 

était vouée à l’échec, 

que la question de savoir si le comportement de l’intéressé doit, ou non, 

être qualifié de "fuite" au sens de la jurisprudence précitée, relève du fond 

de la demande de réexamen et ne doit pas être tranchée à ce stade, 

que, comme déjà dit, seule se pose ici la question de savoir si le SEM était 

fondé à déclarer la demande du 17 septembre 2021 comme étant dénuée 

de chances de succès, 

qu’au vu des informations émanant des documents de B._______ au 

dossier (notamment le rapport de contrôle test covid du 13 septembre 2021 

attestant de l’absence du recourant du foyer de C._______ 

le 11 septembre 2021 à 10h00), le Tribunal constate que le SEM disposait 

effectivement d’indices lui permettant à première vue de penser que le 

recourant envisageait de se soustraire à la mise en œuvre de son transfert 

vers l’Italie,  

que, cela étant, le SEM ne pouvait pas se baser uniquement sur ces 

informations pour juger des chances de succès de la demande de 

réexamen, 

qu’il lui revenait au contraire de les soumettre préalablement au recourant 

pour prise de position, dans le pur respect du principe de l’égalité des 

armes et du droit d’être entendu, ce qu’il n’a manifestement pas fait, 

qu’une telle démarche se justifiait en l’occurrence notamment dans la 

mesure où l’absence utilisée par le SEM pour requérir la prolongation du 

délai de transfert se fondait uniquement sur le fait que la personne en 

charge d’amener le recourant faire son test de dépistage du Covid-19 

l’avait, en vain, attendu pendant un quart d’heure à la réception du foyer 

de C._______, alors que l’intéressé se trouvait à ce moment-là 

prétendument dans sa chambre, ce dont attesterait une lettre du 

responsable de ce centre ainsi que le fait qu’il avait "badgé" à son arrivée 

dans celui-ci le matin,   

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qu’en s’abstenant de donner au recourant le droit de s’exprimer sur les 

circonstances des événements survenus au centre le 11 septembre 2021, 

le SEM n’a pas mis en balance tous les éléments permettant de retenir 

qu’au moment de son dépôt, la demande de réexamen du 

17 septembre 2021 était d’emblée vouée à l’échec, étant rappelé que 

l’art. 29 par. 2 Dublin III est directement invocable par le justiciable devant 

les tribunaux et autorités suisses (sur le caractère "self-executing" de 

l’art. 29 par. 2 Dublin III, cf. ATAF 2015/19 et arrêt du Tribunal D-4594/2016 

du 9 janvier 2017, consid. 4.2 ; cf. également arrêt de Cour de justice de 

l'Union européenne C-163/17 du 19 mars 2019 en l’affaire Abubacarr Jawo 

c. Allemagne [Grande Chambre], par. 65 ss),  

que, par conséquent, le recours du 16 novembre 2021 doit être admis et 

les décisions du SEM des 15 octobre 2021 et 5 novembre 2021 annulées, 

que le dossier de la cause est retourné à l’autorité de première instance 

pour qu’elle entre en matière et statue, au fond, sur la demande de 

réexamen du 17 septembre 2021, en prenant en compte les informations 

et moyen de preuve avancés par le recourant dans ses courriers des 5 et 

11 novembre 2021,  

qu’en particulier, elle veillera à tenir compte et au besoin à vérifier, les 

allégations de l’intéressé selon lesquelles il était rentré à 5h30 ou à 6h00 

le matin du 11 septembre 2021 afin d’être présent à son rendez-vous à 

10h00, qu’il avait "badgé" à son arrivée, qu’il était resté dans sa chambre 

à 10h00 (parce qu’il avait l’habitude d’y attendre les personnes censées 

venir le chercher pour ses rendez-vous), et qu’il était certes absent la veille 

mais qu’il connaissait les règles du foyer, notamment celles selon 

lesquelles il n’avait "pas le droit de passer plus de quatre nuits en dehors 

[de celui-ci]", 

que s'avérant manifestement fondé, le recours est admis dans une 

procédure à juge unique, avec l'approbation d'un second juge (art. 111 

let. e LAsi), le présent arrêt n'étant motivé que sommairement 

(art. 111a al. 2 LAsi), 

que vu l’issue de la procédure, il n’est pas perçu de frais (art. 63 al. 1 et 

2 PA), 

que la demande d’assistance judiciaire partielle devient sans objet avec le 

présent prononcé, 

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que le recourant, qui obtient gain de cause, a droit à des dépens 

(cf. art. 64 al. 1 PA), 

qu’en l’absence de décompte de prestations, le versement d’un montant 

de 450 francs (frais et TVA compris) apparaît équitable en la présente 

cause, 

 

(dispositif page suivante) 

  

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Page 9 

 

le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est admis. 

2.  

Les décisions du 15 octobre 2021 et du 5 novembre 2021 sont annulées 

et la cause est renvoyée au SEM afin qu'il entre en matière sur la demande 

de réexamen de l’intéressé. 

3.  

Il n'est pas perçu de frais de procédure. 

4.  

Le SEM versera le montant de 450 francs au recourant à titre de dépens. 

5.  

Le présent arrêt est adressé au mandataire du recourant, au SEM et à 

l'autorité cantonale compétente. 

 

La juge unique : Le greffier : 

  

Camilla Mariéthoz Wyssen Jean-Marie Staubli 

 

 

Expédition :