# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** ca677c4f-1633-5a85-8ac5-40b35677cbed
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2024-01-30
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 30.01.2024 D-477/2024
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-477-2024_2024-01-30.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour IV 

D-477/2024 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  3 0  j a n v i e r  2 0 2 4  

Composition 
 Yanick Felley, juge unique,  

avec l'approbation de Chrystel Tornare Villanueva, juge ; 

Nicole Ricklin, greffière. 

   

Parties 
 A._______, née le (…), 

et sa mère B._______, née le (…), 

Maroc,   

les deux représentées par Karine Povlakic, Entraide 

Protestante Suisse EPER/SAJE,  

(…), 

recourantes,  

  
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Exécution du renvoi (pas de demande d'asile - art. 31a  

al. 3 LAsi) ;  

décision du SEM du 12 janvier 2024 / N (…). 

 

 

 

D-477/2024 

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Vu 

l’entrée en Suisse, le 23 avril 2023 de A._______, âgée de (…) ans et 

accompagnée de sa mère, B._______, toutes deux ressortissantes 

marocaines munies de visas Schengen valables du 20 avril 2023 au 

19 octobre 2023, accordés par la Suisse pour raisons médicales, 

l’hospitalisation au (…) après son arrivée de A._______, qui y a subi deux 

interventions chirurgicales les 26 avril et 7 mai 2023 (ablation d’un kyste et 

fermeture d’un « trou » de l’œsophage), financées par une fondation ayant 

organisé son voyage du Maroc en Suisse, 

la demande d’asile déposée en Suisse par B._______ pour elle-même et 

sa fille, le 23 mai 2023, 

les deux procurations datées du 1er juin 2023 en faveur de Caritas, 

l’audition du 8 juin 2023, lors de laquelle B._______ a en substance indiqué 

être venue en Suisse pour faire soigner sa fille, 

la production, lors de dite audition, d’une carte d’identité et de deux 

passeports des intéressées, 

le passage en procédure étendue, le19 juin 2023, 

le courrier du 4 juillet 2023, par lequel le SEM a invité les requérantes à 

produire un rapport médical complet concernant l’état de santé de la fille 

jusqu’au 28 juillet 2023, 

les documents transmis le 5 juillet 2023 par les autorités cantonales au 

SEM, selon lesquels le médecin traitant indique dans son courriel du 

20 juin 2023 que A._______ est guérie selon le dernier contrôle au (…) du 

12 juin 2023, qu’il n’y a aucune raison à ce qu’elle reste en Suisse et qu’elle 

avait reçu un billet de vol de retour pour le 14 juin 2023, 

la résiliation du mandat par Caritas, le 10 juillet 2023, 

l’absence de réaction des requérantes au courrier du SEM du 4 juillet 2023, 

le droit d’être entendu accordé le 4 août 2023 à B._______ et à sa fille par 

le SEM au sujet de l’avis du médecin traitant, fixant un délai au 

14 août 2023, 

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la prise de position du 10 août 2023, dans laquelle la nouvelle mandataire 

des intéressées fait notamment valoir le manque d’indépendance du 

médecin traitant, qui leur reproche d’avoir déposé une demande d’asile, et 

sollicite un nouveau délai pour produire un autre avis médical, 

le courrier du 14 août 2023, par lequel le SEM a fixé aux requérantes un 

nouveau délai au 5 septembre 2023 pour produire un rapport médical 

complet concernant l’état de santé de A._______, 

la prise de position de la mère, non datée et réceptionnée par le SEM le 

15 août 2023, accompagnée notamment de rapports médicaux, dont le 

plus récent date du 15 juin 2023, 

la production d’autres moyens de preuve, le 5 septembre 2023, notamment 

d’un rapport médical ORL daté du 4 septembre 2023 mentionnant une 

surveillance pendant six mois à un an, ainsi qu’un bon pronostic en 

l’absence de récidive dans ce laps de temps, 

la décision du 12 janvier 2024, notifiée le 15 janvier suivant, par laquelle le 

SEM n’est pas entré en matière sur la demande d’asile de B._______ et 

sa fille, a prononcé leur renvoi de Suisse et ordonné l’exécution de cette 

mesure,  

le recours déposé le 22 janvier 2024 auprès du Tribunal administratif 

fédéral (ci-après : Tribunal), dans lequel les recourantes ne contestent pas 

la non-entrée en matière sur leur demande d’asile et le principe du renvoi, 

mais invoquent l’illicéité respectivement l’inexigibilité de l’exécution de 

cette mesure, motif pris que les soins médicaux très spécialisés, dont la 

fille a besoin, ne sont pas disponibles au Maroc, 

les requêtes d’exemption de versement d’une avance de frais et 

d’assistance judiciaire totale assorties au recours, 

 

et considérant 

que le Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les 

décisions au sens de l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à 

l'art. 33 LTAF, 

qu'en particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile 

peuvent être contestées devant le Tribunal (art. 33 let. d LTAF, applicable 

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par renvoi de l'art. 105 LAsi), lequel statue alors définitivement, sauf 

demande d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à se 

protéger (art. 83 let. d ch. 1 LTF), exception non réalisée en l’espèce,  

que B._______ a qualité pour recourir pour elle-même et sa fille (art. 48 

al. 1 PA),  

que le recours, interjeté dans la forme (art. 52 al. 1 PA) et le délai 

(art. 108 al. 3 LAsi) prescrits par la loi, est recevable, 

que, non contestés, la non-entrée en matière sur la demande d’asile et le 

principe du renvoi sont entrés en force, 

qu’il convient donc uniquement d’examiner si l’exécution du renvoi est 

licite, raisonnablement exigible et possible, 

que n'étant de toute évidence pas menacées de persécution, les 

recourantes ne peuvent pas se voir appliquer l'art. 5 al. 1 LAsi, qui reprend 

en droit interne le principe du non-refoulement énoncé expressément à 

l'art. 33 de la convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés 

(RS 0.142.30), 

qu'il ne ressort en outre du dossier aucun indice d'un risque pour les 

recourantes d'être soumises en cas de renvoi à un traitement prohibé par 

l'art. 3 CEDH ou par l'art. 3 de la convention du 10 décembre 1984 contre 

la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants 

(Conv. torture, RS 0.105), 

qu’en particulier, la situation médicale de la fille ne relève pas de 

considérations humanitaires impérieuses au sens de la jurisprudence 

européenne (voir arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme 

Paposhvili contre Belgique du 13 décembre 2016, Grande Chambre, 

requête no 41738/10, § 183), au point que l’exécution de son renvoi 

contreviendrait à l’art. 3 CEDH, ses problèmes actuels de santé 

n’atteignant à l’évidence pas un stade avancé et terminal,  

que l'exécution du renvoi s'avère donc licite (art. 83 al. 3 de la loi fédérale 

sur les étrangers et l’intégration [LEI, RS 142.20] ; cf. ATAF 2014/28 

consid. 11), 

que, de toute évidence, elle est aussi raisonnablement exigible (art. 83 al. 4 

LEI ; cf. ATAF 2011/50 consid. 8.1‒8.3 et jurisp. cit.), dans la mesure où 

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elle ne fait pas apparaître, en l'espèce, une mise en danger concrète des 

recourantes, 

qu’il est notoire que le Maroc ne connaît pas une situation de guerre, de 

guerre civile ou de violence généralisée, qui permettrait de présumer, à 

propos de tous les recourants provenant de cet État, et indépendamment 

des circonstances de chaque cas particulier, l'existence d'une mise en 

danger concrète au sens d'un préjudice subi ou craint émanant de l'être 

humain, 

que, de même, absolument rien au dossier n’indique, comme pourtant 

soutenu dans le mémoire de recours, que l’exécution du renvoi de la fille 

serait inexigible en raison de son état de santé, 

que, selon les rapports médicaux versés au dossier, dont le plus récent 

date du 4 septembre 2023, A._______ n’a présenté aucune récidive depuis 

la dernière intervention chirurgicale du 7 mai 2023, 

que l’absence de production de rapports médicaux plus récents avec le 

mémoire de recours du 22 janvier 2024 permet de conclure que l’état de 

santé de A._______ est actuellement toujours stable et ne nécessite aucun 

autre traitement que les contrôles mentionnées dans le rapport médical 

ORL du 4 septembre 2023, contrôles qui peuvent être effectués au Maroc, 

que l’exécution du renvoi de personnes en traitement médical ne devient 

inexigible que dans la mesure où, à leur retour dans leur pays d'origine ou 

de provenance, elles pourraient ne plus recevoir les soins essentiels 

garantissant des conditions minimales d'existence ; que par soins 

essentiels, il faut entendre les soins de médecine générale et d'urgence 

absolument nécessaires à la garantie de la dignité humaine 

(cf. ATAF 2011/50 consid. 8.3 et réf. cit.),  

que l’art. 83 al. 4 LEI ne saurait être interprété comme une norme qui 

comprendrait un droit de séjour lui-même induit par un droit général d'accès 

en Suisse à des mesures médicales visant à recouvrer la santé ou à la 

maintenir, au simple motif que les structures de soins et le savoir-faire 

médical dans le pays d'origine ou de destination de l'intéressé n'atteignent 

pas le standard que l'on trouve en Suisse (cf. ATAF 2011/50 précité),  

que, même si le système médical marocain devait apparaître moins 

performant que les systèmes européens, les troubles de A._______ ne 

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sont pas à ce point graves ou ses besoins de traitements si spécifiques 

qu'elle ne puisse se faire soigner au Maroc, 

que A._______ pourra dès lors accéder, dans son pays d’origine, aux 

traitements et médicaments qui lui seront indispensables en cas de 

récidive, contrairement à ce que la mandataire soutient dans le recours,  

que le Tribunal renvoie pour le reste à la motivation topique de la décision 

attaquée, en particulier à ce qu’une éventuelle future récidive indiquerait 

que les soins prodigués en Suisse n’apportent pas d’amélioration par 

rapport aux soins prodigués au Maroc (cf. décision p. 5),  

qu’enfin, l'exécution du renvoi est possible (art. 83 al. 2 LEI ; 

cf. ATAF 2008/34 consid. 12 et jurisp. cit.), les recourantes étant en 

possession de passeports marocains et étant du reste tenues de collaborer 

à l'obtention de documents de voyage leur permettant de retourner dans 

leur pays d'origine (art. 8 al. 4 LAsi), 

que la décision attaquée ne viole donc pas le droit fédéral et l'état de fait 

pertinent a également été établi de manière exacte et complète 

(art. 106 al. 1 LAsi) ; que, dans la mesure où ce grief peut être examiné 

(art. 49 PA ; cf. ATAF 2014/26 consid. 5), cette décision n'est pas non plus 

inopportune, 

qu'en conséquence, à la limite de la recevabilité, le recours doit être rejeté, 

que manifestement infondé, il l'est dans une procédure à juge unique, avec 

l'approbation d'un second juge (art. 111 let. e LAsi), 

qu'il est dès lors renoncé à un échange d'écritures, le présent arrêt n'étant 

motivé que sommairement (art. 111a al. 1 et 2 LAsi), 

que le présent arrêt au fond rend sans objet la requête tendant à la 

dispense du paiement d'une avance de frais (art. 63 al. 4 PA), 

que dans la mesure où les conclusions du recours étaient d'emblée vouées 

à l'échec, la requête d'assistance judiciaire totale doit être rejetée 

(art. 65 al. 1 PA ; art. 102m al. 1 let. a LAsi a contrario), 

que, vu l'issue de la cause, il y lieu de mettre les frais de procédure à la 

charge des recourantes, conformément aux art. 63 al. 1 PA et art. 2 et 3 du 

règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités 

fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2),  

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le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté, dans la mesure de sa recevabilité.  

1.  

La requête d'assistance judiciaire totale est rejetée. 

2.  

Les frais de procédure, d'un montant de 750 francs, sont mis à la charge 

des recourantes. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans 

les 30 jours dès l'expédition du présent arrêt. 

3.  

Le présent arrêt est adressé aux recourantes, au SEM et à l'autorité 

cantonale. 

 

Le juge unique : La greffière : 

  

Yanick Felley Nicole Ricklin 

 

 

Expédition :