# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 808a05f6-f830-599d-ab50-a2c341121031
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2017 / 132
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2017---132_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC17.010380-170945

168 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
3 août 2017

__________________

Composition
:              Mme             
Rouleau,
présidente

             
              M.             
Hack et Mme Byrde, juges

Greffier
              :             
Mme              Joye

 

 

*****

 

 

Art.
75 al. 2 et 265a LP

 

 

             
              La Cour des poursuites
et faillites du Tribunal cantonal, statuant à huis clos en sa qualité d'autorité de recours
en matière sommaire de poursuites, s'occupe du recours exercé par Q.________,
à ...]Vevey, contre le prononcé rendu le 3 mai 2017, à la suite de l’interpellation
de la partie poursuivie, par le Juge de paix du district de La Riviera – Pays-d’Enhaut, prononçant,
à concurrence de 3'420 fr. 75 sans intérêt, l’opposition formée par le recourant
à la poursuite n° 8'062'631 de l’Office des poursuites du même district, exercée
contre lui à l’instance d’U.________,
à Zoug. 

 

             
              Vu les pièces au
dossier, la cour considère :

 

             
En fait
:

 

 

1.             
a)
Le 3 novembre 2016, à la réquisition d’U.________, l’Office des poursuites du district
de La Riviera – Pays-d’Enhaut a notifié à Q.________, dans la poursuite n°
8'062'631, un commandement de payer les sommes de :

1)
3'420 fr. 75, sans intérêt,

2)
379 fr. 25, sans intérêt,

3)
20 fr., sans intérêt, et

4)
18 fr. sans intérêt, 

indiquant
comme titres des créances :

1)
« Reprise de l’acte de défaut de biens après faillite no 035-96 de CHF 3'420.75
du 25.3.1999 délivré par l’office des faillites de l’Est vaudois (…). Factures
13.11.1995 au 17.04.1996 (anc. [...] (…)), par cession : [...] (…). »,

2)
« Frais de créancier selon les art. 103/106 CO »,

3)
« Frais recherche d’adresse »,

4)
« Frais recherche d’adresse ».

 

             
Sous rubrique « Opposition », le formulaire du commandement de payer porte les indications
préimprimées suivantes : 

« Si
le destinataire entend contester tout ou partie de la dette ou le droit du créancier de la réclamer
par voie de poursuite, il doit former opposition, c’est-à-dire en faire, verbalement ou par
écrit, la déclaration immédiate à celui qui lui remet le commandement de payer ou
à l’office soussigné dans les dix jours à compter de la notification du commandement
de payer. Si la poursuite a été introduite sur la base d’un acte de défaut de biens
après faillite, le poursuivi qui souhaite faire valoir qu’il n’est pas revenu à
meilleure fortune doit l’indiquer expressément dans la motivation de l’opposition. (…) 

 

( ) Opposition
totale                           
              ( ) Opposition partielle

             
                           
                  
Montant contesté                
CHF ………………… ».

 

 

La
case « Opposition totale » est cochée de façon manuscrite. Sous cette rubrique
figure un tampon humide « OPPOSITION TOTALE », un tampon humide « Office
des poursuites Riviera-Pays-d’Enhaut – 7 NOV. 2016 », ainsi que la signature de
l’agent ayant procédé à la notification. 

 

 

             
b)
Le 3 mars 2017, la poursuivante a requis du Juge de paix du district de La Riviera – Pays-d’Enhaut
la mainlevée provisoire de l’opposition. A l’appui de sa requête, elle a notamment
produit, outre le commandement de payer précité, les pièces suivantes :

 

-             
une copie de l’acte de défaut de biens après faillite no 035-96 délivré par
l’Office               des poursuites
et faillites de Montreux le 25 mars 1999, en faveur de la société              
 [...], d’un montant de  3'420 fr. 75 ;

 

-
              des extraits des Registres
du commerce des cantons de Vaud et d’Argovie du 
             
19 décembre 2016 d’où il ressort que [...] a repris les              
actifs et passifs de la société [...], laquelle avait elle-même repris              
les actifs et passifs de [...];

 

-             
copie d’un acte du 27 octobre 2016 par lequel [...] a              
cédé à U.________ sa créance contre Q.________ de 3'420 fr. 75,              
fondée sur l’acte de défaut de biens du 25 mars 1999.

 

             
Le poursuivi s’est déterminé dans une écriture du 4 avril 2017, faisant valoir qu’il
n’était pas revenu à meilleure fortune et concluant à la recevabilité de cette
exception et au rejet de la requête de mainlevée. Il a produit :

 

-
              des documents relatifs
à son salaire et à ses charges ; 

 

-
              copie d’un courrier
de la poursuivante du 20 octobre 2016 lui réclamant paiement              
du montant de 3'818 fr.  (3'420 fr. 75 + 18 fr. + 379 fr. 25) ;

 

-
              copie de sa réponse
du 26 octobre 2016, informant la poursuivante qu’il n’était pas              
revenu à meilleure fortune et qu’il ne pouvait dès lors pas payer le montant              
réclamé. 

 

             
              c)
Le 20 avril 2017, la poursuivante s’est déterminée sur l’écriture du 
3
mars 2017 du poursuivi, relevant que si ce dernier avait formé opposition totale au commandement
de payer, il n’avait pas soulevé l’exception de non-retour à meilleure fortune,
de sorte que les éléments sur sa situation financière étaient hors de propos.

 

2.             
             
Par prononcé du 3 mai 2017 notifié aux
parties le lendemain, la Juge de paix du district de La Riviera – Pays-d’Enhaut a prononcé
la mainlevée provisoire de l’opposition à concurrence de 3'420 fr. 75 sans intérêt
(I), arrêté à 150 fr. les frais judiciaires (II), mis ces frais à la charge du poursuivi
(III) et dit que celui-ci devait rembourser à la poursuivante son avance de frais, par 150 fr.,
et lui verser la somme de 500 fr. à titre de dépens, en défraiement de son représentant
professionnel (IV).

 

             
              Le 4 mai 2016, le poursuivi
a requis la motivation du prononcé. 

 

             
              Les motifs du prononcé
ont été adressés le 22 mai 2017 et notifiés aux parties le lendemain. En substance,
la juge de paix a considéré que le poursuivi n’ayant pas soulevé l’exception
de non-retour à meilleure fortune au moment de la notification du commandement de payer, elle ne
pouvait pas statuer sur cette exception dans le cadre de la présente procédure, que l’acte
de défaut de biens produit valait titre de mainlevée provisoire pour le montant de 3'420 fr.
75 en faveur de la poursuivante, qui s’était vu céder cette créance, et que le poursuivi
n’ayant pas établi sa libération, la mainlevée devait être prononcée.

  

 

3.             
              Par acte du 29 mai 2017,
le poursuivi a recouru contre ce prononcé, concluant, avec suite de frais et dépens, à
son annulation et au renvoi de la cause à la première juge pour nouvelle décision dans
le sens des considérants.

 

 

             
              En droit :

 

 

I.             
              Le
recours, déposé dans les formes requises et en temps utile (art. 321 al. 1 et 2 CPC [Code de
procédure civile ; RS 272]), est recevable.

 

 

II.             
a)
Le recourant ne conteste pas que l’acte de défaut de biens produit constitue un titre de mainlevée
provisoire en faveur de la poursuivante. Il fait grief à la juge de paix de n’avoir pas considéré
son opposition au commandement de payer comme valant également contestation de son retour à
meilleure fortune. 

 

             
              b)
Aux termes de l’art. 265a al. 1 LP (loi sur la poursuite pour dettes et la faillite du 11 avril
1889; RS 281.1), lorsque le débiteur fait opposition en contestant son retour à meilleure fortune,
l'office soumet cette opposition au juge du for de la poursuite. Selon l’art. 75 al. 2 LP, le débiteur
qui conteste son retour à meilleure fortune doit le mentionner expressément dans son opposition
sauf à être déchu du droit de faire valoir ce moyen. Il doit déclarer expressément
qu’il n’est pas revenu à meilleure fortune en ces termes ou en l’exprimant d’une
façon compréhensible, sous peine d’être déchu de faire valoir ce moyen dans
la poursuite qui a été introduite (ATF 140 III 567, SJ 2015 I 55, consid. 2.1 et 2.3 ;
Gilliéron, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite,
n. 8 ad art. 265a LP). L’office des poursuites doit déterminer si l’opposition est une
opposition ordinaire ou une opposition qualifiée en interprétant selon les règles de la
bonne foi le texte de l’opposition (Gilliéron, op. cit., n. 12 ad art. 265a LP). En l’absence
de la mention de la contestation du retour à meilleure fortune, l’opposition ne vaut que comme
simple contestation de la créance (Jeandin, Commentaire romand, n. 1 ad art. 265 a LP).  

 

             
              c)
Le recourant ne conteste pas qu’il n’a pas expressément indiqué lors de la notification
du commandement de payer, ou ultérieurement dans le délai d’opposition, qu’il contestait
son retour à meilleure fortune. Il soutient, en substance, que la première juge aurait dû
constater que sa volonté réelle et objective était bien de soulever cette exception, ce
qu’elle n’aurait arbitrairement pas fait, qu’elle aurait fait preuve de formalisme
excessif en exigeant de lui « la formulation de termes juridiques précis » alors
qu’il n’était pas assisté, que le résultat de la décision serait arbitraire
et que son droit d’être entendu aurait été violé en raison du fait que la juge
de paix n’aurait pas tenu compte des pièces qu’il a produites aux fins d’établir
son non-retour à meilleure fortune.

 

             
              d)
On observe tout d’abord que sous la rubrique « Opposition », le formulaire
du commandement de payer indique la possibilité pour le débiteur de contester son retour à
meilleure fortune, en ces termes : « Si la poursuite a été intro-duite sur la base
d’un acte de défaut de biens après faillite, le poursuivi qui souhaite faire valoir qu’il
n’est pas revenu à meilleure fortune doit l’indiquer expressément dans la motivation
de l’opposition. ». Ce texte reprend, de manière claire, l’exigence posée
par l’art. 75 al. 2 LP selon laquelle la contestation du retour à meilleure fortune doit être
« expressément » soulevée par le débiteur. L’acte mentionne
par ailleurs sans équivoque que la poursuite est fondée sur un acte de défaut de biens
après faillite. Force est ainsi de constater qu’au moment de la notification du commande-ment
de payer, le poursuivi disposait de toutes les informations nécessaires pour pouvoir valablement
contester son retour à meilleure fortune. 

 

             
              Dans ces circonstances,
la seule indication « opposition totale » figurant sur le commandement de payer ne
permettait pas à l’office de comprendre, de bonne foi, que le débiteur entendait contester
être revenu à meilleure fortune. De même, contrairement à ce que soutient le recourant,
la juge de paix n’avait pas à interpréter, en particulier sous l’angle du principe
de la confiance, que la volonté du débiteur était de soulever l’exception de non-retour
à meilleure fortune. L’arrêt ATF 140 III 567 cité par le recourant à cet égard
ne lui est d’aucun secours. Certes, le Tribunal fédéral y admet que « le principe
de la confiance, fondé sur la volonté du législateur de ne soumettre à aucune forme
l’opposition formée dans le délai légal, est conforme à la sécurité
du droit et apparaît en outre adapté au cas particulier d’un non professionnel s’exprimant
de façon maladroite » ; dans cet arrêt, il s’agissait toutefois de déterminer
si l’expression « opposition non-retour à meilleure fortune » pouvait
être interprétée comme une opposition dirigée contre la créance – et non
l’inverse – et la réponse affirmative du Tribunal fédéral à cette
question se fondait sur le principe de la liberté de forme de l’opposition de l’art.
75 al. 1 LP, qui concerne uniquement l’opposition à la créance, et non l’opposition
fondée sur le défaut de retour à meilleure fortune, prévue à l’al. 2 de
cette disposition et soumise à une exigence de forme particulière. En l’espèce,
la seule mention « opposition totale » ne permettait nullement, par une interprétation
basée sur le principe de la confiance, de comprendre que le recourant aurait voulu soulever l’exception
de non-retour à meilleure fortune, étant précisé que seule la manifestation de volonté
exprimée dans le délai d’opposition est déterminante, à l’exclusion de
celle manifestée dans le cadre de la procédure de mainlevée.

 

             
              e)
Le recourant reproche à la juge de paix d’avoir fait preuve de forma-lisme excessif en exigeant
de lui « la formulation de termes juridiques précis », soit l’utilisation
de l’expression « pas revenu à meilleure fortune », alors qu’il
n’était pas assisté.  

 

             
              Le
formalisme excessif est un aspect particulier du déni de justice prohibé par l'art. 29 al.
1 Cst. (Constitution fédérale ; RS 101). Il est réalisé lorsque la stricte application
des règles de procédure ne se justifie par aucun intérêt digne de protection, devient
une fin en soi, complique de manière insoutenable la réalisation du droit matériel ou
entrave de manière inadmissible l'accès aux tribunaux (ATF 135 I 6 consid. 2.1 ; 132 I
249 consid. 5 ; 130 V 177 consid. 5.4.1 ; 128 II 139 consid. 2a).

 

             
              En l’espèce,
en plus de découler du texte même de l’art. 75 al. 2 LP, l’exigence de la formulation
expresse de l’exception de non-retour à meilleure fortune était mentionnée en termes
clairs dans le formulaire du commandement de payer. Il y figure en effet textuellement l’expression
« pas revenu à meilleure fortune », avec la précision que le débiteur
qui entend s’en prévaloir « doit l’indiquer expressément dans la motivation
de l’opposition ». Il ne saurait donc y avoir de formalisme, ni a fortiori de formalisme
excessif, à exiger que le poursuivi précise son opposition de manière conforme à
la loi.

 

             
              f)
Le recourant soulève le grief de l’arbitraire à deux égards : il fait valoir,
d’une part, que l’autorité de première instance aurait « omis arbitrairement
d’interpréter la manifestation de volonté du recourant selon les principes fixés
par la loi et la jurisprudence fédérale » et, d’autre part, que le résultat
de la décision serait arbitraire « puisque que le recourant a été tout simplement
privé de son droit  de faire valoir l’exception de non-retour à meilleure fortune ».

 

             
              Selon la jurisprudence,
l’arbitraire, prohibé par l’art. 9 Cst, ne résulte pas du seul fait qu’une
autre solution pourrait entrer en considération ou même qu’elle serait préférable ;
la décision attaquée doit être manifestement insoutenable, se trouver en contradiction
claire avec la situation de fait, violer gravement une norme ou un principe juridique indiscuté,
ou encore heurter de manière choquante le sentiment de la justice et de l’équité ;
pour qu’une décision soit annulée pour cause d’arbitraire, il ne suffit pas que
la motivation formulée soit insoutenable, il faut encore que la décision apparaisse arbitraire
dans son résultat (ATF 136 I 316 consid. 2.2.2 ; ATF 136 III 552 consid. 4.2). S’agissant
plus précisément de l’appréciation des preuves et de l’établissement
des faits, il n’y a arbitraire que si le juge n’a manifeste-ment pas compris le sens et la
portée d’un moyen de preuve, s’il a omis, sans raison sérieuse, de tenir compte
d’un moyen important propre à modifier la décision attaquée ou encore si, sur la
base des éléments recueillis, il a fait des déductions insoutenables (ATF 136 III 552
précité ; ATF 129 I 8 consid. 2.1). Il incombe à la partie qui invoque l’arbitraire
d’en faire la démonstration par une argumentation précise.

 

             
              Le premier grief soulevé,
soit l’omission arbitraire d’interpréter la volonté du recourant, se confond avec
l’argumentation traitée sous lettre d) ci-dessus. Pour les motifs exposés, à savoir
l’absence de toute ambiguïté du texte de l’art. 75 al. 2 LP et la clarté des
indications figurant dans le commandement de payer à cet égard, ce grief mal fondé.  

 

             
              L’argument selon
lequel la décision aboutirait à un résultat arbitraire est également mal fondé.
En effet, là encore, force est de constater que la conséquence de l’omission de la déclaration
expresse exigée par l’art. 75 al. 2 LP, à savoir la déchéance du droit, est
clairement prévue par la loi elle-même. 

 

             
              g)
Enfin, le recourant invoque une violation de son droit d’être entendu en raison du fait que
l’autorité de première instance n’aurait pas tenu compte des pièces qu’il
a produites aux fins d’établir son non-retour à meilleure fortune. 

 

             
              Garanti par l’art.
6 CEDH (Convention européenne des droits de l’homme ; RS 0.101) et l’art. 29 al.
2 Cst.,  le droit d’être entendu est également consacré à l’art.
53 CPC. Il comprend plusieurs aspects (Haldy, in
Bohnet et al.
(éd), Code de procédure civile commenté, n. 1 ad art. 53 CPC), notamment le droit à
la preuve et le droit de participer à l’administration des preuves, garanties concrétisées
respectivement par les art. 152 et 155 al. 3 CPC (ibid., nn. 12 et 13 ad art. 53 CPC). Le droit d’être
entendu comprend ainsi « le droit pour l’intéressé de produire des preuves
pertinentes, d’obtenir qu’il soit donné suite à ces offres de preuves pertinentes,
de participer à l’administration des preuves essentielles ou à tout le moins de s’exprimer
sur son résultat lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre »
(loc. cit. et la réf. cit.). Une preuve doit (tâche du tribunal corrélative aux droits
des parties) être administrée pour autant qu’elle soit « adéquate »
et proposée « régulièrement et en temps utile » (Schweizer, in
CPC commenté, n. 2 ad
art. 152 CPC). Par moyens de preuve adéquats, il faut comprendre ceux qui sont aptes à forger
la conviction du tribunal sur la réalité d’un fait pertinent, autrement dit dont la démonstration
peut avoir une incidence sur l’issue du litige (ibid.,
n. 8 ad
art. 152 CPC). 

 

             
Le droit d'être entendu implique également pour l'autorité l'obligation de motiver sa
décision. Selon la jurisprudence, il suffit que le juge mentionne, au moins brièvement, les
motifs qui l'ont guidé et sur lesquels il a fondé sa décision, de manière à
ce que l'intéressé puisse se rendre compte de la portée de celle-ci et l'attaquer en connaissance
de cause. L'autorité n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve
et griefs invoqués par les parties, mais elle peut au contraire se limiter à ceux qui lui paraissent
pertinents (ATF 138 I 232 consid. 5.1 et les réf. cit.).

 

             
En l’espèce, le poursuivi a eu la possibilité de se déterminer sur la requête
de mainlevée et de produire toute pièce utile, ce qu’il a fait dans une écriture
du 4 avril 2017. Il ressort de la motivation du prononcé attaqué que la juge de paix a examiné
les moyens soulevés par le poursuivi dans ses déterminations, en particulier la question de
l’exception de non-retour à meilleure fortune. Dans sa décision, elle a constaté
– à juste titre – que l’intéressé n’avait pas soulevé ce
moyen au moment de la notification du commandement de payer et qu’il n’y avait dès lors
pas lieu de statuer sur le retour à meilleure fortune du débiteur dans le cadre de la présente
procédure de mainlevée. Dans ces circonstances, l’exception étant périmée,
la juge de paix – à qui il incombait uniquement de statuer sur la requête de mainlevée
– n’avait pas à prendre en considération les pièces relatives au retour à
meilleure fortune, en particulier à la situation financière du débiteur. Le droit d’être
entendu du recourant n’a ainsi pas été violé.

 

             
              h)
En conclusion, il y a lieu de constater que le recourant n'a pas excipé de son défaut de retour
à meilleure fortune en formant opposition au commandement de payer, de sorte qu'il est déchu
du droit d'invoquer ce moyen dans la procédure de mainlevée. 

 

 

III.             
              Le recours, manifestement
infondé au sens de l'art. 322 CPC, doit donc être rejeté.

 

             
              Les frais de deuxième
instance, arrêtés à 315 fr., sont mis à la charge du recourant, qui succombe (art.
106 al. 1 CPC).

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
Le prononcé est confirmé.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 315 fr. (trois cent quinze
francs), sont mis à la charge du recourant.

 

             
IV.             
L'arrêt est exécutoire.

 

 

La
présidente :               La greffière
:

 

 

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Me Jean-David Pelot, avocat (pour Q.________),

‑             
Me Sandro E. Obrist, avocat (pour U.________).

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 3'420 fr. 75 francs.

 

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe 
(art.
74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les
trente jours qui suivent la présente notification (art. 100  al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
Mme la Juge de paix du district de La Riviera – Pays-d’Enhaut.

 

             
La greffière :