# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** cc2252fe-a9ce-582d-89dc-161c9c67ec48
**Source:** Jura (JU)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-10-10
**Language:** fr
**Title:** Jura Tribunal de première instance Tribunal pénal 10.10.2023 CPR 2023 70
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/JU_Gerichte/JU_TPI_006_CPR-2023-70_2023-10-10.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DU JURA

TRIBUNAL CANTONAL

CHAMBRE PÉNALE DES RECOURS

CPR 70 / 2023

Président :  Daniel Logos
Juges :  Sylviane Liniger Odiet et Philippe Guélat 
Greffière :  Lisiane Poupon

DECISION DU 10 OCTOBRE 2023

dans la procédure de recours introduite par

A.________, (…), actuellement en détention pour des motifs de sûreté à la prison de 
U1.________,
- représenté par Me Daniel Trajilovic, avocat à Vevey,

recourant,

contre

l’ordonnance du juge des mesures de contrainte du 25 septembre 2023 – prolongation 
de la détention pour des motifs de sûreté.

_______

Vu l’ordonnance d’ouverture d’une instruction pénale du 18 juin 2020 contre A.________ (ci-
après : le recourant) pour actes d’ordre sexuel avec un enfant, acte d’ordre sexuel commis sur 
une personne incapable de discernement ou de résistance, évt. contrainte sexuelle, évt. viol, 
infractions commises en commun avec son frère, B.________ (ci-après : le prévenu n° 2), par 
le fait d’avoir procédé à des attouchements sur la personne de C.________, née le (…) 2004 
(ci-après : la plaignante), par-dessous les vêtements, sur les seins, le vagin, les fesses, les 
cuisses puis de l’avoir pénétrée vaginalement, infraction commise à réitérées reprises, d’abord 
chacun séparément, puis ensemble à deux dans la même pièce, la pénétrant successivement 
l’un puis l’autre, lui intimant l’ordre de ne pas en parler à sa mère, entre 2011 et 2013, à 
U2.________ (dossier TPI 191/2023, B.2 ; les références citées ci -après renvoient à ce 
dossier, sauf indication contraire) ;

Vu l’avis de détention du 1er décembre 2020 (D.1.2), la décision de mise en liberté du 4 
décembre 2020 et la requête de mesures de substitution du 8 décembre 2020 (D.1.13 et 
D.1.22 ss) ; 

2

Vu la décision du juge des mesures de contrainte du 8 décembre 2020, ordonnant au recourant 
les mesures de substitution suivantes : 1. interdiction de prendre contact avec la plaignante, 
sous quelque forme que ce soit, de façon directe ou indirecte ; 2. interdiction de parler de la 
plaignante sur les réseaux sociaux, interdiction de la dénigrer envers des amis ; 3. interdiction 
de commettre toute infraction (D.1.26 ss) ; dites mesures de substitution ont été prolongées 
jusqu’au 4 décembre 2021 (D.1.44 ss ; D.1.63 ss), respectivement jusqu’au 4 juin 2022 
(dossier TPI, p. 111 ss) ;

Vu l’audition LAVI de la plaignante du 5 mai 2020 (E.2 ss), le procès-verbal d’audition de la 
plaignante du 25 novembre 2020 (E.27 ss), auquel sont joints les échanges de messages sur 
les réseaux sociaux entre la plaignante et le frère du recourant (E.32 ss), le procès-verbal 
d’audition de la plaignante du 3 décembre 2020 (E.93 ss), de sa mère du 3 août 2020 
(E.13 ss), de son éducatrice sociale de D.________ du 1er septembre 2020 (E.19 ss), de son 
éducateur social de D.________ du 1er septembre 2020 (E.24 ss), du recourant et de son frère 
du 1er décembre 2020 par-devant la police (E.65 ss et E. 47 ss) et le Ministère public (E.77ss 
et E.85ss) ; 

Vu le rapport de l’Hôpital psychiatrique à U3.________ du 3 mai 2021 (G.7 s.) ; il en ressort 
que la patiente souffre, à titre principal, de trouble de la personnalité émotionnellement labile 
(F 60.3) et, à titre secondaire, de communication intrafamiliale inadéquate ou distordue (Z 
63.8) ainsi que d’abus sexuel (Z 61.5) ;

Vu les extraits du casier judiciaire du recourant, dont il ne ressort aucune condamnation (P.4 
ss et p. 11ss) ; 

Vu l’acte d’accusation du 9 novembre 2021, ordonnant le renvoi du recourant et du prévenu 
n° 2 devant le Tribunal pénal de première instance (ci-après : le Tribunal pénal) sous les 
préventions suivantes : actes d'ordre sexuel avec un enfant, acte d'ordre sexuel commis sur 
une personne incapable de discernement ou de résistance, évt. contrainte sexuelle, évt. viol, 
infractions commises en commun, (art. 187 ch. 1 al. 1, 191, évt. 189 al. 1, évt. 190 al. 1, 200 
CP), par le fait d'avoir procédé à des attouchements sur la personne de la plaignante, née le 
(…) .2004, par-dessous les vêtements, sur les seins, le vagin, les fesses, les cuisses, puis de 
l'avoir pénétrée vaginalement avec son sexe, infraction commise à réitérées reprises, d'abord 
chacun séparément puis ensemble à deux dans la même pièce, la pénétrant successivement 
l'un puis l'autre, lui intimant l'ordre de ne pas en parler à sa mère, entre 2011 et 2015 à 
U2.________ (S.1ss) ; 

Vu le jugement du Tribunal pénal du 25 mai 2022 (p. 107 ss) ;

Vu qu’à l’issue du jugement du 25 mai 2022, le Tribunal pénal a ordonné le placement du 
recourant en détention pour des motifs de sûreté pour une durée de trois mois, aux motifs qu’il 
existe un risque de fuite le concernant (p. 114 ss) ; 
 
Vu le recours formé par le recourant à l’encontre de la décision du Tribunal pénal du 25 mai 
2022 de le placer en détention pour des motifs de sûreté, recours rejeté par la Chambre de 
céans, le 15 juin 2022 (CPR 66 + 67/2022 ; p. 202 ss) ; celle-ci a retenu l’existence de charges 
suffisantes à l’encontre du recourant, au vu notamment des déclarations faites par la 

3

plaignante (p. 206 dernier § et p. 207 1er §) ainsi que l’existence d’indices concrets établissant 
un risque de fuite hautement probable ; 

Vu l’appel interjeté notamment par le recourant à l’encontre du jugement du Tribunal pénal du 
25 mai 2022 (p. 262 et 344 ss) ;

Vu la décision du 2 novembre 2022 du président de la Cour pénale, rejetant la demande de 
mise en liberté introduite par le recourant, le 18 octobre 2022 (p. 480 ss) ;

Vu le jugement de la Cour pénale du 2 décembre 2022, rejetant notamment l’appel du 
recourant et sa décision, rendue le même jour, ordonnant le maintien de ce dernier en 
détention pour des motifs de sûreté, en raison de l’existence d’un risque élevé de fuite (p. 544 
ss) ;

Vu l’arrêt du Tribunal fédéral du 16 août 2023, par lequel il a admis le recours en matière 
pénale formé notamment par le recourant, a annulé le jugement de la Cour pénale du 2 
décembre 2022, aux motifs que le Tribunal pénal avait statué dans une composition irrégulière 
et, partant, violé la garantie constitutionnelle déduite de l'art. 30 Cst. en raison du cumul des 
fonctions de greffière et de juge suppléante d’une des membres dudit Tribunal, vice entraînant 
l'annulation du jugement attaqué et le renvoi de la cause à la cour cantonale pour renvoi à 
l'autorité judiciaire de première instance pour qu'elle statue à nouveau, dans une composition 
régulière (p. 734 ss ; TF 6B_132_2023 et 6B_133/2023 du 16 août 2023, consid. 2.4.2 ss.) ;

Vu que, par jugement du 12 septembre 2023, la Cour pénale a annulé le jugement du 25 mai 
2022 du Tribunal pénal et a renvoyé la cause à ce dernier pour nouveau jugement, pour qu'elle 
statue à nouveau, dans une composition régulière (p. 745ss) ;

Vu la requête du 15 septembre 2023 à fin de prolongation de la détention pour des motifs de 
sûreté du recourant, présentée par la présidente du Tribunal pénal au juge des mesures de 
contrainte, en raison notamment des risques de fuite et de récidive que présente le recourant 
(classeur 5) ;

Vu l’ordonnance du juge des mesures de contrainte du 25 septembre 2023, ordonnant la 
prolongation de la détention pour des motifs de sûreté du recourant pour une durée de 3 mois, 
soit jusqu’au 15 décembre 2023, en raison, en particulier, de la persistance d’un risque de fuite 
qu’aucune mesure de substitution n’est en mesure de pallier ; le risque de récidive a cependant 
été exclu (classeur 5) ;

Vu le mémoire de recours du 28 septembre 2023, aux termes duquel le recourant conclut à 
l’annulation de l’ordonnance précitée du 25 septembre 2023, à ce que soit ordonnée sa mise 
en libération immédiate, subsidiairement, moyennant la mise en place des mesures de 
substitution suivantes : fourniture de sûretés d’un montant de CHF 10'000.- et dépôt de tous 
ses documents d’identité, frais de la procédure de recours laissés à la charge de l’État, une 
indemnité lui étant allouée pour ses dépens « d’appel »; à l’appui de ses conclusions, le 
recourant conteste qu’un risque de fuite puisse être retenu, au cas d’espèce ;

4

Vu la prise de position du Ministère public du 2 octobre 2023, renvoyant aux motifs de la 
décision attaquée ; 

Vu la prise de position de la présidente du Tribunal pénal du 3 octobre 2023 ; elle renvoie 
également aux motifs de la décision du juge des mesures de contrainte et laisse la Chambre 
de céans statuer ce que de droit ;

Attendu que la Chambre pénale des recours est compétente en vertu des art. 222, 393 al. 1 
let. c CPP et 23 let. c LiCPP ;

Attendu que le recours a été introduit dans les forme et délai légaux (385 al. 1 et 396 al. 1 
CPP) et que le prévenu a manifestement qualité pour recourir (art. 222 CPP), si bien qu’il 
convient d'entrer en matière sur le recours ; 

Attendu que l'art. 227 al. 7 CPP prévoit que la détention provisoire peut être prolongée 
plusieurs fois, chaque fois de 3 mois au plus et, dans des cas exceptionnels, de 6 mois au 
plus ; ce contrôle périodique doit permettre de vérifier que les motifs de détention existent 
toujours et que les principes de célérité et de proportionnalité sont encore respectés (ATF 137 
IV 180 consid. 3.5) ; ce contrôle périodique s'impose durant l'instruction et la procédure de 
première instance, et jusqu'à la saisine de la juridiction d'appel (ATF 139 IV 186 consid. 2.2.2) ;

Attendu qu'une mesure de détention provisoire n'est compatible avec la liberté personnelle 
garantie aux art. 10 al. 2 Cst. et 5 CEDH que si elle repose sur une base légale (art. 31 al. 1 
et art. 36 al. 1 Cst.), soit en l'espèce l'art. 221 CPP ; elle doit en outre correspondre à un intérêt 
public et respecter le principe de la proportionnalité (art. 36 al. 2 et 3 Cst.) ; pour que tel soit le 
cas, la privation de liberté doit être justifiée par les besoins de l'instruction, par un risque de 
fuite ou par un danger de collusion ou de réitération (art. 221 al. 1 let. a, b ou c CPP) ; 
préalablement à ces conditions, il doit exister des charges suffisantes, soit de sérieux 
soupçons de culpabilité, à l'égard de l'intéressé (art. 221 al. 1 CPP ; art. 5 par. 1 let. c CEDH), 
c'est-à-dire des raisons plausibles de le soupçonner d'avoir commis une infraction 
(TF 1B_464/2016 du 27 décembre 2016 consid. 2) ;

Attendu qu’il n'appartient toutefois pas au juge de la détention de procéder à une pesée 
complète des éléments à charge et à décharge et d'apprécier la crédibilité des personnes qui 
mettent en cause le prévenu ; il doit uniquement examiner s'il existe des indices sérieux de 
culpabilité justifiant une telle mesure (ATF 143 IV 330 consid. 2.1) ; l'intensité des charges 
propres à motiver un maintien en détention provisoire n'est pas la même aux divers stades de 
l'instruction pénale ; si des soupçons, même encore peu précis, peuvent être suffisants dans 
les premiers temps de l'enquête, la perspective d'une condamnation doit apparaître avec une 
certaine vraisemblance après l'accomplissement des actes d'instruction envisageables 
(ATF 143 IV 316 consid. 3.2) ; en d'autres termes, les soupçons doivent se renforcer plus 
l'instruction avance et plus l'issue du jugement au fond approche ; si des raisons plausibles de 
soupçonner une personne d'avoir commis une infraction suffisent au début de l'enquête, ces 
motifs objectifs doivent passer de plausibles à vraisemblables ; il faut ainsi, pour reprendre la 
jurisprudence relative au degré de preuve requis dans un procès, que des éléments parlent 
en faveur de la culpabilité du prévenu, et ce même si le juge envisage l'éventualité que tel ne 
soit pas le cas (TF 1B_208/2018 du 28 mai 2018 consid. 4.1) ;

5

Attendu, en l’espèce, que, dans son mémoire de recours, le recourant ne conteste pas, à juste 
titre, l’existence de charges suffisantes à son encontre ; au vu des actes d’instruction 
intervenus et de l’acte d’accusation déposé par le Ministère public, il existe en effet 
suffisamment d’indices pertinents permettant de conclure à l’existence de charges suffisantes 
à l’encontre du recourant ; 

Attendu qu’il y a lieu également de rappeler ici les motifs déjà relevés dans sa décision du 15 
juin 2022 par la Chambre de céans (CPR 66+67/2022), à savoir qu’il ressort des actes 
d’enquête que la plaignante a déclaré avoir eu des contacts via les réseaux sociaux avec le 
prévenu n° 2 qui l’a contactée 2-3 jours après qu’elle ait déménagé à U4.________ pour lui 
demander des photos d’elle nue (E.29) ; le prévenu n° 2 a repris contact avec la plaignante 
via les réseaux sociaux en date du 10 novembre 2020 et la plaignante a saisi cette occasion, 
selon ses déclarations, pour voir s’il allait admettre les faits (E.29) ; les extraits de messages 
ci-après entre le prévenu n° 2 et la plaignante via les réseaux sociaux (E.34ss) tendent à 
confirmer les déclarations de la plaignante : (prévenu n° 2) : « sa me manque presque les 
temps kon passait ensemble (smiley tirant la langue) » / (plaignante) : Quand ? / (prévenu n° 
2) : « Kand on allait derrière le restaurant, dans la caravane » / (plaignante) : c’était quand sa 
déjà ? (smiley) / (prévenu n° 2) : « Je c’est plus, mais tu te rappelles / (plaignante) : oui et 
quand tu venais chez moi aussi pendant que ma maman travaillais au restaurant c’était bien 
hahha » / (prévenu n° 2) : (3 smiley qui pleurent de rire, 1 smiley qui tire la langue) faire quoi / 
(plaignante) : « ? » / (prévenu n° 2) : « on fesait koi » / (plaignante) : « bah tu ses ce qu’on 
fessait nan ? » / (prévenu n° 2) : « Juste pour voir si tu te rappelles » (E.36) / (plaignante) : 
« on fessait l’amour hahha ta oublié » / (prévenu n° 2) : « (deux smiley qui tirent la langue) Ou 
bien kand tu m’envoies des photos en string et tt » / (plaignante) : « Oui » / (prévenu n° 2) : 
« Tt toute seule si oui envoie (smiley qui tire la langue) / (plaignante) : « Nan la je peut pas 
désolé » / (prévenu n° 2) : « Pk » / (plaignante) : « Il y a ma petite sœur » / (prévenu n° 2) : 
« Elle dort pas » / (plaignante) : « Non » / (prévenu n° 2) : « Ok. Vas au toilette (1 smiley qui 
tire la langue, 1 smiley qui pleure de rire) » / (plaignante) : « Après. C’était en 2010 que tu 
venais à la maison nan (smiley qui tire la langue) si je me souviens bien » / (prévenu n° 2) : 
« Peut être me rappel plus. Pk tu aimais » (E.38) / (plaignante) : « Oui » / (prévenu n° 2) : « Ta 
envie de nouveau » / (plaignante) : « Tu m’a pas appris a faire sa depuis petite pour rien hahha 
bien sûr que je veut » / (prévenu n° 2) : « Envoie alors les photos stp de tout » / (plaignante) : 
« De tout de quoi ? (emoticon clin d’œil) » / (prévenu n° 2) : « Tt nue en string tu voit koi » / 
(plaignante) : « Comme en 2010 ? (smiley qui tire la langue) » / (prévenu n° 2 : « Oui. Sa fait 
konbien de temps ke tu baise pas » / (plaignante) : « La dernière fois c’était avec toi et 
A.________ en 2013 tu te rappelles ? (cœur) » / (prévenu n° 2) : « Oui. Envoie stp » (E.39), 
etc. ; 

Attendu qu’il sied également de rappeler que les déclarations de la victime constituent un 
élément de preuve ; les cas de " déclarations contre déclarations ", dans lesquels les 
déclarations de la victime, en tant que principal élément à charge, et les déclarations 
contradictoires de la personne accusée s'opposent, ne doivent ainsi pas nécessairement, sur 
la base du principe " in dubio pro reo ", conduire à un acquittement ; l'appréciation définitive 
des déclarations des participants incombe au tribunal du fond (TF 6B_717/2020 du 26 
novembre 2020 consid 2.1.1 et réf) ;  

Attendu que la condition de l’existence de charges suffisantes est ainsi réalisée ; 

6

Attendu que le recourant conteste le risque de fuite retenu par le juge des mesures de 
contrainte, aux motifs que les deux jugements précédents, sur lesquels s’appuie l’ordonnance 
attaquée, ont été annulés, si bien que l’on ne saurait se fonder sur ces derniers, comme l’a fait 
le premier juge, pour retenir un risque de fuite ; lors de son premier jugement, il est arrivé libre 
à son procès, alors qu’il savait, quand bien même il contestait une partie des faits, qu'il 
encourrait une longue peine privative de liberté, compte tenu des infractions énumérées par 
le Ministère public ; l’ordonnance attaquée omet en outre de prendre en compte les liens forts 
qu’il entretient avec la Suisse ; il est certes de nationalité V1.________ (Pays UE) ; il vit 
toutefois en Suisse depuis l'âge de 9 ans, a suivi toute sa scolarité obligatoire en Suisse, a 
effectué un apprentissage, a exercé une activité professionnelle jusqu’à son incarcération et 
bénéfice d’un permis C, ce qui est la preuve de sa bonne intégration ; il vit en outre une relation 
amoureuse avec son ami, E.________, depuis plus de 5 ans, qui n’est pas issu de la 
communauté V1.________(Pays UE) ; ses attaches se trouvent en Suisse où vivent ses 
parents - où ils sont propriétaires de leur logement - et l’ensemble de ses amis ; il dispose d’un 
logement en Suisse, tant chez ses parents que chez son ami ; il n’est ainsi pas démontré qu’il 
entretiendrait des liens avec l’étranger ; il ne dispose en particulier pas d’une maison ou d'une 
famille à V1.________ (Pays UE) et le simple fait qu’il ait pu y passer des vacances n’est pas 
suffisant, de même que le fait d’assister à des manifestations automobiles en Europe ; 

Attendu, selon la jurisprudence, que le risque de fuite doit s'analyser en fonction d'un ensemble 
de critères tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec 
l'État qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger, qui font apparaître le risque de fuite 
non seulement possible, mais également probable ; les circonstances particulières de chaque 
cas d'espèce doivent être prises en compte (TF 1B_393/2015 du 9 décembre 2015 
consid. 2.2) ; il est sans importance que le risque de fuite puisse se réaliser dans un pays qui 
pourrait donner suite à une requête d'extradition de la Suisse (ATF 145 IV 503 consid. 2.2) ; 
si la gravité de l'infraction ne peut pas, à elle seule, justifier la prolongation de la détention, elle 
permet toutefois souvent de présumer un danger de fuite en raison de l'importance de la peine 
dont le prévenu est menacé (TF 1B_40/2013 du 26 février 2013 consid. 5.1 et réf.) ; il a par 
ailleurs notamment déjà été relevé par la jurisprudence que la proximité de l'audience de 
jugement est de nature à accroître le risque de fuite (TF 1B_773/2012 du 31 janvier 2013 
consid. 4.2 et réf.) ; 

Attendu, en l’espèce, que le prévenu, originaire de V1.________(Pays UE), vivant en Suisse 
depuis l’âge de 9 ans, soit depuis 2003, au bénéfice d’un permis C, a été scolarisé à l’école 
primaire de U2.________ où il habitait toujours avec ses parents ; il a ensuite fréquenté l’école 
secondaire de U5.________, puis celle de U6.________ pour sa dernière année ; il a fait un 
AFP en assistance automobile, puis un CFC qu’il a obtenu en 2015 ; il a travaillé dans 
différents garages à U7.________, U8.________, U9.________, U10.________ et 
U11.________, où il était employé comme responsable d’atelier ; il faisait partie d’un « team » 
de rallye, à U9.________, et faisait des meetings de voitures dans toute l’Europe ; il n’avait ni 
dette, ni poursuite ; il a un ami depuis fin 2018 (E.66 s.), avec lequel il vivait en couple ; il a 
déclaré que son travail se passait bien et qu’il tenait énormément à sa vie en Suisse où il a sa 
famille, ses amis, sa passion ; il voyage régulièrement à l’étranger dans le cadre de ses 
« contests » (p. 40) ; 

7

Attendu que s’il ne peut certes pas être simplement renvoyé à la peine qui avait été prononcée 
par le Tribunal pénal, le 25 mai 2022 et par la Cour pénale, le 2 décembre 2022, jugements 
annulés par le Tribunal fédéral, il n’en demeure pas moins que la motivation et la conclusion 
à laquelle sont parvenues ces instances judiciaires sont connues du recourant ; il s’agit à 
l’évidence d’une circonstance susceptible de peser lourd dans la détermination de ce dernier 
à demeurer en Suisse ; bien qu’il ait certes tissé des liens en Suisse où il y avait un travail, et 
où vivent en particulier son ami et ses parents les plus proches, il n’en demeure pas moins 
que la tentation de se soustraire au jugement à venir doit être considérée comme forte, 
d’autant plus chez une personne encore très jeune, pour laquelle la perspective de devoir, cas 
échéant, passer plusieurs années en prison apparaît dès lors plus concrète qu’avant les 
débats devant le Tribunal pénal ; le fait que le recourant ait librement comparu devant le 
Tribunal pénal, en mai 2022, n’est en conséquence pas déterminant ; compte tenu de la gravité 
des faits objets de l’acte d’accusation et, partant, de l’importance de la peine à laquelle 
s’expose le recourant, il existe en conséquence une probabilité élevée qu’il soit naturellement 
enclin à tenter de se dérober à la procédure pénale pendante contre lui et de se réfugier à 
l’étranger, en particulier à V1.________(Pays UE), où il n’aurait aucun mal à refaire sa vie, 
ceci d’autant plus qu’il ne dispose plus d’un travail actuellement et qu’il a régulièrement 
séjourné à V1.________(Pays UE), en particulier durant les vacances ; il y a d’ailleurs de la 
famille et il dénomme le village de son enfance : « Chez Moi Au Bled » ; il a également de la 
famille à V1.________(Pays UE) et à V2.________ (Pays UE) (classeur 4, PJ 7 recourant du 
29 novembre 2022, p. 933 à 935, 949 ss, 977 ss 995, 992 ss) ; 

Attendu que cette conclusion s’impose d’autant plus que le recourant est célibataire, sans 
enfant, et qu’en raison notamment de sa situation personnelle et des préventions retenues à 
son encontre, il angoisse en prison en raison de l’hostilité très forte de certains autres détenus 
(p. 368 ss et 378 s.) ; enfin, le fait qu’il ne possède pas de maison à V1.________(Pays UE) 
ne constitue pas un réel obstacle à un départ dans ce pays ; il en va de même du fait qu’il 
dispose d’un permis d’établissement ; cette circonstance dépendra d’ailleurs largement de 
l’issue de la procédure pénale et n’est pas pertinente pour l’appréciation du risque de fuite ; 

Attendu qu’il résulte ainsi de ces motifs autant d’indices concrets établissant l’existence d’un 
risque de fuite hautement probable justifiant le maintien du recourant en détention pour des 
motifs de sûreté ; 

Attendu, conformément au principe de la proportionnalité (art. 36 al. 3 Cst.), qu’il convient 
d'examiner les possibilités de mettre en œuvre d'autres solutions moins dommageables que 
la détention (règle de la nécessité) ; cette exigence est concrétisée par l'art. 237 al. 1 CPP, qui 
prévoit que le tribunal compétent ordonne une ou plusieurs mesures moins sévères en lieu et 
place de la détention si ces mesures permettent d'atteindre le même but que la détention ; 
selon l'art. 237 al. 2 CPP, font notamment partie des mesures de substitution la fourniture de 
sûretés (let. a), la saisie des documents d'identité (let. b), l'assignation à résidence ou 
l'interdiction de se rendre dans un certain lieu ou un certain immeuble (let. c), l'obligation de 
se présenter régulièrement à un service administratif (let. d), l'obligation d'avoir un travail 
régulier (let. e), l'obligation de se soumettre à un traitement médical ou à des contrôles (let. f) 
et l'interdiction d'entretenir des relations avec certaines personnes (let. g) ; cette liste est 
exemplative et le juge de la détention peut également, le cas échéant, assortir les mesures de 
substitution de toute condition propre à en garantir l'efficacité (ATF 142 IV 367 consid. 2.1) ;

8

Attendu, en l’espèce, que le recourant propose la remise en place de mesures de substitution, 
soit la fourniture de sûretés de CHF 10'000.-, versées par ses parents et provenant de leurs 
propres économies ; compte tenu de leur niveau de vie et de leur activité professionnelle 
(maçon pour le père, ouvrière dans l’horlogerie pour la mère), ce montant est suffisamment 
considérable pour constituer un frein à toute velléité de fuite, d’autant plus s’agissant de 
sûretés provenant des parents du recourant ; il propose également le dépôt de tous ses 
documents d’identité ;

Attendu que, quand bien même il apparaît que le recourant semble avoir respecté les mesures 
de substitution prononcées à son encontre et qu’il a déféré aux convocations de la justice, la 
proximité de la nouvelle audience des débats et du jugement de condamnation susceptible 
d’être prononcé à son encontre, de nouvelles mesures de substitution, notamment le dépôt de 
ses papiers d'identité tel que proposé, n'apparaitraient pas suffisantes pour pallier le danger 
de fuite élevé décrit ci-dessus, étant relevé qu’il est aisé de se rendre à V1.________(Pays 
UE), notamment, même sans document d'identité, en raison de l'espace Schengen (dans ce 
sens, TF 1B_145/2017 du 4 mai 2017 consid. 4.3) ; l’intensité du danger de fuite et le peu de 
difficulté de quitter la Suisse sans document d’identité ne saurait ainsi empêcher le recourant 
de passer la frontière (TF 1B_28/2019 du 8 février 2019 consid. 2.2 et 2.3) ; 

Attendu, en particulier qu’une interdiction de quitter le territoire suisse, même couplée à une 
surveillance électronique, ne permettrait pas non plus de prévenir une fuite en temps réel, 
mais uniquement de la constater a posteriori ; il en va de même d’une assignation à résidence 
ou de la présentation régulière à un poste de police ; ces mesures ne sont pas de nature à 
empêcher une personne de s'enfuir à l'étranger, voire de passer dans la clandestinité (ATF 145 
IV 503 consid. 3.2 et 3.3) ;

Attendu, par ailleurs, s’agissant des sûretés dont le dépôt est proposé, qu’il sied de constater 
qu’en dépit des liens étroits avec le recourant que présentent les personnes disposées à verser 
lesdites sûretés, le montant proposé, certes relativement important par rapport à la situation 
apparente de ces personnes, n'apparaît pas propre à prévenir le risque élevé de fuite retenu 
au cas d’espèce ; il en irait d'ailleurs de même pour un montant plus élevé, au regard de la 
gravité des charges déjà relevées ci-dessus et de la proximité des débats, étant relevé que la 
présence du recourant à ces derniers est indispensable à l’établissement de la vérité ; ainsi 
que déjà relevé, la jurisprudence a déjà eu l’occasion de préciser que les déclarations de la 
victime constituent un élément de preuve (not. TF 6B_1065/2019 du 23 octobre 2019 
consid. 1.3 et réf.) et que, conformément à l’art. 343 al. 3 CPP, l'administration directe d’un 
moyen de preuve doit être réitérée lorsque la connaissance directe du moyen de preuve 
apparaît nécessaire au prononcé du jugement ; la connaissance directe d'un moyen de preuve 
est en particulier nécessaire lorsque celle-ci est susceptible d'influer sur le sort de la 
procédure, ce qui est le cas si la force du moyen de preuve dépend de manière décisive de 
l'impression suscitée au moment de sa présentation, notamment quand des déclarations 
constituent l'unique moyen de preuve - à défaut de tout autre indice - et qu'il existe une 
situation de " déclarations contre déclarations " (TF 6B_238/2020 du 14 décembre 2020 
consid. 3.2 et réf), comme c’est essentiellement le cas en l’occurrence ; il apparaît ainsi 
essentiel d’assurer la comparution du recourant aux débats ; 

9

Attendu, en conséquence, qu’aucune mesure de substitution n’est en définitive propre à 
prévenir le risque de fuite retenu ;

Attendu que la durée de la détention déjà subie, soit moins de 17 mois, demeure en tout point 
conforme aux exigences posées par les art. 31 al. 3 Cst., 5 par. 3 CEDH et 212 al. 3 CPP, au 
regard de la durée probable de la peine privative de liberté à laquelle il faut s’attendre, en cas 
de condamnation du recourant pour les infractions imputées ;

Attendu, au vu de ce qui précède, que le maintien en détention du recourant se justifie en 
l’état ; la durée de la détention respecte le principe de proportionnalité, étant relevé que les 
débats du Tribunal pénal sont d’ores et déjà fixés au 15/16 janvier 2024 ; 

Attendu dès lors que le recours doit être rejeté ; 

Attendu que les frais sont mis à la charge du recourant qui succombe (art. 428 CPP), sans 
indemnité de dépens ;

PAR CES MOTIFS 
LA CHAMBRE PÉNALE DES RECOURS

rejette

le recours ;

met

les frais de la présente procédure, fixés à CHF 700.- (débours compris), à la charge du 
recourant ;

dit

qu’il n’est pas alloué de dépens ;

informe

les parties des voie et délai de recours selon avis ci-après ;

10

ordonne

la notification de la présente décision :
 au recourant, actuellement en détention pour des motifs de sûreté à la prison de 

U1.________ ;
 au recourant, par son mandataire, Me Daniel Trajilovic, avocat à Vevey ;
 au Ministère public, Mme la procureure Laurie Roth, Le Château, 2900 Porrentruy ;
 au Tribunal pénal du Tribunal de première instance, Le Château, 2900 Porrentruy.

Porrentruy, le 10 octobre 2023 

AU NOM DE LA CHAMBRE PÉNALE DES RECOURS
Le président : La greffière :

Daniel Logos Lisiane Poupon

Communication concernant les moyens de recours :

Un recours en matière pénale peut être déposé contre la présente décision auprès du Tribunal fédéral, 
conformément aux dispositions de la loi sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), en particulier aux art. 42 ss, 78 
ss et 90 ss LTF, dans un délai de 30 jours dès la notification du jugement. Ce délai ne peut pas être prolongé (art. 
47 al. 1 LTF). Le mémoire de recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Il doit être rédigé 
dans une langue officielle, indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. Les motifs 
doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit. Un exemplaire de la décision attaquée doit par 
ailleurs être joint au recours.

Les mémoires doivent être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral, soit, à l’attention de 
ce dernier, à la Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF).