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**Case Identifier:** ac65adf5-8ebc-508e-be2b-ad1dd25fbb9e
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2005-09-13
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 13.09.2005 A/2060/2003
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-2060-2003_2005-09-13.pdf

## Full Text

Siégeant : Mme Doris WANGELER, Présidente, 

 Mmes Karine STECK et Juliana BALDE, Juges 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/2060/2003 ATAS/758/2005 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 

ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 1 

du 13 septembre 2005 
 

 

 

En la cause 

 

 

FONDATION COMMUNE DE LA BANQUE CANTONALE 
VAUDOISE, domiciliée place St-François 14 à Lausanne, représentée 

par Maître Anne TROILLET-MAXWELL en l’Etude de laquelle elle  

élit domicile 

 

demanderesse 

défenderesse 

reconventionnelle 

 

 

contre 

 

 

FONDATION PATRIMONIA, domiciliée place Saint-Gervais 1  

à Genève, représentée par Maître Jacques-André SCHNEIDER en  

l’Etude duquel elle élit domicile 

 

 

 

X__________SA,  

 

défenderesse 

demanderesse 

reconventionnelle 

 

 

 

defendeur 

 

 

 

 

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EN FAIT 

1. La société X__________SA (ci-après l’Employeur), dont le siège est à Bussigny 

(Vaud), s’est affiliée auprès de la FONDATION PATRIMONIA (ci-après 

PATRIMONIA). Le contrat a été signé le 26 novembre 1986 et est entré en 

vigueur le 1
er

 janvier 1987. Il a été conclu pour une durée de trois ans, étant prévu 

qu’il serait automatiquement reconduit s’il n’était pas dénoncé de part ou d’autre 

sept mois avant la fin d’une année civile. Il est par ailleurs indiqué que « les 

modalités de dénonciation du contrat passé avec la société d’assurance doivent 

être identiques à celles du présent contrat » (ch. 12 du contrat).  

PATRIMONIA a été créée par la Banque Y__________afin d’offrir à ses affiliés 

une prévoyance professionnelle. Elle agit, en principe, en tant que fondation 

commune par le biais d’un contrat de réassurance « stop loss ». Il peut arriver 

cependant, qu’elle conclue pour le compte de certains employeurs un contrat 

d’assurance portant sur les risques invalidité et décès auprès d’un assureur 

désigné. L’employeur a retenu cette solution et porté son choix sur LA SUISSE, 

SOCIETE D’ASSURANCES SUR LA VIE, et LA VAUDOISE COMPAGNIE 

D’ASSURANCES SUR LA VIE, PATRIMONIA agissant alors en tant que 

fondation collective. Le contrat d’affiliation PATRIMONIA – l’Employeur 

prévoit à cet égard que « font partie intégrante du présent contrat et sont annexés à 

ce dernier : 

- les conditions générales de PATRIMONIA, 

- les plans de prévoyance adoptés, 

- le contrat d’assurance pour les risques - invalidité et décès passé avec la 

société d’assurance LA SUISSE » 

Un nouveau contrat d’affiliation PATRIMONIA – l’Employeur est entré en 

vigueur le 1
er

 janvier 1990, annulant et remplaçant celui du 26 novembre 1986. Ce 

contrat reprend quasiment mot pour mot les termes du premier. Il est ainsi prévu 

sous chiffre 1. que « l’affilié déclare adhérer à la Fondation dès le 1
er

 janvier 1990 

pour une période initiale expirant au 31 décembre 1992 (trois ans minimum). Le 

contrat ne peut être dénoncé qu’après cette première échéance et seulement pour 

la fin d’une année civile avec un préavis de sept mois, faute de quoi il est 

automatiquement reconduit pour une nouvelle année ». Le ch. 2 stipule cependant 

que « font partie intégrante du présent contrat et sont annexés à ce dernier : 

- les conditions générales de la Fondation, 

- les plans de prévoyance adoptés, 

- le règlement du comité de gestion ». 

A la demande de l’employeur, le contrat avec LA SUISSE et la VAUDOISE 

ASSURANCE a été résilié au 31 décembre 1998, en raison de l’augmentation des 

tarifs de celles-ci. Le choix d’un nouvel assureur a été porté sur la 

 

 

 

 

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RENTENANSTALT SWISS LIFE, avec laquelle un contrat d’assurance a été 

conclu avec effet au 1
er

 janvier 1999.  

L’employeur a résilié le 22 décembre 2000 le contrat d’affiliation qui le liait à 

PATRIMONIA avec effet au 31 décembre 2001, et s’est affilié dès le 1
er

 janvier 

2002 auprès de la FONDATION COMMUNE DE LA BANQUE CANTONALE 

VAUDOISE, deuxième pilier (ci-après FBCV). Le nouveau contrat, dit 

convention d’adhésion, a pour but « d’assurer l’ensemble du personnel contre les 

conséquences économiques résultant de la vieillesse, du décès et de l’invalidité. 

(L’employeur) assume ainsi son obligation en matière de prévoyance 

professionnelle à l’égard de son personnel ». Selon l’art. 2 du plan de prévoyance, 

sont assurés tous les salariés de l’entreprise dont le salaire annuel déterminant au 

sens de l’art. 12 du règlement de la Fondation est supérieur à la rente simple 

maximale de l’AVS.  

2. PATRIMONIA, suite à la résiliation précitée du contrat d’affiliation 

PATRIMONIA – l’Employeur, a transféré à la FBCV les réserves mathématiques 

afférentes aux rentes d’invalidité en cours. La FBCV a refusé ce transfert et a 

rétrocédé les réserves à PATRIMONIA.  

3. Par courrier du 22 avril 2002, l’autorité de surveillance des fondations du canton 

de Vaud, à laquelle s’était adressée PATRIMONIA, a déclaré qu’à son avis, 

l’ensemble des bénéficiaires et des assurés de PATRIMONIA devait être transféré 

à la FBCV à la date de la reprise.  

Informée de cette prise de position, la FBCV a indiqué à l’autorité de surveillance, 

par courrier du 7 mai 2002, qu’elle persistait néanmoins dans son refus de 

reprendre le service des rentes en cours. Elle a en effet considéré que l’avis de 

l’autorité de surveillance ne portait pas sur les cas d’assurance survenus avant le 

1
er

 janvier 2002. 

4. Le 20 juin 2002, PATRIMONIA a annoncé à la FBCV qu’elle entendait lui 

transférer les réserves mathématiques au 31 décembre 2001, soit un montant de 

7'817’250 fr. 70 (pièce 23 PATRIMONIA). 

 La FBCV lui a rétrocédé le 15 août 2002 toutes les réserves portant sur les 

prestations des personnes ayant des cas d’assurance survenus antérieurement au 

31 décembre 2001, soit  un montant de 395'546 fr. 

5. Par courrier du 13 janvier 2003, adressé à l’employeur, la FBCV a confirmé 

qu’elle refusait d’assumer le paiement des rentes pour des risques survenus avant 

le 1
er

 janvier 2002 ; elle a néanmoins accepté de reprendre temporairement le 

service des prestations en cours au cas où PATRIMONIA viendrait à en cesser le 

versement (cf. pièce 14 FBCV).  

 

 

 

 

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Le 6 février 2003, PATRIMONIA a menacé l’employeur de suspendre jusqu’à 

droit connu le paiement des rentes dès le mois d’avril 2003.  

6. Le 6 juin 2003, la FBCV a indiqué à PATRIMONIA que si celle-ci cessait le 

paiement des prestations en cours, elle assisterait les bénéficiaires dans leurs 

éventuelles démarches auprès des tribunaux.  

 La FBCV a à cet égard informé les assurés que si PATRIMONIA ne versait plus 

les prestations, elle s’engageait à les assumer provisoirement, pour autant que 

ceux-ci lui donnent procuration pour recourir en leurs noms (cf. pièce 21 FBVC). 

 Le 22 juillet 2003, PATRIMONIA a fait part à tous les bénéficiaires de sa 

décision de suspendre le versement des rentes avec effet au 1
er

 octobre 2003. 

Au 31 décembre 2001, la liste des rentiers était la suivante : 

- B__________, né le 13 novembre 1955 : droit à une rente d’invalidité 100% 

depuis le 1
er

 octobre 2000, 

- C__________, né le 19 octobre 1939 : droit à une rente d’invalidité 100% 

depuis le 1
er 

mars 1997, (retraité dès le 1
er

 novembre 2004), 

- D__________, né 10 avril 1968 : droit à une rente d’invalidité 70% depuis le 

1
er

 février 1996, 

- E__________, né le 12 décembre 1940 : droit à une rente d’invalidité 50% dès 

le 1
er

 septembre 1997 et 100% dès le 31 décembre 1997, 

- M__________ , née le 9 août 1945 : droit à une rente d’invalidité 50% dès le 

1
er

 janvier 2000, à 40% dès le 1
er

 mai 2000, et à 50% dès le 1
er

 octobre 2000, 

- P__________, né le 9 mars 1945 ; droit à une rente d’invalidité 50% dès le 1
er

 

juin 1997, 

- Q__________, né le 13 août 1948 : droit à une rente d’invalidité 50% dès le 1
er

 

novembre 1994. 

- H__________  

Le 23 septembre 2003, la FBVC a informé PATRIMONIA qu’elle avait en sa 

possession des déclarations de cessions de créances signées en sa faveur par sept 

bénéficiaires de rentes (cf. pièce 36 PATRIMONIA). Seul Monsieur 

H__________ n’a pas réagi au courrier à lui adressé par la FBCV. Dès le 1
er

 

octobre 2003, la FBCV a versé les rentes invalidité dues.  

7. Le 9 octobre 2003, la FBCV a mis PATRIMONIA en demeure de s’acquitter du 

paiement de ces rentes. 

 

 

 

 

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 Le 27 octobre 2003, représentée par Maître Anne TROILLET MAXWELL, elle a 

déposé auprès du Tribunal de céans une action pécuniaire et en constatation de 

droit visant à la condamnation de PATRIMONIA au paiement des rentes 

d’invalidité en cours, des rentes de retraite qui leur succéderont ainsi que les 

rentes de survivants, et au remboursement du montant des rentes qu’elle a elle-

même avancé depuis le 1
er

 octobre 2003. 

8. Invitée à se déterminer, PATRIMONIA, représentée par Maître Jacques-André 

SCHNEIDER, a rappelé, dans un mémoire du 23 février 2004, que l’employeur 

avait délibérément choisi de conclure une assurance individuelle (pour les risques 

invalidité et décès) par l’intermédiaire de PATRIMONIA auprès des assureurs de 

son choix, soit LA SUISSE et la VAUDOISE ASSURANCES, puis la 

RENTENANSTALT SWISS LIFE et ne garder PATRIMONIA que pour la 

gestion de l’épargne. Selon PATRIMONIA, ce choix avait été dicté par des 

considérations économiques (entretenir des liens d’affaires avec certains 

assureurs) qui ont prévalu quand bien même les primes auraient été moins 

coûteuses dans le cadre de l’assurance risque dans la FONDATION COMMUNE 

PATRIMONIA sur la base d’un contrat de réassurance « stop loss », et ce 

s’agissant tant de LA SUISSE et de la VAUDOISE ASSURANCES, d’une part 

que de la RENTENANSTALT SWISS LIFE d’autre part.  

 L’art. 3 du contrat d’affiliation PATRIMONIA - X__________SA prévoit ainsi 

que le contrat d’assurance pour les risques invalidité et décès passé avec les 

sociétés d’assurance LA SUISSE et la VAUDOISE ASSURANCE notamment en 

fait partie intégrante et y est annexé.  

 La défenderesse voit également un lien de connexité étroit entre le contrat 

d’affiliation et le contrat d’assurance dans les modalités de résiliation, puisque 

l’employeur et la défenderesse avaient expressément prévu que celles du contrat 

d’assurance seraient identiques à celles du contrat d’affiliation (art. 12 du contrat 

d’affiliation PATRIMONIA – l’Employeur).  

 La défenderesse a par ailleurs expliqué que le nouveau contrat d’affiliation 

PATRIMONIA – l’Employeur entré en vigueur le 1
er

 janvier 1990, remplaçant et 

annulant celui du 25 novembre 1986 n’avait de raison d’être que dans 

l’application du principe de la gestion paritaire telle que définie dans la LPP. Elle 

souligne ainsi que ce nouveau contrat n’a apporté aucune modification quant aux 

liens étroits existant entre le contrat d’affiliation PATRIMONIA – l’Employeur et 

le contrat d’assurance avec LA SUISSE et LA VAUDOISE ASSURANCE.  

 La défenderesse a rappelé que lorsque le contrat avait été conclu avec la 

RENTENANSTALT SWISS LIFE, avec effet au 1
er

 janvier 1999, les valeurs 

acquises pour les prestations d’invalidité en cours au 31 décembre 1998 avaient 

été transférées par LA SUISSE en faveur de la RENTENANSTALT SWISS LIFE 

 

 

 

 

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qui reprenait la totalité de l’effectif et l’assurance correspondante des risques 

décès et invalidité, y compris les personnes partiellement invalides et les 

personnes en incapacité de gain. 

 La défenderesse dit avoir été contrainte de résilier le contrat d’assurance avec la 

RENTENANSTALT SWISS LIFE, lorsque l’employeur a résilié le contrat 

d’affiliation avec effet au 31 décembre 2001. Elle précise l’avoir fait oralement. 

Selon elle, la RENTENANSTALT SWISS LIFE ne pouvait quoi qu’il en soit pas 

contester la résiliation du contrat, dès lors que celui-ci devenait sans objet de par 

la résiliation du contrat d’affiliation PATRIMONIA – l’Employeur.  

 Elle reproche à la FBCV, institution de prévoyance auprès de laquelle 

l’employeur s’est affilié dès le 1
er

 janvier 2002, de n’avoir formulé aucune réserve 

concernant les bénéficiaires de rentes et les personnes en incapacité de travail au 

31 décembre 2001, et rappelle à cet égard que l’autorité de surveillance des 

fondations du canton de Vaud lui avait confirmé que dans un tel cas, l’ensemble 

des bénéficiaires et des assurés de la première institution devait être transféré 

auprès de la nouvelle caisse de pension à la date de la reprise.  

 Elle ajoute enfin que le 13 février 2004, elle a invité la RENTENANSTALT 

SWISS LIFE à verser les arrérages des rentes dès le 1
er

 octobre 2003 en faveur de 

la FBCV.  

 La défenderesse considère qu’elle ne saurait être contrainte à garder les rentiers 

invalides rattachés à l’employeur, vu l’absence de couverture d’assurance pour les 

risques qui surviendraient après la résiliation du contrat d’affiliation 

PATRIMONIA – l’Employeur et du contrat d’assurance collective sur la vie. Il 

n’existe plus selon elle de couverture d’assurance pour les risques décès et 

invalidité qui surviendraient après la résiliation du contrat d’assurance.  

 Elle fait valoir qu’elle a proposé à la FBCV le transfert des avoirs de vieillesse et 

les capitaux de couverture reçus du réassureur et correspondant aux prestations en 

cours pour les personnes en invalidité et en incapacité de travail au 31 décembre 

2001 et relève que celle-ci a refusé. De même celle-ci a-t-elle refusé l’engagement 

de PATRIMONIA de lui céder tous les droits relatifs aux prestations découlant du 

contrat d’assurance collective vie. 

 Elle conclut à ce que la FBCV soit déboutée de toutes ses conclusions et, 

reconventionnellement, demande à ce qu’elle soit condamnée à assurer la 

couverture LPP pour les rentiers invalides et les personnes incapables de travailler 

dès le 1
er

 janvier 2002, d’accepter en conséquence les avoirs de vieillesse 

correspondant ainsi que tous les montants correspondant à la valeur des 

prestations découlant du contrat d’assurance collective vie, de lui donner acte de 

ce qu’elle cède en faveur de la FBVC pour le compte de l’affiliation de 

 

 

 

 

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l’employeur tous les droits découlant du contrat d’assurance collective vie conclu 

avec la RENTENANSTALT SWISS LIFE et la VAUDOISE VIE.  

9. Le 8 avril 2004, la défenderesse a informé le Tribunal de céans que la FBCV avait 

conclu le nouveau contrat d’assurance risque avec la RENTENANSTALT SWISS 

LIFE, soit le même assureur que précédemment.  

10. Dans sa réplique du 30 avril 2004, la FBCV relève que si le contrat d’affiliation 

du 25 novembre 1986 mentionne effectivement que le contrat d’assurance en fait 

partie intégrante, tel n’est plus le cas dans le contrat d’affiliation du 15 novembre 

1991. Le contrat d’assurance conclu avec la RENTENANSTALT SWISS LIFE le 

17 février 2000 ne contient pas non plus de clause équivalente. Elle souligne 

également que contrairement à ce qu’affirme la défenderesse, le contrat 

d’assurance avec la RENTENANSTALT SWISS LIFE n’a pas été résilié à la 

demande de l’employeur, mais par la défenderesse elle-même.  

 S’agissant du contrat d’assurance FBCV - RENTENANSTALT SWISS LIFE du 

5 juillet 2002, en vigueur depuis le 1
er

 janvier 2002, dont PATRIMONIA a fait 

état dans son courrier du 8 avril 2004, la FBCV déclare qu’elle n’a fait qu’accéder 

au souhait émis par l’employeur, tout comme PATRIMONIA en son temps. La 

demanderesse insiste sur le fait que l’employeur n’a jamais été partie au contrat 

d’assurance conclu avec LA SUISSE et la VAUDOISE ASSURANCES, puis 

avec la RENTENANSTALT SWISS LIFE. C’est ainsi que l’employeur n’est pas 

débiteur des primes d’assurances et ne saurait avoir décidé la résiliation des 

contrats d’assurance. Elle considère que le fait que PATRIMONIA ait résilié le 

contrat d’assurance avec la RENTENANSTALT SWISS LIFE n’implique pas 

l’obligation pour elle-même de payer les rentes en cours.  

 La FBCV fait valoir que la reprise des rentes d’invalidité en cours par elle-même 

lui causerait un dommage en raison des frais administratifs de gestion, qui sont 

d’autant plus importants que certains des invalides ont été mis au bénéfice d’une 

rente alors qu’ils étaient très jeunes. Selon  la FBCV, on ne saurait dès lors 

soutenir que le transfert des rentes en cours à la nouvelle institution de prévoyance 

ne constituerait qu’une pure formalité et n’entraînerait aucun coût pour cette 

nouvelle institution.  

 La FBCV conclut en conséquence à ce qu’il soit dit et prononcé que 

PATRIMONIA est débitrice des rentes en cours lors de la résiliation du contrat 

d’affiliation ainsi que des rentes survenues après la résiliation si les bénéficiaires 

étaient assurés auprès de PATRIMONIA lorsqu’est survenue l’incapacité de 

travail dont la cause est à l’origine de l’invalidité, condamner PATRIMONIA à 

payer aux bénéficiaires de rentes leurs rentes d’invalidité pour l’avenir, les rentes 

de retraites qui leur succèderont ainsi que les rentes de survivants et condamner 

 

 

 

 

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PATRIMONIA à rembourser à la FBCV le montant des rentes qu’elle a avancé 

depuis le 1
er

 octobre 2003. 

11. Dans sa duplique du 28 juin 2004, PATRIMONIA attire l’attention du Tribunal de 

céans sur l’art. 4 du plan de prévoyance (contrat d’affiliation PATRIMONIA – 

l’Employeur du 15 novembre 1991), aux termes duquel : 

« Les risques d’invalidité et de décès sont assurés sur la base d’un contrat 

passé entre LA SUISSE, SOCIETE D’ASSURANCES SUR LA VIE et la 

FONDATION PATRIMONIA, pour le compte de l’affilié. Les conditions et 

les résultats du contrat sont intégrés au sein de la FONDATION 

PATRIMONIA dans une en-tête comprenant tous les contrats similaires ». 

 La défenderesse insiste sur le fait que PATRIMONIA avait été contrainte par 

l’employeur de conclure un contrat d’assurance auprès d’un assureur tiers, soit LA 

SUISSE, SOCIETE D’ASSURANCES SUR LA VIE, puis la RENTENANSTALT 

SWISS LIFE. 

 La défenderesse répète qu’elle craint l’absence de couverture juridique pour les 

risques échéant dès le 1
er

 janvier 2002, considérant que : 

« Le maintien des bénéficiaires de rentes ou des personnes en incapacité de 

travail au 31 décembre 2001, a pour conséquence grave et inévitable une 

absence de couverture d’assurance pour les risques échéant après la fin du 

contrat d’assurance. PATRIMONIA n’a en effet aucun support juridique sur 

lequel se baser en cas de décès d’un bénéficiaire de rente pour une raison 

autre que celle qui est à l’origine de l’invalidité ou en cas de décès d’un 

assuré en incapacité de travail pour une raison autre que celle à l’origine de 

l’incapacité de travail ». 

 Elle en conclut que la FBCV est tenue de reprendre l’intégralité du collectif des 

assurés existant au 1
er

 janvier 2002. 

 Elle considère que le comportement de la demanderesse et de l’employeur est 

constitutif d’un abus de droit manifeste, dans la mesure où d’une part, l’employeur, en 

omettant d’exiger de la nouvelle institution de prévoyance la reprise de la totalité 

de son collectif d’assurés, agit dans son propre intérêt financier puisqu’il ne verse 

plus de primes pour ces cas, et d’autre part, la FBCV est uniquement préoccupée 

par l’obtention de la gestion de l’épargne en ne réglant pas avec l’ancienne 

institution de prévoyance la question des assurés bénéficiaires de rentes, y 

compris les assurés exonérés du paiement des primes, et ce avant que le contrat 

d’affiliation ne soit conclu.  

 Elle relève au surplus, que tant l’employeur que la demanderesse ont 

volontairement omis de lui dire ainsi qu’au Tribunal de céans que le nouveau 

contrat d’assurance avait été conclu avec la RENTENANSTALT SWISS LIFE. 

Elle considère à cet égard que  

 

 

 

 

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« ce fait rend d’autant plus absurde ce procès qui n’a pas lieu d’être 

puisqu’une simple cession de contrat d’assurance vie collective entre 

PATRIMONIA et FBCV aurait suffi à régler le transfert de tous les 

assurés ». 

12. Les parties ont été entendues en comparution personnelle le 7 décembre 2004. La 

demanderesse a déclaré que selon sa pratique, lorsqu’il y avait reprise d’un contrat 

d’affiliation, elle ne reprenait que la partie active et jamais les rentes en cours. 

Elle a par ailleurs souligné que le fait que ce soit le même réassureur qui ait 

conclu avec les institutions de prévoyance importait peu.  

 La défenderesse a reconnu que dans le second contrat conclu en 1991, la mention 

selon laquelle le contrat d’assurance faisait partie intégrante du contrat 

d’affiliation avait été oubliée, mais qu’il allait de soi que dès la résiliation du 

contrat d’affiliation, le contrat d’assurance était lui-même d’office résilié.  

 A la question posée par la défenderesse de savoir qui assumerait le paiement de la 

rente de survivant concernant un rentier invalide qui décéderait après le 1
er

 janvier 

2002, la demanderesse a répondu que ce serait PATRIMONIA, le rentier en 

question n’appartenant plus au 1
er

 janvier 2002 au personnel actif de l’entreprise.  

 Les parties ont souhaité que soit entendu Monsieur A__________ de la 

RENTENANSTALT SWISS LIFE. 

13. Par ordonnance du 13 décembre 2004, le Tribunal de céans a appelé en cause 

X__________SA et lui a imparti un délai pour se déterminer.  

14. Le 23 décembre 2004, la FBCV a produit un échange de courrier entre elle-même 

et PATRIMONIA. Elle a par ailleurs précisé que dans les cas où un rentier 

invalide décéderait, la RENTENANSTALT SWISS LIFE verserait les éventuelles 

rentes de survivants sur la base de l’art. 6 al. 2 du contrat d’assurance vie entré en 

vigueur le 1
er

 janvier 1999. Elle a ainsi entendu répondre à la préoccupation de la 

défenderesse au sujet de l’absence de couverture juridique à compter du 1
er

 janvier 

2002. Elle a ajouté que : 

« Le fait que les réserves transférées par la RENTENANSTALT SWISS 

LIFE pourraient s’avérer insuffisantes pour couvrir ces éventuels cas 

constitue précisément l’objet du litige et une des raisons pour lesquelles la 

FBCV refuse de reprendre le service des rentes en cours ».  

15. Le 21 janvier 2005, l’employeur s’est déterminé. Il insiste sur le fait qu’il a 

respecté ses obligations légales et contractuelles à l’égard de la défenderesse puis 

de la demanderesse ainsi qu’à l’égard de ses employés. Il conteste ainsi être le 

débiteur de l’une ou de l’autre des rentes dues à ses anciens employés, ces rentes 

devant être versées soit par PATRIMONIA, soit par la FBCV, 

 Il a complété ses écritures le 31 janvier 2005, précisant quelles avaient été les 

motivations qui l’avaient conduit à changer d’institution de prévoyance. 

 

 

 

 

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16. Le 20 décembre 2004, la défenderesse a produit un dossier complet concernant les 

rentiers invalides accompagné d’un tableau récapitulatif et d’un dossier individuel 

pour chaque assuré.  

17. Monsieur A__________, conseiller d’entreprise au sein de la 

RENTENANSTALT SWISS LIFE a été entendu le 24 mai 2005. Il a déclaré que, 

en règle générale, lorsque le contrat d’affiliation est résilié, le contrat d’assurance 

n’a plus de raison d’être. Il a précisé que de nouvelles conditions générales étaient 

entrées en vigueur le 1
er

 janvier 2005, aux termes desquelles le transfert des 

rentiers invalides est expressément prévu. Selon lui les anciennes conditions 

générales, applicables au présent litige, étaient ambiguës. Il a confirmé que la 

défenderesse aurait pu demander à la RENTENANSTALT SWISS LIFE de 

continuer le versement des rentes en cours plutôt que de procéder au transfert des 

réserves, ajoutant que le montant des réserves sert à couvrir les expectatives 

futures. Il a par ailleurs indiqué qu’en cas de décès d’un rentier invalide, la 

RENTENANSTALT SWISS LIFE verserait les rentes de survivants dans le cadre 

du contrat conclu avec PATRIMONIA. En cas d’aggravation de l’invalidité d’un 

rentier pour la même cause, la RENTENANSTALT SWISS LIFE verserait 

l’éventuelle rente entière dans le cadre du même contrat, sous réserve de l’avoir 

de vieillesse. En cas d’aggravation de l’invalidité pour une cause différente en 

revanche, le dommage devrait être couvert par la nouvelle assurance.  

 La défenderesse a informé le Tribunal de céans qu’elle n’avait pas de questions à 

poser à l’employeur et qu’elle renonçait à s’exprimer sur les deux écritures de 

celui-ci.  

18. Sur quoi, la cause a été gardée à juger.  

19. Le 18 août 2005, la défenderesse a transmis au Tribunal de céans copie de son 

courrier du 1
er

 juillet 2005 adressé à la RENTENANSTALT SWISS LIFE ainsi 

que la réponse de celle-ci datée du 25 juillet 2005 et l’a informé qu’elle entendait 

prendre de nouvelles conclusions subsidiaires. 

 Le 30 août 2005, la demanderesse a prié le Tribunal de céans d’écarter ce courrier 

et ses annexes du dossier.  

20. Les allégués des parties seront repris en tant que de besoin, dans la partie en droit 

qui suit. 

 

EN DROIT 

1. La loi genevoise sur l’organisation judiciaire (LOJ) a été modifiée et a institué, 

dès le 1
er

 août 2003, un Tribunal cantonal des assurances sociales, composé de 5 

 

 

 

 

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juges, dont un président et un vice-président, 5 suppléants et 16 juges assesseurs 

(art. 1 let. r et 56 T LOJ).  

Suite à l’annulation de l’élection des 16 juges assesseurs, par le Tribunal fédéral le 

27 janvier 2004 (ATF 130 I 106), le Grand Conseil genevois a adopté, le 13 

février, une disposition transitoire urgente permettant au Tribunal cantonal des 

assurances sociales de siéger sans assesseurs à trois juges titulaires, ce, dans 

l’attente de l’élection de nouveaux juges assesseurs. 

2. Conformément à l'art. 56 V al. 1 let. b LOJ, le Tribunal cantonal des assurances 

sociales connaît en instance unique des contestations relatives à la prévoyance 

professionnelle opposant institutions de prévoyance, employeurs et ayants droit, y 

compris en cas de divorce, ainsi qu’aux prétentions en responsabilité (article 331 à 

331e du code des obligations ; articles 52, 56a, alinéa 1, et article 73 de la loi 

fédérale sur la prévoyance professionnelle, vieillesse, survivants et invalidité du 

25 juin 1982 ; article 142 code civil). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

3. En l’espèce, la demanderesse a déposé le 27 octobre 2003 auprès du Tribunal de 

céans une action pécuniaire dirigée contre la défenderesse. Elle conclut à ce que 

PATRIMONIA soit condamnée à payer à Messieurs C__________, 

P__________, B__________, D__________, E__________, M__________, 

Q__________ et G__________ leurs rentes d’invalidité pour l’avenir, les rentes 

de retraite qui leur succéderont, ainsi que les rentes de survivants qui en 

découleront, d’une part, et d’autre part, à lui rembourser le montant des rentes 

qu’elle a avancées depuis le 1
er

 octobre 2003 à ces bénéficiaires. 

Agissant en vertu de la cession des droits à elle cédés par les bénéficiaires de 

rentes, la légitimation active peut lui être reconnue (art. 164 ss. CO ; 170 CO; ATF 

109 III 27; ATF B 84/00 et B 86/00 ; BPP N° 24/1992), étant précisé que Monsieur 

Isaac H__________ n’ayant pas cédé ses droits à la FBCV, celle-ci n’est pas 

habilitée à agir en ses lieu et place.  

4. Le litige porte sur le sort des rentes après qu’il y ait eu résiliation par l’employeur 

du contrat d’affiliation qui le liait à la défenderesse, et nouveau contrat conclu 

avec la demanderesse. 

5. En l’état, la loi ne règle pas expressément la question de savoir ce qu’il advient 

des rentes en cours lorsque l’employeur résilie le contrat d’affiliation qui le lie à 

une fondation collective, pour s’affilier à une nouvelle fondation.  

 5a) Il n’est pas contesté que la résiliation du contrat d’affiliation et la réaffiliation ne 

constitue pas un cas de libre passage (ATF 120 V 445 ; ATF 125 V 421 ; ATF 

B. 24/02). La loi sur le libre passage ne saurait dès lors être appliquée. 

 

 

 

 

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 5b) Dans le cadre de la première révision LPP, entrée en vigueur le 1
er

 avril 2004, une 

nouvelle disposition légale, soit l’art. 53e LPP, règle la question de la résiliation 

des contrats. Elle prévoit plus particulièrement, à l’al. 4, que si l’employeur résilie 

le contrat d’affiliation avec son institution de prévoyance, le maintien des rentiers 

dans l’actuelle institution de prévoyance ou leur transfert à la nouvelle institution 

est réglé par accord entre l’ancienne institution de prévoyance et la nouvelle, dans 

la mesure où ledit contrat d’adhésion ne prévoit pas de règle particulière pour ce 

cas. En l’absence de règles ou si aucun accord n’est conclu entre l’ancienne 

institution de prévoyance et la nouvelle, les rentiers restent affiliés à la première. 

Cette disposition légale n’est cependant pas applicable au cas d’espèce, 

puisqu’elle n’est en vigueur que dès le 1
er

 avril 2004. 

 5c) Le TFA a eu l’occasion, in ATF 125 V p. 421, d’examiner la situation des 

personnes au bénéfice d’une rente LPP lorsque le rapport d’affiliation entre 

l’institution de prévoyance et l’employeur est résilié. Il a considéré qu’il 

appartenait à la première institution de prévoyance de continuer à verser aux 

bénéficiaires les rentes auxquelles ils avaient droit, étant précisé que l’institution 

de prévoyance et l’employeur ont la possibilité de prévoir le sort des rentiers 

d’une autre façon. Quoi qu’il en soit, la volonté des parties devait être clairement 

établie. La question de savoir s’il suffirait que la disposition qui dérogerait au 

principe de prise en charge par la première institution figure dans le contrat 

d’affiliation seulement, a été laissée ouverte.  

 5d) Dans un second arrêt publié in ATF 127 V 377, le TFA a précisé que pour 

déterminer la volonté des parties, toutes les circonstances du cas devaient être 

prises en considération, soit le contrat d’affiliation, le plan de prévoyance, les 

contrats d’assurance collective et les conditions générales. Le passage dans la 

nouvelle institution d’affiliés au bénéfice d’une rente était admis dès lors que la 

résiliation du contrat d’affiliation avait également rendu caduc le contrat 

d’assurance collective conclu par l’ancienne institution de prévoyance. 

6. En l’espèce, lorsque l’employeur a conclu le contrat d’affiliation avec la 

défenderesse, il a souhaité que les risque d’invalidité et décès soient assurés non 

par la défenderesse, par le biais d’un contrat de réassurance stop loss, mais par un 

autre assureur.  

Le contrat d’assurance est soumis à la loi fédérale du 2 avril 1908 sur le contrat 

d’assurance (LCA) et a pour objet la totalité ou une partie des prestations que la 

fondation s’est engagée à fournir aux assurés dans le cadre du contrat d’affiliation. 

Le contenu est défini par le règlement.  

La défenderesse agit alors en tant que fondation collective, ce qui signifie que 

pour chaque contrat d’affiliation qu’elle conclut avec les employeurs, elle tient un 

compte spécifique quant au financement des prestations et à l’administration de la 

 

 

 

 

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fortune (Bulletin prévoyance professionnelle (BPP) N° 24/1992, p. 9). Les raisons 

pour lesquelles X__________SA a opté pour cette solution, lesquelles ont été 

expliquées au Tribunal de céans par l’employeur lui-même et commentées par la 

défenderesse, ne sont pas pertinentes dans le cadre de la présente procédure, dans 

la mesure où chaque employeur est libre de préférer que soit conclue une 

assurance individuelle par l’intermédiaire de la fondation LPP, tout en gardant à 

celle-ci la gestion commune de l’épargne. C’est du reste ce choix qu’ont effectué 

six des cent onze employeurs affiliés à la défenderesse.  

7. Ce qui importe en revanche, est d’examiner si la résiliation du contrat d’affiliation 

implique ou non celle du contrat d’assurance (ATF 127 V 377).  

 7a) Selon la demanderesse, tel n’est pas le cas. Dans le cas traité dans l’ATF 

127 V 377 et contrairement au cas d’espèce, la fondation collective n’avait 

fonctionné que comme transit entre l’employeur et l’assureur. C’est la raison pour 

laquelle la demanderesse considère que cette jurisprudence ne s’applique pas ici, 

puisque précisément la défenderesse continue à assumer le risque épargne, gère sa 

fortune et n’a nullement été créée que dans le but de vendre des produits 

d’assurance à des employeurs. Aussi la situation examinée par le TFA dans l’ATF 

127 V 377, qui a permis à celui-ci de juger que la résiliation du contrat 

d’affiliation entraînait celle de contrat d’assurance et partant, qu’il incombait à 

l’institution de prévoyance reprenante de s’acquitter des rentes en cours, est-elle 

totalement différente du cas d’espèce.  

 7b) Pour la défenderesse au contraire, les deux contrats forment un tout ; ils sont liés 

de sorte que le contrat d’assurance n’a plus de raison d’être dès la résiliation du 

contrat d’affiliation. Elle s’inquiète en conséquence de l’absence de couverture 

des risques d’invalidité et décès dès ce moment. 

Elle considère que la situation décrite dans l’ATF 127 V 377 est identique au cas 

d’espèce et rappelle que le TFA avait déjà affirmé que la résiliation d’un contrat 

d’affiliation entraînait celle du contrat collectif d’assurance (ATF 120 V 305).  

 7c)  Il s’agit de déterminer quelle avait été la volonté des parties.  

L’assuré est lié à l’institution de prévoyance par un contrat innommé (sui generis) 

dit d’affiliation, dont le règlement de prévoyance constitue le contenu préformé, 

savoir ses conditions générales, auxquelles l’assuré se soumet expressément ou 

par actes concluants (p. ex. en conservant le règlement reçu, en payant des 

cotisations ou en acceptant la déduction correspondante sur son salaire). 

L’interprétation du règlement doit dès lors se faire selon les règles générales qui 

sont applicables pour interpréter les contrats (ATF 122 V 145 consid. 4b).  

  Le Tribunal de céans constate que dans le premier contrat d’affiliation 

PATRIMONIA – l’Employeur conclu en 1987, il était expressément indiqué que 

 

 

 

 

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le contrat d’assurance en faisait partie intégrante et y était annexé. Il était prévu 

que les modalités de résiliation du contrat d’affiliation et du contrat d’assurance 

étaient les mêmes. Il est vrai que tel n’est en revanche plus le cas dans le second 

contrat PATRIMONIA – l’Employeur, conclu en 1990 qui annule et remplace le 

précédent. L’art. 4 du plan de prévoyance signé le 15 novembre 1991, faisant 

partie intégrante du contrat d’affiliation conclu le même jour et des conditions 

générales, remplaçant et annulant celui du 1
er

 janvier 1987, prévoit cependant que 

« les risques d’invalidité et de décès sont assurés sur la base d’un contrat passé 

entre LA SUISSE, SOCIETE D’ASSURANCES SUR LA VIE et la FONDATION 

PATRIMONIA pour le compte de l’affilié. Les conditions et les résultats du 

contrat sont intégrés au sein de la FONDATION PATRIMONIA dans une en-tête 

comprenant tous les contrats similaires ».  

La volonté des parties au contrat d’affiliation PATRIMONIA – l’Employeur 

apparaît dès lors comme ayant été de lier le plus étroitement possible les deux 

contrats, le contrat d’affiliation et le contrat d’assurance, tant en 1987 qu’en 1991, 

puisque l’employeur avait précisément confié à PATRIMONIA le soin de 

conclure un contrat afin d’assurer les risques décès et invalidité auprès d’une 

compagnie d’assurance. Il convient cependant d’admettre qu’aucune clause 

contractuelle ne fait allusion aux conséquences d’une résiliation du contrat 

d’affiliation pour le contrat d’assurance.  

Bien au contraire, ils n’entendaient pas que la résiliation du contrat d’affiliation 

impliquât celle du contrat d’assurance : il y a en effet lieu de relever que lorsqu’un 

nouveau contrat d’affiliation PATRIMONIA – l’Employeur a été établi en 1991, 

le contrat d’assurance avec LA SUISSE n’a pas dû être renégocié ce qui 

vraisemblablement explique « l’oubli » d’en faire mention dans le contrat 

d’affiliation. Seul un avenant au contrat a été prévu, aux termes duquel l’art. 9 al. 

3 portant sur la nature des prestations accordées aux femmes est modifié, les 

dispositions relatives au montant de la rente viagère, de la rente d’enfant, de 

pensionné et de la rente de veuve servie en cas de décès après l’âge terme sont 

supprimées (art. 12 al. 2), et une nouvelle réadaptation est adoptée pour l’art. 15. 

En d’autres termes, cet avenant ne fait qu’apporter quelques précisions au contrat 

de base, conclu en janvier 1988 ; il n’annule et ne remplace celui-ci en aucune 

manière.  

Force est d’en conclure que PATRIMONIA et LA SUISSE restaient liés par le 

même contrat d’assurance, alors même qu’un nouveau contrat d’affiliation avait 

été signé. Aucune interruption n’est intervenue dans le rapport contractuel. Il 

appert ainsi que PATRIMONIA et l’employeur n’ont pas voulu que la résiliation 

du contrat d’affiliation entraîne systématiquement celle du contrat d’assurance. 

Partant, c’est à la défenderesse qu’il incombe de verser les rentes en cours.  

 

 

 

 

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Du reste, cette volonté de l’employeur est confirmée par le fait que dans le contrat 

d’affiliation conclu avec la FBCV, est expressément prévu que cette dernière 

reprend tous les salariés de l’entreprise dès le 1
er

 janvier 2002. 

8. Au surplus, si l’on reprend le raisonnement suivi par le TFA, la même solution 

doit être adoptée. 

Dans son arrêt du 27 octobre 1994, le TFA a expressément déclaré que la 

résiliation de la convention d’affiliation à l’institution de prévoyance qui, elle-

même, a transféré les risques assurés à une compagnie d’assurance, entraîne la 

résiliation du contrat collectif d’assurance conclu par l’institution de prévoyance 

(ATF 120 V 299).  

 Dans l’ATF 127 V 377, ce principe est confirmé, étant précisé qu’il s’applique 

dans le cas d’une fondation de transit.  

 Une fondation collective est une fondation de transit lorsqu’elle a été fondée par la 

compagnie d’assurance avec laquelle elle conclut un contrat d’assurance pour un 

de ses employeurs. Elle n’est dans ce cas qu’un instrument intercalé entre 

l’employeur tenu de s’affilier et la compagnie d’assurance (BPP n° 63 du 17 

juillet 2002 N° 384). Les fondations collectives et communes peuvent en effet être 

constituées par une association professionnelle, par une compagnie d’assurance ou 

par une banque. 

 Il y a lieu de constater qu’en l’espèce, la défenderesse a été créée par une banque. 

Elle ne peut dès lors être considérée comme une fondation de transit, par rapport 

au contrat d’assurance conclu pour l’employeur avec la défenderesse. En 

conséquence, la jurisprudence parue in ATF 127 V 377 ne saurait s’appliquer au 

présent litige. Elle se justifie lorsqu’il s’agit d’une fondation de transit. En effet, 

dans un tel cas on ne peut envisager de contrat d’affiliation sans qu’il y ait 

conclusion d’un contrat d’assurance correspondant ; il va ainsi de soi que la 

résiliation du contrat d’affiliation entraîne automatiquement celle du contrat 

d’assurance. Dans la situation décrite dans l’arrêt du TFA, une disposition 

contractuelle le prévoyait puisqu’en cas de résiliation, la fondation devait mettre à 

disposition, en tant que valeur de remboursement le montant qu’elle recevait de 

l’assureur sur la base du contrat collectif d’assurance-vie. Le TFA en avait déduit 

que le cas des rentiers avait été réglé. Il appartenait alors à la nouvelle fondation 

de prévoyance de les reprendre. 

9. Une telle solution, soit la continuation par l’ancienne institution de prévoyance du 

versement des rentes en cours, rejoint par ailleurs celle retenue par le législateur 

dans le nouvel art. 53e LPP, selon lequel le maintien des rentiers dans l’ancienne 

institution ou leur transfert dans la nouvelle est réglé par le contrat d’affiliation 

ou, à défaut, par accord entre les deux institutions. En ce sens, la volonté 

clairement exprimée par la FBCV est de ne pas reprendre ces rentes en cours.  

 

 

 

 

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10. La défenderesse reproche à la demanderesse et à l’employeur de n’avoir rien 

prévu quant au sort des rentiers en cas de résiliation du contrat d’affiliation 

PATRIMONIA–l’Employeur et du contrat de réaffiliation FBCV-l’Employeur. 

 La défenderesse se réfère à cet égard aux « Instructions concernant l’examen de la 

résiliation du contrat d’affiliation et de la réaffiliation » publiées par l’OFAS le 23 

décembre 1992 (BPP N° 24/1992 p. 2 ss.). Il y est notamment prévu que la 

première institution de prévoyance donne à la nouvelle toutes les informations 

nécessaires sur les assurés et lui transfère la fortune ; dans le délai d’un mois, ou à 

défaut, au moins les capitaux d’épargne ou de couverture (y compris les avoirs de 

vieillesse), découlant de la résiliation du contrat d’affiliation.  

 La défenderesse conclut de ces instructions que toutes les personnes doivent être 

transférées de l’ancienne institution de prévoyance à la nouvelle. Selon elle, la 

demanderesse n’a pas respecté ces instructions et ne s’est en particulier pas 

préoccupée de régler le sort des rentiers au 31 décembre 2001. Au surplus, compte 

tenu du fait que, finalement, la demanderesse a conclu pour l’employeur un 

contrat d’assurance avec le même assureur, soit la RENTENANSTALT SWISS 

LIFE, avec effet au 1
er

 avril 2002, il lui appartenait d’autant plus de faire en sorte 

qu’il y ait continuité entre les deux contrats de ré-assurance des risques.  

 Il ressort cependant des déclarations du représentant de la RENTENANSTALT 

SWISS LIFE que « le montant des réserves sert à couvrir les expectatives futures. 

En cas de décès d’un rentier invalide, SWISS LIFE verserait les rentes de 

survivants dans le cadre du contrat conclu avec PATRIMONIA. En cas 

d’aggravation de l’invalidité d’un rentier pour la même cause, SWISS LIFE  

verserait l’éventuelle rente entière dans le cadre du même contrat (sous réserve de 

l’avoir de vieillesse). En cas d’aggravation de l’invalidité pour une cause 

différente en revanche, le dommage serait couvert par la nouvelle assurance » (cf. 

procès-verbal d’enquêtes Monsieur A__________ du 24 mai 2005). 

 La crainte de la défenderesse concernant une non couverture d’assurance pour les 

risques décès et invalidité n’apparaît en conséquence pas fondée.  

 La solution consistant à admettre le droit pour les rentiers de continuer à recevoir 

leurs prestations de l’ancienne institution de prévoyance se justifie en 

conséquence, sachant au surplus, que la réserve versée à la nouvelle institution est 

souvent d’un montant inférieur du fait qu’elle est calculée sur une base tarifaire 

ancienne.  

 La demande doit en conséquence être admise, en ce sens que la défenderesse est 

condamnée à payer aux bénéficiaires ayant cédé leurs droits à la demanderesse 

leurs rentes d’invalidité pour l’avenir, les rentes de retraite qui leur succéderont et 

les rentes de survivants qui en découleront, et à rembourser à la demanderesse le 

montant des rentes avancées depuis le 1
er

 octobre 2003 pour ces mêmes 

 

 

 

 

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bénéficiaires. Un intérêt de 5% à compter de cette date sera compté conformément 

aux art. 68 ss. CO.  

 Le Tribunal de céans n’entrera en revanche pas en matière sur la demande en 

constatation de la qualité de débiteur de la défenderesse, faute d’intérêt digne 

d’être protégé (ATF 129 V 290).  

 Au surplus, il écartera les conclusions subsidiaires du 18 août 2005, en tant 

qu’elles ont été déposées par la défenderesse après que la cause ait été gardée à 

juger. 

 La demanderesse qui obtient gain de cause a droit à une indemnité de 7'500 fr.  

 

PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

(conformément à la disposition transitoire de l’art. 162 LOJ) 

A la forme : 

1. Déclare la demande recevable. 

Au fond : 

2. L’admet. 

3. Condamne la FONDATION PATRIMONIA à payer à Messieurs C__________, 

P__________, B__________, D__________, E__________, M__________, 

Q__________ leurs rentes d’invalidité pour l’avenir, les rentes de retraite qui leur 

succéderont, ainsi que les rentes de survivants qui en découleront. 

4. Condamne la FONDATION PATRIMONIA à rembourser à la FONDATION 

COMMUNE DE LA BANQUE CANTONALE VAUDOISE, deuxième pilier, le 

montant des rentes qu’elle a avancées depuis le 1
er

 octobre 2003 à Messieurs 

C__________, P__________, B__________, D__________, E__________, 

M__________, Q__________, avec intérêt moratoire au taux annuel de 5% dès le 

1
er

 octobre 2003. 

5. N’entre pas en matière sur la demande en constatation de la qualité de débiteur de 

la défenderesse. 

 

 

 

 

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6. Rejette la demande reconventionnelle de la FONDATION PATRIMONIA et 

déclare irrecevables ses conclusions subsidiaires. 

7. Condamne la FONDATION PATRIMONIA à verser à la FONDATION COMMUNE 

DE LA BANQUE CANTONALE VAUDOISE, deuxième pilier, une indemnité de 

7'500 fr. 

8. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 

dans un délai de 30 jours dès sa notification par pli recommandé adressé au 

Tribunal fédéral des assurances, Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE, en trois 

exemplaires. Le délai ne peut être prolongé. Le mémoire doit : a) indiquer 

exactement quelle décision le recourant désire obtenir en lieu et place de la décision 

attaquée; b) exposer pour quels motifs il estime pouvoir demander cette autre 

décision; c) porter sa signature ou celle de son représentant. Si le mémoire ne 

contient pas les trois éléments énumérés sous lettres a) b) et c) ci-dessus, le 

Tribunal fédéral des assurances ne pourra pas entrer en matière sur le recours qu’il 

devra déclarer irrecevable. Le mémoire de recours mentionnera encore les moyens 

de preuve, qui seront joints, ainsi que la décision attaquée et l’enveloppe dans 

laquelle elle a été expédiée au recourant (art. 132, 106 et 108 OJ). 

 

La greffière 

 

 

 

 

Marie-Louise QUELOZ 

 La présidente 

 

 

 

 

Doris WANGELER 

 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 

des assurances sociales par le greffe le