# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b1478386-5da0-5aa6-9981-eb6837b2ec65
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2008-11-06
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 06.11.2008 BB.2008.64
**Docket/Reference:** BB.2008.64
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_BB-2008-64_2008-11-06

## Full Text

Communication des charges (art. 40 al. 2 PPF);;Communication des charges (art. 40 al. 2 PPF);;Communication des charges (art. 40 al. 2 PPF);;Communication des charges (art. 40 al. 2 PPF)

Arrêt du 6 novembre 2008  
Ire Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Emanuel Hochstrasser, 
président, Barbara Ott et Alex Staub, 
La greffière Laurence Aellen 

   

Parties  A. et B.,  
représentés par Me Reza Vafadar, avocat, 

plaignants 
 

 contre 
   
  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,  

 
partie adverse 

 
   

Objet  Communication des charges (art. 40 al. 2 PPF) 

 
 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéros de dossier : BB.2008.64 et  BB.2008.65 
 
 
 

 

 

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Faits: 
 

A. La société anonyme C. Suisse SA, dont feu D. était l'ayant droit économi-
que et B. l'administrateur unique, a été radiée le 20 avril 2005. Elle était 
domiciliée auprès de la société E., dont B. et le père de celui-ci, A., ont été 
administrateurs, et également président s'agissant de ce dernier, jusqu'en 
août 2006 (cf. registre du commerce du canton de Genève).  
 
C. International SA, Panama, succursale de Genève est la succursale 
d'une société anonyme de droit panaméen, dont D. était l'ayant droit éco-
nomique. Elle est domiciliée auprès de la fiduciaire G., et B. en est le direc-
teur (cf. registre du commerce du canton de Genève). 
 
H. est une société anonyme domiciliée dans les Iles Vierges britanniques, 
dont D. était l'ayant-droit économique et B. est un des signataires autorisés 
(classeur MPC annexe 1).  

 
 
B. En date du 6 mars 2007, suite à la parution d'un article de presse du 22 fé-

vrier 2007, indiquant que D. ainsi que la société C. faisaient l'objet d'une 
enquête en République Tchèque et en Suède et que le premier était soup-
çonné d'avoir, en tant qu'agent de la société anglaise J., versé ou aidé à 
organiser le paiement de commissions destinées à la corruption, la banque 
K. a annoncé au bureau de communication en matière de blanchiment 
d'argent un certain nombre de relations bancaires dont D. était l'ayant droit 
économique (annexe 1). Il s'agissait des comptes dont les titulaires étaient 
respectivement H., C. Suisse SA, C. International SA, Succ Ge, C. Interna-
tional SA, L., M., N., O., P., Q., R. et S.  
 
 

C. Le 15 mars 2007, le Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC) a 
ouvert une enquête de police judiciaire à l'encontre de B. et A. pour blan-
chiment d'argent aggravé au sens de l'art. 305 bis ch. 2 CP (classeur MPC 
annexe 2).  

 
D. Dès le 11 mars 2008, A. et B. ont eu accès à certaines pièces, pour partie 

caviardées, du dossier.   
 
 
E. Par ordonnances du 18 mars 2008, rendues dans le cadre de la demande 

d'entraide judiciaire formée le 26 juillet 2007 par le Ministère public de 
Suède, Office national de lutte contre la corruption, ainsi que des deman-

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des complémentaires des 2 août 2007 et 2 janvier 2008 et des précisions 
des 8 et 29 octobre 2007, le MPC a admis la demande d'entraide judiciaire 
de la Suède (classeur MPC annexe 5).  
 
 

F. Le 1er avril 2008, le MPC a ordonné aux sociétés G. et E. de produire tous 
documents relatifs notamment à D., aux sociétés H. et C. et en relation 
avec J. (act. 1.2 et 1.3). 

 
 
G. A. et B. ont été entendus en qualité de prévenus le 7, respectivement le 10 

avril 2008 (act. 1.4 et 1.5).  
 
Tous deux ont notamment été interrogés sur leur client D. et l'origine de 
ses fonds, ainsi que sur T., AA., BB., CC., les sociétés DD., J., EE., H., R., 
FF., QQ., C. Suisse SA, C. International SA Panama, C. International SA 
Panama, succursale de Genève, S., GG.,N., HH., II., JJ. et l'établissement 
KK. 
 
 
 

H. Par ordonnances du 23 avril 2008, le MPC est entré en matière sur la de-
mande d'entraide judiciaire du Serious Fraud Office britannique (ci-après: 
SFO) du 13 décembre 2005 et ses compléments des 25 janvier et 17 mars 
2008 ainsi que sur les demandes complémentaires des 24 août 2006 et 
16 octobre 2007 (classeur MPC annexe 9).  
 

 
I. Par courrier du 23 mai 2008 adressé au MPC, A. et B. ont réitéré leur de-

mande d'explication quant à d'éventuels faits illicites qui leur seraient re-
prochés dans le cadre de l'enquête. Ils précisaient n'avoir pas trouvé au 
dossier de pièce ou document corroborant les allégations du procureur à 
leur encontre et exigeaient par conséquent une explication circonstanciée 
concernant les faits qui leur étaient reprochés (act. 1.7). 

 
 
J. Par lettre du 9 juillet 2008, A. et B. ont indiqué réitérer une ultime fois leur 

requête du 23 mai 2008 et prié le MPC de bien vouloir leur indiquer, 
conformément aux engagements pris lors de l'audition de B. le 10 avril 
2008, quels étaient précisément les faits illicites qu'il leur reprochait, res-
pectivement de rendre une décision susceptible d'ouvrir la voie de la plainte 
auprès de la Cour de céans (act. 1.9). 

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K. En réponse, par lettre du 17 juillet 2008, le MPC a renvoyé A. et B. à l'in-

formation qui leur avait été communiquée au début de leur interrogatoire 
respectif et aux sujets abordés à ces occasions (act. 1.1). 

 
 
L. Par acte du 23 juillet 2008, A. et B. se plaignent de cette décision. Ils 

concluent à son annulation et à ce qu'il soit enjoint au MPC de les informer 
sans délai des charges concrètes pesant sur eux dans le cadre de la pro-
cédure RIZ.07.0013-SM, avec suite de dépens. 
 
Ils reprochent au MPC de refuser de leur indiquer quelles sont les charges 
pesant sur eux et dans quel contexte les prétendues infractions auraient 
été commises. C'est ainsi en vain qu'ils ont sollicité à plusieurs reprises une 
information détaillée sur la nature et la cause de l'accusation de blanchi-
ment d'argent aggravé portée contre eux. 
 
Le MPC conclut au rejet de la plainte avec suite de frais et dépens. Il sou-
tient que les plaignants ne peuvent ignorer que les faits qui leur sont repro-
chés concernent les opérations effectuées en relation avec les comptes de 
feu D. (en tant que titulaire ou ayant-droit économique) en Suisse, avec la 
société J. et avec les bénéficiaires de virements provenant de ces comptes. 
 
Invités à répliquer, A. et B. persistent dans leurs conclusions.  
 
Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris, 
si nécessaire, dans les considérants en droit.  
 
 
 
 
La Cour considère en droit: 
 

1.  
1.1 Les opérations et les omissions du procureur général peuvent faire l'objet 

d'une plainte auprès de la Cour de céans (art. 105bis al. 2 PPF et art. 
28 al. 1 let. a LTPF). 

 
1.2 En l'espèce, la lettre du MPC du 17 juillet 2008 constitue une décision, 

dans la mesure où elle a été adressée aux plaignants en réponse à leur re-
quête du 9 juillet 2008. La décision attaquée, rendue le 17 juillet 2008, a 

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été notifiée le lendemain aux plaignants. Formée par les inculpés, parties à 
la procédure au sens de l'art. 214 al. 2 PPF, dans le délai de cinq jours 
prévu à l'art. 217 PPF, la plainte est recevable en la forme. 

 
1.3 En présence de mesures non coercitives, la Cour des plaintes ne peut re-

voir les opérations et omissions du MPC qu'avec un pouvoir de cognition 
restreint. Elle se borne ainsi à examiner si l'autorité saisie de la cause a agi 
dans les limites de ses compétences et n'a pas abusé de son pouvoir d'ap-
préciation (TPF BB.2005.4 du 27 avril 2005, consid. 2). 

 

2.  
2.1 Aux termes de l'art. 40 al. 2 PPF, le juge donne connaissance à l'inculpé du 

fait qui lui est imputé. Il l'invite à s'expliquer sur l'inculpation et à énoncer 
les faits et les preuves à sa décharge. Il pose des questions pour complé-
ter, éclaircir ou rectifier les dires de l'inculpé et pour supprimer les contra-
dictions.  
 
Cette disposition, qui s'applique dès le premier interrogatoire, reprend un 
élément essentiel du droit d'être entendu tel qu'il est prévu par les 
art. 32 al. 2 Cst. et 6 § 3 lit. a CEDH. Il s’agit concrètement de permettre à 
l'inculpé d'avoir connaissance des faits matériels qui lui sont reprochés et 
de leur qualification juridique, de manière à lui donner dès le départ la pos-
sibilité de se défendre et de produire des éléments à décharge. Afin de ne 
pas nuire au but de l'enquête, il n'est pas exigé d'informer d'emblée le pré-
venu de tous les détails de l'inculpation, mais il s’agit d'éviter que l'interro-
gatoire soit conduit de telle manière qu’il ne puisse se défendre des soup-
çons dont il fait l'objet et énoncer des faits en sa faveur. L'information 
concerne avant tout les faits qui constituent l'objet de l'enquête tels que les 
circonstances de lieu, de temps et de fait, de même que la qualification ju-
ridique générale, mais non pas des concepts juridiques précis. Aucune 
forme particulière n'est prescrite pour cette information. Une information 
orale, par exemple sous forme de communication préalable à un interroga-
toire, pourrait donc selon les circonstances s’avérer adéquate. De même, la 
Cour européenne des droits de l’homme a admis qu’un prévenu pouvait 
déduire des questions posées à l’interrogatoire la teneur des accusations 
portées contre lui (TPF BB.2006.50 du 8 novembre 2006, consid. 2.2 et réf. 
citées).  
 
Par ailleurs, l’information due à l’inculpé en application de l’art. 40 al. 2 PPF 
a un caractère évolutif en ce sens qu’elle dépend du degré d'avancement 
de la procédure et doit être adaptée à mesure que les charges se précisent 

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au fil des investigations, en fonction de la modification de l’état de fait et de 
sa qualification juridique (VERNIORY, Les droits de la défense dans les pha-
ses préliminaires du procès pénal, Berne 2005, p. 332). Même si le MPC 
jouit d’une grande marge de manœuvre dans la manière dont il conduit son 
enquête et que des considérations d’ordre stratégique peuvent l’amener à 
divulguer avec retenue les éléments dont il a connaissance, il reste que 
l’inculpé ne saurait être maintenu indéfiniment dans l’incertitude des faits 
qui lui sont précisément reprochés. Les moyens de preuve n'ont pas besoin 
d'être indiqués dans ce cadre, leur accessibilité éventuelle devant s'exami-
ner sous l'angle de l'accès au dossier (ibid. p. 333). 

 
2.2 En l’espèce, lors de l'interrogatoire de A. le 7 avril 2008, le MPC l’a informé 

qu'il "[avait] ouvert à l'encontre de [sa] personne une enquête de police ju-
diciaire pour présomption de blanchiment d'argent qualifié (art. 305bis ch. 2 
CP). En l'état, [existait] le soupçon que [lui], ainsi que [son] fils B., [avaient] 
mis en place des structures économiques afin de blanchir et de faire transi-
ter en Suisse des sommes virées par la société anglaise J. et par ses so-
ciétés écran à ses agents après 2000 et jusqu'à ce jour. J. aurait mis en 
place un système d'agents afin de parvenir à conclure illicitement des 
contrats de vente de matériel militaire dans le monde et notamment en 
Hongrie, République tchèque et Autriche". B. s'est vu communiquer les 
mêmes informations lorsqu'il a été interrogé trois jours plus tard. 

 
Il en découle que, dès leur premier interrogatoire, les plaignants ont été in-
formés du contexte dans lequel s’inscrivaient les infractions qui leur étaient 
reprochées. En outre, les questions qui leur ont été posées à cette occa-
sion leur ont permis de déterminer quelles étaient les personnes et sociétés 
soupçonnées d’être liées au versement des fonds destinés à la possible 
corruption de décideurs politiques impliqués dans les processus 
d’acquisition de matériel militaire.  
 
Par ailleurs, dans son ordonnance d’entrée en matière du 18 mars 2008 
sur la demande d’entraide judiciaire de la Suède - notifiée à B. le 1er avril 
2008 (classeur MPC annexe 5) -, le MPC a indiqué que "selon les faits il-
lustrés par l'autorité requérante une enquête préliminaire a été ouverte en 
Suède concernant des faits de corruption qui auraient été commis entre 
2001 et 2006, en ce qui concerne la société H.., respectivement entre 2003 
et 2006 en ce qui concerne les sociétés C. International SA / C. Suisse SA, 
par des ministres, des parlementaires et des fonctionnaires de la Républi-
que tchèque et de Hongrie à l'occasion du leasing de l'avion I. par ces deux 
pays. Les soupçons portent sur des représentants des sociétés MM. et LL. 
qui auraient, de concert avec des représentants de J., versé des commis-

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sions occultes aux catégories de décideurs précités par l'entremise de 
consultants qui auraient pris contact avec les destinataires des commis-
sions occultes et pris les dispositions pratiques pour la remise de celles-ci.  
 
Au cours de l'enquête préliminaire ont été découverts par l'autorité requé-
rante des documents montrant que le ressortissant autrichien BB. a été 
consultant lors des affaires de leasing avec la République tchèque et la 
Hongrie. Les présomptions selon lesquelles BB. aurait contribué à ce que 
des commissions occultes soient remises ou distribuées reposent notam-
ment sur le fait que les honoraires de consultant qui semblent lui avoir été 
versés étaient extrêmement élevés (environ 100 millions de couronnes 
suédoises), que leur paiement a été dissimulé au moyen des sociétés C. 
International SA / C. Suisse SA à Genève, et qu'aucun compte rendu des 
activités de BB. n'a pu être retrouvé chez J. ou MM. / LL., alors que ces so-
ciétés avaient la responsabilité commune des dépenses de commercialisa-
tion en République tchèque et en Hongrie. Il est apparu que BB. a reçu des 
virements de la part de C. International SA / C. Suisse SA depuis 2003. 
 
En outre, en ce qui concerne l'Autriche, selon les documents recueillis par 
l'autorité requérante et établis par J., BB. ne pouvait pas y être ouvertement 
engagé comme consultant lors de la campagne de vente du I. par J. / MM. 
dans ce pays car il y avait été mis en cause précédemment (en 1995) dans 
une enquête concernant des faits de corruption (sans avoir été poursuivi). 
C'est pourquoi il a eu recours aux services d'un sous-consultant, le ressor-
tissant autrichien NN. Celui-ci a donc œuvré en tant que sous-consultant 
indépendant, a aidé BB. à fournir ses services à C. International SA / C. 
Suisse SA et a en outre en partie œuvré au nom de J. Il est donc, selon 
l'autorité requérante, raisonnable de présumer que NN. a pu faire partie du 
système de corruption mis en place par J. en Hongrie et en République 
tchèque ".  
 
S'agissant de H. en particulier, le MPC a encore précisé "BB. semble être, 
entre autres, lié à la société H., société domiciliée aux BVI. 
 
Des représentants de J. et de MM. / LL. auraient eu recours à H. pour le 
transfert de commissions occultes à des ministres, parlementaires et fonc-
tionnaires de la République tchèque et de la Hongrie dans le contexte du 
leasing des I. Les données en possession de l'autorité requérante indiquent 
que des sommes considérables peuvent avoir été versées sur le compte de 
H. auprès de la banque K. à Genève dans le cadre du paiement des com-
missions. 
 

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Il est apparu que le paiement des commissions a été dissimulé au moyen 
de la société H., et aucun compte rendu des activités de BB. n'a pu être re-
trouvé auprès de J. ou MM. / LL., alors que ces sociétés avaient la respon-
sabilité commune des dépenses de commercialisation en République tchè-
que et en Hongrie. Il est apparu que BB. s'était vu promettre dès 1999 des 
honoraires représentant 4% d'une valeur contractuelle globale d'un milliard 
de livres à titre de "success fee", au cas où J. / MM. parviendraient à ven-
dre le I. à la République tchèque. De la documentation recueillie par l'auto-
rité requérante, il résulte que BB. a reçu des paiements de la part de H. dé-
jà en 2001. Il aurait par exemple reçu USD 8 millions entre 2002 et 2003 ".  
 
En ce qui concerne les ordonnances d’entrée en matière sur la demande 
d’entraide britannique qui ont été communiquées au représentant des plai-
gnants le 29 avril 2008 (classeur MPC annexe 11), il y était mentionné que 
"le SFO enquête sur une affaire de corruption survenue lors de la signature 
de contrats pour la fourniture d'armement dans le monde. 

 
La société J., dans le cadre de ses activités de soutien aux ventes à 
l'étranger, emploie un réseau d'agents pour l'aider à commercialiser ses 
produits. Il existe une unité au sein de J., appelée Head Quarters Marke-
ting, qui coordonne tous les accords et les contrats avec les agents em-
ployés par J. Selon le SFO, J. a effectué des paiements illégaux à ses 
agents par le biais d'une société intermédiaire, DD., afin d'obtenir des 
contrats.  
 
En mai 2002, un proces[sus] d'acquisition de matériel militaire était en 
cours en République tchèque. Les sociétés J. / MM. ont fait une offre de 
contrat à l'armée de l'air tchèque pour des jets de guerre I. Des politiciens 
tchèques auraient été approchés avant ou pendant le mois de mai 2002 
par des personnes exerçant des pressions en faveur du consortium 
J. / MM. D'autres personnes auraient cherché à influencer le proces[sus] 
parlementaire en faveur de J. / MM. par des virements de sommes d'argent 
ou la concession d'autres avantages. Enfin, d'autres sociétés ayant fait des 
offres sur le marché se sont plaintes en indiquant un comportement illégal 
de la part de J.. Suite aux inondations de l'été 2002, le gouvernement tchè-
que a renoncé à acheter les I. en préférant conclure un contrat de leasing. 
 
Entre le 19 mars 2003 et le 12 décembre 2006, J. a, selon l'autorité requé-
rante, payé [à] la société C. Suisse la somme de GBP 10'871'563.76. Cette 
société appartient à la société C. International SA qui est enregistrée à Pa-
nama et appartient à D. L'adresse donnée pour la Suisse est la route de 
OO. à Genève. Le principal représentant de C. Suisse serait T. 

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La somme a été créditée par le compte Marketing Services de J. pour les 
"services de marketing" fournis concernant les efforts de J. pour le leasing 
des chasseurs à réaction I. et la vente d'autres produits de J. en Europe de 
l'Est. L'accord entre J. et C. Suisse précisait que le consultant qui devait 
être utilisé pour fournir des services marketing en République tchèque était 
BB. Le contrat précisait que J. n'effectuerait aucun paiement si les services 
de celui-ci n'étaient pas utilisés. 
 
Le SFO a interrogé PP. (vice-président européen de J.) et F. (directeur 
marketing en Europe de l'Est de J.). PP. a déclaré que J. payait pour des 
conseils politiques et économiques généraux. Aucune explication n'a été 
donnée pour indiquer pourquoi l'argent était payé à la société C. Suisse et 
non pas directement à BB., lequel possédait déjà plusieurs sociétés qui au-
raient pu recevoir les paiements de J. Il ne semble pas, selon le SFO, qu'il 
y ait une raison légitime pour laquelle J. a utilisé C. en Suisse pour payer 
BB. en Autriche. Le SFO suspecte que J. utilise C. Suisse pour créer une 
strate entre elle-même et ses agents afin de dissimuler ses liens avec les 
paiements. Selon le SFO, l'on peut raisonnablement penser que les fonds 
envoyés par J. auraient pu être utilisés pour corrompre le processus d'ap-
pel d'offres pour le contrat de location en République tchèque ".  
 

 
A la lecture de ces éléments, l’on comprend que les plaignants sont préve-
nus de blanchiment d’argent aggravé pour être ou avoir été actifs dans des 
sociétés, notamment C. et H., dont D. est l'ayant droit économique et par 
les comptes desquelles ont transité des fonds versés par J. et destinés à 
BB. Dans la mesure où ce dernier aurait contribué au versement de com-
missions occultes à des décideurs politiques dans le cadre de processus 
d'acquisition de matériel militaire en République tchèque et Hongrie, il est 
aisé de saisir que le fait de favoriser la dissimulation du cheminement de 
fonds de ce type est susceptible de constituer du blanchiment d’argent. 
Aussi, il convient de considérer que les plaignants ont été suffisamment in-
formés des faits qui leur sont reprochés pour être en mesure de se défen-
dre efficacement, notamment en indiquant quels sont les éléments à leur 
décharge.  
 
De surcroît, il ressort de leurs écritures que les plaignants reprochent prin-
cipalement au MPC de ne pas étayer ses accusations, lesquelles man-
quent selon eux de substance et ne reposent sur aucune preuve documen-
taire. Ils perdent ainsi de vue la différence essentielle entre la notification 
des charges retenues contre eux et les moyens de preuves. Cela étant, 

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compte tenu du fait que l’enquête dure depuis plus d'un an et demi, il n'ap-
paraît pas déraisonnable d'envisager que les résultats des investigations 
menées jusqu'à présent permettront bientôt au MPC d'indiquer plus préci-
sément encore aux plaignants quelles sont les charges à leur encontre. 
 
Au vu de ce qui précède, la plainte est mal fondée et doit par conséquent 
être rejetée. 

 

3. Les plaignants, qui succombent, supporteront solidairement les frais de la 
cause (art. 66 LTF applicable par renvoi de l'art. 245 al. 1 PPF), lesquels 
sont en l'occurrence fixés à Fr. 3'000.-- (art. 3 du règlement du 11 février 
2004 fixant les émoluments judiciaires perçus par le Tribunal pénal fédéral; 
RS 173.711.32), entièrement couverts par l'avance de frais déjà versée. 

 
 

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Par ces motifs, la Ire Cour des plaintes prononce: 
 
1. La plainte est rejetée. 
 
2. Un émolument de Fr. 3'000.-- réputé couvert par l'avance de frais acquittée 

est mis à la charge solidaire des plaignants. 
 
 

Bellinzone, le 10 novembre 2008 
 
Au nom de la Ire Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
Le président:   la greffière:  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Distribution 
 
- Me Reza Vafadar, avocat  
- Ministère public de la Confédération  
 
 
 
 
Indication des voies de recours 

Il n'existe aucune voie de droit ordinaire contre cet arrêt.