# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 3284e77e-8a6b-55c5-a398-9e3a5221522b
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2016-03-29
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 29.03.2016 D-7029/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-7029-2015_2016-03-29.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour IV 

D-7029/2015 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  2 9  m a r s  2 0 1 6  

Composition 
 Gérard Scherrer (président du collège),  

Jean-Pierre Monnet, Martin Zoller, juges, 

Yves Beck, greffier. 

   

Parties 
 A._______, né le (…),  

B._______, née le (…),  

C._______, née le (…),  

D._______, né le (…), 

Arménie,   

représentés par Florence Rouiller,  

ARF Conseils juridiques Sàrl, 

recourants,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile et renvoi;  

décision du SEM du 2 octobre 2015 / N (…). 

 

 

 

D-7029/2015 

Page 2 

Faits : 

A.  

Le 30 avril 2014, A._______, son épouse B._______ et leurs enfants sont 

entrés en Suisse et ont déposé une demande d'asile au centre 

d'enregistrement et de procédure de Vallorbe.  

B.   

B.a Lors de ses auditions du 5 mai et du 24 novembre 2014, A._______, 

ressortissant arménien provenant d'Erevan, a déclaré que le 15 avril 2013, 

son père avait tenté de venir en aide à une jeune femme (prénommée 

X._______) importunée par deux frères E._______ et F._______, dont le 

père surnommé "G._______" était le chef d'une importante commune et 

l'ami du président arménien), ainsi que par H._______ (ou H._______), 

dont le père occupait une fonction importante au sein de la police ("genre 

général"), qu'il avait été blessé au cours de la bagarre qui s'ensuivit, l'ami 

de cette femme ayant du reste été poignardé sans qu'il ne sache s'il avait 

survécu, qu'il avait fait une déposition auprès de la police et avait subi des 

pressions de deux policiers, le (…) 2013, pour qu'il la modifiât, en ce sens 

qu'il chargeât X._______, ou la retirât. 

Le (…) 2013, en partance pour son travail, l'intéressé, au volant de sa 

voiture, avait été percuté par celle des agresseurs de X._______, et ses 

quatre occupants, parmi lesquels les frères E._______ et F._______ et 

H._______, l'avaient sommé de répéter à son père qu'il devait se taire, puis 

étaient repartis.  

Le (…) 2013, quatre hommes armés qui lui avaient présenté une carte de 

police à son domicile l'avaient poussé, lui mais également son père, 

avaient proféré des menaces de mort contre tous les membres de la famille 

s'il ne retirait pas sa déposition, et sa femme, tombée avait perdu 

connaissance en heurtant une table avec sa tête.  

Le (…) 2013, l'intéressé avait retrouvé son père pendu dans le garage 

attenant au domicile familial. Convoqué (…) 2013 au poste de police de 

(…), il avait alors rapporté à l'inspecteur J._______ en charge du dossier 

le déroulement des événements depuis le (…) 2013 et avait déposé une 

plainte pénale contre les agresseurs de X._______ qu'il soupçonnait 

d'avoir tué son père ou, en tout cas, de l'avoir poussé à mettre fin à ses 

jours. Convoqué de nouveau à la fin du mois de septembre 2013, cet 

inspecteur et son chef dénommé K._______ lui avaient expliqué que 

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l'affaire était close, les personnes dénoncées étant respectables et ses 

accusations invraisemblables.  

Début (…) 2013, l'intéressé s'était rendu au poste de police de (…), réputé 

pour y faire un travail de qualité. Convoqué deux ou trois jours plus tard, 

l'inspecteur L._______, qui lui avait promis de faire la lumière sur le décès 

de son père, l'avait injurié et sommé de rentrer chez lui.  

Autour du (…) 2013, l'intéressé s'était adressé à une instance supérieure 

pour connaître la vérité et avait été reçu par un certain M._______, 

inspecteur, procureur ou juge de son état. Convoqué le (…) 2014, celui-ci, 

en présence de J._______, K._______ et L._______, l'avait lui aussi 

enjoint de retirer sa plainte, le menaçant encore de poursuites pour des 

délits imaginaires.  

A sa sortie du bureau, il avait consulté deux avocats, l'un dans le quartier 

de (…), l'autre à la rue (…), qui avaient toutefois refusé de le représenter 

après avoir entendu l'identité des personnes impliquées.  

Le (…) 2014, il avait été appelé par un individu, probablement le père des 

frères E._______ et F._______, l'avertissant qu'il allait le tuer, lui et sa 

famille. Il a précisé avoir déjà reçu six ou sept appels le menaçant de mort, 

émanant probablement de E._______, depuis début septembre 2013. 

Le même jour, il avait reçu une convocation écrite de la police l'invitant à 

se présenter, trois jours plus tard, en qualité de témoin, auprès de 

l'inspecteur L._______. Craignant pour sa sécurité et celle de sa famille, il 

avait immédiatement quitté le domicile familial pour aller vivre chez sa 

belle-famille, puis avait quitté son pays, le (…) 2014, pour l'Ukraine, avant 

de rejoindre la Suisse.  

B.b Entendue séparément, B._______ a, pour l'essentiel, confirmé les 

propos de son époux. 

Pour leur part, C._______ et D._______ ont déclaré, lors de leur première 

audition, ne pas être informés des raisons de leur départ du pays, leurs 

parents les leur dissimulant.  

B.c Les recourants ont produit une convocation de la police invitant 

A._______ à s'y présenter en tant que témoin en date du (…) 2014, une 

clé USB comportant des articles de presse relatifs au décès du père du 

prénommé et un rapport médical du 27 avril 2015 concernant B._______.  

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C.   

Par décision du 2 octobre 2015, le SEM a dénié la qualité de réfugié aux 

intéressés et leur a refusé l'asile, a prononcé leur renvoi de Suisse et a 

ordonné l'exécution de cette mesure.  

D'abord, il a estimé que leurs déclarations étaient contraires à toute logique 

et à l'expérience générale.  

En effet, la chronologie des événements relatés par A._______ n'était pas 

réaliste, dès lors notamment que les pressions exercées à son encontre, 

alors qu'il s'attaquait directement au père des agresseurs, avaient été 

d'une intensité moindre et dans un temps de réaction plus long que celles 

exercées sur son père.  

Par ailleurs, était surprenant que le père de A._______, présent au domicile 

familial le jour où celui-ci avait été percuté par une voiture, ne soit pas 

intervenu ou n'ait pas identifié les responsables, et que l'intéressé n'ait pas 

dénoncé ces faits à la police pour toucher des indemnisations pour sa 

voiture endommagée. Etait aussi surprenant que A._______ ait attendu 

une convocation de police, deux mois après le décès de son père, pour 

déposer une plainte pénale, et que  

celui-ci, très connu dans son pays, n'ait pas fait valoir ses droits en 

déposant une plainte ou en médiatisant cette affaire.  

Etait également inconcevable que A._______ n'ait reçu aucun document 

de la police, étant donné ses nombreuses visites et plaintes, et qu'il n'ait 

pas changé son numéro de téléphone avant les menaces proférées le (…) 

2014, eu égard aux multiples appels de même genre reçus auparavant.  

Etait aussi étonnant le fait que les enfants n'aient pas parlé lors de leur 

première audition de l'agression au domicile familial et du décès de leur 

grand-père, et qu'ils ne se soient pas intéressés aux circonstances de 

l'accident de voiture de leur père. Par ailleurs, le récit de C._______ 

concernant l'agression au domicile familial était succinct comparativement 

à celui concernant le décès de son grand-père.  

Ensuite, le SEM a estimé que les propos de A._______ manquaient de 

détails précis et circonstanciés, preuve qu'il n'avait pas vécu les 

événements allégués. Notamment, il ne pouvait citer toutes les personnes, 

qu'il s'agisse de membres de sa famille ou non, ayant assisté à son 

accident de voiture. Il ne connaissait pas non plus le nom du politicien le 

menaçant et contre lequel il aurait déposé plainte, ni la position occupée 

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par cet homme en politique et la commune dans laquelle il aurait été élu. Il 

ignorait également l'identité des quatre jeunes qui l'auraient menacé, ne 

connaissant le nom complet que d'un seul, ainsi que le nom de l'autorité 

supérieure à laquelle il se serait adressé.  

Enfin, le SEM a nié l'existence d'obstacles à l'exécution du renvoi des 

intéressés, mentionnant notamment que B._______ pourrait bénéficier, 

dans son pays d'origine, des traitements adéquats pour ses problèmes de 

santé décrits dans le rapport médical du 27 avril 2015.  

D.  

Dans le recours interjeté le 2 novembre 2015 et complété le lendemain, les 

intéressés ont brièvement répété leurs motifs d'asile et ont conclu à 

l'annulation de la décision du SEM et à la reconnaissance de la qualité de 

réfugié et l'octroi de l'asile, subsidiairement de l'admission provisoire.  

Ils ont remis deux attestations médicales des 12 et 15 octobre 2015 

certifiant la détérioration de l'état de santé de B._______, un rapport 

médical du 31 octobre 2015 concernant A._______, des témoignages 

corroborant leurs propos, ainsi qu'un article de presse relatif au suicide du 

père de A._______.  

E.  

Par décision incidente du 5 novembre 2015, le juge instructeur a invité les 

recourants à payer, jusqu'au 20 novembre suivant, une avance de frais de 

600 francs, sous peine d'irrecevabilité du recours.  

L'avance requise a été payée, le 18 novembre 2015.  

F.  

Dans sa détermination du 4 décembre 2015, le SEM a préconisé le rejet 

du recours, celui-ci ne contenant aucun élément ou moyen de preuve 

nouveau susceptible de modifier son point de vue.  

Il a précisé que la tumeur dont souffrait B._______ n'avait pas de lien avec 

le choc prétendument subi à la tête et que les recourants pourraient 

bénéficier des soins nécessaires dans leur pays. S'agissant des 

témoignages et de l'article de presse, ils n'étaient pas susceptibles de 

démontrer les évènements allégués.  

G.  

Dans leur réponse du 15 janvier 2015, les recourants ont confirmé leurs 

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griefs et conclusions et ont remis quatre documents relatifs à l'état de santé 

de B._______.  

 

Droit : 

1.   

1.1 Le Tribunal administratif fédéral (ci-après: le Tribunal), en vertu de 

l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 

PA, prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF.  

En particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile peuvent 

être contestées, par renvoi de l'art. 105 LAsi (RS 142.31), devant le 

Tribunal, lequel statue alors définitivement, sauf demande d'extradition 

déposée par l'Etat dont le requérant cherche jà se protéger (art. 83 let. d 

ch. 1 LTF), exception non réalisée en l'espèce.  

1.2 Les intéressés ont qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA). Présenté 

dans la forme (cf. art. 52 al. 1 PA) et le délai (cf. art. 108 al. 1 LAsi) prescrits 

par la loi, leur recours est recevable. 

2.   

2.1 La Suisse accorde l'asile aux réfugiés sur demande, conformément aux 

dispositions de la LAsi. L'asile comprend la protection et le statut accordés 

en Suisse à des personnes en Suisse en raison de leur qualité de réfugié. 

Il inclut le droit de résider en Suisse (art. 2 LAsi).  

2.2 Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans 

le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 

ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion, de 

leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou de 

leurs opinions politiques. Sont notamment considérées comme de sérieux 

préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou de la 

liberté, de même que les mesures qui entraînent une pression psychique 

insupportable. Il y a lieu de tenir compte des motifs de fuite spécifiques aux 

femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi).  

2.3 La crainte face à des persécutions à venir, telle que comprise à l'art. 3 

LAsi, contient un élément objectif, au regard d'une situation ancrée dans 

les faits, et intègre également dans sa définition un élément subjectif. Sera 

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reconnu réfugié, celui qui a de bonnes raisons, c'est-à-dire des raisons 

objectivement reconnaissables pour un tiers (élément objectif), de craindre 

(élément subjectif) d'avoir à subir selon toute vraisemblance et dans un 

avenir prochain une persécution. Sur le plan subjectif, il doit être tenu 

compte des antécédents de l'intéressé, notamment de l'existence de 

persécutions antérieures, ainsi que de son appartenance à un groupe 

ethnique, religieux, social ou politique l'exposant plus particulièrement à 

des mesures de persécution ; en particulier, celui qui a déjà été victime de 

telles mesures a des raisons d'avoir une crainte subjective plus prononcée 

que celui qui en est l'objet pour la première fois. Sur le plan objectif, cette 

crainte doit être fondée sur des indices concrets qui peuvent laisser 

présager l'avènement, dans un avenir prochain et selon une haute 

probabilité, de mesures déterminantes selon l'art. 3 LAsi. Il ne suffit pas, 

dans cette optique, de se référer à des menaces hypothétiques, qui 

pourraient se produire dans un avenir plus ou moins lointain (ATAF 2011/50 

consid. 3.1.1 p. 996 s. et les références de jurisprudence et de doctrine 

citées, ATAF 2010/57 consid. 2.5 p. 827, ATAF 2008/12 consid. 5.1 p. 154).  

2.4 Quiconque demande l’asile (requérant) doit prouver ou du moins 

rendre vraisemblable qu'il est un réfugié. La qualité de réfugié est 

vraisemblable lorsque l'autorité estime que celle-ci est hautement 

probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur 

des points essentiels, ne sont pas suffisamment fondées, qui sont 

contradictoires, qui ne correspondent pas aux faits ou qui reposent de 

manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 

LAsi). 

3.  

3.1  En l'espèce, le Tribunal, contrairement à l'appréciation du SEM, 

considère que les déclarations des intéressés sont, d'une manière 

générale, constantes, précises et pourvues de détails significatifs du vécu.  

3.2 D'abord, le Tribunal ne décèle rien de surprenant ou de curieux, selon 

les termes employés par le SEM (cf. consid. II, ch. 1 de sa décision), 

s'agissant de la chronologie des événements allégués par A._______, 

mais également du comportement de celui-ci à l'issue de son accident de 

voiture et de la mort de son père. En particulier, le prénommé a expliqué 

de manière convaincante les raisons pour lesquelles il avait attendu deux 

mois pour porter plainte contre les responsables du décès de son père et 

renoncé à toute réclamation suite à cet accident (cf. le pv de son audition 

du 24 novembre 2014, questions 94 et 65 ss). Il n'est pas non plus 

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surprenant que les pressions exercées contre lui ait été d'une moindre 

intensité, à leur commencement du moins. En effet, bien que cela ne 

ressorte pas clairement de ses auditions, A._______ aurait déposé plainte 

contre les personnes responsables du décès de son père, à savoir les 

agresseurs de X._______. Dans ces conditions, et contrairement à ce que 

soutient le SEM, il ne s'en est donc pas pris directement à "G._______", 

mais indirectement à lui en agissant contre ses deux fils. Surtout, son père, 

en tant que témoin visuel direct de l'agression perpétrée contre X._______, 

pouvait, par son témoignage, contribuer à la condamnation de ceux-ci. 

A._______ ne le pouvait pas, n'ayant assisté ni à l'agression de cette jeune 

femme ni au meurtre (ou au suicide) de son père.  

3.3 Ensuite, contrairement à ce que retient le SEM, A._______ a non 

seulement donné le surnom ("G._______"), mais également l'identité 

complète de ce politicien. Il a également fourni celle des deux fils de celui-

ci, ainsi que d'un troisième assaillant, le fils d'une personne influente au 

sein de la police (cf. le pv de son audition du 5 mai 2014, ch. 7.03). S'il n'a 

pas pu nommer distinctement l'autorité supérieure à laquelle il se serait 

adressé, il a toutefois indiqué son emplacement (cf. le pv de son audition 

du 24 novembre 2014, question 105) et l'identité de la personne qui l'y 

aurait reçu. Il a aussi clairement identifié les trois inspecteurs de police 

chez qui il se serait précédemment adressé, ainsi que la localisation des 

postes de police. Enfin, il a remis une convocation de police, dont 

l'authenticité n'a pas été mise en doute par le SEM.  

D'autres précisions renforcent la crédibilité de A._______. Notamment, 

celui-ci a fait une description précise de la voiture de ses agresseurs et de 

celle utilisée pour surveiller ses enfants, donnant leurs numéros de plaques 

minéralogiques.  

Enfin, le fait que ses enfants n'aient pas immédiatement mentionné, lors 

de leur audition respective sur la personne, l'agression du (…) 2013, n'est 

pas décisif. En effet, ils ont tous deux déclaré, lors de cette audition, n'avoir 

pas été informés des raisons précises de leur départ du pays. Au 

demeurant, lors de cette agression au domicile familial par quatre individus, 

alertés par des bruits, ils ont été priés de retourner dans leur chambre en 

déposant préalablement leur téléphone portable, de sorte qu'ils n'ont pas 

personnellement entendu les revendications de ces individus. Surtout, les 

déclarations de A._______, de son épouse et de leurs enfants au sujet de 

cet événement sont concordantes. De surcroît, interrogé à nouveau (cf. le 

pv de son audition du 24 mai 2014, questions 75 ss), A._______ n'a pas 

varié dans ses déclarations.  

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4.   

4.1 Cela étant, certains faits déterminants pour l'issue de la cause doivent 

être vérifiés et nécessitent des mesures d'instruction qui n'incombent pas 

au Tribunal au vu notamment de leur ampleur. En particulier, le SEM peut 

vérifier l'existence d'un témoignage en faveur de X._______, ou d'une 

plainte pénale, émanant du père de A._______, et leur contenu. Il peut 

aussi se renseigner sur l'existence et le contenu des plaintes de 

A._______, mais également si celui-ci a contacté deux avocats et le 

contexte dans lequel ces démarches ont été effectuées. Le SEM peut 

encore se renseigner sur l'identité du titulaire des deux voitures dont les 

numéros de plaques d'immatriculations ont été fournis par A._______.  

Il convient de rappeler que si, en application de la maxime inquisitoire, c'est 

à l'autorité administrative qu'il incombe d'élucider l'état de fait de manière 

exacte et complète, de diriger la procédure, de définir les faits qu'elle 

considère comme pertinents ainsi que les preuves nécessaires qu'elle 

ordonne et apprécie d'office (cf. art. 12 PA et ATAF 2009/60 consid. 2.1.1), 

la partie à l'obligation de collaborer à l'établissement des faits qu'elle est le 

mieux placée pour connaître (cf. art. 13 PA ; ATAF 2011/54 consid. 5.1, 

ATAF 2009/50 consid. 10.2.1 ; art. 8 LAsi).  

4.2 Certes, les pressions et menaces exercées sur A._______ et sa famille, 

même véridiques, ne paraissent, à priori, pas remplir les conditions 

prévues par l'art. 3 LAsi. Il n'appartient toutefois pas au Tribunal de statuer 

sur la pertinence des faits allégués avant le résultat de l'enquête effectuée 

sur place ni, surtout, de substituer son appréciation à celle du SEM, en 

effectuant en tant qu'autorité de première instance un examen complet de 

la demande d'asile sous l'angle de cette disposition légale. Il appartiendra 

en revanche au SEM de statuer à nouveau en matière d'asile et, si les 

menaces alléguées de personnes influentes étaient établies, de déterminer 

si elles entrent dans la liste des motifs exhaustivement énumérés à l'art. 3 

al. 1 LAsi, si elles fondent une crainte de persécution pour chacun des 

recourants, et, dans l'affirmative, si les autorités arméniennes ont la volonté 

et la capacité d'assurer aux recourants une protection efficace et effective. 

Il devra ensuite statuer à nouveau sur les questions relatives à l'exécution 

du renvoi.  

5.  

Au vu de ce qui précède. il convient d'annuler la décision attaquée pour 

établissement incomplet de l'état de fait pertinent (cf. art. 106 al. 1 let. b 

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LAsi) et de renvoyer la cause au SEM pour complément d'instruction et 

nouvelle décision (cf. art. 61 al. 1 PA).  

6.   

6.1 Il n'est pas perçu de frais de procédure (cf. art. 63 al. 1 et 2 PA).  

6.2 Les recourants, qui ont eu gain de cause, ont droit à l'allocation de 

dépens (cf. art. 64 al. 1 PA et art. 7 al. 1 du règlement du 21 février 2008 

concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif 

fédéral (FITAF, RS 173.320.2), dont le montant est fixé, en l'absence d'un 

décompte de prestations, à 800 francs. 

 

 

(dispositif page suivante) 

  

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Page 11 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est admis.  

2.  

La décision du SEM du 2 octobre 2015 est annulée et la cause lui est 

renvoyée pour complément d'instruction et nouvelle décision.  

3.  

Il est statué sans frais. Partant, l'avance de 600 francs payée le 

18 novembre 2015 sera restituée aux recourants par le Service financier 

du Tribunal.  

4.  

Le SEM versera aux recourants le montant de 800 francs à titre de dépens.  

5.  

Le présent arrêt est adressé à la mandataire des recourants, au SEM et à 

l'autorité cantonale. 

 

Le président du collège : Le greffier : 

  

Gérard Scherrer Yves Beck 

 

 

Expédition :