# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 39a673db-11cf-5187-ad8b-9ec9c97172dc
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2004-05-04
**Language:** fr
**Title:** Verwaltungspraxis der Bundesbehörden (1987-2017) Rekurskommission für das öffentliche Beschaffungswesen 04.05.2004 JAAC 68.89
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_VB/CH_VB_017_JAAC-68-89--_2004-05-04.pdf

## Full Text

JAAC 68.89

Décision incidente de la Commission fédérale de
recours en matière de marchés publics du 4 mai 2004

[CRM 2004-004]

Marché de services adjugé en procédure ouverte. Effet suspensif du
recours. Consultation du dossier.

Art. 5 al. 1 let. b, art. 8 al. 1 let. d, art. 23 al. 3 et art. 28 LMP. Art. 3 al. 6
et art. 5 al. 2 Accord du 21 juin 1999 entre la Confédération suisse et
la Communauté européenne sur certains aspects relatifs aux marchés
publics. Art. 27 PA.

- Pour déterminer si l’effet suspensif doit être accordé au recours en
matière de marchés publics, il convient d’apprécier l’apparence de
bien-fondé du recours, l’urgence résultant d’un risque de dommage
irréparable et la pondération des différents intérêts en jeu, cette
dernière s’effectuant sur la base d’un examen prima facie des pièces
du dossier. Il faut prendre en compte les intérêts du recourant,
l’intérêt public invoqué par le pouvoir adjudicateur, d’autres intérêts
publics éventuels, ainsi que les intérêts privés de tiers intéressés,
notamment des autres participants au processus de passation du
marché (consid. 2a et 2c).

- En l’espèce, le recours n’apparaissant pas manifestement mal fondé,
possède un intérêt patent à l’octroi de l’effet suspensif, lequel prévaut
sur celui de l’autorité adjudicatrice, celle-ci n’ayant notamment
pas suffisamment pris en compte l’hypothèse d’un recours dans sa
planification (consid. 2c et 2d).

- Dans le cadre d’une procédure de passation de marchés, le
soumissionnaire recourant ne peut consulter intégralement les offres
de l’adjudicataire et des autres soumissionnaires au vu du savoir-faire
en découlant et des informations couvertes par le secret des affaires.
Cette protection s’étend également aux documents internes du pouvoir

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adjudicateur relatifs à l’évaluation des offres si celle-ci révèle des
informations sur les offres, lesquelles seraient protégées par le même
secret des affaires (consid. 3a et 3b).

- Les offres et les documents internes du pouvoir adjudicateur ne
peuvent par ailleurs être communiqués au recourant que dans
l’hypothèse où ceux-ci sont à la base de la décision attaquée et dans la
seule mesure des griefs du recourant (consid. 3b).

- En cas de recours, le pouvoir adjudicateur a ainsi l’obligation de
transmettre au juge l’intégralité du dossier de passation du marché. Il
appartiendra alors à l’autorité de recours d’effectuer la pondération
entre le droit à l’accès du dossier et la protection du secret des affaires
(consid. 3b).

Öffentliche Beschaffung eines Dienstleistungsauftrags im offenen
Verfahren. Aufschiebende Wirkung der Beschwerde. Akteneinsicht.

Art. 5 Abs. 1 Bst. b, Art. 8 Abs. 1 Bst. d, Art. 23 Abs. 3 und Art. 28
BoeB. Art. 3 Abs. 6 und Art. 5 Abs. 2 Abkommen vom 21. Juni
1999 zwischen der Schweizerischen Eidgenossenschaft und der
Europäischen Gemeinschaft über bestimmte Aspekte des öffentlichen
Beschaffungswesens. Art. 27 VwVG.

- Für die Frage der aufschiebenden Wirkung der Beschwerde ist zu
prüfen, ob die Beschwerde begründet erscheint sowie ob aufgrund
eines drohenden, nicht leicht wieder gut zu machenden Nachteils eine
Dringlichkeit vorliegt. Weiter sind in einer prima facie-Würdigung
der Akten die auf dem Spiel stehenden Interessen abzuwägen. In die
Prüfung sind die Interessen des Beschwerdeführers, vom Auftraggeber
vorgebrachte sowie anderweitige öffentliche Interessen und allfällige
private Interessen Dritter, namentlich anderer Teilnehmer am
Vergabeverfahren, einzubeziehen (E. 2a und 2c).

- Im vorliegenden Fall erscheint die Beschwerde nicht offensichtlich
unbegründet und das Interesse der Beschwerdeführerinnen an
der Gewährung der aufschiebenden Wirkung überwiegt jenem der
Vergabebehörde, welche im Übrigen die Möglichkeit einer Beschwerde
nicht genügend in ihre Verfahrensplanung einbezogen hat (E. 2c und 2d).

- Im Rahmen eines Vergabeverfahrens kann der beschwerdeführende
Anbieter nicht vollumfänglich in die Offerten des Zuschlagsempfängers
und der anderen Anbieter einsehen, da daraus Angaben über
das Know-how des Unternehmens und dem Geschäftsgeheimnis
unterstehende Informationen ersichtlich sind. Dieser Schutz erstreckt
sich auch auf die internen Unterlagen der Vergabebehörde über
die Auswertung der Offerten, soweit diese dem Geschäftsgeheimnis
unterstehende Angaben von Konkurrenten enthalten (E. 3a und 3b).

- Die Offerten und die internen Dokumente der Vergabestelle können
ausserdem nur insofern an den Beschwerdeführer zur Einsicht
abgegeben werden, als sie Grundlage für den angefochtenen Entscheid
darstellten und die Begründung der Beschwerde dies rechtfertigt (E. 3b).

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- Im Fall einer Beschwerde ist die Vergabebehörde zudem verpflichtet,
dem überprüfenden Gericht die gesamten Unterlagen über das
Vergabeverfahren zu übergeben. Die Abwägung zwischen dem Recht
auf Akteneinsicht und dem Schutz des Geschäftsgeheimnisses obliegt
sodann der Beschwerdeinstanz (E. 3b).

Acquisto pubblico di servizi aggiudicato in procedura aperta. Effetto
sospensivo del ricorso. Consultazione del dossier.

Art. 5 cpv. 1 lett. b, art. 8 cpv. 1 lett. d, art. 23 cpv. 3 e art. 28 LAPub.
Art. 3 cpv. 6 e art. 5 cpv. 2 dell’Accordo del 21 giugno 1999 fra la
Confederazione svizzera e la Comunità europea su alcuni aspetti
relativi agli acquisti pubblici. Art. 27 PA.

- Per determinare se occorre concedere l’effetto sospensivo al ricorso
in materia di acquisti pubblici, è necessario valutare se il ricorso
appare motivato, se vi è urgenza a causa del rischio di un danno
irreparabile e operare una ponderazione dei vari interessi in gioco.
Quest’ultima valutazione si effettua sulla base di un esame prima facie
degli atti del dossier. Occorre considerare gli interessi del ricorrente,
l’interesse pubblico invocato dall’ente aggiudicatore, eventuali altri
interessi pubblici, come pure gli interessi privati di terzi interessati, in
particolare degli altri partecipanti alla procedura di aggiudicazione
(consid. 2a e 2c).

- Nella fattispecie, dato che il ricorso non sembrava manifestamente
immotivato, l’interesse alla concessione dell’effetto sospensivo è
chiaramente preponderante rispetto a quello dell’ente aggiudicatore,
che in particolare non aveva considerato l’ipotesi di un ricorso nella
sua pianificazione (consid. 2c e 2d).

- Nel quadro di una procedura di aggiudicazione di acquisti pubblici,
l’offerente che interpone ricorso non può consultare integralmente le
offerte di chi ha ricevuto l’appalto e degli altri offerenti, tenuto conto
del know-how ivi contenuto e delle informazioni coperte dal segreto
degli affari. Questa protezione si estende pure ai documenti interni
dell’ente aggiudicatore relativi alla valutazione delle offerte, se questa
valutazione rivela informazioni sulle offerte che sarebbero protette dal
medesimo segreto degli affari (consid. 3a e 3b).

- Le offerte e i documenti interni dell’ente aggiudicatore possono del
resto essere comunicati al ricorrente solo nel caso in cui essi siano alla
base della decisione impugnata e solo nella misura delle contestazioni
del ricorrente (consid. 3b).

- In caso di ricorso, l’ente aggiudicatore ha quindi l’obbligo di
trasmettere al giudice l’integralità del dossier di aggiudicazione
dell’acquisto pubblico. Sarà poi compito dell’autorità di ricorso di
effettuare la ponderazione fra il diritto all’accesso al dossier e la
protezione del segreto degli affari (consid. 3b).

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Résumé des faits:

A. Le 25 juillet 2003, X. publia dans la Feuille officielle suisse du commerce
(FOSC) un appel d’offres dans le cadre d’une procédure ouverte concernant
des prestations de mandataire général (architecte, ingénieur civil, ingénieur
CVSE) pour la ré-affectation de la halle des (…) à E. Dans le délai échéant, après
deux prolongations décidées par le pouvoir adjudicateur, au 10 décembre
2003, le Groupement Z., composé du Groupement V. (formé des sociétés C., B.,
F., A.) et des sociétés P., H., S. et U., déposa une offre. Par décision du 29 janvier
2004, publiée dans la FOSC du 6 février 2004, les CFF adjugèrent le marché au
Groupement Y., piloté par D.

B. Par courrier du 25 février 2004, le Groupement Z., composé des sociétés
précitées, (ci-après: les recourantes) a formé recours contre la décision
d’adjudication auprès de la Commission fédérale de recours en matière
de marchés publics (ci-après: la Commission de recours ou de céans). Les
recourantes y allèguent des violations de caractère tant formel que matériel.
Sous l’angle formel, la méthode d’évaluation de l’offre économiquement la
plus avantageuse utilisée par le pouvoir adjudicateur violerait le principe
de la transparence, voire celui de l’égalité de traitement, en ce qu’elle
inclurait parmi les critères d’adjudication des éléments tenant à l’aptitude
des soumissionnaires (évaluation en deux étapes de l’offre technique, puis de
l’offre financière de chaque soumissionnaire). Une interprétation conforme
à la loi de la méthode d’évaluation choisie impliquerait que l’évaluation
technique et organisationnelle des offres concerne la seule aptitude des
soumissionnaires, alors que l’évaluation financière des offres concernerait
l’évaluation des critères d’adjudication - qui seraient ainsi limités au seul
critère du prix le plus bas. Dans cette dernière hypothèse, le marché devrait
être adjugé aux recourantes. De plus, le mode de notation, lequel devait -
selon la documentation relative à l’appel d’offres - être compté en point plein
pour l’offre technique et au dixième de point pour l’offre financière, aurait
été illégalement modifié en des notes comptées au centième de point. Enfin,
le pouvoir adjudicateur a admis la participation comme soumissionnaire
d’une entreprise (D.) ayant participé aux études préliminaires destinées au
dossier de mise à l’enquête. Cette entreprise est le chef de file du Groupement
Y. qui a obtenu l’adjudication du marché. Les recourantes allèguent que
seul un examen du dossier de la procédure de passation leur permettrait
de déterminer s’il y a eu dialogue technique et si l’égalité de traitement des
soumissionnaires a été respectée. Sous l’angle matériel, les recourantes
considèrent que les notes attribuées par le pouvoir adjudicateur à leur offre
technique, pour plusieurs sous-critères, constituent un excès ou abus du
pouvoir d’appréciation, sont arbitraires et/ou manifestent un formalisme
excessif. Les recourantes requièrent, à titre provisoire, que l’effet suspensif
soit accordé à leur recours. Au titre de mesures d’instructions, elles sollicitent
un accès au dossier original et complet de la procédure de passation, la
faculté de déposer un mémoire ampliatif après avoir eu connaissance dudit
dossier et enfin la tenue d’une audience de jugement après la clôture de

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l’échange d’écritures. Sur le fond, les recourantes concluent à la réforme
de la décision attaquée dans le sens d’une nouvelle adjudication en leur faveur,
subsidiairement à son annulation, avec suite de frais et dépens.

C. Par courriers des 26 février et 2 mars 2004, le Président de la Commission
de recours a informé X. et le Groupement Y. du dépôt d’un recours contre la
décision d’adjudication et les a invités à se prononcer jusqu’au 8 mars 2004 sur
les requêtes d’effet suspensif et de consultation du dossier, ainsi que jusqu’au
15 mars 2004 sur le fond de l’affaire. Il a ordonné à titre superprovisoire
qu’aucune mesure d’exécution ne soit entreprise jusqu’à droit connu sur la
requête d’effet suspensif. A la demande de X. et du Groupement Y., le délai
pour répondre à la requête d’effet suspensif a été prolongé au 15 mars 2004.

D. Dans le délai imparti, Y. a annoncé qu’il renonçait à intervenir dans la
procédure de recours. Il s’est par ailleurs opposé à la consultation de son
offre par les recourantes, parce que celle-ci contiendrait des informations
commerciales confidentielles protégées par le secret des affaires et parce
que les griefs invoqués par ces dernières ne nécessiteraient pas d’avoir
accès à l’offre de l’adjudicataire. Dans leur réponse du 15 mars 2004, X. s’est
prononcé simultanément sur les requêtes d’effet suspensif et de consultation
du dossier, ainsi que sur le fond du recours. X. s’oppose en premier lieu à la
consultation par les recourantes du dossier intégral, et en particulier de l’offre
de l’adjudicataire. Si une consultation du dossier devait s’avérer nécessaire,
elle devrait se limiter, selon le principe de proportionnalité, aux parties du
dossier strictement nécessaires. X. s’oppose par ailleurs à l’octroi de l’effet
suspensif. Il s’en remet enfin à la Commission de recours quant à l’opportunité
d’un mémoire ampliatif par les recourantes et se réserve de se prononcer
ultérieurement sur la tenue d’une audience de jugement.

X. s’oppose à un octroi de l’effet suspensif aux motifs que le recours serait
manifestement dépourvu de chances de succès et que l’intérêt public à une
réalisation rapide du marché primerait sur l’intérêt privé des recourantes. Le
planning des travaux imposerait que le mandataire général, qui fait l’objet
de la présente procédure de passation, soit désigné en avril 2004 et que
l’autorisation de construire soit délivrée par l’Office fédéral des transports
(OFT) en avril 2005. Tout retard dans la ré-affectation des Ateliers de révision
de E. impliquerait une sous-capacité de l’infrastructure nécessaire à la révision
(…) dès le début de l’année 2007. A défaut d’installations de révision adéquates
en nombre suffisant, les (…) en attente de révision devraient être immobilisées
et remplacées par du matériel (…) conventionnel, lequel ne permettrait
plus de respecter le nouvel horaire (…) introduit en décembre 2004. Comme
alternative, X. pourrait envisager d’investir dans une extension de ses ateliers
existant à R. et T. Cette alternative comporterait le risque d’un abandon du
projet (…) à E., qui ne serait souhaitable ni pour la Suisse romande en général,
ni pour le maintien des places de travail aux Ateliers (…) de E.

Sur le fond, X. conclut au rejet du recours. Il conteste avoir procédé à une
«double appréciation» de l’aptitude des soumissionnaires, mais considère
au contraire que les critères d’adjudication destinés à permettre l’évaluation
technique des offres sont en relation directe avec les prestations de services
faisant l’objet du marché. En outre, ces critères ont été publiés dans l’appel
d’offres, sans être contestés par les soumissionnaires, ni en particulier
par les recourantes. Dès lors que le marché ne portait pas sur des biens

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standardisés, une adjudication sur la seule base du prix, comme argumentée
par les recourantes, serait enfin contraire à l’art. 21 al. 3 de la loi fédérale du
16 décembre 1994 sur les marchés publics (LMP, RS 172.056.1). Quant à la
méthode de notation, chacun des trois membres du groupe d’évaluation a
attribué une note par point plein aux différents critères d’adjudication. C’est
la moyenne des notes attribuées par chaque évaluateur qui a résulté, pour
chaque critère, en une note exprimée en centième de point. De plus, même
si la moyenne des notes avait été exprimée en point plein, le classement des
offres n’en aurait pas été modifié. S’agissant du grief tiré de la participation de
D. à la passation du marché, X. relève que le dialogue technique entretenu
avec cette entreprise n’aurait porté que sur l’avant-projet et le dossier
d’approbation des plans destiné à l’OFT - et non sur la préparation du dossier
d’appel d’offres - et que l’entreprise n’aurait eu aucune possibilité d’influencer
la définition de l’appel d’offres. Les spécifications relatives à l’objet du marché
ne seraient pas formulées selon les capacités particulières de D. L’égalité de
traitement des soumissionnaires n’aurait pas été violée, car tous les documents
élaborés dans le cadre de l’avant-projet ont été mis à disposition de chaque
soumissionnaire sous la forme d’un CD-ROM et les soumissionnaires ont
disposé d’un temps suffisamment long pour en prendre connaissance du fait
que la durée initiale de l’appel d’offres a été prolongée de plus de trois mois.
Quant aux griefs matériels relatifs aux notes attribuées, les trois références
données par les recourantes concerneraient le même projet et le même maître
d’ouvrage et ne seraient pas comparables au projet (…) en termes de volume
de travaux et de complexité des prestations. L’organigramme fourni par
les recourantes ne correspondrait pas à ce qui était attendu par le pouvoir
adjudicateur pour l’organisation du projet (…).

E. Par courrier du 1er avril 2004, les recourantes ont fait parvenir à la
Commission de recours des déterminations spontanées sur la réponse de
X. quant à la requête d’effet suspensif. Elles considèrent que l’urgence à
exécuter le marché serait en partie imputable à X. lui-même, lequel aurait
initialement déposé une demande d’approbation des plans en procédure
simplifiée, alors que la procédure ordinaire était applicable, et qui n’aurait
pas intégré l’hypothèse d’un recours contre la décision d’adjudication ou celle
d’une opposition aux plans dans sa planification. Selon l’avis et l’expérience
des recourantes, le planning des travaux prévu par X. serait en outre trop long
et une durée des travaux d’une année serait suffisante, de sorte qu’il n’y aurait
aucune urgence. Par ailleurs, les recourantes considèrent que leur recours
n’est pas manifestement mal fondé: elles auraient en particulier fourni les
références de trois réalisations distinctes, bien que celles-ci aient toutes été
effectuées sur le même site. Elles auraient en outre interprété le cahier des
charges comme exigeant un organigramme fonctionnel du mandataire général,
et non un organigramme relatif au projet spécifique.

F. Dans un courrier du 8 avril 2004, X. a répondu aux déterminations
précitées. Le dossier d’approbation des plans, complété selon les demandes
de l’OFT, a été transmis à cet office le 23 mars 2004, alors que le rapport
d’impact sur l’environnement sera transmis ultérieurement. X. a demandé
à l’OFT de considérer le projet (…) comme prioritaire. L’hypothèse d’un
recours contre l’adjudication ou d’une opposition aurait par ailleurs été
prise en compte dans la planification. Le planning de douze mois pour
l’exécution des travaux suggéré par les recourantes serait irréaliste et

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nettement sous-estimé. Les importants travaux de génie civil constituant
la référence principale des recourantes seraient peu pertinents pour le
marché en cause, lequel ne comporte qu’une part minime de travaux de
génie civil, et consiste essentiellement en des travaux de transformation et de
démolition/reconstruction. Au surplus, le pouvoir adjudicateur reprend en
substance les motifs justifiant son évaluation de l’offre des recourantes.

En date du 21 avril 2004, les recourantes se sont prononcées spontanément
sur la correspondance précitée de X., lequel s’est également une nouvelle fois
déterminé par courrier du 28 avril 2004.

Résumé des considérants:

1.a. Le marché en cause est passé par X., lequel constitue une «entreprise
publique» active dans la construction ou l’exploitation (…) et est à ce titre
assujetti à l’Accord du 21 juin 1999 entre la Confédération suisse et la
Communauté européenne sur certains aspects relatifs aux marchés publics
(avec annexes et acte final; ci-après: Accord bilatéral CH-CE sur les marchés
publics, RS 0.172.052.68), entré en vigueur le 1er juin 2002 (art. 3 § 1 et § 2 pt [d]
et Annexe II B de l’Accord bilatéral CH-CE sur les marchés publics) et à la loi
fédérale sur les marchés publics (art. 2 al. 2 LMP; art. 2a al. 1 let. b et art. 2a
al. 2 let. b de l’ordonnance du 11 décembre 1995 sur les marchés publics [OMP],
RS 172.056.11). Le marché public litigieux ayant fait l’objet d’un appel d’offres
publié le 25 juillet 2003, il est soumis ratione temporis à l’Accord bilatéral
CH-CE sur les marchés publics et au droit fédéral en la matière (art. 37 LMP;
art. 72a al. 1 OMP). Le marché porte sur la transformation des Ateliers (…) de
E., afin de les ré-affecter à l’entretien et la révision (…).

b. L’Accord bilatéral CH-CE sur les marchés publics ne s’applique pas à
tous les services, mais uniquement à certains services exhaustivement
énumérés à l’Annexe VI à l’Accord (art. 3 § 6 et 7 de l’Accord bilatéral en
cause). L’Annexe VI dudit Accord bilatéral contient une brève description
résumée des types de services visés et est identique à l’Annexe 4 de l’Appendice
I à l’Accord GATT/OMC sur les marchés publics du 15 avril 1994 (AMP, RS
0.632.231.422) déposée par la Suisse. Comme l’Annexe 4 à l’AMP, la liste de
services assujettis à l’Accord bilatéral CH-CE sur les marchés publics est
basée, par l’intermédiaire du document MTN.GNS/W/120, sur la classification
centrale provisoire des produits (CPC) établie par l’Organisation des Nations
Unies (ONU; New York 1991). Il faut dès lors se référer à cette classification
CPC pour vérifier la portée de chaque type de services assujetti (décisions
de la Commission fédérale de recours en matière de marchés publics
du 28 septembre 2001 et du 3 novembre 2000, publiées dans JAAC 66.5
consid. 2c/aa, respectivement 65.41 consid. 3a). En droit fédéral également,
la LMP ne s’applique qu’à cette liste limitative de services, reprise à l’Annexe
1 à l’OMP (art. 1 al. 1 let. a et art. 5 al. 1 let. b LMP, ainsi que l’art. 3 al. 1 OMP
renvoyant à l’Annexe 1 à l’OMP).

En l’espèce, les prestations de mandataire général (architecte, ingénieur civil
et ingénieur électromécanicien du bâtiment) pour le projet de ré-affectation
de la halle (…) à E. en un atelier de révision (…) constituent des prestations
de services assujetties à l’Accord bilatéral CH-CE sur les marchés publics et
à la LMP. Elles relèvent des «services d’architecture; services d’ingénierie
et services intégrés d’ingénierie; services d’aménagement urbain et
d’architecture paysagère; services connexes de consultations scientifiques

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https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc/150005627.pdf?ID=150005627

et techniques; services d’essais et d’analyses techniques (Annexe VI à l’Accord
bilatéral CH-CE sur les marchés publics, CPC 867: architectural, engineering and
other technical services; art. 5 al. 1 let. b LMP; art. 3 al. 1 OMP et pts 11 à 12 de
l’Annexe 1 à l’OMP).

c. En l’espèce, les offres soumises par les cinq soumissionnaires ayant
participé à la procédure de passation s’échelonnaient entre CHF 1’297’800.-
et CHF 1’858’736.-. La valeur du marché est ainsi supérieure au seuil de
CHF 640’000.- (EUR 400’000.-) applicable pour les services acquis par des
pouvoirs adjudicateurs actifs dans la construction ou l’exploitation (…; art. 3
§ 4 pt b/i de l’Accord bilatéral CH-CE sur les marchés publics; art. 2a al. 3 let. b
OMP).

d. à g. (…)

2. Les recourantes concluent à l’octroi de l’effet suspensif au recours selon
l’art. 28 al. 2 LMP. Dans leur réponse du 15 mars 2004, complétée le 8 avril
2004, X. s’oppose à un tel octroi.

a. Contrairement à l’art. 55 al. 1 de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la
procédure administrative (PA, RS 172.021), l’art. 28 al. 1 LMP prévoit que le
recours en matière de marchés publics n’a pas d’effet suspensif automatique.
Toutefois, la Commission de recours peut, sur requête, accorder un tel effet
suspensif (art. 28 al. 2 LMP). La LMP n’indique pas les critères à prendre
en compte pour l’octroi de l’effet suspensif. Selon la jurisprudence et la
doctrine relatives à l’art. 55 al. 1 PA, il convient d’apprécier l’apparence
de bien-fondé du recours, l’urgence résultant d’un risque de dommage
irréparable et la pondération des différents intérêts en jeu. Cette pondération
des intérêts doit permettre de vérifier si les raisons qui parlent en faveur
d’une exécution immédiate de la décision l’emportent sur celles commandant
un maintien en l’état de la situation antérieure à la décision jusqu’à droit
connu. Il faut prendre en compte les intérêts du recourant, l’intérêt public
invoqué par le pouvoir adjudicateur, d’autres intérêts publics éventuels,
ainsi que les intérêts privés de tiers intéressés, notamment des autres
participants au processus de passation du marché. Eu égard à la nature
de la décision, prise dans le cadre de mesures provisionnelles, la pesée des
intérêts ne peut se faire que de manière sommaire, sur la base d’un examen
prima facie des pièces du dossier (ATF 117 V 191 consid. 2b, ATF 110 V 45
consid. 5b, ATF 106 Ib 116 consid. 2a, ATF 105 V 268 consid. 2, ATF 99 Ib 220
consid. 5; décision de la Commission de recours du 26 mars 1997, in JAAC 61.77
consid. 3a; André Moser, in Moser/Uebersax, Prozessieren vor eidgenössischen
Rekurskommissionen, Bâle et Francfort-sur-le-Main 1998, ch. 3.19 s.; Evelyne
Clerc, L’ouverture des marchés publics: Effectivité et protection juridique,
Fribourg 1997, p. 542 à 547; Peter Galli/André Moser/Elisabeth Lang, Praxis
des öffentlichen Beschaffungsrechts, Zurich 2003, ch. 658; Isabelle Häner,
Vorsorgliche Massnahmen im Verwaltungsverfahren und Verwaltungsprozess,
in Revue de droit suisse [RDS] 1997 II p. 322 à 351; Alfred Kölz/Isabelle Häner,
Verwaltungsverfahren und Verwaltungsrechtspflege des Bundes, 2e éd.,
Zurich 1998, ch. 647 à 652; Ulrich Zimmerli/Walter Kälin/Regina Kiener,
Grundlagen des öffentlichen Verfahrensrechts, Berne 1997, p. 117 à 121; Fritz
Gygi, Bundesverwaltungsrechtspflege, 2e éd., Berne 1983, p. 138-141; Gerold
Steinmann, Vorläufiger Rechtsschutz im Verwaltungsbeschwerdeverfahren
und im Verwaltungsgerichtsverfahren, in Schweizerisches Zentralblatt für

8

http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE_117_V_191&resolve=1
http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE_110_V_45&resolve=1
http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE_106_Ib_116&resolve=1
http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE_105_V_268&resolve=1
http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE_99_Ib_220&resolve=1
https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc/150003599.pdf?ID=150003599

Staats- und Verwaltungsrecht [ZBl] 1993 p. 149 s.). La réglementation spéciale
de l’art. 28 LMP implique uniquement que le législateur a voulu écarter un
effet suspensif automatique du recours dans les litiges en matière de marchés
publics et qu’il a considéré que la Commission de recours devait procéder dans
chaque cas à une pondération des intérêts en cause (Message 2 GATT, FF 1994
IV 1236 et 1238). Cela ne signifie pas que l’effet suspensif ne peut être ordonné
qu’exceptionnellement. On ne saurait non plus en déduire que le législateur
a voulu que la Commission de recours accorde un poids systématiquement
prépondérant à l’intérêt invoqué par le pouvoir adjudicateur à la passation
ininterrompue du marché, ni que le recourant doive invoquer des raisons
particulièrement prépondérantes pour obtenir l’effet suspensif (décisions de la
Commission de recours du 30 août 2000, in JAAC 65.12 consid. 2a; du 15 juillet
1997, in JAAC 62.32 I consid. 3b et du 26 mars 1997, in JAAC 61.77 consid. 3d;
Clerc, op. cit., p. 545).

Dans le cadre de l’examen de la requête d’effet suspensif, la jurisprudence
prescrit un examen prima facie de l’apparence du bien-fondé du recours.
Celui-ci a pour but de refuser l’effet suspensif aux recours manifestement
dépourvus de chance de succès. Il faut que le résultat ne fasse aucun doute
(«eindeutig»). Inversement, un diagnostic positif prépondérant ne suffit pas
d’emblée à justifier l’octroi d’une mesure provisoire. Lorsque le recours ne
semble à première vue ni manifestement mal fondé, ni manifestement bien
fondé, il convient de constater et de pondérer le risque de préjudice (ATF 110
V 45 consid. 5b; décision de la Commission de recours du 26 mars 1997, in
JAAC 61.77 consid. 3c; JAAC 55.1 consid. 3; Häner, op. cit., p. 323 à 332; Blaise
Knapp, Précis de droit administratif, 4e éd., Bâle/Francfort-sur-le-Main 1991,
ch. 2079, p. 430; Kölz/Häner, op. cit., ch. 650; Attilio R. Gadola, Rechtsschutz
und andere Formen der Überwachung der Vorschriften über das öffentliche
Beschaffungswesen, in Pratique juridique actuelle [PJA] 1996 p. 972). En
d’autres termes, dès lors que l’appréciation des chances de succès du recours
ne conduit pas à un résultat sans équivoque, ces chances n’entrent pas
en considération dans la pesée des intérêts en présence (ATF 110 V 45
consid. 5b, ATF 106 Ib 116 consid. 2a; JAAC 62.8; Kölz/Häner, op. cit., ch. 650).
Dans ces circonstances, le sort de la requête d’effet suspensif dépend de la
balance des intérêts publics et privés en jeu et de l’application du principe
de proportionnalité, lequel joue un rôle particulièrement important dans
le cadre de la protection juridictionnelle provisoire (Moser, op. cit., ch. 3.22;
Galli/Moser/Lang, op. cit., ch. 659; Häner, op. cit., p. 343 à 351).

b. (…)

c. Dès lors qu’un grief au moins des recourantes ne s’avère pas manifestement
mal fondé, il n’est pas nécessaire d’examiner l’apparence de bien-fondé des
autres motifs de recours. La légalité du déroulement de la procédure de
passation ne pourra être tranchée qu’au stade de l’examen du fond du recours.
Dans ces circonstances, il s’impose de procéder à une pesée des intérêts en
présence, laquelle permettra de trancher la question de l’effet suspensif.

aa. Le but des mesures provisoires est la garantie d’une protection
juridictionnelle effective qui permette en particulier de préserver les
possibilités commerciales du recourant. Le recourant a notamment intérêt à
la non-exécution immédiate de la décision, lorsque, faute d’effet suspensif,
la protection juridictionnelle deviendrait illusoire (Peter Saladin, Das

9

https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc/150005030.pdf?ID=150005030
https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc/150003878.pdf?ID=150003878
https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc/150003599.pdf?ID=150003599
http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE_110_V_45&resolve=1
http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE_110_V_45&resolve=1
https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc/150003599.pdf?ID=150003599
https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc/150001325.pdf?ID=150001325
http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE_110_V_45&resolve=1
http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE_106_Ib_116&resolve=1
https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc/150004070.pdf?ID=150004070

Verwaltungsverfahrensrecht des Bundes, Bâle/Stuttgart 1979, p. 206; Gygi, op.
cit., p. 244 s.; Steinmann, op. cit., p. 149; Moser, op. cit. ch. 3.21). Inversement,
il faut toutefois assurer que le but poursuivi par la décision puisse toujours
être atteint et ne soit pas indûment repoussé du fait d’une longue procédure
dotée de l’effet suspensif (décision de la Commission de recours du 26 mars
1997, in JAAC 61.77 consid. 3b; Steinmann, op. cit., p. 149).

L’octroi de mesures provisoires joue un rôle central lorsque la décision
attaquée est, comme dans le cas d’espèce, celle d’adjudication du marché
(art. 29 let. a LMP). En l’absence d’effet suspensif, le contrat peut être
valablement conclu et exécuté, ce qui priverait définitivement les recourantes
de toute chance d’obtenir le marché, même si leur recours était finalement
jugé bien fondé. Elles seraient renvoyées à faire valoir des dommages-intérêts
plafonnés à la réparation des dépenses encourues en relation avec les
procédures de passation et de recours aux termes de l’art. 32 al. 2 et de l’art. 34
al. 2 LMP (décisions de la Commission fédérale de recours en matière de
marchés publics du 30 août 2000, in JAAC 65.12 consid. 3a et du 15 juillet
1997, in JAAC 62.32 I consid. 3e). Le risque de dommage irréparable est évident.
En conséquence, les recourantes ont, en l’espèce, un intérêt manifeste à l’octroi
de l’effet suspensif, lequel est seul à même de préserver leurs possibilités
commerciales et de leur garantir une protection juridictionnelle effective
conforme aux exigences de l’art. 5 de l’Accord bilatéral CH-CE sur les marchés
publics et à l’Annexe V à cet Accord.

bb. Comme on l’a vu, X. invoque, au titre d’intérêt public à une réalisation
urgente du marché, le besoin de désigner le mandataire général du projet (…)
en avril 2004 et d’obtenir ensuite la délivrance de l’autorisation de construire
par l’OFT en avril 2005. En cas de retard dans la ré-affectation des Ateliers
de révision (…) de E., l’infrastructure nécessaire à la révision (…) ne serait
plus suffisante dès le début de l’année 2007 et les (…) en attente de révision
devraient être immobilisées et remplacées par du matériel (…) conventionnel,
lequel ne permettrait plus de respecter le nouvel horaire (…) introduit dès
décembre 2004.

Selon la jurisprudence de la Commission de céans, il appartient au pouvoir
adjudicateur de tenir compte de manière raisonnable de l’hypothèse d’un
recours dans la planification du marché et de ne pas créer lui-même une
situation d’urgence qui rendrait illusoire toute demande d’effet suspensif.
L’urgence ne peut être valablement alléguée lorsqu’elle résulte de la seule
planification temporelle choisie par le pouvoir adjudicateur (décisions de la
Commission fédérale de recours en matière de marchés publics du 30 août
2000, in JAAC 65.12 consid. 3b; du 12 mai 1997, in JAAC 61.76 consid. 3e et du
26 mars 1997, in JAAC 61.77 consid. 3d). En l’espèce, X. a étendu de plus de
trois mois le délai de remise des offres initialement prévu, ce qui a retardé
d’autant la date d’adjudication du présent marché. Cette extension était
motivée, d’une part, par le remplacement du chef de projet et, d’autre part,
par le report de la date prévisible de délivrance du permis de construire par
l’OFT. Ce report résulte du fait que X. a planifié et introduit une demande
d’approbation des plans selon la procédure simplifiée, alors que la procédure
ordinaire était applicable selon l’OFT (…) et qu’il a déposé une demande
d’approbation, à laquelle plusieurs informations et documents faisaient
défaut, comme une étude d’impact sur l’environnement. Ainsi, le report de
la date de délivrance du permis de construire est au moins partiellement

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https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc/150003599.pdf?ID=150003599
https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc/150005030.pdf?ID=150005030
https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc/150003878.pdf?ID=150003878
https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc/150005030.pdf?ID=150005030
https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc/150003596.pdf?ID=150003596
https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc/150003599.pdf?ID=150003599

imputable à X. De plus, la Commission de recours observe que rien ne justifie
apparemment une prolongation si longue du délai de remise des offres, dès
lors que X. n’a pas modifié la définition de l’objet du marché à la suite des
demandes de compléments formulées par l’OFT. S’il est vrai que X. a modifié
également la méthode de notation du prix, cette modification a fait l’objet
d’une extension ad hoc du délai de remise des offres limitée à dix jours.
Enfin, la décision d’adjudication du 29 janvier 2004 ayant été prise avant
le dépôt de la nouvelle demande d’approbation des plans (en date du 23 mars
2004), on peut en déduire a fortiori qu’il n’était pas nécessaire d’attendre
la délivrance du permis de construire pour procéder à l’adjudication. Par
ailleurs, contrairement aux allégués de X., celui-ci n’a nullement pris en
compte de manière adéquate l’hypothèse d’un recours dans sa planification.
Il est manifeste qu’une telle hypothèse exige du pouvoir adjudicateur qu’il
planifie son marché en prenant en compte non seulement le délai de recours,
mais aussi la durée d’une procédure de recours, laquelle peut être dotée de
l’effet suspensif. Le planning fourni par X., tant dans sa version initiale que
dans celle mise à jour au 12 janvier 2004, réserve le délai légal de recours de
vingt jours à la suite de l’adjudication et prévoit une négociation et conclusion
du contrat immédiatement après ce délai de vingt jours. La simple prise
en compte du délai de recours, sans envisager la durée de la procédure de
recours, est clairement insuffisante.

En déposant une demande d’approbation de plan incomplète et fondée sur une
procédure simplifiée inapplicable en l’espèce, en prolongeant de plus de trois
mois, sans nécessité avérée, le délai de remise des offres et en ne planifiant
pas la durée d’une éventuelle procédure de recours contre l’adjudication
du présent marché, X. a lui-même créé le risque de ne pas disposer à temps
de l’infrastructure nécessaire à la révision (…) et de mettre ainsi en danger
l’horaire (…). Le pouvoir adjudicateur est ainsi très largement responsable
de la situation d’urgence alléguée et dans laquelle il se trouve du fait du
dépôt d’un recours et de la demande d’effet suspensif. Il ne saurait dès lors se
prévaloir de l’urgence pour rendre illusoire toute demande d’effet suspensif et
limiter ainsi l’effectivité des recours garantis par la loi en matière de marchés
publics.

Au surplus, le pouvoir adjudicateur n’invoque aucune mise en danger grave
d’un intérêt public prépondérant pour justifier la conclusion immédiate
du contrat et l’exécution du marché. Il mentionne le fait que le nouvel
horaire (…) ne pourrait plus être respecté si des (…) en attente de révision
devaient être temporairement immobilisées et remplacées par du matériel
(…) conventionnel. La Commission de recours observe en premier lieu que,
vu l’état d’avancement de la procédure de recours, un jugement sur le fond
devrait pouvoir être rendu dans un délai relativement court. La prolongation
engendrée par l’octroi de l’effet suspensif durant la procédure de recours
paraît dès lors supportable. En outre, le risque que certains (…) souffrent
temporairement de retard du fait du report de la mise en service des Ateliers
(…) de E. constitue certes une atteinte au service public assuré par X., mais
il ne pose aucun danger imminent pour des intérêts publics importants, en
particulier la santé publique ou la sécurité publique.

X. invoque également le risque qu’il soit amené, pour pallier le retard
qu’engendrerait une procédure de recours dotée de l’effet suspensif, à
opter pour une solution alternative consistant à étendre ses ateliers de

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révision existant à R. et T. et à abandonner le projet (…) à E. L’octroi de l’effet
suspensif au présent recours mettrait ainsi en danger le maintien des places de
travail aux Ateliers (…) de E. et prétériterait le tissu économique romand. La
Commission de céans observe en premier lieu que les règles sur les marchés
publics ne poursuivent pas un objectif de politique régionale ou industrielle.
Elle souligne ensuite que cette menace paraît aussi dénuée de pertinence
que totalement hypothétique, dès lors que X. ne fait état d’aucune procédure
parallèle déjà engagée pour l’extension des ateliers de R. et T. en vue de la
révision (…), ni même d’une simple décision stratégique prise en ce sens. Au
vu des délais de planification et de réalisation nécessaires pour des travaux de
cette importance et de la durée de la procédure nécessaire à l’obtention d’un
permis de construire, on voit mal comment cette hypothèse pourrait constituer
une alternative réelle à la réalisation du projet existant (…). L’argument
soulevé par X. est pour le moins inadéquat.

d. Il résulte ainsi d’un examen prima facie, basé sur l’état de fait tel qu’il
ressort des pièces du dossier, que les recourantes ont un intérêt digne
de protection supérieur à celui du pouvoir adjudicateur. Il se justifie en
conséquence d’accorder l’effet suspensif au recours.

3. Les recourantes demandent à consulter l’intégralité du dossier de passation
du marché. Il convient de rappeler à cet égard que l’adjudicataire s’est opposé
à la consultation de son offre, aux motifs, d’une part, que celle-ci serait
confidentielle et comporterait des secrets d’affaires et, d’autre part, que les
griefs invoqués par les recourantes ne le nécessiteraient pas. X. s’est opposé à
la consultation du dossier et a subsidiairement conclu, si celle-ci était accordée,
à ce qu’elle soit limitée aux seules pièces nécessaires.

a. Le droit d’accès au dossier prévu aux art. 26 à 28 PA découle du droit
d’être entendu garanti par l’art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale de la
Confédération Suisse du 18 avril 1999 (Cst., RS 101). Il doit en principe être
accordé et ne peut être refusé qu’exceptionnellement (ATF 117 Ib 494).
Conformément à l’art. 26 al. 1 let. b PA, le recourant a en principe le droit
de consulter tous les actes sur lesquels se fonde la décision attaquée. Toutefois,
un intérêt public ou privé prépondérant - et en particulier la confidentialité
des informations fournies par les soumissionnaires dans le cadre d’un marché
public - peut justifier une limitation du droit d’accès au dossier dans un cas
d’espèce (art. XVIII § 4 AMP; art. 8 al. 1 let. d et art. 23 al. 3 LMP; art. 27 PA).

b. Durant la procédure de passation d’un marché public, la confidentialité
des offres est garantie, car ces offres incorporent un savoir-faire et des
informations couverts par le secret des affaires des soumissionnaires
(art. 8 al. 1 let. d et art. 23 al. 3 LMP). Le soumissionnaire évincé n’a alors
droit qu’à la communication des éléments propres à justifier la décision
d’adjudication, laquelle comporte une éviction implicite de son offre (art. 23
al. 2 LMP). Ces garanties seraient contournées si le seul dépôt d’un recours
suffisait à conférer au soumissionnaire recourant un droit d’accès complet
et automatique à l’ensemble du dossier de passation. Dans le cadre d’une
procédure de recours, l’art. 27 al. 1 let. b et al. 2 PA permet de restreindre
ou de refuser la consultation de certaines pièces lorsque des intérêts privés
prépondérants exigent que le secret des affaires soit sauvegardé. Il en découle
que le soumissionnaire recourant ne peut, en règle générale, consulter les
offres des autres soumissionnaires et, en particulier, de l’adjudicataire, lorsque

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http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE_117_Ib_494&resolve=1

ceux-ci s’y opposent. La protection du secret s’étend aux documents internes
du pouvoir adjudicateur relatifs à l’évaluation des offres, dans la mesure
où cette évaluation révèle des informations sur les offres, informations
elles-mêmes protégées par le secret des affaires. Il faut toutefois garantir
que le soumissionnaire recourant puisse prendre connaissance - au moins
indirectement - des pièces qui ont motivé et sont à la base de la décision
attaquée. L’art. 28 PA prescrit qu’une pièce dont la consultation a été refusée
ne peut être utilisée au désavantage d’une partie que si l’autorité lui en a
communiqué, oralement ou par écrit, le contenu essentiel pertinent et lui a
donné l’occasion de s’exprimer et de fournir des contre-preuves (décisions
de la Commission fédérale de recours en matière de marchés publics du
16 novembre 2001, in JAAC 66.37 consid. 3a et du 17 février 1997, in JAAC 61.24
consid. 3a; décision non publiée de la Commission de recours du 5 novembre
1998, en la cause A. [CRM 1998-012]; Galli/Moser/Lang, op. cit., ch. 671 et 674).
Le Tribunal fédéral a aussi jugé que la limitation du droit à l’accès au dossier
dans les recours en matière de marchés publics est justifiée par la protection
des intérêts commerciaux légitimes des soumissionnaires. Ces derniers ne
peuvent avoir accès à des documents couverts par le secret des affaires. Cette
limitation restreint les droits du soumissionnaire recourant, mais ne le laisse
pas sans protection. Il peut exiger une motivation pour le rejet de son offre,
motivation dont l’autorité de recours vérifiera la validité en se fondant sur
une analyse complète des offres (arrêts non publiés du Tribunal fédéral
du 9 décembre 2003, en la cause X. [2P.173/2003], consid. 2.5; du 20 février
2003, en la cause A. AG [2P.226/2002], consid. 2.1; arrêt du Tribunal fédéral
du 2 mars 2000, publié dans la Praxis des Bundesgerichts [Pra] 2000 p. 797
consid. 2, résumé dans la Semaine judiciaire [SJ] 2000 p. 546 ss.; ATF 115 V 303
consid. 2g/bb, ATF 104 Ia 70 consid. 3b; contra Robert Wolf, Die Beschwerde
gegen Vergabeentscheide - Eine Übersicht über die Rechtsprechung zu den
neuen Rechtsmitteln, in ZBl 2003, p. 22 à 25).

En cas de recours, le pouvoir adjudicateur a l’obligation de transmettre
au juge l’intégralité du dossier de passation du marché (art. 5 al. 2 Accord
bilatéral CH-CE sur les marchés publics et art. 1 let. a et b de l’Annexe V à
l’Accord bilatéral précité; cf. également art. XX § 4 et art. XX § 6 al. g AMP).
C’est ensuite à l’autorité de recours qu’il appartient d’effectuer, selon les
circonstances propres à chaque cas, la pondération prescrite à l’art. 27
PA entre le droit d’accès au dossier et la protection du secret des affaires
(question laissée ouverte dans l’arrêt non publié du Tribunal fédéral du
21 janvier 2004, en la cause X. AG [2P.111/2003], consid. 4.1.2; Evelyne Clerc,
art. 9 LMI, in Tercier/Bovet [éd.], Droit de la concurrence: loi sur les cartels,
loi sur la surveillance des prix, loi sur le marché intérieur, loi sur les entraves
techniques au commerce, Genève/Bâle 2002, ch. 52). Le recourant ne doit
pouvoir prendre connaissance, directement ou indirectement, du contenu des
offres et des documents internes du pouvoir adjudicateur que dans l’hypothèse
où ceux-ci ont influencé et sont à la base de la décision attaquée. En outre,
l’existence et l’étendue du droit d’accès au dossier en matière de marchés
publics dépendent des motifs invoqués par le soumissionnaire évincé à l’appui
de son recours. Ces éléments doivent être mis en balance avec la protection du
secret des affaires des soumissionnaires et en particulier de l’adjudicataire.

c. à e. (Consultation partielle des pièces accordée en l’espèce)

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https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc/150005552.pdf?ID=150005552
https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc/150003422.pdf?ID=150003422
http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE_115_V_303&resolve=1
http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE_104_Ia_70&resolve=1

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Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften

Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées

Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali

JAAC 68.89 - Décision incidente de la Commission fédérale de recours en matière de

marchés publics du 4 mai 2004 [CRM 2004-004]

In Verwaltungspraxis der Bundesbehörden
Dans Jurisprudence des autorités administratives de la Confédération
In Giurisprudenza delle autorità amministrative della Confederazione

Jahr 2004
Année

Anno

Band 68
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Le document a été digitalisé par les Archives Fédérales Suisses et la Chancellerie fédérale.

Il documento è stato convertito dall'Archivio federale svizzero e della Cancelleria federale.

	Décision incidente de la Commission fédérale de recours en matière de marchés publics du 4 mai 2004 [CRM 2004-004]