# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 37c72f97-e2cf-592a-88aa-b5bc0012a27a
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2020-05-05
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 05.05.2020 F-2052/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_F-2052-2020_2020-05-05.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour VI 

F-2052/2020 

 

 
 

  A r r ê t  d u  5  m a i  2 0 2 0  

Composition 
 Jenny de Coulon Scuntaro (présidente du collège),  

Sylvie Cossy, Andreas Trommer, juges, 

Georges Fugner, greffier. 
 

 
 

Parties 
 A._______,  

représenté par Ange Sankieme Lusanga, Juristes et 

théologiens Mobiles Migrations et Développement, 

Binzenstrasse 20, 4058 Basel,  

requérant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations SEM,  

Quellenweg 6, 3003 Berne,  

autorité inférieure.  

 
 

 
 

Objet 
 Demande de révision / Arrêt du Tribunal administratif fédéral 

du 26 mars 2020. 

 

 

 

F-2052/2020 

Page 2 

Vu 

la demande d’asile que A._______ a déposée en Suisse le 11 janvier 2019, 

la décision du 27 mars 2019, par laquelle le Secrétariat d’Etat aux migra-

tions (ci-après : le SEM) n’est pas entré en matière sur cette demande et a 

prononcé le transfert de l’intéressé en Italie, 

l’arrêt du 28 novembre 2019, par lequel le Tribunal administratif fédéral (ci-

après : le Tribunal ou TAF) a confirmé cette décision sur recours (cause 

F-1634/2019), 

la demande de réexamen de la décision du 27 mars 2019 que A._______ 

a déposé devant le SEM le 4 décembre 2019,  

la transmission de cette requête au Tribunal, le 3 janvier 2020, comme 

éventuel objet de sa compétence au sens de l’art. 8 PA (RS 172.021),  

l’arrêt du 15 janvier 2020 (cause F-85/2020), par lequel le Tribunal a dé-

claré manifestement infondé l’acte du 4 décembre 2019 en tant qu’il rele-

vait de la révision de l’arrêt F-1634/2019, voire d’une éventuelle restitution 

du délai et a retransmis l’affaire au SEM pour raison de compétence, en 

tant que l’acte du 4 décembre 2019 relevait d’une demande de réexamen, 

la décision du 28 février 2020, par laquelle le SEM a rejeté la demande de 

réexamen de A._______ et a constaté que sa décision du 27 mars 2019 

était définitive et exécutoire, 

l’arrêt du 26 mars 2020, par lequel le Tribunal a confirmé cette décision sur 

recours (cause F-1622/2020),  

la demande de révision de l’arrêt du 26 mars 2020 que A._______ a dépo-

sée au Tribunal le 15 avril 2020,  

les griefs soulevés dans cette requête, soit : 

- que le Tribunal n’aurait pas observé, dans son arrêt du 26 mars 2020, 

les dispositions concernant la composition du tribunal ou la récusation 

(cf. art 121 let. a LTF), dès lors que les juges et le greffier en charge de 

la procédure de recours F-1622/2020 étaient déjà intervenus dans la 

procédure de recours F-85/2020 et qu’ils auraient dû se récuser dans 

la seconde procédure, pour avoir déjà « agi dans la même cause » au 

sens de l’art. 34 al. 1 let. b LTF, 

F-2052/2020 

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- que la participation des juges Gregor Chatton et Fulvio Haefeli à la pro-

cédure ayant abouti au rejet du recours par l’arrêt du 26 mars 2020, 

alors que les autorités italiennes avaient suspendu le transfert des re-

quérants d’asile sur leur territoire, justifiait leur récusation, 

les demandes d’octroi de mesures provisionnelles et d’octroi de l’assis-

tance judiciaire totale, subsidiairement partielle, formulées dans la de-

mande de révision, 

les mesures provisionnelles octroyées par le Tribunal le 16 avril 2020, 

 

et considérant 

que le Tribunal est compétent pour statuer sur les demandes de révision 

formées contre ses propres arrêts (cf. art. 45 à 47 de la loi du 17 juin 2005 

sur le Tribunal administratif fédéral [LTAF, RS 173.32]), 

que les art. 121 à 128 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, 

RS 173.110]) sont applicables par le renvoi de l’art. 45 LTAF, 

qu’une demande de révision, en tant que moyen juridictionnel extraordi-

naire susceptible d’être exercé contre un arrêt doué de force de chose ju-

gée, n’est recevable qu’à de strictes conditions, 

qu'elle doit non seulement être déposée dans les délais prévus 

(art. 124 LTF), mais encore se fonder sur l'un au moins des motifs exhaus-

tivement énumérés par le législateur aux art. 121 à 123 LTF, 

qu’elle ne permet pas de supprimer une erreur de droit, de bénéficier d’une 

nouvelle interprétation ou d’une nouvelle pratique, d’obtenir une nouvelle 

appréciation de faits connus lors de la décision dont la révision est deman-

dée (cf. YVES DONZALLAZ, Loi sur le Tribunal fédéral, Commentaire, Berne 

2008, no 4697 s. et réf. cit.), 

que, dans sa demande de révision du 15 avril 2020, A._______ s’est plaint 

d’une violation des dispositions sur la récusation (cf.  art. 121 let. a LTF),  

qu’il a relevé à cet égard que les juges Gregor Chatton et Fulvio Haefeli et 

le greffier Jérôme Sieber en charge de la procédure F-1622/2020 étaient 

déjà intervenus dans la procédure F-85/2020,  

F-2052/2020 

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qu’ils avaient donc précédemment agi dans la même cause, situation qui 

constituait, selon lui, un motif de récusation au sens de l’art. 34 al. 1 let. b 

LTF, 

que le requérant a argué ensuite que la participation des juges Gregor 

Chatton et Fulvio Haefeli à la procédure F-1622/2020 ayant abouti au rejet 

du recours par arrêt du 26 mars 2020, alors que les autorités italiennes 

avaient précédemment suspendu le transfert des requérants d’asile sur 

leur territoire, justifiait la récusation des juges précités, 

que la demande de révision du 15 avril 2020, en tant qu’elle repose sur 

l’art. 121 let. a LTF, est recevable, dès lors qu’elle présente une motivation 

concrète et circonstanciée et que son dépôt est survenu dans le délai de 

30 jours suivant la découverte du motif de récusation (art. 124 al. 1 LTF), 

qu’il convient donc d’examiner au fond les motifs de révision allégués, 

que, selon l’art. 34 al. 1 LTF (applicable par analogie par le renvoi de 

l’art. 38 LTAF), les juges et les greffiers se récusent s’ils ont un intérêt per-

sonnel dans la cause (let. a), s’ils ont agi dans la même cause à un autre 

titre, notamment comme membre d’une autorité, comme conseil d’une par-

tie, comme expert ou comme témoin (let. b), s’ils sont liés par les liens du 

mariage ou du partenariat enregistré ou font durablement ménage com-

mun avec une partie, son mandataire ou une personne qui a agi dans la 

même cause comme membre de l’autorité précédente (let. c), s’ils sont 

parents ou alliés en ligne directe ou, jusqu’au troisième degré inclus, en 

ligne collatérale avec une partie, son mandataire ou une personne qui a 

agi dans la même cause comme membre de l’autorité précédente (let. d), 

s’ils pouvaient être prévenus de toute autre manière, notamment en raison 

d’une amitié étroite ou d’une inimitié personnelle avec une partie ou son 

mandataire (let. e),  

que l’art. 34 al. 2 LTF dispose que la participation à une procédure anté-

rieure devant le Tribunal fédéral ne constitue pas à elle seule un motif de 

récusation, 

que, selon la jurisprudence, le juge qui a déjà rendu une décision défavo-

rable au recourant ne peut être accusé de prévention pour ce seul motif 

(cf. arrêt du Tribunal fédéral 6F_2/2019 du 12 mars 2019 consid. 1.3), 

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que seules des erreurs particulièrement lourdes ou répétées, constitutives 

de violations graves des devoirs du magistrat, peuvent fonder une suspi-

cion de partialité, pour autant que les circonstances dénotent que le juge 

est prévenu ou justifient à tout le moins objectivement l’apparence de pré-

vention (cf. arrêts du Tribunal fédéral 1F_4/2015 & 1F_5/2015 du 23 février 

2015 consid. 2.1), 

qu’une apparence de prévention ne saurait être retenue sur la base des 

impressions purement individuelles du requérant (cf. arrêt du Tribunal fé-

déral 2F_20/2018 du 4 décembre 2018 consid. 2.2),  

que le risque de prévention ne saurait être admis trop facilement, sous 

peine de compromettre le fonctionnement normal des tribunaux (cf. arrêts 

du Tribunal fédéral 1F_4/2015 & 1F_5/2015 consid. 2.1 précités), 

qu’en l’occurrence, contrairement à ce que soutient le requérant, le grief 

selon lequel les juges Gregor Chatton et Fulvio Haefeli et le greffier Jérôme 

Sieber, n’avaient pas respecté la règle de récusation prévue à l’art. 34 al. 

1 let. b LTF est infondé, dès lors que les prénommés ont agi dans le cadre 

de leur fonction au Tribunal, lorsqu’ils ont été amenés à le faire, 

que, partant, ils ne tombent manifestement pas dans la catégorie des per-

sonnes intervenues « dans la même cause à un autre titre », 

que les conditions de l’art. 34 al. 1 let. a et e LTF ne sont pas non plus 

remplies,  

qu’en effet, le requérant n’établit pas l’existence d’un indice plaidant dans 

le sens d’une éventuelle prévention des juges et du greffier concernés, hor-

mis le fait qu’ils sont intervenus dans une précédente procédure le concer-

nant, élément insuffisant en lui-même à faire naître un doute quant à leurs 

neutralité et impartialité, 

que l’argument du requérant tiré de la suspension temporaire des transferts 

Dublin vers l’Italie compte tenu de la crise du Coronavirus, élément qui 

n’aurait, selon lui, pas été pris en compte dans l’arrêt du 26 mars 2020, 

n’est pas davantage de nature à remettre en cause la neutralité et l’impar-

tialité des juges et du greffier en charge de la procédure  

F-1622/2020, 

qu’en effet, une suspension temporaire de l’exécution d’un transfert en ap-

plication du règlement Dublin III (JO L 180/31 du 29.6.2013) pour des mo-

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tifs extrinsèques à la procédure n’est pas, en elle-même, de nature à re-

mettre en cause les décisions rendues en application des critères de dé-

termination de l’Etat membre responsable de l’examen d’une demande de 

protection internationale au sens du règlement Dublin III, 

qu’en conséquence, le recourant n’a pas établi que la cause F-1622/2020 

aurait été traitée au mépris d’une règle imposant la récusation, 

que sa demande de révision du 15 avril 2020 est ainsi manifestement mal 

fondée, 

qu’elle est en conséquence rejetée, le Tribunal statuant dans une compo-

sition à trois juges (art. 21 al. 1 LTAF),  

que, les conclusions formulées par le requérant s'avérant d'emblée vouées 

à l'échec, sa demande d'assistance judiciaire doit être rejetée (art. 65 al. 1 

PA, applicable par analogie à la demande de révision en application des 

art. 37 LTAF et 68 al. 2 PA), 

que, partant, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la charge du 

requérant au sens de l’art. 63 al. 1 1ère phr. PA, 

 

dispositif page suivante 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

F-2052/2020 

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le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

La demande de révision est rejetée.  

2.  

La demande d’assistance judiciaire est rejetée. 

3.  

Les frais de procédure, d'un montant de 750 francs, sont mis à la charge 

du requérant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans 

les 30 jours dès l'expédition du présent arrêt.  

4.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l’autorité cantonale 

compétente. 

 

La présidente du collège : Le greffier : 

  

Jenny de Coulon Scuntaro Georges Fugner 

 

 

 

 

 

 

 

  

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Destinataires : 

– mandataire du requérant (par lettre recommandée ; annexe : un bulle-

tin de versement) 

– SEM, Division Dublin  

– Office cantonal de la population et des migrations, Genève (en copie)  

 

 

 

 

 

 

Expédition :