# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 3e5f5996-b06f-57e5-a8ae-2b20db515e99
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2024 / 83
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2024---83_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC23.038449-240521

97 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
4 juin 2024

__________________

Composition
:              M.             
Hack,
président

             
              Mme             
Byrde et M. Maillard, juges

Greffier
              :             
Mme              Debétaz Ponnaz

 

 

*****

 

 

Art.
321 al. 1 CPC

 

 

             
Vu le prononcé du 6 novembre 2023, adressé pour notification aux parties sous forme de dispositif
le 29 novembre 2023, par lequel le Juge de paix du district de Lausanne (I) a rejeté la requête
de mainlevée provisoire d’opposition déposée par B.________SA,
à [...], dans la poursuite n° 10'844'791 de l’Office des poursuites du district de Lausanne
exercée à son instance contre V.________SA,
à [...], (II) a arrêté à 210 fr. les frais judiciaires de première instance,
compensés avec l’avance de frais de la poursuivante, (III) a mis les frais à la charge
de cette dernière et (IV) a dit qu’elle verserait à la poursuivie la somme de 800 fr.
à titre de dépens en défraiement de son représentant professionnel, 

 

             
vu la demande de motivation de ce prononcé formulée par la poursuivante par lettre du 7 décembre
2023, 

 

             
vu la décision motivée adressée le 19 et notifiée le 20 mars 2024 aux parties, 

 

             
vu le recours formé par la poursuivante contre cette décision auprès de la cour de céans,
par acte posté le 27 mars 2024, accompagné de pièces nouvelles, 

 

             
vu les autres pièces du dossier ; 

 

 

             
attendu que le recours, au sens des art. 319 ss CPC (Code de procédure civile ; RS 272), doit
être introduit auprès de l’instance de recours par acte écrit et motivé (art.
321 al. 1 CPC), dans les dix jours à compter de la notification de la décision motivée
(art. 321 al. 2 CPC),

 

             
qu’en l’espèce, tant la demande de motivation que le recours ont été formés
en temps utile ; 

 

             
attendu que la partie qui entend user d'une voie de droit a la charge de se conformer à certaines
règles de forme, à défaut de quoi sa démarche sera frappée d'irrecevabilité
(Jeandin, in Bohnet et alii (éd.), Commentaire CPC précité, n. 1 ad art. 321 CPC),

 

             
qu'en particulier, selon l'art. 321 al. 1 CPC, le recours doit être motivé, 

 

             
que, si la motivation du recours fait défaut, l’instance de recours n’entre pas en matière,

 

             
que, selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, la motivation du recours doit à tout
le moins satisfaire aux exigences qui sont posées pour un mémoire d’appel (ATF 147 III
176 consid. 4.2.1 ; TF 5A_693/2022 du 6 mars 2022 consid. 6.2 ; TF 5A_488/2015 du 21 août
2015 consid. 3.2.1, publié in RSPC 6/2015 pp. 512 s., et les arrêts cités),

 

             
que cela signifie que le recourant doit tendre à démontrer le caractère erroné de
la motivation de la décision attaquée en la discutant au moins de manière succincte et
que son argumentation doit être suffisamment explicite pour que l’instance de recours puisse
la comprendre, ce qui suppose une désignation précise des passages de la décision qu’il
attaque et des pièces du dossier sur lesquelles il fonde sa critique (ATF 147 III 176 précité ;
TF 5A_693/2022 précité),

 

             
que ni l’art. 132 al. 1 et 2 ni l’art. 56 CPC ne sont applicables en cas d’absence
de motivation d’un acte de recours (TF 5D_43/2019 du 24 mai 2019 consid. 3.2.2.1 ; TF 5A_387/2016
du 7 septembre 2016 consid. 3.1 ; RSPC 6/2015 pp. 512 s. précité, et les arrêts cités),

 

             
qu’en l’espèce, le juge de paix a rejeté la requête de mainlevée de la
poursuivante, considérant que celle-ci produisait des factures non signées par la poursuivie
et des bulletins de versement ne correspondant pas aux diverses factures et ne mentionnant pas non plus
le prix de la marchandise livrée, de sorte qu’elle n’était pas au bénéfice
d’une reconnaissance de dette valant titre de mainlevée provisoire au sens de l’art.
82 LP (loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite ; RS 281.1), 

 

             
que le recours ne contient aucun motif dirigé contre les considérants topiques de la décision
attaquée, le seul argument de la recourante étant de dire que son collaborateur n’a pas
pu se présenter à l’audience et qu’il n’a donc pas pu produire toutes les
pièces utiles, notamment des offres signées pour accord, 

 

             
que la recourante dépose, outre des pièces déjà produites en première instance,
des pièces nouvelles qui sont irrecevables (art. 326 al. 1 CPC), 

 

             
que la décision ne peut pas être réexaminée sur la base de pièces nouvelles
par l’autorité de recours, dont le pouvoir d’examen en fait est restreint, 

 

             
que le recours n’est ainsi pas motivé de manière conforme aux exigences posées par
la loi et la jurisprudence en la matière et doit par conséquent être déclaré
irrecevable,

 

             
qu’en revanche, tant que la poursuite n’est pas périmée, la mainlevée de l’opposition
peut être requise à nouveau du juge de paix en produisant toutes les pièces utiles ;

 

             
attendu que le présent arrêt est rendu sans frais (art. 11 TFJC [tarif des frais judiciaires
en matière civile ; BLV 270.11.5]).

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est irrecevable.

 

             
II.             
L’arrêt, rendu sans frais judiciaires ni dépens, est exécutoire.

 

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
B.________SA,

‑             
M. Philippe Chiocchetti, agent d’affaires breveté (pour V.________SA).

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 9’168 fr. 95.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe 
(art.
74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les
trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
M. le Juge de paix du district de Lausanne.

 

             
La greffière :