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**Case Identifier:** 66e295a1-25e9-5a87-84b2-b401c44ec0d6
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2014 / 231
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2014---231_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC14.015595-141410

 341

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
1er
octobre 2014

__________________

Présidence
de               M.             
Sauterel,
président

Juges             
:              Mme             
Byrde et M. Maillard 

Greffier
              :             
Mme              van Ouwenaller

 

 

*****

 

 

Art.
82 LP

 

 

             
Vu la décision rendue le 8 juillet 2014, à la suite de l'interpellation de la poursuivie, par
le Juge de paix du district de l'Ouest lausannois, prononçant, à concurrence de 10'968 fr.
05 sans intérêt, la mainlevée provisoire de l'opposition à la poursuite n° 6'987'992
de l'Office des poursuites du district de l'Ouest lausannois intentée à l'instance de 
V.________,
à Bulle, à l'encontre de 
J.________,
à Chavannes-près-Renens, arrêtant à 360 fr. les frais judiciaires mis à la charge
de la poursuivie et disant qu'en conséquence celle-ci rembourserait au poursuivant son avance de
frais à concurrence de 360 fr., sans allocation de dépens pour le surplus,

 

             
vu la lettre du 11 juillet 2014 adressé par le poursuivant au premier juge, demandant à ce
que la mainlevée soit également prononcée pour les intérêts, les frais de poursuites
et divers frais occasionnés pour le recouvrement de la créance en poursuite,

 

             
vu les motifs de la décision adressés le 21 juillet 2014 aux parties et notifiés le lendemain
au poursuivant,

 

             
vu l'acte du 30 juillet 2014, accompagné de pièces nouvelles, par lequel le poursuivant a déclaré
recourir uniquement sur le refus du premier juge de prononcer la mainlevée de l'opposition concernant
les intérêts à 5 % "en plus du montant de l'[acte de défaut de biens]",
ainsi que des frais supplémentaires,

 

             
vu les pièces au dossier;

 

             

             
attendu que selon l'art. 321 al. 1et 2 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008; RS
272), le recours, écrit et motivé, est introduit dans le délai de dix jours qui suit la
notification de la décision motivée,

 

             
que le recours déposé le 30 juillet 2014 par le poursuivant a ainsi été formé
en temps utile et dans les formes requises de sorte qu'il est recevable,

 

             
qu'en revanche, les pièces déposées par le recourant avec son recours sont irrecevables,
l'art. 326 CPC prohibant la production de pièces nouvelles en deuxième instance;

 

 

             
attendu que, par requête adressée le 2 avril 2014 au Juge de paix du district de l'Ouest lausannois,
V.________ a requis que soit prononcée la mainlevée de l'opposition à concurrence de 10'968
fr. 05 plus frais supplémentaires, par 847 fr. 40, et de 162 fr. 90 au titre de frais du commandement
de payer,

 

             
qu'à l'appui de sa requête, il a notamment produit:

 

-
une copie du commandement de payer dans la poursuite n° 6'987'992 de l'Office des poursuites du
district de l'Ouest lausannois portant sur les montants de 10'968 francs 05 sans intérêt (I)
et de 847 fr. 40 sans intérêt, mentionnant comme titre de la créance ou cause de l'obligation:
(I) "Reprise de l'ADB no 5471433 pour un montant de Fr. 10'968.05 du 04.05.2011 [./.] Contrat de
prêt du 05.09.08 [de CHF 10'000.00 selon annexe au taux de 3% sur 10 mois fixé par le débiteur
(courrier du 18.03.14)]", (II) "Frais supplémentaires selon dossier déposé au
bureau de l'Office des poursuites" notifié en 2014 à J.________ à l'instance de V.________;

 

-
une copie d'un procès-verbal de saisie valant acte de défaut de biens délivré par
l'Office des poursuites du district de l'Ouest lausannois le 28 mars 2011 à V.________ dans la poursuite
n° 5'471'433 exercée à l'encontre de J.________ pour un montant total de 10'968 fr. 05;

 

-
une copie de la réquisition de poursuite du 19 mars 2014 portant sur les montants de 10'968 fr.
05 sans intérêt et 847 fr. 40 sans intérêt,

 

             
que la poursuivie s'est déterminée par acte du 5 juin 2014 et a produit des pièces,

 

             
que le poursuivant a répondu aux déterminations par acte du 1er
juillet 2014, accompagné de pièces;

 

 

             
attendu que par décision du 8 juillet 2014, le Juge de paix du district de l'Ouest lausannois a
prononcé la mainlevée de l'opposition à concurrence du montant de 10'968 fr. 05 sans intérêt,
considérant que l'acte de défaut de biens produit justifiait que soit prononcée la mainlevée
provisoire de l'opposition à concurrence de cette somme mais que le poursuivant n'avait produit
aucune pièce valant reconnaissance de dette pour le montant des frais réclamés;

 

 

             
attendu que, selon l'art. 82 LP, le créancier dont la poursuite se fonde sur une reconnaissance
de dette peut requérir la mainlevée provisoire de l'opposition au commandement de payer, que
le juge prononce si le débiteur ne rend pas immédiatement vraisemblable sa libération,

 

             
que constitue une reconnaissance de dette notamment l'acte signé du poursuivi d'où résulte
sa volonté de payer au poursuivant une somme d'argent déterminée et échue, sans réserve
ni condition (ATF 132 III 480, JT 2007 II 75; ATF 130 III 87, JT 2004 II 118; ATF 122 III 125, JT 1988
II 82; Panchaud/Caprez, La mainlevée d'opposition, § 1; Gilliéron, Commentaire de la loi
fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, n. 29 ad art. 82 LP);

 

 

             
attendu que le recourant requiert que la mainlevée soit également prononcée pour les intérêts
courant sur le montant de 10'968 fr. 05 découlant de l'acte de défaut de biens après saisie
qui lui a été délivré le 28 mars 2011 à l'encontre de la poursuivie,

 

                       
qu'en vertu de l'art. 149 al. 2 LP, le créancier ne peut réclamer au débiteur des intérêts
pour la créance constatée par acte de défaut de bien,

 

             
qu'en conséquence, la décision du premier juge de ne pas allouer d'intérêt sur la
créance découlant d'un acte de défaut de biens était justifiée,

 

             
que cette solution est également conforme au principe ne
ultra petita, qui signifie que le demandeur détermine
librement l'étendue de la prétention qu'il déduit en justice, le tribunal ne pouvant accorder
à une partie ni plus, ni autre chose que ce qui est demandé (art. 58 CPC), la réquisition
de poursuite, le commandement de payer et la réquisition de mainlevée ne portant que sur le
montant de 10'968 francs 05 sans intérêt;

 

 

             
attendu que le poursuivant demande encore à ce que la mainlevée soit prononcée pour les
frais qu'il a engagés afin de recouvrer le montant de sa créance, correspondant au montant
de 847 fr. 40 figurant dans le commandement de payer,

 

             
que, conformément à ce qu'a relevé le premier juge, le poursuivant n'a produit aucune
pièce contenant une déclaration écrite signée de la poursuivie par laquelle celle-ci
se reconnaîtrait débitrice du montant réclamé, 

 

             
qu'ainsi, le poursuivant ne peut, faute de reconnaissance de dette en sa faveur, se prévaloir d'un
titre de mainlevée pour le montant qu'il réclame;

 

 

             
attendu que le poursuivant requiert que la mainlevée soit prononcée pour les frais du commandement
de payer,

 

             
que selon le Tribunal fédéral, la mainlevée ne peut pas être prononcée pour
les frais du commandement de payer, car il n’existe pas de titre à la mainlevée pour
ces frais (TF 5A_455/2012, du 5 décembre 2012, c. 3),

 

             
qu'au demeurant, le prononcé d’une telle mainlevée serait superflu, dès lors qu’en
vertu de l’art. 68 al. 2 LP, les frais du commandement de payer peuvent être déduits
des versements faits par le débiteur, ce qui a pour résultat de les faire entrer dans la dette,

 

             
qu'il s’ensuit que ces frais doivent être payés par le débiteur en sus du montant
qu’il a reconnu devoir au créancier, ou du montant résultant du titre de mainlevée
définitive (TF 5A_455/2012, du 5 décembre 2012, c. 3 et les réf. cit.;  TFA
K 112/05 du 2 février 2005, c. 5.1 et les réf. cit. ; TFA K 144/03 du 18 juin 2003, c.
4.1 et les réf. cit. ; Walther, Grundriss des Schuldbetreibungs- und Konkursrecht, 8ème
éd. Berne 2008, § 13, no 9 ; Emmel, in : Staehelin/Bauer/Staehelin (éd.), Basler
Kommentar, Kommentar zum Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs I, Art. 1-158 SchKG, n.
16 ss ad art. 68, pp. 492 s.);

 

 

             
attendu que le recours, manifestement infondé au sens de l'art. 322 al. 1 CPC, doit être rejeté
et le prononcé confirmé,

 

             
que les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 180 fr., sont mis à
la charge du recourant qui succombe (art. 106 al. 1 CPC).

 

 

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
Le prononcé est confirmé.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 180 fr. (cent huitante francs),
sont mis à la charge du recourant.

 

             
IV.             
L'arrêt est exécutoire.

 

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du
1er
octobre 2014

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, prend date de ce jour.

 

             
Il est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. V.________,

‑             
Mme Mimoza Derri, agent d'affaires breveté (pour J.________).

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 847 fr. 40.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe 
(art.
74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les
trente jours qui suivent la présente notification (art. 100  al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
Mme le Juge de paix du district de l'Ouest lausannois.

 

             
La greffière :