# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** eb19a300-9e06-577c-98bb-7ae677bff403
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-04-14
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 14.04.2016 A/212/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-212-2016_2016-04-14.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/212/2016/-CS DCSO/119/16

DECISION 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre de surveillance 
des Offices des poursuites et faillites 

DU JEUDI 14 AVRIL 2016 

Plainte 17 LP (A/212/2016-CS) formée en date du 20 janvier 2016 par A______, élisant 

domicile en l'étude de Me Steve ALDER, avocat. 

* * * * * 

 

Décision communiquée par courrier A à l'Office concerné 

et par plis recommandés du greffier du 15 avril 2016  

à : 

- A______ 

c/o Me Steve ALDER, avocat 

Etude Fontanet & Ass. 

Grand'Rue 25 

Case postale 3200 

1211 Genève 3. 

- B______ 

 

- Office des poursuites. 

 

 

- 2/6 - 

 

 

A/212/2016-CS 

EN FAIT 

A. a. Le 13 janvier 2016, l’Office des poursuites (ci-après : l’Office) a établi un 

procès-verbal de séquestre n° 15 xxxx62 D à l’encontre de B______ en exécution 

de l’ordonnance de séquestre prononcée par le Tribunal de première instance le 14 

décembre 2015 dans la cause C/1______ sur requête de A______. 

 Cette ordonnance portait notamment sur le salaire perçu par B______ de son 

employeur expressément désigné, à savoir C______SA. 

 Ce procès-verbal a été expédié le 13 janvier 2016 à la créancière séquestrante. 

 b. Il en ressort que l’Office a saisi l’ultime salaire mensuel reçu par B______ pour 

décembre 2015 des mains de son dernier employeur, C______SA à ______/GE. 

En effet, l’Office avait été informé le 15 décembre 2015 par ce tiers employeur, 

avisé la veille de l’existence du séquestre, que le contrat de travail le liant à 

B______ allait prendre fin avec effet au 31 décembre 2015. 

 Etaient pour le surplus intégrés dans le minimum vital insaisissable du débiteur 

déterminé par ce procès-verbal de séquestre la pension alimentaire que ledit 

débiteur avait versée en décembre 2015 en faveur de ses trois enfants et de leur 

mère, dont il était séparé, ainsi que les frais qu’il avait engagés pour l’exécution 

de son droit de visite sur lesdits enfants, toutes charges qui laissaient une quotité 

saisissable de 2’272 fr 60. 

B. a. Par acte expédié le 20 janvier 2016 au greffe de la Chambre de surveillance des 

offices des poursuites et des faillites (ci-après : la Chambre de surveillance), 

A______ a conclu, principalement, à la réforme de ce procès-verbal de séquestre, 

en ce sens que les montants relatifs à la pension alimentaire et à l’exécution du 

droit de visite ne devaient pas être inclus dans les charges mensuelles du débiteur 

séquestré, au motif qu’il ne les payait pas effectivement. 

 La créancière séquestrante a en outre conclu, subsidiairement, à l’annulation de ce 

procès-verbal de séquestre et au renvoi de la cause à l’Office afin qu’il établisse 

un nouveau procès-verbal de séquestre ne comprenant pas les charges précitées 

dans le minimum vital du débiteur séquestré.  

 b. Enfin, A______ a conclu, préalablement, à l’octroi de l’effet suspensif à sa 

plainte, requête à laquelle il a été fait droit par ordonnance de la Chambre de 

surveillance prononcée le 22 janvier 2016. 

 c. B______ n’a pas déposé d’observations au sujet de cette plainte. 

 d. Dans ses observations déposées le 9 février 2016, l’Office s’en est rapporté à 

justice.  

- 3/6 - 

 

 

A/212/2016-CS 

 Il a expliqué avoir dû faire porter le procès-verbal de séquestre uniquement sur le 

salaire reçu par le débiteur séquestré en décembre 2015, du fait de la fin de son 

contrat de travail à fin 2015 avec l’employeur mentionné par l’ordonnance de 

séquestre. 

 Il avait par ailleurs constaté, sur le relevé de compte bancaire fourni par ledit 

débiteur, le versement effectif par ce dernier, à fin novembre 2015, de la pension 

alimentaire admise pour décembre 2015 dans les charges incompressibles formant 

le minimum vital dudit débiteur. 

Enfin, après vérification auprès de ce dernier au sujet de l’exercice effectif ou non 

de son droit de visite sur ses trois enfants, l’Office avait constaté que le débiteur 

séquestré n’avait vu l’un d’eux que durant une journée en décembre 2015. 

L’Office entendait dès lors communiquer aux parties, dès le prononcé de la 

présente décision par la Chambre de surveillance, un nouveau procès-verbal de 

séquestre ajustant la quotité saisissable du débiteur proportionnellement au retrait 

de son minimum vital des frais nécessaires à l’exécution de son droit de visite. 

EN DROIT 

1. 1.1 La Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes 

formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 125 et 126 LOJ; art. 6 al. 1 et 3                   

et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures de l’Office non attaquables par la voie 

judiciaire (art. 17 al. 1 LP). La plainte doit être déposée dans les dix jours de celui 

où le plaignant a eu connaissance de la mesure (art. 17 al. 2 LP). 

 1.2 En l'espèce, la plainte est dirigée contre un procès-verbal de séquestre établi 

par l’Office, soit une mesure manifestement sujette à plainte. 

 La plaignante, qui, en tant que créancière poursuivante, a qualité pour agir par 

cette voie, a en outre procédé dans le délai légal de 10 jours ayant couru dès sa 

prise de connaissance de la décision critiquée (art. 17 al. 2 LP) et la présente 

plainte a été déposée dans la forme prescrite par la loi (art. 17 al. 4 LP). 

2. 2.1 L'Office des poursuites exécute l'ordonnance de séquestre (art. 275 LP), étant 

précisé que, pour ce faire, il ne reçoit de l'autorité de séquestre que l'ordonnance 

qu'elle rend, à l'exclusion de tout autre document et notamment la requête du 

créancier (OCHSNER, Exécution du séquestre, JT 2006 II p. 77 ss, 81). 

 Les compétences de l'Office sont limitées aux mesures proprement dites 

d'exécution du séquestre ainsi qu'au contrôle de la régularité formelle de 

l'ordonnance de séquestre; cet office ne peut en effet donner suite à une 

ordonnance lacunaire ou imprécise, ni exécuter un séquestre entaché de nullité, 

l'exécution d'une ordonnance frappée de nullité étant elle-même nulle au sens de 

- 4/6 - 

 

 

A/212/2016-CS 

l'art. 22 LP (ATF 136 III 379 consid. 3.1; 129 III 203 consid. 2.2 et 2.3; arrêt du 

Tribunal fédéral 5A_883/2012 précité, consid. 6.1.2 et les références citées). 

 L'Office doit notamment contrôler que figure dans l'ordonnance de séquestre la 

désignation des biens à séquestrer avec suffisamment de précision (art. 274 al. 2 

ch. 4 LP; ATF 129 III 203 consid. 2.3 i.f.; STOFFEL/CHABLOZ, Voies d'exécution, 

2
ème

 éd., n. 120, p. 249; OCHSNER, op. cit., JT 2006 II 81).  

 Ainsi, les créances sont-elles désignées par l'indication du nom et de l'adresse du 

créancier ou du tiers débiteur (STOFFEL/CHABLOZ, CR-LP, n. 23 s. ad art. 272 

LP). 

 2.2 En l’espèce, l’Office a correctement apprécié les circonstances du cas 

d’espèce en s’attachant à saisir uniquement le salaire du débiteur séquestré que 

devait lui verser C______SA pour décembre 2015, le contrat de travail les liant 

devant prendre fin le 31 décembre 2015. En effet, l’Office était lié par 

l’ordonnance de séquestre qui mentionnait ce seul employeur du débiteur 

séquestré, de sorte qu’il n’avait pas d’autres tiers à saisir à l’échéance du contrat 

de travail précité. 

3. 3.1 Selon l'art. 93 al. 1 LP, les revenus relativement saisissables tels que les 

revenus du travail ne peuvent être saisis que déduction faite de ce que le préposé 

estime indispensable au débiteur et à sa famille (minimum vital). 

 Pour fixer le montant saisissable, l'office doit d'abord tenir compte de toutes les 

ressources du débiteur; puis, après avoir déterminé le revenu global brut, il évalue 

le revenu net en opérant les déductions correspondant aux charges sociales et aux 

frais d'acquisition du revenu; enfin, il déduit du revenu net les dépenses 

nécessaires à l'entretien du débiteur et de sa famille, en s'appuyant pour cela sur 

les directives de la Conférence des préposés aux poursuites et faillites de Suisse 

(BlSchK 2009, p. 196 ss), respectivement, à Genève, sur les Normes 

d'insaisissabilité édictées par l'autorité de surveillance (ci-après: Normes 

d'insaisissabilité, RS/GE E 3 60.04; OCHSNER, Le minimum vital (art. 93 al. 1 

LP), in SJ 2012 II p. 119 ss, 123; COLLAUD, Le minimum vital selon l'article 93 

LP, in RFJ 2012 p. 299 ss, 303; arrêt du Tribunal fédéral 5A_919/2012 du  

11 février 2013 consid. 4.3.1). 

 Les frais liés à l'entretien d'un enfant mineur pendant l'exercice du droit de visite 

doivent effectivement être pris en considération dans le minimum vital du 

débiteur (SJ 2000 II 214). Il faut, à cet égard, déterminer le nombre de jours 

pendant lesquels s'exerce le droit de visite et y appliquer proportionnellement le 

montant de la base mensuelle d'entretien des enfants prévu par les Normes 

d'insaisissabilité, soit 400 fr. par enfant jusqu'à l'âge de 10 ans et 600 fr. par la 

suite. 

- 5/6 - 

 

 

A/212/2016-CS 

 Seuls les montants effectivement payés doivent être pris en compte (OCHSNER, in 

CR-LP, n. 82 s. ad art. 93 LP, et in SJ 2012 II p. 119 ss, 127; COLLAUD, op. cit.,  

p. 309). Si les charges sont payées irrégulièrement, l'Office ne pourra tenir compte 

que d'un montant correspondant à la moyenne des montants acquittés durant 

l'année précédant la saisie, encore qu'il peut retenir la charge effective si le 

débiteur démontre qu'il entend désormais assumer celle-ci et qu'il a déjà effectué 

au moins un premier versement (COLLAUD, op. cit., p. 309 s.; SJ 2000 II 213). 

 3.2 La plaignante fait grief à l'Office d'avoir retenu dans les charges du débiteur 

séquestré la pension alimentaire qu'il lui devait ainsi que les frais qu’il avait 

engagés pour l’exécution de son droit de visite sur leurs trois enfants, alors qu'il 

ne réglait pas effectivement ces charges. 

 Or, s'agissant de la pension alimentaire due pour décembre 2015 uniquement, soit 

le seul mois pendant lequel le séquestre a pu être exécuté, il apparaît qu'elle a 

effectivement été payée par le débiteur à la plaignante, au vu des pièces du 

dossier, de sorte que l'Office a correctement établi la quotité saisissable en mains 

dudit débiteur. 

 La présente plainte sera dès lors rejetée, s'agissant de ce premier grief.   

 En revanche, s'agissant des frais liés à l'exécution de son droit de visite sur ses 

trois enfants, il ressort des investigations de l'Office après le dépôt de la présente 

plainte que le débiteur ne les a effectivement encourus, en décembre 2015, que 

pour une seule journée de visite et pour un seul de ses trois enfants. 

 A cet égard, l'Office a fait savoir à la Chambre de surveillance dans le cadre de 

ses observations au sujet de la présente plainte déposée le 9 février 2016 qu'il 

entendait établir, dès le prononcé de la présente décision, un nouveau procès-

verbal de séquestre ajustant la quotité saisissable du débiteur proportionnellement 

au retrait de son minimum vital des frais nécessaires à l’exécution de son droit de 

visite. 

 La présente cause sera dès lors admise s'agissant de ce second grief et la cause 

renvoyée à l'Office pour rectification du procès-verbal de séquestre quant aux 

frais effectifs d'exécution de son droit de visite par le débiteur. 

4. Conformément aux art. 20a al. 2 ch. 5 LP, 61 al. 2 let. a et 62 al. 2 OELP, il n'y a 

pas lieu de percevoir d'émolument de justice, ni d'allouer des dépens. 

- 6/6 - 

 

 

A/212/2016-CS 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre de surveillance : 

A la forme : 

Déclare recevable la plainte formée le 20 janvier 2016 par A______ à l’encontre du 

procès-verbal de séquestre n° 15 xxxx62 D établi le 13 janvier 2016 par l’Office des 

poursuites. 

Au fond : 

Admet partiellement cette plainte. 

Siégeant : 

Madame Valérie LAEMMEL-JUILLARD, présidente; Madame Marilyn NAHMANI et 

Monsieur Denis KELLER, juges assesseur(e)s; Madame Véronique PISCETTA, 

greffière. 

 

La présidente : 

Valérie LAEMMEL-JUILLARD 

 La greffière : 

Véronique PISCETTA 

 

 

Voie de recours : 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 

2005 (LTF; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Chambre de surveillance des Offices 

des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance en matière de poursuite pour 

dettes et faillite (art. 126 LOJ). Il doit être déposé devant le Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les 

dix jours qui suivent la notification de l'expédition complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2  

let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). 

L’art. 119 al. 1 LTF prévoit que si une partie forme un recours ordinaire et un recours constitutionnel, 

elle doit déposer les deux recours dans un seul mémoire. Le recours doit être rédigé dans une langue 

officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens de preuve, et être 

signé (art. 42 LTF).  

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.