# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b363d33d-f600-564b-9dd0-8fe71f23a924
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2010-02-02
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 02.02.2010 RR.2009.320
**Docket/Reference:** RR.2009.320
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_RR-2009-320_2010-02-02

## Full Text

Entraide judiciaire internationale en matière pénale à la Belgique. Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP). Proportionnalité (Utilité potentielle/Tri des pièces)
;;Entraide judiciaire internationale en matière pénale à la Belgique. Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP). Proportionnalité (Utilité potentielle/Tri des pièces)
;;Entraide judiciaire internationale en matière pénale à la Belgique. Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP). Proportionnalité (Utilité potentielle/Tri des pièces)
;;Entraide judiciaire internationale en matière pénale à la Belgique. Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP). Proportionnalité (Utilité potentielle/Tri des pièces)

Arrêt du 2 février 2010 
IIe Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Cornelia Cova, prési-
dente, Giorgio Bomio et Jean-Luc Bacher,     
la greffière Joëlle Chapuis  

   

Parties  La société A., représentée par Me Jean-Cédric Mi-
chel, avocat, 

recourante  
 

 contre 
   
  JUGE D'INSTRUCTION DU CANTON DE GENÈVE,  

partie adverse  
 

   

Objet  Entraide judiciaire internationale en matière pénale à 
la Belgique 
 
Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP) 
 
Proportionnalité (Utilité potentielle/Tri des pièces) 

 
 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéro de dossier:  RR.2009.320 
 
 
 

 

 

- 2 - 

 

 

 
Faits: 
 

A. Le 20 avril 2009, le Juge d’instruction près le Tribunal de première instance 
de Z. a adressé aux autorités suisses deux demandes d’entraide judiciaire 
internationale dans le cadre d’une enquête pénale ouverte en Belgique 
contre X, des chefs de détournement de fonds, corruption et prise 
d’intérêts, au sens des art. 240 ss du Code pénal belge. L’une de ces de-
mandes s’inscrit spécifiquement dans le prolongement d’une demande pré-
cédente déjà exécutée auprès de la société A. en février 2009. En résumé, 
B. et C., personnellement et par le biais de leur société, D., et de celle de 
C., E. sont soupçonnés d’avoir perçu d’importantes commissions dépour-
vues de fondement économique dans le cadre de la gestion financière de 
plusieurs institutions de droit public belge (notamment F., G. et H.). Le 
paiement de certaines commissions aurait été requis par la société A. (sur 
le compte 1 auprès de la banque J.), dont le dirigeant, I. entretient 
d’importantes relations d’affaires avec C., ainsi que cela ressortait des do-
cuments saisis auprès de la société A. lors de la précédente demande 
d’entraide (courriels et documents intéressant la région belge concernée). 
Dans la requête d’entraide complémentaire, l’autorité belge sollicite la sai-
sie et la transmission des «extraits du compte bancaire de la société A. au-
près de la banque J. n° 1 pour les années 2003 (ou date d’ouverture) à 
2007 (ou date de clôture) ainsi que les documents d’ouverture de ce 
compte». Elle demande en outre la perquisition des locaux de la société A., 
la saisie et la transmission d’un certain nombre d’autres documents en lien 
avec la procédure ouverte en Belgique (act. 1.3). L’autorité requérante de-
mande également que les enquêteurs belges puissent assister à 
l’exécution de la demande. 
 
 

B. Après avoir déclaré admissible la requête d’entraide par ordonnance du 
17 août 2009, le Juge d’instruction du canton de Genève (ci-après: le juge 
d’instruction) a mené le 18 août 2009 une perquisition dans les locaux de la 
société A., en présence de deux représentants de l’autorité requérante, 
ainsi que de Me K., collaboratrice de Me Jean-Cédric Michel, conseil de la 
société A., suite à la requête en ce sens de I., absent ce jour-là des locaux 
de sa société. A cette occasion, seuls les extraits de compte de la banque 
J. ont été remis à l’autorité requise et immédiatement placés sous scellés, 
à la demande de Me K. (v. rapport de la Police judiciaire genevoise du 21 
août 2009). Le juge d’instruction a procédé à la levée des scellés, en pré-
sence de Me K., en date du 25 août 2009, constatant que les documents 
consistaient en des relevés bancaires d’un compte de la société A. à la 
banque J., Genève, et d’autres pièces. Me K. a alors précisé que, sauf er-

- 3 - 

 

 

reur de sa part, des documents bancaires avaient déjà été saisis une fois 
par le juge d’instruction et transmis à l’autorité requérante en entraide sim-
plifiée (v. note du juge du 25 août 2009). Les documents saisis le 18 août 
2009 (un classeur fédéral) ont été cotés le 25 août 2009 par l’autorité 
d’exécution à partir du numéro 10'000 jusqu’au 10'441 et séparés par inter-
calaires en trois parties, 2006, 2005 et 2004. Par lettre du 26 août 2009, le 
juge d’instruction a imparti un délai au 11 septembre 2009 à la société A. 
pour se déterminer sur une éventuelle remise simplifiée et, le cas échéant, 
pour exposer les raisons qui fonderaient une opposition à la transmission 
des pièces saisies dans les locaux de la société A. le 18 août 2009 (act. 
1.6). Dans sa réponse du 9 septembre 2009, la société A. a communiqué 
qu’elle s’opposait à la transmission de la documentation, en tant que les 
pièces concernées (relevés bancaires) avaient déjà fait l’objet d’une précé-
dente transmission facilitée en août 2008 (act. 1.7). 

 
 
C. Par ordonnance d’admissibilité et de clôture du 11 septembre 2009, le juge 

d’instruction a ordonné la transmission à l’autorité requérante des pièces 
saisies auprès de la société A. le 18 août 2009 (act. 1.8). La société A. a 
recouru contre cette ordonnance en date du 14 octobre 2009 (act.1). Le 
juge d’instruction a transmis ses observations par lettre du 30 octobre 2009 
(act. 9) et l’Office fédéral de la justice a conclu au rejet du recours (act. 10). 
La société A. a présenté des observations complémentaires en date du 24 
novembre 2009 (act. 14). 

 
Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris 
si nécessaire dans les considérants en droit. 

 
 
La Cour considère en droit: 

 
1.  
1.1 En vertu de l’art. 28 al. 1 let. e ch. 1 LTPF, mis en relation avec les art. 80e 

al. 1 EIMP et 9 al. 3 du Règlement du Tribunal pénal fédéral du 20 juin 
2006 (RS 173.710), la IIe Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral est 
compétente pour connaître des recours dirigés contre les décisions de clô-
ture de la procédure d’entraide rendues par l’autorité cantonale 
d’exécution. Adressé dans les trente jours à compter de celui de la notifica-
tion de la décision attaquée (14 septembre 2009), le recours est recevable 
en la forme (art. 80k EIMP). 

 

- 4 - 

 

 

1.2 La Confédération suisse et le Royaume de Belgique sont tous deux parties 
à la Convention européenne d’entraide judiciaire en matière pénale (CEEJ; 
RS 0.351.1). A compter du 12 décembre 2008, les art. 48 ss de la Conven-
tion d’application de l’Accord Schengen du 14 juin 1985 (CAAS; n° CELEX 
42000A0922(02); Journal officiel de l’Union européenne L 239 du 22 sep-
tembre 2000, p. 19 à 62) s’appliquent également à l’entraide pénale entre 
la Suisse et la Belgique (v. arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2008.98 du 
18 décembre 2008, consid. 1.3). Les dispositions de ces traités l’emportent 
sur le droit autonome qui régit la matière, soit l’EIMP et son ordonnance 
d’exécution (OEIMP; RS 351.11). Le droit interne reste toutefois applicable 
aux questions non réglées, explicitement ou implicitement, par le traité et 
lorsqu’il est plus favorable à l’entraide (ATF 129 II 462 consid. 1.1 p. 464; 
123 II 134 consid. 1a p. 136; 122 II 140 consid. 2 p. 142 et les arrêts cités).  

 
2. La qualité pour agir contre une mesure d'entraide judiciaire est reconnue à 

celui qui est touché personnellement et directement et a un intérêt digne de 
protection à ce qu’elle soit annulée ou modifiée (art. 80h let. b EIMP). En sa 
qualité de propriétaire ou de locataire des locaux ayant fait l’objet de la 
perquisition, la société recourante a la qualité pour recourir contre 
l’ordonnance querellée au sens des art. 80h EIMP et 9a let. b OEIMP. 

3. La condition de la double incrimination n’est, à juste titre, plus contestée 
par la recourante. Le Tribunal pénal fédéral, dans le cadre de la requête 
d’entraide initiale formée pour les besoins de la même procédure pénale di-
ligentée en Belgique (procédure classée sous la référence 39/2006), a en 
effet déjà eu l’occasion de vérifier que l’exposé des faits à la base de 
l’enquête étrangère pouvait être qualifié en Suisse de gestion déloyale des 
intérêts publics au sens de l’art. 314 CP. Cette question ayant  fait l’objet 
d’un arrêt entré en force de chose jugée (arrêt du Tribunal pénal fédéral 
RR.2008.310 du 17 mars 2009), il n’y a désormais plus lieu de revenir sur 
cette question.  

4. La recourante expose essentiellement trois griefs afin de contester la trans-
mission des extraits du compte n° 1 de la société A., seul point litigieux en 
l’occurrence (act. 1, p. 4). Tout d’abord, elle s’oppose à la transmission à 
l’autorité requérante d’une documentation bancaire non caviardée déjà 
transmise en août 2008 après avoir été caviardée; ensuite elle conteste la 
transmission de pièces non demandées en invoquant la violation du prin-
cipe ne ultra petita; enfin, elle se prévaut du droit d’être entendue et du 
principe de la proportionnalité pour dénoncer l’absence de tri de la docu-
mentation. Ces trois griefs seront examinés, dans un ordre différent de ce-
lui suivi par la recourante.  

- 5 - 

 

 

4.1 En droit interne, le principe de la proportionnalité découle de l’art. 63 EIMP, 
à teneur duquel l’entraide comprend la communication de renseignements, 
ainsi que les actes de procédure et les autres actes officiels admis en droit 
suisse, lorsqu’ils paraissent nécessaires à la procédure menée à l’étranger 
et liée à une cause pénale. De jurisprudence constante, les mesures de 
contrainte (art. 3 CEEJ et 64 EIMP) ne sont admissibles que si elles satis-
font aux exigences de la proportionnalité. Ce principe empêche, d’une part, 
l’autorité requérante de demander des mesures inutiles à son enquête et, 
d’autre part, l’autorité d’exécution d’aller au-delà de la mission qui lui est 
confiée (ATF 121 II 241 consid. 3a). L’autorité suisse requise s’impose une 
grande retenue lorsqu’elle examine le respect de ce principe, car elle ne 
dispose pas des moyens qui lui permettraient de se prononcer sur 
l’opportunité de l’administration des preuves. Saisi d’un recours contre une 
décision de transmission, le juge de l’entraide doit lui aussi se borner à 
examiner si les renseignements à transmettre présentent, prima facie, un 
rapport avec les faits motivant la demande d’entraide. Il ne doit exclure de 
la transmission que les documents n’ayant manifestement aucune utilité 
possible pour les enquêteurs étrangers. Son examen est ainsi gouverné 
par le principe dit de l’utilité potentielle (ATF 122 II 367 consid. 2c p. 361); 
au besoin, il lui appartiendra d’interpréter la requête selon le sens que l’on 
peut raisonnablement lui donner. A cet égard, rien ne s’oppose à une inter-
prétation large de la requête, s’il est établi que, sur cette base, toutes les 
conditions à l’octroi de l’entraide sont remplies. Par ailleurs, ce mode de 
procéder évite une éventuelle demande complémentaire (ATF 121 II 241 
consid. 3a). Ce  principe joue donc un rôle crucial dans l’application du 
principe de la proportionnalité. Car c’est en effet le propre de l’entraide de 
favoriser la découverte de faits, d’informations et de moyens de preuve, y 
compris ceux dont l’autorité de poursuite étrangère n’a pas connaissance. Il 
ne s’agit pas seulement d’aider l’Etat requérant à prouver des faits révélés 
par l’enquête qu’il conduit, mais d’en dévoiler d’autres, s’ils existent. Il en 
découle, pour l’autorité d’exécution, un devoir d’exhaustivité, qui justifie de 
communiquer tous les éléments qu’elle a réunis, propres à servir l’enquête 
étrangère, afin d’éclairer dans tous ses aspects les rouages du mécanisme 
poursuivi dans l’Etat requérant. (ROBERT ZIMMERMANN,  La coopération ju-
diciaire internationale en matière pénale, 3e éd., Berne 2009, n°722, p. 673-
4).  

4.2 C’est donc sous l’angle de ce principe de l’utilité potentielle que doit être 
examiné le grief de la recourante selon lequel l’ordonnance attaquée irait 
ultra petita par rapport à la demande d’entraide belge. 

4.3 La requête belge tendait à « saisir les extraits du compte bancaire de la so-
ciété A. auprès de la banque J. n° 1 pour les années 2003 (ou date 

- 6 - 

 

 

d’ouverture) à 2007 (ou date de clôture) ainsi que les documents 
d’ouverture de ce compte», notamment parce que l’enquête belge a établi 
que la société A. avait demandé, par factures du 27 mai 2004, paiement de 
commissions de EUR 1'050'000 et 1'200'000 pour des opérations de refi-
nancements réalisés au profit d’entités de droit public belges avec une 
banque de Y. sur le compte précité (demande d’entraide belge du 20 avril 
2009, p. 1 et 4). Comme l’a précisé la recourante dans son mémoire, le 
compte en question est libellé en EUR (act. 1, p. 4 chiffre 10). Par ailleurs, 
les deux enquêteurs belges présents lors de la perquisition des locaux de 
la société A. étaient les mieux à même de définir les pièces nécessaires à 
leur enquête. Enfin, comme le précise le juge d’instruction dans ses obser-
vations du 30 octobre 2009, les documents saisis en sus des relevés ban-
caires viennent utilement compléter lesdits relevés. En effet, ainsi que le 
tribunal fédéral l’a relevé à plusieurs reprises, la transmission des seuls re-
levés (de comptes) n’est que de peu d’intérêt pour l’autorité étrangère qui a 
besoin des avis de virement pour retracer le cheminement des fonds (ATF 
130 II 14 consid. 4.1). Lorsque la demande tend à dévoiler le cheminement 
de fonds, il convient d’informer l’Etat requérant de toutes les transactions 
opérées au nom des sociétés et des comptes impliqués dans l’affaire (Arrêt 
du Tribunal fédéral 1A.147/2004 du 13 septembre 2004, consid. 6.1). 
Même si la demande belge ne le mentionne pas expressément, elle tend 
manifestement à retracer le cheminement des fonds soupçonnés d’être des 
commissions illicites, qui auraient transité par le compte en question, et à 
identifier les bénéficiaires desdites commissions, afin de circonscrire et 
préciser les éléments des infractions objet de la procédure pénale belge. 
Dès lors, l’ordonnance de clôture n’excède pas le cadre de la demande 
d’entraide, qui se doit, vu la nature des renseignements requis et la juris-
prudence citée, d’être interprétée largement. 

4.4 Sous cet angle, l’autorité d’exécution n’a pas violé le principe de la propor-
tionnalité en décidant de transmettre la documentation annexée aux rele-
vés du compte bancaire litigieux. Ce grief doit donc être rejeté. 

4.5 L’on pourrait toutefois se demander, mais ce n’est pas le lieu du présent 
arrêt, si cette autorité ne devait pas, selon la lettre de la requête belge, aller 
plus avant dans ses recherches, afin d’exécuter fidèlement et complète-
ment la requête, ainsi qu’elle est tenue de le faire (ATF 130 II 14 consid. 
4.1), et se procurer également, auprès de la banque J., les documents 
d’ouverture du compte, puisque la demande belge y tendait expressément.  

5. Ce premier constat amène dans la foulée l’examen du grief des doublons 
ou de la transmission à deux reprises de documents identiques, soit les re-
levés bancaires. 

- 7 - 

 

 

5.1 A la lecture des seuls documents annexés au mémoire de recours (act. 
1.4-1.6), force est de constater que la documentation bancaire en cause 
dans la présente affaire ne correspond pas exactement à celle transmise 
en août 2008. En effet, la transmission simplifiée d’août 2008 visait notam-
ment un classeur de relevés bancaires de comptes (en différentes devises, 
dont des EUR) dont est titulaire la société A. auprès de la banque J. pour 
les années 2005 et 2006 (annexe act. 1.7, lettre  du juge d’instruction du 
25 juin 2008) alors que l’ordonnance de clôture du 11 septembre 2009, qui 
comprend toutes les pièces saisies lors de la perquisition du 18 août 2009 
auprès de la société A. (numérotées 10'000 à 10'441), vise les relevés du 
compte 2 (libellé en EUR) de la société A. auprès de la banque J. pour les 
années 2004, 2005 et 2006, ainsi que, pour chaque année citée, des avis, 
des pièces, de la correspondance et de la comptabilité. Les relevés bancai-
res de 2004, ainsi que toute la documentation annexe citée (avis, pièces, 
correspondance, comptabilité) ne faisaient pas partie de la transmission de 
2008.  

5.2 Certes, certaines de ces pièces, notamment les stricts relevés bancaires 
pour les années 2005 et 2006 semblent constituer des doublons. Toutefois, 
dans la mesure où les nouvelles pièces annexées sont complémentaires 
aux relevés bancaires, puisqu’elles montrent l’origine de mouvements de 
fonds y figurant, et, ne serait-ce que dans la systématique, puisqu’elles 
sont directement attenantes aux relevés dans le classeur de pièces numé-
rotées 10'000 à 10’441, il aurait été infructueux de ne transmettre pour 
2005 et 2006 que lesdites pièces nouvelles, sans les relevés auxquels elles 
correspondent. Le travail de l’autorité requérante n’en aurait été que plus 
compliqué; elle aurait perdu un temps considérable à faire les liens utiles et 
remettre les pièces en bon ordre. Dès lors et quand bien même tous les re-
levés bancaires (2005 et 2006, mais 2004 également) auraient déjà été 
transmis en 2008, une seconde transmission, accompagnée cette fois des 
pièces idoines expliquant les mouvements de fonds n’aurait pas été jugée 
inutile ou disproportionnée. 

5.3 En ce qui concerne la violation invoquée du principe ne bis in idem du fait 
de la double transmission, violation qui, comme l’a justement relevé l’OFJ 
dans ses observations du 5 novembre 2009 (act.10), doit manifestement 
être interprétée comme celle du principe res judicata, le Tribunal fédéral a 
eu l’occasion de rappeler que les décisions relatives à l’exécution de 
l’entraide sont de nature administrative. Elles ne sont ainsi pas, à l’instar 
d’un jugement pénal ou civil, revêtues de la force de chose jugée. Partant, 
elles peuvent être réexaminées en tout temps, la décision de clôture de 
l’entraide ne créant aucun droit subjectif pour les parties (arrêt du Tribunal 
fédéral 1A.337/2005 du 20 février 2006, consid. 2.1 et arrêts cités). Le fait 

- 8 - 

 

 

qu’une première demande ait été satisfaite ou rejetée ne change rien à la 
possibilité de réexamen. L’autorité requérante peut en tout temps deman-
der un complément d’entraide. En l’espèce, il convient également de rele-
ver que le champ temporel couvert par la requête initiale diffère de celui de 
la requête supplémentaire dans la mesure où la documentation bancaire 
demandée ne se rapporte pas rigoureusement aux mêmes années.  

5.4 Ce grief doit ainsi être écarté, concernant strictement la question de la dou-
ble transmission et celle de la violation du principe res judicata. Quant à la 
problématique du caviardage soulevée par la recourante, elle sera traitée 
au considérant suivant (v. infra consid. 6.5), à l’occasion de l’examen du tri 
des pièces. 

6. La recourante se plaint enfin de l’absence de tri des pièces et, corollaire-
ment, de caviardage de celles-ci. Elle invoque, en sus de la violation du 
principe de la proportionnalité, une violation du droit d’être entendue.  

6.1 Selon la jurisprudence, après avoir saisi les documents qu'elle juge utiles 
pour l'exécution de la demande, l'autorité d'exécution a l’obligation de trier 
les pièces à remettre en vue du prononcé d'une décision de clôture – qui 
peut être partielle – (ATF 130 II 14 consid. 4.4). Elle ne saurait se défaus-
ser sur l'Etat requérant et lui remettre toutes les pièces en vrac (ATF 122 II 
367 c. 2c p. 371; 115 Ib 186 c. 4 p. 192/193). Lorsqu'elle accepte une de-
mande qui lui est présentée à cette fin, l'autorité d'exécution procède au tri 
en présence du juge étranger et du détenteur des pièces ou de son repré-
sentant (ATF 130 II 14 consid. 4.4). La personne touchée par la perquisi-
tion et la saisie de documents lui appartenant est tenue, à peine de forclu-
sion, d'indiquer à l'autorité d'exécution quels documents ne devraient pas, 
selon elle, être transmis et pour quels motifs (ATF 126 II 258 c. 9b/aa 
p. 260; 122 II 367 c. 2c p. 371/372). Sous l'angle de la bonne foi, il n'est 
pas admissible que le détenteur de documents saisis laisse l'autorité d'exé-
cution procéder seule au tri des pièces, sans lui prêter aucun concours, 
pour lui reprocher après coup la méconnaissance du principe de la propor-
tionnalité. L'autorité d'exécution doit auparavant donner au détenteur l'oc-
casion, concrète et effective, de se déterminer, afin qu'il puisse exercer son 
droit d'être entendu et satisfaire à son obligation de coopérer à l'exécution 
de la demande (ATF 126 II 258 c. 9b/aa p. 262). Un accord éventuel per-
met une remise facilitée au sens de l'art. 80c EIMP. A défaut d'un tel ac-
cord, l'autorité d'exécution fait établir un inventaire précis des pièces dont la 
remise est contestée. Elle impartit au détenteur un délai (qui peut être bref) 
pour faire valoir, pièce par pièce, les arguments s'opposant selon lui à la 
transmission. Après quoi, l'autorité d'exécution rend une décision de clôture 
soigneusement motivée. Que le détenteur néglige de se déterminer ou ne 

- 9 - 

 

 

le fasse que d'une manière insatisfaisante ne dispense pas l'autorité d'exé-
cution d'effectuer le tri commandé par le principe de la proportionnalité 
(ATF 130 II 14 consid. 4.4). L’obligation de dresser un inventaire est desti-
née d’une part à faciliter la motivation de la décision de clôture et, d’autre 
part, à permettre aux ayants droit de faire valoir efficacement leurs droits 
d’opposition. Il n’est ainsi pas nécessaire que chaque pièce fasse l’objet 
d’une description individuelle, l’autorité d’exécution pouvant, suivant les 
cas, se contenter d’une désignation d’ensemble. Il suffit que chaque docu-
ment puisse être facilement individualisé (arrêt du Tribunal fédéral 
1A.159/2004 du 4 août 2004, consid. 2.2). 

6.2 Selon le juge d’instruction, la procédure de tri a été effectuée par l’autorité 
requérante, par le juge d’instruction et, de manière épistolaire, par la recou-
rante (act. 9, p. 3). Cette dernière reconnaît avoir été invitée à se détermi-
ner de la sorte. Il convient ici d’examiner si la procédure de tri a eu lieu 
dans le respect de la jurisprudence précitée. A cette fin, il sied de revenir 
sur les différentes étapes qui ont précédé l’ordonnance de clôture du 
11 septembre 2009 (v. supra B.). 

6.3 Lors de la levée des scellés, le 25 août 2009, le juge d’instruction a fait un 
constat des pièces saisies, en présence des différentes parties. Le même 
jour, il a procédé à la numérotation de toutes les pièces du classeur saisi 
(10'000 à 10'441). Le juge d’instruction a ensuite imparti un délai à la re-
courante pour se déterminer sur les pièces à transmettre. Dans son invita-
tion, il inventoriait les pièces concernées en se référant à sa numérotation 
et en les séparant en trois catégories (2004, 2005 et 2006). Dans sa prise 
de position, la recourante s’est limitée à rejeter en bloc la transmission, ar-
guant que l’intégralité des pièces, objet de la procédure, avaient déjà été 
transmises. La recourante indique en outre que, dans le délai qui lui a été 
imparti par le juge d’instruction pour se prononcer, un entretien téléphoni-
que entre les deux intéressés a eu lieu avant que l’ordonnance de clôture 
ne soit rendue, entretien au cours duquel elle a, «pour la première fois», 
appris que des pièces extrinsèques aux extraits de comptes bancaires fai-
saient l’objet de la transmission. L’ordonnance de clôture a ensuite été ren-
due par l’autorité d’exécution. 

6.4 En l’espèce, force est de constater que le juge d’instruction a agi en 
conformité avec la jurisprudence précitée. En numérotant chaque pièce du 
classeur saisi, puis en invitant la recourante à s’exprimer, motifs à l’appui, 
sur chacune d’entre elles (act. 1.6), il lui a offert l’occasion de faire valoir ef-
ficacement ses droits d’opposition dans la procédure. Pour sa part, en reje-
tant la transmission de l’intégralité des pièces visées, sans proposition mo-
tivée de tri ni de caviardage quant aux pièces dont elle s’opposait à la 

- 10 - 

 

 

transmission, la recourante n’a pas satisfait à son devoir de coopérer à la 
procédure de tri des pièces.  

6.5 La question du caviardage doit être examinée de manière analogue à celle 
du tri. Il appartenait à la recourante, au moment où l’occasion lui a été don-
née de se prononcer concrètement sur la transmission de chacune des 
pièces du classeur répertoriées, de faire valoir, le cas échéant, l’argument 
relatif à la protection du domaine secret et de requérir le caviardage de cer-
taines pièces, ce qu’elle n’a pas fait en temps voulu (act.1.7). Invoqué pour 
la première fois au stade du recours, ce grief est manifestement abusif, 
sous l’angle de la bonne foi. 

6.6 Au regard de ce même principe général de la bonne foi, l’obligation de coo-
pération du détenteur des pièces implique évidemment qu’il sache préci-
sément de quelles pièces il est question. A ce titre, l’argument de la recou-
rante qui se plaint de n’avoir appris l’existence de certaines pièces qu’en fin 
de procédure est sans fondement: l’invitation du juge d’instruction à pren-
dre position sur les pièces faisait mention de l’existence de pièces extrin-
sèques («avis, pièces, correspondance, comptabilité»). En outre, toutes les 
pièces concernées ont été saisies en ses locaux; elle était ainsi la mieux 
placée pour en connaître le contenu. Au besoin et à sa requête, elle aurait 
en outre eu tout loisir de consulter ces pièces auprès de l’autorité dans le 
délai imparti pour se déterminer, ce qu’elle n’a pas fait. L’argument tiré de 
la violation du droit d’être entendue apparaît dès lors contraire au principe 
de la bonne foi.  

6.7 La position adoptée par la recourante doit ainsi être qualifiée de négligente, 
puisqu’elle disposait des éléments pour se prononcer efficacement et 
qu’elle ne l’a pas fait en temps donné. Une telle attitude constitue un risque 
procédural dont elle est désormais tenue de supporter les conséquences 
dans le sens de la forclusion. 

6.8 Partant, le grief de la violation du droit d’être entendu doit être rejeté. 

 

7. Les frais de procédure sont mis à la charge de la partie qui succombe (art. 
63 al. 1 PA, applicable par renvoi de l’art. 30 let. b LTPF). Calculé confor-
mément à l’art. 3 du Règlement du 11 février 2004 fixant les émoluments 
judiciaires perçus par le Tribunal pénal fédéral (RS 173.711.32; arrêt du 
Tribunal pénal fédéral RR.2007.26 du 9 juillet 2007, consid. 9.1) cet émo-
lument est arrêté à Fr. 4'000.--, couvert par l’avance de frais déjà versée 
par la recourante.  

- 11 - 

 

 

Par ces motifs, la IIe Cour des plaintes prononce: 
 
1. Le recours est rejeté.  

 
2. Un émolument de Fr. 4'000.--, couvert par l’avance de frais déjà versée, est 

mis à la charge de la recourante.  
 

 
Bellinzone, le 3 février 2010  
 
Au nom de la IIe Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
La présidente: La greffière:  
 
 
 
 
 

 
 
 
 
Distribution 
 
- Me Jean-Cédric Michel, avocat 
- Juge d'instruction du canton de Genève 
- Office fédéral de la justice, Unité Entraide judiciaire 
 

 
 

Indication des voies de recours 

Le recours contre une décision en matière d’entraide pénale internationale doit être déposé devant 
le Tribunal fédéral dans les 10 jours qui suivent la notification de l’expédition complète (art. 100 al. 
1 et 2 let. b LTF). 
 
Le recours n’est recevable contre une décision rendue en matière d’entraide pénale internationale 
que s’il a pour objet une extradition, une saisie, le transfert d’objets ou de valeurs ou la 
transmission de renseignements concernant le domaine secret et s’il concerne un cas 
particulièrement important (art. 84 al. 1 LTF). Un cas est particulièrement important notamment 
lorsqu’il y a des raisons de supposer que la procédure à l’étranger viole des principes 
fondamentaux ou comporte d’autres vices graves (art. 84 al. 2 LTF).