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**Case Identifier:** 166c057b-4622-5019-a360-db0d2f60e2a2
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-06-16
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 16.06.2008 A/1158/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1158-2008_2008-06-16.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/1158/2008-DCTI ATA/315/2008 

DÉCISION 

DE LA 

PRÉSIDENTE DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 16 juin 2008 

sur effet suspensif 

 

dans la cause 

 

Madame Barbara Ursula et Monsieur Gilbert CHALUT 

Madame et Monsieur Claude PENEL 

Madame Jacqueline CAILLAT LAMBELET et Monsieur Michel Paul CAILLAT 

Madame Olga et Monsieur Andrei ISSAKOV 

Madame Patricia Gladys et Monsieur Serge Alain VERCELLINI 

Madame Svetlana et Monsieur Alexei POGORELSKI 

Madame Bluette REVERDIN 

Madame et Monsieur Hermann SCHMUTZ 

Madame et Monsieur Mario CREMONI 

Madame et Monsieur Carlos Alejandro NARDACCHIONE 

Madame Liliane Yvonne NÖTZLI 

Madame Lee Cheng Leong et Monsieur Wai Min LEE 

Madame et Monsieur Alexandre PETRACHKOV 

 
 
 

A/1158/2008 

- 2 - 

Madame et Monsieur Saburo TANAKA 

Madame et Monsieur Paolo RIGO 
représentés par Me Laurent Strawson, avocat  
 
 

contre 
 
 
COMMISSION CANTONALE DE RECOURS EN MATIÈRE DE 
CONSTRUCTIONS 
 
 
et 
 
 
DÉPARTEMENT DES CONSTRUCTIONS ET DES TECHNOLOGIES DE 
L'INFORMATION 
 
 
et 
 
 
REALS INVESTISSEMENTS Sàrl 
représentée par Me Diane Schasca, avocate 
 

- 3/5 - 

A/1158/2008 

 Vu la décision du 25 février 2008 de la commission cantonale de recours en 
matière de constructions (ci-après  : CCRC) rejetant le recours de Monsieur Chalut et 
autres, dirigé contre l’autorisation de construire définitive de même que l’autorisation 
complémentaire délivrées respectivement les 13 août et 29 novembre 2007 (DD 
101212/2-6) et l’autorisation de démolir (M 5831-6) octroyées à Reals Investissements 
Sàrl aux fins de construire quatre villas jumelles avec couverts à voitures de même que 
les raccordements correspondants, entraînant la démolition de la villa et du garage 
édifiés sur la parcelle n° 243 ; 

 vu le recours interjeté contre cette décision par M. Chalut et consorts le 7 avril 
2008 auprès du Tribunal administratif et concluant derechef à l’annulation de la 
décision de la CCRC ainsi qu’à celle des deux autorisations de construire précitées ; 

 vu les déterminations du département des constructions et des technologies de 
l’information (ci-après  : DCTI) du 15 mai 2008 et du 30 mai 2008 de Reals 
Investissements Sàrl concluant au rejet du recours, cette société sollicitant de plus le 
retrait de l’effet suspensif aux motifs que les recourants devaient se voir sanctionnés 
pour usage abusif de procédure car ils s’opposaient depuis de nombreuses années à 
toute construction ; 

 vu l’intérêt prépondérant invoqué par Reals Investissements Sàrl car la promesse 
de vente au bénéfice de laquelle celle-ci se trouvait venait à échéance le 30 juin 2008  : 
or, elle craignait que la propriétaire de la parcelle ne soit lasse d’attendre et le non 
renouvellement de cette promesse de vente causerait à l’intéressée un dommage 
économique notable. Enfin, les acheteurs potentiels des villas à édifier s’impatientaient 
également. A l’opposé, aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s’opposait à ce 
que la décision ne devienne exécutoire, la démarche des recourants étant dilatoire et 
chicanière ; 

 vu la détermination sur effet suspensif du DCTI du 13 juin 2008 lequel a déclaré 
s’en rapporter à justice ; 

 vu celle des recourants du 13 juin 2008 également, à teneur de laquelle Reals 
Investissements Sàrl n’avait étayé son allégué par aucune pièce ; et même si la promesse 
de vente venait à échéance le 30 juin 2008, rien n’empêchait les parties de reporter 
celle-ci de sorte que les intérêts de l’intimée n’étaient pas gravement menacés ;  

CONSIDÉRANT EN DROIT : 

1. L’article 66 alinéa 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 
1985 (LPA - E 5 10), le recours a effet suspensif. Lorsqu’aucun intérêt public ou privé 
prépondérant ne s’y oppose, la juridiction de recours peut, sur la demande de la partie 
dont les intérêts sont gravement menacés, retirer l’effet suspensif (art. 66 al. 2 LPA). 

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A/1158/2008 

2. Trois conditions doivent être réunies pour que l’effet suspensif automatique lié à 
un recours puisse être retiré, à savoir  :  

- l’existence d’une requête formelle de la partie lésée ; 

- une lésion des intérêts de celle-ci ; 

- une absence d’intérêts opposés prépondérants (ATA/156/2003 du 18 mars 2003 et 
les références citées). 

3. L’effet suspensif ne doit être retiré que pour des motifs suffisants et impérieux ou 
encore lorsque des intérêts publics considérables sont en danger. L’exclusion de l’effet 
suspensif ne doit être décidée dans ces cas que s’il s’agit d’écarter une mise en danger 
grave et imminente d’intérêts publics importants, par exemple, une menace pour des 
biens essentiels. 

 En matière de constructions, la préférence est donnée au maintien de l’état 
prévalant avant le litige (ATA/103/2008 du 4 mars 2008 ; ATA 635/2007 du 11 
décembre 2007). 

4. En l’espèce, la première condition est remplie. 

 La législation genevoise en matière de police des constructions a pour seul but 
d’assurer la conformité du projet présenté aux prescriptions en matière de bâtiments et 
d’installations. Elle réserve le droit des tiers (art. 3 al. 5 de la lois sur les constructions et 
les installations diverses du 14 avril 1988 LCI - L 5 05 ; ATA/21/2008 du 15 janvier 
2008 et les références citées). 

 Quant aux procédures d’opposition et de recours prévues par la LCI, elle 
permettent de contrôler si les autorisations de construire sollicitées ou délivrées ne sont 
pas en contradiction avec des dispositions de la LCI ou des règlements prévus par elles. 

 L’exécution immédiate de la décision attaquée, qui permettrait aux travaux, objet 
des autorisations querellées, de débuter, rendrait illusoire le contrôle auquel le Tribunal 
administratif doit procéder. L’éventuelle admission de la demande de retrait de l’effet 
suspensif reviendrait en effet à modifier la situation existante en anticipant une issue 
défavorable du recours. Or, l’intérêt public au contrôle judiciaire de l’autorisation de 
construire doit l’emporter sur les intérêts privés de l’intimée, qui n’a pas établi par pièce 
que la promesse de vente viendrait à échéance le 30 juin 2008 d’une part, ni que cette 
échéance ne pouvait être reportée d’autre part. 

5. Les décisions sur effet suspensif étant par nature des ordonnances de procédure, 
elles peuvent être adaptées en tout temps aux circonstances en cours de procès. Il 
s’ensuit que cas échéant, le tribunal de céans pourra être amené à revoir, d’office ou sur 
requête, la présente décision (ATA/103/2008 précité). 

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A/1158/2008 

6. La demande de retrait de l’effet suspensif présentée par Reals Investissements Sàrl 
sera ainsi rejetée.  

 Le sort des frais de la cause sera réservé jusqu’à droit jugé en fond. 

LA PRÉSIDENTE DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

rejette la demande de retrait de l’effet suspensif attaché au recours présentée par Reals 
Investissements Sàrl ; 

réserve le sort des frais de la procédure jusqu’à droit jugé au fond ; 

dit que, conformément aux articles 82 et suivants de la loi fédérale sur le Tribunal 
fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), la présente décision peut être portée dans 
les trente jours qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du 
recours en matière de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, 
motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il 
doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l’article 42 LTF. La présente décision et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l’envoi ;  

communique la présente décision, en copie, à Me Laurent Strawson, avocat des 
recourants, à la commission cantonale de recours en matière de constructions, à 
Me Diane Schasca, avocate de Reals Investissements Sàrl, ainsi qu’au département des 
constructions et des technologies de l'information. 

 

 La présidente du Tribunal administratif : 
 
 
 

L. Bovy 

 

 

Copie conforme de cette décision a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 

 

 la greffière :