# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** d4bb5520-32a1-5677-a927-c6e40d4070e4
**Source:** Jura (JU)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-10-08
**Language:** fr
**Title:** Jura Tribunal Cantonal Cour administrative 08.10.2020 ADM 2020 77
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/JU_Gerichte/JU_TC_005_ADM-2020-77_2020-10-08.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DU JURA

TRIBUNAL CANTONAL

COUR ADMINISTRATIVE

ADM 77 / 2020 + AJ 91/2020

Présidente :  Sylviane Liniger Odiet
Juges :  Jean Crevoisier et Philippe Guélat
Greffière :  Julia Friche-Werdenberg

ARRET DU 8 OCTOBRE 2020

dans la procédure consécutive au recours de

A.________,

recourant,

contre

la décision de l'Autorité de protection de l'enfant et de l'adulte (APEA) du 28 avril 2020.

______

Vu la décision du 14 octobre 2017, par laquelle l’APEA a institué en faveur de B.________, le 
père de A.________ (ci-après : le recourant), une curatelle de représentation et de gestion du 
patrimoine, au sens des articles 394 et 395 CC ; celle-ci consiste notamment à assurer en tout 
temps à B.________ une situation de logement ou de placement approprié et à le représenter 
de manière générale pour tous les actes nécessaires dans ce cadre ainsi qu’à le représenter 
dans le cadre du règlement de ses affaires administratives et financières ; B.________ 
conserve le plein exercice de ses droits civils ; C.________, assistante sociale au Service 
social régional de …, a été nommée en qualité de curatrice ; 

Vu la décision du 14 septembre 2018, par laquelle le président de l’APEA a libéré C.________ 
de toute fonction, l’a privée de tout pouvoir concernant ladite curatelle et nommé D.________, 
assistante sociale au Service social régional de …, en qualité de curatrice de B.________ ; le 
cercle des tâches à laquelle s’étendait ladite curatelle n’a pas été modifié et B.________ 
conservait le plein exercice de ses droits civils ; 

Vu que le père du recourant est décédé en mars 2020 et que la mesure de protection en sa 
faveur a pris fin à cette date ;

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Vu la plainte du recourant du 20 avril 2020, adressée à l’APEA, tendant d’une part à éviter que 
les manquements de la curatrice de son défunt père ne se reproduisent à l’avenir et, d’autre 
part, à des excuses, ou du moins, à des explications de la part de la curatrice ; le recourant 
explique que les dernières volontés de son père ont été trahies par D.________, dans la 
mesure où il a failli être incinéré, par la faute de cette dernière, laquelle s’est basée sur des 
directives anticipées que son père aurait signées le 18 février 2020, tout en étant incapable de 
discernement, ce que le Dr E.________ lui a confirmé ; ces directives anticipées étaient donc 
nulles de facto et jure ; de confession catholique-romaine, son père souhaitait un enterrement 
selon le rite de sa religion et non pas une incinération, laquelle a finalement pu être évitée 
grâce à son intervention auprès de l’autorité communale de R.________ et du commissaire 
F.________ ; 

Vu la décision du 28 avril 2020, par laquelle le président de l’APEA a rejeté ladite plainte, dans 
la mesure de sa recevabilité ; il explique que la qualité pour agir de A.________ est douteuse 
et que, quoi qu’il en soit, les agissements de la curatrice, si tant est qu’ils puissent être qualifiés 
de fautifs, ne peuvent plus être corrigés ; en tout état de cause, ceux-ci n’ont pas eu de 
conséquences, dans la mesure où le corps du père du recourant a finalement été inhumé ;

Vu le recours du 25 mai 2020 dans lequel A.________ conclut principalement à l’annulation 
de ladite décision, sous suite des frais et dépens et, subsidiairement, à son annulation et au 
renvoi du dossier de la cause à l’APEA pour nouvelle décision dans le sens des considérants, 
sous suite des frais et dépens ; il relève que la question de la nullité des directives anticipées 
signées par son père n’a pas été abordée par le président de l’APEA, lequel ne s’est prononcé 
que sur l’intérêt actuel et pratique à la plainte ; à titre de moyens de preuve, il requiert la prise 
de renseignements auprès du Dr E.________ ; il explique ensuite, d’une part, qu’il a fait valoir 
les intérêts de son père lors de son décès et, d’autre part, qu’il existe un intérêt virtuel à annuler 
ladite décision, dans la mesure où ces faits pourraient se reproduire à l’avenir ; la mise des 
frais judiciaires à sa charge serait inéquitable, vu la nature de la procédure et compte tenu de 
sa bonne foi ; 

Vu la requête d’assistance judiciaire gratuite déposée par le recourant le 2 juillet 2020 ; 

Vu la prise de position du président de l’APEA du 18 août 2020, précisant que le recours de 
A.________ n’appelle aucune remarque particulière de sa part ; s’agissant de la requête 
d’assistance judiciaire gratuite du recourant, il laisse la Cour de céans statuer ce que de droit ; 

Attendu que la Cour administrative est compétente pour traiter des recours interjetés contre 
une décision de l’APEA (art. 21 al. 2 de la loi sur l'organisation de la protection de l'enfant et 
de l'adulte [LOPEA ; RSJU 213.1]) ;

Attendu que le recours, interjeté dans les 30 jours dès la notification de la décision litigieuse 
(art. 450b al. 1 CC) par une personne disposant manifestement de la qualité pour recourir, est 
recevable et qu’il convient d’entrer en matière ;

Attendu que la procédure de recours est régie par la maxime d'office et par la maxime 
inquisitoire ; la Cour dispose d'un plein pouvoir d'examen, en fait comme en droit (cf. art. 450a 

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CC ; BOHNET, Autorités et procédure en matière de protection de l'adulte, in : Le nouveau droit 
de la protection de l'adulte, Bâle 2012, p. 91 n° 175 s.) ;

Attendu que le litige porte en l’espèce sur le rejet de la plainte du recourant ;

Attendu qu’à teneur de l’art. 419 CC, la personne concernée, l’un de ses proches ou toute 
personne qui a un intérêt juridique peut en appeler à l’autorité de protection de l’adulte contre 
les actes ou les omissions du curateur, ou ceux du tiers ou de l’office mandatés par l’autorité 
de protection de l’adulte ; le recours n’est plus recevable dès le moment où il n’a plus aucun 
sens parce que l’acte ne peut plus être corrigé ou parce qu’il n’est plus possible de remédier 
à l’omission, excepté s’il s’agit d’une question de principe dont la clarification est dans l’intérêt 
de la jurisprudence (TF 5A_186/2014 du 7 avril 2014 in RMA 2014 p. 301, p. 324 ; voir 
également MONTAVON, Abrégé de droit civil, 2013, p. 475 ss, p. 496) ;

Attendu qu’à l’instar de la décision attaquée, il apparaît que, lors du dépôt de la plainte, il ne 
pouvait plus être remédié à l’omission de la curatrice, dénoncée par le recourant (le fait de ne 
pas s’être opposée à l’incinération de B.________, se basant sur des directives anticipées que 
ce dernier aurait signées, tout en étant incapable de discernement), puisque B.________ était 
déjà décédé à ce moment-là ; par ailleurs, cette omission n’a pas eu de conséquences, dès 
lors que l’incinération a finalement pu être évitée, ce que le recourant reconnaît d’ailleurs lui-
même ; enfin, on ne saurait déroger au principe et admettre l'existence d'un intérêt virtuel à la 
plainte, dans la mesure où il ne peut manifestement pas être considéré que l’omission attaquée 
pourrait se reproduire en tout temps et qu’en raison de sa brève durée, elle échapperait 
toujours à la censure de l’autorité (ATF 120 Ia 165 consid. 1, auquel renvoie l’arrêt du Tribunal 
fédéral TF 5A_186/2014 précité) ; 

Attendu dès lors que la plainte était irrecevable, faute d’intérêt actuel du recourant ; il s’ensuit 
que le recours doit être rejeté ; il en est de même de la requête de complément de preuve ; 

Attendu qu’au vu des motifs précités, la requête d’assistance judiciaire gratuite déposée par 
le recourant paraît manifestement dénuée de chances de succès, de sorte qu’elle doit être 
rejetée ;

Attendu que les frais de la procédure doivent être mis à la charge du recourant qui succombe 
(art. 219 Cpa) et qu’il n’y a pas lieu d’allouer de dépens (art. 227 al. 2ter Cpa) ;

PAR CES MOTIFS 

LA COUR ADMINISTRATIVE

rejette

le recours et la requête d’assistance judiciaire gratuite ;

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met

les frais de la procédure, par CHF 200.-, à la charge du recourant ;

dit

qu’il n’est pas alloué de dépens ;

informe

les parties des voie et délai de recours selon avis ci-après ;

ordonne

la notification du présent arrêt : 
 à A.________ ;
 à l'Autorité de protection de l'enfant et de l'adulte, rue de la Préfecture 12, 2800 Delémont.

Porrentruy, le 8 octobre 2020

AU NOM DE LA COUR ADMINISTRATIVE
La présidente : La greffière :

Sylviane Liniger Odiet Julia Friche-Werdenberg

Communication concernant les moyens de recours : 

Un recours en matière civile peut être déposé contre le présent jugement auprès du Tribunal fédéral, 
conformément aux dispositions de la loi sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), en particulier aux art. 42, 72 ss. 
et 90 ss. LTF, dans un délai de 30 jours à partir de la date où ce jugement vous a été notifié (art. 100 LTF). Ce 
délai ne peut pas être prolongé (art. 47 al. 1 LTF). 

Le mémoire de recours sera adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Il doit indiquer les conclusions, les 
motifs et les moyens de preuve, et être signé. Le recourant doit exposer succinctement en quoi l'acte attaqué viole 
le droit (art. 42 al. 2 LTF). Le recourant ne peut critiquer les constatations de fait que si les faits ont été établis de 
façon manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l’art. 95, et si la correction du vice est susceptible 
d’influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF).

Le présent jugement et les pièces invoquées comme moyens de preuve en possession du recourant doivent être 
joints au mémoire (art. 42 al. 3 LTF).