# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** bb69370d-9f6e-5fa0-b820-9ced37982799
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour d'appel civile HC / 2011 / 490
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_002_HC---2011---490_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

232 

 

 

cour
d’appel CIVILE

____________________________

Arrêt du
5 septembre 2011

______________________

Présidence
de               M. Colombini, président

Juges
:                  M.
Creux et Mme Kühnlein

Greffier
              :             
Mme              Nantermod Bernard

 

*****

 

 

Art.
158 al. 2 CPC

 

             
Vu l'ordonnance de mesures provisionnelles rendue
le 15 juillet 2011 par le Juge de paix du district de Morges admettant la requête de preuve à
futur présentée par  E.________, requérante, dans la cause la divisant d'avec R.________,
intimé,

 

             
vu l'appel exercé le 22 août 2011 par R.________,

 

             
attendu que selon l'art. 158 al. 2 CPC (Code de procédure civile suisse du 19 décembre 2008;
RS 272), les dispositions relatives aux mesures provisionnelles sont applicables à la preuve à
futur,

 

             
que sont des décisions provisionnelles au sens des art. 308 al. 1er
let. b et 319 let. a CPC en tout cas les mesures ordonnées selon les art. 261 ss CPC, les mêmes
règles devant cependant sans doute valoir aussi pour d'autres mesures à caractère provisoire
ou conservatoire, comme les preuves à futur selon l'art.         
158 CPC (Tappy, Les voies de droit du nouveau Code de procédure civile, JT 2010 III 121),

 

             
qu'ainsi la décision sur preuve à futur serait susceptible d'appel ou de recours immédiat
stricto sensu alors même que d'autres décisions en matière de preuve sont immédiatement
attaquables seulement par un recours stricto sensu et pour autant qu'elles puissent causer un préjudice
difficilement réparable au sens de l'art. 319 al. b ch. 2 CPC (Tappy, ibid. p. 122 et note infrapaginale),

 

             
qu'au vu de ce renvoi de l'art. 158 CPC, certains auteurs considèrent que l'appel est recevable
contre une décision sur preuve à futur (Fellmann, ZPO-Komm., n. 43 ad art. 158 CPC), 

 

             
qu'un traitement aussi différent entre les décisions sur preuves à futur et les autres
décisions en matière de preuve, attaquables immédiatement seulement par un recours stricto
sensu et pour autant qu'elles puissent causer un préjudice difficilement réparable au sens
de l'art. 319 al. b ch. 2 CPC, n'a toutefois guère de justification au point que d'autres auteurs
préconisent de soumettre contra legem les décisions de preuve à futur au régime de
recours applicable aux autres décisions et ordonnances d'instruction (Tappy, ibid. p. 122, note
infrapaginale et références citées),

 

             
qu'ainsi Schmid considère que la décision de preuve à futur ne peut être attaquée
qu'en cas de rejet de la requête, la décision d'admission n'entraînant aucun préjudice
irréparable au sens de la disposition précitée (KUKO ZPO, n. 10 ad art. 158 CPC), 

 

             
que cette dernière opinion est convaincante,

 

             
qu'au vu de ce qui précède, il y a lieu d'admettre que les décisions admettant la preuve
à futur suivent le même régime que les autres décisions et ordonnances d'instruction,

 

             
que l'appel doit ainsi être déclaré irrecevable,

             

             
qu'il devrait en aller de même si l'on devait considérer que l'appel constitue un recours,
l'admission de la preuve à futur n'entraînant aucun préjudice irréparable,

 

             
attendu que le présent arrêt peut être rendu sans frais.             

 

Par
ces motifs,

la
Cour d’appel civile du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

prononce
:

 

 

 

             
I.             
L’appel est irrecevable.

 

             
II.             
L'arrêt, rendu sans frais, est exécutoire.

 

             
Le président :                            
                           
                           
              Le greffier :

 

 

 

Du

 

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié en expédition complète, par l'envoi de photocopies à :

 

‑             
Me Sandy Zaech (pour R.________),

‑             
Me Alain Thevenaz (pour E.________).

 

             
Le juge délégué de la Cour d'appel civile considère que la valeur litigieuse est
de 77'157 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

             

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. le Juge de paix du district de Morges.

 

             
Le greffier: