# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** bcb21a44-b2d3-5fad-adfc-cd361faf5f5c
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours civile HC / 2016 / 785
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_010_HC---2016---785_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

PT14.038632-161360

326 

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS CIVILE

_________________________________________

Arrêt du
22 août 2016

__________________

Composition
:               M.             
Winzap,
président

             
              M.             
Pellet et Mme Courbat, juges

Greffière
:              Mme             
Juillerat Riedi

 

 

*****

 

 

Art.
319 let. b ch. 2 CPC

 

 

             
Statuant à huis clos sur le recours interjeté par
P.________,
à Villeneuve,  requérant, contre l’ordonnance rendue le 4 août 2016 par la Présidente
du Tribunal civil de l’arrondissement de l’Est vaudois dans la cause divisant le recourant
d’avec V.________,
à Villeneuve,  intimée, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal considère :

 

             
En fait et en droit :

 

 

1.             
             
Par prononcé du 4 août 2016, la Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement
de l’Est vaudois a déclaré irrecevables les dix-neuf nouveaux allégués (110
à 128) introduits le 22 juin 2016 par le défendeur P.________, accompagnés le 4 juillet
2016 par un bordereau de 9 nouvelles pièces (1 à 9), dans la cause en réclamation pécuniaire
qui le divise d’avec la demanderesse V.________ et en a ordonné le retranchement de la procédure
(I) et dit que le sort des frais judiciaires et des dépens de la présente décision suit
le sort de la cause au fond (II). Elle a considéré en substance que les novas en question avaient
été allégués tardivement.

 

             

2.             
              Par acte du 12 août
2016, adressé à la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal, P.________ a recouru contre
cette ordonnance en concluant, avec suite de frais et dépens, à ce que l’ordonnance précitée
soit annulée et à ce que les allégués en question avec l’onglet de pièces
produites et une liste de témoins à intervenir soient déclarés recevables et admis
à la procédure. A l’appui de son recours, il fait valoir en substance que la décision
attaquée l’empêcherait de démontrer que l’attitude de la partie adverse est
constitutive d’un abus de droit.

 

             
Le recourant a requis le bénéfice de l’assistance judiciaire. 

 

 

3.

3.1                         
Le recours, écrit et motivé, doit être déposé auprès de l’autorité
compétente (art. 321 al. 1 CPC), en l’occurrence la Chambre des recours du Tribunal cantonal
(art. 73 al. 1 LOJV [loi d'organisation judiciaire du 12 décembre 1979; RSV
173.01]). 

             

             
L'art. 319 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS 272) prévoit
notamment que le recours est recevable contre les décisions finales, incidentes et provisionnelles
de première instance qui ne peuvent faire l'objet d'un appel (let. a) et contre les autres décisions
et ordonnances d'instruction de première instance dans les cas prévus par la loi (let. b ch.
1) ou lorsqu'elles peuvent causer un préjudice difficilement réparable (let. b ch. 2).

 

             
Le refus du juge d’admettre les faits et moyens de preuve nouveaux correspond à la notion
d’autre décision au sens de l’art. 319 let. b CPC (CREC
11
juin 2014/204 ; CREC 12 novembre 2013/371 ; Jeandin, CPC commenté, 2011, n. 15 ad art.
319 CPC). Le recours contre une décision refusant des faits et moyens de preuve nouveaux n’étant
pas expressément prévu par le CPC, il n’est recevable que si ladite décision est
susceptible de causer un préjudice difficilement réparable (art. 319 let. b ch. 2 CPC). Cette
notion est plus large que celle de dommage irréparable de l’art. 93 al. 1 let. a LTF (loi
sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 ; RS 173.110), puisqu’elle vise également
les désavantages de fait (JdT 2011 III 86 consid. 3). Un préjudice irréparable de nature
juridique doit ne pas pouvoir être ultérieurement réparé ou entièrement réparé
par une décision finale favorable au recourant (ATF 134 III 188 consid. 2.1 et 2.2). Ainsi, une
décision refusant l’introduction de nouveaux allégués et de nouveaux moyens de preuve
ne crée en principe pas un préjudice difficilement réparable, car la partie recourante
conserve des moyens dans la procédure au fond, au besoin en remettant en cause la décision
finale qui lui aurait refusé des preuves pertinentes (CREC 14 novembre 2014/401 ; CREC 4 octobre
2013/286 ; pour l’art. 229 CPC : CREC 8 septembre 2014/319, CREC 11 juin 2014/204 ;
CREC 12 novembre 2013/371).

                    

3.2             
En l’espèce, la décision attaquée est une ordonnance d’instruction refusant
l’introduction de nouveaux allégués contre laquelle aucun recours n’est prévu
pour le CPC, de sorte que, conformément à l’art. 319 let. b ch. 2 CPC, le recourant doit
indiquer en quoi cette décision lui causerait un préjudice difficilement réparable, ce
qu’il ne fait pas, alors même que ce préjudice est susceptible d’être réparé
par une décision au fond qui lui serait en définitive favorable ou dans le cadre d’un
éventuel recours ou appel déposé contre la décision finale. 

 

 

4.             
              Au vu de ce qui précède,
le recours est irrecevable.

 

             
              L’arrêt peut
être rendu sans frais judiciaires de deuxième instance (art. 11 TFJC [tarif des frais
judiciaires civils du 28 septembre 2010 ; RSV 270.11.5]).

 

             
La requête d’assistance judiciaire doit être rejetée, la cause étant d’emblée
dépourvue de toute chance de succès (art. 117 let. b CPC).

 

             
              Il n’est pas alloué
de dépens à l’intimée, qui n’a pas été invitée à déposer
de réponse.

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours civile du Tribunal cantonal,

en
application de l'art. 322 al. 1 CPC,

prononce
:

 

I.      
Le recours est irrecevable.

 

II.    
La requête d’assistance judiciaire
déposée par le recourant P.________ est rejetée. 

 

             
III.             
L’arrêt, rendu sans frais, est exécutoire.

 

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

‑             
Me Jean de Gautard (pour P.________),

‑             
Me Dan Bally (pour V.________).

 

             
La Chambre des recours civile considère que la valeur litigieuse est supérieure à 30'000
francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme la Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement de l’Est vaudois.

 

             
La greffière :