# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** fc300bc3-9b3f-5998-98df-d78dcaea1144
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-11-25
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 25.11.2010 A/3371/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-3371-2010_2010-11-25.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET 

 

CANTON DE GENEVE 

 

POUVOIR JUDICIAIRE 
 

 

DCSO/515/10 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 

17 juin 2005 (LTF ; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Commission de 

surveillance des Offices des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance 

en matière de poursuite pour dettes et faillite (art. 56R al. 3 LOJ). Il doit être déposé devant le 

Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les dix jours qui suivent la notification de l'expédition 

complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2 let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière 

de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). Le recours doit être rédigé dans 

une langue officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens 

de preuve, et être signé (art. 42 LTF). 

DÉCISION 

DE LA COMMISSION DE SURVEILLANCE 
DES OFFICES DES POURSUITES ET DES FAILLITES 

SIÉGEANT EN SECTION 

DU JEUDI 25 NOVEMBRE 2010 

Cause A/3371/2010, plainte 17 LP formée le 4 octobre 2010 par M. S______ et 
S______ Sàrl, élisant tous deux domicile en l'étude de Me Julien BLANC, avocat, à 
Genève. 

 

Décision communiquée à : 

- M. S______ 

domicile élu : Etude de Me Julien BLANC, avocat 
Gautier, Vuille & Associés 

 Rue des Alpes 15 
 Case postale 1592 
 1211 Genève 1 
 

- S______ Sàrl 

domicile élu : Etude de Me Julien BLANC, avocat 
Gautier, Vuille & Associés 

 Rue des Alpes 15 
 Case postale 1592 
 1211 Genève 1 
 

- Office des faillites   

(Faillite n° 2009 xxxx70 S / OFA3) 

 

 - 2 - 

 

E N   F A I T  

A. Par jugement du 23 septembre 2009, le Tribunal de première instance a donné 

suite à l'avis de surendettement déposé par l'administrateur de R______ SA et 

déclaré cette société en état de faillite. Le 2 juin 2010, l'Office des faillites (ci-

après : l'Office) a dressé l'inventaire des biens de la faillie, parmi lesquels est 

comprise une prétention révocatoire à l'encontre, notamment, de S______ NV, 

société fille de S______ Sàrl, dont M. S______ est "administrateur-gérant et 

actionnaire". Il est mentionné que cette prétention, fondée sur les art. 286 à       

288 LP, à hauteur de USD 30'112'007 fr., correspond aux montants figurant dans 

la convention tripartite du 31 mars 2009 et qu'un même procès est pendant en 

Belgique depuis le 7 août 2009. 

 Par jugement du 24 juin 2010, le Tribunal de première instance a ordonné la 

liquidation sommaire de la faillite de R______ SA. 

 Par décision du 6 août 2010, signée par M. J______, chargé de faillite, l'Office a 

refusé à S______ Sàrl et à M. S______ le droit de consulter, dans le dossier de la 

faillite, les documents en relation avec la prétention révocatoire pour laquelle la 

masse en faillite entendait initier une procédure à leur encontre. L'Office ajoutait 

que leur requête du 21 juin 2010, tendant à l'inscription d'une contrepartie de la 

révocation, nécessitait, encore à ce jour, une analyse préalable et que l'inventaire, 

non encore déposé, serait, le cas échéant, complété. Enfin, l'Office relevait qu'il 

n'avait pris aucune décision de collocation de créances, le délai pour les 

productions arrivant à échéance le 6 août 2010. 

 Le 30 août 2010, l'Office, dans un courrier signé par M. Z______, a demandé à 

S______ Sàrl et M. S______ de préciser la nature de la prétention contre F______ 

Ltd - qui a produit dans la faillite une créance à hauteur de 28'660'953 fr. 46 -, 

U______ Ltd et I______ Ltd, dont ils sollicitaient l'inscription à l'inventaire.  

B.a. Par acte posté le 20 août 2010, S______ Sàrl et M. S______ ont porté plainte, 

assortie d'une demande d'effet suspensif, contre la décision de l'Office du 6 août 

2010, en tant qu'elle leur refuse d'accéder à la partie du dossier de la faillite 

traitant de la prétention révocatoire. Ils ont conclu à son annulation, ainsi qu'à la 

récusation de M. J______ et de M. Z______, en leur qualité de chargé de faillite, 

respectivement, de juriste au sein de l'Office, à ce qu'il soit constaté que l'Office a 

commis un déni de justice en ne se prononçant pas au sujet de la contrepartie de 

l'action révocatoire et à ce qu'il lui soit ordonné de rendre une décision formelle à 

ce sujet dans un délai de dix jours dès réception de la décision de la Commission 

de céans. Cette plainte a été enregistrée sous cause A/2793/2010. 

B.b. Par ordonnance du 23 août 2010, la Commission de céans a rejeté la demande 

d'effet suspensif.  

 

 - 3 - 

 Le 2 septembre 2010, S______ Sàrl et M. S______ ont exercé un recours en 

matière civile, assortie d'une requête d'effet suspensif, contre l'ordonnance du     

23 août 2010. Ils ne s'en prenaient pas au refus d'attribuer l'effet suspensif à leur 

plainte en tant que celle-ci concernait leur droit de d'accès au dossier. Ils 

alléguaient que "tant et aussi longtemps que ces personnes traiteront de la faillite 

litigieuse, ils causeront un dommage irréparable, puisque leurs démarches ne 

pourront pas être annulées par la suite". 

 Le 3 septembre 2010, la Présidente de la Cour de droit civil a rendu une 

ordonnance superprovisoire à teneur de laquelle "jusqu'à décision sur la requête 

d'effet suspensif aucune mesure d'exécution ne pourra être prise".   

 Par ordonnance du 21 septembre 2010, la Présidente de la Cour de droit civil a 

considéré qu'il convenait de "confirmer son ordonnance superprovisoire et 

d'accorder l'effet suspensif en ce sens que les employés visés par la demande de 

récusation doivent, durant la procédure de recours fédérale, s'abstenir de traiter 

le dossier de la faillite de R______ SA". 

 Par arrêt du 1
er

 novembre 2010, le Tribunal fédéral a déclaré le recours 

irrecevable, une demande de récusation ne pouvant, en tant que telle, être assortie 

d'effet suspensif.  

 Par décision du 25 novembre 2010 (DCSO/514/10), la Commission de céans a 

rejeté la plainte dans le mesure de son objet. 

C.a. Par courrier 2 septembre 2010, signé par M. J______ et envoyé sous pli 

recommandé, l'Office, se référant à leur production du 23 août 2010, a imparti à 

S______ Sàrl et M. S______ un délai au 13 septembre 2010 pour lui 

communiquer le contrat de prêt y relatif. Il précisait qu'à défaut les montants non 

justifiés seront écartés en application de l'art. 59 OAOF. 

 Le 15 septembre 2010, S______ Sàrl et M. S______, par l'entremise de leur 

conseil, ont répondu que, suite à l'ordonnance du Tribunal fédéral du 3, ils 

partaient du principe que les délais impartis (sic) étaient suspendus jusqu'à 

nouvelle décision de la Haute Cour sur l'effet suspensif. 

 Le 21 septembre 2010, l'Office, par la plume de M. Z______, a répondu que 

l'effet suspensif octroyé provisoirement ne saurait avoir pour conséquence de 

prolonger les délais en question ou de les dispenser de répondre de manière 

adéquate. Il déclarait prendre acte que S______ Sàrl et M. S______ n'étaient pas 

en mesure d'apporter les éléments de réponse demandés, ajoutant qu'il en tirera les 

conséquences le moment venu, en application de l'art. 59 al. 1 OAOF. 

C.b. Par acte posté le 4 octobre 2010, S______ Sàrl et M. S______ ont porté plainte, 

assortie d'une demande d'effet suspensif, contre la "décision" de l'Office du        

21 septembre 2010, reçue le lendemain. Ils concluent, avec suite de dépens, à son 

 

 - 4 - 

annulation. En substance, ils exposent que M. Z______, dont ils avaient demandé 

la récusation, ne pouvait prendre de décision jusqu'à droit jugé par le Tribunal 

fédéral. 

 Cette plainte a été enregistrée sous cause A/3371/2010. 

 Par ordonnance du 6 octobre 2010, la Commission de céans a accordé l'effet 

suspensif à la plainte et imparti à l'Office un délai au 29 octobre 2010 pour se 

déterminer. 

 Le 28 octobre 2010, l'Office a transmis à la Commission de céans un tirage du 

courrier que Mme V______, chargée de faillite, communiquait le même jour à 

S______ Sàrl et à M. S______. Elle les informait avoir repris la gestion du dossier 

de la faillite de R______ SA et leur impartissait un délai au 8 novembre 2010 

pour produire le contrat de prêt justifiant de leur production du 23 août 2010. La 

précitée attirait, par ailleurs, leur attention que, dans la procédure de      

collocation de créances, les montants non justifiés sont écartés en application de 

l'art. 59 OAOF. 

 Interpellés par la Commission de céans, S______ Sàrl et M. S______ ont répondu 

qu'ils maintenaient leur plainte. 

 

E N   D R O I T  

1.a. La Commission de céans est compétente pour connaître des plaintes dirigées 

contre des mesures prises par des organes de l’exécution forcée qui ne sont pas 

attaquables par la voie judiciaire ou des plaintes fondées sur un prétendu déni de 

justice ou retard injustifié (art. 17 LP ; art. 10 al. 1 et art. 11 al. 2 LaLP ; art. 56R 

al. 3 LOJ). La plainte doit être déposée dans le dix jours de celui où le plaignant a 

eu connaissance de la mesure. 

1.b. Les mesures sujettes à plainte au sens de l’art. 17 LP sont des mesures 

individuelles et concrètes ayant une incidence sur la poursuite en cours, qu’elles 

font avancer en déployant des effets externes aux organes de l’exécution forcée 

agissant dans l’exercice de la puissance publique. La simple opinion exprimée par 

le préposé ou des indications de portée générale sur ses intentions, de même que 

la confirmation d'une décision déjà prise antérieurement ou le refus de la 

reconsidérer, ne peuvent faire l'objet d'une plainte (ATF 7B.19/2006 du 25 avril 

2006 consid. 3.2 in fine ; ATF 116 III 91 consid. 1 ; Nicolas Jeandin, Poursuite 

pour dettes et faillite. La plainte, FJS n° 679 p. 6 ; Franco Lorandi, 

Betreibungsrechtliche Beschwerde und Nichtigkeit, Kommentar zu den Artikeln 

13-30 SchKG, Bâle-Genève-Munich 2000, ad art. 17 n° 46 ss ; Pierre-Robert 

Gilliéron, Commentaire, ad art. 17 n° 9 ss ; Flavio Cometta, in SchKG I, ad art. 17 

 

 - 5 - 

n° 18 ss ; Kurt Amonn / Fridolin Walther, Grundriss, 7
ème

 éd., Berne 2003, § 6 

n° 7 ss). 

1.c. Après avoir examiné les productions enregistrées, l'administration de la faillite 

doit statuer sur l'admission au passif de la prétention produite. La décision est 

prise in peto et n'est communiquée, une fois instrumenté dans l'état de collocation, 

que par la publication du dépôt dudit état (art. 249 al. 1 et 2 LP ; 67 al. 1              

et 2 OAOF) et par la communication (art. 34 LP) de l'avis spécial (art. 249          

al. 3 LP ; art. 68 OAOF) aux intervenants dont la production a été écartée en tout 

ou partie ou qui n'a pas été admise au rang ou dans la classe auxquels ils 

prétendaient ; cet avis spécial doit mentionner les motifs du rejet (Pierre-Robert 

Gilliéron, op. cit. ad art. 245 n° 5). 

1.d. En l'espèce, il ressort du courrier du 21 septembre 2010, objet de la plainte, que 

l'Office informe les plaignants qu'il tirera les conséquences du défaut de 

production des pièces justificatives dans le délai imparti, le moment venu, en 

application de l'art. 59 al. 1 OAOF, lequel prévoit que lorsqu'une production n'est 

pas suffisamment justifiée, l'administration peut l'écarter ou fixer au créancier un 

délai pour présenter d'autres moyens de preuve. 

 Il s'ensuit que l'Office n'a pas pris de décision au sens de la doctrine et de la 

jurisprudence rappelées ci-dessus.  

1.e. Cela étant, suite au recours en matière civile exercé par les plaignants contre 

l'ordonnance de la Commission de céans rendue le 23 août 2010 dans la cause 

A/2793/2010 et refusant l'effet suspensif à la plainte, la Présidente de la Cour de 

droit civil a, par ordonnance superprovisoire du 3 septembre 2010, dit que 

"jusqu'à décision sur la requête d'effet suspensif aucune mesure d'exécution ne 

pourra être prise". Or, à teneur de leur recours, les plaignants alléguaient que tant 

et aussi longtemps que M. J______ et M. Z______, dont ils demandaient la 

récusation, traiteraient de la faillite de R______ SA, ils causeraient un dommage 

irréparable.  

 Aussi, en interdisant toute mesure d'exécution, il faut comprendre que la 

Présidente de la Cour de droit civil entendait que les deux collaborateurs de 

l'Office susmentionnés devaient s'abstenir de traiter le dossier de cette faillite. 

Dans son ordonnance du 21 septembre 2010 - que l'Office, respectivement,        

M. Z______ n'ont pu recevoir que le lendemain - dite Présidente confirme 

d'ailleurs l'ordonnance superprovisoire et accorde l'effet suspensif "en ce sens que 

les employés visés par la demande de récusation doivent, durant la procédure de 

recours fédérale, s'abstenir de traiter le dossier de la faillite de R______ SA".  

1.f. Il ressort toutefois de l'instruction de la cause que Mme V______, chargée de 

faillite, a repris le dossier considéré, ce dont elle a informé les plaignants par 

courrier du 28 octobre 2010, et qu'elle leur a imparti un nouveau délai au              

8 novembre 2010 pour produire leurs moyens de preuve. 

 

 - 6 - 

2. Dans la mesure de sa recevabilité, la présente plainte est donc devenue sans objet. 

 La cause A/3371/2010 sera rayée du rôle. 

3. Conformément aux art. 20a al. 2 ch. 5 LP, 61 al. 2 let. a et 62 al. 2 OELP, il n'est 

pas perçu d'émolument de justice, ni alloué des dépens.  

 

 

 

*  *  *  *  *  

 

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P A R   C E S   M O T I F S ,  

L A   C O M M I S S I O N   D E   S U R V E I L L A N C E    

S I É G E A N T   E N   S E C T I O N   :  

 

1. Constate que, dans la mesure de sa recevabilité, la plainte formée le 4 octobre 2010 

par S______ Sàrl Sàrl et M. S______ dans le cadre de la faillite de R______ SA est 

devenue sans objet. 

2. Raye la cause A/3371/2010 du rôle. 

3. Déboute les plaignants de toutes autres conclusions. 

 

 

Siégeant : Mme Ariane WEYENETH, présidente ; MM. Olivier WEHRLI et                 
Denis MATHEY, juges assesseurs.  

 

 

Au nom de la Commission de surveillance : 

 

Véronique PISCETTA      Ariane WEYENETH 

           Greffière :                         Présidente : 

 

 

 

 

 

La présente décision est communiquée par courrier A à l’Office concerné et par courrier 

recommandé aux autres parties par la greffière le