# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b650043c-3154-5d54-bfcd-b92727cc0c49
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2026-01-13
**Language:** fr
**Title:** 8C_348/2025 13.01.2026
**Docket/Reference:** 8C_348/2025
**URL:** https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&type=show_document&highlight_docid=aza%3A%2F%2F13-01-2026-8C_348-2025&print=yes&zoom=

## Full Text

Bundesgericht
Tribunal fdral
Tribunale federale
Tribunal federal
8C_348/2025
Arrt du 13 janvier 2026
IVe Cour de droit public
Composition
Mmes et M. les Juges fdraux Viscione, Prsidente,
Scherrer Reber et Mtral.
Greffire : Mme Barman Ionta.
Participants la procdure
Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA), Division juridique, Fluhmattstrasse 1, 6002 Lucerne,
recourante,
contre
A.________,
reprsent par Me Christine Raptis, avocate,
intim.
Objet
Assurance-accidents (lien de causalit; traumatisme cranio-crbral),
recours contre l'arrt du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 8 mai 2025 (AA 149/22 - 63/2025).
Faits :
A.
A.a. A.________, n en 1963, a t victime d'un accident le 9 fvrier 2016. Alors qu'il marchait dans la rue, il a reu dans le dos un fauteuil de terrasse emport par le vent depuis le balcon d'un tage suprieur. Ressentant des douleurs la nuque et au dos, il s'est rendu le surlendemain au Centre mdical B.________, o le diagnostic de contusion dorsale a t pos. Lors de la consultation du 23 fvrier 2016, les mdecins ont diagnostiqu des cervicalgies post-traumatiques avec vertiges et acouphne droite, probablement dans un contexte de trauma crnien, avec un diagnostic diffrentiel de lsion de l'oreille interne droite sur traumatisme. Un angioscanner cervico-crbral n'a montr ni hmorragie, ni dissection, ni fracture cervicale, ni fracture du rocher. l'poque de l'accident, le prnomm tait inscrit au chmage et, ce titre, assur obligatoirement contre le risque d'accidents auprs de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA), laquelle a pris en charge le cas.
A.b. Le 22 juillet 2016, l'assur a chut dans un escalier aprs avoir gliss sur le sol mouill. Le diagnostic de commotion crbrale avec contractures musculaires a t pos l'issue de la consultation du 25 juillet 2016 et, ultrieurement, celui de lsion du long chef du biceps de l'paule droite. Des examens neurologiques (notamment imagerie par rsonance magntique [IRM] crbrale) et neuropsychologiques ont t raliss par la suite. L'assur a sjourn la Clinique romande de radaptation (CRR) du 30 mai au 30 juin 2017, en vue d'une radaptation neurologique multidisciplinaire pour troubles cognitifs, de l'quilibre et de l'paule droite. Ensuite d'avis mdicaux divergents (exprims par le docteur C.________, d'une part, et la docteure D.________, mdecin d'assurance, d'autre part, tous deux spcialistes en oto-rhino-laryngologie), la CNA a confi une expertise otoneurologique au docteur E.________, spcialiste en oto-rhino-laryngologie. Dans son rapport du 1
er avril 2019, ce dernier a pos les diagnostics de status aprs traumatisme cranio-cervico-dorsal le 9 fvrier 2016, status aprs traumatisme cranio-crbral lger le 22 juillet 2016, troubles neurocognitifs persistants aprs traumatisme crnien avec vertiges chroniques svres d'origine fonctionnelle (Persistent Postural Perceptual Dizziness [PPPD]), ainsi que les diagnostics secondaires, asymptomatiques et de dcouverte fortuite, de minime dhiscence du canal semi-circulaire suprieur gauche et de probable hydrops endolymphatique gauche modr, stable. Selon le docteur E.________, la symptomatologie chronique multifocale invalidante prsente par l'assur depuis l'accident de fvrier 2016 (incluant notamment vertiges, acouphne, troubles de la mmoire et de la concentration) tait connue comme squelle possible d'un traumatisme crnien, mme mineur. Une rducation vestibulaire tait prconise. Sur demande de la docteure D.________, selon laquelle le trouble PPPD devait tre considr comme un trouble de somatisation, l'assur a t examin en juin 2019 par le docteur F.________, spcialiste en psychiatrie et psychothrapie, mdecin d'assurance de la CNA. Ce dernier a diagnostiqu un "autre trouble somatoforme" (F45.8) qui correspondait, du point de vue oto-rhino-laryngologique, au diagnostic de trouble fonctionnel chronique dans le sens du PPPD, pos par le docteur E.________. Un lien de causalit naturelle pour le moins probable tait reconnu entre les deux accidents cumuls de 2016 et le trouble psychique. Ds 2020, l'assur a dclar la CNA plusieurs chutes qu'il liait son syndrome vertigineux.
A.c. Se fondant sur l'expertise du docteur E.________, la CNA a rendu le 31 mars 2022 une dcision par laquelle elle a mis un terme au versement des prestations avec effet au 28 fvrier 2022, au motif qu'il n'y avait plus de lien de causalit entre les troubles de l'assur et les accidents de 2016. Cette dcision a t confirme sur opposition le 18 novembre 2022.
B.
A.________ a dfr la dcision sur opposition du 18 novembre 2022 la Cour des assurances sociales du Tribunal cantonal vaudois. Le dossier de l'assurance-invalidit a t produit, comprenant notamment une expertise pluridisciplinaire d'Unisant du 4 dcembre 2024. Par arrt du 8 mai 2025, la cour cantonale a admis le recours, annul la dcision du 18 novembre 2022 et renvoy la cause la CNA pour instruction complmentaire puis nouvelle dcision au sens des considrants.
C.
La CNA interjette un recours en matire de droit public contre cet arrt, en concluant sa rforme dans le sens de la confirmation de sa dcision sur opposition du 18 novembre 2022.
L'intim conclut au rejet du recours, ou son irrecevabilit. La cour cantonale et l'Office fdral de la sant publique ont renonc se dterminer.
Considrant en droit :
1.
1.1. Le recours en matire de droit public (art. 82 ss LTF) est recevable contre les dcisions finales, soit celles qui mettent fin la procdure (art. 90 LTF), et contre les dcisions partielles vises l'art. 91 LTF. Sous rserve des hypothses vises l'art. 92 LTF, il n'est recevable contre les dcisions prjudicielles et incidentes que si celles-ci peuvent causer un prjudice irrparable (art. 93 al. 1 let. a LTF) ou si l'admission du recours peut conduire immdiatement une dcision finale qui permet d'viter une procdure probatoire longue et coteuse (art. 93 al. 1 let. b LTF).
1.2. En l'espce, en tant qu'il renvoie la cause la recourante pour qu'elle procde l'examen du droit aux prestations au-del du 28 fvrier 2022 - considrant la persistance de symptmes typiques d'un traumatisme cranio-crbral en lien de causalit naturelle et adquate avec les accidents de 2016 - puis rende une nouvelle dcision, l'arrt entrepris constitue une dcision incidente car elle ne met pas fin la procdure (ATF 140 V 282 consid. 2; 138 I 143 consid. 1.2). Ds lors que l'arrt cantonal contient une injonction d'ordre matriel, le renvoi de la cause la recourante est susceptible de lui causer un prjudice irrparable au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (ATF 140 V 282 consid. 4.2; arrt 8C_611/2022 du 14 avril 2023 consid. 1.2). La voie du recours en matire de droit public contre l'arrt du 8 mai 2025 est donc ouverte.
1.3. Pour le surplus, le recours est dirig contre un arrt rendu en matire de droit public (art. 82 ss LTF) par une autorit cantonale de dernire instance (art. 86 al. 1 let. d LTF). Il a t dpos dans le dlai (art. 100 LTF) et la forme (art. 42 LTF) prvus par la loi. Il est donc recevable.
2.
Le litige porte sur le droit de l'intim des prestations de l'assurance-accidents au-del du 28 fvrier 2022 pour les suites des accidents des 9 fvrier et 22 juillet 2016.
La procdure portant sur l'octroi ou le refus de prestations en espces de l'assurance-accidents, le Tribunal fdral n'est pas li par les faits tablis par la juridiction prcdente (art. 97 al. 2 et art. 105 al. 3 LTF ).
3.
3.1. Selon l'art. 6 al. 1 LAA, les prestations d'assurance sont alloues en cas d'accident professionnel, d'accident non professionnel et de maladie professionnelle. Pour l'ouverture et le maintien du droit aux prestations, il doit exister un rapport de causalit naturelle et adquate entre l'vnement assur, d'une part, et les atteintes la sant en raison desquelles l'assur demande des prestations, d'autre part. Si la causalit adquate concide pratiquement avec la causalit naturelle en prsence d'une atteinte la sant physique (ATF 127 V 102 consid. 5b/bb), la jurisprudence soumet cet examen des rgles particulires en cas d'atteinte la sant sans dficit organique objectivable. Selon la jurisprudence, sont considrs comme objectivables les rsultats de l'investigation mdicale susceptibles d'tre confirms en cas de rptition de l'examen, lorsqu'ils sont indpendants de la personne de l'examinateur ainsi que des indications donnes par le patient (ATF 138 V 248 consid. 5.1; SVR 2020 UV 25 p. 101 et les rfrences).
3.2. Lorsque des symptmes conscutifs un accident ne sont pas objectivables du point de vue organique, il y a lieu d'examiner le caractre adquat du lien de causalit en se fondant sur le droulement de l'vnement accidentel, compte tenu, selon les circonstances, de certains critres en relation avec cet vnement (ATF 134 V 109 consid. 2.1; 117 V 359 consid. 6, 369 consid. 4; 115 V 133 consid. 6, 403 consid. 5). En prsence de troubles psychiques apparus aprs un accident, on examine les critres de la causalit adquate en excluant les aspects psychiques (ATF 140 V 356 consid. 3.2; 134 V 109 consid. 2.1; 115 V 133 consid. 6c/aa, 403 consid. 5c/aa). En cas de traumatisme de type "coup du lapin" la colonne cervicale, de traumatisme analogue ou de traumatisme cranio-crbral sans preuve d'un dficit fonctionnel organique, l'examen se fait en revanche sur la base de critres particuliers n'oprant pas de distinction entre les lments physiques et psychiques des atteintes, lorsque les symptmes attribuables de manire crdible au tableau clinique typique (maux de tte diffus, vertiges, troubles de la concentration et de la mmoire, nauses, fatigabilit, troubles de la vue, irritabilit, dpression, modification du caractre, etc.) se trouvent au premier plan (ATF 134 V 109 consid. 10.3; 117 V 359 consid. 6a).
3.3. Le Tribunal fdral a toutefois prcis qu'en cas de traumatisme cranio-crbral, un certain degr de svrit de l'atteinte sous forme d'une contusio cerebri est ncessaire pour justifier l'application de la jurisprudence en cas de traumatisme de type "coup du lapin" la colonne cervicale, de traumatisme analogue ou de traumatisme cranio-crbral. En revanche, en prsence d'un traumatisme cranio-crbral lger, l'examen d'un lien de causalit adquate s'effectue en application de la jurisprudence en matire de troubles psychiques conscutifs un accident (arrt 8C_565/2022 du 23 mai 2023 consid. 3.2.3 et les rfrences). Ainsi, un traumatisme cranio-crbral qui atteint au maximum le degr de svrit d'une commotio cerebri - sans tre la limite d'une contusio cerebri - ne suffit en principe pas pour l'examen de la causalit adquate la lumire de la jurisprudence dveloppe en cas de traumatisme de type "coup du lapin" la colonne cervicale, de traumatisme analogue ou de traumatisme cranio-crbral. Une contusio cerebri est une violence focale exerce sur le tissu crbral, accompagne de petites hmorragies parenchymateuses ou d'un oedme local. Une commotio cerebri est un tat de dysfonctionnement neurologique temporaire et rapidement rversible accompagn d'une perte de conscience de courte dure peu aprs l'atteinte et, souvent, d'une amnsie concomitante l'atteinte et/ou antrieure l'atteinte, mais sans anomalies neurologiques (arrt 8C_44/2017 du 19 avril 2017 consid. 4.1 et les rfrences). Pour dterminer si un traumatisme crnien relve tout au plus d'une commotio cerebri, il y a lieu de se fonder sur les constatations initialement mises par les mdecins sur les plans clinique, d'imagerie et diagnostique (arrt 8C_596/2022 du 11 janvier 2023 consid. 4.3.2; cf. galement arrt 8C_651/2024 du 27 mars 2025 consid. 5.3).
4.
4.1. La cour cantonale a d'abord constat que l'accident du 22 juillet 2016 ne laissait pas subsister de squelles invalidantes l'paule droite au 28 fvrier 2022. Elle a ensuite examin si les plaintes voques par l'intim (principalement les vertiges et troubles de l'quilibre) avaient une cause organique. Se fondant sur les avis mdicaux et les rsultats d'imagerie au dossier, elle a retenu que la dhiscence du canal semi-circulaire et l'hydrops endolymphatique n'taient pas l'origine des troubles vestibulaires prsents par l'intim et que l'examen otoneurologique n'avait pas mis en vidence de pathologie vestibulaire organique squellaire des deux accidents survenus en 2016. Pour autant, le docteur E.________ ne niait pas l'existence des vertiges et troubles de l'quilibre, qu'il rattachait au traumatisme crnien dont avait t victime l'intim, et indiquait que la symptomatologie chronique multifocale invalidante prsente depuis l'accident du 9 fvrier 2019 tait connue comme une squelle possible d'un traumatisme crnien, mme mineur. En tant que le docteur G.________, spcialiste en neurologie et ancien mdecin au Centre de comptence de la CNA, et dans une certaine mesure la docteure D.________ remettaient en question l'existence d'un traumatisme cranio-crbral - eu gard aux dclarations de sinistre et l'absence d'lments cliniques et radiologiques objectifs -, ils ne pouvaient tre suivis. Selon les premiers juges, la docteure H.________, spcialiste en neurologie, de mme que les mdecins de la CRR et le docteur E.________ avaient pos un tel diagnostic, en reconnaissant l'absence de lsion mise en vidence l'imagerie. Il convenait ainsi d'admettre que l'intim avait effectivement subi un traumatisme crnien, du moins lors de l'accident du 22 juillet 2016, et que l'accident du 9 fvrier 2016 avait impact sa colonne cervicale.
Pour le surplus, la cour cantonale a constat la prsence d'un tableau clinique typique (douleurs au rachis dans les 24 72 heures aprs l'accident, maux de ttes, vertiges, troubles cognitifs), justifiant de reconnatre l'existence, tout le moins initialement, d'un lien de causalit naturelle entre l'ensemble de ces troubles et les accidents subis. Cela tant, les vertiges et troubles de l'quilibre taient toujours en lien avec le traumatisme crnien (cf. docteur E.________). Il en allait de mme des troubles neuropsychologiques (cf. rapport de la CRR et expertise d'Unisant). Les douleurs cervicales n'taient plus en lien de causalit avec les accidents de 2016, mais rsultaient de troubles dgnratifs mis en vidence par le bilan radiologique. L'intim se plaignait galement d'acouphnes, sans qu'aucune cause objective n'ait pu tre mise en vidence pour expliquer ce trouble. Enfin, le trouble de somatisation prsentait un lien de causalit naturelle pour le moins probable avec les deux accidents de 2016 (cf. docteur F.________).
4.2. Considrant que les troubles prsents par l'intim ressortaient principalement des atteintes typiques en cas de traumatisme cranio-crbral ou la colonne cervicale, la cour cantonale a examin l'existence d'un lien de causalit adquate au regard des principes poss par la jurisprudence pour les cas de traumatisme de type "coup du lapin", de traumatisme analogue ou de traumatisme cranio-crbral. Elle a class l'accident du 9 fvrier 2016 dans la catgorie des accidents de gravit moyenne et celui du 22 juillet 2016 dans celle des accidents de gravit moyenne la limite des accidents de peu de gravit. Procdant l'examen des diffrents critres dterminants, elle a considr que celui de l'intensit des douleurs tait rempli de manire particulirement marque, ce qui justifiait l'admission du lien de causalit adquate. Les juges cantonaux ont retenu que l'intim avait souffert d'importantes douleurs surtout dans les suites de l'accident du 22 juillet 2016, qu'il avait souffert de troubles cognitifs, influencs par les douleurs et les vertiges, avec des implications non ngligeables sur ses aptitudes, et qu'il avait aussi prsent des vertiges ds le premier accident, lesquels s'taient dvelopps l'arrt du traitement analgsique. Les vertiges persvraient avec une intensit constante, entranaient rgulirement des chutes notamment depuis 2020 et avaient une influence considrable dans sa vie quotidienne. Pour le surplus, la question de savoir si le critre de la gravit ou la nature particulire des lsions tait rempli pouvait demeurer indcise et les autres critres jurisprudentiels n'apparaissaient pas raliss.
Les premiers juges ont ainsi admis l'existence d'un lien de causalit naturelle et adquate entre les accidents de 2016 et les troubles persistants au-del du 28 fvrier 2022. Ces troubles devaient encore faire l'objet d'une instruction complmentaire afin que la recourante se prononce sur l'ventuel droit de l'intim une rente d'invalidit et une indemnit pour atteinte l'intgrit.
5.
La recourante reproche la cour cantonale d'avoir examin l'existence d'un lien de causalit adquate l'aune des critres applicables en prsence d'un traumatisme de type "coup du lapin" la colonne cervicale, d'un traumatisme analogue ou d'un traumatisme cranio-crbral, en retenant simplement que l'intim s'tait plaint initialement de symptmes attribuables au tableau clinique typique de tels traumatismes. En substance, elle soutient que plusieurs rapports mdicaux au dossier feraient tat d'un traumatisme cranio-crbral lger, ce qui justifierait l'examen de la causalit adquate l'aune des critres jurisprudentiels applicables en cas d'affection psychique additionnelle une atteinte la sant physique. Pour le surplus, elle conteste la ralisation du critre de l'intensit des douleurs tel que retenu par la cour cantonale. Elle estime que l'apprciation des premiers juges procde d'une confusion entre "douleurs physiques persistantes" et "troubles", voire d'une extension abusive de ce critre tous les troubles prsents par l'intim, non uniquement aux douleurs physiques. En outre, les juges cantonaux n'auraient pas procd l'examen de la crdibilit des douleurs comme le prvoirait la jurisprudence. La recourante fait ainsi valoir qu'aucun des critres dterminants ne serait runi dans le cas particulier, si bien que la cour cantonale aurait d nier l'existence d'un lien de causalit adquate.
6.
6.1. Les premiers juges ont constat juste titre que l'intim avait, au degr de la vraisemblance prpondrante, subi un traumatisme cranio-crbral ou un traumatisme analogue lors des accidents de 2016. Le docteur E.________ posait les diagnostics de traumatisme cranio-cervico-dorsal survenu le 9 fvrier 2016 et de traumatisme cranio-crbral lger (ou mineur) le 22 juillet 2016. Selon les explications concluantes de l'expert, il n'y avait pas de pathologie vestibulaire organique squellaire des deux accidents. Son apprciation rejoint celle de la docteure D.________, mise le 9 fvrier 2018, qui concluait l'absence de traumatisme cranio-crbral grave et de lsion structurelle organique telle qu'une hmorragie crbrale ou une fracture du rocher. Antrieurement, la docteure H.________ faisait mention d'un traumatisme rachidien cervico-dorso-lombaire en fvrier 2016, sans perte de connaissance ni lsion traumatique visualise l'imagerie, et d'un traumatisme cranio-crbral en juillet 2016, ayant engendr une perte de connaissance de quelques minutes probablement (sic), avec un syndrome post-commotionnel svre (rapport du 6 mars 2017). Les mdecins de la CRR concluaient un traumatisme cranio-cervical lger et l'absence de lsion crbrale (rapport de sortie du 10 juillet 2017). Le docteur C.________ faisait galement rfrence un traumatisme "assez lger" qui pouvait tre l'origine des symptmes (courriers des 27 mars et 15 mai 2018). On rappellera enfin que selon les valuations initiales du Centre mdical B.________ - consult deux jours respectivement trois jours des accidents -, l'intim avait rapport une brve perte de connaissance lors de l'vnement de juillet 2016, pour lequel le diagnostic de commotion crbrale avait t pos.
6.2. Au regard des rsultats cliniques, imageries et conclusions diagnostiques, on doit admettre avec la recourante que l'intim a prsent un traumatisme cranio-crbral lger, tout le moins lors de l'vnement du 22 juillet 2016. Il se justifiait ainsi d'examiner l'existence du lien de causalit adquate l'aune des critres applicables en cas de troubles psychiques et non pas de ceux dvelopps pour les cas de traumatisme de type "coup du lapin" la colonne cervicale, de traumatisme analogue ou de traumatisme cranio-crbral (cf. consid. 3.3 supra).
Cela tant, l'intim a subi un traumatisme la colonne cervicale le 9 fvrier 2016. La question de savoir si, en prsence d'un tel traumatisme, mme mineur, il y a galement lieu d'appliquer les critres objectifs dvelopps par la jurisprudence en cas de troubles psychiques conscutifs un accident peut demeurer ouverte. En effet, l'examen sur la base des critres dvelopps pour les cas de traumatisme de type "coup du lapin" la colonne cervicale, qui constituent la variante jurisprudentielle gnralement la plus favorable aux assurs (arrt 8C_21/2021 du 11 mars 2022 consid. 6.2.2 et les rfrences), conduit, s'agissant des deux accidents de 2016, la ngation du lien de causalit adquate, comme on le verra ci-aprs.
7.
7.1. Selon la jurisprudence, lorsqu' la suite de deux ou plusieurs accidents apparaissent des troubles psychiques, l'existence d'un lien de causalit adquate doit en principe tre examine en regard de chaque accident considr sparment. Cette rgle s'applique en particulier dans les cas o les accidents ont port sur diffrentes parties du corps et ont occasionn des atteintes diverses. Le Tribunal fdral a jug que le principe d'un examen spar de la causalit adquate vaut galement dans les cas o la personne assure a subi plus d'un accident ayant entran un traumatisme du type "coup du lapin" ou un traumatisme analogue. Il n'a cependant pas cart qu'il soit tenu compte de la survenance d'atteintes successives une mme partie du corps dans l'examen des critres jurisprudentiels lorsque les consquences des diffrents vnements ne peuvent pas tre distingues les unes des autres sur le plan des symptmes douloureux et/ou de l'incapacit de travail. Cette circonstance est considrer dans le cadre de l'apprciation des critres de la gravit et la nature des lsions, du degr et de la dure de l'incapacit de travail, respectivement du traitement mdical. En effet, il ne s'agit pas d'additionner les faits mais de procder une apprciation globale des circonstances seulement si la nature du critre considrer le permet. Aussi le critre des circonstances particulirement dramatiques ou impressionnantes entourant l'vnement accidentel doit-il, comme ce critre l'indique, tre examin sparment pour chaque accident et ne saurait tre admis du seul fait que le recourant a t victime de deux accidents successifs dans un intervalle de temps rapproch (arrt 8C_810/2019 du 7 septembre 2020 consid. 5.2).
7.2. l'instar de la recourante, les juges cantonaux ont qualifi l'vnement du 9 fvrier 2016 d'accident de gravit moyenne et celui du 22 juillet 2016 d'accident de gravit moyenne la limite des accidents de peu gravit, apprciation qui peut tre confirme. Dans ces ventualits, il faut un cumul de trois respectivement quatre critres sur les sept dgags par la jurisprudence, ou que l'un des critres se soit manifest de manire particulirement marquante pour admettre le lien de causalit adquate. La recourante considre qu'aucun des sept critres n'est rempli en l'espce.
7.2.1. En l'occurrence, d'un point de vue objectif, on ne saurait confrer un caractre particulirement dramatique ou impressionnant aux deux accidents dont l'intim a t victime. Ce critre se rapporte au droulement de l'accident et non pas ses consquences, lesquelles sont prises en considration par le biais des autres critres. Ce critre, examin sparment pour chaque accident, ne saurait tre admis, comme l'ont retenu les juges cantonaux.
7.2.2. Le diagnostic de traumatisme de type "coup du lapin" la colonne cervicale, de traumatisme analogue ou de traumatisme cranio-crbral ne suffit pas, en soi, pour conclure la ralisation du critre de la gravit ou la nature particulire des lsions. Il faut encore que les douleurs caractristiques d'une atteinte de ce type soient particulirement graves ou qu'il existe des circonstances spcifiques qui influencent le tableau clinique (ATF 134 V 109 consid. 10.2.2). Les juges cantonaux ont laiss indcis le point de savoir si ce critre tait satisfait, ds lors que le critre de l'intensit des douleurs tait suffisamment prgnant pour qu'un lien de causalit adquate puisse tre retenu.
7.2.3. En ce qui concerne le critre de l'intensit des douleurs (erhebliche Beschwerden), seuls les troubles importants qui persistent sans interruption notable entre l'accident et la clture du cas au sens de l'art. 19 al. 1 LAA sont prendre en considration. L'intensit est value au regard de la crdibilit des douleurs et de la gne que la personne assure subit dans la vie quotidienne en raison de ces troubles (ATF 134 V 109 consid. 10.2.4; arrt 8C_41/2024 du 5 aot 2025 consid. 10.8.1). En l'espce, la cour cantonale a apprci les douleurs, les troubles de l'intim et leurs consquences sur sa vie quotidienne en se rfrant essentiellement au rapport du docteur F.________ du 28 juin 2019.
S'il est vrai que l'intim s'est plaint d'importants troubles cognitifs et de l'quilibre depuis l'accident du 9 fvrier 2016, force est de constater que le caractre intense et persistant - sans interruption notable - de ces troubles doit tre relativis. Selon les observations faites lors du sjour d'un mois la CRR (du 30 mai au 30 juin 2017), et en regard du bilan neuropsychologique d'avril 2017, il tait not une volution favorable du tableau clinique avec l'amlioration des performances aux tests de mmoire, une amlioration des performances excutives et une normalisation des performances attentionnelles. Si les rsultats correspondaient au domaine des plaintes de l'intim, ses performances svrement dficitaires contrastaient toutefois avec les bonnes capacits observes au quotidien. Par ailleurs, selon le "Rapport vertiges et instabilits" du 12 juin 2017, l'intim dcrivait des vertiges lors du changement d'environnement sombre clair, une sensation de tangage lors de la marche et un mal des transports avec nauses (train et bus). S'agissant de l'impact sur les activits quotidiennes, il expliquait qu'il n'osait plus trop (sic) prendre les transports publics, n'osait plus conduire et avait des difficults traverser la route. Ce n'est qu' compter de l'expertise du docteur E.________ en avril 2019 que l'intim a voqu une aggravation par des stimulations comme les mouvements de foule. Par ailleurs, il n'y a pas d'important retrait social depuis les accidents de 2016. Selon les pices au dossier, en 2017 et 2018 notamment, l'intim s'est rendu chez des amis U.________ (en juillet 2018, il tait descendu en plaine pour suivre la finale de football chez des amis franais avant de remonter U.________, cf. courriel du 15 juillet 2018). Il a galement effectu plusieurs sjours l'tranger, en avion (janvier 2018, aot 2018, janvier 2019). En tant que les premiers juges ont fait tat d'importantes douleurs, surtout dans les suites de l'accident du 22 juillet 2016, qui ont justifi un traitement antalgique base de morphine, force est de souligner que la prise de morphine s'est faite en raison de l'atteinte l'paule droite et n'a dur que quelques mois. Lors de l'expertise du docteur E.________, il n'tait fait mention d'aucun antalgique (uniquement Allopur et Valriane). S'agissant encore de la description du droulement des vertiges telle que rapporte par l'intim au docteur F.________ (sensation de vertiges, puis nauses souvent avec vomissements, puis l'estomac nou et souvent crise de diarrhe immdiate), on ne retrouve pas antrieurement une telle description, seul le symptme de nauses tant rapport.
Il s'ensuit que si le critre de l'intensit des plaintes peut tre admis en rapport avec les vertiges, on ne saurait retenir que ce critre s'est manifest d'une manire particulirement marquante.
7.2.4. Pour le surplus, il n'apparat pas que les critres relatifs l'administration prolonge d'un traitement mdical spcifique et pnible, aux erreurs dans le traitement mdical entranant une aggravation notable des squelles de l'accident et celui relatif aux difficults apparues au cours de la gurison et complications importantes soient remplis, ce que la juridiction cantonale a du reste constat. Elle a galement considr que le critre de l'importance de l'incapacit de travail n'apparaissait pas ralis, ds lors qu'il ne ressortait pas du dossier que l'intim ait dploy des efforts en vue de reprendre une activit. En fin de compte, mme en confirmant les critres de l'intensit des douleurs et celui de la gravit ou la nature particulire des lsions retenus par les premiers juges, sans toutefois que l'un ou l'autre ne se soit manifest de faon particulirement marquante au sens de la jurisprudence, ces deux critres ne suffisent pas eux seuls admettre le lien de causalit adquate.
7.3. Il s'ensuit que le recours, bien fond, doit tre admis, avec pour consquences l'annulation de l'arrt cantonal et la confirmation de la dcision sur opposition du 18 novembre 2022.
8.
Vu l'issue de la procdure, les frais judiciaires doivent tre mis la charge de l'intim (art. 66 al. 1 LTF). Bien qu'elle obtienne gain de cause, la recourante n'a pas droit des dpens (art. 68 al. 3 LTF).
Par ces motifs, le Tribunal fdral prononce :
1.
Le recours est admis. L'arrt du Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour des assurances sociales, du 8 mai 2025 est annul et la dcision sur opposition de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA) du 18 novembre 2022 confirme.
2.
Les frais judiciaires, arrts 800 fr., sont mis la charge de l'intim.
3.
Le prsent arrt est communiqu aux parties, au Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour des assurances sociales, et l'Office fdral de la sant publique.
Lucerne, le 13 janvier 2026
Au nom de la IVe Cour de droit public
du Tribunal fdral suisse
La Prsidente : Viscione
La Greffire : Barman Ionta