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**Case Identifier:** c676a8ba-5bf7-5fe9-a085-f54bda563d88
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2019-06-03
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des baux et loyers 03.06.2019 C/28322/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_004_C-28322-2018_2019-06-03.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 04.06.2019. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/28322/2018 ACJC/816/2019 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des baux et loyers 

DU LUNDI 3 JUIN 2019 

Entre 

Madame A______, domiciliée route ______, ______ Genève, appelante et recourante 
d'un jugement rendu par le Tribunal des baux et loyers le 15 avril 2019, comparant par 

Me Simon NTAH, avocat, place de Longemalle 1, 1204 Genève, en l'étude duquel elle 

fait élection de domicile,  

et 

FONDATION B______, sise ______,  ______ Genève, intimée, représentée par Régie 
C______ SA, avenue ______, ______ (GE), en les bureaux de laquelle elle fait élection 

de domicile. 

 

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C/28322/2018 

Vu, EN FAIT, le contrat de bail conclu par les parties, portant sur la location d'un 
appartement de 5 pièces au 1er étage de l'immeuble sis route 1______, à Genève; 

Attendu que le loyer, charges comprises, a été fixé en dernier lieu à 2'227 fr. par mois; 

Que, par avis comminatoire du 13 août 2018, la bailleresse a mis en demeure la 

locataire de lui régler, dans les 30 jours, la somme de 3'247 fr., à titre d'arriéré de loyer 

et de charges pour les mois de mai à août 2018, sous menace de résiliation du bail; 

Que ce pli n'a pas été retiré par la locataire à la Poste dans le délai de garde; 

Que, considérant que le montant réclamé n'avait pas été payé dans le délai fixé, la 

bailleresse a, par avis officiel du 3 octobre 2018, résilié le bail pour le 30 novembre 

2018; 

Que les locaux n'ont pas été restitués par la locataire; 

Que, par requête adressée le 6 décembre 2018 au Tribunal des baux et loyers, la 

bailleresse a requis l'évacuation de la locataire, demande assortie de mesures 

d'exécution directes du jugement d'évacuation, par la procédure de protection de cas 

clair; 

Qu'à l'audience du Tribunal du 4 mars 2019, la bailleresse a déclaré qu'un paiement était 

intervenu le 8 août 2018; que le solde de la dette s'élevait à 1'926 fr. 10; 

Que la locataire a exposé avoir dû précipitamment quitter son logement au mois d'août 

2018, en raison de la présence de punaises de lit dans son logement, ce que la bailleresse 

devait savoir; que la mise en demeure ne l'avait pas atteinte; 

Qu'à l'audience du Tribunal du 15 avril 2019, la bailleresse a déclaré que la dette avait 

été réglée; qu'elle a maintenu sa proposition d'accorder un délai de départ au 30 juin 

2020 à la locataire; 

Que cette dernière a refusé dite proposition et fait valoir que le cas n'était pas clair; 

Que la cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience;  

Que, par jugement JTBL/441/2019 rendu le 15 avril 2019, expédié pour notification aux 

parties le 16 mai 2019, le Tribunal des baux et loyers a condamné la locataire à évacuer 

immédiatement de sa personne et de ses biens et de toute autre personne faisant ménage 

commun avec elle l'appartement en cause (ch. 1 du dispositif), a autorisé la bailleresse à 

requérir l'évacuation de la locataire par la force publique dès le 30ème jour après l'entrée 

en force du jugement (ch. 2), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 3) et 

a dit que la procédure était gratuite (ch. 4); 

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C/28322/2018 

Vu l'appel, subsidiairement le recours, formés le 27 mai 2019 par la locataire contre ce 

jugement; 

Attendu qu'elle a conclu à l'annulation de cette décision et à ce que la Cour constate que 

le cas n'était pas clair et l'irrecevabilité de la requête en évacuation; que, 

subsidiairement, elle a sollicité l'octroi d'un sursis de six mois à l'évacuation; 

Qu'elle a également, préalablement, conclu à l'octroi de l'effet suspensif; 

Qu'interpellée, la bailleresse s'est par écritures du 29 mai 2019, opposée à la requête de 

suspension du caractère exécutoire du jugement en cause; 

Considérant, EN DROIT, que la voie de l'appel est ouverte contre le prononcé de 
l'évacuation, pour autant que la valeur litigieuse soit supérieure à 10'000 fr. (art. 308 

al. 2 CPC; 

Qu'elle l'est également si la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de 

10'000 fr. au moins (art. 308 al. 2 CPC); 

Que selon la jurisprudence constante du Tribunal fédéral, les contestations portant sur 

l'usage d'une chose louée sont de nature pécuniaire (arrêts du Tribunal fédéral 

4A_388/2016 du 15 mars 2017 consid. 1; 4A_479/2013 du 20 novembre 2013 

consid. 1; 

Que, lorsque l'action ne porte pas sur le paiement d'une somme d'argent déterminée, le 

Tribunal détermine la valeur litigieuse si les parties n'arrivent pas à s'entendre sur ce 

point ou si la valeur qu'elles avancent est manifestement erronée (art. 91 al. 2 CPC); la 

détermination de la valeur litigieuse suit les mêmes règles que pour la procédure devant 

le Tribunal fédéral (RETORNAZ in : Procédure civile suisse, Les grands thèmes pour les 

praticiens, Neuchâtel, 2010, p. 363; SPÜHLER, Basler Kommentar, Schweizeriche 

Zivilprozessordnung, 2ème édition, 2013, n. 9 ad art. 308 CPC); 

Que l'art. 51 al. 2 LTF dispose que si les conclusions ne tendent pas au paiement d'une 

somme d'argent déterminée, le Tribunal fédéral fixe la valeur litigieuse selon son 

appréciation. Que la jurisprudence prévoit, s'agissant d'une procédure relative à une 

évacuation, dans laquelle la question de l'annulation, respectivement de la prolongation 

du bail ne se pose pas, que l'intérêt économique du bailleur peut être assimilé à la valeur 

que représente l'usage des locaux pendant la période où le déguerpissement du locataire 

ne peut pas être exécuté par la force publique (arrêt du Tribunal fédéral 4A_72/2007 du 

22 août 2007 consid. 2.2), soit pendant une durée que le Tribunal fédéral estime à 

six mois (ATF 144 II 346 consid. 1.2.1); 

Que la jurisprudence retient également que la valeur litigieuse correspond à la valeur 

que représente l'usage de l'appartement pendant la période durant laquelle le recourant 

pourrait encore l'occuper s'il obtenait gain de cause (arrêt du Tribunal fédéral 

4A_549/2008 du 19 janvier 2009 consid. 1); 

http://intrapj/perl/decis/4A_72/2007
https://intrapj/perl/decis/144%20II%20346

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C/28322/2018 

Que l'appel suspend la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision  

(art. 315 al. 1 CPC); 

Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la requête d'effet suspensif, 

vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet 

effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant 

en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour; 

Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation  

(cf. JEANDIN, in Code de procédure civile commenté, BOHNET/HALDY/JEANDIN/ 

SCHWEIZER, n. 4 ad art. 315 CPC); 

Que selon les principes généraux en matière d'effet suspensif, applicables également à 

l'exécution provisoire, le juge procèdera à une pesée des intérêts en présence et se 

demandera en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation 

irréversible; 

Considérant que la valeur litigieuse s'élève à 13'362 fr. (2'227 fr. x 6 mois); 

Que l'appelante remet en cause tant le prononcé de l'évacuation que les mesures 

d'exécution ordonnées par le Tribunal; 

Qu'en conséquence, la voie de l'appel est ouverte contre le prononcé de l'évacuation, la 

valeur litigieuse de 10'000 fr. étant atteinte; 

Que, déposé selon la forme requis et dans le délai légal (art. 130, 311 al. 1 et 314 

al. 1 CPC), l'appel est recevable; 

Que l'appel suspend les effets de la décision entreprise dans cette mesure; 

Qu'en revanche, seule la voie du recours est ouverte contre les mesures d'exécution 

(art. 309 let. a et 319 let. a CPC); 

Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant 

suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC); 

Que le recours est recevable (art. 321 al. 1 et 2 CPC); 

Que l'appel et le recours seront traités dans la même décision (art. 125 CPC); 

Que, dans la mesure où l'appel suspend les effets de la décision, cette suspension s'étend 

également aux mesures d'exécution; 

Qu'ainsi, la requête de restitution de l'effet suspensif est sans objet. 

* * * * * 

- 5/5 - 
 

C/28322/2018 

PAR CES MOTIFS, 

La Présidente de la Chambre des baux et loyers : 

Constate la suspension de la force jugée et le caractère exécutoire du jugement 

JTBL/441/2019 rendu le 15 avril 2019 par le Tribunal des baux et loyers dans la cause 

C/28322/2018-7-SE. 

Dit que la requête d'effet suspensif est sans objet. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Siégeant : 

Madame Nathalie LANDRY-BARTHE, présidente; Madame Maïté VALENTE, 

greffière. 

 

La présidente : 

Nathalie LANDRY-BARTHE 

 La greffière : 

Maïté VALENTE 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indications des voies de recours : 
 

La présente décision, incidente et de nature provisionnelle (137 III 475 consid. 1) est susceptible d'un 

recours en matière civile, les griefs pouvant être invoqués étant toutefois limités (art. 98 LTF), 

respectivement d'un recours constitutionnel subsidiaire (art. 113 à 119 et 90 ss LTF). Dans les deux cas, 

le recours motivé doit être formé dans les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète 

de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.