# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a25768b4-b0b8-568f-a691-b62fcb2d0cf2
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-08-27
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 27.08.2013 A/3448/2012
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-3448-2012_2013-08-27.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/3448/2012-TAXE ATA/556/2013  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 27 août 2013 

en section 

   dans la cause 

 

 

Monsieur A______ 
  

contre 

 

SERVICE DE LA TAXE D'EXEMPTION DE L'OBLIGATION DE SERVIR 
 

- 2/6 - 

A/3448/2012 

EN FAIT 

1.  Le 11 avril 2011, Monsieur A______ a obtenu de l’armée suisse un congé 
pour l’étranger d’une durée de deux à trois ans, lui permettant de continuer à 
travailler aux Etats-Unis en qualité de percussionniste au sein d’un groupe musical 
basé en Californie. Dans sa demande,  il avait précisé que son adresse de 
notification en Suisse se situait au ______, chemin S______ à Aïre. 

2.  Dans des courriers expédiés sous plis simples au ______, chemin S______, 
le service de la taxe d’exemption de l’obligation de servir (ci-après : STEO) 
dépendant de l’administration fiscale cantonale (ci-après : AFC) a successivement 
envoyé à M. A______, le 15 février 2012, une déclaration à retourner remplie huit 
semaines plus tard, spécifiant ses moyens d’existence en 2011, puis une 
sommation le 18 mai suivant, (dont il sera encore question ci-après), enfin une 
taxation d’office le 30 juillet 2012 à hauteur de CHF 800.- arrêtée sur la base d’un 
revenu imposable de CHF 25'000.- estimé pour 2011. 

3.  Le 24 septembre 2012 (date d’envoi de la lettre selon le timbre postal), le 
contribuable a écrit à l’AFC, en lui rappelant s’être présenté à ses guichets dix 
jours auparavant, à son retour des Etats-Unis, pour protester verbalement. Le 
revenu imposable retenu dans la taxation d’office ne correspondait en effet pas à 
ses ressources réelles, puisqu’il n’avait jamais travaillé à Genève où il s’était 
borné à terminer sa scolarité ; en 2011, il n’avait perçu qu’un faible revenu 
d’environ US$ 6'000.- au sein du groupe musical américain qu’il avait rejoint, 
comme l’attestait une lettre du responsable de B______ à Sacramento, spécialisée 
dans la gestion de productions artistiques. Il devait prochainement repartir aux 
Etats-Unis, où il pouvait être joint à l’adresse A______@gmail.com. Son adresse 
au chemin des Sellières, auprès de sa famille, subsistait pour le surplus. 

 Simultanément, M. A______ a déposé auprès de l’AFC sa déclaration 
fiscale 2011 désormais remplie, dans laquelle il indiquait avoir perçu comme 
musicien un salaire de US$ 6'000.- en 2011 versé par B______. 

4.  A teneur d’une décision du 6 novembre 2012, l’AFC lui a fait savoir que sa 
réclamation était tardive et, partant, irrecevable. 

5.  Le 15 novembre 2012, M. A______ a recouru auprès de la chambre 
administrative de la Cour de Justice (ci-après : la chambre administrative) contre 
ce prononcé. Il rappelait n’avoir pu contester plus tôt sa taxation d’office en raison 
de son absence aux Etats-Unis. Ce n’était qu’à son retour en Suisse qu’il avait pu 
agir. Il a persisté pour le surplus dans ses précédents griefs. 

- 3/6 - 

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6.  L’AFC a conclu à la confirmation de la décision attaquée. La réclamation du 
contribuable avait été formulée tardivement et il n’y avait pas lieu d’accorder une 
restitution de délai dans le cas d’espèce. 

7.  A la requête du juge délégué, l’AFC a indiqué en date du 30 mai 2013 que 
la taxation d’office du recourant avait été précédée d’une sommation envoyée 
sous pli simple à son adresse à Aïre le 18 mai 2012. 

8.  Un délai au 1er juillet 2013 pour répondre à cette communication a alors été 
imparti à M. A______, qui ne s’est pas manifesté. 

9.  Sur quoi, la cause a été gardée à juger. 

   

EN DROIT 

1.  Interjeté devant la juridiction compétente, dans le délai utile de trente jours 
et suivant la forme prescrite, le recours est recevable (art. 30 et 31 de la loi  
fédérale sur la taxe d’exemption de l’obligation de servir – LTEO – RS 661 ; 
art. 132 de la loi sur l’organisation judiciaire – LOJ – E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de 
la loi sur la procédure administrative – LPA – E 5 10). 

2.  Selon l’art. 28 al. 2 LTEO, lorsque l’assujetti n’a pas de domicile connu ou 
qu’il se trouve à l’étranger sans avoir de représentant en Suisse, les décisions et 
prononcés peuvent lui être notifiés valablement par publication dans la Feuille 
d’avis officielle de la République et canton de Genève (al. 2).  

  L’art. 28 al. 2 LTEO a été modifié en 2003, de manière à s’harmoniser avec 
l’art. 116 al. 2 de la loi fédérale sur l’impôt direct (LIFD – RS 642.11 ; FF 2002 
p. 845). Indépendamment de la possibilité pour le contribuable de désigner un 
représentant en Suisse – ou même de l’obligation de procéder à une telle 
nomination, comme le prévoit l’art. 118 LIFD -, celui qui s’absente du pays a 
également la faculté de communiquer à l’administration une simple adresse de 
notification en Suisse (L. MASMEJAN-FEY, Commentaire romand de la loi sur 
l’impôt fédéral direct, n. 9 ad art. 116 LIFD). 

  En l’occurrence, le recourant a précisé, dans sa demande de congé présentée 
à l’armée suisse, qu’il conservait l’adresse de sa famille à Aïre pour les 
communications le concernant, indication qui valait aussi en bonne logique pour 
les futurs courriers qu’expédierait l’AFC, relatifs à la taxe d’exemption de 
l’obligation de servir qui lui serait réclamée. L’intimée a pris cette indication en 
compte dans ses communications et le contribuable ne saurait le lui reprocher ou 
tirer avantage de ce fait. 

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3.  En vertu de l’art. 25 de l’ordonnance du Conseil fédéral sur la taxe 
d’exemption de l’obligation de servir (OTEO – RS 661.1), l’autorité qui impartit 
un délai à l’assujetti lui signale en même temps les conséquences de 
l’inobservation du délai ; en cas d’inobservation, seules ces conséquences entrent 
en ligne de compte. 

  Le recourant s’est tout d’abord vu impartir un délai de deux mois pour 
retourner à l’AFC sa déclaration 2011 remplie, lorsque ce formulaire lui a été 
adressé le 15 février 2012, mais sans que les conséquences d’une éventuelle 
carence de sa part ne soient évoquées. La menace d’une taxation d’office fondée 
sur l’estimation de ses ressources n’a été formulée qu’avec la sommation envoyée 
le 18 mai 2012. Le courrier en question a été expédié sous pli postal simple et il 
appartient à l’intimée d’établir qu’il est parvenu en mains du destinataire 
(I. ALTHAUS-HOURIET, Commentaire romand de la LIFD, n. 13 et 16 ad 
art. 130 LIFD). Invité à présenter ses observations après la réponse de l’AFC du 
30 mai 2013 relative à la sommation, le recourant s’est abstenu de réagir. Ladite 
administration retiendra en conséquence qu’il a bien reçu la mise en demeure dans 
la seconde quinzaine du mois de mai 2012. 

  L’AFC pouvait dès lors valablement le taxer d’office, conformément à  
l’art. 30 OTEO. 

4.  A teneur de l’art. 30 al. 1 LTEO, les décisions de taxation peuvent, dans les 
trente jours suivant leur notification, faire l’objet d’une réclamation écrite auprès 
de l’autorité de taxation. 

 L’AFC a à nouveau envoyé sous pli simple la taxation d’office du 30 juillet 
2012. Le contribuable a reconnu que ledit courrier était parvenu au chemin des 
Sellières. Conformément à la jurisprudence et la doctrine, la chambre de céans 
retiendra ainsi que ledit courrier a été distribué dans le délai postal usuel, le 2 ou 
3 août, voire au plus tard le lundi 7 août 2012 (ATF 105 III 43 ; L. MASMEJAN-
FEY, op. cit, n. 18 ad art. 116 LIFD), fait qui emportait notification de la taxation. 

 Le recourant a donc expédié sa réclamation écrite le 24 septembre 2012, 
alors que le délai de trente jours institué par l’art. 30 al. 1 LTEO était déjà échu. 

5.  Selon l’art. 26 OTEO, la restitution pour inobservation d’un délai peut être 
accordée si l’assujetti a, sans faute de sa part, été empêché d’agir en temps utile. 
La demande motivée de restitution doit être présentée dans les dix jours à compter 
de celui où l’empêchement a cessé et le requérant doit accomplir dans le même 
délai l’acte omis.   

 Des conditions strictes subordonnent l’admission d’un empêchement, qui de 
surcroît ne doit pas être imputable à une faute du contribuable ou de son 
mandataire. L’exigence ainsi posée suppose en particulier que l’obstacle qui se 

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présente soit imprévisible (H. CASANOVA, Commentaire romand de la LIFD, 
n. 14-15 ad art. 133 LIFD). Il incombe à celui qui se rend de manière planifiée à 
l’étranger de prendre les dispositions que l’on peut raisonnablement attendre de 
lui pour faire face à une décision susceptible de  lui être signifiée en Suisse durant 
son absence (ATF 119 V 89 consid. 4/b/aa). 

6.  Le recourant a choisi de séjourner aux Etats-Unis  pendant plusieurs années, 
pour y travailler, et devait s’attendre à ce qu’une taxe d’exemption de l’obligation 
de servir lui soit réclamée à Genève. Il lui incombait en outre de s’assurer que les 
courriers, que l’AFC expédierait à Aïre conformément à ses instructions, lui soient 
transmis par ses proches. Il disposait au demeurant d’une adresse électronique,  ce 
qui permettait à sa famille de le joindre sur le continent américain. Il devait enfin  
être conscient qu’une taxation d’office lui serait notifiée après la sommation du 18 
mai 2012. 

 Aussi ne saurait-il invoquer l’existence d’un empêchement légitime et 
bénéficier d’une restitution de délai (Arrêt du Tribunal fédéral 2C_564/2008 
consid. 3 du 12 septembre 2008). Sa réclamation formulée le 24 septembre 2012 
se révèle au contraire tardive et irrecevable, ce qui conduit au rejet du recours.  

7.  Un émolument de CHF 250.- sera mis à la charge du recourant, qui 
succombe (art. 87 LPA).   

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 15 novembre 2012 par Monsieur A______ 
contre la décision du service de la taxe d'exemption de l'obligation de servir du 
6 novembre 2012 ; 

au fond :  

le rejette ; 

met à la charge du recourant un émolument de CHF 250.- ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 

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de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Monsieur A______, ainsi qu'au service de la taxe 
d'exemption de l'obligation de servir. 

Siégeants : M. Thélin, président, Mme Hurni, juge, M. Barbey, juge suppléant. 

Au nom de la chambre administrative : 

le greffier-juriste : 
 
 

F. Scheffre 

 le président siégeant : 
 
 

Ph. Thélin 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :