# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 45dad958-de6c-507d-9a6a-13d34e923620
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-11-28
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Strafkammer 28.11.2022 502 2022 217
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_005_502-2022-217_2022-11-28.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00

www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

502 2022 217

Arrêt du 28 novembre 2022

Chambre pénale

Composition Président : Laurent Schneuwly
Juges : Jérôme Delabays, Sandra Wohlhauser
Greffière-rapporteure : Catherine Faller

Parties A.________, prévenu et recourant,

contre

MINISTÈRE PUBLIC, intimé

Objet Validité de l’opposition et de l’ordonnance pénale (art. 356 al. 2 CPP)

Recours du 5 septembre 2022 contre l'ordonnance du Juge de police 
de l'arrondissement de la Sarine du 18 août 2022

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considérant en fait

A. Par ordonnance pénale du 11 mars 2021, le Ministère public a reconnu A.________ coupable 
de menaces et contrainte. Il l’a condamné à une peine privative de liberté de 30 jours, avec sursis 
pendant 5 ans, ainsi qu’au paiement d’une amende de CHF 300.- et des frais pénaux. Sous la 
rubrique « notification », seuls figurent le Procureur général et la plaignante.

A.________ y a formé opposition par courriel du 5 juillet 2022 et par courrier du 7 juillet 2022.

Le Ministère public a transmis le dossier de la cause au Juge de police de l’arrondissement de la 
Sarine (ci-après : le Juge de police), pour qu’il statue sur la validité de l’opposition.

B. Par ordonnance du 18 août 2022, le Juge de police a considéré que l’opposition était tardive 
donc irrecevable. Il a renoncé exceptionnellement à percevoir des frais de procédure.

C. Le 5 septembre 2022, A.________ a interjeté recours de l’ordonnance précitée.

Par écrits séparés des 12 et 14 septembre 2022, le Juge de police et le Ministère public ont indiqué 
qu’ils renonçaient à se déterminer sur le recours. 

en droit

1.

1.1. Le prononcé par lequel un tribunal de première instance, statuant sur la validité de 
l'opposition formée par le prévenu contre une ordonnance pénale rendue par le ministère public (cf. 
art. 356 al. 2 CPP [Code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 ; RS 312.0]), déclare 
l'opposition irrecevable, par exemple pour cause de tardiveté, est susceptible de recours selon les 
art. 393 ss CPP (SCHWARZENEGGER, Kommentar zur Schweizerischen Strafprozessordnung, 2020, 
art. 356 CPP n. 2 ; GILLIÉRON/KILLIAS, CR-CPP, 2ème éd. 2019, art. 356 CPP n. 5).

Le recours doit être adressé par écrit, dans un délai de dix jours dès la notification de la décision 
attaquée (art. 384 let. b CPP), à l’autorité de recours (art. 396 al. 1 CPP) qui est, dans le canton de 
Fribourg, la Chambre pénale du Tribunal cantonal (art. 85 al. 1 LJ [Loi sur la justice du 31 mai 2010 ; 
RSF 130.1]).

En l’espèce, l’ordonnance litigieuse a été publiée dans la Feuille officielle du 26 août 2022 qui 
correspond au jour de notification selon l’art. 88 al. 2 CPP ; le recours déposé à un office postal le 
5  septembre 2022 l’a ainsi été en temps utile. Le recours, interjeté par le prévenu qui a qualité pour 
recourir (art. 382 al. 1 CPP) devant l’autorité compétente, est partant recevable. 

1.2. Le recours fait l’objet d’une procédure écrite (art. 397 al. 1 CPP).

2. 

2.1. Le recourant fait grief au Juge de police d’avoir considéré que son opposition était tardive. Il 
soutient qu’on ne lui a jamais communiqué l’ordonnance pénale du 11 mars 2021 avant qu’il n’en 
découvre l’existence le 4 juillet 2022 par hasard par l’intermédiaire de la police, lorsque celle-ci l’a 

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informé d’un mandat d’arrêt pour des sanctions et frais impayés. Il expose qu’il a bien reçu le courriel 
du Ministère public du 28 janvier 2021 qui lui demandait de lui transmettre une adresse postale pour 
lui envoyer une décision, qu’il avait alors pris contact par téléphone avec un collaborateur du 
Ministère public pour lui expliquer sa situation compliquée (sans domicile, covid, pas d’emploi) et 
qu’il en était ressorti que le Ministère public le contacterait pour qu’il aille chercher la décision en 
personne. Comme il n’avait pas été contacté, il en avait conclu qu’un non-lieu avait été rendu et il 
avait oublié l’affaire. Il avance que ce procédé (le contacter pour aller chercher les décisions le 
concernant) a été utilisé à satisfaction dans d’autres procédures avec l’autorité de poursuite et 
s’étonne que le Ministère public n’ait pas saisi l’occasion des nombreux contacts entre eux proches 
de la date du prononcé de l’ordonnance litigieuse pour la lui transmettre ou l’informer de son 
existence. Il conteste ainsi la validité de la notification de l’ordonnance pénale.

2.2. Dans la décision attaquée, le Juge de police a retenu que le prévenu n’avait pas fourni 
d’adresse postale de notification comme le Ministère public le lui avait demandé par courriel du 
28  janvier 2021 et que, partant, la fiction de la notification de l’art. 88 al. 4 CPP s’appliquait. Il a 
considéré que, malgré les recherches du Ministère public, l’adresse du prévenu demeurait inconnue 
et que ce dernier était de mauvaise foi lorsqu’il prétendait qu’il n’avait pas été informé qu’une 
décision allait lui être notifiée, dès lors qu’il avait lui-même produit le courriel du 28 janvier 2021 dans 
lequel le Ministère public l’en informait tout en requérant une adresse postale de notification. 
L’opposition du prévenu formée le 5 juillet 2022 à l’encontre de l’ordonnance pénale du 11 mars 
2021 fictivement notifiée le jour de son prononcé était ainsi tardive.

2.3.

2.3.1.  La notification d'une ordonnance pénale fait partir le délai d'opposition de 10 jours prévu à 
l'art. 354 al. 1 CPP. Le tribunal de première instance statue sur la validité de l'opposition (cf. art. 356 
al. 2 CPP), en particulier sur le respect du délai de 10 jours.  

2.3.2.Les art. 84 ss CPP régissent les formes de notification. L'art. 88 al. 1 CPP prévoit que la 
notification a lieu dans la Feuille officielle désignée par le canton ou la Confédération, lorsque le lieu 
de séjour du destinataire est inconnu et n'a pas pu être déterminé en dépit des recherches qui 
peuvent raisonnablement être exigées (let. a), lorsqu'une notification est impossible ou ne serait 
possible que moyennant des démarches disproportionnées (let. b) ou lorsqu'une partie ou son 
conseil n'a pas désigné un domicile de notification en Suisse, alors qu'ils ont leur domicile, leur 
résidence habituelle ou leur siège à l'étranger (let. c). 

Selon l'art. 88 al. 4 CPP, les ordonnances de classement et les ordonnances pénales sont réputées 
notifiées même en l'absence d'une publication. Ceci emporte comme conséquence que le délai 
d’opposition commence à courir dès que le ministère public a signé l’ordonnance 
(MOREILLON/PAREIN-REYMOND, PC CPP, 2ème éd. 2016, art. 88 n. 17).

Selon une jurisprudence constante du Tribunal fédéral, la fiction prévue par l'art. 88 al. 4 CPP est 
problématique. Selon le mécanisme de l'art. 88 CPP, elle n'est possible que si les conditions exigées 
par l'art. 88 al. 1 let. a, b ou c CPP sont réalisées (arrêts TF 6B_141/2017 du 22 décembre 2017 
consid. 2.1 ; 6B_162/2017 du 1er décembre 2017 consid. 2.1; 6B_421/2016 du 12 janvier 2017 
consid. 1.1; 6B_1117/2015 du 6 septembre 2016 consid. 1.1). Il faut donc notamment que le lieu de 
séjour du prévenu n'ait pas pu être déterminé en dépit des recherches pouvant raisonnablement 
être exigées (cf. art. 88 al. 1 let. a CPP) ou que le prévenu sans domicile en Suisse n'ait pas désigné 
de domicile de notification en Suisse (cf. art. 88 al. 1 let. c CPP). Avant de pouvoir envisager 
l'application de l'art. 88 al. 4 CPP, le ministère public doit toutefois avoir entrepris des démarches 

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approfondies pour localiser le prévenu, indépendamment du cas de figure visé par l'art. 88 al. 1 CPP 
dans lequel on pouvait se trouver (arrêts TF 6B_141/2017 précité consid. 2.1 ; 6B_162/2017 précité 
consid. 2.1 ; 6B_421/2016 précité consid. 1.1 ; 6B_1117/2015 précité consid. 1.1).

2.4. En l’espèce, le recourant n’ignorait pas l’existence de la procédure pénale. Lors de son 
audition le 17 novembre 2020, la police lui avait indiqué que « l’autorité vous notifiera une décision. 
Vous devez indiquer une adresse en Suisse. Quelle est cette adresse (art. 87 CPP) ? ». Il avait alors 
expliqué qu’il n’avait « actuellement » aucune adresse pour le courrier. Il ressort du rapport de police 
du 24 novembre 2020 que le prévenu est joignable par courriel à l’adresse suivante « B.________ ». 
Le 28 janvier 2021, à 14h25, une collaboratrice du Ministère public lui a adressé un courriel à 
l’adresse électronique qu’il avait indiquée, pour lui demander une adresse postale afin de lui notifier 
une décision. Le prévenu n’en a jamais transmis. L’ordonnance pénale ne lui a pas été notifiée, les 
seuls destinataires étant la plaignante et le Procureur général.

Tout en admettant qu’il a bel et bien reçu le courriel du Ministère public du 28 janvier 2021, le prévenu 
prétend dans son recours qu’il avait, à sa suite, téléphoné avec un collaborateur du Ministère public 
et qu’ils avaient convenu qu’on le contacterait pour qu’il vienne chercher personnellement les 
décisions le concernant. Pourtant, aucune note téléphonique faisant mention de cette conversation 
ne se trouve au dossier pénal.

Même à le suivre sur cet arrangement passé par téléphone, on doit tout de même relever que le 
recourant ne s’est plus soucié de la procédure pendant plus d’une année et demie bien qu’il savait 
que le Ministère public voulait lui notifier une décision selon les informations contenues dans le 
courriel du 28 janvier 2021. On peine à saisir son explication comme quoi il a cru que la cause s’était 
soldée par un « non-lieu », « raison pour laquelle je ne me suis plus soucié de cette procédure ». 
Ayant pris connaissance du contenu du courriel du 28 janvier 2021, il n’ignorait pas que le Ministère 
public allait lui transmettre une décision dans la procédure, peu importe la nature de cette décision ; 
l’intention du Ministère public exprimée dans le courriel du 28 janvier 2021 était parfaitement claire 
à cet égard. 

Au vu de ce qui précède, on doit constater qu’en l’absence de domicile connu, le Ministère public 
s’est adressé au recourant par le biais du mode de communication qu’il avait lui-même indiqué à la 
police, soit son adresse électronique, et qu’il lui a demandé de lui transmettre une adresse postale 
de notification pour pouvoir lui adresser une décision. Le recourant admet qu’il a pris connaissance 
de ce courriel ; du reste, on doit constater des pièces produites en recours (captures d’écran de sa 
messagerie électronique) qu’il a eu plusieurs contacts avec le Ministère public dans d’autres 
procédures par ce biais. Il n’a pas répondu à ce courriel et n’a dès lors pas fourni d’adresse postale 
de notification. Aucune note au dossier ne fait en outre état du prétendu arrangement convenu par 
téléphone consistant à le contacter pour qu’il vienne chercher personnellement la décision. On peut 
néanmoins se demander si le Ministère public a fourni tous les efforts pour localiser le prévenu, cette 
exigence étant particulièrement élevée selon la jurisprudence, et s’il n’aurait pas dû, en l’absence 
de réponse de la part du prévenu à son courriel du 28 janvier 2021 et même sans accord préalable, 
lui adresser spontanément une copie de l’ordonnance pénale par le biais de son adresse 
électronique. Même si ce procédé ne vaut pas notification, il aurait eu l’avantage d’informer le 
prévenu de l’existence d’une notification fictive au greffe ; toute personne accusée doit être mise en 
état de faire valoir ses droits (art. 31 al. 2 Cst.). On peut même se demander si le Ministère public 
n’aurait pas dû prendre contact par téléphone avec le prévenu, après que celui-ci n’avait pas 
répondu à son premier courriel. La question de savoir si de telles démarches étaient 
disproportionnées peut toutefois demeurer ouverte.

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On doit en effet constater que le recourant, bien qu’il ait été informé par la police sur la nécessité de 
fournir une adresse de notification car l’autorité lui adressera une décision (cf. PV du 17 novembre 
2020), n’a par contre jamais été rendu attentif à la conséquence d’un tel manquement, à savoir que 
conformément à l’art. 88 al. 4 CPP les ordonnances de classement et les ordonnances pénales 
seraient réputées notifiées même en l'absence d'une publication. Or, cette conséquence est 
extrêmement sévère. Pour admettre la compatibilité de la fiction de la notification de l’art. 88 al. 4 
CPP avec les garanties de l’art. 6 par. 1 CEDH, il paraît nécessaire que le prévenu en soit informé 
expressément, à l’instar de ce qui est exigé pour les autres fictions dans le CPP, notamment la fiction 
de retrait de l’opposition (art. 355 al. 2 CPP ; ATF 140 IV 82), où on exige que le prévenu renonce 
consciemment à la protection juridique dont il bénéficie ou à ses droits, en étant en particulier informé 
des conséquences d’un manquement (encore rappelé à l’ATF 147 IV 518 consid. 3.5/Jdt 2022 IV 
184 ; cf. d’un avis très critique à l’égard de la notification fictive : MOREILLON/PAREIN-REYMOND, PC 
CPP, art. 88 n. 17).

2.5. Il s’ensuit que la notification fictive était irrégulière. En conséquence, le délai d’opposition à 
l’encontre d’une ordonnance pénale court dès le jour où son destinataire a pu en avoir une 
connaissance effective, en l’espèce le 4 juillet 2022. L’opposition déposée à la poste le 7 juillet 2022 
est ainsi recevable. Il s’ensuit l’admission du recours et la modification conséquente de la décision 
attaquée.

3.

3.1. Vu l’issue du recours, les frais de la procédure de recours, arrêtés à 600.- (émolument : 
CHF 500.- ; débours : CHF 100.-), sont laissés à la charge de l’Etat (art. 428 CPP).

3.2. Aucune indemnité de partie n’est accordée au recourant qui procède seul.

(dispositif en page suivante)

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la Chambre arrête :

I. Le recours est admis.

Partant, l’ordonnance du 18 août 2022 rendue par le Juge de police de l’arrondissement de la 
Sarine prend la teneur suivante : 

« 1. L’opposition de A.________ formée le 7 juillet 2022 à l’encontre de l’ordonnance pénale 
du 11 mars 2021 est recevable. Par conséquent, l’ordonnance pénale du 11 mars 2021 
est annulée et la cause renvoyée au Ministère public pour qu’il engage la procédure 
d’opposition.

2. Il est renoncé exceptionnellement à percevoir des frais de procédure. »

II. Les frais de la procédure de recours, arrêtés à 600.- (émolument : CHF 500.- ; débours : 
CHF 100.-), sont laissés à la charge de l’Etat.

III. Aucune indemnité de partie n’est accordée.

IV. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours 
dès la notification de l’arrêt rédigé. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). L'acte 
de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 28 novembre 2022/cfa

Le Président : La Greffière-rapporteure :