# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f2f213f5-ef5e-5e91-ae28-eea1d28c4cfa
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-09-05
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Sozialversicherungsgerichtshöfe 05.09.2017 605 2016 77
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_011_605-2016-77_2017-09-05.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

605 2016 77

Arrêt du 5 septembre 2017

Ie Cour des assurances sociales

Composition Président: Marc Boivin 
Juges: Olivier Bleicker, Marc Sugnaux
Greffier: Alexandre Vial

Parties A.________, recourante

contre

CAISSE NATIONALE SUISSE D'ASSURANCE EN CAS 
D'ACCIDENTS, autorité intimée

Objet Assurance-accidents – validité formelle d’une opposition interjetée 
par courriel

Recours du 16 mars 2016 contre la décision du 2 mars 2016

Tribunal cantonal TC
Page 2 de 5

considérant en fait

A. A.________ (ci-après, l’assurée) née en 1968, ressortissante B.________, a été engagée à 
plein temps comme responsable de département logistique, dès le 23 janvier 2012. A ce titre, elle 
est assurée contre le risque d'accident auprès de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas 
d'accidents (CNA, devenue SUVA). En arrêt de travail depuis le 15 septembre 2014, elle a perçu 
des prestations d’indemnités journalières de l’assurance-maladie en raison d’un syndrome 
anxiodépressif (situation d’épuisement professionnel de type «burn-out») jusqu’au 31 mai 2015 
(correspondances de Visana du 27 mai et du 10 septembre 2015).

Le 20 janvier 2015, elle s’est sectionnée l’extenseur propre de l’index droit dans son faisceau long 
en manipulant la vitre de sa cheminée (déclaration d’accident du 23 janvier 2015). Elle a bénéficié 
de deux interventions chirurgicales à la main (du 22 janvier et du 9 avril 2015), avec à chaque fois 
la mise en place ultérieure d’une attelle. La SUVA a pris en charge le cas, sous réserve des 
indemnités journalières déjà versées par la caisse-maladie (communication du 21 avril 2015).

Le 5 novembre 2015, la SUVA a, en se fondant sur l’avis de son médecin d’arrondissement (du
2 novembre 2015), nié le droit de l’assurée à des prestations d’assurance au-delà du 31 août 
2015.

B. Par courrier électronique du 29 novembre 2015, l’assurée s’est opposée à la décision du 
5 novembre 2015 au motif que la mise en place d’une attelle avait conduit à la formation d’une 
rhizarthrose (arthrose à la base du pouce). Le 30 novembre 2015, la SUVA a tout d’abord accusé 
réception de l’opposition, puis a complété l’instruction de la cause en recueillant un nouvel avis de 
son médecin d’arrondissement (du 4 décembre 2015).

Elle a également demandé à l’assurée des renseignements complémentaires sur l’attelle utilisée 
(correspondance du 10 décembre 2015). Le 27 janvier 2016, elle a ensuite imparti à cette dernière 
un délai échéant tout d’abord au 12 février 2016, prolongé encore au 27 février 2016, pour que 
celle-ci lui fasse parvenir une opposition munie d’une signature manuscrite et les différents 
renseignements requis le 10 décembre précédent. Cette correspondance était munie de 
l’indication que la SUVA n’entrerait pas en matière sur l’opposition si la signature manuscrite devait 
faire défaut à l’échéance du délai.

Le 25 février 2016, l’assurée a indiqué à la SUVA qu’elle n’avait pas encore reçu la totalité des 
documents médicaux requis et qu’elle les lui adresserait d’ici au 1er mars 2016. Le 29 février 2016, 
à 19 heures 45, l’assurée a envoyé par courrier électronique à la SUVA des renseignements sur 
l’attelle utilisée. Le même jour, à 19 heures 54, elle a ajouté: «Sauf erreur de ma part, je ne vois 
pas le courrier d’opposition. Est-ce un courrier que je dois rédiger moi-même? Dans ce cas, 
je vous informe que je suis opposée à la décision de la [SUVA], vu que mon accident m’a laissé 
des séquelles.» Le 1er mars 2016, à 19 heures 58, l’assurée a encore indiqué à la SUVA, toujours 
par courrier électronique, qu’elle lui avait adressé un courrier avec la mention suivante: «Je 
soussignée, A.________, m’oppose formellement à votre décision de ne pas indemniser les 
conséquences directes et indirectes de mon accident du 20 janvier 2015.»

Le 2 mars 2016, la SUVA a déclaré irrecevable l’opposition du 29 novembre 2015 au motif que 
l’assurée ne lui avait pas fait parvenir un tel document muni d’une signature manuscrite dans le 
délai prolongé au 27 février 2016.

Tribunal cantonal TC
Page 3 de 5

C. Contre cette décision, A.________ a formé une nouvelle «opposition» par courrier 
électronique du 4 mars 2016 et lettre recommandée avec accusé de réception du 16 mars 2016 
(extrait du suivi des envois de la Poste suisse) devant la SUVA, qui les a transmis au Tribunal 
cantonal le 29 mars 2016, comme objet de sa compétence. En reprenant les motifs exposés 
devant la SUVA, elle a ensuite formellement recouru devant le Tribunal cantonal, Cour des 
assurances sociales. Elle fait valoir en substance qu’elle a adressé à la SUVA un courrier 
comportant une signature manuscrite.

La SUVA conclut au rejet du recours et produit le dossier de la cause. Celui-ci contient notamment 
une écriture de l’assurée réceptionnée par la SUVA en date du 8 mars 2016 qui a la teneur 
suivante: «Je soussignée, A.________, m’oppose formellement à votre décision de ne pas 
indemniser les conséquences (actuellement rhizarthrose) de mon accident du 20 janvier 2015. Les 
séquelles de cet accident me posent des difficultés dans la vie quotidienne. De plus, je suis 
contrainte de porter 2 attelles, une le jour et une la nuit, pour atténuer les douleurs.» Cette écriture 
est munie de la signature manuscrite de l’intéressée.

Il n’a pas été ordonné un autre échange d’écritures entre les parties.

Il sera fait état plus avant de leurs arguments, développés à l’appui de leurs conclusions, dans les 
considérants en droit du présent arrêt, pour autant que cela soit utile à la solution du litige.

en droit

1. Interjeté en temps utile et dans les formes légales auprès de l'autorité judiciaire compétente 
par une assurée directement touchée par la décision sur opposition attaquée, le recours est 
recevable.

2. L'objet du litige porte sur le point de savoir si la SUVA était fondée à nier la validité formelle 
de l’opposition formée par la recourante contre sa décision initiale de refus de prester.

a) Selon l'art. 52 al. 1 de la loi du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des 
assurances sociales (LPGA; RS 830.1), en relation avec l’art. 1 al. 1 de la loi du 20 mars 1981 sur 
l’assurance-accidents (LAA; RS 832.20), les décisions rendues en matière d'assurance sociale 
peuvent être attaquées dans les 30 jours par voie d'opposition auprès de l'assureur qui les a 
rendues, à l'exception des décisions d'ordonnancement de la procédure.

Aux termes de l’art. 10 al. 4, 1ère phrase, de l’ordonnance du 11 septembre 2002 sur la partie 
générale du droit des assurances sociales (OPGA; RS 830.11), en relation avec l’art. 81 LPGA, 
l'opposition écrite doit être signée par l'opposant ou par son représentant légal.

Selon la jurisprudence, la signature doit être manuscrite au sens de l’art. 14 al. 1 du Code des 
obligations du 30 mars 1911 (CO; RS 220), soit à la main par celui qui s’oblige (ATF 142 V 152 
consid. 2.4).

Selon l’art. 10 al. 5 OPGA, si l'opposition n'est pas signée, l’assurance impartit un délai convenable 
pour réparer le vice, avec l'avertissement qu'à défaut, l'opposition ne sera pas recevable (art. 10 
al. 5 OPGA).

b) L’apposition de la signature autographe répond au besoin de pouvoir attribuer une 
déclaration à une personne clairement identifiable (cf. ATF 138 III 401 consid. 2.4.2).

Tribunal cantonal TC
Page 4 de 5

C’est donc pour satisfaire à l’exigence de la forme écrite (art. 10 al. 2 let. a OPGA) qu’une 
signature manuscrite doit être apposée par la personne assurée dans son opposition (art. 10 al. 4 
1ère phrase OPGA), et non parce qu’une telle signature serait spécialement exigée par l’art. 52 
LPGA.

3. En l’occurrence, la SUVA a tout d’abord accusé réception de l’opposition le 30 novembre 
2015, puis a soumis le dossier médical de l’assurée pour un nouvel examen à son médecin 
d’arrondissement.

a) Dans la mesure où la SUVA n’a formulé aucune réserve dans l’accusé de réception, 
en dépit du vice de forme évident de l’opposition (ATF 142 V 152 consid. 4.5 et 4.6 et les 
références), mais a tout au contraire procédé à une mesure d’instruction portant sur des données 
sensibles de l’assurée, la Cour retient que la SUVA ne nourrissait aucun doute quant à l’auteure 
de l’opposition.

Elle a d’ailleurs encore demandé à son assurée un complément d’information, sans formuler 
derechef la moindre réserve sur la recevabilité de l’opposition (correspondance du 10 décembre 
2015).

En ce sens, l’opposition a donc bien été attribuée à une personne identifiée par l’autorité intimée, 
malgré l’absence de signature manuscrite.

La manifestation de volonté affichée dans cet acte ne lui a pas non plus échappé, sans quoi elle 
n’eût pas transmis le dossier à son médecin d’arrondissement.

b) Un peu moins de deux mois après le dépôt de l’opposition, la SUVA est toutefois 
revenue sur l’analyse (implicitement) opérée précédemment par ses services et indiqué pour la 
première fois à son assurée que son opposition n’était pas valable, car cette écriture ne comportait 
pas une signature manuscrite.

L’autorité intimée a toutefois continué à examiner sans réserve les requêtes présentées par 
l’assurée par courrier électronique et a en particulier expressément admis – par courrier 
électronique, doublé d’un exploit – la demande de prolongation de délai déposée par la 
recourante.

Aussi, la Cour constate-t-elle que la SUVA n’a eu aucun doute quant à l’auteure de l’opposition le 
30 novembre 2015, lorsqu’elle a versé au dossier le courrier électronique de son assurée, et que 
l’autorité intimée lui a dûment attribué cette déclaration de volonté, ainsi que celles exprimées 
ultérieurement par celle-ci, pourtant  toujours sous la forme électronique aujourd’hui contestée.

Compte tenu des circonstances toutes particulières de la présente affaire, la demande de 
régularisation formée près de deux mois après le dépôt de l’opposition ne se justifiait par aucun 
intérêt digne de protection et constituait en réalité une fin en soi.

Il convient ainsi de constater que l’irrecevabilité de l’opposition, prononcée par la SUVA, constitue 
un formalisme excessif, soit un déni de justice formel prohibé par l’art. 29 al. 1 Cst. (ATF 142 V 
152 consid. 4.2 et les références).

c) Force est dès lors de retenir de tout cela que la recourante a déposé une opposition le 
29 novembre 2015, reçue et versée au dossier de la cause par la SUVA le 30 novembre 2015, 
cela sans aucune réserve, soit moins de trente jours après le prononcé de la décision du
5 novembre 2015.

Tribunal cantonal TC
Page 5 de 5

L’autorité intimée avait alors l’obligation d’entrer en matière et de trancher l’affaire sur le fond, ce 
qu’elle avait au demeurant semblé être disposée à entreprendre dans un premier temps, 
lorsqu’elle a demandé un nouvel examen à son médecin d’arrondissement, si bien que sous cet 
angle, l’attitude qu’elle a adoptée par la suite apparaît plutôt incohérente: en plus d’admettre 
implicitement l’identité de l’auteure de l’opposition, elle avait également consenti dans les faits à 
donner suite à ce dernier acte, cautionnant du même coup sa portée juridique.

4. Quoi qu’il en soit, au vu de ce qui précède, le recours, bien fondé, doit être admis sans frais 
et la décision sur opposition de la SUVA annulée.

La cause lui est renvoyée pour instruction et décision sur le droit aux prestations.

La recourante, qui n’est pas représentée par un avocat et a au demeurant déposé une très brève 
écriture de recours, n’a pas droit à des dépens.

la Cour arrête:

I. Le recours est admis.

La décision sur opposition rendue le 2 mars 2016 par la Caisse nationale suisse d’assurance 
contre les accidents est annulée, la cause lui étant renvoyée pour instruction de l’opposition 
formée par la recourante et nouvelle décision dans le sens des considérants.

II. Il n’est pas perçu de frais de procédure, ni alloué de dépens.

III. Communication.

Un recours en matière de droit public peut être déposé auprès du Tribunal fédéral contre le 
présent jugement dans un délai de 30 jours dès sa notification. Ce délai ne peut pas être prolongé. 
Le mémoire de recours sera adressé, en trois exemplaires, au Tribunal fédéral, Schweizerhofquai 
6, 6004 Lucerne. Il doit indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve et être signé. 
Les motifs doivent exposer succinctement en quoi le jugement attaqué viole le droit. Les moyens 
de preuve en possession du (de la) recourant(e) doivent être joints au mémoire de même qu’une 
copie du jugement, avec l’enveloppe qui le contenait. La procédure devant le Tribunal fédéral n’est 
en principe pas gratuite.

Fribourg, le 5 septembre 2017/obl

Président Greffier