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**Case Identifier:** 50b56d59-073b-588e-baa7-beb92236a528
**Source:** Jura (JU)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-11-22
**Language:** fr
**Title:** Jura Tribunal Cantonal Cour administrative 22.11.2023 ADM 2023 71
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/JU_Gerichte/JU_TC_005_ADM-2023-71_2023-11-22.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DU JURA

TRIBUNAL CANTONAL

COUR ADMINISTRATIVE

ADM 71 / 2023

Présidente :  Sylviane Liniger Odiet
Juges :  Daniel Logos et Jean Crevoisier 
Greffière :  Carine Guenat

ARRET DU 22 NOVEMBRE 2023

en la cause liée entre

A.________, (…),
 - représentée par Me Stéphane Voisard, avocat à Genève,

recourante,

et

la Section des permis de construire du Service du développement territorial,
rue du 24-Septembre 2, 2800 Delémont,

autorité intimée,

B.________ et C.________, (…),
- représentés par Me Hubert Theurillat, avocat à Porrentruy,

intimés,

relative à la décision de la juge administrative du Tribunal de première instance du 5 
mai 2023.

______

CONSIDÉRANT

En fait :

A. A.________ (ci-après : la recourante) est propriétaire de la parcelle 454 du ban de 
Grandfontaine. 

2

B. Le 21 août 2018, la Section des permis de construire (ci-après : l’autorité intimée) a 
délivré à C.________ et B.________ (ci-après : les intimés) un permis de construire 
une maison familiale – avec poêle, velux, PAC ext., couvert à voitures et atelier de 
bricolage/remise de jardin en annexe, pergola climatique – , sur la parcelle n° 2044 
du ban de Grandfontaine, voisine de celle de la recourante, au lieu-dit « Sur Chenal », 
sise en zone à bâtir centre A (CA), aux dimensions publiées et sous réserve du 
respect des directives contenues dans les autorisations délivrées (dossier SPC PJ 
99-2).

A titre de conditions, il est en particulier indiqué que la largeur sur la route de la place 
en bitume sera de 10 mètres au maximum et qu’une arborisation de part et d’autre 
de la largeur sur la route de la place bitumée permettant de limiter la présence visuelle 
de cette surface bitumée, à la maison située au Sud, sera conservée.

Ces deux conditions découlent de la prise de position du 22 mars 2018, datée du 30 
avril 2018, de la sous-commission de la Commission des paysages et des sites (ci-
après : CPS) qui a préavisé positivement le projet pour autant que celles-ci soient 
respectées (dossier demande de permis de construire PJ 43). La CPS avait dans un 
premier temps préavisé défavorablement le projet des intimés le 29 janvier 2018 
(dossier demande de permis de construire PJ 42), avant que ces derniers le 
retravaillent en conséquence.

Par jugement du 19 mars 2019, la juge administrative du Tribunal de première 
instance a rejeté le recours déposé par la recourante contre l’octroi du permis de 
construire, de même que la Cour administrative par arrêt du 6 novembre 2019 (ADM 
44/2019). Le Tribunal fédéral a confirmé le jugement de la Cour de céans par arrêt 
du 15 décembre 2020 (TF 1C_653/2019). 

C. Le 25 janvier 2021, la recourante s’adresse à l’autorité intimée en l‘informant de la 
violation par les intimés des conditions attachées au permis de construire délivré. Elle 
requiert : 

 Ordonner sans délai la suspension des travaux, conformément à l’art. 26 al. 1 
LCAT, le temps qu’il soit procédé à la remise en état de la haie ;

 Procéder à une inspection locale aux fins d’établir un constat de l’état actuel de 
la haie ;

 Ordonner aux intimés de prendre toutes les mesures utiles à la régénération de 
la haie, sous menace de la peine prévue aux art. 292 CP et 24a al. 1 let. b LPN ;

 Constater que les conditions et charges attachées à l’octroi du permis de 
construire 363/2017 du 21 août 2018 n’ont pas été respectées ;

 Révoquer le permis de construire 363/2017 du 21 août 2018. 

Elle invoque en substance que le lendemain de la notification de l’arrêt du Tribunal 
fédéral, le 15 janvier 2021, l’intimé, avec d’autres personnes, a porté une atteinte 
grave à la haie.

3

Il a défriché les arbustes et buissons, tronçonné un grand nombre de branches et 
racines d’arbres âgés (mais sains) et abattu et dessouché les arbres à deux endroits, 
à chaque fois pour plus de 10 mètres. Au cours d’une nouvelle matinée de coupe le 
16 janvier 2021, la haie a été saccagée et ouverte à deux endroits sur 15 mètres et 
12 mètres. Ultérieurement, au cours des travaux de construction de la villa, les intimés 
ont détruit une autre partie de la haie pour y installer une conduite électrique (dossier 
SPC PJ 55).

C.1 L’autorité intimée a transmis, le 1er février 2021, la requête de la recourante à l’autorité 
communale compétente en matière de police des constructions pour qu’elle statue 
sur les quatre premières conclusions. 

Par décision du 15 mars 2021 (dossier SPC PJ 51), confirmée sur opposition (dossier 
SPC PJ 50) le 12 avril 2021, la commune a rejeté les quatre premières conclusions 
de la recourante (dossier SPC PJ 49).

C.2 Le 23 avril 2021, la recourante a interjeté recours contre la décision sur opposition du 
12 avril 2021 auprès de la juge administrative du Tribunal de première instance 
concluant à la mise en œuvre d’une expertise et à la suspension immédiate des 
travaux. Elle a complété son recours le 26 mai 2021 et produit un rapport du Dr 
D.________ du 18 mai 2021 (dossier édité CA 45/2021 p. 2 et 15). 

C.3 Le 12 juillet 2021, la recourante a déposé une requête de mesures 
superprovisionnelles et provisionnelles tendant à faire suspendre les travaux de 
construction sur la parcelle 2044 du ban de Grandfontaine, dont la première a été 
rejetée par la juge administrative de première instance par ordonnance du 15 juillet 
2021 (dossier édité CA 78 et 79/2021 p. 1 et 18).

C.4 Le 22 juillet 2021, la recourante a retiré son recours et sa requête de mesures 
provisionnelles (dossier édité CA 45/2021 p. 38).

D. Par courrier du 25 août 2021, la recourante a demandé à l’autorité intimée la reprise 
de la procédure de révocation (dossier SPC PJ 46) arguant que deux ouvertures 
illégales ont été faites dans la haie, en violation des conditions liées au permis de 
construire délivré. Elle se réfère à deux rapports d’experts, les Dr D.________, 
biologiste, du 18 mai 2021 (dossier SPC PJ 47-10), et E.________, ingénieur 
forestier, du 12 août 2021 (dossier SPC PJ 46-10), ainsi qu’au courrier de l’Office de 
l’environnement (ci-après : l’ENV) du 13 août 2021 (dossier SPC 46-13). 

D.1 Par décision du 18 mai 2022 (dossier SPC PJ 16), confirmée sur opposition le 24 
octobre 2022 (dossier TPI, SPC PJ 4), l’autorité intimé a rejeté la demande de 
révocation du permis. 

D.2 Par jugement du 5 mai 2023, la juge administrative du Tribunal de première instance 
a rejeté le recours de la recourante (PJ 2 recourante).

4

En substance, la juge administrative considère que la décision du 12 avril 2021 est 
une décision finale partielle par laquelle l’autorité communale a mis un terme à la 
procédure statuant sur les 4 points relevant de la police des constructions. L’autorité 
intimée n’avait pas à instruire une procédure qui ne relevait pas de sa compétence et 
qui avait été instruite et traitée par l’autorité communale compétente. Ensuite, la juge 
administrative considère que la question d’une inspection locale a déjà été tranchée 
par l’autorité de police des constructions dans sa décision sur opposition du 12 avril 
2021 et rejette donc la demande d’inspection locale. Elle rejette finalement la 
demande de révocation du permis de construire, se fondant sur le rapport établi par 
F.________, garde-forestier responsable du triage forestier de Haute-Ajoie, et 
G.________, conseiller communal, qui avaient été repris dans la décision sur 
opposition de l’autorité communale du 12 avril 2021.

E. Dans son mémoire de recours du 8 juin 2023 auprès de la Cour de céans, la 
recourante a pris les conclusions suivantes : 

A la forme

1. Déclarer recevable le présent recours de droit administratif.

Au fond

Préalablement

2. Ordonner au Tribunal de première instance de produire l’intégralité du dossier 
judiciaire.

3. Ordonner une inspection locale sur la parcelle n° 2044 du ban de 
Grandfontaine.

4. Ordonner une expertise à l’effet d’indiquer si les ouvertures pratiquées dans la 
haie sise sur la parcelle n° 2044 du ban de Grandfontaine sont supérieures ou 
non à 10 m et si les tailles de la haie ont été réalisées dans les règles de l’art.

Principalement

5. Annuler la décision du Tribunal de première instance du 5 mai 2023, notifiée le 
9 mai 2023 dans la cause CA/00108/2022.

6. Révoquer le permis de construire 363/2017 octroyé à M. C.________ et Mme 
B.________ sur la parcelle n° 2044 de Grandfontaine.

7. Ordonner à C.________ et B.________ de reconstituer la haie sise sur la 
parcelle n° 2044 de Grandfontaine dans son état du 24 janvier 2021, 
conformément aux règles de l’art, soit les recommandations de 2021 
d’AGRIDEA « Comment planter et entretenir les haies » et de 2017 de 
BIODIVERS « Haie ».

8. Ordonner à C.________ et B.________ d’entretenir la haie conformément aux 
recommandations précitées.

9. Assortir ses ordres de la commination de la sanction prévue par l’art. 292 CP.
10. Rejeter toutes autres ou contraires conclusions.

5

En substance, elle fait valoir un déni de justice de la part de la juge administrative, 
dans le sens où cette dernière a prétexté que la question du respect des prescriptions 
en matière de construction et des charges et conditions liées au permis de construire 
avait déjà été tranchée dans la procédure provisionnelle antérieure par l’autorité de 
police des constructions dans sa décision du 12 avril 2021 relative à la suspension 
des travaux. Or, cette décision rendue par une autorité administrative est dépourvue 
de l’autorité de chose décidée. La recourante invoque également une appréciation 
arbitraire des preuves, dans la mesure où la juge administrative a refusé d’instruire la 
cause, notamment d’inspecter les lieux et de mandater un expert, au motif que cette 
question a été déjà tranchée par l’autorité de police des constructions dans la décision 
sur opposition du 12 avril 2021. La recourante s’appuie sur les courriers de l’ENV du 
13 août 2021 et de Pro Natura du 2 juin 2023 (PJ 4 à 6 recourante). 

F. Dans sa réponse du 26 juillet 2023, l’autorité intimée a conclu au rejet du recours, 
partant, à la confirmation de la décision de la juge administrative du 5 mai 2023, sous 
suite des frais et dépens. 

G. Dans leur réponse du 17 août 2023, les intimés ont conclu au rejet du recours dans 
la mesure de sa recevabilité, sous suite des frais et dépens de première et deuxième 
instance. 

Ils font valoir en substance que le courrier de l’ENV du 13 août 2021 fait mention du 
fait que les deux ouvertures réalisées par les intimés dans leur haie l’ont été pour 
faciliter l’accès à leur parcelle n° 2044 pendant la période de chantier ; vu la 
configuration de la parcelle, ces deux ouvertures pouvaient provisoirement être 
acceptées, la haie devant être reconstituée conformément aux dispositions définies 
dans le permis de construire à la fin du chantier. Les intimés font valoir que la décision 
du 12 avril 2021 de l’autorité locale de police des constructions bénéficie de la force 
de choses décidée et est donc définitive. 

H. La recourante s’est encore exprimée par courrier du 6 septembre 2023.

I. Il sera revenu ci-après, en tant que besoin, sur les autres éléments du dossier.

En droit :

1. La Cour administrative est compétente en vertu des art. 160 let. c Cpa et 38 DPC.

2. Conformément à l'art. 120 let. a Cpa, a qualité pour recourir quiconque est 
particulièrement atteint par la décision attaquée et a un intérêt digne de protection à 
ce qu'elle soit annulée ou modifiée. L’art. 23 let. a DCP prévoit que la qualité pour 
faire opposition, dont découle la qualité pour recourir auprès du juge administratif et 
subséquemment auprès de la Cour administrative (cf. art. 36 al. 2 et 38 al. 2 DPC), 
est donnée notamment aux particuliers dont des intérêts dignes de protection seraient 
touchés par la construction projetée.

6

2.1 En matière de droit des constructions, le voisin direct de la construction ou de 
l'installation litigieuse a en principe la qualité pour recourir (ATF 139 II 499 consid. 
2.2 ; TF 1C_206/2019 du 6 août 2019 consid. 3.1). La proximité avec l'objet du litige 
ne suffit néanmoins pas à elle seule à conférer au voisin la qualité pour recourir (TF 
1C_206/2019 du 6 août 2019 consid. 3.1 et les références citées). Le critère de la 
distance constitue certes un indice essentiel, mais il n'est pas à lui seul déterminant ; 
s'il est certain ou très vraisemblable que l'installation ou la construction litigieuse sera 
à l'origine d'immissions - bruit, poussières, vibrations, lumière, fumée - atteignant 
spécialement les voisins, même situés à une certaine distance, ceux-ci peuvent avoir 
la qualité pour recourir (ATF 140 II 214 consid. 2.3 ; 136 II 281 consid. 2.3.1 ; TF 
1C_206/2019 du 6 août 2019 consid. 3.1). La qualité pour recourir est également 
admise lorsque sont en cause des immissions immatérielles, soit essentiellement les 
atteintes portées à la vue ou au bien-être. Le voisin peut ainsi se prévaloir du 
caractère inesthétique de la construction à la condition qu'elle soit bien visible depuis 
son propre fonds. En bref, le voisin est admis à recourir lorsqu'il est atteint de manière 
certaine ou du moins avec une probabilité suffisante par la gêne que la décision peut 
occasionner (ATF 140 II 214 consid. 2.3 ; TF 1C_206/2019 du 6 août 2019 consid. 
3.1). Il doit retirer un avantage pratique de l'annulation ou de la modification de l'arrêt 
contesté qui permette d'admettre qu'il est touché dans un intérêt personnel se 
distinguant nettement de l'intérêt général des autres habitants de la collectivité (ATF 
137 II 30 consid. 2.2.3 et 2.3 ; 133 II 249 consid. 1.3.1 ; TF 1C_206/2019 du 6 août 
2019 consid. 3.1 ; cf. également Clémence GRISEL GRAPIN, Qualité pour recourir et 
griefs du voisin, in BR/DC 2014, p. 85). Au stade de l'examen de la qualité pour 
recourir, il suffit de rendre vraisemblable que les aménagements projetés peuvent 
être à l'origine d'immissions (TF 1C_206/2019 du 6 août 2019 consid. 3.2).

2.2 En l'occurrence, la recourante est propriétaire de la parcelle limitrophe à celle 
concernée par le permis de construire prévoyant la construction d’une maison 
familiale – avec poêle, velux, PAC ext., couvert à voitures et atelier de 
bricolage/remise de jardin en annexe, pergola climatique – et dont elle demande la 
révocation. La qualité pour recourir doit dès lors lui être reconnue. S’agissant de la 
haie dont l’entretien est remis en question, bien qu’elle ne se situe pas en limite de 
propriété, elle est visible depuis le bien-fonds de la recourante – ce que les intimés 
ne contestent pas – et son état modifiera l’aspect général de la zone (cf. PJ 42 et 48 
s. du dossier de la demande de permis de construire) ; la recourante passe au 
demeurant chaque jour devant cette haie pour rentrer ou sortir de son domicile. Par 
voie de conséquence, la recourante dispose de la qualité pour recourir.

3. Interjeté dans les forme et délai légaux par la recourante, le recours est recevable et 
il convient d’entrer en matière.

4. L’objet du litige porte sur la question de savoir si les conditions liées au permis de 
construire octroyé et relatives à la haie sise sur la parcelle n° 2044 ont été respectées, 
à savoir si et dans quelle mesure cette haie a été endommagée.

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5. Sous l’angle formel, la recourante se plaint d’un déni de justice de la part de la juge 
administrative, en ce sens qu’elle n’a pas statué sur la question du respect des 
conditions du permis 363/2017, considérant que cette question avait déjà été 
tranchée par l’autorité administrative dans la décision sur opposition du 12 avril 2021 
relative à la suspension des travaux. Elle n’a dès lors pas examiné les moyens de 
preuve produits par la recourante à l’appui de sa demande de reprise de la procédure 
de révocation (en particulier les avis des Drs E.________ et D.________ ainsi que 
celui de l’OENV du 13 août 2021) et a renoncé à mettre en œuvre une inspection des 
lieux ainsi qu’une expertise.

5.1 Selon l'art. 29 al. 1 Cst., toute personne a droit, dans une procédure judiciaire ou 
administrative, à ce que sa cause soit traitée équitablement et jugée dans un délai 
raisonnable. Il y a déni de justice formel lorsqu'une autorité n'applique pas ou applique 
d'une façon incorrecte une règle de procédure, de sorte qu'elle ferme l'accès à la 
justice au particulier qui, normalement, y aurait droit. L'autorité qui se refuse à statuer, 
ou ne le fait que partiellement, viole l'art. 29 al. 1 Cst. (cf. ATF 144 II 184 consid. 3.1 
et les références citées; arrêts 1C_504/2019 du 21 avril 2020 consid. 2.1.1; 
1C_475/2019 du 29 janvier 2020 consid. 3.2).  

En l’espèce, dans la mesure où la juge administrative a rendu une décision sur la 
question qui lui était soumise, à savoir le respect des conditions liées au permis de 
construire 363/2017 relatives à la haie sise sur la parcelle n° 2044, il n’y a 
manifestement aucun déni de justice et le grief doit être rejeté.

5.2 Garanti à l'art. 29 al. 2 Cst., le droit d'être entendu implique notamment pour l'autorité 
l'obligation de motiver sa décision. Il suffit que le juge mentionne, au moins 
brièvement, les motifs qui l'ont guidé et sur lesquels il a fondé sa décision, de manière 
à ce que l'intéressé puisse se rendre compte de la portée de celle-ci et l'attaquer en 
connaissance de cause. Il n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, 
moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais peut au contraire se limiter 
à l'examen des questions décisives pour l'issue du litige (ATF 142 II 154 consid. 4.2 
et les arrêts cités). La motivation peut pour le reste être implicite et résulter des 
différents considérants de la décision (arrêts 1C_638/2012 du 14 janvier 2014 consid. 
7.1; 2C_23/2009 du 25 mai 2009 consid. 3.1, publié in RDAF 2009 II p. 434)

Le droit d'être entendu comprend également le droit pour l'intéressé d'offrir des 
preuves pertinentes, d'obtenir qu'il soit donné suite à ses offres de preuves 
pertinentes et de participer à l'administration des preuves essentielles lorsque cela 
est de nature à influer sur la décision à rendre (ATF 145 I 73 consid. 7.2.2.1 et les 
références citées). L'autorité peut cependant renoncer à procéder à des mesures 
d'instruction lorsque les preuves administrées lui ont permis de forger sa conviction 
et que, procédant d'une manière non arbitraire à une appréciation anticipée des 
preuves qui lui sont encore proposées, elle a la certitude que ces dernières ne 
pourraient l'amener à modifier son opinion (ATF 145 I 167 consid. 4.1 et les arrêts 
cités). 

8

Selon la jurisprudence, une violation du droit d'être entendu peut être réparée lorsque 
la partie lésée a la possibilité de s'exprimer devant une autorité de recours jouissant 
d'un plein pouvoir d'examen (ATF 145 I 167 consid. 4.4). Toutefois, une telle 
réparation doit rester l'exception et n'est admissible, en principe, que dans l'hypothèse 
d'une atteinte qui n'est pas particulièrement grave aux droits procéduraux de la partie 
lésée. Cela étant, une réparation de la violation du droit d'être entendu peut 
également se justifier, même en présence d'un vice grave, lorsque le renvoi 
constituerait une vaine formalité et aboutirait à un allongement inutile de la procédure, 
ce qui serait incompatible avec l'intérêt de la partie concernée à ce que sa cause soit 
tranchée dans un délai raisonnable (ATF 142 II 218 consid. 2.8.1). Par ailleurs, le 
droit d'être entendu n'est pas une fin en soi. Il constitue un moyen d'éviter qu'une 
procédure judiciaire ne débouche sur un jugement vicié en raison de la violation du 
droit des parties de participer à la procédure, notamment à l'administration des 
preuves. Lorsqu'on ne voit pas quelle influence la violation du droit d'être entendu a 
pu avoir sur la procédure, il n'y a pas lieu d'annuler la décision attaquée (ATF 143 IV 
380 consid. 1.4.1).

5.3
5.3.1 En l’occurrence, il est rappelé qu’il appartient à la police des constructions de 

contrôler le respect des prescriptions en matière de construction et les charges et 
conditions liées au permis de construire (art. 35 al. 2 LCAT). L’autorité communale, 
en sa qualité d’autorité de police des constructions, a examiné si les conditions 
précitées du permis de construire octroyé avaient été respectées par les intimés. En 
particulier, il ressort de la décision du 15 mars 2021 que l’autorité communale a 
mandaté le garde forestier responsable du triage forestier de Haute-Ajoie, 
F.________ (dossier SPC PJ 51), et le conseiller communal G.________, pour 
effectuer un constat de l’état de la haie, constat qui a eu lieu sur place le 11 février 
2021. Le rapport établi constate que la taille de la haie a été faite de manière correcte 
et, pour des raisons sécuritaires, certaines tiges déjetées (penchées) en direction de 
la parcelle 2044 ou de la route mériteraient encore d’être coupées ou au moins 
raccourcies. La majorité de ces arbres ont déjà été taillés il y a plusieurs années et 
montrent des signent de pourriture à l’endroit de l’ancienne taille. Il n’y a donc pas de 
dégâts constatés. Les rapporteurs considèrent également que la fonction écologique 
sera probablement augmentée avec cette taille car la haie deviendra plus fournie 
dans la base. Le rapporteur G.________ constate également que la largeur sur la 
route de la place bitumée de 10 mètres maximum est respectée. Il en va de même 
de la condition liée à l’arborisation de part et d’autre de la route, puisque les intimés 
se sont engagés à respecter cette condition dans le courrier adressé à l’autorité 
communale au terme de leurs travaux. Ces constats ont été repris dans la décision 
sur opposition de l’autorité communale du 12 avril 2021 – entrée en force à l’issue du 
retrait du recours et des mesures provisionnelles par la recourante – et dans la 
décision de la juge administrative du 5 mai 2023.

9

Or, ces constats entrent en contradiction avec l’avis des experts E.________ du 12 
août 2021 et D.________ du 18 mai 2021 ainsi qu’avec l’avis de l’ENV du 13 août 
2021 produits par la recourante dans le cadre de la demande de reprise de la 
procédure de révocation, le 25 août 2021. Pourtant, dans les décisions des 18 mai et 
24 octobre 2022, l’autorité intimée n’a évoqué que les décisions de non suspension 
des travaux des 15 mars et 12 avril 2021, sans évoquer les rapports des Dr 
D.________ et E.________, à l’instar de la juge administrative. 

Certes, lorsque la décision ne peut plus faire l’objet d’un recours ordinaire, soit qu’une 
telle voie n’existe pas, que le délai de recours s’est écoulé sans qu’un recours soit 
déposé ou que les parties ont renoncé à recourir, elle devient définitive et bénéfice 
de la force de chose décidée. Lorsque la décision a été rendue par une autorité 
judiciaire, on parle de force de chose jugée. Une décision définitive est exécutoire. 
L’autorité de la chose jugée (ou force de chose jugée au sens matériel [materielle 
Rechtskraft]) interdit de remettre en cause, dans une nouvelle procédure, entre les 
mêmes parties, une prétention identique qui a été définitivement jugée. 

Toutefois, l’autorité de la chose jugée ne s’applique en principe pas aux décisions 
rendues par l’autorité administrative, mais uniquement aux jugements. Aussi, même 
si une décision a fait l’objet d’un recours devant la justice, les points qui n’ont pas été 
tranchés dans le recours peuvent être remis en cause. Par ailleurs, le principe de la 
force matérielle des décisions ou l’autorité de chose décidée est nettement plus limité 
en droit administratif qu’en procédure civile où les parties ne peuvent plus remettre 
en cause devant quelque juridiction que ce soit un litige déjà tranché par l’autorité 
compétente avec force de chose jugée. Compte tenu de l’intérêt public à ce que 
l’administration applique correctement la loi, ce principe n’est pas admis en droit 
administratif pour les décisions prises en première instance. Il en va autrement de 
l’autorité de recours qui rend un jugement et qui ne saurait dès lors contrôler deux 
fois la même décision : c’est l’autorité matérielle de chose jugée (BROGLIN/WINKLER 
DOCOURT/MORITZ, Procédure administrative et juridiction constitutionnelle – Principes 
généraux et procédure jurassienne, 2ème éd., 2021, n° 101 ; BOVAY, Procédure 
administrative, 2ème éd., 2015, p. 388 s.).

5.3.2 Au cas particulier, la procédure ayant mené aux décisions administratives des 15 
mars et 12 avril 2021 concernait une demande de suspension des travaux alors que 
l’objet du présent litige concerne la révocation du permis, au regard en particulier de 
la remise en état de la haie. Si ces décisions ont fait l’objet d’un recours auprès de la 
juge administrative, la recourante a par la suite retiré son recours, de sorte que cet 
aspect du litige n’a de toute façon pas été tranché par l’autorité de recours. Il 
appartenait ainsi à la juge administrative d’examiner si la haie avait été endommagée 
et dans quelle mesure, au regard des moyens de preuve produits par la recourante à 
l’appui de sa demande du 25 août 2021, soit les rapports des Drs D.________ et 
E.________ ainsi que l’avis de l’ENV du 13 août 2021, ce qu’elle a renoncé à faire, 
se référant uniquement à la procédure de suspension des travaux. En ce sens, elle a 
violé le droit d’être entendue de la recourante.

10

Dans la mesure où la Cour de céans dispose du même pouvoir d’examen que la juge 
administrative, elle est en mesure de statuer elle-même sur cette question (cf. infra 
consid. 6), de sorte que la violation du droit d’être entendue commise en première 
instance peut être réparée, au regard de ce qui suit. 

6. Sur le fond, la recourante se plaint du fait que les intimés n’ont pas respecté les 
conditions liées au permis de construire délivré le 21 août 2018. En effet, l’autorisation 
de construire une maison familiale était notamment conditionnée au respect de la 
largeur de la route de la place bitumée de maximum 10 mètres et par une arborisation 
de part et d’autre de la largeur sur la route de la place bitumée permettant de limiter 
la présence visuelle de cette surface bitumée, à la manière de la maison située au 
Sud. 

6.1 Les principes généraux sur la révocation des actes administratifs, découlant de la 
jurisprudence, ne s’appliquent que lorsque la loi ne règle pas elle-même la question. 
À défaut de disposition légale spéciale, les actes administratifs qui ne sont pas ou 
plus conforme à la loi peuvent être révoqués aux conditions fixées par la 
jurisprudence du Tribunal fédéral. Il s’agit de mettre en balance l’intérêt au respect du 
droit objectif et l’intérêt de la sécurité des relations juridiques. Le postulat de la 
sécurité du droit l’emporte en général lorsque la décision précédente a fondé un droit 
subjectif, lorsqu’elle a été prise dans une procédure au cours de laquelle tous les 
intérêts antagonistes devaient être examinés, sous tous leurs aspects et mis en 
balance ou lorsqu’il a déjà été fait usage de la décision (par exemple un propriétaire 
ayant commencé la construction d’un projet autorisé). Cette règle n’est cependant 
pas absolue : une révocation peut aussi intervenir dans un des trois cas précités 
lorsqu’elle est imposée par un intérêt public particulièrement important. L’autorité 
compétente pour prononcer la révocation est celle qui a pris la décision. La 
compétence de l’autorité hiérarchique supérieure est également admise ainsi que, 
s’agissant des décisions communales, celle de l’autorité inférieure cantonale de 
surveillance (BOVAY, op. cit., p. 390 s.). 

Aux termes de l’art. 24 al. 1 LCAT, un permis de construire délivré contrairement aux 
prescriptions de droit public peut, si un intérêt public l’exige, être révoqué par l’autorité 
qui l’a accordé ; le Département peut en ordonner la révocation, après avoir entendu 
ladite autorité. L’al. 2 prévoit que si les travaux de construction ont déjà commencé, 
la révocation n’est admise que : si des intérêts publics impérieux l’exigent ; demeurent 
réservé le dédommagement du propriétaire, les dispositions concernant 
l’expropriation matérielle étant applicables par analogie (art. 102 ss) (let. a) ou si le 
requérant a obtenu le permis en induisant l’autorité en erreur (let. b). En particulier, il 
s’agit de déterminer si l’on se trouve en présence d’un intérêt public impérieux qui 
exige la révocation du permis de construire. Pour définir ce qu’il faut entendre par 
« intérêts impérieux », la jurisprudence de la Cour de céans admet que ces termes 
visent d’une part ceux qui tendent à la sauvegarde des biens de police au sens étroit 
et, d’autre part, ceux qui ne peuvent être ignorés sans inconvénients importants pour 
la collectivité (cf. RJJ 2003 consid. 2b p. 42 s.). 

11

L’art. 36 LCAT prévoit quant à lui que lorsque les travaux de construction sont 
exécutés sans permis ou en violation des dispositions de celui-ci, l’autorité 
compétente en matière de police des constructions ordonne la suspension des 
travaux ; cette décision est immédiatement exécutoire (al. 1). Si le vice peut être 
éventuellement corrigé par un permis délivré ultérieurement, l’autorité de police des 
constructions impartit au propriétaire ou au titulaire du droit de superficie un délai pour 
présenter une demande de permis ou de modification en cours de travaux en 
l’informant que, si cette demande n’est pas présentée dans ce délai, elle ordonnera 
le rétablissement conforme à la loi (al. 2). S’il apparaît d’emblée que le vice ne peut 
pas être corrigé par une autorisation délivrée ultérieurement, ou si la demande n’est 
pas présentée conformément à l’alinéa 2 ci-dessus, ou si enfin elle est refusée, 
l’autorité de police des constructions impartit au propriétaire ou au titulaire du droit de 
superficie un délai approprié en vue d’éliminer ou de modifier les constructions ou 
parties de constructions édifiées de manière illicite sous commination de l’exécution 
par substitution (al. 3). 

Selon l’art. 35 LCAT, dans les limites de leur compétence, les organes de la police 
des constructions arrêtent les mesures nécessaires à l’application de la présente loi, 
ainsi que des prescriptions et décisions fondées sur elle (al. 1). II leur incombe en 
particulier de : contrôler le respect des prescriptions en matière de construction et des 
conditions et charges liées au permis de construire, lors de la réalisation des projets 
(let. a), rétablir l’état conforme à la loi, lorsque des travaux sont exécutés de façon  
illicite ou que les prescriptions sur la construction ou les conditions et charges sont 
violées ultérieurement (let. b) ; faire supprimer les perturbations de l’ordre public dues 
à des constructions et installations inachevées, mal entretenues ou de toute autre 
manière contraires aux dispositions légales (al. 2).

6.2 En l’espèce, la recourante entend tirer argument du fait que les conditions du permis 
de construire relatives au maintien de la haie n’ont pas été respectées. 

Selon le rapport du Dr D.________, biologiste, du 18 mai 2021, « la haie [située le 
long de la route communale] a été ouverte sur 13 mètres linéaires dans sa partie 
médiane et d’environ 9 mètres linéaires dans sa partie supérieure, là où se trouvaient 
quelques éléments constituant une clôture métallique. Le cordon boisé se termine 
vers la pointe par quelques hêtres situés sur une parcelle privée, dans son état actuel, 
après l’intervention qu’elle a subie, cette haie a perdu une grande partie de son intérêt 
structural et biologique. Pour entretenir correctement cette haie, les arbres auraient 
dû être rabattus tous à la même hauteur et les essences arbustives n’auraient pas dû 
être éliminées ou massacrées de la sorte. On voit que les travaux ont été réalisés par 
des personnes qui ne connaissent pas les haies et leur dynamique, c’est du travail 
d’amateur. Laisser une branche par arbre est une erreur qui rend la haie inesthétique, 
dangereuse et qui n’assure pas sa fonction biologique ». Le Dr D.________ ajoute 
« En rabattant les branches subsistantes et en taillant les troncs correctement à plus 
ou moins même hauteur, on pourra redonner à cette haie, par un entretien régulier, 
une structure acceptable et esthétique. 

12

Entre chaque tronc, les essences taillées ou détruites doivent être remplacées par 
des plants typiques des haies pour assurer au cordon boisé une nouvelle densité, 
nécessaire du point de vue de la biodiversité […]. L’ouverture autorisée pour l’accès 
à la parcelle (10 mètres linéaires d’après le permis de construire délivré aux nouveaux 
propriétaires) doit être respectées. Les 3 mètres coupés en excès doivent replantés 
à l’aide de plans typiques des haies, tout comme les 9 mètres situés en-haut de la 
parcelle » (dossier SPC PJ 47-10). Quant au rapport du Dr E.________, ingénieur 
forestier EPFZ, du 12 août 2021, ce dernier constate d’abord que « la haie fait l’objet 
de deux ouvertures, l’une mesure environ 12 mètres de longueur, réalisée il y a 
quelques temps déjà. Cette ouverture figure parmi les conditions mentionnées dans 
le permis de construire, mais pour une longueur de 10 mètres au maximum. L’autre 
ouverture mesure environ 5 mètres de longueur (sans compter l’emplacement d’un 
ancien portail, qui s’ajoute à cette ouverture) et a été réalisée plus récemment. Elle 
n’est pas mentionnée dans le permis de construire. Ces deux ouvertures ont été 
pratiquées par abattage des arbres et arbustes, dessouchage et raclage du sol 
pratiquement jusqu’à la dalle calcaire. Quelques racines seulement sont encore 
visibles […]. Cette intervention a eu lieu de manière peu respectueuse de la pérennité 
de la haie ; elle ne correspond pas aux règles de l’art en la matière. Les travaux de 
terrassement pour la construction prévue dans la parcelle concernée ont été réalisés 
pratiquement jusqu’à la haie, la fouille endommageant ainsi gravement 
l’enracinement des ligneux qui constituent la haie, en particulier dans sa partie 
inférieure. À l’avenir, l’accent doit impérativement porter sur un renforcement de la 
haie en tirant parti d’une part des troncs de charme, d’autre part de la variété des 
espèces présentes. Nous suggérons de rabattre toutes les branches de charme à la 
hauteur des troncs, de laisser rejeter les troncs et ensuite de sélectionner puis de 
favoriser les rejets les plus solide. Parallèlement, il convient de favoriser toutes les 
autres espèces présentes en leur donnant l’espace nécessaire à leur développement. 
Pour accroître la stabilité de la haie, des interventions soigneuses seront nécessaires 
régulièrement à l’avenir » (dossier SPC PJ 46-10).

L’ENV s’est ensuite exprimé, après avoir visité les lieux le 30 juin 2021, par courrier 
du 13 août 2021. Il constate que les deux ouvertures qui ont été réalisées à travers 
la haie pour faciliter l’accès à la parcelle n° 2044 pendant la période de chantier 
dépassent la largeur de l’accès autorisé (10 mètres) pour la nouvelle construction. 
Toutefois, vu la configuration de la parcelle, ces deux ouvertures peuvent être 
provisoirement acceptées. La haie devra cependant être reconstituée, conformément 
aux dispositions définies dans le permis de construire, à la fin du chantier. Il appartient 
toutefois à l’autorité communale de veiller, dans sa tâche de police des constructions, 
au respect des dispositions applicables au cours et à la fin du chantier (PJ 4 
recourante). 

6.3 Il découle de ce qui précède que les conditions du permis de construire n’ont 
effectivement pas été respectées par les intimés. Toutefois, si les interventions sur la 
haie concernée ont été effectuées « de manière peu respectueuse », « ne 
correspondent pas aux règles de l’art en la matière » et s’apparentent à un « travail 
d’amateur », la haie pourra toutefois être conservée, renforcée et retrouver une 

13

structure esthétique ainsi qu’une nouvelle intensité, nécessaire du point de vue de la 
biodiversité. Il convient pour ce faire de notamment rabattre les branches 
subsistantes, tailler les troncs et remplacer les essences taillées ou détruites par des 
plants typiques pour assurer un cordon boisé ; des interventions soigneuses seront 
régulièrement nécessaires.

La Cour de céans fait donc injonction aux intimés de remettre la haie en état, de façon 
à ce que les conditions du permis de construire soient respectées, cela sous le 
contrôle de l’autorité de police des constructions et sous commination d’une exécution 
par substitution.

Dans la mesure où le permis de construire 363/2017 a été considéré par la Cour de 
céans, puis par le Tribunal fédéral, comme étant conforme à la législation sur la 
protection de la nature et du paysage ainsi qu’aux dispositions communales idoines, 
sans être disproportionné puisqu’il permet également de valoriser la haie tout en 
respectant les divers intérêts privés des propriétaires, il n’y a pas lieu de révoquer le 
permis, d’autant qu’aucun intérêt public impérieux ne l’exige.

6.4 Au vu des considérants qui précèdent, une inspection locale ou une expertise 
s’avèrent inutiles. Il sied de rappeler que l’ENV avait procédé à une visite des lieux le 
30 juin 2021. Il ressort de son courrier du 13 août suivant que les conditions relatives 
à la haie n’avaient pas été respectées et qu’il appartenait à l’autorité communale de 
la remettre en état, ce qui n’a été contesté ni par les intimés ni par l’autorité intimée. 

7 Partant, le recours est partiellement admis, dans le sens où il est ordonné aux intimés 
de remettre la haie en état, conformément aux considérants qui précèdent, sous le 
contrôle de l’autorité de police des constructions ; la cause est ainsi renvoyée à 
l’autorité communale, en charge de la police des constructions pour qu’elle procède 
au sens des considérants. Dans cette mesure, la décision attaquée est annulée. Le 
recours est rejeté pour le surplus.

8 Les frais de la procédure doivent être mis pour moitié à la charge des intimés qui 
succombent sur la question de la remise en état de la haie et pour l’autre moitié à la 
charge de la recourante qui succombe s’agissant de la conclusion tendant à la 
révocation du permis de construire (art. 219 al. 1 Cpa). Il n’y a pas lieu de mettre de 
frais à la charge de l’autorité intimée (art. 223 al. 1 Cpa). Les frais de la procédure de 
première instance mis à charge de la recourante sont réduits de moitié, l’autre moitié 
étant à la charge des intimés. Par économie de procédure, il ne se justifie en effet 
pas de retourner le dossier à la juge administrative pour qu’elle statuer sur les frais et 
dépens de la procédure de première instance.

Pour la procédure de deuxième instance, il n’y a pas lieu d’allouer d’indemnité de 
dépens à l’autorité intimée (art. 230 al. 1 Cpa). En revanche, il se justifie d’allouer une 
indemnité de dépens aux intimés et à la recourante. Les intimés, qui succombent 
partiellement, doivent être condamnés à supporter les dépens de la recourante à 
concurrence de la moitié, l’autre moitié étant laissée à la charge de la recourante.

14

Il en va de même pour la recourante qui doit être condamnée à supporter les dépens 
des intimés à concurrence de la moitié, l’autre moitié étant laissée à la charge des 
intimés. Dès lors, en application de l’art. 229 2ème phr. Cpa, et par appréciation de la 
note d’honoraires de la recourante sur la base du dossier (cf. circulaire n° 12 du 26 
août 2015 relative à la fixation des honoraires d’avocat en justice), les dépens sont 
compensés entre les parties. Concernant les dépens de première instance, chacune 
des parties supporte ses dépens, de sorte que l’indemnité de CHF 5'184.- versée par 
la recourante aux intimés lui sera remboursée (art. 227 al. 1 Cpa).

PAR CES MOTIFS 

LA COUR ADMINISTRATIVE

admet partiellement

le recours ;

ordonne

aux intimés de reconstituer et d’entretenir la haie sise sur la parcelle n° 2044 de Grandfontaine 
conformément aux conditions liées au permis de construire 363/2017 octroyé le 21 août 2018, 
sous le contrôle de l’autorité communale de la police des construction, et sous peine 
d'exécution par un tiers aux frais des intimés ;

rejette

le recours pour le surplus ;

attire

l’attention de l’autorité communale en sa qualité d’autorité de police des constructions pour 
qu’elle procède au contrôle de l’exécution de la présente décision par les intimés au sens des 
considérants ;

met

les frais de la procédure de première instance, à raison de 1/2, par CHF 725.-, à la charge des 
intimés et de 1/2, par CHF 725.-, à la charge de la recourante, à prélever sur l’avance de frais 
effectuée par la recourante, les intimés étant condamnés à rembourser CHF 725.- à la 
recourante ;

15

compense 

les dépens de la recourante et des intimés pour la procédure de première instance, de sorte 
que l’indemnité de CHF 5'184.- versée par la recourante aux intimés lui sera remboursée ;

dit

qu’il n’est pas alloué de dépens à l’autorité intimée pour la procédure de première instance ;

met

les frais de la procédure de deuxième instance, par CHF 2'000.-, à la charge de la recourante 
et des intimés, à raison de 1/2 chacun, à prélever sur l’avance de frais effectuée par la 
recourante, les intimés étant condamnés à rembourser CHF 1’000.- à la recourante ;

compense

les dépens de la recourante et des intimés pour la procédure de deuxième instance ;

dit 

qu’il n’est pas alloué de dépens à l’autorité intimée pour la procédure de deuxième instance ;

informe

les parties des voies et délai de recours selon avis ci-après ;

ordonne

la notification du présent arrêt :
 à la recourante, par son mandataire, Me Stéphane Voisard, avocat à Genève ;
 aux intimés, par leur mandataire, Me Hubert Theurillat, avocat à Porrentruy ;
 à l’autorité intimée, Section des permis de construire du Service du développement 

territorial, rue du 24-Septembre 2, 2800 Delémont ;
 à la commune de Grandfontaine, en sa qualité d’autorité de police des constructions. ;
 à l’Office fédéral du développement territorial (ARE), 3003 Berne.

Porrentruy, le 22 novembre 2023 

AU NOM DE LA COUR ADMINISTRATIVE
La présidente : La greffière :

Sylviane Liniger Odiet Carine Guenat

16

Communication concernant les moyens de recours :

Le présent arrêt peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le 
recours en matière de droit public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal 
fédéral (LTF - RS 173.110), le recours constitutionnel subsidiaire aux conditions des articles 113 ss LTF. Le 
mémoire de recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14; il doit être rédigé dans une langue 
officielle, indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. Les motifs doivent exposer 
succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit. Si le recours n'est recevable que s'il soulève une question 
juridique de principe, il faut exposer en quoi l'affaire remplit cette condition. Les pièces invoquées comme moyens 
de preuve doivent être jointes au mémoire, pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de 
la décision attaquée.

Les mémoires doivent être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral, soit, à l’attention de 
ce dernier, à la Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF).