# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b0dc20dd-1327-5ab7-bbfc-85eef2963cfa
**Source:** Valais/Wallis (VS)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2012-04-11
**Language:** fr
**Title:** Wallis Sonstiges Gericht Sonstige Kammer 11.04.2012 C1 10 106
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VS_Gerichte/VS_BZG_999_C1-10-106_2012-04-11.pdf

## Full Text

258 RVJ / ZWR 2013 

Procédure civile – exequatur, mesures conservatoires - ATC 
(Juge de la Cour civile I) du 11 avril 2012, X. Corp et Y. c. Z. AS – 
TCV C1 10 106, C1 10 109, C1 10 110 

Convention de Lugano (1988) : exequatur d’un jugement étranger, 
mesures conservatoires ; voies de droit 
- Application, en l’espèce, de la Convention de Lugano de 1988 ; principe de non-

rétroactivité (art. 54 CL, art. 63 CLrév. ; consid. 9a). 
- Qualité pour recourir selon l’art. 36 CL (consid. 11b). 
- Mesures conservatoires et voies de droit contre celles-ci : des mesures conservatoi-

res prononcées sur la base de l’art. 39 CL ne peuvent être attaquées que par le biais 
de la voie de droit de l’art. 36 CL ; en cas de prononcé d’un séquestre, l’opposition au 
sens de l’art. 278 LP entre certes en ligne de compte, mais qu’autant que l’opposant 
se prévale de motifs relevant de la pure exécution du séquestre ; l’opposition doit 
également être ouverte au tiers dont les droits ont été touchés par la mesure (art. 36 
et 39 CL, art. 278 LP ; consid. 12a et b). 

Lugano-Übereinkommen (1988): Exequatur eines ausländischen 
Urteils, sichernde Massnahmen; Rechtsmittelweg 
- Anwendbarkeit des Lugano-Übereinkommens von 1988; Rückwirkungsverbot (Art. 54 

LugÜ, Art. 63 rev.LugÜ; E. 9a).  
- Beschwerdelegitimation nach Art. 36 LugÜ (E. 11b).  
- Sichernde Massnahmen und Rechtsmittel dagegen: gestützt auf Art. 39 LugÜ 

angeordnete sichernde Massnahmen können nur mittels des in Art. 36 LugÜ 
vorgesehenen Rechtsbehelfs angefochten werden; im Falle der Arrestlegung kommt 
die Einsprache im Sinne von Art. 278 SchKG in Frage, soweit sich der Einsprecher 
auf Gründe beruft, die sich allein gegen den Vollzug des Arrestes richten; die 
Einsprache muss auch Dritten offen stehen, die durch die Massnahme in ihren 
Rechten betroffen sind (Art. 36 und 39 LugÜ, Art. 278 SchKG; E. 12a und b). 

 

Faits (résumé) 
 

A.  Par jugement du 22 janvier 2004, le Borgarting Lagmannsrett 
(Cour d’appel de Borgarting) a condamné X. Corp. à verser à Z. AS la 
somme de 18'131'808 NOK, avec intérêt à 9,5 % l’an dès le 1er janvier 
2004.  

X. Corp. a porté ce jugement devant le Norges Høyesterett (Cour 
suprême de Norvège), qui, par décision du 16 juillet 2004, a déclaré 
son pourvoi irrecevable.  

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B.  Par écriture du 9 avril 2010, Z. AS a saisi le juge de district d’une 
requête d’exequatur et de mesures conservatoires (en l’occurrence un 
séquestre [« Arrest gemäss 39 Abs. 2 LugÜ i.V.m. 272 SchKG »]) 
fondée sur les art. 31 et 39 al. 2 de la Convention concernant la 
compétence judiciaire et l’exécution des décisions en matière civile et 
commerciale, faite à Lugano le 16 septembre 1988 (Convention de 
Lugano). Cette requête était dirigée contre X. Corp., en qualité de 
défenderesse et de débitrice du séquestre, ainsi que contre Y., en 
qualité de débiteur du séquestre.  

C.  Par décision du 30 avril 2010, le juge de district a déclaré exécu-
toires le jugement du 22 janvier 2004 du Borgarting Lagmannsrett et 
celui du 16 juillet 2004 du Norges Høyesterett, rendus dans l’affaire 
ayant opposé Z. AS à X. Corp. Dans cette décision, X. Corp. figure 
comme intimée et Y. comme tiers concerné. 

Par décision du même jour, le magistrat a, à titre de mesures conser-
vatoires au sens de l’art. 39 al. 2 CL, prononcé un séquestre. X. Corp. 
y figure en qualité de débitrice, et Y. en qualité de tiers détenteur.  

Sur requête de Z. AS, le magistrat a encore rendu, le 3 mai 2010, une 
décision complémentaire de mesures conservatoires, les biens dési-
gnés étant propriété de Y.  

D.  Le 10 juin 2010, Y. a formé appel devant le Tribunal cantonal 
contre les trois décisions rendues par le juge de district, concluant à 
leur annulation. 

Le 5 avril 2011, X. Corp. a déposé auprès du Tribunal cantonal une 
écriture intitulée « détermination », au terme de laquelle elle a conclu 
à l’annulation des deux décisions du 30 avril 2010, ainsi qu’à celle du 
3 mai 2010, et à ce que, en tout état de cause, il soit constaté la nullité 
de ces décisions, en l’absence de toute compétence ratione loci de la 
juridiction suisse s’agissant de sa mise en cause en Valais. 

 

Considérants (extraits)  
 

9.  L’art. 1er al. 2 LDIP réserve les traités internationaux en matière de 
compétence internationale et de reconnaissance et exécution des 
décisions étrangères. 

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a)  Le 1er janvier 2011 est entrée en vigueur - pour la Suisse - la 
Convention du 30 octobre 2007 concernant la compétence judiciaire, 
la reconnaissance et l'exécution des décisions en matière civile et 
commerciale (Convention de Lugano révisée; ci-après : CLrév). Pour 
les Etats membres de l'Union européenne, ainsi que pour la Norvège, 
l'entrée en vigueur a eu lieu le 1er janvier 2010. Ce texte remplace la 
convention du 16 septembre 1988 concernant la compétence judi-
ciaire et l'exécution des décisions en matière civile et commerciale 
(Convention de Lugano; ci-après : CL), entrée en vigueur le 1er janvier 
1992 pour la Suisse et le 1er mai 1993 pour la Norvège. 

La CLrév, à l'instar de la CL, connaît le principe de la non-rétroactivité 
(art. 63 ch. 1 CLrév et 54 al. 1 CL). Ainsi, seuls les jugements rendus 
à l'issue de procédures introduites après son entrée en vigueur dans 
l'Etat d'origine et dans l'Etat requis sont reconnus et exécutés confor-
mément à la CLrév (Oetiker/Weiber, in Lügano-Übereinkommen, 
Commentaire bâlois, 2011, n. 7 ad art. 63 CLrév). Selon son art. 63 
ch. 2, la convention révisée est néanmoins également applicable, à 
certaines conditions, lorsque la reconnaissance et l'exécution portent 
sur des jugements rendus postérieurement à son entrée en force.  

En l'espèce, la demande qui est à l'origine des jugements rendus le 
22 janvier 2004 par le Borgarting Lagmannsrett et le 16 juillet 2004 
par le Norges Høyesterett - dont l'exequatur est demandé - a été 
introduite avant l'entrée en vigueur de la CLrév en Norvège et en 
Suisse, et les jugements en question sont antérieurs à l'entrée en 
vigueur de la convention aussi bien dans l'Etat d'origine que dans 
l'Etat requis. La demande a en revanche été déposée postérieure-
ment à l'entrée en vigueur de la CL pour la Suisse et pour la Norvège. 
Dans ces circonstances, seule la CL s'applique à la reconnaissance et 
à l'exécution des jugements en cause.   

b)  (…) 

10.  a)  (…) 

b)  Les décisions rendues dans un Etat contractant et qui y sont 
exécutoires sont mises à exécution dans un autre Etat contractant 
après y avoir été déclarées exécutoires sur requête de toute partie 
intéressée (art. 31 al. 1 CL). (…) 

c)  (…) 

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d)  Selon l’art. 34 CL, la juridiction saisie de la requête statue à bref 
délai, sans que la partie contre laquelle l'exécution demandée puisse, 
en cet état de la procédure, présenter d'observation (1re phr.); la 
requête ne peut être rejetée que pour l'un des motifs prévus aux 
art. 27 et 28 (2e phr.); en aucun cas, la décision étrangère ne peut 
faire l'objet d'une révision au fond (3e phr.). 

e)  aa)  La décision du tribunal admettant la requête d'exequatur doit 
être notifiée au débiteur qui, jusqu'alors, ignore tout de la procédure 
introduite contre lui, la procédure d'exequatur étant, dans un premier 
temps, unilatérale. Si l'intéressé est domicilié dans l'Etat requis, la 
notification est effectuée conformément au droit national de cet Etat 
(Staehelin, in Dasser/Oberhammer [édit.], Kommentar zum Lugano-
Übereinkommen (LugÜ), 2008, n. 5 ad art. 36 CL). Si le défendeur est 
domicilié à l'étranger, c'est en fonction des conventions internationales 
spéciales, particulièrement celles de la Haye, que la question doit être 
réglée (Donzallaz, La Convention de Lugano du 16 septembre 1998 
concernant la compétence judiciaire et l’exécution des décisions en 
matière civile et commerciale, 1997, vol. II, no 3902). En l'absence de 
traité, il faut, sous réserve d'une pratique contraire, recourir à la voie 
diplomatique (Staehelin, n. 6 ad art. 36 CL).  

bb)  (…) 

cc)  (…) 

11.  a)  Selon l’art. 36 CL, si l'exécution est autorisée, la partie contre 
laquelle l'exécution est demandée peut former un recours contre la 
décision dans le mois de sa signification; si cette partie est domiciliée 
dans un Etat contractant autre que celui où la décision qui autorise 
l'exécution a été rendue, le délai est de deux mois et court du jour où 
la signification a été faite à personne ou à domicile; ce délai ne 
comporte pas de prorogation à raison de la distance. 

b)  Est légitimée à exercer le recours de l’art. 36 CL la personne à 
l'égard de laquelle le tribunal de première instance a prononcé le 
caractère exécutoire d'un jugement. Il s'agit de la partie formellement 
désignée comme telle dans la décision. A dès lors qualité pour 
recourir la personne désignée à tort comme débiteur dans la décision 
d'exequatur (Hofman/Kunz, in Lugano-Übereinkommen, Commentaire 
bâlois, 2011, n. 33 et 34 ad art. 43 CLrév). Les tiers n'ont aucun droit 
de recours. Ils peuvent intervenir, le cas échéant, au stade de la mise 

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à exécution (Staehelin, n. 3 ad art. 36 CL; Kropholler, Europäisches 
Zivilprozessrecht, 8e éd., 2005, n. 5 ad art. 43 EuGVO; Donzallaz, 
op. cit., no 3936; Bucher, in Loi sur le droit international privé - 
Convention de Lugano, op. cit., n. 2 ad art. 43 CLrév. et les réf.; 
Hofmann/Kunz, n. 32 et 41 ad art. 43 CLrév.).  

c)  Le débiteur dispose de différents moyens pour s'opposer à l'exe-
quatur. Il peut faire valoir qu'il n'existe pas de décision au sens de 
l’art. 25 CL, que la décision ne peut pas être reconnue pour un motif 
déduit des art. 27 et 28 CL ou qu'elle n'est pas exécutoire (Staehelin, 
n. 21 ad art. 36 CL). 

En outre, il est admis que des moyens nouveaux, c'est-à-dire posté-
rieurs au jugement rendu dans l'Etat d'origine, peuvent être invoqués 
pour faire obstacle à l'exequatur (Donzallaz, op. cit., no 3358, et les 
réf.; Kellerhals, Neueurungen im Vollstreckungsrecht der bernischen 
Zivilprozessordnung, in ZBJV 132bis (1996), p. 93). Entrent notam-
ment en ligne de compte la compensation, le paiement et la prescrip-
tion (Staehelin, n. 22 ad art. 36 CL; Kellerhals, loc. cit.). 

12.  a)  Pendant le délai du recours prévu à l’art. 36 CL et jusqu'à ce 
qu'il ait été statué sur celui-ci, il ne peut être procédé qu'à des mesu-
res conservatoires sur les biens de la partie contre laquelle l'exécution 
est demandée (art. 39 al. 1 CL). La décision qui accorde l'exécution 
emporte l'autorisation de procéder à ces mesures (art. 39 al. 2 CL). 
En Valais, la compétence appartient au juge de district (art. 2 de la loi 
cantonale d'application de la CL).  

L'autorisation de prononcer des mesures conservatoires est automa-
tique, en ce sens qu'elle découle de la décision d'exequatur et n'a pas 
à faire l'objet d'une nouvelle décision. Cette règle est déduite de 
l’art. 39 al. 2 CL. Ainsi, la partie qui a demandé et obtenu l'autorisation 
d'exécution peut ipso jure, dans le délai indiqué à l’art. 36 CL, faire 
procéder directement à des mesures conservatoires sur les biens de 
la partie contre laquelle l'exécution est demandée (Donzallaz, op. cit., 
no 4112). Le demandeur peut aussi requérir directement, en sus de 
l'exequatur, par une conclusion spécifique, l'adoption de mesures 
conservatoires (Donzallaz, op. cit., no 4122). 

La question de savoir quelles sont les mesures qui peuvent être 
ordonnées selon l’art. 39 CL est controversée (pour un catalogue des 
mesures envisageables : Staehelin, n. 16 ss ad art. 39 CL). Pour la 

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condamnation à payer une somme d'argent ou à fournir des sûretés, 
le séquestre des art. 271 ss aLP entre en considération, moyennant 
de notables aménagements (ATF 126 III 438 consid. 4a et 4b; arrêt 
5A_79/2008 du 6 août 2008 consid. 2.2). Il s'agit d'une institution sui 
generis ayant comme origine l’art. 39 CL directement et comme effets 
ceux liés au séquestre (Donzallaz, op. cit., no 4188). 

b)  Des mesures conservatoires prononcées sur la base de l’art. 39 
CL ne peuvent être attaquées que par le biais de la voie de droit de 
l’art. 36 CL. Il n'est pas possible de les contester dans le cadre d'une 
voie de l'ordre juridique interne de l'Etat requis (Staehelin, n. 40 ad 
art. 39 CL). En cas de prononcé d'un séquestre, l'opposition au sens 
de l’art. 278 LP entre certes en ligne de compte. Elle n'est toutefois 
admissible qu'autant que l'opposant n'entende pas remettre en cause 
le cas de séquestre (Staehelin, n. 42 ad art. 39 CL; Artho von Gunten, 
Die Arresteinsprache, 2001, p. 17; Cambi Favre-Bulle, La mise en 
œuvre en Suisse de l'art. 39 al. 2 de la Convention de Lugano, in 
RSDIE 1998, p. 366; Gassmann, Arrest im internationalen Rechts-
verkehr, Zum Einfluss des Lugano-Übereinkommen auf das schweize-
rische Arrestrecht, 1998, p. 203; Schwander, Arrestliche Neuerungen 
im Zuge der Umsetzung des revidierten Lugano-Übereinkommens, in 
ZBJV 2010, p. 686 sv.; Atteslander-Dürrenmatt, Sicherungsmittel "à 
discrétion"? Zur Umsetzung von Art. 39 LugÜ in der Schweiz, in PJA 
2001, p. 189; Füllemann, in PJA 2009, p. 669; Plutschow, in Schnyder 
[édit.], Lugano-Übereinkommen zum internationalen Zivilverfahrens-
recht, Kommentar, 2011, n. 25 ad art. 47 CLrév; contra : Kellerhals, 
p. 111). Elle n'est en effet ouverte qu'aux motifs relevant de la pure 
exécution du séquestre (contestation de l'objet du séquestre, excep-
tion de droit de gage, titularité des biens séquestrés; Artho von 
Gunten, loc. cit.; Cambi Favre-Bulle, loc. cit.; Reiser, Commentaire 
bâlois de la LP, 2010, n. 10a ad art. 278 LP). Elle doit également être 
disponible aux tiers dont les droits ont été touchés par la mesure 
(Cambi Favre-Bulle, loc. cit.; Bucher, n. 19 ad art. 47 CLrév; 
Schwander, op. cit., p. 687). C'est ainsi dans la procédure d'opposition 
qu'il sera statué en cas de doute sur la titularité des biens, sous 
réserve de la procédure de revendication des art. 106-109 LP (Reiser, 
n. 4 ad art. 278 LP). 

Par arrêt du 20 décembre 2012 (5A_364/2012 et 5A_375/2012), le 
Tribunal fédéral (IIe Cour de droit civil) a rejeté les recours en matière 
civile interjetés par X. Corp. et par Y.