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**Case Identifier:** 7006a170-f16c-55e8-ac36-2e9fd5c41f9b
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-04-11
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 11.04.2014 C/27357/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-27357-2011_2014-04-11.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/27357/2011 ACJC/467/2014 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 11 AVRIL 2014 

Entre 

1) Monsieur A______, 
2) Madame B______, 
3) Madame C______, 
4) Madame D______, 

domiciliés ______ Genève, recourants contre une ordonnance rendue par la 10ème 

Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 13 décembre 2013, 

comparant tous quatre par Me François Canonica, avocat, rue François-Bellot 2, 1206 

Genève, en l'étude duquel ils font élection de domicile aux fins des présentes, 

et 

Madame E______, domiciliée ______ (GE), intimée, comparant par Me Jean-
Christophe Hocke, avocat, rue François-Bellot 3, 1206 Genève, en l'étude duquel elle 

fait élection de domicile aux fins des présentes. 

  

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 17 avril 2014. 

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C/27357/2011 

EN FAIT 

 Par acte expédié à la Cour de justice le 13 janvier 2014, A______, B______, 
C______ et D______ recourent contre l'ordonnance rendue le vendredi  

13 décembre 2013 et expédiée pour notification en date du même jour, qu'ils 

disent avoir reçue le 16 du même mois, à teneur de laquelle le Tribunal de 

première instance refuse de suspendre la procédure C/27357/2011 les opposant à 

E______, jusqu'à droit jugé dans une procédure C/1______, les opposant 

également à cette dernière.  

 Les recourants reprennent, cette ordonnance étant mise à néant, leur conclusion de 

première instance, tendant à la suspension de la procédure C/27357/2011, avec 

suite de frais.  

 L'intimée conclut, avec suite de frais, à l'irrecevabilité du recours, subsidiairement 

à son rejet.  

 Le premier juge a retenu les faits suivants, qui ne font pas l'objet de contestations 

devant la Cour :  

A. Dans la présente procédure C/27357/2011, introduite le 13 mars 2012, E______ 
agit à l'encontre des consorts A______, B______, C______ et D______ en 

revendication d'un bien immobilier et en dommages-intérêts, chiffrés à 360'000 fr.  

 Cette procédure a, dans un premier temps, été suspendue en raison d'une 

procédure parallèle (Cause C/2______), E______ réclamant dans celle-ci, selon la 

procédure de protection des cas clairs (art. 257 CPC), l'évacuation par les consorts 

A______, B______, C______ et D______ de l'immeuble concerné.  

 Cette procédure C/2______ a trouvé son épilogue dans un arrêt du Tribunal 

fédéral 4A_141/2013 rendu le 22 août 2013, confirmant un arrêt de la Cour de 

céans du 8 février 2013 ayant déclaré la requête en cas clair irrecevable.  

 La procédure C/27357/2011 a alors été reprise, par ordonnance du 25 septembre 

2013.  

B. Le 31 octobre 2013, les consorts A______, B______, C______ et D______ ont 
requis la suspension de la présente procédure C/27357/2011, en raison d'une 

procédure C/3______, intentée par A______ à l'encontre d'E______ dans le cadre 

de la succession de feue F______. Cette procédure, dans laquelle A______ 

sollicite à titre préalable l'expertise du bien immobilier concerné et l'apport de 

diverses pièces en relation avec d'autres actifs successoraux, tend à la réduction de 

la part d'E______ dans la succession et à la condamnation de cette dernière à 

verser à A______ une somme de 1'059'823 fr. 70, assortie d'intérêts dès le 22 

septembre 2011, avec suite de frais et dépens.  

- 3/6 - 

 

C/27357/2011 

 Dans le cadre de cette procédure C/3______, introduite devant le Tribunal de 
première instance le 14 mars 2013, aucun délai n'a encore été imparti à la partie 

défenderesse pour répondre à la demande.  

Les consorts A______, B______, C______ et D______ ont fondé leur requête de 

suspension sur le fait qu'ils entendent, dans la présente procédure, opposer la 

créance de 1'059'823 fr. 70 que A______ fait valoir à l'encontre d'E______ dans la 

procédure en réduction C/3______ en compensation de la créance que fait valoir 

E______ dans la présente procédure à leur encontre.  

C. Le jugement attaqué retient que l'incidence de la procédure en réduction "apparaît 
faible" par rapport à la présente cause, qui tend avant tout à obtenir l'évacuation 

des consorts A______, B______, C______ et D______ et la libération de 

l'appartement qu'ils occupent, de manière illicite selon E______, depuis la 

dénonciation du prêt à usage dont ils bénéficiaient. La nature des actions en 

revendication et en paiement de dommages-intérêts ne coïncidait pas avec celle de 

l'action en réduction, dont l'effet serait, en cas d'admission, non pas de transférer 

la propriété à A______ de l'appartement qu'il occupe avec sa famille, mais 

seulement de créer, si elle est admise, une créance de celui-ci à l'égard d'E______. 

Les parties à la procédure n'étaient en outre pas les mêmes. Le sort de l'action en 

réduction n'était ainsi pas de nature à influencer le sort de la cause C/27357/2011 

et l'effet que son issue pourrait avoir sur celle-ci n'était que partiel et indirect. 

Enfin, sous l'angle du principe de célérité, il apparaissait que l'action en 

revendication pourrait être tranchée avant l'action en réduction. Celle-ci, qui avait 

été déposée devant le Tribunal postérieurement à la présente action, n'avait à ce 

jour pas fait l'objet d'actes d'instruction et A______ y sollicitait d'importants 

probatoires.  

 Les arguments des parties devant la Cour seront repris ci-après dans la mesure 

utile.  

EN DROIT 

1. 1.1 Le recours est recevable contre les "autres décisions" et ordonnances 
d'instruction de première instance, dans les cas prévus par la loi (art. 319 let. b 

ch. 1 CPC) ainsi que lorsqu'elles peuvent causer un préjudice difficilement 

réparable (art. 319 let. b ch. 2 CPC). 

Les décisions de suspension au sens de l'art. 126 al. 1 CPC entrent dans la 

catégorie des ordonnances d'instruction (JEANDIN, in CPC, Code de procédure 

civile commenté, Bohnet et al., 2011, n. 18 let. g ad art. 319 CPC; TAPPY, Les 

voies de droit du nouveau Code de procédure civile, in JdT 2010 III p. 115 ss,  

n. 1.2.4 p. 123).  

- 4/6 - 

 

C/27357/2011 

La décision ordonnant la suspension peut faire l'objet d'un recours (art. 126 al. 2 

CPC).  

Seul le prononcé d'une suspension tombe dans le champ de l'art. 319 let. b ch. 1 

CPC. Un refus de suspension ne peut faire l'objet d'un recours que dans la mesure 

où il est susceptible de causer un préjudice difficilement réparable, en application 

de l'art. 319 let. b ch. 2 CPC (JEANDIN, op. cit., n. 18 let. g ad art. 319 CPC; FREI, 

in Berner Kommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung, Hausheer/Walter 

[éd.], 2012, n. 22 ad art. 126 CPC; STAEHELIN in Kommentar zur Schweizerischen 

Zivilprozessordnung, Sutter-Somm et al. [éd.], 2e éd. 2013, n. 8 ad art. 126 CPC). 

1.2 Le recours, écrit et motivé, doit être formé dans un délai de 10 jours (art. 321 
al. 1 et 2 CPC). Ces conditions sont remplies en l'espèce, compte tenu de la 

réception du jugement querellé le 16 décembre 2013, de la suspension du délai de 

recours du 18 décembre 2013 au 2 janvier 2014 inclus (art. 145 al. 1 let. c CPC) et 

du report de l'échéance du délai, qui venait à expiration le samedi 11 janvier 

2014), au lundi 13 janvier 2014 suivant (art. 142 al. 3 CPC).  

2. Reste à déterminer si les recourants subissent un dommage difficilement 
réparable.  

2.1 La notion de "préjudice difficilement réparable" est plus large que celle de 
"préjudice irréparable" au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (cf. ATF 137 III 380 

consid. 2, SJ 2012 I 73; 138 III 378 consid. 6.3; ACJC/327/2012 du 9 mars 2012 

consid. 2.4; FREIBURGHAUS/AFHELDT, in Kommentar zur Schweizerischen 

Zivilprozessordnung (ZPO), Sutter-Somm/Hasenböhler/Leuenberger/, 2ème éd., 

2013 n. 13 ad art. 319 CPC). Est ainsi considérée comme "préjudice difficilement 

réparable" toute incidence dommageable (y compris financière ou temporelle), 

pourvu qu'elle soit difficilement réparable. L'instance supérieure devra se montrer 

exigeante, voire restrictive, avant d'admettre l'accomplissement de cette condition 

(JEANDIN, op. cit., n. 22 ad art. 319 CPC; COLOMBINI, Condensé de jurisprudence 

fédérale et vaudoise relative à l'appel et au recours en matière civile, in JdT 2013 

III p. 155 ss).  

Une simple prolongation de la procédure ou un accroissement des frais ne 

constitue pas un préjudice difficilement réparable (ACJC/111/2012 du 26 janvier 

2012 consid. 2; SPÜHLER, in Basler Kommentar, Schweizerische 

Zivilprozessordnung, 2ème éd., 2013, n. 7 ad art. 319 CPC; HOTTMANN/NOWOTNY, 

in ZPO-Rechtsmittel, Berufung und Beschwerde, Kunz/Hoffmann-

Novotny/Stauber, 2013, n. 25 ad art. 319 CPC).  

Il appartient au recourant d'alléguer et d'établir la possibilité que la décision inci-

dente lui cause un préjudice difficilement réparable, à moins que cela ne fasse 

d'emblée aucun doute (cf. par analogie ATF 134 III 426 consid. 1.2 p. 429 et 133 

III 629 consid. 2.3.1 p. 632).  

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C/27357/2011 

2.2 Les recourants font valoir que, si la procédure n'est pas suspendue, ils seront 
privés de faire valoir, dans la présente procédure, la créance que A______ dit 

détenir contre l'intimée en compensation des sommes que celle-ci leur réclame, 

alors que la compensation de la créance d'un des codébiteurs solidaires peut 

éteindre leur dette commune. Il est, partant, indispensable d'attendre que le 

montant de la créance de A______ contre l'intimée soit définitivement chiffré 

dans la procédure en réduction. L'issue de cette procédure aura ainsi une incidence 

certaine sur le sort de la présente procédure.   

Cette argumentation ne saurait être suivie.  

En effet, d'une part, la question de la compensation est sans incidence sur les 

conclusions en revendication de l'immeuble litigieux et en évacuation et, de ce 

point de vue, le refus de la suspension n'entraîne aucun préjudice difficilement 

réparable pour les recourants. 

Par ailleurs et ainsi que le relève avec pertinence l'intimée, le Tribunal ne pourra 

ignorer, lorsqu'il statuera sur le fond, la créance que les recourants opposent en 

compensation à la créance en dommages-intérêts que fait valoir l'intimée à leur 

encontre (ATF 77 II 44 consid. 4). S'il estime réalisées les conditions d'une 

compensation, il pourra, comme le suggère le Tribunal cantonal vaudois (CREC 

2012/143 du 18 avril 2012, publié in JdT 2012 III 172 consid. 5 dd), rendre un 

jugement non exécutoire à concurrence de la somme opposée en compensation. Il 

pourra également, pour tenir compte de la compensation, rendre un jugement 

partiel sur les conclusions en revendication et en évacuation, la décision sur les 

conclusions en paiement étant renvoyée à une date ultérieure. La question de la 

suspension de la procédure pourrait alors être reconsidérée en relation avec ces 

dernières, en fonction de l'état d'avancement de la procédure en réduction.  

En l'absence de préjudice difficilement réparable, le recours est irrecevable. 

3. Les recourants, qui succombent, supporteront les frais du recours, arrêtés à 960 fr. 
Ce montant est entièrement couvert par l'avance de frais qu'ils ont effectuée, et qui 

est acquise à l'Etat. Ils seront également condamnés à verser à l'intimée des dépens 

fixés à 3'000 fr. compte tenu de la valeur litigieuse des conclusions en paiement, 

de la nature de la décision entreprise, du travail accompli et de la responsabilité 

encourue (art. 84, 85, 87, 90 RTFMC).  

* * * * * 

  

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C/27357/2011 

 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare irrecevable le recours interjeté par A______, B______, C______ et D______ 

contre l'ordonnance rendue le 13 décembre 2013 par le Tribunal de première instance 

dans la cause C/27357/2011. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions.  

Sur les frais : 

Arrête les frais du recours à 960 fr. et les met à la charge de A______, B______, 

C______ et D______, pris solidairement.  

Dit que l'avance de frais de même montant est acquise à l'Etat.  

Condamne A______, B______, C______ et D______, pris solidairement, à verser 3'000 

fr. à E______ à titre de dépens de recours.  

Siégeant : 

Madame Florence KRAUSKOPF, présidente; Madame Marguerite JACOT-DES-

COMBES et Madame Elena SAMPEDRO, juges; Madame Nathalie DESCHAMPS, 

greffière. 

La présidente : 

Florence KRAUSKOPF 

 

La greffière : 

Nathalie DESCHAMPS 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF : RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 

30'000 fr.