# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1d29a5e3-29a8-517e-af1d-a0e2e34213b9
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-07-13
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 13.07.2023 P/10607/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-10607-2018_2023-07-13.pdf

## Full Text

Siégeant : Madame Alessandra CAMBI FAVRE-BULLE, présidente ; Monsieur 
Pierre BUNGENER, Madame Gaëlle VAN HOVE, juges ; Monsieur 
Julien RAMADOO, greffier-juriste délibérant. 

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/10607/2018 AARP/245/2023 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 7 juillet 2023 

 

Entre 

A______, actuellement détenu à la prison de B______, ______, comparant par 

Me C______, avocat,  

D______, actuellement en exécution de peine au sein de l'établissement fermé de E______, 

______, comparant par Me F______, avocat,  

G______, domicilié ______, comparant par Me H______, avocate,  

appelants, 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

appelant joint, 

 

contre le jugement JTCO/104/2022 rendu le 26 août 2022 par le Tribunal correctionnel, 

 

  

 
 
 

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et 

I______, partie plaignante, comparant par Me William RAPPARD, avocat, RAPPARD 

ROMENETTI IAFAEV & AVOCATS, boulevard des Philosophes 11, 1205 Genève, 

J______ & CIE SA, partie plaignante, comparant en personne, 

K______, partie plaignante, comparant en personne,  

intimés.

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EN FAIT : 

A. a.a. En temps utile, A______, D______, G______ et le Ministère public (MP) 
appellent du jugement du 26 août 2022, par lequel le Tribunal correctionnel (TCO) a 
reconnu les trois prévenus coupables de tentative de brigandage aggravé (art. 22 al. 1 
et 140 ch. 1, 2, 3 et 4 du code pénal [CP] pour les deux premiers et 140 ch. 1, 2 et 3 
pour le troisième), ainsi que d'infraction à l'art. 33 al. 1 let. a de la loi fédérale sur les 
armes (LArm).  

 a.b. Le TCO a en outre reconnu A______ coupable d'obtention illicite d'une 
prestation d'une assurance sociale ou de l'aide sociale (art. 148a al. 1 CP) et 
d'infraction à l'art. 19 al. 1 let. b, c, d, e et g et 2 let. a à la loi fédérale sur les 
stupéfiants et les substances psychotropes (LStup), ainsi que G______ de faux dans 
les certificats (art. 252 CP), de faux dans les certificats étrangers (art. 252 et 255 CP), 
d'instigation à faux dans les certificats étrangers (art. 24 al. 1, 252 et 255 CP), de 
faux dans les titres (art. 251 ch. 1 CP), d'utilisation frauduleuse d'un ordinateur (art. 
147 al. 1 CP), de faux témoignage (art. 307 al. 1 CP), d'instigation à violation du 
secret de fonction (art. 24 al. 1 et 320 ch. 1 CP), d'infraction à l'art. 19 al. 1 let. c 
LStup et de conduite sans permis de conduire (art. 95 al. 1 let. a de la loi fédérale sur 
la circulation routière [LCR]). La procédure ouverte contre A______ pour conduite 
sans permis (art. 95 al. 1 let. a LCR) a été classée et G______ acquitté des chefs de 
recel (art. 160 ch. 1 CP), de falsification de marchandises (art. 155 ch. 1 CP) et 
d'infraction à l'art. 19 al. 1 let. c et d LStup.  

 Les premiers juges ont révoqué la libération conditionnelle accordée à A______ le 
8 janvier 2018 (solde de dix mois et cinq jours) et l'ont condamné à une peine 
privative de liberté d'ensemble de sept ans et trois mois, sous déduction de la 
détention avant jugement et des jours comptabilisés au titre d'imputation des mesures 
de substitution. 

D______ s'est vu infliger une peine privative de liberté de quatre ans, 
complémentaire à celle prononcée par la Chambre pénale d'appel et de révision 
(CPAR) le 5 octobre 2021, et son expulsion du territoire suisse a été ordonnée.  

G______ a été sanctionné d'une peine privative de liberté de quatre ans et deux mois 
sous déduction de la détention avant jugement et des jours comptabilisés au titre 
d'imputation des mesures de substitution.  

 a.c. Le TCO a condamné A______, D______ et G______ aux deux cinquièmes 
(pour les deux premiers) et au cinquième (pour le troisième) des frais de la procédure 
en CHF 72'372.40, à verser conjointement et solidairement CHF 23'147.05 à I______ 
au titre d'indemnité pour ses frais de défense, ainsi que CHF 6'994.40 à [la 
compagnie d'assurance] K______ (ci-après : la K______) à titre de réparation de son 
dommage matériel, et condamné G______ à verser à cette dernière CHF 10'182.40 

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au titre de remboursement des indemnités de perte de gain. J______ & CIE SA a été 
renvoyée à agir par la voie civile.  

 Le TCO a pour le surplus statué sur le sort des objets séquestrés et des sûretés 
versées. 

 b. A______ entreprend partiellement ce jugement, conteste les aggravantes de 
l'art. 140 ch. 3 et 4 CP, conclut à son acquittement du chef d'obtention illicite d'une 
prestation d'une assurance sociale ou de l'aide sociale, et à une réduction de la peine 
privative de liberté ainsi que de la part des frais mis à sa charge. Il conteste 
l'imputation de 125 jours de détention sur la peine prononcée au titre de mesures de 
substitution.  

D______ conteste entièrement le jugement querellé et conclut à un verdict 
d'acquittement.  

G______ conteste partiellement le jugement querellé et conclut, frais à la charge de 
l'Etat, à son acquittement des chefs de tentative de brigandage ainsi que d'infractions 
à la LStup et à la LArm, au prononcé d'une peine clémente assortie du sursis partiel, 
dont la partie ferme ne dépasse pas la durée de la détention déjà subie, au rejet des 
conclusions civiles de la K______ ainsi que de celles en indemnisation de I______, 
et à une réduction de la part des frais mis à sa charge. 

 Le MP forme appel joint et conteste partiellement le jugement querellé. Il conclut au 
prononcé d'une peine privative de liberté de dix ans contre A______ (incluant la 
révocation de la libération conditionnelle du 8 janvier 2018), de sept ans contre 
D______ (complémentaire à celle prononcée le 5 octobre 2021) et de sept ans contre 
G______. 

 c.a. Selon l'acte d'accusation du 9 mai 2022, il est reproché aux trois prévenus d'avoir 
participé à une tentative de brigandage survenue le 5 juin 2018 au magasin L______, 
sis rue 1______ no. ______ à Genève, dans les circonstances décrites infra à la let. 
B.a. Selon la position du MP, les trois prévenus ont pris une part active à 
l'organisation et à l'exécution du brigandage, G______ ayant en particulier joué le 
rôle de faux otage (ch. 1.1.1., 1.2.1. et 1.2.3. de l'acte d'accusation).  

 c.b.a. Il est parallèlement reproché à A______ d'avoir détenu et possédé sans droit ni 
respecter les prescriptions légales de sécurité, de janvier à juillet 2018, notamment au 
domicile de sa mère à M______ [GE], des armes, accessoires et éléments d'arme, 
dont un pistolet mitrailleur de marque N______, modèle 18______, de calibre 7.62 x 
25 mm O______, un chargeur pour cette arme, un pistolet et des balles de calibre 
7.65 mm (ch. 1.1.2.) 

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A______ ne conteste pas en appel sa condamnation pour ces faits du chef d'infraction 
à l'art. 33 al. 1 let. a LArm. 

 c.b.b. Dans ce contexte, il est aussi reproché : 

 à D______ d'avoir, le 5 juin 2018, détenu et possédé sans droit ni respecter les 
prescriptions légales de sécurité, un pistolet et des balles de calibre 7.65 mm 
(ch. 1.2.2.) ; 

 à G______ d'avoir, jusqu'au 28 février 2019, acquis, possédé et détenu à son 
domicile à P______, sans droit ni respecter les prescriptions légales de sécurité, 
notamment une balle traçante incendiaire, un poing américain de gros calibre et 
un pistolet Airsoft, réplique d'un Q______/2______ 9 mm sans chargeur 
(ch. 1.2.5.). 

 c.c. Il est encore reproché ce qui suit à A______ : 

c.c.a. Entre le 1er janvier et le 31 août 2018, il a bénéficié de prestations financières 
d'aide sociale en indiquant qu'il vivait chez sa mère à M______, alors qu'il résidait en 
France au domicile de sa compagne, R______, depuis janvier 2018. Il a ainsi 
indûment perçu un montant de CHF 8'995.20 (ch. 1.1.4.). 

 c.c.b. De janvier au 20 mai 2021, il a, de concert avec de nombreux individus dont 
S______, organisé et participé à un important trafic international de stupéfiants entre 
la Suisse et la France, portant sur une quantité indéterminée de cocaïne mais au 
minimum 737 grammes, fournie par le précité pour au moins CHF ou EUR 29'500, 
destinée à être écoulée sur le marché Suisse, notamment à Genève. Le taux de pureté 
des doigts de cocaïne retrouvés en sa possession se situait entre 53,3% et 83,6% 
(ch. 1.1.5.). 

 Le TCO a retenu que A______ avait acquis auprès de S______ une quantité 
minimum de cocaïne de l'ordre de 450 grammes, à un taux de pureté très élevé, pour 
des montants totaux de CHF 12'600.- et EUR 5'770.-. 

A______ ne conteste pas sa condamnation pour ces faits du chef d'infraction à 
l'art. 19 al. 1 et 2 LStup. 

 c.c.c. Il était également reproché à A______ d'avoir circulé, le 17 mars 2018, route 
du Pas-de-l'Echelle à la hauteur du chemin de Sierne, à Veyrier, au guidon du 
motocycle immatriculé GE 3______, alors qu'il n'est pas titulaire du permis de 
conduire requis (ch. 1.1.3.). 

 La procédure a été classée pour ces faits, lesquels, quoiqu'admis, n'ont pas fait l'objet 
de la demande d'extradition de A______.  

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 c.d. Il est de même reproché ce qui suit à G______, chef d'accusation que ce dernier 
conteste : depuis 2016, à Genève, il a à son domicile à P______ notamment vendu un 
total d'environ 10 grammes de cocaïne à T______ durant trois mois en 2017 au prix 
de CHF 50.- les 0,5 grammes puis les derniers quatre grammes au prix de CHF 400.- 
(ch. 1.2.6.). 

 Le TCO a retenu qu'il lui avait vendu neuf grammes de cocaïne à CHF 100.- le 
gramme en 2017. 

 c.e. Le TCO a pour le surplus retenu les faits suivants, dont ni l'établissement ni la 
qualification juridique ne sont contestés en appel. 

 c.e.a. Entre les 24 mars et 19 novembre 2018, G______ a conduit à plusieurs reprises 
un véhicule automobile sans disposer du permis de conduire correspondant à sa 
catégorie de véhicule et alors qu'il fait l'objet d'un retrait de son permis de conduire 
depuis le 1er septembre 2015 pour une durée indéterminée (conduites sans permis de 
conduire ; ch. 1.2.4.). 

c.e.b. Au plus tard le 26 novembre 2017, à son domicile, il a falsifié au moyen de son 
ordinateur un certificat fédéral de capacité concernant une formation élargie 
d'employé de commerce et portant une fausse signature de la Conseillère d'État 
chargée du Département de l'instruction publique, de la culture et du sport (faux dans 
les certificats ; ch. 1.2.7.). 

Vraisemblablement entre le 21 novembre et le 3 décembre 2018, G______ a modifié 
au moyen de son ordinateur le numéro de châssis sur une plaque d'un véhicule ainsi 
que le certificat d'immatriculation allemand y relatif dans le but d'établir de faux 
documents d'exportation (faux dans les certificats étrangers ; ch. 1.2.7.). 

À tout le moins le 11 février 2019, il a créé au moyen de son ordinateur, sur la base 
de la signature et du tampon figurant sur un certificat médical authentique, deux 
certificats médicaux contrefaits datés des 10 janvier et 4 février 2019, faisant 
fictivement état d'une incapacité de travailler du 1er janvier au 28 février 2019. Il les 
a fait parvenir à son employeur J______ & CIE SA par le biais de son responsable 
direct, ce qui lui a permis de se prévaloir d'une incapacité de travail et de percevoir 
indûment des indemnités de salaire. La K______ a ainsi versé CHF 10'182.40 pour la 
période du 5 novembre 2018 au 28 février 2019 (faux dans les titres ; ch. 1.2.7.). 

Au plus tard le 7 juin 2018, il a obtenu un faux permis de conduire français à son 
nom, un certificat d'examen du permis de conduire en France daté du 25 août 2015 
ainsi qu'un relevé d'information intégral daté du 27 février 2018, étant précisé qu'il a 
utilisé le permis de conduire pour se légitimer en Suisse en qualité de conducteur 
autorisé, à tout le moins entre les 7 juin 2018 et le 11 novembre 2018 (instigation à 
faux dans les certificats étrangers ; ch. 1.2.9.). 

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c.e.c. Le 27 juin 2018, lors de son audition par la Brigade des stupéfiants en qualité 
de témoin, après que son obligation de dire la vérité et les conséquences d'un 
manquement à cette obligation lui ont été rappelées, G______ a faussement déclaré 
qu'il n'avait pas vu la convocation des services d'enquête français et n'avait pas reçu 
d'appels de leur part (faux témoignage ; ch. 1.2.8.). 

c.e.d. Depuis une date indéterminée et jusqu'au 2 novembre 2018, agissant seul ou de 
concert avec un ou plusieurs comparses, il a récupéré 109 cartes cadeau de L______ 
après utilisation de leurs avoirs par les ayants-droit. Il a utilisé les mots de passe 
d'autres employés pour les créditer à nouveau, puis les a conservées, offertes ou 
vendues à des prix correspondant à la moitié du montant chargé (ch. 1.2.12./13.). 

Le TCO a en définitive retenu, sur la base des déclarations de G______ et faute 
d'autres éléments au dossier, qu'il avait chargé sans droit dix cartes, dont huit ont été 
remises à des tiers et deux retrouvées à son domicile, pour un préjudice indéterminé.  

Pour ces faits, il a été reconnu coupable d'utilisation frauduleuse d'un ordinateur et sa 
culpabilité pour escroquerie a été écartée. 

c.e.e. Vraisemblablement en février 2019, il a incité son ancienne compagne et mère 
de ses deux enfants, U______, à violer le secret de fonction auquel elle était tenue en 
sa qualité de gestionnaire auprès du Service des prestations complémentaires de l'Etat 
de Genève, en lui demandant de lui fournir l'adresse de T______, que celle-ci lui a 
envoyée tout en lui demandant d'effacer la conversation. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure : 

 Le brigandage du 5 juin 2018 

 a.a. Une tentative de brigandage a été commise de la manière suivante au magasin 
L______, sis rue 1______ no. ______, le 5 juin 2018, entre 19h32 et 19h37, après la 
fermeture et la sortie des employés. 

 a.b. G______, employé du magasin au service clientèle, est rapidement sorti par 
l'accès réservé au personnel, rue 17______ et, faisant demi-tour, il est revenu sur ses 
pas pour s'arrêter contre le mur à gauche en sortant, où il a consulté son téléphone. 

Un premier individu, identifié par l'accusation comme D______ (ci-après : H1), 
portant des gants noirs, une casquette surmontée d'un capuchon et une veste dont la 
fermeture éclair était remontée jusqu'au menton, a traversé la route dans sa direction. 
Il était suivi d'un second individu portant une casquette, identifié comme A______. 

Les deux hommes sont passés à côté de G______, A______ a mis un masque 
chirurgical et ils sont entrés dans le magasin. H1 est ressorti, a saisi G______ par le 
bras droit et l'a tiré en direction de l'entrée. Il s'est couvert le visage, a sorti une arme 

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(pistolet de calibre 7.65 mm), puis a poussé G______ à l'intérieur. Ce dernier tenait 
ses mains en l'air. 

Suivi de A______, H1 s'est dirigé vers la loge où se trouvait I______, membre du 
service technique. Il l'a braqué et lui a ordonné de mettre les mains en l'air. Il a 
ensuite sauté par-dessus le comptoir pour se rapprocher de lui, continuant à le tenir 
en joue. Il lui a ordonné de se mettre à genoux, puis de se relever et de sortir. Pendant 
ce temps, A______ a sorti de son sac un pistolet mitrailleur (N______, modèle 
18______, calibre 7.62 x 25mm O______) muni d'un chargeur vide, ainsi que des 
serflexs, puis a mis des gants, laissant son sac par terre. Celui-ci contenait d'autres 
serflexs et un second chargeur du pistolet mitrailleur avec 18 cartouches. Il s'est aussi 
dirigé vers la loge.  

G______, les mains en l'air, a suivi A______ et s'est tenu tout près de lui pour 
observer ce qui se passait dans la loge.  

En le poussant, H1 a fait sortir I______ par-dessus le comptoir, puis tout le monde y 
est rentré à nouveau par la porte, A______ étant revenu sur ses pas un bref instant 
pour récupérer son sac laissé dans le couloir. Ils sont ressortis de la loge, G______ 
fermant la marche, puis y sont retournés, ce dernier en tête.  

a.c. H1 et A______, braquant I______ avec leurs armes, lui ont ordonné de les 
mener au coffre du magasin au sixième étage.  

G______ est alors ressorti de la loge, suivi de A______, portant son arme le long du 
corps, ainsi que de I______, poussé par H1. Ils se sont dirigés vers les escaliers. H1, 
après avoir interverti sa place avec A______, et G______ sont montés rapidement au 
sixième étage, pendant que A______ et I______ sont restés sur la plateforme entre le 
cinquième et le sixième étage, le premier braquant son arme sur le second.  

G______ a composé le code de la porte du bureau du service clients où se trouvait le 
coffre et, accompagné de H1, y est rentré. Ils se sont parlé, H1 ayant le visage 
découvert et se le couvrant rapidement. G______ s'est approché du coffre pour en 
composer le code. 

A______ ayant baissé son arme et tiré à plusieurs reprises la culasse, I______ en a 
déduit qu'elle n'était pas chargée. Il a sauté sur lui, le forçant à lâcher l'arme. Les 
deux hommes se sont battus, I______ maintenant l'arme bloquée avec son pied. 
A______ a alerté son complice en criant.  

H1 a alors quitté le bureau du service clients pour accourir. G______ l'a 
immédiatement suivi en marchant et a pris les escaliers. A______ a exhorté H1 de 
frapper ou d'assommer I______, ce que H1 a fait, au niveau de la tête avec la crosse 
de son pistolet. Il a ensuite tiré deux coups de feu en direction des escaliers.  

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H1 et A______, paniqués, ont pris la fuite, laissant derrière eux l'arme et le sac du 
précité. H1 a trébuché en sortant dans la rue. 

I______ a pris l'arme laissée par A______ et descendu les escaliers en courant. Une 
fois en bas, il a posé le pistolet mitrailleur sur le comptoir et fermé le rideau de 
l'entrée. 

G______, qui avait continué à descendre les escaliers, a alerté la police. 

a.d. De nombreux prélèvements ont été effectués aux fins d'analyses ADN, dont un 
sur le haut arrière du polo de I______. Ce vêtement avait été saisi par les gendarmes, 
placé dans un sac en papier prévu pour cet usage, qu'ils ont remis à la Brigade de la 
police technique et scientifique (BTPS) après l'avoir refermé. Le sac a ensuite été 
ouvert au laboratoire le 7 juin 2018 et ce sont les techniciens de cette brigade qui ont 
procédé au prélèvement.  

Selon le rapport du 17 juillet 2018, ce prélèvement présentait un profil ADN de plus 
de deux personnes, trop complexe pour en déterminer la valeur probante.  

a.e. Lors de la perquisition du domicile de la mère de A______ le 20 juillet 2018, où 
ce dernier avait encore des affaires, quatre cartouches de calibre 7.65 mm ont été 
retrouvées dans un local technique en libre accès situé sur le même palier.  

A______ s'était préalablement procuré les armes et le reste du matériel utilisés, à tout 
le moins en partie auprès de V______, qu'il avait rencontré le 5 avril 2018 à 
W______ [BE] selon les analyses et surveillance des raccordements utilisés par les 
deux protagonistes.   

b. I______ a été blessé à la tête (une plaie au niveau de la tempe droite de trois 
centimètres ayant dû être suturée et un hématome de trois centimètres environ au 
niveau du front) ainsi qu'à la jambe (un hématome au niveau du condyle interne du 
genou gauche et un petit hématome au niveau du tibia droit). Il n'a pas pu travailler 
du 6 au 10 juin 2018 et a souffert de douleurs au genou. 

Durant l'instruction, il n'a pas été en mesure d'identifier les auteurs du brigandage car 
leurs visages étaient couverts lors des faits. Il y avait eu deux coups de feu. Il n'avait 
pas été visé car, pour lui, le tireur avait voulu éviter de toucher son collègue.  

Devant le MP, le 17 décembre 2019, il a expliqué avoir repris le travail et essayé de 
tout oublier. Venant en audience, il avait pensé aux personnes présentes le 5 juin et 
cela lui avait rappelé de mauvais souvenirs. Il avait consulté les thérapeutes du 
Centre LAVI à une reprise et envisageait de se faire représenter durant la suite de la 
procédure.  

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En première instance, il a expliqué avoir agi par instinct de survie, n'ayant jamais été 
victime d'un braquage auparavant. Il lui était difficile de se rappeler si son collègue 
avait vécu les événements avec la même intensité que lui.  

Après que D______ se fut levé à la requête du TCO, I______ l'a formellement 
identifié comme le braqueur l'ayant menacé d'une arme en entrant dans le magasin. Il 
a en particulier reconnu son regard.  

c.a. G______, se présentant comme une victime du brigandage, a toujours contesté 
avoir pris part à sa préparation et à son exécution, de concert avec les deux autres 
protagonistes.  

c.b. À la police, il a expliqué qu'il regardait son téléphone au moment où il était sorti 
du magasin. Quelqu'un était arrivé vers lui et lui avait pris l'épaule droite, une arme à 
la main, proche du corps mais visible. Une fois dans la salle du coffre, il avait 
d'abord prétendu ne pas en connaître le code, mais s'était résigné à le donner car son 
agresseur l'avait menacé en lui disant : "Tu veux que je te tire dessus ?". Il était 
encore sous le choc et avait eu peur en entendant la bagarre et les coups de feu, 
pensant qu'il était arrivé quelque chose à son collègue et que les agresseurs s'en 
prendraient aussi à lui. 

Au mois de mai 2018, à la sortie de son travail, il avait pris un verre avec une 
connaissance de longue date, un Albanais entre 28 et 32 ans, qu'il appelait Y______, 
et qu'il avait aperçu sur la terrasse du restaurant le Z______. L'homme était 
accompagné d'une personne d'origine africaine et de A______, qu'il ne connaissait 
que sous le nom de "P'tit X______". Ils s'étaient revus à la terrasse du AA______ 
deux jours plus tard, toujours après son travail. Y______ lui avait posé des questions 
sur son emploi, soit sur le nombre de ses collègues et ses horaires. Son ami savait 
qu'il s'occupait d'argent. Alors qu'il s'interrogeait sur les motivations de ce dernier, 
celui-ci lui avait dit : "T'inquiète pas, on va faire une dinguerie, mais tu n'as rien à 
voir là-dedans". Il avait compris qu'il s'agissait d'un projet "malintentionné". Pensant 
que Y______ songeait à un vol à l'étalage, il ne l'avait pas pris au sérieux. 

Il n'avait pas reconnu A______, ni vu le visage de l'autre agresseur, lors des faits. Il 
n'avait fait le lien entre le brigandage et les discussions avec Y______ que quelques 
jours plus tard. Il n'en avait pas informé la police car il avait eu peur de représailles.  

Durant le brigandage, il n'avait pas adopté un comportement suggérant qu'il en 
connaissait les auteurs. Il ne s'était pas aperçu qu'ils étaient passés à côté de lui pour 
entrer dans le magasin par l'entrée du personnel. Il n'avait pas résisté à son 
kidnappeur car celui-ci portait une arme à son souvenir, et il n'avait pas été surpris de 
n'avoir pas fait l'objet d'une surveillance appuyée des auteurs, imputant leur 
apparente nonchalance à son égard à un manque de préparation. Une fois seul, il 
n'avait pas songé à s'échapper, comme "aimanté" par le cours du brigandage et 

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attendant que cela se termine. Les auteurs ne voulaient que le contenu du coffre et 
n'avaient selon lui aucune intention de le tuer. Il n'avait fait que suivre leurs 
consignes en les conduisant dans le bureau du service clients.  

Il ne connaissait ni le nom de famille, ni l'adresse, ni le numéro de téléphone de 
Y______. 

c.c. Au MP, G______ a reconnu pour seule erreur, qu'il regrettait aujourd'hui, d'avoir 
trop parlé aux mauvaises personnes, pour s'être vanté de manipuler beaucoup de cash 
et de travailler au sixième étage, d'où le coffre était visible de tous les clients car les 
vitres du bureau étaient cassées. Au AA______, Y______ lui avait posé des 
questions sur le nombre de vendeurs et la présence de Securitas à l'étage du coffre. 
S'il se doutait des mauvaises intentions de son ami, il n'avait jamais envisagé la 
commission d'un brigandage.  

Il n'avait pas eu le temps d'appeler la police une fois seul, à côté de la salle du coffre, 
surpris par des détonations dix secondes plus tard. Il était allé voir si son collègue 
était blessé.  

c.d. En première instance, il a confirmé connaître A______ depuis 15 ans dès lors 
qu'ils avaient grandi dans des quartiers proches l'un de l'autre, sans être toutefois de 
la même génération. Il ne connaissait par contre pas D______. Il était parti du 
principe que Y______ avait comme projet de voler des vêtements car il portait des 
habits de marque. Il avait fait le lien entre sa rencontre avec lui ainsi que A______ et 
le brigandage après son audition par le MP. Selon son souvenir, le braqueur "long et 
fin" qui avait saisi son bras avait une arme à la main dès le départ. Sans réaliser qu'il 
avait été laissé plus libre que I______, il n'avait pas tenté de fuir au vu de la présence 
d'armes à feu.  

d.a. En octobre 2018, G______ a informé la police de ce qu'il faisait l'objet de 
harcèlement téléphonique le menaçant de dénonciation pour le brigandage au 
L______ s'il ne consentait pas à verser EUR 15'000.-.  

Selon sa plainte du 20 novembre 2018, il avait reçu deux appels masqués tous les 
deux jours entre 21h00 et 22h00. Il y avait finalement répondu fin septembre et un 
homme lui avait fait comprendre qu'il le dénoncerait s'il n'acceptait pas de payer le 
montant précité. 

Il avait ensuite reçu une lettre anonyme le 21 octobre 2018, qu'il a produite. 

Elle était libellée comme suit : "On va pas commencé à épiloguer avec toi on t'a 
appelle comme prévu tu fais le sourd d'oreille on avais convenu un accord que tu 

tien pas on va donc m'être en œuvre ton arrestation ainsi que ton long séjour en 
prison loin de ta petite famille et de la liberté tu et l'instigateur de cette affaire sans 

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toi tous sa ne serai jamais arrivé on te rappelle répond sinon prépare ton packtage 

la liberté n'a pas de prix la famille n'a pas de prix".  

Selon les images vidéos enregistrées dans le hall d'entrée de l'immeuble, le pli a été 
déposé dans sa boîte aux lettres à 10h49 par un individu qui connaissait 
manifestement le code de la porte, portait des gants ainsi qu'une capuche relevée et 
s'était tenu dos à la caméra. Le pli a été relevé par la mère de G______ à 14h05. 

La police a retrouvé sur l'ordinateur de G______ une autre lettre anonyme, reçue le 
30 août 2018, à la teneur suivante : "on est au courant que tu es impliqué dans 
l'affaire qui à eux sur ton lieux de travaille le 5 juin 2018 et que c'est toi qui a opté 

pour cette méthode les information von vite dans une toute petit ville par mégarde sa 

pourrais arrivé au oreille de ton patron ou même pire chez les flic sachant que tu as 

une petite famille et un bon travaille que tu ne veux pas perde pour finir en prison vu 

que tu est le comenditere dès cette affaire tu en risque minimum 4ans de prison on 

pense que c'est mieux pour toi qu'on discute on vas t'appelle en numéro privé et tu va 

répondre il faut qu'on parle comme tu le vois on a toute les info sur toit numéro de 

domicile donc rien ne serai de nous évité sinon c'est la prison et on pense que tu ne 

veux pas sa personne veut sa".  

Selon les messages retrouvés dans le téléphone de G______, cette première lettre 
avait été relevée et ouverte par sa mère, qui l'en avait immédiatement informé. Il lui 
avait dit qu'il s'en occupait et qu'elle pouvait la jeter à la poubelle. Comme elle lui 
avait demandé s'il était sûr de ne pas vouloir déposer plainte, il avait répondu de ne 
pas s'en faire et qu'il savait où se trouvaient "ces connards".  

d.b. G______ a expliqué à la police n'avoir aucune explication à cette tentative de 
chantage et ne suspecter personne en particulier. Il ne s'était rien passé depuis le 
dépôt de la seconde lettre. Il n'en avait pas tout de suite parlé car aucune question ne 
lui avait été posée à ce sujet.  

Au MP, G______ a d'abord dit que la première lettre ne lui rappelait rien, puis il s'est 
souvenu de ce qu'elle datait d'avant le 30 août 2018. Il avait eu peur en la recevant et 
s'était demandé s'il devait la prendre au sérieux. 

d.c. Il ressort de la surveillance du raccordement téléphonique anciennement utilisé 
par G______ (+41 4______) qu'il a reçu des appels de deux numéros français entre 
21h00 et 23h00 (+33 5______ et +33 6______), du 9 au 20 septembre 2018, mais 
qu'il a répondu à ces appels à plusieurs reprises pour des conversations de plus d'une 
minute. Il a affirmé qu'il ne s'agissait pas des numéros utilisés par le maître-chanteur.  

Il a par ailleurs acquis un nouveau raccordement le 6 septembre 2017 (+41 7______), 
qu'il a commencé à utiliser le 7 octobre 2018.  

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e.a. Entendu par la police, A______ a fait valoir son droit de garder le silence.  

Devant le MP, il a contesté les faits, se limitant à admettre qu'il avait manipulé le 
pistolet mitrailleur en fournissant à un tiers un équipement devant servir à un 
brigandage. Cela lui avait permis de se faire un peu d'argent. Il ne connaissait pas 
G______ et ne l'avait pas rencontré avant les faits. Il ignorait pourquoi quatre balles 
correspondant au calibre du pistolet mitrailleur utilisé avaient été retrouvées dans le 
local technique situé sur le palier de l'appartement de sa mère. 

Il avait déjà rencontré D______ lors de sa précédente détention et l'avait croisé à 
AB______ [France]. Celui-ci l'avait aidé à obtenir "un bout de chichon". Il ne se 
rappelait pas avoir tenté de le joindre par téléphone le 2 juin 2018 à 1h57 (cf. infra 
let. g.b.) 

e.b. En première instance, il a reconnu sa participation au brigandage. Son complice 
n'était pas D______, qu'il avait rencontré en prison, et il ne connaissait pas G______. 
Il avait entendu parler par une connaissance d'un travail à faire "là-bas", où il y avait 
un coffre avec de l'argent. Il ignorait le montant du butin visé mais l'estimait à 
plusieurs centaines de milliers de francs.  

Il ne se souvenait pas avoir été présent aux deux discussions avec G______ au 
Z______ puis au AA______.  

Il était allé faire des repérages sur les lieux à deux ou trois reprises, sans plus grande 
préparation, possiblement à l'intérieur du magasin. Il avait obtenu des armes, payées 
entre CHF 4'000.- et CHF 7'000.-, grâce à certaines connaissances dans ce milieu, 
auprès d'une personne qui n'était pas V______, et les avait stockées dans le local 
technique à côté de l'appartement de sa mère. Il avait lui-même contacté son 
comparse, avec lequel ils ne s'étaient pas réparti les rôles. Les armes étaient 
déchargées et supposées servir à effrayer les employés à l'intérieur de sorte à obtenir 
le code du coffre. Elles ne devaient être utilisées avec des munitions qu'en cas de 
fuite, pour se frayer un chemin en tirant en l'air. Ils n'avaient jamais eu l'intention de 
faire du mal à qui que ce soit, raison pour laquelle ils étaient partis après la bagarre.  

Ils avaient déduit de la présence de G______ que celui-ci était un employé du 
magasin. Il ne pouvait plus se déterminer au vu du temps écoulé sur les raisons pour 
lesquelles I______ semblait avoir fait l'objet d'une attention et d'une contrainte bien 
plus marquées. Il n'avait pas pris de serflex pour attacher quiconque. Il ignorait la 
raison des coups de feu, qui l'avaient surpris. Il n'en avait pas ensuite parlé à son 
complice car il ne l'avait pas revu.   

f.a. Selon le rapport du Centre universitaire romand de médecine légale (CURML) 
du 16 octobre 2019 (comportant une erreur du numéro de prélèvement [PCN] 
rectifiée dans un nouveau rapport du 22 octobre 2019), le prélèvement réalisé sur le 

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haut du dos du polo porté par I______ (cf. supra let. a.d) comportait un profil ADN 
de mélange compatible aux 16 locus disponibles avec celui de D______. Le logiciel 
AC______ avait été utilisé pour déterminer la valeur probante de cette compatibilité 
et établir le rapport de vraisemblance suivant : l'hypothèse selon laquelle I______, 
D______ et deux inconnus seraient à l'origine du prélèvement était 130'000 fois plus 
probable que l'alternative où il se serait agi de I______ et trois inconnus.  

f.b. Entendus par le MP, les auteurs du rapport du 16 octobre 2019 (ci-après : les 
experts) ont confirmé leurs conclusions.  

Le prélèvement sur le vêtement de I______ avait fait l'objet, sur demande de la 
police, d'une nouvelle analyse au moyen du logiciel AC______, plus performant et 
vraiment fiable pour les traces complexes, soit les mélanges de profil de plus de deux 
personnes ou de moins bonne qualité. Le prélèvement consistait en un tel mélange, 
dont les profils de I______ et de A______ n'étaient pas exclus, contrairement à celui 
de G______. Ils n'avaient auparavant pas été en mesure de déterminer la force de 
cette compatibilité.  

Leur analyse, confortée par le logiciel, avait abouti au nombre de quatre 
contributeurs, de sorte qu'ils n'avaient pas testé "d'autre nombre, inférieur ou 
supérieur". Le rapport de vraisemblance de la présence de l'ADN de D______, de 
130'000, devait être considéré comme fort ou non selon les autres éléments au 
dossier. Pour cette analyse, ils avaient tenu la présence d'ADN de I______ pour 
acquise. Il apparaissait donc pertinent de comparer le profil de I______, de D______ 
et de deux inconnus, avec celui de I______ et de trois inconnus, le premier 
s'expliquant 130'000 fois mieux que le second. En intégrant le seul ADN connu, soit 
celui du porteur de l'habit, l'incertitude du rapport de vraisemblance était réduite.  

f.c. À la suite de l'audition des experts, de nouvelles analyses ont été sollicitées, 
notamment concernant le prélèvement sur le polo de I______, et ont donné lieu au 
rapport du 20 mars 2020, dont les conclusions sont les suivantes. 

Les profils ADN de I______, A______ et D______ étaient compatibles avec le profil 
ADN de mélange aux 16 locus disponibles. Lorsqu'il était raisonnable de penser 
retrouver l'ADN d'une personne dans un profil de mélange, comme le porteur de 
vêtement, il était fortement recommandé d'utiliser cette information. Cela améliorait 
la qualité des résultats, en particulier en excluant des personnes qui n'avaient pas 
contribué à la trace. La compatibilité avec le profil ADN de A______ constituait une 
information nouvelle, à la lumière de laquelle le nombre de contributeurs avait été 
reconsidéré et relevé à cinq, dont I______. Sous-estimer le nombre de contributeurs 
générait de fausses exclusions et le surestimer réduisait le rapport de vraisemblance 
pour les vrais contributeurs. Les experts avaient examiné si la présence conjointe de 
I______, A______ et D______ pouvait expliquer le mélange de profil pour quatre 
personnes, mais tel n'était pas le cas, car il y avait un facteur d'exclusion pour l'un des 

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16 marqueurs. Par contre, à cinq personnes, le mélange s'expliquait bien. Exclure le 
profil de I______ était sans fondement. Le logiciel donnait un rapport de 
vraisemblance de 16'000 à l'hypothèse selon laquelle D______ et trois inconnus 
avaient contribué au mélange, et il n'était pas conçu pour faire une analyse d'un 
mélange avec quatre inconnus.  

Les experts ont déduit de leurs nouvelles analyses les rapports de vraisemblance 
suivants : 

-  que I______, A______ et trois inconnus fussent à l'origine de la trace, 
provenant de cinq contributeurs, était 780'000 fois plus probable que s'il s'agît 
de I______ et quatre inconnus ;  

-  que I______, D______ et trois inconnus fussent à l'origine de la trace, 
provenant de cinq contributeurs, était 9 millions de fois plus probable que s'il 
s'agît de I______ et quatre inconnus. 

Ces résultats soutenaient très fortement que A______ et D______ étaient chacun l'un 
des contributeurs du mélange, que celui-ci fût de quatre ou cinq personnes.  

g.a. Interrogé par la police puis le MP, D______ a contesté toute participation au 
brigandage. Il n'était pas possible que son ADN eût été retrouvé sur le polo de la 
victime car il n'avait pas été sur les lieux.  

En première instance, il a confirmé avoir croisé A______ en prison puis dans son 
quartier, connu comme lieu de trafic de drogue. Il lui avait montré où se procurer du 
shit de bonne qualité et ils s'étaient échangé leurs numéros. Il était venu plusieurs 
fois à Genève. Au moment des faits, il vivait entre AB______ [France] et 
AD______ [France], où il se livrait à des activités "pas tout à fait légales".  

g.b. D______ faisait notamment usage du raccordement français +33 8______. Du 
23 janvier au 20 juillet 2018, il l'a utilisé uniquement sur le territoire français en 
région AD______, à l'exclusion de celle frontalière à la Suisse. A______ a tenté de le 
joindre sur ce raccordement le jour des faits à 16h41 ainsi que le 2 juin précédent à 
1h57. 

Prestations financières perçues par A______ de l'Hospice général du 1
er

 janvier au 

31 août 2018  

h.a. A______ a été libéré conditionnellement le 8 janvier 2018. Il était à ce moment 
marié religieusement avec sa compagne, R______, domiciliée à AB______. 

Il a complété une demande de prestations d'aide sociale financière le 12 janvier 2018, 
en donnant pour adresse celle de sa mère à M______, et perçu CHF 8'995.20 de 
l'Hospice général durant la période pénale. 

- 16/52 - 

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h.b. Selon les déclarations de la mère à la police, A______ a connu sa compagne 
durant sa détention par l'intermédiaire de sa sœur et il s'était installé chez elle avec 
toutes ses affaires à sa sortie.  

Lors de la perquisition menée par les autorités françaises chez R______, A______ a 
déclaré être domicilié à AB______ chez celle-ci et de nombreuses affaires lui 
appartenant y ont été retrouvées. À la police, il a déclaré vivre chez sa mère et loger 
de temps en temps chez son amie, au domicile de laquelle il dormait le plus souvent. 
Au MP, il a expliqué avoir son adresse officielle chez sa mère mais qu'il avait surtout 
vécu chez son amie et même qu'il y habitait.  

Entendu en fin d'instruction, A______ a expliqué avoir vécu chez sa mère à sa sortie 
de prison. Il était allé vivre chez sa femme en juin 2018 non dans le but de s'y 
installer, mais parce qu'elle avait eu des problèmes de santé. Il lui arrivait de dormir 
encore chez sa mère.  

En première instance, il a confirmé qu'il habitait chez sa mère et qu'il se rendait 
régulièrement chez sa compagne, raison pour laquelle il avait beaucoup d'affaires au 
domicile de cette dernière.  

Armes retrouvées chez G______  

 i. Lors de l'interpellation de G______ le 28 février 2019 à son domicile, où il vivait 
avec son amie intime, la police a notamment découvert une balle traçante 
incendiaire, un pistolet Airsoft répliquant un Q______/2______ 9 mm sans chargeur 
et un poing américain de gros calibre. 

 À la police, puis en première instance, G______ a expliqué que la cartouche devait 
appartenir à son frère. Conducteur de char à l'armée, il avait ramené cette balle 
comme un trophée et l'avait laissée dans cet appartement, où il avait vécu à l'époque. 
Il avait trouvé la réplique du pistolet Q______ avec un ami dans un garage dix ans 
plus tôt. Le coup de poing américain était un souvenir d'Espagne, acquis lorsqu'il 
était mineur. Il ignorait qu'il s'agissait d'une arme interdite.  

 Vente de neuf grammes de cocaïne de G______ à T______  

j.a. Entendu à la police, T______ a expliqué avoir acheté durant trois mois en 2017 à 
G______, un ami d'enfance, onze fois de la marijuana, concédant par la suite qu'il 
s'agissait en réalité de cocaïne, en quantité de 0.5 gramme à chaque fois et au prix de 
CHF 50.-. Il n'avait pas été en mesure de payer le dernier achat, lorsque G______ lui 
avait vendu quatre grammes pour CHF 400.-. Sa dette n'avait fait qu'augmenter, des 
intérêts s'y ajoutant, de sorte qu'elle s'était élevée au final à CHF 1'600.-. G______ 
lui avait proposé de s'en acquitter en lui remettant une montre de marque, en échange 
de quoi il obtiendrait en sus une carte cadeau de L______ de CHF 2'000.-. Sa dette 

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P/10607/2018 

avait finalement été vendue à d'autres personnes, notamment à AE______, qui lui 
réclamaient désormais de l'argent.  

j.b. Le 27 novembre 2017, AF______ a écrit à T______, qu'il contactait pour le 
compte de G______, qu'il allait l'attraper, connaissant son adresse et bientôt celle de 
ses parents. T______ lui a répondu, tout en transmettant son adresse, qu'il lui 
donnerait CHF 1'000.- dès qu'il aurait reçu les prestations de l'Hospice général. 

Le 6 décembre 2017, T______ a informé G______ de ce qu'il passerait le rembourser 
le 7 décembre 2017, ce qu'il n'a pas fait. 

G______ lui a tenu les propos suivants : "Bon franchement tu me dis lundi on est 
vendredi tu donne pas de nouvel du coup je sais pas quoi faire avec toi je te laisse 

ojd après je laisse AF______ régler le problème parce que je suis cool avec toi mais 

ça sert à rien donc tiens moi au courant ojd met dans ma boîte au lettre ou sûrement 

bah tu regardera avec Mon pote". 

Le 21 novembre 2018, il lui a dit par message : "Franchement ça fais 2 ans que tu 
me traîne cete dette là sa commence à me soûler faut qu'on se chope toi et moi et 

qu'on mette ça au calme mec je sais pas où ta vue un gars que tu peux rembourser 

une dette de C en 2 ans mais là ça me rend fou j'ai besoin de sous donc faut qu'on 

trouve une solution là". 

Le 1er décembre 2018, G______ a informé T______ de ce que, compte tenu de la 
difficulté à récupérer son argent, il allait vendre sa dette à un individu du quartier de 
AG______ qui ne serait pas aussi gentil que lui. T______ lui a répondu de faire 
comme il voulait, mais que pour sa part il allait aller à la police, précisant qu'il avait 
gardé tous ses messages.  

Le 22 janvier 2019, G______ a demandé à AE______ de mettre la pression sur 
T______ qui lui devait "2k". 

k. Entendu à la police et devant le Ministère public, G______ a contesté tout lien 
avec un quelconque trafic de stupéfiants. Il n'avait jamais fourni T______ en drogue.  

 Ce dernier était une connaissance du cycle avec laquelle il avait un peu gardé 
contact. Il lui devait CHF 2'000.- pour plusieurs achats de bouteilles d'alcool et 
avances qu'il lui avait faites en boîte de nuit. Cela ne concernait pas un trafic de 
stupéfiants et il n'avait pas ajouté CHF 1'200.- d'intérêts. Il était passé par diverses 
personnes afin de tenter de récupérer cet argent, notamment par AF______ et 
AE______. Son message du 21 novembre 2018 comportait une erreur de frappe, dès 
lors qu'au lieu de "une dette de C", il voulait écrire "une dette comme ça", parce que 
cette dette était "bête". Celle-ci n'avait finalement été rachetée par personne et sa 
créance restait impayée. Cela arrangeait T______ qu'il se retrouvât en prison.  

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En première instance, G______ a confirmé ses précédentes déclarations.  

 Détention avant jugement et conclusions civiles 

l.a. A______ a été arrêté et libéré le 17 mars 2018 (un jour), placé en détention le 
20 juillet 2018 en France en vue de son extradition et libéré le 31 mars 2020 
(622 jours), sous les principales mesures de substitution suivantes : remise de ses 
documents d'identité, interdiction de quitter le territoire suisse, obligation de résider 
chez sa mère, puis chez sa compagne à Genève, où il était assigné à résidence avec 
un droit de sortie entre 14h et 16h.  

Ce droit a été élargi de la manière suivante pour lui permettre de se rendre à des 
formations ainsi que de travailler : de 9h à 13h du 24 au 26 août 2020, les 31 août 
ainsi que les 1er, 7, 8, 14, 15, 21 et 22 septembre 2020 ; de 13h à 17h les 2, 9, 16 et 
23 septembre 2020 ainsi que le 6 avril 2021 ; de 5h45 à 17h du lundi au jeudi et de 
5h45 à 13h30 le vendredi à partir du 7 avril 2021.  

A______ a été remis en détention provisoire le 20 mai 2021 (soit après 414 jours 
sous mesures de substitution) en raison de sa participation à un trafic de stupéfiants 
depuis le mois de janvier précédent.  

l.b. G______ a été placé en détention provisoire du 28 février au 3 mars 2019 et du 
10 juillet 2019 au 4 février 2020 (214 jours). Il a alors été libéré sous les principales 
mesures de substitution suivantes : remise de ses documents d'identité, interdiction 
de quitter le territoire suisse sans y être autorisé, interdiction de contacter les autres 
parties et témoins de la procédure, obligation de résider chez sa mère, port d'un 
bracelet électronique et assignation à domicile avec droit de sortie de 7h15 à 19h15, 
ces deux dernières mesures ayant été levées le 27 juillet 2021 (soit après 539 jours).  

l.c. D______ exécute la peine privative de liberté de cinq ans à laquelle il a été 
condamné le 5 octobre 2021, principalement pour avoir participé à plusieurs 
cambriolages commis entre octobre 2018 et septembre 2019, dont l'un visant un 
distributeur automatique de billets d'une banque au moyen d'explosifs.  

m.a. La K______ a notamment conclu, pièces à l'appui, à la réparation par les 
prévenus de son dommage de CHF 6'994.40 consécutif au paiement des indemnités 
accidents versées à I______ et G______ à la suite du brigandage.  

m.b. I______ a conclu à la couverture de ses frais de défense. Il a produit une note 
d'honoraires de son conseil de CHF 22'568.05, fondée sur une activité de 61h40 
facturée au tarif horaire de CHF 350.- de l'heure pour la période du 19 février 2019 
au 24 août 2022. 

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C. a.a. Durant les débats d'appel, A______ a expliqué que sa prise de conscience était 
entière. Il contestait toujours l'infraction à la LStup mais avait renoncé à appeler sur 
ce point. Il avait entamé de son propre chef un suivi psychothérapeutique pour 
comprendre certaines choses et y faire face. Sa détention se déroulait très bien cette 
fois-ci et la maladie de sa mère lui avait permis de réaliser "qu'on est pas éternels". Il 
avait trente ans et était prêt à saisir sa dernière chance pour ne pas passer le reste de 
sa vie en prison.  

 N'étant pas disposé à donner l'identité de son comparse, il pouvait uniquement 
confirmer qu'il ne s'agissait pas de D______ et que G______, qu'il ne connaissait pas 
et ne se souvenait pas avoir rencontré, était une victime.  

 La personne lui ayant suggéré le brigandage lui avait communiqué peu 
d'informations. Elle lui avait peut-être indiqué l'existence de l'entrée du personnel, 
sur la base de quoi il avait effectué des repérages. Il avait ainsi pu observer qu'aucun 
garde armé n'assurait la sécurité du magasin et que des employés, plus 
particulièrement G______ le soir des faits, sortaient par cet accès. Il ignorait si ce 
dernier disposait du code du coffre. Ils étaient entrés avec pour objectif de braquer 
les dernières personnes présentes pour leur extorquer ledit code. Il visait bien un 
butin de l'ordre de plusieurs centaines de milliers de francs. Il aurait pris des balles à 
blanc s'il en avait reçues, car il n'était pas un tueur, mais il avait à défaut pris un 
chargeur plein en vue de l'utiliser en cas de nécessité de fuir pour tirer en l'air, sans 
toutefois viser un tiers. Cette éventualité était en définitive survenue et il le regrettait. 
Il avait aussi réalisé dans quelle mesure les victimes, et à travers elles leurs familles, 
avaient été atteintes.   

 Il était en effet logique qu'à sa sortie de prison, il s'installât chez son épouse. Il avait 
passé beaucoup de temps avec elle, mais également avec sa mère, dont le domicile 
représentait sa base. Il n'avait aucun lien avec AB______ [France] au-delà de sa 
femme et devait rester en Suisse, en particulier pour le suivi par le Service de 
probation et d'insertion (SPI).  

 a.b. Par la voix de son conseil, A______ persiste dans ses conclusions. 

 Il était normal qu'il passât plus de temps chez sa copine plutôt que chez sa mère à sa 
sortie de prison. Il n'avait cependant jamais eu la moindre intention de s'installer en 
France, ayant conservé tous ses centres d'intérêt en Suisse. S'il avait projeté de 
tromper l'Hospice général, il aurait aussi perçu une aide des services sociaux 
français.  

 Il avait fait des aveux complets au sujet du brigandage, à l'exception de l'identité de 
ses complices. S'il admettait la circonstance aggravante liée au port d'une arme à feu, 
il contestait avoir accepté que son complice fît feu. Selon ses propres déclarations, il 
n'avait pas projeté d'utiliser son arme. Aussi, son chargeur était vide et celui 

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contenant des munitions, ne devant servir qu'en cas de fuite, était resté dans son sac, 
qu'il n'avait pas porté en permanence durant le brigandage. Rien ne démontrait qu'il 
savait que son complice avait chargé son arme. Lorsqu'il s'était retrouvé aux prises 
avec I______, il n'avait pas demandé à l'autre braqueur de tirer sur lui, mais 
seulement de le frapper ou de l'assommer. Les événements s'étaient déroulés trop 
rapidement pour qu'on pût en déduire qu'il avait adhéré au comportement subséquent 
de son complice, qu'il n'avait ensuite pas revu.  

 Le braquage avait été exécuté de manière très amateure et s'était terminé dans la 
panique, ce qui excluait toute forme de professionnalisme. Il n'avait pas fait preuve 
d'une violence particulière dépassant manifestement celle inhérente à tout 
brigandage, comme des menaces ou des brutalités inutiles. Le plan de s'attaquer à un 
magasin ne bénéficiant d'aucune sécurité particulière n'était pas téméraire ni 
audacieux. 

 Ses aveux étaient à souligner et son refus de dénoncer ses complices ne pouvait pas 
être qualifié de mauvaise collaboration, celle-ci devant être évaluée à l'aune des faits 
qui lui étaient personnellement reprochés.  

 En janvier 2018, sa sortie de prison n'avait pas été préparée alors qu'il avait passé 
cinq ans en détention. Les mesures de substitution lui avaient été imposées durant 
14 mois, ce qui était long pour quelqu'un qui souhaitait aller de l'avant. Elles devaient 
être imputées sur la peine à raison de trois quarts de leur durée. Il se comportait 
désormais bien en prison, ce qui prouvait qu'il avait changé, et attendait d'être fixé 
sur sa peine pour organiser sa réinsertion.  

 b.a. D______ ne se rappelait pas où il se trouvait le 5 juin 2018. Il vivait à cette 
période entre AB______ et AD______, ville où il se livrait à un trafic de stupéfiants, 
et il trompait sa copine.  

 Il connaissait effectivement A______ qu'il avait rencontré en prison, parmi un grand 
nombre d'autres détenus. Ils s'étaient croisés à l'extérieur et il lui avait indiqué où 
trouver du "chichon". Il n'expliquait pas la présence de son ADN sur le polo de 
I______, n'ayant pas été présent lors des faits.  

 b.b. Par la voix de son conseil, D______ persiste dans ses conclusions.  

 Avant le rapport du 16 octobre 2019, il n'existait aucune charge suffisante contre lui 
et d'autres suspects avaient été envisagés. Les autres éléments pris en considération 
par les premiers juges n'étaient pas assez probants. On ne distinguait en effet pas sur 
les images de vidéosurveillance les traits du visage de l'auteur. La taille ainsi que la 
corpulence de cet homme pouvaient correspondre à d'autres suspects potentiels. Son 
portable avait activé des bornes à AD______, le jour des faits en particulier, mais à 
aucun moment en Suisse. S'il avait fait exprès de ne pas prendre son téléphone pour 

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participer à un brigandage à Genève, il se serait empressé de se prévaloir de sa 
présence à AD______ lors des faits. A______ avait tenté de le joindre les 2 et 5 juin 
2018 sans l'atteindre, et D______ ne l'avait pas rappelé.  

L'identification tardive par la victime n'était pas probante, ce d'autant moins que cette 
dernière n'avait pas eu, lors des débats, l'occasion de l'observer sous un angle 
adéquat. 

Les conclusions des experts n'étaient pas dépourvues d'ambiguïté. Ces derniers 
n'avaient rien dit des conditions du prélèvement sur le polo de la victime, alors qu'il 
avait été réalisé par des gendarmes, ni sur la localisation et la nature de la trace. Le 
rapport du 16 octobre 2019 exposait, en se fondant sur l'existence de quatre 
contributeurs, un rapport de vraisemblance faible. Il en résultait également que 
D______ ne pouvait pas être un contributeur avec A______ et I______. Les experts 
avaient expliqué durant l'instruction que la preuve de la présence de D______ 
dépendait des autres éléments de la procédure.  

Les experts étaient ensuite partis du postulat que la trace provenait de cinq 
contributeurs, sans en expliquer la raison, alors que selon eux, leur logiciel n'avait 
pas été validé pour un tel nombre. Aussi, ils n'avaient jamais évalué la vraisemblance 
de la présence simultanée, en sus de deux inconnus, de I______, A______ et 
D______ (mais seulement du premier et du second ou du troisième et de trois 
inconnus). Ils n'avaient surtout pas émis de rapport de ressemblance mais s'étaient 
limités au constat que le mélange s'expliquait bien en admettant la présence des trois 
précités. Ils n'avaient en outre pas comparé la trace avec l'ADN d'autres suspects 
préalablement envisagés.  

En tout état de cause, la fixation de la peine devait tenir compte du concours 
rétrospectif avec celle précédemment fixée à cinq ans.  

 c.a. G______ a précisé n'avoir pas réagi en voyant deux personnes entrer après la 
fermeture du magasin par le passage réservé au personnel car il était concentré sur 
son téléphone et souffrait de myopie. Il ne l'avait pas non plus fait lorsqu'il avait été 
attrapé par le bras, certainement parce qu'il n'avait pas immédiatement compris ce 
qui lui arrivait. Il avait ensuite vu la noirceur du regard de son ravisseur et saisi la 
gravité de la situation.  

 Il n'avait pas distingué le visage du braqueur dans la salle du coffre. Il était tout de 
suite descendu après le départ du précité en suivant son instinct, qui lui dictait de 
rejoindre son collègue.  

Il se considérait comme mal payé par [le magasin] L______.  

T______ avait opportunément menti, allant jusqu'à s'incriminer, car cela l'arrangeait 
que G______ fût arrêté.  

- 22/52 - 

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 c.b. Par la voix de son conseil, G______ persiste dans ses conclusions.  

 Il avait rapporté le coup de poing américain alors qu'il était mineur, sans savoir que 
cela était illégal, de sorte que le délit était prescrit, que ce soit par application du 
droit des mineurs ou par qualification de l'infraction de contravention pour tenir 
compte de la négligence, étant précisé que juridiquement, seule l'acquisition d'une 
telle arme était punie. La balle traçante et la cartouche de fusil d'assaut avaient été 
rapportées par son frère, conformément aux explications de ce dernier. Ces éléments 
n'étaient pas visés par l'acte d'accusation et leur possession relevait de la négligence, 
punie d'une contravention et donc prescrite. Il avait fortuitement trouvé le pistolet 
Airsoft lorsqu'il était mineur et en avait oublié l'existence. Une telle réplique n'était 
pas interdite mais soumise à déclaration, dont l'omission était punie d'une 
contravention, prescrite.  

 Les accusations de trafic de stupéfiants étaient fondées sur les déclarations de 
T______, très défavorablement connu des services de police, qui en outre lui devait 
de l'argent. L'accuser était un bon moyen de faire disparaître sa dette.  

Avant le brigandage, il avait certes rencontré Y______ et A______, mais n'avait 
jamais dit connaître le second. Il s'était vanté de manipuler du cash et on lui avait 
posé des questions sur son travail. Il ne pouvait cependant pas en déduire que ses 
interlocuteurs projetaient de commettre un brigandage, auquel il n'avait donc pas pu 
s'associer. Dérangé par ces questions, il avait seulement envisagé un vol à l'étalage et 
été rassuré par le fait que le mardi suivant, jour prévu pour la "dinguerie", il ne s'était 
rien passé. Il avait en fin de compte seulement commis l'erreur de parler aux 
mauvaises personnes.  

Il avait eu une attitude normale durant les faits. Il avait marqué une pause et regardé 
son téléphone en sortant du travail, ainsi qu'aperçu les braqueurs au moment où ils 
étaient passés à côté de lui. Tout s'était passé très vite quand on lui avait saisi le bras. 
Les malfrats s'étaient montrés désorganisés de manière générale de sorte qu'on ne 
pouvait rien déduire du fait que lui-même et I______ avaient été traités 
différemment. Il s'était en tous les cas trouvé sous la menace continue d'une arme à 
feu et I______ avait pu être considéré comme un membre de la sécurité. On ne 
pouvait pas attendre de G______ qu'il prît la fuite dans ces circonstances. Les mains 
levées, il avait montré des signes de nervosité. Sa connaissance du code du coffre 
faisait de lui la victime idéale. Il avait en fin de compte descendu les escaliers de 
sorte à comprendre les conséquences des coups de feu et s'assurer de la fuite des 
braqueurs. Subsidiairement, en tout état, aucune des aggravantes du brigandage 
n'était réalisée le concernant.  

 On avait essayé de l'extorquer et, à la réception de la seconde lettre, il s'était rendu à 
la police, ce qu'il n'aurait pas fait s'il était coupable.  

- 23/52 - 

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 Il avait certes triché en fabriquant des faux et joué au petit caïd dans ses 
conversations avec ses amis, mais n'avait pas le profil d'un auteur de brigandage. Il 
avait déjà suffisamment été sanctionné pour les infractions admises. Son enfance et 
son adolescence avaient été marquées par l'absence d'un père. Sa mère, souffrant d'un 
cancer, avait difficilement subvenu aux besoins de la famille. Son comportement de 
petit faussaire s'expliquait par le fait qu'une partie de lui était restée dans 
l'adolescence. La prison l'avait changé. Il souhaitait mener une vie normale et être 
présent pour ses enfants.  

 Il avait reconnu certaines infractions, répondu à toutes les questions des autorités et 
respecté les mesures de substitution ordonnées.  

 d.a Le MP persiste dans ses conclusions. 

Exception faite de la partie sur la peine, le jugement querellé n'était pas critiquable.  

 Les éléments de preuve concernant le brigandage, auquel A______ admettait 
désormais sa participation, était suffisants. Les images permettaient d'identifier 
chacun des prévenus. Le comportement observable de G______ n'était pas celui 
d'une victime (arrêt et demi-tour au moment de sortir du magasin, contact visuel avec 
les autres prévenus alors que leur visage était visible, absence de réaction au moment 
où ils étaient entrés, inaction lorsqu'il avait été saisi par le bras, absence de 
surveillance à plusieurs reprises par les auteurs, discours libre avec son agresseur 
dans la salle du coffre, ce dernier ayant le visage découvert). I______ avait 
formellement identifié D______ en première instance comme l'un des braqueurs. Les 
traces ADN relevées sur le polo de la victime plaçaient A______ et D______ sur les 
lieux, un transfert étant exclu par le fait qu'ils ne s'étaient pas vus avant 
conformément à leurs déclarations. L'absence de bornage téléphonique à Genève ne 
démontrait rien, les délinquants ayant pour habitude de ne pas allumer leur téléphone 
durant leurs méfaits. A______ avait appelé D______ le 2 juin ainsi que le jour du 
braquage, et il avait rencontré G______ à deux reprises préalablement, en compagnie 
d'une personne d'origine africaine. G______ avait reçu des lettres de chantage le 
présentant comme un auteur du brigandage.  

 Les braqueurs s'étaient équipés d'armes et de munitions. I______ avait été menacé 
avec une arme chargée et désassurée, avec laquelle D______ avait tiré pour lui faire 
peur. La vie de la victime avait été concrètement et directement mise en danger, de 
sorte que la circonstance aggravante litigieuse était réalisée pour lui et A______. Ce 
dernier avait équipé son collègue d'une arme à feu et de munitions. Il n'avait pas paru 
surpris de la tournure des événements et avait accepté l'éventualité que les armes 
fussent utilisées.  

 d.b. G______ s'était également rendu coupable de violation de la loi sur les armes eu 
égard aux objets acquis. L'ignorance alléguée à ce sujet n'était pas crédible.  

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A______ vivait bien chez sa compagne avant sa première incarcération. Sa mère 
l'avait confirmé, il avait peu d'affaires chez cette dernière, il avait été interpellé en 
France, où il s'était réfugié, et confirmé y habiter à la police puis au MP. Il n'avait 
donc conservé une adresse en Suisse que pour toucher l'aide de l'Hospice général.  

 La contestation par G______ de sa participation à un trafic de stupéfiants se heurtait 
aux déclarations de T______ et aux échanges de messages versés à la procédure.  

 d.c. La faute de A______ et de D______ était très lourde. Ils avaient fait preuve de 
violence sans nécessité, agi avec professionnalisme, s'étaient rencontrés, avaient 
planifié leur action, s'étaient réparti les rôles, avaient utilisé un faux otage, s'étaient 
lourdement armés et avaient eu recours à des balles réelles dans un espace exigu. 
G______ était tout aussi blâmable, n'étant jamais intervenu pour prévenir l'usage de 
la violence, qui n'avait pas pu le surprendre. Le mobile des prévenus était l'appât du 
gain. Le brigandage, ayant en tout état attenté à la liberté et l'intégrité de la victime, 
avait échoué in extremis grâce au courage de cette dernière, de sorte que la tentative 
n'entraînait pas une réduction de la peine  

A______ avait menti à l'Hospice général et s'était livré à un important trafic de 
cocaïne alors qu'il était sous mesures de substitution. Il avait contesté les faits 
jusqu'en première instance et ses aveux ainsi que les regrets exprimés, tardifs et très 
limités, apparaissaient de pure circonstance. Ils ne révélaient pas de réelle prise de 
conscience. Il avait des antécédents nombreux et spécifiques et s'était livré à un trafic 
de stupéfiants international. Les mesures de substitution représentaient une faible 
atteinte à sa liberté, dès lors qu'elles ne l'avaient pas même empêché de participer au 
trafic précité.  

D______ avait joué un rôle déterminant et adopté un comportement dangereux.  Il 
avait menacé, frappé et finalement tiré. Sa collaboration et sa prise de conscience 
étaient nulles, et ses antécédents très mauvais. Il représentait un danger croissant 
pour la société  

G______ avait pleinement adhéré au plan et au déroulement du brigandage. Il avait 
une famille ainsi qu'un emploi, mais était prêt à tout pour gagner davantage. Il avait 
cherché à dissimuler des preuves et sa prise de conscience ne concernait que des 
infractions moins graves. Il avait des antécédents, dont l'un était spécifique.  

 e. I______, absent lors des débats, a chiffré ses conclusions en indemnisation de ses 
frais de défense à CHF 24'067.99, sur la base d'un relevé d'activités de son conseil 
totalisant 64h20 depuis le 19 février 2019, facturées au tarif horaire de CHF 350.- 
(chef d'étude et collaborateur).  

D. a.a. A______, ressortissant suisse, est né le ______ 1992, célibataire et sans enfant.  

- 25/52 - 

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Ses deux sœurs et sa mère vivent en Suisse. Ses parents se sont séparés lorsqu'il avait 
deux ou trois ans à la suite de violences domestiques. Son père est décédé lorsqu'il 
était âgé de 12 ans.  

Après sa scolarité obligatoire, il n'a pas terminé son apprentissage de ______, mais a 
continué d'œuvrer dans ce domaine.  

Il a été incarcéré une première fois à l'âge de 16 ans et a alors appris à travailler dans 
le nettoyage. Condamné à plusieurs reprises à des peines de prison, il a dans 
l'intervalle toujours eu le même patron.   

Il n'a selon lui pas été préparé à sa libération conditionnelle, dont personne n'avait été 
informé, ni n'avait su saisir l'opportunité qu'elle représentait, par manque d'envie et 
de maturité. 

Il a commencé un emploi de paysagiste le 7 avril 2021 puis été détenu dans le cadre 
de la présente procédure. En prison, il travaille au service des repas. Conscient 
d'avoir certains problèmes et souffrant d'un syndrome de stress post-traumatique, il 
bénéficie d'un suivi psychothérapeutique, repris lors de sa seconde incarcération le 
29 avril 2022 toutes les deux semaines et visant la régulation des émotions, la gestion 
des frustrations, puis le traitement de l'état de stress post-traumatique.  

Il a vécu avec R______ entre ses deux dernières incarcérations mais a rompu avec 
elle peu avant la seconde. Il a noué une nouvelle relation avec une femme rencontrée 
en prison et habitant en Suisse. Sa mère le soutient. Atteinte d'un cancer depuis mars 
2021, son traitement évolue de façon positive.  

Selon ses déclarations, à plus de 30 ans, il est conscient d'être arrivé à une limite, de 
devoir changer de vie et travailler. Une personne active dans le domaine de la 
réinsertion avait discuté avec sa mère de la possibilité d'effectuer une formation lui 
permettant d'exploiter un foodtruck avec une patente. Son ancien employeur dans le 
domaine du paysagisme est en outre disposé à le reprendre.  

a.b. Selon l'extrait de son casier judiciaire suisse, A______ a été condamné : 

- le 17 avril 2012 par le Tribunal correctionnel de la Côte à une peine privative 
de liberté de 12 mois pour vol et vol d'usage ; 

- le 9 août 2012 par le Tribunal de police à une peine privative de liberté de 
12 mois, assortie du sursis, pour brigandage, vols, dommages à la propriété et 
violation de domicile ; 

- le 13 juin 2014 par la CPAR à une peine privative de liberté de cinq ans et six 
mois pour brigandage ; 

- le 4 novembre 2014 par le MP à une peine privative de liberté de 60 jours pour 
violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires. 

- 26/52 - 

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 Sa libération conditionnelle a été ordonnée le 8 janvier 2018, le délai d'épreuve étant 
d'une année et le solde de la peine de dix mois et cinq jours. A______ a cependant 
interrompu le suivi psychothérapeutique après deux mois, il ne s'est pas présenté à 
certains rendez-vous auprès du SPI ainsi qu'au stage en entreprise qui avait été 
organisé, et manqué d'assiduité lors de la formation de nettoyeur dispensée, qui n'a 
ainsi pas pu être validée. 

 b.a. D______, ressortissant français né le ______ 1994, est célibataire et sans enfant. 
Son père est décédé. Il a vécu en région AD______ et a déménagé à AB______ en 
2006 ou en 2007, où vivent aussi sa mère et ses deux frères.  

Il a été scolarisé en France et a obtenu le brevet des collèges. Il s'est rendu en 2010 
ou 2011 huit mois en Algérie, où il a aussi de la famille, pour "arrêter de faire des 
bêtises". Il y a passé un brevet de transitaire/déclarant en douane et travaillé dans les 
magasins de ses oncles. De retour à AB______, il a effectué trois mois de stage non 
rémunéré dans différents domaines, avant d'être incarcéré.  

Majeur, il a travaillé dans les marchés. Son dernier emploi date à son souvenir de 
2017, soit après sa sortie de prison le 27 décembre 2016.  

Il exécute actuellement à l’établissement fermé de E______ la peine privative de 
liberté à laquelle il a été condamné par la CPAR le 5 octobre 2021, et travaille dans 
l'atelier de boulangerie. Il suit depuis mars ou avril 2021, avec des périodes 
d'interruption dues à des opérations, des formations en gestion et création d'entreprise 
ainsi que de bureautique.  

Il ne se voit pas continuer ce chemin, veut aller de l'avant, se marier, créer une 
entreprise et avoir une vie normale.  

Il reçoit régulièrement la visite de sa mère, de ses frères et d'amis. Il a consulté un 
psychologue au début de sa détention, soit en 2019. Suite à une chute lors de son 
arrestation, un syndrome de stress post-traumatique a été diagnostiqué. Il a vu deux 
psychologues différents, d'abord à B______, puis à E______. En 2021, ayant été 
opéré, il a interrompu son suivi, qu'il a repris au printemps 2022, à raison d'une 
séance toutes les deux semaines, puis d'une séance par semaine et, enfin, d'une à 
deux séances par mois, en fonction des disponibilités.  

Il a récemment essuyé un refus de libération conditionnelle car le projet présenté, soit 
l'ouverture d'un SPA et solarium en région AD______ [France] avec sa copine, 
n'était pas assez abouti. Il compte sur ce projet pour se sortir de la spirale carcérale. 

b.b. Selon l'extrait de son casier judiciaire suisse, il a été condamné : 

- le 23 janvier 2014 par le Ministère public cantonal STRADA à Lausanne à une 
peine privative de liberté de trois mois pour vol et violation de domicile ; 

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- le 28 janvier 2015 par le TCO à une peine privative de liberté de trois ans pour 
violation qualifiée des règles de la circulation routière, conduite d'un véhicule 
automobile sans le permis de conduire requis et brigandage ; 

- le 5 octobre 2021 par la CPAR à une peine privative de liberté de cinq ans et à 
une expulsion du territoire suisse de dix ans pour vol, dommages à la propriété, 
violation de domicile, explosion et infraction à l'art. 94 al. 1 let. b LCR. 

Il a également fait l'objet de plusieurs condamnations en France entre le 29 février 
2012 et 20 décembre 2017 entre autres pour vol, conduite d'un véhicule sans permis, 
transport prohibé d'arme, usage illicite de stupéfiants, détention et transport non 
autorisés de stupéfiants et port sans motif légitime d'une arme blanche ou 
incapacitante. 

c.a. G______, ressortissant suisse né le ______ 1991 est célibataire et père de deux 
enfants de huit et neuf ans, dont il a la garde alternée et partiellement la charge. Il a 
grandi sans son père. 

Il a travaillé à AH______ comme commis administratif puis comme huissier entre 
2008 et 2014, pour une startup active dans le domaine ______ en 2016, et de 
décembre 2017 à avril 2019 pour L______ comme employé du service clientèle. Il a 
parallèlement obtenu un CFC d'employé de commerce en mars 2018. 

Après sa libération dans la présente cause, il a touché des prestations du chômage, 
avant d'être engagé en février 2021 au poste de gardien au Service AL______. Selon 
ses déclarations, ce métier, le mettant au contact de personnes ______, lui a apporté 
une certaine maturité et appris à mieux apprécier les choses simples, la vie et d'être 
en famille. Il a cependant démissionné, faute de perspective de progression. Il est 
actuellement employé de commerce en charge de l’administration pour une 
entreprise active dans l'immobilier.  

Son salaire mensuel net s'élève à CHF 4'495.76. Ses charges mensuelles 
comprennent le loyer de son logement de CHF 800.-, ainsi que ses primes 
d'assurance-maladie de CHF 446.-. 

Il n'a pas de fortune et, grâce au soutien de la fondation genevoise de 
désendettement, a pu rembourser CHF 50'000.- de poursuites, de sorte qu'il ne lui 
reste plus qu'une dette à l'égard de ladite fondation, qu'il rembourse à raison de 
CHF 280.- par mois.  

Il envisage son avenir sereinement, comme père, souhaite évoluer dans son métier et 
trouver l'épanouissement au travers de sa famille. Il projette, selon l'issue de la 
procédure, de commencer en cours d’emploi la formation AI______. 

  

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c.b. Selon l'extrait de son casier judiciaire suisse, il a été condamné : 

- le 27 mai 2014 par le MP à une peine pécuniaire de 45 jours-amende à 
CHF 50.- l'unité, assortie du sursis, d'un délai d'épreuve de trois ans et d'une 
amende de CHF 500.-, pour violation grave des règles de la circulation routière 
et conduite d'un véhicule automobile malgré un permis de conduite à l'essai 
échu ; 

- le 2 février 2017 par le Ministère public de Lausanne à une peine pécuniaire de 
90 jours-amende à CHF 30.- et à une amende de CHF 1'200.- pour 
contravention à la LStup et infractions aux art. 91 al. 1 let. a LCR et 95 al. 3 
let. a LCR.  

E. a. Les défenseurs d'office ont chacun déposé un état de frais pour la procédure 
d'appel, comptabilisant les postes suivants, hors débats d'appel d'une durée totale de 
7h20 (audiences des 9 mai et 9 juin 2023). Leur activité en première instance a été 
indemnisée à hauteur de plus de 80 heures. 

 b.a. Pour Me C______, défenseur d'office de A______ : pour la période du 31 août 
2022 au 8 mai 2023, des visites de 1h30 à la prison de B______ au nombre de quatre 
pour la stagiaire, de cinq pour la collaboratrice et de sept pour le chef d'étude ; une 
heure de suivi du dossier en lien avec les déclarations d'appel et d'appel joint par le 
chef d'étude ; 13h50 de préparation des débats par le chef d'étude et 1h10 de 
démarches diverses par la collaboratrice.  

 b.b Pour Me F______, défenseur d'office de D______ et collaborateur : 4h30 
d'entretien avec le client à E______, 0h45 de rédaction de la déclaration d'appel et 
22h30 d'examen du dossier et de préparation aux débats.  

 b.c. Pour Me H______, défenseure d'office de G______ : 3h30 d'entretiens avec le 
client et 15h00 de préparation aux débats, dont 3h00 entre les audiences des 9 mai et 
9 juin. 

EN DROIT : 

1. Les appels et l'appel joint sont recevables pour avoir été interjetés et motivés selon la 
forme et dans les délais prescrits (art. 398, 399, 400 et 401 CPP). 

 La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel (art. 404 
al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP). 

2. 2.1. Le principe in dubio pro reo, qui découle de la présomption d'innocence, 
garantie par l'art. 6 ch. 2 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et 
des libertés fondamentales (CEDH) et, sur le plan interne, par les art. 32 al. 1 de la 
Constitution fédérale de la Confédération suisse (Cst.) et 10 al. 3 CPP, concerne tant 

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le fardeau de la preuve que l'appréciation des preuves au sens large (ATF 144 IV 345 
consid. 2.2.3.1 et 127 I 28 consid. 2a). 

Comme règle d'appréciation des preuves, la présomption d'innocence signifie que le 
juge ne doit pas se déclarer convaincu de l'existence d'un fait défavorable à l'accusé 
si, d'un point de vue objectif, il existe des doutes quant à l'existence de ce fait. Il 
importe peu qu'il subsiste des doutes seulement abstraits et théoriques, qui sont 
toujours possibles, une certitude absolue ne pouvant être exigée. Il doit s'agir de 
doutes sérieux et irréductibles, c'est-à-dire de doutes qui s'imposent à l'esprit en 
fonction de la situation objective (ATF 145 IV 154 consid. 1). 

2.2. Aux termes de l'art. 140 ch. 1 CP, quiconque aura commis un vol en usant de 
violence à l’égard d’une personne, en la menaçant d’un danger imminent pour la vie 
ou l’intégrité corporelle ou en la mettant hors d’état de résister sera puni d’une peine 
privative de liberté de six mois à dix ans. 

Le brigandage sera puni d’une peine privative de liberté d’un an au moins si son 
auteur s’est muni d’une arme à feu ou d’une autre arme dangereuse (art. 140 ch. 2 
CP). Cette disposition vise le cas de celui qui, pour commettre un brigandage, 
emporte avec lui une telle arme, sans pour autant s'en servir, par exemple à des fins 
d'intimidation (ATF 110 IV 77). 

Le brigandage sera puni d’une peine privative de liberté de deux ans au moins 
notamment si la façon d’agir dénote que l'auteur est particulièrement dangereux 
(art. 140 ch. 3 CP). Cette notion doit être interprétée restrictivement, dès lors que le 
brigandage implique par définition une agression contre la victime et donc une mise 
en danger plus ou moins grave. Il faut que l'illicéité de l'acte et la culpabilité 
présentent une gravité sensiblement accrue par rapport au cas normal. Cette gravité 
accrue se détermine en fonction des circonstances concrètes. Sont des critères 
déterminants notamment le professionnalisme de la préparation du brigandage, la 
façon particulièrement audacieuse, téméraire, perfide, astucieuse ou dépourvue de 
scrupules avec laquelle il a été commis et l'importance du butin escompté (ATF 
117 IV 135 consid. 1a et 116 IV 312 consid. 2d) ou encore le fait de menacer la 
victime avec une arme (ATF 120 IV 113 consid. 1c). Une mise en danger concrète de 
la victime suffit, sans qu'une lésion ne soit nécessaire. L'auteur qui ne se borne pas à 
porter sur lui une arme à feu, mais qui l'utilise en l'exhibant pour intimider autrui, 
agit de manière particulièrement dangereuse (ATF 120 IV 317 consid. 2a et ATF 
118 IV 142 consid. 3b). Une telle qualification doit ainsi en principe être retenue 
lorsqu'une arme chargée mais assurée ou non armée est dirigée par l'auteur vers la 
victime (ATF 117 IV 419 consid. 4c). L'implication de plusieurs auteurs est 
également une circonstance à prendre en considération (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_370/2018 du 2 août 2018 consid. 3.1). 

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Cette circonstance aggravante est une circonstance réelle qui confère à l'acte une 
gravité objective plus grande et influe en conséquence sur le sort de tous les 
participants, à condition qu'ils la connaissent (arrêt du Tribunal fédéral 6B_930/2021 
du 31 août 2022 consid. 3.4). 

La peine sera la peine privative de liberté de cinq ans au moins, si l’auteur a mis la 
victime en danger de mort, lui a fait subir une lésion corporelle grave, ou l’a traitée 
avec cruauté (art. 140 ch. 4 CP). Cette circonstance aggravante doit être interprétée 
restrictivement en raison de l'importance de la peine, qui correspond à la peine du 
meurtre (art. 111 CP). La mise en danger de mort de la victime suppose un danger 
concret, imminent et très élevé que la mort puisse survenir facilement, même sans la 
volonté de l'auteur (ATF 121 IV 67 consid. 2b). Les circonstances de fait et le 
comportement concret de l'auteur sont décisifs pour déterminer si la victime a couru 
un risque réel de lésions mortelles (ATF 117 IV 427 consid. 3b et 419 consid. 2). 

2.3.1. En l'espèce, l'appelant A______ a admis sa participation au brigandage du 
5 juin 2018, celle-ci ressortant pour le surplus des analyses ADN des différents 
prélèvements réalisés sur les lieux (cf. notamment les rapports du CURML des 10 et 
17 juillet 2018 [PPs C-20 / C-81]).  

Il ne conteste à juste titre pas la commission de l'infraction sur le principe, sous la 
forme de la tentative. Avec son comparse, il a menacé, finalement frappé et ainsi mis 
hors d'état de résister I______, dans le but de voler un important butin, échouant à 
cause de l'intervention du précité.   

L'appelant ne conteste à raison pas non plus la circonstance aggravante prévue à 
l'art. 140 ch. 2, résultant de ce que lui et son comparse se sont munis d'armes à feu. 

Reste à examiner la réalisation des autres circonstances aggravantes. 

2.3.2. La préparation du braquage n'apparaît certes pas très élaborée. L'appelant s'est 
contenté de quelques repérages et, bien qu'il le conteste, des informations fournies 
par l'appelant G______ et de l'assurance de la présence de ce dernier sur les lieux. Il 
l'a en effet préalablement rencontré à deux reprises. Il n'est en conséquence pas 
crédible qu'il ait assisté à ces deux rendez-vous peu de temps avec les faits, sans que 
les discussions des protagonistes n'aient concerné la planification du brigandage et 
que, comme il l'a encore affirmé en appel, il se soit rendu au L______, armé, sans 
savoir s'il y trouverait encore un employé en mesure d'ouvrir le coffre. Il est encore 
moins crédible qu'il ait perdu tout souvenir de ces deux rencontres, pourtant 
forcément relatives au plan qu'il avait accepté de préparer et d'exécuter. La présence 
de l'appelant G______, qui n'a pas relevé du hasard, a dû être discutée et prévue, de 
sorte à être certain qu'au moins une personne en mesure d'ouvrir le coffre du magasin 
serait sur place. 

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Le brigandage n'a par ailleurs pas été mené avec professionnalisme, son exécution se 
révélant très amateure, eu égard en particulier aux va-et-vient erratiques des auteurs 
entre le couloir et la loge du rez-de-chaussée, à la légèreté avec laquelle l'appelant 
A______, une fois seul avec la partie plaignante dans la cage d'escaliers, a baissé sa 
garde et révélé à cette dernière que son arme n'était pas chargée en tirant la culasse, 
ainsi qu'au désordre et à la panique dans lesquels l'opération s'est achevée.  

Nonobstant ce qui précède, l'appelant A______ s'est procuré des armes en vue de la 
commission du brigandage et il a lui-même porté et sorti l'une d'elles durant les faits. 
Le chargeur plein est resté à sa disposition, dans son sac, et il était prévu, 
conformément à ses propres explications, qu'il serve pour, si nécessaire, assurer sa 
fuite. Quand bien même il se serait contenté de tirer en l'air comme déclaré, il aurait 
pris le risque de blesser gravement un tiers. Il a donc envisagé, très exactement, et 
accepté le scénario qui s'est produit, même s'il n'a pas lui-même chargé son arme. 

L'appelant s'est en outre associé à son complice, muni d'un pistolet chargé qu'il était 
prêt à utiliser, lui aussi, pour assurer sa fuite en cas de difficulté, ce qui s'est 
effectivement produit. Il importe peu de savoir si et quand l'appelant A______ a su 
que le précité avait effectivement chargé son arme, dès lors que, comme il vient 
d'être dit, il avait accepté la possibilité qu'il le fît et qu'il ouvrît le feu. L'appelant 
A______ a au surplus frappé I______ pour aider son comparse.  

Au vu de ce qui précède, il s'est rendu coupable de brigandage aggravé au sens de 
l'art. 140 ch. 3 CP, dès lors que les armes fournies ont été utilisées pour intimider la 
partie plaignante et que l'une d'elle a été chargée et actionnée à proximité de cette 
dernière, issue que l'appelant avait acceptée. 

La circonstance aggravante de l'art. 140 ch. 4 CP n'apparaît en revanche pas réalisée, 
car il n'est pas établi à satisfaction de droit que la vie de I______ a été concrètement 
et directement menacée. Les balles ont été tirées en direction des escaliers sans que la 
position exacte de la partie plaignante ne soit connue et celle-ci a déclaré ne pas s'être 
sentie visée. Si l'appelant A______ a reconnu avoir envisagé de faire feu pour assurer 
sa fuite, il a toujours contesté avoir accepté le risque de blesser quelqu'un 
mortellement. Il n'est au surplus pas établi que l'appelant SID a pointé sur la partie 
plaignante une arme chargée et désassurée.  

2.3.3. En conclusion, le jugement querellé sera réformé dans le sens que l'appelant 
A______ est reconnu coupable de tentative de brigandage aggravé au sens des art. 22 
et 140 ch. 1, 2 et 3 CP.  

2.4.1. D______ a toujours contesté avoir été présent lors des faits. 

Les dernières analyses ADN réalisées sur le prélèvement effectué en haut et à 
l'arrière du polo de I______ démontrent avec une très forte vraisemblance qu'il est 

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l'un des contributeurs. L'hypothèse qu'il soit à l'origine de cette trace, avec I______ et 
trois inconnus, est en effet 9 millions de fois plus probable que l'hypothèse où la 
trace comporterait l'ADN de I______ et quatre inconnus.  

L'appelant SID critique vainement la cohérence du travail et des conclusions des 
experts. La lecture de leurs rapports montre qu'ils ont procédé en trois étapes. Ils ont 
tout d'abord constaté que la trace en cause était trop complexe pour permettre un 
examen concluant. Ils ont ensuite utilisé un logiciel plus performant, à même 
d'analyser les traces provenant de plus de deux contributeurs, en partant de quatre 
contributeurs dont I______, obtenant un premier résultat en faveur d'une 
vraisemblance de la présence d'ADN de l'appelant SID de 130'000, ce qui n'est pas 
particulièrement élevé. Ils ont enfin approfondi leurs analyses, à la demande des 
parties, et sont arrivés à la conclusion que le mélange s'expliquait mieux avec cinq 
contributeurs. Ils sont ensuite parvenus à un rapport de vraisemblance de 9 millions. 
Conformément à leurs explications, ce meilleur résultat s'explique par la prise en 
compte d'un nombre de contributeurs à la fois plus élevé et précis.  

Contrairement aux arguments de l'appelant SID, les experts n'ont pas dit que leur 
logiciel n'était pas adapté à l'analyse de trace provenant de cinq contributeurs, mais 
expliqué qu'il n'était pas conçu pour faire une analyse d'un mélange avec quatre 
inconnus. Les experts n'ont à aucun moment conclu que l'appelant SID ne pouvait 
pas être un contributeur avec l'appelant A______ et I______, bien au contraire, et on 
comprend de leur analyse qu'ils n'ont à dessein jamais examiné la vraisemblance de 
la présence des traces des deux appelants simultanément, de sorte à parvenir à des 
résultats plus précis, ce qui n'a, par ailleurs, jamais été critiqué durant la procédure. 
L'appelant SID remet enfin vainement en cause la précision et l'adéquation du 
prélèvement en cause, dont rien ne permet de dire qu'il n'a pas été opéré avec la 
rigueur exigée (cf. supra let. B.a.d.). Il est à cet égard rappelé que les agents de 
police, gendarmes compris, sont formés à saisir des pièces à conviction tel un 
vêtement. 

Il est ainsi établi avec un très haut niveau de vraisemblance que le mélange prélevé 
sur le polo de I______ provient notamment de D______ et cela ne peut pas 
s'expliquer autrement que par la présence du précité lors des faits, dès lors qu'il ne 
résulte pas de la procédure qu'il aurait été en contact, directement ou indirectement, 
avec la partie plaignante dans un autre contexte. Il ne le soutient d'ailleurs pas.  

2.4.2. Les autres éléments de la procédure ne conduisent pas à une autre conclusion. 

Le fait que le raccordement identifié comme l'un de ceux utilisés par l'appelant 
D______ n'était pas actif en Suisse le jour des faits, ni de janvier à juillet 2018, n'est 
pas propre à réfuter sa présence. Il a lui-même expliqué qu'il vivait à l'époque entre 
AB______ [France], où réside sa famille, et AD______ [France], et qu'il était venu 
plusieurs fois à Genève, où, selon ses antécédents judiciaires, il a commis 

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subséquemment plusieurs cambriolages en 2018 et 2019. Le rétroactif de ce 
raccordement démontre que les appelants D______ et A______ étaient en contact, 
étant rappelé que ces derniers se connaissaient. 

La taille, la corpulence et les traits du visage de second auteur, dans la mesure où ils 
sont observables sur les images de vidéosurveillance, sont compatibles avec ceux de 
l'appelant D______. Bien que cet élément soit à lui seul insuffisamment probant, il 
conforte l'hypothèse selon laquelle l'appelant D______ est bien l'un des auteurs du 
brigandage, qui est ainsi établie à satisfaction de droit. La CPAR ne tiendra en 
revanche pas du tout compte de son identification en audience de jugement par la 
partie plaignante. Celle-ci est en effet intervenue à l'issue d'une longue procédure au 
cours de laquelle I______ a pu être amené à se convaincre qu'il était bien l'un des 
braqueurs.  

Sa culpabilité pour brigandage aggravé au sens des art. 22 et 140 ch. 1, 2 et 3 CP sera 
dès lors confirmée. Les motifs justifiant l'application de la seconde circonstance 
aggravante retenus pour l'appelant A______ s'appliquent d'autant plus à lui qu'il a 
fait effectivement usage de son arme pour effrayer la partie plaignante et prendre la 
fuite. 

En conséquence de sa culpabilité pour ce chef d'infraction et du fait qu'il ne se trouve 
pas dans une situation personnelle grave au sens de l'art. 66a al. 2 CP, son expulsion, 
obligatoire pour l'auteur de brigandage (art. 66a al. 1 let. c CP), sera aussi confirmée, 
ce pour une durée de 20 ans au vu de la récidive (art. 66b al. 1 CP). 

2.5.1. L'appelant G______ a toujours contesté avoir pris part au brigandage.  

La police a mis en évidence sur la base d'une analyse des images de 
vidéosurveillance un série d'incongruités dans l'attitude de l'appelant, incompatibles 
avec le statut de victime dont il continue à se prévaloir, dénotant une absence de 
surprise et de frayeur, que ce type d'événement aurait dû susciter (cf. pour le détail 
PPs C-300 ss). 

Il est délicat de souscrire à l'entier de l'analyse policière. Les événements se sont en 
effet déroulés rapidement et déterminer a posteriori quel aurait été le comportement 
typique d'une victime d'un braquage à main armée est difficile. Chaque individu est 
susceptible de réagir différemment compte tenu de sa personnalité, de précédentes 
expériences et de son état d'esprit au moment des faits. 

Les images de vidéosurveillance permettent néanmoins d'observer quatre moments 
où l'attitude des appelants D______ et G______ sont objectivement et sans doute 
possible incompatibles avec la position de victime de ce dernier. 

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Premièrement, l'appelant D______, après être passé devant l'appelant G______, 
ressort du magasin et prend le second par le bras sans hésiter, sachant donc que ce 
dernier est l'un des employés. Surtout, l'appelant G______ ne manifeste alors ni 
surprise ni frayeur. Il se laisse guider de manière naturelle par son ravisseur, en 
plaçant spontanément ses mains en l'air, alors que ce dernier n'avait pas encore sorti 
son arme, contrairement aux souvenirs vrais ou feints de l'appelant G______, ni ne 
s'était totalement couvert le visage. Quand bien même tout s'est passé rapidement, 
n'importe quel individu réellement victime aurait, à la place de l'appelant G______, 
réagi d'une manière ou d'une autre à cette prise d'otage, si ce n'est en essayant de 
résister physiquement, pour le moins en manifestant de la stupeur.  

Deuxièmement, au moment où les protagonistes se trouvent dans le couloir du rez-
de-chaussée, après que l'appelant D______ est entré dans la loge par le comptoir 
pour maîtriser I______ et que l'appelant A______ a sorti son arme et des serflexs du 
sac puis s'est dirigé vers ladite loge, l'appelant G______ l'a suivi de sorte à observer 
ce qui s'y passait. Ce comportement ne peut s'expliquer que par un rôle de 
participant. N'importe quelle réelle victime d'une prise d'otage, même animée d'un 
sens aigu de la curiosité, serait, face à deux ravisseurs armés et agressifs, restée à sa 
place, plutôt que de se rapprocher spontanément de l'un deux, afin d'observer les 
événements en cours à l'intérieur de la loge. Il apparaît plutôt que l'appelant G______ 
tenait à suivre le déroulement du braquage de ses propres yeux au moment où 
l'appelant D______ maîtrisait la seule réelle victime et faisait donc face à l'unique 
obstacle potentiel. 

Troisièmement, au moment où les appelants G______ et D______ se trouvent dans 
le bureau du service clients, le second converse avec le premier le visage découvert. 
Il n'avait donc aucune crainte d'être identifié par l'appelant G______, ce qui ne trouve 
une justification que si ce dernier était également son complice. 

Quatrièmement, lorsque l'appelant D______ quitte la pièce en courant pour prendre 
les escaliers, l'appelant G______ le suit immédiatement. S'il est difficile d'affirmer 
quel aurait été le comportement logique d'une réelle victime à ce moment (fuir, 
appeler tout de suite la police, s'enfermer dans le bureau, se cacher, appeler à l'aide 
par la fenêtre, …), il est en tous les cas certain qu'elle n'aurait pas immédiatement 
suivi son agresseur, qui plus est après avoir entendu des cris et des coups de feu. Ces 
éléments sont en effet propres à choquer et à effrayer, sentiments que l'appelant 
G______ a dit durant l'instruction avoir ressentis. Il apparaît une fois encore, ce que 
seule son implication dans le brigandage pouvait expliquer, qu'il tenait à 
immédiatement et directement constater ce qui s'était passé et qui différait 
manifestement de leurs plans.  

2.5.2. Comme vu ci-avant, il est indubitable que les deux rencontres entre les 
appelants D______ et A______ ont servi à l'élaboration d'un plan en vue du 
brigandage. Aussi téméraires et impréparés que les appelants pussent paraître, ils 

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n'auraient, contrairement aux déclarations de l'appelant A______ sur ce point, pas 
pris le risque d'entreprendre l'attaque d'un magasin à main armée sans s'assurer qu'à 
tout le moins une personne en mesure d'ouvrir le coffre s'y trouvait. La présence et la 
participation consciente de l'appelant G______ étaient donc aussi logiques que 
nécessaires à l'accomplissement de leur plan.  

Il est difficile de déterminer la véritable nature des courriers de chantage reçus par 
l'appelant G______, soit s'il s'agit d'authentiques menaces anonymes, de menaces 
concrètes mais émanant de personnes que l'appelant connaissait, ou créées de toutes 
pièces par ce dernier, avec ou sans le concours de tiers, pour renforcer sa position de 
victime. L'appelant a en effet réagi de manière particulièrement ambigüe à la 
réception de ces deux courriers. Lorsque sa mère a découvert le premier, il a dit à 
cette dernière qu'il règlerait le problème lui-même, qu'il en connaissait les auteurs, 
qu'elle pouvait la jeter à la poubelle et qu'il n'y avait pas de raison de porter plainte. 
Lorsque sa mère a découvert le second courrier, il l'a dénoncé à la police, sans 
toutefois parler du premier, qu'il aurait étonnamment oublié, et en alléguant un 
chantage téléphonique en septembre et octobre 2018 dont les circonstances ne 
recoupent pas le résultat des rétroactifs de son raccordement. 

Peu importe en définitive la réalité entourant ces deux courriers. Il suffit d'observer 
que leur existence ne se justifie en tous les cas que si l'appelant G______ a participé 
au brigandage. Dans l'hypothèse inverse, une tentative de chantage, réelle ou fictive, 
n'aurait aucun sens.  

2.5.3. En conclusion, il est établi à satisfaction de droit que l'appelant G______ a pris 
part au brigandage en tant qu'auteur selon un plan prédéfini. Au vu des discussions 
préalables avec l'appelant A______ et de l'absence de surprise et d'opposition 
manifestées à cet égard – il a en particulier mis les mains en l'air avant même que 
D______ n'ait sorti son pistolet –, il savait que le brigandage se ferait au moyen 
d'armes à feu. 

Faute d'éléments probants à ce sujet, il sera en revanche retenu à sa décharge qu'il 
ignorait de quelle manière ces armes seraient concrètement utilisées, en particulier si 
elles seraient chargées ou si des munitions seraient à disposition, et que les braqueurs 
étaient prêts à faire feu ainsi qu'à donner des coups, notamment pour faciliter leur 
fuite, ce qu'ils ont pu lui taire pour ne pas compromettre son adhésion à leur projet. 
L'appelant n'a en particulier pas d'antécédents de violence et il a semblé surpris par 
l'issue du brigandage. 

L'appelant G______ sera en conclusion reconnu coupable de tentative de brigandage 
aggravé au sens des art. 22 et 140 ch. 1 et 2 CP. 

3. 3.1. Selon l'art. 148a al. 1 CP, quiconque, par des déclarations fausses ou 
incomplètes, en passant des faits sous silence ou de toute autre façon, induit une 

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personne en erreur ou la conforte dans son erreur, et obtient de la sorte pour lui-
même ou pour un tiers des prestations indues d'une assurance sociale ou de l'aide 
sociale, est puni d'une peine privative de liberté d'un an au plus ou d'une peine 
pécuniaire. 

La loi sur l'insertion et l'aide sociale individuelle (LIASI) régit notamment les 
prestations financières versées par l'Hospice général (art. 2 let. b et art. 3 al. 1 
LIASI). Ont droit à de telles prestations les personnes qui ont leur domicile et leur 
résidence effective sur le territoire de la République et canton de Genève (art. 11 al. 1 
let. a LIASI). Le domicile de toute personne est au lieu où elle réside avec l'intention 
de s’y établir ; le séjour dans une institution de formation ou le placement dans un 
établissement d'éducation, un home, un hôpital ou une maison de détention ne 
constitue en soi pas le domicile (art. 23 al. 1 du code civil [CC]). 

 3.2. En l'espèce, au vu de son âge et comme il l'a reconnu en appel, il apparaît 
logique que l'appelant décidât à sa sortie de prison de s'établir à AB______ chez sa 
compagne, avec laquelle il s'était marié religieusement, plutôt que chez sa mère à 
M______ [GE]. Cela est confirmé par les premières déclarations de chacun des 
précités, soit celles faites spontanément, sans avoir en tête que le lieu de résidence 
effective serait déterminant pour l'un des chefs d'accusation retenus contre l'appelant. 
Son emménagement à AB______ est confirmé par les nombreuses affaires lui 
appartenant qui y ont été retrouvées lors de son arrestation en juillet 2018. Ses 
dénégations faites à partir de la fin de l'instruction apparaissent de pure circonstance.  

 Il argue pour le surplus vainement avoir conservé ses intérêts en Suisse, tels ses amis 
et ses occupations. En allant habiter chez sa compagne, il y a résidé avec l'intention 
de s'y établir de manière durable au vu des liens avec cette dernière. Il avait ainsi 
perdu toute résidence effective en Suisse, quand bien même il avait laissé des affaires 
chez sa mère et lui rendait régulièrement visite. 

 Il a ainsi à dessein induit en erreur l'Hospice général sur son domicile réel et obtenu 
indument des prestations financières de l'aide sociale. 

 Sa culpabilité pour obtention illicite de prestations d'une assurance sociale ou de 
l'aide sociale sera en conséquence confirmée. 

4.  4.1. L'art. 33 al. 1 let. a LArm est puni d’une peine privative de liberté de trois ans au 
plus ou d’une peine pécuniaire quiconque, sans droit, offre, aliène, acquiert, possède, 
fabrique, modifie, transforme, porte, exporte vers un État Schengen ou introduit sur 
le territoire suisse des armes, des éléments essentiels d’armes, des composants 
d'armes spécialement conçus, des accessoires d'armes, des munitions ou des éléments 
de munitions, ou en fait le courtage.  

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Sont notamment considérées comme des armes selon l'art. 4 LArm les engins conçus 
pour blesser des êtres humains, notamment les coups de poing américains, les 
matraques simples ou à ressort, les étoiles à lancer et les frondes (let. d), ainsi que les 
armes factices, les armes d'alarme et les armes soft air, lorsqu’elles peuvent être 
confondues avec de véritables armes à feu du fait de leur apparence (let. g). 

4.2. En l'espèce, une balle traçante incendiaire, un pistolet Airsoft répliquant un 
Q______/2______ 9 mm sans chargeur et un poing américain de gros calibre ont été 
retrouvés au domicile de l'appelant G______. Chacun de ces objets, visés par l'acte 
d'accusation, correspond à la définition d'une arme au sens des dispositions 
susmentionnées, constituant un engin conçu pour blesser des êtres humains, de la 
munition ou une arme factice répliquant une arme à feu réelle. Rien ne permet de 
conclure, et le précité ne l'allègue pas, qu'il ignorait leur présence à son domicile. Il 
les détenait dès lors avec conscience et volonté lors de son interpellation, sans être au 
bénéfice d'une autorisation, ce qui était à tout le moins nécessaire pour le poing 
américain et la munition (art. 10 LArm a contrario). Peu importe que par hypothèse, 
il les eût acquis quand il était encore mineur ou par le truchement de son frère au 
moment où ce dernier effectuait son service militaire. La possession illicite d'armes, 
soit celle résultant d'une acquisition contraire à la loi (art. 12 LArm a contrario), est 
en effet également réprimée.  

La culpabilité de l'appelant G______ pour infraction à la LArm sera donc confirmée.  

4.3. Il en ira de même pour l'appelant D______, lequel s'est muni d'un pistolet de 
calibre 7.65 mm chargé lors de la tentative de brigandage du 5 juin 2018. 

5. 5.1. L'art. 19 al. 1 let. c LStup punit d'une peine privative de liberté de trois ans au 
plus ou d'une peine pécuniaire celui qui sans droit, aliène ou prescrit des stupéfiants, 
en procure de toute autre manière à u