# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 81e36c1a-ae01-5fd9-b0fb-f83aeaa69e80
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2015-11-10
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 10.11.2015 A-2991/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_A-2991-2014_2015-11-10.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 

Décision confirmée par le TF par arrêt 

du 26.04.2017 (2C_1120/2015) 

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour I 

A-2991/2014 

 

 
 

  A r r ê t  d u  1 0  n o v e m b r e  2 0 1 5  

Composition 
 Pascal Mollard (président du collège),  

Daniel Riedo, Jürg Steiger, juges, 

Cécilia Siegrist, greffière. 
 

 
 

Parties 
 X._______, 

représentée par PricewaterhouseCoopers SA,  

recourante,  

 
 

 
contre 

 
 Administration fédérale des contributions AFC,  

Division principale de la taxe sur la valeur ajoutée, 

Schwarztorstrasse 50, 3003 Bern,    

autorité inférieure.  

 
 

 
 

Objet 
 Taxe sur la valeur ajoutée; changement de méthode de dé-

compte; période 2010; principe de la bonne foi. 

 

 

 

A-2991/2014 

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Faits : 

A.  

X._______ (ci-après: la recourante) sise à (…) est une association ayant 

pour membres des organisations et associations nationales et internatio-

nales ainsi que des entreprises actives dans le secteur du (…). Ladite as-

sociation – dont le but est de (…) est inscrite au registre du commerce du 

canton de (…) depuis le 16 août 1988. Elle est immatriculée au registre de 

l'Administration fédérale des contributions (ci-après: l'autorité inférieure) 

depuis le 1er janvier 1995. (…). 

B.  

Par écritures des 5 février et 27 mars 2002, l'intéressé a requis l'AFC d'ar-

rêter le traitement TVA de la vente des (…). Dans sa prise de position du 9 

décembre 2002, l'autorité inférieure a informé la recourante que la presta-

tion qu'elle fournissait en lien avec la vente des (…) relevait de la prestation 

de (…), exclue du champ de l'impôt. Par conséquent, dite autorité a débité 

un supplément d'impôt à titre de réduction de la déduction de l'impôt préa-

lable. L'assujettie n'a pas contesté le traitement fiscal susmentionné et a 

acquitté sans réserve les décomptes complémentaires y afférents. Le 10 

juillet 2006, elle a déclaré adhérer à la méthode des taux de la dette fiscale 

nette. L'autorisation lui a été accordée dès le 1er janvier 2007. 

C.  

Par écriture du 22 février 2010, la recourante a indiqué à l'autorité inférieure 

que ses prestations relatives à la vente des (…) devaient être considérées 

comme des services d'administration étant, selon elle, pleinement impo-

sables. Elle a en outre requis ladite autorité de confirmer que les chiffres 

d'affaires découlant de la vente des (…) donnaient droit à la restitution de 

l'impôt préalable et que partant, leur traitement TVA – par elle présenté – 

était correct. Enfin, l'assujettie a sollicité de l'AFC une réponse rapide afin 

de pouvoir se déterminer sur un éventuel changement de méthode de dé-

compte (passage de la méthode de décompte des taux de la dette fiscale 

nette à la méthode effective). Dans l'hypothèse où l'autorité inférieure four-

nirait sa réponse après le 31 mars 2010, celle-ci a été invitée par la recou-

rante à lui confirmer qu'elle pourrait changer de méthode même après 

échéance du délai susmentionné, avec effet au 1er janvier 2010. 

Par courrier électronique du 24 mars 2010, l'AFC a expliqué à la recourante 

qu'elle ne pouvait lui garantir que la prise de position relative à sa requête 

du 22 février 2010 interviendrait avant le 31 mars 2010. En outre, dite auto-

rité a précisé à l'assujettie que, si elle entendait se fonder sur la prise de 

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position susmentionnée afin de changer de méthode de décompte, la pos-

sibilité de le faire à réception de la réponse de l'AFC lui serait – à titre 

exceptionnel – accordée. 

D.  

Par courrier du 26 novembre 2010, l'AFC a sollicité de la recourante la 

production de divers documents afin de pouvoir se prononcer sur sa re-

quête du 22 février 2010. Dite autorité a précisé à cette occasion, qu' "à 

l'issue du contrôle", l'intéressée pourrait décider d'un éventuel changement 

de méthode de décompte avec effet au 1er janvier 2010. Par écriture du 15 

mars 2011, la recourante a une nouvelle fois requis de l'AFC qu'elle con-

firme le traitement TVA des (…) tel qu'exposé dans son courrier du 22 fé-

vrier 2010 et qu'elle lui applique ce régime rétroactivement à l'exercice 

2010. 

Par prise de position du 25 mars 2011, l'autorité inférieure n'a pas donné 

suite à la requête susmentionnée et a nié tout caractère imposable aux 

prestations fournies par la recourante. En date du 20 avril 2011, l'intéressée 

a demandé à l'autorité inférieure qu'elle reconsidère la qualification de son 

activité et qu'elle confirme le traitement TVA applicable à la vente des (…), 

tel que développé dans ses précédentes écritures. Par courrier du 27 avril 

2011, l'AFC a confirmé le contenu de ses précédents courriers.  

 

Le 30 mai 2011, l'assujetti a sollicité de l'autorité inférieure le prononcé 

d'une décision formelle relative au traitement TVA des (…) et s'est réservé 

le droit de changer de méthode de décompte avec effet au 1er janvier 2010, 

conformément au courrier électronique de l'AFC du 24 mars 2010.  

 

E.  

Par décision du 7 décembre 2012, l'AFC a constaté que la recourante avait 

acquitté à bon droit la somme de Fr. 9'095.- de TVA, pour les périodes de 

décompte allant du 1er trimestre au 2ème trimestre 2010. A l'appui de ladite 

décision, l'autorité inférieure a notamment considéré que la recourante – à 

travers l'émission des (…) – exerçait une activité répondant aux caracté-

ristiques de la puissance publique, exclue du champ de l'impôt, de sorte 

que les charges liées à ces prestations n'ouvraient pas le droit à la déduc-

tion de l'impôt préalable. L'AFC ne s'est – à cette occasion – pas prononcée 

sur le droit de la recourante de changer de méthode de décompte avec 

effet au 1er janvier 2010. Par mémoire du 24 janvier 2013, la recourante a 

formé réclamation à l'encontre de la décision précitée, en concluant princi-

palement à son annulation. A l'appui de sa réclamation, elle a indiqué que 

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son activité principale consistant à (…), ne relevait pas de l'exercice de la 

puissance publique et était donc pleinement imposable. 

F.  

Par décision sur réclamation du 29 avril 2014, l'autorité inférieure a partiel-

lement admis la réclamation formée par la recourante. Elle a concédé – à 

l'appui de ladite décision – que les prestations de l'assujettie liées à la ges-

tion du (…) et celles relevant de la gestion du système de (…) apparte-

naient aux activités entrepreneuriales, non exclues du champ de l'impôt. 

En outre, elle a souligné que l'intéressé avait adhéré dès le 1er janvier 2007 

à la méthode des taux de la dette fiscale nette. Elle s'est – selon l'autorité 

inférieure – vu offrir la possibilité de changer de méthode à titre exception-

nel dès réception de la prise de position de l'AFC relative au traitement TVA 

des prestations qu'elle fournit. Dite autorité a enfin expliqué que sa prise 

de position est intervenue en date du 25 mars 2011, sans que la recourante 

ne saisisse pour autant l'occasion de modifier sa méthode de décompte. 

Par conséquent, elle a fixé le montant dû par l'assujettie à Fr. 2'307.-. 

G.  

Par mémoire du 29 mai 2014, la recourante a interjeté recours à l'encontre 

de la décision précitée auprès du Tribunal administratif fédéral (ci-après: le 

Tribunal) en concluant à son annulation partielle et au renvoi de la cause à 

l'autorité inférieure, afin qu'elle admette le changement de méthode de dé-

compte dès le 1er janvier 2010 ou – à titre subsidiaire – dès le 1er janvier 

2012, le tout sous suite de frais et dépens. A l'appui de son recours, l'assu-

jettie explique qu'elle entend contester uniquement le refus de l'AFC d'ad-

mettre le changement rétroactif au 1er janvier 2010 de méthode de dé-

compte et confirme pour l'essentiel le contenu de ses précédentes écri-

tures. Par réponse du 2 juillet 2014, l'autorité inférieure a conclu au rejet 

du recours, sous suite de frais et dépens. Par réplique du 31 juillet 2014 et 

duplique du 3 septembre 2014, la recourante et l'autorité inférieure ont con-

firmé pour l'essentiel le contenu de leurs précédentes écritures. 

Pour autant que besoin, les autres faits seront repris dans la partie en droit 

du présent arrêt. 

Droit : 

1.  

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 de la loi fédérale du 17 

juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32), celui-ci, 

en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens 

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de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure admi-

nistrative (PA, RS 172.021) prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 

LTAF, à savoir notamment les décisions rendues par l'AFC. La procédure 

est régie par la PA, pour autant que la LTAF n'en dispose pas autrement 

(art. 37 LTAF). En l'occurrence, le mémoire de recours du 29 mai 2014 a 

été déposé en temps utile par le destinataire de la décision attaquée (art. 

48 al. 1 et 50 al. 1 PA). En outre, un examen préliminaire du recours révèle 

qu'il remplit les exigences de forme et de contenu posées à l'art. 52 PA, de 

sorte que le recours est recevable. 

1.2 La LTVA est entrée en vigueur le 1er janvier 2010. Dans la mesure où 

l'état de fait concerne l'année 2010, la présente cause tombe sous le coup 

de la nouvelle loi fédérale du 12 juin 2009 régissant la taxe sur la valeur 

ajoutée (LTVA, RS 641.20) et de son ordonnance du 27 novembre 2009 

(OTVA, 641.201), toutes deux en vigueur depuis le 1er janvier 2010. 

1.3  

1.3.1 Le recourant peut invoquer la violation du droit fédéral, y compris l’ex-

cès ou l’abus du pouvoir d’appréciation (art. 49 let. a PA), la constatation 

inexacte ou incomplète des faits pertinents (art. 49 let. b PA) ou l’inoppor-

tunité (art. 49 let. c PA ; ANDRÉ MOSER ET al., Prozessieren vor dem Bun-

desverwaltungsgericht, 2ème éd., Bâle, 2013, p. 88 n. 2.149; ULRICH HÄ-

FELIN ET al., Allgemeines Verwaltungsrecht, 6ème éd., 2010, ch. 1758 ss). 

Le Tribunal administratif fédéral constate les faits et applique le droit d’of-

fice, sans être lié par les motifs invoqués (art. 62 al. 4 PA) ni par l’argumen-

tation juridique développée dans la décision entreprise (cf. MOOR/POLTIER, 

Droit administratif, vol. II, 3ème éd., 2011 p. 300 s.). L’autorité saisie se 

limite toutefois aux griefs soulevés et n’examine les questions de droit non 

invoquées que dans la mesure où les arguments des parties ou le dossier 

l’y incitent (ATF 122 V 11 consid. 1b et 122 V 157 consid. 1a; arrêts du TAF 

A-4674/2010 du 22 décembre 2011 consid. 1.3 et A-4659/2010 du 14 juin 

2011 consid. 1.2). 

 

1.3.2 Selon la maxime inquisitoire applicable en procédure administrative, 

l'autorité définit les faits et apprécie les preuves d'office et librement (art. 12 

PA). L'autorité se doit d'établir un état de fait aussi complet et exact que 

possible et ce, également lorsque l'administré a manqué à son devoir de 

collaboration. Il sied donc de relever que si l'administré doit collaborer à 

l'établissement des faits (art. 13 PA) et/ou supporte le fardeau de la preuve, 

l'autorité n'est nullement dispensée de son devoir d'instruire la cause 

(cf. ATF 130 I 258 consid. 5, 103 Ib 192 consid. 1, 100 Ib 358 consid. 2 et 

97 V 173 consid. 3; MOOR/POLTIER, op. cit., p. 295; CLÉMENCE GRISEL, 

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L'obligation de collaborer des parties en procédure administrative, 2008, 

n. marg. 156, 159 ss, 196 et 300). De même, la maxime inquisitoire est 

applicable en matière de TVA.  

Aux termes de l'art. 81 al. 1 LTVA, la PA est applicable, à l'exclusion de 

l'art. 2 al. 1 PA. L'art. 81 al. 3 LTVA, quant à lui, dispose que le principe de 

la libre appréciation des preuves est applicable. Aux termes de l'art. 113 

al. 3 LTVA, concernant l'application du nouveau droit de procédure aux af-

faires pendantes au 1er janvier 2010, les art. 12 PA ss. portant sur la cons-

tatation des faits d'office par l'autorité sont désormais immédiatement ap-

plicables (concernant l'application des nouveaux articles LTVA relatifs au 

droit de procédure, voir l'arrêt du TAF A-4695/2010 du 14 janvier 2013 con-

sid. 1.3 et les références citées; MOLLARD ET al., Traité TVA, Bâle, 2009, 

p. 1194 n. marg. 472 ss et p. 1234 n. marg. 662 ss). 

1.4 Il appartient dans la présente cause au Tribunal de céans d'examiner 

tout d'abord l'objet du litige (cf. consid. 2 ci-dessous), avant de développer 

ensuite le principe d'auto-taxation (cf. consid. 3). En outre, il conviendra 

également d'étudier la problématique des méthodes de décompte (cf. con-

sid. 4 ci-dessous). Enfin, il s'agira de traiter la question du principe de la 

bonne foi ainsi que le droit du contribuable d'obtenir des renseignements 

selon l'art. 69 LTVA (cf. consid. 5 ci-dessous). 

2.  

Ne peut faire l'objet d'une procédure de recours que ce qui constituait déjà 

l'objet de la procédure de réclamation ou ce qui, selon une interprétation 

correcte de la loi, aurait dû l'être (objet du litige). Les points sur lesquels 

l'autorité inférieure ne s'est pas prononcée et sur lesquels elle n'était pas 

non plus tenue de le faire ne peuvent être examinés par l'autorité supé-

rieure (arrêts du TF 2C_642/2007 du 3 mars 2008 consid. 2.2, 2A.121/2004 

du 16 mars 2005 consid. 2.1; ATAF 2010 12 consid. 1.2.1; arrêt du TAF 

A-548/2006 du 3 septembre 2008 consid. 1.2.2). Celle-ci outrepasserait si-

non ses compétences fonctionnelles. L'objet de la contestation se déter-

mine par les conclusions des parties. Il ne coïncide pas nécessairement 

avec l'objet du recours (l'acte attaqué). Toutefois, il ne peut qu'être restreint 

au cours de la procédure devant l'autorité supérieure. Il ne peut s'étendre 

ou se transformer (ATF 131 II 200 consid. 3.2; arrêts du TAF A-545/2012 

du 14 février 2013 consid. 2.5, A-1626/2010 du 28 janvier 2011 con-

sid. 1.2.1). 

En l'occurrence, la recourante n'entreprend – à l'appui de son recours – 

qu'une partie de la décision litigieuse soit, en d'autres termes, le refus émis 

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par l'autorité inférieure relatif au changement de méthode de décompte et 

au passage de la méthode des taux de la dette fiscale nette à la méthode 

effective dès le 1er janvier 2010, subsidiairement pour la période fiscale 

2012. Seule cette question sera dès lors examinée par le Tribunal de 

céans, à l'exclusion des autres points de la décision attaquée. 

3.  

Le devoir d'auto-taxation, même atténué au sens du nouveau droit (cf. arrêt 

du TF 2C_805/2013 du 21 mars 2014 consid. 5.4 et 6.3.2, 2C_678/2012 

du 17 mai 2013 consid. 2.1 et 3.3, in: Archives 82 no 5 p. 311ss), demeure 

important. La taxation et le paiement de l'impôt grevant les opérations réa-

lisées sur le territoire suisse a lieu selon le principe de l'auto-taxation 

(cf. BLUMENSTEIN/LOCHER, System des schweizerischen Steuerrechts, 

6ème éd., Zurich 2002, p. 421 ss.). La personne assujettie est tenue de re-

mettre spontanément le décompte de la créance fiscale à l'AFC, en la 

forme prescrite, dans les 60 jours qui suivent l'expiration de la période de 

décompte (art. 71 al. 1 LTVA). De plus, le contribuable doit acquitter la 

créance fiscale née pendant une période de décompte dans les 60 jours 

qui suivent la fin de cette période (art. 86 al. 1 LTVA; cf. BEATRICE BLUM, in: 

SCHLUCKEBIER/GEIGER [éd.] MWSTG Kommentar, Schweizerisches Mehr-

wertsteuergesetz mit den Ausführungserlassen sowie Erlasse zum Zollwe-

sen, Zurich 2012 [MWSTG Kommentar], n. 2 ss. zu Vorbemerkungen zu 

art. 65-80 MWSTG). Le principe de l'auto-taxation signifie aussi que le 

prestataire est lui-même responsable pour la constatation de l'assujettis-

sement à la TVA ainsi que de la créance fiscale qui en découle (cf. arrêts 

du TF 2C_356/2008 du 21 novembre 2008 consid. 3.2, 2A.109/2005 du 10 

mars 2006 consid. 2.1; arrêts du TAF A-6544/2012 du 12 septembre 2013 

consid. 2.4.1, A-6198/2012 du 3 septembre 2013 consid. 2.7). 

 

4.  

4.1 Aux termes de l'art. 36 LTVA, le décompte est, en règle générale, établi 

selon la méthode effective. L'art. 37 al. 1 LTVA prévoit toutefois que, tout 

assujetti dont le chiffre d'affaires annuel n'excède pas 5'020'000 francs pro-

venant de prestations imposables et dont le montant d'impôt, calculé au 

taux de la dette fiscale nette déterminant pour lui, n'excède pas 

109'000 francs pour la même période, peut arrêter son décompte au 

moyen de la méthode des taux de la dette fiscale nette. L'art. 37 al. 4 LTVA 

précise que l'assujetti qui souhaite établir son décompte selon la méthode 

des taux de la dette fiscale nette doit en faire la demande à l'AFC et appli-

quer cette méthode pendant au moins une période fiscale. L'assujetti qui 

opte pour la méthode effective ne peut recourir à la méthode des taux de 

la dette fiscale nette qu'après une période d'au moins trois ans. 

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Selon le système introduit par la LTVA, à l'entrée en vigueur de celle-ci, les 

assujettis ont pu exercer une nouvelle fois les options à leur disposition, et 

les contribuables qui décomptaient selon la méthode des taux de la dette 

fiscale nette se sont vu offrir la possibilité de retourner à la méthode effec-

tive. Ils disposaient pour ce faire d'un délai de 90 jours, soit jusqu'au 31 

mars 2010 (cf. art. 114 LTVA et 166 al. 3 OTVA; cf. à ce sujet arrêt du TAF 

A-5126/2012 du 1er octobre 2013 consid. 2.2.3). Par la suite, les assujettis 

qui désirent passer de la méthode des taux de la dette fiscale nette à la 

méthode effective doivent le communiquer par écrit à l'AFC au plus tard 60 

jours après le début de la période fiscale à partir de laquelle le passage 

doit avoir lieu (cf. art. 81 al. 1 OTVA). Tout changement de méthode de 

décompte doit être opéré pour le début d'une période fiscale (cf. arrêt du 

TF 2C_653/2008 du 24 février 2009 consid. 4.2; arrêt du TAF A-5126/2012 

précité consid. 2.2.1.1; MARIE-CHANTAL MAY CANELLAS, in: ZWEIFEL ET al., 

Bundesgesetz über die Mehrwertsteuer - Loi fédérale régissant la taxe sur 

la valeur ajoutée, Bâle, 2015, ad art. 37 LTVA, n. marg. 24 ss, p. 906 ss). 

 

4.2 Il sied de préciser que la méthode des taux de la dette fiscale nette a 

pour fonction d'alléger les démarches administratives de l'assujetti rela-

tives à la tenue de la comptabilité et au décompte d'impôt, et non pas de 

lui procurer un avantage financier. Ainsi, le contribuable n'a plus besoin –

par le biais de la méthode susdite – de calculer l'impôt préalable qui grève 

son chiffre d'affaires. Il convient toutefois d'empêcher que l'instrument de 

décompte selon la méthode des taux de la dette fiscale nette soit utilisé de 

manière abusive uniquement à titre d'optimisation fiscale et que son but 

initial (allègement administratif) soit reporté à l'arrière-plan. En d'autres 

termes, il n'est pas admissible que l'assujetti opte rétroactivement pour 

l'une ou l'autre méthode selon le traitement fiscal applicable à sa situation. 

Le contribuable n'est donc pas autorisé à calculer, à la fin de la période, si 

le décompte selon la méthode des taux de la dette fiscale nette lui est fa-

vorable d'un point de vue financier et à prendre sa décision d'opter pour la 

méthode effective en fonction du résultat auquel il parvient. Les motifs pour 

lesquels un assujetti fait le choix d'une certaine méthode de décompte et 

le fait que ladite méthode lui soit fiscalement plus favorable ne sont ainsi 

pas pertinents (arrêt du TF 2A.518/2002 du 7 août 2003 consid. 3.2; arrêt 

du TAF A-5126/2012 du 1er octobre 2013 consid. 2.2.1.2 et 2.2.1.4, 

A-1472/2012 du 7 novembre 2012 consid. 2.5, A-31372007 du 18 sep-

tembre 2009 consid. 4.2.1).  

 

C'est d'ailleurs pour l'ensemble des raisons susmentionnées que l'art. 37 

al. 4 LTVA prévoit un laps de temps minimum (trois ans) pendant lequel la 

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méthode de décompte choisie doit être utilisée par l'assujetti. Ces délais 

d'attente ont en effet été instaurés afin d'empêcher que les contribuables 

passent d'une méthode de décompte à une autre, en fonction des investis-

sements réalisés, pour des raisons de planification fiscale uniquement (cf. 

arrêts du TAF A-5114/2012 du 17 décembre 2013 consid. 2.2.2 et les réfé-

rences citées, A-5126/2012 du 1er octobre 2013 consid. 2.2.1.4, 

A-1474/2012 du 7 novembre 2012 consid. 2.5, A-313/2007 du 18 sep-

tembre 2009 consid. 2.2.5 et les références citées). 

 

5.  

5.1  

Le principe de la bonne foi, inscrit à l'art. 2 CC, ainsi qu’aux art. 5 al. 3 et 9 

Cst, confère à chacun le droit à la protection de la confiance légitimement 

placée, notamment dans une assurance ou un renseignement donné par 

une autorité, lorsque les conditions cumulatives suivantes sont remplies : 

(1) l'autorité a agi dans un cas concret et vis-à-vis d'une personne détermi-

née, (2) l'autorité était compétente ou censée l'être, (3) le particulier ne 

pouvait se rendre immédiatement compte de l'inexactitude ou de l'illégalité 

de l'assurance qui lui a été fournie et (4) a en outre pris sur cette base des 

mesures dont la modification lui serait préjudiciable ; enfin, (5) la législation 

applicable ne doit pas avoir été modifiée entre le moment où l'information 

en cause a été donnée et celui où le principe de la bonne foi a été invoqué 

(ATF 137 I 69 consid. 2.5.1 ; 129 I 170 ; arrêts du TAF A-4673/2014 du 21 

mai 2015 consid. 6, A-5384/2014 du 3 mars 2015 consid. 3.3; ANDREAS 

AUER ET al., Droit constitutionnel suisse, vol. II, 3e éd., Berne 2013, 548 ss, 

n. 1173 ss ; TANQUEREL, op. cit., p. 196s., n. 578 ; ULRICH HÄFELIN ET al., 

Allgemeines Verwaltungsrecht, 6e éd., Zurich/Bâle/Genève 2010, p. 151 

ss, n. 668 ss).  

 

Ce principe dispose en outre qu'une même autorité doit éviter, dans une 

même affaire ou à l'occasion d'affaires identiques, de se comporter de fa-

çon contradictoire (arrêts du TAF A-4673/2014 du 21 mai 2015 consid. 6, 

A-5519/2012 du 31 mars 2014 consid. 6, A-2632/2013 du 26 février 2014 

consid. 2.8). En règle générale, l'inaction ou le silence d'une autorité ne 

saurait, en revanche, fonder une situation de confiance en laquelle l'admi-

nistré peut légitimement se fier (arrêts du TAF A-5519/2012 du 31 mars 

2014 consid. 6, A-2925/2010 du 25 novembre 2010 consid. 4.2.2). Il in-

combe à l'administré qui entend se plaindre avec succès de la violation 

d'une promesse d'établir la réalisation de toutes les conditions dont dépend 

le droit à la protection de la bonne foi (ANDRÉ GRISEL, Traité de droit admi-

nistratif, vol. 1, 1984, p. 390). 

 

A-2991/2014 

Page 10 

Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, la protection de la confiance est 

d'une étendue moindre en droit fiscal par rapport aux autres domaines du 

droit, vu l'importance que revêt le principe de la légalité en ce domaine. La 

bonne foi de l'assujetti n'est ainsi protégée que lorsque les conditions sus-

mentionnées sont réunies de manière claire et sans équivoque (ATF 118 

Ib 312 consid. 3b p. 316; cf. JEAN-MARC RIVIER, Droit fiscal suisse, 2e éd., 

Lausanne 1998, p. 132, BLUMENSTEIN/LOCHER, op. cit., p. 28 et les réfé-

rences citées). 

 

5.2 Il ressort en outre de l'art. 9 Cst. que les déclarations ayant lieu dans 

les relations entre les autorités et les administrés doivent être interprétées 

selon le principe de la confiance, en recherchant comment une telle décla-

ration ou une attitude pouvait de bonne foi être comprise en fonction de 

l'ensemble des circonstances (cf. arrêt du TF 4A_486/2014 du 25 février 

2015 consid. 4.3.1; arrêt du TAF A-5384/2014 du 3 mars 2015 con-

sid. 3.3.5). Selon le principe de la confiance, il y a lieu d'attribuer aux dé-

clarations de volonté le sens qui – selon les circonstances – était ou aurait 

dû être connu par le destinataire au moment de la réception. Il faut donc 

interpréter la déclaration dans le sens que le destinataire devait raisonna-

blement lui donner, en tenant compte des circonstances du cas concret. 

Déterminer ce qu'une partie savait ou voulait réellement relève du fait (ATF 

135 III 410 consid. 3.2 p. 413; arrêts du TF 2C_842/2014 du 17 février 2015 

consid. 5.4, 2C_589/2013 du 17 janvier 2014 consid. 8.1.2, RDAF 2014 II 

78; arrêt du TAF A-3075/2011 du 30 mai 2012 consid. 5.4). 

 

5.3 Aux termes de l'art. 69 LTVA, l'AFC renseigne dans un délai raison-

nable l'assujetti qui demande par écrit à être informé des conséquences, 

en matière de TVA, d'une situation concrète décrite avec précision. Le ren-

seignement donné est contraignant pour l'assujetti qui a formulé la ques-

tion et pour l'AFC; il ne peut se rapporter à aucune autre situation.  

 

Le devoir de renseigner l'assujetti, tel qu'exposé par la disposition précitée, 

est une composante essentielle du bon fonctionnement du système de 

l'auto-taxation. Dans son renseignement, l'AFC ne doit traiter que de ques-

tions juridiques en relation avec la TVA relatives à un état de fait concret. 

La demande de renseignement doit être formulée par écrit. En outre, il con-

vient de souligner que le renseignement n'est contraignant – selon l'art. 69 

LTVA – que si l'état de fait est exposé de manière complète et correcte. 

Selon la doctrine, le renseignement fourni par l'AFC ne constitue pas une 

décision au sens de l'art. 5 PA, puisqu'il n'en remplit pas les caractéris-

tiques. Cela étant, si le requérant n'approuve pas la qualification effectuée 

A-2991/2014 

Page 11 

par l'AFC, il peut exiger une décision en constatation. La question des con-

séquences éventuelles d'un renseignement erroné se résout toutefois au 

regard du principe de la bonne foi et de la protection de la confiance. Enfin, 

ledit renseignement perd son caractère contraignant, lorsque l'AFC revient 

sur celui-ci ou le révoque, étant souligné qu'une révocation ne vaut toute-

fois que pour l'avenir (JEANNINE MÜLLER, in: ZWEIFEL ET al., op. cit., ad. art. 

69 LTVA, n. marg. 1-18, pp.1145 ss). 

 

6.   

En l'espèce, demeure seule litigieuse la question de savoir à quel moment 

la recourante aurait dû manifester son choix quant à un éventuel 

changement de méthode de décompte. Dans cette optique, il appartient 

dans un premier temps au Tribunal de céans de déterminer si l'autorisation 

donnée par l'AFC à la recourante dans son courriel du 24 mars 2010, 

constitue un renseignement contraignant au sens de l'art. 69 LTVA 

(cf. consid. 6.2 ci-après). Il conviendra ensuite d'examiner la teneur dudit 

courriel à la lumière du principe de la bonne foi et du principe de la 

confiance (cf. consid. 6.3 ci-après). Enfin, il s'agira de traiter les autres 

griefs de la recourante invoqués à l'appui de son recours (cf. consid. 6.4 

ci-après). 

6.1 Il ressort du dossier de la cause que la recourante a, en date du 22 

février 2010, sollicité par écrit un renseignement de la part de l'autorité 

inférieure s'agissant du traitement TVA des (…). A cette occasion, 

l'assujettie a indiqué qu'elle souhaiterait que la réponse de l'autorité 

inférieure intervienne au mois de mars 2010, afin qu'elle puisse se 

déterminer sur un éventuel changement de méthode de décompte. A cet 

égard, l'assujettie a requis de l'AFC qu'elle lui confirme, qu'en cas de 

réponse intervenant après le 31 mars 2010, qu'elle lui accorderait la 

possibilité de changer de méthode avec effet au 1er janvier 2010.  

 

Suite à cette écriture, l'autorité inférieure a – par courrier électronique du 

24 mars 2010 – expliqué ce qui suit: "Si votre client voudrait se baser sur 

notre prise de position à venir pour changer de méthode de décompte alors 

il aura encore la possibilité, à titre exceptionnel et d'entente avec les chefs 

de la Division de perception, de le faire à réception de notre réponse à venir 

(vraisemblablement en début avril 2010) nonobstant l'expiration du délai 

du 31 mars 2010" (cf. pièce n. 4 de l'autorité inférieure). En date du 26 

novembre 2010, l'AFC a réitéré cette tolérance en précisant qu' "à l'issue 

de ce contrôle, votre cliente pourra décider du changement de méthode de 

décompte avec effet au 1er janvier 2010, le cas échéant en communiquant 

sa décision à notre Division de Perception" (cf. pièce n. 6 de l'autorité 

A-2991/2014 

Page 12 

inférieure). La recourante s'est – à l'occasion de ses diverses écritures – 

réservé le droit de changer de méthode de décompte, sans manifester un 

choix clair et définitif à ce sujet. 

 

L'assujettie estime que le courriel du 24 mars 2010 constitue un 

renseignement contraignant pour l'autorité au sens de l'art. 69 LTVA. Elle 

se prévaut du principe de la bonne foi et voit en ces déclarations une 

possibilité de changer de méthode de décompte une fois que le traitement 

TVA des prestations qu'elle fournit serait définitivement fixé par l'AFC, soit 

en l'occurrence, suite à sa décision sur réclamation du 29 avril 2014. 

L'autorité inférieure, quant à elle, ne se détermine pas sur la qualification 

qu'il y lieu de donner à l'écriture en question, mais conteste l'interprétation 

de son contenu à laquelle procède l'assujettie. Elle considère en effet que 

le choix de changer de méthode de décompte aurait dû intervenir à 

réception de sa prise de position relative au traitement TVA des (…). Ladite 

prise de position aurait été rendue selon l'AFC le 25 mars 2011 et le choix 

de la recourante aurait dû intervenir dans un délai convenable à compter 

de cette date. Or l'intéressée, bien qu'elle aurait manifesté à plusieurs 

reprises se réserver le droit de changer de méthode, n'aurait – de l'avis de 

l'AFC – pas communiqué à temps le choix en question. 

 

6.2 Il est tout d'abord manifeste que le courrier électronique de l'autorité 

inférieure du 24 mars 2010 ne constitue pas – contrairement à ce qu'estime 

la recourante – un renseignement au sens de l'art. 69 LTVA. En effet, son 

contenu n'a nullement pour but d'informer le contribuable au sujet 

d'éventuelles questions juridiques en matière de TVA, tel que le suppose 

la disposition précitée (cf. consid. 5.2 ci-avant). Celui-ci vise au contraire à 

accorder un délai supplémentaire – allant au-delà du délai légal – pour 

permettre à l'assujettie d'effectuer un choix quant à la méthode de 

décompte, en toute connaissance de cause, soit après réception de la prise 

de position de l'autorité inférieure quant au traitement fiscal des prestations 

qu'elle fournit.  

 

A cet égard, il convient de rendre la recourante attentive au fait que la 

disposition traitant des renseignements (ou rulings) doit bien être 

distinguée du principe général de la bonne foi qui, quant à lui, protège 

l'administré de promesses et d'assurances erronées ou illégales que lui 

aurait fait l'administration. Il est vrai que le principe de la bonne foi peut 

être invoqué en relation avec un renseignement erroné. Toutefois, ledit 

principe constitue plutôt un cadre général et l'art. 69 LTVA une disposition 

spécifique en matière de TVA protégeant le justiciable à l'égard de 

renseignements tant corrects qu'erronés fournis par l'AFC. Or comme 

A-2991/2014 

Page 13 

souligné précédemment, le contenu du courrier électronique ne remplit pas 

les conditions posées par l'art. 69 LTVA, de sorte que cette disposition ne 

saurait en l'occurrence trouver application. 

 

Il en va autrement s'agissant de la prise de position de l'AFC du 25 mars 

2011 relative au traitement TVA des (…). Il s'agit là d'un renseignement au 

sens de l'art. 69 LTVA, puisque l'autorité inférieure éclaire – en l'occurrence 

de manière erronée – la recourante sur le traitement TVA de ses 

prestations. Cela étant, l'assujettie ne fait valoir, à l'appui de son recours, 

aucun grief au sujet du renseignement susdit puisque que l'AFC admet 

finalemnet – dans sa décision sur réclamation – le caractère imposable des 

prestations effectuées. Ledit renseignement ne fait donc pas partie de 

l'objet du présent litige (cf. consid. 2 ci-avant), de sorte qu'il n'y a pas lieu 

de l'examiner plus en avant. 

 

6.3  

Il sied dès lors d'examiner si la recourante peut à juste titre se prévaloir du 

principe général de la bonne foi, afin de changer de méthode de décompte 

suite au traitement TVA définitif de ses prestations soit, en d'autres termes, 

suite à la décision sur réclamation de l'autorité inférieure du 29 avril 2014.  

 

6.3.1 Il est manifeste dans un premier temps, que le contenu du courrier 

électronique du 24 mars 2010 accordant à la recourante le droit d'effectuer 

son choix quant à la méthode de décompte "à réception" de la prise de 

position de l'autorité inférieure, revêt les caractéristiques d'une assurance 

ou d'une promesse. En effet, il ressort des considérations qui précèdent 

(cf. consid. 4.1 ci-avant) que les contribuables qui décomptaient selon la 

méthode des taux de la dette fiscale nette se sont vu offrir la possibilité de 

retourner à la méthode effective dans un délai échéant au 31 mars 2010. 

La tolérance accordée par l'autorité inférieure à la recourante de faire part 

de son choix à réception de sa prise de position, soit postérieurement au 

délai susmentionné, constitue une promesse de sa part qui est donc 

susceptible d'être couverte par le principe de la bonne foi. Il convient en 

tout état de cause d'admettre que les parties n'en disconviennent pas, de 

sorte qu'il n'y a pas lieu de traiter plus en détail cette question. 

 

Plus problématique est toutefois la question de savoir de quelle manière il 

y a lieu d'interpréter la promesse susdite, étant souligné que les parties à 

la présente procédure lui confèrent chacune un sens différent. En effet, la 

recourante estime que par cette assurance, l'autorité inférieure lui a donné 

la possibilité de changer de méthode de décompte une fois le traitement 

TVA de ses prestations arrêté définitivement. L'AFC, quant à elle, 

A-2991/2014 

Page 14 

considère que la recourante aurait dû faire part de son choix dans un délai 

convenable dès sa prise de position du 25 mars 2011. 

 

6.3.2 Il y a lieu, dans un premier temps, de rappeler que l'assujettie aurait 

dû communiquer son choix en lien avec un éventuel changement de 

méthode de décompte jusqu'au 31 mars 2010. En l'occurrence, l'intéressée 

s'est vu offrir la possibilité de procéder audit choix "à réception" de la prise 

de position de l'autorité inférieure. Cela étant, le mode de procéder de 

l'AFC est – de l'avis de la Juridiction de céans – à la limite de la légalité et 

du respect de sa propre pratique administrative, de sorte qu'on peut y 

déceler une quasi-tolérance de sa part dont le Tribunal prend acte (cf. dans 

le même sens: arrêt du TAF A-313/2007 du 18 septembre 2009 

consid. 4.2.2). Force est d'admettre que l'assujettie a dès lors bénéficié 

d'une autorisation exceptionnelle allant à l'encontre même de la loi, mais 

s'avérant valable au vu des circonstances 

 

Cela dit et contrairement à ce que prétend la recourante à l'appui de ses 

diverses écritures, il sied dans un second temps d'interpréter cette 

tolérance de manière restrictive.  

 

En effet et d'un point de vue purement littéral, les déclarations de l'autorité 

inférieure utilisées afin d'accorder l'autorisation susmentionnée sont claires 

et ne sauraient se voir attribuer une autre signification. Les termes "à 

réception" de la prise de position à venir (cf. courriel du 24 mars 2010 de 

l'AFC, pièce n. 4 de l'AFC) ou encore "à l'issue du contrôle" (cf. courrier du 

26 novembre 2010, pièce n. 6 de l'AFC), démontrent manifestement – 

compte tenu notamment de la rigidité des conditions temporelles relatives 

au changement de méthode de décompte – que la recourante n'était pas 

légitimée à faire part de son choix suite au traitement définitif de ses 

prestations, mais plutôt dans un délai convenable dès la première prise de 

position de l'AFC du 25 mars 2011. En accordant cette possibilité à la 

recourante et en soulignant à plusieurs occasions que cette tolérance était 

exceptionnelle, l'autorité inférieure n'entendait manifestement pas lui 

conférer le droit d'attendre qu'une décision sur réclamation confirme le 

caractère imposable de ses prestations afin de communiquer son choix.  

 

Sur le vu des déclarations de l'AFC, l'intéressée pouvait ainsi de bonne foi 

comprendre que ledit choix devait intervenir suite à sa première prise de 

position. Ces considérations sont d'autant plus vraies que l'assujettie était 

représentée tout au long de la procédure et que partant, elle était censée 

connaître les brefs délais appliqués dans le cadre des possibilités de 

changement de méthode de décompte et supposée se rendre compte que 

A-2991/2014 

Page 15 

la possibilité offerte constituait une pratique exceptionnelle, à la limite de la 

légalité. 

 

Attribuer une autre connotation aux termes utilisés par l'autorité inférieure 

à l'appui des deux écritures précitées, reviendrait en outre à vider de tout 

sens le système afférent aux méthodes de décompte et les exigences 

légales y relatives. En effet, il résulte des considérations qui précèdent que 

le choix de la méthode de décompte ne doit pas dépendre de l'avantage 

fiscal que peut en retirer l'assujetti, mais plutôt de l'allègement administratif 

qu'un tel choix serait susceptible de lui procurer. Dès lors, une fois 

renseigné (bien que de manière erronée), l'assujetti doit pouvoir faire son 

choix et évaluer quelle méthode est plus pratique d'un point de vue 

administratif. Il ne saurait en revanche attendre l'issue d'une procédure et 

partant le traitement définitif TVA de ses prestations (en l'occurrence la 

décision sur réclamation allant dans son sens) afin de manifester son choix 

dans l'optique d'obtenir un seul avantage financier. Un tel comportement 

entre clairement en contradiction avec le système prévu par la loi et 

développé à plusieurs reprises par la jurisprudence. Par conséquent, le 

grief de l'assujettie consistant à prétendre que le choix de la méthode de 

décompte est intrinsèquement lié au caractère imposable ou non de ses 

prestations tombe à faux.  

 

6.3.3 Il est vrai que l'autorité inférieure a réitéré l'autorisation de manifester 

son choix à "l'issue du contrôle" dans son écriture du 26 novembre 2010. 

Aucun grief ne saurait cependant être tiré de ces nouvelles déclarations. 

En effet, c'est le lieu de préciser qu'à cette période l'AFC n'avait pas encore 

fourni le renseignement sollicité par la recourante, de sorte que – désireuse 

de respecter sa promesse – elle a prolongé son autorisation jusqu' "à 

l'issue du contrôle". Il est manifeste toutefois que le contrôle en question 

n'est autre que l'examen du caractère imposable ou non des prestations 

effectuées par la recourante. Ainsi l'assujettie aurait dû faire manifester son 

choix dans un délai convenable à partir de cette échéance, et non pas à 

l'occasion de la décision sur réclamation, soit plus de trois ans après la 

notification de la prise de position litigieuse.  

 

Certes encore, le renseignement fourni à l'occasion de la prise de position 

susmentionnée du 25 mars 2011 était erroné puisque l'AFC a nié tout 

caractère imposable aux prestations de la recourante et qu'elle s'est 

ravisée à l'occasion de sa décision sur réclamation du 29 avril 2014 

seulement. Cela étant, aucun argument ne peut être déduit de cette erreur, 

puisqu'il convient de rappeler que le renseignement quant au traitement 

TVA des prestations de l'assujettie ne fait pas partie de l'objet du présent 

A-2991/2014 

Page 16 

litige et que la recourante a d'ailleurs obtenu gain de cause à cet égard en 

procédure de réclamation. Le grief de la recourante consistant à dire que 

l'AFC s'est contredit à plusieurs reprises sur la question du caractère 

imposable de ses prestations, ne lui est donc d'aucune aide. 

 

6.3.4 Enfin, le fait pour la recourante de s'être réservé à plusieurs reprises 

le droit de changer de méthode de décompte ne saurait permettre d'arriver 

à une autre conclusion. En effet, le Tribunal de céans a déjà admis, à 

l'occasion de sa jurisprudence, que les réserves émises par un assujetti 

quant à l'exercice du droit de changer de méthode de décompte ne 

sauraient constituer un grief pertinent. Il résulte en outre de la 

jurisprudence susmentionnée (cf. arrêt du TAF A-313/2007 du 18 

septembre 2009 consid. 4.2), que le procédé consistant à émettre une 

réserve concernant le choix de la méthode de décompte en vue de 

conserver l'opportunité de procéder à un changement rétroactif et 

d'optimiser la charge fiscale en fonction des investissements effectivement 

réalisés sur une période, doit être qualifié d'abusif au sens de l'art. 2 al. 2 

CC, disposition également applicable en droit administratif (cf. notamment 

ATF 124 II 53 consid. 3 et 115 Ib 517 consid. 13d/aa). Une telle manière 

d'agir irait en effet clairement à l'encontre du but poursuivi par l'instauration 

des taux de la dette fiscale nette, à savoir simplifier l'administration de la 

comptabilité, et serait en outre utilisé en faveur d'intérêts économiques non 

destinés à être protégés par ce système (cf. arrêt du TAF A-313/2007 

précité consid. 4.1).  

 

Il en va d'ailleurs de même de l'argument tiré du silence de l'autorité 

inférieure suite aux réserves susmentionnées. En effet, la recourante 

prétend à ce sujet qu'il convient de déduire de l'absence de réaction de 

l'AFC lors de sa prise de position du 25 mars 2011 et de sa décision du 7 

décembre 2012, que celle-ci aurait acquiescé à la possibilité de changer 

de méthode de décompte une fois le traitement TVA des prestations arrêté 

définitivement. Cet argument ne saurait toutefois emporter la conviction du 

Tribunal de céans. En effet, comme expliqué précédemment 

(cf. consid. 5.1.1 ci-avant), l'inaction ou le silence d'une autorité ne saurait 

en principe fonder une situation de confiance en laquelle l'administré peut 

légitimement se fier. Ainsi, il ne peut être reproché à l'autorité inférieure de 

ne pas s'être manifestée sur cette question à l'occasion de sa décision du 

7 décembre 2012, d'autant plus qu'à cette occasion, elle a calculé le 

montant d'impôt dû en faisant application de la méthode des taux de la 

dette fiscale nette. Cette attitude démontre – contrairement à ce que tend 

à prétendre la recourante – que ladite autorité n'approuvait pas la réserve 

A-2991/2014 

Page 17 

émise par l'intéressée afférente au droit de changer de méthode de 

décompte et d'opter pour la méthode effective. 

 

6.3.5  

6.3.5.1 En résumé, il résulte des considérations qui précèdent, que 

l'autorité inférieure a effectivement fait une promesse à la recourante lui 

octroyant le droit changer de méthode de décompte postérieurement au 

délai légal échéant le 31 mars 2010. S'agissant de son contenu et de son 

caractère temporel, dite promesse doit cependant être clairement 

interprétée dans le sens que lui donne l'autorité inférieure, consistant à dire 

que le choix de la recourante aurait dû intervenir une fois la première prise 

de position sur le traitement TVA de ses prestations fournie. Celle-ci est 

intervenue le 25 mars 2011 sans que l'assujettie – mis à part plusieurs 

réserves émises à cet égard – ne manifeste le souhait clair de changer de 

méthode de décompte dans un délai convenable dès la réception de la 

prise de position susdite. L'on ne voit dès lors pas en quoi l'autorité 

inférieure – ayant respecté sa promesse initiale – aurait violé le principe de 

la bonne foi. Au contraire, si la recourante souhaitait réellement changer 

de méthode de décompte, il lui appartenait de profiter de la tolérance 

accordée et de manifester son choix dans un délai convenable suite à la 

prise de position litigieuse. La recourante ne s'étant encore pas 

actuellement exécutée, elle ne saurait reprocher à l'autorité inférieure 

d'avoir violé le principe de la bonne foi. 

 

6.3.5.2 Cela étant, et même s'il convenait finalement d'admettre que la 

promesse précitée devait être interprétée dans le sens que la recourante 

tend à lui conférer, force serait de constater que le Tribunal n'aboutirait pas 

à une autre conclusion. En effet, il sied de rappeler qu'en droit fiscal, le 

principe de la bonne foi est peu pertinent, vu l'importance que revêt la 

légalité dans ce domaine. La bonne foi de l'assujetti ne serait ainsi protégée 

que lorsque les conditions dudit principe sont réunies de manière claire et 

sans équivoque (cf. consid. 5.1.1 ci-avant). Or en l'occurrence, il est 

manifeste qu'au moins l'une des autres conditions du principe de la bonne 

foi n'est pas remplie. En effet, la recourante, assistée pendant toute la 

procédure par un mandataire professionnel, aurait pu se rendre compte 

aisément de l'illégalité de la tolérance accordée par l'autorité inférieure, 

puisqu'elle a elle-même reconnu – dans son courrier du 22 février 2010 – 

que le délai pour changer de méthode arrivait à échéance le 31 mars 2010. 

Ainsi, et même si le Tribunal de céans devait suivre l'argumentation de la 

recourante, les conditions du principe de la bonne foi – appliquées 

strictement en droit fiscal – ne seraient en tout état de cause pas réalisées. 

 

A-2991/2014 

Page 18 

6.4  

Il convient encore, dans la mesure où ils apparaissent pertinents, d'exami-

ner le grief de la recourante tendant subsidiairement à faire admettre le 

changement de méthode de décompte pour la période fiscale 2012 ainsi 

que celui relatif à l'intérêt rémunératoire au sens de l'art. 88 LTVA. 

 

Il sied d'admettre en l'occurrence que la recourante ne peut davantage être 

autorisée à changer de méthode de décompte pour l'année fiscale 2012. 

En effet, c'est le lieu de rappeler que l'assujettie n'a jamais fait de requête 

claire dans ce sens mais s'est uniquement réservé le droit d'y procéder. Or, 

comme expliqué précédemment, une telle réserve ne saurait être admis-

sible, de sorte que ce grief doit également être rejeté. S'agissant de l'intérêt 

rémunératoire auquel prétend la recourante, il résulte des considérants qui 

précèdent que l'assujettie ne peut être autorisée à décompter selon la mé-

thode effective que ce soit dès la période fiscale 2010 ou 2012. Par consé-

quent, la question d'un éventuel remboursement de l'excédent ou d'un in-

térêt rémunératoire ne se pose pas, de sorte que son grief à cet égard 

tombe également à faux. 

 

7.  

Les considérations qui précèdent conduisent le Tribunal administratif fédé-

ral à rejeter le recours. Vu l'issue de la cause, les frais de procédure, d'un 

montant total de Fr. 2'000.-, comprenant l'émolument judiciaire et les dé-

bours, sont mis à la charge de la recourante qui succombe, en application 

de l'art. 63 al. 1 PA et des art. 1 ss du Règlement du 21 février 2008 con-

cernant les frais, dépens et indemnités fixées par le Tribunal administratif 

fédéral (FITAF, RS 173.320.2). L'autorité de recours impute, dans le dispo-

sitif, l'avance sur les frais de procédure correspondants. Une indemnité à 

titre de dépens n'est pas allouée (art. 64 al. 1 PA a contrario, et art. 7 al. 3 

FITAF). 

(le dispositif se trouve à la page suivante) 

  

A-2991/2014 

Page 19 

 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Les frais de procédure, d'un montant de 2'000 francs, sont mis à la charge 

de la recourante. Ils sont prélevés sur le montant équivalent de l'avance de 

frais déjà versée.  

3.  

Il n'est pas alloué de dépens. 

4.  

Le présent arrêt est adressé : 

– à la recourante (Acte judiciaire) 

– à l'autorité inférieure (Acte judiciaire) 

 

Le président du collège : La greffière : 

  

Pascal Mollard Cécilia Siegrist 

 

Indication des voies de droit : 

La présente décision peut être attaquée devant le Tribunal fédéral, 1000 

Lausanne 14, par la voie du recours en matière de droit public, dans les 

trente jours qui suivent la notification (art. 82 ss, 90 ss et 100 LTF). Le 

mémoire doit être rédigé dans une langue officielle, indiquer les 

conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. La décision 

attaquée et les moyens de preuve doivent être joints au mémoire, pour 

autant qu'ils soient en mains du recourant (art. 42 LTF). 

 

Expédition :