# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e908a7e0-a155-5579-bab9-2cc52d230abb
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-09-09
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 09.09.2020 P/15117/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-15117-2019_2020-09-09.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/15117/2019 AARP/309/2020 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 9 septembre 2020 

 

Entre 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

appelant, 

 

contre le jugement JTDP/153/2020 rendu le 3 février 2020 par le Tribunal de police, 

 

et 

 

A______, domicilié route ______, ______, France, 

LE SERVICE DES CONTRAVENTIONS, p.a. Nouvel Hôtel de Police, chemin de la 

Gravière 5, 1227 Les Acacias, 

intimés.

- 2/9 - 

P/15117/2019 

EN FAIT : 

A. a. En temps utile, le Ministère public (MP) a annoncé appeler du jugement du  
3 février 2020 par lequel le Tribunal de police (TP) a acquitté A______ de violation 
des règles de la circulation routière (art. 90 al. 1 de la loi fédérale sur la circulation 
routière [LCR]).  

 b. Le MP conclut à ce que A______ soit reconnu coupable d'infraction à l'art. 27 al. 
1 LCR et art. 48 al. 6 de l'ordonnance sur la circulation routière à multiples reprises 
[OCR], à ce qu'il soit condamné à une amende de CHF 120.- et à tous les frais de la 
procédure. 

 c. Selon ordonnances du Service des contraventions (SDC) du 3 avril 2019, il est 
reproché à A______, de ne pas avoir, avec le véhicule B______ [marque] 
immatriculé, enclenché le parcomètre, faits qualifiés d'infractions aux art. 27 al. 1 
LCR et 48 al. 6 OSR : 

 le 3 octobre 2018 à 16h52 à la rue 1______, ______ Genève (ordonnance pénale 
n°2______) ; 

 le 12 septembre 2018 à 16h13 à la rue 3______, ______ Genève (ordonnance 
pénale n°4______) ; 

 le 11 septembre 2018 à 18h02 à la rue 5______, ______ Genève (ordonnance 
pénale n°6______) ; 

B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure : 

 a. Dans les circonstances précitées, A______ s'est vu apposer des amendes d'ordre de 
CHF 40.- sur le pare-brise de son véhicule par des agents de la Fondation des 
parkings. 

b. Par courrier du 30 janvier 2019, le SDC a envoyé un rappel sans frais à A______ 
s'agissant des trois amendes d'ordre précitées, auquel ce dernier a répondu qu'il les 
avait déjà réglées et, ayant « jeté les talons » début janvier, a prié le SDC de vérifier 

c. Par courrier du 27 février 2019, le SDC a demandé à A______ de fournir une 
preuve du paiement. 

d. En l'absence de réponse, le SDC a notifié, le 9 avril 2019, les trois ordonnances 
pénales précitées, auxquelles A______ s'est opposé en date du 15 avril 2019, 
persistant à indiquer avoir réglé les amendes d'ordre. 

- 3/9 - 

P/15117/2019 

.  e. Par courrier du 31 mai 2019, A______ a précisé et attesté sur l’honneur avoir payé 
CHF 120.- en espèce à la Poste de la rue 7______ « entre mardi et vendredi du mois 
de septembre ». Il n’avait pas gardé plus de trois mois les « coupons ».  

f. Dans un email du 16 juillet 2019, un préposé à la gestion des paiements du SDC a 
relevé n’avoir pas trouvé de trace de paiement qui pourrait correspondre aux 
ordonnances contestées, précisant : « par manque d’élément hormis règlement par 
poste comme mentionne le débiteur la recherche est super compliquée. De plus dans 

Epsisol nous avons effectivement 3 affaires selon les dates de paiements qui 

pourraient correspondre aux règlements dont le contrevenant parle ».  

Selon la capture d’écran intégrée dans l’email, il s’agit d’amendes prononcées les  
22 juin 2018, 10 juillet 2018 et 13 août 2018, réglées les 20 septembre 2018 
s’agissant des deux premières et le 26 octobre 2018 s’agissant de la troisième.   

g. Devant le premier juge, A______ a persisté dans ses explications. Il était certain 
d'avoir payé un montant total de CHF 120.- pour trois amendes d'ordre, sans 
toutefois garder les preuves de paiement. Il avait fait l’objet d’autres contraventions 
qu’il avait payées en 2018.  

C. a. La procédure écrite a été ordonnée (art. 406 al. 1 let. c du Code de procédure 
pénale [CPP] et 129 al. 4 de la loi sur l'organisation judiciaire [LOJ]). 

 b. Le MP relève que le TP avait retenu les faits de façon arbitraire en admettant, 
uniquement sur la base des déclarations du prévenu et sans preuve du SDC, que les 
amendes d'ordre litigieuses avaient été payées. Par ailleurs, pour le MP, 
l'acquittement viole l'art. 6 al. 4 de la loi sur les amendes d'ordre [LAO] qui prévoit 
qu'en cas de non-paiement dans le délai prescrit, la procédure ordinaire est engagée.  

 c. A______ persiste dans ses conclusions. Il assure avoir effectué le paiement des 
trois amendes d'ordre d'un montant total de CHF 120.-.  

d. Invités à présenter leur réponse, le SDC et le TP concluent à la confirmation du 
jugement entrepris. Le SDC précise qu'en 2018, le véhicule incriminé a fait l'objet de 
dix contraventions dont trois d'entre elles avaient été réglées en septembre et octobre 
2018, si bien qu'il était hautement vraisemblable que le paiement dont se prévalait 
A______ concernait d'autres amendes que celles visées par la procédure.  

 e. Par courrier du 27 août 2020, auquel elles n'ont pas réagi, les parties ont été 
informées que la cause était gardée à juger sous dix jours. 

- 4/9 - 

P/15117/2019 

D. A______ est né le ______ 1974. Il est de nationalité française, célibataire et il n'a pas 
d'enfant à charge. Il est assistant de direction dans un établissement de restauration et 
son salaire mensuel brut s'élève à environ CHF 5'000.-. 

 Selon l'extrait de son casier judiciaire suisse, il n'a pas d'antécédent.  

 

EN DROIT : 

1. 1.1. L'appel est recevable pour avoir été interjeté et motivé selon la forme et dans les 
délais prescrits (art. 398 et 399 du Code de procédure pénale [CPP]). 

 La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel (art. 404 
al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP). 

 1.2. Conformément à l'art. 129 al. 4 LOJ, lorsque des contraventions font seules 
l'objet du prononcé attaqué et que l'appel ne vise pas une déclaration de culpabilité 
pour un crime ou un délit, la direction de la procédure de la juridiction d'appel est 
compétente pour statuer. 

 1.3. En matière contraventionnelle, l'appel ne peut être formé que pour le grief selon 
lequel le jugement est juridiquement erroné ou l'état de fait a été établi de manière 
manifestement inexacte ou en violation du droit. Aucune nouvelle allégation ou 
preuve ne peut être produite (art. 398 al. 4 CPP). 

 Le pouvoir d'examen de l'autorité d'appel est ainsi limité dans l'appréciation des faits 
à ce qui a été établi de manière arbitraire (arrêt du Tribunal fédéral 6B_362/2012 du 
29 octobre 2012 consid. 5.2). En outre, aucune allégation ou preuve nouvelle ne peut 
être produite devant l'instance d'appel (art. 398 al. 4, 2e phrase CPP). Il s'agit là d'une 
exception au principe du plein pouvoir de cognition de l'autorité de deuxième 
instance qui conduit à qualifier d'appel "restreint" cette voie de droit (arrêt du 
Tribunal fédéral 1B_768/2012 du 15 janvier 2013 consid. 2.1). En revanche, la partie 
appelante peut valablement renouveler en appel les réquisitions de preuve formulées 
devant le premier juge et qui ont été rejetées (arrêt du Tribunal fédéral 6B_202/2015 
du 28 octobre 2015 consid. 2.2 et les arrêts cités). 

 Le libre pouvoir de cognition dont elle dispose en droit confère à l'autorité cantonale 
la possibilité, si cela s'avère nécessaire pour juger du bien-fondé ou non de 
l'application d'une disposition légale, d'apprécier des faits que le premier juge a omis 
d'examiner, lorsque ceux-ci se révèlent être pertinents (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_1247/2013 du 13 mars 2014 consid. 1.3). 

- 5/9 - 

P/15117/2019 

2. 2.1.1. Selon l'art. 90 al. 1 LCR, celui qui viole les règles de la circulation prévues par 
la LCR ou par des dispositions d'exécution émanant du Conseil fédéral est puni de 
l'amende. 

Cette disposition étant abstraite et générale, elle doit être complétée par l'indication 
de la ou des règles concrètes de circulation qui ont été violées (ATF 100 IV 71 
consid. 1). En effet, elle n'a pas de portée propre, dès lors qu'elle se contente d'ériger 
en contravention toute infraction simple à cette loi. Le jugement doit donc énoncer, 
dans ses motifs, les règles de la circulation qui ont été violées (Y. JEANNERET, Les 
dispositions pénales de la loi sur la circulation routière - LCR, Berne 2007, n. 15 ad 
art. 90 LCR). 

Selon l'art. 27 al. 1 LCR, chacun se conformera aux signaux et aux marques ainsi 
qu’aux ordres de la police 

Conformément à l'art. 48 al. 6 OSR, le signal « Parcage contre paiement » (4.20) 
désigne les endroits où les voitures automobiles ne peuvent être garées que contre 
paiement d’une taxe et selon les prescriptions figurant sur les parcomètres. 

2.1.2. L'article 6 al. 1 de la Loi fédérale sur les amendes d'ordre (LAO) si le prévenu 
est identifié lors de l’infraction, il peut payer l’amende immédiatement ou dans un 
délai de 30 jours (délai de réflexion). L'al. 4 du même article prévoit que s’il ne paie 
pas l’amende dans le délai prescrit, une procédure pénale ordinaire est engagée. 

2.2. En l'espèce, il est établi – et au demeurant non contesté – que A______ avait 
stationné son véhicule sur une place de parcage contre paiement et que le parcomètre 
n'était pas enclenché le 3 octobre 2018, le 12 septembre 2018, et le 
11 septembre 2018 à Genève.  

Le comportement consistant à stationner un véhicule sans enclencher le parcomètre 
sur un parcage payant, constitue clairement et sans équivoque, une infraction à la 
législation fédérale en matière de circulation routière et en cas de défaut de paiement 
dans le délai prescrit, la procédure ordinaire est engagée.  

Or, les trois paiements effectués par le contrevenant ont été de fait attribués par le 
SDC à trois autres contraventions et le premier cité n'a pas été en mesure de 
démontrer que cette imputation avait été faite à tort. Il ressort en effet de la procédure 
que l'intimé a fait l'objet de plusieurs contraventions en 2018, ce que ce dernier a 
reconnu. Si les amendes en cause avaient été réglées, on conçoit d'ailleurs 
difficilement que le SDC ait néanmoins engagé la procédure de l'ordonnance pénale, 
le contrevenant n'ayant d'ailleurs explicitement jamais invoqué une erreur 
d'imputation de la part du SDC. 

- 6/9 - 

P/15117/2019 

Au vu de ce qui précède, et contrairement à ce qu'a retenu le TP, le simple fait que 
l'intimé soutienne avoir effectué les paiements ne suffit pas à le disculper et la 
procédure ordinaire a été à juste titre engagée. 

L'intimé sera reconnu coupable d'infractions à l'art. 90 al. 1 LCR et l'appel du MP 
admis.  

3. 3.1.1. La peine prévue par l'art. 90 al. 1 LCR est une amende. 

3.1.2. Selon l'art. 106 CP, sauf disposition contraire de la loi, le montant maximum 
de l'amende est de 10'000 francs (al. 1). Le juge prononce dans son jugement, pour le 
cas où, de manière fautive, le condamné ne paie pas l'amende, une peine privative de 
liberté de substitution d'un jour au moins et de trois mois au plus (al. 2). Le juge fixe 
l'amende et la peine privative de liberté de substitution en tenant compte de la 
situation de l'auteur afin que la peine corresponde à la faute commise (al. 3). Le 
paiement ultérieur de l'amende entraîne une réduction proportionnelle de la peine 
privative de liberté de substitution (al. 4). 

À l'instar de toute autre peine, l'amende doit donc être fixée conformément à l'art. 47 
CP (arrêts du Tribunal fédéral 6B_337/2015 du 5 juin 2015 consid. 4.1 ; 
6B_988/2010 du 3 mars 2011 consid. 2.1 et 6B_264/2007 du 19 septembre 2007 
consid. 4.5). Le juge doit ensuite, en fonction de la situation financière de l'auteur, 
fixer la quotité de l'amende de manière qu'il soit frappé dans la mesure adéquate 
(ATF 129 IV 6 consid. 6.1 in JdT 2005 IV p. 215 ; 119 IV 330 consid. 3 p. 337). La 
situation économique déterminante est celle de l'auteur au moment où l'amende est 
prononcée (arrêt du Tribunal fédéral 6B_547/2012 du 26 mars 2013 consid. 3.4 et les 
références citées).  

Un jour de peine privative de liberté de substitution (art. 106 al. 2 CP) correspond 
schématiquement à CHF 100.- d'amende (R. ROTH / L. MOREILLON, Code pénal 
I : art. 1-100 CP, Bâle 2009, n. 19 ad art. 106). 

3.2. En l'espèce, la faute de l'intimé est légère. Il n'a lésé ou mis en danger aucun bien 
juridique.  

Sa collaboration ne peut être qualifiée de mauvaise en lien avec l'établissement des 
faits. Il n'a jamais su apporter la preuve du paiement des trois amendes précitées, 
mais on ne peut exclure une confusion de sa part.  

Au vu de ce qui précède, une amende de CHF 120.-, correspondant aux montants des 
trois amendes d'ordre, paraissant conforme au droit, sera prononcée et la peine 
privative de liberté de substitution fixée à un jour.  

- 7/9 - 

P/15117/2019 

4. 4.1.1. L'intimé, condamné en seconde instance, succombe dans ses conclusions et 
supportera partant les frais de la procédure d'appel, comprenant un émolument de 
jugement de CHF 500.- 

 4.1.2. Des suites de sa condamnation, il sera également condamné aux frais de 
première instance (art. 428 al. 3 et 426 al. 1CPP). 

* * * * *  

- 8/9 - 

P/15117/2019 

PAR CES MOTIFS, 
LE/LA PRÉSIDENT(E)  

DE LA CHAMBRE PÉNALE D'APPEL ET DE RÉVISION : 

 

Reçoit l'appel formé par le Ministère public contre le jugement rendu le 3 février 2020 par 
le Tribunal de police dans la procédure P/15117/2019. 

L'admet. 

Annule ce jugement. 

Et statuant à nouveau : 

Déclare A______ coupable de violation simple des règles de la circulation routière (art. 90 
al. 1 LCR). 

Condamne A______ à une amende de CHF 120.- (art. 106 al. 1 CP). 

Prononce une peine privative de liberté de substitution de un jour qui sera mis à exécution 
si, de manière fautive, l'amende n'est pas payée (art. 106 al. 2 et 3 CP). 

Condamne A______ aux frais de première instance en CHF 304.-, comprenant un 
émolument de jugement de CHF 200.-. 

Condamne A______ aux frais de la procédure d'appel en CHF 635.-, comprenant un 
émolument de jugement de CHF 500.-. 

Notifie le présent arrêt aux parties. 

Le communique, pour information, au Tribunal de police.  

 

La greffière : 

Joëlle BOTTALLO 

 La présidente : 

Catherine GAVIN 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 78 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110), le 

présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec expédition complète 

(art. 100 al. 1 LTF), par-devant le Tribunal fédéral (1000 Lausanne 14), par la voie du recours en matière 

pénale. 

  

- 9/9 - 

P/15117/2019 

 ETAT DE FRAIS  

 

 COUR DE JUSTICE  

 

Selon les art. 4 et 14 du règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais et dépens 
en matière pénale (E 4 10.03). 

 

 

Total des frais de procédure du Tribunal de police : CHF 304.00 

Bordereau de frais de la Chambre pénale d'appel et de révision   

Délivrance de copies et photocopies (let. a, b et c) CHF 0.00 

Mandats de comparution, avis d'audience et divers (let. i) CHF 60.00 

Procès-verbal (let. f) CHF 0.00 

Etat de frais CHF 75.00 

Emolument de décision CHF 500.00 

Total des frais de la procédure d'appel : CHF  635.00 

Total général (première instance + appel) : CHF  939.00