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**Case Identifier:** 9478dc19-9f3a-5306-8ef0-069c8c46639d
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-03-30
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 30.03.2010 A/419/2009
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-419-2009_2010-03-30.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/419/2009-PE ATA/224/2010  

ARRÊT 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 30 mars 2010 

1ère section 

dans la cause 

 

Monsieur A______ 
représenté par Monsieur Alexandre Schmid, juriste de CARITAS GENÈVE, mandataire 

contre 

OFFICE CANTONAL DE LA POPULATION 

 
      

 

 ___________

Recours contre la décision de la commission cantonale de recours en matière 
administrative du 21 avril 2009 (DCCR/383/2009) 

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A/419/2009 

EN FAIT 

1.  Monsieur A______, ressortissant kosovar né le ______ 1985, a vu la 
demande d'asile qu'il avait déposée le 11 février 2004 être rejetée par décision de 
l'office fédéral des migration du 28 octobre 2005. Il disposait d'un délai échéant au 
10 janvier 2006 pour quitter la Suisse. 

2.  M. A______ a épousé, le 10 janvier 2006 dans le canton de Genève, 
Madame W______, ressortissante suisse. Il a été mis au bénéfice d'une 
autorisation de séjour. 

3.  Le 26 septembre 2006, l'office cantonal de la population (ci-après : OCP) a 
écrit à Mme W______ afin qu’elle le renseigne sur l'état d'avancement de ses 
recherches pour trouver un domicile commun. 

  Mme W______ a répondu le 29 septembre 2006. Jusqu'au 9 juillet 2006, les 
époux avaient recherché un appartement. Le soir du 9 juillet, à la suite de 
violences physiques, ils s'étaient séparés. Mme W______ avait déposé une plainte 
pénale et entamé une procédure de divorce. 

4.  Après avoir complété l'instruction et entendu M. A______, l'OCP a refusé, 
par décision du 21 novembre 2008, de renouveler le permis de séjour de 
l'intéressé. Un délai au 21 février 2009 lui était imparti pour quitter la Suisse. 

  Cette décision était adressée à un avocat, alors constitué pour l'intéressé, 
avec élection de domicile. 

5.  Le 10 décembre 2008, un « responsable de secteur » du syndicat UNIA a 
écrit à l'OCP, faisant suite à la décision du 21 novembre 2008. 

  M. A______ était très bien intégré et avait trouvé un travail. Même si son 
mariage n'avait pas été une réussite, une deuxième chance devait lui être donnée. 
La décision du 21 novembre 2008 devait être revue et une autorisation de séjour 
accordée. 

6.  Le 26 janvier 2009, l'OCP a indiqué au syndicat que, M. A______ étant déjà 
représenté par un mandataire qualifié, il ne pouvait lui communiquer de 
renseignements dans cette affaire. 

7.  Le 4 février 2009, un nouvel avocat s'est constitué pour M. A______ auprès 
de l'OCP. Il désirait notamment savoir si un recours avait été déposé par UNIA. 

8.  Le 5 février 2009, M. A______, sous la plume de son avocat, s'est adressé à 
la commission cantonale de recours en matière administrative (ci-après : CCRA). 

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Il avait déposé un recours, au moins implicite, le 10 décembre 2008. Ce n’était 
qu'après l'échéance du délai de recours, soit le 26 janvier 2009, que l'OCP avait 
indiqué refuser d'entrer en matière du fait qu'un autre mandataire était constitué. 

  L'OCP aurait du transmettre le recours du 10 décembre à la CCRA. 

9.  Le 11 février 2009, la CCRA a transmis le courrier à l'OCP, en lui accordant 
un délai pour lui répondre au « recours formé le 6 février 2009 ». 

10.  Le 26 mars 2009, l'OCP a conclu à l'irrecevabilité du recours. Ce dernier, 
déposé le 6 février 2009, était manifestement hors délai et aucun motif de force 
majeure ne justifiait ce retard. 

  Le syndicat UNIA n'avait pas manifesté sa volonté de recourir dans le pli du 
10 décembre 2008. Il s'agissait d'une demande de reconsidération. 

11.  Le 30 mars 2009, la CCRA a imparti à M. A______ un délai échéant au 
15 avril 2009 pour répliquer. Ce délai a été prolongé, à la demande du conseil de 
l'intéressé, au 20 avril 2009. 

12.  Le 21 avril 2009, la CCRA a déclaré le recours irrecevable, car tardif. Le 
courrier du 10 décembre 2008 ne pouvait être considéré comme un recours, mais 
uniquement comme une demande de reconsidération. L'écriture du 6 février 2009 
était hors délai. 

  Dite décision a été expédiée le 6 mai 2009. 

13.  Le 25 mai 2009, le nouvel avocat de M. A______ a indiqué à l'OCP qu'il 
cessait d'occuper avec effet immédiat. 

14.  Le 2 juin 2009, M. A______, agissant en personne, a saisi le Tribunal 
administratif d'un recours, concluant à l'annulation de la décision du 21 avril 2009 
de la CCRA et à ce qu'un préavis favorable à la délivrance d'un permis 
humanitaire pour les cas d'extrême rigueur soit émis. 

15.  Le 16 juillet 2009, l'OCP s'est opposé au recours. 

16.  Le 24 novembre 2009, M. A______ a demandé à être entendu par le 
Tribunal administratif. Ses différents avocats n'avaient pas respecté les délais, 
failli à leurs devoirs et négligé le travail, l'intéressé étant démuni. 

17.  Le 1er février 2010, M. A______ a été entendu en audience de comparution 
personnelle, assisté par un juriste de Caritas. 

  Son premier avocat, auquel il avait demandé de faire recours à réception de 
la décision du 21 novembre 2008, lui avait demandé une provision de 
CHF 2'000.-, somme qu'il n'avait pas immédiatement à disposition. Il était alors 

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allé voir son syndicat, qui lui avait dit qu'il ferait le recours. Ce dernier l'avait 
adressé à un nouvel avocat, qui était intervenu devant la CCRA.  

  Depuis lors, il avait continué à travailler comme serveur. Il se livrait à des 
activités sportives et entretenait des liens avec des personnes de toutes 
nationalités, notamment suisses. Il avait appris le français en suivant des cours et 
le juge délégué a pu constater que la maîtrise que le recourant en avait était 
excellente. 

  Au vu du nouveau changement de mandataire, un ultime délai a été accordé 
à l'intéressé pour se déterminer. 

18.  Le 1er mars 2010, sous la plume de Caritas, M. A______ a relevé que, si le 
caractère ambigu du premier courrier n'était pas contestable, l'OCP aurait dû 
réagir dans le délai de recours, et non un mois plus tard. Il était insensé de faire 
une demande de reconsidération pendant ledit délai, ce que l'OCP aurait dû 
relever.  

  De plus, l'OCP n'avait pas traité le courrier du 10 décembre 2008 au fond. 

19.  Le 15 mars 2010, l'OCP a indiqué qu'il n'avait pas d'observations 
complémentaires à formuler. 

EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 56A de la loi sur l’organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 63 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2.  Depuis le 1er janvier 2009, la CCRA connaît des recours dirigés contre des 
décisions de l'OCP relatives au statut d'étrangers dans le canton de Genève 
(art. 56X al. 2 et 56Y LOJ ; art. 3 de la loi d'application de la loi fédérale sur les 
étrangers du 16 juin 1988 - LaLEtr - F 2 10). Elle a repris le contentieux pendant 
devant la commission cantonale de recours de police des étrangers, compétent 
jusqu'à cette date. 

3.   Aux termes de l'art. 48 LPA, une autorité administrative n'a l'obligation de 
reconsidérer ses décisions que lorsqu'il existe un motif de révision au sens de 
l'art. 80 let. a et b LPA ou que les circonstances se sont modifiées dans une 
mesure notable depuis la première décision. Selon la doctrine, les décisions dotées 
de l’autorité de la chose jugée ou décidée peuvent faire l’objet d’une demande de 
réexamen par l’autorité administrative qui a pris la décision de base, ou d’une 
procédure de révision devant une autorité administrative supérieure, une instance 

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quasi judiciaire ou un tribunal, selon que leur auteur est une autorité ou un tribunal 
(B. KNAPP, Précis de droit administratif, 4e éd., Bâle 1991, n° 1137).   

4.  Dans une procédure administrative, les courriers qu'un particulier adresse 
aux autorités doivent être interprétés selon le principe de la confiance, c'est-à-dire 
d'après le sens qui peut et doit leur être donné de bonne foi, d'après le texte et leur 
contexte, ainsi que d'après toutes les circonstances qui les ont précédées ou 
accompagnées (ATF 126 II 119 consid. 2a p.120 ; 125 III 435 consid. 2a/aa 
p. 436 ; Arrêts du Tribunal fédéral 2P.188/2002 du 5 septembre 2002 et 
1P.440/2001 du 24 janvier 2002 consid. 5). 

  En l'occurrence le recourant, par l'intermédiaire du syndicat UNIA, s'est 
adressé à l'OCP par acte du 10 décembre 2008. 

  Cette brève écriture reprend les éléments principaux du dossier, sans 
apporter d'éléments nouveaux. M. A______ conclut à ce que la décision initiale 
soit revue et qu'un permis de séjour lui soit accordé. Les motifs contenus dans cet 
acte sont ceux d'un recours, à savoir un exposé des raisons pour lesquelles 
l'intéressé s'oppose à un refus d'autorisation de séjour et les prétentions qu'il 
entend faire valoir, soit l'obtention d'un permis de séjour. L'absence de toutes 
références juridiques démontre que son auteur n'est pas un spécialiste du domaine. 
Cette lettre fait suite à la décision du 21 novembre 2008 de l'OCP et a été adressée 
à cette autorité dans le délai de recours. Enfin, l'intention de M. A______ de 
former recours contre la décision du 21 novembre ressort tant du pli adressé à la 
CCRA par l'avocat du recourant, le 5 février 2009, que des déclarations du 
recourant lors de l'audience de comparution personnelle. 

  Ainsi, au vu de l'ensemble de ces éléments, le courrier du 10 décembre 2010 
aurait dû être interprété comme un acte de recours et transmis comme tel à la 
CCRA comme objet de sa compétence (ATA/108/2010 du 6 février 2010). 

5.  Compte tenu de ce qui précède, le recours sera partiellement admis. La 
décision de la CCRA annulée et la procédure lui sera retournée, comme objet de 
sa compétence, pour qu'elle statue sur le recours de M. A______ du 10 décembre 
2008. 

  Vu l'issue du litige, aucun émolument ne sera mis à charge du recourant et 
aucune indemnité de procédure ne lui sera accordée (art. 87 LPA). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 2 juin 2009 par Monsieur A______ contre la 
décision de la commission cantonale de recours en matière administrative du 21 avril 
2009 ; 

au fond : 

l'admet partiellement ; 

annule la décision du 21 avril 2009 de la commission cantonale de recours en matière 
administrative ; 

renvoie le dossier à la commission cantonale de recours en matière administrative pour 
nouvelle décision au sens des considérants ; 

le rejette au surplus ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument ni alloué d'indemnité de procédure ; 

dit que, les éventuelles voies de recours contre le présent arrêt, les délais et conditions 
de recevabilité qui leur sont applicables, figurent dans la loi fédérale sur le Tribunal 
fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), dont un extrait est reproduit ci-après. Le 
mémoire de recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie 
postale ou par voie électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les 
pièces en possession du recourant invoquées comme moyens de preuve, doivent être 
joints à l'envoi ; 

communique le présent arrêt à Monsieur A______, à la commission cantonale de 
recours en matière administrative, à l'office cantonal de la population et à l’office 
fédéral des migrations. 

Siégeants : M. Thélin, président, Mmes Bovy et Hurni, juges. 

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Au nom du Tribunal administratif : 

la greffière-juriste adj. : 
 
 

M. Tonossi 

 le vice-président : 
 
 

Ph. Thélin 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le   la greffière : 

 

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Extraits de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110) 
consultable sur le site: http://www.admin.ch/ch/f/rs/c173_110.html 

Recours en matière de droit public 
(art. 82 et ss LTF) 

Recours constitutionnel subsidiaire 
(art. 113 et ss LTF)  

Art. 82 Principe 
Le Tribunal fédéral connaît des recours : 
a. contre les décisions rendues dans des causes de droit 
public ; 
… 

Art. 83 Exceptions 
Le recours est irrecevable contre : 
… 
c. les décisions en matière de droit des étrangers qui 

concernent :  
1. l’entrée en Suisse, 
2. une autorisation à laquelle ni le droit fédéral ni le 

droit international ne donnent droit, 
3. l’admission provisoire, 
4. l’expulsion fondée sur l’art. 121, al. 2, de la 

Constitution ou le renvoi, 
5. les dérogations aux conditions d’admission, 
6. la prolongation d’une autorisation frontalière, le 

déplacement de la résidence dans un autre canton, 
le changement d’emploi du titulaire d’une 
autorisation frontalière et la délivrance de 
documents de voyage aux étrangers sans pièces 
de légitimation ; 

d. les décisions en matière d’asile qui ont été rendues :  
1. par le Tribunal administratif fédéral, 
2. par une autorité cantonale précédente et dont 

l’objet porte sur une autorisation à laquelle ni le 
droit fédéral ni le droit international ne donnent 
droit ; 

… 

Art. 89 Qualité pour recourir 
1 A qualité pour former un recours en matière de droit 
public quiconque : 
a. a pris part à la procédure devant l’autorité précédente 

ou a été privé de la possibilité de le faire ; 
b. est particulièrement atteint par la décision ou l’acte 

normatif attaqué, et 
c. a un intérêt digne de protection à son annulation ou à 

sa modification. 
… 

Art. 95 Droit suisse 
Le recours peut être formé pour violation : 
a. du droit fédéral ; 
b. du droit international ; 
c. de droits constitutionnels cantonaux ; 
d. de dispositions cantonales sur le droit de vote des 

citoyens ainsi que sur les élections et votations 
populaires ; 

e. du droit intercantonal. 

Art. 100 Recours contre une décision 
1 Le recours contre une décision doit être déposé devant 
le Tribunal fédéral dans les 30 jours qui suivent la 
notification de l’expédition complète. 
______________________________________________ 

Art. 113 Principe 
Le Tribunal fédéral connaît des recours 
constitutionnels contre les décisions des autorités 
cantonales de dernière instance qui ne peuvent faire 
l’objet d’aucun recours selon les art. 72 à 89. 

Art. 115 Qualité pour recourir 
A qualité pour former un recours constitutionnel 
quiconque : 
a. a pris part à la procédure devant l’autorité 

précédente ou a été privé de la possibilité de le 
faire et 

b. a un intérêt juridique à l’annulation ou à la 
modification de la décision attaquée. 

Art. 116 Motifs de recours 
Le recours constitutionnel peut être formé pour 
violation des droits constitutionnels. 

Art. 100 Recours contre une décision 
1 Le recours contre une décision doit être déposé 
devant le Tribunal fédéral dans les 30 jours qui 
suivent la notification de l’expédition complète. 
___________________________________________ 

 

Recours ordinaire simultané (art. 119 LTF) 
1 Si une partie forme contre une décision un recours ordinaire et un recours constitutionnel, elle doit déposer les deux 
recours dans un seul mémoire. 
2 Le Tribunal fédéral statue sur les deux recours dans la même procédure. 
3 Il examine les griefs invoqués selon les dispositions applicables au type de recours concerné.