# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 67b77326-e301-5e60-829a-3e8270ebda52
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-12-05
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 05.12.2017 A/4417/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-4417-2016_2017-12-05.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/4417/2016-EXPLOI ATA/1567/2017  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 5 décembre 2017 

2
ème

 section 

   dans la cause 

 

Madame A______ et Monsieur C______ 
représentés par Me Nadia Isabel Clerigo, avocate 

contre 

SERVICE DE POLICE DU COMMERCE ET DE LUTTE CONTRE LE 

TRAVAIL AU NOIR 
 

 

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A/4417/2016 

EN FAIT 

1) a. Madame A______, née le ______ 1990, de nationalité suisse, est, selon le 
rôle de l’office cantonal de la population et des migrations (ci-après : OCPM), 
étudiante et domiciliée dans la commune B______. Elle est titulaire d’un certificat 
de capacité de cafetier (ci-après : diplôme). 

 b. Monsieur C______, né le ______ 1972, de nationalité suisse est, selon le 
rôle de l’OCPM, boulanger de profession et domicilié dans la commune D______. 
Il est administrateur de la société E______SA, inscrite au registre du commerce 
du canton de Genève depuis le 21 mai 1992 et ayant pour but la création, l’achat, 
la vente, l’exploitation et la gestion de dancings, clubs privés, bars, restaurants, 
cafés-brasseries ou tous autres établissements similaires. La société précitée est 
propriétaire du cabaret-dancing à l’enseigne « F______ » (ci-après : 
cabaret-dancing F______). Par convention de vente d’actions du 20 janvier 2017, 
la société G______ Sàrl, inscrite au registre du commerce depuis le 23 mai 2013 
et ayant pour but les conseils et le suivi d'établissements publics tels que cafés, 
bars, restaurants, discothèques et toutes activités dans le domaine de 
l'événementiel, du divertissement et du tourisme, dont M. C______ est 
associé-gérant, a racheté l’intégralité des actions de la société E______SA. 

2)  Par contrat du 7 mai 2014, la société E______SA a confié la gérance du 
cabaret-dancing et du café F______ à M. C______ pour un loyer mensuel de 
CHF 20'871.-. 

  La gérance prenait effet du 1er juin 2014 au 31 mars 2018. Le responsable de 
l’établissement était Monsieur H______, bénéficiaire d’un certificat d’aptitude 
professionnelle, remplacé, selon l’avenant n° 1 au contrat précité, par 
Mme A______ dès le 1er juin 2014. En cas d’exploitation séparée du cabaret-
dancing et du café, Madame I______, de nationalité suisse, née le 14 janvier 1990 
et domiciliée dans la commune D______, titulaire d’un diplôme de cafetier, devait 
s’occuper de l’exploitation de celui-ci. 

3)  Par décision du 29 juillet 2015, le service du commerce, devenu le service 
de police du commerce et de lutte contre le travail au noir (ci-après : PCTN), a 
autorisé Mme A______ à exploiter le cabaret-dancing F______. 

  L’autorisation était personnelle et intransmissible. Elle était soumise à 
diverses autres conditions d’exploitation. 

4) a. Le 27 juin 2016, Mme A______, au titre d’exploitante du cabaret-dancing 
F______, et M. C______, au titre de propriétaire de l’établissement, ont signé un 
formulaire de « mise en conformité LRDBHD des établissements autorisés en 

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vertu de la LRDBH » (ci-après : formulaire 1) en vue de l’obtention d’une 
autorisation d’exploiter un établissement soumis à la loi sur la restauration, le 
débit de boissons, l’hébergement et le divertissement du 19 mars 2015 
(LRDBHD - I 2 22), entrée en vigueur le 1er janvier 2016. 

  À la suite du changement de loi, les établissements disposant d’une 
autorisation d’exploiter délivrée par le PCTN qui était en vigueur jusqu’au 
31 décembre 2015 et continuant à être exploités aux mêmes conditions après le 
1er janvier 2016 devaient requérir avant l’expiration d’une période de six mois une 
mise en conformité. La continuation de l’activité était autorisée à condition 
d’obtenir, au plus tard le 31 décembre 2016, une autorisation d’exploiter en 
application de la nouvelle loi. 

  Selon le formulaire 1 précité, une précédente autorisation d’exploiter le 
cabaret-dancing F______ avait été délivrée à Mme A______ le 13 juin 2014. Le 
propriétaire de l’établissement, la société E______SA, avait confié à M. C______ 
la gérance de l’établissement. Les conditions contractuelles étaient restées les 
mêmes depuis la délivrance de la dernière autorisation d’exploiter. Le contrat de 
bail n’avait pas été résilié et la destination des locaux n’avait pas été modifiée. 
L’exploitante et le gérant avaient confirmé l’exploitation de l’établissement dans 
la catégorie de cabaret-dancing. L’exploitante s’engageait à gérer de manière 
personnelle et effective l’établissement pour lequel elle sollicitait l’autorisation. 

 b. Parmi les documents à annexer à la requête figuraient notamment un extrait 
du casier judiciaire suisse et un certificat de bonne vie et mœurs de l’exploitante et 
du propriétaire. 

 c. Selon les extraits du casier judiciaire suisse des 3 juin et 10 octobre 2016, 
M. C______ a fait l’objet de cinq condamnations pénales par ordonnances pénales 
du Ministère public, soit les 31 janvier 2008 (entrée en force le 5 mars 2008) à une 
peine pécuniaire de dix jours-amende à CHF 80.- avec sursis durant trois ans et 
une amende de CHF 500.- pour voies de fait et contrainte ; 2 juillet 2008 (entrée 
en force le 31 décembre 2008) à une peine pécuniaire de trente jours-amende à 
CHF 80.- et une amende de CHF 300.- pour voies de fait et dommage à la 
propriété ; 13 octobre 2008 (entrée en force le 3 novembre 2008) à une peine 
pécuniaire de nonante jours-amende à CHF. 80.- et une amende de CHF 1'500.- 
pour violation des règles de la circulation routière ; 3 janvier 2013 (entrée en force 
le 5 février 2013) à une peine pécuniaire de nonante jours-amende à CHF 100.- 
avec sursis durant trois ans et une amende de CHF 2'200.- pour emploi d’étrangers 
sans autorisation ; et 5 janvier 2015 (entrée en force le 13 février 2015) à une 
peine pécuniaire de nonante jours-amende à CHF 100.- pour emploi d’étrangers 
sans autorisation. Il a également été condamné le 29 août 2016 (entrée en force le 
29 août 2016) à une peine pécuniaire de soixante jours-amende à CHF 100.- pour 
emploi répété d’étrangers sans autorisation de travail. 

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  Les trois infractions en matière de droit des étrangers avaient été commises 
dans le cadre de la gestion d’établissements publics voués à la restauration et au 
débit de boissons à consommer sur place. Les faits retenus par le Ministère public 
étaient respectivement le recrutement d’une serveuse dépourvue d’autorisation de 
travail dans un café-restaurant sous l’enseigne « J______ » durant neuf mois, du 
1er septembre 2011 au 21 mai 2012 ; l’engagement de la même serveuse au même 
poste dans le café-restaurant « K______ », durant sept mois, du 1er janvier au 31 
juillet 2013, et d’une autre serveuse au même poste, pendant un peu moins d'un 
mois, du 18 juillet au 11 août 2013 ; ainsi que l’embauche de trois serveurs sans 
autorisation de travail durant trois semaines, du 24 juillet au 10 août 2015, sur un 
stand des Fêtes de Genève. 

5)  Par décision du 5 décembre 2016, déclarée exécutoire nonobstant recours, le 
PCTN a rejeté la requête susmentionnée. 

  M. C______, gérant de l’établissement, avait été condamné à trois reprises 
par le Ministère public pour avoir employé des étrangers dépourvus d’autorisation 
de travail. Ces infractions avaient un lien avec l’activité exercée par l’intéressé. 
Elles étaient graves et récentes. M. C______ n’offrait par conséquent pas les 
garanties d’une exploitation conforme aux prescriptions en matière de police des 
étrangers, de sécurité sociale et de droit du travail. Il ne répondait pas aux 
exigences d’honorabilité. 

6)  Par demande du 8 décembre 2016, les intéressés ont requis du PCTN la 
reconsidération de sa décision précitée. Par décision du 9 décembre 2016, le 
PCTN a déclaré cette demande irrecevable. Il a confirmé son refus d’accorder 
l’autorisation d’exploiter. 

7)  Par acte déposé le 23 décembre 2016, Mme A______ et M. C______ ont 
interjeté recours contre la décision du 5 décembre 2016 auprès de la chambre 
administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) en 
concluant, préliminairement, à la restitution de l’effet suspensif et à ce qu’ils 
soient autorisés à continuer l’exploitation de leur établissement jusqu’à droit jugé 
sur le fond. Ils ont également conclu, principalement, à l’annulation de la décision 
attaquée et à ce qu’il soit ordonné au PCTN de délivrer l’autorisation d’exploiter 
le cabaret-dancing F______ et, subsidiairement, au renvoi de la cause au PCTN 
pour une nouvelle décision. 

  Le PCTN avait abusé de son pouvoir d’appréciation. Les actes reprochés à 
M. C______ ne pouvaient pas être qualifiés de graves, ils concernaient 
uniquement la violation de prescriptions en matière de police des étrangers 
commise par des auxiliaires de l’intéressé. Les sanctions qui lui avaient été 
infligées n’étaient pas non plus lourdes et les infractions n’étaient pas répétées de 
manière systématique. M. C______ avait été autorisé à exploiter des 
établissements publics en 2015, malgré les condamnations pénales de 2013 et 

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2015. Ainsi, seule pouvait entrer en ligne de compte pour le refus de l’autorisation 
attaquée la condamnation du 29 août 2016. L’intéressé n’avait pas eu la volonté 
de contrevenir à ses obligations découlant de la législation sur le travail au noir et 
de celle sur les étrangers. Les faits qui lui étaient reprochés ne constituaient pas 
une violation de ses obligations en matière d’annonce des travailleurs. Il 
employait plus de septante personnes et n’avait jamais été sanctionné par les 
autorités compétentes, sauf dans le cadre des incidents précités. 

  Le PCTN avait violé leur liberté économique. Il avait refusé des 
autorisations concernant d’autres établissements gérés par M. C______. Ces 
décisions privaient ce dernier de ses revenus. Elles n’étaient en outre pas 
conformes au principe de la proportionnalité. 

  Le PCTN avait également violé l’interdiction de l’arbitraire. M. C______ 
remplissait les conditions de la garantie d’honorabilité, sa dernière condamnation 
pénale portant sur une activité qui avait duré deux semaines ne pouvait pas être à 
la base du refus de l’autorisation d’exploiter l’établissement en cause. 

8)  Par décision du 28 décembre 2016 sur effet suspensif (ATA/1102/2016), la 
chambre administrative a autorisé Mme A______ à continuer l’exploitation du 
cabaret-dancing F______ jusqu’à droit jugé sur le fond. 

  La décision attaquée rejetait une demande qui tendait au maintien et au 
renouvellement d’une autorisation déjà existante. Aucun motif n’imposait la 
cessation immédiate de l’activité concernant l’établissement. L’ordre public ou la 
protection des consommateurs et des travailleurs n’étaient pas menacés de 
manière imminente si l’intéressée continuait l’exploitation de son établissement. 
L’intérêt privé des intéressés à la continuation de l’exploitation primait l’intérêt 
public à l’exécution immédiate de la décision querellée. Au surplus, le service 
intimé ne s'opposait pas à la restitution de l'effet suspensif. 

9)  Le 23 février 2017, le PCTN a conclu au rejet du recours. 

  M. C______ était le propriétaire de l’établissement en cause. Il avait été 
condamné pour avoir employé des étrangers sans autorisation de travail. Il n’avait 
pas formé opposition contre l’ordonnance pénale du 3 janvier 2013 et avait 
reconnu les faits qui lui étaient reprochés. Il avait réitéré l’infraction durant le 
délai de grâce. Il avait été à nouveau condamné le 5 janvier 2015. L’intéressé 
avait commis des infractions répétées et ses condamnations étaient en force. Le 
risque de récidive était élevé. Certes, M. C______ avait obtenu l’autorisation 
d’exploiter un établissement public après ses premières condamnations. Toutefois, 
cette autorisation avait été accordée sous l’ancien régime légal qui ne posait pas 
l’exigence d’honorabilité à l’égard des propriétaires et gérants d’établissements. 
M. C______ n’offrait pas la garantie de l’exploitation d’une entreprise de manière 
conforme aux prescriptions légales en vigueur. 

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  La décision attaquée était conforme à l’esprit et au but de la législation en 
vigueur. Elle privait l’intéressé de la possibilité de gérer un établissement public et 
par conséquent de se charger des tâches relatives au personnel. Elle écartait le 
risque de nouvelles infractions aux prescriptions en matière de police des 
étrangers et de droit du travail au sein de l’établissement concerné. La sanction 
était propre à atteindre le but visé. En outre, l’autorité ne disposait d’aucun autre 
moyen pour prévenir ce risque. Le propriétaire avait par ailleurs la possibilité de 
désigner de nouveaux gérants pour continuer l’exploitation de l’établissement. 
L’intéressé pouvait de son côté exercer une autre activité notamment dans le 
domaine de la restauration. 

10)  Le 29 mars 2017, Mme A______ et M. C______ ont persisté dans les 
conclusions de leur recours. 

  M. C______ avait choisi l’exploitante de l’établissement avec qui il 
collaborait dans la gestion de celui-ci. Il était présent tous les jours d’ouverture. Il 
avait conclu un contrat de gérance. Il avait été impliqué dans la gestion de 
l’établissement, même si l’ancienne législation ne connaissait pas la notion de 
gérant. Les personnes impliquées dans la bonne marche du « club » étaient les 
mêmes sous l’ancien et le nouveau régime légal. Au moment du dépôt de la 
demande en cause, sa dernière condamnation pénale n’était pas définitive. Celle-ci 
s’est achevée par le prononcé de l’ordonnance pénale du 29 août 2016. Par 
ailleurs, le PCTN avait eu connaissance de cette condamnation dans le cadre 
d’une autre procédure de demande d’autorisation d’exploiter un établissement 
public. Il ne l’avait pas interpellé à ce sujet. Il avait violé son droit d’être entendu. 
Le refus de l’autorisation d’exploiter était fondé sur cette ordonnance pénale 
rendue après l’introduction de la demande relative au cabaret-dancing F______. 

  M. C______ exerçait son activité dans le milieu des établissements publics 
depuis vingt ans et n’avait jamais rencontré de problèmes particuliers avec les 
autorités. Il employait une cinquantaine de personnes. 

  Pour le surplus, ils ont repris leurs arguments antérieurs. 

11)  Ensuite de quoi, la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 66 al. 1 LRDBHD ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure 
administrative du 12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

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2) a. A qualité pour recourir toute personne qui est touchée directement par une 
décision et a un intérêt personnel digne de protection à ce que l’acte soit annulé ou 
modifié (art. 60 al. 1 let. b LPA). 

  La qualité pour recourir fondée sur l’art. 60 al. 1 let. b LPA nécessite la 
réalisation de trois conditions cumulatives, soit avoir un intérêt digne de 
protection, être particulièrement touché par la décision attaquée et disposer d’un 
intérêt actuel. Le recourant doit avoir un intérêt pratique à l'admission du recours, 
soit que cette admission soit propre à lui procurer un avantage de nature 
économique, matérielle ou idéale (ATA/343/2012 du 5 juin 2012 ; ATA/188/2011 
du 22 mars 2011). Un intérêt digne de protection suppose un intérêt actuel à 
obtenir l’annulation de la décision attaquée. L’existence d’un intérêt actuel 
s’apprécie non seulement au moment du dépôt du recours, mais aussi lors du 
prononcé de la décision sur recours (ATA/1465/2017 du 3 novembre 2017 ; 
ATA/188/2011 précité). 

 b. La requête en autorisation est valablement déposée, lorsqu’elle est faite au 
moyen de la formule officielle dûment remplie par l'exploitant (art. 19 al.1 let. a 
du règlement d’exécution de la LRDBHD du 28 octobre 2015 - RRDBHD – 
I 2 22.01), signée par l'exploitant propriétaire. Si l'exploitant n'est pas propriétaire, 
le formulaire doit être contresigné par le propriétaire. En cas de gérance, le 
formulaire doit également comporter la signature du gérant au sens de 
l'art. 39 al. 2 (let. b). La décision est notifiée par écrit à l’exploitant 
(art. 31 al. 15 RRDBHD). 

 c. Le propriétaire est défini, dans la nouvelle législation, notion qui existait 
déjà dans la loi sur la restauration, le débit de boissons et l’hébergement du 
17 décembre 1987 (aLRDBH), mais sans être précisée, comme la personne 
physique ou morale qui détient le fonds de commerce de l'entreprise, soit les 
installations, machines et autres équipements nécessaires à l'exercice de l'activité 
de celle-ci, et qui désigne l'exploitant (art. 3 let. o LRDBHD ; art. 39 al. 1 
RRDBHD). En cas de conclusion d'un contrat de gérance ou de bail à ferme, le 
propriétaire au sens de la loi est le gérant ou le fermier qui jouit des locaux et 
installations de l'établissement et en assume l'entière responsabilité (art. 39 al. 2 
RRDBHD). 

 d. En l’espèce, la demande du 27 juin 2016 de mise en conformité de 
l’autorisation d’exploiter existante délivrée le 29 juillet 2015 a été signée par 
l’exploitante et le gérant du cabaret-dancing F______. La décision attaquée a été 
notifiée à l’exploitante, le 5 décembre 2016. L’intéressée remplit les conditions de 
l’art. 60 al. 1 let. b LPA et a par conséquent la qualité pour recourir. Pour ce qui 
est du gérant, considéré comme propriétaire de l’entreprise, il a contresigné la 
demande sus-évoquée. Signataire du contrat de gérance, il est directement touché 
dans ses intérêts économiques dans la mesure où le refus d’autoriser l’exploitation 
de l’établissement en cause l’expose à des frais de loyer se montant à plus de 

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CHF 20'871.- par mois et, comme employeur d’une cinquantaine de personnes, au 
paiement des salaires mensuels de son personnel. Dans ces circonstances, il a un 
intérêt digne de protection à l’annulation ou à la modification de la décision 
attaquée de sorte qu’il faut lui reconnaître également la qualité pour recourir. 

  Ainsi, le recours est recevable sous cet angle également. 

3)  Dans un premier grief de nature formelle, les recourants reprochent à 
l’autorité intimée la violation de leur droit d’être entendus dans la mesure où ayant 
eu connaissance de la condamnation pénale du gérant du 29 août 2016 dans le 
cadre d’une autre procédure de demande d’autorisation d’exploiter un 
établissement public, celle-ci n’a pas requis leurs observations sur l’ordonnance 
pénale en cause. 

 a. Tel qu’il est garanti par l’art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale de la 
Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101), le droit d'être entendu 
comprend en particulier le droit pour le justiciable de fournir des preuves quant 
aux faits de nature à influer sur le sort de la décision (ATF 142 II 218 consid. 2.3 ; 
142 III 48 consid. 4.1.1 ; 141 V 557 consid. 3.1 ; 135 I 279 consid. 2.3 ; arrêts du 
Tribunal fédéral 2C_396/2016 et 2C_397/2016 du 14 novembre 2016 consid. 4.1 ; 
2C_998/2015 du 20 septembre 2016 consid. 3.1 ; 1C_52/2016 du 7 septembre 
2016 consid. 3.1) et de participer à l'administration des preuves (arrêt du Tribunal 
fédéral 1C_279/2016 du 27 février 2017 consid. 6.1). Toutefois, le droit d'être 
entendu ne peut être exercé que sur les éléments qui sont déterminants pour 
décider de l'issue du litige (ATF 135 I 279 consid. 2.3 ; 132 V 368 consid. 3.1). 

 b. Le droit d'être entendu est une garantie constitutionnelle de caractère formel, 
dont la violation entraîne en principe l'annulation de la décision attaquée, 
indépendamment des chances de succès du recours sur le fond. Il n'est toutefois 
pas une fin en soi ; il constitue un moyen d'éviter qu'une procédure judiciaire ne 
débouche sur un jugement vicié en raison de la violation du droit des parties de 
participer à la procédure, notamment à l'administration des preuves. Lorsqu'on ne 
voit pas quelle influence la violation du droit d'être entendu a pu avoir sur la 
procédure, il n'y a pas lieu d'annuler la décision attaquée (arrêts du Tribunal 
fédéral 6B_734/2016 du 18 juillet 2017 consid. 1.1 ; 6B_259/2016 du 
21 mars 2017 consid. 5.1.1 ; 4A_153/2009 du 1er mai 2009 consid. 4.1). 

 c. Le Tribunal fédéral admet à certaines conditions la possibilité de réparer 
après coup une violation du droit d'être entendu, en particulier lorsque la décision 
entachée est couverte par une nouvelle décision qu'une autorité supérieure – 
jouissant d'un pouvoir d'examen au moins aussi étendu – a prononcée après avoir 
donné à la partie lésée la possibilité d'exercer effectivement son droit d'être 
entendu (ATF 135 I 279 consid. 2.6.1 ; 133 I 201 consid. 2.2 ; 118 Ib 111 
consid. 4b ; 116 Ia 94 consid. 2 ; arrêt du Tribunal fédéral 2C_1062/2015 du 
21 décembre 2015 consid. 4.1). 

https://intrapj/perl/JmpLex/RS%20101
https://intrapj/perl/decis/142%20II%20218
https://intrapj/perl/decis/142%20III%2048
https://intrapj/perl/decis/141%20V%20557
https://intrapj/perl/decis/135%20I%20279
https://intrapj/perl/decis/2C_396/2016
https://intrapj/perl/decis/2C_397/2016
https://intrapj/perl/decis/2C_998/2015
https://intrapj/perl/decis/1C_52/2016
https://intrapj/perl/decis/1C_279/2016
https://intrapj/perl/decis/135%20I%20279
https://intrapj/perl/decis/132%20V%20368
https://expert.bger.ch/php/expert/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=2C_1062%2F2015+&rank=0&azaclir=aza&highlight_docid=atf%3A%2F%2F135-I-279%3Afr&number_of_ranks=0#page279
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https://expert.bger.ch/php/expert/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=2C_1062%2F2015+&rank=0&azaclir=aza&highlight_docid=atf%3A%2F%2F116-IA-94%3Afr&number_of_ranks=0#page94
http://justice.geneve.ch/perl/decis/2C_1062/2015

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 d. En l’espèce, l’autorité intimée a fondé sa décision sur trois condamnations 
pénales du recourant portant sur les infractions commises en matière de législation 
de police des étrangers parmi lesquelles figure celle du 29 août 2016. Le recourant 
ne prétend pas que l’ordonnance pénale en cause lui soit inconnue. Au contraire, il 
soutient qu’elle a été produite dans une autre procédure de demande d’autorisation 
d’exploiter un établissement public le concernant. L’autorité intimée ne l’a certes 
pas invité à présenter ses observations sur l’ordonnance précitée, ce qui pourrait 
constituer une violation de son droit d’être entendu. Toutefois, il ne démontre pas 
en quoi ses observations, qui devaient porter sur un des éléments pris en 
considération par le PCTN pour rendre sa décision, auraient pu exercer une 
influence déterminante sur la décision à rendre. Le recourant ne conteste du reste 
pas les faits qui lui sont reprochés d’avoir employé des personnes sans 
autorisation de travail. Par contre, il confirme que ces personnes ont travaillé 
durant la période des Fêtes de Genève 2015 et ont été engagées par son directeur 
chargé du recrutement. Par ailleurs, la chambre de céans, qui dispose d’un plein 
pouvoir de cognition en fait et en droit, a procédé à une instruction de la cause au 
cours de laquelle l’intéressé a eu l’occasion de s’exprimer sur l’ordonnance pénale 
en cause et a répliqué aux observations détaillées de l’autorité intimée à ce sujet 
notamment. 

  Dans ces circonstances, le droit d’être entendus des recourants n’a pas été 
violé. Le cas échéant, il a été valablement réparé par la chambre de céans. 

  Le grief des recourants sera dès lors écarté. 

4)  L’objet du présent litige porte sur l’examen de la conformité au droit de la 
décision du PCTN rejetant une demande tendant au maintien et au renouvellement 
d’une autorisation déjà existante d’exploiter le cabaret-dancing F______. 
L’analyse de la décision attaquée ne portera que sur la condition de l’honorabilité 
du gérant, celle de l’exploitante n’étant pas remise en cause par l’autorité intimée. 

5) a. Selon l'art. 61 al. 1 LPA, le recours peut notamment être formé pour 
violation du droit y compris l’excès et l’abus du pouvoir d’appréciation (let. a). 
Les juridictions administratives n’ont toutefois pas compétence pour apprécier 
l’opportunité de la décision attaquée, sauf exception prévue par la loi (al. 2). 

 b. En l’espèce, les recourants reprochent au PCTN d’avoir abusé de son 
pouvoir d’appréciation, violé l’interdiction de l’arbitraire et leur liberté 
économique. 

6) a. Le 1er janvier 2016, sont entrés en vigueur la LRDBHD et le RRDBHD, 
abrogeant respectivement l’aLRDBH et son règlement d’exécution du 
31 août 1988 (aRRDBH). 

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 b. L’autorisation d’exploitation délivrée sous l’ancien droit n’a pas cessé de 
déployer ses effets à l’entrée en vigueur de la nouvelle loi, comme cela ressort a 
contrario de l’art. 65 al. 4 RRDBHD. Toutefois, en vertu de l’art. 70 
al. 3 LRDBHD, les personnes au bénéfice d’une autorisation d’exploiter délivrée 
sur la base de l’ancienne législation peuvent poursuivre l’exploitation de leur 
établissement et offrir les mêmes prestations, à condition qu’elles obtiennent dans 
les douze mois à compter de l’entrée en vigueur de la LRDBHD – à savoir 
jusqu’au 31 décembre 2016 – les éventuelles autorisations complémentaires ou de 
remplacement nécessaires, leur permettant d’offrir lesdites prestations. Si le 
département constate que les conditions d’octroi de l’autorisation d’exploiter 
prévues par la LRDBHD ne sont pas remplies par un établissement autorisé en 
application de l’ancienne législation, il impartit un délai raisonnable à l’exploitant 
et, au besoin, au propriétaire de l’établissement, pour qu’il soit remédié à cette 
situation. Il statue à l’expiration du délai fixé, qui peut toutefois être prolongé si 
les circonstances le justifient. Les délais cumulés ne peuvent pas dépasser douze 
mois (art. 70 al. 9 LRDBHD). 

7) a. L'exploitation de toute entreprise vouée à la restauration, au débit de 
boissons et à l'hébergement est soumise à l'obtention préalable d'une autorisation 
d'exploiter délivrée par le département (art. 8 al. 1 LRDBHD). Cette autorisation 
doit être requise lors de chaque création, changement de catégorie ou de lieu, 
agrandissement et transformation, changement d'exploitant ou de propriétaire de 
l’entreprise, ou modification des conditions de l'autorisation antérieure 
(art. 8 al. 2 LRDBHD).  

 b. Dans le cadre de l’octroi de l’autorisation d’exploiter une entreprise, 
l’art. 10 LRDBHD détaille les conditions relatives au propriétaire, à savoir que 
celle-ci est délivrée à condition que son propriétaire offre, par ses antécédents et 
son comportement, toute garantie que l’entreprise est exploitée conformément aux 
dispositions de la LRDBHD et aux prescriptions en matière de police des 
étrangers, de sécurité sociale et de droit du travail, ainsi qu'aux dispositions 
pénales prohibant les crimes ou délits dans la faillite et la poursuite pour dettes. 
S’il est l’employeur des personnes qui travaillent au sein de l’entreprise, le 
propriétaire doit en outre démontrer au moyen d’une attestation officielle ne pas 
avoir de retard dans le paiement des cotisations sociales. Lorsque le département 
est en possession d'indices factuels permettant de présumer le non-respect des 
conditions de travail en usage, le département demande au propriétaire employeur 
de signer auprès de l’office l’engagement de respecter les conditions de travail en 
usage à Genève et fait dépendre sa décision de la signature dudit engagement. 

  La disposition précitée donne les critères permettant d’examiner l’exigence 
d'honorabilité du propriétaire. Sous l’ancien droit, cette exigence n’était pas 
prévue en la personne du gérant d’un établissement public, cependant elle l’était 

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pour l'exploitant, de sorte qu'il y a lieu de se référer notamment à la jurisprudence 
rendue dans l’examen de cette condition en relation avec l’exploitant. 

8) a. Il ressort des travaux préparatoires relatifs à la condition d’honorabilité de 
l’aLRDBH que « cette condition est rédigée de façon à permettre une appréciation 
nuancée de l’honorabilité requise en fonction du genre d’établissement que le 
requérant entend exploiter ; elle met l’accent sur les principales matières dans 
lesquelles le requérant doit présenter toute garantie » (MGC 1985 35/III 4240 ; 
ATA/205/2005 du 12 avril 2005). 

  Dans la définition de la notion d'honorabilité, que l'on retrouve dans d'autres 
textes légaux genevois – loi concernant le concordat sur les entreprises de sécurité 
du 18 octobre 1996 (CES - I 2 14) ; loi sur la vente à l'emporter des boissons 
alcooliques du 22 janvier 2004 (LVEBA - I 2 24) ; loi sur la prostitution du 
17 décembre 2009 (LProst - I 2 49) – il s'agit avant tout de déterminer si le 
comportement de la personne exerçant ou voulant exercer une activité soumise à 
autorisation, est compatible avec ladite activité. Dans ce cadre, la chambre 
administrative s’est prononcée à plusieurs reprises sur la condition d’honorabilité 
telle qu’elle figurait à l’art. 5 al. 1 let. d aLRDBH. 

 b. Elle a ainsi retenu que cette condition n'était pas remplie lorsque l'exploitant 
avait été condamné à une peine d’emprisonnement d’une durée de trois mois, avec 
sursis pendant trois ans, pour des actes d’ordre sexuel commis dans son propre 
établissement public (ATA/377/2000 du 6 juin 2000), lorsqu'il s’était vu reprocher 
le développement d’un trafic de produits stupéfiants dans lequel il avait servi 
d’intermédiaire (ATA/294/2001 du 8 mai 2001) ou lorsqu'il avait été condamné 
pour deux escroqueries à une assurance sociale à la peine de quatre mois 
d’emprisonnement avec sursis pendant cinq ans (ATA/369/2001 du 29 mai 2001), 
ou encore avait fait l'objet d'une condamnation à deux mois d’emprisonnement 
avec sursis pendant trois ans pour abus de confiance, vol au préjudice de son 
employeur et d’une collègue et induction de la justice en erreur (ATA/733/2004 
du 21 septembre 2004). Enfin, n'a pas été jugée à même d’exploiter un 
établissement public une personne qui avait fait l’objet de nombreuses plaintes et 
dénonciations pénales au cours des quinze années précédentes et de quatorze 
rapports de dénonciations et trois sanctions administratives en application 
de l’aLRDBH au cours des quatre dernières années (ATA/552/2004 du 
15 juin 2004). 

  La chambre administrative a, par ailleurs, confirmé le refus de l’autorisation 
d’exploiter notifié à une personne ayant été condamnée à deux mois 
d’emprisonnement avec sursis pendant deux ans pour avoir vendu un véhicule 
automobile qui ne lui appartenait pas, compte tenu de l’écoulement du temps. 
Pour autant que l’intéressée ne commette pas de nouvelle infraction, elle devait 
être autorisée à exploiter un établissement public si elle déposait une nouvelle 

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demande au début de l’année 2005, soit deux ans après sa condamnation pénale 
(ATA/272/2004 du 30 mars 2004). 

  Dans des arrêts du 29 juillet 2014, la chambre administrative a confirmé des 
refus d’autorisation d’exploiter opposés à un même exploitant pour deux 
cafés-restaurants différents (ATA/599/2014 et ATA/600/2014 du 29 juillet 2014). 
La condition d’honorabilité n’était pas remplie, le requérant ayant été condamné à 
deux reprises : une première fois à une peine pécuniaire de vingt-trois 
jours-amende à CHF 60.-, avec sursis à l’exécution de la peine et délai d’épreuve 
de trois ans, ainsi qu’à une amende de CHF 300.- pour avoir violé les règles de la 
circulation routière en qualité de conducteur dans l’incapacité de conduire un 
véhicule automobile avec un taux d’alcool qualifié ; une seconde fois, à une peine 
pécuniaire de deux cents jours-amende à CHF 50.- avec sursis à l’exécution de la 
peine et un délai d’épreuve de trois ans ainsi qu’à une amende de CHF 2'500.-, 
pour complicité de faux dans les titres.  

  La condition d'honorabilité a également était niée à un exploitant ayant été 
condamné à une peine pécuniaire de cent vingt jours-amende à CHF 50.-, avec 
sursis à l’exécution de la peine et délai d’épreuve de trois ans, ainsi qu’à une 
amende de CHF 1'500.-, pour usure (ATA/957/2014 du 2 décembre 2014). 

 c. À l'inverse, la chambre administrative a considéré que l'autorité avait 
mésusé de son pouvoir d'appréciation en considérant que le recourant, ayant fait 
l'objet, entre 2010 et 2013, de plusieurs rapports de police établis suite à des 
contrôles de l'établissement et ayant donné lieu à des sanctions pour infractions à 
l’aLRDBH, ne présentait pas les garanties suffisantes en matière d'honorabilité 
dans la mesure où les infractions retenues à son encontre ne revêtaient pas une 
gravité particulière, qu'elles n'avaient pas donné lieu à des sanctions pouvant être 
qualifiées de lourdes et qu'il ne ressortait pas du dossier qu'elles seraient réitérées 
de manière systématique (ATA/1161/2015 du 27 octobre 2015). 

9) a. Les travaux préparatoires de la LRDBHD relèvent quant à eux que celle-ci 
a, entre autres, pour objectif le renforcement de la protection des travailleurs. Le 
projet de loi a ainsi intégré plusieurs références au droit du travail, rappelant que 
les employeurs devaient respecter la législation sur le travail, quels que soient les 
horaires d’exploitation, devant fournir une attestation démontrant qu’ils n’ont pas 
de retard dans le paiement de leurs cotisations sociales et pouvant être soumis à un 
contrôle des conditions de travail en tout temps (PL 11282, p. 44, consultable en 
ligne sur http://ge.ch/grandconseil/data/texte/PL11282.pdf). 

  De même, le projet de LRDBHD avait pour objectif de rendre plus efficaces 
les mesures et sanctions à l’égard des contrevenants, notamment s’agissant des 
conditions d’exploitation commerciales des établissements et des droits des 
employés (PL 11282, p. 34). Le système des sanctions était simplifié et renforcé : 
le projet de loi considérait comme graves les infractions relatives aux horaires 

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d'ouverture et de fermeture, à la législation sur la vente d'alcool, à la législation 
sur les denrées alimentaires et les objets usuels, ainsi que les animations 
organisées sans autorisation. Cette nouvelle disposition garantissait des sanctions 
plus sévères à l’encontre des contrevenants, s’agissant de ces infractions 
(PL 11282, p. 43). 

 b. Ainsi, alors que l’art. 70 aLRDBH indiquait qu’en cas d’infraction à la 
législation ou aux conditions particulières de l’autorisation, le département 
[pouvait], en tenant compte de la gravité de l’infraction ou de sa réitération, 
prononcer, à l’encontre de l’exploitant : la suspension de l’autorisation d’exploiter 
pour une durée de dix jours à six mois (let. a), le retrait de l’autorisation 
d’exploiter (let. b), le nouvel art. 63 LRDBHD indique qu’en cas d’infraction à la 
LRDBHD et à ses dispositions d’exécution, ainsi qu'aux conditions de 
l’autorisation, le département prononce, en tenant compte de la gravité de 
l’infraction ou de sa réitération, les mesures suivantes à l’encontre de l’exploitant : 

a) l'obligation de suivre une formation complémentaire, définie par le 
règlement d'exécution, en lien avec le domaine dans lequel l'infraction a 
été commise ; 

b) la suspension de l’autorisation d’exploiter, pour une durée maximum de 
six mois ; 

c) le retrait de l’autorisation d’exploiter. 

  La LRDBHD précise que sont notamment considérées comme graves les 
infractions aux dispositions de la LRDBHD relatives aux horaires d'ouverture et à 
la vente d'alcool, à la législation sur le travail (usages, LTr [loi fédérale sur le 
travail dans l’industrie, l’artisanat et le commerce du 13 mars 1964 - RS 822.11]) 
et aux assurances sociales, les inconvénients engendrés pour le voisinage, ainsi 
que les animations organisées sans autorisation (art. 63 al. 3 LRDBHD). Lorsqu’il 
a prononcé le retrait d’une autorisation d’exploiter, le département ne peut entrer 
en matière sur une nouvelle demande d’autorisation déposée par l'exploitant et/ou 
le propriétaire pendant un délai de deux ans à compter du jour où la décision de 
retrait est entrée en force (art. 63 al. 4 LRDBHD).  

10)  L'excès et l'abus du pouvoir d'appréciation constituent des violations du 
droit, qui peuvent être revues par les autorités de recours. Cela signifie qu'une 
autorité judiciaire de recours qui contrôle la conformité au droit d'une décision 
vérifiera si l'administration a, dans l'exercice du pouvoir d'appréciation que lui 
confère la loi, respecté le principe de la proportionnalité – et les autres principes 
constitutionnels tels que l'interdiction de l'arbitraire, l'égalité, la bonne foi –, mais 
s'abstiendra d'examiner si les choix faits à l'intérieur de la marge de manœuvre 
laissée par ces principes sont « opportuns » ou non (Benoît BOVAY, Procédure 
administrative, 2015, p. 569 ; Thierry TANQUEREL, Manuel de droit 

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administratif, 2011, p. 174-175 n. 524). L’autorité commet un abus de son pouvoir 
d'appréciation tout en respectant les conditions et les limites légales, si elle ne se 
fonde pas sur des motifs sérieux et objectifs, se laisse guider par des éléments non 
pertinents ou étrangers au but des règles ou viole des principes généraux précités 
(Benoît BOVAY, op. cit., p. 566). 

11)  Le principe de la proportionnalité, garanti par les art. 5 al. 2 et 36 al. 3 Cst., 
exige qu’une mesure restrictive soit apte à produire les résultats escomptés et que 
ceux-ci ne puissent être atteints par une mesure moins incisive. En outre, il interdit 
toute limitation allant au-delà du but visé et exige un rapport raisonnable entre 
celui-ci et les intérêts publics ou privés compromis (ATF 126 I 219 consid. 2c et 
les références citées). Traditionnellement, le principe de la proportionnalité se 
compose ainsi des règles d’aptitude – qui exige que le moyen choisi soit propre à 
atteindre le but fixé – de nécessité – qui impose qu’entre plusieurs moyens 
adaptés, l’on choisisse celui qui porte l’atteinte la moins grave aux intérêts privés 
– et de proportionnalité au sens étroit – qui met en balance les effets de la mesure 
choisie sur la situation de l’administré et le résultat escompté du point de vue de 
l’intérêt public (ATF 140 I 218 consid. 6.7.1 ; 136 IV 97 consid. 5.2.2 ; 135 I 169 
consid. 5.6 ; ATA/569/2015 du 2 juin 2015 ; Pascal MAHON, Droit 
constitutionnel, vol. II, 2014, n. 38, n. 126, n. 137 ; Andreas AUER/ 
Giorgio MALINVERNI/Michel HOTTELIER, Droit constitutionnel suisse, 
vol. II, 3ème éd., 2013, n. 226 ss ; Thierry TANQUEREL, op. cit., n. 552 ss). 

12)  En règle générale, s'appliquent aux faits dont les conséquences juridiques 
sont en cause, les normes en vigueur au moment où ces faits se produisent 
(ATA/1184/2015 du 3 novembre 2015 ; Pierre MOOR/Alexandre FLÜCKIGER/ 
Vincent MARTENET, Droit administratif, vol. I, 3ème éd., 2012, p. 184). 

  Liée aux principes de sécurité du droit et de prévisibilité, l'interdiction de la 
rétroactivité des lois résulte du droit à l'égalité de l'art. 8 Cst., de l'interdiction de 
l'arbitraire et de la protection de la bonne foi garanties par les art. 5 et 9 Cst. 
L'interdiction de la rétroactivité (proprement dite) fait obstacle à l'application 
d'une norme à des faits entièrement révolus avant son entrée en vigueur, car les 
personnes concernées ne pouvaient, au moment où ces faits se sont déroulés, 
connaître les conséquences juridiques découlant de ces faits et se déterminer en 
connaissance de cause. Une exception à cette règle n'est possible qu'à des 
conditions strictes, soit en présence d'une base légale suffisamment claire, d'un 
intérêt public prépondérant, et moyennant le respect de l'égalité de traitement et 
des droits acquis (ATF 138 I 189 consid. 3.4 ; 119 Ia 254 consid. 3b et la 
jurisprudence citée). La rétroactivité doit en outre être raisonnablement limitée 
dans le temps (ATF 125 I 182 consid. 2b/cc ; 122 V 405 consid. 3b/aa ; arrêts du 
Tribunal fédéral 1C_366/2016 du 13 février 2017 consid. 2.1 ; 2C_273/2014 du 
23 juillet 2014 consid. 4.1 ; Pascal MAHON, op. cit., vol. I, p. 281 ss n. 167 ; 
Pierre MOOR/Alexandre FLÜCKIGER/Vincent MARTENET, op. cit., p. 198 ss ; 

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René WIEDERKEHR/Paul RICHLI, Praxis des allgemeinen Verwaltungsrecht, 
2012, p. 282 n. 843 ; Thierry TANQUEREL, op. cit., p. 135 n. 420). 

13)  En l’occurrence, le PCTN a motivé son refus d’autoriser l’exploitation du 
cabaret-dancing F______ sur la base des faits ayant fondé les ordonnances pénales 
des 3 janvier 2013, 5 janvier 2015 et 29 août 2016 prononcées contre le gérant. 

 a. Au cours de la présente procédure, l’intéressé n’a pas contesté avoir 
employé les personnes sans autorisations de travail valables en Suisse pendant les 
périodes évoquées dans les ordonnances pénales précitées, étant précisé qu’il 
répond également des fautes commises par ses auxiliaires notamment celles de 
son directeur qui était chargé du recrutement du personnel de l’établissement 
concerné. Les infractions qui ont été retenues ont un lien étroit avec l’activité pour 
laquelle l’autorisation est sollicitée. Elles sont expressément mentionnées à 
l’art. 10 LRDBHD. Les condamnations qui ont été prononcées reposent en outre 
sur des faits commis dans l’exercice de son activité de gérant d'un établissement 
public, même s’il ne s’agit pas de l'objet de la requête en autorisation d'exploiter 
ici en cause. De plus, l’intéressé a été condamné pour réitération des infractions 
qui lui sont reprochées. Les condamnations en cause sont en conséquence de 
nature à mettre sérieusement en doute les capacités du recourant à garantir que 
l’entreprise sera exploitée, notamment, en conformité avec les prescriptions en 
matière de police des étrangers. 

  Toutefois, selon la jurisprudence précitée, les cas où la chambre de céans a 
retenu que la condition de l’honorabilité n’était plus remplie s’accompagnaient de 
la commission d’autres infractions pénales, à l’instar d’actes d’ordre sexuel 
commis dans l’établissement (ATA/377/2000 précité), le développement d’un 
trafic de stupéfiants en servant d’intermédiaire (ATA/294/2001 précité), une 
escroquerie à l’assurance sociale (ATA/369/2001 précité), la vente d’un véhicule 
automobile n’appartenant pas à l’intéressé (ATA/272/2004 précité), le faux dans 
les titres (ATA/599/2014 et ATA/600/2014 précités), usure (ATA/957/2014 
précité). Or, tel n’est pas le cas en l’espèce. 

 b. Selon la jurisprudence de la chambre administrative, rendue après l’entrée 
en vigueur de la nouvelle LRDBHD, des condamnations pénales pour infraction à 
la loi fédérale sur les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr - RS 140.20) 
pouvaient, selon leur degré de gravité et leur ancienneté, ne pas entacher 
l’honorabilité de l’exploitant. 

  La chambre de céans a notamment, s’agissant d’un exploitant qui avait 
employé dix personnes sans autorisations de travail valables en Suisse pour des 
périodes comprises entre deux mois et cinq ans et demi, entre le 1er juin 2010 et le 
15 mars 2016, considéré que la condamnation pénale à une peine pécuniaire de 
cent vingt jours-amende à CHF 190.- reposait sur des faits commis dans l’exercice 
de l’activité d’exploitant de l'établissement faisant l'objet de la requête en 

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autorisation d'exploiter, et était grave dans la mesure où elle portait sur de 
nombreux cas et pendant de longues périodes. La condamnation en cause était en 
conséquence de nature à mettre sérieusement en doute les capacités du recourant à 
garantir que l’entreprise serait exploitée, notamment, en conformité avec les 
prescriptions en matière de police des étrangers. La chambre administrative a 
néanmoins considéré, en tenant compte de l’ensemble des circonstances du cas 
d’espèce, que le PCTN avait abusé de son pouvoir d'appréciation en retenant que 
le recourant ne présentait pas les garanties suffisantes en matière d'honorabilité en 
qualité d’exploitant pour que l'autorisation d'exploiter l'établissement dont il est 
propriétaire soit délivrée (ATA/1349/2017 du 3 octobre 2017). 

  Dans un autre cas, soit celui d’un gérant qui avait employé à plein temps, du 
1er janvier 2010 au 31 mars 2015, un cuisinier sans autorisation d’exercer une 
activité lucrative en Suisse, condamné à une peine pécuniaire de nonante-cinq 
jours-amende à CHF 80.-, avec sursis à l’exécution de la peine et délai d’épreuve 
de trois ans, les faits ayant été commis dans l’exercice de son activité d’exploitant 
d’un établissement faisant l'objet de l’une des requêtes en autorisation d'exploiter, 
la chambre administrative a considéré que l’infraction était grave dans la mesure 
où elle portait sur une longue période, alors que l’intéressé savait qu’il agissait en 
violation de la loi. La condamnation en cause était ainsi de nature à mettre 
sérieusement en doute les capacités du recourant à garantir que l’entreprise serait 
exploitée, notamment, en conformité avec les prescriptions en matière de police 
des étrangers. Cependant, dans ce cas également, compte tenu de toutes les 
circonstances, la chambre administrative avait estimé que le PCTN avait mésusé 
de son pouvoir d’appréciation (ATA/1409/2017 du 17 octobre 2017). 

 c. En l’espèce, il est douteux que la prise en compte des faits retenus contre 
l’intéressé dans les ordonnances pénales précitées et qui ont été commis avant 
l’entrée en vigueur de la LRDBHD, ceux-ci remontant respectivement du 
1er septembre 2011 au 21 mai 2012, 1er janvier au 31 juillet 2013, 18 juillet au 
11 août 2013 et du 24 juillet au 10 août 2015, alors que l’aLRDBH ne comportait 
pas l’exigence d’honorabilité en la personne du gérant d’un établissement public, 
soit compatible avec le principe de la non-rétroactivité, même si sous l’angle de 
l’existence d’une base légale claire, l’art. 10 LRDBHD prévoit que le gérant doit 
offrir par ses antécédents et son comportement la garantie d’une exploitation 
conforme de l’entreprise. La totalité des infractions reprochées au recourant se 
sont en effet déroulées sous l’aLRDBH. Les autres conditions fondant une 
exception à l’interdiction de la rétroactivité, soit un intérêt public prépondérant et 
le respect de l’égalité de traitement et des droits acquis ne semblent pas remplies. 
En effet, s’agissant de l’intérêt public prépondérant notamment, le législateur 
genevois n’a pas, dans le cadre de la LRDBHD, considéré comme graves les 
infractions contre la LEtr, mais il a mis l’accent sur les conditions d’exploitation 
commerciales des établissements et les droits des employés. En outre, depuis sa 
dernière condamnation d’août 2016, le recourant a pris des mesures en engageant 

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une société fiduciaire pour s’occuper de la gestion des autorisations de travail de 
ses employés. Il a ainsi veillé à ne plus se trouver en situation de récidive de 
violation des dispositions de la LEtr. Par ailleurs, l’autorité intimée ne conteste 
pas qu’aucun autre type d’infractions notamment en rapport avec les conditions 
d’exploitation de l’établissement. En outre, l’intéressé s’est toujours acquitté des 
cotisations sociales de ses employés. 

  Dans ces conditions et vu les circonstances particulières du cas d’espèce, 
compte tenu de la jurisprudence précitée, du durcissement voulu par le législateur 
à compter de l’entrée en vigueur de la nouvelle LRDBHD, du principe de 
non-rétroactivité susmentionné, du fait que l’art. 63 al. 3 LRDBHD ne fait pas 
mention des violations de la LEtr, que la sanction maximale prévue, tant par 
l’aLRDBH que par la LRDBHD, limite la suspension de l’autorisation d’exploiter 
à six mois au maximum (art. 63 al. 1 let. b LRDBHD), le PCTN a violé le 
principe de la proportionnalité, singulièrement le sous-principe de la nécessité, et 
a abusé de son pouvoir d'appréciation en considérant que le recourant ne 
présentait pas les garanties suffisantes en matière d'honorabilité en qualité de 
gérant de l’établissement en cause pour que l'autorisation d'exploiter 
l'établissement dont il est propriétaire soit délivrée. 

  L’attention du recourant est toutefois expressément attirée sur le fait que 
toute réitération tomberait sous l’art. 63 al. 1 LRDBHD et pourrait, cas échéant, 
entraîner la révocation ou le non-renouvellement de l’autorisation. 

14)  Les considérants qui précèdent conduisent à l’admission partielle du 
recours, dans la mesure où il n'est pas possible en l'état de donner suite à la 
conclusion principale des recourants et d'ordonner l'octroi de l'autorisation 
sollicitée, mais qu'il convient de renvoyer la cause au département pour analyse 
des autres conditions du maintien et du renouvellement de l’autorisation 
d’exploiter le cabaret-dancing F______. 

15)  Vu l’issue du litige, aucun émolument ne sera perçu (art. 87 al. 1 LPA). Une 
indemnité de procédure de CHF 1'000.- sera allouée aux recourants, pris 
conjointement et solidairement, dès lors qu'ils y ont conclu et qu'ils ont encouru 
des frais pour leur défense (art. 87 al. 2 LPA). 

 

* * * * * 

 

 

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PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 23 décembre 2016 par Madame A______ et 
Monsieur C______ contre la décision du service de police du commerce et de lutte 
contre le travail au noir du 5 décembre 2016 ; 

au fond : 

l’admet partiellement ; 

renvoie la cause au service de police du commerce et de lutte contre le travail au noir 
pour examen et nouvelle décision dans le sens des considérants ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument ; 

alloue une indemnité de procédure de CHF 1'000.- à Madame A______ et Monsieur 
C______, pris conjointement et solidairement, à la charge de l’État de Genève ; 

dit que conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), la présente décision peut être portée dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. La présente décision et les pièces en possession du 
recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ; 

communique le présent arrêt à Me Nadia Isabel Clerigo, avocate des recourants ainsi 
qu'au service de police du commerce et de lutte contre le travail au noir. 

Siégeant : Mme Junod, présidente, M. Verniory, Mme Payot Zen-Ruffinen, juges. 

 

 

- 19/19 - 

A/4417/2016 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

S. Hüsler Enz 
 

 la présidente siégeant : 
 
 

Ch. Junod 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :