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**Case Identifier:** b4ed61ad-dd46-519d-b6a7-86192048818f
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-09-07
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des baux et loyers 07.09.2015 C/21683/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_004_C-21683-2013_2015-09-07.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 09.09.2015. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/21683/2013 ACJC/1008/2015 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des baux et loyers 

DU LUNDI 7 SEPTEMBRE 2015 

 

Entre 

A______, ayant son siège ______ (SZ), appelante d'un jugement rendu par le Tribunal 
des baux et loyers le 22 septembre 2014, comparant en personne, 

et 

B______, ayant son siège ______ Genève, intimée, comparant par Me François 
Bellanger, avocat, rue de Hesse 8-10, case postale 5715, 1211 Genève 11, en l'étude 
duquel elle fait élection de domicile. 

 

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C/21683/2013 

EN FAIT 

A. Par jugement JTBL/1031/2014 du 22 septembre 2014, expédié pour notification 
aux parties le 29 septembre 2014, le Tribunal des baux et loyers a annulé les con-
gés datés du 9 septembre 2013, notifiés à B______ le 11 septembre 2013 pour le 
30 juin 2014, relatifs aux locaux loués au 5ème étage de l'immeuble sis 9, route 
C______, à la place de parking n° 16 située au sous-sol de cet immeuble, et aux 
trois places de parking nos 36 à 38 situées dans la zone "D______" de l'immeuble 
sis 7, route C______ (ch. 1 du dispositif), a autorisé B______ à transférer à 
E______ ses baux relatifs aux objets visés sous chiffre 1, avec effet au 1er janvier 
2014 (ch. 2), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 3) et a dit que 
la procédure était gratuite (ch. 4). 

En substance, les premiers juges ont retenu que les congés avaient été donnés en 
représailles à la demande de transfert des baux et devaient donc être annulés, con-
formément à l'art. 271a al. 1 let. a CO. En outre, ils ont relevé que la bailleresse ne 
disposait pas de justes motifs pour s'opposer au transfert des baux, l'absence de 
contrat de remise de commerce ne justifiant pas un refus à ces transferts.  

B. a. Par acte expédié le 28 octobre 2014 au greffe de la Cour de justice, A______ 
(ci-après : la bailleresse ou l'appelante) forme appel contre ce jugement, dont elle 
sollicite l'annulation. Elle conclut, principalement, à l'annulation des chiffres 1 et 
2 du dispositif du jugement, à la constatation de la validité des congés notifiés à 
B______ et à la constatation que B______ ne dispose d'aucun motif digne de pro-
tection pour contester le congé du 9 septembre 2013. Subsidiairement, la baille-
resse conclut à ce qu'il soit constaté que les baux n'ont pas été transférés à 
E______, que cette dernière n'a pas la capacité d'ester dans la présente procédure 
et à la mise à néant de la demande de prolongation de bail de six ans. 

b. Dans sa réponse du 1er décembre 2014, B______ (ci-après : la locataire ou 
l'intimée) conclut au déboutement de l'appelante de toutes ses conclusions et à la 
confirmation du jugement entrepris. Subsidiairement, elle conclut à ce qu'il soit 
constaté que les baux ont été valablement transférés à la société E______ avec 
effet au 1er janvier 2014 et à ce qu'une prolongation de bail de six ans, soit 
jusqu'au 30 juin 2020, soit octroyée à cette dernière.  

c. La bailleresse n'a pas fait usage de son droit de répliquer, de sorte que les 
parties ont été avisées le 16 janvier 2015 de ce que la cause était gardée à juger. 

C. Les éléments suivants résultent de la procédure : 

a. Les parties sont liées par trois contrats de bail, l'un du 10 mai 1993 portant sur 
la location d'un local commercial situé au 5ème étage de l’immeuble sis 9, route 
C______ à F______, destiné à l'usage de bureaux exclusivement, et les deux 

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autres du 2 juillet 1993 portant sur un garage n° 16 situé au 1er sous-sol du même 
immeuble et sur trois places de parking extérieures n°s 36, 37 et 38 situées dans la 
zone "D______" de l'immeuble sis 7, route C______ à F______. 

A leurs échéances respectives, les baux se sont renouvelés d'année en année. 

Les loyers annuels ont été fixés en dernier lieu à 32'400 fr., acompte de charges à 
hauteur de 2'352 fr. non compris, pour le local, à 2'160 fr. pour le garage et à 
3'600 fr. pour les trois places de parking extérieures. 

b. La locataire, B______, est une société fiduciaire active dans l'administration de 
sociétés et de biens. Elle offre également un service de domiciliation, ce dont 
bénéficiait notamment depuis le 8 avril 2011 la société E______. 

c. L'unique administrateur et actionnaire de B______ était, jusqu'en janvier 2014, 
G______. 

d. Par courrier du 26 août 2011, la bailleresse, soupçonnant une sous-location des 
locaux, a imparti un délai au 10 septembre 2011 à la locataire pour l'éclairer à ce 
sujet.  

e. La locataire a répondu à la bailleresse par courrier du 30 août 2011, lui expli-
quant le principe de son activité qui consistait à héberger des sociétés et ce offi-
ciellement et moyennant facturation. 

f. Par courrier du 5 septembre 2011, la bailleresse a réitéré sa demande d'expli-
cation concernant la sous-location des locaux, indiquant disposer de "solides" in-
formations pour étayer l'existence d'une sous-location. Le courrier faisait en outre 
référence à l'art. 257f CO. 

Elle ne s'est ensuite pas adressée à la locataire durant les deux années qui ont 
suivi, selon elle pour la ménager et parce qu'elle n'avait pas encore de preuve for-
melle de la sous-location. 

g. En date du 17 juillet 2013, la locataire a fait savoir à sa bailleresse qu'elle 
souhaitait transférer ses baux à l'une des sociétés qu'elle hébergeait, soit E______, 
en précisant que cette dernière était solvable et disposée à reprendre l'ensemble 
des termes des trois contrats de bail. 

h. La bailleresse a dès lors souhaité être en possession du contrat de remise de 
commerce entre les deux sociétés.  

i. La locataire lui a communiqué une copie de la convention de transfert de bail, 
prévoyant une prise d'effet du transfert au 1er janvier 2014, à titre gratuit, ce à quoi 
la bailleresse a répondu que l'existence d'un contrat (onéreux) de remise de com-
merce était une condition nécessaire au transfert de bail. 

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j. La locataire a contesté ce fait. En outre, elle a confirmé qu'il n'existait pas de 
fonds de commerce à remettre, mais que E______ avait bien racheté le mobilier 
présent dans les locaux litigieux. 

k. Etant donné l'absence d'existence d'un contrat de remise de commerce, la bail-
leresse a déclaré ne pas être intéressée à recevoir les autres documents qu'elle 
avait sollicités dans son courrier du 22 juillet 2013, notamment un extrait de 
l'Office des poursuites, le bilan et les comptes de pertes et profits de la société re-
preneuse des baux. 

l. Le 9 septembre 2013, la bailleresse a notifié son congé à la locataire pour le 
30 juin 2014 s'agissant des différents objets loués, motif pris d'une sous-location 
illicite des locaux à E______, précisant que le siège de cette société se trouvait à 
l'adresse litigieuse depuis le 8 avril 2011. 

m. Courant 2013, la société E______ s'est installée dans les locaux litigieux, à la 
suite du licenciement par celle-ci de tous ses employés, sauf un. L'employé de 
E______ ne disposait toutefois pas d'un espace propre dans les locaux. Cette 
société s'acquittait d'une taxe de domiciliation auprès de B______, à hauteur de 
15'552 fr. par année. En revanche, aucun sous-loyer n'était exigé par B______.  

n. Début 2014, G______ a vendu sa fiduciaire, laquelle a déménagé, laissant les 
locaux à E______ dès le 1er janvier 2014. Le loyer des différents objets a depuis 
lors été acquitté par cette dernière, par le biais de G______, la régie ayant refusé 
le transfert des baux. 

o. Tous les clients de B______, à l'exception de E______, ont dès ce moment-là 
été domiciliés à la nouvelle adresse de celle-ci. 

p. B______ a contesté les congés en date du 10 octobre 2013 par-devant la 
Commission de conciliation en matière de baux et loyers. Elle concluait 
également à ce que le transfert des baux soit autorisé. Déclarées non conciliées, 
les causes ont été portées par-devant le Tribunal le 26 février 2014. L'intimée a 
amplifié ses conclusions en demandant, à titre subsidiaire, une pleine et entière 
prolongation de bail de six ans, soit jusqu’au 30 juin 2020, pour le compte de 
E______. 

q. Par réponse du 27 mai 2014, la bailleresse a conclu à la constatation de la vali-
dité des congés litigieux et au déboutement de la locataire. Elle a également con-
clu à ce qu'il soit constaté que les baux n'avaient pas été transférés à E______ et 
que cette dernière n'avait pas la capacité d'ester en justice faute de légitimation 
active, de sorte que la prolongation de bail devait être mise à néant. 

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r. Lors de l'audience de débats du 1er septembre 2014, après avoir interrogé les 
parties, le Tribunal a clos la phase d'administration des preuves, ce à quoi les par-
ties ne se sont pas opposées. 

Les plaidoiries finales ont été ordonnées sur le siège. A cette occasion, la baille-
resse n'a pas réitéré sa demande d'audition de témoins, qui figurait dans ses écri-
tures. 

s. A l'issue de l'audience, la cause a été gardée à juger par le Tribunal. 

D. L'argumentation juridique des parties sera examinée dans la mesure utile à la solu-
tion du litige. 

EN DROIT 

1. 1.1 L'appel est recevable contre les décisions finales et les décisions incidentes de 
première instance (art. 308 al. 1 let. a CPC). Dans les affaires patrimoniales, l'ap-
pel est recevable si la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de 
10'000 fr. au moins (art. 308 al. 2 CPC). 

Selon la jurisprudence constante du Tribunal fédéral, les contestations portant sur 
l'usage d'une chose louée sont de nature pécuniaire (arrêt du Tribunal fédéral 
4C.310/1996 du 16 avril 1997 = SJ 1997 p. 493 consid. 1). 

Lorsque l'action ne porte pas sur le paiement d'une somme d'argent déterminée, le 
Tribunal détermine la valeur litigieuse si les parties n'arrivent pas à s'entendre sur 
ce point ou si la valeur qu'elles avancent est manifestement erronée (art. 91 
al. 2 CPC). La détermination de la valeur litigieuse suit les mêmes règles que pour 
la procédure devant le Tribunal fédéral (RETORNAZ in : Procédure civile suisse, 
Les grands thèmes pour les praticiens, Neuchâtel, 2010, p. 363; SPÜHLER BSK 
ZPO, 2ème éd., n. 9 ad art. 308 CPC). 

Dans une contestation portant sur la validité d'une résiliation de bail, la valeur liti-
gieuse est égale au loyer de la période minimum pendant laquelle le contrat sub-
siste nécessairement si la résiliation n'est pas valable, période qui s'étend jusqu'à la 
date pour laquelle un nouveau congé peut être donné ou l'a effectivement été. 
Lorsque le bail bénéficie de la protection contre les congés des art. 271 ss CO, il 
convient, sauf exceptions, de prendre en considération la période de protection de 
trois ans dès la fin de la procédure judiciaire qui est prévue par l'art. 271a al. 1 
let. e CO (ATF 137 III 389; 136 III 96 consid. 1.1; arrêts du Tribunal fédéral 
4A_367/2010 du 4 octobre 2010 consid. 1.1; 4A_127/2008 du 2 juin 2008 
consid. 1.1; 4A_516/2007 du 6 mars 2008 consid. 1.1). 

1.2 En l'espèce, le loyer annuel des différents objets, charges comprises, s'élève à 
40'512 fr., de sorte que la valeur litigieuse est largement supérieure à 10'000 fr. 

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1.3 L'appel a été interjeté dans le délai et suivant la forme prescrits par la loi 
(art. 130, 131, 311 al. 1 CPC). Il est ainsi recevable.  

1.4 La Cour revoit la cause avec un plein pouvoir d'examen (art. 310 CPC; HOHL, 
Procédure civile, tome II, 2010, n. 2314 et 2416; RETORNAZ, op. cit., p. 349 ss, 
n. 121).  

2. L'appelante reproche au Tribunal d’avoir procédé à une appréciation anticipée des 
preuves, en refusant d'entendre les témoins dont elle avait sollicité l'audition. 

2.1 Le Tribunal peut refuser une mesure probatoire en procédant à une ap-
préciation anticipée des preuves, lorsqu'elle estime que le moyen de preuve requis 
ne pourrait pas fournir la preuve attendue ou ne pourrait en aucun cas prévaloir 
sur les autres moyens de preuve déjà administrés, à savoir qu'il ne serait pas de na-
ture à modifier le résultat des preuves qu'il tient pour acquis (ATF 138 III 374 
consid. 4.3.2; 131 III 222 consid. 4.3). En vertu du principe de la bonne foi en 
procédure (art. 52 CPC), le tribunal peut refuser d'administrer un moyen de preuve 
si la partie a renoncé à son administration, notamment en ne s'opposant pas à la 
clôture de la procédure probatoire (ATF 138 III 374 consid. 4.2.1; 132 I 249 
consid. 5). Il n'en va pas différemment lorsque la procédure est soumise à la maxi-
me inquisitoire (art. 55 al. 2, 292 et 296 al. 1 CPC). 

2.2 Si l'appelante a effectivement indiqué, dans son mémoire de réponse adressé 
au Tribunal le 28 mai 2014, le nom d'un témoin cité à l'appui de l'un de ses allé-
gués, et, dans un courrier complémentaire du même jour, le nom d'un second té-
moin, force est toutefois de constater qu'elle ne s'est pas opposée, lors de l'au-
dience du 1er septembre 2014, à ce que ledit Tribunal clôture la phase d'admi-
nistration des preuves, ni n'a soulevé, dans le cadre de ses plaidoiries finales, une 
violation de son droit à la preuve, en persistant à requérir l'audition des témoins 
cités. 

L'appelante ne peut dès lors se plaindre d'une violation de son droit d'être enten-
due et de son droit à la preuve. 

Il sera au demeurant relevé que c'est de manière fondée que le Tribunal a renoncé 
à auditionner les deux témoins qui avaient été cités par la bailleresse dans ses écri-
tures, puisque le premier devait venir confirmer un fait non contesté, soit que di-
verses sociétés étaient domiciliées dans les locaux litigieux et acquittaient des ho-
noraires à ce titre en faveur de l'intimée, tandis que le second devait intervenir à 
titre d'expert, sur la question des frais de domiciliation sur la place de Genève, 
question non pertinente à la résolution du litige. 

Le grief soulevé par l'appelante est ainsi mal fondé. 

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3. L'appelante fait grief au Tribunal d'avoir annulé les congés litigieux, alors même 
qu'ils n'auraient pas été donnés en représailles de la demande de transfert de baux, 
mais en raison d'une rupture du lien de confiance, résultant de la sous-location non 
autorisée. 

3.1 En vertu de l'art. 271a al. 1 let. a CO, le congé est annulable lorsqu'il est donné 
par le bailleur, notamment, parce que le locataire fait valoir de bonne foi des pré-
tentions découlant du bail. 

Pour que l'on puisse considérer qu'il s'agit de congés de représailles, le locataire 
doit démontrer qu'il existe un rapport de cause à effet entre sa prétention et la rési-
liation. Si l'existence d'une prétention du locataire doit faire l'objet d'une preuve 
certaine, la relation de causalité, elle, peut résulter d'une grande vraisemblance 
(preuve par indices) (arrêt du Tribunal fédéral 4A_210/2014 du 17 juillet 2014 
consid. 3.1; LACHAT, Le bail à loyer, Lausanne 2008, p. 740-741). 

Plus la résiliation est, dans le temps, rapprochée de la prétention, plus le lien de 
causalité est probable. Toutefois, si le bailleur, qui assume le fardeau de cette 
contre-preuve, parvient à démontrer que le motif véritable du congé n'est pas en 
relation avec la prétention du locataire, l'art. 271a al. 1 let. a CO ne trouve pas ap-
plication (LACHAT, op. cit., p. 741). 

Dans le cadre de cette disposition, un locataire peut être de bonne foi même si ses 
prétentions ne sont pas objectivement fondées, de sorte qu'un locataire qui a de 
bonnes raisons de croire en ses prétentions et qui agit correctement ne saurait être 
taxé de mauvaise foi (LACHAT, op. cit., p. 741). 

3.2 En l'espèce, le congé a été donné très peu de temps après la demande de trans-
fert de baux formulée par l'intimée, soit moins de deux mois après celle-ci. Par ail-
leurs, il n'est pas contesté que cette demande de transfert de baux a donné lieu à 
un litige entre les parties, la bailleresse estimant disposer de justes motifs pour s'y 
opposer. 

La bailleresse avait par ailleurs connaissance, depuis deux ans, de la domiciliation 
dans les locaux de la société en faveur de laquelle le transfert de baux était solli-
cité. Après avoir marqué sa désapprobation à ce propos et menacé la locataire 
d'une résiliation de bail si elle persistait dans cette sous-location, lors d'échanges 
de correspondances intervenus en 2011, la bailleresse n'a plus entrepris d'autres 
démarches, jusqu'à la notification des congés litigieux. 

Force est dès lors d'admettre que ces derniers ont été donnés en représailles des 
prétentions en transfert de baux formulées par la locataire, la bonne foi de cette 
dernière à ce propos devant être admise, quelle que soit la réponse donnée à la 
question des justes motifs invoquée par la bailleresse pour refuser de donner son 
consentement au transfert de baux. En effet, même à considérer que la bailleresse 

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disposait d'un juste motif pour s'opposer à ce transfert, on ne saurait en déduire 
que la locataire a soulevé cette prétention de manière contraire à la bonne foi, la 
réponse à cette question résultant d'une appréciation des circonstances, à la lu-
mière des contrats, de la doctrine et de la jurisprudence en la matière. 

La bailleresse ne saurait par ailleurs prétendre que ces résiliations ont été données 
en raison du (seul) problème de sous-location, puisqu'elle avait connaissance de 
celui-ci depuis deux ans. Au reste, si tel était le cas, elle aurait parfaitement pu 
adresser une nouvelle mise en demeure à sa locataire et, si celle-ci n'avait pas été 
suivie d'effets, résilier les baux de manière extraordinaire, ce qu'elle n'a pas fait. 

Au vu de ce qui précède, c'est à bon droit que les premiers juges ont annulé les 
congés litigieux. 

4. 4.1 L'appelante fait grief au Tribunal d'avoir autorisé l'intimée à transférer ses 
baux à sa sous-locataire, avec effet au 1er janvier 2014, estimant qu'elle était en 
droit de refuser de donner son consentement au transfert. Le seul juste motif 
qu'elle invoque à ce propos est le fait que ce transfert n'impliquait en l'occurrence 
aucun contrat de remise de commerce. 

La question à trancher est donc celle de savoir si l'absence de contrat de remise de 
commerce constitue un juste motif du bailleur pour refuser de donner son consen-
tement au transfert de bail. 

4.2 En vertu de l'art. 263 al. 1 et 2 CO, le locataire d'un local commercial peut 
transférer son bail à un tiers avec le consentement écrit du bailleur, celui-ci pou-
vant refuser de le donner pour de justes motifs. En l'absence de justes motifs, le 
bailleur ne peut donc refuser de donner son consentement. 

La loi ne définit pas la notion de justes motifs. 

A ce jour, le Tribunal fédéral n'a jamais eu à trancher la question de savoir si l'ab-
sence de contrat de remise de commerce constitue un juste motif du bailleur pour 
refuser de donner son consentement au transfert de bail. La doctrine est par ail-
leurs partagée sur cette question (LACHAT, op. cit., p. 584; HIGI, Zürcher Kom-
mentar, 4ème éd., n. 5 et 19 ad. art. 263 CO; BISE/PLANAS, in Droit du bail à loyer, 
2010, n. 20 ad art. 263 CO). 

Celle-ci peut néanmoins demeurer ouverte en l'espèce, puisque les parties ont dé-
fini de manière exhaustive les justes motifs qui peuvent être invoqués par le bail-
leur dans ce cadre, et l'absence de contrat de remise de commerce n'y figure pas. 

En effet, le contrat de bail relatif à la location des bureaux signé entre les parties 
prévoit à son art. 6 al. 4 que "le bailleur ne peut s’opposer au transfert que pour 
l'un des justes motifs suivants : 

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a) le bénéficiaire du transfert exerce un genre d’activité différent de celui du 

transférant et susceptible d’engendrer des nuisances accrues ou de créer 

une situation de concurrence directe avec un autre locataire de l'immeuble; 

b) le bénéficiaire du transfert ne possède pas les capacités morales ou pro-

fessionnelles nécessaires ou suffisantes à l'exploitation prévue; 

c) le bénéficiaire du transfert ne possède pas les capacités financières lui per-

mettant d'assumer les obligations découlant du [contrat de bail]". 

La teneur de cet article, qui peut être opposée à la bailleresse, ne laisse aucun 
doute quant à l'aspect exhaustif des justes motifs qui peuvent être invoqués par 
elle. 

La bailleresse ne pouvait dès lors invoquer l'absence de contrat de remise de com-
merce comme juste motif au sens de l'art. 263 al. 2 CO. Dans la mesure où elle 
n'en a fait valoir aucun autre, le jugement du Tribunal doit être confirmé. 

5. A teneur de l'art. 22 al. 1 LaCC, il n'est pas prélevé de frais dans les causes sou-
mises à la juridiction des baux et loyers, étant rappelé que l'art. 116 al. 1 CPC au-
torise les cantons à prévoir des dispenses de frais dans d'autres litiges que ceux vi-
sés à l'art. 114 CPC (ATF 139 III 182 consid. 2.6). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre des baux et loyers : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté le 28 octobre 2014 par A______ contre le jugement 
JTBL/1031/2014 rendu le 22 septembre 2014 par le Tribunal des baux et loyers dans la 
cause C/21683/2013-5 OSB. 

Au fond : 

Confirme ce jugement. 

Dit que la procédure est gratuite. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Siégeant : 

Madame Nathalie LANDRY-BARTHE, présidente; Monsieur Laurent RIEBEN et 
Madame Fabienne GEISINGER-MARIÉTHOZ, juges; Monsieur Pierre STASTNY et 
Monsieur Mark MULLER, juges assesseurs; Madame Maïté VALENTE, greffière. 

 

La présidente : 

Nathalie LANDRY-BARTHE 

 La greffière : 

Maïté VALENTE 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec 

expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du recours en matière 

civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure à 15'000 fr.