# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 5cd95ccd-c0ef-5c4a-9b2f-b9e9182f6270
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-10-03
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 03.10.2023 A/4130/2022
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-4130-2022_2023-10-03.pdf

## Full Text

______________________________________________________________________ 

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/4130/2022-LCR ATA/1083/2023  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 3 octobre 2023 

2ème section 

 dans la cause 

 

OFFICE CANTONAL DES VÉHICULES recourant 
 

contre 

A______  intimé 
 

_________ 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 
14 juin 2023 (JTAPI/653/2023) 

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A/4130/2022 

EN FAIT 

A.     a. Le 17 août 2022, A______, née le ______ 1978, a déposé auprès de l’office 
cantonal des véhicules (ci-après : OCV) une demande tendant à échanger son 
permis de conduire délivré au Nigéria le 25 juin 2013, contre un permis de 
conduire suisse. 

b. Le 5 octobre 2022, l’OCV a transmis le permis précité à la brigade de police 
technique et scientifique (ci-après : BPTS) afin qu’elle se détermine sur son 
authenticité. 

c. Dans son rapport du 25 octobre 2022, la BPTS a constaté que : « Le document 
est une contrefaçon. Il s'agit d'une copie ou d'une reproduction non autorisée d'un 
document sécurisé authentique. Les techniques d’impression observées ne 
correspondent pas aux standards des autorités nigérianes ». 

d. Le 31 octobre 2022, l’OCV a dénoncé ces faits au Ministère public. 

e. Par décision du 4 novembre 2022, déclarée exécutoire nonobstant recours, 
l’OCV a refusé d'échanger le permis de conduire nigérian contre un permis de 
conduire suisse et a fait interdiction au conducteur de faire usage de son permis de 
conduire étranger sur le territoire suisse pour une durée indéterminée, en 
application des art. 5k, 42 et 45 de l'ordonnance réglant l’admission des personnes 
et des véhicules à la circulation routière du 27 octobre 1976 (OAC - RS 741.51). 
S'il entendait conduire sur le territoire suisse, il devait déposer une requête tendant 
à la délivrance d'un permis d'élève-conducteur. 

Il était indiqué que l’intéressé n’avait pas formulé d’observations. 

B.     a. Par acte du 4 décembre 2022, A______ a recouru auprès du Tribunal 
administratif de première instance (ci-après : TAPI) contre cette décision, 
concluant principalement à son annulation. Préalablement, il a requis la 
production du rapport complet établi par la BPTS, l’audition des auteurs du 
rapport et que renseignement soit pris, directement ou par l’intermédiaire du 
Consulat suisse à Lagos, auprès des « Federal Road Safety Corps », à Lagos, sur 
le fait qu’il était bien enregistré comme titulaire d’un permis de conduire et sur 
l’existence de sa récente demande de renouvellement de permis de conduire. 

Ayant été reconnu en Suisse comme réfugié, il avait débuté une activité de 
réinsertion professionnelle, dans le cadre de laquelle il lui avait été indiqué qu'il 
serait très utile qu’il puisse conduire un véhicule. Il avait dès lors entrepris les 
démarches afin d'échanger son permis de conduire nigérian avec un permis de 
conduire suisse. Ayant perdu le permis obtenu en 2013, au demeurant échu, il 
s’était adressé à l'autorité qui lui avait délivré le permis de conduire d'origine, soit 

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le « Federal Road Safety Corps » à Lagos (https://frsc.gov.ng), afin d'en solliciter 
le renouvellement. Cette démarche avait été accomplie par l'intermédiaire d'un 
agent de l'État, qu’il connaissait de longue date, à savoir B______ travaillant au 
« Motor vehicle administration agency » (ci-après : MVAA) du « Lagos State 
Government » à Lagos. Celui-ci avait transmis le permis à son frère, sur place, qui 
le lui avait envoyé en Suisse. L'association « C______ » avait participé aux frais 
d'envoi du Nigéria en Suisse. Il n’avait pas fait d'observations car aucune 
possibilité ne lui avait été offerte dans ce sens. La décision avait d’ailleurs été 
prononcée le 4 novembre 2022 alors que le rapport de la BPTS datait du 25 
octobre 2022. 

Il était dans l'incapacité de comprendre, sur la base du rapport précité, en quoi son 
permis serait un document contrefait. Il sollicitait dès lors la production du rapport 
complet de la section forensique et l'audition des deux signataires du rapport 
sommaire. Il pouvait être très facilement contrôlé auprès des « Federal Road 
Safety Corps » qu’il était enregistré comme ayant accompli avec succès l'examen 
pour l'obtention du permis de conduire au Nigéria et qu’il avait sollicité tout 
récemment le renouvellement de son permis de conduire échu. Il lui était difficile 
d’accomplir une telle démarche dans la mesure où il avait été reconnu comme 
réfugié par les autorités suisses. Le TAPI ou le consulat général de Suisse à Lagos 
(lagos@eda.admin.ch) pourraient en revanche facilement s’en charger. 

En prononçant la décision querellée, sans même lui donner le droit de s’exprimer, 
et en particulier de requérir des mesures d’instruction, l’OCV avait violé son droit 
d'être entendu. Ce droit avait également été violé en raison du défaut de 
motivation de ladite décision. 

L’OCV avait violé l’art. 45 OAC en refusant l'échange de permis sollicité et en lui 
faisant interdiction d'utiliser son permis de conduire étranger, dès lors qu’il était 
bien titulaire d’un permis de conduire nigérian et qu’il avait ainsi droit à un 
échange de permis, sous réserve d’un examen de conduite. 

Il a joint un chargé de pièces, dont une copie d’un document d’identité de 
B______ attestant qu’il faisait partie du personnel du MVAA. 

b. L’OCV a transmis son dossier ainsi que ses observations, concluant à la 
confirmation de sa décision, indépendamment de la solution pénale. 

Le 23 janvier 2023, il avait sollicité de la BPTS l'établissement d'un rapport 
complémentaire. Ledit rapport, du 24 janvier 2023, avait notamment précisé les 
éléments suivants : « le support ne possède aucun élément de sécurité intégré. Il 
est d'ailleurs fortement luminescent sous ultra-violet (UV) » ; « l'entièreté des 
éléments inscrits sur le permis ont été imprimés par jet d'encre. Cette technique 
d'impression est accessible à tout un chacun et ne présente aucune forme de 
sécurisation » ; « la présence de cette technique d'impression pour les éléments 

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fixes d'un document est un indice fort de la non-authenticité d'un document » ; 
« Au verso du permis de conduire, on observe deux code-barres. Le premier est un 
code barre unidimensionnel composé d'une suite de lignes verticales. À sa gauche, 
se trouve la transcription numérique qu'il représente. Ces deux valeurs sont 
identiques » ; « Le second code-barres est bidimensionnel et composé de 
différents rectangles accolés les uns contre les autres. Cette forme de code-barres 
permet de rassembler un plus grand nombre d'information que la forme 
unidimensionnelle. La lecture de ce second code-barres montre que les 
informations qu'il renferme ne correspondent pas à celles présentes sur le recto du 
permis de conduire de M. A______. En effet, selon le second code-barres fait 
référence à un permis de conduire de classe D n O TTD05964AA01 au nom de 
D______ né le ______-1979, domicilié E______, Surulere, Lagos/Nigeria, émis 
le 17.08.2017 à Lagos et valable jusqu'au 05.09.2022 » ; « Finalement, les deux 
faces du permis de conduire examiné sont recouvertes d'un plastique transparent 
simple, sans aucune sécurité ». Il ressortait au surplus de la comparaison avec un 
vrai permis que : « si le format support du permis de conduire de M. A______ 
correspond aux prescriptions de la référence, il s'agit bien là de la seule 
concordance » ; « les techniques d'impressions, la réaction sous UV et l'absence 
de feuillet optiquement variable sont des éléments qui diffèrent totalement de la 
référence et il est également nécessaire de relever la discordance entre les données 
personnelles imprimées au recto et les informations contenues dans le code-barres 
bidimensionnel du recto du permis de conduire examiné par le soussigné 
[F______] ». Le rédacteur du rapport confirmait dès lors les conclusions émises le 
25 octobre 2022, à savoir que le permis du recourant était une contrefaçon. 

Au vu de ce constat, l'État devait intervenir sans retard sur le droit de conduire de 
l’intéressé, ce qui permettait de limiter voire supprimer son droit d’être entendu. 
En tout état, le recours guérissait toute éventuelle violation dudit droit, selon la 
jurisprudence en vigueur. La décision était pour le surplus suffisamment motivée 
pour comprendre les faits reprochés et les dispositions légales applicables. 

c. Dans sa réplique, le conducteur a exposé qu’il n’y avait aucun intérêt public à 
prononcer la décision querellée sans lui octroyer préalablement un délai pour ses 
observations. Il n’aurait en effet pu conduire en Suisse, qu’après avoir passé un 
examen pratique. Pour le surplus, le fait que l’OCV ait requis un rapport 
complémentaire démontrait que sa décision était insuffisamment motivée. Compte 
tenu de l’effet dévolutif du recours, cette pièce devait d’ailleurs être écartée de la 
procédure. Sa force probante était au demeurant discutable. Il aurait été plus 
opportun et efficace de s’adresser à l’autorité nigériane compétente afin qu’elle 
détermine s’il était ou non au bénéfice d’un permis de conduire. Il avait d’ailleurs 
mandaté un avocat afin d’effectuer cette démarche et sollicitait un délai de 30 
jours pour produire la détermination de l’Ambassade Suisse au Nigéria. À défaut 
de réponse, il maintenait ses demandes d’instruction. 

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Il a joint une copie du courrier de son conseil du 23 février 2023 à ladite 
Ambassade. 

d. Le 5 avril 2023, il a transmis au TAPI un courriel de l’Ambassade Suisse au 
Nigéria du 6 mars 2023 indiquant ne pas pouvoir le soutenir dans cette affaire et 
l’invitant à contacter un avocat local ainsi que l’ordonnance de non-entrée en 
matière rendue le 23 mars 2023 par le Ministère public. 

Il ressort de cette dernière que le permis de conduire nigérian est une contrefaçon. 
Les éléments constitutifs de l’infraction de faux dans les certificats étrangers, 
notamment celui de l’intention, n’étaient pas réunis. Le permis de conduire 
nigérian était séquestré, confisqué et détruit. 

e. Dans sa duplique, l’OCV a relevé que dans la mesure où l’ordonnance précitée, 
ordonnant le séquestre, la confiscation et la destruction du permis de conduire 
litigieux étaient entrés en force, l’échange du permis de conduire n’était, de facto, 
plus possible, vu sa destruction. Il appartenait dès lors à l’intéressé d’entreprendre 
les démarches nécessaires afin d’obtenir un permis d’élève conducteur, s’il 
entendait conduire sur le territoire suisse. 

f. Par jugement du 14 juin 2023, le TAPI a admis le recours, annulé la décision et 
renvoyé la cause à l’OCV pour nouvelle décision au sens des considérants. 

L’éventuelle violation du droit d’être entendu de l’administré avait été réparée 
durant la procédure de recours, celui-ci ayant pu avoir accès aux rapports de la 
BPTS et se déterminer à cet égard. 

Dès lors que le conducteur n’avait pas eu l’intention d’induire en erreur l’OCV, il 
convenait de retenir que sa bonne foi quant à l’authenticité du permis de conduire 
ne faisait aucun doute. Il avait fait toutes les démarches qui étaient en son pouvoir 
pour obtenir le renouvellement dudit permis, délivré au Nigéria en 2013. Dans ces 
conditions, le permis était un « vrai faux », de sorte que l’intéressé ne pouvait en 
subir les conséquences. L’on voyait enfin mal pour quelles raisons, s’il se savait 
non-titulaire d’un permis de conduire officiel, il aurait pris le risque de demander 
un échange de permis auprès de l’OCV, sachant qu’il lui faudrait ensuite encore 
valider ses connaissances pratiques par un examen de conduite et qu’un tel 
comportement pourrait déboucher sur une condamnation pénale lourde de 
conséquence sur sa situation administrative en Suisse. En raison dudit statut, il ne 
lui était pas possible de se rendre au Nigéria et/ou de s’adresser directement aux 
autorités gouvernementales compétentes sur place et les démarches entreprises 
auprès de l’Ambassade Suisse au Nigéria n’avaient pas abouti. 

L’intéressé était ainsi titulaire d’un permis de conduire nigérian, ce qui lui avait 
permis d’obtenir le document qui s’était révélé, à ses dépens, être un faux. L'OCV 
n’avait pas apporté la preuve que l’intéressé ne possédait pas les connaissances 

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théoriques et pratiques entérinées par le permis de conduire nigérian. Il n'avait pas 
plus démontré que le permis nigérian remis par celui-ci le 17 août 2022 n'était pas 
un permis national valable (faux vrai) au Nigéria. 

Partant, le permis de conduire nigérian devait être assimilé à un permis de 
conduire national étranger valable. 

C.     a. Par acte déposé le 15 août 2023 à la chambre administrative de la Cour de 
justice, l’OCV a recouru contre ce jugement, dont il a demandé l’annulation. 

Le raisonnement du TAPI allait à l’encontre des règles de sécurité routière. En 
l’absence d’un permis de conduire étranger valable, il ne pouvait être procédé à la 
reconnaissance de celui-ci. Il n’était pas acceptable de faire dépendre la 
reconnaissance d’un permis de conduire étranger constituant un faux de la seule 
intention de tromper du conducteur. 

b. A______ a conclu au rejet du recours. 

Le TAPI avait retenu à juste titre qu’il était titulaire d’un permis de conduire 
nigérian, avait entrepris toutes les démarches en son pouvoir pour en obtenir une 
copie et qu’il n’avait pas eu l’intention de tromper les autorités helvétiques. 
Retenir une solution inverse reviendrait à violer le principe d’égalité de 
traitement, puisqu’en raison de sa nationalité, singulièrement de la pratique 
courante de son pays d’origine de délivrer de vrais faux permis de conduire, il ne 
serait pas en mesure de bénéficier de l’échange de permis prévu par la loi. 

c. Sur ce, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger. 

EN DROIT 

1. Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable 
(art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ - E 2 
05 ; art. 62 al. 1 let. a et art. 63 al. 1 let. b de la loi sur la procédure administrative 
du 12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2. Est litigieuse la question de savoir si le permis de conduire nigérian de l’intimé 
doit être reconnu en Suisse. 

2.1 Nul ne peut conduire un véhicule automobile sans être titulaire d'un permis de 
conduire ou, s'il effectue une course d'apprentissage, d'un permis d'élève 
conducteur (art. 10 al. 2 de la loi fédérale sur la circulation routière du 19 
décembre 1958 - LCR - RS 741.01). 

2.2 Aux termes de l’art. 42 al. 1 OAC, les conducteurs en provenance de l'étranger 
ne peuvent conduire des véhicules automobiles en Suisse que s'ils sont titulaires: 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/JmpLex/RS%20741.01

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d'un permis de conduire national valable (let. a), ou d'un permis de conduire 
international valable prescrit par l’une des conventions mentionnées dans la 
disposition légale (let. b). Sont tenus d'obtenir un permis de conduire suisse, 
notamment, les conducteurs de véhicules automobiles en provenance de l'étranger 
qui résident depuis plus de douze mois en Suisse sans avoir séjourné plus de trois 
mois consécutifs à l'étranger (art. 42 al. 3bis let. a OAC). 

Le titulaire d’un permis national étranger valable recevra un permis de conduire 
suisse pour la même catégorie de véhicules s’il apporte la preuve, lors d’une 
course de contrôle, qu’il connaît les règles de la circulation et qu’il est à même de 
conduire d’une façon sûre des véhicules des catégories pour lesquelles le permis 
devrait être valable. Les conducteurs de voitures automobiles doivent effectuer la 
course de contrôle avec un véhicule de la catégorie permettant de conduire tous 
les véhicules des catégories inscrites dans le permis (art. 44 al. 1 ab initio OAC). 

2.3 L’usage d’un permis étranger peut être interdit en vertu des dispositions qui 
s’appliquent au retrait du permis de conduire suisse. En outre, l’usage du permis 
de conduire étranger doit être interdit pour une durée indéterminée si le titulaire a 
obtenu son permis à l’étranger en éludant les règles suisses ou étrangères de 
compétence (art. 45 al. 1 OAC). En retirant le permis de conduire suisse, il faut 
toujours, le cas échéant, interdire simultanément l’usage du permis de conduire 
étranger (art. 45 al. 2 OAC). 

2.4 Selon la jurisprudence, lorsque le permis de conduire étranger s’avère être un 
faux, sa reconnaissance et son échange avec un permis suisse ne sont pas 
possibles (arrêts du Tribunal fédéral 1C_277/2017 du 8 novembre 2017 consid. 5 ; 
1C_441/2012 du 4 mars 2013 consid. 6.2 et 1C221/2008 du 8 décembre 2008 
consid. 6, les deux derniers arrêts se rapportant à un faux permis de conduire 
nigérian). Par ailleurs, l’art. 45 al. 1 OAC trouve alors également application, 
quand bien même le texte de cette disposition ne vise pas spécifiquement 
l’hypothèse où le permis de conduire étranger est un faux (arrêts du Tribunal 
fédéral; 1C_441/2012 du 4 mars 2103 consid. 6.3.4).  

2.5 De jurisprudence constante, la chambre administrative accorde généralement 
une pleine valeur probante aux constatations figurant dans un rapport de police, 
établi par des agents assermentés, sauf si des éléments permettent de s’en écarter 
(ATA/847/2018 du 21 août 2018 consid. 4b ; ATA/810/2016 du 27 septembre 
2016 consid. 3d).  

2.6 Lorsque le complexe de faits soumis au juge administratif a fait l’objet d’une 
procédure pénale, le juge administratif est en principe lié par le jugement pénal, 
notamment lorsque celui-ci a été rendu au terme d’une procédure publique 
ordinaire au cours de laquelle les parties ont été entendues et des témoins 
interrogés (arrêt du Tribunal fédéral 1C_202/2018 du 18 septembre 2018 consid. 
2.2 ; ATA/783/2022 du 9 août 2022 consid. 3a ; ATA/712/2021 du 6 juillet 2021 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/847/2018
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/810/2016
https://decis.justice.ge.ch/ata/show/3067776
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/712/2021

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consid. 7a). Il convient d’éviter autant que possible que la sécurité du droit soit 
mise en péril par des jugements opposés, fondés sur les mêmes faits (ATF 137 I 
363 consid. 2.3.2). Le juge administratif peut toutefois s’en écarter lorsque les 
faits déterminants pour l'autorité administrative n'ont pas été pris en considération 
par le juge pénal, lorsque des faits nouveaux importants sont survenus entre-
temps, lorsque l'appréciation à laquelle le juge pénal s'est livré se heurte 
clairement aux faits constatés, ou encore lorsque le juge pénal ne s'est pas 
prononcé sur toutes les questions de droit (ATF 139 II 95 consid. 3.2 ; 136 II 447 
consid. 3.1 ; 129 II 312 consid. 2.4). 

2.7 En l’espèce, il ressort de l’ordonnance de non-entrée en matière du Ministère 
public du 23 mars 2023 que le permis de conduire nigérian présenté par le 
recourant est une contrefaçon. Ce constat repose sur l’analyse détaillée effectuée 
par la BPTS, dont le contenu a été porté à la connaissance de l’intimé au cours de 
la procédure qui s’est déroulée devant le TAPI. L’intéressé ne conteste d’ailleurs 
pas que le document soumis constitue une contrefaçon. 

Certes, l’autorité pénale a retenu que l’intimé, qui s’était adressé à une autorité 
gouvernementale pour faire renouveler son permis de conduire nigérian et pouvait 
ainsi se fier de bonne foi au document transmis par celle-ci, ne pouvait se voir 
reprocher d’avoir agi intentionnellement en produisant le titre contrefait. Cela 
étant, il n’en demeure pas moins que le document dont la reconnaissance est 
requise n’est pas valable ; le Ministère public a d’ailleurs ordonné sa confiscation 
et destruction. 

Dans ces conditions, la reconnaissance du document falsifié ne peut être 
prononcée. Une telle solution se heurte à l’ordre public ainsi qu’à la sécurité du 
droit. L’absence de comportement répréhensible de la part du conducteur étranger 
dans la confection ou production de la contrefaçon ne permet pas de guérir le vice 
dont celle-ci est affectée. 

Contrairement à ce que fait valoir le conducteur, en refusant de reconnaître un 
permis de conduire contrefait, l’OCV ne viole nullement le principe de l’égalité 
de traitement. En effet, le refus d’échanger son permis de conduire nigérian contre 
un permis de conduire suisse n’est pas fondé sur sa nationalité, mais sur le fait que 
le document présenté est un faux. Pour le surplus, l’intimé ne démontre ni même 
n’allègue que l’OCV aurait reconnu des permis de conduire falsifiés de 
conducteurs d’autres nationalités. 

Au vu de ce qui précède, le refus de reconnaître le permis de conduire nigérian 
présenté par le recourant ainsi que l’interdiction de son usage sont conformes au 
droit. 

Le recours de l’OCV sera ainsi admis et le jugement du TAPI annulé. 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/137%20I%20363
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/137%20I%20363
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/139%20II%2095
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/136%20II%20447
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/129%20II%20312

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3. Malgré l’issue du litige, aucun émolument ne sera perçu, l’intimé plaidant au 
bénéfice de l’assistance juridique. L’OCV ayant agi pour la défense de ses propres 
intérêts, il ne peut se voir allouer d’indemnité de procédure, qu’il ne réclame 
d’ailleurs pas (art. 87 LPA). 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 15 août 2023 par l’office cantonal des véhicules 
contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 14 juin 2023 ; 

au fond : 

l’admet et annule le jugement précité ; 

rétablit la décision de l’office cantonal des véhicules du 4 novembre 2022 ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument ni alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), la présente décision peut être portée dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. La présente décision et les pièces en possession du 
recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ; 

communique le présent arrêt à l’office cantonal des véhicules, à A______, au Tribunal 
administratif de première instance ainsi qu'à l’office fédéral des routes. 

Siégeant : Claudio MASCOTTO, président, Florence KRAUSKOPF, Gaëlle 
VAN HOVE, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

le greffier-juriste : 
 
 

M. MAZZA 

 le président siégeant : 
 
 

C. MASCOTTO 
 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/JmpLex/RS%20173.110

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Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 
 
Genève, le       la greffière :