# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** fef6fcda-30fd-5738-b9f9-dd7ce8a97389
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2024-01-17
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 17.01.2024 RR.2023.186
**Docket/Reference:** RR.2023.186
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_RR-2023-186_2024-01-17

## Full Text

Entraide judiciaire internationale en matière pénale à l'Espagne; remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP)
;;Entraide judiciaire internationale en matière pénale à l'Espagne; remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP)
;;Entraide judiciaire internationale en matière pénale à l'Espagne; remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP)
;;Entraide judiciaire internationale en matière pénale à l'Espagne; remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP)

Arrêt du 17 janvier 2024 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux 

Roy Garré, président, 

Giorgio Bomio-Giovanascini et Nathalie Zufferey,  

la greffière Claude-Fabienne Husson Albertoni  

   

Parties  A. SA, représentée par Me Laurent Winkelmann, 

avocat,  

recourante 

 

 contre 

   

  MINISTÈRE PUBLIC DU CANTON DE GENÈVE,  

partie adverse 

 

   

Objet  Entraide judiciaire internationale en matière pénale à 

l'Espagne 

 

Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP) 

  

B u n d e s s t r a f g e r i c h t  

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

Numéro de dossier: RR.2023.186 

 

 

 

- 2 - 

 

 

La Cour des plaintes vu: 

 

- la commission rogatoire internationale du 27 octobre 2021 présentée par les 

autorités espagnoles dans le cadre de l’enquête contre notamment B. 

(act. 1.8), 

 

- la décision d’entrée en matière du 28 juin 2023 rendue par le Ministère public 

du canton de Genève, autorité d’exécution (ci-après: MP-GE; act. 1.4), 

 

- l’ordonnance de clôture partielle rendue par le MP-GE le 13 novembre 2023 

(act. 1.22), 

  

- le recours du 14 décembre 2023 dirigé contre la décision précitée et interjeté 

par A. SA auprès de la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral visant 

pour l’essentiel à l’annulation de l’ordonnance précitée (act. 1), 

 

- le courrier recommandé du 18 décembre 2023 par lequel la Cour de céans 

a imparti à la recourante un délai au 5 janvier 2024 pour s’acquitter d’une 

avance de frais d’un montant de CHF 5'000.-- et pour transmettre une 

procuration récente, des documents indiquant l’identité du signataire de la 

procuration produite et attestant de son habilitation à représenter la 

recourante (act. 3), 

 

- les conséquences figurant dans le courrier précité quant à la non-entrée en 

matière sur le recours en cas de défaut de paiement dans le délai fixé et 

l’irrecevabilité de celui-ci en cas de défaut de transmission des documents 

requis (art. 52 al. 2 et 3 de la loi fédérale sur la procédure administrative du 

20 décembre 1968 ([PA; RS 173.71]), 

 

- le courrier du mandataire de la recourante du 22 décembre 2023 ayant pour 

annexe notamment un « Certificate of Incumbency » daté du 28 août 2020, 

établissant que le directeur de la société recourante est C. (act. 4.3), 

 

- l’invitation faite à la recourante par la Cour de céans dans un courrier 

recommandé du 29 décembre 2023 lui impartissant un ultime délai au 

11 janvier 2024 pour lui faire parvenir un « Certificate of Incumbency » 

récent, avec la précision qu’à défaut de la transmission du document dans 

le délai imparti, le recours serait déclaré irrecevable (act. 6),  

 

- le courrier adressé à la Cour de céans par le représentant de la recourante 

le 11 janvier 2024 l’informant que le document sollicité n’avait pas encore pu 

être obtenu malgré diverses relances et requérant dès lors une prolongation 

au 31 janvier 2024 (act. 7), 

- 3 - 

 

 

- le courrier du conseil de la recourante du 16 janvier 2024 communiquant à 

la Cour un « Certificate of Incumbency » daté du 8 janvier 2024 (act. 8),  

 

 

et considérant que: 

 

la Confédération suisse et le Royaume d'Espagne sont tous deux parties à 

la Convention européenne d'entraide judiciaire en matière pénale (CEEJ; 

RS 0.351.1); les art. 48 ss de la Convention d'application de l'Accord 

Schengen du 14 juin 1985 (CAAS; n° CELEX 42000A0922[02]; Journal 

officiel de l'Union européenne L 239 du 22 septembre 2000, p. 19 à 62) 

s'appliquent également à l'entraide pénale entre ces deux États; les 

dispositions de ce traité l'emporte sur le droit autonome qui régit la matière, 

soit la loi fédérale sur l'entraide internationale en matière pénale (EIMP; 

RS 351.1) et son ordonnance d'exécution (OEIMP; RS 351.11); le droit 

interne reste toutefois applicable aux questions non réglées explicitement ou 

implicitement par le traité et lorsqu'il est plus favorable à l'entraide (ATF 142 

IV 20 consid. 3; 140 IV 123 consid. 2; 137 IV 33 consid. 2.2.2; 136 IV 82 

consid. 3.1; arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2010.9 du 15 avril 2010 

consid. 1.3); l'application de la norme la plus favorable doit avoir lieu dans le 

respect des droits fondamentaux (ATF 135 IV 212 consid. 2.3; 123 II 595 

consid. 7c); 

 

en vertu de l'art. 37 al. 2 let. a de la loi fédérale du 19 mars 2010 sur 

l'organisation des autorités pénales de la Confédération (LOAP; RS 173.71), 

mis en relation avec les art. 25 al. 1 et 80e al. 1 EIMP, la Cour de céans est 

compétente pour connaître des recours dirigés contre les décisions de 

clôture de la procédure d'entraide rendues par l'autorité cantonale ou 

fédérale d'exécution et, conjointement, contre les décisions incidentes; 

 

aux termes de l’art. 52 PA, le mémoire de recours indique les conclusions, 

motifs et moyens de preuve et porte la signature du recourant ou de son 

mandataire (al. 1, 1re phrase); si le recours ne satisfait pas à ces exigences, 

ou si les conclusions ou les motifs du recourant n’ont pas la clarté 

nécessaire, sans que le recours soit manifestement irrecevable, l’autorité de 

recours impartit à celui-ci un court délai supplémentaire pour régulariser le 

recours (al. 2); l’autorité de recours avise en même temps le recourant que 

si le délai n’est pas utilisé, elle statuera sur la base du dossier ou si les 

conclusions, les motifs ou la signature manquent, elle déclarera le recours 

irrecevable (al. 3); 

 

lorsque l’autorité saisie éprouve des doutes sur l’existence de la personne 

morale partie à la procédure et, par voie de conséquence, sur les pouvoirs 

- 4 - 

 

 

de représentation de celle-ci, elle peut l’interpeller sur ce point et exiger une 

procuration écrite (v. art. 11 al. 2 PA); dans ce domaine, les parties sont 

soumises à un véritable devoir de collaboration, dont la sanction peut être 

l'irrecevabilité de l'acte en question (v. art. 13 PA; arrêt du Tribunal fédéral 

1C_248/2012 du 1er octobre 2012 consid. 2.2 et la référence citée; arrêt du 

Tribunal pénal fédéral RR.2021.296 du 13 janvier 2022); 

 

en vertu de la place toute particulière des principes de célérité et d’économie 

procédurale dans la procédure d’entraide (v. art. 17a EIMP), la Cour des 

plaintes peut valablement s’attendre à ce qu’une partie qui décide de 

contester une décision ou une ordonnance par devant elle soit en mesure de 

déposer, dès le début de la procédure, un acte de recours complet et, par 

conséquent, in casu, de produire à l’appui de celui-ci une procuration à jour 

et la documentation nécessaire afin de démontrer que le signataire de la 

procuration est dûment habilité à représenter la société recourante au jour 

du dépôt du mémoire de recours; 

 

le Tribunal fédéral a déjà précisé que selon la jurisprudence, l’exigence d'une 

attestation d'existence pour les sociétés étrangères ne constitue pas un 

formalisme excessif; lorsque ce document fait défaut au moment du dépôt 

du recours, un court délai supplémentaire peut être imparti pour régulariser 

le recours (art. 52 al. 2 PA); en revanche, lorsque les documents produits à 

la demande de l'instance de recours se révèlent encore insuffisants à justifier 

la recevabilité du recours, ni la loi ni la Constitution n'imposent la fixation d'un 

délai supplémentaire pour y remédier, en particulier – ainsi que déjà spécifié 

supra – dans une cause d'entraide judiciaire régie par le principe de célérité 

(art. 17a EIMP) et lorsque la partie recourante agit par l'entremise de 

mandataires professionnels censés reconnaître d'emblée la portée juridique 

des documents produits, d'autant plus qu'il devait être attendu qu'une 

attestation d'existence serait requise pour la recourante en tant que société 

étrangère (cf. arrêt du Tribunal fédéral 1C_38/2022 du 27 janvier 2022 

consid. 2.2);  

 

il faut admettre que ces principes valent également pour l’exigence de la 

production d’un certificat attestant des pouvoirs de celui qui agit au nom de 

la société recourante; 

 

en l’espèce, la recourante, représentée par un avocat, connaissait 

l’existence de la procédure d’entraide et pouvait s’attendre, à tout le moins 

dès le 21 septembre 2023, lorsqu’elle a pu s’opposer à la transmission des 

documents concernés, à ce qu’en cas de recours contre l’ordonnance de 

clôture partielle qui allait être rendue, on lui demande une attestation récente 

des pouvoirs du signataire de la procuration fournie;  

- 5 - 

 

 

en dépit de l’indication claire lui ayant été faite par la Cour de céans selon 

laquelle elle avait un ultime délai au 11 janvier 2024 pour corriger 

l’insuffisance du « Certificate of Incumbency » produit, la recourante n’a pas 

fait parvenir le document requis dans le délai imparti mais seulement le 

16 janvier 2024;  

 

il s’ensuit que le recours formé par A. SA doit être déclaré irrecevable; 

 

au vu de ce qui précède et en application de l’art. 57 al. 1 PA, la Cour des 

plaintes a renoncé à procéder à un échange d’écritures; 

 

en règle générale, les frais de procédure comprenant l’émolument d’arrêté, 

les émoluments de chancellerie et les débours sont mis à charge des parties 

qui succombent (art. 63 al. 1 PA, applicable par renvoi de l’art. 39 al. 2 let. b 

LOAP);  

 

la partie dont le recours est déclaré irrecevable est également considérée 

comme ayant succombé; et, le montant de l’émolument est calculé en 

fonction de l’ampleur et de la difficulté de la cause, de la façon de procéder 

des parties, de leur situation financière et des frais de chancellerie (art. 73 

al. 2 LOAP);  

 

au vu de ce qui précède, il incombe à la recourante de supporter les frais du 

présent arrêt, fixés à CHF 2'000.-- (v. art. 73 al. 2 LOAP et art. 8 al. 3 du 

règlement du 31 août 2010 du Tribunal pénal fédéral sur les frais, 

émoluments, dépens et indemnités de la procédure pénale fédérale [RFPPF; 

RS 173.713.162]; art. 63 al. 5 PA), lesquels sont entièrement couverts par 

l'avance de frais de CHF 5’000.-- déjà versée; le solde sera restitué au 

conseil de la recourante par la Caisse du Tribunal pénal fédéral. 

 

 

 

- 6 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Le recours est irrecevable. 

 

2. Un émolument de CHF 2'000,--, réputé entièrement couvert par l’avance de 

frais acquittée, est mis à la charge de la recourante. Le solde de  

CHF 3'000.-- lui sera restitué par la Caisse du Tribunal pénal fédéral. 

 

 

Bellinzone, le 18 janvier 2024 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le président: La greffière:  

 

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Me Laurent Winkelmann, avocat 

- Ministère public du canton de Genève 

- Office fédéral de la justice, Unité Entraide judiciaire 

 
 

Indication des voies de recours 

Le recours contre une décision en matière d’entraide pénale internationale doit être déposé devant 
le Tribunal fédéral dans les 10 jours qui suivent la notification de l’expédition complète (art. 100 al. 1 
et 2 let. b LTF). Les mémoires doivent être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal 
fédéral soit, à l’attention de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou 
consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF). En cas de transmission électronique, le moment déterminant 
pour l’observation d’un délai est celui où est établi l’accusé de réception qui confirme que la partie a 
accompli toutes les étapes nécessaires à la transmission (art. 48 al. 2 LTF). 
 
Le recours n’est recevable contre une décision rendue en matière d’entraide pénale internationale 
que s’il a pour objet une extradition, une saisie, le transfert d’objets ou de valeurs ou la transmission 
de renseignements concernant le domaine secret et s’il concerne un cas particulièrement important 
(art. 84 al. 1 LTF). Un cas est particulièrement important notamment lorsqu’il y a des raisons de 
supposer que la procédure à l’étranger viole des principes fondamentaux ou comporte d’autres vices 
graves (art. 84 al. 2 LTF).