# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f67fb4c3-2694-5ad5-84f4-57b91c124049
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-12-09
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 09.12.2010 A/3438/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-3438-2010_2010-12-09.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET 

 

CANTON DE GENEVE 

 

POUVOIR JUDICIAIRE 
 

 

DCSO/538/10 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 

17 juin 2005 (LTF ; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Commission de 

surveillance des Offices des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance 

en matière de poursuite pour dettes et faillite (art. 56R al. 3 LOJ). Il doit être déposé devant le 

Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les dix jours qui suivent la notification de l'expédition 

complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2 let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière 

de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). Le recours doit être rédigé dans 

une langue officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens 

de preuve, et être signé (art. 42 LTF). 

 

 

DÉCISION 

DE LA COMMISSION DE SURVEILLANCE 
DES OFFICES DES POURSUITES ET DES FAILLITES 

SIÉGEANT EN SECTION 

DU JEUDI 9 DECEMBRE 2010 

Cause A/3438/2010, plainte 17 LP formée le 7 octobre 2010 par F______ GmbH. 

 

Décision communiquée à : 

- F______ GmbH  

 
 

  

- Office des poursuites 

 

 - 2 - 

 

E N   F A I T  

A. En date du 28 septembre 2010, F______ GmbH a déposé une réquisition de prise 

d'inventaire dirigée contre M. G______, s'agissant des locaux loués par celui-ci au 

x, route J______ dans le quartier de G______, consistant en une arcade au rez-de-

chaussée, des bureaux au x
ème

 étage et deux boxes fermés n
os

 xx et xx au sous-sol, 

ainsi qu'une place de parking sise de son côté au xx, route A______, 12xx 

G______. 

 Cette réquisition a été enregistrée par l'Office le 30 septembre 2010. 

 La prise d'inventaire s'est déroulée le lundi 4 octobre 2010. 

B. Par acte du 7 octobre 2010, F______ GmbH a porté plainte auprès de la 

Commission de céans afin qu'il soit constaté que l'Office a commis un déni de 

droit et à ce qu'il soit donné acte à l'Office en réintégration des objets enlevés 

(sic). F______ GmbH indique avoir déposé le 28 septembre 2010 une réquisition 

de prise d'inventaire pour les locaux en question, agendée pour le 4 octobre 2010 à 

11 heures. F______ GmbH explique avoir appris que le débiteur avait organisé un 

déménagement pour le 30 septembre 2010 et qu'elle a averti M. L______, chef 

huissier, le 29 septembre 2010 afin que la prise d'inventaire soit anticipée, au 

risque de perdre son droit de gage mobilier. F______ GmbH a aussi expliqué que 

ses bureaux allaient être fermés le jeudi 30 septembre 2010 ainsi que le vendredi 

1
er

 octobre 2010 et elle a ainsi donné par la même occasion les coordonnées de sa 

remplaçante. F______ GmbH continue et indique que le débiteur a déménagé 

comme elle l'avait craint le 30 septembre 2010 avec des objets de valeur, telles au 

moins dix à douze machines de masquages récemment exposées au salon des 

automobiles. La plaignante reproche à M. L______ de n'avoir pas répercuté son 

appel urgent à M. C______, Préposé, ou à ses deux collègues chefs huissiers. Elle 

estime ainsi que l'Office a violé son devoir de diligence ainsi que l'art. 283 LP en 

n'agissant pas, malgré qu'il y ait péril en la demeure et qu'elle ait déposé au 

préalable une requête de prise d'inventaire. 

C. L'Office, sous la plume de M. L______, a remis son rapport daté du 1
er

 novembre 

2010. Il explique être chef-huissier des secteurs 1 à 4  et avoir reçu un appel 

téléphonique de F______ GmbH le 29 septembre 2010 en fin d'après-midi, qui lui 

indiquait qu'elle allait déposer une réquisition de prise d'inventaire contre 

M. G______ et sollicitait de sa part de procéder immédiatement à ladite prise 

d'inventaire. M. L______ note que F______ GmbH a omis de lui signaler la 

réquisition du 28 septembre 2010 ainsi que l'urgence de la situation, notamment 

quant au fait qu'une entreprise de déménagement aurait réservé des places de 

parking devant l'arcade pour le 30 septembre 2010. Il relève que le secteur où 

l'inventaire devait se dérouler ne dépend pas de son autorité tel qu'il l'a expliqué à 

la plaignante, lui indiquant qu'il lui incombait de déposer au préalable une 

 

 - 3 - 

réquisition d'inventaire à adresser à la responsable du secteur en question. La 

plaignante lui a assuré qu'elle faxerait ce document à la personne indiquée, 

spécifiant au passage que ses bureaux allaient être fermés les 30 septembre 2010 

et 1
er

 octobre 2010, et communiquant à M. L______ le nom d'une personne de 

référence, que celui-ci a transmis à la responsable du secteur 7. La réquisition de 

prise d'inventaire a été enregistrée le jeudi 30 septembre 2010 et l'inventaire 

exécuté le lundi 4 octobre 2010. L'Office conclut au rejet de la plainte, estimant 

avoir parfaitement suivi la procédure en la matière. 

D. Invitée par la Commission de céans à indiquer si elle maintenait sa plainte au vu 

des explications de l'Office, F______ GmbH n'a pas jugé bon de répondre. 

 

E N   D R O I T  

1.a. Sauf dans les cas où la loi prescrit la voie judiciaire, il peut être porté plainte à 

l’autorité de surveillance lorsqu’une mesure de l’Office est contraire à la loi ou ne 

paraît pas justifiée en fait. La plainte doit être formée dans les dix jours de celui 

où le plaignant a eu connaissance de la mesure (art. 17 al. 1 et 2 LP ; art. 10 al. 1 

LaLP). 

1.b. La qualité pour porter plainte, qui permet de délimiter le cercle des personnes 

habilitées à agir, suppose un intérêt digne de protection, conférant la légitimation 

active à celui qui est titulaire du droit invoqué, soit l’intérêt à la plainte, qui est 

une condition de recevabilité devant être examinée d’office (Pierre-Robert 

Gilliéron, Commentaire, ad art. 17 nos 95ss et 140). 

Un intérêt n’est digne de protection que s’il est direct, c’est-à-dire directement lié 

à l’objet de la contestation. Pour que cette relation existe, il faut qu’il y ait 

effectivement un préjudice porté de manière immédiate à la situation personnelle 

du plaignant. Un intérêt théorique à la solution d’une question ne suffit pas, pas 

plus qu’un intérêt général. Au contraire, l’intérêt digne de protection réside dans 

l’utilité pratique que l’admission de la plainte apporterait au plaignant ou, en 

d'autres termes, dans le fait d’éviter un préjudice de nature économique, idéale, 

matérielle ou autre que la décision ou la mesure attaquée lui occasionnerait 

(Pierre-Robert Gilliéron, Commentaire, ad art. 17 nos 141, 155 et 156 et les arrêts 

cités). 

 De pratique constante, la plainte n'est recevable que si elle permet d'atteindre un 

but concret sur le plan de l'exécution forcée, mais non si la mesure critiquée est 

irrévocable, lors même qu'une cause de nullité est alléguée (ATF 7B.25/2004 du 

19 avril 2004 ; ATF 7B.20/2005 du 14 septembre 2005 consid. 1.1 non publié in 

ATF 131 III 652 ; ATF 120 III 107 consid. 2 p. 108/109 ; 99 III 58 consid. 2 p. 

60/61).  

 

 - 4 - 

1.c. En l’espèce, il résulte de l’instruction que la plainte vise une prise d'inventaire que 

la plaignante estime tardive, et que cette tardiveté lui aurait causé un dommage. 

 En conséquence, faute d'atteindre un but concret de droit des poursuites, sa plainte 

doit être déclarée irrecevable, s'agissant en l'espèce d'une action en responsabilité 

déguisée. 

 Il appartient à la plaignante, si elle l'estime opportun, de saisir le Tribunal de 

première instance, seul compétent en l'espèce pour une action en responsabilité 

(art. 5 LP et art. 40A LaLP). 

 

*  *  *  *  *  

 

 - 5 - 

 

P A R   C E S   M O T I F S ,  

L A   C O M M I S S I O N   D E   S U R V E I L L A N C E    

S I É G E A N T   E N   S E C T I O N   :  

Déclare irrecevable la plainte formée le 7 octobre 2010 par F______ GmbH dans le 

cadre de la prise d'inventaire n° 10 xxxx19 G. 

 

 

 

 

Siégeant : M. Philippe GUNTZ, président ;  Mme Florence CASTELLA et 
M. Christian CHAVAZ, juges assesseur(e)s. 

 

 

Au nom de la Commission de surveillance : 

 

Paulette DORMAN       Philippe GUNTZ 

     Greffière :                       Président : 
 

 

 

 

 

La présente décision est communiquée par courrier A à l’Office concerné et par courrier 

recommandé aux autres parties par la greffière le