# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 605d514a-9d17-57e7-889d-89cd4a2a266a
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-06-27
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Verwaltungsgerichtshöfe 27.06.2018 602 2018 55
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_007_602-2018-55_2018-06-27.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

602 2018 55
602 2018 62

Arrêt du 27 juin 2018

IIe Cour administrative

Composition Président suppléant: Johannes Frölicher 
Juges: Dominique Gross, Daniela Kiener
Greffier-stagiaire: Matthieu Loup 

Parties A.________, recourant,

contre

PRÉFECTURE DE LA SARINE, autorité intimée,

B.________ et C.________, intimés

Objet Aménagement du territoire et constructions

Demande de récusation, intérêt à l’opposition

Recours du 23 mai 2018 contre la décision du 20 avril 2018

Tribunal cantonal TC
Page 2 de 6

attendu

que par décision du 20 avril 2018, le Préfet du district de la Sarine a octroyé à B.________ et 
C.________ un permis pour la démolition du bâtiment existant sur l’art. ddd du registre foncier (ci-
après: RF) de la commune de E.________, de même que pour la construction, sur la même 
parcelle, de deux villas de trois logements et de deux sondes géothermiques de 170 m chacune;

que par décision du même jour, le Préfet a déclaré irrecevable l’opposition de A.________;

que, le 23 mai 2018, A.________ a interjeté un recours au Tribunal cantonal contre cette décision 
sur opposition (602 2018 55);

que par lettre du 28 mai 2017, le délégué à l’instruction, le juge cantonal et Président de la IIe Cour 
administrative F.________, a fixé l’avance de frais pour la procédure de recours à CHF 1'500.-;

que par intervention du 12 juin 2018, A.________ a requis la récusation du juge délégué 
F.________ et – implicitement du moins – de l'ensemble des juges du Tribunal cantonal (602 2018 
62); 

que l’avance de frais de CHF 1’500.- a été payée par le recourant le 26 juin 2018 malgré que, par 
lettre du 25 juin 2018 celle-ci a été annulée;

considérant

qu’en application de l’art. 24 du code fribourgeois du 23 mai 1991 de procédure et de juridiction 
administrative (CPJA; RSF 150.1), si la personne dont la récusation est demandée conteste le 
motif de récusation, elle transmet la requête, pour décision, à l’autorité hiérarchique dont elle 
dépend ou à l’autorité collégiale dont elle est membre; s’agissant d’un expert, à l’autorité qui l’a 
désigné (al. 1). L’autorité collégiale statue en l’absence du membre concerné. Si, à la suite de 
demandes de récusation, les membres d’une autorité collégiale ne sont plus en nombre suffisant 
pour statuer, la décision sur la récusation est prise par l’autorité de surveillance (al. 2); 

qu’en application de l’art. 21 al. 1 let. f CPJA, la personne appelée à instruire une affaire, à prendre 
une décision ou à collaborer à la prise de celle-ci doit se récuser, d’office ou sur requête, 
notamment si des motifs sérieux sont de nature à faire douter de son impartialité;

que la garantie d'un tribunal indépendant et impartial instituée par les art. 30 al. 1 Cst. et 6 par. 1 
CEDH permet d'exiger la récusation d'un juge dont la situation ou le comportement est de nature à 
faire naître un doute sur son impartialité (ATF 126 I 68 consid. 3a). Elle tend notamment à éviter 
que des circonstances extérieures à la cause ne puissent influencer le jugement en faveur ou au 
détriment d'une partie. Elle n'impose pas la récusation seulement lorsqu'une prévention effective 
du juge est établie, car une disposition interne de sa part ne peut guère être prouvée; il suffit que 
les circonstances donnent l'apparence de la prévention et fassent redouter une activité partiale du 
magistrat. Seules les circonstances constatées objectivement doivent être prises en considération; 
les impressions purement individuelles d'une des parties au procès ne sont pas décisives (ATF 

Tribunal cantonal TC
Page 3 de 6

138 I 1 consid. 2.2; 127 I 196 consid. 2b). Le plaideur est fondé à mettre en doute l'impartialité d'un 
juge lorsque celui-ci révèle, par des déclarations avant ou pendant la procédure, une opinion qu'il 
a déjà acquise sur l'issue à donner au litige (ATF 125 I 119 consid. 3a). Selon la jurisprudence, 
des décisions ou des actes de procédure qui se révèlent par la suite erronés ne fondent pas en soi 
une apparence objective de prévention; seules des erreurs particulièrement lourdes ou répétées, 
constitutives de violations graves des devoirs du magistrat, peuvent fonder une suspicion de 
partialité, pour autant que les circonstances dénotent que le juge est prévenu ou justifient à tout le 
moins objectivement l'apparence de prévention. Le magistrat appelé à statuer à nouveau après 
l'annulation d'une de ses décisions est en général à même de tenir compte de l'avis exprimé par 
l'instance supérieure et de s'adapter aux injonctions qui lui sont faites. Seules des circonstances 
exceptionnelles permettent dès lors de justifier une récusation dans de tels cas, lorsque, par son 
attitude et ses déclarations précédentes, le magistrat a clairement fait apparaître qu'il ne sera pas 
capable de revoir sa position et de reprendre la cause en faisant abstraction des opinions qu'il a 
précédemment émises (ATF 138 IV 142 consid. 2.3 et les arrêts cités);

que le recourant demande la récusation du juge cantonal F.________ au motif que celui-ci se 
serait déjà occupé d’affaires le concernant;

qu’il ne suffit pas, pour tenter de démontrer la prévention du juge visé par la requête de récusation, 
que le recourant invoque qu'il n'a pas obtenu gain de cause dans des décisions auxquelles le 
magistrat a participé, seul ou au sein d'un collège;

qu’en effet selon la jurisprudence, la garantie du juge impartial ne commande pas la récusation 
d'un juge au simple motif qu'il a, dans une procédure antérieure, tranché en défaveur du recourant 
(ATF 129 III 445 consid. 4.2.2.2; 114 Ia 278 consid. 1; arrêt TF 6B_621/2011 du 19 décembre 
2011 consid. 2.4.1). De même, le seul fait qu'un juge ait déjà, dans la même affaire, rendu une 
décision défavorable au recourant ne suffit pas pour admettre un motif de prévention. Par 
exemple, un juge n'apparaît pas comme prévenu parce qu'il a rejeté une requête d'assistance 
judiciaire en raison de l'absence de chances de succès de la demande. D'autres motifs sont 
nécessaires pour admettre que le juge ne serait plus en mesure d'adopter une autre position, de 
sorte que le sort du procès n'apparaît plus comme indécis (ATF 131 III 113 consid. 3.7.3; arrêt TF 
2C_755/2008 du 7 janvier 2009 consid. 3.2, in SJ 2009 I p. 233); 

que par ailleurs, la manière dont le juge visé par la requête de récusation a décidé de mener la 
procédure 602 2018 55, soit de demander l’avance de frais prévue par l’art 128 CPJA, est 
exempte de critique;

que d’autres éléments objectifs de prévention à l'égard du juge visé ne ressortent pas de la 
motivation de la requête de récusation ni des actes;

qu’il s'ensuit que le grief tiré d'une violation de l'art. 30 al. 1 Cst. est manifestement mal fondé et 
que la demande de récusation (602 2018 62) contre le juge cantonal F.________ doit être rejetée 
dans la mesure où elle n’est pas sans objet, dès lors que la Cour, dans l’arrêt présent, tranche 
directement le fond de l’affaire (602 2018 55) sans que le juge concerné n'y participe;

que le recourant a également requis la récusation de tous les juges des cours administratives du 
Tribunal cantonal, dès lors que ces juges auraient déjà tranché dans des affaires le concernant et 
commis ainsi des actes prétendument illicites. Il semble estimer que tous les juges cantonaux 

Tribunal cantonal TC
Page 4 de 6

présentent une apparence de prévention qui leur interdit de statuer sur le recours qui serait en lien 
avec ces actes illicites qu'auraient commis leurs collègues;

qu'il faut d'emblée constater qu’il n’existe, en l’occurrence, aucun indice à l'appui de la 
considération qu’un magistrat puisse avoir commis un acte illicite ou outrepassé les compétences 
qui lui sont conférées par la loi;

que, cela étant, même l'éventualité qu'un juge ait pu commettre un acte illicite n'implique pas 
nécessairement une prévention de ses collègues à l'égard du justiciable qui s'en plaint. De simples 
liens de collégialité entre les membres du tribunal ou d'une de ses sections ne constituent pas des 
rapports d'amitié étroite justifiant une récusation du seul fait qu'un juge est partie au procès, à 
moins que d'autres circonstances particulières, telles que l'intérêt personnel que ses collègues 
pourraient avoir à l'issue du procès, ne le commandent (arrêt TF 1P.267/2006 du 17 juillet 2006);

qu’en l'espèce, le recourant n'invoque aucune circonstance particulière, étant rappelé que, même 
dans l'hypothèse d'une action récursoire de l'Etat, seuls les juges concernés par l'acte illicite 
seraient touchés et pas leurs collègues;

que, dans ces conditions, à défaut d'invoquer des éléments objectifs autres que de faire partie de 
la même institution judiciaire, la demande de récusation s'avère manifestement abusive;

que, selon la jurisprudence, une requête abusive peut être rejetée par la Cour elle-même (arrêt TF 
2C_305/2011 du 22 août 2011 consid. 2.6);

que dans la présente occurrence, la Cour est en mesure de trancher – sans échange d’écriture –
par ce même arrêt le fond du litige (602 2018 55);

qu’en effet le recours s'avère manifestement dénué de pertinence;

que, déposé dans le délai et les formes prescrits, le recours sur le fond (602 2018 55) est, sur son 
principe et sous réserve de ce qui suit, recevable en vertu de l'art. 114 al. 1 let. c CPJA et de 
l'art. 141 al. 1 de la loi fribourgeoise du 2 décembre 2008 sur l'aménagement du territoire et les 
constructions (LATeC; RSF 710.1). Le Tribunal cantonal peut donc entrer en matière sur ses 
mérites;

que dans sa décision du 20 avril 2018, le Préfet n’est pas entré en matière sur l’opposition au motif 
que le bien-fonds propriété du recourant était distant de 1'500 m de celui où doit s’implanter le 
projet litigieux;

que le seul objet du litige est ainsi la question de la recevabilité de l’opposition, tout grief lié au 
fond étant irrecevable;

que, selon l'art. 140 al. 3 LATeC, pendant le délai d’enquête d’un projet de construction, toute 
personne intéressée peut faire opposition par le dépôt d’un mémoire motivé auprès du secrétariat 
communal. L’art. 84 LATeC est applicable par analogie; 

qu’aux termes de l'art. 84 al. 1 LATeC, quiconque est touché par les plans ou leur réglementation 
et a un intérêt digne de protection à ce qu'ils soient annulés ou modifiés peut faire opposition, par 
dépôt d'un mémoire motivé, pendant la durée de l'enquête publique;

Tribunal cantonal TC
Page 5 de 6

que, selon la jurisprudence, le propriétaire d'un immeuble directement voisin de la construction ou 
de l'installation litigieuse a en principe la qualité pour recourir (ATF 121 II 171 consid. 2b; 115 Ib 
508 consid. 5c). Cette qualité peut être reconnue même en l'absence de voisinage direct, 
lorsqu'une distance relativement faible sépare l'immeuble du ou des recourants de la construction 
litigieuse (cf. ATF 121 II 171 consid. 2b et la jurisprudence citée, où il est fait référence à des 
distances de 45 m, 70 m ou 120 m). Le critère de la distance n'est pas le seul déterminant; s'il est 
certain ou très vraisemblable que l'installation ou la construction litigieuse sera à l'origine 
d'immissions – bruit, poussières, vibrations, lumière, fumée – atteignant spécialement les voisins, 
même situés à une certaine distance, ces derniers peuvent avoir qualité pour recourir (cf. ATF 125 
II 10 consid. 3a; arrêt TF 1A.179/1996 du 8 avril 1997, in RDAF 1997 I p. 242). Le voisin doit en 
outre retirer un avantage pratique de l'annulation ou de la modification de l'arrêt contesté qui 
permette d'admettre qu'il est touché dans un intérêt personnel se distinguant nettement de l'intérêt 
général des autres habitants de la commune (ATF 133 II 249 consid. 1.3.1; cf. 120 Ib 431 consid. 
1). En effet, le recours d'un particulier formé dans l'intérêt général ou d'un tiers est irrecevable 
(arrêt TF 1C_503/2008 du 10 février 2009 consid. 3.2);

qu’il y a lieu de confirmer que la distance de 1,5 km séparant le domicile du recourant de la 
parcelle où est planifié le projet exclut que l'on puisse considérer que le recourant est touché par la 
décision;

que le recourant – pour affirmer son intérêt à l’opposition – se réfère à son "titre d’ex-propriétaire" 
et à sa "légitimité à obtenir la reconnaissance des dérogations qui [lui] ont causé préjudice, 
résultant des procédures délictueuses commises à l’époque des faits par la Commune de 
E.________". Il souhaite que les preuves – soit les constructions sur la parcelle ddd RF – restent 
préservées; 

qu’on ne saisit tout d’abord pas en quoi un permis de construire sur une parcelle voisine à celle 
dont il n’est plus propriétaire pourrait influencer le litige qui l’oppose depuis des années à la 
Commune de E.________;

qu’en particulier on ne voit pas ce que la conservation de constructions pourrait apporter comme 
éclaircissement dans ce différend;

qu’en outre, dans la mesure où il a aliéné son bien-fonds dans les environs du permis litigieux, le 
recourant ne peut plus faire valoir les droits d’un voisin;

que, partant, eu égard au droit public des constructions, cette situation est manifestement 
insuffisante pour légitimer le recourant à s’opposer à une construction sur une parcelle dont il n’est 
ni propriétaire, ni voisin;

que s’il avance que le Préfet du district de la Sarine est prévenu lui aussi, le recourant semble 
affirmer que chaque magistrat qui lui donne tort serait partial, ce qui n’est manifestement pas 
pertinent;

qu’en effet, aucun élément du dossier ne laisse paraître que le Préfet n’aurait pas géré ce dossier 
avec la diligence nécessaire;

que sous cet aspect également, la décision d’irrecevabilité ne peut pas être critiquée;

Tribunal cantonal TC
Page 6 de 6

qu’il résulte de ce qui précède que la demande de récusation (602 2018 62) doit être rejetée dans 
la mesure où elle n’est pas devenue sans objet et que le recours (602 2018 55) doit être rejeté 
dans la mesure de sa recevabilité;

que les frais de procédure sont mis à la charge du recourant qui succombe, conformément à l'art. 
131 CPJA. Ils sont fixés selon les art. 1 et 2 du tarif fribourgeois du 17 décembre 1991 des frais de 
procédure et des indemnités en matière de juridiction administrative (RSF 150.12);

la Cour arrête:

I. La demande de récusation (602 2018 62) contre le juge cantonal F.________ est rejetée 
dans la mesure où elle n’est pas devenue sans objet.

II. Le recours (602 2018 55) est rejeté dans la mesure de sa recevabilité.

III. Les frais de procédure, fixés à CHF 400.-, sont mis à la charge du recourant. Ils sont 
prélevés sur l’avance de frais versée, le solde de CHF 1'100.- étant restitué au recourant.

IV. Notification.

Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours auprès du Tribunal fédéral, à Lausanne, dans les 
30 jours dès sa notification.

La fixation du montant des frais de procédure et de l'indemnité de partie peut, dans le même délai, 
faire l'objet d'une réclamation auprès de l'autorité qui a statué, si seule cette partie de la décision 
est contestée (art. 148 al. 1 CPJA).

Fribourg, le 27 juin 2018/jfr

Le Président suppléant: Le Greffier-stagiaire: