# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 34d4dfcf-6ff5-5110-bebc-150113e5ba21
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-11-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours pénale 01.11.2023 (publié) 745
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_013_745-----------_2023-11-01.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

745

 

PE23.013512-CMS

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS PENALE

__________________________________________

Arrêt du
2 octobre 2023

__________________

Composition
:               Mme             
Byrde,
présidente

             
              MM.             
Krieger et Perrot, juges 

Greffi             
:              Mme             
Kaufmann

 

 

*****

 

Art.
85 al. 4 let. a et 383 al. 2 CPP

 

             
Statuant sur le recours interjeté le 31 juillet 2023 par X.________
contre l’ordonnance de non-entrée en matière rendue le 13 juillet 2023 par le Ministère
public de l’arrondissement de l’Est vaudois dans la cause n° PE23.013512-CMS,
la Chambre des recours pénale considère :

             

             
En fait
et en droit :

 

1.             

1.1             
Par ordonnance du 20 juillet 2023, le Ministère public de l’arrondissement de l’Est
vaudois a refusé d’entrer en matière sur les plaintes déposées le 21 octobre
2022 par Y.________ et le 23 avril 2023 par X.________ ; il est précisé qu’il s’agit
de la même personne, Y.________ étant devenu X.________ (I) et a laissé les frais à
la charge de l’Etat (II).

 

1.2             
Par acte daté du 31 juillet 2023, X.________
a recouru auprès de la Chambre des recours pénale contre cette ordonnance, en concluant à
son annulation et au renvoi de la cause au Ministère public pour « investigation
et enquête ».

 

1.3             
Par avis du 10 août 2023 envoyé sous
pli recommandé, la direction de la procédure a imparti à X.________ un délai au 30
août 2023 pour effectuer un dépôt de 550 fr. à titre de sûretés, avec l’indication
qu’à défaut de paiement en temps utile, il ne serait pas entré en matière sur
son recours.

 

             
Selon le relevé de suivi des envois de la poste suisse, X.________ a été avisée le
11 août 2023 de l’arrivée du pli recommandé précité en vue de son retrait
dans le délai de garde. Le jour même, puis le lendemain, elle a requis par deux fois la prolongation
du délai de retrait, qui a été prolongé au 8 septembre 2023. Le pli recommandé
a été renvoyé par la poste suisse à la Chambre des recours pénale le 9 septembre
2023, avec la mention « non réclamé ».

 

             
              Le versement des sûretés
n’a pas été effectué dans le délai imparti.

 

2.             

2.1             
Sous réserve de l’assistance judiciaire
gratuite pour la partie plaignante prévue à l’art. 136 CPP (Code de procédure pénale
suisse du 5 octobre 2007 ; RS 312.0), la direction de la procédure de l’autorité
de recours peut astreindre la partie plaignante à fournir des sûretés dans un délai
déterminé pour couvrir les frais et indemnités éventuels (art. 383 al. 1 CPP). Si
les sûretés ne sont pas fournies dans le délai imparti, l’autorité de recours
n’entre pas en matière sur le recours (art. 383 al. 2 CPP).

 

             
              Les sûretés
sont réputées fournies dans le délai lorsqu’elles sont remises à l’autorité
de recours, versées en sa faveur à la poste suisse, ou encore débitées d’un
compte bancaire ou postal suisse le dernier jour du délai au plus tard (cf. art. 91 al. 1 et 5 CPP
; Calame, in : Commentaire romand, Code de procédure pénale suisse, 2e éd.,
Bâle 2019, n. 6 ad art. 383 CPP ; Moreillon/Parein-Reymond, Petit Commentaire, Code de procédure
pénale, 2e
éd., Bâle 2016, n. 9 ad art. 383 CPP). 

 

2.2             
Selon l’art. 85 al. 4 let. a CPP, un prononcé est réputé notifié lorsque, expédié
par lettre signature, il n’a pas été retiré dans les sept jours à compter de
la tentative de remise infructueuse de remise du pli, si la personne concernée devait s’attendre
à une telle remise. La personne concernée ne doit s’attendre à la remise d’un
prononcé que lorsqu’il y a une procédure en cours qui impose aux parties de se comporter
conformément aux règles de la bonne foi, à savoir de faire en sorte, entre autres, que
les décisions relatives à la procédure puissent leur être notifiées (TF 6B_1135/2021
du 9 mai 2022 consid. 3.2 ; ATF 146 IV 30 consid. 1.1.2). Le devoir procédural d’avoir
à s’attendre avec une certaine vraisemblance à recevoir la notification d’un acte
officiel naît avec l’ouverture d’un procès et vaut pendant toute la durée
de la procédure (TF 6B_1391/2021 du 25 avril 2022 consid. 1.1 ; ATF 146 IV 30 précité).

 

             
De jurisprudence constante, celui qui se sait
partie à une procédure judiciaire et qui doit dès lors s’attendre à recevoir
notification d’actes du juge est tenu de relever son courrier ou, s’il s’absente de
son domicile, de prendre des dispositions pour que celui-ci lui parvienne néanmoins. A défaut,
il est réputé avoir eu, à l’échéance du délai de garde, connaissance
du contenu des plis recommandés que le juge lui adresse. Une telle obligation signifie que le destinataire
doit, le cas échéant, désigner un représentant, faire suivre son courrier, informer
les autorités de son absence ou leur indiquer une adresse de notification (TF 6B_1083/2021
/ 6B_1084/2021 du 16 décembre 2022 consid. 5.2 ; ATF 146 IV 30 précité).

 

             
Si la Poste admet un délai de garde plus
long ou en présence d’une poste restante, la règle du délai de sept jours demeure :
l’acte est réputé notifié le dernier jour du délai de sept jours (ATF 127 I
31, JdT 2011 I 727, SJ 2001 I 193 ; ATF 127 III 173 consid. 2a, JdT 2001 II 27 ; ATF 123
III 492, consid. 1, JdT 1999 II 109). 

 

2.3             
En l’espèce, le pli recommandé contenant l'avis du 10 août 2023 impartissant à
la recourante un délai au 30 août 2023 pour effectuer l’avance de frais a été
envoyé à cette dernière à l’adresse en Suisse indiquée sur l’acte
de recours, adresse au demeurant communiquée par la recourante lors du dépôt de ses plaintes
(P. 4 et P. 5) et utilisée par le Ministère public pour la notification de l’ordonnance
querellée. X.________ a été avisée le 11 août 2023 de l’arrivée de
ce pli en vue de son retrait pendant le délai de garde. Faute d’avoir été retiré,
ce pli a toutefois été retourné à l’expéditeur le 9 septembre 2023 avec
la mention « non réclamé ».

 

             
              Or, X.________ ayant déposé
plainte pénale et reçu une ordonnance de non-entrée en matière contre laquelle elle
a recouru, elle se savait partie à une procédure et devait donc s’attendre à recevoir,
à l'adresse indiquée dans son recours, des communications de l'autorité de céans,
de sorte qu’il lui appartenait de prendre toutes les dispositions utiles pour que ce courrier lui
parvienne. Elle a au demeurant pris connaissance de l’avis de retrait postal, puisqu’à
sa demande le délai de garde a été prolongé jusqu’au 8 septembre 2023.
Il y a lieu de considérer, conformément à la fiction de notification prévue à
l’art. 85 al. 4 let. a CPP, que ce pli a été notifié à la recourante le
18 août 2023, à l’échéance du délai de garde de sept jours. 

             

3.
              La recourante n’ayant
ni procédé au dépôt des sûretés requises dans le délai imparti ni
demandé à être mise au bénéfice de l’assistance judiciaire ou à être
dispensée de l’avance de frais, le recours doit être déclaré irrecevable (art.
383 al. 2 CPP). 

 

             
Les frais de la procédure de recours, constitués en l'espèce du seul émolument d'arrêt,
par 440 fr. (art. 422 al. 1 CPP ; art. 20 al. 1 TFIP [tarif des frais de procédure et indemnités
en matière pénale du 28 septembre 2010 ; BLV 312.03.1]), seront laissés à la charge
de l'Etat (art. 423 al. 1 CPP).

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours pénale

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est irrecevable. 

             
II.             
Les frais d’arrêt, par 440 fr. (quatre cent quarante francs), sont laissés à la
charge de l’Etat. 

             
III.             
L’arrêt est exécutoire.

 

La
présidente :               La greffière
:

 

 

 

 

             
Du 

 

             
Le présent arrêt, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est
notifié, par l'envoi d'une copie complète, à :

-             
Mme X.________,

-
              Ministère public
central, 

 

             
et communiqué à :

‑             
Mme la Procureure de l’arrondissement de l’Est vaudois,

 

             
par l’envoi de photocopies.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 78 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral ;
RS 173.110). Ce recours doit être déposé devant le Tribunal fédéral dans les
trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète (art. 100 al. 1
LTF).

 

 

             
La greffière :