# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 6e3c5541-c627-56aa-aaab-8949865e3296
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-02-15
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 15.02.2022 P/22360/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-22360-2019_2022-02-15.pdf

## Full Text

Siégeant : Madame Gaëlle VAN HOVE, présidente ; Messieurs Pierre BUNGENER 
et Gregory ORCI, juges ; Madame Philomène MAY, greffière-juriste 
délibérante. 

 

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

P/22360/2019 AARP/60/2022 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 15 février 2022 

 

Entre 

A______, domicilié c/o B______, ______ [GE], comparant par Me C______, avocat,  

appelant et intimé sur appel joint, 

 

contre le jugement JTCO/38/2021 rendu le 16 avril 2021 par le Tribunal correctionnel, 

 

et 

D______, comparant par Me E______, avocat,  

F______, comparant par Me G______, avocate,  

intimés, 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

appelant joint et intimé sur appel principal. 

- 2/43 - 

P/22360/2019 

Table des matières 

EN FAIT : ..................................................................................................................................................... 3 
A. Saisine de la Chambre pénale d'appel et de révision (CPAR) ......................................................... 3 
B. Faits résultant du dossier de première instance ............................................................................... 4 

1. Rapports d'arrestation et de renseignements ............................................................................... 4 
2. Etat de santé de F______ ............................................................................................................ 5 
3. Etat de santé de D______............................................................................................................ 7 
4. Etat de santé de A______............................................................................................................ 8 
5. Déclarations des participants à la rixe ......................................................................................... 9 
6. Déclarations des témoins .......................................................................................................... 13 
7. Déclarations des témoins de moralité ....................................................................................... 14 

C. Procédure d'appel .......................................................................................................................... 15 
1. Auditions des parties ................................................................................................................. 15 
2. Plaidoiries et réquisitoires ......................................................................................................... 16 

D. Situation personnelle de A______ et antécédents ......................................................................... 21 
E. Assistance judiciaire ...................................................................................................................... 22 

EN DROIT : ............................................................................................................................................... 23 
1. Recevabilité .............................................................................................................................. 23 
2. Etablissement des faits .............................................................................................................. 23 
3. Infractions encore reprochées ................................................................................................... 29 
4. Peine ......................................................................................................................................... 31 
5. Frais .......................................................................................................................................... 37 
6. Indemnisation du défenseur d'office et des conseils juridiques gratuits .................................... 37 

PAR CES MOTIFS, LA COUR : ............................................................................................................... 40 
 
  

- 3/43 - 

P/22360/2019 

EN FAIT : 

A. Saisine de la Chambre pénale d'appel et de révision (CPAR) 

a.a. En temps utile, A______ appelle du jugement du 16 avril 2021, par lequel le 
Tribunal correctionnel (TCO) l'a reconnu coupable de tentative de meurtre (art. 22 
cum 111 du code pénal suisse [CP]) commise au préjudice de F______, de lésions 
corporelles graves (art. 122 CP) commises aux dépens de D______ et de rixe 
(art. 133 al. 1 CP). Le TCO l'a condamné à une peine privative de liberté de quatre 
ans et sept mois, sous déduction de 415 jours de détention avant jugement et de 
douze jours de mesures de substitution (art. 51 CP). Il a ordonné, par prononcé 
séparé, le maintien des mesures de substitution ordonnées le 21 décembre 2020 par le 
Tribunal des mesures de contrainte (TMC ; art. 231 al. 1 et 237 al. 4 du code de 
procédure pénale suisse [CPP]) et renoncé à révoquer le sursis octroyé le 3 octobre 
2018 par le Ministère public (MP) de l'arrondissement de W______. 

Il a également condamné A______ à payer à : 

 H______ [compagnie d'assurances] CHF 15'769.85, à titre de réparation du 
dommage matériel (art. 41 de la loi fédérale du 30 mars 1911, complétant le code 
civil suisse [CO, code des obligations]) ; 

 F______, CHF 864.10, avec intérêts à 5% dès le 27 novembre 2019, à titre de 
réparation du dommage matériel (art. 41 CO) et CHF 20'000.-, avec intérêts à 5% 
dès le 3 novembre 2019, à titre de réparation du tort moral (art. 47 CO) ; 

 D______, CHF 1'912.55, à titre de réparation du dommage matériel (art. 41 et 46 
CO) et CHF 30'000.-, avec intérêts à 5% dès le 3 novembre 2019, à titre de 
réparation du tort moral (art. 47 CO). 

Le TCO a renvoyé F______ et D______ à agir par la voie civile pour le surplus 
(art. 126 al. 2 et 3 CPP). 

a.b. Par ce même jugement, le TCO a déclaré F______ coupable de rixe (art. 133 
al. 1 CP), mais l'a exempté de toute peine (art. 54 CP) et a renoncé à révoquer le 
sursis octroyé en septembre 2017 par le MP pour rixe. 

a.c. Le TCO a acquitté D______ et I______ de rixe (art. 133 al. 2 CP). 

b.a. A______ conclut à son acquittement de tentative de meurtre en relation avec les 
faits à l'encontre de F______, mais ne s'oppose pas à un verdict de culpabilité des 
chefs de lésions corporelles graves et ne conteste pas sa culpabilité relative à la rixe. 

- 4/43 - 

P/22360/2019 

Il demande le prononcé d'une peine privative de liberté plus clémente, compatible 
avec un sursis partiel. 

b.b. Egalement en temps utile, le MP forme appel joint, concluant à ce que A______ 
soit déclaré coupable d'une double tentative de meurtre, en plus de la rixe. La peine 
privative de liberté doit ainsi être portée à six ans. 

c. Selon l'acte d'accusation du 24 novembre 2020, il était ou est reproché ce qui suit à 
A______ : 

A Genève, à la hauteur de l'île jouxtant la place 1______, le 3 novembre 2019, aux 
alentours de 4h, une rixe est intervenue entre A______, F______, D______ et 
I______. Au stade de l'appel, les condamnations et acquittements de ce chef ne sont 
pas contestés par les différents antagonistes. 

Au cour de ces faits, A______ a donné plusieurs coups, au moyen d'un couteau 
suisse, de bas en haut, en direction de l'abdomen de F______, lequel lui faisait face. 
A tout le moins un coup lui a perforé l'abdomen et un autre lui a transpercé l'arrière 
du bras gauche. La vie de F______ a été concrètement mise en danger. 

A______ a ensuite asséné un violent coup de couteau en direction de la tête ou du 
buste de D______, lequel s'était approché de I______ pour lui donner un coup de 
poing et qui se trouvait à côté de lui. Il l'a atteint au bras. Ce coup a provoqué une 
importante hémorragie, qui aurait pu provoquer le décès de D______ sans une 
intervention médicale rapide, et a causé la perte – à tout le moins partielle – de 
l'usage de sa main droite. A______ a enfin demandé à sa victime si elle "en voulait 
encore plus" et tenté, en vain, de lui asséner un coup de couteau dans le dos, alors 
qu'elle s'enfuyait. 

B. Faits résultant du dossier de première instance 

Les faits, encore pertinents au stade de l'appel et tels que, pour bonne partie, arrêtés 
dans le jugement du TCO (art. 82 al. 4 CPP), sont les suivants : 

1. Rapports d'arrestation et de renseignements 

a.a. Selon les images de vidéosurveillance des TPG et l'analyse du contenu du 
téléphone de A______, sous précision du fait que les codes de déverrouillage ont été 
fournis par celui-ci, la rixe était survenue le 3 novembre 2019, entre 4h12 et 4h43, 
heure à laquelle le prévenu a appelé sa petite amie. A 5h07, ce dernier, I______, 
J______ et une tierce personne étaient montés dans le bus n° 2______, à l'arrêt 
1______. Ils en étaient ressortis avant le départ. Cinq minutes plus tard, le téléphone 

- 5/43 - 

P/22360/2019 

était localisé à proximité du domicile de A______, distant de 1,3 km du lieu de 
l'agression. 

Le prévenu a passé plusieurs appels, en particulier à sa petite amie, avec laquelle il a 
conversé durant neuf minutes. A 5h38, il a été joint par I______. Il n'a pas répondu à 
ses trois appels suivants. A 6h23, son téléphone s'est connecté au réseau wifi de son 
domicile. 

a.b. L'analyse du contenu du téléphone a encore mis en évidence les échanges infra : 

a.b.a. A______ entretenait avec K______ une relation de "meilleurs amis". Le 
14 juin 2019, celle-ci ayant décidé de se remettre en couple avec F______, il s'était 
inquiété du fait que celui-ci pourrait être physiquement violent avec elle, comme tel 
avait été le cas par le passé. Si ce dernier l'insultait ou la harcelait, il interviendrait 
pour le calmer. En audience, il a précisé penser agir verbalement à cet effet, sous 
précision qu'il ne voulait pas qu'elle se remette avec celui-ci. 

F______ lui demandait parfois de prendre soin de sa compagne ou d'intervenir 
auprès d'elle quand le couple était en conflit. 

a.b.b. Le 2 novembre 2019, la petite amie de A______ l'adjurait de prendre garde à 
l'alcool et de ne pas se laisser influencer par ses amis. 

a.b.c. A 7h26 le 3 novembre 2019, A______ a reçu trois messages de K______ pour 
l'informer que F______ se trouvait entre la vie et la mort. Elle l'a encore interpellé à 
9h30. 

a.c. A______ a été interpelé à son domicile, sans résistance, à 10h42, alors qu'il 
dormait avec sa petite amie, L______. Sa veste a, en particulier, été découverte au 
fond du panier à linge. 

a.d. Le 5 novembre 2019, un couteau suisse, coïncidant avec celui décrit par 
A______, a été découvert dans le Rhône, à cinq mètres en aval du Pont 3______, sur 
le sol, le long du muret. Il était standard, d'environ 8 cm. Sa plus grande lame 
mesurait 5,5 x 1,2 cm. Tous ses accessoires étaient fermés. Les analyses effectuées 
par le Centre universitaire romand de médecine légale (CURML) ont uniquement 
révélé un mélange de deux profils ADN sur les lames, qui ne correspond pas au 
profil ADN de A______. 

2. Etat de santé de F______ 

b.a. F______ a été découvert par les policiers dans un état de semi-conscience. Il 
n'arrêtait pas de hurler et a vomi à plusieurs reprises. Après l'avoir allongé au sol, un 

- 6/43 - 

P/22360/2019 

policier a appliqué un "Wound Packing" au bas ventre, côté droit, ce qui a stoppé 
l'hémorragie. Un point de compression sur la blessure a été effectué en continu 
pendant une trentaine de minutes, soit durant les premiers secours dans l'ambulance, 
le transfert à l'hôpital jusqu'à sa prise en charge immédiate au bloc opératoire. 
F______ était tachycarde avec une tension artérielle stable et présentait une plaie 
pénétrante de 20 mm, par arme blanche, abdominale avec lacération hépatique du 
segment VI, avec hémorragie active. La présence de liquide libre en intrapéritonéal a 
été détectée. La victime souffrait d'une autre plaie plus superficielle au bras gauche, 
laquelle a été explorée et suturée, sans lésion des structures nobles. 

b.b. Selon le rapport du CURML, confirmé en audience par ses auteurs, F______ 
(174 cm pour 49 kg) présentait une plaie transfixiante au niveau de l'hypochondre 
droit, traversant l'ensemble des structures de la paroi abdominale antérieure et se 
prolongeant jusqu'au niveau de la face interne de la paroi abdominale antérieure. Le 
lobe droit du foie était entaillé. Le patient souffrait encore de deux plaies : la 
première au niveau de la face postérieure du tiers supérieur du bras gauche, orientée 
obliquement vers le bas et l'avant ; la seconde au niveau de la face médiale du tiers 
proximal du bras gauche, orientée dans l'axe du membre. Ces deux dernières plaies 
étaient communicantes et correspondaient aux orifices d'une lame sur une seule 
trajectoire. 

F______ présentait également deux plaies contuses, infra-centimétriques, au niveau 
de la face interne de la lèvre inférieure, plusieurs ecchymoses au niveau du visage, de 
l'abdomen, des membres supérieur et inférieur gauches, ainsi qu'une dermabrasion au 
niveau de l'abdomen. 

Compte tenu du saignement important, qui avait provoqué une instabilité 
hémodynamique, les lésions constatées avaient concrètement mis en danger la vie de 
F______ d'un point de vue médico-légal. Les experts ont précisé que ses systèmes 
cardiaque et cardiovasculaire avaient été dépassés par la situation. Son corps n'avait 
plus été en mesure de faire face. 

b.c. Selon le rapport d'analyse toxicologique, le sang de F______ contenait 3 µg/l de 
THC, indiquant une consommation récente de cannabis, et 0,96 g/kg d'éthanol. 

b.d. F______ s'est trouvé en incapacité totale de travail entre les 3 novembre 2019 et 
12 janvier 2020, puis en incapacité partielle (50%) entre les 13 et 31 janvier 2020. 

b.e. Selon les certificats médicaux délivrés par son psychiatre, entre mai 2020 et 
décembre 2021, F______ souffrait d'un état de stress post-traumatique. Malgré la 
persistance symptomatique, il maintenait une activité professionnelle d'agent de 
propreté à 50%. Son suivi psychologique était accompagné d'un traitement 
médicamenteux. Son entourage avait noté un changement dans son caractère, à 

- 7/43 - 

P/22360/2019 

savoir une perte de confiance en lui, de l'irritabilité, un repli sur lui, ainsi qu'une 
tendance à éviter les sorties et à s'approcher du quartier où vivait son agresseur, ce 
qu'a confirmé en substance M______, amie très proche, devant le TCO. 

b.f. F______ a expliqué ressentir encore des douleurs, cauchemarder toutes les nuits 
et souffrir d'une dépression. Il avait peur de sortir et de se retrouver dans "une 
histoire de ce genre". Il ne pouvait faire aucun effort physique, en raison de 
sensations semblables à un nœud et parfois de douleurs, lorsqu'il portait trop de 
poids. Lorsqu'il avait repris une activité professionnelle, ses tâches avaient dû être 
allégées. Sa cicatrice de 15 cm sur le ventre lui rappelait les événements.  

3. Etat de santé de D______ 

c.a. A son arrivée aux urgences, D______ présentait une plaie à l'avant-bras droit, 
avec saignement abondant. Un agent X______ [services de sécurité privée] avait 
effectué un point de compression, tandis que les policiers avaient immédiatement fait 
usage du garrot type CAT pour stopper l'hémorragie. L'artère et la veine ulnaire au 
tiers supérieur du membre étaient sectionnées, ainsi que les nerfs interosseux 
antérieur, médian et ulnaire. 

c.b. Selon le rapport du CURML, confirmé en audience par ses auteurs, D______ 
(185 cm pour 121 kg) présentait une plaie au niveau de l'avant-bras droit, avec 
atteinte des structures musculaires, vasculaires et nerveuses. Il avait aussi subi des 
ecchymoses au niveau du membre supérieur droit et des membres inférieurs, ainsi 
que deux dermabrasions au niveau des doigts de la main droite. 

Une distinction devait être faite entre la mise en danger de la vie au sens médical, 
évaluée par les cliniciens au moment de la prise en charge du patient, du sens 
médico-légal, déterminé par les légistes sur la base de l'ensemble du dossier médical 
et des constatations a posteriori. D'un point de vue médical, la vie de D______ aurait 
pu être mise en danger, car la lésion à l'avant-bras aurait pu conduire à la mort sans 
une intervention médicale rapide. En revanche, selon des considérations médico-
légales, elle n'avait pas été concrètement mise en danger puisque les paramètres 
vitaux avaient été stabilisés et l'hémorragie stoppée à brève échéance. Dès lors, il 
était impossible d'affirmer que D______ serait décédé de manière certaine sans une 
prompte intervention, même si ses chances de survie auraient été très faibles. Les 
artères concernées étaient celles que les personnes tentant de se suicider se 
sectionnaient. 

c.c. Selon le rapport d'analyse toxicologique, D______ présentait dans son sang 
2,5 µg/l de THC, indiquant une consommation récente de cannabis, et 0,19 g/kg 
d'éthanol. Or, durant ses auditions, il a déclaré ne pas consommer d'alcool, avant 
d'affirmer avoir bu un verre de whisky-coca durant la soirée en question.  

- 8/43 - 

P/22360/2019 

c.d. D______ s'est trouvé en incapacité totale de travail du 4 novembre 2019 au 
5 janvier 2020, du 24 janvier au 5 avril 2020 et enfin du 1er janvier au 1er avril 2021. 

c.e. Selon son physiothérapeute, D______ n'utilisait plus son bras droit pour les actes 
de la vie quotidienne. Même les tâches légères et principalement bi-manuelles 
restaient extrêmement difficiles car il souffrait d'un manque de force important, 
notamment des fléchisseurs du pouce et de l'index, ce qui rendait la préhension 
impossible. Il avait un déficit important de la sensibilité et certaines douleurs. Il se 
montrait volontaire, proactif et impliqué dans sa rééducation. 

c.f. Selon le certificat médical de son psychiatre, en mars 2021, D______ souffrait 
d'un état de stress post-traumatique, accompagné d'affects dépressifs en lien avec les 
lésions subies. Le handicap moteur et les déficits sensoriels du membre droit 
pourraient affecter sa capacité de travail future, ce qui avait pour conséquence un fort 
sentiment d'impuissance, de désespoir et de crainte de ne pas pouvoir exercer une 
profession manuelle comme il l'avait envisagé. N______, travailleur social à la 
Fondation O______, a d'ailleurs expliqué, devant le TCO, que ce jeune homme 
devrait recourir à l'AI. 

c.g. Lors de son audition en novembre 2019, D______ portait une "gomme" sur son 
bras en écharpe. Il ressentait comme des chocs électriques qui lui remontaient 
derrière la tête. Il avait été blessé à son bras fort, ne pouvait plus utiliser sa main et 
avait perdu toute sensibilité jusqu'au haut de son avant-bras. Il n'était donc plus en 
mesure d'écrire ou de travailler et se sentait inutile, ce qui l'empêchait d'avancer. 
Deux de ses trois tendons avaient été sectionnés, de même que sept ou huit veines et 
deux artères. Une greffe de tendon avait été nécessaire. En mai 2020, les médecins ne 
savaient pas s'il retrouverait le 50% de ses capacités. En avril 2021, une nouvelle 
opération était prévue, mais sans garantie de succès. 

A cette date, D______ n'avait toujours pas retrouvé de travail. Cette situation l'avait 
forcé, pendant une période, à loger dans un foyer d'urgence. Psychologiquement, il 
n'était plus le même, avait perdu le goût à la vie et cachait sa situation à sa mère, qui 
était très affectée.  

4. Etat de santé de A______ 

d.a. Selon le rapport du CURML, A______ (182 cm pour 97 kg) présentait des 
ecchymoses rougeâtres au niveau du cuir chevelu, du visage et du cou à droite, ainsi 
que du front à gauche. Il souffrait encore de dermabrasions au niveau du cou et de 
l'abdomen à droite, du cuir chevelu frontal et du membre supérieur à gauche, ainsi 
que des deux mains et des deux genoux. Un érythème au niveau des deux joues, une 
tuméfaction douloureuse de la joue droite et une douleur à la palpation de 
l'articulation temporo-mandibulaire à gauche avaient aussi été décelés. 

- 9/43 - 

P/22360/2019 

d.b. Selon le test de l'éthylomètre du 3 novembre 2019 à 13h58, A______ présentait 
0,00 mg/l. L'analyse toxicologique a mis en évidence moins de 0,10 g/kg d'éthanol 
dans le sang prélevé à 13h45 le même jour. Cependant, il a reconnu avoir consommé, 
le soir des faits, une demi-bouteille de rosé, des bières et des shots de tequila. 

d.c. Selon le rapport de suivi médico-psychologique et le certificat médico-
psychologique, A______ avait été suivi, à sa demande, au service médical de la 
prison de P______ depuis le 3 juin 2020 à un rythme hebdomadaire. Il s'était montré 
investi et avait manifesté le souhait d'avancer rapidement. Toutefois, il avait éprouvé 
des difficultés à s'ouvrir sur des thématiques chargées émotionnellement et à accéder 
à son monde affectif. Il avait d'emblée fait part de regrets et d'incompréhension quant 
à son acte, qu'il reconnaissait et critiquait, mais peinait à comprendre. 

d.d. A______ a été suivi par une psychiatre depuis sa sortie de prison à raison de 
séances bimensuelles. Il se montrait présent, ponctuel, calme et collaborant, sans 
signe de consommation d'alcool, ni de stupéfiants. Le travail se concentrait sur cette 
problématique, ainsi que sur celle liée à l'impulsivité et à l'agressivité. Son discours 
était cohérent et organisé, bien que descriptif. Le patient avait pris conscience de son 
erreur et de la gravité de ses actes. A fin 2021, il était capable de contrôler ses 
émotions, mais devait encore élaborer ses stratégies et ses capacités à les maîtriser. Il 
ne présentait aucune symptomatologie psychotique. Il avait progressivement évolué 
dans son positionnement et sa mise en relation avec les autres. Il présentait aussi des 
projets constructifs et plus mûrs pour son avenir, sur les plans professionnels et 
personnels. 

5. Déclarations des participants à la rixe 

e.a. F______ a expliqué qu'il avait été énervé d'être ignoré par sa petite amie et avait 
voulu avoir une explication. Il avait sifflé trois fois sans qu'elle ne réagisse, ce qui lui 
avait mis la "haine". Il avait couru pour la rattraper et l'avait retenue pour lui parler. 
Il avait crié sur elle, se sentant comme une "merde". Devant le MP et le TCO, il a 
atténué ses déclarations : lorsqu'il l'avait rejointe, il l'avait arrêtée en tirant sa veste, 
sans l'insulter ni la bousculer. 

A______ s'était interposé, se plaçant face à F______. Ce dernier lui avait demandé 
de "dégager" par trois fois. Comme A______ lui avait mal répondu, il l'avait poussé, 
en vain. Il avait réitéré son geste en lui demandant s'il cherchait la bagarre, pensant 
que tel n'était pas le cas. A______ lui ayant répondu par l'affirmative, il avait enlevé 
sa veste. Dans une version ultérieure, F______ a précisé ne pas avoir poussé son 
adversaire et avoir seulement fait mine d'enlever sa veste. A peine l'avait-il fait que 
A______ l'avait frappé à coups de poing au visage. D______ avait vu la scène et 
avait poussé A______ ou lui avait donné un seul coup de poing au visage. Ce dernier 
avait glissé en arrière et entraîné F______ dans sa chute. Une bagarre s'en était suivie 

- 10/43 - 

P/22360/2019 

au cours de laquelle celui-ci avait donné un coup de pied dans la nuque de A______ 
et deux coups de poing dans la tête pour se libérer et pouvoir se relever. Devant le 
MP et le TCO, F______ a confirmé cette version : il avait frappé son adversaire par 
réflexe, pour se défendre, car celui-ci l'avait déjà frappé plusieurs fois et était plus 
corpulent que lui ; il lui avait ainsi donné un léger coup de pied en visant le torse, 
mais avait touché le visage, puis deux coups de poing au visage (C-22 ; PV TCO, 
p. 11). Il n'avait ensuite pas pu fuir. Se retournant, il s'était trouvé face à A______ 
qui l'avait alors frappé avec son couteau. Il avait seulement discerné le bras gauche 
de son antagoniste faire un mouvement vers son épaule, comme pour lui faire une 
prise, tandis que son bras droit ne lui était pas visible. 

Ce dernier avait jeté un coup d'œil sur les deux autres individus, qui se battaient. 
F______ en avait profité pour partir, avait regardé son ventre et avait été poursuivi 
par I______ ou par A______. Il n'avait constaté qu'une fois arrivé à l'hôpital sa 
blessure au bras. 

A______ s'était enfin s'occupé de D______ qui était seul et prenait son sac pour 
partir. En s'enfuyant, F______ avait vu que I______ et A______ tentaient de frapper 
son ami par derrière, alors que celui-ci fuyait. 

e.b. Selon D______, A______ était intervenu dans la dispute du couple en insultant 
F______, lequel l'avait poussé. Il lui avait alors assené trois à quatre violents coups 
de poing au visage, tandis que celui-ci avait tenté de se défendre, en vain. D______ 
était alors intervenu en assénant un coup de poing au visage de A______, le faisant 
chuter à terre et l'étourdissant. Il n'avait pas donné d'autres coups et n'avait pas frappé 
fort (PV TCO, p. 14). Il s'était interposé car son ami "n'en pouvait plus" et dans le 
seul but que A______, prêt à tout, lâche prise pour mettre un terme à l'altercation. 
Cependant, une bagarre s'était engagée. A______, toujours à terre, avait alors 
demandé à tout le monde de s'arrêter. Dans une version subséquente, D______ s'est 
attribué la décision de calmer les hostilités. 

À ce moment, D______ avait voulu prendre ses affaires pour partir, mais il avait 
constaté que A______ frappait F______ contre un mur, tandis que I______, à ses 
côtés, semblait attendre son tour. Il s'était élancé afin de donner un coup de poing à 
ce dernier et avait entendu son ami émettre deux cris assez forts, puis avait constaté 
que celui-ci se tenait le ventre. Il avait voulu se porter à son secours, mais A______ 
avait interprété son geste comme une envie d'en découdre. Tous deux s'étaient mis en 
garde. A______ lui avait adressé un coup de pied sur la jambe et fait un geste 
circulaire, de côté, en direction de son buste. D______ avait placé son bras droit en 
défense. Le coup de couteau l'avait ainsi atteint à cet endroit au lieu du buste. Il 
n'avait pas bien vu cet objet, dans la main droite de son antagoniste (A-3 s.). En 
revanche, devant le MP et le TCO, il a affirmé avoir vu un coup de poing dirigé vers 
sa tête et l'avoir reculée en gardant les bras en garde (C-29 s. ; PV TCO, p. 14). 

- 11/43 - 

P/22360/2019 

Après avoir reçu le coup de couteau au bras, il s'était rendu compte que ses doigts ne 
répondaient plus correctement et qu'il perdait énormément de sang. I______ et 
A______ lui faisaient alors face. Le premier lui avait lancé "maintenant tu cours", 
voire encore "c'est ce que tu voulais ?", et le second "tu en veux encore plus ?". Il 
avait ensuite pris la fuite, mais A______ avait tenté de lui asséner un nouveau coup 
de couteau dans le dos, déclaration confirmée devant le MP, tandis que I______ 
poursuivait son ami. 

e.c. Selon I______, A______ était intervenu dans la dispute du couple et avait poussé 
F______, qui avait riposté. Tous deux s'étaient ensuite battus. Puis, D______ s'en 
était mêlé, se trouvant avec F______ sur A______, explications fournies devant le 
TCO seulement. I______ n'avait pas vu ce dernier courir ensuite après D______. Il 
avait poursuivi F______ pendant quelques secondes, sans avoir vu que celui-ci avait 
été blessé par un coup de couteau. 

Il avait appris plus tard que F______ et D______ avaient chacun reçu un coup de 
couteau. Il n'avait ainsi pas compris lorsque, peu après la bagarre, A______ lui avait 
demandé ce qu'il devait en faire. Ce dernier était ensuite parti en marchant 
calmement. En présence des policiers, I______ avait réussi à le joindre, mais 
A______ avait raccroché en entendant la police et n'avait plus répondu. 

e.d. Selon ses explications, A______ n'avait jamais eu de problème avec F______ ou 
D______. Il avait rencontré celui-ci lors de la soirée en question. 

Peu avant les faits reprochés, il avait entendu F______ crier sur la jeune femme et la 
prendre "comme s'il allait lui mettre un coup". Il était intervenu par peur que les 
choses dégénèrent. Il avait été surpris par cette dispute tout en étant en colère. Il avait 
du ressentiment envers F______ car celui-ci se montrait régulièrement agressif 
envers son amie. En s'interposant, il avait fait profil bas, mais avait peut-être poussé 
son antagoniste de côté. F______ lui avait ordonné de partir. A______ s'apprêtait à 
obéir lorsque celui-ci avait enlevé sa veste pour la jeter par terre et l'attaquer 
directement avec des droites au visage. Il s'était alors défendu en croisant ses bras 
devant son visage et, voyant que les coups ne cessaient pas, il avait aussi commencé 
à en donner avant de tomber. Dans une version subséquente, il a reconnu avoir 
répliqué après le premier coup de poing avant d'en encaisser un second et de tomber. 
Sur ce fait, D______ était arrivé pour le frapper à son tour à coups de poings et de 
pieds, alors qu'il était à terre. Ainsi, pendant un long laps de temps, A______ avait 
été roué de coups par ses deux antagonistes, ce qui lui avait occasionné des 
acouphènes et des flashs devant les yeux. Quand il était parvenu à se relever, il était 
"fracassé" et choqué, craignant pour sa vie. Il n'était pas parti car il était incapable de 
marcher et encore moins de courir. 

- 12/43 - 

P/22360/2019 

Dès ce moment dans le déroulé des événements, A______ a livré une première 
version à la police, selon laquelle il avait vu F______ chercher quelque chose dans sa 
poche. Apercevant un couteau suisse d'environ 10 cm, il avait essayé de secouer son 
adversaire et l'arme était tombée par terre, encore fermée. Il en avait profité pour la 
ramasser et en ouvrir la plus grande lame. Il avait eu peur que F______ le lui plante 
en premier, même si celui-ci était alors désarmé. Par réflexe, il avait pensé que son 
adversaire pouvait avoir un autre objet dangereux. Revenant sur ses déclarations, en 
pleurs, durant la même audition à la police (B-42), A______ a reconnu que le 
couteau lui appartenait : il en portait parfois un, en raison d'une habitude prise à son 
travail. Lorsqu'il s'était relevé après avoir reçu les coups, il s'était trouvé face à 
F______ qui était "chaud" et sautait dans tous les sens, prêt à l'attaquer. Comme il 
avait épuisé toute son énergie, il s'était senti faible et avait touché ses poches pour 
prendre son téléphone ou quelque chose à lancer. Dans la panique, par malheur, il 
était tombé sur le couteau dans sa poche et l'avait sorti pour se défendre. 

Un quart de seconde plus tard, il avait "planté" le couteau dans le bas ventre de 
F______, possiblement parce que ce dernier lui avait "sauté dessus" et donné des 
coups, ne prêtant pas attention au couteau ouvert le long de sa cuisse. Il avait donné 
en tout cas un coup avant de faire plusieurs fois le mouvement dans le vide en 
pointant le couteau, de bas en haut ou de haut en bas, en direction de l'abdomen de 
son adversaire, sans viser, mais dans l'intention de le toucher. Il ne se souvenait pas 
bien de son geste, ni de combien de coups il avait porté, ni lequel avait porté, car il 
était sous l'influence de l'alcool et de la fatigue et s'était senti agressif. Interrogé par 
le MP sur ce qu'il pensait qu'il arriverait à F______ en lui donnant une série de coups 
de couteau dans l'abdomen, A______ a répondu que celui-ci pouvait trouver la mort 
(C-8). Toutefois, tout s'étant déroulé très vite, il n'avait pas réalisé que cette issue 
pouvait se produire. Terrorisé, il s'était défendu sans penser aux conséquences 
possibles de son geste. F______ était ensuite resté face à lui, si bien qu'il n'avait pas 
eu à lui courir après. Confronté aux explications de son antagoniste, A______ a 
admis, bien qu'il ne s'en souvienne pas, avoir infligé à celui-ci les coupures à l'arrière 
de son bras gauche, sans savoir à quel moment. 

À la fin de cet épisode, A______ ne savait pas où se trouvait D______, qui était parti 
en courant. Il a appris par la police que celui-ci avait reçu un coup de couteau, ce qui 
avait pu se produire par accident dans la foulée de ceux assénés à F______ (B-38). 
Selon des précisions subséquentes, il avait senti une menace derrière lui et D______ 
était apparu à ses côté. Il avait alors fait un geste circulaire, le touchant sans en avoir 
conscience (PV TCO, p. 7). D______ avait ainsi reçu accidentellement un coup de 
couteau, dans le feu de l'action, avant de s'enfuir. A______ "pens[ait]" avoir alors 
couru et lui avoir donné un coup par derrière, ainsi que le lui a suggéré le MP (C-8). 
Cependant, selon ses propos devant le TCO, tel n'était pas le cas. Confronté aux 
déclarations de son opposant et à la question du MP de savoir s'il admettait "avoir 
délibérément mis un premier coup de couteau à D______ de face et un second dans 

son dos ou s'il s'agi[ssait] d'un accident", A______ a répondu que son acte ne 

- 13/43 - 

P/22360/2019 

pouvait pas être accidentel, mais il ne s'en souvenait pas (C-8). Avec l'adrénaline, il 
n'avait pas pensé au danger que son geste pouvait engendrer. Il n'avait pas visé un 
endroit particulier. Il était hors de lui et n'avait pas su comment se contrôler. Sur le 
moment, il n'avait pas réalisé que sa victime aurait pu mourir. 

Jusqu'au moment du coup de couteau, il se considérait comme une victime, car il 
était intervenu pour calmer la situation et avait été roué de coups. Après, il tremblait 
et était hors de lui. Le fait d'avoir donné un coup de couteau l'avait réveillé. Il lui 
avait fait prendre conscience qu'il avait poignardé F______, mais non D______ (B-
37 ; C-9 ; PV TCO, p. 7 et 9). Il s'était éloigné et, pris de panique, avait lancé le 
couteau, en direction du Rhône. Il avait appelé sa copine, lui parlant juste d'une 
bagarre qui avait mal fini. Il était peut-être allé vers I______, qui lui avait demandé 
ce qui s'était passé. Il avait toutefois été incapable de répondre. Il avait ensuite suivi 
le groupe de ce dernier. Ils étaient montés dans le bus et en étaient redescendus avant 
le départ. Il était rentré chez lui. Lorsque I______ l'avait appelé par téléphone, il 
n'avait pas compris qu'un policier avait tenté de lui parler. Il avait vu le message de 
K______, mais il était dans un tel état de choc et de fatigue qu'il s'était écroulé dans 
son lit. 

Dès sa première audition, A______ a demandé des nouvelles de F______ et de 
D______. Il regrettait énormément sa terrible erreur et était soulagé qu'ils s'en soient 
sortis, ce qu'il a répété devant le MP. Il leur a demandé pardon, y compris par écrit le 
3 décembre 2020. En novembre 2020, il leur a proposé des versements mensuels au 
titre du dommage moral, ce qui est attesté par courriers de son avocat. 

6. Déclarations des témoins 

f.a. K______, J______ et Q______ étaient présentes au moment des faits reprochés. 
Toutes trois ont rapporté la dispute entre la première et son petit ami. Celle-ci a 
admis que F______ était parfois violent verbalement envers elle depuis deux ans, ce 
dont elle informait A______. Après juin 2019, elle lui avait expliqué que sa relation 
de couple s'était améliorée. 

Seule J______ a été en mesure de décrire quelques étapes de la rixe : en 
s'interposant, A______ avait poussé F______ ; au sol, il avait reçu deux coups de 
pied ou de genou dans la tête par D______ ; I______ s'en était alors mêlé. 

f.b. L______ était la petite amie de A______ au moment des faits et jusqu'à tout le 
moins en mai 2020. Elle s'est déclarée choquée par le rôle de celui-ci dans cette 
affaire. 

Le 3 novembre 2019, en fin d'après-midi, elle lui avait fait sa recommandation 
habituelle, soit de faire attention à l'alcool. Elle craignait qu'il cherche des 

- 14/43 - 

P/22360/2019 

embrouilles. Il n'était en effet pas rare qu'il se trouve au milieu de bagarres. Devant le 
MP, elle a précisé que A______ se défendait seulement et ne s'était jamais battu en 
sa présence. Depuis qu'il était revenu de son service militaire en mai, il consommait 
beaucoup plus d'alcool qu'auparavant. En revanche, il n'avait pas pour habitude de 
détenir une arme blanche. 

Vers 5h, A______ l'avait appelée pour lui avouer qu'il avait poignardé F______ au 
niveau du ventre. Il avait refusé de répondre à toutes ses questions. Lorsqu'elle l'avait 
rejoint à son domicile, il était paniqué, ne savait pas quoi faire et lui avait affirmé 
avoir pris un couteau pour se défendre. K______ avait essayé de le joindre, mais il 
n'avait pas décroché, sûrement parce qu'il n'arrivait pas à croire ce qu'il avait fait. 
Elle lui avait ensuite écrit que F______ était entre la vie et la mort. Cette annonce 
n'avait eu aucun effet sur A______, qui avait continué à refuser d'en parler. 

7. Déclarations des témoins de moralité 

g.a. B______, beau-père de A______, le connaissait depuis que celui-ci avait 
dix ans. Serviable, charmant et non violent, le jeune homme s'était toujours comporté 
de manière exemplaire à la maison et avec son employeur. Il avait toujours travaillé 
depuis son apprentissage, sauf pendant son école de recrues. En prison, il s'était 
montré très résilient et avait suivi des cours d'anglais et d'informatique. Il acceptait 
de devoir en passer "par là", savait ce qu'il avait fait et avait trouvé une certaine 
sérénité, même si la période avait été longue. 

g.b. R______, formateur, puis employeur de A______, l'avait suivi pendant environ 
six ans. Grâce à son sérieux, celui-ci s'était très rapidement adapté au monde des 
adultes. Il avait été son meilleur apprenti et avait du reste obtenu le deuxième CFC 
du canton. R______ avait donc voulu l'engager après son service militaire long, ce 
qu'il n'avait jamais fait auparavant. 

Il avait visité à plusieurs reprises son employé en détention et lui avait donné un 
emploi à sa sortie. A l'instar de son équipe, il avait été choqué par les événements, 
mais tenait à garder le jeune homme dans son entreprise. Ce dernier avait en effet 
très vite pris conscience de la gravité de ses actes et manifesté des regrets. Il méritait 
de "rester dans le système" et pouvait évoluer favorablement sur le plan 
professionnel. Tel était du reste le cas à la lecture de l'attestation délivrée par 
R______, le 23 novembre 2021. 

g.c. S______ connaissait A______ depuis le Cycle d'orientation. Elle ne l'avait 
jamais vu faire preuve d'agressivité verbale ou physique, au contraire. Elle avait donc 
été choquée d'apprendre les actes reprochés à son ami. Ceux-ci lui avaient appris à 
voir la vie différemment et permis d'évoluer positivement. 

- 15/43 - 

P/22360/2019 

C. Procédure d'appel 

1. Auditions des parties 

a.a. A______ a spontanément déclaré avoir dit la vérité au cours de la procédure. En 
relisant son procès-verbal, il s'était rendu compte de sa difficulté à s'exprimer devant 
l'autorité. Il espérait donc que ses propos ne seraient pas mal interprétés car il ne 
voulait pas donner une mauvaise image. Il était responsable des événements et ne 
voulait pas les minimiser. Malgré ses affirmations devant le TCO, il ne se considérait 
pas comme une victime au regard des coups de couteau qu'il avait donnés. Avec le 
recul, il savait qu'il aurait dû quitter les lieux. Sur le moment, il était resté car il avait 
de la peine à marcher. 

Le couteau en pièce C-166 ressemblait beaucoup au sien. Au moment de l'utiliser, il 
ne pensait à rien et avait agi dans le feu de l'action. Il aurait préféré se défendre 
autrement au lieu de commettre l'irréparable. Se remémorant souvent les faits, il se 
rendait compte que les victimes auraient pu mourir. Toutefois, jamais, il n'aurait 
voulu cette conséquence. 

Il a réitéré ses regrets et exprimé sa compassion. Il voulait assumer ses actes et verser 
toutes les indemnités. La vie lui avait donné une correction. 

a.b. A______ n'avait pas de difficulté à respecter l'abstinence à l'alcool, ayant 
compris que cette consommation était néfaste. Comme ses amis le soutenaient et 
qu'il ne voulait pas se retrouver dans la même situation qu'en novembre 2019, il 
n'était pas tenté, y compris en soirée. Il avait également une nouvelle compagne, 
S______. Elle le soutenait dans les pires moments ce qui l'apaisait. 

La psychiatre lui avait permis de mieux catégoriser ses émotions et de travailler sur 
son agressivité, de même que son impulsivité. Il avait à présent les outils pour ne pas 
retomber dans ce genre de comportement et s'était rendu compte de ce qu'il avait 
infligé aux victimes. Il avait appris à prendre du recul. Il voulait poursuivre cette 
thérapie, ayant de surcroît un très bon contact avec sa psychiatre. 

b.a. F______ a confirmé sa version des faits. 

b.b. Il n'avait toujours pas trouvé un deuxième emploi à 50% et ne recevait aucune 
aide du chômage. Il restait stressé en raison de ses nombreuses factures et poursuites. 
Sans le soutien de sa famille, il ne parviendrait même pas à payer son loyer. 

Sa santé n'avait pas évolué.  Il pensait moins aux événements grâce à l'écoulement du 
temps et à ses efforts. Toutefois, il conservait trois cicatrices qui ne l'aidaient pas à 
oublier, dont une d'environ quinze centimètres sur le ventre. 

- 16/43 - 

P/22360/2019 

c.a. D______ a confirmé ses déclarations. Lorsqu'il avait porté secours à F______, 
A______ et I______ s'étaient dirigés à son encontre. A______ avait visé sa tête pour 
donner son coup de couteau et ne l'avait pas donné en arrière. D'ailleurs, il mentait à 
la CPAR : D______ était informé par des amis que son agresseur se trouvait [au 
quartier de] T______ à boire des bières avec ses copains, pendant que lui-même 
cherchait de l'argent pour vivre. 

c.b. D______ a expliqué sombrer peu à peu dans la dépression, à l'instar de sa mère. 
Avant les faits, il avait un travail dans lequel il faisait des "merveilles" et gagnait 
CHF 700.-. Il ne pouvait rien faire par la faute de A______. 

Il portait son bras en écharpe car il avait subi une nouvelle opération, deux semaines 
avant l'audience en appel. Huit incisions avaient dû être pratiquées et les chances de 
succès n'étaient que de 30%. 

2. Plaidoiries et réquisitoires 

a. Par la voix de son conseil, A______ persiste dans ses conclusions. 

a.a.a. Il était maladroit dans son expression ou avait envie de donner une réponse 
selon les attentes de son interlocuteur, mais il ne mentait pas. A l'issue de son récit à 
la police, il avait admis que le couteau lui appartenait et s'était mis à pleurer. Tous les 
éléments corroboraient sa version sur le déroulement de cette soirée entre amis : vers 
4h, K______ avait ignoré F______ et était restée avec A______, ce qui avait énervé 
le prénommé qui voulait déjà frapper I______. F______ avait décrit s'être senti 
comme une "merde". Ainsi, avant même l'intervention de l'appelant, son état d'esprit 
était agressif. 

Dans cette ambiance délétère était intervenue la dispute. Entendant les éclats de voix, 
A______ était resté calme, selon J______, tout en courant aider sa meilleure amie 
avec laquelle il était dans une relation protectrice. Il était certain que F______ 
pouvait se montrer violent. 

a.a.b. L'appelant avait admis la possibilité d'avoir poussé son antagoniste. F______ 
avait ôté sa veste, qui ne faisait d'ailleurs pas partie des effets saisis par la police. 
Cette invitation au combat aurait dû amener A______ à partir. A suivre le MP, ce 
dernier aurait alors frappé son adversaire à plusieurs reprises à la bouche et au nez, 
tandis que celui-ci ne parvenait pas à riposter. Or, des lésions avaient été observées 
sur toute la tête de A______. A un moment, celui-ci avait chu, d'où les plaies sur ses 
genoux, et F______ était tombé sur lui. A______ avait ensuite admis avoir donné des 
coups, mais il en avait surtout été roué par deux assaillants. La faible corpulence de 
F______ en comparaison à celle de l'appelant était donc sans importance. Un tel 
déferlement de violence illustrait à quel niveau devaient alors se situer les capacités 

- 17/43 - 

P/22360/2019 

de réflexion et d'analyse de l'appelant. En se relevant, celui-ci souffrait d'acouphènes 
et était "fracassé". Recevoir des coups à la tête n'avait rien de banal. 

Les événements s'étaient alors enchaînés en quelques secondes. Même si A______ 
aurait dû partir, ses jambes ne le portaient plus et un sentiment de colère ou de peur 
l'avait envahi, ce qui l'avait amené à donner les coups de couteau. Ceux-ci n'étaient 
pas défensifs, mais n'avaient pas non plus été donnés intentionnellement en direction 
du ventre de son adversaire, même si cette zone était sur le trajet de l'arme tenue au 
niveau de la ceinture. Si l'appelant assumait ses actes et ne contestait pas que la 
victime avait failli mourir, il n'était pas, sur le moment, en mesure de réfléchir aux 
potentielles conséquences de son geste. Il en avait seulement pris conscience lorsque 
le MP les lui avait expliquées. Ses propos ne devaient pas être décontextualisés. 
Durant les faits, l'appelant ne s'était pas rendu compte des coups subséquents portés 
dans le bras de F______. Ce dernier avait d'ailleurs rapporté être parti en courant, 
mais n'avait jamais précisé avoir reçu ces coups à cette occasion. 

Rien ne certifiait que le couteau retrouvé était celui de l'appelant. Ce dernier pensait 
avoir utilisé une lame de 5,5 cm, mais sans certitude. Il avait juste reconnu que celle-
ci n'était pas petite, qu'il avait saisi son couteau sans réfléchir et n'avait pas 
conscientisé qu'il était en train de frapper. 

a.a.c. La situation était similaire pour la blessure infligée à D______. L'appelant 
avait tenté de répondre aux questions, mais sans se souvenir de cet épisode. Durant 
les faits précédemment décrits, cette victime se battait avec I______, elle n'était 
revenue dans le champ de vision de l'appelant qu'au moment de la fuite de F______. 
Seul D______ avait affirmé s'être trouvé en face de son agresseur et que celui-ci 
avait visé sa tête. Aucun autre témoin n'abondait dans ce sens ou avec beaucoup de 
contradiction. Le coup de couteau n'avait donc pas été donné volontairement à la 
tête/au buste et aucun élément n'étayait la poursuite subséquente. 

D______ avait vu sa vie bouleversée. Il nourrissait un fort ressentiment à l'encontre 
de l'appelant et n'était dès lors pas objectif : il avait exagéré ses déclarations jusqu'à 
affirmer que celui-ci aurait frappé F______ contre un mur, ce qui n'était pas 
corroboré par le dossier. 

a.b. A______ avait frappé sans détermination, ni force et ne se souvenait pas du 
moment où il avait ouvert son couteau. Il n'avait pas visé l'abdomen, même si 
F______ se tenait face à lui. Vu la corpulence de celui-ci, le couteau n'avait pas dû 
transpercer de tissus adipeux. L'appelant ne s'était donc pas décidé contre la vie. 
Dans le stress de la bagarre, alcoolisé et blessé, il n'avait pas pu se demander, en 
quelques fractions de secondes, s'il prenait le risque de tuer. En outre, le Tribunal 
fédéral mentionnait toujours le haut du corps, soit la partie supérieure du thorax, pour 
retenir l'intention homicide. Or, les coups de couteau avaient atteint le bas ventre. 

- 18/43 - 

P/22360/2019 

Ainsi, en se fondant sur le coup donné, une tentative de meurtre ne pouvait pas être 
retenue, même par dol éventuel. 

Le comportement de l'appelant, postérieur aux coups de couteau, ne renforçait pas sa 
culpabilité. Le coup porté contre D______ l'avait réveillé comme une douche froide. 
A______ avait informé sa petite amie "en panique" à 4h43 qu'il avait planté 
F______, tout en restant incapable de répondre à ses questions. Il ne connaissait pas 
encore la gravité de la blessure, ni même qu'il en avait infligé plusieurs et avait fait 
une seconde victime. Il savait juste avoir porté un coup, potentiellement dans le bas 
ventre. Il était monté, puis descendu d'un bus à 5h07, comportement qui n'avait rien 
de raisonné. Cinq minutes plus tard, il était déjà devant son domicile. Il avait donc 
couru, preuve à nouveau de son état d'esprit instable. A cet endroit, il avait enchaîné 
les appels téléphoniques, en vain, pendant une heure. Il cherchait de l'aide, sachant 
qu'il avait poignardé F______. Lorsque son ami l'avait appelé et lui avait passé la 
police, il avait certes eu la mauvaise réaction, engendrée par la peur. Pour sa 
compagne, il était en état de choc et se cachait dans le déni. Sous l'effet de la 
sidération et de l'alcool, il s'était écroulé dans le sommeil. Il n'était pas possible 
d'exclure que les premières réflexions étaient de trop et avaient provoqué cette fuite. 
De même, placer ses vêtements dans le panier à linge n'était pas un indice d'une 
tentative de meurtre. Des moyens plus efficaces existaient pour faire disparaître des 
preuves. A______ n'avait ni réfléchi, ni mûri un processus pour dissimuler ses actes. 

a.c. La faute était certes grave, mais devait être appréhendée en fonction de l'état de 
l'appelant et du très bref laps de temps qu'avait duré la rixe. Le contexte initial était 
aussi particulier puisque l'appelant avait porté secours à sa meilleure amie. 

Celui-ci ne s'était pas opposé à son arrestation. Au début de son interrogatoire par la 
police, il avait erré, s'était repris, avait avoué et pleuré. Sa collaboration avait été 
immédiate. Il était le seul à avoir été constant dans ses déclarations, parfois 
influencées par les questions posées. Il avait exprimé ses regrets et voulait réparer les 
conséquences de ses actes. Depuis sa libération, il n'avait jamais trahi la confiance 
accordée. Il s'était pris en main en commençant une thérapie déjà en prison, en 
remboursant et en arrêtant sa consommation d'alcool. Il peinait à exprimer ses 
émotions et devait encore travailler son impulsivité. Il avait changé ses 
fréquentations et son cercle d'amis. Il évoluait positivement, ne se considérant plus 
comme une victime. Sa prise de conscience était accomplie. Tant le dernier rapport 
de sa psychiatre que celui du SPI en attestaient. A______ bénéficiait d'une situation 
professionnelle des plus favorables : peu d'employeurs auraient attendu quatorze 
mois, de même que payé une provision à un avocat pour leur employé. Celui-ci 
travaillait bien et était loyal. Il accomplissait des heures supplémentaires pour payer 
ses dettes et soutenir sa famille. 

- 19/43 - 

P/22360/2019 

A______ avait déjà subi plus d'une année de détention. Il devra indemniser les 
victimes durant de nombreuses années et avait déjà commencé. A sa sortie de prison, 
il n'avait versé que des montants modiques car ses dettes étaient énormes. Une 
nouvelle incarcération induirait la rupture de son bon lien thérapeutique avec sa 
psychiatre, mais surtout la perte de son travail car son patron ne pourrait plus 
l'attendre. Ses dettes ne pourraient donc plus être assumées, y compris à l'égard des 
victimes. Le cadre familial s'était en outre inversé : l'appelant aidait aujourd'hui sa 
famille, alors qu'autrefois son beau-père était le vrai soutien. A l'exception de l'aspect 
punitif, une peine de longue durée n'était pas nécessaire. 

Si le verdict concluait aux lésions corporelles graves, une chance devait être accordée 
à l'appelant. Indépendamment du verdict, une peine compatible avec un sursis partiel 
devait être prononcée. 

b. Par la voix de son conseil, F______ conclut au rejet de l'appel principal et s'en 
rapporte à justice sur l'appel joint. 

b.a. La différence de corpulence entre F______ et le prévenu revenait à opposer 
David contre Goliath. Ayant été touché au foie et au bras gauche, à la hauteur de la 
cage thoracique, l'intimé n'avait pas subi un seul coup, porté au hasard. Les coups 
avaient été suffisamment forts pour transpercer ses vêtements et atteindre son foie. 
Le prévenu avait reconnu avoir visé la région du ventre avec des mouvements de 
haut en bas et utilisé la grande lame de son couteau suisse. Il était conscient que sa 
victime aurait pu mourir. Sans l'intervention policière, tel aurait le cas. 

Conscient de son geste, l'appelant s'était enfui et avait jeté le couteau au lieu de 
secourir sa victime, acceptant ainsi une issue fatale. Il avait encore aggravé son cas 
en raccrochant à la police, en cachant ses vêtements au fond du panier à linge et en 
restant sans réaction à l'annonce de l'état de F______. Il était même parvenu à 
s'endormir. À sa première audition, il avait inventé une histoire avant de se rétracter. 
Son inconstance découlait aussi de ses explications sur la manière dont il s'était mêlé 
à la conversation du couple. 

b.b. À 23 ans, le quotidien de F______ se résumait à sa santé. Le prévenu avait 
remboursé certaines dettes, à savoir CHF 1'700.- en une année. Ce montant était 
infime en comparaison à son salaire. Même en déduisant des charges plus lourdes, un 
solde mensuel de CHF 1'790.- en octobre 2021 subsistait pour mener une belle vie. 
Aucune réelle prise de conscience n'existait. 

c. Par la voix de son conseil, D______ s'en rapporte à justice sur l'appel principal et 
appuie l'appel joint. 

- 20/43 - 

P/22360/2019 

Il avait été acquitté au sens de l'art. 133 al. 2 CP puisqu'il s'était limité à défendre son 
ami, massacré par le prévenu. Les coups supplémentaires lui étaient donc imputés à 
tort. Le prévenu s'était en revanche acharné et ne s'était pas inquiété du sort de ses 
victimes. Il n'avait pas brandi le couteau pour se défendre, mais avait donné un coup 
d'estoc. Il savait donc manier cet objet pour éviter d'être bloqué et, surtout, pour 
causer un maximum de dommages en privant son adversaire de toute parade, étant 
confronté à la surface minimale du couteau. Un tel geste démontrait une grande 
maîtrise de soi. Même à retenir un coup circulaire, la situation était similaire : le 
prévenu tenait son couteau au niveau de son épaule, ne pouvant donc viser que la 
zone cardiaque ou les carotides. Il n'avait touché sa victime qu'au coude parce que 
celle-ci s'était protégée instinctivement et avait ainsi exposé le revers de son bras. 
Cette blessure était par conséquent défensive, sous précision du fait qu'il importait 
peu que la victime ait levé son bras ou l'ait gardé le long du corps. 

Le prévenu avait reconnu que D______ se trouvait devant lui. Même à admettre une 
situation hasardeuse, la tentative de meurtre devait être retenue. Un risque concret de 
décès avait existé puisqu'une artère avait été tranchée. Seule la chance avait évité 
cette issue fatale. Le prévenu n'avait aucune empathie pour ses victimes et cherchait 
à tromper les magistrats. 

d. Le MP persiste dans ses conclusions. 

d.a.a. A______ avait implicitement confirmé faire face à D______ lorsqu'il lui avait 
donné le coup de couteau. En effet, au lieu d'affirmer le contraire et de détailler les 
positions, il avait cherché à se justifier et reconnu que son acte ne pouvait pas être un 
accident. Par ailleurs, si le TCO avait retenu un mouvement circulaire, il manquait 
l'étape au cours de laquelle le prévenu s'en prenait immédiatement à son antagoniste 
en visant une partie haute du corps. Seul l'acte de protection effectué par celui-ci 
avait dévié la lame. Le constat de lésions traumatiques et les photographies en 
attestaient : droitier, D______ avait voulu donner un coup de poing, mais avait reçu 
un coup de couteau. La victime était constante dans ses déclarations, y compris en 
appel. A l'inverse, le prévenu avait arrangé ses versions en fonction de l'instruction. Il 
avait envisagé l'éventualité que son coup pénétrant au torse/cou puisse entraîner la 
mort et l'avait acceptée, ayant d'ailleurs spontanément reconnu qu'il aurait pu tuer. 

L'intention homicide était renforcée par le comportement du prévenu après les faits. 
L'intéressé avait tenté de donner un second coup dans le dos de D______, qui 
saignait et s'enfuyait. Il avait ensuite quitté les lieux, sans se préoccuper de ses 
victimes, et n'avait répondu ni aux appels, ni aux messages. Il s'était débarrassé de 
son arme et avait appelé des collègues, ainsi que sa petite amie. Cette dernière avait 
rapporté qu'il était resté stoïque en apprenant que F______ se trouvait entre la vie et 
la mort, avant de s'endormir pour fuir ses responsabilités. Sa personnalité froide était 
frappante. Il n'avait ressenti aucun remord. 

- 21/43 - 

P/22360/2019 

d.a.b. Le raisonnement était identique pour les faits concernant F______, ce d'autant 
que l'arrêt du Tribunal fédéral 6B_560/2018 du 13 août 2018 (consid. 2.1) retenait un 
risque mortel avec un coup de couteau dans la région abdominale. En l'occurrence, 
plusieurs coups avaient été assenés de haut en bas en visant le ventre. A______ avait 
agi sous l'effet de la panique, mais en sachant que sa victime pouvait trouver la mort, 
ce qu'il a confirmé en appel. Son attitude après les faits démontrait l'élément subjectif 
de la tentative de meurtre. 

d.b. La faute était particulièrement lourde puisque la vie de deux personnes avait été 
menacée en l'espace de quelques minutes. L______ avait pourtant mis en garde le 
prévenu contre sa consommation d'alcool. Celui-ci étant supérieur physiquement, son 
mobile était méprisable et égoïste. Il consistait en une simple colère non maîtrisée, 
dépourvue de tout sentiment altruiste et amical. Le prévenu avait laissé s'exprimer 
son ressentiment à l'encontre de F______, alors qu'un simple conflit verbal avait 
éclaté avec K______, sans appel à l'aide. 

Sa collaboration avait été mauvaise au début de l'instruction avant de s'améliorer 
pour se dégrader à nouveau à l'audience devant le TCO, lors de laquelle le prévenu 
s'était positionné en victime. Sa prise de conscience en appel n'était pas claire. Rien 
dans sa situation personnelle stable et confortable ne justifiait de tels actes. 

Le concours d'infractions aggravait la peine. Celle-ci devait être assez élevée pour 
empêcher toute récidive. Ainsi, en tenant compte à décharge de son jeune âge et de 
sa consommation d'alcool au moment des faits, le prévenu devait être condamné à 
une peine de quatre ans pour la première tentative de meurtre, augmentée dans une 
juste proportion pour appréhender la seconde tentative de meurtre et la rixe. La peine 
d'ensemble aboutissait à six ans. 

D. Situation personnelle de A______ et antécédents 

a.a. Célibataire et sans enfant, A______, né le ______ 1997, à Genève, est de 
nationalité suisse. Il a obtenu un CFC en ______ en 2018, avant d'accomplir son 
école de recrues entre janvier et mai 2019. Il a ensuite été engagé par son entreprise 
formatrice. A sa sortie de prison, il a réintégré son poste. Son salaire mensuel est 
d'environ CHF 3'900.-, versés treize fois, mais variant selon les heures de travail 
effectuées. Il souhaite passer le brevet fédéral pour se perfectionner. Durant sa 
détention, il a réussi un examen de traitement de texte. 

A______ vit chez ses parents et participe au loyer à raison de CHF 400.- à 500.-
/mois. Il verse un supplément mensuel de CHF 400.- pour contribuer à ses frais 
d'entretien. Sa mère gagne en effet CHF 1'000.-/mois, tandis que son beau-père reçoit 
l'AVS. Âgé de 80 ans, celui-ci souffre d'une maladie dégénérative le rendant 

- 22/43 - 

P/22360/2019 

progressivement aveugle. A______ l'aide souvent, ce d'autant que celui-ci l'a 
toujours beaucoup soutenu. 

Ses primes d'assurance maladie représentent CHF 400.-/mois. Sans fortune, A______ 
a des dettes en lien avec les frais médicaux des victimes. Selon une transaction 
passée en juin 2021 avec U______, assurance de D______, il doit s'acquitter de 
CHF 15'700.- d'ici au 31 juillet 2024. En outre, il a versé à F______, mensuellement, 
des montants entre CHF 50.- et CHF 300.- de décembre 2020 à décembre 2021. Il a 
voulu agir de même pour D______, mais celui-ci a refusé. Il a encore des arriérés 
d'honoraires relatifs à la période durant laquelle son avocat n'était pas nommé 
d'office. Son employeur a été d'un grand soutien en lui prêtant de l'argent pour payer 
l'avance y afférente (CHF 7'000.-) et en l'autorisant à faire des heures 
supplémentaires pour gagner un peu plus d'argent afin d'assurer toutes ses charges. 
A______ le rembourse à présent progressivement. 

a.b. A______ a été détenu du 3 novembre 2019 au 21 décembre 2020. A cette date, 
des mesures de substitution ont été ordonnées, notamment l'obligation de se 
soumettre à un suivi psychothérapeutique, d'être abstinent à toute consommation 
d'alcool, de vivre chez ses parents et de travailler, ainsi que l'interdiction de porter 
une arme, y compris un couteau licite, et de contacter les personnes impliquées dans 
la procédure. 

Selon les rapports du Service de probation et d'insertion (SPI) établis entre décembre 
2020 et décembre 2021, A______ avait respecté ces mesures et démontré une bonne 
collaboration. Il était apparu lors d'une réunion de réseau avec la Dresse V______ 
que son évolution était très favorable. Les résultats des contrôles inopinés d'alcool 
étaient négatifs. Le prévenu s'engageait dans la thérapie, avait saisi la mesure de ses 
actes et mettait tout en œuvre pour sortir d'une trajectoire délictuelle. Il disposait d'un 
réseau social/familial solide et se disait très impliqué dans son activité 
professionnelle. 

b. Selon l'extrait de son casier judiciaire suisse, A______ a été condamné le 
3 octobre 2018 par le MP de l'arrondissement de W______ [VD], à une peine 
pécuniaire de 20 jours-amende à CHF 30.-, avec sursis (délai d'épreuve : deux ans), 
et à une amende de CHF 300.-, pour mise à disposition d'un véhicule automobile à 
un conducteur sans permis requis. 

E. Assistance judiciaire 

a. Me C______, défenseur d'office de A______, dépose un état de frais pour la 
procédure d'appel, facturant 12h45 d'activité de chef d'étude, hors débats d'appel, 
lesquels ont duré 4h45. 

- 23/43 - 

P/22360/2019 

b. Me E______, conseil juridique gratuit de D______, dépose un état de frais pour la 
procédure d'appel, facturant 8h00 d'activité de collaborateur, hors débats d'appel, 
dont 2h00 d'étude du jugement. En première instance, il a été indemnisé pour 44h45. 

c. Me G______, conseil juridique gratuit de F______, dépose un état de frais pour la 
procédure d'appel, facturant 5h30 d'activité de cheffe d'étude, hors débats d'appel. En 
première instance, elle a été indemnisée pour 69h50. 

EN DROIT : 

1. Recevabilité 

 L'appel est recevable pour avoir été interjeté et motivé selon la forme et dans les 1.
délais prescrits (art. 398 et 399 CPP). 

La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel, sauf en cas 
de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 CPP). 

2. Etablissement des faits 

 2.1.1. Le principe in dubio pro reo découle de la présomption d'innocence, garantie 2.
par l'art. 6 ch. 2 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés 
fondamentales (CEDH) et, sur le plan interne, par les art. 32 al. 1 de la Constitution 
fédérale de la Confédération suisse (Cst.) et 10 al. 3 CPP. Il concerne tant le fardeau 
de la preuve que l'appréciation des preuves au sens large (ATF 144 IV 345 
consid. 2.2.3.1 ; 127 I 28 consid. 2a). 

Ce principe signifie, au stade du jugement, que le fardeau de la preuve incombe à 
l'accusation et que le doute doit profiter au prévenu. La présomption d'innocence est 
violée lorsque le juge rend un verdict de culpabilité au seul motif que le prévenu n'a 
pas prouvé son innocence ou encore lorsqu'une condamnation intervient au seul 
motif que sa culpabilité est plus vraisemblable que son innocence. En revanche, 
l'absence de doute à l'issue de l'appréciation des preuves exclut la violation de la 
présomption d'innocence en tant que règle sur le fardeau de la preuve. Le juge ne doit 
pas non plus se déclarer convaincu de l'existence d'un fait défavorable à l'accusé si, 
d'un point de vue objectif, il existe des doutes quant à l'existence de ce fait. Il importe 
peu qu'il subsiste des doutes seulement abstraits et théoriques, qui sont toujours 
possibles, une certitude absolue ne pouvant être exigée. Il doit s'agir de doutes 
sérieux et irréductibles, c'est-à-dire de doutes qui s'imposent à l'esprit en fonction de 
la situation objective (ATF 144 IV 345 consid. 2.2.3.3 ; 127 I 38 consid. 2a). 

2.1.2. Le juge du fait dispose d'un large pouvoir dans l'appréciation des preuves. 
Confronté à des versions contradictoires, il forge sa conviction sur la base d'un 

- 24/43 - 

P/22360/2019 

ensemble d'éléments ou d'indices convergents. Les preuves doivent être examinées 
dans leur ensemble et l'état de fait déduit du rapprochement de divers éléments ou 
indices. Un ou plusieurs arguments corroboratifs peuvent demeurer fragiles si la 
solution retenue peut être justifiée de façon soutenable par un ou plusieurs arguments 
de nature à emporter la conviction (ATF 120 Ia 31 consid. 4b ; 129 I 8 consid. 2.1 ; 
arrêt du Tribunal fédéral 6B_324/2017 du 8 mars 2018 consid. 1.1). 

Les cas de "déclarations contre déclarations", dans lesquelles les déclarations de la 
victime en tant que principal élément à charge et les déclarations contradictoires de la 
personne accusée s'opposent, ne doivent pas nécessairement, sur la base du principe 
in dubio pro reo, conduire à un acquittement. L'appréciation définitive des 
déclarations des participants incombe au tribunal du fond (ATF 137 IV 122 
consid. 3.3 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_59/2021 du 12 novembre 2021 
consid. 1.1). 

2.2. Le dossier ne permet pas de détailler la brève rixe, survenue le 3 novembre 2019, 
entre 4h et 5h, entre des adversaires alcoolisés. Les événements reposent 
essentiellement sur les déclarations des participants, de sorte que leur crédibilité doit 
être préalablement évaluée, à commencer par celle de l'appelant. 

2.2.1. Assener un coup de couteau a eu sur A______ l'effet d'une douche froide. 
Celui-ci a conscientisé avoir poignardé F______, mais non D______, et encore 
moins avoir donné un coup mortel. Ce faisant, il a eu le réflexe de jeter son couteau 
en direction du Rhône, là où un objet correspondant à celui décrit sera découvert. Il 
est ensuite monté dans un bus avant d'en descendre au même arrêt et de parcourir les 
1,3 km le séparant des abords de son domicile en cinq minutes seulement. Il a alors 
passé frénétiquement plusieurs appels, en vain, à l'exception de celui à sa petite amie 
avec laquelle il a conversé durant neuf minutes. Répondant à l'appel de I______, il a 
raccroché en entendant la voix d'un policier. À son domicile, il a mis ses vêtements 
au fond du panier à linge, ce qui n'est pas une dissimulation particulièrement 
caractéristique de preuves. Pris globalement, tous ses actes, confirmés par les 
témoignages et/ou des preuves objectives, équivalent à une fuite en avant, aussi 
déraisonnable qu'irraisonnée. L______ a du reste confirmé l'état de choc présenté par 
l'appelant, incapable de répondre à ses questions autant que de réagir aux messages 
l'informant que F______ se trouvait entre la vie et la mort. Dans le déni, le prévenu 
s'est réfugié dans le sommeil avant d'être rappelé à la réalité par la police. De la sorte, 
si sa tentative d'imputer la possession du couteau et son utilisation initiale à F______, 
durant sa première audition par la police, ne plaide pas en sa faveur, elle doit 
s'appréhender dans la continuité de cette panique généralisée. Celle-ci s'est achevée 
avec l'abandon de cette première version inconsistante, dans les larmes et sans 
question spécifique des policiers. 

- 25/43 - 

P/22360/2019 

Dès la seconde partie de son audition à la police, l'appelant a reconnu avoir "planté" 
F______, mais sans se souvenir précisément de son geste ni du nombre de coups, ni 
si ceux-ci avaient porté. Il a décrit une série de mouvements, dans le vide, en 
pointant le couteau, de bas en haut ou de haut en bas, en direction de l'abdomen de 
son adversaire, sans intention de viser cette zone. Il n'a en revanche pas su expliquer 
ce qu'il était advenu de D______. La police l'ayant informé que celui-ci avait aussi 
reçu un coup de couteau, l'appelant n'a pas nié en être l'auteur, mais a été incapable 
de fournir le moindre éclaircissement, excepté celui du coup accidentel, reçu par 
hasard parmi ceux assénés à F______. 

Depuis lors, l'appelant a conservé une version similaire, même s'il a minimisé sa 
responsabilité et s'est positionné en victime rouée de coups par deux agresseurs, ce 
qui l'avait mis dans l'incapacité de quitter les lieux, fait non attesté par les experts 
médico-légaux. Si ses déclarations se sont étayées en cours de procédure, cette 
évolution est le résultat des informations recueillies au gré des auditions, en 
particulier à propos du geste circulaire, et des questions dirigées du MP. Ainsi, 
l'appelant a maintenu le caractère accidentel du coup subi par D______, avant de 
"pens[er]" avoir aussi couru et donné un coup dans le dos de sa victime, comme le lui 
avait expliqué le MP. À la question de savoir s'il admettait "avoir délibérément mis 
un premier coup de couteau à D______ de face et un second dans son dos ou s'il 

s'agi[ssait] d'un accident", il ne pouvait que conclure à la première option, tout en 
soulignant ne pas se souvenir de ces coups. Outre l'usage d'un procédé biaisé, le MP 
s'est fondé sur les seules assertions de la victime et de F______, lesquelles sont 
sujettes à caution (cf. consid. 2.4.2 s. infra), tandis que ni I______, ni un autre témoin 
n'ont mentionné une telle poursuite. Enfin, au cours de ses auditions, l'appelant n'a 
jamais admis avoir pensé, au moment des faits, aux conséquences de son geste – à 
son souvenir, unique – à l'encontre de F______. Seulement plus tard, sur question du 
MP, il a logiquement répondu que son comportement aurait pu entraîner la mort, tout 
en soulignant l'enchaînement rapide et l'absence de réflexion sur le danger engendré. 

Au vu de ce qui précède, la crédibilité de l'appelant est peu entachée par son 
comportement immédiatement après les faits et ses errements en début de procédure. 
Il en sera dûment tenu compte lors de la comparaison entre sa description des 
événements et celle de ses antagonistes (cf. consid. 2.5 infra). 

2.2.2. Si la version de F______ est restée globalement constante, elle s'est quelque 
peu édulcorée dès les auditions au MP. En particulier, l'intimé n'avait plus ni insulté, 
ni bousculé sa compagne en la rejoignant, alors qu'il avait la "haine" et se sentait 
comme une "merde", selon ses propres termes. Son triple sifflement pour réclamer 
l'attention de sa petite amie et ses cris à son encontre, ainsi que les vraisemblables 
violences physiques passées ne laissent néanmoins pas présager d'une relation 
harmonieuse. L'intimé a aussi varié en soutenant avoir fait mine seulement d'ôter sa 
veste, sans avoir poussé au préalable par deux fois l'appelant. Ce vêtement n'a 
toutefois pas été trouvé sur les lieux, ni porté à l'inventaire. Enfin, tombé à terre avec 

- 26/43 - 

P/22360/2019 

son adversaire, F______ l'avait certes frappé par réflexe pour se défendre. En 
revanche, s'il lui avait assené un coup de pied au visage, celui-ci n'était plus dirigé 
vers la nuque, mais visait le torse et était "léger". Or, les lésions répertoriées par le 
CURML sur l'appelant ne paraissent pas de moindre gravité que celles endurées par 
l'intimé (cf. consid. 2.5 infra), à l'exception des plaies causées par l'arme. De la sorte, 
ce dernier a également cherché à minimiser son comportement en amont et au cours 
de la rixe. 

F______ a rapporté qu'après avoir reçu le coup de couteau, il avait été poursuivi soit 
par l'appelant, soit par I______. Ces derniers avaient ensuite tenté de frapper 
D______ dans le dos, durant sa fuite. Au regard de la brièveté de la rixe et de 
l'enchaînement rapide des différents comportements, il est inconcevable que 
l'appelant ait poignardé D______, puis traqué quasi simultanément ses deux 
victimes. Même ce dernier n'a pas articulé une telle version, tandis que I______ a 
reconnu avoir poursuivi F______. De même, il est peu probable que celui-ci, perdant 
son sang en abondance, ait été assez lucide pour distinguer ses deux antagonistes s'en 
prendre une ultime fois à son ami. Aucun témoin n'en a attesté. En conséquence, 
malgré leur constance, les déclarations de cet intimé doivent être appréhendées avec 
une certaine circonspection. 

2.2.3. D______ a persisté dans la description de ses actes, ce qui a emporté la 
conviction du TCO vu l'acquittement prononcé selon l'art. 133 al. 2 CP. Sa réaction a 
été proportionnée et limitée à un unique coup de poing au visage de l'appelant, dans 
le but de défendre son ami. Alors qu'il avait affirmé avoir "sonné" son adversaire, 
l'intimé a relativisé devant le TCO, en soulignant ne pas avoir frappé fort. Son coup a 
néanmoins été suffisant pour étourdir l'appelant et provoquer sa chute avec F______. 

Si sa description des premiers coups de poing assenés par l'appelant concorde avec 
celle de F______, n'est pas incompatible avec celle de I______ et est corroborée par 
les constations du CURML, son récit des actes subséquents est empreint d'une 
exagération certaine et ne repose sur aucune preuve objective, ni n'est étayé par les 
témoignages. Ainsi, D______ a affirmé qu'au moment où F______ s'était relevé de 
sa chute, celui-ci avait été roué de coups par l'appelant, voire aussi par I______, 
contre un mur, ce que le principal intéressé n'a pas décrit. Aucune des lésions 
répertoriées par les experts du CURML n'attestent d'une telle scène. De même, il a 
soutenu qu'après avoir reçu un coup de couteau, il avait été mis en présence de 
l'appelant et de I______ qui l'avaient violemment alpagué. Or, la procédure a 
démontré que ce dernier poursuivait déjà F______, puis s'était ressaisi. Cette 
tendance à amplifier le rôle de I______ dans la bagarre, y compris devant la CPAR, 
alors que ce dernier a aussi été mis au bénéfice de l'art. 133 al. 2 CP, jette une ombre 
sur les comportements que l'intimé prête à l'appelant à son encontre. La CPAR 
relèvera aussi que, malgré les 0,19 g/kg d'éthanol détectés dans son sang, D______ a 
déclaré ne pas consommer d'alcool, avant d'affirmer en avoir bu un verre. Une telle 
assertion a aussi tendance à le décrédibiliser. Cet intimé subit certes de lourdes 

- 27/43 - 

P/22360/2019 

conséquences à la suite des événements, alors qu'il s'est limité à secourir son ami. Il 
est humain de chercher un bouc émissaire en pareilles circonstances. Cependant, en 
affirmant que des amis avaient vu l'appelant boire des bières, alors que les analyses 
toxicologiques démontrent son abstinence, l'intimé se discrédite d'autant. 

Ayant à l'esprit ces considérations, ses déclarations doivent être analysées comme 
suit. Dans une première version à la police, D______ a expliqué être revenu auprès 
de l'appelant et de son ami car ce dernier subissait une nouvelle attaque. Il s'était 
alors trouvé face à son agresseur qui avait fait un geste circulaire avec son bras droit, 
de côté, en direction de son buste. En réaction, il avait placé son bras droit en 
défense. Devant le MP et le TCO, sa version a évolué : il avait pensé à un coup de 
poing, dirigé vers sa tête, non plus vers son buste. L'accusation en a déduit un coup 
direct, et non circulaire. Tel n'est pas nécessairement le cas puisqu'un crochet ou un 
uppercut était aussi envisageable. En conséquence, la lame avait tout autant pu être 
utilisée avec sa partie tranchante que piquante. Or, la première option est la plus 
favorable à l'appelant et doit être retenue. De même, le geste défensif prétendument 
exécuté par la victime n'est pas attesté par les experts du CURML, dont le rapport est 
muet sur cet aspect. D______ a d'ailleurs aussi déclaré avoir gardé ses bras en garde, 
soit en position d'attaque. Ceux-ci pouvaient donc, avec le même degré de 
vraisemblance, être repliés vers la tête ou le buste, mais aussi vers le bas du corps. 
Enfin, le TCO a retenu qu'a priori l'appelant ne se trouvait pas en face de sa victime, 
malgré les dires de cette dernière. Aucune position ne peut néanmoins être établie vu 
les descriptions divergentes des intervenants et le dynamisme de la scène. 

De même, D______ a persévéré à affirmer que l'appelant avait tenté de lui asséner un 
second coup de couteau dans le dos. Cependant, outre les dénégations constantes de 
l'intéressé, rendues hésitantes par les seules impulsions du MP, aucun témoin n'a 
rapporté un tel comportement. Seul F______ s'y est essayé sans que ses propos 
n'emportent la conviction de la CPAR (cf. consid. 2.4.2 supra), ni d'ailleurs du TCO, 
ce d'autant qu'il pouvait considérer avoir une dette envers son ami qui était venu à 
son secours. 

2.2.4. Selon toute vraisemblance, le couteau retrouvé par la police est celui dont s'est 
servi l'appelant. Si aucune trace ADN, ni de sang n'y a été décelée, il a été découvert 
dans le secteur désigné par l'appelant et correspond à la description faite par celui-ci. 
Dans sa première version à la police, l'appelant a en effet parlé d'un couteau suisse 
d'environ 10 cm, duquel il avait ouvert la plus grande lame. Or, le couteau en 
question était bien de ce type, d'environ 8 cm et avec une lame maximale de 
5,5 x 1,2 cm. En tout état, l'appelant le décrit comme identique à celui utilisé, et cette 
arme illustre donc parfaitement ses agissements. 

- 28/43 - 

P/22360/2019 

2.3. Au vu de ce qui précède, la CPAR retiendra que l'appelant s'est interposé dans 
une dispute entre K______ et F______, alors en couple. Si ce dernier était déjà très 
énervé, l'appelant a admis être en colère contre l'intimé. 

Au regard des déclarations des parties et des témoins, l'appelant a vraisemblablement 
bousculé son antagoniste, qui lui a rendu la pareille avant d'encaisser un premier 
coup de poing. D'autres s'en sont suivis au regard des lésions au visage de F______, 
ce qui a provoqué l'intervention de D______. Si l'une des blessures à la tête de 
l'appelant est la conséquence de l'unique coup de poing assené par ce dernier, les 
autres lésions n'ont pu être causées que par F______, lors d'un échange de coups au 
moment où les deux antagonistes étaient à terre. F______ présentait en effet 
plusieurs ecchymoses au niveau de l'abdomen, ainsi que des membres supérieur et 
inférieur gauches, tandis que l'appelant souffrait d'ecchymoses au niveau du cuir 
chevelu, du visage et du cou à droite, ainsi que du front à gauche, outre une 
tuméfaction à la joue droite. F______ a du reste admis avoir donné des coups à la 
tête de l'appelant, ce qui n'est pas anodin. En revanche, rien au dossier n'atteste que 
celui-ci a été roué de coups, ni avec une violence suffisante pour être "fracassé". En 
particulier, le CURML n'a mentionné dans l'anamnèse ni les acouphènes ni les 
douleurs aux jambes empêchant l'appelant de marcher. Seules des dermabrasions aux 
genoux y sont détaillées. À chaque instant de la bagarre, l'appelant pouvait donc 
quitter les lieux. 

Dans une deuxième phase, les adversaires se sont retrouvés face à face. L'appelant 
s'est saisi de son couteau, dans sa poche, et l'a tenu le long de sa cuisse. Subitement, 
il a assené un coup à F______, en direction de l'abdomen, le blessant grièvement à 
l'hypochondre droit jusqu'à entailler le lobe droit du foie. Il en a ensuite donné 
plusieurs autres, de bas en haut ou de haut en bas, dans la même région. Un seul a 
porté puisque la victime a souffert au bras de plaies communicantes et correspondant 
aux orifices d'une lame sur une trajectoire. F______ s'est alors enfui et a été 
poursuivi pendant quelques instants par I______. 

Dans une ultime phase, l'appelant a effectué un mouvement circulaire avec son 
couteau, en direction de D______, en réaction à l'intervention de celui-ci pour 
secourir son ami. Rien ne permet de soutenir qu'il a visé le haut du corps à cette 
occasion. Blessé grièvement au bras droit, la victime s'est enfuie, sans que l'appelant 
ne la poursuive ni ne tente de la poignarder dans le dos. 

Immédiatement après ces faits, l'appelant a tenu le comportement paniqué décrit sous 
consid. 2.4.1 supra. Si sa crédibilité n'est pas remise en question, il a néanmoins 
expliqué que le coup de couteau à l'encontre de F______ – seul qu'il avait 
conscientisé – l'avait réveillé. Son affolement instantané corrobore ainsi une lucidité 
certaine quant à la gravité de son geste, voire de son potentiel caractère létal puisque 

- 29/43 - 

P/22360/2019 

l'appelant savait avoir effectué plusieurs mouvements verticaux en direction de 
l'abdomen de sa victime. 

3. Infractions encore reprochées 

 3.1. L'art. 111 CP réprime le comportement de celui qui aura intentionnellement tué 3.
une personne. 

3.1.1. Sur le plan subjectif, l'auteur doit avoir eu l'intention de causer par son 
comportement la mort d'autrui. En pratique, le meurtre par dol éventuel est retenu 
lorsque l'on se trouve en mesure d'affirmer, compte tenu de l'ensemble des 
circonstances du cas d'espèce, que l'auteur "s'est décidé contre le bien juridique" 
(ATF 133 IV 9 consid. 4.4). 

L'intention homicide peut être retenue lors d'un unique coup de couteau sur le haut 
du corps de la victime (arrêt du Tribunal fédéral 6B_775/2011 du 4 juin 2012 
consid. 2.4.2). Celui qui porte un tel coup dans la région des épaules et du buste lors 
d'une altercation dynamique doit s'attendre à causer des blessures graves. L'issue 
fatale d'un coup de couteau porté dans la région thoracique doit être qualifiée 
d'élevée et est notoire (arrêt du Tribunal fédéral 6B_230/2012 du 18 septembre 2012 
consid. 2.3). De même, celui qui assène un violent coup de couteau, au niveau de 
l'abdomen, dans le foie de sa victime, à proximité d'organes vitaux et/ou avec le 
risque de provoquer une hémorragie interne ne peut qu'envisager et accepter une 
possible issue mortelle (arrêts du Tribunal fédéral 6B_619/2013 du 2 septembre 2013 
consid. 1.2 ; 6B_1015/2014 du 1er juillet 2015 consid. 2.1). 

Dans le cas d'un coup de couteau dans le haut du corps, le risque de mort, même avec 
une lame plutôt courte, doit être considéré comme élevé (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_239/2009 du 13 juillet 2009 consid. 1 et 2.4 – meurtre par dol éventuel retenu 
avec un couteau dont la lame mesurait 41 mm). Toutefois, l'utilisation d'un couteau, 
muni d'une lame de 34 mm ne permet pas de conclure, sans autre examen, que 
l'auteur a accepté une blessure mortelle. En effet, avec une telle lame, provoquer la 
mort n'est pas une chose aisée. Du reste, l'auteur n'avait pas frappé frontalement sa 
victime, mais sous l'aisselle gauche. En avait découlé une perforation de 25 mm de 
profondeur, ce qui ne permettait pas de supposer que le coup de couteau avait été 
donné violemment, bien que, sans intervention médicale, la mort aurait pu survenir 
en raison de la forte hémorragie et d'une déficience en oxygène. De plus, le coup 
provenait d'un acte de réaction à l'intervention de la victime, laquelle voulait mettre 
un terme au différend opposant un ami à l'auteur. Ainsi, les circonstances parlaient en 
faveur d'une volonté de blesser, et non de tuer (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_775/2011 du 4 juin 2012 consid. 2.5 ; AARP/380/2017 du 21 novembre 2017 
consid. 3.1.3 et 3.2). 

- 30/43 - 

P/22360/2019 

Le fait que l'auteur quitte les lieux après son geste sans s'enquérir de l'état de santé de 
sa victime peut constituer un indice qu'il avait envisagé les conséquences possibles 
de son acte et les avait acceptées pour le cas où elles se produiraient (arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_246/2012 du 10 juillet 2012 consid. 1.3). 

3.1.2. Il y a tentative lorsque l'auteur a réalisé tous les éléments subjectifs de 
l'infraction et manifesté sa décision de la commettre, alors que les éléments objectifs 
font, en tout ou en partie, défaut (ATF 140 IV 150 consid. 3.4). La tentative de 
meurtre est donc retenue, lorsque l'auteur, agissant intentionnellement, commence 
l'exécution de cette infraction, manifestant ainsi sa décision de la commettre, sans 
que le résultat ne se produise. L'équivalence des deux formes de dol – direct et 
éventuel – s'applique à la tentative de meurtre (ATF 122 IV 246 consid. 3a ; arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_1177/2018 du 9 janvier 2019 consid. 1.1.3). 

Il n'est ainsi pas nécessaire que l'auteur ait souhaité la mort de la victime, ni que la 
vie de celle-ci ait été concrètement mise en danger, ni même qu'elle ait été blessée 
pour qu'une tentative d'homicide soit retenue dans la mesure où la condition 
subjective de l'infraction est remplie (arrêt du Tribunal fédéral 6B_246/2012 du 
10 juillet 2012 consid. 1.2 s.). Il importe cependant que les coups portés aient 
objectivement exposé la victime à un risque de mort (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_86/2019 du 8 février 2019 consid. 2.1). 

3.2. L'art. 122 al. 1 CP réprime celui qui, intentionnellement, aura blessé une 
personne de façon à mettre sa vie en danger. 

3.3.1. L'une des lésions occasionnées à F______ était de nature à mettre 
concrètement sa vie en danger et a nécessité une intervention chirurgicale en urgence 
absolue. Seule l'intercession rapide des secours a permis d'éviter une issue fatale. 

L'appelant a nié toute intention homicide, même s'il nourrissait des sentiments 
négatifs à l'encontre de sa victime. En revanche, il a maintenu avoir donné plusieurs 
coups de bas en haut ou de haut en bas, en direction de l'abdomen, mais sans viser, 
avec une lame de 5,5 cm. Le premier coup, assené subitement, a touché la partie 
supérieure de cette région du corps. Or, il est notoire que plusieurs organes vitaux se 
trouvent dans cette zone ou dans sa proximité immédiate. De même, un tel coup est à 
l'évidence susceptible de provoquer une hémorragie interne. Face à ces éléments, 
l'appelant ne peut qu'avoir envisagé et accepté l'éventualité de tuer sa victime, la 
survenance d'un tel résultat étant en l'espèce, au moment de son geste, si probable 
qu'il s'imposait nécessairement à son esprit. Du reste, l'appelant a reconnu avoir pris 
conscience de son comportement peu de temps après sa commission. Sa panique 
corrobore sa compréhension que son acte était grave avec des conséquences 
susceptibles de dépasser la seule lésion. 

- 31/43 - 

P/22360/2019 

Au vu de l'ensemble de ces éléments, la condamnation pour tentative de meurtre, 
commise par dol éventuel, doit être confirmée. 

3.3.2. D______ a été atteint au niveau de son avant-bras droit, le coup de couteau 
sectionnant les structures musculaires, vasculaires et nerveuses. Les conséquences 
sont lourdes avec un manque de force et de sensibilité rendant extrêmement difficiles 
même des tâches légères. Elles ont nécessité plusieurs opérations, encore à fin 2021, 
avec de faibles chances de succès. La qualification de lésions corporelles graves est 
attestée et, d'ailleurs, non contestée. Si la vie de l'intimé n'a pas été concrètement 
mise en danger aux dires des experts médico-légaux, le coup porté pouvait 
objectivement l'exposer à un risque de mort puisque ses chances de survie auraient 
été très faibles sans une intervention médicale rapide. 

A l'instar de celui contre F______, le présent coup de couteau a été porté avec la 
même lame et le comportement subséquent de l'appelant ne plaide pas en faveur de 
ce dernier. Toutefois, comme retenu sous consid. 2.5 supra, il a été le résultat d'un 
mouvement circulaire, en réaction à l'intervention de la victime pour secourir son 
ami, et ne visait pas nécessairement le haut du corps. Il est donc moins caractérisé 
que le premier coup, comme l'a souligné le TCO. De plus, la prétendue course 
poursuite pour poignarder D______ dans le dos n'est pas établie et ne peut donc pas 
être retenue comme un indice d'une volonté homicide. En pareilles circonstances, 
l'appelant n'a ni envisagé, ni accepté que son geste puisse se diriger vers le buste de 
son antagoniste et entraîner son décès. En revanche, le risque qu'un tel mouvement, 
effectué en pleine rixe, avec un couteau puisse aboutir à des lésions graves était 
élevé. L'appelant ne pouvait pas l'ignorer et s'en est accommodé. 

La condamnation pour lésions corporelles graves aux dépens de D______ sera ainsi 
confirmée. 

4. Peine 

 4.1.1. Le meurtre est passible d'une peine privative de liberté de cinq ans au moins, 4.
tandis que les lésions corporelles graves sont réprimées par une peine privative de 
liberté de six mois à dix ans. La rixe est punie par une peine privative de liberté de 
trois ans au plus ou par une peine pécuniaire. 

4.1.2. Le juge peut atténuer la peine si l'exécution d'un crime n'est pas poursuivie 
jusqu'à son terme ou que le résultat nécessaire à la consommation de l'infraction ne 
se produit pas ou ne pouvait pas se produire (art. 22 al. 1 CP). Dans ce cas, des 
circonstances extérieures viennent faire échec à la consommation de l'infraction, de 
sorte que l'atténuation de la peine n'est que facultative. Toutefois, si le juge n'a pas 
l'obligation de sortir du cadre légal, il devrait tenir compte de cette circonstance 
atténuante en application de l'art. 47 CP, la mesure de l'atténuation dépendant de la 

- 32/43 - 

P/22360/2019 

proximité du résultat et des conséquences effectives des actes commis. En d'autres 
termes, la réduction devra être d'autant plus faible que le résultat était proche et ses 
conséquences graves. Cette réduction peut en outre être compensée par une 
augmentation de la peine s'il existe des circonstances aggravantes, celles-ci pouvant 
de la sorte neutraliser les effets de circonstances atténuantes (ATF 121 IV 49 
consid. 1b ; 127 IV 101 consid. 2b ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_445/2016 du 
5 juillet 2017 consid. 6.1 ; 6B_840/2017 du 17 mai 2018 consid. 3.1). 

4.2.1. Selon l'art. 47 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabilité de l'auteur. Celle-
ci doit être évaluée en fonction de tous les éléments objectifs pertinents, qui ont trait 
à l'acte lui-même, à savoir notamment la gravité de la lésion ou de la mise en danger 
du bien juridique concerné, le caractère répréhensible de l'acte et son mode 
d'exécution (objektive Tatkomponente). Du point de vue subjectif, sont pris en 
compte l'intensité de la volonté délictuelle, ainsi que les motivations et les buts de 
l'auteur (subjektive Tatkomponente). A ces composantes de la culpabilité, il faut 
ajouter les facteurs liés à l'auteur lui-même (Täterkomponente), à savoir les 
antécédents (judiciaires et non judiciaires), la réputation, la situation personnelle (état 
de santé, âge, obligations familiales, situation professionnelle, risque de récidive, 
etc.), la vulnérabilité face à la peine, de même que le comportement après l'acte et au 
cours de la procédure pénale (ATF 142 IV 137 consid. 9.1 ; 141 IV 61 consid. 6.1.1), 
ainsi que l'effet de la peine sur son avenir. L'art. 47 CP confère un large pouvoir 
d'appréciation au juge (ATF 144 IV 313 consid. 1.2). 

À propos de l'effet de la peine sur l'avenir du condamné, le juge n'est pas contraint 
d'infliger la peine correspondant à la culpabilité de l'auteur s'il y a lieu de prévoir 
qu'une peine plus clémente suffira à le détourner de commettre d'autres infractions 
(Message du Conseil fédéral du 21 septembre 1998 concernant la modification du 
code pénal suisse et du code pénal militaire ainsi qu'une loi fédérale régissant la 
condition pénale des mineurs, FF 1999 p. 1866). La loi codifie la jurisprudence selon 
laquelle le juge doit éviter les sanctions qui pourraient détourner l'intéressé de 
l'évolution souhaitable (ATF 128 IV 73 consid. 4 ; 127 IV 97 consid. 3). Cet aspect 
de prévention spéciale ne permet toutefois que des corrections marginales, la peine 
devant toujours rester proportionnée à la faute (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_633/2007 du 30 novembre 2007 consid. 4.1). 

Le jeune âge ne constitue plus une circonstance atténuante (art. 64 al. 9 aCP, 
applicable aux auteurs âgés de 18 à 20 ans). Il peut cependant en être tenu compte 
dans le cadre ordinaire de la fixation de la peine dans la mesure où un auteur peut 
être immature au-delà de sa majorité (arrêt du Tribunal fédéral 6B_215/2012 du 
24 octobre 2012 consid. 3.5.3). Le jeune âge n'impose pas, à lui seul, une réduction 
de peine et, en particulier, de prononcer des peines se rapprochant le plus possible de 
celles prévues par le droit pénal des mineurs. Il s'agit plutôt de déterminer en quoi 
cette circonstance personnelle influence l'appréciation de la faute, soit en quoi elle a 
pu faciliter le passage à l'acte, notamment, en empêchant l'auteur d'apprécier 

- 33/43 - 

P/22360/2019 

correctement la portée de ses actes, par exemple en raison de son immaturité ou d'un 
discernement limité (arrêts du Tribunal fédéral 6B_812/2015 du 16 juin 2016 
consid. 2.6 ; 6B_198/2013 du 3 juin 2013 consid. 1.3.5). 

4.2.2. La durée de la peine privative de liberté est, en principe, de trois jours au 
moins et de 20 ans au plus (art. 40 CP). 

4.2.3. Selon l'art. 49 al. 1 CP, si, en raison d'un ou de plusieurs actes, l'auteur remplit 
les conditions de plusieurs peines de même genre, le juge le condamne à la peine de 
l'infraction la plus grave et l'augmente dans une juste proportion. Il ne peut toutefois 
excéder de plus de la moitié le maximum de la peine prévue pour cette infraction. Il 
est en outre lié par le maximum légal de chaque genre de peine. 

L'exigence du même genre de peine implique que le juge examine, pour chaque 
infraction commise, la nature de la peine à prononcer pour chacune d'elle. Le 
prononcé d'une peine d'ensemble en application du principe de l'aggravation contenu 
à l'art. 49 CP n'est ensuite possible que si le juge choisit, dans le cas concret, le même 
genre de peine pour sanctionner chaque infraction commise. Que les dispositions 
pénales applicables prévoient abstraitement des peines de même genre ne suffit pas. 
Si les sanctions envisagées concrètement ne sont pas du même genre, elles doivent 
être prononcées cumulativement (ATF 144 IV 313 consid. 1.1.1). 

Une peine d'ensemble en application du principe de l'aggravation suppose, à la 
différence de l'absorption et du cumul des peines, que le tribunal ait fixé (au moins 
de manière théorique) les peines (hypothétiques) de tous les délits. Le prononcé d'une 
peine unique dans le sens d'un examen global de tous les délits à juger n'est pas 
possible (ATF 145 IV 1 consid. 1.4 ; 144 IV 217 consid. 3.5.3 ; 144 IV 313 
consid. 1.1.2). 

4.3. Aux termes de l'art. 51 CP, le juge impute sur la peine la détention avant 
jugement subie par l'auteur dans le cadre de l'affaire qui vient d'être jugée. 

Les mesures de substitution doivent être imputées sur la peine à l'instar de la 
détention avant jugement subie. Afin de déterminer la durée à imputer, le juge 
prendra en considération l'ampleur de la limitation de la liberté personnelle découlant 
pour l'intéressé des mesures de substitution, en comparaison avec la privation de 
liberté subie lors d'une détention avant jugement. Le juge dispose à cet égard d'un 
pouvoir d'appréciation important (ATF 140 IV 74 consid. 2.4 ; arrêt du Tribunal 
fédéral 6B_906/2019 du 7 mai 2020 consid. 1.1). 

4.4.1. La faute de l'appelant est très lourde puisqu'il s'en est pris à l'intégrité physique 
de deux individus et même à la vie de l'un d'entre eux, d'abord avec ses poings, puis 
en usant d'une arme blanche. La période pénale est certes très brève, mais elle a 

- 34/43 - 

P/22360/2019 

connu une escalade dans les actes qui laisse paraître une intensité délictuelle 
substantielle. En outre, et ainsi que l'a souligné le TCO, les victimes présentent 
encore, plus de deux ans après les faits, des atteintes conséquentes à leur santé 
physique et psychique, y compris avec des répercussions financières sévères. 

L'appelant a été mu par un certain altruisme au moment d'intervenir dans le différend 
entre F______ et sa meilleure amie. Leur dispute était a priori verbale, mais tendait à 
s'aggraver. Par ailleurs, l'appelant s'inquiétait pour cette jeune femme qu'il savait 
vivre une relation de couple délétère avec l'intimé. Toutefois, la situation a vite 
dégénéré. La réaction de l'appelant consistant à prendre une part active dans la rixe 
est déjà critiquable vu ses options de fuite, mais est devenue hors de toute proportion 
lorsqu'il s'est servi de son couteau. Si, à l'inverse du TCO, la CPAR admet que la 
panique a envahi le prévenu après les faits (cf. consid. 2.4.1 supra), elle n'était pas 
encore d'actualité durant la rixe. Seule une colère mal maîtrisée et une impulsivité 
exacerbée étaient alors en cause. 

À décharge, il n'est pas établi que l'appelant ait déjà nourri une velléité homicide à 
l'encontre de F______ au moment de son intervention dans la dispute – malgré son 
ressentiment à son encontre –, ni même une intention d'attenter à son intégrité 
corporelle, ce encore moins à celle de D______ qu'il ne connaissait pas auparavant et 
qui ne s'était pas immiscé dans les affaires du couple. De même, la condition 
objective de l'infraction de meurtre ne s'est heureusement pas concrétisée. 
Cependant, le premier coup a concrètement mis la vie de F______ en danger, tandis 
que le second aurait objectivement pu aboutir au décès de D______. Dans la mesure 
où la probabilité d'un résultat fatal a été proche dans les deux cas et évitée pour des 
raisons indépendantes de la volonté de l'appelant, relevant de la chance, il se justifie 
de faire une application limitée de l'art. 22 CP dans le contexte du coup porté contre 
la première victime, mais également de garder cette circonstance à l'esprit pour 
évaluer la culpabilité de l'appelant à l'égard de sa seconde victime. 

La responsabilité de l'appelant est pleine et entière, son alcoolémie n'ayant certes été 
mesurée que tardivement (0,10 g/kg d'éthanol dans le sang, prélevé à 13h45 le 
3 novembre 2019) mais aucun élément ne permettant de conclure à une altération 
significative de sa capacité de discernement. Tel qu'exposé supra, l'appelant a asséné 
des coups de poing, puis deux coups de couteau, sans faire état de difficulté dans ses 
mouvements, ayant prétendu être incapable de marcher uniquement pour se justifier 
de ne pas avoir quitté les lieux plutôt que de frapper avec un couteau, et non pour 
arguer d'un état d'ébriété avancé. Il s'est rendu compte de la gravité de son acte juste 
après l'avoir effectué et a pu narrer un récit relativement précis des événements sur la 
base de ses souvenirs, éléments qui infirment encore une intoxication aiguë à l'alcool. 
Toutefois, quand bien même une entière responsabilité doit être retenue, la jeunesse 
de l'appelant et le contexte de groupe, festif et alcoolisé, seront pris en considération 
pour une faible part. Une légère réduction de la peine sera aussi concédée dans la 
mesure où il s'avère paradoxal de considérer que la consommation d'alcool de 

- 35/43 - 

P/22360/2019 

l'appelant a envenimé son comportement et a exigé une abstinence à cet égard, à titre 
de mesures de substitution, tout en soutenant que cette problématique est sans aucun 
lien avec les faits reprochés. 

L'appelant jouissait d'une situation personnelle stable et même propice. Intégré 
socialement et professionnellement, il bénéficiait de l'appui de sa famille et de son 
employeur. Il avait aussi les moyens d'agir différemment au moment des faits. De la 
sorte, rien n'explique ses agissements. L'appelant a retrouvé une situation 
professionnelle favorable dès sa sortie de détention. Les attestations de son 
employeur sont élogieuses, tandis que celles de sa thérapeute permettent d'entrevoir 
des projets d'avenir constructifs et plus mûrs. Ces circonstances auront malgré tout 
une influence minime sur la fixation de la peine, celle-ci devant rester de nature à 
sanctionner les agissements reprochés. 

La collaboration de l'appelant a été ab initio mauvaise, celui-ci s'étant soustrait à ses 
responsabilités en prenant la fuite et en abandonnant ses victimes à l