# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 6a700d1b-31e2-5d7b-b720-d999216a06ed
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2012-02-16
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 16.02.2012 E-907/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-907-2010_2012-02-16.pdf

## Full Text

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t

T r i buna l   adm in i s t r a t i f   f édé ra l

T r i buna l e   ammin i s t r a t i vo   f ede ra l e

T r i buna l   adm in i s t r a t i v   f ede ra l

Cour V
E­907/2010

A r r ê t   d u   1 6   f é v r i e r   2 0 1 2

Composition François Badoud (président du collège), 
Gérald Bovier, Kurt Gysi, juges,
Chrystel Tornare Villanueva, greffière.

Parties A._______, née le (…), alias 
A._______, née le (…), 
Côte d'Ivoire,
(…),
recourante, 

contre

Office fédéral des migrations (ODM), 
Quellenweg 6, 3003 Berne,  
autorité inférieure. 

Objet Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 15 janvier 2010 / 
N (…).

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Faits :

A. 
Le  7  septembre  2009,  A._______  a  déposé  une  demande  d'asile  au 
Centre d'enregistrement et de procédure de (…).

B. 
Entendue  sommairement  au  dit  centre  le  14  septembre  2009  et  plus 
particulièrement sur ses motifs d'asile  lors de  l'audition du 12 novembre 
2009,  elle  a  déclaré  être  de  nationalité  ivoirienne,  d'ethnie  "(...)"  et  être 
mineure.  Elle  a  donné  comme  date  de  naissance  le  (…).  Elle  serait 
originaire de  (...),  ville située à environ  (…) kilomètres d'Abidjan, où elle 
aurait vécu avec sa famille jusqu'en 2005.

En  2005,  un  groupe  de  rebelles  auraient  pris  le  contrôle  de  la  ville  et 
l'auraient  enlevée  ainsi  que  neuf  autres  jeunes  filles.  Elles  seraient 
devenues les "esclaves sexuelles" des rebelles. Après quelque temps, le 
chef des rebelles aurait pris l'intéressée pour épouse. Celle­ci aurait vécu 
avec  le  groupe  durant  plusieurs  années  et  aurait  été  contrainte  de  les 
suivre dans leurs déplacements.

En  2009,  le  chef  des  rebelles  aurait  décidé  de  fuir  la  Côte  d'Ivoire  et 
aurait  proposé  à  l'intéressée  de  l'emmener.  Ils  auraient  embarqué 
ensemble  à  bord  d'un  bateau  à  destination  de  l'Italie,  où  ils  auraient 
séjourné  quelques  semaines,  avant  que  l'intéressée  ne  rejoigne  la 
Suisse, le 30 août 2009, toute seule.

Le  6  septembre  2009,  A._______  a  été  interpellée  et  interrogée  par  la 
police  du  canton  de  (...)  alors  qu'elle  séjournait  illégalement  sur  le 
territoire suisse. 

Lors  de  l'audition  du  14  septembre  2009,  elle  a  été  interrogée  sur  sa 
prétendue minorité. L'ODM, estimant que celle­ci n'avait pas été  rendue 
vraisemblable,  a  informé  l'intéressée  qu'elle  serait  considérée  comme 
majeure pour la suite de la procédure. 

Le  9  décembre  2009,  l'intéressée  a  été  soumise  à  une  analyse  dite 
Lingua.  Au  vu  des  connaissances  du  pays  et  des  connaissances 
linguistiques  de  l'intéressée,  l'expert  a  conclu  qu'elle  avait,  sans  aucun 
doute, été socialisée en Côte d'Ivoire. 

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La  requérante n'a  remis aucun document d'identité aux autorités. Elle a 
déclaré,  selon  une  version,  n'avoir  jamais  possédé  de  passeport  ni  de 
carte d'identité ou, selon une autre version, avoir donné ses documents à 
la personne qui l'avait aidée à venir en Suisse.

C. 
Par  décision  du  15  janvier  2010,  l'ODM a  rejeté  la  demande  d'asile  de 
l'intéressée, a prononcé son  renvoi de Suisse et ordonné  l'exécution de 
cette mesure. 

Il  a  tout  d'abord  constaté  que  l'identité  de  la  requérante  n'avait  pas  été 
établie et que celle­ci n'avait pas été en mesure de rendre vraisemblable 
sa  minorité.  Par  conséquent,  il  a  considéré  l'intéressée  comme  étant 
majeure et a modifié sa date de naissance en conséquence.

Par  ailleurs,  il  a  estimé  que  les  déclarations  de  la  requérante  ne 
satisfaisaient  pas  aux  exigences  de  vraisemblance  énoncées  à  l'art.  7 
LAsi. Il a relevé que le récit de la requérante était dépourvu de tout indice 
ou  sentiment  permettant  de  conclure  qu'il  s'agissait  d'une  situation 
réellement vécue. Il a souligné que l'intéressée n'avait pu donner aucune 
information  précise  et  circonstanciée  quant  au  groupe  de  rebelles  qui 
l'auraient enlevée ou quant à son vécu de plusieurs années auprès d'eux.

L'ODM  a  également  considéré  que  l'exécution  du  renvoi  était  licite, 
raisonnablement  exigible  et  possible.  Il  a  relevé  que  l'intéressée  était 
originaire de (…), ville située à quelques kilomètres d'Abidjan, une région 
qui ne connaissait pas une situation de violence généralisée. Il a encore 
précisé  qu'il  était  hautement  probable  que  l'intéressée,  qui  n'avait  pas 
rendu vraisemblable avoir été kidnappée par des rebelles, disposait d'un 
réseau familial, voire des relations à même de lui apporter un soutien et 
une possibilité d'hébergement en cas de retour. 

D. 
Par  recours  interjeté,  le  15  février  2010,  l'intéressée  a  conclu  à 
l'annulation de la décision entreprise, à la reconnaissance de la qualité de 
réfugié  et  à  l'octroi  de  l'asile,  ainsi  que,  subsidiairement,  à  l'admission 
provisoire. Elle  a  également  requis  le  bénéfice  de  l'assistance  judiciaire 
partielle.  Elle  a  rappelé,  en  substance,  les  motifs  qui  l'avait  amenée  à 
quitter  son  pays  et  a  soutenu  que  son  jeune  âge,  ses  capacités 
intellectuelles  ainsi  que  son  état  moral  et  psychique  pouvaient  justifier 
certaines  inconsistances  relevées  par  l'ODM  dans  la  décision  du 

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15 janvier 2010. Elle a précisé que les rebelles qui l'avaient kidnappée se 
trouvaient actuellement au pouvoir et qu'elle craignait de rentrer au pays.

S'agissant  de  son  âge,  elle  a  maintenu  être  mineure  et  a  reproché  à 
l'ODM  de  ne  s'être  fondé  sur  aucune  analyse  scientifique  pour  la 
considérer  comme  majeure.  Elle  a  fait  valoir  que  le  fait  que  l'ODM  ait 
admis la véracité de ses déclarations concernant notamment son origine, 
sur  la  base  de  l'analyse  Lingua,  devait  également  conduire  à  admettre 
l'âge qu'elle avait allégué. Elle a ainsi demandé que sa date de naissance 
soit rectifiée. 

Elle  a  indiqué  qu'elle  présentait  des  troubles  psychiques  avec,  comme 
symptômes,  des  troubles  du  sommeil,  un manque  d'appétit,  des  crises 
d'angoisse  ainsi  que  des  idées  suicidaires  et  qu'elle  suivait  des 
traitements médicaux. Elle a précisé qu'elle n'avait aucun réseau familial 
ou  social  qui  pourrait  la  soutenir  en  cas  de  retour  et  qu'elle  ne  savait 
même  pas  si  les membres  de  sa  famille  étaient  encore  vivants.  Elle  a 
soutenu  qu'elle  n'avait  pas  une  bonne  formation,  ni  une  expérience 
professionnelle qui lui permettrait de trouver du travail à son retour. 

E. 
Par  ordonnance du 26  février  2010,  le Tribunal  a  invité  la  recourante à 
produire un certificat médical, dans un délai de  trente  jours. Celle­ci n'a 
donné aucune suite à cette requête.

F. 
Dans sa détermination du 16 avril 2010,  l'ODM, estimant que  le recours 
ne  contenait  aucun élément  ou moyen de  preuve  nouveau,  a maintenu 
ses considérants et proposé son rejet. S'agissant des problèmes de santé 
invoqués par l'intéressée, il a relevé qu'il existait à Abidjan des structures 
médicales adaptées pour prendre en charge  les personnes souffrant de 
troubles psychiques.  Il a encore souligné qu'il ne  ressortait aucunement 
du dossier que  l'intéressée dût  impérativement poursuivre un  traitement 
médical en Suisse sous peine de mettre sa vie en danger.

G. 
Par  courrier  du  20  avril  2010,  l'intéressée  a  indiqué  qu'elle  avait  remis 
l'ordonnance du Tribunal du 26 février 2010 à son médecin traitant et que 
celui­ci devait se charger de produire un  rapport médical. Elle a précisé 
qu'elle avait également été envoyée chez un autre médecin. Elle a enfin 
requis une prolongation de délai pour produire un certificat médical pour 

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le cas où son médecin n'aurait pas encore fait parvenir ce document au 
Tribunal.

H. 
Par  ordonnance  du  21  avril  2010,  le  Tribunal  a  rejeté  la  demande  de 
prolongation  de  délai  de  la  recourante,  précisant  qu'avant  la  prise  de 
décision,  les  moyens  de  preuve  déposés  tardivement  seraient  pris  en 
considération s'ils paraissaient décisifs, conformément à l'art. 32 al. 2 PA.

I. 
A l'occasion d'un nouvel échange d'écritures ordonné au vu de l'évolution 
de  la  situation  en  Côte  d'Ivoire  depuis  sa  décision  du  15  janvier  2010, 
l'ODM  a  déposé  une  détermination  le  30  décembre  2011.  Cet  office  a 
confirmé ses considérants précédents et proposé le rejet du recours. Il a 
estimé  qu'après  la  période  de  vives  tensions  et  de  violences, 
consécutives  aux  élections  présidentielles  de  la  fin  novembre  2010,  la 
situation dans le pays s'était normalisée, suite à l'investiture du président 
Alasanne  Ouattara,  le  21  mai  2011  et  aux  élections  législatives  du 
11 décembre 2011 qui avaient marqué la suprématie du parti au pouvoir. 
Il a relevé que la sécurité, notamment à Abidjan, s'était améliorée et que 
la plupart des personnes déplacées étaient retournées vivre en ville. Il a 
ainsi constaté que la région d'Abidjan ne connaissait pas actuellement de 
violence  généralisée  équivalant  à  une  mise  en  danger  concrète  de  la 
population au sens de l'art. 83 al. 4 LEtr et que le renvoi dans cette ville 
demeurait  raisonnablement  exigible.  Il  a  estimé  que,  dans  le  cas 
d'espèce, il n'existait pas de motifs individuels susceptibles de s'opposer 
à cette mesure, soulignant que  l'intéressée, originaire d'une ville proche 
d'Abidjan,  disposait  d'un  réseau  social  (eu égard à  son  travail  avant  de 
quitter le pays) et familial qui lui permettrait de surmonter, le cas échéant, 
les éventuelles difficultés liées à son retour au pays.

J. 
Invitée  à  répondre  à  la  détermination  de  l'ODM,  l'intéressée  n'a  donné 
aucune suite à l'ordonnance du Tribunal du 9 janvier 2012, à ce jour.

K. 
Les autres faits et arguments de la cause seront évoqués, si nécessaire, 
dans les considérants en droit ci­dessous.

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Droit :

1. 

1.1.  Le  Tribunal,  en  vertu  de  l’art.  31  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le 
Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32),  connaît  des  recours 
contre les décisions au sens de l’art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 
1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS  172.021)  prises  par  les 
autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF.

En particulier, les décisions rendues par l’ODM concernant l’asile peuvent 
être contestées, par renvoi de l’art. 105 de la loi du 26 juin 1998 sur l’asile 
(LAsi, RS 142.31), devant  le Tribunal,  lequel statue alors définitivement, 
sauf demande d’extradition déposée par l’Etat dont le requérant cherche 
à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal 
fédéral [LTF, RS 173.110]).

1.2. L'intéressée a qualité pour recourir. Présenté dans la forme et dans 
le délai prescrits par  la  loi,  le  recours est  recevable  (art. 48 et 52 PA et 
108 al. 1 LAsi).

2. 

2.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d’origine ou dans 
le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 
ou craignent à juste titre de l’être en raison de leur race, de leur religion, 
de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou 
de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de 
sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l’intégrité corporelle ou 
de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression 
psychique  insupportable.  Il  y  a  lieu  de  tenir  compte  des motifs  de  fuite 
spécifiques aux femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi).

2.2.  Quiconque  demande  l’asile  (recourant)  doit  prouver  ou  du  moins 
rendre  vraisemblable  qu’il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est 
vraisemblable  lorsque  l’autorité  estime  que  celle­ci  est  hautement 
probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur 
des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont 
contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de 
manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 
LAsi).

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3. 
A  titre  préliminaire,  le  Tribunal  relève  que  la  question  de  la minorité  de 
l'intéressée n'est plus d'actualité, étant donné que la recourante est, selon 
la  date  de  naissance  qu'elle  a  elle­même  donnée,  devenue  majeure, 
le (...). 

Dès lors, s'agissant de l'exécution du renvoi, il y a lieu de la traiter comme 
telle.

4. 

4.1. En l’occurrence, l'intéressée n'a pas démontré à satisfaction de droit 
que  les exigences  légales requises pour  la reconnaissance de  la qualité 
de  réfugié et  l'octroi  de  l'asile étaient  remplies. Son  recours ne contient 
sur ce point ni arguments ni moyens de preuve susceptibles de remettre 
en cause le bien­fondé de la décision querellée.

4.2. D'entrée de cause, il y a lieu de relever que la recourante a déclaré 
avoir  quitté  la  Côte  d'Ivoire  pour  se  rendre  en  Italie,  où  elle  aurait 
séjourné durant un mois. Elle a indiqué être entrée en Suisse, le 30 août 
2009  et  avoir  habité  quelques  jours  chez  une  dame  rencontrée  à  son 
arrivée en Suisse. Elle n'a déposé une demande d'asile que le lendemain 
de son interpellation par la police (…), le 7 septembre 2009, soit huit jours 
après son arrivée en Suisse. Or, si  l'intéressée se sentait  réellement en 
danger, elle n'aurait pas manqué de demander protection à  la première 
occasion  venue,  en  l'occurrence  à  son  arrivée  en  Italie,  et  au  moins 
aussitôt entrée en Suisse, ce qu'elle n'a pas fait.

4.3. Cela précisé, la recourante a déclaré avoir été enlevée en 2005 par 
un  groupe  de  rebelles  qui  l'ont  traitée  comme  une  esclave  pendant 
plusieurs années. Elle aurait quitté son pays car le chef des rebelles, qui 
aurait décidé de s'enfuir, lui aurait proposé de l'emmener avec lui.

Force  est  toutefois  de  constater  que  la  recourante  n'a  pas  établi  la 
crédibilité des événements qu'elle a  rapportés et sur  lesquels elle  fonde 
sa demande d'asile.

En effet, les motifs allégués ne constituent que de simples affirmations de 
sa part et ne sont étayés par aucun commencement de preuve. De plus, 
le  récit  de  l'intéressée  est  stéréotypé,  imprécis  et  manque 
considérablement  de  substance  de  sorte  qu'il  ne  satisfait  pas  aux 
conditions de vraisemblance de l'art. 7 LAsi. 

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Ainsi,  ses déclarations  concernant notamment  les  circonstances de son 
enlèvement  par  les  rebelles  ainsi  que  la  description  des  quatre  années 
durant  lesquelles  elle  aurait  vécu  avec  eux  sont  vagues  et  dépourvues 
des  détails  significatifs  d'une  expérience  vécue.  A  titre  d'exemples,  elle 
ignore  le nom ou  les buts du groupe de  rebelles qui  l'aurait  séquestrée 
(cf. p­v d'audition du 14 septembre 2009 p. 5) ainsi que  le nom de  leur 
chef  avec  qui  elle  aurait  pourtant  été  intime  durant  toutes  ces  années 
(cf. p­v  d'audition  du  14  septembre  2009  p.  6  et  p­v  d'audition  du 
12 novembre  2009  p.  5).  Elle  ne  sait  rien  des  endroits  où  elle  aurait 
séjourné durant sa captivité (cf. p­v d'audition du 12 novembre 2009 p. 6). 
Elle est par ailleurs incapable de donner la moindre précision concernant 
les neuf autres filles qui auraient été séquestrées avec elle, en particulier 
elle ne connaît le nom d'aucune d'entre elles ni même leur origine (cf. p­v 
d'audition du 12 novembre 2009 p. 4 et p. 9). Les explications données 
dans  son  recours,  à  savoir  que  son  jeune  âge,  ses  capacités 
intellectuelles ou son état psychique, pouvaient justifier l'indigence de son 
récit, ne sauraient convaincre, dans  la mesure notamment où elle a été 
tout à fait capable de fournir des réponses précises et consistantes quand 
elle  a  été  interrogée  à  l'occasion  de  l'analyse  dite  Lingua.  En 
conséquence,  les  imprécisions  relevées,  qui  portent  sur  des  éléments 
importants  de  sa  demande  d'asile,  autorisent  à  penser  qu'elle  n'a  pas 
vécu les événements tels qu'invoqués à l'appui de sa demande.

A cela s'ajoute que  la description de son voyage  jusqu'en Suisse relève 
du  stéréotype,  l'intéressée  étant  au  surplus  incapable  de  fournir  des 
précisions sur la date et le lieu de son départ, sur les éventuelles escales 
ou sur l'endroit exact où elle aurait débarqué puis séjourné en Italie (cf. p­
v d'audition du 14 septembre 2009 p. 7 et p­v d'audition du 12 novembre 
2009 p. 5). Il n'est en outre pas convaincant qu'elle ait été en mesure de 
rejoindre  la Suisse, dans  les circonstances décrites, sans bourse délier, 
le  chef  des  rebelles  ayant  financé  son  voyage  (cf.  p­v  d'audition  du  12 
novembre  2009  p.  9),  sans  disposer  de  documents  de  voyage  ou 
d'identité  et  sans  avoir  subi  aucun  contrôle  aux  frontières.  De  plus,  les 
propos de  l'intéressée divergent s'agissant de ses documents d'identité. 
En  effet,  lors  de  l'audition  devant  la  police  (…),  elle  a  déclaré  que  ses 
papiers lui avaient été retirés, à son départ d'Afrique, par la personne qui 
l'avait aidée à rejoindre la Suisse (cf. p­v d'audition du 6 septembre 2009 
p. 2), alors que devant  l'ODM, elle a affirmé qu'elle n'avait  jamais eu de 
tels documents (cf. p­v d'audition du 14 septembre 2009 p. 4). Dans ces 
conditions, le Tribunal est en droit de conclure que l'intéressée cherche à 
cacher  les causes et  les circonstances exactes de son départ ainsi que 

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les  conditions  de  son  voyage  à  destination  de  l'Europe,  soit  autant  de 
motifs  qui  permettent  de  douter  de  la  vraisemblance  des  faits  qu'elle 
rapporte.

4.4.  En  conclusion,  la  recourante  n'a  pas  démontré  avec  le  degré  de 
vraisemblance requis qu'au moment de son départ du pays, elle revêtait 
la qualité de réfugié et rien ne permet d'admettre actuellement l'existence 
chez elle d'une crainte objectivement  fondée de préjudices déterminants 
au sens de l'art. 3 LAsi en cas de retour en Côte d'Ivoire.

4.5. Il s’ensuit que le recours, en tant qu’il conteste le refus de l’asile, doit 
être rejeté.

5. 

5.1. Lorsqu’il rejette la demande d’asile ou qu’il refuse d’entrer en matière 
à ce sujet, l’ODM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en 
ordonne  l’exécution ;  il  tient  compte  du  principe  de  l’unité  de  la  famille 
(art.  44  al.  1  LAsi).  Le  renvoi  ne  peut  être  prononcé,  selon  l’art.  32  de 
l’ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l’asile relative à la procédure (OA 1, 
RS 142.311),  lorsque  le  recourant  d’asile  dispose  d’une  autorisation  de 
séjour  ou  d’établissement  valable,  ou  qu’il  fait  l’objet  d’une  décision 
d’extradition ou d’une décision de renvoi conformément à  l’art. 121 al. 2 
de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 (Cst., RS 101).

5.2.  Aucune  exception  à  la  règle  générale  du  renvoi  n’étant  en 
l’occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette 
mesure.

6. 

6.1. L’exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement 
exigible  et  possible  (art.  44  al.  2  LAsi).  Si  ces  conditions  ne  sont  pas 
réunies, l’admission provisoire doit être prononcée. Celle­ci est réglée par 
l’art. 83 de  la  loi  fédérale sur  les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr, 
RS 142.20).

6.2. L’exécution n’est pas  licite  lorsque  le  renvoi de  l’étranger dans son 
Etat d’origine ou de provenance ou dans un Etat  tiers est  contraire aux 
engagements  de  la  Suisse  relevant  du  droit  international  (art.  83  al.  3 
LEtr). Aucune personne ne peut être contrainte, de quelque manière que 
ce soit, à se rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa 

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liberté  serait  menacée  pour  l’un  des  motifs  mentionnés  à  l’art.  3  al.  1 
LAsi, ou encore d’où elle  risquerait d’être astreinte à se  rendre dans un 
tel pays (art. 5 al. 1 LAsi). Nul ne peut être soumis à  la  torture ni à des 
peines ou  traitements  inhumains ou dégradants  (art. 3 de  la convention 
du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés 
fondamentales [CEDH, RS 0.101]).

6.3. L’exécution de  la décision peut ne pas être raisonnablement exigée 
si  le  renvoi  ou  l’expulsion  de  l’étranger  dans  son  pays  d’origine  ou  de 
provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple  en  cas  de 
guerre,  de  guerre  civile,  de  violence  généralisée  ou  de  nécessité 
médicale (art. 83 al. 4 LEtr).

6.4. L’exécution n’est pas possible  lorsque l’étranger ne peut pas quitter 
la  Suisse  pour  son  Etat  d’origine,  son  Etat  de  provenance  ou  un  Etat 
tiers, ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr).

7. 

7.1. L’exécution du renvoi est illicite,  lorsque la Suisse, pour des raisons 
de droit  international public, ne peut contraindre un étranger à se rendre 
dans  un  pays  donné  ou  qu’aucun  autre  Etat,  respectant  le  principe  du 
non­refoulement,  ne  se  déclare  prêt  à  l’accueillir ;  il  s’agit  d’abord  de 
l’étranger  reconnu  réfugié,  mais  soumis  à  une  clause  d’exclusion  de 
l’asile, et ensuite de l’étranger pouvant démontrer qu’il serait exposé à un 
traitement prohibé par l’art. 3 CEDH ou encore l’art. 3 de la convention du 
10  décembre  1984  contre  la  torture  et  autres  peines  ou  traitements 
cruels,  inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105) (Message du 
Conseil  fédéral  à  l’appui  d’un  arrêté  fédéral  sur  la  procédure  d’asile 
[APA], du 25 avril 1990, in : FF 1990 II 624).

7.2. En l'espèce,  l’exécution du renvoi ne contrevient pas au principe de 
non­refoulement de l’art. 5 LAsi. Comme exposé plus haut (cf. consid. 4), 
la recourante n'a pas rendu vraisemblable qu’en cas de retour dans son 
pays  d’origine,  elle  serait  exposée  à  de  sérieux  préjudices  au  sens  de 
l’art. 3 LAsi.

7.3. En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant du 
droit international, il sied d’examiner particulièrement si l’art. 3 CEDH, qui 
interdit la torture, les peines ou traitements inhumains, trouve application 
dans le présent cas d’espèce.

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7.4. Si l’interdiction de la torture, des peines et traitements inhumains (ou 
dégradants)  s’applique  indépendamment  de  la  reconnaissance  de  la 
qualité  de  réfugié,  cela  ne  signifie  pas  encore  qu’un  renvoi  ou  une 
extradition serait prohibée par le seul fait que dans le pays concerné des 
violations  de  l’art.  3  CEDH  devraient  être  constatées ;  une  simple 
possibilité  de  subir  des  mauvais  traitements  ne  suffit  pas.  Il  faut  au 
contraire  que  la  personne  qui  invoque  cette  disposition  démontre  à 
satisfaction  qu’il  existe  pour  elle  un  véritable  risque  concret  et  sérieux 
d’être victime de tortures, ou de traitements inhumains ou dégradants en 
cas de renvoi dans son pays. Il en ressort qu’une situation de guerre, de 
guerre  civile,  de  troubles  intérieurs  graves  ou  de  tension  grave 
accompagnée de violations des droits de l’homme ne suffit pas à justifier 
la  mise  en œuvre  de  la  protection  issue  de  l’art.  3  CEDH,  tant  que  la 
personne  concernée  ne  peut  rendre  hautement  probable  qu’elle  serait 
visée  personnellement  –  et  non  pas  simplement  du  fait  d’un  hasard 
malheureux  –  par  des  mesures  incompatibles  avec  la  disposition  en 
question (JICRA 1996 n° 18 consid. 14b let. ee p. 186s).

7.5.  En  l’occurrence,  rien  n'indique  que  l'exécution  du  renvoi  en  Côte 
d'Ivoire  exposerait  l'intéressée  à  un  risque  concret  et  sérieux  de 
traitements  de  cette  nature.  Dès  lors,  l’exécution  du  renvoi  de  la 
recourante sous forme de refoulement ne transgresse aucun engagement 
de la Suisse relevant du droit  international, de sorte qu’elle s’avère  licite 
(art. 44 al. 2 LAsi et 83 al. 3 LEtr).

8. 

8.1. Selon l’art. 83 al. 4 LEtr,  l’exécution de la décision peut ne pas être 
raisonnablement exigée si le renvoi ou l’expulsion de l’étranger dans son 
pays  d’origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par 
exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou 
de  nécessité médicale. Cette  disposition  s’applique  en  premier  lieu  aux 
"réfugiés  de  la  violence",  soit  aux  étrangers  qui  ne  remplissent  pas  les 
conditions  de  la  qualité  de  réfugié  parce  qu’ils  ne  sont  pas 
personnellement persécutés, mais qui fuient des situations de guerre, de 
guerre civile ou de violence généralisée, et ensuite aux personnes pour 
qui  un  retour  reviendrait  à  les  mettre  concrètement  en  danger, 
notamment parce qu’elles ne pourraient plus recevoir les soins dont elles 
ont  besoin.  L’autorité  à  qui  incombe  la  décision  doit  donc  dans  chaque 
cas confronter  les aspects humanitaires  liés à  la situation dans  laquelle 
se  trouverait  l’étranger  concerné  dans  son  pays  après  l’exécution  du 

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renvoi à  l’intérêt public militant en  faveur de son éloignement de Suisse 
(Arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  [ATAF]  2009/52  consid.  10.1, 
ATAF 2008/34 consid. 11.2.2 et ATAF 2007/10 consid. 5.1).

8.2. Certes,  la  Côte  d'Ivoire  a  connu  durant  les  mois  qui  ont  suivi  les 
élections  présidentielles  d'octobre­novembre  2010  de  sérieux  troubles 
ponctués  pendant  quelques  semaines  par  de  graves  violences.  Le  11 
avril 2011, les forces loyalistes d'Alassane Ouattara, président élu, grâce 
à  l'appui décisif des militaires de  la Force  républicaine de Côte d'Ivoire, 
(FRCI),  provenant  du  nord  du  pays,  ont  défait  les  partisans  de  l'ancien 
président,  Laurent  Gbagbo,  qui  a  été  arrêté.  Après  divers  gestes 
d'apaisement du nouveau président Alassane Ouattara,  la situation s'est 
progressivement normalisée sur la plus grande partie du territoire ivoirien 
et  notamment  à  Abidjan.  Il  a  fallu  cependant  encore  déplorer  une 
importante criminalité (p. ex. extorsion de fonds lors de barrages routiers, 
actes  de  racket,  cambriolages,  vols  de  voitures  etc.),  émanant  en 
particulier de militaires des nouvelles forces armées ivoiriennes (dont des 
membres de  la FRCI  refusant de  regagner  leur  région d'origine  frappée 
par  la  pauvreté),  ainsi  que  de  miliciens  et  de  particuliers  qui  en  sont 
proches.  Suite  aux  efforts  déployés  par  le  président  Ouattara  et  son 
gouvernement,  des  progrès  lents,  mais  encourageants  sont  toutefois 
perceptibles dans ce domaine et  la sécurité, notamment à Abidjan, s'est 
améliorée  (parmi  les  diverses  sources  consultées,  voir  à  ce  propos 
l'analyse  de  la  Fondation  Konrad­Adenauer,  "Côte  d'Ivoire ­  Der  lange 
Weg aus der Krise", 16 août 2011, p. 2 in fine, ainsi que le rapport no 176 
de  l'International  Crisis  Group,  "Une  période  critique  pour  stabiliser  la 
Côte  d'Ivoire",  Dakar/Bruxelles,  1er août  2011,  pt. II A,  p. 4 s. ; 
cf. également  l'article  de  "Jeune  Afrique"  du  13 septembre  2011  intitulé 
"Côte  d'Ivoire :  Ouattara,  cent  jours  après" ;  cf.  également  ATAF 
E­4492/2009 du 30 septembre 2011 consid. 8.2). Le 29 novembre 2011, 
Laurent Gbagbo a  été  transféré  au Tribunal  International  de  la Haye et 
les élections du 11 décembre 2011, qui ont confirmé le pouvoir en place, 
se  sont déroulées  sans heurts  (cf. ATAF D­1714/2009 du 22 décembre 
2011 consid. 7.4.2).

Actuellement,  la  Côte  d'Ivoire  ne  connaît  donc  pas  une  situation  de 
guerre, de guerre civile ou de violence généralisée sur l'ensemble de son 
territoire qui permettrait de présumer, à propos de tous les requérants qui 
en proviennent, et indépendamment des circonstances de chaque cause, 
l'existence d'une mise en danger concrète au regard de la jurisprudence 
susmentionnée (cf. consid. 8.1 supra).

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8.3. En  outre,  il  ne  ressort  du  dossier  aucun  élément  dont  on  pourrait 
inférer  que  l’exécution  du  renvoi  impliquerait  une  mise  en  danger 
concrète de  la  recourante. A cet égard,  le Tribunal  relève qu'elle est en 
âge et à même de trouver les moyens nécessaires à sa réinstallation. En 
effet,  elle  est  jeune  et  au  bénéfice  d'une  formation  scolaire  ainsi  que 
d'une  expérience  professionnelle.  Ainsi,  même  en  tenant  compte  de  la 
situation  socio­économique  tendue  qui  prévaut  en  Côte  d'Ivoire,  elle 
devrait être en mesure de trouver et d'exercer, au moins à moyen terme, 
un  emploi  lui  permettant  de  subvenir  à  ses  besoins  essentiels.  Par 
ailleurs,  eu  égard  à  l'invraisemblance  manifeste  de  ses  motifs  d'asile 
(cf. consid.  4  ci­dessus),  le  Tribunal  considère  qu'elle  n'a  pas, 
contrairement à ce qu'elle prétend, quitté le domicile familial, situé dans la 
région d'Abidjan, déjà en 2005, dans les circonstances qu'elle a décrites. 
Quant à ses allégations sur  l'absence de proches en Côte d'Ivoire, elles 
ne  sont  nullement  convaincantes  dans  le  contexte  social  et  familial 
ivoirien,  l'intéressée  n'ayant  en  outre  produit  aucun  moyen  de  preuve 
étayant  ses  propos  à  ce  sujet.  Au  vu  du manque  de  collaboration  dont 
elle  a  fait  preuve  durant  sa  procédure  d'asile  et  de  l'invraisemblance 
manifeste  de  ses  motifs,  il  y  a  lieu  d'admettre  que  l'intéressée  pourra 
compter  sur  l'aide  d'un  réseau  familial  et  social  lors  de  son  retour  au 
pays.

Cela  dit,  bien  que  l'intéressée  ait  allégué  souffrir  de  problèmes 
psychiques,  celle­ci  n'a  produit  aucun  document  médical  permettant 
d'attester ses dires, alors qu'elle avait pourtant été invitée à le faire par le 
Tribunal. Partant, l'intéressée n'a pas établi qu'elle souffrait de problèmes 
de  santé  particuliers  pour  lesquels  elle  ne  pourrait  pas  être  soignée  en 
Côte d'Ivoire et qui seraient susceptibles de rendre son renvoi inexigible. 

Dans  ces  conditions,  il  y  a  tout  lieu  de  penser  que  l'intéressée  pourra 
mener  une  existence  conforme  à  la  dignité  humaine  en  cas  de 
réinstallation,  malgré  les  difficultés  qu'elle  pourra  rencontrer  dans  un 
premier temps.

8.4.  Enfin,  le  Tribunal  rappelle  que  les  motifs  résultant  de  difficultés 
consécutives  à  une  crise  socio­économique  (pauvreté,  conditions 
d'existence  précaires,  difficultés  à  trouver  un  emploi  et  un  logement, 
revenus  insuffisants,  absence  de  toute  perspective  d'avenir)  ou  à  la 
désorganisation,  la  destruction  des  infrastructures  ou  des  problèmes 
analogues auxquels, dans le pays concerné, chacun peut être confronté, 
ne  sont  pas  en  tant  que  tels  déterminants  en  la  matière  (cf.  ATAF 

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2009/52  consid.  10.1  p. 757 ;  cf.  également  JICRA  2005  n° 24  consid. 
10.1 p. 215, JICRA n° 24 consid. 5e p. 159).

Au  besoin,  la  recourante  a  la  possibilité  de  présenter  à  l'ODM  une 
demande  d'aide  au  retour  au  sens  des  art.  93  LAsi  et  73ss  de 
l'ordonnance 2 du 11 août 1999 sur l'asile relative au financement (AO 2, 
RS 142.312), en vue notamment de faciliter sa réinstallation.

8.5. En définitive, et après pesée de tous les éléments du cas d'espèce, 
l'exécution du renvoi s'avère raisonnablement exigible.

9. 
Enfin,  la  recourante  est  en  possession  de  documents  suffisants  pour 
rentrer dans son pays ou, à tout le moins, est en mesure d’entreprendre 
toute  démarche  nécessaire  auprès  de  la  représentation  de  son  pays 
d’origine en vue de l’obtention de documents de voyage lui permettant de 
quitter  la  Suisse.  L’exécution  du  renvoi  ne  se  heurte  donc  pas  à  des 
obstacles  insurmontables  d’ordre  technique  et  s’avère  également 
possible (cf. ATAF 2008/34 consid. 12 p. 513­515).

10. 

10.1. Cela  étant,  l’exécution  du  renvoi  doit  être  déclarée  conforme  aux 
dispositions légales.

10.2. Il s’ensuit que le recours, en tant qu’il conteste la décision de renvoi 
et son exécution, doit être également rejeté.

11. 
Au  vu  de  l’issue  de  la  cause,  il  y  aurait  lieu  de  mettre  les  frais  de 
procédure à  la charge de  la  recourante, conformément aux art. 63 al. 1 
PA et 2 et 3  let. b du règlement du 21 février 2008 concernant  les frais, 
dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  (FITAF, 
RS 173.320.2).  Toutefois,  l'intéressée  ayant  déposé  une  demande 
d'assistance  judiciaire  partielle,  il  convient  de  l'admettre  dès  lors  qu'elle 
doit  être  considérée  comme  indigente  et  qu'au  moment  du  dépôt  du 
recours, ses conclusions n'étaient pas d'emblée vouées à l'échec (art. 65 
al. 1 PA). En conséquence, il est statué sans frais.

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Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce :

1. 
Le recours est rejeté.

2. 
La demande d'assistance judiciaire partielle est admise.

3. 
Il n'est pas perçu de frais.

4. 
Le  présent  arrêt  est  adressé  à  la  recourante,  à  l’ODM  et  à  l’autorité 
cantonale compétente.

Le président du collège : La greffière :

François Badoud Chrystel Tornare Villanueva

Expédition :