# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 431787a0-90a3-52be-95f7-37b66c882764
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2023-11-29
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 29.11.2023 E-3021/2023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-3021-2023_2023-11-29.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour V 

E-3021/2023 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  2 9  n o v e m b r e  2 0 2 3  

Composition 
 Deborah D'Aveni (présidente du collège),  

Yanick Felley, David R. Wenger, juges, 

Alessandra Stevanin, greffière. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

Burundi,   

représenté par Elia Pezzula, Caritas Suisse, 

(…),  

recourant,  

  
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile et renvoi (procédure accélérée) ;  

décision du SEM du 26 avril 2023 / N (…). 

 

 

 

E-3021/2023 

Page 2 

Faits : 

A.  

Le 27 février 2023, A._______ (ci-après : l’intéressé, le requérant ou le 

recourant) a déposé une demande d’asile en Suisse. 

B.  

Le 2 mars 2023, le requérant a signé un mandat de représentation en 

faveur des juristes de Caritas Suisse. 

C.  

Entendu le 17 avril 2023, l’intéressé a exposé être ressortissant burundais, 

d’ethnie tutsi, né à B._______, où il aurait vécu avec sa famille. Il aurait été 

scolarisé au Burundi jusqu’en 2015, date à laquelle il se serait installé au 

C._______ pour y poursuivre ses études au moyen d’une bourse obtenue 

en tant que (…). Au début du mois de mai 2021, après l’investiture du 

nouveau président burundais et suite à la mort de sa grand-mère, il serait 

retourné vivre dans son pays d’origine, auprès de ses parents. Il aurait 

alors travaillé sporadiquement dans la (…) de son père en tant que (…) et 

aurait suivi des formations en informatique. 

Le 20 mai 2021, alors qu’il se trouvait à la (…) de son père, il aurait été 

arrêté par le chef des services de renseignements du Burundi (ci-après : 

Service national de renseignement [SNR]) et un autre homme dénommé 

D._______. Accompagnés de policiers, les deux hommes l’auraient 

emmené en camionnette à E._______ – ville située à plus de trois heures 

de route –, après lui avoir bandé les yeux et ligoté les mains. Insulté et 

maltraité durant tout le trajet, il aurait été jeté à terre une fois arrivé à 

destination et placé dans un bâtiment où se trouvaient d’autres jeunes 

d’ethnie tutsi. Il y aurait passé la journée assis, sans recevoir de quoi boire 

et manger. Le lendemain, il aurait été emmené dans un autre endroit, où il 

aurait été enfermé dans un container. Il y aurait été interrogé par un 

dénommé F._______, « un spécialiste des assassinats », accompagné 

d’une autre personne. Accusé par ces derniers d’être un insurgé tutsi 

souhaitant renverser le pouvoir du fait qu’il avait vécu au C._______, il 

aurait été battu et humilié. Deux jours plus tard, un policier connaissant son 

père lui serait venu en aide et l’aurait emmené en voiture chez son oncle, 

à G._______, prétextant auprès de ses collègues qu’il s’était évadé. Après 

avoir appris ce qu’il lui était arrivé, son oncle aurait organisé son voyage 

en H._______ et l’aurait emmené en moto, le 25 mai suivant, à I._______ 

chez une certaine J._______, où le requérant aurait vécu caché les mois 

qui ont suivi. Il aurait toutefois également rencontré des problèmes en 

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H._______, le contraignant à rentrer au Burundi en septembre 2022, où il 

aurait vécu caché chez son oncle, puis chez son grand-père, afin éviter la 

confrontation avec les Imbonerakure qui se rendaient fréquemment chez 

ses parents à sa recherche. Son père aurait alors organisé et financé son 

voyage jusqu’en Europe. Muni d’un laissez-passer, il aurait rejoint la 

H._______ le 22 février 2023, puis le K._______, où il aurait rencontré un 

passeur qui l’aurait accompagné en avion jusqu’en Suisse, en transitant 

par la Suède.  

Interrogé sur son état de santé, il a indiqué avoir des douleurs dorsales et 

un problème au niveau des yeux, pour lequel il avait consulté un 

ophtalmologue dans son pays d’origine. 

A l’appui de sa demande d’asile, il a produit des copies d’une attestation 

d’identité, d’un extrait d’acte de naissance, d’une attestation de résidence 

et d’un visa étudiant délivré par la (…) du C._______. 

D.  

Le 24 avril 2023, le Secrétariat d’Etat aux migrations (ci-après : SEM ou 

autorité inférieure) a transmis un projet de décision à l’intéressé. 

Ce dernier a pris position le lendemain. 

E.  

Par décision du 26 avril 2023, notifiée le jour même, le SEM a refusé de 

reconnaître la qualité de réfugié au requérant, a rejeté sa demande d’asile, 

a prononcé son renvoi de Suisse et a ordonné l’exécution de cette mesure. 

En substance, le SEM a retenu que les déclarations de l’intéressé ne 

répondaient pas aux exigences de vraisemblance énoncées à l’art. 7 LAsi. 

Il a relevé en particulier qu’il était peu crédible que celui-ci ait été accusé 

par le SNR d’avoir collaboré avec les rebelles tutsis au seul motif qu’il avait 

vécu au C._______, ce d’autant plus qu’il était alors âgé de 16 ans, qu’il 

était de retour dans son pays depuis quelques jours seulement et qu’il 

n’avait jamais exercé d’activités politiques. Il a également estimé 

invraisemblable que le requérant ait été arrêté par le chef du SNR en 

personne et que ce dernier, accompagné de son subalterne, ait emprunté 

un trajet de plus de trois heures de route afin de le remettre à un autre 

homme en vue de son interrogatoire, et encore moins probable qu’un 

policier, connaissance de son père, se soit trouvé précisément à l’endroit 

où il était détenu, situé à trois heures de route du domicile de ses parents, 

et qu’il ait offert de lui venir en aide, compte tenu des risques y relatifs. Par 

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ailleurs, le SEM a souligné que le fait que le requérant soit retourné vivre 

dans son pays d’origine en septembre 2022 après son séjour en 

H._______ et qu’il ait à nouveau franchi la H._______ en février 2023 pour 

entreprendre son voyage jusqu’en Europe suggérait, contrairement à ses 

allégations, qu’il ne risquait aucun danger particulier dans l’un ou l’autre de 

ces pays. Enfin, il a retenu qu’il était peu plausible que son père n’ait pas 

fait en sorte de le faire sortir du pays plus tôt dans la mesure où, comme 

invoqué, les Imbonerakure étaient activement à sa recherche et se 

présentaient fréquemment à son domicile.  

S’agissant de l’exécution du renvoi, le SEM a considéré cette mesure 

comme étant licite, exigible et possible. Il a relevé en particulier que suite 

à la crise politique de 2015, la situation du Burundi s’était améliorée et 

stabilisée et que le pays ne connaissait pas des violences généralisées sur 

l’ensemble du territoire, précisant pour le surplus que l’intéressé provenait 

de la province de B._______, région dans laquelle le contexte sécuritaire 

n’était pas défavorable. Il a par ailleurs exclu la présence de motifs 

individuels s’opposant à l’exécution du renvoi, soulignant que l’intéressé 

était jeune, éduqué et issu d’une famille aisée. Il a ajouté que le requérant 

avait travaillé dans la (…) de son père, de même qu’il avait suivi des 

formations en informatique, et qu’il ne souffrait d’aucun problème de santé 

particulier, les troubles ophtalmologiques et les douleurs dorsales signalés 

ne présentant aucune gravité et pouvant être traités sur place.   

F.  

Le 25 mai 2023 (date du sceau postal), l’intéressé a interjeté recours contre 

la décision précitée auprès du Tribunal administratif fédéral (ci-après : 

le Tribunal), par lequel il a conclu à son annulation et, à titre principal, à la 

reconnaissance de la qualité de réfugié ainsi qu’à l’octroi de l’asile ou, à 

titre subsidiaire, à l’octroi de l’admission provisoire ou, plus subsidiairement 

encore, au renvoi de la cause au SEM pour instruction complémentaire. Il 

a en outre demandé à être dispensé du versement de l’avance de frais et 

à être mis au bénéfice de l’assistance judiciaire partielle. 

A titre préalable, l’intéressé se prévaut d’une violation de son droit d’être 

entendu ainsi que du devoir d’instruction et de motivation du SEM. D’une 

part, il reproche à l’auditeur en charge de son interrogatoire de l’avoir 

interrompu et sommé d’exposer ses motifs de façon plus rapide, ce qui irait 

à l’encontre de la bonne pratique du SEM et des techniques d’audition 

contenues dans le manuel « Asile et retour » (ch. C6.2, « L’audition sur les 

motifs d’asile ») et laisserait d’emblée sous-entendre un parti pris. D’autre 

part, il soutient que la décision querellée est insuffisamment motivée 

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s’agissant de l’« exécution du renvoi ». Il considère qu’indépendamment 

de la vraisemblance de ses déclarations, le SEM aurait dû examiner les 

risques de persécution auxquels il est exposé au Burundi du seul fait de 

son appartenance ethnique et du sort réservé aux opposants politiques par 

les autorités et les Imbonerakure depuis les élections présidentielles et 

législatives de mai 2020.  

Sur le fond, le recourant allègue que son récit est fondé et concluant. Il fait 

valoir que toute personne d’ethnie tutsi quittant son pays est suspectée de 

faire partie des rebelles, raison pour laquelle il était connu du SNR et a été 

accusé de revenir au Burundi pour organiser les affrontements de fin mai 

2021. Il soutient que son père – à l’instar de nombreux entrepreneurs 

surveillés par le gouvernement – était déjà connu du SNR pour avoir, dans 

le passé, importé un médicament non autorisé depuis le C._______, ce qui 

constitue, du point de vue des autorités, un prétexte suffisant pour 

l’interroger. Sur ce dernier point, il se prévaut d’un enregistrement audio 

réalisé par un certain L._______, ami de son père et membre des 

Imbonerakure, dans lequel il serait accusé d’avoir rejoint la rébellion 

RED-Tabara et menacé de mort, au même titre que sa sœur. Il a également 

produit deux convocations, sous forme de copies, adressées en 2021 et 

février 2023 à son père par le Ministère de la sécurité intérieure, précisant 

que celui-ci a subi un interrogatoire de deux heures au sujet de son 

absence. De plus, il a versé au dossier la vidéo d’un extrait du téléjournal 

burundais datant d’octobre 2022 dans lequel s’exprime celui qu’il présente 

comme le porte-parole du Ministère public, faisant valoir que toute 

personne ayant demandé l’asile à l’étranger et étant rapatriée au Burundi 

est menacée de façon arbitraire, vu la politique répressive qui y prévaut 

vis-à-vis des opposants politiques et contre les tutsis.  

S’agissant de l’exécution de son renvoi, il conteste l’appréciation du SEM.  

Références de jurisprudence à l’appui (en particulier arrêts du Tribunal 

D-831/2021, E-3234/2018 et E-1699/2017), il estime qu’elle est contraire à 

la pratique constante du SEM qui considérait jusqu’alors l’exécution du 

renvoi au Burundi inexigible compte tenu de la situation sécuritaire. 

Contestant toute stabilisation de la situation politique depuis lors qui 

justifierait un changement de pratique, il allègue que le Tribunal a lui-même 

reconnu, dans son arrêt D-5434/2019, que le contexte général au Burundi 

demeurait tendu et retenu l’existence de discriminations systématiques 

commises par les autorités à l’encontre des tutsis. Il rappelle enfin que les 

nombreux burundais ayant trouvé refuge dans les pays limitrophes sont 

victimes d’exactions et de sévices en tout genre de la part de fonctionnaires 

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publics et des Imbonerakure, en particulier dans les provinces proches du 

Nord-Kivu, telles que Bubanza, Muramvya et Bujumbura. 

G.  

Par décision incidente du 9 juin 2023, la juge instructeur a admis la 

demande d’assistance judiciaire partielle et a invité le SEM à déposer sa 

réponse jusqu’au 20 juin 2023. 

H.  

Dans sa réponse du 20 juin 2023, considérant que le recours ne contenait 

aucun élément ou moyen de preuve susceptible de modifier son point de 

vue, le SEM a proposé son rejet.  

S’agissant d’abord des griefs du recourant portant sur le déroulé de son 

audition, le SEM rétorque avoir attiré son attention au début de 

l’interrogatoire sur la possibilité d’être interrompu, constatant pour le reste 

que l’intéressé a affirmé en fin d’audition avoir pu exprimer l’ensemble de 

ses motifs. Rappelant que le recourant a lui-même avoué n’avoir jamais 

exercé d’activité politique, il estime que l’allégation du recours selon 

laquelle il aurait été membre des RED-Tabara est sujette à caution. Quant 

à l’enregistrement audio, il estime que sa production est tardive et que cela 

suggère qu’il a été avancé pour les besoins de la cause. Il considère par 

ailleurs douteux que les autorités ne s’en soient pas encore prises au père 

du recourant s’il était vraiment dans leur collimateur comme prétendu. 

Quant à l’exécution du renvoi au Burundi, le SEM maintient que cette 

mesure est actuellement exigible, tout en rappelant qu’il s’agit d’un examen 

au cas par cas. 

I.  

Dans sa réplique du 10 juillet 2023, le recourant relève qu’il n’est pas 

interdit de produire des novas au stade du recours, à savoir, en 

l’occurrence, l’enregistrement vocal dans lequel il se voit menacé. Il 

reproche par ailleurs au SEM de ne pas s’être prononcé sur la force 

probante à accorder aux convocations produites.  

A cette occasion, le recourant a versé au dossier plusieurs documents 

médicaux le concernant, dont il ressort pour l’essentiel qu’il a été 

hospitalisé au M._______ du (…) au (…) 2023 sur un mode volontaire pour 

une mise à l’abri d’idées suicidaires. A la sortie du séjour, les médecins ont 

retenu le diagnostic d’état de stress post-traumatique (ICD-10 / F43.1 ; ci-

après : PTSD). Aucun traitement médicamenteux n’a toutefois été 

administré, hormis une anxiolyse par Temesta durant les trois premiers 

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jours de l’hospitalisation. Un bilan cardiologique approfondi est par ailleurs 

préconisé compte tenu des douleurs rétrosternales rapportées par le 

recourant. 

J.  

Dans sa duplique du 4 août 2023, tout en émettant des doutes sur la 

corrélation entre les troubles psychologiques relevés dans les rapports 

médicaux produits et les préjudices allégués par le recourant, le SEM 

relève que des suivis psychiatriques sont disponibles au Burundi, 

notamment à N._______, au Centre neuropsychiatrique de O._______ 

ainsi qu’au sein de l’établissement privé P._______, notamment en 

ambulatoire.  

K.  

Dans ses observations complémentaires du 28 août 2023, le recourant 

ajoute que le SEM aurait dû attendre le résultat des examens 

cardiologiques entrepris pour pouvoir se déterminer en toute connaissance 

sur l’exécution de son renvoi. Il estime par ailleurs que son état de santé 

devrait conduire à l’annulation de la décision querellée.  

L.  

Par courrier de 5 septembre 2023, le recourant a fait parvenir au Tribunal 

un rapport médical du Dr Q._______ daté du 29 août 2023, qui confirme le 

diagnostic psychique précédemment établi.   

M.  

Par courrier du 23 novembre 2023, le recourant indique poursuivre un 

traitement psychothérapeutique à raison d’une séance toutes les deux 

semaines, être dans l’attente d’une consultation cardiologique prévue le 

(…) décembre 2023 et présenter de la toux. A cette occasion, il a transmis 

une nouvelle fois le rapport du 29 août 2023 précité.  

 

N.  

Les autres faits et arguments de la cause seront examinés, pour autant 

que de besoin, dans les considérants en droit. 

 

  

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Droit : 

1.  

 

1.1 Le Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les 

décisions au sens de l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à 

l'art. 33 LTAF. 

En particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile peuvent 

être contestées devant le Tribunal (art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi 

de l'art. 105 LAsi), lequel statue alors définitivement, sauf demande 

d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à se protéger 

(art. 83 let. d ch. 1 LTF), exception non réalisée en l’espèce. 

Le Tribunal est donc compétent pour statuer sur la présente cause. 

1.2 Le recourant a qualité pour recourir. Présenté dans la forme (art. 48 et 

52 PA) et dans les délais prescrits par la loi (art. 108 al. 1 LAsi et art. 10 de 

l’ordonnance du 1er avril 2020 sur les mesures prises dans le domaine de 

l’asile en raison du coronavirus [RS 142.318]), le recours est recevable. 

2.  

A l’appui de sa conclusion en cassation, l’intéressé fait valoir une violation 

de son droit d’être entendu, respectivement un établissement incomplet, 

voire inexact, des faits, reprochant au SEM de l’avoir empêché de 

s’exprimer librement durant son audition, d’une part, et d’avoir sous-estimé 

la gravité de la situation sécuritaire du Burundi, d’autre part. 

Ces griefs s’avèrent toutefois infondés, pour les raisons qui suivent. 

2.1 S’agissant du premier point, s’il est vrai que la personne en charge en 

l’audition doit laisser le requérant s’exprimer librement et éviter dans la 

mesure du possible de l’interrompre – tel que relevé d’ailleurs par le 

manuel cité par le recourant (cf. supra let. F) –, rien ne l’empêche de le 

rediriger lorsqu’il estime que les explications fournies par celui-ci sont 

redondantes ou superflues. L’auditeur demeure en effet maître de l’audition 

et il lui est loisible de poser les questions qu’il estime les plus pertinentes 

dans le cadre de la procédure, tout comme d’approfondir certains sujets au 

détriment d’autres. En l’occurrence, alors qu’il s’exprimait de manière 

spontanée sur ses motifs en fournissant de nombreux détails et en mimant 

certaines parties de son récit, le recourant a été prié de résumer les faits. 

Considérant que ces détails n’étaient pas déterminants, le SEM a redirigé 

le recourant sur les sujets qu’il estimait essentiels, en lui posant par la suite 

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une trentaine de questions supplémentaires. A cela s’ajoute que, comme 

relevé par l’autorité inférieure, le recourant a expressément mentionné en 

fin d’audition avoir pu exprimer l’ensemble de ses motifs et envoyé tous les 

documents à sa disposition (cf. procès-verbal d’audition, R128). Il a signé 

son procès-verbal, après relecture attentive avec sa représentante 

juridique, confirmant ainsi l’ensemble de ses déclarations et s’abstenant de 

tout complément. Enfin, le recourant aurait eu tout le loisir d’informer le 

SEM, voire le Tribunal, d’éventuels motifs qu’il aurait été empêché 

d’exprimer lors de son audition, ce qu’il n’a pas fait. Il semble donc 

opportuniste de sa part de se prévaloir d’une violation de son droit d’être 

entendu au stade du recours, ce d’autant plus qu’il se contente de critiquer 

les méthodes d’interrogation du SEM. 

2.2 Aucun reproche ne saurait non plus être retenu à l’encontre du SEM 

s’agissant de l’examen de la situation sécuritaire du Burundi. Il transparaît 

en effet de la décision querellée que le SEM n’a ni nié, ni minimisé la 

situation qui prévaut dans ce pays. Il en va pour preuve que le SEM ne 

conteste pas que le Burundi a été frappé par une crise politique suite aux 

élections présidentielles de 2015, qui a donné lieu à des affrontements 

armés et des actions de répression sur une partie du territoire, mais 

considère que la situation s’est améliorée depuis lors et n’atteint 

actuellement pas un degré de gravité tel que l’exécution du renvoi devrait 

être considérée comme inexigible. La question de savoir si ce 

raisonnement est justifié relève du fond et sera donc examinée ci-après 

(cf. infra consid. 9).  

2.3 A noter encore que le simple fait que des investigations médicales 

soient potentiellement en cours en lien avec les problèmes cardiologiques 

signalés par le recourant ne saurait conduire à l’annulation de la décision 

du SEM pour défaut d’instruction (sur ce point, cf. infra consid. 9.4.1). 

Partant, tout grief d’ordre formel doit être écarté. 

3.  

3.1 Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans 

le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 

ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion, de 

leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou de 

leurs opinions politiques (art. 3 al. 1 LAsi). Sont notamment considérées 

comme de sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité 

corporelle ou de la liberté, de même que les mesures qui entraînent une 

pression psychique insupportable (art. 3 al. 2 1ère phr. LAsi). 

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3.2 Quiconque demande l'asile (requérant) doit prouver ou du moins 

rendre vraisemblable qu'il est un réfugié (art. 7 al. 1 LAsi). La qualité de 

réfugié est vraisemblable lorsque l'autorité estime que celle-ci est 

hautement probable (art. 7 al. 2 LAsi). Ne sont pas vraisemblables 

notamment les allégations qui, sur des points essentiels, ne sont pas 

suffisamment fondées, qui sont contradictoires, qui ne correspondent pas 

aux faits ou qui reposent de manière déterminante sur des moyens de 

preuve faux ou falsifiés (art. 7 al. 3 LAsi). 

3.3 Des allégations sont vraisemblables, lorsque, sur les points essentiels, 

elles sont suffisamment fondées (ou : consistantes), concluantes (ou : 

constantes et cohérentes) et plausibles et que le requérant est 

personnellement crédible. Les allégations sont fondées, lorsqu'elles 

reposent sur des descriptions détaillées, précises et concrètes, la 

vraisemblance de propos généraux, voire stéréotypés étant généralement 

écartée. Elles sont concluantes, lorsqu'elles sont exemptes de 

contradictions entre elles, d'une audition à l'autre ou avec les déclarations 

d'un tiers (par ex. proche parent) sur les mêmes faits. Elles sont plausibles, 

lorsqu'elles correspondent à des faits démontrés (en particulier aux 

circonstances générales régnant dans le pays d'origine) et sont conformes 

à la réalité et à l'expérience générale de la vie. La crédibilité du requérant 

d'asile fait défaut non seulement lorsque celui-ci s'appuie sur des moyens 

de preuve faux ou falsifiés, mais encore s'il dissimule des faits importants, 

en donne sciemment une description erronée, modifie ses allégations en 

cours de procédure ou en rajoute de façon tardive et sans raison apparente 

ou s'il enfreint son obligation de collaborer (cf. ATAF 2012/5 consid. 2.2). 

4.  

4.1 A l’instar du SEM, le Tribunal considère que le recourant n’a pas été en 

mesure de faire apparaître la crédibilité de ses motifs d’asile. Son récit 

s’avère en effet émaillé de nombreuses incohérences. Outre celles déjà 

relevées par le SEM, auxquelles il peut être renvoyé, le Tribunal retient ce 

qui suit. 

4.1.1 L’intéressé prétend tout d’abord que les autorités lui reprochent son 

séjour au C._______ et l’accusent d’être rentré au Burundi dans le seul but 

d’organiser les affrontements de mai 2021. Aucun indice ne plaide toutefois 

dans ce sens.  

En effet, à son retour du C._______, le recourant ne présentait pas un profil 

à risque susceptible d’intéresser les autorités burundaises. Non seulement 

il n’était alors qu’un adolescent ([…] ans), mais il n’avait, de ses propres 

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aveux, jamais exercé d’activité politique quelconque – au Burundi comme 

au C._______ –, que ce soit en participant à des manifestations populaires 

ou en exprimant publiquement une opinion politique dissidente. Il n’est par 

ailleurs pas crédible que l’intéressé ait représenté une menace pour les 

autorités burundaises du seul fait qu’il se serait installé dans un Etat 

limitrophe, puisqu’il a, selon ses propres déclarations toujours, quitté son 

pays de façon légale. A cet égard, outre le fait que l’intéressé était mineur 

au moment de son séjour au C._______, il y a vécu dans le seul but de 

poursuivre ses études en bénéficiant d’une bourse en tant que (…). Il 

n’existait donc pas le moindre indice laissant présager, du point de vue des 

autorités, que son intention était d’organiser les affrontements de la fin mai 

2021. Dans ces conditions, celles-ci ne disposaient d’aucun motif pour 

l’arrêter et l’interroger dans les circonstances alléguées. 

De même, aucun élément ne suggère que les autorités le soupçonnent 

d’appartenir au groupe de rébellion RED-Tabara, comme allégué dans le 

recours – l’enregistrement vocal produit à l’appui du recours étant 

dépourvu de toute valeur probante (à ce sujet, cf. infra consid. 4.3.1) –, ni 

qu’il serait dans le collimateur des autorités burundaises du seul fait de son 

appartenance à l’ethnie tutsi, étant rappelé que, selon la jurisprudence du 

Tribunal, il n’existe pas de persécution collective contre les tutsis au 

Burundi,  en l’absence de profil à risque (cf., parmi d’autres, arrêt du 

Tribunal E-4562/2023 du 7 septembre 2023 p. 6 ; sur ce sujet, cf. aussi 

« Burundi : information sur la situation des Tutsis, y compris les Tutsis 

provenant de l'élite, le traitement qui leur est réservé par les autorités et 

par la société et la protection qui leur est offerte (décembre 2015 – 

février 2017) » ; https://www.refworld.org/docid/58cfba804.html [consulté 

le 21.11.2023]). 

4.1.2 Rien n’indique non plus que le père du recourant serait dans le 

collimateur des autorités, au motif qu’il aurait importé un médicament non 

autorisé au Burundi. En effet, si tel avait véritablement été le cas, il ne fait 

aucun doute que les autorités s’en seraient déjà prises à lui, notamment 

par l’intermédiaire des Imbonerakure qui se présenteraient régulièrement 

à son domicile à la recherche de son fils. Quoi qu’il en soit, il est 

inconcevable que de telles visites soient systématiquement demeurées 

sans suite si les intentions des Imbonerakure étaient malveillantes. 

4.1.3 Comme relevé par le SEM, l’on peine par ailleurs à comprendre pour 

quelle raison le recourant aurait regagné le Burundi en septembre 2022, 

après son séjour en H._______, s’il s’y sentait véritablement en danger. 

Invité à se déterminer sur ce sujet, il s’est contenté de mentionner qu’il 

https://www.refworld.org/docid/58cfba804.html

E-3021/2023 

Page 12 

avait failli se faire tuer en H._______ et qu’il n’avait nulle part où aller (cf. 

procès-verbal d’audition, R123). Cette réponse ne saurait convaincre, 

d’autant que l’intéressé aurait pu rejoindre un autre pays limitrophe, à 

l’instar du C._______, où il avait séjourné dans le passé sans rencontrer 

de problème. A fortiori, s’il se sentait réellement menacé dans son pays 

d’origine, il est peu probable qu’il y ait vécu durant une période de près de 

six mois (soit de septembre 2022 à février 2023), même en étant caché 

chez son oncle et son grand-père.  

4.1.4 A noter encore que les circonstances de la fuite du recourant et de 

son voyage jusqu’en Europe se révèlent tout aussi incompréhensibles, ce 

qui ôte toute crédibilité à ses propos. En particulier, l’on peine à saisir les 

raisons pour lesquelles le recourant aurait fait appel à un passeur, puisqu’il 

indique avoir quitté le pays de manière légale sous sa véritable identité 

(cf. procès-verbal d’audition R51 et R53). De plus, il ne parvient pas à 

expliquer clairement les circonstances dans lesquelles il a rejoint la 

H._______, puis l’Ethiopie et s’est procuré les documents de voyage 

nécessaires (cf. procès-verbal d’audition, R48 et R72 à R90).   

4.2 Compte tenu de l’ensemble de tous ces éléments, l’on ne saurait 

considérer les déclarations du recourant comme étant fondées. 

4.3   

4.3.1 Les moyens de preuve produits à l’appui du recours ne s’avèrent par 

ailleurs d’aucun secours. Indépendamment du caractère tardif de leur 

production, les convocations ont été présentées sous forme de copies, de 

sorte que leur authenticité ne peut être certifiée. Non seulement leur 

contenu n’est pas traduit, mais ces supports ne s’apparentent en rien à des 

documents officiels, l’un semblant déchiré et l’autre rattaché à un cahier. A 

cela s’ajoute que le contenu des convocations ne correspond pas aux 

explications du recourant, à l’instar du sceau qu’elles comportent, émanant 

de la Cour d’appel de Ngozi (Ministère de la justice) quand bien même 

celui-ci indique que son père a été convoqué par le substitut du Ministère 

de la sécurité intérieure.  

L’enregistrement sonore contenu sur la clé USB n’est quant à lui pas 

davantage déterminant. Si le recourant affirme dans son recours qu’il y est 

menacé par les Imbonerakure (selon la traduction qu’il propose : « le fils et 

la fille de R._______ se prénommant A._______ et S._______ ont rejoint 

la rébellion RED-Tabara, il s’agit de l’information du jour. Nous les 

combattrons et les battrons. Nous les capturons [sic] et nous les tueront 

[répété à trois reprises]. Les enfants se sont exilés en Europe et exécutent 

E-3021/2023 

Page 13 

des travaux ménagers pour les « blancs ». Même s’ils partent au ciel, nous 

les retrouverons, nous les battrons là-bas »), rien n’indique que ce support 

n’a pas été produit pour les besoins de la cause. Les circonstances de son 

obtention – soit par un ami corrompu de son père, membre des 

Imbonerakure – prêtent effectivement à confusion.    

4.3.2 Quant à l’extrait du téléjournal concernant le sort réservé aux exilés 

ayant demandé l’asile à l’étranger, il sied de relever, d’une part, que la 

situation du recourant n’est pas comparable à celle des burundais ayant 

trouvé l’asile à l’étranger, puisqu'il dit lui-même avoir quitté légalement 

le Burundi et qu'il n'a pas de profil à risque de persécution. D’autre part, 

son contenu semble en contradiction avec un rapport du 11 août 2023 sur 

la situation des droits de l’homme au Burundi, qui relève que d’importants 

efforts sont engagés par les autorités burundaises dans le but de rapatrier 

de réfugiés en provenance des pays de la Communauté d’Afrique de l’Est. 

Ainsi, selon le Rapporteur Spécial sur la situation des droits de l’homme au 

Burundi, plus de 119'000 réfugiés burundais ayant trouvé l’exil en Tanzanie, 

en Ouganda, en République démocratique du Congo et au Rwanda 

auraient regagné le pays depuis 2020, l’objectif recherché par les autorités 

en 2023 étant d’en rapatrier au moins 70'000. En décembre 2022 et janvier 

2023, une délégation du Gouvernement burundais s’est par ailleurs rendue 

dans des camps de réfugiés burundais au Rwanda, en Tanzanie et en 

Ouganda. Suite à ces visites, la Coalition des représentants des réfugiés 

de la région des Grands Lacs s’est adressée au Président de la République 

du Burundi, plaidant pour des garanties d’un retour apaisé ainsi que pour 

une réconciliation bâtie sur les acquis de l’Accord d’Arusha, la mise sur 

pied d’une structure administrative chargée de l’accueil et du 

rétablissement des rapatriés et des déplacés, l’ouverture de l’espace 

civique, et l’amélioration des conditions de vie des populations et des 

réfugiés (cf. Rapport du Rapporteur Spécial sur la situation des droits de 

l’homme au Burundi, Fortuné Gaetan Zongo, 11.08.2023, 

https://reliefweb.int/report/burundi/situation-des-droits-de-lhomme-au-

burundi-rapport-du-rapporteur-special-sur-la-situation-des-droits-de-

lhomme-au-burundi-fortune-gaetan-zongo-ahrc5456, p. 15 s).   

4.4 Compte tenu de ce qui précède, il y a lieu de confirmer que le recourant 

ne rend pas vraisemblables les motifs de fuite invoqués. Toute crainte de 

persécution en cas de retour au Burundi doit en conséquence aussi être 

déniée. 

  

https://reliefweb.int/report/burundi/situation-des-droits-de-lhomme-au-burundi-rapport-du-rapporteur-special-sur-la-situation-des-droits-de-lhomme-au-burundi-fortune-gaetan-zongo-ahrc5456
https://reliefweb.int/report/burundi/situation-des-droits-de-lhomme-au-burundi-rapport-du-rapporteur-special-sur-la-situation-des-droits-de-lhomme-au-burundi-fortune-gaetan-zongo-ahrc5456
https://reliefweb.int/report/burundi/situation-des-droits-de-lhomme-au-burundi-rapport-du-rapporteur-special-sur-la-situation-des-droits-de-lhomme-au-burundi-fortune-gaetan-zongo-ahrc5456

E-3021/2023 

Page 14 

5.  

Il s'ensuit que le recours doit être rejeté, en tant qu'il conteste le refus de 

reconnaissance de la qualité de réfugié et le rejet de la demande d'asile. 

6.  

Lorsqu'il rejette la demande d'asile ou qu'il refuse d'entrer en matière à ce 

sujet, le SEM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en 

ordonne l'exécution (art. 44 LAsi).  

Aucune exception à la règle générale du renvoi, énoncée à l'art. 32 al. 1 de 

l'ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l'asile relative à la procédure (OA 1, 

RS 142.311), n'étant en l'occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par 

la loi, de confirmer cette mesure.  

7.  

L'exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement 

exigible et possible. Si ces conditions ne sont pas réunies, l'admission 

provisoire doit être prononcée. Celle-ci est réglée par l'art. 83 LEI 

(RS 142.20). 

8.  

8.1 L'exécution du renvoi est illicite, lorsque la Suisse, pour des raisons de 

droit international public, ne peut contraindre un étranger à se rendre dans 

un pays donné ou qu'aucun autre Etat, respectant le principe du 

non-refoulement, ne se déclare prêt à l'accueillir ; il s'agit d'abord de 

l'étranger reconnu réfugié, mais soumis à une clause d'exclusion de l'asile, 

et ensuite de l'étranger pouvant démontrer qu'il serait exposé à un 

traitement prohibé par l'art. 3 CEDH (RS 0.101) ou encore l'art. 3 de la 

Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou 

traitements cruels, inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105). 

8.2 En l'occurrence, l'exécution du renvoi ne contrevient pas au principe de 

non-refoulement de l'art. 5 LAsi, le recourant n'ayant pas rendu 

vraisemblable qu'il serait exposé, en cas de retour au Burundi, à de sérieux 

préjudices au sens de l'art. 3 LAsi (cf. supra). 

8.3 En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant du 

droit international, il sied d'examiner particulièrement si l'art. 3 CEDH, qui 

interdit la torture, les peines ou traitements inhumains trouve application 

dans le présent cas d'espèce. 

E-3021/2023 

Page 15 

8.3.1 Si l'interdiction de la torture, des peines et traitements inhumains (ou 

dégradants) s'applique indépendamment de la reconnaissance de la 

qualité de réfugié, cela ne signifie pas encore qu'un renvoi ou une 

extradition serait prohibée par le seul fait que dans le pays concerné des 

violations de l'art. 3 CEDH devraient être constatées ; une simple possibilité 

de subir des mauvais traitements ne suffit pas. Il faut au contraire que la 

personne qui invoque cette disposition démontre à satisfaction qu'il existe 

pour elle un véritable risque concret et sérieux d'être victime de tortures, 

ou de traitements inhumains ou dégradants en cas de renvoi dans son 

pays. Il en ressort qu'une situation de guerre, de guerre civile, de troubles 

intérieurs graves ou de tension grave accompagnée de violations des 

droits de l'homme ne suffit pas à justifier la mise en œuvre de la protection 

issue de l'art. 3 CEDH, tant que la personne concernée ne peut rendre 

hautement probable qu'elle serait visée personnellement – et non pas 

simplement du fait d'un hasard malheureux – par des mesures 

incompatibles avec la disposition en question (cf. ATAF 2014/28 

consid. 11). 

8.3.2 Selon la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme 

(CourEDH), le retour forcé des personnes touchées dans leur santé est 

susceptible de constituer une violation de l'art. 3 CEDH si l'intéressé se 

trouve à un stade de sa maladie avancé et terminal, au point que sa mort 

apparaît comme une perspective proche (cf. arrêt de la CourEDH N. contre 

Royaume-Uni du 27 mai 2008, 26565/05 ; voir aussi ATAF 2011/9 consid. 

7.1). Cette jurisprudence a par la suite été précisée, en ce sens qu'un tel 

cas exceptionnel peut aussi être reconnu lorsqu'il existe des motifs sérieux 

de croire qu'en l'absence d'un traitement ou d'accès à un traitement, se fait 

jour un risque réel que la personne renvoyée soit, dans l'état d'accueil, 

exposée à un déclin grave, rapide et irréversible de son état de santé, 

lequel entrainerait des souffrances intenses ou une réduction significative 

de l'espérance de vie (cf. arrêt de la CourEDH Paposhvili c. Belgique du 

13 décembre 2016, Grande Chambre, requête n° 41738/10, par. 183). 

8.3.3 En l’espèce, pour les raisons déjà exposées, le recourant ne 

démontre pas à satisfaction de droit qu'il existerait pour lui un risque réel, 

fondé sur des motifs sérieux et avérés, d'être victime de torture ou encore 

d'une peine et d'un traitement inhumain ou dégradant au sens de 

l'art. 3 CEDH ou de l'art. 3 Conv. torture en cas d'exécution du renvoi dans 

son pays d'origine. 

E-3021/2023 

Page 16 

Sur le plan médical, les affections de l'intéressé (cf. consid. 9.4) 

n'apparaissent pas, au vu des pièces du dossier, d'une gravité telle que 

l'exécution de son renvoi serait illicite au sens de la jurisprudence précitée.  

8.4 Au vu de ce qui précède, l'exécution de son renvoi sous forme de 

refoulement ne transgresse aucun engagement de la Suisse relevant du 

droit international, de sorte qu'elle s'avère licite (art. 83 al. 3 LEI ; 

ATAF 2014/28 consid. 11). 

9.  

9.1 Selon l'art. 83 al. 4 LEI, l'exécution de la décision peut ne pas être 

raisonnablement exigée si le renvoi ou l'expulsion de l'étranger dans son 

pays d'origine ou de provenance le met concrètement en danger, par 

exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou de 

nécessité médicale. Cette disposition s'applique en premier lieu aux 

« réfugiés de la violence », soit aux étrangers qui ne remplissent pas les 

conditions de la qualité de réfugié parce qu'ils ne sont pas personnellement 

persécutés, mais qui fuient des situations de guerre, de guerre civile ou de 

violence généralisée, et ensuite aux personnes pour qui un retour 

reviendrait à les mettre concrètement en danger, notamment parce qu'elles 

ne pourraient plus recevoir les soins dont elles ont besoin 

(cf. ATAF 2014/26 consid. 7.3 à 7.10 ; 2011/50 consid. 8.1 à 8.3). 

9.2 Même si le Burundi est régulièrement en proie à de vives tensions 

politico-sociales, il est notoire que ce pays ne connaît pas une situation de 

guerre, de guerre civile ou de violence généralisée qui permettrait d'emblée 

– et indépendamment des circonstances du cas d'espèce – de présumer, 

à propos de tous ses ressortissants, l'existence d'une mise en danger 

concrète au sens de l'art. 83 al. 4 LEI. Contrairement à ce que prétend le 

recourant, dans sa pratique, le Tribunal ne part pas non plus du principe 

que l'exécution du renvoi vers le Burundi est inexigible, même si la situation 

générale dans certaines provinces est délicate, notamment du point de vue 

économique et sécuritaire (cf., à ce sujet, les arrêts récents du Tribunal 

D-4546/2023 du 8 septembre 2023 consid. 12.3 ; E-1766/2023 du 

24 mai 2023 consid. 7.4.2 et réf. cit., dans lesquels le prononcé de 

l’exécution du renvoi a été confirmé).  

9.3 Dans le cas présent, il n'existe aucun obstacle individuel à l'exécution 

du renvoi. En effet, le recourant est originaire de B._______, dans la 

province du même nom, et y dispose d'un réseau familial solide et d'une 

situation de logement assurée chez ses parents. Jeune ([…] ans), instruit 

et pouvant, au besoin, travailler dans la (…) de son père, il sera à même 

E-3021/2023 

Page 17 

d’entrer dans la vie active à son retour. A cela s’ajoute que sa famille 

dispose de moyens financiers suffisants, son père – entrepreneur – étant 

propriétaire, en plus d’une (…), de plusieurs biens immobiliers.  

9.4  

9.4.1 S'agissant des personnes en traitement médical en Suisse, selon une 

jurisprudence constante, l'exécution du renvoi ne devient inexigible que 

dans la mesure où la personne intéressée pourrait ne plus recevoir les 

soins essentiels garantissant des conditions minimales d'existence. Par 

soins essentiels, il faut entendre les soins de médecine générale et 

d'urgence absolument nécessaires à la garantie de la dignité humaine. 

L'art. 83 al. 4 LEI ne saurait en revanche être interprété comme une norme 

qui comprendrait un droit de séjour lui-même induit par un droit général 

d'accès en Suisse à des mesures médicales visant à recouvrer la santé ou 

la maintenir, au simple motif que les structures hospitalières et le savoir-

faire médical dans le pays d'origine ou de destination de l'intéressé 

n'atteignent pas le standard élevé qu'on trouve en Suisse (cf. ATAF 2011/50 

précité consid. 8.3 ; 2009/2 consid. 9.3.2 ; 2009/50 consid. 10.2.2). Si les 

soins essentiels nécessaires peuvent être assurés dans le pays d'origine 

ou de provenance de l'étranger concerné, cas échéant avec d'autres 

médications que celles prescrites en Suisse, l'exécution du renvoi dans l'un 

ou l'autre de ces pays sera raisonnablement exigible. Elle ne le sera plus, 

au sens de l'art. 83 al. 4 LEI si, en raison de l'absence de possibilités de 

traitement adéquat, l'état de santé de l'intéressé se dégraderait très 

rapidement au point de conduire d'une manière certaine à la mise en 

danger concrète de sa vie ou à une atteinte sérieuse, durable et 

notablement plus grave de son intégrité physique ou psychique 

(cf. ATAF 2011/50 et 2009/2 précités ; Jurisprudence et informations de la 

Commission suisse de recours en matière d'asile [JICRA] 2003 n° 24 

consid. 5b). 

9.4.2 En l’espèce, l’intéressé est atteint d’un PTSD, pour lequel il ne suit 

actuellement aucun traitement médicamenteux particulier. Selon le dernier 

rapport médical versé au dossier, une amélioration est constatée, malgré 

la persistance sporadique d’un sentiment d’angoisse et de tristesse. Si les 

idées suicidaires sont désormais exclues, la mise en place d’un suivi 

psychothérapeutique sur le moyen à long terme est préconisée. Selon les 

dernières allégations du recourant, un tel suivi serait désormais initié à 

raison de deux séances mensuelles. En l’absence de traitement, son 

médecin estime qu’une péjoration de la symptomatologie psychiatrique, 

sous la forme de reviviscences traumatiques, troubles du sommeil et idées 

E-3021/2023 

Page 18 

mystiques est à prévoir, tandis qu’il considère le pronostic comme 

favorable en cas de traitement.  

Sur le plan somatique, bien que des examens cardiologiques semblent 

avoir été entrepris en raison des douleurs rétrosternales signalées par le 

recourant, celui-ci n’a produit aucun document médical établi à la suite de 

sa consultation du (…) août 2023 auprès du Dr T._______, malgré le temps 

écoulé depuis lors. En l’absence de diagnostic défini, le Tribunal retient 

qu’il y a lieu de nier l’existence d’une pathologie particulière. En tout état 

de cause, il est rappelé qu’il appartenait au recourant de faire valoir ses 

éventuelles doléances médicales dans le cadre de la procédure de 

recours, ce qu’il n’a pas fait, étant précisé que la consultation agendée 

auprès d’un cardiologue en date du (…) décembre 2023 n’est à elle seule 

pas déterminante. Dans ces conditions, il semble malvenu de sa part de 

requérir l’instruction d’office de son état de santé. A noter enfin que les 

douleurs dorsales et les problèmes ophtalmologiques signalés lors de son 

audition et la toux mentionnée dans sa dernière missive ne ressortent pas 

non plus des pièces médicales produites. 

9.4.3 Au vu de ce qui précède, les affections médicales dont le recourant 

est atteint ne sauraient être qualifiées de graves au point de faire obstacle 

à l’exécution de son renvoi. Au besoin, il pourra par ailleurs entreprendre 

le suivi psychique préconisé par son médecin au Burundi, notamment à 

N._______, où il lui sera loisible de s’installer à son retour. A noter encore 

que le recourant pourra obtenir une aide au retour sous la forme d'une 

fourniture de médicaments (cf. art. 93 al. 1 let. d LAsi) ou d'une prise en 

charge de son traitement pour la période initiale suivant son renvoi 

(cf. art. 75 de l'ordonnance 2 du 11 août 1999 sur l'asile [OA 2, 

RS 142.312]). 

9.4.4 Partant, l'état de santé du recourant ne constitue pas un obstacle 

insurmontable de nature à rendre l'exécution du renvoi inexigible. 

9.5 Pour l’ensemble de ces motifs, l'exécution du renvoi doit être 

considérée comme raisonnablement exigible. 

10.  

Enfin, le recourant est en possession de documents suffisants pour rentrer 

dans son pays ou, à tout le moins, est en mesure d'entreprendre toute 

démarche nécessaire auprès de la représentation de son pays d'origine en 

vue de l'obtention de documents de voyage lui permettant de quitter la 

Suisse. L'exécution du renvoi ne se heurte donc pas à des obstacles 

E-3021/2023 

Page 19 

insurmontables d'ordre technique et s'avère également possible (cf. ATAF 

2008/34 consid. 12). 

11.  

La décision du SEM doit donc également être confirmée en ce qu'elle porte 

sur l'exécution du renvoi. 

 

En conséquence, le recours est rejeté, également en tant qu'il conteste le 

renvoi du recourant et l'exécution de cette mesure. 

 

12.  

L'assistance judiciaire partielle ayant été accordée au recourant par 

décision incidente du 9 juin 2023, il n'y a pas lieu de percevoir de frais de 

procédure (art. 65 al. 1 PA). 

 

(dispositif : page suivante) 

  

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Page 20 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Il n'est pas perçu de frais de procédure. 

3.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité cantonale. 

 

La présidente du collège : La greffière : 

  

Deborah D'Aveni Alessandra Stevanin 

 

 

Expédition :