# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f9d63817-a7e5-5c5b-bb9f-55ced1ae6af4
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-04-21
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 21.04.2015 A/2930/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-2930-2014_2015-04-21.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/2930/2014-DIV ATA/366/2015  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 21 avril 2015 

 

   dans la cause 

 

Madame A______ et Monsieur B______ 
  

contre 

DÉPARTEMENT DE LA SÉCURITÉ ET DE L'ÉCONOMIE 
 

 

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A/2930/2014 

EN FAIT 

1)  Madame A______, née le ______ 1968, ressortissante suisse, originaire de 
Lugano (Tessin) et Monsieur  
B______, né le ______, ressortissant suisse, originaire de la commune de 
Delémont (Jura), sont domiciliés à Genève, à l’adresse C______. 

2)  Le 9 septembre 1999, Mme A______ et M. B______, qui séjournaient à 
Madagascar dans le cadre de la coopération suisse avec ce pays, ont contracté un 
mariage civil à Antananarive (République de Madagascar) ainsi que cela résulte 
d’une copie d’acte d’état civil tiré du registre de l’état civil pour l’année 1999 de 
la commune urbaine d’Antananarive, troisième arrondissement, signé par 
l’officier d’état civil de celle-ci. 

3)  Lorsque Mme A______ et M. B______ sont revenus à Genève où ils étaient 
domiciliés, ils n’ont pas annoncé ce mariage célébré à l’étranger à l’autorité 
compétente, soit la direction cantonale de l’état civil, remplacée depuis lors par le 
service état civil et légalisation (ci-après : SECL), rattaché au département de la 
sécurité et de l’économie (ci-après : le département). 

4)  En revanche, dans le cadre de démarches entreprises en vue d’être autorisés 
à adopter un enfant, ils ont fourni, en 2011, au service d’autorisation et de 
surveillance des lieux de placement (ci-après : le SASLP) de l’office de la 
jeunesse, rattaché au département de l’instruction publique, de la culture et des 
sport, l’extrait d’état civil de la commune d’Antananarive précité, en précisant 
qu’il s’agissait d’un « mariage selon le droit malgache ». Le collaborateur de ce 
service, qui ne trouvait pas trace de l’inscription de ce mariage dans le registre de 
la population du canton de Genève (base de données CALVIN) a alors transmis 
ledit extrait au SECL en l’interrogeant sur le statut d’état civil exact des 
intéressés. Selon la réponse du SECL, ces derniers étaient enregistrés comme 
célibataires et devaient prendre contact avec les autorités de surveillance de l’état 
civil du canton du Jura ou du Tessin pour faire retranscrire leur mariage.  

5)  Suite à la réception de l’information relative à l’existence d’un mariage à 
Madagascar, le SECL a bloqué l’utilisation des données personnelles de 
Mme A______ et de M.  B______, mesure qui, à teneur de dossier, ne leur a pas 
été communiquée. 

6)  De leur côté, ces derniers n’ont pas effectué de démarches en vue de faire 
enregistrer leur mariage. En outre, ils ont mis fin à celles qu’ils avaient entreprises 
en vue d’adoption.  

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7)  Mme A______ est tombée enceinte en 2013. M. B______, désireux de 
pouvoir reconnaître son enfant, a pris contact le 20 janvier 2014 dans ce sens avec 
l’arrondissement de l’état civil de Carouge.  

8)  Constatant l’existence de la mesure de blocage des données personnelles de 
M. B______, qui allait empêcher son inscription comme père de l’enfant, 
l’arrondissement de l’état civil de Carouge a pris contact avec le SECL à ce 
propos. Par l’intermédiaire de cet arrondissement d’état civil, le SECL a invité 
Mme A______ et M. B______ à fournir un acte de mariage malgache original 
dûment légalisé à l’autorité de surveillance de l’état civil de l’un de leurs cantons 
d’origine pour transcription dans les registres d’état civil. En outre, ultérieurement 
contacté par les autorités de surveillance des cantons du Jura et du Tessin suite à 
la commande de certificats individuels d’état civil par Mme A______ et 
M. B______, le SECL leur a confirmé la mesure de blocage. 

9)  Le 26 février 2014, le SECL a reçu Mme A______ et M. B______ dans ses 
locaux. Mais cette rencontre n’a pas abouti au déblocage des données. À teneur de 
la décision querellée, les intéressés se considéraient comme non mariés, le 
mariage étant contraire à leurs principes ; leur union à Madagascar n’avait été 
conclue que pour permettre à M. B______ d’obtenir un titre de séjour ; 
l’ambassade de Suisse à Madagascar leur aurait indiqué que le mariage n’était 
valable que dans ce pays ; il ne leur était pas possible d’obtenir un acte de mariage 
original. La réponse du collaborateur du SECL avait été la suivante : leur mariage 
à Antananarive pouvait être reconnu moyennant la production d’un certificat de 
mariage original dont une expédition pouvait être obtenue avec le concours de la 
représentation de la Suisse à Madagascar. Une reconnaissance de paternité n’était 
pas nécessaire si le père était marié à la mère vu la présomption légale de 
paternité. 

10)  Le 30 avril 2014, Mme A______ a donné le jour à un fils prénommé 
C______. À ce jour, ce dernier n’a pu être inscrit dans le registre de l’état civil 
qu’avec la seule mention de son lien de filiation maternelle. 

11)  Le 5 août 2014, Mme A______ et M. B______ ont écrit au SECL pour 
demander le déblocage de leurs données personnelles en vue de la délivrance de 
certificats d’état civil. 

  Ils se trouvaient depuis le 30 avril 2014, les heureux parents d’un petit 
C______. Afin que M. B______ puisse le reconnaître et lui donner la double 
filiation à laquelle il avait droit, ils avaient demandé à leur commune/canton 
respectif un certificat d’état civil. Ceux-ci leur avaient répondu que les deux 
dossiers étaient bloqués par la direction de l’état civil et qu’ils ne pouvaient en 
conséquence leur délivrer ce document. Ils demandaient donc au SECL le 
déblocage du dossier d’état civil afin de permettre à leur commune respective de 
délivrer les documents nécessaires. 

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12)  Le 25 août 2014, le département leur a répondu en qualité d’autorité de 
surveillance de l’état civil. Il rejetait leur requête en levée du blocage des données 
d’état civil.  

  À teneur de la législation, une décision ou un acte étranger concernant l’état 
civil était transcrit dans les registres de l’état civil en Suisse en vertu d’une 
décision de l’autorité cantonale de surveillance en matière d’état civil parce qu’il 
répondait aux conditions posées par la loi sur le droit international privé. Un 
mariage valablement célébré à l’étranger était reconnu en Suisse. Les personnes 
de nationalité suisse ainsi que les ressortissants étrangers qui avaient une relation 
avec un citoyen suisse en vertu du droit de la famille étaient tenus d’annoncer la 
survenance des faits d’état civil qui les concernaient à la représentation 
compétente de la Suisse. Cette obligation s’étendait aux déclarations et aux 
décisions étrangères. S’ils ne le faisaient pas, ils s’exposaient à ce que l’autorité 
de surveillance bloque l’utilisation des données de l’état civil disponibles en ligne 
si elle jugeait qu’il existait un risque d’obtention frauduleuse d’une constatation 
fausse.  

  En l’espèce, il ressortait du dossier et des informations fournies au SECL 
que Mme A______ et M. B______ avaient valablement  contracté un mariage à 
Madagascar le 9 septembre 1999 mais qu’ils ne l’avaient pas annoncé à l’autorité 
compétente. En raison de ce défaut, leurs données personnelles saisies 
actuellement dans le registre de l’état civil étaient inexactes. Le SECL avait donc 
le droit de bloquer l’utilisation de ces données dans l’attente que l’autorité 
compétente du canton du Jura ou du Tessin se détermine sur la reconnaissance du 
mariage célébré à Madagascar. Une reconnaissance de paternité n’était pas 
nécessaire du fait du lien matrimonial.  

  Il appartenait aux intéressés d’effectuer les démarches pour permettre la 
régularisation du registre d’état civil en Suisse, ce qu’ils pouvaient directement 
accomplir avec l’assistance de la représentation de la Suisse à Antananarivo. Il 
s’agissait uniquement de solliciter l’acte de mariage, de le légaliser et de le 
transmettre à l’un de leurs cantons d’origine. 

13)  Par acte posté le 26 septembre 2014, Mme A______ et M. B______ ont 
interjeté recours auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-
après : la chambre administrative) contre la décision du département du 
25 août 2014 en concluant à ce que la filiation paternelle de leur fils puisse être 
inscrite immédiatement sur son certificat de naissance, de sorte que M. B______ 
soit reconnu officiellement comme le père de l’enfant, avec inscription à l’état 
civil et qu’il bénéficie immédiatement des droits découlant de l’autorité parentale 
conjointe.  

  Ils voulaient faire valoir leur droit d’exercer l’autorité parentale conjointe 
reconnue aux pères et mères par l’art. 296 al. 2 du Code civil suisse du 

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10 décembre 1907 (CC - RS 210). L’exercice de ce droit était remis en cause par 
une mesure administrative de blocage de leur dossier d’état civil fondée sur une 
photocopie, soit sur un document qui n’avait pas de validité légale. 

  Ils étaient en droit d’obtenir les certificats d’état civil permettant d’inscrire 
la paternité de M. B______ sur C______. Le droit de ce dernier d’avoir un père 
reconnu légalement et immédiatement devait primer sur toute autre considération 
ou démarche administrative. La mesure de blocage dans ce sens n’était pas 
proportionnée. Ils n’étaient pas mariés en Suisse et contestaient l’affirmation selon 
laquelle la reconnaissance de paternité n’était pas nécessaire. 

14)  Dans ses observations du 29 octobre 2014, le secrétariat général du 
département a conclu au rejet du recours. Les recourants, qui étaient mariés 
valablement à Madagascar, avaient l’obligation de faire retranscrire cette union 
dans les registres de l’état civil suisse. Contrairement à ce que prétendaient les 
recourants, ce n’était pas le blocage de la divulgation et de l’utilisation de leurs 
données personnelles qui était à l’origine de l’impossibilité d’inscrire la filiation 
paternelle de l’enfant dans le registre de l’état civil, mais leur refus de collaborer à 
l’inscription dans ledit registre pour faire transcrire un mariage célébré à 
l’étranger plus de quinze ans auparavant. Bien qu’ils affirment que ce mariage 
n’était valable qu’à Madagascar, ils en avaient fait état dans le cadre de démarches 
visant à l’adoption d’un enfant, ce qui était à l’origine de la connaissance de ce 
fait et de la mesure de blocage. Ladite mesure de blocage ne pouvait être levée 
tant que l’autorité compétente du canton du Jura ou du Tessin ne se serait pas 
déterminée sur la reconnaissance du mariage célébré à Madagascar le 9 septembre 
1999, et une reconnaissance de paternité n’était absolument pas nécessaire du fait 
du lien matrimonial. 

15)  Le juge délégué a procédé à l’audition des parties le 16 février 2015. 

  Selon les recourants, leur mariage à Madagascar représentait une solution 
pratique pour que soit délivrée une autorisation de séjour à M. B______ dans ce 
pays. Ni l’un ni l’autre n’avait considéré être marié et n’avait jamais fait état de ce 
mariage auprès de sa famille. Les renseignements qui leur avaient été donnés 
étaient que ce mariage n’avait pas d’implication au niveau du droit suisse. S’ils 
avaient produit l’extrait d’état civil certifiant l’existence dudit mariage, c’était 
dans le cadre d’une procédure d’adoption, de façon à établir que leur union durait 
depuis longtemps.  

  Deux questions distinctes se posaient, la première se rapportant au droit du 
père de reconnaître son enfant qui était empêché par la décision querellée, et la 
deuxième se rapportant à l’erreur administrative qu’ils avaient commise. Ils ne 
comprenaient pas pour quelle raison l’État, s’il avait besoin de l’existence d’un 
mariage pour inscrire la paternité, ne pouvait pas décider de reconnaître d’office 
celui-ci prononcé à Madagascar, indépendamment des démarches qu’ils voulaient 

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ou non entreprendre eux-mêmes. Il y avait disproportion dans la décision de 
blocage, car le droit de l’enfant à voir reconnaître l’existence de son père et à 
l’identifier primait toute mesure de ce type. 

  Selon les représentants de l’autorité intimée, il existait en l’espèce un 
mariage prononcé à l’étranger qui pouvait parfaitement être transcrit selon les 
modalités qui avaient été communiquées aux recourants. C’était l’absence de 
collaboration de ceux-ci qui était la cause de leur impossibilité de reconnaître 
l’enfant. En effet, dans la mesure où ils étaient mariés, il y avait une présomption 
de paternité qui ne nécessitait pas de déclaration de reconnaissance. La loi 
impliquait l’inscription de données d’état civil en fonction d’une situation exacte 
et actuelle de l’état civil. Les données avaient été bloquées parce qu’elles ne 
correspondaient pas à ce niveau d’exactitude. Le blocage des données ne 
concernait pas que la reconnaissance de l’enfant par le père de celui-ci, mais toute 
démarche administrative des deux recourants qui nécessitait la production d’un 
acte d’état civil. Les ressortissants suisses étaient tenus, de par la loi, d’annoncer 
la survenance des faits d’état civil survenus à l’étranger et n’avaient pas le choix 
de décider de le faire ou d’y renoncer. 

  À l’issue de l’audience, les parties ont requis que le juge garde la cause à 
juger. 

EN DROIT 

1)  Le présent litige concerne une question en rapport avec les données d’état 
civil des personnes physiques. Plusieurs juridictions étant susceptibles 
d’intervenir dans ce domaine, il convient de rappeler les compétences de la 
chambre de céans.  

2)  La tenue des registres est assurée principalement par des officiers de l’état 
civil (art. 44 al. 1 ch. 1 CC). Ceux-ci gèrent les registres couvrant des 
arrondissements définis par les cantons (art. 49 al. 1 CC). Chaque canton institue 
en outre une autorité cantonale de surveillance (art. 45 al. 1 CC). 

  Dans le canton de Genève, les arrondissements gérés par les officiers d’état 
civil sont définis par le Conseil d’État, sur proposition des communes (art. 1 al. 1 
de la loi sur l’état civil du 19 décembre 1953 - LEC - E 1 13). Le département 
constitue l’autorité de surveillance de l’état civil (art. 5 LEC), compétence pour 
l’exercice de laquelle celui-ci a pour partie désigné le SECL qui reste cependant 
sous sa surveillance directe (art. 4 et 6 du règlement sur l’état civil du 29 
novembre 2004 - REC - E 1 13.03) et qui est rattaché à l’office cantonal de la 
population (art. 5 al. 1 let. d du règlement sur l’organisation de l’administration 
cantonale du 5 décembre 2005 - ROAC - B 4 05.10).  

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3)  Par délégation de l’art. 48 CC, le Conseil fédéral a édicté l’ordonnance sur 
l’état civil du 28 avril 2004 (OEC - RS 211.112.2) dans laquelle il a notamment 
énoncé les dispositions d’exécution applicables aux registres à tenir et aux 
données à enregistrer (art. 48 al. 2 ch. 1 CC), à la tenue des registres (art. 48 al. 1 
ch. 3 CC) et à la surveillance (art. 48 al. 1 ch. 4 CC). 

4) a. L’état civil est constaté par des registres électroniques qui sont exploités au 
sein d’une banque de données centrale INFOSTAR (art. 39 al. 1 et 45a CC). 

 b. L’art. 39 al. 2 CC précise :  

« Par état civil, on entend notamment : 

1. Les faits d’état civil directement liés à une personne, tels que la 
naissance, le mariage, le décès ; 

2. le statut personnel et familial d’une personne, tels que la majorité, la 
filiation, le lien matrimonial ;  

(….) ». 

 c. Le détail des données à enregistrer est énoncé aux art. 7 et 8 OEC. Le 
mariage constitue l’une d’entre elles (art. 7 al. 2 let. i OEC).  

  Toute personne est saisie dans le registre de l’état civil à l’annonce de sa 
naissance (art. 15a al. 1 OEC). Les ressortissants étrangers dont les données ne 
sont pas disponibles dans le système sont saisis plus tard lorsqu’ils sont concernés 
par un fait d’état civil qui doit être enregistré en Suisse (art. 15a al. 2 OEC). Celui 
qui n’a jamais été marié ou lié par un partenariat enregistré est célibataire  
(art. 8 let. f ch. 1 OEC ; Michel MONTINI in : Pascal PICHONNAZ/Bénédict 
FOËX [éd.] Commentaire Romand, Code civil I, 2010 ad art. 39 CC, p. 358 n. 3). 

5)  Aucun fait d’état civil ne peut être enregistré dans le registre de l’état civil si 
la personne concernée n’y est pas saisie et que ses données ne sont pas à jour, sauf 
naissance d’un enfant trouvé ou décès d’une personne inconnue (art. 15 
al. 2 OEC). 

6)  Les faits d’état civil sont en principe enregistrés suite à la production par les 
personnes concernées de la documentation requise (art. 16 al. 2 OEC).  

7)  Les décisions ou actes étrangers concernant l’état civil sont transcrits dans 
les registres de l’état civil en vertu d’une décision de l’autorité cantonale de 
surveillance en matière d’état civil du canton d’origine de la personne concernée 
(art. 32 al. 1 de la loi fédérale sur le droit international privé du 18 décembre 1987 
- LDIP - RS 291, art. 23 al. 1 OEC). La transcription est autorisée si elle remplit 

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les conditions d’une reconnaissance au sens des art. 25 à 27 LDIP  
(art. 32 al. 2 LDIP). 

8) a. En l’absence de documents, l’enregistrement de données d’état civil non 
litigieuses est possible aux conditions restrictives de l’art. 41 CC.  

  Selon cette disposition, lorsque les données relatives à l’état civil doivent 
être établies par des documents, l’autorité cantonale de surveillance peut admettre 
que la preuve repose sur une déclaration faite à l’officier de l’état civil, pour 
autant que les données ne soient pas litigieuses et que la présentation des 
documents s’avère impossible ou ne puisse raisonnablement être exigée  
(art. 41 al. 1 CC). Tel est le cas lorsque la personne tenue d’apporter sa 
collaboration démontre qu’au terme de toutes les démarches entreprises, 
l’obtention des documents pertinents s’avère impossible ou qu’elle ne peut 
raisonnablement être exigée (art. 17 al. 1 let. a OEC) et qu’il ressort des 
documents et des informations à disposition que les données en question ne sont 
pas litigieuses (art. 17 al. 1 let. b OEC). Lorsque l’autorité de surveillance saisie 
s’estime incompétente, elle rend une décision formelle et invite la personne 
concernée à saisir les tribunaux compétents pour constater son état civil et obtenir 
la modification des données d’état civil (art. 17 al. 3 OEC). 

 b. Lorsque les données d’état civil enregistrées sont litigieuses, le requérant 
doit alors s’adresser au juge pour obtenir leur modification (art. 42 CC ; 
art. 30 OEC), sauf s’il s’agit d’inexactitudes résultant d’une inadvertance ou d’une 
erreur manifeste qui peuvent être rectifiées directement par les autorités de l’état 
civil (art. 43 CC ; art. 29 OEC). Toute personne qui justifie d’un intérêt personnel 
légitime peut demander au juge d’ordonner l’inscription, la rectification, ou la 
radiation de données litigieuses relatives à l’état civil (art. 42 al. 1 CC). La 
procédure est régie par le droit cantonal pour autant que la Confédération ne règle 
pas la matière de manière exhaustive. Selon l’art. 22 du code de procédure civile 
du 19 décembre 2008 (CPC - RS 272), c’est le tribunal dans le ressort duquel les 
données de l’état civil à modifier ont été ou auraient dû être enregistrées qui est 
impérativement compétent pour statuer sur les actions en modification du registre. 
Dans le canton de Genève, ce rôle échoit au Tribunal de première instance, 
rattaché au Tribunal civil (art. 86 al. 1 et 2 de la loi sur l'organisation judiciaire du 
26 septembre 2010 - LOJ - E 2 05). 

9) a. Il revient au Conseil fédéral de déterminer les personnes et les autorités qui 
sont tenues de déclarer les données nécessaires à la constatation de l’état civil 
(art. 40 al. 1 CC). 

 b. Selon l’art. 39 OEC, les personnes de nationalité suisse ou les ressortissants 
étrangers qui ont une relation avec un citoyen suisse en vertu du droit de la famille 
sont tenus d’annoncer la survenance des faits d’état civil qui les concernent à la 
représentation compétente de la Suisse ; elles ont les mêmes obligations s’agissant 

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des déclarations et des décisions étrangères. Cette obligation résulte de l’absence, 
sauf quelques exceptions, de conventions internationales passées par la Suisse 
avec des États étrangers garantissant la communication automatique de données 
d’état civil intervenues à l’étranger (Michel MONTINI, op. cit. p. 361 n. 10). 

  En l’occurrence, aucune convention n’existe entre la Suisse et Madagascar, 
qui prévoit la communication automatique des faits d’état civil entre les deux 
pays. 

10)  Selon l’art. 46a al. 1 OEC, l’autorité de surveillance de l’état civil bloque 
l’utilisation des données de l’état civil disponibles en ligne si elle juge qu’il existe 
un risque d’obtention frauduleuse d’une constatation fausse. Elle lève le blocage 
dès qu’elle peut exclure une utilisation abusive des données (art. 46a al. 2 OEC). 

11)  Le recours est interjeté contre une décision du département intimé, agissant 
dans la fonction d’autorité de surveillance de l’état civil, au sens de l’art. 45 CC et 
de l’art. 5 LEC, refusant de débloquer l’utilisation de données d’état civil dans 
l’exercice de compétences qui lui sont formellement reconnues en l’art. 46a CC. 
Dite décision, qui restreint le droit de deux administrés de faire valoir des données 
relatives à leur statut personnel au sens de l’art. 39 al. 2 ch. 2 CC, prise en 
application du droit public fédéral, dans une matière connexe au droit civil au sens 
de l’art. 72 al. 2 let. b ch. 2 de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), constitue une décision au sens de l’art. 4 al. 1 de la loi 
sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA - E 5 10). Dès lors 
qu’elle émane d’une autorité administrative au sens de l’art. 5 let. c LPA, la 
chambre administrative est l’autorité compétente pour en contrôler la conformité 
au droit (art. 90 al. 2 OEC et art. 132 al. 1 et 2 LOJ ; ATA/203/2009 du 28 avril 
2009). Interjeté dans le respect du délai de trente jours de l’art. 62 al. 1 let. a LPA, 
le recours est dans cette mesure recevable. 

  En revanche, la chambre administrative ne peut se substituer au juge civil 
instauré par les art. 42 al. 1 CC ; 22 CPC et 86 al. 1 et 2 LOJ pour ordonner la 
modification des données d’état civil des recourants ou de leur fils dans le sens 
désiré par les premiers pour asseoir la reconnaissance de l’enfant par son père. 
Dans cette mesure, les conclusions qu’ils ont prises dans leur recours en vue 
d’obtenir l’inscription de la filiation paternelle du recourant sont irrecevables. 

12)  Il s’agit de déterminer si l’autorité intimée est en droit de refuser le 
déblocage des données d’état civil des recourants pouvant permettre l’inscription 
de M. B______ comme étant le père de l’enfant.  

13)  Le département s’est fondé sur l’art. 46a OEC pour refuser le déblocage 
desdites données.  

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  La référence à la notion d’obtention frauduleuse d’une constatation fausse 
figurant à l’art. 46a OEC renvoie à l’art. 253 du Code pénal suisse du 
21 décembre 1937 (CP - RS 311.0). Cette infraction pénale réprime toute 
personne qui induit en erreur un fonctionnaire ou un officier public, l’aura amené 
à constater faussement dans un titre authentique un fait ayant une portée juridique 
(al. 1) ou celui qui aura fait usage d’un tel titre pour tromper autrui sur le fait qui y 
est constaté (al. 2). Constitue un titre tout document  remplissant les conditions de 
l’art. 110 al. 4 CP, soit qui est destiné et propre à prouver un fait ayant une portée 
juridique (ATF 100 IV 241) ; constitue un titre authentique, un tel document 
lorsqu’il émane d’une autorité, d’un fonctionnaire ou d’un officier public. 

  En particulier, les registres publics auxquels les tiers peuvent se fier 
constituent des titres authentiques. Les inscriptions fausses dans de tels registres 
obtenues sur la base de faux documents sont constitutives d’une telle infraction 
(ATF 123 IV 138 ; 100 IV 241 ; 97 IV 214 ; Bernard CORBOZ, Les infractions 
en droit suisse, 3ème éd., 2010, ad art. 253, p. 282 n. 2 et 3). 

  Dans le cas de l’art. 253 CP, l’agent public qui dresse le titre authentique est 
utilisé comme un instrument humain en vue de créer un faux intellectuel au sens 
de l’art. 251 al. 2 CP, soit un document officiel constatant un fait qui ne 
correspond pas à la réalité (ATF 132 IV 14 ; Bernard CORBOZ, op. cit. 
ad art. 251 al. 2 CP, p. 250 n. 109). 

14)  Un mariage valablement célébré à l’étranger est reconnu en Suisse (art. 45 
al. 1 LDIP). En l’absence de convention internationale entre la Suisse et le pays 
concerné, la procédure de reconnaissance d’un tel mariage est réglée à l’art. 29 al. 
1 LIDP. Elle implique d’obtenir celle-ci de l’autorité compétente du canton où la 
décision étrangère est invoquée, soit l’autorité de surveillance de l’état civil 
instaurée par ledit canton (art. 32 al. 1 LDIP), moyennant la production d’une 
expédition complète et authentique de la décision et d’une attestation que celle-ci 
est définitive. 

15)  En matière d’établissement des rapports de filiation, celle-ci, à l'égard de la 
mère, résulte de la naissance (art. 252 al. 1 CC). À l’égard du père, elle est établie 
par son mariage avec la mère, par reconnaissance ou par jugement (art. 252 al. 2 
CC).  

  L’enfant né pendant le mariage a pour père le mari (art. 255 al. 1 CC). 
Lorsque le rapport de filiation existe seulement avec la mère, le père peut 
reconnaître l’enfant (art. 260 al. 1 CC et 11 al. 1 OEC).  

  La reconnaissance a lieu par déclaration devant l’officier de l’état civil ou 
par testament ou, lorsqu’une action en constatation de paternité est pendante, 
devant le juge (art. 260 al. 3 CC).  

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  Tout officier d’état civil est compétent pour enregistrer la reconnaissance de 
paternité d’un enfant né en Suisse (art. 11 al. 5 OEC). 

16) a. En l’occurrence, les recourants admettent avoir contracté un mariage à 
Madagascar le 9 septembre 1999, mariage non dissous à ce jour par le divorce et 
qu’ils n’ont pas annoncé à l’autorité compétente suisse de Madagascar, en vue de 
le faire enregistrer. Par cette omission - et quelles que soient leurs motivations 
personnelles les ayant poussés à s’abstenir de cette démarche - ils ont contrevenu 
à l’obligation que leur imposait l’art. 39 OEC d’annoncer un tel mariage, lequel 
est susceptible d’être reconnu en Suisse et d’y déployer ses effets.  Cette omission 
a cependant conduit à ce qu’ils restent  inscrits comme célibataires dans les 
registres d’état civil de leurs cantons d’origine respectifs, comme dans le registre 
de la population de leur canton de domicile. Dans ces circonstances, lorsqu’elle a 
appris en 2011, par le biais du SASLP, l’existence du mariage du recourant à 
Madagascar, l’autorité de surveillance de l’état civil du canton de Genève était en 
droit de considérer que, tant que les recourants n’effectuaient pas les démarches 
pour annoncer formellement ledit mariage en produisant les documents 
certificatifs requis, l’usage des données d’état civil les concernant devait être 
bloqué en application de l’art. 46a OEC.  

  En effet, l’absence d’annonce du mariage contracté à l’étranger conduisait, 
d’une part, à laisser subsister des données d’état civil inexactes dans les registres 
publics précités, ce qui n’était pas admissible vu le rôle probatoire qui est conféré 
par l’art. 39 CC aux registres électroniques contenant lesdites données, mais 
pouvait, d’autre part, conduire à la délivrance d’extraits officiels desdits registres 
reprenant lesdites fausses données et susceptibles de générer d’autres 
constatations fausses dans d’autres registres officiels ou d’être utilisées auprès de 
tiers avec leur faux contenu.  

 b. Cela étant relevé, il s’agit d’examiner la conformité au droit de la décision 
du département du 25 août 2014.  

  En l’occurrence, la situation non conforme au droit constatée en 2011 
subsistait à cette date. Cette situation n’est pas causée par une impossibilité 
d’obtenir des autorités malgaches les certificats étrangers requis, ce qui aurait pu 
conduire à autoriser de procéder selon le dispositif supplétif prévu à l’art. 41 CC. 
Elle est due à la volonté des recourants de ne pas entreprendre de démarches à 
Madagascar pour permettre l’enregistrement du mariage qu’ils ont contracté dans 
ce pays. Or, ce mariage, nonobstant son absence d’inscription, constitue un fait 
dont il ne peut être fait abstraction en Suisse vu l’art. 45 al. 1 LDIP. En restant 
inactifs, les recourants laissent perdurer une situation non conforme au droit et une 
inexactitude dans leurs données d’état civil.  

  En outre, depuis 2011, sous l’angle de l’art. 39 al. 2 OEC, la situation 
juridique des recourants s’est compliquée. En effet, à l’heure actuelle, une mesure 

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de déblocage desdites données créerait non plus seulement un risque concret 
d’obtention frauduleuse d’une constatation fausse, mais la certitude de la 
survenance d’un tel état de fait. Admettre le déblocage des données pour 
permettre la reconnaissance de l’enfant conduirait à autoriser les offices d’état 
civil des cantons d’origine à délivrer aux recourants des certificats d’état civil 
attestant faussement de leur qualité de célibataires et à autoriser tout officier d’état 
civil que le recourant saisirait à recevoir une déclaration de paternité d’un père 
marié à la mère, contrairement à l’art.  260 CC, opérations tombant les unes et les 
autres sous le coup de l’art. 253 CP. Sous l’angle des conditions de l’art 39 al. 2 
OEC et au regard de la situation qui avait été exposée au SECL par les recourants 
dans leur courrier du 5 août 2014, le refus de celui-ci de débloquer l’usage des 
données d’état civil n’était pas contraire au droit. 

17)  Les recourants considèrent que le refus de l’autorité intimée atteint leur droit 
à exercer conjointement l’autorité parentale sur leur fils mineur comme le leur 
reconnaît l’art. 296 al. 2 CC. Cette disposition est entrée en vigueur le 1er juillet 
2014 suite à l’adoption le 21 juin 2013 de la loi fédérale modifiant le CC, qui a 
entraîné la refonte des dispositions régissant l’exercice de l’autorité parentale. 
Cette modification législative qui leur est applicable aux conditions de l’art. 12 
al. 4 du titre final du CC, ne leur confère aucun droit supplémentaire leur 
permettant d’exiger le déblocage de leurs données d’état civil. Certes, l’exercice 
conjoint de l’autorité parentale est reconnu aux parents, mais il ne l’est de jure que 
pour les enfants dont les parents ont, à la naissance de l’enfant, un statut d’état 
civil de personnes mariées. La situation des parents non mariés au moment de la 
naissance est réglée à l’art. 298a al. 1 CC. Si l’exercice de l’autorité parentale 
conjointe peut être reconnu au père  par une déclaration conjointe des parents 
devant l’autorité cantonale compétente, cela implique préalablement que le père 
reconnaisse  l'enfant ou que le lien de filiation soit constaté par décision de justice.  

  Le bien-fondé de la mesure de blocage n’est pas remis en cause par ces 
nouvelles dispositions légales. Les recourants refusent d’effectuer les démarches 
qui leur incombent permettant d’enregistrer un mariage contracté à l’étranger mais 
susceptible d’être reconnu en Suisse. Ils ne peuvent ainsi, du fait du blocage des 
données d’état civil, obtenir les certificats d’état civil de leurs communes 
d’origine qui permettraient au père de reconnaître son fils parce que de tels 
documents officiels, s’ils étaient émis, recéleraient des informations inexactes. Si 
le droit du père à l’exercice de l’autorité parentale n’est pas appréhendé 
juridiquement, cela ne résulte pas du contenu de la loi ou du comportement de 
l’autorité, mais est entièrement imputable à l’attitude des recourants. En effet, 
toute décision de l’autorité intimée autre qu’un refus de débloquer les données 
d’état civil, conduirait,  sans autre démarche, à accorder au père non marié selon 
le droit suisse un droit d’exercice conjoint de l’autorité parentale. Or, cela 
contreviendrait au texte clair de la loi.  

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18)  Les recourants soutiennent que le refus de l’autorité viole le droit de leur fils 
d’avoir un père reconnu légalement et immédiatement avec toutes les prérogatives 
reconnues à ce statut. La chambre administrative comprend qu’ils invoquent par-
là les garanties constitutionnelles et celles tirées du droit international au respect 
de leur vie familiale. 

19)  Selon l’art. 13 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 
18 avril 1999 (Cst. - RS 101), toute personne a, au-delà du respect de sa sphère 
privée, droit à celui de sa vie familiale. Cette règle est reprise à l’art. 21 de la 
Constitution de la République et canton de Genève du 14 octobre 2012 
(Cst-GE - A 2 00). Cette garantie constitutionnelle inclut le droit au mariage et 
celui de fonder une famille, tout comme le droit de voir les 
relations qui s’y développent ne pas être soumises à l’arbitraire du pouvoir 
étatique (Andreas AUER/Giorgio MALINVERNI/Michel HOTTELIER, 
Droit constitutionnel suisse, vol. 2, 3ème éd., 2013, p. 191, no 391). 

  La garantie de la vie familiale, à l’instar des autres libertés publiques, peut 
être restreinte aux conditions de l’art. 36 Cst., savoir lorsqu’une base légale le 
prévoit, voire une base légale formelle si la restriction est grave (al. 1), lorsque la 
restriction est justifiée par un intérêt public ou par la protection d’une liberté 
d’autrui (al. 2) et lorsqu’elle est proportionnée (al. 3). En outre, la restriction ne 
peut atteindre l’essence de cette garantie (al. 4). L’art. 43 Cst-GE reprend 
textuellement ce dispositif pour les restrictions aux libertés fondamentales 
consacrées par ce texte constitutionnel. 

20) a. Selon l’art. 8 al. 1 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et 
des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 (CEDH - RS 0.101) le droit au 
respect de la vie familiale est garanti. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité 
publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue 
par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est 
nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du 
pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la 
protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés 
d'autrui (art. 8 al. 2 CEDH). 

 b. La protection accordée par l'art. 13 al. 1 Cst., partant par l’art. 21 Cst-GE, 
correspond matériellement à celle de l'art. 8 CEDH, dès lors que l'État ne peut 
s'immiscer dans l'exercice de ce droit qu'aux conditions strictes du § 2 de cette 
disposition (ATF 129 II 215 consid. 4.2 p. 218 s. ; 126 II 377 consid. 7 p. 394 ; 
arrêt du Tribunal fédéral 5A_822/2010 du 13 mai 2011 consid. 3.1). 

21)  L’art. 17 al. 1 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 
16 décembre 1966, ratifié par la Suisse le 18 juin 1992 (Pacte II - RS 0.103.2), 
entré en vigueur pour celle-ci le 18 septembre 1992, proscrit toute immixtion 
arbitraire ou illégale dans la vie familiale des individus. 

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22)  De son côté l’art. 14 Cst. garantit le droit à fonder une famille, garantie 
reprise par l’art. 22 Cst-GE avec la précision que toute personne a le droit de 
fonder une famille ou de choisir un autre mode de vie, seule ou en commun. Ces 
dispositions reprennent les garanties conférées par l’art. 12 CEDH qui garantit le 
droit au mariage. En outre, selon l’art. 23 § 1 du Pacte II, la famille constituant 
l'élément naturel et fondamental de la société, elle a droit à la protection de la 
société et de l'État et, selon l’art. 23 § 2 Pacte II, le droit de fonder une famille à 
l'homme et à la femme à partir de l'âge nubile est garanti. 

23)  La notion de famille à laquelle tous ces textes se réfèrent n’est pas identique. 
Ainsi, le droit au respect de la vie familiale conféré par les art. 13 Cst, 8 CEDH, 
17 Pacte II et 16 de la Convention relative aux droits de l’enfant du 20 novembre 
1989 (CDE – RS 0.107) présuppose l’existence d’une famille comprise dans un 
sens plus large qu’à l’art. 12 CEDH. Selon la jurisprudence de la Cour européenne 
des droits de l’homme (ci-après : CourEDH), elle ne vise pas seulement la famille 
nucléaire qui se fonde par le mariage et qui s’agrandit au fil des naissances, mais 
s’étend à la notion de famille naturelle, visant également la vie familiale qu’un 
parent célibataire, homme ou femme peut développer avec son enfant ou la 
relation entre concubins, voir plus largement entre des proches (arrêt de la 
CourEDH Marckx c. Belgique du 13 juin 1979, req. 6833/74, § 31 et 45 ; Andreas 
AUER/Giorgio MALINVERNI/Michel HOTTELIER, op. cit, vol. 2 p. 191 et 192, 
n. 393 et 394 ; Pascal MAHON, Droit constitutionnel II, 2015, p. 107 n. 64). Il 
importe cependant que soit établie l’existence de liens personnels étroits et d’une 
vie familiale effective (ACEDH Paradiso et Campanelli c. Italie, du 27 janvier 
2015, req. 25358/12, § 67 ; ACEDH Marckx précité, § 31). 

24) a. Dans sa composante positive, le droit au respect de la vie familiale garanti 
par l’art. 8 CEDH contraint l’État à adopter des mesures tendant à favoriser sa 
jouissance effective (ACEDH Paradiso et Campanelli précité, § 75 et la 
jurisprudence européenne citée ; ACEDH Marckx précité, § 31 ; Andreas 
AUER/Giorgio MALINVERNI/Michel HOTTELIER, op. cit. vol. 2 p. 197, 
n. 407).  

 b. En matière d’établissement des rapports de filiation, dans l’arrêt Marckx 
précité, la CourEDH a examiné une législation qui, dans le cas d’une enfant né 
d’une mère célibataire, prévoyait les dispositions suivantes : l’établissement de la 
filiation maternelle ne résultait pas du seul accouchement mais n’était créé que si 
la mère la reconnaissait ; en cas de reconnaissance de l’enfant, celle-ci n’avait de 
lien juridique qu’avec sa mère, mais pas avec la famille de celle-ci ; elle n’avait 
pas de droits patrimoniaux jusqu’à ce qu’elle soit reconnue ; en cas de 
reconnaissance, elle se voyait reconnaître un statut limitant ses droits 
patrimoniaux, notamment successoraux ; la situation patrimoniale de l’enfant 
pouvait être améliorée mais cela impliquait qu’elle ne soit pas reconnue, mais 
adoptée par sa mère.  

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  Selon la CourEDH, dite législation, vis-à-vis de la mère, violait notamment 
l’art. 8 CEDH, considéré isolément, par le refus de consacrer pleinement la 
maternité de la mère dès la naissance de l’enfant ainsi que par le dilemme 
reconnaissance/adoption qui se posait à la première, qui ne cadrait pas avec le 
respect de la vie familiale (§ 36). La garantie précitée était également violée du 
point de vue des droits de l’enfant dans la mesure où, en l’absence de 
reconnaissance, celle-ci devait recourir à une procédure de recherche de maternité, 
laquelle impliquait que jusqu’à son aboutissement, elle resterait « séparée en 
droit » de sa mère (§ 37). Le fait que l’enfant « n’entrait pas juridiquement dans la 
famille de sa mère » et que l’établissement de la filiation ne produisait d’effet 
juridique qu’entre ces deux personnes « entravait l’épanouissement de la vie 
familiale d’une mère célibataire et de son enfant » ce qui était également contraire 
à l’art. 8 CEDH (§ 45). 

 c. Dans l’arrêt Paradiso et Campanelli précité, la CourCEDH a examiné la 
situation d’un bébé, ramené de Russie par les requérants. Né le 27 février 2011,  
l’enfant avait été enregistré en Russie comme l’enfant des requérants, avec le 
consentement de sa génitrice. Toutefois, après son arrivée en Italie, les autorités 
d’état civil puis les tribunaux ont refusé de l’enregistrer, ayant été averties de ce 
que le certificat de naissance qui leur était présenté contenait des données fausses. 
L’enquête avait permis d’établir que l’enfant était issu d’une mère porteuse et 
qu’il n’avait aucun lien génétique avec ces derniers. Après la découverte des faits, 
l’enfant avait été placé dans une maison d’accueil, et les contacts avec les 
requérants interdits. L’enfant n’avait pu obtenir une identité conventionnelle 
qu’en mars 2013, suite à une requête de son tuteur. 

  La CourEDH a admis l’existence d’une famille au sens de l’art. 8 CEDH, 
reconnaissant l’existence de rapports de parenté de facto même si le refus de 
reconnaître la validité du certificat russe n’avait pas permis la création d’un 
rapport juridique de filiation (§ 68). Si le droit d’obtenir la transcription d’un 
certificat de naissance étranger ne figurait pas en tant que tel parmi les droits 
garantis par la CEDH, la requête devait être examinée sous l’angle de celle-ci au 
regard des autres traités internationaux pertinents (§ 53). Le refus de reconnaître la 
filiation résultant dudit certificat constituait une ingérence dans les droits garantis 
par l’art. 8 CEDH. Cette disposition protégeait tant la vie familiale que la vie 
privée, si bien qu’elle protégeait le droit pour l’individu de nouer des relations 
avec ses semblables (§ 70). Dite ingérence était certes prévue par la loi et les 
juridictions italiennes étaient en droit d’opter pour l’application du droit italien 
(§ 72) dans un but de défense de l’ordre juridique mais aussi de protection des 
droits et libertés de l’enfant (§ 73). Dans ce sens, les juges nationaux n’avaient pas 
pris une décision déraisonnable en appliquant le droit national pour des motifs 
d’ordre public. En revanche, la référence à de tels motifs ne constituait pas une 
carte blanche justifiant toute mesure car il existait pour l’État une obligation de 
prendre en compte l’intérêt supérieur de l’enfant indépendamment de la nature du 

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lien familial (§ 80), dans le cadre d’une pesée d’intérêts à effectuer. Si les juges 
nationaux étaient en droit de ne pas reconnaître le rapport de filiation allégué, ils 
n’avaient pas de motifs suffisants au regard des intérêts immédiats de l’enfant 
d’admettre son éloignement en les jugeant inaptes à l’éduquer et à l’aimer au seul 
motif qu’ils avaient contourné la loi sur l’adoption. Finalement, le fait que l’enfant 
n’ait pu obtenir une identité que plus de deux ans après son arrivée en Italie 
signifiait qu’il était inexistant pendant cette période, ce qui n’était pas tolérable, la 
privation d’une citoyenneté ou d’une identité étant contraire à l’art. 7 CDE (§ 85). 

25)  Par arrêt du 25 juin 2002 (ATA/368/2002), le Tribunal administratif, dont la 
chambre administrative a repris depuis lors les compétences, avait annulé une 
décision de la direction cantonale de l’état civil, remplacée depuis lors par le 
SECL, qui avait supprimé le lien de filiation maternelle d’une enfant majeure, 
suite à son adoption par le concubin de sa mère, décision qui appliquait 
strictement le droit en vigueur. Le Tribunal fédéral avait annulé cette décision par 
arrêt du 28 mai 2003 (5A.16/2002), mais la CourEDH, se fondant sur l’art. 8 
CEDH, a admis la requête des intéressés le 13 décembre 2007 (ACEDH Emonet 
c. Suisse du 13 décembre 2007, req. 39051/2003). 

  La rupture du lien de filiation maternel constituait une ingérence dans 
l’exercice du droit des requérants au respect de leur vie familiale, même si elle 
était prévue par le CC. En effet, cette ingérence n’était pas nécessaire dans une 
société démocratique et le respect de la vie familiale aurait exigé la prise en 
compte des réalités tant biologiques que sociales, pour éviter une application des 
dispositions de la loi sur l’adoption à cette situation très particulière, pour laquelle 
elles n’étaient manifestement pas prévues.  

26)  En l’espèce, la décision de blocage des données d’état civil des recourants 
constitue une ingérence dans l’exercice de leur droit au respect de leur vie 
familiale, puisqu’elle empêche non seulement l’établissement du lien de filiation 
juridique entre le père et son fils, mais encore entrave la reconnaissance d’une 
cellule familiale au sens de l’art. 260 CC avec les effets juridiques que cela  peut 
engendrer.   

  Toutefois, cette ingérence est autorisée par l’art. 46a OEC, texte 
réglementaire fédéral dont les dispositions permettent l’application détaillée des 
art. 39 à 51 CC. Ces dernières dispositions légales permettent l’application, en 
organisant la tenue des registres de l’état civil, des deux premiers livres du CC 
relatifs au droit des personnes et de la famille, parmi lesquels les art. 252 à 
269c CC relatifs à l’établissement de la filiation. La mesure de blocage attaquée 
est donc fondée sur une base légale. L’intérêt public auquel elle obéit ne l’est pas 
moins. Il s’agit par ce biais d’asseoir la cohérence et la fiabilité de 
l’enregistrement des données d’état civil à partir desquelles nombre de  
mécanismes institutionnels et sociétaux sont organisés. Certes, un tel blocage 
empêche le recourant de formaliser la reconnaissance de son enfant, ce qui est 

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préjudiciable aux intérêts protégés de l’un et de l’autre. Toutefois, contrairement à 
la situation juridique traitée dans les arrêts de la CourEDH Marckx ou Emonet 
précités, la situation qu’elle engendre ne résulte pas d’une application mécaniste 
et incontournable de normes en vigueur, dont il serait constaté qu’elle conduit à 
un résultat non voulu par le législateur, ou qu’elles ne sont plus adaptées à 
l’évolution de la société. Cette situation reste en premier lieu la conséquence du 
non-respect par les recourants de leur obligation d’annoncer aux autorités suisses 
leur mariage contracté à l’étranger, obligation découlant de l’art. 39 OEC. 
L’entrave à leurs droits familiaux peut être levée dès que ceux-ci auront réparé 
leur omission par la production des documents malgaches nécessaires. Sous cet 
angle, l’ingérence dans la sphère familiale des intéressés respecte le principe de 
proportionnalité au sens des art. 36 al. 3 Cst. et 43 al. 3 Cst-GE. De même, il est 
raisonnablement acceptable au sens de l’art. 8 § 2 CEDH. 

  Certes, la mesure de blocage atteint également le droit au respect de la vie 
familiale de l’enfant. Celui-ci est atteint par le fait que le lien paternel ne peut être 
transcrit dans ses données d’état civil, même si la décision de blocage porte sur 
celles de ses parents. Toutefois, contrairement à la situation examinée par la 
CourEDH dans l’arrêt Paradiso et Campanelli précité, l’enfant s’est vu reconnaître 
une existence juridique puisqu’il est enregistré dans les registres de l’état civil par 
le biais de sa filiation maternelle. En outre cette situation résulte du non-respect de 
leurs obligations légales par ses parents. Elle peut être modifiée dès que ceux-ci 
auront entrepris les démarches nécessaires commandées par l’art. 39 OEC, mais 
aussi, au regard de l’enfant, par l’art. 301 al. 1 CC qui impose aux détenteurs de 
l’autorité parentale de prendre les décisions nécessaires à l’intérêt de leurs enfants. 
Sous l’angle de l’art. 8 CEDH, l’ingérence constituée par la mesure de blocage 
reste donc admissible au regard des atteintes qu’elle peut porter aux intérêts de 
l’enfant.  

27)  Au vu de ce qui précède, le recours sera rejeté. Vu l’issue du recours, un 
émolument de procédure de CHF 1'000.- sera mis à la charge des recourants, pris 
conjointement et solidairement (art. 87 al. 1 LPA). Aucune indemnité de 
procédure ne sera allouée (art. 87 al. 2 LPA). 

28)  Conformément à l’art. 90 al. 5 OEC, le présent arrêt sera communiqué à 
l’office fédéral de l’état civil et à l’attention de l’office fédéral de la justice. 

29)  La chambre administrative communiquera également une copie du présent 
arrêt pour information au Tribunal de protection de l’adulte et de l’enfant pour 
annoncer la situation de l’enfant (art. 308 al. 1 et 309 al. 1 CC), afin qu’il examine 
s’il n’y a pas lieu d’instaurer une mesure de protection de ce dernier en raison des 
conséquences sur la situation juridique de celui-ci engendrées par leur refus de 
faire enregistrer en Suisse leur mariage contracté à l’étranger. 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

rejette dans la mesure où il est recevable, le recours interjeté le 26 septembre 2014 par 
Madame A______ et par Monsieur B______ contre la décision du département de la 
sécurité et de l’économie du 25 août 2014 ; 

met un émolument de CHF 1'000.- à la charge de Madame A______ et Monsieur 
B______, pris conjointement et solidairement ; 

dit qu’il n’est pas alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
civile ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de preuve 
et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au Tribunal 
fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux conditions de 
l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, invoquées 
comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

 communique le présent arrêt à Madame A______, à Monsieur B______, au 
département de la sécurité et de l’économie, à l'office fédéral de l’état civil, à l’office 
fédéral de la justice, ainsi que, pour information, au Tribunal de protection de l'adulte et 
de l'enfant . 

Siégeants : M. Verniory, président, Mme Junod, M. Dumartheray, Mme Payot  
Zen-Ruffinen, juges, M. Hoffmann, juge suppléant. 

Au nom de la chambre administrative : 

 
 

  la greffière-juriste : 
 
 

S. Husler-Enz 
 

  
 

le président siégeant : 
 
 

J.M. Verniory 
 

 

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Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :