# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 666758f1-b00c-5c20-a58e-ba5ae83672b6
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-08-13
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Strafkammer 13.08.2018 502 2018 152
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_005_502-2018-152_2018-08-13.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00
tribunalcantonal@fr.ch
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

502 2018 152 & 172 

Arrêt du 13 août 2018

Chambre pénale

Composition Président : Hubert Bugnon
Juges : Jérôme Delabays, Sandra Wohlhauser
Greffière-rapporteure : Aleksandra Bjedov

Parties A.________, partie plaignante et recourante 

contre

MINISTÈRE PUBLIC, autorité intimée

et 

B.________, C.________, D.________, E.________, F.________, 
G.________, H.________, I.________,  intimés

Objet Classement - Irrecevabilité du recours

Recours interjeté le 2 juillet 2018 contre l'ordonnance du Ministère 
public du 22 juin 2018

Tribunal cantonal TC 
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considérant en fait et en droit

1.

Par ordonnance du 22 juin 2018, le Ministère public a prononcé, frais à la charge de l'Etat, un 
classement de l'instruction pénale ouverte consécutivement aux plaintes pénales déposées les 
3 juillet 2017 et 8 septembre 2017 par A.________, en son nom et au nom de ses enfants, pour 
injures. La première plainte a été déposée contre les six premiers nommés des intimés; 
A.________ a indiqué à la police que, dans le cadre de problèmes de voisinage existant dans 
l'immeuble où elle demeure, les personnes en question auraient plusieurs fois injurié ses enfants. 
La seconde plainte a été dirigée contre les deux derniers nommés des intimés, à nouveau pour 
des faits d'injures à son encontre et à celui de sa fille.  

Le même 22 juin 2018, le Ministère public a prononcé, consécutivement à deux plaintes pénales 
déposées l'une le 31 août 2017 par B.________ et C.________, l'autre le 12 février 2018 par 
E.________, une ordonnance pénale reconnaissant A.________ coupable de voies de fait, 
d'injures, de menaces et de dénonciation calomnieuse, et la condamnant à une peine pécuniaire 
de 50 jours-amende d'un montant de CHF 50.00 et à une amende de CHF 400.- ainsi qu'au 
paiement des frais. 

2.

Par lettre datée du 27 juin 2018 et adressée le 2 juillet 2018 au Procureur en charge de la cause, 
qui l'a transmise le 5 juillet 2018 à la Chambre pénale, avec le dossier de la cause, comme 
possible objet de sa compétence, A.________ a réitéré ses allégations et doléances vis-à-vis de 
ses voisins, de la régie et du Président du Tribunal des baux, suppliant le Procureur de la croire et 
lui disant qu'elle aimerait bien qu'il revoie le dossier. 

Invitée par acte du 13 juillet 2018 à préciser si sa lettre datée du 27 juin 2018 doit être considérée 
comme un recours contre l'ordonnance de classement, elle a exposé par lettre du 16 juillet 2018, 
remise à la poste le 18, qu'elle veut effectivement faire opposition à l'ordonnance de classement, 
son but n'étant pas de ne pas payer l'amende et les frais. Elle y a ajouté diverses considérations 
sur le fait que les gendarmes ne l'ont pas prise au sérieux et sur divers aspects de la vie dans 
l'immeuble. 

Priée de verser une avance de sûretés, la recourante a indiqué par lettre du 30 juillet 2018, remise 
à la poste le 3 août, qu'elle demande l'assistance judiciaire, tout en renouvelant et complétant par 
ailleurs ses doléances à l'encontre des voisins. 

3.

La Chambre statue sans débats (art. 397 al. 1 CPP). Vu le sort du recours, il n'est pas nécessaire 
de demander aux intimés de se déterminer. 

4.

Le délai de recours est de dix jours (art. 396 al. 1 CPP). 

Ce délai a été respecté vu que la décision a été notifiée le 25 juin 2018. En revanche les multiples 
griefs ajoutés à l'objet premier des lettres des 16 et 30 juillet 2018 sont hors délai et 
conséquemment irrecevables. 

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5.

Le recours doit être motivé (art. 396 al. 1 CPP) et indiquer précisément les motifs qui commandent 
une autre décision (art. 385 al. 1 let. b CPP). L’exigence de motivation du recours – qui a été elle 
aussi mentionnée dans la décision attaquée – englobe aussi celle de prendre des conclusions. 
Cela signifie que la partie recourante doit définir les modifications qui devraient être apportées à 
l’ordonnance attaquée et décrire les raisons qui justifieraient de telles modifications. La doctrine 
considère toutefois que, lorsque la partie n’est pas représentée par un avocat, l’exigence de 
motivation est respectée si les conclusions peuvent être sans équivoque déduites de la motivation 
(BSK StPO-ZIEGLER/KELLER, 2e éd. 2014, art. 385 n. 1). Le recourant doit en tout état de cause 
exposer concrètement et spécifiquement en quoi la décision qu’il attaque contrevient aux motifs 
dont il se prévaut (CR CPP-CALAME, art. 386 n. 21). Pour satisfaire à l'obligation de motiver, la 
partie recourante doit discuter les motifs de la décision entreprise et indiquer précisément en quoi 
elle estime que l'autorité précédente a méconnu le droit, de telle sorte que l'on comprenne 
clairement, à la lecture de son exposé, quelles règles de droit auraient été, selon elle, 
transgressées par la juridiction précédente (ATF 140 III 86 consid. 2). 

Si le mémoire ne satisfait pas à ces exigences, l’autorité de recours le renvoie au recourant pour 
qu’il le complète dans un bref délai. Si, à l’expiration de ce délai supplémentaire, le mémoire ne 
satisfait toujours pas à ces exigences, l’autorité de recours n’entre pas en matière (art. 385 al. 2 
CPP). Une telle possibilité ne peut toutefois être offerte au recourant que lorsque l’exposé de son 
mémoire de recours est insuffisant et que le défaut de motivation peut être facilement corrigé suite 
à l’indication donnée par l’autorité. Tel n’est pas le cas lorsque le recourant n’a même pas entamé 
la critique des motifs retenus par l’autorité intimée; l’autorité de recours n’a alors pas à fixer de 
délai supplémentaire. L’autorité de 2ème instance n’a en effet pas à s’inquiéter du fait que le 
recourant présente une argumentation optimale (arrêt TF 6B_120/2016 du 20 juin 2016 consid. 
3.1; voir aussi BSK StPO-ZIEGLER/KELLER, art. 385 n. 4; DONATSCH/HANSJAKOB/LIEBER, 
Kommentar zur Schweizerischen Strafprozessordnung (StPO), 2014, art. 385 n. 3, et références).

6.

En l'occurrence, l'ordonnance attaquée, rendue après enquête de police et audition de toutes les 
personnes concernées, retient en résumé qu'il ressort des auditions des voisins – qui ont tous 
catégoriquement réfuté les accusations portées contre eux – que ceux-ci ont dans l'ensemble fait 
part de leurs préoccupations face au comportement de la plaignante envers ses enfants ainsi que 
face à la santé mentale de cette personne, dans les deux cas exemples à l'appui. Ce 
comportement a aussi préoccupé les agents de police, qui ont indiqué qu'ils allaient signaler la 
situation à l'autorité compétente. L'ordonnance indique par ailleurs que les propos tenus par la 
plaignante, extrêmement vagues, n'ont que très peu de substance, ne sont appuyés par aucun 
indice ni aucune description précise, que le fait que les accusations portées sont exactement les 
mêmes à l'égard des huit voisins les discrédite, qu'il paraît peu probable que huit personnes qui 
n'ont jamais eu de problèmes semblables avec la justice se mettraient d'un seul coup à proférer 
des insultes contre de jeunes enfants et enfin qu'il découle du dossier que l'auteure des 
accusations se sent persécutée, avec le sentiment d'être prise en grippe par l'ensemble de ses 
voisins dans un conflit de voisinage à la suite duquel la régie aurait entrepris de résilier son bail. Le 
Ministère public a ainsi constaté que rien n'est venu corroborer les propos de la partie plaignante 
et qu'aucune mesure d'instruction supplémentaire ne semble à même de confirmer ces propos. 

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Or dans son recours, la recourante ne fait que formuler à nouveau ses griefs à l'encontre des 
intimés, ainsi qu'à l'encontre de la Régie, des agents de police et du Président du Tribunal des 
baux. Réécrire ses allégations, ce sur quoi elle avait fermé les yeux, les souffrances de son 
ressenti, l'honnêteté de ses enfants, le sentiment que les agents de police ne la croyaient pas, que 
les voisins faisaient un complot entre eux, qu'ils savent très bien jouer, n'a pas valeur 
d'argumentation valable pour un recours contre une ordonnance de classement pour une 
procédure pénale. Outre qu'elle ne formule pas de conclusions, la recourante ne tente à aucun 
moment dans son recours de démontrer que, contrairement à ce qu'a retenu le Ministère public, 
ses allégations seraient non pas amoindries mais au contraire étayées par tel ou tel élément qui 
aurait été omis, respectivement qu'elles seraient rendues plus crédibles, ou encore qu'il existerait 
d'autres moyens de preuve à explorer. Elle ne tente pas non plus de démontrer que le Ministère 
public aurait perdu de vue qu'elle aurait formulé d'autres reproches à consonance pénale que ce 
qui est évoqué dans l'ordonnance attaquée. 

En l'absence même d’un début de critique spécifique aux motifs retenus dans l'ordonnance 
attaquée, le recours n'est pas recevable.   

Partant, le recours doit être déclaré irrecevable faute à la fois de conclusions et de motivation.  

7.

Même s'il était par hypothèse considéré comme recevable, le recours devrait être rejeté pour les 
motifs suivants. 

La décision de classer la procédure doit être prise en application du principe "in dubio pro duriore". 
Ce principe vaut également pour l'autorité judiciaire chargée de l'examen d'une décision de 
classement. Il signifie qu'en règle générale, un classement ou une non-entrée en matière ne peut 
être prononcé par le ministère public que lorsqu'il apparaît clairement que les faits ne sont pas 
punissables ou que les conditions à la poursuite pénale ne sont pas remplies. La procédure doit se 
poursuivre lorsqu'une condamnation apparaît plus vraisemblable qu'un acquittement ou lorsque les 
probabilités d'acquittement et de condamnation apparaissent équivalentes, en particulier en 
présence d'une infraction grave. En effet, en cas de doute s'agissant de la situation factuelle ou 
juridique, ce n'est pas à l'autorité d'instruction ou d'accusation mais au juge matériellement 
compétent qu'il appartient de se prononcer. L'autorité de recours ne saurait ainsi confirmer un 
classement au seul motif qu'une condamnation n'apparaît pas plus probable qu'un acquittement. 
Dans les procédures où l'accusation repose essentiellement sur les déclarations de la victime, 
auxquelles s'opposent celles du prévenu, et lorsqu'il n'est pas possible d'estimer que certaines 
dépositions sont plus crédibles que d'autres, le principe "in dubio pro duriore" impose en règle 
générale que le prévenu soit mis en accusation. Cela vaut en particulier lorsqu'il s'agit de délits 
commis typiquement "entre quatre yeux" pour lesquels il n'existe souvent aucune preuve objective. 
Il peut toutefois être renoncé à une mise en accusation lorsque la partie plaignante fait des 
dépositions contradictoires, rendant ses accusations moins crédibles ou encore lorsqu'une 
condamnation apparaît au vu de l'ensemble des circonstances a priori improbable pour d'autres 
motifs (arrêt TF 6B_865/2017 du 25 juillet 2018 consid. 3.1 et les nombreuses références citées). 

En la présente cause, où l'accusation repose essentiellement sur les déclarations de la victime, le 
Ministère public a considéré à juste titre que plusieurs éléments, mentionnés dans l'ordonnance, 
résumés ci-dessus et adoptés par la Chambre pour les faire siens, rendent les accusations moins 
crédibles et la probabilité de condamnations bien inférieure à celle d'acquittements des intimés.

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8.

Etant donné que le recours était dénué de chance de succès, la requête d'assistance judiciaire de 
la recourante doit être rejetée. 

9. 

Vu le sort du recours, les frais de procédure y relatifs (cf. art. 424 CPP, 33 ss et 43 RJ) doivent 
être mis à la charge de la recourante en application de l'art. 428 al. 1 CPP.

la Chambre arrête:

I. Le recours est irrecevable.

II. La requête d'assistance judiciaire est rejetée. 

III. Les frais judiciaires dus à l'Etat sont fixés à CHF 300.- (émolument: CHF 200.-; débours: 
CHF 100.-) et sont mis à la charge de A.________.

IV. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours 
dès la notification de l’arrêt rédigé. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). 
L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 13 août 2018 

Le Président : La Greffière-rapporteure :