# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** bd206790-b3d4-5104-87b4-cdf71986c2cc
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour d'appel civile HC / 2013 / 169
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_002_HC---2013---169_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

JS12.036837-130368

202  

 

 

JUGE
DELEGUE DE LA cour d'appel CIVILE

__________________________________________________________

Arrêt du
16 avril 2013 

__________________

Présidence
de               M.             
Abrecht,
juge délégué

Greffière             
:              Mme             
Tchamkerten

 

 

*****

 

 

Art.
177 CC; 20 LPGA

 

 

             
Statuant à huis clos sur l'appel interjeté par 
B.F.________,
à Avenches, intimé, contre l'ordonnance de mesures protectrices de l'union conjugale rendue
le 5 février 2013 par le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de La Broye et du
Nord vaudois dans la cause divisant l'appelant d'avec 
A.F.________,
à Courtmann, requérante, le Juge délégué de la Cour d'appel civile du Tribunal
cantonal voit :

             
En fait :

 

 

A.             
Par ordonnance de mesures protectrices de l'union conjugale du 5 février 2013, adressée
pour notification aux parties le même jour, le Président du Tribunal civil de l'arrondissement
de La Broye et du Nord vaudois a ordonné à la Caisse de compensation X.________, avenue [...],
[...] Lausanne, de prélever chaque mois, dès le mois de mars 2013, le montant de 700 fr. sur
la rente due à B.F.________ et de le verser directement à A.F.________, sur le compte no [...]
dont celle-ci est titulaire auprès de PostFinance (no IBAN [...]) (I), dit que l'ordonnance est
rendue sans frais ni dépens (II), déclaré l'ordonnance immédiatement exécutoire,
nonobstant appel ou recours (III) et rejeté toutes autres ou plus amples conclusions (IV).

 

             
En droit, relevant que B.F.________ n'avait pas versé la pension de 700 fr. à laquelle il était
astreint en faveur de son épouse depuis le 1er
septembre 2012, accumulant ainsi un arriéré de 4'200 fr., le premier juge a estimé qu'il
y avait lieu d'ordonner un avis au débiteur pour garantir le paiement de la pension, le prénommé
ayant en outre donné son accord à cette mesure.

 

 

B.             
Par acte du 18 février 2013, B.F.________
a fait appel de cette ordonnance, en prenant sous suite de frais et dépens les conclusions suivantes
:

 

"A.
              Par mesures provisionnelles

 

1.
              Le présent recours
est assorti de l'effet suspensif.

 

2.
              Ordre est donné à
la Caisse de compensation X.________, [...] Lausanne, de ne pas exécuter la décision du 5 février
2013 jusqu'à droit connu sur le présent recours.

 

3.
              Subsidiairement, ordre
est donné à la Caisse de compensation X.________, [...] Lausanne, de ne pas exécuter la
décision du 5 février 2013 et de consigner les montants dus jusqu'à droit connu sur le
présent recours.

 

B.
              Au fond

 

1.
              L'appel est admis.

 

2.
              La décision du 5
février 2013 est nulle, subsidiairement annulée.

 

3.
              Les éventuels montants
consignés sont versés à Monsieur B.F.________.

 

4.
              Les frais de la procédure
de première instance sont mis à la charge de l'intimée.

 

5.
              Les frais de la présente
procédure sont mis à la charge de l'intimée."

 

 

             
A l'appui de son écriture, l'appelant a produit une pièce nouvelle. 

 

             
Par prononcé du 26 février 2013, le Juge délégué de la Cour de céans a
rejeté la requête d'effet suspensif.

 

             
Par décision du Juge délégué du 28 février 2013, l'assistance judiciaire a été
accordée à B.F.________ dans la mesure suivante : exonération d'avances, exonération
des frais judiciaires et assistance d'un avocat d'office en la personne de Me André Fidanza.

 

             
Dans sa réponse du 4 mars 2013, l'intimée A.F.________ a conclu au rejet des conclusions au
fond, relevant que celles prises par la voie des mesures provisionnelles étaient sans objet. Elle
a par ailleurs requis l'assistance judiciaire pour la procédure d'appel, requête qu'elle a
retirée le 9 avril 2013. 

 

 

C.             
Le juge délégué retient les faits suivants, sur la base de l'ordonnance complétée
par les pièces du dossier :

 

1.             
B.F.________, né le [...] 1959, et A.F.________, née T.________ le [...] 1961, se sont mariés
le [...] 1988. 

 

             
Deux enfants sont issus de cette union : J.________, née le [...] 1989, et S.________, né le
[...] 1993. 

 

             
Les époux se sont séparés le 22 août 2012. 

 

2.             
Lors d'une audience du Président du Tribunal civil de l'arrondissement de La Broye et du Nord vaudois
du 27 novembre 2012, les parties sont notamment convenues de vivre séparées pour une durée
indéterminée et d'attribuer la jouissance de l'appartement conjugal à B.F.________, qui
en paierait le loyer et les charges.

 

             
B.F.________ partage cet appartement avec l'enfant majeur du couple, S.________. 

 

3.             
B.F.________ est au bénéfice d'une rente complète de l'assurance-invalidité. La Caisse
de compensation X.________ lui verse une rente de 1'763 fr. pour lui-même ainsi qu'une rente complémentaire
de 705 fr. par mois pour son fils S.________. B.F.________ perçoit en outre une rente LPP qui
lui est versée par Caisse de pension R.________, par 2'071 fr., soit 1'723 fr. pour lui-même
et 348 fr. pour son fils. Au total, B.F.________ touche ainsi 3'486 fr. par mois pour lui-même et
1'053 fr. par mois pour son fils. 

 

4.             
Par ordonnance de mesures protectrices de l'union conjugale du 10 décembre 2012, le Président
du Tribunal civil de l'arrondissement de La Broye et du Nord vaudois a astreint B.F.________ à contribuer
à l'entretien de son épouse A.F.________ par le versement d'une pension mensuelle, le premier
de chaque mois, de 700 fr., dès le 1er
septembre 2012.

 

             
Cette ordonnance a été confirmée par arrêt sur appel du Juge délégué
de la Cour de céans du 29 janvier 2013.

 

5.             
Le 24 janvier 2013, A.F.________ a saisi le Président d'une requête d'avis au débiteur,
par laquelle elle a conclu à ce qu'ordre soit donné à la Caisse de compensation X.________
de prélever sur les rentes de B.F.________ la somme de 700 fr. et de la verser sur le compte bancaire
ouvert à son nom.

 

             
Dans ses déterminations du 1er
février 2013, B.F.________ a conclu au rejet de la requête. 

 

             
Lors de l'audience de mesures protectrices de l'union conjugale du 5 février 2013, les parties
ont signé la transaction suivante :

 

"I.             
B.F.________ accepte qu'un avis au débiteur soit prononcé pour le montant de la pension fixée
par ordonnance de mesures protectrices de l'union conjugale du 10 décembre 2012 et confirmée
par arrêt sur appel du 29 janvier 2013, soit 700 fr. par mois. Ordre sera donc donné à
la Caisse de compensation X.________, avenue [...] Lausanne, de prélever le montant de 700 fr. sur
la rente due à B.F.________ et de le verser directement à A.F.________, sur le compte no [...]
de celle-ci auprès de PostFinance (no IBAN [...]).

 

II.
              L'arriéré de
pension pour la période du 1er
septembre 2012 au 28 février 2013, soit six mois à 700 fr. (4'200 fr.), sera remboursé
à A.F.________ par B.F.________ par des versements mensuels de 75 fr. au moins, le 10 de chaque
mois pour le mois en cours, la première fois le 10 mars 2013.

 

             
En cas de retard de plus de dix jours dans le paiement d'une mensualité, le solde de la dette sera
immédiatement exigible.

 

III.             
 B.F.________ s'engage à entreprendre des démarches pour obtenir des subsides à l'assurance-maladie."

 

             
Le Président a ratifié séance tenante la convention qui précède pour valoir
ordonnance de mesures protectrices de l'union, ce dont les parties ont pris acte.

 

 

             
En droit
:

 

 

1.             
L'art. 308 al. 1 let. b CPC (Code de procédure
civile suisse du 19 décembre 2008, RS 272) ouvre la voie de l'appel contre les ordonnances de mesures
provisionnelles rendues dans les causes non patrimoniales ou dont la valeur litigieuse est supérieure
à 10'000 fr. (art. 308 al. 2 CPC), les mesures protectrices de l'union conjugale devant être
assimilées à des mesures provisionnelles au sens de l'art. 308 al. 1 let. b CPC (Tappy, CPC
commenté, 2011, nn. 51 ss ad art. 273 CPC, pp. 1077 ss; CACI 6 avril 2011/28 c. 1b).

 

             
              Les ordonnances de mesures
protectrices de l'union conjugale étant régies par la procédure sommaire (art. 271 CPC),
le délai pour l'introduction de l'appel est de dix jours (art. 314 al. 1 CPC).

 

             
              Interjeté en temps
utile par une personne qui y a un intérêt dans un litige dont la valeur litigieuse de première
instance calculée selon l'art. 92 CPC, dépasse 10'000 fr., l'appel est recevable.

 

 

2.             
              a) L'appel
portant sur des mesures protectrices de l'union conjugale, il relève de la compétence du juge
unique (art. 84 al. 2 LOJV [loi du 12 décembre 1979 d'organisation judiciaire, RSV 173.01]).

 

                          
b) L'appel
peut être formé pour violation du droit ou constatation inexacte des faits (art. 310 CPC).
L'autorité d'appel peut revoir l'ensemble du droit applicable, y compris les questions d'opportunité
ou d'appréciation laissées par la loi à la décision du juge et doit le cas échéant
appliquer le droit d'office conformément au principe général de l'art. 57 CPC (Jeandin,
CPC Commenté, nn. 2 ss ad art. 310 CPC, p. 1249). Elle peut revoir l'appréciation des faits
sur la base des preuves administrées en première instance (Jeandin, op. cit. n. 6 ad art. 310
CPC, pp. 1249-1250). Le large pouvoir d'examen en fait et en droit ainsi défini s'applique même
si la décision attaquée est de nature provisionnelle (JT 2011 III 43; Tappy, ibid., p. 136).

 

             
c)
Les faits et moyens de preuve nouveaux ne sont pris en compte que s'ils sont invoqués ou produits
sans retard et ne pouvaient  être invoqués ou produits devant la première instance
bien que la partie qui s'en prévaut ait fait preuve de la diligence requise, ces deux conditions
étant cumulatives (art. 317 al. 1 CPC; Tappy, JT 2010 III 115, p. 138). Il appartient à l'appelant
de démontrer que ces conditions sont réalisées, de sorte que l'appel doit indiquer spécialement
de tels faits et preuves nouveaux et motiver spécialement les raisons qui les rendent admissibles
selon lui (ibidem, pp. 136-147).

 

             
En l'espèce, l'appelant a produit une pièce nouvelle établie postérieurement à
l'audience de mesures protectrices du 5 février 2013, à savoir une lettre du 15 février
de la Caisse de compensation X.________, informant le conseil de l'appelant qu'elle n'avait aucune intention
de prendre position dans la présente affaire. Si cette pièce est recevable au regard des conditions
de l'art. 317 al. 1 CPC, elle n'est toutefois pas déterminante pour l'issue du présent litige.

 

 

3.             
a) Le bien-fondé de l'avis au débiteur
est litigieux en l'espèce. Aux termes de l'art. 177 CC (Code civil suisse du 10 mars 1907, RS 210),
lorsqu'un époux ne satisfait pas à son devoir d'entretien, le juge peut prescrire aux débiteurs
d'opérer tout ou partie de leurs paiements entre les mains de son conjoint. Cette institution a
pour but d'assurer à l'ayant droit le versement des contributions d'entretien futures, à une
fréquence compatible avec la nature de ces prestations et indépendamment du bon vouloir du
débiteur (Chaix, Commentaire romand – CC I Art. 1-359, 2010, n. 1 ad art. 177 CC). Le cercle
des destinataires de la mesure n'est pas limité par la loi (ibidem, n. 11 ad art. 177 CC).

 

             
b)
Dans son écriture, l'appelant fait valoir que c'est en violation de l'art. 20 LPGA (loi fédérale
du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales, RS 830.1) que le
premier juge a prononcé l'avis au débiteur attaqué, ordonnant à la caisse de compensation
de prélever sur sa rente d'invalidité le montant de la pension qu'il doit à son épouse
pour le verser directement à celle-ci. Il importe peu, selon lui, qu'il ait donné son accord
à cette mesure, dès lors que l'art. 20 LPGA est de droit impératif. L'appelant expose
qu'au vu de sa situation financière particulièrement difficile, il a dû se tourner vers
les services sociaux pour assurer son entretien. 

 

             
              c)
L'art. 20 al. 1 LPGA prévoit, sous le titre marginal "garantie de l'utilisation conforme au
but", que l'assureur peut verser tout ou partie des prestations en espèces à un tiers
qualifié ou à une autorité ayant une obligation légale ou morale d'entretien à
l'égard du bénéficiaire, ou qui l'assiste en permanence, lorsque (a) le bénéficiaire
n'utilise pas ces prestations pour son entretien ou celui des personnes dont il a la charge, ou s'il
est établi qu'il n'est pas en mesure de les utiliser à cet effet, et que (b) lui-même
ou les personnes dont il a la charge dépendent de ce fait de l'assistance publique ou privée.

 

             
Cette disposition présuppose que les prestations des assurances sociales poursuivent un certain
but : pallier à un risque assuré, lequel peut être notamment la maladie, l'accident ou
le décès (Kieser, ATSG-Kommentar, 2e
éd., 2009, n. 2 ad art. 20 LPGA). Sont visés par cette disposition uniquement les tiers qui
assument une obligation légale ou morale d'entretien à l'égard du bénéficiaire
("unterstützungspflichtig"), et non ceux envers lesquels le bénéficiaire assumerait
une obligation d'entretien ("unterstützungsberechtigt"). Il peut s'agir notamment d'un
parent, d'une maison de retraite, ou d'un hôpital (Kieser, op. cit., n. 14 ad art. 20 LPGA; TF 5P.474/2005
du 8 mars 2006). 

 

             
Des exceptions au principe posé par l'art. 20 LPGA sont prévues dans diverses lois spéciales
d'assurances sociales. Par exemple, l'art. 22bis al. 2 LAVS (loi fédérale du 20 décembre
1946 sur l'assurance-vieillesse et survivants, RS 831.10) stipule qu'en dérogation à l'art. 20 LPGA,
la rente complémentaire est versée au conjoint qui n'a pas droit à la rente principale,
s'il le demande parce que son conjoint ne subvient pas à l'entretien de la famille (a), s'il le
demande parce que les époux vivent séparés (b), d'office si les époux sont divorcés
(c). L'al. 3 de cette disposition réserve les décisions du juge civil qui dérogeraient
à l'alinéa 2. 

 

             
La LAI (loi fédérale du 19 juin 1959 sur l'assurance-invalidité, RS 831.20) prévoit
à son art. 35 al. 4 que la rente pour enfant est versée comme la rente à laquelle elle
se rapporte. Les dispositions relatives à un emploi de la rente conforme à son but (art. 20
LPGA) ainsi que les décisions contraires du juge civil sont réservées. Le Conseil fédéral
peut édicter des dispositions spéciales sur le versement de la rente, en dérogation à
l'art. 20 LPGA, notamment pour les enfants de parents séparés ou divorcés. 

 

             
Dans un arrêt non publié du 8 mars 2006 (TF 5P.474/2005), le Tribunal fédéral a eu
l'occasion de relever que rien ne justifiait que l'on s'écarte d'une interprétation littérale
de l'art. 20 LPGA et a considéré que l'ordre donné à une caisse de compensation de
prélever sur la rente d'invalidité du bénéficiaire le montant de la pension et de
le verser en faveur de l'épouse créancière de la contribution d'entretien était contraire
à l'art. 20 LPGA.  

 

             
c)
En l'espèce, l'appelant a été astreint par décision du 10 décembre 2012 au versement
d'une pension de 700 fr. destinée exclusivement à son épouse. En application de la jurisprudence
fédérale mentionnée ci-dessus, l'ordre donné à la caisse de compensation de
prélever sur la rente invalidité de l'appelant le montant de cette pension pour la verser directement
en mains de l'intimée, qui n'assume pas d'obligation d'entretien en faveur de l'appelant ("unterstützungspflichtig")
mais qui est une créancière de l'entretien ("unterstützungsberechtigt"), est
contraire à l'art. 20 LPGA, de sorte qu'il doit être annulé.

 

             
L'appel est dès lors bien fondé.

 

 

4.             
a)
Au vu de ce qui précède, l'appel doit être admis et l'ordonnance entreprise annulée.

 

             
b)
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 600 fr. (art. 65 al. 2
TFJC [tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre 2010, RSV 270.11.5]), seront mis à la charge
de l'intimée qui succombe (art. 106 al. 1 CPC).

 

             
c)
Obtenant gain de cause, l'appelant a droit à des dépens de deuxième instance, lesquels
peuvent être fixés à 2'500 francs.

 

             
              d)
Il y a lieu de fixer l'indemnité du conseil
d'office de l'appelant, Me André Fidanza, pour le cas où il ne pourrait obtenir le paiement
des dépens qui lui ont été alloués. 

 

Dans
la liste qu'il a produite le 12 avril 2013, l'avocat a indiqué avoir consacré quinze heures
et quarante-cinq minutes à la procédure d'appel, ce qui paraît quelque peu excessif au
vu de la nature et de la complexité du litige, ainsi que des opérations effectuées. Dix
heures de travail au tarif horaire de 180 fr. (art. 2 al. 1 let. a RAJ [règlement sur l'assistance
judiciaire en matière civile du 7 décembre 2010; RSV 211.02.3]) sont suffisantes pour rémunérer
équitablement l'avocat de l'appelant. Par ailleurs, la liste des débours produite n'étant
pas compréhensible, on allouera un défraiement forfaitaire de 100 fr. à titre de remboursement
des débours (cf. art. 3 al. 3 RAJ). En définitive, l'indemnité d'office sera arrêtée
à 2'052 fr.,  TVA et débours compris.

 

             
Le bénéficiaire de l'assistance judiciaire est, dans la mesure de l'art. 123 CPC, tenu
au remboursement de l'indemnité de son conseil d'office mis à la charge de l'Etat. 

 

             

 

Par
ces motifs,

le
Juge délégué de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

prononce
:

 

             
I.             
L'appel est admis.

 

             
II.             
L'ordonnance est annulée.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 600 fr. (six cents francs),
sont mis à la charge de l'intimée.

 

             
IV.             
L'indemnité d'office de Me André Fidanza, conseil d'office de l'appelant B.F.________, est
arrêtée à 2'052 fr. (deux mille cinquante-deux francs), TVA et débours compris.

 

             
V.             
Le bénéficiaire de l'assistance judiciaire est, dans la mesure de l'art. 123 CPC, tenu
au remboursement de l'indemnité de son conseil d'office mis à la charge de l'Etat. 

 

             
VI.             
A.F.________ versera à B.F.________ la somme
de 2'500 fr. (deux mille cinq cents francs) à titre de dépens de deuxième instance.

 

             
VII.             
L'arrêt est exécutoire.

             

 

Le
juge délégué :              
La greffière :

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié en expédition complète, par l'envoi de photocopies à :

 

‑             
Me André Fidanza, avocat (pour l'appelant B.F.________),

‑             
Me Sébastien Pedroli, avocat (pour l'intimée A.F.________).

 

             
Le Juge délégué de la Cour d'appel civile considère que la valeur litigieuse est
supérieure à 30'000 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de La Broye et du Nord vaudois.

 

             
La greffière :