# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 91ce2523-98fd-51ad-acbe-f0ef395a1462
**Source:** Neuchâtel (NE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-03-09
**Language:** fr
**Title:** Neuchâtel Tribunal Cantonal Autorité de recours en matière pénale 09.03.2015 ARMP.2014.118 (INT.2015.154)
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/NE_Omni/NE_TC_008_ARMP-2014-118_2015-03-09.html

## Full Text

Arrêt du Tribunal Fédéral

  Arrêt du 07.08.2015
  [6B_352/2015]

  

 

 

 

 

 

A.                          
Le 2 août 2013, vers 17h10, un incendie s'est déclaré dans le
bâtiment situé […] à G. Il s'agit d'une construction d'environ 100 mètres de
long sur 30 mètres de large, principalement composée d'un sous-sol dont les
murs et les dalles sont en béton et d’un rez-de-chaussée dont la partie
centrale est subdivisée en box individuels accessibles par un couloir commun,
avec charpente et couverture métallique, cloisonnée par des séparations en bois
aggloméré. Les flammes initiales se sont propagées à l’ensemble du bâtiment et
le rez-de-chaussée a été complètement détruit. Selon le rapport de constat
d’incendie du 27 janvier 2014, le départ du feu se situe au box 203 loué par A.
et B., où le premier nommé et X. réparaient une moto. Ils avaient vidé le
réservoir d’essence de celle-ci après quoi, alors que ce réservoir était encore
monté sur la moto, ils ont pompé le carburant dans une bassine, puis l’ont
transvasé dans un bidon. Ils ont ensuite retiré le réservoir de la moto et
l’ont posé sur un établi afin d’en ôter la pompe d’injection, qui était
défectueuse. Durant ce processus, les prénommés ont constaté de l’essence
résiduelle, qui avait coulé du réservoir sur un chiffon et dans une bassine,
tous deux posés sur l’établi. Ils ont tenté, en vain, à l’aide du dispositif de
pompage, de finir de vider le réservoir et ont ensuite rapidement retiré la
pompe d’injection. Après s’être retournés, dos à l’établi, pour déposer le
réservoir au sol, ils ont constaté, en faisant de nouveau face à l’établi, des
flammes, à l’endroit où se trouvaient le chiffon, la bassine et le dispositif
de pompage. Le rapport précité considère comme plausible qu’une étincelle se
soit produite au moment où le bouton de l’interrupteur du dispositif de pompage
artisanal a été relâché par A., alors qu’il se tournait pour vérifier l’état du
réservoir posé à même le sol. Cette étincelle aurait alors permis
l’inflammation de vapeurs d’essence, mélangées à de l’air. Lors de son audition
par la police en qualité de personne appelée à donner des renseignements du 2
août 2013, X. a déclaré s’être brûlé au bras gauche et à la nuque, à
« cause de quelque chose qui tombait du plafond » alors qu’il sortait
du box la moto Harley Davidson de B.

B.                          
A l’issue de l’instruction, le ministère public a rendu, le 9
juillet 2014, une ordonnance pénale condamnant A. et X. à vingt jours-amende et
à une amende de 1'000 francs ainsi que, solidairement, aux frais de la cause
arrêtés à 6'500 francs et à des indemnités en faveur de chacun des plaignants
intervenus dans la procédure pénale. Le ministère public a renoncé à statuer
sur les conclusions civiles et il a renvoyé les plaignants à agir par la voie
civile. Le ministère public a retenu que les prévenus s’étaient rendus
coupables de contravention à l’article 50 al. 2 du règlement d’application de
la loi sur la police du feu (RALPE) et à l’article 37 de la loi sur la
prévention et la défense contre les incendies et les éléments naturels, ainsi
que les secours (LPDIENS), pour avoir procédé à la manutention de liquides
inflammables dans un local non équipé d’une ventilation permettant le
renouvellement de l’air, ainsi que d’incendie par négligence (art. 222 ch. 1 et
2 CP), pour avoir causé l’incendie du hangar, portant préjudice à autrui,
faisant naître un danger collectif et mettant en danger la vie et/ou
l’intégrité de toutes les personnes qui se trouvaient dans le hangar et/ou à
proximité, tant en raison du feu que des risques d’explosion des matières
entreposées, agissant par négligence en manipulant de l’essence à proximité de
dispositifs électriques susceptibles de provoquer des étincelles et d’objets
tels que des pompes susceptibles d’enflammer l’essence ou les vapeurs
d’essence. Les prévenus ayant fait opposition à cette ordonnance pénale, ils
ont été renvoyés devant le Tribunal de police du Littoral et du Val-de-Travers.
Suite à deux reports d'audience, la cause n'est pas jugée à ce jour.

C.                          
Le 26 septembre 2014, X. a adressé au ministère public une plainte
et dénonciation pénale à l’encontre de C., propriétaire de l’entrepôt incendié,
en alléguant que le prénommé n’avait pas pris les mesures de sécurité adéquates
de protection contre l’incendie, ce qui constituait une infraction à la
LPDIENS. Il se référait à un échange de courriels du printemps 2010 entre
l’établissement cantonal d’assurance et de prévention (ECAP) et la commission
de la police du feu de la commune de G. dont il ressortait que de nombreux
locataires disposaient de produits inflammables non mis en sécurité et que les
box n’étaient séparés que par des panneaux de bois, ainsi qu’à des
irrégularités concernant l’entretien des appareils d’extinction et la garantie
de leur fonctionnement, de même que le stockage des produits inflammables,
relevés par cette commission suite à une visite de mars 2012. Le plaignant
faisait valoir qu’il avait été victime de lésions corporelles graves par
négligence puisque sérieusement brûlé au bras gauche avec des séquelles –
notamment esthétiques – irréversibles, suite à l’effondrement d’éléments du
plafond qui s’était enflammé en quelques minutes. Le 9 octobre 2014, la
procureure en charge du dossier a informé le mandataire du plaignant qu’elle
envisageait de rendre une ordonnance de non-entrée en matière, tout en lui
impartissant un délai au 30 octobre 2014 pour d’éventuelles observations ou
compléments, ainsi que pour la production d’un certificat médical démontrant
que les lésions subies par son client étaient d’une autre nature que celles se
poursuivant uniquement sur plainte. Par réponse du 24 octobre 2014, le conseil
du plaignant lui a fait parvenir une attestation du 14 octobre 2014 du
Département de chirurgie d'Hôpital neuchâtelois. Concernant les infractions à
la LPDIENS, il faisait valoir qu’il résultait du dossier de la commune de G.
que le propriétaire de l’entrepôt n’avait pas pris les mesures utiles pour
corriger les défauts affectant celui-ci, plus particulièrement en ce qui
concernait le danger d’incendie.

D.                          
Le 4 novembre 2014, le ministère public a rendu une ordonnance de
non-entrée en matière en ce qui concerne la contravention à la LPDIENS et à son
règlement d’application, en laissant les frais à la charge de l’Etat, sans
allocation d’une indemnité au sens de l’article 429 CPP,
le « prévenu » n’ayant pas dû procéder. Il a retenu que le
plaignant ne démontrait pas de manière précise quelles dispositions légales
auraient été violées et a relevé que le feu qui avait « pris dans le local
occupé par A. et X. a[vait] immédiatement pris une grande ampleur, des liquides
inflammables l’ayant nourri de suite ». En outre, il ressortait du dossier de
la commune de G., des informations fournies par la gérance du bâtiment et des
déclarations de A. et X. concernant les extincteurs que le propriétaire s’était
« plié aux injonctions des autorités qui, mieux que lui, connaissaient la
situation et les risques ». Après que des spécialistes s’étaient penchés sur la
problématique de la prévention contre les incendies, personne n’avait jugé bon
d’exiger du propriétaire d’autres travaux que ceux demandés par la commission
de la police du feu par lettre du 10 avril 2012, lesquels avaient été
accomplis. Il n’avait ainsi jamais été demandé à C. de doter tous les
compartiments du hangar de parois anti-feu, ce qui aurait peut-être permis
d’éviter ou de ralentir la propagation de l’incendie. Dans l’hypothèse où tant
la commune de G. que l’ECAP n’auraient pas émis d’exigences suffisantes, on
devrait en tout cas constater qu’aucune faute pénale ne pouvait être reprochée
au propriétaire qui se serait trouvé dans l’erreur par la faute d’un tiers bien
plus qualifié que lui pour juger des dangers que pouvait présenter son
immeuble.

E.                          
Le 4 novembre 2014 également, le ministère public a rendu une
deuxième ordonnance de non-entrée en matière en ce qui concerne les lésions
corporelles par négligence. Il a retenu que, la plainte intervenant plus de
trois mois après la survenance des lésions invoquées, « il ne saurait être
entré en matière pour cause de prescription au sens de l’article 31 CPS », le
certificat médical fourni par le plaignant ne démontrant que des brûlures au
deuxième degré au niveau du cou, du bras et de la main gauches, dont il est
notoire qu’elles ne laissent habituellement pas de traces. Si tel ne devait pas
être le cas en l’espèce, des lésions corporelles graves ne pourraient pas être
retenues vu l’emplacement des brûlures qui n’étaient pas susceptibles de
défigurer le plaignant de manière grave et permanente. Par surabondance de
moyens, le ministère public a constaté que les lésions subies étaient dues au
comportement du plaignant qui, nonobstant l’ampleur des flammes, avait préféré
sauver du matériel plutôt que se mettre à l’abri.

F.                           
X. interjette recours contre ces deux ordonnances de non-entrée en
matière. En ce qui concerne la première, il fait valoir que le propriétaire a,
à tout le moins, violé l’article 25 LPDIENS selon lequel « chacun est tenu
de prendre les mesures élémentaires en vue de prévenir tout risque d’incendie,
d’explosion et tous ceux dus aux éléments naturels » puisque divers
manquements ont été constatés en l’espèce : location de box pour des
activités dangereuses alors qu’ils ne s’y prêtaient pas ; multiples
violations des normes anti-incendie ; extincteur de la partie commune ne
fonctionnant pas le jour de l’incendie ; prévisibilité avérée du risque
potentiel du bâtiment ; embrasement à une vitesse éclair du bâtiment en
raison des manquements précités, engendrant un dommage sans aucun rapport avec
l’éventuelle faute initiale (contestée en l’état) du recourant. Celui-ci relève
que les articles 65, 66 et 83 du règlement d’application de la loi précitée,
relatifs respectivement à l’entreposage de matériaux combustibles et de
liquides inflammables ou explosibles et aux dispositifs d’extinction, ont
également été transgressés par le propriétaire du bâtiment. Concernant la
seconde ordonnance de non-entrée en matière, le recourant allègue qu’il a bien
été victime de lésions corporelles graves puisque les brûlures subies ont
entraîné des séquelles – notamment esthétiques – irréversibles, situées à des
endroits, en règle générale, non couverts par les vêtements.  Il soutient en
outre que le propriétaire de l’immeuble a failli à son devoir de prudence au vu
des divers manquements énumérés ci-dessus. Enfin, il souligne que, si une faute
concomitante pouvait lui être imputée pour avoir tenté de sauver du matériel,
cette circonstance n’apparaitrait pas si extraordinaire qu’elle interrompe le
lien de causalité adéquate.

G.                          
Le ministère public ne formule pas d’observations. 

H.                          
Dans les siennes, l’intimé conclut à ce que les recours soient
déclarés mal fondés, pour autant que recevables, sous suite de frais et dépens.

I.                            
Le 29 décembre 2014, le juge instructeur a ordonné la jonction des
deux recours vu la connexité des faits concernés. Il a en outre fait prendre
des photocopies des pièces essentielles du dossier MP.2013.3847 relatif aux
prévenus A. et X., complétées selon réquisition de l’intimé du 14 janvier 2015.
Pour sa part, le ministère public a suggéré d’attendre les actes d’instruction
prévus à l’audience du 26 février 2015 – ultérieurement reportée – pour se
déterminer sur la question de savoir si d’autres éléments de ce dossier
seraient utiles à l’instruction de la cause des recours de X. contre les
ordonnances de non-entrée en matière.

C O N S I D E R A N T

en droit

1.                           
Les deux recours sont intervenus dans le délai utile de dix
jours dès notification des décisions attaquées. Il convient de les examiner
sans plus attendre, vu les motifs qui suivent, tout en relevant que la
suggestion du ministère public peut sembler curieuse, dès lors qu'il n'a pas
lui-même attendu le jugement de l'actuel recourant pour statuer.

2.                           
En ce qui concerne les lésions corporelles par négligence, X.
n'aurait ni qualité de plaignant, ni qualité pour recourir contre l'ordonnance
de non-entrée en matière si celles-ci ne pouvaient être qualifiées de graves,
comme l'a retenu le ministère public. En
effet, la plainte pénale n'a été déposée que le 26 septembre 2014, soit bien
après l'échéance du délai de trois mois prévu par l'article 31 CP depuis la survenance des faits et de
leur auteur présumé.

                        La
notion de lésion grave de l'article 125 al. 2 CP
doit être interprétée de manière identique à celle de l'article 122 (Favre/Pellet/Stoudmann,
Code pénal annoté, 2007/2011, n.2.1 ad art. 125 et les références citées). Les
lésions corporelles graves au sens de cette disposition constituent une notion juridique
indéterminée, fondée essentiellement sur des éléments objectifs, le sentiment
subjectif de la victime n'étant pas déterminant (Favre/Pellet/Stoudmann,
opus cité, n.1.1 ad art. 122 et les références citées). Selon l'article 122 CP,
il y a lésions graves si la blessure causée crée un danger immédiat de mort, si
l'auteur mutile le corps d'une personne, un de ses membres ou organe important,
s'il cause une incapacité de travail, une infirmité ou une maladie mentale permanentes,
si une personne est défigurée d'une manière grave et permanente. La liste
prévue par la loi n'est pas exhaustive et on peut y ajouter d'autres situations
comparables, notamment le fait de causer plusieurs mois d'hospitalisation, de
longues et graves souffrances ou de nombreux mois d'incapacité de travail. Il
faut procéder à une appréciation globale et plusieurs atteintes, dont chacune
d'elles est insuffisante en soi, peuvent contribuer à former un tout
représentant une lésion grave (Corboz, Les infractions en droit suisse,
2010, n.9 ss). La notion de personne défigurée se réfère à un préjudice
esthétique, mais qui doit être important et durable. Une lésion au visage
importante, mais non permanente ne suffit pas ; en revanche une lésion, même
médicalement guérie, qui laisse subsister une cicatrice durable qui gênera
objectivement la victime dans l'expression de son visage constitue une lésion
grave (Corboz, opus cité, n.11 ad art. 122 et la référence
jurisprudentielle citée). Selon certains auteurs, bien que la loi parle de
défigurer, cette hypothèse serait aussi applicable à une autre partie du corps
humain dont l'importance esthétique est certaine (Corboz, opus cité, n.
11 ad art. 122 ; Schubarth, Band I, n. 22 ad art. 122). En revanche,
d'autres auteurs estiment qu'une telle interprétation n'est guère compatible
avec le principe de la légalité, mais que de telles lésions pourraient être
englobées dans la formule générale prévue par le troisième alinéa de l'article
122 CP (« toute autre atteinte grave »), dans la mesure où elles sont
d’une gravité équivalente à celles citées aux alinéas 1 et 2 (Hurtado Pozo,
Droit pénal, Partie spéciale, 2009, n. 534, p.161 ; Trechsel, Praxis
Kommentar, 2008, n. 8 ad art. 122 ; Roth/Berkemeier, Basler Kommentar,
2007, n.18 ad art. 122).

                        En
l’espèce, il n’est pas aisé de déterminer sur la base des maigres éléments du
dossier si X. a été victime de lésions corporelles graves ou simples.
L’attestation du 14 octobre 2014 du Département de chirurgie d’Hôpital
neuchâtelois indique que l’intéressé a été suivi en policlinique du 2 août au 9
septembre 2013, « pour une brûlure 2e degré au niveau du bras,
main gauche et cou ». Lors de son audition par le ministère public du 27
mars 2014, le prénommé a parlé d’une brûlure au deuxième degré profond, tant à
la nuque qu’au bras gauche (R.32, p.6). La photographie produite révèle les
traces d’une brûlure au bras assez étendue et inesthétique, la cicatrice étant
par endroits boursouflée. On ignore toutefois quand ce cliché a été réalisé et
s’il témoigne d’une situation définitivement acquise ou encore susceptible
d’évoluer. La Cour de céans est d’avis qu’une telle atteinte esthétique, située
sur le bras, n’est pas à elle seule d’une gravité suffisante pour être
considérée comme constitutive de lésions corporelles graves, soit une atteinte
comparable à une mutilation ou une infirmité. X. ne prétendant pas qu’il aurait
par ailleurs subi une hospitalisation ou une incapacité de travail très durable,
la qualité de plaignant et, par conséquent, la qualité pour recourir contre
l’ordonnance de non-entrée en matière doit lui être déniée en ce qui concerne
les lésions corporelles subies.

3.                           
Quant aux infractions à la LPDIENS et à son
règlement d’application imputées au propriétaire de l’immeuble, il ressort de
l’article premier de la loi précitée que celle-ci a notamment pour but 
« de prévenir les risques liés aux bâtiments et de protéger les personnes,
les animaux, les biens et l’environnement contre les incendies, les explosions
et les éléments naturels ». Il s’agit donc d’une loi destinée à protéger
en premier lieu l’intérêt collectif, les particuliers ne pouvant être
considérés comme lésés que si leurs intérêts privés ont été effectivement touchés
par les actes en cause, de sorte que leur dommage apparaît comme la conséquence
directe de l’acte dénoncé. Lorsque les faits ne sont pas définitivement
arrêtés, il faut se fonder sur les allégués de celui qui se prétend lésé pour
déterminer si tel est le cas. En particulier, on peut attendre d’un intervenant
qu’il fournisse spontanément, s’ils n’apparaissent pas d’emblée évidents, les
éléments de fait propres à établir son intérêt à participer à la procédure,
avec les moyens de preuve dont il dispose. Il doit donc rendre vraisemblable le
préjudice subi et démontrer le lien de causalité entre son dommage et
l’infraction poursuivie (ARMP
2013.107, cons. 2 et les références citées). En l’occurrence, le recourant
soutient que le propriétaire de l’immeuble a contrevenu à l’article 25 LPDIENS qui impose à
chacun de prendre les mesures élémentaires en vue de prévenir tout risque
d’incendie, en louant des box pour des activités dangereuses alors que ceux-ci
ne s’y prêtaient absolument pas ; par de multiples violations des normes
anti-incendie ; par le fait que l’extincteur de la partie commune ne
fonctionnait pas le jour de l’incendie ; en raison du risque potentiel
avéré du bâtiment ; au vu de l’embrasement à vitesse éclair de celui-ci.
Quant au premier grief, en ce qui concerne le box 203 où l’incendie s’est déclaré,
il ressort de la demande de location du 23 avril 2013 de A. et B. que ceux-ci
entendaient l’utiliser comme entrepôt et local de bricolage. Le contrat de bail
du 14 mai 2013 stipule quant à lui que le local est destiné uniquement à un
usage commercial (art. 1). Les clauses particulières du bail précisent que les
preneurs prendront dès leur arrivée – tout au plus dans un délai maximum d’un
mois dès l’entrée en jouissance des locaux – toutes les mesures nécessaires
afin que l’exploitation soit conforme aux normes des S.I. pour l’électricité et
aux normes de l’établissement cantonal d’assurance incendie par l’intermédiaire
du service du feu (art. 4). Le local en question n’a donc pas été loué à des
fins d’activité dangereuse et le bailleur a informé les locataires de leurs
obligations relatives à la prévention du risque d’incendie. Le deuxième grief
est formulé de manière si vague et inconsistante qu’on ne saurait rien en
tirer. Quant au non-fonctionnement de l’extincteur de la partie commune, il ne
ressort pas des dépositions de A. et du recourant devant la police, le
ministère public et le tribunal de police. Ceux-ci ont en effet indiqué que
l’usage de cet extincteur avait plutôt attisé le brasier, mais pas qu’il
n’avait pas fonctionné. Le recourant invoque le risque potentiel avéré du
bâtiment en se référant à un échange de courriels des mois d’avril et mai 2010
entre le service de l’énergie et de l’environnement, l’ECAP et la commission de
la police du feu de la commune de G. Toutefois, le premier de ces courriels (du
29 avril 2010, émanant de D. du Sene) concernait essentiellement un autre box
que celui où le sinistre s’est déclaré. Il est vrai que son auteur mettait
aussi en cause les séparations des box par des panneaux en bois, mais celles-ci
n’ont pu jouer aucun rôle causal dans les brûlures subies par le recourant qui
déclare avoir été brûlé par un élément tombé du plafond. Quant à la
qualification de «bombe à retardement » ou « guet-apens en cas de
sinistre » appliquée au bâtiment en question, il s’agit d’une appréciation
et non de constatations précises. Il convient de rappeler à ce sujet que
l’inspection de l’immeuble, projetée selon cet échange de courriels, n’a
finalement eu lieu que le 12 mars 2012 et que, selon la lettre de la gérance du
18 avril 2012, le propriétaire a donné suite aux quelques mesures préconisées
par la commission de la police du feu de la commune de G. dans son courrier du
10 avril 2012. Enfin, on ne discerne pas non plus de lien de causalité entre
l'embrasement rapide du bâtiment et les lésions corporelles subies par le
recourant. Selon les déclarations de A. devant la police et le ministère
public, les flammes sont montées très vite et très haut et le recourant a,
malgré cela, pris le risque de retourner dans le local même où le feu avait
pris pour sauver des motos. Quelles qu'aient été les mesures de sécurité
prises, le recourant devait compter avec la possibilité qu'un élément tombe du
plafond dans un local en feu.

4.                           
Au vu de ce qui précède, le dommage allégué par X. n'apparaît
pas comme la conséquence directe des manquements qu'il dénonce de sorte qu'il
n'a pas qualité pour recourir contre les ordonnances de non-entrée en matière.
Ses recours seront donc déclarés irrecevables.

5.                           
Vu l'issue de la cause, les frais judiciaires seront mis à la
charge du recourant, de même qu'une indemnité de dépens en faveur de l'intimé,
pour les assez brèves observations présentées.

Par ces motifs,

L'AuTORITE DE RECOURS EN MATIERE PENALE

1.    Déclare les
recours irrecevables.

2.    Met les frais
judicaires, arrêtés à 400 francs, à la charge du recourant.

3.    Condamne le
recourant à verser une indemnité de dépens de 250 francs à l'intimé.

4.    Notifie le
présent arrêt à X., par Me E., avocat à Neuchâtel; au Ministère public, Parquet
régional de La Chaux-de-Fonds (MP.2014.4785) et à C., par Me F., avocat à La
Chaux-de-Fonds.

Neuchâtel, le 9 mars
2015

Art. 125
CP/2002

Lésions
corporelles par négligence

 

1 Celui qui, par
négligence, aura fait subir à une personne une atteinte à l'intégrité
corporelle ou à la santé sera, sur plainte, puni d'une peine privative de
liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire1.

2 Si la lésion
est grave le délinquant sera poursuivi d'office.

	
		

 

1 Nouvelle
expression selon le ch. II 1 al. 2 de la LF du 13 déc. 2002, en vigueur depuis
le 1er janv. 2007 (RO 2006 3459; FF 1999 1787). Il a été tenu
compte de cette mod. dans tout le Livre.

Art.
115 CPP

 

1 On entend par lésé toute
personne dont les droits ont été touchés directement par une infraction.

2 Sont toujours considérées comme
des lésés les personnes qui ont qualité pour déposer plainte pénale.