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**Case Identifier:** 0c300534-886f-5850-8166-4e1dc363bc4b
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2018-09-24
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 24.09.2018 D-3835/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-3835-2016_2018-09-24.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour IV 

D-3835/2016 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  2 4  s e p t e m b r e  2 0 1 8  

Composition 
 Gérald Bovier (président du collège),  

William Waeber, Mia Fuchs, juges, 

Alain Romy, greffier. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

Erythrée,   

représenté par Françoise Jacquemettaz,  

Centre Suisses-Immigrés (C.S.I.),  

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile et renvoi ; 

décision du SEM du 18 mai 2016 / N (…). 

 

 

 

D-3835/2016 

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Vu 

la demande d'asile déposée en Suisse par l’intéressé le 14 août 2014, 

les procès-verbaux des auditions des 20 août 2014 (audition sommaire) et 

27 janvier 2016 (audition sur les motifs), 

la décision du 18 mai 2016, par laquelle le SEM a dénié la qualité de 

réfugié au requérant, a rejeté sa demande d'asile, a prononcé son renvoi 

de Suisse et a ordonné l'exécution de cette mesure, 

le recours formé le 20 juin 2016 contre cette décision,  

la décision incidente du 29 juin 2016, par laquelle le juge instructeur du 

Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal), considérant les 

conclusions formulées dans le recours d'emblée vouées à l'échec, a rejeté 

la demande d’exemption du versement d’une avance de frais dont était 

assorti le recours et a imparti au recourant un délai au 14 juillet 2016 pour 

verser un montant de 600 francs à titre d'avance de frais, 

la demande de reconsidération du 7 juillet 2016, 

la décision incidente du 12 juillet 2016, confirmant celle du 29 juin 2016, 

le versement, le 13 juillet 2016, de l'avance de frais requise, 

 

et considérant 

que le Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les 

décisions au sens de l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à 

l'art. 33 LTAF, 

qu'en particulier, les décisions rendues par le SEM en matière d'asile et de 

renvoi peuvent être contestées devant le Tribunal (art. 33 let. d LTAF, 

applicable par renvoi de l'art. 105 LAsi [RS 142.31]), lequel statue alors 

définitivement, sauf demande d'extradition déposée par l'Etat dont le 

requérant cherche à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 LTF), exception non 

réalisée in casu, 

qu’en matière d’asile et sur le principe du renvoi (art. 44 1ère phr. LAsi), le 

Tribunal examine, en vertu de l’art. 106 al. 1 LAsi, les motifs de recours 

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tirés d’une violation du droit fédéral, notamment pour abus ou excès dans 

l’exercice du pouvoir d’appréciation (let. a), et d’un établissement inexact 

ou incomplet de l’état de fait pertinent (let. b), 

qu’en matière d'exécution du renvoi, il examine en sus le grief 

d'inopportunité (art. 112 al. 1 LEtr [RS 142.20] en relation avec l'art. 49 PA ; 

voir aussi ATAF 2014/26, consid. 5.6), 

qu’il applique le droit d’office, sans être lié par les motifs invoqués dans le 

recours (art. 106 al. 1 LAsi et 62 al. 4 PA, par renvoi de l'art. 6 LAsi et de 

l'art. 37 LTAF) ni par l'argumentation juridique développée dans la décision 

entreprise (cf. ATAF 2014/24 consid. 2.2 ; 2009/57 consid.1.2) ; qu’il peut 

ainsi admettre un recours pour un autre motif que ceux invoqués devant lui 

ou le rejeter en adoptant une argumentation différente de celle de l'autorité 

intimée (cf. ATAF 2010/54 consid. 7.1 ; 2007/41 consid. 2 ; MOOR/POLTIER, 

Droit administratif, vol. II, 3ème éd., 2011, p. 820 s.), 

qu’à l'instar du SEM, il s'appuie sur la situation prévalant au moment du 

prononcé de l'arrêt s'agissant de la crainte de persécution future ou de 

motifs d'empêchement à l'exécution du renvoi, que ceux-ci soient d'ordre 

juridique ou pratique (ATAF 2009/29 consid. 5.1 p. 376, ATAF 2008/12 

consid. 5.2 p. 154 s., ATAF 2008/4 consid. 5.4 p. 38 s. ; cf. également arrêt 

du Tribunal D-5124/2010 du 14 juin 2013 consid. 1.4 et jurisp. cit.) ; qu’il 

prend ainsi en considération l'évolution de la situation intervenue depuis le 

dépôt de la demande d'asile, 

que le recourant a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA), 

que, présenté dans la forme et le délai prescrits par la loi (cf. art. 52 al. 1 PA 

et art. 108 al. 1 LAsi), le recours est recevable, 

qu’au cours de ses auditions, l’intéressé a déclaré avoir dû accompagner 

à l’hôpital à B._______ sa mère qui était tombée malade en (…) (ou en 

[…]) ; qu’en (…) (ou en […] ou […]), en raison de ses nombreuses 

absences, il aurait été renvoyé de son école ; que sa mère serait décédée 

en (…) ; que ne disposant plus de laissez-passer, désirant continuer ses 

études et ne voulant pas effectuer son service militaire, il aurait décidé de 

quitter son pays en (…) ; qu’il se serait rendu en C._______, où il aurait 

séjourné durant (…) dans un camp ; qu’il aurait ensuite entrepris de se 

rendre en Suisse,  

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que dans sa décision du 18 mai 2016, le SEM a considéré que les 

déclarations de l'intéressé ne satisfaisaient pas aux exigences posées par 

les art. 3 et 7 LAsi ; qu’après avoir mis en exergue les propos divergents 

de ce dernier au sujet de sa date de naissance, il a relevé le caractère 

contradictoire et invraisemblable de ses déclarations relatives tant à son 

départ d’Erythrée qu’aux raisons l’ayant incité à partir ; qu’il a en outre 

considéré que la forte probabilité qu’il soit à l’avenir astreint à des 

obligations militaires n’était pas suffisante pour admettre l’existence d’une 

crainte fondée de persécution future ; qu'il a par ailleurs estimé l'exécution 

de son renvoi comme licite, possible et raisonnablement exigible, 

que dans son recours, l'intéressé a pour l'essentiel soutenu que ses 

déclarations correspondaient à la réalité et a affirmé qu'il encourrait de 

sérieux préjudices en cas de renvoi dans son pays, en raison 

principalement des risques, d’une part, d’être recruté pour le service 

militaire et, d’autre part, d’être arrêté du fait de son départ illégal du pays ; 

qu'il a conclu à l'annulation de la décision attaquée, à la reconnaissance 

de la qualité de réfugié et à l’octroi de l’asile, subsidiairement à son 

admission provisoire, 

que sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans 

le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 

ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion, de 

leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou de 

leurs opinions politiques (art. 3 al. 1 LAsi ; cf. également ATAF 2007/31 

consid. 5.2‒5.6), 

que sont notamment considérées comme de sérieux préjudices la mise en 

danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou de la liberté, de même que les 

mesures qui entraînent une pression psychique insupportable 

(art. 3 al. 2 LAsi), 

que celui qui invoque une crainte face à des persécutions à venir est 

reconnu comme réfugié au sens de l'art. 3 LAsi s'il a de bonnes raisons, 

c'est-à-dire des raisons objectivement reconnaissables par un tiers 

(élément objectif) de craindre (élément subjectif) d'avoir à subir selon toute 

vraisemblance et dans un avenir prochain une persécution, 

que sur le plan subjectif, il doit être tenu compte des antécédents de 

l'intéressé, notamment de l'existence de persécutions antérieures, et de 

son appartenance à un groupe ethnique, religieux, social ou politique 

l'exposant plus particulièrement à de tels préjudices, 

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que, sur le plan objectif, cette crainte doit être fondée sur des indices 

concrets qui peuvent laisser présager l'avènement, dans un avenir peu 

éloigné et selon une haute probabilité, de persécutions déterminantes 

selon l'art. 3 LAsi,  

qu'il ne suffit pas, dans cette optique, de se référer à des menaces 

hypothétiques, qui pourraient se produire dans un avenir plus ou moins 

lointain (ATAF 2011/50 consid. 3.1.1 p. 996 s. et réf. cit., ATAF 2010/57 

consid. 2.5 p. 827, ATAF 2008/12 consid. 5.1 p. 154), 

que quiconque demande l'asile doit prouver ou du moins rendre 

vraisemblable qu'il est un réfugié (art. 7 al. 1 LAsi), 

que ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur des 

points essentiels, ne sont pas suffisamment fondées, qui sont 

contradictoires, qui ne correspondent pas aux faits ou qui reposent de 

manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés 

(art. 7 al. 3 LAsi), 

qu'en l'espèce, le recourant n'a pas démontré que les exigences légales 

pour la reconnaissance de la qualité de réfugié et l’octroi de l’asile étaient 

remplies, 

que ses déclarations se limitent à de simples affirmations, qu'aucun 

élément concret ni moyen de preuve fiable et déterminant ne viennent 

étayer, 

qu'elles ne satisfont pas, en outre, aux exigences des art. 3 et 7 LAsi, 

qu'en particulier, comme relevé à bon escient et en détail par le SEM 

(cf. décision attaquée, consid. II.1, p. 3 s., à laquelle il convient de 

renvoyer), le récit de l'intéressé est particulièrement confus, divergent et 

dépourvu de toute cohérence chronologique, en particulier en ce qui 

concerne son âge (cf. procès-verbal de l’audition du 20 août 2014, pt. 1.06, 

p. 3), son parcours scolaire (cf. ibidem, pt. 1.17.04 et 7.01, et procès-verbal 

de l’audition du 27 janvier 2016, Q. 39 ss), la maladie de sa mère 

(cf. procès-verbaux des auditions du 20 août 2014, pt. 7.01, p. 8, et du 

27 janvier 2016, Q. 124 et 159), ou encore son départ du pays (cf. procès-

verbal de l’audition du 27 janvier 2016, Q. 95 ss), de sorte qu'il n'apparaît 

manifestement pas comme le reflet d'un vécu, 

que ses propos relatifs à la carte d’étudiant qu’il aurait emportée avec lui 

en C._______ ont été tout aussi incohérents et contradictoires (cf. décision 

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attaquée, consid. II.1, p. 4 s. ; procès-verbaux des auditions du 20 août 

2014, pt. 7.01, p. 8, et du 27 janvier 2016, Q. 11 à 29, 111 et 156 ss), 

que le Tribunal relèvera encore que l’intéressé avait déclaré, dans un 

premier temps, que les milices avaient commencé à lui poser des 

questions et voulaient l’envoyer au service militaire, malgré son jeune âge 

(cf. procès-verbal de l’audition du 20 août 2014, pt. 7.01 et 7.02), 

que lors de sa seconde audition, il n’a fait allusion ni aux milices ni au risque 

d’être envoyé au service militaire, 

qu’il a seulement déclaré avoir été contrôlé une fois dans un marché par 

des soldats, alors qu’il n’avait pas de laissez-passer (cf. procès-verbal de 

l’audition du 27 janvier 2016, Q. 137 ss), 

que selon une première version, sa tante, qui se serait trouvée sur place, 

aurait discuté avec les soldats, qui l’auraient laisser partir (Q. 138), 

que selon une seconde version, les militaires l’auraient arrêté et emmené 

avec eux ; que sa tante serait venue le soir et aurait obtenu sa libération, 

peut-être en versant de l’argent (Q. 140 et 142), 

qu’il ne ressort pas de ses déclarations que les militaires l’auraient menacé 

à cette occasion de l’envoyer au service militaire ; qu’il a au contraire 

déclaré ne pas avoir été convoqué (Q. 143), 

que le recours ne contient pas d’arguments nouveaux et déterminants de 

nature à remettre en cause le bien-fondé de la décision attaquée quant à 

l'invraisemblance des déclarations de l'intéressé,  

que les explications du recourant ne sont pas convaincantes et n'enlèvent 

rien au caractère invraisemblable de ses déclarations ; qu'elles ne 

constituent qu'une vaine tentative de concilier entre elles des déclarations 

clairement incohérentes, voire divergentes, 

que l’intéressé a d’ailleurs clairement laissé entendre avoir quitté son pays 

afin de poursuivre ses études et d’avoir un meilleur avenir que son frère et 

son père (cf. procès-verbaux des auditions du 20 août 2014, pt. 7.01, p. 9, 

et du 27 janvier 2016, Q. 123), 

qu’il y a lieu de rappeler que la définition du réfugié telle qu'exprimée à 

l'art. 3 al. 1 LAsi est exhaustive et exclut tous les autres motifs susceptibles 

de conduire un étranger à abandonner son pays d'origine ou de dernière 

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résidence, comme par exemple l'absence de toute perspective d'avenir ou 

les difficultés consécutives à une crise socio-économique (cf. notamment 

arrêts du Tribunal E-4089/2017 du 13 septembre 2017 p. 6 et jurisp. cit. et 

D-3762/2012 du 25 octobre 2012 p. 5 s.), 

que l’intéressé n’ayant jamais été convoqué pour le service militaire 

(cf. procès-verbal de l’audition du 27 janvier 2016, Q. 143), il ne saurait être 

considéré, en l’état, comme un réfractaire ou un déserteur ; qu’il ne peut 

dès lors se prévaloir d’aucune crainte fondée de persécution pour ce motif, 

en cas de retour dans son pays d’origine, 

que pour ce qui a trait à sa crainte d’être pris dans une rafle et forcé 

d’effectuer le service militaire (cf. mémoire de recours, p. 3), il n’est pas 

exclu qu’en raison de son âge il soit appelé à servir après son retour au 

pays, 

que le seul risque de devoir à l’avenir effectuer le service national en 

Erythrée ne constitue toutefois pas un préjudice déterminant au regard de 

l’art. 3 LAsi, dès lors qu’il ne repose pas sur un des motifs de persécution 

exhaustivement énumérés par cette disposition (cf. arrêt D-7898/2015 du 

30 janvier 2017 consid. 5.1 [publié comme arrêt de référence]), 

que la question de savoir si un enrôlement éventuel au service national 

après son retour en Erythrée constituerait un traitement prohibé par les 

art. 3 et 4 CEDH (RS. 0.101) ou encore par l’art. 3 de la Convention du 

10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, 

inhumains ou dégradants (Conv. Torture, RS 0.105) relève de l’examen 

relatif à l’illicéité, respectivement à l’inexigibilité de l’exécution du renvoi 

(cf. ibidem) et n’a donc pas à être examinée à ce stade, 

qu'au vu de ce qui précède, le recours, en tant qu'il conteste le refus de 

l'asile, doit être rejeté,  

que se pose encore la question de savoir si l'intéressé peut se voir 

reconnaître la qualité de réfugié, à l'exclusion de l'asile, pour des motifs 

subjectifs survenus après la fuite (cf. art. 54 LAsi), en raison du départ 

illégal de son pays (Republikflucht), tel qu’allégué, 

que, comme relevé ci-dessus, le récit de sa fuite est également incohérent 

et confus ; que l’on imagine mal, par ailleurs, que les soldats qu’il aurait 

rencontrés en zone frontalière n’aient pas contrôlé ses papiers (cf. ibidem, 

Q. 103 ss), 

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que cette question peut toutefois rester indécise, 

que selon l’arrêt de référence du Tribunal D-7898/2015 précité, une sortie 

illégale d’Erythrée — même lorsqu’elle est rendue vraisemblable — ne 

suffit de toute façon plus, en soi, pour justifier la reconnaissance de la 

qualité de réfugié (cf. consid. 5.1), 

qu’un risque majeur de sanction en cas de retour ne peut être désormais 

admis qu’en présence de facteurs supplémentaires à la sortie illégale qui 

font apparaître le requérant d’asile comme une personne indésirable aux 

yeux des autorités érythréennes, 

que de tels facteurs font en l’espèce défaut, dès lors que le recourant n’a 

pas rendu crédible avoir quitté son pays pour les raisons invoquées, qu’il 

n’a jamais allégué avoir exercé des activités politiques ou rencontré 

d’autres problèmes avec les autorités de son pays (cf. procès-verbal de 

l’audition du 27 janvier 2016, Q. 136), et qu’il ne peut être considéré 

comme un déserteur ou un réfractaire (cf. supra), 

que, dans ces conditions, le recours doit également être rejeté sous l'angle 

de la reconnaissance de la qualité de réfugié, pour des motifs subjectifs 

postérieurs à la fuite,  

que lorsqu'il rejette la demande d'asile ou qu'il refuse d'entrer en matière à 

ce sujet, le SEM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en 

ordonne l'exécution (art. 44 LAsi), 

qu'aucune des conditions de l'art. 32 de l'ordonnance 1 du 11 août 1999 

sur l'asile relative à la procédure (OA 1, RS 142.311) n'étant réalisée, en 

l'absence notamment d'un droit du recourant à une autorisation de séjour 

ou d'établissement, l'autorité de céans est tenue de confirmer le renvoi, 

que l'exécution du renvoi ne contrevient pas au principe de non-

refoulement de l'art. 5 LAsi, le recourant n'ayant pas rendu vraisemblable 

qu’il serait exposé à de sérieux préjudices au sens de l’art. 3 LAsi en cas 

de retour dans son pays, 

que, pour les mêmes raisons, il n'a pas non plus rendu crédible qu’il 

existerait pour lui un véritable risque concret et sérieux d'être victime, en 

cas de retour dans son pays d'origine, de traitements inhumains ou 

dégradants (cf. art. 3 CEDH et art. 3 Conv. torture), 

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qu’ayant quitté l’Erythrée avant d’avoir atteint l’âge de servir et sans avoir 

été convoqué au service national, le recourant, qui est entre-temps devenu 

majeur, peut certes s’attendre à être recruté lors de son retour au pays 

(cf. arrêt D-2311/2016 du 17 août 2017 consid. 13.2 [publié comme arrêt 

de référence]), 

qu’un enrôlement éventuel au service national après son retour en Erythrée 

ne serait toutefois pas constitutif d’un esclavage ou d’une servitude au sens 

de l’art. 4 par. 1 CEDH ni d’une violation crasse de l’interdiction du travail 

forcé au sens de l’art. 4 par. 2 CEDH ; qu’il ne constituerait pas non plus 

un traitement prohibé par l’art. 3 CEDH (cf. arrêt de principe du Tribunal 

E-5022/2017 du 10 juillet 2018 consid. 6.1 [prévu à la publication]), 

qu’en outre, il est hautement probable que l’intéressé puisse, le cas 

échéant, obtenir des autorités érythréennes compétentes une libération de 

son obligation de servir, à tout le moins temporairement ; qu’en effet, ayant, 

selon ses allégations, quitté son pays en (…), il se trouve à l’étranger 

depuis plus de trois ans ; qu’ainsi, il y a lieu d’admettre qu’il remplit 

désormais les conditions lui permettant, en cas de régularisation de sa 

situation auprès des autorités érythréennes, d’obtenir le statut de membre 

de la diaspora et d’être de ce fait libéré de ses obligations militaires 

(cf. dans ce sens arrêt de référence D-2311/2016 précité, consid. 13.4), 

que l'exécution du renvoi s'avère donc licite (cf. art. 83 al. 3 LEtr ; JICRA 

1996 no 18 consid. 14b/ee p. 186 s. et jurisp. cit.), 

que l'Erythrée ne connaît pas une situation de guerre, de guerre civile ou 

de violence généralisée sur l'ensemble de son territoire qui permettrait 

d'emblée — et indépendamment des circonstances du cas d'espèce — de 

présumer, à propos de tous les requérants provenant de cet Etat, 

l'existence d'une mise en danger concrète au sens de l'art. 83 al. 4 LEtr 

(cf. arrêt de principe E-5022/2017 précité consid. 6.2 et arrêt de référence 

D-2311/2016 précité consid. 17), 

qu’en outre, l’exigibilité de l’exécution du renvoi en Erythrée n’est pas 

conditionnée par l’existence de circonstances personnelles 

particulièrement favorables (cf. arrêt de référence D-2311/2016 précité 

consid. 17.2 et 18, modifiant sur cette question la jurisprudence publiée 

sous JICRA 2005 no 12 consid. 10.5 à 10.8), 

qu'il ne ressort par ailleurs pas du dossier que l'intéressé pourrait être mis 

concrètement en danger pour des motifs qui lui seraient propres ; qu'il est 

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jeune, sans charge de famille et apte à travailler et qu'il n'a pas allégué ni 

a fortiori établi souffrir de problèmes de santé particuliers, soit autant de 

facteurs qui devraient lui permettre de se réinstaller sans rencontrer 

d'excessives difficultés, 

que de plus, il dispose d'un réseau familial sur place (cf. procès-verbal de 

l’audition du 20 août 2014, pt. 3.01, p. 6), en particulier son père et sa 

sœur, avec lesquels il a eu des contacts depuis son arrivée en Suisse 

(cf. procès-verbal de l’audition du 27 janvier 2016, Q. 7 et 86 ss), et une 

tante, qui lui serait déjà venue en aide par le passé (cf. ibidem, Q. 134 ss) ; 

qu’il lui sera en outre loisible de solliciter un soutien financier de sa tante 

maternelle, résidant au D._______, qui aurait financé son voyage jusqu’en 

Suisse (cf. ibidem, Q. 118), 

qu'au demeurant, les autorités d'asile peuvent exiger lors de l'exécution du 

renvoi un certain effort de la part de personnes dont l'âge et l'état de santé 

doivent leur permettre, en cas de retour, de surmonter les difficultés 

initiales pour se trouver un logement et un travail qui leur assure un 

minimum vital (cf. notamment ATAF 2010/41 consid. 8.3.5 p. 590), 

que l’obligation d’accomplir le service national ne constitue pas non plus 

un motif d’inexigibilité du renvoi (cf. arrêt de principe E-5022/2017 précité 

consid. 6.2),  

que l'exécution du renvoi s'avère ainsi également raisonnablement exigible 

(cf. art. 83 al. 4 LEtr ; ATAF 2011/50 consid. 8.1‒8.3 et jurisp. cit.), 

qu'elle est enfin possible (cf. art. 83 al. 2 LEtr ; ATAF 2008/34 consid. 12 

p. 513 ss et jurisp. cit.), le recourant étant tenu de collaborer à l’obtention 

des documents de voyage lui permettant de retourner dans son pays 

d'origine (cf. art. 8 al. 4 LAsi), 

que partant, le recours, en tant qu'il porte sur l'exécution du renvoi, doit être 

rejeté et le dispositif de la décision entreprise également confirmé sur ce 

point, 

que, vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la 

charge du recourant, conformément à l'art. 63 al. 1 PA et aux art. 2 et 

3 let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et 

indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2),  

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Page 11 

le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Les frais de procédure, d’un montant de 600 francs, sont mis à la charge 

du recourant. Ils sont entièrement couverts par l'avance de frais de même 

montant versée le 13 juillet 2016. 

3.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, par le biais de sa mandataire, 

au SEM et à l'autorité cantonale. 

 

Le président du collège : Le greffier : 

  

Gérald Bovier Alain Romy 

 

 

Expédition :