# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** d9cb3525-5352-5868-9f8e-e420c1ca24af
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2018-08-06
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 06.08.2018 F-3168/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_F-3168-2015_2018-08-06.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour VI 

F-3168/2015 

 

 
 

  A r r ê t  d u  6  a o û t  2 0 1 8  

Composition 
 Gregor Chatton (président du collège),  

Blaise Vuille, Martin Kayser, juges, 

Alain Renz, greffier. 
 

 
 

Parties 
 A._______,  

représentée par Maître Joëlle Druey, Collectif d'avocat(e)s, 

Rue de Bourg 47-49, Case postale 5927, 1002 Lausanne,  

recourante,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations SEM,  

Quellenweg 6, 3003 Berne,    

autorité inférieure.  

 
 

 
 

Objet 
 Refus d'approbation à l'octroi d'une autorisation de séjour 

(CE/AELE) et renvoi de Suisse. 

 

 

 

F-3168/2015 

Page 2 

Faits : 

A.  

A.a  

A._______, née le (…) 1974, ressortissante espagnole, est entrée en 

Suisse le 25 février 2009 et a déposé, le 22 avril 2009, auprès des autorités 

vaudoises compétentes une demande d’autorisation de séjour. Le 1er mai 

2009, le Service de la population du canton de Vaud (ci-après : SPOP-VD) 

lui a délivré une autorisation de séjour CE/AELE, valable jusqu’au 8 avril 

2014, pour exercer une activité lucrative (femme de ménage, garde d’en-

fants) dans le canton de Vaud. 

A.b Dès le 1er octobre 2010, l’intéressée a été mise au bénéfice de presta-

tions financières du revenu d’insertion (RI) délivrées par le Centre social 

régional de l’Ouest lausannois. 

A.c Le 26 janvier 2011, la prénommée a été victime à Lausanne d’un acci-

dent de la circulation, qui a engendré pour cette dernière une incapacité de 

travail. 

Le 16 mars 2012, l’intéressée a sollicité l’octroi d’une rente d’invalidité (AI) 

auprès de l’Office AI du canton de Vaud, qui, par décision du 9 septembre 

2013, a accordé une rente ordinaire d’un montant mensuel de 213 francs 

avec effet au 1er septembre 2012. L’Office précité a reconnu une incapacité 

totale (100%) de travail du 26 janvier 2011 au 25 septembre 2011, puis une 

incapacité partielle (50%) du 26 septembre 2011 au 19 janvier 2012, puis 

à nouveau une incapacité totale dès le 20 janvier 2012. 

Le 31 octobre 2013, la prénommée a sollicité l’octroi de prestations com-

plémentaires auprès de la caisse cantonale vaudoise de compensation 

AVS, qui, par décision du 24 février 2014, les a accordées à hauteur d’un 

montant mensuel de 2’013 francs à partir du 1er janvier 2014, ce qui a mis 

fin à l’octroi de prestations provenant du RI selon la décision du 23 mai 

2014 du Centre social régional de l’Ouest lausannois. 

A.d Le 5 mars 2014, l’intéressée a sollicité la prolongation de son autori-

sation de séjour auprès des autorités vaudoises compétentes. 

A.e Le 1er octobre 2014, le SPOP-VD a refusé de renouveler l’autorisation 

de séjour pour activité lucrative en faveur d’A._______, mais a cependant 

avisé la prénommée qu’il était favorable à l’octroi en sa faveur d’une auto-

risation de séjour UE/AELE sans activité au sens de l’art. 4 Annexe I ALCP 

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(RS 0.142.112.681) dans le cadre du droit de demeurer. Ledit service a 

motivé sa décision par le fait que l’intéressée s’était vu reconnaître le 1er 

septembre 2013 une rente ordinaire d’invalidité entière. Il a toutefois ex-

pressément attiré l’attention de la prénommée sur le fait que l’autorisation 

de séjour ne serait valable que si l’autorité fédérale en approuvait l’octroi. 

A.f Par courrier du 10 décembre 2014, le SEM a fait savoir à A._______ 

qu’il envisageait de refuser de donner son approbation à la proposition can-

tonale, tout en lui conférant l'occasion de faire part de ses déterminations 

avant le prononcé d'une décision.  

Par courrier du 15 janvier 2015, l’intéressée a fait valoir qu’elle remplissait 

les conditions du droit de demeurer fondé sur l’art. 4 Annexe I ALCP, ainsi 

que sur le chiffre 10.2.2 des directives et commentaires du SEM concer-

nant l’introduction progressive de la libre circulation des personnes (direc-

tives OLCP-06/2018 consultables sur le site : www.sem.admin.ch > Publi-

cations & service > Directives et circulaires > II. Accord sur la libre circula-

tion des personnes > Directives OLCP, consultées au mois de juillet 2018), 

de sorte qu’elle pouvait poursuivre son séjour en Suisse. Elle a aussi rap-

pelé les circonstances dans lesquelles elle avait eu ses problèmes de 

santé (accident de circulation) qui ont entraîné sa première incapacité de 

travail et le fait qu’elle n’avait jamais pu entreprendre une mesure de réa-

daptation proposée par l’AI en raison de la découverte de son cancer à la 

suite d’une opération médicale pratiquée le 22 juin 2012, ce qui avait en-

gendré une nouvelle incapacité totale de travail et l’octroi d’une rente AI 

entière dès le 1er septembre 2012. 

B.  

Par décision du 16 avril 2015, le SEM a refusé d'approuver l’octroi d’une 

autorisation de séjour UE/AELE en faveur d’A._______ et a prononcé son 

renvoi de Suisse. Dans la motivation de sa décision, l’autorité de première 

instance a d’abord retenu que la prénommée ne pouvait pas se prévaloir 

du droit de demeurer au sens de l’ALCP, étant donné qu’elle n’avait pas la 

qualité de travailleuse au moment de son incapacité de travail en janvier 

2011 du fait qu’elle exerçait des activités lucratives réduites, que son re-

venu mensuel moyen était trop peu élevé et qu’elle bénéficiait d’un revenu 

d’insertion pour le compléter. Le SEM a estimé ensuite que l’intéressée ne 

remplissait pas non plus les conditions lui permettant de continuer à sé-

journer en Suisse en qualité de personne n’exerçant pas d’activité écono-

mique au sens de l’art. 24 Annexe I ALCP, faute de disposer de moyens 

d’existence suffisants pour vivre dans ce pays. L’autorité de première ins-

http://www.sem/

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tance a encore relevé que l’intéressée ne pouvait pas davantage revendi-

quer l’octroi d’une autorisation de séjour fondée sur l’art. 20 de l’ordon-

nance sur l’introduction de la libre circulation des personnes du 22 mai 

2002 (OLCP, RS 142.203), cette disposition prévoyant l’octroi d’une auto-

risation de séjour UE/AELE pour des motifs importants et correspondant 

aux art. 30 al. 1 let. b LEtr (RS 142.20) et 31 al. 1 de l’ordonnance relative 

à l’admission, au séjour et à l’exercice d’une activité lucrative du 24 octobre 

2007 (OASA, RS 142.201). Sur ce point, elle a retenu que la prénommée 

séjournait en Suisse depuis le mois de février 2009, qu’elle n’entretenait 

pas avec la Suisse d’attaches étroites, qu’elle avait vécu les années déter-

minantes de son existence en Espagne et que son retour dans ce pays ne 

devait pas rencontrer d’obstacle particulier. Enfin, le SEM a considéré que 

l’exécution du renvoi de l’intéressée dans son pays d’origine était possible, 

licite et raisonnablement exigible. 

C.  

Par acte du 18 mai 2015, A._______ a recouru auprès du Tribunal admi-

nistratif fédéral (ci-après : le Tribunal ou le TAF) contre la décision précitée, 

en concluant principalement à son annulation et à l’approbation de l’auto-

risation de séjour proposée par le canton de Vaud. A l’appui de son pourvoi, 

elle a affirmé en substance qu’elle disposait du droit de demeurer au sens 

de l’art. 4 de l’Annexe I ALCP, dès lors que l’Office AI lui avait reconnu une 

incapacité permanente de travail à la suite de son accident survenu en 

2011, puis de la découverte en 2012 de sa maladie (cancer). Elle a con-

testé l’affirmation du SEM selon laquelle elle ne bénéficiait pas de la qualité 

de « travailleur salarié » au sens de l’ALCP en raison du fait que son re-

venu mensuel aurait été trop modeste. Par ailleurs, elle a estimé qu’une 

autorisation de séjour pourrait également lui être accordée en application 

des art. 20 OLCP et 31 OASA, dès lors qu’elle se trouvait dans une situa-

tion d’extrême rigueur eu égard à sa santé (nécessité de soins importants 

et d’un suivi médical régulier en raison de son cancer) et au fait qu’elle ne 

pourrait pas avoir accès « de manière rapide et efficace aux soins et aux 

traitements » requis en cas de retour en Espagne, notamment en raison 

de sa situation financière précaire. En outre, elle a fait valoir qu’elle s’était 

bien intégrée en Suisse, comme le confirmaient les attestations de ses em-

ployeurs et sa volonté de participer à des activités bénévoles au sein de la 

Ligue vaudoise contre le cancer. Enfin, la recourante a sollicité l’octroi de 

l’assistance judiciaire. 

D.  

En réponse à la requête du Tribunal, la recourante, par courrier du 29 juin 

2015, a complété sa demande d’assistance judiciaire et a produit deux 

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pièces concernant l’évolution de son état de santé. Par décision incidente 

du 8 juillet 2015, le Tribunal a octroyé l’assistance judicaire complète à la 

recourante.  

E.  

Appelée à se prononcer sur le recours, l’autorité inférieure en a proposé le 

rejet par préavis du 24 août 2015. 

Invitée à se déterminer sur le préavis précité, la recourante, par courrier du 

28 octobre 2015, a relevé que le Ministère de l’emploi et de la sécurité 

espagnol avait rendu, le 9 janvier 2015, une « résolution » rejetant la de-

mande de rente d’invalidité qui avait été formulée en son nom par la caisse 

cantonale de compensation suisse compétente au motif que son incapacité 

de travail n’était pas reconnue comme permanente. Elle a précisé qu’elle 

n’avait eu connaissance de cette décision que par l’entremise d’une assis-

tante sociale, qui en avait obtenu la copie au mois de juillet 2015, et que 

les autorités espagnoles s’étaient basées sur un formulaire rédigé par un 

médecin suisse qui ne la suivait pas de manière régulière et qui n’avait pas 

répondu à la question du taux d’invalidité. La recourante a aussi indiqué 

que faute de remboursement dans son pays d’origine de frais résultant de 

son régime alimentaire prescrit pas ses médecins, ainsi que de diverses 

séances de physiothérapie prescrites depuis la fin de sa chimiothérapie, 

son accès aux soins serait fortement restreint en cas de retour en Espagne. 

De plus, elle a fait valoir que son état de santé restait fragile et nécessitait 

encore des hospitalisations d’urgence, comme la dernière remontant au 

mois de mai 2015 en raison d’une bactériémie à streptocoques, de sorte 

qu’un retour dans son pays d’origine serait susceptible de mettre sa vie en 

danger. Enfin, elle a rappelé, au vu des documents déjà produits à l’appui 

de son recours, qu’elle s’était bien intégrée en Suisse et qu’elle avait col-

laboré de façon bénévole avec une fondation et l’Organisation mondiale 

pour la paix (OMPP). 

F.  

Dans le cadre d’un deuxième échange d’écritures ordonné par l’autorité 

d’instruction, le SEM a maintenu sa position par écriture du 2 décembre 

2015. Une copie de cette réponse a été portée à la connaissance de la 

recourante, par ordonnance du 8 décembre 2015. 

Par courrier du 15 février 2016, la recourante a fait parvenir au Tribunal un 

certificat médical daté du 8 février 2016 indiquant qu’elle était toujours en 

traitement de sa maladie cancéreuse, qu’elle souffrait d’une lymphopénie 

séquellaire à la chimiothérapie, ce qui la rendait immunodéficiente, et 

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qu’elle devait suivre régulièrement « des traitements de drainage lympha-

tique par un physiothérapeute » et « consommer de façon continue des 

formulations nutritives spéciales en raison d’un syndrome de malabsorp-

tion ». 

G.  

Dans le cadre d’un troisième échange d’écritures ordonné par l’autorité 

d’instruction, le Tribunal a transmis à la recourante la réponse du SEM du 

29 juin 2017 en lui accordant un délai pour faire parvenir ses remarques. 

Par courrier du 6 septembre 2017, l’intéressée a produit un rapport médical 

du 3 mai 2017 attestant qu’un suivi médical était toujours en cours suite à 

son cancer épidermoïde du col de l’utérus avec métastases ganglionnaires 

pelviennes, traité par une lymphadénectomie pelvienne et une radio-chi-

miothérapie et que, bien que le cancer soit en rémission, elle continuait de 

subir plusieurs effets secondaires clairement liés au traitement reçu en 

2012 (fatigue chronique avec perte de force musculaire dans les membres 

inférieurs et impossibilité de marcher ; douleurs de type pesanteur en fin 

de journée au niveau des deux membres inférieurs ; douleurs abdomino-

pelviennes liées à la stase lymphatique). Elle a aussi joint deux rapports et 

une communication de l’Office AI du canton de Vaud datées des 18 janvier, 

8 et 10 août 2017 constatant que l’état de santé général de la recourante 

l’empêchait de poursuivre un programme de réadaptation, malgré la moti-

vation de cette dernière et que son degré d’invalidité demeurait à 100%, 

de sorte qu’il n’y avait pas de modification de son droit à la rente. Pour le 

reste, l’intéressée a maintenu ses déterminations concernant le droit de 

demeurer, ainsi que la délivrance d’une autorisation de séjour en se fon-

dant sur les art. 20 OLCP et 31 OASA. 

Une copie des observations de l’intéressée du 6 septembre 2017 a été 

portée à la connaissance du SEM par ordonnance du 19 juillet 2018. 

H.  

Les divers autres arguments invoqués de part et d'autre dans le cadre de 

la procédure de recours seront examinés, si nécessaire, dans les considé-

rants en droit ci-après. 

Droit : 

1.  

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 LTAF, le Tribunal, en 

vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de 

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l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. En particu-

lier, les décisions en matière de refus d'approbation à l'octroi d'une autori-

sation de séjour et de renvoi prononcées par le SEM - lequel constitue une 

unité de l'administration fédérale telle que définie à l'art. 33 let. d LTAF - 

sont susceptibles de recours au Tribunal, qui statue comme autorité précé-

dant le Tribunal fédéral (cf. art. 1 al. 2 LTAF en relation avec l'art. 83 let. c 

ch. 2 a contrario LTF). 

1.2 A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant le 

Tribunal est régie par la PA (cf. art. 37 LTAF). 

1.3 A._______ a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA). En outre, pré-

senté dans la forme et les délais prescrits par la loi, le recours est recevable 

(cf. art. 50 et 52 PA). 

2.  

La recourante peut invoquer devant le TAF la violation du droit fédéral, y 

compris l'excès ou l'abus du pouvoir d'appréciation, la constatation 

inexacte ou incomplète des faits pertinents ainsi que l'inopportunité de la 

décision entreprise, sauf lorsqu'une autorité cantonale a statué comme 

autorité de recours (cf. art. 49 PA). L’autorité de recours, qui applique le 

droit d'office, n’est pas liée par les motifs invoqués par les parties (cf. art. 

62 al. 4 PA), ni par les considérants juridiques de la décision attaquée (cf. 

notamment arrêt du Tribunal fédéral [ci-après : TF] 1C_214/2015 du 6 no-

vembre 2015 consid. 2.2.2; ATAF 2009/57 consid. 1.2; voir également 

ANDRÉ MOSER ET AL., Prozessieren vor dem Bundesverwaltungsgericht, 

Handbücher für die Anwaltspraxis, Tome X, 2ème éd. 2013, pp. 226/227 ch. 

3.197). Aussi peut-elle admettre ou rejeter le pourvoi pour d'autres motifs 

que ceux invoqués (cf. notamment ATAF 2007/41 consid. 2, et réf. citées; 

MOSER ET AL., op. cit., p. 24 ch. 1.54). Dans son arrêt, elle prend en consi-

dération l'état de fait régnant au moment où elle statue (cf. ATAF 2014/1 

consid. 2, et jurisprudence citée). 

3.   

3.1 Les autorités chargées de l'exécution de la LEtr s'assistent mutuelle-

ment dans l'accomplissement de leurs tâches (art. 97 al. 1 LEtr). Selon 

l'art. 99 LEtr en relation avec l'art. 40 al. 1 LEtr, le Conseil fédéral détermine 

les cas dans lesquels les autorisations de courte durée, de séjour ou d'éta-

blissement, ainsi que les décisions préalables des autorités cantonales du 

marché du travail sont soumises à l'approbation du SEM. Celui-ci peut re-

fuser son approbation ou limiter la portée de la décision cantonale.  

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3.2 En l'occurrence, le SPOP-VD a soumis sa décision du 1er octobre 2014 

à l'approbation de l’autorité fédérale en conformité avec la législation et la 

jurisprudence (à ce sujet, cf. ATF 141 II 169 consid. 4.3.1, 4.3.2 et 6.1 et 

l’art. 85 al. 3 OASA]). Il s'ensuit que le SEM et, a fortiori, le Tribunal ne sont 

pas liés par la proposition cantonale d’octroyer une autorisation de séjour 

au recourant et peuvent parfaitement s'écarter de l'appréciation faite par 

cette dernière autorité. 

4.  

Dans son mémoire de recours du 18 mai 2015, l’intéressée a invoqué le 

droit de demeurer consacré à l'art. 4 Annexe I ALCP pour prétendre à l'oc-

troi d'une autorisation de séjour en sa faveur. 

4.1 L'étranger n'a en principe aucun droit à la délivrance d'une autorisation 

de séjour, à moins qu'il ne puisse invoquer en sa faveur une disposition 

particulière du droit fédéral ou d'un traité lui conférant un tel droit (cf. ATF 

135 II 1 consid. 1.1, 131 II 339 consid. 1, et jurispr. cit.). 

Aux termes de son art. 2 al. 2, la LEtr n'est applicable aux ressortissants 

des Etats membres de la Communauté européenne (CE), aux membres 

de leur famille et aux travailleurs détachés par un employeur ayant son 

siège ou son domicile dans un de ces Etats que dans la mesure où l'ALCP 

n'en dispose pas autrement ou lorsque ladite loi contient des dispositions 

plus favorables. 

Selon l'art. 4 al. 1 Annexe I ALCP, les ressortissants d'une partie contrac-

tante ont le droit de demeurer sur le territoire d'une autre partie contrac-

tante après la fin de leur activité économique. L'art. 4 al. 2 Annexe I ALCP 

renvoie, conformément à l'art. 16 de l'Accord, au règlement (CEE) 1251/70 

(ci-après: le règlement 1251/70) et à la directive 75/34/CEE, "tels qu'en 

vigueur à la date de la signature de l'Accord".  

L'art. 2 par. 1 let. b du règlement 1251/70, dans sa version au moment de 

la signature de l'Accord, prévoit qu'a le droit de demeurer sur le territoire 

d'un Etat membre le travailleur qui, résidant d'une façon continue sur le 

territoire de cet Etat depuis plus de deux ans, cesse d'y occuper un emploi 

salarié à la suite d'une incapacité permanente de travail. Si cette incapacité 

résulte d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle ouvrant 

droit à une rente entièrement ou partiellement à charge d'une institution de 

cet Etat, aucune condition de durée de résidence n'est requise. L'art. 4 par. 

2 de ce même règlement précise que les périodes de chômage involon-

taire, dûment constatées par le bureau de main-d’œuvre compétent, et les 

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absences pour cause de maladie ou accident sont considérées comme des 

périodes d'emploi au sens de l'art. 2 par. 1. L'art. 22 OLCP dispose enfin 

notamment que les ressortissants de l'UE qui ont le droit de demeurer en 

Suisse selon l'Accord sur la libre circulation des personnes reçoivent une 

autorisation de séjour UE/AELE.  

Selon la Directive du Secrétariat d'Etat aux migrations concernant l'intro-

duction progressive de la libre circulation des personnes, le droit de de-

meurer s'interprète comme le droit du travailleur de maintenir sa résidence 

sur le territoire de l'État d'accueil lorsqu'il cesse d'y exercer une activité. 

Les bénéficiaires du droit de demeurer conservent leurs droits acquis en 

qualité de travailleurs (maintien du droit à l'égalité de traitement avec les 

nationaux) en vertu de l'ALCP et de ses protocoles, bien qu'ils ne bénéfi-

cient plus du statut de travailleurs. Ce droit de séjour est en principe main-

tenu, indépendamment du fait que la personne ait bénéficié ou non d'éven-

tuelles prestations de l'aide sociale, et s'étend aux membres de la famille 

indépendamment de leur nationalité (Directives SEM OLCP, novembre 

2017, ch. 10.3.1). Toutefois, pour pouvoir prétendre à demeurer en Suisse 

sur la base de l'art. 4 Annexe I ALCP en relation avec l'art. 2 par. 1 let. b du 

règlement 1251/70, il est indispensable qu'au moment où survient l'incapa-

cité permanente de travail, le travailleur ait encore effectivement ce statut 

(cf. arrêts du TF 2C_289/2017 du 4 décembre 2017 consid. 4.5.1 et 

2C_1034/2016 du 13 novembre 2017 consid. 2.2 et 4.2). 

4.2 Dans le cas particulier, la recourante séjourne en Suisse de façon con-

tinue depuis le 25 février 2009 et a été mise au bénéfice d’une autorisation 

de séjour CE/AELE à partir du 1er mai 2009 valable jusqu’au 8 avril 2014. 

Par décision du 9 septembre 2013, l'Office AI du canton de Vaud a admis 

l'existence d'une incapacité de travail et de gain totale de l'intéressée du 

26 janvier au 25 septembre 2011, puis une incapacité de travail de 50% du 

26 septembre 2011 au 19 janvier 2012, puis à nouveau une incapacité de 

travail et de gain totale à partir du 20 janvier 2012. Il convient donc d'exa-

miner si l’intéressée, qui remplit la condition du séjour en Suisse de plus 

de deux ans, a cessé toute activité salariée en raison de son incapacité 

permanente de travail au sens de l'art. 2 par. 1 let. b du règlement 1251/70. 

Cette question suppose de se demander si, au 20 janvier 2012 (cf. supra 

consid. 4.3 in fine), la recourante bénéficiait du statut de travailleur salarié 

au sens de l'art. 6 Annexe I ALCP, ce que conteste le SEM dans la décision 

querellée. 

 

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Page 10 

5.   

5.1  L'art. 6 par. 1 Annexe I ALCP prévoit que le travailleur salarié ressor-

tissant d'une partie contractante (ci-après: le travailleur salarié) qui occupe 

un emploi d'une durée égale ou supérieure à un an au service d'un em-

ployeur de l'Etat d'accueil reçoit un titre de séjour d'une durée de cinq ans 

au moins à dater de sa délivrance. Celui-ci est automatiquement prolongé 

pour une durée de cinq ans au moins. Lors du premier renouvellement, sa 

durée de validité peut être limitée, sans pouvoir être inférieure à un an, 

lorsque son détenteur se trouve dans une situation de chômage involon-

taire depuis plus de douze mois consécutifs. Selon l'art. 6 par. 6 Annexe I 

ALCP, le titre de séjour en cours de validité ne peut être retiré au travailleur 

salarié du seul fait qu'il n'occupe plus d'emploi, soit que l'intéressé ait été 

frappé d'une incapacité temporaire de travail résultant d'une maladie ou 

d'un accident, soit qu'il se trouve en situation de chômage involontaire dû-

ment constatée par le bureau de main-d’œuvre compétent. 

5.2 Aux termes de l'art. 16 par. 2 ALCP, dans la mesure où l'application de 

l'Accord implique des notions de droit communautaire, il sera tenu compte 

de la jurisprudence pertinente de la Cour de justice des Communautés eu-

ropéennes (CJCE ; actuellement : la Cour de justice de l'Union euro-

péenne ; ci-après : la CJUE) antérieure à la date de sa signature. La juris-

prudence postérieure à la date de la signature de l'Accord est cependant 

prise en compte par le Tribunal fédéral pour assurer le parallélisme du sys-

tème qui existait au moment de la signature de l'Accord et tenir compte de 

l'évolution de la jurisprudence de l'Union européenne (cf. ATF 136 II 5 con-

sid. 3.4 ; 136 II 65 consid. 3.1 ; arrêts du TF 2C_761/2015 du 21 avril 2016 

consid. 4.2 ; 2C_835/2015 du 3 mars 2016 consid. 3.2 et réf. cit.). 

5.3 L'acception de "travailleur" constitue une telle notion autonome du droit 

communautaire, qui ne dépend donc pas de considérations nationales (ar-

rêts du TF 2C_289/2017 du 4 décembre 2017 consid. 4.2; 2C_1061/2013 

du 14 juillet 2015 consid. 4.2; cf. aussi ATF 140 II 112 consid. 3.2 p. 117 

s.). Il sied par conséquent de vérifier l'interprétation qui en est donnée en 

droit communautaire (cf. ATF 141 II 1 consid. 2.2.3 et réf. cit.). 

5.4 Selon la jurisprudence constante de la CJUE, la notion de travailleur, 

qui délimite le champ d'application du principe de la libre circulation des 

travailleurs, doit être interprétée de façon extensive, tandis que les excep-

tions et dérogations à cette liberté fondamentale doivent, au contraire, faire 

l'objet d'une interprétation stricte. Doit ainsi être considérée comme un "tra-

vailleur" la personne qui accomplit, pendant un certain temps, en faveur 

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F-3168/2015 

Page 11 

d'une autre personne et sous la direction de celle-ci, des prestations en 

contrepartie desquelles elle touche une rémunération (existence d'une 

prestation de travail, d'un lien de subordination et d'une rémunération ; 

cf. ATF 141 II 1 consid. 2.2.3 et réf. cit. ; ASTRID EPINEY / GAËTAN BLASER, 

in : Code annoté du droit des migrations, vol. III, Accord sur la libre circula-

tion des personnes [ALCP], 2014, n° 23 p. 47s et réf. cit. ; CHRISTINE KAD-

DOUS / DIANE GRISEL, La libre circulation des personnes et des services, 

2012, p. 195ss). Cela suppose l'exercice d'activités réelles et effectives, à 

l'exclusion d'activités tellement réduites qu'elles se présentent comme pu-

rement marginales et accessoires (cf. arrêt de la CJCE du 23 mars 1982 

Levin C-53/81, par. 17; ATF 141 II 1 consid. 2.2.4 p. 6 et consid. 3.3.2 p. 9; 

arrêt du TF 2C_289/2017 du 4 décembre 2017 consid. 4.2.1). Ne consti-

tuent pas non plus des activités réelles et effectives celles qui ne relèvent 

pas du marché normal de l'emploi, mais sont destinées à permettre la réé-

ducation ou la réinsertion de personnes diminuées sur le plan physique ou 

psychique. En revanche, ni la nature juridique de la relation de travail en 

cause au regard du droit national (par ex. contrat de travail sui generis), ni 

la productivité plus ou moins élevée du travailleur, ni son taux d'occupation 

(par ex. travail sur appel), ni l'origine des ressources pour le rémunérer 

(privées ou publiques), ni même l'importance de cette rémunération (par 

ex. salaire inférieur au minimum garanti) ne sont, en eux-mêmes et à eux 

seuls, des éléments décisifs pour apprécier la qualité de travailleur au sens 

du droit communautaire (cf. arrêts du TF 2C_289/2017 du 4 décembre 

2017 consid. 4.2.1 et 2C_761/2015 du 21 avril 2016 consid. 4.2.1; KAD-

DOUS / GRISEL, op. cit., p. 198 et ALVARO BORGHI, La libre circulation des 

personnes entre la Suisse et l'UE, Commentaire article par article de l'ac-

cord du 21 juin 1999, 2010, n° 129s p. 65s). 

5.5 Pour apprécier si l'activité exercée est réelle et effective, on peut tenir 

compte de l'éventuel caractère irrégulier des prestations accomplies, de 

leur durée limitée, ou de la faible rémunération qu'elles procurent. La libre 

circulation des travailleurs suppose, en règle générale, que celui qui s'en 

prévaut dispose des moyens d'assurer sa subsistance, surtout dans la 

phase initiale de son installation dans le pays d'accueil, lorsqu'il est à la 

recherche d'un emploi. Ainsi, le fait qu'un travailleur n'effectue qu'un 

nombre très réduit d'heures - dans le cadre, par exemple, d'une relation de 

travail fondée sur un contrat de travail sur appel - ou qu'il ne gagne que de 

faibles revenus, peut être un élément indiquant que l'activité exercée n'est 

que marginale et accessoire (cf. ATF 131 II 339 consid. 3.4 p. 347 et les 

arrêts de la CJCE cités). A cet égard, le Tribunal fédéral a eu l'occasion de 

préciser qu'un travail exercé au taux de 80% pour un salaire mensuel de 

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F-3168/2015 

Page 12 

2'532.65 francs ne représentait pas un emploi à tel point réduit ou une ré-

munération si basse qu'il s'agirait d'une activité purement marginale et ac-

cessoire sortant du champ d'application de l'art. 6 Annexe I ALCP (arrêt du 

TF 2C_1061/2013 du 14 juillet 2015 consid. 4.4). En revanche, le Tribunal 

fédéral a retenu qu’un revenu total de diverses activités lucratives s’élevant 

à 2'450 francs sur une période de dix mois constituait un revenu peu suffi-

sant (cf. arrêt du TF 2C_897/2017 du 31 janvier 2018 consid. 4.5). De 

même, le Tribunal fédéral a considéré qu’un emploi donnant lieu à 115 

heures de travail en deux mois constituait un taux de travail très réduit et 

que même la conclusion d’un nouveau contrat de travail à raison de 16 

heures par mois venant compléter l’activité lucrative précitée ne permettait 

pas de retenir que la personne concernée bénéficiait du statut de travail-

leuse au sens de l’ALCP (cf. arrêt du TF 2C_669/015 du 30 mars 2016 

consid. 6.2). Par ailleurs, le Tribunal fédéral a considéré qu'une activité à 

taux partiel donnant lieu à un salaire mensuel d'environ 600 à 800 francs 

apparaissait tellement réduite et peu rémunératrice qu'elle devait être te-

nue pour marginale et accessoire (arrêt du TF 2C_1137/2014 du 6 août 

2015 consid. 4.3 et 4.4, confirmé par l’arrêt du TF 2C_761/2015 du 21 avril 

2016 consid. 4.2.2 ; voir aussi GREGOR T. CHATTON, Die Arbeitnehmerei-

genschaft gemäss Freizügigkeitsabkommen – eine Bestandesaufnahme, 

in : Migrationsrecht in der Europäischen Union und im Verhältnis Schweiz 

– EU [Achermann / Epiney / Gnädinger (éd.)], 2018, p. 17ss, p. 37ss). 

5.6 En vertu de l'art. 23 al. 1 OLCP, les autorisations de séjour de courte 

durée, de séjour et frontalières UE/AELE peuvent être révoquées ou ne 

pas être prolongées, si les conditions requises pour leur délivrance ne sont 

plus remplies. 

Le Tribunal fédéral a jugé qu'un étranger au bénéfice d'une autorisation de 

séjour UE/AELE peut perdre le statut de travailleur au sens de l'ALCP et 

par conséquent se voir refuser la prolongation, respectivement se voir ré-

voquer l'autorisation de séjour dont il est titulaire si 1) il se trouve dans un 

cas de chômage volontaire ; 2) on peut déduire de son comportement qu'il 

n'existe (plus) aucune perspective réelle qu'il soit engagé à nouveau dans 

un laps de temps raisonnable ou 3) il adopte un comportement abusif p. ex. 

en se rendant dans un autre Etat membre pour y exercer un travail fictif ou 

d'une durée extrêmement limitée dans le seul but de bénéficier de presta-

tions sociales meilleures que dans son Etat d'origine ou dans un autre Etat 

membre (cf. ATF 141 II 1 consid. 2.2.1). 

 

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F-3168/2015 

Page 13 

6.   

6.1 En l'espèce, la recourante peut a priori se prévaloir de l'ALCP en raison 

de sa nationalité espagnole. 

6.2 Il convient d'examiner si l’intéressée bénéficiait de la qualité de travail-

leuse lors de la survenance de son incapacité de travail et de gain totale à 

partir du 20 janvier 2012. 

Le Tribunal de céans retient cette dernière date, dans la mesure où la re-

courante, à la suite de son accident de la circulation qui a engendré une 

première incapacité totale de travail dès le 26 janvier 2011, a pu recouvrer 

une capacité partielle de travail (50%) du 26 septembre 2011 au 19 janvier 

2012, avant de retomber dans une incapacité totale de travail dès le 20 

janvier 2012, capacité qu’elle n’a pu récupérer depuis lors (cf. consid. A.c). 

6.2.1 En l’espèce, l’intéressée a obtenu, le 1er mai 2009, une autorisation 

de séjour UE/AELE valable jusqu’au 8 avril 2014. Elle a exercé diverses 

activités lucratives en tant que femme de ménage et garde d’enfants pour 

plusieurs employeurs, à savoir : 

- B._______, durant les mois de septembre 2009 à avril 2010, en percevant 

un salaire mensuel de 1'000 francs à raison de 12 heures de travail heb-

domadaire (cf. demande d’un titre de séjour datée du 9 avril 2009 ; attes-

tations de salaire des 23 février et 30 avril 2010 ; attestations fiscales pour 

l’année 2009 et 2010 de la Caisse cantonale vaudoise de compensation 

AVS); 

- C._______, durant les mois de juin 2009 à mai 2010, d’août à septembre 

2010, de novembre à décembre 2010, de février à mai 2011, en percevant 

un salaire horaire de 25 francs à raison d’une activité de quatre heures 

hebdomadaires pour un montant total net de 6'725 francs (cf. certificat de 

travail du 2 juin 2011 et chèques-emploi couvrant la période entre juin 2009 

et mai 2011) ; 

- D._______, pour un salaire annuel de 4'800 francs durant l’année 2010, 

de 4'050 francs durant l’année 2011 et 2'520 francs pour l’année 2012 et à 

raison de 4 heures de travail hebdomadaire (cf. attestations fiscales pour 

les années 2010 à 2012 de l’Agence d’assurances sociales de Lausanne ; 

certificat de salaire pour l’année 2010 daté du 7 août 2011) ; 

- E._______, pour un salaire annuel de 5'700 francs durant l’année 2010, 

de 4'668,45 francs durant l’année 2011 et de 3’540 francs pour l’année 

F-3168/2015 

Page 14 

2012, à raison de 35 heures de travail mensuel, soit environ 8 heures ¾ 

par semaine (cf. attestations fiscales pour les années 2010 à 2012 de 

l’Agence d’assurances sociales de Lausanne). 

A cela s’ajoute le fait que la recourante a été mise au bénéfice de l’aide 

sociale par le biais de prestations financières du revenu d’insertion (RI) dès 

le 1er octobre 2010, car elle ne parvenait pas à subvenir à ses besoins (cf. 

attestation du Centre social régional de l’Ouest lausannois du 3 mars 

2014), prestations qui ont été supprimées à la fin du mois de janvier 2014 

dans la mesure où elle est devenue bénéficiaire de l’assurance sociale par 

le versement de prestations complémentaires (cf. attestation du Centre so-

cial régional de l’Ouest lausannois du 23 mai 2014). 

L’Office AI du canton de Vaud a retenu, dans sa décision du 9 septembre 

2013, un revenu annuel déterminant de 12’636 francs sur une période de 

2 ans et 11 mois, soit un revenu mensuel de 1’053 francs. 

Le Tribunal de céans, en prenant en compte les périodes d’activités lucra-

tives (36 mois entre juin 2009 et fin mai 2012) et les montants perçus à titre 

de salaire (soit un total de 39'203 francs) selon les sommes mentionnées 

ci-avant, retient à peu près un revenu mensuel de même nature, soit 1’089 

francs. 

Il est encore à noter qu’au moment de sa première incapacité de travail à 

100% (soit au mois de janvier 2011 selon décision de l’Office AI du canton 

de Vaud du 9 septembre 2013), la recourante exerçait une activité lucrative 

pour deux employeurs, soit D._______ à raison de 4 heures de travail heb-

domadaire, et E._______ à raison de 8 heures ¾ de travail hebdomadaire. 

A partir du mois de février au mois de mai 2011, elle a continué de travailler 

pour D._______, mais a cessé toute activité lucrative pour E._______, tout 

en reprenant une activité lucrative auprès de C._______ à raison de 4 

heures de travail hebdomadaire. Au mois de juin 2011, elle a repris son 

activité lucrative pour E._______ tout en continuant de travailler pour 

D._______. Au moment de sa deuxième incapacité de travail à 100% (soit 

au mois de janvier 2012 selon la décision de l’Office AI précitée), l’intéres-

sée travaillait toujours pour les deux mêmes employeurs (D._______ et 

E._______) pour les mêmes salaires que précédemment (cf. attestations 

fiscales et salariales précitées). 

Il s'ensuit que l'intimée a effectué, au moment où elle présentait - selon 

l’Office AI du canton de Vaud - une incapacité de travail à 100% (soit au 

mois de juin 2011 et au mois de janvier 2012), une moyenne de 12 heures 

F-3168/2015 

Page 15 

de travail hebdomadaire, soit environ un jour et demi de travail par se-

maine, ce qui constitue un taux de travail très réduit. Le taux d'occupation 

réduit de l'intimée plaide fortement en faveur d'une activité marginale et 

accessoire (cf. ATF 131 II 339 consid. 3.4 p. 347; arrêt 2C_1061/2013 du 

14 juillet 2015 consid. 4.2.2). A ce propos, comme relevé ci-avant (consid. 

5.5), le Tribunal fédéral a considéré qu'une activité à taux partiel donnant 

lieu à un salaire mensuel d'environ 600 à 800 francs apparaissait tellement 

réduite et peu rémunératrice qu'elle devait être tenue pour marginale et 

accessoire (arrêt 2C_1137/2014 du 6 août 2015 consid. 4.3 et 4.4). Dans 

le cas d’espèce, au vu de l’activité partielle exercée par la recourante et de 

la faible rémunération reçue par cette dernière (environ 25 francs de l’heure 

pour 12 heures de travail hebdomadaires, soit environ 1’200 francs de sa-

laire mensuel selon les attestations de salaire et fiscales produites au dos-

sier), le Tribunal de céans considère qu’il s’agit d’un cas similaire à celui 

mentionné ci-avant par le Tribunal fédéral. Pour ces raisons, on se trouve, 

en tout état de cause, dans une situation qui est bien différente de celle 

d’un « working poor », c’est-à-dire d’une personne, qui, bien qu’exerçant 

une activité réelle et effective, touche un revenu insuffisant pour vivre ou 

faire vivre sa famille et a besoin de prestations de l’aide sociale pour sub-

venir à ses besoins et à qui le Tribunal fédéral a reconnu la qualité de tra-

vailleur au sens de l’ALCP (cf. arrêts du TF 2C_1061/2013 du 14 juillet 

2015 consid. 4.4 et 2C_669/2015 du 30 mars 2016 consid. 5.3.1). 

Par ailleurs, même en cumulant deux emplois à temps partiel, la rémuné-

ration que l'intimée percevait ne lui permettait pas, sans recourir en paral-

lèle à l'aide sociale (en l’espèce le RI), de subvenir aux besoins d'une fa-

mille. Certes, la jurisprudence admet que la qualité de travailleur selon 

l'ALCP s'applique aux personnes qui, bien qu'exerçant une activité réelle 

et effective, touchent un revenu qui ne suffit pas pour vivre ou faire vivre 

leur famille dans l'Etat d'accueil (cf. arrêt 2C_1061/2013 du 14 juillet 2015 

consid. 4.2.1). Il ressort cependant de la situation générale de l'intimée, 

que le Tribunal apprécie dans son ensemble (cf. ATF 141 II 1 consid. 3.4 

p. 10), que les divers emplois effectués par celle-ci ont été exercés à des 

taux d'activité très réduits (12 heures hebdomadaires pour B._______ ; 4 

heures hebdomadaires pour C._______ et D._______ ; 8 heures hebdo-

madaires pour E._______). Au vu de ces taux d'occupation très limités et 

même en tenant compte du fait que la recourante cumulait deux emplois, 

il résulte de l’ensemble des circonstances que l’activité lucrative de cette 

dernière ne peut être considérée comme réelle et effective au sens de la 

jurisprudence précitée.  

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F-3168/2015 

Page 16 

6.2.2 Compte tenu de ce qui précède, le Tribunal estime que l'activité lu-

crative exercée par l’intéressée durant son séjour en Suisse et jusqu'à son 

incapacité de travail reconnue par l’Office AI cantonal doit être qualifiée de 

marginale ou accessoire. En conséquence, la qualité de travailleuse au 

sens de l'art. 4 Annexe I ALCP ne peut être reconnue à la recourante au 

moment de la survenance de son incapacité de travail et de gain totale à 

partir du 20 janvier 2012. 

7.  

Dans la mesure où l’intéressée avait déjà perdu la qualité de travailleuse 

au moment de la survenance de son incapacité durable de travail et ne 

pouvait donc pas se prévaloir d’un droit de demeurer en Suisse en appli-

cation de l’art. 22 OLCP, il sied encore d'examiner si celle-ci réalise les 

conditions légales pour continuer à séjourner en Suisse indépendamment 

de l'exercice d'une activité lucrative. 

7.1 En vertu de l'art. 24 par. 1 Annexe I ALCP, une personne ressortissant 

d'une partie contractante n'exerçant pas d'activité économique dans le 

pays de résidence reçoit un titre de séjour d'une durée de cinq ans au 

moins, à condition qu'elle prouve aux autorités nationales compétentes 

qu'elle dispose pour elle-même et les membres de sa famille de moyens 

financiers suffisants pour ne pas devoir faire appel à l'aide sociale pendant 

son séjour (let. a) et d'une assurance-maladie couvrant l'ensemble des 

risques (let. b). Le paragraphe 2 de l'art. 24 Annexe I ALCP précise que les 

moyens financiers nécessaires sont réputés suffisants s'ils dépassent le 

montant en-dessous duquel les nationaux, eu égard à leur situation per-

sonnelle, peuvent prétendre à des prestations d'assistance. Selon l'art. 16 

al. 1 OLCP, tel est le cas si ces moyens dépassent les prestations d'assis-

tance qui seraient allouées en vertu des directives "Aide sociale: concepts 

et normes de calcul" de la Conférence suisse des institutions d'action so-

ciale (CSIAS), à un ressortissant suisse, éventuellement aux membres de 

sa famille, sur demande de l'intéressé et compte tenu de sa situation per-

sonnelle. En d'autres termes, on considère que la condition de l'art. 16 al. 1 

OLCP est remplie si les moyens financiers d'un citoyen suisse, dans la 

même situation, lui fermeraient l'accès à l'aide sociale (cf. notamment ATF 

135 II 265 consid. 3.3 ; arrêts du TF 2C_943/2015 du 16 mars 2016 con-

sid. 3.1 ; 2C_375/2014 du 4 février 2015 consid. 3.2). Il importe peu, pour 

apprécier la situation économique du requérant, que ce dernier génère lui-

même ses moyens financiers ou que ceux-ci lui soient procurés par un tiers 

(cf. ATF 135 II 265 ibid ; arrêts du TF 2C_943/2015 précité ibid. ; 

2C_375/2014 précité ibid.). 

F-3168/2015 

Page 17 

7.2 Le Tribunal retient, à l’instar du SEM, que la recourante ne peut se pré-

valoir d’un droit de séjour en Suisse en tant que personne n'exerçant pas 

d’activité économique au sens de l'art. 24 Annexe I ALCP (en relation avec 

l’art. 6 ALCP et avec l'art. 16 OLCP) du moment qu’elle perçoit des presta-

tions complémentaires en sus de sa rente AI (cf. ATF 135 II 265 consid. 

3.7, jurisprudence confirmée notamment par les arrêts du TF 2C_59/2017 

du 4 avril 2017 consid. 6, 2C_562/2016 du 14 décembre 2016 consid. 2.1 

et 3.1.2 et 2C_7/2014 du 20 janvier 2014 consid. 3; sur la qualification des 

prestations complémentaires sous l'angle du droit de séjour au sens de 

l'art. 24 par. 1 let. a et par. 8 Annexe I ALCP, cf. également ATF 141 V 396 

consid. 5.2, et les références citées), une conséquence qui ne contredit 

pas la jurisprudence constante (cf. notamment ATF 141 II 401 consid. 

6.2.3) selon laquelle les prestations complémentaires ne font pas partie de 

l'aide sociale dans le droit suisse des étrangers (cf. ATF 135 II 265 consid. 

3.7). 

8.  

Dans sa décision du 16 avril 2015 (cf. pp. 5 à 7), le SEM a également 

examiné si la recourante pouvait se prévaloir d'un droit de séjour en Suisse 

en raison d'un cas personnel d'extrême gravité en application de l’art. 20 

OLCP. 

8.1 Au sens de l'art. 20 OLCP si les conditions d'admission sans activité 

lucrative ne sont pas remplies au sens de l'Accord sur la libre circulation 

des personnes ou au sens de la Convention instituant l'AELE, une autori-

sation de séjour UE/AELE peut être délivrée lorsque des motifs importants 

l'exigent (cf. arrêt du Tribunal administratif fédéral F-3531/2016 du 21 août 

2017 consid. 6.1.1). 

Selon le chiffre 8.2.7 des directives OLCP-06/2018 du SEM (consultées en 

juin 2018), il est possible d'octroyer également une autorisation de séjour 

UE/AELE aux ressortissants UE/AELE (sans activité lucrative) pour des 

motifs importants en application de l'art. 31 OASA, même lorsqu'ils ne rem-

plissent pas les conditions prévues dans l'ALCP. L'art. 20 OLCP corres-

pond à l'art. 30 al. 1 let. b LEtr, dont la norme d'exécution est également 

l'art. 31 OASA. Il n'existe pas de droit en la matière (cf. arrêts du Tribunal 

fédéral 2C_545/2015 du 14 décembre 2015 consid. 5 et 2C_59/2017 du 4 

avril 2017 consid. 1.3) ; l'autorité cantonale statue librement (art. 96 LEtr), 

puis soumet le cas au SEM pour approbation. 

F-3168/2015 

Page 18 

8.2 A teneur de l'art. 30 al. 1 let. b LEtr (et, par voie de conséquence, de 

l’art. 20 OLCP), il est possible de déroger aux conditions d'admission no-

tamment dans le but de tenir compte des cas individuels d'une extrême 

gravité ou d'intérêts publics majeurs. L'art. 31 OASA énumère à titre non 

exhaustif une liste de critères qui sont à prendre en considération dans 

l'examen de l'art. 30 al. 1 LEtr, à savoir l'intégration, le respect de l'ordre 

juridique, la situation familiale, la situation financière et la volonté de pren-

dre part à la vie économique et d'acquérir une formation, la durée de la 

présence en Suisse et l'état de santé, étant précisé qu'il convient d'opérer 

une appréciation globale de la situation personnelle de l'intéressé. Aussi, 

les critères précités peuvent jouer un rôle déterminant dans leur ensemble, 

même si, pris isolément, ils ne sauraient fonder en soi un cas de rigueur 

(cf. ATF 137 II 345 consid. 3.2.3, 137 II 1 consid. 4.1). 

8.3 Il appert par ailleurs du libellé de l'art. 30 al. 1 let. b LEtr ("cas individuel 

d'une extrême gravité") que cette disposition constitue une norme déroga-

toire présentant un caractère exceptionnel, de sorte que les conditions 

mises à la reconnaissance d'une situation d'extrême gravité doivent être 

appréciées de manière restrictive (cf. VUILLE/SCHENK, L'article 14 alinéa 2 

de la loi sur l'asile et la notion d'intégration, in : Cesla Amarelle [éd.], Pra-

tiques en droit des migrations, L'intégration des étrangers à l'épreuve du 

droit suisse, Berne 2012, p. 105ss ; ATAF 2009/40 consid. 6.1 et réf. cit.). 

On rappellera à ce propos que, dans la jurisprudence qui avait été déve-

loppée en relation avec l'ancien droit (dont on peut s'inspirer, en procédant 

à une pondération de l'ensemble des critères), le Tribunal fédéral avait re-

tenu, parmi les éléments déterminants pour la reconnaissance d'un cas de 

rigueur, la très longue durée du séjour en Suisse, une intégration sociale 

particulièrement poussée, une réussite professionnelle remarquable, une 

maladie grave ne pouvant être soignée qu'en Suisse et la situation des 

enfants, notamment une bonne intégration scolaire aboutissant après plu-

sieurs années à une fin d'études couronnée de succès, alors que le fait 

que la personne concernée n'arrivait pas à subsister de manière indépen-

dante et devait recourir à l'aide sociale, ou des liens conservés avec le 

pays d'origine (par exemple sur le plan familial) susceptibles de faciliter sa 

réintégration avaient été considérés comme des facteurs allant dans un 

sens opposé (cf. l’arrêt du Tribunal administratif fédéral C-636/2010 du 

14 décembre 2010 [partiellement publié in : ATAF 2010/55] consid. 5.3 ; cf. 

aussi l’arrêt du Tribunal fédéral rendu sous l’ancien droit 8C_724/2009 du 

11 juin 2010 consid. 5.3.1, ainsi que les nombreuses références citées ; cf. 

aussi MINH SON NGUYEN, ad art. 30 LEtr, in : Minh Son Nguyen / Cesla 

Amarelle [éd.], Code annoté de droit des migrations, vol. II, Berne 2017, p. 

262ss, ch. 2.3.3). 

http://relevancy.bger.ch/php/clir/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&from_year=1954&to_year=2015&sort=relevance&insertion_date=&from_date_push=&top_subcollection_clir=bge&query_words=138+II+393+&part=all&de_fr=&de_it=&fr_de=&fr_it=&it_de=&it_fr=&orig=&translation=&rank=0&highlight_docid=atf%3A%2F%2F137-II-345%3Afr&number_of_ranks=0&azaclir=clir#page345

F-3168/2015 

Page 19 

8.4 Selon les directives OLCP-06/2018 du SEM (ch. 8.2.7), vu que l'admis-

sion des personnes sans activité lucrative dépend simplement de l'exis-

tence de moyens financiers suffisants et d'une affiliation à une caisse ma-

ladie, les cas visés dans l'art. 20 OLCP et l'art. 31 OASA ne sont envisa-

geables que dans de rares situations, notamment lorsque les moyens fi-

nanciers manquent ou, dans des cas d'extrême gravité, pour les membres 

de la famille ne pouvant pas se prévaloir des dispositions sur le regroupe-

ment familial (par ex. frère et sœur, oncle, neveu, tante ou nièce) (cf. arrêt 

du Tribunal administratif fédéral F-3531/2016 précité consid. 6.1.4). 

8.5 Dans le cas d’espèce, le SEM a considéré que les attaches en Suisse 

de la recourante n’étaient pas suffisamment étroites au point de ne pas 

pouvoir envisager son retour en Espagne, cela d’autant moins que cette 

dernière y avait vécu les années déterminantes de son existence (cf. déci-

sion entreprise, p. 6). Par ailleurs, l’autorité intimée a indiqué que l’intéres-

sée, en tant que ressortissante espagnole, avait droit au versement de sa 

rente AI à l’étranger. 

De son côté, la recourante a fait valoir principalement sa bonne intégration 

en Suisse, où elle a un « cercle important d’amis », et son état de santé 

nécessitant des soins importants et un suivi régulier, ainsi qu’un accès « ra-

pide et efficace » aux traitements nécessaires (cf. mémoire de recours, p. 

11-13, ch. 15-16). 

Il convient donc d’examiner si les conditions de vie de l’intéressée seraient 

gravement compromises en cas de retour dans son pays d’origine. 

8.5.1 Il ressort du dossier que la recourante est arrivée légalement en 

Suisse en février 2009, soit à l’âge de trente-cinq ans, pour y travailler 

jusqu’à la survenance d’un accident de la circulation en janvier 2011. Après 

cet évènement, qui avait entraîné sa première incapacité de travail, l’inté-

ressée n’a jamais pu entreprendre une mesure de réadaptation proposée 

par l’AI en raison de la découverte de son cancer pendant une opération 

médicale pratiquée le 22 juin 2012, ce qui avait engendré une nouvelle 

incapacité totale de travail et l’octroi d’une rente AI entière dès le 1er sep-

tembre 2012. 

Dans ces conditions, la recourante ne peut pas se prévaloir d’une intégra-

tion socio-professionnelle réussie en Suisse. Par ailleurs, on ne saurait 

considérer qu’elle a noué avec ce pays une relation si étroite qu’on ne peut 

plus exiger d’elle qu’elle retourne vivre en Espagne. En effet, l’intéressée 

a passé toute son enfance, son adolescence et la majeure partie de sa vie 

F-3168/2015 

Page 20 

d’adulte dans son pays d’origine, à savoir – entre autres – les années dé-

cisives durant lesquelles se forge la personnalité en fonction notamment 

de l’environnement socioculturel (cf. ATAF 2007/45 consid. 7.6 et jurispr. 

cit.). Aussi l’intéressée doit encore connaître la culture et les spécificités 

locales de sa patrie. Elle a donc certainement conservé en Espagne des 

attaches sociales et culturelles importantes, qui pourraient faciliter sa ré-

installation.  

8.5.2 S’agissant de l'intégration de l’intéressée au plan social, le Tribunal 

observe que cette dernière a produit diverses lettres de soutien qui attes-

tent d’une intégration socioculturelle réussie en Suisse (cf. notamment les 

écrits versés au dossier à l’appui du mémoire de recours du 18 mai 2015 

et des observations du 28 octobre 2015).  

S’il est certes avéré que l’intéressée a tissé des liens non négligeables 

avec son milieu et a même fait du bénévolat pour l’Organisation mondiale 

de la santé (du mois de juillet 2013 au mois de mars 2014 ; cf. attestation 

de l’OMPP du 31 mars 2014) et pour une fondation (du mois de juin 2012 

au mois de juin 2015 ; cf. attestation du 1er juin 2015), il n'en demeure pas 

moins que son intégration sociale ne saurait être qualifiée de remarquable. 

Il sied de rappeler ici qu'il est parfaitement normal qu'une personne ayant 

effectué un séjour prolongé dans un pays tiers s'y soit créé des attaches, 

se soit familiarisée avec le mode de vie de ce pays et maîtrise au moins 

l'une des langues nationales. Aussi, les relations d'amitié ou de voisinage, 

de même que les relations de travail que l'étranger a nouées durant son 

séjour sur le territoire helvétique, si elles sont certes prises en considéra-

tion, ne sauraient constituer des éléments déterminants pour la reconnais-

sance d'une situation d'extrême gravité (cf. ATAF 2007/44 consid. 4.2, 

ATAF 2007/45 consid. 4.2, et ATAF 2007/16 consid. 5.2 et la jurisprudence 

citée). A cela s’ajoute que l’intéressée est célibataire et ne possède aucun 

lien familial en Suisse. 

8.5.3 Sur le plan médical, il ressort du rapport médical établi le 3 mai 2017 

par le Département d’oncologie du Centre hospitalier universitaire vaudois 

(CHUV) qu’un cancer épidermoïde du col de l’utérus (de grade 3 et de 

stade FIGO IB2) avec des métastases ganglionnaires pelviennes a été dia-

gnostiqué au mois d’août 2012 chez l’intéressée et que sa pathologie a été 

traitée par une lymphadénectomie pelvienne et une radio-chimiothérapie 

concomitante suivie d’une curiethérapie utérovaginale. Bien que le cancer 

de la recourante soit en rémission, cette dernière continue de subir des 

effets secondaires importants (fatigue chronique avec une perte de la force 

musculaire dans les membres inférieurs avec impossibilité de marcher, 

F-3168/2015 

Page 21 

lymphoedème bilatéral persistant responsable de douleurs de types de pe-

santeur au niveau des deux membres inférieurs maximales en fin de jour-

née nécessitant plusieurs séances de drainage lymphatique et le port de 

bas de contention ; douleurs abdomino-pelviennes liées à la stase lympha-

tique ; impossibilité de s’asseoir en raison de douleurs sacro-coccy-

giennes) et reste soumise à des contrôles médicaux réguliers effectués par 

différents spécialistes (oncologie médicale, radio-oncologie et gynécolo-

gie ; cf. attestation du Service de radio-oncologie du CHUV du 12 mai 

2015), ainsi qu’à un suivi psychologique depuis le 28 décembre 2012 en 

raison d’un épisode dépressif moyen et d’un trouble anxieux généralisé 

apparus alors qu’elle était en traitement pour son cancer (cf. attestation du 

Département de psychiatrie du CHUV du 12 mai 2015). L’Office AI du can-

ton de Vaud a constaté en date du 10 août 2017 qu’au vu de son état de 

santé, l’intéressée ne pouvait entreprendre des mesures de réinsertion pro-

fessionnelle et que son degré d’invalidité (100 %) demeurait inchangé. 

A ce sujet, il importe de rappeler que selon la jurisprudence constante du 

Tribunal, les motifs médicaux peuvent, selon les circonstances, conduire à 

la reconnaissance d'un cas de rigueur lorsque l'intéressé démontre souffrir 

d'une sérieuse atteinte à la santé qui nécessite, pendant une longue pé-

riode, des soins permanents ou des mesures médicales ponctuelles d'ur-

gence, indisponibles dans le pays d'origine, de sorte qu'un départ de 

Suisse serait susceptible d'entraîner de graves conséquences pour sa 

santé. En revanche, le seul fait d'obtenir en Suisse des prestations médi-

cales supérieures à celles offertes dans le pays d'origine ne suffit pas à 

justifier l'octroi d'une autorisation de séjour (cf. ATAF 2009/2 consid. 9.3.2 

et l'arrêt du TAF F-4305/2016 du 21 août 2017 consid. 5.3 et la jurispru-

dence citée).  

Dans le cas particulier, la recourante n’a nullement démontré que le suivi 

médical dont elle doit encore faire l’objet, tant sur le plan somatique que 

psychique, serait indisponible en Espagne, ce pays disposant en effet d’in-

frastructures hospitalières et psychiatriques comparables à celles de la 

Suisse, et qu'un départ de Suisse serait ainsi susceptible d'entraîner de 

graves conséquences sur son état de santé. 

8.5.4 Par contre, il est évident que l’état de santé de l’intéressée a une 

incidence négative sur sa capacité de travail, puisqu’elle ne peut plus exer-

cer d’activité lucrative. De ce fait, elle perçoit une rente AI ordinaire d’un 

montant mensuel de 214 francs et des prestations complémentaires à hau-

teur d’un montant mensuel de 2’019 francs, ainsi qu’une allocation pour 

F-3168/2015 

Page 22 

frais de régime alimentaire d’un montant mensuel de 233 francs (cf. nou-

velles attestations de la caisse cantonale vaudoise de compensation AVS 

des 25 et 26 juin 2015). En cas de retour en Espagne, l’intéressée n’aura 

plus droit qu’au paiement de sa rente ordinaire (soit 214 francs), car les 

autres montants de prestations complémentaires ne seraient plus versés 

(pour la rente ordinaire AI, application du principe de l'exportation des pres-

tations en espèces de sécurité sociale au sens de l'art. 7 du règlement (CE) 

n° 883/2004 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 portant 

sur la coordination des systèmes de sécurité sociale [RS 0.831.109.268.1; 

ci-après: règlement n° 883/2004] ; cf. aussi ATF 141 V 530 consid. 7.1.2 et 

références citées; s’agissant des prestations complémentaires, exception 

au principe de l’exportation en application de l’art. 70 par. 2 let. c et de 

l’annexe X sous « Suisse » let. a du règlement n° 883/2004). A cela s’ajoute 

le fait que le Ministère de l’emploi et de la sécurité sociale espagnol a 

rendu, le 9 janvier 2015, une décision rejetant la demande de rente invali-

dité qui avait été formulée par la caisse cantonale de compensation com-

pétente au nom de la recourante, motif pris que l’incapacité de travail de 

cette dernière n’était pas reconnue comme permanente. En conséquence, 

la recourante, en cas de retour dans sa patrie, ne pourrait pas se réintégrer 

professionnellement en raison de son état de santé ; de plus, le très faible 

montant de sa rente AI ordinaire, dont elle disposerait dans son pays d’ori-

gine, ne suffirait pas à lui seul à assurer un revenu lui permettant de couvrir 

ses besoins vitaux, ce qui la placerait ainsi dans une situation nettement 

défavorable par rapport la moyenne des autres compatriotes restés sur 

place. 

8.6 En conclusion, même si les différents éléments relevés ci-avant con-

cernant l’intégration socio-professionnelle et sociale de l’intéressée, ainsi 

que l’aspect médical de son cas, ne suffisent pas, pris séparément, à cons-

tater que la recourante se trouve dans un cas individuel d’une extrême gra-

vité, le Tribunal est toutefois amené à considérer, dans le cadre de l'exa-

men global des circonstances du cas d'espèce, que cette dernière se re-

trouve dans la catégorie de personne vulnérable au regard de son état de 

santé l’empêchant d’exercer toute activité lucrative, des besoins spéci-

fiques qu’exige encore actuellement le traitement sa maladie, des difficul-

tés de réintégration qu’entraînerait son retour dans sa patrie et de l’attente 

de sa prise en charge sociale par les autorités de son pays d’origine, de 

sorte qu’il y a lieu de considérer qu’elle se trouve dans une situation justi-

fiant exceptionnellement la reconnaissance en sa faveur d'un cas de ri-

gueur grave au sens des art. 20 OLCP et 30 al. 1 let. b LEtr. 

F-3168/2015 

Page 23 

9.  

Au vu de ce qui précède, le recours doit donc être admis, la décision atta-

quée du 16 avril 2015 annulée et la délivrance par les autorités cantonales 

d’une autorisation de séjour fondée sur les art. 20 OLCP et 30 al. 1 let. b 

LEtr approuvée. 

10.  

Par décision incidente du 8 juillet 2015, le Tribunal a accordé l’assistance 

judiciaire en faveur de la recourante. Au regard de l’issue de la cause, cette 

requête d’assistance judiciaire est devenue sans objet. 

10.1 Obtenant gain de cause, la recourante n’a pas à supporter de frais de 

procédure (cf. art. 63 al. 1 1ère phrase a contrario et art. 65 al. 1 PA), pas 

plus que l'autorité inférieure qui succombe (cf. art. 63 al. 2 PA). 

10.2 Il convient dès lors d'allouer à la recourante une indemnité à titre de 

dépens, à la charge de l'autorité inférieure, pour les frais « indispensables 

et relativement élevés » qui lui ont été occasionnés par la présente procé-

dure de recours (cf. art. 64 al. 1 et 2 PA, en relation avec l’art. 7 al. 1 et al. 

4 du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indem-

nités fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]), étant 

précisé que les frais « non nécessaires » ne sont pas indemnisés (cf. art. 

8 al. 2 FITAF; MOSER/BEUSCH/KNEUBÜHLER, Prozessieren vor dem Bun-

desverwaltungsgericht, Bâle 2013, p. 271 n. 4.84; arrêt du TAF  

F-3709/2014 du 1er juillet 2016 consid. 13.3).  

10.3 En l'espèce, la représentante de la recourante a adressé au Tribunal, 

par courrier du 11 septembre 2017, une note d'honoraires s'élevant à un 

montant de 5'998.60 francs, correspondant à 21 heures d'activité à 240 

francs de l'heure (5'112 francs), plus les débours (50 francs) et photocopies 

(383 francs), ainsi que la TVA (443.60 francs). A cet égard, il sied d'obser-

ver que le travail de la représentante de la recourante a consisté pour l'es-

sentiel dans la rédaction du mémoire de recours du 18 mai 2015 (seize 

pages), d'une lettre du 20 juin 2015 (deux pages) accompagnant le formu-

laire de demande d’assistance judiciaire, d’une demande de prolongation 

de délai du 25 septembre 2015 (une page), d’une réplique du 28 octobre 

2015 (quatre pages), d'une correspondance du 15 février 2016 (une page), 

d’une lettre du 25 avril 2017 (une page), d’observations du 6 septembre 

2017 (sept pages) et d’une lettre du 11 septembre 2017 concernant les 

honoraires (une page). Même en tenant compte des quatre conférences 

avec l’intéressée et des autres écrits mentionnés dans le décompte du 11 

septembre 2017, le Tribunal considère que le nombre de 21 heures et 18 

F-3168/2015 

Page 24 

minutes indiquées par la représentante de la recourante est excessif. On 

notera par ailleurs que l’intéressée n’obtient pas gain de cause sur les prin-

cipaux griefs qu’elle a développés (droit de demeurer, art. 24 Annexe I 

ALCP). 

Au vu de de l'ensemble des circonstances du cas, en particulier de l'impor-

tance de l'affaire, du degré de difficulté de cette dernière, de l'ampleur du 

travail accompli par la mandataire de l'intéressée et du tarif horaire de 240 

francs mentionné dans ledit décompte, qui est compris dans la fourchette 

prévue par l'art. 10 al. 2 FITAF, le Tribunal estime qu'une indemnité d'un 

montant de 4'000 francs, correspondant à seize heures d'activité (plus frais 

et débours arrondis) et couvrant l'ensemble des frais de représentation au 

sens de l'art. 9 al. 1 let. a à c FITAF (à savoir les honoraires d'avocat, les 

frais encourus et la TVA), apparaît justifiée. Dans ce contexte, on précisera 

que ce montant demeure dans le cadre des dépens habituellement oc-

troyés par le Tribunal de céans en droit des étrangers. 

(dispositif page suivante) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

F-3168/2015 

Page 25 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est admis et la décision du SEM du 16 avril 2015 est annulée. 

2.  

L’octroi d’une autorisation de séjour, fondée sur l’art. 20 OLCP, en faveur 

de la recourante est approuvé. 

3.  

Il n'est pas perçu de frais de procédure. 

4.  

L’autorité inférieure versera à la recourante un montant de 4'000 francs à 

titre de dépens. 

5.  

Le présent arrêt est adressé : 

– à la recourante, par l’entremise de son avocate (Acte judiciaire) 

– à l'autorité inférieure, avec dossier en retour 

– en copie au Service de la population du canton de Vaud (Division 

étrangers), pour information (annexe : dossier cantonal). 

 

L'indication des voies de droit se trouve à la page suivante. 

 

Le président du collège : Le greffier : 

Gregor Chatton Alain Renz 

 

 

 

 

F-3168/2015 

Page 26 

Indication des voies de droit : 

Le présent arrêt peut être attaqué devant le Tribunal fédéral, 

1000 Lausanne 14, par la voie du recours en matière de droit public, dans 

les trente jours qui suivent la notification (art. 82 ss, 90 ss et 100 LTF). Le 

mémoire doit être rédigé dans une langue officielle, indiquer les 

conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. L’arrêt 

attaqué et les moyens de preuve doivent être joints au mémoire, pour 

autant qu'ils soient en mains du recourant (art. 42 LTF). 

Expédition :