# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 51d1721c-6e55-5525-8f32-896a008df06e
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-02-08
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 08.02.2021 PE.2020.0187
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_PE-2020-0187_2021-02-08.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 8 février 2021 

  
	
  Composition

  	
  M. François Kart, président; M. Etienne Poltier, juge suppléant, et Mme Claude-Marie Marcuard, assesseure; Mme Nadia Egloff, greffière. 

  

 

	
  Recourant

  	
   

  	
  A.________ à ******** représenté
  par FB Conseils juridiques, à Renens VD,  

  

P_FIN    

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Service de la population (SPOP),
  à Lausanne,  

  

P_FIN    

 

	
  Objet

  	
  Révocation   

  
	
   

  	
  Recours A.________ c/ décision du Service de la population
  (SPOP) du 28 juillet 2020 révoquant son autorisation de séjour et prononçant
  son renvoi de Suisse.

  

 

Vu les faits suivants:

A.                    
A.________, ressortissant brésilien né en 1988, a déposé le 10 décembre
2012 auprès du Consulat général de Suisse à Rio de Janeiro une demande pour un
visa de long séjour afin de pouvoir célébrer en Suisse son mariage avec
B.________, une compatriote au bénéfice d'une autorisation d'établissement. 

Sans attendre la décision des autorités, le prénommé
est entré illégalement en Suisse le 18 janvier 2013. 

Par décision du 1er octobre 2013, le
Service de la population (SPOP) a refusé de délivrer à A.________ une
autorisation d'entrée en Suisse, respectivement de séjour en vue de mariage au
motif qu'il ne remplirait pas les conditions d'un regroupement familial
ultérieur en raison de la dépendance à l'aide sociale de sa fiancée. Par arrêt
du 2 décembre 2013 (cause PE.2013.0439), la Cour de droit administratif et
public du Tribunal cantonal (CDAP) a rejeté le recours formé le 4 novembre 2013
contre cette décision par A.________. 

B.                    
Après avoir épousé en Suisse B.________ le 11 septembre 2014, A.________
a complété le 30 septembre 2014 une demande d'autorisation de séjour par
regroupement familial. Faute pour le prénommé d'avoir versé l'avance de frais
exigée et produit un document requis, le SPOP a classé sans suite sa demande le
22 mai 2015, en l'enjoignant de quitter la Suisse.

Le même jour, A.________ a quitté le domicile
conjugal pour une destination inconnue. Le divorce des époux, qui n'ont pas eu
d'enfant ensemble, a été prononcé le 15 octobre 2015.  

C.                    
En septembre 2016, A.________ – demeuré en Suisse – a déposé auprès de
l'Etat civil une demande d'ouverture d'un dossier de mariage en vue d'épouser
C.________, une compatriote au bénéfice d'une autorisation de séjour
(transformée le 19 décembre 2018 en autorisation d'établissement), mère de
trois enfants nés de précédentes relations, avec laquelle il était en couple
depuis 2015.

D.                    
Le 2 avril 2017, dans le cadre d'un contrôle d'identité, des policiers
ont constaté que A.________ séjournait illégalement en Suisse. A raison de ces
faits, le Ministère public de l'arrondissement de Lausanne l'a condamné par
ordonnance pénale du 21 septembre 2017 à une peine de 180 jours-amende, avec
sursis pendant deux ans, et à une amende de 1'440 fr. pour entrée et séjour
illégaux, ainsi que pour activité lucrative sans autorisation
(01.05.2013-02.04.2017). 

E.                    
Le mariage entre A.________ et C.________ a été célébré le 21 septembre
2017. Après que les époux ont finalement fourni toutes les pièces et
renseignements requis, le SPOP a délivré le 23 février 2018 à A.________ une
autorisation de séjour par regroupement familial valable jusqu'au 20 septembre
2018 et renouvelée par la suite, la dernière fois jusqu'au 20 septembre 2020. 

F.                    
Le 20 juin 2019 en soirée, la police est intervenue au domicile du
couple pour une dispute, à la demande de A.________. Selon les déclarations de
ce dernier consignées dans le rapport d'intervention, après être rentré du
travail, il était reparti au fitness en laissant seuls les enfants de son
épouse. Sa femme lui avait ensuite envoyé des messages lui indiquant qu'il ne
fallait plus qu'il rentre à la maison et qu'elle jetterait ses affaires par la
fenêtre. Rentré à son domicile, sans clé, il avait fait appel à la police pour
qu'elle l'aide à récupérer ses affaires. C.________ a pour sa part expliqué que
bien que le couple avait convenu que l'époux s'occuperait des enfants dès 20h00
en l'absence de sa femme, celui-ci s'était rendu au fitness, laissant seuls les
enfants de 7 et 5 ans. Elle avait alors avait téléphoné à son mari pour lui
dire qu'il n'avait plus à rentrer à la maison et avait jeté ses affaires par la
fenêtre. Lorsque son mari était venu récupérer celles-ci, il l'avait insultée
et avait appelé la police.

Durant son audition, A.________ a de surcroît exposé
ceci: "J'ai rencontré C.________ dans un bar à Renens fin 2014 ou début
2015. Nous sommes sortis ensemble peu de temps après. Nous n'avons pas d'enfant
ensemble (…) Nous avons emménagé à l'adresse actuelle environ 3 mois après nous
être mis en couple. Depuis le début, il y a eu des tensions entre nous car je
pense qu'elle avait des problèmes à cause de son précédent mariage. De plus,
nous ne sommes pas souvent sur la même longueur d'onde (…) Il y a toujours eu
des insultes entre nous. Elle m'a souvent traité de «connard», «fainéant», «tu
n'es pas un homme». Pour vous répondre, je me défends et il m'est arrivé de
l'injurier aussi en retour de «connasse» (…) Mon épouse étant jalouse, elle m'a
déjà menacé de me tuer si elle me voyait avec d'autres femmes. En 2017,
quelques mois avant le mariage, elle m'a déjà menacé avec un couteau en me
disant qu'elle voulait me tuer. Par la suite, elle a posé le couteau à la
cuisine et elle m'a aspergé d'eau de javel. Suite à cela je me suis rendu sous
la douche pour me laver et elle m'a de nouveau aspergé avec d'autres produits
ménagers. Suite à cela, je suis allé dormir dans notre salon de coiffure (…)
Lorsqu'elle est arrivée dans le salon, elle m'a vu dormir et elle s'est énervée
(…) Elle a pris une lime à ongle (…) J'ai alors tenté de le lui saisir mais
lors de cette manœuvre, elle s'est légèrement coupée à la main (…) Après le
mariage, la situation entre nous s'est calmée quelques temps. Après deux mois
de mariage, elle est devenue plus jalouse et il y a constamment des tensions
entre nous (…) Il y a environ deux semaines, alors que je me trouvais au
fitness, elle m'a griffé au niveau du front car d'après elle, je regardais les
autres femmes du centre (…) Pour la suite, j'aimerai mettre un terme à notre
relation, même si je dois perdre le salon de coiffure et que je dois rentrer au
Brésil." C.________ a quant à elle déclaré qu'après le mariage, son mari
avait commencé à délaisser sa vie de famille, suite à quoi des tensions
s'étaient installées et des disputes verbales, avec des insultes réciproques,
avaient éclaté, quasi chaque jour sans qu'il y ait de violences physiques. Elle
a reconnu qu'en juillet 2017 elle avait failli poignarder son époux avec une
lime à ongle, en indiquant regretter ne pas avoir eu de couteau ce jour-là.
Elle a également admis lui avoir déversé de l'eau de javel sur la tête lors
d'une dispute avant leur mariage. 

G.                   
Les époux se sont séparés le 20 juin 2019.

H.                    
Le 27 août 2019, la police a dû intervenir au salon de coiffure tenu par
le couple pour une altercation, sur demande de A.________. Il ressort en
substance du rapport d'intervention qu'une dispute a éclaté après que A.________
a refusé de signer des documents relatifs au divorce. Durant l'intervention,
l'épouse a indiqué qu'elle voulait déposer plainte pour viol, en déclarant
avoir été violée à trois reprises entre le 20 juin 2019 et ce jour. Elle a
précisé qu'elle si elle demandait souvent à voir son mari pour signer les
documents du divorce, elle ne lui avait toutefois jamais demandé des relations
sexuelles. Réfutant ces allégations, A.________ a exposé que depuis le 20 juin
2019, il avait eu avec elle, au domicile de celle-ci, des relations sexuelles à
quatre reprises, en précisant que c'était à chaque fois elle qui l'avait appelé
ou lui avait envoyé des messages en prétextant avoir des documents à lui faire
signer. Lui avait cédé à ses avances. Il a pour sa part porté plainte contre son
épouse pour usage abusif d'un appareil de télécommunication et calomnie,
s'agissant d'une vidéo qu'elle avait postée sur Facebook. 

I.                      
La police est encore intervenue le 22 octobre 2019 au salon de coiffure
des époux pour une nouvelle dispute. Selon le rapport d'intervention, un litige
a éclaté après que A.________ a refusé de signer certains documents. Selon les
explications de ce dernier, la tension était alors montée et durant la dispute
sa femme l'avait menacé avec un rasoir de type "coupe-choux", puis
avait endommagé sa voiture avec une clé à boulons et détruit son téléphone
portable, faits pour lesquels il a indiqué vouloir déposer plainte. L'épouse a
reconnu avoir causé les dommages précités, tout en niant avoir menacé son mari
avec un couteau ou un rasoir. A.________ a par ailleurs derechef déclaré aux
policiers que le couple avait connu des tensions dès le début et que sa femme
tentait de le pousser à bout pour qu'il soit puni. 

J.                     
Le SPOP a procédé à l'audition des conjoints le 5 novembre 2019. A cette
occasion, l'épouse a pour l'essentiel exposé que le couple s'était séparé le 20
juin 2019 à sa demande et qu'elle avait également requis le divorce, son mari
refusant néanmoins de signer la convention de divorce. Elle a indiqué qu'à
compter du jour où ce dernier avait reçu son autorisation de séjour, il avait
"pris le pouvoir sur tout" et était devenu très agressif et
ambitieux. A la question de savoir si le couple avait connu des violences
conjugales, elle a fait savoir qu'elle avait été abusée sexuellement pendant
toute leur relation, sans avoir réalisé à l'époque qu'il s'agissait d'abus, son
mari lui ayant dit qu'il était de son devoir d'épouse d'avoir des relations
sexuelles avec lui. Elle ajouté que les époux avaient chacun porté plainte
contre l'autre. A.________ a pour sa part déclaré qu'il était séparé de sa
femme depuis le 20 juin 2019 à la demande de cette dernière, en imputant les
raisons de cette séparation à des bagarres et des insultes réciproques et à la
jalousie constante de sa femme qui l'insultait parfois devant les clients du
salon de coiffure. Invité à faire savoir si le couple avait connu des violences
conjugales, il a indiqué "chacun de nous a tapé l'autre et je sais
qu'elle le fait pour que j'aille en prison". Il a ajouté que son
épouse l'avait menacé avec un couteau et une lime à ongle et qu'elle avait
déversé sur lui des produits ménagers lorsqu'il était sous la douche.
L'intéressé a par ailleurs expliqué ne pas vouloir signer la convention de
divorce, préférant être préalablement conseillé. Il a également indiqué que son
premier mariage n'avait pas été conclu par amour mais pour obtenir un permis de
séjour. S'agissant de son intégration, il l'a qualifiée de bonne en soulignant
qu'il travaillait, qu'il maîtrisait le français et que certains des clients du
salon de coiffure étaient devenus ses amis. 

K.                    
Le 18 novembre 2019, la police est intervenue pour une dispute entre les
époux sur la voie publique, à la demande de l'épouse. Selon les explications de
A.________ consignées dans le rapport d'intervention, sa femme l'avait suivi en
voiture jusqu'à la poste où elle avait voulu fouiller son sac. Elle était
ensuite allée chercher une clé boulons pour tenter d'endommager son véhicule et
avait essayé de frapper son mari avec l'outil, avant de le saisir au cou et de
lui arracher son collier. Ayant perdu l'équilibre, elle était tombée au sol.
Selon la version divergente de C.________, celle-ci avait croisé son mari à la
poste où ils auraient discuté. En repartant en voiture, elle avait vu qu'il
détenait une bible qui lui appartenait. Voulant la récupérer, elle était
retournée vers son mari, qui avait refusé de la lui rendre, en l'insultant.
L'époux était ensuite allé fouiller dans le coffre du véhicule de sa femme où
il avait trouvé une clé à boulons, dont il s'était saisi. Lorsqu'elle avait
voulu lui prendre des mains l'outil, il l'avait poussé et elle était tombée. Il
l'avait ensuite frappée à deux reprises avec la clé à boulons, une fois au
niveau de la bouche, lui cassant une dent, et une fois à la main.

Durant cette intervention, les conjoints ont de
surcroît évoqué aux policiers un rapport sexuel qu'ils avaient eu le 11
novembre 2019, les versions divergeant cependant quant aux circonstances dans
lesquelles il s'était déroulé. Selon les explications données par A.________,
lorsqu'il était arrivé au domicile de sa femme, à la demande de cette dernière
pour signer des documents, elle l'attendait nue et voulait avoir une relation
sexuelle, avances auxquelles il avait cédé. Le lendemain, elle était venue à
son nouveau lieu de travail et avait menacé d'endommager son véhicule avec une
clé à boulon; elle avait également cassé son téléphone portable alors qu'il la
filmait. C.________ a pour sa part indiqué que le 11 novembre 2019, en sortant
de sa douche, elle était tombée sur son mari qui était entré dans son
appartement et qui était nu. Après avoir fait fuir des amies à elle qui étaient
venues la chercher pour sortir, il avait exigé un dernier rapport sexuel. Elle
s'était laissé faire, "en faisant la morte", sachant que cela
ne servait à rien de refuser. 

A l'issue de l'intervention policière, les époux ont
tous deux porté plainte et A.________ a fait l'objet d'une expulsion immédiate
du logement pour une durée de 30 jours. 

Par ordonnance du 19 novembre 2019, la présidente du
Tribunal civil de l'arrondissement de Lausanne a confirmé l'expulsion immédiate
de A.________ du logement commun telle qu'ordonnée par la police. 

L.                     
Le 16 janvier 2020, les époux ont conclu une convention sur les effets
du divorce. 

M.                   
Le 17 janvier 2020, le SPOP a signifié à A.________ qu'au vu de la durée
effective de la vie commune qui avait duré moins de trois ans et de l'absence
de raison personnelle majeure justifiant la poursuite de son séjour en Suisse,
il prévoyait de révoquer son autorisation de séjour et de prononcer son renvoi
de Suisse. Il lui a imparti un délai pour se déterminer. 

N.                    
Le 18 janvier 2020, la police a dû se rendre au salon de coiffure, à la
demande de l'épouse. Selon ses explications de cette dernière ressortant du rapport
d'intervention, A.________ avait débarqué dans le salon, l'avait giflée et fait
tomber, insultée et menacée de mort en lui reprochant de voir d'autres hommes;
il avait ensuite quitté les lieux voyant que son épouse appelait les secours. C.________
a porté plainte. Entendu par la police le 19 janvier 2020, l'intéressé a
reconnu avoir poussé son épouse sous le coup de l'énervement, laquelle avait
trébuché et avait chuté, mais a nié l'avoir menacée de mort; il avait attendu
une dizaine de minutes l'arrivée de la police, avant de repartir. Il a par
ailleurs déclaré ce qui suit: "Depuis votre dernière intervention en
novembre 2019 pour mon couple, notre situation se passe bien. Nous nous sommes
revus pour des affaires administratives et nous avons continué à avoir des
relations sexuelles (…) Nous ne vivons plus en ménage commun, mais ma
femme m'appelle régulièrement par téléphone pour me causer des problèmes."

Par ordonnance de classement du 30 janvier 2020, le
Ministère public de l'arrondissement de Lausanne n'est pas entré en matière sur
des faits dénoncés par C.________ qui reprochait à A.________ de l'avoir
régulièrement poussée et de lui avoir tiré les cheveux depuis leur mariage et
jusqu'au 9 août 2019.  

Par ordonnance pénale du 7 février 2020, le Ministère
public de l'arrondissement de Lausanne a condamné C.________ à 30 jours-amende,
avec sursis pendant deux ans, et à 300 fr. d'amende pour menaces qualifiées, à
raison de faits s'étant déroulés les 1er et 2 avril 2017 (menaces
avec un couteau et une lime à ongle). 

Le 28 février 2020, le Ministère public de
l'arrondissement de Lausanne a ordonné le classement, d'une part, de la
procédure pénale dirigée contre A.________ pour lésions corporelles simples
qualifiées, injure, menaces qualifiées et viol (étant précisé que C.________ a
retiré ses plaintes au cours de son audition), d'autre part de la procédure
pénale dirigée contre C.________ pour voies de fait, tentative de lésions
corporelles simples, dommages à la propriété, calomnie, injure, utilisation abusive
d'une installation de télécommunication et menaces qualifiées. Le procureur a
mis les frais de la procédure à charge des époux à raison de la moitié chacun,
en soulignant que leurs "comportements blâmables, chicaniers et
infantiles a[vait] donné lieu à l'ouverture de l'action pénale",
raison pour laquelle aucune indemnité au sens de l'art. 429 CPP ne leur était
allouée.

Par ordonnance pénale du 6 mars 2020, s'agissant des
faits s'étant déroulés les 22 octobre 2019 et 18 janvier 2020, le Ministère
public de l'arrondissement de Lausanne a condamné, d'une part, C.________ à une
peine pécuniaire de 30 jours-amende, avec sursis durant deux ans, ainsi qu'à
une amende de 100 fr. pour dommage à la propriété, d'autre part A.________ à
une peine pécuniaire de 30 jours-amende, avec sursis pendant deux ans, et à une
amende de 300 fr. pour voies de fait, injure et menaces qualifiées. 

O.                   
Par l'entremise de son mandataire, A.________ s'est déterminé le 22 juin
2020 sur le courrier du SPOP lui signifiant son intention de révoquer son
autorisation de séjour, en se prévalant de raisons personnelles majeures, à
savoir des violences conjugales psychiques et physiques. Relevant que le couple
avait connu de vives tensions peu après le mariage, il a indiqué s'être résolu,
par crainte de perdre son titre de séjour, à subir toutes sortes
d'humiliations, d'accusations pénales, de harcèlement, de voies de fait et de
manipulations de la part de sa conjointe. Il a ajouté que ces violences
chroniques, de nature psychologique et physique, avaient été intenses,
systématiques et répétitives qu'elles avaient rendu la poursuite de la vie
commune insupportable, le couple ayant dû se séparer. Il a souligné que les
faits décrits dans les rapports de police mettaient en évidence la position
dominante que son épouse avait toujours voulu exercer sur lui, tandis que
toutes les accusations qu'elle avait portées à son encontre avaient fait
l'objet d'une ordonnance de classement. 

P.                    
Par décision du 28 juillet 2020, le SPOP a révoqué l'autorisation de
séjour de A.________ et lui a imparti un délai d'un mois pour quitter la
Suisse. Il a retenu que la vie commune en Suisse avait duré moins de trois ans
et que l'intégration de l'intéressé n'était pas réussie, compte tenu de ses
condamnations des 21 septembre 2017 et 6 mars 2020. S'agissant des violences
conjugales invoquées, il a considéré que bien que dignes d'intérêt, les preuves
avancées ne démontraient pas que A.________ avait réellement subi des violences
physiques ou psychiques, en soulignant que les conjoints avaient déposé à
plusieurs reprises des plaintes l'un envers l'autre. Ces prétendues violences
n'étaient du reste attestées par aucun certificat ou rapport médical. 

Q.                   
Par acte remis à un office postal le 14 septembre 2020, A.________
(ci-après: le recourant) a recouru contre cette décision devant la CDAP en
concluant principalement à son annulation et au maintien de son autorisation de
séjour voire à son renouvellement, subsidiairement au renvoi de la cause au
SPOP pour nouvel examen.

Le SPOP a déposé sa réponse le 22 octobre 2020. Il
conclut au rejet du recours. 

Le recourant n'a pas déposé de déterminations
complémentaires dans le délai imparti pour ce faire. 

Considérant en droit:

1.                     
a) Les ressortissants étrangers ne bénéficient en principe d'aucun droit
à l'obtention d'une autorisation de séjour, sauf s'ils peuvent le déduire d'une
norme particulière du droit fédéral ou d'un traité international (ATF 135 II 1
consid. 1.1; 131 II 339 consid. 1). En l’espèce, ressortissant du Brésil, le
recourant ne peut se prévaloir d’aucun traité qui lui conférerait un droit au
séjour en Suisse (cf. arrêt PE.2019.0190 du 2 décembre 2019 consid. 1). Sa
situation s'examinera donc au regard du seul droit interne, soit la loi
fédérale sur les étrangers et l'intégration du 16 décembre 2005 (LEI; RS
142.20) et l'ordonnance du 24 octobre 2007 relative à l’admission, au séjour et
à l’exercice d’une activité lucrative (OASA; RS 142.201). 

En vertu de l’art. 96 al. 1 LEI, les autorités
compétentes tiennent compte, en exerçant leur pouvoir d’appréciation, des
intérêts publics, de la situation personnelle de l’étranger, ainsi que de son
degré d’intégration. Une autorité abuse de son pouvoir d'appréciation lorsque,
exerçant les compétences dévolues par la loi, elle se laisse guider par des
considérations non pertinentes ou étrangères au but des dispositions
applicables, ou statue en violation des principes généraux du droit
administratif que sont l'interdiction de l'arbitraire, l'égalité de traitement,
la bonne foi et la proportionnalité (ATF 129 III 400 consid. 3.1 p. 403; 116 V
307 consid. 2 p. 10).

b) Aux termes de l'art. 43 al. 1 LEI, le conjoint
étranger du titulaire d'une autorisation d'établissement ainsi que ses enfants
célibataires étrangers de moins de 18 ans ont droit à l'octroi d'une
autorisation de séjour et à la prolongation de sa durée de validité à condition
de vivre en ménage commun avec lui (let. a). Il peut être renoncé à cette
dernière exigence lorsque la communauté familiale est maintenue et que des
raisons majeures justifient l'existence de domiciles séparés (art. 49 LEI),
lesquelles peuvent être dues, notamment, à des obligations professionnelles ou
à une séparation provisoire en raison de problèmes familiaux importants (art.
76 OASA). 

c) En l'espèce, les époux se sont séparés le 20 juin
2019 et rien ne laisse entrevoir une reprise de la vie commune à brève
échéance, une procédure de divorce étant du reste en cours. Le recourant ne peut
ainsi plus se prévaloir de l'art. 43 LEI pour justifier le maintien de son
autorisation de séjour, ce qu'il ne fait d'ailleurs à juste titre pas. Reste à
examiner si, comme il le soutient, il pourrait bénéficier d'un tel droit en
vertu de l'art. 50 LEI.

2.                     
a) aa) L'art. 50 al. 1 let. a LEI prévoit qu'après la dissolution de la
famille, le droit du conjoint et des enfants à l'octroi d'une autorisation de
séjour et à la prolongation de sa durée de validité en vertu de l'art. 43 LEI
subsiste lorsque l'union conjugale a duré au moins trois ans et que les
critères d'intégration définis à l'art. 58a sont remplis. L'art. 50 LEI reprend
en substance l'art. 50 de l'ancienne loi sur les étrangers en vigueur jusqu'au
31 décembre 2018. La jurisprudence développée par le Tribunal fédéral
concernant l’exigence d’une vie conjugale ayant duré au moins trois ans et la
manière de calculer cette durée, en particulier le principe selon lequel est
seule décisive la durée de la vie commune en Suisse, demeure en conséquence
applicable (arrêt PE.2019.0244 du 16 août 2019 consid. 2b).

bb) La période minimale de trois ans de l'union
conjugale commence à courir dès le début de la cohabitation effective des époux
en Suisse et s'achève au moment où ceux-ci cessent de faire ménage commun (ATF
140 II 345 consid. 4.1 p. 348; 138 II 229 consid. 2 p. 231; TF 2C_40/2019 du 25
mai 2020 consid. 3.3.1). La limite des trois ans est absolue et s'applique
même s'il ne manque que quelques jours pour atteindre la durée des trente-six
mois exigés par l'art. 50 al. 1 let. a LEI (ATF 137 II 345 consid. 3.1.3
p. 347; 136 II 113 consid. 3.2 et 3.4 p. 116 s.; TF 2C_72/2019 du 7 juin 2019
consid. 4.1). Seules les années de mariage et non de concubinage sont
pertinentes (ATF 140 II 345 consid. 4.1 p. 348). La notion d'union conjugale de
l'art. 50 al. 1 let. a LEI ne se confond pas avec celle du mariage. Alors que
celui-ci peut n'être plus que formel, l'union conjugale implique une vie
conjugale effective, sous réserve des exceptions mentionnées à l'art. 49 LEI
(ATF 137 II 345 consid. 3.1.2 p. 347; TF 2C_95/2020 du 24 avril 2020 consid.
4.1). 

b) Il n'est pas contesté que l'union conjugale des
époux – qui se sont mariés le 21 septembre 2017 et qui sont séparés depuis le
20 juin 2019, selon leurs déclarations concordantes – a duré moins de trois
ans, ce qui exclut pour le recourant de pouvoir se prévaloir de l'art. 50 al. 1
let. a LEI. Les deux conditions de l'art. 50 al. 1 let. a LEI étant cumulatives
(ATF 140 II 345 consid. 4; TF 2C_808/2019 du 26 septembre 2019 consid. 3), il
n'y a pas lieu d'examiner si ce dernier remplirait la condition relative à
l'intégration.  

3.                     
a) aa) L'art. 50 al. 1 let. b LEI prévoit qu'après dissolution de la
famille, le droit du conjoint à l'octroi d'une autorisation de séjour à la
prolongation de sa durée de validité en vertu de l'art. 43 LEI subsiste
lorsque la poursuite du séjour en Suisse s'impose pour des raisons
personnelles majeures. Selon l'art. 50 al. 2 LEI, ces raisons sont notamment
données lorsque le conjoint est victime de violence conjugale, que
le mariage a été conclu en violation de la libre volonté d'un des époux ou
que la réintégration sociale dans le pays de provenance semble fortement
compromise (cf. aussi l'art. 77 al. 2 OASA).

bb) L'art. 50 al. 1 let. b et al. 2 LEI vise à
régler les situations qui échappent aux hypothèses de l'art. 50 al. 1 let. a
LEI, soit parce que le séjour en Suisse durant le mariage n'a pas duré
trois ans, soit parce que l'intégration n'est pas suffisamment accomplie ou
encore parce que ces deux aspects font défaut mais que, eu égard à l'ensemble
des circonstances, l'étranger se trouve dans un cas de rigueur après la
dissolution de la famille (ATF 138 II 393 consid. 3.1 p. 394 s.; TF
2C_1030/2018 du 8 février 2019 consid. 4.1; arrêt PE.2018.0130 du 22 août 2019
consid. 4b). A cet égard, c'est la situation personnelle de l'intéressé qui est
décisive et non l'intérêt public que revêt une politique migratoire restrictive
(TF 2C_145/2019 du 24 juin 2019 consid. 3.1). Il s'agit par conséquent
uniquement de décider du contenu de la notion juridique indéterminée
"raisons personnelles majeures" et de l'appliquer au cas d'espèce, en
gardant à l'esprit que l'art. 50 al. 1 let. b LEI confère un droit à la
poursuite du séjour en Suisse (ATF 138 II 393 consid. 3.1 p. 395; TF
2C_583/2019 du 18 juillet 2019 consid. 4.2). L'admission d'un cas de rigueur
personnel survenant après la dissolution de la communauté conjugale suppose
que, sur la base des circonstances d'espèce, les conséquences pour la vie
privée et familiale de la personne étrangère liées à ses conditions de vie
après la perte du droit de séjour découlant de la communauté conjugale soient
d'une intensité considérable (ATF 138 II 393 consid. 3.1 p. 394; TF 2C_583/2019
précité consid. 4.2). A noter que les alinéas 1 let. b et 2 de l'art. 50 LEI ne
sont pas exhaustifs et laissent aux autorités une certaine liberté
d'appréciation humanitaire (ATF 136 II 1 consid. 5.3 p. 4; TF 2C_1075/2019 du
21 avril 2020 consid. 5.3.1). 

b) En l'espèce, le recourant soutient avoir droit au
maintien de son autorisation de séjour dès lors qu'il aurait été victime de
violences conjugales.

aa) A teneur de l'art. 77 al. 6 OASA, sont notamment
considérés comme indices de violence conjugale les certificats médicaux (let.
a), les rapports de police (let. b), les plaintes pénales (let. c), les mesures
au sens de l'art. 28b du code civil (let. d) ou les jugements pénaux prononcés
à ce sujet (let. e). Enfin, lors de l'examen des raisons personnelles majeures
visées, les autorités compétentes tiennent compte des indications et des
renseignements fournis par des services spécialisés (art. 77 al. 6bis OASA). 

bb) S'agissant de la violence conjugale, la personne
admise dans le cadre du regroupement familial doit établir qu'on ne peut plus
exiger d'elle qu'elle poursuive l'union conjugale, parce que cette situation
risque de la perturber gravement. La violence conjugale doit par conséquent
revêtir une certaine intensité (ATF 138 II 229 consid. 3.2.1 p. 233; TF
2C_1030/2018 du 8 février 2019 consid. 4.1). La notion de violence conjugale
inclut également la violence psychologique. A l'instar de violences physiques,
seuls des actes de violence psychique d'une intensité particulière peuvent
justifier l'application de l'art. 50 al. 2 let. b LEI (ATF 138 II 229 consid.
3.2 p. 232; TF 2C_201/2019 du 16 avril 2019 consid. 4.1). Le fait d'exercer des
contraintes psychiques d'une certaine constance et intensité peut fonder un cas
de rigueur au sens de l'art. 50 al. 1 let. b et al. 2 LEI. Une attaque verbale
à l'occasion d'une dispute, de même qu'une simple gifle ou le fait pour un
époux étranger d'avoir été enfermé une fois dehors par son épouse ne suffisent
pas (ATF 138 II 229 consid. 3.2.1 p. 233; TF 2C_365/2020 du 26 août 2020
consid. 4.1). En revanche, le Tribunal fédéral a considéré qu'un acte de
violence isolé, mais particulièrement grave, pouvait à lui seul conduire à
admettre l'existence de raisons personnelles majeures au sens de l'art. 50 al.
1 let. b et al. 2 LEtr (cf. TF 2C_40/2019 du 25 mai 2020 consid. 4.2 et les
réf. cit.).

cc) Comme le Tribunal fédéral a déjà eu l'occasion
de le relever à plusieurs reprises, les formes de violence domestique et de
contrôle subies dans le cadre des relations intimes ne sont pas faciles à
classer dans des catégories déterminées, raison pour laquelle les
investigations doivent prendre en compte les actes commis, l'expérience de
violence vécue par la victime, ainsi que la mise en danger de sa personnalité
et les répercussions sur celle-ci (santé, restrictions dans sa vie
quotidienne). La jurisprudence a considéré que c'est en ce sens qu'il faut comprendre
la notion de violence conjugale d'une certaine intensité au sens de l'art. 50
al. 1 let. b et al. 2 LEI (cf. arrêts TF 2C_777/2016 du 26 mai 2016 consid.
3.2, non publié in ATF 142 I 152; 2C_145/2019 du 24 juin 2019 consid. 3.3 et
les réf. cit.). 

dd) La personne étrangère qui se prétend victime de
violences conjugales sous l'angle de l'art. 50 al. 1 let. b et al. 2 LEI est
soumise à un devoir de coopération accru (cf. art. 90 LEI; ATF 138 II 229
consid. 3.2.3 p. 235; TF 2C_401/2018 du 17 septembre 2018 consid. 4.2). Elle
doit rendre vraisemblable, par des moyens appropriés (rapports médicaux ou
expertises psychiatriques, rapports de police, rapports/avis de services
spécialisés [foyers pour femmes, centres d'aide aux victimes, etc.],
témoignages crédibles de proches ou de voisins, etc.), la violence conjugale,
respectivement l'oppression domestique alléguée (TF 2C_40/2019 précité consid.
4.3; 2C_709/2018 du 27 février 2019 consid. 3.4). Lorsque des contraintes
psychiques sont invoquées, il incombe à la personne d'illustrer de façon
concrète et objective, ainsi que d'établir par preuves le caractère
systématique de la maltraitance, respectivement sa durée, ainsi que les
pressions subjectives qui en résultent. Des affirmations d'ordre général ou des
indices faisant état de tensions ponctuelles sont insuffisants (ATF 138 II 229
consid. 3.2.3 p. 235; TF 2C_215/2019 du 24 janvier 2020 consid. 4.2). 

ee) Le recourant fait valoir que s'il n'a
certes pas fourni de certificats médicaux – documents dont il indique qu'ils
constituent uniquement un type parmi d'autres de preuves admissibles pour
démontrer l'existence de violences conjugales –, il a cependant produit une
série de rapports de police et de jugements pénaux devant l'autorité intimée,
qui n'en a à tort pas tenu compte. Or, ces pièces constitueraient selon lui des
preuves tangibles des pressions psychologiques et physiques, des menaces et des
scènes d'humiliation publiques qu'il a subies de la part de sa conjointe, qui
voulait instaurer un contrôle sur lui sur fond de menace de perte de son
autorisation de séjour. Il ajoute que l'accumulation de ces "sévices
corporels" et de ces scènes d'humiliation a été telle qu'il a dû quitter
le domicile conjugal. Quant au fait que certaines affaires pénales aient fait l'objet
d'une ordonnance de classement, il n'est pas de nature à remettre en cause les
actes de violence auxquels il a été exposé de manière constante et
systématique. Le recourant fait également grief à l'autorité intimée d'avoir
retenu arbitrairement la réciprocité des violences, sans avoir examiné de
manière approfondie et circonstanciée le contexte, les raisons et la source du
comportement parfois déviant qu'il a pu adopter à l'égard de son épouse. 

Il convient en premier lieu de souligner que,
contrairement à ce que prétend le recourant, l'autorité intimée n'a pas laissé
entendre dans la décision querellée que la victime de violences conjugales
devait impérativement produire un certificat médical, mais a uniquement
constaté que le recourant n'en avait fourni aucun à l'appui de ses allégations,
ce que ce dernier ne remet pas en cause. 

Lors de leurs auditions par la police (cf. rapports
d'intervention des 20 juin et 22 octobre 2019), tant le recourant que son
épouse ont indiqué que le couple avait connu dès le début des tensions
constantes et des disputes avec échanges d'insultes. Lorsqu'il a été entendu
par le SPOP, le recourant a de surcroît fait savoir que chacun des époux avait
frappé l'autre et qu'ils s'étaient séparés en raison de bagarres et d'insultes
réciproques, parfois proférées devant des tiers (procès-verbal d'audition du 5
novembre 2019). Il apparaît ainsi que chacun des époux s'est livré à des
violences domestiques sur l'autre. Quoi qu'en dise le recourant, les rapports
de police et jugements pénaux mis en exergue par ce dernier ne font que
refléter le climat conflictuel et délétère qui régnait au sein du couple en
établissant l'historique des disputes, bagarres et violences, sans toutefois
démontrer le caractère systématique de mauvais traitements dont le recourant
aurait unilatéralement fait l'objet de la part de son épouse durant la vie
commune et qui auraient eu de graves conséquences sur sa santé physique ou
psychique. On ne saurait quoi qu'il en soit tenir compte des événements pour
lesquels la police a dû intervenir les 27 août 2019, 22 octobre 2019, 18
novembre 2019 dans la mesure où ces faits sont postérieurs à la séparation du
couple en juin 2019 et qu'ils n'ont partant eu aucune incidence sur celle-ci. 

Sans vouloir minimiser les fréquentes altercations
qui ont ponctué la vie commune des époux, force est d'admettre que les
violences alléguées par le recourant (pressions psychologiques et physiques,
menaces, humiliations) ne revêtaient pas l'intensité suffisante pour lui ouvrir
le droit à une autorisation de séjour découlant de l'art. 50 al. 1 let. b LEI;
en tout état de cause, on ne saurait les qualifier de "sévices
corporels". Même à admettre, comme le prétend le recourant, que ce dernier
aurait été placé devant le dilemme de supporter sa situation conjugale ou
d'accepter la perspective de perdre son titre de séjour, il n'en reste pas
moins que les violences dont il se prévaut n'apparaissaient pas s'inscrire dans
un schéma durable de pouvoir et de domination, mais dans un contexte de disputes
incessantes au sein du couple. Le fait que le recourant ait continué à
entretenir des relations sexuelles avec son épouse après la séparation des
conjoints (cf. procès-verbaux d'audition des 18 novembre 2019 et 18 janvier
2020) tend à cet égard à démontrer qu'il n'a pas été, comme il le prétend,
gravement perturbé par les violences alléguées. De même, les menaces, avec un
couteau notamment, dont il a fait l'objet en avril 2017 (faits pour lesquels
son épouse a été condamnée le 7 février 2020), tout comme le fait d'avoir été
aspergé d'eau de javel ne l'ont pas dissuadé d'épouser C.________ quelques mois
plus tard. Enfin, lorsque le recourant soutient qu'en lui infligeant des
violences sa femme entendait exercer sur lui un certain "contrôle",
on relèvera que c'est bien l'épouse qui a pris l'initiative de la séparation et
qui a dans la foulée entamé les démarches en vue de divorcer. 

c) aa) Concernant la réintégration sociale dans le
pays de provenance, l'art. 50 al. 2 LEI exige qu'elle soit fortement compromise,
situation qui s'apparente en quelque sorte au cas de rigueur selon l'art. 30
al. 1 let. b LEI (arrêt PE.2020.0150 du 12 octobre 2020 consid. 4a/bb et la
réf. cit.). La question n'est donc pas de savoir s'il est plus facile pour la
personne concernée de vivre en Suisse, mais uniquement d'examiner si, en cas de
retour dans le pays d'origine, les conditions de la réintégration sociale, au
regard de la situation personnelle, professionnelle et familiale de l'étranger,
seraient gravement compromises (ATF 138 II 229 consid. 3.1 p. 232; TF
2C_737/2020 du 23 novembre 2020 consid. 4.2). Le simple fait que l'étranger
doit retrouver les conditions de vie qui sont usuelles dans son pays de
provenance ne constitue pas une raison personnelle majeure au sens de l'art. 50
LEI, même si ces conditions de vie sont moins avantageuses que celles dont
cette personne bénéficie en Suisse (TF 2C_112/2020 du 9 juin 2020 consid. 5.1;
2C_201/2019 du 16 avril 2019 consid. 5.1).

Une raison personnelle majeure donnant droit à l’octroi
et au renouvellement d’une autorisation de séjour peut également résulter
d’autres circonstances. Ainsi, les critères énumérés à l’art. 31 al. 1 OASA
peuvent à cet égard jouer un rôle important, même si, pris isolément, ils ne
sauraient fonder un cas individuel d’une extrême gravité. Cette disposition
comprend une liste exemplative des critères à prendre en considération pour
juger de l’existence d’un cas individuel d’une extrême gravité, soit
actuellement l’intégration, sur la base des critères d’intégration définis à
l’art. 58a al. 1 LEI, la situation familiale, la situation financière, la durée
de présence en Suisse, l’état de santé et les possibilités de réintégration
dans l’Etat de provenance. Il convient en outre de tenir compte des
circonstances qui ont conduit à la dissolution du mariage (ATF 137 II 1 consid.
4.1 précité; arrêt PE.2019.0439 du 25 novembre 2020 consid. 3d).

bb) En l'occurrence, le recourant est arrivé en
Suisse en 2013, à l'âge de 25 ans. La durée de son séjour en Suisse (déduction
faite du laps de temps passé dans l'illégalité qui n'a pas à être pris en
compte dans l'examen d'un cas de rigueur, cf. ATF 137 II 1 consid. 4.3 p. 8;
arrêt PE.2018.0430 du 27 mars 2019 consid. 5d) ne permet pas de conclure à un
enracinement particulier et justifier, à elle seule, des raisons personnelles
majeures. Né au Brésil, le recourant y a vécu son enfance et l'essentiel de sa
vie d'adulte. On peut donc présumer qu'il y a conservé des attaches
culturelles, sociales et familiales. A ce dernier égard, l'intéressé a fait
savoir qu'il était l'aîné d'une fratrie de quatre enfants et qu'il entretenait
encore des contacts avec sa mère (cf. procès-verbaux d'audition des 2 avril
2019 et 5 novembre 2019). Son âge n'est en outre pas à ce point avancé qu'il ne
lui permettrait pas de se réinstaller au Brésil, cela d'autant plus qu'il
semble en bonne santé et qu'il est sans charge de famille, aucun enfant n'étant
issu de ses deux mariages. Il n'expose au demeurant aucun élément propre à
démontrer qu'un tel retour l'exposerait à des difficultés insurmontables ou à
un quelconque danger. Au vu de ces éléments, la réintégration du recourant dans
son pays d'origine n'apparaît pas compromise au sens de l'art. 50 al. 2 LEI, ce
que l'intéressé n'allègue d'ailleurs pas. A cela s'ajoute qu'il ne ressort pas
du dossier, ni des déclarations du recourant qu'il aurait tissé avec la Suisse
des liens si étroits qu'ils feraient obstacle à son retour au Brésil. Quant à
son intégration socio-professionnelle, celle-ci ne sort pas de l'ordinaire. En
cas de renvoi dans son pays d'origine, il ne perdrait aucun acquis
professionnel particulier, ni aucun statut social qu'il aurait réussi à
construire depuis son arrivée en Suisse. 

d) Vu ce qui précède, le recourant ne peut pas se
prévaloir de raisons personnelles majeures pour demander le maintien de son
autorisation de séjour sur la base de l'art. 50 al. 1 let. b et al. 2 LEI. 

4.                     
Le recourant ne remplissant pas les conditions posées aux art. 50 al. 1
let. a et b LEI pour le maintien de son autorisation de séjour au-delà de la
dissolution de l'union conjugale, c'est à juste titre et sans excéder son
pouvoir d'appréciation, ni avoir fait preuve d'arbitraire que l'autorité
intimée a révoqué son autorisation de séjour et qu'elle a prononcé son renvoi
de Suisse. 

5.                     
Les considérants qui précèdent conduisent au rejet du recours et à la
confirmation de la décision attaquée. L'autorité intimée impartira un nouveau
délai de départ approprié au recourant, en tenant compte en particulier de la
situation sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 (cf. arrêt PE.2020.0256 du 5
janvier 2021 consid. 4). Succombant, le recourant supportera les frais de
justice, réduits pour tenir compte de sa situation matérielle. Il n'y a enfin
pas lieu d'allouer des dépens (art. 49, 50 et 55 de la loi vaudoise du 28
octobre 2008 sur la procédure administrative [LPA-VD; BLV 173.36]). 

Par
ces motifs

 la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

 

I.                      
Le recours est rejeté.

II.                     
La décision du Service de la population du 28 juillet 2020 est
confirmée. 

III.                   
Un émolument judiciaire de 300 (trois cents) francs est mis à la charge
de A.________.

IV.                   
Il n'est pas alloué de dépens.

 

Lausanne, le 8 février 2021

 

Le
président:                                                                                                 La
greffière: 

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de
l'avis d'envoi ci-joint, ainsi qu'au Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM).

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa
notification, d'un recours au Tribunal fédéral (Tribunal fédéral suisse, 1000
Lausanne 14). Le recours en matière de droit public s'exerce aux conditions des
articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS
173.110), le recours constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss
LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,
indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.
Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.
Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,
pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la
décision attaquée.