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**Case Identifier:** ea67815d-ab14-537d-954d-3d0086347577
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-12-17
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 17.12.2014 C/13569/2012
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-13569-2012_2014-12-17.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 19 décembre 

2014. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/13569/2012 ACJC/1572/2014 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile  

DU MERCREDI 17 DECEMBRE 2014 

 

Entre 

Monsieur A______, domicilié ______ (GE), appelant et intimé d'un jugement rendu 
par la 17ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 12 décembre 

2013, comparant par Me Reynald Bruttin, avocat, rue du Mont-de-Sion 8, 1206 Genève, 

en l'étude duquel il fait élection de domicile, 

et 

Madame B______, domiciliée______ (GE), intimée et appelante, comparant par  
Me Gilbert Deschamps, avocat, rue De-Candolle 18, 1205 Genève, en l'étude duquel 

elle fait élection de domicile. 

 

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C/13569/2012 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/16573/2013 du 12 décembre 2013, notifié aux parties le 
20 décembre 2013, le Tribunal de première instance (ci-après : le Tribunal) a 

prononcé le divorce de B______ et de A______. 

 Il a notamment condamné A______ à payer à B______ 65'000 fr. à titre 

d'indemnité équitable (ch. 3 du dispositif), condamné A______ à payer à B______ 

4'823 fr. 15 à titre de liquidation du régime matrimonial (ch. 4), condamné 

A______ à verser à B______, par mois et d'avance, la somme de 280 fr., à titre de 

contribution post-divorce à son entretien, avec clause d'indexation périodique 

(ch. 5), arrêté les frais judiciaires à 4'000 fr., lesquels ont été répartis à raison de la 

moitié à la charge de A______, l'autre moitié demeurant à la charge de l'Etat, 

condamné A______ à payer à l'Etat de Genève, soit pour lui les Services 

financiers du Pouvoir judiciaire, le montant de 2'000 fr., dit que B______, en tant 

que bénéficiaire de l'assistance juridique, était tenue au remboursement des frais 

judiciaires dans la mesure de l'art. 123 CPC (ch. 6), dit qu'il n'était pas alloué de 

dépens (ch. 7) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 8). 

B. a. Par acte déposé au greffe de la Cour de justice le 3 février 2014, A______ fait 
appel de ce jugement dont il sollicite l'annulation du ch. 3 de son dispositif. Il 

conclut à ce qu'il soit dit qu'il ne doit aucun montant à B______ à titre d'indemnité 

équitable, avec suite de frais et dépens. 

 b. Par acte déposé au greffe de la Cour de justice le 27 mai 2014, B______ a 
conclu, en réponse à l'appel principal, au déboutement de A______ de toutes ses 

conclusions. 

 Sur appel joint, elle conclut préalablement à ce qu'il soit ordonné à A______ de 
produire des justificatifs concernant l'achat d' appartements au Caire (Egypte), 

ainsi que les extraits des registres officiels à ce sujet, les déclarations d'impôts 

2011, 2012 et 2013, ainsi que les avis de taxation y relatifs, sous la menace de la 

peine prévue à l'art. 292 CP, à ce qu'il soit dit que A______ devra s'acquitter d'une 

amende d'ordre de 5'000 fr. en cas d'inexécution à temps de l'ordre de production 

et en sus à 1'000 fr. pour chaque jour de retard, à ce qu'elle soit autorisée à 

compléter son mémoire et à ce qu'il lui soit réservé le droit d'amplifier ses 

conclusions. Principalement, elle conclut à l'annulation des ch. 3 et 4 du dispositif 

du jugement querellé, et cela fait, à ce que A_____ soit condamné à lui payer la 

somme de 100'000 fr., plus intérêts à 5 % dès le prononcé du divorce, au titre de la 

liquidation du régime matrimonial, et la somme de 31'902 fr. 05, à titre 

d'indemnité équitable au sens de l'art. 124 CC, plus intérêts à 5 % dès le prononcé 

du divorce. Subsidiairement, elle conclut à la confirmation du jugement querellé. 

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C/13569/2012 

 A l'appui de ses conclusions et hormis des pièces figurant déjà à la procédure, 

B______ produit une pièce nouvelle, à savoir le procès-verbal d'audience du 2 

juin 2010 dans une autre cause (pièce 5). 

 c. Par pli du 21 juillet 2014, A______ a persisté dans ses conclusions d'appel du 3 
février 2014 et a conclu sur appel joint au déboutement de B______ de toutes ses 

conclusions. 

 d. Par avis du 15 septembre 2014, les parties, n'ayant pas fait usage de leur droit 
de répliquer et de dupliquer, ont été informées de ce que la cause était gardée à 

juger. 

C. Les éléments suivants résultent du dossier : 

 a. B______, née ______ en 1957, originaire de ______ (ZH), et A______, né en 
1955, de nationalité égyptienne, se sont mariés en 1980 à Genève. 

 Trois enfants, aujourd'hui majeurs, sont issus de cette union. 

 Les époux ont mis un terme à leur vie commune en février 2010, époque à 

laquelle B______ a quitté le domicile conjugal. 

 Les époux n'ont pas conclu de contrat de mariage. 

 b.a Par jugement JTPI/1______ du 4 novembre 2010, le Tribunal, statuant sur 
mesures protectrices de l'union conjugale dans la cause C/1______, a notamment 

constaté que les époux vivaient séparément, attribué à A______ la jouissance 

exclusive du domicile conjugal, à charge pour lui d’en payer seul le loyer, et 

condamné A______ à verser à son épouse, à titre de contribution d’entretien, par 

mois et d’avance, la somme de 1'375 fr. avec effet au 1
er

 avril 2010. 

 b.b Par arrêt ACJC/1______ du 13 juillet 2011, la Cour de justice a réduit la 
contribution d'entretien due par A______ à son épouse à 1'200 fr. par mois, ce dès 

le 1
er

 avril 2010, et a confirmé le jugement susmentionné pour le surplus. 

 c. Par acte du 29 juin 2012, B______ a formé une requête unilatérale en divorce, 
assortie d'une requête de mesures provisionnelles dans le cadre de la présente 

cause. Elle a conclu principalement au prononcé du divorce et à ce que le Tribunal 

ordonne la liquidation du régime matrimonial, condamne A______ à lui payer, au 

titre de cette liquidation, une somme portant intérêt à 5 %, à chiffrer une fois les 

informations requises fournies par A______ et les valeurs, déterminées, 

condamne A______ à lui verser la moitié de sa prestation de sortie LPP calculée 

sur la durée du mariage, attribue à A______ les droits et obligations résultant du 

contrat de bail portant sur le logement familial, condamne A______ à lui verser, 

par mois et d'avance, la somme de 2'359 fr. 10 à compter du 29 juin 2012 à titre 

de contribution d'entretien post-divorce, cette contribution devant être indexée, 

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dise que le montant nécessaire pour assurer son entretien convenable est de 

2'478 fr. 80 par mois et réserve une augmentation ultérieure de la rente que 

A______ doit lui verser, avec suite de frais et dépens. 

 d. Dans sa réponse du 23 novembre 2012, A______ a conclu au prononcé du 
divorce, à ce que le Tribunal dise que le régime matrimonial des époux est liquidé 

et à ce que les droits et obligations résultant du contrat de bail portant sur le 

logement de la famille lui soient attribués, dépens compensés. 

 Il a précisé en outre qu'aucune contribution d'entretien post-divorce ne pouvait 
être allouée à B______, compte tenu de la situation respective des parties. 

 e. Par ordonnance OTPI/1_____ du 4 février 2013, le Tribunal, statuant sur 
mesures provisionnelles, a notamment condamné A______ à verser à B______, 

par mois et d'avance, la somme de 335 fr. à titre de contribution d'entretien, à 

compter du 29 juin 2012. 

 f. Par ordonnances OTPI/2_____ du 7 mai 2013, le Tribunal a imparti un délai à 
A______ pour produire notamment les justificatifs concernant l'achat 

d'appartements au Caire, ainsi que les extraits des registres officiels à leur sujet, 

les déclarations d'impôts 2011 et 2012 et les avis de taxation y relatifs. 

 Un nouveau délai lui a été imparti par ordonnance du 2 juillet 2013 pour produire 

lesdits documents. 

 g. Par pli du 15 juillet 2013, A______ a indiqué n'être propriétaire que d'un 
appartement au Caire, qui n'est pas terminé et n'a aucune valeur, ni n'avoir aucun 

document officiel, ne recevoir aucune déclaration d'impôt et ne payer aucun impôt 

à cet égard. 

 h. Par ordonnance du 11 septembre 2013, le Tribunal a imparti un délai à 
B______ pour indiquer la valeur minimale de ses prétentions en liquidation du 

régime matrimonial, faute de quoi ses conclusions seraient déclarées irrecevables. 

 Il a également imparti à A______ un nouveau délai pour le dépôt des justificatifs 
d'achat du ou de ses appartements au Caire (Egypte) et les extraits des registres 

officiels, ainsi que ses déclarations d'impôts 2011 et 2012 et les avis de taxation y 

relatifs, rendant ce dernier attentif à son obligation de collaborer à l'administration 

des preuves et aux conséquences du refus de cette collaboration. 

 i. Par pli du 4 octobre 2013, A______ a transmis au Tribunal ses avis de taxation 
2011 et 2012, rappelé qu'il n'était propriétaire que d'un seul appartement en 

Egypte, qui n'était ni terminé ni habitable, et qu'il n'avait aucun document en sa 

possession à cet égard. 

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 j. Au dernier état de ses conclusions, B______ a notamment conclu à ce que le 
Tribunal condamne A______ à lui verser la somme de 100'000 fr., plus intérêts à 

5 % dès le prononcé du divorce, à titre de liquidation du régime matrimonial, et la 

somme de 31'902 fr. 05, à titre d'indemnité équitable au sens de l'art. 124 CC. 

D. La situation financière des parties est la suivante : 

 a.a B______, âgée de 56 ans et qui est malentendante depuis son enfance, a 
travaillé à plein temps jusqu'en 1981, puis a cessé toute activité lucrative pour 

s'occuper du ménage et des enfants du couple. Après avoir repris une activité en 

1989, puis en 1991, à temps partiel, elle a travaillé de 1992 à 1994 à plein temps. 

Elle a cessé ensuite son activité pour s'installer avec son mari et les enfants en 

Egypte de 1994 à 1995. A leur retour en Suisse, elle a irrégulièrement travaillé 

dans divers emplois à temps partiel (nettoyage, animatrice auprès de personnes 

âgées). Elle aurait souhaité se réinsérer dans le domaine de la santé, mais n'a pas 

pu trouver de financement lui permettant de réaliser ce projet. 

 Après avoir perçu des prestations de l'assurance-chômage, B______ bénéficie, 
pour subvenir à ses besoins, de l'aide de l'Hospice général depuis juin 2011, de 

subsides pour l'assurance-maladie obligatoire et d'allocations au logement, ainsi 

que de prestations du Service cantonal d’avance et recouvrement des pensions 

alimentaires. Deux de ses enfants majeurs vivent avec elle et lui versent 

irrégulièrement entre 500 fr. et 600 fr. par mois pour leur entretien. Ses charges 

mensuelles s'élèvent à 2'189 fr. 30. 

 a.b Ses avoirs de prévoyance professionnelle accumulés durant le mariage se 
montent à 16'368 fr. 97. 

 a.c B______ dispose d'un compte auprès de Postfinance, dont le solde créditeur 
était de 1'995 fr. 90 au 30 juin 2012. 

 Elle n'a pas de fortune. 

 b.a A______, âgé de 59 ans, perçoit une rente mensuelle complète AI de 1'712 fr. 
depuis avril 2011, une rente mensuelle du 2

ème
 pilier de 1'768 fr. 60 et des 

prestations du Service des prestations complémentaires de 387 fr., soit un total de 

3'867 fr. 60 par mois. Ses charges mensuelles s'élèvent à 3'579 fr. 90. 

 b.b Les avoirs de prévoyance professionnelle accumulés par A______ durant le 
mariage se montaient à 147'435 fr. 10 à la survenance du cas de prévoyance en 

avril 2011. 

 b.c A______ dispose d'un compte bancaire n° 1______ dont le solde créditeur 
était de 3'642 fr. 20 au 30 juin 2012 et d'un second compte n° 2______ qui n'était 

toutefois pas crédité à cette même date. 

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 c. B______ allègue que son époux possède deux appartements au Caire, l'un 
acheté à 50'000 fr. en 1982 et l'autre dans lequel ils ont habité avec leurs enfants 

durant six mois, de 1994 à 1995. Elle évalue la valeur actuelle de ces deux 

appartements à 200'000 fr. Elle a déclaré s'être rendue au Caire pour la dernière 

fois six ans auparavant, précisant "ignorer si le deuxième appartement était 

terminé". 

 A______ soutient ne posséder qu'un seul appartement, acheté au prix de 17'000 

livres égyptiennes en 1982, soit environ 8'000 fr. Il a également expliqué que les 

travaux n'ont jamais été terminés et que l'appartement n'a actuellement aucune 

valeur. Par ailleurs, il affirme que l'appartement dans lequel les parties ont vécu 

était loué. 

E. Dans le jugement querellé, le Tribunal a arrêté en équité à 65'000 fr. l'indemnité 
équitable au sens de l'art. 124 CC due à B______, dans la mesure où le cas de 

prévoyance était intervenu peu de temps avant le divorce et compte tenu du fait 

que cette dernière ne serait manifestement pas en mesure de se constituer un avoir 

de prévoyance professionnelle suffisant. 

 Par ailleurs, il a estimé que A______ n'était propriétaire que d'un appartement au 

Caire, encore en chantier, et a retenu comme valeur le prix d'acquisition allégué 

par ce dernier, soit 8'000 fr. Compte tenu des avoirs bancaires respectifs des 

parties et de la valeur de cet appartement, le Tribunal a fixé à 4'823 fr. 15 la 

créance due par l'appelant à l'intimée à titre de liquidation du régime matrimonial. 

 Pour allouer à B______ la somme de 280 fr. par mois à titre de contribution à son 

entretien (point non contesté en appel), soit le montant du solde mensuel 

disponible de A______, le Tribunal a pris en compte que le mariage des époux 

avait duré trente-trois ans, dont trente ans de vie commune, durant laquelle elle 

avait en partie cessé de travailler, pour s'occuper des enfants et pour suivre son 

époux en Egypte. Il a donc considéré que le mariage avait eu une influence 

concrète sur la situation financière de l'intimée, laquelle était très précaire. 

F. Pour la bonne compréhension du présent arrêt, la Cour désignera A______ 
comme "l'appelant" et B______ comme "l'intimée". 

EN DROIT 

1. 1.1 L'appel est recevable contre les décisions finales de première instance, dans 
les causes non patrimoniales ou dont la valeur litigieuse, au dernier état des 

conclusions devant l'autorité inférieure, est supérieure à 10'000 fr. (art. 308 al. 1 

let. a et al. 2 CPC). 

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 Formés en temps utile par une partie qui y a intérêt et portant sur des conclusions 

patrimoniales qui sont manifestement supérieures à 10'000 fr., l'appel et l'appel 

joint sont recevables. 

 1.2 La Cour revoit la cause en fait et en droit avec un plein pouvoir d'examen 
(art. 310 CPC). 

 La présente procédure, en tant qu'elle a pour objet la liquidation du régime 
matrimonial des époux, est soumise aux maximes des débats et de disposition 

(art. 55 al. 1, 58 al. 1 et 277 CPC). 

 En ce qui concerne la survenance du cas de prévoyance et le montant de la 

prestation de sortie décisif pour la fixation de l'indemnité de l'art. 124 al. 1 CC, le 

droit fédéral impose les maximes d'office et inquisitoire : le juge de première 

instance doit ainsi se procurer d'office les documents nécessaires à l'établissement 

du moment de la survenance du cas de prévoyance et du montant de l'avoir de 

prévoyance; il n'est pas lié par les conclusions concordantes des parties à ce sujet. 

En procédure de recours, les maximes des débats et de disposition, ainsi que 

l'interdiction de la reformatio in pejus, s'appliquent (ATF 129 III 481 consid. 3.3; 

arrêts du Tribunal fédéral 5A_862/2012 du 30 mai 2013 consid. 5.3.2; 

5A_495/2012, 5A_499/2012 du 21 janvier 2013 consid. 3.5.1; 5A_796/2011 du 5 

avril 2012 consid. 5.3). 

2. L'appelant étant de nationalité étrangère, la présente cause revêt un caractère 
international. Dans la mesure où les parties sont domiciliées dans le canton de 

Genève, le premier juge a retenu à bon droit la compétence des autorités 

genevoises pour statuer sur le divorce et sur ses effets accessoires (art. 59 et 63 

al. 1 LDIP), ainsi que l'application du droit suisse (art. 61 al. 1 et 63 al. 2 LDIP), 

ce qui n'est au demeurant pas contesté par les parties. 

3. L'intimée produit une pièce nouvelle en appel. 

 3.1 Les faits et moyens de preuve nouveaux ne sont pris en compte que si (a.) ils 
sont invoqués sans retard - c'est-à-dire en principe dans l'acte d'appel ou la 

réponse (JEANDIN, in CPC, Code de procédure civile commenté, Bâle, 2011, n. 7 

ad art. 317 CPC) - et (b.) ils ne pouvaient être invoqués ou produits devant la 

première instance bien que la partie qui s'en prévaut ait fait preuve de la diligence 

requise (art. 317 al. 1 CPC). 

 3.2 En l'espèce, la pièce 5 produite par l'intimée pour la première fois en appel 
concerne la période antérieure à la date à laquelle les débats de première instance 

ont pris fin. Dans la mesure où elle n'explique pas en quoi elle aurait été empêchée 

de produire cette pièce nouvelle par-devant le première juge, ladite pièce est 

irrecevable, ainsi que les allégués de fait s'y rapportant. 

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4. L'intimée réclame 100'000 fr. à l'appelant à titre de liquidation du régime 
matrimonial. Elle reproche au premier juge d'avoir fait une application trop 

rigoureuse de l'art. 8 CC et d'avoir méconnu la portée de l'art. 164 CPC, en ne 

retenant pas l'existence de deux appartements dans les acquêts de l'appelant, à 

hauteur de la valeur vénale qu'elle avait alléguée. Elle indique qu'elle n'a pas la 

possibilité d'établir les faits relatifs à ces deux immeubles, invoquant notamment 

le manque de moyens financiers pour se rendre en Egypte ou le fait qu'elle ne 

parle pas arabe, que la famille de l'appelant ne lui serait d'aucune aide et que ses 

enfants étaient mineurs lors de leur séjour en Egypte. A titre préalable, l'intimée 

conclut ainsi à ce que la production par l'appelant des documents utiles soit 

ordonnée par la Cour, sous la menace de la peine prévue à l'art. 292 CPC. 

 4.1 Dans la mesure où, malgré trois ordonnances, l'appelant n'a pas fait suite aux 
injonctions du premier juge en expliquant n'avoir aucun document en sa 

possession concernant l'appartement dont il est propriétaire au Caire, ce qui n'est 

pas crédible, la Cour renonce à en requérir la production, mais tiendra compte de 

ce refus de collaborer au stade de l'appréciation des preuves. 

 4.2 Il est acquis que les parties, qui n'ont pas conclu de contrat de mariage, étaient 
soumises au régime légal de la participation aux acquêts (art. 181 CC). 

 Ce régime comprend les acquêts et les biens propres de chaque époux 

(art. 196 CC). Les acquêts sont les biens acquis par un époux à titre onéreux 

pendant le régime, notamment le produit de son travail ou les biens acquis en 

remploi de ses acquêts (art. 197 al. 1 et al. 2 ch. 1 et 5 CC). Tout bien d'un époux 

est présumé acquêt sauf preuve du contraire (art. 200 al. 3 CC). 

 Les acquêts et les biens propres de chaque époux sont disjoints dans leur 

composition au jour de la dissolution du régime (art. 207 al. 1 CC), laquelle 

rétroagit au jour du dépôt de la demande en divorce, soit en l'espèce au 

29 juin 2012 (art. 204 al. 2 CC). 

 Les biens des époux sont estimés à leur valeur vénale. Cette valeur est, s'agissant 

des acquêts, en principe arrêtée au moment de la liquidation du régime 

matrimonial (art. 211 et 214 al. 1 CC). Si l'estimation intervient dans une 

procédure judiciaire, le jour où le jugement est rendu est déterminant (ATF 121 III 

152). 

 Chaque époux a droit à la moitié du bénéfice de l'autre (art. 215 al. 1 CC), calculé 

en déduisant de leurs acquêts respectifs les dettes qui les grèvent (art. 210 

al. 1 CC); les créances sont compensées (art. 215 al. 2 CC). Il n'est pas tenu 

compte d'un déficit (art. 210 al. 2 CC). 

 4.3 Si l'existence d'un bien dans le patrimoine d'un des époux est contestée, en 
particulier à la liquidation, le fardeau de la preuve est régi par l'art. 8 CC 

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(STEINAUER, in Code civil I, Commentaire romand, Bâle 2010, n° 3 ad 

art. 200 CC; ATF 125 III 1 consid. 3; 118 II 27 consid. 2), selon lequel chaque 

partie doit, si la loi ne prescrit le contraire, prouver les faits qu'elle allègue pour en 

déduire son droit. 

 Les règles de la bonne foi (art. 2 CC et art. 52 CPC) obligent la partie adverse à 

coopérer à la procédure probatoire (cf. ATF 119 II 305 consid. 1b/aa et les réf. 

citées). Cette obligation, de nature procédurale, ne touche par contre pas au 

fardeau de la preuve et il n'implique nullement un renversement de celui-ci (arrêt 

du Tribunal fédéral 4A_253/2008 du 14 octobre 2008 consid. 4.1), mais le 

tribunal tient compte du refus de collaborer lors de l'appréciation des preuves  

(cf. art. 164 CPC; arrêts du Tribunal fédéral 5A_730/2013 du 24 avril 2014 

consid. 6.2; 4A_257/2014 du 29 septembre 2014 consid. 3.5). 

 L'art. 164 CPC ne précise pas les conclusions que le tribunal doit tirer, dans 

l'appréciation des preuves, d'un refus de collaborer. Il n'est notamment pas prescrit 

que le tribunal devrait nécessairement en déduire que les allégués de la partie 

adverse sont véridiques. Ainsi, le refus injustifié de collaborer ne constitue qu'une 

circonstance parmi d'autres à prendre en considération dans la libre appréciation 

des preuves (art. 157 CPC). L'on ne peut reprocher aucune violation de ce 

principe de la libre appréciation des preuves au tribunal qui a considéré que le 

refus d'une partie de produire des documents doit certes être apprécié en sa 

défaveur, mais que cette sanction ne doit pas aller au-delà de ce qui est nécessaire, 

et que si le dossier permet de se forger une idée claire, il faut se fonder sur ledit 

dossier (ATF 140 III 264 consid. 2.3 traduit in CPC Annoté Online, ad 

art. 164 CPC). 

 4.4 En l'espèce, il n'est pas contesté que les avoirs bancaires des parties s'élevaient 
à 1'995 fr. 90 pour l'intimée et à 3'642 fr. 20 pour l'appelant, au 30 juin 2012, date 

de la dissolution du régime matrimonial.  

 S'agissant de l'appartement du Caire où les parties et leurs enfants ont logé durant 

six mois, entre 1994 et 1995, l'intimée soutient que l'appelant en était le 

propriétaire, alors que ce dernier affirme n'avoir fait que louer cet appartement. 

L'existence de ce bien dans le patrimoine de l'appelant étant contestée, il 

appartenait à l'intimée de prouver ce qu'elle alléguait en vertu du fardeau de la 

preuve lui incombant (art. 8 CC) ou du moins d'étayer ses allégations par des 

éléments concrets. Face à la preuve d'un fait négatif, à savoir la non propriété d'un 

second appartement, l'intimée ne pouvait se contenter d'invoquer des difficultés 

probatoires. En l'absence d'indice approprié et sur la base des seules allégations de 

l'intimée, la Cour ne peut retenir que l'appelant était, au moment de la dissolution 

du régime matrimonial, propriétaire d'un second bien immobilier au Caire.  

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Il est en revanche constant que l'appelant y est propriétaire d'un premier 

appartement, qu'il allègue avoir acheté en 1982 pour le prix de 8'000 fr., tout en 

affirmant que sa construction n'a jamais été terminée et qu'il n'a aucune valeur. Or, 

malgré son obligation de collaborer et les injonctions qui lui ont été faites à 

plusieurs reprises par le premier juge, l'appelant n'a fourni aucun document relatif 

à cet immeuble au motif qu'il n'en existerait pas. Si cette allégation n'est pas 

dénuée de toute vraisemblance en ce qui concerne l'impossibilité d'obtenir un 

extrait d'un registre officiel égyptien, l'existence d'un tel registre n'étant pas 

établie, il ne peut en revanche lui être accordé foi en tant qu'elle concerne d'autres 

documents de nature à établir le prix d'achat ainsi que l'état et la valeur actuelle de 

cet immeuble. Force est ainsi de constater que l'appelant n'a pas même indiqué 

l'adresse de l'immeuble litigieux, ce qui aurait au moins permis à l'intimée 

d'obtenir des informations à son sujet. Il apparaît par ailleurs invraisemblable que 

l'achat de cet immeuble n'ait pas été formalisé d'une manière ou d'une autre dans 

un acte mentionnant son prix, acte qui n'a pas été produit. Enfin, l'appelant n'a 

fourni aucune pièce (photographie, procès-verbal de constat, ou même témoignage 

écrit) à l'appui de son allégation selon laquelle l'appartement serait toujours en 

construction.  

L'attitude de l'appelant est ainsi constitutive d'un refus injustifié de collaborer, au 

sens de l'art. 164 CPC. Se fondant sur cette disposition, la Cour tiendra pour 

établie l'allégation de l'intimée selon laquelle l'immeuble litigieux a été acquis par 

l'appelant pour le prix de 50'000 fr. Il faut en effet considérer que si ce montant 

avait été supérieur au prix d'achat effectivement payé, l'appelant n'aurait pas 

manqué de produire un titre établissant ce véritable prix : sa carence à cet égard 

doit dès lors être interprétée comme signifiant que son prix effectif était égal ou 

supérieur à celui allégué par l'intimée. 

Il n'existe pour le surplus aucun motif de retenir que la valeur de cet immeuble se 

serait modifiée depuis son acquisition. L'intimée, qui soutient que cette valeur 

aurait considérablement augmenté, n'a fourni à cet égard aucun élément de preuve 

ni indice alors que l'on pouvait attendre d'elle qu'elle le fasse : il lui était en effet 

possible, même sans connaître les particularités de l'immeuble, de produire des 

pièces (statistiques officielles, articles de journaux, etc.) établissant que les prix de 

l'immobilier en Egypte, plus particulièrement dans la région concernée, avaient 

connu une évolution à la hausse depuis 1982. L'assertion de l'appelant selon 

laquelle son bien ne vaudrait rien, outre qu'elle ne paraît guère vraisemblable, doit 

être écartée pour des motifs similaires : il lui aurait en effet été aisé de donner 

suite à l'injonction du premier juge en produisant la ou les pièces permettant d'en 

établir la valeur actuelle. Il y a dès lors lieu de considérer que la valeur vénale 

actuelle de l'immeuble appartenant à l'appelant correspond à son prix d'achat de 

l'époque, soit 50'000 fr.  

- 11/17 - 

 

C/13569/2012 

 Au vu de ce qui précède, le bénéfice d'acquêts de l'intimée s'élève à 1'995 fr. 90 et 

celui de l'appelant à 53'642 fr. 20. Chaque époux ayant droit à la moitié du 

bénéfice de l'autre, après compensation (art. 215 CC), l'intimée a envers l'appelant 

une créance de 25'823 fr. 15 à titre de liquidation du régime matrimonial. 

 Le jugement de première instance sera donc modifié sur ce point.  

5. L'appelant fait grief au premier juge de l'avoir condamné à verser à l'intimée la 
somme de 65'000 fr. à titre d'indemnité équitable au sens de l'art. 124 CC, alors 

que sa situation tant financière que médicale est catastrophique et que l'intimée a 

les moyens de se constituer une prévoyance professionnelle, dans la mesure où 

elle a déclaré pouvoir travailler auprès de personnes âgées, si elle pouvait d'abord 

suivre une formation complémentaire. A titre subsidiaire, il relevait que le premier 

juge avait violé le principe de ne ultra petita en octroyant à l'intimée plus que ce à 

quoi elle concluait à ce titre. 

 5.1.1 Les prestations de sortie de la prévoyance professionnelle des époux doivent 
en principe être partagées entre eux par moitié (art. 122 CC). Lorsqu'un cas de 

prévoyance est déjà survenu pour l'un des époux ou les deux, ou quand les 

prétentions en matière de prévoyance professionnelle acquises durant le mariage 

ne peuvent être partagées pour d'autres motifs, une indemnité équitable est due 

(art. 124 al. 1 CC). Exceptionnellement, le juge peut refuser le partage, en tout ou 

en partie, lorsque celui-ci s'avère manifestement inéquitable pour des motifs 

tenant à la liquidation du régime matrimonial ou à la situation économique des 

époux après le divorce (art. 123 al. 2 CC). Cette possibilité doit également être 

prise en compte dans le cadre de la fixation de l'indemnité équitable de 

l'art. 124 CC (ATF 129 III 481 consid. 3.3; arrêt du Tribunal fédéral 5A_862/2012 

du 30 mai 2013 consid. 5.3.1). 

 L'art. 123 al. 2 CC est d'application restrictive; à défaut, on viderait de sa 
substance le principe du partage par moitié (ATF 136 III 449 consid. 4.4.1; 135 III 

153 consid. 6.1). Un refus entre également en considération lorsque, dans un cas 

concret et en présence d'un état de fait comparable ou semblable à celui décrit à 

l'art. 123 al. 2 CC, une indemnité violerait l'interdiction de l'abus manifeste d'un 

droit (art. 2 al. 2 CC). En revanche, il n'y a pas de place pour d'autres motifs de 

refus (ATF 136 III 449 consid. 4.5.1; 133 III 497 consid. 4.7; arrêt du Tribunal 

fédéral 5A_46/2011 du 28 juin 2011 consid. 3.4.2). 

 5.1.2 En l'espèce, il n'est pas contesté que les parties bénéficient toutes deux 
d'avoirs de prévoyance et qu'un cas de prévoyance est survenu, ce qui implique 

que seule une indemnité équitable au sens de l’art. 124 al. 1 CC peut entrer en 

ligne de compte. 

 L'intimée, qui a 56 ans et a en partie cessé de travailler durant la vie commune 
pour s'occuper des enfants et pour suivre son époux en Egypte, a de surcroît 

- 12/17 - 

 

C/13569/2012 

irrégulièrement travaillé dans divers emplois à temps partiel depuis leur retour en 

Suisse. Après avoir perçu des prestations de l'assurance-chômage, elle bénéficie 

désormais de prestations de l'assistance sociale pour subvenir à ses besoins. Pour 

autant qu'elle ait des chances de réinsertion dans le monde du travail, elle ne sera 

manifestement pas en mesure de combler entièrement ses lacunes de prévoyance 

d'ici l'âge de sa retraite. De plus, le résultat de la liquidation du régime 

matrimonial en 25'823 fr. 15 fr. ou la contribution d'entretien de 280 fr. par mois 

due par l'appelant serviront à couvrir en partie les besoins courants de l'intimée et 

ne comprennent donc pas de part destinée à lui constituer un avoir vieillesse. 

 Vu les montants respectifs accumulés, les expectatives de l'intimée à l'égard de sa 
caisse de prévoyance seront inférieures à ce que percevra l'appelant à sa retraite au 

titre de rente d'invalidité LPP. Par conséquent, le versement d'une indemnité 

équitable ne conduirait pas à une disproportion manifeste dans leur prévoyance, 

mais permettrait au contraire de rétablir un certain équilibre. Le versement d'une 

indemnité équitable à l'intimée ne peut dès lors pas être refusé, sur le principe, 

dans le cadre de l'art. 123 al. 2 CC. 

 5.2.1 Dans la détermination du montant de l'indemnité équitable au sens de 
l'art. 124 CC, le juge doit appliquer les règles du droit et de l'équité (art. 4 CC; 

ATF 131 III 1 consid. 4.2; 129 III 481 consid. 3.4), c'est-à-dire prendre en 

considération toutes les circonstances importantes du cas concret (arrêt du 

Tribunal fédéral 5A_892/2013 du 29 juillet 2014 consid. 6.2.1). 

 Pour calculer, dans un premier temps, le montant virtuel de la prestation de sortie 

à partager par moitié entre les époux, il faut, comme à l'art. 122 CC, se placer au 

moment du prononcé du divorce et considérer l'ensemble de la durée du mariage, 

sans prendre en compte la période de suspension de la vie commune; puis, dans 

un second temps, et dans la mesure où cela est possible en l'espèce, calculer 

l'indemnité équitable à partir de l'option de base du législateur à l'art. 122 CC, à 

savoir que les avoirs de prévoyance doivent être partagés par moitié entre les 

époux. Il faut cependant éviter tout schématisme consistant à partager par moitié 

l'avoir de prévoyance : la disposition de l'art. 124 CC, parce qu'elle contient 

l'expression "équitable", invite objectivement à la souplesse. Il faut donc tenir 

compte notamment de la situation patrimoniale des parties après le divorce, et 

spécialement prendre en considération des critères comme les besoins personnels 

et la capacité contributive du débiteur ou comme les besoins de prévoyance du 

bénéficiaire (ATF 136 V 225 consid. 5.4; 133 III 401 consid. 3.2 et les réf. citées; 

131 III 1 consid. 4.2; arrêt du Tribunal fédéral 5A_892/2013 du 29 juillet 2014 

consid. 6.2.2). Si le cas de prévoyance est intervenu peu de temps avant l'entrée en 

force du divorce, le montant de l'indemnité doit en principe correspondre à ce qui 

aurait été dû s'il avait fallu partager par moitié les prestations de sortie (ATF 133 

III 401 consid. 3.3; arrêt du Tribunal fédéral 5A_623/2007 du 4 février 2008 

- 13/17 - 

 

C/13569/2012 

consid. 3; BAUMANN/LAUTERBURG, in FamKomm Scheidung, 2
ème

 édition, 2011, 

tome I, n° 62b ad art. 124 CC). 

 L'art. 123 al. 1 CC, selon lequel la renonciation par l'un des époux à son droit au 

partage est soumis à la condition qu'il puisse bénéficier d'une autre manière d'une 

prévoyance vieillesse et invalidité équivalente, est également applicable au droit à 

une indemnité équitable selon l'art. 124 CC (ATF 137 III 49 consid. 3.1; arrêt du 

Tribunal fédéral 5A_623/2007 du 4 février 2008 consid. 4.1 et 5.1). Le juge ne 

peut ainsi donner suite aux conclusions d'un époux par lesquelles il renonce 

totalement ou partiellement à son droit à une indemnité équitable qu'après s'être 

assuré qu'il dispose d'une prévoyance vieillesse équivalente. Les art. 122 à 124 

CC répondent en effet à un intérêt public, consistant à éviter que l'un des époux se 

retrouve sans prévoyance suffisante à l'âge de la retraite. 

 Au gré des circonstances de l'espèce, le juge peut fixer l'indemnité équitable sous 

forme de capital, le cas échéant payable par mensualités, ou, lorsque le débirentier 

ne dispose pas du patrimoine pour s'en acquitter, d'une rente (ATF 132 III 145 

consid. 4.2 ss; 131 III 1 consid. 4.3.1 et les réf. citées; arrêt du Tribunal fédéral 

5C.6/2006 du 31 mars 2006 consid. 4.1). 

Aux termes de l'art. 58 al. 1 CPC, le tribunal ne peut accorder à une partie ni plus 

ni autre chose que ce qui est demandé, ni moins que ce qui est reconnu par la 

partie adverse. Dans les procédures régies par la maxime des débats, lorsque la 

demande tend à l'allocation de divers postes de dommage reposant sur la même 

cause, le tribunal n'est lié que par le montant total réclamé. Il peut donc - dans des 

limites à fixer de cas en cas - allouer davantage pour un des éléments du 

dommage et moins pour un autre (ATF 119 II 396 consid. 2; arrêt du Tribunal 

fédéral 5A_924/2013 du 20 mai 2014 consid. 8.2).  

 5.2.2 En l’espèce, les avoirs de prévoyance de l'appelant se montaient à 
147'435 fr. 10 lors de la survenance du cas de prévoyance, soit depuis qu'il perçoit 

une rente AI complète, dès juin 2011. Ceux de l'intimée s'élevaient à 16'368 fr. 97. 

 Si l’on se réfère au principe du partage par moitié prévu par l’art. 122 CC et avant 

toute éventuelle adaptation aux besoins concrets de prévoyance des parties, c’est 

ainsi à une somme maximale de 65'533 fr. 05 que pourrait prétendre l'intimée 

([147'435 fr. 10 – 16'368 fr. 97] / 2). Ni ce montant ni son mode de calcul ne sont 

remis en cause en appel, l'appelant se bornant à soutenir qu'il ne dispose pas des 

moyens nécessaires pour s'en acquitter et qu'en le condamnant à le verser à 

l'intimée le premier juge aurait statué ultra petita. 

 Sur ce second point, l'argumentation de l'appelant est mal fondée : s'il est exact en 

effet que les conclusions en matière d'indemnité équitable sont en principe régies 

par la maxime de disposition, ce qui interdit au juge d'octroyer à une partie plus 

ou autre chose que ce qu'elle a demandé, il n'en reste pas moins que la 

- 14/17 - 

 

C/13569/2012 

renonciation par un époux à une partie de l'indemnité équitable devant lui revenir 

est subordonnée à l'existence, dont le juge doit s'assurer, d'une autre prévoyance 

vieillesse équivalente. Dans le cas d'espèce, l'intimée, en concluant tant en 

première instance qu'en appel à l'octroi d'une indemnité équitable ne s'élevant qu'à 

31'902 fr. 05, a tacitement renoncé à une partie du montant devant normalement 

lui revenir. Le premier juge ne pouvait donc se borner à faire droit à ses 

conclusions sans préalablement vérifier qu'elle disposerait, d'une autre manière, 

d'une prévoyance vieillesse équivalente. Or, tel n'était manifestement pas le cas, 

l'intimée n'ayant accumulé que des avoirs de prévoyance modestes et la 

liquidation du régime matrimonial ne lui procurant, selon le raisonnement du 

premier juge, qu'un montant encore plus modeste. C'est donc à juste titre que le 

Tribunal ne s'est pas considéré comme lié par les conclusions de l'intimée sur le 

montant de l'indemnité équitable devant lui revenir.  

 Il reste ainsi à examiner si l'octroi à l'intimée d'une indemnité équitable de  

65'533 fr. 05, telle que fixée par le premier juge, est compatible avec la capacité 

contributive de l'appelant (art. 123 al. 2 CC; cf. supra consid. 5.1.1 et 5.2.1).  

 Celui-ci perçoit des revenus de 3'867 fr. 60 par mois pour des charges mensuelles 

s'élevant à 3'579 fr. 90. Il bénéficie ainsi d'un disponible mensuel de 287 fr. 70, 

lequel sera toutefois consacré à hauteur de 280 fr. par mois au paiement de la 

contribution d'entretien qu'il a été condamné à verser à l'intimée, dont ni le 

principe ni le montant ne sont plus litigieux en appel. Il ne lui est donc pas 

possible de s'acquitter d'une quelconque indemnité au moyen de ses revenus.  

 L'appelant dispose toutefois d'une fortune s'élevant à 53'642 fr. 20 comprenant, 

outre les liquidités déposées sur son compte bancaire, un immeuble situé en 

Egypte. Après versement à l'intimée du montant lui revenant au titre de 

liquidation du régime matrimonial, soit 25'823 fr. 15, il lui restera un patrimoine 

de 27'819 fr. 05 (53'642 fr. 20 – 25'823 fr. 15). C'est donc au montant arrondi de 

28'000 fr., qui constitue le plafond de la capacité contributive de l'appelant, que 

sera arrêtée l'indemnité équitable due à l'intimée.  

6. Les frais judiciaires sont mis à la charge de la partie succombante (art. 95 et 106 
1

ère
 phrase CPC). Lorsqu'aucune des parties n'obtient entièrement gain de cause, 

les frais sont répartis selon le sort de la cause (art. 106 al. 2 CPC). La Cour peut 

s'écarter des règles générales et répartir les frais selon sa libre appréciation, 

notamment lorsque le litige relève du droit de la famille (art. 107 al. 1 let. c CPC). 

 6.1 Les frais et dépens de première instance ne sont pas contestés, de sorte qu'ils 
seront sans autre confirmés.  

 6.2 Les frais judiciaires de la procédure d'appel sont fixés à 6'000 fr. (art. 30 et 
35 RTFMC), l'avance de 3'000 fr. fournie par l'appelant restant acquise à l'Etat 

- 15/17 - 

 

C/13569/2012 

(art. 111 al. 1 CPC), et mis à la charge des parties à parts égales entre elles, pour 

des motifs d'équité liés à la nature du litige.  

 L'intimée plaidant au bénéfice de l'assistance judiciaire, sa part des frais 

judiciaires sera provisoirement laissée à la charge de l'Etat (art. 122 al. 1 let. b et 

123 CPC; art. 19 du Règlement sur l'assistance juridique [RAJ; E 2 05.04]).  

 En raison des motifs d'équité susmentionnés, chaque partie supportera ses propres 

dépens (art. 107 al. 1 let. c CPC).  

* * * * * 

- 16/17 - 

 

C/13569/2012 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevables l'appel interjeté le 3 février 2014 par A______ contre le chiffre 3 du 

dispositif du jugement JTPI/16573/2013 rendu le 12 décembre 2013 par le Tribunal de 

première instance dans la cause C/13569/2012-17, ainsi que l'appel joint interjeté le 

27 mai 2014 par B______ contre les chiffres 3 et 4 du dispositif dudit jugement. 

Au fond : 

Annule les chiffres 3 et 4 du dispositif du jugement entrepris. 

Cela fait et statuant à nouveau sur ces points : 

Condamne A______ à verser à B______ le montant de 28'000 fr. au titre d'indemnité 

équitable au sens de l'art. 124 CC. 

Condamne A______ à verser à B______ le montant de 25'823 fr. 15 au titre de 

liquidation du régime matrimonial. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Confirme les chiffres 6 et 7 du dispositif du jugement entrepris. 

Arrête les frais judiciaires d'appel à 6'000 fr. et les met à charge des parties à parts 

égales entre elles. 

Dit que la part des frais judiciaires de A______, en 3'000 fr., est compensée par l'avance 

fournie par lui, acquise à l'Etat, et que celle de B______, en 3'000 fr. également, est 

supportée provisoirement par l'Etat de Genève. 

Dit que chaque partie supporte ses propres dépens d'appel. 

Siégeant : 

Madame Valérie LAEMMEL-JUILLARD, présidente; Madame Nathalie LANDRY-BARTHE 

et Monsieur Patrick CHENAUX, juges; Madame Audrey MARASCO, greffière. 

La présidente : 

Valérie LAEMMEL-JUILLARD 

 
La greffière : 

Audrey MARASCO 

- 17/17 - 

 

C/13569/2012 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF ; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 

30'000 fr.