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**Case Identifier:** 08d7476e-8ca3-5a63-933c-cccf51c9eabc
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2010-12-13
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 13.12.2010 D-8319/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-8319-2010_2010-12-13.pdf

## Full Text

Bundesverwaltungsgericht

Tribunal administratif fédéral

Tribunale amministrativo federale

Tribunal administrativ federal

Cour IV
D-8319/2010

Arrêt du 13 décembre 2010

Composition Gérald Bovier, juge unique, 
avec l'approbation de Jean-Pierre Monnet, juge ;
Jean-Bernard Moret-Grosjean, greffier.

Parties A._______, Mali,
représenté par B._______,
recourant, 

contre

Office fédéral des migrations (ODM),
Quellenweg 6, 3003 Berne-Wabern,  
autorité inférieure. 

Objet Asile (non-entrée en matière) et renvoi ; décision de l'ODM 
du 26 novembre 2010 / (…).

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Vu

la demande d'asile que l'intéressé a déposée le 15 novembre 2010,

le document qui lui a été remis le même jour, dans lequel l'ODM attirait 
son attention sur la nécessité de déposer dans les 48 heures ses 
do�cuments de voyage ou ses pièces d'identité et sur l'issue éven�tuelle 
de la procédure en l'absence de réponse concrète à cette injonction,

les procès-verbaux des auditions des 18 et 26 novembre 2010,

la non-production de tout document de légitimation,

la décision du 26 novembre 2010, notifiée oralement au terme de 
l'au�dition sur les motifs de la demande d'asile,

le recours du 2 décembre 2010, assorti de demandes d'exonération d'une 
avance de frais et d'assistance judiciaire partielle,

et considérant

que sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 de la loi du 
17 juin 2005 sur le Tri�bunal adminis�tratif fédéral (LTAF, RS 173.32), le 
Tribu�nal administratif fédéral (le Tribunal) connaît des recours contre les 
dé�cisions au sens de l'art. 5 de la loi fé�dérale du 20 décembre 1968 
sur la procédure adminis�trative (PA, RS 172.021) prises par les 
autorités mention�nées à l'art. 33 LTAF (art. 31 LTAF),

qu'il statue en particulier de manière définitive sur les re�cours formés 
contre les dé�cisions rendues par l'ODM en matière d'asile et de renvoi 
de Suisse (art. 105 en relation avec l'art. 6a al. 1 de la loi sur l'asile du 
26 juin 1998 [LAsi, RS 142.31], art. 33 let. d LTAF et art. 83 let. d ch. 1 de 
la loi du 17 juin 2005 sur le Tribu�nal fédéral [LTF, RS 173.110] ; 
ATAF 2007/7 consid. 1.1 p. 57),

qu'il examine librement en la matière l'application du droit public fédé�ral, 
la consta�tation des faits et l'opportunité, sans être lié par les 
argu�ments invo�qués à l'appui du recours (art. 106 al. 1 LAsi et 62 
al. 4 PA par ren�voi des art. 6 LAsi et 37 LTAF) ni par la motivation 
retenue par l'autorité de première instance (ATAF 2009/57 consid. 1.2 
p. 798 ; cf. dans le même sens Jurispru�dence et informations de la 

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Com�mission suisse de re�cours en matière d'asile [JICRA] 2002 n° 1 
consid. 1a p. 5, JICRA 1994 n° 29 consid. 3 p. 206s.) ; qu'il peut ainsi 
admettre un recours pour un autre motif que ceux invo�qués devant lui 
ou rejeter un recours en adoptant une argu�mentation diffé�rente de 
celle de l'autorité intimée,

que dans le but d'accélérer la procédure, la LAsi permet la notification 
orale de décisions finales moyennant le respect de certaines condi�tions 
formelles et matérielles (cf. dans ce sens ATAF 2010/3 consid. 3 p. 34ss), 
lesquelles sont en l'occurrence remplies,

que l'intéressé a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA) et que son 
re�cours est recevable (art. 52 al. 1 PA et 108 al. 2 LAsi),

qu'entendu sur ses motifs, il a déclaré pour l'essentiel avoir quitté son 
pays en (...), après avoir provoqué un accident en empruntant sans 
autorisation la voiture de son oncle, perdu la maîtrise de celle-ci et heurté 
des enfants ; que pris de panique, il se serait enfui sans s'in�quiéter du 
sort de ceux-ci ; qu'il aurait gagné la Suisse après avoir transité et 
séjourné dans plusieurs pays, africains et européens, en étant dé�muni 
de toute pièce de légitimation,

que dans sa décision fondée sur l'art. 32 al. 2 let. a LAsi, l'ODM a 
rete�nu que l'intéressé n'avait pas remis de docu�ments d'identité ou de 
voyage valables et qu'aucune des ex�ceptions vi�sées par l'art. 32 
al. 3 LAsi n'était réali�sée ; qu'il a ainsi re�fusé d'en�trer en matière sur 
sa de�mande d'asile, prononcé son renvoi et ordon�né l'exécution de 
cette mesure,

que dans son recours, l'intéressé a soutenu que ses déclarations étaient 
fondées, qu'elles correspondaient à la réalité et qu'il encourait de 
sé�rieux préjudices en cas de renvoi ; qu'il a conclu principa�lement à 
l'annula�tion de la décision de l'ODM, et subsidiairement à la 
constata�tion du caractère inexigible, voire illicite, de l'exécution de son 
renvoi,

qu'en vertu de l'art. 32 al. 2 let. a LAsi, il n'est pas entré en matière sur 
une demande d'asile si le requérant ne remet pas aux autorités, dans un 
délai de 48 heures après le dépôt de sa demande d'asile, ses 
docu�ments de voyage ou ses pièces d'identité ; que cette disposition 
n'est toutefois pas applicable lorsqu'une des conditions de nature 
alternati�ve posées par l'art. 32 al. 3 LAsi est remplie,

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qu'on entend, par document de voyage, tout document officiel 
autori�sant l'entrée dans l'État d'origine ou dans d'autres États, tel qu'un 
pas�seport ou un document de voyage de remplacement (art. 1a let. b 
de l'ordonnance 1 sur l'asile du 11 août 1999 [OA 1, RS 142.311], et par 
pièce d'identité ou papier d'identité, tout document officiel comportant une 
photographie délivré dans le but de prouver l'identité du détenteur (art. 1a 
let. c OA 1),

que les notions de documents de voyage et de pièces d'identité sont  
ainsi à interpréter de manière restrictive ; que seuls sont visés les 
do�cuments qui permettent une identification certaine et qui assurent le 
rapatriement dans le pays d'origine sans grandes formali�tés 
adminis�tratives (ATAF 2007/7 consid. 4-6 p. 58ss),

que pour sa part, la notion de motifs excusables figurant à l'art. 32 al. 3 
let. a LAsi n'a pas changé et le sens qui lui a été conféré 
anté�rieurement au 1er janvier 2007 reste d'actua�lité (ATAF 2007/8 
consid. 3.2 p. 74s. ; JICRA 1999 n° 16 consid. 5c/aa p. 109s.),

que dans une jurisprudence récente, le Tribunal a toutefois précisé ce 
qu'il fal�lait entendre par motifs excusables ; que dans ce contexte, est 
déter�minante la crédibilité générale du requérant en lien avec le récit 
pré�senté du voyage jusqu'en Suisse et avec les explications fournies 
sur le sort réservé à ses documents d'identité ; que l'on peut en 
parti�culier retenir l'existence de motifs excusables si l'attitude du 
requérant per�met de conclure qu'il n'essaie pas de manière abusive de 
prolonger son séjour en Suisse en ne produisant pas les documents 
requis (ATAF 2010/2 consid. 6 p. 28s.),

qu'en l'espèce, l'intéressé n'a déposé ni ses documents de voyage ni ses 
pièces d'identité dans un délai de 48 heures après le dépôt de sa 
demande d'asile ; qu'en outre, il n'a pas rendu vraisemblable qu'il avait 
des mo�tifs excu�sables de ne pas avoir été à même d'en déposer en 
temps uti�le ; que ses propos relatifs aux circonstances dans lesquelles il 
aurait quitté son pays pour se rendre dans des États où il aurait 
sé�journé et travaillé pendant plusieurs mois, voire pendant près d'une 
année, sans jamais disposer de pièce de légitimation, avant de gagner la 
Suisse via C._______, toujours sans documents de voyage, empêchent 
précisé�ment d'admettre toute vraisemblance en la matière et 
auto�risent à pen�ser qu'il dissimule celles dans lesquelles il a 
véri�tablement voyagé ; que dans ces condi�tions, la premiè�re des 
ex�ceptions pré�vues par l'art. 32 al. 3 LAsi ne s'appli�que pas,

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qu'il y a lieu d'examiner la deuxiè�me de ces excep�tions et de 
détermi�ner si la qualité de réfugié est établie au terme de l'audition, 
conformé�ment aux art. 3 et 7 LAsi (art. 32 al. 3 let. b LAsi),

qu'avec la réglementation prévue à l'art. 32 al. 2 let. a et à l'art. 32 
al. 3 LAsi, le législateur n'a pas seulement souhaité introduire une 
for�mulation plus restrictive s'agissant de la qualité des papiers 
d'identi�té à pro�duire ; qu'il a égale�ment voulu, avec le libellé de 
l'art. 32 al. 3 let. b LAsi, se montrer plus strict en relation avec le degré de 
preuve et le pouvoir d'examen ; qu'il a introduit une procédure d'exa�men 
matériel som�maire et définitif de l'existence ou non de la qualité de 
réfugié (ATAF 2007/8 consid. 3-5 p. 74ss),

que les allégations de l'intéressé ne constituent que de sim�ples 
affir�mations de sa part, largement inconsistantes, qu'aucun élément 
concret ni moyen de preuve ne viennent étayer ; qu'en outre, elles ne 
satisfont pas aux exi�gences de l'art. 3 LAsi, à supposer que leur 
vrai�semblance soit admise ; que les éventuelles sanctions que celui-ci 
en�courrait pour avoir provoqué un accident de la circulation et blessé, 
voire tué un ou des enfants, ne constitueraient pas des per�sécutions au 
sens de l'art. 3 LAsi, mais tout au plus les conséquences d'un acte pour 
lequel sa responsabilité personnelle (pénale et civile) serait en�gagée,

qu'au demeurant, si l'intéressé craint également de subir des préju�dices 
de la part de tiers, qu'il s'agisse de son oncle ou des parents des 
éventuels en�fants blessés ou tués, il lui appartient, compte tenu du 
ca�ractère subsidiaire de la protection internationale par rapport à la 
pro�tection nationale, lorsque celle-ci existe et qu'elle peut être requise, 
de s'adresser en premier lieu aux autorités de son pays ; que rien 
n'in�dique, en l'état, que celles-ci refuseraient d'assurer sa sécurité ou 
qu'elles ne pourraient et voudraient le faire,

que les déclarations de l'intéressé ne satisfaisant manifestement pas, 
dans leur en�semble, aux exigences requises pour la recon�naissance 
de la qualité de réfu�gié, l'exception prévue à l'art. 32 al. 3 let. b LAsi ne 
s'appli�que pas,

qu'il en va de même de celle de l'art. 32 al. 3 let. c LAsi ; qu'il n'y a pas 
lieu en effet de procéder à des mesures d'instruction complé�mentaires 
pour établir la qualité de réfugié de l'intéressé, vu ce qui pré�cède,

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qu'il n'y a pas lieu non plus de procéder à d'autres mesures d'instruc�tion 
pour constater l'existence d'un empêchement à l'exécution du ren�voi, 
sous l'angle de la licéité (ATAF 2009/50 consid. 6.4.1 à 8.4 p. 726ss) ; 
que la situation, telle que res�sortant clairement des actes de la cause, 
ne le justifie pas,

que l'intéressé n'ayant pas établi l'existence de sérieux préjudices au 
sens de l'art. 3 LAsi, il ne peut se prévaloir de l'art. 5 al. 1 LAsi (prin�cipe 
de non-refoulement) ; qu'il n'a pas non plus établi qu'il risquait d'être 
soumis, en cas de ren�voi, à un trai�tement prohibé par l'art. 3 de la 
Conven�tion du 4 novembre 1950 de sauve�garde des droits de 
l’hom�me et des libertés fondamen�tales (CEDH, RS 0.101) ou par 
l'art. 3 de la Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres 
peines ou traite�ments cruels, inhu�mains ou dégradants (Conv. torture, 
RS 0.105), imputable à l'homme ; qu'une simple pos�sibilité de mauvais 
trai�tements ne suffit pas ; que la per�sonne concer�née doit rendre 
hau�tement probable qu'elle serait vi�sée directement par des mesures 
in�compatibles avec les dispositions conventionnelles précitées (cf. dans 
ce sens JICRA 2005 n° 4 consid. 6.2. p. 40, JICRA 2004 n° 6 consid. 7a 
p. 40, JICRA 2003 n° 10 consid. 10a p. 65s., JICRA 2001 n° 17 
consid. 4b p. 130s., JICRA 2001 n° 16 consid. 6a p. 121s., JICRA 1996 
n° 18 consid. 14b/ee p. 186s.) ; que tel n'est pas le cas en l'occurrence,

que l’ODM a ainsi refusé à juste titre d'entrer en ma�tière sur la 
de�mande d’asile ; que sur ce point, le recours doit être reje�té et le 
dispo�sitif de la déci�sion du 26 novembre 2010 confirmé,

que lorsqu'il refuse d'entrer en matière sur une demande d'asile, l'ODM 
prononce en principe le renvoi de Suisse et en ordonne l'exécu�tion (art. 
44 al. 1 LAsi) ; qu'aucune ex�ception à la règle générale du renvoi 
n'étant réalisée (art. 32 OA 1), le Tribunal est tenu, de par la loi, de 
confir�mer cette mesure (cf. dans ce sens JICRA 2001 n° 21 p. 168ss),

que comme relevé ci-dessus, l'exécution du renvoi est li�cite (art. 44 
al. 2 LAsi et 83 al. 3 de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les 
étran�gers [LEtr, RS 142.20]),

qu'elle est également raisonnablement exigible (art. 44 al. 2 LAsi et 83 
al. 4 LEtr) ; que le Mali ne connaît pas une situation de guerre, de 
guer�re ci�vile ou de vio�lence générali�sée qui permettrait de 
présu�mer à propos de tous les requé�rants en pro�venant l'existence 
d'une mise en danger concrète au sens des dispositions précitées,

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qu'il ne ressort pas non plus du dossier que l'intéressé pourrait être mis 
sérieusement en dan�ger pour des mo�tifs qui lui seraient propres ; qu'il 
est jeune, apte à travailler, qu'il n'a pas al�légué ni établi qu'il souf�frait 
de problèmes de santé et a encore de la parenté sur place, soit autant de 
fac�teurs qui devraient lui per�mettre de se ré�installer sans rencontrer 
d'ex�cessives difficultés,

que l'exécution du renvoi est aussi possible (art. 44 al. 2 LAsi et 83 
al. 2 LEtr) ; qu'il incom�be à l'intéressé, dans le cadre de son obliga�tion 
de collaborer, d'entreprendre les dé�marches nécessai�res pour 
ob�tenir les docu�ments lui permettant de retourner dans son pays 
(art. 8 al. 4 LAsi),

que le recours, en tant qu'il porte sur l'exécution du renvoi, doit être 
re�jeté et le dispositif de la décision entreprise également confirmé sur 
ce point,

qu'au vu de son caractère manifestement infondé, le recours peut être 
rejeté par voie de procédure à juge unique avec l'approbation d'un 
se�cond juge (art. 111 let. e LAsi), sans échange d'écritures (art. 111a 
al. 1 LAsi) et l'arrêt sommairement motivé (art. 111a al. 2 LAsi),

que le présent arrêt rend sans objet la demande d'exonération d'une 
avance de frais,

que, dans la mesure où les conclusions du recours étaient d'emblée 
vouées à l'échec, la demande d'assistance judiciaire partielle est reje�tée 
(art. 65 al. 1 PA) et les frais de procédure sont mis à la charge de 
l'intéres�sé (art. 63 al. 1, 4bis et 5 PA, art. 1, art. 2 et art. 3 let. b du 
règle�ment du 21 février 2008 concer�nant les frais, dépens et 
indemni�tés fixés par le Tribu�nal admi�nistratif fédéral [FITAF, 
RS 173.320.2]),

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(dispositif page suivante)

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le Tribunal administratif fédéral prononce :

1. 
Le recours est rejeté.

2. 
La demande d'exonération d'une avance de frais est sans objet.

3. 
La demande d'assistance judiciaire partielle est rejetée.

4. 
Les frais de procédure, d'un montant de Fr. 600.--, sont mis à la charge 
du recourant. Ce montant doit être versé sur le compte postal du Tribunal 
dans les 30 jours dès l'expédition du présent arrêt.

5. 
Le présent arrêt est adressé au recourant, à l'ODM et à l'autorité 
cantonale compétente.

Le juge unique : Le greffier :

Gérald Bovier Jean-Bernard Moret-Grosjean

Expédition :