# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** edd9f37d-6fcc-5a30-8504-c975d6b2fcb7
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2014-02-27
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 27.02.2014 D-4218/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-4218-2013_2014-02-27.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
 
 
 

 

  

 
 Cour IV 

D-4218/2013 

 

 

 

 A r r ê t  d u  2 7  f é v r i e r  2 0 1 4  

Composition 

 
Claudia Cotting-Schalch (présidente du collège),  

Regula Schenker Senn, Gérald Bovier, juges, 

Chantal Jaquet Cinquegrana, greffière. 

 

 
 

Parties 

 
A._______, né le (…),  

B._______, née le (…), 

C._______, né le (…), 

D._______, née le (…), 

E._______, né le (…), 

F._______, né le (…), 

G._______, né le (…), 

Kosovo,   

représentés par Maître Raphaël Tatti, avocat,  

recourants,  

 
 

 
contre 

 

 
Office fédéral des migrations (ODM),  

Quellenweg 6, 3003 Berne,    

autorité inférieure.  

 

Objet 

 
Exécution du renvoi ; décision de l'ODM du 16 juillet 2013 / 

N (…). 

 

 

D-4218/2013 

Page 2 

Faits : 

A.  

A.a Le 18 décembre 2011, A._______, son épouse B._______ et leurs 

enfants C._______, D._______, E._______, F._______ et G._______, 

ont déposé une demande d'asile en Suisse. 

A.b Entendus sur leurs données personnelles lors d'une audition 

sommaire au Centre d'enregistrement et de procédure (CEP) de Vallorbe, 

le 27 décembre 2011, les intéressés ont fait valoir, pour l'essentiel, être 

d'ethnie rom et avoir vécu légalement en Italie et y avoir travaillé de (…) à 

(…), date de leur retour au Kosovo. En (…) 2009, ils ont déposé une 

demande d'asile en Belgique. Sur ce point, A._______ a précisé qu'ils 

avaient reçu une réponse négative des autorités belges. Les requérants 

ont ajouté que leur mandataire en Belgique avait déposé une seconde 

demande d'asile auprès de celles-ci, mais qu'ils l'avaient retirée et étaient 

partis directement à destination de la Suisse. 

Au cours de leurs auditions, les intéressés ont été entendus sur le 

prononcé éventuel d'une décision de non-entrée en matière quant à leur 

demande d'asile, ainsi que sur leur éventuel transfert en Italie ou en 

Belgique, pays potentiellement responsables pour traiter leurs demandes 

d'asile. 

Ils ont versé au dossier deux passeports ainsi qu'un certificat de 

naissance. 

A.c Le 24 janvier 2012, l'ODM, se fondant sur l'ancien art. 34 al. 2 

let. d de la loi du 26 juin 1998 sur l’asile (LAsi ; RO 2006 4745, 4750), 

lequel a été remplacé le 1
er

 février 2014 par l'art. 31a al. 1 let. b LAsi 

(RS 142.31), n'est pas entré en matière sur la demande d'asile des 

requérants et a prononcé leur transfert vers la Belgique. 

Par arrêt du 15 février 2012, le Tribunal administratif fédéral 

(ci-après : le Tribunal) a déclaré irrecevable le recours introduit, le 

13 février 2012, par les intéressés contre cette décision, en raison de sa 

tardiveté. 

A.d Le 19 mars 2012, les intéressés ont introduit une demande de 

réexamen, à l'appui de laquelle ils ont produit plusieurs certificats 

médicaux portant sur l'état de santé de A._______ et de son épouse. Il 

ressort en particulier de celui établi, le 22 mars 2012, par le médecin 

D-4218/2013 

Page 3 

traitant du requérant qu'il souffre notamment d'une probable maladie (…) 

en cours d'investigations et d'un asthme avec possible composante de 

bronchite chronique obstructive sur tabagisme. 

Le 12 avril 2012, l'ODM n'est pas entré en matière sur la demande de 

réexamen déposée par les intéressés, en raison du non-paiement de 

l'avance de frais requise dans sa décision incidente du 23 mars 2012. 

Par arrêt du 5 juin 2012, le Tribunal a déclaré irrecevable le recours 

introduit, le 10 mai 2012, par les intéressés contre cette décision, pour 

non-paiement de l'avance de frais requise dans sa décision incidente du 

18 mai 2012. 

A.e Le 9 août 2012, l'ODM, constatant que le délai pour effectuer le 

transfert vers la Belgique était échu, et que la responsabilité pour 

l'examen des demandes d'asile de la famille A._______ passait en 

conséquence à la Suisse, a annulé la décision du 24 janvier 2012 et 

introduit la procédure nationale d'asile la concernant. 

A.f Entendu sur ses motifs d'asile, le 13 novembre 2012, A._______ a 

déclaré avoir dû quitter l'Italie où il résidait légalement depuis (…) ans – 

et où ses enfants étaient nés – en raison du fait qu'il ne pouvait plus 

payer son loyer et avait reçu de ce fait l'ordre de quitter le logement qu'il 

occupait avec sa famille. En septembre, (…) ou (…) 2009, il serait 

retourné avec celle-ci au Kosovo, plus précisément dans leur maison de 

H._______. Le 1
er
 ou le 2

ème
 jour suivant leur retour, quatre inconnus 

masqués auraient pénétré dans leur demeure, auraient battu A._______ 

ainsi que sa femme et leur fils aîné alors âgé de (…) ans, dérobé les 

bijoux de celle-ci, puis leur auraient remis 5'000 euros en leur ordonnant 

de quitter la maison. Ils auraient également emmené l'une de leurs 

filles, I._______, alors âgée de (…) ans. Le lendemain, A._______ se 

serait rendu au poste de police ainsi qu'à la Mission d’administration 

intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) pour dénoncer les faits 

précités. Sa plainte aurait certes été enregistrée mais comme, après 

quelques heures, aucune de ces autorités ne se serait déplacée à son 

domicile, il aurait quitté le Kosovo avec sa famille pour la Belgique. 

Entendue sur ses motifs d'asile, le 15 novembre 2012, B._______ a en 

grande partie confirmé les déclarations de son époux. Elle a précisé ne 

pas savoir si les inconnus lui avaient dérobé des objets et ne pas être 

capable de déterminer le mois durant lequel elle et sa famille seraient 

retournées au Kosovo. 

D-4218/2013 

Page 4 

Entendus, le 13 et le 15 novembre 2012, sur leurs motifs d'asile, 

C._______, D._______ et E._______ ont en fait valoir d'identiques à ceux 

de leurs parents. 

A.g Par décision du 29 novembre 2012, l'ODM a rejeté les demandes 

d'asile de A._______, de son épouse B._______ et de leurs enfants 

C._______, D._______, E._______, F._______ et G._______, au motif 

que leurs allégations ne satisfaisaient pas aux exigences de 

vraisemblance énoncées à l'art. 7 LAsi, a prononcé leur renvoi de Suisse 

et ordonné l'exécution de cette mesure. 

A.h Le 12 décembre 2012, les intéressés ont recouru contre la décision 

précitée, concluant à l'annulation de celle-ci pour ce qui a trait à 

l'exécution de leur renvoi et au prononcé d'une admission provisoire, en 

raison de l'inexigibilité de cette mesure. 

A l'appui de leur recours, ils ont produit un certificat médical établi, le 

26 novembre 2012, par le médecin traitant de A._______. Il en ressort 

que celui-ci souffre d'un asthme sévère en cours d'évaluation par des 

spécialistes pneumologues et que la suspicion (…) n'a pu être confirmée, 

les (…) qui le suivent devant alors procéder à un nouveau scanner pour 

s'assurer de l'absence de nouvelles lésions. 

A.i Il ressort d'un rapport de la Police cantonale (…) du 3 février 2013 que 

D._______ et E._______ ont été interpellés pour vol à l'étalage dans un 

centre commercial, et que la première s'est vue établir une "interdiction 

d'entrée au centre commercial". Le 6 mai 2013, la présidente du Tribunal 

des mineurs de J._______a prononcé une ordonnance de non-entrée en 

matière s'agissant de E._______, dans la mesure où sa participation au 

vol précité n'avait pas été établie, sa sœur ayant admis avoir agi seule. 

Par ordonnance pénale rendue, le 19 mars 2013, par le Ministère public 

de l'arrondissement de J._______, A._______ a été reconnu coupable de 

violation grave des règles de la circulation routière, et condamné à une 

peine pécuniaire de dix jours-amende, avec sursis pendant deux ans, 

ainsi qu'à une amende de 240 francs. 

A.j Par arrêt du 4 avril 2013 (réf. D-6451/2012), le Tribunal a admis le 

recours, au motif qu'aucune enquête individuelle n'avait été effectuée par 

l'intermédiaire de l'Ambassade de Suisse au Kosovo, et a renvoyé la 

cause à l'ODM pour complément d'instruction et nouvelle décision.  

D-4218/2013 

Page 5 

B.  

Le 16 avril 2013, l'autorité de première instance a adressé une demande 

de renseignements à l'Ambassade de Suisse à Pristina 

(ci-après : l'Ambassade). 

Il ressort, en substance, de l'enquête diligentée par l'Ambassade, datée 

du 13 mai 2013, que la maison familiale, située à la rue (…), n° (..), à 

H._______, appartient toujours au [membre de la famille] du recourant 

qui habite en Allemagne, que la famille A._______ est encore bien 

connue dans cette ville et qu'elle y dispose d'un réseau familial, même s'il 

n'est pas très étendu. En outre, selon l'avis du consultant médical de 

l'Ambassade, les traitements médicaux que nécessite l'état de santé de 

A._______ peuvent être suivis au Kosovo. 

C.  

Exerçant leur droit d'être entendus par courrier du 8 juillet 2013, après 

avoir été invités par l'ODM à se déterminer sur les résultats des 

investigations précités, les intéressés les ont, pour l'essentiel, contestés.  

Tout d'abord, ils ont indiqué que la maison située au n° (…) de la rue (…) 

à H._______ n'était pas la leur, mais qu'il s'agissait d'un nouvel immeuble 

construit suite à leur départ, tout en soulignant que celui-ci était de toute 

façon actuellement occupé. En outre, ils ont allégué que leur réseau 

familial se limitait à une cousine de l'intéressée, tous les autres membres 

de leur famille étant dispersés à travers l'Europe. Ils ont également 

estimé que leur état de santé n'avait pas été analysé en relation avec les 

possibilités concrètes de trouver une activité lucrative permettant de 

subvenir aux besoins de la famille. Enfin, ils ont reproché le fait que le 

rapport d'Ambassade ne mentionnait nullement les possibilités 

d'intégration des quatre enfants mineurs. 

Ils ont également produit une série de moyens de preuve sous forme de 

photocopies, à savoir un document de la commune de H._______ du (…) 

2013, des pièces d'identité de membres de la famille A._______ vivant 

respectivement en Suisse, en Allemagne et en Italie, divers documents 

attestant le long séjour des intéressés en Italie, une attestation du 4 juillet 

2013 ayant trait à la scolarisation des enfants mineurs de la famille 

A._______, trois documents portant sur le programme d'occupation 

entrepris par C._______, ainsi qu'une attestation médicale du 19 juin 

2013 et un certificat médical du 22 mars 2013 ayant trait à l'état de santé 

de A._______, et un bon de délégation médicale du 10 juin 2013 

concernant B._______. 

D-4218/2013 

Page 6 

D.  

Par décision du 16 juillet 2013, l'ODM, statuant à nouveau sur l'exécution 

du renvoi de la famille A._______, a considéré que cette mesure était 

licite, raisonnablement exigible et possible. 

E.  

Par recours interjeté, le 24 juillet 2013, les intéressés ont conclu à 

l'annulation de cette décision, à la constatation de l'inexigibilité de 

l'exécution de leur renvoi et au prononcé d'une admission provisoire. 

Ils ont, pour l'essentiel, repris les arguments contenus dans leurs 

observations du 8 juillet 2013 et produit les mêmes documents, sous 

forme de photocopies également. 

F.  

Le 25 juillet 2013, le Tribunal a accusé réception du recours du 

16 juillet 2013. 

Par décision incidente du 9 août 2013, il a imparti aux recourants un délai 

au 26 août 2013 afin de verser une avance de frais de 600 francs en 

garantie des frais présumés de procédure, et de produire l'original du 

document de la commune de H._______ daté du (…) 2013 ainsi qu'une 

traduction de celui-ci dans l'une des langues officielles de la 

Confédération. 

Dans le délai imparti, les intéressés se sont acquittés de la somme due. 

Le 29 août 2013, ils ont produit l'original du document requis ainsi que sa 

traduction en langue française. 

G.  

Invité à se prononcer sur le recours, par ordonnance du 

5 septembre 2013, l'ODM en a préconisé le rejet, dans sa réponse du 

13 septembre 2013. Cet office, se référant au rapport d'Ambassade 

précité, a maintenu que la maison située au n° (…) de la rue (…) à 

H._______ appartenait bel et bien au [membre de la famille] de l'intéressé 

et que cette information émanait du service cadastral de cette ville. 

S'agissant des possibilités d'intégration des quatre enfants mineurs ayant 

vécu la plus grande partie de leur enfance en Italie, il a relevé qu'elles ne 

sauraient être moins bonnes au Kosovo qu'en Suisse, vu qu'ils avaient 

été élevés dans la culture kosovare.  

D-4218/2013 

Page 7 

H.  

Dans leur réplique du 1
er
 octobre 2013, les recourants ont réaffirmé 

n'avoir aucune possibilité effective de relogement au Kosovo, contesté 

une nouvelle fois l'existence d'un réseau social ou familial pouvant les 

soutenir, et soutenu que l'ODM n'avait pas examiné la question de 

l'impact de l'environnement social sur les quatre enfants mineurs. 

I.  

Par courrier du 10 octobre 2013, les intéressés ont produit la copie d'un 

document de la commune de H._______ du (…) 2013. 

J.  

Par ordonnance du 24 octobre 2013, le Tribunal leur a imparti un délai au 

4 novembre 2013 pour produire l'original dudit document ainsi qu'une 

traduction dans l'une des langues officielles de la Confédération. 

K.  

En date des 15 et 25 novembre 2013, les recourants ont produit l'original 

du document ainsi que la traduction requise. 

L.  

Les autres faits et arguments de la cause seront évoqués, si nécessaire, 

dans les considérants en droit ci-dessous. 

M.  

Droit : 

1.  

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 de la loi du 17 juin 

2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32), le Tribunal, 

en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au 

sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure 

administrative (PA, RS 172.021), prises par les autorités mentionnées à 

l'art. 33 LTAF. En particulier, les décisions rendues par l'ODM concernant 

l'exécution du renvoi peuvent être contestées devant le Tribunal, lequel 

statue alors définitivement, sauf demande d'extradition déposée par l'Etat 

dont le requérant cherche à se protéger (art. 105 en relation avec l'art. 6a 

al. 1 LAsi, art. 33 let. d LTAF et art. 83 let. d ch. 1 de la loi sur le Tribunal 

fédéral du 17 juin 2005 [LTF, RS 173.110]), exception non réalisée en 

l'espèce. 

D-4218/2013 

Page 8 

1.2 Les intéressés ont qualité pour recourir. Présenté dans la forme et le 

délai prescrits par la loi, le recours est recevable (art. 48 al. 1 et 

52 al. 1 PA et art. 108 al. 2 LAsi).  

1.3 Dans la mesure où ils n'ont pas contesté la décision de l'ODM du 

16 juillet 2013 en tant qu'elle leur dénie la qualité de réfugié, rejette leurs 

demandes d'asile et prononce leur renvoi de Suisse, celle-ci a, sous cet 

angle, acquis force de chose décidée. 

1.4 En l'espèce, seul reste donc à déterminer si l'exécution du renvoi des 

recourants est licite, raisonnablement exigible et possible (cf. consid. A.j, 

D et E ci-dessus). 

2.  

L’exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement 

exigible et possible (art. 44 LAsi). Si ces conditions ne sont pas réunies, 

l’admission provisoire doit en règle générale être prononcée. Celle-ci est 

réglée par l’art. 83 de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les 

étrangers (LEtr, RS 142.20). 

3.  

3.1 L'exécution n'est pas licite lorsque le renvoi de l'étranger dans son 

Etat d'origine, dans son Etat de provenance ou dans un Etat tiers est 

contraire aux engagements de la Suisse relevant du droit international 

(art. 83 al. 3 LEtr). Ainsi, selon le principe du non-refoulement, aucune 

personne ne peut être contrainte, de quelque manière que ce soit, à se 

rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa liberté serait 

menacée pour l'un des motifs mentionnés à l'art. 3 al. 1 LAsi, ou encore 

d'où elle risquerait d'être astreinte à se rendre dans un tel pays (art. 5 

al. 1 LAsi). Par ailleurs, nul ne peut être soumis à la torture ni à des 

peines ou traitements inhumains ou dégradants (art. 3 de la Convention 

du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés 

fondamentales [CEDH, RS 0.101] ; cf. également art. 3 de la Convention 

du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements 

cruels, inhumains ou dégradants [Conv. torture, RS 0.105] ; Message du 

Conseil fédéral à l'appui d'un arrêté fédéral sur la procédure d'asile [APA], 

du 25 avril 1990, in : FF 1990 II 624). 

3.2 Dans la mesure où la décision querellée en tant qu'elle porte sur le 

refus de la reconnaissance de la qualité de réfugié et de l'asile est entrée 

en force de chose décidée (cf. consid. A.j ci-dessus), les intéressés ne 

D-4218/2013 

Page 9 

sauraient se prévaloir du principe de non-refoulement ancré à 

l'art. 5 LAsi, disposition qui s'applique uniquement aux réfugiés. 

3.3 En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant du 

droit international, il sied d'examiner particulièrement si l'art. 3 CEDH, qui 

interdit la torture, les peines et traitements inhumains ou dégradants, 

trouve application dans le cas d'espèce. Si cette disposition s'applique 

indépendamment de la reconnaissance de la qualité de réfugié, cela ne 

signifie pas encore qu'un renvoi ou une extradition serait prohibé par le 

seul fait que dans le pays concerné des violations de l'art. 3 CEDH 

devraient être constatées ; une simple possibilité de subir des mauvais 

traitements ne suffit pas. Il faut au contraire que la personne qui invoque 

cette disposition démontre à satisfaction qu'il existe pour elle un véritable 

risque concret et sérieux, au-delà de tout doute raisonnable, d'être 

victime de tortures, ou de traitements inhumains ou dégradants en cas de 

renvoi dans son pays. Il en ressort qu'une situation de guerre, de guerre 

civile, de troubles intérieurs graves ou de tension grave accompagnée de 

violations des droits de l'homme ne suffit pas à justifier la mise en oeuvre 

de la protection issue de l'art. 3 CEDH, tant que la personne concernée 

ne peut rendre hautement probable qu'elle serait visée personnellement - 

et non pas simplement du fait d'un hasard malheureux - par des mesures 

incompatibles avec la disposition en question (cf. arrêts de la 

Cour européenne des Droits de l'Homme [CourEDH] en l'affaire F. H. 

c/Suède du 20 janvier 2009, requête n° 32621/06, et en l'affaire Saadi 

c/Italie du 28 février 2008, requête n° 37201/06, par. 124 à 127, et 

réf. cit.). 

3.4 S'agissant de faits de nature à faire obstacle à la licéité de l'exécution 

du renvoi, les intéressés ont allégué, pour l'essentiel, avoir été menacés, 

à leur retour au Kosovo en (…) 2009, par des inconnus masqués et s'être 

rendus à la police ainsi qu'à la MINUK pour dénoncer ces incidents. 

Celles-ci ne s'étant pas déplacées à leur domicile quelques heures après 

l'enregistrement de leur plainte, ils auraient alors quitté leur pays d'origine 

pour se rendre en Belgique. Dans la décision du 29 novembre 2012, 

l'ODM a estimé que les déclarations relatives à l'agression dont les 

recourants auraient fait l'objet de la part de tiers ne remplissaient pas les 

exigences de vraisemblance énoncées à l'art. 7 LAsi. Les intéressés 

n'ayant pas contesté cette analyse, dès lors qu'en date du 12 décembre 

2012, ils n'ont recouru auprès du Tribunal que sous l'angle de l'exécution 

du renvoi (cf. consid. A.h ci-avant), en se fondant essentiellement sur des 

problèmes médicaux concernant A._______, leur récit relatif aux 

agressions précitées n'est pas de nature à démontrer un risque avéré et 

D-4218/2013 

Page 10 

concret d'être exposés à des traitements contraires à l'art. 3 CEDH. 

Quant à l'ensemble des problèmes médicaux invoqués dans le présent 

recours, ils ne sont pas d'une gravité telle à faire obstacle à la licéité de 

l'exécution du renvoi (cf. ATAF 2009/2 consid. 9.1.2-9.1.6 p. 19 ss). Dans 

ces conditions, rien ne permet d'admettre que la famille A._______ serait 

exposée dans son pays, de manière avérée et concrète, à des 

traitements contraires à l'art. 3 CEDH. Dans son recours, celle-ci ne le 

conteste du reste pas. 

3.5 Dès lors, l’exécution du renvoi des recourants sous forme de 

refoulement ne transgresse aucun engagement de la Suisse relevant du 

droit international, de sorte qu’elle s’avère licite (83 al. 3 LEtr). 

4.  

4.1 L'exécution de la décision peut ne pas être raisonnablement exigée si 

le renvoi ou l'expulsion de l'étranger dans son pays d'origine ou de 

provenance le met concrètement en danger, par exemple en cas de 

guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou de nécessité 

médicale (art. 83 al. 4 LEtr). Cette disposition s'applique en premier lieu 

aux "réfugiés de la violence", soit aux étrangers qui ne remplissent pas 

les conditions de la qualité de réfugié parce qu'ils ne sont pas 

personnellement persécutés, mais qui fuient des situations de guerre, de 

guerre civile ou de violence généralisée, et ensuite aux personnes pour 

lesquelles un retour dans leur pays d'origine ou de provenance 

reviendrait à les mettre concrètement en danger, notamment parce 

qu'objectivement, au regard des circonstances d'espèce, elles seraient, 

selon toute probabilité, conduites irrémédiablement à un dénuement 

complet, exposées à la famine, et ainsi à une dégradation grave de leur 

état de santé, à l'invalidité, voire à la mort. L'autorité à qui incombe la 

décision doit donc dans chaque cas confronter les aspects humanitaires 

liés à la situation dans laquelle se trouverait l'étranger concerné dans son 

pays après l'exécution du renvoi à l'intérêt public militant en faveur de son 

éloignement de Suisse (cf. ATAF 2010/54 consid. 5.1 p. 793, ATAF 

2009/52 consid. 10.1 p. 756 s. et jurisp. cit.). 

L'art. 83 al. 4 LEtr vaut également pour les personnes dont l'exécution du 

renvoi ne peut pas être raisonnablement exigée parce qu'en cas de retour 

dans leur pays d'origine ou de provenance, elles pourraient ne plus 

recevoir les soins essentiels garantissant des conditions minimales 

d'existence ; par soins essentiels, il faut entendre les soins de médecin 

générale et d'urgence absolument nécessaires à la garantie de la dignité 

D-4218/2013 

Page 11 

humaine (ATAF 2009/2 consid. 9.3.2. et juris. cit. ; GABRIELLE STEFFEN, 

Droit aux soins et rationnement, Berne 2002, p. 81s. et 87). 

4.2 En l'espèce, s'agissant de la situation générale régnant actuellement 

au Kosovo, il est notoire que ce pays, dont l'indépendance a été 

reconnue par la Suisse, le 27 février 2008, ne connaît pas une situation 

de guerre, de guerre civile ou de violence généralisée qui permettrait 

d’emblée – et indépendamment des circonstances du cas d’espèce – de 

présumer, à propos de tous les ressortissants du pays, l’existence d’une 

mise en danger concrète au sens de l’art. 83 al. 4 LEtr. Au demeurant, 

par décision du 6 mars 2009, le Conseil fédéral a ajouté le Kosovo à la 

liste des Etats sûrs (safe countries), avec effet au 1
er
 avril 2009. 

L'exécution du renvoi est, sous cet angle, raisonnablement exigible. 

4.3 Il s'agit dès lors d'examiner si, au vu de la situation personnelle des 

recourants, l'exécution de leur renvoi est également raisonnablement 

exigible. 

4.3.1 La famille A._______ appartient à la minorité rom. S'agissant de la 

situation particulière des minorités au Kosovo, le Tribunal a jugé, dans 

son ATAF 2007/10, consid. 5.3 et 5.4 (jurisprudence confirmée dans 

ATAF 2009/51 consid. 5.7), que l'exécution du renvoi de celles-ci vers cet 

Etat était, en règle générale, raisonnablement exigible, pour autant qu'il 

soit établi, sur la base d'une enquête individuelle (en particulier sur la 

base de renseignements collectés sur place par l'intermédiaire de 

l'Ambassade de Suisse au Kosovo), que les facteurs concrets de 

réintégration – en termes de formation professionnelle, de santé, d'âge, 

de moyens de subsistance et de réseau social – soient suffisants. 

4.3.2 En l'espèce, suite à l'arrêt du Tribunal du 4 avril 2013, l'ODM a fait 

diligenter une enquête individualisée sur place par l'Ambassade. Il en 

ressort, en substance, que la maison familiale de la rue (…) n° (…), à 

H._______, appartient toujours au [membre de la famille] du recourant, 

lequel habite en Allemagne. Par ailleurs, la famille A._______ est encore 

bien connue dans cette ville où elle dispose toujours d'un réseau familial, 

même s'il n'est pas très étendu. En outre, selon l'avis du consultant 

médical de l'Ambassade, les traitements médicaux que nécessite l'état de 

santé de A._______ peuvent être suivis au Kosovo. 

Fort de ces constatations, l'ODM a estimé, dans la décision attaquée, que 

l'exécution du renvoi de la famille A._______ était exigible. 

D-4218/2013 

Page 12 

Dans leur recours, les intéressés ont, pour l'essentiel, remis en cause les 

conclusions de cette enquête, en se fondant sur divers moyens de 

preuve, lesquels infirmeraient celles-ci (cf. consid. C, E, F, I, K ci-dessus). 

4.3.3 En l'occurrence, il ressort du rapport d'Ambassade que la maison 

familiale de la rue (…), n° (…), à H._______, est bel et bien la propriété 

du [membre de la famille] de l'intéressé, lequel séjourne actuellement en 

Allemagne. Le service cadastral de la commune de H._______ – l'organe 

étatique habilité au Kosovo à émettre un extrait du registre foncier – a 

délivré à l'enquêteur de l'Ambassade un tel acte, lequel établit que 

L._______, [membre de la famille] de l'intéressé, est effectivement le 

propriétaire du bien immobilier précité. Certes, les recourants ont 

contesté avoir une quelconque possibilité de s'y loger, en invoquant 

notamment l'occupation de la maison par des tiers et en produisant 

plusieurs moyens de preuve à cet effet, à savoir deux certificats établis, 

les (…) et (…) 2013, par la commune de H._______. Selon eux, ces 

documents attesteraient que ni eux, ni [membre de la famille] de 

l'intéressé, n'ont de propriété à la rue précitée. Force est cependant de 

constater qu'ils n'ont aucune valeur probante. Ils attestent uniquement 

que A._______, respectivement L._______, n'ont pas de propriété 

enregistrée dans le système de taxes sur les propriétés. Ils ne sont donc 

pas de nature à infirmer l'inscription au registre foncier telle que relevée 

par l'enquêteur de l'Ambassade, mais démontrent tout au plus la situation 

fiscale y relative. Par ailleurs, l'authenticité des pièces produites par les 

intéressés est très douteuse. Tout d'abord, aucun office étatique ne figure 

sur leur en-tête, contrairement au timbre apposé au bas des certificats. 

Emises sous forme d'un formulaire pré-imprimé, voire télécopié, ces 

attestations ont également été remplies de manière fantaisiste à plusieurs 

égards. S'agissant plus spécifiquement de l'acte du (…) 2013, sa copie et 

son original, produits successivement par les intéressés, à savoir le 

10 octobre 2013 pour l'un, le 15 novembre 2013 pour l'autre, ils diffèrent 

au niveau de leur contenu et tout particulièrement leur numéro 

d'identification. Enfin, alors même que la famille A._______ a affirmé à 

réitérées reprises avoir vécu plus de vingt ans à l'étranger et n'avoir 

quasiment plus de réseau familial et social au Kosovo, le Tribunal 

s'étonne qu'elle ait pu entrer en possession de tels documents, établis 

alors qu'elle se trouvait en Suisse depuis plus d'un an et demi. Elle n'a du 

reste donné aucune explication sur la manière dont elle se les serait 

procurés. Ainsi, pour les motifs exposés ci-avant, les intéressés n'ont pas 

établi qu'ils ne pourraient pas jouir de cette maison. 

D-4218/2013 

Page 13 

Au surplus, l'affirmation selon laquelle ils ne seraient propriétaires 

d'aucun bien à l'adresse indiquée contredit les propres déclarations de 

A._______. En effet, celui-ci a expressément admis que la maison située 

au n° (…) de la rue (…) à H._______, était la sienne (cf. audition du 13 

novembre 2012, questions 12 à 14, p. 3).  

Quant au fait que cette maison est actuellement occupée par des tiers, 

respectivement des locataires, le Tribunal tient à rappeler qu'au cas où 

ceux-ci n'entendaient pas quitter les lieux, il appartiendrait alors soit 

[membre de la famille] des recourants soit aux intéressés eux-mêmes 

d'engager, in casu, les éventuelles procédures idoines, afin que ces 

derniers puissent en jouir. 

Cela étant, le Tribunal considère que les recourants, contrairement à 

leurs affirmations, peuvent se réinstaller à H._______. Ils auront la 

possibilité de s'établir dans la maison appartenant au [membre de la 

famille] du recourant, où ils ont brièvement séjourné à leur retour d'Italie, 

en (…), et où A._______ a déclaré avoir vécu depuis sa naissance 

(cf. audition du 27 décembre 2011). 

4.3.4 S'agissant de l'état de santé de A._______, il ressort des 

documents médicaux produits que celui-ci souffre, pour l'essentiel, d'une 

broncho-pneumopathie obstructive après tabagisme, de douleurs 

lombaires chroniques, d'une (…) chronique, d'anxiétés avec crises 

d'angoisse et d'une suspicion de (…). Si les troubles de la santé 

diagnostiqués sont certes sérieux et partiellement handicapants, ils ne 

sauraient toutefois être qualifiés de suffisamment graves pour constituer à 

eux seuls un empêchement à l'exécution du renvoi. Il ressort en 

particulier du certificat médical, établi le 22 mars 2013, par le médecin 

traitant de A._______, que, depuis que son patient a subi (…) au début 

de l'année 2012, laquelle a montré la possibilité (…), les prises de 

scanners dont il a fait l'objet attestent (…) stable. Ainsi, l'état de santé de 

l'intéressé ne saurait, à l'heure actuelle, être qualifié de précaire au point 

de nécessiter un traitement médical conséquent et complexe, qui, au vu 

des infrastructures médicales disponibles au Kosovo, n'y serait pas 

disponible. Outre le fait qu'il ne nécessite pas actuellement de traitement 

important, en particulier stationnaire, un suivi ambulatoire sous forme de 

contrôles au moyen d'un scanner a été considéré comme étant suffisant. 

Or, du point de vue du consultant médical de l'Ambassade, l'ensemble 

des traitements médicaux que nécessite l'état de santé de A._______ 

peuvent être suivis et prodigués au Kosovo, en particulier auprès de la 

Clinique universitaire de Prishtina, ce que les intéressés ne contestent du 

D-4218/2013 

Page 14 

reste pas en soi. Partant, le Tribunal considère que les affections dont 

souffre A._______ ne représentent pas un obstacle de nature à s'opposer 

à l'exigibilité de l'exécution du renvoi, même si ce dernier devra prendre 

en charge une partie des coûts des médicaments qui lui ont été prescrits. 

4.3.5 Certes, le retour des recourants dans leur pays d'origine ne sera 

pas chose aisée et exigera de leur part des efforts soutenus. Ils devront 

en particulier se mettre à la recherche d'un emploi qui puisse leur garantir 

un revenu minimum. S'il est difficilement envisageable que A._______ 

puisse, au vu de ses problèmes de santé, trouver un travail dans 

l'immédiat, il n'en demeure pas moins que les intéressés pourront 

compter sur le fils aîné – majeur – de la famille, C._______. Ce dernier, 

qui n'a pas fait valoir de problèmes de santé, est jeune et bénéficie d'une 

formation professionnelle (…) acquise en Italie. Il dispose également de 

compétences professionnelles certaines, comme en attestent du reste les 

documents qu'il a produits concernant le programme d'occupation auquel 

il a pris part en Suisse durant l'année 2013 (cf. consid. C ci-dessus). 

Dans ces conditions, C._______ devrait être à même de trouver à plus ou 

moins brève échéance une activité lucrative lui permettant de subvenir à 

ses besoins ainsi qu'à ceux de sa famille. Quant à B._______, elle devrait 

également être en mesure de contribuer à la subsistance des siens, 

comme elle a pu du reste le faire par le passé. En effet, malgré l'absence 

de formation, elle a travaillé en tant que (…) durant les années où elle a 

vécu en Italie avec son mari et ses enfants. Cela étant, il n'est pas exclu, 

à plus long terme, que le recourant puisse reprendre une activité 

professionnelle, à tout le moins à temps partiel. Au vu également des 

programmes d'accueil existants, mis spécifiquement en place par le 

gouvernement du Kosovo dans le but d'encourager et de faciliter le retour 

des émigrés, en leur fournissant un soutien immédiat et des aides au 

logement, les intéressés devraient être en mesure, à terme, de trouver un 

emploi, de manière à pouvoir subvenir à leurs besoins. Par ailleurs, bien 

que la famille A._______ n'ait plus au Kosovo qu'une famille restreinte, à 

savoir une cousine de l'intéressée à H._______, laquelle gère (…), ainsi 

qu'une sœur du recourant à M._______, il n'en demeure pas moins qu'ils 

pourront solliciter l'aide et le soutien financiers de leur nombreuse famille 

respective (parents, enfants, frères et sœurs) établie aux Etats-Unis et 

dans plusieurs pays d'Europe, à savoir l'Italie, l'Allemagne et la Suisse, 

comme en atteste d'ailleurs les documents qu'ils ont produits à cet effet 

(cf. consid. C ci-dessus). 

Le Tribunal rappelle également que les motifs résultant de difficultés 

consécutives à une crise socio-économique (pauvreté, conditions 

D-4218/2013 

Page 15 

d'existence précaires, difficultés à trouver un emploi et un logement, 

revenus insuffisants, absence de toute perspective d'avenir) ou à la 

désorganisation, la destruction des infrastructures ou des problèmes 

analogues auxquelles, dans le pays concerné, chacun peut être 

confronté, ne sont pas, en tant que tels, déterminants sous l'angle de 

l'exécution du renvoi (cf. dans ce sens ATAF 2010/41 consid. 8.3.6 

p. 591). 

Enfin, au besoin, les recourants ont la possibilité de présenter à l'ODM 

une demande d'aide au retour au sens des art. 93 LAsi et 73 ss de 

l'ordonnance 2 du 11 août 1999 sur l'asile relative au financement (OA 2, 

RS 142.312), en vue notamment de faciliter leur installation. 

4.3.6 Il convient encore d'examiner plus particulièrement la situation des 

quatre enfants mineurs des recourants, âgés respectivement de (…) ans 

et demi, (…), (…) et (…) ans, sous l'angle de l'intérêt supérieur des 

enfants. 

L'art. 3 al. 1 de la Convention relative aux droits de l'enfant (CDE, 

RS 0.107), selon lequel l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une 

considération primordiale dans toutes les décisions concernant les 

enfants, ne saurait fonder une prétention directe à l'obtention ni d'une 

autorisation de séjour (cf. ATF 136 I 285 consid. 5.2 p. 287 et juris. cit.) ni 

d'une admission provisoire. Cette disposition doit être prise en 

considération dans la pesée des intérêts découlant de l'art. 83 al. 4 LEtr 

(cf. ATAF 2009/51 consid. 5.6 et jurisp. cit.) 

Les intéressés ont fait valoir que leurs enfants mineurs rencontreraient 

des difficultés d'intégration quasi insurmontables du fait qu'ils n'avaient 

jamais vécu dans leur pays, le Kosovo, et qu'il serait donc dans leur 

intérêt de poursuivre leur séjour en Suisse. Toutefois, ce fait ne saurait 

suffire à lui seul pour annuler la décision de l'ODM, en ce qui concerne 

l'exigibilité de l'exécution du renvoi. 

Tout d'abord, le Tribunal constate qu'après avoir passé la majeure partie 

de leur enfance en Italie, les enfants mineurs de la famille A._______ ont 

également séjourné durant (…) ans en Belgique et ne sont arrivés en 

Suisse qu'en décembre 2011, soit il y a deux ans seulement. S'il ressort 

certes de l'attestation du 4 juillet 2013 établie par le directeur des écoles 

de la commune de N._______ qu'ils sont scolarisés dans son 

établissement primaire et secondaire, il ne saurait en revanche être 

admis, au vu du temps relativement court qu'ils ont passé en Suisse, 

http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=suv&query_words=%22int%E9r%EAt+des+enfants%22&rank=0&azaclir=aza&highlight_docid=atf%3A%2F%2F136-I-285%3Afr&number_of_ranks=0#page285

D-4218/2013 

Page 16 

qu'ils ont commencé à s'intégrer dans la réalité quotidienne suisse au 

point qu'un retour forcé au Kosovo, leur pays d'origine, pourrait constituer 

un véritable déracinement pour eux. Ce constat est d'autant plus vrai 

s'agissant de l'aînée des enfants mineurs, D._______, dont le 

comportement en Suisse laisse à désirer. En effet, elle a été interpellée, 

le 3 février 2013, pour vol à l'étalage – fait qu'elle a reconnu – et a fait 

l'objet d'une "interdiction d'entrée au centre commercial" suite à ce délit. 

Un tel comportement démontre à tout le moins un manque certain 

d'intégration. S'agissant ensuite de G._______, âgé de (…) ans, il est 

encore à un âge où l'on s'adapte très facilement à un nouvel 

environnement. Au vu de son jeune âge également, il se trouve encore 

dans un état de dépendance étroite avec ses parents, lesquels sont aussi 

renvoyés. Pour ce qui a trait à E._______ et à F._______, âgés 

respectivement de (…) et (…) ans, leur situation ne sera certes pas aisée 

au retour dans leur pays. Socialisés et scolarisés en Italie, puis en 

Belgique, ils devront faire un effort tout particulier pour s'y intégrer. Dans 

la mesure toutefois où leur venue en Suisse a déjà impliqué un tel effort, 

auquel ils ont pu apparemment faire face sans difficultés insurmontables, 

il est permis de penser qu'après un séjour de deux ans seulement dans 

ce pays, ils disposent des ressources nécessaires pour affronter un retour 

au Kosovo, leur pays d'origine. Même s'ils devront, sans aucun doute, 

consentir à bien des efforts pour s'y intégrer, un tel retour leur permettra 

tout de même de s'intégrer dans un environnement qui sera certes 

nouveau, mais qui aura l'avantage de leur offrir un cadre social, culturel et 

linguistique dont il n'y a pas lieu de penser qu'il leur est totalement 

étranger. Bien qu'ils appartiennent à la minorité rom, ils n'ont jamais 

allégué qu'ils ne parlaient pas albanais, comme leurs parents. Outre leurs 

langues, à savoir le romani et l'albanais, ces derniers leur auront très 

certainement également transmis d'autres repères de leur communauté. 

Ainsi, les enfants mineurs de la famille A._______ devraient avoir été 

familiarisés, par leurs parents, avec certains aspects des us et coutumes 

de leur pays. Par conséquent, il n'est pas établi à satisfaction de droit que 

la poursuite de leur scolarité au Kosovo ne pourrait pas se faire dans des 

conditions satisfaisantes. En outre, pour faire face aux difficultés 

d'intégration dans leur pays d'origine, ils pourront également compter sur 

le soutien de leur père et mère et éventuellement de leur famille élargie. 

Les recourants n'ont ainsi pas démontré que l'intégration de leurs enfants 

au Kosovo serait, compte tenu des circonstances personnelles, d'une 

difficulté excessive. Un retour dans leur pays d'origine après deux ans 

seulement passés en Suisse ne saurait dès lors constituer un obstacle tel 

à heurter l'intérêt supérieur de l'enfant, au sens défini par l'art. 3 

al. 1 CDE. 

D-4218/2013 

Page 17 

Partant, malgré les éventuelles obstacles de socialisation au Kosovo que 

les enfants mineurs A._______ pourront rencontrer dans un premier 

temps, on ne saurait considérer qu'un renvoi dans leur pays d'origine 

aurait de telles conséquences pour eux qu'elle rendrait l'exécution de 

cette mesure inexigible. 

4.4 Dans ces conditions, au vu de l'ensemble des circonstances du cas 

d'espèce, le Tribunal arrive à la conclusion que l'exécution du renvoi de la 

famille A._______ au Kosovo doit être considérée comme 

raisonnablement exigible au sens de l’art. 83 al. 4 LEtr. 

5.  

Enfin, les recourants sont en possession de documents suffisants pour 

rentrer dans leur pays ou, à tout le moins, sont en mesure d’entreprendre 

toute démarche nécessaire auprès de la représentation de leur pays 

d’origine en vue de l’obtention de documents de voyage leur permettant 

de quitter la Suisse. L’exécution du renvoi ne se heurte donc pas à des 

obstacles insurmontables d’ordre technique et s’avère également 

possible (cf. ATAF 2008/34 consid. 12 p. 513-515). 

6.  

6.1 Cela étant, l'exécution du renvoi doit être déclarée conforme aux 

dispositions légales. 

6.2 Il s'ensuit que le recours doit être rejeté. 

7.  

Au vu de l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à 

la charge des recourants, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 2 et 3 

let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et 

indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 

173.320.2). Ceux-ci sont intégralement compensés avec le montant de 

l'avance de frais versé le 26 août 2013.  

  

D-4218/2013 

Page 18 

 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Les frais de procédure, d'un montant de 600 francs, sont mis à la charge 

des recourants. Ce montant est compensé avec l'avance de frais, d'un 

montant de 600 francs, déjà versée le 26 août 2013. 

3.  

Le présent arrêt est adressé au mandataire, à l'ODM et à l'autorité 

cantonale. 

 

La présidente du collège : La greffière : 

  

Claudia Cotting-Schalch Chantal Jaquet Cinquegrana 

 

 

Expédition :