# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** fbd2a242-ec50-507b-b1ea-a57f20a594ca
**Source:** Neuchâtel (NE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-06-11
**Language:** fr
**Title:** Neuchâtel Tribunal Cantonal Tribunal administratif 11.06.2008 TA.2005.161 (INT.2008.62)
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/NE_Omni/NE_TC_013_TA-2005-161_2008-06-11.html

## Full Text

Réf. :
TA.2005.161-MAP

A.                                        
Le 21 août
2003, la Commune de Bôle a informé M. SA qu'elle était à la recherche d'une
solution fonctionnelle et durable pour la réalisation de deux classes d'école
enfantine. M. SA a adressé à la commune un avant-projet pour la réalisation de
cette construction, puis, après avoir revu son projet, elle a fourni une offre
forfaitaire d'un montant de 550'000 francs, TVA incluse. Elle a ensuite été
invitée à présenter son projet. Le 18 février 2004, la commune a informé M. SA
qu'elle n'avait pas retenu son offre. Il s'en est suivi un échange de courriers
et une entrevue a eu lieu le 7 juin 2004.

Par décision du 21
juin 2004, la commune a communiqué à M. SA que le marché avait été adjugé à
l'entreprise G. SA, pour son offre d'un montant forfaitaire, TVA incluse, de
550'000 francs. Préalablement à cette décision, soit le 4 juin 2004 déjà, la
commune a conclu un contrat d'entreprise générale avec l'entreprise G. SA,
portant sur la réalisation d'une école enfantine de deux classes, sans les aménagements
extérieurs, pour la somme globale de 564'344.80 francs.

M. SA a déféré la
décision du 21 juin 2004 par laquelle la commune a adjugé les travaux de
construction d'une école enfantine de deux classes à l'entreprise G. SA au
Tribunal administratif. Par arrêt du 27 janvier 2005, le Tribunal administratif
a admis le recours, déclarant illicite la décision d'adjudication litigieuse.

Le 7 mars
2005, M. SA a adressé à la Commune de Bôle une demande d'indemnisation d'un montant
total de 31'921.80 francs, correspondant à une facture de M. SA du 16 mars 2004
pour 23'241.60 francs, à des intérêts à 5 % sur dite facture pour 1'162.05
francs, à une facture de P. du 23 avril 2004 pour 2'797.60 francs, à une
facture de M. SA du 8 février 2005 pour 3'615.35 francs ainsi qu'à un solde
d'honoraires d'avocat pour 1'105.20 francs. La commune a pris position le 15
avril 2005. Si elle n'a pas contesté le principe même d'une indemnisation, elle
a en revanche estimé que seules devaient être indemnisées les dépenses engagées
en relation avec la procédure d'adjudication, ajoutant que les prétentions
émises à cet égard étaient manifestement exagérées. Elle n'a accepté de s'acquitter
que d'une indemnité de 5'000 francs pour solde de tout compte. Un échange
ultérieur de courriers n'a pas permis de résoudre le litige.

B.                                       
Le 27 mai
2005, M. SA a ouvert action de droit administratif devant le Tribunal
administratif. Elle a conclu que la Commune de Bôle soit condamnée à lui payer
les sommes de 23'241.60 francs, avec intérêts à 5 % dès le 16 mars 2004,
et de 2'797.60 francs, 3'615.35 francs et 1'105.20 francs, avec intérêts à
5 % dès le 7 mars 2005, sous suite de frais et dépens. Elle a précisé que
ces sommes correspondaient respectivement à sa facture du 16 mars 2004, à la facture
de P. du 23 avril 2004, à sa facture du 8 février 2005 ainsi qu'à un solde
d'honoraires d'avocat pour la procédure de recours.

Dans sa
réponse, la Commune de Bôle a conclu que l'indemnité due à la demanderesse soit
fixée à 5'000 francs et qu'il soit statué sur les frais et dépens. Elle a fait
valoir que seuls les frais consécutifs à l'établissement des offres des 1er
septembre et 24 décembre 2003 devaient être pris en considération, à
l'exclusion de toutes autres dépenses, les frais de recours et de représentation
en justice ne pouvant lui être imputés. Elle a ajouté que le nombre d'heures de
travail allégué n'était pas relevant, tant il était exagéré.

Les parties
ont répliqué et dupliqué, confirmant leurs conclusions.

C.                                       
Dans le cadre
de l'instruction de la cause, une expertise a été ordonnée le 29 mars 2006 et
confiée à X., architecte à Neuchâtel. L'expert était invité à répondre à
différentes questions, devant permettre au Tribunal administratif de se prononcer
au sujet des factures de M. SA du 16 mars 2004 ainsi que de P. du 23 avril
2004. L'expert a rendu son rapport le 26 septembre 2006. Par la suite, des
questions complémentaires émanant des parties lui ont encore été soumises,
auxquelles il a répondu dans un rapport complémentaire établi le 18 décembre
2006. Les considérations ainsi que les conclusions de l'expert seront reprises
et détaillées plus loin en tant que besoin.

Deux audiences
d'instruction ont également eu lieu, la première le 16 mars 2007, à l'occasion
de laquelle le juge instructeur a suggéré aux parties de rechercher une
solution transactionnelle, et la seconde le 12 juin 2007, lors de laquelle il a
procédé à l'audition des témoins D. et W., ainsi qu'à l'interrogatoire de A. et
B. et de R.

La demande de
nouvelle expertise ainsi que les réquisitions de la demanderesse tendant à la
production par la défenderesse de l'offre de la société C.SA, de la facture
finale de l'adjudicataire G. SA ainsi que des plans accompagnant cette offre
ont en revanche été rejetées par ordonnance du 17 août 2007.

D.                    L'instruction close, un
délai au 26 octobre 2007 a été fixé aux parties pour déposer leurs conclusions
en cause. Une audience de plaidoiries a en outre eu lieu le 30 novembre 2007.

La
demanderesse a réitéré les réquisitions de preuves rejetées par ordonnance du 17
août 2007. Elle a au surplus, et pour l'essentiel, émis diverses critiques à
l'encontre de l'expertise effectuée, portant sur le tarif horaire ainsi que sur
le nombre d'heures retenu, lesquelles seront détaillées et discutées plus loin.
Elle a confirmé les conclusions de sa demande, soulevant la question des frais,
à mettre selon elle à charge de la commune.

Quant à la
défenderesse, elle a admis les factures de M. SA du 16 mars 2004 et de P. du 23
avril 2004 à hauteur de 7'290 francs, respectivement 2'600 francs, rejetant
toutes autres conclusions. Ses arguments seront repris plus loin en tant que besoin.

C O N S I D E R
A N T

en droit

1.                                         
L'accord
intercantonal sur les marchés publics (AIMP) ne s'applique pas en l'espèce.
Quant à la loi cantonale
sur les marchés publics (LCMP), elle s'applique dans sa teneur en vigueur
jusqu'au 31 décembre 2003. Il peut être renvoyé à cet égard à la motivation
circonstanciée figurant au considérant 1 de l'arrêt rendu par le Tribunal de
céans le 27 janvier 2005.

2.                                         
a) Dans un
arrêt relatif à un litige pour lequel la LCMP ne s'appliquait
pas, le Tribunal administratif a jugé que faute de réglementation spécifique
découlant du droit des marchés publics, il y avait lieu d'appliquer la législation
cantonale ordinaire sur la responsabilité des collectivités publiques et de
leurs agents (RJN
2002, p.283 cons.2b et les références citées; arrêt confirmé par arrêt du
Tribunal fédéral du 31.01.2002
[2P.218/2001]).

La LCMP, applicable en
l'espèce dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 décembre 2003, contient une
seule disposition en matière de responsabilité de l'autorité adjudicatrice.
Selon l'article 46 LCMP,
le pouvoir adjudicateur répond du dommage qu'il a causé en prenant une décision
dont le caractère illicite a été constaté lors de la procédure de recours
(al.1). Sa responsabilité se limite toutefois aux dépenses engagées par le recourant
en relation avec la procédure d'adjudication (al.2). Bien que cette disposition
ne renvoie pas expressément à la loi sur la responsabilité des collectivités publiques
et de leurs agents (LResp), il convient de retenir que l'article 46 LCMP constitue une lex
specialis en matière de responsabilité de droit public et que les dispositions
de la LResp s'appliquent au surplus.

b) La demande
introduite le 27 mai 2005 par M. SA contre la Commune de Bôle, en conformité
aux articles 10 et 11 al.1 litt.b et al.2 LResp, est en conséquence recevable.

3.                                         
a) Les
conditions permettant de retenir une responsabilité de l'Etat dans le domaine
des marchés publics ne divergent pas, sous réserve de l'article 46 LCMP, de celles exigées
usuellement en droit ordinaire. Il est ainsi nécessaire d'établir l'existence
d'un acte illicite, d'un préjudice et d'un lien de causalité (RJN
2002, p.283cons.3 et les références citées).

Dans la plupart des
cas, la violation des règles relatives à la passation des marchés publics porte
uniquement atteinte au patrimoine du lésé, de sorte que l'illicéité n'est
admise que si la disposition légale violée prescrit un devoir dans l'intérêt du
lésé ou est destinée à protéger le bien juridique lésé. Tel est le cas des
règles dont le but est de garantir l'égalité de traitement entre les soumissionnaires
et de les protéger de l'arbitraire du pouvoir adjudicateur (Clerc,
L'ouverture des marchés publics : effectivité et protection juridique, 1997,
p.607-608). Par ailleurs, un soumissionnaire évincé ne peut faire valoir des
prétentions en dommages-intérêts contre le pouvoir adjudicateur que s'il a
lui-même préalablement recouru contre la décision d'adjudication et obtenu,
lorsque le contrat a déjà été conclu, que son caractère illicite soit constaté
(RJN
2002, p.283 cons.3 et les références citées).

Quant à la causalité
adéquate, il faut et il suffit que le soumissionnaire évincé démontre qu'il
avait une chance réelle d'obtenir l'adjudication. Il n'est pas nécessaire qu'il
prouve qu'il aurait été l'adjudicataire, cette preuve ne pouvant être exigée
que lorsque le lésé demande la réparation du gain manqué. Ainsi, le soumissionnaire
doit démontrer qu'il remplissait les critères d'aptitude et que son offre
correspondait aux exigences formelles et de fond résultant de l'appel d'offres.
Il doit avoir fait partie des soumissionnaires dont les offres auraient été
départagées au stade de l'application des critères d'adjudication du marché à
l'offre économiquement la plus avantageuse (Clerc, op. cit., p.618-619).

b) En l'occurrence,
dans l'arrêt du 27 janvier 2005, le Tribunal de céans a retenu que la commune
ne pouvait adjuger le marché de gré à gré ou sur invitation et qu'elle aurait
dû suivre la procédure ouverte ou sélective, en procédant à un appel d'offre
public respectant en particulier les exigences légales des articles 16 et 17 LCMP. Il a également
retenu que les critères d'adjudication et leur pondération n'étaient pas connus
de M. SA avant le dépôt de son offre, et ne l'étaient d'ailleurs toujours pas,
la commune n'ayant pas respecté l'article 18 LCMP, en violation
grave du principe de la transparence. Or, les dispositions susmentionnées ont
manifestement pour but de garantir l'égalité de traitement entre
soumissionnaires et de les protéger contre l'arbitraire du pouvoir adjudicateur,
et leur violation a conduit le Tribunal de céans à déclarer illicite la
décision d'adjudication.

La commune a par
ailleurs invité M. SA à lui soumettre une offre par courrier, auquel étaient
annexés divers documents ainsi qu'un cahier des charges contenant des
indications au sujet de l'emplacement de la construction, des locaux souhaités
et de leurs dimensions et des aménagements extérieurs. La commune n'a en revanche
pas précisé les documents qu'elle entendait obtenir des soumissionnaires auxquels
elle s'est adressée, ni fixé d'exigences formelles ou matérielles auxquelles
devaient répondrent les offres, de sorte que l'on ne saurait retenir que
l'offre de M. SA n'était pas suffisamment détaillée pour lui permettre de se
déterminer en connaissance de cause. Il faut admettre au contraire que M. SA
avait une chance réelle d'obtenir l'adjudication.

Il apparaît ainsi que
les conditions de l'existence d'un acte illicite et d'un lien de causalité sont
données. La défenderesse le reconnaît d'ailleurs implicitement, puisqu'elle
admet le principe d'une indemnisation de la demanderesse. Restent à déterminer
les éléments du dommage qu'il convient de prendre en considération ainsi que
leur étendue.

4.                                         
a) A teneur de
l'article 46 al.2 LCMP,
la responsabilité du pouvoir adjudicateur se limite aux dépenses engagées par
le recourant en relation avec la procédure d'adjudication. A cet égard, il
résulte du rapport du Conseil d'Etat au Grand Conseil à l'appui d'un projet de
loi cantonale sur les marchés publics, du 10 février 1999, que "la responsabilité
du pouvoir adjudicateur, qui se limite aux dépenses engagées par le recourant
en relation avec la procédure d'adjudication, correspond aux exigences
minimales de l'Accord GATT/OMC" et que "le législateur fédéral en a
fait de même dans la loi fédérale sur les marchés publics (LMP), estimant
qu'une autre formule, notamment l'indemnisation du gain manqué, coûterait trop
cher à l'Etat" (Bulletin du Grand Conseil 1998-99, 164 II, p.2336 ss,
p.2363).

D'après l'article XX
ch.7 litt.c de l'Accord sur les marchés publics (AMP), les procédures de contestation
prévoiront la correction de la violation de l'accord ou la compensation des
pertes ou dommages subis, qui pourra être limitée aux coûts de la préparation
de la soumission ou de la contestation. Cette disposition laisse une marge de
manœuvre dans l'appréciation des dommages-intérêts, sous réserve d'une responsabilité
minimale s'étendant aux dépenses du soumissionnaire en relation avec les procédures
d'adjudication et de recours (Message relatif aux modifications à apporter au
droit fédéral dans la perspective de la ratification des accords du GATT/OMC,
Feuille fédérale 1994 4, p.995 ss, p.1241). Quant à l'article 34 al.2 LMP, il
prévoit une responsabilité limitée aux dépenses engagées par le soumissionnaire
en relation avec les procédures d'adjudication et de recours.

b) Si l'AMP ne
s'applique certes pas en l'espèce, il apparaît néanmoins que le législateur
entendait instaurer, à l'article 46 al.2 LCMP, une
responsabilité correspondant aux exigences minimales de cet accord. Ainsi,
malgré la teneur de cette disposition, selon laquelle la responsabilité du
pouvoir adjudicateur se limite aux dépenses engagées par le recourant en
relation avec la procédure d'adjudication, la volonté du législateur était bel
et bien d'englober dans cette responsabilité également les frais engagés par le
soumissionnaire pour la procédure de recours. On ne saurait donc suivre
l'argumentation de la défenderesse, laquelle soutient que la loi exclut l'indemnisation
d'autres frais que ceux consécutifs à l'établissement des offres, et il
convient d'examiner non seulement les montants réclamés en relation avec la
procédure d'adjudication, soit les factures de M. SA et de P. des 16 mars et 23
avril 2004, mais aussi les sommes relatives à la procédure de recours, soit la
facture de M. SA du 8 février 2005 et le solde d'honoraires.

5.                     a) Concernant les dépenses
engagées en relation avec la procédure d'adjudication, le préjudice subi
comprend les frais d'élaboration de l'offre, d'un éventuel transport sur place
pour effectuer une vision locale lorsqu'il s'agit d'un marché de travaux,
d'envoi de l'offre ainsi que ceux découlant d'une éventuelle présence du soumissionnaire
à la séance d'ouverture des offres (Clerc, op. cit., p.615), cette liste
n'étant pas exhaustive. N'entrent en revanche pas en considération la
réparation de la perte du gain que le soumissionnaire aurait pu retirer d'un
autre contrat, auquel il a renoncé pour conserver ses capacités en vue du
marché en cause, ni celle du gain manqué, c'est-à-dire du gain que le
soumissionnaire aurait retiré du marché en question s'il avait été l'adjudicataire
(Clerc, op. cit., p.613).

Quant aux frais
relatifs à la procédure de recours, ils comprennent, d'une part, les honoraires
et les débours du mandataire éventuellement constitué dans leur totalité et,
d'autre part, la rémunération du temps consacré par le recourant à fournir à la
juridiction de recours, respectivement à son mandataire, les éléments factuels
et les pièces nécessaires à la bonne compréhension de sa cause (Reich,
Droit des marchés publics : L'indemnisation en cas d'admission du recours, in
RDAF 2006 I, p.115 ss, p.125). La réparation des frais relatifs à la procédure
de recours ne couvre néanmoins que la seule différence entre les frais encourus
à ce titre et ceux déjà couverts par les dépens (Clerc, op. cit.,
p.614).

b) Par ailleurs, la
réparation du préjudice n'est due que pour les dépenses nécessaires en relation
avec les frais de préparation de l'offre et de la contestation. En effet, comme
mentionné au considérant 4, la responsabilité instaurée à l'article 46 al.2 LCMP, laquelle
correspond aux exigences minimales de l'AMP, est similaire à celle instaurée à
l'article 34 al.2 LMP (rapport du Conseil d'Etat précité, p.2363). A cet égard,
la restriction prévue par le projet du Conseil fédéral, selon laquelle la réparation
n'était due que pour les seules dépenses nécessaires, a certes été supprimée par
le parlement dans la version allemande du texte, suppression omise par
inadvertance dans la version française (BOCN 1994, p.2304 ss; BOCE 1994,
p.1317). Cette restriction ne ressortait pas de l'AMP. Elle s'applique
cependant en matière de responsabilité civile en tant que règle générale
déduite du Code des obligations, et partant aussi en matière de responsabilité
de l'Etat dans le domaine des marchés publics (art.34 al.3 LMP en lien avec
l'art.9 al.1 de la loi fédérale sur la responsabilité de la Confédération, des
membres de ses autorités et de ses fonctionnaires; Clerc, op. cit.,
p.615 s.; Message du Conseil fédéral précité, p.1241; v. également ATA GE du
07.06.2007 [A 927 2004] cons.4). La solution de l'article 3 LResp, selon lequel les
dispositions du droit privé fédéral sont applicables à titre de droit supplétif,
est identique.

6                      a) En l'occurrence, M. SA
conclut en premier lieu que la Commune de Bôle soit condamnée à lui payer la
somme de 23'241.60 francs, relative à la facture émise 16 mars 2004. Ce montant
correspond à 180 heures de travail au tarif horaire de 120 francs, TVA en sus,
pour l'établissement des offres successives des 1er septembre et 24 décembre
2003.

Dans le cadre de
l'expertise mise en œuvre, l'expert était invité à se prononcer au sujet du
tarif horaire appliqué et du nombre d'heures nécessaires à l'établissement des
offres de M. SA. Il a considéré que les 180 heures de travail facturées par
cette entreprise n'étaient pas intégralement justifiées. Concernant l'offre du
1er septembre 2003, il a admis les 10 heures correspondant à la lecture et
l'étude de la demande, réduit à 5 heures le temps nécessaire à l'étude de
viabilisation, à 30 heures celui relatif à l'établissement d'un premier projet
et à la modification de ce projet, à 10 heures celui relatif à la calculation
et la demande de prix et finalement à 15 heures celui relatif au rendu en trois
dimensions. Pour l'offre du 24 décembre 2003, il a réduit à 10 heures le temps
nécessaire à la modification du projet, à 5 heures celui relatif à l'étude des
aménagements extérieurs et admis les 15 et 20 heures correspondant
respectivement à la calculation et la demande de prix ainsi qu'au rendu en
trois dimensions. L'expert a ainsi retenu que la première offre avait nécessité
70 heures de travail et la seconde 50 heures, soit un total de 120 heures. Il a
cependant encore précisé qu'une seule solution d'aménagements extérieurs était
à son sens utile et nécessaire dans le cadre de l'établissement de la seconde
offre, et partant une seule présentation en trois dimensions, de sorte que le
temps comptabilisé sous cette rubrique s'en trouvait réduit à 10 heures, et
l'activité totale déployée à 110 heures. Quant au tarif horaire, l'expert s'est
référé aux prix pratiqués par deux bureaux de planification du canton et à ceux
communiqués par l'Union Suisse du Métal, déduisant de ces indications que les
tarifs horaires de 80 francs pour l'activité de dessinateur et de 110 francs
pour celle de responsable de projet étaient adéquats. Il a ajouté que trois-quarts
du temps retenu pouvaient être imputés au travail d'un dessinateur et le quart
restant à celui d'un responsable d'entreprise. Cette pondération lui a permis
de retenir qu'un tarif horaire moyen arrondi de 90 francs correspondait au
tarif usuel de la branche en 2003.

Ultérieurement,
l'expert a répondu aux questions complémentaires des parties, après les avoir
rencontrées. Il a précisé que, contrairement à ce qu'il avait mentionné dans
son rapport initial, un changement de programme informatique se justifiait pour
la seconde offre et que la possibilité de migration des fichiers d'un programme
à l'autre lui avait été confirmée, précisant que le nombre d'heures retenu pour
la rubrique rendu en trois dimensions ne s'en trouvait pas modifié. Il a
également expliqué pour quelles raisons il n'avait pas utilisé, à titre de comparaison,
les recommandations de la KBOB s'agissant du montant des honoraires et pourquoi
il n'avait pas recouru, à titre de comparaison également, à l'application de la
norme SIA 102 permettant le calcul des honoraires d'après le coût de l'ouvrage.

b) La demanderesse
conteste cette expertise pour divers motifs. Elle reproche d'abord à l'expert
d'avoir rendu son rapport sans avoir préalablement rencontré ses responsables,
donc sans connaître leurs compétences, la structure de l'entreprise et le
travail fourni, puis de n'avoir pas voulu revoir son appréciation après qu'elle
a exigé qu'il se rende dans ses locaux, de sorte que de ce seul fait déjà, son
appréciation serait lacunaire. On ne saurait la suivre sur ce point. Si
l'expert a en effet établi son rapport initial sur la base du dossier, il a par
la suite rencontré les responsables de la demanderesse avant de répondre aux
questions complémentaires posées par les parties. Cet entretien l'a amené à
préciser que, contrairement à ce qu'il avait mentionné dans son rapport
initial, un changement de programme informatique se justifiait pour la seconde
offre et que la possibilité de migration des fichiers d'un logiciel à l'autre
lui avait été confirmée, ajoutant que le nombre d'heures retenu pour la
rubrique rendu en trois dimensions ne s'en trouvait pas modifié.

La demanderesse
conteste également le nombre d'heures retenu par l'expert. A cet égard, elle
lui reproche tout d'abord sa méconnaissance des logiciels informatiques
utilisés ainsi que le fait d'avoir admis ne pas pouvoir évaluer lui-même le
temps nécessité par le travail informatique et délégué à des tiers
l'appréciation de ce poste important de sa facture. Elle ajoute qu'il n'a pas
pris correctement en compte le temps nécessaire à la préparation de son offre,
cette erreur provenant d'une mauvaise appréciation du système flexome. Or, le
seul fait que l'expert n'ait pas modifié les conclusions de son rapport initial
après avoir rencontré les parties ne permet pas encore de retenir qu'il
n'aurait pas tenu compte de l'ampleur de l'activité déployée ou mal apprécié le
système flexome. Il a en effet mentionné, pour chacune des rubriques de la
facture du 16 mars 2004, les raisons pour lesquelles il réduisait, cas échéant,
le nombre d'heures de travail allégué. Au contraire, et à l'exception du rendu
en trois dimensions, la demanderesse se contente d'indiquer de manière toute
générale que le travail fourni n'a pas été totalement pris en compte, sans aucunement
préciser pour quels motifs l'expert aurait, à tort, réduit tel ou tel poste de
sa facture. Concernant plus précisément le rendu en trois dimensions, l'expert
a en réalité indiqué qu'il avait confronté son expérience en la matière avec
celle de deux confrères architectes, qu'il a nommés. Il a ajouté que le travail
nécessaire au rendu en trois dimensions de la première offre avait été estimé à
1 jour et demi respectivement à 14 heures par ces derniers et il a lui-même
retenu que le temps consacré à cette tâche pouvait être ramené à 15 heures. Il
a au surplus motivé cette réduction. On ne saurait donc suivre la demanderesse,
lorsqu'elle soutient que le recours à l'avis de tiers invalide à lui seul la
crédibilité de l'expertise, ce d'autant qu'elle ne précise pas pourquoi la
diminution du nombre d'heures retenu par l'expert ou sa motivation à cet égard
seraient erronés. Quant au grief de la demanderesse selon lequel l'expert
aurait mal apprécié la modification intervenue entre la première version de son
projet et la seconde et réduit à tort de 30 à 10 les heures nécessitées par
cette modification, il n'est une fois encore nullement motivé, alors que
l'expert a exposé les raisons pour lesquelles il avait procédé à cette diminution.

S'agissant toujours
du nombre d'heures retenu, la demanderesse estime que l'expert aurait dû avoir
recours à la norme SIA 102, qui permet un calcul des honoraires d'après le coût
de l'ouvrage. Elle se réfère à cet égard au tableau qu'elle a déposé, rempli
par W., architecte-paysagiste, qui fait état de 207 heures pour la préparation
de l'offre uniquement, à l'exclusion de la direction des travaux. Elle se
prévaut aussi du témoignage de ce dernier. Sur ce point, l'expert a précisé
dans son complément d'expertise qu'il n'avait pas appliqué le règlement 102 de
la SIA concernant les prestations et honoraires des architectes, du fait
notamment de la formation professionnelle des employés de la demanderesse au
moment des faits, à savoir dessinateur en bâtiment et constructeur métallique,
ajoutant que l'application de ce règlement supposait une formation d'architecte
de la personne qui s'y référait, même en l'absence de protection du titre. Il a
également relevé que l'activité de la demanderesse s'écartait de celle d'un
architecte, dans la mesure en particulier où le type de construction modulaire
proposé était plus simple et différent des prestations prévues par le règlement
SIA 102. Ces explications sont convaincantes. Pour le surplus, la demanderesse
ne peut rien déduire du tableau rempli par W., le prénommé ayant indiqué lors
de son audition que ce tableau avait été établi avec les responsables de la
demanderesse et sur la base des indications communiquées par ces derniers quant
aux prestations qui leur ont été demandées et qu'ils ont fournies.

La demanderesse
conteste aussi la possibilité de reprendre intégralement le modèle en trois
dimensions du logiciel autocad dans le logiciel archicad, alors que selon
l'expert, une migration des fichiers est possible. Cet argument ne lui est quoi
qu'il en soi d'aucune utilité, dès lors que selon sa réponse à la question 3a,
l'expert a admis les 20 heures facturées pour le rendu en trois dimensions de
l'offre du 24 décembre 2004. C'est pour un autre motif qu'il n'a par ailleurs
retenu que 10 heures pour cette rubrique dans sa réponse à la question 3b. Il a
effectivement estimé qu'une seule proposition pour les aménagements extérieurs
était à son sens nécessaire pour cette seconde offre, et partant une seule
présentation en trois dimensions, opinion à laquelle le Tribunal de céans se
rallie. A cet égard, on ne saurait par ailleurs suivre la défenderesse,
laquelle soutient que le surcoût découlant du changement de logiciel n'a pas à
être pris en compte, puisqu'il s'agit d'un choix de la demanderesse dont elle
n'a pas été informée. L'expert a en effet admis la nécessité de ce transfert
dans son complément d'expertise, le logiciel autocad ne disposant pas d'un
programme de rendu en trois dimensions suffisamment performant. La modification
de l'offre est de surcroît intervenue à la demande de la défenderesse.

La demanderesse émet
par ailleurs divers griefs concernant le tarif horaire retenu par l'expert pour
le calcul de ses honoraires. Elle lui reproche en premier lieu d'avoir assimilé
le travail accompli par ses responsables à celui de dessinateurs, alors que
leur rôle était celui de chefs de projet. Or, se fondant sur l'énumération des
activités déployées pour l'établissement des deux offres successives de la
demanderesse, l'expert a clairement indiqué que trois-quarts du temps retenu
pouvaient être imputés au travail d'un dessinateur et le quart restant à celui
d'un responsable d'entreprise. Il a ainsi clairement tenu compte du travail de
chefs d'entreprise accompli par les responsables de la demanderesse. Cette
dernière ajoute que l'expert fait une mauvaise appréciation de la différence
entre les activités d'un dessinateur et celles, essentiellement fournies en l'occurrence,
de concepteur d'un projet, la répartition de trois-quart et un quart retenue
étant en conséquence erronée. L'argument selon lequel le travail de chef
d'entreprise ne se limiterait pas à un quart de l'activité totale déployée
demeure toutefois au stade de simple allégué, faute de plus amples précisions
de la part de la demanderesse au sujet des tâches censées incomber à un chef de
projet plutôt qu'à un dessinateur, dont l'expert n'aurait pas tenu compte.

La demanderesse
reproche aussi à l'expert de ne pas avoir tenu compte des recommandations de la
KBOB pour fixer le montant de ses honoraires. Elle voit en outre une
contradiction dans le fait que l'expert ait admis le tarif horaire de 130
francs pour l'activité déployée par l'entreprise P., alors que le travail
qu'elle a fourni ne serait rétribué qu'au tarif de 90 francs. Concernant les recommandations
de la KBOB, l'expert a précisé, tout comme pour le règlement SIA 102 auquel ces
recommandations renvoient, qu'elles s'appliquaient aux prestations
d'architectes et d'ingénieurs uniquement, raison pour laquelle il n'y a pas
recouru. Il a également relevé qu'elles permettent un calcul des honoraires
dans le cadre de la procédure de gré à gré, de sorte qu'elles ne sont pas pertinentes
en l'espèce du fait de l'ampleur du projet. Il a enfin précisé que le travail
ponctuel de la demanderesse avec un architecte-paysagiste concernant un élément
précis du projet ne faisait pas de ce tandem une équipe d'étude ayant droit au
tarif moyen au sens de ces recommandations. C'est d'ailleurs en ce sens que
l'expert a admis le tarif horaire de 130 francs facturé par l'entreprise P.,
dont le responsable est architecte-paysagiste, alors qu'il n'a retenu qu'un
montant moyen de 90 francs pour la demanderesse.

La demanderesse
considère également que les deux entreprises auxquelles l'expert a choisi de se
référer pour fixer le tarif horaire ne sont pas représentatives. Elle relève
par ailleurs que le tarif retenu par ce dernier se rapproche d'une activité de
secrétariat selon les normes de l'USM. A cet égard, l'expert a expliqué qu'un
bureau de planification de même type et d'importance similaire, établi dans le
canton de Neuchâtel, pratiquait en 2003 un prix de 65 à 70 francs de l'heure
pour un dessinateur-constructeur sur métal avec CFC, alors que le prix d'un responsable
de projet avoisinait 80 à 90 francs de l'heure. Un autre bureau de
planification du canton, spécialisé dans la conception de façades métalliques,
pratiquait des prix de 75 à 100 francs de l'heure selon le type de mandat et
l'expérience professionnelle du dessinateur-constructeur, respectivement de 110
francs pour un responsable de projet doté d'une formation supérieure. Il a
ajouté que les prix pratiqués pour un dessinateur-constructeur dans le canton
de Neuchâtel se situaient au-dessous de ceux communiqués par l'USM et que
l'activité déployée par la demanderesse se situait pour une grande partie hors
du champ spécifique de la construction métallique, raison pour laquelle les
tarifs horaires de 80 francs pour un dessinateur, respectivement de 110 francs
pour un responsable de projet, étaient adéquats. Dans son rapport
complémentaire, l'expert a précisé que les activités de M. SA se rapprochaient
du travail de dessinateur en bâtiment, lequel était facturé 80 francs de
l'heure en 2003 par les bureaux d'architectes de la région. Contrairement à ce
que semble soutenir la demanderesse, l'expert ne s'est donc pas référé aux
seuls prix pratiqués par deux bureaux de planification pour fixer le tarif
horaire qui lui semblait adéquat, mais également aux prix facturés par les
bureaux d'architectes de la région pour les activités de dessinateur en
bâtiment. Il a de surcroît expliqué pour quelles raisons il s'écartait des
normes de l'USM.

c) Pour l'ensemble
des motifs qui précèdent, il apparaît ainsi que les arguments de la
demanderesse ne permettent pas de remettre en cause les conclusions de
l'expertise, dont il n'y a pas lieu de s'écarter, dès lors qu'elle a été mise
en œuvre afin de fournir au Tribunal de céans les éléments nécessaires, dans un
domaine exigeant des connaissances spéciales, pour se prononcer au sujet de la
facture de la demanderesse du 16 mars 2004, et que ce but est atteint. Il ne se
justifie donc pas d'ordonner une nouvelle expertise. Les autres réquisitions de
la demanderesse, tendant à la production par la défenderesse de l'offre de la
société C.SA, de la facture finale de l'adjudicataire G. SA ainsi que des plans
accompagnant cette offre n'apparaissent pas utiles non plus, ces documents, qui
concernent des tiers dans la procédure d'adjudication, n'étant pas déterminants
pour la solution du litige, lequel porte uniquement sur l'indemnisation de la
demanderesse pour les dépenses qu'elle a engagées en rapport avec la procédure
d'adjudication. Il convient en conséquence de retenir que 110 heures de travail
au tarif horaire moyen de 90 francs ont été nécessaires à la demanderesse pour
établir les offres des 1er septembre et 24 décembre 2003, ce qui correspond à
un montant de 9'900 francs, auquel s'ajoute la TVA par 752.40 francs, soit un
total de 10'652.40 francs. On relèvera encore que ce montant est très proche
des indications fournies par l'architecte D.. Lors de son audition, celui-ci a
en effet indiqué que par rapport au coût de l'ouvrage de l'ordre d'un
demi-million de francs, les honoraires d'architecte seraient de l'ordre de
100'000 francs pour une prestation totale, l'avant-projet présenté par la
demanderesse correspondant à son avis à quelque 10 à 12 % de cette somme.
Si l'on retient 12'000 francs, dont on déduit le montant de la facture de
l'entreprise P., soit 2'600 francs, on obtient une somme de 9'400 francs. Le
montant de 9'900 francs sans TVA susmentionné, calculé sur la base des
indications de l'expert, apparaît ainsi correct. Il n'y a pas lieu de réduire
encore cette somme de 10 % supplémentaires, pour tenir compte de la part
de bénéfice qu'elle engloberait, ainsi que le préconise la défenderesse.

7.                     M. SA conclut également que
la Commune de Bôle soit condamnée à lui payer le montant de 2'797.60 francs,
relatif à la facture de P. du 23 avril 2004. Ce montant correspond à 20 heures
de travail au tarif horaire de 130 francs, TVA en sus, pour l'établissement
d'un avant-projet de jardin effectué par cette entreprise pour M. SA.

L'expert, qui était
également invité à se prononcer au sujet de cette facture, a retenu que les
heures mentionnées pour les prestations effectuées les 10 et 11 décembre 2003,
bien que largement comptées, lui semblaient justifiées. Pour ce qui est des
heures relatives à l'activité du 12 décembre 2003, il a indiqué qu'elles lui semblaient
difficilement justifiables dans leur intégralité, ajoutant néanmoins que ce
genre de mandat extrêmement restreint entraînait des pertes de temps non
comptabilisables, raison pour laquelle le travail accompli sur une période de 2
jours et demi correspondant aux 20 heures facturées lui semblait acceptable.
L'expert a par ailleurs admis le tarif horaire de 130 francs appliqué par P.,
ajoutant que cette entreprise aurait pu sans peine prétendre un tarif plus
élevé.

Il convient de se
rallier aux conclusions de l'expert sur ce point, au demeurant non contestées
par les parties, et de retenir 20 heures de travail au tarif horaire de 130
francs, soit une somme de 2'600 francs, plus la TVA par 197.60 francs, pour un
total de 2'797.60 francs.

8.                     M. SA conclut finalement
que la Commune de Bôle soit condamnée à lui payer 3'615.35 francs et 1'105.20
francs, correspondant à sa facture du 8 février 2005, respectivement au solde
d'honoraires de son avocat pour la procédure de recours. Ces éléments doivent
aussi être indemnisés (v. cons.4), pour un montant que le dossier permet de
fixer.

La facture de M. SA
du 8 février 2005 se compose de correspondances avec la Commune de Bôle à
raison de 20 unités pour 2'400 francs ainsi que d'une séance à Bôle et d'une
séance avec le mandataire, pour 480 francs chacune. Le dossier constitué ne
contient toutefois que sept lettres adressées par la demanderesse à la défenderesse
postérieurement au dépôt de la seconde offre le 24 décembre 2003, qui ont tout
au plus nécessité 5 heures de travail, à savoir 30 minutes pour les deux lettres
du 19 février 2004 et pour celles des 16 mars 2004 et 8 juin 2004 et 60 minutes
pour les lettres des 6 avril 2004, 10 mai 2004 et 14 juin 2004. Quant aux 4
heures alléguées pour la séance du 7 juin 2004 à Bôle, elles peuvent être
admises, de même que les 4 heures pour la séance avec le mandataire. Un montant
de 1'538.70 francs, soit 13 heures à 110 francs (v. cons.6) totalisant 1'430
francs, plus la TVA par 108.70 francs, doit donc être retenu à ce titre.

Concernant les
honoraires d'avocat pour la procédure de recours, le mandataire de la demanderesse
indique avoir consacré une dizaine d'heures à cette procédure, ce qui, au tarif
horaire de 265 francs recommandé par l'Ordre des avocats neuchâtelois,
représente 2'650 francs, auxquels s'ajoutent les débours par 50 francs et la
TVA par 205.20 francs, soit un total de 2'905.20 francs, dont à déduire 1'800
francs de dépens alloués par arrêt du 27 janvier 2007, soit un solde de
1'105.20 francs. Ce montant doit être admis, une activité de 10 heures pour la
procédure de recours apparaissant tout à fait raisonnable.

9.                     La demande doit en
conséquence être partiellement admise. C'est une somme totale de 16'093.90
francs, correspondant pour 10'652.40 francs à la facture de M. SA du 16 mars
2004 (v. cons.6), pour 2'797.60 francs à la facture de P. du 23 avril 2004 (v.
cons.7), pour 1'538.70 francs à la facture de M. SA du 8 février 2005 et finalement
pour 1'105.20 francs au solde d'honoraires d'avocat pour la procédure de
recours (v. cons.8), que la Commune de Bôle doit être condamnée à payer à M.
SA.

Selon l'article 102 al.1 CO, le débiteur d'une obligation exigible est
mis en demeure par l'interpellation du créancier. L'interpellation au sens de
cette disposition est un acte soumis à réception (ATF 130 V 414
cons.5.1 et la référence citée, 103 II 102
cons.1a; arrêt du Tribunal fédéral du 05.06.2003
[4C.50/2003] cons.6 non publié aux ATF 129 III 604).
Par ailleurs, le débiteur qui est en demeure pour une somme d'argent doit un
intérêt moratoire à 5 % l'an, pour autant qu'un taux d'intérêt plus élevé
n'ait pas été convenu (art.104 al.1 et 2 CO; ATF 130 V 414
cons.5.1 et les références citées, 127 V 377
cons.5e/bb).

En l'espèce, on
ignore si, à la lettre adressée par la demanderesse à la défenderesse le 16
mars 2004, était jointe ou non la facture du même jour. Il convient en
conséquence de retenir que la demanderesse a interpellé la défenderesse par
courrier du 7 mars 2005. La défenderesse en ayant accusé réception le 12 avril
2005 seulement, cette date doit être retenue, faute d'autre date déterminable,
comme point de départ de l'intérêt moratoire.

10.                   A teneur de l'article 47 al.1
LPJA, la partie qui
succombe est condamnée au paiement des frais de procédure. D'après l'alinéa 2
de cette disposition, les autorités cantonales et communales ne paient pas les
frais. Cette disposition peut être appliquée par analogie dans la procédure de
l'action de droit administratif, bien que l'article 60 al.2 LPJA n'y renvoie pas
expressément (Schaer, Juridiction administrative neuchâteloise, p.185).
Il n'y a pas lieu d'y déroger en l'occurrence et des frais réduits doivent en
conséquence être mis à la charge de la demanderesse, laquelle n'obtient que
partiellement gain de cause.

Au vu de la valeur
litigieuse et de la difficulté de la cause, l'émolument de décision peut être
fixé à 2'400 francs (art.13 et 19 de l'arrêté concernant le tarif
des frais de procédure, par renvoi de l'art.18 de ce tarif). Quant aux
débours forfaitaires, ils représentent 240 francs (art.36 du tarif des frais),
montant auquel s'ajoutent les honoraires de l'expert par 4'200 francs (art.34
du tarif des frais) et l'indemnité de témoin par 40 francs (art.33 du tarif des
frais). M. SA, qui se voit adjuger la moitié environ du montant réclamé,
supportera la moitié des frais de la procédure, soit un émolument de décision
de 1'200 francs et les débours par 2'240 francs, montants compensés par ses avances,
dont le solde lui est restitué.

M. SA a par ailleurs
droit à l'allocation d'une indemnité de dépens partielle (art.48 al.1 LPJA), à charge de la
Commune de Bôle, laquelle peut être fixée, compte tenu de la difficulté de la
cause ainsi que du travail qu'elle a nécessité, à 4'000 francs (art.4, 6 et 13
de l'arrêté concernant
le tarif des frais entre plaideurs, par renvoi de l'art.48 al.2 LPJA).

Par ces motifs,

LA COUR DE DROIT PUBLIC

1.   
Admet partiellement
la demande.

2.   
Condamne la Commune
de Bôle à payer à M. SA la somme de 16'093.90 francs plus intérêts à 5 %
l'an dès le 12 avril 2005.

3.   
Met à la charge de M.
SA un émolument de décision de 1'200 francs et les débours par 2'240 francs,
montants compensés par ses avances de frais, dont le solde lui est restitué.

4.   
Alloue à M. SA une
indemnité de dépens de 4'000 francs, à charge de la Commune de Bôle.

Neuchâtel, le 11 juin 2008

 

Art. 102 CO

B. Demeure du débiteur

I. Conditions

1 Le débiteur d’une obligation exigible est mis
en demeure par l’interpellation du créancier.

2 Lorsque le jour de l’exécution a été déterminé
d’un commun accord, ou fixé par l’une des parties en vertu d’un droit à elle
réservé et au moyen d’un avertissement régulier, le débiteur est mis en demeure
par la seule expiration de ce jour.