# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 3e1ff204-d623-591a-aaf5-29af0a714597
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2021-07-01
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 01.07.2021 RR.2021.128
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG/CH_BSTG_001_RR-2021-128_2021-07-01.pdf

## Full Text

Arrêt du 1
er juillet 2021 

Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux 

Cornelia Cova, vice-présidente, 

Miriam Forni et Giorgio Bomio-Giovanascini,  

la greffière Claude-Fabienne Husson Albertoni  

   

Parties  A., représenté par Me Giovanni Molo, avocat,  

recourant 

  

 contre 

   

  MINISTÈRE PUBLIC CENTRAL DU CANTON DE 

VAUD,  

partie adverse 

 

   

Objet  Entraide judiciaire internationale en matière pénale 

aux Pays-Bas 

 

Saisie de valeurs (art. 80e al. 2 let. a EIMP) 

  

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

Numéro de dossier: RR.2021.128 

 

 

 

- 2 - 

 

 

La Cour des plaintes, vu: 

 

- le mandat de perquisition rendu par le Ministère public central du canton 

de Vaud le 11 juin 2021 dans le cadre de l’exécution d’une demande 

d’entraide adressée par les Pays-Bas à la Suisse aux termes de laquelle 

l’autorité requérante demandait l’exécution d’une perquisition au 

domicile de A. ressortissant hollandais, au Tessin (act. 1.1), 

 

- le procès-verbal de dite perquisition effectuée chez A. le 16 juin 2021 

(act. 1.2), 

 

- le recours déposé le 28 juin 2021 par A. devant la Cour des plaintes du 

Tribunal pénal fédéral (ci-après: la Cour) aux termes duquel il conclut à 

l’admission de son recours et à la levée du séquestre prononcé sur un 

récipient jaune contenant 190 pièces d’or Krugerrand, sous suite de frais 

et dépens,  

 

 

et considèrant que: 

 

l’entraide judiciaire entre les Pays-Bas et la Confédération suisse est 

prioritairement régie par la Convention européenne d'entraide judiciaire en 

matière pénale (CEEJ; RS 0.351.1), entrée en vigueur pour la Suisse le 

20 mars 1967 et pour les Pays-Bas le 15 mai 1969, ainsi que par le 

Deuxième Protocole additionnel à la CEEJ du 8 novembre 2001, entré en 

vigueur pour la Suisse le 1er février 2005 et pour l'Etat requérant le 1er avril 

2011; les art. 48 ss de la Convention d'application de l'Accord de Schengen 

du 14 juin 1985 (CAAS; n° CELEX 42000A0922(02); Journal officiel de 

l'Union européenne L 239 du 22 septembre 2000, p. 19-62; publication de la 

Chancellerie fédérale, "Entraide et extradition") s'appliquent également à 

l'entraide pénale entre la Suisse et les Pays-Bas (v. arrêt du Tribunal pénal 

fédéral RR.2008.209 du 14 janvier 2009 consid. 1.3); s'agissant d'une 

demande d'entraide présentée notamment dans le cadre de la répression du 

blanchiment d'argent, entre également en considération la Convention 

relative au blanchiment, au dépistage, à la saisie et à la confiscation des 

produits du crime (CBI; RS 0.311.53), entrée en vigueur le 1er septembre 

1993 tant pour la Suisse que pour les Pays-Bas;  

 

pour le surplus, la loi fédérale sur l'entraide internationale en matière pénale 

(EIMP; RS 351.1) et son ordonnance d'exécution du 24 février 1982 (OEIMP; 

RS 351.11) règlent les questions qui ne sont pas régies, explicitement ou 

implicitement, par les traités (ATF 130 II 337 consid. 1; 128 II 355 consid. 1 

et la jurisprudence citée), le droit interne s’appliquant en outre lorsqu'il est 

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plus favorable à l'entraide (ATF 142 IV 250 consid. 3; 140 IV 123 consid. 2; 

137 IV 33 consid. 2.2.2), l'application de la norme la plus favorable (principe 

dit « de faveur ») devant avoir lieu dans le respect des droits fondamentaux 

(ATF 135 IV 212 consid. 2.3); 

 

la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral est compétente pour connaître 

des recours dirigés contre les décisions incidentes antérieures à la décision 

de clôture de la procédure d’entraide rendues par l’autorité cantonale 

d’exécution (art. 37 al. 2 let. a de la loi fédérale sur l’organisation des 

autorités pénales de la Confédération [LOAP; RS 173.71] cum art. 25 al. 1 

et 80e al. 2 EIMP); 

 

à teneur de l’art. 80e al. 2 EIMP, les décisions incidentes antérieures à la 

décision de clôture ne sont attaquables séparément qu'en cas de préjudice 

immédiat et irréparable découlant de la saisie d'objets ou de valeurs (let. a); 

 

la notion de préjudice immédiat et irréparable au sens de l’art. 80e al. 2 EIMP 

doit être interprétée de manière restrictive (arrêts du Tribunal pénal fédéral 

RR.2018.90-92 du 29 mars 2018; RR.2007.131 du 27 novembre 2007 

consid. 2.1 et la jurisprudence citée);  

 

le prononcé d’un séquestre ne crée pas ipso facto un dommage immédiat et 

irréparable ouvrant la voie du recours: pour que la condition de l’art. 80e al. 2 

let. b EIMP soit remplie, il faut que la personne touchée rende vraisemblable 

que la mesure qu’elle critique lui cause un tel dommage et en quoi celui-ci 

pourrait être évité par l’annulation de la décision attaquée (ATF 128 II 211 

consid. 2.1);  

 

en particulier, il incombe au plaideur d'indiquer, dans l'acte de recours, en 

quoi consiste le préjudice prétendument subi et pourquoi ce préjudice ne 

serait pas totalement prévenu par un arrêt annulant, le cas échéant, la 

décision de clôture qui interviendra ultérieurement; un tel préjudice consiste 

par exemple dans l'impossibilité de satisfaire à des obligations échues 

(paiement de salaires, intérêts, impôts, prétentions exigibles, etc.), dans le 

fait d'être exposé à des actes de poursuite ou de faillite, ou à la révocation 

d'une autorisation administrative, ou dans l'impossibilité de conclure des 

affaires sur le point d'aboutir (ATF 128 II 353 consid. 3);  

 

l’éventuel préjudice ne doit pas simplement être allégué par le recourant, 

mais rendu vraisemblable sur la base d'éléments spécifiques et concrets; la 

seule nécessité de faire face à des dépenses administratives courantes ne 

suffit pas, en règle générale, à rendre vraisemblable un préjudice immédiat 

et irréparable (arrêts du Tribunal fédéral 1A.206/2001 du 9 janvier 2002 

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consid. 2.2; 1A.39/2002 du 2 avril 2002 consid. 3; arrêts du Tribunal pénal 

fédéral RR.2015.319 du 7 janvier 2016; RR.2007.126 du 26 septembre 2007 

consid. 2.3); de même, le recourant doit rendre vraisemblable qu'il ne 

dispose pas d'autres ressources financières en suffisance pour faire face à 

ses obligations (cf. arrêt du Tribunal fédéral 1A.130/2006 du 28 juillet 2006 

consid. 1.3; arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2009.155 du 7 mai 2009 

consid. 2.5.1); le préjudice au sens de l'art. 80e let. b EIMP ne doit pas 

nécessairement être réalisé pour être immédiat; si de simples conjectures 

ou hypothèses ne démontrent pas ce caractère, une perspective sérieuse et 

rapprochée peut suffire (arrêt du Tribunal fédéral 1A.86/2004 du 8 juin 2004 

consid. 2);  

 

in casu, le recourant ne fait valoir aucun argument pouvant étayer l’existence 

d’un préjudice immédiat et irréparable que lui occasionnerait la saisie des 

pièces d’or concernées; 

 

de fait, il se limite à indiquer que les pièces en cause n’ont rien à voir avec 

l’objet de la demande d’entraide (act. 1); 

 

ces développements ne peuvent lui être ici d’aucun secours tant il est vrai 

que l’examen de la question de la proportionnalité afférente aux objets saisis 

ne peut se faire que dans le cadre d’un examen au fond, ce qui ne peut être 

le cas à ce stade;  

 

en définitive, force est de constater, que le recourant ne subit aucun 

préjudice immédiat et irréparable;  

 

il en résulte que le recours doit être déclaré irrecevable; 

 

au vu de la conclusion qui précède, la Cour de céans a renoncé à procéder 

à un échange d'écritures (art. 57 al. 1 PA); 

 

en règle générale, les frais de procédure comprenant l'émolument d'arrêt, 

les émoluments de chancellerie et les débours sont mis à la charge de la 

partie qui succombe (art. 63 al. 1 de la loi fédérale sur la procédure 

administrative [PA; RS 172.021], applicable par renvoi de l'art. 39 LOAP); en 

tant que partie qui succombe, le recourant doit supporter les frais du présent 

arrêt (art. 63 al. 1 PA applicable par renvoi à l’art. 39 al. 2 let. b LOAP), 

lesquels sont fixés à CHF 2’000.-- (v. art. 8 al. 3 let. b du règlement du 

Tribunal pénal fédéral sur les frais, émoluments, dépens, et indemnités de la 

procédure pénale fédérale [RFPPF; RS 173.713.162] et art. 63 al. 4bis let. b 

PA). 

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Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Le recours est irrecevable. 

 

2. Un émolument de CHF 2’000.-- est mis à la charge du recourant. 

 

 

Bellinzone, le 1er juillet 2021 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

La vice-présidente: La greffière:  

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Me Giovanni Molo, avocat  

- Ministère public central du canton de Vaud, Division criminalité économique 

- Office fédéral de la justice, Unité Entraide judiciaire 

 

 

Indication des voies de recours 

Les décisions préjudicielles et incidentes qui sont notifiées séparément et qui portent sur la 
compétence ou sur une demande de récusation peuvent faire l’objet d’un recours (art. 92 al. 1 LTF). 
Ces décisions ne peuvent plus être attaquées ultérieurement (art. 92 al. 2 LTF). 
 
En matière d’entraide pénale internationale, les autres décisions préjudicielles et incidentes notifiées 
séparément ne peuvent faire l’objet d’un recours. C’est sous réserve des décisions relatives à la 
détention extraditionnelle ou à la saisie d’objets et de valeurs, si elles peuvent causer un préjudice 
irréparable ou si l’admission du recours peut conduire immédiatement à une décision finale qui 
permet d’éviter une procédure probatoire longue et coûteuse (cf. art. 93 al. 1 et 2 LTF). Si le recours 
contre les décisions préjudicielles et incidentes n’est pas ouvert au sens de l’art. 93 al. 1 et 2 LTF ou 
qu’il n’est pas utilisé, ces décisions peuvent être attaquées par un recours contre la décision finale 
dans la mesure où elles influent sur le contenu de celle-ci (cf. art. 93 al. 3 LTF). 
 
Le recours doit être déposé devant le Tribunal fédéral dans les 10 jours qui suivent la notification de 
l’expédition complète (cf. art. 100 al. 1 et 2 let. b LTF).