# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 9a1da814-2d4d-59c9-97e7-32d2d7dfa455
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-07-05
**Language:** fr
**Title:** Genf Tribunal pénal 05.07.2018 P/12928/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_TP_001_P-12928-2015_2018-07-05.pdf

## Full Text

Siégeant : Mme Alexandra BANNA, présidente, M. Vincent FOURNIER et Mme 

Marine WYSSENBACH, juges, Mme Loly BOLAY, Mme Nelly HARTLIEB, M. 

Marcel IMHOF et M. Didier AULAS, juges assesseurs, M. Alain BANDOLLIER, 

greffier-délibérant  

P/12928/2015  

RÉPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E   
 

JUGEMENT  

DU TRIBUNAL CRIMINEL  

Chambre 7 

 

5 juillet 2018  
 

MINISTERE PUBLIC 

Monsieur A______, partie plaignante 
 
Monsieur B______, partie plaignante 
 
Madame C______, partie plaignante, assistée de Me F______ 
 
D______, partie plaignante 

contre  

Monsieur E______, né le ______1972, actuellement détenu à la prison de Champ-
Dollon, prévenu, assisté de Me G______ et Me H______ 

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P/12928/2015  

 

CONCLUSIONS FINALES DES PARTIES : 

Le Ministère public conclut à un verdict de culpabilité de E______ de meurtre avec la 
circonstance aggravante de l'assassinat (art. 111 CP et 112 CP), de vol (art. 139 CP), 
d'utilisation frauduleuse d'un ordinateur (art. 147 CP), d'abus de confiance (art. 138 CP), 
d'escroquerie (art. 146 CP), de faux dans les titres (art. 251 CP), d'injure (art. 177 CP) et 
de menaces (art. 180 CP). Il requiert le prononcé d'une peine privative de liberté de 18 
ans et d'une peine pécuniaire de 30 jours-amende à CHF 50.- le jour, ainsi que le 
maintien en détention de sûreté du prévenu. Il se réfère à l'annexe de son acte 
d'accusation s'agissant des confiscations et restitutions. Enfin, il requiert la 
condamnation du prévenu aux frais de la procédure. 

C______, partie plaignante, conclut à la culpabilité du prévenu de meurtre avec la 
circonstance aggravante de l'assassinat, de vol, d'utilisation frauduleuse d'un ordinateur 
et d'abus de confiance. Elle persiste dans ses conclusions civiles prises par écriture du 7 
février 2017, par laquelle elle demande que E______ soit condamné à lui payer les 
sommes de: 

 CHF 30'000.-, avec intérêts à 5% dès le 6 janvier 2015,  

 CHF 1'940.-, avec intérêts à 5% dès le 11 février 2015,  

 CHF 2'000.-, avec intérêts à 5% dès le 11 mars 2015,  

 CHF 6'548.-, avec intérêts à 5% à la date des retraits effectués,  

 CHF 1'337.-, avec intérêts à 5% à la date de chacune des ventes effectuées, 

à titre de réparation du dommage matériel (art. 41 CO) et de 

 CHF 40'000.-, avec intérêts à 5% dès le 11 mars 2015,  

à titre de réparation du tort moral (art. 49 CO). 

Au surplus et s'agissant du véhicule séquestré, C______ propose qu'il soit laissé au sort 
de la fourrière. 

Les autres parties plaignantes ne prennent pas de conclusions. 

 

E______, prévenu, conclut à son acquittement d'injure, de menaces, de vol, d'utilisation 
frauduleuse d'un ordinateur, d'abus de confiance et de meurtre, voire d'assassinat. Il s'en 
rapporte à justice s'agissant des faits qui lui sont reprochés en lien avec B______ et 
D______ ainsi que s'agissant de son maintien en détention de sûreté. Il conclut à la 
condamnation de l'Etat de Genève à lui verser une indemnité correspondant à CHF 
200.- par jour de détention avant jugement (1'085 jours) (art. 429 CPP). Enfin, il conclut 
au rejet des conclusions civiles. 

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EN FAIT 

A. a) Par acte d'accusation du 26 février 2018, il est reproché à E______: 

- d'avoir, le 11 mars 2015, aux alentours de 12h30, à Genève, attendu I______ au 
domicile du précité avec une carabine Browning .22 LR puis de l'avoir tué en lui tirant 
deux balles dans la tête, avant de s'emparer du téléphone, des clés de l'appartement, de 
la carte bancaire et des clés du véhicule de la victime et, aux alentours de 13h45, de 
quitter le domicile de I______ au moyen du véhicule de celui-ci,  

le prévenu ayant agi de manière particulièrement odieuse et égoïste: 

- puisqu'il avait agi afin de ne pas rembourser le prêt de CHF 30'000.- que I______ 
lui avait octroyé,  

- en s'en prenant à son prétendu ami, dont il avait la confiance et qui l'avait aidé 
financièrement, alors même que E______ n'avait jamais eu à souffrir de lui, en lui 
tirant deux balles dans la tête, ne lui laissant aucune chance de se défendre, en lui 
ligotant les poignets après son décès puis en emballant le corps dans deux couches 
de sacs poubelles, respectivement de plastique transparent puis dans une fourre de 
duvet, avant de transporter le corps ainsi emballé sur le balcon et de le recouvrir 
de sacs poubelles afin de le dissimuler pour gagner du temps et se construire un 
alibi, en agissant avec une extrême froideur pendant et après les faits puisqu'il a 
passé les nuits suivantes au domicile de la victime, dissimuler le corps et nettoyer 
l'appartement, dérober les clés de l'appartement, la voiture, le téléphone et de 
nombreux effets personnels de la victime afin de les revendre pour des montants 
dérisoires, en dérobant la carte bancaire de la victime et en prélevant, tous les 
mois qui ont suivi le décès jusqu'à son arrestation, la rente AVS de la victime, 

faits constitutifs de meurtre, au sens de l'art. 111 CP, avec la circonstance aggravante de 
l'assassinat, au sens de l'art. 112 CP, 

- d'avoir, entre les 11 et 18 mars 2015, volé les clés et le véhicule, la carte bancaire afin 
de procéder à des retraits pour un montant total de CHF 6'548.-, le téléphone et divers 
effets personnels de I______, 

faits constitutifs de vol, au sens de l'art. 139 CP, et d'utilisation frauduleuse d'un 
ordinateur, au sens de l'art. 147 CP. 

b) Par ce même acte d'accusation, il est reproché à E______ d'avoir, le 11 février 2015, 
alors que I______ lui avait confié sa carte bancaire, retiré la somme de CHF 1'940.- 
sans autorisation afin de s'enrichir de cette somme, 

faits constitutifs d'abus de confiance, au sens de l'art. 138 CP. 

c) Par ce même acte d'accusation, il est reproché à E______: 

- d'avoir, dans le courant du mois d'octobre 2014, fait croire à B______ qu'il cherchait 
des maisons pour lui et sa société, qu'il avait retrouvé son père biologique et qu'il allait 
hériter d'une importante somme d'argent, laquelle était néanmoins bloquée par la 
banque, pour inciter le précité à lui prêter CHF 15'000.- pour qu'il puisse s'acquitter de 
pensions alimentaires en faveur de son ex-épouse puis d'avoir établi et transmis à 

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B______ un faux avis de crédit de CHF 12'842'000.- émanant de D______ (ci-après 
D______), attestant qu'il disposait de cette somme, avis sur la base duquel B______ a 
transféré, le 6 octobre 2014, à E______ la somme réclamée, 

faits constitutifs d'escroquerie, au sens de l'art. 146 CP, et de faux dans les titres, au sens 
de l'art. 251 CP; 

- d'avoir, par SMS du 6 octobre 2014, traité A______ de "connard" et de "gros merde" 
puis adressé au précité le SMS suivant: "… et demain je vais venir avec des amis qui 
vont filmer ce qu'on fait à des merdes comme toi", 

faits constitutifs d'injure, au sens de l'art. 177 CP, et de menaces, au sens de l'art. 180 
CP. 

B. Il ressort de la procédure les faits pertinents suivants: 

a) Jusqu'au 29 février 2012, E______ a travaillé dans le domaine de la restauration.  

En mai 2012, il a constitué la société J______ SA. La moitié du capital-actions de la 
société de CHF 50'000.- a été libéré et versé par un tiers, soit K______ SARL, selon 
contrat de prêt à court terme avec intérêts (cf. PP C-45'093). Sur requête de certains de 
ses employés, la société a été déclarée en faillite en août 2012 et radiée. E______ n'a 
jamais remboursé le prêt. 

E______ a sollicité des prestations chômage dès le 22 septembre 2012, lesquelles lui ont 
été refusées en raison de la période de cotisation insuffisante (PP C-29'115). 

Le 8 novembre 2012, E______ a demandé une aide financière à l'Hospice général. Il a 
été mis au bénéfice de prestations pour le seul mois de décembre 2012.  

Le 28 novembre 2012, E______ a conclu un contrat de travail avec effet au 1er 
décembre 2012 avec L______ SA, à Nyon, où il a travaillé durant six mois.  

En mai 2014, il a constitué la société M______ SA (ci-après: M______), sise à 
BN______, laquelle avait pour but social la commercialisation de cartes privilèges. 
E______ et N______ étaient administrateurs de M______, le précité ayant seul apporté 
les CHF 50'000.- nécessaires à la libération du capital-actions, montant dilapidé fin juin 
2014 (PP C-24'042). N______ a encore versé, le 13 février 2014, sur le compte 
personnel de E______ auprès de O______ SA CHF 50'000.- supplémentaires, montant 
dilapidé pour les besoins personnels de l'intéressé à fin juin 2014 (solde CHF 829.85, 
PP C-25'002ss). En juillet 2014, N______ a démissionné et ses pouvoirs inscrits au 
Registre du commerce ont été radiés, E______ restant seul administrateur de la société. 
A cette même date, la société n'avait plus d'organe de révision. E______ a engagé 14 
personnes (cf. PP C-45'098, PV d'audition de E______ à la police du 26.11.14). Par 
jugement du 10 févier 2016, la dissolution et la liquidation de la société ont été 
prononcées et celle-ci a été radiée en janvier 2017.  

Si E______ a multiplié les contacts dans le but de trouver des partenaires, aucun n'a 
abouti et M______ n'a jamais eu de réelle activité commerciale (cf. extrait bancaire, PP 
C-24'042) ni disposé de liquidités autres que la libération du capital-social (cf. extraits 
comptes bancaires M______ auprès de D______, P______ AG et O______ SA). 

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Au 6 octobre 2014, les comptes de M______ auprès de P______ AG et de O______ SA 
ne présentaient pas de crédit (solde soit négatif, soit à zéro); le compte auprès de 
D______ était clôturé. 

Au 6 octobre 2014, E______ ne disposait que de deux comptes personnels, qui se 
trouvaient auprès de O______ SA. Seul le compte no 1______ présentait un crédit, 
lequel se montait à CHF 303.-.  

b) B______ 

b.a) Le 10 novembre 2014, B______ a déposé une plainte pénale à l'encontre de 
E______. Il a expliqué avoir passé une partie de son enfance avec E______, enfant 
adopté comme lui. Tous deux s'étaient perdus de vue. Fin août 2014, E______ avait 
contacté l'agence immobilière de B______ pour demander de lui trouver une maison 
d'une valeur de CHF 7'500'000.-. Le 6 octobre 2014, E______ lui avait expliqué un peu 
plus sa situation, soit qu'il ne pouvait libérer de suite les fonds nécessaires à cet achat 
immobilier. Ce dernier lui avait toutefois fait comprendre disposer d'une fortune de 
CHF 12'000'000.-. Il avait ensuite avancé divers motifs pour expliquer la raison pour 
laquelle il ne pouvait disposer immédiatement de son argent, tout en ayant besoin de 
liquidités pour procéder à divers paiements courants. B______ avait avancé une somme 
de CHF 15'000.- pour aider son ami à débloquer ses fonds afin qu'ils puissent faire 
affaire ensemble, ce montant devant lui être remboursé. Il avait effectué le versement en 
question après avoir reçu un document intitulé "avis de crédit" au nom de la société de 
E______, envoyé par email, émanant de la D______, lequel avait assis sa confiance 
envers le précité. B______ avait appris par la suite que ce document bancaire était un 
faux.  

Il ressort des documents produits ce qui suit: 

Par message WhatsApp du 6 octobre 2014, E______ a expliqué à B______ avoir un 
gros souci, expliquant que sa société avait reçu des fonds d'Inde, mais que sa banque 
avait bloqué le compte en vue de vérifications. Son avocat l'avait informé que ce 
blocage pouvait durer une à deux semaines. Il se retrouvait sans argent et demandait dès 
lors à B______ si celui-ci pouvait lui avancer des fonds afin qu'il puisse procéder à des 
paiements urgents et disposer d'un peu d'argent liquide. E______ a ajouté avoir "fait 
venir" CHF 12'000'000.- pour acheter la maison de Q______, ce qui avait bloqué les 
comptes. B______ a demandé à E______ de lui faire parvenir une copie du transfert des 
CHF 12'000'000.- reçus.  

Par email du 6 octobre 2014, E______ a fait parvenir à B______ copie de l'avis de 
crédit en question en indiquant disposer des fonds, lesquels étaient néanmoins bloqués. 
Il lui fallait idéalement CHF 15'000.-, soit CHF 8'500.- pour la pension,  
CHF 4'000.- pour effectuer divers paiements urgents et le solde afin de disposer d'argent 
de poche.  

A cet envoi était annexé un avis de crédit du 1er octobre 2014 sur le compte de 
M______ auprès de D______ d'un montant de CHF 12'842'000.-. 

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Interrogé sur l'authenticité de ce document, D______ a indiqué qu'il s'agissait d'un faux, 
précisant que le compte en question avait été clôturé avant le 1er octobre 2014, que le 
numéro de référence correspondait à un débit de CHF 5'200.- effectué le 26 mars 2014 
en faveur d'un tiers (cf. PP C-45'358) et que l'identité du donneur d'ordre n'était pas 
mentionnée. 

B______ s'étant enquis de la date de remboursement de son prêt, par email du 6 octobre 
2014, E______ lui a répondu "dès la libération entre 5-10 jours et on fera un bon 
déjeuner et on signera l'offre de vente".  

Le 6 octobre 2014, B______ a versé la somme de CHF 15'000.- à E______ sur son 
compte ______ no 1______. 

Par email du même jour, E______ a remercié B______ pour le versement effectué tout 
en indiquant que, pour la maison, "ils veulent 7'800'000.- si tu arrives à négocier… On 
peut aller la voir ensemble si tu veux".  

Par message WhatsApp du 17 octobre 2014, B______ se plaignant de ne pouvoir le 
joindre, E______ a indiqué faussement se trouver en Inde et rentrer le mercredi suivant. 
Il ressort de divers messages que E______ a avancé différentes excuses au non 
remboursement des fonds. Le 29 octobre 2014, B______ lui a fait remarquer que l'avis 
de crédit transmis était un faux, ce à quoi E______ a répondu ne pas avoir fait du 
chantage affectif, mais qu'il était "dans la merde" et qu'il ne savait pas comment faire 
autrement, ajoutant "Je ne suis pas fier d'avoir fait ceci mais ne savais pas comment 
faire autrement". S'en sont suivis divers échanges dans lesquels E______ a retardé 
l'échéance du paiement et le dépôt d'une plainte pénale à son encontre.  

b.b) N'ayant pas répondu aux diverses convocations qui lui avaient été adressées pour 
être entendu sur les faits susmentionnés ou ayant annulé dix minutes avant une audition 
prévue, un mandat d'amener a été décerné à l'encontre de E______ et une perquisition 
du domicile de Nyon ordonnée.  

A la police le 26 novembre 2014, E______ a reconnu avoir promis à B______ d'acheter 
une maison à St-Cergue, soit plus précisément une parcelle avec deux maisons qu'il 
avait trouvée. Il a admis que sa situation financière était délicate, précisant que 
M______ était en attente d'entrées d'argent de différents gouvernements et entreprises. 
Il a reconnu avoir fabriqué, depuis son ordinateur, le document de D______ afin 
d'obtenir de B______ un prêt de CHF 15'000.-. Pour ce faire, il avait utilisé un ancien 
relevé de compte, qu'il avait scanné avant de faire la modification du montant. Il avait 
envoyé ce document par courriel à B______ afin que celui-ci lui prête les CHF 15'000.-. 
Il reconnaissait devoir la somme de CHF 15'000.- à l'intéressé et s'engageait à le 
rembourser d'ici la fin de l'année, précisant que le remboursement serait fait via la 
fiduciaire R______. 

b.c) E______ ne s'est pas rendu à l'audience prévue au Ministère public le 26 février 
2014 en raison d'une gingivite généralisée.  

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Il ne s'est pas présenté à la police pour une audition prévue le 11 mars 2015. Par courriel 
du même jour, E______ a soutenu à l'inspecteur de la brigade financière qu'il venait de 
déménager et n'habitait plus Nyon (PP D-363). 

Par courrier du 27 mars 2015 adressé au Procureur saisi de la plainte pénale déposée par 
B______, E______ a indiqué avoir changé de domicile, habitant désormais chemin 
S______ à Valleiry.  

Par courrier du 29 avril 2015, E______ a informé ce même Procureur qu'il serait absent 
durant trois mois dès la date précitée car il suivait "une formation d'anglais en 
Angleterre". 

Bien que convoqué aux adressées communiquées, E______ ne s'est pas présenté à 
l'audience prévue le 5 mai 2015 devant le Ministère public.  

b.d.a) Entendu par le Procureur, B______ a confirmé sa précédente déclaration. 
E______ avait joué sur le fait que tous deux étaient des enfants adoptés. Il avait monté 
tout un stratagème pour obtenir le prêt en question, à savoir qu'il avait visité des 
maisons de luxe pour lui et sa société, avait inventé tout un monde de création de start 
up, avait dit avoir retrouvé son père biologique et avoir hérité d'une somme d'argent, 
néanmoins bloquée, avait produit de faux documents bancaires. A réception du faux 
document bancaire, B______ avait versé la somme demandée. Ce n'est que par la suite 
qu'il avait appris la mauvaise réputation de E______. 

Quant à E______, il a reconnu avoir menti sur la provenance de l'argent, qui devait 
arriver de T______ et non de son père biologique. Il entendait rembourser B______ 
avec cet argent. Il a précisé avoir préféré aider "son ami I______" avec l'argent reçu de 
T______, tout en ajoutant, de manière contradictoire, n'avoir jamais prêté d'argent à 
I______. Enfin, il a déclaré qu'il allait rembourser B______ avec l'argent qu'il recevait 
de son activité à la prison de Champ-Dollon.  

b.d.b) Le 9 janvier 2018 devant le Ministère public, E______ a reconnu les faits en lien 
avec B______. 

b.e) D______ et B______ se sont constitués parties plaignantes.  

c) A______ 

c.a) Le 28 octobre 2014, A______ a déposé une plainte pénale à l'encontre de E______. 
Dans sa déclaration-plainte auprès de la police, il a expliqué connaître E______ depuis 
quatre ans, le précité étant son voisin. E______ lui avait proposé de travailler pour lui 
en février 2014 comme responsable commercial. En août 2014, E______ avait repris 
contact avec lui et A______ avait signé une lettre d'embauche, mais pas de contrat, et 
avait commencé à travailler le 10 septembre 2014. Début octobre 2014, un bureau lui 
avait été mis à disposition chez U______, à Nyon, mais, le 14 octobre 2014, M______ 
avait été expulsée des locaux car le loyer n'avait pas été payé. Depuis le 1er octobre 
2014, A______ n'avait plus vu E______ et son salaire n'avait jamais été versé. Le 6 
octobre 2014, E______ avait commencé à lui écrire des messages d'insultes et de 
menaces.  

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Il ressort des messages figurant à la procédure que de nombreux messages ont été 
échangés entre les intéressés du 30 septembre au 6 octobre 2014. En réponse à des 
messages de certains employés qui se plaignaient de l'absence de E______ et de 
directives claires, le précité avait prétendu se trouver, le 6 octobre 2014, aux soins 
intensifs en raison d'une inflammation du pancréas. 

Le 6 octobre 2014, interpellé par une employée sur la manière de procéder, E______ a 
répondu: 

"Bonsoir, actuellement je suis au soin intensif avec 2 gr de morphine par heure ! (…) 
Comme je l ai dit le premier jour pendant les 3 premiers mois pas de voiture pour les 

commerciaux si sa pause un souci loin ! Dégage ! Marre de ces branleurs (…)". 

Ont suivi divers messages dans lesquels A______ a marqué son étonnement puis 
indiqué "On est avec toi! Mais on a besoin d'un MENEUR!!!", ce à quoi E______ a 
répondu "Parfait monsieur dès cette minute vous ne faite plus partie de M______", "vos 
mensonges vos abus et votre comportement est inexcusable". Interpellé sur le salaire à 
verser pour les quinze jours travaillés de septembre et celui d'octobre, E______ a 
répondu "Meneur plus que voleur" puis "Menteur".  

Plusieurs messages ont encore été échangés, E______ s'adressant à son interlocuteur en 
ces termes: "Viens connard!!!" (19h28:33), "Viens lâche de merde" (19h28:49), "Tu vas 
voir ce que c'est de me faire chier de me mentir et de vouloir profiter" (19h29:20), 
"Demain je sors je viens chez toi" (19h29:39), "Gros merde" (19h29:43), "Prépare toi" 
(19h29:50), "Demain j'arrive" (19h30:12), "Ils seront jamais la assez vite (note: les 
"flics") (19h30:36), "Rien ne va m'arrêter gros merde" (19h31:08). 

A______ a alors menacé d'appeler la police, ce à quoi E______ lui a rétorqué qu'elle 
n'arriverait pas assez vite. A______ a alors écrit "Oh j'ai peur!!!!".  

Sur quoi, E______ lui a écrit "Rien ne vas m'arrêtez gros merde" et A______ lui a 
répondu "Ma va fan cullo!". 

Sur ce, E______ a écrit: "Et demain je vais venir avec des amis qui vont filmer pour 
montrer ce qu'on fais à des merdes comme toi!" (19h31:44), "Dégage de la Suisse 
étranger" (19h32:14), "Gros merde continue à mentir!!!! demain je viens" (20h44:28), 
"Ta facture de merde sera payer sur ton note et déclarée comme sa je pourrai porter 
plainte pour faux et usage de faux et vole etc…. (…)" (21h24:59), "gros con" 
(21h26:33), "Dégage" (21:32:19), "Saloperies" (21H32:23), "Tu est déjà fini sur 
Genève mais la sur toute la Suisse" (21h33:59), "Connard" (21h34:14). 

D'autres messages de même nature ont suivi.  

Par courrier non daté, E______ a licencié A______ pour "faute grave et lourde" en lien 
avec les différents messages des 6 et 7 octobre 2015 (PP C-45'381). 

c.b) E______ ne s'est pas présenté à l'audience du 1er avril 2015 devant le Procureur 
vaudois, le mandat de comparution ayant été envoyé à l'adresse de Nyon du précité et le 
pli retiré.  

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Par courrier du 27 mars 2015 adressé au Ministère public de la Côte, alors saisi de la 
plainte pénale déposée par A______, E______ a indiqué avoir trouvé un emploi et être 
en formation à Londres jusqu'au 10 mai 2015 et avoir changé de domicile, habitant 
désormais chemin S______, à Valleiry. 

E______ ne s'est pas présenté à l'audience du 30 juin 2015 devant le Procureur vaudois, 
le pli contenant le mandat de comparution pour cette audience ayant été adressé à 
l'adresse postale qu'avait communiquée l'intéressé (case postale), mais le pli n'ayant pas 
été réclamé.  

Le mandat de comparution adressé le 1er juillet 2015 à E______ à l'adresse française 
indiquée pour une audience prévue le 5 août 2015 a été retourné à l'expéditeur avec la 
mention "destinataire inconnu à l'adresse".  

c.c) Entendu par la police le 8 janvier 2015 à la suite d'une plainte pénale déposée par 
D______ en lien avec des faits non visés par l'acte d'accusation du 26 février 2018 dont 
le Tribunal criminel est saisi, E______ a reconnu avoir établi de faux documents 
bancaires sur papier en-tête de D______ afin d'être livré en matériel de communication 
pour sa société M______. Dans le cadre de "la même affaire", il avait demandé un prêt 
de CHF 15'000.- à un ami, B______, et lui avait envoyé un faux avis de débit de la 
D______ pour lui prouver que la société disposait de certaines liquidités.  

Lors de cette même audition, E______ a indiqué dormir chez un ami nommé I______, 
au "V______ 38". Toutefois, il avait décidé avec son ex-épouse de se remettre 
ensemble, précisant que celle-ci percevait une rente AI qui ne l'aidait pas à subvenir aux 
besoins de leur enfant.  

c.d.a.) Devant le Procureur, A______ a confirmé sa précédente déclaration à la police et 
indiqué avoir déposé plainte en raison des innombrables coups de téléphone et SMS 
reçus dans lesquels E______ lui disait qu'il allait lui "faire la fête" et le menaçait de le 
renvoyer dans son pays. Par la manière dont les choses avaient été dites, il avait compris 
que ce n'était pas de la rigolade. Il y avait de la haine et de la méchanceté dans les 
propos tenus. A______ avait pensé que E______ viendrait seul ou avec des copains 
pour lui "casser la gueule" ou autre chose. 

E______ a refusé de s'exprimer (PP E-132).  

c.d.b) Le 9 janvier 2018 devant le Ministère public, E______ a déclaré qu'il ne pensait 
pas que mettre une fessée à quelqu'un était punissable au sens du Code pénal. 

d) I______ 

d.a) Depuis le 1er novembre 2009, eu égard à son revenu annuel déterminant déclaré 
d'environ CHF 40'000.- et au fait qu'il logeait dans un camping-car stationné sur une 
place de parc au Lignon, I______, né le ______1943, a été mis au bénéfice d'un 
logement à caractère social de deux pièces, sis V______ 32, à Genève.  

I______ disposait néanmoins d'un compte bancaire non déclaré auprès de P______, 
lequel a été soldé puis clôturé par deux débits, le 21 août 2013, de CHF 35'000.- et de 
CHF 75'722.-. 

- 10 -  

 
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Dès 2014, I______ bénéficiait, comme unique source de revenus déclarée, de sa rente 
AVS et de prestations complémentaires (SPC) versées sur son compte auprès de 
D______. Son loyer se montait à CHF 596.- par mois. I______ effectuait également 
diverses courses de taxi pour bénéficier de quelques revenus supplémentaires. 

I______ s'est retrouvé à plusieurs reprises en retard dans le paiement du loyer.  

Après avoir résilié le bail en raison de ces retards de paiement, par requête du 15 
octobre 2014 déposée par-devant le Tribunal des beaux et loyers, le bailleur a sollicité 
l'évacuation du locataire. Lors de l'audience du 19 novembre 2014, lors de laquelle 
I______ était présent, le précité s'est engagé à régler le montant de  
CHF 1'052.05 en trois mensualités en sus des indemnités courantes, d'ici au 31 janvier 
2015. L'arrangement judiciaire n'ayant pas été respecté, l'arriéré dû s'élevant désormais 
à CHF 2'243.95 au 4 février 2015, la cause a été convoquée au 18 mars 2015, audience 
lors de laquelle I______ ne s'est pas présenté. Par jugement du 18 mars 2015, le 
Tribunal a prononcé l'évacuation. Au 31 mars 2015, l'arriéré dû s'élevait à CHF 1'052.45 
(PP C-5'139), étant précisé que, depuis le 1er janvier 2015, le loyer était directement 
payé par le SPC. 

Il ressort de courriers adressés à I______ par le bailleur, des notes de celui-ci ou de 
courriels ce qui suit: 

 le 23 avril 2015, une assistante sociale s'est rendue chez I______, qui ne lui a pas 
ouvert la porte. Les voisins ont indiqué à la précitée s'inquiéter de l'absence de 
I______. Le concierge de l'immeuble lui avait indiqué que l'intéressé était parti au 
Gabon pour se marier, qu'un de ses amis venait prendre le courrier et arroser les 
plantes, mais que cet ami ne vivait pas dans l'appartement; I______ devait être de 
retour d'ici un mois. L'assistante sociale a néanmoins constaté que la boîte aux 
lettres de l'intéressé était pleine (cf. notamment email du 23 avril 2015, PP C-
5'135);  

 le 12 juin 2015, des voisins se sont plaints d'odeurs nauséabondes provenant du 
logement; 

 le 22 juin 2015, la gérante de l'immeuble et le concierge se sont rendus sur place 
et n'ont constaté aucune odeur depuis le palier; 

 le 2 juillet 2015, suite à de nouvelles plaintes en lien avec les odeurs en question, 
W______ (note: une entreprise de déménagement) est intervenu dans le logement, 
dont les clés étaient en possession de la police, et n'a rien remarqué; 

 le 3 juillet 2015, la gérante de l'immeuble est retournée sur place et a constaté, 
depuis le balcon voisin, que celui de I______ était rempli de sacs poubelles. Elle a 
dès lors sollicité à nouveau W______; 

 la gérante de l'immeuble, le concierge et W______ ont constaté la présence d'un 
corps sur le balcon et ont appelé la police. 

d.b) I______ avait l'habitude de fréquenter quotidiennement l'établissement public le 
X______, situé ______. S'inquiétant de son absence, Y______, serveuse au X______, a 
adressé, le 12 mars 2015, les messages suivants sur le téléphone de I______: 

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"I______ ça va?", "Ya tout le monde qui essaie de t'appeler", "Je m'inquiète pour toi". 

Par la suite, n'ayant toujours pas eu de contacts avec I______ depuis deux ou trois jours, 
Y______ a appelé la police pour signaler sa disparition (PV audition Y______, PP D-
122). 

Le 17 mars 2015, la police est intervenue au domicile de I______. L'intéressé ne 
répondant toujours pas sur son raccordement mobile et sa boîte aux lettres étant pleine, 
la police a fait ouvrir l'appartement. N'ayant rien remarqué de particulier, la porte a été 
refermée, les nouvelles clés remises au concierge et une carte de visite de la police a été 
apposée sur la porte (cf. rapport de police 13.07.2015, p. 8, PP D-38). 

Le 18 juin 2015, I______ n'ayant pas répondu aux convocations de la justice ni répondu 
au téléphone, la police est, à nouveau, intervenue au domicile de l'intéressé et a fait 
ouvrir sa porte. N'ayant rien remarqué de particulier, si ce n'est que l'appartement était 
délabré et les poubelles étaient pleines, la porte a été refermée et les nouvelles clés 
déposées au poste de police des Pâquis (cf. rapport de police 13.07.2015, p. 8, PP D-38). 

d.c) Le 3 juillet 2015, le corps sans vie de I______ a été retrouvé sur le balcon de son 
appartement au V______ 32. Le défunt était emballé dans trois couches successives: 
tout d'abord, une couche de sacs poubelles scotchés à plusieurs endroits puis dans du 
plastique transparent également scotché, le tout ayant été mis dans une housse de duvet. 
Un sac rempli de détritus se trouvait posé sur le corps.  

Selon le rapport d'autopsie, le corps se trouvait en état d'altération cadavérique avancée. 
En outre, les constatations suivantes ont été effectuées:  

 les poignets du défunt étaient attachés entre eux avec un lien souple; 
 deux corps étrangers compatibles avec des projectiles d'arme à feu se trouvaient 

au sein de la cavité crânienne, les deux orifices d'entrée étant situés au niveau de 
l'os temporal droit et de l'os occipital en paramédian droit. 

I______ était décédé des conséquences de lésions provoquées par deux coups de feu 
l'ayant atteint à la tête. Un des projectiles avait suivi une trajectoire allant légèrement de 
bas en haut, de la droite vers la gauche et légèrement de l'avant vers l'arrière, alors que 
l'autre avait suivi une trajectoire allant de droite à gauche. Le nombre et la localisation 
des lésions constatées entraient dans le cadre d'une hétéro-agression. 

Aucune douille n'a été retrouvée dans l'appartement (rapport de police du 12.01.2016,  
p. 12, PP D-630). 

d.d) Un examen au luminol de l'appartement de la victime a été effectué afin de 
retrouver des traces latentes de sang, lequel a mis en évidence de multiples traces de 
sang dans la zone située entre le lit et le canapé, soit vers la table basse du salon (PP D-
659).  

L'intérieur du pied de cette table comportait d'importantes traces de sang séché 
appartenant à I______. Par ailleurs, une trace de sang de I______, circulaire et de 
dimension similaire à celle du pied de la table, a été mise en évidence à proximité de 
cette même table. Selon le rapport de police établi à l'occasion (PP D-681), l'hypothèse 

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la plus probable était que le pied de table devait se trouver sur du sang frais puis la table 
avait été retournée, ce qui avait provoqué l'écoulement du sang à l'intérieur du pied; 
entre-temps, le parquet avait dû être nettoyé puis la table remise en place. Par gravité, le 
sang présent à l'intérieur du pied s'était déposé sur le parquet en imprimant une trace 
circulaire, avant que la table ne soit déplacée d'environ 15 cm.  

D'autres traces de sang ont été mises en évidence sous la table basse du salon, devant le 
canapé, entre les lamelles du parquet et sur la dalle de béton. Selon ce même rapport de 
police (PP D-681), une quantité non négligeable de sang avait dû se trouver sur le 
parquet et avait coulé à travers le parquet, avant d'être nettoyée.  

Des journaux comportant des traces de sang ont été retrouvés dans l'appartement.  

d.e) Les empreintes de E______ ont été trouvées sur (rapport du 12 janvier 2016, PP D-
627 et 629): 

 le rouleau de scotch noir qui se trouvait sur la table basse du salon, 
 sur les sacs poubelles prélevés au fond de l'armoire à balais de la cuisine, 
 sous le plateau en verre de la table basse du salon. 

Une trace de gant a été mise en évidence sous le plateau en verre de la table basse, celle-
ci présentant des motifs hexagonaux (PP D-627). Le prélèvement effectué sur la surface 
de cette trace correspond au profil ADN de E______. 

Le profil ADN de E______ a également été mis en évidence sur (PP D-631): 

 la paire de ciseaux qui se trouvait sur la table basse du salon, 
 sur la tranche et à l'intérieur d'un rouleau de scotch qui se trouvait sur cette même 

table basse, 
 les trois câbles débranchés (ordinateur et télévision) sur la commode, 
 le robinet de la salle de bains, 
 la surface du morceau de tissu qui se trouvait sur une table dans la cuisine et sur 

lequel deux paillets de sang séchés appartenant à I______ ont été mis en évidence. 

Par ailleurs, une trace de sang appartenant à I______ a été mise en évidence sous la 
buse d'un vaporisateur d'un produit nettoyant javel qui se trouvait sur la table de la 
cuisine (PP D-349).  

Enfin, une fraction mineure de probablement une personne nommée P1 a été mise en 
évidence dans le prélèvement effectué sur les robinets du lavabo de la salle de bain 
(prélèvement PCN 18 863016 96; PP D-349). La recherche tactique effectuée est restée 
infructueuse (PP D-353). 

Un profil ADN de mélange, dont la fraction majeure correspond vraisemblablement au 
mélange des profils ADN de I______ et d'une personne H1, a été mis en évidence sur 
les extrémités du scotch collé sur le morceau de sac poubelle découpé au-dessus du 
corps de la victime (prélèvement PCN 18 863217 86, PP D-631, D-332). 

T______ et Z______ sont exclus des profils ADN de mélange des prélèvements PCN 
18 863016 96 et PCN 18 863217 86 (rapport du 01.07.2016, PP D-1'060). 

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d.f) Selon les photographies figurant à la procédure, aucune plante n'ornait le logement 
et des arbustes morts se trouvaient sur le balcon.  

Par ailleurs, l'appartement était dans un grand désordre et jonché de cendriers ou pots 
remplis de mégots de cigarettes, y compris dans la salle de bains. Dans cette salle de 
bains, les effets personnels de I______ s'y trouvaient encore (cf. cahier photographique, 
PP D-1'471).  

d.g) Le téléphone portable de I______, son portefeuille et les clés de la voiture utilisée 
par le précité ne se trouvaient pas dans l'appartement (rapport de police du 28.08.2015, 
p. 6, PP D-224). 

La télévision ne se trouvait pas dans l'espace mural réservé à cet effet, alors que la 
télécommande était posée sur une table de chevet, et aucun écran d'ordinateur n'a été 
retrouvé dans l'appartement, alors qu'une tour d'ordinateur, un clavier et une webcam s'y 
trouvaient (rapport de police du 28.08.2015, p. 4 et 5, PP D-224). 

e.a) E______ connaissait I______ depuis, à tout le moins, 2008 (cf. PP D-392).  

En juillet 2014, E______ a repris contact avec I______ par email en lui demandant son 
numéro de téléphone (cf. PP D-413). 

Par contrat signé par les intéressés du 27 août 2014, M______, soit pour elle E______, a 
proposé à I______ d'acheter ses actions à un montant "exceptionnel" de CHF 50'000.- 
par action. En échange, M______ s'engageait à racheter les parts de I______ dans les 18 
mois au prix de CHF 500'000.- par action. Par ailleurs, M______ donnait la possibilité 
au précité de prendre "la responsabilité du bureau du Sénégal fin 2015". 

Par courriel du 3 septembre 2014, E______ a demandé à I______ s'il avait effectué le 
versement de minimum 5% des CHF 50'000.- pour valider le contrat, ce à quoi 
l'intéressé a répondu qu'il ne disposait pas de cette somme, mais qu'il pouvait payer 
CHF 200.- par mois, précisant que la situation pourrait changer si ses créanciers le 
remboursaient (PP D-414). 

e.b) Il ressort notamment des messages téléphoniques entre E______ et AA______ qu'à 
tout le moins en septembre 2014, ceux-ci avaient des difficultés financières, notamment 
pour payer le loyer (PP D-1'150):  

 12.09.2014: "En plus le loyer n'est pas payé…!!!!", "(…) 2 mois de loyer et on est 
expulsé!", "Si on n'arrive pas à payer le loyer, on est mort!". 

Le 18 septembre 2014, E______ a prétendu à son ex-épouse, quittance bancaire à 
l'appui (PP D-1'152), avoir payé le loyer de septembre 2014. A la fin du mois, 
AA______ lui a répondu que la régie n'avait pas reçu le paiement (message du 
30.09.2014, PP D-1'153) et expliquera à la police, dans le cadre de la présente 
procédure, que E______ avait fait un faux document et que le loyer n'avait pas été payé 
(PV du 16.08.2016, p. 4, PP D-1'142). 

Le 2 octobre 2014, E______ a informé son ex-épouse avoir trouvé une personne qui 
pourrait lui prêter de l'argent (SMS du 02.10.14, 15h48, PP D-1'153). Il ressort d'un 
message du 7 octobre 2014 que les loyers ont été payés ("Merci pour les loyers, Ouf. 

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(…)", SMS 07.10.14, 7h56, PP D-1'153), E______ proposant le 27 octobre 2014 de 
payer sa participation financière au ménage de décembre 2014 (SMS du 27.10.14, 9h46, 
PP D-1'154) et de régler toutes les dettes de son ex-épouse (SMS du 13.11.14, 11h23).  

Le 21 novembre 2014, il lui a demandé si CHF 30'000.- lui suffisaient ("Si jamais, 
30'000.- sa te suffit", PP D-1'155). 

Par la suite, soit début 2015, E______ a prétendu faussement recevoir des prestations de 
l'Hospice général tous les 10 de chaque mois, "comme toutes les prestations sociales à 
Genève" (SMS des 08.01.2015, 10h54 et 14.01.2015, 13h51, PP D-1'158). 

Le 12 janvier 2015, E______ a informé I______ qu'il avait un problème, à savoir qu'il 
devait payer son loyer, et il lui a demandé de lui prêter de l'argent (PP D-1'416). 

e.c) En 2015, des centaines de courriels ou messages téléphoniques (PP D-426ss et PP 
D-374ss) ont été échangés entre I______ et E______. 

Il ressort de ces échanges que, fin 2014, I______ avait prêté de l'argent à E______ et 
qu'il en réclamait le remboursement, alors que E______ le retardait en avançant divers 
motifs (i.e. le coma de sa mère, cf. PP DD-382, deux incarcérations à Vallorbe, PP D-
378, D-376, l'existence d'un nommé AB______, PP D-470ss et 481ss) ou en prétendant 
avoir effectué le remboursement en question (cf. message du 15.01.2015, 10:16:45, PP 
D-382), tel que cela ressort notamment des messages suivants: 

 14.01.2015: "Alors demain tu auras la totalité les 30'000.-" (PP D-383); 
 19.01.2015: "(…) quand il libère mon compte je te donne ma carte de O______ et 

tu prends l'argent que je te dois ok pour toi?" (PP D-426); 
 04.02.2015: "(…) normalement j'ai dû recevoir le solde de ce qui me dois mon 

pote si j'ai reçu tu auras les 30'000 comme promis dès que le juge me libère mon 

compte (…)" (PP D-441); 
 09.02.2015: "Merci encore de m'avancer les 2200.- demain, avec ma carte tu 

prendras les 30'000.- sur mon compte" (PP D-377); 
 09.03.2015:"(…) on se voit demain ou mercredi matin je te confirme notre Rdv on 

ira chercher l'argent ensemble a plus" (PP D-375); 
 10.03.2015:"Alors on se vois chez toi vers 14:30 et on attendra le tel de T______ 

il nous donnera la totalité ce soir!!! Et tu auras tes 30'000.- comme promis" (PP 
D-375); 

 10.03.2015:"Il viens de m'appeler on ce vois demain chez lui pour 11h je passerai 
vers 10h on ira ensemble vers Bernex ok je file voir ma fille a demain mon ami" 
(PP D-375). 

Selon ces mêmes échanges, I______ avait un urgent besoin de cet argent pour effectuer 
divers paiements, tel que cela ressort notamment des messages suivants: 

 14.01.2015:"J'avais pas vu mais je dois impérativement payer le tel car j'ai recu 
un utlimatum par internet et cela demain à 14h", "Il coupe demain?", "Oui" (PP 
D-383); 

 14.01.2015:"Gros problème ils m'ont bloqué la cartable (recte: carte) du parking 
C'est la merde" (PP D-382); 

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 15.01.2015: "Avec 40 francs dans la poche je peux même pas mettre la voiture 
dans le garage" (PP D-381); 

 15.01.2015: "(…) là je suis dans grosse merde (…)" (PP D-380); 
 16.01.2015:"(…) plus de place de parking et sans téléphone bientôt de plus 

internet va être coupé (…) (PP D-380); 
 19.01.2015: "(…) je nai meme de nouvel de toi je suis dans merde cela ne met 

jamais arrive mon tel coupe donc je suis foutu (…) (PP D-379); 
 21.01.2015:"(…) vais avoir internet qui va être coupé aussi dit moi ce que je vais 

faire c'est quoi ces histoires, qui va être là si je pers aussi mon appart et que l'on 

prenne mes plaques de voiture je dois aussi payer les plaques, donc plus 

d'appart plus de voiture plus de tel pour travailler donc plus manger plus de 

parking et j'arrive au bout de certains médicaments indispensables pour moi, 

cela devient de l'inconscience (…) (PP D-429); 
 05.02.2015: "A présente je ne peux même plus recevoir de téléphone mon travail 

est foutu" (PP D-444); 
 07.02.2015:"pas de nouv, mais là je suis très mal come je peux presque plus 

travailler j'ai été obligé d'emprunter 100 f pour les cigarettes et manger toute 

est coupé et internet va suivre (…)" (PP D-446); 
 16.02.2015: "(…) pour l'instant même mes prestations sont coupées et je ne sais 

pas pourquoi je n'ai rien reçu ce mois ci, je dois aller à 8 heures trente mardi à 

la route ______ pour savoir pourquoi ils m'ont coupé mes prestations j'ai peu 

aussi qu'ils n'aient même pas payé mon loyer alors là je suis certain que je vais 

perdre aussi mon apparte je ne peux donc pas payer les plaques pour la voiture 

du mois de décembre plus l'assurance voiture et je n'ai plus de tel pour 

travailler dis moi comment je vais faire??? (…) je suis très, très mal (…)" (PP 
D-376); 

 16.02.2015:" Je ne sais plus quoi faire, de plus presque pas de travail n'ayant plus 
de tel (…) mes prestations sont bloquées je ne sais pas pourquoi ? (PP D-376); 

 20.02.2015:"(…) je ne peux plus attendre d'avantage n'ayant plus de tel je suis 
très mal j'ai fais que 50 francs en trois jours je ne peux plus rester comme cela 
(…) (PP D-463); 

 26.02.2015: "(…) c'est comme ton AB______ le fantôme, cela saute aux yeux que 
c'est pur imagination mal faite, (…) donc arrête de faire le con, et dit mois, où et 
quand et comment ? tu comptes rendre mon argent. j'ai impérativement besoin 

de récupérer mon argent au plus vite et tu sais bien que c'est urgent (…)" (PP 
D-470); 

 27.02.15: "(…) tu me fais perdre mon appart, mon tel, mes plaques de voiture, et 
l'assurance voiture, la place de parking, et je ne peux plus recevoir des appels 

importants je perds tous les jours de l'argent tu te fous de ma gueule et tous cela 

par ce que depuis trois mois tu devais me rendre l'argent chaque semaine et à 

présent tu mets un fantôme (note: AB______) en avant pour te cacher derrière 

t'es un malade." (PP D-474); 
 01.03.2015: "(…) tout n'est que du flanc pourquoi mettre les gens dans une tel 

merde par mensonge" (PP D-478) 

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Dans un message du 6 février 2015, E______ a demandé à I______ de lui trouver "2 
flingues avec silencieux" (PP D-378). 

Enfin, il ressort d'un message du 23 févier 2015 que E______ possédait alors les clés de 
l'appartement de I______: "(…) j'ai aussi remarqué que tu étais venu à la maison pour 
prendre les machines tu aurais pu me le dire je suis presque toujours à la maison (…) 
(PP D-466). 

Aucun message n'a été échangé entre les 10 mars 2015, 17h28, et 13 mars 2015.  

e.d) Le 23 février 2015, E______, par le biais de son adresse email AC______yahoo.fr, 
a répondu à une annonce internet d'"offre de prêt d'argent, solution pour vos problèmes 
financiers" en se faisant passer pour I______ (PP D-1'441ss). Il a sollicité l'octroi d'un 
prêt de CHF 30'000.- sur dix ans (PP D-1'450), somme qui n'a jamais été versée, le 
prétendu prêteur sollicitant un versement préalable de CHF 350.-. 

f) Relevés bancaires D______  

f.a) La rente AVS (CHF 209.- par mois) et les prestations complémentaires (CHF 
1'929.25 par mois) perçues par I______ étaient versées sur le compte bancaire de 
l'intéressé auprès de D______ en début de mois, respectivement le 10 de chaque mois. 
I______ avait pour habitude de retirer en espèces ces sommes sitôt celles-ci créditées 
sur son compte.  

f.b) Le 11 février 2015, les prestations complémentaires de CHF 1'929.25 ont été 
versées et le même jour, à 10h00, le montant de CHF 1'940.- a été retiré depuis un 
bancomat situé à la rue AD______, soldant ainsi le compte (solde de CHF 5.10) 
jusqu'au versement de la rente AVS le 4 mars 2015. 

À teneur de l'analyse des données rétroactives, le 11 février 2015 à 11h27, E______ a 
activé une borne située à Nyon à proximité de son domicile et n'a jamais été localisé 
dans la région de Vallorbe dans l'après-midi, mais uniquement à proximité de son 
domicile. Il est à relever qu'aucune borne n'a été activée le 11 février avant 11h27. 

Dans des échanges de courriels des 16 et 17 février 2015 (PP D-307 à D-311) entre 
I______ et E______, le premier cité s'est plaint de n'avoir pas reçu ses prestations 
sociales de février 2015 sans y trouver d'explications (cf. également emessage du 
16.02.2015, PP D-376). Le lendemain, E______ a prétendu se trouver en prison, mais 
pouvoir demander à un ami de lui avancer CHF 2'000.-. Agacé par l'attitude de E______ 
("en plus tu marques si je veux tu peux me dépanner de deux milles!!!!!! mais je rêve"), 
I______ a reproché au précité de lui avoir subtilisé sa carte bancaire pour effectuer ce 
retrait d'argent à son insu ("(…) il y a que toi qui a eu ma carte je n'ai jamais donné ma 
carte à personne"). E______ a reconnu que I______ lui avait prêté sa carte le 10 février 
2015, mais qu'il la lui avait rendue; le 11 février 2015, il ne pouvait pas avoir eu sa carte 
car il se trouvait avec son avocat puis à Vallorbe afin d'y être incarcéré ("(…) le 10 oui 
tu m'as prêté ta carte pour aller voir mais rien après les courses je te l'ai rendue!! (…)). 

Le 17 février 2015, I______ a écrit à E______:  

- 17 -  

 
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- 9h29:"alors tu me peux rien et tu fais semblant de ne pas savoir alors que le 11 
février tu es allez avec ma carte au AD______ et tu as retirez 19040 francs je 

tavais pourtant bien dit que je ne pouvais pas de plus tu me m'as rien dit c'est 

quoi ce comportement ????? a la place tu me donnes ta carte avec un faux code 

ensuite tu as le culot de m'envoyer un mail qui te blesse alors que tu m'a pris 

19040 sans me le dire et tout en sachant que j'allais être très-très dans la merde 

je n'ai pas payé les plaques depuis decembre ni l'assurance ni trois mois de 

téléphone et tu as le culot de me prendre les 19040 francs sans me le dire je suis 

allez tous les jours deux fois à la banque pour" (PP 375-6) "voir si mon argent 
était arrivé et là je n'ai pas dormis pour allez route ______ pour rien car ils 

avaient bien payé le 11 février il y a la caméra, et tu mas laissé allez labas, 

sachant que j'irai pur rien, ensuite je suis allez à la banque D______ ou jai le 

compte rue ______ pour rien puisque tu m'avais pris l'argent (…) (PP D-375), 
"jamais je n'aurais pu croire cela que tu me prenne cette argent sachant que je 
suis à l'agonie par ta faute me prendre l'argent sans me le dire pourtant 5 

minutes avant je t'avais dis que ce n'était pas possible (…) (PP D-375); 
- 10h36:" (…) jamais je n'aurais pu imaginer que tu allais me prendre 1940 francs 

sans me le dire je t'avais pourtant bien dit que je ne pouvais pas et tu dis que tu 

es un ami jamais de vie j'ai fait un coup pareil à qui que ce soit jamais à la 

confiance c'est une honte" (PP D-311); 
- 10h50: "je sais bien ce que je fais je n'ai donné ma carte à personne et le retrait a 

été fait au AD______. Tu penses bien avec le stress que j'ai-je sais bien que je 

ne suis pas allez j'y suis allez tous les jours et il y a 5.20 francs personne n'a 

jamais eu ma carte je ne suis pas fou" (PP D-310). 

Par message du 26 février 2015, I______ s'est plaint auprès de Y______ que "il n'y a 
personne au RDV", ce à quoi l'intéressée a répondu "Oh I______ j'en étais sûre", "C'est 
un enfoiré", "Faut trouver une solution"(PP D-124).  

g) Téléphonie – journée du 10 mars 2015 

Le 10 mars 2015, à 12h52, E______ a écrit à AA______ (PP D-1'159): 

"Je voulais de dire que je suis désoler pour être situation et ce n'est pas facile pour vous 
mais pour moi non. Mais dans quelque temps sa sera fini. Et on pourra s'organiser pour 

faire plein de chose. Je vous aime et je ferai tout pour que vous manqueriez de rien. 

Gros bisous. A tout". 

AA______ lui a demandé si leur fille était au courant que E______ ne serait pas présent 
durant le weekend (SMS du 10.03.2015, 10h52, PP D-1'159). 

h) Téléphonie – journée du 11 mars 2015 

h.a) Le 11 mars 2015, E______ a indiqué à AA______ devoir se rendre à Genève pour 
pouvoir démontrer à l'Hospice général qu'il était domicilié à Genève, prévoyant 
notamment de produire un "faux bail" (cf. PP D-530).  

A 10h29, AA______ a demandé à E______: "Tu ne peux pas amener l'argent 
aujourd'hui?", ce à quoi le précité a répondu "Oui tout à l'heure" (PP D-530). A 10h30, 

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E______ a activé une borne téléphonique à la rue AD______ 21bis, l'azimut de 
l'antenne pointant alors en direction du domicile de I______ (PP D-530). 

A 12h14, E______ a informé sa fille qu'il ne rentrerait pas à midi, mais qu'il rentrerait 
plus tard. A ce moment, il a activé une borne téléphonique à côté du domicile de 
I______ (cf. PP D-531). 

h.b) Le 11 mars 2015, I______ s'est déplacé au domicile de AE______, à ______, afin 
de l'amener à l'hôpital. Son téléphone a été localisé à 10h57, à ______. 

Le 11 mars 2015, les prestations complémentaires de CHF 1'929.25 ont été créditées sur 
le compte de I______ et le même jour, à 11h29, CHF 2'000.- ont été retirés de son 
compte à un bancomat à la rue ______.  

A 12h04, ce même 11 mars 2015, I______ a informé AF______, sur son raccordement 
téléphonique sénégalais, lui avoir envoyé CFA 293'218.- (note:  
CHF 480.- selon cours du 11.03.15) (PP D-531). 

h.c) A 12h15, E______ a téléphoné à I______, alors qu'il a activé une borne à la rue 
______, soit à proximité du domicile du précité.  

A 12h26, I______ a reçu un appel téléphonique de AE______, alors qu'il a activé une 
borne à la rue ______ puis à la rue ______. A 13h26 et 13h38, il a reçu des SMS, alors 
que son téléphone a activé une borne téléphonique à la ______, dont l'azimut pointe en 
direction de son domicile (PP D-531).  

Jusqu'à 14h03, E______ n'a activé aucune borne téléphonique. Toutefois, trois messages 
lui ont été envoyés par AA______, entre 13h01 et 13h16. A 13h20, E______ lui a 
répondu, par WhatsApp, être en train de faire la queue. A 13h54, il lui a indiqué "Je suis 
en route", précisant à 13h55 "I______ m'a prêté sa voiture" "je viens vous chercher à la 
maison" et, à 14h03, il a activé une borne de la route ______ 284, Chambésy.  

Le raccordement 2______ de I______ a été éteint ou mis hors réseau le reste de la 
journée. Les deux appels reçus à 17h01 et 18h02 ont été déviés sur un numéro 
technique, l'appel de 18h02 provenant de AE______. A 19h10, AE______ a encore 
envoyé un SMS sur le raccordement 3______ de I______, alors que l'azimut pointe en 
direction du domicile du précité. Après ce dernier contact, le raccordement 3______ a 
cessé de fonctionner jusqu'au 12 mars 2015, à 21h29.   

h.d) Il ressort des messages téléphoniques échangés que E______ a passé l'après-midi 
du 11 mars 2015 avec son ex-épouse (13h56: "Je viens vous chercher à la maison", 
18h34: "On a passer une bonne après-midi"), mais l'a informée qu'il ne dormirait pas au 
domicile durant une semaine (11.03.15, 18h34: "C'est juste pour une semaine", 18h35: 
"Et sais (recte: c'est) juste une semaine, 13.03.15, 9h43: "Samedi prochain tu reviens ou 
tu vas me faire un truc par derrière", 16.03.15, 7h14, "Juste deux nuits! Et fini"), 
craignant d'être arrêté par la police (11.03.15, 18h37, AA______ écrit: "Et quoi. Je reste 
à l'ai jusqu'à la fin de mes jours et j'attends la police", 12.03.15, 7h08: "Ils ne sont pas 
passés (…)", 12.03.15, 7h53: "Si tu risques la police, vient plus tard", 7h57: "Viens plus 
tard si tu risques la police", 13.03.15, 10h19: "Qui ne dors pas à cause des flics (…)".  

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La nuit du 11 au 12 mars 2015, E______ n'a pas dormi au domicile de son ex-épouse. Il 
a écrit à AA______ ce qui suit: 

 11.03.15, 20h17: "Je mange des pâtes et vous?", 
 11.03.2015, 20h24: "I______ est parti faire ces tournées moi sur le canapé je 

mange gros bisous", 
 12.03.15, 7h01:"Coucou mes amours comment Ca va? (…)", 
 12.03.15, 7h12:"Je serai là vers 10h bisous". 

AA______ a désapprouvé les absences de son-époux et l'a informé vouloir se faire 
hospitaliser en milieu psychiatrique (12.03.15, 7h08: "(…) Je vais demander une 
hospitalisation. Je n'en peux plus."). A 7h43, elle a écrit: 

 "Je te laisse AG______. Tu l'as prendra chez I______. je vais demander une 
hospitalisation. (…)". 

Le 12 mars 2015, à 7h54, E______ a été intercepté par un radar (flashé) à la rue ______ 
154, à proximité de l'OMC, au volant du véhicule détenu par I______ (PP D-261). 

La nuit du 12 au 13 mars 2015, E______ n'a pas non plus dormi au domicile de son ex-
épouse ni à celui de sa maîtresse, tel que cela ressort des messages suivants: 

 12.03.2015, 19h33: "Dans les bouchons vers omc", 
 12.03.2015, 20h20: "Enfin arriver", 
 13.03.2015, 7h02: "Coucou mes amours comment Ca va ce matin? Bien dormis?", 
 13.03.2015, 7h24: "On ce vois vers 10:30 ok? (…)". 

La nuit du 13 au 14 mars 2015, E______ ne se trouvait pas au domicile de son ex-
épouse, mais à celui de sa maîtresse, et a écrit à AA______ ce qui suit: 

 21h26: "I______ était pas comptant (recte: content) car il a rater un client lol". 

Le 16 mars 2015, alors que E______ n'a pas passé la nuit au domicile de son ex-épouse, 
AA______ lui a écrit: 

 9h16: "Je vais demander une hospitalisation ce matin. Tu prendras AG______ 
chez I______", 

 9h23: "Tu prends AG______ chez I______ ou j'appelle le SPJ". 

Ce à quoi E______ a répondu: 

 9h51: "Tout sa parce que pour 5 nuits ou je suis pas la!!!".  

La nuit du 17 au 18 mars 2015, E______ ne se trouvait pas au domicile de son ex-
épouse, ni à celui de sa maîtresse, et a écrit à AA______, qui lui manifestait son mal 
être, ce qui suit : 

 10h11: "Avant c'était ton job à lausanne ! Après c'était a cause que je dormais 
chez end (recte: I______) Maintenant c'est la police?". 

i) AE______ / Y______ 

i.a) Entendue par la police, AE______, d'origine sénégalaise, a déclaré qu'elle recourait 
souvent aux services de I______ au titre de chauffeur de taxi. Elle appréciait tout 

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P/12928/2015  

 

particulièrement sa ponctualité, précisant que l'intéressé honorait toujours ses rendez-
vous. Après avoir consulté son agenda, elle a confirmé que, le 11 mars 2015, elle avait 
un rendez-vous médical à la Clinique Générale Beaulieu, à 11h30. I______ avait dû 
venir la chercher à 11h00 et l'appeler juste avant afin qu'elle sorte de sa maison à 
______. I______ ne lui avait pas du tout indiqué vouloir partir en Afrique. Au contraire, 
il était prévu que I______ revienne au domicile de AE______ aux alentours de 17h00 
afin qu'il transporte un plat africain. Il n'était jamais venu, ce dont elle avait été surprise 
vu la ponctualité de l'intéressé; cela ne lui ressemblait pas. La course du matin n'avait 
pas été réglée et devait l'être avec celle de 17h00. AE______ avait alors essayé en vain 
de joindre I______. Par la suite, elle avait également tenté de le contacter, mais tombait 
sur sa boîte vocale. Elle avait dit à ses enfants que I______ était vraisemblablement 
mort car il ne pouvait pas s'être volatilisé comme cela.  

Devant le Procureur, elle a confirmé ses dires. Elle était formelle quant à la date du 11 
mars 2015, agenda à l'appui. I______ devait revenir à 17h00 à son domicile pour 
effectuer une livraison d'un plat cuisiné. En ne le voyant pas, elle s'était dit que ce n'était 
pas normal dès lors que l'intéressé ne lui avait jamais faussé rendez-vous, alors même 
qu'il la véhiculait deux à trois fois par semaine. 

i.b) Entendue par la police, Y______ a déclaré avoir connu, un peu plus d'un an 
auparavant, I______ au X______, où elle travaillait, lequel s'y rendait tous les jours 
sans exception, même plusieurs fois dans la journée. Tous deux s'étaient liés d'amitié et 
parlaient de tout. N'ayant pas vu I______ pendant deux ou trois jours, elle s'en était 
sérieusement inquiétée et cela ne lui ressemblait pas. Elle s'était dit qu'il était peut-être 
parti au Sénégal ou en Côte d'Ivoire pour chercher sa future épouse, mais cela lui 
paraissait impossible qu'il soit parti sans rien dire à personne. En effet, il avertissait 
lorsqu'il ne pouvait pas venir au X______ ou s'il partait quelques jours, mais, là, il 
n'avait absolument rien dit. I______ venait au bar soit seul, soit accompagné de filles 
africaines. Le seul homme avec qui elle l'avait vu, à cinq ou six reprises, était un homme 
de type indien, de 40 à 45 ans, habitant Nyon, qu'elle a ensuite reconnu, sans hésitation, 
sur planche photographique, comme étant E______. Y______ pensait que I______ avait 
prêté de l'argent à E______ et que celui-ci ne le lui avait jamais rendu. Elle avait vu, à 
maintes reprises, I______ dans un état furieux car E______ ne lui rendait pas l'argent. Il 
lui fixait des rendez-vous, mais le précité ne s'y rendait pas, ce qui mettait I______ en 
colère. Y______ se souvenait également que E______ était déjà allé dans l'appartement 
de I______ et elle pensait qu'il en possédait même les clés. Un jour, I______ lui avait 
confié ne pas avoir reçu ses prestations sociales, qu'il recevait les 10 de chaque mois, et 
soupçonner E______ de lui avoir volé sa "carte O______", d'avoir retiré les sous sur 
son compte bancaire puis d'avoir remis la carte dans son portemonnaie.  

Devant le Procureur, Y______ a confirmé ses dires. I______ ne l'avait pas informée de 
projets de partir en Afrique; il le lui aurait dit car celui-ci parlait beaucoup et à tout le 
monde. I______ avait prêté de l'argent à E______ qui ne l'avait pas remboursé. A une 
reprise, il était persuadé que E______ lui avait volé sa carte bancaire et retiré ses 
prestations sociales. I______ ne prêtait pas sa voiture et ne lui avait jamais parlé d'un 
Sénégalais à qui il aurait donné une voiture pour la vendre au Sénégal. 

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i.c) AH______ a indiqué qu'elle recourrait occasionnellement aux services de I______ 
comme taxi de nuit. A la question posée de savoir s'il était courant que I______ 
s'absente sans donner de nouvelles, l'intéressée a répondu que tel n'était pas le cas, que 
c'était très rare et que, s'il ne donnait pas de nouvelles, il s'en excusait toujours.  

i.d) AI______, serveuse au X______, a déclaré qu'un jour, elle avait trouvé bizarre de 
ne pas avoir vu I______ depuis deux jours. Sa collègue, Y______, lui avait indiqué 
avoir tenté en vain d'appeler l'intéressé. I______ aurait pu partir un jour ou deux à Paris 
sans prévenir, mais, en l'occurrence, son absence leur avait semblé bizarre. I______ 
n'avait pas du tout parlé de voyage avant de disparaître. 

j) Ventes AJ______ 

j.a) Entre les 12 et 18 mars 2015, E______ a vendu à AJ______, à Nyon, 26 objets pour 
un prix total de CHF 1'332.-. 

Le 12 mars 2015, à 14h18, il a vendu des objets pour CHF 612.-, dont le téléphone 
Samsung Galaxy Note 4 (IMEI 4______) de I______ au prix de CHF 220.-, des articles 
de maison, un objectif d'appareil photographique, un lecteur DVD, une montre, un GPS 
de voiture, une scie sauteuse, un ordinateur portable, un appareil photographique et un 
trépied. 

Le 13 mars 2015, il a vendu des objets pour CHF 260.-, soit une meuleuse, de 
l'outillage, une perceuse, un appareil photographique, un mixeur de cuisine, une chaîne 
hifi, une barre de son, un lecteur CD, un trépied, un écran d'ordinateur, un cuiseur de 
riz, un aspirateur Dyson et une télévision. 

Le 18 mars 2015, il a vendu un chariot pour CHF 10.-. 

j.b) Le 12 mars 2015, à 14h54, E______ a écrit à son ex-épouse "Je t'ai mis les 600.- 
dans ton ordinateur" "Comme sa je te dois plus que 1'800.-", ce à quoi l'intéressée a 
répondu "Et ben… tu fais des sacrés affaires en ce moment!". E______ lui a alors écrit 
"Je vend dure" (PP D-550). 

j.c) Les profils ADN de I______ et de E______ ont été mis en évidence sur la partie 
escamotable du tube de l'aspirateur Dyson vendu à AJ______ (PP D-340, 1'167) et sur 
les trois câbles débranchés (télévision et ordinateur) se trouvant sur la commode dans le 
salon de I______ (PP D-319).  

j.d) Le gérant du magasin AJ______ a précisé ne pas s'être méfié de la provenance 
délictuelle des objets dès lors que E______ avait expliqué être en train de vider 
l'appartement d'un membre de sa famille, qui venait de décéder. Il avait fait remarquer 
au précité que la valeur de l'appareil photo qu'il vendait était amoindrie faute 
d'accessoires. E______ était alors repassé le lendemain vendre les accessoires y relatifs 
et d'autres objets (rapport de police du 28.08.2015, PP D-231; PV d'audition du 
20.10.2015, PP D-590). 

k) Téléphonie I______ 

k.a) I______ utilisait deux raccordements téléphoniques, soit les 2______ et 3______. 

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Il disposait également de deux téléphones mobiles: un Samsung Galaxy Note 4 (IMEI 
4______) et un Samsung GT C3590 (IMEI 5______). 

Le raccordement 3______ de I______ a été utilisé jusqu'au 11 mars 2015 avec le 
Samsung Galaxy Note 4 (IMEI 4______). Depuis le 28 avril 2015, ce dernier IMEI a 
été utilisé avec le raccordement 6______, le téléphone en question ayant été vendu à 
AJ______ le 12 mars 2015 puis à un tiers (cf. supra, Ventes AJ______). 

Entre les 11 mars 2015, 19h10, et 12 mars 2015, 21h29, le raccordement 3______ n'a 
pas été utilisé. Le 12 mars 2015, entre 21h29 et 21h31, ce raccordement a reçu six SMS. 
Selon la police, le téléphone a été allumé par son détenteur, ce qui explique la réception 
simultanée des messages (rapport du 03.12.2015, p. 14, PP D-538). 

k.b) A 21h33, le 12 mars 2015, le raccordement 3______ de I______ a contacté le 
raccordement de E______, sans que celui-ci ne réponde à l'appel (PP D-538). Les 
bornes respectives activées sont situées à la rue ______, respectivement à la rue ______, 
les azimuts pointant alors dans la même direction. Selon la police, les appareils de 
téléphonie utilisés se situaient dans la même région et les éléments techniques ne sont 
pas incompatibles avec le fait que E______ puisse avoir les deux téléphones en question 
en mains (rapport du 03.12.2015, p. 15, PP D-539). 

Le 13 mars 2015, à 10h13 et 10h14, alors que E______ avait vendu le téléphone 
Samsung Galaxy Note 4 de I______ à AJ______ le 12 mars 2015 (cf. sufra), le 
raccordement 3______ de I______ a reçu successivement sept SMS, alors qu'il a activé 
une borne à Eysins (PP D-539). A la même heure (10h15 et 10h16), le raccordement de 
E______ a activé des bornes à la route ______, à Nyon, puis à la place ______ 1, à 
Nyon (PP D-539), soit à proximité, alors que E______ avait rendez-vous avec 
AA______ à 10h30, à Nyon (cf. message 13.03.15, 7h24, PP D-552). 

Entre les 13 mars et 7 mai 2015, E______ a écrit les messages suivants sur le 
raccordement 3______ de I______, lequel était utilisé avec le Samsung GT C3590 
(IMEI 5______) de I______: 

 13.03.2015, 11h04-05:" Coucou comment vas-tu?", "Plus de nouvelles j'espère 
que tu vas bien", "Avec l'argent que je t'ai rendu tu as pu régler tes soucis?", 
"Appel moi merci" (PP D-375); 

 18.03.2015: "Salut si jamais la police est venue chez toi et changer les serrures. Il 
te cherche afin des amis à toi, j'ai récupéré les clefs chez le concierge et je t'ai 

poser le courrier sur ton bureau. J'espère que tout va bien tien moi au courant 

merci." (PP D-374, D-563); 
 01.04.2015:"Salut comment vas-tu?" (PP D-374); 
 07.04.2015:"Salut alors comment Ca va? Pas de news? Tu reviens quand ?" (PP 

D-374); 
 13.04.2015:"Salut alors tu es revenu en France? Pour ton mariage?" (PP D-374); 
 23.04.2015:"Alors ce mariage? Tout va bien ?", "Bon tu me rend quand les 

30'000.-" (PP D-374); 

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 07.05.2015: "Salut comment tu vas? Pas de news? J'espère que tout vas bien, fais 
moi signe"(PP D-374). 

l) Retraits du compte D______ de I______ 

Les retraits suivants (total de CHF 6'542.-) ont été effectués depuis des bancomats à 
Nyon, Yverdon (s'agissant du retrait du 12 avril 2015) ou Signy (s'agissant du retrait du 
10 juin 2015), sur le compte auprès de D______ de I______ au moyen de sa carte 
bancaire:  

 le 12 mars 2015, à 8h13, CHF 142.- (solde du compte: négatif de CHF 0.65); 
 le 11 avril 2015, à 11h08, CHF 1'000.-; 
 le 12 avril 2015, à 16h54, CHF 1'000.- (solde du compte de CHF 135.35); 
 le 13 avril 2015, à 15h21, E______ étant photographié aux côtés de sa fille en 

train de retirer CHF 130.-; 
 le 11 mai 2015, à 14h13, CHF 200.-;  
 le 12 mai 2015, à 10h43 et 10h44, respectivement CHF 1'000.- et CHF 930.- 

(solde du compte de CHF 9.40); 
 le 10 juin 2015, à 08h58, CHF 200.-, le téléphone de E______ étant localisé à 

09h03 par une borne située à proximité immédiate dudit bancomat; 
 le 11 juin 2015, à 09h05, après vérification du solde du compte (CHF 1'943.45), 

E______ étant photographié en train de retirer CHF 1'940.- (PP D-303) et tenant 
à la main un bout de papier sur lequel était inscrit "ED" et des numéros (PP D-
263-4, D-304), l'intéressé arrivant ce jour-là au bancomat au volant de la voiture 
de I______. 

Après ce dernier retrait, plus aucun autre retrait n'a été effectué dudit compte.  

m) Location de la voiture  de I______ 

Le 12 mars 2015, à 11h12, depuis son domicile de Nyon (PP D-957, 963), E______ a 
publié une annonce sur internet visant à louer la voiture de I______. L'annonce était 
rédigée en ces termes (cf. PP D-1'057): 

"Suite à la perte de mon travail je loue ma voiture du dimanche soir au vendredi soir. 
ma Citroën C5 toute option diesel. location 500.- CHF le mois (essence à votre charge) 

avec une caution de 700.- CHF rendu à la fin du contrat. Je souhaite trouver une 

personne au mois" (PP D-691). 

La voiture a été louée à du 19 avril 2015 au 29 mai 2015, du lundi au vendredi, au prix 
de CHF 500.-, la caution ayant été fixée à CHF 1'000.-. 

Entendu par la police, AK______ a déclaré que la voiture n'était pas très bien 
entretenue. Elle n'était pas très bien rangée et sentait mauvais. AK______ a ajouté qu'un 
de ses amis avait souhaité acheter cette voiture. Il en avait fait part à E______ qui était 
disposé à la vendre à un prix qui devait avoisiner les CHF 3'000.-. La transaction ne 
s'était finalement pas faite, AK______ ayant le souvenir que E______ avait exigé que 
ce montant soit payé en une fois. 

n) Arrestation de E______ 

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n.a) Une perquisition du domicile de AA______, dans lequel se trouvait E______ a été 
ordonnée et exécutée le 13 juillet 2015. 

Dans le hall d'entrée de l'appartement se trouvait un sac en tissu rouge contenant une 
paire de gants de ménage jaunes (ci-après: gants jaunes), un spray de nettoyant Javel, un 
spray de nettoyant Ajax vitre, un rouleau de scotch transparent et un rouleau de scotch 
noir, un linge et un morceau d'étoupe (rapport de police, p. 7, PP D-230; D-350ss, 
rapport de police 10.06.216, p. 3, PP D-1'163). 

Le motif recouvrant les zones digitales et palmaires des gants jaunes est composé 
d'hexagones (PP D-1'164). 

Les ADN de I______ et de E______ ont été mis en évidence sur les anses du sac en 
tissu rouge (PP D-350). 

Un examen des gants jaunes a été effectué. Il en ressort ce qui suit: 

 l'ADN de E______ a été mis en évidence à l'intérieur des deux gants, alors que le 
profil ADN de I______ n'est pas exclu de la fraction mineure d'un des gants et 
qu'il est compris dans l'ADN de mélange du second gant, 

 trois traces de sang appartenant à I______ ont été mises en évidence sur la partie 
jaune extérieure du gant gauche et sous le pouce du gant droit (PP D-352). 

Le produit nettoyant Javel trouvé dans le sac rouge est de même marque que celui qui se 
trouvait dans l'appartement de I______ (rapport de police du 10.06.2016, p. 5, PP D-
1'166). 

n.b) Dans la cave se trouvait un sac à dos contenant une carabine de marque 
BROWNING en calibre .22 LR (Long Rifle) démontée, un bocal en verre contenant 36 
cartouches Super X .22 LR, des bouts de tissus blancs, une paire de gants transparents 
en latex et une cartouche (rapport de police, p. 7, PP D-230, rapport de police 
10.06.216, p. 3, PP D-1'163). Une cartouche était engagée dans la chambre à cartouche 
et le magasin de la crosse contenait encore quatre cartouches. La marque de ces 
cartouches correspond à celles trouvées dans le bocal (PP D-1'165). 

Dans la chambre à coucher, se trouvait une sacoche en cuir, laquelle comportait un 
orifice d'entrée sur la partie haute de sa face avant, sans orifice de sortie, un projectile 
de .22 LR étant logé dans la doublure intérieure, alors que certains des documents se 
trouvant dans la sacoche étaient troués selon une trajectoire descendante. Au vu de ces 
constatations, selon la police, cette sacoche a été la cible d'un tir avec arme à feu 
(rapport de police du 10.06.2016, p. 3, PP D-1'163). 

Les balles prélevées dans le crâne de I______ présentaient les mêmes caractéristiques 
balistiques générales (un corps en plomb sans chemisage) que celles extraites de la 
carabine. L'état de déformation des balles prélevées dans le crâne n'a pas rendu possible 
une identification formelle avec des tirs de comparaison effectués par la police. Une des 
cartouches prélevée dans le bocal a été démontée et pesait 2.595 gr, alors que la balle la 
moins déformée, prélevée dans la masse cérébrale de I______, pesait 2.501 gr (rapport 
de police du 10.06.2016, p. 5, PP D-1'165). 

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n.c) Entendu devant le Procureur, l'Inspecteur AL______ de la Brigade de police 
technique et scientifique a confirmé que l'ADN et les empreintes digitales de E______ 
avaient été retrouvés sous la trace des motifs hexagonaux visibles sous la table basse de 
I______ et que ceux-ci correspondent aux motifs de gants retrouvés chez E______. Par 
ailleurs, l'ADN de E______ avait été retrouvé à l'intérieur de ces gants et des traces de 
sang de I______ avaient été mises en évidence sur ces mêmes gants. Sous le parquet de 
I______, une trace étendue de sang avait été mise en évidence, laquelle allait de la table 
basse jusqu'à la porte-fenêtre. La table basse du salon avait dû être retournée, vu le sang 
séché retrouvé à l'intérieur d'un de ses pieds.  

L'Inspecteur AL______ a ajouté qu'il n'était pas possible d'affirmer que les projectiles 
retrouvés dans la boîte crânienne de la victime provenaient de l'arme retrouvée chez 
E______ en raison de la déformation des balles retrouvées dans le corps. Néanmoins, 
les projectiles retrouvés dans la boîte crânienne avaient la même composition et les 
mêmes caractéristiques que les balles retrouvées chez E______, soit des balles de plomb 
sans chemisage. Les balles retrouvées dans le crâne et au domicile de E______ avaient 
par ailleurs un poids de même calibre. S'agissant de la balle extraite de la boîte 
crânienne, elle avait perdu de la matière du fait qu'elle avait été retirée de l'os et elle 
avait également pu perdre de la matière au moment de l'impact. Les balles retrouvées 
dans la sacoche étaient de même calibre que celles retrouvées avec et dans l'arme 
retrouvée chez E______. Pour l'Inspecteur AL______, les balles retrouvées dans la 
boîte crânienne de la victime étaient de calibre 22 mm comme les balles retrouvées chez 
E______.  

Enfin, l'intéressé a précisé que la police n'avait pas retrouvé de correspondance entre les 
scotchs ayant servi à emballer la victime et ceux retrouvés chez E______.  

n.d) Selon le rapport de police établi à l'occasion de l'arrestation de E______ (rapport 
du 13.07.15, PP D-46), après que le précité ait été informé qu'un mandat d'amener avait 
été décerné à son encontre pour l'homicide de I______, E______ s'était tout de suite 
exclamé être innocent et avait précisé être l'ami du précité, sans montrer de signes 
laissant penser qu'il était affecté par ce décès. Par la suite, il avait spontanément déclaré 
avoir appris le décès de I______ lors d'une conversation téléphonique avec son ami 
AM______, sans donner de détails. Bien qu'informé à plusieurs reprises de ses droits, 
notamment qu'il serait auditionné ultérieurement en présence d'un avocat, E______ 
avait néanmoins spontanément déclaré (i) à la vue du sac en tissu rouge qu'il avait sorti 
ce sac de la voiture de I______ et (ii) lors de la fouille de la cave "c'est ça que vous 
cherchez", en désignant un sac à dos contenant notamment la carabine démontée.  

Le véhicule de I______ était par ailleurs stationné non loin du domicile de E______ 
(rapport de police du 10.06.2016, PP D-1'164). 

Interrogé par la police ce même 13 juillet 2015, E______ a d'emblée indiqué être 
innocent et a refusé de répondre à toutes les questions posées, invoquant son droit au 
silence. 

o.a) Ecoutes actives  

- 26 -  

 
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E______ a été mis sous écoute active du 8 au 13 juillet 2015 (PP D-740). 

Dans une conversation téléphonique du 8 juillet 2015, Z______ a informé E______ du 
décès de I______, ce dont s'est étonné E______, qui pensait que I______ était parti au 
Sénégal pour chercher sa voiture. Après quelques échanges sur les circonstances du 
décès, E______ a indiqué "ben là, ça à l'air d'être une exécution" (PP D.758). Le 
lendemain, les intéressés échangeant toujours sur le même sujet, E______ a indiqué "en 
tous cas ceux qu'ont fait ça devait être des pro hein, en fin c'était prémédité…" (P D-
762). 

o.b) AA______ a été mise sous écoute active du 8 au 13 juillet 2015 (PP D-740). Lors 
d'une conversation du 13 juillet 2015, la sœur de E______ a recommandé à AA______ 
de ne pas dire à la police qu'elle lui avait dit que E______ était tellement mal qu'il 
voulait tuer quelqu'un (PP D-775). 

p) T______ 

p.a) Il ressort de la téléphonie de E______ et de T______ (PP D-1'400) que, fin 
décembre 2014, E______ a eu des échanges avec AN______, gérant d'une société 
d'import-export ayant un dépôt au Port-franc de Genève, au sujet d'opérations de change 
d'argent, mais qu'aucune opération n'a eu lieu à ce moment.  

Entendu par la police, AN______ a déclaré que I______ l'avait mis en contact avec une 
personne, qui pouvait correspondre à E______ conformément à la photographie qui lui 
était soumise, qui souhaitait changer des francs suisses contre des euros. Un rendez-
vous avait été fixé dans son dépôt. AN______ y était allé accompagné d'un tiers. Il avait 
rencontré I______ et E______. Le précité avait demandé à être seul avec lui. Trouvant 
cela suspect, AN______ avait prétexté ne pas avoir l'argent sur lui pour repousser 
l'opération. Par la suite, il n'avait plus répondu aux messages des précités et aucune 
opération de change n'avait eu lieu.  

p.b) Entre les 28 janvier et 22 juin 2015, E______ et T______ ont échangé de 
nombreux messages. Il ne ressort pas de ceux-ci que le précité aurait donné ou devait de 
l'argent à E______. 

Le 10 mars 2015, à 9h49 et 10h06, E______ a tenté en vain de joindre au téléphone 
T______ (PP D-526) et, à 10h59, il lui a écrit "salut alors dit moi quelque chose merci" 
(PP D-527) et, à 20h39, "Ok mais tu pense attaquer cette semaine?" (PP D-528). 

La journée du 11 mars 2015, E______ n'a eu aucun contact avec T______ (PP D-534). 
Par ailleurs, ni son téléphone ni celui de I______ n'ont activé de borne à Bernex (PP D-
534). 

Le 12 mars 2015, à 7h52, il lui a écrit "Salut je viens au nouvelles si janSus (note: 
jamais) j'ai une voiture" (P D-535), à 11h25, "alors", à 14h57 "tu ma pas encore 
appeler" et, à 17h12, "alors??". A 17h47, T______ lui a répondu "J' attend instruction 
avec details il doit m appeler si pas ce soir demain si j ai confirmation peux tu venir 

demain ap midi comme dernier rdv?", ce à quoi E______ a répondu "oui" "tu me tiens 
au courant pour l'heure". 

- 27 -  

 
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Le 13 mars 2015, E______ a demandé à T______ s'il avait eu des nouvelles, ce à quoi 
l'intéressé a répondu par la négative précisant, ultérieurement, qu'il n'y aurait pas de 
travail le jour même ("Non pas de travail aujourd'hui", PP D-555). Dans les jours qui 
suivront, E______ a relancé son interlocuteur, sans qu'il n'y soit donné suite. Le 17 mars 
2015, T______ a indiqué attendre un "feu vert", alors qu'il n'enverra plus de messages. 

p.c) En mai 2015, E______ a produit à T______ de faux documents bancaires pour lui 
faire croire que lui-même et sa société M______ disposaient d'une situation financière 
favorable (i.e. faux certificat de dépôt auprès de P______ AG de CHF 35'000'000.-, 
faux avis de débit du 11 mai 2015 de  
CHF 73'437'520.-), ce afin d'asseoir son intention d'entrer en relations d'affaires avec 
l'intéressé et lui faire croire qu'il disposait de clients fortunés prêts à investir dans 
l'immobilier (cf. PP E-81 ss). 

p.d.a) Entendu par la police, T______ a indiqué que, lorsqu'il travaillait avec 
AO______ dans le domaine de l'immobilier, E______ lui avait indiqué avoir de très 
gros investisseurs qui souhaitaient placer leur argent dans l'immobilier. E______ avait 
demandé une avance de CHF 5'000.- à AO______, qui lui avait prêté cet argent par le 
biais de sa société AP______. E______ n'avait jamais remboursé AO______ et le projet 
envisagé ne s'était pas concrétisé. T______ avait cherché à acheter, pour le compte de 
AQ______, dit "le Grec" ou "le boss", une machine permettant de contrôler et compter 
les billets de banque. Il avait été question d'opérations de change, qui ne s'étaient 
toutefois pas concrétisées.  

T______ a précisé ne pas connaître I______, ne l'avoir jamais rencontré et ne s'être 
jamais rendu chez le précité. Il ne devait pas d'argent à E______ et ne lui en avait 
jamais remis. Il n'avait jamais non plus remis d'objets à E______ en vue de revente. 

p.d.b) Devant le Ministère public, T______ a persisté soutenir n'avoir jamais acheté de 
machine à compter les billets à E______, précisant néanmoins que celle que lui avait 
présentée le précité ne convenait pas, de sorte que T______ en avait acheté une autre de 
son côté. Aucune opération de change n'avait finalement eu lieu et il n'avait jamais 
rencontré I______. T______ ne devait aucune somme d'argent à E______ et ne lui avait 
pas remis CHF 30'000.-. 

Entendu une nouvelle fois, T______ a indiqué qu'aucune opération immobilière ou de 
change n'avait, au final, eu lieu. La version de E______, consistant à l'impliquer dans 
l'homicide de I______, tenait du délire. S'il avait gagné de l'argent dans des opérations 
de change, comme le prétendait E______, il ne voyait pas la raison qui l'aurait amené à 
tuer I______ et à dérober ses affaires pour en retirer CHF 1'000.-, étant rappelé qu'il ne 
connaissait pas I______. 

p.d.c) Par-devant le Ministère public, AO______ a indiqué qu'un versement de CHF 
5'000.- avait été effectué depuis le compte de AP______ SARL à E______, mais que 
celui-ci avait été fait pour le compte de T______ qui devait de l'argent à E______. Cette 
somme avait été ensuite déduite des commissions dues à T______. Aucune affaire 
n'avait été effectuée avec E______. AO______ a dit qu'il ne connaissait pas I______. 

- 28 -  

 
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A cette audience, T______ a indiqué que E______ lui avait demandé de l'argent. Il ne 
voyait pas de problème à lui avancer les CHF 5'000.- dès lors que tous deux étaient dans 
l'attente de conclure des affaires ensemble.  

E______ a, quant à lui, indiqué que T______ lui devait cette somme.  

q) Conflits I______ 

I______ a été en conflit avec de nombreuses personnes au cours de son existence, la 
plupart étant liés à des problèmes d'ordre pécuniaire. 

q.a) AR______ 

I______ a fait la connaissance de AS______ en 1988. Le couple a eu ensemble une 
fille, C______, née en 1989. Ils ont vécu dans l'Oise. AR______, ressortissant kosovar 
né en 1954, est le frère de AS______. Il est domicilié à Valbonne, en France. 

I______ a effectué diverses affaires immobilières avec AR______. En septembre 1998, 
I______ a cédé au précité, à la sœur et au fils de celui-ci l'ensemble de ses parts sociales 
dans les sociétés immobilières constituées. Le 14 mai 2001, le Tribunal de grande 
instance de Bobigny a classé la plainte pénale déposée par I______ pour extorsion de 
signatures déposées dans le cadre de cette cession, décision confirmée, le 27 mars 2002, 
par la Cour d'appel de Paris.  

Entendu par commission rogatoire internationale le 8 novembre 2016 dans le cadre de la 
présente procédure, AR______ a indiqué avoir connu I______ en 1994 et avoir acheté 
des maisons avec le précité, qu'ils avaient financées chacun pour moitié. Par la suite, 
AR______ avait racheté les parts de I______. Il n'avait plus vu I______ depuis 1999. 
Le précité avait dilapidé sa fortune.  

C______ a confirmé devant le Ministère public que son père n'avait plus eu de contacts 
avec AR______ depuis que celui-ci s'était séparé de sa mère. Son père voulait laisser 
cette histoire derrière lui. 

q.b) AT______ et AU______ 

Le 6 juillet 2004, I______ a épousé AT______, ressortissante de Côte d'Ivoire. En avril 
2005, la précitée a quitté la Suisse. En mai 2005, I______ a déposé une plainte pénale à 
son encontre lui reprochant de ne pas avoir consommé le mariage et d'avoir quitté le 
domicile conjugal. Le divorce a été prononcé le 10 décembre 2007 par la Cour d'appel 
d'Amiens. 

Après son divorce avec AT______, I______ a entretenu une relation avec AU______, 
sénégalaise. Il ressort de documents retrouvés au domicile de I______ que celui-ci 
aurait financé le train de vie de AU______ durant un an et lui aurait versés EUR 
12'000.- pour l'aider à obtenir des papiers en règle. Enfin, il lui aurait remis CHF 
85'000.- pour acquérir un restaurant au Sénégal, argent qu'il n'avait jamais revu (PP D-
840, 845). 

- 29 -  

 
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Entendu par le Procureur, Y______ a déclaré que I______ lui avait parlé brièvement de 
AU______, qui lui avait pris de l'argent. Pour I______, c'était une histoire passée, finie 
et il avait "laissé tomber". 

q.c) AV______ 

Dans le cadre de la procédure de divorce entre I______ et AT______ et afin de gérer ses 
affaires personnelles, I______ a mandaté AV______. Le 10 juin 2007, il a déposé des 
plaintes pénales contre le précité, sa sœur AW______ et leur mère AX______ pour 
gestion déloyale et faux dans les titres. La procédure P/7______ a été classée le 26 juin 
2008, décision confirmée le 12 novembre 2008 par la Chambre d'accusation de Genève 
(OCA/8______).  

Entendu dans le cadre de la présente procédure, AV______ a indiqué qu'après 
l'ordonnance de classement, il n'avait plus eu de contacts avec I______. 

q.d) AY______ 

Le 3 avril 2014, AY______, épouse AZ______, née le ______1983 et de nationalité 
sénégalaise, a signé un bail avec BA______ pour un appartement à Abbeville dans la 
Somme. Ils ont quitté le logement le 31 juillet 2014. 

AY______ a été victime de violences conjugales alors qu'elle était enceinte, soit les 20 
et 25 février 2015. Elle logeait alors à Bourganeuf. 

Le 16 mars 2015, elle a accouché à Guéret. 

Le 7 avril 2015, elle a été admise au service des urgences de l'hôpital de Guéret, 
toujours pour des violences conjugales. A sa sortie, le 8 avril 2015, elle a été logée dans 
un foyer d'accueil et a réintégré, le 9 avril 2015, le domicile conjugal, avant de 
retourner, du 30 mai au 16 juin 2015, au foyer d'accueil. 

Dès le 16 juin 2015, AY______ a été placée avec son fils dans un centre maternel à 
Ineuil, dans le Cher.  

Selon l'analyse de la téléphonie, elle se serait rendue en Suisse le 16 juin 2015 (PP C-
3068). 

L'ensemble des échanges téléphoniques avec la ligne utilisée par AY______ a été 
analysé et n'a rien révélé d'utile à l'enquête (PP C-3091).  

q.e) BB______ 

BB______, née le ______1953 au Sénégal, est la tante de AY______ et l'épouse de 
BC______. 

Début 2015, un différend a opposé I______ et BB______, chacun des précités ayant 
déposé une plainte pénale à l'encontre de l'autre. Une procédure P/9______ a été 
ouverte, laquelle a débouché sur le prononcé, le 14 janvier 2015, d'une ordonnance de 
non-entrée en matière.  

BB______ a été mise sous écoute téléphonique du 4 juillet au 3 octobre 2015.  

- 30 -  

 
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Dans une conversation du 7 juillet 2015, BB______ a informé son interlocuteur que 
I______ disait vouloir épouser une Sénégalaise, se prénommant AF______. Toutefois, 
AF______ n'allait jamais épouser I______, "c'était pour lui bouffé des sous" car 
AF______ avait un copain footballeur en Italie, mais I______ avait jeté son dévolu sur 
cette femme. BB______ a précisé avoir emmené I______ au Sénégal. Elle a précisé, à 
plusieurs reprises durant cette conversation, que I______ prêtait facilement son argent; 
celui-ci n'était pas radin.  

Pour le surplus, les écoutes actives mises en place n'ont rien révélé d'utile à l'enquête.  

Entendue par la police le 5 décembre 2016, BB______ a indiqué avoir vu I______, pour 
la dernière fois, début 2015. Elle a confirmé la relation entretenue par I______ avec 
AF______ et l'absence de sentiment de la précitée pour I______, tout en indiquant que 
cela remontait à 2012 ou 2013.  

q.f) AF______ 

Le 11 mars 2015, I______ a envoyé de l'argent à AF______. Il ressort des messages 
envoyés par l'intéressée au précité que, depuis cette date, AF______ n'a plus eu de 
nouvelles d'I______, alors qu'elle s'attendait à recevoir de l'argent pour son anniversaire, 
le 18 mars 2015 (PP D-564). 

q.g) BD______ 

C______ a déclaré dans le cadre de la présente procédure que BD______ l'avait 
contactée en lui disant que son père avait le projet de se marier avec elle. 

q.h) BE______ 

q.h.a) Entendu par la police le 4 juillet 2014, BF______, concierge de l'immeuble où se 
situe l'appartement de I______, a déclaré qu'à fin mars 2015, la police était intervenue, 
des amis du précité ayant signalé sa disparition. Les cylindres de la serrure de 
l'appartement avaient été changés et les nouvelles clés lui avaient été remises. Deux 
jours plus tard, alors qu'il se trouvait vers les boîtes aux lettres, un homme, un peu 
excité lui avait dit être un copain de I______ s'était posé la question pour laquelle il ne 
pouvait pas entrer dans l'appartement de celui-ci, ajoutant "c'est quoi ce bordel? Je dois 
arroser les plantes. Ils font chier les flics". Cet homme l'avait informé que I______ était 
parti au Gabon pour se marier et devait revenir en juin 2015. Il lui avait également dit 
effectuer des démarches afin d'expédier le véhicule de I______ en Afrique. L'homme en 
question avait la cinquantaine et avait des cheveux courts et roux. BF______ avait remis 
les clés à cet individu, lequel lui avait, par la suite, confirmé avoir averti la police de ce 
fait.  

Le 9 juillet 2015, BF______ n'a pas reconnu E______ sur la planche photographique 
qui lui était présentée.  

Le 10 juillet 2015, il a reconnu "à 90 %" BE______, né en 1962, sur la planche 
photographique qui lui était présentée comme l'homme roux à qui il avait remis les clés 
de l'appartement de I______, après que celui-ci lui ait expliqué devoir arroser les 
plantes.  

- 31 -  

 
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q.h.b) BE______ et son frère BG______ ont fait l'objet d'une surveillance rétroactive 
sur leur téléphonie mobile et ont été mis sous écoute active du 13 au 21 juillet 2015. Ces 
mesures n'ont révélé aucun élément utile à l'enquête (PP D-740). 

BE______ et BG______ ont été entendus par la police et par le Procureur. 

BE______ a déclaré ne pas connaître I______, mais savoir que son frère BG______ 
avait recouru aux services du précité comme chauffeur de taxi. Il n'était jamais allé au 
32, V______. 

BG______ a indiqué avoir recouru aux services de I______ en tant que chauffeur de 
taxi, la dernière fois en novembre 2014. Il n'était jamais allé chez le précité.  

q.h.c) Confronté à BE______ et à E______ le 26 août 2015 devant le Procureur, 
BF______ a indiqué ne pas reconnaître BE______ comme étant l'homme à qui il avait 
remis les clés. Il n'avait jamais vu le précité. Il n'avait jamais vu non plus E______. La 
personne à qui il avait remis les clés avait les cheveux courts, roux blond, mais ce n'était 
pas très clair dans son esprit. Il a précisé que la seule personne qui lui avait parlé des 
projets de I______ de s'absenter de Genève pour se marier était la personne à qui il avait 
remis les clés.  

BG______ a précisé que son frère ne connaissait pas I______. 

q.h.d) Le 17 juin 2016, BF______ a confirmé ne pas reconnaître E______ et être même 
incapable de dire si la personne à qui il avait remis les clés du nouveau cylindre de 
I______ était blonde ou brune. Cet homme possédait les anciennes clés de l'appartement 
et lui avait dit que I______ était parti se marier en Afrique. I______, lui, ne le lui avait 
jamais dit.  

q.i) BH______  

BH______ a été mise sous écoute active du 4 juillet au 3 octobre 2015. Ces mesures 
n'ont révélé aucun élément utile à l'enquête (PP D-740). 

r) C______ 

C______, fille et unique héritière du défunt, s'est constituée partie plaignante dans le 
cadre de la présente procédure. 

A la police, elle a déclaré que, lorsque ses parents s'étaient séparés alors qu'elle avait 8 
ou 9 ans, elle était partie vivre avec sa mère. Elle était toutefois repartie vivre avec son 
père, dans l'Oise, de ses 11 à ses 16 ans. En juin 2007, elle avait, à nouveau, rejoint son 
père et avait vécu avec lui un mois, avant de partir vivre avec sa fille à Veyrier. Son 
père était venu vivre avec elles durant une courte période. En 2008, C______ était partie 
vivre avec sa fille aux Eaux-Vives, avant de se domicilier au Sud de la France, et elle 
avait perdu le contact avec son père. Elle ignorait où celui-ci vivait au jour de son décès, 
précisant avoir eu des contacts via Facebook avec lui.  

Devant le Ministère public, elle a indiqué que son père, qu'il possède ou non de l'argent, 
en prêtait facilement à ceux qui lui en demandait, même si, après, il pleurait car lui-
même n'en avait plus. Il était comme cela. En apprenant le décès de son père, C______ 

- 32 -  

 
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s'était effondrée. Elle avait pensé à un suicide vu l'état dépressif de son père avant 
d'apprendre les circonstances de sa mort, ce qui l'avait laissée sous le choc. Elle a 
confirmé avoir vu son père pour la dernière fois en 2008, mais avoir gardé des contacts 
avec celui-ci via courriels, dont le dernier remontait à 2014. Elle ne savait rien de 
l'entourage de son père, de ses connaissances ou de ses amis.  

Par écritures du 7 février 2017, C______ a formulé des prétentions civiles tendant au 
paiement par E______ des sommes suivantes: 

 CHF 30'000.-, avec intérêts à 5% dès le 6 janvier 2015, 
 CHF 1'940.-, avec intérêts à 5% dès le 11 février 2015, 
 CHF 8'548.-, avec intérêts à 5% dès le jour de chacun des retraits d'argent 

effectués, 
 CHF 1'337.-, avec intérêts à 5% dès le jour de chacune des ventes en question, à 

titre de réparation du dommage matériel; 
 CHF 40'000.-, avec intérêts dès le 11 mars 2015, à titre d'indemnité pour tort 

moral. 

s) Expertise psychiatrique 

E______ a été soumis à une expertise psychiatrique. Entendu à deux reprises devant le 
Ministère public, l'expert a confirmé son rapport du 13 août 2016.  

Selon ce rapport, E______ souffre d'un trouble narcissique de la personnalité, avec des 
traits dyssociaux pouvant être assimilés à un grave trouble mental; les aspects 
mythomaniaques - et le recours en parallèle à la dissimulation pour éviter de montrer 
des aspects moins glorieux de soi-même ou ses échecs - étaient à relever. La 
responsabilité pénale de E______ au moment des faits était néanmoins entière. 

L'expert a également mentionné que ne pouvait être complétement écarté le risque d'un 
nouveau passage à l'acte délictueux si l'enquête en cours et le procès à venir devaient 
reconnaître l'expertisé coupable de l'homicide de I______. Pour qu'un tel fait puisse se 
réitérer, il faudrait qu'un contexte relationnel et situationnel similaire à celui ayant pu 
motiver l'homicide en question se reproduise, probabilité qui paraissait faible pour 
l'expert. Ce dernier ne pouvait pas exclure le risque chez l'expertisé de commettre des 
actes illicites dans le domaine économique ou financier liés au besoin (identitaire) de 
reconnaissance et d'ascension sociale, besoin qui pourrait également exposer l'expertisé 
à s'endetter, augmentant le risque évoqué. 

t) Auditions de E______ 

Entendu par le Procureur le 14 juillet 2015, E______ a déclaré avoir rencontré I______ 
dix ans auparavant alors que celui-ci arrivait de Paris. Il lui avait prêté CHF 6'000.- pour 
que celui-ci puisse acheter un camion afin de ramener des meubles de Paris puis CHF 
6'500.- pour s'acheter un camping-car dans lequel il souhaitait habiter dans l'attente de 
l'attribution d'un logement. Ensuite, E______ et I______ avaient arrêté de se voir. En 
octobre 2014, I______ l'avait contacté car il devait faire un convoyage d'argent liquide 
entre la France ou l'Italie et la Suisse. Il lui avait demandé de l'accompagner. Il était allé 
voir un Turc, qui avait un bureau de change aux Pâquis à qui il avait remis EUR 

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500'000.-. I______ lui avait demandé de lui remettre un sac de sport pour transporter 
l'argent, ce qu'il avait fait en donnant le sac de montagne acheté pour sa fille. Fin 
novembre 2014, E______ avait aidé I______ dans ses démarches car la régie voulait 
expulser le précité de son logement pour défaut de paiement des loyers. Tous deux 
s'étaient revus en janvier 2015, alors que la problématique des loyers avait été réglée. 
En février 2015, ils avaient bu des cafés ensemble et E______ avait passé quelques 
nuits, fin février début mars 2015, au domicile de I______ en raison de problèmes de 
couple. A ce moment, I______ lui avait expliqué vouloir se marier avec une Africaine 
du Cameroun et devoir se rendre au Sénégal avec un Sénégalais afin de vendre une 
voiture. Avant de partir en Afrique, I______ voulait vendre des effets personnels en 
Suisse pour pouvoir payer son voyage. Sur place, il entendait vendre la voiture. Avec 
l'argent récolté, il devait aller chercher sa future femme, rentrer avec elle en France pour 
se marier puis revenir en Suisse. E______ avait dormi la nuit du 9 au 10 mars 2015 chez 
I______. Le matin, tous deux étaient allés au X______ et, dans l'après-midi, ils s'étaient 
rendus à Annemasse, où I______ avait rendez-vous avec un dénommé BI______ pour 
lui vendre des effets personnels. Un rendez-vous avait été convenu entre BI______ et 
I______ pour le lendemain 11 mars 2015 directement chez le précité. E______ était 
rentré chez lui et était revenu chez I______ le 11 mars 2015, à 9h30. A son retour d'une 
course de taxi une heure plus tard, I______ lui avait remis les clés de son domicile et de 
sa boîte aux lettres, pour qu'il puisse y dormir, ce qu'il avait fait durant trois ou quatre 
fois les jours qui avaient suivi, ainsi que les clés de sa voiture. I______ lui avait 
également remis sa carte bancaire et son code afin que E______ puisse se rembourser 
les sommes de CHF 6'000.- et 6'500.- prêtées. E______ s'était occupé du courrier de 
I______. Fin mars 2015, les serrures de l'appartement de I______ avaient été changées 
et une carte de police, qui cherchait I______, se trouvait sur la porte. E______ avait 
néanmoins pu rentrer dans l'appartement, le concierge lui ayant remis les nouvelles clés. 
E______ avait contacté la police pour l'informer que I______ était parti en Afrique. Il 
avait envoyé pleins de messages à I______, lesquels étaient restés sans réponse. Mi-
avril 2015, E______ avait reçu un appel téléphonique de BI______, qui avait besoin de 
la voiture de I______. BI______ avait pris la voiture durant deux semaines, soit de mi-
avril à fin avril 2015. Après avoir récupéré la voiture, E______ avait trouvé le sac de 
montagne de sa fille dans la voiture, lequel contenait une carabine et des munitions. Il 
l'avait rangé dans la cave et était allé, à quelques reprises, tirer dans les bois avec la 
carabine. Z______ lui avait appris la mort de I______. E______ tenait à dire qu'il était 
innocent. 

Le 6 août 2015, E______ a indiqué que I______ lui devait de l'argent et en devait à 
beaucoup de monde. La carte bancaire du précité avait été retenue par un bancomat de 
Nyon. Le 11 mars 2015, il était allé chez I______ à 9h30, lequel s'était absenté pour 
véhiculer une dame à l'hôpital et était revenu à 10h30. Il avait quitté I______ aux 
alentours de 10h30-10h45, celui-ci lui ayant remis au préalable les clés de son 
appartement, de sa boîte aux lettres, de sa voiture et sa carte bancaire avec le code. 
E______ était allé manger à Nyon avec sa fille. Il s'était d'ailleurs fait "flasher" juste 
avant l'entrée de l'autoroute. Le soir, il était retourné dormir chez I______. Certains 

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effets personnels de l'intéressé manquaient, à l'instar de la télévision et de l'ordinateur 
portable, mais il ne s'en était pas étonné dès lors que I______ lui avait dit entendre les 
vendre à une connaissance de BI______. Il était retourné à plusieurs reprises dormir au 
domicile de l'intéressé. Sur question, E______ a précisé avoir, au mois de mai 2015, 
proposé de louer à un tiers la voiture de I______. 

Le 2 septembre 2015 devant le Procureur, E______ a persisté soutenir qu'il était prévu 
qu'il donne CHF 30'000.- à I______, dont celui-ci avait besoin dans le cadre de son 
projet de partir en Afrique en complément de sa rente, mais ne pas avoir remis d'argent 
à l'intéressé, hormis CHF 200.- en décembre 2014. Par ailleurs, I______ prévoyait de 
vendre sa voiture, qui se trouvait déjà au Sénégal, et ses affaires personnelles à 
BI______. Enfin, il a indiqué avoir, le 13 mars 2015, écrit à I______ pour avoir de ses 
nouvelles, ne souhaitant pas s'exprimer sur la localisation du téléphone à ce moment, et 
a soutenu qu'il ne savait pas que le téléphone qu'il avait vendu à AJ______ était celui de 
I______. 

Le 6 octobre 2015, interrogé sur la vente du téléphone de I______ à AJ______ et 
d'autres objets appartenant au précité, E______ a soutenu qu'une personne les lui avait 
remis, dont il ne souhaitait pas divulguer le nom pour des raisons de sécurité. Le 12 
mars 2015, cette personne l'avait contacté en lui disant que I______ lui devait de 
l'argent et E______ était responsable de cette dette car il avait présenté les intéressés. 
E______ devait vendre les objets de I______ pour rembourser la dette en question. Il 
contactait cette personne depuis son téléphone. Il avait tenté de joindre en vain I______; 
pour lui, le précité était en Afrique. Au final, E______ avait remboursé la dette en 
question, dont il ne voulait pas révéler le montant. Interrogé sur le lien entre cette 
personne et BI______, E______ a indiqué qu'il commençait à se dire qu'un tel lien 
existait sans savoir lequel.  

Le 28 octobre 2015, confronté au fait que I______ ne pouvait lui avoir remis les clés de 
sa voiture et sa carte bancaire le 11 mars 2015, vers 10h30, E______ a indiqué qu'il 
avait dû se tromper sur les horaires.  

Le 8 décembre 2015, E______ a reconnu avoir effectué des retraits du compte de 
I______, mais avec l'autorisation de celui-ci. Il a persisté soutenir qu'il devait donner 
CHF 30'000.- à I______, lui-même devant au préalable recevoir de l'argent de ses 
débiteurs. Le 11 mars 2015, il avait rencontré T______ à Genève, mais il ne se 
souvenait plus où, lequel lui avait donné l'argent, dont il ne souhaitait pas dévoiler le 
monta