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**Case Identifier:** 41395aff-3e37-5efb-a5a1-213a2561d4be
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-04-11
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 11.04.2014 C/5719/2009
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-5719-2009_2014-04-11.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 14.04.2014. 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/5719/2009 ACJC/446/2014 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 11 AVRIL 2014 

Entre 

A______, ayant son siège ______ (GE), appelante d'un jugement rendu par la 19ème 
Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 11 septembre 2013, 

comparant par Me Jean-Marc Carnicé, avocat, rue Jacques-Balmat 5, case postale 5839, 

1211 Genève 11, en l'étude duquel il fait élection de domicile, 

et 

B______, ayant son siège (______), intimée, comparant par Me Catherine Chirazi, 
avocate, boulevard Helvétique 30, 1207 Genève, en l'étude de laquelle elle fait élection 

de domicile. 

 

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C/5719/2009 

EN FAIT 

A. Le 31 mars 2009, B______ a assigné A______ par devant le Tribunal de première 
instance (ci-après : le Tribunal) en paiement de cinq factures en souffrance 

relatives à la vente de 1______, totalisant 1'829'714 USD 08 en capital, intérêts en 

sus, soit l'équivalent de 2'083'246 fr. 29 au 31 mars 2009 (cf. cours historiques 

disponibles sur le site internet de <http://www.fxtop.com/fr/ conversion-devises-

date-passee.php?>. 

A______ s'est opposée à la demande, au motif que C______, employé de la 

société, ne disposait pas du pouvoir pour l'engager dans ces transactions. 

B. Par jugement du 11 septembre 2013, reçu le 16 septembre 2013 par A______, le 
Tribunal a fait droit à la demande et a condamné cette société à payer à B______ 

les montants suivants : 

- 4'923 USD 75 avec intérêts à 5% dès le 2 décembre 2007 (ch. 1 du dispositif), 

- 5'050 USD avec intérêts à 5% dès le 17 juin 2008 (ch. 2), 

- 1'651'577 USD 33 avec intérêts à 5% dès le 17 septembre 2008 (ch. 3), 

- 16'000 USD avec intérêts à 5% dès le 11 octobre 2008 (ch. 4) et 

- 152'163 USD avec intérêts à 5% dès le 17 septembre 2008 (ch. 5). 

A______ a été condamnée en tous les dépens, comprenant une équitable 

indemnité de procédure de 40'000 fr. valant participation aux honoraires du con-

seil de B______ (ch. 6). 

Le Tribunal a retenu que A______ était liée par les actes de son représentant, en 

raison d'une procuration externe apparente (art. 33 al. 3 CO). 

C. Par acte expédié le 15 octobre 2013, A______ (ci-après aussi : l'appelante) appelle 
de ce jugement, dont elle sollicite l'annulation, avec suite de frais. 

B______ (ci-après aussi : l'intimée), qui s'en rapporte à justice quant à la rece-

vabilité de l'appel, conclut à son rejet et à la confirmation du jugement entrepris, 

avec suite de frais. Subsidiairement, elle formule une offre de preuve. 

Dans leurs répliques et dupliques respectives, les parties persistent dans leurs con-

clusions, étant précisé que l'appelante conclut à l'irrecevabilité de certaines déter-

minations de l'intimée allant à son sens au-delà de l'admission ou de la contes-

tation des allégués. 

D. a. A______ est une société ayant son siège à ______ (Genève), dont le but est 
______. 

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C/5719/2009 

A______ a pour administrateur D______, seul titulaire de la signature 

individuelle. E______ et F______ sont respectivement administrateur-président et 

vice-présidente, titulaires de la signature collective à deux. 

b. C______, né en 1979, diplômé en ______ par G______, a été engagé par 
A______ le 10 décembre 2001 en qualité de "Junior Sales assistant" pour son 

département "Ventes", puis promu le 1
er

 août 2007 "High ______ Manager", à 

savoir responsable du département ______, sous la responsabilité de F______. 

c. Le processus d'achat de 1______ se déroule oralement. Il n'est pas usité dans 
cette profession de procéder par écrit. Il est fondé sur la confiance et la 

connaissance des parties entre elles (tém. I______, ancien directeur administratif 

de A______, p.-v. d'enq. du 9 mai 2011, pp. 24 et 25). 

Le terme ______ "______" signifie "______". Prononcé par les acheteurs de 

1______ et ______ au moment de la conclusion d'une affaire, il scelle un pacte de 

confiance ______ entre l'acheteur et le vendeur (J______, expert judiciaire en 

1______, p. 3, ch. 2.3.1.). 

F______ détenait l'exclusivité de tout achat de 1______ (tém. I______, p.-v. 

d'enq. du 9 mai 2011, p. 24; tém. K______, ex-assistante du département de 

1______, p.-v. d'enq. du 24 mai 2011, pp. 31 et 33 et tém. L______, assistante de 

direction de A______, p.-v. du 24 mai 2011, pp. 31 et 34, tém. C______, p.-v. 

d'enq. du 14 mars 2011, p. 15). F______ déterminait le prix des 1______ sur la 

base de la liste 2______, qui indique aux marchands la tendance du marché 

(J______, expertise, p. 3 ch. 2.3.2 let. a), après un abattement de l'ordre de - 5% à 

- 30% de celui indiqué (p.-v. de comparution personnelle du 28 avril 2010, p. 16). 

Elle exprimait sa satisfaction lorsqu'elle obtenait un prix inférieur de 30% à celui 

de cette liste (tém. K______, p.-v. d'enq. du 24 mai 2011, p. 33). 

L'un des ______ fournisseurs de A______ est M______, dirigée par N______, qui 

n'a eu affaire qu'à F______ et à O______, sans rencontrer C______ (tém. 

N______, p.-v. d'enq. du 6 septembre 2011, p. 41). 

Au début de la création du département de 1______ en 2007, les demandes de 

recherches de 1______ émanaient uniquement de F______ ou de L______, puis la 

première a autorisé C______ à faire ces demandes lui-même, avec certains 

fournisseurs. Il effectuait la recherche par rapport à la demande du client, puis 

rapportait le fruit de ses recherches à F______. Il négociait ensuite selon les 

indications de cette dernière. Il était l'interface entre F______ et certains 

interlocuteurs. A______ avait au départ un certain cercle de fournisseurs, puis 

F______ a autorisé C______ à s'adresser à d'autres négociants pour élargir le 

champ des recherches. C'est dans ce cadre qu'il lui a présenté B______ (tém. 

L______, p.-v. d'enq. du 24 mai 2011, p. 34). 

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d. B______ est une société ayant son siège à ______ (______). Elle est active 
dans le commerce international de 1______, avec la particularité ______. Elle est 

présidée par P______, lequel est secondé par Q______. 

Les transactions entre B______ et A______ ont commencé avant que P______ et 

F______ fassent connaissance. P______ savait que C______ s'adressait à ses 

supérieurs, qu'il formulait une offre orale ou par courriel, puis qu'une négociation 

s'en suivait, suivie de l'émission d'une facture (p.-v. de comparution personnelle 

du 9 novembre 2009, p. 3). F______ allègue avoir, lors de leur première entrevue 

en mai 2007, indiqué à P______ qu'elle était responsable de l'acquisition des 

1______, sans lui décrire le processus interne de A______, qu'il connaissait pour 

avoir déjà traité avec la société. L'année suivante, leur réunion a eu pour objet 

______. 

e. De janvier 2007 à octobre 2007, B______ a facturé à A______ pour 1'481'760 
USD 69 de 1______, qui les lui a réglées intégralement (factures nos 11328 du 28 

janvier 2007 de 420'502 USD 08; 11306 du 26 février 2007 de 37'183 USD 76; 

11336 du 4 avril 2007 de 51'800 USD; 11355 du 22 avril 2007 de 78'092 USD 30; 

11393 du 13 juin 2007 de 99'990 USD; 11423 du 11 juillet 2007 de 45'360 USD; 

11424 du 12 juillet 2007 de 25'678 USD 50; 11425 du 12 juillet 2007 de 15'884 

USD 25 et 11472 du 16 octobre 2007 de 707'269 USD 80). Certaines de ces 

factures ont été signées par C______ (n
os

 1328, 11355, 11393, 11423 et 11472), 

parfois sur le timbre commercial de la société A______ (n
os

 11393, 11423 et 

11472). 

La signature des factures permettait à B______ d'escompter celles-ci auprès de sa 

banque afin d'obtenir l'augmentation de la ligne de crédit concédée à la société 

(tém. Q______, p.-v. d'enq. p. 8). 

e.a. La facture no 11486 de B______ du 2 novembre 2007, de 4'923 USD 75 n'a 
pas été honorée par A______. Elle concerne la vente d'un 1______ que B______ a 

remis à R______, transitaire de A______, le 22 octobre 2007. 

Le prix facturé représentait - 23.83% de celui indiqué par la liste 2______ 

(J______, expertise, p. 31, let. c). 

e.b. Les factures nos 11500 du 6 décembre 2007 de 176'320 USD et 11544 du 
28 février 2008 de 1'143'000 USD ont été payées par A______, étant précisé que 

cette dernière facture a été signée par F______ et comporte le timbre commercial 

de la société. 

e.c. La facture no 11601 du 18 mai 2008 de 5'050 USD n'a pas été payée par 
A______. Elle concerne la livraison d'un 1______ à 3______, intervenue le 

______ 2008 par l'intermédiaire de S______, qui a confirmé par écrit l'avoir remis 

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à C______, sans reçu, lequel a admis la réception de 1______ destinée à être 

______ [pour] A______. 

Le prix facturé représentait - 29.81% du prix indiqué par 2______ (J______, 
expertise, p. 31). 

e.d. La facture no 11633 du 3 juillet 2008 de 66'800 USD a été réglée par 
A______. 

e.e. La facture no 11636 du 18 août 2008 de 152'163 USD n'a pas été payée par 
A______. Elle concerne la remise d'un 1______ que C______ avait remarqué au 

______ de B______ à 4______ ______. P______ a été chargé de trouver la 

1______, sans y parvenir. Ce dernier a remis cette 1______ à C______ en juillet 

2008. C______ a signé la facture de B______ et y a apposé le timbre commercial 

de la société A______. Cette facture a été postdatée au 18 août 2008 dans le but 

de prolonger le délai de paiement. 

Le prix facturé représentait - 23.28% du prix indiqué par 2______ (J______, 
expertise, p. 31). 

e.f. La facture no 11646 du 18 août 2008 de 1'651'577 USD 33 est impayée. 

Elle porte sur 1______, qui ont été remises à A______ par l'intermédiaire de son 

transitaire le 18 juillet 2008. C______ les a ______ et après négociations, au cours 

desquelles B______ a concédé une réduction de prix de 84'070 USD 70, il a 

prononcé : "______" (Décl. P______, p.-v. de comparution personnelle du 21 

décembre 2009, p. 7), ce qui n'est pas remis en cause par A______ (appel p. 11 

ch. 24). 

Le prix facturé représente de + 0.25% à + 3.90% (12 cas) jusqu'à - 4.76% à -

21.99% (38 cas) du prix indiqué par 2______, l'expert constatant que les prix 

étaient en ligne avec ceux du marché en date de la facture (J______, expertise, p. 

31). 

e.g. La dernière facture ouverte, no 11673 du 11 septembre 2008 de 16'000 USD 
concerne 1______. Il s'agit d'une ______, qui avait été refusée par F______ dans 

le cadre ses acquisitions du 28 février 2008 (cf. facture n
o
 11544). Cette ______ 

est restée ______ chez A______, puis C______ a ______ et demandé à P______ 

d'établir une facture (tém. Q______, p.-v. d'enq. du 13 décembre 2010, p. 7). 

Le prix total facturé (+ 8.44% à + 19.28% pour deux cas et de - 4.58% à - 20.48% 

pour dix cas, à l'exception de 1______ insuffisamment documentées ne pouvant 

pas être comparées aux listes de 2______) était en ligne avec celui du marché 

(J______, expertise, p. 31). 

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f. A partir de novembre 2008, à la suite de la crise économique mondiale, les prix 
des 1______ qui étaient pour leur grande majorité à la hausse, ont chuté drasti-

quement par rapport au prix du mois précédent (J______, expertise, p. 4, ch. 

2.3.3). 

g. C______ a tu à F______ les commandes relatives aux factures en souffrance et 
a fait patienter B______ qui le relançait à ce sujet. Après avoir adressé sa 

démission à A______, il a attendu le dernier jour de son activité, le ______ 2008, 

pour faire ses aveux à F______. Elle a été ______ déçue par C______, ______. 

Selon le témoin L______, F______ n'envisageait pas que C______ ferait un jour 

quelque chose de contraire à ses ordres ou à ses intérêts (tém. L______, p.-v. 

d'enq. du 24 mai 2011, p. 35). 

F______ a été disposée à formuler une contre-offre à B______, parce qu'elle 

estimait les prix très élevés, mais cette dernière a refusé (tém. L______, p.-v. 

d'enq. du 24 mai 2011, p. 34). 

h. A______, ______ et I______, ancien directeur administratif de la société, 
avaient fréquemment eu des inquiétudes face à C______, collaborateur doué, 

travailleur et ambitieux, mais qui ne disposait pas toujours de la maturité 

nécessaire face à des transactions ______ et qui, potentiellement, aurait pu perdre 

pied avec la réalité (tém. I______, p.-v. d'enq. du 9 mai 2011, p. 26).  

i. Selon l'expert judiciaire J______, les 1______ faisant l'objet des factures en 
souffrance étaient en ligne avec les prix des listes 2______ (Expertise, p. 32). 

EN DROIT 

1. Selon l'art. 308 al. 1 let. a CPC, l'appel est recevable contre les décisions finales et 
les décisions incidentes de première instance. Dans les affaires patrimoniales, l'ap-

pel est recevable si la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de 

10'000 fr. au moins (al. 2). 

Tel est le cas en l'espèce, au regard du dernier état des conclusions de première 

instance (1'829'714 USD 08, cf. let. A ci-dessus). 

L'appel a été formé dans le délai et selon la forme prescrite par la loi (art. 130, 

131, 142, 145, 308 al. 1 let. a, 311 al. 1 CPC). Il est ainsi recevable. 

Les déterminations de l'intimée sont recevables puisqu'elle dispose de la possi-

bilité de motiver celles-ci en détail (TAPPY, in CPC, Code de procédure civile 

commenté, BOHNET/HALDY/JEANDIN/SCHWEIZER/TAPPY [éd.], 2011, n. 19 ad 

art. 222 CPC). 

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La Cour revoit la cause avec un pouvoir de cognition complet (art. 55 al. 1, 58 

al. 1 et 310 CPC). 

2. La cause présente un caractère d'extranéité en raison du siège de l'intimée en 
______. Les parties admettent avec raison la compétence des tribunaux genevois 

pour trancher le litige, l'appelante (défenderesse en première instance) ayant son 

siège dans le canton de Genève (art. 112 al. 1 LDIP). Le droit suisse est applicable 

(art. 126 al. 2, al. 3 et al. 4 LDIP; arrêt du Tribunal fédéral 5A_278/2007 du 

11 décembre 2007 consid. 2.1; ATF 134 III 224 consid. 3.2.2). 

3. L'appelante soutient que les circonstances devaient être examinées dans leur en-
semble et non pas individuellement. Ainsi, l'intimée savait que l'employé n'était 

qu'un messager et négociateur de la vice-présidente, dénué de pouvoir de décision, 

en particulier lorsque le prix de la transaction était élevé et que son volume était 

important. 

Elle met en exergue le prix de certains 1______ (facture n
o
 11646, ______ n

os
 43 

à 52), qui représentent la plus importante transaction des parties, sans se situer 

dans la ligne des négociations antérieures. Rappelant que la vice-présidente avait 

elle-même signé la facture portant sur le montant de 1'143'000 USD, il appartenait 

à l'intimée de la solliciter directement pour une transaction de cette importance. 

Elle ajoute que la vice-présidente était ______. Par ailleurs, le type de 1______ 

faisant l'objet des factures n
os

 11646 et 11673 était inusuel, puisque 60% d'entre-

elles représentent moins ______, tandis que les acquisitions antérieures 

n'incluaient que 17% de ______. 

S'agissant plus particulièrement du 1______ (facture n
o
 11636), l'appelante relève 

que les parties n'avaient pas pour pratique d'acheter lors de 4______ et que 

l'acquisition de celui-ci était soumise à la condition ______ (art. 151 CO). 

Enfin, l'appelante admet la livraison d'une 1______, sans pouvoir l'attribuer à la 

facture n
o
 11486 ou à celle n

o
 11601. 

3.1. Selon le Tribunal, l'appelante n'a pas démontré avoir indiqué à l'intimée que 
toutes les transactions étaient sujettes à l'approbation de la vice-présidente ou de 

sa famille. Elle n'a pas établi que son employé était dépourvu de tout pouvoir 

décisionnel. Les négociations étaient conduites entre l'intimée et l'employé de l'ap-

pelante, que celui-ci se soit ou non référé au préalable à la vice-présidente. La 

courte durée des relations entre les parties ne permettait pas d'établir l'existence 

d'une pratique entre celles-ci. Enfin, ni les prix convenus ni le volume des acqui-

sitions ne pouvaient susciter la méfiance de l'intimée. 

3.2. Selon l'art. 32 al. 1 CO, les droits et les obligations dérivant d'un contrat fait 
au nom d'une autre personne par un représentant autorisé passent au représenté. 

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C/5719/2009 

Lorsqu'un représentant agit au nom d'autrui, les droits et obligations dérivant de 

l'acte accompli passent directement au représenté dans trois cas de figure : premiè-

rement si le représentant disposait des pouvoirs suffisants à cet effet en vertu du 

droit public, de la loi ou de la volonté du représenté; deuxièmement si le repré-

senté ratifie l'acte accompli en son nom (art. 38 CO); troisièmement si le tiers de 

bonne foi pouvait se fier aux pouvoirs qui lui avaient été communiqués, même 

tacitement (art. 33 al. 3, 34 al. 3 et 37 CO; ATF 131 III 511 consid. 3.1; arrêt du 

Tribunal fédéral 4A_313/2010 du 3 septembre 2010 consid. 3.4.2.2). 

Selon l'art. 33 al. 3 CO, si les pouvoirs ont été portés par le représenté à la con-

naissance d'un tiers, leur étendue est déterminée envers ce dernier par les termes 

de la communication qui lui a été faite. 

En cas de dépassement de pouvoirs (ou d'excès de pouvoirs), l'acte est accompli 

sans pouvoirs (CHAPPUIS, Commentaire romand, 2012, n. 17 ad art. 33 CO). En 

cas de simple dépassement des pouvoirs, seuls des doutes sérieux sur les réels 

pouvoirs du représentant peuvent conduire à nier la bonne foi du tiers, alors qu'en 

cas d'abus, des doutes d'une intensité relativement faible suffisent déjà (ATF 131 

III 511 consid. 3.2.2; CHAPPUIS, op. cit., n. 27 ad art. 33 CO). 

Le tiers est protégé, en ce sens que le représenté se trouve engagé envers lui, bien 

que les pouvoirs ne couvraient pas l'acte accompli (cf. ATF 131 III 511 

consid. 3.2 et 120 II 197 consid. 2). Cette protection est cependant subordonnée à 

deux conditions, à savoir une communication des pouvoirs par le représenté au 

tiers et la bonne foi de ce dernier. La portée de la communication doit être exami-

née avant tout selon le principe de la confiance. Aussi celui qui laisse créer l'appa-

rence d'un pouvoir de représentation se trouve-t-il lié par les actes accomplis en 

son nom (ATF 131 III 511 consid. 3.2.1). Toutefois, même si le tiers croit à l'exis-

tence des pouvoirs du représentant, le représenté n'est pas lié pour autant. Il faut 

de surcroît que des circonstances objectives, telles que l'attitude passive du repré-

senté, puissent être comprises par le tiers comme la communication de pouvoirs 

de représentation (ATF 120 II 197 consid. 2 b/bb; arrêts du Tribunal fédéral 

4A_294/2012 du 8 octobre 2012 consid. 5.2 et 4A_313/2010 du 3 septembre 2010 

consid. 3.4.2.3; CHAPPUIS, op. cit., n. 19 et ss ad art. 33 CO). 

La bonne foi du tiers est présumée (art. 3 al. 1 CC). Nul ne peut invoquer sa bonne 

foi, si elle est incompatible avec l'attention que les circonstances permettaient 

d'exiger de lui (al. 2). 

3.3. En l'espèce, il convient de préciser préalablement que l'appelante a reçu toutes 
les 1______ en cause, en particulier celle facturée 4'923 USD 75 (facture n

o
 11486 

du 2 novembre 2007), qui a été remise le 22 octobre 2007 à son transitaire et celle 

facturée 5'050 USD le 18 mai 2008, qui lui a été livrée en main propre à 3______, 

ce que S______ et C______ ont confirmé. 

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C/5719/2009 

Dans les rapports internes entre l'appelante et l'employé, il est établi que ce dernier 

ne détenait aucun pouvoir général pour conclure des transactions de 1______, 

mais une procuration ponctuelle, au cas par cas, limitée aux opérations validées 

par l'appelante (art. 32 CO). L'effet de la représentation en relation avec les 

acquisitions contestées s'examine dès lors selon l'art. 33 al. 3 CO. 

Du point de vue externe, l'intimée avait affaire au responsable du département de 

1______ de l'appelante, soit C______. Elle a été approchée par ce dernier, qui 

avait obtenu l'accord de la vice-présidente pour élargir le cercle de ses 

fournisseurs. Les négociations ont été menées entre l'employé et l'intimée, étant 

rappelé que la vice-présidente de l'appelante et l'intimée ne se sont rencontrées 

qu'à deux reprises. 

Certes, l'intimée savait que l'employé de l'appelante ne disposait pas du pouvoir 

décisionnel pour conclure seul une vente, qu'il devait solliciter les instructions de 

sa supérieure hiérarchique et qu'il avait été valablement habilité à représenter son 

employeur (art. 32 CO) au cours des neufs transactions intervenues de janvier à 

octobre 2007, honorées pour 1'481'760 USD 69 (art. 32 CO). 

La Cour retient toutefois que dans ce marché fondé sur la confiance et ______, où 

les affaires se négocient oralement et par la remise de 1______, l'intimée devait 

faire confiance à l'employé d'une société ______, sans pouvoir s'assurer de sa 

fiabilité, sauf à impliquer la vice-présidente dans les transactions, ce qui n'était pas 

la pratique des parties. 

Les deux premières transactions conduites sans l'accord de la vice-présidente (fac-

tures n
o 

11486 du 2 novembre 2007 de 4'923 USD 75 et n
o
 11601 du 18 mai 2008 

de 5'050 USD) ont été menées parallèlement à des affaires conclues avec son ap-

probation (n
o
 11472 du 16 octobre 2007 de 707'269 USD 80, n

o
 11544 du 

28 février 2008 de 1'143'000 USD et n
o 

11633 du 3 juillet 2008 de 66'800 USD). 

L'intimée ne pouvait pas se douter d'un dépassement de pouvoirs, ce d'autant 

moins que les montants en cause étaient modestes en comparaison avec les 

transactions antérieures. 

S'agissant du 1______ (facture n
o
 11636 du 18 août 2008 de 152'163 USD), 

l'intimée ne pouvait pas deviner que la vice-présidente n'avait pas pour habitude 

d'acheter durant 4______ ni déterminer dans quelle mesure elle avait ou non 

instruit son employé d'acquérir un certain type de 1______. La vente de ce 

1______ n'était pas soumise à la condition que ______ soit trouvée par l'intimée, 

bien que cela fût un projet de l'employé de l'appelante, puisqu'il a validé celle-ci, 

certes sans pouvoirs, mais sans que cela ne soit reconnaissable par le tiers (art. 33 

al. 3 CO). La réception de la facture contresignée par l'employé sur le timbre 

commercial de l'appelante a conforté l'intimée dans la régularité de cette vente. 

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Les prix des 1______ en cause ont été négociés et se situaient dans la ligne de 

ceux des listes 2______ selon l'expertise judiciaire. Ainsi, l'intimée ne pouvait pas 

supputer que l'employé prétéritait les intérêts de son employeur en se portant 

acquéreur de 1______, ce d'autant moins que certains prix se situaient dans ceux 

agréés par l'appelante (- 23,83% pour la facture n
o
 11486, - 29,81% pour celle n

o 

11601, -23,28% pour celle n
o
 11636, etc.) et qu'elle a admis avoir négocié des 

réductions de 5% à 30% par rapport à la liste 2______. 

Le volume des 1______ ou ______ ne sont pas davantage déterminant, puisqu'ils 

s'inscrivent dans le cadre des transactions menées entre l'intimée et l'appelante, 

sans qu'une transaction inusuelle ne permette à l'intimée de douter de la probité du 

responsable du service de 1______. En particulier, l'"______" prononcé à propos 

d'une acquisition de 1'651'577 USD 33 (facture n
o
 11646 du 18 août 2008) reste 

dans la ligne de celle précédemment honorée, de 1'143'000 USD (facture n
o
 11544 

du 28 février 2008), sans qu'il ait été précisé à l'intimée qu'elle devait s'enquérir 

personnellement de l'accord de la vice-présidente au-delà d'un certain seuil de 

négociations. 

Il n'existe pas davantage d'éléments pour douter de la régularité de la vente de la 

1______ à 16'000 USD (facture n
o
 11673 du 11 septembre 2008), quand bien 

même elle avait été précédemment refusée par la vice-présidente, puisqu'un 

changement d'avis demeurait envisageable et qu'il n'appartenait pas à l'intimée de 

se demander si les décisions de l'appelante étaient ou non opportunes pour son 

activité. 

Ainsi, l'oralité des transactions, fondées sur des rapports de confiance et l'absence 

de cautèles, telles que le maintien de relations étroites avec les fournisseurs, à 

l'instar de M______ ou l'absence de versement d'acomptes à la commande sont 

des pratiques coutumières qui permettent difficilement de contenir l'excès de 

pouvoirs d'un employé. Or, il est établi que ce risque avait été évoqué au sein de la 

société appelante, sans qu'aucune mesure ne soit mise en place pour réduire autant 

que faire se peut l'exposition de l'employé à la tentation d'outrepasser ses pouvoirs 

de négociation et de conclusion ponctuel et de s'arroger des pouvoirs de conclure, 

sans que l'intimée puisse s'en rendre compte. 

Ces facteurs ont contribué à créer l'apparence d'un pouvoir de représentation en 

faveur de l'employé de l'appelante, laissant croire que celui-ci était habilité à 

passer des commandes excédant celles formellement approuvées par l'appelante 

(cf. ATF 124 III consid. 1c). 

En l'absence de doutes que l'intimée aurait pu ou dû nourrir si elle avait prêté 

l'attention que les circonstances permettaient d'exiger d'elle (art. 3 al. 2 CC), elle 

doit être protégée par sa bonne foi, qui est établie et qui pallie le défaut du pouvoir 

de représentation (cf. ATF 131 III 511 consid. 3.2.2). Ainsi, le risque créé par 

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cette situation doit être supporté par l'appelante, car c'est au représenté et non au 

cocontractant (l'intimée) qu'il incombe en première ligne, dans son propre intérêt, 

de bien choisir et surveiller son employé (cf. ATF 131 III 511 consid. 3.2.3). 

L'appel n'est pas fondé, de sorte que le jugement entrepris sera confirmé. 

4. 4.1. Lorsque l'autorité d'appel statue à nouveau, elle se prononce sur les frais de 
première instance (art. 318 al. 3 CPC). 

Cette question s'examine selon l'ancien droit de procédure applicable (aLPC), 

puisque la procédure en première instance a été régie par celui-ci jusqu'à la clôture 

de l'instance (art. 404 al. 1 CPC). A teneur de celui-ci, tout jugement, même sur 

incident, doit condamner aux dépens la partie qui succombe (art. 176 al. 1 aLPC). 

En l'espèce, l'appelante sera condamnée aux dépens de première instance, compre-

nant une équitable indemnité de procédure de 40'000 fr., chiffre que le premier 

juge avait déjà retenu et que les parties n'ont pas remis en cause, à titre de parti-

cipation aux honoraires du conseil de l'intimée. 

4.2. Les frais judiciaires de l'appel seront arrêtés à 20'000 fr. (art. 2, 17 et 35 du 
Règlement genevois du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais en matière 

civile, RTFMC, E 1 05.10). 

Compte tenu de l'issue du litige, l'appelante sera condamnée aux frais d'appel, les-

quels seront compensés à concurrence de 20'000 fr. avec l'avance de frais versée 

par l'appelante (art. 111 al. 1 CPC), qui restera acquise à l'Etat. 

Les Services financiers du Pouvoir judiciaires seront invités à rembourser à l'ap-

pelante la somme de 9'000 fr. (29'000 fr. - 20'000 fr.). 

Les dépens d'appel seront arrêtés à 20'000 fr., débours et TVA compris (art. 84 et 

85 RTFMC : valeur litigieuse arrondie à 2'083'246 fr. = 31'400 fr. de défraiement 

de base + 1% de [2'083'246 fr. - 1'000'000 fr.] = 42'232 fr.; art. 90 RTFMC : 

réduction de 1/3 à 2/3 de ce montant (14'077 fr. à 28'155 fr., art. 90 RTFMC, 25 et 

26 LaCC). Ils seront mis à la charge de l'appelante. 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté par A______ contre le jugement JTPI/11585/2013 

rendu le 11 septembre 2013 par le Tribunal de première instance dans la cause 

C/5719/2009-19. 

Au fond : 

Confirme ce jugement. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires d'appel à 20'000 fr. et les met à la charge de A______. 

Dit qu'ils sont compensés à concurrence de 20'000 fr. avec l'avance de frais de 

A______, laquelle reste acquise à l'Etat de Genève. 

Ordonne aux Services financiers du Pouvoir judiciaire de restituer 9'000 fr. à A______. 

Condamne A______ à verser à B______ la somme de 20'000 fr. à titre de dépens 

d'appel. 

Siégeant : 

Monsieur Jean-Marc STRUBIN, président; Madame Daniela CHIABUDINI et 

Monsieur Cédric-Laurent MICHEL, juges; Madame Barbara SPECKER, greffière. 

 

Le président : 

Jean-Marc STRUBIN 

 La greffière : 

Barbara SPECKER 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF ; RS 

173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec expédition 

complète (art. 100 al. 1 LTF) par devant le Tribunal fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 30'000 fr.