# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a6f25897-079c-5041-9d16-d0b9fa3d34bb
**Source:** Jura (JU)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-08-30
**Language:** fr
**Title:** Jura Tribunal Cantonal Cour administrative 30.08.2021 ADM 2021 77
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/JU_Gerichte/JU_TC_005_ADM-2021-77_2021-08-30.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DU JURA

TRIBUNAL CANTONAL

COUR ADMINISTRATIVE

ADM 77 / 2021

Présidente :  Sylviane Liniger Odiet
Juges :  Daniel Logos et Jean Crevoisier
Greffière e.r. :  Océane Probst

ARRET DU 30 AOÛT 2021

en la cause liée entre

A.A.________, B.A.________, C.A.________, D.A.________ et E.A.________,

recourants,
et

le Service de la population, Rue du 24-Septembre 1, 2800 Delémont,

intimé,

relative à la décision de l'intimé du 23 mars 2021.

________

CONSIDÉRANT

En fait : 

A. A.A.________, né le … 1984, et son épouse, B.A.________, née le … 1990 (ci-
après les recourants), sont ressortissants du Kosovo. Ils ont trois enfants, 
C.A.________, D.A.________ et E.A.________, nés respectivement en 2012, 2014 
et 2017 à U1.________. Le recourant est arrivé en Suisse le … 1995, ayant bénéficié 
d’une autorisation d’établissement (permis C) par regroupement familial auprès de 
son père. 

2

B. Le 22 mai 2018, le Service de la population (ci-après l’intimé) a rendu une décision 
de révocation de l’autorisation d’établissement, de refus de renouvellement de 
l’autorisation de séjour et de renvoi à l’encontre du couple A.A.________ et 
B.A.________. Ladite décision a été confirmée sur opposition le 7 février 2019, puis 
par arrêt de la Cour administrative du Tribunal cantonal le 2 octobre 2019 (ADM 
26/2019). La Cour administrative a notamment considéré que les conditions de 
révocation de l’autorisation de séjour au sens de l’art. 63 al. 1 let. a LEtr (LEI) étaient 
réalisées vu la condamnation du recourant à une peine privative de liberté de 36 mois, 
constitutive d’une peine de longue durée. Elle a en outre retenu que l’art. 8 CEDH ne 
faisait pas obstacle au renvoi, tout comme la pesée des intérêts et le principe de la 
proportionnalité.

Les recourants n’ont pas recouru contre cet arrêt, de sorte que celui-ci est entré en 
force. 

C. Par courrier du 6 décembre 2019, l’intimé a imparti un délai au 20 janvier 2020 aux 
recourants ainsi qu’à leurs enfants, C.A.________, D.A.________ et E.A.________ 
pour quitter la Suisse.

D. Le 20 décembre 2019, les recourants ont déposé une demande en reconsidération 
de la décision du 7 février 2019, accompagnée d’un certificat médical du 3 décembre 
2019. A l’appui de leur demande, les recourants ont allégué le fait que l’état de santé 
du recourant se serait dégradé suite à la décision de renvoi. Ils ont également indiqué 
que leur fils, E.A.________, serait suspecté d’un trouble du spectre autistique. 

E. Par décision du 23 mars 2021, l’intimé a déclaré irrecevable la demande en 
reconsidération déposée par les recourants en considérant en substance que les 
certificats médicaux produits à l’appui de leur demande ne contenaient aucun élément 
nouveau justifiant d’entrer en matière sur celle-ci. 

F. Le 7 mai 2021, les recourants ont interjeté recours contre cette décision, concluant à 
l’annulation de la décision du 23 mars 2021, à la reconsidération de la décision de 
l’intimé du 22 mai 2018 en restituant à M. A.A.________ son autorisation 
d’établissement (permis C) et en renouvelant l’autorisation de séjour de Mme 
B.A.________, le tout sous suite de frais et dépens. 

En substance, les recourants font valoir plusieurs faits nouveaux dont ils n’avaient 
pas connaissance au moment où la décision de l’intimée du 22 mai 2018 a été rendue. 
Pour le surplus, ils allèguent que la décision litigieuse se fonde exclusivement sur le 
passé pénal du recourant. Ils requièrent le respect du principe de proportionnalité et 
produisent à cet effet un arrêt du 30 avril 2020 de la Chambre administrative de la 
Cour de justice du canton de Genève. 

G. Dans sa prise de position du 16 juin 2021, l’intimé a conclu au rejet du recours, 
partant, à la confirmation de la décision querellée, sous suite des frais et dépens. 

Pour l’essentiel, il considère que les motifs allégués par les recourants, en particulier 
les problèmes de santé invoqués, ne permettent pas de retenir une modification 

3

notable des circonstances depuis la première procédure qui a abouti à un arrêt de la 
Cour administrative le 2 octobre 2019, lequel est entré en force. 

H. Le 8 juillet 2021, les recourants ont fermement contesté ladite prise de position. 

En substance, ils considèrent que la décision attaquée est contraire au droit et 
abusive. Cette dernière ne repose sur aucune base légale. Indépendamment de la 
décision de renvoi prise concernant le recourant, le renvoi de la recourante ainsi que 
de leurs enfants est illégal. Pour le surplus, les recourants invitent expressément la 
Cour de céans à se référer à l’arrêt du 30 avril 2020 susmentionné. 

I. Il sera revenu ci-après, en tant que besoin, sur les autres éléments du dossier. 

En droit : 

1. 
1.1 La compétence de la Cour administrative découle de l’art. 160 let. b Cpa. 

1.2 Au sens de l’art. 83 al. 2 let. b Cpa, les conditions de recevabilité sont notamment la 
capacité du requérant d’être partie et celle d’ester en procédure. 

Selon l’art. 10 let. a Cpa, ont qualité de partie les personnes physiques ou morales 
dont la situation juridique est ou pourrait être atteinte par la décision à prendre. Pour 
pouvoir être partie en procédure administrative, il ne suffit pas d’appartenir au cercle 
des personnes à qui la loi reconnaît la qualité de partie. Encore faut-il avoir la capacité 
d’être partie, c’est-à-dire l’aptitude à être sujet des droits et obligations qui sont l’objet 
de la procédure (BROGLIN/WINKLER DOCOURT, Procédure administrative – Principes 
généraux et procédure jurassienne, 2015, p. 56, no 138). Si la qualité de partie est 
donnée, de même que la capacité d’être partie, il faut encore, pour pouvoir agir en 
procédure, avoir la capacité d’ester en justice. Cette capacité est donnée en 
procédure administrative à toute partie qui, à teneur du droit privé ou du droit public, 
peut agir personnellement ou par un mandataire de son choix. Lorsque la partie ne 
possède pas la capacité d’ester en justice, elle doit alors agir par son représentant 
légal (art. 15 Cpa) (BROGLIN/WINKLER DOCOURT, op. cit., p. 56, no 139). Les art. 13 
ss CC précisent, pour les personnes physiques, les conditions posées pour se voir 
reconnaître l’exercice des droits civils, à savoir la majorité, la capacité de 
discernement et l’absence d’une curatelle de portée générale (BROGLIN/WINKLER 
DOCOURT, op. cit., p. 56, no 140).

Au cas d’espèce, au vu de la page de titre du recours, les recourants s’avèrent être 
A.A.________ et B.A.________ ainsi que leurs trois enfants, à savoir C.A.________, 
D.A.________ et E.A.________. Toutefois, dans la mesure où ces derniers sont tous 
les trois mineurs, ils agissent par leurs représentants légaux, à savoir leurs parents.

4

1.3 La décision rendue par l'intimé a été prise à la suite d'une demande en 
reconsidération déposée par les recourants. L'autorité de recours apprécie les cas 
dans lesquels une telle décision peut faire l'objet d'un recours (art. 118 let. d Cpa). 
Selon la jurisprudence de la Cour de céans, une décision en reconsidération peut 
faire l’objet d’un recours lorsqu’il n’apparaît pas d’emblée que les conditions légales 
imposant à l’autorité d’entrer en matière n’étaient pas données (RJJ 1999 p. 269).

Aux termes de l’art. 91 al. 2 Cpa, l'autorité n'est tenue d'examiner la demande que si 
le requérant invoque des faits ou des moyens de preuve importants qu'il ne 
connaissait pas lors de la première décision, ou dont il ne pouvait pas se prévaloir à 
cette époque, ou si les circonstances se sont modifiées dans une mesure notable 
depuis la première décision. Le deuxième alinéa de l’art. 91 vise deux situations. Dans 
la première hypothèse, le requérant invoque des faits ou des moyens de preuve 
importants qu’il ne connaissait pas lors de la première décision ou dont il ne pouvait 
se prévaloir à cette époque (faits nouveaux anciens). La seconde concerne le cas où 
les circonstances se sont modifiées dans une mesure notable depuis la première 
décision. Cette deuxième hypothèse concerne essentiellement les rapports de droit 
durables. Dans ce genre de situation, l’autorité administrative peut modifier sa 
décision quand bien même celle-ci a fait l’objet d’un recours devant une instance de 
la juridiction administrative. Il s’agit en fait de l’adapter aux nouvelles circonstances 
(ADM 90/2010 du 14 juillet 2010 consid. 1.2 ; BROGLIN/WINKLER DOCOURT, Procédure 
administrative, Principe généraux et procédure jurassienne, p. 201s., no 544).

La jurisprudence a, en outre, déduit de l'art. 29 al. 1 et 2 Cst. l'obligation, pour l'autorité 
administrative, de se saisir d'une demande de réexamen lorsque les circonstances 
se sont modifiées de façon notable depuis la première décision ou lorsque le 
requérant invoque des faits essentiels et des moyens de preuve nouveaux qu'il ne 
connaissait pas ou a été dans l'impossibilité de faire valoir dans la procédure 
antérieure (ATF 124 II 1 consid. 3a p. 6; arrêts 2C_225/2014 du 20 mars 2014 consid. 
5.1; 2C_125/2014 du 12 février 2014 consid. 3.1). Le réexamen de décisions entrées 
en force ne saurait toutefois servir à remettre sans cesse en cause des décisions 
exécutoires ou à détourner les délais prévus pour les voies de droit ordinaires (ATF 
136 II 177 consid. 2.1 ; TF 2D_5/2017 du 14 février 2017 consid. 6.1 ; 2C_125/2014 
du 12 février 2014 consid. 3.1; 2C_172/2013 du 21 juin 2013 consid. 4.1; 
2C_796/2012 du 8 mars 2013 consid. 3.1). Toutefois, ce n'est pas parce qu'il existe 
un droit à un nouvel examen de la cause que l'étranger peut d'emblée prétendre à 
l'octroi d'une nouvelle autorisation. Les raisons qui ont conduit l'autorité à révoquer, à 
ne pas prolonger ou à ne pas octroyer d'autorisation lors d'une procédure précédente 
ne perdent pas leur pertinence. L'autorité doit toutefois procéder à une nouvelle pesée 
complète des intérêts en présence, dans laquelle elle prendra notamment en compte 
l'écoulement du temps.

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Il ne s'agit cependant pas d'examiner librement les conditions posées à l'octroi d'une 
autorisation, comme cela serait le cas lors d'une première demande d'autorisation, 
mais de déterminer si les circonstances se sont modifiées dans une mesure 
juridiquement pertinente depuis la révocation de l'autorisation, respectivement depuis 
le refus de son octroi ou de sa prolongation (TF 2C_198/2018 consid. 3.3 ; 
2C_736/2017 du 28 novembre 2017 consid. 3.3; 2C_253/2017 du 30 mai 2017 
consid. 4.4 et les références citées).  

1.4 Au cas d’espèce, les recourants allèguent qu’ils ont invoqué, dans le cadre de leur 
demande en reconsidération, plusieurs faits nouveaux dont ils n’avaient pas 
connaissance au moment où la décision de l’intimé a été rendue le 22 mai 2018. A 
l’appui de leur recours, ils font valoir d’une part, que l’état de santé du recourant s’est 
sensiblement dégradé depuis la décision de l’intimé du 22 mai 2018. Il n’existe pas 
de structures adaptées au grave problème cardiopulmonaire du recourant. D’autre 
part, le fils des recourants, E.A.________, souffre d’un retard de développement 
langagier pour lequel il n’existe pas non plus de structures adaptées. En outre, eu 
égard au principe de proportionnalité, le renvoi des recourants et de leurs enfants au 
Kosovo serait un terrible déracinement pour toute la famille, ce d’autant plus que la 
décision de l’intimé se fonde exclusivement sur des éléments inhérents au recourant, 
à savoir les condamnations pénales dont il a fait l’objet. 

La présente affaire nécessite de déterminer si les recourants ont invoqué, dans le 
cadre de leur demande en reconsidération, des faits ou des moyens de preuve qu’ils 
ne connaissaient pas lorsque la décision du 22 mai 2018 a été rendue ou dont ils ne 
pouvaient se prévaloir à cette époque, ou encore si les circonstances se sont 
modifiées dans une mesure notable depuis ladite décision. Ces questions doivent 
faire l’objet d’un examen attentif et l’on ne saurait dire d’emblée que les conditions de 
l’art. 91 al. 2 Cpa ne sont pas remplies. Le recours ayant été déposé dans les formes 
(art. 126 et 127 Cpa) et délai légaux, compte tenu des féries judiciaires (art. 44a let. 
a Cpa), par les recourants qui disposent manifestement de la qualité pour recourir 
(art. 120 Cpa), il se justifie dès lors d'entrer en matière.

2. D’emblée, il convient de relever qu’à teneur du recours déposé par les recourants, 
seul les griefs ayant trait aux problèmes de santé du recourant, respectivement à ceux 
de son fils E.A.________, font l’objet de la demande en reconsidération. En effet, les 
autres griefs allégués à l’appui de leur recours ne constituent pas des faits nouveaux 
au sens de l’art. 91 al. 2 Cpa. En particulier, ils ont déjà fait l’objet d’un arrêt de la 
Cour de céans en date du 2 octobre 2019, de sorte qu’ils doivent être déclarés 
irrecevables dans le cadre de la présente procédure. 

3. Dans un premier grief, les recourants allèguent que l’état de santé du recourant s’est 
sensiblement dégradé depuis que la décision du 22 mai 2018 a été rendue par 
l’intimé. Le recourant souffre d’un grave état dépressif non seulement en raison de 
l’idée de devoir quitter la Suisse, mais également depuis son séjour en prison qui l’a 
beaucoup marqué sur le plan psychologique. En outre, le recourant est atteint d’une 
hypertension artérielle avec décompensation cardiaque.

6

Il est également suivi médicalement pour un grave problème cardiopulmonaire. Selon 
lui, au Kosovo, il n’existe pas de structures adaptées permettant de fournir des soins 
adéquats pour ce genre de problèmes, de sorte qu’il ne pourrait pas être soigné 
correctement. 

3.1 Il en ressort qu'en tant qu'il se fonde sur son état de santé tant psychique que 
physique et sur l'absence de traitement médical apte à le soigner dans son pays 
d'origine, le grief de violation de l'art. 3 CEDH et 10 al. 1 Cst. doit être rejeté, 
conformément à la jurisprudence de la Cour EDH. Selon cette dernière, le fait qu'en 
cas d'expulsion de l'État contractant le requérant connaîtrait une dégradation 
importante de sa situation, et notamment une réduction significative de son 
espérance de vie, n'est pas en soi suffisant pour emporter violation de l'art. 3 CEDH. 
Il n'en va autrement qu'en présence de considérations humanitaires encore plus 
impérieuses tenant principalement à l'état de santé du requérant avant l'exécution de 
la décision d'éloignement (arrêt de la CourEDH,  Yoh-Ekale Mwanje c. Belgique, du 
20 décembre 2011, Req. n° 10486/10, § 80 ss; cf. également arrêts 2C_932/2017 du 
27 novembre 2017 consid. 3.4 2C_654/2013 du 12 février 2014 consid. 6.1 et les 
références citées). En l'espèce, le recourant ne démontre pas que son état de santé 
actuel correspondrait à une telle situation, ni qu'il serait dans l'impossibilité de voyager 
(TF 2C_978/2020 du 8 janvier 2021 consid. 8). En particulier, le recourant n’établit 
pas que son état de santé correspondrait à un tel état. Il ressort des rapports 
médicaux au dossier qu’il souffre de décompensation physique et mentale avec 
dépression depuis le 22 novembre 2019, diagnostiqué par le médecin psychiatre 
comme un épisode dépressif moyen avec syndrome somatique le 23 mars 2020. Il 
apparaît ainsi que les difficultés du recourant sont apparus postérieurement à l’arrêt 
de la Cour administrative du 2 octobre 2019. Elles résultent ainsi du statu incertain 
en droit des étrangers et ne sont pas constitutives d'un cas personnel d'extrême 
gravité (TF 2D_5/2017 du 14 février 2017 consid 6.3 ; 2A.474/2001 du 15 février 2002 
consid. 3.2). Il faut en outre relever que les problèmes d’hypertension artérielle avec 
décompensation cardiaque relevées dans le certificat médical du 3 décembre 2019 
ne sont pas plus documentées et le recourant n’a produit aucun autre résultat 
d’examen médical, ni traitement et ne figure d’ailleurs plus dans le rapport du même 
médecin du 10 mars 2020. Quant aux soins susceptibles d’être prodigués au 
recourant, il existe au Kosovo sept centres de traitement ambulatoire pour les 
maladies psychiques (centres communautaires de santé mentale), ainsi que des 
services de neuropsychiatrie pour le traitement des cas de psychiatrie aiguë au sein 
des hôpitaux généraux dans les villes de U2.________, U3.________, U4.________, 
U5.________, U6.________, U7.________ et U8.________. De plus, grâce à la 
coopération internationale, de nouvelles structures appelées « Maisons de 
l'intégration » ont vu le jour dans certaines villes. Ces établissements logent des 
personnes atteintes de troubles mineurs de la santé mentale dans des appartements 
protégés et leur proposent un soutien thérapeutique et socio-psychologique (Arrêt de 
la Cour de justice du canton de Genève du 17 avril 2018 – ATA/357/2018, consid. 9 
let. e  et les références citées).

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Le recourant ne se retrouvera ainsi pas sans soin au Kosovo, étant précisé que selon 
la jurisprudence, le fait d'obtenir en Suisse des prestations médicales supérieures à 
celles offertes dans le pays d'origine ne suffit en outre pas à justifier de renoncer à 
l'exécution du renvoi (ATF 139 II 393 consid. 6 ; TF 2D_10/2021 du 14 avril 2021 
consid. 5.4). Au regard de ces circonstances, le suivi régulier que nécessite le 
recourant, au vu de son état dépressif actuel, ne constitue pas un cas de rigueur 
nécessitant la reconsidération de décision de renvoi.

4.  Dans un second grief, les recourants allèguent que leur enfant E.A.________ souffre 
d’un retard de développement langagier pour lequel il est suivi par des professionnels 
dans le canton du Jura. Il n’existe pas de structures au Kosovo pour aider les enfants 
qui sont atteints de ce type de problème. 

A ce propos, il convient de préciser que selon le rapport médical du 27 août 2020 du 
Dr F.________, neuropédiatre, le trouble autistique a été écarté. Le traitement 
proposé consiste exclusivement dans de la logopédie et du SEI (service éducatif 
itinérant). afin de pallier le retard langagier de E.A.________ dans sa langue 
maternelle, étant précisé que E.A.________ s’exprimait devant le médecin en 
albanais et en anglais.

4.1 Selon la jurisprudence, un suivi en logopédie peut être assuré auprès de la Clinique 
universitaire de U8.________ (prestation gratuite) ou auprès de logopédistes privés. 
Des soutiens éducatifs spécialisés sont disponibles au sein de l’école G. à 
U8.________ ou auprès de trois organisations non gouvernementales. En outre, une 
scolarisation dans les structures habituelles est prévue pour les enfants avec de 
légers retards de développement ou d’handicap, étant précisé qu’au Kosovo il existe 
70 classes pédagogiques spéciales, lesquelles sont rattachées aux écoles publiques. 
Le fait que la prise en charge possible dans le pays d'origine n’atteint pas le standard 
suisse n'est pas déterminant et ne justifie pas, comme tel, la poursuite du séjour en 
Suisse (Tribunal cantonal de Fribourg, 601 2018 23, consid. 4.2.2, du 8 juillet 2020 et 
les références citées). 

4.2 En l'espèce, rien ne permet de retenir que l'enfant ne pourra pas bénéficier dans son 
pays d'origine d'une scolarisation adaptée à son retard de développement langagier 
et à l'encadrement que celui-ci nécessite. On est également en droit d'attendre des 
recourants qu’ils prennent domicile dans une localité proche d’une institution où un 
enseignement spécialisé est proposé, dans l'intérêt bien compris de E.A.________. 
En tout état de cause, un déplacement de ce dernier dans son pays d'origine, auprès 
de sa famille réunie, ne paraît pas susceptible d'entraîner de graves conséquences 
pour sa santé et son développement qui s'opposeraient à son renvoi. 

4.3 Partant, le retard de développement langagier expressif que présente le fils des 
recourants ne justifie pas non plus de reconsidérer la décision de renvoi. 

5. Au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté, dans la mesure de sa recevabilité. 

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8

6. Il convient de rappeler que le dépôt d’une demande au sens de l’art. 91 Cpa ne lève 
pas le caractère exécutoire de la décision en cause et n’entraîne pas d’interruption 
de délai (art. 91 al. 3 Cpa). Pour le surplus, il n’y a pas d'effet suspensif dans les 
procédures spéciales ou en cas d’usage d'une voie de droit extraordinaire (RJJ 2009, 
p. 2, consid. 3.1). 

Au cas d’espèce, la décision rendue par l’intimé, faisant l’objet du présent recours, a 
été prise à la suite d’une demande en reconsidération déposée par les recourants. 
Ces derniers ayant fait usage d’une voie de droit extraordinaire afin d’introduire la 
présente procédure, leur recours est dénué d’effet suspensif ex lege.

7. (…).

8. (…).

PAR CES MOTIFS 

LA COUR ADMINISTRATIVE

rejette

le recours dans la mesure où il est recevable ; 

met

les frais de la procédure devant la Cour de céans, par CHF 1'000.-, à la charge des recourants, 
à prélever sur leur avance ;

n’alloue pas

de dépens ; 

informe

les parties des voies et délai de recours selon avis ci-après ;

9

ordonne

la notification de la présente décision
 aux recourants, A.A.________, B.A.________, C.A.________, D.A.________ et 

E.A.________ ;
 à l’intimé, Service de la Population, rue du 24-Septembre 1, 2800 Delémont ; 
 au Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM), Quellenweg 6, 3003 Berne-Wabern. 

Porrentruy, le 30 août 2021

AU NOM DE LA COUR ADMINISTRATIVE
La présidente : La greffière e.r. :

Sylviane Liniger Odiet Océane Probst

Communication concernant les moyens de recours : 

Le présent arrêt peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le 
recours en matière de droit public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal 
fédéral (LTF - RS 173.110), le recours constitutionnel subsidiaire aux conditions des articles 113 ss LTF. Le 
mémoire de recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14; il doit être rédigé dans une langue 
officielle, indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. Les motifs doivent exposer 
succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit. Si le recours n'est recevable que s'il soulève une question 
juridique de principe, il faut exposer en quoi l'affaire remplit cette condition. Les pièces invoquées comme moyens 
de preuve doivent être jointes au mémoire, pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de 
la décision attaquée.