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**Case Identifier:** a949e3a5-6a5b-5e86-a384-1a1574030e98
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2025-04-14
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 14.04.2025 C/3234/2022
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-3234-2022_2025-04-14.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 17 avril 2025. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/3234/2022 ACJC/535/2025 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des prud'hommes 

DU LUNDI 14 AVRIL 2025 

 

Entre 

Madame A______, domiciliée ______ (VD), appelante d'un jugement rendu par le 

Tribunal des prud'hommes le 7 juin 2024 (JTPH/150/2024), représentée par  

Me Olivier KLUNGE, avocat, Bourgeois Avocats SA, avenue de Montbenon 2, case 

postale 475, 1001 Lausanne,  

et 

B______ SA, sise ______ [GE], intimée, représentée par Me Timo SULC, avocat, 

Dupraz Sulc, rue Jean-Jaquet 10, 1201 Genève. 

  

 

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C/3234/2022  

EN FAIT 

A. Par jugement JTPH/150/2024 du 7 juin 2024, reçu par les parties le 10 juin 2024, 
le Tribunal des prud'hommes (ci-après : le Tribunal), statuant par voie de 
procédure ordinaire, a, à la forme, déclaré recevables la demande formée le 
4 juillet 2022 par A______ contre [le centre d'imagerie médicale] B______ SA 
(ci-après : B______ SA; chiffre 1 du dispositif) ainsi que la demande 
reconventionnelle formée le 18 novembre 2022 par B______ SA contre A______ 
(ch. 2), renoncé à ordonner la production du récapitulatif des prestations 
médicales encaissées sur la base de celles effectuées par A______ du 1er juin 2020 
au 31 décembre 2021, des contrats de travail de C______, de D______ et de 
E______ et de la liste des encaissements par l'intermédiaire de la borne F______ 
(ch. 3), ainsi que du contrat de travail conclu avec [le centre d'imagerie médicale] 
G______ SA (ch. 4) et a également renoncé à ordonner une expertise (ch. 5). 

Au fond, le Tribunal a condamné B______ SA à verser à A______ la somme 
nette de 200'062 fr. avec intérêts moratoires à 5% l'an dès le 1er juillet 2021 
(ch. 6), condamné A______ à verser à B______ SA la somme nette de 125'000 fr. 
avec intérêts moratoires à 5% l'an dès le 15 mai 2022 (ch. 7), autorisé A______ et 
B______ SA à compenser les montants précités (ch. 8), renoncé à prononcer la 
mainlevée de l'opposition formée au commandement de payer notifié à B______ 
SA le 1er janvier 2022 dans le cadre de la poursuite n° 1______ pour un montant 
de 186'733 fr. 49 (ch. 9), renoncé à prononcer la mainlevée de l'opposition formée 
au commandement de payer notifié à A______ le 25 novembre 2022 dans le cadre 
de la poursuite n° 2______ à hauteur de 355'841 fr. 25 (ch. 10) et débouté les 
parties de toute autre conclusion (ch. 11). 

Statuant sur les frais, le Tribunal les a arrêtés à 7'100 fr. (ch. 12), les a répartis par 
moitié (3'550 fr.) entre les parties (ch. 13) et les a compensés avec les avances de 
frais de 2'090 fr. effectuées par A______ et de 5'010 fr. effectuée par 
B______ SA, qui demeuraient acquises à l'Etat de Genève (ch. 14), a condamné 
A______ à verser à B______ SA la somme de 1'460 fr. à titre de remboursement 
de sa part de frais judiciaires (ch. 15), dit qu'il n'était pas alloué de dépens (ch. 16) 
et débouté les parties de toute autre conclusion (ch. 17). 

B. a. Par acte expédié le 10 juillet 2024 au greffe de la Cour de justice (ci-après : la 
Cour), A______ a formé appel contre ce jugement. 

Préalablement, elle a conclu à l'annulation du chiffre 3 du dispositif de ce 
jugement et à ce que la Cour ordonne à B______ SA et H______ [société 
prestataire de services administratifs] de produire le récapitulatif du détail des 
prestations médicales encaissées au nom de B______ SA sur la base des 
prestations qu'elle a effectuées entre le 1er juin 2020 et le 31 décembre 2021 
("compte 3______ – [Centre] B______ de la Dre A______") avec le détail des 

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montants correspondant aux prestations médicales et au matériel et médicaments 
et ordonne à B______ SA de produire la liste exhaustive des encaissements reçus 
pour les opérations qu'elle avait effectuées en 2020 et 2021 par l'intermédiaire de 
la borne F______. 

Principalement, A______ a conclu à l'annulation des chiffres 7 à 9, 11, 13, 15 et 
17 du dispositif du jugement entrepris et cela fait, à ce que la Cour condamne 
B______ SA à lui verser la somme nette de 66'576 fr. 68 avec intérêts moratoires 
à 5% l'an dès le 15 septembre 2020, prononce la mainlevée de l'opposition formée 
par B______ SA au commandement de payer à concurrence de 186'733 fr. 49, 
plus intérêts moratoires à 5% l'an dès le 21 décembre 2021, qui lui a été notifié le 
12 janvier 2022 dans le cadre de la poursuite n° 1______, condamne B______ SA 
en tous les frais de première et seconde instances. 

Elle a produit des pièces à l'appui de son appel, soit des extraits du Registre du 
commerce genevois (pièces 84 et 85). 

b. Par réponse du 16 septembre 2024, B______ SA a conclu au rejet de l'appel et 
à la confirmation du jugement entrepris. 

c. Les parties ont répliqué et dupliqué, persistant dans leurs conclusions 
respectives.  

d. Elles ont été informées par avis du 29 novembre 2024 de ce que la cause était 
gardée à juger. 

C. Les faits pertinents suivants résultent du dossier : 

 a. B______ SA est une société anonyme, sise à Genève et inscrite au Registre du 
commerce genevois le ______, ayant pour but l'exploitation et le développement 
d'un ou plusieurs instituts d'imagerie médicale ainsi que tout autre institut dont 
l'activité est liée au diagnostic médical.  

I______ en est l'administrateur et dispose d'un pouvoir de signature individuel. Il 
est également médecin.  

J______ en est le directeur. 

K______ en était un des administrateurs jusqu'au 26 septembre 2023. Il est 
également comptable et seul administrateur de L______ SA, fiduciaire chargée de 
la comptabilité de B______ SA.  

M______ SA est l'organe de révision de B______ SA. 

 b. A______ est médecin en radiologie, agréée à Genève. 

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 Son époux, N______, est également médecin radiologue à Genève. 

 c. En 2020, B______ SA a repris des locaux occupés jusqu'alors par un autre 
centre d'imagerie, à la rue 4______ no. ______, à Genève, afin d'y poursuivre 
l'exploitation d'un institut de radiologie. 

 d. À cette fin, B______ SA était à la recherche de radiologues autorisés à 
pratiquer dans le canton de Genève. 

e. Dans ce contexte, elle a entamé des pourparlers avec A______ ainsi qu'avec 
O______, également radiologue agréé à Genève, portant notamment sur 
l'acquisition par chacun des radiologues de 24,5% des actions de la société. 

 f. Le 29 avril 2020, A______ et B______ SA ont signé une convention de 
collaboration ayant pour objet de "définir les termes du mandat confié par le 
Centre au radiologue" (art. 1; "objet"). 

 À teneur de son préambule, B______ SA était un établissement médical privé 
proposant des prestations ambulatoires de diagnostic et de soins, entièrement 
équipé, qui cherchait à engager des radiologues tandis que A______ était une 
radiologue qui cherchait une infrastructure de radiologie pour y pratiquer sa 
spécialité médicale de façon indépendante. 

 A teneur de son article 2 ("indépendance"), A______ exercerait en qualité 
d'indépendante, pratiquerait sous sa propre responsabilité et serait au bénéfice d'un 
droit de pratique indépendant à charge de l'assurance maladie obligatoire du 
canton de Genève. Dès le début de son activité, elle assumerait toutes les charges 
sociales et fiscales liées à son statut d'indépendant et contracterait les polices 
d'assurance nécessaires.  

 L'art. 5 ("ressources") prévoyait que le centre mettrait à disposition de la 
radiologue des locaux, des appareillages et du personnel. L'art. 7, en lien avec le 
"devoir de diligence et de parcimonie", précisait que ces "ressources" étaient 
propriété de B______ SA. 

 Sous "actionnariat et participation", réglé par l'art. 11, il était prévu que 
B______ SA "ouvre son capital action et cède 24,5 actions à (…) A______ (…) 
via un achat direct d'actions à 2'000 fr. (pièce)", et que A______ verse 80'000 fr. 
à B______ SA à titre de "participation au projet de démarrage du centre", dit 
montant ne pouvant "en aucun cas être réclamé". 

 Concernant la "rémunération", réglée par l'art. 13, les parties ont prévu que pour 
l'année 2020, soit du 1er juillet au 31 décembre 2020, B______ SA, via H______, 
rétrocèderait au médecin, à titre d'honoraires, un pourcentage de 25% sur les 
prestations encaissées au nom de B______ SA. Ce pourcentage devait s'appliquer 

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à "l'ensemble des honoraires facturés au nom du médecin, à l'exception des 
médicaments, des produits de contraste, etc.". Les honoraires seraient payables au 
plus tard le 10 du mois qui suivait. Un nouveau contrat devait être établi au plus 
tard fin novembre 2020 concernant 2021 et les années suivantes.  

 À teneur de l'article 14 ("entrée en vigueur, durée et fin de convention"), la 
convention est entrée en vigueur le 1er juin 2020. Elle pouvait être dénoncée par 
l'une ou l'autre des parties moyennant un préavis de trois mois, à adresser par 
courrier recommandé, sous réserve d'une résiliation pour juste motif. Une 
résiliation ne respectant pas le préavis de trois mois serait considérée comme 
adressée "en temps inopportun". 

 g. Dans l'optique de leur association, A______, O______ et I______ ont établi un 
plan d'affaires, lequel fait référence à "une nouvelle entité juridique sous forme de 
société à responsabilité limitée", dénommée "la société B______", dont les 
investisseurs étaient I______, administrateur président, détenant 51% des parts 
sociales, A______, administrateur, détenant 24,5% des parts sociales, et O______, 
administrateur, détenant 24,5% des parts sociales. 

 h. Il résulte d'échanges de courriels et messages WhatsApp produits par B______ 
SA, que A______ et O______ ont, dès le mois de mai 2020 tout du moins, fait des 
propositions d'engagement à I______ et/ou J______, planifié des réunions pour 
"discuter de la stratégie des prochains mois de B______-engagement 
radiologue/engagement à P______/Q______/R______ [centres médicaux, 
hôpital], etc." et discuté des finances du centre de radiologie. 

 Entendu en qualité de témoin par le Tribunal dans le cadre de la présente 
procédure, K______ a déclaré avoir discuté de la situation comptable de la société 
avec A______ et O______ dès le mois de juin 2020, précisant que les discussions 
en lien avec "tous les points importants de B______ concernant le personnel" 
avaient impliqué A______ et O______.  

 i. Le 1er juin 2020, A______ a débuté son activité au sein de B______ SA. Selon 
B______ SA, celle-ci était ainsi entrée dans la structure du centre en tant que 
radiologue indépendante, tandis que A______ soutient qu'il était "clair" qu'elle 
était employée et salariée de B______ SA, en sus de son investissement dans 
l'institut et de sa potentielle entrée au capital.  

Selon les allégations de la radiologue, elle aurait continué de travailler à temps 
partiel en qualité d'indépendante pour le centre où elle exerçait jusqu'alors 
("S______"). Elle avait diminué le temps consacré à "S______" dès octobre 2020, 
dans la mesure où à partir de cette date, elle devait couvrir, avec O______, une 
présence durant toute la semaine.  

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 Toujours selon ses allégations, elle aurait également travaillé, toujours durant 
cette période, pour un autre centre, "celui de P______", à hauteur de 10 ou 20%, à 
titre indépendant. Dans les faits, chacun y allait une demi-journée par semaine, 
sauf si l'un d'eux était en vacances (puisque dans un tel cas, l'autre devait couvrir 
son absence chez B______ SA).  

 j. Il est admis que "dans l'optique de leur association", A______ et O______ se 
sont portés cautions solidaires, le 20 juillet 2020, pour l'acquisition en leasing par 
B______ SA d'un appareil IRM et d'un scanner d'une valeur totale de plus d'un 
million de francs. 

 Ils se sont également portés cautions solidaires, le 13 octobre 2020, pour 
l'acquisition en leasing par B______ SA d'une table T______ avec accessoires 
d'une valeur totale de plus de 370'000 fr. 

 k. Au mois de juillet 2020, A______ a versé la somme de 129'000 fr. à 
B______ SA, dite somme englobant 80'000 fr. à titre de participation au projet de 
démarrage du centre et 49'000 fr. pour l'acquisition de 24,5 actions. 

 l. Les parties ont admis avoir convenu du versement d'un montant mensuel fixe de 
15'000 fr. par B______ SA en faveur de A______ dès octobre 2020. 

 Les versions des parties divergent quant à la raison de cette décision. 

A______ soutient avoir toujours été employée de B______ SA mais que compte 
tenu de la confiance qu'elle avait en les promesses faites par les frères 
I______/J______ dans le cadre des négociations en cours concernant le pacte 
d'actionnaires, elle avait accepté que seule une avance mensuelle lui soit versée 
dans un premier temps, afin d'éviter que B______ SA ne se retrouve en situation 
de surendettement, compte tenu des frais importants engendrés par la mise en 
route de l'institut.  

B______ SA a quant à elle allégué que A______ lui avait demandé à être engagée 
en qualité de salariée à un taux de 50% dès le mois d'octobre 2020, au vu du 
contexte sanitaire inquiétant qui perdurait depuis plusieurs mois et de l'insécurité 
en résultant pour elle qui exerçait en qualité d'indépendante. B______ SA avait 
accepté cette demande afin d'assurer une sécurité et une stabilité financière à la 
radiologue. 

m. Il n'est pas contesté que A______ et O______ assuraient une présence au 
centre de radiologie, durant toute la semaine de 8h à 18h, de sorte qu'un 
radiologue était toujours sur place. Si l'un des radiologues était absent, l'autre était 
là à plein temps.  

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Cette organisation du temps de travail a été confirmée pour le surplus par divers 
témoins entendus dans le cadre de la présente procédure (U______, V______, 
W______). 

n. En octobre 2020, des échanges ont eu lieu entre les parties et L______ SA au 
sujet du statut des radiologues et de leur rémunération. 

n.a Par courriel du 15 octobre 2020, J______ a transmis à A______ un 
"formulaire à faire compléter aux salariés", précisant que, comme discuté, "un 
statut hybride (salarié-indépendant)" pourrait éventuellement être envisagé. 

 n.b Le 26 octobre 2020, il a indiqué à L______ SA que B______ SA souhaitait 
payer ses radiologues "avec [une] formule hybride (salarié/indépendant)", raison 
pour laquelle deux fiches de salaire devaient être établies pour A______ et 
O______. Leur salaire mensuel avait été fixé à 15'000 fr. bruts.  

 n.c Le 27 octobre 2020, L______ SA a transmis les bulletins de salaire des deux 
radiologues pour le mois d'octobre 2020. La fiduciaire a interrogé J______ quant 
à leur statut, n'ayant pas compris si A______ et O______ étaient des indépendants 
ou des employés.  

 La réponse à ce courriel ne figure pas dans le dossier. 

 o. Le 10 novembre 2020, B______ SA a établi une attestation de travail, par 
laquelle elle a confirmé que O______ travaillait au sein de leur institut de 
radiologie depuis le 1er juin 2020 en qualité de médecin radiologue à temps plein. 

 p. A teneur de la déclaration fiscale 2020 produite par A______ (et imprimée le 
25 septembre 2021), celle-ci a déclaré un revenu net annuel lié à une activité 
salariée de 50'103 fr. (soit une activité à 25% pour [le centre médical] S______ du 
1er janvier au 31 juillet et une activité à 100% du 1er octobre au 31 décembre 
2020) et un revenu annuel lié à une activité indépendante de 178'576 fr. 

 q. Le 30 août 2021, une réunion a eu lieu en présence de A______, de O______ et 
de J______. 

 Il résulte de son procès-verbal que A______ a notamment déclaré que si les 
contrats [d'actionnariat] n'étaient pas finalisés d'ici la fin de l'année, elle souhaitait 
quitter la société.   

 r. Par courriel du 5 octobre 2021, L______ SA a informé les parties de la 
finalisation des fiches de salaire pour l'année 2020.  

 Elle avait établi des fiches de salaire de 15'000 fr. bruts pour les mois de juillet à 
novembre 2020. Quant au salaire relatif au mois de décembre 2020, il avait été 
calculé sur la base des prestations encaissées par B______ SA et effectuées par la 

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radiologue en 2020, soit 331'853 fr. 81. Son salaire brut s'élevait par conséquent à 
82'963 fr. 45 (soit 25% du montant précité), auquel étaient soustraits les "salaires 
bruts des mois de juillet à novembre", équivalents à 75'000 fr. (5 mois 
x 15'000 fr.). Le salaire net du mois de décembre 2020 serait alors transféré sur le 
compte courant actionnaire de A______ et "post-posé" dès lors que les fonds 
propres étaient en négatif. Il lui serait possible d'obtenir ce montant "dès que les 
fonds propres seraient positifs".  

 Par courriel du 8 octobre 2021, A______ a confirmé son accord avec ce qui 
précède. 

 s. Par courriel du 13 octobre 2021, O______ a rappelé les décisions qui avaient 
été prises en vue du bouclement des comptes "B______" pour 2020. 

 Il avait notamment été convenu que "la comptabilité des honoraires des 
radiologues actionnaires se f[erait] sur la somme des prestations encaissées" 
pour l'année 2020, soit celles encaissées sur le compte bancaire X______ de la 
société et selon un taux de 25%.  

Sur cette somme, trois mois de salaire allaient être pris en compte pour l'exercice 
comptable 2020 (soit octobre à décembre 2020). Seul le salaire de décembre 2020 
avait été versé aux radiologue actionnaires. Leurs salaires des mois d'octobre et de 
novembre 2020 seraient eux mis "en dette" par une convention de postposition, 
qui devait être signée ultérieurement, afin d'assainir l'exercice 2020.  

 L'ensemble des actionnaires avaient par ailleurs convenu de renoncer à "la 
différence restante des honoraires de chaque radiologue (la somme totale du 

revenu des radiologues de 2020, avec soustraction des trois mois de salaires)" par 
la conclusion d'un "contrat de renonciation à des honoraires 2020" afin d'assainir 
l'exercice comptable 2020.  

Un bonus serait toutefois versé, à titre exceptionnel, à chaque radiologue 
actionnaire pour les remercier de l'effort concédé. Ce bonus correspondrait à la 
somme exacte des honoraires auxquels les radiologues avaient renoncé pour 2020 
et serait versé "dès que les comptes le permettr[aie]nt, et ceci avant fin 2023". Il 
serait possible de prolonger ce délai, par un commun accord, en fonction de la 
situation financière de la société. Un contrat de bonus devait être établi et signé 
parallèlement au contrat de renonciation aux honoraires. 

 t. Le 15 octobre 2021, A______ a rappelé l'importance de distinguer le radiologue 
actionnaire du radiologue qui travaillait au centre : le premier avait investi dans la 
société en achetant des actions et en augmentant le chiffre d'affaires par son 
travail et son engagement envers les prescripteurs, alors que le second devait être 
rémunéré.  

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En cas de difficultés financières, plusieurs solutions avaient déjà été discutées: 
dans la première, "les actionnaires renonç[ai]ent à de l'argent en pourcentage des 
actions (donc dans [leur] cas, [les radiologues] renonç[ai]ent aux salaires et en 

pourcentage I______ [prénom] renonç[ait] au remboursement d'une partie de ses 
dettes)", dans la seconde "les radiologues postpos[ai]ent leur rémunération". 
Selon A______, il était "impossible que les radiologues uniquement renoncent à 
leur salaire".  

 u. Le 19 octobre 2021, O______ est revenu sur son courriel du 13 octobre 2021, 
modifiant légèrement les termes du dernier point de leur accord, qualifiant le 
bonus de "compensation financière" et précisant que celle-ci pourrait prendre 
plusieurs formes : soit un bonus exceptionnel, soit une rémunération calculée sur 
la base d'un certain pourcentage du chiffre d'affaires correspondant à la somme 
des honoraires auxquels ils avaient renoncé. D'autres formes de compensation 
pouvaient également être envisagées. Il était prévu d'établir et signer un contrat de 
compensation financière, en parallèle au contrat de renonciation aux honoraires.  

O______ termine son courriel en précisant que "sauf objection, ou demande de 
modification de la part des actionnaires dans un délai raisonnable, ce mail 

sera[it] considéré comme accepté".  

v. Dans le cadre de leurs discussions au sujet de l'actionnariat, un projet de 
convention d'actionnaires a été établi. Les parties ne sont toutefois jamais 
parvenues à un accord. 

 w. Par un "pacte de renonciation à des honoraires réalisés en 2020" signé le 
8 novembre 2021, A______ a reconnu avoir été engagée en tant que salariée 
depuis le 1er octobre 2020 pour un salaire de 15'000 fr. bruts et déclaré renoncer 
intégralement à ses honoraires pour l'année 2020, hors salaire fixé.  

 Selon le témoin K______, ce pacte de renonciation avait été établi lors de 
l'établissement des comptes de la société afin notamment de justifier la part 
salariée, les résultats n'étant pas très bons.  

 x. Entre le 26 novembre et le 2 décembre 2021, A______, O______ et J______ 
ont échangé plusieurs courriels relatifs à l'évolution de leurs contrats en tant 
qu'indépendants à compter du 1er janvier 2022.   

 y. Par courrier du 17 décembre 2021, A______ a mis B______ SA en demeure de 
lui verser, au 22 décembre 2021, le montant de 186'733 fr. 49, sous déduction des 
charges sociales, à titre de salaire pour les années 2020 et 2021, en faisant 
référence à la convention de collaboration signée. 

 Faute de paiement dans le délai, elle considérerait que B______ SA n'entendait 
pas respecter leur accord et se réservait le droit d'en "tirer les conséquences". 

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O______ en a fait de même. 

 z. Le même jour, J______ a pris note de leur annonce de départ et de la signature 
de contrats d'engagement auprès [du centre médical] Y______.  

 aa. Le 20 décembre 2021, A______ et O______ ont expliqué que leur départ était 
"principalement envisagé si le centre persist[ait] à ne pas respecter ses 
engagements, en particulier financiers". Ils n'avaient pas informé l'équipe de leur 
décision, à l'exception de V______, avec qui ils entretenaient une relation 
d'amitié, sans lui donner toutefois de précision quant à leur futur employeur et la 
date de leur départ.  

bb. Par courrier du 22 décembre 2021 intitulé "mise en demeure – paiement de 
salaires" adressé à B______ SA, A______ a déclaré démissionner de son poste de 
radiologue. 

 Elle considérait que B______ SA avait commis une faute grave en ne lui versant 
pas les salaires en retard malgré la mise en demeure du 17 décembre 2021. De 
plus, les membres du conseil d'administration avaient adopté une attitude 
attentatoire à sa personnalité depuis ce courrier et les discussions subséquentes. 

 Le lien de confiance "avec le cabinet et ses gérants" était par conséquent 
définitivement rompu.  

 Le non-respect du préavis de trois mois était justifié, selon elle, par les graves 
violations contractuelles commises par B______ SA.  

 cc. Dans le cadre de la présente procédure, divers témoins ont été interrogés sur le 
climat de travail notamment. 

 cc.a À la question de savoir si les frères I______/J______ dénigraient les deux 
radiologues, U______, secrétaire médicale, a répondu que c'était "plus le cas" 
(davantage) s'agissant de A______, précisant que la communication était, selon 
elle, plus "facile" entre les frères I______/J______ et O______. La secrétaire 
médicale n'a toutefois pas été en mesure de fournir d'exemple précis de 
dénigrement, expliquant qu'il s'agissait plutôt d'une attitude générale dans la 
manière de s'adresser à la radiologue ou de l'écouter. 

Elle a ajouté que l'ambiance avait commencé à se dégrader sérieusement entre les 
frères I______/J______ et les médecins radiologues en décembre, sans que les 
tensions ne l'impactent.  

cc.b Le témoin V______, responsable technicien radiologue, a confirmé que la 
situation était devenue plus tendue au fil du temps, à partir d'octobre 2021. Il 
n'avait toutefois pas constaté que les radiologues jetaient le discrédit sur les frères 
I______/J______, ou vice-versa.  

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cc.c La témoin W______, secrétaire médicale, n'a pas été en mesure de renseigner 
le Tribunal sur la réaction des frères I______/J______ quant à la démission des 
radiologues en raison de son absence lors desdits faits (entre le 17 décembre et le 
10 janvier).  

La secrétaire médicale a expliqué que, même si elle n'était au courant de rien, elle 
avait compris que des discussions étaient en cours, sans que l'ambiance de travail 
ne soit impactée. Elle sentait toutefois que quelque chose "qui n'était pas positif" 
se passait parce qu'il lui semblait que U______, qu'elle connaissait avant de 
travailler avec elle pour B______ SA, avait baissé les bras. 

Quand elle avait appris le départ des deux radiologues, W______ s'était attendue à 
se retrouver au chômage. Elle a par ailleurs confirmé qu'après le départ des deux 
radiologues, le nombre de patients avait diminué, ajoutant qu'à son retour, le 
10 janvier 2022, le secrétariat ne recevait pratiquement plus d'appels 
téléphoniques ni de rendez-vous.  

Au moment du départ des deux radiologues, W______ avait compris son erreur 
quant aux rôles assumés par chacun au sein de la structure. En effet, à son 
engagement, U______ lui avait dit que "l'entreprise était à A______ et O______ 
et que J______ en était le directeur". Quand elle était revenue au travail en 
janvier 2022 et qu'J______ lui avait demandé si elle était d'accord de rester, elle 
lui avait posé la même question, pensant qu'il était également un employé.  

cc.d La témoin Z______, secrétaire médicale, a indiqué au Tribunal avoir appris 
le départ des deux radiologues en janvier 2022 lorsque J______ lui avait proposé 
un poste au sein de B______ SA. Elle avait déjà travaillé pour B______ SA entre 
2020 et 2021, période durant laquelle tout se passait bien entre les radiologues et 
les frères I______/J______.  

Elle a confirmé qu'à la mi-janvier 2022, le centre avait très peu de patients.  

cc.e Entendue en qualité de témoin par le Tribunal, AA_____, médecin travaillant 
au groupe médical de B______, a déclaré qu'elle avait appris le départ des deux 
radiologues au moment de leur départ, le 19 ou le 20 décembre. Elle avait été très 
surprise, n'ayant rien remarqué au niveau de l'ambiance de travail notamment. Les 
radiologues n'avaient pas vraiment expliqué les raisons de leur départ mais 
O______ avait mentionné des problèmes d'ordre économique avec les frères 
I______/J______.  

AA_____ n'avait pas constaté que les radiologues avaient cherché à nuire à 
B______ SA après leur départ. Le départ de A______ et O______ avait toutefois 
été très pénalisant car elle s'était retrouvée du jour au lendemain sans radiologue. 
Dès le mois de février 2022, des radiologues étaient venus d'un autre centre pour 

- 12/51 - 
 

 

C/3234/2022  

apporter une aide ponctuelle. Ses conditions de travail n'étaient toutefois plus les 
mêmes. 

 dd. A______ a continué d'exercer au centre de radiologie de B______ SA jusqu'à 
la fin de l'année 2021.  

 ee. Le 23 décembre 2021, B______ SA a réagi à la lettre de démission de 
A______ en lui "rappelant" qu'en l'absence d'un contrat de travail écrit, les 
dispositions du Code des obligations s'appliquaient et que, par conséquent, le délai 
de résiliation des rapports de travail était de deux mois pour la fin d'un mois. 

B______ SA a par ailleurs contesté tout retard dans le paiement du salaire ainsi 
que toute faute grave ou atteinte à la personnalité de la radiologue.  

 ff. B______ SA a alors supprimé les accès informatiques de A______ et annulé sa 
licence d'utilisation du logiciel AB______. 

 Elle a expliqué avoir pris cette décision en raison du comportement 
"déconcertant" adopté par A______, qui bénéficiait de "droits très étendus" en sa 
qualité d'indépendante et future actionnaire, lequel faisait craindre un accès et/ou 
une soustraction abusive de documents confidentiels.  

gg. Le 23 décembre 2021, A______ et O______, en leur qualité d'actionnaires de 
la société à hauteur de 24,5% chacun, ont requis de B______ SA la convocation 
d'une assemblée générale afin d'approuver les comptes de l'année 2020 et de 
requérir des renseignements.  

B______ SA leur a répondu, le 7 janvier 2022, qu'ils n'avaient jamais acquis la 
qualité d'actionnaires dans la mesure où les discussions à ce sujet n'avaient jamais 
abouti. Le seul lien qu'ils avaient avec la société était leur contrat de travail 
jusqu'au 28 février 2022. 

 hh. Le 27 décembre 2021, O______ a informé AC______, administrateur [du 
centre médical] P______ SA, que A______ et lui-même avaient démissionné de 
chez B______ SA et qu'ils "av[aient] un contrat avec Y______ effectif dès le 
1er janvier 2022".  

 ii. Le 29 décembre 2021, AD______, technicien en radiologie médicale, 
U______, secrétaire médicale, et V______, responsable technicien radiologue, ont 
remis à B______ SA leurs lettres de démission. 

AD______ a expliqué sa décision par le fait qu'il ne se sentait pas "en sécurité 
pour [s]on avenir" compte tenu "[d]es circonstances actuelles", et V______ par 
son besoin de stabilité professionnelle.  

- 13/51 - 
 

 

C/3234/2022  

 Il est admis que les trois employés ont ensuite été engagé par [le centre 
d'imagerie] G______. 

Sur demande du Tribunal, V______ a produit son contrat de travail avec [le 
centre] G______, lequel a été signé le 4 janvier 2022. 

jj. Il résulte de sa déclaration fiscale (éditée le 8 juillet 2022) que A______ a 
déclaré, pour 2021, un revenu annuel net de 169'382 fr. en lien avec son activité 
salariée (pour une activité exercée à 100% pour B______ SA du 1er janvier au 
31 décembre 2021) et un revenu annuel de 5'907 fr. tiré de son activité 
indépendante. 

 kk. Le 1er janvier 2022, A______ a commencé à travailler au sein [du centre 
d'imagerie] G______.  

 Son époux en est le directeur médical.  

 ll. Le 4 janvier 2022, B______ SA a mis en demeure A______ de reprendre son 
travail au plus tard le 10 janvier 2022, à défaut de quoi elle considèrerait que la 
radiologue avait abandonné son emploi de manière injustifiée au sens de 
l'art. 337d CO.  

 mm. Par courrier du 10 janvier 2022, B______ SA a informé A______ que dans 
la mesure où cette dernière n'avait pas repris son poste, ni fourni d'explication 
justifiant son absence, elle ferait valoir son droit de lui réclamer une indemnité 
ainsi que la réparation du dommage causé.  

 nn. Le même jour, B______ SA a versé un montant de 129'000 fr. à A______ 
depuis le compte courant du cabinet. 

 oo. Le 12 janvier 2022, A______ a fait notifier un commandement de payer à 
B______ SA, poursuite n° 1______, pour un montant de 186'733 fr. 49, avec 
intérêts à 5% l'an dès le 21 décembre 2021, à titre de "créances contractuelles en 
lien avec l'activité de radiologue du créancier".  

B______ SA y a fait opposition. 

 pp. Par courrier du 15 janvier 2022, B______ SA a reproché à A______ d'avoir 
violé ses devoirs de diligence et de loyauté. 

Elle avait récemment appris par l'un de ses médecins prescripteurs que A______ 
et O______ l'avaient contacté par écrit dans le but de le démarcher activement 
afin de poursuivre leur collaboration [au centre d'imagerie] G______ SA. Ledit 
courrier portant l'en-tête du Centre G______ et non daté, que B______ SA 
soupçonnait avoir été envoyé avant même le début d'année 2022, confirmait que 
les radiologues avaient abandonné leur poste dès le 1er janvier 2022. 

- 14/51 - 
 

 

C/3234/2022  

 qq. Le 18 janvier 2022, A______ a contesté toute violation de ses devoirs.  

 Elle a rappelé avoir résilié son contrat de travail avec effet au 31 décembre 2021, 
précisant que le non-paiement d'une part substantielle de son salaire était un motif 
"évident" de résiliation immédiate du contrat et ajoutant qu'un employé ne pouvait 
renoncer valablement à ses créances de salaire durant son emploi, comme 
B______ SA avait tenté de lui faire admettre en 2020.  

Elle a alors, une nouvelle fois, mis en demeure B______ SA de lui verser 
immédiatement ses salaires pour 2020 et 2021. 

 rr. Le 26 janvier 2022, B______ SA a versé à A______ la somme de 29'879 fr. 10 
correspondant au salaire du mois de décembre 2021 (15'000 fr.), à son 
13ème salaire pour 2020 (3'750 fr.) et pour 2021 (15'000 fr.) à teneur du décompte 
établi par B______ SA. 

 Deux jours plus tard, B______ SA a, par courrier, contesté tout retard dans le 
paiement des salaires et reproché à A______ et O______ d'avoir "débauché" 
l'équipe. 

 ss. Le 31 janvier 2022, B______ SA a annoncé [au centre médical] P______ que 
leur institut de radiologie avait accueilli, depuis le 10 janvier 2022, plusieurs 
radiologues et que leur équipe se composait du Dr C______, du Dr D______ et du 
Dr E______, tous spécialistes FMH en radiologie. 

 tt. Par courrier du 1er février 2022, A______ a fait valoir que B______ SA 
continuait de lui devoir des arriérés de salaire, d'un montant total qu'elle chiffrait à 
212'989 fr. (41'733 fr. 49 pour 2020 + 171'256 fr. pour 2021).  

Elle a par ailleurs contesté tout acte de concurrence déloyale, de débauchage du 
personnel et de dénigrement à l'encontre de B______ SA. 

 uu. Le même jour, A______ et O______ ont adressé un courrier au réviseur de 
B______ SA, soit M______ SA, pour notamment exprimer leurs craintes "sur la 
capacité de la Société à rembourser leurs créances de salaire et l'augmentation 

du dommage qui pourrait résulter de la continuation de la Société sans qu'elle ne 

soit à même de facturer des prestations depuis le 1er janvier 2022".  

 vv. Le 8 février 2022, B______ SA a fait notifier un commandement de payer à 
A______, poursuite n° 6______, pour un montant de 4'062 fr. 50, avec intérêts à 
5% l'an dès le 3 janvier 2022, à titre d'indemnité pour abandon injustifié d'emploi 
au sens de l'art. 337d CO, lequel a été frappé d'opposition. 

 ww. Le 9 février 2022, H______ a transmis à A______ la liste des écritures de 
son compte pour la période demandée, en lien avec son activité chez 
B______ SA. 

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C/3234/2022  

 Pour 2020, il en résulte un chiffre d'affaires de 481'146 fr. 20 et des paiements 
encaissés de 331'853 fr. 81. 

 Pour 2021, il en résulte un chiffre d'affaires de 1'625'021 fr. 70 et des paiements 
encaissés de 1'458'755 fr. 01. 

 Entendu en qualité de témoin par le Tribunal, AE______, qui travaillait à 
H______ depuis 2007, a expliqué que tous les encaissements avaient été versés à 
B______ SA.  

 Le témoin a fourni des explications quant au numéro de concordat de A______, 
insistant sur la nécessité de disposer d'un droit de pratique, et donc d'un numéro de 
concordat, pour pouvoir facturer à la charge de l'assurance, que les médecins en 
question soient salariés ou indépendants. Il existait deux cas de figure : soit 
l'institut, comme B______ SA, demandait à H______ de facturer pour les 
médecins, avec l'accord de ces derniers, et encaissait les versements, qu'il 
rétrocédait ensuite aux médecins; soit H______ s'occupait de la répartition des 
encaissements qui lui parvenaient, selon leur accord.  

 Dans le cas particulier, B______ SA ne disposait pas, au moment des faits 
litigieux, d'un numéro de concordat propre. L'institut de radiologie devait donc 
nécessairement procéder par le biais du numéro de concordat d'un des médecins. 

Il pouvait arriver que des patients paient leur facture, envoyée par H______, 
directement au centre médical. Dans un tel cas, H______ devait annuler la facture, 
puisque l'encaissement ne lui incombait plus. Si des patients payaient directement 
des prestations au centre médical sans qu'une facture ne soit envoyée, H______ 
n'en était pas informée. Cela pouvait arriver pour des patients "de passage".  

H______ ignorait si A______ était salariée de B______ SA ou exerçait en qualité 
d'indépendante.  

 Le témoin a confirmé que tous les médecins disposaient d'un droit d'accès sur les 
montants facturés, dites informations étant disponibles sur leur compte auprès de 
H______ au moyen de leur numéro de concordat. En revanche, dans la mesure où 
dans le cas d'espèce, H______ n'était liée qu'avec B______ SA par un contrat de 
prestations, seule cette dernière pouvait donner des instructions quant aux 
montants encaissés sur le compte.  

H______ a confirmé avoir stoppé la facturation sous le numéro de concordat de 
A______ et de O______ lorsque ceux-ci en avaient fait la demande.  

D. a. Par requête du 18 février 2022 déposée en vue de conciliation, puis introduite le 
4 juillet 2022 après échec de conciliation du 5 avril 2022, A______ a assigné 
B______ SA en paiement de la somme totale de 208'613 fr. 84, comprenant un 

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C/3234/2022  

montant brut de 87'505 fr. 84, avec intérêts à 5% l'an dès le 15 septembre 2020, à 
titre de salaire pour l'année 2020, un montant brut de 121'108 fr., avec intérêts à 
5% l'an dès le 30 juin 2021, à titre de salaire pour l'année 2021. 

Elle a également conclu à la levée de l'opposition formée au commandement de 
payer notifié le 12 janvier 2022 à concurrence de ce montant.  

À titre préalable, elle a notamment requis la production par H______ de 
récapitulatifs des prestations médicales encaissées par B______ SA sur la base 
des prestations qu'elle avait effectuées entre le 1er juin 2020 et le 31 décembre 
2021, ainsi que la production par B______ SA de la liste des encaissements reçus 
en 2020 et 2021 pour les opérations effectuées par elle par l'intermédiaire de la 
borne F______. 

À l'appui de ses conclusions, A______ a en substance allégué avoir été employée 
de B______ SA, en sus de son investissement et de sa potentielle entrée au 
capital.  

Elle avait accepté le versement d'une avance mensuelle de 15'000 fr. sur ses 
honoraires, calculés selon les modalités prévues dans la convention de 
collaboration, et qu'elle qualifiait de salaire, et renoncer provisoirement au 
versement du solde de son salaire afin d'éviter que la société ne se retrouve en 
situation de surendettement. Un contrat devait être conclu afin que la société lui 
verse une contrepartie, sous une forme à définir, dès que les comptes le 
permettraient. En tout état, le pacte de renonciation aux honoraires était nul dans 
la mesure où elle ne pouvait pas renoncer au salaire convenu pour un travail déjà 
effectué.  

Les discussions concernant leur association s'enlisant, elle avait manifesté son 
intention de quitter le centre de radiologie à la fin de l'année si aucun accord 
concernant leur association n'était trouvé. Les frères I______/J______ l'avaient 
alors discréditée auprès du personnel et de O______. L'ambiance de travail étant 
devenue délétère et les tensions insupportables, A______ avait confirmé à la mi-
décembre 2021 qu'elle partirait à la fin de l'année. Le 22 décembre 2021, 
constatant que ses arriérés de salaire n'avaient pas été versés et les tensions s'étant 
accrues, elle avait démissionné pour le 31 décembre 2021. La société avait alors 
supprimé ses accès et l'avait remplacée.  

Elle a calculé les montants dont le paiement était réclamé en se référant aux 
décomptes établis par H______ (cf. supra let. C. ww.) et aux extraits de compte de 
[la banque] X______ qu'elle a produits à l'appui de sa demande, couvrant la 
période du 13 octobre 2020 au 17 décembre 2020 (toutes les pages ne sont pas 
produites) et celle du 5 février 2021 au 13 décembre 2021 (toutes les pages ne 
sont pas produites) et sur lesquels figurent des entrées de paiement identifiées 
"F______". 

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C/3234/2022  

b. Par réponse du 18 novembre 2022, B______ SA a conclu au déboutement de 
A______ de toutes ses conclusions. 

Elle a par ailleurs formé une demande reconventionnelle, concluant au paiement 
par A______ de la somme totale de 501'442 fr. 08, comprenant un montant brut 
de 4'062 fr. 50, plus intérêts à 5% l'an dès le 3 janvier 2022, à titre d'indemnité 
pour abandon de poste, un montant net de 477'993 fr. 58, plus intérêts à 5% l'an 
dès le 15 mai 2022, à titre de dommages et intérêts, et un montant net de 
19'386 fr., avec intérêts à 5% l'an dès le 1er juin 2022, à titre de frais d'avocat 
avant procès. 

B______ SA a également conclu au prononcé de la mainlevée définitive de 
l'opposition formée par A______ au commandement de payer notifié le 8 février 
2022 (cf. supra C. kk.) ainsi qu'à la mainlevée de l'opposition qui serait cas 
échéant formée par A______ au commandement de payer qui lui serait notifié 
suite à la réquisition de poursuite adressée le même jour à l'Office des poursuites 
pour un montant de 477'993 fr. 58, plus intérêts à 5% l'an dès le 15 mai 2022, à 
titre de "créance en dommages et intérêts liée aux violations des rapports de 
travail (abandon de poste, violation du devoir de diligence et de fidélité)", et un 
montant de 19'386 fr., plus intérêts à 5% l'an dès le 1er juin 2022, à titre de 
"créance en dommages et intérêts liée aux violations des rapports de travail". 

À l'appui de ses conclusions, B______ SA a notamment allégué qu'il n'avait 
jamais été question de créer un rapport de travail. Les discussions avaient toujours 
porté sur la négociation d'une convention d'actionnariat. A______ était intervenue 
comme investisseur financier et avait endossé le risque de l'entreprise. Dès le mois 
de juin 2020, elle avait agi comme un membre de la direction, participant aux 
processus d'engagement, sollicitant le licenciement de certains collaborateurs et 
discutant de la comptabilité. Elle avait ensuite demandé à être engagée à temps 
partiel, dès le mois d'octobre 2020, afin de lui assurer une sécurité financière 
durant un contexte sanitaire inquiétant. Un salaire mensuel brut de 15'000 fr., 
déduit des honoraires de radiologue indépendante, lui avait alors été versé.  

Selon B______ SA, le départ précipité de A______ et de son collègue, O______ 
n'était qu'une réaction de frustration à la suite de dissensions en lien avec les 
termes du contrat d'actionnariat, ceux-ci souhaitant acquérir une part conséquente 
de la société. Il s'agissait également, selon B______ SA, d'une manœuvre de 
A______ pour se soustraire à ses obligations contractuelles afin de démarrer une 
nouvelle activité. 

A______ et O______ avaient terni la réputation du centre de radiologie. Ils 
avaient notamment conclu un contrat de travail avec le principal concurrent de 
B______ SA, orienté les médecins prescripteurs qui collaboraient avec eux vers 

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C/3234/2022  

leur nouvel employeur et entraîné la démission en bloc de trois employés du 
centre, au profit de leur nouvel employeur. 

B______ SA a par ailleurs fait valoir avoir subi un dommage du fait du départ 
précipité de ses deux radiologues. 

 Dans ce cadre, elle a notamment allégué, sans produire de pièces à l'appui des 
faits dont elle se prévalait, avoir été contrainte d'organiser en urgence un 
partenariat avec un institut de radiologie concurrent – AF______ (Centre 
d'imagerie AF______ SA) – aux fins de remplacer les deux radiologues et pouvoir 
continuer autant que possible son activité et que ce partenariat avait impliqué un 
engagement financier important de sa part, puisqu'elle s'était retrouvée du jour au 
lendemain, en pleine période de fêtes de fin d'année, sans radiologue pour faire 
fonctionner son centre.  

B______ SA a également allégué que sa patientèle avait drastiquement diminué, 
engendrant une perte d'exploitation de 180'503 fr. 64, et renvoyé à un tableau 
comparatif des résultats d'exploitation obtenus en janvier 2021/2022 et février 
2021/2022, établi par L______ SA et produit sous pièce 28. À teneur de ce 
tableau, le résultat d'exploitation (différence entre charges (payées) et produits 
(facturés)) s'élevait à -36'239 fr. 61 en janvier 2021 et à -90'489 fr. 87 en janvier 
2022; il s'élevait à 22'393 fr. 86 en février 2021 et à -76'168 fr. 02 en février 2022.  

 À ce montant de 180'503 fr. 64, B______ SA a ajouté 31'560 fr. pour des frais de 
consultante, 19'386 fr. pour des frais d'avocat, 1'000 fr. pour des frais 
informatiques et 4'062 fr. 50 d'indemnité pour abandon de poste, soit un total 
qu'elle chiffrait à 240'574 fr. 14 au minimum (recte : 236'511 fr. 64). Ces postes 
constituaient le "dommage total subi par [B______ SA] à la fin février 2022" "en 
rapport direct de causalité avec le comportement des deux radiologues, soit la 

violation crasse de leur obligation de fidélité et de loyauté (…) et leur abandon de 
poste".  

 Dans un chapitre intitulé "du dommage subi dès mars 2022", B______ SA a 
également allégué que son manque à gagner pour la période de janvier à 
septembre 2022 s'élevait à 477'933 fr. 58, raison pour laquelle une réquisition de 
poursuite portant sur ce montant avait été transmise à l'Office des poursuites le 
jour même. Elle s'est contentée de renvoyer à sa pièce 31, soit un document 
intitulé "compte de profits et pertes pour la période du 1er janvier 2022 au 
30 septembre 2022" sur lequel ne figure pas le montant précité, ne fournissant 
aucune autre explication sur la manière par laquelle elle était parvenue à ce 
montant. 

 c. Par réponse sur demande reconventionnelle, A______ a conclu au déboutement 
de B______ SA de toutes ses conclusions. Elle a pour le surplus persisté dans ses 
conclusions. 

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C/3234/2022  

 d. Dans sa réplique sur demande reconventionnelle du 28 juillet 2023, 
B______ SA a modifié ses conclusions compte tenu du fait que sa situation 
financière s'était peu à peu stabilisée et qu'elle avait été en mesure de diminuer son 
dommage à 384'841 fr. 25 (soit 4'062 fr. 50 +384'841 fr. 25 + 19'386 fr.). Elle a 
proposé comme moyen de preuve ses états financiers au 31 décembre 2022, 
produits sous pièce 33, qui devaient encore être révisés. Le montant de 
384'841 fr. 25 correspondait au résultat de l'exercice figurant dans ce "compte de 
profits et pertes pour la période du 1er janvier 2022 au 31 décembre 2022". 

 Elle a par ailleurs introduit des faits nouveaux, alléguant notamment qu'il lui avait 
fallu "presque une année" pour retrouver un radiologue fixe en raison des 
agissements de A______ et de O______ et du fait que les centres de radiologie 
soumettaient les médecins spécialistes en radiologie à des délais de congé plus 
longs, à savoir six mois. Elle n'a pas produit de pièces à l'appui de cette allégation.   

 Elle a ainsi réduit ses conclusions en paiement, requérant la condamnation de 
A______ au paiement du montant de 384'841 fr. 25 et le prononcé de la 
mainlevée définitive de l'opposition formée par A______ aux commandements de 
payer à concurrence des montants actualisés. 

e. Le 9 août 2023, l'instruction de la présente cause a été jointe à la cause 
C/7______/2022, initiée par O______ à l'encontre de B______ SA et portant sur 
le même complexe de faits. 

 f. Le 14 septembre 2023, B______ SA a introduit des allégués nouveaux en lien 
avec le montant de son dommage et produit ses comptes annuels audités pour 
l'exercice 2022. 

 Elle a allégué qu'à teneur des comptes audités, le montant total du dommage subi 
au 31 décembre 2022 en raison de l'abandon de poste s'élevait à 355'841 fr. 25 (dit 
montant correspondant au résultat de l'exercice 2022), de sorte que son dommage 
total s'élevait à 379'289 fr. 75 (soit 4'062 fr. 50 + 355'841 fr. 25 + 19'386 fr.). 

B______ SA a réduit en conséquence ses conclusions.  

 Le témoin K______ a confirmé au Tribunal l'exactitude des comptes produits, 
précisant que les montants comptabilisés comme des prestations de tiers 
correspondaient à des montants payés à des radiologues externes auxquels 
B______ SA avait fait appel après le départ de A______ et O______. A teneur du 
compte de profits et pertes produits, ce poste se serait élevé à 339'314 fr. 26 en 
2022.  

 g. Dans des déterminations spontanées du 5 octobre 2023, B______ SA a 
notamment allégué qu'au moment de sa constitution, I______ lui avait prêté de  

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l'argent, que la créance de celui-ci s'élevait à 143'937 fr. 94 au 31 décembre 2022 
et qu'elle lui avait été "remboursée pour partie en 2023 et… sera[it] 
vraisemblablement soldée d'ici la fin de l'année". B______ SA a indiqué comme 
moyen de preuve ses comptes annuels audités pour l'exercice 2022. 

h. Lors de l'audience du 8 novembre 2023, B______ SA a notamment conclu à ce 
qu’une expertise judiciaire soit ordonnée afin de confirmer son dommage. 

 i. En parallèle de la présente procédure, A______ et O______ ont adressé des 
courriers à B______ SA et introduit une requête judiciaire en nomination d'un 
commissaire et en convocation d'une assemblée générale extraordinaire, en se 
prévalant de leur qualité d'actionnaires. 

 j. Il est établi que le 18 janvier 2024, B______ SA a versé à A______ 
12'254 fr. 20 à titre de salaire pour le mois de novembre 2020 (soit 15'000 fr. de 
salaire mensuel + 500 fr. de salaire "jours complémentaires" – 3'245 fr. 80 de 
charges sociales) et 12'422 fr. 85 à titre de salaire pour le mois de décembre 2020 
(15'000 fr. de salaire mensuel – 2'577 fr. 15 de charges sociales).  

 k. Lors de l'audience du même jour, le Tribunal a procédé à l'audition des parties 
ainsi que des témoins AE______ et K______, dont les déclarations ont été 
intégrées, dans la mesure utile, à l'état de fait ci-dessus. 

 Pour le surplus, le témoin K______ a déclaré au Tribunal qu'il n'était pas possible 
de "quantifier" le manque à gagner subi par B______ SA en se fondant 
uniquement sur les comptes ("juste en regardant les comptes"). En revanche, il 
était exact que certaines prestations de tiers n'auraient pas existé si les radiologues 
n'étaient pas partis et que la société avait réalisé un chiffre d'affaires plus bas. 
Selon lui, le conseil d'administration avait "certainement" analysé les comptes 
afin d'estimer la différence entre les comptes 2022 et la situation telle qu'elle 
aurait été si A______ et O______ n'étaient pas partis "abruptement", ajoutant 
ensuite qu'à sa connaissance, "il n'y a[vait] pas eu un calcul de l'impact qui aurait 
existé s'ils étaient partis au 28 février 2022 plutôt qu'au 31 décembre 2021". 

 l. Par pli du 24 janvier 2024, H______ a fourni au Tribunal des explications au 
sujet de la facturation. 

 Elle a indiqué que A______ et O______ avaient demandé de stopper la 
facturation sous leurs numéros de concordat respectifs par courriel du 
21 décembre 2021, produisant le courriel en question à l'appui de ses allégations. 

  

  

- 21/51 - 
 

 

C/3234/2022  

Elle a par ailleurs établi le tableau récapitulatif suivant, sur lequel figurent les 
montants facturés par année et par radiologue : 

Montant total facturé 

Médecin et n° de 

compte 

Année de facturation Montant total facturé Montant matériels et 

produits 

Docteur  

A______ 

3______ 

2020 481'146 fr. 20 34'776 fr. 59 

2021 1'625'021 fr. 70 44'478 fr. 27 

Total 2'106'167 fr. 90 79'254 fr. 86 

 

Docteur  

O______ 

5______ 

2020 504'202 fr. 30 31'121 fr. 35 

2021 1'404'811 fr. 65 85'469 fr. 04 

Total 1'909'013 fr. 95 116'590 fr. 39 

H______ a également établi un tableau récapitulatif des montants ouverts dans 
leurs dossiers, ainsi que le montant correspondant aux matériels et produits. Elle a 
précisé que dans la mesure où certaines factures étaient partiellement soldées, le 
calcul du montant correspondant aux matériels et produits avaient été effectué au 
pro rata. 

Situation débiteurs au mercredi 24 janvier 2024 

Médecin et n° de 

compte 

Année de facturation Solde ouvert Montant matériels et 

produits 

Docteur 

A______ 

3______ 

2020 2'300 fr. 30 21 fr. 10 

2021 8'877 fr. 55 402 fr. 57 

Total 11'177 fr. 85 423 fr. 67 

 

Docteur  

O______ 

5______ 

2020 8'871 fr. 80 369 fr. 58 

2021 16'178 fr. 03 1'128 fr. 34 

Total 25'049 fr. 83 1'497 fr. 92 

- 22/51 - 
 

 

C/3234/2022  

 m. Lors de l'audience du 1er février 2024, le Tribunal a procédé à l'audition des 
témoins U______, V______, AD______, W______ et Z______, dont les 
déclarations ont été intégrées, dans la mesure utile, à l'état de fait ci-dessus.  

 n. Le 2 février 2024, B______ SA a versé 3'906 fr. 40 à A______ à titre d'intérêts 
moratoires sur les salaires de novembre et décembre 2020. 

 o. Le 7 février 2024, A______ a modifié ses conclusions afin de tenir compte du 
courrier de H______ du 24 janvier 2024. 

Elle a requis le paiement par B______ SA d'un montant de 66'576 fr. 68, avec 
intérêts à 5% l'an dès le 15 septembre 2020, à titre d'honoraires pour l'année 2020, 
et d'un montant de 200'062 fr. 35, avec intérêts à 5% l'an dès le 30 juin 2021, à 
titre d'honoraires pour l'année 2021.  

 Elle a également produit de nouvelles pièces, notamment les décomptes AVS et 
attestations de cotisation LPP pour les années 2020 et 2021, qui mentionnent une 
activité indépendante; ses déclarations d'impôts pour 2020 et 2021 et les comptes 
d'indépendants joints aux déclarations fiscales mentionnant un loyer bureau et des 
honoraires de fiduciaire; ainsi qu'une attestation établie par [le centre médical] 
S______ le 2 mars 2022, à teneur de laquelle elle avait perçu un montant de 
47'658 fr. 80 pour l'activité déployée entre le 1er janvier et le 31 décembre 2021. 

 p. Lors de l'audience du 22 février 2024, le Tribunal a procédé à l'audition de la 
témoin AA_____, dont les déclarations ont été intégrées, dans la mesure utile, à 
l'état de fait ci-dessus.   

 Les parties ont plaidé, persistant dans leurs conclusions.  

 À l'issue de l'audience, la cause a été gardée à juger par le Tribunal. 

E. Dans le jugement entrepris, le Tribunal s'est déclaré compétent pour connaître du 
présent litige à raison de la matière par application de la théorie des faits de 
double pertinence.  

Il a ensuite examiné les requêtes en production de pièces formées par les parties et 
relevé que H______ ayant fourni un décompte précis des honoraires encaissés sur 
la base des prestations effectuées par A______ pendant la période sollicitée, il ne 
se justifiait pas de solliciter la production d'un récapitulatif des prestations 
médicales encaissées. Il n'y avait pas non plus lieu de requérir la production des 
encaissements par la borne F______ dans la mesure où A______ avait produit des 
extraits de compte détaillés.  

Les premiers juges ont également considéré qu'il ne se justifiait pas d'ordonner 
une expertise car ils disposaient de suffisamment de pièces, en particulier les 

- 23/51 - 
 

 

C/3234/2022  

comptes audités de la société, pour trancher la question du dommage allégué par 
B______ SA. 

 Sur le fond, le Tribunal, à qui il incombait de qualifier les relations contractuelles 
entres les parties, a relevé que les versions présentées par celles-ci divergeaient : 
A______ alléguait avoir été employée de B______ SA, en sus d'une participation 
et d'une éventuelle entrée dans le capital de la société, tandis que cette dernière 
prétendait que la radiologue était indépendante, admettant toutefois avoir conclu 
un contrat de travail à temps partiel pour un salaire mensuel brut de 15'000 fr. à 
partir d'octobre 2020. 

 En l'occurrence, les discussions contractuelles avaient, dès le début, porté sur 
l'acquisition par A______ de 24,5 actions de la société. Dans ce contexte, les 
parties avaient signé une convention de collaboration dont les termes faisaient 
référence à l'exercice d'une activité de radiologue par A______ sous une forme 
indépendante et sous sa propre responsabilité. En contrepartie, B______ SA 
mettait à sa disposition des locaux, de l'appareillage et du personnel. Une 
rémunération à hauteur de 25% des prestations encaissées avait été convenue et un 
plan d'affaires établi. A______ avait versé un montant de 129'000 fr., comprenant 
une participation au projet de démarrage, qui ne pouvait être réclamée, et le prix 
de ses actions. En sus de son investissement, A______ s'était portée caution 
solidaire pour l'acquisition de matériel dont la valeur s'élevait à plus d'un million 
de francs. Les parties avaient par conséquent uni des ressources dans le but 
d'atteindre un but commun, à savoir le fonctionnement d'un centre de radiologie. 
Selon le Tribunal, le contrat initial conclu entre les parties constituait dès lors 
"indéniablement" un contrat de société simple. 

 Restait à examiner si les parties s'étaient départies de cet accord initial. A______ 
s'était acquittée de ses propres cotisations sociales et cotisait à titre indépendant 
pour la prévoyance professionnelle. Elle disposait d'une assurance responsabilité 
civile propre et s'acquittait des primes y relatives. En 2021, elle avait doublé ses 
cotisations AVS à titre indépendant alors que ses cotisations de prévoyance 
professionnelle n'avaient pas évolué. A______ établissait une comptabilité à titre 
indépendant et déduisait des charges relatives à des frais de bureau et de 
fiduciaire. Elle travaillait, également en qualité d'indépendante, en parallèle dans 
deux autres instituts médicaux. Dans la mesure où elle s'acquittait des frais relatifs 
à l'exercice de son activité professionnelle, A______ assumait un risque 
entrepreneurial.  

 La procédure ne comportait par ailleurs aucune preuve d'un quelconque lien de 
subordination entre A______ et les représentants de B______ SA. Il n'était pas 
prouvé qu'elle était soumise à des instructions. La témoin W______ pensait 
d'ailleurs que la société appartenait à A______. Cette dernière participait aux 
séances de direction et discutait de la situation comptable de la société lors de 

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C/3234/2022  

réunions formelles. Elle avait sollicité les rapports de révision et requis la 
convocation d'une assemblée générale ordinaire, pour traiter des comptes et du 
rapport de gestion des années 2021 et 2022, ainsi qu'une assemblée générale 
extraordinaire. Elle avait donné l'ordre à H______ de cesser toute facturation en 
son nom. Elle était impliquée dans les décisions concernant le personnel et le 
matériel. Elle n'avait aucun horaire imposé mais devait uniquement couvrir les 
horaires d'ouverture du centre en alternance avec O______, ce qui pouvait être 
considéré comme un apport en temps. A______ était par conséquent sur un pied 
d'égalité avec ses associés et n'agissait pas en qualité d'employée. Le lien de 
subordination faisait ainsi manifestement défaut. 

 Les honoraires prévus par la convention n'étaient pas soumis à des cotisations 
sociales à la charge de B______ SA et aucun élément ne permettait de retenir qu'il 
s'agissait d'un salaire.  

 Le versement mensuel de 15'000 fr. bruts était déduit des honoraires de A______ 
et constituait donc une avance sur honoraires. La régularité du versement et le fait 
qu'il soit soumis aux charges sociales et comptabilisé comme salaire devaient être 
considérés comme des modalités de paiement et les raisons ayant mené à ce 
versement mensuel n'étaient pas déterminantes vu l'absence d'un rapport de 
subordination. 

 Il en allait de même du fait que A______ ait perçu un treizième salaire sur la base 
des 15'000 fr. versés mensuellement et que ce montant était soumis à la 
prévoyance professionnelle à charge de B______ SA, seule étant pertinente la 
relation contractuelle des parties et non les dénominations inexactes dont elles 
s'étaient prévalues ou encore le traitement comptable de la rémunération.  

Compte tenu de tous les éléments versés à la procédure, le Tribunal avait acquis la 
conviction que les parties avaient fourni des efforts communs, financiers et en 
temps, en vue d'atteindre un but commun, concluant ainsi un contrat de société 
simple dont elles ne s'étaient pas concrètement départies. 

Il a de ce fait examiné les prétentions des parties sous l'angle du droit matériel 
applicable à un contrat de société simple.  

 Par acte signé par les parties le 8 novembre 2021, A______ avait renoncé 
intégralement à ses honoraires pour l'année 2020, hors salaire fixe, ce qu'elle 
pouvait faire vu l'absence de contrat de travail. Les parties avaient dès lors 
valablement convenu d'une remise de dette, sans qu'un motif de nullité ne soit 
réalisé, étant souligné que A______ savait que les comptes de la société n'étaient 
pas bons. Pour le reste, les discussions sur une éventuelle compensation du 
montant auquel elle avait renoncé n'avaient pas été formalisées. Les montants dus 
à titre fixe, expressément exclus du pacte de renonciation, avaient été versés, 
intérêts compris, et A______ avait retiré sa conclusion en paiement de ces 

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C/3234/2022  

montants dans le cadre de la procédure. Aucun montant n'était donc dû à A______ 
pour l'année 2020. 

 S'agissant de l'année 2021, les parties s'étaient accordées, à teneur de la 
convention de collaboration, sur une rémunération équivalente à 25% des 
paiements encaissés sur la base des prestations effectuées par A______, déduction 
faite des médicaments et produits de contraste. Un nouveau contrat destiné à 
régler la rémunération pour l'année 2021 n'avait jamais été formalisé. Faute 
d'accord contraire, la convention portant sur la rémunération de l'année 2020 avait 
donc été tacitement renouvelée pour l'année 2021 et A______ avait droit aux 
honoraires tels que convenus contractuellement sur cette base. 

 Selon le décompte remis par H______, le montant encaissé sur la base des 
prestations effectuées par A______ s'était élevé à 1'625'021 fr. 70 en 2021. De ce 
montant devaient être déduits la part du matériel, soit 44'478 fr. 27 (2,74% des 
prestations), ainsi que le solde débiteur de 8'877 fr. 55; et la part de matériel sur 
les postes ouverts de 402 fr. 57 ajoutée (1'572'068 fr. 45 = 1'625'021 fr. 70  
– 44'478 fr. 27 – 8'877 fr. 55 + 402 fr. 57). 

 Il ressortait par ailleurs des extraits de compte produits que B______ SA avait 
directement encaissé une somme de 23'833 fr. 28 en 2021. De cette somme devait 
être déduite la part de matériel (2,74%), soit 653 fr. 03. 

 Les prestations de A______ s'élevant ainsi à un total de 1'595'248 fr. 70 
(1'572'068 fr. 45 + 23'833 fr. 28 – 653 fr. 03), la part lui revenant (25%) était de 
398'812 fr. 17, dont il fallait déduire l'avance de 198'750 fr. déjà perçue. Par 
conséquent, B______ SA devait verser à A______ 200'062 fr. 15 nets, les 
honoraires n'étant pas soumis à des cotisations sociales à la charge de 
B______ SA, avec intérêts moratoires à 5% l'an dès le 1er juillet 2021.  

 À titre reconventionnel, B______ SA avait réclamé le paiement de dommages et 
intérêts (355'841 fr. 25 nets) par A______. Par la convention qu'elles avaient 
signée, les parties avaient convenu d'un délai de résiliation de trois mois et que le 
non-respect de ce délai serait considéré comme une résiliation en temps 
inopportun, sous réserve d'une résiliation immédiate pour juste motif.  

 En se fondant sur les pièces et les témoignages, le Tribunal a retenu que A______ 
avait quitté l'institut en raison des tensions entourant les discussions sur le 
partenariat, ce qu'elle mentionnait d'ailleurs dans sa demande. Les allégations 
selon lesquelles la précitée avait été discréditée par les représentants de 
B______ SA n'avaient pour le surplus pas été prouvées. A______ ne disposait dès 
lors d'aucun juste motif de résiliation immédiate du contrat. 

Ainsi, en résiliant le contrat sans respecter le délai contractuel ni disposer de juste 
motif, elle avait violé le contrat. S'il n'avait pas été prouvé qu'elle avait nui à la 

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C/3234/2022  

réputation de B______ SA, il résultait toutefois du dossier qu'elle avait orienté des 
médecins prescripteurs vers son nouvel employeur à partir du 1er janvier 2022 et 
que trois employés de B______ SA avaient démissionné le 29 décembre 2021 
pour la rejoindre dans le même centre médical, plaçant ainsi B______ SA dans 
une situation difficile, qui n'aurait pas été la sienne si A______ avait respecté le 
délai de résiliation convenu. 

 Le Tribunal a retenu que B______ SA avait dû engager de nouveaux radiologues 
en raison de la résiliation immédiate de son contrat par A______, ce qui avait 
impliqué un engagement financier important. Le témoin K______ avait confirmé 
que ces charges n'auraient pas existé si la radiologue n'avait pas résilié son contrat. 
Le Tribunal a par ailleurs estimé qu'au vu de la situation dépeinte par les témoins 
(soit que des médecins prescripteurs avaient suivi A______ et que le centre avait 
très peu de patients en janvier 2022 et ne recevait pratiquement plus d'appels 
téléphoniques, et avait dû faire appel ponctuellement à des radiologues externes), 
B______ SA avait subi un dommage suite au départ abrupt des radiologues, 
lesquels ne pouvaient ignorer la situation dans laquelle le centre serait placé par 
leur comportement, et retenu l'existence d'un lien de causalité entre le dommage 
subi par B______ SA et la résiliation anticipée du contrat. Enfin, A______ avait 
agi de manière fautive dans la mesure où elle ne disposait d'aucun motif légitime 
pour agir de la sorte. 

B______ SA avait par conséquent droit à la réparation du dommage causé, lequel 
correspondait à la différence entre sa situation et celle qui aurait été la sienne si 
A______ avait respecté le délai de résiliation conventionnel de trois mois (soit au 
31 mars 2022). Le témoin K______ avait indiqué que le calcul d'un tel impact 
n'avait pas été évalué. Cela étant, le Tribunal a considéré qu'il était en mesure 
d'estimer le dommage subi par B______ SA. Selon lui, il ressortait du tableau 
comparatif produit sous pièce 28 que la perte d'exploitation de la société s'était 
élevée à 180'503 fr. 64 pour les mois de janvier et février 2022, soit une perte 
mensuelle d'environ 90'000 fr. Dans la mesure où la témoin AA_____ avait 
déclaré que des radiologues étaient intervenus dès le mois de février 2022, 
l'impact du mois de mars devait être considéré comme légèrement moindre. Le 
Tribunal a par conséquent évalué, en équité, le dommage causé à B______ SA par 
le départ des radiologues à 250'000 fr. pour la période de janvier à mars 2022. 
Faute de pouvoir évaluer la part de responsabilité propre de chaque radiologue, le 
dommage a été attribué à chacun d'eux à hauteur de la moitié. Un montant de 
125'000 fr. était par conséquent directement imputable à A______ à titre de 
dommage. Bien que B______ SA ait interpellé cette dernière sur le dommage 
causé, à tout le moins sur son principe, en date du 15 janvier 2022, le Tribunal a 
fixé le dies a quo des intérêts moratoires au 15 mai 2022, lié par les conclusions 
prises par B______ SA. A______ devait dès lors verser à B______ SA 125'000 fr. 
nets avec intérêts moratoires à 5% l'an dès le 15 mai 2022. 

- 27/51 - 
 

 

C/3234/2022  

 Pour le reste, le Tribunal a renoncé à prononcer les mainlevées sollicitées par les 
parties vu l'existence de procédures parallèles et de potentielles futures procédures 
et dans la mesure où les parties n'avaient obtenu que partiellement gain de cause, 
où elles étaient autorisées à compenser leurs prétentions. Le jugement constituait 
en tout état un titre de mainlevée définitive. 

 Un jugement identique a été rendu dans la cause C/7______/2022 (O______). 

EN DROIT 

1. Le jugement entrepris ayant été communiqué aux parties avant le 1er janvier 2025, 
la présente procédure d'appel demeure régie par l'ancien droit de procédure 
(art. 404 al. 1 et 405 al. 1 CPC), sous réserve des dispositions d'application 
immédiate énumérées à l'art. 407f CPC. 

1.1 Le jugement attaqué constitue une décision finale rendue dans une cause 
patrimoniale dont la valeur litigieuse est supérieure à 10'000 fr., de sorte que la 
voie de l'appel est ouverte (art. 308 al. 1 let. a et al. 2 CPC). 

1.2 Interjeté dans le délai et la forme prévus par la loi (art. 130, 131 et 311 CPC), 
l'appel est recevable sous cet angle. 

1.3 Il a de plus été interjeté auprès de l'autorité compétente (art. 124 let. a LOJ), 
étant précisé que les parties ne remettent plus en cause la compétence du Tribunal 
des prud'hommes pour connaître du présent litige à raison de la matière, en 
application de la théorie des faits de double pertinence.  

1.4 La Cour revoit le fond du litige avec un plein pouvoir d'examen en fait et en 
droit (art. 310 CPC) et applique le droit d'office (art. 57 CPC). Elle peut dès lors 
apprécier à nouveau les preuves apportées, notamment les témoignages et les 
déclarations des parties tels qu'ils ont été dûment consignés au procès-verbal, et 
parvenir à des constatations de fait différentes de celles de l'autorité de première 
instance (arrêts du Tribunal fédéral 4A_238/2015 du 22 septembre 2015 
consid. 2.2 s. ; 4A_748/2012 du 3 juin 2013 consid. 2.1). 

Conformément à l'art. 311 al. 1 CPC, elle le fait cependant uniquement sur les 
points du jugement que l'appelant estime entachés d'erreurs et qui ont fait l'objet 
d'une motivation suffisante – et, partant, recevable –, pour violation du droit 
(art. 310 let. a CPC) ou pour constatation inexacte des faits (art. 310 let. b CPC). 
Hormis les cas de vices manifestes, elle doit en principe se limiter à statuer sur les 
critiques formulées dans la motivation écrite contre la décision de première 
instance (ATF 142 III 413 consid. 2.2.4; arrêt du Tribunal fédéral 5A_111/2016 
du 6 septembre 2016 consid. 5.3). 

- 28/51 - 
 

 

C/3234/2022  

1.5 Dans la mesure où la valeur litigieuse est supérieure à 30'000 fr., les maximes 
de débats (art. 55 al. 1 et 247 al. 2 let. b ch. 2 CPC) et de disposition (art. 58 al. 1 
CPC) sont applicables. La présente cause est en outre régie par la procédure 
ordinaire (art. 243 al. 1 et 2 a contrario CPC). 

2. Les pièces produites par l'appelante à l'appui de son appel, soit des extraits du 
Registre du commerce, constituent des faits notoires, de sorte que leur production 
au stade de l'appel n'est pas soumise aux exigences de l'art. 317 al. 1 CPC (art. 151 
CPC; ATF 137 III 623 consid. 3; ATF 143 IV 380 consid. 1). Elles sont par 
conséquent admises. 

Les allégations formulées pour la première fois en appel par l'appelante, dans le 
cadre de son raisonnement juridique, selon lesquelles, d'une part, elle aurait 
consacré, en sus de ses heures de présence au centre de radiologie, 20% de son 
temps à du travail administratif sont irrecevables (art. 317 al. 1 CPC; cf. infra 
consid. 5.2).   

3. L'appelante reproche au Tribunal d'avoir procédé à une constatation inexacte des 
faits sur plusieurs points. L'état de fait présenté ci-dessus a, en tant que de besoin, 
été complété, sur la base des actes et pièces de la procédure, de sorte que le grief 
de l'appelante en lien avec la constatation inexacte des faits ne sera pas traité plus 
avant. 

L'appréciation des preuves effectuée par le Tribunal sera examinée dans les 
considérants qui suivent en tant que de besoin. 

4. L'appelante réitère sa demande de production par l'intimée et par H______ du 
récapitulatif du détail des prestations médicales qu'elle avait effectuées et qui 
avaient été encaissées par l'intimée entre le 1er juin 2020 et le 31 décembre 2021, 
avec le détail des montants correspondant aux prestations médicales et au matériel 
et médicaments, ainsi que de production par l'intimée de la liste exhaustive des 
prestations qu'elle avait effectuées et qui avaient été encaissées par l'intimée par 
l'intermédiaire de la borne F______. 

Elle reproche aux premiers juges de ne pas avoir donné suite à sa requête, alors 
que ces pièces étaient utiles à démontrer la quotité exacte de ses honoraires, et à 
l'intimée de ne pas avoir collaboré à l'administration des preuves utiles.  

4.1.1 Toute partie a droit à ce que le tribunal administre les moyens de preuve 
adéquats proposés régulièrement et en temps utile (art. 152 al. 1 CPC). 

Le droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.) garantit le droit de fournir des preuves 
quant aux faits de nature à influer sur le sort de la décision (ATF 132 V 368 
consid. 3.1). L'autorité a l'obligation de donner suite aux offres de preuves 
présentées en temps utile et dans les formes requises, à moins qu'elles ne soient 

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C/3234/2022  

inaptes à apporter la preuve ou qu'il s'agisse de prouver un fait sans pertinence 
(ATF 131 I 153 consid. 3; 124 I 241 consid. 2; 121 I 306 consid. 1b). L'art. 8 CC 
garantit également ce droit. Le juge l'enfreint s'il refuse d'administrer une preuve 
offerte régulièrement, dans les formes et les délais prévus, et portant sur un fait 
pertinent (ATF 133 III 189 consid. 5.2.2 et 7.1). Il ne l'enfreint pas si une mesure 
probatoire est refusée à la suite d'une appréciation anticipée des preuves 
(ATF 127 III 519 consid. 2a), c'est-à-dire lorsqu'il est d'avis que le moyen requis 
ne peut fournir la preuve attendue ou ne peut modifier sa conviction fondée sur les 
preuves administrées (ATF 129 III 18 consid. 2.6 ; arrêts du Tribunal fédéral 
4A_382/2007 du 25 août 2008 consid. 4.3.1 et 4C.66/2007 du 9 janvier 2008 
consid. 3.1). 

Les règles de la bonne foi (art. 2 CC et 52 CPC) obligent la partie adverse à 
coopérer à la procédure probatoire (ATF 119 II 305 consid. 1b/aa) et le tribunal 
tient compte du refus de collaborer lors de l'appréciation des preuves (art. 164 
CPC; arrêts du Tribunal fédéral 4A_257/2014 du 29 septembre 2014 consid. 3.5 et 
5A_730/2013 du 24 avril 2014 consid. 6.2). 

4.1.2 Conformément à l'art. 316 al. 3 CPC, l'instance d'appel peut librement 
décider d'administrer des preuves lorsqu'elle l'estime opportun. 

Elle peut néanmoins renoncer à ordonner une mesure d'instruction lorsque celle-ci 
paraît, selon une appréciation anticipée des preuves, manifestement inadéquate, 
porter sur un fait non pertinent ou qui n'est pas de nature à ébranler la conviction 
qu'elle a acquise sur la base des éléments déjà recueillis (ATF 138 III 374 
consid. 4.3.1-4.3.2; 130 III 734 consid. 2.2.3; arrêt du Tribunal fédéral 
5A_86/2016 du 5 septembre 2016 consid. 5.2.2). 

L'autorité jouit d'un large pouvoir d'appréciation (ATF 142 III 413 consid. 2.2.1; 
arrêt du Tribunal fédéral 5A_37/2017 du 10 juillet 2017 consid. 3.1.2). 

4.2 En l'espèce, l'appelante fait valoir que les pièces dont la production est requise 
lui permettraient de chiffrer de manière exacte ses honoraires, sur la base des 
prestations qu'elle avait effectuées et qui avaient été encaissées par l'intimée via 
H______, ainsi que leur exigibilité, faisant référence à la convention de 
collaboration ("payables au plus tard le 10 du mois qui suivait").  

Elle soutient que ni les pièces qu'elle a produites ni le document transmis par 
H______ le 24 janvier 2024 ne permettraient de le faire, faute de précision quant 
au "détail" des montants effectivement encaissés par l'intimée et leurs dates 
d'encaissement.  

Les tableaux transmis par H______ fournissent toutefois tous les éléments 
nécessaires à déterminer la quotité des honoraires dus à l'appelante. En effet, ils 
précisent les montants facturés par année et par radiologue et englobent les 

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C/3234/2022  

éventuels montants encaissés après le départ de l'appelante puisque H______ a 
tenu compte de la situation arrêtée au 24 janvier 2024. Pour le surplus, la Cour 
peine à comprendre pour quelles raisons il serait nécessaire de connaître le 
"détail" des montants effectivement encaissés, ce d'autant que H______ a 
distingué le montant afférent au matériel et aux produits du montant total facturé.  

Il est vrai que l'on ignore la date précise de chaque encaissement. Il n'apparaît 
toutefois pas critiquable de fixer une date moyenne pour arrêter le dies a quo des 
intérêts moratoires, ce que le Tribunal a d'ailleurs fait.  

Le fait que le témoin AE______ ait indiqué qu'il pouvait arriver que des patients 
paient des prestations sur place, directement au centre médical, sans que H______ 
n'en soit informée, ne justifie pas que l'on sollicite de plus amples informations 
auprès de cette dernière, dans la mesure où les extraits de compte X______ sur 
lesquels figurent les encaissements par la borne "F______" figurent au dossier et 
où les éventuelles prestations qui auraient été acquittées ainsi ne seraient, en tout 
état, pas connues d'elle. 

Concernant les encaissements "F______", aucun élément ne corrobore la version 
présentée par l'appelante, soit que l'intégralité de ceux-ci n'aient pas été crédités 
sur le compte X______. Le courriel rédigé par O______ le 13 octobre 2021 ne fait 
d'ailleurs état que du compte bancaire en question.  

Pour le reste, rien n'indique que les informations figurant sur les extraits produits 
ne sont pas exhaustives. En effet, si l'appelante a conclu, au moment d'introduire 
sa demande en paiement, à la production de la liste des encaissements reçus en 
2020 et en 2021 pour les opérations effectuées par l'intermédiaire de la borne 
"F______", elle a néanmoins allégué que les encaissements "F______" s'élevaient 
au total à 4'778 fr. en 2020 et à 23'833 fr. 28 en 2021 sans émettre de réserve à cet 
égard. Elle a par ailleurs produit des extraits de compte X______ qu'elle a intitulés 
"Extraits du compte X______ de la défenderesse relatifs aux montants encaissés 
en 2020 sur le borne F______", respectivement "Extraits du compte X______ de 
la défenderesse relatifs aux montants encaissés en 2021 sur la borne F______", 
sans expliquer les raisons pour lesquelles elle n'a pas transmis l'intégralité du 
relevé de compte. A l'évidence, elle avait accès à ces documents et n'a produit que 
les pages sur lesquelles figuraient les opérations pertinentes.  

La Cour s'estimant suffisamment renseignée sur ces points, les conclusions 
préalables de l'appelante seront rejetées. 

5. L'appelante reproche au Tribunal d'avoir considéré que les parties étaient liées par 
un contrat de société simple. 

5.1.1 La qualification juridique d'un contrat se base sur le contenu de celui-ci 
(ATF 144 III 43 consid. 3.3). Dans une première étape, il s'agit de déterminer le 

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C/3234/2022  

contenu du contrat en recherchant la réelle et commune intention des parties 
(art. 18 al. 1 CO). Si une telle intention ne peut être constatée, le contenu du 
contrat doit être interprété selon le principe de la confiance (ATF 145 III 365 
consid. 3.2.1; 144 III 43 consid. 3.3; 140 III 134 consid. 3.2). 

La jurisprudence prévoit à cet égard que le juge doit tout d'abord s'efforcer de 
déterminer la commune et réelle intention des parties, sans s'arrêter aux 
expressions ou dénominations inexactes dont elles ont pu se servir, soit par erreur, 
soit pour déguiser la nature véritable de la convention (art. 18 al. 1 CO; 
ATF 144 III 93 consid. 5.2.2 ; arrêt du Tribunal fédéral 4A_431/2019 du 
27 février 2020 consid. 5.1 et les références). Constituent des indices en ce sens 
non seulement la teneur des déclarations de volonté – écrites ou orales –, mais 
aussi le contexte général, soit toutes les circonstances permettant de découvrir la 
volonté des parties, qu'il s'agisse de déclarations antérieures à la conclusion du 
contrat, des projets de contrat, de la correspondance échangée ou encore de 
l'attitude des parties après la conclusion du contrat, établissant quelles étaient à 
l'époque les conceptions des contractants eux-mêmes (ATF 140 III 86 consid. 4.1; 
arrêt du Tribunal fédéral 4A_152/2017 du 2 novembre 2017 consid. 4.1). 

Ce n'est que si le juge ne parvient pas à déterminer la volonté réelle et commune 
des parties – parce que les preuves font défaut ou ne sont pas concluantes – ou s'il 
constate qu'une partie n'a pas compris la volonté exprimée par l'autre à l'époque de 
la conclusion du contrat – ce qui ne ressort pas déjà du simple fait qu'elle l'affirme 
en procédure, mais doit résulter de l'administration des preuves –, qu'il doit 
recourir à l'interprétation normative (ou objective), à savoir rechercher leur 
volonté objective, en déterminant le sens que, d'après les règles de la bonne foi, 
chacune d'elles pouvait et devait raisonnablement prêter aux déclarations de 
volonté de l'autre (ATF 144 III 93 consid. 5.2.3 ; arrêt du Tribunal fédéral 
4A_431/2019 précité, ibidem et les références). 

Une fois le contenu du contrat déterminé, il s'agit, dans une seconde étape et sur 
cette base, de catégoriser juridiquement la convention (arrêt du Tribunal fédéral 
4A_64/2020 du 6 août 2020 consid. 5 et les références). La qualification juridique 
d'un contrat étant une question de droit, le juge détermine librement la nature de la 
convention d'après l'aménagement objectif de la relation contractuelle, sans être 
lié par la qualification, même concordante, donnée par les parties (art. 18 al. 1 
CO; ATF 131 III 217 consid. 3; 129 III 664 consid. 3.1; ATF 84 II 493 consid. 2; 
arrêts du Tribunal fédéral 4A_64/2020 du 6 août 2020 consid. 5 et les références, 
4A_602/2013 du 27 mars 2014 consid. 3.1 et 4A_194/2011 du 5 juillet 2011 
consid. 5.3). 

 5.1.2 En vertu de l'art. 319 al. 1 CO, par le contrat individuel de travail, le 
travailleur s'engage, pour une durée déterminée ou indéterminée, à travailler au 

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C/3234/2022  

service de l'employeur et celui-ci à payer un salaire fixe d'après le temps ou le 
travail fourni. 

Les éléments caractéristiques de ce contrat sont une prestation de travail et une 
rémunération, ainsi qu'un rapport de subordination ou de dépendance et un 
élément de durée, plus précisément la mise à disposition de son temps par le 
prestataire, qui est tenu d'une simple obligation de moyens (WYLER/HEINZER/ 
WITZIG, Droit du travail, 2024, p. 21).  

Le contrat de travail se distingue avant tout des autres contrats de prestation de 
services, en particulier du mandat, par l'existence d'un lien de subordination 
(ATF 148 II 426 consid. 6.3; 125 III 78 consid. 4 ; 121 I 259 consid. 3a; 112 II 41 
consid. 1a), qui place le travailleur dans la dépendance de l'employeur sous l'angle 
personnel, organisationnel et temporel ainsi que, dans une certaine mesure, 
économique (arrêts du Tribunal fédéral 4A_366/2021 du 28 janvier 2022 
consid. 4.1.2.1; 4A_64/2020 précité consid. 6.3.1; 4A_500/2018 du 11 avril 2019 
consid. 4.1). 

Ce lien de subordination est concrétisé par le droit de l'employeur d'établir des 
directives générales sur l'exécution du travail et la conduite des travailleurs dans 
son exploitation; il peut également donner des instructions particulières (art. 321d 
al. 1 CO) qui influent sur l'objet et l'organisation du travail et instaurent un droit 
de contrôle de l'employeur (arrêts du Tribunal fédéral 4A_93/2022 du 3 janvier 
2024 consid. 3.3; 4A_592/2016 du 16 mars 2017 consid. 2.1, 4C_276/2006 du 
25 janvier 2007 consid. 4.3.1). 

Le critère de la subordination doit être relativisé en ce qui concerne les travailleurs 
qui exercent des fonctions dirigeantes ou des professions libérales (avocats, 
médecins, vétérinaires, etc.). En effet, dans ces cas de figure, comme 
l'indépendance de l'employé est beaucoup plus grande, la subordination est alors 
essentiellement organisationnelle. Pour apprécier l'existence d'un rapport de 
subordination, il faut alors se fonder sur l'image globale que présente l'intégration 
du prestataire de services dans l'entreprise. Plaideront notamment en faveur du 
contrat de travail : une rémunération fixe et périodique ; la mise à disposition 
d'une place de travail et des outils de travail ; la prise en charge par l'employeur du 
risque de l'entreprise ; le fait que le travailleur renonce à participer au marché 
comme entrepreneur assumant le risque économique et abandonne à un tiers (son 
employeur) l'exploitation de sa prestation, en contrepartie d'un revenu assuré. Si 
les médecins sont réputés accomplir une activité libérale, rien ne s'oppose à ce 
qu'ils exercent leur profession dans le cadre d'un contrat de travail, que ce soit 
dans un hôpital public, une clinique privée ou un cabinet d'autres médecins. Il a 
par exemple été jugé qu'un médecin bénéficiant d'une grande liberté dans 
l'organisation de son travail était au bénéfice d'un contrat de travail réunissant des 
éléments du job sharing, du travail sur appel et du télétravail (DUNAND, 

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C/3234/2022  

Commentaire du contrat de travail, 2022, n. 18-19 ad art. 319 CO et les références 
citées). 

En plus des quatre critères essentiels, d'autres indices peuvent aider à distinguer le 
contrat de travail d'autres types de contrats, sans toutefois être décisifs. Sont des 
indices d'existence d'un contrat de travail la stipulation d'un délai de congé, d'une 
clause de prohibition de concurrence, le droit de jouir de vacances, l'existence d'un 
temps d'essai, la présence d'un élément de durée, le fait que les conditions de 
temps et de lieu dans lesquelles le travail doit être exécuté sont fixées dans le 
contrat, la mise à disposition des instruments de travail, ainsi que le 
remboursement des frais. Il en va de même de la qualification du revenu en droit 
fiscal ou de celle retenue par les assurances sociales (MEIER, in Commentaire 
romand, CO I, 3e éd. 2021, n. 15 ad art. 319 CO). 

Les critères formels, tels l'intitulé du contrat, les déclarations des parties ou les 
déductions aux assurances sociales, ne sont pas à eux seuls déterminants. Il faut 
bien plutôt tenir compte de critères matériels relatifs à la manière dont la 
prestation de travail est effectivement exécutée, tels le degré de liberté dans 
l'organisation du travail et du temps, l'existence ou non d'une obligation de rendre 
compte de l'activité et/ou de suivre les instructions, ou encore l'identification de la 
partie qui supporte le risque économique. Constituent ainsi des éléments typiques 
du contrat de travail le remboursement des frais encourus par le travailleur et le 
fait que l'employeur supporte le risque économique et que le travailleur 
abandonne à un tiers l'exploitation de sa prestation, en contrepartie d'un revenu 
assuré. La dépendance économique du travailleur est également un aspect typique 
du contrat de travail. Est déterminant le fait que, dans le contexte de la prestation 
que le travailleur doit exécuter, d'autres sources de revenus sont exclues et qu'il ne 
puisse pas, par ses décisions entrepreneuriales, influer sur son revenu (arrêts du 
Tribunal fédéral 4A_93/2022 du 3 janvier 2024 consid. 3.8; 4A_93/2022 du 
3 janvier 2024 consid. 3.8; 4A_53/2021 du 21 septembre 2021 consid. 5.1.3; 
4A_64/2020 précité consid. 6.3.1 à 6.3.6 et les arrêts cités).  

Le point de savoir si l'on a à faire, dans un cas donné, à une activité indépendante 
ou salariée n'est pas tranché, dans ce contexte, d'après la nature juridique du 
rapport contractuel entre les partenaires. Ce qui est déterminant, ce sont bien 
plutôt les circonstances économiques, même si les rapports de droit civil peuvent 
fournir quelques indices (arrêt du Tribunal fédéral 4A_93/2022 du 3 janvier 2024 
consid. 3.6 et les références citées). 

La preuve de l'existence d'un contrat de travail incombe à la partie qui s'en prévaut 
pour en déduire un droit (art. 8 CC; ATF 125 III 78 consid. 3b; arrêt du Tribunal 
fédéral 4A_504/2015 du 28 janvier 2016 consid. 2.1.2, in JAR 2017 p. 123). 

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 5.1.3 Aux termes de l’art. 530 CO, la société simple est un contrat par lequel deux 
ou plusieurs personnes conviennent d’unir leurs efforts ou leurs ressources en vue 
d’atteindre un but commun et qui ne présente pas les caractères distinctifs d'une 
autre société prévue par la loi. 

La position des parties l’une envers l’autre permet de distinguer le contrat de 
travail de la société simple. Alors que le travailleur se situe dans un rapport de 
subordination avec son employeur, les associés sont sur un pied d’égalité. 
L’associé ne reçoit pas de rémunération périodique et supporte le risque 
d’entreprise, contrairement au travailleur. Les associés sont unis par un animus 
societatis, par lequel ils ont une volonté de mettre en commun des biens, 
ressources ou activités en vue d’atteindre un objectif déterminé, d’exercer une 
influence sur les décisions et de partager non seulement les risques et les profits, 
mais surtout la substance même de l’entreprise (arrêt du Tribunal fédéral 
4A_194/2011 du 5 juillet 2011 consid. 5.6.1; WYLER/HEINZER, Droit du travail, 
2024, p. 27). En effet, le travailleur renonce à participer au marché comme 
entrepreneur assumant le risque économique et abandonne à un tiers l’exploitation 
de sa prestation en contrepartie d’un revenu assuré (arrêt du Tribunal fédéral 
4A_194/2011 précité consid. 5.6.1). 

L'apport que chaque associé doit fournir peut consister aussi bien dans une 
prestation patrimoniale que personnelle. Il n'est pas nécessaire que les apports 
soient égaux, la seule limite étant celle de l'art. 27 al. 2 CC (ATF 137 III 455 
consid. 3.1; arrêt du Tribunal fédéral 4A_74/2015 du 8 juillet 2015 consid. 4.2.1). 

 Dans le contrat de société simple, qui est également conclu pour une durée 
déterminée (art. 545 CO) ou indéterminée (art. 546 CO), les parties peuvent 
prévoir une obligation de mise à disposition de son temps, comme dans le contrat 
de travail, à charge d'un ou de plusieurs associés (cf. art. 531 al. 1 CO; DUNAND, 
op. cit., n. 16 ad art. 319 CO). 

 La société simple consiste en un contrat multilatéral, et non synallagmatique, dans 
la mesure où les prestations fournies par les parties ne sont pas échangées mais 
réunies en vue du but commun. Les apports ne profitent pas à chacun des autres 
associés individuellement, mais à la communauté en tant que telle (GABELLON 
/TEDJANI, La fin de la société simple [1/2] – La dissolution et ses conséquences, 
SJ 2016 II p. 209 ss). 

 5.2 En l'espèce, la volonté des parties de se lier contractuellement n'est pas remise 
en cause. Le litige porte uniquement sur la question de savoir si les parties avaient 
la réelle et commune intention de conclure un contrat de travail. 

 En premier lieu, l'appelante semble reprocher au Tribunal de s'être fondé 
"exclusivement" sur la convention de collaboration du 29 avril 2020 pour qualifier 
les rapports entre les intéressés de société simple, en faisant valoir que l'acte en 

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C/3234/2022  

question n'avait "pas ou que très partiellement" été appliqué. Elle fonde 
néanmoins ses conclusions sur ce texte, admettant – implicitement – qu'il 
représentait, du moins au moment de sa conclusion, la réelle et commune 
intention des parties. En tout état, le Tribunal a tenu compte de l'ensemble des 
circonstances d'espèce pour qualifier les rapports contractuels des parties, de sorte 
que ce grief apparaît mal fondé. 

 En l'occurrence, les rapports contractuels ayant lié les parties ont fait l'objet d'un 
unique contrat écrit, la convention de collaboration. À teneur de son texte, celle-ci 
avait pour objet de définir les termes du mandat confié par l'intimée à l'appelante. 
Elle ne contient par ailleurs pas les clauses usuelles d'un contrat de travail et 
prévoit, au contraire, que l'appelante exercerait sa spécialité de façon 
indépendante et qu'elle toucherait une rémunération mensuelle dépendante de son 
activité (puisqu'elle correspondait à 25% des prestations effectuées par elle et 
encaissées par l'intimée).   

 Il est admis que cette convention s'est inscrite dans un contexte particulier où les 
parties cherchaient à s'associer et à devenir actionnaires de la (nouvelle) société, 
étant relevé que ni les pièces produites, ni les allégations des parties ne permettent 
toutefois de déterminer si le projet impliquait de créer une nouvelle entité 
juridique, comme cela ressort du plan d'affaire ("contexte d'une nouvelle entité 
juridique sous forme de société à responsabilité limitée"), ou de faire entrer 
l'appelante dans l'actionnariat de l'intimée, comme cela résulte de la convention de 
collaboration notamment. Quoi qu'il en soit, l'appelante a versé 129'000 fr. à 
l'intimée, comme prévu par la convention de collaboration, à titre de participation 
au projet de démarrage du centre (80'000 fr.) et pour l'acquisition de 24,5 actions 
(49'000 fr.). 

 L'appelante a par ailleurs été très impliquée dans la mise en service du centre de 
radiologie, puisqu'elle a participé au processus d'engagement, en proposant aux 
frères I______/J______ le nom d'anciens collaborateurs, et à la mise en place 
d'une stratégie commerciale et financière, prenant part aux discussions en lien 
avec les finances du centre, et s'est même portée caution de plusieurs appareils 
(appareil IRM, scanner, table T______).  

 Il apparaît ainsi que jusqu'à la fin septembre 2020, les parties avaient la réelle et 
commune intention de mettre en commun des biens, ressources ou activités en vue 
d’atteindre un objectif déterminé, d’exercer une influence sur les décisions et de 
partager non seulement les risques et les profits, mais surtout la substance même 
de leur entreprise. Leurs rapports n'étaient donc pas régis par les règles relatives 
aux contrats de travail. 

 L'appelante se prévaut toutefois du versement d'un montant mensuel fixe de 
15'000 fr. dès octobre 2020, date à partir de laquelle l'intimée a initialement 

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allégué que les parties étaient liées par un contrat de travail. Or, les courriels 
échangés en octobre 2020 confirment que les parties n'étaient pas très au clair 
quant à la nature de leurs rapports contractuels à partir de cette date, un statut 
"hybride (salarié/indépendant)" ayant même été envisagé. Si la fiduciaire a été 
chargée d'établir des fiches de salaire pour l'appelante, sur lesquelles des charges 
sociales étaient déduites, et s'est occupée de la déclaration fiscale de l'intéressée, 
où ses revenus ont été qualifiés de salaire tiré d'une activité dépendante, il résulte 
néanmoins de ses calculs, par exemple ceux figurant dans le courriel du 5 octobre 
2021, que ce versement mensuel constituait une avance sur honoraires, comme l'a 
d'ailleurs admis l'appelante, ceux-ci continuant d'être calculés conformément à ce 
qui avait été prévu par la convention de collaboration. Par ailleurs, si les parties 
s'opposent sur les motifs qui les ont conduites à prévoir un versement mensuel 
fixe, il n'en demeure pas moins qu'elles se trouvaient dans un contexte particulier, 
le centre de radiologie démarrant son activité en pleine crise sanitaire. Certes, 
l'intimée s'est référée, à plusieurs reprises, en particulier après la résiliation du 
contrat par l'appelante, à un "contrat de travail". Il n'y a toutefois pas lieu de 
s'arrêter aux termes éventuellement erronés utilisés par les parties, mais de 
rechercher leur réelle et commune intention. Les éléments précités peuvent tout au 
plus être considérés comme des indices, même s'ils ne sont pas décisifs, 
permettant de considérer que l'appelante pouvait s'estimer liée à l'intimée par un 
contrat de travail, étant toutefois rappelé qu'il faut bien plutôt tenir compte de 
critères matériels relatifs à la manière dont la prestation de travail est 
effectivement exécutée pour pouvoir qualifier le contrat de contrat de travail. 

 En l'occurrence, les parties n'ont pas formalisé leur relation par un autre acte que 
la convention du 29 avril 2020, qui ne saurait être qualifiée de contrat de travail. 

De plus, l'aménagement objectif de leur relation n'a jamais plaidé en faveur d'un 
contrat de travail, faute d'y retrouver ses éléments essentiels, même après octobre 
2020.  

Il est vrai que dans la mesure où l'appelante devait couvrir, avec son collègue 
radiologue, les horaires d'ouverture du cabinet en alternance, la liberté dont elle 
disposait pour organiser son emploi du temps doit être relativisée, ce d'autant 
qu'elle exerçait son activité dans le cadre organisationnel mis à disposition par 
l'intimée, soit dans ses locaux et avec le matériel fourni par cette dernière, qui 
encaissait les prestations facturées par l'appelante. Il n'apparaît toutefois pas, et 
l'appelante ne le soutient au demeurant pas, que l'intimée serait intervenue dans 
l'organisation du temps de travail des radiologues, leur imposant à l'un ou à l'autre 
d'autres impératifs que celui d'assumer les heures de réception du centre. 

Selon les explications fournies par l'appelante pour la première fois à l'appui de 
son appel, elle aurait été occupée à hauteur de 90% par l'intimée, ce qui 

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confirmerait également l'existence d'un lien de subordination à l'égard de cette 
dernière, l'entier de sa force de travail lui ayant été consacré.  

Pour parvenir à un tel pourcentage, l'appelante tient compte de quarante semaines 
à 25 heures de travail (la moitié de 5 jours de travail comptant 10h) et de six 
semaines à 50 heures (en tenant compte du fait que chaque radiologue aurait droit, 
selon l'appelante, à six semaines de vacances, durant lesquelles son collègue 
devait le suppléer à temps plein), soit une moyenne hebdomadaire de 28,3 heures 
par semaine, équivalant, selon elle, à un 70%, auquel elle ajoute 20% de travail 
administratif. Le dossier ne confirme toutefois pas l'existence d'un droit aux 
vacances – ni la convention de collaboration, ni les nombreux courriels produits 
n'en font référence – pas plus qu'une absence de six semaines par année pour 
chacun des radiologues. L'on ne saurait par ailleurs retenir un temps de travail 
consacré à l'administratif sur la base d'une simple affirmation, intervenue pour la 
première fois en appel et partant irrecevable. En outre, il résulte des déclarations 
fiscales de l'appelante que les montants versés par l'intimée ne représentaient pas 
son seul revenu, étant souligné que sa déclaration fiscale pour 2021 (où les 
revenus découlant de son activité pour l'intimée représentaient la quasi-totalité de 
ses revenus) semble ne pas inclure le montant figurant sur l'attestation établie par 
S______ le 2 mars 2022 (cf. supra EN FAIT, let. D. m.). L'appelante a pour le 
surplus elle-même admis avoir continué d'exercer une certaine activité auprès 
d'autres centres médicaux, s'acquittait de ses propres cotisations sociales et cotisait 
à titre indépendant pour la prévoyance professionnelle. 

Elle ne saurait donc se prévaloir d'une certaine dépendance économique à l'égard 
de l'intimée, ce d'autant qu'il résulte des nombreux courriels figurant au dossier 
que l'appelante pouvait, par ses décisions entrepreneuriales, influer sur son revenu 
ou ses modalités, et qu'elle a même renoncé à percevoir ses honoraires pour 
l'année 2020. 

Bien qu'elle ne payait aucune charge fixe, en particulier ni loyer ni salaire 
d'employés, l'on ne peut retenir, comme le voudrait l'appelante, que cette dernière 
ne supportait aucun risque économique, dans la mesure où elle s'est portée caution 
solidaire des appareils équipant le centre, où elle a versé un montant global de 
129'000 fr., dont 80'000 fr. comme participation au démarrage du projet, et où elle 
a formellement renoncé à une partie de ses revenus pour 2020. Sa rémunération 
dépendait en outre des revenus générés. 

Elle était par ailleurs présentée comme une investisseuse dans le plan d'affaires et 
a continué de participer à des séances de direction. 

Il résulte de plus des déclarations de la témoin W______ que l'appelante n'a pas 
été présentée à l'interne comme une employée, la témoin en question et sa 
collègue U______ pensant qu'elle était à la tête de l'intimée. 

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Ainsi, les éléments précités, qui permettent de déterminer l'image globale que 
présentait l'intégration de l'appelante dans l'entreprise, sont incompatibles avec la 
notion de subordination propre au contrat de travail. Il s'ensuit que l'appelante n'a 
pas établi avoir été liée à l'intimée par un contrat de travail, mais par un contrat de 
société sim