# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c731266e-192d-5cde-bddb-8f52b75d8641
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2011-08-30
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 30.08.2011 AC.2010.0087
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_AC-2010-0087_2011-08-30.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 30 août
  2011

  
	
  Composition

  	
  Mme Danièle Revey, présidente; MM. François Despland et François
  Gillard, assesseurs; Mme Nathalie Neuschwander, greffière. 

  

 

	
  Recourant

  	
   

  	
  Stanley WALTER, à Genève, 

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Municipalité de Saint-Prex, représentée par Me Benoît BOVAY, avocat, à Lausanne,   

  

   

	
  Autorité concernée

  	
   

  	
  Service des forêts,
  de la faune et de la nature (SFFN), représenté
  par le Centre de conservation de la faune et de la nature, 

  

   

	
  Constructeur

  	
   

  	
  Willem Adriaan
  BLIJDORP, à Saint-Gingolph, représenté par Me Daniel PACHE, avocat, à
  Lausanne,  

  

   

 

	
  Objet

  	
  permis de construire 

  
	
   

  	
  Recours Stanley WALTER c/ décision de la
  Municipalité de Saint-Prex du 12 mars 2010 levant son opposition à l'octroi
  du permis de construire sur la parcelle 1169 appartenant à Willem Adriaan
  BLIJDORP (maison familiale avec 10 places de parc souterraines et 3 places extérieures)

  

 

Vu les faits suivants

A.                               
Les parcelles 1167, 1168 et 1169 du territoire
de la Commune de Saint-Prex se succèdent, d'Est en Ouest, au bord du lac Léman.
Les deux premières ont été acquises le 4 avril 2008 par la société Joyeux
Village SA. La troisième a été achetée le 17 juillet 2009 par Willem
Adriaan Blijdorp, ressortissant néerlandais lié à la société précitée (à
laquelle il lui a du reste donné son nom en traduction du néerlandais). Ces
achats ont été opérés en vue de construire une villa par parcelle. En l'état,
les parcelles 1167 et 1168 comportent chacune une construction, respectivement
un garage de 47 m2 (ECA n° 9) et une habitation de 55 m2
(ECA n° 7).

B.                              
Les trois parcelles sont régies par le plan
général d'affectation (PGA) du 12 juin 1997, dont la modification a été adoptée
le 10 mars 2010, approuvée préalablement le 9/15 décembre 2010 et mise en
vigueur le 16 février 2011. Elles sont colloquées toutes trois en zone de verdure arborisée, en zone de villas C et en zone verte. La parcelle 1167 comporte de
surcroît une aire forestière, laquelle a passé, suite à la modification du PGA,
de 1801 m2 à 1765 m2. La parcelle
1169 incluait également une aire forestière, de 620 m2, mais
celle-ci a été supprimée par la modification et affectée à la zone de verdure
arborisée.

Plus précisément, la parcelle 1169 a
une surface totale de 5345 m2, en place-jardin. Sa partie Nord
comporte un cordon boisé le long de la route cantonale (RC1), affecté en zone
de verdure arborisée. Sa partie médiane est colloquée en zone de villas C et
inclut une part d'un bosquet s'étendant pour l'essentiel sur la parcelle 1168 à
l'Ouest. Sa partie Sud, au bord du lac, est occupée par un second cordon boisé,
dit riverain, également affecté en zone de verdure arborisée. Une zone verte s'étend
au Nord du cordon boisé riverain. 

La configuration des trois
parcelles est approximativement la suivante (www.geoplanet.vd.ch, numéros de
parcelles ajoutés): 

Les trois parcelles sont également
soumises au plan d'extension cantonal (PEC) n° 12a adopté par le Conseil d'Etat le 8 août 1945 ainsi qu'à
l'addenda au PEC du 26 juillet 1966. Le PEC de 1945 ne comporte pas de
règlement et a pour seul objet de définir une zone de non bâtir le long du lac,
du port de Taillecou au Boiron (large de quelque 40 à 55 m devant les parcelles
précitées), ainsi qu'une limite des constructions. L'addenda contient une
disposition unique dont le texte est le suivant :

"La
zone de non bâtir est caractérisée par l'interdiction de bâtir à l'exception
des constructions et installations publiques telles que: stations de pompage,
installations pour le transport et le traitement des eaux usées, plage et
installations sportives, ainsi que les petits garages à bateaux affectés à ce
seul usage. Ces constructions et installations doivent faire l'objet d'une
autorisation préalable du Département des travaux publics."

Selon la jurisprudence (AC.1996.0158 du 16 janvier 1997), cette zone de
"non bâtir" n'est toutefois pas "hors zone à bâtir" au sens de l'art.
24 de la loi fédérale du 22 juin 1979 sur l'aménagement du territoire
(LAT; RS 700).

Par ailleurs, les trois parcelles
ne sont pas raccordées aux égouts publics.

C.                              
Le 16 janvier 2009 a été déposée une demande de
permis de construire sur la parcelle 1169, propriété de Willem Adriaan
Biljdorp, une maison familiale avec l'aménagement de 10 places de parc
souterraines et de 3 places extérieures. L'enquête
publique s'est déroulée du 31 janvier au 2 mars 2009. 

Le projet a suscité plusieurs
oppositions, dont celle de Stanley Walter, propriétaire de la parcelle 235 jouxtant
à l'Est la parcelle 1169.

Des premières déterminations du
SDT-CRL ont été rédigées et transmises à titre d'information à la Municipalité de
Saint-Prex (ci-après : la municipalité) le 11 mars 2009 (CAMAC 93015). Ce service préavisait négativement le projet, au motif
qu'une partie des ouvrages prévus (alors une piscine extérieure et les aménagements
y relatifs) se situait partiellement dans la zone de
non bâtir du PEC; or, selon le SDT-CRL, "à part
de 'petits garages à bateaux', le PEC n'autorise pas de constructions à usage
privé". 

Selon des plans ultérieurs du 10
juin 2009, la surface bâtie de la villa serait de 394,50 m2, et
la surface brute de plancher utile (SBPU) de 1151 m2. La villa
comporterait trois niveaux, sans piscine extérieure; les trois niveaux
incluraient une piscine intérieure d'environ 35 m2, un jacuzzi, cinq
chambres à coucher et autant de salles-de-bains. Un appartement pour le
personnel n'était pas prévu. D'après les plans de situation au 1:1000 et 1:200, 11 arbres
seraient abattus; environ 20 arbres et 15 arbustes seraient plantés en
compensation. Ces plans de situation figurent encore, sur la parcelle 1169, un
ouvrage intitulé "Epuration privée - Emplacement et dimension à définir".
Hormis cet ouvrage, aucun aménagement n'est mentionné en aval de la villa.

Le 28 mai 2009, une expertise
biologique a été effectuée sur l'ensemble des parcelles 1167 (et 1229), 1168 et
1169 par le bureau Delarze, avec l'établissement d'une carte de l'état actuel
de la végétation (p. 14 à 16), et la formulation de recommandations. L'expertise
sera complétée le 30 décembre 2009, s'agissant de l'assiette d'une future
servitude de passage à pied, visant à garantir la réalisation d'un cheminement
public sur la rive du lac (dit "sentier de rive"), le long des trois
parcelles (servitude qui sera inscrite le 25 mai 2010, cf. infra).

En juin 2009, Willem Adriaan
Blijdorp et la société Joyeux Village SA se sont engagés, pour les parcelles
1167 (11 et 26 juin), 1168 (11 juin) et 1169 (11 et 26 juin) respectivement, à
donner suite aux recommandations du rapport Delarze en matière de plantation et d'entretien. Par la suite, le bureau d'architecte mandaté pour la construction des trois villas a
présenté au Service des forêts, de la faune et de la nature (SFFN), pour les
trois parcelles, les listes respectives des essences des nouvelles plantations
prévues.

D.                              
Entre-temps, une demande de permis de construire
une villa similaire sur la parcelle 1167 (ayant absorbé la parcelle 1229),
propriété de la société Joyeux Village SA, a été déposée et mise à l'enquête du
28 mars au 27 avril 2009 (CAMAC 96379). La surface bâtie serait de 390 m2 et la SBPU de 896 m2. La villa
comporterait trois niveaux, avec une piscine extérieure de 60 m2;
les trois niveaux incluraient une piscine intérieure de 24 m2, un jacuzzi,
un appartement pour le "personnel" (deux chambres à coucher et
un salon/salle-à-manger), cinq chambres à coucher et autant de salles-de-bains.
Le permis a été délivré le 8/12 mars 2010 et fera l'objet
d'un recours des propriétaires de la parcelle voisine 791, enregistré sous la
référence AC.2010.0106.

En outre, du 25 avril au 25 mai
2009, s'est déroulée une enquête publique pour rénovation et extension d'une
maison avec 3 places de stationnement, sur les parcelles 1167, 1168, 1169
(recte: sur la parcelle 1168; CAMAC 93245). Les travaux en cause consisteraient
à rénover et agrandir (de 55 m2 à 81,70 m2) la bâtisse
existant déjà sur la parcelle 1168, dite "maison du gardien". Le
permis a été délivré le 8 mars 2010, sans recours.

Enfin, du 19 septembre au 19
octobre 2009, a été aménagée une enquête publique pour la construction d'une
villa similaire sur la parcelle 1168, appartenant également à Joyeux Village SA
(CAMAC 100464). La surface bâtie serait de 394,50 m2 et la SBPU de
897 m2. La villa comporterait trois niveaux, avec une piscine
extérieure de 52,5 m2; les trois niveaux incluraient une
piscine intérieure de 22,02 m2, voire 25,2 m2, un
jacuzzi, une chambre/studio pour le personnel, cinq chambres à coucher et
autant de salles-de-bains. Le permis a été délivré le 8 mars 2010, sans
recours. Les travaux ont commencé.

E.                              
Dans un premier temps, le Service des eaux, sols
et assainissement (SESA) projetait de refuser de délivrer l'autorisation
spéciale (cf. détermination du 30 janvier 2009), faute
pour les parcelles d'être raccordées aux égouts publics; il relevait notamment que
le projet proposait d'évacuer les eaux usées ménagères "dans le milieu
naturel insuffisamment traitées par une installation particulière d'épuration à
réaliser"; or, il demandait depuis plusieurs années à la municipalité
d'organiser le raccordement à la STEP centrale de tout le secteur, hélas, sans
aucun résultat à ce jour; il estimait ainsi que le permis de construire ne
devait pas être délivré, afin de ne pas aggraver la situation. Une séance
réunissant des représentants du SESA, de la municipalité et du constructeur a
été aménagée le 23 mars 2009 en vue d'étudier la solution consistant à ce que
le constructeur réalise une "mini-station provisoire", dans l'attente
du raccordement au futur collecteur, dont l'emplacement restait à définir,
auquel se raccorderaient également les résidences anciennes du voisinage
bénéficiant actuellement de fosses septiques. Le procès-verbal de cette séance
relevait, à titre de "nouveaux éléments", que la commune avait
lancé une étude de faisabilité d'entente avec les services de l'Etat pour un
collecteur communal couplé au passage public envisagé en rive du lac pour l'ensemble
de ce secteur; l'emplacement du futur collecteur restait à définir entre les
rives du lac et le tracé de la RC1. Sous les chapitres "Exigences SESA"
et "Remarques", le procès-verbal mentionnait que le SESA
envisageait d'accorder l'autorisation demandée à condition, notamment, que la
solution du suivi le long du tracé de la RC1 soit abandonnée et que le législatif
de Saint-Prex s'engage sur un calendrier de réalisation d'une durée de trois
ans; aucun calendrier précis ne pouvait être fixé, mais un délai raisonnable de
six mois pouvait être envisagé pour la remise de l'étude, et le projet
définitif serait probablement établi dans un délai d'une année. La municipalité
a confirmé son engagement le 29 avril 2009, dans les termes suivants : 

"(…)
nous vous informons que la Municipalité a décidé, dans sa séance du 27 courant,
d'approuver le procès-verbal, ainsi que les modifications et, par conséquent,
de confirmer son engagement ferme de créer un collecteur communal EU pour le
secteur considéré, de manière à acheminer les eaux usées à notre station d'épuration,
ceci dans un délai de trois ans. L'étude du projet sera réalisée dans un délai
d'une année.

Ceci étant, nous relevons que notre Autorité mettra tout en oeuvre pour
respecter ces délais; toutefois, elle ne pourra pas être responsable d'une
prolongation due à des imprévus, de quelque nature que ce soit, qui pourraient
survenir en cours de processus.

Les propriétaires des parcelles nos
1229, 1167, 1168 et 1169 devront réaliser, entre-temps, une installation
commune particulière conforme à vos exigences et aux normes actuelles. Lorsque
le collecteur sera terminé, l'installation particulière devra être désaffectée.
(…)"

Le 30 mars 2009, une séance a réuni
les représentants du SFFN-Centre de conservation de la faune et de la nature
(SFFN-CCFN), du Service du développement territorial-Commission des rives du
lac (SDT-CRL) et du constructeur, afin de déterminer les adaptations et
précisions nécessaires à l'obtention d'un préavis favorable des deux services
précités. A cette occasion, le SDT-CRL a indiqué, sous réserve d'une
détermination étayée (cf. courriel du 3 avril 2009): "la station d'épuration
provisoire projetée pourrait être considérée comme conforme au PEC pour autant
qu'elle soit reconnue de nature publique."

F.                               
Le 10 septembre 2009, une synthèse CAMAC 93015 a
été établie pour la parcelle 1169, dans les termes suivants : 

"(…) 

Le Service du développement territorial,
Commission des rives du lac (SDT-CRL) préavise favorablement au présent projet dont l'exécution
devra respecter les conditions impératives ci-dessous:

Situé dans le périmètre du plan directeur
des rives du lac Léman, le présent projet est transmis à la commission des
rives du lac (CRL).

Le préavis de la CRL se base sur les
éléments suivants:

•     parcelle 1169: projet
soumis à I'enquête publique du 28.03.2009 au 27.04.2009; projet modifié du 10 juin
2009;

•     parcelles 1167/1229,
1168, 1169, expertise biologique du bureau Raymond Delarze, du 28 mai 2009;

•     projet de convention d'entretien
de la forêt, parcelles 1229, 1167 et 1168;

•     correspondance du
bureau Ferrari du 29 juin 2009 transmettant la correspondance de l'étude d'avocats
Pache & Henny et l'accord de ses mandants, Willem A. Blijdorp et Joyeux
Village SA du 26 juin 2009 pour les mesures de gestion des parcelles 1167/1229
et 1169.

Conformité aux objectifs du plan directeur
des rives du lac Léman

Le projet est examiné principalement en
conformité des thèmes et objectifs suivants:

1. Aménagement du territoire:

A1 Maintenir, sur tout le pourtour du lac,
une faible densité des constructions

Le projet modifié respecte les règles de la zone qui
sont définies par le plan général d'affectation communal. Il est également
conforme au plan d'extension cantonal n° 12a "zone de non bâtir" du 8
août 1945 (ci-après PEC). Les possibilités de construire sont définies par l'addenda
au PEC du 26 juillet 1966: "la zone de non bâtir est caractérisée par l'interdiction
de bâtir à l'exception des constructions et installations publiques telles que
: stations de pompages, installations pour le transport et le traitement des
eaux usées, plage et installations sportives, ainsi que les petits garages à
bateaux affectés à ce seul usage (…)". La station d'épuration provisoire,
devant desservir les constructions projetées sur les parcelles 1167/1229, 1168
et 1169, est jugée conforme au PEC.

Le préavis CRL est donc positif sur cet
aspect du projet.

2. Protection et gestion des espaces naturels:

N1 Maintien et promotion de la diversité des milieux et
espèces, ainsi que la fonctionnalité écologique de la rive (fonction de
transition entre les milieux aquatiques et terrestres; fonction de liaison
spatiale entre les embouchures notamment)

N2 Assurer la conservation à long terme et la
revitalisation de l'interface riveraine naturelle (grèves naturelles et cordon
boisé notamment)

N4 Assurer la tranquillité des secteurs
lacustres les plus sensibles, notamment en les maintenant libres de tout
amarrage en pleine eau.

Aujourd'hui, les plans mis à l'enquête ne
comportent aucun aménagement des rives ou touchant la végétation riveraine. La
CRL soutient les conditions fixées par le Centre de conservation de la faune et
de la nature, qui permettent de tenir compte des objectifs ci-dessus.

(…)

Equipements - Chemin riverain:

E1 Assurer, dans la mesure du possible, un cheminement
continu sur l'ensemble des rives vaudoises du lac. La commune de Saint-Prex a
initié une étude de liaison piétonne entre le port de Taillecou et le Boiron.
Une première appréciation de la CRL est en cours. Concernant le projet examiné
ici et au vu de l'état des lieux, du projet de construction et des conclusions
de l'expertise biologique, la CRL estime que le cheminement riverain doit se
situer à la limite supérieure du talus, soit juste à l'extérieur du bosquet de
pins, respectivement du cordon riverain à conserver tels que reportés dans l'expertise
biologique. Il devrait s'agir d'un cheminement aménagé le plus simplement
possible, d'une largeur de 1 mètre à 1 mètre 50, en matériaux perméables
(tout-venant pierreux par exemple).

Afin de garantir la réalisation du cheminement riverain
sur la parcelle, la servitude de passage correspondante doit être inscrite
avant la délivrance du permis de construire.

A cette condition, la CRL préavise
favorablement le projet de construction sur la parcelle 1169.

(…)

Le Service des eaux, sols et assainissement,
Division assainissement, Section assainissement urbain et rural (SESA-AUR1) délivre l'autorisation spéciale requise aux
conditions impératives ci-dessous:

Vu le courrier transmis au SESA/AUR le 29
avril 2009 par la municipalité de St-Prex, dans lequel figure expressément sa
décision de raccorder le secteur considéré à la STEP centrale dans un délai de
trois ans.

Vu le courrier transmis le 14 mai 2009 par
le propriétaire, M. Willem A. Blijdorp, dans lequel figurent les décisions
suivantes: « En attendant le raccordement des eaux usées provenant de sa
propriété à la STEP centrale, une installation particulière d'épuration sera
construite. Dès que le collecteur communal d'égouts sera en fonction, les eaux
usées y seront raccordées et l'installation particulière d'épuration sera alors
désaffectée ».

Au vu de ce qui précède, le SESA/AUR tient à
préciser que:

L'installation particulière d'épuration
devra être en fonction avant la fin des travaux de construction de l'habitation
propriété de M. Willem A. Blijdorp.

Cette installation particulière d'épuration
devra avoir une capacité suffisante pour traiter toutes les eaux usées provenant
des parcelles voisines n° 1129, 1167 et 1168; ceci en plus des eaux usées
provenant de la propriété de M. Willem A. Blijdorp.

L'installation particulière d'épuration
précitée devra être étudiée, dimensionnée et construite par un bureau
spécialisé et homologué par l'Etat (voir DCPE n° 107 ci-annexée).

Lorsque la commune de St-Prex aura construit
dans le secteur considéré le collecteur d'égouts aboutissant à la STEP, la
propriété de M. WilIem A. Blijdorp y sera raccordée et l'installation
particulière d'épuration sera désaffectée dans les règles de l'art. Le SESA/AUR
précise encore que les eaux claires ne doivent parvenir à la STEP centrale.

Par ailleurs, une charge foncière obligeant
les propriétaires des parcelles concernées à se raccorder au futur collecteur
communal d'égouts sera inscrite au registre foncier.

(…)

Enfin, il est encore précisé que la
procédure permettant de construire l'installation particulière de traitement et
d'évacuation des eaux usées et la délivrance d'une autorisation cantonale de
déversement d'eaux usées traitées se fera par courrier séparé.

(…)

Le Service des forêts, de la faune et de la
nature, Centre de conservation de la faune et de la nature (SFFN-CCFN) délivre l'autorisation spéciale requise aux
conditions impératives ci-dessous:

1) CONSTAT

Le Centre de Conservation de la faune et de
la nature (CCFN) relève que la parcelle n° 1169 abrite de la végétation
protégée au sens des articles 4a LPNMS, 21 LFaune et 18 LPN. Il s'agit du
cordon boisé situé le long de la RC, d'un bosquet et de la végétation
riveraine. Ces milieux naturels constituent des biotopes en raison de leur
intérêt biologique, paysager et de leur valeur indéniable pour la faune. Ces
milieux naturels ont fait l'objet d'une délimitation par la Commune de St-Prex
dans le cadre de son PGA ("zone de verdure arborisée").

En complément, une expertise biologique,
demandée par le CCFN, a été réalisée sur l'ensemble des parcelles n° 1168 à
1169 et 1229 (Bureau d'études biologiques Raymond Delarze, 28 mai 2009). Elle
fait suite au premier préavis du CCFN et à la séance tenue le 30 mars 2009 en
présence de représentants du propriétaire, du CCFN et du CRL. Cette analyse
définit les milieux naturels de valeur, les impacts des projets de construction
et les mesures de compensation requises pour limiter/compenser les atteintes au
site.

(…) Pour rappel, [la zone de verdure arborisée] est inconstructible et doit être maintenue
dans sa surface. Elle a pour but de créer une zone de structure paysagère
particulière de transition et aucune atteinte ne pourra lui être portée sans
autorisation de la Municipalité et au besoin du CCFN. (…) Une largeur de 1 m
est suffisante pour accès piétonnier.

2) ANALYSE DU PROJET

Le projet soumis porte atteinte aux milieux
naturels précités:

•     abattage d'arbres dans le cordon boisé pour
réaliser l'accès;

•     suppression d'une
portion du bosquet pour aménager un souterrain.

3) DETERMINATION

Le CCFN accepte le projet soumis (projet
modifié le 10.06.09) et délivre les autorisations requises en vertu des
articles 4a LPNMS, 22 LFaune et 14 chiffre 5 de l'OPN aux conditions suivantes:

•     l'emplacement définitif de la station d'épuration
se situera hors de "la zone de verdure arborisée". Lors du chantier,
cette zone sera préservée de toute atteinte par une barrière et aucun dépôt n'y
sera fait.

•     Lors de la construction du souterrain, la portion
ouest du bosquet sera préservée de toute atteinte au moyen d'une barrière et
aucun dépôt n'y sera fait.

•     Les nouvelles plantations prévues comme mesure de
compensation pour l'abattage de la portion est du bosquet (20 arbres et 15
arbustes) seront choisies parmi les essences recommandées au chapitre 4.1 de l'étude
précitée, notamment le chêne pédonculé, comme confirmé dans la lettre du 11 juin
de M. Willem A. Blijdorp au CCFN. La liste des essences nous sera soumise pour
approbation avant la délivrance du permis de construire.

•     Les trois arbres nouveaux à planter dans la "zone
de verdure arborisée" située le long de la RC seront choisis parmi les
essences indigènes.

•     L'ensemble des plantations nouvelles sera
effectué au plus tard une année dès la délivrance du permis de construire.

•     Avant les travaux d'évacuation des EC au lac, les
colonies de plantes menacées (poa sylvicola) devront être transplantées par un
spécialiste afin de ne pas porter atteinte à cette espèce. De plus, les travaux
sur la berge devront être limités au maximum.

•     Une convention d'entretien sera établie pour l'entretien
de la forêt, du cordon riverain présent au bord du lac et de l'espace riverain
situé en amont de celle-ci. Cette convention inclura le tracé du cheminement
piétonnier riverain et sera applicable pour l'ensemble des parcelles.

La
proposition de texte ci-dessous, qui reprend des recommandations formulées au
chapitre 4 de l'étude précitée, est à coordonner avec la convention d'entretien
de la forêt qui est en cours d'étude. Cette dernière devra inclure les
recommandations formulées au chapitre 4.3 de l'étude précitée afin de s'assurer
de la préservation à long terme de la héronnière.

Cette convention fera l'objet d'une
inscription au registre foncier en qualité de charge foncière ou de tout autre
instrument juridique permettant d'assurer la pérennité des objectifs de
protection de la parcelle ainsi que leur publicité en cas de changement de
propriétaire à l'avenir (cf. lettre du 26 juin 2009 de M. WilIem A. Blijdorp au
CCFN). Une copie sera transmise pour approbation au CCFN avant la délivrance du
permis de construire.

Proposition de convention d'entretien

A) Gestion de l'espace riverain

Dans la zone de non bâtir, l'espace riverain
sera entretenu sous forme de prairie extensive, avec une première coupe en
juin. Cette prairie ne recevra pas de fertilisation, ni de traitement de
pesticides. Dans cet espace, seuls des aménagements ponctuels permettant l'accès
piétonnier au lac sont admis (largeur 1 m).

B) Cheminement piétonnier riverain

Le cheminement piétonnier riverain se situera
en limite du cordon riverain sur les parcelles n° 1169 et 1168. Sur les
parcelles n° 1167/1229, il se situera en bordure de l'aire forestière.

C) Gestion du cordon riverain

Le cordon riverain, avec sa végétation de lisière, ses
arbres et arbustes dispersés, sera conservé en l'état sur une largeur moyenne
de 15 m, mesurée à partir de la limite des hautes eaux du lac, pour les
parcelles n° 1167/1229 et 1169. La largeur sera 20 m sur la parcelle n° 1168.

La végétation ne sera ni fauchée ni essartée. Les entretiens
se limiteront à des interventions ponctuelles destinées à conserver une
structure riche en refuges pour la petite faune. Des interventions ponctuelles
pour éliminer les essences exotiques et les néophytes invasives sont réservées.
Il ne sera fait aucune plantation d'essences exotiques ou ornementales dans cette
zone.

Les colonies de plantes menacées présentes sur ce
tronçon de rive (notamment Doronicum pardalianches, Poa sylvicola et Mentha
suaveolens) seront conservées, favorisées, et si nécessaire transplantées.

A l'exception des mesures destinées à supprimer
les plantes néophytes, il n'y aura pas d'entretien sur ce cordon durant la
période de végétation. Les arbres et buissons indigènes du cordon riverain
seront conservés et leur densité à long terme maintenue par des plantations de
remplacement. A terme, les pins noirs seront remplacés par des pins sylvestres.
Les autres essences recommandées pour les plantations de remplacement sont l'aulne
noir (Alnus glutinosa), le bouleau (Betula pendula), le saule blanc (Salix
alba) et le peuplier blanc (Populus alba).

D) Conservation du bosquet situé sur la parcelle n°
1168

Le bosquet situé sur la parcelle n° 1168
sera conservé. Il ne sera fait aucune plantation d'essences exotiques ou
ornementales dans ce bosquet.

Un plan sera joint à la présente convention
représentant les différentes surfaces concernées.

Le CCFN demande que les conditions précitées
fassent partie intégrante du permis de construire.

(…)."

Par décision du 12 mars 2010, la
municipalité a informé Stanley Walter qu'elle levait son opposition et
délivrait le permis de construire. 

G.                              
Agissant le 12 avril 2010, Stanley Walter a
recouru devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal
(CDAP) contre la décision précitée du 12 mars 2010, concluant à l'admission du
recours et à l'annulation de la décision attaquée. Il contestait la
suppression, respectivement le refus de la qualification d'aire forestière des
peuplements sur la parcelle 1169, considérait que le sous-sol du futur bâtiment
consistait en réalité en un étage supplémentaire, affirmait que le garage souterrain
ne respectait pas les limites de distance côté Est, à proximité de sa parcelle,
là où l'accès émergeait en surface, et estimait le nombre de places de
stationnement trop élevé. Enfin, il prétendait que prises ensemble, les trois
constructions projetées sur les parcelles 1167, 1168 et 1169 dépareilleraient
le site.

Le constructeur a déposé ses
observations le 18 mai 2010. Il soutenait que le recours était irrecevable au motif que le recourant se bornait à défendre une protection
générale de l'environnement, à savoir du site occupé par les trois parcelles. Il
concluait au rejet du recours. 

La municipalité a fourni sa réponse
le 28 juin 2010, proposant le rejet du recours.

Le SFFN a communiqué ses
observations le 30 août 2010, concluant en substance au rejet du recours.

Par mémoire complémentaire du 8
octobre 2010, le recourant a abandonné le grief concernant la qualification de
forêt des boisés présents sur la parcelle et développé plus amplement ses arguments
antérieurs.

H.                              
Entre-temps, soit du 19 juin au 19 juillet 2010,
une mise à l'enquête commune est intervenue pour les trois parcelles 1167, 1168
et 1169, s'agissant de la construction d'une paroi antibruit, de la modification
de l'accès et de l'installation d'un conteneur enterré pour les déchets
ménagers du quartier (CAMAC 105089). La synthèse CAMAC a été établie le 13
septembre 2010 et comportait un préavis négatif du SFFN-CCFN (la construction
étant prévue dans la zone de verdure arborisée selon le PGA, alors en cours de modification),
et un préavis négatif du SDT-CRL (le mur prévu étant trop élevé). Le recours
formé par Joyeux Village SA et Willem Adriaan Blijdorp contre ces "préavis"
a été enregistré sous la référence AC.2010.0310. 

En outre, du 14 août au 13
septembre 2010, trois mises à l'enquête complémentaire ont été aménagées pour
les trois parcelles 1167, 1168 et 1169, en vue d'instaurer une toiture plate (nos
CAMAC respectifs 105570, 107563 et 107573). Les permis ont été refusés par la
municipalité par deux décisions du 20 octobre 2010, l'une relative aux
parcelles 1167 et 1168, l'autre concernant la parcelle 1169. Les recours
dirigés contre ces décisions ont été enregistrés sous les références
AC.2010.0334 et AC.2010.0335. 

Ces trois recours sont suspendus
dans l'attente du sort des recours principaux AC.2010.0087 et AC.2010.0106.

I.                                  
Le 25 juin 2010, la servitude ID.2010/001146 et ID.2010/001147
à charge des trois parcelles et en faveur de l'Etat de Vaud et de la Commune de
Saint-Prex a été inscrite. Selon l'extrait du Registre foncier, il s'agit d'une servitude de passage public
à pied, grevant une bande d'une largeur moyenne de 2 m le long des rives du lac
Léman pour permettre un cheminement sur une largeur d'environ 1,50 m compte
tenu d'éventuels remblais. Toujours selon cet extrait, la servitude permet un
passage à pied du public par un cheminement riverain, conformément au Plan directeur cantonal des rives vaudoises du lac Léman (PDRives), visant à assurer un cheminement continu sur les rives vaudoises du
lac Léman.

J.                                
Le 23 septembre 2010, le SESA a informé le
bureau De Cérenville (mandaté pour aménager le système individuel d'épuration) des
préavis favorables de ses différentes divisions. Le préavis de la division
"Eaux souterraines" indiquait : 

"(…) En ce qui concerne le dimensionnement de l'ouvrage
d'infiltration, il est relevé que, selon les normes en vigueur et compte tenu
du coefficient d'infiltration observé, une surface d'infiltration minimale de 6
à 7 m2 par équivalent habitant devrait être prévue pour assurer le
bon fonctionnement de l'infiltration.

(…)."

La division "Laboratoire"
ajoutait :

"(…) Pour obtenir une épuration efficace, il est nécessaire
d'installer une alimentation par bâchées et à fort débit (alimentation
séquentielle sous pression) permettant d'éjecter au moins quelques centimètres
d'eau à l'extérieur de chaque trou percé sur la partie supérieure du tube de
distribution. En conséquence, un pompe ou un dispositif auto-amorçant
performant doit être mis en place."

La division "Assainissement"
complétait : 

"(…)
La Section assainissement urbain et rural tient d'abord à rappeler que le
secteur considéré est situé en zone légalisée à bâtir. Selon l'article 11 de la
loi fédérale sur la protection des eaux, les habitations situées à l'intérieur
d'une zone à bâtir doivent être raccordées aux égouts. Les bâtiments cités en
titre doivent donc être raccordés aux égouts.

Toutefois, nous relevons d'une part que la zone considérée n'est à ce
jour pas encore raccordée à la STEP centrale et que, d'autre part, la
municipalité de la commune [de]
Saint-Prex a entrepris les études nécessaires pour réaliser ce raccordement
demandé par notre service.

En conséquence de ce qui précède et en attendant le raccordement du secteur
considéré à la STEP centrale, nous admettons la réalisation d'une installation
particulière d'épuration destinée à traiter et infiltrer les eaux usées
provenant des villas susmentionnées. Nous précisons que dès le moment où l'épuration
communale sera en fonction dans le secteur considéré, notre service demandera
le raccordement des bâtiments cités en titre au réseau communal d'égouts et le
démantèlement de l'installation particulière d'épuration. Cette installation a
donc un caractère provisoire. 

Par ailleurs, nous relevons que le projet de construction de l'installation
particulière d'épuration citée en titre est situé à proximité des rives du lac.
Pour éviter tous risques de pollution dans cette zone sensible, nous demandons
que cette installation soit dimensionnée et réalisée de manière
particulièrement soignée. En conséquence, pour dimensionner l'ouvrage d'infiltration,
nous demandons à son concepteur de tenir compte dans son étude des remarques de
la Division eaux souterraines et de celles de notre laboratoire pour installer
une chambre de distribution équipée d'une pompe ou d'un siphon auto-amorçant. 

Au surplus, afin d'établir une autorisation
cantonale provisoire d'infiltration des eaux usées traitées dans le sous-sol,
nous vous demandons de nous retourner dans les meilleurs délais possibles la
formule n° 2 ci-annexée. Ce document, sera dûment rempli, signé et accompagné
de tous les documents mentionnés à la page 2. (…)."

Les 24 janvier 2011, 2 février 2011
et 14 février 2011 respectivement, la municipalité, le recourant et le
constructeur ont déposé un mémoire complémentaire. A cette
occasion, la municipalité a fourni le calcul du coefficient
d'occupation du sol (COS) des bâtiments des trois parcelles.

K.                              
Comme déjà dit, l'approbation définitive de la
révision du PGA est intervenue le 16 février 2011, mettant en vigueur les
modifications du PGA et de son règlement, ainsi que, notamment, la délimitation
de l'aire forestière contiguë à la zone à bâtir.

L.                               
Une audience sur place a été aménagée le 23
février 2011. On extrait du procès-verbal ce qui suit : 

"(…)

Le recourant soulève la problématique de l'équipement,
à savoir en l'occurrence le défaut de raccordement de la construction au réseau
des égouts publics. 

Les parties s'expriment brièvement sur ce point. 

Le conseil de la commune fait remarquer que la station
d'épuration sera désormais construite non pas sur la parcelle 1169, mais sur la
parcelle du milieu 1168, qui n'avait pas fait l'objet d'un recours.

La présidente informe les parties qu'elle interpellera
le Service des eaux, sols et assainissement (SESA) sur la question de cette
station d'épuration privée et sur sa compatibilité avec le droit fédéral, soit
l'art. 18 LEaux, et le droit cantonal, soit l'art. 104 al. 3 LATC.

Le projet est abordé sous l'angle de la protection de
la nature.

Le recourant s'insurge contre l'abattage de 200 arbres
sur la parcelle 1169, qu'il estime disproportionné dès lors qu'il s'agit
uniquement de permettre un accès, pouvant être implanté dans un secteur moins
dommageable.

Raymond Delarze, auteur de l'expertise biologique,
explique qu'il a procédé pour les trois parcelles à un relevé de la flore et de
la faune. Sont en jeu, pour la parcelle 1169, la bande riveraine, le bosquet
central et la haie arborée longeant la route cantonale. La bande riveraine
devrait faire de mesures de protection renforcées. Le bosquet central présente
des arbres d'une certaine dimension, mais il s'agit toutefois d'un milieu
hétérogène comportant une forte proportion d'essences exotiques dont l'espérance
de vie est limitée. Au demeurant, des plantations de remplacement à réaliser
sur la parcelle ont été prévues. En conclusion, l'abattage d'arbres prévu pour
le projet ne porte pas atteinte à la nature, moyennant conservation de certains
éléments assurant la pérennité.

Le CFFN confirme le bien-fondé de l'expertise Delarze,
remarquant que d'autres éléments seront réglés dans une convention d'entretien
en voie de finalisation, qui règlera de manière très fine de quelle façon et
dans quelle mesure la bande riveraine sera entretenue [NDLR: la synthèse CAMAC
indique: "une
convention d'entretien sera établie (…). Cette convention fera l'objet d'une
inscription au registre foncier (…). Une copie sera transmise pour approbation
au CCFN avant la délivrance du permis de construire."]

Le conseil de la commune expose que l'abattage des
arbres a été autorisé compte tenu de mesures compensatoires, en se fondant sur
l'avis des spécialistes et après pesée des intérêts. Une expertise paysagère n'était
même pas nécessaire et les plans, qui devront être respectés, constituent une
garantie à cet égard. Il est surtout souligné qu'il ne s'agit en aucun cas d'abattre
200 arbres, mais 11, dont au plus 3 pour l'accès, ainsi qu'en témoignent les
plans.

Le recourant critique le dédoublement de l'accès à la
parcelle depuis le chemin actuel.

Les architectes exposent que cet accès est requis pour
des questions techniques liées à la pente. 

Le recourant évoque à plusieurs reprises ses craintes
quant aux conséquences qu'induit habituellement une promotion immobilière.

Il est confirmé encore une fois que le constructeur
Willem Adriaan Blijdorp va habiter la parcelle avec sa famille. C'est la raison
pour laquelle il a acquis la parcelle en son nom propre, contrairement aux deux
autres, acquises au nom de la société Joyeux Village SA.

Le SFFN relève que les plans autorisés ne comportent
aucun aménagement sur la bande riveraine, encore moins sur le plan d'eau. En
cas de demande ultérieure de ponton ou d'autres aménagements, les autorités
cantonales procèderaient à un examen serré.

Le recourant soulève le moyen tiré de la distance aux
limites au regard de la rampe d'accès au garage. Sur ce point, les architectes
exposent que le toit du garage et la rampe d'accès ne débordent pas du sol,
hormis, à l'évidence, les murs servant de garde-corps le long de la rampe. 

(…)

Le SFFN et le CFFN sont dispensés, avec l'accord des
autres parties, de l'inspection locale, vu la visite effectuée ce matin.

L'audience en salle est levée à 14h 48.

L'audience se poursuit sur la parcelle 1169 de St-Prex.

Le recourant réitère ses griefs sur place. Il admet que
la rampe d'accès n'a aucun impact sur sa parcelle. 

(…)"

M.                              
Par avis du 25 février 2011, la juge
instructrice a invité le SESA à s'exprimer sur la compatibilité de la solution
prévue (installation individuelle) avec l'art. 18 de la loi fédérale du 24 janvier 1991 sur la protection des eaux (LEaux; RS 814.20), qui ne prévoit de dérogation que dans de strictes conditions
cumulatives (notamment petits bâtiments, raccordement au réseau public possible
à brève échéance), ainsi qu'avec l'art. 104 al. 3 de la loi du 4 décembre 1985 sur l'aménagement du territoire et les
constructions (LATC; RSV 700.11) (notamment titre
juridique permettant d'emprunter la propriété d'autrui). Le SESA était
également prié de donner toutes autres explications utiles.

Le 7 mars 2011, le SDT-CRL s'est
adressé à la municipalité, au motif que le déplacement de l'installation
individuelle d'épuration de la parcelle 1169 à la parcelle 1168 n'avait été autorisé
ni par la municipalité, ni par les services cantonaux, alors que cette
construction était comprise dans le PEC et que son exutoire traversait les
milieux naturels situés en bordure de la rive pour se jeter dans le lac.

Le 9 mars 2011, la municipalité a
accusé réception de la demande d'autorisation du bureau De Cérenville, datée du
1er mars 2011, pour le déversement d'eaux usées traitées dans le
sous-sol. Elle précisait: "ce principe d'épuration ayant déjà été admis
par le service cantonal, la procédure fera l'objet d'une dispense d'enquête
publique."

Le 18 mars 2011, donnant suite à l'avis
du 25 février 2011, le SESA a indiqué : 

"(…)

A.               Le Service a autorisé le principe d'une installation d'épuration
privée, à titre provisoire, compte tenu de ce que la zone à bâtir allait
pensait-on être équipée dans un délai raisonnable. La Commune s'était engagée à
mener son projet de collecteur à bien dans un délai de trois ans (procès-verbal
de la séance du 23 mars 2009, au dossier du Tribunal).

Le SESA a requis une confirmation écrite de cet engagement, que la
Municipalité lui a fait parvenir par courrier du 29 avril 2009 (joint en
copie).

Le 15 juillet 2010, le bureau De Cérenville, mis en oeuvre par la
constructrice Joyeux Village SA, a présenté au SESA un projet de mini-step.

Par courrier audit bureau du 23 septembre 2010, le SESA a relevé la
faisabilité du projet sur le principe, transmis les résultats de la
consultation interne sur le projet et défini les exigences applicables (pièce
jointe). Par le même courrier, il a requis la constructrice de retourner, dans
les meilleurs délais, le formulaire type de demande d'autorisation pour le
déversement d'eaux usées traitées dans le sous-sol. Sans réponse de la
constructrice, le Service l'a relancée par téléphone le 14 janvier 2011
(mention au crayon apposée sur la copie interne du courrier du 23 septembre
2010). En vain à ce jour…

En l'état, indépendamment donc de la procédure pendante devant la Cour,
le Service ne serait pas en mesure d'autoriser l'ouvrage ni l'infiltration des
eaux prétraitées.

Sur le transfert de la mini-step de la parcelle no 1169 à la parcelle no
1168, le Service n'a pas d'observation à formuler, ni d'objection. Il requerra
la mise à jour de la charge foncière garantissant, une fois l'égout construit,
le raccordement et la démolition de l'ouvrage d'épuration individuelle.

(…)

B.               Au regard des exigences de la protection de l'environnement,
une installation d'épuration individuelle est généralement moins performante qu'une
solution collective, raison de l'obligation de raccorder les bâtiments situés
dans le périmètre des égouts.

Au regard de l'article 18 alinéa 1er LEaux, le Service a
autorisé le principe d'une épuration individuelle provisoire en considération,
d'une part, de la perspective d'équipement dans un délai jugé raisonnable, d'autre
part, de l'existence de plusieurs bâtiments. 

Le temps a passé sans concrétisation de l'équipement promis.

Cela a conduit le SESA à ouvrir une
investigation sur l'équipement des bâtiments existants du secteur, dont
plusieurs ne disposent pas de l'autorisation d'infiltration (qui doit également
fixer les exigences de rejet aux eaux publiques). Des deux parcelles qui
bordent celles des intimés Joyeux Village SA et Blijdorp, la parcelle no 235
(Walter) est au bénéfice d'une autorisation de déversement d'eaux usées via une
installation de prétraitement, situation semblable à ce que requièrent les
intimés; la parcelle 791 (Rivier) ne dispose pas d'autorisation cantonale et le
Service ne connaît pas à ce jour les conditions d'évacuation, ni la qualité des
eaux. (…)."

Le 30 mars 2011, le SESA s'est
adressé à la municipalité, en indiquant en substance qu'il était en mesure d'approuver
le dossier transmis le 28 mars 2011 par le bureau De Cérenville, en vue d'une
autorisation au sens de l'art. 7 LEaux (autorisation de déverser les eaux
polluées dans une eau ou de les infiltrer). Cette approbation n'enlevait en
rien la responsabilité du bureau, notamment en ce qui concernait la
détermination de la nature et de la charge polluante. Le SESA précisait: "Concernant
les eaux usées épurées qui seront évacuées, à l'exception de la DBO5 et de la DCO, critères pour lesquels
nous admettons une tolérance au sens du paragraphe 1, alinéa 3 de l'annexe 3 de
l'OEaux, tous les autres critères relatifs aux exigences générales du
paragraphe 2 de ladite annexe devront être respectés." Il ajoutait que l'autorisation définitive serait établie et
transmise prochainement.

Le 31 mars 2011, le DSE a délivré l'autorisation
n° 179/1 autorisant la société Joyeux Village SA (sic, à l'exclusion de Willem
Adriaan Blijdorp) "à déverser, dans le sous-sol, les eaux usées
provenant de ses trois bâtiments situés au lieu-dit 'Fraide Aigue', Commune de
Saint-Prex, ceci après traitement par une fosse de décantation." L'autorisation
était délivrée à titre transitoire, en attendant la possibilité de raccorder
les eaux usées du bâtiment à une station collective d'épuration. Elle était
accordée à bien plaire et pourrait être retirée en tout temps sans que le
bénéficiaire puisse prétendre à une indemnité quelconque. Cas échéant, et après
accord du département, si les installations d'assainissement devraient être
utilisées en commun avec un autre propriétaire, un acte constitutif de
servitude devrait être établi, avec une inscription au Registre foncier. Le
bénéficiaire était tenu d'entretenir en parfait état de fonctionnement la fosse
de décantation et de la faire vidanger régulièrement, autant de fois que
l'installation l'exigeait, mais au moins une fois par an, sur la base d'un
contrat à conclure avec une entreprise spécialisée satisfaisant aux exigences
en vigueur. Enfin, selon la lettre d'accompagnement du même jour, un contrat de
surveillance et d'entretien devrait être établi avec une instance agréée.

N.                              
Le 12 avril 2011, le recourant a déposé ses ultimes
déterminations. L'élément nouveau constitué par le déplacement de
l'installation individuelle d'épuration sur la parcelle 1168, au lieu de la
parcelle 1169, apparaissait inacceptable, d'autant que l'installation serait
située en zone de non bâtir et dispensée d'enquête publique. Le recourant rappelait
que le but de la loi sur les eaux était d'obliger les collectivités publiques à
accomplir les installations de raccordements, la sanction légale étant que les
terrains non équipés, même en zone à bâtir, sont inconstructibles. L'acceptation
en "catimini " par la commune (sans enquête
publique) d'un ouvrage d'épuration privée pour trois bâtiments était préoccupante.
Le fait que le propriétaire de la parcelle 1168 bâtisse un système individuel d'épuration
allait à l'encontre du but poursuivi par la loi fédérale: la commune n'aurait aucune
incitation à construire le réseau d'égouts dans la zone. Le recourant revenait enfin,
photographies à l'appui, sur la question des arbres au Nord de la parcelle 1169
en soutenant que la création d'un accès et d'un garage souterrain n'en
justifiait pas l'abattage, quelle que fût la compensation.

La municipalité s'est exprimée le
13 avril 2011. Elle confirmait qu'elle entendait bien construire un collecteur
communal en bordure de la route cantonale. Le problème de coordination évoqué à
l'audience tenait aux études en cours concernant le dimensionnement de la
chaussée, ce qui permettrait de déterminer la position exacte de la conduite. L'art.
18 LEaux traitait d'un raccordement "à brève échéance", sans
qu'un délai précis ne soit fixé. Les services de l'Etat avaient admis trois
ans. Selon la municipalité, cette durée commencerait à courir dès le moment où
les bâtiments seraient terminés et où l'épuration individuelle commencerait à
fonctionner. 

Le SFFN a déposé ses observations
le 18 avril 2011 et indiqué que sa prise de position sur le projet d'installation
individuelle d'épuration sur la parcelle 1168 serait incluse dans la synthèse
CAMAC (122395) à venir. Il annexait la demande de permis de construire ce
système et le plan de situation y relatif, d'où il ressort que l'ouvrage,
implanté dans la zone de non bâtir du PEC, aurait une emprise de 12 m x 20 m
(240 m2). 

Le 26 avril 2011, le constructeur s'est
exprimé sur l'état des autorisations relatives au système individuel d'épuration
des eaux.

O.                             
Les autorités cantonales ont délivré les
autorisations spéciales nécessaires par la synthèse CAMAC 122395 du 9 mai 2011,
relative à l' "installation d'un système individuel d'épuration des
eaux provisoire pour 3 villas; décantation des eaux usées puis filtration et
infiltration dans le sous-sol", ouvrage prévu sur la parcelle 1168. En
particulier, le SDT-CRL retenait que l'installation n'impliquerait pas de
mouvements de terre particuliers et que le terrain serait remis en état après
travaux, de sorte que l'impact du projet serait nul, hormis les regards des 2
fosses de décantation et des 4 cheminées qui seraient implantées de part et d'autre.
Le SFFN-CCFN constatait que le projet se situait dans la zone de non bâtir
selon le PEC, mais qu'il serait enterré. Le SESA-AUR1 posait les conditions
suivantes : 

"Les
eaux usées domestiques en provenance des trois habitations considérées,
propriété de Joyeux Village SA, seront traitées et évacuées selon les
conditions figurant dans l'autorisation cantonale n° 179/1 délivrée par le SESA
le 1er avril 2011. 

On veillera en particulier à vidanger régulièrement la fosse de
décantation par une entreprise spécialisée, à entretenir l'installation en
parfait état. A cet égard, un contrat de surveillance doit être établi avec une
entreprise ou un bureau spécialisé. Une copie du contrat demandé sera transmise
au SESA. Le contrat de vidange sera quant à lui transmis à la commune de
St-Prex.

Au surplus, lorsque la commune aura construit dans le secteur un
collecteur d'égouts aboutissant à la STEP centrale, les habitations y seront
raccordées et l'installation particulière d'épuration sera démantelée. 

(…)"

Le permis de construire y relatif a
été délivré le 16 mai 2011 par la municipalité, sans recours.

P.                              
Entre-temps, le 9 mai 2011, la municipalité a
informé le SESA de ce qui suit : 

"(…)
notre Autorité a donné un mandat au bureau (…) pour les différentes variantes
possibles quant à la création d'un collecteur pour acheminer les eaux usées
(EU) des habitations de la partie Est de la route de Morges à la station d'épuration
(STEP).

Ceci étant, nous vous remettons, ci-joint, les variantes qui nous ont
été soumises et que la Municipalité a présentées en date du 3 juin 2009, en
salle du conseil communal, à tous les propriétaires concernés. Une bonne partie
des habitants ont émis de forts avis négatifs à l'encontre du projet. Il en est
toutefois ressorti que l'implantation d'un collecteur sous la chaussée de la
route de Morges était la variante admise par la majorité des propriétaires.

Dès lors et afin de coordonner l'intervention pour diminuer les coûts et
réduire les inconvénients pour les usagers du domaine public, il est nécessaire
de connaître les aménagements routiers qui seront entrepris dans le cadre du
schéma directeur de la région morgienne (RM/PALM).

A ce jour, il semblerait que la future
chaussée empièterait d'environ 6 mètres côté amont de la chaussée, alors que
dans un premier temps, l'empiétement était prévu de part et d'autre de la
voirie actuelle. Par conséquence, notre Autorité est dans l'obligation de
connaître le résultat final de l'étude de la requalification de la RC1,
entreprise par Région Morges, pour continuer les études d'assainissement de ce
secteur. (…)"

Le 17 mai 2011, le SESA s'est
adressé à la municipalité. Il rappelait la teneur de la séance du 23 mars 2009 et
de l'engagement pris par la municipalité le 29 avril 2009, et indiquait : 

"Après
avoir pris connaissance de votre courrier du 9 mai 2011, nous prenons acte que
votre projet de construction du collecteur EU précité est suspendu. De ce fait,
nous relevons que votre engagement ferme d'assainir le secteur cité en titre
est à ce jour nul et non avenu. A notre connaissance, le projet de correction
de la route cantonale est encore bien éloigné de sa réalisation. Il ne s'agit
certainement pas d'un délai raisonnable.

Au vu de ce fait nouveau important, nous constatons dans la totalité du
secteur cité en titre la persistance d'une situation de non respect de la loi
fédérale sur la protection des eaux.

En conséquence de ce qui précède, nous vous
informons que dorénavant notre service s'opposera à la délivrance de tous les
permis de construire ou de transformations d'habitations, déposés dans le
secteur cité en titre, qui pourraient aggraver la situation dans le domaine qui
relève de notre compétence."

Le constructeur s'est exprimé le 27
mai 2011, soulignant que les courriers de la municipalité du 9 mai 2011 et du
SESA du 17 mai 2011 concernaient toute la zone et non pas uniquement les
parcelles 1167 à 1169, qu'il n'y avait pas lieu de déduire de la lettre de la
municipalité que celle-ci aurait suspendu le projet de construction du
collecteur et que le SESA n'avait pas retiré l'autorisation donnée.

Q.                             
Le 24 mai 2011, le SESA s'est déterminé sur la
quantité d'eaux usées brutes produites par un équivalent-habitant. 

Le 16 juin 2011, les servitudes
(relatives aux connections des diverses propriétés à la future installation
individuelle d'épuration) et charges foncières (obligeant les propriétaires,
une fois le collecteur communal achevé, à s'y connecter et à mettre la l'installation
individuelle hors d'usage) ont été inscrites au Registre foncier (usage d'une
installation de traitement des eaux usées, canalisations quelconques, ID.2011/001307;
voisinage, obligation d'équipement et de raccordement, ID.2011/001308).

R.                              
Interpellé par la juge instructrice sur la
quantité de production d'eaux usées des bâtiments des parcelles 1167, 1168 et
1169 à raccorder au système individuel provisoire d'épuration des eaux, le bureau
De Cérenville a répondu le 18 juillet 2011, dans les termes suivants : 

"1) A quelle quantité (en litres par jour)
estimez-vous la production d'eaux usées des bâtiments des parcelles 1167, 1168
et 1169 à raccorder à la mini-station, pour chacune de ces parcelles et dans
leur ensemble?

La quantité d'eau usée produite par les futurs bâtiments a été estimée
sur la base des informations transmises par le bureau d'architectes
Jean-Baptiste Ferrari & Associés SA lors de l'établissement du projet. Les
valeurs prises en compte sont conservatives, de manière à éviter tout
engorgement du système en cas d'augmentation du nombre d'occupants. Il a ainsi
été pris en compte un taux d'occupation maximum des habitations, ainsi que des
installations particulières générant des eaux usées, telles que piscines et
spas.

Le tableau en page suivante résume les
hypothèses et détails du dimensionnement.

Le fait que le débit total pour les trois bâtiments ne corresponde pas
au triple de la valeur "par bâtiment" s'explique comme suit:

• Conformément à la convention d'utilisation de l'architecte, les
filtres des piscines sont nettoyés une fois par semaine, mais jamais deux le
même jour, ce qui correspond donc à un débit maximum de 2000 litres par jour.

• Même pour le calcul d'une seule habitation il est donc nécessaire de
prendre en compte le débit unitaire maximum de nettoyage des filtres des
piscines. Le même raisonnement est appliqué aux eaux de nettoyage des spas.

• En conséquence, les débits de rejet des piscines et des spas sont
identiques dans le cas du calcul "par bâtiment" ou "pour les
trois bâtiments" et ne sont donc pas dans un rapport de 1 à 3.

2) A quelle quantité (en litres par jour) estimez-vous
la capacité de traitement d'eaux usées de la mini-station prévue?

Le système est dimensionné pour absorber les débits de projet décrits
précédemment, soit 8100 l/j pour les trois habitations et selon les conditions
d'utilisation mentionnées.

A noter que la perméabilité effective du terrain permet probablement d'infiltrer
un débit supérieur à cette valeur. Toutefois, l'installation individuelle d'épuration
a été dimensionnée en tenant compte d'un facteur de sécurité simulant un effet
de colmatage partiel du système à long terme qui tend à diminuer légèrement sa
capacité d'absorption. Nous avons appliqué en ce sens les recommandations du
SESA du 23 septembre 2010 basées sur leur expérience à long terme de ce genre d'installation.

(…)."

S.                              
Le tribunal a communiqué ce document aux parties
le 20 juillet 2011. Il a ensuite statué.

Considérant en droit

1.                               
La CDAP examine d'office et avec un plein
pouvoir d'examen la recevabilité des recours qui lui sont soumis (arrêts
AC.2010.0022 du 15 avril 2011; AC.2009.0250 du 28 février 2011; AC.2009.0094 du
19 mai 2010, et les arrêts cités).

a) Applicable dans la procédure de recours devant la CDAP par renvoi de
l'art. 99 de la loi du 28 septembre 2008 sur la procédure administrative
(LPA-VD; RSV 173. 36), entrée en vigueur le 1er janvier 2009, l'art.
75 LPA-VD prévoit :

Art. 75 -
Qualité pour agir

A qualité pour former recours:

a.      toute personne
physique ou morale ayant pris part à la procédure devant l'autorité précédente
ou ayant été privée de la possibilité de le faire, qui est atteinte par la
décision attaquée et qui dispose d'un intérêt digne de protection à ce qu'elle
soit annulée ou modifiée;

b.      toute autre personne ou autorité qu'une loi
autorise à recourir.

La qualité pour recourir des
particuliers est ainsi subordonnée, en vertu du texte concordant des art. 75
LPA-VD et - anciennement - 37 de la loi du 18 décembre 1989 sur la juridiction
et la procédure administratives (aLJPA), à la condition que l'auteur du recours
soit atteint par la décision attaquée et qu'il ait un intérêt digne de protection
à ce qu'elle soit annulée ou modifiée. 

Même selon la nouvelle
jurisprudence plus restrictive du Tribunal fédéral relative à l'art. 89 al. 1 let. b de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal
fédéral (LTF; RS 173.10), en droit des constructions, le voisin a un
intérêt digne de protection à se prévaloir de dispositions relatives à la
hauteur d'une construction, à sa densité, à la distance aux limites et aux
immixtions (ATF 135 II 145 p. 152 et les références citées). De manière plus
générale, les griefs fondés sur des dispositions de droit des constructions
relatives à l'esthétique, à la hauteur et au volume du projet litigieux sont de
ceux qui fondent la qualité pour recourir des voisins car ils ont un effet
direct sur l'usage de leur immeuble et la valeur de celui-ci (1C_2/2010 du 23
mars 2010). Ainsi, le voisin peut contester un projet de construction en
faisant valoir qu'il est surdimensionné et qu'il ne respecte pas la distance à
la forêt, car ce grief lui permettrait d'obtenir que la parcelle voisine soit
utilisée moins intensément (1C_128/2009 du 25. septembre 2009). 

Comme l'indiquent des arrêts
récents, il faut se garder de confondre la qualité pour recourir avec les
moyens de recours. Si la qualité pour recourir est admise, le recourant doit être
admis à faire valoir tous les griefs qui pourraient lui procurer un avantage
pratique en cas d'admission du recours. Par exemple, si le recourant fait
valoir que l'accès au fonds voisin est insuffisant, un intérêt digne de
protection ne peut pas lui être dénié pour le motif que l'accès de sa propre
parcelle ne passerait pas par la même route: en effet, l'équipement (et en
particulier un accès suffisant, art. 19 al. 1 LAT) est une condition de la
délivrance de l'autorisation de construire (art. 22 al. 2 let. b LAT). Si l'équipement
est insuffisant, l'autorisation de construire sera refusée. L'intérêt pratique
et concret du recourant consiste alors en ceci que le projet de construction ne
serait pas réalisé si le grief relatif à l'équipement était admis (1C_236/2010
du 16 juillet 2010; voir également, s'agissant du raccordement aux conduites d'évacuation
des eaux usées, 1C_165/2010 du 18 novembre 2010). Il en va de même pour les
griefs concernant la non conformité à la zone, le
nombre insuffisant de places de parc ou le choix des couleurs et des matériaux
de la construction (1C_296/2010 du 25 janvier 2011, publié in ATF 137 II 30). 

En résumé, le voisin à la situation
duquel un projet de construction serait préjudiciable peut s'y opposer en
invoquant tous les moyens propres à empêcher totalement la construction ou à
imposer une modification du projet le rendant moins dommageable pour le
recourant (AC.2009.0020 du 27
octobre 2010; v. ég. AC.2010.0264 du 14 février 2011; AC.2009.0228 du 15
décembre 2010).

b) En l'espèce, la parcelle du
recourant, supportant une habitation, est contiguë à la parcelle 1169 destinée
à la villa litigieuse. Le recourant possède également, en copropriété, la
parcelle 1228 implantée au Nord-Ouest de la parcelle 1169, immédiatement de l'autre
côté de la route cantonale. Le recourant a dès lors un intérêt digne de
protection à contester ce nouveau bâtiment, dès lors qu'il remet en cause sa
densité et son volume, ainsi que son esthétique et son intégration dans le
site. 

Il y a donc lieu d'entrer en
matière sur le recours.

2.                               
Il sied d'examiner en premier lieu le respect du
COS. 

a) La parcelle litigieuse est
soumise au plan général d'affectation (PGA) du 12 juin 1997, dont la
modification est entrée en vigueur le 16 février 2011. Désormais, seule cette
dernière version est applicable. Plus précisément, le bien-fonds est colloqué en zone de verdure arborisée régie par l'art.
78bis RPGA, en zone de villas C régie par
les art. 53 ss RPGA et en zone verte régie par l'art. 78 RPGA. 

b) S'agissant de la définition des
surfaces constructibles, entrant dans le calcul du COS, il sied de se référer
en premier lieu à l'art. 48 al. 3 LATC, ainsi libellé : 

Art. 48  Définition et délimitation

1 - 2 (…)

3 En principe,
seules les surfaces classées en zone à bâtir entrent dans le calcul des
coefficients d'occupation et d'utilisation du sol. Les règlements communaux
peuvent toutefois prévoir des dispositions spéciales dérogeant à cette règle
pour les parcelles partiellement situées dans l'une des zones prévues à l'article
54, al. 1.

Selon la jurisprudence, si les
règlements communaux peuvent inclure d'autres zones, ils sont toutefois limités
par les règles impératives du droit fédéral qui interdisent de tenir compte de
l'aire forestière (ATF 110 Ia 91), des zones agricoles et intermédiaires (RDAF
1988 230) et de la partie non constructible d'un bien-fonds qui n'est situé qu'en
partie dans une zone destinée à la construction à moins qu'une disposition
expresse ne prévoie une exception (ATF 109 Ia 30). L'art. 48 LATC a donné lieu
à une casuistique complexe, exposée dans l'arrêt AC.1995.0234 du 5 novembre
1996 consid. 3. Précisons encore que l'art. 54 al. 1 LATC renvoie aux zones
protégées, dont aux zones de verdure; une base réglementaire est ainsi
nécessaire pour la prise en compte de la partie d'une parcelle en zone de
verdure dans le calcul du coefficient (RDAF 1987 p. 451).

En l'occurrence, seuls prêtent à
discussion les secteurs de la parcelle 1169 sis en zone verte et en zone de
verdure arborisée, zones respectivement définies ainsi qu'il suit : 

Art. 78

Cette zone est destinée à sauvegarder les
sites ainsi que les espaces non bâtis publics ou privés caractéristiques. Toute
construction y est interdite, ainsi que les aménagements et mouvements de terre
pouvant modifier le caractère des lieux.

La construction de piscines est toutefois
autorisée. Elles se situeront à une distance de 3 m au minimum de la limite de
la parcelle voisine. Leurs bords ne dépasseront pas de plus de 0,5 m le niveau
du terrain naturel, et ce au point le plus élevé. Elles n'entrent pas dans le
calcul de la surface bâtie.

Les terrains privés régis par cette règle
sont pris en considération pour le calcul de la surface constructible.

Art. 78bis

La zone de verdure arborisée est
inconstructible et non aménageable, à l'exception de parois anti-bruit, accès
aux installations portuaires et divers accès. Elle a pour but de créer une zone
de structure paysagère particulière de transition. Elle doit être maintenue
dans sa surface.

Aucune atteinte ne pourra lui être portée
sans autorisation préalable de la Municipalité, qui au besoin consultera l'instance
cantonale compétente (Centre de conservation de la faune et de la nature). Lors
du remplacement de l'arborisation, la préférence sera donnée à des essences de
hauts ports, indigènes et en station.

L'arborisation existante est protégée par la
loi fédérale sur la protection de la nature et du paysage (art. 18 al. 1bis),
la loi sur la faune (art. 21), la loi sur la protection de la nature, des
monuments et des sites (LPNMS) et le règlement communal sur la protection des
arbres.

Les terrains privés régis par cette règle
sont pris en considération pour le calcul de la surface constructible.

Ainsi, les art. 78 al. 3 et 78bis
al. 4 RPGA prévoient expressément que les terrains colloqués dans les zones verte et de verdure
arborisée sont pris en considération pour le calcul de la surface
constructible. Cette règle ne s'écarte nullement du droit fédéral ou de la
jurisprudence exposée ci-dessus, de sorte qu'elle doit être appliquée en
l'espèce. 

La surface constructible de la
parcelle à prendre en considération pour le calcul du COS correspond ainsi à sa
totalité, soit 5345 m2, étant rappelé que la parcelle 1169 ne
comporte plus d'aire forestière selon la modification du PGA entrée en vigueur
le 16 février 2011.

c) S'agissant des limitations des
dimensions des constructions en zone de villas C, l'art. 55 al. 2 RPGA prévoit
que "la surface bâtie ne peut excéder le 1/10 de la surface totale de
la parcelle", à savoir en l'espèce 534,5 m2. L'art. 97 al.
4 LATC dispose néanmoins que "Les bâtiments
neufs ou rénovés atteignant des performances énergétiques sensiblement
supérieures aux normes en vigueur bénéficient d'un bonus supplémentaire de 5 %
dans le calcul des coefficients d'occupation ou d'utilisation du sol." Compte tenu de ce bonus, la surface bâtie maximum atteint en
l'occurrence 561,22 m2. 

d) aa) Il reste à examiner si la
surface bâtie du projet respecte le maximum précité. A teneur de l'art. 94
RPGA, celle-ci est calculée ainsi : 

Art. 94

La surface bâtie est mesurée sur le plan du
niveau de la plus grande surface.

Dans le calcul des rapports entre la surface
bâtie et la surface de la parcelle, il est tenu compte des garages et
dépendances, même s'ils sont semi-enterrés, des terrasses couvertes, etc., s'ils
font corps avec le bâtiment principal. Les garages complètement enterrés ne
sont pas comptés dans la surface bâtie. Ils peuvent être construits en limite
de propriété.

Jusqu'à une profondeur de 1,80 m, les
balcons ne sont pas comptés dans la surface bâtie.

Les piscines peuvent être implantées à une
distance de 3 m au minimum de la limite de la propriété voisine, si leurs bords
ne dépassent pas de plus de 50 cm le niveau du terrain naturel, et ce au point
le plus élevé. Dans ce cas, elles n'entrent pas dans le calcul de la surface
constructible. Dans les autres cas, elles sont assimilables à des constructions
et doivent respecter les conditions de la zone où elles sont implantées.

Les
piscines couvertes, même provisoirement, sont assimilables à des constructions
et doivent respecter les règles de la zone où elles sont implantées.

Selon les calculs du constructeur
auxquels a adhéré la municipalité, la surface bâtie est ainsi déterminée : 

Sous-sol                          4,65
m2

                                       35,50
m2

Rez
                             411,65 m2

1er
étage                          4,07 m2

                                       26,70
m2

Total                             482,57 m2

En ce
sens, la surface bâtie du projet est ainsi inférieure de 78,65 m2 au
maximum admis (561,22 m2 - 482,57 m2). 

bb) Bien que cet élément n'ait pas
été évoqué par le recourant, il sied de confirmer (cf. arrêt parallèle
AC.2010.0106 consid. 3d/bb) que la "pergola" de 39,91 m2
(5,15 m x 7,75 m) destinée à abriter trois véhicules est soustraite au calcul
du COS compte tenu de ses caractéristiques.

cc) De même (cf. arrêt parallèle
AC.2010.0106 consid. 3d/cc), l'avant-toit accolé à la façade Nord de la villa n'a
pas à être pris en considération dans la surface bâtie. 

dd) En revanche (cf. arrêt parallèle
AC.2010.0106 consid. 3d/dd), le patio de 23,51 m2 doit être inclus dans
le calcul du COS. Cela est toutefois sans conséquence, dès lors que cet élément
n'entraîne pas un dépassement du maximum autorisé de 561,22 m2. 

3.                               
Le recourant affirme ensuite que le nombre de
niveaux excède le maximum prévu par le règlement communal.

Selon l'art. 55 al. 3 RPGA
régissant la zone de villas C, "le
nombre de niveaux est limité à deux sous la corniche, rez-de-chaussée compris". 

Le projet comporte un sous-sol, un
rez et un étage, ce qui paraît conforme à la disposition précitée. Le recourant
soutient toutefois que le sous-sol serait habitable, partant devrait compter
comme niveau. 

Selon la jurisprudence de l'ancienne
Commission cantonale de recours et de l'ancien Tribunal administratif, reprise
à son compte par le Tribunal cantonal, la façon dont les constructeurs
dénomment un niveau n'est pas déterminante pour décider s'il s'agit ou non d'un
sous-sol. Pour décider si un niveau inférieur dégagé d'un bâtiment doit être
considéré comme habitable (et compter au nombre de ceux autorisés), il convient
de se rapporter à toutes les circonstances de l'espèce, soit le rapport au
terrain naturel, l'affectation des locaux et la situation des accès. Est un
sous-sol le niveau dont le volume situé au-dessous du terrain naturel est plus
important que celui hors de terre, n'est pas affecté à l'habitation et dont l'accès
principal du bâtiment est situé à l'étage supérieur. Doit aussi être considéré
comme sous-sol un niveau totalement dégagé sur une façade et partiellement sur
deux autres, qui comprend l'entrée principale du bâtiment, à condition que ce
niveau, situé sous le niveau naturel pour plus de la moitié de son volume, ne
soit pas voué à l'habitation; que le plancher du rez-de-chaussée soit situé en dessous
du terrain naturel en amont; que la hauteur du bâtiment au faîte soit
sensiblement inférieure au maximum réglementaire. Est également un sous-sol un
niveau sur lequel se trouve l'entrée du bâtiment (avec une façade percée de
grandes baies vitrées), la majeure partie du niveau étant néanmoins située sous
le terrain naturel. Inversement, un niveau comprenant des locaux habitables
hors de terre sur plus de la moitié de son pourtour, dégagé sur la totalité de
sa façade principale, n'est pas un sous-sol, pas davantage que le niveau
inférieur d'un bâtiment, presque entièrement hors de terre sur trois façades,
duquel on accède au bâtiment par un hall de plain-pied (arrêts AC.2008.0141 du
19 décembre 2008 consid. 2; AC.2007.0276 du 13 juin 2008 consid. 8c;
AC.2007.0290 du 26 février 2008 consid. 3c; AC.2006.0044 du 30 octobre 2006
consid. 5; AC.2004.0232 du 8 décembre 2005 consid. 2, où la qualification
de sous-sol a été retenue; AC.2006.0118 du 26 juillet 2007 consid. 2;
AC.2006.0082 du 20 février 2007 consid. 5, où le niveau inférieur a été
considéré comme habitable). Il en va pareillement d'un sous-sol presque
entièrement enterré, quand bien même il comporte à une de ses extrémités un
local, à la façade à moitié enterrée, disposant de deux fenêtre et d'une porte
en contrebas du terrain AC.2008.0056 du 28 juillet 2009 consid. 1).

Pour être considéré comme "habitable",
un niveau doit se prêter au séjour durable des personnes, que ce soit pour l'habitation
ou le travail. Pour décider si un niveau est habitable, la seule intention du
constructeur n'est pas décisive, mais il faut examiner si objectivement, l'aménagement
du niveau considéré permet de rendre la surface facilement habitable
(AC.2002.0052 du 11 février 2002). 

Ces principes ne s'appliquent qu'à
défaut de réglementation communale topique (AC.2007.0276, précité, consid. 8c;
AC.2006.0044, précité, consid. 5c; AC.2004.0232, précité, consid. 2a). A cet égard, l'art. 97 RPGA définit les critères d'habitabilité des
sous-sols dans les termes suivants : 

Art. 97 

Les sous-sols sont habitables aux conditions
suivantes 

-     le plancher ne peut être à plus de 1,5
m en contrebas du point le plus élevé du sol extérieur aménagé 

-     1 face au moins des locaux d'habitation
doit être entièrement dégagée 

-     la profondeur de ces locaux ne peut
être supérieure à 6 m par rapport à la façade entièrement dégagée 

-     les conditions d'éclairage de ces
locaux doivent être assurées par une disposition judicieuse des fenêtres et la
surface de celles-ci doit répondre aux exigences de la législation cantonale 

-     les murs extérieurs de ces locaux seront rendus
étanches, pourvus des drainages nécessaires sur leurs faces extérieures et
convenablement isolés.

Il découle des plans produits -
notamment de ceux du 10 juin 2009 - que le sous-sol en cause, qui comporte pour
l'essentiel un garage, le fond du patio central, un home cinéma, un cellier,
une cave, et une piscine avec jacuzzi, sauna, sanarium, hammam, fitness et
vestiaires, est pratiquement entièrement enterré. Seule la façade Sud est très
partiellement dégagée par un vitrage d'environ 5 m de large sur 1,5 m de haut
éclairant la piscine intérieure, et par une porte adjacente reliant le sous-sol
à l'extérieur. Compte tenu de l'ensemble des circonstances, soit les dimensions
de cette ouverture -ramenées à la surface totale du sous-sol, de l'ordre de 400
m2 sans compter le garage - et l'usage mentionné des locaux (cf.
AC.2008.0161 du 24 avril 2009 consid. 1b), le sous-sol ne peut être qualifié d'habitable
que ce soit au regard de la jurisprudence exposée ci-dessus ou de l'art. 97
RPGA. Le patio central de 23,51 m2 ne conduit pas à une autre
conclusion, dès lors qu'au vu de son étroitesse et de sa profondeur, il ne
saurait fournir un apport suffisant de lumière.

Par ailleurs, s'il est vrai que le
site internet des promoteurs du projet mentionne "trois niveaux
habitables", cet élément n'est pas déterminant, du moment que les
notions commerciales et juridiques de l'habitabilité ne sont pas identiques.

4.                               
Le recourant dénonce un nombre excessif de
places de parc.

a) Le règlement communal définit le
nombre de places de stationnement à son art. 101, ainsi libellé :

Art. 101 

La
Municipalité fixe le nombre de places de stationnement privées ou garages pour
voitures. Ils doivent être aménagés par les propriétaires à leurs frais et sur
leur terrain, en rapport avec l'importance et la destination des nouvelles
constructions, transformations importantes ou nouvelles affectations. Au
minimum 2 places par logement.

Cette disposition communale prévoit
ainsi un minimum de 2 places par logement; elle ne fixe pas de maximum, mais
édicte que le nombre de places doit être "en rapport avec l'importance
et la destination des constructions". Sur ce dernier point, il
convient de se référer, ne serait-ce que par analogie, aux normes VSS éditées
par l'Association suisse des professionnels de la route
et des transports (quand bien même l'art. 40a du
règlement d'application du 19 septembre 1986 de la LATC (RLATC; RSV 700.11.1), qui y renvoie, a été
considéré comme dépourvu de base légale, cf. AC.2009.0064
du 4 novembre 2010 consid. 4). Selon la norme SN 640 281 intitulée "Stationnement;
Offre en cases de stationnement pour les voitures de tourisme", le
dimensionnement de l'offre de stationnement pour l'affectation au logement
correspond à une place par 100 m2 de SPBU ou une place par
appartement, plus 10 % pour les visiteurs (ch. 9.1), ces chiffres constituant
des valeurs indicatives. Ce n'est qu'à la fin des calculs, après avoir fait
tous les totaux, que doit intervenir l'arrondissement du nombre de cases de
stationnement à l'entier supérieur (ch. 9.2). Le critère donnant le plus
grand nombre de cases est déterminant (AC.2007.0108 du 20 mai 2008 consid. 1b).

b) En l'espèce, la SBPU est de 1151
m2, ce qui autorise, selon la norme VSS précitée, places visiteurs
comprises, 13 places de parc. Le projet comportant 13 places, il demeure licite
sous cet angle. Le principe de la proportionnalité ne conduit pas à descendre
en deçà de ce nombre, dès lors que 10 places sont enterrées. 

5.                               
Le recourant se plaint de l'implantation de la
rampe de garage dans les limites de distance à sa propre parcelle 235. 

Selon la jurisprudence, les rampes
et voies d'accès aux garages, construites sur fonds privés, sont assimilées aux
dépendances au sens de l'art. 39 al. 3 RLATC (AC.2007.0278 du 15 novembre 2007
consid. 5c et références). Elles peuvent ainsi être construites dans les
espaces réglementaires entre bâtiments et limites de propriété, à condition qu'elles
n'entraînent pas de préjudice excessif pour les voisins. 

En l'espèce, il n'y a pas lieu de s'écarter
de ce principe, dès lors qu'il est ressorti à l'audience que la rampe d'accès
au garage - implantée à 4 m de la limite - ne gêne aucunement les habitants de
la parcelle du recourant. 

6.                               
Enfin, le recourant soutient que le bien-fonds n'est
pas équipé, faute d'être raccordé aux canalisations d'évacuation des eaux, et
qu'il ne le sera pas davantage à l'achèvement de la construction. 

a) Le constructeur a prévu de se
raccorder à un système individuel provisoire d'épuration à installer sur la
parcelle voisine 1168, avec l'autorisation des autorités cantonales (autorisation
d'infiltration des eaux usées du 31 mars 2011 du DSE, synthèse CAMAC du 9 mai
2011) et communale (permis de construire du 16 mai 2011), sans enquête
publique. Dès la mise en fonction du réseau communal d'égouts dans le secteur,
la villa y sera raccordée et l'installation particulière démantelée. Le système
consiste en une décantation des eaux usées, suivie d'une filtration et
infiltration dans le sous-sol. Plus précisément, il s'agit de tranchées
filtrantes d'une surface totale de 12 m sur 20 m, soit 240 m2, avec
deux fosses de décantation (de 4,30 m de haut sur 1,60 m de diamètre,
respectivement de 2,70 m de haut sur 1,60 m de diamètre), deux chambres
auto-amorçantes, et deux chambres de contrôle. L'installation est implantée, à
quelque 40 m du lac, dans la zone de non bâtir selon le PEC, réservée, d'après
l'addenda et les premières déterminations du SDT-CRL du 11 mars 2009, aux
constructions et installations publiques ainsi qu'aux petits garages à bateaux.
Selon la synthèse CAMAC du 9 mai 2011, le SDT-CRL a considéré en définitive que
le projet, enterré et provisoire, n'aurait pas d'impact sur les problématiques
traitées par le PDRives. 

Le SESA a en outre requis que les
exigences du ch. 2 de l'annexe 3 de l'ordonnance du 28
octobre 1998 sur la protection des eaux (OEaux; RS 814.201) soient respectées (exigences générales relatives au déversement d'eaux
polluées communales dans les eaux), à l'exception de la DBO5 (demande biochimique en oxygène) et
de la DCO (demande chimique en oxygène), critères pour lesquels une tolérance
au sens du ch. 1 al. 3 de ladite annexe (relatif aux stations d'épuration de
200 équivalents-habitants ou moins) était admise. De plus, le détenteur devrait
entretenir régulièrement la fosse de décantation et la faire vidanger au moins
une fois par an, moyennant un contrat à conclure avec une entreprise
spécialisée. Un contrat de surveillance et d'entretien devrait également être
établi avec une instance agréée (voir aussi le règlement du 4 mars 2009 sur
l'entretien des installations particulières d'épuration des eaux usées
ménagères et des installations de prétraitement industrielles; RIEEU; RSV
814.31.1.2). D'autres exigences techniques avaient encore été posées par le
SESA le 23 septembre 2010 (cf. supra let. J).

b) Selon l'art. 22 al. 2 let. b LAT
a contrario, une autorisation de construire ne peut être délivrée si le terrain
n'est pas équipé. De même, l'art. 104 al. 3 LATC
dispose que la municipalité n'accorde le permis de construire que lorsque le
bien-fonds est équipé pour la construction ou qu'il le sera à l'achèvement de
la construction et que les équipements empruntant la propriété d'autrui sont au
bénéfice d'un titre juridique. 

L'art. 19 LAT précise qu'un terrain
est équipé lorsqu'il est desservi d'une manière adaptée à l'utilisation prévue
par des voies d'accès et par des conduites auxquelles il est possible de se
raccorder sans frais disproportionnés pour l'alimentation en eau et en énergie,
ainsi que pour l'évacuation des eaux usées (al. 1). Les zones à bâtir sont
équipées par la collectivité intéressée dans le délai prévu par le programme d'équipement.
Le droit cantonal règle la participation financière des propriétaires fonciers
(al. 2). Si la collectivité intéressée n'équipe pas les zones à bâtir dans les délais
prévus, elle doit permettre aux propriétaires fonciers d'équiper eux-mêmes leur
terrain selon les plans approuvés par elle ou les autoriser à lui avancer les
frais des équipements selon les dispositions du droit cantonal (al. 3).

Selon la jurisprudence, il
appartient en première ligne aux collectivités publiques d'équiper en temps
utile les zones à bâtir (art. 49 et 50 LATC; AC.1992.0379 du 24 juin 1994). L'art.
32 de l'ordonnance du 28 juin 2000 sur l'aménagement du territoire (OAT; RS
700.1) prévoit en outre que l'autorité cantonale doit veiller à ce que les
collectivités publiques remplissent les tâches qui leur incombent en matière d'équipement;
elle doit aussi vérifier, lorsque l'équipement n'est pas réalisé en temps
utile, s'il y a lieu d'adapter les plans d'affectation. Sont réservés les
recours pour déni de justice ou retard injustifié et les prétentions en
dommages et intérêts des propriétaires concernés.

S'agissant plus précisément du
raccordement aux canalisations, l'art. 11 LEaux prévoit, sous la note marginale
"Obligations de raccorder et de prendre en charge les eaux polluées",
que les eaux polluées produites dans le périmètre des égouts publics doivent
être déversées dans les égouts (al. 1). Le périmètre des égouts publics englobe
la zone à bâtir (al. 2 let. a). En conséquence, à l'instar de l'art. 22 al. 2
let. b LAT, l'art. 17 let. a LEaux dispose qu'un permis de construire ou
de transformer un bâtiment ne peut être délivré, dans le périmètre des égouts
publics, que si le déversement des eaux polluées dans les égouts (art. 11, al.
1) ou l'utilisation de ces eaux à des fins agricoles (art. 12, al. 4) sont
garantis.

Autrement dit, en zone à bâtir, une
autorisation de construire ne peut être délivrée que si le bien-fonds est
raccordé aux canalisations d'égouts publics menant à une station collective d'épuration.
Des dérogations ne sont possibles qu'aux conditions de l'art. 18 LEaux, ainsi
libellé :

Art. 18  Dérogations

1 Pour de petits bâtiments et installations situés dans
le périmètre des égouts publics mais ne pouvant pas, pour des raisons
impérieuses, être immédiatement raccordés au réseau, le permis de construire
peut être délivré si le raccordement est possible à brève échéance et si les
eaux usées sont évacuées de manière satisfaisante dans l'intervalle.

L'autorité consulte le service cantonal de
la protection des eaux avant de délivrer le permis.

2 Le Conseil
fédéral peut préciser les conditions à remplir.

Une exception ne peut dès lors être
admise qu'aux quatre conditions cumulatives suivantes: il doit s'agir "de petits bâtiments et installations", qui ne
peuvent pas, "pour des raisons impérieuses, être immédiatement
raccordés au réseau", que le raccordement soit possible "à
brève échéance" et que les eaux usées soient "évacuées de manière
satisfaisante dans l'intervalle." Cette disposition correspond à l'art.
19 de l'ancienne loi fédérale du 8 octobre 1971 sur la protection des eaux
contre la pollution, (RO 1972 958 et les modifications
subséquentes; aLPEP), entrée en vigueur le 1er
juillet 1972, abrogée à la suite de l'entrée en vigueur de la LEaux. 

On relèvera en passant que l'art.
17 al. 1 aLPEP disposait déjà que "pour assurer l'évacuation et
l'épuration des eaux usées, il y a lieu d'établir les réseaux de canalisations
publiques et les stations centrales nécessaires à cet effet ".
L'art. 16 aLPEP précisait que "les cantons veillent à ce que les modes
d'élimination par déversement et par infiltration pouvant causer une pollution
soient adaptés aux exigences de la protection des eaux ou supprimés dans un
délai de 10 ans depuis l'entrée en vigueur de la loi ". Ce délai de 10
ans, courant dès le 1er juillet 1972, est échu depuis le 1er
juillet 1982, soit depuis pratiquement 30 ans.

c) En l'espèce, il n'est pas
contesté que le bien-fonds n'est pas raccordé aux canalisations publiques au
sens de l'art. 19 LAT, et qu'il ne le sera pas à l'achèvement de la
construction. Il reste à examiner si les conditions de l'art. 18 LEaux sont
remplies. 

aa) S'agissant de la taille d'un "petit
bâtiment" au sens de cette disposition, un ATF récent 1C_165/2010 du
18 novembre 2010 (consid. 5.4.1) rappelle que selon le Message du Conseil
fédéral concernant l'initiative populaire "pour la sauvegarde de nos
eaux" et la révision de la loi fédérale sur la protection des eaux,
les art. 17 et 18 peuvent se réduire à de simples conditions liées à la
technique d'évacuation des eaux usées, dès lors que la LAT règle l'obtention du
permis de construire à l'intérieur et à l'extérieur des zones à bâtir (FF 1987
II 1081 ss, spéc. p. 1143). Il en découle, selon le Tribunal fédéral, que la
question de savoir si l'on est en présence d'un petit bâtiment au sens de l'art. 18 LEaux
doit être appréciée du point de vue de la protection des eaux. Autrement dit,
un grand bâtiment en termes de surface peut être qualifié de petit bâtiment au
sens de l'art. 18 LEaux, s'il ne produit qu'une faible quantité d'eaux usées. 

Dans cette affaire 1C_165/2010, qui
concernait la construction d'un atelier, d'une scierie, d'un bâtiment destiné à
des bureaux et d'un dépôt, l'Office fédéral de l'environnement avait soutenu en
cours de procédure qu'une quotité de 5 équivalents-habitants, soit de 850
litres par jour (un équivalent-habitant valant 170 litres d'eaux usées par
jour, suivant la directive "Kleinkläranlagen-Richtlinie"
éditée en 1995 par l'Association suisse des professionnels de la protection des
eaux [VSA; Verband Schweizer Abwasser-und Gewässerschutzfachleute]) pouvait
encore être considérée comme une production d'eaux usées plutôt petite ("eher
kleinen Abwasseranfall"). Le Tribunal fédéral n'a toutefois pas
tranché la question de savoir si une quantité de 850 litres d'eaux usées par
jour respectait ou dépassait la notion de petit bâtiment au sens de l'art. 18
LEaux, dès lors qu'il a dû renvoyer la cause à l'autorité cantonale pour qu'elle
détermine la quantité d'eaux usées effectivement générée par l'entreprise. 

Dans une affaire antérieure (ATF
1A.194/1997 du 12 décembre 1997), le Tribunal fédéral avait en revanche admis
qu'une maison d'habitation comportant une surface au sol de 57 m2
était un petit bâtiment au sens de l'art. 18 LEaux.

En l'espèce, ni le SESA, ni aucune
des parties n'ont indiqué quelle sera précisément la quantité d'eaux usées qui
sera produite par les trois villas. Interpellé sur la réalisation des
conditions de l'art. 18 LEaux, le SESA s'est borné à indiquer au tribunal, le
18 mars 2011 (cf. supra let. M), qu'il avait "autorisé le principe
d'une épuration individuelle provisoire en considération, d'une part, de la
perspective d'équipement dans un délai jugé raisonnable, d'autre part, de
l'existence de plusieurs bâtiments." Invité à s'exprimer sur la
question, le bureau géotechnique mandaté par le constructeur pour réaliser le
système individuel provisoire d'épuration des eaux a relevé en substance (étant
renvoyé pour le surplus à la partie "En fait", let. Q) que la
quantité d'eaux usées qui sera générée par chaque villa - selon une estimation
conservative - atteint 4700 litres par jour, compte tenu de 10
équivalents-habitants par habitation (dont on rappellera qu'elles comportent
des SBPU de l'ordre de 1000 m2), de 5 piscines pour les 3 villas, et
d'1 spa par villa. Il sied ainsi de retenir que la villa à ériger sur la
parcelle 1167 produira 4700 litres par jour, soit une quantité plus de cinq
fois supérieure à celle qualifiée de "plutôt petite" par
l'OFEV dans l'affaire précitée 1C_165/2010. A elle seule, la villa en cause ne
saurait donc être qualifiée de "petit bâtiment" au sens de
l'art. 18 LEaux. 

Il en va d'autant moins que la
notion de "petit bâtiment" doit être examinée en tenant compte
des autres bâtiments à raccorder au système individuel provisoire d'épuration
des eaux. Il n'y a en effet pas lieu de diviser les projets pour échapper aux
exigences de l'art. 18 LEaux. Or, selon le bureau géotechnique, les trois
bâtiments produiront une quantité d'eaux usées de 8100 litres par jour, à
savoir une quantité plus de neuf fois supérieure à celle qualifiée de "plutôt
petite" par l'OFEV.

Déjà pour ce seul motif, les
conditions de l'art. 18 LEaux ne sont pas remplies. 

bb) L'art. 18 LEaux exige par
ailleurs que le raccordement aux égouts publics soit possible à "brève
échéance". 

La législation ne précise pas ce qu'il
faut entendre par un tel délai.

En l'espèce, selon les procès-verbaux
ayant suivi la séance du 23 mars 2009, le SESA a accepté de déroger à l'obligation
de raccordement aux canalisations publiques et d'autoriser à titre transitoire
une installation particulière d'épuration, à condition qu'un collecteur
communal d'eaux usées soit créé dans le secteur, de manière à acheminer les
eaux usées à la station collective d'épuration, dans un délai de trois ans. La
municipalité s'est engagée en ce sens le 29 avril 2009, et a précisé que l'étude
du projet serait réalisée dans un délai d'une année (tout en ajoutant qu'elle
ne serait pas responsable d'une prolongation due à des imprévus). Contrairement
à ce que soutient maintenant la municipalité, il est manifeste que, dans l'esprit
des participants à la séance du 23 mars 2009, le délai de trois ans ne courrait
pas dès l'achèvement de la construction des trois villas en cause (le
collecteur communal étant également destiné aux résidences anciennes du
voisinage), mais dès la confirmation de l'accord entre les parties, intervenu
le 29 avril 2009. 

A l'audience, la municipalité a
exposé en particulier que le projet de collecteur communal avait suscité une
levée de boucliers et que son lieu d'implantation (le long de la route
cantonale ou sur les rives) n'était pas encore défini. Par courrier adressé au
tribunal le 18 mars 2011 (cf. supra let. M), le SESA a rappelé qu'il avait
autorisé le principe d'une épuration individuelle provisoire au motif, en
particulier, que la commune s'était engagée au printemps 2009 à mener son
projet de collecteur à bien dans un délai de trois ans; or, toujours selon ce
courrier du 18 mars 2011, le temps avait passé sans concrétisation de l'équipement
promis. Enfin, par lettre du 9 mai 2011, la municipalité a indiqué qu'elle se
trouvait "dans l'obligation de connaître le résultat final de l'étude
de la requalification de la RC1, entreprise par Région Morges, pour continuer
les études d'assainissement de ce secteur" (i.e., les études liées au
projet de collecteur). Elle n'a pas précisé de calendrier à cet égard. 

Il ressort de ce qui précède qu'à
ce jour, le délai de raccordement du secteur considéré aux canalisations
publiques est repoussé, sine die. Il est ainsi manifeste que ce raccordement ne
sera pas réalisé à "brève échéance", ni même dans le "délai
raisonnable" fixé à trois ans par le SESA. Une deuxième condition
cumulative de l'art. 18 LEaux n'est dès lors pas davantage réalisée. 

cc) La question de la réalisation
des deux dernières conditions cumulatives, soit des "raisons
impérieuses" empêchant le raccordement immédiat au réseau, et une
évacuation "satisfaisante" dans l'intervalle, souffre de rester ouverte, dès lors que
les deux premières conditions ne sont de toute façon pas remplies et que le
principe de la proportionnalité ne s'oppose pas au refus du permis de construire
en application de l'art. 18 LEaux (cf. consid. suivant).

dd) S'agissant du principe de la
proportionnalité, le Tribunal fédéral s'est demandé dans l'ATF précité
1A.194/1997 du 12 décembre 1997 (consid. 5b) s'il conservait une portée distincte
de l'art. 18 LEaux, dès lors que cette norme avait précisément pour but de
renoncer à l'obligation de raccordement, pour des cas où des raisons
impérieuses le justifiaient; le tribunal a néanmoins laissé cette question
indécise, l'atteinte au droit de propriété n'étant de toute manière pas
excessive. Il relevait néanmoins, au titre d'intérêt public, que la protection
optimale des eaux contre la pollution impliquait nécessairement le raccordement
de toutes les installations produisant des eaux usées à des stations d'épuration.

En l'espèce, à le supposer
applicable, le principe de la proportionnalité ne s'oppose pas au refus du
permis de construire - quand bien même on ne peut effectivement pas exiger du
constructeur qu'il se raccorde au collecteur communal existant, à plusieurs
centaines de mètres -, compte tenu de l'incertitude du calendrier de la
construction du collecteur public et des années de tergiversations déjà
écoulées. Surtout, une installation individuelle d'épuration avec décantation
des eaux usées puis filtration et infiltration dans le sous-sol est non
seulement, par sa construction et son principe de fonctionnement, bien moins
performante qu'une station collective d'épuration, mais de plus elle ne
bénéficie pas d'un contrôle continu de la qualité des rejets et est donc loin
d'assurer la sécurité qu'offre une station collective d'épuration (même si les
fosses doivent être régulièrement vidangées). 

La proximité d'une telle
installation d'infiltration avec le lac - à quelque 40 m - paraît d'autant
moins acceptable qu'elle est inapte à lutter contre les micropolluants, qui
contaminent les ressources en eau potable et portent atteinte à la faune et à
la flore aquatiques. On sait pourtant que la lutte contre les micropolluants
est aujourd'hui un enjeu majeur. En effet, le plan d'action 2011-2020 de la
Commission internationale franco-suisse pour la protection des eaux du Léman
(CIPEL) donne la priorité à la réduction des micropolluants. Au plan fédéral,
on signalera entre autres démarches l'adoption, par le Conseil des Etats le 28
septembre 2010 et par le Conseil national le 15 mars 2011, de la motion de la
Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie
du Conseil des Etats (10.3635) intitulée "Substances en traces dans les
eaux usées. Financement de leur élimination selon le principe du
pollueur-payeur". Au niveau cantonal, le Grand Conseil a accordé au
Conseil d'Etat le 23 mars 2010 un crédit cadre en vue du financement d'actions
destinées à lutter contre les micropolluants. Par ailleurs, l'une des mesures
essentielles est d'éliminer ces micropolluants au niveau des stations collectives
d'épuration. En ce sens, une étude avec des essais pilotes a été menée à la
station collective d'épuration de Vidy afin de traiter les micropolluants dans
les eaux usées (étude réalisé par le Service d'assainissement de la Ville de
Lausanne sous mandat de l'OFEV). Selon le document de janvier 2011 intitulé
"Traitement des micropolluants dans les eaux usées - Rapport final sur
les essais pilotes à la STEP de Vidy (Lausanne)", les essais ont été
concluants; les technologies testées sont efficaces pour le traitement avancé
des micropolluants dans les eaux résiduaires urbaines; elles sont réalisables
et exploitables dans la plupart des stations collectives d'épuration (voir
aussi communiqué de presse commun de la Ville de Lausanne, du canton de Vaud et
de l'OFEV du 20 janvier 2011). En revanche, une installation individuelle d'épuration
ne pourrait pas en être pourvue (voir un rapport de juin 2011 intitulé "Traitement
des micropolluants dans les eaux usées - aide à la conception des ouvrages",
établi par le groupement Holinger SA – Triform SA sous
mandat du SESA).

ee) Aucune dérogation ne pouvant
être accordée en application de l'art. 18 LEaux, le bien-fonds 1169 n'est pas
équipé, de sorte qu'une autorisation de construire ne peut être délivrée. La
décision attaquée doit être annulée de ce fait. 

Pour être complet, on ajoutera que
le seul fait que le permis de construire le système individuel provisoire d'épuration
des eaux sur la parcelle 1168 a formellement été délivré le 16 mai 2011 -
moyennant les autorisations spéciales accordées le 9 mai 2011 - ne conduit pas
à une autre conclusion. Pour les motifs qui précèdent, le raccordement de la
villa projetée sur la parcelle 1169 - objet du recours - à un tel système ne
saurait être autorisé, les conditions de l'art. 18 LEaux n'étant pas satisfaites.

7.                               
Le recourant affirme par ailleurs que l'abattage
d'arbres sur la parcelle 1169 en vue d'aménager un accès est illicite. Il ne
remet plus en cause la non qualification de forêt des peuplements sur cette
parcelle, mais soutient que le cordon boisé le long de la RC devrait être
maintenu dès lors qu'il regroupe de nombreux arbres ayant un diamètre supérieur
à 20 cm. 

a) Les parcelles 1167, 1168 et 1169
incluent (outre l'aire forestière sur la parcelle 1167) des milieux naturels
protégés (biotopes) au sens des art. 18 de la loi fédérale du 1er
juillet 1966 sur la protection de la nature et du paysage (LPN; RS 451), 14 ch.
5 de l'ordonnance du 16 janvier 1991 sur la protection de la nature et du
paysage (OPN; RS 451.1), 1er et 4a de la loi du 10 décembre 1969 sur
la protection de la nature, des monuments et des sites (LPNMS; RSV 450.11), 21
et 22 de la loi du 28 février 1989 sur la faune (LFaune; RSV 922.03) notamment.
Il s'agit du cordon boisé situé le long de la RC1, d'un bosquet central s'étendant
pour l'essentiel sur la parcelle 1168 et pour le solde sur la parcelle 1169, et
de la végétation riveraine. En particulier, l'art. 18 al. 1ter
LPN dispose que s'il est impossible, tous intérêts pris en compte, d'éviter des
atteintes d'ordre technique aux biotopes dignes de protection, l'auteur de l'atteinte
doit veiller à prendre des mesures particulières pour en assurer la meilleure
protection possible, la reconstitution ou, à défaut, le remplacement adéquat.
Quant à l'art. 4a al. 2 LPNMS, il prévoit que toute construction ou
installation portant atteinte à un biotope doit faire l'objet d'une
autorisation spéciale du Département de la sécurité et de l'environnement.

Au plan communal, le cordon boisé
jouxtant la RC1 (à l'exclusion du bosquet central, néanmoins considéré comme
biotope par le SFFN) et le cordon riverain sont affectés à la zone de verdure
arborisée régie par l'art. 78bis RPGA (cf. plan de juillet 2008 à
l'échelle 1:1000 de modification du PGA, portant le sceau d'approbation préalable
du 15 décembre 2010). Selon cette disposition, la zone de verdure
arborisée est inconstructible et non aménageable, à l'exception de parois
anti-bruit, accès aux installations portuaires et divers accès; l'arborisation
existante est protégée par l'art. 18 al. 1bis LPN, l'art. 21
LFaune, la LPNMS et le règlement communal sur la protection des arbres. Adopté
par le Conseil communal le 27 octobre 1993 et approuvé par le Conseil d'Etat le
20 avril 1994, le règlement communal sur la protection des arbres dispose que tous
les arbres de 20 cm de diamètre et plus, mesurés à 1,30 m du sol, ainsi que les
cordons boisés, les boqueteaux et les haies vives sont protégés (art. 2).
L'abattage ne peut être effectué qu'avec l'autorisation de la municipalité
(art. 3). Cette autorisation est accordée lorsque l'une ou l'autre des
conditions indiquées à l'art. 6 LPNMS, ou dans ses dispositions d'application,
sont réalisées (art. 4). L'art. 6 LPNMS, respectivement l'art. 15 du règlement d'application du 10 décembre 1969 de la
LPNMS (RLPNMS; RS 450.11.1), précise que l'abattage est autorisé notamment
lorsque la plantation nuit notablement à l'exploitation rationnelle d'un
bien-fonds ou