# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 2a882976-c5b8-5e59-b6f8-b6cc0848ec82
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2015-10-29
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 29.10.2015 E-6856/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-6856-2015_2015-10-29.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour V 

E-6856/2015 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  2 9  o c t o b r e  2 0 1 5  

Composition 
 William Waeber, juge unique,  

avec l'approbation de Jean-Pierre Monnet, juge ; 

Isabelle Fournier, greffière. 

   

Parties 
 A._______, née le (…), 

Erythrée,  

(…), 

recourante,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM ; anciennement 

Office fédéral des migrations, ODM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile (non-entrée en matière / procédure Dublin) et renvoi ; 

décision du SEM du 9 octobre 2015 / N (…). 

 

 

 

E-6856/2015 

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Vu 

la demande d'asile déposée en Suisse par la recourante, en date du 

14 juillet 2015, 

le procès-verbal de son audition au Centre d'enregistrement et de 

procédure (CEP) d'Alstätten, du 23 juillet 2015, 

la décision du 9 octobre 2015, expédiée le 14 octobre suivant à 

l'intéressée, par laquelle le SEM, se fondant sur l'art. 31a al. 1 let. b LAsi 

(RS 142.31), n'est pas entré en matière sur sa demande d'asile, a 

prononcé son transfert vers l'Italie et a ordonné l'exécution de cette 

mesure, constatant l'absence d'effet suspensif à un éventuel recours, 

le recours interjeté, le 21 octobre 2015, contre cette décision, recours 

envoyé par erreur au SEM et transmis par ce dernier au Tribunal 

administratif fédéral (ci-après: le Tribunal), qui l'a reçu le 26 octobre 2015, 

 

et considérant 

que le Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les 

décisions au sens de l'art. 5 PA, prises par les autorités mentionnées à 

l'art. 33 LTAF, 

qu'en particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile 

peuvent être contestées devant le Tribunal, lequel statue alors 

définitivement, sauf demande d'extradition déposée par l'Etat dont le 

requérant cherche à se protéger (art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi 

de l'art. 105 LAsi, et art. 83 let. d ch. 1 LTF), exception non réalisée en 

l'espèce, 

que le Tribunal est, par conséquent, compétent pour statuer sur le présent 

recours, 

que l'intéressée a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA, applicable par 

renvoi de l'art. 37 LTAF), 

que le recours, interjeté dans la forme (cf. art. 52 al. 1 PA) et le délai 

(cf. art. 108 al. 2 LAsi) prescrits par la loi, est ainsi recevable, 

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que, selon l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, le SEM n'entre pas en matière sur une 

demande d'asile lorsque le requérant peut se rendre dans un Etat tiers 

compétent, en vertu d'un accord international, pour mener la procédure 

d'asile et de renvoi, 

que le SEM examine la compétence relative au traitement d'une demande 

d'asile selon les critères fixés dans le règlement (UE) no 604/2013 du 

Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères 

et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de 

l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un 

des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride 

(refonte) (JO L 180/31 du 29.6.2013, ci-après: règlement Dublin III ; 

cf. également art. 29a al. 1 OA1 [RS 142.311]), 

que, s'il ressort de cet examen qu'un autre Etat est responsable du 

traitement de la demande d'asile, le SEM rend une décision de non-entrée 

en matière après que l'Etat requis a accepté la prise ou la reprise en charge 

du requérant d'asile (cf. art. 29a al. 2 OA1), 

qu'aux termes de l'art. 3 par. 1 du règlement Dublin III, une demande de 

protection internationale est examinée par un seul Etat membre, celui-ci 

étant déterminé selon les critères fixés à son chapitre III, 

que la procédure de détermination de l'Etat responsable est engagée 

aussitôt qu'une demande d'asile a été déposée pour la première fois dans 

un Etat membre (art. 20 par. 1 du règlement Dublin III), 

que dans une procédure de prise en charge (anglais : take charge), les 

critères énumérés au chapitre III du règlement (art. 8-15) doivent être 

appliqués successivement (principe de l'application hiérarchique des 

critères de compétence, art. 7 par. 1 du règlement Dublin III), 

que pour ce faire, il y a lieu de se baser sur la situation existant au moment 

du dépôt de la première demande dans un Etat membre (art. 7 par. 2 du 

règlement Dublin III ; ATAF 2012/4 consid. 3.2 ; CHRISTIAN 

FILZWIESER/ANDREA SPRUNG, Dublin III-Verordnung, Das Europäische 

Asylzuständigkeitssystem, Vienne 2014, pt 4 sur l'art. 7), 

qu'en vertu de l'art. 3 par. 2 2ème phrase du règlement Dublin III, lorsqu'il 

est impossible de transférer un demandeur vers l'Etat membre initialement 

désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire 

qu'il existe dans cet Etat membre des défaillances systémiques dans la 

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procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui 

entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de 

l'art. 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne 

(JO C 364/1 du 18.12.2000, ci-après: CharteUE), l'Etat procédant à la 

détermination de l'Etat responsable poursuit l'examen des critères fixés au 

chapitre III afin d'établir si un autre Etat peut être désigné comme 

responsable, 

que l'Etat responsable de l'examen d'une demande de protection 

internationale en vertu du règlement est tenu de prendre en charge – dans 

les conditions prévues aux art. 21, 22 et 29 – le demandeur qui a introduit 

une demande dans un autre Etat membre (art. 18 par. 1 point a du 

règlement Dublin III),  

que, sur la base de l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III (clause de 

souveraineté), chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande 

de protection internationale qui lui est présentée par le ressortissant d'un 

pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu 

des critères fixés dans le règlement,  

qu'en l'occurrence, les investigations entreprises par le SEM n'ont pas fait 

apparaître d'enregistrement de la recourante dans l'unité centrale du 

système européen «Eurodac»,   

que la recourante a toutefois été contrôlée par les gardes-frontière, le 

14 juillet 2015, alors qu'elle entrait en Suisse, venant de l'Italie, 

qu'interrogée, lors de son audition au CEP, sur son parcours jusqu'en 

Suisse, la recourante a confirmé avoir séjourné, avant de venir en Suisse, 

en Italie, où elle serait arrivée le 10 juillet 2015, en provenance de Libye, 

par la mer,  

qu'en date du 7 août 2015, le SEM a dès lors soumis aux autorités 

italiennes compétentes, dans le délai fixé à l'art. 21 par. 1 du règlement 

Dublin III, une requête aux fins de prise en charge, fondée sur l'art. 13 

par. 1 du règlement Dublin III (franchissement irrégulier de la frontière d'un 

Etat membre moins de douze mois avant le dépôt de la demande de 

protection), 

que les autorités italiennes n'ont pas répondu à la requête de prise en 

charge dans le délai de deux mois prévu par l'art. 22 par. 1 du règlement 

Dublin III, 

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que l'Italie est dès lors réputée avoir accepté la demande et, partant, avoir 

reconnu sa responsabilité pour traiter la demande d'asile de l'intéressé 

(cf. art. 22 par. 7 du règlement Dublin III), 

que l'art. 3 par. 2 2ème phrase du règlement Dublin III n'est pas applicable en 

l'occurrence,  

qu'en effet, il n'y a pas lieu de retenir qu'il existe en Italie des défaillances 

systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des 

demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant 

au sens de l'art. 4 de la CharteUE,  

que ce pays est lié par cette Charte et est signataire de la CEDH, de la 

Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou 

traitements cruels, inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105), de 

la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés 

(Conv. réfugiés, RS 0.142.30) ainsi que du Protocole additionnel du 

31 janvier 1967 (Prot., RS 0.142.301) et, à ce titre, en applique les 

dispositions, 

qu'il est, certes, notoire que les autorités italiennes connaissent, 

spécialement depuis 2011, de sérieux problèmes quant à leur capacité 

d'accueil des requérants d'asile, qui peuvent être confrontés à 

d'importantes difficultés sur le plan de l'hébergement, des conditions de 

vie, voire de l'accès aux soins médicaux suivant les circonstances 

(cf. notamment ORGANISATION SUISSE D'AIDE AUX RÉFUGIÉS [OSAR]: Italie, 

Conditions d’accueil ; Situation actuelle des requérant-e-s d’asile et des 

bénéficiaires d’une protection, en particulier celles et ceux de retour en 

Italie dans le cadre de Dublin, octobre 2013),  

que cependant, à la différence de la situation prévalant en Grèce, on ne 

saurait considérer que les conditions matérielles d'accueil des demandeurs 

d'asile en Italie sont caractérisées par des carences structurelles d'une 

ampleur telle qu'il y aurait lieu de conclure d'emblée, et quelles que soient 

les circonstances du cas d'espèce, à l'existence de risques suffisamment 

réels et concrets, pour les requérants, d'être systématiquement exposés à 

une situation de précarité et de dénuement matériel et psychologique, au 

point que leur transfert dans ce pays constituerait, en règle générale, un 

traitement prohibé par l'art. 3 CEDH (cf. arrêt de la CourEDH Tarakhel c. 

Suisse du 4 novembre 2014, requête n° 29217/12, § 114 et 115 ; cf. 

également arrêt de la CourEDH Mohammed Hussein c. Pays Bas et Italie 

du 2 avril 2013, requête n° 27725/10),  

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que, dans le cas particulier, la recourante n'a pas établi l'existence d'indices 

concrets qu'un transfert en Italie l'exposerait personnellement à un risque 

avéré de traitements prohibés, 

qu'interrogée, lors de son audition au CEP, sur ses objections à un transfert 

en Italie, elle a déclaré que sa volonté était de demander l'asile et vivre en 

Suisse et non en Italie, parce que des parents éloignés qui vivaient depuis 

plusieurs années dans ce dernier pays n'étaient pas capables d'aider 

financièrement leur famille en Erythrée,  

que la responsabilité d'un Etat pour l'examen d'une demande d'asile est 

toutefois définie selon les critères fixés dans le règlement Dublin III et que 

celui-ci ne confère pas aux demandeurs d'asile le droit de choisir l'Etat 

membre par lequel ils souhaitent que leur demande soit traitée ou offrant, 

à leur avis, les meilleures conditions d'accueil comme Etat responsable 

de l'examen de leur demande d'asile (cf.  ATAF 2010/45 consid. 8.3),   

que, dans son recours, l'intéressée fait valoir une violation de son droit à  

l'asile en Suisse, 

que force est de constater qu'un tel droit n'existe pas, 

que l'intéressée a, certes, le droit de déposer une demande de protection, 

mais qu'elle n'a aucun droit à ce que cette demande soit examinée par le 

pays de son choix,  

que la recourante n'a fait valoir aucune autre objection à un transfert en 

Italie, 

que, lors de son audition, elle a allégué avoir rencontré de sérieux 

problèmes durant son périple jusqu'en Europe,  

que le groupe de personnes avec lesquelles elle faisait route vers le 

Soudan aurait, en effet, été attaqué en Ethiopie par des bandits, 

que ces derniers auraient enlevé la recourante et cinq autres jeunes 

femmes et les auraient détenues durant une quinzaine de jours, leur faisant 

subir de mauvais traitements, notamment des viols, et auraient exigé de 

l'argent de leurs familles pour les libérer, 

que ces allégations de l'intéressée ne sont toutefois pas étayées, 

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que le procès-verbal de l'audition ne fait pas apparaître une fragilité 

particulière de l'intéressée, 

qu'elle a notamment déclaré être en bonne santé, 

que, dans son recours, elle ne fait pas non plus valoir l'existence 

d'éléments relatifs à sa situation personnelle dont il y aurait lieu de déduire 

que son transfert en Italie serait illicite,  

que, dans ces conditions, le transfert vers l'Italie de la recourante n'apparaît 

pas contraire aux obligations de la Suisse découlant des dispositions 

conventionnelles précitées,  

qu'au vu des déclarations faites par l'intéressée lors de son audition au CEP, 

en particulier de la nature de ses objections à un transfert en Italie, le SEM 

a établi de manière complète et exacte l'état de fait pertinent et n'a commis 

ni excès ni abus de son pouvoir d'appréciation en refusant d'admettre 

l'existence de raisons humanitaires au sens de l'art. 29a al. 3 OA 1 en 

combinaison avec l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III (cf. arrêt du TAF 

E-641/2014 du 13 mars 2015 consid. 8 [prévu à la publication]), 

qu'en définitive, c'est à bon droit que le SEM n'est pas entré en matière sur 

la demande d'asile de la recourante, en application de l'art. 31a al. 1 let. b 

LAsi, et qu'il a prononcé son transfert de Suisse vers l'Italie,  

que, cela étant, les questions relatives à l'existence d'un empêchement à 

l'exécution du renvoi (ou transfert) pour des raisons tirées de l'art. 83 al. 2 

à 4 LEtr (RS 142.20) ne se posent plus séparément, dès lors qu'elles sont 

indissociables du prononcé de la non-entrée en matière (cf. arrêt du 

TAF  E-4620/2014 du 1er juillet 2015 consid. 5.2 [prévu à la publication] ; 

ATAF 2010/45 précité consid. 10), 

qu'au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté,  

que, s'avérant manifestement infondé, il est rejeté dans une procédure à 

juge unique, avec l'approbation d'un second juge (cf. art. 111 let. e LAsi), 

qu'il est renoncé à un échange d'écritures, le présent arrêt n'étant motivé 

que sommairement (cf. art. 111a al. 1 et 2 LAsi), 

que le présent arrêt rend sans objet la demande de dispense du versement 

d'une avance de frais, 

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qu'il en va de même de la demande d'effet suspensif, 

que, s'agissant d'une non-entrée en matière sur la base du règlement 

Dublin, dans le cadre duquel les contacts du SEM ont lieu avec le pays de 

destination du transfert et non avec les autorités du pays d'origine, les 

conclusions 6 et 7 de la recourante sont, d'emblée, sans objet et donc 

irrecevables, 

que la demande d'assistance judiciaire totale de la recourante doit être 

rejetée dès lors que ses conclusions paraissaient, d'emblée, vouées à 

l'échec (cf. art. 65 al. 1 et 2 PA), 

que, vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la 

charge de la recourante, conformément aux art. 63 al. 1 PA et art. 2 et 3 

let. a du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et 

indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2), 

  

(dispositif page suivante) 

  

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le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté, dans la mesure où il est recevable. 

2.  

La requête d'assistance judiciaire totale est rejetée.  

3.  

Les frais de procédure, d'un montant de 600 francs, sont mis à la charge 

de la recourante. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans 

les 30 jours dès l'expédition du présent arrêt. 

4.  

Le présent arrêt est adressé à la recourante, au SEM et à l'autorité 

cantonale. 

 

Le juge unique : La greffière : 

  

William Waeber Isabelle Fournier 

 

 

Expédition :