# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1cace7a6-dcdc-5c7a-888c-c5800af8740f
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-04-28
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 28.04.2017 P/21341/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-21341-2016_2017-04-28.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/21341/2016 ACPR/277/2017 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du vendredi 28 avril 2017 

 

Entre 

A______, actuellement détenue à Curabilis, comparant par Me Nicola MEIER, avocat, rue 

de la Fontaine 2, 1204 Genève, 

recourante, 

contre l'ordonnance de mise en détention provisoire rendue le 13 avril 2017 par le Tribunal 

des mesures de contrainte, 

et 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565, 1211 Genève 3, 

LE TRIBUNAL DES MESURES DE CONTRAINTE, rue des Chaudronniers 9, case 

postale 3715, 1211 Genève 3,  

intimés. 

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P/21341/2016 

EN FAIT : 

A. Par acte expédié au greffe de la Chambre de céans le 19 avril 2017, A______ recourt 
contre l'ordonnance du 13 avril 2017, notifiée le 18 suivant, par laquelle le Tribunal 
des mesures de contrainte (ci-après TMC) a ordonné sa mise en détention provisoire 
jusqu'au 13 juillet 2017. 

La recourante conclut à l'annulation de l'ordonnance précitée et à sa mise en liberté 
immédiate. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier : 

a. A______ est prévenue d'infraction grave à la loi fédérale sur les stupéfiants et de 
séjour et activité illégaux.  

Il lui est reproché d'avoir pris part à un trafic de stupéfiants dans le cadre duquel ont 
été découverts, dans le logement de son ami intime B______, à Genève, 160 
grammes nets d'héroïne, un sachet en plastique contenant de nombreux sachets 
minigrip d'un poids total de 114 grammes bruts d'héroïne, des sacs plastique 
contenant au total 378 grammes de produit de coupage et du matériel destiné au 
conditionnement de la drogue, étant précisé que les stupéfiants étaient destinés à la 
vente. 

Il lui est par ailleurs reproché d'avoir séjourné en Suisse depuis 5 ans et y avoir 
déployé une activité lucrative, sans disposer des autorisations requises. 

b. B______ a été arrêté le 18 novembre 2016. Entendue le 22 février 2017 dans le 
cadre de la procédure dirigée contre le précité, A______ a confirmé avoir appris par 
un tiers que le précité était en prison. Elle avait déclaré à la police s'être rendue 
plusieurs fois chez B______, dont l'appartement était presque vide. Elle s'y rendait 
seulement pour visiter le précité, le soir, et repartait le lendemain. Elle n'avait 
nullement participé au conditionnement de l'héroïne et n'avait jamais touché de 
minigrip. Elle avait accepté un prélèvement biologique à des fins de comparaison. 

c. Il ressort des éléments au dossier que les traces d'ADN prélevées sur les 
emballages d'héroïne s'apparentent à celui d'A______. 

d. Lors de son audition par le Ministère public le 11 avril 2017, A______ a 
contesté la présence de son ADN sur les emballages contenant la drogue, qu'elle 
n'avait jamais touchée. Elle ne "savai[t] pas où c'était", n'habitant pas dans 
l'appartement de B______. Elle a demandé que de nouvelles analyses soient 
effectuées. Le Procureur lui ayant montré, sur l'annexe 1 au rapport de police, que 

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l'ADN avait été retrouvé sur les fermetures de dix sachets minigrip, emballés dans de 
l'aluminium et retrouvés dans un sac fermé par un cadenas, elle a répondu que cela 
était "impossible".  

La prévenue a en revanche admis avoir séjourné et travaillé illégalement en Suisse. 

e. A______ a sollicité son audition par-devant le TMC, mais n'a finalement pas pu 
comparaître, ayant tenté de mettre fin à ses jours la nuit précédente, par pendaison, 
dans sa cellule. Son conseil a fait part de ses observations par écrit. 

f. S'agissant de sa situation personnelle, A______, ressortissante de Mongolie, est 
née le ______ 1983. Elle allègue être mariée et mère d'un enfant de 8 ans, qui 
résiderait en Mongolie et qu'elle n'aurait pas vu depuis cinq ans. Elle dit avoir 
fréquenté l'école, dans son pays, jusqu'à l'âge de 16-17 ans, avoir obtenu un diplôme 
de guide touristique et être propriétaire d'un appartement, en Mongolie, dont elle 
payerait les traites chaque mois avec son salaire de baby-sitter. Elle n'a pas de famille 
en Suisse.  

C. Dans sa décision querellée, le TMC, se fondant sur les pièces essentielles du dossier 
jointes à la demande du Ministère public, a retenu, en l'état de la procédure, 
l'existence de charges suffisantes et graves, notamment au vu des constatations de la 
police, de la drogue saisie, des traces ADN de la prévenue retrouvées sur les 
emballages contenant de l'héroïne et de ses liens avec B______. L'instruction ne 
faisait que commencer en vue de circonscrire l'ampleur de l'activité délictueuse de la 
prévenue. Le risque de fuite était important, au vu de la situation illégale de A______ 
en Suisse, l'intéressée étant de nationalité étrangère et sans aucune attache avec ce 
pays, ainsi que compte tenu de la peine-menace et concrètement encourue. Ce risque 
était par ailleurs accru par la mesure d’expulsion pénale que le Ministère public 
envisageait de requérir (art. 66a ss CP). Le risque de collusion était tangible non 
seulement vis-à-vis de B______, mais aussi avec les autres protagonistes du trafic en 
cause, non encore identifiés et interpellés. Il convenait d'éviter que la prévenue ne 
tente de les influencer ou ne fasse disparaître des preuves. Aucune mesure de 
substitution au sens de l'article 237 CPP n'était susceptible d'atteindre les mêmes buts 
que la détention, au vu des risques retenus. 

D. a. Dans son recours, A______ conteste l'existence de charges suffisantes. Hormis 
la présence d'ADN et malgré les investigations menées depuis novembre 2016, aucun 
élément objectif ne la mettait en cause dans un trafic de stupéfiants. A teneur des 
pièces essentielles, B______ ne l'impliquait pas. Aucun détail n'était donné sur sa 
participation alléguée à un tel trafic.  

 Si elle admettait que la présence de ses traces ADN était susceptible de représenter 
un élément à charge contre elle, cette seule présence n'était pas suffisante à lui 

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imputer ipso facto une participation au trafic d'héroïne. Elle se rendait fréquemment 
dans l'appartement où la drogue a été trouvée, pour y passer du temps avec B______. 
Elle était susceptible d'y toucher n'importe quel objet. Un simple transfert d'ADN 
n'était pas exclu, celui-ci ayant pu être "transporté" sur les contenants analysés. Au 
demeurant, ces derniers auraient pu être touchés par elle alors qu'ils ne contenaient 
pas d'héroïne. 

b. Le TMC maintient les termes de son ordonnance, sans formuler d'observations. 

c. Le Ministère public conclut au rejet du recours. L'ADN d'A______ avait été 
retrouvé sur les ouvertures de dix sachets minigrip contenant de l'héroïne ainsi que 
sur et dans le nœud en plastique noir contenant cette drogue. Ces contenants se 
trouvaient à l'intérieur d'un sac de voyage fermé par un cadenas, dans l'appartement 
de B______. La prévenue n'avait donné aucune explication permettant de justifier la 
présence de son ADN aux endroits précités. L'existence d'un cadenas sur le sac de 
voyage permettait d'exclure une manipulation involontaire, et la question d'un 
transfert fortuit de l'ADN de la prévenue ne se posait pas en l'espèce, ce dernier ayant 
été retrouvé à plusieurs endroits. 

d. Dans sa réplique, A______ persiste dans les termes de son recours. 

EN DROIT : 

1. Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai 
prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours 
auprès de la Chambre de céans (art. 222 et 393 al. 1 let. c CPP) et émaner de la 
prévenue qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. a CPP), a qualité pour agir, 
ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la 
décision querellée (art. 382 al. 1 CPP). 

2. La recourante conteste l'existence de charges suffisantes. 

2.1. À teneur de l'art. 221 al. 1 première phrase CPP, la détention provisoire ne peut 
être ordonnée que lorsque le prévenu est fortement soupçonné d'avoir commis un 
crime ou un délit. En d'autres termes, pour qu'une personne soit placée en détention 
préventive, il doit exister à son égard des charges suffisantes ou des indices sérieux 
de culpabilité, c'est-à-dire des raisons plausibles de la soupçonner d'avoir commis 
une infraction. Il n'appartient cependant pas au juge de la détention de procéder à une 
pesée complète des éléments à charge et à décharge et d'apprécier la crédibilité des 
personnes qui mettent en cause le prévenu. Il doit uniquement examiner s'il existe 
des indices sérieux de culpabilité justifiant une telle mesure. L'intensité des charges 
propres à motiver un maintien en détention préventive n'est pas la même aux divers 
stades de l'instruction pénale ; si des soupçons, même encore peu précis, peuvent être 

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suffisants dans les premiers temps de l'enquête (cf. arrêt du Tribunal fédéral 
1B_215/2014 du 4 juillet 2014 consid. 3.2), la perspective d'une condamnation doit 
apparaître vraisemblable après l'accomplissement des actes d'instruction 
envisageables (ATF 137 IV 122 consid. 3.2 p. 126 ; 116 Ia 143 consid. 3c p. 146), 
l'autorité devant indiquer les éventuels éléments – à charge ou à décharge – que 
l'instruction aurait fait apparaître depuis sa précédente décision relative à la détention 
(arrêt du Tribunal fédéral 1B_295/2014 du 29 septembre 2014 consid. 2.3). 

2.2. En l'espèce, les traces prélevées sur la fermeture de dix sachets minigrip 
contenant de l'héroïne, ainsi que sur et dans le nœud d'un sac plastique contenant 
également de la drogue, se sont révélées, après analyse, correspondre à l'ADN de la 
recourante. Celle-ci a beau tenter de minimiser l'importance de cette découverte, 
force est de constater que l'emplacement des traces litigieuses ne permet pas de 
retenir, en l'état, un transfert fortuit d'ADN ou une manipulation inoffensive des 
sachets et sac à vide. Le but d'une analyse des traces sur des fermetures et un nœud a 
précisément pour but de tenter de déterminer qui a fermé les sachets, respectivement 
le sac. En l'occurrence, les traces ADN s'apparentant à celui de la recourante, 
présents sur une dizaine de fermetures de sachets minigrips, ainsi que sur et dans le 
nœud d'un autre sac, constituent incontestablement un élément à charge, quand bien 
même la recourante maintient qu'elle n'a participé à aucun trafic de stupéfiants. 
D'ailleurs, ses déclarations ont varié dans le temps, puisqu'en février 2017 elle 
contestait avoir touché tout sachet minigrip, alors qu'elle envisage désormais la 
possibilité d'en avoir touché alors qu'ils étaient encore vides. 

En l'état, l'existence de traces ADN appartenant à la recourante sur les fermetures des 
sachets et sac susmentionnés est suffisante pour retenir, contre celle-ci, une 
prévention pénale d'infraction grave à la LStup. 

Partant, la première condition de l'art. 221 al. 1 première phrase CPP est réalisée en 
l'état. 

3. La recourante semble, dans sa réplique, contester l'existence d'un risque de collusion, 
reprochant au Ministère public de n'avoir fait état d'aucun nom de personne 
susceptible d'être contactée par elle, ni d'avoir indiqué quels éventuels éléments de 
preuve pourraient disparaître en cas de libération. Et pour cause selon elle, 
puisqu'elle s'affirme étrangère à tout trafic de drogue. 

3.1. Le maintien du prévenu en détention peut être justifié par l'intérêt public lié 
aux besoins de l'instruction en cours, par exemple lorsqu'il est à craindre que 
l'intéressé ne mette sa liberté à profit pour faire disparaître ou altérer les preuves, ou 
qu'il prenne contact avec des témoins ou d'autres prévenus pour tenter d'influencer 
leurs déclarations (art. 221 al. 1 let. b CPP). On ne saurait toutefois se contenter d'un 
risque de collusion abstrait, car ce risque est inhérent à toute procédure pénale en 

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cours et doit, pour permettre à lui seul le maintien en détention préventive, présenter 
une certaine vraisemblance. L'autorité doit ainsi démontrer que les circonstances 
particulières de l'espèce font apparaître un danger concret et sérieux de telles 
manœuvres, propres à entraver la manifestation de la vérité, en indiquant, au moins 
dans les grandes lignes et sous réserve des opérations à conserver secrètes, quels 
actes d'instruction elle doit encore effectuer et en quoi la libération du prévenu en 
compromettrait l'accomplissement (ATF 137 IV 122 consid. 4.2 p. 127 s. ; 132 I 21 
consid. 3.2 p. 23 ; 128 I 149 consid. 2.1 p. 151 ; 123 I 31 consid. 3c p. 35 et les 
références). 

3.2. En l'occurrence, l'arrestation de B______, il y a cinq mois, ne permet pas 
d'exclure l'existence d'un risque de collusion entre la recourante et les autres 
personnes impliquées dans le trafic d'héroïne démantelé, même si la précitée était, 
jusqu'ici, en liberté. La découverte de ses traces ADN sur les fermetures d'une 
dizaine de sachets et un sac contenant de l'héroïne destinée à la vente, alors qu'elle a 
commencé par contester les analyses puis n'a fourni aucune explication plausible, 
permet désormais de redouter qu'elle ne fasse disparaître des éléments de preuve, par 
exemple en contactant d'autres membres du réseau – sans qu'il faille forcément les 
nommer –, ce qu'elle n'avait pas de raison de faire tant qu'elle ne se savait pas 
soupçonnée. 

Il existe donc, à ce stade de l'instruction, un risque de collusion concret et sérieux. 

4. Compte tenu du risque retenu ci-dessus, aucune mesure de substitution (art. 237 
CPP) n'est en l'état envisageable. 

5. La recourante ne remet pas en cause la durée de la détention provisoire, prononcée 
pour une durée de trois mois, à bon escient au vu de la gravité des charges retenues 
contre elle, de sa récente arrestation et des mesures d'instruction à mener. 

6. Le recours s'avère ainsi infondé et doit être rejeté. 

7. La recourante, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui comprendront un 
émolument de CHF 900.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif 
des frais en matière pénale, RTFMP ; E 4 10.03). 

 

* * * * * 

  

http://intrapj/perl/decis/137%20IV%20122
http://intrapj/perl/decis/132%20I%2021
http://intrapj/perl/decis/128%20I%20149
http://intrapj/perl/decis/123%20I%2031

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PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

Rejette le recours. 

Condamne A______ aux frais de la procédure de recours, qui comprennent un émolument 
de CHF  900.-. 

Notifie le présent arrêt, en copie, à la recourante (soit, pour elle, son 
défenseur), au Ministère public et au Tribunal des mesures de contrainte. 
 

Siégeant : 

Monsieur Christian COQUOZ, président; Mesdames Daniela CHIABUDINI et Alix 
FRANCOTTE CONUS, juges; Monsieur Sandro COLUNI, greffier. 

 

Le greffier : 

Sandro COLUNI 

 Le président : 

Christian COQUOZ 

 

 

 

Voies de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en matière pénale au sens 

de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110); la qualité et les autres 

conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être 

formé dans les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent être remis au plus 

tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention de ce dernier, à La Poste Suisse ou à 

une représentation diplomatique ou consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF). 

  

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P/21341/2016 ÉTAT DE FRAIS   

 
 

 
COUR DE JUSTICE 

 

 
 
 
Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais en matière pénale 
(E 4 10.03). 
 

Débours (art. 2) 

- frais postaux CHF 30.00 

Émoluments généraux (art. 4)  

- délivrance de copies (let. a) CHF       

- délivrance de copies (let. b) CHF       

- état de frais (let. h) CHF 75.00 

Émoluments de la Chambre pénale de recours (art. 13)   

- décision sur recours (let. c) CHF 900.00 

-  CHF       

Total  CHF 1'005.00