# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1a58bf4d-4aba-5d0f-9c60-c337de744192
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2001-03-15
**Language:** fr
**Title:** Verwaltungspraxis der Bundesbehörden (1987-2017) Schweizerische Asylrekurskommission (ARK) 15.03.2001 JAAC 66.28
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_VB/CH_VB_031_JAAC-66-28--_2001-03-15.pdf

## Full Text

JAAC 66.28

Extrait de la décision de la Commission suisse
de recours en matière d’asile du 15 mars 2001,

F.H., Bosnie-Herzégovine, également paru dans
Jurisprudence et informations de la Commission
suisse de recours en matière d’asile [JICRA] 2001 N°

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Art. 3 LAsi. Art. 50 Prot. add. aux Conv. de Genève du 12 août 1949
relatif à la protection des victimes de conflits armés internationaux,
du 8 juin 1977 (Protocole I). Préjudices subis lors d’une guerre civile,
accompagnée d’une épuration ethnique. Définition de la notion de
«civil» et distinction d’avec celle de «combattant».

1. Est une personne «civile» toute personne ne participant pas
directement aux hostilités (non combattante), contrairement aux
membres des forces armées ou de milices organisées qui, en particulier,
portent ouvertement des armes pour combattre une troupe d’invasion;
en cas de doute, il y aura lieu de qualifier la personne considérée de
«civile» (consid. 3e - h).

2. Quiconque voulant échapper à un massacre ethnique et se trouvant,
hors de toute force constituée, dans l’incapacité d’opposer une
quelconque résistance aux troupes ennemies, doit être assimilé à
une personne «civile» au sens que donne à cette expression le droit
international (consid. 3h).

Art. 3 AsylG. Art. 50 Zusatzprot. vom 8. Juni 1977 zu den Genfer Abk.
vom 12. August 1949 über den Schutz von Opfern internationaler
bewaffneter Konflikte (Prot. I). Anlässlich eines Bürgerkrieges und
zugleich «ethnischer Säuberung» erlittene Verfolgung. Bedeutung des
Begriffs «Zivilperson» und Abgrenzung zum Begriff «Kombattanten».

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1. Als «Zivilperson» ist jede Person zu betrachten, welche nicht direkt
an den Feindseligkeiten beteiligt ist (Nicht-Kombattante). Dies im
Gegensatz zu den Angehörigen der Streitkräfte oder organisierter
Milizen, welche offen Waffen tragen, um Invasionstruppen zu
bekämpfen. Im Zweifelsfall ist davon auszugehen, dass es sich um eine
«Zivilperson» handelt (E. 3e - h).

2. Wer einem drohenden ethnischen Massaker zu entfliehen sucht und
- ausserhalb jeglicher bestehender Kampfeinheiten - den feindlichen
Truppen keinen Widerstand leisten kann, muss als «Zivilperson» im
Sinne des Völkerrechts betrachtet werden (E. 3h).

Art. 3 LAsi. Art. 50 Prot. aggiuntivo dell’8 giugno 1977 alle Convenzioni
di Ginevra del 12 agosto 1949 relativo alla protezione delle vittime dei
conflitti armati internazionali (Protocollo I). Pregiudizi subiti nel corso
di una guerra civile durante la quale ha avuto luogo un’epurazione
etnica. Definizione della nozione di «civile» e distinzione con la nozione
di «combattente».

1. È un «civile» chiunque non partecipi direttamente alle ostilità (non
combattente), contrariamente ai membri delle forze armate o di
milizie organizzate che, in particolare, portano apertamente armi
per combattere truppe d’invasione; in caso di dubbio, la persona va
qualificata quale «civile» (consid. 3e - h).

2. Chiunque abbia tentato di sfuggire a un massacro etnico e che,
estraneo a qualsivoglia schieramento costituito, si trova nell’incapacità
di opporre qualsivoglia resistenza alle truppe nemiche deve essere
assimilato a una persona «civile» nel senso conferito a tale termine dal
diritto internazionale (consid. 3h).

F. H. est arrivé en Suisse le 6 mars 1996, et a déposé, le même jour, une
demande d’asile. Des procès-verbaux de ses auditions, il ressort, en substance,
ce qui suit:

De souche bosniaque musulmane, marié, F. H. vivait avant-guerre à Potocari
et travaillait dans une usine de Srebrenica. Le 10 avril 1992, en raison de
l’éclatement du conflit, il a regagné le village de ses parents, sis à environ
55 km de Srebrenica, où il possédait une maison. Coupée de Srebrenica,
encerclée par les Serbes, la région de Zepa - à laquelle ce village était de
facto rattaché - a souffert du manque d’approvisionnement, surtout jusqu’à
ce qu’elle soit déclarée zone de sécurité par l’Organisation des Nations
Unies (ONU), en mai 1993. En outre, la région a été, à plusieurs reprises,
bombardée et lui-même a été sérieusement blessé à la jambe par un éclat
d’obus le 15 septembre 1993. Mobilisé en 1995, il devait s’occuper, en qualité
d’aide-infirmier, des blessés et les évacuer; non armé, il n’a pas directement
participé aux combats.

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Toujours selon ses déclarations, les Serbes ont décidé, après la chute de
Srebrenica, d’appliquer la même méthode à Zepa pour «détruire le peuple
(musulman)». L’artillerie serbe a commencé à pilonner Zepa le 12 juillet
1995. Les autorités de l’enclave ont accepté de faire évacuer les habitants
qui répondaient à la définition, donnée par les Serbes, des «civils» (femmes,
enfants jusqu’à 15 ans, personnes âgées de plus de 60 ans). Les membres de
la famille de l’intéressé, qui correspondaient à la définition, ont ainsi quitté
Zepa. Le 29 juillet 1995, les autorités, ou ce qu’il en restait, ont fait savoir aux
«hommes valides» - considérés par les Serbes comme des combattants - qu’ils
n’avaient plus que trois possibilités: se rendre (avec le risque d’être exécutés),
tenter de joindre les territoires tenus par l’armée bosniaque d’obédience
musulmane (en encourrant le danger de tomber dans des embuscades de
l’armée ennemie) ou encore gagner la Yougoslavie. C’est cette dernière option
que l’intéressé a choisie. Le 29 juillet 1995, il s’est rendu avec d’autres hommes
aux bords de la rivière Drina pour confectionner des radeaux dans le but
de passer sur territoire yougoslave. Le 1er août 1995, il a enfin pu traverser
la rivière avec son fils et trois autres hommes, sous la pluie de balles que
leur infligeaient des soldats serbes qui venaient d’incendier son village. Le
lendemain, le groupe d’hommes avec lequel il se trouvait - une cinquantaine
- s’est rendu à une troupe de militaires yougoslaves, basés à la caserne du
village de Jagostica. Après avoir été rançonnés, ils ont été retenus prisonniers
durant la nuit, et brutalisés à plusieurs reprises. Le surlendemain, ils ont été
emmenés au camp de Sljivovica. Le 4 août 1995, le fils et le frère de l’intéressé
ont été transférés dans un autre camp, puis, six mois plus tard, réintégrés dans
celui de Sljivovica. Lui-même a été détenu à Sljivovica durant sept mois dans
des conditions inhumaines. Dormant à même le sol, sous-alimenté (il a perdu
plus de trente kilos), il a été à plusieurs reprises interrogé et battu, parfois
jusqu’à perdre connaissance, par des membres de la police civile yougoslave;
plusieurs de ses compagnons sont morts sous les coups ou en raison des
conditions de détention. Il a été libéré le 6 mars 1996 sur intervention du
Comité International de la Croix-Rouge (CICR).

L’épouse de F. H., A. H., est arrivée en Suisse le 13 octobre 1996 et y a déposé
une demande d’asile.

Par décision du 22 octobre 1997, l’Office fédéral des réfugiés (ODR) a rejeté
les demandes d’asile de F. H. et de A. H., considérant que, compte tenu
du changement des circonstances en Bosnie-Herzégovine, ils n’avaient
plus à craindre d’y subir de sérieux préjudices au sens de l’art. 3 de la loi
sur l’asile du 26 juin 1998 (LAsi, RS 142.31). Il a relevé, en outre, que les
conséquences matérielles de la guerre - à savoir les conditions difficiles
dans lesquelles avaient vécu les intéressés ou encore la destruction de leurs
maisons - n’étaient pas des faits déterminants pour la reconnaissance de
la qualité de réfugié. Par la même décision, l’ODR a prononcé le renvoi de
Suisse des intéressés et ordonné l’exécution de cette mesure, jugée licite,
raisonnablement exigible et possible.

Dans le recours interjeté le 18 novembre 1997 contre cette décision, F. H.
et son épouse concluent à l’octroi de l’asile, en arguant notamment que la
qualité de réfugié doit être reconnue à F. H. en application de la jurisprudence
reconnaissant comme déterminants les préjudices subis par la population
civile dans le cadre de la chute de Srebrenica et eu égard aux séquelles
physiques et psychiques résultant des persécutions subies.

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La Commission a admis le recours, reconnu la qualité de refugié au recourant
(en raison des préjudices subis et de l’existence de raisons impérieuses tenant
à ces persécutions antérieures) et invité l’ODR à lui accorder l’asile, ainsi qu’à
titre dérivé (cf. art. 51 LAsi) à son épouse.

Extraits des considérants:

3.a. Les déclarations des recourants, portant sur les faits essentiels qu’ils ont
personnellement vécus en Bosnie-Herzégovine, satisfont aux exigences de
preuve de l’art. 7 LAsi, ce que l’ODR ne remet d’ailleurs pas en cause.

b. L’autorité de première instance a rejeté la demande d’asile des intéressés
en retenant que, vu le changement de circonstances intervenu en Bosnie
Herzégovine, ceux-ci n’avaient pas à craindre de subir de sérieux préjudices
au sens de l’art. 3 LAsi en cas de retour dans leur pays d’origine. Ce faisant,
l’autorité de première instance ne s’est pas prononcée sur la question de
savoir si les événements vécus par les intéressés avant leur départ du pays
étaient déterminants au sens de cette disposition. Dans la mesure où F. H. se
prévaut, constats médicaux à l’appui, de l’existence de «raisons impérieuses»
liées aux préjudices vécus pour conclure à la reconnaissance de sa qualité de
réfugié en dépit du changement de circonstances intervenu dans son pays,
il importe de trancher, en premier lieu, cette question. En effet, seul peut
se prévaloir de telles «raisons impérieuses» la personne qui remplissait, au
moment de quitter son pays d’origine, les conditions pour la reconnaissance de
la qualité de réfugié (JAAC 64.86 consid. 8b; Jurisprudence et informations de
la Commission suisse de recours en matière d’asile [JICRA] 1999 n° 7 p. 42 ss).

c. La Commission observe préliminairement que les mauvais traitements subis
par F. H. dans le camp où il a été détenu en République fédérale de Yougoslavie
ne peuvent conduire à la reconnaissance de la qualité de réfugié dès lors qu’ils
n’ont pas été le fait des autorités du pays d’origine de l’intéressé. Il importe par
conséquent de déterminer si, avant son départ de Bosnie, le recourant était
exposé à des préjudices déterminants au regard de l’art. 3 LAsi.

d. F. H. et sa famille ont résidé depuis le début du conflit (…) dans le village
de (…), sis avant-guerre dans la commune de Srebrenica, bien qu’il en était
éloigné de 55 km. Comme ils l’ont eux-mêmes déclaré, leur village était séparé
de la ville de Srebrenica et de facto intégré dans l’enclave de Zepa par un
double cordon militaire serbe. Contrairement aux arguments développés
dans leur recours, ils n’ont donc pas vécu, pendant la guerre, dans l’enclave
de Srebrenica ni vécu la chute de celle-ci, intervenue le 11 juillet 1995. Ils ne
peuvent par conséquent se prévaloir, en invoquant le principe d’égalité de
traitement, de la jurisprudence de principe citée à l’appui de leurs conclusions
(JICRA 1997 n° 14 p. 101 s.). En effet, si cette jurisprudence reconnaît que
les actions relatives au siège de l’enclave de Srebrenica ont eu pour but de
susciter chez les habitants une pression psychique insupportable, ce n’est qu’à
partir de la chute de la ville, le 11 juillet 1995, qu’elle admet leur caractère
déterminant au sens de l’art. 3 LAsi, les autorités civiles ou militaires serbes
n’ayant antérieurement pas revêtu le caractère d’autorité quasi-étatique (cf.
spécialement consid. 5b de dite décision de principe). Comme les intéressés

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https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc/150004886.pdf?ID=150004886

ne se trouvaient plus à Srebrenica à cette période, mais à Zepa, il reste à
déterminer si les événements qu’ils ont vécus dans cette autre enclave relèvent
de l’art. 3 LAsi.

e. Par la résolution 824 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée le 6 mai
1993, réaffirmée par celle du 4 juin 1993 portant la référence 836, la ville de
Zepa et ses environs ont été déclarés «zone de sécurité» (cf. International
Journal of Refugee Law [IJRL], vol. 5, 1993, p. 498 et vol. 6, 1994, p. 142;
voir aussiM. Barutciski, The Reinforcement of Non-Admission Policies
and the Subversion of UNHCR: Displacement and Internal Assistance in
Bosnia-Herzegovina (1992-1994), IJRL, vol. 8, 1996, p. 87). La notion de «zone
de sécurité» impliquait la cessation de tout acte d’hostilité contre cette zone,
le retrait de toutes les unités militaires et paramilitaires jusqu’à une distance
telle que ces unités ne constituassent plus une menace pour cette zone, le
libre accès de cette zone à la force de protection de l’ONU (FORPRONU) et aux
organisations humanitaires, et le respect de la sécurité des membres de ces
institutions.

Ces règles inspirées du droit de la guerre et du droit international humanitaire,
singulièrement de l’interdiction de s’en prendre aux civils, à leur sécurité et à
leur approvisionnement en aliments de base et médicaments (cf. art. 14 et 15
du Protocole additionnel aux Conventions de Genève du 12 août 1949 relatif
à la protection des victimes des conflits armés non internationaux, du 8 juin
1977, ci-après Protocole II, RS 0.518.522), et destinées à conférer une protection
juridique supplémentaire à des catégories de personnes particulièrement
vulnérables (cf. F. Bugnion, Le Comité International de la Croix-Rouge et la
protection des victimes de la guerre, 2e éd., Genève 2000, p. 881) n’ont été
respectées par la partie serbe que très partiellement en dépit de l’autorisation
conférée par le Conseil de sécurité à la FORPRONU (Résolution 836 du 4 juin
1993, in: IJRL, vol. 6, 1994, p. 142) de faire usage de la force en état de légitime
défense.

f. La question de savoir si les habitants de la région de Zepa - laquelle, il faut
le souligner, n’était, elle, pas démilitarisée - ont, eux aussi, à l’instar de la
population de Srebrenica, été victimes avant la chute de l’enclave de mesures
visant à créer une pression psychique insupportable, peut rester indécise. En
tout état de cause, l’armée serbe bosniaque n’avait, jusqu’au 25 juillet 1995,
pas pris le contrôle de la zone. On ne saurait donc admettre que les Serbes
revêtaient, jusqu’à ce moment-là, la qualité d’agents quasi-étatiques dans la
région de Zepa.

g. Cela dit, même si l’évacuation des «civils» de l’enclave a finalement eu
lieu sur la base notamment d’un accord conclu entre l’armée serbe et les
autorités de Zepa, il est constant qu’après s’être emparées de Srebrenica, les
unités serbes avaient d’emblée pour but avoué de vider, à son tour, la poche
de Zepa de sa population musulmane. S’agissant des événements relatifs à
la prise de l’agglomération de Zepa par l’armée serbe, la Commission relève
ainsi qu’ils ont été planifiés, organisés et, dès la chute de Srebrenica, exécutés
méthodiquement. Si la majorité de la population dite «civile» a été évacuée
sans que l’opération ne donne lieu à des violences ou exactions majeures,
les soldats serbes ont en revanche impitoyablement poursuivi les «hommes
valides» demeurant encore dans l’enclave, lesquels n’avaient à l’instar du

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recourant pas voulu se rendre de peur de subir le même sort que les habitants
de Srebrenica et cherchaient à joindre soit la Serbie, soit les territoires sous
contrôle de l’armée musulmane.

h. On peut certes se demander si ces individus devaient être considérés
comme des «combattants», cas dans lequel le recourant ne pourrait prétendre
à la qualité de réfugié (cf. JICRA 1997 n° 14 consid. 4c p. 110).

Contrairement à la définition donnée au terme «civil» par les militaires serbes
(…), l’art. 50 du Protocole additionnel aux Conventions de Genève du 12 août
1949 relatif à la protection des victimes de conflits armés internationaux
(Protocole I, RS 0.518.521), dont il convient ici de s’inspirer, définit les civils par
l’exclusion des prisonniers de guerre et des forces armées[70], qualifiant une
personne de «civile» en cas de doute. En d’autres termes, cette définition
traditionnelle, qui fait partie des lois et coutumes de guerre, exclut les
combattants qui participent directement à la conduite des hostilités en
appartenant à quelque forme de groupe de résistance, du moins ceux qui
n’ont pas porté des armes aux seules fins de sauver leur famille ou un autre
groupe de civils d’un massacre (cf. entre autres: Tribunal international pénal
pour l’ex-Yougoslavie, Chambre de 1ère instance, jugement du 7 mai 1997
en la cause Dusko Tadic, p. 242-245; E. David, Principes de droit des conflits
armés, Bruxelles 1994, p. 351 s., spécialement p. 358 concernant la distinction
combattants/civils).

En l’espèce, la Commission observe qu’après la prise de Zepa par les Serbes, le
recourant a, pendant les quelques jours où il se préparait à passer en terres
yougoslaves, été en butte à des opérations menées par les soldats serbes qui,
manifestement, n’étaient aucunement ciblées sur des militaires solidement
armés et organisés pour une contre-attaque. Celles-ci n’ont eu pour but que de
«nettoyer» définitivement la région de ses habitants. Il est à relever que parmi
les «hommes valides», lesquels n’avaient pas été évacués, ne se trouvaient pas
seulement des militaires mais tous les hommes de plus de quinze ans, dont le
fils de F. H., que sa mère n’avait pu emmener avec. Ces personnes, cherchant à
rejoindre les territoires détenus par les Musulmans ou, à l’instar du recourant,
la République fédérale de Yougoslavie, se sont trouvées à la merci des Serbes
(cf. procès-verbal d’audition cantonale: «Les Serbes avaient incendié notre
village, et ils sont descendus sur les rochers, ils ont commencé à tirer sur
nous, c’était une pluie de munitions qui touchait le radeau»; cf. également «Le
Monde», du 1er août 1995). Fuyant un massacre programmé, elles n’étaient
pas en état d’opposer une quelconque résistance aux troupes serbes. F. H. -
qui précédemment n’avait pas été armé et n’avait pas directement participé
aux combats, il n’est pas vérifié, non plus, qu’il portait un uniforme - doit
ainsi, comme ses autres compagnons de fuite, être assimilé à une «personne
civile» au sens que donne à cette expression le droit international. En tant
que tel, et dans le contexte de terreur auquel il a été confronté, craignant à
chaque instant pour sa vie, celle de son fils et celle de son frère, et exposé aux
horreurs de la situation qu’il a décrite lors de son audition cantonale, il a subi
un préjudice sérieux au sens de l’art. 3 LAsi, qui s’inscrivait dans la politique
d’épuration ethnique menée par les autorités de la «République serbe de
Bosnie», étant précisé que ces actions serbes étaient à l’évidence dépourvues

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de toute proportionnalité et légitimité. Sa situation ne saurait être assimilée à
celle d’un civil qui se serait trouvé victime des conséquences ordinaires d’actes
de guerre.

i. C’est le lieu de préciser encore que la qualité de réfugié n’aurait pas pu, à
l’époque des faits déterminants, être déniée à F. H. au motif qu’il aurait disposé
d’une possibilité de refuge interne dans un territoire en mains de l’armée
bosno-musulmane, compte tenu de la situation de guerre régnant encore à
l’époque en Bosnie-Herzégovine (cf. JAAC 64.86 précitée, consid. 9a).

j. Il ressort de ce qui précède qu’au moment de quitter son pays d’origine pour
la Serbie, F. H. répondait aux critères de la reconnaissance de la qualité de
réfugié.

[70] N.d.l.r. : Plus précisément, selon cette disposition, est un «civil» toute
personne n’appartenant pas à l’une des catégories visées par l’art. 4, sect. A,
ch. 1, 2, 3 et 6 de la Convention de Genève du 12 août 1949 relative au
traitement des prisonniers de guerre (RS 0.518.42) et à l’art. 43 dudit Protocole
(cf. aussi l’art. 3 commun aux quatre Conventions de Genève du 12 août 1949).

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https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc/150004886.pdf?ID=150004886

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JAAC 66.28 - Extrait de la décision de la Commission suisse de recours en matière d'asile

du 15 mars 2001, F.H., Bosnie-Herzégovine, également paru dans Jurisprudence et

informations de la Commission suisse de recours en matière d'asile [JICRA] 2001 ...

In Verwaltungspraxis der Bundesbehörden
Dans Jurisprudence des autorités administratives de la Confédération
In Giurisprudenza delle autorità amministrative della Confederazione

Jahr 2002
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Band 66
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	Extrait de la décision de la Commission suisse de recours en matière d'asile du 15 mars 2001, F.H., Bosnie-Herzégovine, également paru dans Jurisprudence et informations de la Commission suisse de recours en matière d'asile [JICRA] 2001 N° 12