# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** bef77eb7-ee05-50b8-b4f9-232904537c92
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-10-20
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 20.10.2015 A/3250/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-3250-2015_2015-10-20.pdf

## Full Text

Siégeant : Maya CRAMER, Présidente 

  

 
 

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/3250/2015 ATAS/787/2015 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt incident du 20 octobre 2015 

5
ème

 Chambre 

 

En la cause 

Madame A______, domiciliée à GENEVE, comparant avec 
élection de domicile en l'étude de Maître de MORAWITZ 
Raymond 

 

recourante 

 

contre 

AXA ASSURANCES SA, sise General-Guisan-Strasse 40, 
WINTERTHUR, p.a. AXA WINTERTHUR Assurance collectives 
de personnes sise ch. de Primerose 11, LAUSANNE 

intimée 

 

 
 
 

 

A/3250/2015 

- 2/8 -

EN FAIT 

1. Madame A______, née le ______ 1966 et d’origine bolivienne, est séparée de son 
mari bolivien et mère de cinq enfants restés en Bolivie. Elle est arrivée en Suisse en 
2003 et y a travaillé, sans permis de travail, comme garde d’enfants. A ce titre, elle 
était assurée auprès d’AXA Assurances SA pour le risque d’accidents. 

2. Le 24 novembre 2013, elle a été agressée par son compagnon qui lui a asséné un 
coup de poing, provoquant une fracture d’enfoncement du plancher de l’orbite 
gauche, s’étendant à la paroi latérale et interne du sinus maxillaire et atteignant le 
canal du nerf infra-orbitaire, avec hémato-sinus et présence de fragments osseux 
intra-sinusien. Il y avait également une fracture déplacée des os du nez et une 
fracture sous-jacente de la cloison nasale. Ces lésions ont nécessité une intervention 
chirurgicale le 6 décembre 2013, consistant en une réduction et ostéosynthèse des 
fractures. Le cas a été pris en charge par l’assureur-accidents. 

3. En novembre 2014, l’assurée a été soumise à une expertise pluridisciplinaire au 
Centre d’expertise médicale (CEMed) par les docteurs B______, spécialiste FMH 
ORL, C______, psychiatre FMH, et D______, neurologue FMH. Dans leur rapport 
du 14 janvier 2015, ces médecins ont posé les diagnostics suivants : atteinte post-
traumatique de la branche V2 gauche (chiffre romain V pour 5ème nerf crânien, soit 
le nerf trijumeau) avec possible participation du V1 ipsilatéral, douleur faciale 
neurogène post-traumatique, status après ostéosynthèse d’une disjonction orbito-
nasale gauche et fracture pluri- fragmentaire de la paroi du sinus maxillaire gauche; 
épisode dépressif actuellement d’intensité légère sans syndrome somatique, en voie 
de rémission; état de stress post-traumatique qui semblait également sur le décours. 
Les atteintes somatiques présentaient un lien de causalité certain avec l’accident. Ce 
lien de causalité était vraisemblable pour les troubles psychiques. Trois mois après 
l’expertise, soit fin janvier 2015, le statu quo ante devait avoir été atteint sur le plan 
psychique. Quant à la capacité de travail, elle était nulle pendant une période de 
trois mois après l’agression, puis de 50 % pendant les trois mois suivants. Par la 
suite, elle était totale. Sur le plan psychique, une incapacité de travail temporaire 
devait être admise jusqu’à fin janvier 2015. Il ressort par ailleurs de ce rapport que 
l’assurée se plaignait de la persistance de douleurs faciales gauches avec une zone 
hypo-dysesthésique au front et à la joue. En raison de ces troubles, elle n’avait pas 
repris son activité de garde d’enfants, mais continuait à s’occuper de son ménage. 
Sur le plan psychique, elle ressentait une tristesse qui pouvait être de forte intensité 
(8/10) mais qui était fluctuante selon les semaines et ne durait pas toute la journée. 
A cela s’ajoutait une fatigue (8/10) qu’elle attribuait aux effets secondaires sédatifs 
des différents médicaments qu’elle prenait. Elle avait toujours confiance en elle-
même et une bonne estime de soi, même si elle avait pu se sentir coupable et en 
colère contre elle-même après l’agression, pour avoir repris contact avec son ami 
qui avait déjà été violent précédemment. Elle décrivait également des difficultés à 
se concentrer et des oublis. Depuis l’accident, elle suivait une psychothérapie. Sur 
le plan objectif, l’examen clinique montrait une femme légèrement déprimée et 

 
 
 

 

A/3250/2015 

- 3/8 -

ralentie. A une reprise, durant l’entretien avec l’experte psychiatre, elle avait été 
prise par une crise douloureuse. Elle avait aussi des difficultés à se souvenir des 
dates importantes de son passé. Le contenu de la pensée était fixé sur des douleurs 
chroniques lui rappelant l’agression subie et toutes les conséquences sur sa vie 
professionnelle, ainsi que les inquiétudes concernant son avenir financier et son 
incapacité à aider financièrement les enfants restés au pays. La compliance était 
bonne. Les symptômes dépressifs résiduels étaient à mettre sur le compte des 
douleurs chroniques et de la situation socio-économique difficile de l’assurée.  

4. Le 19 février 2015, l’assurée a contesté les conclusions de l’expertise, par 
l’intermédiaire de son conseil, estimant qu’elle était toujours incapable de travailler. 
Elle s’est fondée sur un certificat médical du 27 janvier 2015 de la doctoresse 
E______, spécialiste FMH en médecine interne, faisant état de douleurs faciales 
neurogènes, de somnolence diurne secondaire au traitement opiacé, de dépression 
sévère et de fracture pluri-fragmentaire du sinus maxillaire gauche avec disjonction 
orbito-nasale. Le médecin traitant attestait qu’elle présentait toujours des douleurs 
faciales neurogènes chroniques et durables, ainsi qu’un état dépressif à moyen et à 
long terme. Il n’y avait aucune raison de penser que ces symptômes diminueraient 
ou disparaitraient. Le pronostic à moyen terme était mauvais. L'assurée a en outre 
indiqué qu'elle était actuellement hospitalisée à la Clinique genevoise de Crans-
Montana et a mis en exergue que la névralgie du trijumeau constituait une des 
douleurs les plus intenses que l’on connaissait. Il s’agissait de crises de douleurs 
brèves paroxystiques, survenant périodiquement et pouvant se transformer en une 
douleur chronique. Ses douleurs étaient traitées massivement par des antidouleurs 
aux effets secondaires très invalidants. Or, l’expertise du CEMed ne mentionnait 
pas ces effets secondaires et ne faisait aucun lien entre son état actuel et ses 
médicaments.  

5. Selon le rapport du 2 mars 2015 de la doctoresse F______, spécialiste en médecine 
interne, et Monsieur G______, psychologue, de l’unité interdisciplinaire de 
médecine et de la violence (UIMPV) des Hôpitaux universitaires de Genève 
(HUG), l’assurée y était suivie depuis son accident. Elle présentait une 
symptomatologie compatible avec un état dépressif moyen, notamment une thymie 
triste avec des pleurs fréquents, une anhédonie et de l’inappétence sans perte 
pondérale. Elle était moins fonctionnelle dans la vie quotidienne, négligeant ses 
tâches ménagères. Au niveau social, elle était isolée, n’avait pas envie de sortir et 
de nouer des relations. Elle présentait une fatigue et une hypersomnie, associée au 
traitement médicamenteux antidouleur qui semblait avoir un effet sédatif. Ce 
tableau clinique avait nécessité une augmentation du traitement antidépresseur en 
janvier 2015, ce qui avait entraîné une légère amélioration, tout comme la très 
bonne adhésion au traitement de la part de l’assurée. Néanmoins, il y avait une 
importante fluctuation de l’état de santé psychique en lien avec une situation sociale 
précaire, ce qui nécessitait la poursuite de la psychothérapie et du traitement 
médicamenteux. 

 
 
 

 

A/3250/2015 

- 4/8 -

6. Dans leur rapport d'expertise complémentaire du 2 avril 2015, les Drs D______ et 
C______ ont relevé que l’atteinte organique post-traumatique était indubitable, 
mais qu’ils avaient observé certains facteurs de majoration des symptômes, alors 
même que, sur le plan psychique, seul un état dépressif d’intensité légère était 
objectivable au moment de l’expertise. Il y avait également un contexte socio-
économique défavorable pouvant jouer un rôle dans l’importance des plaintes et 
dans l’incapacité de travail. Ils ont admis que des douleurs neurogènes importantes 
et un traitement antalgique majeur, tel qu’administré à l’assurée, pouvaient avoir 
une influence sur la capacité de travail. Néanmoins, l’incapacité de travail, dans 
l’activité exercée par l’assurée, était en l’occurrence plus liée à des facteurs 
socioprofessionnels indépendants du traumatisme. Au demeurant, les médicaments 
antalgiques étaient généralement bien tolérés et n’entraînaient au plus qu’une 
sédation tolérable dans le cadre d’une activité professionnelle, hormis dans 
certaines professions telles que pilote d’avion, conducteur de train etc. Les experts 
étaient néanmoins disposés à discuter avec le médecin traitant, ainsi que les 
spécialistes ORL et de la douleur, dans le but de réapprécier la situation 
professionnelle de l'assurée. Ne connaissant pas les raisons spécifiques de 
l’hospitalisation de celle-ci à la Clinique genevoise de Crans-Montana, ils ne 
pouvaient se prononcer sur l’indication de cette hospitalisation et sa relation de 
causalité éventuelle avec l’accident. Ils ont aussi confirmé l’absence d’une 
dépression sévère, l’assurée ne se plaignant pas d’anhédonie, de repli social, de 
diminution de l’estime de soi ni de culpabilité, et ne présentait pas d’idées 
suicidaires. Elle arrivait à prendre de la distance de son humeur dépressive en se 
distrayant (lecture de la bible ou lèche-vitrines par exemple). L’humeur dépressive 
et le ralentissement psychomoteur étaient plutôt légers. La posologie de 
l’antidépresseur restait faible à moyenne et, à ce dosage, ce médicament n’avait pas 
d’effets sédatifs importants, même si le profil des effets secondaires restait 
individuel. Les effets sédatifs étaient probablement liés à la prise concomitante de 
Temgésic. Les experts ont ainsi maintenu leurs conclusions précédentes, tout en 
mettant en exergue qu'ils ne pouvaient donner un avis sur l'évolution actuelle des 
troubles sans examiner l'assurée à nouveau. 

7. Selon le rapport du 6 mai 2015 de la Dresse E______, l’assurée présentait des 
douleurs de type décharges électriques fugaces et invalidantes dans les suites d’une 
fracture pluri-fragmentaire de l’hémiface gauche au niveau du sinus. Malgré un 
traitement chirurgical optimal et la guérison des lésions osseuses, une neuropathie 
responsable des douleurs subsistait. Elle souffrait également d’un état dépressif 
sévère secondaire à cette situation et d’une somnolence durant la journée 
consécutive au traitement médicamenteux antalgique. L’examen neurologique 
révélait une hyperesthésie du territoire du cinquième nerf crânien correspondant à 
une sensibilité désagréable en regard de la partie du visage concerné. Elle était triste 
et sa voix était monocorde.  

 
 
 

 

A/3250/2015 

- 5/8 -

8. Par décision du 7 mai 2015, l’assureur-accidents a mis un terme au versement des 
indemnités journalières au 31 janvier 2015 pour l’ensemble des lésions et troubles 
consécutifs à l’accident, sur la base des expertises du CEMed. Le traitement en 
cours relatif aux lésions somatiques (médication contre la douleur et contrôles 
médicalement justifiés) et les frais découlant de l’ablation du matériel 
d’ostéosynthèse continuaient à être pris en charge. L’éventuelle atteinte à l’intégrité 
sera évaluée une fois l’état stabilisé, soit en principe deux ans après l’accident. 
S’agissant des troubles psychiques, l'assureur-accidents  a en outre considéré que 
les critères pour reconnaître une causalité adéquate entre ces troubles et l'accident 
n’étaient pas remplis au regard de la jurisprudence en la matière.  

9. Le 4 juin 2015, l’assurée a formé opposition à cette décision, par l’intermédiaire de 
son conseil, en concluant implicitement à son annulation et à l’octroi des 
indemnités journalières dès février 2015, en raison des troubles psychiques. Elle a 
contesté que son état dépressif ne fût que d’une intensité légère, tout en estimant 
que cela ne correspondait pas au cours ordinaire des choses. Les douleurs 
fulgurantes et une lourde médication lui provoquaient une grave dépression. 
L’affirmation, selon laquelle des facteurs de majoration, lesquels n'avaient au 
demeurant pas été précisés par les experts, seraient la cause de sa dépression, n’était 
pas fondée sur des données médicales objectives et était dès lors arbitraire. Il ne 
faisait pas de doute que, sans l’accident, elle aurait continué à travailler comme 
auparavant et pour les mêmes employeurs. Quant à l’activité habituelle, il était 
notoire que la garde d’enfants requérait une attention de chaque instant, des nerfs 
solides et un éveil constant. La garde d’enfants était aussi une grande source de 
stress, ce qui était incompatible avec son état de santé. Par ailleurs, le CEMed 
n’avait même pas tenté de démontrer qu’elle ne souffrait pas des effets secondaires 
aux médicaments. L’instruction du dossier était en outre incomplète, le CEMed se 
disant prêt à discuter avec le médecin traitant et avec les spécialistes ORL, ainsi que 
de la douleur, dans le but de réapprécier sa situation professionnelle. De plus, les 
experts ont conclu qu’ils ne pouvaient donner un avis sur l’évolution actuelle sans 
l’examiner à nouveau. Il était ainsi nécessaire que le CEMed se mette en contact 
avec ces médecins traitants, avant de statuer. 

10. Par décision du 28 juillet 2015, l’assureur-accidents a rejeté l’opposition de 
l’assurée et a retiré l'effet suspensif à un éventuel recours, en reprenant pour 
l’essentiel son argumentation précédente.  

11. Par acte du 19 septembre 2015, l’assurée a recouru contre cette décision, par 
l’intermédiaire de son conseil, en concluant préalablement à la restitution de l’effet 
suspensif et à des mesures d’instruction complémentaires, ainsi que, 
principalement, à la condamnation de l’intimée au versement des indemnités 
journalières depuis le 1er février 2015. Les conclusions de l’expertise du CEMed 
étaient orientées et arbitraires. Par ailleurs, ce centre n’offrait pas les garanties 
d’indépendance requises, de sorte que la mise en œuvre d’une expertise neutre était 
nécessaire. Concernant l’effet suspensif, elle a fait valoir que la causalité adéquate 

 
 
 

 

A/3250/2015 

- 6/8 -

devait être admise, en raison des graves séquelles persistantes, telles que des 
douleurs violentes et subites dans la tête, la médication très forte, notamment de 
type morphinique, la somnolence, l’angoisse permanente au sujet de la prochaine 
crise douloureuse et la dépression importante. Ces séquelles l’empêchaient de 
travailler normalement, notamment dans la surveillance des enfants. Elle avait 
quitté la Bolivie et laissé derrière elle une situation familiale pénible, source 
d’anxiété, augmentée par le fait que son séjour en Suisse était dépourvu 
d’autorisation de séjour. Néanmoins, seule sa mauvaise santé et les douleurs dont 
elle souffrait étaient la cause de la dépression profonde et non pas les circonstances 
concomitantes. 

12. Le 1er octobre 2015, l’intimée s’est prononcée sur la restitution de l’effet suspensif 
et a conclu au refus de cette requête. Selon la jurisprudence en la matière, l’intérêt 
de l’assuré de ne pas tomber pendant la procédure de recours à la charge de 
l’assistance publique n’avait pas plus de poids que l’intérêt de l’administration à 
une exécution immédiate de la décision, à moins qu’il y avait lieu d’admettre que 
l’assurée obtiendra vraisemblablement gain de cause en cours de la procédure 
principale. Or, selon l’intimée, le recours était voué à l’échec en l’absence d’une 
relation de causalité adéquate entre l’accident et les troubles psychiques actuels. Il 
était également manifeste que l’intérêt de l’administration était prépondérant, dès 
lors qu’il était patent que la recourante ne pourrait rembourser les prestations 
versées.  

 

EN DROIT 

1. La recourante requiert la restitution de l'effet suspensif, en se prévalant des bonnes 
chances de succès de son recours, ainsi que de sa situation financière précaire.  

2. a. Selon l'art. 54 al. 1 let. c LPGA, les décisions et les décisions sur opposition sont 
exécutoires lorsque l'effet suspensif attribué à une opposition ou à un recours a été 
retiré. 

La LPGA ne contient pas de dispositions propres sur l'effet suspensif. Selon l'art. 55 
al. 1 LPGA, les points de procédure qui ne sont pas réglés de manière exhaustive 
aux art. 27 à 54 LPGA ou par les dispositions des lois spéciales sont régis par la loi 
fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA; RS 172.021). 
Selon l'art. 1 al. 3 PA, l'art. 55 al. 2 et 4 PA, concernant le retrait de l'effet 
suspensif, s'applique à la procédure devant les autorités cantonales de dernière 
instance qui ne statuent pas définitivement en vertu du droit public fédéral.  

D'après la jurisprudence relative à l'art. 55 al. 1 PA, à laquelle l'entrée en vigueur de 
la LPGA et de l'OPGA n'a rien changé (arrêt P. du 24 février 2004, I 46/04), la 
possibilité de retirer l'effet suspensif au recours n'est pas subordonnée à la condition 
qu'il existe, dans le cas particulier, des circonstances tout à fait exceptionnelles qui 
justifient cette mesure. Il incombe bien plutôt à l'autorité appelée à statuer, en 

 
 
 

 

A/3250/2015 

- 7/8 -

application de l'art. 55 PA, d'examiner si les motifs qui parlent en faveur de 
l'exécution immédiate de la décision l'emportent sur ceux qui peuvent être invoqués 
à l'appui de la solution contraire. L'autorité dispose sur ce point d'une certaine 
liberté d'appréciation. En général, elle se fondera sur l'état de fait tel qu'il résulte du 
dossier, sans effectuer de longues investigations supplémentaires. En procédant à la 
pesée des intérêts en présence, les prévisions sur l'issue du litige au fond peuvent 
également être prises en considération; il faut cependant qu'elles ne fassent aucun 
doute. Par ailleurs, l'autorité ne saurait retirer l'effet suspensif au recours lorsqu'elle 
n'a pas de raisons convaincantes pour le faire (ATF 124 V 88 consid. 6a, 117 V 191 
consid. 2b et les références; ATFA du 19 septembre 2006, I 439/06). 

b. L'intérêt de la personne assurée à pouvoir continuer à bénéficier des prestations 
qu'elle percevait jusqu'alors n'est pas d'une importance décisive, tant qu'il n'y a pas 
lieu d'admettre que, selon toute vraisemblance, elle l'emportera dans la cause 
principale. Ne saurait à cet égard constituer un élément déterminant la situation 
matérielle difficile dans laquelle se trouve la personne assurée depuis la suppression 
des prestations. En pareilles circonstances, l'intérêt de l'administration apparaît 
généralement prépondérant, puisque dans l'hypothèse où l'effet suspensif serait 
accordé et le recours serait finalement rejeté, l'intérêt de l'administration à ne pas 
verser des prestations paraît l'emporter sur celui de la personne assurée, il serait 
effectivement à craindre qu'une éventuelle procédure en restitution des prestations 
versées à tort ne se révèle infructueuse (ATF 119 V 503 consid. 4 p. 507). Dans ce 
contexte, la jurisprudence a également précisé que le retrait de l'effet suspensif 
survenant dans le cadre de la suppression ou de la diminution des prestations 
décidée par voie de révision devait également couvrir la période d'instruction 
complémentaire prescrite par renvoi de l'autorité de recours jusqu'à la notification 
de la nouvelle décision, sous réserve d'une éventuelle ouverture anticipée 
potentiellement abusive de la procédure de révision (ATF 129 V 370 et 106 V 18; 
voir également arrêt 8C_451/2010 du 10 novembre 2010 consid. 2 à 4, in SVR 
2011 IV n° 33 p. 96). 

3. En l'occurrence, au vu des expertises du CEMed, le degré de certitude de l’issue du 
litige est insuffisant. Il n’est pas non plus évident de répondre à la question 
juridique portant sur la causalité adéquate entre les troubles psychiques, lesquels 
justifient l’incapacité de travail selon la recourante, et l’accident, respectivement les 
conséquences de cet accident. 

Enfin, à l’évidence, la recourante ne pourrait rembourser les prestations, s’il devait 
s’avérer par la suite que celles-ci n’étaient juridiquement pas fondées. 

Cela étant, les conditions pour accorder la restitution de l’effet suspensif au recours 
contre la décision querellée ne sont pas remplies. 

4. Par conséquent, la requête en restitution de l’effet suspensif sera rejetée. 

 
 
 

 

A/3250/2015 

- 8/8 -

PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant sur incident 

 

1. Rejette la requête en restitution de l’effet suspensif. 

2. Réserve le fond. 

3. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110); le mémoire de recours doit indiquer les 
conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de 
son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l'envoi. 

 
La greffière 

 
 
 
 

Diana ZIERI 

 La présidente 
 
 
 
 

Maya CRAMER 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties par le greffe le