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**Case Identifier:** 96101604-d7c9-5d5c-b743-469a1de6f18e
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-11-13
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 13.11.2015 C/6761/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-6761-2013_2015-11-13.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 16.11.2015. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/6761/2013 ACJC/1379/2015 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 13 NOVEMBRE 2015 

 

Entre 

Madame A______, domiciliée à ______, (GE), appelante d'un jugement rendu par la 
16ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 10 mars 2015, 
représentée par son curateur, Me Samir Djaziri, avocat, rue Leschot 2, 1205 Genève, en 
l'étude duquel elle fait élection de domicile aux fins des présentes, 

et 

B______, sis ______, (GE), intimés, comparant en personne.  

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C/6761/2013 

EN FAIT 

A. a. A______, née le ______ 1924, a été hospitalisée aux B______ (ci-après : 
B______) du 31 mai 2010 au 8 mars 2011.  

 b. Par courrier du 28 juillet 2010, les B______ ont informé A______ de ce que le 
traitement médical pour lequel elle avait été hospitalisée en date du 31 mai 2010 
touchait à sa fin et que son hospitalisation n'était plus médicalement justifiée. Il en 
découlait que son transfert en établissement médico-social devait s'organiser dans 
les meilleurs délais et que la facturation mensuelle était modifiée dès le 26 juillet 
2010. Les B______ ont notamment informé A______ qu'une facture totalisant le 
montant forfaitaire de 217 fr. par jour, correspondant aux frais de pension, lui 
serait envoyée directement pour règlement, avec la précision que ces frais 
n'étaient pas remboursés par la LAMal. 

c. Les B______ lui ont adressé trois factures pour les traitements du 1er au 
31 décembre 2010, pour un montant de 6'727 fr. (facture du 7 janvier 2011), du 
1er au 31 janvier 2011, pour un montant de 6'727 fr. (facture du 4 février 2011) et 
du 1er au 28 février 2011 pour un montant de 6'076 fr. (facture du 4 mars 2011). 

d. Par courrier du 9 octobre 2012, A______ a été mise en demeure de payer le 
montant de 23'875 fr. 95 aux B______, correspondant à la somme des trois 
factures précitées, augmentée des intérêts moratoires à 5% et d'une indemnité 
selon l'art. 106 CO.  

e. En date du 31 janvier 2013, les B______ ont fait notifier à A______ un 
commandement de payer poursuite n° 1______, pour les montants de 6'727 fr. 
avec intérêts à 5% dès le 6 février 2011, de 6'727 fr. avec intérêts à 5% dès le 
6 mars 2011 et 6'076 fr. avec intérêts à 5% dès le 3 avril 2011, correspondant aux 
factures précitées, ainsi que 2'880 fr. à titre de frais selon l'art. 106 CO.  

A______ y a fait opposition le 15 février 2013. 

B. a. Par acte déposé au greffe du Tribunal de première instance le 26 mars 2013, les 
B______ ont assigné A______ en paiement de 6'727 fr. avec intérêts à 5% l'an dès 
le 6 février 2011, 6'727 fr. avec intérêts à 5% l'an dès le 6 mars 2011, 6'076 fr. 
avec intérêts à 5% l'an dès le 3 avril 2011 et 1'135 fr. au titre de frais et ont requis 
la mainlevée de l'opposition faite à la poursuite n° 1______, avec suite de frais et 
dépens. 

A l'appui de leur demande, les B______ ont indiqué que A______ ne s'était pas 
acquittée des factures en question malgré plusieurs rappels et une mise en 
demeure. 

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C/6761/2013 

b. A______ a déposé sa réponse écrite le 20 juin 2014, concluant à titre principal 
au déboutement des B______ de toutes leurs conclusions avec suite de frais et 
dépens. 

c. Lors de l'audience du 4 décembre 2014, les B______ ont persisté dans leur 
requête. Les parties ont indiqué qu'elles allaient entreprendre des pourparlers qui 
pourraient aboutir à des conclusions d'accord. Dans le cas contraire, la cause 
pouvait être gardée à juger.  

d. Par courrier du 20 janvier 2015, A______ a transmis au Tribunal une lettre qui 
lui avait été adressée par le Service des prestations complémentaires (ci-après : 
SPC) le 19 septembre 2011, de laquelle il ressortait que ce service avait fait un 
versement de 25'191 fr. en faveur des B______. Elle en concluait que sa dette 
envers ceux-ci était éteinte.  

e. Par lettre du 23 janvier 2015, les B______ ont fait valoir que cette pièce avait 
été déposée tardivement et se sont opposés à ce qu'elle soit admise à la procédure. 
En tout état de cause, les interventions de tiers, tel le SPC, étaient déduites de la 
facturation adressée aux patients, de sorte que les montants réclamés dans la 
procédure en constituaient le solde.  

C. a. Par jugement du 10 mars 2015, notifié à A______ le 13 mars 2015, le Tribunal 
a condamné cette dernière à payer aux B______ les montants de 6'727 fr. avec 
intérêts à 5% l'an dès le 7 février 2011, 6'727 fr. avec intérêts à 5% l'an dès le 7 
mars 2011 et 6'076 fr. avec intérêts à 5% l'an dès le 4 avril 2011 (chiffre 1 du 
dispositif), prononcé à concurrence des montants précités la mainlevée définitive 
de l'opposition formée au commandement de payer poursuite n° 1______, notifié 
le 31 janvier 2013 (ch. 2), arrêté à 1'100 fr. les frais judiciaires, mis à charge de 
A______, laquelle était condamnée à les verser aux B______, ordonné la 
restitution à ceux-ci du solde en 900 fr. de l'avance versée (ch. 3), condamné 
A______ à verser aux B______ 1'500 fr. à titre de dépens (ch. 4) et débouté les 
parties de toutes autres conclusions (ch. 5). 

 Le Tribunal a notamment retenu qu'il n'était pas démontré que le montant de 
25'191 fr. versé par le SPC aux B______ en septembre 2011 concernerait le 
paiement des factures litigieuses dans la présente cause. 

 b. Par acte déposé à la Cour de justice le 27 avril 2015, A______ a formé appel de 
ce jugement dont elle a sollicité l'annulation. Elle a conclu à ce que la Cour, 
statuant à nouveau, constate qu'elle reste devoir un montant de 7'857 fr. aux 
B______, avec suite de frais et dépens. 

 Elle a fait valoir que le montant de 25'191 fr. versé aux B______ le 19 septembre 
2011 devait être imputé sur la créance faisant l'objet de la présente procédure. 

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 Elle a produit une pièce nouvelle, à savoir un courriel du SPC du 17 mars 2015, 
reçu en réponse à un courriel de sa part du même jour (pièce n° 8). 

c. Par écriture en réponse du 30 juin 2015, les B______ ont conclu à la 
confirmation du jugement attaqué, avec suite de frais et dépens. 

Ils ont notamment soutenu que le montant versé par le SPC le 19 septembre 2011 
avait été imputé sur des factures ouvertes antérieures. 

Ils ont produit deux pièces nouvelles, à savoir le relevé de compte de A______ au 
5 juin 2015 (pièce n° 6) et un courrier adressé à celle-ci par leurs soins le 24 
octobre 2011 (pièce n° 8). 

d. Le 24 août 2015, A______ a déposé une réplique, persistant dans ses 
précédentes conclusions. 

e. Les parties ont été informées par avis de la Cour du 21 septembre 2015 de ce 
que la cause était gardée à juger, les B______ n'ayant pas fait usage de leur droit 
de dupliquer. 

EN DROIT 

1. 1.1 L'appel est notamment recevable contre les décisions finales et les décisions 
incidentes de première instance (art. 308 al. 1 let. a CPC). Dans les affaires 
patrimoniales, l'appel est recevable si la valeur litigieuse au dernier état des 
conclusions est de 10'000 fr. au moins (art. 308 al. 2 CPC), ce qui est le cas en 
l'espèce. 

 L'appel a en outre été déposé dans le délai prescrit et dans la forme requise par la 
loi (art. 311 al. 1 CPC). Il est ainsi recevable. 

 1.2 La Cour dispose d'un plein pouvoir d'examen, tant en fait qu'en droit  
(art. 310 CPC; HOHL, Procédure civile, tome II, 2010, nos 2314 et 2416; 
RETORNAZ, L'appel et le recours, in Procédure civile suisse, 2010, p. 349 ss). 

2. Les deux parties ont produit des pièces nouvelles en appel. 

2.1 Les faits et les moyens de preuve nouveaux sont admissibles en appel aux 
conditions de l'art. 317 CPC. La Cour examine, en principe, d'office la 
recevabilité des faits et les moyens de preuve nouveaux en appel (REETZ/HILBER, 
Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung [ZPO], 2ème éd., 2013, 
n. 26 ad art. 317 CPC). 

Selon l'art. 317 al. 1 CPC, les faits et les moyens de preuves nouveaux ne sont pris 
en considération en appel que s'ils sont invoqués ou produits sans retard (let. a) et 
s'ils ne pouvaient pas être invoqués ou produits devant la première instance bien 

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que la partie qui s'en prévaut ait fait preuve de la diligence requise (let. b). Les 
deux conditions sont cumulatives (JEANDIN, in Code de procédure civile 
commenté, 2011, n. 6 ad art. 317 CPC). 

2.2 En l'espèce, la pièce nouvelle produite par l'appelante est irrecevable car elle 
aurait pu être déposée devant le Tribunal si l'appelante avait fait preuve de la 
diligence requise.  

En effet, il ressort du courriel du 17 mars 2015 du SPC que celui-ci ne fait que 
confirmer un autre courriel adressé à l'appelante le 20 janvier 2015, lequel aurait 
pu être produit devant le Tribunal. 

Les pièces nouvelles déposées en appel par les intimés sont également 
irrecevables car elles auraient toutes deux pu être produites en première instance. 

3. L'appelante ne conteste pas le montant des factures des intimés mais soutient que 
celles-ci ont été partiellement payées suite au versement par le SPC de 25'191 fr. 
le 19 septembre 2011. Les intimés font valoir pour leur part que ce montant a 
éteint des factures antérieures à celles faisant l'objet de la présente procédure. 

3.1 Selon l'art. 86 al. 1 CO, le débiteur qui a plusieurs dettes à payer au même 
créancier a le droit de déclarer, lors du paiement, laquelle il entend acquitter. 
Faute de déclaration de sa part, le paiement est imputé sur la dette que le créancier 
désigne dans la quittance, si le débiteur ne s'y oppose immédiatement  
(art. 86 al. 2 CO). 

Lorsqu'il n'existe pas de déclaration valable, ou que la quittance ne porte aucune 
imputation, le paiement s'impute sur la dette exigible; si plusieurs dettes sont 
exigibles, sur celle qui a donné lieu aux premières poursuites contre le débiteur; 
s'il n'y a pas eu de poursuites, sur la dette échue la première (art. 87 al. 1 CO). 

3.2 Selon l'art. 8 CC chaque partie doit, si la loi ne prescrit le contraire, prouver 
les faits qu'elle allègue pour en déduire son droit. 

Pour toutes les prétentions relevant du droit privé fédéral, l'art. 8 CC, en l'absence 
d'une disposition spéciale contraire, répartit le fardeau de la preuve et détermine, 
sur cette base, laquelle des parties doit assumer les conséquences de l'échec de la 
preuve. En principe, c'est au créancier d'établir les circonstances propres à fonder 
sa prétention, alors que c'est le débiteur qui doit établir les circonstances propres à 
rendre cette prétention caduque (arrêt du Tribunal fédéral 4A_743/2011 du 14 mai 
2012 consid. 3.4; ATF 125 III 78 consid. 3b, SJ 1999 I 385; ATF 129 III 18 
consid. 2.6). 

3.3 En l'espèce, dans la mesure où le montant des factures des intimés n'est pas 
contesté, il incombait à l'appelante de fournir la preuve du paiement de celles-ci. 

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Or, l'avis de paiement du 19 septembre 2011 produit par l'appelante ne démontre 
pas que le versement du SPC devait être imputé sur la dette correspondant aux 
factures litigieuses.  

Cet avis ne comporte en effet aucune précision sur la dette que ce paiement a pour 
but d'éteindre, étant souligné qu'il n'est pas contesté que les soins fournis par les 
B______ se sont étendus sur une période de plusieurs mois.  

Par ailleurs, aucune quittance émanant des intimés suite à ce versement n'a été 
fournie. 

L'appelante, à qui incombait la preuve de l'extinction de la dette, n'a ainsi pas 
établi que le paiement dont elle se prévaut a effectivement éteint celle-ci. 

Le jugement attaqué doit dès lors être confirmé. 

4. L'appelante, qui succombe, sera condamnée aux frais de l'appel (art. 106  
al. 1 CPC). 

 Dans la mesure où l'appelante a obtenu l'assistance juridique le 27 juillet 2015, les 
frais judiciaires, arrêtés à 1'200 fr. (art. 17 et 35 RTFMC), seront laissés à charge 
de l'Etat de Genève, lequel pourra en réclamer le remboursement ultérieurement, 
aux conditions prévues par l'art. 123 CPC. L'avance versée par l'appelante lui sera 
restituée. 

 Compte tenu de la valeur litigieuse en appel de 11'673 fr., l'appelante sera en outre 
condamnée à verser aux intimés des dépens en 900 fr. débours et TVA compris 
(art. 85 et 90 RTFMC; 118 al. 3 et 122 al. 1 let. d CPC). 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté par A______ contre le jugement JTPI/3119/2015 
rendu le 10 mars 2015 par le Tribunal de première instance dans la cause 
C/6761/2013-16. 

Au fond : 

Confirme le jugement querellé. 

Déboute les parties de toute autre conclusion. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires d'appel à 1'200 fr. 

Les met à la charge de A______ et dit qu'ils sont provisoirement supportés par l'Etat de 
Genève. 

Invite les Services financiers du Pouvoir judiciaire à restituer à A______ l'avance en 
1'200 fr. qu'elle a versée. 

Condamne A______ à payer aux B______ 900 fr. à titre de dépens d'appel. 

Siégeant : 

Monsieur Jean-Marc STRUBIN, président; Monsieur Laurent RIEBEN et Madame 
Fabienne GEISINGER-MARIÉTHOZ, juges; Madame Anne-Lise JAQUIER, greffière. 

 

Le président : 

Jean-Marc STRUBIN 

 La greffière : 

Anne-Lise JAQUIER 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 113 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec 

expédition complète (art 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du recours 

constitutionnel subsidiaire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 30'000 fr.