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**Case Identifier:** 1b3c2d18-d160-542c-9f9b-46566017b44c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-05-12
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 12.05.2020 C/21114/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-21114-2019_2020-05-12.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 22 mai 2020. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/21114/2019 ACJC/621/2020 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU MARDI 12 MAI 2020 

 

Entre 

Monsieur A______, domicilié c/o Madame B______, chemin ______, ______ (GE), 
appelant d'un jugement rendu par la 20ème Chambre du Tribunal de première instance 

de ce canton le 7 janvier 2020, comparant en personne, 

et 

Madame B______, domiciliée chemin ______, ______, intimée, comparant par Me 
Thomas Barth, avocat, boulevard  

Helvétique 6, case postale, 1211 Genève 12, en l'étude duquel elle fait élection de 

domicile. 

 

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C/21114/2019 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/136/2020 rendu sur mesures protectrices de l'union conjugale 
le 7 janvier 2020, notifié à A______ le 13 janvier suivant, le Tribunal de première 

instance a autorisé les parties à vivre séparées (ch. 1 du dispositif), attribué à 

l'épouse la jouissance exclusive du domicile conjugal sis chemin 1______ à 

C______ (GE) (ch. 2), condamné A______ à quitter le domicile conjugal au plus 

tard le 29 février 2020 (ch. 3), dit que B______ pourrait faire appel à la force 

publique en cas d'inexécution (ch. 4), condamné cette dernière à verser une 

contribution à l'entretien de son époux de 4'000 fr. dès le 1er mars 2020 ou à 

compter de son départ du domicile conjugal si celui-ci avait lieu plus tôt (ch. 5), 

prononcé la séparation de biens des parties (ch. 6) et prononcé lesdites mesures 

pour une durée indéterminée (ch. 7). 

Le premier juge a arrêté les frais judiciaires à 200 fr., compensés avec l'avance 

effectuée par B______ et laissés à la charge de celle-ci  

(ch. 8), sans allouer de dépens (ch. 9), et débouté les parties de toutes autres 

conclusions (ch. 10). 

B. a. Par acte déposé le 22 janvier 2020 à la Cour de justice, A______ - comparant 
en personne - a appelé de ce jugement. 

 Il a sollicité formellement de la Cour "de fixer une contribution d'entretien 
prenant en considération la totalité des postes d'un budget, la concordance avec 

les prix du marché et le respect de la décision du Tribunal fédéral sur un 

"standard de vie antérieur maintenu pour les deux [époux]" et de réformer le 

jugement "en prenant en considération la situation en incapacité de discernement 

et de confusion mentale de la partie adverse". 

Il ressort de son écriture qu'il demande l’annulation des chiffres 3 et 5 du 
dispositif du jugement attaqué et conclut à l'allocation d'une contribution à son 

entretien correspondant aux charges qu'il allègue, soit au montant mensuel de 

8'712 fr., et à la fixation d'un délai de quatre à six mois pour quitter le domicile 

conjugal. Il allègue également que son épouse est incapable de discernement. 

Préalablement, il a requis la suspension du caractère exécutoire du chiffre 3 du 

dispositif du jugement, requête déclarée irrecevable, subsidiairement infondée par 

arrêt ACJC/178/2020 rendu le 28 janvier 2020. 

A l'appui de son appel, il a produit des pièces déjà produites en première instance, 

dont une photographie de boîtes de médicaments qui seraient détenues par son 

épouse. 

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b. B______ a conclu à l'irrecevabilité de l'appel et à la confirmation du jugement 
entrepris, avec suite de frais et dépens. 

Elle a produit une pièce nouvelle, à savoir des captures d'écran concernant des 

courriels de janvier 2020. 

c. Par réplique du 13 février 2020, A______ a, avec suite de frais et dépens, 
sollicité de la Cour de : 

 - "reconnaître l'incapacité de discernement [de son épouse] non traitée par le 
jugement", 

 - "revoir le montant de la contribution d'entretien (…)", et 
 - lever le délai de départ du domicile et "fixer la date de départ à partir du rendu 

de la décision d'appel". 

 Il invoque l'incapacité de discernement de son épouse et demande le versement 

d'une contribution à son entretien de 8'712 fr. par mois, ainsi que la fixation d'un 

délai de départ du domicile conjugal dès le prononcé de la présente décision. 

Il a, à nouveau, requis la suspension du caractère exécutoire du chiffre 3 du 

dispositif du jugement, laquelle a été rejetée par arrêt ACJC/305/2020 rendu le  

20 février 2020. 

Il a produit de nouvelles pièces, soit divers courriels datés d'octobre 2019 à février 

2020, un courriel non daté et de nouvelles photographies de boîtes de 

médicaments, à savoir de flacons de morphine et de comprimés de Lexotanil. 

d. Par duplique du 28 février 2020, B______ a persisté dans ses conclusions. 

Elle a produit deux nouvelles pièces, soit des informations tirées du Compendium 

suisse des médicaments concernant les deux médicaments précités. 

e. Par courriers du 2 mars 2020, le greffe de la Cour a communiqué la duplique à 
A______ et informé les parties de ce que la cause était gardé à juger. 

f. Par courrier du 9 mars 2020, A______ a persisté dans ses conclusions et a 
produit une quarantaine de pièces - soit, pour l'essentiel, divers courriers et 

courriels -, lesquelles ne sont soit pas datées soit datées entre 2002 et février 2020. 

C. Les faits suivants résultent du dossier soumis à la Cour : 

a. B______, née le ______ 1949, ressortissante suisse, et A______, né le ______ 
1954, de nationalité française, se sont mariés le ______ 2010 à C______ (GE), 

sans conclure de contrat de mariage. 

Aucun enfant n'est issu de cette union. 

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b. B______ souffre de problèmes de santé depuis de nombreuses années. 

c. Les époux ont cessé la vie commune depuis octobre 2019, date à laquelle 
A______ a emménagé au sous-sol de la maison dont B______ est propriétaire et 

qui constitue le domicile conjugal. 

d. Par acte déposé au Tribunal de première instance le 20 septembre 2019, 
B______ a requis le prononcé de mesures protectrices de l’union conjugale. 

S'agissant des conclusions encore litigieuses en appel, elle a conclu à ce que la 

jouissance du domicile conjugal lui soit attribuée et à ce qu'il lui soit donné acte 

de son engagement à verser une contribution à l'entretien de son époux de  

2'000 fr. par mois. 

e. Lors de l’audience tenue le 25 novembre 2019 par le Tribunal,  
A______ - comparant en personne en première instance - a déclaré qu'il ne 

percevait pas de revenus. Il gérait deux ONG, fondées avec son épouse, qui 

avaient leur siège à l'adresse de leur domicile. Il s'occupait en parallèle de son 

épouse depuis son opération intervenue il y a dix ans. Il avait vendu un 

appartement à ______ (France), ce qui lui avait permis de couvrir ses charges 

durant un certain temps. Son épouse subvenait à ses besoins alimentaires et de 

toit. Il s'habillait chez Emmaüs.  

B______ a exposé que les ONG n'étaient plus actives depuis longtemps et qu'elle 

avait démissionné de ses fonctions en leur sein. Concernant sa santé, elle faisait 

du yoga et de la natation à raison de quatre fois par semaine, faisait ses courses et 

se portait beaucoup mieux depuis que son mari ne s'occupait plus de ses repas.  

Sur le plan financier, B______ subvenait aux besoins de son époux depuis 2006. 

Elle percevait une rente AVS simple et non pour couple, car son époux n'avait 

jamais été officiellement domicilié en Suisse. Ce dernier a confirmé être assuré 

pour la maladie en France et bénéficier des soins gratuits tant en France qu'en 

Suisse. 

A______ a déclaré qu'il estimait avoir besoin de 5'960 fr. pour vivre en France, en 

tenant compte d'un loyer de 1'800 fr., que si son épouse lui versait ce montant, il 

était d'accord de partir dans les dix jours dès qu'il aurait trouvé un logement et que 

celle-ci lui avait proposé de payer ses frais de déménagement.  

A l'issue de l'audience, A______ a déposé au Tribunal une réponse écrite datée du 

8 novembre 2019, non signée, accompagnée de trois pièces, soit un document 

intitulé "chronologie médicale" établie par son épouse en 2018 et deux relevés 

bancaires.  

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f.  Le lendemain, A______ a fait parvenir un chargé de pièces complémentaires 
au Tribunal. 

g. Par courrier du 27 novembre 2019, le greffe du Tribunal a communiqué ces 
pièces à B______, lui a imparti un délai pour se déterminer, et a informé les 

parties de ce que la cause serait gardée à juger à l'issue d'un délai de 15 jours à 

dater de la notification de cet envoi. 

h. Par courrier adressé le 5 décembre 2019 au Tribunal, B______ a conclu à 
l'irrecevabilité des pièces produites par son époux le  

26 novembre 2019. 

i. Par courrier adressé le 8 décembre 2019 au Tribunal, A______ a contesté 
l'irrecevabilité desdites pièces, relevant que le Tribunal lui avait indiqué, lors de 

l'audience précitée, qu'il avait la possibilité de déposer "l'intégralité des pièces 

justificatives, une fois que celles-ci seraient en deux exemplaires, ce qui a été fait 

au plus vite"; il a également sollicité la tenue d'une nouvelle audience et 

l'établissement d'une expertise médicale aux fins d'examiner la capacité de 

discernement de son épouse. 

j. Par courrier adressé le 11 décembre 2019 au Tribunal, B______ s'est opposée à 
la tenue d'une nouvelle audience. 

k. Par courrier adressé le lendemain au Tribunal, A______ a, à nouveau, sollicité 
la tenue d'une audience.  

l. Aux termes du jugement entrepris, le premier juge a, notamment, constaté que 
l'attribution du logement familial à l'épouse n'était pas litigieuse et a imparti à 

A______ un délai au 29 février 2020 pour le quitter. 

Sur le plan financier, B______ avait des revenus totalisant 11'779 fr. 50, alors que 

son conjoint n'en avait pas, celui-ci étant à sa charge depuis de nombreuses années 

et s'étant occupé d'elle en raison de ses problèmes de santé, ce qu'elle n'avait pas 

contesté. Depuis quelques mois, elle lui versait 2'000 fr. par mois et assumait 

toutes les charges du ménage. A______ avait donc droit à une contribution 

d'entretien de 4'000 fr. par mois, comprenant lesdits 2'000 fr., un loyer de 1'800 fr. 

- selon l'estimation de ce dernier - pour un logement d'un standing équivalent lui 

permettant de conserver le standard de vie antérieur et un montant global de 200 

fr. pour la prime d'assurance-ménage, les frais de SIG et les frais de téléphone.  

 

m. La situation financière et personnelle des parties est la suivante : 

m.a B______ perçoit une rente AVS de 2'370 fr. par mois et une rente LPP de 
4'409 fr. 50 par mois. En mai 2019, elle a, dans le cadre de la succession de sa 

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mère, hérité d'un montant de plus de 3'000'000 fr. qu'elle a partiellement placé - 

environ 1'000'000 fr. demeurant disponibles sous forme de liquidités - et qui lui 

procure un revenu mensuel de 5'000 fr. 

 Elle souffre de problèmes de santé importants et a subi de nombreuses 

interventions chirurgicales par le passé (gastrectomie totale en 2003, deux 

occlusions intestinales en 2007 et en 2009, hospitalisation pour une infection 

grave en 2015, ayant conduit à une splanchnicectomie en 2015, puis à une 

prescription de morphine à très haute dose et occlusion oculaire en 2018 encore en 

cours de traitement). Elle a été placée à l'AI en 2005 en raison de complications 

consécutives à sa gastrectomie.  

 Selon une attestation établie le 20 avril 2016 par le prof. D_______, médecin 

responsable de l'unité de nutrition des HUG, le traitement antidouleurs à base de 

produits morphinés administrés à B______ à la suite de son opération de 2015 

avait des effets secondaires importants sur l'attention et la mémoire tant que la 

médication était active; le sevrage de ce traitement avait été effectué dès le mois 

de mars 2016 et était terminé. 

 Selon une attestation établie par ce thérapeute le 13 septembre 2019, B______ 

souffre d'un syndrome douloureux majeur généré par ses différentes pathologies, 

ayant nécessité des traitements médicamenteux modifiés en fonction de leur 

évolution. 

 L'époux allègue que B______ suit, à nouveau, un traitement de morphine depuis 

juillet 2019, qui atteint sa capacité de discernement et l'a conduite à prendre la 

décision de se séparer de lui. Il en veut pour preuve les nombreux flacons dont 

elle dispose et qui lui ont été prescrits récemment, conjointement à une grande 

quantité d'anxiolytique. 

 Il se réfère à la pièce intitulée "chronologie médicale" établie par son épouse et 

produite par celle-ci dans la procédure judiciaire l'ayant opposée à sa sœur 
concernant la succession de leur mère, dans laquelle elle avait indiqué : "1er sem. 

2016, sous morphine je suis totalement confuse, mon caractère change sans que je 

m'en aperçoive, je demande le divorce sans raison et consulte pour cela  

Me ______, juste pour un mot qui n'allait pas dans le sens que je voulais. Je 

change tout mon mobilier. Je dilapide mes fonds disponibles". 

 Il se réfère également à un procès-verbal d'audition de témoin tenue en juin 2017 

par le Tribunal dans la procédure précitée, dont il ressort que le prof. D_______ a 

déclaré qu'entre décembre 2015 et avril 2016, il avait eu de nombreux entretiens 

avec sa patiente, lors desquels il avait pu constater des propos confus et de 

nombreuses pertes de mémoire, une alternance de phases d'enthousiasme excessif 

et de phases d'abattement profond au cours desquelles elle refusait même de 

quitter son lit, et que cela résultait de sa prise de Sevredol, (une forme de 

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morphine qui altérait les capacités de discernement d'une personne), mais qu'elle 

disposait de la capacité de discernement le jour de sa déclaration. 

 B______ explique que sa prise importante de médicaments en 2015 résultait de 

suites chirurgicales très douloureuses et était liée à ce contexte très spécifique. Par 

la suite, elle avait continué à prendre de la morphine à petites doses pour des 

douleurs passagères, lesquelles ne souffraient aucune comparaison avec celles de 

2015. Actuellement, elle n'en prenait plus, la pratique régulière du sport, de la 

méditation et la médecine alternative lui permettant d'apaiser ses douleurs. 

 Il ressort des divers courriels échangés entre les époux produits par A______ que 

son épouse s'occupe de son chien et se rend régulièrement au fitness. 

 Le premier juge n'a pas arrêté les charges mensuelles de B______. En première 

instance, elle a évalué ses charges à 6'499 fr. 40 par mois - non contestées par son 

époux -, comprenant les intérêts hypothécaires (468 fr.), la prime d'assurance-

maladie LAMal (632 fr.) et LCA (373 fr. 20), les frais médicaux non remboursés 

(108 fr. 50), les frais de SERAFE (30 fr. 40), la prime d'assurance RC-ménage-

bâtiment (65 fr. 90), les frais d'entretien et de ménage (400 fr.), les frais de SIG 

(247 fr. 25), les frais de transport (390 fr. 85 pour les impôts et les primes 

d'assurance pour trois voitures), les impôts (estimés à  

2'000 fr. sur la base de ses impôts 2018 s'élevant à 1'736 fr. 60 par mois, augmenté 

pour tenir compte de l'accroissement de sa fortune intervenue en 2019), les frais 

divers (500 fr. pour les frais de loisirs, de restaurants et de vacances), 

l'abonnement de fitness (83 fr. 30) et le montant de base selon les normes OP 

(1'200 fr.).  

m.b A______ n'a pas d'activité professionnelle rémunérée. Il a déclaré qu'il 
disposait de doctorats en droit, en gestion et en psychologie sociale et de diplômes 

d'une école supérieure de commerce et d'une école supérieure d'ingénieur, qu'il 

vivait en Suisse depuis 2002, étant arrivé dans le cadre d'un recrutement à l'EPFL 

qui n'avait pas abouti, qu'il avait ensuite travaillé au sein de l'école supérieure de 

commerce de ______ (France), puis de la Haute école ______ à Genève pendant 

une année, puis au sein de l'Université E_______ (France) et qu'après en avoir 

démissionné, il s'était occupé, avec son épouse, des ONG qu'ils avaient créées.  

Son épouse lui versait 300 fr. par mois depuis le début de l'année 2019, montant 

qu'elle avait augmenté à 2'000 fr. depuis qu'elle avait perçu son héritage en  

mai 2019, tout en le logeant gratuitement. 

Bien que vivant la majeure partie de l'année à Genève, il n'y est pas domicilié 

officiellement. Il est couvert par l'assurance-maladie en France et bénéficie des 

soins gratuits en France et en Suisse.  

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A______ est copropriétaire à hauteur de 50% d'un domaine en F_______ (France) 

comprenant plusieurs bâtisses, la part de 50% restante appartenant à ses filles.  

Le premier juge a retenu que les charges mensuelles de A______ comprenaient un 

loyer (estimé, selon l'intéressé, à 1'800 fr. ou l'équivalent en euros), les frais de 

transport (70 fr. ou l'équivalent en euros) et le montant de base selon les normes 

OP (1'200 fr. s'il vivait en Suisse ou de 1'020 fr. s'il vivait en France, à savoir 

1'200 fr. diminué de 15% pour tenir compte du coût de la vie inférieur en France, 

ou l'équivalent en euros), soit un montant de 3'070 fr. par mois, respectivement de 

2'890 fr. s'il s'installait en France. 

Dans sa réponse écrite déposée à l'issue de l'audience tenue par le Tribunal, 

A______ a allégué des charges mensuelles à hauteur de 6'960 fr., comprenant un 

loyer (2'800 fr.), la prime d'assurance-maladie (800 fr.), les frais de SERAFE (0 

fr.), la prime d'assurance RC-ménage (60 fr.), les frais d'entretien et de ménage 

(300 fr.), les frais de SIG (200 fr.), les frais de transport (300 fr.), les impôts (400 

fr.), les frais divers (600 fr. pour les restaurants et les vacances), les frais de 

"culture" (300 fr. justifiés par le fait que son épouse lui versait 2'000 fr. par mois 

"à ce titre") et le montant de base selon les normes OP (1'200 fr.). 

En appel, A______ allègue des charges mensuelles à hauteur de 8'712 fr., 

comprenant un loyer (2'800 fr.), la prime d'assurance-maladie (850 fr.), les frais de 

SERAFE (30 fr.), la prime d'assurance RC-ménage (65 fr.), les frais d'entretien et 

de ménage (400 fr.), les frais de SIG (247 fr.), les frais de transport (620 fr., 

justifiés par le fait que ses enfants et petits-enfants habitent hors de Genève), les 

impôts (1'100 fr., comprenant 460 fr. d'impôts pour sa part de copropriété en 

France), les frais divers (400 fr. pour les restaurants et les vacances), les frais de 

loisirs (1'000 fr. justifiés par le fait que son épouse lui verse 2'000 fr. par mois "à 

ce titre") et le montant de base selon les normes OP (1'200 fr.). 

Il n'a produit aucun justificatif, se contentant d'aligner ses charges avec celles de 

son épouse. 

En appel, il expose qu'un loyer de 2'800 fr. lui est nécessaire pour un logement de 

qualité au regard du logement conjugal, soit une habitation d'une surface habitable 

de 120 m2 avec 500 m2 de jardin, garage et parking, situé dans un quartier 

privilégié proche du centre de la commune de C______ (GE) et de toutes les 

commodités. 

Les parties s'accordent à dire que B______ a offert de prendre en charge les frais 

de déménagement de son époux, ainsi que ses éventuels frais de garde-meubles 

durant six mois. 

EN DROIT 

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1. 1.1 L'appel est recevable contre les jugements de mesures protectrices de l'union 
conjugale, qui doivent être considérés comme des décisions provisionnelles au 

sens de l'art. 308 al. 1 let. b CPC, dans les causes non patrimoniales ou dont la 

valeur litigieuse au dernier état des conclusions devant l'autorité inférieure est 

supérieure à 10'000 fr. (art. 308 al. 2 CPC).  

Les jugements de mesures protectrices étant régis par la procédure sommaire 

selon l'art. 271 CPC, le délai d'introduction de l'appel est de dix jours (art. 314  

al. 1 CPC). 

Les litiges portant sur les obligations d'entretien et sur le domicile conjugal sont 

de nature pécuniaire (arrêt du Tribunal fédéral 5A_12/2019 du 26 février 2019 

consid. 1.2).  

1.1.1 L'appelant n'a pas chiffré ses conclusions financières. 

1.1.1.1 Dans les procès soumis à la maxime de disposition, le juge ne peut pas 
accorder plus ou autre chose que ce qui est demandé (art. 58 al. 1 CPC), de sorte 

que les parties sont tenues de prendre des conclusions suffisamment déterminées. 

En particulier, les conclusions tendant au paiement d'une somme d'argent doivent 

être chiffrées (art. 84 al. 2 CPC). Le principe de disposition n'interdit, cependant, 

pas au tribunal de déterminer le sens véritable des conclusions et de statuer sur 

cette base, plutôt que selon leur libellé inexact ou imprécis. Les conclusions 

doivent, en effet, être interprétées selon le principe de la confiance, à la lumière de 

la motivation de l'acte; l'interdiction du formalisme excessif commande, pour sa 

part, de ne pas se montrer trop strict dans la formulation des conclusions si, à la 

lecture du mémoire, on comprend clairement ce que veut le recourant (arrêt du 

Tribunal fédéral 5A_368/2018 du 25 avril 2019 consid. 4.3.3 et les réf. cit.). 

 1.1.1.2 En l'espèce, si les conclusions de l'appelant - qui comparaît en personne - 
ne sont pas chiffrées, il ressort néanmoins de la lecture de l'appel que ce dernier 

sollicite le versement d'une contribution à son entretien de 8'712 fr. par mois. 

1.1.2 L'intimée conclut à l'irrecevabilité de l'appel, faute de motivation. Elle 
soutient que l'appelant allèguerait son incapacité de discernement sans apporter 

aucune preuve ou élément probant, qu'il se contenterait d'alléguer des charges 

farfelues sans justificatifs et qu'il n'indiquerait pas les raisons pour lesquelles le 

délai fixé par le premier juge pour quitter le domicile conjugal serait trop court. 

1.1.2.1 L'appel doit être écrit et motivé (art. 311 al. 1 CPC).  

L’appelant doit démontrer le caractère erroné de la motivation attaquée. Il doit 
tenter de démontrer que sa thèse l'emporte sur celle de la décision attaquée. 

Sa motivation doit être suffisamment explicite pour que l'instance d'appel puisse 

la comprendre aisément, ce qui suppose une désignation précise des passages de 

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la décision que le recourant attaque et des pièces du dossier sur lesquelles repose 

sa critique (ATF 141 III 569 consid. 2.3.3 ; 138 III 374 consid. 4.3.1). Il ne saurait 

se borner à simplement reprendre des allégués de fait ou des arguments de droit 

présentés en première instance, mais il doit s'efforcer d'établir que, sur les faits 

constatés ou sur les conclusions juridiques qui en ont été tirées, la décision 

attaquée est entachée d'erreurs. Il ne peut le faire qu'en reprenant la démarche du 

premier juge et en mettant le doigt sur les failles de son raisonnement (arrêts du 

Tribunal fédéral 4A_218/2017 du 14 juillet 2017 consid. 3.1.2; 4A_376/2016  

du 2 décembre 2016 consid. 3.2.1). 

Une motivation succincte ou sommaire peut, suivant les circonstances, être 

suffisante (REETZ/THEILER, Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozess-

ordnung (ZPO), 2016, n° 37 s. ad art. 311 CPC; ACJC/144/2018 consid. 2.1.3; 

ACJC/569/2012 consid. 1.2.2; ACJC/672/2011 consid. 2). Il faut toutefois qu'il y 

ait au moins un reproche par conclusion contre le jugement querellé, reproche que 

l'instance de recours doit pouvoir comprendre, sans avoir à rechercher des griefs 

par elle-même (JEANDIN, Code de procédure civile commenté, 2011, n° 3  

ad art. 311 CPC; REETZ/THEILER, op. cit., n° 12 et 38 ad art. 311 CPC). 

1.1.2.2 In casu, l'appelant formule des critiques à l'égard du jugement entrepris. 
Contrairement à ce que soutient l’intimée, il ne se contente pas de renvoyer aux 
moyens soulevés devant le premier juge, mais il désigne les éléments qui auraient 

dû, selon lui, être pris en compte, de sorte que son appel est suffisamment motivé, 

d'autant qu'il procède en personne. 

1.1.3 L'appel ayant été formé en temps utile et selon la forme prescrite par la loi 
(art. 130 al. 1, 311 al. 1 et 314 al. 1 CPC), dans une cause de nature pécuniaire 

portant sur le montant des contributions d'entretien en jeux, qui, capitalisées selon 

l'art. 92 al. 2 CPC, sont largement supérieures à 10'000 fr., il est recevable.  

1.2 La Cour revoit la cause en fait et en droit avec un plein pouvoir d'examen 
(art. 310 CPC). 

Vu la nature du litige, les maximes de disposition (art. 58 al. 1 CPC; ATF 128 III 

411 consid. 3.2.2; arrêt du Tribunal fédéral 5A_693/2007 du 18 février 2008 

consid. 6) et inquisitoire sont applicables (art. 272 CPC; ATF 129 III 417; arrêts 

du Tribunal fédéral 5A_386/2014 du 1er décembre 2014 consid. 6 et 

5A_757/2013 du 14 juillet 2014 consid. 2.1). 

1.3 Les parties ont produit des pièces nouvelles en appel. 

1.3.1 Selon l'art. 317 al. 1 CPC, les faits et les moyens de preuve nouveaux ne 
sont pris en considération en appel que s'ils sont invoqués ou produits sans retard 

(let. a) et s'ils ne pouvaient pas être invoqués ou produits devant la première 

instance bien que la partie qui s'en prévaut ait fait preuve de diligence (let. b).  

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/141%20III%20569
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/138%20III%20374
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/4A_218/2017
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/4A_376/2016
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ACJC/144/2018
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ACJC/569/2012
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ACJC/672/2011
http://intrapj/perl/decis/128%20III%20411
http://intrapj/perl/decis/128%20III%20411
http://intrapj/perl/decis/5A_693/2007
http://intrapj/perl/decis/129%20III%20417
http://intrapj/perl/decis/5A_386/2014
http://intrapj/perl/decis/5A_757/2013

- 11/20 - 
 

C/21114/2019 

 1.3.2 En l'espèce, les pièces produites par les parties sont recevables, à l'exception 
de celles non datées ou qui auraient pu être produites en première instance - 

hormis les pièces ayant trait à la capacité de discernement de l'intimée et à sa 

capacité d'ester (cf. infra consid. 4) -, l'appelant n'ayant pas allégué avoir été 

empêché de satisfaire à cette exigence et celles-ci n'étant en tout état pas 

déterminantes pour l'issue du litige. 

2. La cause présente des éléments d'extranéité en raison de la nationalité de l'époux. 

 Les parties ne contestent, à juste titre, pas la compétence des autorités judiciaires 
genevoises (art. 46 LDIP) et l'application du droit suisse (art. 48 al. 1 et 49 LDIP; 

art. 4 de la Convention de la Haye du 2 octobre 1973 sur la loi applicable aux 

obligations alimentaires) au présent litige. 

3. Les mesures protectrices de l'union conjugale sont ordonnées à la suite d'une 
procédure sommaire, avec administration restreinte des moyens de preuve et 

limitation du degré de la preuve à la simple vraisemblance. Il suffit donc que les 

faits soient rendus plausibles (arrêt du Tribunal fédéral 5A_508/2011 du  

21 novembre 2011 consid. 1.3; ATF 127 III 474 consid. 2b/bb). Il incombe à 

chaque époux de communiquer tous les renseignements relatifs à sa situation 

personnelle et économique, accompagnés des justificatifs utiles, permettant 

ensuite d'arrêter la contribution en faveur de la famille (BRÄM/HASENBÖHLER, 

Commentaire zurichois, n. 8-10 ad art. 180 CC). 

La cognition du juge est limitée à la simple vraisemblance des faits et à un 

examen sommaire du droit, l'exigence de célérité étant privilégiée par rapport à 

celle de sécurité (HOHL, Procédure civile, Tome II, 2010, n. 1901; HALDY, La 

nouvelle procédure civile suisse, 2009, p. 71). Tous les moyens de preuve sont en 

principe admissibles (art. 254 al. 2 let. c CPC), étant précisé que ceux dont 

l'administration ne peut intervenir immédiatement ne doivent être ordonnés que 

dans des circonstances exceptionnelles (arrêt du Tribunal fédéral 5A_905/2011 du 

28 mars 2012 consid. 2.5). 

4. L'appelant remet en cause la capacité de discernement de l'intimée, en raison de sa 
prise de médicaments, notamment de morphine. 

 Il soutient que la capacité de discernement de son épouse était altérée lors de son 

traitement sous morphine en 2015-2016 et que, "les mêmes causes ne pouvant 

produire que les mêmes effets", il en serait de même actuellement. Selon lui, le 

traitement suivi par cette dernière aurait des répercussions sur son caractère, la 

rendrait bipolaire, l'aurait incitée à engager la présente procédure, raison pour 

laquelle il serait nécessaire d'attendre son sevrage pour qu'il quitte le domicile 

conjugal, et l'aurait placée sous l'emprise de son conseil, qui l'encouragerait à agir 

judiciairement contre lui au lieu d'entreprendre une séparation à l'amiable. 

http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=%22mesures+protectrices%22+%22proc%E9dure+sommaire%22+cognition&rank=0&azaclir=aza&highlight_docid=atf%3A%2F%2F127-III-474%3Afr&number_of_ranks=0#page474

- 12/20 - 
 

C/21114/2019 

 L'intimée le conteste et soutient que son époux n'a pas apporté la preuve d'un 

traitement lourd au point d'altérer sa capacité de discernement, que la situation 

n'est plus celle qu'elle avait vécue en 2015-2016 et que le premier juge a pu 

constater, lors de l'audience du 25 novembre 2019, durant laquelle elle avait été 

longuement auditionnée, qu'elle présentait un parfait discernement. 

 4.1 Le juge examine d'office si les conditions de recevabilité sont remplies (art. 59 
et 60 CPC), notamment si les parties ont la capacité d'être partie et d'ester en 

justice (art. 59 al. 2 let. c CPC).  

L'exercice des droits civils confère la capacité d'ester en justice (art. 67  

al. 1 CPC). 

4.2 Toute personne qui n'est pas privée de la faculté d'agir raisonnablement en 
raison de son jeune âge, de déficience mentale, de troubles psychiques, d'ivresse 

ou d'autres causes semblables est capable de discernement au sens de la loi 

(art. 16 CC). 

Les personnes incapables de discernement, les mineurs et les personnes sous 

curatelle de portée générale n'ont pas l'exercice des droits civils (art. 17 CC).  

Le discernement au sens de ces dispositions comporte deux éléments : un élément 

intellectuel, la capacité d'apprécier le sens, l'opportunité et les effets d'un acte 

déterminé, et un élément volontaire ou caractériel, la faculté d'agir en fonction de 

cette compréhension raisonnable, selon sa libre volonté (ATF 124 III 5 consid. 1a; 

117 II 231 consid. 2a et les réf. cit.). La capacité de discernement est relative : elle 

ne doit pas être appréciée dans l'abstrait, mais concrètement, par rapport à un acte 

déterminé, en fonction de sa nature et de son importance, les facultés requises 

devant exister au moment de l'acte (principe de la relativité du discernement; 

ATF 134 II 235 consid. 4.3.2; 118 Ia 236 consid. 2b; 117 II 231 consid. 2a et les 

réf. cit.). 

Une personne n'est privée de discernement au sens de la loi que si sa faculté d'agir 

raisonnablement est altérée, en partie du moins, par l'une des causes énumérées à 

l'art. 16 CC, dont la maladie mentale et la faiblesse d'esprit, à savoir des états 

anormaux suffisamment graves pour avoir effectivement altéré la faculté d'agir 

raisonnablement dans le cas particulier et le secteur d'activité considérés. Par 

maladie mentale, il faut entendre des troubles psychiques durables et caractérisés 

qui ont sur le comportement extérieur de la personne atteinte des conséquences 

évidentes, qualitativement et profondément déconcertantes pour un profane averti 

(ATF 117 II 231 consid. 2a in fine et les réf. cit.). 

Comme elle est généralement donnée chez les personnes adultes, la capacité de 

discernement est présumée : il incombe à celui qui prétend qu'elle fait défaut de le 

prouver (ATF 118 Ia 236 consid. 2b). Mais cette preuve n'est soumise à aucune 

https://intrapj/perl/decis/124%20III%205
https://intrapj/perl/decis/117%20II%20231
https://intrapj/perl/decis/134%20II%20235
https://intrapj/perl/decis/118%20Ia%20236
https://intrapj/perl/decis/117%20II%20231
https://intrapj/perl/decis/117%20II%20231
https://intrapj/perl/decis/118%20Ia%20236

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C/21114/2019 

prescription particulière; un très haut degré de vraisemblance excluant tout doute 

sérieux suffit. Savoir si une telle vraisemblance est atteinte relève de l'appréciation 

des preuves (ATF 117 II 231 consid. 2b; 108 V 121 consid. 4; 98 Ia 324 consid. 3).  

 4.3 En l'occurrence, il n'est pas contesté qu'à la suite de ses problèmes de santé en 
2015, l'intimée a suivi un lourd traitement médicamenteux à base de produits 

opiacés, qui a altéré sa capacité de discernement et dont elle s'est sevrée au 

printemps 2016. Selon ses propres dires et les constatations de son thérapeute, 

cette atteinte à sa capacité de discernement se manifestait par un changement de 

caractère, des difficultés d'attention, des pertes de mémoire, de la confusion dans 

ses propos et une bipolarité avec des périodes de profond abattement. 

 L'intimée admet avoir, par la suite, recouru à la prise de morphine à petites doses 
pour des douleurs passagères, mais indique ne plus en avoir besoin désormais 

grâce à la pratique du sport et de la méditation et grâce à la médecine alternative. 

 L'appelant se contente d'alléguer que son épouse serait incapable de discernement 

au motif qu'elle prendrait à nouveau des médicaments, soit de la morphine et des 

anxiolytiques, que cette prise serait à nouveau importante vu la quantité 

d'emballages qu'elle détient et qu'elle affecterait nécessairement son discernement 

de la même manière qu'en 2015-2016. 

 Bien qu'il partage les parties communes du domicile conjugal avec son épouse et 

continue à communiquer avec elle, notamment, par courriels, il n'allègue pas avoir 

constaté chez celle-ci des signes d'une altération de discernement, si ce n'est sa 

décision de se séparer de lui. Il ressort au contraire des divers courriels échangés 

entre les époux que l'intimée est actuellement active, s'occupe de son chien et se 

rend régulièrement à son fitness pour y suivre des cours. 

 Il apparaît ainsi que l'appelant se limite à des conjectures qui ne sont pas 

suffisantes pour rendre vraisemblable que la capacité de discernement de l'intimée 

serait altérée depuis le dépôt de la requête de mesures protectrices de l'union 

conjugale. 

5. L'appelant sollicite la fixation d'un délai de quatre à six mois pour quitter le 
domicile conjugal, afin de laisser le temps à son épouse d'entreprendre un sevrage 

qu'il estime nécessaire. Il relève que son départ du domicile conjugal suppose 

également le déplacement des ONG qui sont domiciliées chez lui, ce qui 

impliquerait un déménagement très important dans un délai relativement court, et 

qu'il ne pourrait obtenir un bail qu'en justifiant un revenu, ce qui ne serait possible 

qu'une fois la présente décision prononcée. 

 L'intimée expose, pour sa part, que la situation au domicile conjugal est devenue 
intenable par le comportement intrusif de l'appelant, qui fouille dans ses affaires et 

répand des rumeurs désobligeantes à son égard dans le voisinage, qu'il a bénéficié 

https://intrapj/perl/decis/117%20II%20231
https://intrapj/perl/decis/108%20V%20121
https://intrapj/perl/decis/98%20Ia%20324

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C/21114/2019 

d'un délai suffisant pour trouver un logement et qu'il dispose en tout état d'une 

possibilité de relogement immédiate dans sa propriété en F_______ (France). 

5.1 La décision du juge d'attribuer le logement conjugal à l'un des époux en vertu 
de l'art. 176 al. 1 ch. 2 CC doit être assortie d'un bref délai d'une à quatre semaines 

en principe, pour permettre à l'époux concerné de déménager (CHAIX, CR-CC,  

n° 13 ad 176 CC; HAUSER/REUSSER/GEISER, Berner Kommentar, n° 37  

ad art. 176 CC). 

5.2 En l'espèce, au regard du considérant qui précède, il ne se justifie pas 
d'octroyer un délai supplémentaire à l'appelant pour quitter le domicile conjugal 

en raison d'une prétendue altération de la capacité de discernement de l'intimée, 

aucune atteinte à la santé mentale de cette dernière n'ayant été rendue 

vraisemblable par son époux. 

L'appelant s'est vu octroyer un délai de huit semaines par le premier juge pour 

trouver un nouveau logement. A ce jour, il n'a pas quitté le domicile conjugal et 

n'a pas justifié de recherches en ce sens. 

Comme la Cour l'a relevé dans ses décisions ACJC/178/2020 et ACJC/305/2020, 

l'appelant dispose, si nécessaire, d'une possibilité immédiate de relogement dans 

sa propriété en F_______, ne serait-ce que provisoirement, d'autant que son 

épouse s'est engagée à prendre en charge ses frais de déménagement et ses 

éventuels frais de garde-meubles durant six mois. 

S'agissant des organisations, dont on ignore l'activité et qui auraient prétendument 

leurs locaux au sein du domicile conjugal, les documents les concernant 

pourraient facilement être déménagés au nouveau domicile de l'appelant, voire 

dans un garde-meuble si nécessaire. 

Au vu de ce qui précède, il ne se justifie pas d'octroyer un délai supplémentaire à 

l'appelant pour quitter le domicile conjugal, étant encore relevé que, par 

l'écoulement du temps, il aura bénéficié d'une prolongation de fait. 

Par conséquent, le chiffre 3 du dispositif du jugement entrepris sera confirmé. 

6. L'appelant conteste le montant de la contribution à son entretien fixée par le 
premier juge. 

 Il fait valoir que ses besoins ont été mal évalués et sollicite un montant de  

8'712 fr., considérant que la situation financière de l'intimée - au vu de ses revenus 

et de sa fortune - lui permettrait de maintenir le standard de vie antérieur pour les 

deux époux. 

 6.1 Le principe et le montant de la contribution d'entretien due selon l'art. 176  
al. 1 ch. 1 CC se déterminent en fonction des facultés économiques et des besoins 

- 15/20 - 
 

C/21114/2019 

respectifs des époux. Même lorsqu'on ne peut plus sérieusement compter sur une 

reprise de la vie commune, l'art. 163 CC demeure la cause de l'obligation 

d'entretien réciproque des époux (ATF 138 III 97 consid. 2.2; ATF 137 III 385 

consid. 3.1; 130 III 537 consid. 3.2, in SJ 2004 I 529). Tant que dure le mariage, 

les époux doivent ainsi contribuer, chacun selon leurs facultés, aux frais 

supplémentaires engendrés par l'existence parallèle de deux ménages. Si la 

situation financière des époux le permet encore, le standard de vie antérieur, 

choisi d'un commun accord, doit être maintenu pour les deux parties. Quand il 

n'est pas possible de conserver ce niveau de vie, les époux ont droit à un train de 

vie semblable (ATF 119 II 314 consid. 4b/aa; arrêts du Tribunal fédéral 

5A_173/2013 du 4 juillet 2013 consid. 4.2; 5A_236/2011 du 18 octobre 2011 

consid. 4.2.3). 

La loi n'impose pas au juge de méthode de calcul particulière pour fixer la quotité 

de la contribution. La détermination de celle-ci relève du pouvoir d'appréciation 

du juge, qui applique les règles du droit et de l'équité (art. 4 CC). Pour déterminer 

une telle contribution d'entretien, l'une des méthodes considérées comme 

conformes au droit fédéral est celle dite du minimum vital avec répartition de 

l'excédent (ATF 126 III 8, in SJ 2000 I 95; arrêt du Tribunal fédéral 5C.100/2002 

du 11 juillet 2002 consid. 3.1).  

Seules les charges effectives, dont le débirentier ou le crédirentier s'acquitte 

réellement, doivent être prises en compte (ATF 140 III 337 consid. 4.2.3 et 121 III 

20 consid. 3a; arrêts du Tribunal fédéral 5A_65/2013 du 4 septembre 2013  

consid. 3.2.1 et 5A_860/2011 du 11 juin 2012 consid. 2.1.). 

Le minimum vital du débirentier doit dans tous les cas être préservé (ATF 135 III 

66, in JT 2010 I 167; 127 III 68 consid. 2, in SJ 2001 I 280; arrêt du Tribunal 

fédéral 5A_662/2013 du 24 juin 2014 consid. 3.2.1). 

6.2 Les contributions pécuniaires fixées par le juge dans le cadre des mesures 
protectrices de l'union conjugale peuvent être réclamées pour l'avenir et pour 

l'année qui précède l'introduction de la requête (art. 173 al. 3 CC, applicable dans 

le cadre de l'organisation de la vie séparée selon l'art. 176 CC; ATF 115 II 201 

consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral 5A_251/2016 du 15 août 2016 consid. 2.1.3 

et les réf. cit.). 

L'effet rétroactif ne se justifie que si l'entretien dû n'a pas été assumé en nature ou 

en espèces ou dès qu'il a cessé de l'être (arrêts du Tribunal fédéral 5A_371/2015 

du 29 septembre 2015 consid. 3.1 et 5A_591/2011 du 7 décembre 2011  

consid. 5.2). 

 6.3 En l'espèce, les parties ne contestent pas l'application de la méthode du 
minimum vital élargi pour la détermination de leur situation financière. 

https://intrapj/perl/decis/126%20III%208
https://intrapj/perl/decis/2000%20I%2095
https://intrapj/perl/decis/5C.100/2002
http://intrapj/perl/decis/140%20III%20337
http://intrapj/perl/decis/121%20III%2020
http://intrapj/perl/decis/121%20III%2020
http://intrapj/perl/decis/5A_65/2013
http://intrapj/perl/decis/5A_860/2011
https://intrapj/perl/decis/135%20III%2066
https://intrapj/perl/decis/135%20III%2066
https://intrapj/perl/decis/2010%20I%20167
https://intrapj/perl/decis/127%20III%2068
https://intrapj/perl/decis/2001%20I%20280
https://intrapj/perl/decis/5A_662/2013
https://intrapj/perl/decis/115%20II%20201
https://intrapj/perl/decis/5A_591/2011

- 16/20 - 
 

C/21114/2019 

 6.3.1 L'intimée perçoit des revenus mensuels totalisant 11'779 fr. 50 (rente AVS 
de 2'370 fr., rente LPP de 4'409 fr. 50 et revenu tirés de sa fortune de 5'000 fr.). 

 Ses charges mensuelles élargies - telles qu'alléguées et non contestées par 
l'appelant - s'élèvent à environ 6'500 fr. par mois (cf. supra EN FAIT let. C.m.a).  

 Elle dispose ainsi d'un solde de 5'279 fr. 50 par mois. 

6.3.2 L'appelant ne dispose d'aucun revenu. Son épouse lui versait 300 fr. par 
mois depuis le début de l'année 2019, montant qu'elle a augmenté à 2'000 fr. 

depuis qu'elle a perçu son héritage en mai 2019, tout en le logeant gratuitement. 

L'appelant ayant allégué, lors de l'audience tenue devant le premier juge, un 

montant permettant de couvrir ses charges "pour vivre en France", il sera retenu 

qu'il a le projet de quitter le domicile conjugal sis à Genève pour s'installer en 

France, où il est demeuré domicilié. 

Ses charges élargies mensuelles seront arrêtées à environ 3'800 fr. - hors impôts -, 

comprenant le loyer (1'800 fr., ce montant apparaissant suffisant pour la location 

d'un appartement de standing pour une personne en France), le montant de base 

selon les normes OP (1'200 fr. réduits de 15% en raison de son domicile en 

France, soit 1'020 fr.; OCHSNER, Le minimum vital (art. 93 al. 1 LP), in SJ 2012 II 

135), les frais d'entretien et de ménage (400 fr. - par égalité de traitement avec son 

épouse - réduits de 15%, soit 340 fr.), la prime d'assurance RC-ménage (estimée à 

environ 35 fr. - au regard de la prime d'environ 70 fr. assumée par son épouse, 

laquelle comprend l'assurance bâtiment - réduits de 15%, soit 30 fr.), les frais 

d'électricité (estimés à environ 100 fr. - correspondant à la moitié des frais de son 

épouse pour une maison - réduits de 15%, soit 85 fr.), les frais de transports 

publics (70 fr. - par égalité de traitement avec son épouse - réduits de 15%, soit  

60 fr.) et les frais divers (500 fr. - par égalité de traitement avec son épouse, 

l'appelant ne justifiant pas de frais supérieurs - soit 425 fr.). 

L'appelant doit, ainsi, faire face à un déficit mensuel - estimé en l'état - d'environ 

3'800 fr., hors impôts. 

 6.3.3 Au vu de ce qui précède, l'appelant a droit à la couverture de ses charges, 
ainsi qu'à la moitié du disponible des parties, soit à un montant arrondi de 4'500 fr. 

(3'800 fr. + [(5'279 fr. 50 – 3'800 fr.) / 2] = 4'539 fr. 75), ce montant lui permettant 
cas échéant de couvrir ses éventuels impôts, étant relevé qu'il n'a pas justifié 

s'acquitter d'impôts pour sa propriété en France. 

 Conformément aux conclusions de première instance de l'intimée, le dies a quo 

sera fixé au jour du départ de l'appelant du domicile conjugal, ce dernier n'ayant 

pas pris de conclusions sur ce point. 

- 17/20 - 
 

C/21114/2019 

 Par conséquent, le chiffre 5 du dispositif du jugement entrepris sera annulé et 
l'intimée condamnée en ce sens. 

7. 7.1 Les frais judiciaires sont mis à la charge de la partie succombante (art. 95 et 
106 1ère phrase CPC). La Cour peut s'écarter des règles générales et répartir les 

frais selon sa libre appréciation, notamment lorsque le litige relève du droit de la 

famille (art. 107 al. 1 let. c CPC) ou des circonstances particulières rendent la 

répartition en fonction du sort de la cause inéquitable (art. 107 al. 1 let. f CPC). 

La loi accorde au tribunal une marge de manœuvre pour recourir à des 
considérations d'équité. A titre d'exemple de telles circonstances particulières sont 

mentionnées dans un rapport de forces financières très inégal entre les parties ou 

le comportement de la partie qui obtient gain de cause, qui soit a donné lieu à 

l'introduction de l'action, soit a occasionné des frais de procédure supplémentaires 

injustifiés. Le tribunal dispose d'un pouvoir d'appréciation non seulement quant à 

la manière dont les frais seront répartis, mais aussi et en particulier quant au fait 

même de déroger aux principes généraux de répartition résultant de l'art. 106 CPC 

(arrêt du Tribunal fédéral 4A_535/2015 du 1er juin 2016 consid. 6.4.1 et  

les réf. cit.). 

Les frais judiciaires sont fixés et répartis d'office (art. 105 al. 1 CPC). 

Les conclusions des parties à cet égard doivent être considérées comme de 

simples suggestions qui, comme telles, ne sont pas visées par la maxime de 

disposition (arrêt du Tribunal fédéral 4A_692/2015 du 1er mars 2017  

consid. 8.2, non publié aux ATF 143 III 206). 

7.2 Si l'instance d'appel statue à nouveau, elle se prononce sur les frais de la 
première instance (art. 318 al. 3 CPC). 

 Dès lors que ni la quotité ni la répartition des frais et des dépens de première 
instance n'ont été remises en cause en appel et que ceux-ci ont été arrêtés 

conformément aux règles légales (art. 95, 96, 104 al. 1, 107 al. 1 let. c CPC;  

art. 5 et 31 RTFMC), le jugement entrepris sera confirmé sur ce point. 

 7.3 Les frais judiciaires de la procédure d'appel sont fixés à 1'200 fr. (art. 31 et  
35 RTFMC) - comprenant les frais des arrêts ACJC/178/2020 et ACJC/305/2020, 

couverts par les avances de frais opérées par l'appelant d'un montant total de  

1'200 fr., lesquelles demeurent entièrement acquises à l'Etat de Genève (art. 111 

al. 1 CPC). 

Pour des motifs d'équité liés à la nature du litige et au rapport inégal des forces 

financières entre les parties, lesdits frais judiciaires seront intégralement mis à la 

charge de l'intimée (art. 107 al. 1 let. c et f CPC). 

https://app.zpo-cpc.ch/articles/106
http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=4A_535%2F2015&rank=1&azaclir=aza&highlight_docid=aza%3A%2F%2F01-06-2016-4A_535-2015&number_of_ranks=1
http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=4A_692%2F2015%2A&rank=1&azaclir=aza&highlight_docid=aza%3A%2F%2F01-03-2017-4A_692-2015&number_of_ranks=1

- 18/20 - 
 

C/21114/2019 

Cette dernière sera, par conséquent, condamnée à verser à l'appelant le montant de 

1'200 fr. à titre de remboursement des frais judiciaires d'appel. 

Pour les mêmes motifs, l'intimée supportera ses propres dépens d'appel, l'appelant 

comparant, pour sa part, en personne (art. 107 al. 1 let. c. CPC). 

* * * * * 

- 19/20 - 
 

C/21114/2019 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté le 22 janvier 2020 par A______ contre les chiffres 3 

et 5 du dispositif du jugement JTPI/136/2020 rendu le 7 janvier 2020 par le Tribunal de 

première instance dans la cause C/21114/2019-20. 

Au fond : 

Annule le chiffre 5 du dispositif du jugement entrepris et, statuant à nouveau sur ce 

point : 

Condamne B______ à verser à A______, par mois et d'avance, une contribution à son 

entretien de 4'500 fr. par mois dès son départ du domicile conjugal. 

Confirme le jugement entrepris pour le surplus. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires d'appel à 1'200 fr., les met à la charge de B______ et dit 

qu'ils sont entièrement compensés par les avances fournies par  

A______, lesquelles demeurent intégralement acquises à l'Etat de Genève. 

Condamne B______ à verser à A______ la somme de 1'200 fr. à titre de remboursement 

des frais judiciaires d'appel. 

Dit que B______ supporte ses propres dépens d'appel. 

Siégeant : 

Madame Ursula ZEHETBAUER GHAVAMI, présidente; Madame Sylvie DROIN, 

Monsieur Jean REYMOND, juges; Madame Camille LESTEVEN, greffière. 

La présidente : 

Ursula ZEHETBAUER GHAVAMI 

 La greffière : 

Camille LESTEVEN 

 

 

Indication des voies de recours : 

- 20/20 - 
 

C/21114/2019 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 

30'000 fr. 

http://intrapj/perl/JmpLex/RS%20173.110