# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 7f7fe7fb-dede-563a-99aa-1dda56697b55
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-12-13
**Language:** fr
**Title:** Waadt Tribunal cantonal Cour administrative 13.12.2021 (publiziert) Réc-civile / 2021 / 40
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_001_R-c-civile---2021---_2021-12-13.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

 41

 

 

 

COUR
ADMINISTRATIVE

______________________________

RECUSATION
CIVILE

Séance
du 17 novembre 2021

__________________

Présidence
de               M.             
Kaltenrieder,
président

Juges             
:              M.             
Maillard et Mme Revey

Greffière             
:              Mme             
Spitz

 

 

*****

 

 

Art.
47 al. 1 let. a CPC ; 8a al. 3 et 8b al. 4 CDPJ

 

 

             
Vu le rapport de renseignement valant comme signalement – demande d’instauration de mesure
de protection du jeune adulte concernant A.X.________,
à [...], adressé par la Direction générale de l’enfance et de la jeunesse,
Office régional de protection des mineurs du [...] (ci-après : l’ORPM), à la
Justice de paix du district de [...] (ci-après : la justice de paix), 

 

             
vu le courrier du 1er
novembre 2021 par lequel la Première juge de paix du district de [...] a spontanément requis
la récusation en corps de son office dans le cadre de la procédure précitée, 

 

             
vu les pièces au dossier ;

 

             
attendu que la Cour de céans est compétente pour statuer sur la demande de récusation
du 28 mars 2021 en vertu des art. 8a al. 3 CDPJ (Code de droit privé judiciaire vaudois
du 12 janvier 2010 ; BLV 211.02) et 6 al. 1 let. a ROTC (Règlement
organique du Tribunal cantonal du 13 novembre 2007 ; BLV 173.31.1),

 

             
que la demande satisfait aux exigences de fond et de forme,

 

             
qu’elle est ainsi recevable ;

 

             
attendu que le juge d'une cause civile est récusable dans les cas énumérés à
l'art. 47 al. 1 let. a à e CPC [Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS
272]), ainsi que selon l'art. 47 al. 1 let. f CPC, s'il est « de toute autre manière »
suspect de partialité, notamment en raison d’un rapport d’amitié ou d’inimitié
avec une partie ou son représentant (TF 4A_172/2019 du 4 juin 2019 consid. 4.1.2),

 

             
que selon la jurisprudence, cette disposition
doit être appliquée dans le respect des principes de la garantie d'un tribunal indépendant
et impartial instituée par les art. 6 par. 1 CEDH (Convention de sauvegarde des droits de l'homme
et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ; RS 0.101) et 30 al. 1 Cst. (Constitution
fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 ; RS 101) (ATF 140 III
221 consid. 4.2 ; ATF 139 III 433 consid. 2.2 in
fine),

 

             
que cette garantie permet au plaideur d'exiger
la récusation d'un juge dont la situation ou le comportement est de nature à faire naître
un doute sur son impartialité et tend notamment à éviter que des circonstances extérieures
à la cause puissent influencer le jugement en faveur ou au détriment d'une partie,

 

             
qu’elle n'impose pas la récusation seulement lorsqu'une prévention effective du juge
est établie, car une disposition interne de sa part ne peut guère être prouvée, mais
il suffit que les circonstances donnent l'apparence de la prévention et fassent redouter une activité
partiale du magistrat,

 

             
que seules des circonstances constatées objectivement doivent être prises en considération,
les impressions purement individuelles d'une des parties au procès n’étant pas décisives
(ATF 144 I 159 consid. 4.3 et les réf. citées ; TF 5A_738/2017 du 25 octobre
2018 consid. 3.1),

 

             
que le risque de prévention ne doit pas être admis trop facilement, sous peine de compromettre
le fonctionnement normal des tribunaux (ATF 144 I 159 consid. 4.4 ; TF 5A_843/2019 du 8 avril 2020
consid. 4.2.1 ; TF 5A_98/2018 du 10 septembre 2018 consid. 4.2 et les réf. citées),

 

             
qu'à teneur de l'art. 48 CPC, le magistrat
ou le fonctionnaire judiciaire concerné fait état en temps utile d'un motif de récusation
possible et se récuse lorsqu'il considère que ce motif est réalisé ;

 

             
attendu qu’en l’espèce, la Première juge de paix du district de [...] fait valoir
que le jeune adulte concerné par le signalement dont son office a été saisi est le fils
de B.X.________, employée en qualité de gestionnaire de dossier au sein de ladite justice de
paix, 

 

             
que la collaboratrice précitée, qui officie au greffe contentieux, est appelée à
collaborer avec tous les magistrats de cet office, 

 

             
qu’il est possible qu’un rapport d'amitié ou d'inimitié ait pu naître des
relations professionnelles entre B.X.________ et les membres de la justice de paix concernée (cf.
p. ex. CA 11 juin 2021/20 ; CA 22 avril 2021/17 ; CA 21 décembre 2020/47 ; CA 1er décembre
2020/43 ; CA 4 août 2020/19), 

 

             
qu’A.X.________ et B.X.________ sont liés par un lien de parenté étroit, au premier
degré, 

 

             
qu’il pourrait ainsi résulter de ces relations une apparence de prévention, à tout
le moins aux yeux de l’intéressé par la mesure de protection sollicitée par l’ORPM,
à laquelle il serait de surcroît opposé,

 

             
que la situation pourrait également être délicate pour les membres de l’office amenés
à intervenir dans la cause,

 

             
qu'afin de garantir l'impartialité de l’autorité appelée à connaître de
la cause ouverte par l’ORPM, concernant A.X.________, la requête de récusation spontanée
présentée par la Première juge de paix du district de [...] doit ...]être admise,

 

             
que dans un tel cas, la cause doit être transmise dans l'état où elle se trouve à
une autre autorité ayant les mêmes compétences (art. 8b al. 4 CDPJ),

 

             
qu'elle sera en l’espèce transmise à la Justice de paix du district de [...];

 

             
attendu que le présent arrêt peut être rendu sans frais judiciaires, ni dépens (Tappy,
Commentaire romand du Code de procédure civile, Bâle 2019, 2e éd.,
n. 28 ad. art. 48 CPC). 

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour administrative du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos

prononce
:

 

             
I.             
La requête de récusation formée le 1er
novembre 2021 par la Première juge de paix du district de [...] est admise. 

 

             
II.             
La cause est transmise dans l’état où elle se trouve à la Justice de paix du district
de [...].

 

             
III.             
L’arrêt, rendu sans frais judiciaires ni dépens, est exécutoire. 

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié en expédition complète, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
la DGEJ, ORPM du [...]; 

-
              B.X.________.

 

             
Un recours au sens des art. 319 ss CPC peut être formé dans un délai de 10 jours, la décision
étant rendue en procédure sommaire, dès la notification de la présente décision
en déposant au greffe du Tribunal cantonal un mémoire écrit et motivé. La décision
objet du recours doit être jointe.

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme la Première juge de paix du district de [...],

-             
Mme la Première juge de paix du district de [...], avec le dossier.

 

             
La greffière :