# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** adbf8114-cbdd-566a-bdb5-e894aea4b382
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-03-05
**Language:** fr
**Title:** Genf Tribunal pénal 05.03.2024 P/10904/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_TP_001_P-10904-2019_2024-03-05.pdf

## Full Text

Siégeant : Mme Sabina MASCOTTO, présidente, Mme Alexandra JACQUEMET 
et M. Raphaël CRISTIANO, juges, Mme Cindy AELLEN, greffière-juriste 
délibérante, Mme Meliza KRENZI, greffière  

P/10904/2019  

RÉPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E   
 

JUGEMENT  

DU TRIBUNAL CORRECTIONNEL  

 

Chambre 18 

 
5 mars 2024  

 

MINISTÈRE PUBLIC  
 
Monsieur A______, partie plaignante, assisté de Me Olivier PETER 

contre  

Madame B______, née le ______ 1991, domiciliée c/o C______, ______[GE], 
prévenue, assistée de Me D______ 

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CONCLUSIONS FINALES DES PARTIES : 

Le Ministère public conclut à un verdict de culpabilité du chef d'escroquerie par métier, 
subsidiairement d'abus de confiance et d'infraction à l'art. 91 al. 2 let. a LCR, au prononcé 
d'une peine privative de liberté de 3 ans dont la moitié avec sursis, à ce qu'il soit fait droit 
aux conclusions civiles et à ce que la prévenue soit condamnée aux frais de la procédure. 

A______ conclut à un verdict de culpabilité du chef d'escroquerie par métier, persiste 
dans ses conclusions civiles, étant relevé que la prévenue y a acquiescé, et dans ses 
conclusions fondées sur l'art. 433 CPP. Il conclut à la confiscation des valeurs, au 
prononcé d'une créance compensatrice, à l'allocation au lésé de celle-ci, du montant de la 
peine pécuniaire payée par la prévenue et des objets confisqués ou du produit de leur 
réalisation, à ce qu'il lui soit donné acte qu'il cède la part correspondante de sa créance à 
l'Etat.   

B______ conclut au classement de la procédure s'agissant des faits visés au point 1.1.1 
entre janvier 2014 et juin 2015, à son acquittement des chefs d'escroquerie et d'abus de 
confiance, ne s'oppose pas à un verdict de culpabilité pour l'infraction à la LCR visée au 
point 1.1.3 de l'acte d'accusation, conclut au prononcé d'une peine pécuniaire avec sursis 
et persiste dans ses conclusions en indemnisation (art. 429 CPP), précisant que le montant 
alloué à ce titre devra être versé à A______. Subsidiairement, elle conclut, en cas de 
verdict de culpabilité pour les faits visés aux points 1.1.1 et/ou 1.1.2, au prononcé d'une 
peine clémente, avec sursis complet, acquiesçant aux conclusions civiles de A______ 
s'agissant du dommage matériel et du tort moral et s'en rapportant à justice s'agissant de 
l'indemnité fondée sur l'art. 433 CPP. 

FAITS 

Acte d'accusation 

A.a. Par acte d'accusation du 16 octobre 2023, complété le 29 février 2024, il est 
reproché à B______ des faits qualifiés d'escroquerie par métier au sens de l'art. 146 al. 1 
et 2 CP, alternativement d'abus de confiance au sens de l'art. 138 ch. 1 al. 2 CP, pour 
avoir, à Genève, par des mensonges multipliés, souvent mis en scène, dont notamment 
ses sentiments amoureux, son histoire familiale, ses études, le lancement d'une entreprise 
ou encore ses dettes envers des malfrats, astucieusement induit en erreur et déterminé 
E______ et A______, dans le dessein de porter atteinte au patrimoine de E______ et de 
s'enrichir illicitement (ou, dans le cas de E______, d'enrichir illicitement un tiers, dont 
son entreprise F______ SA) à des actes préjudiciables à leurs intérêts pécuniaires. Elle a 
agi de la sorte: 

- entre avril 2013 et novembre 2017, à l'encontre de E______ pour un montant de 
plus de CHF 4'000'000.-; 

- entre le 30 août 2018 et fin juillet 2019, envers A______ pour une somme 
d'environ CHF 500'000.- (dont CHF 234'500.- par virement bancaire), soit la 

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totalité du soutien qu'il pouvait apporter, y compris en s'endettant, en limitant 
drastiquement ses dépenses personnelles, en vendant ses biens et en ne réglant pas 
certaines factures personnelles; 

- Alternativement, dans les deux cas, si l'escroquerie ne devait pas être retenue, il 
lui est reproché de s'être appropriée, pour se procurer ou procurer à un tiers, soit 
F______ SA, un enrichissement illégitime des valeurs patrimoniales lui ayant été 
confiées (directement ou indirectement par le biais de F______ SA). 

b. Il lui est également reproché des faits constitutifs de conduite d'un véhicule 
automobile en état d'ébriété qualifié au sens de l'art. 91 al. 2 de la Loi fédérale sur la 
circulation routière (RS 741.01; LCR) pour avoir, le 24 janvier 2021, à 23h12, conduit le 
véhicule automobile MERCEDES-BENZ ______, immatriculé GE 1______, de la rue 
______ à la rue ______, puis à la rue ______, à Genève, alors qu'elle avait un taux de 
0,91 mg/l d'alcool dans le sang, selon les résultats du test d'éthylomètre. 

B. Il ressort de la procédure les faits pertinents suivants: 

Contexte et procédure 

a.a. En date du 29 avril 2019, A______ s'est rendu à la police pour exprimer ses 
craintes pour B______, sa compagne, rencontrée en août 2018, qui essayait de sortir de 
la prostitution mais qui devait continuer cette activité, contre son gré, pour rembourser 
des créanciers peu recommandables qui l'avaient menacée et avaient saccagé son 
appartement. Il avait fait la démarche de venir à la police pour s'assurer que ces menaces 
étaient vraies, car il y avait beaucoup d'incohérences dans les propos de B______. 
Toutefois, il voulait s'assurer qu'elle n'était pas une victime. Il a indiqué lui avoir prêté la 
somme de CHF 46'000.-.  

a.b. A la suite de ces déclarations, le Ministère public a ouvert une instruction pénale 
à l'encontre de B______. 

a.c. Selon le rapport de police du 20 mai 2019, B______ était enregistrée auprès de 
leurs services comme travailleuse du sexe. 

a.d.a. Il ressort de diverses pièces à la procédure que B______ a créé la société F______ 
SA, dont elle était l'administratrice, dans le but d'exploiter un salon de massage érotique 
à la rue G______[GE]. 

a.d.b. Par jugement du 10 août 2017, la société F______ SA a été déclarée en faillite. 

a.e. Selon le décompte global de l'Office des poursuites du 16 octobre 2018, les 
poursuites à l'encontre de B______ s'élevaient à CHF 4'031'552.70, dont notamment 
CHF 3'725'924.15 en faveur de E______. 

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a.f. E______ a été entendu le 2 mai 2019. Ce dernier a indiqué avoir entretenu une 
relation amoureuse avec B______ et lui avoir donné environ CHF 4'000'000.- entre 2013 
et 2017, notamment pour financer la création d'un salon haut de gamme et la création de 
sa société F______ SA. Il estimait que B______ l'avait manipulé et l'avait ruiné. E______, 
qui n'avait d'abord pas souhaité déposé plainte pénale, de peur que "tout lui explose à la 
figure", s'est à nouveau présenté à la police le 6 mai 2019 pour déposer plainte pénale.  

a.g. B______ a été mise sous écoute téléphonique du 13 juin au 10 août 2019. Il ressort 
de ces écoutes que B______ demandait constamment de l'argent à A______, sous prétexte 
qu'elle devait à tout prix rembourser des personnes peu recommandables, alors qu'elle 
semblait jouir d'un train de vie luxueux, allant au spa ou encore en partant en vacances 
avec des amies, prenant souvent rendez-vous chez des coiffeurs ou pour des soins ou dans 
des restaurants luxueux, par exemple le restaurant ______ de ______[hôtel] ainsi qu'au 
restaurant ______.  

a.h.a. En date du 13 août 2019, B______ a été arrêtée par la police et mise en prévention 
pour escroquerie par métier. Elle était en possession de deux cartes de crédit VISA au 
nom de A______ ainsi que 4 téléphones portables. Elle a, par la suite, été mise en liberté 
le 4 octobre 2019.  

a.h.b. Le même jour, la police a procédé à la perquisition du domicile officiel de 
B______, sis rue ______[GE], à Genève. Durant la perquisition, H______, ancien 
compagnon de B______, est arrivé sur les lieux et a expliqué que B______ séjournait 
encore chez lui lorsqu'il était en déplacement. 

a.i. Il ressort de l'extrait de compte de B______ du 1er au 27 septembre 2019, établi 
par l'Office cantonal de la détention, que l'intéressée a reçu un crédit de CHF 1'769.20 
durant sa détention provisoire, de la part, notamment, de H______ et de I______. 

A ce sujet, B______ a déclaré : "heureusement qu'on m'a versé de l'argent. Je n'aurais 
rien pu m'acheter". 

a.j. Entendu à nouveau le 20 août 2019, A______ a ajouté qu'il avait minimisé le 
montant que B______ lui devait, qui s'élevait au total à CHF 500'000.-. A______ a déposé 
plainte pénale le 28 août 2019.  

a.k.a. Les personnes suivantes ont notamment été entendues dans le cadre de la 
procédure: 

- J______ et K______, la mère, respectivement le beau-père de B______; 
- H______; 
- L______ et M______, amies de B______; 
- N______, O______, P______, Q______ et R______, clients de B______, 

rencontrés dans le cadre de son activité d'escort;  

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- S______ et son époux T______, bailleurs de plusieurs appartements loués par 
B______ ainsi que U______ et V______, amis des précités; et 

- W______, fiduciaire de B______ et de sa société F______ SA, ainsi que 
X______, travaillant pour la société Y______ SA et maître d'œuvre de B______ 
dans le cadre des travaux et aménagements dans les locaux sis avenue 
G______[GE]. 

a.k.b. Parmi les personnes entendues, N______, O______, P______, Q______, 
V______ et U______, ont indiqué avoir prêté de l'argent à B______, laquelle ne les avait 
pas remboursés, en dépit de plusieurs demandes de leurs parts.  

Ces faits ont été disjoints de la présente procédure et, à la date du jugement, sont encore 
en phase d'instruction par-devant le Ministère public. 

S______ et T______ ont également indiqué que B______ leur devait encore la somme de 
CHF 31'530.- à titre d'arriérés de loyers. 

a.l. Le 26 février 2024, E______ a retiré sa plainte pénale. 

a.m. Alors que B______ avait, durant la procédure, contesté les faits reprochés, elle 
est, lors de l'audience de jugement, en substance, revenue sur ses déclarations et a 
notamment admis avoir menti à A______, s'agissant de ses sentiments amoureux envers 
lui, mais également s'agissant des personnes malhonnêtes à qui elle devait de l'argent et 
qui la menaçaient. En revanche, elle a déclaré qu'elle avait entretenu une réelle relation 
avec E______, qui était au courant de son train de vie luxueux et qui avait accepté de la 
soutenir financièrement. 

a.n. A______ a déposé des conclusions civiles. Il a conclu à ce que B______ soit 
condamnée à lui verser la somme de CHF 487'550.- à titre de dommage matériel, ce à 
quoi s'ajoutent CHF 5'000.- à titre de réparation du tort moral et CHF 24'000.- pour le 
remboursement de ses frais d'avocat et débours. Lors de l'audience de jugement, B______ 
a acquiescé aux conclusions civiles de A______. 

Des faits reprochés en lien avec E______ 

 i) Déclarations de E______ 

α) Rencontre et vie commune 

b.a. E______ a expliqué avoir rencontré B______ en avril 2013 suite à une annonce 
sur le site internet "Z______". A cette époque, sa vie professionnelle était compliquée. Il 
se trouvait en conflit avec sa direction, alors qu'il travaillait depuis plus de 20 ans pour 
cette société et qu'il en était actionnaire à un petit pourcentage. Sa situation familiale était 
également compliquée. Le handicap, à savoir un trouble autistique, de son fils aîné avait 
notamment usé sa vie de couple. 

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Lors de leur première rencontre, B______ et lui avaient discuté de finance pendant une 
heure. B______ lui avait expliqué qu'elle était en dernière année d'études à la Haute Ecole 
de Commerce de Lausanne (ci-après: HEC) et qu'elle était passionnée de finance. Elle 
souhaitait travailler dans un domaine très particulier et parlait comme une personne qui 
s'était beaucoup renseignée, ce qui l'avait impressionné. Suite à cette discussion, ils 
avaient eu un rapport sexuel. Il avait eu un vrai coup de foudre, ce qui ne lui était jamais 
arrivé auparavant.  

Quelques semaines plus tard, il avait décidé de la revoir. Quelques heures avant leur 
rencontre, B______ lui avait envoyé un message pour lui demander la somme de 
CHF 2'000.- afin de payer son loyer. Elle lui avait dit être gênée mais qu'elle n'avait pas 
le choix. Il avait accepté, car elle lui plaisait beaucoup et qu'il s'était dit qu'il pouvait 
l'aider, notamment parce qu'elle devait bientôt passer ses examens. Il lui avait alors 
apporté cette somme et avait payé la prestation en plus. Lors de leur troisième ou 
quatrième rencontre, elle lui avait expliqué qu'elle devait changer d'appartement, qu'elle 
avait des problèmes pour payer ses factures. Il lui avait alors proposé de l'aider. Il lui avait 
remis la somme de CHF 5'000.-. Depuis ce jour-là, elle lui avait dit que leurs rencontres 
seraient gratuites. Il lui avait donné ces deux sommes d'argent sans souhaiter être 
remboursé. 

Quelques jours plus tard, soit durant l'été 2013, il lui avait envoyé un message pour lui 
déclarer sa flamme. Elle lui avait répondu qu'elle ressentait la même chose pour lui. L'idée 
de pouvoir vivre avec elle, heureux et serein, lui donnait des ailes. B______ et lui faisaient 
beaucoup de projection de leur vie future. Comme ils s'aimaient, il lui avait loué un petit 
appartement meublé dans la Vieille-Ville, dont il payait le loyer. Il a précisé, lors de 
l'audience de jugement, qu'il n'avait loué ce logis que durant quelques mois. Par la suite, 
B______ avait emménagé au chemin AA_____[GE]. 

B______ lui avait raconté que sa vie était difficile. Elle avait deux sœurs et un frère. Elle 
avait été élevée par sa grand-mère qui avait "pas mal d'argent". B______ avait suivi des 
formations dans des bonnes écoles privées. Ses parents avaient divorcé. Son frère vivait 
avec son père et elle vivait avec ses deux sœurs chez sa grand-mère. Lorsqu'elle avait 
12 ans, une de ses sœurs était décédée d'une grave maladie. Elle-même avait aussi été très 
malade mais avait survécu. Elle avait toutefois gardé un système immunitaire affaibli, ce 
qui expliquait pourquoi elle était fréquemment malade. Sa seconde sœur s'était noyée lors 
d'une baignade aux Seychelles. Sa grand-mère était décédée lorsqu'elle avait 15 ans. 
Grâce à l'Etat, elle avait pu rester dans des écoles privées. Elle était devenue escort pour 
pouvoir payer ses études. Par ailleurs, elle était en conflit avec son frère. Elle avait pris 
du temps à lui raconter tout cela et n'avait commencé à lui parler de sa famille que 
quelques mois après leur rencontre. Cette dernière avait été injoignable pendant un week-
end entier. Il n'avait réussi à la joindre que le lundi. B______ lui avait expliqué, très émue, 
qu'elle s'était enfermée tout le week-end car c'était l'anniversaire du décès d'une de ses 
deux sœurs. Il n'avait plus abordé le sujet, par crainte de réveiller une douleur profonde. 
B______ lui avait, à quelques reprises, spontanément parlé de sa famille, souvent en 

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pleurs. Elle lui avait expliqué, à une occasion ne jamais s'être rendue à la tombe de ses 
deux sœurs et lui avait demandé conseil. Elle lui avait également dit que le tatouage sur 
un de ses pieds représentait les initiales des prénoms de ses deux sœurs. A chaque fois, il 
y avait beaucoup d'émotion chez B______. Vers la fin de leur relation, B______ lui avait 
expliqué que sa mère était très malade et que son frère l'implorait d'aller la voir sur son 
lit d'hôpital, ce qu'elle avait refusé de faire.  

Il a expliqué que B______ lui avait toujours paru crédible s'agissant de ses explications 
au sujet de ses études ou de sa famille. Au vu de son intérêt très marqué pour la finance 
ainsi que la manière de parler de sa famille, en pleurs, il lui aurait été impossible 
d'imaginer une imposture. Il était follement amoureux d'elle et trouvait son enthousiasme 
et énergie débordante exceptionnels. Il voulait la sortir de là, définitivement. Avec tout 
ce qu'elle avait vécu, il avait eu envie de l'aider et de la sauver. 

Durant le mois de juillet 2013, ils avaient fêté le diplôme de B______. Il n'avait jamais 
vu ce diplôme car il lui faisait confiance et qu'il n'avait pas pour habitude de demander 
aux gens de prouver leur curriculum vitae. Elle lui avait ensuite expliqué que son 
professeur d'économie lui avait proposé de rejoindre une formation, en cours du soir, 
uniquement proposée à des professionnels de la finance ayant de l'expérience dans le 
domaine. Il avait accepté de lui payer cette formation qui coûtait CHF 30'000.-. Il lui avait 
demandé la facture pour payer directement mais elle lui avait répondu qu'elle préférait 
verser elle-même la somme. Lorsqu'il l'avait revue quelques semaines plus tard, cette 
dernière avait 5 ou 6 livres de finance très sérieux et crédibles, couvrant différents 
domaines. Ils les avaient feuilletés ensemble. B______ montrait beaucoup d'intérêt, de 
conviction et d'intelligence. Ils avaient discuté à bâtons rompus de finance, alors que lui-
même avait plus de 30 ans d'expérience dans le domaine. Il était très satisfait de financer 
une telle formation, qui était utile pour B______. Ce n'était que lors de sa première 
audition au Ministère public qu'il avait appris que B______ n'avait jamais suivi ces cours 
de finances.  

En décembre 2013, il avait annoncé à son épouse qu'il voulait la quitter pour aller vivre 
avec B______. Cette annonce avait été un drame, son épouse et ses enfants l'ayant très 
mal vécu. Il avait été rongé par la culpabilité. Il était face à un dilemme, à savoir faire sa 
vie avec B______ ou rompre et rester dans le foyer familial. Quelques jours plus tard, il 
était revenu sur sa décision. Son épouse avait été d'accord de reprendre leur relation. Il 
avait alors annoncé à B______ qu'il souhaitait mettre un terme à leur relation. Il lui avait 
alors donné, en espèces, la somme de CHF 250'000.- car il se sentait coupable de la 
quitter. Il avait toujours en tête de la sortir de ses problèmes et lui avait donné cette somme 
pour son salon et pour qu'elle s'en sorte. C'était le chaos dans sa tête, de sorte qu'il ne se 
souvenait plus très bien de cette période. Il avait lui-même fixé ce montant. Elle n'avait 
pas rechigné et avait accepté ce cadeau, sans se sentir gênée. En effet, cette dernière savait 
qu'il avait de l'argent. Lors de l'audience de jugement, il a expliqué que cette donation 
avait pour but de commencer un projet, mais qu'il estimait que B______ n'avait pas 
d'obligation à cet égard.  

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Toutefois, en janvier 2014, il avait, à nouveau, quitté son épouse. Entendu le 2 mai 2019, 
il a expliqué qu'il était parti s'installer chez B______. Il "crevait d'amour" pour cette 
femme. Selon lui, elle avait "un truc", un côté envoutant. Il avait emménagé dans 
l'appartement de cette dernière. Le 30 janvier 2020, il a expliqué s'être temporairement 
installé chez elle. Lors de l'audience de jugement, il a indiqué que, bien qu'il ait vécu en 
partie chez B______, il avait, selon ses souvenirs, surtout vécu dans son chalet (à lui). Il 
a ensuite indiqué ne pas avoir fait ménage commun avec B______ entre janvier et octobre 
2014. 

Lors de l'audience du 2 mai 2019, il a indiqué qu'à ce moment-là, il avait alors remarqué 
que la somme de CHF 250'000.-, qu'il lui avait initialement donnée pour sa société, avait 
été utilisée pour meubler son appartement avec des objets de luxe. Il avait trouvé cela 
étrange et c'était dit qu'elle avait "déconné" car c'était tout de même beaucoup d'argent. Il 
avait également constaté que B______ n'avait pas vraiment avancé sur son projet. Il en 
avait discuté avec elle et il lui avait encore donné de l'argent. Lors de l'audience de 
jugement, il a nuancé ses propos, précisant que, bien que se loger était fondamental, il 
aurait alloué différemment son argent et aurait acheté des meubles à petits prix, alors que 
B______ avait meublé son appartement – situé au chemin AA_____[GE] – avec de belles 
pièces, bien que cela n'était pas non plus ostentatoire.  

En mars ou avril 2014, il s'était fiancé avec B______. Cette demande avait été un moment 
très fort et émouvant pour lui. B______ avait également été émue jusqu'aux larmes en 
acceptant sa proposition. Il avait présenté B______ à toute sa famille durant l'été 2014. Il 
souhaitait faire sa vie avec B______. 

Il a expliqué, le 30 janvier 2020, qu'après avoir déménagé chez B______, au chemin 
AA_____[GE], ils n'avaient vécu que quelques mois ensemble. Entre cette période et 
octobre 2014, il avait travaillé entre Genève et Paris. 

Durant l'été 2014, B______ lui avait dit qu'elle avait arrêté la prostitution.  

Il a indiqué, le 2 mai 2019, qu'en octobre 2014, B______ et lui avaient déménagé dans un 
appartement de 300 m2 qu'elle avait choisi, dont le loyer s'élevait à CHF 10'000.- par 
mois. Elle lui avait dit vouloir payer le loyer mais c'était finalement lui qui avait payé 
cette charge. Le bail avait duré une année. Il n'avait vécu dans ce logis que très rarement 
car il vivait et travaillait à Paris. Elle y avait habité seule d'octobre 2014 à décembre 2015. 
Il rentrait le week-end pour la voir, ainsi que ses enfants. Durant cette période, B______ 
faisait les allers-retours entre Genève et Paris quasiment quotidiennement.  

Il a expliqué le 30 janvier 2020, que, lorsque sa femme avait été hospitalisée quelques 
semaines en psychiatrie aux HUG, en octobre 2014, il était rentré s'installer quelques mois 
à Genève pour s'occuper des enfants. Comme l'appartement au chemin AA_____[GE] 
était trop petit, il avait loué un appartement à ______[GE] pour vivre avec ses deux 
enfants. Il avait pris un bail d'une année, ne sachant pas la durée durant laquelle il serait 

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obligé de rester à Genève. Il avait vécu avec ses enfants et B______ d'octobre 2014 à 
décembre 2014 ou janvier 2015. B______ s'entendait très bien avec ses enfants, 
notamment avec sa fille qui avait été très affectée par la situation. Ils dinaient tous les 
soirs ensemble. Lorsque son épouse était sortie de l'hôpital, elle était en état de s'occuper 
des enfants. Pour sa part, son travail était à Paris.  

Lors de l'audience de jugement, il a clarifié ses propos, indiquant qu'il avait vécu avec 
B______ et ses deux enfants d'octobre 2014 à janvier 2015. Cet appartement avait été 
meublé, par exemple de meubles IKEA, soit à un prix modéré. Par la suite, il travaillait à 
Paris et B______ avait conservé l'appartement. Cette dernière venait lui rendre visite à 
Paris environ 2 fois par semaine en avion. Selon ses souvenirs, elle payait elle-même ses 
billets d'avion. Quant à lui, il ne rentrait pas systématiquement le week-end et elle ne lui 
rendait pas visite tous les week-ends où il restait à Paris. 

En juin 2015, il avait décidé de revenir vivre à Genève car la plupart de ses clients s'y 
trouvaient. Il voulait trouver un nouveau travail et se rapprocher de ses enfants. Lorsqu'il 
avait annoncé à B______ ses intentions de revenir sur Genève, celle-ci était montée "sur 
ses grands chevaux" et lui avait dit qu'elle ne voulait pas qu'il revienne définitivement. Il 
s'était alors demandé si elle avait un autre homme dans sa vie et ils s'étaient vivement 
disputés. Lors de l'audience de jugement, il a indiqué qu'il pensait que cette dernière n'était 
plus amoureuse, alors que lui l'était encore. Lorsqu'il était rentré à Genève, suite à leur 
dispute, il n'était pas allé vivre avec elle. Il avait emménagé dans un appartement situé au 
chemin AA_____[GE] – sans lien avec l'ancien appartement de B______ qu'elle sous-
louait au début de l'année 2014 – tout en continuant à payer l'appartement dans lequel 
vivait B______. Ils se voyaient à raison d'une fois par semaine, à midi, et il devait la 
supplier pour la voir. Elle refusait qu'il se rende dans l'appartement où elle vivait. Leur 
relation était devenue compliquée. Grâce à son argent, elle partait souvent faire la fête à 
Ibiza avec les responsables du AB_____[discothèque]. Elle faisait la fête tous les week-
ends avec eux en affirmant que cela lui permettait de créer des contacts. Elle était même 
partie en Thaïlande deux semaines alors qu'il travaillait 11 heures par jour.  

Lors de l'audience de jugement, il a précisé avoir résilié le bail de l'appartement situé à 
______[GE] en novembre 2015. 

Mi-décembre 2015, il était retourné avec son épouse. Il était resté avec cette dernière 
durant un an et demi et avait vécu l'enfer absolu.  

β) F______ SA et le salon de massages 

b.b. E______ a indiqué qu'en novembre 2013, B______ lui avait annoncé qu'elle avait 
une excellente opportunité et qu'elle voulait reprendre une revanche sur sa vie. Elle lui 
avait expliqué qu'elle envisageait d'arrêter ses cours pour ouvrir un salon de massage dans 
un appartement à Malagnou. Elle avait malheureusement de l'expérience dans ce domaine 
et elle connaissait la pratique des salons de massage à Genève, souvent miteux. Elle avait 

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un plan financier très précis, qui l'avait intéressé, à savoir ouvrir un salon haut de gamme 
ciblant une clientèle aisée par une discrimination des prix, permettant une rentabilité 
importante. En apportant les fonds, il souhaitait aider B______ à tourner définitivement 
la page de son activité d'escorte. Comme il était très amoureux, il n'avait jamais voulu 
détenir des actions de la société anonyme créée.  

B______ lui avait également fait savoir qu'elle avait des poursuites à Lausanne pour un 
montant de CHF 25'000.-. Il avait décidé de lui donner cette somme, et ensuite elle avait 
elle-même payé ce qu'elle devait. Suite à cela, elle lui avait annoncé, paniquée, qu'elle 
avait également des poursuites à Genève, qu'il avait également payées. Pour sa part, il 
était de nationalité française et n'était pas familier avec le système suisse des poursuites. 
Il lui avait proposé de régler ses poursuites avec un virement bancaire, mais B______ lui 
avait expliqué que cela ne marchait pas en Suisse et qu'elle devait aller à l'Office des 
poursuites et régler individuellement chaque poursuite.  

A chaque fois, elle le remerciait, lui disant que, grâce à lui, elle pouvait respirer et qu'il la 
soulageait.  

En avril 2014, B______ avait créé sa société, F______ SA, avec CHF 100'000.- de capital 
libéré, versé par E______.  

Toutefois, elle lui avait annoncé que le projet de Malagnou n'était pas le bon et qu'elle 
souhaitait ouvrir un autre salon à Carouge, au-dessus de ______, car il y avait moins 
d'habitations. Le propriétaire de l'appartement de Malagnou lui avait proposé un autre lieu 
à Carouge et elle s'était réjouie de pouvoir avoir deux salons. Elle s'était ensuite ravisée 
et lui avait dit qu'elle souhaitait mettre en place son projet de salon haut de gamme à 
Carouge, dont le loyer mensuel de l'arcade s'élevait à CHF 10'000.- par mois. Elle lui 
avait "bouffé le cerveau" et il lui avait redonné de l'argent pour ce projet.  

Ils discutaient presque tous les jours au téléphone et ce projet était leur sujet principal de 
conversation lors de leur rencontre. A quelques reprises, B______ avait reçu un appel 
téléphonique d'un carreleur, électricien ou plombier pour les travaux. 

A partir de la constitution de sa société, B______ lui avait demandé, chaque semaine, de 
l'argent, environ CHF 50'000.-, notamment pour des canapés ou encore de la peinture. Il 
a expliqué, le 2 mai 2019, qu'il n'avait rien vérifié car il lui faisait pleinement confiance. 
Il a expliqué, le 30 janvier 2020, qu'il n'avait pas vu de bilan – car il aurait été trop tôt 
pour qu'il soit établi – mais B______ lui avait montré des locaux à Carouge où des travaux 
étaient nécessaires. Lors de l'audience de jugement, il a déclaré qu'il avait vu des devis 
pour les travaux des locaux sis avenue G______[GE]. 

Entre 2013 et 2014, B______ lui avait demandé environ CHF 2'000'000.- mais elle n'avait 
mené à son terme aucun des deux projets. Il arrivait à court d'argent. Elle lui avait dit que 
la société allait faire faillite mais que ce n'était pas grave. Il lui avait répondu qu'il avait 
investi une somme conséquente dans ce projet et qu'il risquait de tout perdre. A la fin de 

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l'année 2014, il avait reçu la somme de CHF 2'000'000.- sur son compte suite à la revente 
des actions de sa société. Il avait réinvesti cet argent pour éviter la faillite de F______ SA 
en donnant de l'argent à B______.  

La société de B______ et les travaux du salon étaient souvent discutés. Elle le tenait 
informé de l'avancée des travaux. Il a précisé, lors de l'audience de jugement, qu'elle lui 
parlait 15 à 20 fois par jour de son projet. Elle lui avait présenté des plans des locaux et 
un plan financier. Elle avait un degré de précision dans la connaissance de son projet très 
impressionnant, notamment pour des questions pointues, comme l'assujettissement à la 
TVA. 

Au début de l'année 2015, le chantier de son salon à Carouge, dans lequel il avait mis 
beaucoup d'argent, avait brûlé suite à un incendie criminel. Cela avait eu lieu un vendredi 
mais il ne se souvenait plus de la date précise. B______ et lui se trouvaient au restaurant, 
sur le point de partir en week-end. Son ami, un prénommé ______, qui était le maître 
d'œuvre du chantier, l'avait contactée un vendredi soir. Elle s'était effondrée. Il lui avait 
proposé de rentrer immédiatement mais elle avait indiqué qu'elle pouvait aller voir ce qui 
se passait le dimanche ou le lundi. Il a expliqué, le 30 janvier 2020, que B______ avait 
demandé à son amie AC_____, qui était également employée de la société, d'aller 
constater les dégâts sur place. Celle-ci avait pris des photographies et les avait envoyées 
à B______, qui les lui avait montrées. Il avait pu constater sur les photographies que les 
murs étaient noircis mais il ne lui était pas possible d'estimer les dégâts sans être sur place. 
Pour sa part, il était retourné le lundi à Paris. Il a au contraire déclaré lors de l'audience 
de jugement, qu'il ignorait que la société employait AC_____. 

S'agissant de l'incendie, B______ s'était rendue sur place le lundi et était effondrée au vu 
des dommages très importants. Selon lui, elle avait déposé plainte pénale. Suite à 
l'incendie, il lui avait à nouveau donné de l'argent pour continuer les travaux. Il avait 
discuté avec B______ d'assurance mais il ne se souvenait plus à quelle période. Il ne se 
rappelait plus quelle avait été la conclusion de cette conversation et si B______ avait 
contracté une assurance. Quelques mois après l'incendie, les travaux avaient repris. Les 
travaux prenaient de plus en plus de temps, les montants augmentaient et son inquiétude 
grandissait. 

Par ailleurs, elle avait eu un accident avec la voiture de luxe du responsable du 
AB_____[discothèque], qu'elle avait détruite. Lui-même avait payé les dégâts du 
véhicule, s'élevant à CHF 100'000.-, qu'il avait versés directement à B______. Lorsqu'il 
lui a été demandé s'il avait demandé à voir des photographies de la voiture endommagée, 
une facture d'un garagiste ou un devis, il a expliqué que c'était un miracle que B______ 
soit encore vivante et qu'au vu de la valeur de la voiture, les frais de réparation étaient 
certainement vrais. 

A la fin de sa relation avec B______, soit mi-décembre 2015, après toutes les difficultés 
rencontrées avec le salon, notamment l'incendie criminel, cette dernière avait mentionné, 

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plusieurs fois, le risque de devoir reprendre son ancienne activité d'escort si elle n'arrivait 
pas à finaliser son projet. La question d'un métier plus traditionnel ne s'était pas posée. 
Ses moyens financiers s'épuisaient et leur relation devenait de plus en plus tendue et 
chaotique. Il ne voyait quasiment plus B______ car cette dernière lui disait ne plus 
pouvoir le regarder dans les yeux tellement elle avait honte. Ils n'avaient quasiment jamais 
eu l'occasion de réfléchir ensemble aux différentes options. 

Interrogé sur le fait que le développement d'un tel salon ainsi que tous les travaux 
paraissaient lourds pour une jeune fille de 23 ans, E______ a indiqué qu'il n'avait pas 
raisonné en terme d'âge. B______ lui disait connaître ce secteur d'activité. Le contexte 
autour de cette dernière, à savoir son histoire et son contexte familial, ainsi que leur envie 
commune de vivre ensemble avaient été des vecteurs puissants pour le pousser à aider 
B______, pour qu'elle ait une activité lucrative qui puisse la rendre heureuse. Il croyait 
vraiment dans le modèle économique proposé par B______, qu'il trouvait intelligente et 
prometteuse. Le fait qu'elle prétendait être diplômée de HEC, où des cours de 
comptabilité étaient dispensés, l'avait amené à croire qu'elle avait les capacités pour se 
lancer dans cette activité. Il a admis que les montants qu'il avait investis étaient 
importants. A plusieurs reprises, ils avaient réfléchi ensemble pour faire des projections 
financières afin de voir, selon les différents scenarii, avec quelle rapidité B______ pouvait 
le rembourser.  

Selon lui, en 2013 et 2014, B______ n'avait pas de revenu. Il a expliqué, le 30 janvier 
2020, que sur les montants qu'il lui prêtait, elle pouvait notamment utiliser une petite 
partie de la somme pour pouvoir vivre, manger et se déplacer. Il ne pouvait donner un 
pourcentage, toutefois la priorité restait le développement de la société de B______. Si 
B______ lui avait dit qu'elle avait besoin de CHF 2'000'000.- pour son train de vie, il 
aurait refusé. Sur les CHF 4'000'000.-, si B______ avait déjà utilisé la somme de 
CHF 500'000.- en deux ans et demi pour son entretien, il estimait que cela était déjà "une 
somme relativement conséquente". Lors de l'audience de jugement, E______ a indiqué 
que, selon lui, cet argent avait été durement investi et était destiné à développer l'activité 
professionnelle de B______, certainement pas pour s'amuser, même si B______ devait 
effectivement aussi en vivre. B______ et lui parlaient d'argent et il lui conseillait d'être 
extrêmement vigilante sur ses dépenses y compris celles de sa société, y compris de faire 
des appels d'offres. En tant que tel, il ne lui avait jamais dit qu'elle pouvait dépenser CHF 
10'000.- par mois pour ses dépenses courantes, et c'était déjà énorme selon lui. 

Il a déclaré, le 2 mai 2019, que B______ lui avait dit qu'en plus des deux projets 
(Malagnou et Carouge), elle avait loué un appartement à la ______[GE], pour y mettre 
des filles pour qu'elles s'y prostituent. Il y avait certainement d'autres appartements, mais 
il ignorait leur adresse. B______ lui avait expliqué que c'était une manière pour elle de 
rentrer dans le business. 

γ) Après la séparation de B______ et E______ 

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b.c. Entre 2016 et 2019, il avait cessé sa relation avec B______, mais comme il était 
encore amoureux, il la voyait de temps en temps. A quelques reprises, il lui avait donné 
de l'argent. A cette période, B______ et lui-même se voyaient dans l'appartement de cette 
dernière. Ils avaient recommencé à faire quelques projets communs. 

Au milieu de l'année 2017, B______ lui avait annoncé devoir CHF 6'400.-, qu'elle avait 
empruntés à des personnes peu recommandables. Il lui avait avancé cette somme et lui 
avait demandé s'il y avait d'autres choses dont elle ne lui avait pas parlé, notamment des 
prêts. Elle l'avait regardé droit dans les yeux et lui avait juré, sur la tête de son chien qu'il 
n'y avait rien d'autre. Quelques semaines plus tard, lors de la fin d'un voyage à Istanbul, 
elle lui avait indiqué avoir peur de rentrer à Genève car elle devait d'importantes sommes 
d'argent aux mêmes personnes, qu'elle était harcelée par téléphone et qu'elle craignait 
pour sa vie. Lors de son retour, B______ lui avait annoncé que son appartement à 
Cornavin avait été saccagé et qu'on s'en était pris physiquement à elle. Il ne s'était pas 
personnellement rendu à l'appartement. Il avait vu B______ le lendemain ou quelques 
jours plus tard et celle-ci avait un bras en écharpe avec une attelle. Il lui avait demandé 
combien elle devait rembourser, ce à quoi elle avait articulé la somme de CHF 60'000.-. 
Ils s'étaient disputés ce jour-là. Il lui avait reproché de lui avoir menti, ce à quoi elle avait 
répondu qu'elle n'avait pas osé lui dire de peur qu'il s'enfuie et qu'elle tenait à lui. Il lui 
avait dit qu'elle était suissesse, qu'elle devait tout faire pour sortir de cet état de non-droit 
et qu'elle devait porter plainte. Elle lui avait répondu que les personnes à qui elle avait 
affaire se moquaient totalement de l'état de droit. Elle était paniquée et disait devoir se 
cacher, car ces personnes trouveraient un moyen de la contraindre. Elle lui mettait une 
pression morale, lui disant qu'il était salarié, assis derrière un écran alors qu'elle n'osait 
pas mettre le nez dehors, qu'elle avait peur pour sa vie et qu'il devait absolument l'aider. 
Le jour où elle était venue avec le bras en écharpe, elle lui avait annoncé que sa porte 
avait été défoncée et que ses prêteurs l'avaient jetée contre la balustrade et démis l'épaule. 
Il s'était alors endetté auprès d'amis, de sa famille et d'instituts de crédit, ce que B______ 
savait. Ce prêt faisait l'objet d'un contrat de prêt. 

Selon ses dires, il n'a appris que lors de l'audience de jugement que ces malfrats 
n'existaient pas. Il ignorait également que B______ entretenait une relation avec un 
homme autre, à savoir H______ en 2016 et 2017, alors qu'elle lui demandait en même 
temps de l'argent. 

En sus de l'argent qu'elle devait à ces malfrats qui la pourchassaient dans la ville, elle 
avait de nouveau des poursuites et devait payer la somme de CHF 20'000.-. E______ lui 
avait prêté cette somme, étant précisé que ce montant lui avait été versé en espèces en sus 
des CHF 60'000.- susmentionnés. 

Entre mai et novembre 2017, le chien de B______, AD_____ avait attrapé une maladie 
assez grave et elle avait dû l'emmener à Berne à l'hôpital des animaux. Elle lui avait 
expliqué qu'il avait eu des complications et qu'il avait dû rester à l'hôpital pendant 4 mois. 
Il avait payé pour les frais de son chien, à savoir environ CHF 2'500.- par semaine. Il a 

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expliqué, le 6 mai 2019, qu'il pensait avoir dépensé en tout environ CHF 30'000.- à titre 
de frais vétérinaires. Il ignorait si elle avait dit la vérité au sujet de son chien car il n'avait 
jamais vu de factures. 

Il ignorait comment B______ dépensait l'argent qu'il lui donnait. Il pensait dorénavant 
avoir été manipulé. Elle "soufflait le chaud et le froid", en lui disant qu'elle voulait 
recommencer à vivre avec lui, puis changeait d'avis. Cela n'était jamais clair. Elle lui 
disait également qu'elle avait peur de le perdre et de le décevoir. Elle jouait avec lui, en 
lui demandant tout le temps de l'argent et en lui faisant croire qu'ils pourraient 
recommencer à faire des projets ensemble. Elle n'avait aucune franchise dans le fait de 
tenir ses engagements. Il se sentait manipulé et avait le sentiment d'avoir été escroqué. Il 
était ruiné. Elle ne l'avait pas forcé à donner de l'argent, mais il l'aimait et il avait tout fait 
pour elle. Il estimait lui avoir prêté et donné la somme totale de CHF 4'000'000.-. 

S'agissant des poursuites intentées à l'encontre de B______, il se souvenait qu'en août 
2017, B______ lui avait écrit un message téléphonique pour lui annoncer qu'elle avait 
reçu une poursuite de sa part pour un montant de CHF 3'700'000.-. Il lui avait expliqué 
que, suite à toutes ces mésaventures, il était ruiné financièrement et que l'Administration 
fiscale lui avait conseillé d'entamer des poursuites à son encontre.  

Lors de l'audience de jugement, à la question de savoir quand il avait commencé à se 
douter que B______ lui racontait des fadaises, il a expliqué que c'était lors de sa première 
audition à la police. Il estimait que les explications de B______ et leur degré de précision 
étaient redoutables. Pour lui, tout était prémédité et réfléchi. Par exemple, s'agissant de sa 
formation en finance, B______ était arrivée avec des livres de finance, et pas n'importe 
lesquels, pour lui demander dans quel ordre il fallait qu'elle les lise. Le prix annoncé pour 
la formation correspondait également aux prix de ce type de formation. 

S'agissant de l'argent prêté, il a indiqué que la majorité de cet argent était destiné au 
développement de son projet. Toutefois, comme elle n'avait pas de revenu, il fallait bien 
qu'elle vive. Il estimait qu'elle devait avoir un train de vie classique et non ostentatoire. 
Lorsque la Présidente lui a dit qu'il devait bien remarquer les dépenses personnelles de 
B______, il a indiqué que cela n'était pas flagrant, dans le sens où il ne l'avait jamais vue 
avec un sac à main coûtant CHF 30'000.-, ni même CHF 4'000.- et qu'elle ne possédait 
pas de montres chères. 

Au cours de leur relation, il n'avait jamais demandé à B______ de le rembourser, dès lors 
qu'elle n'avait a priori pas d'argent. Il l'avait, par la suite, mise aux poursuites. Dans tous 
les cas, il n'était pas question qu'elle ne le rembourse pas. Les contrats de prêt conclus 
étaient au nom de B______ et non de sa société, notamment pour se protéger si cette 
dernière faisait faillite. La somme prêtée, à savoir CHF 4'000'000.-, représentait toute sa 
fortune mobilière. Il avait, à l'époque, de la fortune immobilière, qui était revenue à son 
ex-épouse après leur divorce.  

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Par ailleurs, E______ a ajouté: 

- avoir vu plusieurs escorts, dont une prénommée ______, qu'il avait vue à 3 
reprises et à qui il avait offert une montre de marque JAEGER LECOULTRE. 
Celle-ci avait coûté environ CHF 8'000.-; 

- qu'il se souvenait d'un anniversaire au restaurant de l'hôtel AE_____ que B______ 
lui avait offert, certainement en 2014. C'était à cette occasion qu'il avait présenté 
B______ à sa famille. Il y avait un petit orchestre pour l'occasion. Une partie des 
invités avait dormi à AE_____; 

- que B______ et lui n'avaient jamais fréquenté des hôtels de luxe, grands 
restaurants ou encore magasins de luxe. D'après ses souvenirs, ils n'avaient 
d'ailleurs jamais fait du shopping ensemble; 

- qu'il ignorait si B______ avait été sincère dans ses sentiments envers lui; 
- qu'il estimait lui avoir donné ou prêté CHF 3'750'000.- montant auquel s'ajoutait 

CHF 250'000.- qu'il ne comptait pas; 
- il n'avait jamais dépensé une somme équivalente avec son épouse en deux ans et 

demi; 
- qu'elle ne l'avait jamais forcé à lui donner de l'argent mais qu'il l'aimait et qu'il 

aurait tout fait pour elle; 
- qu'il ne considérait pas les sommes versées à B______ pour la création de son 

salon comme un investissement financier, mais moral, dès lors qu'il voulait l'aider 
et la voir épanouie.  

Il a expliqué, lors de l'audience de jugement, qu'il avait eu beaucoup de mal à réaliser ce 
qu'il s'était passé. C'était devenu une réalité car, à la lecture des relevés bancaires, il voyait 
bien où allait l'argent, sauf les retraits en espèces. A ce moment-là, il avait subi une vraie 
dépression. Il avait eu honte et avait refait le film des milliers de fois dans sa tête en se 
demandant comment il n'avait pu ne rien voir. Il en était venu à la conclusion que c'était 
la perfection, avec une rigueur dans le mensonge et la manipulation. Cela avait été un 
choc. Il avait essayé de retracer l'argent, toutefois il s'était rendu compte que cela était 
impossible à cause des retraits en espèces. Confronté au fait qu'il semblait avoir beaucoup 
de ressentiment envers B______, ce qui n'était pas le cas durant l'instruction, il a indiqué 
qu'il avait mis du temps à tout métaboliser et qu'il avait dorénavant pris du recul. Cette 
histoire ne l'obnubilait pas tous les jours, mais il n'avait jamais oublié. 

Lors de l'audience de jugement, il a expliqué qu'il avait retiré sa plainte par "absurdité". 
Les frais d'avocat coutaient très chers et il ne pouvait pas se permettre de payer les 
honoraires de son conseil pour 2 jours entiers d'audience en plus. Il avait donc contacté 
son avocate. L'accord trouvé avec B______ consistait dans le remboursement de 
CHF 200.- par mois, étant précisé qu'elle devait le tenir au courant d'un retour à meilleure 
fortune. Il avait retiré sa plainte uniquement pour des motifs financiers mais les raisons 
qui l'avaient poussé à porter plainte restaient valables. A ce sujet, son avocate lui avait 
déconseillé de se présenter seul à l'audience en qualité de partie plaignante. Sa situation 
financière était dorénavant précaire. La moitié de son salaire était destiné au versement 

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des contributions et il avait encore des dettes en lien avec l'argent emprunté pour aider 
B______. 

 ii) Déclarations de B______ 

c. Entendue par la police puis par le Ministère public, B______ a contesté les faits 
reprochés.  

S'agissant de sa situation personnelle et familiale, elle a expliqué avoir fait sa scolarité à 
Lausanne et obtenu sa maturité gymnasiale. Elle n'avait jamais suivi de cursus 
universitaire. Elle n'avait plus de contact avec son père, AF_____, depuis son 
adolescence. Lors de l'audience du 13 août 2019, elle n'a pas souhaité parler de sa famille, 
notamment de sa mère ou de son frère, prénommé AG_____. Elle a refusé d'indiquer si 
sa mère était encore en vie. Elle a admis, le 4 octobre 2019, que sa mère était vivante. 
Interrogée sur le fait qu'elle avait parfois évoqué le décès de sa mère, elle a indiqué que 
c'était très douloureux pour elle et qu'elle ne s'était jamais servi de cette annonce pour 
soutirer de l'argent, mais plutôt pour se protéger et ne pas évoquer sa famille. Elle n'avait 
que très peu de contact avec sa mère. Elle a également admis qu'elle n'avait pas de sœur, 
ajoutant qu'elle ne voulait pas expliquer les raisons pour lesquelles elle aurait donné des 
explications inexactes sur sa famille à E______. Lors de l'audience de jugement, elle a 
précisé qu'elle n'avait que peu de contact avec sa mère (qui était vivante). 

Elle a déclaré avoir fréquenté des écoles privées, notamment les écoles AH_____ et 
AI_____ mais ignorait le prix de l'écolage. Elle n'a pas souhaité indiquer qui payait ces 
frais. 

Elle a indiqué que, à l'âge de 18 ans, après avoir obtenu sa maturité, elle avait déménagé 
à Genève pour exercer comme travailleuse du sexe à Genève. Elle s'était inscrite à la 
Brigade des mœurs avant de se désinscrire lorsqu'elle avait rencontré E______. Elle avait 
d'abord travaillé au sein de AJ_____ durant 2 ans. En parallèle, elle avait travaillé durant 
quelques mois dans une assurance, AK_____, en qualité de courtière en intérim. Elle avait 
œuvré jusqu'à ses 21 ans puis avait arrêté toute activité rémunérée.  

Elle a ensuite indiqué, contradictoirement le 4 octobre 2019, qu'elle avait continué à se 
prostituer de manière occasionnelle. La fréquence dépendait des périodes, de ses besoins 
financiers et de son moral. Elle ne s'était plus réinscrite. Elle avait travaillé sur "Z______" 
et dans des salons illégaux. Au fil des années, elle supportait de moins en moins cette 
activité. Elle avait néanmoins conservé cette activité, au vu des montants qu'elle devait 
rembourser.  

Elle a expliqué avoir rencontré E______, en 2013, dans le cadre de son activité d'escort. 
Ils étaient rapidement tombés amoureux. Elle a ensuite expliqué, contradictoirement, 
qu'elle avait eu une relation de 2012 à 2015 avec E______, de 2015 à 2018 avec H______, 
puis dès 2018 avec A______. Le 4 octobre 2019, elle a indiqué qu'il y avait eu un long 
temps de pause, soit environ une année, entre sa relation avec E______ et le début de sa 

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relation avec H______. Cette derrière histoire s'était terminée mi-2018. Depuis cette date, 
H______ et elle s'évitaient. Elle habitait chez lui quand il n'était pas là. 

Lors du début de leur relation, E______, alors en pleine séparation, avait voulu qu'elle 
cesse son activité. Ce dernier subvenait à ses besoins. C'était un choix partagé et elle ne 
lui avait pas mis "le couteau sous la gorge". Sur proposition de ce dernier, ils avaient 
emménagé dans un appartement à la rue AA_____[GE]. E______ se chargeait du loyer 
mensuel de CHF 3'200.-. Il lui avait laissé carte blanche pour aménager l'appartement. 
Cela avait été onéreux mais E______ était ravi du résultat. Ils avaient vécu "intensément" 
pendant trois ans. E______ était ensuite parti travailler à Paris. Elle ne se souvenait plus 
de la date du déménagement. Elle faisait les allers-retours entre Genève et Paris tous les 
jours, ce qui était usant. Elle ne se rappelait plus à quelle date ils s'étaient séparés. 

Elle a admis, le 4 octobre 2019, avoir dit à E______ qu'elle avait un diplôme de HEC. 
Elle s'intéressait à ce sujet et avait des livres. Elle discutait souvent avec E______ de 
finance. Elle a également admis lui avoir demandé la somme de CHF 30'000.- pour des 
études alors que cela était faux car elle trouvait humiliant de lui dire qu'elle était escort. 
Elle a d'abord expliqué qu'elle ne se souvenait plus pourquoi elle avait demandé cette 
somme puis a expliqué que sa situation à l'époque, lorsqu'elle habitait avec une amie 
prénommée AL_____, n'était pas enviable et qu'elle indiquait souvent qu'elle faisait des 
études pour couper court aux discussions. Elle a ensuite admis avoir inventé des prétextes 
pour obtenir de l'argent, notamment en invoquant des soins vétérinaires pour son chien. 
Toutefois, s'agissant de l'argent qu'elle devait en lien avec des factures ou les personnes à 
qui elle devait de l'argent, elle disait la vérité.  

Elle a confirmé que E______ avait loué pour elle un studio en Vieille Ville. Au début de 
leur relation, ils se rencontrait dans son appartement au ______[GE], où elle vivait avec 
AL_____. Ses conditions de vie étaient désastreuses, notamment à cause de l'alcoolisme 
de cette dernière. E______ n'avait jamais rencontré AL_____ car elle n'était pas présente 
lors de leurs rendez-vous.  

Elle avait payé des poursuites pour environ CHF 30'000.-, en espèces auprès de la Poste, 
lors qu'elle avait rencontré E______, soit en 2013. Elle n'avait gardé aucun document à 
ce sujet. 

Elle a confirmé avoir logé à l'appartement au chemin AA_____[GE] avec E______. Elle 
n'avait pas pu prendre cet appartement à son nom car elle avait des poursuites. Confrontée 
au fait que E______ lui avait donné deux fois CHF 20'000.- pour solder ses dettes, elle a 
indiqué que quelques poursuites existaient encore et qu'elle n'avait pas de fiches de 
salaire. Elle avait utilisé ces montants pour payer ses poursuites sur les cantons de Genève 
et Vaud. 

Elle avait parlé à E______ de ses projets de monter un établissement, soit un spa érotique. 
Elle avait constitué une société appelée F______ SA en 2014 ou 2015. Son capital 

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s'élevait à CHF 100'000.-, entièrement libéré grâce à l'argent de E______. A ses yeux, 
cette somme était un prêt de la part de ce dernier. Elle avait également pris des risque en 
constituant cette société en son nom. En effet, E______ ne pouvait pas inscrire son nom 
car il travaillait dans une banque.  

Elle avait d'abord eu pour projet d'ouvrir un salon à Malagnou, toutefois elle s'était 
"emballée" un peu trop vite. Ouvrir un salon dans ce quartier allait être un "gros 
problème" donc elle avait préféré arrêter et récupérer son matériel. Elle n'avait pas voulu 
inquiéter E______ et n'avait pas été très explicite. Interrogée sur le projet de salon à 
Malagnou, elle a d'abord indiqué qu'elle avait investi des sommes d'argent dans ce projet. 
Lorsque le Tribunal lui a fait remarquer qu'il n'y avait aucune pièce à ce sujet au dossier, 
elle a déclaré qu'elle n'avait rien payé pour ce projet. 

Elle avait ensuite envisagé d'ouvrir un salon à Carouge. Elle avait peiné à trouver un local 
commercial, dès lors que les régies refusaient de louer un local pour ouvrir un salon 
érotique. ______, de la régie AM_____, lui avait loué un local aux Acacias, à la rue 
G______[GE]. Il s'agissait d'un open space de 380 m2 où il y avait tout à faire. Elle en 
avait discuté avec E______, qui avait accepté de la suivre dans cette idée. Les travaux 
avaient commencé, toutefois la société de rénovation, Y______ SA, l'avait escroquée. 
Elle avait fait "un peu trop" confiance aux entreprises et, selon elle, les devis avaient été 
gonflés. Elle a expliqué, le 13 août 2019, que, selon ses souvenirs, les rénovations et le 
paiement du loyer lui avaient coûté environ CHF 1'700'000.-. Le chantier, qui avait duré 
8 mois, n'avait jamais été terminé à cause de la régie AM_____, qui était venue sur le 
chantier et leur avait demandé de cesser les travaux. Cette affaire était en cours au 
Tribunal, toutefois elle ignorait lequel. Lors de l'audience de jugement, confrontée au fait 
que la comptabilité de F______ SA mettait en lumière des paiements à hauteur de 
CHF 421'000.- pour les travaux et d'environ CHF 600'000.- au total pour les locaux, alors 
que E______ avait payé des millions, elle a répondu qu'elle pensait qu'il y avait plus de 
dépenses et qu'elle avait payé des sous-traitants en espèces.  

Le chantier avait également subi un incendie. Le jour de l'incendie, alors qu'elle était en 
route pour passer un week-end avec E______, son maître d'œuvre l'avait appelée pour lui 
annoncer que son salon était en feu. Elle avait déposé plainte pénale lors de son retour de 
week-end. Il ressortait de l'enquête que l'incendie était d'origine criminelle. E______ était 
au courant de tout, dès lors qu'ils vivaient ensemble, "matin, midi et soir". Ils avaient 
passé un mois à refaire ce qu'elle avait déjà commencé pour les rénovations du salon. Elle 
avait questionné le chef de chantier, un prénommé ______ – elle avait appris plus tard 
qu'il ne s'agissait pas de son vrai prénom – qui lui avait fait savoir qu'il n'y avait rien à 
faire à part réinjecter des fonds pour refaire des travaux. Confrontée aux déclarations de 
E______, qui avait indiqué avoir versé à nouveau de l'argent après l'incendie pour des 
travaux, alors que, selon les extraits de relevés de comptes bancaires, aucun paiement en 
faveur de Y______ SA n'a été effectué en 2015 ou 2016, elle a déclaré avoir payé la 
somme de CHF 50'000.- en espèces à la société précitée. 

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Toutefois, la régie avait ensuite demandé l'arrêt du chantier. Le directeur de la régie 
AM_____ était intervenu sur son chantier et lui avait indiqué ne pas être au courant de 
l'activité envisagée. Elle lui avait montré le bail qu'elle avait signé avec un des employés 
de AM_____, lequel avait été licencié pour faute grave.   

S'agissant de F______ SA, son fiduciaire était W______. Elle ne savait pas où se 
trouvaient les pièces de la société. Après sa grosse déception pour son salon, beaucoup 
de choses étaient devenues floues pour elle et elle avait laissé aller beaucoup de choses.  

Lors de l'audience de jugement, elle a expliqué qu'elle estimait avoir dépensé la somme 
de CHF 900'000.- pour le projet de salon à Carouge. Elle avait continué à payer le loyer, 
qui s'élevait à CHF 10'000.-, car son avocat lui avait fait mention qu'il s'agissait d'une 
condition pour qu'elle puisse se battre et récupérer son local. Elle avait payé le loyer, soit 
par virement depuis le compte bancaire CREDIT SUISSE, soit par la Poste en espèces. Il 
y avait un grand mélange dans les comptes car elle payait des dépenses privées au débit 
du compte de la société et inversement. Confrontée au fait que le fiduciaire avait affirmé 
qu'il n'avait jamais vu aucune pièce s'agissant du paiement du loyer, elle a déclaré qu'elle 
ne pouvait pas l'expliquer. 

Lorsque E______ était à Paris, elle s'occupait des problèmes liés au salon et à la régie, 
lesquels avaient duré des mois. Elle avait dû payer le loyer, sans pouvoir exploiter le 
salon. E______ et elle avaient décidé d'un commun accord de rendre les clés.  

Interrogée sur les poursuites reçues dont E______ était à l'origine, elle a affirmé qu'elle 
avait appelé ce dernier et qu'il lui avait expliqué que, d'un point de vue comptable et fiscal, 
cette manière de faire était préférable. Elle ne s'y était donc pas opposée. Confrontée au 
fait qu'elle avait fait opposition à ces poursuites, elle a ensuite déclaré qu'elle avait d'abord 
fait opposition à la poste mais qu'après avoir eu E______ au téléphone, elle lui avait 
indiqué qu'elle ne s'y opposait pas.  

Elle a expliqué, le 13 août 2019, qu'après sa séparation avec E______, elle avait beaucoup 
de frais, notamment parce qu'elle avait loué 3 appartements pour y mettre des filles avant 
qu'elle commence à travailler dans le salon. Elle voulait également ouvrir une agence et 
obtenir un revenu. Elle avait essayé de garder ces appartements, mais avait finalement 
résilié tous les baux. A cette époque, elle croulait sous les dettes. Elle avait dû travailler 
en salon, ce qui avait été une expérience horrible. Elle était désespérée et avait accepté 
l'aide de personnes peu fréquentables. Elle a évoqué, lors de son audition du 4 octobre 
2019, que les dettes qu'elle devait régler étaient auprès de "gros vilains dans des salons 
de massages plutôt glauques où le rendement était valorisé". Elle était entrée en contact 
avec ces personnes par le biais de mauvaises fréquentations. Elle avait même eu "des 
dégâts physiques", étant précisé que ces créanciers-là n'apparaissaient pas au registre des 
poursuites. Elle ne souhaitait pas en dire plus à ce sujet par craintes de répercussions. Son 
activité d'escorte servait uniquement à rembourser ses créanciers. Elle avait travaillé en 
salon, notamment au AN_____ après sa relation avec E______. Ces personnes l'avaient 

- 20 -  

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frappée. Lors de l'audience de jugement, elle a admis qu'elle ne devait pas d'argent à des 
personnes peu recommandables, tout en précisant que E______ était parfaitement au 
courant et qu'elle ne lui avait pas soutiré d'argent. Ils faisaient ménage commun et celui-
ci avait pu constater son train de vie. Elle a ensuite admis qu'elle n'avait jamais été 
menacée et que son appartement n'avait jamais été saccagé.  

Lors de l'audience de jugement, B______ a indiqué qu'il n'y avait aucun lien avec de 
l'escroquerie s'agissant de E______ dès lors qu'elle entretenait une vraie relation 
amoureuse avec ce dernier. Elle ignorait pourquoi il avait déposé plainte pénale à son 
encontre. Elle n'avait plus eu de contact avec lui depuis la sortie de sa détention provisoire. 
Elle a également expliqué que la situation était très limpide s'agissant des montants que 
E______ lui versait: elle avait son projet de salon et elle avait rénové l'appartement dans 
lequel ils vivaient. Ils avaient un train de vie très élevé. Elle n'avait jamais menti pour 
obtenir de l'argent. Elle n'avait pas besoin de demander car E______ lui donnait 
spontanément, sans articuler de montant exact. 

 iii) Autres éléments de la procédure 

d.a. E______ a produit les contrats de prêt suivants, conclus avec B______ et signés 
par cette dernière:  

- un contrat non daté faisant un état d'un prêt d'un montant de CHF 854'000.- avec 
un taux d'intérêt annuel équivalent au taux LIBOR plus 0,5%, pour l'année 2013 
pour l'activité professionnelle de B______, somme reçue par virements bancaires 
et en espèces; 

- un contrat daté du 3 août 2015 faisant un état d'un prêt d'un montant de 
CHF 1'560'000.- avec un taux d'intérêt annuel équivalent au taux LIBOR plus 
0,5% pour l'année 2014 pour l'activité professionnelle de B______, somme reçue 
par virements bancaires; 

- un contrat daté du 30 décembre 2015 faisant un état d'un prêt d'un montant de 
CHF 1'311'000.- avec un taux d'intérêt annuel équivalent au taux LIBOR plus 
0,5% pour l'année 2015 pour l'activité professionnelle de B______, somme reçue 
par virements bancaires, ainsi qu'un prêt de CHF 224'000.- contracté par la société 
F______ SA, reçue par virements bancaires; et 

- un contrat daté du 22 mai 2017 faisant un état d'un prêt d'un montant de 
CHF 60'000.- ne portant pas intérêt, reçu par virement bancaire, par E______; 

d.b.a. Il ressort d'un échange de courriels entre W______ et E______: 

- un courriel de E______, daté du 14 octobre 2016, dans lequel il mentionne des 
prêts pour les montants suivants: CHF 854'000.- en 2013; CHF 1'560'000.- en 
2014 et CHF 1'311'000.- en 2015, soit une dette totale de CHF 3'725'000.-. Selon 
le contenu de cet email, aucun remboursement de la dette ou des intérêts n'avait 
été effectué; 

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- des tableaux récapitulatifs des intérêts dus par B______ à E______, à hauteur de 
CHF 16'415.20 pour les années 2013 et 2014, et CHF 25'466.- pour l'année 2015, 
fixant ainsi le montant total de la dette à CHF 3'761'415.20. 

d.b.c. Il ressort de l'échange de courriels précités que le contrat de prêt pour l'année 2015 
avait été modifié en octobre 2016 – il n'est pas clair si une précédente version avait déjà 
été signée. Le 20 janvier 2016, E______ a proposé à son interlocuteur de mettre une date 
au 30 décembre 2014, précisant que le phrasé préparé par son avocat avait été fait "afin 
d'éviter de devoir antidater le document". Le même jour, E______ a envoyé le contrat de 
prêt pour l'année 2014, indiquant qu'une fois qu'il serait signé par B______, il l'inclurait 
dans sa déclaration fiscale et enverrait un addendum dans la déclaration qu'il avait déjà 
remplie. 

d.b.c. S'agissant des contrats de prêt, E______ a d'abord expliqué, le 30 janvier 2020, 
qu'au cours des années 2013 et 2014, B______ et lui avaient établi des contrats de prêts 
qui stipulaient explicitement que les sommes prêtées étaient destinées à son entreprise. 
Les prêts ne portaient pas intérêts car son unique but était que B______ ait un travail 
légal, qu'elle soit heureuse et épanouie. Il a ensuite déclaré, qu'il avait abordé la question 
des contrats de prêt dans le cadre exclusif de son divorce. Lors de l'audience de jugement, 
il a précisé que, selon ses souvenirs, les contrats de prêt avaient dû, à chaque fois, être 
signés l'année suivante pour pouvoir les intégrer dans sa déclaration fiscale. Il avait dû 
faire un addendum car il y avait un problème avec les taux d'intérêts consentis dans les 
contrats de prêt.  

Lors de l'audience de jugement, à la question de savoir s'il s'était demandé comment 
B______ avait pu utiliser les sommes prêtées, à savoir CHF 854'000.- en 2013, 
CHF 1'560'000.- en 2014 et CHF 1'311'000.- en 2015 pour le développement d'activités 
qui s'étaient limitées à des travaux d'aménagement et au paiement de loyers, il a expliqué 
que le salon était grand et vétuste. Celui-ci nécessitait des travaux énormes, pour lesquels 
y avait eu des complications, sans parler de l'incendie. Il fallait notamment acheminer 
l'eau dans chaque salle de bain. B______ avait choisi de faire un salon de luxe et de 
prendre des matériaux de qualité, jusqu'à aller les chercher en Italie. Son plan financier 
était très précis. A chaque fois qu'elle lui avait demandé de l'argent, elle lui avait fourni 
une raison, comme des dépenses imprévues ou des travaux supplémentaires. 

d.b.d. Interrogée à ce sujet, B______ a expliqué que, bien que les contrats de prêt ne 
mentionnaient que des sommes destinées au développement de son projet de salon, à 
l'exclusion de son entretien, il n'était, au début, pas question de prêt entre E______ et elle. 
Ils pensaient finir leur vie ensemble. Ces contrats avaient été signés bien après et avaient 
été formalisés pour des questions fiscales, dans le cadre du divorce de E______. Une 
bonne partie de cette somme était en fait destinée à leur train de vie luxueux, ce que 
E______ savait. Elle était d'accord de rendre service et les avait signés sans gêne.  

d.c. Les relevés des comptes bancaires suivants ont été versés à la procédure: 

- 22 -  

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- BANQUE MIGROS n° 1______ au nom de B______; 
- POSTFINANCE n° 2______ au nom de B______; 
- UBS n° 3______ au nom de B______; 
- UBS n° 4______ au nom de B______; 
- CREDIT SUISSE n° 5______ au nom de F______ SA;  
- UBS n° 6______ au nom de "E______ et/ou AO_____"; et 
- CREDITS SUISSE n° 7______ au nom de E______. 

d.c.a. Il ressort des extraits de relevés bancaires précités que, s'agissant de l'année 2013, 
E______ a versé à B______ la somme totale de CHF 362'000.-, dont CHF 250'000.- 
versés en une fois le 6 décembre 2013, étant précisé que le compte POSTFINANCE de 
B______ produit à la procédure était inactif durant l'année 2013 et que les autres relevés 
bancaires de B______ n'ont pas été produits dans le cadre de la procédure. Dès lors, il 
n'est possible de déterminer le sort des sommes précitées (cf.  annexe 1).  

Lorsque le Tribunal a demandé à B______ sur quel compte E______ lui versait de 
l'argent, elle a répondu que ces versements étaient effectués sur le compte bancaire de 
F______. Confrontée au fait que tel n'était pas le cas, elle a répondu qu'elle ne savait pas. 
De mémoire, elle avait également un compte privé auprès de la banque CREDIT SUISSE. 

d.c.b. S'agissant de l'année 2014, E______ a versé sur un compte bancaire au nom de 
B______, qui n'a pas été produit dans la présente procédure, la somme totale de 
CHF 1'535'000.-. Les extraits de relevés bancaires de F______ SA, produits à la 
procédure, permettent de mettre en lumière que B______ a crédité sur ce compte la 
somme totale de CHF 560'000.- ainsi que des débits à hauteur de CHF 530'829.-. Parmi 
les dépenses figurent des retraits en espèces importants, notamment (cf. annexe 2): 

- CHF 112'800.- versés le 19 août 2014, et CHF 50'000.- versés le 24 septembre 
2014 à Y______ SA; 

- CHF 9'490.- payés à la boutique ______ le 1er septembre 2014; 
- CHF 5'549.- payés à la boutique ______ le 16 septembre 2014; et 
- un total d'environ CHF 28'000.- payés entre le 16 octobre et le 5 décembre 2014 

à des boutiques de meubles ou de décoration. 

d.c.c. Parmi les versements effectués par E______, certains étaient libellés comme suit: 

- "contrat de prêt pour le lancement d'une affaire" s'agissant des CHF 300'000.- 
versés le 10 mars 2014; 

- "complément de prêt" s'agissant des CHF 200'000.- versés le 10 juin 2014; et 
- "prêt" s'agissant des CHF 370'000.- versés le 14 août 2014 ainsi que les 

CHF 240'000.- versés le 10 octobre 2014. 

Confrontée à ces mentions, B______ a expliqué que E______ devait certainement 
mentionner un motif à ces paiements. Elle ignorait pourquoi il ne l'avait pas fait à chacun 
de ses virements. 

- 23 -  

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d.c.d. S'agissant de 2015, il ressort des extraits de relevés bancaires de E______ que ce 
dernier a versé à B______ la somme de CHF 1'324'000.- sur un ou plusieurs comptes 
appartenant à B______ dont les relevés n'ont pas été versés à la procédure, ainsi que 
CHF 217'00.- versés en une fois le 22 septembre 2015 directement sur le compte CREDIT 
SUISSE au nom de F______ SA. B______ a crédité sur le compte de F______ SA, depuis 
un compte dont le relevé bancaire n'est pas à la présente procédure la somme totale de 
CHF 234'000.-. B______ a débité CHF 420'641.-, notamment en effectuant des retraits 
en espèces (notamment en retirant CHF 100'000.- en un mois) ou en effectuant des 
paiements dans des boutiques de luxe ou des spas. Interrogée à ce sujet, B______ a dit 
qu'elle ne se souvenait pas ce qu'elle avait fait des CHF 100'000.- retirés en espèces (cf. 
annexe 3). 

Elle a également effectué un paiement à hauteur de CHF 20'000.- pour le leasing d'une 
voiture de marque ASTON MARTIN. 

Lors de l'audience de jugement, lorsque le Tribunal lui a fait remarquer que, alors que 
E______ avait versé sur un de ses comptes privés la somme de CHF 1'535'000.- en 2014, 
seulement CHF 560'000.- avaient été transférés sur le compte de F______ SA, et qu'en 
2015, E______ lui avait transféré la somme de CHF 1'541'000.-, dont seulement 
CHF 451'000.- avait été virés sur le compte de la société, elle a expliqué que, s'agissant 
du solde, E______ et elle avaient vécu de cette somme. Elle payait également des factures 
de la société avec son compte privé. 

d.c.e. S'agissant de l'année 2016, E______ a versé, par virement bancaire, la somme 
totale de CHF 43'500.- à B______ entre le 18 avril et le 30 septembre 2016 (cf. annexe 
4). 

d.c.f. Finalement, il ressort des extraits de comptes bancaires que, pour l'année 2017, 
E______ a versé à B______ la somme de CHF 149'000.-, cette dernière ayant effectué un 
nombre important de retraits en espèces et ayant effectué des dépenses conséquentes dans 
des restaurants, hôtels et boutiques luxueuses (cf. annexe 5). 

d.c.g. Il ressort de l'analyse des comptes bancaires de B______ que celle-ci, possédant 
plusieurs comptes, retirait en espèces des sommes importantes sur certains comptes et 
effectuait des versements sur d'autres comptes, de sorte qu'il n'est pas possible de tracer 
les fonds reçus ni de déterminer si B______ avait d'autres sources de revenus. 

Interrogée à ce sujet, B______ a déclaré, lors de l'audience de jugement, qu'elle n'avait 
aucune idée pourquoi elle procédait ainsi. Elle n'avait aucune idée de gestion. Confrontée 
au fait que les transferts de compte à compte pouvaient être un indicateur de vouloir 
cacher des choses, elle a affirmé que ce n'était pas le cas. 

S'agissant des sommes obtenues de la part de E______, elle a expliqué que tout avait 
entièrement été dépensé. 

- 24 -  

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Lorsque le Tribunal lui a demandé ce à quoi était destiné l'argent retiré en espèces sur le 
compte bancaire de F______ SA et lui a fait remarquer qu'elle avait effectué des 
paiements, par exemple dans des restaurants, hôtels de luxe ou encore boîtes de nuit avec 
la carte de la société, elle a déclaré qu'elle faisait des paiements tant privés que 
professionnels. Elle était jeune et n'avait aucune idée de gestion. Elle ne se posait pas la 
question.  

d.c.g. Lors de l'audience de jugement, interrogée sur ce qu'elle avait dit à E______ pour 
qu'il lui verse à tout le moins la somme de CHF 149'000.-, elle a indiqué qu'elle ne se 
souvenait plus, précisant qu'à cette époque, elle avait beaucoup de sous-locations à payer. 
Confrontée au fait qu'il ressortait des comptes bancaires (cf. annexe 1 à 5) qu'elle avait 
effectué des paiements de loyers, mais pour un montant moindre que celui déclaré, elle a 
répondu qu'il était vrai qu'elle avait menti à E______ sur l'utilisation de l'argent qu'elle 
lui demandait. 

d.d.a. S'agissant de la société F______ SA, ont été versés à la procédure: 

- un compte de pertes et profits pour l'année 2014, lequel mentionne des produits 
pour un total de CHF 5.16 et, s'agissant des charges, le paiement des loyers pour 
un total de CHF 111'000.-, et un résultat de l'exercice négatif à hauteur de 
CHF 183'939.58; et 

- un autre compte de pertes et profits mentionnant des recettes de CHF 480'885.- en 
2014 et CHF 619'139.44 en 2015, étant précisé que W______, fiduciaire de la 
société, a déclaré ne pas être l'auteur de ce document, alors que B______ a indiqué 
que ce dernier l'avait préparé et qu'elle l'avait utilisé pour obtenir un prêt auprès 
de U______; 

- un dossier photographique constitué le 31 mai 2021 du local sis rue 
G______[GE], dont il ressort que des travaux avaient été entrepris mais n'avaient 
pas été achevés et qu'une partie du local avait subi un incendie;  

- des devis émis par Y______ SA et factures de plusieurs sous-traitants pour des 
travaux d'aménagement des locaux sis avenue G______[GE], dont un devis 
mentionnent des travaux à effectuer "Suite incendie"; et 

- le jugement du 28 février 2017 du Tribunal des baux et loyers dont il ressort que, 
s'agissant des locaux sis avenue de G______[GE], 6, le loyer annuel s'élevait à 
CHF 108'000.-. Après que le propriétaire ait résilié, B______ et sa société ont 
contesté le congé et ont finalement restitué les locaux le 30 novembre 2015. Les 
locataires ont notamment été condamnés à verser au bailleur la somme de 
CHF 55'500.- à titre d'arriérés pour occupation illicite des locaux, de juin à 
novembre 2015. 

d.d.b. Il ressort de la comptabilité de F______ SA de l'année 2014 et de la comptabilité 
partielle de 2015, et du rapport de police du 26 février 2021 analysant les comptes, que: 

- E______ figurait comme créancier pour la somme de CHF 224'000.- sur le bilan 
intermédiaire de 2015; 

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- F______ SA n'avait produit aucune recette; 
- F______ SA a dépensé, en 2014, la somme de CHF 111'000.- à titre de loyers et 

CHF 325'000.- auprès de la société Y______ SA; 

d.e. Il ressort de divers documents à la procédure que F______ SA avait une employée, 
nommé AC_____ qui percevait un salaire de CHF 5'000.- par mois. A ce sujet, B______ 
a indiqué l'avoir engagée pour suivre le chantier. Elle était censée ensuite être la 
responsable du salon. Confrontée au fait qu'il s'agissait d'un salaire élevé pour suivre un 
chantier, elle a répondu qu'elle la payait peut-être trop. 

d.f. W______, comptable de B______ et de sa société, a expliqué par-devant la police 
que B______ semblait mener un train de vie plutôt confortable, alors qu'elle était 
"fauchée". La société F______ SA avait pour but d'exploiter un salon de massages 
érotiques. Les montants octroyés par E______ dépassaient, selon les souvenirs, les 
CHF 3'000'000.- ou CHF 4'000'000.-. Il avait été choqué des montants en jeu, "entre ceux 
[que B______] avait reçu du donateur et ceux qui étaient vraiment dépensés pour les 

charges de la société".  B______ ne lui envoyait pas toujours toutes les factures. Comme 
la société ne faisait pas de chiffre d'affaires, lorsqu'il n'avait pas de pièces comptables, il 
indiquait dans la comptabilité qu'il s'agissait d'un retrait. B______ ne se versait pas de 
salaire. S'agissant de l'employée de la société, AC_____, les virements effectués pour un 
montant total de CHF 60'000.- ne correspondent pas aux montants qui étaient mentionnés 
dans ses fiches de salaire, à savoir un total de CHF 27'900.-. S'agissant des sorties de fond 
en faveur de Y______ SA, il s'agissait certainement de travaux d'installations et 
d'aménagement.  

Il estimait que B______ lui devait environ CHF 5'000.- pour des honoraires impayés. 

d.g. X______, ancien responsable de la société Y______ SA, a déclaré par-devant la 
police, que sa société avait effectué des travaux dans le local sis G______[GE] sur 
demande de B______. Il était le maître d'œuvre de ce projet. B______ et lui-même 
s'étaient rendus plusieurs fois sur place avec un architecte, AP_____. Y______ SA avait 
dû effectuer environ 60% des travaux et le reste avait été délégué à des sous-traitants. 
B______ avait payé les travaux sur le compte de Y______ SA, hormis un paiement 
d'environ CHF 50'000.- versés en espèces. Le dernier versement reçu datait du 30 
décembre 2014 et une partie des travaux n'avaient pas été payés. Le projet avait été prévu 
pour environ une année, mais les travaux avaient duré environ 2 ans ou 2 ans et demi, car 
B______ disparaissait parfois et il fallait arrêter le chantier. Des modifications des travaux 
avaient été faites en cours de route, ce qui avait également allongé le temps initialement 
prévu. Au bout d'un moment, B______ avait complètement disparu. La régie s'en était 
mêlée, à cause de loyers impayés et avaient fait changer la serrure du local.  

Il estimait que B______ lui devait CHF 20'000.- ou CHF 25'000.-. 

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d.h. La déclaration fiscale de B______, pour l'année 2014, produite à la procédure – 
préparée par W______ mais qui n'a jamais été envoyée à l'administration fiscale –  
mentionne: 

- une fortune brute mobilière à hauteur de CHF 547'030.-, 
- des dettes chirographaires et hypothécaires de CHF 2'4214'000.-; et 
- dans le chapitre "Autres éléments de fortune", des "espèces en coffre" pour une 

somme totale de CHF 1'500'000.-; 

d.i.a. Il ressort de divers documents à la procédure, notamment d'un contrat de leasing 
et d'une carte grise de véhicule au nom de B______, que cette dernière a acheté, en 
leasing, une voiture ASTON MARTIN ______ au prix de CHF 207'000.-. Lors de la 
signature du contrat, elle avait dû verser une garantie de dépôt à hauteur de CHF 20'000.-
, laquelle a été payée par F______ SA le 18 novembre 2015. Par la suite, B______ ne 
s'était pas correctement acquittée des mensualités, soit CHF 2'941.30 par mois. Son 
contrat a été résilié et elle a été mise en poursuites pour un montant de CHF 36'884.95. 
Le véhicule automobile a été restitué à la société de leasing le 5 septembre 2017.  

d.i.b. Interrogée au sujet des documents retrouvés en lien avec le véhicule ASTON 
MARTIN, B______ a déclaré qu'elle avait acheté cette voiture en 2016 et que le contrat 
de leasing était au nom de sa société, F______ SA. Elle avait rencontré une personne qui 
lui avait expliqué que louer un véhicule de luxe était très rentable. Elle a admis avoir payé 
l'acompte de CHF 20'700.- avec l'argent de E______. Elle réglait les mensualités elle-
même, comme elle pouvait. Selon ses souvenirs, elle les avait payées pendant 6 mois. 
Elle avait très peu conduit ce véhicule.  

d.i.c. Interrogé à ce sujet, E______ a indiqué qu'il ignorait qu'elle avait pris un leasing 
pour un tel véhicule. 

d.i.d. Il ressort également de la procédure que B______ avait acquis une voiture de 
marque PORSCHE, dont le contrat de leasing, qui fait état de mensualités à hauteur de 
CHF 2'588.- a été résilié le 14 novembre 2017. Il ressort d'un document intitulé "demande 
de financement pour véhicule d'entreprise" du 24 juillet 2015, signé par B______, que 
celle-ci avait indiqué à la société de leasing que F______ SA engendrait un chiffre 
d'affaires annuel de CHF 1'987'520.-. 

A ce sujet, B______ a expliqué qu'elle avait acheté, à la même période, une voiture dont 
elle se souvenait plus du modèle ni du prix. Elle avait payé elle-même l'acompte, avec 
l'argent de F______ SA. Elle comptait également la louer.  

d.j. Entendue par la police, J______ a expliqué être la mère de B______. Elle avait 
divorcé avec le père de cette dernière, AF_____, en 2000. B______ avait un frère 
prénommé AG_____, qui était directeur d'une grande société. Lors de leur divorce, 
AF_____ et elle avaient convenu, à l'amiable, que la garde des enfants était confiée à ce 
dernier. B______, qui avait toujours été une fille joviale et intéressante, était devenue un 

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peu plus indépendante à ce moment-là. A cette période, elles se voyaient à raison d'une 
fois par mois. B______ avait d'abord été scolarisée dans des écoles publiques, puis à 11 
ou 12 ans, AF_____ et elle l'avaient inscrite à l'école AH_____, école privée dont 
l'écolage s'élevait à CHF 1'000.- par mois, selon ses souvenirs. B______ n'avait jamais 
vécu dans un foyer. Elle avait ensuite été scolarisée dans une autre école privée, soit 
AI_____. B______ était restée 6 mois dans cette école, ses résultats n'étant pas suffisants. 
Comme elle voulait que sa fille continue ses études, elle lui avait trouvé un apprentissage 
d'employée de commerce chez AK_____. Toutefois, B______ n'avait pas terminé cet 
apprentissage, car elle ne se rendait plus au travail et que cela ne l'intéressait plus. Elle 
avait par la suite quitté l'appartement de son père et était partie s'installer à Genève, chez 
une amie. Elle ne lui avait pas posé plus de question, ne voulant pas s'immiscer dans sa 
vie. B______ avait coupé les ponts avec son père après avoir déménagé de chez lui, sans 
plus lui en parler. Elle n'entretenait que peu de contact avec son frère car elle ne répondait 
pas aux messages de ce dernier. Elle lui téléphonait de temps en temps.  

Elle a confirmé que B______ n'avait jamais eu de sœur. A sa connaissance, aucun 
membre de leur famille n'avait péri noyé.  

B______ ne lui avait jamais présenté de compagnon. Elle lui avait parlé d'un homme qui 
s'appelait _____, sans lui donner plus de détails. Elle lui avait parlé d'un autre homme 
prénommé AQ_____, en précisant qu'il était marié et avait deux enfants. Elle ne lui avait 
pas expliqué comment elle l'avait rencontré. Alors qu'elle appréciait beaucoup AQ_____, 
elle lui avait indiqué avoir également rencontré un homme prénommé "AR_____" (il 
ressort des auditions de B______ qu'elle nommait H______ ainsi) et qu'elle devait faire 
un choix. Elle ne lui avait jamais dit qui elle avait choisi et ne lui avait pas parlé d'autres 
compagnons.  

d.k.a. Des conversations électroniques via l'application WHATSAPP entre B______ et 
E______ ont été versées à la procédure. Il en ressort, notamment, que: 

- le 8 juin 2017, B______ a écrit à E______ qu'elle ne savait pas comment faire, 
qu'elle était ruinée à cause de l'opération de son chien AD_____, qu'elle devait se 
mettre au travail mais qu'elle avait envie de vomir rien que d'y penser. Avec les 
sous qu'il lui avait donné, elle pouvait manger et payer pour son chien; 

- le 8 juillet 2017, elle lui a écrit que son chien était au plus mal, qu'il avait encore 
eu un traitement le matin-même et qu'elle allait devoir se prostituer; 

- le 9 juillet 2017, elle lui a indiqué qu'elle va devoir faire la pute, qu'avec "5" elle 
pourrait avancer; 

- le 3 août 2017, elle lui a mentionné qu'elle était déjà en retard de CHF 3'200.- pour 
les paiements pour son chien et qu'elle se bourrait de somnifères. Elle lui a écrit, 
à 3 reprises, qu'il lui fallait des sous, ajoutant qu'elle était censée être sa femme; 

- le 27 octobre 2017, elle lui a dit qu'elle avait besoin de son chien, qu'elle n'arrivait 
pas à penser à autre chose, qu'elle abandonnait et qu'elle avait besoin qu'on la 

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soulage. Elle a ajouté qu'elle avait la peau sur les os et qu'elle ne méritait pas de 
subir tout cela; 

- le 3 janvier 2019, B______ lui a écrit qu'elle l'aimait et qu'elle tenait toujours de 
toutes ses forces à faire sa vie avec lui mais que la situation était trop 
catastrophique. Elle avait essayé de pousser jusqu'au 31 pour avoir "un repris" 
durant sa convalescence, toutefois depuis le début de l'année, "ils" lui rendaient la 
vie impossible. Elle était épuisée de tous ces messages d'insultes et de menaces; 

- le 25 mars 2019, elle lui a indiqué qu'elle souhaitait le retrouver mais qu'elle 
n'osait à peine mettre le nez dehors et qu'elle devait rester "ici" pour gagner de 
l'argent. Elle ne se voyait toujours pas avec un autre homme que lui. E______ lui 
a écrit qu'il avait toujours des sentiments pour elle. Il lui a demandé si sa poitrine 
lui faisait encore mal, ce à quoi elle a répondu qu'elle avait beaucoup de cicatrices; 

- le 5 juin 2019, B______ lui a indiqué qu'elle avait encore des sentiments pour lui 
et qu'elle ne l'avait jamais oublié. 

d.k.b. Interrogé au sujet de ces messages, E______ a expliqué qu'il avait cru B______ 
lorsqu'elle lui disait que son chien était malade. A ses yeux, le mensonge était 
indétectable. Par exemple, elle lui avait dit une fois que son chien se trouvait dans une 
clinique vétérinaire très réputée à Berne, le Tierspital, et qu'elle l'appelait à son arrivée. 
Lorsqu'elle l'avait contacté, environ 1h30 plus tard, il entendait à travers le téléphone le 
roulis de la voiture, ce qui était parfaitement cohérent avec un déplacement à Berne. Une 
autre fois elle s'était mise à pleurer "toutes les larmes de son corps" en lui disant que son 
chien allait mourir. S'agissant du message du 3 août 2017, il s'agissait pour lui d'un 
exemple parlant de pression psychologique qu'elle lui avait fait subir. A cette époque, 
sans penser à former un nouveau un couple avec elle, son but était de lui sauver la peau, 
notamment par rapport à ses créanciers et à son obligation de se prostituer. 

d.k.c. Interrogée sur ce qu'elle avait dit à E______ pour qu'il continue à lui verser de 
l'argent pour la période 2016 et 2017 alors qu'ils ne formaient plus un couple, elle a 
déclaré qu'elle ne se souvenait plus, précisant qu'à l'époque, elle avait beaucoup de loyers 
à payer pour ses sous-locations. Confrontée aux messages envoyés à E______, 
notamment les 7 et 8 juillet 2017 et à ses relevés bancaires qui démontraient qu'à ces dates 
elle se trouvait au festival de Montreux et qu'elle a dépensé en juin 2017 notamment 
CHF 2'800.- chez ______ [boutique], CHF 3'800.- pour un séjour en Espagne, alors 
qu'aucun paiement à des vétérinaires n'y apparaît, elle a expliqué que son chien avait été 
effectivement malade mais que cela n'excusait pas son comportement. Elle pensait ne pas 
avoir dépensé plus de CHF 2'000.- pour son chien. 

Confrontée à ses messages du 31 juillet 2017, alors qu'entre le 25 juillet et le 2 août 2017, 
elle avait dépensé la somme de CHF 320.- à l'hôtel ______, qu'elle avait retiré plus de 
CHF 10'000.- en espèces et qu'elle avait chargé sa carte de crédit pour la somme de 
CHF 6'000.-, et confrontée à ses messages du 3 et 13 août 2017 et à ses dépenses du mois 
d'août 2017, elle a répondu qu'elle n'avait pas d'explication. Elle n'avait jamais rien 
remboursé à E______, que ce soit pendant ou après leur relation. 

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 iv) Etablissements des faits 

e.a. Il résulte des éléments susmentionnés que les déclarations de E______ et celles 
de la prévenue sont en partie contradictoires, notamment s'agissant de l'usage et la 
destination des fonds versés par E______ ainsi que de l'entretien du train de vie de 
B______. Il appartient donc au Tribunal d'apprécier leur crédibilité à la lumière de 
l'ensemble des éléments figurant à la procédure. 

e.b. S'il est vrai que les déclarations de E______ ont légèrement varié quant à son lieu 
de vie et celui de B______ durant leur relation, surtout entre les mois d'octobre 2014 et 
juin 2015, cela s'explique aisément par l'écoulement du temps et également par la 
multitude de déménagements et de lieux de vie des intéressés. 

Le Tribunal considère que la version de E______ est claire et cohérente, celle-ci ne 
contenant pas de contradiction majeure. 

Les déclarations de E______ sont mesurées dès lors qu'il admet que B______, qui n'avait 
aucun revenu, pouvait utiliser une partie de l'argent versé pour ses dépenses personnelles 
et, s'agissant du versement des CHF 250'000.- en décembre 2013, qu'il s'agissait d'une 
donation et que B______ n'avait pas d'obligation par rapport à cet argent. 

e.c. De surcroit, les déclarations de E______ sont corroborées par plusieurs éléments 
du dossier. 

Les dénégations de B______ ne sont ni constantes, ni crédibles. Elle a, par exemple, 
admis avoir menti à E______ au sujet de ses études à la HEC, des malfrats qui la 
menaçaient et de l'étendue des soins vétérinaires prodigués à son chien. 

e.d. Le Tribunal retient que B______ a faussement prétendu qu'elle avait entrepris des 
études à la HEC puis un cours de perfectionnement privé qu'elle payait en se prostituant, 
en donnant ainsi un motif respectable et compréhensible à la prostitution. B______ a 
faussement prétendu avoir une histoire familiale et personnelle compliquée, s'attirant 
ainsi la compassion de E______ et adoptant une attitude dissuadant ce dernier de lui poser 
trop de questions ou de procéder à des vérifications. Ainsi, B______ a créé, autour de sa 
propre personne, l'image d'une femme amoureuse de E______ ayant du potentiel pour 
créer puis diriger une entreprise, soit un salon de massage, dans le domaine du massage 
érotique. Cette mise en scène a mis en confiance E______, l'incitant ainsi à entretenir 
B______ en attendant qu'elle puisse un jour être financièrement indépendante. 

B______ a également faussement prétendu qu'elle devait régler des poursuites, qui 
l'empêchaient notamment de pouvoir créer sa société, obtenant que E______ propose de 
l'aider et que les sommes versées dans ce but lui soient transférées directement, en mettant 
en avant sa volonté d'être maitresse de ses projets, ou sa gène s'il s'agissait de payer des 
dettes, dissuadant E______ de vérifier ces paiements. 

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Elle savait et a tablé avec succès que l'amour et la confiance de E______ l'empêcheraient 
de vérifier la réalité des besoins d'argent avancés et l'usage des fonds obtenus de lui, 
prétendant être "gênée" d'en parler, sachant que l'amour et la dépendance affective créée 
de E______ conduiraient ce dernier à ne pas poser de question. 

Elle avait, depuis 2013, suscité d'intenses sentiments amoureux chez E______ au point 
où celui-ci avait quitté femme et enfants brièvement fin 2013.  

Lors de la reprise de la relation en 2014, B______ avait maintenu et exploité les intenses 
sentiments amoureux et la confiance aveugle de E______ en affirmant être tombée 
amoureuse de lui, vouloir faire sa vie avec lui, allant jusqu'à se fiancer avec lui au 
printemps 2014 et se lier avec ses enfants. 

e.e. Cela étant, elle n'avait pas menti en l'informant de son intention d'ouvrir un salon 
de massage de luxe à Carouge. Il ressort de la procédure qu'elle avait réellement 
l'intention d'ouvrir ce salon et de l'exploiter en confiant, le cas échéant, la gérance à 
AC_____. Il est également établi qu'elle avait loué des locaux sis G______[GE], qu'elle 
avait contacté un architecte puis engagé un maître d'œuvre avec un projet concret, ce 
dernier ayant géré les travaux entrepris dans les locaux loués. Elle avait été dévastée lors 
de l'incendie, avait entrepris des rénovations suite à celui-ci et avait tenté en dépit de 
l'opposition du bailleur, de continuer la mise en route de cette activité jusqu'en novembre 
2015.  

Certes, durant l'évolution de son projet de salon de massage, elle avait régulièrement 
menti sur les motifs de ses besoins d'argent récurrent, en prétextant divers problèmes, 
retard de travaux, difficultés techniques, donnant des détails précis et pointus et passant 
un temps considérable à discuter avec les corps de métier devant E______ dans le but de 
recevoir des sommes toujours plus importantes de la part de ce dernier, afin de profiter 
d'un train de vie luxueux.  

Toutefois, le Tribunal considère que le projet de salon de massage était réel et qu'il avait 
dû être abandonné pour des motifs externes à la volonté de B______. 

e.f. Il est vrai que les conditions et date de la signature des contrats de prêts sont peu 
claires, celles-ci ayant manifestement été formalisées après les périodes de prêts 
notamment pour des raisons fiscales. Il n'en demeure pas moins que les motifs du 
versement des CHF 300'000.-, en mars 2014, effectué par E______ sont clairs. Ainsi, il 
est établi qu'il y avait un projet précis auquel l'argent devait être affecté. 

e.g. E______ a cessé sa relation avec B______ fin 2015, tout en demeurant amoureux 
d'elle et en la rencontrant occasionnellement. B______ lui avait non seulement caché 
qu'elle était en couple avec H______ en tout cas dès 2015 et avec A______ dès août 2018, 
mais elle avait aussi continué à lui affirmer qu'elle l'aimait et ne se voyait pas vivre avec 
un autre que lui jusqu'en mars 2019 en tout cas et qu'il demeurait son seul soutien, 

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exploitant ainsi les sentiments de E______, laissant, parfois, entrevoir la possibilité d'une 
nouvelle vie ou de nouveaux projets communs avec lui.  

Alors qu'elle n'était plus régulièrement financée par E______ depuis fin 2015, elle a 
affirmé qu'elle était retombée dans la prostitution, ce qui était plausible au vu des 
circonstances connues de E______, et a faussement prétendu qu'elle devait payer 
d'importantes dettes afin de sortir de la prostitution et échapper à la violence de malfrats 
peu recommandables, voire dangereux, qui l'obligeaient à nouveau se prostituer si elle ne 
payait pas son dû.  

De la même manière, elle a prétendu que son chien était gravement malade voire mourant, 
et avait été hospitalisé, l'astuce consistant à utiliser les sentiments de E______ qui savait 
qu'elle tenait beaucoup à son animal de compagnie, à désigner un hôpital vétérinaire 
renommé, le Tierspital à Berne, puis à téléphoner à E______ en étant en voiture après 
1h30, ce qui le confortait dans le fait qu'elle se rendait à Berne  

Elle a ainsi obtenu que E______ lui verse CHF 43'000.- en 2016 et 150'000.- en 2017 
sans compter les sommes remises en espèces. 

Des faits reprochés en lien avec A______ 

i) Déclarations de A______ 

f.a. A______ a expliqué avoir rencontré B______ par le biais du site internet 
"Z______". Lors de leur premier rendez-vous, ils avaient passé plusieurs heures à discuter 
ensemble. Il lui avait proposé de la revoir mais pas dans le cadre d'une rencontre tarifée. 
Ils étaient ensuite allés manger plusieurs fois ensemble et ils avaient commencé une 
relation amoureuse quelques semaines après leur première rencontre. Ils n'avaient donc 
eu qu'une seule relation tarifée. Durant les premiers mois de leur relation, B______ avait 
continué à œuvrer comme travailleuse du sexe, ce qui le dérangeait.   

Il a indiqué que, pour sa part, il gagnait bien sa vie. Il travaillait en qualité d'ingénieur et 
percevait un salaire mensuel net de CHF 15'100.-. Il n'avait pas eu de problèmes à payer 
ses factures avant le mois d'août 2019. Même s'ils n'en avaient pas parlé directement, 
B______ avait pu s'apercevoir qu'il avait une bonne situation financière, notamment parce 
qu'il vivait dans une grande maison et qu'il conduisait une voiture AUDI ______. 

B______ lui avait expliqué qu'elle n'avait pas de parents, qu'elle avait vécu en foyer 
jusqu'à ses 18 ans. Elle ne connaissait pas sa mère et n'avait pas souhaité retrouver son 
père. Elle avait évoqué qu'elle avait un frère, avec qui elle n'était pas en bons termes. Elle 
avait également mentionné une sœur qui avait eu un accident mais qu'elle ne voulait pas 
en parler. Il n'avait pas posé plus de questions car cela semblait être un sujet sensible. 
B______ lui avait dit avoir été proche de sa grand-mère, qui était décédée. Elle lui avait 
également déclaré qu'elle était en train de terminer ses études à la HEC et qu'elle devait 
payer son loyer, son assurance maladie et sa nourriture. Elle avait commencé à se 

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prostituer pour payer ses charges. Elle lui avait mentionné à plusieurs reprises qu'elle 
souhaitait arrêter cette activité. Avec leur relation, elle ne savait pas où elle en était. Selon 
lui, leur nouvelle relation avait précipité le choix de B______ d'arrêter la prostitution. Elle 
lui avait déclaré que les sentiments qu'elle ressentaient envers lui ne lui permettaient plus 
d'exercer cette profession. Elle souhaitait construire un avenir avec lui, soit emménager 
ensemble, se marier. Il a expliqué, le 20 août 2019, qu'ils avaient évoqué l'idée d'avoir 
des enfants ensemble, sans toutefois en parler de manière sérieuse. Il a ensuite indiqué, le 
10 juin 2020, qu'ils avaient pour projet de faire des enfants et qu'ils n'utilisaient aucun 
moyen de contraception. Lorsqu'elle s'endormait à ses côtés, elle le priait de l'épouser 
rapidement. Son discours et sa manière de se comporter l'avaient conforté à l'aider dans 
sa situation. Tous ces éléments lui avaient donné confiance en elle. Il voyait B______ 
comme quelqu'un qui avait beaucoup souffert à cause de son chemin de vie. Lorsqu'il lui 
avait prêté des sommes importantes, il était déjà convaincu et n'avait pas pensé à lui 
demander des preuves ou à insister pour recevoir plus d'informations. 

S'agissant de ses études à la HEC, B______ lui avait parlé de sa meilleure amie, AS_____, 
avec qui elle s'était parfois un peu fâchée. Elle avait également une autre amie, ______, 
qui avait une coupe à l'africaine, ce que B______ ne trouvait pas très propre. Cette 
dernière envoyait souvent des messages à ces amies pour recevoir des copies de notes et 
des supports de cours. Il y avait également un garçon qui faisait partie du groupe, mais 
qui l'énervait car il savait tout sur tout. B______ lui avait aussi parlé de deux stages 
obligatoires à faire dans le cadre de ses études, en fin d'année 2018 et un autre à faire 
avant la fin de l'année scolaire 2019. Elle était très contente d'avoir trouvé un stage dans 
l'entreprise ______, à Genève, qui œuvrait dans le trading de matière première. En fin 
d'année, elle avait fait plusieurs semaines de stage et s'entendait très bien avec son maître 
de stage. Elle avait occupé différents postes dans l'entreprise. Elle avait réussi à décrocher 
un second stage dans la même entreprise. Elle lui avait demandé son avis sur cette idée. 
Il avait acquiescé et confirmé qu'il s'agissait d'une bonne solution. B______ était contente 
d'avoir trouvé un stage qui correspondait à ses aspirations professionnelles et lui disait 
que son entreprise idéale serait une entreprise russe car elle aimait le style de management 
adopté.  

Il a souligné, le 10 juin 2019, qu'après avoir été voir la police, soit en mai ou juin 2019, 
il avait procédé à des vérifications, notamment sur son inscription au sein de la HEC. En 
effet, les mois avançaient, toutefois il ne la voyait pas étudier ni préparer ses examens. Il 
était allé sur le site internet des étudiants et ne l'avait pas trouvée. Il lui avait alors 
demandé pourquoi elle n'était pas sur le site internet. B______ s'était fâchée contre lui, 
avait donné un coup de pied dans le tableau de bord de sa voiture et lui avait dit qu'il 
n'avait pas à fouiller dans sa vie privée. Elle avait ajouté que, le jour où ils vivraient 
ensemble, elle lui dirait tout, notamment le nom sous lequel elle avait fait ses études. Elle 
était tellement en colère, qu'il avait préféré couper court à la discussion, étant précisé 
qu'elle avait affirmé préférer faire l'escorte ou la prostituée plutôt que de parler de sa vie 
privée. A cette période, il lui avait déjà versé 80% ou 90% des sommes prêtées et elle 
avait déjà signé une reconnaissance de dette. 

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f.b. Depuis leur rencontre et tout au long de leur relation, celle-ci manquait toujours 
d'argent. Elle lui demandait régulièrement CHF 300.- ou CHF 400.- pour manger, pour 
des dépenses de la vie courante ou encore pour payer la pension de son chien. Elle avait 
un style de vie assez sommaire. Lorsqu'ils se rendaient au restaurant, ils allaient dans des 
lieux simples.  

B______ et lui avaient pour habitude de se voir dans l'appartement de cette dernière, à 
______[GE] ou chez lui.  

En octobre 2018, elle n'avait pas renouvelé son annonce sur le site internet "Z______". 
Elle lui avait expliqué vouloir ouvrir une agence d'escorte car elle connaissait bien le 
monde de la prostitution et qu'elle pouvait gagner suffisamment d'argent pour subvenir à 
ses besoins. Elle lui avait montré un plan financier ainsi qu'un futur site internet. Elle lui 
avait expliqué connaître le milieu et savoir comment il fonctionnait. Elle pensait pouvoir 
trouver assez d'argent pour le rembourser. Etant donné qu'elle n'avait pas les moyens 
d'ouvrir son entreprise, il lui avait proposé de lui prêter la somme de CHF 30'000.- qu'il 
lui avait versé en décembre 2018. CHF 20'000.- étaient destinés à la création de sa société 
à responsabilité limitée et le solde, soit CHF 10'000.-, pour payer ses dettes. Elle lui avait 
expliqué que, comme elle avait des poursuites, elle n'avait pas voulu créer la société en 
son nom. Elle avait demandé à l'une de ses amies, prénommée M______, d'être la 
personne qui s'occupait de fonder cette entreprise en son nom. Il n'avait pas plus de détails 
sur M______. Il avait finalement appris en janvier 2019 que M______, qui devait inscrire 
la société au registre du commerce, n'avait pas pu le faire car elle ne possédait pas de 
permis B.  

Au début de leur relation, B______ lui avait demandé de l'argent pour rembourser ses 
poursuites. Elle ne lui avait jamais montré un extrait de poursuites. D'ailleurs, elle ne lui 
avait jamais montré de preuves physiques au sujet de ces différentes dettes.