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**Case Identifier:** 9088d5ab-9c07-51db-91a1-7c834fa76f9d
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-11
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 11.01.2021 CR/22/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_CR-22-2018_2021-01-11.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 18 janvier 2021. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

CR/22/2018 ACJC/27/2021 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU LUNDI 11 JANVIER 2021 

 

Pour 

Madame A______, domiciliée ______ (GE), demanderesse en révision de l'arrêt 
ACJC/1380/2020 rendu le 1er octobre 2020 par la Cour de justice, comparant par Me 

Anne-Laure Diverchy, avocate, rue du Mont-de-Sion 8, 1206 Genève, en l'étude de 

laquelle elle fait élection de domicile. 

 

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CR/22/2018 

EN FAIT 

A. a. Dans le cadre d'une procédure opposant A______ à B______ par-devant les 
juridictions russes, ayant pour objet la fixation d'une contribution d'entretien pour 

leur enfant mineur, les tribunaux de C______ (Russie) ont saisi le Tribunal de 

première instance de Genève (ci-après : le Tribunal) d'une demande d'entraide 

judiciaire le 19 mars 2018.  

 b. Par courrier du 26 octobre 2018, D______, avocate, s'est constituée pour la 
défense des intérêts de A______. Une procuration, signée par la mandante, était 

jointe audit courrier.  

 c. Par jugement du 4 mars 2020, le Tribunal a constaté que la procédure de 
commission rogatoire dont il était saisi était devenue sans objet, a classé ladite 

procédure et dit que les documents reçus dans l'intervalle de l'un des 

établissements bancaires sollicités lui étaient restitués.  

Cette décision reposait sur une attestation produite par B______, établie le 17 

décembre 2019 par la juge de première instance des juridictions russes (i.e. Juge 

de paix de la circonscription judiciaire n° XX de C______), indiquant que l'appel 

déposé par A______ à l'encontre du jugement russe avait été rejeté le 18 février 

2019 et n'avait pas été déféré à la juridiction de cassation. La procédure étrangère, 

pour laquelle la commission rogatoire était sollicitée, était ainsi terminée.  

 Ce jugement a été notifié le jour même à Me D______, conseil de A______, et 

reçu le lendemain.  

 d. Le 2 juin 2020, A______, agissant par le biais de son nouveau conseil, a 
interjeté appel contre le jugement rendu le 4 mars 2020, concluant à son 

annulation et à ce que la poursuite de la procédure d'entraide soit ordonnée.  

 Elle a allégué qu'au moment de la notification de la décision du 4 mars 2020 

précitée à Me D______, celle-ci ne la représentait plus et qu'elle ne lui avait pas 

communiqué ladite décision. Elle n'en avait eu connaissance que le 22 mai 2020, 

lorsqu'elle avait demandé au Tribunal à pouvoir consulter le dossier.   

B. Par arrêt ACJC/1380/2020 du 1er octobre 2020, la Cour de justice a déclaré 
irrecevable le recours interjeté par A______ contre le jugement rendu le 4 mars 

2020 par le Tribunal, arrêté les frais judiciaires à 400 fr., les a mis à la charge de 

A______ et a débouté cette dernière de toute autre conclusion.  

 La Cour de justice a relevé que Me D______ s'était constituée pour la défense des 
intérêts de A______ et que le dossier ne contenait aucun courrier par lequel elle 

aurait déclaré cesser d'occuper, les simples allégations de la recourante à cet égard 

n'étant en soi pas suffisantes. Par conséquent, le jugement du 4 mars 2020 avait 

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CR/22/2018 

été valablement notifié à A______, en son domicile élu en l'étude de son ancien 

conseil, le 5 mars 2020. Le délai pour recourir était dès lors arrivé à échéance le 

16 mars 2020, de sorte que le recours formé le 2 juin 2020 était tardif et, partant, 

irrecevable.  

C.  Par acte déposé le 26 octobre 2020 au greffe de la Cour de justice, A______ 
demande la révision de l'arrêt ACJC/1380/2020 précité, prononcé le 1

er
 octobre 

2020 par la Cour de céans. 

 Elle conclut, sur rescindant, à l'admission de sa demande en révision et à 

l'annulation dudit arrêt. Sur rescisoire, elle conclut, préalablement, à la production 

de l'attestation officielle de l'autorité requérante russe confirmant la clôture 

définitive de la procédure étrangère pour laquelle l'entraide judiciaire avait été 

requise, puis, principalement, à ce que la poursuite de la procédure d'entraide soit 

ordonnée et au renvoi de la cause au Tribunal pour exécution de la mesure 

d'entraide.  

 A l'appui de sa demande, A______ produit un moyen de preuve nouveau, à savoir 
un courrier de Me D______ du 14 octobre 2020, aux termes duquel cette dernière 

a confirmé avoir cessé d'occuper pour la défense des intérêts de sa mandante le 23 

mai 2019, mais avoir toutefois omis d'informer les juridictions traitant de 

l'entraide judiciaire internationale de ce que l'élection de domicile en son étude 

était révoquée. Elle a ajouté que, pour une raison qu'elle ignorait, elle ne retrouvait 

pas la copie du message qu'elle avait adressé à A______, l'informant de la 

réception du jugement du 4 mars 2020 notifié en son étude. En outre, A______ 

n'avait pas été informée par téléphone ou par courriel de la réception de ce 

jugement.  

EN DROIT 

1. 1.1 Une partie peut demander la révision d'une décision entrée en force auprès de 
l'autorité ayant statué en dernière instance (art. 328 al. 1 CPC). Il faut entendre par 

là le tribunal qui a statué en dernier lieu sur la question topique, soit la décision 

qui bénéficie de l'autorité de la chose jugée sur le fond (arrêt du Tribunal fédéral 

5A_289/2012 du 18 juin 2012 consid. 1.3). 

 1.2 Le délai pour demander la révision est de nonante jours à compter de celui où 
le motif de révision est découvert; la demande doit est écrite et motivée (art. 329 

al. 1 CPC). 

 Si la demande en révision n'est pas formée dans les formes et délai prévus par la 

loi, elle doit être déclarée irrecevable. En revanche, si les motifs de révision 

invoqués ne sont pas réalisés, la demande en révision doit être rejetée (Message 

relatif au Code de procédure civile suisse, FF 2006 p. 6841 ss, p. 6988; arrêts du 

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Tribunal fédéral 5F_1/2016 du 10 mars 2016 consid. 4; 5F_18/2014 du  

18 novembre 2014 consid. 4; ACJC/270/2016 du 26 février 2016 consid. 1.2). 

 1.3 En l'espèce, la demande en révision repose sur les déclarations contenues dans 
le courrier de Me D______ datant du 14 octobre 2020.  

 Déposée le 26 octobre 2020 auprès de la Cours de céans, la demande en révision, 

écrite et motivée, a été formée devant l'instance qui a statué en dernier lieu, en 

temps utile et selon les formes prescrites par la loi.  

 Elle est donc recevable.  

2. Il convient dès lors d'examiner si la demande repose sur un motif de révision au 
sens de l'art. 328 al. 1 CPC.  

  2.1 Selon l'art. 328 al. 1 let. a CPC, constitue un motif de révision la découverte 
après coup de faits pertinents ou de moyens de preuve que la partie qui demande 

la révision n'avait pas pu invoquer dans la procédure précédente, à l'exclusion de 

faits et moyens de preuve postérieurs à la décision. Sont ainsi visés les faits 

pertinents et les moyens de preuve concluants qui existaient déjà à l'époque du 

procès, mais qui, pour des motifs excusables, n'avaient pas pu être invoqués  

(ATF 140 III 278 consid. 3.3; arrêt du Tribunal fédéral 4A_472/2016 du  

22 septembre 2016 consid. 1.3).  

 La jurisprudence pose cinq conditions en ce qui concerne les moyens de preuve 

concluants, à savoir : 1) Ils doivent porter sur des faits antérieurs (pseudo-nova); 

2) ils doivent être concluants, c'est-à-dire propres à entraîner une modification du 

jugement dans un sens favorable au requérant; 3) ils doivent avoir déjà existé 

lorsque le jugement a été rendu (plus précisément jusqu'au dernier moment où ils 

pouvaient encore être introduits dans la procédure principale); 4) ils doivent avoir 

été découverts seulement après coup et 5) le requérant n'a pas pu les invoquer, 

sans faute de sa part, dans la procédure précédente (ATF 143 III 272 consid. 2.2; 

arrêt du Tribunal fédéral 5A_474/2018 du 10 août 2018 consid. 5.1 et les 

références citées). 

 La partie qui invoque une ouverture à révision doit démontrer qu'elle ne pouvait 

pas invoquer le fait ou le moyen de preuve dans la procédure précédente malgré 

toute la diligence dont elle a fait preuve (ATF 143 III 272 consid. 2.2; arrêt du 

Tribunal fédéral 4A_105/2012 du 28 juin 2012 consid. 2.3). Il faut conclure à un 

manque de diligence lorsque la découverte d'éléments nouveaux résulte de 

recherches qui auraient pu et dû être effectuées dans la procédure précédente. L'on 

n'admettra qu'avec retenue l'existence de motifs excusables, car la révision ne doit 

pas servir à remédier aux omissions de la partie requérante dans la conduite du 

procès (FF 2006 6841 ss. p. 6987; arrêts du Tribunal fédéral 5A_111/2014 du 

16 juillet 2014 consid. 2; 4A_105/2012 du 28 juin 2012 consid. 2.3). 

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 2.2 En l'espèce, la demanderesse fonde sa demande en révision sur le courrier de 
son ancien conseil datant du 14 octobre 2020, étayant le fait - déjà invoqué lors de 

la précédente procédure d'appel - qu'elle n'avait pas été informée du jugement 

rendu le 4 mars 2020 par le Tribunal, ce qui l'avait empêchée de recourir à son 

encontre en temps utile.  

 Or, elle n'explique pas pour quels motifs elle aurait été empêchée de solliciter et 

de produire, dans le cadre de son appel, la preuve dont elle se prévaut dans la 

présente procédure; elle n'allègue au demeurant pas avoir entrepris à l'époque des 

démarches en ce sens. Il ressort au contraire de la chronologie des faits qu'elle a 

cherché à obtenir ce moyen de preuve à réception de l'arrêt du 1
er

 octobre 2020 

déclarant son recours irrecevable et dont la révision est demandée. En sa qualité 

d'appelante, il lui incombait cependant de discerner la pertinence des moyens de 

preuve à produire en lien avec les faits invoqués dont elle entendait déduire ses 

droits et elle ne saurait introduire une procédure en révision pour compléter ses 

offres de preuve ou remédier à ses omissions.  

Dès lors, les conditions de l'art. 328 al. 1 let. a CPC ne sont pas remplies et la 

demande doit être rejetée. 

3.  Les frais judiciaires de la procédure de révision seront fixés à 500 fr. (art. 43 et  
49 RTFMC) et mis à la charge de la demanderesse, qui succombe (art. 106  

al. 1 CPC). Ils sont entièrement compensés par l'avance de frais du même montant 

fournie par cette dernière, laquelle reste acquise à l'Etat de Genève (art. 111  

al. 1 CPC).  

* * * * * 

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CR/22/2018 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable la demande en révision formée le 26 octobre 2020 par A______ 

contre l'arrêt ACJC/1380/2020 rendu le 1
er

 octobre 2020 par la Cour de justice dans la 

cause CR/22/2018.  

Au fond :  

Rejette cette demande. 

Déboute la demanderesse en révision de toutes autres conclusions.  

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires à 500 fr., les met à la charge de A______ et dit qu'ils sont 

entièrement compensés par l'avance de frais fournie, qui reste acquise à l'Etat de 

Genève.  

Siégeant : 

Madame Paola CAMPOMAGNANI, présidente; Monsieur Laurent RIEBEN, Madame 

Ursula ZEHETBAUER GHAVAMI, juges; Madame Jessica ATHMOUNI, greffière. 

La présidente : 

Paola CAMPOMAGNANI 

 
La greffière : 

Jessica ATHMOUNI 

 

 

Indication des voies de recours : 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière civile; la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 

déterminées par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110). Il connaît également des recours constitutionnels subsidiaires; la 

qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 113 

à 119 et 90 ss LTF. Dans les deux cas, le recours motivé doit être formé dans les trente 

jours qui suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. L'art. 119 

al. 1 LTF prévoit que si une partie forme un recours ordinaire et un recours 

constitutionnel, elle doit déposer les deux recours dans un seul mémoire. 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF indéterminée.