# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** aad1cd4a-f211-5ca6-8813-d13fbb38df3d
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2018-09-25
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 25.09.2018 E-2412/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-2412-2014_2018-09-25.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
  
 

 

  

 

 Cour V 

E-2412/2014 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  2 5  s e p t e m b r e  2 0 1 8  

Composition 
 Jean-Pierre Monnet (président du collège),  

William Waeber, Markus König,  

Mia Fuchs et David Wenger, juges, 

Anne-Laure Sautaux, greffière. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), Turquie,   

représenté par Rêzan Zehrê,  

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM;  

anciennement Office fédéral des migrations, ODM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile (sans renvoi) ;  

décision de l'ODM du 2 avril 2014 / N (…). 

 

 

 

E-2412/2014 

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Faits : 

A.  

A.a Le (…) 2010, le recourant a déposé une demande d'asile depuis 

l'étranger, à l'Ambassade de Suisse à Ankara (ci-après : l'Ambassade).  

A.b Entendu le (…) 2010 par l’Ambassade sur ses motifs d'asile, il a 

déclaré être d'ethnie kurde et de religion musulmane. Ses parents, ses (…) 

sœurs, et (…) de ses frères résidaient en Turquie. Ses deux frères 

B._______, puis C._______ avaient rejoint les rangs du Partiya Karkerên 

Kurdistan (Parti des travailleurs du Kurdistan ; ci-après : PKK) en 2005 ou 

2006, respectivement en 2009 ; ils séjournaient dans des camps du PKK, 

en Iran, respectivement en Irak. Son frère C._______ avait ainsi échappé 

à un jugement de condamnation rendu à la suite de la vente de journaux 

illégaux. Enfin, son frère D._______ avait été autorisé à entrer en Suisse 

au titre de l'asile et y avait été reconnu réfugié.  

Depuis son arrivée dans la ville de E._______ (Anatolie du sud), où il vivait 

avec sa famille, le recourant avait œuvré en tant que (…) porte-parole des 

jeunes de son quartier et de deux autres quartiers, bastions électoraux du 

Parti de la société démocratique (Demokratik Toplum Partisi [ci-après : 

DTP]), qui a été dissous en 2009, puis remplacé par le Parti de la paix et 

de la démocratie (Barış ve Demokrasi Partisi [ci-après : BDP]) ; à ce titre, 

il avait participé à la diffusion et à l’organisation d’activités de ce parti, sans 

toutefois y avoir adhéré. Il avait également pris part aux activités d'une 

association culturelle de son quartier, dénommée (…), plus ou moins 

affiliée au DTP/BDP.   

En 2007 ou 2008, alors qu’il habitait encore à E._______, il avait été enlevé 

par des policiers ; ceux-ci avaient menacé de le dénoncer et de le mettre 

en détention s'il refusait de devenir leur informateur. Finalement relâché, il 

avait dénoncé ces faits (…), (…).  

Il s’était réfugié à F._______, chez son frère C._______, (…). Pour 

améliorer ses revenus, il s’était lancé durant quatre mois dans la vente du 

journal «Azadiya Welat» et de l’hebdomadaire «Özgur Gündem», lequel 

changeait continuellement de nom, lorsqu’il avait été interdit par la censure.  

Il avait été impliqué dans trois procédures pénales, principalement sous le 

chef d'accusation de propagande pour le PKK. Les deux premières étaient 

liées chacune à un flagrant délit de vente de journaux interdits ; il avait à 

chaque fois été interpellé et placé en garde à vue durant une journée. Les 

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deux jugements de condamnation (…), le premier à huit mois 

d’emprisonnement, le deuxième à quatre ans et deux mois, avaient été 

déférés (…), suite au dépôt de recours. 

La dernière infraction qui lui avait été reprochée sur dénonciation consistait 

en la participation à une manifestation illégale en faveur du PKK et avait 

débouché sur une détention préventive de (…) mois jusqu’à fin (…) 2010. 

(…) ; cette procédure demeurait pendante. Son frère G._______, interpellé 

en même temps que lui, le (…) 2010, en raison de leur participation à cette 

manifestation n’avait pas eu droit à ce traitement de faveur ; il était toujours 

en détention préventive. 

Le recourant a produit une copie de sa carte d'identité, établie en octobre 

(…) à F._______, ainsi que plusieurs documents relatifs aux procédures 

judiciaires précitées.   

A.c Par courrier du (…)  2011, l'Ambassade a fait parvenir à l’Office fédéral 

des migrations (ODM, désormais SEM) un courrier daté du (…)  2011 du 

recourant (rédigé en langue turque), dans lequel celui-ci faisait état de la 

condamnation de son frère G._______ à une peine privative de liberté et 

de sa crainte d'être lui-même bientôt réincarcéré.  

A.d Le (…) 2011, le recourant a transmis à l'Ambassade l’acte d'accusation 

pour sa participation à la manifestation illégale. Par la suite, il a également 

produit des attestations de ses avocats turcs relatives aux procédures dans 

lesquelles il était impliqué. 

A.e Le 13 avril 2012, l'ODM a classé la demande d'asile présentée à 

l'étranger par le recourant, ensuite de l’entrée en Suisse de celui-ci.  

B.  

Le 5 avril 2012, le recourant a déposé une demande d'asile au Centre 

d'enregistrement et de procédure (CEP) de Bâle. Il a déposé sa carte 

d’identité.  

C.  

Lors de l'audition sommaire du 24 avril 2012 par l’ODM, il a confirmé avoir 

exposé l'ensemble de ses motifs d'asile lors de son audition par 

l'Ambassade. Il a précisé que son frère G._______ était emprisonné depuis 

plus de (…) ans et que ses frères B._______ et C._______ étaient toujours 

dans les rangs du PKK.  

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Il a ajouté que, le (…) 2011, il avait été interpellé alors qu’il se rendait dans 

le village où était né Abdullah Öcalan ; cette interpellation aurait été 

consécutive à une erreur des autorités. Le (…) 2012, il avait à nouveau été 

interpellé, alors qu’il participait à un rassemblement au local de 

l’association culturelle de son quartier. Il avait été placé en garde à vue 

durant deux jours ; après son interrogatoire, il avait été libéré. Lors de son 

audition à l’Ambassade, il avait omis de mentionner sa participation à une 

(…) dans les locaux de l’association culturelle, pour protester contre les 

conditions d’isolement d’Abdullah Öcalan ; il s’était alors borné à alléguer 

sa participation à la fête qui y avait eu lieu simultanément. Le (…) 2012, le 

domicile familial avait été perquisitionné en son absence. Il avait été invité 

à se présenter aux autorités le (…) 2012. 

Le (…) 2012, il avait quitté la Turquie, clandestinement. Le (…) 2012, alors 

qu'il se trouvait déjà en Suisse, ses parents avaient été interpellés, puis 

libérés le lendemain, ce qu'il aurait appris par l'intermédiaire de l'un de ses 

frères, par téléphone.  

 

Dès lors qu’il n’avait pas fait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire 

national, il avait pu se voir délivrer, au début de l’année 2012, un passeport, 

qu’il avait toutefois laissé à son domicile en Turquie. 

D.  

Par courrier du 12 décembre 2012, le recourant a fait parvenir à l’ODM, par 

l’intermédiaire de son mandataire nouvellement constitué, plusieurs 

documents, notamment des documents judiciaires (dont un nouvel acte 

d'accusation, dans lequel il lui était reproché d’avoir organisé et participé à 

une (….), le (…) 2012, pour protester contre les conditions d’isolement 

d’Abdullah Öcalan), sa demande d’adhésion au BDP et des copies des 

plaintes déposées auprès de (…), à F._______ les (…) et (…) 2012 par sa 

mère, accompagnées de traductions libres en français. 

E.  

Le 10 décembre 2012, les autorités néerlandaises ont adressé à l'ODM 

une requête aux fins de reprise en charge du recourant fondée sur le 

règlement Dublin. Le 18 décembre 2012, les autorités suisses l’ont 

acceptée. Le 27 décembre 2012, le recourant a été transféré en Suisse. 

F.  

Lors de son audition du 5 avril 2013 sur ses motifs d'asile par l’ODM, le 

recourant a, pour l'essentiel, réitéré et précisé les motifs d'asile allégués 

précédemment.  

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Il a déclaré qu’il avait fait des travaux pour le BDP, tout à fait légalement. 

Bien qu’il se soit réfugié à F._______, il était retourné régulièrement à 

E._______ pour participer aux activités de l’association culturelle de 

quartier. C’est d’ailleurs dans les locaux de cette association qu’il avait été 

arrêté le (…) 2012 ; il s’agissait de sa dernière arrestation. En particulier, il 

avait organisé des festivités en l’honneur de la naissance 

d’Abdullah Öcalan et de la fondation du PKK, certaines ponctuées par des 

discours de responsables du BDP. Il était (…) chercheur en matière de 

culture kurde, activité qu’il avait commencé en Turquie, en particulier au 

sein de ladite association, et qu’il continuait à déployer en Europe, comme 

en témoignait sa participation à un événement culturel à H._______, aux 

Pays-Bas, du 1er au 3 décembre 2012. En Turquie, ses problèmes avec les 

autorités étaient également liés à son appartenance à une famille très 

engagée pour la cause kurde. Il ne pouvait oublier les brutalités policières 

à l’encontre de son père en 1999 dont il avait été témoin. Ses frères 

B._______ et C._______ combattaient toujours dans les rangs du PKK. 

Lui-même, sans en être membre, serait sympathisant des idéaux de cette 

organisation clandestine. Toutefois, il était partisan depuis sa plus jeune 

enfance de la non-violence et de la résolution des conflits par le dialogue. 

Il ne pouvait, en conséquence, pas s’imaginer participer à des actions 

armées du PKK. En revanche, il aurait été engagé de longue date dans les 

activités menées par le BDP, parti auquel il n’aurait toutefois formellement 

adhéré que cinq ou six mois avant son départ de Turquie ; il se serait 

abstenu d’y adhérer plus tôt par crainte des mesures de répression, 

compte tenu notamment des interpellations massives depuis 2009 dans le 

cadre de l’affaire du Koma Civakên Kurdistan (ci-après : KCK). Il n’aurait 

jamais participé à des réunions ou à des actions violentes. Le recours à 

des jets de pierre lors de la manifestation ayant conduit à sa mise en 

détention provisoire en 2010 avait relevé, selon lui, de la légitime défense 

face à l’emploi de bombes lacrymogènes par les autorités ; en prison, il 

avait participé durant trois jours à une (…). (…). 

Les procès le concernant seraient toujours pendants. Il serait 

probablement recherché en Turquie, dès lors qu'il ne s’était pas présenté 

aux audiences prévues dans ses procès. 

A la question de savoir ce qu'il était allé précisément faire aux Pays-Bas en 

décembre 2012, il a répondu qu'il y était resté un mois, à une adresse dont 

il ne se souvenait plus, et qu’il avait participé à un événement culturel kurde 

ayant réuni une soixantaine de participants d’une durée de trois jours. Il 

avait ignoré les détails de ce congrès avant de s’y rendre, sans invitation 

personnelle, par covoiturage annoncé sur un site Internet qu’il n’a pas su 

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désigner, avec quelques personnes qu’il ne connaissait pas. Une fois sur 

place, il avait été informé que le programme de la réunion portait sur 

l’histoire et la culture du peuple kurde, le socialisme et le contexte politique 

mondial. Il avait entendu des discours conformes à ce programme et dont 

le contenu ne l’avait pas surpris parce qu’il répercutait des informations qui 

figuraient déjà sur Internet. Il avait ainsi simplement écouté les orateurs 

présents, dont il ne connaissait pas l’identité, pas plus qu’il n’avait connu 

l’identité des membres de l’association pro-kurde qu’il fréquentait dans son 

canton d’attribution et qui lui avaient appris la tenue de cet évènement. Il y 

avait pris des notes, lesquelles, comme son téléphone portable, lui avaient 

été confisquées par la police néerlandaise au moment de son interpellation 

sur place, dans la matinée du 3ème jour du congrès. Les autorités 

néerlandaises l’avaient mis en garde à vue le 3 décembre 2012, puis 

expulsé vers la Suisse le 27 décembre 2012.  

G.  

Par courriers des 3 avril et 13 juin 2013, le recourant a fait parvenir à l’ODM 

plusieurs documents relatifs aux procédures judiciaires le concernant. 

H.  

En date du (…) 2013, l'Ambassade a transmis à l’ODM, en réponse à sa 

demande du (…) 2013, les renseignements suivants :  

 

Le recourant était impliqué dans quatre procédures. Dans deux d’entre 

elles, les jugements avaient été prononcés, l’un d’entre eux le condamnant 

à une peine d’emprisonnement d’une année (…) ; toutefois, la notification 

de ce jugement, respectivement la mise à exécution du second jugement 

(dont le dispositif n’avait pas été communiqué) avaient été suspendues. 

Dans les deux autres, les procédures étaient en cours d’instruction, des 

dates d’audience ayant été fixées. Dans l’une d’elles, un mandat d’arrêt 

avait été émis à l’encontre du recourant, le (…) 2013, pour défaut de 

comparution à une audience. Enfin, le recourant faisait l'objet d'une fiche 

politique mentionnant son arrestation, sur décision judiciaire du (…) 2009, 

pour appartenance à une organisation terroriste. 

I.  

Par courrier du 4 décembre 2013, le recourant a communiqué à l'ODM les 

dates des trois audiences (…) en Turquie dans les procédures en cours 

contre lui.  

J.  

Le 17 février 2014, l’ODM a communiqué au recourant les éléments 

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essentiels ressortant d’après lui d'un rapport établi le 7 janvier 2014 par le 

Service de renseignement de la Confédération (ci-après : SRC), 

confirmant des informations (extraites d’une banque de données) reçues 

de la part de ce service précédemment. Il l'a invité à se déterminer à ce 

propos sous l'angle de l'art. 53 LAsi.  

Les éléments communiqués étaient les suivants :   

« [Le recourant] appartient en tant que cadre au Ciwanen Azad 

(anciennement Komalen Ciwan). Il a été identifié à maintes reprises dans 

divers pays européens dans le cadre de manifestations pro-kurdes 

[pouvant être mises] en relation avec des organisations affiliées au 

PKK/Kongra-Gel. [Il] a participé le 3 décembre 2012 au Congrès du 

PKK/Kongra-Gel des cadres de toute l’Europe aux Pays-Bas. Il a été 

interpellé le 4 décembre 2012 par les autorités néerlandaises et mis en 

garde à vue. Puis il a été dénoncé aux autorités migratoires. En (…) 2013, 

il a participé à la marche (…), puis à une manifestation à J._______ le (…) 

2013. Il a participé au Congrès du Ciwanen Azad à K._______ le (…) 2013. 

Au surplus, [il] était en tête de plusieurs marches lors de manifestations en 

Suisse, comme par exemple à L._______. Enfin, [il] est très actif sur 

Facebook, (…).  

K.  

Dans sa prise de position du 27 février 2014, le recourant a nié occuper 

une position de cadre au sein du Ciwanen Azad et être membre du 

PKK/KONGRA-GEL. Comme des milliers de réfugiés kurdes en Suisse, il 

aurait uniquement participé à des activités pacifiques. Son engagement en 

tant que «politicien et intellectuel kurde» serait exclusivement pacifique, en 

lien avec celui qu'il avait déjà eu avant son départ de Turquie, dans sa lutte 

politique pour le respect des droits humains du peuple kurde en Turquie, 

en Iran, en Irak, et en Syrie. En outre, ni le PKK ni le KONGRA-GEL 

n’étaient considérés par les autorités suisses comme étant des 

organisations terroristes. Il n’aurait commis aucun acte répréhensible au 

sens de l’art. 53 LAsi.   

L.  

Par décision du 2 avril 2014 (notifiée le lendemain), l’ODM a reconnu la 

qualité de réfugié au recourant, a rejeté sa demande d'asile, a prononcé 

son renvoi de Suisse et l’a mis au bénéfice d'une admission provisoire en 

raison de l’illicéité de l’exécution de son renvoi.   

 

Il a estimé que le recourant était indigne de l’asile, au sens de l’art. 53 LAsi 

(dans sa version en vigueur jusqu’au 30 septembre 2016 [RO 1999 2262]). 

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Page 8 

En effet, sa qualité de cadre au sein de l’organisation Ciwanen Azad et son 

soutien ouvert à Abdullah Öcalan permettaient d’admettre qu’il adhérait 

entièrement à la philosophie et aux objectifs du PKK/Kongra-Gel ayant 

notoirement recours à la violence. 

M.  

Par acte du 5 mai 2014, l'intéressé a interjeté recours contre la décision 

précitée lui refusant l’asile, concluant à son octroi ; il a sollicité le bénéfice 

de l’assistance judiciaire totale.   

 

Il a fait valoir que, comme cela ressortait de l’arrêt du 18 mars 2013 publié 

sous ATAF 2013/23, l’ODM aurait dû procéder à sa propre appréciation des 

faits, sans se baser uniquement sur la seule appréciation du SRC. Il n’y 

aurait aucun indice concret qu’il ait commis un acte répréhensible justifiant 

l’indignité. Il n’occuperait pas de fonction dirigeante au sein du Ciwanen 

Azad et ne serait pas membre du PKK. Son engagement politique serait 

toujours resté pacifique. Le rassemblement du 3 décembre 2012 aux Pays-

Bas ne se serait pas limité aux cadres du PKK/Kongra-Gel comme l’avait 

indiqué à tort l’ODM ; de plus, il se serait agi d’un évènement culturel. Ni 

sa participation à des manifestations auxquelles auraient participé des 

centaines (soit la marche […] en […] 2013 et l’assemblée générale du 

Ciwanen Azad à K._______ le […] 2013), sinon des milliers de jeunes 

Kurdes venus de toute l’Europe et de la Suisse (soit le Festival international 

de la culture kurde, le (…) 2013 à J._______), ni son soutien à Abdullah 

Öcalan, leader reconnu du peuple kurde, ne justifierait de lui refuser l’asile. 

En outre, l’ODM, qui aurait la charge de la preuve, n’aurait apporté aucun 

élément pertinent permettant de conclure qu'il représentait un danger pour 

la sécurité de la Suisse.  

N.  

Par décision incidente du 16 mai 2014, le Tribunal a admis la demande de 

dispense de paiement des frais de procédure.  

O.  

Dans sa réponse du 23 mai 2014, l’ODM a proposé le rejet du recours.  

P.  

Par décision incidente du 24 juillet 2014 (notifiée le lendemain), le Tribunal 

a admis la demande du recourant tendant à la nomination d'un mandataire 

d'office en la personne de Rêzan Zehrê et désigné celui-ci en cette qualité, 

sous réserve de son accord formel par écrit dans les dix jours suivant la 

notification, aux conditions énoncées par le Tribunal.  

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Page 9 

Par courrier du 29 juillet 2014, ce dernier a donné cet accord.  

Q.  

(…).  

R.  

Par courrier du 25 septembre 2017, le recourant a produit un extrait vierge, 

daté du 15 septembre précédent, de son casier judiciaire suisse. Sur cette 

base, il a allégué qu’il n’avait jamais été ni poursuivi ni condamné en Suisse 

pour ses activités politiques et intellectuelles. 

S.  

Par ordonnance du 24 octobre 2017, le Tribunal a communiqué le contenu 

essentiel du rapport du SRC après avoir constaté que le SEM l’avait 

rapporté de manière imprécise dans sa décision incidente du 

17 février 2014. Il a indiqué au recourant qu’une source accessible 

publiquement (mentionnée au consid. 5.1 ci-après) corroborait 

l’information du SRC relative aux évènements survenus le 

3 décembre 2012 à H._______ aux Pays-Bas.   

 

Dit rapport était libellé, pour l’essentiel, comme suit :  

« Pour faire suite à votre demande d’examen du dossier de Monsieur 

A._______, nous pouvons vous apporter les éclaircissements suivants, 

en plus des éléments qui se trouvent au dossier.  

 

Cette personne est connue de notre service pour son appartenance au 

Komalen Ciwan et occuperait une fonction de cadre dans cette 

organisation.   

 

Monsieur A._______ a été identifié à de maintes reprises dans divers 

pays européens, ainsi que sur notre territoire dans le cadre de 

manifestations pro-kurdes. Celles-ci avaient toujours une relation avec 

les organisations affiliées du PKK/Kongra-Gel. Son arrestation en 

Hollande, suite à sa participation au congrès annuel du Komalen Ciwan, 

nous a aussi été confirmée par d’autres canaux. Cette présence 

confirmerait son appartenance aux cadres du mouvement, car les 

membres « normaux » ne sont pas conviés à ce type de manifestation. 

Ces informations nous proviennent de diverses sources fiables.   

 

Ses activités relativement « légères » en Turquie, se sont transformées 

en un activisme régulier et convaincu sur tout le territoire européen. Le 

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Page 10 

fait que la répression y soit moins présente n’y est sûrement pas 

étranger.   

 

De par ses agissements et de par sa position de cadre supposé, ainsi 

que des avis et sympathies exprimés lors de ses diverses auditions, il 

ne nous est pas possible d’écarter le fait que cette personne pourrait, à 

terme, prendre d’autres fonctions en Suisse ou en Europe, ou même 

retourner dans les régions kurdes pour asseoir son statut de personne 

dirigeante en participant d’une manière ou d’une autre aux activités du 

PKK ou de ses groupes affiliés. »  

Par même ordonnance, le Tribunal, constatant le caractère incomplet du 

résumé des informations issues d’une banque de données du SRC figurant 

dans cette décision incidente du 17 février 2014 du SEM, a complété ce 

résumé comme suit :  

Le nombre journalier de participants à (…) du (…)  2013, a été variable, 

mais n’a pas dépassé (…). (…). A la fin de (…), les activistes ont rejoint 

un festival (…) à J._______. Le (…) 2013, le recourant a participé à un 

festival (…) à L._______, ayant réuni des membres de mouvements 

affiliés au PKK. Le (…) 2013, il a participé à un rassemblement pour la 

fête du Newroz à L._______, ayant réuni (…)  personnes d’origine 

kurde, (…). Une partie des personnes arrêtées le 3 décembre 2012 à 

H._______ aux Pays-Bas était destinée à être envoyée dans un camp 

de formation et d’entraînement au leadership. 

Par même ordonnance toujours, le Tribunal a invité le recourant à déposer 

ses éventuelles observations sur ces éléments, accompagnées des 

moyens de preuve correspondants, dans l’optique d’une éventuelle 

application de l’art. 53 let. b LAsi. 

T.  

Par courrier du 9 novembre 2017, le recourant a déposé ses observations. 

Pour l’essentiel, il a renvoyé aux arguments déjà formulés dans son 

recours, en particulier le caractère répétitif (manifestations annuelles), 

autorisé et pacifique des évènements auxquels il avait participé, organisés 

par des associations culturelles kurdes. Il ne s’agirait en aucun cas d’actes 

de violence ou de terrorisme. D’ailleurs, lors de la quasi-totalité des actions 

organisées par la communauté kurde en exil, des représentants politiques 

de la Suisse et de l’Europe tiendraient un discours de solidarité avec la 

population kurde. Il ne serait pas un membre du PKK/Kongra-Gel, ni même 

un membre du Ciwanen Azad, ni n’aurait a fortiori de position de cadre ou 

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Page 11 

de dirigeant ; il n’aurait jamais exercé une telle fonction. Qui plus est, les 

activités citées par le SRC remonteraient à 2012 et 2013 et, contrairement 

à la crainte formulée par ce service, il n’aurait depuis lors acquis aucune 

fonction que ce soit en Suisse ou en Europe ni ne serait retourné dans une 

région kurde. En revanche, il aurait poursuivi son activisme pacifique en 

faveur de la cause kurde dans le cadre d’associations culturelles. Il serait 

dans l’impossibilité de produire une attestation de la part des organisations 

citées par le SRC, car elles ne disposent pas de structures légales qui 

effectuent des démarches administratives. Il ferait des efforts en vue d’une 

bonne intégration en Suisse. Il ne représenterait aucun danger pour la 

sécurité intérieure ou extérieure de la Suisse.  

U.  

Les autres faits seront mentionnés, si nécessaire, dans les considérants 

en droit qui suivent.  

Droit : 

1.  

1.1 En vertu de l’art. 31 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal administratif 

fédéral (LTAF, RS 173.32), le Tribunal connaît des recours contre les 

décisions au sens de l’art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la 

procédure administrative (PA, RS 172.021).  

En particulier, les décisions rendues par le SEM concernant 

l’asile - lesquelles n'entrent pas dans le champ d'exclusion de l'art. 32 

LTAF - peuvent être contestées devant le Tribunal conformément à l'art. 33 

let. d LTAF (loi à laquelle renvoie l’art. 105 LAsi).  

1.2 Le Tribunal est donc compétent pour connaître du présent litige. Il 

statue de manière définitive (cf. art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 

sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]). 

1.3 Le recourant a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA). Présenté dans 

le délai légal (cf. art. 108 al. 1 LAsi) et dans la forme prescrite par la loi 

(cf. art. 52 al. 1 PA), le recours est recevable. 

1.4 En matière d'asile, le Tribunal examine, en vertu de l'art. 106 al. 1 LAsi, 

les motifs de recours tirés d'une violation du droit fédéral, notamment pour 

abus ou excès dans l'exercice du pouvoir d'appréciation (let. a), et d'un 

établissement inexact ou incomplet de l'état de fait pertinent (let. b), à 

l’exception du grief d'inopportunité (cf. ATAF 2014/26 consid. 5). 

E-2412/2014 

Page 12 

Dans le cadre du contrôle de la conformité au droit, le Tribunal vérifie si 

l’usage qui a été effectué du pouvoir d’appréciation repose sur des critères 

raisonnables et respecte les principes constitutionnels, ainsi que le cadre 

légal et jurisprudentiel (cf. ATAF 2015/9 consid. 8.1). 

2.  

2.1 Aux termes de l'art. 49 LAsi, l'asile est octroyé aux personnes qui ont 

la qualité de réfugié, s’il n’y a pas de motif d'exclusion.   

 

Aux termes de l'art. 53 let. a et b LAsi (en vigueur depuis le 

1er octobre 2016), l'asile n'est pas accordé au réfugié qui : 

a. en est indigne en raison d’actes répréhensibles ;  

b. a porté atteinte à la sûreté intérieure ou extérieure de la Suisse ou qui la 

compromet. 

 

L’ancien art. 53 LAsi a ainsi été scindé dans le nouvel art. 53 LAsi en deux 

lettres séparées, les let. a et b, mais sans modification de teneur. 

2.2 En l'espèce, seul est litigieux le refus de l’asile. Il convient de vérifier si 

cette décision peut être confirmée, en application de l’art. 53 let. a LAsi.  

2.2.1 Selon la jurisprudence actuelle, ne peuvent entraîner l’indignité selon 

l’art. 53 let. a LAsi que les infractions qualifiées de crime, à savoir passibles 

d'une peine privative de liberté de plus de trois ans (cf. ATAF 2014/29 

consid. 5.3.1). Pour déterminer si des actes commis à l’étranger peuvent 

être qualifiés, en droit suisse, de crimes, le Tribunal se livre à un examen 

qui s’apparente à celui de la condition de la double incrimination en matière 

d’extradition (cf. ATAF 2014/29 consid. 5.3.2), avec un degré de la preuve 

réduit aux « raisons sérieuses » (cf. ATAF 2014/29 consid. 5.2.1; 2011/29 

consid. 9.2.3; 2010/43 consid. 5.3.2.4).   

2.2.2 En l’espèce, le recourant ne s’est pas rendu coupable en Turquie d’un 

acte qui pourrait être qualifié, en droit suisse, de crime ; en particulier, il n’a 

ni participé aux Forces de défense du peuple (Hêzên Parastina Gel [ci-

après : HPG]) ou aux Faucons de la liberté du Kurdistan (Teyrênbazê 

Azadiya Kurdistan [ci-après : TAK]) ni ne les a soutenus dans leur activité 

criminelle. De même, aucune procédure pénale n’a été ouverte contre lui 

ni aux Pays-Bas ni en Suisse. Il est certes, comme on le verra ci-après, un 

membre actif du Komalen Ciwan (cf. consid. 5.1), une organisation 

E-2412/2014 

Page 13 

chargée en particulier du recrutement de jeunes combattants pour la 

branche armée du PKK et de futurs cadres du PKK (cf. consid. 4.5 et 4.7). 

Aucun élément suffisamment concret et sérieux ne permet toutefois de lui 

imputer, à titre personnel, une responsabilité dans le recrutement ; sa 

participation à un congrès annuel du Komalen Ciwan en 2012 aux Pays-

Bas ne permet pas de lui imputer un acte concret ayant favorisé les HPG 

ou les TAK dans leur activité délictueuse ; en particulier, on ne dispose 

d’aucun élément d’information au sujet des personnes recrutées 

consécutivement à d’éventuelles mesures adoptées lors de ce congrès ni 

des circonstances dans lesquelles elles l’ont été ; le recourant n’a pas fait 

l’objet aux Pays-Bas d’une enquête de police judiciaire en vue d’une 

inculpation pénale, qui aurait permis de recueillir de plus amples 

informations. On ne sait rien non plus des résultats obtenus par les 

autorités néerlandaises à la suite des interrogatoires menés dans le cadre 

des autres arrestations. En cela, la situation du recourant est 

manifestement différente de celle du cadre du Komalen Ciwan ayant fait 

l’objet de l’arrêt du Tribunal pénal fédéral du 23 août 2012 en matière 

d’extradition (cf. consid. 4.5).  

2.2.3 Pour ces raisons, le refus de l’asile ne peut pas être confirmé sur la 

base de l’art. 53 let. a LAsi.  

2.3 Il y a ainsi lieu d’examiner si le refus de l’asile peut être confirmé en 

application de l’art. 53 let. b LAsi. A cette fin, il conviendra de rappeler et 

développer les règles jurisprudentielles relatives à l’art. 53 LAsi, plus 

particulièrement à sa lettre b, en faisant appel à des présomptions de fait 

(consid. 3, spéc. consid. 3.8 à 3.11). En deuxième lieu, le Tribunal 

analysera la situation sur le plan légal du PKK en Suisse et en Europe 

(consid. 4.1 à 4.3), examinera la jurisprudence du Tribunal, du Tribunal 

pénal fédéral et du Tribunal fédéral relative au PKK et à certaines 

organisations affiliées (consid. 4.4 à 4.6), puis s’intéressera aux problèmes 

de sécurité que pose à la Suisse et à l’Europe la présence d’organisations 

affiliées au PKK, respectivement de l’organisation de jeunesse du PKK 

(consid. 4.7 et 4.8) pour en tirer des conclusions en ce qui concerne 

l’application de l’art. 53 let. b LAsi à des membres ou à des soutiens de 

sections clandestines du PKK ayant pour but de fournir une aide logistique 

à des factions radicales ou militaires de cette organisation (consid. 4.9). 

Enfin, sera examiné si les conditions d’application de l’art. 53 let. b LAsi 

sont remplies dans le cas de l’espèce (consid. 5) et si l’exclusion de l’asile 

est ici conforme au principe de la proportionnalité (consid. 6). 

3.  

E-2412/2014 

Page 14 

3.1 L’art. 53 let. a et b LAsi (correspondant à l’art. 8 de l’ancienne loi sur 

l’asile du 5 octobre 1979 [RO 1980 1718]) est une clause d’exclusion de 

l’asile conduisant, pour le réfugié reconnu, à un statut en Suisse moins 

favorable que l’asile. Cette disposition doit être distinguée de l’art. 1 

section F de la Convention relative au statut des réfugiés du 28 juillet 1951 

(RS 0.142.30 ; ci-après : Conv. réf.) qui permet d’exclure de la qualité de 

réfugié tout demandeur d’asile dont on a de sérieuses raisons de penser 

qu’il s’est rendu coupable d’agissements ou de crimes particulièrement 

graves (sur ce point, cf. Jurisprudence et informations de la Commission 

suisse de recours en matière d'asile [JICRA] 1996 no 16 consid. 7). Des 

actes de nature terroriste équivaudront pratiquement toujours à des crimes 

graves de droit commun ; l’incitation à commettre des actes terroristes 

constitue une conduite contraire aux buts et principes de l’Organisation des 

Nations Unies (cf. Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de 

l’homme, Droits de l’homme, terrorisme et lutte antiterroriste, fiche 

d’information 32, novembre 2009, Genève, p. 17 et 43). 

3.2 Les notions juridiques indéterminées de sûreté intérieure et de sûreté 

extérieure de la Suisse, au sens de l’art. 53 let. b LAsi, sont les mêmes que 

celles de sécurité intérieure et extérieure, figurant à l’art. 63 al. 2 LAsi. On 

les retrouve dans plusieurs lois fédérales, en particulier aux art. 67 al. 4, 

68 al. 1 et 103 al. 2 LEtr (RS 142.20) et aux art. 11 let. c, 20 al. 2 et 26 al. 1 

let. e de la loi du 20 juin 2014 sur la nationalité suisse (LN, RS 141.0). Les 

art. 53 let. b et 63 al. 2 LAsi ne touchent pas à la reconnaissance de la 

qualité de réfugié à la personne concernée qui est protégée par le principe 

de non-refoulement (cf. art. 33 Conv. réf. ; voir aussi consid. 6.4 ci-après). 

Compte tenu de la portée limitée de ces dispositions sur le statut du réfugié, 

les notions juridiques qu’elles comprennent doivent être interprétées de 

manière au moins aussi sévère que celles figurant dans les autres lois, si 

ce n’est plus encore. 

3.3 Dans la mesure où aujourd'hui la sécurité intérieure a acquis une 

dimension internationale marquée, il devient toujours plus difficile de 

délimiter de manière rigoureuse ces deux formes de sécurité (Rapport du 

Conseil fédéral du 2 mars 2012 donnant suite au postulat Malama 10.3045 

du 3 mars 2010. Sécurité intérieure. Clarification des compétences, 

ch. 2.1.3, FF 2012 4161, spéc. 4179 s.). L’une vise à garantir la 

coexistence pacifique sur le plan interne (cf. art. 57 Cst.) et l’autre vise à la 

promouvoir sur le plan international (cf. art. 54 al. 2 Cst.). Contrairement 

aux actes répréhensibles visés à la let. a de l’art. 53 LAsi, ces notions 

juridiques indéterminées ne supposent pas la commission d’infractions 

passibles d’une peine privative de liberté, car elles ont une fonction 

E-2412/2014 

Page 15 

préventive en tant qu’elles représentent un instrument de la protection de 

l’Etat. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le SRC informe le SEM en cas 

de suspicion d’activités susceptibles d’entraîner l’application de l’art. 53 

let. b LAsi (cf. art. 6 al. 2 et 3 de la loi fédérale sur le renseignement du 

25 septembre 2015 [LRens, RS 121], art. 32 al. 1 et Annexe 3 ch. 9.2.3 de 

l’ordonnance sur le service de renseignement du 16 août 2017 [ORens, RS 

121.1]). En outre, elles doivent être distinguées des notions de sécurité 

publique et d’ordre public, circonscrites à l’art. 80 de l’ordonnance relative 

à l’admission, au séjour et à l’exercice d’une activité lucrative du 24 octobre 

2007 (OASA, RS 142.201), car les unes et les autres ne se recoupent que 

partiellement. 

3.4 La pratique du Conseil fédéral relative à l'art. 121 Cst. a décrit de 

manière exemplative ce qu'il fallait entendre sous le vocable de mise en 

danger de la sécurité de l'Etat. Il faut y voir notamment la mise en danger 

de la prééminence du pouvoir de l'Etat dans les domaines militaire et 

politique. Il s'agit par exemple de la mise en danger par des actes de 

terrorisme ou d'extrémisme violent, par une activité de renseignements 

interdits, par la criminalité organisée ou par des actes et projets mettant 

sérieusement en danger les relations actuelles de la Suisse avec d'autres 

Etats ou cherchant à modifier par la violence l'ordre étatique établi 

(cf. ATAF 2013/23 consid. 3.2 ; voir aussi art. 6 al. 1 et 19 al. 2 de la loi 

fédérale sur le renseignement du 25 septembre 2015 ; Message sur le 

projet de loi sur les étrangers du 8 mars 2002, FF 2002 3469, spéc. 3569 ; 

Message concernant le révision totale de la loi sur l’asile du 4 décembre 

1995, FF 1996 II 1, spéc. 71 s. ; arrêt du Tribunal C-3494/2013 du 8 avril 

2015 consid. 5.2). Les activités relevant de l'extrémisme violent consistent 

en des actions menées par des organisations qui rejettent les fondements 

de la démocratie et de l'Etat de droit et qui commettent, encouragent ou 

approuvent des actes de violence pour atteindre leurs buts (cf. art. 19 al. 2 

let. e LRens).  

3.5 L’art. 3 de l’ordonnance du 17 juin 2016 sur la nationalité suisse (OLN, 

RS 141.01), entrée en vigueur le 1er janvier 2018, précise les notions de 

sûreté intérieure ou extérieure de la Suisse en droit de la nationalité. Aux 

termes de cette disposition, le requérant met en danger la sûreté intérieure 

ou extérieure de la Suisse lorsque des éléments concrets laissent 

supposer qu'il participe aux activités suivantes, les soutient ou les 

encourage ou encore qu'il y joue un rôle de recruteur: terrorisme (a); 

extrémisme violent (b) ; crime organisé (c), ou service de renseignement 

prohibé (d).  

E-2412/2014 

Page 16 

3.6 Il appartient aux autorités de contribuer à sauvegarder les intérêts 

internationaux de la Suisse, en particulier son indépendance 

(cf. préambule de la Cst. et art. 2 let. d LRens).  

3.6.1 A cet égard, il convient de signaler la politique de neutralité suisse, 

laquelle s’oriente avant tout sur les droits et obligations des Etats neutres 

tels qu’ils sont régis par la Convention concernant les droits et les devoirs 

des Puissances et des personnes neutres en cas de guerre sur terre, du 

18 octobre 1907 (RS 0.515.21), interdisant en particulier l’ouverture en 

territoire neutre de bureaux d’enrôlement au profit de belligérants 

(cf. BELSER/WALDMANN/WIEDERKEHR, Staatsorganisationsrecht, 2017, 

p. 41). Cette politique de neutralité consiste pour l’essentiel dans la 

politique que la Suisse, en tant qu’Etat neutre permanent, mène en temps 

de paix afin de conforter politiquement le statut juridique qui est le sien en 

temps de guerre ; elle a une valeur plus grande en temps de paix qu’en 

temps de guerre. La politique étrangère de la Suisse – laquelle est par 

essence plus large que sa politique de neutralité qui lui est étroitement 

liée – vise non seulement à défendre ses intérêts, mais aussi à promouvoir 

des valeurs et à manifester sa qualité de membre responsable de la 

communauté internationale ; par ces deux objectifs, elle participe de sa 

politique de sécurité, tant il est vrai qu’ils correspondent à ses propres 

intérêts (cf. JÉRÔME CANDRIAN, Droit de la neutralité, politique de neutralité 

et politique étrangère de l’Etat neutre, in : ZSR 2007 I 529 ss, spéc. 534 ss 

et 550).   

3.6.2 La Suisse s’efforce ainsi d’entretenir de bonnes relations avec tous 

les Etats, quelle que soit leur organisation politique. Ainsi, le maintien des 

bonnes relations d’un pays avec les autres Etats est aussi un critère entrant 

en ligne de compte dans l’examen d’une éventuelle mise en danger de la 

sécurité nationale (cf. URS SAXER, in : St. Galler Kommentar, Die 

Schweizerische Bundesverfassung, Ehrenzeller/Schindler/Schweizer/ 

Vallender [éd.], 3ème édition, 2014, art. 185 n° 29). La sûreté de l’Etat 

dépend également grandement de la qualité de ses relations avec les 

autres pays en matière de coopération internationale, celle-ci revêtant une 

importance capitale dans le cadre des mesures qu’il convient de mettre en 

œuvre pour prévenir et combattre les dangers qui peuvent menacer l’Etat 

(cf. extrait de la décision du Conseil fédéral du 16 mai 2001 en la cause 

X. contre le Département fédéral de justice et police publié, dans la 

JAAC 65.93, < www.vpb.admin.ch/franz/doc/65/65.93.html >, consulté le 

6.6.2018). De manière plus générale, les problématiques d’ordre 

migratoire sont susceptibles de peser sur les relations diplomatiques de 

l’Etat, et peuvent ainsi créer une menace pour la sécurité extérieure de la 

http://www.vpb.admin.ch/franz/doc/65/65.93.html

E-2412/2014 

Page 17 

Confédération, ce qui contribue alors à justifier que l’étranger mis en cause 

ne puisse pas se voir octroyer un statut aussi favorable que l’asile. 

3.7 Pour admettre l'existence d'une mise en danger de la sécurité de la 

Suisse, il suffit qu’il existe des raisons sérieuses d’admettre, sur la base 

d’indices concrets, la crainte d’une telle menace (cf. arrêt du Tribunal 

C-1124/2006 du 21 août 2009 consid. 4.3.3). Celle-ci peut survenir sans 

que l’étranger ne représente nécessairement un danger pour la sécurité 

intérieure du pays ou pour ses habitants (MINH SON NGUYEN, Droit public 

des étrangers, 2003, p. 167).  

3.7.1 Le fait d’appartenir à un mouvement qui demande le changement 

radical du système politique ainsi que du pouvoir en place dans le pays 

d’origine, voire dans un pays tiers, et qui rejette implicitement tout dialogue 

avec ce dernier, peut suffire, suivant les circonstances, à démontrer une 

volonté pour l’intéressé de contribuer à déstabiliser l’ordre établi dans ce 

pays. Ainsi, la présence en Suisse d’une telle personne, même si elle-

même se déclare comme non violente, peut légitimement être considérée 

comme menaçant la sûreté extérieure de l’Etat. Cependant, elle est 

également susceptible de menacer la sûreté intérieure, en raison de la 

diversité ethnique et politique des immigrés en provenance d’un même 

pays ; en effet, le risque d’extension en Suisse de conflits existant dans 

leur pays d’origine ne saurait être négligé (cf. consid. 4.8 ci-après). La 

sauvegarde de la cohésion sociale, y compris dans les relations de la 

diaspora d’un Etat déterminé entre ses membres et avec la société et les 

institutions suisses, participe à la sécurité intérieure ; les atteintes à cette 

cohésion, comme par exemple une propagande pour la lutte armée dans 

un pays tiers, peuvent miner la crédibilité de l’Etat dans la protection des 

valeurs fondamentales et dans la confiance de la population suisse envers 

la capacité de ses autorités législatives et exécutives à maîtriser les 

problèmes liés à l’immigration (cf. ATF 125 II 417 consid. 7).  

Peut également constituer une menace, le comportement de la personne 

qui, sans en être formellement membre, exerce des activités illégitimes de 

soutien logistique, notamment de collectes de fonds, de recrutement ou de 

propagande en faveur de l’idéologie, des buts ou des moyens d’une 

organisation pratiquant le terrorisme ou l’extrémisme violent dans le pays 

d’origine, voire dans un pays tiers.  

3.7.2 Le degré de radicalité des organisations participant – directement ou 

indirectement – au soutien ou à la commission d’actes terroristes ou 

d’extrémisme violent, peut varier selon l’organisation concernée. Il en est 

E-2412/2014 

Page 18 

de même des activités des personnes entrées en relation avec ces 

organisations, qui peuvent aller du simple acte d’adhésion jusqu’aux 

activités exercées consciemment en vue de soutenir les buts criminels de 

l’organisation.  

3.7.3 Sur le plan pénal, la norme la plus sévère est celle de l’art. 260ter CP 

qui concerne la participation et le soutien à une organisation criminelle, 

prévoyant une peine privative de liberté maximale de cinq ans. Participe à 

une organisation criminelle celui qui y est intégré et y déploie une activité 

concourant à la poursuite du but criminel de l’organisation, sans que cette 

activité soit, en soi, forcément illégale ou concrètement punissable (cf. ATF 

142 IV 175 consid. 5.4.1; 132 IV 132 consid. 4.1.3). Soutient une 

organisation criminelle celui qui, sans être intégré dans la structure de 

l’organisation, en favorise de façon consciente les activités délictueuses 

(cf. ATF 142 IV 175 consid. 5.4.1; 131 II 235 consid. 2.12.2, traduit in : JdT 

2007 IV p. 29).  

La loi fédérale du 12 décembre 2014 interdisant les groupes « Al-Qaïda » 

et « Etat islamique » et les organisations apparentées (RS 122, ci-après : 

loi Al-Qaïda/Etat islamique) sanctionne toute forme d’association en leur 

faveur, y compris l’acte d’adhésion, à une peine privative de liberté de cinq 

ans maximum. Son champ d’application est plus large et donc subsidiaire 

à l’art. 260ter CP (cf. ATF 133 IV 58 consid. 5.3.1, 131 II 235 consid. 2.12). 

Ces normes pénales sont en concurrence avec d’autres, certes moins 

importantes (sur ce point, cf. WIDMER/STAEHLI, Der Eintritt in fremden 

Militärdienst gemäss Art. 94 MStG in : Sécurité & Droit 3/2016 166, 

spéc. 180). 

3.7.4 Il n’existe actuellement pas de base légale qui prononcerait une 

interdiction générale de toutes les organisations qui mettent l’Etat en 

danger, en particulier les organisations terroristes. Une interdiction peut 

être décidée par le Conseil fédéral aux conditions de l’art. 74 LRens, ou 

encore sur la base de l’art. 185 Cst. La Suisse n’a pas édicté de loi (ou 

d’ordonnance) prohibant le PKK à l’instar de la loi Al-Qaïda/Etat islamique. 

Le Conseil fédéral a toutefois annoncé son intention de présenter au 

Parlement des modifications législatives visant à améliorer les instruments 

de lutte contre le terrorisme, de sorte à pouvoir proposer à terme l’abandon 

de la loi Al-Qaïda/Etat islamique (cf. communiqué de presse du 

22 novembre 2017). Une procédure de révision de l’art. 74 LRens est 

d’ailleurs déjà en cours (Rapport du Conseil fédéral de juin 2017 relatif à 

l’approbation et mise en œuvre de la Convention du Conseil de l’Europe 

E-2412/2014 

Page 19 

pour la prévention du terrorisme et de son Protocole additionnel et 

renforcement des normes pénales contre le terrorisme et le crime organisé, 

< https://www.bj.admin.ch > Sécurité > Terrorisme > Prévention du 

terrorisme, consulté le 6.6.2018).  

3.7.5 Dans le cadre de l’application de l’art. 53 let. b LAsi, il n’est pas 

nécessaire que l’appartenance ou l’association sous toute forme à une telle 

organisation soit punissable pénalement (cf. art. 74 al. 4 et 5 LRens), 

comme déjà mentionné plus haut ; il n’est pas non plus nécessaire que 

l’organisation concernée ait été préalablement interdite en Suisse 

(cf. art. 74 al. 1 à 3 LRens) ni encore que les activités exercées aient un 

impact mesurable sur la mise en œuvre des buts de l’organisation. Il faut 

toutefois que celle-ci représente un potentiel minimal de menace (cf. ATAF 

2013/34 consid. 7.4 et 7.5), qui soit susceptible d’inciter le SRC à adopter 

des mesures de surveillance ou, du moins, à donner un avis négatif au 

SEM dans le cadre d’une procédure de consultation sur l’octroi de l’asile. 

Sont également visés les groupes de couverture d’une telle organisation, 

dans la mesure où ils agissent soit sur son ordre, soit adoptent de concert 

avec elle leurs buts et leurs moyens. 

Cela dit, il convient de garder à l’esprit l’exigence de cohérence de 

l’ensemble du droit. Ainsi, s’agissant d’une organisation radicale 

considérée comme organisation criminelle au sens de l’art. 260ter CP par 

le Tribunal fédéral ou le Tribunal pénal fédéral ou d’une organisation 

formellement interdite par la loi et dont le soutien est pénalement 

sanctionné, il y aura lieu de vérifier si l’on n’est pas dans un cas 

d’application de l’art. 1 F Conv. réf. ; dans la négative, il s’agira d’examiner 

si les conditions d’application de l’art. 53 LAsi, spécialement de sa let. a, 

sont remplies.  

En cas de liens avec des organisations non considérées comme 

criminelles ni interdites, les exigences pour reconnaître une menace ou 

une atteinte à la sécurité intérieure ou extérieure de la Suisse dépendront 

du degré de radicalité de l’organisation concernée et de la nature et de 

l’ampleur des actes visés. Dans ce cas, une personne qui aura été active, 

depuis la Suisse, au sein ou pour le compte d’une telle organisation dont 

les activités auront été propres à déstabiliser la situation politique dans son 

Etat d’origine et dans ses territoires voisins et, de ce fait, à fragiliser les 

relations entre la Suisse et ces Etats, pourra également être considérée 

comme compromettant la sûreté du pays (cf. CÉLINE GUTZWILLER, Droit de 

la nationalité et fédéralisme en Suisse, 2008, p. 238, no 563, et réf. cit.). 

E-2412/2014 

Page 20 

Dans le cadre de l’appréciation quant à l’application de l’art. 53 let. b LAsi 

à un cas d’espèce, il convient d’évaluer le degré de la menace potentielle 

à l’aune de la situation actuelle dans le pays d’origine de l’intéressé ainsi 

que sur le plan international. Cette évaluation devra tenir compte des droits 

de la personne concernée à la liberté d’expression ; en effet, l’art. 53 let. b 

LAsi ne saurait être utilisé pour limiter l’expression publique dans un cadre 

pacifique de la défense de droits humains en Suisse ou à l’étranger. En 

revanche, les appels à la violence ou à la haine n’entrent pas dans 

l’exercice protégé de la liberté d’expression (cf. décision de la CourEDH du 

12 juin 2012, Hizb Ut-Tahrir et autres c. Allemagne, requête no 31098/08, 

§§ 72-74 et 78). 

3.8 Enfin, la preuve d’un comportement susceptible de porter atteinte à la 

sécurité intérieure ou extérieure de la Suisse est, par essence, difficile à 

rapporter par l’autorité, dès lors qu’il est exercé dans la clandestinité. Il y a 

par conséquent lieu d’admettre la preuve indirecte au moyen de la preuve 

d’un fait plus facile à démontrer. Ce fait-prémisse étant prouvé par l’autorité 

(présomption de fait), ce sera à la partie d’assumer le fardeau de la preuve 

du contraire (cf. PIERRE TERCIER, Le Titre préliminaire du Code civil et Droit 

des personnes, Traité de droit privé suisse, vol. II/1, no 649) en alléguant 

des faits pertinents inconnus de l’autorité et, à défaut de moyens de contre-

preuve, en les rendant vraisemblables par un ensemble de déclarations 

substantielles, fondées, concluantes et plausibles (cf. ATAF 2012/5 

consid. 2.2).  

3.9 En définitive, il suffit pour l’autorité d’établir l’existence d’un ou plusieurs 

contacts concrets avec une organisation radicale participant, directement 

ou indirectement, au soutien ou à la commission d’actes terroristes ou 

d’extrémisme violent – contacts susceptibles de démontrer une proximité 

suffisante entre la personne et l’organisation concernées – pour poser la 

présomption de fait de l’exercice d’une activité illégitime de nature à 

compromettre la sécurité intérieure ou extérieure de la Suisse au sens de 

l’art. 53 let. b LAsi. En revanche, de simples suppositions 

(« Mutmassungen ») ne suffisent pas. 

3.10 L’admission d’une menace potentielle contre la sécurité intérieure ou 

extérieure de la Suisse suppose une consultation préalable du SRC (dans 

le même sens, ATAF 2013/34 consid. 6.1). Lorsque le maintien de la sûreté 

intérieure ou extérieure le requiert, le SRC est tenu de communiquer des 

données personnelles au SEM pour l’appréciation des demandes d’asile 

(cf. art. 60 LRens ; voir aussi art. 32 et annexe 3 ch. 9.2.3 ORens). En tant 

qu’autorité disposant de l’expertise dans le domaine de la sécurité, le SRC 

E-2412/2014 

Page 21 

doit livrer les informations objectives nécessaires au SEM pour que celui-

ci puisse vérifier, dans un cas particulier, l’application de la clause 

d’exclusion de l’asile de l’art. 53 let. b LAsi. Bien que l’avis du SRC, fondé 

sur les informations transmises, ne lie pas le SEM, celui-ci ne s’en écartera 

pas sans motifs valables. Cela étant, indépendamment de cet avis qui est 

important, le SEM doit se faire sa propre appréciation du danger représenté 

pour la sécurité de la Suisse et se prononcer sur le cas d’espèce sur la 

base de l’ensemble des pièces de son propre dossier, et ce dans le respect 

du droit d’être entendu (cf. ATAF 2013/23 consid. 7.3 et 8.6 ; voir dans le 

même sens, ATAF 2015/1 consid. 4.4 et ATAF 2013/34 consid. 6.2 relatifs 

à l’art. 14 let. d de l’ancienne loi fédérale du 29 septembre 1952 sur 

l’acquisition et la perte de la nationalité suisse [aLN, RO 1991 1034]). 

Inversement, le SEM ne saurait admettre une menace potentielle contre la 

sécurité intérieure ou extérieure de la Suisse en l’absence d’éléments de 

fait suffisamment concrets et sérieux avancés par le SRC dans sa prise de 

position.  

3.11 La menace potentielle contre la sécurité intérieure et extérieure de la 

Suisse n’existe, en règle générale, plus si le réfugié en cause s’est 

distancié de manière suffisante, reconnaissable et vraisemblable de 

l’idéologie, des buts et des moyens de l’organisation radicale concernée, 

ce qui suppose en règle générale qu’il ait rompu tout contact avec elle, ses 

groupes de couverture et leurs activités illégitimes (cf. aussi arrêt du 

Tribunal C-1123/2006 du 12 septembre 2008 consid. 6.3). On pourra être 

à cet égard d’autant plus exigeant vis-à-vis de la personne visée qu’elle 

aura exercé des responsabilités élevées ou que le groupe en cause est 

particulièrement radicalisé ; les causes, l’intensité et la stabilité ou la durée 

de la distanciation, voire d’une éventuelle « déradicalisation » pourront être 

d’autres facteurs d’appréciation. 

4.  

4.1 A ce stade de l’argumentation, il s’agit d’examiner de plus près la 

nature, les buts et les structures de l’organisation en cause dans la 

présente espèce, à savoir du PKK, et des problèmes de sécurité que pose 

à la Suisse et à l’Europe la présence d’organisations qui lui sont affiliées. 

4.2 Le PKK, également connu sous les noms de « KADEK » et « Kongra-

Gel », figure sur la liste des mouvements terroristes adoptée par le Conseil 

de l’Union européenne (cf. règlement d'exécution (UE) 2017/1420 du 

Conseil du 4 août 2017 mettant en œuvre l'article 2, paragraphe 3, du 

règlement (CE) n° 2580/2001 concernant l'adoption de mesures 

E-2412/2014 

Page 22 

restrictives spécifiques à l'encontre de certaines personnes et entités dans 

le cadre de la lutte contre le terrorisme, et abrogeant le règlement 

d'exécution (UE) 2017/150 [JO L 204/3 du 5.8.2017] ; voir aussi décision 

(PESC) 2017/1426 du Conseil du 4 août 2017 portant mise à jour de la liste 

des personnes, groupes et entités auxquels s'appliquent les articles 2, 3 et 

4 de la position commune 2001/931/PESC relative à l'application de 

mesures spécifiques en vue de lutter contre le terrorisme, et abrogeant la 

décision (PESC) 2017/154 [JO L 204/95 du 5.8.2017]). A ce titre, le PKK 

fait l’objet au sein de l’Union européenne d’un gel de ses avoirs financiers 

et de mesures renforcées relatives à la coopération policière et judiciaire 

en matière pénale.  

4.3 Cette liste n’a aucune portée sur le plan pénal en Suisse (cf. ATF 142 

IV 175 consid. 5.9 ; JULIETTE NOTO, Les problèmes de délimitation entre 

organisations criminelles et organisations terroristes, Conséquences 

pratiques pour la poursuite pénale en Suisse, in : La lutte contre la 

criminalité économique, 2010, p. 286 ; voir aussi la réponse du Conseil 

fédéral du 7 mars 2011 à la question 11.5001 du même jour du Conseiller 

national Yvan Perrin).  

En revanche, elle n’est pas dénuée de toute portée en droit administratif, 

l’ancien art. 11 al. 3 de la loi fédérale instituant des mesures visant au 

maintien de la sûreté intérieure du 21 mars 1997 (LMSI, RS 120) ayant 

introduit dans la loi une pratique existante en matière d’harmonisation de 

la liste (nationale) confidentielle d’observation des organisations et 

groupements (dont l’activité ou les membres étaient concrètement 

soupçonnés de menacer la sûreté intérieure ou extérieure de la Suisse) 

avec les listes internationales adoptées dans le cadre de la lutte contre le 

terrorisme (cf. Message complémentaire au message du 15 juin 2007 

relatif à la modification de la loi fédérale instituant des mesures visant au 

maintien de la sûreté intérieure [«LMSI II réduite»] du 27 octobre 2010, FF 

2010 7147, spéc. 7174 s. ; voir aussi Message concernant la loi sur le 

renseignement du 19 février 2014, FF 2014 2029, spéc. 2123 s.).  

C’est sur la base d’un faisceau d’indices objectivement fondés que le PKK 

a été placé sur les listes précitées de l’Union européenne. Rien ne permet 

donc d’exclure que cette organisation soit susceptible de menacer 

également la sûreté intérieure ou extérieure de la Suisse ; rien ne permet 

non plus d’exclure qu’elle ait été inscrite ou puisse l’être à l’avenir sur la 

liste d’observation confidentielle tenue à jour par le SRC, conformément à 

l’art. 72 al. 2 LRens. Le constat de l’absence d’une interdiction du PKK en 

Suisse ne signifie donc aucunement que certaines activités du PKK ou de 

E-2412/2014 

Page 23 

l’un ou l’autre de ses groupes apparentés ne puissent pas être considérées 

comme représentant une menace pour la sécurité intérieure ou extérieure 

de la Suisse au sens de l’art. 53 let. b LAsi.  

4.4 La question de savoir à quelles conditions un réfugié appartenant au 

PKK ou à un groupe apparenté représente une menace pour la sécurité 

intérieure ou extérieure de la Suisse au sens de l’art. 53 let. b LAsi n’a pas 

fait l’objet de jurisprudence. Plus généralement, la question de savoir à 

quelles conditions un réfugié peut se voir exclu de l’asile pour mise en 

danger de la sécurité intérieure ou extérieure de la Suisse n’a guère fait 

l’objet de jurisprudence (voir cependant ATAF 2013/23 consid. 3.2 ; 

cf. aussi JICRA 2002 no 9 et 1998 no 12 consid. 6).   

4.5 Reprenant une jurisprudence constante de l’ancienne Commission 

suisse de recours en matière d’asile (CRA), le Tribunal a jugé dans un arrêt 

topique rendu en 2011 que l’appartenance au PKK n’était pas un « acte 

répréhensible » au sens de l’art. 53 let. a LAsi (à l’époque : art. 53 LAsi), 

parce que cette organisation n’était pas considérée comme une 

organisation criminelle au sens de l’art. 260ter CP. Comme ses membres 

n’étaient pas punissables du fait de leur seule adhésion, ils ne pouvaient 

pas non plus être d’emblée réputés indignes de l’asile pour avoir commis 

un acte répréhensible. Seule la participation individuelle à un ou des actes 

répréhensibles, impliquant une responsabilité de la personne concernée, 

pouvaient conduire à l’exclusion de l’asile (ATAF 2011/10 consid. 6.1). Cet 

arrêt concernait, comme la jurisprudence publiée dans la JICRA 2002 no 9 

qu’il a confirmée, des réfugiés ayant participé, en Turquie, à la branche 

armée du PKK.  

Dans son arrêt du 23 août 2012, rendu postérieurement à la publication de 

l’arrêt précité de la CRA, le Tribunal pénal fédéral a laissé indécise la 

question de savoir si le PKK était une organisation criminelle au sens de 

l’art. 260ter CP (cf. TPF 2012 114, consid. 7.9.3) ; en revanche, il a qualifié 

la branche armée du PKK, soit les HPG, ainsi que les TAK, d’organisations 

criminelles au sens de cette disposition (cf. consid. 7.10).  

Dans cet arrêt, le Tribunal pénal fédéral a procédé à une analyse des 

structures du PKK, essentiellement sur la base d’un certain nombre de 

sources étatiques. Il a précisé que les sections du PKK collaborant avec 

son aile militaire demeuraient clandestines et changeaient souvent 

d’appellation. Il a constaté qu’il s’agissait d’une organisation conduite de 

manière rigoureuse et centralisée, marxiste-léniniste, avec pour but la 

création d’un Etat kurde socialiste révolutionnaire. Le PKK qualifie 

E-2412/2014 

Page 24 

l’utilisation de la violence comme légitime. Politiquement, le PKK défend 

l’idée d’un « confédéralisme démocratique du Kurdistan » qui 

rassemblerait, dans une structure fédérale analogue à un Etat, les 

territoires turcs, syriens, irakiens et iraniens traditionnellement occupés par 

les Kurdes. Pour mettre en œuvre cette idée, le PKK a mis en place le 

Groupe des communautés du Kurdistan (Koma Civakên Kurdistan, ci-

après : KCK), dirigé par le Kongra-Gel, sorte de parlement assurant le 

développement de l’idéologie du PKK et le contrôle de la branche militaire, 

les HPG. Avec des combattants choisis parmi les HPG, des responsables 

du Kongra-Gel ont formé les TAK, qui se sont distingués par de nombreux 

attentats, spécialement sur des cibles civiles, dans des grandes villes et 

des centres touristiques. En constituant cette nouvelle organisation, le PKK 

a cherché à se créer le moyen de se distancier officiellement de ces 

attentats, tout en propageant vers l’extérieur l’idée qu’il est un mouvement 

prônant une solution pacifique au conflit, avec pour but d’être reconnu 

comme un interlocuteur politique en Turquie et à l’étranger. En Europe, il a 

créé la Coordination de la société kurde démocratique ou, selon une autre 

appellation, le Conseil démocratique kurde (Civakên Demokratîk a 

Kurdîstanîyên, ci-après : CDK), qui est un exécutif ayant la mission de 

mettre en œuvre en Europe les directives du KCK ; en particulier, il lui 

revient la responsabilité de soutenir sur le plan politique et militaire le PKK 

dans son conflit avec la Turquie. L’une de ses organisations de jeunesse, 

la Communauté des jeunes (Komalen Ciwan) a pour tâche principale le 

recrutement de jeunes kurdes pour des fonctions de cadres ou pour l’envoi 

en Irak de combattants dans les HPG, de même que la planification et 

l’organisation de camps de formation à cette fin.   

Certes, dans cet arrêt, le Tribunal pénal fédéral a également laissé indécise 

la question de savoir si le Komalen Ciwan était une organisation criminelle 

au sens de l’art. 260ter CP. Sur la base d’un examen « prima facie », il a 

cependant admis l’extradition à l’Allemagne d’un cadre présumé du 

Komalen Ciwan en admettant la réalisation de la condition de la double 

incrimination, dès lors que le comportement reproché à la personne à 

extrader était également punissable sous l'angle du droit suisse. S’était 

révélé déterminant à cet égard le fait que l'activité qui lui était reprochée 

avait permis de soutenir les HPG, respectivement les TAK, lesquels 

pouvaient être qualifiés d'organisations criminelles au sens de l'art. 260ter 

CP. 

Dans son arrêt du 23 février 2016, relatif à un cadre présumé d’une 

organisation secrète en Europe affiliée au groupe d’extrême-gauche 

TKP/ML, auquel il était reproché d’avoir organisé des récoltes de fonds 

E-2412/2014 

Page 25 

destinées avant tout à l’équipement, la formation et le recrutement de 

combattants armés de l’organisation TIKKO en Turquie, le Tribunal fédéral 

a également jugé que la condition de la double incrimination en vue de 

l’extradition à l’Allemagne était remplie ; dans cet arrêt, il a rappelé que, 

dans son précédent ATF 133 IV 76, relatif à un responsable présumé du 

PKK, qui avait été accusé de participation au meurtre en Turquie d’un 

gardien de village, il avait pu laisser indécise la question de savoir si le PKK 

était ou non une organisation terroriste au sens de l’art. 260ter ch. 1 CP 

(cf. ATF 142 IV 175 consid. 5.7, traduit in : JdT 2017 IV p. 17).  

4.6 En faisant notamment référence à l’arrêt E.K. du 21 novembre 2001 de 

l’ancienne Commission suisse de recours en matière d’asile, publié sous 

JICRA 2002 no 9, le Tribunal administratif fédéral a estimé qu’un 

engagement en Suisse pour la cause kurde, même en relation avec le 

PKK, ne pouvait pas en soi constituer une menace pour la sécurité de la 

Suisse au sens de l’art. 14 let. d aLN et que l’application de cette dernière 

disposition nécessitait une évaluation individuelle des activités 

personnelles de la personne concernée (cf. arrêts du Tribunal 

C-2917/2012 du 6 juillet 2015; C-3769/2011 du 6 octobre 2014 consid. 5.5; 

C-1123/2006 du 12 septembre 2008 consid. 5.2; C-1122/2006 du 

11 janvier 2008 consid. 6 in fine; voir aussi, ATAF 2015/1 consid. 5 et 

2013/34 consid. 7.2 relatifs aux Tigres de libération de l'Eelam Tamoul 

[LTTE]). 

4.7 Il ressort du rapport annuel de l’autorité allemande compétente en 

matière de sécurité intérieure, publié en 2017 par le Ministère allemand de 

l’Intérieur, qu’à la suite du coup d’Etat avorté du 15 juillet 2016 en Turquie 

et des mesures de répression du gouvernement turc, le nombre d’attaques 

(jets de pavés, de bouteilles, d’engins pyrotechniques, de cocktails-

molotov, etc.) contre des institutions turques a augmenté ; il en est de 

même des manifestations ainsi que des annonces de divers camps de 

formation, démontrant une capacité de mobilisation importante au sein de 

la population turque et kurde vivant en Allemagne. En particulier, des 

affrontements verbaux entre partisans nationalistes du gouvernement turc 

et ceux du PKK ont dégénéré en violences, nécessitant l’intervention de la 

police afin de séparer les deux camps. L’organisation TAK a commis 

plusieurs attentats en Turquie entraînant de nombreux morts et blessés, 

en particulier le 17 février 2016 à Ankara, en guise de représailles contre 

les opérations de l’armée turque contre le PKK dans la ville frontalière de 

Cizre. Le commandant des HPG a même ouvertement menacé de mort les 

responsables politiques turcs si la vie de leur chef en prison, Abdullah 

Öcalan était mise en danger.  

E-2412/2014 

Page 26 

Toujours, selon le même rapport, à la fin du mois d’avril 2013 a été créée 

la Jeunesse libre kurde (Ciwanen Azad), présentée comme l’organisation 

faîtière en Europe de l’organisation de jeunesse du PKK. Toutefois, elle est 

formée du même cercle de personnes que le Komalen Ciwan. Ciwanen 

Azad est la désignation publique, valant notamment pour les 

manifestations pacifiques, tandis que l’appellation Komalen Ciwan est 

utilisée uniquement en relation avec des actions négativement connotées 

par le public, par exemple l’appel à l’adhésion à la branche armée du PKK. 

L’organisation de jeunesse présente donc une vitrine politique et 

idéologique permettant d’ériger officiellement la lutte du PKK en combat 

légitime, alors que l’autre frange de l’organisation, plus secrète, recrute des 

combattants pour l’aile armée du PKK. Selon la jurisprudence de la Cour 

fédérale de justice (« Bundesgerichtshof »), les structures du PKK en 

Europe ne peuvent pas être considérées comme autonomes ni sur le plan 

organisationnel ni sur celui de la formation de leur volonté interne. Malgré 

les annonces répétées de démocratisation interne, leur intégration dans le 

PKK demeure étroite ; elles exécutent fidèlement, avec une marge de 

manœuvre extrêmement petite, les directives à caractère obligatoire qui 

leur sont données par la haute direction de l’organisation aux fins de la 

mise en oeuvre de ses buts idéologiques et politiques (cf. DEUTSCHES 

BUNDESMINISTERIUM DES INNERN, Verfassungsschutzbericht 2016, juin 

2017, p. 243, consulté le 27.2.2018).  

4.8 Grâce à ses structures fortement hiérarchisées et à ses activités de 

propagande dirigées de manière centralisée, le PKK peut rapidement 

mobiliser ses sympathisants dans toute l’Europe pour des manifestations 

de protestation contre des événements survenant dans les territoires turcs 

à population majoritaire kurde. En particulier, en Allemagne, il a mobilisé 

ses sympathisants pour des actions de protestation contre les offensives 

de l’armée turque dans la région d’Afrin ; ces actions ont dégénéré en des 

violences et des dommages à des bâtiments occupés par des personnes 

morales ou physiques réputées pro-turques. En Suisse, la plupart des 

protestations n’ont que rarement été accompagnées de violence ; les 

cadres du PKK y ont veillé en contrôlant étroitement les jeunes activistes, 

mais aussi les extrémistes de gauche qui se sont joints à eux. Mais une 

rencontre entre groupes kurdes et turcs lors de ces manifestations peut 

engendrer une escalade de la violence. En Europe et en Suisse aussi, le 

PKK a poursuivi ces dernières années ses activités de collecte de fonds et 

de recrutement de nouveaux membres, de cadres et de combattants, en 

faisant appel, en particulier sur Internet, à l’apologie de la violence et au 

culte des martyrs, y compris des femmes mortes dans des affrontements 

armés. L’intérêt des milieux européens d’extrême-gauche pour la 

E-2412/2014 

Page 27 

« Rojava » (Kurdistan syrien) pourrait également représenter un facteur de 

risque pour la sécurité de la Suisse (cf. SRC, La sécurité de la Suisse, 

Rapport de situation 2018, p. 42 et 59-61 et Rapport de situation 2017, 

p. 19, 22, 35, 44, 62 ; EUROPOL, European Union Terrorism Situation and 

Trend Report 2017, p. 39 ; BUNDESAMT FÜR VERFASSUNGSSCHUTZ, 

Reaktionen der PKK auf die türkische Militäroffensive in Afrin (Syrien), 

2018, et Arbeiterpartei Kurdistans [PKK], juillet 2015, spéc. p. 30 à 37 ; 

HAEFELI/WINTER, Gewaltanwendung und Asylunwürdigkeit am Beispiel der 

PKK, in : ZAR 35(2015), p. 97-104, spéc. chap. 6) ; actuellement, la 

menace en Suisse émane essentiellement d’affrontements violents entre 

partisans du PKK et nationalistes turcs ou partisans du président Erdogan 

(cf. SRC, Rapport de situation 2018, p. 47 et 50 s.). 

4.9 En définitive, il ressort de ce qui précède que la participation aux HPG 

ou aux TAK et le soutien à l’une ou l’autre de ces organisations dans leur 

activité criminelle sont en principe des crimes ; la conséquence logique 

serait donc de les considérer comme des « actes répréhensibles » selon 

l’art. 53 let. a LAsi. Toutefois, cette question n’a pas lieu d’être 

définitivement tranchée dans le cas d’espèce.   

 

Il ressort également et surtout des considérants qui précèdent que 

l’appartenance ou le soutien à une organisation ou association clandestine 

du PKK ayant pour but de fournir une aide logistique à ses factions 

radicales ou militaires (en particulier, propagande pour des actions 

violentes, recrutement de cadres en vue de promouvoir l’extrémisme 

violent, recrutement de « combattants », collectes de fonds, etc.) permet 

de présumer une activité illégitime de nature à compromettre la sécurité 

intérieure ou extérieure de la Suisse au sens de l’art. 53 let. b LAsi.   

 

Tel n’est, en règle générale, pas le cas en cas de simple propagande 

politique, dans le champ public, en faveur de la cause kurde, que ce soit 

sous la bannière du PKK ou d’autres, lorsque celle-ci est dénuée d’appels 

à la violence ou à la haine.  

5.  

5.1 En l’espèce, il est établi que le recourant a été arrêté, par la police 

néerlandaise le 3 décembre 2012, au 3ème jour d’un congrès à H._______, 

aux Pays-Bas, et qu’il a été mis en détention, à l’instar des 54 autres 

participants. Le recourant ne conteste pas ces faits essentiels.  

E-2412/2014 

Page 28 

Aux termes du rapport du 7 janvier 2014 du SRC, il s’agissait du congrès 

annuel du Komalen Ciwan (et non de sa doublure officielle ultérieure, le 

Ciwanen Azad, apparue en avril 2013). La présence sur place du recourant 

confirmerait, selon le SRC, son appartenance aux cadres du mouvement, 

car les membres ordinaires ne sont pas conviés à ce type de manifestation. 

Une source accessible publiquement corrobore cette information, notant 

que le 3 décembre 2012, la police néerlandaise est intervenue à l’occasion 

d’une rencontre organisée conjointement par le Komalen Ciwan et 

l’association d’étudiants du PKK, le YXK (Yekîtiya Xwendekarên 

Kurdistan), lors de laquelle de nouveaux combattants pour le PKK ont été 

recrutés ; 55 personnes, parmi lesquelles des hauts dirigeants du Komalen 

Ciwan et du YXK, provenant d’Allemagne, mais aussi d’autres pays 

voisins, ont été interpellées (cf. DEUTSCHES BUNDESMINISTERIUM DES 

INNERN, Verfassungsschutzbericht 2012, juin 2013, p. 346, 

< www.verfassungsschutz.de/embed/vsbericht-2012.pdf >, consulté le 

27.2.2018).  

Vu son profil, on peut raisonnablement exclure que le recourant a fait partie 

du YXK. On peut donc raisonnablement tenir pour établi qu’il a participé au 

congrès en tant que membre actif du Komalen Ciwan. La preuve qu’il a 

exercé une fonction dirigeante au sein de cette organisation clandestine et 

qu’il a personnellement favorisé, par ses actes, la branche armée du PKK 

dans ses activités délictueuses (voir aussi consid. 2.2.2 ci-avant) n’a en 

revanche pas été rapportée. Néanmoins, sa seule appartenance à cette 

organisation clandestine ayant pour but de fournir un soutien à la branche 

armée du PKK, par le recrutement de jeunes combattants (cf. consid. 4.5 

et 4.7) permet au Tribunal de présumer, avec le SRC et le SEM, une activité 

illégitime de nature à compromettre la sécurité intérieure ou extérieure de 

la Suisse au sens de l’art. 53 let. b LAsi (cf. consid. 3.9, 3.10 et 4.9). Pour 

les raisons exposées ci-après, le recourant n’a pas réfuté cette 

présomption.  

5.2 Lors de son audition du 5 avril 2013, le recourant s’est borné à des 

déclarations évasives sur les circonstances dans lesquelles il a été amené 

à participer à cet évènement, sur le réseau de connaissances lui ayant 

permis d’accéder à ce congrès et sur le déroulement de celui-ci. Il n’a fourni 

aucune information sur les organisateurs de la réunion ni sur les 

participants, hormis sur leur nombre, donnée correspondant aux 

informations transmises au SRC, probablement par la police néerlandaise. 

Pour expliquer son incapacité à fournir des explications substantielles, il 

s’est retranché derrière le fait que son téléphone portable et les notes 

prises en réunion avaient été saisis et confisqués par les autorités 

http://www.verfassungsschutz.de/embed/vsbericht-2012.pdf

E-2412/2014 

Page 29 

néerlandaises et qu’il ne pouvait, par voie de conséquence, rien dire de 

plus.  

5.3 Ce n’est qu’au stade de son recours qu’il a affirmé qu’il ne s’agissait 

pas d’une réunion du PKK/Kongra-Gel comme prétendu par le SEM, sans 

donner de plus amples précisions. C’est effectivement à tort que le SEM a 

constaté, lors de l’audition du 5 avril 2013 et dans la décision attaquée, que 

le congrès précité avait été organisé et tenu par le PKK/Kongra-Gel en tant 

que tel, alors qu’il s’agissait de l’une de ses organisations européennes 

affiliées, à savoir le Komalen Ciwan. Cette imprécision est toutefois sans 

conséquence, dès lors qu’elle a été rectifiée par le Tribunal dans son 

ordonnance du 24 octobre 2017, que le Komalen Ciwan est l’une des faces 

de l’organisation de jeunesse du PKK, le Ciwanen Azad étant l’autre face, 

que le recourant était à même de reconnaître cette imprécision, et qu’en 

tout état de cause, il a pu se déterminer de manière conforme aux 

exigences du droit d’être entendu, notamment en déposant ses 

observations le 9 novembre 2017.  

5.4 Dans sa prise de position du 27 février 2014 et son mémoire de 

recours, le recourant n’a pas contesté sa qualité de membre du Ciwanen 

Azad, mais uniquement sa qualité de cadre, tout en ayant négligé de 

mentionner quels étaient ses liens avec le Komalen Ciwan. En revanche, 

il n’a jamais contesté sa participation au congrès de décembre 2012, ce 

qui paraît d’ailleurs raisonnable puisqu’il a immédiatement déduit des 

questions posées par le SEM sur son séjour aux Pays-Bas que cette 

autorité détenait des informations à ce sujet suite à son arrestation par la 

police néerlandaise (cf. pv de l’audition du 5 avril 2013, rép. 38). S’il s’était 

agi d’un congrès avec un accès libre aux Kurdes sympathisants du PKK, 

comme le recourant l’a laissé entendre (cf. pv de l’audition du 5 avril 2013, 

rép. 92), le nombre de participants aurait été manifestement plus grand, 

compte tenu du nombre élevé de participants aux manifestations de rue 

pro-PKK rassemblant aux Pays-Bas, respectivement en Allemagne 

voisine, des milliers, voire des dizaines de milliers de sympathisants. 

Malgré les questions posées lors de son audition du 5 avril 2013 sur ce 

congrès, le recourant est demeuré à tel point évasif –  sans pouvoir 

expliquer valablement ce comportement – qu’il y a lieu de conclure qu’il a 

tu consciemment des informations essentielles à la résolution de son cas. 

Par la suite, à aucun moment de la procédure devant le SEM, puis le 

Tribunal, il n’a apporté d’information substantielle nouvelle, se bornant à 

nier certains faits pertinents établis ou à en contester l’importance, 

respectivement la portée. Il n’a fourni aucune information sur les 

organisateurs du congrès annuel du Komalen Ciwan, alors qu’il lui aurait 

E-2412/2014 

Page 30 

été aisé de rectifier l’imprécision commise par le SEM dans la décision 

attaquée. Par son refus de répondre aux questions claires et précises qui 

lui ont été posées, en particulier de fournir des indications exactes et 

complètes sur des faits déterminants qu’il était censé connaître, et par son 

attitude systématiquement évasive, le recourant a cherché à provoquer 

une fausse apparence sur des faits essentiels. Ce faisant, il a failli à son 

obligation de collaborer à l’établissement de faits qu’il devait mieux 

connaître que les autorités suisses (cf. art. 8 al. 1 in initio LAsi ; cf. aussi 

art. 90 let. a LEtr, applicable par analogie) et est réputé avoir dissimulé des 

faits pertinents pour l’issue de la cause (cf. ATF 142 II 265 consid. 3.1 ; 

cf. aussi ATF 2C_736/2015 du 22 février 2016 consid. 3.2.1; 2C_403/2011 

du 2 décembre 2011 consid. 3.3.3).  

5.5 Par ordonnance du 24 octobre 2017, le Tribunal a communiqué au 

recourant les informations essentielles complètes ayant amené le SRC à 

retenir qu’il appartenait au Komalen Ciwan, voire occuperait une fonction 

de cadre au sein de cette organisation, auxquelles le SEM avait eu accès 

en procédure de première instance (cf. Faits, let. S). Le recourant n’a 

toutefois fourni aucun élément de preuve en sens contraire. Dans son 

recours, comme dans ses observations du 9 novembre 2017, il a persisté 

dans le déni, en insistant sur le caractère culturel à la fois de l’ 

« association » en cause et de la manifestation à laquelle il avait participé 

en décembre 2012 aux Pays-Bas. C’est à tort qu’il argue que cette 

manifestation a été d’une nature analogue à toutes celles, publiques, 

auxquelles se joignent de milliers de Kurdes, voire de Suisses, dans le 

cadre strict de l’expression d’une opinion politique constitutionnellement 

garantie, à savoir la défense des droits fondamentaux des Kurdes en 

Turquie. Dans ses observations du 9 novembre 2017, il nie, contrairement 

à ce qui avait été jusqu’alors le cas, même sa qualité de membre du 

Ciwanen Azad (sous-entendu y compris du Komalen Ciwan), et prétend 

qu’il n’a jamais acquis de fonction dirigeante ni n’est retourné pour un 

quelconque motif dans une région kurde. Il lui est vain de mettre en 

exergue que les activités mentionnées dans l’ordonnance précitée 

remontent à 2012 et 2013. En effet, d’une part, il a adopté une attitude de 

dissimulation lui faisant perdre en crédibilité personnelle. D’autre part, il 

admet poursuivre des activités militantes similaires qu’il décrit toujours 

comme uniquement pacifiques, en faveur de la cause kurde, alors qu’il est 

notoire que la frange plus secrète de l’organisation de jeunesse recrute des 

combattants pour l’aile armée du PKK (cf. consid. 4.5 et 4.7 ci-avant) et 

que tel a été le cas lors du congrès de décembre 2012 auquel il a participé 

(cf. consid. 5.1). 

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5.6 L’argument de son recours, réitéré dans ses observations du 

9 novembre 2017, sur l’ampleur du militantisme pro-kurde parmi la 

diaspora en Suisse et en Europe, duquel il ne se distinguerait pas, ne 

permet aucunement de mettre sérieusement en doute l’exercice, de sa 

part, d’un activisme militant et de responsabilités conformes aux buts du 

Komalen Ciwan et donc du PKK. Il lui est vain d’invoquer que sa lutte pour 

le respect des droits humains du peuple kurde est légitime et purement 

pacifique, à partir du moment où il a participé à des activités concrètes de 

la branche obscure de l’organisation de jeunesse du PKK qui doivent être 

considérées comme étant par essence susceptibles de mettre en danger 

la sécurité intérieure et extérieure de la Suisse (cf. consid. 4.7 ; voir aussi 

NOTO, op. cit., p. 286) et sur lesquelles il est resté absolument muet. 

Il n’y a donc aucun besoin de vérifier encore si l’intéressé s’est exprimé 

effectivement de manière pacifique ou s’il a lancé des appels à la violence 

ou à la haine qui n’entreraient pas dans l’exercice protégé de la liberté 

d’expression (cf. consid. 4.9 in fine).  

5.7 Pour le reste, et compte tenu de son refus de s’exprimer de manière 

substantielle, en violation de son devoir de collaboration, sur des faits 

établis qu’il persiste à nier, et donc à dissimuler d’autres faits à lui connus, 

le recourant est présumé avoir gardé des contacts étroits avec le Komalen 

Ciwan. A fortiori, il n’est pas possible d’exclure que le recourant ait pu ou 

puisse encore à terme prendre clandestinement d’autres fonctions en 

Suisse ou en Europe ou même retourner dans les régions kurdes pour 

asseoir son statut de personne dirigeante en participant d’une manière ou 

d’une autre aux activités du PKK ou de ses groupes affiliés. Son argument 

selon lequel des anciens combattants du PKK et même des cadres de haut 

niveau du PKK (dont il n’a pas dit comment il aurait pu le savoir) sont au 

bénéfice de l’asile en Suisse, de sorte qu’il ne saurait, lui, être exclu de 

l’asile, n’est pas non plus décisif. En effet, le principe de la légalité prime 

celui de l'égalité de traitement.  

5.8 En résumé, comme il appert des éléments de fait communiqués par le 

SRC au SEM, le recourant a été actif au sein ou pour le compte du 

Komalen Ciwan, dont les activités sont propres à compromettre la sécurité 

extérieure et intérieure de la Suisse (cf. consid. 3.7.1 et 4.8), dans la 

mesure où cette organisation clandestine participe au recrutement de 

futurs cadres du PKK et de combattants pour sa branche armée. Ayant 

persisté dans le déni, n’ayant exprimé aucun regret et ne s’en étant, a 

fortiori, pas clairement distancié par des actes concluants, il n’a pas 

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renversé la présomption de fait selon laquelle il est aujourd’hui encore actif 

au sein ou pour le compte de cette organisation. 

5.9 En conclusion, il y a des raisons sérieuses de croire que la présence 

en Suisse du recourant compromet la sûreté de la Suisse. Partant, cette 

condition mise à l’application de l’art. 53 let. b LAsi est remplie.  

6.  

Se pose encore la question de savoir si le refus de l’asile est conforme au 

principe de proportionnalité.  

6.1 L’art. 8 de l’ancienne loi sur l’asile du 5 octobre 1979 (RO 1980 1718 ; 

ci-après : aLAsi) était formulé comme suit : « L’asile n’est pas accordé à 

l’étranger qui en paraît indigne en raison d’actes répréhensibles, ni à celui 

qui a porté atteinte à la sûreté intérieure ou extérieure de la Suisse ou qui 

la compromet ». Il correspondait, pour l’essentiel, à l’art. 53 let. a et let. b 

LAsi, avec toutefois deux différences. La première tient à leurs intitulés : 

alors que dans l’ancienne loi (et par conséquent la jurisprudence y relative) 

la notion d’indignité ne concernait que les actes répréhensibles, elle 

recouvre désormais aussi la menace à la sécurité intérieure ou extérieure 

de la Suisse. La seconde différence consiste dans le remplacement du 

terme « étranger » figurant à l’art. 8 aLAsi par celui de « réfugié », 

autrement dit dans la précision que l’art. 53 LAsi « ne peut en principe être 

appliqué qu'à des réfugiés » (cf. Message concernant la révision totale de 

la loi sur l'asile ainsi que la modification de la loi fédérale sur le séjour et 

l'établissement des étrangers du 4 décembre 1995 [ci-après : Message 

précité du 4.12.1995], FF 1996 II 1, spéc. 72). Partant, la seule 

conséquence juridique prévue par l’art. 53 LAsi est l’exclusion de l’asile. 

C’est le lieu de rappeler que les motifs d'indignité prévus par l’art. 1F 

Conv. réf. sont directement applicables, de sorte que le requérant d'asile 

qui tombe sous le coup de cette disposition conventionnelle demeure exclu 

de toutes les dispositions de la Conv. réf., en particulier de la 

reconnaissance de la qualité de réfugié et de la protection issue du principe 

de non-refoulement (cf. JICRA 1996 no 18 consid. 7d ; voir aussi Message 

précité du 4.12.1995, FF 1996 II 1, spéc. 70 à 72). 

6.2 Dans le cadre de l’application de l’art. 8 aLAsi, la CRA a jugé qu’en 

vertu du principe de la proportionnalité, il fallait tenir compte, en matière 

d’indignité (en raison d’actes répréhensibles), du temps écoulé depuis la 

commission de l’infraction en s’inspirant des règles relatives à l’action 

pénale. Elle a précisé, en substance, que la pesée des intérêts devait avoir 

lieu au stade de l’examen de la question de savoir si la condition relative à 

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la commission d’actes répréhensibles était remplie, question qui était 

confondue avec celle de savoir si un délit très ancien pouvait encore être 

qualifié d’ « acte répréhensible » (cf. JICRA 1996 no 40 consid. 6b) ; la 

pesée des intérêts n’avait donc pas lieu au stade de l’application de la 

conséquence juridique prévue lorsque cette condition était réalisée. En 

revanche, dans un arrêt ultérieur, par un glissement sémantique, la CRA a 

estimé qu’en raison du laps de temps écoulé depuis la commission des 

actes répréhensibles, inférieur à celui de la prescription pénale, 

l’application du nouvel art. 53 LAsi au cas d’espèce était conforme au 

principe de la proportionnalité (cf. JICRA 2002 no 9 consid. 7d aa in fine). 

6.3 C’est ainsi que, pour ce qui a trait à l’application des art. 53 LAsi et 63 

al. 2 LAsi, le Tribunal a jugé qu’il convenait de vérifier si le refus de l’asile 

respectivement sa révocation était conforme au principe de 

proportionnalité, eu égard au temps écoulé depuis les faits, à 

l'amendement de l'intéressé et aux inconvénients qu'entraînait pour lui la 

décision de refus, respectivement de révocation (cf. ATAF 2012/20 

consid. 5.2), ou encore à l’âge du réfugié au moment de la commission des 

faits (cf. ATAF 2011/29 consid. 9.2.4). Il s’agissait selon lui de mettre en 

balance l’intérêt public à l’application de la clause d’exclusion de l’asile, 

respectivement de révocation de l’asile avec l’intérêt privé de l’intéressé en 

sens contraire, eu égard aux aspects précités (cf. ATAF 2013/23 

consid. 3.4 et réf. cit.; 2012/20 consid. 5.2; 2011/29 consid. 9.3 et 9.4). Le 

Tribunal a ainsi repris la dernière jurisprudence de la CRA en l’appliquant 

indifféremment aux cas d’indignité en raison d’actes répréhensibles et à 

ceux, désormais également d’indignité, en raison d’une menace à la 

sécurité intérieure ou extérieure de la Suisse, sans toutefois procéder à 

une analyse sur les conséquences du changement législatif sur le contenu 

de la jurisprudence antérieure. 

6.4 L’art. 53 LAsi est rédigé sous la forme d’une norme impérative (comme 

l’est d’ailleurs la clause de révocation de l’asile de l’art. 63 al. 2 LAsi). 

Aussi, lorsque l’une de ses conditions alternatives d’application est remplie 

(en l’occurrence, la mise en danger de la sûreté de la Suisse), l’autorité ne 

dispose en principe pas d’un pouvoir d’appréciation qui lui permettrait de 

choisir entre l’application ou non de cette disposition, qu’elle devrait 

exercer en conformité au principe de proportionnalité. En effet, le refus de 

l’asile au réfugié reconnu représente la mesure la moins incisive en droit 

d’asile. Le législateur n’a pas prévu la possibilité pour l’autorité de ne 

donner qu’un simple avertissement (comme par exemple à l’art. 96 al. 2 

LEtr). Cela n’aurait d’ailleurs guère de sens. En effet, d’une part, un tel 

avertissement s’avérerait probablement inefficace du point de vue de la 

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protection de l’Etat. D’autre part, l’intéressé n’est pas exposé au risque d’un 

refoulement de Suisse, mais uniquement à un statut en Suisse (celui de 

réfugié admis provisoirement) moins favorable que l’asile. En effet, le droit 

fondamental du réfugié d’être protégé contre le refoulement, ancré à 

l’art. 33 al. 1 Conv. réf., à l’art. 25 al. 2 Cst. (RS 101) et à l’art. 5 LAsi, est 

respecté par le règlement des conditions de séjour du recourant 

conformément aux dispositions sur l’admission provisoire ; ni l’art. 33 al. 2 

Conv. réf. (expulsion d’un réfugié représentant un danger pour la sécurité 

du pays) ni l'art. 5 al. 2 LAsi (exception au principe de non-refoulement en 

cas de danger pour la communauté) ne trouvent application en l’absence 

d’une mise en danger plus grave de l’ordre public (cf. consid. 3.2 et 3.7.5 

ci-dessus). 

6.5 Enfin, il convient de rappeler que l'octroi de l'asile, contrairement à la 

reconnaissance de la qualité de réfugié, est un acte de souveraineté 

(cf. ATAF 2014/40 consid. 3.4.1; 2012/20 consid. 6.2; voir aussi Message 

précité du 4.12.1995, FF 1996 II 1, spéc. 70), de sorte que l’on ne voit 

guère en quoi l’exclusion de l’asile pourrait représenter une atteinte aux 

droits fondamentaux matériels du réfugié reconnu, atteinte qui serait 

soumise à l’ensemble des restrictions de l’art. 36 Cst. 

6.6 Cette question relative au pouvoir d’appréciation conféré ou non à 

l’autorité n’a toutefois pas lieu d’être approfondie en la présente espèce, 

pas plus que celle de savoir s’il y a lieu de revenir sur la jurisprudence du 

Tribunal citée au considérant précédent. Elles peuvent demeurer indécises 

au vu du considérant suivant. 

6.7 En effet, on ne voit pas les raisons pour lesquelles l’intérêt privé du 

recourant à être autorisé, en tant que réfugié, à séjourner en Suisse au titre 

de l’asile, plutôt que de la seule admission provisoire, pourrait l’emporter 

sur l’intérêt public à refuser de lui octroyer l’asile pour des raisons ayant 

trait à la sûreté du pays. Comme déjà dit (cf. spéc. consid. 3.11), l’actualité 

de la menace potentielle fait partie intégrante de la condition d’application 

de l’art. 53 let. b LAsi qu’est, en l’occurrence, la mise en danger de la sûreté 

de la Suisse. Enfin, le recourant n’invoque aucun élément de fait d’ordre 

personnel qui rendrait la mesure disproportionnée à son endroit. 

6.8 Au vu de ce qui précède, le refus de l’asile au recourant ne saurait 

violer le principe de proportionnalité. 

7.  

Au vu de ce qui précède, l’exclusion de l’asile par le SEM ne repose pas 

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Page 35 

sur un établissement inexact ou incomplet de l’état de fait pertinent et est 

justifiée en droit. Le SEM n’a commis aucun abus ou excès de son pouvoir 

d’appréciation (cf. art. 106 al. 1 LAsi).  

8.  

Le recours, mal fondé, doit donc être rejeté, et la décision de refus de l’asile 

être confirmée. 

9.  

9.1 La demande de dispense du paiement des frais de procédure ayant été 

admise par décision incidente du 16 mai 2014, il est statué sans frais 

(cf. art. 65 al. 1 PA). 

9.2 Le recourant ayant succombé dans ses conclusions, le Tribunal doit 

payer au mandataire d’office une indemnité à titre d'honoraires et de 

débours (cf. art. 65 al. 2 PA).  

L’indemnité est fixée sur la base du décompte de prestations du 

10 novembre 2017, les prestations listées dès le 3 avril 2014 étant prises 

en considération (cf. art. 14 FITAF). Seuls les frais nécessaires sont 

indemnisés (cf. art. 8 al. 2 FITAF), étant précisé que le mandataire, pour 

avoir suivi l’affaire déjà devant l’ODM, avait, au moment du dépôt du 

recours, une pleine connaissance du dossier. Le tarif horaire est de 

130 francs (cf. Faits, let. P). 

L’indemnité est ainsi arrêtée à 1'987 francs, à charge du Tribunal (soit 

14,5 heures de travail au tarif-horaire de 130 francs, à quoi s’ajoutent 

102 francs pour les frais).  

 

 

(dispositif : page suivante)  

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Page 36 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté.  

2.  

Il est statué sans frais. 

3.  

Une indemnité de 1’987 francs est allouée à Rêzan Zehrê, mandataire 

d’office, à titre d'honoraires et de débours, à payer par la caisse du 

Tribunal.  

3.  

Le présent arrêt est adressé au mandataire du recourant, au SEM et à 

l'autorité cantonale compétente. 

 

Le président du collège : La greffière : 

  

Jean-Pierre Monnet Anne-Laure Sautaux 

 

 

Expédition :