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**Case Identifier:** 3f491b3b-fa77-5f1d-b624-33b7760e8f83
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-08-07
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 07.08.2018 A/3830/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-3830-2017_2018-08-07.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/3830/2017-PROF ATA/797/2018  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 7 août 2018 

 

dans la cause 

 

Monsieur A______ 
représenté par Me Jacques Roulet, avocat  

contre 

DÉPARTEMENT DE L'EMPLOI ET DE LA SANTÉ 
 

 

https://intrapj/perl/decis/ATA/797/2018

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EN FAIT 

1)  Monsieur A______, né le ______1953, est autorisé à exercer la profession 
de médecin dans le canton de Genève depuis le 9 juin 1986. 

2)  En mars 2010, le service du médecin cantonal (ci-après : SMC) a dénoncé le 
Dr A______ à la commission de surveillance des professions de la santé et des 
droits des patients (ci-après : la commission).  

  Un pharmacien avait interpellé le SMC pour s’étonner des quantités 
importantes de Dormicum prescrites à un patient par le Dr A______. Ce dernier 
avait ensuite reconnu avoir prescrit 20 comprimés par jour de Dormicum à ce 
patient, lequel suivait un traitement de substitution par méthadone. Or, le 
Dormicum était un stupéfiant soustrait partiellement au contrôle au sens de la loi 
fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes du 3 octobre 1951 
(LStup - RS 812.121). Il ne pouvait être prescrit que dans la mesure admise par la 
science. La dose habituelle admise dans le Compendium était d’un comprimé par 
jour, que ce soit 7,5 ou 15 mg, soit un total admissible de 30 comprimés par mois. 

  Le Dr A______ a indiqué qu’il s’agissait d’un cas inhabituel qui nécessitait 
un traitement exceptionnel.  

3)  Cette procédure a été classée en septembre 2013. 

  Le traitement dispensé par le Dr A______ était acceptable bien qu’il ne 
correspondît pas à une pratique optimale. Il aurait certainement été préférable de 
recourir à un traitement de substitution sur une longue durée d’action, lequel 
aurait été ponctué par un sevrage. En ce sens, le traitement choisi ne constituait 
pas la meilleure prise en charge qui soit. Le patient traité était toutefois un cas 
problématique se trouvant dans une situation difficile entraînant des risques 
d’exclusion sociale. Les doses très importantes de Dormicum lui permettaient de 
parvenir à un équilibre fragile que le Dr A______ avait maintenu. Au moment des 
faits querellés, ce dernier n’avait pas agi en violation des règles de l’art en 
instituant cette médication. 

  Cela étant, il était rappelé au Dr A______ qu’en application de la directive 
sur la prise en charge médicamenteuse des personnes toxicodépendantes du 1er 
juillet 2013, établie par la direction générale de la santé (ci-après : DGS), tout 
nouveau traitement de dépendance ayant débuté dès cette date ne pourrait être 
conduit qu’avec de l’oxazépam (Seresta, Anxiolit), du clorazépate (Tranxilium) et 
du clonazépam (Rivotril). Pour les traitements en cours se déroulant avec d’autres 
benzodiazépines, comme le midazolam (Dormicum), le médecin prescripteur était 
tenu d’effectuer le passage à la prescription des benzodiazépines autorisées d’ici 

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au 1er janvier 2014. À compter de cette date, tout nouveau traitement de 
substitution nécessitant la prescription de benzodiazépine ne pourrait être conduit 
qu’avec de oxazépam, du clorazépate et du clonazépam. 

4)  Le 1er juillet 2013, la DGS a adopté une directive relative à la bonne 
pratique applicable à tout professionnel de la santé (ci- après : la directive). Cette 
directive a été validée par le « groupe addictologie » comprenant des médecins 
spécialistes de la dépendance, des pharmacologues cliniques et un représentant du 
service du pharmacien cantonal (ci-après : le pharmacien cantonal). 

  Selon cette directive, si le recours à une benzodiazépine est envisagé dans 
les traitements de dépendance, seuls l’oxazépam, le clorazépate et le clonazépam 
peuvent être utilisés. Les benzodiazépines à courte durée, tels le midazolam 
(Dormicum), sont ainsi exclus.  

  La directive est entrée en vigueur le 1er janvier 2014. Elle précise que pour 
les patients traités avec d’autres benzodiazépines comme le Dormicum, le passage 
à la prescription des benzodiazépines autorisées devait être effectué avant le  
1er janvier 2014. 

5)  Le 17 avril 2014, le Dr A______ a invité la DGS à annuler avec effet 
immédiat la directive. Il l’informait également qu’il n’allait pas modifier sa 
pratique et faire courir le risque à ses patients d’une interruption de traitement 
pour appliquer la directive infondée scientifiquement et sans aucune valeur 
juridique. 

  La DGS lui a fait savoir, le 6 mai 2014, qu’une analyse allait être effectuée 
et qu’il serait tenu informé de la suite donnée à son courrier. 

6)  L’office fédéral de la santé publique (ci-après : OFSP), l’Association des 
médecins cantonaux de Suisse (ci-après : AMCS), la Société suisse de médecine 
de l’addiction (ci-après : SSMA) et l’Association des pharmaciens cantonaux  
(ci-après : APC) ont adopté en mai 2014 des « principes généraux régissant 
l’utilisation des benzodiazépines et des médicaments apparentés »  
(ci-après : principes AMCS). Il y est rappelé que, conformément à la LStup, la 
prescription de benzodiazépines en dehors des indications et des dosages 
enregistrés doit être notifiée aux autorités cantonales concernées et que la 
prescription de ces psychotropes dans le traitement de substitution est soumise à 
autorisation ; les modalités d’autorisation et leur octroi incombent aux cantons.  

  Il ressort également des principes précités que pour des utilisateurs 
consommant des benzodiazépines à haute dose, il convient d’obtenir un second 
avis d’une institution spécialisée en matière de dépendances ou d’un médecin 
bénéficiant d’une solide expérience avec des patients dépendants. Les indications 
pour l’utilisation de benzodiazépines à courte durée d’action sont très limitées en 

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médecine générale et en psychiatrie. Le passage très rapide dans le cerveau 
(effet flash) a pour conséquence un risque considérable d’abus et de dépendance, 
raison pour laquelle il y a lieu de renoncer à l’emploi de tels produits. Le passage 
de benzodiazépines dont l’effet est très rapide à des benzodiazépines dont l’effet 
est de durée plus longue, de même que la remise contrôlée des substances 
constituent des solutions appropriées pour des cas d’abus ou de dépendance. 

7)  Le 9 février 2016, le pharmacien cantonal a dénoncé le Dr A______ à la 
commission (procédure n° 12/16/1). 

  Depuis plusieurs années, il prescrivait des doses importantes de Dormicum. 
Le Dormicum, qui avait une courte durée d’action, n’était pas une benzodiazépine 
adaptée et recommandée dans la prise en charge de traitements de substitution. Il 
était donc fortement recommandé de renoncer à l’emploi de benzodiazépines de 
courte durée d’action au profit de celles ayant des durées d’action plus longue. 

  Malgré ces recommandations et les demandes formulées par le médecin 
cantonal, le Dr A______ continuait à prescrire des doses élevées de Dormicum à 
des patients, doses qui augmentaient au cours du traitement. 

  Le cas d’un patient était cité en exemple. Dans ce cas, outre l’augmentation 
des doses de Dormicum, la prescription de méthadone était également prescrite à 
des doses croissantes. 

  La prescription de doses si importantes de Dormicum n’était pas compatible 
avec une prise en charge médicale adéquate et cadrée de personnes dépendantes. 
De telles doses et de telles variations laissaient plutôt penser que le produit était 
revendu. L’existence d’un marché noir pour le Dormicum était bien connue et 
constituait une raison pour laquelle il fallait le bannir de ce type de traitement. 

8)  Interpelé par la commission, le Dr A______ et exposé de manière détaillée 
le fondement scientifique de sa démarche thérapeutique.  

9)  Lors d’une arrestation par la police, le 12 février 2016, un patient du  
Dr A______ a expliqué qu’il avait vendu, le jour même, 30 comprimés de 
Dormicum sur le marché noir, que cela n’était pas la première fois, que le 
praticien précité lui en prescrivait depuis sept mois et qu’il en revendait ou en 
donnait une partie à des toxicomanes. 

  Entendu à ce propos par la DGS le 19 avril 2016, le Dr A______ a expliqué 
que la relation thérapeutique avec le patient susmentionné était récente et que 
depuis son arrestation, ce dernier n’était plus revenu le consulter. Il s’agissait d’un 
cas unique ; ses autres patients ne revendaient pas le Dormicum.  

  La DGS a conseillé au Dr A______ deux possibilités afin de vérifier 
l’adéquation de la prescription : une prise de contact, à choix, avec un médecin 

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des Hôpitaux universitaires de Genève (ci-après : HUG) dont les noms figuraient 
sur le procès-verbal afin que ce dernier évalue les patients avec 30-40 comprimés 
par jour ou une prise de contact avec le chef de service médical de la prison. 

  Il ressort d’un échange de courriels entre le médecin cantonal et le  
Dr A______ en mai 2016, que ce dernier avait toutefois repris la prescription du 
Dormicum pour ce même patient. Il l’expliquait par le fait qu’il se devait de 
poursuivre ce traitement, aucun autre médecin n’ayant repris en l’état le suivi 
médical de ce patient. 

10)  Le 30 juin 2016, le Dr A______ s’est adressé au chef du département de 
l’emploi, des affaires sociales et de la santé, devenu depuis lors le département de 
l’emploi et de la santé (ci-après : le département). 

  Il en appelait à son arbitrage. 

11)  Le 28 juillet 2016, le chef du département a, d’une part, rappelé au 
Dr A______ les principes généraux en matière de prescription de 
benzodiazépines, et, d’autre part, que celui-ci avait accepté de prendre contact 
avec un médecin spécialisé pratiquant au sein des HUG pour déterminer si le 
patient consommait les quantités prescrites et si celles-ci étaient nécessaires au 
patient. Le médecin cantonal attendait toujours ce second avis. Enfin, le chef du 
département soutenait les démarches effectuées par ses services. 

12)  Le Dr A______ a, par la suite, continué à prescrire du Dormicum à des 
doses élevées à des patients suivant un traitement à la méthadone, indiquant sur 
certaines ordonnances que ces prescriptions étaient faites avec l’accord des 
autorités cantonales, alors que, selon ces dernières, tel n’était pas le cas. 

13)  Le 4 mai 2017, le chef du département a donné l’occasion au  
Dr A______ d’exercer son droit d’être entendu avant le prononcé d’une décision 
concernant son droit de pratiquer. 

  La DGS lui avait fait part de sa prescription inhabituelle de stupéfiants. Elle 
proposait de limiter son droit de pratiquer. Les faits relatés démontraient en effet 
qu’il prescrivait du Dormicum à des doses excédant les usages admis par l’OFSP, 
la SSMA, l’AMCS et l’APC. 

14)  Le Dr A______ s’est déterminé le 29 juin 2017. 

  Dans son courrier du 4 mai 2017, le département se limitait à indiquer qu’il 
entendait limiter son droit de pratique en lui interdisant de soigner des personnes 
dépendantes par des traitements dits de substitution. Le département n’indiquait 
toutefois aucun motif juridique et ne s’appuyait sur aucune base légale. Il lui était 
dans ces conditions impossible d’exercer son droit d’être entendu. 

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  Le département ne disposait en outre pas des compétences pour limiter son 
droit de pratique sur la base des éléments figurant dans son courrier. 
La surveillance par l’autorité cantonale du médecin ne comprenait en effet pas le 
droit d’édicter des règles sur la bonne pratique médicale. 

  Il n’existait pas de disposition légale qui permettait de limiter le droit de 
pratique en dehors du droit des sanctions. Dans ce cadre, le traitement des plaintes 
et des dénonciations, soit l’instruction des dossiers, relevait du médecin cantonal 
ou de la commission. Il n’était pas concevable que le département puisse ignorer 
la première décision de la commission de septembre 2013 pour prendre de son 
côté une décision contraire. Il n’était pas non plus concevable que le département 
puisse prendre une décision sans tenir compte des instructions en cours au sein de 
la commission, sur le même sujet à la suite des plaintes du médecin cantonal. 

15)  Par arrêté du 15 août 2017 « relatif au retrait partiel du droit de pratiquer du 
Dr A______ », le chef du département a dit que le  
Dr A______ n’était « pas autorisé à traiter des personnes dépendantes au moyen 
de substances soumises à contrôle telles que définies par la LStup (traitements de 
substitution) » (ch. 1) et qu’il ne pouvait prescrire à des personnes non 
dépendantes des benzodiazépines ou des substances apparentées de courte durée 
d’action (ex. : midazolam, triazolam, zolpidem) que les posologies figurant dans 
les notices des médicaments (ch. 2). 

  Contrairement à ce qu’invoquait le Dr A______, le département était 
compétent pour prononcer toute mesure utile pour faire cesser un état de fait 
contraire au droit et une interdiction d’un droit de pratiquer. 

  Le médecin ne respectait pas les bonnes pratiques en matière de prescription 
de stupéfiants. Il ne sollicitait pas non plus un second avis lorsqu’il dépassait les 
ces prescriptions. Par ailleurs, il ne suivait pas les recommandations de l’AMCS 
préconisant de passer de la remise de benzodiazépines à courte durée à des 
benzodiazépines à longue durée d’action. La commission lui avait rappelé de 
prescrire de l’oxazépram, du clorazépate ou du clonazépam, conformément à la 
directive cantonale. Malgré plusieurs échanges à ce sujet avec le médecin et le 
pharmacien cantonal, le Dr A______ persévérait dans ses ordonnances, traitant 
quatorze cas de dépendance par la prescription du Dormicum. Enfin, il avait été 
constaté que ces prescriptions alimentaient le marché noir. 

16)  Par acte expédié le 18 septembre 2017 à la chambre administrative de la 
Cour de justice (ci-après : la chambre administrative), le Dr A______ a recouru 
contre cet arrêté, dont il a demandé l’annulation.  

  Il s’est plaint de la violation de son droit d’être entendu, dès lors que, dans 
son arrêté, le département ne se référait à aucun patient en particulier, il lui était 

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impossible de défendre le bien-fondé du traitement au Dormicum sans pouvoir le 
justifier au moyen de l’anamnèse et du diagnostic de son patient. 

  Une plainte étant en cours d’instruction auprès de la commission, le 
département ne pouvait pas, en se prévalant d’une compétence générale,  
« court-circuiter » le processus engagé devant la commission. 

  Par ailleurs, il faisait partie des rares médecins acceptant de prendre en 
charge des patients souffrant d’addictions. Sa prise en charge était fondée sur 
l’établissement d’un lien thérapeutique. Il avait progressivement mis en place, au 
sein de son cabinet, un service social pour répondre à de nombreuses questions, 
qui n’étaient pas du ressort médical, mais étaient essentielles et constitutives du 
traitement des patients. Les patients souffrant d’addiction étaient tous des victimes 
de crimes tellement atroces qu’ils ne pouvaient les évoquer qu’une fois le lien 
thérapeutique établi. Les douleurs ressenties par ces personnes étaient 
insupportables. Elles recouraient ainsi au choix de substances procurant un 
soulagement le plus immédiat ; c’était le pas vers les stupéfiants et les 
comportements à risque (tentamen, rapports sexuels non protégés, conduite 
automobile insensée etc.). 

  Son expérience avait montré que ses patients avaient besoin d’être aidés à 
surmonter des impulsions pouvant se manifester soudainement en eux en raison 
de leurs traumatismes passés et cela au moment où surgissaient les souvenirs de 
ceux-ci. L’effet rapide du Dormicum était ainsi indiqué. La prescription d’une 
benzodiazépine à effet de longue durée serait constitutive d’une camisole de force 
chimique, une mesure de contrainte incompatible avec les droits du patient. 
Jusqu’à l’adoption de la directive cantonale, la prescription de Dormicum, telle 
qu’il la pratiquait, ainsi que d’autres confrères, ne posait aucun problème. 

  La méthode thérapeutique qu’il utilisait avait porté ses fruits dans de 
nombreux cas qu’il ne pouvait cependant détailler compte tenu du secret médical. 
Le Tribunal d’application des peines et mesures avait d’ailleurs estimé que le 
traitement qu’il avait mis en place dans un cas était « parfaitement adapté à la 
situation ». 

  La prescription « off-label » d’une benzodiazépine dans un « traitement basé 
sur la substitution » (ci-après : TBS) relevait de la responsabilité du médecin 
traitant. Il n’était pas contesté que les benzodiazépines pouvaient faire partie d’un 
TBS. Il n’existait cependant aucune étude démontrant les avantages ou 
inconvénients liés à l’une ou l’autre des benzodiazépines. 

17)  Le département a conclu au rejet du recours. 

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  Il était fondé à examiner le respect des bonnes pratiques médicales par les 
professionnels de la santé, y compris de manière générale et pas uniquement au 
regard d’un dossier particulier. 

  La commission était compétente lorsqu’elle était saisie d’un litige entre un 
patient et un professionnel de la santé. Elle n’avait pas à intervenir en l’absence de 
plainte concrète dans le cadre d’un suivi thérapeutique précis. 

  Le recourant continuait à prescrire également une autre substance 
apparentée aux benzodiazépines à courte durée d’action, le zolpidem, parfois 
même en sus du Dormicum. Il interférait par ailleurs dans la prise en charge de 
patients bénéficiant d’un TBS et suivis par d’autres médecins en leur prescrivant 
du Dormicum. Il modifiait ses ordonnances et en émettait plusieurs pour le même 
produit avec des posologies plus basses, de sorte que le patient pouvait se rendre 
dans plusieurs pharmacies et obtenir finalement des posologies plus élevées. 

18)  Dans sa réplique du 15 décembre 2017, le Dr A______ a persisté dans ses 
explications et ses conclusions. 

19)  Lors de l’audience de comparution personnelle des parties, qui s’est tenue le 
26 janvier 2018, le Dr A______ a, notamment, déclaré qu’il était sans nouvelle de 
la procédure pendante devant la commission. Deux autres procédures étaient 
ouvertes devant la commission depuis 2017 suite à des dénonciations de patients. 
Un des patients avait été sevré de force de Dormicum et avait saisi la commission 
d’une plainte, à sa suggestion. Il n’avait pas été entendu dans ces procédures qui 
n’étaient pas dirigées contre lui et soulevaient également la question de la 
prescription adéquate de Dormicum. Selon la gravité du traumatisme, sa 
prescription pouvait comporter jusqu’à 60 comprimés de Dormicum par jour. 
Tous les patients auxquels il prescrivait des doses élevées de Dormicum avaient 
subi, dans leur enfance, des viols commis par des proches. Cette prescription avait 
pour but d’apaiser suffisamment le patient afin qu’il puisse parler de son psycho-
traumatisme, de répondre à des crises d’angoisse subites, puis de sortir de la 
délinquance liée à l’acquisition de celui-ci. Le Dormicum apportait cet effet 
immédiat, contrairement aux autres benzodiazépines. L’absence d’angoisse 
permettait aux patients d’oser exister et d’aller à nouveau à la rencontre des 
autres. Même s’il ne pouvait pas en préciser le nombre, beaucoup de patients 
avaient complétement cessé la prise de Dormicum depuis qu’ils n’avaient plus de 
« flash-back ». 

  Selon le Dr A______, il n’y avait pas de problème de revente de Dormicum 
qu’il avait prescrit. La brigade des stupéfiants, avec laquelle il était en contact 
dans le cadre de sa fonction de responsable d’une association professionnelle, 
l’avait assuré qu’il n’y avait pas de tels problèmes. 

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  Le médecin cantonal a expliqué que depuis qu’il avait pris ses fonctions, il 
n’avait jamais été question d’un abrupt sevrage du Dormicum par les médecins. Il 
était en revanche requis que le dosage prescrit corresponde aux pratiques 
conformes de l’art médical, à savoir solliciter un second avis par un spécialiste de 
l’addictologie en cas de prescription à haute dose de Dormicum. Par l’utilisation 
de Dormicum chez des personnes dépendantes de produits illicites, un effet flash 
était recherché, car il procurait un instant de plaisir intense recherché de manière 
itérative par ces personnes. Dans le contexte des patients traités par le  
Dr A______, il convenait d’avoir une prise en charge globale et pas seulement 
une prescription de somnifères. Or, l’approche thérapeutique globale était absente. 

  Un délai au 9 février 2018 a été imparti aux parties pour faire part de toutes 
observations ou réquisitions de preuves complémentaires. 

20)  Dans le délai imparti, le département a persisté dans ses explications. En 
particulier, il a soutenu que les procédures devant la commission concernaient des 
cas particuliers afin d’examiner si une relation thérapeutique particulière s’était 
déroulée dans les règles de l’art. Il s’agissait de situations différentes du cas 
d’espèce qui concernait le non-respect des bonnes pratiques par le médecin. 

  Le Dr A______ a persisté dans ses conclusions. 

21)  Sur quoi, la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du  
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2)  Saisie d’un recours, la chambre administrative applique le droit d’office. 
Elle est liée par les conclusions des parties, mais non par les motifs que les parties 
invoquent (art. 69 al. 1 LPA), ni par leur argumentation juridique (ATA/169/2018 
du 24 avril 2018 et les références citées). 

3)  L’objet du litige porte sur la conformité au droit de l’arrêté du département 
du 15 août 2017 relatif au retrait partiel du droit de pratiquer du recourant. 

4)  À l’appui de son recours, le recourant fait notamment grief au département 
d’avoir violé les art. 40, 41 et 43 de la loi fédérale sur les professions médicales 
universitaires du 23 juin 2006 (loi sur les professions médicales, 
LPMéd - RS 811.11), les art. 10, 125B, 126, 127 et 128 de la loi sur la santé du 
7 avril 2006 (LS - K 1 03) et enfin les art. 7 al. 1 let. a et 19 de la loi sur la 

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commission de surveillance des professions de la santé et des droits des patients 
du 7 avril 2006 (LComPS - K 3 03). 

5)  À teneur de l’art. 40 LPMéd, les personnes exerçant une profession 
médicale universitaire à titre d’activité économique privée sous leur propre 
responsabilité professionnelle doivent observer les devoirs professionnels 
mentionnés aux lettres a à h. 

  L’art. 41 LPMéd prévoit que chaque canton désigne une autorité chargée de 
la surveillance des personnes exerçant, sur son territoire, une profession médicale 
universitaire à titre d’activité économique privée sous leur propre responsabilité 
professionnelle (al. 1). Cette autorité de surveillance prend les mesures 
nécessaires pour faire respecter les devoirs professionnels. Elle peut déléguer 
certaines tâches de surveillance aux associations professionnelles cantonales 
compétentes (al. 2). 

  Les autorités judiciaires et les autorités administratives annoncent sans 
retard à l’autorité de surveillance de leur canton les faits susceptibles de constituer 
une violation des devoirs professionnels (art. 42 LPMéd). 

  En application de l’art. 43 al. 1 LPMéd, en cas de violation des devoirs 
professionnels, de ses dispositions ou de ses dispositions d’exécution, l’autorité de 
surveillance peut prononcer les mesures disciplinaires suivantes : un avertissement 
(let. a), un blâme (let. b), une amende de CHF 20'000.- au plus (let. c), une 
interdiction de pratiquer à titre d’activité économique privée sous propre 
responsabilité professionnelle pendant six ans au plus (interdiction temporaire) 
(let. d), une interdiction définitive de pratiquer à titre d’activité économique privée 
sous propre responsabilité professionnelle pour tout ou partie du champ d’activité 
(let. e). 

  En cas de violation des devoirs professionnels énoncés à 
l’art. 40 let. b LPMéd, seules peuvent être prononcées les mesures disciplinaires 
visées à l’al. 1 let. a à c (al. 2). L’amende peut être prononcée en plus de 
l’interdiction de pratiquer à titre d’activité économique privée sous propre 
responsabilité professionnelle (al. 3). Pendant la procédure disciplinaire, l’autorité 
de surveillance peut restreindre l’autorisation de pratiquer, l’assortir de charges ou 
la retirer (al. 4). 

6) a. L’art. 6 LS charge le département de mettre en œuvre la politique cantonale 
de la santé (al. 1). Il exerce la surveillance dans le domaine de la santé. Il peut 
procéder et faire procéder aux inspections et contrôles nécessaires (al. 2). Il exerce 
en outre toutes les tâches et compétences qui lui sont attribuées pas la LS ainsi que 
toutes celles qui ne relèvent pas d’un autre organe de l’État conformément aux 
législations fédérale et cantonale en la matière (al. 3). Le département dispose à 

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cet effet de la DGS, comprenant le médecin, le pharmacien et le chimiste cantonal 
(al. 4). 

 b. La commission est instituée par l’art. 10 al. 1 LS, ses compétences et son 
organisation étant réglées par la LComPS (art. 10 al. 2 LS). 

  La commission, le médecin cantonal et le pharmacien cantonal sont 
compétents pour traiter des plaintes et des dénonciations résultant d’une infraction 
à la LS ou à ses dispositions d’exécution (art. 125B al. 1 LS). La commission est 
compétente pour traiter des violations d’un droit que le chapitre V de 
la LS reconnaît aux patients. La procédure est réglée par la LComPS 
(art. 125B al. 2 LS). Le chapitre V de la LS traite des relations entre patients et 
professionnels de la santé. 

  À teneur de l’art. 126 al. 1 LS (mesures administratives), en cas de violation 
de ses dispositions ou de ses dispositions d’exécution, le département peut prendre 
toute mesure utile afin de faire cesser un état de fait contraire au droit. Il peut en 
particulier, a) soumettre à conditions, suspendre ou interdire des activités nocives 
à la santé ; b) limiter ou interdire la circulation des personnes, des animaux ou des 
biens ; c) ordonner la fermeture de locaux ; d) ordonner le séquestre, la 
confiscation ou la destruction de biens ayant servi ou pouvant servir à des activités 
contraires au droit ou de biens résultant de telles activités. Il prend en outre toutes 
les mesures prévues par la présente loi qui ne sont pas attribuées à une autre 
autorité (al. 2). 

  En application de l’art. 127 al. 1 LS (sanctions administratives – 
dispositions générales), les autorités compétentes pour prononcer des sanctions 
administratives à l’encontre des professionnels de la santé sont les suivantes : 
a) la commission, s’agissant des avertissements, des blâmes et des amendes 
jusqu’à CHF 20'000.- ; b) le département, s’agissant de l’interdiction de pratiquer 
une profession de la santé, à titre temporaire, pour six ans au plus ; 
c) le département, s’agissant de l’interdiction de pratiquer une profession de la 
santé, à titre définitif, pour tout ou partie du champ d’activité ; d) le médecin 
cantonal et le pharmacien cantonal, s’agissant d’amendes n’excédant pas 
CHF 5'000.-. 

  Selon l’art. 128 al. 1 LS (sanctions administratives – limitation, retrait ou 
révocation du droit de pratique), le droit de pratiquer d’un professionnel de la 
santé peut être limité ou retiré : a) si une condition de son octroi n’est plus 
remplie ; b) en cas de violation grave des devoirs professionnels ou malgré des 
avertissements répétés. Le retrait peut porter sur tout ou partie du droit de pratique 
et être d’une durée déterminée ou indéterminée (al. 2). Le département peut 
révoquer le droit de pratique lorsqu’il a connaissance après coup de faits qui 
auraient justifié un refus de son octroi (al. 3).  Le retrait et la révocation de 

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l’autorisation font l’objet d’une publication dans la Feuille d’avis officielle de la 
République et canton de Genève (al. 4). 

7)  L’art. 1 al. 2 LComPS prévoit que la commission est chargée de veiller au 
respect des prescriptions légales régissant les professions de la santé et les 
institutions de santé visées par la LS (let. a) ; au respect du droit 
des patients (let. b). Elle est rattachée administrativement au département 
(art. 2 al. 1 LComPS) et exerce en toute indépendance les compétences 
consultatives et décisionnaires que la loi lui confère (art. 2 al. 2 LComPS). 

  Dans le cadre de son mandat, elle exerce d’office ou sur requête diverses 
attributions. Notamment, elle instruit en vue d’un préavis ou d’une décision les 
cas de violation des dispositions de la LS concernant les professionnels de la santé 
et les institutions de santé, ainsi que les cas de violation des droits des patients 
(art. 7 al. 1 let. a LComPS). La commission peut se saisir d’office ou être saisie 
d’une plainte émanant du patient concerné. Cette plainte peut également émaner 
de son représentant thérapeutique au sens de la LS, ou de son représentant légal 
(art. 8 al. 1 LComPS). Elle peut également être saisie par une dénonciation du 
département, des professionnels de la santé, des institutions de la santé, d’autres 
autorités ou de particuliers (art. 8 al. 2 LComPS). 

  La commission constitue en son sein un bureau de cinq membres, dont le 
médecin cantonal et le pharmacien cantonal, chargé de l’examen préalable 
des plaintes, dénonciations et dossiers dont elle s’est saisie d’office 
(art. 10 al. 1 LComPS). Le bureau peut décider d’un classement immédiat (let. a), 
de l’envoi du dossier en médiation (let. b), de l’envoi du dossier pour instruction à 
une sous-commission conformément au chapitre IV du titre III de la LComPS 
(art. 10 al. 2 LComPS). 

  La commission émet un préavis à l’intention du département lorsqu’elle 
constate, au terme de l’instruction, qu’un professionnel de la santé ou qu’une 
institution de santé a commis une violation de ses obligations susceptible de 
justifier une interdiction temporaire ou définitive de pratique, pour tout ou partie 
du champ d’activité, ou une limitation ou un retrait de l’autorisation 
d’exploitation, conformément à la loi sur la santé (art. 19 LComPS).  
L’art. 20 LComPS prévoit qu’en cas de violation des droits des patients, la 
commission peut émettre une injonction impérative au praticien concerné sous 
menace des peines prévues à l’art. 292 du Code pénal suisse du 21 décembre 1937 
(CP - RS 311.0) ou une décision constatatoire (al. 1). En cas de violation des 
dispositions de la LS, la commission est également compétente pour prononcer un 
avertissement, un blâme et/ou une amende jusqu’à CHF 20'000.- (al. 2). Si aucune 
violation n’est constatée, elle procède au classement de la procédure. 

8)  Exprimé aux art. 9 et 5 al. 3 de la Constitution fédérale de la Confédération 
suisse du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101), le principe de la bonne foi entre 

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administration et administré exige que l’une et l’autre se comportent 
réciproquement de manière loyale. En particulier, l’administration doit s’abstenir 
de toute attitude propre à tromper l’administré et elle ne saurait tirer aucun 
avantage des conséquences d’une incorrection ou insuffisance de sa part 
(ATF 138 I 49 consid. 8.3 ; arrêt du Tribunal fédéral 2C_227/2015 du 
31 mai 2016 consid. 7). 

9) a. Dans le cas d’espèce, il apparaît que le pharmacien cantonal a dénoncé le 
recourant à la commission le 9 février 2016. Interpellé par cette dernière, celui-ci 
a fait part de sa détermination, précisant qu’il souhaitait être entendu par elle pour 
apporter toutes précisions utiles. Lors de son audition par la chambre de céans, le 
recourant a indiqué qu’il était sans nouvelle de la procédure pendante devant la 
commission. Les parties n’ont depuis versé à la présente procédure aucune 
détermination ni aucun nouvel acte d’instruction émanant de la commission.  

  Lorsque le département a rendu l’arrêté litigieux, une procédure concernant 
le recourant était donc pendante devant la commission. Le recourant conteste cette 
manière de faire. Il soutient que cette dénonciation devait faire l’objet d’une 
instruction au sein de la commission, processus que le département ne pouvait pas 
« court-circuiter » en prononçant l’arrêté litigieux.  

 b. Le département justifie sa démarche en se référant à l’art. 125B LS. Selon 
lui, la commission ne serait compétente que pour traiter des litiges entre un patient 
et un professionnel de la santé. Elle n’aurait pas à intervenir en l’absence de 
plainte concrète dans le cadre d’un suivi thérapeutique précis. Sa compétence se 
limiterait à l’examen du respect des règles de l’art dans le cadre « d’une relation 
thérapeutique particulière ». Elle ne serait donc pas compétente « pour instruire en 
dehors de tout litige particulier ». Dans l’arrêté litigieux, puis dans ses écritures 
devant la chambre de céans, le département se réfère également à l’art. 126 LS. 

 c. Les explications du département sont contredites par la démarche qu’il a  
lui-même initiée dans la présente procédure. Par l’intermédiaire d’un service qui 
lui est rattaché, à savoir le pharmacien cantonal (art. 8 al. 1 let. c du règlement sur 
l’organisation de l’administration cantonale du 1er juin 2018 - ROAC- B 4 05.10 ; 
art. 6 al. 4 LS), il a en effet saisi la commission d’une dénonciation dont le 
contenu ne concerne pas un patient ou un suivi thérapeutique précis. La 
dénonciation se réfère, certes, au cas d’un patient suivi par le recourant, mais 
l’essentiel de la dénonciation vise la pratique du recourant, le cas d’un patient 
n’étant cité que « pour illustrer [ses] propos ». Pour le surplus, la dénonciation se 
réfère à la pratique générale du recourant, à savoir sa prise « en charge [d’]un 
certain nombre de patients dans le cadre de traitements de substitution pour 
lesquels il prescrit des doses importantes de Dormicum », produit qu’il « continue 
à prescrire à ces patients » à des doses élevées. Le pharmacien cantonal précise sa 
démarche en indiquant qu’il considère, non pas seulement dans le cas du seul 
patient cité en exemple, mais « pour ces patients dépendants » que la prise en 

https://intrapj/perl/decis/138%20I%2049
https://intrapj/perl/decis/2C_227/2015

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charge n’est pas adéquate. Il ressort par ailleurs de la dénonciation que l’objectif 
du pharmacien cantonal, notamment en raison de l’existence d’un marché noir, est 
de voir banni le Dormicum de ce type de traitement. 

  Au surplus, dans sa dénonciation, le pharmacien cantonal ne fait mention 
d’aucun litige entre le patient dont il cite le cas et le recourant, ni qu’il aurait été 
mandaté par ce celui-là pour se plaindre auprès de la commission de carences dans 
le suivi thérapeutique par le recourant à son égard. C’est donc bien, à l’instar de 
l’arrêté litigieux, la pratique générale du recourant qui est visée dans la 
dénonciation du pharmacien cantonal. 

  Dès lors que par l’intermédiaire du pharmacien cantonal, le département a 
saisi la commission d’une dénonciation portant sur le même complexe de faits que 
l’arrêté litigieux, il devait, conformément à l’art. 125B al. 1, la laisser mettre en 
œuvre les compétences que les art. 127 al. 1 let. a LS et 19 et 20 LComPS lui 
confèrent, à savoir, émettre une injonction impérative, prononcer un 
avertissement, un blâme ou une amende jusqu’à CHF 20'000.-, voire procéder au 
classement de la procédure ou encore émettre un préavis à l’intention du 
département si elle constatait, au terme de son instruction, que le recourant avait 
commis une violation de ses obligations susceptible de justifier une interdiction 
temporaire ou définitive de pratique, pour tout ou partie du champ d’activité. 

  En rendant l’arrêté litigieux avant que la commission ne mette un terme à la 
procédure ouverte devant elle par le pharmacien cantonal, le département n’a pas 
respecté les art. 125B al. 1, 127 al. 1 let. a LS et 19 et 20 LComPS. Il a porté 
atteinte à l’indépendance de la commission sur laquelle il n’exerce aucune autorité 
hiérarchique dès lors qu’elle ne lui est qu’administrativement rattachée. 

  De son côté, le recourant pouvait de bonne foi s’attendre à ce que la 
procédure ouverte devant la commission par un service rattaché au département se 
termine avant que le département prenne d’éventuelles autres mesures. Le 
département a adopté une attitude contradictoire. En n’attendant pas l’issue de la 
procédure, initiée par ses propres soins portant sur le même objet pour lequel une 
interdiction partielle du droit de pratique a été prononcée, le département a violé 
le principe de la bonne foi. 

 d. S’agissant de l’art. 126 LS, il traite des mesures administratives. Cette 
disposition permet, certes, au département de prendre toute mesure utile afin de 
faire cesser un état de fait contraire au droit. Toutefois, le retrait partiel du droit de 
pratiquer, tel que prononcé dans le cas d’espèce, est une sanction administrative 
relevant des art. 127 et 128 LS. Dès lors qu’il entendait prononcer une sanction 
administrative, le département devait se soumettre aux règles et à la systématique 
prévues, ce qu’il n’a pas fait comme cela vient d’être posé. 

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  Le recours sera en conséquence admis et l’arrêté du département du 
15 août 2017 annulé. 

10)  Vu l’issue du recours, il ne sera pas perçu d’émolument (art. 87 al. 1 LPA). 
Une indemnité de procédure de CHF 1'000.- sera allouée au recourant, qui y a 
conclu, à la charge de l’État de Genève (art. 87 al. 2 LPA). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 18 septembre 2017 par Monsieur A______ 
contre l’arrêté du département de l’emploi, des affaires sociales et de la santé du 15 août 
2017 ; 

au fond : 

l’admet ; 

annule l’arrêté du département de l’emploi, des affaires sociales et de la santé du 
15 août 2017 ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument ; 

alloue une indemnité de procédure de CHF 1'000.- à Monsieur A______ ; 

dit que conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours 
qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en 
matière de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 
moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être 
adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession 
du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ; 

communique le présent arrêt à Me Jacques Roulet, avocat du recourant, au département 
de l'emploi et de la santé, ainsi qu’à la commission de surveillance des professions de la 
santé et des droits des patients, pour information. 

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Siégeant : Mme Junod, présidente, Mme Krauskopf, MM. Pagan et Verniory,  
Mme Tapponnier, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

le greffier-juriste : 
 
 

F. Scheffre 
 

 la présidente siégeant : 
 
 

Ch. Junod 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :