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**Case Identifier:** 1b67bff6-a8a6-58dd-ba27-9f8047a45065
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-06-07
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 07.06.2013 C/21564/2012
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-21564-2012_2013-06-07.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 13 juin 2013. 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/21564/2012 ACJC/754/2013 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 
 

DU VENDREDI 7 JUIN 2013 

 

Entre 

A______, domicilié ______, appelant d'un jugement rendu par la 10ème Chambre du 
Tribunal de première instance de ce canton le 21 janvier 2013, comparant par Me 

Valérie Lorenzi, avocate, 72, boulevard Saint-Georges, 1205 Genève, en l'étude de 

laquelle il fait élection de domicile, 

et 

B______, domiciliée ______, intimée, comparant par Me Marlène Pally, avocate, 72, 
boulevard Saint-Georges, 1205 Genève, en l'étude de laquelle elle fait élection de 

domicile, 

 

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C/21564/2012 

EN FAIT 

A. Par jugement du 21 janvier 2013, communiqué pour notification aux parties le 
21 janvier 2013, le Tribunal de première instance, statuant par voie de procédure 

sommaire sur mesures protectrices de l'union conjugale, a autorisé les époux 

A______ et B______ à vivre séparés (ch. 1), a attribué à B______ la jouissance 

exclusive du domicile conjugal sis 38, route des Acacias, 1227 Carouge (GE) et a 

imparti en conséquence à A______ un délai pour quitter ledit appartement au 28 

février 2013 au plus tard, sous menace des peines d'amende prévues par l'art. 292 

CP (ch. 2). Il a en outre condamné A______ à verser à B______, par mois et 

d'avance, la somme de 1'000 fr. à titre de contribution à l'entretien de son épouse 

(ch. 3). Le premier juge a prononcé ces mesures pour une durée indéterminée 

(ch. 4). Il a enfin arrêté les frais judiciaires à 200 fr., répartis entre B______ et 

A______ par moitié chacun, ceux-ci, bénéficiaires de l'assistance juridique, étant 

tenu au remboursement aux conditions de l'art. 12 al. 1 CPC (ch. 5), dit qu'il 

n'était pas alloué de dépens (ch. 6) et débouté les parties de toutes autres 

conclusions (ch. 7). 

B. Par acte déposé le 31 janvier 2013 au greffe de la Cour de justice, A______ a 
formé appel des ch. 2 et 3 du dispositif de ce jugement, concluant à leur 

annulation et, cela fait, à ce que la jouissance exclusive du domicile conjugal à 

Carouge lui soit attribuée et à ce qu'il soit dit qu'aucune contribution d'entretien 

n'est due par lui-même à B______, les frais judicaires devant être compensés. 

 B______ a conclu à la confirmation du jugement entrepris, à la condamnation de 

son époux en tous les frais de procédure et à la compensation des dépens vu la 

qualité des parties. 

 Elle a produit, à titre de nouvelles pièces, des informations statistiques de l'Etat de 

Genève concernant le taux de vacance des logements à Genève en 2012. 

 Sur requête d'effet suspensif de l'appelant et après détermination du 14 mars 2013 

de l'intimée, la présidente de la Cour civile a, par arrêt du 25 mars 2013 

(ACJC/424/2013), suspendu l'effet exécutoire attaché au ch. 2 du dispositif du 

jugement attaqué, suspendu partiellement l'effet exécutoire attaché au ch. 3 dudit 

dispositif, pour toute contribution d'entretien dépassant 700 fr. par mois, dit qu'il 

serait statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond et débouté 

les parties de toutes autres conclusions. 

 La Cour a informé les parties le 5 avril 2013 de la mise en délibération de la 

cause. 

 Par courrier du 5 avril 2013, communiqué à son époux, B______ a produit une 

pièce nouvelle. 

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C/21564/2012 

C. a. A______, né à Genève le ______ 1969 et de nationalité suisse, et B______, née 
le ______ 1979 et de nationalité kenyane, ont contracté mariage le ______ 2003 à 

Nairobi (Kenya). 

 Aucun enfant n'est issu de cette union. 

B______ a un enfant d'une autre union, C______, né le ______ 1996, qui vit avec 

elle. 

 b. Par requête déposée auprès du Tribunal de première instance le 19 octobre 
2012, faisant suite à une période de troubles et de difficultés au sein du couple, 

B______ a sollicité des mesures protectrices de l'union conjugale, concluant à ce 

que la vie séparée soit autorisée, que la jouissance du domicile conjugal lui soit 

attribuée, avec fixation d'un délai de départ à son mari, à ce que ce dernier soit 

condamné à lui verser une pension alimentaire de 1'000 fr. par mois. 

Le 29 octobre 2012, B______, avec son fils, a quitté le domicile conjugal pour se 

réfugier dans un foyer. 

Lors de l'audience de comparution personnelle du 17 décembre 2012, B______ a 

persisté dans ses conclusions et indiqué, sans être contredite, qu'elle avait quitté le 

domicile conjugal le 29 octobre 2012 pour habiter – provisoirement – dans un 

foyer. A______ s'est déclaré d'accord sur le principe de la vie séparée. Il a réclamé 

la jouissance du domicile conjugal, car c'était le logement de ses parents et il y 

avait toujours vécu. Il a estimé le montant réclamé par son épouse trop élevé et 

s'en est rapporté à justice pour la fixation d'un montant équitable. 

D. A l'appui de sa décision d'attribuer la jouissance exclusive du domicile conjugal à 
B______, le premier juge a constaté que sa situation financière était précaire alors 

que A______ avait un emploi fixe et stable. En outre, B______ avait un enfant 

mineur qui avait toujours vécu avec le couple, de sorte qu'en l'état son intérêt à 

maintenir son cadre de vie actuel devait être retenu. A______, qui était seul et 

avait un bon revenu fixe, pouvait plus facilement trouver un nouveau logement. Il 

pouvait donc lui être imposé de quitter le domicile conjugal. 

E. a. Il est incontesté que, comme retenu par le jugement querellé, le salaire net 
mensuel de A______, aide-couvreur, se monte à 4'639 fr. (pour une moyenne de 

41h30 par semaine). 

 Ses charges actuelles, non contestées par les parties, sont le loyer de l'appartement 

conjugal – de 5 pièces et 85 m2– qu'il occupe encore, de 1'575 fr., son assurance 

maladie obligatoire, de 481 fr., l'ICC et l'IFD, de 573 fr., les frais de transports 

publics, de 70 fr. et le montant de base OP, de 1'200 fr., soit au total 3'899 fr. Il est 

précisé que le Tribunal s'est fondé sur le futur et prévisible loyer de l'époux, 

estimé à 1'000 fr. par mois. 

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 b. Les revenus mensuels nets actuels de B______ – tels que retenus par le 
Tribunal – se montent à 2'081 fr. (salaire de 812 fr. en tant que nettoyeuse, 

assurance chômage de 869 fr. en moyenne, allocations familiales de 400 fr.). 

Son mari fait valoir, en appel, que le salaire de 812 fr. correspond à un taux 

d'activité de 2 heures par semaine, soit 100 fr. par heure, et que B______ pourrait 

augmenter son salaire de manière substantielle en travaillant ne serait-ce que 

quelques heures de plus par semaine, de sorte que son salaire devrait atteindre 

3'500 fr., correspondant environ à 8 heures hebdomadaires. B______ rétorque 

qu'il ne lui est pas possible d'effectuer plus d'heures de travail, son employeur ne 

pouvant pas lui en fournir plus, et que, malgré ses souhaits et ses recherches, et au 

regard notamment du caractère «rarissime» des emplois dans le canton de 

Genève, elle a été dans l'impossibilité de trouver un emploi plus important. 

Il ressort des décomptes de salaire de juillet à septembre 2012 produits par 

B______ que celle-ci a effectué 50, 20, respectivement 45 heures de travail par 

mois durant cette période, pour un salaire horaire de 18 fr. 20. A teneur des 

décomptes de l'assurance chômage de juin, juillet et septembre 2012, le gain 

assuré à 80% était de 2'321 fr. par mois pour un travail à plein temps et les 

indemnités d'assurance chômage calculées sur la base d'un travail à mi-temps 

environ (entre 10,9 et 12 jours par mois). 

 Le premier juge a retenu les charges suivantes – et non contestées – de l'épouse : 

assurance maladie obligatoire de 342 fr., frais de transports publics de 70 fr. et 

montant de base OP de 1'200 fr. Il a en outre pris en considération, à titre de 

charge, le loyer de l'appartement conjugal, par 1'575 fr., de même que la prime de 

l'assurance maladie obligatoire du fils de B______, par 66 fr., et les frais de 

transports publics pour celui-ci, par 45 fr. Il en est résulté une somme de charges 

de 3'298 fr. – en chiffres arrondis – selon le Tribunal. 

 c. Eu égard aux revenus et charges des époux tels que mentionnés ci-dessus – en 
chiffres non arrondis –, le Tribunal a établi le calcul de la contribution d'entretien 

en déterminant tout d'abord le montant total des revenus des époux (4'639 fr. 15 + 

2'081 fr. 15 = 6'720 fr. 20), en additionnant ensuite les minima vitaux élargis 

(3'323 fr. 45 + 3'274 fr. 70 = 6'621 fr. 15), puis en partageant le solde (total des 

revenus moins total des minima vitaux : 6'720 fr. 20 - 6'621 fr. 15 = 99 fr. 05), en 

répartissant le solde par tête (99 fr. 05 ÷ 2 = 49 fr. 50). Le premier juge a alors 

fixé le minimum vital élargi du crédirentier, plus la moitié du solde, à 3'347 fr. 

(3'297 fr. 70 + 49 fr. 50 = 3'347 fr. 20), auquel il fallait soustraire les revenus de 

l'épouse, de 2'081 fr. 05, pour atteindre le montant de 1'266 fr. 15. Le Tribunal a 

alors arrêté la contribution mensuelle d'entretien au montant de 1'000 fr. réclamé 

par B______. 

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F. Pour le surplus, l'argumentation juridique des parties sera examinée ci-après, dans 
la mesure utile. 

EN DROIT 

1. 1.1 La procédure sommaire est applicable aux procédures de mesures protectrices 
de l'union conjugale (art. 271 let. a CPC). 

L'acte adressé à la Cour est un appel (art. 308 al. 1 let. b et al. 2 CPC), étant donné 

que les litiges relatifs au droit de garde et/ou au droit de visite ne sont pas des 

affaires patrimoniales et qu'au demeurant, la valeur litigieuse au dernier état des 

conclusions pécuniaires dépasse 10'000 fr., et même 30'000 fr. ([1'000 fr. x 12] x 

20 = 240'000 fr.), en application de l'art. 91 al. 2, 1ère phrase, CPC. 

L'appel a été interjeté dans le délai de 10 jours (art. 314 al. 1 CPC) et suivant la 

forme prescrite par la loi, c'est-à-dire par écrit et de manière motivée, accompagné 

du jugement entrepris (art. 130, 131 et 311 CPC). Il est ainsi recevable. 

 1.2 Statuant sur un appel, la Cour revoit la cause sous les angles de la violation du 
droit et de la constatation inexacte des faits (art. 310 CPC). 

1.3 En matière de mesures protectrices de l'union conjugale, lorsqu'il n'y a pas 
d'enfants mineurs, le juge établit les faits d'office (maxime inquisitoire simple de 

l'art. 272 CPC; HOHL, Procédure civile, tome II, 2010, n. 1905 s.) et le principe 

de disposition s'applique à la contribution d'entretien du conjoint (art. 58 al. 1 

CPC; HOHL, op. cit., n. 1907). 

 En procédure de mesures protectrices de l'union conjugale, la cognition du juge 

est limitée à la simple vraisemblance des faits et à un examen sommaire du droit 

(HOHL, op. cit., n. 1901; ATF 127 III 474 consid. 2b/bb = SJ 2011 I 586). 

La preuve est (simplement) vraisemblable lorsque le juge, en se fondant sur des 

éléments objectifs, a l'impression que les faits pertinents se sont produits, sans 

pour autant qu'il doive exclure la possibilité que les faits aient pu se dérouler 

autrement (HOHL, op. cit., n. 1560; ATF 130 III 321 consid. 3.3 = JdT 2005 I 

618). 

2. 2.1 Aux termes de l'art. 317 al. 1 CPC, les faits et moyens de preuve nouveaux ne 
sont pris en compte que s'ils sont invoqués ou produits sans retard et qu'ils ne 

pouvaient être invoqués ou produits devant la première instance bien que la partie 

qui s'en prévaut ait fait preuve de la diligence requise. 

 2.2 En l'occurrence, les nouvelles pièces produites par l'intimée et consistant en 
des informations statistiques de l'Etat de Genève concernant le taux de vacance 

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des logements à Genève en 2012 sont des faits notoires au sens de l'art. 151 CPC, 

que la Cour peut librement prendre en considération. 

La pièce présentée par l'intimée après l'échange d'écritures, le 5 avril 2013, a été 

produite sans retard puisqu'elle a été établie par D______ le 4 avril 2013, et peut 

ainsi être admise (cf. dans ce sens JEANDIN, in Code de procédure civile 

commenté, 2011, n. 7 ad art. 317 CPC). Ladite pièce consiste en une lettre de 

D______ adressée le 4 avril 2013 à l'avocate de l'intimée, qui l'informait de ce qui 

suit : l'intimée était hébergée au foyer de D______ jusqu'au 16 mai 2013 au plus 

tard (la durée d'hébergement étant de 6 mois au maximum et non renouvelable); 

elle cherchait activement un lieu d'accueil ou un logement, sans succès pour 

l'instant; il était néanmoins très peu probable que l'intimée trouve un logement 

dans les mois, voire années à venir, étant donné notamment qu'elle ne bénéficiait 

pas d'aides étatiques particulières, comme celles de l'Hospice général. 

3. 3.1 Selon l'art. 176 al. 1 ch. 2 CC, à la requête de l'un des conjoints et si la 
suspension de la vie commune est fondée, le juge prend les mesures en ce qui 

concerne le logement et le mobilier de ménage. 

Le juge des mesures protectrices de l'union conjugale attribue provisoirement le 

logement conjugal à l'une des parties en faisant usage de son pouvoir 

d'appréciation. Il doit procéder à une pesée des intérêts en présence, de façon à 

prononcer la mesure la plus adéquate au vu des circonstances concrètes. 

En premier lieu, le juge doit examiner à quel époux le domicile conjugal est le 

plus utile («grösserer Nutzen»). Ce critère conduit à attribuer le logement à celui 

des époux qui en tirera objectivement le plus grand bénéfice, au vu de ses besoins 

concrets. A cet égard, entrent notamment en considération l'intérêt de l'enfant, 

confié au parent qui réclame l'attribution du logement, à pouvoir demeurer dans 

l'environnement qui lui est familier, l'intérêt professionnel d'un époux, qui, par 

exemple, exerce sa profession dans l'immeuble, ou encore l'intérêt d'un époux à 

pouvoir rester dans l'immeuble qui a été aménagé spécialement en fonction de son 

état de santé. Si ce premier critère de l'utilité ne donne pas de résultat clair, le juge 

doit, en second lieu, examiner à quel époux on peut le plus raisonnablement 

imposer de déménager, compte tenu de toutes les circonstances. A cet égard, 

entrent notamment en considération l'état de santé ou l'âge avancé de l'un des 

époux qui, bien que l'immeuble n'ait pas été aménagé en fonction de ses besoins, 

supportera plus difficilement un changement de domicile, ou encore le lien étroit 

qu'entretient l'un d'eux avec le domicile conjugal, par exemple un lien de nature 

affective. Des motifs d'ordre économique ne sont en principe pas pertinents, à 

moins que les ressources financières des époux ne leur permettent pas de 

conserver ce logement. Si ce second critère ne donne pas non plus de résultat 

clair, le juge doit alors tenir compte du statut juridique de l'immeuble et l'attribuer 

à celui des époux qui en est le propriétaire ou qui bénéficie d'autres droits d'usage 

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sur celui-ci (arrêts du Tribunal fédéral 5A_575/2011 du 12 octobre 2011 consid. 

5.1 et 5A_710/2009 du 22 février 2010 consid. 3.1, non publié in ATF 136 III 

257; ATF 120 II 1 consid. 2c). 

 3.2 En l'espèce, comme retenu par le premier juge, il est dans l'intérêt de l'enfant 
C______ et de sa stabilité (cf. par analogie ATF 136 I 178 consid. 5.3; ATF 117 II 

353 consid. 3 = JdT 1994 I 183; ATF 115 II 206 consid. 4a = JdT 1990 I 342) de 

demeurer dans le logement dans lequel il a vécu de nombreuses années. En outre, 

au regard de sa situation professionnelle et financière précaire, l'intimée aurait 

bien plus de difficultés à trouver un logement que son mari, ce d'autant plus 

qu'elle ne paraît pas bénéficier d'aides étatiques, notamment d'aides au logement. 

La contribution d'entretien à laquelle elle a droit et qui lui sera allouée ci-après 

peut être de nature à exclure ou réduire l'octroi de telles aides. L'aide sociale est en 

effet subsidiaire par rapport aux obligations d'entretien du droit de la famille (arrêt 

du Tribunal fédéral 5A_170/2007 du 27 juin 2007 consid. 4, publié in FamPra.ch 

2007 p. 895; ATF 119 Ia 134 = JdT 1996 I 286). C'est donc l'intimée qui tirerait 

objectivement le plus grand bénéfice, au vu de ses besoins concrets et de ceux de 

son fils, d'habiter dans l'appartement conjugal. 

Certes, l'appelant paraît très attaché au plan affectif à cet appartement. 

Néanmoins, cette circonstance – légitime – apparaît, conformément à la 

jurisprudence résumée ci-dessus, secondaire par rapport aux autres circonstances 

susmentionnées. 

 Dans ces conditions, La Cour confirmera l'attribution par le premier juge de la 

jouissance exclusive du domicile conjugal sis ______ (GE) à l'intimée. 

 Vu l'impossibilité pour les parties de continuer à vivre ensemble dans 

l'appartement conjugal ainsi que l'urgence pour l'intimée de trouver un logement 

compte tenu de la fin prévue de son hébergement en foyer, il n'y a pas lieu de 

différer dans le temps le délai de départ de l'appelant du logement conjugal. Il ne 

conclut du reste pas, même subsidiairement, à un tel report. 

4. 4.1 En vertu de l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, à la requête d'un des conjoints, le juge 
fixe la contribution pécuniaire à verser par l'une des parties à l'autre. 

 Même lorsqu'on ne peut plus sérieusement compter sur la reprise de la vie 

commune, ce que le juge du fait doit constater, l'art. 163 CC demeure la cause de 

l'obligation d'entretien réciproque des époux en mesures protectrices de l'union 

conjugale, comme il l'est aussi en mesures provisionnelles prononcées pour la 

durée de la procédure de divorce (ATF 137 III 385 consid. 3.1; ATF 130 III 537 

consid. 3.2). Aux termes de cette disposition, mari et femme contribuent, chacun 

selon ses facultés, à l'entretien convenable de la famille (al. 1); ils conviennent de 

la façon dont chacun apporte sa contribution, notamment par des prestations en 

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argent, son travail au foyer, les soins qu'il voue aux enfants ou l'aide qu'il prête à 

son conjoint dans sa profession ou son entreprise (al. 2); ce faisant, ils tiennent 

compte des besoins de l'union conjugale et de leur situation personnelle (al. 3). 

Pour fixer la contribution d'entretien, selon l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, le juge doit 

partir de la convention, expresse ou tacite, que les époux ont conclue au sujet de la 

répartition des tâches et des ressources entre eux. Il doit ensuite prendre en 

considération qu'en cas de suspension de la vie commune (art. 175 s. CC), le but 

de l'art. 163 CC, soit l'entretien convenable de la famille, impose à chacun des 

époux le devoir de participer, selon ses facultés, aux frais supplémentaires 

qu'engendre la vie séparée, notamment par la reprise ou l'augmentation de son 

activité lucrative. Il se peut donc que, suite à cet examen, le juge doive modifier la 

convention conclue pour la vie commune, pour l'adapter à ces faits nouveaux. 

Cela étant, ni le juge des mesures protectrices de l'union conjugale, ni celui des 

mesures provisionnelles ne doit trancher, même sous l'angle de la vraisemblance, 

les questions de fond, objet du procès en divorce, en particulier celle de savoir si 

le mariage a influencé concrètement la situation financière du conjoint (ATF 137 

III 385 consid. 3.1, précisant l'ATF 128 III 65; arrêt du Tribunal fédéral 

n. p. 5A_720/2011 du 8 mars 2012 consid. 4.1.1). 

 Si la situation financière des époux le permet encore, le standard de vie antérieur, 

choisi d'un commun accord, doit être maintenu pour les deux parties. Quand il 

n'est pas possible de le conserver, les époux ont droit à un train de vie semblable 

(arrêt précité 5A_720/2011 ibidem; ATF 119 II 314 consid. 4b/aa = JdT 1996 I 

197). Le minimum vital du débirentier doit en principe être préservé (ATF 137 III 

59 consid. 4.2.1 = SJ 2011 I 221; ATF 135 III 66 consid. 10 = JdT 2010 I 167). 

Selon le Tribunal fédéral, la répartition des revenus excédant les charges 

incompressibles (minimum vital) entre les époux ne doit pas conduire à procéder à 

un pur calcul mathématique, mais la fixation de la contribution d'entretien dépend 

en définitive du large pouvoir d'appréciation du juge (arrêt du Tribunal fédéral 

5C.23/2002 du 21 juin 2002 consid. 2b). La répartition par moitié du disponible 

n'est applicable qu'en présence de deux ménages d'une personne et il y a lieu de 

tenir compte de la charge que représentent les enfants pour l'époux gardien 

(ATF 126 III 8 consid. 3c = JdT 2000 I 29). 

 4.2 Dans le cas présent, l'appelant perçoit un revenu mensuel net de 4'639 fr. 
Ses charges incompressibles sont son assurance-maladie obligatoire, de 481 fr., 

l'ICC et l'IFD, de 573 fr., les transports publics, de 70 fr. et le montant de base OP, 

de 1'200 fr. 

 L'appelant, se prévalant de la pénurie de logements sévissant à Genève depuis de 

nombreuses années, conteste pouvoir trouver un logement au loyer d'environ 

1'000 fr. tel qu'estimé par le Tribunal. D'après les statistiques invoquées par 

l'intimée, le loyer mensuel moyen d'un logement non subventionné se montait, en 

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mai 2012, dans le canton de Genève, à 870 fr. pour un logement de 2 pièces et à 

1'128 fr. pour un logement de 3 pièces (cuisine comprise). Il ne s'agit toutefois 

que d'une moyenne ne tenant pas compte précisément des loyers réclamés par les 

bailleurs aux nouveaux locataires. En réalité, à teneur des statistiques cantonales 

établies en décembre 2012 (T 05.04.2.03), pour l'ensemble des logements à loyer 

libre loués à de nouveaux locataires dans le canton de Genève, le loyer mensuel 

moyen s'élevait à 1'092 fr. pour un logement de 2 pièces et à 1'447 fr. pour un 

logement de 3 pièces. L'argument de l'intimée selon lequel il serait choquant que 

soit retenue une charge de loyer pour l'appelant – qui vit seul – aussi élevée que 

celle pour son fils et elle-même ne peut dès lors trouver application dans le cas 

présent. Dans ces conditions, l'égalité de traitement entre les parties commande 

d'inclure dans les charges de l'appelant un loyer du même ordre que celui de 

l'intimée, correspondant à un logement de 3 pièces. Ainsi, la charge du futur 

appartement de l'appelant peut être estimée à 1'500 fr. 

 Les charges de l'appelant doivent dès lors être fixées à 3'824 fr. par mois, ce qui 

lui laisse un solde disponible de 815 fr. 

 4.3 Les charges mensuelles incompressibles de l'intimée seule, de 3'187 fr., ne 
sont pas couvertes par ses revenus mensuels nets, de 2'081 fr., son déficit s'élevant 

à 1'106 fr. 

 L'appelant soutient que son épouse pourrait réaliser un salaire mensuel de 

3'500 fr., correspondant à 8 heures hebdomadaires. Cela étant, sur la base des 

décomptes de salaire et de l'assurance-chômage produits par l'intimée, il peut être 

estimé qu'elle obtient des revenus pour un taux d'activité de 129 heures en 

moyenne par mois (38 heures [< 50 + 20 + 45 > / 3] + 91 heures [11 jours x 

8h15]), soit environ 30h45 par semaine ([129 / 21] x 5). Ce taux d'activité est déjà 

relativement important, de sorte qu'à tout le moins dans le cadre des présentes 

mesures protectrices de l'union conjugale, il ne sera pas exigé de l'intimée qu'elle 

augmente d'ores et déjà son taux d'activité. Il ne lui sera ainsi pas imputé un 

revenu hypothétique supérieur aux revenus effectivement réalisés, même si à 

terme il pourra probablement être exigé d'elle qu'elle cherche à exploiter 

pleinement sa capacité de gain avec un travail à temps complet. 

 4.4 Au vu de ce qui précède, le minimum vital du crédirentier ne devant pas être 
entamé, l'appelant sera condamné à verser à son épouse, à titre de contribution à 

son entretien, par mois et d'avance, la somme de 800 fr. 

 Le dispositif du jugement entrepris sera réformé dans cette mesure. 

5. 5.1 En vertu de l'art. 173 al. 3 CC, applicable par analogie en cas de séparation 
(CHAIX, in Commentaire romand, CC I, 2010, n. 10 ad art. 173 et n. 12 ad 

art. 176), les contributions pécuniaires dues pour l'entretien de la famille peuvent 

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être réclamées pour l'avenir et pour l'année qui précède l'introduction de la 

requête. Sauf décision contraire, l'obligation de verser une contribution rétroagit 

en règle générale au jour du dépôt de la requête de mesures provisoires ou de 

mesures protectrices de l'union conjugale (arrêt du Tribunal fédéral 5P.442/2006 

du 8 janvier 2007 consid. 3.2, concernant les mesures provisoires selon l'art. 137 

al. 2 aCC; ATF 111 II 103 consid. 4). 

 5.2 En l'espèce, le Tribunal n'a pas déterminé le dies a quo de la contribution 
d'entretien et l'intimée n'a pris aucune conclusion à ce sujet. Le dies a quo peut 

néanmoins être fixé au 1
er

 novembre 2012, c'est-à-dire quelques jours après le 

dépôt de la requête de mesures protectrices et juste après le départ de l'intimée du 

domicile conjugal. 

 Le dispositif sera complété dans cette mesure.  

6. En cas d'effet rétroactif du versement de contributions d'entretien, le juge qui en 
fixe le montant doit tenir compte des versements déjà effectués à ce titre par 

l'époux débirentier (ATF 135 III 315 consid. 2.4; cf. aussi arrêt du Tribunal 

fédéral 5A_217/2012 du 9 juillet 2012 consid. 6). 

 En l'occurrence, ni les allégations des parties ni un quelconque élément du dossier 

ne permettent de penser que l'appelant aurait versé des montants, sous quelque 

forme que ce soit, en faveur l'intimée depuis le 1
er

 novembre 2012. 

 En conséquence, l'appelant sera condamné, pour la période du 1
er

 novembre 2012 

au 30 juin 2013, au versement d'une contribution d'entretien de 6'400 fr. au total 

(8 x 800 fr.), et, dès le 1
er

 juillet 2013, au versement mensuel de 800 fr. 

7. Les frais (frais judiciaires et dépens) sont mis à la charge de la partie succombante 
(art. 95 et 106 al. 1 ab initio CPC) et, lorsqu'aucune des parties n'obtient 

entièrement gain de cause, ils sont répartis selon le sort de la cause (art. 106 al. 2 

CPC). Le tribunal peut toutefois s'écarter des règles générales et répartir les frais 

selon sa libre appréciation, en particulier lorsque le litige relève du droit de la 

famille (art. 107 al. 1 let. c CPC). 

En l'espèce, les frais judiciaires de la présente décision sont fixés à 700 fr. (art. 33 

et 35 du règlement fixant le tarif des frais en matière civile [RTFMC – E 1 

05.10]). Vu la nature du litige et le fait notamment qu'aucune des parties n'obtient 

pleinement gain de cause, ces frais seront partagés par moitié entre les deux 

parties et chacune gardera à sa charge ses propres dépens. Il est précisé que 

l'appelant et l'intimée sont tous deux au bénéfice de l'assistance juridique, de sorte 

que, conformément à l'art. 123 al. 1 CPC, les frais judiciaires seront 

provisoirement supportés par l'Etat. 

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8. L'arrêt de la Cour, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, est 
susceptible d'être l'objet d'un recours en matière civile, les moyens étant limités en 

application de l'art. 98 LTF. 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté par A______ contre les chiffres 2 et 3 du dispositif 

du jugement JTPI/1148/2013 rendu le 21 janvier 2013 par le Tribunal de première 

instance dans la cause C/21564/2012-10. 

Au fond : 

Confirme le chiffre 2. 

Annule le chiffre 3, et, statuant à nouveau : 

Condamne A______ à verser à B______ à titre de contribution à l'entretien de celle-ci, 

pour la période du 1er novembre 2012 au 30 juin 2013, la somme totale de 6'400 fr., et, 

dès le 1er juillet 2013, par mois et d'avance, la somme de 800 fr. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais d'appel : 

Arrête les frais judiciaires à 700 fr., à la charge de A______ et de B______ pour moitié 

chacun. 

Dit que ces frais sont provisoirement supportés par l'Etat. 

Dit que chaque partie supporte ses propres dépens. 

Siégeant : 

Madame Marguerite JACOT-DES-COMBES, présidente; Madame Florence 

KRAUSKOPF, Monsieur Blaise PAGAN, juges; Madame Nathalie DESCHAMPS, 

greffière. 

 

La présidente : 

Marguerite JACOT-DES-COMBES 

 La greffière : 

Nathalie DESCHAMPS 

 

 

 

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Indication des voies de recours : 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 
(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 
notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par devant le Tribunal fédéral 
par la voie du recours en matière civile. 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 
30'000 fr.