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**Case Identifier:** a2036f9e-2e5d-5438-9c4f-628d1f1383c4
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-05-15
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 15.05.2017 A/1716/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-1716-2016_2017-05-15.pdf

## Full Text

Siégeant : Mario-Dominique TORELLO, Président; Willy KNÖPFEL et Jean-Pierre 
WAVRE, Juges assesseurs 

  

 
 

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/1716/2016 ATAS/375/2017 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 15 mai 2017 

10ème Chambre 

 

En la cause 

MUTUEL ASSURANCES SA, Service juridique, sise rue des 
Cèdres 5, MARTIGNY 

Monsieur A______, représenté par  MUTUEL ASSURANCES SA, 
domicilié à PUBLIER, France  

 

 

recourants 

 

contre 

SUVA  CAISSE NATIONALE SUISSE D'ASSURANCE EN CAS 
D'ACCIDENTS, sise Fluhmattstrasse, LUCERNE, comparant avec 
élection de domicile en l'étude de Maître Olivier DERIVAZ  

 

intimée 

 
 
 

 

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EN FAIT 

1. Monsieur A______ (ci-après : l'assuré), né en 1961, domicilié en France voisine, 
maçon auprès de la société B______ & Cie (ci-après : l'employeur) depuis le 27 
septembre 2004, était assuré auprès de la SUVA (ci-après : l'assureur-accidents ou 
l'intimée) contre les accidents professionnels et non professionnels. Le 
26 novembre 2015, alors qu'il montait sur une rampe d'accès à une benne, poussant 
une brouette chargée de béton, il a ressenti une douleur très violente au mollet droit. 
Il a consulté un médecin le jour même. 

2. L'employeur a annoncé le sinistre à l'assureur-accidents le 7 décembre 2015. 
L'assuré était employé à plein temps, son horaire de travail était de 38,75h/sem. Son 
emploi était régulier. 

Décrivant les faits, l'employeur a noté que l'assuré allait vider une brouette dans une 
benne. Il est monté sur une rampe d'accès. En arrivant au sommet il a ressenti une 
douleur très violente au mollet. Il a relevé sous rubrique « accident professionnel », 
s'agissant des objets en cause : « équipement usuel ». Sous rubrique « blessure » : 
déchirure musculaire à la jambe droite. L'assuré avait interrompu son travail à la 
suite de l'accident, dès le 26 novembre 2015. Le médecin traitant avait prescrit un 
arrêt de travail dès le jour de l'accident jusqu'au 5 janvier 2016. 

3. Dans son rapport initial du 29 décembre 2015, le docteur C______, spécialiste en 
médecine générale et médecine du sport à Thonon-les-Bains, a relevé que les 
premiers soins avaient été donnés le 26 novembre 2015. Il a relevé, selon les 
indications du patient : « douleur brutale mollet droit ». Dans les constatations 
objectives il a noté : « douleur mollet droit à la palpation et contraction ». Il a posé 
le diagnostic de lésion musculaire stade 3 selon Rodineau et prescrit de la 
kinésithérapie.  

Selon le rapport d'échographie du 30 novembre 2015 du Centre d'imagerie médicale 
des Sources à Thonon-les-Bains, le mollet droit montrait un aspect hétérogène du 
muscle gastrocnémien médial, et un aspect de désinsertion de la jonction 
myotendineuse ; présence d'un hématome inter-aponévrotique échogène hétérogène 
déjà organisé de 7 cm sur 4.5 cm et d'une épaisseur de 0.6 cm entre le muscle 
gastrocnémien et le soléaire. 

4. Dans le questionnaire spécifique destiné à la SUVA, l'assuré décrit les faits comme 
suit : « j'avais une brouette pleine de béton à vider dans la benne ; au moment de 
vider la brouette, j'ai ressenti un fort claquage au niveau du mollet qui m'a même 
empêché de vider la brouette ». Il a répondu négativement à la question de savoir si 
quelque chose de particulier (glissade, chute, coup, etc.…) s'était produit. 

5. Par courrier du 30 décembre 2015, l'assureur-accidents a indiqué à l'assuré que, 
selon les documents en sa possession, il n'y a pas eu d'accident au sens de l'art. 4 de 
la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales du 6 octobre 

 
 
 

 

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2000 (LPGA - RS 830.1). Les conditions de prise en charge du cas comme lésion 
corporelle assimilée à un accident n'étaient pas non plus remplies. Il lui était 
conseillé de déclarer le cas à son assurance-maladie. 

6. Selon la feuille-accident LAA remplie par le médecin traitant, l'incapacité de travail 
a été de 100 % du 26 novembre 2015 au 5 janvier 2016, et de 0 % dès le 6 janvier 
2016. 

7. Par courrier non daté mais enregistré par l'assureur-accidents le 27 janvier 2016, 
l'assuré a contesté la position de la SUVA du 30 décembre 2015 : la déchirure 
musculaire a été provoquée par la force qu'il a dû exercer pour vider la brouette, ses 
médecins lui ayant confirmé que c'était l'effort fourni qui avait provoqué ce 
traumatisme. 

8. Par courrier recommandé du 26 février 2016, la  SUVA a confirmé son refus de 
prise en charge. Copie de cette décision a été notifiée à l'employeur et au Groupe 
Mutuel (ci-après : l'assureur perte de gain maladie, Mutuel ou le recourant). 

9. Par courrier recommandé du 9 mars 2016, l'assureur perte de gain maladie a formé 
opposition « provisoire » à la décision susmentionnée. 

Par courrier recommandé du 17 mars 2015 (recte : 2016), Mutuel a motivé son 
opposition. En sa qualité d'assureur perte de gain maladie de l'employeur de 
l'assuré, il examine le droit aux indemnités journalières de ce dernier. Il annexait à 
son courrier la procuration signée par l'assuré le 16 mars 2016, l'autorisant à faire 
recours contre les décisions de l'assurance LAA. 

Selon la définition légale de l'accident - qui s'écarte du langage courant - la cause de 
l'accident doit être extraordinaire et non pas ses conséquences. La loi sur 
l'assurance-accidents et ses dispositions d'exécution prévoient, selon une liste 
exhaustive, que certaines lésions doivent être prises en charge par l'assurance-
accidents au titre de lésions assimilées à un accident, ceci pour autant, selon la 
jurisprudence, que l'on soit en présence d'un événement déclenchant déterminé et 
d'une importance significative selon la médecine des accidents. Dans le cas 
d'espèce, aucune cause extraordinaire n'a eu lieu. En revanche, selon les 
informations recueillies auprès de l'employeur, une brouette pleine de béton 
dépasse largement les 50 kg. Le fait de manipuler ce poids sur une rampe d'accès 
puis de vouloir effectuer un geste pour la vider dans une benne est une sollicitation 
physique accrue de nature à engendrer une déchirure musculaire, lésion qui est 
précisément visée par la liste exhaustive de celles qui peuvent être assimilées à un 
accident. L'assureur perte de gain maladie conclut donc à ce que l'assureur-
accidents prenne le cas en charge, au titre de lésion assimilée à un accident. 

10. Il ne ressort pas du dossier que l'assuré ait lui-même formé opposition, 
indépendante, contre la décision du 26 février 2016. 

11. Par décision sur opposition du 29 avril 2016 « dans les causes 1. A______; 2. 
Mutuel Assurances SA », la SUVA a rejeté l'opposition. Sur la base de la définition 

 
 
 

 

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légale de l'accident, et de l'interprétation qui en est faite par la jurisprudence et la 
doctrine, et de même en ce qui concerne les lésions assimilées à un accident, 
l'incident en cause ne saurait être appréhendé comme un accident au sens juridique 
du terme - ce que l'assureur perte de gain maladie reconnaît expressément - dès lors 
qu'il n'est pas survenu dans le cadre de circonstances particulièrement manifestes, 
telles qu'une chute ou un coup. Le geste effectué pour vider la brouette n'est pas 
non plus constitutif d'une lésion corporelle assimilée un accident, dans la mesure où 
il ne se dépasse pas clairement le cadre habituel des activités dévolues à un maçon. 
Dans ces conditions le point de savoir si l'assuré a subi une déchirure ou une 
élongation de muscle au sens de l'ordonnance sur l'assurance accidents, n'a pas à 
être examiné. C'est donc à juste titre que la SUVA a refusé de servir des prestations 
d'assurance. 

12. Par courrier recommandé du 26 mai 2016, Mutuel a interjeté recours contre « la 
décision sur opposition à l'endroit de M. A______ du 29 avril 2016 ». Étant rappelé 
que quiconque est touché par la décision ou la décision sur opposition, et a un 
intérêt digne d'être protégé à ce qu'elle soit annulée ou modifiée, a qualité pour 
recourir; la décision litigieuse a été adressée à la recourante qui l'a reçue le 2 mai 
2016; pour les branches d'assurances privées le porteur du risque est Mutuel, lequel 
est par ailleurs habilité à agir sur la base de la procuration signée par l'assuré en 
date du 16 mars 2016, qui autorise expressément l'assureur à recourir contre les 
décisions d'autres assureurs.  

Considérant que la douleur est survenue au moment où l'assuré vidait une brouette 
pleine de béton dans une benne, il s'agissait d'une part d'une sollicitation accrue, 
une telle brouette pesant largement plus de 50 kg; d'autre part, la lésion 
diagnostiquée fait partie de celles qui doivent être assimilées à un accident, et 
comme telles les prestations d'assurance y relatives doivent-elles être mises à la 
charge de l'intimée, l'événement du 26 novembre 2015 ayant entraîné une lésion 
assimilée à un accident. 

13. Représentée par un avocat, l'intimée a répondu au recours par mémoire du 21 juillet 
2016. Elle conclut à son rejet. La recourante ne conteste pas l'inexistence d'une 
cause extérieure extraordinaire, de sorte que la survenance d'un accident doit être 
niée dans le cas d'espèce. L'assureur-maladie prétend en revanche que l'on serait en 
présence d'une lésion assimilable à un accident, causée par un facteur dommageable 
extérieur. Selon la recourante, le fait d'entreprendre le geste de basculer une 
brouette sur une rampe au-dessus d'une benne pour en déverser le contenu serait 
constitutif d'un tel facteur extérieur, ce que l'intimée conteste. En effet l'assuré, 
maçon de formation, exerçant régulièrement cette activité, n'a rien fait d'autre que 
d'accomplir un geste banal dans l'exercice de son activité. Ni le fait d'être sur une 
rampe au-dessus d'une benne, ni le fait de devoir basculer une brouette remplie de 
béton de quelque 50 kg ne constituent des gestes inhabituels ou extraordinaires sur 
un chantier pour une telle activité. L'assuré n'a ni glissé ni percuté un obstacle ni 
trébuché ni n'a encore frappé son mollet contre un objet. La lésion est apparue 

 
 
 

 

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uniquement lorsqu'il a accompli le geste nécessité par la manœuvre de vidage de la 
brouette, geste qui ne comporte aucun caractère particulier. Il ne s'est pas agi d'une 
sollicitation anormale de l'organisme dans ce type d'activité. 

14. La recourante a brièvement répliqué par courrier du 18 août 2016 : elle persiste 
dans les conclusions de son recours. L'assuré a indiqué que la brouette qu'il devait 
basculer pesait largement plus que 50 kg. On ne saurait donc retenir qu'elle pesait 
« quelque 50 kg », comme le retient l'intimée dans sa réponse. À tout le moins 
l'intimé devait-elle, conformément à son devoir d'instruire d'office, se renseigner 
sur les circonstances exactes de l'événement, notamment le poids de la brouette, 
ainsi que la fréquence de cette tâche dans l'activité professionnelle pratiquée. De 
même, ce n'est pas le caractère extraordinaire des circonstances extérieures dans 
laquelle la lésion est apparue qui doit être apprécié. C'est la présence même d'une 
cause extérieure, point n'étant besoin qu'elle soit extraordinaire. Or vu le poids 
soulevé, et le geste au cours duquel la lésion est survenue, l'effort consenti ne 
constitue pas une sollicitation normale de l'organisme, mais va bien au-delà et doit 
donc être considéré comme une sollicitation accrue, de nature à engendrer une 
déchirure musculaire. 

15. L'intimée a brièvement dupliqué, persistant dans ses conclusions et réitérant 
l'argumentation topique de sa réponse. 

16. Sur quoi les parties ont été informées que la cause était gardée à juger. 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 5 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 
26 septembre 2010 (LOJ - E 2 05) en vigueur dès le 1er janvier 2011, la chambre 
des assurances sociales de la Cour de justice connaît en instance unique des 
contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des 
assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA - RS 830.1) relatives à la loi fédérale 
sur l'assurance-accidents, du 20 mars 1981 (LAA - RS 832.20). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Le délai de recours est de 30 jours (art. 60 al. 1 LPGA). Interjeté dans la forme et le 
délai prévus par la loi, le recours est recevable, en vertu des art. 56ss LPGA. 

3. Selon l'art. 49 al. 4 LPGA l'assureur qui rend une décision touchant l'obligation d'un 
autre assureur d'allouer des prestations est tenu de lui en communiquer un 
exemplaire. Cet autre assureur dispose des mêmes voies de droit que l'assuré. 

Formellement le recours du 26 mai 2016 a été interjeté par Mutuel assurances SA 
« contre la décision sur opposition à l'endroit de Monsieur A______ (domicilié en 
France) ». On rappellera que l'assuré avait, à fin janvier 2016, contesté la position 
de la SUVA du 30 décembre 2015, qui considérait que les faits et lésions subies le 
26 novembre 2015 ne relevaient pas d'un accident, et que les conditions 
d'application des dispositions permettant d'assimiler certaines lésions à un accident 

 
 
 

 

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n'étaient pas réunies, ce qui avait donné lieu à la notification d'une décision 
formelle de refus de prestations de la part de l'intimée, dont copie avait notamment 
été adressée, conformément à l'art. 49 al. 4 LPGA, à l'assureur-maladie. 

L'assuré n'avait pas lui-même formé opposition contre cette décision, mais Mutuel 
l'avait fait, par courrier du 17 mars 2016, joignant à son écriture une procuration de 
l'assuré autorisant Mutuel à recourir contre les décisions de l'assurance LAA. 
L'intimée avait bien compris que l'opposition émanait non seulement de l'assureur 
perte de gain mais aussi de l'assuré lui-même, raison pour laquelle il a rendu la 
décision sur opposition, objet des présentes, « dans les causes 1. A______; 2. 
Mutuel Assurances SA ». 

Dans la mesure où il ressort clairement de l'art. 49 LPGA qu'en l'occurrence Mutuel 
dispose des mêmes droits que l'assuré, y compris celui de recourir contre la  
décision concernée – en l'espèce la décision sur opposition du 29 avril 2016 de la 
SUVA - et qu'il pouvait ainsi le faire sans procuration expresse de son  assuré, le 
fait qu'il se prévale de la procuration signée par l'assuré – comme il l'avait fait au 
moment de former opposition - montre qu'il entendait ainsi recourir tant pour lui-
même que pour le compte de l'assuré, de sorte que ce dernier est d'emblée partie 
recourante sans qu'il ne soit nécessaire de l'appeler en cause. La procuration ne 
mentionnant toutefois pas que l'assuré élit domicile auprès de l'assureur qui le 
représente, la présente décision lui sera notifiée séparément.  

4. Le litige porte sur le droit éventuel du recourant à la prise en charge par l'intimée 
des suites de l'événement du 26 novembre  2015 au titre des prestations en cas de 
lésions corporelles assimilées à un accident au sens de l'art. 9 al. 2 let. d OLAA 
(déchirures de muscles). 

5. Sur le plan matériel, le point de savoir quel droit s’applique doit être tranché à la 
lumière du principe selon lequel les règles applicables sont celles en vigueur au 
moment où les faits juridiquement déterminants se sont produits (ATF 130 V 229 
consid. 1.1 et les références). Les règles de procédure s’appliquent quant à elles 
sans réserve dès le jour de son entrée en vigueur (ATF 117 V 71 consid. 6b).  

En l'espèce l'évènement litigieux datant du 26 novembre 2015, les modifications de 
la LAA et de l'OLAA entrées en vigueur le 1er janvier 2017 selon le ch. I de la LF 
du 25 sept. 2015 (Assurance-accidents et prévention des accidents, RO 2016 4375; 
FF 2008 4877, 2014 7691), n'entrent pas en ligne de compte, de sorte que le droit 
applicable est l'ancien droit, en vigueur au moment des faits (ci-après : aLAA et 
aOLAA). 

6. Selon l'art. 6 al. 1 LAA, les prestations d'assurance sont allouées en cas d'accident 
professionnel, d'accident non professionnel et de maladie professionnelle. Par 
accident, on entend toute atteinte dommageable, soudaine et involontaire, portée au 
corps humain par une cause extérieure extraordinaire qui compromet la santé 
physique, mentale ou psychique ou qui entraîne la mort (art. 4 LPGA; 
ATF 129 V 402 consid. 2.1 et ATF 122 V 230 consid. 1 et les références). 

 
 
 

 

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7. a. Aux termes de l'art. 6 al. 2 aLAA, le Conseil fédéral peut inclure dans l'assurance 
des lésions corporelles qui sont semblables aux conséquences d'un accident. En 
vertu de cette délégation de compétence, le Conseil fédéral a édicté l'art. 9 al. 2 de 
l'ordonnance sur l'assurance-accidents du 20 décembre 1982 (aOLAA ; RS 
832.202) qui prévoit que certaines lésions corporelles sont assimilées à un accident, 
même si elles ne sont pas causées par un facteur extérieur de caractère 
extraordinaire, pour autant qu'elles ne soient pas manifestement imputables à une 
maladie ou à des phénomènes dégénératifs. Ces lésions corporelles sont les 
suivantes : 

a. les fractures ; 

b. les déboîtements d'articulations ; 

c. les déchirures du ménisque ; 

d. les déchirures de muscles ; 

e. les élongations de muscles ; 

f. les déchirures de tendons ; 

g. les lésions de ligaments ; 

h. les lésions du tympan. 

Cette liste est exhaustive (ATF 116 V 136 consid. 4a, 145 consid. 2b).  

b. La notion de lésion assimilée à un accident a pour but d'éviter, au profit de 
l'assuré, la distinction souvent difficile entre maladie et accident. Aussi, les 
assureurs-accidents LAA doivent-ils assumer un risque qui, en raison de la 
distinction précitée, devrait en principe être couvert par l'assurance-maladie. Les 
lésions mentionnées à l'art. 9 al. 2 aOLAA sont assimilées à un accident même si 
elles ont, pour l'essentiel, une origine vraisemblablement maladive ou dégénérative, 
pour autant qu'une cause extérieure ait, au moins, déclenché les symptômes dont 
souffre l'assuré (ATF 139 V 327 consid. 3.1; ATF 129 V 466; 123 V 43 
consid. 2b). Il faut qu'un facteur extérieur soit une cause possible de la lésion, au 
moins à titre partiel, pour qu'une lésion assimilée à un accident soit admise (arrêt du 
Tribunal fédéral 8C_698/2007 du 27 octobre 2008, consid. 4.2). En revanche, en 
l'absence d'une cause extérieure - soit d'un événement similaire à un accident, 
externe au corps humain, susceptible d'être constaté de manière objective et qui 
présente une certaine importance -, fût-ce comme simple facteur déclenchant des 
lésions corporelles énumérées à l'art. 9 al. 2 aOLAA, les troubles constatés seront 
manifestement imputables à une maladie ou à des phénomènes dégénératifs, de 
sorte qu'il appartiendra à l'assurance-maladie d'en prendre en charge les suites 
(ATF 129 V 468 consid.4 ; ATF 123 V 44 consid. 2b ; ATF 116 V 147 consid. 2c). 
La notion de cause extérieure suppose qu'un événement générant un risque de 
lésion accru survienne. Tel est le cas notamment lors de changements de position 
du corps, qui sont fréquemment de nature à provoquer des lésions corporelles selon 

 
 
 

 

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les constatations de la médecine des accidents (brusque redressement du corps à 
partir de la position accroupie, le fait d'accomplir un mouvement violent ou en étant 
lourdement chargé, ou le changement de position corporelle de manière incontrôlée 
sous l'influence de phénomènes extérieurs; ATF 129 V 466 consid. 4.2.2). 
Confirmant sa jurisprudence publiée aux ATF 123 V 43 et dans RAMA 2001 
U 435/01 p. 332, le Tribunal fédéral a  rappelé dans cet arrêt qu'à l'exception du 
caractère extraordinaire de la cause extérieure, toutes les autres conditions 
constitutives de la notion d'accident doivent être réalisées. Il souligne qu'en cette 
matière, l'existence d'une cause extérieure - soit un événement similaire à un 
accident, externe au corps humain, susceptible d'être constaté de manière objective 
et qui présente une certaine importance - revêt une portée particulière en ce sens 
qu'à défaut, fût-ce comme simple facteur déclenchant des lésions corporelles au 
sens de celles énumérées à l'art. 9 al. 2 OLAA, les troubles constatés sont 
manifestement imputables à une maladie ou à des phénomènes dégénératifs dont la 
prise en charge incombe à l'assurance-maladie (ATF 129 V 466 avec les références 
citées). Le Tribunal fédéral a rappelé ces principes dans un arrêt récent 
(8C_815/2016  du 14 mars 2017 consid. 4.1). 

c. Selon la doctrine, pour admettre l'existence d'un lien de causalité naturelle, il 
suffit que l'événement assuré soit en partie à l'origine de l'atteinte à la santé. Un état 
dégénératif ou morbide antérieur n'exclut pas l'existence d'une lésion corporelle 
assimilée à un accident, lorsque celle-ci est causée ou aggravée par un événement 
accidentel. II faut cependant qu'une cause extérieure ait, au moins, déclenché les 
symptômes dont souffre l'assuré (voir ATF 123 V 43 consid. 2b ; ATF 116 V 145 
consid. 6c ; ATF 114 V 301 consid. 3c). Ainsi la notion de lésion assimilée à un 
accident a pour but d’éviter, au profit de l’assuré, la distinction souvent difficile 
entre maladie et accident. Aussi les assureurs-accidents doivent  assumer un risque 
qui, en raison de la distinction précitée, devrait en principe être couvert par 
l’assurance-maladie. Les lésions mentionnées à l’art. 9 al. 2 aOLAA sont assimilées 
à un accident même si elles ont, pour l’essentiel, une origine vraisemblablement 
maladive ou dégénérative, pour autant qu’une cause extérieure ait, au moins, 
déclenché les symptômes dont souffre l’assuré.  (Ghislaine Frésard-Fellay, Bettina 
Kahil-Wolff, Stéphanie Perrenoud Droit suisse de la sécurité sociale Volume II 
Précis Stämpfli 2015 p. 373 et sv ch. 146 et ref. citées). 

Aussi convient-il de nier l'existence d'une lésion corporelle assimilée à un accident 
dans tous les cas où le facteur dommageable extérieur se confond avec l'apparition 
(pour la première fois) de douleurs identifiées comme étant des symptômes de 
lésions corporelles au sens de celles énumérées à l'art. 9 al. 2 let. a à h aOLAA. 
L'apparition de douleurs en tant que telle ne constitue pas une cause extérieure au 
sens de la jurisprudence. En d'autres termes, l'on ne saurait considérer la condition 
posée à l'existence d'un facteur dommageable extérieur comme réalisée du seul fait 
qu'à un moment précis, l'assuré a éprouvé des douleurs pour la première fois. 
L'exigence d'un facteur dommageable extérieur n'est pas non plus donnée lorsque 

 
 
 

 

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l'assuré fait état de douleurs apparues pour la première fois après qu'il a accompli 
un geste de la vie courante. La notion de cause extérieure présuppose qu'un 
événement générant un risque accru de lésion survienne. Tel est le cas lorsque 
l'exercice de l'activité à la suite de laquelle l'assuré a éprouvé des douleurs incite à 
une prise de risque accrue, à l'instar de la pratique de nombreux sports. L'existence 
d'un facteur extérieur comportant un risque de lésion accru doit être admise lorsque 
le geste quotidien en cause équivaut à une sollicitation du corps, en particulier des 
membres, qui est physiologiquement plus élevée que la normale et dépasse ce qui 
est normalement maîtrisé du point de vue psychologique. C'est la raison pour 
laquelle les douleurs identifiées comme étant les symptômes de lésions corporelles 
au sens de celles énumérées à l'art. 9 al. 2 aOLAA ne sont pas prises en 
considération lorsqu'elles surviennent à la suite de gestes quotidiens accomplis sans 
qu'interfère un phénomène extérieur reconnaissable. Celui qui éprouve des douleurs 
identifiées comme étant les symptômes de lésions corporelles au sens de celles 
énumérées à l'art. 9 al. 2 OLAA, en se levant, en s'asseyant, en se couchant ou en se 
déplaçant dans une pièce, etc., ne saurait dès lors se prévaloir d'une lésion 
corporelle assimilée à un accident. A eux seuls, les efforts exercés sur le squelette, 
les articulations, les muscles, les tendons et les ligaments ne constituent pas une 
cause dommageable extérieure en tant qu'elle présuppose un risque de lésion non 
pas extraordinaire mais à tout le moins accru en regard d'une sollicitation normale 
de l'organisme (ATF 129 V 470 consid. 4.2.2). Par contre, l'exigence d'un facteur 
dommageable extérieur est donnée en cas de changements de position du corps qui 
sont fréquemment de  nature à provoquer des lésions corporelles, selon les 
constatations de la médecine des accidents. D'après la jurisprudence développée 
jusqu'à ce jour, tel est notamment le cas du brusque redressement du corps à partir 
de la position accroupie, du fait d'accomplir un mouvement violent ou en étant 
lourdement chargé, ou encore du fait de changer de position corporelle de manière 
incontrôlée sous l'influence de phénomènes extérieurs (ATF 129 V 471 
consid. 4.3 ; ATFA du 23 décembre 2003, cause U 180/03). 

Dans l’arrêt précité (U 180/03), le TFA a considéré que le fait pour un apprenti de 
se luxer l’épaule en levant le bras en même temps qu’il se retournait en direction 
d’un camarade de classe assis derrière lui ne correspondait à aucun traumatisme de 
l’épaule et que le mouvement n’avait pas été soudain, involontaire ou d’une 
certaine gravité. Au contraire, il s’était déroulé normalement, sans que le membre 
supérieur gauche ne soit sollicité de manière particulière et sans qu’aucun 
phénomène extérieur n’interfère. Les circonstances dans lesquelles l’assuré s’était 
luxé l’épaule gauche ne révélaient pas qu’un événement similaire à un accident, 
externe au corps humain, susceptible d’être constaté de manière objective et d’une 
certaine importance, se soit produit. Faute de cause dommageable extérieure, il n’y 
avait pas lieu d’admettre que l’assuré ait été victime d’une lésion corporelle 
assimilée à un accident au sens de la jurisprudence et des dispositions légales 
précitées. 

 
 
 

 

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De même, le TFA a-t-il estimé que le facteur extérieur fait défaut, lorsqu'un assuré 
se rompt un tendon de l'épaule en soulevant simplement une lourde poêle dans la 
cuisine. Il indique que cette activité s'inscrit dans le cadre des activités habituelles 
de l'assuré lequel est aide de cuisine. Il en irait autrement si l'assuré avait glissé en 
soulevant la poêle, ce qui aurait pu lui causer la blessure à l'épaule [ATFA du 
6 octobre 2006, U 205/06] (ATAS/1144/2006). 

Dans ce dernier arrêt cantonal, confirmé sur recours par le tribunal fédéral (arrêt du 
tribunal fédéral U 45/07 du 2 mai 2007, le tribunal cantonal des assurances sociales 
de Genève avait retenu que l'assuré s'était relevé en se tournant à droite, suite à 
l'appel de sa secrétaire, précisant ultérieurement qu'il s'agissait d'un mouvement 
inhabituel et qu'il s'était redressé machinalement d'un bond, le tribunal fédéral 
précisant dans son arrêt que l'on pouvait en tout cas tenir pour établi que l'assuré, 
alors qu'il était occupé dans la position accroupie à vérifier un véhicule, avait été 
interpellé par une secrétaire de l'entreprise. Celle-ci se trouvait dans son dos. Il 
s'était alors relevé en pivotant sur sa droite cependant qu'il avait entendu un 
"craquement" au genou. Quant aux explications données par l'assuré en procédure 
cantonale, elles étaient cohérentes et crédibles. On concevait tout à fait que l'assuré, 
qui était affairé à son travail, ait pu être surpris par l'interpellation de la secrétaire et 
qu'il se soit relevé dans un mouvement non contrôlé plus ou moins brusque et en 
pivotant, ce qui avait généré une sollicitation du corps plus importante que la 
normale. C'est donc à bon droit, au regard de la jurisprudence, que les premiers 
juges avaient conclu à l'existence d'une lésion corporelle assimilée à un accident.  

En revanche, dans un arrêt du 22 mai 2006 (cause V 220/05 consid. 4.2), le TFA   
a-t-il admis l'existence d'un facteur dommageable extérieur dans le cas d'une 
assistante à domicile qui, dans le but de retenir une patiente, a exécuté un 
mouvement brusque avec les bras aux fins d'entourer sa patiente, alors même que 
celle-ci ne lui était pas tombée dessus et que l'assistante n'avait donc pas retenu son 
poids. 

Dans un arrêt du 23 janvier 2006 (ATAS/45/06), le Tribunal de céans a admis 
l'existence d'un facteur extérieur dommageable dans le cas d'un assuré qui, jouant 
au tennis, avait effectué un mouvement de torsion brutal avec appui sur le pied 
gauche, ayant pour conséquence une déchirure du tendon d'Achille. 

d. Si l'on peut admettre qu'un accident n'a fait que déclencher un processus qui 
serait de toute façon survenu sans cet événement, le lien de causalité naturelle entre 
les symptômes présentés par l'assuré et l'accident doit être nié lorsque l'état maladif 
antérieur est revenu au stade où il se trouvait avant l'accident (statu quo ante) ou s'il 
est parvenu au stade d'évolution qu'il aurait atteint sans l'accident (statu quo sine). 
En principe, on examinera si l'atteinte à la santé est encore imputable à l'accident ou 
ne l'est plus (statu quo ante ou statu quo sine) sur le critère de la vraisemblance 
prépondérante, usuel en matière de preuve dans le domaine des assurances sociales 
(ATF 126 V 360 consid. 5b, ATF 125 V 195 consid. 2). Toutefois, les lésions 
seront assimilées à un accident aussi longtemps que leur origine maladive ou 

 
 
 

 

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dégénérative, à l'exclusion d'une origine accidentelle, n'est pas clairement établie. 
On ne se fondera donc pas simplement sur le degré de vraisemblance prépondérante 
pour admettre l'évolution d'une telle atteinte vers un statu quo sine. Sinon, on se 
trouverait à nouveau confronté, immédiatement après avoir admis l'existence d'une 
lésion assimilée à un accident, à la difficulté de distinguer entre l'origine 
accidentelle et maladive de cette atteinte (arrêts du Tribunal fédéral 8C_347/2013 
du 18 février 2014 consid. 3.2 ; 8C_698/2007 du 27 octobre 2008 consid. 4.2 ; 
8C_551/2007 du 8 août 2008 consid. 4.1.2 ; 8C_357/2007 du 31 janvier 2008 
consid. 2). 

Ces règles sont également applicables lorsqu'une des lésions mentionnées à 
l'art. 9 al. 2 OLAA est survenue lors d'un événement répondant à la définition de 
l'accident au sens de l'art. 6 al. 1 LAA. En effet, si l'influence d'un facteur extérieur, 
soudain et involontaire suffit pour ouvrir droit à des prestations de l'assureur-
accidents pour les suites d'une lésion corporelle mentionnée à l'art. 9 al. 2 OLAA, 
on ne voit pas, a fortiori, que cette réglementation spécifique ne doive pas trouver 
application dans l'éventualité où ce facteur revêt un caractère extraordinaire. Il faut 
néanmoins que la lésion corporelle (assimilée) puisse être rattachée à l'accident en 
cause car, à défaut d'un événement particulier à l'origine de l'atteinte à la santé, il y 
a lieu de conclure à une lésion exclusivement maladive ou dégénérative (arrêts du 
Tribunal fédéral 8C_347/2013 du 18 février 2013 consid. 3.2 ; 8C_698/2007 du 
27 octobre 2008 consid. 4.2 ; 8C_357/2007 du 31 janvier 2008, consid. 3.2). 

8. Le juge des assurances sociales fonde sa décision, sauf dispositions contraires de la 
loi, sur les faits qui, faute d’être établis de manière irréfutable, apparaissent comme 
les plus vraisemblables, c’est-à-dire qui présentent un degré de vraisemblance 
prépondérante. Il ne suffit donc pas qu’un fait puisse être considéré seulement 
comme une hypothèse possible ; la vraisemblance prépondérante suppose que, d'un 
point de vue objectif, des motifs importants plaident pour l'exactitude d'une 
allégation, sans que d'autres possibilités ne revêtent une importance significative ou 
n'entrent raisonnablement en considération (ATF 139 V 176 consid. 5.3 et les 
références). Parmi tous les éléments de fait allégués ou envisageables, le juge doit, 
le cas échéant, retenir ceux qui lui paraissent les plus probables (ATF 126 V 360 
consid. 5b ; 125 V 195 consid. 2 et les références ; cf. ATF 130 III 324 consid. 3.2 
et 3.3). Aussi n’existe-t-il pas, en droit des assurances sociales, un principe selon 
lequel l’administration ou le juge devrait statuer, dans le doute, en faveur de 
l’assuré (ATF 126 V 322 consid. 5a). 

Si l’administration ou le juge, se fondant sur une appréciation consciencieuse des 
preuves fournies par les investigations auxquelles ils doivent procéder d’office, sont 
convaincus que certains faits présentent un degré de vraisemblance prépondérante 
et que d’autres mesures probatoires ne pourraient plus modifier cette appréciation, 
il est superflu d’administrer d’autres preuves (appréciation anticipée des preuves ; 
ATF 122 II 469 consid. 4a ; 122 III 223 consid. 3c). Une telle manière de procéder 
ne viole pas le droit d’être entendu selon l’art. 29 al. 2 Cst. (SVR 2001 IV n. 10 

 
 
 

 

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p. 28 consid. 4b), la jurisprudence rendue sous l’empire de l’art. 4 aCst. étant 
toujours valable (ATF 124 V 94 consid. 4b ; 122 V 162 consid. 1d). 

9. En l'espèce, il n'est pas contesté que la lésion en cause constitue une déchirure 
musculaire au sens de l'art. 9 al. 2 let. d aOLAA, de sorte qu'il convient d'examiner 
si elle a été causée ou non par l'existence d'un facteur extérieur, au sens de la 
jurisprudence précitée, les conditions d'une atteinte corporelle dommageable, 
soudaine et involontaire étant par ailleurs remplies. 

Décrivant les faits, l'employeur a noté que l'assuré allait vider une brouette dans une 
benne. Il est monté sur une rampe d'accès. En arrivant au sommet il a ressenti une 
douleur très violente au mollet. Il a relevé sous rubrique « accident professionnel », 
s'agissant des objets en cause : « équipement usuel ». Sous rubrique « blessure » : 
déchirure musculaire à la jambe droite. Quant à l'assuré, il décrit les faits comme 
suit dans le questionnaire spécifique que lui avait adressé l'intimée : « J'avais une 
brouette pleine de béton à vider dans la benne ; au moment de vider la brouette, j'ai 
ressenti un fort claquage au niveau du mollet qui m'a même empêché de vider la 
brouette ». Il a répondu négativement à la question de savoir si quelque chose de 
particulier (glissade, chute, coup, etc.…) s'était produit. Certes, le 27 janvier 2016, 
s'opposant à l'avis de l'intimée selon lequel il n'y avait pas eu d'accident en 
l'occurrence, l'assuré a contesté la position de la SUVA du 30 décembre 2015 : la 
déchirure musculaire avait été provoquée par la force qu'il avait dû exercer pour 
vider la brouette, ses médecins lui ayant confirmé que c'était l'effort fourni qui avait 
provoqué ce traumatisme. Mais cela ne change rien au déroulement des faits, au 
caractère usuel de cette manœuvre dans l'activité professionnelle de l'assuré, et à 
l'absence d'élément extérieur particulier. 

Pour le surplus, l'assuré, après sa contestation initiale qui a débouché sur une 
décision formelle, contre laquelle l'assureur perte de gain maladie avait interjeté 
opposition pour son compte, et pour le compte de l'assuré, ce dernier ne s'est pas 
plus impliqué personnellement dans la procédure administrative et sur recours, 
laissant le soin à son assureur perte de gain maladie de recourir, montrant ainsi que 
l'important pour lui est que l'une ou l'autre des assurances prenne le cas en charge, 
ce qui renvoie d'ailleurs à sa première déclaration selon laquelle il a spontanément 
expliqué que lors de l'événement du 26 novembre 2015 il devait vider une brouette 
pleine de béton dans une benne, et qu'à cette occasion rien de particulier comme 
une glissade, une chute ou un coup ne s'était produit. De son côté, l'employeur, dans 
sa déclaration, a précisé que l'événement s'était produit alors que l'employé 
manipulait un équipement usuel, soit en l'occurrence une brouette pleine de béton à 
vider dans une benne accessible par une rampe d'accès. Une telle description entre 
dès lors manifestement dans l'activité habituelle de maçon sur un chantier. Il ressort 
en effet du cours ordinaire des choses et de l'expérience de la vie que les maçons, 
travailleurs de force, charrient usuellement, au moyen de brouette, des résidus de 
béton, par essence lourds, pour les évacuer du chantier, à la manière dont l'assuré a 
agi dans le cas particulier. En l'occurrence, au moment de l'événement litigieux 

 
 
 

 

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l'intéressé exerçait cette profession, pour le même employeur depuis 2004, de sorte 
que l'on peut considérer au degré de la vraisemblance prépondérante que ce n'était 
en tout cas pas la première fois qu'il accomplissait ce genre de tâches, étant relevé 
qu'à aucun moment dans le dossier il n'a été question de ce que cette brouette aurait 
été plus lourde que d'ordinaire, que l'intéressé aurait rencontré d'emblée des 
difficultés particulières à la rouler sur la rampe d'accès, ou autres circonstances 
permettant de considérer que l'on se soit trouvé dans les circonstances d'une 
sollicitation accrue et extraordinaire du corps humain. Certes, la recourante a tenté 
de soutenir que l'intimée minimisait le poids de la brouette, opposant les 
déclarations de l'assuré, - indiquant que la brouette pesait largement plus que 
50 kg -, aux allégués de l'intimé - qui indique dans sa réponse qu'elle pesait 
«quelque 50 kg ». Cette objection n'y change rien, car un tel poids, à quelques kilos 
près, apparaît être une charge tout à fait usuelle pour des professionnels comme 
l'assuré. 

A l'instar de la jurisprudence mentionnée précédemment, - au sujet d'un apprenti 
aide de cuisine qui s'était luxé l'épaule en soulevant une lourde poêle, manipulation 
qui entrait manifestement dans des gestes usuels dans cette profession, le Tribunal 
fédéral ayant nié l'existence d’une lésion corporelle assimilée à un accident au sens 
de la jurisprudence et des dispositions légales précitées, tout en précisant qu'il en 
aurait été autrement si l'assuré avait glissé en soulevant la poêle, ce qui aurait pu lui 
causer la blessure à l'épaule - les circonstances de l'événement du 26 novembre 
2015 pour l'assuré sont comparables à la situation que la jurisprudence a ainsi 
rappelée. Il ne s'agit à l'évidence point tant de comparer le poids respectif d'une 
lourde poêle et d'une brouette chargée de résidus de béton, que de comparer les 
gestes et efforts usuels de l'un et de l'autre, chacun dans sa profession, lors de 
circonstances dans lesquelles aucun événement extérieur conforme à la définition 
de l'accident ait interféré dans la manœuvre ayant entraîné la survenance d'une 
lésion au sens de l'art. 9 al. 2 aOLAA. 

10. Au vu de ce qui précède, on ne saurait donc assimiler la lésion subie par l'assuré à 
un accident, de sorte que le recours doit être rejeté, l'assureur perte de gain maladie 
devant supporter les prestations litigieuses, celles-ci ne relevant pas de l'assurance-
accidents, mais au contraire de l'assurance-maladie. 

Dans le cas particulier, au vu du contenu du dossier qui comporte tous les éléments 
nécessaires pour statuer en toute connaissance de cause, la chambre de céans 
considère comme inutile de procéder à des investigations complémentaires, 
notamment sous forme d'enquêtes, par l'audition de l'employeur, de l'assuré ou de 
tiers, sur le déroulement de l'événement litigieux, ou pour en savoir plus sur le 
poids de la brouette, car ces mesures d'instruction n'auraient aucune influence sur la 
solution du litige (appréciation anticipée des preuves). 

11. Selon la réglementation légale et la jurisprudence, les assureurs sociaux qui 
obtiennent gain de cause devant une juridiction de première instance n’ont pas droit 
à une indemnité de dépens, sauf en cas de recours téméraire ou interjeté à la légère 

 
 
 

 

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par l’assuré ou lorsque, en raison de la complexité du litige, on ne saurait attendre 
d’une caisse qu’elle se passe des services d’un avocat indépendant ; cela vaut 
également pour les actions en matière de prévoyance professionnelle 
(ATF 126 V 149 consid. 4 ; voir également l’art. 73 al. 2 LPP). Cette jurisprudence, 
fondée sur le principe de la gratuité de la procédure de première instance en droit 
fédéral des assurances sociales, l’emporte sur d’éventuelles dispositions contraires 
du droit de procédure cantonal. 

Au vu de ce qui précède, en tout état les recourants qui succombent n'ont pas droit à 
des dépens, d'autant que l'un d'eux, représentant l'autre en même temps qu'il plaide 
pour lui-même, ne saurait prétendre à l'octroi de dépens, en tant qu'assureur ayant 
sa propre organisation, notamment un service juridique lui permettant de défendre 
ses droits de manière autonome. 

S'agissant de l'intimée, elle n'a pas davantage de droit à l'octroi de dépens, quand 
bien même le recours est rejeté, et nonobstant le fait qu'elle ait été représentée par 
un avocat. On doit en effet admettre d'une part que le recours, même rejeté, ne 
présente pas les caractéristiques d'un recours téméraire ou interjeté à la légère, et 
d'autre part, le litige n'apparaissait pas d'une complexité telle que l'intimée dût se 
faire représenter par un avocat pour défendre sa cause. 

12. Pour le surplus, la procédure est gratuite (art. 61 let. a LPGA).  

 

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

À la forme : 

1. Déclare les recours recevables. 

Au fond : 

2. Les rejette. 

3. Dit que la procédure est gratuite. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110); le mémoire de recours doit indiquer les 
conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de 
son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l'envoi. 

 
La greffière 

 
 
 
 

Florence SCHMUTZ 

 Le président 
 
 
 
 

Mario-Dominique TORELLO 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 
de la santé publique par le greffe le