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**Case Identifier:** ae2d7d2c-2045-5ac6-94d3-ebbe4721abba
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2005-11-24
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 24.11.2005 C/9873/2005
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-9873-2005_2005-11-24.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 28.11.2005. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/9873/2005 ACJC/1391/2005 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

1ère Section 

AUDIENCE DU JEUDI 24 NOVEMBRE 2005 

 

Entre 

A______ SA, sise ______, appelante d'un jugement rendu par la 9ème Chambre du 
Tribunal de première instance de ce canton le 14 septembre 2005, comparant par  

Me Tal Schibler, avocat, avenue Krieg 44, case postale 45, 1211 Genève 17, en l’étude 
duquel elle fait élection de domicile aux fins des présentes, 

et 

B______ SA, sise ______, intimée, comparant d'abord en personne, puis par 
Me Nicolas Droz, avocat, rue de la Rôtisserie 2, case postale 3809, 1211 Genève 3, en 

l'étude duquel elle fait élection de domicile, 

 

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C/9873/2005 

EN FAIT 

A. Par jugement du 7 septembre, communiqué aux parties par plis du 16 septembre 
2005, le Tribunal de première instance a débouté A______ SA des fins de sa 

requête tendant à la mainlevée de l’opposition formée par B______ SA au 
commandement de payer poursuite no 2______, pour les sommes de 31'437 fr. 50 

avec intérêts à 9% dès le 18 août 2003 et de 1'600 fr. en capital. En résumé, le 

Tribunal a constaté que les bulletins de livraison signés par le débiteur ne 

comportaient pas la mention de prix facturé, ce qui excluait l’application de  
l’art. 82 al. 1 LP. 

 Par acte déposé au greffe de la Cour le 29 septembre 2005, A______ SA forme 

appel contre ce jugement et reprend ses conclusions de première instance avec 

suite de frais et dépens. De son côté, B______ SA conclut au rejet de l’appel avec 
suite de dépens. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent des pièces produites devant le premier juge. 

 a. Entre le 19 juin et le 14 août 2003, C______ SA a livré à B______ SA 
différents appareils et accessoires de climatisation, selon le mode suivant : 

 Chaque livraison a fait l’objet d’un bulletin décrivant le matériel livré avec les 
références techniques, par exemple «climatiseur D______», mais ne comportant 

aucune indication du prix. Ces bulletins ont été signés par un représentant de 

B______ SA. 

 En règle générale le jour de la livraison, C______ SA a établi une facture pour 

l’appareil concerné. Pour reprendre l’exemple précité, sa pièce décrit 
« [climatiseur] D______ 1______ » au prix brut de 2'990 fr., mais facturé  

2'184 fr. net en tenant compte d’un rabais de 30% et de la TVA de 7.6%, prix  
« à payer avant le 20/07/2003 ». Ces factures ne comportent pas la signature d’un 
représentant de B______ SA. 

 b. B______ SA ne s’est pas acquittée des factures envoyées par C______ SA, 
raison pour laquelle le vendeur lui a adressé des rappels. Le dernier rappel vise 

huit factures, pour un total de 31'437 fr. 49. 

 Le 18 décembre 2003, C______ SA a cédé à A______ SA les créances découlant 
des factures établies entre le 20 juin et le 15 août 2003 pour un montant total de 

31'437 fr. 50. B______ SA n’a pas donné suite aux sommations envoyées par 
A______ SA. 

 c. Le 14 mai 2004, A______ SA a fait notifier à B______ SA le commandement 
de payer poursuite no 2______, pour les sommes de 31'437 fr. 50 avec intérêts à 

9% dès le 18 août 2003 et de 1'600 fr. en capital. Le deuxième poste du 

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commandement de payer concerne prétendument les frais d’intervention du 
cessionnaire A______ SA. Opposition a été formée à cet acte de poursuite. 

 Le 3 mai 2005, A______ SA a saisi le Tribunal d’une requête en mainlevée 
provisoire d’opposition. Ses conclusions visent non seulement la mainlevée de 
l’opposition au commandement de payer précité, mais également la condamnation 
de B______ SA à lui verser les sommes déjà citées de 31'437 fr. 50 et de 1'600 fr. 

et également de 97 fr. à titre de frais de poursuite. 

 Après avoir, dans un premier temps, prononcé la mainlevée provisoire de 

l’opposition de B______ SA en raison du défaut de cette dernière, le Tribunal a 
rendu le jugement dont est appel. 

C. L’argumentation juridique des parties sera examinée ci-après, dans la mesure 
utile. 

EN DROIT 

1. Interjeté en temps utile, dans la forme prévue par la loi (art. 300 et 296 al. 1 LPC, 
par renvoi des art. 356 al. 1 LPC et 20 lit. b LALP), le présent appel est recevable. 

Selon les art. 20 al. 1 lit. b et 23 LALP, les jugements du Tribunal de première 

instance portant sur une demande de mainlevée, provisoire ou définitive, sont 

rendus en dernier ressort, selon la voie de la procédure sommaire. Seul est en 

conséquence ouvert l'appel extraordinaire en violation de la loi (art. 23A LALP et 

292 LPC). Le pouvoir d'examen de la Cour se trouve ainsi restreint au cadre défini 

à l'art. 292 al. 1 lit. c LPC. Elle ne peut dès lors revoir la décision attaquée que si 

celle-ci consacre une violation de la loi, respectivement une appréciation arbitraire 

d'un point de fait (SJ 1991 p. 135; 1990 p. 595; 1995 p. 521 ss). Néanmoins, le 

juge de la mainlevée doit vérifier d'office si la requête est fondée sur un titre de 

mainlevée valable, et ce, même en cas de défaut du débiteur (SJ 1984 p. 389). 

 La nature de l'appel extraordinaire implique que la Cour ne statue que dans les 

limites des moyens articulés par les parties; elle ne peut, sans être saisie d'un grief 

adéquat, corriger une violation de la loi dans le jugement attaqué (SJ 1990 p. 594; 

BERTOSSA/GAILLARD/GUYET/SCHMIDT, Commentaire de la loi de procédure civile 

genevoise, n. 6 ad art. 292 LPC). Dans le cadre des moyens que lui présentent les 

parties, la Cour apprécie en revanche librement le droit (SCHMIDT, Le pouvoir 

d'examen en droit de la Cour en cas d'appel pour violation de la loi, SJ 1995  

p. 521 ss). 

2.  L’appelante invoque une violation de l’art. 82 al. 1 LP, dans la mesure où le 
rapprochement des pièces produits vaudrait – selon elle – titre de mainlevée 
provisoire d’opposition. 

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2.1. Aux termes de l’art. 82 al. 2 LP, le créancier dont la poursuite se fonde sur 
une reconnaissance de dette constatée par acte authentique ou sous seing privé 

peut requérir la mainlevée provisoire. Constitue une reconnaissance de dette, au 

sens de cette disposition, l’acte authentique ou sous seing privé signé par le 
poursuivi d’où ressort sa volonté de payer au poursuivant, sans réserve ni 
condition, une somme d’argent déterminée, ou aisément déterminable, et échue; 
cette volonté peut découler du rapprochement de plusieurs pièces, autant que les 

éléments nécessaires en résultent (ATF 122 III 125 consid. 2). Les deux éléments 

essentiels de la reconnaissance de dette sont l’indication de la somme reconnue et 
la signature du débiteur (ACJC du 20.10.1972, in SJ 1980 p. 578). 

Par ailleurs, le contrat de vente ordinaire constitue une reconnaissance de dette 

pour le prix de vente échu, pour autant que le vendeur ait livré la chose vendue ou 

l’ait consignée, lorsque le prix était payable d’avance ou au comptant (GILLIERON, 
Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, Lausanne 

1999, n. 46 ad art. 82 LP; PANCHAUD/CAPREZ, La mainlevée d’opposition, 2ème 
édition, Zurich 1980 § 71). 

2.2. En l’espèce, l’appelante ne conteste pas que les bulletins de livraison – qui 
seuls comportent la signature de l’intimée – n’indiquent aucun prix d’achat. A la 
suivre cependant, la concordance entre les indications techniques des bulletins de 

livraison et celles des factures ainsi que la concomitance entre la livraison et 

l’établissement desdites factures constitueraient un faisceau d’indices : dès lors, 
refuser d’en déduire une reconnaissance de dette relèverait de l’arbitraire. En 
outre, les factures ne constitueraient qu’un titre annexe aux bulletins de livraison, 
de sorte que la signature de ceux-ci entraînerait la reconnaissance du montant 

contenu dans celles-là. 

En tant qu’elle remet en cause l’état de fait établi par le premier juge sans indiquer 
précisément en quoi celui-ci aurait commis arbitraire, cette argumentation est 

irrecevable. Au surplus, il convient de rappeler que le juge de la mainlevée statue 

au seul vu des pièces qui lui sont soumises («Urkundenprozess» : SJ 1980 

p. 382) : dès lors qu’il constate que seuls les bulletins de livraison portent une 
signature du débiteur, on ne peut affirmer que le débiteur avait connaissance des 

montants facturés au moment de cette signature. S’il est certain que ce débiteur 
avait conscience que la marchandise livrée ne l’était pas à titre gratuit, cela ne 
permet pas de retenir qu’il reconnaissait par sa signature sur le bulletin de 
livraison que le montant figurant dans la facture était dû. En argumentant de la 

sorte, l’appelante paraît confondre la procédure sommaire de mainlevée 
d’opposition et la procédure ordinaire en paiement. 

2.3. Contrairement à ce que soutient l’appelante, les différents contrats de vente 
passés entre le vendeur et l’intimée ne valent pas en eux-mêmes reconnaissance 

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de dette. Là encore, la précision du prix fait défaut et, de surcroît, les parties 

n’avaient pas convenu d’une exigibilité immédiate du prix de vente. 

Par conséquent, pour autant qu’ils sont recevables, les griefs de l’appelante sont 
infondés. Cela conduit au rejet de l’appel. 

3. Vu l’issue de la procédure, l’appelante supportera les dépens d’appel, à savoir 
l’émolument de mise au rôle, qui reste acquis à l’Etat (art. 61 al. 1 et 48 ss OELP). 

En outre, elle versera à sa partie adverse, cette dernière l’ayant sollicité, une 
indemnité équitable à titre de dépens (art. 62 al. 1 OELP). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté par A______ SA contre le jugement 

JTPI/11600/2005 rendu le 14 septembre 2005 par le Tribunal de première instance  

dans la cause C/9873/2005-9 SS. 

Au fond : 

Le rejette. 

Condamne A______ SA aux frais d’appel ainsi qu’à une indemnité de 500 fr. à payer à 
sa partie adverse à titre de dépens. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Siégeant : 

Mme Marguerite JACOT-DES-COMBES, présidente; M. Louis PEILA et M. François 

CHAIX, juges; Mme Fatina SCHAERER, greffier. 

 

La présidente : 

Marguerite JACOT-DES-COMBES 

 Le greffier : 

Fatina SCHAERER