# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 59e52cb3-d44a-58cd-a9c2-ba21d2aa957a
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-06-30
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 30.06.2017 C/5556/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-5556-2017_2017-06-30.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué à la partie appelante par pli recommandé, ainsi qu'au 

Registre du commerce le 04.07.2017. 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/5556/2017 ACJC/819/2017 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 30 JUIN 2017 

 

 

 

Monsieur A______, domicilié ______, appelant d'un jugement rendu la 22ème 
Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 4 mai 2017, comparant en 

personne. 

 

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C/5556/2017 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/5838/2017 du 4 mai 2017, reçu le 10 mai 2017 par B______ 
au domicile de son administrateur A______, le Tribunal de première instance, 

statuant par voie de procédure sommaire, a déclaré irrecevable la requête en 

réinscription formée par B______ (ch. 1 du dispositif), arrêté les frais judiciaires à 

1'000 fr., mis à la charge de ladite société et compensés avec l'avance de frais 

fournie (ch. 2 et 3) et ordonné la communication du jugement à l'Office du 

Registre du commerce. 

 Le Tribunal a considéré que B______, en raison de sa radiation, ne pouvait plus 

actionner en justice et n'avait ainsi pas la qualité pour requérir sa réinscription. 

B. Par acte déposé au greffe de la Cour de justice le 22 mai 2017, A______ forme 
appel contre le jugement précité. Il expose ce qui suit :  

"(…) il est très important pour moi que la société B______ soit réinscrite au 

registre du commerce, au nom de cette société il y a des baux pour deux 

appartements, une arcade pour un kebab, ainsi qu'une voiture avec ma femme 

nous avons travaillé d'arrache pieds pour avoir quelque chose et pas rester sans 

travail (être économiquement active dans la vie professionnelle)". Il précise que 

son épouse et lui-même se trouvent dans cette situation à cause de C______, 

associé de D______, et qu'ils risquent de tout perdre, alors qu'ils ont deux enfants 

à charge, dont l'un dans une école spécialisée. 

 A______ indique qu'il joint à son acte tous les documents qui prouvent sa "bonne 

foi". Il produit des pièces nouvelles en vrac. 

C. a. B______, inscrite le 9 décembre 2010 au Registre du commerce de Genève, 
était sise 1______, à Genève et avait pour but l'exploitation d'un commerce 

d'alimentation, import et export de tous produits suisses et étrangers et toute 

opération mobilière ou immobilière en relation directe ou indirecte avec le but 

social. 

 A______, domicilié 2______, à Genève, en était l'administrateur unique. 

 b. Par courrier recommandé du 13 septembre 2016, le Registre du commerce a 
sommé B______ de lui communiquer par écrit dans les trente jours son intérêt 

motivé au maintien de son inscription, la société ne semblant plus avoir d'activités 

et ne disposant apparemment plus d'actifs réalisables. 

 c. B______ ne s'étant pas manifestée, le Registre du commerce a procédé à une 
triple sommation publique dans la Feuille officielle suisse du commerce les 4, 7 et 

8 novembre 2016, dans laquelle les associés et les créanciers ont été sommés de 

faire valoir par écrit dans les trente jours un intérêt motivé au maintien de 

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l'inscription. Si aucune opposition ne parvenait dans ce délai, la société serait 

radiée d'office. Dans le cas contraire, le Registre du commerce transmettrait 

l'affaire au Tribunal pour décision. 

 d. Le 11 janvier 2017, B______ a été radiée d'office du Registre du commerce en 
application des art. 938a al. 1 CO et 155 al. 3 ORC, personne n'ayant fait valoir un 

intérêt au maintien de l'inscription. 

 e. Par acte expédié le 13 mars 2017 au Tribunal, A______, se désignant comme 
administrateur et actionnaire unique représentant B______, a requis la 

réinscription de celle-ci au Registre du commerce. 

 Il a exposé que la sommation du Registre du commerce lui était bien parvenue 
mais était restée sans suite parce que le recommandé avait été égaré, probablement 

par un employé de la société. Il n'en avait ainsi pas pris connaissance. Alerté par 

un courrier du Service des automobiles, il avait constaté que la société était 

considérée comme sans activité et qu'elle avait été radiée sans autre avis. 

 Par ailleurs, il a allégué que B______ était propriétaire du fonds de commerce de 

l'établissement public "E______", sis 1______ à Genève, dont il était l'exploitant. 

 Il a produit divers récépissés attestant des paiements effectués par la société entre 

juin et décembre 2016, ainsi que des arrangements de paiement conclus par celle-

ci avec l'Administration fiscale cantonale et les Services industriels de Genève. 

 f. A______ est titulaire de l'entreprise individuelle "F______", sise 1______ à 
Genève, inscrite au Registre du commerce, qui exploite une "sandwicherie, 

kebab". 

EN DROIT 

1. 1.1 La demande de réinscription d'une société radiée aboutit à une décision 
judiciaire de la juridiction gracieuse aux termes de l'art. 1 let. b CPC (ATF 139 III 

225 consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral 4A_412/2013 du 19 décembre 2013 

consid. 1; RUETSCHI, in Handelsregisterverordnung, Rino Siffert et al., éd., 2013, 

n. 32 ad art. 164 ORC). 

 La procédure sommaire s'applique à la procédure gracieuse (art. 248 let. e CPC). 

 1.2 La voie d'appel est ouverte contre les décisions finales de première instance si, 
dans les affaires patrimoniales, la valeur litigieuse au dernier état des conclusions 

est de 10'000 fr. au plus (art. 308 CPC). 

 Selon la jurisprudence, la demande de réinscription est une affaire pécuniaire; la 

valeur litigieuse est celle des avantages patrimoniaux que le requérant, d'après les 

indications qu'il lui incombe de fournir, pourrait vraisemblablement se procurer au 

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moyen de la mesure requise (arrêts du Tribunal fédéral 4A_412/2013 du 

19 décembre 2013 consid. 1 et 4A_465/2008 du 28 novembre 2008  

consid. 1.4 et 1.5, RNRF 2010 p. 309). En l'espèce, la société entend poursuivre 

son activité, de sorte qu'il y a lieu d'admettre que la valeur litigieuse est supérieure 

à 10'000 fr. 

 La voie de l'appel est par conséquent ouverte. 

 1.3 En procédure sommaire, l'appel, écrit et motivé, est introduit auprès de 
l'instance d'appel dans les dix jours à compter de la notification du jugement 

entrepris (art. 311 et 314 al. 1 CPC). 

 Même si l'appelant n'a pas pris de conclusions formelles, la Cour comprend qu'il 
conclut à ce que la réinscription de la société soit ordonnée. 

 Interjeté selon la forme et dans le délai prescrits, l'appel est ainsi recevable. 

2. Le Tribunal a considéré que la requête était irrecevable, dans la mesure où elle 
émanait d'une société radiée, qui ne pouvait ainsi plus actionner en justice. 

 2.1 Les actes de procédure des parties doivent être interprétés conformément aux 
règles de la bonne foi (ATF 105 II 149 consid. 2a = JdT 1980 I 177). Dans 

l'interprétation selon le principe de la bonne foi, l'autorité peut tenir compte du fait 

que le demandeur n'est pas représenté par un avocat et a rédigé lui-même ses 

conclusions (arrêt du Tribunal fédéral 4A_551/2008 du 12 mai 2009 consid. 2.3). 

 2.2 En l'espèce, la requête du 13 mars 2017 a été rédigée par l'administrateur 
unique de B______ qui ne dispose pas de connaissances juridiques. Celui-ci a 

certes désigné la société comme la demanderesse, mais il a précisé qu'il 

intervenait comme administrateur et actionnaire unique de celle-ci. Par ailleurs, il 

a signé l'acte en tant qu'administrateur. Sa signature ne figure pas à proximité 

immédiate du timbre humide de la société. Enfin, dans la requête l'administrateur 

s'exprime à titre personnel, en admettant que par manque de diligence la mise en 

demeure du Registre du commerce n'a pas été traitée. Au vu de toutes les 

circonstances, et afin d'éviter tout formalisme excessif, il y a lieu d'admettre que la 

requête du 13 mars 2017 émane de l'administrateur et non pas de la société radiée. 

D'ailleurs, l'administrateur agit clairement à titre personnel dans le cadre de 

l'appel. 

 La requête en réinscription peut émaner des membres du conseil d'administration, 
des liquidateurs, des actionnaires et des créanciers de la société radiée (arrêt du 

Tribunal fédéral 4A_16/2010 du 6 avril 2010 consid. 5.1.1). Par conséquent, la 

requête du 13 mars 2017 est recevable et le jugement attaqué sera modifié sur ce 

point. 

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3. L'appelant reproche au Tribunal de ne pas avoir ordonné la réinscription de la 
société. 

 3.1 
 3.1.1 Selon l'art. 938a al. 1 CO, lorsqu'une société n'exerce plus d'activités et n'a 

plus d'actifs réalisables, le préposé au Registre du commerce peut la radier du 

registre après une triple sommation publique demeurée sans résultat. Lorsqu'un 

actionnaire ou un créancier fait valoir un intérêt au maintien de l'inscription, le 

juge tranche (al. 2). 

 Cette disposition est concrétisée par l'art. 155 de l'Ordonnance sur le Registre du 

commerce (ORC). 

 Le but de l'art. 938a al. 1 CO est d'éviter que des sociétés qui n'exercent plus 

d'activités et qui ont été liquidées de fait ne restent inscrites au Registre du 

commerce. La radiation d'office présuppose toujours de manière cumulative, que 

la société n'exerce plus d'activités, qu'elle n'ait - selon ce qui ressort des 

circonstances - plus d'actifs réalisables et qu'une triple sommation publique soit 

demeurée sans résultat (Message du Conseil fédéral concernant la révision du 

code des obligations du 19 décembre 2001, FF 2002 p. 3035). 

 Selon la jurisprudence, une société anonyme doit être radiée du Registre du 

commerce, malgré l'absence d'une décision formelle de dissolution, lorsqu'elle est 

dissoute en fait, complètement liquidée et abandonnée par les associés (ATF 80 I 

60 consid. 2, JdT 1955 I 73). 

 3.1.2 Aux termes de l'art. 164 al. 1 ORC, le tribunal peut ordonner sur demande la 
réinscription au Registre du commerce d'une entité juridique radiée lorsqu'il est 

établi de manière vraisemblable : a. qu'il existe encore des actifs qui n'ont pas été 

réalisés ou distribués après la liquidation de l'entité juridique radiée; b. que l'entité 

juridique radiée est partie à une procédure judiciaire; c. que la réinscription est 

nécessaire pour l'adaptation d'un registre public, ou d. que la réinscription est 

nécessaire pour que la liquidation de la faillite de l'entité juridique radiée puisse 

être terminée. 

 Toute personne qui a un intérêt digne de protection à la réinscription de l'entité 

juridique radiée peut la demander (al. 2). En cas de réinscription, l'entité juridique 

radiée est inscrite comme entité en liquidation. Le liquidateur et l'adresse de 

liquidation sont également mentionnés (al. 4). 

 Le Tribunal fédéral a considéré que les motifs de réinscription prévus par l'art. 

164 ORC étaient exhaustifs (arrêt du Tribunal fédéral 4A_16/2010 du 6 avril 

2010, consid. 5.1.2). 

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Toutefois, l'art. 164 ORC n'a actuellement pas de base légale formelle. Un projet 

de loi visant à introduire un nouvel article 935 CO prévoyant que la réinscription 

d’une entité juridique radiée peut être requise par toute personne rendant 

vraisemblable un intérêt digne de protection est actuellement pendant. Selon cette 

nouvelle disposition, un tel intérêt existe, notamment, mais pas seulement, dans 

les hypothèses actuellement prévues par l'art. 164 al. 1 let. a à d ORC. Le Conseil 

fédéral relève à ce sujet qu'il est nécessaire d'élargir la liste des hypothèses 

mentionnées par l'art. 164 ORC, étant précisé que plusieurs jurisprudences 

cantonales vont déjà dans ce sens. Le projet ne comprend pas une disposition 

analogue à l'art. 164 al. 4 ORC. Il est prévu que l'inscription au RC doit être 

rétablie dans l'état où elle se trouvait au moment de la radiation (Message 

concernant la modification du code des obligations (droit du Registre du 

commerce) du 15 avril 2015, FF 2015, pp. 3281-3282).  

3.2 En l'espèce, il résulte des pièces produites en première instance qu'au moment 
de la première sommation du Registre du commerce et des trois publications dans 

la FOSC, la société exerçait encore une activité. En effet, elle a négocié un 

arrangement de paiement avec l'Administration fiscale cantonale ainsi qu'avec les 

Services industriels de Genève. De plus, elle payait ses créanciers, notamment son 

bailleur. Par ailleurs, B______ est propriétaire du fonds de commerce de 

l'établissement public "E______" exploité par son administrateur à l'adresse du 

siège de la société. 

Les éléments qui précèdent démontrent que les motifs qui ont fondé la radiation 

n'étaient pas réalisés. Dans l'interprétation de l'art. 164 ORC, il ne faut pas perdre 

de vue le but poursuivi par le législateur. La radiation d'office au sens de 

l'art. 938a al. 1 CO concerne les sociétés n'ayant plus d'activité et qui ont été 

liquidées de fait, ce qui n'est pas le cas de B______. L'appelant, en tant qu'ancien 

administrateur de la société, a un intérêt digne de protection à la réinscription de 

celle-ci, dans la mesure où, à défaut, celle-ci ne pourrait plus poursuivre l'activité 

qu'elle exerce, ni tenir les engagements contractés. Aucun intérêt ne s'oppose à ce 

que la société concernée poursuive son activité. Aucun élément du dossier ne 

permet notamment de retenir que la requête serait abusive.  

Compte tenu de ce qui précède, le jugement attaqué sera annulé et la réinscription 

de la société concernée sera ordonnée. Il est ainsi superflu d'examiner la 

recevabilité des pièces nouvelles produites par l'appelant. Vu le but de la loi, il n'y 

a pas lieu d'inscrire la société comme entité en liquidation. 

4. Les frais judiciaires de première instance, dont le montant n'est pas contesté, 
seront laissés à la charge de la société, s'agissant d'une cause relevant de la 

juridiction gracieuse (art. 107 al. 1 let. f CPC). Les chiffres 2 et 3 du dispositif du 

jugement attaqué seront par conséquent confirmés. 

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 Les frais judiciaires d'appel seront arrêtés à 1'000 fr. (art. 26 RTFMC) et mis à la 

charge de l'appelant, qui a été négligent en ne répondant pas aux sommations du 

Registre du commerce et en formulant incorrectement sa requête. Ils seront 

compensés avec l'avance de frais, qui demeure acquise à l'Etat de Genève (art. 111 

al. 1 CPC). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté le 22 mai 2017 par A______ contre le jugement 

JTPI/5838/2017 rendu le 4 mai 2017 par le Tribunal de première instance dans la cause 

C/5556/2017-22 SFC. 

Au fond : 

Annule le chiffre 1 du dispositif du jugement attaqué et, statuant à nouveau sur ce  

point : 

Ordonne au Registre du commerce de Genève de réinscrire la société B______. 

Confirme le jugement attaqué pour le surplus. 

Déboute A______ de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les fais judiciaires d'appel à 1'000 fr., les met à la charge de A______ et les 

compense avec l'avance de frais, qui demeure acquise à l'Etat de Genève. 

Siégeant : 

Madame Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ, présidente; Monsieur Laurent RIEBEN 

et Monsieur Ivo BUETTI, juges; Monsieur David VAZQUEZ, commis-greffier. 

 

La présidente : 

Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ 

 Le commis-greffier : 

David VAZQUEZ 

 

Indication des voies de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en matière 

civile; la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 72 

à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110). Il connaît 

également des recours constitutionnels subsidiaires; la qualité et les autres conditions pour 

interjeter recours sont déterminées par les art. 113 à 119 et 90 ss LTF. Dans les deux cas, le 

recours motivé doit être formé dans les trente jours qui suivent la notification de l'expédition 

complète de l'arrêt attaqué. L'art. 119 al. 1 LTF prévoit que si une partie forme un recours 

ordinaire et un recours constitutionnel, elle doit déposer les deux recours dans un seul 

mémoire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.