# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 66e289e7-5342-5189-a39d-d7678087f425
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2014-07-10
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 10.07.2014 BVGE 2014/38
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_BVGE-2014-38_2014-07-10.pdf

## Full Text

2014/38 Blocage d'avoirs 

 

 

664 BVGE / ATAF / DTAF 

 

9 Wirtschaft – Technische Zusammenarbeit  
Economie – Coopération technique 
Economia – Cooperazione tecnica 

38 

Extrait de l'arrêt de la Cour II 
dans les causes X. contre Département fédéral des affaires étrangères et 

X. contre Direction du droit international public 
B‒5148/2012 et B‒588/2013 du 10 juillet 2014 

Blocage des avoirs sur la base de l'ordonnance instituant des mesures 

à l'encontre de certaines personnes originaires de la République 

arabe d'Egypte (ci-après: O-Egypte). Demande de radiation de l'an-

nexe à ladite ordonnance. Restriction au droit d'accès au dossier. 

Art. 5, art. 26, art. 27 al. 1 et art. 28 PA. Art. 8 et art. 9 LPD. 

1. Irrecevabilité d'un recours formé par un individu contre l'in-
scription de son nom à l'annexe à l'O-Egypte (consid. 1.2). 

2. Requête expresse comme condition à l'examen d'une demande 
d'accès au dossier selon la LPD. Similarité des conditions à une 

restriction de l'accès au dossier selon la PA et la LPD (consid. 4 et 

5). 

3. Restriction de l'accès au dossier en cas d'intérêts publics impor-
tants. Portée de la notion juridique indéterminée de sécurité exté-

rieure. Etendue de l'obligation de motiver une restriction opérée 

sur cette base (consid. 7.1). 

4. Obligation de l'autorité d'informer la partie d'une éventuelle 
restriction de l'accès au dossier avant de rendre une décision 

(consid. 7.2). 

Sperrung von Geldern gestützt auf die Verordnung über Mass-

nahmen gegen gewisse Personen aus der Arabischen Republik 

Ägypten (nachfolgend: V-Ägypten). Antrag auf Streichung aus dem 

Anhang der Verordnung. Einschränkung des Akteneinsichtsrechts. 

Art. 5, Art. 26, Art. 27 Abs. 1 und Art. 28 VwVG. Art. 8 und Art. 9 

DSG. 

Blocage d'avoirs 2014/38 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 665 

 

1. Unzulässigkeit der Beschwerde einer betroffenen Person gegen 
die Eintragung seines Namens in den Anhang der V-Ägypten 

(E. 1.2). 

2. Ausdrückliches Begehren als Voraussetzung für die Beurteilung 
eines Akteneinsichtsgesuchs nach DSG. Ähnliche Kriterien für 

die Einschränkung der Akteneinsicht nach VwVG und DSG (E. 4 

und 5). 

3. Einschränkung der Akteneinsicht aufgrund wesentlicher öffent-
licher Interessen. Tragweite des unbestimmten Rechtsbegriffs der 

äusseren Sicherheit. Umfang der Begründungspflicht bei einer 

Einschränkung auf dieser Grundlage (E. 7.1). 

4. Pflicht der Behörde, die Partei vor dem Erlass einer Verfügung 
über eine eventuelle Einschränkung der Akteneinsicht zu infor-

mieren (E. 7.2). 

Blocco degli averi in virtù dell'ordinanza che istituisce provvedi-

menti nei confronti di talune persone originarie della Repubblica 

araba d'Egitto (di seguito: O-Egitto). Richiesta di stralcio dell'alle-

gato della suddetta ordinanza. Restrizione del diritto d'accesso agli 

atti. 

Art. 5, art. 26, art. 27 cpv. 1 e art. 28 PA. Art. 8 e art. 9 LPD.  

1. Inammissibilità del ricorso interposto da una persona contro l'is-
crizione del proprio nome nell'allegato dell'O-Egitto (consid. 1.2). 

2. Richiesta esplicita come condizione dell'esercizio del diritto d'ac-
cesso agli atti secondo la LPD. Similitudini tra le condizioni per 

la restrizione del diritto d'accesso previste dalla PA e dalla LPD 

(consid. 4 e 5). 

3. Restrizione dell'accesso agli atti in presenza di interessi pubblici 
importanti. Portata del concetto giuridico indeterminato di sicu-

rezza esterna. Ampiezza dell'obbligo di motivare una restrizione 

operata in virtù di un simile interesse (consid. 7.1). 

4. Obbligo per l'autorità di informare la parte in merito ad 
un'eventuale restrizione del diritto di accesso agli atti prima di 

emettere una decisione (consid. 7.2). 

 

2014/38 Blocage d'avoirs 

 

 

666 BVGE / ATAF / DTAF 

 

Le 2 février 2011, le Conseil fédéral, sur la base de l'art. 184 al. 3 Cst., a 

adopté l'ordonnance instituant des mesures à l'encontre de certaines per-

sonnes originaires de la République arabe d'Egypte (RS 946.231.132.1, 

ci-après: O-Egypte). Cet acte prévoit en particulier le gel du patrimoine 

des personnes ou entités citées dans son annexe (art. 1 al. 1 O-Egypte).  

Le nom de X. a été inscrit à l'annexe de l'O-Egypte lors de la modi-

fication du 4 septembre 2012 (RO 2012 4613) de l'ordonnance par le 

Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Le 13 septembre 

2012, le recourant a demandé la reconsidération de l'inscription, indi-

quant que ses fonds suisses et ceux de sa famille étaient d'ores et déjà 

bloqués par des procédures d'entraide et pénale. 

Par écritures du 28 septembre 2012, X. a formé recours auprès du Tribu-

nal administratif fédéral contre son inscription à l'annexe de l'O-Egypte 

(procédure B‒5148/2012). Il a argué que cette modification constituait 

une décision administrative, que son droit d'être entendu avait été violé 

au cours de la procédure de blocage des avoirs et que son inscription sur 

l'annexe de l'O-Egypte violait les exigences de l'art. 184 al. 3 Cst.  

Par décision du 17 décembre 2012, la Direction du droit international 

public (DDIP) a rejeté la demande de reconsidération qu'elle a qualifié de 

demande de radiation de l'annexe à l'O-Egypte; elle a accordé au recou-

rant, sur la base de la LPD (RS 235.1), un accès restreint au dossier afin 

de préserver les intérêts prépondérants de la Confédération suisse. 

Le 1er février 2013, le recourant a formé recours contre cette décision de 

la DDIP (procédure B‒588/2013) concluant à l'octroi de l'accès à l'inté-

gralité des pièces en mains de la DDIP, à l'annulation de la décision du 

17 décembre 2012 ainsi qu'à la radiation de son nom de l'annexe de l'O-

Egypte.  

Le Tribunal administratif fédéral a déclaré irrecevable le recours du 

28 septembre 2012 et a admis celui du 1er février 2013 dans le sens des 

considérants.  

Extrait des considérants: 

1. Le Tribunal administratif fédéral examine d'office et librement 
la recevabilité des recours qui lui sont soumis (cf. ATAF 2007/6 consid. 1 

et les réf. cit.). 

Blocage d'avoirs 2014/38 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 667 

 

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 LTAF, ce dernier 
connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 PA (art. 31 

LTAF), rendues par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. 

1.2 Le recours du 28 septembre 2012 (procédure B‒5148/2012) est 
formé contre la modification du 4 septembre 2012 de l'O-Egypte par le 

DFAE, laquelle a entraîné l'inscription du recourant dans l'annexe de 

ladite ordonnance. Sur le point de savoir si l'acte attaqué constitue une 

décision au sens de l'art. 5 PA pouvant faire l'objet d'un recours devant le 

Tribunal administratif fédéral ou s'il s'agit au contraire d'un acte normatif, 

auquel cas un tel recours s'avérerait exclu, le recourant se réfère en parti-

culier à l'arrêt Makhlouf du Tribunal administratif fédéral (arrêt du TAF 

B‒3488/2011 du 14 juin 2012); ce dernier y retient que le listing (in casu 

à l'annexe de l'ordonnance du Conseil fédéral instituant des mesures à 

l'encontre de la Syrie du 18 mai 2011 [RO 2011 2193, ci-après: aO-

Syrie]) revêt les caractéristiques matérielles d'une décision au sens de 

l'art. 5 PA, une telle inscription constituant un acte détachable de l'insti-

tution des mesures de coercition et donc de l'ordonnance. Il en déduit que 

l'acte entrepris doit être considéré comme une décision selon la dispo-

sition précitée contre laquelle la voie du recours au Tribunal administratif 

fédéral est ouverte. 

Quant à la DDIP, elle relève, d'une part, que les avoirs visés par l'O-

Egypte s'avèrent indéterminés et, d'autre part, que ladite ordonnance vise 

des avoirs par hypothèse sous contrôle du recourant mais dont les titu-

laires sont d'autres personnes, inconnues, ce qui signifie qu'elle peut 

s'appliquer à un nombre indéterminé de personnes. Elle considère que le 

fait que l'O-Egypte s'adresse à une pluralité de personnes et à différents 

biens, y compris ceux qui ne sont pas encore connus, lui donne le carac-

tère général et abstrait qui est propre aux règles de droit. Elle en déduit 

que l'ordonnance du 2 février 2011 se présente comme un acte normatif, 

le recours devant dès lors être déclaré irrecevable. 

1.2.1 Le Tribunal fédéral a été saisi d'un recours contre l'arrêt du Tri-
bunal administratif fédéral précité (B‒3488/2011). Dans son arrêt rendu 

le 27 mai 2013, il s'est prononcé sur la nature juridique de l'inscription 

d'une personne dans la liste de noms dressée en annexe d'une ordonnance 

(« listing ») édictée sur la base de la loi sur les embargos du 22 mars 

2002 (LEmb, RS 946.231) (ATF 139 II 384 consid. 2.3). Il a indiqué que 

l'usage de la forme de l'ordonnance par le Conseil fédéral crée l'appa-

rence d'un texte normatif qui n'est pas attaquable en tant que tel ‒ en l'ab-

sence d'un contrôle abstrait ‒ mais seulement à l'occasion du prononcé 

2014/38 Blocage d'avoirs 

 

 

668 BVGE / ATAF / DTAF 

 

d'une décision fondée sur celui-ci. Il a estimé que faire abstraction de la 

forme d'un tel acte pour y voir une décision matérielle directement sujette 

à recours entraînerait une insécurité juridique de sorte qu'il convenait 

d'admettre qu'une ordonnance ‒ y compris son annexe mentionnant les 

personnes et entités visées ‒ ne pouvait être contestée en tant que telle, 

l'intéressé devant requérir sa radiation de l'annexe auprès du département 

compétent et attaquer la décision de ce dernier. 

1.2.2 En l'espèce, il appert que, nonobstant le fait que l'O-Egypte se 
fonde sur l'art. 184 al. 3 Cst. alors que l'aO-Syrie visée par l'arrêt précité 

avait été édictée sur la base de la LEmb, les actes en cause se présentent 

tous deux sous forme d'ordonnances publiées au RS et qu'ils prévoient en 

particulier le gel des avoirs et des ressources économiques appartenant à 

ou sous contrôle des personnes physiques, entreprises et entités citées 

dans une annexe, les notions d'avoirs, de ressources économiques et de 

leur gel respectif étant par ailleurs définies de manière identique. En 

outre, les deux ordonnances imposent une obligation de déclarer aux per-

sonnes ou institutions qui détiennent ou gèrent des avoirs ou qui ont 

connaissance de ressources économiques dont il faut admettre qu'ils 

tombent sous le coup du gel des avoirs. De surcroît, il convient de relever 

que, lors de l'entrée en vigueur de la LEmb, de nombreuses ordonnances 

jusqu'alors basées sur l'art. 184 al. 3 Cst. ont été modifiées pour se fonder 

à l'avenir sur la nouvelle loi (cf. ROLAND E. VOCK, Die Umsetzung 

wirtschaftlicher Embargomassnahmen durch die Schweiz, in: Schwei-

zerisches Bundesverwaltungsrecht, vol. XI partie I, 2e éd. 2007, p. 237 

no 58). C'est le cas par exemple de l'ordonnance instituant des mesures à 

l'encontre de personnes et entités liées à Oussama ben Laden, au groupe 

« Al-Qaïda » ou aux Taliban du 2 octobre 2000 (RO 2000 2642; RO 2002 

3955; RS 946.203; cf. ATF 133 II 450 consid. 4), de l'ordonnance insti-

tuant des mesures économiques envers la République d'Irak du 7 août 

1990 (RO 1990 1316; RO 2002 3959; RS 946.206), de l'ordonnance 

instituant des mesures à l'encontre de certaines personnes originaires de 

l'ancienne République fédérale de Yougoslavie du 23 juin 1999 (RO 1999 

2224; RO 2002 3961; RS 946.207) ou encore de l'ordonnance instituant 

des mesures à l'encontre du Liberia du 27 juin 2001 (RO 2001 1686), 

remplacée par une nouvelle ordonnance du 19 janvier 2005 (RS 

946.231.16).  

1.2.3 Eu égard à ce qui précède, rien ne justifie de s'écarter, in casu, 
du raisonnement développé par la Haute Cour dans l'affaire précitée. 

Aussi, l'O-Egypte, dont l'annexe comprenant le nom du recourant fait 

Blocage d'avoirs 2014/38 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 669 

 

partie intégrante (cf. ATF 139 II 384 consid. 2.3), ne peut être contestée 

en tant que telle. Il résulte de ces considérations que l'acte attaqué dans le 

recours du 28 septembre 2012 (procédure B‒5148/2012) ne constitue pas 

une décision au sens de l'art. 5 PA. En conséquence, le recours doit, pour 

ce motif déjà, être déclaré irrecevable. 

1.3  
1.3.1 Quant au recours du 1er février 2013 (procédure B‒588/2013), il 
est formé contre la décision de la DDIP du 17 décembre 2012; celle-ci s'y 

est penchée sur la demande en reconsidération du recourant, la tenant 

pour une requête en radiation, cette qualification n'étant par ailleurs pas 

contestée par le recourant. Dans ces circonstances, il convient d'admettre 

que ce dernier a effectué des démarches équivalentes à celles prescrites 

par le Tribunal fédéral dans l'arrêt mentionné précédemment, consistant à 

requérir sa radiation de l'annexe auprès du département compétent et à 

attaquer la décision y afférente (cf. consid. 1.2.1; ATF 139 II 384 

consid. 2.3). Aussi, l'acte attaqué constitue une décision au sens de l'art. 5 

al. 1 let. c PA. En outre, il émane d'une autorité au sens de l'art. 33 let. d 

LTAF (art. 8 de l'ordonnance du 25 novembre 1998 sur l'organisation du 

gouvernement et de l'administration [OLOGA, RS 172.010.1] et son 

annexe 1; art. 8 de l'ordonnance sur l'organisation du Département fédé-

ral des affaires étrangères du 20 avril 2011 [Org DFAE, RS 172.211.1]). 

De plus, dès lors que le gel des avoirs équivaut à une saisie et touche 

directement le recourant dans ses droits de caractère civil (cf. ATF 132 I 

229 consid. 6.3; ATAF 2008/36 consid. 11.6), l'art. 6 par. 1 CEDH 

s'applique en l'espèce et, partant, l'exception prévue à l'art. 32 al. 1 let. a 

LTAF s'avère non réalisée (cf. ATF 139 II 384 consid. 2.3 et les réf. cit.). 

1.3.2 Le recourant, qui a pris part à la procédure devant l'autorité in-
férieure, est spécialement atteint par la décision et a un intérêt digne de 

protection à son annulation ou à sa modification. La qualité pour recourir 

doit dès lors lui être reconnue (art. 48 al. 1 let. a à c PA).  

1.3.3 Les dispositions relatives à la représentation, au délai de re-
cours, à la forme et au contenu du mémoire de recours (art. 11, 50 et 52 

al. 1 PA) ainsi que les autres conditions de recevabilité (art. 44 ss et 63 

al. 4 PA) sont en outre respectées.  

Le recours du 1er février 2013 (procédure B‒588/2013) est ainsi rece-

vable. 

2. Le recourant demande au Tribunal administratif fédéral de lui 
accorder l'accès à l'intégralité des pièces en mains de la DDIP dans le 

2014/38 Blocage d'avoirs 

 

 

670 BVGE / ATAF / DTAF 

 

cadre de la procédure de recours. L'autorité inférieure 2 (DDIP) a statué 

sur une demande de même nature et sur la base des mêmes dispositions 

de la PA que celles que le Tribunal administratif fédéral doit appliquer 

(art. 26 ss PA en relation avec l'art. 37 LTAF), restreignant le droit de 

consulter les pièces; dans ces circonstances et eu égard aux notions juri-

diques indéterminées concernées qu'il appartient à l'autorité inférieure 2 

‒ en tant qu'autorité spécialisée ‒ d'expliciter (cf. consid. 7.1.1), il 

convient de se pencher en premier lieu sur le bien-fondé de la restriction 

opérée par celle-ci. Dans ce contexte, le recourant se plaint d'ailleurs 

également d'une violation de son droit d'être entendu en raison du refus 

de la DDIP de lui garantir l'accès au dossier et d'une motivation insuf-

fisante de la décision entreprise. 

3. Se référant à l'art. 2 al. 2 let. c LPD, le recourant estime que 
toute procédure d'entraide judiciaire internationale a pour effet d'exclure 

l'application de cette loi. Relevant que le DFAE a institué des mesures de 

blocage sur ses avoirs et ressources financières en concertation avec les 

autorités égyptiennes et en détournement des règles de l'entraide pénale, 

il affirme que la République arabe d'Egypte ne saurait exiger des auto-

rités helvétiques que de telles mesures soient ordonnées sans passer par 

la voie de l'entraide pénale internationale. Renvoyant à l'art. 6 du traité 

d'entraide judiciaire en matière pénale entre la Confédération suisse et la 

République arabe d'Egypte du 7 octobre 2000 (RS 0.351.932.1) et à 

l'EIMP (RS 351.1), il ajoute que si les canaux légaux officiels avaient été 

suivis, à savoir la voie de l'entraide internationale en matière pénale, 

l'application de la LPD aurait été exclue de sorte que l'accès à l'ensemble 

des documents de la cause lui aurait été garanti. Il en déduit que les 

principes de droit de l'entraide judiciaire internationale devraient trouver 

application dans le cas présent, à l'exclusion de la LPD; aussi, à ses yeux, 

la DDIP aurait dû lui octroyer un accès complet à toutes les pièces sur 

lesquelles elle s'est fondée pour prendre la décision querellée. En outre, il 

note que la présente procédure est une procédure de recours et non une 

procédure administrative de première instance, la LPD ne trouvant dès 

lors de toutes les manières pas application. 

L'autorité inférieure 2 rappelle que la LPD est applicable aux procédures 

administratives de première instance, ce qui est le cas de celle ayant 

mené à la décision par laquelle elle a rejeté la requête en radiation et n'a 

accordé qu'un accès restreint au dossier; elle en déduit avoir à bon droit 

appliqué les dispositions de la LPD. Elle explique que, certes, s'il existe 

une procédure d'entraide judiciaire en matière pénale, la LPD ne s'y ap-

Blocage d'avoirs 2014/38 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 671 

 

plique pas; si, en parallèle à celle-ci, une procédure administrative de 

première instance est pendante, la LPD s'y applique, indépendamment de 

la procédure d'entraide. Elle ajoute que, dans le cadre d'une éventuelle 

procédure d'entraide judiciaire en matière pénale, il existe également des 

règles en matière de consultation du dossier. 

3.1 Le droit d'accès aux données personnelles découlant de la LPD 
ainsi que celui de consulter le dossier déduit de l'art. 29 Cst. et ancré à 

l'art. 26 PA s'agissant de la procédure administrative fédérale constituent 

deux droits distincts pouvant être invoqués indépendamment l'un de 

l'autre, une collision entre les deux droits pouvant dès lors survenir dans 

les procédures administratives de première instance devant les instances 

fédérales (art. 2 al. 2 let. c LPD; cf. ATF 125 II 473 consid. 4a; 123 II 

534 consid. 2e; WALDMANN/OESCHGER, in: Praxiskommentar VwVG, 

2009, art. 26 no 24; GRAMIGNA/MAURER-LAMBROU, in: Basler Kommen-

tar, Datenschutzgesetz, 2e éd. 2006, art. 8 no 31, ci-après: BSK DSG). 

3.2 A titre préliminaire, il sied de constater que le recourant ne 
critique pas le refus de l'autorité de lui octroyer l'accès au dossier sur la 

base de la LPD directement; point n'est dès lors besoin de déterminer si 

l'accès devrait lui être accordé sur cette base, cet aspect n'étant de ce fait 

pas compris dans l'objet de la présente procédure. En revanche, il s'en 

prend à l'applicabilité même de cette loi. Il y a lieu dès lors de se pencher 

sur la question de savoir si l'autorité inférieure 2 a appliqué, à bon droit, 

la LPD et, le cas échéant, d'en apprécier les conséquences.  

3.3 A teneur de l'art. 2 al. 2 let. c LPD, celle-ci ne s'applique pas 
notamment aux procédures pendantes d'entraide judiciaire internationale 

ainsi que de droit administratif, à l'exception des procédures administra-

tives de première instance. Cette exclusion se justifie par le fait que, dans 

les procédures en cause, des normes spécifiques protègent déjà la 

personnalité des personnes concernées (cf. MAURER-LAMBROU/KUNZ, 

in: BSK DSG, art. 2 no 27). Le but de cette clause d'exception consiste à 

éviter un concours objectif de normes, en ce sens que la LPD ne doit pas 

intervenir dans le déroulement de procédures judiciaires dans lesquelles 

la protection de la personnalité est déjà garantie par des normes légales 

spéciales, telles les dispositions de procédure réglant le droit d'être enten-

du ou le droit d'accès au dossier. L'application de la LPD dans ce cadre 

créerait en effet une insécurité juridique et induirait en outre un ralen-

tissement des procédures (cf. arrêt du TAF A‒4963/2011 du 2 avril 2012 

consid. 1.2.1 et les réf. cit.). Néanmoins, la LPD reste applicable aux 

procédures administratives de première instance, en raison des grands 

2014/38 Blocage d'avoirs 

 

 

672 BVGE / ATAF / DTAF 

 

risques que la non-application de la LPD pourrait faire courir aux per-

sonnes concernées; le message du 23 mars 1988 concernant la loi fédé-

rale sur la protection des données (FF 1988 II 421, 451) précise que la 

plupart des activités administratives auraient été privées de protection des 

données puisque la loi sur la procédure administrative régit en effet 

toutes les causes administratives qui débouchent sur une décision. Du 

moment que la plupart des activités administratives sont susceptibles 

d'aboutir à une décision, il eût été très facile aux organes fédéraux 

d'échapper aux obligations qui leur incombent en vertu de la protection 

des données. 

En l'espèce, la procédure déroulée devant l'autorité inférieure 2 se pré-

sente manifestement comme une procédure administrative de première 

instance. Le fait qu'il existe une procédure d'entraide parallèle ou qu'il 

devrait en exister une ne saurait rien changer à cette qualification formel-

le de la procédure en cause. 

En conséquence, si la LPD ne s'avère pas applicable à la présente procé-

dure de recours, l'art. 2 al. 2 let. c LPD ne faisait néanmoins pas obstacle 

à son application par la DDIP. La décision dont est recours n'apparaît pas 

critiquable sur ce point. 

4. L'autorité inférieure 2 s'est fondée sur l'art. 9 LPD pour justifier 
la restriction à l'accès au dossier.  

Les art. 8 ss LPD règlent l'accès aux données personnelles, ses modalités 

ainsi que ses restrictions. A teneur de l'art. 8 al. 1 LPD, toute personne 

peut demander au maître d'un fichier si des données la concernant sont 

traitées. En d'autres termes, le droit d'accès doit être exercé et présuppose 

le dépôt d'une requête, en général par écrit (art. 1 al. 1 OLPD 

[RS 235.11]; cf. GRAMIGNA/MAURER-LAMBROU, in: BSK DSG, art. 8 

no 37 ss; EPINEY/FASNACHT, in: Datenschutzrecht, 2011, § 11 

n. marg. 17). 

En l'espèce, le recourant a, par courrier du 13 septembre 2012 adressé au 

DFAE, déposé une demande de reconsidération et d'accès au dossier. Il 

n'a toutefois pas précisé le fondement juridique de ces requêtes; en 

particulier, le point de savoir si la demande d'accès au dossier repose sur 

la LPD, sur les dispositions générales de la PA ou sur les deux n'en 

ressort pas. Cela étant, en se penchant sur la formulation de ce courrier 

rédigé par le mandataire professionnel du recourant, il y a lieu tout 

d'abord de relever que la requête tendant à l'accès au dossier est jointe à 

une demande de reconsidération, c'est-à-dire visant la modification ou 

Blocage d'avoirs 2014/38 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 673 

 

l'annulation d'une décision prise par une autorité (cf. arrêt du TF 

2A.180/2000 du 14 août 2000 consid. 4a); d'ailleurs, le recourant se 

réfère expressément à la modification du 4 septembre 2012 ‒ qu'il 

qualifiera de décision au sens de l'art. 5 PA dans son recours du 

28 septembre 2012 ‒ de l'annexe à l'O-Egypte le mentionnant désormais 

aussi. En outre, il associe sa demande d'accès à son droit d'être entendu, 

celui-ci comprenant en particulier le droit pour l'intéressé de prendre 

connaissance du dossier, concrétisé, pour la procédure administrative, 

aux art. 26 ss PA. Par ailleurs, le recourant demande de lui communiquer 

toute correspondance entre le département et la République arabe 

d'Egypte, les raisons ayant conduit le département à donner suite à sa 

demande ainsi que les motifs invoqués par la République arabe d'Egypte 

pour solliciter un blocage de ses avoirs en vertu de l'art. 184 al. 3 Cst. Eu 

égard à la terminologie employée ainsi qu'au contexte dans lequel la 

requête a pris place ‒ soit accompagnée d'une demande de reconsidéra-

tion à la suite de la modification de l'O-Egypte ‒, il ne fait aucun doute 

que le recourant, représenté par un mandataire professionnel, entendait 

introduire une demande d'accès aux pièces selon les dispositions de la PA 

et non une demande d'accès à ses données personnelles au sens de l'art. 8 

LPD. Certes, ces fondements s'avèrent tous deux envisageables; cela 

étant, aucun indice d'une telle demande ne ressort de son courrier. S'il est 

vrai qu'il convient de ne pas se montrer trop exigeant quant au contenu 

d'une demande fondée sur la LPD, il n'en demeure pas moins qu'elle doit 

tout de même revêtir une certaine clarté. En outre, le délai de 30 jours 

pour rendre une décision (art. 1 al. 4 OLPD) n'a de loin pas été respecté 

sans que le mandataire du recourant n'intervienne. Enfin, le recours du 

1er février 2013 confirme cette interprétation dès lors que le recourant y 

considère que la LPD ne s'applique pas in casu et qu'il ne s'en prend pas 

au refus de la DDIP de lui communiquer certaines pièces fondé sur la 

LPD. 

Dans ces circonstances, force est de constater que le recourant n'entendait 

en réalité pas déposer de demande d'accès aux données personnelles le 

concernant au sens de l'art. 8 LPD; sa requête n'avait donc pas à être 

examinée comme telle. Il découle de ce qui précède que les art. 8 ss LPD 

ne trouvent pas application en l'espèce.  

5. Cela étant, il appert que le recourant se méprend sur la portée 
des différentes règles régissant l'accès aux diverses pièces relatives à 

l'inscription ou au refus de radiation de son nom de l'annexe à l'O-

Egypte. En effet, quand bien même les dispositions gouvernant l'accès 

2014/38 Blocage d'avoirs 

 

 

674 BVGE / ATAF / DTAF 

 

aux données personnelles de la LPD ne s'appliquent pas in casu, cela ne 

saurait avoir pour conséquence de lui octroyer un accès complet à 

l'ensemble des pièces: le droit de consulter le dossier déduit de l'art. 29 

Cst. et ancré aux art. 26 ss PA s'agissant de la procédure administrative 

fédérale ‒ manifestement applicable tant à la procédure administrative de 

première instance qu'à celle de recours, ce que le recourant ne conteste 

d'ailleurs pas ‒ peut également se voir restreint à des conditions simi-

laires à celles formulées dans la LPD; cela est notamment valable pour 

des motifs touchant à la sécurité extérieure de la Confédération (cf. 

WALDMANN/OESCHGER, op. cit., art. 26 no 26; cf. consid. 7.1). A toutes 

fins utiles, on rappellera également que la mise en œuvre du droit d'être 

entendu en matière d'entraide judiciaire s'avère régie non seulement par 

l'art. 80b EIMP mais également par les art. 26 et 27 PA par renvoi de 

l'art. 12 EIMP (cf. arrêt du TF 1A.57/2007 du 24 septembre 2007 

consid. 2.1; arrêt du TPF RR.2013.209 du 14 mars 2014 consid. 3.2).  

En conséquence, même s'il n'y avait pas lieu d'examiner la demande du 

recourant sous l'angle de la LPD, le droit d'accès au dossier ne saurait 

pour autant être illimité mais se trouve au contraire potentiellement 

restreint par les exceptions prévues à l'art. 27 PA (cf. consid. 7.1). Par-

tant, le grief du recourant se révèle sans fondement et doit être rejeté. 

6. Se référant aux art. 26 ss PA, le recourant critique le fait que 
seules quatre pièces contenues dans le dossier de la cause lui ont été re-

mises et qu'il n'a obtenu aucune indication quant aux autres éléments 

manifestement utilisés à son détriment. Il allègue ne pas avoir été en 

mesure de s'expliquer pleinement sur les faits et de fournir les contre-

preuves que la loi l'autorise à produire. 

La DDIP expose que la consultation des pièces en matière de procédure 

administrative peut être limitée en application de l'art. 27 al. 1 let. a PA 

au même titre que ce qui est prévu par la LPD, à savoir si des intérêts 

publics importants de la Confédération, en particulier la sécurité inté-

rieure ou extérieure de la Confédération, exigent que le secret soit gardé. 

Elle explique en outre avoir développé le contenu essentiel des docu-

ments n'ayant pas été transmis au recourant dans la décision du 17 dé-

cembre 2012 conformément à l'art. 28 PA. Elle en déduit que le droit 

d'accès au dossier des parties a, dans tous les cas, été respecté au regard 

des art. 26 à 28 PA. 

7. Le droit d'être entendu figure à l'art. 29 al. 2 Cst. et comprend en 
particulier le droit pour l'intéressé de prendre connaissance du dossier. Ce 

Blocage d'avoirs 2014/38 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 675 

 

droit se trouve concrétisé, s'agissant de la procédure administrative, aux 

art. 26 ss PA.  

A teneur de l'art. 26 al. 1 PA, la partie ou son mandataire a le droit de 

consulter les pièces relatives à la procédure la concernant au siège de 

l'autorité appelée à statuer ou à celui d'une autorité cantonale désignée 

par elle; cela comprend notamment tous les actes servant de moyens de 

preuve (art. 26 al. 1 let. b PA). En l'espèce, il ne fait pas de doute que le 

recourant dispose ‒ sous réserve des exceptions prévues par la loi ‒ du 

droit de consulter le dossier de la cause conformément à l'art. 26 PA. Par 

ailleurs, le droit d'accès au dossier porte sur tous les documents apparte-

nant à la procédure, c'est-à-dire établis ou produits dans ce cadre; le droit 

d'accès ne peut être refusé au motif qu'ils seraient sans pertinence pour 

l'issue de la procédure. C'est à la partie concernée qu'il appartient d'ap-

précier leur pertinence (cf. ATF 132 V 387 consid. 3.2; arrêt du TAF 

A‒7021/2007 du 21 avril 2008 consid. 6.6). Sur cette base et après 

examen des actes produits par l'autorité inférieure 2 dans le cadre de la 

présente procédure, il convient d'admettre qu'ils composent dans leur 

ensemble le dossier de la cause au sens de l'art. 26 PA. Il sied dès lors 

d'examiner dans quelle mesure leur accès peut se voir restreint.  

7.1  
7.1.1 L'art. 27 al. 1 let. a PA prescrit que l'autorité peut refuser la 
consultation des pièces notamment lorsque des intérêts publics impor-

tants de la Confédération ou des cantons, en particulier la sécurité inté-

rieure ou extérieure de la Confédération, exigent que le secret soit gardé. 

Cette énumération des intérêts se présente de manière non exhaustive (cf. 

ATAF 2012/19 consid. 4.1).  

L'administration jouit d'une certaine marge d'appréciation lorsqu'il s'agit 

d'examiner si, dans une situation concrète, un intérêt public prépondérant 

justifie une restriction du droit de consulter les pièces; les autorités 

judiciaires se doivent de respecter ce pouvoir d'appréciation (cf. décision 

du Département fédéral de justice et police du 20 mai 2005, in: 

Jurisprudence des autorités administratives de la Confédération [JAAC] 

70.23 consid. 11.4; WALDMANN/OESCHGER, op. cit., art. 27 no 18). De 

plus, l'art. 27 al. 2 PA, lequel concrétise le principe de proportionnalité, 

ajoute que le refus d'autoriser la consultation des pièces ne peut s'étendre 

qu'à celles qu'il y a lieu de garder secrètes. En conséquence, seules les 

pièces ou les parties de pièce présentant un contenu digne d'être tenu 

secret peuvent être exclues de la consultation du dossier (cf. WALDMANN/ 

OESCHGER, op. cit., art. 27 no 38). Dès lors que les raisons de le garder 

2014/38 Blocage d'avoirs 

 

 

676 BVGE / ATAF / DTAF 

 

secret ne s'étendent pas à un document dans son entier, une consultation 

partielle doit être accordée (p. ex. en caviardant certaines indications; cf. 

ATAF 2012/19 consid. 4.2; WALDMANN/OESCHGER, op. cit., art. 27 

no 38; STEPHAN C. BRUNNER, in: Kommentar zum Bundesgesetz über 

das Verwaltungsverfahren [VwVG], 2008, art. 27 no 43, ci-après: Kom-

mentar VwVG). 

S'agissant des motifs susceptibles de conduire à un refus ou une restric-

tion du droit de consulter le dossier, il convient de noter que n'importe 

quel intérêt public (ou privé [art. 27 al. 1 let. b PA]) opposé ne saurait 

suffire. Il appartient à l'autorité administrative ou, en cas de litige, au 

juge de déterminer, dans un cas particulier, si un intérêt concret à la 

conservation du secret l'emporte sur l'intérêt, par principe (également) 

important, à la consultation du dossier. Il serait inadmissible d'exclure du 

droit à la consultation certaines catégories de documents de façon géné-

rale. Un examen attentif et complet ainsi qu'une appréciation des intérêts 

en conflit doivent être entrepris par l'autorité compétente d'une manière 

conforme à son pouvoir d'appréciation et en tenant compte du principe de 

la proportionnalité (cf. ATF 115 V 297 consid. 2c ss et les réf. cit.; 

BRUNNER, Kommentar VwVG, art. 27 no 9 ss et les réf. cit.).  

En outre, la notion d'intérêts importants, publics ou privés, employée à 

l'art. 27 al. 1 let. a et b PA, constitue une notion juridique indéterminée 

octroyant à l'autorité chargée de l'interpréter une latitude de jugement 

(Beurteilungsspielraum) étendue. L'admission d'intérêts importants s'op-

posant à l'accès au dossier n'interviendra pas d'une manière générale mais 

selon les spécificités du cas d'espèce (cf. ATF 117 Ib 481 consid. 7a/aa). 

Cependant, seuls les intérêts qualifiés l'emportant sur l'intérêt fonda-

mental à la consultation du dossier seront à même d'en limiter la portée 

dans un cas particulier. Aussi, une autorité rejetant une demande de 

consultation des pièces sur la base de considérations générales en relation 

avec des intérêts à la conservation du secret se rend fautive d'un déni de 

justice formel (cf. arrêt du TF 2A.651/2005 du 21 novembre 2006 

consid. 2.6.2 et les réf. cit.; WALDMANN/OESCHGER, op. cit., art. 27 

no 17). Cela étant, si le refus de l'accès au dossier sans motivation 

substantielle va manifestement trop loin (cf. décision de l'ancienne Com-

mission suisse de recours en matière d'asile du 20 décembre 1993, in: 

JAAC 59.54 consid. 4c), une motivation sommaire peut néanmoins 

s'avérer nécessaire et se justifier, nonobstant le large pouvoir d'appréci-

ation de l'autorité ou l'intensité importante de l'atteinte occasionnée; 

alors, l'obligation de conserver le secret conduira à renoncer à une moti-

Blocage d'avoirs 2014/38 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 677 

 

vation détaillée si, dans le cas contraire, des éléments de fait devant pré-

cisément demeurer secrets se verraient révélés (cf. décision du CF du 

22 septembre 1997, in: JAAC 62.28 consid. 3). Dans cette hypothèse, les 

intérêts de la partie pourront, en cas de recours, être sauvegardés par 

l'autorité de recours qui a accès à toutes les pièces du dossier lui permet-

tant de statuer en pleine connaissance de cause (cf. décision du CF du 

17 août 1988, in: JAAC 53.6 consid. 6c; WALDMANN/OESCHGER, op. cit., 

art. 27 no 43). 

La sécurité extérieure est concernée lorsque sont menacées l'existence et 

l'intégrité de l'indépendance d'un Etat, sa capacité de défendre, contre les 

attaques extérieures, ses frontières et son ordre constitutionnel, ainsi que 

son entente cordiale avec d'autres pays (cf. La sécurité par la coopération, 

Rapport du Conseil fédéral à l'Assemblée fédérale sur la politique de 

sécurité de la Suisse [RAPOLSEC 2000] du 7 juin 1999, FF 1999 6903, 

6978). Une restriction à la consultation du dossier pour des motifs de 

maintien de la sécurité extérieure de la Confédération s'avère admissible 

selon la doctrine et la jurisprudence afin de garantir le maintien des 

engagements internationaux ainsi que d'entretenir de bonnes relations 

avec les Etats étrangers. Il s'agit notamment de l'intérêt qui existe à éviter 

de sérieuses frictions dans le cadre de la politique extérieure (par 

exemple, lorsque certains documents sont qualifiés de confidentiels par 

les coutumes ou traités internationaux) ou de celui touchant à une repré-

sentation efficace des intérêts de la Suisse vis-à-vis des autorités étran-

gères (cf. dans ce sens BRUNNER, Kommentar VwVG, art. 27 no 21 s. et 

les réf. cit.). L'on songera aussi à l'invocation de la protection de l'intérêt 

public au bon fonctionnement des institutions étatiques (cf. BRUNNER, 

Kommentar VwVG, art. 27 no 23 s. et les réf. cit.). Aussi, la restriction de 

la consultation doit être justifiée par une mise en danger sérieuse de la 

sécurité publique menaçant l'État dans son entier.  

7.1.2 En l'espèce, la DDIP a porté à la connaissance du recourant le 
communiqué de presse du DFAE du 2 décembre 2011, la lettre de Y. 

adressée à la DDIP le 10 janvier 2012, la demande formelle de la 

République arabe d'Egypte à l'attention du conseiller fédéral Didier 

Burkhalter du 29 février 2012 ainsi que la note de transmission de l'am-

bassade d'Egypte adressée au DFAE du 8 mars 2012. De plus, elle a, 

dans la décision entreprise, cité l'extrait suivant d'une information de 

l'administration fédérale soumise au conseiller fédéral Didier Burkhalter 

le 29 août 2012 (…). Par ailleurs, elle a expliqué que, dans la présente 

procédure, il serait contradictoire d'autoriser un plein accès au dossier 

2014/38 Blocage d'avoirs 

 

 

678 BVGE / ATAF / DTAF 

 

alors que celui-ci n'est en principe pas conféré pour les mêmes 

documents dans le cadre de la procédure normative. A cela s'ajoute que, 

selon elle, les intérêts publics de la Confédération dans ses relations 

bilatérales avec l'Egypte exigent que certains documents ne soient pas 

divulgués. L'autorité inférieure 2 souligne le fait que la majorité des 

documents concernés se trouve par ailleurs classifiée confidentielle au 

sens de l'ordonnance concernant la protection des informations du 

4 juillet 2007 (OPrI, RS 510.411) du fait que leur divulgation peut com-

promettre gravement ou porter atteinte aux intérêts de la Suisse en 

matière de politique extérieure ou dans ses relations internationales. A ses 

yeux, cela constitue un indice non négligeable dans l'analyse intervenue 

sur le sort à réserver à chaque document.  

En premier lieu, il sied de préciser que le fait que le recourant n'ait pas eu 

accès aux documents lors de la procédure normative ne s'avère pas perti-

nent dans le cadre d'une procédure administrative dont l'accès au dossier 

doit respecter les conditions prescrites par la PA. S'agissant en outre de la 

référence à l'OPrI, il y a lieu de souligner que cette ordonnance a été 

adoptée par le gouvernement en vertu de sa compétence d'organiser le 

travail de l'administration (art. 178 al. 1 Cst.; art. 8 de la loi sur l'organi-

sation du gouvernement et de l'administration du 21 mars 1997 [LOGA, 

RS 172.010]). Dès lors, elle ne saurait restreindre les droits des parti-

culiers découlant directement de la loi (cf. ATAF 2014/24 consid. 3.6.4), 

à l'instar du droit de consulter le dossier découlant de la PA. Certes, elle 

constitue un facteur de poids dans l'examen de la demande (cf. 

MOOR/FLÜCKIGER/MARTENET, Droit administratif, vol. I, 3e éd. 2012, 

ch. 7.2.4.1 p. 962 concernant une demande fondée sur la loi sur la trans-

parence du 17 décembre 2004 [LTrans, RS 152.3]); la mention de la 

confidentialité ne saurait cependant suffire à elle seule. Qui plus est, trois 

des quatre pièces transmises au recourant en annexe à la décision 

entreprise s'avèrent classifiées confidentielles au sens de l'art. 6 al. 1 let. f 

OPrI selon les indications données par la DDIP.  

De surcroît, il est certes indéniable que la présente procédure s'inscrit 

dans un contexte international particulièrement sensible. A cet égard, on 

comprend aisément l'importance des relations de confiance que la Suisse 

peut et doit entretenir avec ses interlocuteurs de même que la nécessité 

pour la Confédération helvétique de préserver sa crédibilité ainsi que 

celle de sa place financière. La Suisse possède indiscutablement un inté-

rêt éminent à éviter que sa place financière ne soit utilisée abusivement; 

on imagine sans peine que, selon les circonstances, des intérêts publics 

Blocage d'avoirs 2014/38 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 679 

 

importants puissent se trouver en jeu. Il s'agit ainsi de tenir compte de la 

complexité des relations diplomatiques idoines et des éventuelles consé-

quences difficilement prévisibles qu'une divulgation, même partielle, des 

pièces confidentielles du dossier pourrait receler sur lesdites relations.  

Cela étant, on cherche en vain, dans les déterminations de la DDIP, tout 

élément susceptible de renseigner ‒ même sommairement ‒ sur la nature 

de ces intérêts dans le cas particulier de l'accès au dossier. L'autorité infé-

rieure 2 se contente pour l'essentiel de reprendre la terminologie em-

ployée à l'art. 27 al. 1 let. a PA, relatant que la divulgation des informa-

tions peut compromettre gravement ou porter atteinte aux intérêts de la 

Suisse en matière de politique extérieure ou dans ses relations internatio-

nales et invoquant les intérêts publics de la Confédération dans ses rela-

tions bilatérales avec l'Egypte. Pourtant, la notion de sécurité extérieure 

se présente comme une notion juridique indéterminée englobant un vaste 

champ d'application; elle nécessite dès lors d'être explicitée, ce que la 

DDIP a omis d'entreprendre. Or, l'application des art. 27 et 28 PA ne 

saurait avoir pour conséquence que la partie se verrait privée de toute 

information relative aux pièces servant de moyens de preuve dans la 

décision dont elle doit faire l'objet et aux motifs de cette restriction. De 

même, à la lecture de la décision, il appert que l'autorité inférieure 2 s'est 

abstenue de toute pesée des intérêts entre ceux de la Confédération au 

maintien du secret et celui, également important, du recourant à la 

consultation des pièces. Certes, les exigences de motivation peuvent 

également être réduites en fonction de la nature des informations visées; 

néanmoins, la motivation ne saurait être restreinte au point que toute 

explication quant aux intérêts en cause ferait défaut ainsi que cela ressort 

de la décision et de la réponse de la DDIP; le cas échéant, cette dernière 

aurait pu à tout le moins indiquer les raisons pour lesquelles les intérêts 

en jeu ne pouvaient pas être mentionnés déjà en raison d'intérêts publics 

importants. Au demeurant, si le Tribunal administratif fédéral a certes été 

mis en possession des pièces en cause, il n'a pas été davantage renseigné 

sur les raisons de la restriction.  

7.1.3 Dans ces circonstances, force est de constater que la DDIP n'a 
pas démontré l'existence de l'un des motifs prévus par l'art. 27 PA auto-

risant une restriction du droit de consulter le dossier.  

7.2 L'art. 28 PA, applicable en présence de motifs justifiant une 
restriction du droit d'accès au dossier conforme à l'art. 27 PA, dispose 

qu'une pièce dont la consultation a été refusée à la partie ne peut être 

utilisée à son désavantage que si l'autorité lui en a communiqué, orale-

2014/38 Blocage d'avoirs 

 

 

680 BVGE / ATAF / DTAF 

 

ment ou par écrit, le contenu essentiel se rapportant à l'affaire et lui a 

donné en outre l'occasion de s'exprimer et de fournir des contre-preuves 

(cf. arrêts du TAF B‒6980/2011 du 3 juillet 2012 consid. 4.3 et 

B‒5469/2010 du 7 décembre 2010 consid. 4.2.7); ces deux conditions se 

présentent de manière cumulative (cf. WALDMANN/OESCHGER, op. cit., 

art. 28 no 5). Il découle de la formulation de la norme précitée, d'une part, 

que l'autorité chargée de statuer sur une demande d'accès au dossier doit 

expressément informer la partie d'une éventuelle restriction; d'autre part, 

il lui appartient de s'exécuter avant la décision finale dès lors qu'elle est 

tenue de donner à la partie concernée l'occasion de s'exprimer et de four-

nir les contre-preuves (cf. BRUNNER, Kommentar VwVG, art. 28 no 7; 

arrêt du TF 1C_74/2008 du 14 mai 2008 consid. 2). En tout état de cause, 

le refus de consulter une pièce constitue une atteinte grave au droit d'être 

entendu que les garanties découlant de l'art. 28 PA ne peuvent combler 

que partiellement. Cette pratique doit donc rester exceptionnelle et le 

refus de consulter une pièce s'apprécie d'une manière restrictive (cf. arrêt 

du TAF A‒4232/2013 du 17 décembre 2013 consid. 3.1.3). 

En l'espèce, il est constant que le recourant n'a pas été entendu avant son 

inscription à l'annexe à l'O-Egypte en date du 4 septembre 2012. Par 

ailleurs, le recourant a formé, le 13 septembre 2012, une demande de 

reconsidération et d'accès au dossier; la DDIP a statué le 17 décembre 

2012 dans une décision rejetant la demande de reconsidération traitée 

comme demande de radiation et n'octroyant qu'un accès partiel au 

dossier. A la lecture des pièces produites dans le cadre de la présente pro-

cédure, il n'apparaît pas que le recourant ait été invité à se déterminer sur 

une restriction de son droit d'accès au dossier selon l'art. 27 PA et à 

fournir des contre-preuves conformément aux impératifs de l'art. 28 PA 

ni même qu'il aurait été informé du fait que la DDIP envisageait une telle 

restriction. Il n'a pas non plus été mis en possession d'un bordereau de 

pièces.  

En conséquence, il sied de constater que le recourant n'a pas pu bénéfi-

cier des droits découlant de l'art. 28 PA, n'ayant pas été informé de la 

restriction à son droit de consulter le dossier ni invité à déposer une 

détermination ou des moyens de preuve. 

7.3 Il découle de l'ensemble de ce qui précède que l'autorité infé-
rieure 2 a refusé au recourant la consultation de la demande d'entraide 

sans démontrer de manière substantielle l'existence d'un motif prévu par 

l'art. 27 al. 1 PA ni respecter les exigences posées par l'art. 28 PA. Dans 

ces circonstances, il y a lieu d'admettre que le droit d'être entendu du 

Blocage d'avoirs 2014/38 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 681 

 

recourant a été violé dans le cadre de la procédure auprès de l'autorité 

inférieure 2. 

8. Le droit d'être entendu représente une garantie constitutionnelle 
de caractère formel, dont la violation entraîne en principe l'annulation de 

la décision attaquée, indépendamment des chances de succès du recours 

sur le fond (cf. ATF 126 V 130 consid. 2b; 125 I 113 consid. 3). Une telle 

violation, si elle s'avère de moindre gravité, peut cependant, à titre 

exceptionnel (cf. ATF 126 I 68 consid. 2), être considérée comme guérie 

au cours de la procédure de recours, en particulier lorsque l'autorité 

complète les motifs ayant guidé sa décision et le recourant est invité, par 

un second échange d'écritures, à se prononcer à ce sujet (cf. LORENZ 

KNEUBÜHLER, Kommentar VwVG, 2008, art. 35 no 19 ss), lorsque la 

cognition de l'instance de recours ne se trouve pas limitée par rapport à 

celle de l'instance inférieure et qu'il n'en résulte aucun préjudice pour le 

recourant (cf. ATF 126 V 130 consid. 2b; 124 II 132 consid. 2d; arrêt du 

TAF B‒1621/2008 du 3 juillet 2008 consid. 6). En l'espèce, il faut tout 

d'abord bien reconnaître que la violation du droit d'être entendu constatée 

précédemment, pour les motifs déjà invoqués, apparaît difficilement 

susceptible d'être qualifiée de mineure de sorte que le mécanisme de la 

guérison ne peut trouver application. Quand bien même il le serait, la 

violation du droit d'être entendu du recourant précédemment établie ne 

saurait être considérée comme guérie dans le cadre de la présente 

procédure de recours puisque l'autorité inférieure 2 n'a pas donné 

davantage les clés de son appréciation; subséquemment, le recourant n'a 

pu convenablement non plus se déterminer à ce sujet. 

9. L'autorité inférieure dispose d'une certaine marge d'appréciation 
s'agissant d'interpréter les notions juridiques indéterminées susceptibles 

de conduire à une restriction du droit d'accès au dossier, que le Tribunal 

administratif fédéral doit respecter en faisant preuve de retenue. De plus, 

il n'est pas exclu que la DDIP avance encore des éléments probants à son 

interprétation de l'art. 27 al. 1 let. a PA. Dans ces circonstances et eu 

égard au contexte international sensible décrit précédemment (cf. 

consid. 7.1.2), il convient de ne pas accorder l'accès aux documents, mais 

de renvoyer l'affaire à la DDIP afin qu'elle se penche une nouvelle fois 

sur la restriction au droit de consulter le dossier du recourant. En consé-

quence, point n'est besoin d'entrer en matière sur les griefs matériels. 

10. Dans ces circonstances, le recours doit être admis pour ce motif. 
Partant, la décision de la DDIP du 17 décembre 2012 est annulée et 

2014/38 Blocage d'avoirs 

 

 

682 BVGE / ATAF / DTAF 

 

l'affaire lui est renvoyée afin qu'elle rende une nouvelle décision dans le 

sens des considérants.