# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c539cf6c-abc0-5183-bf4c-15fea9eb1366
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2007-02-21
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 21.02.2007 C/2083/2005
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-2083-2005_2007-02-21.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/2083/2005 - 5 
 
POUVOIR  JUDICIAIRE * COUR D’APPEL* 
 
 (CAPH/31/2007) 
 
 

 

T______  
Dom. élu :  
Me Raymond DE MORAWITZ  
Rue de la Synagogue 41 
1204 Genève 
 
 
 
 
Partie appelante  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
D’une part 

E______ 
p.a. Mission permanente de 
E______ 
Rue Butini 11 
1202 Genève 
 
 
 
 
Partie intimée  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
D’autre part 

 
 
 
 
 
 

ARRÊT 
 

du 21 février 2007 
 
 
  M.  Christian MURBACH, président 
 
 
  Mmes Denise BOËX et Monique FORNI, juges employeurs 
 
  Mme  Cécilia JAUREGUI et M. Robert STUTZ, juges salariés 
 
 
  M.  Raphaël KLEMM, greffier d’audience  
 
 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/2083/2005 - 5 

- 2 - 
 * COUR D’APPEL * 
 
 

 

 

EN FAIT 
 
 
 

A. a) Par acte déposé auprès du greffe de la Juridiction des prud’hommes le 24 mai 

2006, T______ appelle du jugement du 13 avril 2006, notifié le 18 du même mois, 

rendu par le Tribunal des prud’hommes, la déboutant des fins de sa demande en 

paiement du 31 janvier 2005 à l’encontre de E____________, faute pour cette 

dernière d’avoir la légitimation passive. 

 

 L’appelante conclut à l’annulation du jugement entrepris, à la réouverture des 

enquêtes, consistant en l’audition des témoins C______ et S______ ainsi qu’en 

l'apport de pièces nouvelles concernant ses relations avec E____________ et, cela 

fait, dire que E____________ a la légitimation passive et renvoyer la cause au 

Tribunal pour instruction au fond. 

 

b) E____________ a invoqué son absence de légitimité passive et conclu au rejet de 

l’appel. 

 

 
B. Il résulte de la procédure les éléments pertinents suivants : 
 

a) Par demande parvenue au greffe de la Juridiction des prud’hommes le 28 janvier 

2005, T______ a assigné E____________ en paiement d’une somme de fr. 64’066.-, 

avec intérêts, à titre de salaires, de paiement d’heures supplémentaires, d’indemnité 

de vacances et de rapatriement ainsi que de dommages et intérêts pour tort moral. 

 

 T______ fournissait les explications suivantes:  

 

 Originaire du Nicaragua, elle était entrée, le 10 juillet 2000, au service de R______, 

ambassadrice, représentante permanente de E____________ à Genève, et de sa 

famille, à leur domicile en E______, en qualité d’employée domestique et aide-

soignante de Z______. Le 13 novembre 2001, elle avait été amenée à Genève pour 

travailler comme employée domestique et aide-soignante de Z______ dans 

l’appartement de celui-ci. Ainsi, elle avait été engagée par R______ en qualité 

d’employée domestique, cuisinière et soignante de son mari. Avant son arrivée en 

Suisse, son employeur et elle-même avaient signé les déclarations de garantie 

demandées par le Département fédéral des affaires étrangères, respectivement les 10 

et 22 octobre 2001. Elle avait convenu de recevoir un salaire mensuel de US$ 400.-, 

étant nourrie et logée par son employeur. Elle n’avait jamais été affiliée aux 

assurances sociales ou à une caisse de prévoyance professionnelle, ni à une assurance 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/2083/2005 - 5 

- 3 - 
 * COUR D’APPEL * 
 
 

 

 

accidents. Elle travaillait 72 heures par semaine, 12 heures par jour et avait congé le 

dimanche, son horaire étant de 7h à 20h. Sur demande de son employeur, elle 

travaillait jusqu’à minuit ainsi que le dimanche. Elle n’avait pas pris de vacances. 

Elle s’occupait de la préparation du petit-déjeuner, des repas de midi et du soir, de 

servir et desservir la table, du ménage (rangement, aspirateur, poussière, nettoyage 

dans les chambres, salles de bain, cuisine, vitrines, mobilier, lavage des sols, etc.) 

ainsi que de la lessive et du repassage. Elle prodiguait également des soins à 

Z______, lui donnait des médicaments et à manger, l’aidait à se baigner et à 

s’habiller et veillait à son chevet durant la nuit. Pendant le mois de juillet 2002, elle 

avait été malade, victime du syndrome du tunnel carpien, ne pouvant dès lors plus 

travailler correctement. Une opération chirurgicale avait été prévue pour le 17 

septembre 2002. Son employeur, R______, ayant toutefois refusé qu’elle bénéficie 

d’un arrêt de travail pour cause de maladie, elle lui avait demandé de travailler 

jusqu’à l’arrivée de sa remplaçante, ajoutant qu’en cas d’opération, elle devait quitter 

son emploi. Elle avait donné son congé, avec effet immédiat, le 30 septembre 2002 et 

avait trouvé un nouvel emploi auprès d’autres diplomates. 

 

b) Par lettre du 18 juillet 2005 adressée à la Juridiction des prud’hommes, la Mission 

permanente de la Suisse auprès des Organisations internationales à Genève a indiqué 

que, selon les informations portées à sa connaissance lors de l’engagement de 

T______, l’employeur de celle-ci était R______, et non pas E______. 

 

c) Lors de l’audience du 29 novembre 2006 devant la Cour de céans, l’appelante ne 

s’est pas présentée, ni personne pour elle. 

 

 Toutefois, dans le cadre de la procédure parallèle C/2096/2006-5, S______, entendue 

en qualité de témoin, a déclaré, lors de l’audience du 29 novembre 2006 devant la 

Cour de céans, avoir travaillé à Genève pour le mari de l’ancienne ambassadrice du 

Costa Rica, confirmant être arrivée en Suisse au bénéfice d’un passeport 

diplomatique délivré par le Costa Rica, document qu’elle n’avait pas conservé, 

l’ancienne ambassadrice le lui ayant repris avant qu’elle n’arrête de travailler chez 

elle.   

d) T______ a été titulaire d’une carte de légitimation F, délivrée par le Département 

fédéral des affaires étrangères, valable du 8 février 2002 au 8 février 2003 et portant 

la mention : « titre / fonction : domestique privée de l’Amb. R______, membre de la 

MP de E____________ à Genève ». Il est précisé, au verso de ce document, que le 

titulaire de cette carte ne jouit pas de l'immunité de juridiction. 

 
 
 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/2083/2005 - 5 

- 4 - 
 * COUR D’APPEL * 
 
 

 

 

EN DROIT 
 
 
1. Interjeté dans les forme et délai prévus à l’art. 59 de la loi sur la Juridiction des 

prud’hommes (LJP), par une partie à la procédure, l’appel est recevable. 

 

 

 2. 2.1. Pour rejeter la demande en paiement de T______, le Tribunal des prud’hommes 

a constaté que les documents versés à la procédure et  l’instruction du dossier 

« concourraient à exclure l’existence d’un rapport de travail » entre l’appelante et 

E____________. Ainsi, à teneur de la « déclaration de garantie de l’employeur » du 

mois d'octobre 2001, visée par la Mission permanente de la Suisse auprès des 

Organisations internationales à Genève, l’employeur de T______ était R______ et non 

pas E____________. Par ailleurs, T______ avait déclaré être entrée, le 10 juillet 2000, 

au service de R______, ambassadrice, représentante permanente de E____________ à 

Genève, et de sa famille, à leur domicile en E______, en qualité d’employée domestique 

et d'aide-soignante de Z______, travail qu'elle avait continué à exercer à Genève où elle 

avait accompagné, le 13 novembre 2001, le couple R______. T______ exerçait ses 

fonctions en faveur et sous les ordres exclusivement de R______ et du mari de cette 

dernière à l'égard duquel elle assumait également des tâches d'aide-soignante. Enfin, il 

fallait également relever que T______ accomplissait son travail dans l’appartement de 

la famille R______ et exécutait des tâches typiquement ménagères et à caractère privé, 

étant, en outre, rémunérée par R______. 

 

Il découlait de l’ensemble de ces éléments qu’il n’avait pas été établi à satisfaction de 

droit que l’appelante avait travaillé en qualité d’employée de E____________, de sorte 

qu’elle devait être déboutée de ses conclusions à l’égard de cette dernière, faute pour 

celle-ci d’avoir la légitimité passive. 

 

2.2. Cette motivation des premiers juges et les conclusions qui en découlent ne peuvent 

qu’être approuvées. 

 

En effet, T______ ne fournit, en particulier dans son acte d’appel, aucun élément 

permettant d’établir que son employeur était E____________ et non pas R______ à titre 

personnel. 

 

On ne saurait suivre son argumentation, consistant à affirmer que E____________ était 

son employeur parce que R______, en sa qualité d’ambassadrice, représentante 

permanente de son pays et cheffe de mission, en était un organe et qu’en servant 

l’ambassadrice, elle était au service de E____________ qui lui avait délivré un 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/2083/2005 - 5 

- 5 - 
 * COUR D’APPEL * 
 
 

 

 

passeport diplomatique.  

 

En effet,  si l’appelante a affirmé s'être vu délivrer par E____________ - qui le conteste 

formellement - un passeport diplomatique, elle ne l'a pas établi. Admettrait-on le 

contraire, que cela ne constituerait pas un élément suffisant, au regard de l’ensemble des 

autres éléments invoqués par le Tribunal pour retenir l’existence d’un lien contractuel à 

caractère privé entre R______ et l’appelante et admettre que l’intéressée a été engagée 

par E____________. 

 

Par ailleurs, la qualité d’ambassadrice de E____________ de R______ ne permet en 

aucun cas d’inférer qu'elle a engagé l’appelante pour le compte de E____________, et 

non pas à titre purement privé. 

 

Comme l’ont relevé les premiers juges, les documents produits, les propres déclarations 

de T______ dans sa demande en justice, la nature des tâches qui lui étaient confiées, en 

particulier celles de s’occuper de Z______, malade, le lieu où s’exerçaient ses tâches, à 

savoir l’appartement des époux R______, ainsi que le paiement de son salaire qui lui 

était versé par la seule R______, permettent de conclure que cette dernière avait engagé 

l’appelante à son service privé et non pas pour des tâches en relation avec son activité 

d’ambassadrice.  

 

Faute d’avoir entretenu des rapports contractuels de travail avec l’appelante, l’intimée 

n’a pas la légitimation passive, de sorte que l’appel doit être rejeté. 

 

 

3. A teneur de l’art. 78 al.1 LJP, l’émolument de mise au rôle, en cas d’appel est mis à 

la charge de la partie qui succombe. 

 

Dans le cas d’espèce, T______ succombant en tous points, il convient de mettre à sa 

charge l’émolument d'appel de fr. 880.-, soit le montant prévu par l’art. 42 du 

Règlement genevois fixant le tarif des greffes en matière civile pour les causes de nature 

prud’homales, et ce quand bien même l’appelante a été dispensée de verser ce montant, 

étant au bénéfice de l’assistance juridique. En effet, selon le Règlement sur l’assistance 

juridique, cette dernière est toujours susceptible d'être révoquée, en tout ou partie, 

notamment avec effet rétroactif, en particulier lorsque son bénéficiaire fait valoir des 

prétentions ou des moyens manifestement mal fondés ou procéduralement inadmissibles 

ou lorsque sa situation s'améliore, étant précisé que chaque autorité est tenue de 

communiquer au Service de l'assistance juridique tout élément susceptible de fonder une 

révocation. 
 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/2083/2005 - 5 

- 6 - 
 * COUR D’APPEL * 
 
 

 

 

Dès lors, une copie du présent arrêt sera communiquée, à toutes fins utiles, au Service 

de l'assistance juridique. 

  
 

PAR CES MOTIFS 
 

La Cour d'appel des prud'hommes, groupe 5 
 
A la forme : 
 

Déclare recevable l’appel interjeté par T______ contre le jugement rendu par le 

Tribunal des prud’hommes le 13 avril 2006, notifié le 18 du même mois, dans la cause 

C/2083/2005-5. 
 
Au fond : 
 

Le rejette et confirme le jugement entrepris. 
 

Condamne T______ à payer aux Services financiers du Palais  

de justice la somme de fr. 880.- à titre d’émolument d'appel. 

 

Transmet copie du présent arrêt, à toutes fins utiles, au Service de l'assistance juridique. 

  

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 
 
 
La greffière de juridiction Le président