# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 57da816e-dacc-5b12-a46c-5299b9125da3
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2019-06-12
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 12.06.2019 C/3741/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-3741-2019_2019-06-12.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties, ainsi qu'à l'Office des faillites, à l'Office 

des poursuites, au Registre du commerce et au Registre foncier, par plis recommandés 

du 14 juin 2019. 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/3741/2019 ACJC/859/2019 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU MERCREDI 12 JUIN 2019 

 

Entre 

Monsieur A______, domicilié chemin ______, ______ (GE), recourant contre un 
jugement rendu par la 5ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 

11 avril 2019, comparant en personne, 

et 

B______, sise avenue ______, ______ Genève, intimée, comparant en personne. 

 

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C/3741/2019 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/5633/2019 du 11 avril 2019, reçu le 18 avril 2019 par 
A______, le Tribunal de première instance, statuant par voie de procédure 

sommaire, a déclaré celui-ci en état de faillite dès le 11 avril 2019 à 14h15 (chiffre 

1 du dispositif), arrêté les frais judiciaires à 120 fr., compensés avec l'avance 

effectuée par la B______ (ch. 2) et mis lesdits frais à la charge de A______, 

condamné à les verser à la B______ (ch. 3). 

B. a. Par acte déposé le 23 avril 2019 à la Cour de justice, A______ forme recours 
contre ce jugement, dont il requiert l'annulation. Il conclut au rejet de la requête de 

faillite déposée à son encontre par la B______.  

 Il allègue qu'il est solvable et produit une quittance de l'Office des poursuites du 
17 avril 2019 dont il résulte qu'il s'est acquitté de sa dette en capital et intérêts, 

ainsi que des frais, dans le cadre de la poursuite n
o
 1______.  

 b. Par arrêt ACJC/607/2019 du 25 avril 2019, la Cour a rejeté la requête de 
A______ tendant à l'octroi de l'effet suspensif au recours et dit qu'il serait statué 

sur les frais liés à la décision dans l'arrêt rendu sur le fond.  

 c. Par ordonnance du 26 avril 2019, la Cour a imparti à A______ un délai de 10 
jours pour déposer les pièces justifiant de sa solvabilité (comptes de l'année 

courante et des deux exercices précédents, contrats en cours, etc.) et pour se 

prononcer sur la liste des poursuites en cours et des actes de défaut de biens le 

concernant, qui était annexée. 

 Ladite liste mentionne soixante poursuites, dont trois soldées à l'Office des 
poursuites. Sept actes de défaut de biens ont été délivrés à l'Etat de Genève (impôt 

à la source), à la Confédération suisse (TVA) et à l'Administration fiscale 

cantonale, pour un total de 90'883 fr. 66. La liste indique par ailleurs que soixante-

trois actes de défaut de biens suite à une saisie, non éteints, ont été délivrés à des 

créanciers de A______ durant les vingt dernières années pour un total de 509'317 

fr. 18. Enfin, dix-huit comminations de faillite ont été adressées à A______. 

 d. Par courrier du 3 mai 2019, A______ a fait parvenir à la Cour les bilans et 
comptes de pertes et profits de l'entreprise qu'il exploite en raison individuelle 

pour les années 2016, 2017 et 2018. Il en résulte notamment qu'au 31 décembre 

2018 il disposait de 5'974 fr. 02 de liquidités. A______ a déposé également un 

bon de commande relatif à des travaux qui lui avaient été confiés le 14 septembre 

2018 pour un total de 125'000 fr. 

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C/3741/2019 

 Le 6 mai 2019, A______ a encore déposé une liste des contrats d'entretien en 
vigueur au 2 mai 2019, ainsi qu'une commande de travaux confiés pour un total de 

19'924 fr. 50. 

 e. Par acte du 6 mai 2019, la B______ a indiqué qu'elle ne souhaitait pas faire 
valoir son droit de réponse, dans la mesure où la dette avait été réglée auprès de 

l'Office des poursuites. 

 f. Le 7 mai 2019, A______ a encore fait parvenir à la Cour des documents relatifs 
à un chantier qu'il devrait terminer durant l'été 2019. 

 g. Les parties ont été informées le 8 mai 2019 de ce que la cause était gardée à 
juger. 

C. a. A______ est inscrit au Registre du commerce de Genève depuis le ______ 
1987 en tant que titulaire d'une entreprise individuelle de chauffage, ventilation et 

climatisation, à l'enseigne "C______". 

 b. La faillite de A______ a été prononcée à trois reprises, par jugements du 
Tribunal des 13 février 2014, 29 septembre 2016 et 8 octobre 2018. La Cour a 

chaque fois annulé le jugement déclaratif de faillite, pour la dernière fois par arrêt 

du 24 octobre 2018, en attirant l'attention de A______ sur le fait qu'une nouvelle 

faillite le concernant, prononcée postérieurement à la réception de l'arrêt, ne serait 

plus rétractée, sauf s'il prouvait sa solvabilité par pièces, jointes au recours. 

EN DROIT 

1. L'appel étant irrecevable dans les affaires relevant de la compétence du tribunal de 
la faillite selon la LP (art. 309 let. b ch. 7 CPC), seule la voie du recours est 

ouverte (art. 319 let. a CPC; art. 174 LP). 

 Les décisions rendues en matière de faillite sont soumises à la procédure 

sommaire (art. 251 let. a CPC). 

Formé selon la forme et dans le délai de dix jours prévus par la loi (art. 321  

al. 1 et 2 CPC), le recours est recevable. 

2. D'après l'art. 174 al. 1, 2ème phrase LP, les parties peuvent faire valoir devant 
l'instance de recours des faits nouveaux qui se sont produits avant le jugement de 

première instance ("pseudo nova"; COMETTA, in Commentaire romand LP, 2005, 

n. 5 ad art. 174 LP). Le débiteur peut également présenter des faits et moyens de 

preuve postérieurs au jugement de faillite ("vrais nova"), pour autant qu'ils servent 

à établir que les conditions de l'art. 174 al. 2 LP sont remplies (COMETTA, op. cit., 

n. 6 ad art. 174 LP).  

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C/3741/2019 

 En l'espèce, les pièces déposées par le recourant sont destinées à établir sa 
solvabilité et l'ont été sur demande de la Cour, dans le délai imparti, de sorte 

qu'elles sont recevables. 

3. Le recours est instruit en procédure sommaire (art. 251 let. a CPC). Par ailleurs, 
en matière de faillite, la maxime inquisitoire s'applique (art. 255 let. a CPC) et la 

preuve des faits allégués doit en principe être apportée par titres (art. 254  

al. 1 CPC), même si d'autres moyens de preuve sont admissibles (art. 254 al. 2 

let. c CPC). 

4. Le recourant fait valoir qu'il a payé la dette et prétend qu'il est solvable. 

4.1 Selon l'art. 174 al. 2 LP, l'autorité de recours peut annuler le jugement lorsque 
le débiteur, en déposant le recours, rend vraisemblable sa solvabilité et qu'il établit 

par titres que depuis lors la dette, intérêts et frais compris, a été payée (ch. 1), la 

totalité du montant à rembourser a été déposée auprès de l'autorité judiciaire 

supérieure à l'intention du créancier (ch. 2) ou que le créancier a retiré sa 

réquisition de faillite (ch. 3). 

Le poursuivi doit rendre vraisemblable sa solvabilité, en produisant des titres 

immédiatement disponibles.  

 Le non-paiement de créances de droit public peut constituer un indice de 

suspension des paiements (BRUNNER/BOLLER, Kommentar zum Bundesgesetz 

über Schuldbetreibung und Konkurs, 2ème éd., 2010, n. 13 ad art. 190 LP). Celle-

ci peut en effet être admise lorsqu'il est établi que le débiteur a, sur une certaine 

durée, effectué ses paiements quasi exclusivement en faveur de ses créanciers 

privés et qu'il a ainsi suspendu ses paiements vis-à-vis d'une certaine catégorie de 

créanciers, à savoir ceux qui ne peuvent requérir la faillite par la voie ordinaire 

(art. 43 ch. 1 LP). Le but de la loi n'est en effet pas de permettre à un débiteur 

d'échapper indéfiniment à la faillite uniquement grâce à la favorisation 

permanente des créanciers privés au détriment de ceux de droit public (arrêts du 

Tribunal fédéral 5A_720/2008 du 3 décembre 2008 consid. 4; 5P.412/1999 du 

17 décembre 1999 consid. 2b, in SJ 2000 I p. 250 et les références citées). 

Est solvable le débiteur en mesure de payer, à condition qu'il ne soit pas 

simultanément obéré de dettes. La disponibilité de liquidités objectivement 

suffisantes non seulement pour payer la créance déduite en poursuite, mais aussi 

pour régler les prétentions déjà exigibles, et décisives (COMETTA, op.cit., n. 8  

ad art. 174 LP). 

 Pour rendre vraisemblable sa solvabilité, c'est-à-dire l'état dans lequel le débiteur 

dispose de moyens liquides suffisants pour acquitter ses dettes exigibles, le 

poursuivi doit établir qu'aucune requête de faillite dans une poursuite ordinaire ou 

dans une poursuite pour effets de change n'est pendante contre lui et qu'aucune 

https://intrapj/perl/decis/5A_720/2008
https://intrapj/perl/decis/5P.412/1999

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C/3741/2019 

poursuite exécutoire n'est en cours contre lui (ATF 102 Ia 159 = JdT 1977 II 52 

consid. 3 et GILLIERON, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour 

dettes et la faillite, 1999, n. 44 ad art. 174 LP). Si le poursuivi est astreint à tenir 

une comptabilité commerciale courante, en application de l'art. 957 CO, il doit 

être à même de produire un ratio de liquidités, le cas échéant certifié exact par 

l'organe de révision (GILLIERON, op. cit., n. 44 ad art. 174 LP; COMETTA, op. cit., 

n. 10 ad art. 174 LP et les références citées).  

 4.2 En l'espèce, il est établi que la dette faisant l'objet de la poursuite intentée par 
l'intimée a été acquittée, en capital, intérêts et frais. 

 Il résulte cependant de la liste soumise au recourant, sur laquelle celui-ci n'a pas 
pris position, que de nombreuses poursuites sont pendantes à son encontre et que 

sept actes de défaut de biens, pour un total de l'ordre de 90'000 fr., ont été délivrés 

à des créanciers de droit public. De nombreuses comminations de faillite lui ont 

par ailleurs été notifiées. Pour le surplus, le recourant ne dispose pas de liquidités 

suffisantes. 

 En définitive, le recourant, qui se borne à faire état de travaux en cours dont 

l'exécution lui a été confiée récemment, a échoué à rendre vraisemblable qu'il 

serait solvable. 

 Le recours étant infondé, il sera rejeté. 

 Il n'est pas nécessaire de fixer à nouveau le moment de l'ouverture de la faillite, 

dans la mesure où ni le caractère exécutoire, ni la force exécutoire du jugement 

entrepris n'ont été suspendus. 

5. Le recourant, qui succombe, sera condamné aux frais judiciaires du recours 
(art. 106 al. 1 CPC). Ceux-ci seront arrêtés à 220 fr. et compensés avec l'avance 

versée, laquelle demeure acquise à l'Etat de Genève (art. 111 al. 1 CPC). 

 L'intimée ne sollicite pas l'allocation de dépens. 

* * * * * 

https://intrapj/perl/decis/102%20Ia%20159
https://intrapj/perl/decis/1977%20II%2052

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C/3741/2019 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté le 23 avril 2019 par A______ contre le jugement 

JTPI/5633/2019 rendu le 11 avril 2019 par le Tribunal de première instance dans la 

cause C/3741/2019-5 SFC. 

Au fond : 

Le rejette. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires du recours à 220 fr., les met à la charge de A______ et les 

compense avec l'avance de frais effectuée, laquelle demeure acquise à l'Etat de Genève. 

Dit qu'il n'est pas alloué de dépens du recours. 

Siégeant : 

Madame Nathalie LANDRY-BARTHE, présidente; Madame Sylvie DROIN et 

Monsieur Ivo BUETTI, juges; Madame Mélanie DE RESENDE PEREIRA, greffière. 

La présidente : 

Nathalie LANDRY-BARTHE 

 
La greffière : 

Mélanie DE RESENDE PEREIRA 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.