# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 94b144e8-3568-5e4c-a42a-f4308ca854ab
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-09-02
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 02.09.2020 GE.2020.0077
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_GE-2020-0077_2020-09-02.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 2 septembre 2020 

  
	
  Composition

  	
  M. Stéphane Parrone, président; M. Alex Dépraz et M. Pascal Langone, juges. 

  

 

	
  Recourante

  	
   

  	
  A.________ à ********
  représentée par Me Philippe DAL COL, avocat à Pully,  

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Service des automobiles et de la
  navigation, à Lausanne   

  

   

 

	
  Objet

  	
  Divers    

  
	
   

  	
  Recours A.________ c/ décision du Service des automobiles
  et de la navigation du 31 juillet 2019 - Demande de révision de l'arrêt
  CR.2019.0033 du 8 janvier 2020

  

 

Vu les faits suivants:

A.                    
A.________, née le ******** 1964, est titulaire d'un permis de conduire
pour les véhicules des catégories A1, B, B1, BE, D1, D1E, F, G et M.

B.                    
Par décision du 20 juin 2018, le Service des automobiles et de la
navigation (ci-après: SAN) a ordonné le retrait du permis de conduire de
A.________ pour une durée de trois mois, à exécuter au plus tard du 17 décembre
2018 au 16 mars 2019 suite à un dépassement de la vitesse autorisée pour avoir
circulé au volant de sa voiture immatriculée VD ********, à Moudon, le 30
janvier 2018, à une vitesse de 79 km/h (marge de sécurité déduite) au lieu des
50 km/h autorisés. Le SAN a qualifié l'infraction commise de grave au sens de
l'art. 16c de la loi fédérale du 19 décembre 1958 sur la circulation routière
(LCR; RS 741.01) et relevé que le retrait prononcé correspondait au minimum
légal. Un émolument de 200 fr. a été facturé par courrier séparé.

Cette décision a été notifiée à l'intéressée le 3
juillet 2018.

C.                    
En date du 19 décembre 2018, le SAN a adressé à A.________ une lettre
dont la teneur est la suivante: 

"Madame,

Nous faisons suite à la procédure
administrative actuellement ouverte à votre encontre.

A ce propos, suite à votre
téléphone du mois de novembre 2018, nous avions exceptionnellement suspendu la
facture de la décision datée du 20 juin 2018 et vous avons invité à passer à
notre guichet pour nous présenter les documents en votre possession.

Or, vous ne vous êtes pas
présentée. Dès lors nous réactivons notre facture dont vous voudrez bien régler
le montant.

Par ailleurs, nous vous rappelons
que votre retrait du permis de conduire de 3 mois s'exécute dès le 17 décembre
2018 vous n'êtes donc plus en droit de conduire depuis cette date.

Pour le surplus nous vous
renvoyons à notre décision du 20 juin 2018."

D.                    
Le 26 février 2019, à 16h45, A.________ a été interpellée au volant de
sa voiture immatriculée VD-********, sur le chemin de Fénix à Lutry, alors
qu'elle rentrait à son domicile. Les contrôles effectués par les policiers ont
révélés que l'intéressée était sous le coup d'un retrait de son permis de
conduire depuis le 17 décembre 2018 jusqu'au 16 mars 2019. A.________ a alors
été amenée dans les locaux de la Police Lavaux à Lutry pour y être entendue.
Elle a été dénoncée pour avoir enfreint les art. 10 al. 2 et 95 al. 1b de la
LCR.

A l'occasion de son audition et interpellée sur les
faits, l'intéressée a fait notamment les déclarations suivantes:

"J'ai
pris mon véhicule et j'ai été faire une manœuvre dans le quartier, sur environ
100-150 mètres et je suis revenue me parquer chez moi. De plus, je tiens à dire
que j'ai fait une réclamation contre le retrait de mon permis."

A la question de savoir si elle estimait toujours
avoir son permis de conduire, elle a répondu de la façon suivante:

" Oui je le pense parce que
j'ai fait réclamation au SAN."

E.                    
Le 9 avril 2019, le SAN a informé A.________ qu’il envisageait de
prononcer une mesure de retrait du permis de conduire à son encontre pour avoir
conduit un véhicule automobile en dépit d'une mesure de retrait de permis de
conduire commise le 26 février 2019. Il l'a invitée à lui communiquer ses
éventuelles observations avant de statuer.

Par lettre du 30 avril 2019, l'intéressée a requis
une prolongation au 15 mai 2019 pour se déterminer. Il ne ressort pas du
dossier que des déterminations complémentaires aient été déposées. 

F.                    
Par décision du 21 mai 2019, le SAN a prononcé le retrait du permis de
conduire d'A.________ pour une durée de douze mois en application de l’art. 16c
al. 2 let. c LCR et ordonné l’exécution de cette mesure, du 17 novembre 2019 au
28 octobre 2020 au plus tard. Il a qualifié l’infraction de grave et pris en
considération le précédent retrait du 20 juin 2018, tout en relevant que la
mesure correspondait au minimum légal s'agissant d'une récidive.

Cette décision a été notifiée le 21 mai 2019 par pli
recommandé qui n'a pas été retiré.

G.                   
Par ordonnance pénale du 24 mai 2019, A.________ a été condamnée à une
peine pécuniaire ferme de 90 jours-amende, le montant du jour-amende étant fixé
à 50 fr. pour avoir circulé au volant d'un véhicule automobile alors qu'elle
faisait l'objet d'une mesure de retrait de son permis de conduire par le
Ministère public de l'arrondissement de l'Est vaudois.

H.                    
Le 20 juin 2019, A.________ a formé une réclamation à l'encontre de la
décision du SAN du 21 mai 2019. L'intéressée expliquait en substance avoir fait
opposition à la décision rendue par le SAN le 20 juin 2018 et être dans
l'attente d'une suite à ses écritures. Elle indiquait que ses pièces avaient
été remises contre accusé réception et avoir envoyé plusieurs lettres en
recommandé restées sans suite. Elle sollicitait, compte tenu de son incapacité
maladie qui se prolongeait, arrêt de travail du 8 juin au 18 juin 2019 à
l'appui, une restitution du délai de réclamation et concluait en "formant
opposition" à la décision du 21 mai 2019 et en "maintenant et
réitérant [s]on opposition à la décision du 20 juin 2018, déposée en temps
utiles au SAN contre accusé réception, dite opposition devant impérativement
être traitée en premier lieu."

Après réception de cette réclamation, un juriste du
SAN a invité par téléphone l'intéressée à prouver le dépôt d'une réclamation à
l'encontre de la décision rendue le 20 juin 2018. 

Par envoi du 29 juin 2019, A.________ a produit la
copie d'une réclamation datée du 10 juillet 2018 munie d'une "signature
valant accusé de réception (SAN)", ainsi qu'un certificat médical du 5
juillet 2018 concernant le rendez-vous médical de sa mère du 30 janvier 2018.
Finalement, elle demandait de revoir la sanction et qu'un entretien lui soit
accordé.

I.                      
Par décision sur réclamation du 31 juillet 2019, le SAN a rejeté la
réclamation du 20 juin 2019 et confirmé en tout point sa décision du 21 mai
2019.

J.                     
Le 3 septembre 2019, A.________ a fait opposition à l'ordonnance pénale
du 24 mai 2019 qui l'a condamnée à une peine pécuniaire pour avoir conduit le
26 février 2019 sous le coup d'un retrait de son permis de conduire.

K.                    
Le 16 septembre 2019, A.________ a recouru en temps utile devant la Cour
de droit administratif et public du Tribunal cantonal (ci-après: le tribunal ou
la CDAP) contre la décision sur réclamation du SAN du 31 juillet 2019,
concluant notamment à son annulation et au maintien de "[s]es
oppositions formulées antérieurement." Une procédure a été ouverte
sous la référence CR.2019.0033.

Dans sa réponse du 11 octobre 2019, le SAN a renvoyé
aux considérants de la décision attaquée, concluant au maintien de celle-ci et
au rejet du recours.

L.                     
Par arrêt du 8 janvier 2020 dans la cause CR.2019.0033, la CDAP a
notamment rejeté le recours et confirmé la décision sur réclamation rendue le
31 juillet 2019 par le SAN. En substance, le tribunal a, dans un premier temps,
cherché à déterminer si une réclamation avait été déposée en temps utile contre
la décision du 20 juin 2018. Considérant que l'intéressée avait produit la
copie d'une lettre qu'elle aurait remise en mains propres au guichet du SAN, le
10 juillet 2018, et qui manifeste sa volonté de recourir, le tribunal a toutefois
constater que le document produit ne démontrait pas qu'une réclamation avait
bien été déposée formellement et en temps utile. En effet, la signature du
destinataire apposée sur cette pièce et destinée à valoir accusé de réception était
illisible et il n'existait aucune raison de mettre en doute les déclarations du
SAN qui indiquait qu'elle ne correspondait pas à une signature d'un
collaborateur du secteur des mesures administratives. Le tribunal a également
pris en compte que le document n'était pas daté avec le timbre dudit secteur ou
du service, procédure appliquée à tout courrier entrant. La CDAP a ainsi
considéré que cette signature qui n'était pas lisible ne saurait constituer la
preuve du dépôt de l'acte dans le délai de réclamation, la seule déclaration de
la partie concernée sur ce point n'étant pas suffisante. Le tribunal a
également relevé que l'intéressée n'avait pas réagi suite au courrier du SAN du
19 décembre 2018 qui lui annonçait que l'exécution de la mesure du 20 juin 2018
avait débuté et qu'elle n'avait pas non plus produit la réclamation de juillet
2018 ou mentionné d'emblée qu'elle estimait que la décision du 21 juin 2018
n'était pas exécutoire, lorsqu'elle a été invitée par le SAN, le 9 avril 2019,
à lui communiquer ses éventuelles observations avant qu'il ne statue. Partant, la
CDAP a retenu que l'intéressée n'avait pas apporté la preuve que sa réclamation
datée du 10 juillet 2018 avait été déposée en temps utile en mains de
l'autorité. Il s'ensuivait que le SAN pouvait à bon droit considérer que sa
décision du 21 juin 2018 était exécutoire et qu'un retrait de permis devait
s'exécuter dès le 17 décembre 2018. Pour le surplus, le tribunal a confirmé la
validité du retrait prononcé le 21 mai 2019, la décision ne prêtant en particulier
pas flanc à la critique sous l'angle de sa proportionnalité. 

M.                   
L'arrêt du 8 janvier 2020 a fait l'objet d'un recours devant le Tribunal
fédéral déposé le 14 février 2020 par A.________ (cause 1C_97/2020).
L'intéressée s'est notamment prévalue de pièces qui ne figuraient pas aux
dossiers du SAN et du tribunal pour démontrer qu'elle avait adressé sa
réclamation audit service le 10 juillet 2018 en mains propres et par voie
recommandée.

N.                    
Le 11 juin 2020, A.________ (ci-après: la requérante) a sollicité la
révision de l'arrêt du 8 janvier 2020, motif pris qu'elle n'aurait pas pu
invoquer dans la procédure CR.2019.0033 devant la CDAP un moyen de preuve
important. En substance, elle explique que la réclamation du 10 juillet 2018,
comportant une signature valant accusé réception contestée par le SAN, aurait
également été envoyée par pli postal recommandé audit service. Par lettre du 8
octobre 2019, soit pendant la procédure CR.2019.0033, la requérante a ainsi
demandé une attestation de distribution à La Poste Suisse SA pour une lettre
recommandée adressée au SAN et portant un numéro d'envoi n° 98.00.991803.00507594.
La Poste Suisse SA a répondu à cette requête le 11 février 2020 en confirmant
qu'un envoi n° 98.00.991803.00507594, déposé le 10 juillet 2018 à la poste de St-François
à Lausanne, avait été distribué le 12 juillet 2018 à 9h37 à l'avenue du Grey,
1014 Lausanne. Cette confirmation, reçue postérieurement à la notification de
l'arrêt de la CDAP du 8 janvier 2020, constitue pour la requérante un moyen de
preuve important qu'elle ne pouvait pas connaître lors de la première décision
et un motif de révision. La requérante a également sollicité le bénéfice de
l'assistance judiciaire totale.

Par avis du 12 juin 2020, le juge instructeur, se
référant à l'art. 100 al. 1 de la loi du 28 octobre 2008 sur la procédure
administrative (LPA-VD; BLV 173.36), a invité la requérante à préciser si elle
sollicitait la suspension de la procédure de révision dans la mesure où l'arrêt
du 8 janvier 2020 n'était pas entré en force compte tenu de la procédure
fédérale engagée suite à son recours du 14 février 2020 et qu'il n'apparaissait
pas que cette dernière procédure avait été suspendue. 

Par lettre du 22 juin 2020, le requérante a informé
le juge instructeur que son recours au Tribunal fédéral avait été rejeté par un
arrêt notifié le même jour et rendu le 29 mai 2020.

Par avis du 24 juin 2020, le juge instructeur a
restitué l’effet suspensif à la demande de révision conformément à l'art. 103
ch. 2 LPA-VD.

Le SAN s'est déterminé sur la demande de révision le
3 août 2020 en concluant au rejet de la requête. A cette occasion, il a précisé
avoir procédé à des recherches concernant le numéro de recommandé
98.00.991803.00507594. Les fichiers des recommandés réceptionnés et scannés à
l'entrée par le SAN ont ainsi été vérifiés. Le numéro précité n'a pas été
trouvé pour la date des recommandés scannés les 11, 12 et 13 juillet 2018. Une
requête a également été émise auprès de La Poste Suisse SA qui a répondu
qu'aucun envoi ne portait ce numéro. Enfin, une recherche a été effectuée dans
les autres secteurs du SAN qui n'ont pas trouvé de trace d'un recommandé
réceptionné le 12 juillet 2018 portant cette référence.

La requérante s'est encore déterminée le 24 août
2020.

O.                   
La cour a statué à huis clos, par voie de circulation.

 

Considérant en droit:

1.                     
Selon l'article 100 al. 1 LPA-VD, seule une décision entrée en force
peut faire l'objet d'une demande de révision. Suite à l'arrêt du Tribunal
fédéral du 19 mai 2020 dans la cause 1C_97/2020, l'arrêt de la CDAP du 8
janvier 2020 (CR.2019.0033) est entré en force. Déposée auprès de l'autorité
ayant rendu cet arrêt et dans le délai de 90 jours dès la découverte du moyen
de révision (cf. art. 10 et 102 LPA-VD; BLV 173.36), il y a lieu d'entrer
en matière sur la demande de révision.

2.                     
La procédure de révision est réglée aux art. 100 ss LPA-VD.

a) L'art. 100 LPA-VD décrit les motifs auxquels la
révision d'un jugement est subordonnée en ces termes:

"1 Une décision
sur recours ou un jugement rendus en application de la présente loi et entrés
en force peuvent être annulés ou modifiés, sur requête:

a) s'ils ont été influencés par un crime ou un délit, ou

b) si le requérant invoque des faits ou des moyens de preuve
importants qu'il ne pouvait pas connaître lors de la première décision ou dont
il ne pouvait pas ou n'avait pas de raison de se prévaloir à cette époque.

2 Les faits nouveaux
survenus après le prononcé de la décision ou du jugement ne peuvent donner lieu
à une demande de révision."

Ces motifs correspondent à ceux énoncés à l'art. 123
al. 1 et 123 al. 2 let. a de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral
(LTF; RS 173.110) et à l'art. 137 de l'ancienne loi fédérale d'organisation
judiciaire en vigueur jusqu'au 31 décembre 2006 (aOJ). Ils peuvent par
conséquent être interprétés à la lumière de la jurisprudence du Tribunal
fédéral concernant ces dispositions (RE.2010.0009 du 6 juin 2011; RE.2010.0002
du 17 septembre 2010; RE.2010.0001 du 12 août 2010). 

Ainsi, un fait doit être qualifié de
"nouveau" au sens de l'art. 100 al. 1 let. b LPA-VD s'il existait
déjà lorsque l'arrêt a été rendu, mais qu'il n'avait pas pu être porté à la
connaissance du tribunal malgré la diligence du requérant (arrêt RE.2011.0007
du 29 juillet 2011 consid. 2; cf. ég. TF 1F_4/2007 du 9 mars 2007 consid. 4,
concernant l'interprétation de l'art. 123 LTF).

Ne peuvent justifier une révision
que les moyens de preuve qui portent sur des faits antérieurs à l'arrêt en
question et qui existaient au moment où ils auraient pu être invoqués, mais
qui, sans faute, ne l'ont pas été (TF 5F_20/2014 du 3 novembre 2014 consid. 2.1
et les références); en outre, ces moyens de preuve doivent être pertinents,
respectivement décisifs, c'est-à-dire de nature à modifier l'état de fait qui est
à la base de la décision entreprise et à conduire à une solution différente en
fonction d'une appréciation juridique correcte (TF 5F_20/2014 précité consid.
2.1; 2F_2/2008 du 31 mars 2008 consid. 2). Le requérant doit avoir été empêché
sans sa faute de se prévaloir de faits ou preuves pertinents dans la procédure
précédente, en particulier parce qu'il ne les connaissait pas, nonobstant la
diligence exercée. Son ignorance doit être excusable. L'ignorance d'un fait
doit être jugée moins sévèrement que l'insuffisance de preuves au sujet d'un
fait connu, la partie ayant le devoir de tout mettre en œuvre pour établir
celui-ci (TF 4F_22/2011 du 21 février 2012 consid. 2.1 et les références
citées, notamment l'ATF 134 IV 48 consid. 1.2 p. 50). Il y a ainsi lieu de
conclure à un manque de diligence lorsque la découverte de faits ou de moyens
de preuve nouveaux résulte de recherches qui auraient pu et dû être effectuées
dans la procédure précédente (TF 5F_20/2014 du 3 novembre 2014 consid. 2.1;
4A_247/2014 du 23 septembre 2014 consid. 2.3). Il n'y a pas non plus motif à
révision du seul fait que le tribunal paraît avoir mal interprété des faits
déjà connus lors de la procédure principale (ATF 127 V 353 consid. 5b; arrêt RE.2011.0007
du 29 juillet 2011 consid. 2).

b) Dans le cas d'espèce, la requérante fonde sa
demande de révision sur une pièce nouvelle qu'elle n'aurait obtenu, sans sa
faute, que le 11 février 2020 de La Poste Suisse SA. Elle invoque qu'elle ne
pouvait pas faire valoir ce moyen de preuve auparavant dans la mesure où La
Poste Suisse SA n'avait pas donné suite immédiatement à sa requête du 8 octobre
2019. La requérante estime ainsi avoir fait preuve de toute la diligence
requise afin d'obtenir la preuve qui lui faisait défaut dans le cadre de la
procédure devant la CDAP.

Force est toutefois de constater que la requérante n'a
jamais expressément mentionné, que cela soit dans la procédure de réclamation
devant le SAN ou dans la procédure subséquente devant la CDAP, qu'elle avait
adressé sa réclamation datée du 10 juillet 2018 par pli recommandé à l'autorité
en question. En particulier, lorsqu'elle est interpellée par une juriste du SAN
pour prouver le dépôt de sa réclamation à l'encontre de la décision du 20 juin
2018, le requérante se réfère exclusivement à la "signature valant accusé
de réception (SAN)" figurant sur son courrier. De même, elle n'a pas évoqué
devant la CDAP pendant la procédure de recours l'existence d'un envoi
recommandé ou sa démarche du 8 octobre 2019 auprès de La Poste Suisse SA pour
en obtenir confirmation. L'instruction n'était pourtant pas close à ce moment. Par
ailleurs, la requérante n'a pas requis non plus de l'autorité de recours ou de
l'autorité précédente des mesures d'instruction relatives à cet envoi
recommandé. La requérante n'indique pas pourquoi, alors qu'elle connaissait évidemment
l'existence d'un envoi de sa réclamation par recommandé, elle a attendu que
soit notifié l'arrêt du 9 janvier 2020 pour se résoudre à en parler, la
première fois devant le Tribunal fédéral, qui a décidé que les pièces produites
étaient irrecevables car elle n'avait pas expliqué les raisons qui l'auraient
empêchée de les produire dans la procédure de réclamation ou dans la procédure
cantonale de recours subséquente. La requérante n'indique pas non plus qu'elle
aurait été empêché sans sa faute d'alléguer cet envoi recommandé ou de faire
porter l'instruction sur ce point dans ces procédures. Le fait que La Poste
Suisse SA n'ait pas donné une suite immédiate à sa requête n'est à cet égard
par déterminant dans la mesure où si le SAN ou la CDAP avaient été informés d'un
envoi par voie recommandée simultané à la remise en mains propres, des recherches
auraient inévitablement été menées sur ce point: l'accusé réception de la
remise en mains propres étant contesté, la preuve d'un envoi recommandé était
déterminante dans l'appréciation de la cause et de la validité de la
réclamation déposée. Il importe peu également que la requérante n'ait pas été
assistée d'un conseil dans les procédures précédentes, la portée de l'envoi
postal en question dans celles-ci étant évidente.

Ainsi, s'agissant d'un fait qu'elle connaissait, à savoir
l'envoi de sa réclamation du 10 juillet 2019 par recommandé, force est
d'opposer à la requérante son manque de diligence dans les procédures
précédentes. Elle avait le devoir de tout mettre en œuvre pour établir ce fait
connu d'elle-même. En l'espèce, les moyens de preuve nouveaux invoqués résultent
de recherches qui auraient pu et dû être effectuées dans les procédures
précédentes alors qu'il n'était pas impossible à la requérante de se procurer
une attestation de son envoi ou à tout le moins de s'en prévaloir avant la
notification de l'arrêt de la CDAP: le motif de révision des faux nova ne doit
pas servir à remédier aux omissions de la partie requérante dans la conduite du
procès (arrêt 4A_570/2011 du 23 juillet 2012 consid. 4.1).

Il en découle que les motifs présentés dans la
demande de révision ne sont ni des faits ou des moyens de preuve importants
qu'elle ne pouvait pas connaître lors de la première décision ni des éléments
dont elle ne pouvait pas ou n'avait pas de raison de se prévaloir à cette
époque, au sens de l'art. 100 al. 1 let. b LPA-VD.

3.                     
Les considérants qui précèdent conduisent au rejet de la demande de
révision.

La demande d'assistance judiciaire doit également
être rejetée, la requête de révision apparaissant d'emblée dénuée de chances de
succès. Au vu des circonstances, il sera renoncé à percevoir des frais
judiciaires. Il n'y a pas lieu d'allouer de dépens.

 

Par
ces motifs

 la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

 

I.                      
La demande de révision de l'arrêt du 9 janvier 2020 (cause CR.2019.0033)
est rejetée.

II.                     
La requête d'assistance judiciaire est rejetée.

III.                   
Il n'est pas alloué de dépens, ni perçu de frais judiciaires.

Lausanne, le 2 septembre 2020

 

                                                          Le
président:                                   

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de
l'avis d'envoi ci-joint.

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa
notification, d'un recours au Tribunal fédéral (Tribunal fédéral suisse, 1000
Lausanne 14). Le recours en matière de droit public s'exerce aux conditions des
articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS
173.110), le recours constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss
LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,
indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.
Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.
Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,
pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la
décision attaquée.