# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c348d364-0c00-5398-a4cd-fbd06f0cd56b
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2013-11-13
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 13.11.2013 BB.2013.40
**Docket/Reference:** BB.2013.40
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_BB-2013-40_2013-11-13

## Full Text

Mise sous scellés (art. 248 al.1 CPP).;;Mise sous scellés (art. 248 al.1 CPP).;;Mise sous scellés (art. 248 al.1 CPP).;;Mise sous scellés (art. 248 al.1 CPP).

Décision du 13 novembre 2013 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Stephan Blättler, prési-

dent, Tito Ponti et Roy Garré,  

le greffier Aurélien Stettler  

   

Parties  RÉPUBLIQUE D'OUZBÉKISTAN,  

recourante 

 

 contre 

   

  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,  

intimé 

   

 

Objet  Mise sous scellés (art. 248 al. 1 CPP) 

 
 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

 

Numéro de dossier: BB.2013.40 

(Procédure secondaire:  BP.2013.26)  

 

 

- 2 - 

 

 

 

Faits: 

 

A. En date du 5 juillet 2012, le Ministère public de la Confédération (ci-après: 

MPC) a, sur la base d'une communication MROS, ouvert une enquête à 

l'encontre de deux ressortissants ouzbeks, A. et B., notamment pour soup-

çon de blanchiment d'argent (art. 305
bis

 CP). 

 

La procédure en question a été étendue le 27 juillet 2012 à l'encontre de 

leurs compatriotes C. et D., notamment pour complicité de blanchiment 

d'argent (art. 305
bis

 et 25 CP). Ces derniers ont été arrêtés à Genève le 

30 juillet 2012. Une perquisition dans la chambre d'hôtel qu'ils occupaient a 

été ordonnée par le procureur en charge de la procédure, mesure au cours 

de laquelle "de nombreux documents et d[u] matériel informatique, dont 

plusieurs ordinateurs, téléphones portables et clés USB" ont été saisis 

(act. 4, p. 2 ch. 5). 

 

 

B. Le 15 août 2012, l'Ambassade d'Ouzbékistan à Berlin a adressé un courrier 

au MPC, l'informant qu'un ordinateur portable et une clé USB se trouvant 

dans les objets saisis le 30 juillet 2012 étaient couverts par l'immunité di-

plomatique (act. 1.4). La restitution desdits objets était requise. 

 

Par courrier du 21 août 2012, le MPC a expressément demandé à la Ré-

publique d'Ouzbékistan, des informations complémentaires permettant 

l'identification du matériel dont la restitution était requise (act. 1.5). 

 

 

C. D. a été placé en détention provisoire du 30 juillet au 16 octobre 2012. 

Avant sa sortie, un certain nombre d'objets et documents saisis au moment 

de la perquisition du 30 juillet 2012 lui ont été remis (act. 3.2 et 3.3). Figu-

rent notamment au nombre de ces derniers un "Laptop, Marke (…), 

Nr. (…)" inventorié sous n
o
 01.01.0028, ainsi qu'une clé USB "Festplatte, 

Marke (…)", sans numéro de référence (ibidem). 

 

 

D. Par arrêt du 10 janvier 2013, le Tribunal fédéral a admis un recours formé 

par la République d'Ouzbékistan contre la décision du Tribunal des mesu-

res de contraintes du canton de Berne (ci-après: Tmc) lui refusant la qualité 

de partie à la procédure de levée des scellés (act. 1.20). La Haute Cour a 

notamment constaté ce qui suit en lien avec la question des scellés: 

- 3 - 

 

 

"2.2 En l'espèce, la recourante bénéficie des immunités de l'Etat, qui protègent 

notamment ses biens ainsi que ses représentants à l'étranger (cf. PATRICK DAIL-

LIER/ALAIN PELLET, Droit international public, 7e éd., p. 451). Ce principe de droit 

coutumier a été précisé dans la Convention de Vienne sur les relations diploma-

tiques, qui règle en particulier l'immunité des agents diplomatiques (art. 29 et 

31) et l'inviolabilité de leur correspondance et de leurs biens (art. 30). Ces im-

munités sont destinées à garantir le respect de la souveraineté de l'Etat (PA-

TRICK DAILLIER/ALAIN PELLET, op. cit., p. 450), qui peut d'ailleurs renoncer à 

l'immunité de juridiction de ses agents (art. 32 al. 1). Ainsi, même si ces immu-

nités s'étendent aux agents diplomatiques, l'Etat en est titulaire et bénéficie de 

droits à cet égard. 

Dans ces conditions, s'il s'avère que les scellés ont été apposés sur des biens 

et des documents de la recourante ou de la cheffe de sa mission à Genève, la 

mesure litigieuse causerait une atteinte directe aux droits de la recourante au 

sens de l'art. 105 al. 2 CPP. Celle-ci devrait donc pouvoir participer à la procé-

dure de levée des scellés dans la mesure nécessaire à la sauvegarde de ses 

intérêts. Certes, comme le relève la décision attaquée, une partie de la doctrine 

est d'avis que seul le détenteur des biens sous scellés a qualité de partie dans 

la procédure de l'art. 248 CPP (OLIVIER THORMANN/BEAT BRECHBÜHL, in Basler 

Kommentar StPO, op. cit., n. 32 ad art. 248 CPP). D'autres auteurs se montrent 

cependant plus souples et réservent une intervention des tiers touchés (AN-

DREAS J. KELLER, in Donatsch/Hansjakob/Lieber (éd.), op. cit., n. 6 s. ad art. 248 

CPP; CATHERINE CHIRAZI, in Commentaire romand CPP, op. cit., n. 12 ad art. 

248 CPP). Quoi qu'il en soit, la mesure litigieuse causant une atteinte directe 

aux droits de la recourante, celle-ci doit être considérée comme un participant à 

la procédure au sens de l'art. 105 CPP. 

La possibilité d'intervenir dans la procédure de levée des scellés s'impose d'au-

tant plus en l'espèce que la recourante n'est apparemment pas en mesure 

d'identifier les biens et les documents saisis en mains de tiers et placés sous 

scellés. Le MPC et le Tmc ne lui ayant pas donné de renseignements sur ce 

point, seule une participation à la procédure de levée des scellés pourrait lui 

permettre de sauvegarder ses droits, en désignant les objets ou les documents 

sous scellés potentiellement couverts par l'immunité diplomatique. Le recours 

doit donc être admis et la qualité de participant à la procédure doit être recon-

nue à la recourante, étant précisé que cette qualité ne vaut que pour la procé-

dure de levée des scellés et uniquement dans la mesure nécessaire à la sau-

vegarde de ses intérêts (art. 105 al. 2 CPP)." 

 

 

E. Donnant suite à l'arrêt du Tribunal fédéral susmentionné, le Tmc a, par or-

donnance du 25 janvier 2013, "accord[é] à la République d'Ouzbékistan le 

droit d'être entendue quant à plusieurs demandes de levée des scellés 

- 4 - 

 

 

ayant pour objets des documents mis sous scellés potentiellement couverts 

par l'immunité diplomatique […]" (act. 1.21, p. 1). 

 

 

F. Par courriers des 28 février et 15 mars 2013, Me Pierre de Preux (ci-après: 

Me de Preux), conseil de la République d'Ouzbékistan, a "requ[is] formel-

lement la mise sous scellés de la retranscription du contenu de l'ordinateur 

portable et de la clé USB qui ont été restitués à M. D." (act. 1.28 et 1.30). 

 

Le 19 mars 2013, le MPC a rejeté la demande de mise sous scellés sus-

mentionnée, pour les motifs suivants: 

"1. D. n'exerce aucune fonction officielle et n'est au bénéfice, en Suisse, d'au-

cun privilège et immunité. Cette information est confirmée par le Département 

fédéral des affaires étrangères. 

Ainsi, le fait que D. fût mandaté par la République d'Ouzbékistan et/ou Gulnera 

KARIMOVA pour exécuter certaines prestations n'y changeât rien. 

2. La République d'Ouzbékistan revendique un ordinateur portable et une clé 

USB. 

L'ordinateur portable n'a été identifié par la République de l'Ouzbékistan que 

dans son recours daté du 5 octobre 2012, reçu par le MPC le 19 octobre 2012. 

Or, lors de sa remise en liberté, le 16 octobre 2012, D. a identifié l'ordinateur 

revendiqué comme étant le sien et dit appareil lui a donc été restitué, en sa 

qualité de détenteur. 

D. n'a en outre jamais fait mention de la possibilité que les informations et do-

cuments contenus dans cet ordinateur, ou tout autre support informatique, 

soient couverts par l'immunité diplomatique. 

Rien ne permet donc en l'état d'affirmer que dit ordinateur n'appartient pas à D. 

et n'empêche l'exploitation des données y figurant. 

Quant à la clé USB revendiquée, une fois encore, le MPC constate que jusqu'à 

ce jour, la République d'Ouzbékistan n'a pas été en mesure de fournir les dé-

tails permettant de l'identifier, parmi le lot de clés USB séquestrées. 

Au vu de ce qui précède, rien ne justifie donc, en l'état, de ne pas procéder à 

l'évaluation des informations contenues dans l'ordinateur portable précité ainsi 

que dans les différentes clés USB séquestrées, dans la mesure où la Républi-

que d'Ouzbékistan n'a pas identifié la clé lui appartenant. 

Comme mentionné dans mon courrier du 6 mars 2013, en fonction des droits et 

prérogatives de votre cliente, je vous présenterai le contenu de ces supports in-

formatiques se rapportant à des activités relevant de la souveraineté de la Ré-

publique de l'Ouzbékistan et pouvant, le cas échéant, être mis sous scellés. 

- 5 - 

 

 

En l'état, la mise sous scellés est refusée, pour les motifs indiqués ci-dessus. 

Le présent courrier vaut décision, au sens de l'art. 80 CPP" (act. 1.2). 

 

 

G. Par mémoire du 28 mars 2013, la République d'Ouzbékistan a formé re-

cours contre la décision susmentionnée et pris les conclusions suivantes: 

"Principalement 

Annuler la décision du Ministère public de la Confédération du 19 mars 2013. 

Ordonner [au] Ministère public de la Confédération de mettre sous scellés la 

sauvegarde informatique effectuée de l'ordinateur portable et de la clé USB res-

titués à M. D. le 16 novembre [recte: octobre] 2012. 

Statuant sur les frais et les dépens 

Mettre les frais de la présente procédure à charge de la Confédération Helvéti-

que et allouer à la recourante une indemnité à titre de dépens." (act. 1, p. 25). 

  

Sous chiffre IV de son mémoire, intitulé "Effet suspensif", la République 

d'Ouzbékistan indiquait encore ce qui suit: 

"En l'état, et compte tenu de la décision du MPC, la recourante retient que le 

MPC ne va pas exploiter le matériel visé par la demande de mise sous scellés, 

en tous les cas aussi longtemps que le présent recours ne sera pas tranché. 

Si le MPC devait en décider autrement, la recourante est en droit d'attendre du 

MPC, en se fondant sur le principe de la confiance, qu'il l'en informe clairement 

et dans un délai raisonnable pour lui permettre de requérir de la Cour des plain-

te[s] l'octroi de l'effet suspensif" (act. 1, p. 15 ch. 41). 

  

Appelé à répondre, le MPC a, par écriture du 15 avril 2013, conclu au rejet 

du recours (act. 3). S'agissant de l'effet suspensif, l'autorité de poursuite in-

diquait "s'en remet[tre] à la décision du TPF", non sans préciser que "com-

me annoncé dans le courrier du 6 mars 2013 (…), l'exploitation des don-

nées dans les objets revendiqués a débuté et est en cours" (act. 3, p. 5). 

Invitée à répliquer, la République d'Ouzbékistan a, dans un premier temps, 

requis l'octroi de l'effet suspensif au recours, lequel a été accordé par or-

donnance du 19 avril 2013 (procédure BP.2013.26). Elle a, dans un 

deuxième temps et par écriture du 29 avril 2013, déposé une réplique aux 

arguments du MPC (act. 6, lequel a brièvement dupliqué le 14 mai 2013 

(act. 8). Par envoi du 14 juin 2013, ce dernier a produit un courrier de la Di-

rection du droit international public (ci-après: DDIP) du 10 juin 2013 à l'at-

tention de Me de Preux (act. 10 et 10.1). Le 26 juin 2013, ce dernier a 

spontanément produit deux courriers adressés par ses soins au Conseiller 

- 6 - 

 

 

fédéral Burkhalter ainsi qu'au directeur de la DDIP (act. 12, 12.1 et 12.2). 

Copie de ces déterminations ont été adressées au MPC pour sa complète 

information (act. 13). Ce dernier a, le 15 juillet 2013, produit une copie 

d'une lettre de la DDIP du 10 juillet 2013 dont il ressort que "Mme Goulnara 

Karimova ne bénéficie plus de privilèges et immunités en Suisse, sauf en 

ce qui concerne les actes qu'elle a accomplis dans l'exercice de ses fonc-

tions comme membre de la mission" (act. 14.1, p. 2). Une copie de cette 

correspondance a été adressée à Me de Preux, lequel a expressément re-

quis de pouvoir se déterminer à son propos. Dans le délai imparti au 2 août 

2013 pour ce faire, des déterminations ainsi que six annexes ont été pro-

duites (act. 18, 18.1 à 18.6), ce dont le MPC a été informé (act. 19). Sur 

demande de l'autorité de céans, le MPC a, par envoi du 10 octobre 2013, 

produit la pièce référencée "08-01-0028" (act. 20 et 20.1), ce dont le 

conseil de la République d'Ouzbékistan a été informé (act. 21). 

 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris, 

si nécessaire, dans les considérants en droit. 

 

 

 

 

La Cour considère en droit: 

 

1.  

1.1 En tant qu’autorité de recours, la Cour des plaintes examine avec plein 

pouvoir de cognition en fait et en droit les recours qui lui sont soumis 

(v. MOREILLON/DUPUIS/MAZOU, La pratique judiciaire du Tribunal pénal fé-

déral en 2011, in Journal des Tribunaux 2012, p. 2 ss, p. 52 n
o
 199 et les 

références citées). 

 

1.2 Les décisions du MPC peuvent faire l'objet d'un recours devant la Cour de 

céans (art. 393 al. 1 let. a CPP et 37 al. 1 LOAP en lien avec l'art. 19 al. 1 

du règlement sur l'organisation du Tribunal pénal fédéral [ROTPF; 

RS 173.713.161]). Le recours contre les décisions notifiées par écrit ou 

oralement est motivé et adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l'au-

torité de recours (art. 396 al. 1 CPP). Aux termes de l'art. 393 al. 2 CPP, le 

recours peut être formé pour violation du droit, y compris l'excès et l'abus 

du pouvoir d'appréciation, le déni de justice et le retard injustifié (let. a), la 

constatation incomplète ou erronée des faits (let. b) ou l'inopportunité 

(let. c). 

 

- 7 - 

 

 

1.3 Dispose de la qualité pour recourir toute partie qui a un intérêt juridique-

ment protégé à l'annulation ou à la modification d'une décision (art. 382 

al. 1 CPP). Dans le cadre de la présente affaire, la recourante s'est vu re-

connaître par le Tribunal fédéral la qualité de partie – au sens de l'art. 105 

al. 2 CPP – à la procédure de levée des scellés diligentée en lien avec 

l'enquête fédérale référencée SV.12.02808 (v. supra let. E). En l'occurren-

ce, la décision entreprise refuse à la recourante la mise sous scellés requi-

se d'un ordinateur portable et d'une clé USB. Force est dès lors d'admettre 

qu'elle dispose d'un intérêt juridiquement protégé à l'annulation et à la mo-

dification de dite décision, et ce dans la mesure où elle fait valoir que les 

objets en question pourraient être couverts par son immunité. 

 

1.4 Au surplus, interjeté le 28 mars 2013, le présent recours a été déposé dans 

le délai de dix jours dès la notification du prononcé attaqué (art. 90 al. 2 

CPP). 

 

Le recours est partant recevable en la forme. 

 

 

2. Selon la recourante, la décision entreprise violerait le principe de la bonne 

foi (act. 1, p. 15 ss), et serait contraire à l'art. 248 CPP (act. 1, p. 22 s.). En 

outre, elle ne respecterait pas l'art. 27 al. 2 de la Convention de Vienne du 

18 avril 1961 sur les relations diplomatiques (RS 0.191.01), de même que 

l'art. 3 de la loi fédérale du 22 juin 2007 sur les privilèges, les immunités et 

les facilités, ainsi que les aides financières accordées par la Suisse en tant 

qu'Etat hôte (LEH; RS 192.12) (act. 1, p. 19 ss). 

 

 

3.  

3.1 Aux termes de l'art. 248 al. 1 CPP, les documents, enregistrements et au-

tres objets qui ne peuvent être ni perquisitionnés, ni séquestrés parce que 

l'intéressé fait valoir son droit de refuser de déposer ou de témoigner ou 

pour d'autres motifs sont mis sous scellés et ne peuvent être ni examinés, 

ni exploités par les autorités pénales. 

 

3.2 L'immunité est destinée à protéger la souveraineté d'un Etat lorsque ses 

biens, sa législation ou ses agents sont en rapport direct avec la souverai-

neté d'un autre Etat et sont donc soumis à sa juridiction (Samantha BES-

SON, Droit international public, Berne 2011, p. 80). Ses origines sont de na-

ture coutumière (v. Xiadong YANG, State Immunity in International Law, 

Cambridge 2012, p. 33 ss). La doctrine distingue les immunités de l'Etat en 

tant que telles, les immunités diplomatiques et consulaires, ainsi que l'im-

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munité des chefs d'Etat. Pour ce qui concerne les immunités selon la 

Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, qui règle en particu-

lier l'immunité des agents diplomatiques (art. 29 et 31) et l'inviolabilité de 

leur correspondance et de leurs biens (art. 30), le Tribunal fédéral a déjà eu 

occasion de souligner dans l'arrêt du 10 janvier 2013 cité plus haut (v. su-

pra let. D), que même si ces immunités s'étendent aux agents diplomati-

ques, l'Etat en est titulaire et bénéficie de droits à cet égard (arrêt précité, 

consid. 2.2). In casu, il ressort du dossier que la recourante a invoqué son 

immunité étatique devant le MPC dès le 15 août 2012 déjà à l'appui de sa 

demande de restitution des deux objets litigieux (v. supra let. B). Si le MPC 

a refusé de procéder à ladite restitution, il ne semble toutefois pas exclure 

que les supports litigieux puissent renfermer des informations couvertes 

par les immunités d'Etat (v. supra let. F in fine). 

 

3.3 Sur ce vu et à la lumière des considérants du Tribunal fédéral dans sa dé-

cision du 10 janvier 2013 (v. supra let. D), le refus du MPC d'apposer les 

scellés sur les deux supports revendiqués, et ce notamment au motif que la 

recourante n'aurait identifié que tardivement les objets litigieux, n'est pas 

soutenable. Au moment de rendre son arrêt, la Haute Cour retenait en effet 

expressément que "[l]a possibilité d'intervenir dans la procédure de levée 

des scellés s'impose d'autant plus en l'espèce que la recourante n'est ap-

paremment pas en mesure d'identifier les biens et les documents saisis en 

mains de tiers et placés sous scellés", ajoutant que "[l]e MPC et le Tmc ne 

lui ayant pas donné de renseignements sur ce point, seule une participation 

à la procédure de levée des scellés pourrait lui permettre de sauvegarder 

ses droits, en désignant les objets ou les documents sous scellés potentiel-

lement couverts par l'immunité diplomatique". Dans la mesure où le Tribu-

nal fédéral a considéré que l'accès à la procédure relative aux scellés re-

présentait le seul moyen permettant à la recourante de sauvegarder ses 

droits, notamment en lui donnant l'occasion d'identifier parmi les biens et 

documents saisis en mains de tiers – dont D. –, ceux susceptibles d'être 

couverts par l'immunité d'Etat, l'on ne saurait reprocher à ladite recourante 

de n'avoir identifié que "tardivement" (v. act. 3, p. 3 ch. 14) les objets en 

question, et ce dès lors que l'accès à la procédure relative aux scellés ne 

lui a été garanti qu'à compter du 25 janvier 2013 (v. supra let. E). 

 

3.4 Des éléments qui précèdent, il ressort que le MPC aurait, à réception de 

l'arrêt du Tribunal fédéral susmentionné, dû placer spontanément les deux 

objets litigieux sous scellés avant de, le cas échéant, saisir le Tmc d'une 

requête de levée de scellés en bonne et due forme. Il appert en définitive 

que l'essentiel de l'argumentation développée par le MPC à l'appui de la 

décision ici entreprise ne porte pas sur la question de savoir si des scellés 

- 9 - 

 

 

doivent être apposés sur les deux objets litigieux, mais bien plutôt sur celle 

de savoir si les conditions légales pour prononcer leur levée sont réalisées. 

Or, comme indiqué, cette question ne relève pas de la compétence de l'au-

torité de céans mais du Tmc (art. 248 al. 3 let. a CPP). 

 

 

4. Les considérations qui précèdent conduisent à l'admission du recours for-

mé par la République d'Ouzbékistan. 

 

 

5.  

5.1 Compte tenu de l'issue du recours, les frais de la présente décision sont 

pris en charge par la caisse de l'Etat (art. 428 al. 4 et 423 al. 1 CPP; Mes-

sage, p. 1310; GRIESSER, Kommentar StPO, n° 4 ad art. 428; SCHMID, 

Handbuch des schweizerischen Strafprozessrechts, 2
ème

 éd., Zurich/Saint-

Gall 2013, n° 1777). 

 

5.2 La partie qui obtient gain de cause a droit à une indemnité pour les dé-

penses occasionnées par l’exercice raisonnable de ses droits de procédure 

(art. 436 al. 1 en lien avec l’art. 429 al. 1 let. a CPP). Selon l’art. 12 du rè-

glement du Tribunal pénal fédéral sur les frais, émoluments, dépens et in-

demnités de la procédure pénale fédéral du 31 août 2010 (RFPPF; RS 

173.713.162), les honoraires sont fixés en fonction du temps effectivement 

consacré à la cause et nécessaire à la défense de la partie représentée. En 

l’espèce, une indemnité d’un montant de CHF 2'000.-- paraît équitable, 

étant rappelé ici que selon l'art. 8 al. 1 LTVA (RS 641.20), les prestations 

d'un avocat dont le client est domicilié à l'étranger ne sont pas soumises à 

la TVA. 

 

 

 

- 10 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Le recours est admis. 

 

2. La décision du Ministère public de la Confédération du 19 mars 2013 est an-

nulée, ordre étant donné à cette autorité de mettre sous scellés la sauvegar-

de informatique effectuée de l'ordinateur portable et de la clé USB restitués à 

D. le 16 octobre 2012. 

 

3. La présente décision est rendue sans frais. 

 

4. Une indemnité d'un montant de CHF 2'000.-- est accordée à la recourante, à 

la charge du Ministère public de la Confédération. 

 

 

Bellinzone, le 14 novembre 2013 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le président:  Le greffier:  

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Me Pierre de Preux, avocat  

- Ambassade de la République d'Ouzbékistan en Allemagne (vu la commu-

nication du 13.11.2013 de Me de Preux, selon laquelle ce dernier n'est plus 

le représentant de la recourante) 

- Ministère public de la Confédération 

 

 

 

Indication des voies de recours 

Il n’existe pas de voie de recours ordinaire contre la présente décision.