# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 9265c6af-05f6-591c-a2ea-5c98ab7db242
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2017-12-27
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 27.12.2017 BB.2017.127
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG/CH_BSTG_001_BB-2017-127_2017-12-27.pdf

## Full Text

Décision du 27 décembre 2017 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Stephan Blättler, prési-

dent, Giorgio Bomio et Patrick Robert-Nicoud,  

le greffier Giampiero Vacalli  

 

   

Parties  A. CORPORATION, représentée par Me Marc 

Joory, avocat,  

recourante 

  

 contre 

   

  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,  

intimé 

 

 

   

Objet  Séquestre (art. 263 ss CPP) 

 

  

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

Numéro de dossier: BB.2017.127 

 

 

 

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Faits: 

 

A. Le Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC) diligente depuis le 

27 juillet 2016 une enquête pénale contre A. et inconnus du chef de blanchi-

ment d’argent aggravé (art. 305bis ch. 1 et 2 CP). Au travers de sa société 

C., B. aurait représenté l'entreprise S. SA et payé des pots-de-vin, entre 2006 

et 2012 au moins, pour un montant de USD 9.4 millions, à des dirigeants de 

la société semi-étatique brésilienne Petrobras, notamment à E., afin d'obtenir 

l'adjudication de contrats avec elle pour un montant de BRL 3.9 milliards 

(v. act. 1.1 p. 1 ss). Dans le cadre de son enquête et suite à deux annonces 

du Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent (ci-après: 

MROS) du 4 et 18 juillet 2016, le MPC a ordonné le 28 juillet 2016 l'édition 

et le séquestre de la documentation bancaire relative au compte n. 1 ouvert 

au nom de A. Corp. auprès de la banque F. et dont les ayants droit écono-

miques sont B. et sa femme, G. (v. act. 1.2). 

 

 

B. Le 16 mars 2017, A. Corp. a requis le MPC de lever le séquestre frappant 

son compte et de clore toute mesure d'instruction initiée à son encontre 

(v. act. 1.3). Après avoir eu des contacts téléphoniques avec l'autorité de 

poursuite, A. Corp., par courriers du 13 avril et 16 juin 2017, a réitéré sa 

requête (v. act. 1.5 et 1.6).  

 

 

C. Par décision du 7 juillet 2017, le MPC a refusé de lever le blocage sur les 

avoirs déposés sur la relation bancaire au nom de A. Corp. auprès de la 

banque F. (v. act. 1.1). 

 

 

D. Le 21 juillet 2017, A. Corp. a interjeté recours contre cette dernière décision 

(v. act. 1). Elle conclut en substance à l'annulation de la décision du 7 juillet 

2017 qui refuse la levée du séquestre. 

 

 

E. Invité à répondre au recours, le MPC conclut le 7 août 2017 au rejet de celui-

ci, dans la mesure de sa recevabilité (v. act. 5). 

 

 

F. Par réplique du 22 septembre 2017, la recourante persiste intégralement 

dans ses conclusions (v. act. 20). 

 

 

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G. Par duplique du 9 octobre 2017, transmise à la recourante pour information 

(v. act. 23), le MPC confirme sa position (v. act. 22). 

 

 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris, 

si nécessaire, dans les considérants en droit. 

 

 

 

La Cour considère en droit: 

 

1.  

1.1 Les décisions du MPC peuvent faire l’objet d’un recours devant la Cour de 

céans (art. 393 al. 1 let. a CPP et art. 37 al. 1 de la loi fédérale du 19 mars 

2010 sur l'organisation des autorités pénales [LOAP; RS 173.71] en lien avec 

l’art. 19 al. 1 du règlement sur l’organisation du Tribunal pénal fédéral 

[ROTPF; RS 173.713.161]). Toute partie qui a un intérêt juridiquement pro-

tégé à l’annulation ou à la modification d’une décision a qualité pour recourir 

contre celle-ci (art. 382 al. 1 CPP). 

 

1.2 S’agissant d’une mesure de séquestre d’un compte bancaire, seul le titulaire 

du compte remplit en principe cette condition, à l’exclusion de l’ayant droit 

économique, lequel n’est qu’indirectement touché par la mesure de saisie 

(arrêt du Tribunal fédéral 1B_94/2012 du 2 avril 2012, consid. 2.1 in fine; 

décision du Tribunal pénal fédéral BB.2011.10-11 du 18 mai 2011, con-

sid. 1.5 et les références citées). En l'espèce, la société recourante est la 

titulaire de la relation bancaire visée par la mesure ici entreprise. Elle dispose 

ainsi d'un intérêt juridiquement protégé à l'annulation de cette dernière. 

 

1.3 Le recours contre les décisions notifiées par écrit ou oralement est motivé et 

adressé par écrit, dans un délai de dix jours, à l’autorité de recours (art. 396 

al. 1 CPP). Aux termes de l’art. 393 al. 2 CPP, le recours peut être formé 

pour violation du droit, y compris l’excès et l’abus du pouvoir d’appréciation, 

le déni de justice et le retard injustifié (let. a), la constatation incomplète ou 

erronée des faits (let. b) ou l’inopportunité (let. c). Ces conditions étant rem-

plies en l’espèce, le recours est recevable. 

 

 

2. Du point de vue formel, la recourante se plaint d'abord de la violation de son 

droit d'être entendue et ce sous l'angle du droit à une décision motivée. Elle 

affirme que le MPC ne se serait prononcé ni sur le classement de la procé-

dure brésilienne contre B. (relative au crime préalable du blanchiment d'ar-

gent poursuivi en Suisse), ni sur l'absence de poursuites ou mesures pénales 

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à l'encontre du prénommé, ni sur les arguments invoqués en lien avec la 

régularisation fiscale des avoirs déposés sur le compte F. au Brésil, éléments 

qui seraient décisifs à l’appui de la demande de levée de séquestre. 

 

2.1 Il découle notamment du droit d’être entendu, garanti par l’art. 29 al. 2 Cst., 

l’obligation pour l’autorité d’indiquer dans son prononcé les motifs qui la con-

duisent à sa décision (arrêt du Tribunal fédéral 1A.95/2002 du 16 juillet 2002, 

consid. 3.1). Cette garantie tend à donner à la personne touchée les moyens 

d’apprécier la portée du prononcé et de le contester efficacement, s’il y a 

lieu, devant une instance supérieure (arrêt du Tribunal 1A.58/2006 du 

12 avril 2006, consid. 2.2). L’objet et la précision des indications à fournir 

dépendent de la nature de l’affaire et des circonstances particulières du cas; 

néanmoins, en règle générale, il suffit que l’autorité mentionne au moins briè-

vement les motifs qui l’ont guidée, sans qu’elle soit tenue de discuter de ma-

nière détaillée tous les arguments soulevés par les parties (ATF 112 Ia 107 

consid. 2b; v. aussi ATF 126 I 97 consid. 2b; 125 II 369 consid. 2c; 124 II 

146 consid. 2a); l’autorité n’est pas davantage astreinte à statuer séparé-

ment sur chacune des conclusions qui lui sont présentées (arrêt du Tribunal 

fédéral 1A.95/2002 du 16 juillet 2002, consid. 3.1). Elle peut se limiter à l’exa-

men des questions décisives pour l’issue du litige; il suffit que le justiciable 

puisse apprécier correctement la portée de la décision et l’attaquer à bon 

escient (ATF 126 I 15 consid. 2a/aa; 125 II 369 consid. 2c; 124 II 146 con-

sid. 2a; 124 V 180 consid. 1a et les arrêts cités). 

 

2.2 En l'occurrence, il faut constater que le MPC ne s'est effectivement pas ex-

primé dans la décision attaquée sur les points mentionnés par la recourante. 

Toutefois, l'autorité de poursuite a affirmé que "en date du 26 janvier 2017, 

l'instruction a été étendue à H., ce dernier étant soupçonné d'avoir participé 

au système corruptif exposé ci-dessous, notamment en versant des pots-de-

vin à E.", en ajoutant que "le même jour, la documentation concernant di-

verses relations bancaires suisses contrôlées par H. (notamment celle n° 2 

ouverte auprès de la banque J. au nom de H. et de I., et celle n° 3 ouverte 

auprès de la banque K. au nom de L. Corp.), qui a été éditée dans le cadre 

des procédures nationales SV.14.0404 et SV.15.1121, a été versée à la pré-

sente procédure" (v. act. 1.1 p. 3). Or, étant donné que le compte de la re-

courante a été crédité de valeurs patrimoniales provenant de relations con-

trôlées par H. (v. act. 1.1 p. 8) et que les autorités brésiliennes ont classé la 

procédure le 18 janvier 2017 (v. act. 1 p. 4), sans connaitre la documentation 

bancaire concernant ces opérations, le MPC a implicitement écarté les argu-

ments de la recourante (v. aussi act. 5 p. 2 s).  

 

 Au surplus, une motivation insuffisante peut se guérir devant l'autorité supé-

rieure lorsque l'autorité intimée justifie sa décision et l'explique dans son 

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mémoire de réponse, que la partie recourante a la possibilité de présenter 

un mémoire complémentaire pour prendre position sur les motifs contenus 

dans la réponse de l'autorité intimée et qu'il n'en résulte aucun préjudice pour 

la recourante (v. ATF 125 I 209 consid. 9a et les arrêts cités; décision du 

Tribunal pénal fédéral BB.2012.192 du 25 avril 2013, consid. 2.5 et arrêt du 

Tribunal pénal fédéral BB.2010.22 du 26 juillet 2010, consid. 2). Dès lors que 

le MPC a produit devant la Cour de céans une prise de position explicitant 

les motifs fondant, à son sens, la décision entreprise (v. act. 5), et au vu de 

l'échange d'écritures intervenu devant la Cour de céans – qui dispose du 

même pouvoir d'examen que l'autorité inférieure (art. 393 al. 2 CPP) –, force 

est de retenir que la recourante a eu la possibilité de s'exprimer librement, 

de faire valoir l'ensemble de ses arguments et de discuter ceux du MPC. 

Même si la motivation de la décision querellée s’était avérée insuffisante, ce 

vice aurait été guéri dans le cadre de la présente procédure. 

 

 

3. La recourante conteste le maintien du séquestre sur son compte. Selon elle, 

elle aurait démontré l'absence de poursuite pénales au Brésil contre B., l'ab-

sence de liens entre les comptes de ce dernier (et de son épouse) et les 

personnes sous enquête à l'étranger ainsi que la régularisation fiscale à 

l'étranger des avoirs en question. En définitive, aucun élément ne permettrait 

au MPC d'affirmer que les valeurs séquestrées seraient d'origine illicite et 

qu'elles pourraient ainsi être confisquées ou faire l'objet d'une créance com-

pensatrice.  

 

3.1 Le séquestre prévu par l’art. 263 CPP est une mesure provisoire (conserva-

toire) qui permet la saisie de moyens de preuve, respectivement d'objets ou 

de valeurs qui pourraient faire l’objet d’une confiscation en application du 

droit pénal fédéral (arrêt du Tribunal fédéral 1S.2/2004 du 6 août 2004, con-

sid. 2.2). Il faut que des indices suffisants permettent de suspecter que les 

valeurs patrimoniales ont servi à commettre une infraction ou en sont le pro-

duit, que les infractions aient été commises par leur détenteur ou par un tiers 

(art. 197 CPP; arrêt du Tribunal pénal fédéral BB.2005.42 du 14 septembre 

2005, consid. 2.1; HEIMGARTNER, Strafprozessuale Beschlagnahme, Zurich 

2011, p. 125 ss). Pour que le maintien du séquestre pendant une période 

prolongée se justifie, il importe que ces présomptions se renforcent en cours 

d’enquête et que l’existence d’un lien de causalité adéquat entre les valeurs 

saisies et les actes délictueux puisse être considérée comme hautement 

vraisemblable (ATF 122 IV 91 consid. 4 p. 95; SCHMID/JOSITSCH, Schweize-

rische Strafprozessordnung, Praxiskommentar, 3e éd. 2017, n° 5 ad art. 263; 

LEMBO/JULEN BERTHOD, in Commentaire romand CPP, Bâle 2011, n° 26 ad 

art. 263). La mesure doit par ailleurs, à l’instar de toute mesure de contrainte, 

reposer sur une base légale, être justifiée par un intérêt public suffisant et 

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respecter le principe de la proportionnalité, étant précisé que l’autorité dis-

pose à cet égard d’une grande marge d’appréciation (art. 197 CPP ainsi que 

arrêt du Tribunal fédéral 1P.239/2002 du 9 août 2002, consid. 3.1; arrêt du 

Tribunal pénal fédéral BB.2008.98 du 8 avril 2009, consid. 3). Tant que sub-

siste un doute sur la part des fonds qui pourrait provenir d'une activité crimi-

nelle, l'intérêt public commande que ceux-ci demeurent à la disposition de la 

justice (arrêts du Tribunal pénal fédéral BB.2008.11 du 16 mai 2008, con-

sid. 3.1; BB.2005.28 du 7 juillet 2005, consid. 2; ATF 125 IV 222 consid. 2 

non publié; 124 IV 313 consid. 3b et 4 p. 316; SJ 1994 p. 97, 102). 

 

3.2  

3.2.1 Selon le MPC, en substance, il existerait, en l'état, "des indices suffisants 

permettant de suspecter que les valeurs patrimoniales séquestrées sur le 

compte n° 1 ouvert au nom de A. Corp puissent être en lien avec une activité 

criminelle, notamment avec des actes de corruption et/ou de blanchiment 

d'argent relatifs à l'affaire Petrobras" (v. act. 1.1 p. 6). 

 

Le MPC a mis à jour des liens entre la recourante et H., personne touchée 

par les faits objet de l’enquête. Le compte susmentionné aurait été initiale-

ment alimenté par une ancienne relation du couple B., laquelle aurait été 

créditée, en quelques semaines en 2008, d'importants montants en prove-

nance de comptes contrôlés par H. Or, à cette même période, H. aurait trans-

féré des fonds substantiels à E. Il en irait de même pour M., autre associé 

de B., qui aurait notamment procédé en 2008 à un virement sur un compte 

de E. À cela s'ajouterait que d'autres opérations réalisées sur les relations 

de la recourante et de B. apparaitraient suspectes, notamment les verse-

ments de la société N. AS en faveur du couple B. Ces éléments viendraient 

ainsi corroborer les mises en cause détaillées de O. Au demeurant, il est 

rappelé les différents liens entre les deux prévenus, anciens associés au 

sein de la société C., ainsi que leur activité professionnelle dans le cadre de 

laquelle d'importants contrats auraient été conclus avec Petrobras.  

 

En définitive, selon le MPC il existerait à ce jour des doutes non seulement 

quant à la provenance et la destination des avoirs déposés sur les diverses 

relations éditées et séquestrées, mais également quant à l'arrière-plan éco-

nomique des opérations effectuées sur ces dernières. 

 

3.2.2 A la lumière des éléments récoltés par le MPC à ce stade, force est d’ad-

mettre qu’il existe – en l’état – des indices suffisants permettant de suspecter 

que les valeurs patrimoniales saisies sur le compte de la recourante pour-

raient être liées aux infractions dont B., H. et autres sont soupçonnés dans 

le cadre de l'affaire Petrobras. 

 

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 Le MPC a mis en évidence l'existence de plusieurs comptes bancaires et 

opérations qui méritent des approfondissements (v. act. 1.1 p. 4 ss). Le 

28 mai 2008 USD 150'000.– ont été transférés du compte n. 3 auprès de la 

banque K., dont L. Corp. est titulaire et H. ayant droit économique, au compte 

n. 4 auprès de la banque P., dont la société Q. Corp est titulaire et E. ayant 

droit économique. Entre le 31 mars et le 23 mai 2008, ce dernier compte a 

été crédité de USD 590'000.– provenant du compte n. 5 auprès de la banque 

J., dont H. et I. sont titulaires et H. ayant droit économique. Depuis ce dernier 

compte ont été opérés plusieurs transferts intervenus entre le 18 avril et le 

30 juin 2008, pour un total de USD 695'000.–, destinés au compte n. 6 au-

près de la banque R., dont B. et sa femme sont titulaires et ayants droit éco-

nomiques. Ce même compte a été aussi destinataire, le 16 mai 2008, de 

USD 160'000.–, somme provenant du compte n. 7 auprès de la banque R., 

dont H. et I. sont titulaires et ayants droit économiques, et, le 18 juin 2008, 

de USD 200'000.– provenant du compte n. 8 auprès de la banque S., dont 

H. est titulaire et ayant droit économique. À relever, enfin, qu'en octobre 2012 

USD 1.335 millions (cash + titres) ont été versés depuis le compte n. 6 au-

près de la banque R. sur le compte objet de la décision ici attaquée. Or, dans 

la mesure où ce dernier compte a été crédité, au travers du compte n. 6, de 

valeurs patrimoniales provenant de relations appartenant à H. et que l'une 

de ces relations a été utilisée pour verser de l'argent à E., ex dirigeant de 

Petrobras prévenu de corruption, il est évident que le MPC doit pouvoir ana-

lyser toute la documentation concernant les comptes contrôlés par H., docu-

mentation qui a été versée au dossier le 26 janvier 2017 seulement (pour 

certains comptes même après, soit en mai et juin), date à laquelle le MPC a 

étendu l'instruction pénale à H., pour comprendre les causes des transac-

tions intervenues. Il s'agit en l'espèce de vérifier si le compte de la recourante 

devait également servir à verser des sommes d'argent à des dirigeants de 

Petrobras. Cela est d'autant plus justifié que l'instruction a également mis en 

évidence un versement de USD 278'000.– effectué le 23 mai 2008 par M., 

ancien associé de B. et H. au sein de la société C., depuis son compte n. 9 

auprès de la banque R., vers le compte n. 4 auprès de la banque P., dont Q. 

Corp est titulaire et E. ayant droit économique. Les explications de la recou-

rante, selon lesquelles tous ces paiements constitueraient des ajustements 

de comptes-courants entre associés sont peu convaincantes et ne suffisent 

manifestement pas pour prononcer la levée du séquestre attaqué.  

 

 Le fait que les autorités brésiliennes aient classé leur procédure est sans 

importance en l'espèce, étant donné qu'elles ont procédé de la sorte, le 

18 janvier 2017, sans avoir eu connaissance du contenu de ladite documen-

tation bancaire. En outre, même si une demande de délégation de la pour-

suite pénale a été présentée par l’OFJ le 24 juillet 2017 aux autorités brési-

liennes, l'autorité suisse doit poursuivre son instruction, au moins jusqu'au 

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moment où elle recevra une éventuelle réponse positive des autorités étran-

gères. 

 

3.3 Sur le vu de l’ensemble des éléments qui précèdent, il apparaît que la me-

sure de séquestre visant le compte n. 1, dont la recourante est titulaire au-

près de la banque F. à Genève, repose sur des soupçons suffisants, d'une 

part, et n’est – à ce stade de l’enquête – pas disproportionnée tant quant à 

son principe que du point de vue de sa durée, d'autre part. 

 

 

4. Le recours se révèle mal fondé et doit être rejeté. 

 

 

5. Selon l’art. 428 al. 1 CPP, les frais de la procédure de recours sont mis à la 

charge des parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de cause ou 

succombé. Le montant de l’émolument est calculé en fonction de l’ampleur 

et de la difficulté de la cause, de la façon de procéder des parties, de leur 

situation financière et des frais de chancellerie (art. 73 al. 2 LOAP). En ap-

plication de l’art. 8 du règlement du Tribunal pénal fédéral du 31 août 2010 

sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la procédure pénale fé-

dérale (RFPPF; RS 173.713.162) il est fixé à CHF 2'000.– à la charge du 

recourant. 

 

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Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Le recours est rejeté. 

 

2. Un émolument de CHF 2'000.– est mis à la charge de la recourante. 

 

 

Bellinzone, le 28 décembre 2017 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le président: Le greffier:  

 

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Me Marc Joory 

- Ministère public de la Confédération 

 

 

Indication des voies de recours 

Dans les 30 jours qui suivent leur notification, les arrêts de la Cour des plaintes relatifs aux mesures 
de contrainte sont sujets à recours devant le Tribunal fédéral (art. 79 et 100 al. 1 de la loi fédérale du 
17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral; LTF). La procédure est réglée par les art. 90 ss LTF. 

Le recours ne suspend l’exécution de l’arrêt attaqué que si le juge instructeur l’ordonne (art. 103 
LTF).