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**Case Identifier:** 5dd462e3-0942-5682-b2e0-bd92869c71c8
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2012-04-02
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 02.04.2012 A/3501/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-3501-2011_2012-04-02.pdf

## Full Text

Siégeant : Florence KRAUSKOPF, Présidente; Christine TARRIT-DESHUSSES et 
Evelyne BOUCHAARA, Juges assesseurs 

  

 
 

R E P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/3501/2011 ATAS/452/2012 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 2 avril 2012 

9
ème

  Chambre 

En la cause 

Monsieur S__________, domicilié à 1218 Le Grand-Saconnex, 
comparant avec élection de domicile en l'étude de Maître Pierre 
VUILLE  

recourant 

contre 

SERVICE DES PRESTATIONS COMPLEMENTAIRES, sis route 
de Chêne 54, 1208 Genève 

intimé 

 
 
 

 

A/3501/2011 

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EN FAIT 

1. Le 13 août 2002, Monsieur S__________ a déposé une demande de prestations 
complémentaires. Selon les indications qu'il a fournies, son épouse ne réalisait pas 
de salaire et le couple n'était pas propriétaire d'un bien immobilier. En signant le 
formulaire, le futur bénéficiaire s'engageait à informer l'Office cantonal des 
personnes âgées sans tarder de tout changement dans ses revenus et son patrimoine. 

Le 16 janvier 2003, ledit Office a mis l'intéressé au bénéfice de ses prestations, 
avec effet au 1er novembre 1999. 

2. Par décision du 15 septembre 2010, le Service des prestations complémentaires 
(SPC; anciennement l'Office précité) a réclamé à Monsieur S__________ la 
restitution de la somme de 99'868 fr. 90, correspondant au subside d'assurance-
maladie (92'315 fr. 70), aux frais médicaux (7'228 fr.) et prestations 
complémentaires (325 fr.) perçus indûment entre le 1er octobre 2000 et le 31 août 
2010.  

La décision était fondée sur le fait que le bénéficiaire n'avait pas déclaré un 
immeuble dont il est propriétaire au Portugal ni le gain réalisé à partir de 2009 par 
son épouse. Le SPC a ainsi retenu à titre de fortune immobilière, depuis le 
1er octobre 2000, la somme de 136'244 fr. et à titre de produits de ladite fortune le 
montant de 6'131 fr.  

3. Selon la taxation 2003, la valeur fiscale du bien immobilier était de 126'000 fr. pour 
chaque époux et la fortune mobilière de l'épouse s'élevait à 118'000 fr. 

4. A la suite de l'opposition formée par l'assuré, la décision a été confirmée le 2 février 
2011. Elle n'a pas fait l'objet d'un recours. 

5. Statuant le 6 juin 2011 sur demande de remise, le SPC a considéré que l'administré 
ne pouvait se prévaloir de sa bonne foi. En effet, ce dernier n'avait pas signalé qu'il 
était devenu propriétaire immobilier ni que son épouse avait repris une activité 
professionnelle, alors qu'il s'était engagé à informer le SPC de tout changement 
dans sa situation financière. 

6. Dans son opposition à cette décision, l'assuré a indiqué avoir toujours transmis les 
pièces demandées. Par ailleurs, la restitution le mettrait dans une situation difficile. 

7. Le 28 septembre 2011, le SPC a rejeté l'opposition. En faisant preuve de la 
"vigilance raisonnable", l'intéressé aurait dû se rendre compte que les décisions de 
prestations ne tenaient pas compte de son bien immobilier, ni de l'activité de son 
épouse. Selon les communications faites par le SPC aux bénéficiaires, ceux-ci ont 
l'obligation de vérifier les décisions et de signaler toute divergence. L'échange 
d'informations avec les autorités fiscales ne se faisait qu'au besoin et non 

 
 
 

 

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systématiquement, de sorte que les informations fournies au fisc n'étaient pas 
nécessairement transmises au SPC. La condition de la bonne foi n'était donc pas 
réalisée. Enfin, à la suite de l'entrevue du 6 septembre 2011 de l'assuré avec la 
division financière, une proposition d'arrangement avait été faite. L'intéressé était 
prié de bien vouloir se déterminer à ce sujet. 

8. Par acte expédié le 31 octobre 2011, l'assuré recourt contre cette décision, dont il 
demande l'annulation. Il expose que le revenu total de son couple était de 65'391 fr. 
en 2008. Ses impôts 2008 se sont montés à 4'243 fr. 85. Il explique ne pas avoir 
songé à indiquer au SPC son bien immobilier et les revenus de son épouse, puisque 
ceux-ci avaient été déclarés aux autorités fiscales. Il avait toujours répondu aux 
demandes de renseignement du service et ne pouvait pas vérifier les calculs, 
complexes, de celui-ci; il avait donc agi de bonne foi. La restitution le mettrait dans 
une situation difficile. Enfin, aucun comportement pénal ne lui étant imputable, le 
recourant soutient que le délai de prescription est de cinq ans; le montant dont la 
restitution lui est réclamée ne pouvait dépasser les prestations perçues pendant les 
cinq dernières années. 

9. Reprenant les arguments déjà exposés dans la décision querellée, le SPC conclut au 
rejet du recours. Il relève que la décision de restitution est entrée en force et que son 
bien-fondé ne peut être revu au stade de la demande de remise. 

10. Dans sa réplique, le recourant souligne sa bonne foi. La décision attaquée 
provoquerait des difficultés financières. Les décisions de restitution souffraient d'un 
défaut de motivation quant au calcul du montant réclamé. En particulier, elles 
n'expliquaient pas pour quelle raison le délai de prescription de dix ans avait été 
retenu. Se déterminant à l'époque [du rendu de la décision de restitution] en 
personne, le recourant ne disposait pas des informations pour s'opposer aux 
décisions qui lui avaient été notifiées. Le SPC aurait dû revoir et motiver sa 
décision de restitution; il ne pouvait se retrancher derrière le fait que la décision de 
restitution était entrée ne force. 

11. Le SPC a rappelé que seules les conditions de la bonne foi et de la situation 
financière pouvaient être examinées; le montant de la restitution ne saurait être 
revu. 

12. Les parties ont ensuite été informées que la cause était gardée à juger. 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 3 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 
26 septembre 2010 (LOJ; RS E 2 05) en vigueur dès le 1er janvier 2011, la 
Chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît en instance unique 
des contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit 
des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA; RS 830.1) relatives à la loi 

 
 
 

 

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fédérale sur les prestations complémentaires à l’assurance-vieillesse, survivants et 
invalidité du 6 octobre 2006. Elle statue aussi, en application de l'art. 134 al. 3 let. a 
LOJ, sur les contestations prévues à l'art. 43 de la loi cantonale sur les prestations 
cantonales complémentaires à l'assurance-vieillesse et survivants et à l'assurance-
invalidité du 25 octobre 1968 (LPCC; RS J 7 15). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Déposé dans le forme et le délai prescrits, le recours est recevable (art. 60 et 501 
let. b LPGA). 

3. Le litige porte sur la demande de remise du recourant. 

a. Contrairement à ce que ce dernier soutient, la Cour ne peut revoir la décision de 
restitution. En effet, la décision du 15 septembre 2010 déterminant les montants 
perçus à tort a été confirmée par la décision sur opposition du 2 février 2011, qui 
est entrée en force. De jurisprudence constante, les conditions de la restitution, y 
compris la question de savoir si celle-ci était atteinte de la prescription, ne peuvent 
plus être revues au stade de la procédure de remise, qui fait l'objet d'une procédure 
distincte de celle de restitution (ATF np 8C_602/2007 du 13 décembre 2007, 
consid. 3 et les références citées). Il ne peut ainsi être reproché à l'intimé, à ce 
stade, de ne pas avoir d'office vérifié, dans le cadre de l'opposition formée à la 
décision de restitution, si le délai de prescription était de cinq ou dix ans. Par 
ailleurs, le recourant ne peut opposer la prescription à l'exécution de la décision de 
restitution du 2 février 2011. Cette dernière étant assimilée à un jugement (art. 54 
al. 2 LPGA), elle bénéficie du délai de prescription de dix ans (art. 127 CO), qui 
n'est manifestement pas atteint en l'espèce. 

Il convient ainsi de limiter l'examen du recours à la question de savoir si les 
conditions de la remise sont réalisées in casu. 

b. À teneur de l’art. 25 al. 1er LPGA, les prestations indûment touchées doivent être 
restituées, la restitution ne pouvant toutefois être exigée lorsque l’intéressé était de 
bonne foi et qu’elle le mettrait dans une situation difficile (al. 1er). En droit 
cantonal, les art. 24 LPCC et 14 à 16 du règlement d’application de la LPCC 
reprennent la teneur des dispositions fédérales précitées. Par conséquent, les 
conditions et principes dégagés de l'application de l'art. 25 LPGA sont applicables à 
la remise des prestations complémentaires cantonales. 

Selon l’art. 25 al. 2 LPGA, la remise de l'obligation de restituer des prestations 
indûment touchées ne peut pas être exigée lorsque l’intéressé était de bonne foi et 
qu’elle le mettrait dans une situation difficile. A teneur du texte légal, il s'agit de 
conditions cumulatives. Selon l’art. 4 de l’ordonnance sur la partie générale du droit 
des assurances sociales, du 11 septembre 2002 (OPGA ; RS 830.11), la restitution 

 
 
 

 

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entière ou partielle des prestations allouées indûment, mais reçues de bonne foi, ne 
peut être exigée si l’intéressé se trouve dans une situation difficile.  

c. La bonne foi doit être niée lorsque le versement indu de la prestation a pour origine 
le comportement intentionnel ou la négligence grave de la personne tenue à 
restitution.  

L’ignorance, par le bénéficiaire, du fait qu’il n’avait pas droit aux prestations 
versées ne suffit pas pour admettre qu’il était de bonne foi. Il faut bien plutôt qu’il 
ne se soit rendu coupable non seulement d’aucune intention malicieuse mais encore 
d’aucune négligence grave. Il s’ensuit que la bonne foi en tant que condition de la 
remise est exclue d’emblée lorsque les faits qui conduisent à l’obligation de 
restituer (violation du devoir d’annoncer ou de renseigner) sont imputables à un 
comportement dolosif ou à une négligence grave. En revanche, l’intéressé peut 
invoquer sa bonne foi lorsque l’acte ou l’omission fautifs ne constituent qu’une 
violation légère de l’obligation d’annoncer ou de renseigner (ATF 130 V 318 
consid. 5.2; 112 V 97 consid. 2c; 110 V 176 consid. 3c). Il y a négligence grave 
quand un ayant droit ne se conforme pas à ce qui peut raisonnablement être exigé 
d’une personne capable de discernement dans une situation identique et dans les 
mêmes circonstances (ATF 110 V 181 consid. 3d). La condition de la bonne foi 
doit par ailleurs être réalisée dans la période où l'assuré concerné a reçu les 
prestations indues dont la restitution est exigée (ATF n.p. 8C_954/2008 du 29 mai 
2009, consid. 7.1).  

L'ayant droit de prestations complémentaires doit communiquer sans retard à 
l'organe cantonal compétent tout changement dans la situation personnelle et toute 
modification sensible dans la situation matérielle du bénéficiaire de la prestation 
(art. 24 Ordonnance sur les prestations complémentaires à l’assurance-vieillesse, 
survivants et invalidité; art. 11 LPCC). 

d. En l'espèce, le formulaire de demande de prestations, signé par le recourant, pose la 
question de savoir si celui-ci est propriétaire d'un bien immobilier et si son épouse 
réalise un revenu. Le recourant a rempli les cases prévues à cet effet par un trait, 
donnant ainsi une réponse négative. Le formulaire précité porte, par ailleurs, 
l'indication par laquelle le bénéficiaire déclare "sur l'honneur" que les 
renseignements fournis sont complets et exacts et qu'il s'engage à informer l'intimé 
de tout changement dans sa situation personnelle, ses revenus, son patrimoine et ses 
dépenses. Or, le recourant n'a pas informé l'intimé du fait qu'il était propriétaire 
d'un immeuble. Il indique avoir communiqué, de longue date, cette information à 
l'administration fiscale. Il ne peut cependant soutenir de bonne foi avoir cru que la 
transmission de cette information à une autre autorité que l'intimé suffisait. 
L'engagement qu'il avait signé stipulait clairement que les changements devaient 
être signalés à l'intimé. Par ailleurs, le fait d'être propriétaire d'un bien immobilier 
est manifestement un élément important dans la détermination du droit aux 

 
 
 

 

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prestations. Il en va de même du gain réalisé par l'épouse. Le recourant ne soutient 
au demeurant pas le contraire. Sa négligence consistant à ne pas avoir signalé sa 
propriété immobilière, puis ultérieurement le salaire de son épouse, doit ainsi être 
qualifiée de grave. 

 Reste encore à examiner si la bonne foi du recourant doit être niée pour l'ensemble 
de la période visée par la restitution. 

 Le recourant a commencé à percevoir des prestations de l'intimé, avec effet 
rétroactif au 1er novembre 1999, à la suite de la décision du 16 janvier 2003. A 
teneur de la taxation fiscale 2003, le recourant était alors propriétaire d'un 
immeuble. Il n'a pas signalé cette propriété dans sa demande de prestations d'août 
2002, ni au moment où il a reçu la décision d'octroi en janvier 2003, ni encore par 
la suite lorsqu'il a commencé à percevoir les prestations de l'intimé. Partant, le 
recourant n'était pas de bonne foi au moment où il a perçu les prestations, de sorte 
que celle-ci doit être niée pour l'ensemble de la période pour laquelle la restitution 
est réclamée. 

 Au vu de ce qui précède, l'intimé a refusé à juste titre la demande de remise, l'une 
des conditions pour y accéder faisant défaut. Le recours doit donc être rejeté. 

  

*  *  * 

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. Le rejette. 

3. Dit que la procédure est gratuite. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public (art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 17 juin 2005 - 
LTF; RS 173.110) aux conditions de l’art. 95 LTF pour ce qui a trait aux 
prestations complémentaires fédérales, par la voie du recours constitutionnel 
subsidiaire (articles 113 ss LTF) aux conditions de l’art. 116 LTF pour ce qui a trait 
aux prestations complémentaires cantonales. Le mémoire de recours doit indiquer 
les conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou 
de son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par 
voie électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l'envoi. 

 
La greffière 

 
 

Maryse BRIAND 

 La présidente 
 
 

Florence KRAUSKOPF 
 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 
des assurances sociales par le greffe le