# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 408f2eb0-60b3-5e7d-878c-995c2528618e
**Source:** Bern Gerichte (BE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-09-11
**Language:** fr
**Title:** Bern Verwaltungsgericht 11.09.2020 200 2019 232
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/BE_Verwaltungsgericht/BE_VG_001_200-2019-232_2020-09-11.pdf

## Full Text

200.2019.232.AI
N° AVS 
ANP/REN

Tribunal administratif du canton de Berne
Cour des affaires de langue française

Jugement du 11 septembre 2020

Droit des assurances sociales

C. Meyrat Neuhaus, présidente
M. Moeckli et C. Tissot, juges
P. Annen-Etique, greffière

A.________
recourante

contre

Office AI Berne 
Scheibenstrasse 70, case postale, 3001 Berne
intimé

relatif à une décision de ce dernier du 20 février 2019

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 11 sept. 2020, 200.2019.232.AI, page 2

En fait:

A.

A.________, dont la date de naissance a été fixée au […] 1982, mariée et 
mère d’un fils né en août 2010 et d’une fille née en juin 2014, est arrivée en 
1985 de B.________ en Suisse où elle a grandi auprès de ses parents 
adoptifs. Atteinte d'une surdité bilatérale constatée dès 1993, elle a 
bénéficié par l'assurance-invalidité (AI) d'un appareillage acoustique 
(renouvelé plusieurs fois), de même que d'un traitement de logopédie et 
d'une formation scolaire spéciale. Un épisode de tétraparésie de 
conversion survenu à fin 1999 l’a amenée à interrompre un apprentissage 
de couturière entamé la même année et a justifié la remise (temporaire) 
d'un fauteuil roulant. Avec effet au 1er décembre 2000, l'Office AI du canton 
du Jura lui a octroyé le 31 octobre 2001 une rente d'invalidité entière 
(confirmée ultérieurement) et une allocation pour impotente de degré grave 
(par la suite supprimée au 1er novembre 2002). D'autres moyens auxiliaires 
(chaise de toilette, rampe) lui ont été alloués en 2001 (et ultérieurement 
encore). Courant 2002 et 2005, elle a effectué deux stages d’orientation 
professionnelle, suivis pour le second d'une formation professionnelle 
initiale accordée du 15 août 2005 au 31 juillet 2006 dans le domaine socio-
éducatif. Suite à l'interruption de celle-ci, une nouvelle formation 
professionnelle initiale lui a été octroyée du 1er novembre 2005 au 31 
octobre 2006 comme opératrice en horlogerie (à un taux arrêté 
définitivement à 50% après qu'une expertise psychiatrique du 
26 septembre 2006 eut confirmé cette limite d’exigibilité). Dès novembre 
2006, l'intéressée a été engagée à 50% par l’entreprise horlogère qui l’avait 
formée et a à nouveau perçu sa rente qui avait été temporairement 
suspendue ensuite de l'octroi d'indemnités journalières pendant l’exécution 
des mesures de réadaptation. Par deux prononcés AI formels du 
14 septembre 2007, trois quarts de rente lui ont été alloués de novembre 
2006 à fin janvier 2007, puis une rente entière depuis février 2007.

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 11 sept. 2020, 200.2019.232.AI, page 3

B.

Lors d'une révision du droit début 2009, l'Office AI Berne en charge du 
dossier depuis fin 2008 a rendu le 14 octobre 2009 une décision, demeurée 
incontestée, par laquelle il a réduit la rente à trois quarts dès le 
1er décembre 2009. Consécutivement à la naissance en août 2010 du fils 
de l'assurée, le droit à la rente a à nouveau été révisé. Sur la base d'un 
statut mixte de 85%/15% (activité lucrative/ménage) arrêté dans un rapport 
d'enquête du 18 juillet 2011, l'Office AI lui a d'abord préavisé le 27 juillet 
2011 une réduction de sa rente à trois quarts, puis par nouvelle 
préorientation du 11 mars 2013 à une demi-rente. Suite à ses objections 
motivées par un nouvel épisode de tétraparésie survenu fin août 2011, un 
nouveau préavis du 8 novembre 2013 a envisagé l'octroi d'une rente 
entière d'août 2011 à fin janvier 2012, puis d'une demi-rente dès février 
2012. Les décisions rendues en ce sens le 14 février 2014 n'ont pas été 
contestées. Préalablement à la perte à fin novembre 2014 de son emploi, 
l’intéressée a fait l’objet, début août 2014, d’une nouvelle procédure de 
révision à raison de la naissance de sa fille en juin 2014. Avec un nouveau 
statut mixte de 50%/50% arrêté lors d’une enquête ménagère réalisée le 
23 février 2016 (rapport établi le 10 mars 2016), l’Office AI a rendu le 
23 mars 2016 une préorientation de suppression de rente. Une expertise 
interdisciplinaire (neuro-otologique/psychiatrique) a été établie le 7 février 
2017 sur les recommandations du service médical régional (SMR) de 
l'Office AI, peu avant que l'assurée ne subisse en avril 2017 la pose d'un 
implant cochléaire droit pris en charge par l’AI. S’appuyant sur un nouveau 
rapport d'enquête du 4 juin 2018, cet office, après dû préavis (contesté), a 
décidé le 20 février 2019 de diminuer la rente à un quart à compter du 
1er jour du 2ème mois suivant son prononcé. 

C.

En date du 21 mars 2019, l'assurée a porté le litige devant le Tribunal 
administratif du canton de Berne (TA). Tout en demandant à être 
dispensée de l'avance de frais et à ce que l'intimé soit condamné au 
paiement de ceux-ci, elle conclut à l'annulation de la décision AI du 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 11 sept. 2020, 200.2019.232.AI, page 4

20 février 2019 ainsi qu'au maintien de ses trois quarts de rente accordés 
en 2009 et, subsidiairement, en cas de réduction de sa rente, à l'octroi de 
mesures de réadaptation professionnelle. Dans le délai supplémentaire 
imparti par la juge instructrice, elle a posté le 4 avril 2019 une requête 
d'assistance judiciaire, datée de la veille et limitée à la dispense des frais 
judiciaires. Par décision incidente du 9 avril 2019, la juge instructrice a 
rejeté cette demande en jugeant que l'assurée ne remplissait pas l'une des 
deux conditions cumulatives posées à l'octroi de l'assistance judiciaire, à 
savoir celle voulant que la personne qui la requiert ne dispose pas de 
ressources suffisantes. La recourante a conséquemment été invitée à 
verser une avance de frais de Fr. 800.- dont elle s'est acquittée. Dans sa 
réponse du 23 mai 2019, l'Office AI a conclu au rejet du recours, à ce que 
les frais de justice soient mis à la charge de l'assurée dans la mesure où il 
convenait d'entrer en matière et à ce que cette dernière ne se voie pas 
allouer de dépens. La recourante n'a pas fait usage de la possibilité qui lui 
était accordée par la juge instructrice de présenter une réplique. 

En droit: 

1.

1.1 La décision du 20 février 2019 représente l'objet de la contestation; 
elle ressortit au droit des assurances sociales et prononce avec effet au 
1er avril 2019 la diminution à un quart de rente de la demi-rente allouée à 
l'assurée depuis le 1er février 2012. L'objet du litige porte sur l'annulation de 
cette décision et l'octroi de trois quarts de rente, respectivement et à titre 
subsidiaire, sur l'octroi de mesures de réadaptation professionnelle en cas 
de confirmation de la réduction à un quart de rente.

1.2 Interjeté en temps utile, dans les formes prescrites, auprès de 
l'autorité de recours compétente et par une partie disposant de la qualité 
pour recourir, le recours est recevable (art. 56 ss de la loi fédérale du 
6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales 
[LPGA, RS 830.1]; art. 69 al. 1 let. a de la loi fédérale du 19 juin 1959 sur 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 11 sept. 2020, 200.2019.232.AI, page 5

l'assurance-invalidité [LAI, RS 831.20]; art. 74 ss de la loi cantonale du 
23 mai 1989 sur la procédure et la juridiction administratives [LPJA, RSB 
155.21]).

1.3 Le jugement de la cause incombe à la Cour des affaires de langue 
française du TA dans sa composition ordinaire de trois juges (art. 54 al. 1 
let. c et 56 al. 1 de la loi cantonale du 11 juin 2009 sur l'organisation des 
autorités judiciaires et du Ministère public [LOJM, RSB 161.1]).

1.4 Le Tribunal examine librement la décision contestée et n'est pas lié 
par les conclusions des parties (art. 61 let. c et d LPGA; art. 80 let. c ch. 1 
et 84 al. 3 LPJA).

2. 

2.1 Le 1er janvier 2018 est entré en vigueur le nouvel art. 27bis al. 2 à 4 
du règlement fédéral du 17 janvier 1961 sur l'assurance-invalidité (RAI; RS 
831.201) introduisant un nouveau mode d'évaluation de l'invalidité pour les 
personnes travaillant à temps partiel (voir à ce sujet encore c. 4.1 infra). 
Jusqu’au 31 décembre 2017, l'ancienne réglementation s'appliquait, la 
nouvelle réglementation n’ayant donc pas d’effet rétroactif. Sous l’angle de 
la procédure, la modification du RAI constitue un motif de révision à 
prendre en compte dès le 1er janvier 2018. Pour les trois-quarts de rentes, 
demi-rentes et quarts de rentes en cours octroyés en application de la 
méthode mixte avant l’entrée en vigueur de cette modification législative du 
1er décembre 2017, une révision doit être initiée dans le délai d’un an après 
l’entrée en vigueur de l'art. 27bis al. 2 à 4 RAI (al. 1 des dispositions 
transitoires relatives à cette modification législative; voir à ce sujet aussi: 
lettre circulaire AI n° 372 du 9 janvier 2018 établie par l'Office fédéral des 
assurances sociales [OFAS]).

2.2 L'invalidité est l’incapacité de gain totale ou partielle qui est 
présumée permanente ou de longue durée (art. 8 al. 1 LPGA). Elle peut 
résulter d'une infirmité congénitale, d'une maladie ou d'un accident (art. 4 
al. 1 LAI). Est réputée incapacité de gain toute diminution de l’ensemble ou 
d’une partie des possibilités de gain de l’assuré sur un marché du travail 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 11 sept. 2020, 200.2019.232.AI, page 6

équilibré dans son domaine d’activité, si cette diminution résulte d’une 
atteinte à sa santé physique, mentale ou psychique et qu’elle persiste 
après les traitements et les mesures de réadaptation (art. 7 al. 1 LPGA). 

Selon l'art. 28 al. 2 LAI, l'assuré a droit à une rente entière s'il est invalide à 
70% au moins et à trois quarts de rente s'il est invalide à 60%. Pour un 
degré d'invalidité de 50% au moins, l'assuré a droit à une demi-rente et 
pour un degré d'invalidité de 40% au moins, il a droit à un quart de rente.

2.3 D'après l'art. 28a al. 3 LAI (jusqu'à fin 2007: anc. art. 28 al. 2ter 
LAI), lorsque l'assuré exerce une activité lucrative à temps partiel ou 
travaille sans être rémunéré dans l'entreprise de son conjoint, l'invalidité 
pour cette activité est évaluée selon l'art. 16 LPGA. S'il accomplit ses 
travaux habituels, l'invalidité est fixée selon l'art. 28a al. 2 LAI (jusqu'à fin 
2007: anc. art. 28 al. 2bis LAI) pour cette activité-là. Dans ce cas, les parts 
de l'activité lucrative ou du travail non rémunéré dans l'entreprise du 
conjoint et de l'accomplissement des travaux habituels sont déterminées; 
ensuite, le taux d'invalidité est calculé dans les deux domaines d'activité 
(méthode dite "mixte" d'évaluation de l'invalidité; ATF 144 I 21 c. 2.1, 142 V 
290 c. 4; jusqu'à fin 2007: anc. art. 28 al. 2bis LAI). Dans le cadre de la 
méthode mixte (art. 28a al. 3 LAI), l'activité lucrative et les travaux habituels 
non rémunérés sont en principe complémentaires, en ce sens que ce qui 
ne constitue pas une activité lucrative appartient à la tenue du ménage. En 
d'autres termes, les deux domaines ensemble représentent en règle 
générale une valeur de 100%. Par conséquent, la part consacrée au 
ménage ne doit pas être déterminée en fonction de l'ampleur des tâches 
entrant dans le champ des travaux habituels. Le temps que l'assuré prend 
pour les travaux ménagers ne s'avère pas non plus décisif. Le fait que la 
taille du ménage ne représente pas un critère déterminant vaut également 
à l'égard des assurés qui travaillent exclusivement dans le ménage, dont 
les tâches habituelles sont ainsi toujours, conformément à la jurisprudence, 
évaluées à 100% (ATF 141 V 15 c. 4.5). 

2.4 Lorsque la personne assurée n'a pu acquérir de connaissances 
professionnelles suffisantes à cause de son invalidité, le revenu qu'elle 
pourrait obtenir si elle n'était pas invalide correspond en pour-cent, selon 
son âge, aux fractions suivantes de la médiane, actualisée chaque année, 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 11 sept. 2020, 200.2019.232.AI, page 7

telle qu'elle ressort de l'enquête de l'Office fédéral de la statistique sur la 
structure des salaires: 70% avant 21 ans révolus, 80% avant 25 ans 
révolus, 90% avant 30 ans révolus et 100% après 30 ans révolus (art. 26 
al. 1 RAI). Lorsque l'assuré a été empêché par son invalidité d'achever sa 
formation professionnelle, le revenu qu'il pourrait obtenir s'il n'était pas 
invalide est le revenu moyen d'un travailleur de la profession à laquelle il se 
préparait (art. 26 al. 2 RAI).

2.5 Si le taux d'invalidité du bénéficiaire de la rente subit une 
modification notable, la rente est, d'office ou sur demande, révisée pour 
l'avenir, à savoir augmentée ou réduite en conséquence, ou encore 
supprimée (art. 17 al. 1 LPGA). Constitue un motif de révision tout 
changement sensible de la situation réelle propre à influencer le degré 
d'invalidité, donc le droit à la rente. La rente d'invalidité peut ainsi être 
révisée non seulement en cas de modification sensible de l'état de santé, 
mais également lorsque celui-ci est resté en soi le même, mais que ses 
conséquences sur la capacité de gain (ou l'accomplissement des travaux 
habituels) ont subi un changement notable. Lorsque la rente a déjà été 
révisée ou confirmée antérieurement, il s'agit de prendre comme base 
temporelle de comparaison, la dernière décision entrée en force reposant 
sur un examen matériel du droit à la rente avec une constatation des faits 
(médicaux) pertinents, une appréciation des preuves et une comparaison 
des revenus conformes au droit (la comparaison des revenus n'ayant 
toutefois dû être pratiquée que s'il existait des indices d'une modification 
des conséquences exercées par l'état de santé sur la capacité de gain; 
ATF 133 V 108 c. 5.4; SVR 2019 IV n° 68 c. 2). 

3.

3.1 S'appuyant sur le rapport d'enquête ménagère établi le 4 juin 2018 
ainsi que sur des prises de position des 1er juin 2018 et 18 février 2019 de 
son service des enquêtes (SE), l'intimé précise tout d'abord que la 
diminution de la rente à un quart de rente avec effet au 1er avril 2019 ne 
s'appuie pas sur un motif de révision d'ordre médical, mais sur un 
changement de statut découlant des propres déclarations de l’assurée lors 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 11 sept. 2020, 200.2019.232.AI, page 8

de la nouvelle enquête réalisée le 23 février 2016 ensuite de la naissance 
de sa fille (réduction, si elle n'avait pas été atteinte dans sa santé, de son 
taux hypothétique antérieur de 85% d'activité lucrative à un pensum 
hypothétique de 50%). Même à s'écarter de la capacité résiduelle de travail 
de 50% attestée par le SMR en faveur de celle, moins optimiste, de 30% 
recommandée dans l'expertise bi-disciplinaire de 2017 en vue de tenir 
compte des contraintes additionnelles possiblement générées par le cumul 
d'une activité lucrative et de tâches ménagères (en tout cas jusqu'à ce que 
les deux enfants aient atteint l'âge de 12 ans), l'intimé parvient en 
application de la nouvelle méthode mixte à un taux d'invalidité pondérée 
globale de 43% donnant droit à un quart de rente dès le 1er jour du 2ème 
mois suivant sa décision du 20 février 2019, soit ici depuis le 1er avril 2019. 

La recourante conteste l'appréciation médicale servant d'étayage à cette 
décision, au motif que celle-ci émane soit de médecins ne l'ayant jamais 
auscultée, soit d'experts qui ne l'ont fait que brièvement alors que ses 
médecins traitants connaîtraient bien mieux son état de santé. Elle 
reproche à l'expert neurologue mandaté par l’AI d'avoir conjecturé une 
amélioration médicale suite à l’implant cochléaire mis en place peu avant 
son examen clinique, amélioration qui ne se serait nullement vérifiée selon 
elle. L'assurée réfute toute évolution déterminante sous l'angle médical ou 
quant à son statut par rapport à la situation qui prévalait lorsque trois quarts 
de rente lui ont été alloués sur la base d'un statut mixte arrêtant à 85% sa 
part hypothétique d'activité lucrative. Qualifiant d'"alambiquées" les 
questions du SE relatives à son statut, elle allègue que sa situation 
financière ne lui aurait de toute façon pas permis, même avec deux enfants 
à charge, de travailler en-dessous de 85% ou en tout cas à moins de 80%. 
Dans l'hypothèse où le TA confirmerait la réduction de sa rente à un quart, 
elle requiert des mesures de réadaptation professionnelle. 

3.2 Dès l'abord, l'on précisera que les parties s'accordent à reconnaître 
que la capacité médico-théorique de travail qui prévalait au moment du 
prononcé de la décision du 20 février 2019 correspond aux données 
factuelles qui étaient en vigueur juste avant que ne se produise le nouvel 
épisode de tétraparésie de conversion survenu en août 2011. 
Antérieurement à cette date et grâce aux bénéfices retirés des mesures de 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 11 sept. 2020, 200.2019.232.AI, page 9

réadaptation professionnelle, l'assurée était parvenue à atteindre une 
capacité résiduelle de travail de 50% dans un emploi adapté à ses 
restrictions fonctionnelles. Ce taux d'exigibilité, déjà appliqué durant les 
stages de formation pratique et entériné sur le plan médical par l'expertise 
psychiatrique rédigée le 26 septembre 2006, s'était d'ailleurs concrétisé par 
un engagement ferme audit taux à compter du 1er novembre 2006. Par 
comparaison avec cet état de fait, respectivement avec celui en vigueur au 
moment des dernières décisions du 14 février 2014 entrées en force (voir à 
ce sujet: c. 4.2 infra) une fois résorbées les suites de l'épisode de 
tétraparésie d'août 2011 (capacité de travail à 50% à nouveau attestée dès 
le 14 janvier 2012; dossier AI [dos. AI] 64/2), l'appréciation du SMR du 
11 février 2018 recueillie avant le prononcé de la décision contestée 
postule, elle aussi, qu'une activité professionnelle adaptée est offerte à 
50%. Certes, dans son rapport d'enquête du 4 juin 2018, le SE s'est écarté 
de cette appréciation au bénéfice d'une capacité résiduelle de travail 
chiffrée à 30% seulement. L'expertise bi-disciplinaire du 7 février 2017 sur 
laquelle le SE s'est appuyé pour justifier ce taux ne se révèle nullement 
discordante toutefois avec l'appréciation précitée du SMR. A l'issue de leur 
discussion de consensus tenant pour essentiellement déterminant le volet 
psychiatrique de leurs conclusions respectives, les experts ont à la vérité 
eux aussi admis, sous un angle strictement médico-théorique, que la 
recourante disposait d'une capacité de travail et de rendement de 50% 
dans un emploi idéalement profilé pour ses handicaps. La diminution 
additionnelle de 20% concédée sur ce pensum par l'expert psychiatre avait 
pour seule visée d'anticiper le fait que l'exercice à mi-temps d'une activité 
lucrative cumulé à des responsabilités familiales pouvait à terme surmener 
l’assurée, à tout le moins jusqu'à ce que ses enfants aient atteint l'âge de 
12 ans et puissent tous deux la seconder dans ses tâches ménagères. 
Cette restriction supplémentaire de la capacité de travail n’était nullement 
corrélée ainsi à des limitations objectivées sur le plan médical, mais 
intervenait bien plus à des fins préventives et, partant, purement 
conjecturales. Ainsi que précisé dans la discussion de consensus 
interdisciplinaire, une capacité résiduelle de travail arrêtée à 50% tient déjà 
compte des indicateurs déterminants en cas d'atteinte psychique, en 
particulier des ressources psychiques disponibles et du trouble de la 
personnalité présent chez l'assurée (dos. AI 119.1/25). Les experts ont de 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 11 sept. 2020, 200.2019.232.AI, page 10

plus expressément mentionné que la situation médicale ne s'était ni 
améliorée ni péjorée depuis les investigations psychiatriques menées 
courant 2006 (dos. AI 119.1/24). Enfin, dans une prise de position du 
29 janvier 2018, l’expert neurologue a confirmé le taux d’incapacité de 
travail de 50% antérieurement défendu sous l’angle psychique, en 
précisant que l'éventuelle mise au jour d’une cause organique à l’hémi-
symptomatique constatée du côté droit ne modifierait en rien ce profil 
d’exigibilité (dos. AI 132). Il s'ensuit que la situation médicale telle qu'elle a 
évolué jusqu'au prononcé de la décision contestée ne peut fonder une 
révision du droit à la rente de la recourante.

3.3 Si le statut mixte de 50%/50% reconnu par le SE est ensuite 
contesté par l’assurée, ni les pondérations arrêtées pour chacune des 
rubriques des travaux ménagers ni les empêchements admis dans ces 
diverses catégories ne sont en revanche litigieux. Pour évaluer ces 
empêchements, l'intimé a à bon droit tenu compte au titre de l'obligation de 
diminuer le dommage de l'aide exigible des membres de la famille - en 
l'occurrence, le mari de l'assurée lors de la dernière enquête réalisée le 
23 février 2016 - dans le cadre de leur devoir d’assistance prévu par le droit 
de la famille et des limites posées à ce soutien (ATF 141 V 642 c. 4.3.2, 
133 V 504 c. 4.2; SVR 2011 IV n° 11 c. 5.5). 

4.

Est partant seul litigieux le point de savoir si un motif de révision propre à 
influencer le droit à la rente au sens de l'art. 17 al. 1 LPGA est donné à 
raison d'un changement de statut de la recourante.

4.1 Préalablement à l'examen de cette question, il y a lieu de rappeler 
les modifications intervenues au cours des dernières années dans 
l’évaluation de l’invalidité des personnes travaillant à temps partiel. 
L'impulsion à cette évolution a été donnée par l'arrêt Di Trizio contre 
Suisse rendu le 2 février 2016 par la Cour européenne des droits de 
l’Homme (CourEDH; requête no 7186/09), à l'appui duquel la CourEDH a 
jugé que l’application de la méthode mixte telle qu'alors en vigueur aux 
personnes réduisant leur taux d’occupation du fait de leurs responsabilités 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 11 sept. 2020, 200.2019.232.AI, page 11

familiales - des femmes dans la grande majorité des cas - constituait une 
discrimination indirecte et contrevenait à la Convention européenne des 
droits de l’homme du 4 novembre 1950 (CEDH; RS 0.101), en particulier à 
l'art. 14 CEDH (interdiction de discrimination) en lien avec l'art. 8 CEDH 
(droit au respect de la vie privée et familiale). La jurisprudence du Tribunal 
fédéral (TF) rendue en exécution de l’arrêt Di Trizio a quant à elle précisé 
que dans les constellations où seuls des motifs d’ordre familial (la 
naissance d'enfants et la réduction de l'activité professionnelle qui en 
découle; ATF 143 I 50) conduisaient à un changement de statut de 
"personne exerçant une activité lucrative à plein temps" à "personne 
exerçant une activité lucrative à temps partiel" (en consacrant son temps 
libre à l'accomplissement de travaux habituels), il convenait de renoncer à 
la suppression ou à la réduction (ATF 143 I 60) de la rente d’invalidité par 
la voie de la révision au sens de l’art. 17 al. 1 LPGA (reposant uniquement 
sur ce changement) en vue de rétablir une situation conforme à la CEDH. 
De même, dans le cadre d’un réexamen du droit à la rente selon les 
dispositions finales de la 6ème révision de la LAI (premier volet), le 
changement de statut pour des motifs familiaux uniquement, nonobstant le 
fait qu’il n’avait pas entraîné l’introduction de la procédure de révision de la 
rente, ne devait pas être pris en considération, de sorte qu’il y avait lieu de 
maintenir le statut que la personne assurée avait jusqu’alors pour 
l’évaluation de l’invalidité (ATF 143 V 77). En revanche, toujours d'après le 
TF, la méthode mixte d’évaluation de l'invalidité continuait à s’appliquer 
pour tous les cas qui se trouvaient en dehors de ces constellations (arrêt 
TF 9C_232/2017 du 3 octobre 2017 c. 4.3.2), donc également lorsqu’il 
s’agissait d’allouer une rente à une personne assurée qui devait être 
considérée pendant toute la période déterminante comme ayant un statut 
de personne "exerçant une activité lucrative à temps partiel" (arrêt TF 
8C_157/2017 du 6 novembre 2017 avec références citées; voir également 
pour tout ce qui précède: MICHEL VALTERIO, Commentaire - Loi fédérale sur 
l'assurance-invalidité [LAI], 2018, art. 28a n. 123 p. 469 et 470). 

Pour parvenir à une conception non discriminatoire de l’évaluation de 
l’invalidité des personnes travaillant à temps partiel, le Conseil fédéral (CF), 
après la solution transitoire du TF exposée ci-dessus, a adopté un nouveau 
mode de calcul concrétisé par l’art. 27bis al. 2 à 4 RAI entré en vigueur le 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 11 sept. 2020, 200.2019.232.AI, page 12

1er janvier 2018 (voir à ce sujet également: c. 2.1 supra). Ce nouveau mode 
de calcul accorde un poids égal aux conséquences d’une atteinte à la 
santé sur l’exercice d’une activité lucrative et sur l’accomplissement des 
travaux habituels. Dans le domaine professionnel, la détermination du taux 
d’invalidité se base désormais sur l’hypothèse d’une activité lucrative 
exercée à plein temps, la réduction de la capacité de gain étant ensuite 
pondérée en fonction du taux d’occupation hypothétique. De même, en ce 
qui concerne les travaux habituels, le calcul est effectué comme si la 
personne s’y consacrait à plein temps, puis les empêchements admis dans 
ces travaux eux-mêmes pondérés en fonction de la part hypothétique qui 
leur est reconnue. Les tâches ménagères et familiales sont ainsi mieux 
prises en compte. Parallèlement à ces modifications, la notion de travaux 
habituels au sens de l'art. 27 RAI a été redéfinie (pour tout ce qui précède: 
M. VALTERIO, loc. cit.; quant à la conformité à la CEDH du nouveau mode 
de calcul selon la méthode mixte: JAB 2020 p. 270 [VGE 200.2019.687.IV 
du 5 février 2020]).

4.2 Aux fins de déterminer la base décisionnelle à comparer sous 
l'angle temporel avec le prononcé litigieux du 20 février 2019 (c. 2.5 supra), 
il y a tout d'abord lieu de rappeler de quelle manière le droit à la rente a 
fluctué au présent cas. Avec effet au 1er décembre 2000, la recourante s'est 
originellement vu reconnaître, en application de la méthode générale de 
comparaison des revenus, le droit à une rente entière sur la base d'une 
invalidité de 100% consécutive à un premier épisode de triplégie de 
conversion survenu à fin 1999. Cette rente a été confirmée dans le courant 
2002 après le suivi du 16 avril au 14 juillet 2002 d'une observation 
professionnelle comme aide-animatrice (les indemnités journalières 
allouées pendant cette mesure ont remplacé la rente AI). Dès mi-février 
2004, la recourante a travaillé temporairement comme employée de 
maison et maman de jour à un taux moyen de 60%; sa rente entière a été 
maintenue au vu du faible revenu perçu dans cette activité lucrative. Une 
évaluation professionnelle effectuée du 2 mai au 31 juillet 2005 dans une 
crèche a été suivie, du 15 août 2005 au 31 juillet 2006, par une formation 
professionnelle initiale au sein de la même structure. Ensuite de 
l'interruption de ce cursus, l'assurée a bénéficié du 1er novembre 2005 au 
29 janvier 2006 d'une seconde formation professionnelle initiale en tant 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 11 sept. 2020, 200.2019.232.AI, page 13

qu'opératrice en horlogerie, prolongée à plusieurs reprises, en dernier lieu 
jusqu'au 31 octobre 2006. Le versement de sa rente a été suspendu 
pendant l'exécution de ces mesures de réadaptation, à savoir du 2 mai 
2005 au 31 octobre 2006. Par une première décision rendue le 
14 septembre 2007, la rente entière initiale a été réduite à trois quarts de 
rente (degré d'invalidité de 66%) à compter du 1er novembre 2006, 
consécutivement à la prise en compte dès cette date du salaire effectif 
perçu à 50% à titre de revenu d'invalide (invalidité de 66%). Dans une 
seconde décision du 14 septembre 2007, la rente a été raugmentée à une 
rente entière dès le 1er février 2007 (invalidité de 70%) pour tenir compte du 
fait que le revenu hypothétique sans handicap évalué sur la base de 
l'art. 26 al. 1 RAI devait être rehaussé le mois suivant les 25 ans de la 
recourante (voir c. 2.4 supra). La rente entière a ensuite été abaissée à 
trois quarts de rente depuis le 1er décembre 2009 (degré d'invalidité de 
69%), après que l'Office AI eut augmenté le revenu avec handicap en 
application de l'art. 31 LAI dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 décembre 
2011 prescrivant de prendre en compte les deux tiers du montant 
dépassant le seuil de la franchise d'augmentation de Fr. 1'500.-. Dans la 
continuité de ses précédentes décisions, l’intimé a fait application pour ce 
nouveau calcul de la méthode ordinaire d'évaluation de l'invalidité. Ensuite 
de la naissance en août 2010 du premier enfant de la recourante, le droit à 
la rente a été révisé d’office et une enquête ménagère réalisée le 4 mai 
2011 (rapport établi le 18 juillet 2011). A raison d’un statut mixte (activité 
lucrative/ménage) de 85%/15% reconnu lors de cette enquête, l’Office AI a 
informé le 27 juillet 2011, puis le 11 mars 2013 l’assurée qu’il envisageait 
de diminuer ses trois quarts de rente à une demi-rente. Suite à ses 
objections étayées par un nouvel épisode de tétraparésie survenu fin août 
2011, ledit office lui a préavisé le 8 novembre 2013 l'octroi d'une rente 
entière du 1er août 2011 au 31 janvier 2012, puis d'une demi-rente à 
compter du 1er février 2012. Les décisions AI correspondantes rendues le 
14 février 2014 n'ont pas été contestées et représentent dès lors les 
dernières décisions matérielles entrées en force. 

La décision litigieuse du 20 février 2019 fait quant à elle suite à une 
procédure de révision du droit initiée début août 2014 par l'intimé 
consécutivement à la naissance, en juin 2014, du deuxième enfant de 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 11 sept. 2020, 200.2019.232.AI, page 14

l’assurée. Sur la base d’une nouvelle enquête réalisée le 23 février 2016, le 
SE a adopté dans un rapport daté du 10 mars 2016 un statut mixte de 
50%/50%. Suite aux objections soulevées par l'intéressée contre un 
préavis du 23 mars 2016 supprimant sur ces bases nouvelles sa demi-
rente d’invalidité, l’Office AI a ordonné une expertise interdisciplinaire 
rédigée le 7 février 2017 ainsi qu'un nouveau rapport d’enquête établi le 
4 juin 2018 (sans nouvelle enquête à domicile). En date du 20 février 2019, 
l’Office AI a formellement confirmé la suppression de la demi-rente avec 
effet au 1er jour du 2ème mois suivant sa décision, en l’occurrence donc le 
1er avril 2019. 

4.3 La recourante conteste le changement de son statut mixte de 
85%/15% (activité lucrative/ménage) à un statut mixte de 50%/50%. Ainsi 
qu'elle l'a déclaré lors de l'enquête ménagère réalisée le 23 février 2016 à 
son domicile, elle aurait réduit sans atteinte à la santé son temps de travail 
à 50% après l'arrivée en juin 2014 de sa fille ce, aux fins de disposer de 
davantage de temps pour s'occuper de ses enfants (voir rapports d'enquête 
des 10 mars 2016 et 4 juin 2018 ch. 3.5). D'après la jurisprudence du TF 
cependant, de telles déclarations dites de la "première heure" sont en 
général plus objectives et plus fiables que des explications données par la 
suite, lesquelles peuvent être en effet influencées consciemment ou non 
par des réflexions subséquentes inspirées par le droit des assurances ou 
d'une autre manière (ATF 143 V 168 c. 5.2.2, 121 V 45 c. 2a). Certes, cette 
pratique constitue une simple aide à la décision à utiliser en appréciant 
librement les preuves et ne doit pas conduire à ce qu'une estimation 
erronée qu'aurait émise la personne assurée ne puisse définitivement plus 
être corrigée (arrêt TF non publié I 23/90 du 7 mai 1990; SVR 2018 UV 
n° 16 c. 4.2.1; RAMA 2004 p. 546 c. 3.3.4). En l'occurrence toutefois, la 
recourante a parfaitement saisi la teneur de la question relative à son statut 
soumise par le SE, laquelle lui avait du reste déjà été posée dans des 
termes rigoureusement identiques lors des enquêtes des 4 mai 2011 et 
21 novembre 2012 ayant débouché sur un statut mixte de 85%/15%. Quant 
à l'argument tiré de la situation financière de sa famille qui ne lui permettrait 
pas de travailler à moins de 80% si elle était en bonne santé (recours 
ch. 15 p. 3), l'on relèvera que ni elle ni son époux ne dépendent de l'aide 
sociale et qu'ils ont été en mesure d'acquérir leur logement familial. Si leur 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 11 sept. 2020, 200.2019.232.AI, page 15

budget apparaît certes serré, il dégage néanmoins un excédent mensuel 
de Fr. 380.10, de plus évalué - en faveur de la recourante - le moins 
généreusement possible, puisque tenant même compte de certaines 
dépenses non véritablement établies (voir la décision incidente du 9 avril 
2019 rejetant la demande d'assistance judiciaire, ch. 3). Partant, une 
estimation à 50% de la part hypothétique consacrée au domaine 
professionnel apparaît tout à fait compatible, en se fondant sur l’expérience 
générale de la vie, avec les circonstances concrètes du cas sous l'angle 
personnel, familial, social et professionnel (ATF 144 I 28 c. 2.3, 117 V 194 
c. 3b; SVR 2019 IV n° 3 c. 5.1).

Ce taux hypothétique n'avait du reste été qu'indirectement remis en cause 
à l'occasion des objections formulées contre le préavis du 23 mars 2016. A 
l'époque, l'assurée s'était prévalue de la jurisprudence Di Trizio pour 
s'opposer à une suppression de sa rente fondée sur des motifs familiaux 
(naissance de sa fille en 2014). Cette jurisprudence n'a plus été invoquée 
par la suite, ni dans les objections à l'encontre de la nouvelle préorientation 
du 11 juin 2018 réduisant la rente à un quart de rente, ni dans le recours 
contre la décision du 20 février 2019 confirmant ce préavis. La nouvelle 
méthode mixte d'évaluation de l'invalidité conforme à l'arrêt Di Trizio était 
au reste déjà en vigueur au moment de ces prononcés (d'abord provisoire, 
puis formel). C'est selon toute vraisemblance cette nouvelle situation légale 
qui a amené l'assurée à invoquer désormais, sous l'angle de sa critique du 
statut mixte de 50%/50% retenu par l'intimé, le fait que ses déclarations 
avaient prétendument été formulées sur "questions alambiquées" du SE et 
ne traduisaient ainsi pas sa volonté réelle qui, si elle n'avait pas été 
malade, aurait été de travailler à 85% même en assumant une charge de 
deux enfants. Cette nouvelle argumentation avancée pour les seuls 
besoins de la cause ne reflète cependant nullement les circonstances 
d'espèce (voir c. 4.3 supra). 

4.4 Il s'ensuit qu'un motif de révision est pour le présent cas donné au 
sens de l'art. 17 al. 1 LPGA à raison d'une évolution du statut mixte initial 
de 85%/15% (activité lucrative/ménage), tel qu'en vigueur au moment des 
dernières décisions définitives du 14 février 2014, vers un statut mixte de 
50%/50% découlant des déclarations dignes de foi de l'assurée à 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 11 sept. 2020, 200.2019.232.AI, page 16

l'occasion de la nouvelle enquête ménagère réalisée après la naissance de 
son deuxième enfant. Le droit à la rente doit par conséquent être examiné 
tant sous l'angle des faits que du droit de manière complète, c'est à-dire en 
tenant compte du spectre entier des éléments déterminant le droit à la 
prestation, ainsi qu’avec un regard neuf et sans être lié à de précédentes 
estimations de l’invalidité (ATF 141 V 9 c. 2.3, 117 V 198 c. 4b; SVR 2019 
IV n° 39 c. 5). Comme déjà vu (c. 3.2 supra), la situation médicale n'a pas, 
sous réserve d'une période temporaire d'incapacité de travail entière 
induite par la rechute d'août 2011, évolué de manière significative par 
rapport à celle qui prévalait à tout le moins depuis la prise d'un emploi à 
50% le 1er novembre 2006, a fortiori dès lors aussi par rapport à celle qui 
était pertinente au moment où ont été rendues les dernières décisions 
matérielles du 14 février 2014 entrées en force. Du point de vue juridique, 
l'estimation de l'invalidité distingue entre la période de juillet 2014 à fin 
décembre 2017 et celle à compter de janvier 2018 où est entrée en vigueur 
la nouvelle méthode mixte. Ainsi que relevé précédemment (c. 3.3 supra), 
l'évaluation des empêchements dans les travaux ménagers n'est pas 
litigieuse et débouche, après une pondération proportionnelle à la part de 
50% consacrée à ces travaux, à un taux d'invalidité de 2.90% pour la 
période de juillet 2014 à fin décembre 2017 et de 2.65% s'agissant de celle 
courant dès janvier 2018. Concernant l'invalidité dans le domaine 
professionnel pondérée à hauteur des 50% restants, l'intimé, en faisant 
application de l'ancienne puis de l'actuelle méthode mixte d'évaluation de 
l'invalidité, a respectivement chiffré à 29.20% la perte de gain encourue de 
juillet 2014 à fin décembre 2017 et à 39.98% celle à compter de janvier 
2018. L'appréciation du SE concernant la première période se révèle 
d'emblée toutefois erronée à mesure qu'elle n'intègre pas l'arrêt Di Trizio 
rendu en février 2016, ni la jurisprudence fédérale consécutive à cet arrêt. 
Or, en vertu de cette ancienne pratique du TF qui interdisait jusqu'à fin 
2017 la révision d'une rente fondée sur des motifs familiaux (parce que 
l'ancienne méthode mixte non conforme audit arrêt était alors encore en 
vigueur), la demi-rente allouée depuis février 2012 à la recourante aurait dû 
être maintenue nonobstant la naissance en juin 2014 de son deuxième 
enfant. Peu importe à cet égard que la pratique Di Trizio n'avait pas encore 
été rendue au moment de cette naissance. D'après la jurisprudence du TF 
en effet, une nouvelle pratique judiciaire s'applique en principe 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 11 sept. 2020, 200.2019.232.AI, page 17

immédiatement à toutes les procédures pendantes, hormis dans certaines 
constellations non réalisées en l'espèce où le principe de la confiance s'y 
oppose (voir arrêt TF 8C_80/2020 du 19 mai 2020 c. 3.2.2 avec références 
citées). Or, au présent cas, une procédure de révision était en cours depuis 
août 2014 lorsque le SE a été appelé en 2016, puis en 2018 à se 
déterminer dans ses rapports d'enquête sur le droit à la rente. Son 
appréciation ne pouvait en conséquence faire abstraction de la pratique Di 
Trizio qui avait à ces époques-là déjà été rendue (même au moment de la 
nouvelle enquête réalisée le 23 février 2016). En dépit de cette erreur du 
SE, respectivement de l'intimé ayant repris cette appréciation à son 
compte, la recourante a néanmoins perçu les prestations qui lui étaient 
dues de juillet 2014 à fin décembre 2017. En raison des longueurs de la 
procédure de révision alors pendante depuis août 2014 (et en l'état du 
reste non encore close par un jugement définitif), la demi-rente AI qui lui 
était allouée depuis février 2012 a en effet continué de lui être versée 
pendant la période concernée. Il s'ensuit qu'elle n'est nullement lésée quant 
à celle-ci par la décision contestée de l'intimé.

S'agissant de la période à compter de janvier 2018, il est sans incidence 
que la révision initiée en 2014 par l'intimé n'avait en soi pas lieu d'être. 
Comme déjà relevé (c. 2.1 supra), étant donné les rentes alors en cours au 
1er janvier 2018, une révision aurait de toute façon dû être introduite dans le 
délai d’un an à compter de l’entrée en vigueur à cette même date du nouvel 
art. 27bis al. 2 à 4 RAI. Aussi, c'est à raison que le SE a fait application dès 
janvier 2018 de la nouvelle méthode mixte d'évaluation de l'invalidité et, sur 
ces nouvelles bases, est parti d'un taux d'activité à 100% en pondérant 
ensuite la perte de gain encourue dans celle-ci d'après le taux d'occupation 
hypothétique de 50% retenu. Comparativement, l'ancienne méthode mixte 
aurait, quant à elle, abouti à ce que le taux d'activité hypothétique de 50% 
soit pris en compte deux fois, d’abord lors de la détermination du revenu 
sans invalidité puis au moment de la pondération de la part consacrée à 
l’activité lucrative en fonction du taux d’occupation. Pour le surplus, 
l'évaluation des revenus avec et sans handicap pris en compte dans le 
calcul de l'invalidité pour la part professionnelle n'est pas contestée, ni ne 
prête le flanc à la critique. Le revenu annuel sans handicap de Fr. 82'000.- 
retenu correspond à la valeur médiane fixée pour un taux de travail à 100% 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 11 sept. 2020, 200.2019.232.AI, page 18

dans la lettre circulaire AI n° 369 du 19 décembre 2017 édictée par l'OFAS. 
Le salaire annuel avec handicap, évalué à Fr. 16'428.- par l'intimé sur la 
base de l'ESS 2014, peut être fixé à un montant de Fr. 16'478.45 sur la 
base de l'ESS 2016 publiée dans l'intervalle (TA1 ch. 26 Fr. 4'484.- x 12 : 
40 heures x 40.5 heures = Fr. 54'480.60, indexé à 2018 [2016: 133.9, 
2018: 135.0] = Fr. 54'928.15 x 30%). Il en résulte une perte de gain 
pondérée de 39.95% [79.90% : 2] qui, après prise en compte des 
handicaps ménagers eux aussi pondérés [de 2.65%], débouche sur une 
invalidité globale de 42.60% (43% retenus par l’intimé) ouvrant le droit à un 
quart de rente d'invalidité. Dès lors que la recourante ne s'est fait ni 
attribuer irrégulièrement la demi-rente allouée depuis février 2012 ni n’a 
manqué à son obligation de renseigner, la diminution de cette prestation à 
un quart de rente prend effet au plus tôt le premier jour du deuxième mois 
qui suit la notification de la décision contestée (art. 88bis al. 2 RAI), en 
l'occurrence le 1er avril 2019 comme également retenu par l'intimé. Faute 
d'évolution de sa capacité de travail durant l'entier de la période litigieuse, 
la recourante ne peut prétendre des mesures de réadaptation 
professionnelle (voir a contrario: art. 8 al. 1 LAI). 

5.

5.1 Au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté.

5.2 La recourante n'obtenant pas gain de cause, les frais de la présente 
procédure, fixés à un émolument forfaitaire de Fr. 800.-, doivent être mis à 
sa charge (art. 69 al. 1bis LAI). Ils sont compensés par l'avance de frais 
fournie.

5.3 Vu l'issue de la procédure, il n'y a pas lieu d'allouer de dépens à la 
recourante (art. 61 let. g LPGA a contrario).

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 11 sept. 2020, 200.2019.232.AI, page 19

Par ces motifs: 

1. Le recours est rejeté.

1. Les frais de la présente procédure, fixés forfaitairement à Fr. 800.-, sont 
mis à la charge de la recourante et compensés par son avance de frais.

2. Il n’est pas alloué de dépens.

3. Le présent jugement est notifié (R):

- à la recourante,
- à l'intimé,
- à l'Office fédéral des assurances sociales.

La présidente: La greffière:

Voie de recours

Dans les 30 jours dès la notification écrite de ses considérants, le présent 
jugement peut faire l'objet d'un recours en matière de droit public auprès du 
Tribunal fédéral, Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne, au sens des art. 39 ss, 82 ss 
et 90 ss de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF, 
RS 173.110).