# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 42f580d6-e599-57c8-8dfc-0a98205cc574
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2024-05-22
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 22.05.2024 B-5131/2023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_B-5131-2023_2024-05-22.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour II 

B-5131/2023 

 

 
 

  A r r ê t  d u  2 2  m a i  2 0 2 4  

Composition 
 Pascal Richard (président du collège),  

Pietro Angeli-Busi, Daniel Willisegger, juges, 

Muriel Tissot, greffière. 
 

 
 

Parties 
 Fondation des Registres suisses des professionnels de 

l'ingénierie, de l'architecture et de l'environnement REG, 

Hirschengraben 10, 3011 Berne,  

représentée par Maître Soizic Wavre,  

recourante,  

  
 

 
contre 

 
 X._______,  

intimé,  

 

Secrétariat d'Etat à la formation, à la recherche 

et à l'innovation SEFRI,  

Ressources,  

Einsteinstrasse 2, 3003 Berne, 

autorité inférieure.   
 

 
 

Objet 
 Inscription au REG A des ingénieurs civils. 

B-5131/2023 

Page 2 

Faits : 

A.  

A.a Le 26 novembre 2019, X._______ (ci-après : intimé), titulaire d’un 

Master en génie civil espagnol, a déposé une demande d’inscription au 

Registre A (REG A) des ingénieurs civils auprès de la Fondation des 

registres suisses des professionnels de l’ingénierie, de l’architecture et de 

l’environnement (ci-après : Fondation REG ou recourante).  

A.b Par décision du 7 février 2022, la Fondation REG a rejeté la demande 

de l’intimé pour le motif qu’il ne satisfaisait pas aux conditions d’inscription 

selon la procédure d’examen sur dossier. 

B.  

Par décision du 23 août 2023, le Secrétariat d'Etat à la formation, à la 

recherche et à l'innovation SEFRI (ci-après : autorité inférieure) a admis le 

recours formé par l’intimé le 3 mars 2022 contre la décision de la Fondation 

REG et a enjoint celle-ci de l’inscrire au REG A des ingénieurs civils. Elle a 

en substance retenu que, dès lors que l’intimé était titulaire d’un Master en 

génie civil (délivré par […]), reconnu équivalent, par décision du 17 juillet 

2020, à la formation suisse aboutissant à un Master of Science en génie 

civil d’une école polytechnique fédérale, la Fondation REG était liée par 

cette décision, en vertu de ses propres prescriptions, et devait donc lui 

appliquer la procédure d’inscription directe, sans nouvel examen matériel 

de sa formation. Au surplus, l’intimé remplissait la condition de l’expérience 

professionnelle de trois ans, nécessaire à l’inscription directe, puisqu’il 

avait, au dépôt de sa demande d’inscription, neuf ans d’expérience 

professionnelle. 

C.  

Par mémoire du 22 septembre 2023, la Fondation REG a interjeté un 

recours contre cette décision devant le Tribunal administratif fédéral en 

concluant à son annulation, sous suite de frais et dépens. 

A l’appui, elle fait valoir que le pouvoir décisionnel pour juger des diplômes 

reconnus équivalents au sens de ses règlements lui appartient 

exclusivement en tant qu’institution de droit privé validant des acquis de 

formations professionnelles en vue de l’inscription dans l’un de ses 

registres. Elle n’est de ce fait pas liée par les décisions du SEFRI quant à 

la reconnaissance des diplômes étrangers. En effet, les critères 

d’évaluation de celui-ci ne sont pas identiques aux siens mais surtout ne 

poursuivent pas la même finalité. Elle détermine pour sa part si un candidat 

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remplit les critères professionnels, en application de ses propres 

règlements et prescriptions spécifiques, pour être inscrit dans le registre 

visé. L’intimé ne peut donc pas lui imposer de reprendre la décision de 

reconnaissance délivrée par le SEFRI pour justifier une inscription directe 

dans le REG A. Ce d’autant plus que celui-là lui a octroyé une 

reconnaissance académique pour son diplôme universitaire, ce qui ne vaut 

pas équivalence à des fins professionnels pour une inscription directe dans 

ledit registre. L’évaluation du dossier de l’intimé ne lui permettait pour le 

reste pas de retenir qu’il fallait procéder à son inscription directe ni à une 

inscription à la suite de la procédure d’examen sur dossier, dès lors qu’il 

n’avait pas apporté la preuve de sa maitrise de la profession d’ingénieur 

civil REG A ni de ses responsabilités et compétences. 

D.  

Invitée à se prononcer sur le recours, l’autorité inférieure a conclu à son 

irrecevabilité, subsidiairement à son rejet, par mémoire responsif du 

26 octobre 2023. 

Elle fait tout d’abord valoir que la recourante ne dispose pas de la qualité 

pour recourir contre sa décision dès lors qu’elle agit en tant que première 

instance. La décision attaquée ne lui retire en effet en rien ses prérogatives 

de puissance publique ; elle ne fait que corriger une mauvaise application 

des règles de droit et de ses propres règlements. Sur le fond, elle renvoie 

à sa décision et ajoute que, dans les cas où la profession est réglementée, 

comme en l’espèce, elle examine, outre le niveau de la formation, les 

compétences acquises lors de la formation étrangère. En particulier, 

lorsque celles-ci sont lacunaires, des mesures de compensation viennent 

combler le manque et permettent de rendre une décision d’équivalence, 

dont le but est de lever les barrières à l’exercice de la profession. Dans la 

mécanique de la libre circulation, il ne ferait dès lors aucun sens que 

l’autorité administrative prononce une équivalence et que celle-ci doive 

être avalisée par un acteur privé de la branche. 

E.  

Egalement invité à se prononcer sur le recours, l’intimé a conclu à son rejet 

par réponse du 26 octobre 2023 et requis le remboursement du montant 

de 3'600 francs exigé par la recourante pour la procédure d’examen sur 

dossier. 

Il relève que, dans le canton A._______, où il exerce la profession 

d’ingénieur civil, celle-ci est réglementée. Une autorisation d’exercer est 

nécessaire, laquelle dépend notamment de la preuve de qualifications 

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professionnelles particulières ; elle est requise pour pouvoir signer des 

demandes de permis de construire. Il soutient ensuite que, son diplôme 

espagnol ayant été reconnu par le SEFRI équivalent à la formation suisse 

aboutissant au Master of Science en génie civil d’une école polytechnique 

fédérale, il doit, en application du règlement B.1 de la recourante, être 

considéré de la même manière que le titre de formation suisse 

correspondant. Par conséquent, les professionnels détenteurs de tels titres 

peuvent être directement inscrits dans les registres de la recourante. 

F.  

La recourante a maintenu ses conclusions par réplique du 30 novembre 

2023. 

S’agissant de la recevabilité de son recours, elle fait valoir en premier lieu 

qu’elle n’est pas délégataire d’une tâche publique. Le contrat de droit public 

conclu avec la Confédération lui reconnait la qualité d’une institution de 

promotion du développement professionnel. Elle est une fondation de droit 

privé tenant des registres strictement privés pour l’inscription des 

professionnels relevant des domaines de l’ingénierie, de l’architecture et 

de la technique. La décision déférée l’atteint dès lors incontestablement en 

tant qu’institution privée, soit en qualité de particulier, et ce dans des 

aspects privés portant sur des questions qui relèvent de sa seule 

compétence et de ses seules prérogatives. Sur le fond, elle relève que, si 

le SEFRI est seul compétent pour reconnaitre un diplôme étranger, elle, 

est en revanche seule compétente pour juger un titre comme équivalent 

aux exigences relatives à l’exercice de la profession et donc pour inscrire 

(notamment) les ingénieurs civils dans le registre requis en application de 

son règlement B.1. Elle soutient par ailleurs que la décision de 

reconnaissance délivrée par le SEFRI à l’intimé repose sur une application 

erronée de la directive 2005/36/CE, de sorte qu’elle ne saurait, en tout état 

de cause, fonder une inscription directe de celui-ci dans son registre. La 

directive européenne ne couvrirait en effet pas la reconnaissance des titres 

de formation étrangers dans le domaine de l’ingénierie civile, si bien que le 

diplôme espagnol de l’intimé ne pouvait donner lieu à une reconnaissance 

de la part du SEFRI. Rappelant enfin qu’une autorité administrative doit 

statuer de manière impartiale et indépendante, elle s’interroge quant à un 

possible parti pris de l’autorité inférieure, laquelle officie dans la présente 

procédure en qualité de juge et partie puisque c’est le SEFRI qui a rendu 

la décision de reconnaissance qu’elle considère erronée. Pour finir, elle 

indique que le fait que l’intimé dispose d’une autorisation d’exercer dans le 

canton A._______ n’a aucune incidence sur l’évaluation de son dossier en 

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vue d’une inscription au REG A des ingénieurs civils, seules les conditions 

énoncées dans son règlement B.1 étant pertinentes en l’espèce. 

G.  

Invitée à dupliquer, l’autorité inférieure s’est prononcée par acte du 

20 décembre 2023. Elle a maintenu qu’en tant que première instance, la 

recourante ne disposait pas de la qualité pour recourir. 

Sur le fond, elle soutient que le régime général de reconnaissance des 

titres de formation étrangers, prévu par la directive 2005/36/CE, s’applique 

à la reconnaissance de titres tels que celui de l’intimé. Ce faisant, l’Etat 

d’accueil compare la formation et l’expérience professionnelle du migrant 

avec ses propres exigences, accorde une reconnaissance ou requiert des 

mesures de compensation en cas de différences importantes. En l’espèce, 

elle a reconnu le titre de Master en génie civil espagnol de l’intimé 

équivalent à la formation suisse aboutissant à un titre de Master of Science 

en génie civil d’une école polytechnique fédérale et ce, sans mesure de 

compensation. 

H.  

L’intimé a maintenu ses conclusions par duplique du 5 janvier 2024. 

I.  

Disposant de la possibilité de formuler d’éventuelles remarques, la 

recourante ne s’est pas prononcée dans le délai imparti. 

Les arguments avancés de part et d'autre au cours de la présente 

procédure seront repris plus loin dans la mesure où cela s'avère 

nécessaire. 

 

Droit : 

1.  

Le Tribunal administratif fédéral est compétent pour connaitre du présent 

recours (cf. art. 31, 32 et 33 let. d LTAF et art. 5 al. 2 PA). 

2.  

Il examine d’office et librement la recevabilité des recours qui lui sont 

soumis (cf. ATAF 2007/6 consid. 1 ; arrêt du TAF B-6177/2008 du 

25 novembre 2008 consid. 2.1, non publié aux ATAF 2008/61). 

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2.1 La procédure devant le Tribunal administratif fédéral est régie par la 

PA, pour autant que la LTAF n'en dispose pas autrement (cf. art. 37 LTAF). 

2.2 Selon l’art. 48 al. 1 PA, a qualité pour recourir quiconque a pris part à 

la procédure devant l’autorité inférieure ou a été privé de la possibilité de 

le faire (let. a), est spécialement atteint par la décision attaquée (let. b) et 

a un intérêt digne de protection à son annulation ou à sa modification 

(let. c). La qualité pour recourir au sens de l’art. 48 al. 1 PA correspond à 

celle prévue par l’art. 89 al. 1 LTF de sorte que la jurisprudence développée 

en lien avec cette dernière disposition est également applicable pour 

l’art. 48 al. 1 PA (cf. ATF 139 II 328 consid. 3.2 et 135 II 172 consid. 2.1 ; 

ATAF 2012/30 consid. 4.2 ; arrêt du TAF B-2889/2022 du 12 janvier 2023 

consid. 4.1). 

À l’origine, le régime des art. 48 PA et 89 LTF a été prévu pour des 

particuliers. Selon la jurisprudence toutefois, une collectivité publique (ou 

un sujet de droit privé délégataire de tâches publiques) peut 

exceptionnellement s’en prévaloir dans deux situations : d’une part, 

lorsqu’elle est atteinte de la même manière qu’un particulier dans sa 

situation juridique ou matérielle (notamment s’il s’agit de sauvegarder son 

patrimoine administratif ou financier) ; d’autre part, lorsqu’elle est touchée 

dans ses prérogatives de puissance publique – notamment lorsqu’une 

décision revêt une importance préjudicielle pour l’accomplissement de 

tâches publiques – et dispose d’un intérêt public propre, digne de 

protection, à l’annulation ou à la modification de l’acte attaqué (cf. ATF 147 

II 227 consid. 2.3.2, 141 II 161 consid. 2.1 et 140 I 90 consid. 1.2.2 ; arrêt 

du TF 1C_177/2022 du 22 juillet 2022 consid. 2.2.1 ; arrêt du 

TAF B-2889/2022 précité consid. 4.1). Lorsqu'il est porté atteinte à ses 

intérêts spécifiques, la collectivité publique peut ainsi se voir reconnaitre la 

qualité pour recourir, pour autant qu'elle soit touchée de manière qualifiée. 

En d'autres termes, la collectivité doit être fortement touchée dans des 

intérêts publics importants (cf. ATF 141 II 161 consid. 2.3 et 140 I 90 

consid. 1.2.2 et 1.2.4). Tel est le cas lorsque l'acte attaqué concerne des 

intérêts publics essentiels dans un domaine qui relève de sa compétence 

propre (cf. ATF 137 IV 269 consid. 1.4 ; arrêt du TF 1C_180/2018 du 

10 octobre 2018 consid. 1.2.1). Un intérêt qualifié peut être admis lorsque 

la décision querellée est susceptible d'influencer un nombre important de 

décisions futures (cf. ATF 135 II 12 consid. 1.2.2). Le simple intérêt général 

à une correcte application du droit ne fonde en revanche pas la qualité pour 

recourir au sens de l’art. 89 al. 1 LTF ; en particulier, l’instance déboutée 

dans une procédure de recours n’est pas habilitée à attaquer devant le 

Tribunal fédéral la décision qui la désavoue. En effet, elle ne saurait 

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prétendre défendre une conception juridique déterminée, dans un domaine 

de sa compétence, qui contredit celle de l’autorité de recours (cf. ATF 143 

III 353 consid. 5.2, 140 II 378 consid. 1.2, 138 II 506 consid. 2.1.1, 138 I 

143 consid. 1.3.2 et 137 IV 269 consid. 1.4 ; arrêts du TAF B-5531/2012 du 

12 mars 2013 consid. 2.1 et B-437/2010 du 8 juin 2010 consid. 3.2). A ce 

titre, le tribunal de céans a, à plusieurs reprises, nié la qualité pour recourir 

des commissions d’examen (cf. arrêts du TAF B-2889/2022 précité 

consid. 4.1, B-563/2019 du 24 juin 2019 consid. 3.4 ss, B-2949/2009 du 

29 septembre 2009 consid. 1.2.2 ss et B-4494/2008 du 15 octobre 2008 

consid. 1.3.3). En tout état de cause, la qualité pour recourir des 

collectivités publiques sur la base de la clause générale de l’art. 89 al. 1 

LTF ne peut être admise que de manière restrictive (cf. ATF 147 II 227 

consid. 2.3.2, 141 II 161 consid. 2.1 et 140 V 328 consid. 4.1). Il appartient 

enfin à la partie recourante d'alléguer, sous peine d'irrecevabilité, les faits 

qu'elle considère comme propres à fonder sa qualité pour recourir, 

lorsqu'ils ne ressortent pas de façon évidente de la décision attaquée ou 

du dossier (cf. ATF 139 II 499 consid. 2.2 et 125 I 173 consid. 1b ; arrêt du 

TF 1C_554/2019 du 5 mai 2020 consid. 3.1). 

2.2.1 En l’espèce, la recourante fait valoir qu’elle n’est pas délégataire 

d’une tâche publique. Le contrat de droit public conclu avec la 

Confédération le 24 mars 2014 lui reconnait la qualité d’une institution de 

promotion du développement professionnel – et non pas de délégataire 

d’une tâche publique – à l’instar du précédent contrat, signé le 24 mars 

1983. Il ressort également du contrat de 2014 que le subventionnement 

qu’elle touche de la Confédération est justifié par le fait qu’elle fournit des 

prestations d’intérêt public – et non pas qu’elle exécute des tâches d’intérêt 

public. Même si elle poursuit un but d’intérêt public, elle est une fondation 

de droit privé tenant des registres, strictement privés, pour l’inscription des 

professionnels relevant des domaines de l’ingénierie, de l’architecture et 

de la technique. Elle définit et gère de manière libre et autonome les 

conditions d’inscription dans ses registres, ce qui ne relève pas de 

l’exercice d’une tâche publique, encore moins d’une tâche publique 

déléguée. Aussi, dès lors qu’elle intervient et agit en tant qu’institution 

strictement privée, elle est directement touchée, à l’instar d’un particulier, 

par la décision de l’autorité inférieure laquelle l’enjoint d’inscrire l’intimé 

dans l’un de ses registres. A titre subsidiaire, si elle devait être considérée 

comme une délégataire d’une tâche publique, elle serait incontestablement 

touchée par la décision attaquée comme un particulier et aurait un intérêt 

digne de protection à son annulation. Elle a en effet un intérêt à garantir le 

respect des exigences formulées dans ses statuts et règlements, lesquels 

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ne permettent une inscription dans ses registres qu’aux personnes 

présentant les qualifications requises, ce qui n’est pas le cas de l’intimé. 

2.2.2 Selon l’autorité inférieure, la recourante ne dispose pas de la qualité 

pour recourir contre sa décision dès lors qu’elle agit en tant que première 

instance, à l’instar des commissions d’examen dans les procédures en 

matière d’examens professionnels. En particulier, la seule allégation d'une 

importance préjudicielle de la décision attaquée n'est pas de nature à lui 

reconnaitre la qualité pour recourir en l’absence de la démonstration d’une 

réelle atteinte importante dans ses prérogatives de puissance publique, 

susceptible de remettre fondamentalement en cause son fonctionnement. 

En effet, la décision querellée ne lui retire en rien ses prérogatives ; elle ne 

fait que corriger une mauvaise application des règles de droit et de ses 

propres règlements. 

2.2.3 Pour déterminer si la recourante dispose de la qualité pour recourir, 

il convient tout d'abord d'exposer le cadre légal topique. 

2.2.3.1 Selon l’art. 63 Cst., la Confédération légifère sur la formation 

professionnelle (al. 1) et encourage la diversité et la perméabilité de l’offre 

dans ce domaine (al. 2). 

2.2.3.2 La loi fédérale sur la formation professionnelle du 13 décembre 

2002 (LFPr, RS 412.10) prévoit que la formation professionnelle est la 

tâche commune de la Confédération, des cantons et des organisations du 

monde du travail (partenaires sociaux, associations professionnelles, 

autres organisations compétentes et autres prestataires de la formation 

professionnelle ; art. 1 al. 1 1ère phrase). Elle régit, pour tous les secteurs 

professionnels autres que ceux des hautes écoles, notamment les 

procédures de qualification, les certificats délivrés et les titres décernés 

(art. 2 al. 1 let. d). Les qualifications professionnelles sont attestées par un 

examen global, par une combinaison d'examens partiels ou par d'autres 

procédures de qualification reconnues par le SEFRI (art. 33). La 

Confédération peut encourager les organisations qui développent ou 

offrent d’autres procédures de qualification (art. 35), notamment la 

Fondation REG (cf. art. 39 du projet de loi [FF 2000 5351]). Ce faisant, elle 

subventionne des « prestations particulières d’intérêts public » (cf. art. 52 

al. 3 let. b et 55 al. 1 let. i). 

2.2.3.3 L'ancienne loi fédérale du 19 avril 1978 sur la formation 

professionnelle (aLFPr, RO 1979 1687) prévoyait à son art. 50 al. 3, sous 

le titre « Perfectionnement professionnel », que « la Confédération peut 

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reconnaître des institutions qui contribuent à la promotion professionnelle 

par d’autres moyens que la scolarité ou les examens selon les articles 51 

à 57 et elle peut leur confier certaines tâches. L’ordonnance fixe les 

conditions ». Selon l'art. 43 de l’ancienne ordonnance du 7 novembre 1979 

sur la formation professionnelle (aOFPr, RO 1979 1712), « sont réputées 

institutions au sens de l’article 50, 3e alinéa, de la loi, les fondations et les 

associations qui encouragent la promotion professionnelle des 

autodidactes. Elles ne doivent pas poursuivre des buts de caractère 

protectionniste ni empêcher le libre exercice de la profession » (al. 1). « Le 

département décide de la reconnaissance des institutions et fixe les tâches 

(p. ex. examens d’aptitudes et contrôles) qui doivent leur être déléguées. 

La demande de reconnaissance sera présentée à l’office fédéral » (al. 2). 

« La Confédération sera représentée de manière équitable au sein des 

organisations auxquelles le département confie certaines tâches » (al. 3). 

Le message relatif à l’art. 50 al. 3 aLFPr (art. 49 al. 3 du projet de loi) 

indique que « cette disposition a pour objet de créer la base légale qui 

permette, par exemple, de reconnaître la Fondation des registres suisses 

des ingénieurs, des architectes, des ingénieurs-techniciens, des 

architectes-techniciens et des techniciens et, le cas échéant, de confier 

certaines tâches à cette institution, qui encourage particulièrement la 

promotion professionnelle des autodidactes dans le secteur de la 

technique de construction prise au sens large du terme » (cf. message du 

26 janvier 1977 concernant une nouvelle loi fédérale sur la formation 

professionnelle, in : FF 1977 I 697, p. 742). 

2.2.3.4 Sur la base de ces dispositions, le Département fédéral de 

l'économie (DFE, désormais DEFR) a conclu, le 24 mars 1983, un contrat 

de droit public avec la recourante. En particulier, celui-ci reconnait la 

Fondation REG en tant qu'institution encourageant la formation 

professionnelle (ch. 1) et lui impose certains engagements (ch. 2), tels que 

celui de s'abstenir de toute politique protectionniste et de toute entrave au 

libre exercice de la profession (ch. 2a) et celui selon lequel les examens 

pour l’inscription aux registres A (niveau d’une haute école), B (niveau ETS) 

et C (niveau ET) sont organisés par les commissions d’examen 

compétentes selon les règlements d’examen approuvés par le DFE 

(ch. 2c). Les candidats ayant passé avec succès l’examen peuvent 

s’inscrire au registre correspondant à l’examen subi. Par l’inscription, la 

Fondation REG déclare que la personne inscrite possède au moment de 

l’inscription la qualification correspondante au diplôme délivré par l’école 

en question (ch. 2d). Ce contrat de reconnaissance a été remplacé par un 

contrat-cadre conclu entre la recourante et le SEFRI le 24 mars 2014, entré 

en vigueur au 1er janvier 2015 et adapté aux nouvelles dispositions 

B-5131/2023 

Page 10 

juridiques. La Fondation REG se dote, pour le reste, de statuts, de 

règlements, ainsi que de prescriptions spécifiques concernant notamment 

les ingénieurs civils REG A et B et les techniciens du génie civil REG C. 

2.2.3.5 Il suit ainsi de ce qui précède que la Fondation REG est une 

fondation de droit privé au sens des art. 80 ss CC (cf. art. 1 des Statuts), 

reconnue et subventionnée par la Confédération – sur la base de la 

législation sur la formation professionnelle et de contrats de droit public – 

comme institution encourageant la formation professionnelle ceci, dans le 

but de reconnaitre et de promouvoir des procédures de qualification visant 

à certifier le développement professionnel personnel dans les domaines de 

l’ingénierie, de l’architecture et de l’environnement (cf. site Internet de la 

Fondation REG : Mission/Contrat avec la Confédération), soit une tâche 

publique régie par la législation sur la formation professionnelle (cf. art. 2 

al. 1 let. d LFPr et art. 63 Cst.). La Fondation REG est ainsi l’institution 

suisse habilitée, par le biais de ses procédures d’examen approuvées par 

la Confédération, à tenir un registre national reconnu par tous les cantons 

ayant légiféré dans le domaine des architectes et ingénieurs (cf. site 

Internet de la Fondation REG ; Droit et politique de la concurrence DPC 

2001/1 p. 155 ss et 158). L’inscription au registre atteste ainsi de 

qualifications professionnelles pour accéder à la profession concernée 

dans les cantons réglementant celle-ci. Il est rappelé que, les professions 

couvertes par les registres de la Fondation REG n’étant pas réglementées 

au niveau suisse, les cantons sont compétents pour fixer (ou non) des 

conditions à leur exercice (cf. site Internet du SEFRI : 

Liste_regl_Berufe_F). A titre d’exemple, selon la loi genevoise du 

17 décembre 1982 sur l’exercice des professions d’architecte et 

d’ingénieur (RS GE L 540), les professionnels inscrits au REG A ou B 

(notamment) justifient de capacités professionnelles suffisantes pour être 

inscrits au tableau des mandataires professionnels qualifiés reconnus par 

l’Etat pour exercer de manière indépendante la profession d’architecte ou 

d’ingénieur civil ou l’une des professions apparentées, sur le territoire du 

canton, s’agissant des travaux dont l’exécution est soumise à autorisation 

en vertu de la loi sur les constructions et les installations diverses du 

14 avril 1988 (cf. art. 4 al. 1 let. c en lien avec art. 1 al. 1, 2 et 3 al. 1 let. a). 

2.2.4 Il s’ensuit que, contrairement à ce qu’elle considère, la Fondation 

REG doit être vue comme une délégataire de tâches publiques (voir 

également dans ce sens : arrêt du TAF B-5988/2008 du 9 janvier 2009 

consid. 5.2). 

file:///C:/Users/U80801745/Downloads/Liste_regl_Berufe_F%20(2).pdf

B-5131/2023 

Page 11 

2.2.5 Reste dès lors à déterminer si la prénommée est touchée dans ses 

prérogatives de puissance publique par la décision déférée et dispose d’un 

intérêt public propre, digne de protection, à son annulation (cf. consid. 2.2 

ci-dessus). Il va en effet de soi, contrairement à ce qu’elle avance, que la 

recourante n’est nullement atteinte par la décision litigieuse, dans sa 

situation juridique ou matérielle, de la même manière qu’un particulier. 

2.2.5.1 En l’espèce, la recourante a rejeté la demande d’inscription de 

l’intimé au REG A des ingénieurs civils pour le motif qu’il ne satisfaisait pas 

aux conditions d’inscription selon la procédure d’examen sur dossier. 

Statuant sur recours, l’autorité inférieure a retenu que la recourante était 

liée par sa décision du 17 juillet 2020 reconnaissant le Master en génie civil 

espagnol de l’intimé équivalent à la formation suisse aboutissant à un 

Master of Science en génie civil d’une école polytechnique fédérale (EPF), 

de sorte qu’elle était tenue d’inscrire le prénommé dans le REG A des 

ingénieurs civils, sans autre examen matériel de sa formation (procédure 

d’inscription directe). 

2.2.5.2 La recourante expose, dans ses écritures, que la gestion de ses 

registres privés relève de sa seule compétence et de ses seules 

prérogatives. En sa qualité d’institution privée, c’est elle qui définit, de 

manière libre et autonome, les conditions d’inscription dans ses registres 

et détermine seule si un candidat remplit les critères professionnels pour 

être inscrit dans le registre visé. Or, la décision entreprise, qui l’enjoint 

d’inscrire l’intimé dans l’un de ses registres alors qu’il ne présente pas les 

qualifications requises, est manifestement non-conforme à son règlement 

B.1 régissant l’inscription dans les registres. L’acte attaqué remet ainsi en 

question son pouvoir décisionnel quant au choix des procédures 

d’inscription et à son droit de limiter strictement les candidats pouvant 

bénéficier d’une reconnaissance professionnelle.  

2.2.5.3 Il suit de là que la décision incriminée porte manifestement atteinte 

aux prérogatives de puissance publique de la recourante, dès lors que 

celle-ci considère être la seule à pouvoir décider de la procédure 

d’inscription applicable à un candidat et de son inscription ou non dans l’un 

de ses registres, selon ses propres exigences. Contrairement à l’avis de 

l’autorité inférieure, la recourante n’agit pas ici dans le simple intérêt 

général à une application correcte du droit. Même si elle estime que c’est 

à tort que l’autorité inférieure considère que l’intimé satisfait aux conditions 

d’inscription (directe) dans le REG A des ingénieurs civils, elle conteste 

avant tout l’ingérence de celle-ci dans son strict domaine de compétences, 

en ce sens que la prénommée ne peut pas lui imposer l’inscription d’un 

B-5131/2023 

Page 12 

professionnel dans l’un de ses registres sur la base de ses décisions de 

reconnaissance de diplômes étrangers. Elle considère qu’elle n’est pas liée 

par les décisions du SEFRI en la matière ; c’est à elle seule qu’il appartient 

de juger de l’équivalence d’un titre aux exigences relatives à l’exercice de 

la profession. Aussi, il y a lieu d’admettre que la décision de l’autorité 

inférieure enjoignant la recourante à inscrire l’intimé dans l’un de ses 

registres professionnels – sur le vu de sa décision reconnaissant le diplôme 

étranger du prénommé – alors que celui-ci ne présente, selon elle, pas les 

acquis de formations professionnelles nécessaires à l’inscription dans ses 

registres, qu’elle seule valide, la touche, de manière importante, dans 

l’accomplissement de sa tâche publique. Elle dispose, de ce fait, 

également d’un intérêt public propre, digne de protection, à l’annulation de 

la décision entreprise. 

La qualité pour recourir doit ainsi être reconnue à la recourante en tant 

qu’elle agit comme un sujet de droit privé délégataire de tâches publiques.  

2.3 Les dispositions relatives à la représentation, au délai de recours, à la 

forme du mémoire de recours, ainsi qu’à l’avance de frais (cf. art. 11 al. 1, 

50 al. 1, 52 al. 1 et 63 al. 4 PA) sont en outre respectées. 

Le recours est ainsi recevable. 

3.  

3.1 Sur le fond, la recourante fait valoir que, si la reconnaissance d’un 

diplôme étranger relève de la compétence du SEFRI, c’est en revanche 

elle, qui décide seule si elle considère un diplôme comme équivalent en 

fonction des acquis de formations professionnelles qu’elle valide et ainsi 

de la procédure applicable au candidat. Se référant tour à tour au 

règlement B.1 régissant l’inscription dans les registres, entré en vigueur en 

2018, et au règlement sur l’inscription, en vigueur depuis le 1er juin 2023, 

elle soutient qu’il appartient en effet au Conseil de fondation de déterminer 

les diplômes jugés équivalents qui peuvent faire l’objet d’une procédure 

d'inscription directe. Elle n’est donc pas liée par la décision du SEFRI 

reconnaissant le diplôme étranger de l’intimé – et ce, d’autant plus qu’il 

s’agit d’une reconnaissance académique de son diplôme universitaire. Les 

critères d’évaluation du SEFRI ne sont pas identiques aux siens et surtout 

n’ont pas la même finalité. Celui-ci procède, sur la base des directives et 

accords internationaux, à une comparaison des formations suivies par le 

demandeur en vue de l’exercice de la profession concernée. Elle détermine 

pour sa part, en revanche, si le candidat remplit les critères professionnels 

B-5131/2023 

Page 13 

nécessaires et très pointus, en application de ses propres règlements et 

prescriptions spécifiques applicables au domaine concerné, pour être 

inscrit dans le registre visé. La décision de reconnaissance du SEFRI ne 

peut donc être retenue comme attestant que l’intimé dispose des 

compétences suffisantes, en termes d’acquis professionnels, pour faire 

l’objet d’une inscription directe dans le REG A des ingénieurs civils. En 

outre, aucun des deux contrats passés avec la Confédération ne prévoit 

qu’elle est liée par les décisions du SEFRI en matière de reconnaissance 

de diplômes étrangers.  

3.1.1 Pour juger des mérites du recours, il convient d'appliquer le droit en 

vigueur au moment où la recourante a rendu sa décision, à savoir au 

7 février 2022. En effet, selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, 

lorsqu'une personne requiert de l'Etat une autorisation ou un avantage, le 

droit déterminant est celui en vigueur au moment où l'autorité a statué en 

première instance ; ce principe vaut également si la situation juridique avait 

été créée par un fait antérieur au changement législatif (cf. arrêt du 

TF 2C_736/2010 du 23 février 2012 consid. 5 et réf. cit.).  

C’est donc l’ancien règlement B.1 régissant l’inscription dans les registres, 

dans sa version au 1er juillet 2018, qui trouve application en l’espèce. Il 

convient en outre de se référer à la version des statuts auxquels renvoient 

lesdits règlements, à savoir celle entrée en vigueur le 1er janvier 2015. 

Ceci étant, c’est à tort que la recourante se prévaut (également) du 

règlement sur l’inscription du 1er juin 2023.  

3.1.2 Le règlement B.1 régissant l’inscription dans les registres prévoit trois 

modes d’inscription, à savoir : l’inscription directe, l’inscription avec 

procédure d’examen sur dossier et l’inscription avec procédure d’examen 

complète. Sous son titre I « Dispositions générales », ledit règlement 

prévoit ce qui suit :  

Selon l’art. 1 al. 1, peuvent être directement inscrits dans les registres de 

la Fondation REG les professionnels qui :  

« a. ont acquis les connaissances et capacités requises pour l’exercice de la 

profession par l’obtention d’un titre de formation délivré par l’une des institutions 

de formation suisse mentionnées à l’art. 4 des Statuts, ou reconnu au sens de 

l’art. 2 ci-dessous, et 

b. possèdent une expérience pratique de la profession suffisante. 

B-5131/2023 

Page 14 

(…) » 

L’art. 2, intitulé « Titres de formation étrangers reconnus », prévoit ceci :  

« 1Au sens du présent Règlement sont intitulés « titre de formation étrangers 

reconnus » les titres de formation étrangers qui font l’objet d’un accord de 

reconnaissance avec la Suisse ou d’une reconnaissance formelle par une autorité 

suisse habilitée à délivrer pareille reconnaissance. 

2Ils sont considérés par le REG de la même manière que le titre de formation 

suisse correspondant. » 

L’art. 3, intitulé « Titres de formation suisses ou étrangers jugés 

équivalents », indique ce qui suit : 

« 1Au sens du présent Règlement sont intitulés « titres de formation jugés 

équivalents » les titres de formation délivrés par une autre institution de formation, 

suisse ou étrangère, lorsque le titre atteste que son titulaire a suivi une formation 

équivalente à celle attestée par un titre de formation suisse délivré par l’une des 

institutions reconnues à l’art. 4 des Statuts. 

2Le Comité de direction de la Fondation REG est compétent pour juger de cette 

équivalence. 

3 (…) » 

3.1.3 La profession d’« ingénieur civil » figure dans la liste des professions 

réglementées tenue par le SEFRI sous la rubrique « 8. Construction » 

(cf. site Internet du SEFRI : Liste_regl_Berufe_F). Comme le rappelle la 

doctrine, la réglementation applicable à la profession d'ingénieur est de 

rang cantonal ; il s'ensuit que cette profession est traitée de manière 

disparate en Suisse (cf. JEAN-BAPTISTE ZUFFEREY/ISABELLE ROMY, La 

construction et son environnement en droit public, 2010, p. 51 ss). Les 

cantons de A._______, B._______ et C._______, dans lesquels l’intimé 

exerce la profession d’ingénieur civil, subordonnent l’exercice de celle-ci à 

la possession de qualifications professionnelles déterminées (cf. site 

Internet précité du SEFRI). 

Ceci étant, le SEFRI a, sur la base de la directive 2005/36/CE relative à la 

reconnaissance des qualifications professionnelles, reconnu, par décision 

du 17 juillet 2020, le Master en génie civil espagnol de l’intimé équivalent 

à la formation suisse aboutissant à un Master of Science en génie civil 

d’une EPF. Selon l’art. premier de ladite directive, celle-ci établit les règles 

selon lesquelles un Etat membre qui subordonne l'accès à une profession 

file:///C:/Users/U80801745/Downloads/Liste_regl_Berufe_F%20(2).pdf

B-5131/2023 

Page 15 

réglementée ou son exercice, sur son territoire, à la possession de 

qualifications professionnelles déterminées reconnait, pour l'accès à cette 

profession et son exercice, les qualifications professionnelles acquises 

dans un ou plusieurs autres Etats membres et qui permettent au titulaire 

desdites qualifications d'y exercer la même profession. Aussi, 

contrairement à ce que soutient la recourante, la décision du 17 juillet 2020 

du SEFRI ne vise nullement une reconnaissance à des fins académiques 

mais a bien pour but la reconnaissance des compétences professionnelles. 

3.1.4 En vertu de l’art. 2 al. 2 du règlement B.1 précité, le titre de formation 

étranger de l’intimé – reconnu en Suisse – doit être considéré par la 

recourante de la même manière qu’un diplôme de Master délivré par une 

EPF. Or, il ressort de l’art. 11 al. 1 dudit règlement – régissant l’inscription 

directe dans le REG A – que les professionnels titulaires d’un diplôme de 

Master délivré par l’une des institutions de formation mentionnées à l’art. 4 

let. a des Statuts (et justifiant d’une pratique suffisante de 3 ans acquise 

après la fin de la formation professionnelle) peuvent être inscrits 

directement dans les registres REG A. Selon l’art. 4 let. a des Statuts 

applicables en l’espèce, il s’agit des Ecoles Polytechniques Fédérales 

suisses (EPF), des Universités suisses et des Hautes Ecoles Spécialisées 

suisses (HES). C’est donc la procédure d’inscription directe au REG A qui 

s’applique en l’espèce à l’intimé, étant précisé qu’il n’est pas contesté que 

celui-ci remplit la condition de l’expérience professionnelle de trois ans, 

requise par l’art. 11 al. 1 précité. L’art. 3 al. 2 du règlement B.1 

susmentionné, conférant la compétence au Comité de direction de la 

Fondation REG de juger de l’équivalence des titres de formation délivrés 

par une autre institution de formation, suisse ou étrangère, que celles 

reconnues à l’art. 4 des Statuts, ne trouve, par voie de conséquence, pas 

application in casu, contrairement à ce que considère la recourante. 

La recourante est ainsi liée, en application de son propre règlement B.1, 

par la décision de reconnaissance du titre étranger de l’intimé rendue par 

le SEFRI. Partant, si aucun des deux contrats passés avec la 

Confédération n’indique, comme elle s’en prévaut, qu’elle est liée par les 

décisions du SEFRI en matière de reconnaissance de diplômes étrangers, 

son règlement B.1, lui, le prévoit expressément. 

3.1.5 A toutes fins utiles, il est encore précisé que le règlement sur 

l’inscription du 1er juin 2023 – sur lequel la recourante fonde également, et 

à tort, sa motivation (cf. consid. 3.1.1 ci-dessus) – n’accorde pas 

davantage la compétence au Conseil de fondation de déterminer les 

B-5131/2023 

Page 16 

diplômes étrangers jugés équivalents pouvant faire l’objet d’une procédure 

d'inscription directe, lorsque ceux-ci ont été reconnus par le SEFRI. 

En effet, il ressort de l’art. 2 al. 1 let. a du règlement actuellement en 

vigueur que, peuvent être inscrits directement dans les registres, les 

professionnels qui sont notamment titulaires d'un diplôme délivré par l'une 

des institutions de formation suisses mentionnées à l'art. 3 des Statuts 

(dont les EPF) ou du diplôme jugé équivalent par le Conseil de fondation. 

Sont considérés comme « diplômes jugés équivalents » les diplômes 

suisses ou étrangers pour lesquels la preuve de l’équivalence a été 

apportée par une institution suisse ou étrangère (cf. art. 3 al. 1 dudit 

règlement). L’art. 3 al. 2 du règlement prévoit que, pour les diplômes 

étrangers, le Conseil de fondation se fonde sur les décisions des instances 

compétentes en la matière, et renvoie, à cet égard, au site Internet du 

SEFRI. 

3.2 En dernier recours, la recourante fait valoir que la directive 2005/36/CE, 

sur laquelle se fonde la décision de reconnaissance du SEFRI, régit 

uniquement des services précis provenant de sept professions sectorielles, 

à savoir médecin, pharmacien, dentiste, vétérinaire, infirmier, sage-femme 

et architecte. Elle ne règle donc pas la reconnaissance des diplômes 

étrangers dans le domaine de l’ingénierie civile. Pour cette raison, et à 

défaut d’un « motif spécifique et exceptionnel », la reconnaissance du 

diplôme de l’intimé ne pouvait pas davantage intervenir, à titre subsidiaire, 

selon le régime général de reconnaissance des titres de formation prévu 

par ladite directive. La décision du SEFRI reconnaissant le titre de 

formation étranger de l’intimé est donc erronée, de sorte qu’elle ne saurait 

nullement fonder une inscription (directe) de celui-ci dans ses registres. 

3.2.1 Il y a tout d’abord lieu de constater que la décision du SEFRI du 

17 juillet 2020 reconnaissant le diplôme de Master espagnol de l’intimé est 

entrée en force de chose jugée et est donc exécutoire, si bien que la 

recourante est, quoi qu’il en soit, liée par cette décision – dont elle 

n’invoque pas la nullité – en vertu de son propre règlement. 

3.2.2 Ensuite, le domaine de l’ingénierie civile ne comptant en effet pas au 

nombre des sept professions sectorielles mentionnées dans l’annexe V de 

la directive 2005/36/CE, il n’y a donc pas, pour cette profession, de 

reconnaissance automatique des diplômes (cf. art. 21 ss de la directive 

2005/36/CE). La reconnaissance du diplôme de l’intimé n’est pas pour 

autant exclue. La directive européenne introduit en effet, à titre subsidiaire, 

la possibilité de reconnaitre le diplôme sur la base du régime général de 

B-5131/2023 

Page 17 

reconnaissance des titres de formation défini aux art. 10 à 15 (chapitre I) 

de la directive 2005/36/CE, c’est-à-dire sur la base d'un examen matériel 

des qualifications, destiné à en établir l'équivalence. L’intimé ne tombant 

par ailleurs pas sous l’un des cas de figure mentionnés à l’art. 10 let. a à g 

de la directive 2005/36/CE, l’application du régime général n’est pas 

subordonnée à l’existence d’un motif spécifique et exceptionnel, comme 

semble le penser la recourante. La décision de reconnaissance du 17 juillet 

2020 du SEFRI ne consacre donc, en tout état de cause, aucune violation 

du droit. Partant, il n’y a pas lieu d’examiner plus avant les interrogations – 

du reste, purement appellatoires – de la recourante quant à un possible 

parti pris de l’autorité inférieure qui n’entendrait pas se déjuger de la 

décision prétendument erronée qu’elle a prise s’agissant de la 

reconnaissance du titre de formation étranger de l’intimé. 

4.  

En définitive, il y a lieu de retenir que la décision sur recours déférée ne 

procède pas d’une violation du droit. Mal fondé, le recours doit dès lors être 

rejeté. 

5.  

L’intimé a requis devant le tribunal de céans le remboursement du montant 

de 3'600 francs exigé par la recourante en lien avec la procédure d’examen 

sur dossier, à laquelle il a été soumis à tort. 

Tout d’abord, il convient de constater que la décision de la recourante du 

7 février 2022 est lacunaire, en tant qu’elle ne statue nullement sur les frais 

de la procédure. Ensuite, il y a lieu d’admettre qu’en invitant la recourante 

à inscrire l’intimé dans le REG A des ingénieurs civils, la décision attaquée 

a implicitement annulé la décision de la prénommée, y compris les frais 

relatifs à l’inscription avec procédure d’examen sur dossier, qui auraient dû 

figurer dans ladite décision. 

En tant que les frais afférents à la procédure d’inscription directe – 

applicable en l’espèce à l’intimé – sont très vraisemblablement inférieurs à 

ceux relatifs à la procédure d’examen sur dossier – dont s’est acquitté le 

prénommé auprès de la recourante – celui-ci a droit à la restitution du trop-

perçu. 

6.  

Les frais de procédure, comprenant l'émolument judiciaire et les débours, 

sont mis à la charge de la partie qui succombe (cf. art. 63 al. 1 PA et art. 1 

al. 1 du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et 

B-5131/2023 

Page 18 

indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, 

RS 173.320.2]). Aucun frais de procédure n’est mis à la charge des 

autorités inférieures ni des autorités fédérales recourantes et déboutées ; 

si l’autorité recourante qui succombe n’est pas une autorité fédérale, les 

frais de procédure sont mis à sa charge dans la mesure où le litige porte 

sur des intérêts pécuniaires de collectivités ou d’établissements 

autonomes (cf. art. 63 al. 2 PA). 

Le présent litige ne portant pas sur des intérêts pécuniaires de la 

recourante, il n’y a pas lieu de percevoir de frais de procédure. 

7.  

Il n'y a pas non plus lieu d’allouer de dépens à l’intimé, lequel n'est pas 

représenté (cf. art. 64 al. 1 PA et 7 al. 1 en lien avec art. 8 FITAF). Quant à 

l’autorité inférieure, elle n’y a, en toute hypothèse, pas droit (cf. art. 7 al. 3 

FITAF ; arrêt du TAF B-3650/2021 du 6 avril 2022 consid. 9). 

 

  

http://links.weblaw.ch/BVGer-B-1076/2012

B-5131/2023 

Page 19 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Il n'est pas perçu de frais de procédure. 

3.  

Il n’est pas alloué de dépens. 

4.  

Le présent arrêt est adressé à la recourante, à l'intimé, à l'autorité inférieure 

et au Département fédéral de l’économie, de la formation et de la 

recherche. 

 

L'indication des voies de droit se trouve à la page suivante. 

 

Le président du collège : La greffière : 

  

Pascal Richard Muriel Tissot 

 

  

B-5131/2023 

Page 20 

Indication des voies de droit : 

La présente décision peut être attaquée devant le Tribunal fédéral, 

1000 Lausanne 14, par la voie du recours en matière de droit public, dans 

les trente jours qui suivent la notification (art. 82 ss, 90 ss et 100 LTF). Ce 

délai est réputé observé si les mémoires sont remis au plus tard le dernier 

jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention de ce dernier, à La 

Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse 

(art. 48 al. 1 LTF). Le mémoire doit être rédigé dans une langue officielle, 

indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. 

La décision attaquée et les moyens de preuve doivent être joints au 

mémoire, pour autant qu'ils soient en mains de la partie recourante (art. 42 

LTF). 

 

Expédition : 27 mai 2024 

  

B-5131/2023 

Page 21 

Le présent arrêt est adressé : 

– à la recourante (acte judiciaire) 

– à l'intimé (acte judiciaire) 

– à l'autorité inférieure (acte judiciaire) 

– au Département fédéral de l’économie, de la formation et de la 

recherche DEFR (acte judiciaire)