# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 35e81fbc-9b3b-5a4c-a50e-a12abd732503
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-01-09
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 09.01.2023 CR.2022.0027
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_CR-2022-0027_2023-01-09.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 9 janvier 2023 

  
	
  Composition

  	
  Mme Annick Borda, présidente; M. Christian Michel et M.
  Marcel-David Yersin, assesseurs; Mme Fabia Jungo, greffière.

  

 

	
  Recourant

  	
   

  	
   A.________ à
  ******** représenté par Me Etienne MONNIER, avocat à Nyon,  

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Service des automobiles et de la
  navigation, à Lausanne.    

  

   

 

	
  Objet

  	
  Retrait de permis de conduire (sécurité)       

  
	
   

  	
  Recours A.________ c/ décision sur réclamation du Service
  des automobiles et de la navigation du 30 août 2022 (retrait du permis de
  conduire d'une durée de quatorze mois).

  

 

Vu les faits suivants:

A.                    
A.________, né en 1983, est titulaire du permis de conduire les
véhicules des catégories B, B1 et F depuis le 18 mars 2005 ainsi que G et M
depuis le 9 septembre 1998. 

Il ressort du système fédéral d'information relatif
à l'admission à la circulation (SIAC) que A.________ a fait l'objet des mesures
suivantes: 

-       retrait
pour une durée d'un mois du permis d'élève conducteur et de l'ancien permis de
conduire prononcé le 27 mai 2002 pour conduite sans permis;

-       retrait
pour une durée de trois mois du permis de conduire pour inattention, violation
des devoirs en cas d'accident et entrave à la prise de sang (cas grave et
accident) prononcé le 13 décembre 2005;

-       retrait
pour une durée d'un mois du permis de conduire pour ébriété prononcé le 13 mars
2007; le taux minimum retenu était de 0.79 ‰; 

-       retrait
pour une durée de trois mois du permis de conduire pour ébriété (cas grave;
taux minimum retenu de 1.07 ‰) prononcé le 1er juin 2016; cette
décision contenait l'indication qu'un émolument serait facturé par courrier
séparé et que son montant était indépendant de l'amende prononcée dans le cadre
de la procédure pénale; elle n'a pas été contestée;

il
ressort du fichier SIAC que la mesure a été exécutée du 13 au 18 mai 2016
(retrait immédiat le jour de l'infraction) et du 28 novembre 2016 au 21 février
2017, totalisant ainsi trois mois de retrait;

-       avertissement
pour autre faute de la circulation (excédent de charge, dépassement du poids
total autorisé; cas de peu de gravité) prononcé le 6 juillet 2021. 

B.                    
Il ressort d'un rapport de police ("Rapport LCR") établi le 11
novembre 2021 que le 30 octobre 2021 à 11h57, A.________ a été mesuré à
l'appareil radar stationnaire à la vitesse brute de 194 km/h au lieu des 120
km/h autorisés alors qu'il circulait sur l'autoroute A9 à Vernayaz au volant
d'une voiture de tourisme portant les plaques VS ******** [recte: VD ********].
Marge de tolérance déduite, le dépassement net de la vitesse autorisée était de
67 km/h mesuré avec un radar stationnaire Gatso RT4. Son permis de
conduire a été saisi et une interdiction de conduire lui a été notifiée
sur-le-champ. Le procès-verbal d'audition établi à 12h19 à l'occasion de son
interpellation et signé par l'intéressé indique que celui-ci prenait note que
ce jour, le 30 octobre 2021, aux commandes du véhicule VD ********, il avait
été enregistré par l'appareil radar à la vitesse de 194 km/h sur un tronçon
dont la limitation maximale était fixée à 120 km/h. A.________ indiquait
qu'il n'avait pas de raison particulière de circuler à cette vitesse. 

C.                    
Par ordonnance pénale du 16 décembre 2021, le Ministère public du Canton
du Valais a condamné A.________ à une peine pécuniaire de 115 jours-amende,
avec sursis pendant 3 ans, et à une amende de 1'200 francs. L'état de fait
retenu est le suivant: "au volant du véhicule automobile immatriculé VD
********, A.________ a dépassé la vitesse autorisée de 67 km/h (194
km/h, au lieu de 120 km/h, sous déduction de la marge de tolérance de 7 km/h),
le 30 octobre 2021 à Vernayaz, Autoroute A9". Cette ordonnance est
entrée en force sans avoir été contestée. 

D.                    
Se basant sur ce même Rapport LCR, le Service des automobiles et de la
navigation (ci-après: le SAN) a, par avis du 7 février 2022, avisé A.________ qu'il
envisageait de prononcer une mesure de retrait du permis de conduire en raison
des faits survenus le 30 octobre 2021. 

E.                    
Par décision du 5 avril 2022, le SAN a prononcé le retrait du permis de
conduire de A.________ pour une durée de quatorze mois, à exécuter au plus tard
du 2 octobre 2022 au 4 novembre 2023 (compte tenu de la période de retrait
provisoire), pour un dépassement de la vitesse autorisée (vitesse retenue de
187 km/h, marge de sécurité déduite, au lieu de la vitesse maximale autorisée
de 120 km/h) commis le 30 octobre 2021 sur l'autoroute A9 à Vernayaz avec le
véhicule immatriculé VD ********, qualifiant l'infraction de grave. Il était
précisé qu'il avait la possibilité de suivre, à ses frais, un cours d'éducation
routière et que sur présentation de l'attestation de suivi de ce cours, le
droit de conduire lui serait restitué deux mois avant l'échéance initialement
prévue, en application de l'art. 17 de la loi fédérale du 19 décembre 1958
sur la circulation routière (LCR; RS 741.01). A.________ a formé réclamation
auprès du SAN contre cette décision. 

Par lettre du 19 avril 2022, le conseil de A.________
faisait état de son mandat auprès du SAN et requérait la remise intégrale du
dossier de la cause en consultation. 

Par lettre de son conseil du 3 mai 2022, A.________
a fait valoir que le bon fonctionnement et l'étalonnage du radar ayant servi à
constater sa vitesse n'étaient pas prouvés et requérait ainsi la production du
certificat d'étalonnage dudit radar. Il exposait par ailleurs que le retrait de
permis retenu à son égard en date du 1er juin 2016 concernait une
conduite "sous un état prétendument alcoolisé", alors que le taux
retenu était légèrement supérieur à la limite légalement autorisée de 0.80 ‰. Il
rappelait que la production intégrale du dossier de la cause en consultation
avait été requise par lettre du 19 avril 2022 et précisait que la réclamation
serait complétée dès réception de ce dossier. 

Le dossier de la cause a été remis pour consultation
à A.________ le 9 mai 2022. 

Par lettre de son conseil du 18 mai 2022, A.________
a demandé au SAN la transmission d'une copie intégrale du dossier relatif à
l'infraction commise le 13 mai 2016 ayant entraîné un retrait de son permis de
conduire par décision du 1er juin 2016, retrait ayant débuté le 28
novembre 2016 et ayant pris fin le 21 février 2017. Par courrier électronique
du 2 juin 2022, le SAN a fait savoir à A.________ que, le dossier étant épuré,
il n'était plus en possession du rapport de police concernant l'incident de
circulation survenu le 13 mai 2016. 

F.                    
Par décision sur réclamation du 30 août 2022, le SAN a rejeté la
réclamation, dit que la mesure s'exécuterait désormais, au plus tard, du 28
février 2023 au 31 mars 2024 (y compris) et a confirmé pour le reste la
décision rendue le 5 avril 2022. 

G.                    
Par acte du 30 septembre 2022, A.________ a recouru devant la Cour de
droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP) contre cette décision
sur réclamation concluant principalement à son annulation et subsidiairement au
renvoi du dossier de la cause à l'autorité intimée afin qu'elle procède aux
mesures d'instruction requises et prenne une nouvelle décision dans le sens des
considérants. À titre préalable, il sollicite la production intégrale du
dossier de l'autorité intimée, en particulier pour l'infraction commise le 13
mai 2016, la production du certificat d'étalonnage du radar ayant servi au
contrôle de vitesse le 30 octobre 2021 ainsi que la production de la
certification d'utilisation de l'appareil laser des agents de police ayant
signé le rapport de contrôle. 

Dans sa réponse du 9 novembre 2022, l'autorité
intimée s'est référée aux considérants de la décision entreprise, précisant
n'avoir pas d'autres remarques à formuler, et a conclu au rejet du recours.
Elle a également produit son dossier. 

H.                    
Le tribunal a statué par voie de circulation. 

Considérant en droit:

1.                     
Le recourant déclare souscrire à la description des faits litigieux
figurant dans la décision du 5 avril 2022 et la décision sur réclamation du 30
août 2022 sous réserve de la vitesse retenue lors du contrôle du 30 octobre
2021. Il fait ainsi valoir une violation du droit d'être entendu et du principe
de la bonne foi, en tant que l'autorité intimée n'a pas donné suite à ses
réquisitions de preuve du 3 mai 2022 avant de rendre sa décision sur
réclamation. Or, ces moyens de preuve, notamment le certificat d'étalonnage du
radar et la certification d'utilisation de l'appareil laser des agents de
police, seraient de nature à modifier le sort de la cause. 

a) En matière de répression des infractions
relatives à la circulation routière, le droit suisse connaît le système de la
double procédure pénale et administrative: le juge pénal se prononce sur les
sanctions pénales (amende, peine pécuniaire, travail d'intérêt général ou peine
privative de liberté) prévues par les dispositions pénales de la LCR (art. 90
ss LCR) et par le Code pénal suisse du 21 décembre 1937 (CP, RS 311.0; art. 34
ss, 106 et 107 CP), tandis que les autorités administratives compétentes
décident de mesures administratives (avertissement ou retrait de permis)
prévues par les art. 16 ss LCR (ATF 137 I 363 consid. 2.3 p. 366). Une certaine
coordination s'impose entre ces deux procédures. 

La jurisprudence a ainsi établi que, en principe,
l'autorité administrative statuant sur un retrait du permis de conduire ne peut
pas s'écarter des constatations de fait d'un jugement pénal entré en force. La
sécurité du droit commande en effet d'éviter que l'indépendance du juge pénal
et du juge administratif ne conduise à des jugements opposés, rendus sur la
base des mêmes faits (ATF 137 I 363 consid. 2.3.2 p. 368 et les références).
L'autorité administrative ne peut s'écarter du jugement pénal que si elle est
en mesure de fonder sa décision sur des constatations de fait inconnues du juge
pénal ou qui n'ont pas été prises en considération par celui-ci, s'il existe
des preuves nouvelles dont l'appréciation conduit à un autre résultat, si
l'appréciation à laquelle s'est livré le juge pénal se heurte clairement aux
faits constatés, ou si le juge pénal n'a pas élucidé toutes les questions de
droit, en particulier celles qui touchent à la violation des règles de la
circulation (ATF 129 II 312 consid. 2.4 p. 315; ATF 123 II 97 consid. 3c/aa p.
104; ATF 105 Ib 18 consid. 1a et les références).

Cela vaut non seulement lorsque le jugement pénal a
été rendu au terme d'une procédure publique ordinaire au cours de laquelle les
parties ont été entendues et des témoins interrogés, mais également, à
certaines conditions, lorsque la décision a été rendue à l'issue d'une
procédure sommaire, même si la décision pénale se fonde uniquement sur le
rapport de police (ATF 123 II 97 consid. 3c/aa p. 104; voir aussi TF 1C_403/2020
du 20 juillet 2020 consid. 3; 1C_470/2019 du 31 janvier 2020 consid. 5.1.2). 

Il en va notamment ainsi lorsque la personne
impliquée savait ou aurait dû prévoir, en raison de la gravité des faits qui
lui sont reprochés, qu'il y aurait également une procédure de retrait de
permis. Dans cette situation, la personne impliquée est tenue, en vertu des
règles de la bonne foi, de faire valoir ses moyens dans le cadre de la
procédure pénale, le cas échéant en épuisant les voies de recours à sa
disposition. Elle ne peut pas attendre la procédure administrative pour exposer
ses arguments (ATF 123 II 97 consid. 3c/aa p. 104; TF 1C_468/2020 du 30
octobre 2020 consid. 3; 1C_312/2015 du 1er juillet 2015 consid. 3.1;
1C_631/2014 du 20 mars 2015 consid. 2.1). 

b) Le recourant expose ne pas ignorer cette
jurisprudence, mais fait valoir que dans le cas d'espèce, il a été condamné à
une amende l'issue d'une procédure pénale sommaire sans avoir jamais été entendu
par l'autorité concernée. S'il était certes tenu, conformément à la
jurisprudence précitée, de faire valoir ses moyens de défense dans le cadre de
la procédure pénale, ce n'était vu la procédure sommaire que sous certaines
conditions, soit notamment s'il savait ou devait prévoir, en raison de la
gravité des faits, qui lui étaient reprochés, qu'il y aurait également une
procédure de retrait de permis de conduire pour une durée supérieure à douze
mois. Or, il pensait de bonne foi que le délai d'épreuve était terminé lors de
l'infraction du 30 octobre 2021, puisqu'il ne savait pas que le délai d'épreuve
de l'art. 16c al. 2 let. c LCR commençait à courir uniquement à la fin de
l'exécution de la précédente mesure et non pas à la date de la décision de
retrait de permis. S'agissant d'une spécificité définie par la jurisprudence,
on ne saurait lui faire reproche de ne pas la connaître. Au contraire, il était
persuadé que le délai d'épreuve se calculait entre les dates des différentes
infractions, voire entre les dates des décisions de retrait de permis, ce qui
serait cohérent. Si tel avait été le cas, le délai d'épreuve de cinq ans aurait
effectivement été terminé et il n'aurait pas été notifié de retrait de permis
d'une durée de quatorze mois mais plutôt de trois mois. Enfin, il n'était pas
assisté lors de la procédure pénale. 

c) En l'espèce, le recourant n'a pas fait opposition
à l'ordonnance pénale rendue le 16 décembre 2012 par le Ministère public, qui
est entrée en force. Ce jugement est entièrement fondé sur le rapport LCR
établi sur place par la police cantonale valaisanne, après que celle-ci ait
appréhendé le recourant qui avait été mesuré quelques minutes plus tôt à
l'appareil radar stationnaire à la vitesse brute de 194 km/h sur
l'autoroute A9. Ce rapport est accompagné du "procès-verbal d'audition
pour infraction(s) grave(s) à la LCR" qui comporte l'indication suivante:
"Je prends note que ce jour, le 30.10.2021, aux commandes du véhicule
VD ********, j'ai été enregistré(e) par l'appareil radar à la vitesse de
194 km/h sur un tronçon dont la limitation maximale est fixée à 120 km/h",
ainsi que la réponse "Non" à la question "Aviez-vous
une raison particulière de circuler à cette vitesse?", le tout ayant
été "lu, dicté, confirmé" par le recourant qui y a apposé sa
signature. Le permis de conduire lui a d'ailleurs été sur-le-champ retiré à
titre provisoire. 

Dès lors, et comme l'a retenu le Tribunal fédéral
dans son arrêt 1C_312/2015 précité que le recourant a lui-même cité dans son
acte de recours, il lui appartenait, conformément à la jurisprudence exposée
ci-dessus et s'il désapprouvait les faits établis par l'autorité pénale, de
faire valoir ses moyens dans le cadre de la procédure pénale, fût-elle
sommaire. C'est en effet dans ce cadre uniquement qu'il pouvait remettre en
cause les constatations de la police cantonale, notamment en requérant
l'administration de moyens de preuve tels que la production du certificat
d'étalonnage du radar et de la certification d'utilisation de l'appareil laser
des agents de police. Or, il n'a pas contesté la décision pénale, alors
qu'aucun élément ne lui permettait de retenir qu'il échapperait, au plan
administratif, à un retrait de permis de conduire et il n'est ainsi plus
possible de revenir sur les faits constatés dans le rapport de dénonciation
dans le cadre de la procédure administrative. 

Le recourant ne saurait être suivi lorsqu'il
soutient que ce n'est que s'il risquait un retrait de permis d'une durée d'au
moins douze mois qu'il était tenu de le faire. Premièrement, ce n'est pas ce
qui ressort de la jurisprudence précitée, au sens de laquelle il suffit de
savoir ou de devoir prévoir, en raison de la gravité des faits, qu'il y aurait
également une procédure de retrait de permis de conduire; la jurisprudence ne
définit ainsi pas une durée minimale de retrait de permis et les développements
du recourant relatives au début du délai d'épreuve ne sont donc pas pertinents
en l'espèce. Qu'il y ait un risque de retrait de trois ou de douze mois, il lui
incombait quoi qu'il en soit de contester l'état de fait déjà dans le cadre de
la décision pénale ou à tout le moins de se renseigner à ce sujet en cas de
doute. En outre, le recourant avait signé le "procès-verbal d'audition
pour infraction(s) grave(s) à la LCR" juste après son excès de vitesse,
document dont le titre devait déjà l'interpeler, de même que la vitesse contrôlée
indiquée dans ce document - soit 194 km/h - qu'il n'avait du reste contestée ni
à ce moment ni plus tard avant que la décision du Ministère public ne soit
rendue. 

Enfin, comme l'a relevé le Tribunal fédéral dans un autre
arrêt (TF 1C_403/2020 du 20 juillet 2020 consid. 3), le recourant ne saurait
invoquer le fait qu'il n'est ni avocat ni homme de loi - ou en l'espèce qu'il
n'était alors pas assisté - pour faire échec à l'application de la
jurisprudence précitée. 

On ne saurait ainsi reprocher à l'autorité intimée
de s'être considérée comme étant liée par l'état de fait à la base de l'ordonnance
pénale retenant un dépassement de la vitesse autorisée de 67 km/h, marge de
sécurité déduite. Son refus d'instruire ne viole pas le droit d'être entendu du
recourant. 

Pour le même motif, il n'y a pas lieu de donner
suite à la requête du recourant tendant à la production du certificat
d'étalonnage du radar ayant servi au contrôle de vitesse le 30 octobre 2021
ainsi qu'à celle de la certification d'utilisation de l'appareil laser des
agents de police ayant signé le rapport de contrôle. 

2.                     
Le recourant fait valoir une mauvaise application de l'art. 16c al. 2
let. c LCR. 

a) Dans le domaine des excès de vitesse, la
jurisprudence a été amenée à fixer des règles précises afin d'assurer l'égalité
de traitement (ATF 143 IV 508 consid. 1.3; TF 6B_444/2016 du 3 avril 2017
consid. 1.1). Ainsi, le cas est objectivement grave au sens de l'art. 90 al. 2
LCR, sans égard aux circonstances concrètes, en cas de dépassement de la
vitesse autorisée de 25 km/h ou plus à l'intérieur des localités, de
30 km/h ou plus hors des localités et sur les semi-autoroutes dont les
chaussées, dans les deux directions, ne sont pas séparées et de 35 km/h ou plus
sur les autoroutes (ATF 143 IV 508 consid. 1.3; 132 II 234 consid. 3.1;
124 II 259 consid. 2b ss; ATF 123 II 106 consid. 2c et les références
citées).

L'art. 16c al. 1 LCR régit quant à lui le
retrait de permis (procédure administrative) en cas d'infraction grave, soit
notamment lorsqu'une personne "viol[e] gravement les règles de
la circulation [et] met sérieusement en danger la sécurité d'autrui ou
en prend le risque" (let. a). Les notions de violation grave au sens
pénal (art. 90 al. 2 LCR) et administratif (art. 16c al. 1 let. a LCR)
sont identiques (ATF 141 II 220 consid. 3.3.3 et 132 II 234 consid. 3.1 et
3.2), de sorte que cette dernière disposition implique également l'existence
d'une mise en danger objective (élément objectif) et d'une faute grave (élément
subjectif), ce qui inclut la négligence grossière (cf. A. Bussy/B.
Rusconi et al., Code suisse de la circulation routière commenté, 4ème
éd., Bâle 2015, n. 1 ad art. 16c al. 1 let. a LCR, et les
références citées).

b) En l'espèce, le recourant a circulé sur une
autoroute à une vitesse de 187 km/h, marge de sécurité déduite, alors que
la vitesse maximale autorisée était à cet endroit de 120 km/h, commettant ainsi
un excès de vitesse de 67 km/h, soit largement plus que le dépassement de 35
km/h qualifiant un excès de vitesse sur une autoroute d'infraction grave au
sens de l'art. 16c LCR. 

Or, après une infraction grave, le permis de
conduire est retiré pour six mois au minimum si, au cours des cinq années
précédentes, le permis a été retiré une fois en raison d'une infraction
moyennement grave (art. 16c al. 2 let. b LCR) et pour douze mois au minimum si,
au cours des cinq années précédentes, le permis a été retiré une fois en raison
d'une infraction grave ou à deux reprises en raison d'infractions moyennement
graves (art. 16c al. 2 let. c LCR). Le permis du recourant a été retiré
par décision du 1er juin 2016 pour une durée de trois mois pour
ébriété (cas grave). Il se pose donc la question de savoir quand commence à
courir le délai de cinq ans mentionné ci-dessus. 

Selon la jurisprudence, dans ce cadre, le délai de récidive est compté à partir du jour où le conducteur est
remis au bénéfice du droit de conduire à l'issue de l'exécution de la mesure de
retrait (arrêts CR.2013.0076 du 8 mai 2014 consid. 2a; CR.2013.0050 du 29 août
2013 consid. 2a in fine; CR.2013.0028 du 15 avril 2013; CR.2012.0069
du 13 mars 2013 consid. 2b et les références; TF 6A.39/2002 du 20
juin 2002 consid. 2.4).

Le recourant fait valoir que l'autorité intimée n'a
pas apporté la preuve de la date effective de l'exécution de la mesure, malgré
un courrier de sa part du 18 mai 2022 requérant la production complète de son
dossier auprès de cette autorité suite à l'infraction du 13 mai 2016. Il expose
ainsi que la date de la précédente décision de retrait de permis est le 1er
juin 2016 avec la possibilité d'exécuter la mesure entre le 28 novembre 2016
jusqu'au (et y compris) le 21 février 2017, et qu'il est ainsi possible que le
délai de cinq ans ait été acquis au moment des faits objets du présent recours;
à tout le moins, ce délai était quasi écoulé, ce qui démontrerait la bonne foi
du recourant qui pouvait légitimement croire à la fin dudit délai. 

Or, il ressort du fichier SIAC que le
retrait prononcé le 1er juin 2016 a été exécuté du 28 novembre 2016
au 21 février 2017 après un retrait sur-le-champ du 13 au 18 mai 2016, ce qui
fait un total de trois mois. En application de la jurisprudence constante
précitée, le délai de cinq ans est compté à partir du 22 février 2017, jour
auquel le recourant a été remis au bénéfice du droit de conduire après
l'exécution de la mesure de retrait de son permis. Commise le 30 octobre 2021,
l'infraction dont il est ici question est donc intervenue durant le délai
d'épreuve de cinq ans, quoi qu'en dise le recourant. 

Il en découle qu'en application de l'art. 16c al. 2
let. c LCR, la durée de retrait de permis de conduire doit être d'au minimum
douze mois. Les circonstances doivent être prises en considération pour fixer
la durée du retrait du permis de conduire, notamment l’atteinte à la sécurité
routière, la gravité de la faute, les antécédents en tant que conducteur, ainsi
que la nécessité professionnelle de conduire un véhicule automobile. La durée
minimale du retrait ne peut toutefois être réduite (art. 16 al. 3 LCR).

c) La décision entreprise prononce un retrait d'une
durée de quatorze mois. L'autorité intimée s'est ainsi écartée de la durée
minimale précitée, ce qu'elle a justifié par l'importance de l'excès de
vitesse. Compte tenu de cet élément ainsi que des précédentes infractions
commises par le recourant, qui ont notamment conduit à deux reprises à un
retrait pour ébriété, son appréciation n'est pas critiquable (cf. art. 16 al. 3
LCR précité). 

Cela étant, la décision comporte encore la précision
que le recourant a la possibilité de suivre, à ses frais, un cours d'éducation
routière et que, sur présentation de l'attestation de suivi de ce cours, le
droit de conduire lui serait restitué deux mois avant l'échéance initialement
prévue, en application de l'art. 17 LCR. Selon cette disposition, le permis
de conduire retiré pour une durée déterminée peut être restitué au plus tôt
trois mois avant l’expiration de la durée prescrite du retrait si la personne
concernée a suivi un des cours d’éducation routière reconnus par l’autorité. La
durée minimale du retrait ne peut être réduite (al. 1). Ainsi, le recourant
pourra par une mesure volontaire réduire la durée de retrait à douze mois, ce
qui correspond au minimum légal. 

La sanction n'apparaît dès lors pas
disproportionnée.

3.                     
Les considérants qui précèdent conduisent au rejet du recours et à la
confirmation de la décision attaquée. L'autorité intimée fixera un nouveau
délai au recourant pour le dépôt de son permis de conduire. Le recourant, qui
succombe, supportera les frais de justice (cf. art. 49 al. 1 de la loi sur la
procédure administrative du 28 octobre 2008 [LPA-VD ; RSV 173.36]). Il n'a pas
droit à des dépens (art. 55 al. 1 a contrario LPA-VD).

 

Par ces motifs

 la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

I.                      
Le recours est rejeté. 

II.                     
La décision rendue le 30 août 2022 par le Service des automobiles et de
la navigation est confirmée. 

III.                   
Un émolument de justice de 800 (huit cents) francs est mis à la charge
de A.________.

IV.                   
Il n'est pas alloué de dépens. 

Lausanne, le 9 janvier 2023

 

La présidente:                                                                                          La greffière:

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de
l'avis d'envoi ci-joint, ainsi qu’à l’OFROU.

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa
notification, d'un recours au Tribunal fédéral (Tribunal fédéral suisse, 1000
Lausanne 14). Le recours en matière de droit public s'exerce aux conditions des
articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110),
le recours constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss LTF. Le
mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle, indiquer les
conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. Les motifs
doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit. Les pièces
invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire, pour autant
qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la décision
attaquée.