# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 4650cfc3-6e5b-546b-b868-9450c7d02e74
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2025-11-06
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 06.11.2025 FI.2025.0139
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_FI-2025-0139_2025-11-06.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 6 novembre 2025 

  
	
  Composition

  	
  M. Guillaume Vianin, président; Mme
  Mihaela Amoos Piguet et M. Alex
  Dépraz, juges; M. Patrick Gigante, greffier. 

  

 

	
  Recourant

  	
   

  	
  A.________, à ********, représenté
  par B.________, à ********,

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Administration cantonale des impôts,
  à Lausanne,   

  

   

	
  Autorité concernée

  	
   

  	
  Administration fédérale des
  contributions, Division principale DAT, à Berne.   

  

   

 

	
  Objet

  	
       Impôt cantonal et
  communal (sauf soustraction)' Impôt fédéral direct (sauf soustraction)      

  
	
   

  	
  Recours A.________ c/ décision sur réclamation de
  l'Administration cantonale des impôts du 29 août 2025 (ICC; IFD - périodes
  fiscales de 2014 à 2022)

  

 

Vu les faits suivants:

A.                    
A.________ a formé une réclamation contre les décisions de taxation
rendues par l’Office d’impôt des districts de ********, s’agissant du revenu
arrêté par cet office durant les périodes 2014 à 2022, tant en matière d’impôt
cantonal et communal (ICC) qu’en matière d’impôt fédéral direct (IFD). Le 29
août 2025, il a été statué sur cette réclamation par une décision dont le dispositif
est le suivant:

"Par ces motifs,

l'Administration cantonale des
impôts

décide

 

- de rejeter la réclamation du 20
avril 2016 relative à la période fiscale 2014;

 

- de réformer la décision de taxation
du 22 mars 2016 relative à l'ICC sur le revenu et la fortune et à l'IFD sur le
revenu de la période fiscale 2014. en fixant les éléments imposables comme
suit:

Revenu ICC : Fr.
340'900 au taux de Fr. 348'300 (quotient familial 1.0)

Fortune ICC: Fr.
270'000 au taux de Fr. 413'000

Revenu IFD: Fr.
348'600 au taux de Fr. 356'100 (barème contribuable vivant seul)

 

- d'admettre partiellement les
réclamations du 13 septembre 2016, du 14 octobre 2021, du 20 avril 2022 et du
31 janvier 2024 relatives aux périodes fiscales 2015 2018, 2019 et 2022, tant
en ce qui concerne l'ICC que l'IFD;

 

- de réformer la décision de taxation
du 14 septembre 2016 relative à l'ICC sur le revenu et la fortune et à l'IFD
sur le revenu de la période fiscale 2015, en fixant les éléments imposables
comme suit:

Revenu ICC: Fr.
262'800 au taux de Fr. 281’700 (quotient familial 1.0)

Fortune ICC: Fr.
401'000 au taux de Fr. 612'000

Revenu IFD: Fr.
270'500 au taux de Fr. 289'500 (barème contribuable vivant seul)

 

- de réformer la décision de taxation
du 24 septembre 2021 relative à l'ICC sur le revenu et la fortune et à l'IFD
sur le revenu de la période fiscale 2018, en fixant les éléments imposables
comme suit:

Revenu ICC: Fr.
238'300 au taux de Fr. 263'800 (quotient familial 1.0)

Fortune ICC: Fr.
411'000 au taux de Fr. 855'000

Revenu IFD : Fr.
242'400 au taux de Fr. 267'900 (barème contribuable vivant seul)

 

de réformer la décision de taxation du 4 avril 2022
relative à l'ICC sur le revenu et la fortune et à l'IFD sur le revenu de la
période fiscale 2019, en fixant les éléments imposables comme suit:

Revenu ICC: Fr.
235'400 au taux de Fr. 242'400 (quotient familial 1.0)

Fortune ICC: Fr.
389'000 au taux de Fr. 531'000

Revenu IFD: Fr.
240'900 au taux de Fr. 245’700 (barème contribuable vivant seul)

 

- de réformer la décision de taxation
d'office du 2 février 2024 relative à l'ICC sur le revenu et la fortune et à
l'IFD sur le revenu de la période fiscale 2022, en fixant les éléments
imposables comme suit:

Revenu ICC: Fr.
224'600 au taux de Fr. 238'600 (quotient familial 1.0)

Fortune ICC: Fr.
642'000 au taux de Fr. 719'000

Revenu IFD: Fr.
230'200 au taux de Fr. 243'600 (barème contribuable vivant seul)

 

- de confirmer le prononcé d'amende du
2 février 2024 relatif à la période fiscale 2022;

 

- d'admettre partiellement les
réclamations du 14 octobre 2021 et du 2 mai 2022 relatives aux périodes
fiscales 2016, 2017 et 2020 en ce qui concerne l'IFD et de rejeter les réclamations
précitées en ce qui concerne l'ICC;

 

- de réformer la décision de taxation
du 23 septembre 2021 relative à l'ICC sur le revenu et la fortune et à l'IFD
sur le revenu de la période fiscale 2016, en fixant les éléments imposables
comme suit:

Revenu ICC: Fr.
242’400 au taux de Fr. 242’200 (quotient familial 1.0)

Fortune ICC: Fr.
337'000 au taux de Fr. 721'000

Revenu IFD: Fr.
252’700 au taux de Fr. 252'500 (barème contribuable vivant seul)

 

- de réformer la décision de taxation
du 23 septembre 2021 relative à l'ICC sur le revenu et la fortune et à l'IFD
sur le revenu de la période fiscale 2017, en fixant les éléments imposables
comme suit:

Revenu ICC: Fr.
253'400 au taux de Fr. 280'500 (quotient familial 1.0)

Fortune ICC: Fr.
363'000 au taux de Fr. 766'000

Revenu IFD: Fr.
259'200 au taux de Fr. 286'300 (barème contribuable vivant seul)

 

- de réformer la décision de taxation
du 4 avril 2022 relative à l'ICC sur le revenu et la fortune et à l'IFD sur le
revenu de la période fiscale 2020, en fixant les éléments imposables comme
suit:

Revenu ICC: Fr.
243'800 au taux de Fr. 267'800 (quotient familial 1 0)

Fortune ICC: Fr.
598'000 au taux de Fr. 846'000

Revenu IFD: Fr.
249'200 au taux de Fr. 271 000 (barème contribuable vivant seul)

 

- de déclarer irrecevable la
réclamation du 31 juillet 2024 relative à la période fiscale 2021."

B.                    
Par acte du 2 octobre 2025 de son mandataire, A.________ a saisi la Cour
de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP) d’un recours
contre cette dernière décision, dont il demande l’annulation.

Par avis du 9 octobre 2025, un délai au 29 octobre
2025 a été imparti à A.________ par le juge instructeur pour effectuer un dépôt
de 6’000 fr. destiné à garantir le paiement de tout ou partie de l'émolument et
des frais qui pourront être prélevés en cas de rejet du recours, avec
l'avertissement qu'à défaut de paiement dans le délai fixé, le recours
serait déclaré irrecevable, conformément à l’art. 47 al. 3 de la loi cantonale
du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; BLV 173.36). Cette
ordonnance faisait en outre mention de l’art. 47 al. 4 LPA-VD, aux termes
duquel le délai pour le versement de l'avance de frais est observé si, avant
son échéance, la somme due est versée à la Poste Suisse ou débitée en Suisse
d'un compte postal ou bancaire en faveur de l'autorité. L'attention du
recourant a en outre été attirée sur le fait qu'un ordre de paiement envoyé par
courrier postal ou par voie électronique le dernier jour du délai ne permet en
général pas de faire débiter le compte avant l'échéance du délai.

C.                    
Le paiement de l’avance de frais requise a été enregistré le 31 octobre
2025.

Par courriel du 30 octobre 2025 adressé au greffe de
la CDAP, A.________ a expliqué avoir procédé au paiement "(…) avec un
léger retard de deux jours, dû au courrier qui est passé par l’intermédiaire de
ma fiduciaire et donc qui m’est parvenu avec un délai réduit".
Il prie la Cour de tenir compte de ce qui précède et "de maintenir la
procédure ouverte".

Considérant en droit:

1.                     
a) En procédure de recours administratif et de recours de droit
administratif, le recourant est en principe tenu de fournir une avance de frais
(art. 47 al. 2 LPA-VD). L'autorité impartit un délai à la partie pour fournir
l'avance de frais et l'avertit qu'en cas de défaut de paiement dans le délai,
elle n'entrera pas en matière sur la requête ou le recours (art. 47 al. 3
LPA-VD). Le délai pour le versement de l'avance de frais est observé si, avant
son échéance, la somme due est versée à la Poste Suisse ou débitée en Suisse
d'un compte postal ou bancaire en faveur de l'autorité (art. 47 al. 4 LPA-VD). 

Le simple fait de donner un ordre de paiement à sa
banque ou la poste ne constitue pas encore la preuve que le compte est
effectivement débité à cette date (v. arrêts FI.2024.0064 du 5 juin 2024; GE.2023.0058
du 2 mai 2023; PE.2029.0442 du 4 avril 2020; CR.2015.0013 du 18 mars 2015;
GE.2009.0221 du 27 janvier 2010). 

Les délais impartis par l'autorité peuvent être
prolongés pour des motifs suffisants, si la partie en fait la demande avant
l'expiration (art. 21 al. 2 LPA-VD).

La sanction du non-respect d'un délai de procédure
n'est pas constitutive de formalisme excessif, une stricte application des
règles relatives aux délais étant justifiée par des motifs d'égalité de
traitement et par un intérêt public lié à une bonne administration de la
justice et à la sécurité du droit (ATF 149 IV 97 consid. 2.1 p. 100; arrêts TF 4A_207/2019
du 17 août 2020 consid. 4.3, non publié in ATF 146 III 413; 6B_1187/2016 du 6
juillet 2017 consid. 1.4; 6B_51/2015 du 28 octobre 2015 consid. 2.1).

b) En l’occurrence, le recourant a été requis, par
ordonnance du 9 octobre 2025, d’effectuer une avance de frais de 6’000 fr.,
montant fixé en conformité avec l’art. 4 al. 1 du tarif du 28 avril 2015 des
frais judiciaires et des dépens en matière administrative (TFJDA; BLV
173.36.5.1), dans un délai échéant le 29 octobre 2025. Son attention a
expressément été attirée sur les conséquences de l'inobservation de ce délai.
Or, l'avance de frais requise n'a pas été effectuée dans le délai fixé par le
juge instructeur, puisqu’elle est intervenue deux jours après, soit le 31
octobre 2025.

A moins que les conditions de la restitution de ce
délai ne soient réalisées, ce qui sera examiné ci-après, le recours devra être
déclaré irrecevable.

2.                     
a) Selon l’art. 22 LPA-VD, le délai peut être restitué lorsque la partie
établit qu’elle a été empêchée d’agir dans le délai fixé, sans faute de sa part
(al. 1); la demande motivée de restitution doit être présentée dans les dix
jours à compter de celui où l’empêchement a cessé; dans ce même délai, le
requérant doit accomplir l’acte omis; sur requête, un délai supplémentaire lui
est accordé pour compléter cet acte, si des motifs suffisants le justifient
(al. 2). 

La restitution d'un délai pour empêchement non
fautif est exceptionnelle; il s'agit toutefois d'un principe général du droit
(Pierre Moor/Etienne Poltier, Droit administratif, volume II, Les actes
administratifs et leur contrôle, Berne 2011, n° 2.2.6.7). Elle suppose que le
recourant n'a pas respecté le délai imparti en raison d'un empêchement
imprévisible dont la survenance ne lui est pas imputable à faute (arrêt
EF.2015.0002 du 23 juin 2015). Par empêchement non fautif, il faut entendre non
seulement l'impossibilité objective, comme la force majeure, mais aussi
l'impossibilité subjective due à des circonstances personnelles ou à une erreur
excusables (arrêts TF 2C_734/2012 du 25 mars 2013 consid. 3.3; 2C_319/2009 du
26 janvier 2010 consid. 4.1, non publié sur ce point in ATF 136 II 241;
8C_50/2007 du 4 septembre 2007 consid. 5.1). Dans une situation de ce genre où
il s'agit, pour une partie empêchée d'agir dans le délai échu, d'en obtenir la
restitution, celle-ci doit établir l'absence de toute faute de sa part; est non
fautive toute circonstance qui aurait empêché un plaideur consciencieux d'agir
dans le délai fixé (v. Jean-François Poudret/Suzette Sandoz-Monod, Commentaire
de la loi fédérale d'organisation judiciaire, Vol. I, Berne
1990, ad art. 35 OJ, n° 2.3, p. 240; Kathrin Amstutz/Peter Arnold, in:
Basler Kommentar, Niggli/Uebersax/Wiprächtiger/Kneubühler [édit.], 3e
éd., Bâle 2018, n°5s. ad art. 50 LTF; Kaspar Plüss, in: Kommentar zum
Verwaltungsrechtspflegegesetz des Kantons Zürich, 3e éd., Alain Griffel
[éd.], Zurich 2015, n°45s. ad art. 12; Fritz Gygi;
Bundesverwaltungsrechtspflege, Berne 1983, p. 62; références citées). La
maladie ou l'accident peuvent, à titre d'exemples, être considérés comme un
empêchement non fautif d’agir en temps utile et, par conséquent, permettre une
restitution d'un délai, s'ils mettent la partie recourante objectivement ou
subjectivement dans l'impossibilité d'agir par soi-même ou de charger une
tierce personne d'agir en son nom dans le délai (cf. ATF 119 II 86 consid. 2 p.
87; arrêt 9C_209/2012 du 26 juin 2012 consid. 3.1). 

Une négligence du mandataire, imputable à la partie
elle-même, ne constitue en revanche ni un cas d’impossibilité objective, ni
d’impossibilité subjective due à des circonstances personnelles excusables (v.
sur ce point, ATF 149 IV 196 consid. 1.1 p. 198; 143 I 284 consid. 1.3 p. 287; arrêts
TF  9C_746/2023 du 10 mars 2025 consid. 3; 2F_4/2020 du 14 avril 2020 consid.
3; 2C_911/2010 du 7 avril 2011 consid. 3; 1D_7/2009 du 16 novembre 2009,
consid. 4; 9C_137/2008 du 22 juin 2009 et 2A.728/2006 du 18 avril 2007 consid.
3.2; CDAP arrêts FI.2024.0054 du 15 mai 2024; GE.2023.0058 du 2 mai 2023;
FI.2021.0052 du 18 octobre 2021; CR.2015.0013 du 18 mars 2015; PE.2014.0049 du
3 mars 2014; PE.2013.0247 du 14 août 2013). 

b) En l’espèce, l’avis du 9 octobre 2025 a été
notifié au mandataire du recourant, qui avait déposé le recours au nom de ce
dernier. Or, on ignore si le fait que l’avance de frais ait été effectuée
tardivement résulte d'une négligence de la part de ce mandataire, qui de toute
façon serait imputable au recourant. En effet, ce dernier a d’abord indiqué,
dans son mail du 30 octobre 2025, que la transmission de l’avis précité par son
mandataire avait eu pour conséquence pour lui de réduire le délai imparti, avant
d’expliquer, lors d’un appel téléphonique au greffe de la CDAP le 31 octobre
2025, que la demande d’avance de frais lui avait bien été transmise par son
mandataire, mais qu’il n’avait pas relevé son courrier tout de suite. Quoi
qu’il en soit, dans l’un comme dans l’autre cas, il appartenait au recourant,
qui se savait partie à une procédure judiciaire, de s’organiser afin que le
paiement de l’avance de frais requise soit effectué en temps utile, sinon de
requérir une prolongation du délai à cet effet en temps utile.

La négligence du recourant ne constitue ni un cas
d’impossibilité objective, ni d’impossibilité subjective due à des
circonstances personnelles excusables. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu
en l’occurrence de restituer le délai échu.

c) En conséquence, le Tribunal ne peut légalement
pas entrer en matière sur le recours (cf. art. 47 al. 3 LPA-VD); en effet, il
ne dispose d'aucun pouvoir d'appréciation, mais doit se limiter à examiner si
les conditions légales et jurisprudentielles de la restitution de délai sont
réunies, ce qui n'est pas le cas en l'espèce.

3.                     
Les frais de justice seront laissés à la charge de l'Etat (art. 49 al.
1, 50, 91 et 99  LPA VD) et l’avance effectuée par le recourant lui sera
restituée. Au surplus, l’allocation de dépens n’entre pas en ligne de compte
(art. 55 al. 1, 91 et 99 LPA-VD).  

 

 

Par ces motifs

 la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

 

I.                      
La demande de restitution de délai est rejetée.

II.                     
Le recours est irrecevable.

III.                   
Le présent arrêt est rendu sans frais, ni dépens.

 

Lausanne, le
6 novembre 2025

 

Le président:                                                                                            Le
greffier:           

                                                                                                                  

Le présent arrêt est communiqué aux participants à la
procédure.

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa notification,
d'un recours au Tribunal fédéral (Tribunal fédéral suisse, Schweizerhofquai 6,
6004 Lucerne). Le recours en matière de droit public s'exerce aux conditions
des articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS
173.110), le recours constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss
LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,
indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.
Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.
Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,
pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la
décision attaquée.