# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f8684a8e-449f-5aac-8859-d0e2ffdf9ebf
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-05-07
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 07.05.2008 C/8628/2006
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-8628-2006_2008-05-07.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE  Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/8628/2006 - 4 
 

POUVOIR  JUDICIAIRE * COUR D’APPEL* 
                    
 (CAPH/80/2008) 
 

 

T___ 
Dom. élu : Me Marc-Alexandre 
PREVOST-IBI 
Rue Verdaine 12  
1204 Genève 
 
 
 
 
Partie appelante 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

D’une part 

E___ 
Dom. élu : Me Christian SCHILLY 
Rue du Rhône 65 
Case postale 3199 
1211 Genève 3 
 

 
 
 
Partie intimée 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
D’autre part

 
 
 
 
 

 
 

ARRET 
 

du 7 mai 2008 
 

 
  M. Daniel DEVAUD, président 
 
 
  MM. Raymond BOURRECOUD  et Franco MAURI, juges employeurs 
 
  Mme Christine PFUND et M. David MUNGALL, juges salariés 
 
 
  M. Pierre-Alain STÄHLI, greffier d’audience 
 
 
 

 Juridiction des prud’hommes 
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 * COUR D’APPEL* 

 

 
 

EN FAIT 
 
 

A. Par acte déposé au greffe de la Juridiction des Prud’hommes le 6 février 2007, 
T___ appelle d’un jugement rendu suite à la délibération du 4 janvier 2007 par le 
Tribunal des Prud’hommes la déboutant de toutes ses conclusions.  

 
 
B. Sur la base du dossier et des pièces produites, la Cour d’appel retient les faits 

pertinents suivants : 
 

a) E___ est une société anonyme exerçant des activités dans le domaine de la 

finance, et dont le siège est à Zürich. 

 

 b) T___ a été liée à « A___ », dont le siège se trouve aux Îles Caïmans, par un 

« contrat de consultant » (« consultancy agreement ») dès le 1er mai 2005, en 

qualité de consultante indépendante. 

 

 Dès le 1er octobre 2005, T___ a été engagée par E___ en qualité de chef de projet. 

Le contrat de travail prévoyait que l’employée serait affectée à (« seconded to ») 
la société sœur B___ à Londres et que, opérant à Genève, elle en référerait 
directement à C___ (art. 1 et 2). En contrepartie, les parties ont convenu du 

versement, en douze mensualités, d’un salaire annuel de fr. 190'000.– et d’un 
bonus discrétionnaire conditionnée aux résultats de l’employée et à sa 
contribution à B___ (art. 3). 

 

S'agissant du bonus, l'art. 3 deuxième paragraphe était rédigé comme suit : 

 

"[En compensation de ses services, l'Employeur versera à l'employée :] 

 … 
 Un bonus dépendant des performances et de la contribution de 

l'Employée à CFP. Ce bonus sera déterminé à l'entière discrétion de 

la direction de CFP et ne sera garanti qu'à la seule discrétion de la 

Direction, étant entendu que le paiement d'un éventuel bonus ne 

donnera aucun droit à une créance correspondante dans le futur".  

 

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Le contrat prévoyait en outre qu’« afin de permettre à l’Employée d’accomplir 
son activité, l’Employeur lui paiera toutes les dépense[s] commerciales 
raisonnables qu’elle aura encourues contre remise de quittances. (…). Toutes les 
dépenses doivent faire l’objet d’un rapport et être réclamées dans les trente jours 
du mois dans lequel elles ont été encourues » (art. 10). 

 

A l’article 11, les parties ont convenu d’un délai de résiliation du contrat de trois 
mois pour la fin d’un mois. 

 

 c) Par lettre du 11 novembre 2005, remise en mains propres à T___ qui l’a 
contresignée, E___ a résilié le contrat de travail pour le 28 février 2006, libérant 

l’employée de son obligation de travailler pendant le délai de congé. 
 

 d) Le 12 novembre 2005, T___ a été hospitalisée. Elle s’est ensuite trouvée en 
incapacité de travail jusqu’au 28 février 2006. 

 

 e) Par demande du 3 avril 2006, T___ a assigné E___ en délivrance de divers 

documents, ainsi qu’en paiement de fr. 147'517.47, plus intérêts moratoires au 
taux de 5% l’an dès le 1er avril 2006, à titre d’indemnité pour licenciement abusif 
et remboursement de frais divers. 

 

S’agissant du caractère abusif de son licenciement, T___ se référait notamment à 
une lettre, adressée à sa demande par le Centre Hospitalier Universitaire Vaudois 

(CHUV) à son conseil, qui indiquait que l’état anxio-dépressif dont elle souffrait 
semblait s’être développé avant son admission au CHUV, avec pour élément 
déclencheur un licenciement inattendu. L’interruption de son activité 
professionnelle semblait en effet l’avoir déstabilisée sur le plan psychologique de 
façon importante. 

 

Par la suite, T___ a reformulé ses prétentions comme suit : 

 

 fr. 47'499.50  à titre de salaire afférent au délai de congé ; 
 fr.  95'000.– à titre d’indemnité pour licenciement abusif ; 

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 fr.  9'373.16 à titre de remboursement de frais encourus suite au 
licenciement (frais de véhicule et d’hospitalisation 
principalement), et d’intérêts moratoires ; 

 fr.  2'152.–  à titre de remboursement de ses frais d’avocat. 
 

Elle a en outre déclaré vouloir amplifier sa demande d’un montant indéterminé au 
titre de versement d’un « bonus », invoquant l’égalité de traitement avec une 
employée de B___ à Londres dont le contrat de travail en prévoyait un bonus de 

GBP 80'000.–. En outre, elle se réservait le droit d’intenter action pour 
harcèlement psychologique. 

 

 T___ a précisé que son licenciement était abusif parce qu’il avait été prononcé en 
l’absence de toute faute professionnelle de sa part, et qu’il était motivé par le fait 
qu’elle avait signalé les risques que comportaient à ses yeux le projet dont elle 
était responsable, ce qui avait déplu à son supérieur hiérarchique.  

 

Selon elle, il était de sa responsabilité en sa qualité de chef de projet, de signaler 

de tels risques. 

 

 T___ a encore signalé que son contrat de travail prévoyait qu’elle devait être 
détachée auprès de la société sœur à Londres B___. 

 

 f) En réponse, E___ a contesté l’intégralité de la demande de T___.  Elle a conclu 
à l’irrecevabilité au moins partielle de la demande, au motif que les écritures de 
T___ ne respectaient pas les exigences légales de forme et, au fond, au rejet de 

toutes ses conclusions.  

 

E___ a fait notamment valoir qu’il était devenu impossible de travailler avec 
T___. Selon elle, peu après son engagement pour le 1er octobre 2005, l'attitude de 

T___ avait profondément changé (dans un sens négatif). Le licenciement avait 

notamment été prononcé en raison de ses « atermoiements incessants », et du fait 

qu’elle rencontrait d’importantes difficultés de communication avec son supérieur 
hiérarchique et avec ses collègues de travail.  

 

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Plus précisément, E___ a expliqué que T___ avait été licenciée parce que C___, 

son supérieur hiérarchique, avait des problèmes avec elle et ne souhaitait plus 

poursuivre cette collaboration. L’employée avait médit au sujet de certains de ses 
collègues, et traité C___ d’« incapable », ce qui avait été rapporté à l’intéressé, 
parce qu’il n’avait pas tenu compte de risques de crédit qui, en réalité, n’existaient 
pas. 

 

S’agissant des prétentions de T___ en remboursement des montants versés par 
l’assurance perte de gain pendant la durée de son incapacité de travail, E___ 
faisait valoir qu’elles étaient infondées puisque T___ avait perçu son salaire 
pendant toute cette période. Il était prévu contractuellement qu'en cas de maladie 

l’employée  percevait, pendant une certaine durée, soit son salaire, soit une 
indemnité de l’assurance perte de gain, mais pas les deux. 

 

S’agissant des prétentions en remboursement de frais divers, elles concernaient 
des montants qui n’avaient pas été justifiés et qui ne faisaient manifestement pas 
partie de frais que l’employeur était tenu de prendre en charge aux termes de l’ar-
ticle 10 du contrat de travail, dans la mesure où ces frais n’étaient aucunement liés 
à l’activité professionnelle. 

 

E___ a encore expliqué qu’elle avait accepté d’engager T___ (qui était 
précédemment liée à A___ par un contrat de consultant indépendant) par un 

contrat de travail en raison notamment du fait de son état de santé – T___ 
souffrant d’une maladie chronique des intestins - de manière à ce que le risque 
accru d’absence pour cause de maladie soit couvert. C’était, selon elle, à la 
demande de C___ que T___ était devenue salariée de l’entreprise, parce que 
jusqu’alors son travail comme consultante indépendante avait donné satisfaction. 
 

E___  a en outre précisé que chez E___, personne ne bénéficie d’un contrat de 
travail garantissant le versement d’un « bonus », contrairement à la société de 
Londres, où il est courant d’en garantir un. 
 

g) Par écriture spontanée du 5 octobre 2006 intitulée "D___", le conseil de T___ a 

répliqué aux explications fournies par E___.  

 

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Etait aussi joint à cette écriture un chargé de onze nouvelles pièces parmi 

lesquelles : 

 un échange d'e-mails du 4 août 2005 entre T___ et F___ ; cet échange se 
réfère à une communication téléphonique triangulaire entre T___, C___ et 

F___ du même jour au cours de laquelle C___ aurait tenu des propos, 

évoqués mais non cités expressément, sur le savoir de T___, propos qui ont 

suscité des inquiétudes chez T___ ; 

 un échange d'e-mails du 26 août 2005 entre T___ et C___; 
 un échange d'e-mails du 10 septembre 2005 entre T___ et C___, dans 

lesquels T___ exprime à nouveau des inquiétudes sur sa place dans le projet 

auquel elle participe à la suite de discussions dont elle croit avoir été tenue à 

l’écart ; C___ l’a rassurée à ce sujet ; 
 un échange d'e-mails du 26 octobre 2005 entre T___ et C___ qui concerne 

l’organisation du travail. 
 

 

C. a) L’appelante conclut à l’annulation du jugement du Tribunal des Prud’hommes 
et à ce que E___ soit condamnée à lui verser :  

 

 fr. 95’000.- à titre d’indemnité fondée pour licenciement abusif au sens de 
l’art. 336 lit. a et d CO; 

 fr. 195’000.- à titre de bonus. 
 

 Préalablement, l’appelante sollicite la réouverture des enquêtes sur la totalité de 
ses allégués d’appel. Selon elle, une contestation fondée sur un licenciement 
abusif ne peut être tranchée sans enquête préalable. Toujours selon elle, il 

appartenait aux premiers juges d’ordonner d’office l’administration des preuves 
nécessaires. Elle conclut à l’audition de témoins, selon liste, et à la mise en œuvre 
d’une expertise médicale visant à établir les faits qu’elle allègue. 

 

 b) L’appelante soutient d’abord que le contrat conclut le 1er mai 2005 avec A___ 
n’était pas un contrat de consultant. Elle soutient avoir été liée par un contrat de 
travail à E___ dès le 1er mai 2005. Sur ce point, elle conclut à ce que E___ soit 

condamnée à verser aux assureurs sociaux suisses concernés l’ensemble des 
cotisations sociales dues pour la période du 1er mai au 30 septembre 2005.  

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 c) L’appelante soutient également que son licenciement du 11 novembre 2005 est 
abusif au sens de l’art. 336 lit. a à d CO. Selon elle, son licenciement constitue 
une mesure de représailles parce qu’elle a eu le courage de signaler aux cadres 
supérieurs de l’entreprise qui l’employaient les risques importants occasionnés par 
le projet dont elle avait la responsabilité. Elle explique qu’elle était de bonne foi et 
que l’intimée n’était pas fondée à la sanctionner même s’il devait s’avérer 
ultérieurement que son appréciation des risques se révélait finalement erronée.  

 

L’appelante conteste en outre avoir changé d’attitude au cours des dernières 
semaines de travail. Elle conteste également avoir eu des difficultés de  

communication avec son supérieur hiérarchique et avec ses collègues. Elle 

soutient au contraire que c’est son supérieur hiérarchique qui - en l’écartant 
progressivement du projet qu’elle dirigeait, en contestant publiquement ses 
compétences, en cessant tout dialogue avec elle, en lui interdisant tout contact 

avec les auditeurs du groupe et en la confinant à des tâches subalternes – a 
gravement porté atteinte à sa santé psychique. 

 

 Elle considère encore sur ce point que les agissements hostiles et répétés de son 

chef constituent un acte de mobbing. Elle se réserve d’agir ultérieurement de ce 
chef, une fois connue de façon définitive l’étendue de l’atteinte à sa santé. 

  

 d) L’appelante réclame aussi un bonus. Elle explique qu’il est courant dans le 
secteur bancaire que les employés reçoivent des primes annuelles liées aux bons 

résultats de l’entreprise ou d’un projet particulier en son sein, primes qui sont 
indépendantes de la performance individuelle de chaque collaborateur concerné.  

 

 Elle en déduit que le pouvoir discrétionnaire prévu par l’art. 3 de son contrat est 
limité par les art. 28 et 328 CO qui ne permettent de faire des distinctions entre les 

membres du même groupe de travail qu’à la condition de ne pas sous-évaluer l’un 
d’eux de façon blessante et disproportionnée. Selon elle, le refus de lui octroyer 
une gratification ne s’explique que par le comportement de son employeur qui a 
conduit à son licenciement abusif. 

 

 L’appelante soutient en outre à ce sujet qu’elle a travaillé sur un projet qui 

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concernait B___ à Londres, société au sein de laquelle travaillait également une 

de ses collègues, F___, qui a reçu un important bonus. Elle explique par ailleurs 

que le contrat stipulait que le bonus serait décidé par B___. 

 

 e) L’appelante évoque finalement le décès de sa maman durant l’été 2005 suite à 
une longue et pénible maladie. Selon elle, cet événement l’a fortement marquée 
sans porter atteinte à sa capacité de travail. 

 

 

D. a) A la forme, l’intimée conclut d’abord à l’irrecevabilité des conclusions de 
l’appelante tendant à  

 

 la constatation que les rapports de travail entre les parties auraient débuté le 1er 
mai et non le 1er octobre ; 

 à ce qu’elle soit condamnée à verser des cotisations sociales pour cette période  
aux assurances sociales concernées ; 

 au versement d’un bonus.; 
 

faute d’avoir été soumises aux premiers juges. 
 

S’agissant de la conclusion concernant le début des relations de travail, l’intimée 
indique que l’appelante n’a pris aucune conclusion sur ce point devant les 
premiers juges même si, de manière indirecte, elle a évoqué cette question devant 

eux.  Il en va de même de la question des cotisations aux assurances sociales.  

 

Toujours à ce sujet, l’intimée relève en outre que lors de l’audience du 11 octobre 
2006, l’appelante a indiqué que seul le premier point de ses conclusions 
concernant l'indemnité de fr. 95'000.- pour licenciement abusif restait litigieux, les 

autres points ayant été réglés.  

 

En ce qui concerne le bonus, l’intimée relève que cette question a été évoquée lors 
de la même audience sans qu’aucun montant précis ne soit articulé, l’intimée 
expliquant ce qui suit : « Je demande malgré tout un bonus en vertu de l’égalité 
avec ma collègue Mme F___, même si mon contrat était différent. La quotité de ce 

bonus dépendra des enquêtes, si tant est qu’un bonus a été versé à tous les 

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collaborateurs ».   

  

 b) Au fond, l’intimée conclut au déboutement de l’appelante de toutes ses 
conclusions et à la confirmation du jugement.  

 

 c) S’agissant du début des relations contractuelles, l’intimée explique que le 
contrat de consultant débutant le 1er mai 2005 lie l’appelante à A___ et non à 
l’intimée. L’art. 15 du contrat dudit contrat soumet celui-ci au droit et à la 
juridiction exclusive des Iles Caymans.  

 

 L’intimée indique encore que l’art. 8 de ce contrat prévoit que: 

 

 T___ certifie et garantit qu’elle est un cocontractant indépendant ; 
 rien dans le contrat de consultant ne pourra être interprété comme créant un 

contrat de travail, un contrat d’agence ou un contrat de partenariat ; 
 T___ supportera seule toutes les charges sociales et les impôts sur les 

paiements qu’elle reçoit ; 
 T___ n’avait droit à aucune rémunération en cas d’empêchement de rendre le 

service convenu ; 

 

Enfin, l’intimée relève que le contrat prévoyait des honoraires et ne mentionnait 
aucun horaire de travail. Il ne prévoit pas non plus de vacances. 

 

d) En ce qui concerne les conclusions de l’appelante au versement d’un bonus de 
fr. 195'000.- correspondant au bonus de GBP 80'000 reçu par une employée 

travaillant pour une autre société du groupe à Londres (B___), l’intimée explique 
que la situation professionnelle de cette collègue travaillant pour l’autre société du 
groupe était très différente dans la mesure où cette dernière était liée par un 

contrat de travail soumis au droit anglais lui garantissant le versement d’un bonus 
alors que l’appelante était, quant à elle, liée à un contrat soumis au droit suisse 
prévoyant que le versement du bonus était discrétionnaire et dépendait de ses 

performances et de sa contribution au projet. 

 

Le fait que le contrat de travail liant l’appelante à l’intimée prévoyait que 
l’éventuel bonus était soumis à l’appréciation de B___ n’avait pas pour 

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conséquence, selon l'intimée, que cet éventuel bonus serait subordonné aux 

mêmes conditions contractuelles que celles retenues dans le contrat liant sa 

collègue à cette dernière entité du groupe. 

 

L’intimée indique encore que si une égalité de traitement devait être envisagée, 
elle serait entre les collaborateurs travaillant à son service et non avec ceux 

travaillant pour d’autres entités du groupe. L’intimée relève encore que 
l’appelante n’a travaillé que six semaines à son service.  
 

L’intimée s’oppose à la réouverture d’enquêtes sur la question  des bonus, la 
situation d’autres collaborateurs du groupe n’étant à son sens pas comparable à 
celle de l’appelante. 
 

e) S’agissant des prétentions de l’appelante fondées sur les dispositions protégeant 
le travailleur contre le licenciement abusif et contre les atteintes à sa personnalité, 

l’intimée explique qu’elle a engagé l’appelante sur recommandation de C___ qui 
avait été satisfait des services rendus dans le cadre de son contrat de consultant et 

« pour lui faire une fleur », compte tenu de son état de santé fragile lié à une 

maladie chronique. 

 

 

E. Par ordonnance préparatoire du 4 juin 2007, la Cour a ordonné à l’appelante de 
produire en deux exemplaires le rapport médical établi par le docteur G___ cité 

dans un courrier de la H___ du 14 septembre 2006 au conseil  de l'appelante. 

Selon ce courrier, le docteur G___ considère que l'appelante est apte à reprendre 

son activité professionnelle à 100% dès la date de l'examen médical, cet expert de 

l'assurance considérant, sur la base d'un examen médical du 15 août 2006, que la 

pathologie mentale de l'appelante ne nécessitait pas d'incapacité de travail et que 

sa maladie de Crohn n'aurait jamais justifié d'arrêt de travail. 

 

 Par courrier du 5 juillet 2007, le conseil vaudois assurant la défense de l'appelante 

a cessé d'occuper. 

 

 Par courrier du 8 juillet 2006, l'appelante a répondu à la Cour qu'elle n'était pas en 

mesure de lui transmettre le rapport du docteur G___. Etait joint à ce courrier 

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communiqué à la Cour un rapport du docteur I___, du 24 mars 2006, adressé à la 

H___, duquel il ressort que l'appelante souffre, à la date du rapport, d'un état 

dépressif de sévérité moyenne en relation avec des difficultés professionnelles, 

des difficultés familiales (décès récent de sa mère) et de la maladie de Crohn. 

Selon ce praticien, l'état dépressif est donc très intriqué avec la maladie somatique 

et il n'est pas possible de séparer ces deux affections. Selon lui, l'incapacité de 

travail à 100% est essentiellement le fait de l'état dépressif. 

 

 Par courrier du 8 août 2007, un conseil genevois a été nommé d'office par 

l'assistance juridique pour assister l'appelante. 

 

 

F. La Cour a procédé à l’audition des parties en date du 13 septembre 2008. 
 

 a) T___ a expliqué qu’elle n’était pas en mesure de remettre à la Cour l’expertise 
du Docteur G___. Selon elle, son conseil actuel a sollicité ce document de son 

ancien conseil. Il l’a également directement demandé à la H___ qui le cite dans 
son courrier du 14 septembre 2006, en vain. 

 

 Elle a aussi expliqué qu’elle sollicitait l’audition de : 
 

 J___, psychologue qui l’a suivie depuis novembre 2005 pour qu’elle confirme 
la teneur de ses rapports, soit les pièces 11 et 12 de son chargé d’appel ; 

 C___ pour établir les rapports objectifs et subjectifs qu’il entretenait avec 
elle ; 

 K___, pour clarifier les rapports professionnels entretenus avec C___ et sur la 
question des bonus ; 

 L___ pour clarifier ses propres fonctions et compétences et si son recrutement 
avait été humanitaire, d’une part, et pour clarifier l’attribution des bonus au 
sein de l’équipe du projet auquel elle a collaboré ; 

 M___ pour qu’il confirme qu’elle a attiré son attention sur les risques courus 
par le projet dont elle avait la responsabilité ; 

 F___, directrice des relations commerciales dans le projet concerné, pour 
qu’elle décrive le comportement de C___ et l’attribution du projet ; 

 N___, pour qu’il confirme sa dénonciation du comportement de C___ ; 

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 O___, chef de projet senior chez E___, pour qu’il confirme les critiques qu’il 
a formulées sur le projet de C___ ; 

 

Selon l’appelante, toutes les personnes qu’elle a citées comme témoins en appel 
pourront témoigner des difficultés qu’elle a rencontrées avec C___. 
 

Finalement, l’appelante a indiqué qu’au cas où sa demande de réouverture des 
enquêtes était rejetée par la Cour, elle n’avait rien à ajouter à ce qu’avait dit son 
conseil dans son écriture du 5 février 2007. 

 

 b) L’intimée a persisté à s’opposer à la réouverture des enquêtes et a indiqué 
qu’elle n’avait rien à ajouter à sa réponse du 11 mai 2007. 

 

G. Par courrier du 9 octobre 2007, le conseil de l’appelante a demandé la suspension 
de l’instruction de la cause civile comme dépendant du pénal. Il explique que sa 
mandante a déposé plainte pénale du chef de lésions corporelles graves à 

l’encontre de L___, C___ et de l’intimée. Dans cette plainte, il est reproché aux 
personnes précitées d’être responsables d’une atteinte grave à sa santé psychique 
et mentale à l’origine de son actuelle invalidité. 

 

En réponse, et par courrier du 11 octobre 2007, l’intimée s’est opposée à cette 
suspension. Elle explique que T___ a déjà précédemment déposé une plainte 

pénale à raison des mêmes faits contre elle-même et C___, plainte pénale qui a été 

définitivement classée par ordonnance du 19 mai 2006. 

 

Par courrier du 30 octobre 2007, le conseil de l'appelante a communiqué à la Cour 

copie d'un certificat médical daté du 23 octobre 2007 établi par J___ et A 

indiquant que T___ devait être autorisée à ne pas participer aux audiences de la 

Cour la concernant le 13 novembre 2007. Etait également jointe à ce courrier, 

copie de la plainte pénale du 5 octobre 2007. Cette plainte fait référence à une 

liste de pièces produites au Procureur général, qui ne sont pas jointes au courrier 

du 30 octobre. 

 

 

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H. La Cour a, en date du 13 novembre 2007, procédé à l'audition de quatre des 

témoins cités par l'appelante, les autres témoins s’étant excusés ou ne s’étant pas 
présentés : 

 
 J___, psychologue au CHUV, a expliqué qu’elle avait rencontré T___ pour la 

première fois à la demande des médecins internistes du CHUV qui la 
traitaient pour des problèmes urgent et grave de dénutrition.  

 
Sur la base des entretiens avec sa patiente, J___ a identifié trois causes à son 
état psychologique : 
 
 une maladie du système digestif (maladie de Crohn), 
 le décès récent de sa maman, 
 un problème professionnel, 

 
étant précisé concernant le problème professionnel qu’elle ne disposait que 
des seules informations données par sa patiente.  
 

Selon J___, T___ mettait ce problème professionnel au premier plan des 
problèmes qu’elle rencontrait.  
 
J___ considère qu’il ne lui appartenait pas, comme thérapeute, d’apprécier la 
véracité ou la crédibilité des éléments avancés par sa patiente pour justifier son 
état. 
 
T___ a mis un terme à son traitement psychiatrique après qu’elle a appris qu’elle 
n’obtiendrait pas d’indemnité dans le cadre du litige prud’homal en janvier 2007. 
Au moment où T___ a mis un terme à son traitement, celui-ci consistait en un 
traitement par antidépresseurs accompagné d’une visite périodique d’au moins 
une fois toutes les six semaines et, suivant son état, hebdomadaire. Selon ce que 
J___ a appris, T___ a cessé tout traitement médicamenteux et elle refuse tout 
traitement psychiatrique où elle réside actuellement. 
 
J___ a vu T___ environ quatre fois en 2007, la dernière fois étant une quinzaine 
de jours avant son audition comme témoin. Elle l’a trouvée dans un état 
hétéroagressif dirigé contre son ancien employeur et contre ses précédents 
avocats. Elle avait alors une grande colère et un grand sentiment d’injustice. Lors 
de cette dernière rencontre, elle ne lui a prescrit aucun traitement par 
antidépresseurs car ceux-ci nécessitent un suivi compte tenu de sa maladie de 
Crohn.  
  
J___ a aussi indiqué avoir été consultée par l’Office cantonal de l’assurance 
invalidité du canton de Vaud. Elle confirme son appréciation d’une incapacité de 
travail de T___ de 40% en raison de son état psychique, étant précisé que cette 
appréciation repose sur la période pendant laquelle T___ était en traitement. Elle 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/8628/2006 - 4 

14 
 * COUR D’APPEL* 

 

n’est pas en mesure d’évaluer aujourd’hui l’avenir professionnel de T___. Elle 
n’exclut pas qu’après un traitement adéquat de sa maladie de Crohn et de son état 
dépressif, T___ puisse reprendre une activité à temps partiel. 
 
J___ a encore indiqué que, lors de son premier entretien avec T___, cette dernière 
n’avait pas évoqué de mobbing de la part de C___. Lors de cette première 
entrevue, T___ avait des symptômes psychotiques qui altéraient sa perception de 
la réalité. Elle a  finalement expliqué que la décision de l’assurance de la  fin 
prochaine des indemnités avait plongé T___ dans un profond désarroi qui peut 
être mis en relation avec ses tendances suicidaires passives. 
 
 C___ a expliqué qu’il est employé de P___ depuis mars 2007. Précédemment, 
il était lié Q___ par un contrat de consultant. Il avait alors été chargé de l’étude de 
faisabilité de la création de la société B___ dont le siège à l’époque n’avait pas 
encore été définitivement arrêté. Aujourd’hui, cette société a son siège à Londres. 
 
C’est dans le cadre de son activité de consultant pour Q___ qu’il a fait engager 
T___ comme consultante pour cette dernière société. Elle lui avait été présentée 
par une relation commune, R___, qui les a mis en rapport. Selon C___, il était 
clair pour T___ qu’elle était engagée comme consultante de Q___. 
 
Avant la conclusion de son contrat de consultant, T___ lui avait fait part de sa 
maladie de Crohn, en précisant que cette maladie ne lui occasionnait aucun 
handicap professionnel. Elle lui avait aussi indiqué avoir travaillé au Crédit Suisse 
à Gibraltar. 
 
Pendant le déroulement de son mandat de consultante, T___ a montré des 
moments de fatigue, notamment lors de déplacements. Il n’a cependant rencontré 
aucune difficulté de collaboration avec elle pendant cette période. 
 
Par la suite, C___ a proposé l’engagement de T___ à l’intimée non seulement en 
raison de ses qualifications professionnelles et ses prestations comme consultante 
mais aussi parce que celle-ci le lui avait demandé pour bénéficier d’une protection 
maladie. Il n’a pas proposé cet engagement pour des raisons humanitaires. 
 
Interrogé par le conseil de l'appelante sur un e-mail du 6 juillet 2005 de C___ à 
F___ (e-mail qui n'a pas été produit précédemment à la procédure et qui figure en 
annexe à la plainte du 5 octobre 2007), e-mail dans lequel C___ approuve un 
message précédent de F___ indiquant "I Thought it was Charlies Angels team", 
C___ indique que les relations au sein de l’équipe étaient informelles, détendues 
et agréables. Sa référence aux « Charlies Angels » s’explique par le fait qu’il 
s’agit d’un feuilleton américain très connu qui s’articule autour d’une équipe de 
détectives privés composée de trois filles qui ont des relations détendues et 
agréables. 
 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/8628/2006 - 4 

15 
 * COUR D’APPEL* 

 

S’agissant des l’e-mails du 10 juillet dans lequel C___ écrit à T___ "made a 
mistake good girl…" et 5 août 2005 dans lequel C___ écrit à T___  "tu manges du 
lion aujourd'hui … très efficace" (e-mail qui n'ont pas été produit précédemment à 
la procédure et qui figurent en annexe à la plainte du 5 octobre 2007 ), e-mails 
également produits en cours d'audience par le conseil de l'appelante, C___ 
explique qu’ils démontrent les bonnes relations dans l’équipe. Selon lui, il s’agit 
d’un compliment. 

 
C___ conteste non seulement être l’auteur, mais aussi d’avoir envoyé, l’e-mail du 
26 juillet 2005. Cet e-mail, qui n'a pas été produit à la procédure avant l'audience 
du 13 novembre 2007 (mais figure en annexe à la plainte du 5 octobre 2007), est 
un article intitulé "Pénis à vélo, l'épreuve d'endurance" est un article d'une 
dénommée S___ que C___ aurait envoyé par e-mail à T___. A la différence des 
autres e-mails soumis par le conseil de l'appelante en cours d'audience, l'e-mail du 
26 juillet 2005 a une mention en bas de page indiquant 30/08/2007. 
 
S’agissant de l’e-mail du 10 septembre 2005, C___ explique que l’équipe 
travaillant sur le projet traversait une phase difficile et ne savait pas si celui-ci 
allait se concrétiser. Cette situation a créé une incertitude chez T___ qui craignait 
alors d’être écartée du projet. Le contenu du message du 10 mai 2005 visait à la 
rassurer. 
 
En ce qui concerne l’e-mail du 27 octobre 2005, C___ indique qu’il est dans la 
continuité de ton des messages échangés jusqu’alors. Les termes « la merde 
frappe » sont à mettre en relation avec des difficultés rencontrées à l’époque pour 
lesquelles T___ n’avait aucune responsabilité. 
 
Dans son e-mail du 4 novembre 2005, e-mail produit en cours d'audience par le 
conseil de l'appelante (e-mail qui n'a pas été produit précédemment à la procédure 
et qui figure en annexe à la plainte du 5 octobre 2007), C___ voulait exprimer la 
crainte qu’en restant à Cork (Angleterre) T___ s’ennuie, étant précisé que celle-ci 
s’était rendue dans cette ville peu avant lui pour passer quelques jours avec son 
ami qui est aussi un collaborateur de E___ et qui avait été retenu. 
 
C___ a expliqué à la Cour n’avoir jamais entretenu d’autres relations que des 
relations professionnelles avec T___. Selon lui, T___ travaillait pour l’essentiel à 
Genève mais se déplaçait régulièrement. Pour sa part, il travaillait sporadiquement 
à Genève, mais aussi à Londres et à Monaco. Dans en premier temps, T___ 
l’assistait directement. Par la suite, elle a travaillé directement sous la 
responsabilité de l’intimée et lui faisait rapport sur l’avancement de son travail. A 
partir du mois de septembre, T___ lui a demandé s’il était possible qu’elle se fasse 
engager par l’intimée pour bénéficier de la couverture sociale pour la Suisse et 
l’Angleterre. C___ a alors proposé à  E___ d’engager T___, ce qu’elle a accepté à 
partir du 1er octobre 2005. 
 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/8628/2006 - 4 

16 
 * COUR D’APPEL* 

 

T___ n’a pas été intégrée dans l’équipe de F___ et K___. En revanche ces 
personnes se sont rencontrées dans le cadre de leurs activités pour les différentes 
entités du groupe. T___ travaillait au projet B___ en août 2005.  
 
C___ a  confirmé avoir appris en août 2005 que T___ s’était plainte en août 2005 
d’un risque professionnel lié à B___. Il n’a pas alors exactement compris en quoi 
consistait ce risque sinon  qu’il concernait un programme de calcul de risques sur 
excel. Il a également confirmé avoir compris lors de discussions avec des tiers que 
T___ considérait les processus de contrôle bancaire, qui étaient envisagés de 
mettre en place, comme insuffisants. A sa connaissance, T___ n’est pas entrée en 
relation avec les auditeurs internes du groupe. 
 
C___ a encore expliqué qu’il n’avait eu aucun échange direct avec T___ au sujet 
des plaintes qu’elle avait formulées sur les risques courus dans le cadre du projet. 
Ce sont des tiers qui lui ont indiqué la nature de ces plaintes. A ce sujet, il 
explique qu’il a appris que T___ avait, lors de son déplacement à Cork le 3 
novembre 2005, pris des contacts avec différentes personnes de la banque pour se 
plaindre et critiquer le projet, en particulier pour se plaindre d’atteintes à des 
droits de propriété intellectuelle. C’est à la suite de ces informations qu’il s’est 
mis en relation avec P___ pour leur faire part de la situation. C’est dans ce 
contexte que la décision a été prise de se séparer de T___. Il n’a, à aucun moment, 
dit à T___ qu’elle ne savait rien en relation avec des griefs qu’elle aurait formulés 
auprès de tiers. 
 
C___ a confirmé que F___ lui avait fait part des inquiétudes de T___ au sujet de 
son travail en août ou septembre 2005. En revanche, il n’a pris connaissance de 
l’échange de messages entre T___ et F___ du 4 août 2005 que dans le cadre de la 
présente procédure judiciaire. 
 
D’autre part, C___ a expliqué qu’il avait de bonnes relations avec T___ en août 
2005, sinon il n’aurait pas proposé à E___  de l’engager. Il n’avait aucune 
incompatibilité d’humeur avec celle-ci. La lecture aujourd’hui de l’échange d’e-
mail entre T___ et F___ lui confirme l’insécurité dans laquelle T___ se trouvait à 
l’époque et qui est apparue ultérieurement dans l’échange de mails du 10 
septembre 2005. 
 
Selon C___, ses relations avec T___ se sont dégradées lorsqu’il a appris, début 
novembre 2005, les démarches que celle-ci avait entreprises lors de son 
déplacement à Cork. Avant cette période, il n’avait pas perçu de difficultés dans le 
comportement de T___ ni dans ses relations avec l’équipe de E___. Dès ce 
moment, il a perçu un problème insurmontable. 
 
C___ a encore expliqué qu’en août 2005,  F___ avait repris une partie des tâches 
confiées précédemment à T___. Ce partage des tâches a été guidé par les 
compétences respectives des deux collaboratrices,  dans le souci de décharger 
T___ qui était surchargée, et à un moment de développement du projet sur lequel 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/8628/2006 - 4 

17 
 * COUR D’APPEL* 

 

ils travaillaient. Le projet avait commencé avec quatre collaborateurs. Il en 
compte aujourd’hui dix-sept. 
 
F___ travaillait à Londres pour P___ avant la création B___. Précédemment, elle 
avait collaboré avec C___ lorsqu’elle travaillait pour la S___. C’est C___ qui l’a 
faite venir travailler pour le groupe E___ en août 2005 au projet B___ comme 
consultante au service de Q___. 
 
S’agissant de K___, elle travaillait pour P___ avant d’être engagée, sur 
recommandation de collègues du groupe E___, en octobre 2005, pour travailler 
sur le projet B___ au service de l’intimée. Elle avait une activité comparable à 
celle de T___. 
 
C___ a indiqué n’avoir reçu aucun bonus dans le cadre du projet B___ pour lequel 
il travaillait en qualité de consultant. A sa connaissance d’autres collaborateurs 
travaillant sur ce projet pour E___ Londres ont reçu, à sa demande, des bonus en 
relation avec ce projet. Il ignore si K___ a reçu un bonus en relation avec le projet 
B___, il n’en a pas proposé pour elle. S’agissant de la rémunération de F___, qui 
travaillait pour E___ Londres, C___ avait le souci que celle-ci corresponde à son 
G___ de compétence et aux conditions qui prévalent sur le marché londonien. Il a 
proposé que soit accordé à F___ un bonus en relation avec les prestations fournies 
par celle-ci. A sa connaissance, E___ Londres a suivi sa recommandation. Il n’a 
pas proposé d’autre bonus pour les autres collaborateurs travaillant à cette époque 
sur le projet. 
 
C___ a encore indiqué connaître les conditions du contrat de travail conclu entre 
T___ et E___. 
 

 K___ a été employée de l’intimée d’octobre à janvier 2006. Elle a quitté cette 
entreprise de son plein gré d’une part en raison du travail qui lui était confié mais 
aussi parce qu’il était difficile de travailler avec T___. Précédemment, elle a 
travaillé pour P___ de septembre 2003 à septembre 2005. Elle a travaillé avec 
T___ durant six semaines. Elle travaillait sous la supervision de C___.  

 
K___ considérait que T___ était une gentille fille mal dans sa peau. Elle a aussi 
expliqué qu’elle s’était rendue compte après environ trois semaines du mal-être de 
T___. Après cette période, elle a compris que T___ n’était pas satisfaite de son 
travail, qu’elle avait des problèmes de santé majeurs et qu’elle était très affectée 
par la disparition de sa mère. Elle travaillait pratiquement seule à Genève avec 
T___, C___ étant régulièrement en déplacement. T___ et elle faisaient le même 
travail, mais T___ avait l’autorité de l’ancienneté. 
 
T___ avait le sentiment d’être mise de côté depuis l’engagement de F___ par 
C___. 
 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/8628/2006 - 4 

18 
 * COUR D’APPEL* 

 

Avant son arrivée à Genève en octobre 2005, K___ n’avait entendu que du bien 
de T___ de ses collègues. 
 
Nathalie K___ a expliqué avoir indiqué à C___ que T___ n’était pas satisfaite de 
son travail. Elle ne se rappelle plus à quel moment a eu lieu cet échange. Peu 
après, C___ et T___ ont eu une discussion à ce sujet. Selon K___, C___ et T___ 
ont paru satisfaits de leur discussion. Elle a compris qu’ils avaient tous deux 
clarifié les points qu’ils voulaient clarifier. 
 
K___ ignore ce que C___ savait de l’état psychique de T___. 
 
K___ ignore les raisons du licenciement de T___. Cette dernière l’a contactée à 
trois reprises par téléphone depuis lors. Lors de ces téléphones, T___ a exprimé 
des idées suicidaires, elle a également évoqué – parmi d’autres problèmes - des 
difficultés avec C___. 
 
K___ n’a reçu aucun bonus de l’intimée. 
 
K___ a décrit C___ comme un chef agréable, plutôt sympathique. Il n’a jamais 
adopté avec elle une familiarité inopportune. 
 

 L___, entendu à titre de renseignement, a confirmé que C___ avait proposé 
l’engagement de T___ pour les motifs que ce dernier a décrit à la Cour lors de son 
audition. Il n’a pas directement travaillé avec T___. Selon L___, C___ a toujours 
eu un comportement correct avec T___. Ni C___, ni T___, ni K___ ne sont plaints 
à lui du comportement de l’un ou de l’autre avant l’incident qui a conduit au 
licenciement de T___.  
 
En revanche, pendant la période où T___ a travaillé dans les locaux de l’intimée, 
celle-ci s’est plainte du projet. 
 
L___ ne parvient pas à situer dans le temps à quel moment il a eu connaissance de 
la critique de T___ concernant la prétendue utilisation, dans le programme du 
projet, d’un programme développé par une autre banque.    

 
Finalement, L___ a indiqué à la Cour que tout ce qu’il sait aujourd’hui de l’état de 
santé de T___, il l’a appris par la procédure prud'homale S’il ressent de la 
compassion pour T___, il considère que l’intimée n’est en rien responsable des 
problèmes psychiques rencontrés par l’appelante. A l’issue de l’audience du 13 
septembre 2007, il a voulu prendre directement des nouvelles de T___ mais 
aucune discussion n’était alors possible, T___ l’accusant d’être un meurtrier qui 
l’avait mis à la porte de l’entreprise et qui avait détruit sa vie. 

 
 

A l'issue de l'audience d'enquête du 13 novembre 2007, le conseil de l'appelante a 
indiqué à la Cour qu'il n'avait pas d'autres actes d'instruction à solliciter. 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/8628/2006 - 4 

19 
 * COUR D’APPEL* 

 

 
La cause a été gardée à juger. 

  

 

F. Pour le surplus, l'argumentation des parties sera examinée dans la partie "en droit" 

ci-dessous, dans la mesure utile à la solution du litige. 
  
 
 
 

EN DROIT 
 
 

1. 1.1 Interjeté dans la forme et le délai prévus par la loi (art. 59 de la loi sur la 

Juridiction des prud’hommes ; ci-après LJP), l’appel est recevable. 
 

1.2 Les parties ont été liées par un contrat de travail au sens des articles 319 et 

suivants du Code des Obligations (ci-après CO). La Juridiction des prud’hommes 
est par conséquent compétente à raison de la matière pour connaître du présent 

litige (art. 1 al. 1 LJP). Elle l’est également à raison du lieu, dès lors que tant le 
siège de l'appelante que le lieu habituel de travail de l'intimé se trouvent dans le 

canton de Genève (art. 24 et 34 al. 1 de la loi fédérale sur les fors en matière 

civile). 

 

1.3 Le jugement ayant été rendu en premier ressort, la Cour d'appel dispose d'une 

cognition complète. 
 

2. L’appelante conclut en premier lieu à la suspension de l’instruction de la cause 
civile comme dépendant du pénal. 

 

 2.1 Selon la jurisprudence, l'art. 107 LPC, applicable à titre supplétif à la 

procédure prud’homale (art. 11 LJP), laisse au juge civil un large pouvoir 
d'appréciation pour vérifier si la cause pénale invoquée à l'appui de la requête de 

suspension civile est de nature à influer celle-ci de manière décisive (cf. 

BERTOSSA/GAILLARD/GUYET/SCHMIDT, Commentaire de  la loi de  

procédure civile genevoise,  n° 2  ad art. 107 LPC). Toutefois, la suspension de 

l'instruction de l'action civile est impérative lorsqu'elle réunit toutes les conditions 

posées par la loi et la jurisprudence, à savoir : 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/8628/2006 - 4 

20 
 * COUR D’APPEL* 

 

  

 L'action civile a pour objet de débattre du fond du droit. 
 Elle doit tendre à la réparation pécuniaire du dommage causé au deman-

deur par une infraction punissable pénalement. 

 Une inculpation doit avoir été prononcée. 
 La personne inculpée est la même qui figure en qualité de défenderesse. 
 Il existe un rapport de connexité entre l'acte illicite et le comportement ré-

primé par la disposition pénale. 

 L'action publique est conduite par les autorités judiciaires genevoises 
(GAILLARD, "Le pénal tient le civil en l'état" in SJ 1985 p. 145). 

 

Ces conditions sont cumulatives. 

 

         2.2 Le principe de célérité qui découle de l'art. 29 al. 1 Cst. pose cependant des 

limites à la suspension d'une procédure jusqu'à droit connu sur le sort d'une 

procédure parallèle (ATF 4P.143/2003 du 16 septembre 2003 in : SJ 2004, p. 

146 ; ATF 119 II 386 consid. 1b p. 389). La suspension ne doit être admise 

qu'exceptionnellement, en particulier lorsqu'il se justifie d'attendre la décision 

d'une autre autorité, ce qui permettrait de trancher une question décisive. De 

manière générale, la décision de suspension relève du pouvoir d'appréciation du 

juge saisi; ce dernier procédera à la pesée des intérêts des parties, l'exigence de 

célérité l'emportant dans les cas limites (ATF 119 II 386 consid. 1b p. 389). Il 

appartiendra au juge de mettre en balance, d'une part, la nécessité de statuer dans 

un délai raisonnable et, d'autre part, le risque de décisions contradictoires 

(BERTOSSA/GAILLARD/GUYET/SCHMIDT, op. cit., n° 2 ad art. 107 LPC). 

 

2.3 En l’occurrence, il n’y pas lieu d’ordonner la suspension de l’instruction de la 
procédure civile, une telle mesure allant à l’encontre du principe de célérité. La 
Cour relèvera par ailleurs qu’une plainte pénale du même chef dirigée contre 
F___, C___ et E___ a déjà été déposée par l’appelante précédemment et a été 
classée en date du 19 mai 2006. En outre, aucune inculpation n'a été prononcée 

dans la nouvelle procédure pénale. 

3. L’intimée conclut d’abord à l’irrecevabilité des conclusions III, IV et VI de la 
partie appelante relatives au début des relations de travail et au bonus au motif 

qu’il s’agit de conclusions nouvelles. 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/8628/2006 - 4 

21 
 * COUR D’APPEL* 

 

3.1 Selon l'art. 312 LPC (applicable par renvoi de l'art. 11 LJP), la Cour ne peut 

statuer sur aucun chef de demande qui n'a pas été soumis aux premiers juge, à 

moins qu'il ne s'agisse : a) de compensation pour cause postérieure au jugement de 

première instance; b) d'intérêts, loyers et autres accessoires échus depuis ce juge-

ment; c) de dommages et intérêts pour le préjudice subi après le jugement; d) de 

demande provisionnelle pendant la litispendance. Ainsi, une partie n'est pas rece-

vable à amplifier un poste de dommage, même si par abandon d'autres postes, ses 

prétentions restent inférieures à celles articulées en première instance (BERTOS-

SA/GAILLARD/GUYET/SCHMIDT, op. cit., n. 5 ad art. 312). Cet article pose le 

principe du double degré de juridiction qui veut que le litige soumis au juge 

d’appel soit identique à celui dont le premier juge avait été saisi.  

 En revanche, les parties ne sont pas liées par l’argumentation juridique et peuvent 
modifier devant la Cour d’appel le fondement juridique de leurs conclusions.  

3.2. En l'espèce, les conclusions visant à 

 faire constater que les rapports de travail entre l’appelante et l’intimée avaient 
débuté le 1er mai et non le 1er octobre 2005 ; 

 la condamnation de l’intimée, sous la menace de l’art. 292 CP, de s’acquitter 
les cotisations aux assurances sociales en sa faveur pour les mois de mai à 

septembre, 

n’ont jamais été soumises aux premiers juges. Il s’agit donc de conclusions 
nouvelles qui doivent être déclarées  irrecevables au sens de l’art. 312 LPC. 

Il n’en va pas de même de la conclusion relative au paiement d’un bonus de fr. 
195'000.-. Si dans sa demande initiale du 3 avril 2006, l’appelante n’a réclamé que 
fr. 147'517.47 plus intérêts au taux de 5% dès le 1er avril 2006 à titre d’indemnité 
pour licenciement abusif, elle a par la suite modifié et amplifié sa demande lors de 

l'audience du 11 octobre 2006 au titre du versement d’un bonus en invoquant 
l’égalité de traitement avec F___. Les premiers juges ont d’ailleurs examiné cette 
conclusion sous chiffre 7 de leur jugement. Cette conclusion de l’appelante (ch. 
IV) est en conséquence recevable. 

 

4. L'appelante réclame fr. 95'000.- à titre d’indemnité pour licenciement abusif. Elle 
invoque l’application de l’article 336 alinéa 1 lettres a et d CO.  

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/8628/2006 - 4 

22 
 * COUR D’APPEL* 

 

 4.1 Selon l'art. 336b, la partie qui entend demander l'indemnité fondée sur les 

articles 336 et 336a doit faire opposition au congé par écrit auprès de l'autre partie 

au plus tard jusqu'à la fin du délai de congé (al. 1), si l'opposition est valable et 

que les parties ne s'entendent pas pour maintenir le rapport de travail, la partie qui 

a reçu le congé peut faire valoir sa prétention à une indemnité. Elle doit agir par 

voie d'action en justice dans les 180 jours à compter de la fin du contrat, sous 

peine de péremption (al. 2). 

 

 4.2 En l'espèce, les conditions de forme exigées par l'art. 336b CO ont été 

respectées par l'appelant, puisque ce dernier a contesté son congé - signifié le 10 

mars 2005 avec effet au 30 juin 2005 et qu'elle a déposé sa demande en justice 

dans le délai de 180 jours, soit le  3 juin 2005. 

 

4.3 Selon le principe énoncé à l’art. 335 al.1 CO, le contrat de travail conclu pour 
une durée indéterminée peut être résilié par chacune des parties. Ce droit 

fondamental de chaque cocontractant de mettre unilatéralement fin au contrat 

(ATF 127 III 88) est cependant limité par les dispositions sur le congé abusif (art. 

336 ss CO).  

 

L’art. 336 CO contient une énumération exemplaire, et non exhaustive, des 
situations de fait considérées comme des résiliations abusives. Le fardeau de la 

preuve du caractère abusif de la résiliation incombe à la partie dont le contrat a été 

résilié (art. 8 CC ; ATF 121 III 60, JT 1986 I 47, 49). 

 

A défaut de présomption légale quant au caractère abusif de la résiliation en cas 

de motivation manquante fausse ou incomplète, il faut s’en tenir, également dans 
des hypothèses de ce genre, au fardeau de l’allégation et de la preuve (ATF 121 
III 60, JT 1996 I 47).  

 

La partie qui supporte le fardeau de la preuve ne dispose d’un droit à 
l’administration de celle-ci que si elle porte sur des faits juridiquement pertinents 
(ATF 121 III 60, JT 1996 47 (50) et les références jurisprudentielles citées). 

 

La preuve du motif d’un congé prétendument abusif ayant pour objet des éléments 
subjectifs - à savoir, le réel motif de l’employeur - est difficile à rapporter, de 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/8628/2006 - 4 

23 
 * COUR D’APPEL* 

 

sorte que le juge peut présumer en fait, l’existence d’un congé abusif lorsque 
l’employé parvient à présenter des indices suffisants pour faire apparaître comme 
non réel le motif avancé par l’employeur (ATF du 30.06.1992, in SJ 1993 p.361). 
Si elle facilite la preuve, cette présomption de fait n’a cependant pour effet d’en 
renverser le fardeau (ATF 115 II 487 c. b in fine et  les références citées). Elle 

constitue, en définitive, une forme de « preuve par indices ». De son côté, 

l’employeur ne peut plus rester inactif et n’a d’autre issue que d’apporter les 
preuves à l’appui de ses propres allégations quant au motif du congé (ATF du 
30.06.1992 précité, in SJ 1993 p.360 et les références citées). Il convient de se 

montrer restrictif dans les critères permettant d’admettre la preuve par indices, la 
vraisemblance des faits permettant de retenir le caractère abusif du licenciement 

devant être très grande, voire confinée à la certitude (WYLER, Droit du travail, 

2002, p. 397). 

 

Lorsque plusieurs motifs de congé entrent en jeu et que l’un d’entre eux n’est pas 
digne de protection, il convient de déterminer si, sans ce motif illicite, le contrat 

aurait tout de même été résilié ; si tel est le cas, le congé n’est pas abusif (ATF du 
11.11.1993, in SJ 1995 p.798). 

 

 4.4 Les premiers juges ont considéré que l’appelante n’était pas parvenue à rendre 
vraisemblable, et encore moins à prouver, le caractère abusif du licencement.  

 

 La Cour retient de l’ensemble de la procédure que le licenciement de l’appelante 
est dû, comme l’a expliqué l’intimée, à la perte de confiance du consultant chargé 
de la direction du projet sur lequel travaillait l’appelante début novembre 2005, à 
la suite des démarches que l’appelante a entreprises lors de son voyage à Cork, 
soit de l’ordre de six semaines après le début du contrat de travail avec l’intimée.  

 

Les différents échanges d’e-mails produits à la procédure par l’appelante, y 
compris ceux présentés lors de l’audience du 13 novembre 2007, et l’audition des 
témoins cité par l’appelante n’ont pas permis de rendre vraisemblable les 
comportements de C___ allégués par celle-ci.  

 

Ainsi en premier lieu, aucun des échanges d'e-mails des 6 et 10 juillet et 5 août 

2005 ne contient d'éléments qui dénoteraient un comportement hostile ou 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/8628/2006 - 4 

24 
 * COUR D’APPEL* 

 

inadéquat d'une quelconque manière à l'égard de l'appelante. Ces échanges 

montrent au contraire une ambiance de travail détendue. 

 

S'agissant des échanges d'e-mails du 4 août 2005 entre l'appelante et F___, dont 

C___ n'a eu connaissance que dans le cadre de la présente procédure et qui 

concernent la période où l'appelante était liée à une autre société du groupe par un 

contrat de consultante, ils montrent le sentiment d'insécurité qu'avait l'appelante. 

Cet échange évoque de manière imprécise des propos qu’aurait tenu C___ sur le 
manque de connaissance de l’appelante en matière de Hedge Funds. Il ressort 
toutefois de cet échange que les inquiétudes que paraissent susciter chez 

l’appelante les propos tenus par C___ sont, selon F___, dépourvues de fondement. 
Par ailleurs, F___ se fait l’écho dans cet échange de propos élogieux que C___ lui 
tient au sujet de l'appelante. Pour F___, l’appelante joue un rôle primordial dans le 
développement du projet. 

 

L'échange d'e-mails du 10 septembre 2005 entre l'appelante et C___ témoigne 

également du sentiment d'insécurité de l'appelante. Toutefois, cet échange a 

également précédé l'engagement de cette dernière d'une vingtaine de jours par 

l'intimée sur recommandation de C___.  

 

Ainsi, l’engagement subséquent de l’appelante sur recommandation de C___ 
démontre que les sentiments d'insécurité exprimés par les e-mails des 4 août et 10 

septembre 2005 étaient totalement infondés. 

 

La Cour ne tiendra pas compte de l’e-mail du 26 juillet 2005 intitulé "Pénis à 
vélo, l'épreuve d'endurance", dont l’envoi est vivement contesté par C___. Les 
circonstances de sa production à la procédure, l’e-mail apparaissant pour la 
première fois en annexe d’une plainte pénale datée du 5 octobre 2007 - soit plus 
de dix-huit mois après le début du litige sans avoir été évoqué d’une quelconque 
manière dans la procédure précédente - et l'inscription de la date du 30 août 2007 

en bas de ce document enlèvent à ce document toute valeur probante.    

 

En ce qui concerne l'e-mail du 27 octobre 2005, C___ a expliqué que le ton 

s'inscrivait dans la continuité de ton des messages précédents et que les termes 

« la merde frappe » étaient à mettre en relation avec des difficultés rencontrées à 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/8628/2006 - 4 

25 
 * COUR D’APPEL* 

 

l’époque par le projet, difficultés pour lesquelles T___ n’avait aucune 
responsabilité. 

 

 S'agissant en fin de l'e-mail du 4 novembre 2005, C___ a expliqué à la Cour qu'il 

voulait exprimer la crainte qu’en restant à Cork (Angleterre) T___ s’ennuie. 
 

En outre, ni le témoignage de C___ ni celui de 'K___ n'a permis de rendre 

vraisemblable une hostilité ou un harcèlement de C___ à l'encontre de l'appelante. 

 

C___ a confirmé qu'il était satisfait des prestations de l'appelante dans le cadre du 

premier contrat de consultant ce qui l'avait conduit à recommander à l'intimée 

l'engagement de celle-ci dans un contrat de travail dès le 1er octobre 2005. Il a 

aussi expliqué que c'est seulement après avoir appris début novembre 2005 les 

démarches entreprises par l'appelante lors de son déplacement à Cork qu'il avait 

fait part à P___ de la situation et que la décision de licencier celle-ci avait été 

prise. 

   

K___, qui a commencé à travailler avec l'appelante début octobre 2005, a expliqué 

à la Cour qu'elle s'était rendu compte après trois semaines d'activité que 

l'appelante était mal dans sa peau en raison de ses problèmes de santé, du décès 

récent de sa mère et de son insatisfaction lié à son travail parce qu'elle avait le 

sentiment d'être mise de côté depuis l'engagement de F___. K___ a aussi indiqué 

ignorer si, à l'époque, C___ avait connaissance des problèmes psychiques de 

l'appelante. Elle a signalé à C___ que l'appelante n'était pas satisfaite de son 

travail. Par la suite, C___ et l'appelante ont eu une discussion à ce sujet hors sa 

présence. A l'issue de cette discussion, l'appelante avait paru satisfaite. Selon elle, 

ils avaient clarifié les points litigieux. 

 

Ainsi, il résulte des enquêtes diligentées par la Cour à la demande de l'appelante, 

qu'aucun élément n’est venu corroborer les allégations d'atteintes répétées aux 
droits de la personnalité ou un harcèlement de l'appelante par C___ ou encore une 

quelconque hostilité de ce dernier à son égard avant son déplacement à Cork, 

début novembre 2005, étant rappelé au surplus que c’est sur proposition de C___ 
que l'appelante a été engagée début octobre 2005. 

 

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 Cause n° C/8628/2006 - 4 

26 
 * COUR D’APPEL* 

 

L’appelante n’a davantage pas rendu vraisemblable que son licenciement aurait 
été décidé comme représailles aux risques qu’elle aurait identifiés et dénoncés 
dans le projet auquel elle collaborait.   

 

L’appelante sera donc déboutée de sa prétention en paiement d’une indemnité à 
titre de licenciement abusif. 

 

5. L'appelante soutient encore que les agissements hostiles et répétés de C___ 

constituent un acte de mobbing constitutif d'une violation de l'art. 328 CO. 

 

5.1 Aux termes de l’article 328 al. 1er CO, l’employeur protège et respecte, dans 
les rapports de travail, la personnalité du travailleur ; il manifeste les égards 

voulus pour sa santé et veille au maintien de la moralité. 
 

L’article 328 CO instaure une protection plus étendue que celle qu’assurent les 

articles 27 et 28 du Code civil. D’une part, cette disposition interdit à l’employeur 

de porter atteinte, par ses directives (art. 321d CO), aux droits de la personnalité 

du travailleur. D’autre part, elle impose à l’employeur la prise de mesures 

concrètes en vue de garantir la protection de la personnalité du travailleur 

(WYLER, op. cit., p. 220 ; AUBERT, Commentaire romand, 2003, § 2 ad art. 328 

CO), laquelle englobe notamment la vie et la santé du travailleur, son intégrité 

corporelle et intellectuelle, son honneur personnel et professionnel, sa position et 

la considération dont il jouit dans l’entreprise (ATF du 18 décembre 2001 en la 

cause 4C.253/2001 ; REHBINDER, Berner Kommentar, n. 4 ad art. 328 CO ; 

REHBINDER, Basler Kommentar, n. 3 ad art. 328 CO ; REHBINDER, 

Schweizerisches Arbeitsrecht, p. 83; SAILLEN, La protection de la personnalité 

du travailleur, thèse Lausanne 1981, pp. 72 ss). 

 

5.2 L’atteinte à la personnalité du travailleur peut provenir directement de 

l’employeur lui-même, l’employeur étant une personne physique, ou d’un organe 

de la société, l’employeur étant une personne morale (art. 55 al. 2 CC), ou encore, 

par application de l’article 101 CO, d’un auxiliaire de l’employeur (supérieur du 

travailleur, collègue), voire d’un tiers (client, fournisseur). L’article 328 CO crée 

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 Cause n° C/8628/2006 - 4 

27 
 * COUR D’APPEL* 

 

donc une responsabilité propre de l’employeur, opposable à lui seul, pour des 

actes qui peuvent être le fait de tiers (JAR 1992, p. 169 ; Wyler, Droit du travail, 

2002, p. 220 ; REHBINDER, Schweizerisches Arbeitsrecht, p. 83 ; SAILLEN, op. 

cit., thèse Lausanne 1981, p. 63). 

 

Les actes de harcèlement psychologique sont prohibés par l’article 328 al. 1er CO. 

Il y a harcèlement psychologique (mobbing) lorsqu’une ou des personnes 

cherchent à isoler, à marginaliser, voire à exclure une personne sur son lieu de 

travail, par un enchaînement de propos et/ou d’agissements hostiles, répétés 

fréquemment pendant une période assez longue (WAEBER, Le mobbing ou 

harcèlement psychologique au travail, quelles solutions ?, in AJP/PJA 1998, 

p. 792, et les références citées ; WYLER, op. cit., pp. 237 ss). L’employeur qui 

n’empêche pas que son employé subisse un harcèlement psychologique 

contrevient à la disposition précitée (ATF 125 III 70, consid. 2a, p. 73). La 

violation des obligations prévues à l’article 328 CO entraîne l’obligation pour 

l’employeur de réparer le préjudice matériel et le tort moral causés par sa faute ou 

celle d’un autre employé (ATF du 4 avril 2003 en la cause 2C.2/2003 ; ATF 126 

III 395). 

 

5.3 En l'espèce, il ressort des développements contenus au chiffre 4.4 ci-dessus 

que l'appelante n'a pas rendu vraisemblable avoir été victime d'agissements 

hostiles et répétés de la part de C___ de sorte que ses prétentions, au demeurant 

non chiffrées, sont infondées. 
 

6. L’appelante réclame finalement le versement de 195'000 fr. à titre de bonus en 
invoquant l’égalité de traitement avec le bonus versé à sa collègue anglaise 
travaillant pour la société anglaise. 

  

 Les premiers juges ont considéré que le texte clair du contrat ne laissait place à 

aucune interprétation : l’octroi et l’étendue de la gratification restait à l’entière 
discrétion de l’intimée. Toujours selon les premiers juges, le principe d’égalité de 
traitement dont l’appelante se prévaut ne trouve pas application en l’espèce dès 
lors que l’employée à laquelle se compare l’appelante était soumise à une 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/8628/2006 - 4 

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 * COUR D’APPEL* 

 

situation contractuelle et professionnelle différente, elle était liée à une autre entité 

du groupe et soumise à une autre juridiction.  

 

 6.1 A teneur de l’art. 3 deuxième paragraphe du contrat de travail "un bonus 
dépendant des performances et de la contribution de l'Employée à CFP. Ce bonus 

sera déterminé à l'entière discrétion de la direction de CFP et ne sera garanti 

qu'à la seule discrétion de la Direction, étant entendu que le paiement d'un 

éventuel bonus ne donnera aucun droit à une créance correspondante dans le 

futur". 

 

 6.2 En présence d'un litige sur l'interprétation d'un contrat, le juge doit tout 

d'abord s'efforcer de déterminer la commune et réelle intention des parties, sans 

s'arrêter aux expressions ou dénominations inexactes dont elles ont pu se servir, 

soit par erreur, soit pour déguiser la nature véritable de la convention (art. 18 al. 1 

CO; ATF 128 III 419 consid. 2.2). Une telle interprétation subjective relève du 

fait (ATF 130 III p. 417 consid. 3.2 et les arrêts cités).  

 

 Si la volonté réelle des parties ne peut pas être établie ou si les volontés intimes 

divergent, le juge, tranchant alors une question de droit (ATF 128 III 419 consid. 

2.2), doit interpréter les déclarations et les comportements selon la théorie de la 

confiance, en recherchant comment une déclaration ou une attitude pouvait être 

comprise de bonne foi en fonction de l'ensemble des circonstances (interprétation 

dite objective; ATF 128 III 419 consid. 2.2).  

 

Lorsque le texte du contrat est clair, il n'y a en principe pas lieu d'en dénaturer le 

sens par la recherche d'une interprétation fondée sur des éléments extrinsèques, 

sauf si son contenu ne satisfait pas la logique de l'opération telle que, de bonne 

foi, les parties devaient la considérer (ATF 111 II 284). Le Tribunal fédéral a 

toutefois récemment nuancé ce principe : ainsi, en présence d’un texte clair, on ne 
doit pas exclure d’emblée le recours à d’autres moyens d’interprétation. Le sens 
d'un texte, même clair, n'est par conséquent pas forcément déterminant et l’art. 18 
al. 1 CO prohibe l'interprétation purement littérale. Ainsi, même si la teneur d'une 

clause contractuelle paraît claire à première vue, il peut résulter d'autres 

conditions du contrat, du but poursuivi par les parties ou d'autres circonstances 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/8628/2006 - 4 

29 
 * COUR D’APPEL* 

 

que le texte de ladite clause ne restitue pas exactement le sens de l'accord conclu 

(ATF 127 III 444 consid. 1b et réf. citées).   

 

  6.3 La gratification, au sens de l'art. 322d CO, est une rétribution spéciale 

accordée à des occasions particulières et dépendant, dans une certaine mesure en 

tout cas, de l'employeur, si ce n'est dans son principe, à tout le moins dans son 

montant. N'est dès lors pas une gratification la rétribution dont le montant et 

l'échéance inconditionnelle sont fixés d'avance par le contrat de travail, tel le 

treizième mois de salaire ou une autre rétribution semblable entièrement 

déterminée par le contrat. La question de savoir si la gratification est une 

prestation purement facultative de l'employeur ou si le travailleur a une prétention 

à en obtenir le versement dépend des circonstances. Un montant fixé 

définitivement, convenu à l'avance, est un salaire. A l'inverse, on ne peut déduire 

du seul caractère variable de la bonification qu'il s'agit d'une gratification. 

L'accord, obligatoire pour l'employeur, peut toutefois ne porter que sur le principe 

du versement d'une gratification, dont l'employeur peut moduler les montants en 

fonction de la qualité de la prestation de travail, du cours des affaires et d'autres 

critères qu'il détermine librement. A l'inverse, on ne peut déduire du seul caractère 

variable de la bonification qu'il s'agit d'une gratification (ATF 129 III p. 

276 consid., 2 et ré. citées; 109 447 consid. 5c). 

  

6.4 Pour déterminer si le bonus est un élément du salaire ou une gratification, il 

faut prendre en considération le rapport entre le montant du salaire et celui de la 

gratification, sans pour autant que la proportion chiffrée entre ces deux montants 

ne constitue un critère de délimitation fixe. Il est évident que pour un revenu 

modeste une différence de revenu (même relativement) basse revêtira beaucoup 

plus d'importance que pour un revenu élevé. Ainsi, la part de la prestation versée à 

titre de gratification pourra être, en pourcentage du salaire, plus élevée pour un 

revenu élevé que pour un revenu modeste (ATF 129 III 276  consid. 2.1). Par 

ailleurs, la régularité de la prestation en question permet de déterminer si elle s'est 

transformée en un élément du salaire ou si elle constitue toujours une contrepartie 

accessoire à celui-ci, c'est-à-dire une gratification. Une prestation très élevée par 

rapport au salaire conserve le caractère de gratification lorsqu'elle n'est versée 

qu'une seule fois. Dès lors que la gratification atteint régulièrement un montant 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/8628/2006 - 4 

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 * COUR D’APPEL* 

 

plus élevé que le salaire, son caractère accessoire n'est pour ainsi dire plus 

préservé (ATF 129 III 276 consid. 2.1 p. 280). 

 

6.5 En l’espèce, les parties n'ont invoqué aucune circonstance dont il résulterait 
que le texte du contrat de travail ne refléterait pas la teneur exacte de leur 

convention. Elles n'ont en particulier pas donné d'indication sur la teneur de leurs 

pourparlers préalables à la conclusion du contrat de travail et n'ont pas allégué que 

d'autres indications que celles figurant dans le contrat signé par elles régiraient la 

question de la prime de performance.  

 

A teneur du texte du contrat signé par les parties, la fixation d'un éventuel bonus 

est laissée à l'entière discrétion de la direction du projet et de l'intimée.  

 

Ce texte établi clairement aussi que le bonus dépend des performances et de la 

contribution de l'employée au projet. La Cour relèvera à ce sujet qu'aucune 

référence n'est faite dans le contrat à l'octroi d'un bonus indépendant du résultat 

individuel de l'employé concerné mais fixé selon les bons résultats de la société 

ou lié au succès d'un projet déterminé et versé à l'ensemble du personnel ayant 

participé audit projet.  

 

Sur ce point également, une interprétation objective de l'art. 3 du contrat conduit à 

considérer que le bonus est liée aux performances personnelles de l'employée et 

non au succès du projet sur lequel l'appelante travaillait. 

  

Au vu de ce qui précède, l'appelante n'est pas fondée à réclamer un bonus au motif 

qu'une de ses collègues travaillant pour une autre entité du groupe sur le même 

projet qu'elle avait perçu un tel bonus.  

 

L'appelante sera ainsi déboutée de ses conclusions relatives à l'octroi d'un bonus 

de fr. 195'000.- et le jugement confirmé. 
 

7.  L'appelante, qui succombe, supportera les frais d'appel, l'émolument d'appel versé 

par ses soins étant acquis à l'Etat. 
 

 
 

 Juridiction des prud’hommes 
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 * COUR D’APPEL* 

 

PAR CES MOTIFS 
 

 
La Cour d’appel des prud’hommes, groupe 4, 

 
 

A la forme 

 

Reçoit l'appel déposé par T___ contre le jugement du Tribunal des Prud'hommes rendu 

suite la délibération du 4 janvier 2007 et notifié aux parties le 5 janvier 2007 en la cause 

n° C/8628/2006-4. 
 
Au fond   

 

Confirme ledit jugement. 

 

Laisse les frais d'appel à la charge de T___ et dit que l'émolument d'appel versé par ses 

soins est acquis à l'Etat de Genève.   

 

Déboute les parties de toute autre conclusion. 

 

 

 

 
  
La greffière de juridiction            Le président