# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 0e0db691-fb36-59fc-8dcc-83a84659612b
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2024-03-04
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 04.03.2024 RR.2023.84
**Docket/Reference:** RR.2023.84
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_RR-2023-84_2024-03-04

## Full Text

Entraide judiciaire internationale en matière pénale aux Pays-Bas; remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP)
;;Entraide judiciaire internationale en matière pénale aux Pays-Bas; remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP)
;;Entraide judiciaire internationale en matière pénale aux Pays-Bas; remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP)
;;Entraide judiciaire internationale en matière pénale aux Pays-Bas; remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP)

Arrêt du 4 mars 2024 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux 

Roy Garré, président, 

Giorgio Bomio-Giovanascini et Felix Ulrich,  

la greffière Claude-Fabienne Husson Albertoni  

   

Parties  A. LTD, repésentée par Me Kurt U. Blickenstorfer, 

avocat,  

recourante 

 

 contre 

   

  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,  

partie adverse 

 

   

Objet  Entraide judiciaire internationale en matière pénale 

aux Pays-Bas 

 

Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP) 

  

B u n d e s s t r a f g e r i c h t  

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

Numéro de dossier: RR.2023.84 

  

 

 

 

- 2 - 

 

 

Faits: 

 

A. Le 4 août 2020, les Pays-Bas ont adressé à la Suisse une demande 

d’entraide dans le cadre d’une enquête pénale qu’ils mènent contre B. B.V. 

pour des faits de corruption d’agent public étranger, de faux en écriture et de 

blanchiment d’argent (act. 1.3 et 1.4).  

 

 

B. Il ressort en substance de la demande d’entraide que B. B.V. aurait conclu 

en 2015 un contrat d’agence avec la société C. dans le cadre duquel elle 

aurait obtenu 2% de la valeur totale du projet « D. ». En particulier, la société 

C. aurait reçu entre 2015 et 2016 USD 4,9 Mio. Sous la pression de sa 

fiduciaire, B. B.V. aurait demandé des informations plus détaillées quant à 

l’activité de l’intermédiaire. La société C. aurait toutefois montré une certaine 

réticence à indiquer qui serait le véritable ayant droit économique de la 

société. En raison de cette réticence, le contrat aurait été résilié en 2017 et 

B. B.V., aurait payé à la société C. une première tranche de USD 5,1 Mio et 

une deuxièmement de USD 19,65 Mio à titre de clause de non concurrence. 

L’argent aurait d’abord transité sur des comptes bancaires de la société C. 

dans le pays Z. et une partie – USD 4,9 Mio – aurait été versée par la société 

C. sur des comptes lettons appartenant à la société E. Ltd qui, à son tour, 

aurait versé l’argent sur un compte bancaire en Suisse détenu auprès de la 

banque F. par la société A. Ltd. 

 

L’enquête des autorités néerlandaises a permis de révéler que l’ayant droit 

économique de la société C. serait une certaine G., secrétaire de H. Ce 

dernier aurait des liens avec I., soit le père de J., qui est le gendre du 

désormais ex-président du pays Y., K. Par ailleurs, il ressort de la demande 

d’entraide que l’ayant droit économique de E. Ltd est également H. 

 

Au vu des éléments de l’enquête, l’autorité requérante soupçonne que les 

contrats précités sont en réalité fictifs afin de donner une apparence légale 

à des paiements qui constituent des paiements corruptifs. 

 

Les autorités néerlandaises requièrent notamment la documentation 

bancaire relative à la relation détenue par A. Ltd auprès de la banque F. 

 

 

C. Par décision du 25 août 2020, l’Office fédéral de la justice (ci-après: OFJ) a 

délégué l’exécution de la demande d’entraide au Ministère public de la 

Confédération (ci-après: MPC; Dossier MPC, délégation). 

 

 

- 3 - 

 

 

D. Le 21 septembre 2020, le MPC a rendu une décision d’entrée en matière 

(Dossier MPC, ordonnance d’entrée en matière).  

 

 

E. Dans ce contexte, le même jour, le MPC a ordonné à la banque F. le dépôt 

de la relation bancaire concernée assortie d’une interdiction de 

communiquer. La banque s’est notamment exécutée le 29 septembre 2020. 

L’interdiction de communiquer a été levée le 9 novembre 2021 et un délai au 

24 novembre 2021 a été imparti à la titulaire de la relation bancaire pour se 

manifester si elle souhaitait participer à la procédure (Dossier MPC, onglet 

entraide, pt 5 obligation de dépôt). 

 

 

F. Le 3 août 2022, le MPC a confirmé au représentant de A. Ltd qu’il lui octroyait 

une prolongation de délai au 2 septembre 2022 pour se déterminer sur la 

transmission de la documentation bancaire à l’autorité requérante. Dans ce 

même courrier, il lui a refusé l’accès à la version originale de la demande 

d’entraide dans la mesure où il ne se fonde que sur la traduction pour statuer 

(act.1.7). 

 

 

G. Le 2 septembre 2022, le représentant de A. Ltd a fait savoir au MPC que sa 

mandante s’opposait à la transmission à l’autorité requérante de la 

documentation la concernant (act. 1.8). 

 

 

H. Par décision de clôture du 16 mai 2023, le MPC a admis la demande 

d’entraide et a décidé de la remise à l’autorité requérante des documents 

d’ouverture de la relation ouverte au nom de A. Ltd auprès de la banque F. 

(incluant les documents KYC, compliance et correspondance) et, pour la 

période allant du 1er janvier 2014 au 16 mars 2021, les évaluations de 

fortune, les relevés périodiques, les avis de débit et de crédit, ainsi que les 

justificatifs détaillés, sous réserve du principe de la spécialité (act. 1.1). 

 

 

I. Par acte du 19 juin 2023, A. Ltd recourt contre dite décision devant la Cour 

des plaintes du Tribunal pénal fédéral (act. 1). Elle conclut: 

 

- 4 - 

 

 

«     Rechtsbegehren 

 

1.  Die Schlussverfügung der Beschwerdegegnerin vom 16. Mai 2023 im Verfahren 

RH.20.0201 sei vollumfänglich aufzuheben und das Rechtshilfeersuchen der 

Rechtshilfe ersuchenden Behörde vom 26. Juni 2020 sei vollständig abzuweisen. 

 

2. Die Beschwerdegegnerin sei anzuweisen, sämtliche beschlagnahmten, die 

Beschwerdeführerin betreffende und unter Ziff. 2 des Dispositivs aufgeführten 

Bankunterlagen bezüglich der Geschäftsbeziehung der Bank F. unter der 

Stammnummer N. 1, lautend auf die Beschwerdeführerin resp. Deren Bank 

und/oder deren Rechtsvertreter herauszugeben und alle entsprechenden Daten auf 

dem System der Beschwerdegegnerin zu loschen bzw. zu entfernen. 

 

3.  Es seien die Kosten für dieses Beschwerdeverfahren auf die Staatskasse zu 

nehmen und dem Beschwerdeführer eine Parteientschädigung 

zuzusprechen.» 

 

 

J. Dans sa réponse du 31 juillet 2023, l’OFJ renonce à déposer une réponse et 

se réfère à la décision entreprise. Il conclut au rejet du recours dans la 

mesure où il est recevable, sous suite de frais (act. 8). 

 

Le MPC conclut le 2 août 2023 au rejet du recours dans la mesure de sa 

recevabilité, sous suite de frais (act. 9). 

 

 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris, 

si nécessaire, dans les considérants en droit. 

 

 

La Cour considère en droit: 

 

1.  

1.1 Bien que le recours soumis à l’examen du Tribunal pénal fédéral ait été 

rédigé en allemand comme le permet l’art. 6 al. 1 de la loi fédérale du 

5 octobre 2007 sur les langues nationales et la compréhension entre les 

communautés linguistiques (loi sur les langues; LLC; RS 441.1), le présent 

arrêt est rendu en français, langue de la décision attaquée, conformément à 

l’art. 33a al. 2 de la loi fédérale sur la procédure administrative du 

20 décembre 1968 (PA; RS 172.021), applicable en l’espèce. 

1.2 L’entraide judiciaire entre les Pays-Bas et la Confédération suisse est 

prioritairement régie par la Convention européenne d'entraide judiciaire en 

- 5 - 

 

 

matière pénale (CEEJ; RS 0.351.1), entrée en vigueur pour la Suisse le  

20 mars 1967 et pour les Pays-Bas le 15 mai 1969, ainsi que par le 

Deuxième Protocole additionnel à la CEEJ du 8 novembre 2001, entré en 

vigueur pour la Suisse le 1er février 2005 et pour l'Etat requérant le 1er avril 

2011. Les art. 48 ss de la Convention d'application de l'Accord de Schengen 

du 14 juin 1985 (CAAS; n° CELEX 42000A0922(02); Journal officiel de 

l'Union européenne L 239 du 22 septembre 2000, p. 19-62 [texte disponible 

sur le site de la Confédération suisse sous la rubrique « Recueil de textes 

juridiques sur les accords sectoriels avec l'UE », onglet « 8.1. Annexe A » in 

https://www.fedlex.admin.ch/fr/sector-specific-agreements/EU-acts-register/ 

8/8.1]) s'appliquent également à l'entraide pénale entre la Suisse et les Pays-

Bas (v. arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2017.135 du 24 octobre 2019 

consid. 1.3). S'agissant d'une demande d'entraide présentée notamment 

dans le cadre de la répression du blanchiment d'argent, entre également en 

considération la Convention relative au blanchiment, au dépistage, à la 

saisie et à la confiscation des produits du crime (CBI; RS 0.311.53), entrée 

en vigueur le 1er septembre 1993 tant pour la Suisse que pour les Pays-Bas, 

ainsi que les art. 14 et 43 ss de la Convention des Nations Unies contre la 

corruption, entrée en vigueur pour les Pays-Bas le 30 novembre 2006 et 

pour la Suisse le 24 octobre 2009 (UNCAC; RS 0.311.56) applicable au 

blanchiment d’argent indépendamment de la nature de l’infraction préalable. 

Pour le surplus, l’EIMP et son ordonnance d'exécution du 24 février 1982 

(OEIMP; RS 351.11) règlent les questions qui ne sont pas régies, 

explicitement ou implicitement, par les traités (ATF 130 II 337 consid. 1; 128 

II 355 consid. 1 et la jurisprudence citée). Le droit interne s’applique en outre 

lorsqu'il est plus favorable à l'entraide (ATF 142 IV 250 consid. 3; 140 IV 123 

consid. 2; 137 IV 33 consid. 2.2.2). L'application de la norme la plus favorable 

(principe dit « de faveur ») doit avoir lieu dans le respect des droits 

fondamentaux (ATF 135 IV 212 consid. 2.3). 

1.3 La Cour de céans est compétente pour connaître des recours dirigés contre 

les décisions de l’autorité cantonale ou fédérale d’exécution relatives à la 

clôture de la procédure d’entraide et, conjointement, les décisions incidentes 

(art. 80e al. 1 et 25 al. 1 EIMP et 37 al. 2 let. a ch. 1 de la loi fédérale sur 

l’organisation des autorités pénales de la Confédération [LOAP; RS 173.71]).  

1.4 Formé dans les 30 jours à compter de la notification de la décision de clôture, 

le recours a été déposé en temps utile (art. 80k EIMP). 

1.5 Selon l'art. 80h let. b EIMP, la qualité pour recourir contre une mesure 

d'entraide judiciaire est reconnue à celui qui est personnellement et 

directement touché par une mesure d’entraide et a un intérêt digne de 

protection à ce qu’elle soit annulée ou modifiée. Précisant cette disposition, 

l’art. 9a let. a OEIMP reconnaît au titulaire – personne physique ou morale – 

- 6 - 

 

 

d’un compte bancaire la qualité pour recourir contre la remise à l’Etat 

requérant d’informations relatives à ce compte (ATF 137 IV 134 consid. 5; 

118 Ib 547 consid. 1d). La recourante est titulaire de la relation bancaire à 

propos de laquelle de la documentation doit être remise. Partant, elle dispose 

de la qualité pour agir.  

1.6 Il y a lieu d’entrer en matière. 

 

 

2.  

2.1 La recourante fait d’abord valoir une violation de son droit d’être entendue 

sous divers aspects. Elle conteste en premier lieu le fait de s’être vue 

remettre la traduction et la lettre d’accompagnement de la demande 

d’entraide mais pas la version originale de celle-ci. Elle invoque dès lors ne 

pas pouvoir vérifier la validité de la traduction.  

2.2  

2.2.1 L'art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 

1er avril 1999 (Cst; RS 101) consacre le droit d'être entendu, lequel découle 

également du droit à un procès équitable (art. 6 par. 1 de la Convention de 

sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en vigueur 

pour la Suisse depuis le 28 novembre 1974 [CEDH; RS 0.101]).  Le droit 

d'être entendu garantit notamment au justiciable le droit de s'expliquer avant 

qu'une décision ne soit prise à son détriment, de fournir des preuves quant 

aux faits de nature à influer sur la décision, d'avoir accès au dossier, de 

participer à l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se 

déterminer à leur propos (art. 29 al. 2 Cst.; ATF 142 III 48 consid. 4.1.1;  

141 V 557 consid. 3.1; arrêts du Tribunal fédéral 6B_1368/2016 et 

6B_1396/2016 du 15 novembre 2017 consid. 2.1, non publié in ATF 143 IV 

469; 6B_33/2017 du 29 mai 2017 consid. 2.1). 

2.3 En matière d'entraide judiciaire, ce droit est mis en œuvre par l'art. 80b EIMP 

et par les art. 26 et 27 PA, applicables par renvoi de l'art. 12 al. 1 EIMP. Ces 

dispositions permettent à l'ayant droit de consulter le dossier de la 

procédure, à moins que certains intérêts s'y opposent (art. 80b al. 2 EIMP). 

Le droit de consulter le dossier s'étend uniquement aux pièces décisives 

pour le sort de la cause, soit toutes celles que l'autorité prend en 

considération pour fonder sa décision; dès lors, il lui est interdit de se référer 

à des pièces dont les parties n'ont eu aucune connaissance (v. art. 26 al. 1 

let. a, b et c PA; ATF 132 II 485 consid. 3.2; 121 I 225 consid. 2a; 119 Ia 139 

consid. 2d; 118 Ib 438 consid. 3; arrêts du Tribunal fédéral 1A.149/2006 et 

1A.175/2006 du 27 novembre 2006 consid. 2.1; 1A.247/2000 du 

27 novembre 2000 consid. 3a; ZIMMERMANN, La coopération judiciaire 

internationale en matière pénale, 5e éd. 2019, n° 477, p. 515). D'après la 

- 7 - 

 

 

jurisprudence, le droit de consulter le dossier n'est accordé aux ayants droit, 

selon l'art. 80b al. 1 EIMP, que si la sauvegarde de leurs intérêts l'exige (arrêt 

du Tribunal fédéral 1C_18/2021 du 19 janvier 2021 consid. 1.5). Dans le 

domaine de l'entraide, il s'agit en premier lieu de la demande elle-même – 

dont la transmission peut être limitée aux passages concernant l'intéressé – 

et des pièces annexées, puisque c'est sur la base de ces documents que se 

déterminent l'admissibilité et la mesure de l'entraide requise (arrêt du 

Tribunal fédéral 1C_785/2021 du 4 janvier 2022 consid. 2). Quant à la 

consultation de pièces superflues, ou qui ne concernent pas le titulaire du 

droit, elle peut être refusée (TPF 2010 142 consid. 2.1 et les références 

citées; arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2023.63 + RR.2023.64 du 

12 décembre 2023 consid. 2.1.1). 

2.3.1 S’agissant d’abord de l’obtention de la demande d’entraide en langue 

originale par la recourante, il faut rappeler que selon l'art. 28 al. 5 EIMP, les 

demandes et leurs annexes doivent être présentées dans l'une des trois 

langues officielles de la Suisse, ou accompagnées d'une traduction dans une 

de ces trois langues. Dès lors que seule une traduction de la demande 

d’entraide suffit au regard des exigences légales, le fait que la recourante 

n’ait reçu la demande d’entraide que dans sa traduction française ne saurait 

consacrer une atteinte à son droit d’être entendue. On relèvera par ailleurs, 

que l'essentiel est que la langue de la procédure ne constitue pas un obstacle 

qui empêche la personne concernée par l'exécution de la demande de 

participer à la procédure et de défendre ses droits. La recourante ne prétend 

d'ailleurs pas avoir compris le sens et la portée de l'entraide requise 

différemment de ce que ne l'a fait l'autorité d'exécution. Ainsi, dans la mesure 

où la demande a pu être exécutée et où la recourante ne s’est pas trouvée 

entravée dans ses droits de défense, ce grief, mal fondé, doit être rejeté. 

 

2.4  

2.4.1 La recourante se plaint ensuite du fait qu’elle n’a eu qu’un accès caviardé à 

la note établie par le MPC à l’occasion de la présence des fonctionnaires 

étrangers en Suisse le 6 juillet 2021. Elle soutient que la procédure d’entraide 

en devient secrète. Elle estime que l’anonymisation aurait dû être faite de 

telle manière qu’elle aurait dû pouvoir identifier si les informations scellées 

la concernaient elle ou un tiers. 

 

2.4.2 La recourante ne peut être suivie. Les informations qui ne lui ont pas été 

divulguées concernaient des tiers (act. 1.7 p. 2). Or, de jurisprudence 

constante, seuls les éléments la visant directement peuvent lui être 

accessibles (supra consid. 2.2.2). Elle ne prétend par ailleurs pas n’avoir pas 

saisi la portée de la demande d’entraide et des actes y relatifs d’exécution. 

Cela suffit à rejeter cet argument. 

- 8 - 

 

 

3. Ensuite, selon la recourante, le MPC aurait violé l’art. 65a al. 3 EIMP dans la 

mesure où le 6 juillet 2021, il aurait permis aux représentants étrangers 

d’avoir accès à tous les documents concernés alors qu’elle-même n’avait 

pas encore été informée de la procédure d’entraide et du blocage de ses 

comptes. L’accès aux documents par l’autorité étrangère n’aurait dû être 

autorisé qu’après que l’autorité d’exécution aurait statué sur l’admissibilité et 

la portée de l’entraide. La demande d’entraide devrait de ce fait être refusée. 

 

3.1 A teneur de l’art. 65a al. 1 EIMP, lorsque l’État requérant le demande en 

vertu de son propre droit, les personnes qui participent à la procédure à 

l’étranger peuvent être autorisées à assister aux actes d’entraide et à 

consulter le dossier. La participation à l'exécution de la demande de 

fonctionnaires étrangers peut, selon les circonstances, il est vrai comporter 

le risque d'un dévoilement prématuré d'informations et de documents dont la 

transmission ne peut être ordonnée que dans le cadre d'une décision de 

clôture au sens de l'art. 80d EIMP. De jurisprudence constante toutefois, ce 

risque peut être évité par la fourniture, par l'autorité requérante, de garanties 

de nature à empêcher l'utilisation prématurée des informations (ATF 128 II 

211 consid. 2.1; arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2023.79 du 7 juillet 2023 

consid. 4.2). 

3.2 C’est à tort que la recourante retient que l’autorité requérante n’aurait dû 

avoir accès aux informations recueillies qu’après la décision de l’autorité 

d’exécution sur l’admissibilité et l’ampleur de l’entraide à apporter. Pour des 

raisons de célérité, la loi permet justement une présence des représentants 

de l’autorité étrangère avant la décision de clôture. En l’espèce, les autorités 

néerlandaises sont venues en Suisse en juillet 2021 et ont eu accès au 

dossier (dossier MPC, onglet 2, correspondance directe avec l’autorité 

étrangère act. 20210706). A cette occasion, elles ont cependant signé une 

déclaration de garantie (dossier MPC ibidem) qui permet de s’assurer qu’il 

n’y aura pas de leur part d’utilisation intempestive des informations obtenues 

lors de cette visite. Cette garantie figure du reste également dans la 

demande d’entraide elle-même (act. 1.3 p. 7). Cette façon de faire est en 

tout point conforme aux exigences jurisprudentielles et aucun grief ne peut 

être retenu contre l’autorité d’exécution à ce sujet.  

3.3 Par ailleurs, dans la demande d’entraide les autorités requérantes ont 

demandé le maintien de la confidentialité sur les informations recueillies. 

Elles ont réitéré leur requête en ce sens lors de leur présence en Suisse en 

juillet 2021 et ont demandé une prolongation du maintien du secret jusqu’en 

janvier 2022 (dossier MPC, onglet 2, correspondance directe avec l’autorité 

étrangère act. 20210706 p. 2). Saisie d’une telle demande, l’autorité 

d’exécution devait s’y conformer. Cela n’empêchait pas pour autant la 

présence des représentants étrangers durant cette période. En effet, en 

- 9 - 

 

 

général, une telle mesure a principalement pour but d'empêcher que la 

procédure d'entraide ne compromette le secret de la procédure pénale 

étrangère (art. 80b al. 2 let. a EIMP). Ce qui importe, c’est que comme en 

l’espèce, avant qu’une décision de clôture ne soit rendue, un accès au 

dossier soit octroyé aux parties afin de préserver leur droit d’être entendu 

(arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2009.294 du 7 octobre 2009 consid. 3.1.2 

et références citées). L’argument de la recourante est donc rejeté.  

 

 

4.  

4.1 La recourante souligne par ailleurs que ni elle, ni son ayant droit économique 

n’ont jamais été impliqués dans l’enquête en Hollande alors que selon la 

demande d’entraide, celui-ci aurait eu à tout le moins un rôle de complice 

dans les actes de corruption visés. Elle rappelle encore qu’aucun document 

ne permet de conclure qu’ils auraient transmis de l’argent à J. ou à un autre 

membre de la famille de K. Les soupçons la concernant ne sont ainsi selon 

elle pas fondés. 

4.2 L'octroi de l'entraide n'implique pas que la personne soumise à une mesure 

de contrainte dans l'Etat requis soit elle-même accusée. Dans ce domaine, 

les mesures de contrainte ne sont en effet pas réservées aux seules 

personnes poursuivies dans la procédure étrangère, mais à toutes celles qui 

détiendraient des informations, des pièces, des objets ou des valeurs ayant 

un lien objectif avec les faits sous enquête dans l'Etat requérant (arrêt du 

Tribunal fédéral 1A.70/2002 du 3 mai 2002 consid. 4.3; arrêt du Tribunal 

pénal fédéral RR.2019.174-175 du 27 décembre 2019 consid. 3.2). 

4.3 In casu, en raison de son enquête pour corruption, faux en écriture et 

blanchiment d’argent, l’autorité requérante a demandé d'avoir un aperçu 

notamment des flux de trésorerie qui ont suivi les transferts en Suisse par 

E. Ltd sur le compte bancaire au nom de la recourante auprès de la banque 

F. Il s’avère qu’elle serait la récipiendaire de fonds en lien avec de la 

corruption. Or, son ayant droit économique est H. également mis en cause 

(pièce MPC 002205_00081). Par ailleurs, la recourante lui a versé plusieurs 

milliers de centaines de USD (pièces MPC 002205_00312; 002205_00324; 

002205_00326; 002205_00328).  

4.4 Ainsi, contrairement à ce que soutient la recourante, elle a été expressément 

désignée comme personne d’intérêt par la demande d’entraide. De plus les 

informations recueillies à son sujet et concernant ses comptes – lesquels 

sont en lien direct avec les flux de fonds sous enquête – en font 

indéniablement des éléments pertinents pour l’autorité requérante. 

L’argument est donc écarté.  

- 10 - 

 

 

5. Dans un grief ultérieur, la recourante relève une violation du principe de la 

double incrimination. La demande d’entraide évoque certes le blanchiment 

d’argent mais ne fournit aucun élément factuel pouvant en attester. Il en 

serait de même pour la corruption. Ainsi, aucune explication n’est donnée 

dans la demande d’entraide de la raison pour laquelle des contrats fictifs 

auraient été conclus, ni quand, ni où ni par qui. Aucun élément ne permet en 

effet de déterminer que les comptes concernés aient pu être les 

récipiendaires de montants d’origine criminelle. Il en résulte selon la 

recourante qu’il n’est pas possible de déterminer si une quelconque 

infraction a été réalisée, de sorte que la demande d’entraide doit être rejetée. 

Elle retient en particulier qu’il ressort des éléments au dossier que toutes les 

transactions considérées comme suspectes étaient économiquement 

fondées. 

 

5.1  

5.1.1 La condition de la double incrimination est satisfaite lorsque l'état de faits 

exposé dans la demande d'entraide correspond, prima facie, aux éléments 

constitutifs objectifs d'une infraction réprimée par le droit suisse, à l'exclusion 

des conditions particulières en matière de culpabilité et de répression, et 

donnant lieu ordinairement à la coopération internationale (v. art. 64 al. 1 

EIMP, en relation avec l'art. 5 ch. 1 let. a CEEJ; ATF 124 II 184 consid. 4b/cc; 

122 II 422 consid. 2a; 118 Ib 448 consid. 3a et les arrêts cités; arrêt du 

Tribunal fédéral 1C_123/2007 du 25 mai 2007 consid. 1.3). Lorsqu'une 

autorité suisse est saisie d'une requête d'entraide en matière pénale, elle n'a 

pas à se prononcer sur la réalité des faits évoqués dans celle-ci puisqu'elle 

ne peut que déterminer si, tels qu'ils sont présentés, ils constituent une 

infraction. Elle ne peut s'écarter des faits décrits par l'État requérant qu'en 

cas d'erreurs, lacunes ou contradictions évidentes et immédiatement 

établies (ATF 133 IV 76 consid. 2.2; 126 II 495 consid. 5e/aa; 118 Ib 111 

consid. 5b; 107 Ib 264 consid. 3a; arrêts du Tribunal pénal fédéral 

RR.2017.147 du 5 octobre 2017 consid. 3.1.1; RR.2014.75-76 du 

5 septembre 2014 consid. 5.2; RR.2008.69 du 14 août 2008 consid. 3). 

Quant à l'autorité requérante, elle ne doit pas fournir des preuves des faits 

qu'elle avance ou exposer – sous l'angle de la double incrimination – en quoi 

la partie dont les informations sont requises est concrètement impliquée 

dans les agissements poursuivis (arrêt du Tribunal fédéral 1C_660/2019 du 

6 janvier 2020 consid. 3.2 et la référence citée). Il n'est pas nécessaire que 

les faits incriminés revêtent, dans les deux législations concernées, la même 

qualification juridique, qu'ils soient soumis aux mêmes conditions de 

punissabilité ou passibles de peines équivalentes; il suffit qu'ils soient 

réprimés, dans les deux États, comme des délits donnant lieu ordinairement 

à la coopération internationale (ATF 124 II 184 consid. 4b/cc; 117 Ib 337 

consid. 4a; 112 Ib 225 consid. 3c et les arrêts cités; arrêt du Tribunal fédéral 

- 11 - 

 

 

1C_123/2007 du 25 mai 2007 consid. 1.3) et pour autant qu'il ne s'agisse 

pas d'un délit politique ou fiscal (art. 2 let. a CEEJ). Contrairement à ce qui 

prévaut en matière d'extradition, il n'est pas nécessaire, en matière de 

« petite entraide », que la condition de la double incrimination soit réalisée 

pour chacun des chefs à raison desquels les prévenus sont poursuivis dans 

l'État requérant (ATF 125 II 569 consid. 6; 110 Ib 173 consid. 5b; arrêts du 

Tribunal fédéral 1C_138/2007 du 17 juillet 2007 consid. 2.3.2; 1A.212/2001 

du 21 mars 2002 consid. 7).  

5.1.2 S'agissant du chef de blanchiment d'argent, l'autorité requérante ne doit pas 

nécessairement apporter la preuve de la commission des actes 

de blanchiment ou de l'infraction préalable; un simple soupçon considéré 

objectivement suffit pour l'octroi de la coopération sous l'angle de la double 

incrimination (ATF 130 II 329 consid. 5.1; 129 II 97 consid. 3; arrêts du 

Tribunal fédéral 1C_126/2014 du 16 mai 2014 consid. 4.4; 1A.231/2003 du 

6 février 2004 consid. 5.3; TPF 2011 194 consid. 2.1 in fine; v. ég. 

ZIMMERMANN, op. cit., no 602). Envers les Etats cocontractants de la CBI ou 

de l'UNCAC, la Suisse doit ainsi pouvoir accorder sa collaboration aussi 

lorsque le soupçon de blanchiment est uniquement fondé sur l'existence de 

transactions suspectes (v. arrêts du Tribunal pénal fédéral RR.2020.178 du 

6 mai 2021 consid. 3.3.2 et RR.2020.133 du 14 décembre 2020 consid. 3.3). 

Tel est notamment le cas lorsqu'on est en présence de transactions dénuées 

de justification apparente ou d'utilisation de nombreuses sociétés réparties 

dans plusieurs pays (arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2008.69-72 du 

14 août 2008 consid. 3.3 et les références citées). L'importance des sommes 

mises en cause lors des transactions suspectes constitue également un 

élément important à prendre en considération (arrêt du Tribunal fédéral 

1A.188/2005 du 24 octobre 2005 consid. 2.4; arrêt du Tribunal pénal fédéral 

RR.2011.103-104/136-138 du 21 novembre 2011 consid. 4.3 et les 

références citées). 

5.2 Tels qu’exposés dans la requête, les faits permettent effectivement de 

soupçonner que de fausses indications ont été données et des contrats fictifs 

passés afin de cacher l’arrière-plan économique réel des versements 

intervenus. Il paraît crédible, notamment au regard des réticences de la 

société C. de dévoiler qui est le bénéficiaire final du projet, que les paiements 

versés pourraient, en réalité, avoir été destinés à corrompre un fonctionnaire 

public dans le pays Y., afin d’obtenir un marché public dans le cadre du projet  

« D. ». Les différentes transactions intervenues entre A. Ltd et le compte de 

son ayant droit économique pourraient effectivement être constitutives de 

blanchiment d’argent, dès lors que les sommes en jeu sont conséquentes et 

que les transferts de fonds ont été opérés sans raison apparente, puisque 

réalisés entre des relations détenues par le même ayant droit économique. 

En outre, des éléments démontrent que les fonds transférés par A. Ltd sur 

- 12 - 

 

 

le compte de ce dernier pourraient provenir de E. Ltd, elle-même 

soupçonnée d’être récipiendaire des fonds corruptifs et dont H. est 

également l’ayant droit économique. Cela suffit pour constater que 

l’ensemble des circonstances entourant ces structures et transactions 

permettent de retenir l’existence de suspicions de blanchiment d’argent, 

même en l’absence de description précise du crime sous-jacent de 

corruption. 

5.3 L’argument est écarté. 

 

 

6. La recourante se plaint ensuite de ce que le MPC a admis une demande 

d’entraide contenant des contradictions et des erreurs et qui s’apparente 

plus selon elle à une « fishing expedition ». Elle fait valoir en particulier que 

toutes les transactions considérées comme suspectes étaient 

économiquement justifiées et juridiquement étayées. Elle précise ainsi que 

son ayant droit économique est actif dans l’immobilier au niveau international 

ce qui implique notamment des contrats de prêts entre différentes sociétés 

et tous les flux de fonds y relatifs. 

6.1 Ce grief se confond avec la violation du principe de la proportionnalité.  

6.1.1 De manière générale, selon la jurisprudence relative au principe de 

la proportionnalité, lequel découle de l'art. 63 al. 1 EIMP, la question de 

savoir si les renseignements demandés sont nécessaires ou simplement 

utiles à la procédure pénale est en principe laissé à l'appréciation des 

autorités de poursuite de l'État requérant (ATF 136 IV 82 consid. 4.1; arrêt 

du Tribunal fédéral 1C_582/2015 du 10 novembre 2015 consid. 1.4). Le 

principe de la proportionnalité interdit à l'autorité suisse d'aller au-delà des 

requêtes qui lui sont adressées et d'accorder à l'État requérant plus qu'il n'a 

demandé. Cela n'empêche pas d'interpréter la demande selon le sens que 

l'on peut raisonnablement lui donner; l'autorité d'exécution devant faire 

preuve d'activisme, comme si elle était elle-même en charge de la poursuite. 

Le cas échéant, une interprétation large est admissible s'il est établi que 

toutes les conditions à l'octroi de l'entraide sont remplies. Ce mode de 

procéder permet ainsi d'éviter d'éventuelles demandes complémentaires 

(ATF 136 IV 82 consid. 4.1; 121 II 241 consid. 3a; arrêt du Tribunal pénal 

fédéral RR.2009.286-287 du 10 février 2010 consid. 4.1). Sur cette base, 

peuvent aussi être transmis des renseignements et des documents qui ne 

sont pas mentionnés dans la demande (TPF 2009 161 consid. 5.2; arrêts du 

Tribunal pénal fédéral RR.2018.32-37 du 23 août 2018 consid. 4.1; 

RR.2010.39 du 28 avril 2010 consid. 5.1). 

6.1.2 L'examen de l'autorité d'entraide est régi par le principe de l'« utilité 

- 13 - 

 

 

potentielle » qui joue un rôle crucial dans l'application du principe de la 

proportionnalité en matière d'entraide pénale internationale (ATF 122 II 367 

consid. 2c et les réf. citées). Sous l'angle de l'utilité potentielle, il doit être 

possible pour l'autorité d'investiguer en amont et en aval du complexe de 

faits décrit dans la demande et de remettre des documents antérieurs ou 

postérieurs à l'époque des faits indiqués (arrêt du Tribunal fédéral 

1A.212/2001 précité consid. 9.2.2; arrêt du Tribunal pénal 

fédéral RR.2017.53-54 du 2 octobre 2017 consid. 8.2 in fine). Les autorités 

suisses sont tenues, au sens de la procédure d'entraide, d'assister les 

autorités étrangères dans la recherche de la vérité en exécutant toute 

mesure présentant un rapport suffisant avec l'enquête pénale à l'étranger, 

étant rappelé que l'entraide vise non seulement à recueillir des preuves à 

charge, mais également à décharge (ATF 118 lb 547 consid. 3a; arrêt du 

Tribunal fédéral 1A.88/2006 du 22 juin 2006 consid. 5.3; arrêts du Tribunal 

pénal fédéral RR.2013.231 du 23 octobre 2013 consid. 4.1 et réf. citées; 

RR.2008.287 du 9 avril 2009 consid. 2.2.4 et la jurisprudence citée). C'est 

donc le propre de l'entraide de favoriser la découverte de faits, d'informations 

et de moyens de preuve, y compris ceux dont l'autorité de poursuite 

étrangère ne soupçonne pas l'existence. Il ne s'agit pas seulement d'aider 

l'État requérant à prouver des faits déjà révélés par l'enquête qu'il conduit, 

mais aussi d'en dévoiler d'autres, s'ils existent. Il en découle, pour l'autorité 

d'exécution, un devoir d'exhaustivité qui justifie de communiquer tous les 

éléments qu'elle a réunis, qui sont propres à servir l'enquête étrangère ou 

qui peuvent permettre d'éclairer les rouages du mécanisme délictueux 

poursuivi dans l'État requérant (arrêt du Tribunal pénal fédéral 

RR.2019.172+173 du 28 janvier 2020 consid. 3.1 et réf. citées; ZIMMERMANN, 

op. cit., no 723, p. 798 ss). 

6.1.3 S'agissant de demandes relatives à des informations bancaires, il convient 

en principe de transmettre tous les documents qui peuvent faire référence 

au soupçon exposé dans la demande d'entraide. Il doit exister un lien de 

connexité suffisant entre l'état de fait faisant l'objet de l'enquête pénale 

menée par les autorités de l'Etat requérant et les documents visés par la 

remise (ATF 129 II 462 consid. 5.3; arrêts du Tribunal fédéral 1A.189/2006 

du 7 février 2007 consid. 3.1; 1A.72/2006 du 13 juillet 2006 consid. 3.1). 

6.1.4 Lorsque la demande tend à éclaircir le cheminement de fonds d'origine 

délictueuse, il convient en principe d'informer l'Etat requérant de toutes les 

transactions opérées au nom des personnes et des sociétés et par le biais 

des comptes impliqués dans l'affaire, même sur une période relativement 

étendue (ATF 121 II 241 consid. 3c). L'utilité de la documentation bancaire 

découle du fait que l'autorité requérante peut vouloir vérifier que les 

agissements qu'elle connaît déjà n'ont pas été précédés ou suivis d'autres 

actes du même genre (v. arrêts du Tribunal fédéral 1A.259/2006 du 

- 14 - 

 

 

26 janvier 2007 consid. 2.2; 1A.75/2006 du 20 juin 2006 consid. 3.2; 

1A.79/2005 du 27 avril 2005 consid. 4.2; 1A.59/2005 du 26 avril 2005 

consid. 6.2).  

6.2  

6.2.1 La demande d’entraide vise en l’occurrence à obtenir des informations en 

lien avec les comptes bancaires de A. Ltd mais également de déterminer qui 

peut être le bénéficiaire final des fonds versés par B. B.V. Partant elle 

requiert d’avoir un aperçu des flux de trésorerie qui ont suivi les transferts 

effectués par E. Ltd (act. 1.3).  

Le compte objet de la présente décision a été ouvert par H. le 13 juin 2013 

(pièce MPC 002205_00001ss); il en est l’ayant droit économique (pièce MPC 

002205_00081). Lui seul bénéficie d’un pouvoir de signature sur la relation 

concernée (pièce MPC 002205_00006). Il ressort des documents bancaires 

(KYC) que dite relation devait recevoir quelques CHF 12 Mio par le biais de 

L. et de E. Ltd, sociétés dont H. est également l’ayant droit économique 

(pièce MPC 002205_00101). En ce qui concerne l’origine des fonds sur la 

relation objet de la décision de clôture, il est indiqué que le recourant 

détiendrait l’intégralité des actions des sociétés M. et N. lesquelles seraient 

financées par la société L. (pièce MPC 002205_00101),  

Il ressort de la documentation bancaire qu’un contrat de « loan agreement » 

a été conclu, le 20 juin 2013, entre A. Ltd et E. Ltd, deux sociétés dont H. est 

l’unique ayant droit économique. Selon ledit contrat, E. Ltd s’engage à prêter 

à un taux d’intérêt de 1% par an USD 20 Mio à A. Ltd (pièces MPC 

002205_00138ss). Par ailleurs, un contrat de « financial support 

agreement » a été conclu le 20 juillet 2013, entre A. Ltd et H. En vertu dudit 

contrat, ce dernier s’est engagé à fournir un soutien financier à sa société à 

hauteur de USD 10 Mio, à un taux d’intérêt de 0% (pièce MPC 

002205_00132ss). Le 15 décembre 2016, un «loan agreement» a été conclu 

entre A. Ltd et O. Inc et dont l’instruction a permis d’établir que H. en est 

également I’ayant droit économique. Selon ledit contrat, A. Ltd s’est engagée 

à prêter, à un taux d’intérêt de 1% par an, USD 15 Mio à O. Inc, afin de 

permettre à cette dernière « to finance the working capital of the company 

for further investments and constructions » (pièces MPC 002205_00143ss). 

De plus, le 1er juillet 2017, un « loan agreement » a été conclu entre A. Ltd 

et la société P., avec siège dans le pays Z. (pièces MPC 002205_00154). Le 

prêt concédé est de USD 10 Mio avec intérêts à 1% par an, afin que de 

permettre à la société P. « to finance the working capital of the company for 

further lnvestments and constructions ». Le 27 février 2017, un autre « loan 

agreement» a été conclu entre A. Ltd et la société Q. (MPC 002205_00150). 

Ce prêt concerne quant à lui un montant de USD 1 Mio à un intérêt de 1% 

par an (pièce MPC 002205_00151). Un contrat de « loan agreement » a été 

- 15 - 

 

 

également conclu le 30 juin 2019, entre A. Ltd et E. Ltd (pièce MPC 

002205_00118). Selon ledit contrat, A. Ltd s’engage à prêter à un taux 

d’intérêt de 0% USD 12 Mio à E. Ltd (pièces MPC 002205_00118ss). Lesdits 

fonds auraient pour objectif de permettre à E. Ltd « to finance the working 

capital of the company for further investments and projects » (pièce MPC 

002205_00118). 

Par ailleurs, la documentation relative au compte objet de la présente 

décision révèle que celui-ci a reçu entre les 25 mars 2014 et 27 avril 2017, 

12 versements pour un montant total de USD 15’144'000.-- depuis la relation 

détenue par E. Ltd (pièces MPC 002205_00298; 002205_00299; 

002205_00303; 002205_00304; 002205_00306; 002205_00308; 

002205_00309; 002205_00311). Le motif des versements indique « transfer 

within same project », « funds transfer within one holding », ainsi que « 

transfer within same holding ». La recourante invoque différents motifs à ces 

transferts. Ces développements relèvent toutefois de l'argumentation à 

décharge sur le fond de la procédure étrangère, laquelle, de jurisprudence 

constante, n'a pas sa place dans le cadre de la procédure d'entraide (ATF 

132 II 81 consid. 2.1 et les arrêts cités; arrêt du Tribunal pénal fédéral 

RR.2011.82 du 21 juin 2011 consid. 3.3.2/c; RR.2007.183 du 21 février 2008 

consid. 3; RR.2007.118 du 30 octobre 2007 consid. 5.1). Il n'appartient en 

effet pas à la Cour de céans dans le cadre de la procédure d'entraide, de se 

substituer au juge du fond de l'Etat requérant et apprécier si les accusations 

proférées sont fondées ou non. Il faudra donc que la recourante les invoque 

devant le juge étranger.      

De plus, durant la période allant de 2016 à 2021 des virements importants 

ont eu lieu entre la relation de A. Ltd et celles de H., O. Inc, la société Q. et 

la société P. Ces flux de fonds sont intervenus à des intervalles très 

rapprochés pour des montants conséquents. Ainsi en 2016, E, Ltd a reçu 

USD 10 Mio et le 20 décembre de la même année a versé USD 7.8 Mio à A. 

Ltd (pièce MPC 002205_00309).  

6.2.2 N’en déplaise à la recourante ces divers éléments suffisent amplement à 

conclure que l’intégralité des documents concernés (y compris le KYC ou les 

documents d’ouverture des comptes) sont pertinents pour l’enquête de 

l’autorité requérante. Ils permettront à cette dernière d’éclaircir l’ensemble 

des circonstances entourant les versements effectués par E. Ltd ainsi que 

leur provenance éventuelle, leur destination finale et l’arrière-plan 

économique les concernant. L’autorité requérante pourra ainsi également 

d’obtenir une vision plus complète du schéma potentiel du blanchiment 

d’argent mis en place. Il faut aussi ajouter que même si la recourante pourrait 

ne pas être prévenue dans l’enquête hollandaise, il n’en demeure pas moins 

qu’elle est citée dans la demande d’entraide. En outre, la documentation en 

- 16 - 

 

 

question a été expressément requise comme étant d’intérêt par les 

représentants de l’autorité étrangère lors de leur venue en Suisse. Enfin, 

compte tenu du laps de temps durant lequel les paiements suspects ont eu 

lieu, entre 2014 et 2021, la documentation querellée qui porte sur la période 

allant du 1er janvier 2014 au 16 mars 2021 rentre tout à fait dans une fenêtre 

temporelle légitime au regard de l’utilité potentielle.  

6.3 Partant, le grief de la recourante est écarté. 

 

 

7. Ensuite, sous le chapeau d’une violation du principe de la proportionnalité, 

la recourante invoque le risque que divers documents devant être transmis 

pourraient se retrouver au pays Y. entre les mains de personnes voulant les 

utiliser pour faire pression sur elle ainsi que sur son ayant droit économique 

et les menacer.  

7.1 Au-delà du fait qu’ainsi qu’évoqué ci-dessus, lesdits documents sont 

pertinents pour l’autorité requérante, par ce grief, la recourante sous-entend 

implicitement que les autorités hollandaises pourraient ne pas respecter le 

principe de la spécialité. Il y a lieu de relever à ce sujet que selon la 

jurisprudence, le principe de la spécialité (art. 67 al. 1 EIMP), est présumé 

en faveur des Etats liés à la Suisse par une convention ou un traité. En 

pareille hypothèse, l'Etat requis doit rendre l'Etat requérant attentif au respect 

du principe de la spécialité, mais il n'a pas à lui demander de garanties 

préalables (ATF 115 Ib 373 consid. 8; 107 Ib 264 consid. 4b et les références 

citées; arrêt du Tribunal fédéral 1A.76/2000 du 17 avril 2000 consid. 3c; arrêt 

du Tribunal pénal fédéral RR.2009.358-359 du 15 avril 2010 consid. 7.1).  

7.2 Or, en l’occurrence, l’autorité d’exécution a expressément rappelé la réserve 

de la spécialité dans la décision attaquée (act. 1.1). Les craintes que la 

recourante formule quant au fait que les données transmises se retrouveront 

au pays Y. relèvent bien davantage du procès d'intention et rien ne permet 

de douter que la réserve de la spécialité sera respectée par l’Etat requérant. 

En outre, ainsi que le souligne le MPC, l’hypothèse – non avérée en l’espèce 

– que les autorités requérantes puissent éventuellement utiliser les 

informations transmises pour motiver une demande d’entraide au pays Y. 

est en tout état de cause compatible avec le principe de la spécialité (arrêt 

du Tribunal pénal fédéral RR.2011.93 du 28 juin 2011 consid. 3.2). 

7.3 Mal fondé, ce grief est écarté. 

 

 

8. Enfin, la recourante requiert un caviardage plus extensif que celui opéré par 

le MPC (act. 1 nos 58 ss). Elle sollicite en effet l’anonymisation des 

- 17 - 

 

 

informations personnelles qui figurent dans le document KYC notamment 

quant à qui détient les sociétés M. ou N. ainsi que les flux en résultant. Elle 

soutient qu’il doit en être de même des indications relatives au parcours 

professionnel de son ayant droit économique ainsi que de tous les chiffres, 

montants de la fortune et revenus figurant dans les documents à transmettre. 

Selon elle, tel devrait en outre également être le cas de tous les contrats qui 

apparaissent dans les documents saisis dans la mesure où leur divulgation 

pourrait entraîner des mesures de rétorsion pour elle et son ayant droit 

économique au pays Y.  

8.1 La recourante ne peut être suivie. De fait, il lui appartenait de démontrer pour 

ces différents aspects, outre l'absence de lien vraisemblable avec l'infraction 

proprement dite, l'existence d'un intérêt spécifique à éviter une divulgation, 

qui l'emporterait sur l'intérêt de l'autorité requérante à pouvoir se livrer à un 

examen d'ensemble de la gestion du compte (arrêt du Tribunal fédéral du 

26 janvier 2007 consid. 2). Outre ses objections de principe à la 

transmission, à cause du risque hypothétique que ces données se retrouvent 

au pays Y., la recourante ne fournit pas une telle argumentation de détail, de 

sorte que son grief doit être écarté. Certes, on peut comprendre qu’elle ne 

souhaite pas que les montants sur ses comptes bancaires fassent partie des 

indications dévoilées. Toutefois, elle échoue à démontrer en quoi ces 

informations ne seraient pas pertinentes pour l’autorité requérante, laquelle 

est en droit d’obtenir un maximum d’informations lui permettant de mieux 

appréhender le fonctionnement de la recourante ainsi que celui des 

différentes sociétés avec lesquelles elle était en relation, y compris des 

cheminements des flux financiers entre les différents comptes de ces 

dernières. En outre, l’argument avancé par la recourante que dites 

informations pourraient être utilisées à mauvais escient est trop général et 

hypothétique pour convaincre. Ce faisant, elle ne permet pas de procéder à 

la pesée des intérêts. Il n’est dès lors pas possible à la Cour de céans 

d’apprécier l’opportunité d’un tel caviardage.  

8.2 Il s’ensuit que, mal fondé, ce grief doit être rejeté. 

 

 

9. Au vu des considérants qui précèdent, le recours est rejeté. 

 

 

10. En règle générale, les frais de procédure comprenant l'émolument d'arrêt, 

les émoluments de chancellerie et les débours sont mis à la charge de la 

partie qui succombe (art. 63 al. 1 PA, applicable par renvoi de l'art. 39 al. 2 

let. b LOAP). Le montant de l'émolument est calculé en fonction de l'ampleur 

et de la difficulté de la cause, de la façon de procéder des parties, de leur 

situation financière et des frais de chancellerie (art. 73 al. 2 LOAP; art. 8 al. 3 

- 18 - 

 

 

du règlement du Tribunal pénal fédéral du 31 août 2010 sur les frais, 

émoluments, dépens et indemnités de la procédure pénale fédérale [RFPPF; 

RS 173.713.162] et art. 63 al. 5 PA). Compte tenu de l'issue du litige, les 

frais du présent arrêt, fixés à CHF 5'000.--, réputés couverts par l'avance de 

frais acquittée, seront mis à la charge de la recourante. 

 

- 19 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Le recours est rejeté. 

 

2. Un émolument de CHF 5’000.--, réputé couvert par l’avance de frais acquittée, 

est mis à la charge de la recourante. 

 

 

Bellinzone, le 4 mars 2024 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le président: La greffière:  

 

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Me Kurt U. Blickenstorfer, avocat  

- Ministère public de la Confédération 

- Office fédéral de la justice, Unité Entraide judiciaire 

 

Indication des voies de recours 

Le recours contre une décision en matière d’entraide pénale internationale doit être déposé devant 
le Tribunal fédéral dans les 10 jours qui suivent la notification de l’expédition complète (art. 100 al. 1 
et 2 let. b LTF). Les mémoires doivent être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal 
fédéral soit, à l’attention de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou 
consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF). En cas de transmission électronique, le moment déterminant 
pour l’observation d’un délai est celui où est établi l’accusé de réception qui confirme que la partie a 
accompli toutes les étapes nécessaires à la transmission (art. 48 al. 2 LTF). 
 
Le recours n’est recevable contre une décision rendue en matière d’entraide pénale internationale 
que s’il a pour objet une extradition, une saisie, le transfert d’objets ou de valeurs ou la transmission 
de renseignements concernant le domaine secret et s’il concerne un cas particulièrement important 
(art. 84 al. 1 LTF). Un cas est particulièrement important notamment lorsqu’il y a des raisons de 
supposer que la procédure à l’étranger viole des principes fondamentaux ou comporte d’autres vices 
graves (art. 84 al. 2 LTF).