# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 81a13970-e43f-5975-bc53-2a9a39f9d701
**Source:** Neuchâtel (NE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2006-09-27
**Language:** fr
**Title:** Neuchâtel Tribunal Cantonal Cour de cassation pénale 27.09.2006 CCP.2006.52 (INT.2006.134)
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/NE_Omni/NE_TC_003_CCP-2006-52_2006-09-27.html

## Full Text

Réf. : CCP.2006.52/cab

A.                                        
Par
jugement du 23 mars 2006, le Tribunal de police du district de
La Chaux-de-Fonds a condamné L. à 500 francs d'amende et au paiement des frais de la cause arrêtés à
130 francs; il a dit que la peine précitée était partiellement complémentaire à
celle prononcée le 2 juin 2004 par le Ministère public du Canton de Neuchâtel.
Le premier juge a retenu que L. avait déployé une activité en tant
qu'indépendante dans le Magasin X. à La Chaux-de-Fonds de février 2004 à juin
2005, sans s'annoncer auprès d'une caisse de compensation. La prénommée avait
ainsi transgressé les articles 87 al.2 et 88 LAVS, 2 et 70 LAI, 2, 6 et 106
LACI. Le juge de première instance a estimé que L. ayant été, selon les
explications fournies en audience, à la tête d'une société qui gérait un bar,
une boutique et un restaurant, elle avait eu diverses possibilités de connaître
les arcanes du système administratif. Dans le doute, il lui appartenait de
s'informer. 

B.                                        
L. se pourvoit en cassation contre ce
jugement en invoquant la fausse application de la loi et l'arbitraire au sens
de l'article 242 CPP.
La recourante fait valoir qu'elle pensait ne devoir s'annoncer auprès
d'une caisse de compensation que si elle avait réalisé un bénéfice et qu'elle
aurait dû dès lors être exemptée de toute peine pour erreur de droit au sens de
l'article 20 CP. 

C.                                        
La présidente suppléante du Tribunal de police du district de La Chaux-de-Fonds ne
formule par d'observations et s'en remet quant aux conclusions du pourvoi. Le
Ministère public renonce à formuler des observations et conclut au rejet du
pourvoi.

C O N S I D E R A N T

en droit

1.                                         
Interjeté
dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le pourvoi est recevable.

2.                                         
Déterminer
ce que l'auteur d'une infraction a su, cru, voulu ou accepté et, en
particulier, l'existence d'une erreur relève de l'établissement des faits. La
connaissance ou la prise de conscience par l'auteur du caractère illicite de
son comportement relève donc des faits. La conviction erronée qu'un
comportement donné est licite constitue une erreur de droit au sens de
l'article 20 CP. La possibilité théorique
d'apprécier correctement la situation ne suffit pas à exclure l'application de
cette disposition. Ce qui est déterminant, c'est de savoir si l'erreur de
l'auteur peut lui être reprochée, comme l'exprime la loi en exigeant que
l'auteur ait eu "des raisons suffisantes" de se croire en droit
d'agir. Une raison de se croire en droit d'agir est suffisante lorsqu'aucun
reproche ne peut être adressé à l'auteur du fait de son erreur, parce que
celle-ci provient de circonstances qui auraient pu induire en erreur tout homme
consciencieux. L'erreur de droit ne saurait être admise lorsque l'auteur
doutait lui-même ou aurait dû douter de la licéité de son comportement ou
lorsqu'il savait qu'une réglementation juridique existait, mais qu'il a négligé
de s'informer suffisamment à ce sujet. Elle est de même exclue lorsque
l'autorité a expressément attiré l'attention de l'auteur sur la situation
juridique ou lorsque celui-ci passe outre à des directives de l'autorité (ATF
du 5.5.2000, 6S.134/2000
et les références jurisprudentielles citées). 

3.                                         
En
l'espèce, il résulte du jugement rendu en première instance que la recourante
vit en Suisse depuis 14 ans et que, selon ses dires en audience, elle a été à
la tête d'une société qui gérait un bar, une boutique et un restaurant. C'est
dès lors à juste titre que le juge de première instance a estimé que la
recourante avait eu ainsi diverses possibilités de se familiariser avec les
arcanes du système administratif. La recourante ne démontre nullement qu'elle
aurait eu des raisons suffisantes de croire qu'elle n'avait pas l'obligation de
s'affilier auprès d'une caisse de compensation, du fait qu'elle réalisait un
bénéfice d'exploitation pratiquement nul. Au vu de la longue durée de sa
résidence en Suisse et de ses activités commerciales antérieures, on doit
admettre qu'il lui appartenait, dans le doute, de se renseigner auprès de
l'autorité ou d'une personne compétente quant aux démarches administratives à accomplir
pour être en règle dans sa situation de gérante indépendante d'une boutique.
Mal fondé, le pourvoi doit être rejeté.

4.                                         
Les
frais judiciaires seront mis à la charge de la recourante qui succombe. 

Par ces motifs,

LA COUR DE CASSATION PENALE

1.     
Rejette le
pourvoi.

2.     
Condamne la
recourante aux frais judiciaires arrêtés à 480 francs.

Neuchâtel, le 27 septembre 2006

 

Art. 20 CP

Erreur de droit

La peine pourra être atténuée  librement par le juge (art.66) à l'égard de
celui qui a commis un crime ou un délit alors qu'il avait des raisons
suffisantes de se croire en droit d'agir. Le juge pourra aussi exempter le
prévenu de toute peine.