# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 2283b275-d666-5e75-9bfe-91ed56f57fb0
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2013-06-18
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 18.06.2013 BP.2013.43
**Docket/Reference:** BP.2013.43
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_BP-2013-43_2013-06-18

## Full Text

Effet suspensif (art. 387 CPP).;;Effet suspensif (art. 387 CPP).;;Effet suspensif (art. 387 CPP).;;Effet suspensif (art. 387 CPP).

Ordonnance du 18 juin 2013  
Cour des plaintes 

Composition  Le juge pénal fédéral Patrick Robert-Nicoud,  

rapporteur, 

la greffière Clara Poglia  

   
 

Parties 

  

A., 

 

B. LTD, 

 

C. LTD, 

 

D. LTD, 

 

E. LTD, 

 

tous représentés par Me Christoph Steffen, avocat,  

requérants 

 

 contre 

   

MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION, 

intimé 

 

Objet  Effet suspensif (art. 387 CPP) 

 
 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

 

Numéros de dossiers:  BP.2013.43-47 

(Procédures principales:BB.2013.64 -68) 

 

 

 

 

- 2 - 

 

 

Le juge rapporteur, vu: 

 

la plainte du 28 janvier 2011 déposée par la société F. Ltd  auprès du Mi-

nistère public de la Confédération (ci-après: MPC), 

 

la procédure pénale contre inconnus, référencée SV.11.0049, ouverte de 

ce fait le 3 mars 2011 du chef de blanchiment d'argent (art. 305
bis

 CP) , 

 

le courrier du 15 avril 2013 adressé par le MPC à Me Christoph Steffen, 

conseil de A., B. Ltd, C. Ltd, D. Ltd et E. Ltd, tiers saisis dans le cadre de la 

procédure susmentionnée (act. 1.2), 

 

les indications données dans cet écrit par ladite autorité selon lesquelles, 

d'une part, la qualité de partie plaignante de F. Ltd avait été reconnue et, 

d'autre part, l'accès au dossier de la procédure lui avait été conféré, en ap-

plication des art. 102 ss CPP, avec comme restriction le devoir d'utiliser les 

informations ainsi obtenues uniquement dans le cadre de l'instruction s'y 

rapportant, 

 

le recours du 29 avril 2013 interjeté par les tiers saisis précités à l'encontre 

de cette communication, concluant, sous suite de frais et dépens, principa-

lement, à ce que la qualité de partie plaignante de F. Ltd lui soit retirée et, 

subsidiairement, à ce que l'accès au dossier lui soit refusé (BB.2013.64-68, 

act. 1), 

 

le courrier datant du 22 mai 2013 adressé par le MPC au conseil susmen-

tionné informant celui-ci de ce que F. Ltd avait été autorisée à consulter un 

certain nombre de pièces supplémentaires concernant les recourants 

(act. 1.1), 

 

l'écrit transmis par ces derniers à la Cour de céans en date du 3 juin 2013 

et par lequel ils ont formulé des conclusions additionnelles tendant, princi-

palement, à ce qu'il soit fait interdiction à F. Ltd d'avoir accès aux pièces du 

dossier qui les concernent, ou, subsidiairement, aux pièces indiquées dans 

le courrier du MPC du 22 mai 2013 précité, jusqu'à l'entrée en force de la 

décision à rendre dans le cadre de la présente procédure de recours 

(act. 1), 

 

l'invitation à s'exprimer faite par la Cour de céans au MPC et à F. Ltd, vi-

sant à obtenir leur prise de position sur l'éventuelle attribution de l'effet 

suspensif à la procédure de recours dans la mesure où celle-ci concernait 

la consultation du dossier (act. 2), 

 

- 3 - 

 

 

la détermination du 10 juin 2013 déposée par le MPC selon laquelle cette 

autorité indiquait ne pas s'opposer à l'octroi d'un tel effet (act. 3), 

 

l'intervention de F. Ltd du 11 juin 2013 sollicitant le rejet de la requête  

(act. 4), 

 

 

 

et considérant: 

 

que, quand bien même elle ne le formule pas expressément, la requête des 

recourants vise à obtenir l'octroi de l'effet suspensif; 

 

que selon l’art. 387 CPP, les voies de recours n’ont pas d’effet suspensif 

sauf si la direction de la procédure de l’autorité de recours en décide au-

trement (arrêt du Tribunal fédéral 1B_258/2011 du 24 mai 2011, 

consid. 2.3); 

 

 que le but premier de l’effet suspensif est le maintien d’un état qui garantit 

l’efficacité de la décision ultérieure, quel que soit son contenu; 

 

 que l’octroi ou le refus de l’effet suspensif dépend de la pesée des intérêts 

en présence et doit être fonction de chaque cas d’espèce (ATF 107 Ia 269 

consid. 1); 

 

 que l'attribution de l'effet suspensif ne saurait avoir pour conséquence de 

compromettre l'efficacité de la mesure ordonnée, la décision à rendre ne 

devant pas être anticipée ou rendue impossible (BÖSCH, Die Anklagekam-

mer des Schweizerischen Bundesgerichts [Aufgaben und Verfahren], thèse 

Zurich 1978, p. 87);  

 

que selon la jurisprudence et la doctrine, il appartient au requérant de dé-

montrer qu'il est sur le point de subir un préjudice important et – sinon irré-

parable – à tout le moins difficilement réparable (cf. notamment les ordon-

nances présidentielles du Tribunal pénal fédéral BP.2010.6 et BP.2010.18-

23 des 10 février et 11 juin 2010; JdT 2008 IV 66, n° 312 p. 161; CORBOZ, 

Commentaire de la LTF, Berne 2009, n° 28 et 29 ad art. 103); 

 

qu'en l'espèce, il y a lieu de distinguer cette requête en tant qu'elle porte 

sur l'accès à des pièces pour lesquelles la consultation a déjà eu lieu ou 

sur des pièces pour lesquelles celle-ci n'est pas encore intervenue; 

 

- 4 - 

 

 

qu'il ressort en effet du courrier du MPC du 15 avril 2013 (act. 1.2) et de la 

prise de position de F. Ltd (act. 4) que cette dernière a déjà pu consulter le 

dossier et avoir accès à une partie de la documentation concernant les re-

courants; 

 

que de ce fait, la demande d'effet suspensif apparaît, à l'égard de ces piè-

ces, vidée de son contenu et partant sans objet; 

 

qu'elle résulte au contraire relevante en ce qui concerne la documentation 

n'ayant pas encore été examinée par F. Ltd, soit, vraisemblablement, celle 

mentionnée dans l'écrit du MPC du 22 mai 2013 (act. 1.1); 

 

que la partie plaignante allègue que les recourants auraient omis de dé-

montrer l'existence d'un préjudice irréparable; 

 

qu'indépendamment de cette question, il sied de relever que le fait de ne 

pas octroyer l'effet suspensif à ce volet du recours serait susceptible de pri-

ver de substance celui-ci dans la mesure où il porte sur l'accès aux pièces 

litigieuses; 

 

que les documents concernés se réfèrent en partie à des informations cou-

vertes par le secret bancaire des recourants (act. 1.1); 

 

que le MPC indique au surplus ne pas s'opposer à l'attribution dudit effet; 

 

qu'au vu des éléments qui précèdent il y a lieu d'admettre la requête des 

recourants s'agissant des pièces qui n'auraient pas encore été visionnées 

par F. Ltd; 

 

que compte tenu de son intérêt dans la procédure, la présente est notifiée 

à F. Ltd également; 

 

que les frais suivront le sort de la cause au fond. 

 

- 5 - 

 

 

Ordonne: 

 

1. La demande d'effet suspensif est sans objet dans la mesure où elle concer-

ne les documents versés au dossier de la procédure pénale SV.11.0049 déjà 

consultés par la partie plaignante. 

 

2. La demande d'effet suspensif est admise dans la mesure où elle concerne 

l'accès de la partie plaignante à des pièces du dossier de la procédure 

SV.11.0049 qui n'auraient pas encore été consultées par celle-ci. 

 

3. Le sort des frais suivra celui de la cause au fond. 

 

 

Bellinzone, le 18 juin 2013 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le juge rapporteur: La greffière:  

 

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Me Christoph Steffen, avocat 

- Ministère public de la Confédération  

- Me Daniel Tunik, avocat  

 

 

Indication des voies de recours 

Cette ordonnance n’est pas sujette à recours.