# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** ad9e93ab-8a68-51c7-b2e9-f08798f7142b
**Source:** Bern Gerichte (BE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-12-06
**Language:** fr
**Title:** Bern Obergericht Beschwerdekammer in Strafsachen 06.12.2022 BK 2022 342
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/BE_ZivilStraf/BE_OG_008_BK-2022-342_2022-12-06.pdf

## Full Text

Cour suprême
du canton de Berne

Chambre de recours pénale 

Obergericht
des Kantons Bern

Beschwerdekammer in 
Strafsachen

Décision
BK 22 342

Hochschulstrasse 17
Case postale
3001 Berne
Téléphone +41 31 635 48 13
Fax +41 31 634 50 55
coursupreme-penal.berne@justice.be.ch
www.justice.be.ch/coursupreme Berne, le 6 décembre 2022

Composition Juges d’appel J. Bähler (Président), Schmid et Gerber
Greffière Rubin-Fügi

Participants à la procédure A.________
prévenu/recourant

Parquet général du canton de Berne, Nordring 8, 3001 Berne

Objet validité de l'opposition

procédure pénale pour dommages à la propriété et voies de fait

recours contre la décision du Tribunal régional Jura bernois-
Seeland, Agence du Jura bernois, du 19 juillet 2022 (PEN 22 158)

2

Considérants:

1.

1.1 Par ordonnance pénale du 4 février 2022, A.________ (ci-après : prévenu ou 
recourant) a été reconnu coupable de dommages à la propriété et voies de faits. Il 
a été condamné à une peine-pécuniaire de 10 jours-amende au taux journalier de 
CHF 30.00, soit CHF 300.00, à une amende additionnelle de CHF 200.00, ainsi 
qu’à une amende de CHF 300.00, plus émoluments de CHF 500.00 (BJS 21 
28762). L’ordonnance pénale précitée a été notifiée au recourant sous pli 
recommandé le 14 février 2022. Le 28 février 2022 (date du cachet postal), le 
recourant a formé opposition contre cette ordonnance pénale auprès du Ministère 
public, Jura bernois-Seeland (ci-après : Ministère public). Le 4 mars 2022, le 
Ministère public a informé le prévenu qu’il estimait que l’opposition était tardive et a 
transmis le dossier au Tribunal régional Jura bernois-Seeland (ci-après : Tribunal 
régional) en vue de l’examen de la validité de l’opposition. Par ordonnance du 
14 mars 2022, le Tribunal régional a imparti un délai de 10 jours au prévenu pour 
prendre position par écrit sur la question du respect du délai de l’opposition. Par 
courrier du 15 mars 2022, le prévenu a confirmé son opposition, en relevant 
toutefois qu’elle s’avérait tardive. Par décision du 6 avril 2022, le Tribunal régional 
a indiqué que l’opposition du prévenu était tardive, suite à quoi le prévenu a, en 
date du 22 avril 2022, fait valoir avoir été en incapacité de répondre pour des 
raisons médicales et a déposé à cet appui un certificat médical faisant état d’une 
incapacité de travail du 24 mars 2022 au 30 avril 2022. Le 3 mai 2022, le Tribunal 
régional a imparti un délai au prévenu afin qu’il précise si son courrier devait être 
interprété comme un recours contre la décision du 6 avril 2022. Le prévenu n’a pas 
réagi dans le délai et le dossier a été restitué au Ministère public. Par courrier du 
20 mai 2022, le prévenu a fait valoir auprès du Tribunal régional qu’il était toujours 
en incapacité de travail et que son courrier du 15 mars 2022 était une réponse à 
l’ordonnance du Ministère public du 4 mars 2022 et non à l’ordonnance du Tribunal 
régional du 14 mars 2022, dont la notification n’est intervenue que le 22 mars 2022. 
En date du 8 juin 2022, le Tribunal régional a restitué au prévenu le délai de 10 
jours pour prendre position concernant la validité de l’opposition et a annulé la 
décision du 6 avril 2022. Cette ordonnance lui a été notifiée le 30 juin 2022 par la 
Ville B.________. Le 27 mai 2022, le prévenu a déposé un nouveau certificat 
médical indiquant une période d’incapacité du 1er mai 2022 au 15 mai 2022, puis 
un courrier en date du 22 juin 2022, par lequel il a déclaré faire opposition contre 
l’ordonnance pénale du Ministère public. Le 15 juillet 2022, il a déposé un nouveau 
certificat médical portant sur une période d’incapacité de travail du 28 juin 2022 au 
31 juillet 2022. 

Par décision du 19 juillet 2021, le Tribunal régional a constaté que l’opposition du 
prévenu contre l’ordonnance pénale BJS 2021 28762 du Ministère public du 4 
février 2022 avait été formée tardivement et n’était donc pas valable. Il n’est donc 
pas entré en matière sur l’opposition pour cause de tardiveté. En outre, le Tribunal 
régional a constaté que l’ordonnance pénale précitée avait acquis force de chose 
jugée. 

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1.2 Par courrier du 12 août 2022 et annexes (reçus le 15 août 2022), le recourant a 
formé recours contre la décision du 19 juillet 2021 du Tribunal régional.

1.3 Par ordonnance du 17 août 2022 du Président de la Chambre de recours pénale, 
une procédure de recours a été ouverte et un délai de 20 jours a été imparti au 
Parquet général ainsi qu’au Tribunal régional pour prendre position. 

1.4 Par courrier du 18 août 2022, le Tribunal régional a renoncé à prendre position. 

1.5 Par courrier 6 septembre 2022, le Parquet général a également renoncé à prendre 
position, considérant que l’opposition du recourant provenait du Tribunal régional et 
qu’elle était manifestement tardive. 

1.6 Par ordonnance du 7 septembre 2022, le Président de la Chambre de recours 
pénale a transmis aux parties les correspondances du Tribunal régional et du 
Parquet général, ainsi que renoncé à un second échange d’écritures, avertissant 
les parties que d’éventuelles remarques étaient à déposer immédiatement.

2.

2.1 Aux termes de l’art. 393 al. 1 let. b CPP, le recours est recevable contre les 
ordonnances, les décisions et les actes de procédure des tribunaux de première 
instance, dans la mesure où ils ne sont pas des jugements (art. 80 CPP) et qu’ils 
ne sont pas susceptibles d’appel (art. 394 let. a CPP). La décision querellée par 
laquelle le Tribunal régional a déclaré que l’opposition du prévenu était tardive ne 
statue pas sur la culpabilité du prévenu, raison pour laquelle il ne s’agit pas d’un 
jugement. Elle met par ailleurs fin à l’instance pour le prévenu puisque faute 
d’opposition formée valablement, l’autorité inférieure a constaté l’entrée en force de 
chose jugée de l’ordonnance pénale. Le prévenu est donc directement atteint dans 
ses intérêts juridiquement protégés (art. 382 CPP) et il y a dès lors lieu d’entrer en 
matière sur le recours qui a été déposé dans les formes et les délais. En effet, la 
décision attaquée a été notifiée au prévenu le 4 août 2022 et le recours a été remis 
à la Poste par courrier recommandé le 12 août 2022, soit dans les 10 jours suivant 
la notification de la décision du Tribunal régional du 19 juillet 2022. 

2.2 En l’espèce, le recourant ne conteste pas la tardiveté de son opposition auprès du 
Ministère public, mais fait valoir qu’il a maintenu son opposition auprès du Tribunal 
régional, comme il l’avait indiqué expressément dans son courrier du 20 mai 2022, 
et que son état de santé physique ne lui avait pas permis de suivre correctement la 
procédure auprès du Tribunal régional. A cet égard, il expose avoir souffert d’une 
maladie contractée au mois d’avril 2022, lui provoquant des douleurs et l’obligeant 
à prendre de nombreux médicaments, ce qui avait altéré ses « facultés morales » 
pour « bien rédiger des courriers ». Il a précisé que s’il avait été certes capable 
d’adresser quelques missives à ladite autorité, cela était dû à son état de santé qui 
s’était brièvement amélioré entre les diverses périodes d’incapacité de travail, 
attestées par certificats médicaux fournis à l’appui. Le recourant a précisé qu’il 
disposait à présent de toutes ses facultés pour assurer sa défense et demandé à 
ce que l’opportunité lui soit donnée d’effectuer sa défense de manière raisonnable. 
Il est enfin revenu sur les faits à l’origine de l’ordonnance pénale du Ministère 
public, concluant en substance que même si son opposition avait été formée 

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tardivement, cela ne signifiait pas encore qu’il était coupable des faits reprochés. Il 
a joint à son courrier trois certificats médicaux portant sur des périodes d’incapacité 
de travail du 24 mars 2022 au 30 avril 2022, 1er mai 2022 au 15 mai 2022 et 28 juin 
2022 au 31 juillet 2022, ainsi qu’un courrier adressé au Tribunal régional en date 
du 20 mai 2022.  

2.3 Il convient ainsi tout d’abord de relever que le recours de A.________ est 
irrecevable en ce qui concerne le bien-fondé de l’ordonnance pénale du 
4 février 2022 du Ministère public, dont il conteste les faits et sa condamnation. 
Seule la question de la validité de l’opposition à ladite ordonnance pénale, en 
particulier celle du respect du délai de dix jours, sera examinée dans la présente 
procédure, la Chambre de céans n’étant pas compétente pour se saisir du fond de 
l’affaire. 

3.

3.1 Aux termes de l’art. 354 al. 1 let. a CPP, le prévenu peut former opposition contre 
l’ordonnance pénale devant le ministère public, par écrit et dans les dix jours dès la 
notification de l’ordonnance pénale. Les délais fixés en jours commencent à courir 
le jour qui suit leur notification ou l’évènement qui les déclenche (art. 90 al. 1 CPP). 
En tant que délai légal, le délai d’opposition de 10 jours ne peut pas être prolongé 
(art. 89 al. 1 CPP). Le délai est réputé observé si l'acte de procédure est accompli 
auprès de l'autorité compétente au plus tard le dernier jour du délai 
(art. 91 al. 1 CPP). Les écrits doivent être remis au plus tard le dernier jour du délai 
à l'autorité pénale, à la Poste suisse, à une représentation consulaire ou 
diplomatique suisse ou, s'agissant de personnes détenues, à la direction de 
l'établissement carcéral (art. 91 al. 2 CPP). 

3.2 Lorsque, à la suite d’une opposition à une ordonnance pénale, le ministère public 
décide de maintenir celle-ci, il transmet sans retard le dossier au tribunal de 
première instance en vue des débats. Le tribunal de première instance statue sur la 
validité de l’ordonnance pénale et de l’opposition (art. 356 al. 1 et 2 CPP). Ainsi 
que l’a expliqué le Tribunal fédéral dans une jurisprudence constante, seul ce 
tribunal est compétent pour statuer sur la validité de l'opposition à l'ordonnance 
pénale (ATF 140 IV 192 consid. 1.3). L'examen de la validité de l'opposition a lieu 
d'office. L'opposition n'est pas valable, entre autres, lorsqu'elle est tardive, c’est-à-
dire lorsqu'elle n'est pas formée dans les dix jours devant le Ministère public (cf. 
art. 354 al. 1 CPP a contrario; ATF 142 IV 201 consid. 2.2 / JdT 2017 IV 80).

3.3 En l’espèce, l’autorité inférieure a considéré que l’opposition du recourant formée le 
28 février 2022 à l’ordonnance pénale du 4 février 2022 était tardive. Or, il est établi 
que la notification de l’ordonnance pénale est intervenue, par courrier 
recommandé, à l’issue du délai de garde de 7 jours, en application de la fiction de 
notification prévue à l’art. 85 al. 4 let. a CPP, soit le 14 février 2022 (D. 24). Partant, 
le délai de 10 jours pour former opposition a commencé à courir le lendemain, soit 
le 15 février 2022 et est arrivé à échéance le 24 février 2022. L’opposition formée 
par le prévenu le 28 février 2022 est ainsi manifestement tardive (D. 25-26). En le 
constatant, le Tribunal régional a correctement appliqué l’art. 354 al. 1 CPP, ce qui 

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n’est pas contesté par le recourant, qui ne prétend pas davantage avoir respecté le 
délai d’opposition de 10 jours de l’art. 354 al. 1 CPP. 

3.4 La seule question qui se pose en l’espèce est ainsi de savoir si le recourant pouvait 
se prévaloir devant le Tribunal régional, comme il le prétend implicitement, d’un 
motif excusable pour ne pas avoir respecté le délai d’opposition de 10 jours. 

Or, force est premièrement de constater que les explications du recourant en lien 
avec ses problèmes de santé et les certificats médicaux attestant de son incapacité 
de travail concernent tous une période subséquente au délai d’opposition devant le 
Ministère public, soit celle se rapportant aux propres délais impartis par le Tribunal 
régional pour prendre position sur la question de la validité de l’opposition. Une 
restitution de ce délai, qui lui a d’ailleurs été accordée par ordonnance du 8 juin 
2022 et non utilisée, n’est partant d’aucune pertinence au regard du délai 
d’opposition devant le Ministère public, qui n’est pas concerné par les périodes 
d’incapacité de travail ayant débuté le 24 mars 2022 pour la première. S’agissant 
spécifiquement du délai d’opposition à l’ordonnance pénale, le recourant ne fait 
valoir aucun motif de restitution, s’étant contenté de soulever devant le Tribunal 
régional qu’il avait mal calculé le délai de 10 jours, en ne tenant pas compte des 
jours de week-ends. De jurisprudence constante, l'ignorance d'une règle ne 
constitue toutefois pas une excuse valable pour consentir à une restitution de délai, 
peu importe que le recourant ne soit pas versé dans le domaine juridique (ATF 103 
IV 131 consid. 2 p. 133). A cela s’ajoute que l’argument de l’empêchement non 
fautif que soulève le recourant pour des raisons médicales relève manifestement 
de la procédure de restitution de délai, applicable lorsqu’une partie a été empêchée 
sans aucune faute de sa part d’observer un délai et qu’elle est de ce fait exposée à 
un préjudice important et irréparable (art. 94 al. 1 CPP). La compétence pour 
statuer sur cette question appartient aussi non pas au Tribunal régional mais au 
Ministère public, auprès duquel une requête aurait dû être déposée dans les 30 
jours à compter de celui où l’empêchement a cessé et l’opposition répétée durant 
ce délai (art. 94 al. 2 CPP). 

Partant, même si on pouvait interpréter les arguments du recourant comme une 
requête de restitution du délai pour former opposition à l’ordonnance pénale, il y a 
lieu de constater que le Tribunal régional n’était de toute manière pas compétent 
pour les examiner.

3.5 C’est donc à bon droit que l'autorité inférieure a constaté que l’opposition formée le 
28 février 2022 par le recourant à l’ordonnance pénale du Ministère public du 
4 février 2022 était tardive et donc non valide. 

3.6 Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable.

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4.

4.1 Les frais de la procédure de recours, comprenant un émolument global de 
CHF 1’200.00, sont mis à la charge du recourant qui succombe, en application de 
l’art. 428 al. 1 CPP. 

4.2 Aucune indemnité ne peut être alloué au recourant, qui n’a pas obtenu gain de 
cause et n’en a d’ailleurs pas réclamée.

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La Chambre de recours pénale décide:

1. Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable.

2. Les frais de la procédure de recours, comprenant un émolument global de 
CHF 1’200.00, sont mis à la charge du recourant.

3. Il n’est pas alloué d’indemnité au recourant.

4. A notifier:
- au prévenu/recourant (par courrier recommandé)
- au Parquet général (par coursier)

A communiquer:
- au Tribunal régional Jura bernois-Seeland, Agence du Jura bernois, Président 

C.________ (avec le dossier – par courrier recommandé)
- au Ministère public Jura bernois-Seeland, Procureur D.________ (par courrier A)
- à E.________ (par courrier A)

Berne, le 6 décembre 2022 Au nom de la Chambre de recours 
pénale
Le Président :

J. Bähler, Juge d'appel

La Greffière :

Rubin-Fügi

Voies de recours
Un recours en matière pénale selon les art. 39 ss, 78 ss et 90 ss de la loi du 17 juin 1995 sur le Tribunal 
fédéral (LTF; RS 173.110) peut être déposé auprès du Tribunal fédéral (Av. du Tribunal fédéral 29, Case 
postale, 1000 Lausanne 14) contre la présente décision dans les 30 jours qui suivent sa notification. Le 
recours doit respecter les exigences de l’art. 42 LTF.

Remarques :
Les envois par fax et par e-mail ordinaire ne sont pas valables et ne sauvegardent pas les délais.
Les envois peuvent se faire à certaines conditions par voie électronique. Vous trouverez des précisions à ce 
propos sur le site internet de la Cour suprême (www.justice.be.ch/coursupreme).
Le numéro du dossier doit figurer sur les envois (BK 22 342).
Les citations, les ordonnances et les décisions sont réputées notifiées lorsque, expédiées par lettre signature, 
elles n’ont pas été retirées dans les sept jours à compter de la tentative infructueuse de remise du pli, si la 
personne concernée devait s’attendre à une telle remise (art. 85 al. 4 let. a CPP). Les instructions particulières 
données à la Poste suisse tels que les ordres de garder le courrier ou les prolongations du délai de retrait n’y 
changent rien. Dans ces cas également l’envoi est réputé notifié le septième jour suivant sa réception par 
l’office postal du lieu du destinataire.