# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 8ad8fa24-fa64-566c-9101-d108d9114b01
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2017-06-01
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 01.06.2017 RR.2017.47
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG/CH_BSTG_001_RR-2017-47_2017-06-01.pdf

## Full Text

Arrêt du 1er juin 2017 
Cour des plaintes 
 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Stephan Blättler, 

président, 

Andreas J. Keller et Giorgio Bomio,  

le greffier David Bouverat  

   

Parties  A., 

représenté par Me Michel De Palma, avocat, 

 

recourant 

  

 contre 

   

  OFFICE FÉDÉRAL DE LA JUSTICE, 

UNITÉ EXTRADITIONS, 

partie adverse 

 

   

Objet  Extradition à l'Italie 

 

Frais de la détention extraditionnelle  

(art. 62 al. 2 EIMP)  

  

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

 

Numéro de dossier: RR.2017.47 

Procédure secondaire : RP.2017.18 

 

 

 

 
 

- 2 - 

 

 

Faits: 

 

A. Le 24 juin 2015, le Ministère de la justice italien a demandé à la Suisse 

l'extradition de A., lequel avait été condamné à une peine de prison de six 

ans par le Tribunal de Reggio Calabria (in: act. 1). 

 

 

B. Le 8 mars 2016, le prénommé a été arrêté en Valais et placé en détention 

extraditionnelle. Il s'est opposé à son extradition à l'Italie par une procédure 

simplifiée (in: act. 1). 

 

 

C. Par décision du 7 juin 2016, l'OFJ a accordé à l'Italie l'extradition de A. (in: 

act. 1). 

 

 

D. L'intéressé a interjeté devant le Tribunal pénal fédéral un recours contre 

cette décision, qu'il a retiré les 26 et 29 juillet 2016 (in: act. 1). 

 

 

E. Le 4 août 2016, l'OFJ a ordonné le blocage de plusieurs comptes détenus 

par A. auprès de la banque B. de Z. (VS), pour un montant total de 

CHF 25'693.09 (in: act. 1).  

 

 

F. Le 5 août 2016, l'intéressé a été extradé à l'Italie (in: act. 1). 

 

 

G. Par décision du 19 janvier 2017, l'OFJ a ordonné la confiscation des avoirs 

précédemment bloqués, afin de couvrir les frais liés à la détention 

extraditionnelle de A., qui s'élevaient à CHF 33'960.40 (in: act. 1). 

 

 

H. Par mémoire du 22 février 2017, assorti d'une demande d'assistance 

judiciaire, A. interjette un recours devant la Cour de céans contre cette 

décision, dont il demande l'annulation. Il conclut au déblocage des fonds 

dont la confiscation a été ordonnée (act. 1). 

 

 

I. L'OFJ conclut au rejet du recours, tandis que l'OFJ persiste dans ses 

conclusions (act. 4 et 6). 

 

 

- 3 - 

 

 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris, 

si nécessaire, dans les considérants en droit. 

 

 

 

La Cour considère en droit: 

 

1.  

1.1 Rendue en première instance par une autorité fédérale, la décision peut être 

déférée devant la Cour de céans (art. 25 al. 1 EIMP). 

 

1.2 Aux termes de l'art. 80h let. b EIMP, a qualité pour recourir en matière 

d'entraide quiconque est personnellement et directement touché par une 

mesure d'entraide et a un intérêt digne de protection à ce qu'elle soit annulée 

ou modifiée. Tel est le cas du recourant, en sa qualité de propriétaire des 

fonds dont la confiscation a été ordonnée dans l'acte entrepris. 

 

1.3 Le recours, formé en temps utile, est donc recevable. 

 

 

2.  

2.1 La décision entreprise a été rendue en application de l'art. 62 al. 2 EIMP. 

2.2 Aux termes de l'art. 62 EIMP, la Confédération assume les frais de détention 

et de transport en matière d'extradition à l'étranger, en tant qu'ils incombent 

à l'Etat requis selon les usages consacrés dans les rapports 

internationaux  (al. 1). Les biens de la personne poursuivie peuvent être 

affectés à la couverture des frais, à moins qu'ils ne doivent être remis à l'Etat 

requérant (al. 2). 

 

 

3. Le recourant soutient que les biens litigieux ne peuvent pas être saisis dès 

lors qu'ils constituent des avoirs du troisième pilier. Une telle limitation ne 

ressort ni du texte légal, ni de la jurisprudence ou de la doctrine topiques. 

Par ailleurs, l'OFJ n'aurait pas prouvé le montant des frais liés à son 

extradition; cette affirmation tombe à faux, dès lors que l'autorité en question 

a produit devant la Cour de céans des documents ad hoc (act. 4.1, 4.5, 4.6, 

4.10, 4.11 et 4.12). A relever que l'art. 62 al. 2 EIMP ne subordonne pas la 

confiscation des biens à l'existence d'un lien entre ceux-ci et une infraction, 

quoi qu'en dise le recourant (SAGER, in Commentaire bâlois, Internationales 

Strafrecht, 2015, n° 3 ad art. 62 EIMP et les références citées). Enfin, le fait 

que le recourant a été acquitté par les tribunaux italiens après son 

extradition, respectivement les considérations développées par l'intéressé 

- 4 - 

 

 

au sujet de l'art. 59 EIMP (remise d'objets ou de valeurs) sont dénuées de 

pertinence dans le cadre du présent litige. 

 

 

4. Ce qui précède conduit au rejet du recours. 

 

 

5.  

5.1 Le recourant demande l'octroi de l'assistance judiciaire gratuite. 

 

5.2 Après le dépôt du recours, la partie qui ne dispose pas de ressources 

suffisantes et dont les conclusions ne paraissent pas d'emblée vouées à 

l'échec est, à sa demande, dispensée par l'autorité de recours, son président 

ou le juge instructeur de payer les frais de procédure (art. 65 al. 1 PA). 

S'agissant des conclusions, on rappellera qu'elles doivent être considérées 

comme vouées à l'échec lorsque les risques de perdre l'emportent nettement 

sur les chances de gagner, alors même qu'elles ne seraient pas 

manifestement mal fondées ou abusives (arrêts du Tribunal pénal fédéral 

RR.2007.176 du 11 décembre 2007, consid. 3; RR.2007.31 du 21 mars 2007 

consid. 3).  

 

5.3 En l'espèce, le recours était d'emblée dénué de chances de succès puisque 

les considérations qui précèdent se résument à l'application d'une 

disposition légale claire, dans le contexte d'un état de fait simple et non 

litigieux. La demande d'assistance judiciaire doit donc être rejetée. 

 

 

6. En règle générale, les frais de procédure comprenant l’émolument d’arrêté, 

les émoluments de chancellerie et les débours sont mis à la charge de la 

partie qui succombe (art. 63 al. 1 PA). Le montant de l’émolument est calculé 

en fonction de l’ampleur et de la difficulté de la cause, de la façon de 

procéder des parties, de leur situation financière et des frais de chancellerie 

(art. 73 al. 2 LOAP). Le recourant supportera dès lors les frais, fixés à 

CHF  1'000.- - (art. 73 al. 2 LOAP et art. 8 al. 3 du règlement du Tribunal 

pénal fédéral sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la 

procédure pénale fédérale [RFPPF; RS 173.713.162] et art. 63 al. 5 PA).  

 

 

- 5 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Le recours est rejeté. 

 

2. La demande d'assistance judiciaire est rejetée. 

 

3. Un émolument de CHF 1'000.-- est mis à la charge du recourant. 

 

 

Bellinzone, le 2 juin 2017 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le président: Le greffier:  

 

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Me Michel De Palma, avocat 

- Office fédéral de la justice, Unité extraditions 

 

 

 

 
Indication des voies de recours 

 
Le recours contre une décision en matière d’entraide pénale internationale doit être déposé devant 
le Tribunal fédéral dans les 10 jours qui suivent la notification de l’expédition complète (art. 100 al. 1 
et 2 let. b LTF). 
 
Le recours n’est recevable contre une décision rendue en matière d’entraide pénale internationale 
que s’il a pour objet une extradition, une saisie, le transfert d’objets ou de valeurs ou la transmission 
de renseignements concernant le domaine secret et s’il concerne un cas particulièrement important 
(art. 84 al. 1 LTF). Un cas est particulièrement important notamment lorsqu’il y a des raisons de 
supposer que la procédure à l’étranger viole des principes fondamentaux ou comporte d’autres vices 
graves (art. 84 al. 2 LTF).