# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** cdd61e21-cfb8-57f7-aac5-852cc421cbd8
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours civile HC / 2024 / 19
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_010_HC---2024---19_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

HN23.053944-231664

3 

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS CIVILE

_________________________________________

Arrêt du
4 janvier 2024

__________________

Composition
:               Mme             
CHERPILLOD,
présidente

             
              MM.             
Winzap et Segura, juges

Greffière
:              Mme             
Cottier

 

 

*****

 

 

Art.
321 al. 1 CPC

 

 

             
Statuant à huis clos sur le recours interjeté par J.________,
à [...], contre la décision rendue le 30 novembre 2023 par la Juge de paix du district de Lausanne,
dans la cause concernant la succession de feu D.________,
la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal considère :

 

             
En fait et en droit :

 

 

1.             

1.1             
D.________, de son vivant domicilié à
[...], est décédé le [...] 2019.

 

1.2             
Par courrier du 5 juillet 2023, la Juge de paix du district de Lausanne (ci-après : la juge
de paix) a notamment informé J.________ que, selon les informations reçues par l’Office
des faillites, il subsistait un disponible de 2'764 fr. 96 – dont il y avait encore lieu de déduire
certains frais – qui devrait être réparti entre tous les ayants droit de la succession
de feu D.________. Elle a indiqué à l’intéressée que, sauf objection de sa
part d’ici au 26 juillet 2023, la déclaration d’ayants droit serait établie et,
afin de lui verser sa part, l’a invitée à communiquer ses coordonnées bancaires,
au moyen du coupon annexé.

 

             
Le 21 juillet 2023, J.________ a transmis à la juge de paix ses coordonnées bancaires au moyen
dudit coupon.

 

 

2.             
Par décision du 30 novembre 2023, la juge de paix a procédé à la détermination
des ayants droit de la succession de feu D.________. Le 4 décembre 2023, elle a communiqué
cette décision à J.________ et lui a indiqué qu’elle figurait sur la déclaration
d’ayants droit et que la part qui lui revenait, soit d’un huitième, lui serait versée
par l’Office des faillites.

 

 

3.             
Par acte du 9 décembre 2023 – traduit
en langue française dans le délai imparti au 19 décembre 2023 –, J.________ (ci-après :
la recourante) a interjeté recours contre la décision précitée, en concluant à
l’opposition et au rejet de la succession de feu D.________ ainsi que de tous les frais y relatifs.

 

 

4.

4.1

4.1.1             
En matière de dévolution successorale,
le droit fédéral laisse aux cantons la latitude de choisir entre une autorité administrative
et un juge pour le règlement des litiges, ainsi que de fixer la procédure (Exposé des
motifs ad CDPJ [Code de droit privé judiciaire vaudois du 12 janvier 2010 ; BLV 211.02], mai 2009,
n. 87 in fine
ad art. 108 du projet, p. 77).

 

             
Dans les limites de compétence ainsi fixées, le législateur cantonal vaudois a réservé
le règlement des litiges gracieux au juge selon des normes de procédure qui ont été
définies dans le CDPJ, ainsi qu'à titre supplétif dans le CPC (Code de procédure
civile du 19 décembre 2008 ; RS 272). L’acceptation et la répudiation de la succession
sont notamment régies par les art. 135ss CDPJ. Les litiges gracieux se règlent selon la procédure
sommaire de l'art. 248 let. e CPC.

 

             
Pour les décisions prises en procédure sommaire, le délai de recours est de dix jours
(art. 321 al. 2 CPC).

 

4.1.2             
Pour être recevable, le recours doit de surcroît
être motivé (art. 321 al. 1 in
initio CPC). Il incombe ainsi au recourant de
s’en prendre à la motivation de la décision attaquée pour tendre à en démontrer
le caractère erroné (ATF 147 III 176 consid. 4.2.1 et les réf. citées ; ATF 141 III
569 consid. 2.3.3 ; ATF 138 III 374 consid. 4.3.1). Pour satisfaire à cette exigence, le recourant
doit discuter au moins de manière succincte les considérants de la décision qu’il
attaque (ATF 141 III 569 consid. 2.3.3 et les réf. citées ; cf. not. TF 4A_611/2020 du 12 juillet
2021 consid. 3.3.1 ; TF 4A_397/2016 du 30 novembre 2016 consid. 3.1). L’absence de motivation
suffisante conduit à l’irrecevabilité du recours (TF 4A_101/2014 du 26 juin 2014 consid.
3.3), le CPC ne prévoyant pas qu’en présence d’un mémoire insuffisamment motivé,
un délai raisonnable doive être octroyé au justiciable pour rectification. L’art.
132 CPC ne permet en particulier pas de compléter ou d’améliorer une motivation insuffisante,
ce même si le mémoire émane d’une personne sans formation juridique (ATF 137 III
617 consid. 6.4 ; TF 5A_368/2018 du 25 avril 2019 consid. 4.3.4 et les réf. citées ; TF 4A_375/2015
du 26 janvier 2016 consid. 7.2, non publié
in ATF 142 III 102).

 

4.2             
En l’espèce, si l’acte de recours
a été interjeté en temps utile, il ne contient toutefois aucune motivation, de sorte qu’il
est manifestement irrecevable. A cela s’ajoute que la recourante a été informée,
par lettre du 5 juillet 2023, qu’il subsistait un disponible de 2'764 fr. 96 à répartir
entre les ayants droit de la succession de feu D.________ et que, sauf objection de sa part d’ici
au 26 juillet 2023, la déclaration d’ayants droit serait établie. Or, le 21 juillet
2023, la recourante a fourni ses coordonnées bancaires à la juge de paix, sans s’opposer,
dans le délai imparti, à ce qu’elle figure dans la déclaration d’ayants droit.
Elle a ainsi formellement accepté la succession, étant précisé qu’il s’agit
d’un acte formateur irrévocable (cf. CACI 10 février 2023/37 consid. 4.2 ; CREC
7 février 2018/45 ; JdT 2016 III 167 consid. 2.2 et les réf. citées).

 

 

5.             
En conclusion, le recours doit être déclaré irrecevable conformément à

l'art.
322 al. 1 in fine
CPC.

 

             
L’arrêt peut être rendu sans frais judiciaires de deuxième instance (art. 11
TFJC [tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre 2010 ; BLV 270.11.5]).

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours civile du Tribunal cantonal,

en
application de l'art. 322 al. 1 CPC,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est irrecevable.

 

             
II.             
L’arrêt, rendu sans frais, est exécutoire.

 

La
présidente :             
La greffière :

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

‑             
Mme J.________ (personnellement).

 

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme la Juge de paix du district de Lausanne.

 

             
La greffière :