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**Case Identifier:** b094661b-46ab-5fd9-8fcf-dc8f0e3db0d6
**Source:** Jura (JU)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-03-17
**Language:** fr
**Title:** Jura Tribunal Cantonal Cour administrative 17.03.2022 ADM 2022 20
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/JU_Gerichte/JU_TC_005_ADM-2022-20_2022-03-17.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DU JURA

TRIBUNAL CANTONAL

COUR ADMINISTRATIVE

ADM 20 / 2022

Président a.h. :  Philippe Guélat
Juges :  Sylviane Liniger Odiet et Jean Crevoisier
Greffière :  Julie Frésard

ARRÊT DU 17 MARS 2022

dans la procédure consécutive au recours de

A.________, actuellement placé à B.________ (unité hospitalière) de U.________,

recourant,

contre

la décision du 7 mars 2022 de l'Autorité de protection de l'enfant et de l'adulte (APEA) – 
placement à des fins d’assistance (PAFA).

______

Vu la décision du 7 mars 2022 de l’APEA, ordonnant le PAFA ordinaire du recourant à 
C.________ SA (hôpital spécialisé), à V.________ (ci-après : la Clinique de V.________), au 
motif, fondé essentiellement sur le rapport du 24 février 2022 des Drs D.________ et 
E.________, médecins auprès de la Clinique de V.________, que le recourant souffre de 
troubles mentaux et du comportement liés à l’utilisation de l’alcool, de la maladie de Parkinson, 
de démence de la maladie de Parkinson et de syndromes épileptiques particuliers, que son 
état psychique doit être stabilisé, qu’il présente des troubles cognitifs importants, qu’il a des 
troubles de la mémoire et des problèmes de concentration, liés aux problèmes d’alcool et aux 
symptômes de Parkinson, de sorte que le PAFA doit être prolongé ;

Vu le recours formé le 11 mars 2022 contre cette décision par le recourant, dont les 
conclusions tendent, en substance, à la levée dudit placement ;

Vu la prise de position du 16 mars 2022 de l’APEA, aux termes de laquelle elle déclare n’avoir 
aucune observation à formuler au sujet dudit recours, s’en remettant à dire de justice quant au 
sort de la cause, étant précisé que, par décision du 15 mars 2022, l’APEA a ordonné le 
transfert du recourant à B.________ (unité hospitalière) de U.________ ;

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Vu le dossier produit par l’APEA ;

Attendu que la Cour administrative est compétente pour connaître des recours contre les 
décisions de l’APEA ordonnant un PAFA (art. 450 CC ; 21, al. 2, de la loi sur l'organisation de 
la protection de l'enfant et de l'adulte [LOPEA ; RSJU 213.1] et 57 de la loi sur les mesures de 
placement à des fins d’assistance [LMPAFA ; RSJU 213.32]), ceci peu importe que l’intéressé 
soit placé dans un établissement hors canton, dans la mesure où l’APEA est compétente pour 
prononcer le placement à l’égard des personnes domiciliées dans le canton du Jura (art. 31 
LMPAFA ; ATF 146 III 377) ; que, sauf disposition contraire de la loi, le Code procédure 
administrative (Cpa ; RSJU 175.1) est applicable (art. 17 LMPAFA) ;

Attendu qu’à teneur de l’art. 450e al. 1 et 2 CC, le recours formé contre une décision prise 
dans le domaine du placement à des fins d’assistance n’a pas à être motivé et n’a pas d’effet 
suspensif, sauf si l’APEA ou l’instance judiciaire de recours l’accorde, d’office ou sur requête 
(cf. également art. 64 LMPAFA) ; qu’après le dépôt du recours, l’autorité saisie peut prendre, 
d’office ou sur requête d’une partie, d’autres mesures provisionnelles conformément à l’art. 51 
Cpa (art. 132 al. 2 Cpa) ;

Attendu, en l’espèce, que le recours a été déposé dans les forme et délai légaux auprès de 
l’autorité judiciaire compétente par une personne disposant manifestement de la qualité pour 
recourir (art. 450 al. 2 CC), de sorte qu’il convient d’entrer en matière ;

Attendu que le recours contre un placement à des fins d’assistance peut être formé pour 
violation du droit, constatation fausse ou incomplète des faits pertinents et inopportunité de la 
décision (art. 450a al. 1 CC) ; que l’autorité de recours peut ainsi revoir la décision en fait, en 
droit et en opportunité (art. 65 al.1 LMPAFA) ; que la procédure de recours est régie par la 
maxime d'office et la maxime inquisitoire et que l'autorité de recours dispose d'un plein pouvoir 
d'examen, en fait comme en droit ;

Attendu que, selon l’art. 426 CC, une personne peut être placée dans une institution 
appropriée lorsque, en raison de troubles psychiques, d'une déficience mentale ou d'un grave 
état d'abandon, l'assistance ou le traitement nécessaires ne peuvent lui être fournis d'une autre 
manière (al. 1) ; que la charge que la personne concernée représente pour ses proches et 
pour des tiers ainsi que leur protection sont prises en considération (al. 2) ; que la personne 
concernée doit être libérée dès que les conditions du placement ne sont plus remplies (al. 3) ;

Attendu que la notion de « troubles psychiques » englobe toutes les pathologies mentales 
reconnues en psychiatrie, à savoir les psychoses et les psychopathies ayant des causes 
physiques ou non, les démences, ainsi que les dépendances, notamment l'alcoolisme, la 
toxicomanie ou la pharmacodépendance (TF 5A_374/2018 du 25 juin 2018 consid. 4.2.1 et 
réf. cit.) ;

Attendu que, selon l’art. 450e al. 3 CC, en cas de troubles psychiques, la décision prise dans 
le domaine du placement à des fins d’assistance doit être prise sur la base d'un rapport 
d'expertise indépendant, étant rappelé que les médecins de la clinique où est placée la 
personne concernée, non indépendants en la matière, ne sont pas des experts au sens de 

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cette disposition légale ; que dite expertise doit être menée par un expert externe et non par 
un membre de l’autorité, même suffisamment qualifié en la matière (cf. notamment ATF 143 
III 189 consid. 3.3. et 3.4 et réf. cit. ; TF 5A_640/2021 du 13 octobre 2021 destiné à la 
publication) ; 

Attendu que l’art. 36 al. 1 LMPAFA stipule par ailleurs expressément que le placement ou le 
maintien dans un établissement d’une personne souffrant de troubles psychiques ou d’une 
déficience mentale ne peut être ordonné par l’autorité qu’avec le concours d’un expert 
médical ;

Attendu que, dans son rapport, l'expert doit se prononcer sur l'état de santé de l'intéressé ; 
qu’il doit également indiquer en quoi les éventuels troubles psychiques risquent de mettre en 
danger la vie de la personne concernée ou son intégrité personnelle, respectivement celles 
d'autrui, et si cela entraîne chez lui la nécessité d'être assisté ou de prendre un traitement ; 
que, dans l'affirmative, il incombe à l'expert de préciser quels seraient les risques concrets 
pour la vie ou la santé de cette personne, respectivement pour les tiers, si la prise en charge 
préconisée n'était pas mise en œuvre ; qu’il doit encore indiquer si, en vertu du besoin de 
protection de l'intéressé, un internement ou une rétention dans un établissement est 
indispensable, ou si l'assistance ou le traitement nécessaires pourraient lui être fournis de 
manière ambulatoire ; que le rapport d'expertise précisera également si la personne 
concernée paraît, de manière crédible, prendre conscience de sa maladie et de la nécessité 
d'un traitement ; que l’expert doit enfin indiquer s'il existe un établissement approprié et, le cas 
échéant, pourquoi l'établissement proposé entre effectivement en ligne de compte (ATF 140 
III 101 consid. 6.2.2 et réf. cit.) ;

Attendu que ces conditions strictes, en particulier la réalisation de l’expertise, sont imposées 
aux APEA au regard de la gravité de la mesure adoptée (TF 2C_451/2020 du 9 juin 2021 
consid. 8.2.1 destiné à publication) ;

Attendu, en l’espèce, que la décision attaquée a été rendue sans qu’aucune expertise 
psychiatrique, au sens de ce qui précède, n’ait été mise en œuvre par l’APEA ;

Attendu qu’il résulte de la jurisprudence précitée que ladite décision est, partant, 
manifestement contraire au droit et doit être annulée, étant constaté que la décision de 
transfert ultérieur du 15 mars 2022 de l’APEA, liée à la décision annulée, ne peut déployer 
aucun effet distinct indépendant ;

Attendu que le recours de droit administratif, au sens du Code de procédure administrative, 
est un recours en réforme, permettant au justiciable de demander que l'autorité de recours 
prenne une nouvelle décision, se substituant à la décision attaquée ; que l'autorité peut annuler 
la décision attaquée et statuer elle-même sur l'affaire (art. 144 al. 1 phr. 1 Cpa), ce qui est la 
règle, ou renvoyer l'affaire à l'autorité de première instance, avec des instructions impératives 
(art. 144 al. 1 phr. 2 Cpa ; BROGLIN/WINKLER DOCOURT/MORITZ, Procédure administrative et 
juridiction constitutionnelle – Principes généraux et procédure jurassienne, 2021, n. 535 et 
537, p. 220s ; BOVAY, Procédure administrative, 2015, p. 629) ; que le renvoi s'impose 
notamment lorsque le recourant n'a pas pu exercer ses droits de procédure ou lorsque l'état 

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de fait n'a pas été établi à suffisance ; que dans ces cas, il est généralement préférable de 
renvoyer la cause à l'autorité de première instance en lui donnant des instructions sur la 
manière de remédier aux lacunes constatées ; que cette façon de pratiquer a l'avantage de ne 
pas faire perdre une instance aux parties et de faire prendre la décision par l'autorité 
légalement compétente à cet effet (BROGLIN/WINKLER DOCOURT/MORITZ, op. cit., n. 537 et 
réf. cit.) ;

Attendu que la teneur de l'art. 21a al. 2 LOPEA ne permet pas, dans un cas comme celui de 
l’espèce, au vu l’absence d’une expertise telle qu’exigée par la loi et la jurisprudence, de 
s’écarter des règles précitées ; que lorsque l'état de fait n'a pas été suffisamment élucidé et 
que l'autorité inférieure n'a pas procédé à l'administration d'une preuve essentielle, telle que 
l'expertise psychiatrique, l'autorité de recours ne saurait en principe y remédier elle-même, 
sous peine notamment de faire perdre une instance au recourant ; que le renvoi à l'APEA pour 
la mise en œuvre de ladite expertise s'impose par ailleurs d’autant plus que le regard critique 
des spécialistes qui composent cette autorité interdisciplinaire sur les conclusions de 
l'expertise peut être déterminant ;

Attendu que le recours doit ainsi être admis et la cause doit être renvoyée à l’APEA pour 
instruction complémentaire (mise en œuvre immédiate d’une expertise psychiatrique 
indépendante externe, telle qu’exigée par la loi et la jurisprudence prérappelée) et nouvelle 
décision ;

Attendu que l'annulation de la décision attaquée et le renvoi à l'APEA pour nouvelle décision 
ne signifie toutefois pas encore que le PAFA du recourant soit finalement injustifié ; qu’il ressort 
en effet du dossier que celui-ci souffre de troubles psychiques, respectivement de déficience 
mentale, et a besoin d’assistance et de traitement, besoin dont il est à craindre qu’il ne puisse 
être satisfait autrement que par un placement dans une institution appropriée, de sorte que le 
PAFA ordonné semble, prima facie, approprié, sous réserve des conclusions de l’expertise à 
mettre en œuvre ;

Attendu que l'art. 445 CC, respectivement l'art. 51 al. 1 Cpa par renvoi de l'art. 145 Cpa, 
permettent à l'autorité de prendre les mesures (super) provisionnelles nécessaires à 
l'exécution de travaux urgents ou à la conservation d'un état de droit ou de fait, notamment de 
moyens de preuve, ou à la sauvegarde d'intérêts menacés ; qu’il peut en effet s'avérer 
nécessaire de prendre des mesures à titre conservatoire pour éviter la modification d'un état 
de fait ou de droit ou pour prendre des mesures à caractère formateur, de façon à pouvoir 
régler provisoirement une situation (BROGLIN, Questions choisies en procédure 
administrative : effet suspensif, mesures provisionnelles, élargissement de l'accès au juge et 
féries, RJJ 2009, p. 15) ; que de telles mesures déploient leurs effets jusqu'au moment où la 
décision finale est rendue, et non pas au-delà ; que s'il est nécessaire d'assurer encore une 
certaine protection jusqu'à l'entrée en force de la décision finale, il faut que le dispositif de 
celle-ci ordonne les mesures appropriées et retire l'effet suspensif sur ce point (BROGLIN, 
op. cit. p. 16-17) ; que les dispositions de procédure civile relatives aux mesures 
provisionnelles s’appliquent par analogie pour le surplus (art. 51 al. 4 Cpa) et qu’il peut dès 
lors être statué à titre superprovisionnel lorsque des mesures particulièrement urgentes 
doivent être ordonnées (cf. art. 265 CPC) ;

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Attendu qu’il se justifie, en l’espèce, au vu de la situation du recourant telle qu’elle ressort du 
dossier, de maintenir, à titre superprovisionnel, la mesure ordonnée par l’APEA, soit le PAFA 
du recourant à la Clinique de V.________, puis à B.________ (unité hospitalière), jusqu’à 
réception, par l’APEA, des conclusions de l’expert qu’elle devra désigner sans délai, 
d’éventuelles autres mesures que l’APEA pourrait être appelée à prononcer étant réservées ;

Attendu que la procédure devant les autorités administratives et judiciaires est libre 
d'émolument en matière de PAFA (art. 76 LMPAFA) ; que les débours sont supportés par 
l'Etat, sous réserve de répartition des dépenses conformément à la législation sur l'action 
sociale (art. 77 LMPAFA) ; qu’il n’y a pas lieu d’allouer de dépens, le recourant ayant agi sans 
l’assistance d’un avocat.

PAR CES MOTIFS 

LA COUR ADMINISTRATIVE

admet

le recours ; partant,

annule

la décision du 7 mars 2022 de l’APEA, étant constaté que la décision de transfert ultérieur du 
15 mars 2022 de l’APEA, liée à la décision annulée, ne peut déployer aucun effet distinct 
indépendant ;

renvoie

la cause à l’APEA pour instruction complémentaire et nouvelle décision dans le sens des 
considérants ;

maintient

à titre superprovisionnel, le PAFA du recourant à la Clinique de V.________, puis à 
B.________ (unité hospitalière), tel qu’ordonné par l’APEA, jusqu’à réception, par cette 
autorité, des conclusions de l’expert qu’elle devra désigner sans délai, d’éventuelles autres 
mesures que l’APEA pourrait être appelée à prononcer étant réservées ;

dit

que la procédure est libre d’émolument et que les débours, par CHF 84.40, sont laissés à la 
charge de l’État, sous réserve de la répartition des dépenses ;

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dit

qu’il n’est pas alloué de dépens ;

informe

des voie et délai de recours selon avis ci-après ;

ordonne

la notification de la présente décision :
 au recourant, actuellement placé à B.________ (unité hospitalière) de U.________ (avec 

une copie de la détermination du 16 mars 2022 de l’APEA) ;
 à l'APEA, rue de la Préfecture 12, 2800 Delémont (avec son dossier en retour) ;
 à B.________ (unité hospitalière) de U.________.

Porrentruy, le 17 mars 2022

Le président a.h. : La greffière :

Philippe Guélat Julie Frésard

Communication concernant les moyens de recours : 

Un recours en matière civile peut être déposé contre le présent jugement auprès du Tribunal fédéral, 
conformément aux dispositions de la loi sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), en particulier aux art. 42, 72 ss. 
et 90 ss. LTF, dans un délai de 30 jours à partir de la date où ce jugement vous a été notifié (art. 100 LTF). Ce 
délai ne peut pas être prolongé (art. 47 al. 1 LTF). 

Le mémoire de recours sera adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Il doit indiquer les conclusions, les 
motifs et les moyens de preuve, et être signé. Le recourant doit exposer succinctement en quoi l'acte attaqué viole 
le droit (art. 42 al. 2 LTF). Le recourant ne peut critiquer les constatations de fait que si les faits ont été établis de 
façon manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l’art. 95, et si la correction du vice est susceptible 
d’influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF).

Le présent jugement et les pièces invoquées comme moyens de preuve en possession du recourant doivent être 
joints au mémoire (art. 42 al. 3 LTF).

Les mémoires doivent être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral, soit, à l’attention de 
ce dernier, à la Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF).