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**Case Identifier:** dc0b0e53-a65e-505d-bf77-a76bff08a726
**Source:** Jura (JU)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-12-16
**Language:** fr
**Title:** Jura Tribunal Cantonal Cour administrative 16.12.2021 ADM 2021 110
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/JU_Gerichte/JU_TC_005_ADM-2021-110_2021-12-16.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DU JURA

TRIBUNAL CANTONAL

COUR ADMINISTRATIVE

ADM 110 / 2021

Présidente :  Sylviane Liniger Odiet
Juges :  Philippe Guélat et Jean Crevoisier
Greffière :  Julia Friche-Werdenberg

ARRET DU 16 DÉCEMBRE 2021

dans la cause liée entre

A.A.________,
- représenté par Me Michael Imhof, avocat à Bienne,

recourant,

et

B.A.________,
- représentée par Me Mathias Eusebio, avocat à Delémont,

intimée,

relative à décision de l'Autorité de protection de l'enfant et de l'adulte (APEA) du 7 juin 
2021.

______

Vu la décision de la Présidente du Tribunal régional … du 17 mars 2020 ordonnant, à titre 
provisionnel, dans le cadre d’une procédure de mesures protectrices de l’union conjugale, 
l’instauration d’une curatelle éducative au sens de l’art. 308 al. 2 CC sur C.A.________, née 
le … 2016 et D.A.________, née le … 2018 et fixant l’exercice du droit de visite 
d’A.A.________ (ci-après : le recourant) sur ses enfants jusqu’au 4 avril 2020, avec abstention 
de toute consommation d’alcool ;

Vu la décision du 9 avril 2020, par laquelle le président de l'Autorité de protection de l'enfant 
et de l'adulte (ci-après : APEA) a nommé E.________, assistant social au Service social 
régional … , en qualité de curateur desdits enfants, avec effet immédiat ; cette décision fait 
suite au courrier de la Présidente du Tribunal régional … du 17 mars 2020, demandant à 
l’APEA d’exécuter sa décision du même jour, en raison du déménagement de B.A.________ 
(ci-après : l’intimée) et ses enfants dans le canton du Jura, en avril 2020 ; 

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Vu la décision de la Présidente du Tribunal régional … du 28 avril 2020, ratifiant la convention 
conclue entre le recourant et l’intimée les 8 et 9 avril 2020, attribuant pendant la durée de la 
séparation, la garde sur C.A.________ et D.A.________ à leur mère et confirmant la curatelle 
éducative au sens de l’art. 308 al. 2 CC ;

Vu la décision du 10 décembre 2020, par laquelle l’APEA a prononcé la limitation des relations 
personnelles entre le recourant et ses filles, avec effet immédiat, le droit aux relations 
personnelles entre le père et ses enfants devant s’exercer au sein du Point Rencontre à 
U.________, à quinzaine ; cette décision a été prise suite à des signalements transmis à 
l’APEA pour des soupçons d’abus sexuels sur les filles et à l’ouverture d’une procédure pénale 
y relative dans le canton de … à l’encontre du recourant ; une autre procédure pénale a, en 
outre, été ouverte à l’encontre du recourant pour violences conjugales et est actuellement 
suspendue dans le canton du Jura ; par ailleurs, il ressort encore du dossier que le père a 
rencontré des problèmes de consommation d’alcool semblant perdurer et qu’il a proféré des 
menaces ou effectué des pressions sur la mère, lesquelles perdureraient selon cette dernière ; 
le droit de visite s’exerçait au domicile de l’intimée, laquelle souhaitait à tout prix protéger ses 
filles ; contrairement à l’intimée, le recourant semblait vouloir reprendre la vie conjugale et 
restait souvent dormir au domicile de l’intimée, « imposant » sa présence ; vu la situation, cette 
solution permettait ainsi au recourant d’exercer son droit de visite sur ses filles dans un cadre 
sécurisé, étant précisé qu’elle aurait certainement déjà été mise en œuvre au début de l’année 
2020, si le Point Rencontre n’avait pas été impossible au vu du COVID ; 

Vu le courrier du 4 janvier 2021, par lequel le recourant a demandé à l’APEA la reconsidération 
de ladite décision ; suite à la transmission dudit courrier à la Cour de céans, par décision du 
11 février 2021, le président F.________. de la Cour de céans n’est pas entré en matière sur 
le recours, faute de paiement de l’avance de frais ; suite à cela, l’APEA a considéré le courrier 
du recourant du 4 janvier 2021 comme une demande d’élargissement du droit de visite de ce 
dernier et a demandé au curateur des enfants de lui transmettre un rapport les concernant ; 
dans son rapport du 11 mars 2021, celui-ci constate n’avoir aucun élément factuel amenant à 
une potentielle mise en danger de C.A.________ et de D.A.________ chez leur père ; sur la 
base des faits et de la relation entre le père et ses enfants, aucun élément ne va à l’encontre 
de la mise en place du droit de visite tel qu’il a été prévu dans la convention ; néanmoins, des 
tensions persistantes subsistent au cours de l’interaction entre les parents (accusations 
réciproques importantes) ; vu le manque de dialogue, de communication et de confiance 
réciproque entre les parents, le conflit est élevé et met en danger la stabilité émotionnelle des 
deux filles ; le Point Rencontre permet de canaliser les parents dans leurs interactions 
lorsqu’ils sont en présence de leurs filles et permet aux parents de travailler à rétablir un 
minimum de relation et de communication respectueuse dans l’intérêt de leurs enfants ; au vu 
de la situation, il se questionne sur la manière dont pourrait se dérouler le transfert des enfants 
du domicile maternel au domicile paternel en l’absence du cadre assuré par le Point 
Rencontre ; dès lors, il propose que le Point Rencontre soit maintenu à quinzaine pendant la 
procédure, étant précisé qu’il n’y a que peu de recul à ce jour (5 visites et un seul entretien 
avec les parents) et que le travail n’a pas encore réellement été amorcé ;

Vu l’audition de l’intimée et du recourant par l’APEA le 26, respectivement le 30, mars 2021 ; 

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Vu la procédure pénale ouverte à l’encontre du recourant en janvier 2020 pour injure, menaces 
et voies de fait au préjudice de l’intimée ; les poursuites contre le recourant ont été étendues 
en mars 2021, pour voies de fait, contrainte sexuelle et éventuellement viol ; en mars 2021, 
en lieu et place d’une détention provisoire, de nombreuses mesures de substitution ont été 
imposées au recourant pour une durée de six mois ; il s’agit notamment de l’interdiction 
d’approcher l’intimée à moins de 100 mètres et de venir au Jura pour quelque raison que ce 
soit, sauf pour se présenter aux rendez-vous fixés à l’avance par une autorité, pour se 
conformer à l’exercice du droit de visite tel qu’il est défini par l’APEA ou pour se rendre chez 
son avocat, interdiction d’approcher du domicile et du lieu de travail de l’intimée, interdiction 
d’approcher du domicile des parents de l’intimée, interdiction de prendre contact de manière 
directe ou indirecte et de quelque manière que ce soit, sous réserve de l’autorisation d’une 
autorité, avec l’intimée ou sa famille, l’obligation de se soumettre à toutes les décisions des 
autorités administratives ou judiciaires, notamment relatives au droit de visite envers les 
enfants, obligation d’un suivi auprès du Service pour auteurs de violences conjugales à …, 
interdiction d’utilisation, possession, acquisition et transport d’armes et interdiction de 
commission de nouvelles infractions ; 

Vu la procédure pénale ouverte à l’encontre du recourant pour contravention contre l’intégrité 
sexuelle au préjudice de ses filles ; cette procédure a été classée en avril 2021 (MP 458/2020);

Vu le rapport d’activité du 28 avril 2021, par lequel E.________ recommande, vu la fragilité de 
la situation, le maintien du mandat de curatelle au sens de l’art. 308 al. 2 CC pour une nouvelle 
période ainsi que des visites au Point Rencontre, les relations entre parents restant tendues 
et problématiques ;  

Vu la décision du 7 juin 2021, par laquelle l’APEA a approuvé ledit rapport du curateur sans 
observation, décidé de la poursuite de la curatelle au sens de l’art. 308 al. 2 CC sans 
modification et fixé la rémunération du curateur à CHF 400.-, qu’elle a mise à la charge du 
recourant et de l’intimée ; la poursuite de la mesure se justifie au vu des conclusions du rapport 
du curateur du 28 avril 2021 ; 

Vu l’expertise toxicologique … du 1er juillet 2021, selon laquelle la consommation 
d’éthyglucuronide (EtG) mesurée dans les cheveux du recourant est fortement compatible 
avec une consommation chronique et excessive d’alcool éthylique ;

Vu le recours du 8 juillet 2021 contre la décision de l’APEA du 7 juin 2021, par lequel le 
recourant conclut à l’annulation du chiffre 2 de ladite décision et à la fixation de l’exercice de 
son droit de visite les samedis à son domicile de 14 heures à 19 heures, sous suite des frais 
et dépens ; en substance, le recourant conteste le fait qu’un simple questionnement du 
curateur, quant au déroulement du transfert des enfants du domicile maternel à son domicile 
en l’absence du cadre assuré par le Point Rencontre, suffise pour le priver d’un droit de visite 
ordinaire sur ses enfants, d’autant plus dans le cadre d’une curatelle de surveillance ; il précise 
que la plainte de l’intimée, ayant amené à la suspension avec effet immédiat de son droit de 
visite, était fantaisiste, preuve en est l’ordonnance de classement ; enfin, le maintien du droit 
de visite surveillé aboutira, à terme et selon toute vraisemblance, à une rupture totale des 
relations personnelles entre lui et ses filles ; 

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Vu la prise de position du 30 août 2021, par laquelle l’APEA conclut au rejet du recours, étant 
constaté l’irrecevabilité de la conclusion n°2 du recours, la décision litigieuse ne portant pas 
sur le droit de visite du père ; dans ce cadre, elle précise que la décision de limitation des 
relations personnelles date du 10 décembre 2020 et qu’elle est entrée en force, la Cour 
administrative n’étant pas entrée en matière, le 11 février 2021, sur le recours qu’avait déposé 
le recourant ; suite à cela, le dossier a été repris et elle a instruit la procédure, considérant le 
courrier du père comme une demande de révision de la décision du 10 décembre 2020 ; 
l’élargissement du droit de visite devra ainsi faire l’objet d’une décision spécifique, l’instruction 
étant encore en cours ; au vu des éléments au dossier (relations extrêmement tendues entre 
parents ; procédure pénale ouverte contre le recourant au préjudice de l’intimée et mesures 
de substitution ordonnées ; bien que classée, une procédure pénale avait été ouverte contre 
le recourant contre l’intégrité sexuelle ; résultats du test capillaire, fortement compatibles avec 
une consommation chronique et excessive d’alcool éthylique), elle estime que la poursuite de 
la curatelle instituée par le Tribunal … s’avère nécessaire, même si les constats rapportés le 
19 août dernier par le responsable du Point Rencontre sont réjouissants ; enfin, d’après 
l’APEA, la maman devrait être appelée en cause dans la présente procédure afin d’avoir 
l’opportunité de se prononcer ;

Vu la prise de position du 4 octobre 2021, par laquelle le recourant confirme les conclusions 
de son recours ; il reprend sa précédente argumentation et ajoute que, d’après lui, la 
conclusion n°2 de son recours est bien recevable, dans la mesure où la décision attaquée 
approuve sans observation le rapport du curateur, lequel recommande le maintien des 
mesures limitant son droit de visite ; il dépose une contre-expertise relative à sa consommation 
d’alcool, faisant clairement état d’une abstinence ; 

Vu la prise de position du 13 octobre 2021, par laquelle l’intimée conclut au rejet du recours, 
dans la mesure de sa recevabilité, les frais judiciaires étant mis à la charge du recourant, 
lequel devant également être condamné au paiement d’une indemnité de dépens de 
CHF 1'000.- ; d’après l’intimée, la conclusion n°1 du recours doit être rejetée, dès lors que le 
mandat de E.________ n’est pas remis en cause par le recourant ; quant à la conclusion n°2, 
elle doit être déclarée irrecevable, à défaut de faire partie de l’objet de la décision attaquée ; 
si le recourant souhaite modifier l’exercice de son droit de visite, il lui appartient de déposer 
une requête de mesures provisionnelles afin de modifier la décision de l’APEA du 10 décembre 
2020, étant précisé que, dans la décision attaquée, l’APEA ne prend pas position sur les 
modalités du droit de visite ; en tout état de cause, l’intimée s’oppose à l’élargissement du droit 
de visite du recourant, rappelant les conclusions de l’expertise toxicologique … du 1er juillet 
2021 (les conclusions du rapport médical établi par G.________ (Laboratoire) le 15 septembre 
2021 étant de ce fait contestées) ainsi que la persistance des tensions avec le recourant (à ce 
titre, la requête en prolongation de mesures de substitution du Ministère public du 10 
septembre 2021 ainsi que la décision du Juge des mesures de contrainte y donnant droit et 
prolongeant les huit mesures de substitution sont déposées) ; elle relève également que son 
mari a manqué à plusieurs reprises le Point Rencontre lors de ces derniers mois, étant précisé 
que l’annulation des rendez-vous a été faite par l’amie de celui-ci ; selon l’intimée, il a annulé 
en raison d’une consommation excessive d’alcool (la copie des lettes du Point Rencontre 
adressées au curateur son jointes) ; enfin, le fils issu du premier mariage du recourant a 

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déclaré que son père outrepassait son devoir de correction et était plutôt brutal que strict ou 
sévère ; 

Attendu que, selon l’art. 21 al. 2 de la loi sur l’organisation de la protection de l’enfant et de 
l’adulte (RSJU 213.1), la Cour de céans est l’instance judiciaire de recours pour les décisions 
rendues par l’APEA ; l'approbation du rapport périodique du curateur au sens de l'art. 415 CC 
fait en principe aussi partie des décisions susceptibles de recours (Arrêt du Tribunal cantonal 
fribourgeois du 27 mai 2021 - 106 2021 33, consid. 1.1 et réf. cit. ; VOGEL, Basler Kommentar, 
ZGB I (Art. 1-456 ZGB). 6ème éd., 2018, ad art. 415 n° 16) ;

Attendu qu’en vertu de l’art. 450 al. 2 CC, ont qualité pour recourir contre les décisions de 
l’APEA, les personnes parties à la procédure (ch. 1), les proches de la personne concernée 
(ch. 2) et les personnes qui ont un intérêt juridique à l’annulation ou à la modification de la 
décision attaquée (ch. 3) ; en l’occurrence, en tant que père des enfants sous curatelle, le 
recourant a qualité pour recourir concernant l'approbation du rapport de curatelle du 28 avril 
2021 (arrêt 106 2021 33 précité, consid. 1.2 et réf. cit. ; TF 5A_130/2013 du 15 avril 2013 
consid. 1.2) ; 

Attendu que, parmi les tâches d'un curateur, figure celle de présenter à l'APEA, aussi souvent 
que nécessaire et au moins tous les deux ans, un rapport sur la situation de la personne 
concernée et sur l'exercice de la curatelle (art. 411 al. 1 CC en relation avec l'art. 314 al. 1 
CC) ; lors de l'établissement du rapport, le curateur associe, dans la mesure du possible, la 
personne concernée et lui remet, à sa demande, une copie du rapport (art. 411 al. 2 CC) ; 
l'APEA examine le rapport et demande, si nécessaire, qu'il soit complété (art. 415 al. 2 CC) ; 
selon l'avis général, le rapport - comme les comptes, art. 415 al. 1 CC - doit être approuvé ou 
refusé ; en outre, l'autorité de protection de l'adulte prend, si nécessaire, les mesures qui 
s'imposent pour sauvegarder les intérêts de la personne concernée (art. 415, al. 3 CC ; 106 
2021 33 précité, consid. 2.2) ;

Attendu qu’en tant qu'instrument de pilotage, le rapport du curateur à l'attention de l'APEA a 
un double objectif : d'une part, il permet à l'autorité d'exercer une surveillance et un contrôle 
sur l'exécution du mandat ; d'autre part, il permet de faire le point sur la nécessité et 
l'adéquation de la mesure et des domaines d'activité du curateur qui y sont liés ; l'APEA doit 
donc pouvoir se faire une idée de la gestion du mandat ou de la situation de la personne 
concernée sur la base du rapport ; une fois le rapport périodique (et les comptes) vérifiés, 
l'APEA doit les approuver, refuser de les approuver ou ne les approuver que partiellement ; 
en approuvant, l'APEA exprime simplement qu'elle estime que la comptabilité, la 
représentation et l'administration ainsi que l'assistance fournie par le curateur sont correctes 
pour la période concernée ; l'approbation ou la non-approbation n'affecte en revanche pas la 
responsabilité et ne constitue donc pas une décharge ; le rapport périodique concerne donc 
en premier lieu la relation interne entre l'autorité de protection et le titulaire du mandat et ne 
déploie, sauf exceptions, pas d'effets juridiques à l'égard des tiers ; le rapport périodique - 
comme le rapport final, art. 425 CC - ne bénéficie pas non plus en soi d'une présomption 
d'exactitude ; en effet, il est dans la nature des choses que les rapports des mandataires 
reflètent une vision subjective des choses et peuvent donc être contestés sur le fond, 
notamment du point de vue des proches en conflit ; le but de l'approbation n'est pas de 

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rechercher la véracité objective de ses contenus et de leur conférer ainsi une force probante 
constatée par les autorités ; certes, les erreurs et omissions manifestes devraient être 
accessibles à la correction ; un recourant n'a toutefois pas le droit d'exiger qu'un rapport reflète 
son point de vue (106 2021 33 précité, consid. 2.2 ; voir également arrêt de l’Obergericht 
d’Argovie du 12 novembre 2014 – XBE.2014.41 consid. 2) ; VOGEL, op. cit., ad art. 415 n° 11 
à 14 ; VAERINI, Guide pratique du droit de la protection de l’adulte et de l’enfant, 2021, p. 79 
s. ; COPMA, Droit de la protection de l’enfant, 2017, n°4.42 à 4.53) ; sur recours, il est donc 
uniquement possible de vérifier si l'APEA a approuvé le rapport à juste titre, mais pas si le 
rapport reflète le point de vue du recourant ou si son contenu est correct - à l'exception 
d'erreurs manifestes (106 2021 33 précité, consid. 2.2) ;

Attendu que le résultat de l'examen du rapport et des comptes doit faire l'objet d'une décision 
formelle, qui fixe également la date du prochain examen du rapport et les éventuelles mesures 
à prendre en vertu de l'art. 415 al. 3 CC ; si des adaptations de la mesure en tant que telle 
sont nécessaires (compétences de représentation, limitations du mandat, suppression de 
tâches ou de compétences de représentation, limitations ou rétablissement de l'exercice des 
droits civils), elles doivent, selon la pratique de l'APEA, faire l'objet d'une décision séparée ou 
de chiffres distincts dans la même décision ; l'acte de nomination avec les tâches élargies doit 
également être adapté en conséquence (VOGEL, op. cit., ad art. 415 n° 15) ; 

Attendu qu’en l’occurrence la décision attaquée approuve le rapport sans observation, dit que 
la curatelle au sens de l’art. 308 al. 2 CC se poursuit sans modification et fixe la rémunération 
du curateur à CHF 400.- ; aussi, dans la mesure où ladite décision ne traite pas du droit de 
visite du recourant envers ses enfants (comme le reconnaît d’ailleurs le recourant lui-même), 
cette question ne fait pas l’objet de la contestation, de sorte que la conclusion n°2 du recours, 
tendant à la fixation de l’exercice du droit de visite du recourant sur ses filles les samedis au 
domicile de celui-ci de 14 heures à 19 heures, doit être déclarée irrecevable (BROGLIN / 
WINKLER DOCOURT / MORITZ, Procédure administrative et juridiction constitutionnelle – 
Principes généraux et procédure jurassienne – 2ème éd., 2021, n° 412 ss) ; comme l’a indiqué 
l’APEA dans sa prise de position du 30 août 2021, la question de l’élargissement du droit de 
visite fera l’objet d’une décision spécifique, l’instruction étant encore en cours ; 

Attendu que l’APEA n’avait en principe pas à confirmer la poursuite de la curatelle au sens de 
l’art. 308 al. 2 CC, à défaut d’adaptation de ladite mesure ; toutefois, vu la teneur du chiffre 2 
de la décision attaquée (poursuite sans modification de la curatelle au sens de l’art. 308 al. 2 
CC), mis en relation avec les considérants de celle-ci (justification de la poursuite de la 
curatelle au vu des conclusions du rapport du curateur) et compte tenu de la conclusion n°1 
du recours, tendant à l’annulation du chiffre 2 de la décision attaquée, il sied de statuer sur 
cette question, même si, à la lecture du recours, on comprend que, indirectement, c’est surtout 
le non élargissement de l’exercice du droit de visite du recourant qui est contesté ;

Attendu qu’en vertu de l’art. 308 al. 1 CC, lorsque les circonstances l’exigent, l’autorité de 
protection de l’enfant nomme un curateur qui assiste les père et mère de ses conseils et de 
son appui dans la prise en charge de l’enfant ; elle peut conférer au curateur certains pouvoirs 
tels que celui de représenter l’enfant pour établir sa filiation paternelle et pour faire valoir sa 
créance alimentaire et d’autres droits, ainsi que la surveillance des relations personnelles 

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(al. 2) ; la curatelle éducative selon l’art. 308 al. 1 CC va plus loin que la simple surveillance 
d'éducation au sens de l’art. 307 al. 3 CC, en ce sens que le curateur ne se borne pas à 
exercer une surveillance et à fournir des conseils non contraignants, mais intervient lui-même 
activement auprès des parents par des conseils et un appui dans la prise en charge, voire par 
des directives et autres instructions (TF 5A_476/2016 du 21 septembre 2016, consid. 5.2.1) ; 
l'institution d'une curatelle au sens de l'art. 308 CC suppose d'abord, comme toute mesure de 
protection de l'enfant (cf. art. 307 al. 1 CC), que le développement de celui-ci soit menacé ; le 
danger qui justifie la désignation d'un curateur peut être lié à des causes aussi diverses que 
l'inexpérience, la maladie, l'infirmité, l'absence, la violence ou l'indifférence des parents 
(MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 2014, n° 1263, p. 831) ; il faut ensuite, conformément au 
principe de subsidiarité, que ce danger ne puisse être prévenu par les père et mère eux-
mêmes, ni par les mesures plus limitées de l'art. 307 CC ; enfin, selon le principe de 
l'adéquation, l'intervention active d'un conseiller doit apparaître appropriée pour atteindre ce 
but (ATF 140 III 241 consid. 2.1 et les arrêts cités ; TF 5A_793/2010 du 14 novembre 2011 
consid. 5.1) ; le principe de la proportionnalité est la pierre angulaire du système de protection 
civile de l'enfant, la mesure ordonnée devant notamment être apte à atteindre le but de 
protection visé et nécessaire à cette fin (TF 5A_7/2016 du 15 juin 2016 consid. 3.3.1) ; de 
simples difficultés dans l'exercice de l'autorité parentale ne justifient pas à elles seules une 
restriction fondée sur l'art. 308 CC ; encore faut-il qu'elles soient de nature à compromettre 
sérieusement le bien de l'enfant (TF 5C.65/2001 du 7 juin 2001 consid. 4) ;

Attendu que, si le développement de l'enfant n'est menacé que par les difficultés liées à 
l'exercice du droit de visite, la tâche du curateur éducatif peut être limitée à la seule 
surveillance des relations personnelles ; la curatelle de surveillance des relations personnelles 
selon l'art. 308 al. 2 CC a pour but de faciliter, malgré les tensions existant entre les père et 
mère, le contact entre l'enfant et le parent qui n'est pas au bénéfice de la garde et de garantir 
l'exercice du droit de visite ; ainsi, la curatelle de surveillance des relations personnelles de 
l'art. 308 al. 2 CC est une mesure moins incisive que la curatelle éducative de l'art. 308 al. 1 
CC et n'a pas nécessairement à se greffer sur une assistance éducative au sens de cette 
dernière disposition (TF 5A_7/2016 précité consid. 3.3.2 et la référence citée : ATF 140 III 241 
consid. 2.3 et 4.2) ;

Attendu que l’autorité qui ordonne une mesure de protection de l'enfant dispose à cet égard 
d'un large pouvoir d'appréciation ; le choix de la mesure nécessite en effet une part importante 
d'anticipation et de pronostic quant à l'évolution des circonstances déterminantes ; il dépendra 
de toutes les circonstances concrètes du cas, non seulement sous l'angle juridique, mais aussi 
en fonction des aspects sociaux, médicaux et éducatifs de la situation et de la constellation 
familiale (TF 5A_476/2016 du 21 septembre 2016 consid. 5.2.3) ;

Attendu qu’en l’espèce, à l’instar de l’APEA, au vu des circonstances du cas d’espèce 
(relations extrêmement tendues entre parents ; procédure pénale ouverte contre le recourant 
au préjudice de l’intimée et mesures de substitution ordonnées ; bien que classée, une 
procédure pénale avait été ouverte contre le recourant au préjudice de ses filles contre 
l’intégrité sexuelle ; résultats du test capillaire, fortement compatibles avec une consommation 
chronique et excessive d’alcool éthylique), la poursuite de la curatelle instituée par la 
présidente du Tribunal … en mars 2020 apparaît justifiée ; en particulier, la persistance des 

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tensions au cours de l’interaction entre les parents (manque de dialogue, de communication 
et de confiance réciproque) et l’importance du conflit, mettant en danger la stabilité 
émotionnelle des deux filles, ressortent tant du rapport du curateur du 11 mars 2021 que de 
son rapport d’activité du 28 avril 2021 ; il en est de même des inquiétudes du curateur quant 
au déroulement du transfert des enfants du domicile maternel au domicile paternel en 
l’absence du cadre assuré par le Point Rencontre ; d’ailleurs, le recourant ne conteste pas la 
difficulté de communication avec l’intimée et la persistance des conflits patents ; le courriel 
positif du responsable AEMO et Point Rencontre du 19 août 2021 adressé au curateur ainsi 
que le fait que le droit de visite soit actuellement médiatisé ne permettent pas d’arriver à une 
autre conclusion, étant précisé que la poursuite de la surveillance des relations personnelles 
par le curateur se justifie d’autant plus si un élargissement de l’exercice du droit de visite doit 
être envisagé par la suite (dans son rapport du 11 mars 2021, le curateur n’avait constaté 
aucun élément factuel amenant à une potentielle mise en danger de C.A.________ et de 
D.A.________ chez leur père, précisant que, sur la base des faits et de la relation entre le 
père et ses enfants, aucun élément n’allait à l’encontre de la mise en place d’un droit de visite 
tel qu’il avait été prévu dans la convention) ;

Attendu dès lors que le recours doit être rejeté sur ce point ; au demeurant, même s’il conteste 
le fait que les intérêts de ses enfants seraient mis en danger par un accueil à son domicile, 
dans son recours, A.A.________ ne conclut ni à la rectification du rapport d’activité du curateur 
du 28 avril 2021 ni à la non approbation de celui-ci ; point n’est ainsi besoin d’examiner ces 
questions ; 

Attendu que les frais de la procédure doivent être mis à la charge du recourant qui succombe, 
(219 Cpa) et qu’il y n’y a pas lieu de lui allouer de dépens (art. 227 al. 1 Cpa), ni à l’intimée 
(art. 227 al. 2ter Cpa) ; au vu des conclusions du recours, il se justifie de compenser 
partiellement les dépens des parties dans la présente procédure de recours, relevant de la 
protection de l’enfant, tout en condamnant le recourant au paiement d’une indemnité réduite 
de dépens en faveur de l’intimée (art. 227 al. 1 et al. 2bis Cpa) ;

PAR CES MOTIFS 

LA COUR ADMINISTRATIVE

déclare

irrecevable la conclusion n°2 du recours, tendant à la fixation de l’exercice du droit de visite 
du recourant sur ses enfants à son domicile les samedis de 14 heures à 19 heures ; 

rejette

le recours pour le surplus ;

met

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les frais de la procédure, par CHF 300.-, à la charge du recourant et les prélève sur son 
avance ;

dit

qu’il n’est pas alloué de dépens,

condamne

le recourant à payer à l’intimée une indemnité réduite de dépens, fixée à CHF 500.- (y compris 
débours et TVA) pour la présente procédure de recours ; 

informe

les parties des voie et délai de recours selon avis ci-après ;

ordonne

la notification du présent arrêt : 
 au recourant, par son mandataire, Me Michael Imhof, avocat à Bienne ;
 à l’intimée, par son mandataire, Me Mathias Eusebio, avocat à Delémont ; 
 à l'Autorité de protection de l'enfant et de l'adulte, Rue de la Préfecture 12, 2800 Delémont.

avec extrait pour information à E.________, curateur de C.A.________ et D.A.________, 
Service social régional …; 

Porrentruy, le 16 décembre 2021

AU NOM DE LA COUR ADMINISTRATIVE
La présidente : La greffière :

Sylviane Liniger Odiet Julia Friche-Werdenberg

Communication concernant les moyens de recours : 

Un recours en matière civile peut être déposé contre le présent jugement auprès du Tribunal fédéral, 
conformément aux dispositions de la loi sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), en particulier aux art. 42, 72 ss. 
et 90 ss. LTF, dans un délai de 30 jours à partir de la date où ce jugement vous a été notifié (art. 100 LTF). Ce 
délai ne peut pas être prolongé (art. 47 al. 1 LTF). 

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Le mémoire de recours sera adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Il doit indiquer les conclusions, les 
motifs et les moyens de preuve, et être signé. Le recourant doit exposer succinctement en quoi l'acte attaqué viole 
le droit (art. 42 al. 2 LTF). Le recourant ne peut critiquer les constatations de fait que si les faits ont été établis de 
façon manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l’art. 95, et si la correction du vice est susceptible 
d’influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF).

Le présent jugement et les pièces invoquées comme moyens de preuve en possession du recourant doivent être 
joints au mémoire (art. 42 al. 3 LTF).

Les mémoires doivent être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral, soit, à l’attention de 
ce dernier, à la Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF).