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**Case Identifier:** 2bf7805b-1a97-5f4c-ad3f-4429ae0b0179
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-04-28
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 28.04.2017 C/10739/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-10739-2015_2017-04-28.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 3 mai 2017. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/10739/2015 ACJC/503/2017 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 28 AVRIL 2017 

 

Entre 

A______, sise ______, Genève, recourante contre une ordonnance rendue par la 9ème 
Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 27 octobre 2016, comparant 

par Me Yvan Jeanneret, avocat, 15, rue Ferdinand-Hodler, case postale 6090, 1211 

Genève 6, en l'étude duquel elle fait élection de domicile, 

et 

Monsieur B______, domicilié ______, ______, France, intimé, comparant par Me 
Béatrice Stahel, avocate, 16, rue de Savièse, 1950 Sion (VS), en l'étude de laquelle il 

fait élection de domicile. 

 

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C/10739/2015 

EN FAIT 

A. a. Le Docteur B______, ressortissant français, exerce depuis plusieurs années la 
profession de dentiste au sein de son cabinet privé situé à ______ (France). 

b. Au printemps 2013, il a entrepris des pourparlers avec A______ (ci-après : la 
clinique), une société anonyme de droit suisse exploitant des cabinets et 

laboratoires dentaires, dans l'optique d'exercer son activité à titre partiel sur 

territoire genevois. 

Cette société est administrée et présidée par le Docteur C______, lui-même inscrit 

au Registre fédéral des professions médicales en qualité de médecin-dentiste. 

c. B______ et la clinique se sont liés en été 2013 par un contrat oral de 
«partenariat», aux termes duquel B______ s'est engagé à fournir, à raison 

d'environ deux jours par semaine, des services d'orthodontie au sein de la clinique, 

laquelle s'est engagée à mettre ses infrastructures à disposition. 

 Les parties ont convenu que le chiffre d'affaires encaissé par B______ et généré 

par le traitement de «ses» patients ferait l'objet d'une répartition entre les parties. 

 d. B______ a exercé son activité de dentiste au sein de la clinique de juillet 2013 
au 22 août 2014, date à laquelle il a résilié le contrat avec effet immédiat. 

B. a. Par acte du 18 février 2016, rectifié le 29 mars 2016, B______ a formé une 
demande en paiement à l'encontre de la clinique, réclamant le versement de 

plusieurs sommes à titre de rémunération contractuelle pour l'activité déployée du 

1er août 2013 au 22 août 2014. Il soutient que les parties ont convenu qu'il 

perçoive 60% du chiffre d'affaires brut généré par son activité et effectivement 

encaissé. 

 Préalablement, B______ a requis la production par la clinique de plusieurs pièces 

indispensables, selon lui, à la détermination de sa rémunération, dont notamment 

des pièces comptables et les factures adressées du 1er juillet 2013 au 22 août 2014 

aux patients qu'il avait traités. 

 b. La clinique a conclu au déboutement de B______ de toutes ses conclusions. 

Elle a refusé de verser à la procédure les pièces requises par B______ aux motifs 

qu'elles étaient couvertes par le secret médical, que les informations qui étaient 

contenues ressortaient d'un document déjà produit, issu du système officiel de 

facturation de la société et qu'elles n'étaient pas pertinentes. 

Sur le fond, elle a admis que B______ avait droit à une rémunération équivalent 

au 60% du chiffre d'affaires généré par son activité et effectivement encaissé, sous 

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déduction toutefois du coût du matériel utilisé, des frais de laboratoire et de la 

rémunération d'un assistant personnel. 

c. B______ a persisté dans ses conclusions dans le cadre de sa réplique spontanée. 
Les pièces déjà produites par la clinique ne permettaient pas d'établir le chiffre 

d'affaires pertinent pour fixer la rémunération due, car elles manquaient de 

crédibilité et de fiabilité et contenaient de nombreuses incohérences. 

d. La clinique a persisté dans ses conclusions dans sa duplique, à l'appui de 
laquelle elle a produit les situations de compte de sept patients dont seules les 

initiales des noms et prénoms ont été conservées, ainsi que les numéros de 

dossier. 

C. Par ordonnance ORTPI/825/2016 du 27 octobre 2016, notifiée le 31 octobre 2016 
aux parties, le Tribunal de première instance a déclaré irrecevables certaines 

pièces (ch. 1 du dispositif), a imparti à la clinique un délai de trente jours à 

compter de la notification de l'ordonnance pour produire toutes les factures 

adressées aux patients traités par B______ du 1er juillet 2013 au 22 août 2014, 

ainsi que l'extrait de son système de comptabilité pour la période du 1er au 22 

août 2014 (ch. 2), a ordonné l'audition de deux témoins (ch. 3) et a imparti à la 

clinique un délai pour fournir une avance de frais d'administration de preuve de 

400 fr. (ch. 4). 

 Le premier juge a notamment considéré que la clinique n'était – au contraire 

de B______ – pas dépositaire du secret professionnel au sens de l'art. 321 CP, de 

sorte qu'elle ne pouvait pas refuser de collaborer en se prévalant de l'art. 163 al. 1 

let. b CPC. Il a également retenu qu'il n'était nul besoin d'examiner si la clinique 

était dépositaire d'un secret au sens de l'art. 163 al. 2 CPC, puisqu'en tout état de 

cause, elle ne rendait pas vraisemblable que l'intérêt à garder le secret l'emportait 

sur l'intérêt à la manifestation de la vérité, compte tenu du fait que B______ 

connaissait l'identité des patients qu'il avait traités. Une version caviardée des 

factures l'empêcherait en outre de déterminer si elles concernaient bien des 

personnes qu'il avait traitées. 

D. a. Par acte du 10 novembre 2016, la clinique forme recours contre cette 
ordonnance, concluant à l'annulation de son chiffre 2. 

 b. Par arrêt du 5 décembre 2016, la Cour de justice a admis la requête de la 
clinique tendant à suspendre le caractère exécutoire de l'ordonnance contestée. 

c. B______ a conclu à l'irrecevabilité du recours, subsidiairement à son rejet. 

 d. Dans sa réplique, la clinique a persisté dans ses conclusions et rappelé qu'elle 
avait proposé de produire les pièces demandées sous une forme caviardée, afin de 

préserver le secret médical. 

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 e. Dans sa duplique, B______ a persisté dans ses conclusions au fond et conclu, 
subsidiairement, à la production caviardée des pièces (avec nom en entier et 

première lettre du prénom). 

EN DROIT 

1. 1.1 La décision querellée est une ordonnance de preuves au sens de l'art. 154 CPC 
(JEANDIN, in CPC, Code de procédure civile commenté, BOHNET/HALDY/ 

JEANDIN/SCHWEIZER/TAPPY [éd.], 2011, n. 11 ad art. 319 CPC; FREIBURGHAUS/ 

AFHELDT, Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung, 2013, n. 11 

ad art. 319 CPC). 

 Une telle décision est susceptible de recours immédiat dans les cas prévus par la 

loi (art. 319 let. b ch. 1 CPC) ou lorsqu'elle est de nature à causer un préjudice 

difficilement réparable (art. 319 let. b ch. 2 CPC; ACJC/241/2015 consid. 1.1; 

ACJC/1234/2014 consid. 1.1; ACJC/1292/2013 consid. 1.1; ACJC/734/2013 

consid. 1.1). 

 La notion de "préjudice difficilement réparable" est plus large que celle de 

"préjudice irréparable" au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (cf. ATF 138 III 378 

consid. 6.3 et 137 III 380 consid. 2, in SJ 2012 I p. 73). Il s'agit de toute incidence 

dommageable (y compris financière ou temporelle), pourvu qu'elle soit 

difficilement réparable. Il y a toutefois lieu de se montrer exigeant, voire restrictif, 

avant d'admettre la réalisation de cette condition, sous peine d'ouvrir le recours à 

toute décision ou ordonnance d'instruction, ce que le législateur a clairement exclu 

(JEANDIN, in CPC, op. cit., n. 22 ad art. 319 CPC et les auteurs cités; REICH, in 

Schweizerische Zivilprozessordnung [ZPO], BAKER &MCKENZIE [éd.], 2010, n. 8 

ad art. 319 CPC). Si cette condition n'est pas remplie, la partie doit attaquer 

l'ordonnance avec la décision finale sur le fond (Message du Conseil fédéral CPC, 

FF 2006 6841 ss, p. 6984; BRUNNER, in Schweizerische Zivilprozessordnung, 

OBERHAMMER [éd.], 2010, n. 13 ad art. 319 CPC; BLICKENSTORFER, in 

Schweizerische Zivilprozessordnung [ZPO], BRUNNER/GASSER/SCHWANDER 

[éd.], 2011 n. 40 ad art. 319 CPC). 

 Dans un arrêt récent, le Tribunal fédéral s'est penché sur la recevabilité d'un 

recours immédiat interjeté contre une ordonnance de production de titres lorsque 

le risque de "préjudice irréparable" (au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF) menaçait 

des tiers et non la recourante elle-même. Bien que laissant cette question indécise 

dans la mesure où le recours devait de toute manière être rejeté sur le fond, le 

Tribunal fédéral a considéré que si on excluait le recours immédiat contre une 

ordonnance de production de titres qui, par hypothèse, exigeait à tort la 

divulgation d'éléments secrets concernant une tierce personne, on causait un 

préjudice pour le tiers, dont le législateur voulait précisément protéger la situation, 

la ratio legis de l'art. 163 CPC étant avant tout de protéger des secrets dont la 

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partie au procès était porteuse (arrêt du Tribunal fédéral 4A_63/2016 du 

10 octobre 2016 consid. 1.2 et les références citées). 

 Le recours doit être interjeté dans le délai de dix jours et suivant la forme prévue 

par la loi (art. 130, 131 et 321 al. 2 et 3 CPC). 

 1.2 En l'occurrence, l'ordonnance contestée ordonne notamment la production de 
documents permettant d'établir le montant des frais médicaux facturés par l'intimé 

à «ses» patients et, par voie de conséquence, la rémunération revenant à l'intimé. 

Elle se rapporte donc à la préparation et à la conduite des débats, de sorte qu'elle 

peut faire l'objet d'un recours immédiat aux conditions de l'art. 319 let. b CPC. 

 Les hypothèses visées par l'art. 319 let. b ch. 1 CPC n'étant pas réalisées, il 

convient de déterminer si la décision querellée est susceptible de causer un 

préjudice difficilement réparable. 

 La recourante fonde son refus de collaborer sur l'art. 163 CPC en invoquant la 

protection du secret médical. Elle soutient que les documents qu'elle a été requise 

de produire contiennent des données sensibles (à savoir l'identité des patients et 

des affaires traitées par l'intimé), de sorte qu'elle causerait un préjudice 

difficilement réparable aux patients en donnant suite à l'ordonnance. 

 Il est vraisemblable, prima facie, que le préjudice causé par la divulgation sur 

support papier d'informations couvertes par un secret ne pourrait être supprimé 

(ni partiellement ni totalement), même dans l'hypothèse d'une décision finale 

favorable à la recourante. 

 La recevabilité du recours, qui a été introduit en temps utile et selon la forme 

prescrite par la loi, sera donc admise. 

2. Les parties se sont liées par un contrat de «partenariat» oral, aux termes duquel 
l'intimé s'est engagé à fournir des services d'orthodontie au sein du cabinet 

exploité par la recourante, qui s'est engagée à mettre ses infrastructures à 

disposition. 

 Il n'est pas contesté que les parties sont convenues de se répartir le chiffre 

d'affaires encaissé par l'intimé et généré par le traitement des patients qu'il aurait 

traités. Elles s'opposent toutefois sur l'étendue de cette répartition, plus 

précisément sur la déduction ou non des charges (frais de matériel, de laboratoire 

et d'assistant personnel). 

 Afin de déterminer le montant de la rémunération devant lui revenir, l'intimé a 

requis la production par la recourante d'un certain nombre de pièces, dont l'extrait 

de son système de comptabilité pour la période du 1er juillet 2013 au 22 août 

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2014, ainsi qu'une copie de toutes les factures adressées aux patients qu'il a traités 

du 1er juillet 2013 au 22 août 2014. 

 Le premier juge a fait droit à cette requête, puisqu'il a ordonné à la recourante de 

produire les factures adressées aux patients traités par l'intimé du 1er juillet 2013 

au 22 août 2014, ainsi qu'un extrait de son système de comptabilité pour la 

période du 1er au 22 août 2014, précisant dans les considérants de sa décision que 

les documents relatifs à la période du 1er juillet 2013 au 31 juillet 2014 avaient 

déjà été produits. 

Si la recourante conclut à l'annulation du chiffre 2 précité, elle ne s'oppose 

cependant pas à la production de son système de comptabilité pour la période 

requise. Elle ne s'oppose pas non plus, sur le principe, à la production de toutes les 

factures adressées aux patients traités par l'intimé du 1er juillet 2013 au 22 août 

2014. Elle refuse toutefois de les produire sous une forme complète compte tenu 

du secret auquel elle est tenue, et propose d'en verser un exemplaire caviardé des 

données personnelles des patients. 

Ses griefs seront examinés ci-après. 

3. La recourante reproche au premier juge de lui avoir ordonné de produire des 
documents dont la révélation serait pénalement punissable. 

 3.1 En principe, les parties et les tiers sont tenus de collaborer à l'administration 
des preuves. Ils ont en particulier l'obligation de produire les titres requis 

(art. 160 al. 1 let. b CPC). 

 Une partie peut cependant s'y opposer lorsque la révélation d'un secret pourrait 

être punissable en vertu de l'art. 321 CP, disposition pénal. 

 Il y a violation du secret professionnel au sens de l'art. 321 CP lorsque l'un des 

professionnels de la santé énumérés exhaustivement au ch. 1 rend 

intentionnellement accessible à un tiers non autorisé un secret qu'il a appris en 

raison de sa profession. 

 Le cercle des auteurs visés est notamment constitué des médecins et des dentistes. 

Il importe peu que le médecin exerce sa profession dans un cabinet indépendant 

ou qu'il soit employé d'un hôpital, d'une clinique ou d'une permanence. Le dentiste 

doit avoir des connaissances particulières et l'autorisation d'exercer à titre 

professionnel l'activité mentionnée, à savoir soigner les dents, effectuer des 

interventions chirurgicales dentales et traiter les maladies de la bouche et des 

mâchoires (CORBOZ, Les infractions en droit suisse, Volume II, 3ème éd. 2010, 

n. 14 et 15 ad art. 321 CP). 

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 Les auxiliaires des membres des professions visées à l'art. 321 CP sont également 

soumis au secret. Pour les professions médicales, on peut citer les assistants de 

médecin, le personnel de laboratoire, le technicien dentiste, les éventuels 

secrétaires et à tous les thérapeutes auxiliaires qui exercent leur activité sur 

mandat ou sous contrôle du médecin. Leur statut est sans importance: ils peuvent 

être employés ou mandataires, exercer leur activité à titre onéreux ou gratuit 

(DONATSCH/WOHLERS, Strafrecht IV, Delikte gegen die Allgemeinheit, 

4ème éd. 2011, p. 565; TRECHSEL/VEST, Schweizerisches Strafgesetzbuch : 

Praxiskommentar, TRECHSEL/PIETH [éd.], 2ème éd. 2013, n. 13 ad art. 321 CP). 

 On entend par secret médical tout ce que le malade confie au médecin pour lui 

permettre d'accomplir son mandat ou encore tout ce que le médecin apprend ou 

constate dans l'exercice de sa profession (ATF 75 IV 71, in JdT 1949 IV p. 92; 

101 Ia 10 consid. 5c, in JdT 1977 I 279; CORBOZ, op. cit., n. 24 ad art. 321 CP). 

 L'acte délictueux consiste à rendre le secret accessible à une personne non 

autorisée (STRATENWERTH/BOMMER, Schweizerisches Strafrecht, Besonderer Teil 

II : Straftaten gegen Gemeininteressen, 7ème éd. 2013, § 61, n. 19; TRECHSEL/ 

VEST, op. cit., n. 23 ad art. 321 CP; CORBOZ, op. cit., n. 67 ad art. 321 CP). 

Dans un arrêt de 1949, le Tribunal fédéral a considéré que le secret devait être 

même gardé à l'égard d'un tiers qui le connaissait déjà, car cette communication 

équivalait à une confirmation de nature à renforcer sa conviction (ATF 75 IV 71 

consid. 1, in JdT 1949 IV p. 92). Dans un arrêt de 1980, notre Haute Cour a nié la 

divulgation, au motif que l'autorité avait connaissance du fait litigieux depuis des 

années (ATF 106 IV 133, in JdT 1981 IV p. 113). Sur la base de ces deux arrêts, 

la doctrine majoritaire considère que la communication d'un secret à un tiers non 

autorisé n'est punissable que lorsqu'elle renforce un savoir qui n'était qu'incertain 

ou présumé, la révélation n'étant pas punissable lorsque le destinataire a déjà une 

connaissance certaine et complète du fait (TRECHSEL/VEST, op. cit, n. 24 

ad art. 321 CP; DUPUIS/GELLER/MONNIER/MOREILLON/PIGUET/BETTEX/STOLL 

[éd.], Code pénal: Petit commentaire, 2012, n. 31 ad art. 321 CP; OBERHOLZER, in 

Basler Kommentar, Strafrecht II, NIGGLI/WIPRÄCHTIGER [éd.], 3ème éd. 2013, 

n. 19 ad art. 321 CP; CORBOZ, op. cit., n. 77 ad art. 321 CP). 

 Le devoir de garder le secret n'est pas limité dans le temps. Il subsiste au-delà du 

rapport contractuel, que celui-ci ait pris fin par son exécution, sa résiliation ou sa 

révocation, la mort du mandant ou toute autre cause (ATF 117 Ia 349 consid. bb; 

114 III 107 consid. 3a; 112 Ib 607; 87 IV 107 consid. 2). 

 3.2 En l'espèce, la recourante soutient que son administrateur président, lui-même 
médecin-dentiste, serait astreint au secret professionnel au sens de l'art. 321 CP en 

sa qualité de médecin et de représentant de la société. Elle soutient également que 

tout autre représentant ou employé de la clinique serait pénalement punissable en 

sa qualité d'auxiliaire et que la société anonyme elle-même, en tant que personne 

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morale, serait soumise au secret, faute de quoi le choix de la structure pour 

l'exercice d'une activité médicale pourrait influencer la préservation de celui-ci. 

 Il n'est toutefois pas besoin de résoudre ici ces questions, puisque l'intimé, en sa 

qualité de médecin-dentiste, ne saurait se voir opposer un quelconque secret par la 

recourante, ses organes ou ses auxiliaires relativement à des informations qu'il a 

lui-même recueillies dans l'exercice de sa profession et qu'il doit maintenir 

secrètes nonobstant la résiliation du contrat le liant à la recourante. 

 En effet, le comportement typique de la violation du secret professionnel au sens 

du code pénal consiste en la révélation d'un secret à une personne «non autorisée». 

Or, les factures dont l'intimé requiert la production concernent exclusivement les 

patients qu'il a lui-même traités, de sorte qu'il ne saurait être considéré comme un 

tiers «non autorisé». Il est le principal détenteur du secret. 

 En tout état de cause, même à considérer l'intimé comme un tiers, jurisprudence et 

doctrine s'accordent sur le fait que la divulgation d'un fait n'est pas constitutive 

d'une violation lorsque le tiers en a une connaissance certaine et complète, ce qui 

est assurément le cas en l'occurrence. 

 Il résulte de ce qui précède que la clinique, ses organes et ses employés ne 

sauraient se prévaloir du secret professionnel à l'encontre de l'intimé pour justifier 

un refus de collaborer au sens de l'art. 163 al. 1 let. b CPC, ce même dans 

l'hypothèse où ils seraient dépositaires du secret médical. 

 Le grief sera dès lors rejeté. 

4. La recourante semble également fonder son droit de refuser de collaborer sur 
l'art. 163 al. 2 CPC. 

 4.1 Les dépositaires d'autres secrets protégés par la loi – autres que ceux visés par 
l'art. 163 al. 1 CPC – peuvent refuser de collaborer s'ils rendent vraisemblable que 

l'intérêt à garder le secret l'emporte sur l'intérêt à la manifestation de la vérité 

(art. 163 al. 2 CPC). Sont en particulier visés le secret de fabrication et le secret 

commercial (art. 162 CP; VOUILLOZ, Le témoignage écrit, in RVJ 2016 p. 343 ss, 

p. 348 et les références citées; SCHMID, in Kurzkommentar ZPO, Schweizerische 

Zivilprozessordnung, OBERHAMMER/DOMEJ/HAAS [éd.], 2ème éd. 2014, n. 17 

ad art. 163 CPC). 

 Certains auteurs précisent que les secrets protégés par des normes de droit civil 

peuvent également fonder un refus de collaborer, refus qui peut émaner en 

particulier du mandataire, du travailleur ou de l'employeur (arrêt du Tribunal 

fédéral 4A_63/2016 du 10 octobre 2016 consid. 5.2.1; HIGI, op. cit., n. 14 

ad art. 163 CPC; E. F. SCHMID, in Basler Kommentar, Schweizerische 

Zivilprozessordnung, SPÜHLER/TENCHIO/INFANGER [éd.], 2ème éd. 2013, n. 8d 

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ad art. 163 CPC; HASENBÖHLER, in Kommentar zur Schweizerischen Zivil-

prozessordnung [ZPO], SUTTER-SOMM/HASENBÖHLER/LEUENBERGER [éd.], 

3ème éd. 2016, n. 73 ad art. 166 CPC; moins affirmatif, H. SCHMID, in 

Kurzkommentar ZPO, OBERHAMMER/DOMEJ/HAAS [éd.], 2ème éd. 2014, n. 18 

ad art. 163 CPC). 

 4.2 En l'occurrence, point n'est besoin de déterminer si les factures litigieuses sont 
protégées par la loi au sens de l'art. 163 al. 2 CPC, puisqu'il faudrait de toute 

manière admettre que l'intérêt à la manifestation de la vérité l'emporte sur l'intérêt 

au maintien du secret. 

 En effet, les factures dont la production est requise sont pertinentes pour l'issue du 

litige, puisqu'elles permettraient de déterminer le montant de la rémunération à 

laquelle l'intimé pourrait prétendre, contrairement aux autres pièces déjà versées 

au dossier. L'intérêt à la manifestation de la vérité peut donc être qualifié 

d'important. 

 Quant à l'intérêt au maintien du secret, celui-ci est limité par le fait que l'intimé, 

en sa qualité de médecin traitant, a déjà eu accès aux informations dont la 

confidentialité est invoquée, dans la mesure où la demande de production ne 

concerne que les factures adressées aux patients traités par l'intimé lui-même. 

En outre, hormis l'identité des patients, il n'est pas soutenu que les pièces requises 

contiendraient d'autres données sensibles, telles que des notes personnelles, des 

diagnostics ou toutes autres données médicales sur les patients, ni des 

informations sur la clinique. Aucun autre document interne à la société n'est visé 

par la production de titres, notamment les factures adressées aux patients des 

autres médecins œuvrant au sein de la recourante. 

 La non-divulgation des pièces requises ne répond ainsi à aucun intérêt 

prépondérant. 

 Enfin, la proposition de la recourante de produire une version caviardée des 

factures litigieuses avec amputation complète de l'identité des parties ne saurait 

être suivie, car elle empêcherait l'intimé de s'assurer que les factures produites 

concernent bel et bien les patients qu'il a traités et donc d'apporter la preuve du 

montant de sa rémunération. En outre, le seul retrait d'une partie du prénom des 

patients, tel que proposé par l'intimé, ne rend pas moins identifiables les patients. 

 Pour le surplus, la recourante ne soutient pas que la production des documents 

litigieux serait susceptible de porter sérieusement atteinte à ses propres intérêts. 

Elle ne démontre notamment pas que l'intimé chercherait à obtenir pour son 

compte et son propre usage des informations liées à l'activité de la société ou qu'il 

souhaiterait se prévaloir de ces données auprès de tiers pour un quelconque usage. 

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 L'intérêt au maintien du secret ne saurait donc prévaloir sur l'intérêt de l'intimé à 

pouvoir établir la réalité de ses allégués. 

 Il s'ensuit que ce grief est également infondé. Le recours sera par conséquent 

rejeté. 

5. La recourante, qui succombe, sera condamnée aux frais judiciaires, fixés à 
1'000 fr. au total (art. 104 al. 1, 105 et 106 al. 1 CPC; art. 41 RTFMC). Ceux-ci 

sont couverts par l'avance de frais, qui reste acquise à l'Etat de Genève 

(art. 111 CPC). 

 La recourante sera également condamnée aux dépens de l'intimé, lesquels seront 

arrêtés à 1'000 fr., débours et TVA compris (art. 105 al. 2 et 106 al. 1 CPC; 

art. 85, 87 et 90 RTFMC; art. 23 al. 1, 25 et 26 LaCC). 

7. Le présent arrêt, qui ne constitue pas une décision finale, peut être porté au 
Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière civile (art. 51 al. 1 let. c et 

72 ss LTF; cf. arrêt du Tribunal fédéral 4A_85/2007 consid. 2.1), aux conditions 

de l'art. 93 LTF. 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté le 10 novembre 2016 par A______ contre le 

chiffre 2 du dispositif de l'ordonnance rendue le 27 octobre 2016 par le Tribunal de 

première instance dans la cause C/10739/2015-9. 

Au fond : 

Le rejette. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires du recours à 1'000 fr., les met à la charge de A______ et dit 

qu'ils sont compensés avec l'avance, qui reste acquise à l'Etat de Genève. 

Condamne A______ à verser 1'000 fr. à B______ à titre de dépens de recours. 

Siégeant : 

Madame Florence KRAUSKOPF, présidente; Madame Sylvie DROIN, Madame Ursula 

ZEHETBAUER GHAVAMI, juges, Madame Camille LESTEVEN, greffière. 

 

La présidente : 

Florence KRAUSKOPF 

 La greffière : 

Camille LESTEVEN 

 

 

Indication des voies de recours : 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 
(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 
notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 
fédéral par la voie du recours en matière civile. 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 
30'000 fr.