# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** cf385c78-84da-55d9-995c-40983e857989
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2023-12-11
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 11.12.2023 E-6421/2023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-6421-2023_2023-12-11.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 

 

  

 

 Cour V 

E-6421/2023 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  11  d é c e m b r e  2 0 2 3  

Composition 
 Grégory Sauder, juge unique,  

avec l'approbation de Chiara Piras, juge ; 

Diane Melo de Almeida, greffière. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

Turquie, 

représenté par Me Kaveh Mirfakhraei, avocat, 

(…), 

recourant,  

  
 

 
contre 
  

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile et renvoi (recours réexamen) ;  

décision du SEM du 31 octobre 2023. 

 

 

 

E-6421/2023 

Page 2 

Faits : 

A.  

A.a Le 18 avril 2022, A._______ (ci-après : le requérant, l’intéressé ou le 

recourant) a déposé une demande d’asile en Suisse. 

A.b Au cours de ses auditions des 22 avril et, en particulier, 17 août 2022, 

le requérant a expliqué avoir enseigné auprès de différentes écoles 

turco-(…) proches du mouvement « Gülen » (en turc : Gülen Hareketi ou 

Gülen Cemaati ou encore Hizmet). En Turquie, il aurait aussi participé à 

des programmes de soutien pour étudiants et enseigné dans des 

établissements scolaires à B._______, occupant même un poste de 

directeur-adjoint dans un centre de formation entre 2015 et 2016. Il a 

exposé que les institutions dans lesquelles il avait travaillé en Turquie 

avaient été mises sous pression par le gouvernement dès 2011. Cette 

pression s’étant intensifiée en 2013, le mouvement « Gülen » aurait fermé 

cinq centres de préparation à l’entrée à l’université (« dershane »), ce à 

quoi l’intéressé et ses compagnons se seraient opposées. De même, ils 

auraient donné des conférences légales, qui auraient dérangé le 

gouvernement. En outre, l’association « C._______ », à laquelle le 

requérant aurait consacré du temps, ainsi que la banque « D._______ », 

auprès de laquelle il aurait eu un compte, auraient été fermées par les 

autorités. Ayant créé sa propre entreprise d’informatique, l’intéressé aurait 

par ailleurs travaillé comme consultant pour un « dershane » fondé par des 

collègues. Ce centre aurait toutefois été saisi et fermé en 2016, à l’instar 

d’autres « dershane », et le matériel informatique que le requérant leur 

avait fourni aurait également été confisqué. L’intéressé a précisé qu’un des 

collègues ayant travaillé dans son entreprise avait été arrêté et, questionné 

sur l’identité de son employeur, celui-ci aurait donné son nom aux autorités. 

En raison de la pression ressentie dans son quartier – il aurait en effet suffit 

qu’une personne le dénonce comme membre du mouvement « Hizmet » – 

ainsi que de la pression exercée par le gouvernement, l’intéressé aurait 

quitté la Turquie par voie aérienne, muni de son propre passeport en date 

du 23 février 2017. Se sentant en danger suite à la tentative de coup d’Etat 

du 15 juillet 2016, il serait demeuré discret jusqu’à son départ et n’aurait 

pas eu directement affaire aux autorités. Réinstallé ensuite au E._______, 

il aurait notamment travaillé dans des centres de formation appartenant au 

mouvement « Gülen ». Il aurait toutefois dû quitter ce pays en (…) 2021, 

pour des motifs administratifs. Puis, après avoir séjourné dans différents 

Etats, il serait arrivé en Suisse le (…) avril 2022. Le requérant a encore 

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indiqué ne pas avoir pu retourner en Turquie pour assister aux funérailles 

de ses parents décédés en 2017 et a déclaré, qu’à sa connaissance, il n’y 

avait pas de procédure ouverte contre lui en Turquie, signalant toutefois 

qu’il existait des procédures secrètes, mais que, faute d’avocat, il n’en était 

pas informé. 

A.c A l’appui de sa demande d’asile, le requérant a notamment produit un 

document faisant état de ses différents lieux de travail, un récépissé 

concernant le règlement d’une facture de carte de crédit enregistrée auprès 

d’une banque, une liste portant sur ses entrées et sorties de Turquie ainsi 

que deux certificats de travail relatifs à ses activités au E._______. 

A.d Par décision du 26 septembre 2022, le Secrétariat d’Etat aux 

migrations (ci-après : le SEM) a dénié la qualité de réfugié au requérant, 

rejeté sa demande d'asile, prononcé son renvoi de Suisse et ordonné 

l'exécution de cette mesure. 

A.e Par arrêt D-4667/2022 du 10 mars 2023, le Tribunal administratif 

fédéral (ci-après : le Tribunal) a rejeté le recours déposé, le 14 octobre 

2022, contre cette décision. 

B.  

Par acte du 25 octobre 2023, le requérant a demandé au SEM de 

reconsidérer sa décision du 26 septembre 2022, de lui délivrer un permis 

de séjour B, subsidiairement, un livret F ou, plus subsidiairement encore, 

un livret N. L’intéressé a fait valoir que sa vie ainsi que son intégrité 

physique seraient en danger en cas de retour en Turquie du fait de son 

appartenance au mouvement « Gülen/Hizmet ». En effet, en cas de renvoi, 

il serait arrêté, emprisonné et torturé, en raison notamment de sa 

sympathie envers ce mouvement, de ses activités au sein de l’association 

« C._______ » ainsi qu’en raison de son compte ouvert auprès de la 

banque D._______. De tels motifs seraient selon lui suffisants pour fonder 

une crainte de persécution future. Pour le reste, le requérant a pour 

l’essentiel rappelé les faits exposés à l’appui de sa demande d’asile du 18 

avril 2022, soulignant qu’il avait été particulièrement actif au sein de 

l’association « C._______ », que plusieurs de ses collègues avaient 

rencontré des problèmes avec les autorités, l’un deux étant d’ailleurs 

toujours détenu, et qu’il n’avait pas pu, pour les motifs invoqués, retourner 

en Turquie pour assister aux funérailles de ses parents. L’intéressé a 

également exposé la situation ayant prévalu en Turquie, suite au coup 

d’Etat du 15 juillet 2016. 

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Outre des impressions de rapports, d’articles ainsi que d’autres documents 

de portée générale (annexes n° 5 à 16), le requérant a produit les moyens 

de preuve suivants : 

– des copies de ses documents d’identité (annexe no 1), lesquelles 

avaient déjà été produites en procédure ordinaire ; 

– des photographies le représentant dans le cadre de ses activités au 

sein d’écoles proches du mouvement « Gülen » (annexe n° 2) ; 

– un document présenté comme étant un extrait de ses activités 

professionnelles (annexe n° 4bis) ; 

– un certificat de travail établi, le 20 mai 2022, et relatif à ses activités au 

E._______ (annexe n° 3 ; déjà produit en procédure ordinaire) ; 

– des lettres de soutien datées des 18, 19, 23 et 24 octobre 2023 et 

émanant d’anciens collègues ou étudiants ainsi que des attestation 

établies, les 23 et 24 octobre 2023, l’une par F._______ (…) et l’autre 

par l’association G._______ à H._______ (annexe n° 17) ; 

– une attestation du 24 juillet 2023 ainsi qu’une lettre de soutien 

du 29 juillet suivant attestant de son engagement passé en faveur de 

l’association « C._______ » (annexe n° 4ter) ; 

– une liste de contacts de personnes présentées comme étant témoins 

de ses liens avec le mouvement « Gülen » (annexe no 18). 

C.  

Par décision du 31 octobre 2023, notifiée le 2 novembre suivant, le SEM a 

rejeté la demande précitée, la qualifiant de demande de réexamen et 

considérant que l’intéressé ne réunissait pas les conditions mises à la 

reconnaissance de la qualité de réfugié, a confirmé que sa décision 

du 26 septembre 2022 était entrée en force ainsi qu’exécutoire et précisé 

qu’un éventuel recours ne déploierait pas d’effet suspensif. 

Le SEM a retenu en substance que dépôt des moyens de preuve produits 

par l’intéressé relatifs à son parcours au E._______ et à ses activités 

professionnelles en Turquie était bien postérieur aux 30 jours suivant la 

découverte du motif de réexamen et ainsi irrecevables. Ayant également 

relevé que les annexes n° 5 à 16 étaient de portée générale, il a retenu 

que seuls les moyens de preuve figurant en annexes n° 17 et 18 étaient 

nouveaux. Prenant en considération ces derniers ainsi que les allégués du 

requérant, il a estimé que tant son parcours au E._______ que ses activités 

professionnelles et associatives déployées en Turquie ainsi que sa qualité 

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de sympathisant du mouvement « Gülen/Hizmet » étaient des éléments 

connus des autorités suisses d’asile, qui avaient fait l’objet d’un examen 

approfondi dans le cadre de la procédure ordinaire, sans avoir été mis en 

doute, ceux-ci ayant toutefois été considérés comme insuffisants pour 

établir le bien-fondé d’une crainte de persécution future. Le SEM a en outre 

relevé que, rédigées postérieurement au placement de l’intéressé en 

détention administrative, les lettres de soutien produites à l’appui de sa 

demande apparaissaient comme ayant été établies pour les seuls besoins 

de la cause par des personnes qu’il avait connues au E._______ ou en 

Turquie dans le cadre de ses activités professionnelles. Dans la mesure où 

ces activités n’étaient pas mises en doute, ces documents n’étaient du 

reste pas déterminants pour l’issue de la cause. De plus, à l’instar de la 

liste de témoins produite en annexe n° 18, ces documents ne revêtaient 

aucun caractère officiel. Le SEM a par ailleurs retenu que tant l’attestation 

de F._______ que celle de l’association G._______ n’étaient pas non plus 

déterminantes, précisant en outre que les efforts d’intégration de l’intéressé 

ne pouvaient pas être pris en considération. Enfin, il a confirmé que 

l’exécution du renvoi du requérant demeurait licite, raisonnablement 

exigible ainsi que possible. 

D.  

Le 21 novembre 2023, l’intéressé a interjeté recours contre cette décision 

auprès du Tribunal. Il conclut, sous suite de frais et dépens, à la 

reconnaissance de la qualité de réfugié ainsi qu’à l’octroi de l’asile et, ce 

faisant à l’octroi d’un permis B, subsidiairement, au prononcé d’une 

admission provisoire et, ce faisant à l’octroi d’un livret F, ou, plus 

subsidiairement encore, au renvoi de la cause au SEM pour complément 

d’instruction, requérant par ailleurs l’octroi de l’effet suspensif. 

Le recourant indique que, depuis le dépôt de sa demande de réexamen, 

des proches ont réussi à réunir de nouvelles pièces démontrant que sa vie 

ainsi que son intégrité corporelle seront en danger en cas de retour en 

Turquie. Se fondant sur l’avis de droit d’un avocat turc, il soutient que le 

simple fait d’avoir téléchargé la messagerie cryptée « I._______ » ou 

d’apparaître nommément dans des messages de cette application 

constitue, aux yeux des autorités turques, une preuve de l’appartenance 

au mouvement « Gülen/Hizmet ». Dans un tel cas, celles-ci appliqueraient 

l’art. 314 du code pénal, lequel condamne l’appartenance à une 

organisation terroriste armée à une peine de prison de 5 à 10 ans. 

L’intéressé signale en outre que la Cour européenne des droits de l’homme 

(ci-après : CourEDH) a elle-même retenu que ces autorités considéraient 

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que cette messagerie était utilisée exclusivement par des membres du 

mouvement « Gülen/Hizmet ». Il explique en outre que les dénommés 

J._______ et K._______, qui ont travaillé sous sa direction dans une 

institution affiliée au mouvement « Gülen/Hizmet », ont été condamnés par 

la justice turque à 7 ans et 6 mois, respectivement à 6 ans et 3 mois de 

prison ferme pour appartenance à une organisation terroriste armée. Or, il 

ressortirait de l’audition de K._______ entreprise par le tribunal pénal turc 

que ce dernier a travaillé avec lui à L._______, dans un centre d’examen 

et d’évaluation. De plus, les autorités auraient procédé à l’analyse de la 

messagerie « I._______ » de J._______, dont il ressortirait que son nom 

est mentionné dans des échanges. Le recourant signale encore que 

quelques semaines après son départ du pays consécutif au coup d’Etat de 

juillet 2016, la police a perquisitionné à trois reprises l’appartement dans 

lequel il avait vécu à B._______. Il estime qu’il ressort des moyens de 

preuve produits que les autorités turques sont au courant de ses activités 

et qu’une procédure est ouverte à son encontre. Enfin, il soutient qu’il sera 

arrêté en cas de retour au pays ; sa vie, son intégrité corporelle ainsi que 

sa liberté seraient dès lors en danger. 

A l’appui de son recours, il a produit les moyens de preuve suivants : 

– des impressions d’articles de presse parus, les 24 juillet 2016 et 

30 août 2017, sur Internet (annexes n° 2 et 5) ; 

– une copie d’un extrait d’un ouvrage intitulé « Le malaise turc » et édité 

en 2020 (annexe n° 3) ; 

– une traduction de l’art. 314 du code pénal turc (annexe n° 7) ; 

– une impression d’une décision rendue, le (…) 2018, par la 22ème 

chambre pénale de B._______ en l’affaire (…) à l’encontre notamment 

des accusés J._______ et K._______, accompagnée d’une traduction 

libre en français (annexe n° 8) ; 

– des documents en langue turque concernant, selon le recourant, la 

procédure pénale d’un certain K._______, dans lesquels le nom du 

recourant est mentionné, le passage en question ayant été surligné en 

jaune (annexe n° 9) ; 

– une clé USB contenant un document de 388 pages, présenté comme 

étant une analyse de la messagerie « I._______ » de J._______ 

(annexe n° 12) ; 

– une marche à suivre permettant, selon les indications du recourant, 

d’accéder au constat de police relatif aux échanges intervenus sur 

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l’application de messagerie « I._______ » de J._______, sur lesquels 

son nom apparaîtrait comme étant son interlocuteur sur la plateforme 

« M._______ » (annexe n° 13) ; 

– une lettre datée du 17 mai 2022 et émanant, selon sa traduction, du 

directeur du service de lutte contre la criminalité organisée, laquelle 

concerne l’analyse de correspondance échangée par J._______ sur 

l’application « I._______ » (annexes n° 10 et 11) ; 

– un témoignage écrit, non daté et émanant d’un certain N._______, 

lequel atteste que le recourant a vécu à B._______ dans l’appartement 

appartenant à son père entre 2013 et 2016, précisant que quelques 

semaines après le départ définitif de l’intéressé de Turquie, la police a 

fouillé ce logement à trois reprises, celle-ci l’ayant recherché en raison 

de son appartenance à une organisation terroriste (annexe n° 14) ; 

– une impression d’un avis de droit établi le 19 novembre 2023, par un 

avocat turc et accompagné de sa traduction en français (annexe no 4) ; 

– un extrait de l’arrêt de la CourEDH Yüksel Yalçinkaya c. Türkiye (GC) 

du 26 septembre 2023 (requête no 15669/20 ; annexe n° 6). 

E.  

Les autres faits et arguments de la cause seront examinés, pour autant 

que besoin, dans les considérants en droit. 

Droit : 

1.  

1.1 En vertu de l'art. 31 LTAF, le Tribunal connaît des recours contre les 

décisions au sens de l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à 

l'art. 33 LTAF. 

1.2 En particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile 

peuvent être contestées devant le Tribunal (art. 33 let. d LTAF, applicable 

par renvoi de l'art. 105 LAsi [RS 142.31]), lequel statue alors définitivement, 

sauf demande d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à 

se protéger (art. 83 let. d ch. 1 LTF), exception non réalisée en l’espèce. 

1.3 L’intéressé a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA) ; présenté dans la 

forme (art. 52 al. 1 PA) et le délai (art. 108 al. 6 LAsi) prescrits par la loi, le 

recours du 21 novembre 2023 est recevable. 

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2.  

2.1 La demande de réexamen au sens de l’art. 111b LAsi suppose que 

le requérant fasse valoir que les circonstances se sont modifiées dans 

une mesure notable depuis le prononcé de la première décision 

(cf. ATAF 2010/27 consid. 2 ; ANDREA PFLEIDERER, in : Praxiskommentar 

Verwaltungsverfahrensgesetz, 3ème éd., 2023, art. 58 PA n° 9 s., p. 1414 s. 

[ci-après : Praxiskommentar VwVG]) ou invoque des moyens de preuve 

concluants postérieurs au prononcé de l’arrêt matériel sur recours, 

mais qui concernent des faits antérieurs (cf. ATAF 2013/22 consid. 11.4.3 

à 11.4.7). 

2.2 Selon la jurisprudence et la doctrine en matière de révision, applicable 

en matière de réexamen, les faits nouveaux et preuves nouvelles au sens 

de l’art. 66 PA ne peuvent entraîner le réexamen que s'ils sont importants 

et décisifs, c'est-à-dire que les faits doivent être de nature à influer – 

ensuite d'une appréciation juridique correcte – sur l'issue de la contestation 

et les moyens de preuve offerts propres à les établir (cf. ATF 127 V 353 

consid. 5a ; 118 II 199 consid. 5 ; ATAF 2014/39 consid. 4.5 et réf. cit. ; 

KARIN SCHERRER REBER, Praxiskommentar VwVG, op. cit., ad art. 66 PA 

n° 25 s., p. 1592 s., et réf. cit.). 

2.3 En outre, une demande de réexamen ne saurait servir à remettre 

continuellement en cause des décisions administratives entrées en force 

de chose jugée et à éluder les dispositions légales sur les délais de recours 

(cf. ATF 136 II 177 consid. 2.1 et jurisp. cit.). Ainsi, la requête de nouvel 

examen ne peut permettre une nouvelle appréciation de faits déjà connus 

en procédure ordinaire (cf. Jurisprudence et informations de la Commission 

suisse de recours en matière d’asile [JICRA] 2003 n° 7 et jurisp. cit., 

toujours d’actualité). 

2.4 Enfin, la demande dûment motivée doit être déposée par écrit auprès 

du SEM dans les trente jours qui suivent la découverte du motif de 

réexamen (art. 111b al. 1 LAsi). 

2.5 Lorsque la cause a fait l’objet, comme en l’espèce, d’un arrêt matériel 

sur recours et que le requérant fait valoir par la suite des éléments de fait 

ou de droit qui existaient déjà au moment du prononcé dudit arrêt, une telle 

demande doit, lorsqu’un moyen de preuve produit sous cet angle a été 

établi antérieurement à l’arrêt sur recours, être qualifiée de révision 

(cf. ATAF 2013/22 consid. 3 ss et jurisp. cit.). Il reviendrait alors au Tribunal, 

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et non au SEM, de se saisir d’une telle demande et de l’examiner sous 

l’angle de l’art. 123 al. 2 let. a LTF applicable par le renvoi de l’art. 45 LTAF. 

A noter toutefois que la non-production des faits ou des moyens de preuve 

doit être excusable, ce qui est le cas lorsqu'ils n'étaient pas connus du 

requérant, malgré une diligence suffisante ou que leur production n'a pas 

été possible pour des raisons excusables (cf. ATF 2013/37 consid. 2.2 

et 3). Enfin, les moyens de preuve nouveaux doivent servir à prouver soit 

les faits nouveaux importants qui motivent la révision, soit des faits qui 

étaient certes connus lors de la procédure précédente, mais qui n'avaient 

pas pu être prouvés, au détriment du requérant (cf. ATF 2019 I/8 

consid. 4.3.2). Ils ne peuvent pas avoir pour but de provoquer une nouvelle 

appréciation des faits connus, mais bien d’établir ces derniers (cf. ibidem). 

Par faits nouveaux importants, il faut entendre des faits pertinents de 

nature à conduire à un jugement différent. A noter encore que le délai utile 

pour le dépôt d’une telle demande est de 90 jours dès la découverte du 

motif de révision (art. 124 al. 1 let. d LTF). 

2.6 Cela étant, la question de savoir en l’occurrence si le SEM aurait dû 

qualifier la demande du 25 octobre 2023 de demande de révision, compte 

tenu de la production de moyens de preuve antérieurs à l’arrêt sur recours 

du 10 mars 2023, est sans conséquence pour le recourant et peut être 

laissée ouverte, ce d’autant plus que l’intéressé n’a aucunement expliqué 

pour quels motifs il ne s’est prévalu des moyens de preuve concernés 

qu’en octobre 2023, alors que ceux-ci datent d’il y a plusieurs années. 

Ainsi, le dépôt d’une telle demande de révision aurait pu conduire à une 

décision d’irrecevabilité ou, tout au plus, à une décision de rejet, dans la 

mesure où, pour les mêmes motifs qu’exposés ci-après, ces moyens de 

preuve n’auraient pas pu conduire à la remise en cause de l’arrêt 

du 10 mars 2023. Ainsi, compte tenu de ce qui suit, annuler la décision 

du 31 octobre 2023 pour ce seul motif serait une vaine formalité, contraire 

à l’économie de la procédure, étant souligné que la question qui se pose, 

quelle que soit la qualification retenue, est celle de la présence ou non de 

faits ou de moyens de preuve nouveaux concluants, justifiant la remise en 

cause la décision du 26 septembre 2022, confirmée par l’arrêt du 10 mars 

2023. 

 

 

 

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3.  

3.1 A l’appui de sa demande du 25 octobre 2023, le recourant s’est prévalu 

d’une crainte de persécution future en cas de retour en Turquie, en raison 

de ses activités professionnelles et associatives en lien avec le mouvement 

« Gülen », de sa sympathie envers ce mouvement, de ses liens avec des 

personnes impliquées dans ce même mouvement et ayant rencontré des 

problèmes avec les autorités pour ce motif ainsi que du fait qu’il aurait 

disposé d’un compte auprès de la banque D._______. 

3.2 Ainsi que le SEM l’a retenu à juste titre, les moyens de preuve produits 

sous annexes n° 5 à 16 de cette demande sont des pièces portant sur la 

situation prévalant en Turquie ainsi que sur le mouvement « Gülen » de 

manière générale. Outre le fait qu’ils ne concernent pas directement 

l’intéressé, ces documents sont visiblement tous antérieurs à l’arrêt 

du 10 mars 2023 et font ainsi état d’une situation qui était connue du 

Tribunal au moment où il a statué, ce que le recourant ne conteste d’ailleurs 

pas. L’intéressé n’a du reste nullement allégué que le SEM et le Tribunal 

auraient pris en considération un état de fait erroné quant à la situation 

prévalant dans son pays d’origine. 

3.3 S’agissant ensuite des moyens de preuve figurant sous annexes n° 1, 

4bis et 3, ils ont déjà été produits en procédure ordinaire, soit à l’identique, 

soit sous forme d’extrait, comme c’est le cas de la liste des activités 

professionnelles exercées par le recourant entre 2007 et 2016. A noter que 

celui-ci s’est exprimé de manière approfondie sur son parcours de vie en 

procédure ordinaire, en particulier lors de son audition du 17 août 2022, ce 

qu’il n’a du reste jamais contesté. 

3.4 Tant à l’appui de sa demande du 25 octobre 2023 que de son recours, 

l’intéressé a produit des moyens de preuve antérieurs à l’arrêt du 10 mai 

2023. En annexe à ladite demande, il a remis des photographies le 

représentant dans le cadre de ses activités au sein d’écoles proches du 

mouvement « Gülen ». Puis, outre des articles de presse et un extrait d’un 

livre (cf. annexes nos 2, 3 et 5), il a joint à son recours une impression d’une 

décision de la (…)  Chambre pénale de B._______ du (…)  2018 

concernant notamment K._______ et J._______, des documents relatifs à 

la procédure pénale du premier nommé, dans lequel son nom serait 

mentionné, une clé USB contenant une analyse de la messagerie 

« I._______ » du deuxième nommé et sur laquelle son nom apparaîtrait, 

une marche à suivre permettant d’accéder au constat de police y relatif 

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ainsi qu’une lettre du 17 mai 2022 du directeur du service de lutte contre la 

criminalité organisée concernant l’analyse de la messagerie « I._______ » 

de J._______ (cf. annexes n° 8 à 13). 

A titre liminaire, il est constaté que le recourant a sans autre affirmé que sa 

demande de « réexamen » du 25 octobre 2023 était recevable, au motif 

que les éléments y mentionnés « ressort[aient] de la consultation juridique 

[des deux précédents] jours ». Il n’a toutefois ni indiqué à quelle date il avait 

lui-même eu connaissance des éléments invoqués à l’appui de sa 

demande ni expliqué pour quels motifs il ne s’en prévalait qu’à ce jour, ni 

encore mentionné quels faits ou moyens de preuve étaient effectivement 

nouveaux ou inédits. S’il a ensuite affirmé dans son recours que « depuis 

le dépôt de la demande de réexamen, [des] proches [avaient] réussi à 

réunir de nouvelles pièces concernant le fait que sa vie et son intégrité 

corporelle [seraient] en danger en cas de retour en Turquie », il n’a pas non 

plus précisé de quelles pièces il s’agissait, s’étant contenté de produire des 

documents tant antérieurs que postérieurs à l’arrêt du 10 mars 2023. 

Cela étant, indépendamment de la question de leur recevabilité en 

procédure extraordinaire, les moyens de preuve susmentionnés ne sont 

manifestement pas de nature à remettre en cause cet arrêt, ni a fortiori la 

décision du SEM du 26 septembre 2022. Pour rappel, dans son arrêt 

précité, le Tribunal n’a pas mis en doute les déclarations du recourant 

relatives à ses différentes activités professionnelles et associatives en lien 

avec le mouvement « Gülen » (cf. arrêt D-4667/2022, p. 7). Il a toutefois 

considéré que celles-ci n’avaient pas particulièrement exposé l’intéressé 

au sein dudit mouvement. De même, il a constaté que le recourant avait 

quitté la Turquie plusieurs mois après la tentative de coup d’Etat 

du 15 juillet 2016, ceci de manière légale et, qui plus est, par la voie la plus 

contrôlée qui soit. Le Tribunal a aussi souligné que l’intéressé n’avait 

jamais été en contact avec les autorités turques, ni n’avait fait l’objet d’une 

quelconque procédure. Il a de même relevé qu’il n’avait pas été en mesure 

de décrire de manière claire, précise et élaborée les éléments qui l’avaient 

poussé à quitter définitivement son pays. 

Dans sa demande du 25 octobre 2023, l’intéressé n’explique pas en quoi 

les faits retenus par le SEM, puis par le Tribunal seraient erronés, ni en 

quoi les pièces nouvellement produites permettraient de les établir de 

manière différente. Or, dans le cadre d’une procédure extraordinaire, il 

appartient au requérant de présenter ses motifs et, lorsqu’il produit de 

nouveaux moyens de preuve, de démontrer en quoi ils sont importants, 

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Page 12 

c’est-à-dire de nature à justifier une nouvelle appréciation des faits 

(Rügeprinzip), au regard de la motivation de l’arrêt en cause.  

En ce qui concerne les moyens de preuve fournis, ni les photographies 

produites en annexe à sa demande ni les autres documents en lien avec 

ses activités professionnelles, déjà connues des autorités d’asile, ne sont 

à même de remettre en cause les conclusions auxquelles celles-ci sont 

parvenues en procédure ordinaire. Ses explications relatives à ses activités 

pour l’association « C._______ » ne sont pas non plus déterminantes, dès 

lors qu’il les avait déjà évoquées lors de son audition du 17 août 2022 (cf. 

p-v de l’audition du 17 août 2022, en particulier Q29 et Q31) et qu’elles ont 

été prises en considération tant par le SEM que par le Tribunal. Il en va de 

même du fait qu’il aurait disposé d’un compte auprès de la banque 

D._______ ainsi que de celui selon lequel des collègues de travail auraient 

rencontré des problèmes avec les autorités, en raison de leurs activités en 

lien avec le mouvement « Gülen » (cf. idem, en particulier Q8, Q9, Q29 et 

Q31). Ces faits n’ont pas été mis en doute par les autorités d’asile et il été 

retenu, pour rappel, que sa crainte de persécution future n’était pas 

objectivement fondée, l’intéressé n’ayant lui-même jamais eu 

personnellement affaire aux autorités turques. A noter par ailleurs que les 

condamnations de K._______ et de J._______ datent du (…)  2018, soit 

d’il y a plus de cinq ans (cf. annexe no 8 du recours). Malgré ses 

explications selon lesquelles son nom apparaîtrait dans le procès-verbal 

relatif à la procédure du premier nommé – dont la traduction libre du texte 

surligné en jaune révèle que K._______ a indiqué aux autorités turques 

qu’il avait travaillé à L._______ auprès du centre d’évaluation du recourant, 

sans savoir toutefois si cet endroit était ou non lié au mouvement (cf. texte 

surligné en jaune à l’annexe no 9 du recours) –, il demeure que le recourant 

n’a jamais été lui-même visé par lesdites autorités. Pour rappel, lors de son 

audition du 17 août 2022, il avait confirmé qu’à sa connaissance, il n’y avait 

aucune procédure ouverte à son encontre (cf. p-v de l’audition du 17 août 

2022, Q39). Il demeure en outre qu’il avait alors déjà évoqué l’arrestation 

d’un collègue de travail et précisé que celui-ci avait informé les autorités 

de leurs liens professionnels (cf. idem, Q29). A la lecture des différents 

moyens de preuve remis dans le cadre de la présente procédure, il est 

certes désormais possible de comprendre qu’il s’agissait d’un certain 

K._______ et qu’une telle information a été fournie dans le cadre de la 

procédure pénale ayant conduit à la condamnation de ce dernier en 

novembre 2018, soit il y a plus de cinq ans (cf. annexes n° 8 et 9 du 

recours). Cela dit, ces informations complémentaires ne constituent pas 

des faits nouveaux déterminants justifiant de revenir sur la décision 

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Page 13 

du 26 septembre 2022 ou sur l’arrêt du 10 mars 2023. Le fait que le nom 

du recourant apparaisse par ailleurs dans l’analyse de la messagerie 

« I._______ » de J._______ (cf. annexes n° 8 à 13), associé à celui de 

K._______, en tant que « Kurum » (à savoir « institution » ou 

« entreprise » en français), ne permet pas non plus de remettre en cause 

les conclusions de l’arrêt du 10 mars 2023, ni a fortiori celles de la décision 

du 26 septembre 2022. Même en admettant les moyens de preuve en 

question, en dépit de leur production très tardive, les faits qu’ils tendent à 

démontrer ne peuvent pas être considérés comme nouveaux, ceux-ci 

ayant déjà été pris en considération en procédure ordinaire. 

3.5 A l’appui de sa demande du 25 octobre 2023, l’intéressé a en outre 

produit des moyens de preuve postérieurs à l’arrêt du 10 mars 2023. Il a 

fourni des lettres de soutien des 18, 19, 23 et 24 octobre 2023 émanant 

d’anciens collègues ou étudiants, des attestations établies, les 23 et 

24 octobre 2023, par F._______ et l’association G._______ ainsi qu’une 

attestation et une lettre des 24 et 29 juillet 2023 relatives à son engagement 

en faveur de l’association « C._______ ». De même, il a produit une liste 

de personnes ayant été témoins de ses liens avec le mouvement 

« Gülen ». Puis, en annexe à son recours, il a remis une impression d’un 

avis de droit établi, le 19 novembre 2023, par un avocat turc et un extrait 

d’un arrêt de la CourEDH. Il a aussi fourni un témoignage non daté du fils 

du propriétaire de l’appartement qu’il avait occupé à B._______. 

3.6 Ainsi que le SEM l’a relevé dans sa décision du 31 octobre 2023 et 

comme cela a été souligné précédemment, tant les déclarations du 

recourant relatives à son parcours professionnel que celles en lien avec 

ses activités associatives ont été prises en considération en procédure 

ordinaire, sans avoir été mises en doute. S’il soutient que les documents 

produits démontrent que les autorités turques seraient au courant de ses 

activités et qu’une procédure serait ouverte à son encontre, l’intéressé 

n’explique pas en quoi lesdits moyens de preuve permettraient désormais 

d’établir l’existence d’une crainte objectivement fondée de persécution 

future pour les motifs allégués. Contrairement à ses arguments, ces pièces 

ne sont pas propres à démontrer l’existence d’une procédure ouverte 

contre lui en Turquie, plus de cinq ans après son départ légal du pays. 

L’avocat ayant établi l’avis de droit du 19 novembre 2023 se limite du reste 

à affirmer qu’il « ne fait aucun doute » qu’une procédure judiciaire est 

ouverte à son encontre, en raison de sa désignation dans la 

correspondance échangée sur la messagerie « I._______ » d’un tiers 

(cf. annexe no 4 du recours). Une telle affirmation avancée par un avocat 

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Page 14 

établi sur place, qui pourrait sans difficulté insurmontable accéder au 

dossier pénal de son client, se limite à une simple hypothèse, ce qui est 

insuffisant pour fonder une crainte objective de persécution future.  

Ensuite, ainsi que le SEM l’a retenu à juste titre, les différentes lettres de 

soutien et les attestations de F._______ et de l’association G._______ ne 

sont pas non plus à même de démontrer l’existence d’une telle crainte. Il 

en va de même de l’attestation et de la lettre de soutien relative à 

l’engagement du recourant pour l’association « C._______ » ; cet 

engagement n’ayant du reste jamais été mis en doute. S’agissant en outre 

du témoignage du fils du propriétaire de l’appartement que le recourant 

aurait occupé avant son départ définitif de Turquie, il ne peut être retenu 

en l’espèce, son contenu ne corroborant pas les propos tenus par 

l’intéressé lors de son audition du 17 août 2022. Il ressort de la traduction 

de ce témoignage que ce serait immédiatement auprès la tentative de coup 

d’Etat du 15 juillet 2016 que le recourant aurait vendu ses objets 

personnels et quitté le pays. Or, celui-ci avait expliqué être demeuré dans 

ce logement jusqu’à son départ intervenu en février 2017. En outre, selon 

ce témoignage, ce serait par l’intermédiaire de voisins que le fils du 

propriétaire aurait appris que la police avait fouillé l’appartement à trois 

reprises après le départ du pays de l’intéressé. Là encore cette information 

ne correspond pas aux dires du recourant, selon lesquels il avait appris 

que ses affaires avaient été saccagées et avait supposé que c’était le fait 

de gens du quartier ou de « Syriens » (cf. p-v de l’audition du 17 août 2022, 

Q13). C’est encore le lieu de souligner que ce témoignage ne fait état que 

d’informations obtenues de la part de tiers et non pas d’évènements dont 

son auteur aurait été directement témoin. S’agissant enfin de l’extrait de 

l’arrêt de la CourEDH, Yüksel Yalçinkaya c. Türkiye (GC) du 26 septembre 

2023 (requête no 15669/20 ; annexe n° 6 du recours), ce document ne 

permet pas non plus de démontrer que le recourant serait dans son cas 

particulier fondé à craindre une persécution de la part des autorités turques 

en cas de retour au pays. Si la CourEDH a signalé que toute personne 

ayant utilisé l’application de messagerie « I._______ » pouvait, en principe, 

sur la seule base de cette utilisation, être reconnue coupable 

d’appartenance à une organisation terroriste armée, il demeure que 

l’intéressé n’a pas allégué et encore moins démontré qu’il avait lui-même 

utilisé cette application ; en effet, il a seulement indiqué que son nom 

apparaissait dans des messages échangés sur celle-ci par un dénommé 

J._______. Or, en première instance, il avait déjà évoqué ses liens avec 

des personnes ayant été arrêtées par les autorités turques (cf. p-v de 

l’audition du 17 août 2022, en particulier Q29), à savoir des faits qui 

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Page 15 

n’avaient été considérés comme insuffisants pour fonder une crainte de 

persécution future.  

En définitive, force est de retenir que par sa demande du 25 octobre 2023 

ainsi que par les moyens de preuve produits à l’appui de celle-ci, puis ceux 

joints à son recours du 21 novembre 2023, le recourant cherche en réalité 

à obtenir une nouvelle appréciation de faits déjà connus et non remis en 

cause par les autorités suisses d’asile en procédure ordinaire, ce qu’une 

procédure extraordinaire – que ce soit le réexamen ou la révision – ne 

permet pas. Compte tenu de ce qui précède, lesdits moyens de preuve ne 

permettent pas de conduire à des conclusions différentes.  

3.7 En ce qui concerne l’exécution du renvoi de l’intéressé vers la Turquie, 

le recours ne contient aucun argument permettant de revenir sur la 

décision du SEM. D’une part, il ne ressort du dossier aucun élément 

permettant de retenir qu’il existerait pour le recourant un véritable risque 

concret et sérieux d'être victime de traitements inhumains ou dégradants 

en cas de retour en Turquie (art. 3 CEDH et 3 de la Convention 

du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements 

cruels, inhumains ou dégradants [Conv. torture, RS 0.105]), l’exécution du 

renvoi demeurant ainsi licite (art. 83 al. 3 LEI). D’autre part, le dossier ne 

contient pas non plus d’élément permettant de revenir sur les conclusions 

du SEM relatives au caractère raisonnablement exigible de l’exécution du 

renvoi de l’intéressé, ce que celui-ci n’allègue du reste pas.  

4.  

4.1 Partant, le recours du 21 novembre 2023 ne contient aucun argument 

ou élément nouveau permettant de remettre en cause le bien-fondé de la 

décision du 31 octobre 2023. 

4.2 En outre, la décision entreprise ne viole pas le droit fédéral, le SEM 

ayant en outre établi l'état de fait pertinent de manière exacte et complète 

(art. 106 al. 1 LAsi) et, dans la mesure où ce grief peut être examiné (art. 49 

PA ; cf. ATAF 2014/26 consid. 5), elle n’est pas inopportune. 

5.  

5.1 En conséquence, le recours doit être rejeté et la décision du 31 octobre 

2023 confirmée. 

E-6421/2023 

Page 16 

5.2 S’avérant manifestement infondé, il l’est dans une procédure à juge 

unique, avec l’approbation d'un second juge (art. 111 let. e LAsi). 

5.3 Il est dès lors renoncé à un échange d'écritures, le présent arrêt n'étant 

motivé que sommairement (art. 111a al. 1 et 2 LAsi). 

6.  

Compte tenu de l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de 

procédure, d’un montant de 1’500 francs, à la charge du recourant, 

conformément aux art. 63 al. 1 PA ainsi que 2 et 3 let. a du règlement 

du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le 

Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2). 

7.  

Avec le présent prononcé, la demande d’octroi de l’effet suspensif selon 

l’art. 111b al. 3, 2ème phrase LAsi est sans objet. 

 

 

(dispositif : page suivante)  

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Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Les frais de procédure, d'un montant de 1’500 francs, sont mis à la charge 

du recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans 

les 30 jours dès l'expédition du présent arrêt. 

3.  

Le présent arrêt est adressé au mandataire du recourant, au SEM et à 

l'autorité cantonale. 

 

Le juge unique : La greffière : 

Grégory Sauder Diane Melo de Almeida