# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** dcdca0c3-df32-5851-9b8e-d84bfe0d18fb
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2021 / 32
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2021---32_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC20.032032-201743

368 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
31 décembre 2020

__________________

Composition
:              M.             
Maillard,
président

             
              M.             
Hack et Mme Cherpillod, juges

Greffier
              :             
Mme              Umulisa Musaby

 

 

*****

 

 

Art.
321 al. 1 CPC

 

 

             
Vu le prononcé, rendu sous forme de dispositif le 16 octobre 2020, adressé le même jour
au Service des Curatelles et Tutelles Professionnelles (SCTP) et notifié au poursuivi le 26 octobre
suivant, par lequel le Juge de paix du district de la Riviera – Pays d’Enhaut a prononcé,
à concurrence de 28'521 fr. 90, plus intérêt à 3,5% l’an dès le 18 juillet
2018, de 2'507 fr. 60 sans intérêt et de 6 fr. 80 sans intérêt, la mainlevée
définitive de l’opposition formée par
S.________,
à Veytaux, au commandement de payer qui lui
avait été notifié à la réquisition de l’ETAT
DE VAUD, représenté par l’Office
d’impôt des districts de Lausanne et Ouest lausannois, dans la poursuite n° 9’496’018
de l’Office des poursuites du district de la Riviera – Pays d’Enhaut (I), a arrêté
à 360 fr. les frais judiciaires, compensés avec l’avance de frais de la partie poursuivante
(II), a mis ces frais à la charge de la partie poursuivie (III) et a dit qu’en conséquence
celle-ci rembourserait à la partie poursuivante son avance de frais à concurrence de 360 fr.,
sans allocation de dépens pour le surplus (IV),

 

vu
l’acte du 5 novembre 2020 par lequel le poursuivi a demandé la motivation, 

 

vu
les motifs du prononcé adressés aux parties le 16 novembre 2020 et notifiés au SCTP le
17 novembre 2020 et au poursuivi le 24 novembre 2020, 

 

             
              vu l’acte de recours
du 4 décembre 2020, par lequel S.________ a conclu au rejet de la requête de mainlevée ;

 

attendu
que le recours au sens des art. 319 ss CPC (Code de procédure civile ; RS 272) doit être introduit
auprès de l'instance de recours par acte écrit et motivé (art. 321 al. 1 CPC), dans les
dix jours à compter de la notification de la décision motivée (art. 321 al. 2 CPC),

 

que
le recours déposé le 4 décembre 2020, soit dans les dix jours suivant la notification
des motifs au recourant, l’a été en temps utile ;

 

attendu
que la partie qui entend user d'une voie de droit a la charge de se conformer à certaines règles
de forme, à défaut de quoi sa démarche sera frappée d'irrecevabilité (Jeandin,
in Bohnet/Haldy/Jeandin/Schweizer/Tappy (éd.), Commentaire romand, Code de procédure civile,
2è éd., n. 1 ad art. 321 CPC),

  

que
selon l'art. 321 al. 1 CPC, le recours doit être motivé,

 

que
selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, la motivation doit, à tout le moins, satisfaire
aux exigences qui sont posées pour un mémoire d'appel,

 

qu’il
incombe dès lors au recourant de s'en prendre à la motivation de la décision attaquée
pour tendre à en démontrer le caractère erroné,

 

que
pour satisfaire à cette exigence, le recourant doit discuter au moins de manière succincte
les considérants du jugement qu'il attaque,

 

qu’il
ne lui suffit pas de renvoyer aux moyens soulevés en première instance, ni de se livrer à
des critiques toutes générales de la décision attaquée, sa motivation devant être
suffisamment explicite pour que l'instance de recours puisse la comprendre aisément, ce qui suppose
une désignation précise des passages de la décision que le recourant attaque et des pièces
du dossier sur lesquelles repose sa critique (ATF 141 III 569 consid. 2.3.3 et 4.3.1 ; TF 5D_43/2019
du 24 mai 2019 consid. 3.2.2 et les références citées),

 

que
ni l’art. 132 al. 1 et 2 CPC, ni l’art. 56 CPC ne sont applicables en cas d’absence
de motivation d’un acte de recours (TF 5A_488/2015 du 21 août 2015 consid. 3.2.1 et 3.2.2,
publié in RSPC 6/2015 pp. 512 s., et les arrêts cités),

 

qu’à
défaut de motivation - dans le délai légal -, l’instance de recours n’entre
pas en matière ;

 

             
que lorsque la poursuite est fondée sur un jugement exécutoire rendu par un tribunal ou une
autorité administrative suisse, le juge ordonne la mainlevée définitive de l’opposition,
à moins que l’opposant ne prouve par titre que la dette a été éteinte ou qu’il
a obtenu un sursis, postérieurement au jugement, ou qu’il ne se prévale de la prescription
(art. 81 al. 1 LP),

 

             
que le contentieux de la mainlevée d'opposition, soumis à la procédure sommaire (art.
251 let. a CPC), est une procédure sur pièces (Urkundenprozess;
art. 254 al. 1 CPC), dont le but n'est pas de constater la réalité de la créance
en poursuite, mais l'existence d'un titre exécutoire, notamment l’existence d’une décision
fiscale exécutoire (cf. art. 80 al. 2 ch. 2 LP),

 

             
que le juge de la mainlevée doit vérifier si la créance en poursuite résulte de cet
acte, mais n'a pas à se prononcer sur l’existence matérielle de la créance, ni sur
le bien-fondé de la décision qui l'a sanctionnée (ATF 143 III 564 consid. 4.3.1 ; ATF
132 III 140, rés. in JdT 2006 Il 187 ; TF 5A_427/2011 du 10 octobre 2011 consid. 2) ; 

 

             
attendu en l’espèce que le juge de paix a considéré que le poursuivant avait produit
des décisions de taxation, définitives et exécutoires, fixant le montant dû par le
poursuivi au poursuivant à titre d’impôt sur le revenu et la fortune de l’année
2015, à titre d’intérêts moratoires sur acomptes et d’intérêts compensatoires,
que ces décisions constituaient des titres de mainlevée définitive pour les montants réclamés
en poursuite et que le poursuivi n’avait fait valoir aucun moyen libératoire, 

 

             
qu’à l’encontre de ce raisonnement, le recourant soulève essentiellement les moyens
ayant trait au bien-fondé des décisions de taxation : il conteste sa capacité contributive,
faisant valoir qu’il vit dans le dénuement, qu’il n’a aucun revenu imposable,
que les créances d’impôt n’ont aucun fondement et que le poursuivant devrait plutôt
lui rembourser les montants perçus en trop à la suite des décisions de taxation erronées
et abusives, 

 

             
que si ces arguments pouvaient être invoqués devant l’autorité de taxation, ils
n’ont pas de pertinence devant le juge de la mainlevée, 

 

             
que ces griefs sont dès lors irrecevables, 

 

             
que pour le surplus, le recourant allègue avoir contesté les décisions fiscales en cause
auprès des autorités compétentes, par « des contacts réitérés »,
par « des entretiens » ou encore « par des écrits », 

 

             
que le fait que le recourant ait contesté les décisions litigieuses ne résulte pas du
dossier et est au demeurant non établi, 

 

             
qu’en effet, la décision de taxation et le décompte final du 7 juin 2018 sont attestés
définitifs et exécutoires faute de recours interjeté dans le délai légal, ce
qui contredit les allégations du recourant, 

 

             
que supposé recevable, le moyen tendant à remettre en cause le caractère exécutoire
des décisions de taxation serait manifestement mal fondé ;

 

             
attendu enfin que le présent arrêt peut être rendu sans frais judiciaires de deuxième
instance (art. 11 TFJC [tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre 2010] ; BLV 270.11.5), ni
dépens.

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est irrecevable.

 

             
II.             
L’arrêt, rendu sans frais, est exécutoire.

 

 

Le
président :               La greffière:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. S.________

‑             
ETAT DE VAUD, représenté par l’Office d’impôt des districts de Lausanne et
Ouest lausannois. 

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 31'036 fr. 30.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe 
(art.
74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les
trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
M. le Juge de paix du district de la Riviera – Pays d’Enhaut.

 

             
La greffière :