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**Case Identifier:** 0efef9d5-962f-5b2b-befa-9b82d2e3dfd3
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-05-07
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 07.05.2020 A/3038/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-3038-2019_2020-05-07.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/3038/2019-PATIEN ATA/446/2020  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 7 mai 2020 

 

   dans la cause 

 

Monsieur A______ 
représenté par Me Philippe Eigenheer, avocat  

contre 

COMMISSION DE SURVEILLANCE DES PROFESSIONS DE LA SANTÉ ET 
DES DROITS DES PATIENTS 
 

et 

Monsieur B______, appelé en cause 

 

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A/3038/2019 

EN FAIT 

1)  Monsieur A______, né en 1962, exerce en qualité de chirurgien 
orthopédiste à Genève. Il est également médecin-conseil de la compagnie 
d'assurances C______ (ci-après : l'assurance). 

2)  Monsieur B______, né le ______ 1977, était en 2015 caporal au sein de la 
police de sécurité internationale. 

3)  Le 20 juillet 2015, M. B______ a envoyé à l'office du personnel de l'État 
(ci-après : OPE) une déclaration d'accident professionnel. L'accident avait eu lieu 
le 15 juillet 2015 à 9h00, au poste de police D______. Lors d'une intervention de 
police, une personne l'avait frappé à la tête ; il avait été blessé à la main, au tibia et 
au dos en maîtrisant ladite personne. Les parties du corps atteintes étaient la tête 
(au niveau du nez), la main droite, le tibia gauche et le bas du dos. 

  Sous la rubrique « nature de la blessure », M. B______ a indiqué 
« contusions (en attente d'examens supplémentaires) ». Il résultait en outre de ce 
document qu'un rapport de police avait été établi. 

4)  Le 24 juillet 2015, le médecin-chef du service de radiologie de l'ensemble 
hospitalier de La Côte a établi un certificat médical concernant M. B______. Il 
concluait à l'absence de lésion cérébrale traumatique. 

5)  Le 31 juillet 2015, l'OPE a fait parvenir à l'assurance une déclaration de 
sinistre LAA en lien avec l'incident précité. La description de l'accident reprenait 
celle contenue dans la déclaration du 20 juillet 2015. 

6)  Le 25 septembre 2015, le Docteur E______, médecin radiologue, a envoyé 
un rapport au sujet de M. B______ à un confrère chirurgien de la main. Il 
concluait à la présence d'une minime lésion partielle du versant proximal du 
ligament collatéral radial de la troisième articulation métacarpo-phalangienne, le 
faisceau principal du ligament étant néanmoins complètement visualisé en 
continuité lorsqu'il était mis sous tension en flexion de l'articulation 
métacarpo-phalangienne. 

7)  Le 5 octobre 2015, le service de chirurgie maxillo-facial des hôpitaux 
universitaires de Genève (ci-après : HUG) a rédigé un rapport à l'intention de 
l'assurance, qui concluait à une contusion de la face et du nez, sans fracture du 
massif facial. 

8)  Le 14 octobre 2015, le Dr E______ a à nouveau écrit à son confrère 
chirurgien de la main. Son compte rendu concluait à l'absence d'argument en 
faveur d'un ostéome ostéoïde au troisième métacarpien. 

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9)  Le 30 novembre 2015, le Docteur F______, spécialiste FMH en médecine 
physique et réadaptation, a écrit à un confrère à Lausanne, le Docteur G______, 
pour obtenir un avis au sujet de M. B______. Ce dernier décompensait 
progressivement des douleurs de l'épaule droite, avec une sensation de manque de 
force notamment lors des mouvements en élévation intérieure. Le diagnostic posé 
était une tendinopathie du biceps proximal bilatéral, une déchirure du tendon 
sous-scapulaire gauche et une fissuration du tendon sus-épineux gauche. 

10)  Le 30 décembre 2015, le Docteur H______, radiologue, a écrit au 
Dr G______ et posé le diagnostic suivant après une arthrographie et une 
arthro-IRM pratiquées sur M. B______ : déchirure de la face superficielle, distale 
et postérieure du tendon supra-épineux prenant environ 60 % de l'épaisseur du 
tendon et associée à une petite déchirure de sa face profonde prenant environ 
10 % de l'épaisseur du tendon ; déchirure du labrum antéro-supérieur se 
prolongeant postérieurement en rapport avec une lésion Superior Labrum Anterior 
Posterior (ci-après : SLAP) VII ; chondropathie gléno-humérale avec une petite 
ulcération du cartilage glénoïdien postérieur et une petite microgéode 
sous-chondrale adjacente à la déchirure labrale. 

11)  Le 5 janvier 2016, le Dr G______ a répondu au Dr F______. Selon son 
appréciation du cas, M. B______ présentait des douleurs de ses deux épaules, plus 
intenses du côté gauche, dans le cadre d'une lésion de plus de 50 % de l'épaisseur 
du tendon sus-épineux associée à une lésion type SLAP VII pour lesquelles il 
faudra procéder à une réparation arthroscopique. 

12)  Le 13 janvier 2016, le Dr F______ a établi un certificat médical pour 
M. B______, qui souffrait de trois chocs directs consécutifs sur la tête du 
troisième métacarpien de la main droite. En conclusion, le tableau clinique 
pouvait évoquer une algoneurodystrophie. Une scintigraphie osseuse devait être 
effectuée. 

13)  Le 15 avril 2016, le Dr G______ a encore écrit au Dr F______ à propos de 
M. B______. Les deux épaules lui faisaient mal. Il avait un test de Jobe positif 
ddc et un test d'O'Brien également positif ddc. Sur l'arthro-IRM de l'épaule 
gauche, il y avait une lésion de plus de 50 % de l’épaisseur du tendon associée à 
une lésion type SLAP VII, raison pour laquelle il avait été décidé de commencer 
de ce côté. Le patient ne pouvait cependant pour des raisons professionnelles pas 
se faire opérer avant le mois de septembre, si bien que des examens de contrôle 
devaient être pratiqués en juin 2016. 

14)  Le 20 avril 2016, le Dr G______ a informé l'assurance, en s'adressant à son 
médecin-conseil, que M. B______ serait opéré le 20 septembre 2016. 

15)  Le 11 mai 2016, le cas de M. B______ a été soumis à M. A______. Il lui 
était demandé si la prise en charge de l'intervention du 20 septembre 2016 était 

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« en ordre », dès lors que l'on parlait de lésion à l'épaule seulement à fin 
novembre 2015, soit cinq mois après l'accident. 

16)  Le 14 juin 2016, le Dr H______ a rapporté au Dr G______ le résultat de 
l'arthro-IRM de contrôle. La déchirure labrale de type SLAP VII était stable. 

17)  Le 17 août 2016, le Dr A______ s'est prononcé, à la fin d'un rapport sur le 
cas rédigé par le gestionnaire, de la manière suivante : « Refuser la prise en charge 
de l'intervention. L'assuré ne parle des lésions à l'épaule que plusieurs mois après 
son accident. Même si l'assuré dit s'être concentré sur les lésions les plus 
douloureuses (main droite et dos), l'assuré, en toute logique, aurait dû néanmoins 
parler des douleurs aux épaules lors des consultations. La relation de causalité est 
tout au plus possible. Les lésions sont compatibles avec un conflit 
sous-acromial ». 

18)  Le 9 novembre 2016, le Dr G______ a écrit à l'assurance en s'adressant au 
médecin-conseil. M. B______ devait bénéficier d'une réparation arthroscopique. 
L'évolution n'allait pas être bonne avec le temps. Si l'on ne réparait pas son 
tendon, le patient allait avoir une impotence fonctionnelle et devrait arrêter son 
travail de policier. 

19)  Le 10 novembre 2016, le Dr G______ a écrit à l'avocat de M. B______. En 
ce qui concernait l'expertise du Dr A______, il ne constatait aucune 
argumentation médicale concernant la décision de ne pas prendre en charge 
l'intervention au niveau de l'épaule. Le seul argument qu'il mettait en avant était le 
fait que le patient ne s'était pas plaint tout de suite de son épaule. Il fallait savoir 
que dans les traumatismes de l'épaule, lorsqu'il y avait d'autres traumatismes, les 
personnes se plaignaient rarement de leur épaule en premier dès lors qu'il 
s'agissait d'une articulation du membre supérieur et que le patient avait d'autres 
soucis qui étaient certainement plus importants à ce moment-là. Il était d'ailleurs 
très courant dans la pratique des chirurgiens de l'épaule de recevoir des patients en 
été qui avaient fait une chute à ski l'hiver précédent, ou en hiver avec des lésions 
d'été. Ce qui le choquait, c'était qu'il n'y avait pas matière à discussion s'agissant 
de M. B______, car une lésion SLAP VII ne pouvait être que d'origine 
traumatique. Les lésions SLAP dégénératives étaient des lésions de type I, les 
autres lésions SLAP étaient d'origine traumatique. 

20)  Le 29 novembre 2016, M. B______ a saisi la commission de surveillance 
des professions de la santé et des droits des patients (ci-après : la commission). 
Suite à un accident professionnel dû à une intervention de police en juillet 2015, il 
avait subi plusieurs blessures, notamment au visage et à la main, mais aussi aux 
deux épaules. Les douleurs aux épaules n'avaient pas été perçues tout de suite. Le 
Dr G______ avait communiqué les informations pertinentes à l'assurance. 
Lui-même avait été reçu par un gestionnaire de cas au siège de l'assurance. 
Celle-ci avait néanmoins refusé de prendre en charge l'opération, sur la base du 

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rapport de leur médecin-conseil, le Dr A______, lequel ne l'avait jamais contacté 
et encore moins rencontré, et qui n'avait pas respecté le diagnostic de l'un de ses 
confrères. Le Dr G______ avait du reste demandé au Dr A______ de prendre 
contact avec lui, ce qu'il n'avait pas fait. 

21)  Le 12 décembre 2016, le Docteur I______, médecin associé au service de 
radiodiagnostic et de radiologie interventionnelle du centre hospitalier 
universitaire vaudois (ci-après : CHUV), a rendu à la demande de l'assurance un 
document intitulé « rapport d'expertise », sur la base du dossier radiologique du 
patient. Il en résultait que M. B______ présentait, selon les différents examens 
figurant au dossier, une lésion/déchirure du labrum glénoïdien supérieur dont 
l'extension était postérieure, correspondant donc à une lésion de type SLAP VIII, 
et non VII comme faussement indiqué dans les rapports radiologiques en sa 
possession. Il n'y avait d'ailleurs pas d'atteinte du ligament glénohuméral moyen, 
qui était par définition lésé dans les lésions de type SLAP VII. Il convenait de 
relever également la présence de géodes sous-chondrales glénoïdiennes avec 
amincissement des surfaces cartilagineuses, parlant en faveur d'une atteinte au 
moins subaiguë et non hyperaiguë, bien que les lésions de type SLAP VIII soient 
traumatiques dans la grande majorité des cas. 

22)  Le 17 janvier 2017, la commission a informé M. B______ qu'elle avait 
décidé d'ouvrir une procédure contre le Dr A______, dans laquelle il n'aurait 
cependant que qualité de dénonciateur. 

23)  Le 1er février 2017, l'assurance a indiqué à la clinique dans laquelle 
M. B______ devait être opéré qu'elle prendrait en charge le séjour hospitalier de 
l'intéressé. 

24)  M. B______ a été opéré par le Dr G______ le 28 février 2017. 

25)  Le 29 mars 2017, le Dr A______ a présenté ses observations à la 
commission. Il était du devoir d'un médecin-conseil d'assurance d'évaluer la 
relation de causalité naturelle entre le dommage et l'accident (recte : entre 
l'accident et le dommage), la justification de celui-ci devant être apportée selon le 
degré de la vraisemblance prépondérante. Dans le dossier de M. B______, il 
s'était contenté de fixer, sur la base du dossier médical et de la chronologie des 
événements, un degré de vraisemblance inférieur à 50 %, ce qui entraînait de fait 
un refus de prise en charge. M. B______ se permettait de plus des affirmations 
diffamatoires voire calomnieuses. 

26)  Le 18 décembre 2017, la commission a informé M. A______ que la 
sous-commission désignée avait clos l'instruction de la plainte lors de sa séance du 
15 novembre 2017 ; elle devait remettre ses conclusions sous forme d'un projet de 
décision. La rédaction de celles-ci avait néanmoins pris du retard. 

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27)  Par décision du 24 juin 2019, la commission a infligé à M. A______ un 
avertissement. Il s'agissait manifestement, comme le concerné l'avait lui-même 
reconnu, d'un cas complexe. M. A______ s'était éloigné des conclusions du 
Dr G______, sans que ce refus repose sur aucun argument médical. En présence 
de doutes sur le lien de causalité, M. A______ aurait dû procéder à des 
investigations complémentaires. Il aurait ainsi dû recevoir le patient en personne, 
et aurait pu contacter le Dr G______ et le questionner sur le diagnostic retenu. 
Une expertise avait finalement été demandée par l'assurance. Le rapport 
d'expertise avait conclu à une lésion de type SLAP VIII, et l'assurance avait pris 
en charge l'opération, les conclusions de M. A______ n'étant finalement pas 
suivies par l'assurance. À la lumière de ces éléments, M. A______ avait violé son 
devoir de diligence en ne procédant pas aux investigations nécessaires. 

28)  Par acte déposé le 23 août 2019, M. A______ a interjeté recours auprès de 
la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre 
administrative) contre la décision précitée, concluant préalablement à son audition 
et à celle de Monsieur J______ et, principalement, à l'annulation de la décision 
attaquée ainsi qu'à l'octroi d'une indemnité de procédure. 

  M. J______ avait été le gestionnaire ayant traité le cas de M. B______, à qui 
il avait du reste demandé des informations complémentaires sur le cas de ce 
dernier. Sur la base de ces renseignements et du dossier en sa possession, il avait 
conclu que le lien de causalité entre l'accident et le dommage était tout au plus 
possible, mais en tout cas pas établi. 

  Le rapport du 12 décembre 2016 n'était pas une expertise médicale au sens 
de l'art. 44 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales 
LPGA - RS 830.1). Il concluait par ailleurs à une lésion SLAP VIII résultant 
probablement de microtraumatismes répétés (atteinte subaiguë) et non à un 
accident (atteinte hyperaiguë). 

  La commission avait constaté les faits de manière inexacte sur plusieurs 
points. Ainsi, on ne pouvait tenir pour établi que la lésion de M. B______ à 
l'épaule était d'origine traumatique. Le second médecin-conseil de l'assurance, le 
Docteur K______, avait du reste eu les mêmes doutes à ce sujet, ce que la 
commission n'avait pas pris en compte. 

  Au surplus, en tant que médecin-conseil d'une assurance, il n'avait pas de 
rapport direct ni de relation thérapeutique avec le patient, si bien qu'il n'était dans 
ce cadre pas soumis aux devoirs professionnels consacrés par l'art. 40 de la loi 
fédérale sur les professions médicales universitaires du 23 juin 2006 (LPMéd 
- RS 811.11), puisqu'il échappait au champ d'application du chapitre en cause de 
la loi précitée. Même s'il y avait été soumis, il n'aurait pas eu l'obligation de voir 
l'assuré en personne. Enfin, il convenait de noter qu'en l'espèce, sa suggestion en 
défaveur de la prise en charge n'avait pas eu la moindre incidence puisque 

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l'assurance n'avait finalement pas suivi son avis. Il n'y avait donc eu aucune 
violation de la loi sur la santé du 7 avril 2006 (LS - K 1 03). 

29)  Le 4 octobre 2019, la commission a conclu au rejet du recours. La 
jurisprudence de la chambre administrative retenait que la fourniture de soins au 
sens de l'art. 2 LS n'était pas nécessairement conditionnée et liée à une relation 
thérapeutique et existait également lorsqu'un médecin expert évaluait la santé d'un 
expertisé. En l'occurrence, M. A______ avait un rôle qui s'apparentait à celui d'un 
expert, et il était soumis à la LS. Pour le surplus, la commission persistait 
intégralement dans sa décision. 

30)  Le 28 octobre 2019, le juge délégué a fixé aux parties un délai au 
29 novembre 2019 pour formuler toutes requêtes ou observations 
complémentaires, après quoi la cause serait gardée à juger. 

31)  Le 29 novembre 2019, M. A______ a persisté dans ses conclusions. Il 
convenait d'entendre M. J______ sur les allégués 32 et 49 du recours, qui avaient 
trait respectivement au fait que M. J______ lui avait remis une notice 
préalablement préparée par ses soins, et au fait que ses propres conclusions ne 
figuraient qu'à la fin de la notice préalablement préparée par M. J______. Pour le 
surplus, le rôle d'un médecin-conseil était différent de celui d'un expert, n'étant 
mandaté par l'assurance que pour évaluer en l'espèce le degré de vraisemblance du 
lien de causalité naturelle. 

32)  La commission ne s'est quant à elle pas manifestée. 

EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 de la loi sur l’organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10 ; art. 22 al. 1 de la loi sur la commission de 
surveillance des professions de la santé et des droits des patients du 7 avril 2006 - 
LComPS - K 3 03). 

2)  La décision entreprise sanctionne le médecin-conseil d'une assurance à la 
suite d’une plainte d'un assuré. 

3)  Le recourant sollicite sa propre audition, ainsi que l’audition d'un tiers. 

 a. Le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale 
de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101) comprend notamment 
le droit pour l'intéressé de s'exprimer sur les éléments pertinents avant qu'une 
décision ne soit prise touchant sa situation juridique, d’avoir accès au dossier, de 

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produire des preuves pertinentes, d'obtenir qu'il soit donné suite à ses offres de 
preuves pertinentes, de participer à l'administration des preuves essentielles ou à 
tout le moins de s'exprimer sur son résultat, lorsque cela est de nature à influer sur 
la décision à rendre (ATF 145 I 73 consid. 7.2.2.1 ; 142 III 48 consid. 4.1.1 ; 
140 I 285 consid. 6.3.1).  

 b. L'autorité peut cependant renoncer à procéder à des mesures d'instruction 
lorsque les preuves administrées lui ont permis de forger sa conviction et que, 
procédant d'une manière non arbitraire à une appréciation anticipée des preuves 
qui lui sont encore proposées, elle a la certitude que ces dernières ne pourraient 
l'amener à modifier son opinion (ATF 145 I 167 consid. 4.1 ; 140 I 285 
consid. 6.3.1). 

  En tout état, le droit d'être entendu ne peut être exercé que sur les éléments 
qui sont déterminants pour décider de l'issue du litige (ATF 142 II 218 
consid. 2.3 ; 141 V 557 consid. 3.1 ; 140 I 285 consid. 6.3.1). 

 c. Selon l'art. 18 LPA, la procédure administrative est en principe écrite, 
toutefois si le règlement et la nature de l’affaire le requièrent, l’autorité peut 
procéder oralement. Par ailleurs, les garanties minimales en matière de droit d'être 
entendu découlant de l'art. 29 al. 2 Cst. ne comprennent en principe pas celui 
d'être entendu oralement (ATF 134 I 140 consid. 5.3 ; arrêt du Tribunal fédéral 
1C_15/2020 du 30 janvier 2020 consid. 2). 

4)  En l’espèce, le recourant a eu l'occasion de s'exprimer de manière complète 
et à plusieurs reprises. Il n'indique pas en quoi son audition serait indispensable et 
à même d'appréhender certains points de fait au-delà de ce que permet la 
procédure écrite. Son audition n'est donc pas nécessaire. 

  Quant à l'audition de la personne qui était le gestionnaire du cas de 
M. B______ au sein de l'assurance, les deux allégués de fait que cet acte serait 
supposé étayer ne sont nullement contestés, et peuvent être considérés comme 
établis, si bien que l'audition en cause est superflue. 

  Il ne sera dès lors pas donné suite aux actes d'instruction sollicités. 

5)  La commission, instituée par l’art. 10 LS, est chargée de veiller au respect 
des prescriptions légales régissant les professions de la santé et les institutions de 
santé visées par la LS et au respect du droit des patients (art. 1 al. 2 LComPS). 

  En cas de violation des droits des patients, la commission de surveillance 
peut émettre une injonction impérative au praticien concerné sous menace des 
peines prévues à l'art. 292 du Code pénal suisse du 21 décembre 1937 (CP 
- RS 311.0) ou une décision constatatoire (art. 20 al. 1 LComPS). En cas de 
violation des dispositions de la LS, la commission est également compétente pour 
prononcer un avertissement, un blâme et/ou une amende jusqu'à CHF 20'000.- 

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(art. 20 al. 2 LComPS). Si aucune violation n’est constatée, elle procède au 
classement de la procédure (art. 20 al. 3 LComPS). 

  Compte tenu du fait que la commission est composée de spécialistes, mieux 
à même d’apprécier les questions d’ordre technique, la chambre de céans 
s’impose une certaine retenue (ATA/8/2018 du 9 janvier 2018 consid. 4c ; 
ATA/238/2017 du 28 février 2017 ; ATA/322/2014 du 6 mai 2014). 

6)  La chambre de céans a déjà jugé que la relation entre un médecin expert et 
l’expertisé n’est pas de nature thérapeutique ; cependant, conformément à l’art. 2 
al. 2 LS, les soins comprenaient tout service fourni à une personne, à un groupe de 
personnes ou à la population dans le but notamment d’évaluer la santé humaine, 
ce qui était le cas de l’établissement d’expertises médicales. Partant, la fourniture 
de soins au sens de la LS, de par l’acception large de cette notion, n’était pas 
nécessairement conditionnée et liée à une relation thérapeutique et existait 
également lorsqu’un médecin expert évaluait la santé d’un expertisé en établissant 
une expertise à son sujet, en vue de permettre à un assureur social ou privé de 
déterminer si l’assuré concerné a ou non droit à des prestations de sa part, par 
exemple en cas d’incapacité de travail. Au demeurant, si, dans son intervention 
médicale, le médecin expert n’avait a priori pas d’objectif thérapeutique dans la 
relation qu’il établissait avec l’expertisé, son intervention pouvait aussi revêtir une 
dimension thérapeutique, dans la mesure, par exemple, où l’expertise pouvait 
aboutir à proposer ou initier une prise en charge médicale subséquente 
(ATA/967/2016 du 15 novembre 2016 consid. 10d). 

7) a. Le droit de plainte reconnu au patient, ainsi que sa qualité de partie à la 
procédure par-devant la commission trouvent leur fondement dans le fait que la 
législation sur la santé confère des droits au patient. La procédure devant la 
commission a en effet pour objet de permettre aux patients de s'assurer que leurs 
droits ont été respectés conformément à l'art. 1 al. 2 LComPS (ATA/1075/2019 du 
25 juin 2019 consid. 4d). 

 b. Les principaux droits du patient sont énumérés aux art. 42ss LS. Il s'agit 
notamment du droit aux soins (art. 42 LS), du libre choix du professionnel de la 
santé (art. 43 LS), du libre choix de l'institution de santé (art. 44 LS), du droit 
d'être informé et du choix libre et éclairé (art. 45 LS). 

  Selon la jurisprudence de la chambre de céans, le droit aux soins consacré 
par l'art. 42 LS comprend le droit de se faire soigner conformément aux règles de 
l'art médical (ATA/1075/2019 précité consid. 4d ; ATA/474/2016 du 7 juin 2016 
consid. 2g ; ATA/22/2014 du 14 janvier 2014 consid. 3 ; ATA/527/2013 du 
27 août 2013 consid. 6d ; ATA/5/2013 du 8 janvier 2013 consid. 12). Les droits 
du patient sont en outre garantis par l'art. 40 LPMéd  ; Dominique SPRUMONT/ 
Jean-Marc GUINCHARD/Deborah SCHORNO, in : Ariane AYER/ 
Ueli KIESER/Thomas POLEDNA/Dominique SPRUMONT, Loi sur les 

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professions médicales [LPMéd], Commentaire, 2009, p. 385, n. 10 ad art. 40), 
applicable par renvoi de l'art. 80 LS (voir aussi PL 10’228, p. 11), qui consacre de 
manière uniforme et exhaustive les devoirs professionnels des personnes exerçant 
une profession médicale universitaire à titre indépendant (Boris ETTER, 
Medizinalberufegesetz, 2006, p. 123, n. 1 ad art. 40). 

8) a. L’art. 40 LPMéd prévoit que les personnes exerçant une profession 
médicale universitaire à titre d’activité économique privée sous leur propre 
responsabilité professionnelle doivent observer les devoirs professionnels 
suivants : a. exercer leur activité avec soin et conscience professionnelle et 
respecter les limites des compétences qu’elles ont acquises dans le cadre de leur 
formation universitaire, de leur formation postgrade et de leur formation 
continue ; (…) c. garantir les droits du patient : (…) e. défendre, dans leur 
collaboration avec d’autres professions de la santé, exclusivement les intérêts des 
patients indépendamment des avantages financiers ; (…). 

  L’art. 40 let. a LPMéd exige des personnes concernées qu’elles exercent 
leur activité avec soin et conscience professionnelle. Il s’agit d’une clause 
générale (FF 2005 p. 211). 

 b. La LPMéd a pour but d'unifier le droit disciplinaire notamment quant aux 
mesures prévues en cas de violation des obligations professionnelles (FF 2005 ad 
art. 43 p. 212). De même que les devoirs professionnels des personnes exerçant 
une profession médicale universitaire à titre indépendant (qui deviendra « des 
personnes exerçant une profession médicale universitaire sous leur propre 
responsabilité professionnelle », selon la loi fédérale sur les professions de la 
santé du 30 septembre 2016 (LPSan - RS 811.21), dont le délai référendaire a 
échu le 19 janvier 2017 [FF 2016 7383]) sont énumérés exhaustivement à l'art. 40 
LPMéd, l'art. 43 LPMéd contient une liste exhaustive des mesures disciplinaires 
pouvant être prononcées que les cantons ne peuvent pas modifier (arrêt du 
Tribunal fédéral 2C_1062/2016 du 11 juillet 2017 consid. 3.3). 

  Les sanctions prévues à l'art. 43 al. 1 LPMéd sont l'avertissement (let. a), le 
blâme (let.b), l'amende jusqu'à CHF 20'000.- (let.c), l'interdiction temporaire de 
pratiquer (let. d) et l'interdiction définitive de pratiquer (let. e). 

9) a. En l'espèce, le recourant conteste être soumis à la LS, arguant que son 
activité de médecin-conseil diffère de celle d'un expert médical. Ce point de vue 
ne saurait être suivi. En effet, en tant que médecin-conseil, il lui appartient aussi 
d'évaluer la santé humaine – que ce soit sous l'angle de la vraisemblance d'un lien 
de causalité naturelle n'y change rien –, en vue de permettre à un assureur privé de 
déterminer si l’assuré concerné a ou non droit à des prestations de sa part, en 
l'occurrence la prise en charge d'une opération. Admettre le contraire reviendrait 
en outre à permettre aux médecins-conseil d'assurance d'exercer leur profession en 

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dehors de tout cadre disciplinaire, alors même que leur intervention peut avoir des 
conséquences importantes sur la prise en charge et donc la santé des patients. 

 b. S'agissant de la violation des devoirs professionnels, l'autorité intimée a 
retenu une violation de l'art. 40 let. a LPMéd, considérant que le recourant s'était 
éloigné des conclusions du Dr G______, sans que ce refus repose sur aucun 
argument médical ; en présence de doutes sur le lien de causalité, le recourant 
aurait dû procéder à des investigations complémentaires, notamment recevoir le 
patient en personne, et éventuellement contacter le Dr G______ et le questionner 
sur le diagnostic retenu. 

  Dans cette mesure, le grief relatif à l'établissement inexact des faits tombe à 
faux, et doit être écarté. En effet, ce qui est reproché au recourant est d'avoir 
procédé à une évaluation rapide et sans vérification sur une base factuelle 
sommaire, en se fondant sur le seul élément du laps de temps entre l'accident et la 
première mention de la douleur à l'épaule, alors qu'il s'agissait d'un cas complexe 
qui méritait en cas de doute des investigations complémentaires. Dans cette 
mesure, que la blessure de l'intimé soit finalement due à l'accident du 
15 juillet 2015 importe peu, de même que la qualification du rapport du 
Dr I______ du 12 décembre 2016. 

  Pour le surplus, l'argumentation de l'autorité intimée ne prête pas le flanc à 
la critique. Dans la mesure où le cas était complexe – et où l'enjeu pour l'assuré 
était très important, puisque selon le Dr G______, un report sine die de l'opération 
aurait pu conduire à ce que M. B______ ne puisse plus exercer sa profession –, le 
recourant ne pouvait se contenter de refuser la prise en charge sur le simple fait 
que l'assuré ne s'était plaint de douleurs à l'épaule qu'après plusieurs mois. À cet 
égard, quand bien même l'autorité intimée indique que M. A______ aurait dû 
recevoir M. B______ en personne, on doit comprendre qu'il s'agissait d'une 
possibilité, ce qui lui est reproché – et qui est avéré – étant l'absence 
d'investigations complémentaires. Les doutes du recourant sur l'origine 
traumatique de la lésion ne se fondaient par ailleurs pas sur d'autres éléments qui 
auraient pu être susceptibles à ce stade de faire prévaloir l'hypothèse d'une origine 
non traumatique de la lésion ; le fait que ces doutes aient été partagés par un autre 
médecin-conseil n'est pas pertinent, dès lors que la faute professionnelle reprochée 
ne consiste pas à avoir eu de tels doutes, mais à n'avoir rien fait pour pouvoir le 
cas échéant les confirmer. 

  L'autorité intimée était donc fondée à retenir un manque de conscience 
professionnelle, si bien que la sanction disciplinaire est justifiée dans son principe. 

  S'agissant de la proportionnalité de la sanction, celle-ci n'est à juste titre pas 
contestée par le recourant, dans la mesure où l'avertissement est la plus légère du 
catalogue de l'art. 43 al. 1 LPMéd. 

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  Il découle de ce qui précède que le recours sera rejeté. 

10)  Vu l'issue du litige, un émolument de CHF 1'000.- sera mis à la charge du 
recourant, qui succombe (art. 87 al. 1 LPA), et il ne sera pas alloué d'indemnité de 
procédure, M. B______ n'y ayant pas conclu et n'ayant pas exposé de frais pour la 
défense de ses intérêts (art. 87 al. 2 LPA). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 23 août 2019 par Monsieur A______ contre la 
décision de la commission de surveillance des professions de la santé et des droits des 
patients du 24 juin 2019 ; 

au fond : 

le rejette ; 

met à la charge de Monsieur A______ un émolument de CHF 1'000.- ; 

dit qu'il n'est pas alloué d'indemnité de procédure ; 

dit que conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Me Philippe Eigenheer, avocat du recourant, à la 
commission de surveillance des professions de la santé et des droits des patients ainsi 
qu’à Monsieur B______, appelé en cause. 

Siégeant : Mme Payot Zen-Ruffinen, présidente, Mme Krauskopf, M. Verniory, 
Mme Cuendet, M. Mascotto, juges. 

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Au nom de la chambre administrative : 

La greffière : 
 
 

Ch. Ravier 
 

 la présidente siégeant : 
 
 

F. Payot Zen-Ruffinen 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :