# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 9baf5474-fe12-5dcc-817e-274d61bbdb20
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-05-06
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 06.05.2013 FI.2012.0082
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_FI-2012-0082_2013-05-06.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 6 mai 2013
  

  
	
  Composition

  	
  M. Robert Zimmermann, président; M. Fernand Briguet et M. Alain Maillard, assesseurs; Mme
  Valérie Duvanel-Donzel, greffière.

  

 

	
  Recourant

  	
   

  	
  A. X.________, à 1********, 

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Administration
  cantonale des impôts, à Lausanne 

  

   

	
  Autorité concernée

  	
   

  	
  Office d'impôt du
  district de Lausanne-Ville, à Lausanne 

  

   

 

	
  Objet

  	
  Impôt cantonal et communal (sauf
  soustraction)      

  
	
   

  	
  Recours A. X.________ c/ décision sur
  réclamation de l'Administration cantonale des impôts du 6 septembre 2012
  (refus de remise d'impôt)

  

 

Vu les faits suivants

A.                               
A. X.________, né le 7 octobre 1965, rentier de
l’assurance-invalidité, célibataire, fait ménage commun avec B. Y.________, née
le 28 février 1971. Le couple a deux enfants, C. Y.________, né le 9 janvier
2006, et D. Y.________, née le 25 septembre 2007, dont A. X.________ a reconnu
la paternité. 

B.                              
Pour la période fiscale 2006, le solde à payer
par A. X.________ au titre de l’impôt cantonal et communal est de 2'341,30 fr.
Le 17 février 2009, l’Office d’impôt des districts de Lausanne et de l’Ouest
lausannois a établi pour ce montant un plan de recouvrement sur sept
mensualités de 305 fr., et une de 206,30 fr., s’échelonnant entre le 28 février
et le 30 septembre 2009. Pour la période fiscale 2007, le solde à payer au
titre de l’impôt cantonal et communal par A. X.________ est de 7'130,50 fr.
Pour la période fiscale 2007, le solde à payer au titre de l’impôt fédéral
direct est de 319,30 fr. Le 18 mai 2009, A. X.________ a indiqué à l’Office
d’impôt des districts de Lausanne et de l’Ouest lausannois être dans
l’impossibilité de payer le solde dû, dont il a demandé la remise. Par deux
décisions séparées du 9 juillet 2010, l’une concernant l’impôt cantonal et
communal pour les périodes fiscales 2006 et 2007, l’autre l’impôt fédéral
direct pour la période fiscale 2007, l’Office d’impôt des districts de Lausanne
et de l’Ouest lausannois a rejeté la requête, tout en annulant les intérêts
moratoires sur acomptes des années 2006 et 2007. Contre ces décisions, A.
X.________ a, le 3 août 2010, formé une réclamation, que l’Administration
cantonale des impôts (ci-après: l’ACI) a rejetée, le 6 septembre 2012.

C.                              
A. X.________ a recouru contre la décision du 6
septembre 2012, dont il demande implicitement l’annulation. L’ACI propose le
rejet du recours. A. X.________ a répliqué. L’ACI a maintenu ses conclusions. 

D.                              
Le Président, accompagné de la greffière, a tenu
une audience d'instruction le 27 février 2013. Il a entendu le recourant
personnellement ainsi que E.________ et F.________, pour l'ACI et l'Office
d'impôt du district de Lausanne-Ville (ci-après: l'Office d'impôt).

E.                              
Le Tribunal a statué par voie de circulation.

Considérant en droit

1.                               
a) Selon l'art. 167 de la loi fédérale du 14
décembre 1990 sur l'impôt fédéral direct (LIFD; RS 642.11), le contribuable
peut se voir remettre tout ou partie de l'impôt dû, des intérêts ou de l'amende
infligée ensuite d'une contravention s'il est tombé dans le dénuement et ne
pourrait les payer sans que cela entraîne pour lui des conséquences très dures
(al. 1). La demande en remise, motivée par écrit et
accompagnée des preuves nécessaires, doit être adressée à l’administration
cantonale de l’impôt fédéral direct compétente. Dans les cas d’impôt à la
source, la demande doit être adressée, conjointement avec la requête en remise
déposée en matière d’impôts cantonaux et communaux à l’autorité compétente pour
cette procédure. Celle-ci détermine la part de l’impôt fédéral et transmet un
double de la demande en remise à l’autorité compétente pour statuer sur la
remise de l’impôt fédéral direct, lorsqu’elle n’est pas autorisée à entrer
elle-même en matière (al. 2). La procédure de remise est gratuite.
Cependant, les frais peuvent être mis à la charge du requérant, en totalité ou
partiellement, si sa demande est manifestement infondée (al. 4). 

L'art. 167 LIFD est complété par
l'ordonnance du 19 décembre 1994 du Département fédéral des finances concernant
le traitement des demandes en remise de l'impôt fédéral direct (Ordonnance sur
les demandes en remise d'impôt [ci-après: l'ordonnance]; RS 642.121), qui contient les dispositions topiques suivantes. La
procédure de remise a pour but de contribuer durablement à l'assainissement de
la situation économique du contribuable par la remise, à titre exceptionnel, de
montants d'impôts dus. Cette remise doit profiter à la personne contribuable
elle-même, et non à ses créanciers (art. 1 al. 1). Lorsque les conditions
posées par la loi sont remplies, le contribuable a en principe droit à la
remise; l'autorité de remise prend sa décision dans les limites de son pouvoir
d'appréciation sur la base des éléments déterminants au sens de l'art. 167 LIFD
(art. 2 al. 1). Sous réserve de l'art. 10, le motif pour lequel le contribuable
est tombé dans le dénuement qu'il fait valoir ne joue en principe aucun rôle
(art. 2 al. 2). L'autorité de remise fonde sa décision sur l'examen de la situation
économique du contribuable considérée dans son ensemble; est déterminante à cet
égard la situation du contribuable au moment où la décision est prise, mais on
pourra tenir compte également de l'évolution de sa situation financière depuis
la taxation à laquelle la demande en remise se rapporte, ainsi que des
perspectives d'avenir (art. 3 al. 1). L'autorité examine en outre si des
restrictions du train de vie du contribuable sont indiquées et si elles peuvent
ou auraient pu être exigées; de telles restrictions sont en principe
considérées comme raisonnables si les dépenses en question dépassent les frais
d'entretien déterminés selon les directives pour le calcul du minimum vital au
sens du droit des poursuites (art. 3 al. 2). Si le contribuable était en mesure,
au moment de l'échéance, de s'acquitter de la somme due dans un délai
convenable, l'autorité de remise en tient compte (art. 3 al. 3).

Il y a
dénuement lorsque le paiement de l’entier du montant dû représenterait pour le
contribuable un sacrifice disproportionné par rapport à sa capacité financière;
pour les personnes physiques, il y a disproportion lorsque la dette fiscale ne
peut pas être payée intégralement dans un avenir plus ou moins rapproché, bien
que le train de vie du contribuable ait été ramené au minimum vital (art. 9 al.
1). L'art. 10 al. 1 fait état de certaines des causes pouvant conduire à une
situation de dénuement, comme une aggravation sensible de la situation
économique du contribuable depuis la taxation faisant l’objet d’une demande en
remise, en raison d’un chômage prolongé, de lourdes charges familiales ou
d’obligations d’entretien (let. a), un surendettement important dû à des
dépenses extraordinaires qui ont leur origine dans la situation personnelle du
contribuable et pour lesquelles il n’a pas à répondre (let. b), les pertes
commerciales ou pertes de capital élevées, pour les contribuables de
professions indépendantes et les personnes morales, lorsque cet état de fait
met en danger l’existence économique de l’entreprise et des emplois; en règle
générale, une remise ne sera cependant accordée que si les autres créanciers de
même rang renoncent également à une partie de leurs créances (let. c), des
frais de maladie élevés non couverts par des tiers, ainsi que d’autres frais liés
à la santé pouvant mettre le contribuable dans une situation de dénuement (let.
d). Si le surendettement est dû à d’autres motifs que ceux évoqués ci-dessus,
tels que, par exemple, des affaires peu florissantes, des engagements par
cautionnement, des dettes hypothécaires élevées et des dettes fondées sur le
petit crédit, conséquence d’un niveau de vie excessif, etc., la Confédération
ne saurait renoncer à ses prétentions légales au bénéfice d’autres créanciers;
lorsque des créanciers renoncent à tout ou partie de leurs créances, une remise
peut être accordée dans les mêmes proportions (art. 10 al. 2 de l'ordonnance).

Les simples fluctuations du revenu du
contribuable sont périodiquement prises en compte lors de la taxation et ne
constituent pas un motif de remise; s'il a été tenu compte d'une diminution du
revenu lors d'une taxation intermédiaire ou si la situation s'est améliorée,
une remise est en règle générale exclue (art. 12 al. 1). Lorsque le
contribuable a volontairement cédé des sources de son revenu ou des éléments de
sa fortune, la diminution du revenu ou de la fortune ne sera pas prise en
considération lors de l'examen de la demande de remise (art. 12 al. 2).

b) Afin de garantir l'égalité de
traitement, au sens de l'art. 8 de la Constitution fédérale de la Confédération
suisse du 18 avril 1999 (Cst.; RS 101), la remise doit rester exceptionnelle.
En conséquence, elle n'est accordé qu'en présence de circonstances spéciales
(arrêts du Tribunal administratif fédéral [ATAF] A-1910/2011 du 5 avril
2012 consid. 2.3; A-1758/2011 du 26 mars 2012 consid. 2.2; A-7949/2010
du 6 octobre 2011 consid. 2.2.3, et les références citées). Il découle de
la formulation potestative de l'art. 167 al. 1 LIFD que le contribuable
n'a pas droit à une remise d'impôt (ATF 2D_39/2010 du 18 août 2010
consid. 2; 2D_24/2009 du 9 avril 2009 consid. 2.2; 2D_7/2008 du 1er
juillet 2008 publié dans la Revue fiscale 5/2008 p. 380 consid. 1;
2D_138/2007 du 21 février 2008 consid. 2.2). L'art. 167 al. 1 LIFD prévoit
par ailleurs deux conditions subjectives, cumulatives, pour qu'une remise
d'impôt puisse être accordée: l'existence d'une situation de dénuement et les
conséquences très rigoureuses qu'entraînerait le paiement de l'impôt.
Nonobstant leur contrôle abstrait, lesdites conditions doivent être examinées
pour chaque contribuable en fonction des circonstances du cas d'espèce. Ainsi,
l'autorité de remise fonde sa décision sur l'examen de la situation économique
du contribuable, considérée dans son ensemble (ATAF A-1910/2011 précité
consid. 2.6; A-1758/2011 précité consid. 2.5; A-7949/2010 précité
consid. 2.5, et la référence citée). 

Le premier motif d'une remise –
l'existence d'une situation de dénuement – est concrétisé aux art. 9 al. 1 et
10 précités de l'ordonnance (ATAF A-1910/2011
précité consid. 2.7; A-1758/2011 précité consid. 2.6; A-7949/2010
précité consid. 2.6, et les références citées). La deuxième condition
prescrite par l'art. 167 al. 1 LIFD exige pour sa part que le paiement de
l'impôt entraîne des conséquences très rigoureuses pour le contribuable. Les
deux conditions susdites, à savoir la situation de dénuement et les
conséquences très rigoureuses, ne peuvent pas être définies indépendamment
l'une de l'autre puisqu'elles s'enchevêtrent dans une large mesure. Tandis que
le critère de l'existence d'une situation de dénuement prend en considération
exclusivement la situation économique du débiteur, sous l'angle des
conséquences très rigoureuses que pourrait entraîner le paiement de l'impôt,
d'autres circonstances peuvent également s'avérer déterminantes, en particulier
l'équité. Des conséquences très rigoureuses peuvent résulter par exemple de
l'aggravation continuelle depuis la taxation des circonstances financières ou
peuvent ressortir de causes ayant trait à la situation de dénuement. De telles
conséquences existent si la capacité économique du contribuable est entravée
considérablement par des événements particuliers comme des charges
inhabituelles relatives à l'entretien de la famille, un chômage ou une maladie prolongés,
des accidents, etc. (ATAF A-1910/2011 précité consid. 2.8; A-1758/2011
précité consid. 2.7; A-7949/2010 précité consid. 2.7.1, et les
références citées).

c) Sur le plan cantonal, aux termes de
l'art. 231 al. 1 de la loi du 4 juillet 2000 sur les impôts directs cantonaux
(LI; RSV 642.11), l'ACI peut accorder une remise totale ou partielle des
impôts, intérêts compensatoires et intérêts de retard,
rappels d'impôts et amendes, lorsque leur paiement intégral frapperait trop
lourdement le contribuable en raison de pertes importantes ou de tous autres
motifs graves (al. 1). La demande de remise, motivée par écrit et
accompagnée des preuves nécessaires, doit être adressée à l'autorité de
taxation. Celle-ci, après avoir consulté l'autorité communale, donne son préavis
à l'ACI qui prend la décision (al. 2). La décision de l'ACI est
communiquée à l'autorité communale (al. 3). La procédure de remise est
gratuite. Cependant, les frais peuvent être mis à la charge du requérant, en
totalité ou partiellement, si sa demande est manifestement infondée
(al. 4). La compétence d'octroyer une remise peut être déléguée aux
Offices d'impôt de district ou à l'Office d'impôt des personnes morales
(al. 5).

d) Le
contribuable à qui l'autorité refuse une remise d'impôt n'est atteint dans ses
intérêts juridiquement protégés que si le droit cantonal lui confère un droit à
une telle remise. Il faut alors que la loi cantonale décrive avec précision les
conditions auxquelles un tel avantage est accordé. Cela est difficilement
concevable, vu que le législateur est tenu de demeurer relativement vague
lorsqu'il indique que la remise est possible dans des cas extrêmes, ou si la
situation du contribuable est désespérée. Si l'on veut véritablement consacrer
un droit à la remise d'impôt, il ne faut pas prévoir des règles purement
potestatives ("Kann-Vorschriften"). Les lois cantonales sur
l'imposition du revenu laissent en général un grand pouvoir d'appréciation à
l'autorité compétente; la plupart d'entre elles disposent que l'impôt peut
être remis dans certaines circonstances (ATF 122 I 373 résumé et traduit in JT
1998 I pp. 253 ss, et la référence citée). Tel est le cas de la
réglementation vaudoise qui prévoit que l'ACI "peut accorder une remise
totale ou partielle" (cf. art. 231 LI) (cf. arrêts FI.2011.0043
du 8 décembre 2011 et FI.2010.0027 du 9 septembre 2010).

2.                               
Le recourant, âgé de 47 ans, est rentier de
l'assurance-invalidité. Célibataire, il fait ménage commun avec B. Y.________
et leurs deux enfants. A l’appui de son recours, il a établi un état de sa
situation financière. Du revenu de 5'200 fr. par mois, il a déduit des charges
totales pour un montant de 4'468 fr. Le solde disponible est de 732 fr. L’ACI a
retenu un total de dépenses inférieur, de 3'455 fr., ce qui laisserait
subsister un solde mensuel de 1'745 fr. A la lecture même du budget de
l'intéressé, l'on ne saurait considérer que le paiement des montants d'impôt
dus représenterait pour lui un sacrifice disproportionné par rapport à sa
situation financière et qu'il se trouve dans le dénuement. Sa situation
financière globale est suffisante pour lui permettre de s'acquitter, par un paiement
échelonné, des montants d'impôt concernés par la présente procédure de remise,
à savoir un solde total de 9'186, 75 fr., selon décompte de l'ACI du 24 juillet
2012. 

Il ressort par ailleurs du budget
du recourant que celui-ci rembourse une dette privée de 100 fr. par mois. Or,
une remise doit profiter à la personne contribuable elle-même et non pas à ses
créanciers.

C'est en conséquence à juste titre
que l'autorité intimée a refusé l'octroi d'une remise.

3.                               
Le recours doit être rejeté et la décision
attaquée, confirmée. Bien que le recourant succombe, l'équité
exige qu’il soit renoncé à un émolument judiciaire (art. 50 et 91 de la loi
vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative – LPA-VD ; RSV
173.36). L'allocation de dépens n'entre pas en ligne de compte (art. 55 al. 1 a
contrario et 91 LPA-VD).

 

Par ces motifs

 la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

I.                                  
Le recours est rejeté. 

II.                                
La décision de l'Administration cantonale des
impôts du 6 septembre 2012 est confirmée.

III.                               
Le présent arrêt est rendu sans frais ni dépens.

Lausanne, le 6 mai 2013

 

Le président:                                                                                             La
greffière:

 

Le présent arrêt est communiqué aux
destinataires de l'avis d'envoi ci-joint.

Il peut faire l'objet, dans les trente
jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le recours en
matière de droit public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du
17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours
constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,
indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.
Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.
Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,
pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la
décision attaquée.