# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b22e81a1-bb72-55c9-b331-18adce8748ee
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-10-03
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Strafkammer 03.10.2016 502 2016 243
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_005_502-2016-243_2016-10-03.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

502 2016 243

Arrêt du 3 octobre 2016

Chambre pénale

Composition Président: Hubert Bugnon
Juges: Jérôme Delabays, Sandra Wohlhauser
Greffière: Aleksandra Bjedov

Parties A.________, prévenue et recourante

contre

MINISTÈRE PUBLIC, intimé

Objet Restitution de délai 

Recours du 29 août 2016 contre l'ordonnance du Ministère public du 
19 août 2016 

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considérant en fait

A. Par ordonnance pénale du 19 avril 2016, le Ministère public a reconnu A.________ coupable 
de violation grave des règles de la circulation routière pour un excès de vitesse commis par un 
véhicule de cette entreprise le 2 septembre 2015 à 15.27 heures à B.________, au motif qu'en 
raison de carences organisationnelles de cette entreprise, les faits incriminés ne peuvent être 
imputés à une personne physique. La sanction a été fixée à une amende de 
CHF 2'000.-. Les frais de la cause, fixés à CHF 317.-, ont été mis à la charge de l'entreprise 
condamnée. 

B. Par acte daté du 25 juillet 2016, remis à la poste française le 27 du même mois, passé en 
Suisse le 29 et parvenu au Ministère public le 2 août 2016, A.________ s'est déclarée "amené à 
vous demander dans le meilleur du possible une indulgence sur cette amende de 2317€ que nous 
allons payer dans tous les cas" (sic). Par ordonnance du 19 août 2016 rendue sans frais, le 
Ministère public a constaté la tardiveté de l'opposition et refusé une restitution du délai. Cette 
ordonnance a été notifiée à son destinataire le 22 août 2016. 

C. Par acte du 29 août 2016 reçu le 1er septembre 2016, A.________ a adressé à la Chambre 
pénale une lettre mentionnant comme objet "Recours ordonnance pénale du 19 avril 2016", 
signalant que son opposition du 25 juillet 2016 a été jugée irrecevable et reprenant l'essentiel du 
contenu de dite opposition.

Par lettre présidentielle du 2 septembre 2016, l'attention de la recourante a été attirée sur la 
recevabilité douteuse de son recours et elle a été invitée à préciser dans les 10 jours dès réception 
s'il s'agissait effectivement d'un recours ou si cette lettre était à classer sans suite et sans frais, 
avis étant donné qu'à défaut de réponse l'acte sera considéré comme un recours sur lequel 
décision sera rendue. Cette lettre est restée sans réponse. 

Par courrier du 27 septembre 2016 dont copie a été transmise à la recourante, le Ministère public 
a transmis son dossier et conclu au rejet du recours. 

en droit

1. a) Le recours à la Chambre pénale est ouvert contre les décisions et les actes de la 
procédure de la police et du Ministère public (art. 393 al. 1 let. a CPP et. 85 al. 1 LJ). 

b) Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai 
de dix jours, à l’autorité de recours. En l'espèce le recours respecte manifestement ce délai. 

c) En tant que personne touchée par l'acte de procédure attaqué, la recourante a 
indéniablement qualité pour recourir (art. 382 al. 1 CPP).

d) La Chambre statue sans débats (art. 397 al. 1 CPP). 

e) aa) Le recours doit être motivé (art. 396 al. 1 CPP) et indiquer précisément les motifs 
qui commandent une autre décision (art. 385 al. 1 let. b CPP). L’exigence de motivation englobe 
aussi celle de prendre des conclusions. Cela signifie que la partie recourante doit définir les 
modifications qui devraient être apportées à l’ordonnance attaquée et décrire les raisons qui 
justifieraient de telles modifications. La doctrine considère toutefois que, lorsque la partie n’est pas 

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représentée par un avocat, l’exigence de motivation est respectée si les conclusions peuvent être 
sans équivoque déduites de la motivation (BSK StPO-ZIEGLER, 2e éd. 2014, art. 385 CPP n. 1). 
Pour satisfaire à l'obligation de motiver, la partie recourante doit discuter les motifs de la décision 
entreprise et indiquer précisément en quoi elle estime que l'autorité précédente a méconnu le droit, 
de telle sorte que l'on comprenne clairement, à la lecture de son exposé, quelles règles de droit 
auraient été, selon elle, transgressées par la juridiction précédente (ATF 140 III 86 consid. 2). Si le 
mémoire ne satisfait pas à ces exigences, l’autorité de recours le renvoie au recourant pour qu’il le 
complète dans un bref délai. Si, à l’expiration de ce délai supplémentaire, le mémoire ne satisfait 
toujours pas à ces exigences, l’autorité de recours n’entre pas en matière (art. 385 al. 2 CPP). Une 
telle possibilité ne peut toutefois être offerte au recourant que lorsque l’exposé de son mémoire de 
recours est insuffisant (BSK StPO-ZIEGLER, art. 385 CPP n. 3) et que le défaut de motivation peut 
être facilement corrigé suite à l’indication donnée par l’autorité (DONATSCH/HANSJAKOB/LIEBER, 
Kommentar zur Schweizerischen Strafprozessordnung (StPO), 2e éd. 2014, art. 385 n. 3). Tel n’est 
pas le cas lorsque le recourant n’a même pas entamé la critique des motifs retenus par l’autorité 
intimée. L’autorité de recours n’a alors pas à fixer de délai supplémentaire et doit au contraire 
partir du principe que le recourant accepte la motivation présentée par cette dernière. L’autorité de 
deuxième instance n’a en effet pas à s’inquiéter du fait que le recourant présente une 
argumentation optimale (BSK StPO-ZIEGLER, art. 385 CPP n. 4). 

bb) En l’occurrence, dans l’ordonnance attaquée, le Ministère public a retenu que la 
notification de l’ordonnance pénale du 19 avril 2016 a été valablement effectuée à l'adresse du 
destinataire, qu'en ce qui concerne la référence au fait que celui-ci délègue la réception du courrier 
à un tiers qui ne l'aurait pas transmis, elle doit être considérée comme une requête de restitution 
du délai, laquelle, selon l'art. 94 CPP, doit être faite dans les 30 jours dès la fin de l'empêchement 
et moyennant qu'il soit rendu vraisemblable que le retard n'est imputable à aucune faute de sa 
part, qu'en l'espèce, la structure fonctionnelle de la société condamnée ne peut justifier qu'elle 
n'agisse pas dans les délais impartis, de sorte que l'empêchement doit lui être imputé. 

Or l'écriture du 29 août 2016 expose diverses critiques à l'encontre de l'ordonnance pénale du 19 
avril 2016, soit qu'un salarié de l'entreprise n'avait pas à se rendre en Suisse avec un véhicule de 
la société et que le montant de l'amende est élevé par rapport aux normes de son pays, mais elle 
ne contient aucune argumentation en rapport avec le motif retenu par le Ministère public dans 
l'ordonnance du 19 août 2016 refusant une restitution du délai pour l'opposition. A défaut d'une 
telle motivation, l'appel est dès lors manifestement irrecevable. 

f) Eût-il été recevable que le recours aurait de toute manière dû être rejeté. Les motifs du 
rejet indiqués dans l'ordonnance sont en effet pertinents. Ils auraient par surcroit même pu être 
complétés: les oublis d'un auxiliaire du destinataire d'une notification sont imputables à ce dernier 
et, à supposer qu'il y ait eu un empêchement non fautif chez celui-là, il aurait en l'occurrence 
incombé à A.________ de l'invoquer et l'établir dans la requête, ce qui n'a nullement été le cas. 

2. Au vu de l’issue du recours, les frais de la procédure de recours seront mis à la charge de la 
recourante qui succombe (art. 428 al. 1 CPP; art. 19 du Règlement du 30 novembre 2010 sur la 
justice).

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la Chambre arrête:

I. Le recours est irrecevable.

II. Les frais de la procédure de recours, fixés à CHF 280.- (émolument: CHF 200.-; débours: 
CHF 80.-), sont mis à la charge de A.________.

III. Communication.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours 
dès la notification de l’arrêt rédigé. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). 
L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 3 octobre 2016 

Président Greffière