# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 123da8ef-f41e-5a50-a031-36c02abb2e05
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-05-13
**Language:** fr
**Title:** Genf Tribunal administratif de première instance en matière fiscale 13.05.2015 A/3204/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_TAPI_001_A-3204-2014_2015-05-13.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/3204/2014 DOMPU JTAPI/586/2015 

 

JUGEMENT 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

DE PREMIÈRE INSTANCE 

du 13 mai 2015 

 

dans la cause 

 

ASSOCIATION A______, représentée par Me Jean ORSO, avec élection de domicile 

contre 

VILLE DE GENEVE, Service de la sécurité et de l'espace publics 

 

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A/3204/2014 

EN FAIT 

1. L'association A______ (ci-après : l'association ou la recourante), inscrite au 
registre du commerce de Genève le ______ 1993, a pour but social : "prêcher 
l'évangile de Jésus-Christ; enseigner les doctrines chrétiennes ______ selon la 

bible; organiser des cultes religieux; célébrer des activités religieuses notamment 

les baptêmes et les mariages, selon les pratiques et doctrines de l'Eglise; ______". 

2. Par requête-formulaire datée du 27 août 2014, l'association a déposé auprès de la 
Ville de Genève (ci-après : la Ville ou l'autorité intimée), soit pour elle son service 
de la sécurité et de l'espace publics, une demande d’autorisation en vue de la tenue 
d'un stand sur la place du Molard le 4 octobre 2014 destiné à la "distribution 
gratuite des bibles". 

3. Par décision du 17 septembre 2014, la Ville a refusé de délivrer l’autorisation 
sollicitée. 

L’activité que l'association souhaitait entreprendre relevait principalement, sinon 
exclusivement, du prosélytisme. Or, depuis quelques mois, elle avait changé sa 
pratique en la matière, en ce sens que ce genre d’activité n’était plus autorisé sur 
le domaine public. Par ailleurs, en vertu de l’art. 4A du règlement sur la propreté, 
la salubrité et la sécurité publiques (F 3 15.04), il était interdit, sous quelque 
forme que ce soit, de distribuer sur la voie publique, sur les emplacements de 
marché et dans les jardins publics, notamment des réclames et autres prospectus. 

4. Par acte du 20 octobre 2014, sous la plume de son conseil, l'association a recouru 
auprès du Tribunal administratif de première instance (ci-après : le tribunal) 
contre cette décision, concluant, sous suite de frais et dépens, à son annulation, 
compte tenu du fait qu'elle violait différentes libertés et principes constitutionnels, 
et à ce que l'autorisation qu'elle avait sollicitée lui soit délivré. 

5. Dans sa réponse du 21 novembre 2014, la Ville a conclu au rejet du recours. 

Elle a notamment expliqué que, durant le premier semestre 2014, elle avait été 
saisie, s'agissant des stands de type religieux, de demandes émanant de dix-huit 
entités différentes et portant sur un nombre de cent trente-quatre événements sur 
le domaine public. L'augmentation sensible et constante de ces demandes, tant par 
rapport aux milieux que par rapport au nombre d'événements concernés, l'avait 
amenée à une réflexion et à une analyse au terme de laquelle elle avait décidé, à 
compter du début du mois de septembre 2014, de refuser la mise à disposition de 
son espace public à toute entité faisant la promotion d'activités de type religieux 
ou spirituel, par opposition à ce qui était généralement défini comme but idéal, 
outre les activités participant à l'exercice des droits politiques. 

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6. La recourante a répliqué le 31 mars 2015. 

7. Par courrier du 23 avril 2015, la Ville a indiqué qu'elle renonçait à son droit de 
dupliquer, dans la mesure où elle avait décidé de ne pas recourir contre trois 
jugements du tribunal, rendus les 11 mars (JTAPI/313/2015) et 23 mars 2015 
(JTAPI/365/2015 et JTAPI/370/2015), par lesquels celui-ci avait annulé des 
décisions de refus similaires. Les considérants de ces jugements n'étant pas remis 
en cause, une duplique maintenant sa position exprimée au sein de ses précédentes 
écritures "s'inscrirait ainsi en porte-à-faux en regard des affaires précitées". 

8. Les arguments formulés par les parties seront repris et discutés en tant que de 
besoin ci-dessous (à cet égard, cf. not. ATF 134 I 83 consid. 4.1 ; 129 I 232 
consid. 3.2 ; 126 I 97 consid. 2b ; arrêt du Tribunal fédéral 1B_48/2013 du 19  
février 2013 consid. 2.1 et les arrêts cités). 

EN DROIT 

1. Le Tribunal administratif de première instance connaît des recours dirigés, comme 
en l’espèce, contre les décisions prises en application de la loi sur les routes ou de 
ses dispositions d’application, tel, par exemple, que le règlement concernant 
l’utilisation du domaine public du 21 décembre 1988 (RUDP - L 1 10.12) (art. 93 
al. 1 de la loi sur les routes du 28 avril 1967 - LRoutes - L 1 10). 

Dans ce cadre, il statue dans sa composition prévue par l'art. 143 de la loi sur les 
constructions et les installations diverses du 14 avril 1988 (LCI - L 5 05). 

2. Interjeté en temps utile et dans les formes prescrites devant la juridiction 
compétente, le recours est recevable au sens des art. 60 et 62 à 65 de la loi sur la 
procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA - E 5 10). 

3. Selon l'art. 61 al. 1 LPA, le recours peut être formé pour violation du droit, y 
compris l'excès et l'abus du pouvoir d'appréciation (let. a), ou pour constatation 
inexacte ou incomplète des faits pertinents (let. b). 

En revanche, les juridictions administratives n'ont pas compétence pour apprécier 
l'opportunité de la décision attaquée, sauf exception prévue par la loi (art.  61  al.  
2  LPA), non réalisée en l'espèce. Il n'en résulte toutefois pas que l'autorité est 
libre d'agir comme bon lui semble, puisqu'elle ne peut pas faire abstraction des 
principes constitutionnels régissant le droit administratif, notamment la légalité, la 
bonne foi, l'égalité de traitement, la proportionnalité et l'interdiction de l'arbitraire 
(ATA/366/2013 du 11 juin 2013 consid. 3a et la référence citée). 

4. La liberté religieuse est protégée par l'art. 15 de la Constitution fédérale de la 
Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101), formulé comme suit : la 

http://intrapj/perl/decis/126%20I%2097

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liberté de conscience et de croyance est garantie (al. 1), toute personne a le droit 
de choisir librement sa religion ainsi que de se forger ses convictions 
philosophiques et de les professer individuellement ou en communauté (al. 2), 
toute personne a le droit d'adhérer à une communauté religieuse ou d'y appartenir 
et de suivre un enseignement religieux (al. 3), nul ne peut être contraint d'adhérer 
à une communauté religieuse ou d'y appartenir, d'accomplir un acte religieux ou 
de suivre un enseignement religieux (al. 4). 

L'art. 26 de la Constitution de la République et canton de Genève du 
14 octobre 2012 (Cst-GE - A 2 00) est rédigé en des termes similaires. 

Quant à l'art. 9 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des 
libertés fondamentales du 4 novembre 1950 (CEDH - RS 0.101), il dispose que 
toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit 
implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de 
manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en 
public ou en privé, par le culte, l'enseignement, les pratiques et l'accomplissement 
des rites (par. 1). La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut 
faire l'objet d'autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des 
mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la 
protection de l'ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des 
droits et libertés d'autrui (par. 2). 

La liberté religieuse englobe tant la liberté intérieure de croire, de ne pas croire ou 
de modifier ses convictions religieuses que la liberté extérieure d’exprimer ses 
convictions, de les pratiquer et de les divulguer dans certaines limites, ou de ne 
pas les partager. Elle inclut le droit de chacun de se comporter en principe selon 
les enseignements de sa foi et d’agir conformément à ses convictions. Elle protège 
toutes les religions, quel que soit le nombre de leurs fidèles en Suisse 
(ATF 139 I 280, in JdT 2014 I 118). 

Tant l'art. 15 Cst. que l'art. 9 CEDH n'admettent d'autres restrictions que celles 
visant l'expression extérieure d'une croyance ou d'une conviction religieuse, à 
savoir la liberté de manifester sa religion ou ses convictions 
(A. AUER/G. MALINVERNI/M. HOTTELIER, Droit constitutionnel suisse, vol. 
II, "Les droits fondamentaux", 3e éd., 2013, N. 521 ; P. MAHON in 
P. MAHON/J.-F. AUBERT (éd.), Petit commentaire de la Constitution fédérale 
de la Confédération suisse du 18 avril 1999, 2003, p. 145). 

Dans un arrêt important, la Cour européenne des droits de l'Homme a admis que 
le prosélytisme faisait partie de la liberté religieuse, en soulignant que si cette 
dernière relève d'abord du for intérieur, elle implique de surcroît, notamment, 
celle de "manifester sa religion", y compris le droit d'essayer de convaincre son 
prochain, par exemple au moyen d'un "enseignement" (ACEDH Kokkinakis c. 
Grèce du 25 mai 1993, req. n°14307/88, par. 31). Elle a toutefois fait évoluer sa 

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jurisprudence en fixant une limite importante à ce principe, affirmant que 
l'art. 9 CEDH ne protège pas n'importe quel acte motivé ou inspiré par une 
religion ou une croyance. Ainsi, il ne protège pas le prosélytisme de mauvais aloi, 
tel qu'une activité offrant des avantages matériels ou sociaux ou l'exercice d'une 
pression abusive en vue d'obtenir des adhésions à une Eglise (ACEDH Larissis et 
autres c. Grèce du 24 février 1998, req. n° 23372/94, 26377/94, 26378/94, 
par. 45). 

La jurisprudence fédérale s'inscrit dans cette tendance, considérant comme un 
aspect de la liberté de conscience et de croyance le droit de faire de la publicité 
pour des opinions de foi, en vue de convaincre de nouveaux adhérents 
(ATF 125 I 369 consid. 5c ; 118 Ia 46 consid. 4c ; 57 I 112 consid. 2). Là aussi, le 
Tribunal fédéral a ajouté que la liberté religieuse ne protège pas l'activité 
publicitaire si, sous couvert de religion, elle poursuit en réalité des objectifs 
matériels ou sociaux (ATF 125 I 369 consid. 5c). 

5. Selon l'art. 3 Cst-GE, l’Etat est laïque. Il observe une neutralité religieuse (al. 1). 
Il ne salarie ni ne subventionne aucune activité cultuelle (al. 2). Les autorités 
entretiennent des relations avec les communautés religieuses (al. 3). 

6. Les libertés d'opinion et d'information sont garanties par l'art. 16. al. 1 Cst. Ainsi, 
toute personne a le droit de former, d'exprimer et de répandre librement son 
opinion (al. 2) et de recevoir librement des informations, de se les procurer aux 
sources généralement accessibles et de les diffuser (al. 3). L'art. 26 Cst-GE est 
rédigée en des termes similaires. 

L'art. 10 par. 1 CEDH dispose quant à lui que toute personne a droit à la liberté 
d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de 
communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence 
d'autorités publiques et sans considération de frontière. Son par. 2 dispose 
toutefois que l'exercice de ces libertés comportant des devoirs et des 
responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou 
sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une 
société démocratique, notamment à la sûreté publique, à la défense de l'ordre et à 
la prévention du crime, ou à la protection de la morale. 

La liberté d'expression constitue l'un des fondements essentiels d'une société 
démocratique, l'une des conditions primordiales de son progrès et de 
l'épanouissement de chacun. Sous réserve des restrictions mentionnées notamment 
à l'art. 10 par. 2 CEDH, elle vaut non seulement pour les informations ou les idées 
accueillies avec faveur, ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais 
aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent l'Etat ou une fraction 
quelconque de la population. Ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l'esprit 
d'ouverture sans lesquels il n'y a pas de "société démocratique" (arrêts du Tribunal 
fédéral 1C_9/2012 du 7 mai 2012 consid. 2.1 ; 1P_336/2005 du 20 septembre 

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2005 consid. 5.1). Les libertés d'information ne protègent pas seulement le 
contenu des informations, mais aussi leurs moyens et leurs modalités de 
transmission et de réception (A. AUER/G. MALINVERNI/M. HOTTELIER, op. 
cit., N. 560). 

7. Selon l'art. 36 Cst., outre qu'elle doit être fondée sur une base légale et être 
proportionnée au but visé, toute restriction d'un droit fondamental doit être 
justifiée par un intérêt public ou par la protection d'un droit fondamental d'autrui. 

8. L’intérêt public peut viser aussi bien la nécessité de limiter un usage commercial 
accru ou anormalement excessif du domaine public en cause que l’intérêt des tiers 
à pouvoir utiliser le domaine public à d’autres fins (B. KNAPP, "L’utilisation 
commerciale des biens de l’Etat par des tiers", in Problèmes actuels de droit 
économique, Mélanges en l’honneur du Professeur Charles-André JUNOD, 1997, 
p. 224). Le souci d’assurer la protection de l’usage commun, de la conservation du 
domaine public et de l’ordre public sont les intérêts parmi les plus courants dans 
les décisions de refus, ce dernier motif comprenant notamment les risques de 
vandalisme ou de heurts, l'incitation à commettre des actes illégaux, ou encore 
l'immoralité d'une publication (P. MOOR, Droit administratif, vol. III, 1992, 
p. 305). 

Les droits fondamentaux génèrent un certain droit à l'usage accru du domaine 
public, et cela qu'il s'agisse de libertés idéales, comme les libertés d'expression et 
de réunion, ou qu'il s'agisse de la liberté économique. Le refus d’autorisation doit 
répondre à un intérêt public - des restrictions fondées sur des motifs de police ne 
sont pas les seules admissibles -, reposer sur des critères objectifs et respecter le 
principe de la proportionnalité (ATF 126 I 133 consid. 4d ; 
ATA/63/2012 consid. 8a ; ATA/69/2004 du 20 janvier 2004 consid. 5 ; 
T. TANQUEREL, Manuel de droit administratif, 2011, N. 215). La question de 
savoir si l'autorisation en cause doit faire l'objet d'une base légale n'a pas été 
tranchée par la jurisprudence (ATF 135 I 302 consid. 3.2.). 

Par ailleurs, l'exercice d'un droit fondamental de nature idéale portant atteinte à 
l'usage commun du domaine public ou à un autre intérêt public sera plus 
facilement toléré qu'une atteinte découlant de l'exercice d'une autre activité (ATF  
126 I 133 consid. 4d). Dans le cadre de la liberté d'expression, par exemple, il est 
interdit à l'autorité de se prononcer en fonction des opinions exprimées, à moins 
qu'il existe un motif de police (P. MOOR, op. cit., 1992, p. 306). 

Enfin, un intérêt public donné ne justifie pas nécessairement une restriction à 
toutes les libertés. Pour chaque liberté, le juge doit en effet déterminer le ou les 
intérêts publics généraux et spécifiques susceptibles de justifier des restrictions. Il 
faut donc distinguer, évaluer et soigneusement peser les intérêts publics en jeu 
(A. AUER/G. MALINVERNI/M. HOTTELIER, op. cit., N. 214). 

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En matière de liberté d'expression, le principe de l'intérêt public se confond en 
pratique avec le souci de maintenir l'ordre public. La protection de la sécurité, de 
la tranquillité, de la morale et de la santé publique répond à un intérêt public (cf.  
art. 10 par. 2 CEDH). Celui-ci ne commande toutefois pas de censurer ou de 
réprimer l'expression des opinions qui sont subversives ou simplement choquent 
les sentiments moraux, religieux, politiques de la population ou encore qui 
mettent en cause les institutions. L'interdiction préalable n'est en effet pas 
compatible avec la liberté d'expression, même lorsque celle-ci s'exerce sur le 
domaine public. Lorsqu'elle est saisie d'une demande d'autorisation, l'autorité doit 
donc prendre une décision impartiale, après l'avoir examinée aussi objectivement 
que possible ; elle ne peut pas refuser une autorisation uniquement parce qu'elle 
désapprouve les idées et les objectifs politiques des organisateurs. Autrement dit, 
vu la portée reconnue à la liberté d'expression, seules des conditions restrictives 
peuvent justifier une ingérence de l'Etat, en particulier lorsqu'il intervient à titre 
préventif. Au demeurant, cette ingérence doit avoir pour but la protection de biens 
juridiques élémentaires (arrêt du Tribunal fédéral 1C_9/2012 du 7 mai 2012 
consid. 2.2). 

9. Le principe de proportionnalité suppose que la mesure soit apte à atteindre le but 
visé, et se limiter à l'atteinte la moins grave possible aux intérêts privés (ATF  
125  I 474 consid. 3). Elle doit être nécessaire - ce qui suppose la comparaison des 
divers moyens disponibles ou envisageables - et qu'enfin elle pèse plus lourd, dans 
le cas particulier, que le respect de la liberté - soit la proportionnalité au sens étroit 
(A. AUER/G. MALINVERNI/M. HOTTELIER, op. cit., N 226ss). Cette dernière 
notion interdit en outre toute limitation allant au-delà du but visé et exige un 
rapport raisonnable entre celui-ci et les intérêts publics ou privés compromis (arrêt 
du Tribunal fédéral 1C_9/2012 du 7 mai 2012 consid. 2.5). 

La collectivité a l'obligation d'agir dans le respect du droit, notamment lorsqu'il 
s'agit de restrictions aux droits fondamentaux. Elle se conformera au principe de 
proportionnalité, même si cela engendre pour elle un accroissement de ses charges 
et divers problèmes pratiques de mise en œuvre (ATF 126 I 133 consid. 4d). 

Le Tribunal fédéral a précisé que les communes genevoises jouissent en vertu du 
droit cantonal d’une importante liberté d’appréciation dans la gestion du domaine 
public communal et, plus particulièrement, dans l’octroi ou le refus de 
permissions d’utilisation excédant l’usage commun (arrêts 2P.69/2003 du 5 juillet 
2006 consid. 2.2 ; 2P.107/2002 consid. 2.2). L'autonomie communale ne peut 
toutefois exister que dans les limites des principes constitutionnels (ATF  126  I  
133 consid. 4d). 

Le Tribunal fédéral a ainsi précisé qu'il existe en principe, sur la base de la liberté 
d'opinion, d'information et de réunion, un droit conditionnel à l'usage accru du 
domaine public pour des manifestations. Lors de la procédure d'autorisation, il ne 
faut pas seulement examiner l'admissibilité ou l'inadmissibilité de la requête, mais 

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aussi les conditions cadres, les éventuelles charges ainsi que les alternatives 
possibles. Les organisateurs ne peuvent dès lors pas exiger de pouvoir effectuer 
une manifestation à un endroit et à un moment déterminés ainsi qu'à des 
conditions cadres qu'ils auraient eux-mêmes définies. En revanche, ils ont droit à 
ce que l'effet d'appel au public qu'ils ont prévu soit pris en considération 
(arrêt 1C_9/2012 du 7 mai 2012 consid. 2.1). 

Dans le cadre d'une autorisation, le principe de proportionnalité suppose que seul 
un danger vraisemblable, réel et concret justifie l'interdiction d'une manifestation. 
Les charges et conditions accompagnant une autorisation doivent être 
raisonnables et pertinentes, ce qui est le cas par exemple pour l'obligation de 
retirer d'un stand une publication contraire à l'ordre public, mais pas lorsqu'il s'agit 
de fournir à l'avance le nom d'un orateur (P. MOOR, op. cit., p. 307). Le cas 
échéant, le principe de proportionnalité conduira à préférer l'imposition de charges 
à un refus pur et simple d'autorisation (T. TANQUEREL, op. cit., 2011, N 215), 
voire même requérir des mesures pour prévenir tout risque de heurts, en 
demandant notamment des forces de police supplémentaires (arrêt du Tribunal 
fédéral 1C_9/2012 du 7 juillet 2012 consid. 2.5). 

En outre, lorsque la place disponible est limitée et que les demandes dépassent les 
disponibilités, la collectivité publique doit opérer un choix selon des critères 
objectifs. Elle peut retenir les demandes les plus aptes à satisfaire les besoins de 
toute nature du public du point de vue de la qualité et de la diversité 
(ATF 128 I 136, consid. 4.2 ; arrêts du Tribunal fédéral 2P.89/2005 du 
18 avril 2006 consid. 2.2 ; 2P.145/2003 du 30 juillet 2003 consid. 4.1 ; 
2P.327/1998 du 3 mars 1999 consid. 2b). L'autorisation d'usage accru du domaine 
public a ainsi également pour objet de coordonner entre eux l'ensemble des usages 
communs ou accrus à entreprendre sur le domaine public, en établissant le cas 
échéant un ordre de priorité et/ou de rotation, ce qui revient à privilégier telle ou 
telle activité aux dépends des autres (J. DUBEY/J.-B. ZUFFEREY, Droit 
administratif général, 2014, p. 540). 

10. En vertu de l’art. 12 de la loi sur le domaine public du 24 juin 1961 (LDPu -
 L 1 05), chacun peut, dans les limites des lois et des règlements, utiliser le 
domaine public conformément à sa destination et dans le respect des droits 
d’autrui. 

Toutefois, selon l'art. 13 LDPu, l'établissement de constructions ou d'installations 
permanentes ou non permanentes sur le domaine public, son utilisation à des fins 
industrielles ou commerciales, ainsi que toute autre occupation de celui-ci 
excédant l'usage commun sont subordonnés à une permission. 

L’art. 1 al. 2 RUDP prévoit que dans les limites de la loi et le respect des 
conditions liées à l’octroi de la permission, les particuliers disposent d’un droit à 
l’utilisation du domaine public excédant l’usage commun si aucun intérêt 

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prépondérant ne s’y oppose. Ce droit est conditionnel, conformément à la 
jurisprudence, en ce sens qu’il n’est reconnu que dans les limites de la loi et 
moyennant le respect des conditions liées à l’octroi de la permission. Il ne doit en 
outre aller à l’encontre d’aucun intérêt prépondérant (ATA/147/2012 du 
20 mars 2012 consid. 9a ; ATA/63/2012 du 31 janvier 2012 consid. 7b). 
L’art. 1 al. 3 RUDP précise que l’autorité compétente tient compte des intérêts 
légitimes du requérant, de ceux des autres usagers du domaine public et des 
voisins, de ceux découlant des concessions ou droits d’usage exclusif ainsi que du 
besoin d’animation de la zone concernée. 

11. L’art. 15 LDPu, selon lequel la permission visée par l’art. 13 de la loi est accordée 
par l’autorité cantonale ou communale qui administre le domaine public, constitue 
une base légale suffisante pour limiter les libertés (ATA/63/2012 précité 
consid. 7b ; ATA/417/2007 du 28 août 2007 consid. 6). La compétence 
communale résulte en outre en l'espèce de l’art. 1 al. 1 let. b RUDP, qui dispose 
que toute utilisation du domaine public excédant l’usage commun au sens de 
l’art. 13 LDPu fait l’objet d’une autorisation délivrée par l’autorité communale 
(ATA/63/2012 précité consid. 7b ; ATA/96/2005 précité consid. 7). 

12. En l'espèce, il n'est pas contesté que la décision litigieuse constitue une restriction 
de la liberté de conscience et de croyance dont la recourante est titulaire. 

13. Se pose par conséquent la question de savoir si la décision litigieuse poursuit un 
intérêt public légitime et si elle est proportionnée à ce but. 

14. Le prosélytisme dont ferait éventuellement preuve la recourante à l'occasion de 
ses stands, et qui est défini comme un "zèle ardent pour recruter des adeptes, 
pour tenter d'imposer ses idées" (cf. Larousse en ligne, www.larousse.fr), doit être 
compris, selon les principes rappelés ci-dessus, comme l'une des expressions de la 
liberté religieuse. La lutte contre le prosélytisme religieux ne peut donc pas être 
considérée comme d'intérêt public. Il n'a par ailleurs pas été allégué par l'autorité 
intimée que les idées propagées par la recourante porteraient atteinte à la sécurité 
publique ou de toute autre manière à l'ordre juridique suisse, ni que la méthode 
utilisée impliquerait par exemple le fait d'offrir des avantages sociaux ou 
matériels, ou d'exercer une pression abusive en vue d'obtenir des adhésions. 

Quant au fait de chercher à éviter l'"envahissement" des voies publiques par des 
stands à caractères religieux, le tribunal admet qu'il s'agit d'un but d'intérêt public. 
Toutes sortes de milieux associatifs, se vouant par exemple à des activités de 
nature idéale ou politique, sont également présents dans la vie de la cité et doivent 
pouvoir bénéficier d'un espace d'expression. Il convient que chacun trouve une 
place, mais pour autant, le public doit aussi pouvoir bénéficier du domaine public 
comme d'un espace de délassement, sans se voir en tous lieux et en permanence 
sollicité. 

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S'agissant enfin du fait de chercher à préserver la laïcité de l'Etat, il s'agit là aussi 
d'un intérêt public légitime. 

15. Il reste cependant à examiner si la décision litigieuse, qui préfigure la nouvelle 
pratique annoncée par l'autorité intimée, est proportionnée aux buts que sont la 
préservation d'un domaine public dont l'usage demeure équilibré, et la laïcité de 
l'Etat. 

Tel n'est pas le cas. 

En vertu des principes évoqués plus haut, il appartient à l'autorité intimée de gérer 
son espace public en fonction de la place à disposition et du nombre de demandes 
qui lui sont soumises : si ces dernières s'avèrent trop nombreuses, il est dans ses 
attributions de limiter les autorisations, par exemple en partageant équitablement 
les dates et les places disponibles. Il lui appartient, sur la base de ce qui paraît 
constituer la limite supérieure de l'usage accru du domaine public, d'en prévoir la 
répartition selon une planification et une répartition de ce dernier. Du point de vue 
des libertés fondamentales en jeu, le fait qu'un groupement religieux voie ses 
autorisations d'occuper le domaine public s'espacer demeure de toute manière 
préférable à une interdiction définitive. 

Par ailleurs, la décision prise par l'autorité intimée de ne plus délivrer aucune 
autorisation d'occupation du domaine public à des groupements à caractère 
religieux pose un autre problème. En effet, en amenant ces derniers à abandonner 
leur programme d'information et de sensibilisation sur la voie publique, la 
nouvelle pratique annoncée par l'autorité intimée aurait pour conséquence qu'il ne 
serait plus possible de mesurer d'éventuelles fluctuations du nombre de requêtes 
en autorisation. Si l'expérience dont se prévaut cette dernière semble démontrer 
une nette augmentation de ces dernières, il n'est pas exclu qu'il s'agisse là d'un 
phénomène temporaire, susceptible de faiblir d'ici une ou deux années. En 
maintenant le principe de l'autorisation, l'autorité intimée conserve la possibilité 
de moduler le nombre d'autorisations délivrées périodiquement à chaque 
groupement, en fonction des éventuelles variations du nombre de requêtes qui lui 
sont adressées. 

Quant au souhait de l'autorité intimée de préserver la laïcité de l'Etat, la décision 
litigieuse est contraire au principe de proportionnalité, parce qu'elle n'est pas apte 
à atteindre ce but : il n'y a en effet tout simplement pas de lien entre le principe de 
laïcité et le fait d'octroyer des autorisations d'usage accru du domaine public à des 
groupements religieux, à tout le moins aussi longtemps que l'autorité ne fait entre 
eux aucune distinction fondée sur les croyances qu'ils véhiculent. 

16. Au vu de ce qui précède, l'autorité intimée n'était pas fondée à refuser la 
permission sollicitée. 

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17. Le recours sera donc admis et le dossier renvoyé à cette dernière pour qu'elle 
statue sur une autorisation tenant compte des emplacements et dates à disposition. 

18. Vu l'issue du litige, il ne sera pas perçu d'émolument (art. 87 al. 1 LPA). L'avance 
de frais versée par la recourante à hauteur de CHF 500.- lui sera dès lors restituée. 

En outre, une indemnité de CHF 1'500.-, à la charge de l'autorité intimée, sera 
allouée à la recourante à titre de dépens, comprenant une participation aux 
honoraires de son avocat (art. 87 al. 2 LPA et 6 du règlement sur les frais, 
émoluments et indemnités en procédure administrative du 30 juillet 1986 - 
RFPA - E 5 10.03). 

 

 

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PAR CES MOTIFS 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

DE PREMIÈRE INSTANCE 

1. déclare recevable le recours interjeté le 20 octobre 2014 par l'Association 
A______ contre la décision de la Ville de Genève du 17 septembre 2014 ; 

2. l'admet ; 

3. annule la décision précitée et renvoie le dossier à la Ville de Genève pour qu'elle 
prenne une nouvelle décision dans le sens des considérants ; 

4. dit qu'il n'est pas perçu d'émolument et ordonne la restitution à l'Association 
A______ de son avance de frais de CHF 500.- ; 

5. condamne la Ville de Genève à verser à l'Association A______ une indemnité de 
procédure de CHF 1'500.- à titre de dépens ; 

6. dit que, conformément aux art. 132 LOJ, 62 al. 1 let. a et 65 LPA, le présent 
jugement est susceptible de faire l'objet d'un recours auprès de la chambre 
administrative de la Cour de justice (18 rue du Mont-Blanc, case postale 1956, 
1211 Genève 1) dans les 30 jours à compter de sa notification. L'acte de recours 
doit être dûment motivé et contenir, sous peine d'irrecevabilité, la désignation du 
jugement attaqué et les conclusions du recourant. Il doit être accompagné du 
présent jugement et des autres pièces dont dispose le recourant ; 

7. communique le présent jugement à : 

a. Association A______ ; 

b. VILLE DE GENEVE, SERVICE DE LA SECURITE ET DE L'ESPACE 
PUBLICS. 

Siégeant : Yves JOLIAT, président, Julien BARRO et Julien PACOT, juges assesseurs. 

Au nom du Tribunal : 

Le président 

Yves JOLIAT 

Copie conforme de ce jugement a été communiquée aux parties. 

Genève, le  La greffière