# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 707c6649-0283-5b6f-9c72-157d0b132b9a
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-09-02
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 02.09.2014 A/1354/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1354-2013_2014-09-02.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/1354/2013-PE ATA/703/2014  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 2 septembre 2014 

2
ème

 section 

   dans la cause 

 

Madame A______ agissant pour elle-même et pour son enfant mineur, B______  
 

contre 

OFFICE CANTONAL DE LA POPULATION ET DES MIGRATIONS 
 

_________ 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 

9 octobre 2013 (JTAPI/1105/2013) 

- 2/13 - 

A/1354/2013 

EN FAIT 

1.1)  Madame A______, née le ______ 1983 à C______ en Bolivie, pays dont 
elle est originaire, est arrivée en Suisse, selon ses dires, le 25 mai 2005. 

2.2)  Le ______ 2006, elle a donné naissance, à Genève, à sa fille B______ 
reconnue le 20 juin 2012 par Monsieur D______, né le ______ 1985 à C______ 
en Bolivie, pays dont il est également originaire. 

3.3)  Le 7 mars 2011, Mme A______ a sollicité une autorisation de séjour pour 
elle-même et sa fille au titre d’un cas de rigueur auprès de l’office cantonal de la 
population, devenu l’office cantonal de la population et des migrations (ci-après : 
OCPM), suite à l’arrestation de M. D______, en situation irrégulière, par la police 
française des frontières et sa remise aux autorités genevoises en août 2010. 

4.4)  Le 24 décembre 2011, l’OCPM a délivré à Mme A______ une attestation de 
prise d’emploi jusqu’à droit connu sur sa demande d’autorisation de séjour. 

5.5)  Le 26 mars 2012, l’intéressée a été auditionnée par l’OCPM dans le cadre de 
l’examen de ses conditions de séjour. 

  Elle n’avait pas quitté la Suisse depuis son arrivée. Elle avait suivi sa 
scolarité en Bolivie et poursuivi des études en ingénierie commerciale durant trois 
ans dans une université de ce pays. Elle avait travaillé, en Suisse, comme 
employée dans le domaine de la restauration et du nettoyage, puis en qualité 
d’aide domestique chez le même employeur. Elle était déclarée à une caisse de 
compensation depuis 2009. Elle était bien intégrée en Suisse, connaissait de 
nombreuses personnes suite à son activité dans la restauration. Elle avait appris le 
français de manière autodidacte grâce à son travail à E______ notamment. En cas 
de retour en Bolivie, elle devrait tout recommencer. 

  Ses parents et deux de ses sœurs, avec qui elle était en contact par téléphone 
ou via internet, vivaient en Bolivie, tandis qu'une autre avait obtenu une 
autorisation de séjour en Suisse au titre du regroupement familial suite à son 
mariage avec un ressortissant helvétique. 

  Elle avait connu M. D______ à Genève en décembre 2005 et vivait 
désormais avec lui. Leurs revenus mensuels cumulés étaient de CHF 4'700.- et 
leurs charges de CHF 2'800.- par mois. Elle ne recevait pas de prestations de 
l’assistance publique et n’avait pas été condamnée par la justice pénale. Elle était 
en bonne santé et était affiliée, comme sa fille, à une caisse d’assurance maladie. 
B______ avait fréquenté la crèche à Genève de 2008 à 2011. Depuis l’année 
scolaire 2011-2012, elle était inscrite à l’école primaire. 

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A/1354/2013 

6.6)  Le 7 juin 2012, l’office des poursuites a indiqué à l’OCPM que 
Mme A______ ne faisait l’objet d’aucune poursuite ni d'aucun acte de défaut de 
biens. 

7.7)  Le 11 juin 2012, la police cantonale a envoyé à l’OCPM un courrier, selon 
lequel l’intéressée n’était pas connue de ses services. 

8.8)  Le 4 juillet 2012, l’Hospice général a informé l’OCPM que Mme A______ 
ne recevait aucune aide financière de sa part. 

9.9)  Le 2 octobre 2012, Mme A______ a produit à l’OCPM les justificatifs de 
son séjour en Suisse depuis 2005, des lettres de recommandation et un courrier de 
motivation de sa demande d’autorisation de séjour. 

10.10)  Par décision du 28 mars 2013, l’OCPM a refusé de préaviser 
favorablement et d’envoyer à l’office fédéral des migrations (ci-après : ODM) la 
demande d’autorisation de séjour sollicitée par Mme A______ et sa fille, a 
prononcé leur renvoi de Suisse et leur a imparti un délai au 30 juin 2013 pour 
quitter le territoire. 

  La durée du séjour de Mme A______ en Suisse était à relativiser compte 
tenu des années de son enfance et de son adolescence passées en Bolivie. Elle était 
arrivée en Suisse à l’âge de 22 ans. Son intégration socioprofessionnelle n’était 
pas exceptionnelle au point de devoir admettre qu’elle ne pouvait quitter ce pays 
sans être confrontée à des obstacles insurmontables. Elle n’avait pas créé avec la 
Suisse des attaches profondes et durables ni acquis des connaissances 
professionnelles ou des qualifications spécifiques qu’elle ne pourrait pas mettre en 
pratique en Bolivie où, du reste, elle gardait des attaches familiales importantes. 
Elle avait appris le français, assuré son indépendance financière et établi de bons 
contacts avec son entourage, mais ces liens n'étaient pas suffisants pour permettre 
de répondre favorablement à sa demande. 

  La situation de l’enfant B______ ne relevait pas d’un cas d’extrême gravité. 

  L’exécution du renvoi apparaissait possible, licite et raisonnablement 
exigible. 

11.11)  Par acte posté le 29 avril 2013, Mme A______ a recouru pour elle-même 
et au nom de sa fille B______ contre cette décision auprès du Tribunal 
administratif de première instance (ci-après : TAPI), concluant à son annulation. 

  Ses conditions de vie en Suisse étaient meilleures qu’en Bolivie sur le plan 
économique et social. Elle travaillait depuis huit ans d’une manière stable, payait 
ses impôts et cotisait aux assurances sociales. 

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   Elle avait subi un traumatisme à l'âge de 19 ans. Sa mère, son seul soutien 
en Bolivie, lui avait conseillé de quitter ce pays. Elle était partie en Angleterre fin 
2004 pour rejoindre son compagnon de l’époque. Rejetée par celui-ci, elle s’était 
mise à consommer de l’alcool par dépit. En mai 2005, une tante séjournant à 
Genève lui avait demandé de la rejoindre en Suisse. 

  Elle avait une relation difficile avec sa fille suite aux séquelles psychiques 
de son traumatisme. Les deux avaient entrepris ensemble une consultation auprès 
d’un psychologue sur conseil de l’école de B______, mais celle-ci avait été 
interrompue à cause du refus de la caisse d’assurance maladie de prendre en 
charge la prestation. Elle ne parlait pas de la Bolivie à son enfant. 

  Elle avait besoin de travailler et la Suisse manquait de main-d’œuvre dans le 
domaine de la garde de la petite enfance. Elle était une femme active, honnête, 
financièrement autonome. Elle parlait le français et était parfaitement intégrée à la 
société genevoise et son marché du travail. L’idée de quitter la Suisse 
l’angoissait.. Elle avait perdu tout repère dans son pays d’origine. 

12.12)  Dans ses observations du 27 juin 2013, l’OCPM a conclu au rejet du 
recours. 

  Mme A______ et sa fille ne pouvaient pas se prévaloir de leurs liens avec 
M. D______, dans la mesure où celui-ci était également en situation irrégulière en 
Suisse. Les difficultés auxquelles elles pouvaient être confrontées dans leur pays 
d’origine n’étaient pas plus graves que celles d’autres compatriotes contraints de 
rentrer en Bolivie. L’intégration au milieu socioculturel suisse de B______ n’était 
pas irréversible au point qu’un retour en Bolivie constituerait un déracinement 
complet. 

  Le traumatisme et la fragilité psychologique de Mme A______ n’étaient pas 
propres à constituer un motif justifiant l’octroi d’un permis de séjour pour cas de 
rigueur. Un soutien psychothérapeutique était possible en Bolivie. 

  Pour le surplus, l’OCPM a repris les arguments figurant dans sa décision. 

13.13)  Par jugement du 9 octobre 2013, le TAPI a rejeté le recours de 
Mme A______ et de sa fille. 

  Celles-ci résidaient illégalement en Suisse et ne jouissaient, depuis la 
demande d’autorisation de séjour, que d’une tolérance, ces années ne 
constituant pas des éléments déterminants pour la reconnaissance d’un 
cas personnel d’extrême gravité. L’intégration socio-professionnelle de 
Mme A______ n’était pas particulièrement réussie. Son comportement ne pouvait 
pas être considéré comme irréprochable, car elle avait contrevenu à la loi en 
séjournant clandestinement à Genève. Son intégration sociale ne dépassait pas ce 
qui était ordinairement attendu après un séjour de huit ans. 

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  La violence ayant cours en Bolivie, telle qu’invoquée par l’intéressée, ne 
pouvait pas justifier un cas de rigueur et sa situation ne se différenciait pas de 
celle de l’ensemble de ses concitoyens. Elle ne se trouvait pas personnellement 
dans une situation si rigoureuse qu’il ne serait pas possible d’exiger d’elle de 
tenter de se « réajuster » à son existence passée. 

  Le traumatisme subi par Mme A______ n’était pas propre à constituer un 
motif justifiant l’octroi d’une autorisation de séjour pour cas de rigueur, un permis 
de séjour n’étant pas de nature à faire cesser un traumatisme. 

  L’enfant B______ pourrait s’intégrer en Bolivie après une période 
d’adaptation. Sa mère était originaire de ce pays et y avait vécu durant la majeure 
partie de son existence. Elle pouvait l’aider à s’adapter. 

  Le renvoi de Mme A______ et de sa fille B______ était licite, possible et 
raisonnablement exigible. 

14.14)  Par acte posté le 9 novembre 2013, Mme A______, agissant pour elle et 
au nom de sa fille B______, a recouru auprès de la chambre administrative de la 
Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre le jugement précité, 
concluant à son annulation et à celle de la décision de l’OCPM ainsi qu’au renvoi 
du dossier à l’autorité cantonale afin qu’elle entreprenne toutes les démarches 
nécessaires. 

  Elle avait commencé une thérapie à Genève et avait travaillé comme 
employée dans les domaines de la restauration et du nettoyage, puis comme aide 
domestique, afin de se « réconcilier avec la vie ». Elle souhaitait voir grandir sa 
fille dans des conditions appropriées. Les intérêts et le bien-être de sa fille 
devaient être pris en considération. Elle avait trouvé une stabilité professionnelle, 
financière, personnelle et un avenir en Suisse. Sans posséder des connaissances 
exceptionnelles, elle gagnait sa vie par son travail et ne dépendait pas de l’aide 
sociale, payait ses impôts et cotisait aux assurances sociales, n’avait pas de 
poursuite ni de casier judiciaire. Elle ne pouvait pas se réadapter à la vie en 
Bolivie. 

  Sa fille souffrait à l’idée de devoir quitter son école, toutes ses activités et 
les membres de sa famille vivant à Genève. Elle avait développé une pathologie 
des gencives en raison d’un fort stress généré par les conditions de séjour de la 
famille. 

  Sa relation avec son compagnon était devenue compliquée au point qu’elle 
lui avait demandé de quitter le domicile commun. Elle ne souhaitait pas la 
jonction de sa procédure avec celle de M. D______ pour des raisons de protection 
de ses données personnelles. 

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15.15)  Le 18 novembre 2013, le TAPI a transmis son dossier, sans formuler 
d’observations. 

16.16)  Le 19 décembre 2013, l’OCPM a conclu au rejet du recours en reprenant 
l’essentiel des arguments de sa décision et de sa détermination devant le TAPI. 

17.17)  Le 6 janvier 2014, le juge délégué a fixé aux parties un délai au 
14 février 2014 pour formuler toutes requêtes ou observations complémentaires, 
après quoi la cause serait gardée à juger. 

18.18)  Aucune des parties ne s'est manifestée. 

EN DROIT 

1.1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 
2010 - LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2.2)  Le litige porte sur la conformité au droit de la décision de l’OCPM refusant 
de préaviser favorablement et de transmettre à l’ODM la demande d'autorisation 
de séjour de la recourante et de sa fille, et leur fixant un délai au 30 juin 2013 pour 
quitter la Suisse, étant rappelé que la chambre de céans ne connaît pas de 
l’opportunité d’une décision prise en matière de police des étrangers, dès lors qu’il 
ne s’agit pas d’une mesure de contrainte (art. 61 al. 2 LPA ; art. 10 al. 2 a 
contrario de la loi d’application de la loi fédérale sur les étrangers du 16 juin 
1988 - LaLEtr - F 2 10 ; ATA/367/2012 du 12 juin 2012 ; ATA/750/2011 du 
6 décembre 2011). 

3.3) a. À teneur de l’art. 30 al. 1 let. b de la loi fédérale sur les étrangers du 
16 décembre 2005 (LEtr - RS 142.20), il est possible de déroger aux conditions 
d’admission (art. 18 à 39 LEtr) dans le but de tenir compte des cas individuels 
d’une extrême gravité ou d’intérêts publics majeurs. 

 b. Aux termes de l’art. 31 al. 1 de l’ordonnance fédérale relative à l’admission, 
au séjour et à l’exercice d’une activité lucrative du 24 octobre 2007 
(OASA - RS 142.201), afin d’apprécier l’existence d’un cas individuel d’extrême 
gravité, il convient de tenir compte notamment de l'intégration du requérant 
(let. a), du respect de l'ordre juridique suisse par le requérant (let. b), de la 
situation familiale, particulièrement de la période de scolarisation et de la durée de 
la scolarité des enfants (let. c), de la situation financière ainsi que de la volonté de 
prendre part à la vie économique et d'acquérir une formation (let. d), de la durée 
de la présence en Suisse (let. e), de l'état de santé (let. f) et des possibilités de 
réintégration dans l'État de provenance (let. g). 

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 c. La jurisprudence développée au sujet des cas d’extrême gravité selon le 
droit en vigueur jusqu’au 31 décembre 2007 (art. 13 let. f de l’ancienne 
ordonnance limitant le nombre des étrangers du 6 octobre 1986 - aOLE) est 
toujours d’actualité pour les cas d’extrême gravité qui leur ont succédé 
(ATF 136 I 254 consid. 5.3.1 p. 262 ; ATA/368/2014 du 20 mai 2014). Les 
dispositions dérogatoires des art. 30 LEtr et 31 OASA présentent un caractère 
exceptionnel et les conditions pour la reconnaissance d’une telle situation doivent 
être appréciées de manière restrictive (ATF 128 II 200 consid. 4 p. 207 ; 
ATA/531/2010 du 4 avril 2010). Elles ne confèrent pas de droit à l'obtention d'une 
autorisation de séjour (ATF 137 II 345 consid. 3.2.1 p. 348 ; ATA/515/2014 du 
1er juillet 2014). 

  Pour admettre l’existence d’un cas d’extrême gravité, il est nécessaire que 
l’étranger concerné se trouve dans une situation de détresse personnelle. Cela 
signifie que ses conditions de vie et d’existence, comparées à celles applicables à 
la moyenne des étrangers, doivent être mises en cause de manière accrue, 
c’est-à-dire que le refus de soustraire l’intéressé à la réglementation ordinaire 
d’admission comporte pour lui de graves conséquences, de telle sorte que l’on ne 
puisse exiger de lui qu'il aille vivre dans un autre pays, notamment dans son pays 
d'origine. Lors de l'appréciation d'un cas de rigueur, il y a lieu de tenir compte de 
l'ensemble des circonstances du cas particulier (ATA/515/2014 précité). 

  Le fait que l’étranger ait séjourné en Suisse pendant une assez longue 
période, qu’il y soit bien intégré socialement et professionnellement et que son 
comportement n’ait pas fait l’objet de plaintes ne suffit pas, à lui seul, à constituer 
un cas d’extrême gravité. Il faut encore que sa relation avec la Suisse soit si étroite 
qu’on ne puisse exiger qu’il aille vivre dans un autre pays, notamment dans son 
pays d’origine. À cet égard, les relations de travail, d’amitié ou de voisinage que 
l’intéressé a pu nouer pendant son séjour ne constituent normalement pas des liens 
si étroits avec la Suisse qu’ils justifieraient une exception aux mesures de 
limitation (ATF 130 II 39 consid. 3 p. 41 ; 124 II 110 consid. 2 p. 112 ; arrêt du 
Tribunal fédéral 2A.429/2003 du 26 novembre 2003 consid. 3 ; ATA/515/2014 
précité ; ATA/368/2014 précité ; ATA/750/2011 précité ; ATA/648/2009 du 
8 décembre 2009). 

  L’intégration professionnelle de l’étranger doit en outre être exceptionnelle. 
Tel est le cas lorsque le requérant possède des connaissances professionnelles si 
spécifiques qu’il ne pourrait les utiliser dans son pays d’origine ou lorsque son 
ascension professionnelle est si remarquable qu’elle justifierait une exception aux 
mesures de limitation (arrêt du Tribunal fédéral 2A.543/2001 du 25 avril 2002 
consid. 5.2 ; ATA/368/2014 précité ; ATA/750/2011 précité ; ATA/774/2010 du 
9 novembre 2010). 

4.4)  Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, un enfant en bas âge, qu’il soit 
né dans son pays d’origine ou en Suisse, est encore fortement lié à ses parents, qui 

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http://intrapj/perl/decis/136%20I%20254
http://intrapj/perl/decis/128%20II%20200
http://intrapj/perl/decis/ATA/531/2010
http://intrapj/perl/decis/137%20II%20345
http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=suv&query_words=%22cas+de+rigueur%22+l%E9gitimation&rank=0&azaclir=aza&highlight_docid=atf%3A%2F%2F130-II-39%3Afr&number_of_ranks=0#page39
http://intrapj/perl/decis/124%20II%20110
http://intrapj/perl/decis/2A.429/2003
http://intrapj/perl/decis/ATA/750/2011
http://intrapj/perl/decis/ATA/648/2009
http://intrapj/perl/decis/2A.543/2001
http://intrapj/perl/decis/ATA/750/2011
http://intrapj/perl/decis/ATA/774/2010

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l’imprègnent de leur mode de vie et de leur culture, de sorte qu’il peut, après 
d’éventuelles difficultés initiales d’adaptation, se réintégrer dans son pays 
d’origine. La fréquentation de classes précédant le début de la scolarité 
obligatoire, si importante soit-elle pour le développement de la personnalité de 
l’enfant en général et pour sa socialisation en particulier, n’implique pas, en 
principe, une intégration à un milieu socioculturel déterminé si profonde et si 
irréversible que l’obligation de s’adapter à un autre environnement équivaudrait 
dans ce cas à un véritable déracinement (ATF 123 II 125 consid. 4.b p. 129). 
Lorsque l’enfant est déjà scolarisé et a dès lors commencé à s’intégrer de manière 
autonome dans la réalité quotidienne suisse, le retour forcé peut constituer un 
véritable déracinement, mais tel n’est pas forcément le cas. Il y a lieu de tenir 
compte, en particulier, de son âge, des efforts consentis, du degré et de la réussite 
de sa scolarisation, ainsi que des différences socio-économiques existant entre la 
Suisse et le pays où il pourrait être renvoyé. Ainsi le Tribunal fédéral a-t-il 
considéré qu’il n’y avait pas une situation d’extrême gravité pour un enfant de 
9 ans arrivé en Suisse à l’âge de 4 ans et fréquentant la troisième année d’école 
primaire (ATF 123 II 125 consid. 4.b). 

  La scolarité correspondant à la période de l’adolescence contribue en 
revanche de manière décisive à l’intégration de l’enfant dans une communauté 
socioculturelle bien déterminée, car, avec l’acquisition proprement dite de 
connaissances, c’est le but poursuivi par la scolarisation obligatoire. Selon les 
circonstances, il se justifie de considérer que l’obligation de rompre brutalement 
avec ce milieu pour se réadapter à un environnement complètement différent peut 
constituer un cas personnel d’extrême gravité ; encore faut-il cependant que la 
scolarité ait revêtu, dans le cas de l’intéressé, une certaine durée, ait atteint un 
certain niveau et se soit soldée par un résultat positif (ATF 123 II 125 consid. 4.b. 
p. 130 ; arrêt du Tribunal fédéral 2A.679/2006 du 9 février 2007 consid. 3). Cette 
pratique différenciée réalise de la sorte la prise en compte de l’intérêt supérieur de 
l’enfant, telle qu’elle est prescrite par l’art. 3 al. 1 de la Convention relative aux 
droits de l’enfant du 20 novembre 1989 (CDE - RS 0.107 ; ATF 123 II 125 
consid. 4 ; arrêt du Tribunal administratif fédéral C-5517/2010 du 25 août 2011 
consid. 6.4). 

  Le fait d’avoir séjourné en Suisse durant l’adolescence est en principe 
considéré comme un facteur d’intégration déterminant (ODM, Directives et 
commentaires, état au 4 juillet 2014, ch. 5.6.4.3). La délimitation de la période de 
l’adolescence n’a pas été établie clairement, mais, au vu de la jurisprudence 
du Tribunal fédéral, elle serait comprise entre l’âge de 12 et 16 ans 
(ATF 123 II 125 consid. 4.b. p. 130 ; arrêt du Tribunal fédéral 2A.679/2006 
précité consid. 4.2). 

5.5)  La durée du séjour illégal en Suisse ne peut être prise en considération que 
de manière très limitée dans l’examen d’un cas de rigueur car, si tel était le cas, 

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l’obstination à violer la législation en vigueur serait en quelque sorte récompensée 
(ATF 137 II 1 consid. 4.2 p. 8 ; ATF 134 II 10 consid. 4.3 p. 23 ; arrêt du Tribunal 
fédéral 2A.679/2006 précité consid. 3 ; arrêts du Tribunal administratif fédéral 
C-6051/2008 et C-6098/2008 du 9 juillet 2010 consid. 6.4 ; ATA/720/2011 du 
22 novembre 2011). 

6.6) a. En l’espèce, la recourante a déclaré être arrivée en Suisse en mai 2005. 
Depuis cette date, elle a séjourné illégalement dans ce pays jusqu’au dépôt de sa 
demande d’autorisation de séjour en mars 2011 consécutive à l’arrestation de son 
compagnon, M. D______, par la police française des frontières et sa remise aux 
autorités genevoises en août 2010. Dès lors que l’intéressée a contrevenu à la 
législation suisse, sans prendre aucune mesure pour se mettre en règle, elle ne peut 
se prévaloir d’un long séjour en Suisse, à teneur des exigences jurisprudentielles 
susmentionnées. 

 b. Il ressort de la procédure que l’intéressée a, depuis son arrivée en Suisse, 
travaillé comme employée dans le domaine de la restauration et celui du 
nettoyage, puis comme aide domestique, de même qu’elle n’a pas eu recours à 
l’aide sociale. Toutefois, même si son activité et son insertion sont louables, elles 
n’atteignent pas un niveau d’intégration socioprofessionnelle exceptionnelle par 
rapport à la moyenne des étrangers qui ont passé autant d’années qu’elle en 
Suisse. En particulier, elle n’établit pas avoir acquis, pendant son séjour, des 
connaissances et qualifications spécifiques qu’il lui serait impossible de mettre à 
profit ailleurs, notamment en Bolivie. Elle ne démontre pas non plus avoir 
accompli en Suisse une ascension professionnelle particulièrement remarquable 
au sens de la jurisprudence. 

 c. Quant à son intégration sociale, elle se limite à son apprentissage 
autodidacte du français auprès de personnes qu’elle a rencontrées notamment dans 
le cadre de ses activités dans le domaine de la restauration, et à de bons contacts 
avec son entourage. Il ne ressort pas de la procédure qu’elle constituerait un 
élément permettant de retenir à lui seul que sont réunies les conditions pour une 
dérogation aux règles restreignant le séjour des étrangers en Suisse. 

  Avant d’arriver en Suisse, la recourante a vécu durant vingt-deux ans en 
Bolivie, pays dont elle parle la langue et où elle a gardé des contacts, notamment 
avec ses parents et ses sœurs qui y vivent encore. Même si la situation sur le 
marché du travail y est plus incertaine qu’en Suisse, il n’est pas établi que la 
recourante, qui a déclaré le 26 mars 2012 être en bonne santé avant d’alléguer, le 
9 novembre 2013 et sans aucune pièce à l’appui, avoir commencé une thérapie, 
n’y retrouverait pas un emploi. Le fait qu’elle n’aurait pas le même niveau de vie 
en Bolivie qu’en Suisse n’est pas pertinent au regard des critères de l’art. 31 al. 1 
OASA. 

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  Lui refuser l’autorisation de résider en Suisse ne peut dès lors pas être 
considéré comme une exigence trop rigoureuse. 

 d. Le traumatisme dont la recourante aurait été victime ne saurait en lui-même 
constituer un motif justifiant d'exempter l'intéressée des mesures de limitation du 
nombre des étrangers, l’octroi d’un permis de séjour en Suisse n’étant pas de 
nature à faire cesser le traumatisme subi (arrêt du Tribunal administratif fédéral C-
264/2006 du 18 décembre 2007 consid. 6.4). 

7.7)  L’enfant B______, née en Suisse le ______2006, a fréquenté la crèche à 
Genève de 2008 à 2011, puis a été inscrite à l’école primaire. Actuellement âgée 
de 7 ans, sa situation personnelle ne répond pas aux conditions d’une intégration 
profonde et irréversible à un milieu socioculturel déterminé, telles que posées par 
la jurisprudence fédérale. Son jeune âge et sa capacité d’adaptation lui permettent 
de supporter le changement de son milieu social et scolaire. Au demeurant, elle a 
jusqu’ici toujours vécu avec ses parents, qui l’ont imprégnée de la culture de leur 
pays d’origine (ATAF 2007/16 consid. 9 p. 200 ; arrêt du Tribunal administratif 
fédéral C-279/2006 du 16 octobre 2008 consid. 10.4.1), quand bien même sa mère 
dit ne pas lui parler de la Bolivie. Les parents de B______ se trouvent du reste en 
Suisse en situation irrégulière et font l’objet de décisions de renvoi. De retour en 
Bolivie, ils seront en mesure de l’épauler et de l’aider à s’adapter à la situation 
difficile à laquelle elle pourrait être confrontée dès son arrivée dans ce pays. 

  Aucun élément de la procédure ne permet ainsi d’admettre l’enfant B______ 
au titre d’une exception aux mesures de limitation. 

8.8) a. Aux termes de l’art. 64 al. 1 let. c LEtr, tout étranger dont l’autorisation est 
refusée, révoquée ou qui n’est pas prolongée après un séjour autorisé est renvoyé. 
La décision de renvoi est assortie d’un délai de départ raisonnable (art. 64d al. 1 
LEtr). 

  Le renvoi d’un étranger ne peut toutefois être ordonné que si l’exécution de 
cette mesure est possible, licite ou peut être raisonnablement exigée (art. 83 al. 1 
LEtr). Le renvoi d’un étranger n’est pas possible lorsque celui-ci ne peut quitter la 
Suisse pour son État d’origine, son État de provenance ou un État tiers, ni être 
renvoyé dans un de ces États (art. 83 al. 2 LEtr). Il n’est pas licite lorsqu’il serait 
contraire aux engagements internationaux de la Suisse (art. 83 al. 3 LEtr). Il n’est 
pas raisonnablement exigible s’il met concrètement en danger l’étranger, par 
exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou de nécessité 
médicale (art. 83 al. 4 LEtr). 

 b. En l’espèce, la recourante et sa fille, au-delà des motifs qu’elles ont 
invoqués pour obtenir une autorisation de séjour dérogeant au régime 
d’autorisation ordinaire, n’ont fait valoir aucune raison qui empêcherait leur retour 
n Bolivie. La situation de violence régnant dans ce pays, invoquée par 

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la recourante, ne relève pas des mesures de limitation, l’exception de l’art. 31 al. 1 
OASA n’étant pas destinée à permettre à un étranger de séjourner en Suisse pour 
des motifs liés à la protection de sa personne en raison d’une situation de guerre, 
d’abus des autorités étatiques ou d’actes de persécution dirigés contre lui 
(ATF 123 II 125 consid. 5.b.dd p. 133). En cas de guerre, de guerre civile, de 
violence généralisée ou de nécessité médicale (art. 83 al. 4 LEtr), seule une 
admission provisoire peut entrer en ligne de compte. Or, la procédure ne renferme 
aucun élément qui démontre qu’une de ces situations serait réalisée en Bolivie 
(arrêt du Tribunal administratif fédéral C-2659/2011 du 29 janvier 2013 
consid. 6.3.1). Le renvoi de la recourante et de sa fille B______ n’est ainsi ni 
impossible, ni inexigible au sens de l’art. 83 LEtr. 

  Partant, le recours de Mme A______ et de sa fille B______ contre le 
jugement du TAPI sera rejeté. 

9.9)  Vu l’issue du litige, un émolument de CHF 500.- sera mis à la charge de 
la recourante, qui succombe (art. 87 al. 1 LPA), et aucune indemnité de procédure 
ne lui sera allouée (art. 87 al. 2 LPA). 

 

* * * * * 

 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 9 novembre 2013 par Madame A______, 
agissant pour elle-même et sa fille mineure, B______, contre le jugement du Tribunal 
administratif de première instance du 9 octobre 2013 ; 

au fond : 

le rejette ; 

met à la charge de Madame A______ un émolument de CHF 500.- ; 

dit qu’il n’est pas alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que les éventuelles voies de recours contre le présent arrêt, les délais et conditions de 
recevabilité qui leur sont applicables, figurent dans la loi fédérale sur le Tribunal fédéral 

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du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), dont un extrait est reproduit ci-après. Le mémoire 
de recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou 
par voie électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l'envoi ; 

communique le présent arrêt à Madame A______, à l'office cantonal de la population et 
des migrations, au Tribunal administratif de première instance ainsi qu'à l'office fédéral 
des migrations. 

Siégeants : M. Verniory, président, Mmes Junod et Payot Zen-Ruffinen, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

M. Rodriguez Ellwanger 

 le président siégeant : 
 
 

J.-M. Verniory 
 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière : 
 
 
 
 
 

 

  

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Extraits de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110) 
consultable sur le site: http://www.admin.ch/ch/f/rs/c173_110.html 

Recours en matière de droit public 

(art. 82 et ss LTF) 
Recours constitutionnel subsidiaire 

(art. 113 et ss LTF) 

Art. 82 Principe 
Le Tribunal fédéral connaît des recours : 
a. contre les décisions rendues dans des causes de droit 
public ; 
… 
Art. 83 Exceptions 
Le recours est irrecevable contre : 
… 
c. les décisions en matière de droit des étrangers qui 

concernent :  
1. l’entrée en Suisse, 
2. une autorisation à laquelle ni le droit fédéral ni le 

droit international ne donnent droit, 
3. l’admission provisoire, 
4. l’expulsion fondée sur l’art. 121, al. 2, de la 

Constitution ou le renvoi, 
5. les dérogations aux conditions d’admission, 
6. la prolongation d’une autorisation frontalière, le 

déplacement de la résidence dans un autre canton, 
le changement d’emploi du titulaire d’une 
autorisation frontalière et la délivrance de 
documents de voyage aux étrangers sans pièces de 
légitimation ; 

d. les décisions en matière d’asile qui ont été rendues :  
1. par le Tribunal administratif fédéral, 
2. par une autorité cantonale précédente et dont 

l’objet porte sur une autorisation à laquelle ni le 
droit fédéral ni le droit international ne donnent 
droit ; 

… 
Art. 89 Qualité pour recourir 
1 A qualité pour former un recours en matière de droit 
public quiconque : 
a. a pris part à la procédure devant l’autorité précédente 

ou a été privé de la possibilité de le faire ; 
b. est particulièrement atteint par la décision ou l’acte 

normatif attaqué, et 
c. a un intérêt digne de protection à son annulation ou à 

sa modification. 
… 
Art. 95 Droit suisse 
Le recours peut être formé pour violation : 
a. du droit fédéral ; 
b. du droit international ; 
c. de droits constitutionnels cantonaux ; 
d. de dispositions cantonales sur le droit de vote des 

citoyens ainsi que sur les élections et votations 
populaires ; 

e. du droit intercantonal. 

Art. 100 Recours contre une décision 
1 Le recours contre une décision doit être déposé devant le 
Tribunal fédéral dans les 30 jours qui suivent la 
notification de l’expédition complète. 
______________________________________________ 

Art. 113 Principe 
Le Tribunal fédéral connaît des recours 
constitutionnels contre les décisions des autorités 
cantonales de dernière instance qui ne peuvent faire 
l’objet d’aucun recours selon les art. 72 à 89. 
Art. 115 Qualité pour recourir 
A qualité pour former un recours constitutionnel 
quiconque : 
a. a pris part à la procédure devant l’autorité 

précédente ou a été privé de la possibilité de le 
faire et 

b. a un intérêt juridique à l’annulation ou à la 
modification de la décision attaquée. 

Art. 116 Motifs de recours 
Le recours constitutionnel peut être formé pour 
violation des droits constitutionnels. 

Art. 100 Recours contre une décision 
1 Le recours contre une décision doit être déposé 
devant le Tribunal fédéral dans les 30 jours qui 
suivent la notification de l’expédition complète. 
___________________________________________ 

 

Recours ordinaire simultané (art. 119 LTF) 
1 Si une partie forme contre une décision un recours ordinaire et un recours constitutionnel, elle doit déposer les 
deux recours dans un seul mémoire. 
2 Le Tribunal fédéral statue sur les deux recours dans la même procédure. 

3 Il examine les griefs invoqués selon les dispositions applicables au type de recours concerné.