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**Case Identifier:** 072a34d6-ba80-56b9-87d1-d652d6240ea1
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-06-26
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 26.06.2018 A/3009/2009
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-3009-2009_2018-06-26.pdf

## Full Text

Siégeant : Doris GALEAZZI, Présidente. 

R É P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/3009/2009 ATAS/579/2018 

 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Ordonnance d’expertise du 26 juin 2018 

1
ère

 Chambre 

 

En la cause 

Madame A______, domiciliée à GENÈVE, comparant avec élection 
de domicile en l'étude de Maître André MALEK-ASGHAR  

 

recourante 

 

contre 

OFFICE DE L'ASSURANCE-INVALIDITÉ DU CANTON DE 
GENÈVE, Service juridique, sis rue des Gares 12, GENÈVE 

 

 

intimé 

 

 

 

 

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EN FAIT 

1. Madame A______ (ci-après l’assurée ou la recourante), née en Turquie en 1959, a 
déposé le 25 janvier 1995 une demande de prestations auprès de l’office de 
l'assurance-invalidité du canton de Genève (ci-après OAI ou l’intimé).  

2. Par rapport du 17 mai 1995, le médecin-traitant de l’assurée, le docteur B______, a 
posé, entre autres, les diagnostics de dégénérescence discale L4-L5 et L5-S1, de 
hernie discale L4-L5 et L5-S1, de troubles somatoformes indifférenciés, de 
migraines, de kyste arachnoïdien, de syndrome fibromyalgique, d’estomac 
fortement spastique et d’attaques de panique. Il a également signalé un contexte 
social conflictuel en raison d’un déracinement, d’une inadaptation et d’un travail 
dévalorisant, relevant que l’assurée présentait un faciès dépressif. Il a attesté d’une 
totale incapacité de travail depuis le 3 janvier 1994 et joint à son courrier plusieurs 
documents, dont : 

- un rapport de la Division de psychiatrie et de psychologie médicale des 
Hôpitaux universitaires de Genève (ci-après HUG) du 5 octobre 1994, 
révélant que l’assurée avait fait une crise d’attaque de panique sur son lieu 
de travail, alors qu’elle tentait une reprise d’activité ; 

- un courrier qu’il avait adressé au docteur C______ le 7 novembre 1994 afin 
de l’informer que, malgré toutes ses sollicitudes, l’assurée refusait de 
reprendre le travail. Elle se présentait souvent en urgence, manifestait tous 
les signes de crise d’hystérie et était à la limite de s’évanouir. Il l’avait donc 
adressée au Centre de thérapies brèves ; 

- un rapport des Institutions universitaires de psychiatrie de Genève (ci-après 
IUPG) du 6 décembre 1994, duquel il ressort que l’assurée présentait 
probablement un trouble somatoforme indifférencié et que les critères pour 
poser le diagnostic d’épisode dépressif majeur ou de dysthymie n’étaient 
pas réalisés.  

3. Dans un rapport adressé à l’OAI le 27 mai 1997, la doctoresse D_____, spécialiste 
FMH en psychiatrie et psychothérapie au Département de psychiatrie des HUG, a 
diagnostiqué un trouble somatoforme indifférencié et conclu à une incapacité totale 
de travail à compter du 1er octobre 1995. Elle a expliqué que l’assurée avait 
commencé à présenter des symptômes en janvier 1994, en particulier des céphalées, 
des lombalgies, des paresthésies aux membres inférieurs et des vertiges qui avaient 
nécessité un arrêt de travail à 100%. À l’issue de deux évaluations psychiatriques 
réalisées en novembre 1994 et en juillet 1995, le diagnostic de trouble somatoforme 
indifférencié avait été retenu. Dès le mois d’octobre 1995, l’assurée avait bénéficié 
d’un suivi individuel et de couple, et une amélioration temporaire de la 
symptomatologie avait été constatée, mais les plaintes somatiques multiples 

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associées à une perte d'élan vital avaient réapparu en octobre 1996. Aucune reprise 
du travail n’avait pu être envisagée en raison des symptômes précités, ainsi que de 
troubles de l'attention et de la concentration.  

4. À la demande de l’OAI, le docteur C______, spécialiste FMH en médecine interne, 
a procédé à l’expertise de l’assurée et rédigé un rapport le 1er juillet 1997, aux 
termes duquel la situation était stationnaire depuis le 3 janvier 1994. Il a posé les 
diagnostics d’apathie, de fibromyalgie et de lombalgies sur des troubles 
dégénératifs, et estimait que le problème principal était lié à la langue et à 
l’insertion sociale de l’assurée. Il a expliqué que les dorso-lombalgies ne 
dominaient pas du tout le tableau et que, en l'absence de déficit objectif, ce 
diagnostic ne pouvait pas être retenu pour justifier une totale incapacité de travail, 
au contraire de la fibromyalgie. L’expert a constaté que l'état dépressivo-anxieux 
n'avait pas été mis en avant lors des consultations psychiatriques, et qu’il avait 
même été raisonnablement exclu dans le rapport des IUPG du 6 décembre 1994, de 
sorte que seule la fibromyalgie pouvait justifier une incapacité totale de travail. Il a 
précisé que les données extérieures aux données objectives enregistrées par les 
différents examens effectués permettaient de penser que cette fibromyalgie était 
associée à une sinistrose et que le tout constituait une démarche visant à une 
indemnisation. 

5. Par décisions des 20 janvier et 21 avril 1998, confirmées après révision des  
1er novembre 1999 et 1er octobre 2002, l’assurée a été mise au bénéfice d'une rente 
entière d'invalidité à compter du 1er janvier 1995. 

6. Dans le cadre d’une nouvelle procédure de révision initiée au mois d’octobre 2003, 
le Dr B______ a établi un rapport à l’attention de l’OAI, le 10 décembre 2004. Il a 
notamment confirmé que l'état de santé de l’assurée était resté stationnaire, ajoutant 
que sa patiente avait subi une cholécystectomie en avril 1997 et avait été opérée 
d’un kyste ovarien. Selon lui, son état dépressif pouvait avoir une grande 
importance sur sa capacité de travail, étant relevé qu’elle était polyplaintive, ce qui 
ressemblait à un syndrome fibromyalgique.  

7. La réalisation d’une expertise bidisciplinaire a été confiée aux docteurs  E_____, 
spécialiste FMH en rhumatologie, et F_____, spécialiste FMH en psychiatrie et 
psychothérapie, médecins examinateurs auprès du Centre d'observation médicale de 
l'assurance-invalidité (ci-après COMAI). 

Dans leur rapport du 27 mai 2005, les examinateurs n’ont retenu aucun diagnostic 
ayant une répercussion sur la capacité de travail. Ils ont en revanche fait état, à titre 
de diagnostics sans répercussion sur ladite capacité, d’une fibromyalgie, d’une 
gonarthrose débutante, d'une obésité, d’un kyste arachnoïdien, d’un status après une 
cholécystectomie et d'un ulcère bulbaire.  

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Sur le plan somatique, l’assurée se plaignait principalement de douleurs de 
l'hémicorps gauche la gênant constamment durant la journée et la réveillant 
fréquemment la nuit. Elle se disait incapable de marcher plus de cinq à dix minutes 
en raison de ses douleurs lombaires et dans le membre inférieur gauche, de rester 
assise plus d'une demi-heure en raison de ses pseudo-lombo-sciatalgies gauches et 
de conserver la même position couchée longtemps. Sur le plan psychique, l’assurée 
n’avait pas de plaintes spontanées et affirmait ne pas rencontrer de problèmes. Sur 
questions, elle avait qualifié son moral de bon, indiqué ne souffrir ni d'angoisses, ni 
d'idéations suicidaires, ni d'irritabilité, mais avait tendance aux ruminations. Son 
image de soi était « comme tout le monde », elle avait confiance en elle et aucun 
sentiment de culpabilité. Elle se sentait fatiguée en permanence et ne signalait pas 
de plaisirs ou d’intérêts particuliers. Elle avait fait état d’une vie de famille 
équilibrée, de parents gentils et affirmait n’avoir manqué de rien.  

Selon les examinateurs, l’atteinte à la santé consistait principalement en une 
fibromyalgie, laquelle s’intégrait dans le cadre d’un trouble somatoforme 
douloureux marqué par l’absence de toute comorbidité psychiatrique, de toute autre 
pathologie somatique persistante et pénible, de désinsertion sociale ou d’autre 
problématique grave, si ce n’est financière. Ils ont précisé que l'histoire médicale 
telle que décrite dans le dossier montrait que le diagnostic de trouble somatoforme 
était déjà perceptible, voire évoqué, il y a une dizaine d’années, mais qu'il y avait 
certainement eu chez l’assurée des traits de caractère hystérique qui avaient pu 
induire leurs confrères en erreur. Ils ont conclu qu’il n’y avait aucune justification à 
une incapacité de travail, que ce soit sur le plan somatique ou psychique, et qu’il n'y 
avait pas de limitation objective à l’activité d'ouvrière en fabrique. Par conséquent, 
l’appréciation antérieure ayant abouti à l'octroi d'une rente entière en 1995 était 
contestée.  

8. Par décision du 29 août 2005, confirmée sur opposition le 16 février 2006, l'OAI a 
conclu, sur la base de l'expertise du COMAI, à l'absence d'éléments 
psychopathologiques ayant valeur d'invalidité, de sorte qu’il a supprimé la rente 
allouée à l'assurée avec effet à la fin du mois suivant la date de la décision.  

9. Aucun recours n'ayant été interjeté contre cette décision, cette dernière est entrée en 
force. 

10. Le 23 mai 2006, le Dr B______ a fait parvenir à l'OAI un courrier que lui avait 
adressé le docteur G_____, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie, en 
date du 28 avril 2006. Ce médecin y indiquait que la décision de l'OAI supprimant 
la rente de l’assurée avait provoqué chez cette dernière une rechute de l’état 
psychique. Elle présentait des symptômes anxio-dépressifs, dont une humeur 
déprimée, une perte d'intérêt et de plaisir, une diminution de l'énergie et une 
fatigabilité accrue, une perte de confiance et d'estime de soi, une altération de la 

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capacité à penser et à se concentrer, une perturbation du sommeil, une incapacité à 
faire face aux responsabilités habituelles, un ralentissement psychomoteur, ainsi 
que des complaintes physiques multiples et variables. Le psychiatre posait le 
diagnostic de troubles anxieux et dépressifs mixtes (F 41.2), ainsi que de syndrome 
douloureux somatoforme persistant (F 45.4).  

11. Par décision du 2 janvier 2007, l'OAI a refusé d'entrer en matière sur la nouvelle 
demande de l'assurée.  

12. Statuant sur recours, le Tribunal cantonal des assurances sociales (désormais la 
chambre des assurances sociales de la Cour de justice) a annulé la décision 
susmentionnée et renvoyé la cause à l’OAI, à charge pour ce dernier d’entrer en 
matière sur la demande de l’assurée, d’examiner s’il y avait effectivement eu un 
changement de circonstances propre à ouvrir un droit à des prestations, et de rendre 
une nouvelle décision (ATAS/1238//2007 du 8 novembre 2007). 

13. Par rapport du 3 novembre 2008, le Dr G_____ a diagnostiqué un épisode dépressif 
sévère sans symptômes psychotiques (F32.2), une anxiété généralisée (F41.1) et un 
syndrome douloureux somatoforme (F45.4). Ce médecin a notamment relevé une 
altération de la capacité de penser et de se concentrer, un sentiment de désespoir et 
le fait que l’assurée était souvent en larmes. Elle souffrait de troubles du sommeil, 
de fatigue morale et physique, de troubles de la mémoire et était habituellement 
incapable de poursuivre ses activités sociales, professionnelles et ménagères.   

14. L’OAI a confié la réalisation d’une expertise à la doctoresse H_____, spécialiste 
FMH en psychiatrie et psychothérapie, laquelle a rendu son rapport le 6 mars 2009. 
Elle n’a retenu aucun diagnostic sur le plan psychique ayant une répercussion sur la 
capacité de travail. À titre de diagnostic sans répercussion sur la capacité de travail, 
elle a fait état d’un syndrome douloureux somatoforme persistant (F45.4), présent 
depuis 1994, et d’un trouble anxieux et dépressif mixte (F41.2), présent depuis 
mars 2006. La psychiatre a notamment relevé qu’à l’exception des dates, la 
mémoire pouvait être considérée comme bonne, qu’il n’y avait pas de perte de 
l’intérêt ou du plaisir à des activités habituellement agréables, pas de complexe 
d’infériorité ou de diminution de la confiance en soi, pas de manque d’appétit ou de 
perte pondérable, aucun sentiment de culpabilité ou de dévalorisation, pas de vision 
négative ou irréaliste des perspectives d’avenir, pas d’idéations suicidaires ou de 
difficultés à soutenir son attention et à se concentrer. Elle a écarté le diagnostic 
d’épisode dépressif sévère retenu par le Dr G_____, ajoutant que le statut décrit 
correspondait à un épisode dépressif moyen. Elle a également exclu le diagnostic 
d’anxiété généralisée, expliquant que les divers symptômes qui l’accompagnent ne 
s’étaient pas objectivés durant les deux heures de l’entretien. Concernant le 
syndrome douloureux somatoforme persistant, il ne s’accompagnait pas d’une 
comorbidité psychiatrique conséquente, le trouble anxieux et dépressif mixte étant 

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secondaire audit syndrome et réactionnel à la suppression de la rente. Elle a 
également considéré que l’assurée ne présentait pas une affection corporelle 
chronique ou un processus maladif s’étendant sur plusieurs années, rappelant 
qu’elle avait été abondamment investiguée sur le plan somatique, sans que les 
médecins n’aient pu trouver d’origine claire à ses douleurs. Elle a en outre fait état 
de discordances entre les importantes douleurs alléguées et ce qui était objectivé 
durant l’entretien de deux heures. La Dresse H_____ a conclu qu’au plan psychique 
et mental, il n’y avait pas de limitations qualitatives et quantitatives en relation avec 
le trouble anxieux et dépressif mixte d’intensité légère et le syndrome douloureux 
somatoforme persistant. Théoriquement, dans une activité simple, la capacité de 
travail était entière et l’activité d’ouvrière était exigible à plein temps, sans 
diminution de rendement.  

15. Par décision du 18 juin 2009, l’OAI a rejeté la nouvelle demande de prestations, 
considérant, sur la base du rapport d’expertise précité, qu’il n’y avait pas 
d’aggravation notable et durable de l’état de santé de l’assurée et que sa capacité de 
travail était totale.  

16. Par acte du 21 août 2009, l’assurée a recouru contre cette décision, concluant 
préalablement à ce qu’une nouvelle expertise médicale soit ordonnée afin d’évaluer 
son incapacité de travail et, principalement, à l’annulation de la décision contestée 
et à l’octroi d’une rente entière d’invalidité dès le 1er septembre 2005. À l’appui de 
son recours, elle a invoqué des contradictions manifestes entre les conclusions du 
Dr G_____ et celles des Drs F_____ et H_____. 

17. Dans sa réponse du 21 septembre 2009, l’intimé a conclu au rejet du recours et à la 
confirmation de la décision attaquée, relevant que la contestation de l’expertise 
psychiatrique par le médecin-traitant de la recourante n’était pas suffisante pour 
mettre en doute les conclusions, par ailleurs parfaitement probantes, de l’expertise 
réalisée par la Dresse H_____.  

18. La recourante a produit un rapport établi par le Dr G_____ le 23 octobre 2009, 
lequel a relevé que toutes les symptomatologies décrites chez sa patiente étaient 
encore présentes et fluctuaient d’une intensité modérée à sévère, que celle-ci n’avait 
pas montré d’évolution favorable, et qu’il était très probable qu’elle se trouvait, à 
l’époque de l’expertise, dans une phase moins sévère de ses symptômes.  

19. Invité à se déterminer, l’intimé a soulevé, le 23 novembre 2009, une discordance 
entre l’appréciation du Dr G_____ et celle de l’expert, et conclu que le psychiatre 
traitant n’avait pas apporté de nouveaux éléments. 

20. La recourante a produit un nouveau rapport du Dr G_____, daté du 4 janvier 2010. 
Il en ressort que les diagnostics étaient inchangés et que l’état psychique de la 
recourante, malgré qu’il fût toujours fluctuant d’une période à l’autre, avait montré 

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une aggravation depuis quelques mois avec des tensions augmentées associées à 
des manifestations physiques. Ce médecin contestait ainsi les conclusions de 
l’expertise psychiatrique de la Dresse H_____ et maintenait que la capacité de 
travail de la recourante était nulle. 

21. Lors d’une audience de comparution personnelle des parties qui s’est tenue le  
8 juillet 2010, la recourante, assistée d’un interprète, a exposé souffrir sur tout le 
côté gauche et présenter, en particulier, des maux de tête et des douleurs dans les 
membres gauches, sur l'ensemble du corps, ainsi que des fourmillements au pied 
gauche. Elle avait subi une intervention de la vésicule biliaire et souffrait de 
douleurs propagées au niveau de l'abdomen. Elle était suivie par plusieurs 
médecins, dont le Dr B______ qui lui prescrivait des antidouleurs. Elle avait 
effectué des séances de physiothérapie, mais sans aucun succès. Cette situation 
s'était aggravée depuis des années. Sur le plan psychique, elle consultait le Dr 
G_____ tous les 15 jours, en présence d’un interprète, et prenait des 
antidépresseurs. Son état psychique s’était également aggravé. Elle ne pouvait en 
aucun cas envisager une activité en raison de l’importance de ses douleurs. Elle 
passait l'essentiel de ses journées chez elle, faisait parfois quelques promenades en 
compagnie de son mari, mais tout le reste, notamment les courses, était effectué par 
ses enfants qui étaient domiciliés à proximité de chez elle. Elle ne pouvait 
pratiquement rien porter, ne parvenait pas à participer à la vie associative ni à une 
quelconque manifestation dans le cadre de son quartier.  

La représentante de l’OAI a précisé que les douleurs, lesquelles n’étaient pas niées, 
ne constituaient pas des atteintes invalidantes. 

22. Le Dr B______ a été entendu le 8 février 2011 par la chambre de céans. Il a déclaré 
suivre la recourante depuis décembre 1993, époque à laquelle il avait diagnostiqué 
des lombalgies chroniques, des cervicalgies et des gastrites. Au cours des années, il 
n'y avait pas eu d'amélioration de l’état de santé de la recourante, au contraire, 
d'autres diagnostics étaient apparus tel qu'un état dépressif qui s'était accentué avec 
le temps, raison pour laquelle il avait adressé la recourante, environ en l'an 2000, à 
un psychiatre. En 1998, la recourante avait subi une choliscistectomie et présentait 
depuis lors des problèmes gastro-intestinaux. Les investigations faites à l'époque 
avaient permis de constater la persistance d'un statut inflammatoire dans le secteur 
de la vésicule ainsi que de petites adhérences. La recourante avait également été 
victime, à plusieurs reprises, d'une infection à helicobacterpilori qui était une des 
causes de la gastrite chronique. Elle souffrait en outre d'une dépression sévère, 
plutôt chronique malgré le traitement, et d'un trouble somatoforme douloureux, 
effectivement en lien avec la dépression. Le témoin avait récemment diagnostiqué 
une importante dyslipidémie. Compte tenu du vieillissement et des années qui 
passaient, l'état de santé de la recourante s'était dégradé. En mars 2006, il l’avait 

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adressée au Dr G_____ car il estimait que l'état dépressif ainsi que le trouble 
somatoforme douloureux devaient être évalués et pris en charge par un spécialiste. 
Actuellement la recourante n'avait pas un suivi continu, elle le consultait lorsqu'elle 
avait très mal ou n’avait plus de médicaments. Le traitement consistait en la prise 
d’antidouleurs, de myorelaxants et d’inhibiteurs de la pompe à protons. La 
recourante avait également reçu de petites infiltrations, notamment pour son épaule 
gauche, et avait suivi des séances de physiothérapie. Le témoin a insisté sur le fait 
que, à son sens, la recourante n'avait jamais eu une quelconque capacité de travail 
et qu'il n'y avait pas eu de modification de son statut et de son état de santé.  

23. Le même jour, la chambre de céans a également entendu le Dr G_____, psychiatre 
de la recourante depuis le 27 mars 2006. Il avait alors diagnostiqué un épisode 
dépressif sévère sans symptômes psychotiques et un syndrome douloureux 
somatoforme persistant, et constaté une anxiété généralisée. La recourante, qui le 
consultait deux fois par mois, présentait un état dépressif modéré à sévère, fluctuant 
d'une période à l'autre, mais il ne pouvait pas dire qu'il y avait des périodes de 
rémission. La fréquence du traitement n'était pas modifiée en fonction des 
fluctuations de l'état dépressif, la modification de la médication n’avait pas eu de 
succès, mais la recourante n’avait jamais été hospitalisée pour ses problèmes 
psychiatriques. Le témoin a confirmé les termes de son courrier du mois d’avril 
2006, ajoutant qu’il estimait alors que la recourante avait fait une rechute sur le 
plan psychiatrique. Jusqu'à présent, elle n’avait pas montré une évolution favorable 
et le pronostic n'était pas bon, elle présentait toujours une symptomatologie 
anxiodépressive et, même dans des périodes où la dépression était d'intensité 
modérée, elle n'était pas capable de travailler, même partiellement. De 2006 à 2009, 
elle avait été en incapacité de travail d’un point de vue psychiatrique. Se 
déterminant sur le rapport d'expertise de la Dresse H_____, le témoin a expliqué 
qu’il n’avait jamais, malgré la fréquence de ses consultations, constaté que la 
recourante se trouvait dans un état dépressif léger. A son avis, la recourante était 
totalement incapable de poursuivre des activités sociales et même ménagères. 

24. Par courrier du 7 mars 2011, l’intimé a relevé, concernant l’audition du  
Dr G_____, que le diagnostic d’anxiété généralisée avait été discuté et écarté par 
l’experte et, concernant celle du Dr B______, que le seul fait nouveau était une 
importante dyslipidémie, laquelle n’était pas incapacitante. À défaut de faits 
nouveaux, l’intimé ne pouvait pas modifier ses conclusions précédentes. 

25. Interpellé par le conseil de la recourante, le Dr G_____ a fermement maintenu ses 
diagnostics le 9 mai 2011 et soutenu que la recourante souffrait d’un état dépressif 
sévère, en l’état aggravé par une rechute, et que sa capacité de travail était nulle. 

26. Par ordonnance du 26 juillet 2011, la chambre de céans a mis en œuvre une 
expertise pluridisciplinaire et mandaté la doctoresse I_____, spécialiste FMH en 

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rhumatologie, et le docteur J_____, spécialiste FMH en psychiatrie et 
psychothérapie. 

27. Dans leur rapport du 18 novembre 2011, les experts ont posé, à titre de diagnostics 
ayant une répercussion sur la capacité de travail, une fibromyalgie depuis 1994, des 
cervico-dorso-lombalgies persistantes depuis 1994 dans le cadre de troubles 
statiques et dégénératifs modérés (avec une insuffisance de posture et un 
déconditionnement musculaire), une périarthropathie scapulo-humérale chronique 
prédominant à gauche, des céphalées à type de migraine évoluant depuis 1994, un 
épisode dépressif sévère sans symptôme psychotique (F32.2) et une personnalité 
fruste (F60.8). Les experts ont également retenu, sans répercussion sur la capacité 
de travail, les diagnostics de gonalgies gauches persistantes sur une gonarthrose 
fémoro-tibiale et fémoro-patellaire modérée, de syndrome du tunnel carpien 
prédominant à gauche, de colopathie fonctionnelle, de kyste arachnoïdien 
cérébelleux et d’obésité. 

L’évaluation rhumatologique et le premier entretien de l’expert psychiatre avaient 
été effectués avec l’aide d’une interprète de langue turque. S’agissant du second 
entretien du psychiatre, il avait eu lieu en présence du fils cadet de la recourante, 
dans le but d’une hétéro-anamnèse (anamnèse par des tiers).  

Commentant leurs constatations et examens, les experts ont estimé qu’il existait un 
état d’épuisement physique et psychique en rapport avec des événements stressants 
à répétition dès la plus petite enfance. Ils ont expliqué que la recourante avait 
grandi dans un milieu familial où la maltraitance physique et psychologique 
dépassait largement les références traditionnelles. Elle avait été sévèrement 
carencée affectivement et avait probablement subi des violences sexuelles dès 
l’adolescence. Sur le plan intellectuel, son fonctionnement antérieur à l’atteinte à la 
santé en 1994 leur faisait suspecter des ressources intellectuelles de l’ordre du 
retard mental. Ces ressources, probablement déjà faibles, s’étaient totalement 
effondrées dans le cadre d’un épisode dépressif existant probablement depuis 1994, 
même s’il avait été nié par la recourante dans un premier temps et n’avait, dès lors, 
pas été mis en évidence par les médecins consultés. Les experts ont considéré que 
l’épuisement des ressources physiques et psychiques était mieux reflété par le 
diagnostic d’épisode dépressif que par celui de syndrome somatoforme. À cet 
égard, ils ont expliqué qu’il n’apparaissait pas du tout du dossier que les critères 
diagnostiques de la CIM-10 pour un syndrome somatoforme douloureux persistant 
(F.45.4) soient réunis, à savoir l’existence d’une symptomatologie douloureuse non 
justifiée par une affection somatique et qui survenait dans un contexte de conflits 
relationnels ou de problèmes sociaux, car le parcours de la recourante ne faisait pas 
comprendre pourquoi, dès 1993, son contexte psychosocial ou émotionnel aurait 
généré ce type de syndrome douloureux.  

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Répondant aux questions, les experts ont indiqué que les douleurs rachidiennes, la 
pathologie de l’épaule gauche, ainsi que les céphalées, représentaient des atteintes 
invalidantes et, sous l’angle psychiatrique, le trouble dépressif associé à une 
personnalité fruste représentait également une atteinte invalidante. Ils ont précisé 
que l’état de santé s’était aggravé depuis 2005 et que les limitations étaient à mettre 
en rapport avec les problématiques rachidienne et de l’épaule gauche. Toutes les 
activités impliquant des postures défavorables pour le tronc étaient contre-
indiquées, de même que celles impliquant des mouvements répétitifs avec les 
membres supérieurs, le port de charges et le maintien des bras au-dessus de 
l’horizontale. Sur le plan mental, les capacités cognitives (mémoire, attention, 
concentration) étaient diminuées. La recourante avait de la peine à investir le 
monde environnant et à se projeter dans l’avenir, elle n’était plus en mesure de 
réaliser un apprentissage, même élémentaire, de gestes professionnels et il n’y avait 
pas de mesure médicale permettant d’améliorer sa capacité de travail. Leur 
pronostic était complètement défavorable quant à la reprise d’une activité 
professionnelle quelle qu’elle soit, en raison des atteintes physiques et psychiques. 

28. Par courrier du 14 février 2012, l’intimé a contesté la valeur probante du rapport 
d’expertise du 18 novembre 2011, relevant notamment que l’absence d’un 
interprète professionnel lors du second entretien psychiatrique permettait de douter 
de la validité de l’expertise, que les diagnostics n’étaient pas suffisamment étayés, 
que les conditions d’octroi initial de la rente en 1995 n’avaient absolument pas été 
discutées et que le rapport contenait plusieurs contradictions.  

29. En date du 15 février 2012, la recourante a exposé qu’il ressortait clairement de 
l’expertise qu’elle était invalide, qu’aucune mesure médicale ou professionnelle ne 
pouvait améliorer sa capacité de travail qui était nulle, que son état de santé s’était 
aggravé depuis 2005 et que le pronostic était complètement défavorable.  

30. Dans un arrêt du 29 novembre 2012, la chambre de céans a admis le recours, 
considérant, sur le base du rapport d’expertise du 18 novembre 2011 auquel elle a 
reconnu une pleine valeur probante, que la recourante était en incapacité totale de 
travail et avait droit à une rente entière d’invalidité dès le 1er mai 2007 
(ATAS/1450/2012). 

31. Par arrêt du 18 septembre 2013, le Tribunal fédéral a partiellement admis le recours 
de l’intimé et annulé l’arrêt de la chambre de céans du 29 novembre 2012, à 
laquelle il a renvoyé la cause pour instruction complémentaire et nouveau jugement  
(ATF 9C_80/2013). Le Tribunal fédéral a relevé que les circonstances prévalant 
aux moments opportuns pour apprécier si l’état de santé de la recourante avait subi 
une péjoration notable susceptible de faire renaître le droit à la rente d’invalidité 
n’avaient pas été comparées, ajoutant que les conclusions contradictoires des 
expertises du COMAI et de la Dresse H_____ avaient été ignorées. Le Tribunal 

- 11/21- 

 

 

 

A/3009/2009 

fédéral a également dénié toute valeur probante à l’expertise établie par les Drs 
I_____ et J_____, soulignant que leurs diagnostics et conclusions n’étaient pas 
suffisamment motivés. Concernant le volet somatique, il a en particulier exposé que 
le rapport d’expertise n’expliquait pas pour quelles raisons les limitations 
fonctionnelles de la recourante, lesquelles constituaient somme toute des mesures 
classiques d’épargne lombaire, ne laisseraient subsister aucune capacité résiduelle 
de travail dans une activité adaptée. S’agissant du volet psychiatrique, il a constaté 
que les observations cliniques étaient ténues et ne permettaient pas de comprendre, 
en l’absence d’explications précises, les diagnostics posés, les limitations 
fonctionnelles mentionnées, ainsi que l’absence de toute capacité résiduelle de 
travail.  

32. En date du 28 octobre 2013, l’intimé a sollicité la mise en œuvre d’une nouvelle 
expertise bidisciplinaire, rappelant que celle des Drs I_____ et J_____ avait été 
jugée non probante. 

33. Quant à elle, la recourante a requis, le 29 octobre 2013, que soit ordonné un 
complément d’instruction auprès des Drs I_____ et J_____. 

34. En date du 8 mai 2014, la chambre de céans a informé les parties de sa décision de 
mettre en œuvre une nouvelle expertise et leur a communiqué le nom des experts, 
soit les docteurs K_____, rhumatologue, et L_____, psychiatre, ainsi que les 
questions qu'elle avait l'intention de leur poser. Elle a imparti aux parties un délai 
pour faire valoir une éventuelle cause de récusation et se déterminer sur les 
questions posées. 

35. La recourante a indiqué le 26 mai 2014 accepter le choix des deux experts 
proposés. 

36. Par courrier du 22 mai 2014, l’intimé s’est opposé à ce que le Dr L_____ soit 
désigné comme expert, au motif que « les délais de reddition de ses rapports sont 
supérieurs à un an ». 

37. Par arrêt incident du 8 juillet 2014, entré en force de chose jugée, la chambre de 
céans a rejeté la demande de récusation. 

38. Par ordonnance du 2 octobre 2014, la chambre de céans a confié la mission 
d’expertise aux Drs L_____ et K_____. 

Par courrier du 21 octobre 2014, ce dernier a toutefois informé la chambre de céans 
qu’il devait se récuser. 

39. Les parties ont été informées le 3 novembre 2014 de ce que le docteur M_____, 
rhumatologue, avait accepté le mandat d’expertise, et un délai leur a été imparti 
pour se déterminer sur la désignation de ce nouvel expert. 

- 12/21- 

 

 

 

A/3009/2009 

40. Les 17 et 21 novembre 2014, les parties n’ont fait valoir aucune objection. 

41. Par ordonnance du 10 décembre 2014, la chambre de céans a confié la mission 
d’expertise aux Drs L_____ et M_____. 

Le 16 décembre 2014, ce dernier a cependant refusé ce mandat, invoquant une 
surcharge de travail pour les prochains mois. 

42. La chambre de céans a pris contact avec le docteur N_____, lequel a accepté de 
mener ladite mission.  

43. Par courriers des 13 et 26 janvier 2015, les parties ont indiqué n’avoir pas de motif 
de récusation. L’OAI a en revanche tenu à rappeler qu’il avait des questions 
complémentaires pour l’expert et qu’il avait sollicité le retrait de la dernière phrase 
de la question g) page 19, figurant sous le titre « au terme du consilium ».  

44. Par ordonnance du 11 février 2015, la chambre de céans a confié la mission 
d’expertise aux Drs L_____ et N_____. 

45. Après que la chambre de céans lui ait adressé plusieurs rappels, le Dr L_____ a 
finalement rendu son rapport d’expertise le 18 février 2016, de sorte que le 
Dr N_____ a été en mesure de transmettre à la chambre de céans l’expertise 
bidisciplinaire rhumatologique et psychiatrique, le 1er mars 2016. 

46. Le 14 avril 2016, l’assurée a produit une attestation du docteur O_____ datée du 14 
avril 2016, aux termes de laquelle son époux, Monsieur A______, né le ______ 
1961, présente des problèmes de santé graves pour lesquels il suit une 
chimiothérapie. 

47. Dans ses écritures du 14 avril 2016, l’assurée a conclu, préalablement, à ce que soit 
ordonné un complément d’expertise bidisciplinaire aux fins d’évaluer son 
incapacité de travail conformément à la nouvelle jurisprudence relative au trouble 
somatoforme, au fond, à ce que la décision du 18 juin 2009 soit annulée et à ce 
qu’il lui soit alloué une rente entière d’invalidité dès le 1er septembre 2005. 

48. Le 3 mai 2016, l’OAI s’est également déterminé. Il considère que le rapport 
d’expertise rédigé par le Dr L_____ ne peut pas se voir reconnaître valeur probante, 
au motif qu’il n’a pas suffisamment motivé la date d’aggravation éventuelle qu’il a 
retenue et constatant que si la date à retenir est bien septembre 2011, elle serait dans 
ce cas largement postérieure à juin 2009, date à laquelle la décision litigieuse a été 
rendue et moment déterminant pour l’appréciation des faits. Il relève également que 
l’expert n’a à aucun moment examiné les nouveaux indicateurs fixés par le Tribunal 
fédéral s’agissant de la détermination du caractère éventuellement invalidant d’un 
trouble somatoforme douloureux. Il conclut dès lors à la mise sur pied d’un 
complément d’instruction. 

- 13/21- 

 

 

 

A/3009/2009 

Il s’est fondé sur l’avis du SMR du 21 mars 2016. 

49. La chambre de céans a informé les parties, le 21 juillet 2016, qu’elle envisageait 
d’ordonner un complément d’expertise qui serait confié au Dr L_____ et leur a 
transmis la liste des questions qu’elle entendait lui poser. 

50. Le 10 août 2016, l’assurée a ajouté la question supplémentaire suivante : dans 
l’hypothèse où la compliance de l’expertisée ne serait pas bonne, cette dernière 
présente-t-elle des signes d’anosognosie ? 

51. Le 25 août 2016, l’OAI a ajouté comme investigation supplémentaire : 

- procéder à un monitoring médicamenteux afin d’objectiver la compliance 

- une détérioration de l’état de santé étant possible depuis 2009, préciser l’évolution 
de celle-ci dans le temps 

52. La chambre de céans a adressé une demande de complément d’expertise au Dr 
L_____ le 5 septembre 2016 et lui a imparti un délai au 31 octobre 2016 pour ce 
faire. 

Sans réponse de sa part dans le délai imparti au 31 octobre 2016, la chambre de 
céans lui a adressé des rappels les 19 décembre 2016 et 16 mars 2017. En vain. La 
chambre de céans a ordonné l’audition de l’expert le 6 juin 2017. L’audience a été 
annulée à la demande de l’assurée. Une audience de comparution personnelle des 
parties a été convoquée pour le 20 juin 2017, le Dr L_____ ne s’est ni présenté, ni 
excusé. 

53. Par courrier du 3 juillet 2017, la chambre de céans a accordé au Dr L_____ un 
ultime délai au 14 juillet 2017 pour qu’il lui indique l’état d’avancement de la 
mission et l’a informé qu’à défaut, une amende de CHF 5'000.- lui serait infligée. 

54. Par ordonnance du 18 août 2017, la chambre de céans a condamné le Dr L_____ à 
une amende de CHF 5'000.- et a indiqué qu’elle renonçait à le convoquer à 
nouveau. 

55. Le 20 décembre 2017, elle a prié le médecin de lui retourner le dossier complet. 

56. Elle a alors informé les parties qu’elle entendait confier le soin de réaliser une 
expertise au docteur P_____, spécialiste FMH en psychiatrie. 

57. Les parties ont déclaré qu’elles n’avaient pas de motif de récusation. 

 

EN DROIT 

1. La recevabilité du recours ainsi que le droit applicable ont déjà été examinés dans 
l’arrêt de la chambre de céans du 29 novembre 2012.  

- 14/21- 

 

 

 

A/3009/2009 

2. Le litige porte sur le point de savoir si l’état de santé de la recourante s’est aggravé 
depuis la décision sur opposition du 16 février 2006 au point d’influer sur son droit 
à une rente d’invalidité. 

3. a. Selon l'art. 17 al. 1 LPGA, si le taux d'invalidité du bénéficiaire de la rente subit 
une modification notable, la rente est, d'office ou sur demande, révisée pour 
l'avenir, à savoir augmentée ou réduite en conséquence, ou encore supprimée.  
Lorsqu'une demande de révision est déposée, celle-ci doit établir de façon plausible 
que l'invalidité, l'impotence ou l'étendue du besoin de soins ou du besoin d'aide 
découlant de l'invalidité de l'assuré s'est modifiée de manière à influencer ses droits 
(art. 87 al. 2 du règlement du 17 janvier 1961 sur l’assurance-invalidité  
(RAI ; RS 831.20). Il en va de même lorsque la rente, l'allocation pour impotent ou 
la contribution d'assistance a été refusée parce que le degré d'invalidité était 
insuffisant, parce qu'il n'y avait pas d'impotence ou parce que le besoin d'aide ne 
donnait pas droit à une contribution d'assistance (art. 87 al. 3 RAI). Cette exigence 
doit permettre à l’administration qui a précédemment rendu une décision de refus 
de prestations entrée en force, d’écarter sans plus ample examen de nouvelles 
demandes dans lesquelles l’assuré se borne à répéter les mêmes arguments, sans 
alléguer une modification des faits déterminants (ATF 125 V 410 consid. 2b). 

b. Quand l’administration entre en matière sur une nouvelle demande, elle doit 
procéder de la même manière qu’en cas de révision au sens de l’art. 17 LPGA. Le 
point de savoir si un changement notable des circonstances s’est produit doit être 
tranché en comparant les faits tels qu’ils se présentaient au moment de la dernière 
révision de la rente entrée en force et les circonstances qui régnaient à l’époque de 
la décision litigieuse. C’est en effet la dernière décision qui repose sur un examen 
matériel du droit à la rente avec une constatation des faits pertinents, une 
appréciation des preuves et une comparaison des revenus conformes au droit qui 
constitue le point de départ temporel pour l’examen d’une modification du degré 
d’invalidité lors d’une nouvelle révision de la rente (ATF 133 V 108  
consid. 5 ; ATF 130 V 343 consid. 3.5.2). 

Tout changement important des circonstances propre à influencer le degré 
d’invalidité, et donc le droit à la rente, peut motiver une révision selon  
l’art. 17 LPGA. La rente peut être révisée non seulement en cas de modification 
sensible de l’état de santé, mais aussi lorsque celui-ci est resté en soi le même, mais 
que ses conséquences sur la capacité de gain ont subi un changement important 
(ATF 130 V 343 consid. 3.5). 

En revanche, il n’y a pas matière à révision lorsque les circonstances sont 
demeurées inchangées et que le motif de la suppression ou de la diminution de la 
rente réside uniquement dans une nouvelle appréciation du cas (ATF 112 V 371 
consid. 2b ; ATF 112 V 387 consid. 1b). Un motif de révision au sens de  

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A/3009/2009 

l’art. 17 LPGA doit clairement ressortir du dossier ; la réglementation sur la 
révision ne saurait en effet constituer un fondement juridique à un réexamen sans 
condition du droit à la rente (Arrêt du Tribunal fédéral I 406/05 du 13 juillet 2006 
consid. 4.1 et les références).  

4. a. Aux termes de l’art. 8 al. 1 LPGA, est réputée invalidité l’incapacité de gain 
totale ou partielle qui est présumée permanente ou de longue durée. Selon 
l'art. 6 LPGA, est réputée incapacité de travail toute perte, totale ou partielle, de 
l'aptitude de l'assuré à accomplir dans sa profession ou son domaine d'activité le 
travail qui peut raisonnablement être exigé de lui, si cette perte résulte d'une atteinte 
à sa santé physique, mentale ou psychique. En cas d'incapacité de travail de longue 
durée, l'activité qui peut être exigée de lui peut aussi relever d'une autre profession 
ou d'un autre domaine d'activité. En vertu de l'art. 7 LPGA, est réputée incapacité 
de gain toute diminution de l'ensemble ou d'une partie des possibilités de gain de 
l'assuré sur un marché du travail équilibré dans son domaine d'activité, si cette 
diminution résulte d'une atteinte à sa santé physique, mentale ou psychique et 
qu'elle persiste après les traitements et les mesures de réadaptation exigibles. Pour 
évaluer le taux d'invalidité, le revenu que l'assuré aurait pu obtenir s'il n'était pas 
invalide est comparé avec celui qu'il pourrait obtenir en exerçant l'activité qui peut 
raisonnablement être exigée de lui après les traitements et les mesures de 
réadaptation, sur un marché du travail équilibré (art. 16 LPGA et art. 28 al. 2 LAI). 

L’art. 28 al. 2 LAI dispose que l’assuré a droit à une rente entière s’il est invalide à 
70% au moins, à trois quarts de rente s’il est invalide à 60% au moins, à une demi-
rente s’il est invalide à 50% au moins ou à un quart de rente s’il est invalide à 40% 
au moins. 

b. Les atteintes à la santé psychique peuvent, comme les atteintes physiques, 
entraîner une invalidité au sens de l'art. 4 al. 1 LAI en liaison avec l'art. 8 LPGA. 
On ne considère pas comme des conséquences d'un état psychique maladif, donc 
pas comme des affections à prendre en charge par l'assurance-invalidité, les 
diminutions de la capacité de gain que l'assuré pourrait empêcher en faisant preuve 
de bonne volonté; la mesure de ce qui est exigible doit être déterminée aussi 
objectivement que possible (ATF 102 V 165 ; Arrêt du Tribunal fédéral I 786/04 du 
19 janvier 2006 consid. 3.1).  

La reconnaissance de l'existence de troubles somatoformes douloureux persistants 
suppose d'abord la présence d'un diagnostic émanant d'un expert (psychiatre) et 
s'appuyant lege artis sur les critères d'un système de classification reconnu 
(ATF 130 V 396 consid. 5.3). Comme pour toutes les autres atteintes à la santé 
psychique, le diagnostic de troubles somatoformes douloureux persistants ne 
constitue pas encore une base suffisante pour conclure à une invalidité. Au 
contraire, il existe une présomption que les troubles somatoformes douloureux ou 

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A/3009/2009 

leurs effets peuvent être surmontés par un effort de volonté raisonnablement 
exigible (ATF 131 V 49 consid. 1.2). Une expertise psychiatrique est, en principe, 
nécessaire quand il s'agit de se prononcer sur l'incapacité de travail que les troubles 
somatoformes douloureux sont susceptibles d'entraîner (ATF 130 V 352 
consid. 2.2.2 et 5.3.2).  

Le caractère non exigible de la réintégration dans le processus de travail peut 
résulter de facteurs déterminés qui, par leur intensité et leur constance, rendent la 
personne incapable de fournir cet effort de volonté. Dans un tel cas, en effet, 
l’assuré ne dispose pas des ressources nécessaires pour vaincre ses douleurs. La 
question de savoir si ces circonstances exceptionnelles sont réunies doit être 
tranchée de cas en cas à la lumière de différents critères. Au premier plan figure la 
présence d’une comorbidité psychiatrique importante par sa gravité, son acuité et sa 
durée (Arrêt du Tribunal fédéral I 1093/06 du 3 décembre 2007 consid. 3.2). Peut 
constituer une telle comorbidité un état dépressif majeur (ATF 135 V 65 
consid. 4.2.2 ; Arrêt du Tribunal fédéral 9C_387/2009 du 5 octobre 2009  
consid. 3.2). 

Il y a lieu d'observer que selon la doctrine médicale (cf. notamment 
DILLING/MOMBOUR/SCHMIDT [Hrsg.], Internationale Klassifikation 
psychischer Störungen, ICD-10 Kapitel V [F], 4ème édition, p. 191) sur laquelle 
s'appuie le Tribunal fédéral, les états dépressifs ne constituent en principe pas une 
comorbidité psychiatrique grave et durable à un trouble somatoforme douloureux, 
dans la mesure où ils ne sont en règle générale qu'une manifestation réactive ne 
devant pas faire l'objet d'un diagnostic séparé (Arrêt du Tribunal fédéral I 497/04 du 
12 septembre 2005 consid. 5.1). 

Parmi les autres critères déterminants, doivent être considérés comme pertinents, un 
processus maladif s'étendant sur plusieurs années sans rémission durable 
(symptomatologie inchangée ou progressive), des affections corporelles chroniques, 
une perte d'intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie et l'échec de 
traitements ambulatoires ou stationnaires conformes aux règles de l'art (même avec 
différents types de traitement), cela en dépit de l'attitude coopérative de la personne 
assurée. En présence d'une comorbidité psychiatrique, il sera également tenu 
compte de l'existence d'un état psychique cristallisé résultant d'un processus 
défectueux de résolution du conflit, mais apportant un soulagement du point de vue 
psychique (profit primaire tiré de la maladie, fuite dans la maladie) 
(ATF 130 V 352 consid. 2.2.3). Plus ces critères se manifestent et imprègnent les 
constatations médicales, moins on admettra l’exigibilité d’un effort de volonté 
(Arrêt du Tribunal fédéral I 590/05 du 27 février 2007 consid. 3.1). A l'inverse, si 
les limitations liées à l'exercice d'une activité résultent d'une exagération des 
symptômes ou d'une constellation semblable, on conclura, en règle ordinaire, à 

- 17/21- 

 

 

 

A/3009/2009 

l'absence d'une atteinte à la santé ouvrant le droit à des prestations d'assurance. Au 
nombre des situations envisagées figurent la discordance entre les douleurs décrites 
et le comportement observé, l'allégation d'intenses douleurs dont les 
caractéristiques demeurent vagues, l'absence de demande de soins, les grandes 
divergences entre les informations fournies par le patient et celles ressortant de 
l'anamnèse, le fait que des plaintes très démonstratives laissent insensible l'expert, 
ainsi que l'allégation de lourds handicaps malgré un environnement psychosocial 
intact (ATF 131 V 49 consid. 1.2). 

5. Pour pouvoir calculer le degré d'invalidité, l'administration ou l'instance de recours 
a besoin de documents que le médecin ou d'autres spécialistes doivent lui fournir. 
La tâche du médecin consiste à porter un jugement sur l'état de santé et à indiquer 
dans quelle mesure et pour quelles activités l'assuré est incapable de travailler. En 
outre, les données médicales constituent un élément utile pour déterminer quels 
travaux on peut encore, raisonnablement, exiger de l'assuré (ATF 125 V 256 
consid. 4 ; ATF 115 V 133 consid. 2).  

Selon le principe de libre appréciation des preuves, pleinement valable en 
procédure judiciaire de recours dans le domaine des assurances sociales 
(cf. art. 61 let. c LPGA), le juge n’est pas lié par des règles formelles, mais doit 
examiner de manière objective tous les moyens de preuve, quelle qu’en soit la 
provenance, puis décider si les documents à disposition permettent de porter un 
jugement valable sur le droit litigieux. En cas de rapports médicaux contradictoires, 
le juge ne peut trancher l’affaire sans apprécier l’ensemble des preuves et sans 
indiquer les raisons pour lesquelles il se fonde sur une opinion médicale et non pas 
sur une autre. L’élément déterminant pour la valeur probante d’un rapport médical 
n’est ni son origine, ni sa désignation, mais son contenu. À cet égard, il convient 
que les points litigieux importants aient fait l’objet d’une étude fouillée, que le 
rapport se fonde sur des examens complets, qu’il prenne également en 
considération les plaintes exprimées, qu’il ait été établi en pleine connaissance du 
dossier (anamnèse), que la description des interférences médicales soit claire et 
enfin que les conclusions de l’expert soient bien motivées (ATF 125 V 351 
consid. 3 ; ATF 122 V 157 consid. 1c). 

6. En l’espèce, il est rappelé que le Tribunal fédéral a dénié toute valeur probante au 
rapport d’expertise rendu par les Drs I_____ et J_____, auxquels il a reproché de ne 
pas expliquer pour quelles raisons les limitations fonctionnelles retenues, que ce 
soit d’un point de vue somatique ou psychique, ne laisseraient subsister aucune 
capacité de travail résiduelle dans une activité adaptée. De même, il a estimé que 
les observations cliniques rapportées par l’expert psychiatre étaient « ténues » et ne 
permettaient pas de comprendre, en l’absence d’explications précises, les 
diagnostics retenus. Il a souligné que « plus généralement, les conclusions finales 

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A/3009/2009 

auxquelles aboutissent les experts ne procèdent pas d’une discussion générale, où 
auraient été intégrés, dans une analyse globale cohérente, les renseignements issus 
du dossier (dont font partie les expertises du COMAI de Genolier et de la 
doctoresse H_____), l’anamnèse, les indications subjectives et l’observation 
clinique ». 

7. Après moultes péripéties, par ordonnance du 11 février 2015, la chambre de céans a 
confié la mission d’expertise aux Drs L_____ et N_____. L’expertise 
bidisciplinaire rhumatologique et psychiatrique a été établie le 1er mars 2016.  

8. Dans ses écritures du 14 avril 2016, l’assurée a conclu, préalablement, à ce que soit 
ordonné un complément d’expertise bidisciplinaire aux fins d’évaluer son 
incapacité de travail conformément à la nouvelle jurisprudence relative au trouble 
somatoforme, au fond, à ce que la décision du 18 juin 2009 soit annulée et à ce 
qu’il lui soit alloué une rente entière d’invalidité dès le 1er septembre 2005.  

Le 3 mai 2016, l’OAI s’est également déterminé. Il considère que le rapport 
d’expertise rédigé par le Dr L_____ ne peut pas se voir reconnaître valeur probante, 
au motif qu’il n’a pas suffisamment motivé la date d’aggravation éventuelle qu’il a 
retenue et constatant que si la date à retenir est bien septembre 2011, elle serait dans 
ce cas largement postérieure à juin 2009, date à laquelle la décision litigieuse a été 
rendue et moment déterminant pour l’appréciation des faits. Il relève également que 
l’expert n’a à aucun moment examiné les nouveaux indicateurs fixés par le Tribunal 
fédéral s’agissant de la détermination du caractère éventuellement invalidant d’un 
trouble somatoforme douloureux. Il conclut dès lors à la mise sur pied d’un 
complément d’instruction.  

9. La chambre de céans a adressé une demande de complément d’expertise au 
Dr L_____ le 5 septembre 2016 et lui a imparti un délai au 31 octobre 2016 pour ce 
faire. Après avoir vainement tenté d’obtenir de celui-ci qu’il transmette le 
complément d’expertise requis, la chambre de céans a finalement informé les 
parties qu’elle entendait confier le soin de réaliser une expertise au docteur P_____, 
spécialiste FMH en psychiatrie. 

10. Il va de soi que la mission confiée au Dr P_____, qui prendra connaissance du 
dossier pour la première fois, ne pourrait se limiter à compléter l’expertise du 
Dr L_____, de sorte qu’il lui sera demandé de réaliser une nouvelle expertise 
psychiatrique. 

*** 

- 19/21- 

 

 

 

A/3009/2009 

PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant préparatoirement 

 

1. Ordonne une expertise psychiatrique, étant rappelé que le Dr N_____ a déjà rendu 
son expertise le 1er mars 2016. 

2. Commet à ces fins le Dr P_____, spécialiste FMH en psychiatrie et 
psychothérapie.  

3. Dit que la mission d’expertise est la suivante :  

1. Prendre connaissance du dossier de l’intimé ainsi que du dossier de la présente 
procédure ; 

2. Prendre tous les renseignements auprès des médecins ayant traité la 
recourante ; 

3. Examiner et entendre la recourante, après s’être entourés de tous les éléments 
utiles, dont l’avis de tiers si nécessaire ; 

4. Ordonner au besoin d’autres examens. 

4. Charge l’expert d’établir un rapport détaillé et de répondre aux questions 
suivantes : 

1. Anamnèse. 

2. Données subjectives de la personne. 

3. Constatations objectives. 

4. Diagnostic(s). 

a) La recourante souffre-t-elle de troubles psychiques? Si oui, lesquels et 
depuis quand?  

b) Quel est le degré de gravité de chacun de ceux-ci, le cas échéant (faible, 
moyen, grave) ?  

c) Ces troubles psychiques ont-ils valeur de maladie en tant que telle selon le 
DSM IV ou la CIM-10 ? 

d) Quelles sont les limitations fonctionnelles dues à chaque diagnostic ? 

e) Les troubles psychiques constatés nécessitent-ils une prise en charge 
spécialisée ? 

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A/3009/2009 

f) Mentionner, pour chaque diagnostic posé, puis globalement, les 
conséquences sur la capacité de travail, en pourcent. 

I. a) Comment l’état de santé a-t-il évolué depuis février 2006, date à laquelle la 
décision sur opposition supprimant la rente d’invalidité a été rendue ? 

Au cas où l’état de santé s’était aggravé de façon durable depuis lors : 

b) Quelles sont les atteintes avec répercussion sur la capacité de travail ? 

c) Quelles sont les atteintes sans répercussion sur la capacité de travail ? 

d) Le cas échéant, comment l’incapacité de travail justifiée par une atteinte 
incapacitante au sens de l’AI a-t-elle évolué dans l’activité habituelle / ou le 
champ de formation (date et taux précis) ? 

e) Comment les capacités de travail justifiées médicalement dans l’activité 
habituelle, respectivement dans une activité adaptée, ont-elles évolué en 
parallèle depuis lors ? 

II. Si un trouble somatoforme douloureux est retenu par l'expert psychiatre : 

a) Le trouble somatoforme douloureux diagnostiqué s’inscrit-il dans un 
contexte de conflit émotionnel ou de problèmes psychosociaux ? 

b) Quelle est la gravité des atteintes ? Le degré permettant de poser le 
diagnostic est-il juste atteint, dépassé ou largement dépassé ? 

c) Quelles sont les répercussions fonctionnelles sur l’ensemble des aspects de 
la vie quotidienne et du travail ? 

d) De quelle manière le trouble et les répercussions fonctionnelles évoluent-ils 
en termes de gravité ? Une détérioration de l’état de santé étant possible depuis 
2009, préciser l’évolution de celle-ci dans le temps. 

e) L’expertisée bénéficie-t-elle d’un traitement approprié en fonction de l’état 
des connaissances médicales ? Quel est le succès de ce traitement ? La 
compliance est-elle bonne (procéder à un monitoring médicamenteux) ? 

f) Dans l’hypothèse où la compliance de l’expertisée ne serait pas bonne, cette 
dernière présente-t-elle des signes d’anosognosie ? 

g) Quelle est la structure de la personnalité de l’expertisée et les éventuels 
troubles de la personnalité ? 

h) Décèle-t-on des circonstances indiquant une exagération de la part de 
l’expertisée ? Cas échéant, lesquelles ? Une éventuelle exagération est-elle à 
mettre en lien avec une incapacité de l’expertisée à reconnaître sa maladie. 

- 21/21- 

 

 

 

A/3009/2009 

i) Le comportement de l’expertisée est-il globalement cohérent ? En particulier, 
sa demande en termes de thérapies et sa coopération est-elle en adéquation 
avec l’étendue des souffrances ? 

j) D’une manière globale, l’expertisée dispose-t-elle de ressources suffisantes 
pour surmonter son affection ? Veuillez expliquer et motiver votre réponse. 

Au terme d'un consilium avec le Dr N_____ 

a) Déterminer la capacité de travail globale de la recourante dans l'activité 
habituelle et dans une activité adaptée ? 

b) Dater la survenance de l’incapacité de travail durable, le cas échéant. 

c) Dire quelles sont les limitations fonctionnelles de la recourante. 

d) Dire dans quelle mesure une activité lucrative tenant compte des limitations 
fonctionnelles est raisonnablement exigible de la recourante, et dans ce cas 
dans quel domaine, depuis quand et avec quel rendement. 

e) Evaluer les chances de succès d’une réadaptation professionnelle. 

f) Indiquer si la capacité de travail peut être améliorée par des mesures 
médicales, et le cas échéant lesquelles. 

g) Commenter et discuter les avis médicaux du SMR, des experts s’étant déjà 
prononcés et des médecins-traitants, et indiquer pour quelles raisons ces avis 
sont confirmés ou écartés. Prendre position quant aux constatations et 
conclusions des Drs E_____ et F_____, celles de la Dresse H_____. 

h) Formuler un pronostic global. 

i) Toute remarque utile et proposition des experts. 

5. Invite l’expert à déposer à sa meilleure convenance un rapport en trois exemplaires 
à la chambre de céans. 

6. Réserve le fond. 

 

La greffière 
 
 

Nathalie LOCHER 

 La présidente 
 
 

Doris GALEAZZI 

 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties par le greffe le