# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 9c455d6e-a1cd-584b-9e5d-83b56115cba2
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-04-13
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 13.04.2021 A/3256/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-3256-2019_2021-04-13.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/3256/2019-PE ATA/408/2021  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 13 avril 2021 

2
ème

 section 

   dans la cause 

 

Madame A______, agissant pour son compte et celui de ses enfants mineurs 
B______ et C______  

représentés par Me Sylvain Bogensberger, avocat  

contre 

OFFICE CANTONAL DE LA POPULATION ET DES MIGRATIONS 
 

_________ 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 

6 mars 2020 (JTAPI/246/2020) 

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EN FAIT 

1)  Madame A______, née le ______ 1981, est ressortissante camerounaise. 

2)  Elle est arrivée en Suisse en septembre 2004 et habite Genève depuis 
novembre 2005. 

3)  Au bénéfice d'une autorisation de séjour pour études régulièrement 
renouvelée jusqu’au 28 février 2013, elle a obtenu, en septembre 2009, un 
bachelor en gestion d'entreprise à l'Université de Genève, puis un master en 
comptabilité, délivré conjointement par les Universités de Genève et de Lausanne, 
en septembre 2012. 

4)  Le 19 octobre 2011, Mme A______ a donné naissance, à Genève, à sa fille 
B______. 

5)  Par formulaire M du 15 janvier 2013, annexé à un courrier du 
25 janvier 2013, D______ a déposé auprès de l’office cantonal de la population 
devenu l’office cantonal de la population et des migrations (ci-après : OCPM) une 
requête en autorisation de travail en faveur de Mme A______ pour un poste de 
comptable-réviseur. Le salaire annuel brut prévu était de CHF 72'000.-, 
correspondant à un tarif horaire de CHF 42.50 de l'heure. 

6)  Par décision du 21 février 2013, l’office cantonal de l’inspection et des 
relations du travail (ci-après : OCIRT), après examen du dossier par la 
commission tripartite désignée à cet effet par le Conseil d'État, a refusé de faire 
droit à cette demande, l'admission de l'intéressée ne revêtant pas un intérêt 
économique prépondérant. En outre, l'ordre de priorité n'avait pas été respecté, 
l'employeur n'ayant pas démontré qu'aucun travailleur en Suisse ou ressortissant 
d'un pays de l'Union européenne (ci-après : UE) ou de l'Association européenne 
de libre-échange (ci-après : AELE) n'avait pu être trouvé. 

7)  Cette décision a été confirmée par jugement du Tribunal administratif de 
première instance (ci-après : TAPI) du 8 octobre 2013, puis arrêt de la chambre 
administrative de la Cour de justice (ci-après : chambre administrative) du 
17 juin 2014 (ATA/443/2014). 

8)  Par décision du 28 octobre 2014, l'OCPM, se fondant sur la décision 
précitée de l’OCIRT, a refusé d’agréer la demande d’autorisation de séjour avec 
activité lucrative en faveur de Mme A______, et prononcé son renvoi de Suisse, 
lui impartissant un délai au 17 novembre 2014 pour ce faire. 

9)  Le 14 novembre 2014, Mme A______ a informé l’OCPM être enceinte de 
son deuxième enfant, dont le père était titulaire d’une autorisation de séjour à 

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Genève. Porteuse d’une anomalie génétique, des tests génétiques étaient 
nécessaires après son 8ème mois de grossesse afin d’évaluer les risques pour son 
enfant. Elle sollicitait dès lors le report du délai de départ à la fin de l’été suivant. 

10)  Par pli du 9 décembre 2014, l'OCPM a invité Mme A______ à lui fournir 
tous documents et renseignements utiles relatifs à ses moyens financiers, à 
l’identité du père de son futur enfant et à ses intentions quant à la suite de son 
séjour. Un délai de trente jours lui était imparti pour ce faire. 

11)  Par courrier du 9 janvier 2015, Mme A______ a informé l’OCPM qu’elle 
vivait sur ses économies. Monsieur E______, ressortissant camerounais au 
bénéfice d’un permis B, était le père de son futur enfant. Elle ignorait dans quelle 
mesure il souhaitait participer à son éducation. À la naissance de l’enfant, elle 
verserait au dossier l’acte de naissance et la reconnaissance de paternité. 

12)  Le 21 février 2015, Mme A______ a donné naissance, à Genève, à son fils 
C______. 

13)  Le 12 juin 2015, Mme A______ a adressé à l’OCPM les documents en 
question et l’a informé avoir décidé d’élever son fils avec M. E______. Elle 
indiquait pour le surplus séjourner depuis 2005 à Genève, n’avoir jamais bénéficié 
d’aucune prestation sociale, y être, ainsi que ses enfants, bien intégrée et 
demander une autorisation de séjour avec activité lucrative afin que la famille ne 
soit pas séparée. 

  Copies de la reconnaissance de paternité, de la déclaration concernant 
l’autorité parentale conjointe signée par elle-même et M. E______, de la 
confirmation d’inscription de ses deux enfants à la crèche ainsi qu’un courrier de 
M. E______ confirmant ses propos et le formulaire M complété, étaient 
notamment joints. 

14)  Le 12 octobre 2015, M. E______ s’est adressé au Tribunal de protection de 
l’adulte et de l’enfant (ci-après : TPAE) afin de requérir la garde partielle de son 
fils. Dans son courrier, il faisait notamment état de négligences de Mme A______ 
dans la prise en charge de C______, qu’il souhaitait accueillir chez lui. 

15)  Par courriel du 13 octobre 2015, M. E______ a fait part à l’OCPM de son 
sentiment que Mme A______ utilisait ses enfants comme des tremplins pour ses 
problèmes administratifs (obtention d'une autorisation de séjour) et pour des 
raisons pécuniaires. 

16)  Le 28 novembre 2015, M. E______ a informé l’OCPM de sa séparation 
avec Mme A______. Il relevait pour le surplus qu’il était présent dans la vie de 
son fils. Il subvenait à ses besoins et le voyait pratiquement tous les jours. 
Il joignait un courrier du 25 novembre 2015 de Mme A______ confirmant ses 
dires. 

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17)  Par ordonnance du 6 janvier 2017, le TPAE a instauré une curatelle 
d'organisation et de surveillance des relations personnelles en faveur de C______ 
et fixé un droit de visite en faveur de M. E______ à raison notamment du 
mercredi soir au jeudi matin, d’un week-end sur deux. La garde de l’enfant était 
confiée à Mme A______. 

18)  Par courrier du 23 février 2017, Mme A______ s’est enquise auprès de 
l’OCPM de l’avancement de sa demande. 

19)  Le 6 juin 2017, l'OCPM a invité l’intéressée à lui fournir des documents et 
renseignements complémentaires relatifs à ses enfants et aux liens 
qu’entretenaient ces derniers avec leur père, à ses moyens financiers et à ses liens 
avec son pays d’origine. Un délai de trente jours lui était imparti pour ce faire. 

20)  Le 19 juin 2017, Mme A______ a indiqué que le droit de visite de 
M. E______ s’exerçait conformément à l’ordonnance du TPAE. Les dépenses 
concernant C______ étaient réparties entre eux en fonction de leurs moyens. Elle 
n’avait plus d’attaches particulières avec le Cameroun, où elle n’était retournée 
qu’en 2011 et 2014. Sa famille, soit ses parents, quatre frères et deux sœurs, y 
résidait et ils se parlaient souvent au téléphone. Elle n’avait pas de famille en 
Suisse. Sa fille n’avait plus de contact avec son père, qu’elle avait vu la dernière 
fois alors qu’elle était âgée de 5 mois. Elle subvenait aux besoins de la famille 
grâce à son activité de comptable indépendante et versait à la procédure ses avis 
de taxation 2014 à 2016. 

21)  Les 21 septembre et 4 octobre 2017, Mme A______ s’est à nouveau enquise 
de l’avancement de sa demande et a versé à la procédure l’attestation de scolarité 
de sa fille B______ et la copie du contrat d’accueil à la crèche de son fils. 

22)  Par courrier du 20 décembre 2017, l’OCPM a informé Mme A______ de 
son intention de refuser de lui délivrer l’autorisation de séjour requise et lui a 
imparti un délai de trente jours pour faire valoir par écrit son droit d’être entendu. 

  Il était relevé qu’elle avait séjourné en Suisse de 2004 à 2012 au bénéfice 
d’une autorisation strictement temporaire pour études. Sa présence avait ensuite 
été tolérée, de sorte que la durée de son séjour devait être fortement relativisée. Sa 
réintégration au Cameroun, où elle avait conservé des attaches familiales et 
sociales et effectué de nombreux voyages n’était pas gravement compromise, et 
ses enfants pourraient facilement s’adapter compte tenu de leur jeune âge. 
Finalement, elle ne pouvait se prévaloir de l’art. 8 de la Convention de sauvegarde 
des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 
(CEDH - RS 0.101), son fils n’entretenant pas une relation affective et 
économique particulièrement étroite avec son père, dont le droit de séjour en 
Suisse était en outre à l’examen. 

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23)  Dans ses observations du 18 janvier 2018, Mme A______, après avoir 
rappelé son parcours, a en substance fait valoir qu’elle avait mis sur pied une 
fiduciaire qui, depuis 2014, lui permettait de subvenir à ses besoins et à ceux de 
ses enfants. En treize ans, elle n’était retournée que deux fois au Cameroun, pour 
une durée totale de huit semaines. Ses possibilités de réintégration ainsi que la 
probabilité d’adaptation de ses enfants y seraient inexistantes, compte tenu en 
particulier de la guerre qui sévissait dans ce pays. La relation de son fils avec son 
père serait de surcroît gravement compromise, étant rappelé que ce dernier s’en 
occupait environ 30 % de la semaine. Pour toutes ces raisons, elle et ses enfants se 
trouvaient dans une « situation perpétuelle de grave détresse ». Elle remplissait 
enfin tous les critères de l’opération Papyrus. 

24)  Le 22 janvier 2018, Mme A______ s’est adressée au conseiller d’État en 
charge de l’ancien département de l'emploi, des affaires sociales et de la santé afin 
qu’il intercède en sa faveur. Un échange de correspondance s’en est suivi. 

25)  Les 23 avril, 2 et 10 août, 20 septembre, 5 novembre 2018 et 
17 janvier 2019, Mme A______ s’est à nouveau enquise de l’avancement de sa 
demande. Elle relevait notamment que sans permis, il lui était impossible de 
s’affilier à une caisse assurance-vieillesse et survivants (ci-après : AVS). Elle a 
encore versé à la procédure le bilan et compte de résultat 2017 de son activité 
d’indépendante ainsi qu’un extrait du registre du commerce (ci-après : RC) relatif 
à sa raison individuelle. 

26)  Par décision du 9 juillet 2018, en force, l’OCPM a refusé de renouveler 
l’autorisation de séjour de M. E______ et prononcé son renvoi de Suisse. 

27)  Par courrier du 1er mars 2019, reprenant les arguments déjà invoqués dans 
son courrier du 20 décembre 2017, l’OCPM a informé Mme A______ qu’il 
maintenait son intention de refuser de lui délivrer une autorisation de séjour au 
motif du cas de rigueur pour elle-même et ses enfants et de prononcer son renvoi 
de Suisse. Un délai de trente jours lui était imparti pour faire valoir par écrit ses 
observations et éventuelles objections. 

28)  Dans ses observations du 1er avril 2019, Mme A______, agissant sous la 
plume d’un avocat, a rappelé son parcours et souligné qu’elle remplissait tous les 
critères d’octroi d’une autorisation de séjour sur la base des art. 30 de la loi 
fédérale sur les étrangers et l'intégration du 16 décembre 2005 (LEI - RS 142.20) 
et 31 de l’ordonnance relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité 
lucrative du 24 octobre 2007 (OASA - RS 142.201). 

29)  Par décision du 8 août 2019, l'OCPM a refusé de donner une suite favorable 
à la demande d'autorisation de séjour de Mme A______, au motif qu'elle ne se 
trouvait pas dans une situation représentant un cas d'extrême gravité, et a 

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prononcé son renvoi de Suisse, lui impartissant un délai au 31 octobre 2019 pour 
quitter le territoire. 

  La durée de son séjour en Suisse devait être relativisée par rapport aux 
nombreuses années passées dans son pays d'origine. Âgée de 23 ans lors de son 
arrivée à Genève, elle avait vécu la plus grande partie de sa vie au Cameroun, à 
savoir qu'elle y avait passé toute son adolescence, soit les années essentielles pour 
la formation de la personnalité et, partant, pour l'intégration sociale et culturelle. 
Par ailleurs, elle résidait en Suisse depuis 2008 sous le couvert d'une autorisation 
temporaire de séjour pour études et s'était engagée par écrit à quitter la Suisse au 
terme de sa formation. Elle avait donc toujours été parfaitement consciente que 
son séjour était limité à un but bien précis et, de surcroît, temporaire. 

  Sur le plan professionnel, en visant le titre de master en comptabilité en 
Suisse, elle savait pertinemment que ces études nécessiteraient une mise à niveau 
une fois de retour au pays et qu’il lui appartenait de prendre les dispositions 
nécessaires pour son employabilité au Cameroun. De plus, il ne ressortait pas des 
éléments au dossier que sa réintégration au Cameroun serait gravement 
compromise en cas de retour au pays. Elle y avait effectué trois voyages de dix 
semaines au total et avait vraisemblablement gardé un réseau familial ou amical 
sur lequel elle pourrait s'appuyer une fois de retour. Il n’était en particulier pas 
démontré qu'en cas de retour au pays, sa situation serait plus difficile que celle de 
ses compatriotes au pays. De manière générale, de par la nature temporaire de son 
séjour en Suisse, la question de la réintégration pouvait être relativisée. 

  Elle ne pouvait de plus invoquer l’art. 8 CEDH pour permettre à son fils 
C______ de continuer à entretenir des relations avec son père, la relation affective 
et économique entre eux ne pouvant être qualifiée de particulièrement étroite et ce 
dernier faisant l'objet d’une décision de refus de renouvellement de son 
autorisation de séjour et de renvoi de Suisse. Il apparaissait dès lors que le désir de 
Mme A______ de continuer à demeurer en Suisse était avant tout lié à de la 
convenance personnelle, et qu'elle et ses enfants ne se trouvaient pas dans une 
situation de grave détresse personnelle au point qu'ils seraient confrontés à des 
obstacles insurmontables à leur retour au Cameroun. Quand bien même leur 
réintégration pourrait être compliquée dans un premier temps, le jeune âge de ses 
enfants et son bagage académique seraient des atouts pour qu'une intégration 
réussie puisse se faire dans la durée, ce d'autant plus qu’elle était en bonne santé. 

  Enfin, elle n'avait pas démontré l'existence d'obstacles à son retour dans son 
pays d'origine, et le dossier ne faisait pas non plus apparaître que l'exécution de 
son renvoi ne serait pas possible, pas licite ou ne pourrait être raisonnablement 
exigée. 

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30)  Par acte du 9 septembre 2019, Mme A______ a interjeté recours auprès du 
TAPI contre la décision précitée, concluant à son annulation et à l'octroi d’une 
autorisation de séjour pour cas de rigueur. 

  Domiciliée depuis bientôt quinze en Suisse, pays où étaient nés ses enfants, 
elle n’était retournée qu’à trois reprises au Cameroun, pour une durée totale de dix 
semaines. Membres de plusieurs associations (F______, G______ H______, 
I______ notamment), elle était très bien intégrée à Genève, où elle exerçait une 
activité de comptable indépendante qui lui permettait de subvenir à ses besoins et 
à ceux de ses enfants. Elle n’avait ni dettes, ni poursuite en cours. Sa fille était 
scolarisée à Genève, en 4ème primaire, et son fils fréquentait la crèche. La situation 
légale du père de C______ n’était pas pertinente, seul le fait qu’il bénéficie d’un 
droit de visite élargi et qu’il était présent dans sa vie, importait. Un retour et la 
réintégration de la famille au Cameroun – pays qu’elle avait quitté il y avait plus 
de quinze ans, où elle n’avait jamais travaillé et que ses enfants ne connaissaient 
pas – seraient particulièrement difficiles. À cela s’ajoutait qu’elle avait une 
expérience professionnelle très ancrée dans le tissu social genevois, qu’elle était 
membre du comité de soutien du parti d’opposition au Cameroun et que ce dernier 
était en guerre contre la secte Boko Haram depuis 2014. Elle remplissait dès lors 
manifestement tous les critères d’octroi d’une autorisation de séjour sur la base 
des art. 30 LEI et 31 OASA. 

31)  Selon le registre informatisé Calvin de l'OCPM, M. E______ a quitté la 
Suisse le 24 octobre 2019. 

32)  Par jugement du 6 mars 2020, le TAPI a rejeté le recours de Mme A______. 

  Cette dernière n'avait été admise à résider sur territoire suisse que dans le 
cadre d'autorisations de séjour pour études, donc temporaires. Par la suite, sa 
présence sur le territoire suisse avait été simplement tolérée. La durée totale de 
son séjour en Suisse, soit un peu plus de quinze ans, devait ainsi être fortement 
relativisée. 

  Son intégration professionnelle ne pouvait être qualifiée d'exceptionnelle au 
sens de la jurisprudence fédérale. Quant aux connaissances spécifiques qu’elle 
indiquait avoir acquises en comptabilité suisse, elles n'étaient qu’une partie de la 
formation plus générale acquise en Suisse, en gestion d’entreprise et comptabilité, 
qu’elle pourrait mettre en pratique dans sa patrie. 

  Sur le plan social, aucune pièce n’indiquait qu’elle se serait spécialement 
investie dans la vie culturelle ou associative genevoise, de sorte qu’elle ne pouvait 
se prévaloir – par rapport à la moyenne des étrangers qui avaient passé autant 
d’années qu’elle en Suisse – d’une intégration socio-culturelle exceptionnelle. 

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  Mme A______, âgée de 23 ans à son arrivée en Suisse, était née au 
Cameroun où elle avait passé son enfance, son adolescence et une partie de sa vie 
d’adulte. Elle avait conservé des liens avec sa patrie, où vivaient de nombreux 
membres de sa proche famille et où elle était retournée à tout le moins à trois 
reprises au cours de son séjour en Suisse. Sa famille serait probablement à même 
de compenser, dans une certaine mesure, l’absence des pères de ses enfants et de 
l’aider en cas de besoin. De plus, encore jeune et en bonne santé, elle disposait 
désormais d’une formation universitaire et de plusieurs années d’expérience 
professionnelle dans la comptabilité, acquises en Suisse. Après une période 
d’adaptation et/ou de mise à niveau dans sa formation, il ne faisait aucun doute 
qu’elle pourrait se réinsérer dans sa patrie sans être confrontée à d’insurmontables 
difficultés. Ces difficultés ne seraient au demeurant pas plus graves pour elle que 
pour n'importe lequel de ses concitoyens qui se trouverait dans une situation 
similaire. 

  Ses enfants étaient âgés de 8 et 5 ans, et leur processus d'intégration n'était 
pas encore à ce point profond et irréversible qu'un retour dans leur pays d'origine 
ne puisse plus être envisagé. 

33)  Par acte posté le 7 mai 2020, Mme A______ a interjeté recours auprès de la 
chambre administrative contre le jugement précité, concluant à son annulation, à 
l'octroi des autorisations de séjour sollicitées et à l'allocation d'une indemnité de 
procédure. 

  Elle était domiciliée en Suisse depuis seize ans, soit une durée supérieure à 
celle requise pour une naturalisation, si bien que cette durée n'avait pas à être 
relativisée. Depuis lors, elle n'était retournée au Cameroun qu'à trois reprises, pour 
dix semaines au total ; ses attaches sociales y étaient donc extrêmement limitées. 
Ses deux enfants étaient nés en Suisse et y avaient toujours vécu. C'était en outre 
par la faute de l'OCPM que la période de « tolérance » était de sept ans. 

  La situation du père de C______, M. E______, état sans pertinence dès lors 
qu'elle entretenait avec lui des relations conflictuelles depuis de nombreuses 
années. Il lui avait fait subir des violences psychologiques puis physiques, et avait 
envoyé à l'OCPM un courrier l'accusant faussement, animé par un désir de 
vengeance car il n'acceptait pas sa décision de mettre un terme à leur relation. 
Tous les rapports des intervenants et de la curatrice montraient qu'elle s'était 
toujours correctement occupée de son fils. La curatelle avait été levée le 
26 octobre 2018. 

  Elle était membre de plusieurs associations et faisait du volontariat. Elle 
exerçait une activité de comptable indépendante, qui lui permettait de subvenir à 
ses besoins ainsi qu'à ceux de ses enfants ; elle produisait diverses attestations de 
clients et partenaires professionnels satisfaits de ses services. Elle n'avait ni dettes 
ni poursuites en cours. Par ailleurs, elle maîtrisait la comptabilité et la fiscalité 

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selon les standards suisses, et son activité ne pourrait être exercée telle quelle au 
Cameroun. Le seul lien qu'elle avait conservé avec son pays d'origine était sa 
qualité de membre du comité de soutien du parti d'opposition, le J______ 
(ci-après : J______) emmené par Monsieur K______, lequel avait été emprisonné. 
Elle encourrait donc des risques en cas de retour au Cameroun. 

  Enfin, le TAPI avait examiné la situation sous l'angle de l'« opération 
Papyrus » alors même qu'elle n'avait soulevé aucun grief à cet égard. 

34)  Le 6 juillet 2020, l'OCPM a conclu au rejet du recours, les arguments 
soulevés étant en substance semblables à ceux présentés devant le TAPI et n'étant 
pas de nature à modifier sa position. 

35)  Le 16 juillet 2020, le juge délégué a fixé aux parties un délai au 
4 septembre 2020 pour formuler toutes requêtes ou observations complémentaires, 
après quoi la cause serait gardée à juger. 

36)  Le 31 août 2020, l'OCPM a indiqué ne pas avoir de requêtes ni 
d'observations complémentaires à formuler. 

37)  Mme A______ ne s'est quant à elle pas manifestée. 

EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile ‒ le délai de recours ayant été suspendu du  
21 mars 2020 au 19 avril 2020 par l'art. 1 al. 1 de l'ordonnance sur la suspension 
des délais dans les procédures civiles et administratives pour assurer le maintien 
de la justice en lien avec le coronavirus [COVID-19] du 20 mars 2020 ‒ devant la 
juridiction compétente, le recours est recevable (art. 132 de la loi sur 
l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a 
de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2)  Le recours devant la chambre administrative peut être formé pour violation 
du droit, y compris l'excès et l'abus du pouvoir d'appréciation, ainsi que pour 
constatation inexacte des faits (art. 61 al. 1 LPA). En revanche, celle-ci ne connaît 
pas de l'opportunité des décisions prises en matière de police des étrangers, dès 
lors qu'il ne s'agit pas d'une mesure de contrainte (art. 61 al. 2 LPA ; 
art. 10 al. 2  a contrario de la loi d'application de la loi fédérale sur les étrangers 
du 16 juin 1988 - LaLEtr - F 2 10 ; ATA/12/2020 du 7 janvier 2020 consid. 3). 

3)  Le 1er janvier 2019 est entrée en vigueur une modification de la loi sur les 
étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr), devenue la LEI, et de l’OASA. 
Conformément à l'art. 126 al. 1 LEI, les demandes déposées avant le 1er janvier 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/JmpLex/F%202%2010
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/12/2020

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2019 sont régies par l'ancien droit (arrêt du Tribunal fédéral 2C_1075/2019 du 
21 avril 2020 consid. 1.1).  

  Dans le cas d'espèce, la recourante a sollicité une autorisation de séjour le 
12 juin 2015, et l'OCPM l’a informée le 20 décembre 2017 de son intention de 
refuser ledit renouvellement. En conséquence, la LEI et l'OASA dans leur teneur 
avant le 1er janvier 2019 s'appliquent. 

4)  Lorsque, comme en l'espèce, l'étranger ne peut invoquer une disposition 
particulière du droit fédéral ou d'un traité, il n'existe pas de droit à la délivrance 
d'une autorisation de séjour (ATF 139 I 330 consid. 2.1 et les références citées). 
Un étranger peut toutefois, selon les circonstances, se prévaloir du droit au respect 
de sa vie privée et familiale garanti par l'art. 8 § 1 CEDH pour s'opposer à 
l'éventuelle séparation de sa famille. 

  Selon le Tribunal fédéral, pour pouvoir invoquer cette disposition, non 
seulement l'étranger doit pouvoir justifier d'une relation étroite et effective avec 
une personne de sa famille, mais il faut aussi que cette dernière possède le droit de 
résider durablement en Suisse, ce qui suppose qu'elle ait la nationalité suisse ou 
qu'elle soit au bénéfice d'une autorisation d'établissement ou d'un droit certain à 
une autorisation de séjour (ATF 135 I 143 consid. 1.3.1). Lorsqu'il réside en 
Suisse au bénéfice d'une autorisation de séjour pour études, l'étranger ne peut pas 
se prévaloir de la protection de la vie privée garantie par l'art. 8 CEDH 
(ATF 144 I 266 consid. 3.9). Le caractère temporaire d'emblée connu de 
l'autorisation de séjour pour études ne confère précisément pas un droit de séjour 
durable (ATF 144 I 266 consid. 3.3). 

5)  En l'espèce, la recourante n'a effectué de séjour légal en Suisse qu'au 
bénéfice d'une autorisation de séjour pour études, et ni elle ni ses enfants ne 
peuvent justifier d'une relation familiale étroite et effective avec une personne 
possédant le droit de résider en Suisse. Elle ne peut donc se prévaloir de l'art. 8 
CEDH pour obtenir une autorisation de séjour. 

  Il convient néanmoins d'examiner si elle peut se prévaloir de l'existence d'un 
cas d'extrême gravité, étant précisé que la recourante a expressément indiqué ne 
pas avoir demandé à l'autorité précédente d'examiner son cas sous l'angle de 
l'opération « Papyrus ». 

6) a. L'art. 30 al. 1 let. b LEI permet de déroger aux conditions d'admission en 
Suisse, telles que prévues aux art. 18 à 29 LEI, notamment aux fins de tenir 
compte des cas individuels d'une extrême gravité ou d'intérêts publics majeurs. 

 b.  L'art. 31 al. 1 OASA, dans sa teneur au moment des faits, prévoit que pour 
apprécier l'existence d'un cas individuel d'extrême gravité, il convient de tenir 
compte notamment de l'intégration du requérant (let. a), du respect de l'ordre 

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juridique suisse (let. b), de sa situation familiale, particulièrement de la période de 
scolarisation et de la durée de la scolarité des enfants (let. c), de sa situation 
financière ainsi que de sa volonté de prendre part à la vie économique et 
d'acquérir une formation (let. d), de la durée de sa présence en Suisse (let. e), de 
son état de santé (let. f) ainsi que des possibilités de réintégration dans l'État de 
provenance (let. g). Les critères énumérés par cette disposition, qui doivent 
impérativement être respectés, ne sont pas exhaustifs, d'autres éléments pouvant 
également entrer en considération, comme les circonstances concrètes ayant 
amené un étranger à séjourner illégalement en Suisse (Directives du SEM, 
domaine des étrangers, 2013, état au 1er janvier 2021, ch. 5.6.10 [ci-après : 
directives SEM]). 

 c.  Les dispositions dérogatoires des art. 30 LEI et 31 OASA présentent un 
caractère exceptionnel et les conditions pour la reconnaissance d'une telle 
situation doivent être appréciées de manière restrictive (ATF 128 II 200 
consid. 4). Elles ne confèrent pas de droit à l'obtention d'une autorisation de séjour 
(ATF 138 II 393 consid. 3.1 ; 137 II 345 consid. 3.2.1). L'autorité doit néanmoins 
procéder à l'examen de l'ensemble des circonstances du cas d'espèce pour 
déterminer l'existence d'un cas de rigueur (ATF 128 II 200 consid. 4 ; 124 II 110 
consid. 2 ; ATA/38/2019 du 15 janvier 2019 consid. 4c ; Directives SEM, op. cit., 
ch. 5.6). 

 d. La reconnaissance de l'existence d'un cas d'extrême gravité implique que 
l'étranger concerné se trouve dans une situation de détresse personnelle. Ses 
conditions de vie et d'existence doivent ainsi être mises en cause de manière 
accrue en comparaison avec celles applicables à la moyenne des étrangers. Le 
refus de le soustraire à la réglementation ordinaire en matière d'admission doit 
comporter à son endroit de graves conséquences (ATF 130 II 39 consid. 3 ; 
124 II 110 consid. 3). Parmi les éléments déterminants pour la reconnaissance 
d'un cas d'extrême gravité, il convient en particulier de citer la très longue durée 
du séjour en Suisse, une intégration sociale particulièrement poussée, une réussite 
professionnelle remarquable, la personne étrangère possédant des connaissances 
professionnelles si spécifiques qu'elle ne pourrait les mettre en œuvre dans son 
pays d'origine ou une maladie grave ne pouvant être traitée qu'en Suisse (arrêt du 
Tribunal fédéral 2A.543/2001 du 25 avril 2002 consid. 5.2 ; arrêt du Tribunal 
administratif fédéral [ci-après : TAF] C-5414/2013 du 30 juin 2015 consid. 5.1.4). 

 e. L'art. 30 al. 1 let. b LEI n'a pas pour but de soustraire le requérant aux 
conditions de vie de son pays d'origine, mais implique qu'il se trouve 
personnellement dans une situation si grave qu'on ne peut exiger de sa part qu'il 
tente de se réadapter à son existence passée. Des circonstances générales affectant 
l'ensemble de la population restée sur place, en lien avec la situation économique, 
sociale, sanitaire ou scolaire du pays en question et auxquelles le requérant serait 
également exposé à son retour, ne sauraient davantage être prises en considération 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/128%20II%20200
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/138%20II%20393
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/137%20II%20345
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/128%20II%20200
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/38/2019
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/130%20II%2039
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/124%20II%20110
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/2A.543/2001

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(ATF 123 II 125 consid. 5b.dd ; arrêt du Tribunal fédéral 2A.245/2004 du 
13 juillet 2004 consid. 4.2.1). Au contraire, dans la procédure d'exemption des 
mesures de limitation, seules des raisons exclusivement humanitaires sont 
déterminantes, ce qui n'exclut toutefois pas de prendre en compte les difficultés 
rencontrées par le requérant à son retour dans son pays d'un point de vue 
personnel, familial et économique (ATF 123 II 125 consid. 3 ; ATA/86/2021 du 
26 janvier 2021 consid. 17e). 

  La question est donc de savoir si, en cas de retour dans le pays d'origine, les 
conditions de sa réintégration sociale, au regard de la situation personnelle, 
professionnelle et familiale de l'intéressé, seraient gravement compromises 
(ATA/353/2019 du 2 avril 2019 consid. 5d ; arrêts du Tribunal fédéral 
2C_621/2015 du 11 décembre 2015 consid. 5.2.1 ; 2C_369/2010 du 
4 novembre 2010 consid. 4.1). 

 f. Des motifs médicaux peuvent, selon les circonstances, conduire à la 
reconnaissance d'un cas de rigueur lorsque l'intéressé démontre souffrir d'une 
sérieuse atteinte à la santé qui nécessite, pendant une longue période, des soins 
permanents ou des mesures médicales ponctuelles d'urgence, indisponibles dans le 
pays d'origine, de sorte qu'un départ de Suisse serait susceptible d'entraîner de 
graves conséquences pour sa santé. En revanche, le seul fait d'obtenir en Suisse 
des prestations médicales supérieures à celles offertes dans le pays d'origine ne 
suffit pas à justifier une exception aux mesures de limitation (ATF 128 II 200 
consid. 5.3 ; ATA/801/2018 du 7 août 2018 consid. 8a et les arrêts cités). 

7) a. L'art. 3 al. 1 de la Convention relative aux droits de l’enfant du 
20 novembre 1989 (CDE - RS 0.107) exige de tenir compte de l’intérêt supérieur 
de l’enfant. Selon l’art. 8 CDE, les États parties s’engagent à respecter le droit de 
l’enfant de préserver ses relations familiales, tels qu’ils sont reconnus par la loi, 
sans ingérence illégale L'art. 10 CDE prévoit que toute demande faite par un 
enfant ou ses parents en vue d'entrer dans un État partie ou de le quitter aux fins 
de réunification familiale doit être considérée par les États parties dans un esprit 
positif, avec humanité et diligence. Cette disposition n'accorde toutefois ni à 
l'enfant ni à ses parents un droit justiciable à une réunification familiale ; la Suisse 
y a d'ailleurs émis une réserve (Message du Conseil fédéral sur l'adhésion de la 
Suisse à la CDE du 29 juin 1994, FF 1994 I V p. 35 ss ; directives SEM, ch. I. 
0.2.2.9). La CDE implique de se demander si l'enfant a un intérêt prépondérant à 
maintenir des contacts réguliers avec son père. Les dispositions de la convention 
ne font toutefois pas de l'intérêt de l'enfant un critère exclusif, mais un élément 
d'appréciation dont l'autorité doit tenir compte lorsqu'il s'agit de mettre en balance 
les différents intérêts en présence (ATF 136 I 297 consid. 8.2 ; arrêts du Tribunal 
fédéral 2C_1142/2012 du 14 mars 2013 ; 8C_927/2011 du 9 janvier 2013 
consid. 5.2). 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/123%20II%20125
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/2A.245/2004
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/123%20II%20125
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/353/2019
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/2C_621/2015
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/2C_369/2010
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/128%20II%20200
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/801/2018
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/136%20I%20297
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/2C_1142/2012
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/8C_927/2011

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A/3256/2019 

 b. Comme pour les adultes, il y a lieu de tenir compte des effets qu'entraînerait 
pour les enfants un retour forcé dans leur pays d'origine. Il faut prendre en 
considération qu'un tel renvoi pourrait selon les circonstances équivaloir à un 
véritable déracinement, constitutif d'un cas personnel d'extrême gravité. Pour 
déterminer si tel serait le cas, il faut examiner plusieurs critères. La situation des 
membres de la famille ne doit pas être considérée isolément, mais en relation avec 
le contexte familial global, dès lors que le sort de la famille forme un tout ; il 
serait difficile d'admettre le cas d'extrême gravité, par exemple, uniquement pour 
les parents ou pour les enfants. Ainsi, le problème des enfants est un aspect, certes 
important, de l'examen de la situation de la famille, mais ce n'est pas le seul critère 
(ATF 123 II 125 consid. 4a ; ATA/434/2020 du 30 avril 2020 consid. 10a ; 
ATA/203/2018 du 6 mars 2018 consid. 6d). 

  D'une manière générale, lorsqu'un enfant a passé les premières années de sa 
vie en Suisse et y a seulement commencé sa scolarité, il reste encore attaché dans 
une large mesure à son pays d'origine, par le biais de ses parents. Son intégration 
au milieu socioculturel suisse n'est alors pas si profonde et irréversible qu'un 
retour dans sa patrie constituerait un déracinement complet (arrêts du TAF 
F-3493/2017 du 12 septembre 2019 consid. 7.7.1 ; C-636/2010 du 
14 décembre 2010 consid. 5.4 et la référence citée). Avec la scolarisation, 
l'intégration au milieu suisse s'accentue. Dans cette perspective, il convient de 
tenir compte de l'âge de l'enfant lors de son arrivée en Suisse et au moment où se 
pose la question du retour, des efforts consentis, de la durée, du degré et de la 
réussite de la scolarité, de l'état d'avancement de la formation professionnelle, 
ainsi que de la possibilité de poursuivre ou d'exploiter, dans le pays d'origine, la 
scolarisation ou la formation professionnelle entamée en Suisse. Un retour dans la 
patrie peut, en particulier, représenter une rigueur excessive pour des adolescents 
ayant suivi l'école durant plusieurs années et achevé leur scolarité avec de bons 
résultats (ATA/1155/2020 du 17 novembre 2020 consid. 7f). 

  L'adolescence, une période comprise entre 12 et 16 ans, est en effet une 
période importante du développement personnel, scolaire et professionnel, 
entraînant souvent une intégration accrue dans un milieu déterminé 
(ATF 123 II 125 consid. 4b ; arrêt du Tribunal fédéral 2C_75/2011 du 
6 avril 2011 consid. 3.4 ; ATA/1217/2020 du 1er décembre 2020 consid. 9h). Le 
Tribunal fédéral a considéré que cette pratique différenciée réalisait la prise 
en compte de l'intérêt supérieur de l'enfant, telle qu'elle est prescrite par 
l'art. 3 al. 1 CDE ; arrêts du Tribunal fédéral 2A.679/2006 du 9 février 2007 
consid. 3 ; 2A.43/2006 du 31 mai 2006 consid. 3.1 ; ATA/434/2020 précité 
consid. 10a). 

8)  En l'espèce, la recourante souligne qu'elle réside en Suisse depuis 2004, soit 
plus de seize ans. Toutefois, comme l'a retenu à bon droit le TAPI, cette durée doit 

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A/3256/2019 

être relativisée compte tenu du caractère temporaire des autorisations de séjour qui 
lui ont été accordées entre septembre 2004 et février 2013. 

  Par ailleurs, son intégration socio-professionnelle en Suisse, si elle est 
indéniablement bonne, ne peut pas encore être qualifiée d'exceptionnelle au sens 
de la jurisprudence. Certes, la recourante n'a pas de dettes, n'émarge pas au budget 
de l'assistance sociale et subvient à ses besoins et à ceux de ses enfants grâce à 
l'activité professionnelle qu'elle déploie à titre indépendant. À cet égard, elle a 
obtenu, dans le cadre des études qu'elle a poursuivies en Suisse et pour lesquelles 
elle avait obtenu un titre de séjour dans un premier temps, un diplôme qu'elle a su 
mettre à profit, sans que l'on puisse parler d'une ascension professionnelle 
exceptionnelle. De même, elle allègue avoir acquis en Suisse des connaissances 
professionnelles spécifiques en comptabilité et en fiscalité, mais l'essentiel des 
notions comptables, et une partie des notions de fiscalité qu'elle a acquises en 
Suisse, apparaissent transposables dans d'autres pays (voir l'ATA/277/2021 du 
2 mars 2021 consid. 8 au sujet d'une personne au bénéfice d'une formation 
universitaire en droit suisse). 

  Elle a produit des déclarations écrites et lettres de recommandation de 
clients et de partenaires professionnels attestant de son intégration. Elle ne 
soutient toutefois pas ni ne démontre qu’elle aurait noué des relations affectives 
ou d'amitié d'une intensité telle qu'en cas de départ de Suisse, leur interruption 
justifierait d'admettre un cas d'extrême gravité, quand bien même elle démontre 
s'être engagée dans diverses activités associatives et caritatives. Son intégration 
sociale est ainsi bonne mais ne peut être qualifiée de particulièrement marquée.  

  La recourante est arrivée en Suisse peu avant son vingt-troisième 
anniversaire. Elle a donc passé son enfance, son adolescence et le début de sa vie 
d'adulte au Cameroun, dont elle connaît les us et coutumes et parle la langue 
officielle principale. Malgré ses dénégations, elle a conservé des liens avec sa 
patrie où vivent ses parents, quatre frères et deux sœurs, tandis qu'elle n'a pas de 
famille en Suisse ; elle a également, selon ses dires, adhéré à un parti politique 
d'opposition, pourtant de création nettement plus récente que son arrivée en 
Suisse, ce qui démontre qu'elle a continué à s'intéresser à la situation 
socio-politique de son pays d'origine. De plus, la recourante est encore jeune et est 
apte à travailler. Elle dispose d’une formation universitaire ainsi que d'une 
expérience professionnelle en Suisse, de sorte qu'elle devrait pouvoir se réinsérer 
professionnellement dans sa patrie sans être confrontée à d'insurmontables 
difficultés. 

  Les enfants de la recourante sont tous deux nés à Genève, l’aînée étant 
aujourd'hui âgée de 9 ans et demi. Ils sont bien intégrés, suivent leur scolarité de 
manière régulière et sans problème, et se sont constitué des liens d’amitié avec des 
enfants de leur âge. Ils parlent cependant le français, langue officielle la plus 
importante au Cameroun, et principale lingua franca, les langues et dialectes 

- 15/18 - 

A/3256/2019 

locaux avoisinant les 200. Certes, les deux enfants, âgés de respectivement 9 et 
6 ans, seront confrontés à des difficultés d’intégration. Toutefois, compte tenu de 
leur relatif jeune âge, leur processus d'intégration en Suisse n'est pas encore à ce 
point profond et irréversible qu'un retour dans leur pays d'origine ne puisse plus 
être envisagé. Au contraire, leur jeune âge leur permet une capacité d'adaptation 
accrue. 

  En outre, les enfants sont en bonne santé, et il ne ressort pas du dossier 
qu’un retour au Cameroun les exposerait à des difficultés de santé autres que 
celles auxquelles l’ensemble de la population restée sur place, notamment en lien 
avec la situation sanitaire du pays, est exposé. 

  Enfin, la recourante a fait le choix de fonder une famille en Suisse alors 
qu'elle savait qu'elle serait amenée à quitter le territoire, dès lors qu'elle n'a été au 
bénéfice que d'autorisations de séjour temporaires. 

  Au vu de l’ensemble de ces éléments, l’OCPM en niant l’existence des 
conditions justifiant l’octroi à la recourante et ses enfants d’une autorisation de 
séjour pour cas d’extrême gravité n’a ni violé la loi ni abusé de ou excédé son 
pouvoir d’appréciation. 

9)  La recourante soutient également qu'elle devrait être mise avec ses enfants 
au bénéfice d'une admission provisoire – à tout le moins en substance, dès lors 
qu'elle invoque les risques qu'elle encourrait en cas de retour dans son pays. 

 a. Selon l'art. 64 al. 1 LEI, les autorités compétentes renvoient de Suisse tout 
étranger qui n'a pas d'autorisation alors qu'il y est tenu (let. a), ainsi que tout 
étranger dont l'autorisation est refusée, révoquée ou n'a pas été prolongée (let. c) 
en assortissant ce renvoi d'un délai de départ raisonnable (al. 2). 

  Le renvoi d'un étranger ne peut toutefois être ordonné que si l'exécution de 
celui-ci est possible, licite ou peut être raisonnablement exigée (art. 83 al. 1 LEI). 
L'exécution n'est pas possible lorsque l'intéressé ne peut quitter la Suisse pour son 
État d'origine, son État de provenance ou un État tiers ni être renvoyé dans un de 
ces États (art. 83 al. 2 LEI). Elle n'est pas licite lorsqu'elle serait contraire aux 
engagements internationaux de la Suisse (art. 83 al. 3 LEI). L'art. 83 al. 3 LEI vise 
notamment l'étranger pouvant démontrer qu'il serait exposé à un traitement 
prohibé par l'art. 3 CEDH ou l'art. 3 de la Convention contre la torture et autres 
peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants du 10 décembre 1984 
(Conv. torture - RS 0.105 ; arrêt du TAF E-7712/2008 du 19 avril 2011 
consid. 6.1 ; ATA/801/2018 précité consid. 10c et l'arrêt cité). L’exécution du 
renvoi n'est pas raisonnablement exigible si elle met concrètement en danger 
l'étranger, par exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée 
ou de nécessité médicale (art. 83 al. 4 LEI).  

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/JmpLex/RS%200.105
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/801/2018

- 16/18 - 

A/3256/2019 

 b.  Comme l'a indiqué le TAPI, le Tribunal fédéral a confirmé en 2019 et en 
2020 que le renvoi au Cameroun était possible, licite et exigible (arrêts du 
Tribunal fédéral 2C_935/2019 du 6 février 2020 et 2C_20/2019 du 13 mai 2019). 

  Le TAF, dans le cadre d'une demande de visa, a rappelé les risques encourus 
en cas de déplacement au Cameroun, soit notamment l'instabilité prévalant dans 
les régions frontières avec le Nigéria et le risque de manifestations voire 
d'émeutes dans les principales villes du pays (arrêt du TAF F-769/2019 du 30 
avril 2020 consid. 5.2). 

 c. En l’espèce, la recourante invoque d'une part la « guerre » avec 
l'organisation Boko Haram, et d'autre part son appartenance à un comité de 
soutien au leader du J______. 

  Or les incidents en lien avec l'organisation Boko Haram se déroulent 
exclusivement dans la région Extrême Nord du pays, dont la recourante ne prétend 
pas être originaire. Quant à son appartenance au J______, elle ne la démontre pas. 
Quoi qu'il en soit, elle cite à cet égard uniquement l'arrestation du leader de ce 
parti politique, alors que ledit dirigeant, Monsieur K______, a été libéré en 
octobre 2019. 

  Au vu de ce qui précède, l’exécution du renvoi de la recourante est possible, 
licite et peut être raisonnablement exigée. 

  Mal fondé, le recours sera rejeté. 

10)  Vu l’issue du litige, un émolument de CHF 400.- sera mis à la charge de la 
recourante (art. 87 al. 1 LPA), et aucune indemnité de procédure ne sera allouée 
(art. 87 al. 2 LPA). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 7 mai 2020 par Madame A______ et ses enfants 
mineurs contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 
6 mars 2020 ; 

 

- 17/18 - 

A/3256/2019 

au fond : 

le rejette ; 

met à la charge de Madame A______ un émolument de CHF 400.- ; 

dit qu'il n'est pas alloué d'indemnité de procédure ; 

dit que les éventuelles voies de recours contre le présent arrêt, les délais et conditions de 
recevabilité qui leur sont applicables, figurent dans la loi fédérale sur le Tribunal fédéral 
du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), dont un extrait est reproduit ci-après. Le mémoire 
de recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou 
par voie électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l'envoi ; 

communique le présent arrêt à Me Sylvain Bogensberger, avocat de la recourante, à 
l'office cantonal de la population et des migrations, au Tribunal administratif de 
première instance ainsi qu'au secrétariat d'État aux migrations. 

Siégeant : M. Mascotto, président, Mme Krauskopf, M. Verniory, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

M. Rodriguez Ellwanger 
 

 le président siégeant : 
 
 

C. Mascotto 
 

 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 

 la greffière : 
 
 
 
 

  

- 18/18 - 

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Extraits de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110) 
consultable sur le site: http://www.admin.ch/ch/f/rs/c173_110.html 

Recours en matière de droit public 

(art. 82 et ss LTF) 
Recours constitutionnel subsidiaire 

(art. 113 et ss LTF) 

Art. 82 Principe 
Le Tribunal fédéral connaît des recours : 
a. contre les décisions rendues dans des causes de droit 
public ; 
… 
Art. 83 Exceptions 
Le recours est irrecevable contre : 
… 
c. les décisions en matière de droit des étrangers qui 

concernent :  
1. l’entrée en Suisse, 
2. une autorisation à laquelle ni le droit fédéral ni le 

droit international ne donnent droit, 
3. l’admission provisoire, 
4. l’expulsion fondée sur l’art. 121, al. 2, de la 

Constitution ou le renvoi, 
5. les dérogations aux conditions d’admission, 
6. la prolongation d’une autorisation frontalière, le 

déplacement de la résidence dans un autre canton, 
le changement d’emploi du titulaire d’une 
autorisation frontalière et la délivrance de 
documents de voyage aux étrangers sans pièces de 
légitimation ; 

d. les décisions en matière d’asile qui ont été rendues :  
1. par le Tribunal administratif fédéral, 
2. par une autorité cantonale précédente et dont 

l’objet porte sur une autorisation à laquelle ni le 
droit fédéral ni le droit international ne donnent 
droit ; 

… 
Art. 89 Qualité pour recourir 
1 A qualité pour former un recours en matière de droit 
public quiconque : 
a. a pris part à la procédure devant l’autorité précédente 

ou a été privé de la possibilité de le faire ; 
b. est particulièrement atteint par la décision ou l’acte 

normatif attaqué, et 
c. a un intérêt digne de protection à son annulation ou à 

sa modification. 
… 
Art. 95 Droit suisse 
Le recours peut être formé pour violation : 
a. du droit fédéral ; 
b. du droit international ; 
c. de droits constitutionnels cantonaux ; 
d. de dispositions cantonales sur le droit de vote des 

citoyens ainsi que sur les élections et votations 
populaires ; 

e. du droit intercantonal. 

Art. 100 Recours contre une décision 
1 Le recours contre une décision doit être déposé devant le 
Tribunal fédéral dans les 30 jours qui suivent la 
notification de l’expédition complète. 
______________________________________________ 

Art. 113 Principe 
Le Tribunal fédéral connaît des recours 
constitutionnels contre les décisions des autorités 
cantonales de dernière instance qui ne peuvent faire 
l’objet d’aucun recours selon les art. 72 à 89. 
Art. 115 Qualité pour recourir 
A qualité pour former un recours constitutionnel 
quiconque : 
a. a pris part à la procédure devant l’autorité 

précédente ou a été privé de la possibilité de le 
faire et 

b. a un intérêt juridique à l’annulation ou à la 
modification de la décision attaquée. 

Art. 116 Motifs de recours 
Le recours constitutionnel peut être formé pour 
violation des droits constitutionnels. 

Art. 100 Recours contre une décision 
1 Le recours contre une décision doit être déposé 
devant le Tribunal fédéral dans les 30 jours qui 
suivent la notification de l’expédition complète. 
___________________________________________ 

 

Recours ordinaire simultané (art. 119 LTF) 
1 Si une partie forme contre une décision un recours ordinaire et un recours constitutionnel, elle doit déposer les 
deux recours dans un seul mémoire. 
2 Le Tribunal fédéral statue sur les deux recours dans la même procédure. 

3 Il examine les griefs invoqués selon les dispositions applicables au type de recours concerné.