# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** fafe9edb-2a53-5d4b-b065-3f74a96da1ff
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-03-17
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Strafkammer 17.03.2022 502 2022 44
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_005_502-2022-44_2022-03-17.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00
tribunalcantonal@fr.ch
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

502 2022 44

Arrêt du 17 mars 2022

Chambre pénale

Composition Président : Laurent Schneuwly
Juges : Jérôme Delabays, Sandra Wohlhauser
Greffière-rapporteure : Cornelia Thalmann El Bachary

Parties A.________, prévenu et recourant, représenté par Me Christian 
Delaloye, avocat

contre

MINISTÈRE PUBLIC, intimé

Objet Détention provisoire – recours irrecevable

Recours du 28 février 2022 contre l'ordonnance du Tribunal des 
mesures de contrainte du 25 février 2022

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considérant en fait et en droit

1.

Une instruction pénale est en cours à l'encontre de A.________ pour escroquerie, faux dans les 
certificats, diffamation et abus de confiance.

S’agissant en particulier des infractions contre le patrimoine, il est en substance soupçonné d’avoir 
acquis, entre mars 2020 et septembre 2021, diverses marchandises, bouteilles de vin et articles de 
sport notamment, auprès de commerces pour un montant total de plus de CHF 128'000.- en 
sollicitant lors de chaque commande un paiement sur facture tout en sachant qu'il n'avait pas les 
moyens de s'acquitter de son dû. Il aurait également usé de divers procédés afin de se faire remettre 
les articles commandés, en se faisant passer pour un tiers, en montrant un ordre de paiement en 
suspens qu'il annulait par la suite, etc. 

2.

A.________ a été arrêté le 23 février 2022. 

Par ordonnance du 25 février 2022, le Tribunal des mesures de contrainte (ci-après : le Tmc) l’a 
placé en détention provisoire jusqu’au 22 avril 2022, retenant les risques de collusion et de réité-
ration. 

3.

Par lettre rédigée par lui-même, datée du 26 février 2022 et remise à la Poste le 28 février 2022, le 
prévenu a interjeté recours contre sa mise en détention. 

Ce texte a été communiqué en copie à son défenseur le 1er mars 2022, aux fins de savoir s’il devait 
être compris comme un recours et, dans l’affirmative, si un complément devait être attendu dans le 
solde du délai légal de recours. Par acte du 3 mars 2022, Me Delaloye a confirmé que le courrier 
doit effectivement être traité comme un recours et annoncé qu'il n'y a pas lieu d'attendre un tel 
complément. 

Le Tmc s’est déterminé le 10 mars 2022, concluant au rejet du recours, dans la mesure de sa 
recevabilité. Quant au Ministère public, il a pris position le 14 mars 2022, concluant au rejet du 
recours. Les deux autorités ont produit leur dossier respectif. Le 15 mars 2022, Me Delaloye a 
indiqué ne pas avoir d’ultimes observations à déposer. 

4.

Il n'est pas contestable que la décision ordonnant une détention provisoire ou sa prolongation est 
sujette à recours auprès de la Chambre pénale (art. 20 al. 1 let. c, 222 et 393 al. 1 CPP, art. 64 let. 
c et 85 de la loi sur la justice) et que le prévenu a qualité pour recourir contre celle-ci (art. 382 al. 1 
CPP). Le délai de dix jours pour recourir (art. 396 al. 1 CPP) a manifestement été respecté. 

5.

5.1. Le recours doit être motivé (art. 396 al. 1 CPP) et indiquer précisément les motifs qui 
commandent une autre décision (art. 385 al. 1 let. b CPP). L’exigence de motivation du recours – 
qui a été mentionnée dans la décision attaquée – englobe aussi celle de prendre des conclusions. 

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Cela signifie que la partie recourante doit définir les modifications qui devraient être apportées à 
l’ordonnance attaquée et décrire les raisons qui justifieraient de telles modifications. La doctrine 
considère toutefois que, lorsque la partie n’est pas représentée par un avocat, l’exigence de 
motivation est respectée si les conclusions peuvent être sans équivoque déduites de la motivation 
(BSK StPO-ZIEGLER/KELLER, 2e éd. 2014, art. 385 n. 1). Le recourant doit en tout état de cause 
exposer concrètement et spécifiquement en quoi la décision qu’il attaque contrevient aux motifs dont 
il se prévaut (CR CPP-CALAME, 2e éd. 2019, art. 386 n. 21). Pour satisfaire à l'obligation de motiver, 
la partie recourante doit discuter les motifs de la décision entreprise et indiquer précisément en quoi 
elle estime que l'autorité précédente a méconnu le droit, de telle sorte que l'on comprenne claire-
ment, à la lecture de son exposé, quelles règles de droit auraient été, selon elle, transgressées par 
la juridiction précédente (ATF 140 III 86 consid. 2 p. 89). 

Si le mémoire ne satisfait pas à ces exigences, l’autorité de recours le renvoie au recourant pour 
qu’il le complète dans un bref délai. Si, à l’expiration de ce délai supplémentaire, le mémoire ne 
satisfait toujours pas à ces exigences, l’autorité de recours n’entre pas en matière (art. 385 
al. 2 CPP). Une telle possibilité ne peut toutefois être offerte au recourant que lorsque l’exposé de 
son mémoire de recours est insuffisant (BSK StPO-ZIEGLER/KELLER, art. 385 n. 3) et que le défaut 
de motivation peut être facilement corrigé suite à l’indication donnée par l’autorité. Tel n’est pas le 
cas lorsque le recourant n’a même pas entamé la critique des motifs retenus par l’autorité intimée; 
l’autorité de recours n’a alors pas à fixer de délai supplémentaire. L’autorité de deuxième instance 
n’a en effet pas à s’inquiéter du fait que le recourant présente une argumentation optimale (not. BSK 
StPO-ZIEGLER/KELLER, art. 385 n. 4).

5.2. En l'occurrence, le recours – pour lequel aucun complément n'a été proposé – indique en 
substance que le prévenu regrette vivement les actes qui lui sont reprochés, qu’il a reconnu les faits, 
qu’il suit un traitement concernant ses achats compulsifs, qu’il ne commettra plus d’infractions, les 
jours de détention lui ayant permis de réfléchir, qu’il souhaite pouvoir suivre les mesures de 
réinsertion de l’AI, respectivement travailler et rembourser ses dettes, aider son épouse à payer les 
factures, qu’il est père d’un enfant en bas âge, lequel a besoin de ses deux parents, et qu’il est 
d’accord de rester à son domicile avec un bracelet électronique et de s’engager à suivre un 
traitement contre son addiction. 

A l’examen de l’ordonnance querellée, on constate que le Tmc a détaillé les graves soupçons 
d’infractions, le fondement des risques de collusion et de réitération et les raisons pour lesquelles il 
n’est, à son avis, pas possible d’ordonner des mesures de substitution en l’état. Si l’on comprend 
bien que le recourant souhaite être libéré, cas échéant moyennant des mesures de substitution, 
respectivement qu’il ne conteste pas les graves soupçons au sens de l’art. 221 CPP, il ne discute 
en revanche pas la motivation de la décision querellée s’agissant des autres points (risques de 
collusion et de réitération, mesures de substitution), se contentant d’affirmations toutes générales, 
comme par exemple qu’il ne commettra plus d’infractions. 

Dans ces conditions, le recours doit être déclaré irrecevable. 

6.

Aurait-il été recevable que le recours devrait être rejeté car manifestement non fondé, la Chambre 
pénale faisant siens les motifs développés dans l'ordonnance attaquée, respectivement exposés 
dans la détermination du Ministère public du 14 mars 2022. 

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7.

7.1. Vu l’issue de la procédure, les frais doivent être mis à la charge du recourant (art. 428 al. 1 
CPP; art. 35 et 43 du règlement sur la justice), lequel n'a pour le même motif pas droit à une 
indemnité de partie. 

7.2. Une indemnité de défenseur d’office de CHF 150.-, TVA par CHF 11.55 en sus, est allouée 
à Me Delaloye pour les quelques opérations qu’il a été amené à effectuer dans le cadre de la 
procédure de recours. 

la Chambre arrête:

I. Le recours est irrecevable.

II. L’indemnité due à Me Christian Delaloye, défenseur d’office, pour la procédure de recours est 
arrêtée à CHF 150.-, TVA par CHF 11.55 en sus.

III. Les frais de procédure, fixés à CHF 461.55 (émolument : CHF 250.-; débours : CHF 50.-; frais 
de défense d'office : CHF 161.55), sont mis à la charge de A.________.

Le remboursement à l’Etat de l’indemnité allouée au chiffre II ci-dessus sera exigible dès que 
la situation économique de A.________ le permettra.

IV. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours 
dès la notification de l’arrêt rédigé. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). L'acte 
de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 17 mars 2022/swo

Le Président : La Greffière-rapporteure :