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**Case Identifier:** 34c25329-1d8f-58f9-83dd-60e713a379a4
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2007-05-22
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 22.05.2007 A/4216/2006
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-4216-2006_2007-05-22.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/4216/2006-DES ATA/264/2007  

ARRÊT 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 22 mai 2007 

 

dans la cause 

 

Monsieur E______ 
représenté par Me Ridha Ajmi, avocat  

contre 

DÉPARTEMENT DE L'ÉCONOMIE ET DE LA SANTÉ 
 

 

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A/4216/2006 

EN FAIT 

1.  Monsieur E______, né en 1965, domicilié à Plan-les-Ouates, est titulaire de 

la carte professionnelle de chauffeur de taxi depuis le 19 juin 1996 et exerce cette 

profession depuis le 11 novembre 1996 en qualité d’employé. 

2.  Suite à l’entrée en vigueur, le 15 mai 2005, de la loi sur les taxis et 
limousines (transport professionnel de personnes au moyen de voitures 

automobiles) du 21 janvier 2005 (LTaxis - H 1 30) l’intéressé a déposé, en date du 
17 mai 2006, auprès du service des autorisations et patentes du département de 

l’économie et de la santé (ci-après : le département), une requête en vue de 
l’obtention d’une autorisation d’exploiter un taxi de service public en qualité 
d’indépendant. 

3.  Par décision du 11 octobre 2006, le département a refusé l’autorisation 
sollicitée.  

  En procédant à l’examen des conditions propres à la délivrance de ladite 
autorisation, l’autorité compétente avait constaté que l’intéressé faisait l’objet 
d’actes de défaut de biens pour un montant total de CHF 4’262.-. Dès lors, il 
n’offrait pas les garanties de solvabilité exigées par la loi, les poursuites à son 
encontre étant en rapport avec son activité professionnelle dans le transport de 

personnes. 

4.  Par acte du 13 novembre 2006, M. E______ a recouru auprès du Tribunal 

administratif contre la décision susmentionnée, concluant à son annulation et à 

l’octroi de l’autorisation sollicitée. 

  Parmi ses dettes, seules celles correspondant à des arriérés d’amendes 
d’ordre et ayant donné lieu à des actes de défaut de biens pour un montant de 
CHF 3'236.-, étaient en relation avec son activité de chauffeur de taxi. Il avait 

trouvé un arrangement avec le service des contraventions pour leur règlement. 

Leur montant total ne pouvait justifier le refus de l’autorisation sollicitée. Le 
département n’avait pas tenu compte de sa volonté de régler ses dettes, concrétisée 
par le fait qu’en deux ans, celles liées aux contraventions avaient été ramenées de 
CHF 12'000.- à CHF 4'296.- au moment du dépôt de la demande d’autorisation et 
à CHF 3'236.- au moment du recours. 

5.  Le 18 décembre 2006, le département s’est opposé au recours. Pour refuser 
l’autorisation sollicitée, il avait pris en considération deux actes de défaut de biens 
et représentant des créances de l’administration fiscale cantonale pour les impôts 
cantonaux et communaux 1999 et 2000. A ceux-ci s’ajoutaient cinq autres actes 
de défaut de biens correspondant à des impôts cantonaux et communaux 1995, 

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1997 et 1998 ainsi qu’à des impôts fédéraux de 1995 à 1998. Par ailleurs, 
l’intéressé admettait que les actes de défaut de biens correspondant à des amendes 
impayées étaient liés à son activité professionnelle. Le montant total des actes de 

défaut de biens établis à l’encontre de M. E______ étaient de CHF 34'576.70. 

  Le département estimait que les dettes concernant les impôts cantonaux et 

communaux étaient en relation avec l’activité professionnelle de chauffeur de taxi, 
car il serait choquant que celui-ci obtienne, dans cette situation, le droit à un usage 

commun accru du domaine public, qui impliquait des avantages tels que les droits 

d’utiliser des places de stationnement ou de s’engager sur les voies de bus. De 
même, les dettes vis-à-vis de l’administration fédérale des impôts étaient-elles 
liées à l’activité professionnelle du recourant puisque frappant le revenu qu’il en 
tirait. Vu le montant de ses arriérés, il était peu probable qu’il puisse s’acquitter de 
la taxe unique à verser en cas d’obtention de l’autorisation d’exploiter un taxi de 
service public en qualité d’indépendant et  avec sa mauvaise morale de paiement 
(sic), il risquait de faire l’objet de poursuites supplémentaires pour le règlement de 
cette taxe. 

6.  Le 20 mars 2007, M. E______ a transmis au tribunal de céans diverse pièces 

relatives à un arrangement de paiement avec l’AFC. 

EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 

recevable (art. 56A de la loi sur l'organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - 

LOJ - E 2 05 ; art. 63 al. 1 litt. a de la loi sur la procédure administrative du 12 

septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2.  Lors de son entrée en vigueur, la LTaxis a abrogé la loi sur les services de 

taxis du 26 mars 1999 (aLTaxis). 

  Parallèlement, le règlement d’exécution de la loi sur les services de taxis du 
8 décembre 1999 (aRTaxis) a été abrogé par le règlement d’exécution de la 
LTaxis, du 4 mai 2005 (RTaxis – H 1 30.01). 

3. a. Selon l’article 53 alinéa 1 LTaxis, les chauffeurs de taxis titulaires de la 
carte professionnelle de chauffeur employé ou de chauffeur indépendant sans 

employé au sens de l’aLTaxis, qui, lors de l’entrée en vigueur de la loi, exercent 
de manière effective leur profession, se voient délivrer la carte professionnelle de 

chauffeur de taxi prévue par la nouvelle législation. 

 b. Les chauffeurs de taxis qui, lors de l’entrée en vigueur de la loi, exercent de 
manière effective leur profession en qualité d’indépendants, sont autorisés à 
poursuivre leur activité durant une année, à l’échéance de laquelle ils doivent 

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avoir satisfait aux conditions de l’article 11 alinéa 1 LTaxis s’ils entendent 
continuer à exercer leur profession en qualité d’indépendant (art. 53 al. 3 et 4 
LTaxis). Ils doivent solliciter du département une nouvelle autorisation ad hoc. Si 

le département constate que le requérant ne remplit pas les conditions de 

renouvellement de l’autorisation, il lui impartit un ultime délai pour satisfaire à 
celles-ci et l’avertit qu’à défaut et à l’échéance dudit délai, l’autorisation 
d’exploiter sera révoquée (art. 53 al. 4 LTaxis). 

4. a. S’agissant du permis de service public, durant la première année après 
l’entrée en vigueur de la LTaxis, les exploitants d’un taxi sans permis de 
stationnement, titulaires du brevet d’exploitant avant le 1er janvier 2004 ou 
exerçant leur activité en vertu de l’article 58 aRTaxis, ont droit à bénéficier d’un 
permis de service public, pour autant qu’ils exercent de manière effective leur 
profession et ne sont pas déjà au bénéfice d’un tel permis, sans qu’il soit tenu 
compte du numerus clausus instauré par l’article 20 LTaxis (art. 58 al. 2 let. a et b 
LTaxis). Ces permis sont délivrés contre paiement d’une taxe unique dont le 
montant dépend de la date du début de l’activité, sans interruption, dans la 
profession (art. 21 al. 4 et 58 al. 4 LTaxis).  

 b. Le permis de service public confère à son titulaire un droit d’usage accru du 
domaine public, lui permettant, dans certaines limites, de s’arrêter aux stations de 
taxis dans l’attente de clients et d’utiliser les voies réservées aux transports en 
commun ainsi que d’emprunter les zones ou les rues dans lesquelles la circulation 
est restreinte (art. 19 al. 2 LTaxis). 

5.  Le recourant a déposé en temps utile la requête tendant à être autorisé à 

exploiter un taxi de service public en qualité d’indépendant. 

6.  Aux termes de l’article 11 alinéa 1 LTaxis, l’autorisation est délivrée à une 
personne physique lorsqu’elle est au bénéfice d’une carte professionnelle de 
chauffeur de taxi (let. a), se voit délivrer un permis de service public (let. b), 

dispose d’une adresse professionnelle fixe dans le canton de Genève à laquelle 
elle peut être atteinte, notamment par téléphone ou par le biais de la centrale à 

laquelle elle est affiliée (let. c), justifie de sa solvabilité et de son affiliation à une 

caisse de compensation (let. d) et est propriétaire ou preneur de leasing d’un 
véhicule répondant aux exigences du droit fédéral et de la LTaxis, immatriculé à 

son nom dans le canton de Genève (let. e).  

7.  Le département a refusé l’autorisation sollicitée au motif que le recourant 
n’avait pu justifier de sa solvabilité. 

  Selon l’article 5 alinéa 1 RTaxis, la solvabilité est examinée sur la base d’un 
relevé des offices des poursuites et des faillites du lieu du domicile du requérant. 

Le département peut considérer que n’offre pas les garanties de solvabilité 
suffisantes le requérant dont les poursuites dirigées à son encontre sont en rapport 

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avec son activité professionnelle dans le transport de personnes et ont abouti à une 

saisie infructueuse ou un acte de défaut de biens après faillite (art. 5 al. 2 RTaxis). 

  In casu, le recourant a fait l’objet de plusieurs actes de défaut de biens 
concernant des créances fiscales, dont deux seulement ont été retenus par le 

département comme étant en rapport avec sa profession, sans que l’on puisse 
déterminer pour quel motif les autres ont été écartés. Ce dernier point peut 

toutefois demeurer sans réponse dès lors que le raisonnement du département ne 

saurait être suivi. En effet, l’impôt cantonal sur le revenu et la fortune n’est pas lié 
à l’exercice d’une profession spécifique et il n’y a pas d’assujettissement spécial 
pour les contribuables exerçant leur activité professionnelle dans le transport de 

personnes. Par ailleurs, il n’y a pas lieu de lier le droit d’usage accru du domaine 
public dont disposent les titulaires d’autorisation d’exploiter un taxi de service 
public à l’acquittement de l’impôt ordinaire, sauf à rajouter une exigence non 
prévue par le législateur, étant rappelé que le permis de service public est déjà 

subordonné au paiement d’une taxe unique (art. 21 al. 4 LTaxis). Les mêmes 
considérations sont valables pour l’impôt fédéral direct.  

8.  Les amendes impayées auprès du service des contraventions ont été 

considérées à juste titre comme étant en rapport avec l’activité professionnelle du 
recourant dès lors qu’elles ont été infligées à l’occasion de l’exercice de celle-ci. 
Le recourant l’admet d’ailleurs. 

  Ce lien est toutefois insuffisant pour justifier le refus pur et simple de 

l’autorisation sollicitée, sans que l’autorité ait préalablement examiné si, par son 
activité, l’intéressé pouvait être en mesure d’améliorer sa situation financière, une 
appréciation positive à cet égard permettant au département de délivrer une 

autorisation provisoire (art. 15 al. 3 RTaxis). Cet examen s’impose d’autant plus 
que le recourant a, à teneur du dossier, régulièrement diminué sa dette auprès du 

service des contraventions et fait des efforts pour s’acquitter des autres.  

9.  Au vu de ce qui précède, le recours sera partiellement admis. La décision 

attaquée sera annulée et le dossier renvoyé à l’autorité compétente pour nouvelle 
décision après nouvel examen des conditions d’octroi, cas échéant provisoire, de 
l’autorisation sollicitée.  

10.  Vu l’issue du litige, un émolument de CHF 700.- sera mis à la charge du 
département et un émolument de CHF 300.- à celle du recourant qui n’obtient que 
partiellement gain de cause. Une indemnité de CHF 800.- sera allouée au 

recourant, à la charge de l’Etat de Genève (art. 87 LPA).  
 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 13 novembre 2006 par Monsieur E______ 

contre la décision du département de l'économie et de la santé du 11 octobre 2006 ; 

au fond : 

l’admet partiellement ; 

annule la décision attaquée ; 

renvoie le dossier au département de l’économie et de la santé pour nouvelle décision 
dans le sens des considérants ; 

met à la charge du département de l’économie et de la santé un émolument de 
CHF 700.- ; 

met à la charge du recourant un émolument de CHF 300.- ; 

alloue une indemnité de CHF 800.- au recourant à la charge de l’Etat de Genève ; 

dit que, conformément aux articles 82 et suivants de la loi fédérale sur le Tribunal 

fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les 

trente jours qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du 

recours en matière de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, 

motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il 

doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie 

électronique aux conditions de l'article 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 

possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 

l'envoi ;  

communique le présent arrêt à Me Ridha Ajmi, avocat du recourant ainsi qu’au 
département de l'économie et de la santé. 

Siégeants : Mme Bovy, présidente, Mme Hurni, M. Thélin, Mme Junod, juges, 

M. Grant, juge suppléant  

 

 

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Au nom du Tribunal administratif : 

la greffière-juriste adj. a.i. : 

 

 

P. Pensa 

 la vice-présidente : 

 

 

L. Bovy 

 

 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  

 

 

 

 

 

 la greffière :