# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 3b3482a5-5fa4-5360-85d2-34565bfce2e3
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-12-08
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 08.12.2021 GE.2021.0091
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_GE-2021-0091_2021-12-08.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 8 décembre 2021 

  
	
  Composition

  	
  Mme Marie-Pierre Bernel, présidente; MM.
  André Jomini et Guillaume Vianin, juges; Mme Valérie
  Duvanel-Donzel, greffière.

  

 

	
  Recourant

  	
   

  	
   A.________ à
  ******** 

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Ministère public de l'arrondissement
  de Lausanne, à Lausanne,   

  

   

	
  Tiers intéressé

  	
   

  	
  B.________ à ********. 

  

   

 

	
  Objet

  	
  Loi sur la protection des données 

  
	
   

  	
  Recours A.________ c/
  décision du Ministère public de l'arrondissement de Lausanne du 7 mai 2021 (transmission
  du rapport de police concernant l'accident du 03.06.2020)

  

 

Vu les faits suivants:

A.                    
Le 3 juin 2020, A.________ a été impliqué dans un accident de la circulation
au ********.

Le 29 juillet 2020, le Ministère public de l’arrondissement
de Lausanne (ci-après: le Ministère public) a rendu à l’encontre du prénommé
une ordonnance pénale, aujourd’hui définitive et exécutoire (cause ********). Le
dossier a été archivé le 11 janvier 2021.

B.                    
Par courrier du 23 mars 2021, B.________ (ci-après: B.________), en tant
qu’assureur responsabilité civile du véhicule que conduisait A.________ lors de
l’accident du 3 juin 2020, s’est adressée à la Police cantonale vaudoise afin
d'obtenir copie du rapport de police relatif à l’accident précité.

Le 14 avril 2021, le Ministère public a, compte tenu
de la requête de B.________, prié A.________ de l’informer d’ici au 23 avril
2021 s’il s’opposait à la demande de l'assureur sollicitant une copie du
rapport de la gendarmerie établi en date du 2 juillet 2020 à la suite de
l'accident du 3 juin 2020.

Dans son courrier du 20 avril 2021, l’intéressé s’est
opposé à la demande de B.________, invoquant des raisons de confidentialité.

Par décision du 7 mai 2021, le Ministère public, considérant
que l’intérêt pécuniaire de B.________ était supérieur à l'intérêt privé de A.________
à la confidentialité, a informé ce dernier que le rapport de police serait transmis
à B.________, une fois le délai de recours échu. La décision indiquait la
Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal (ci-après: la CREP) comme autorité
de recours.

C.                    
Par acte du 17 mai 2021, A.________ a interjeté recours auprès de la
CREP contre la décision précitée, s’opposant à ce qu’une copie du rapport de
police le concernant soit remise à B.________ et concluant ainsi implicitement
à l’annulation de la décision entreprise.

Par décision du 20 mai 2021, la CREP a transmis d’office
le recours de A.________ (ci-après: le recourant ou l’intéressé) à la Cour de droit
administratif et public du Tribunal cantonal (ci-après: la CDAP) comme objet de
sa compétence.

La cause a été enregistrée sous la référence
GE.2021.0091 par la CDAP. 

Le 10 juin 2021, le Ministère public a conclu au
rejet du recours interjeté par A.________.

B.________ a renoncé à se déterminer.

Le tribunal a statué par voie de circulation.

Considérant en droit:

1.                     
La décision attaquée a été rendue par le Ministère public non pas comme
autorité de poursuite pénale, mais comme autorité administrative. En effet, la
décision litigieuse se rapporte au droit de consulter une pièce du dossier
d'une procédure pénale close et archivée, mais n'a pas été rendue à proprement
parler dans le cadre d'une procédure pénale; la procédure applicable est par
conséquent celle de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure
administrative (LPA-VD; BLV 173.36) (cf. ATF 136 I 80 c. 1.1; arrêts TF 1C_13/2016
du 18 avril 2016 consid. 1; 1C_127/2015 du 7 juillet 2015 consid. 1).

Conformément à l'art. 92 LPA-VD, la CDAP, à laquelle
la CREP a transmis d'office le recours, est compétente.

Interjeté dans le délai utile (art. 95 LPA-VD), le
mémoire respecte au surplus les conditions formelles énoncées notamment à l’art.
79 LPA-VD, applicable par renvoi de l’art. 99 LPA-VD. Partant, il convient d’entrer
en matière sur le recours.

2.                     
Le litige porte sur une demande de consultation d’un document faisant
partie d’un dossier, aujourd’hui archivé, dans le cadre duquel une ordonnance
pénale a été rendue; le recourant s'oppose à ce que le Ministère public
transmette à B.________ le rapport de police concernant l’accident de circulation
survenu le 3 juin 2020 au ******** et dans lequel il était impliqué comme conducteur.

a) En procédure pénale, la consultation des dossiers
pendants est prévue aux art. 101 et 102 du Code de procédure pénale suisse du 5
octobre 2007 (CPP; RS 312.0). L’art. 101 CPP règle ainsi le droit des parties de
consulter le dossier (al. 1 ) ainsi que celui d’autres autorités (al. 2). Quant
à l’art. 101 al. 3 CPP, il prévoit que des tiers peuvent consulter le dossier s’ils
font valoir à cet effet un intérêt scientifique ou un autre intérêt digne de
protection et qu’aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s’y oppose. L’art. 102
CPP traite pour sa part des modalités applicables en cas de demande de consultation
des dossiers (consultation au siège de l'autorité pénale concernée, copie
contre versement d'un émolument, etc.).

Pour ce qui concerne la consultation par des tiers,
selon la jurisprudence et la doctrine, les tiers doivent faire valoir un intérêt
personnel digne de protection auquel aucun intérêt privé ou public prépondérant
ne doit s'opposer; l'intérêt du tiers doit l'emporter sur les intérêts
contraires à la préservation du secret (cf. Laurent Moreillon/ Aude Parein-Reymond,
Petit commentaire du Code de procédure pénale, 2ème éd., Bâle 2016, n.
19 ad art. 101 CPP). Si tel n'est pas le cas, le tiers n'a aucun droit à avoir
accès au dossier pénal. De plus, le tiers n'étant pas partie à la procédure,
son intérêt à obtenir l'accès au dossier est de moindre importance par rapport
à celui notamment du prévenu et/ou des parties plaignantes, qui en ont besoin
pour la défense de leurs droits. Un intérêt digne de protection d'un tiers au
sens de l'art. 101 al. 3 CPP ne doit ainsi être admis
qu'exceptionnellement et dans des cas où cela se justifie, sauf à prendre
autrement le risque de retard ou d'abus. Un droit d'accès, respectivement un intérêt
digne de protection, peut entrer en considération s'agissant, par exemple, de
sociétés d'assurance - en lien notamment avec d'éventuelles prétentions à faire
valoir sur le plan civil - ou de chroniqueurs judiciaires (arrêts TF 1C_33/2020
du 26 mai 2021 consid. 3.3.1; 1B_590/2020 du 17 mars 2021 consid. 7.1;
1B_340/2017 du 16 novembre 2017 consid. 2.1;
cf. Camille Perrier Depeursinge, CPP annoté, 2ème éd., Bâle 2020, ad
art. 101 al. 3 CPP).

A teneur du Message relatif à l'unification de la procédure
pénale du 21 décembre 2005 (FF 2006 1057 ss, spécialement 1140-1141), l'art.
101 CPP ne régit que la consultation de dossiers dans le cadre de procédures
pendantes (cf. André Kuhn/Yvan Jeanneret (éd.), Joëlle Chappuis, Commentaire
Romand du CPP, Bâle 2011, n. 1 ad art. 102 CPP).

b) Pour les procédure pénales closes, l’art. 99 al.
1 CPP prévoit qu’après la clôture de la procédure, le traitement des données,
la procédure et les voies de droit sont régies par les dispositions fédérales
et cantonales sur la protection des données.

Ainsi, entre l’ouverture formelle de la procédure
pénale et sa clôture définitive, la consultation du dossier est régie par le
CPP. En revanche, s’agissant d’une procédure pénale clôturée, la question de sa
consultation est régie par le droit de la protection des données (Laurent
Moreillon/Aude Parein-Reymond, op. cit., ad art. 99, ch. 2, et la
référence citée).

aa) En droit cantonal, la loi du 19 mai 2009 d’introduction
du CPP (LVCPP; BLV 312.01) et la loi du 19 mai 2009 sur le Ministère public (LMPu;
BLV 173.21) ne contiennent aucune règle applicable à la consultation de
dossiers pénaux clos. Le règlement de l'ordre judiciaire du 13 juin 2006 sur
l'information (ROJI; BLV 170.21.2) n'est pas non plus applicable puisque le
Ministère public ne fait pas partie de l'Ordre judiciaire vaudois (art. 2 ROJI a
contrario).

bb) Il convient par conséquent de se référer à
la Directive n° 4.1 du Procureur général relative à la Consultation par un
tiers des ordonnances pénales, des ordonnances de classement et des dossiers
archivés, dans son état au 1er juillet 2021 (consultable par
l'intermédiaire du lien suivant: https://www.vd.ch/toutes-les-autorites/ministere-public/bases-legales/),
qui prévoit notamment ce qui suit:

"3           Les
ordonnances de classement entrées en force et les dossiers archivés 

3.1          Généralités 

[...]

Ce sont en principe les
dispositions du droit cantonal qui déterminent la compétence pour statuer sur
une demande relative à un dossier clos (art. 99 CPP), à savoir la Loi sur la
protection des données personnelles (LPrD, BLV 172.65).

[...]

Nonobstant
le fait que les articles 101 et 102 CPP ne s’appliquent qu’aux dossiers d’une procédure
pendante, il y a lieu de prendre en considération, au moment de statuer sur une
requête de consultation d’une décision de classement entrée en force ou d’un
dossier archivé, les critères qui auraient été applicables si la cause était
encore pendante.

La
qualité du requérant est dès lors un élément essentiel. Il y a lieu de
distinguer à cet égard quatre catégories: 

- les autorités
judiciaires et administratives, ou entités chargées de tâches publiques;

- les
tiers concernés;

- les
autres tiers;

- les
médias.

3.2          Règles appliquées par le Ministère public du
canton de Vaud

a)            Toute demande de
consultation d’une ordonnance de classement entrée en force ou d’un dossier
archivé doit faire l’objet d’une demande écrite et motivée.

b) […]

c)            Si la demande d’accès
à la décision ou au dossier provient d’un «tiers concerné», par exemple
une assurance dont l’intérêt et les droits résultent de la loi (art. 32 LPGA
par exemple) ou d’un contrat (assurance RC d’un véhicule, assurance perte de
gain d’un lésé, etc.), ou d’une personne ayant un lien
particulier avec celle dont le décès a fait l’objet de l’enquête (frère ou sœur
d’un suicidé), elle est traitée par le procureur qui a statué.

Si le
droit à l’accès est reconnu, le requérant est informé qu’il peut venir
consulter le dossier au greffe durant une période dont le début et la fin sont indiqués.

En ce qui
concerne les demandes émanant des assurances, si, explicitement ou implicitement,
le procureur constate que seules certaines pièces du dossier contiennent des
éléments en relation avec les questions juridiques fondant leur droit à être
renseigné, des copies des pièces leur sont envoyées. Dans les cas simples et
limpides (par exemple accident de circulation « bagatelle » traité en affaire de
masse), le procureur peut présumer que l’envoi d’une copie complète du dossier
est justifié.

Dans les
autres cas, le tiers concerné – dont l’identité doit être formellement vérifiée
– auquel l’accès est donné peut obtenir des copies dans la mesure où, en tant
que personne intéressé, il aurait eu accès au dossier lorsque la procédure était
en cours.

Pour
les autorités administratives et judiciaires et les tiers concernés, le droit d’accès
est présumé lorsque l’accès aurait été accordé alors que la procédure était pendante.

d) Si la
demande émane d’un autre tiers, elle est transmise sans tarder, avec une copie
de la décision en cause et un bref préavis du procureur qui a statué, au
Procureur général. Celui-ci, ou le procureur général adjoint qu’il désigne,
décide après avoir interpellé les parties en cause. 

cc) La loi sur la protection des données personnelles
du 11 septembre 2007 (LPrD; BLV 172.65) vise à protéger les personnes contre
l'utilisation abusive des données personnelles les concernant (art. 1). Elle s'applique
à tout traitement de données des personnes physiques ou morales (art. 3 al. 1 LPrD).
La LPrD ne s’applique en revanche pas aux procédure civiles, pénales ou administratives
(art. 3 al. 3 let. b LPrD). Cette exception correspond à ce que prévoit l’art.
2 al. 2 let. c de la loi fédérale du 19 juin 1992 sur la protection des données
(LPD; RS 235.1), qui dispose que la loi ne s’applique pas sur le plan fédéral "aux procédures pendantes civiles, pénales, d’entraide
judiciaire internationale ainsi que de droit public et de droit administratif, à
l’exception des procédures administratives de première instance". Le
moment auquel une procédure est ouverte et celui auquel celle-ci se termine
marquent le début et la fin de l’application de la loi spéciale de procédure en
lieu et place de la LPrD (GE.2011.0181 du 1er mai 2012 consid. 2b;
GE.2011.0034 du 2 mai 2011 consid. 2). L'art. 3 al. 2 LPrD dispose que sont
soumis à la LPrD le Grand Conseil, le Conseil d'Etat et son administration,
l'Ordre judiciaire et son administration, la Cour des comptes, les communes ainsi
que les ententes, associations, fédérations, fractions et agglomérations de
communes et les personnes physiques ou morales auxquelles le canton ou une
commune confie des tâches publiques, dans l'exécution desdites tâches. Le
Ministère public n'est pas expressément nommé parmi les entités cantonales
auxquelles s'appliquent la LPrD, mais il ne fait aucun doute qu'il y est soumis
compte tenu de la ratio legis de cette loi. Dans l'Exposé des motifs et
projet de loi (EMPL) sur la protection des données personnelles, il est précisé
que la LPrD s'applique à tous les services de l'Etat, aux communes ainsi qu'aux
corporations et établissements de droit public, seules étant soustraites du
champ d'application de la loi les procédures civiles, pénales et administratives,
la LPrD ne s'appliquant qu'avant et après les procédures en question (cf.
Bulletin du Grand Conseil 2007-2012, Tome 1 Conseil d'Etat, p. 119 ss, spécialement
p. 144 à 146).

Constitue une donnée personnelle toute information
qui se rapporte à une personne identifiée ou identifiable (art. 4 al. 1 ch. 1
LPrD); constitue une donnée sensible, toute donnée personnelle se rapportant notamment
à la sphère intime de la personne, en particulier à son état psychique, mental
ou physique et aux poursuites ou sanctions pénales et administratives (art. 4
al. 1 ch. 2 LPrD). Par traitement de données personnelles, on entend toute
opération ou ensemble d’opérations effectuées ou non à l’aide de procédés
automatisés et appliqués à des données personnelles, notamment la collecte,
l’enregistrement, l’organisation, la conservation, l’adaptation ou la modification,
l’extraction, la consultation, l’utilisation, la communication, la diffusion ou
toute autre forme de mise à disposition, le rapprochement ou l’interconnexion,
ainsi que le verrouillage, l’effacement ou la destruction (art. 4 al. 1 ch. 5
LPrD). Et par communication, on entend le fait de rendre des données
accessibles, notamment de les transmettre, les publier, autoriser leur
consultation ou fournir des renseignements (art. 4 al. 1 ch. 6 LPrD).

Enfin, l'art. 15 al. 1 LPrD prévoit ce qui suit:

"Les données personnelles peuvent être
communiquées par les entités soumises à la présente loi lorsque:

a.   une disposition légale
au sens de l'article 5 le prévoit;

b.   le requérant établit
qu'il en a besoin pour accomplir ses tâches légales;

c.   le requérant privé
justifie d'un intérêt prépondérant à la communication primant celui de la
personne concernée à ce que les données ne soient pas communiquées;

d.   la personne concernée
a expressément donné son consentement ou les circonstances permettent de présumer
ledit consentement;

e.   la personne concernée
a rendu les données personnelles accessibles à tout un chacun et ne s'est pas
formellement opposée à leur communication; ou

f.    le requérant rend
vraisemblable que la personne concernée ne refuse son accord que dans le but de
l'empêcher de se prévaloir de prétentions juridiques ou de faire valoir
d'autres intérêts légitimes; dans ce cas, la personne concernée est invitée, dans
la mesure du possible, à se prononcer, préalablement à la communication des données".

Conformément à l’art. 28 LPrD, toute personne a le
droit de s’opposer à ce que les données personnelles la concernant soient
communiquées, si elle rend vraisemblable un intérêt digne de protection (al.
1).

c) Dans le cas d'espèce, les informations figurant
dans le rapport de police relatif à l’accident du 3 juin 2020 contiennent à l’évidence
des données personnelles, au sens de l’art. 4 LPrD, concernant le recourant
ainsi que la personne qui était passagère du véhicule lors de l’accident. 

Dans son courrier du 23 mars 2021, B.________ a
motivé sa demande de consultation du rapport de police par le fait qu’elle
était l’assureur responsabilité civile du véhicule que conduisait le recourant lors
de l’accident du 3 juin 2020. B.________ dispose, en cette qualité, d’un intérêt
prépondérant à la communication du rapport de police en cause primant celui du
recourant à ce que les données le concernant ne soient pas communiquées. Le document
en cause est en effet nécessaire à la compagnie d'assurance pour déterminer les
éventuelles prestations qu’elle pourrait devoir verser. Il lui est également indispensable
pour évaluer si, en fonction des circonstances de l’accident du 3 juin 2020, elle
pourrait être amenée à se retourner contre le recourant ou un tiers, voire
décider d’apporter des modifications au contrat assurant le véhicule en cause. L’intérêt
pécuniaire du tiers intéressé est dès lors manifeste.

Le recourant se contente de son côté de s’opposer à
la transmission du rapport de police litigieux à B.________ en n'invoquant qu’un
motif de confidentialité. Il ne développe toutefois aucunement en quoi il aurait
un tel intérêt à la confidentialité. Il ne rend pas vraisemblable au sens de l’art. 28
al. 1 LPrD l’existence d’un intérêt digne de protection qui lui permettrait de
s’opposer à la communication au tiers intéressé du rapport de police en cause,
et donc des données personnelles le concernant qui s’y trouvent. Dans son
recours, l’intéressé fait valoir qu’avant sa condamnation, le rapport de police
était à la disposition de B.________ pendant plusieurs semaines et que celle-ci
n’aurait pas fait usage de son droit de le consulter. Cet élément n’est pas
déterminant. Conformément à la règlementation applicable (cf. art. 99
CPP et LPrD), le tiers intéressé dispose, même une fois la procédure pénale
close, de la possibilité de demander à consulter un tel document contenant des
données personnelles, voire sensibles, et de se la voir accorder si les
conditions en sont remplies. La Directive n° 4.1 du Procureur général précitée
mentionne au surplus expressément que "le
droit d’accès est présumé lorsque l’accès aurait été accordé alors que la
procédure était pendante". Le recourant n’a ainsi aucun intérêt
digne de protection lui permettant de s’opposer à la communication à B.________
du rapport de police. Il est en revanche manifeste que cette dernière a un
intérêt prépondérant à pouvoir accéder au rapport de police pour les motifs
précités, dans la mesure en outre où tel aurait également pu être le cas, au
sens de l’art. 101 al. 3 CPP, avant que la procédure ne soit close.

d) L'application de la loi vaudoise du 24 septembre
2002 sur l'information a été évoquée (LInfo; BLV 170.21) notamment dans la
décision de transmission de la cause à la CDAP par la CREP. Le recours à cette
loi n'offrirait cependant aucune solution différente au recourant, la
jurisprudence ayant clairement établi que lorsqu'une demande fondée sur la
LInfo implique la communication de données personnelles, il y a lieu de se
référer à la balance des intérêts prévue par l'art. 15 al. 1 LPrD (TF
1C_136/2019 du 4 décembre 2019 consid. 2.4; CDAP GE.2021.0145 du 3
novembre 2021 consid. 2a; GE.2021.00766 du 29 septembre 2021 consid. 2c).

3.                     
En définitive, le recours doit être rejeté et la décision du Ministère
public de l'arrondissement de Lausanne du 7 mai 2021 autorisant la
communication du rapport de police du 2 juillet 2020 à B.________ confirmée. Il
conviendra toutefois que le Ministère public anonymise ledit rapport s'agissant
des informations relatives à la passagère du véhicule accidenté, qui ne
présentent aucun intérêt pour la compagnie d'assurance.

Conformément à l'art. 33 al. 1 LPrD, la procédure
est gratuite. Le recourant succombant, il n'y a pas lieu d'allouer de dépens
(art. 55 al.1 LPA-VD et 10 du tarif des frais judiciaires et des dépens en matière
administrative du 28 avril 2015 a contrario [BLV 173.36.5.1]).

Par ces motifs

 la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

 

I.                      
Le recours est rejeté. 

II.                     
La décision du Ministère public de l'arrondissement de Lausanne du 7 mai 2021
est confirmée.

III.                   
Il n'est pas perçu d'émolument judiciaire, ni alloué de dépens.

 

Lausanne, le 8 décembre 2021

 

La
présidente:                                                                                          La greffière:

 

 

 

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de
l'avis d'envoi ci-joint.

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa
notification, d'un recours au Tribunal fédéral (Tribunal fédéral suisse, 1000
Lausanne 14). Le recours en matière de droit public s'exerce aux conditions des
articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110),
le recours constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss LTF. Le
mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle, indiquer les
conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. Les motifs
doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit. Les pièces
invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire, pour autant
qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la décision attaquée.