# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** ed05dba9-5e17-56ee-8c73-fe1d3934fd1f
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-04-26
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 26.04.2016 A/281/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-281-2015_2016-04-26.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/281/2015-PE ATA/351/2016  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 26 avril 2016 

1
ère

 section 

   dans la cause 

 

Madame A______ 
représentée par Me Pierre Bayenet, avocat  

contre 

 OFFICE CANTONAL DE LA POPULATION ET DES MIGRATIONS 
 

_________ 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 

5 mai 2015 (JTAPI/542/2015) 

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A/281/2015 

EN FAIT 

1)  Madame A______, née le ______ 1996, est ressortissante turque.  

2)  Les 22 février et 17 avril 2007, son beau-père, Monsieur B______, né le 
______ 1964, et sa mère, Madame B______, née le ______ 1965, ont chacun 
déposé une demande d’asile en Suisse. Tous deux sont également ressortissants de 
Turquie.  

3)  Le ______ 2007, Mme B______ a donné naissance à Genève à une fille 
prénommée C______. 

4)  Par décision du 30 septembre 2009, l’office fédéral des migrations, devenu 
depuis le 1er janvier 2015 le secrétariat d’État aux migrations (ci-après : le SEM), 
a rejeté les demande d’asile de Mme et M. B______, a prononcé leur renvoi de 
Suisse et a ordonné l'exécution de cette mesure.  

  Les intéressés n’avaient pas rendu vraisemblable leur qualité de réfugiés, et 
l'exécution de leur renvoi en Turquie était licite, raisonnablement exigible et 
possible. 

5)  Le 2 novembre 2009, Mme et M. B______ ont interjeté recours auprès du 
Tribunal administratif fédéral (ci-après : TAF) contre la décision du SEM du 
30 septembre 2009.  

6)  En date du 9 janvier 2010, Mme A______ est arrivée en Suisse dans le but 
de rejoindre sa mère. Le SEM l'a incluse dans la demande d'asile de celle-ci. 

7)  Par arrêt du 1er octobre 2012, le TAF a rejeté le recours et confirmé la 
décision du SEM du 30 septembre 2009 et la mesure de renvoi.  

8)  En date du 5 décembre 2012, Mme et M. B______ et Mme A______ ont 
déposé une demande de réexamen de la décision du SEM du 30 septembre 2009 
leur refusant l’asile, faisant valoir des problèmes de santé sérieux nécessitant une 
prise de soins, des traitements et des investigations médicales suivies, et 
invoquant également le déracinement que constituerait pour eux un éventuel 
renvoi dans leur pays du fait de leur bonne intégration en Suisse. 

9)  Par décision du 11 janvier 2013, le SEM a rejeté cette demande, au motif 
notamment que les suivis médicaux dont bénéficiaient les intéressés pouvaient 
être poursuivis en Turquie.  

10)  En date du 13 février 2013, les intéressés ont formé recours auprès du TAF 
à l’encontre de cette décision, concluant à l'annulation de celle-ci, au prononcé 

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d'une admission provisoire et à l'octroi d'un « permis humanitaire pour cas de 
rigueur ». 

11)  Par arrêt du 9 juillet 2014, le TAF a déclaré la conclusion visant à l'octroi 
d'une autorisation de séjour de police des étrangers irrecevable car elle ne faisait 
pas partie de l'objet du litige, exclusivement limité à la question de l'exigibilité de 
l'exécution du renvoi, et a rejeté le recours pour le surplus.  

  Faute d'élément nouveau, important et pertinent concernant la santé et la 
situation des intéressés, c’était à juste titre que l'autorité de première instance avait 
rejeté leur demande de reconsidération portant sur l'exigibilité du renvoi. 

12)  En date du 3 décembre 2014, sous la plume de leur mandataire, Mme et 
M. B______ et Mme A______ ont déposé auprès de l’office cantonal de la 
population et des migrations (ci-après : l’OCPM) une demande d’autorisation de 
séjour pour cas de rigueur, en leur faveur et en celle de l’enfant mineur C______. 

13)  Par décision du 9 décembre 2014, l’OCPM a refusé de donner une suite 
favorable à cette demande. 

  Conformément à la législation en vigueur, seules les autorités cantonales 
étaient habilitées à soumettre, pour approbation au SEM, les situations de 
requérants d’asile déboutés ou en cours de procédure qu’elles entendaient 
régulariser. Dans le cas d’espèce, l’OCPM n’était pas disposé à solliciter une 
régularisation de leur séjour auprès des autorités fédérales.  

14)  En date du 15 décembre 2014, Mme A______ et la famille B______ ont 
demandé à l’OCPM si sa décision serait différente si le dossier de Mme A______ 
était séparé de celui de sa mère et de son beau-père.  

  Mme A______ avait vécu toute son adolescence à Genève, était 
parfaitement intégrée et scolarisée avec succès, et présentait les caractéristiques 
typiques requises pour autoriser une régularisation. 

15)  Par courrier du 8 janvier 2015, l’OCPM a indiqué qu’au même titre que le 
reste de la famille, il n’entendait pas régulariser les conditions de séjour de 
Mme A______.  

  La durée de son séjour en Suisse était uniquement due au refus de la famille 
de quitter le territoire suisse. 

16)  Par acte du 27 janvier 2015, Mme A______ a interjeté recours auprès du 
Tribunal administratif de première instance (ci-après : le TAPI) contre les 
décisions de l’OCPM des 9 décembre 2014 et 8 janvier 2015, concluant à leur 
annulation, et à ce que l’OCPM soit invité à soumettre au SEM une demande de 
régularisation au titre d’un cas de rigueur.  

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  Elle avait passé toute son adolescence à Genève, avait réussi à surmonter 
sans difficultés majeures les obstacles inhérents à son intégration, avait pu suivre 
une formation scolaire qui lui permettrait d’accéder à une formation supérieure, et 
n’avait plus de contact avec son pays d’origine. Aucun intérêt public n’était 
suffisant pour lui imposer un retour dans un pays qui n’était, sur le plan social, 
plus le sien.  

  Son séjour avait été légal pour sa plus grande partie, et n’avait jamais été 
dissimulé aux autorités.  

  Enfin, la décision de l’OCPM était d’autant plus choquante qu’elle était 
totalement dénuée de motivation lui permettant de comprendre les raisons du rejet 
de sa demande et de former un recours en conséquence.  

17)  L’OCPM s’est déterminé sur le recours le 26 mars 2015, concluant à son 
irrecevabilité.  

  Selon les dispositions légales applicables en matière d’asile, l’étranger 
n’avait dans ce cas de figure la qualité de partie que dans le cadre de la procédure 
d’approbation auprès du SEM. Ainsi, le requérant qui ne pouvait faire valoir 
aucun droit à une autorisation de séjour n’avait pas la qualité de partie dans la 
procédure menant à la décision de l’autorité cantonale compétente pour soumettre 
son dossier au SEM en vue de l’octroi d’une autorisation de séjour pour cas de 
rigueur. 

  Ses courriers des 9 décembre 2014 et 8 janvier 2015 ne constituaient dès 
lors pas des décisions sujettes à recours. Selon la jurisprudence, si le défaut de 
voie de recours judiciaire contre la décision de l’administration cantonale refusant 
d’ouvrir une procédure en autorisation de séjour pour cas de rigueur contrevenait 
à la garantie constitutionnelle de l’accès au juge, cette absence de voie de recours 
ne violait aucune disposition de droit international.  

18)  Par courrier du 27 avril 2015, Mme A______ a répliqué, persistant dans ses 
conclusions.  

  La jurisprudence citée par l’OCPM ne concernait qu’un cas particulier et ne 
pouvait être transposée sans autre examen à toutes les affaires dans lesquelles un 
requérant d’asile débouté solliciterait une telle autorisation.  

  Par ailleurs, elle était mineure au moment de l’examen de la demande 
d’asile de sa mère et de son beau-père ; elle n’avait à aucun moment pu faire 
valoir ses motifs propres pour demeurer en Suisse, et il convenait dès lors de lui 
reconnaître la qualité de partie dans la présente procédure.  

  Enfin, un renvoi en Turquie serait pour elle une rupture inacceptable avec le 
pays dans lequel elle avait passé son adolescence et était en train d’achever sa 

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formation. L’OCPM n’avait pas examiné ce grief, la décision n’étant pas motivée 
au fond. Cela constituait une violation du droit fondamental à un recours effectif.  

19)  Par jugement du 5 mai 2015, le TAPI a déclaré le recours de Mme A______ 
irrecevable.  

  En tant qu’elle ne pouvait faire valoir aucun droit à une autorisation de 
séjour en Suisse, Mme A______ n’avait pas la qualité de partie à la procédure. Le 
fait qu’elle ait implicitement fondé sa demande de régularisation sur l’art. 30 let. b 
de la loi fédérale sur les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr – RS 142.20) ne 
modifiait en rien cette conclusion, cette norme ne conférant aucun droit à une 
autorisation de séjour. La règle de l’immunité des lois fédérales valant pour toutes 
les autorités judiciaires ou non judiciaires, cantonales aussi bien que fédérales, 
Mme A______ ne bénéficiait pas de la qualité pour recourir. 

20)  Par acte du 8 juin 2015, l’intéressée a formé recours à l’encontre du 
jugement précité auprès de la chambre administrative de la Cour de justice 
(ci-après : la chambre administrative), concluant à son annulation, au renvoi de la 
cause à l’OCPM pour instruction complémentaire et à la transmission du dossier 
au SEM en vue de la régularisation de ses conditions de séjour.  

  Le raisonnement du TAPI, selon lequel elle n’avait pas qualité de partie à la 
procédure du fait de l’absence d’un droit à une autorisation de séjour, était erroné. 
La question de savoir si la recourante avait un droit manifeste à l’obtention d’une 
autorisation était une condition à l’entrée en matière des autorités cantonales sur la 
demande qu’elle avait fondée sur l’art. 14 de la loi fédérale sur l’asile du 26 juin 
1998 (LAsi – RS 142.31), mais n’était pas déterminante pour trancher la question 
de sa qualité de partie à la procédure prévue par l’art. 14 LAsi. 

  À la forme, il convenait d’examiner s’il existait des normes internationales 
contraignantes pour le Tribunal fédéral, qui imposaient à la Suisse de respecter la 
qualité de partie de l’étranger dans le cadre de la procédure prévue par 
l’art. 14 LAsi. Dans l’arrêt du Tribunal fédéral cité par l’OCPM, notre Haute cour 
avait implicitement réservé les cas dans lesquels l’art. 13 de la Convention de 
sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 
1950 (CEDH – RS 0.101) serait applicable, et n’avait pas examiné l’applicabilité 
de l’art. 1 du Protocole n° 7 à la Convention de sauvegarde des droits de l'homme 
et des libertés fondamentales du 22 novembre 1984 (Protocole n° 7 –  
RS 0.101.07), qui n’avait pas été invoqué.  

  En l’espèce, tant l’art. 13 CEDH que l’art. 1 du Procotole n° 7 pouvaient 
être invoqués par Mme A______, qui n’avait jamais pu faire valoir ses motifs 
propres pour rester en Suisse et dont le renvoi en Turquie entraînerait une 
violation de l’art. 8 CEDH. Ce grief ne pouvait être écarté sans être examiné, faute 
de quoi l’art. 13 CEDH serait violé. La recourante devait dès lors se voir 

https://intrapj/perl/JmpLex/RS%200.101

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reconnaître la qualité de partie dans le cadre de la procédure devant l’autorité 
administrative.  

21)  En date du 8 juillet 2015, l’OCPM a transmis ses observations sur le recours 
précité, concluant à son rejet.  

  Depuis le rejet définitif de leur demande d’asile par arrêts du TAF des  
1er octobre 2012 et 9 juillet 2014, la recourante et les membres de sa famille 
s’étaient systématiquement opposés à leur renvoi en Turquie, et avaient en 
particulier refusé de se rendre au consulat de Turquie pour l’obtention des laissez-
passer. Au vu de l’art. 14 al. 4 LAsi et de la jurisprudence du Tribunal fédéral, 
l’OCPM pouvait refuser d’accéder à la demande de régularisation de la recourante 
sans que cela n’ouvre pour autant une voie de recours cantonale.  

  Par ailleurs, en restreignant la qualité de partie à l’art. 14 al. 4 LAsi, le 
législateur voulait éviter que le dépôt de demandes infondées et l'épuisement des 
voies de recours cantonales ne puissent être utilisés indûment, aux fins de retarder 
l'exécution des renvois.  

  Quant à l’art. 1 du Protocole invoqué par la recourante, il ne lui était 
d’aucune utilité puisqu’elle ne résidait pas régulièrement sur le territoire suisse 
depuis le prononcé de l’arrêt du TAF du 1er octobre 2012.  

22)  Le 12 août 2015, la recourante a brièvement répliqué aux observations de 
l’OCPM.  

  L’argumentation de l’OCPM était dénuée de tout fondement. En effet, selon 
l’art. 17 LEtr, l’étranger devait attendre à l’étranger les décisions relatives aux 
demandes de séjour, sauf autorisation spéciale de l’autorité.  

23)  En date du 14 décembre 2015, le juge délégué a entendu les parties en 
audience de comparution personnelle.  

  Mme A______ a confirmé les termes de son recours. Elle était actuellement 
en troisième année de l’école de culture générale (ci-après : ECG) dans la filière 
sociale, et devait renouveler son document auprès de l’OCPM tous les quinze 
jours. Sa mère, sa petite sœur et son beau-père vivaient à Genève. Ils habitaient 
tous ensemble et étaient dans la même situation administrative. Ils vivaient avec 
les aides d’urgence de l’Hospice général car personne n’avait le droit de travailler. 
Jusqu’à l’âge de treize ans, elle avait vécu avec son père à Adana en Turquie. 
Comme sa mère lui manquait, elle avait décidé de la rejoindre à Genève. Son père, 
enseignant retraité, était resté à Adana. Elle avait des contacts téléphoniques 
réguliers avec lui et parlait turc. Si sa famille devait repartir en Turquie, elle le 
regretterait. Toutefois, elle était depuis sept ans à Genève, et souhaitait y terminer 
ses études et y rester, à savoir intégrer la haute école de travail social après avoir 
fait sa maturité spécialisée, puis travailler dans le social. Tant qu’elle n’aurait pas 

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la possibilité de travailler, elle resterait financièrement dépendante de l’aide 
d’urgence. Si elle devait rentrer en Turquie, elle aimerait au moins finir l’ECG, 
afin d’avoir un diplôme et de ne pas devoir tout recommencer là-bas.  

  Selon la représentante de l’OCPM présente à l’audience, ledit office avait 
mis l’ensemble du dossier en attente au vu de la procédure pendante devant la 
chambre administrative. Il n’avait dès lors pas évolué depuis février 2015.  

24)  À l’issue de l’audience, les parties ont été informées que la cause était 
gardée à juger.  

EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 – 
LOJ – E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 – LPA – E 5 10). 

2)  L’objet du litige est de déterminer si c’est à bon droit que le TAPI a dénié à 
la recourante la qualité de partie à la procédure.  

3) a. À moins qu’il n’y ait droit, le requérant ne peut engager de procédure visant 
l’octroi d’une autorisation de séjour relevant du droit des étrangers entre le 
moment où il dépose une demande d’asile et celui où il quitte la Suisse suite à une 
décision de renvoi exécutoire, après le retrait de sa demande ou si le renvoi ne 
peut être exécuté et qu’une mesure de substitution est ordonnée (art. 14 
al. 1 LAsi). 

  L’art. 14 al. 2 LAsi autorise une dérogation à ce principe : sous réserve de 
l’approbation du SEM, le canton peut octroyer une autorisation de séjour à toute 
personne qui lui a été attribuée conformément à la présente loi, si la personne 
concernée séjourne en Suisse depuis au moins cinq ans à compter du dépôt de la 
demande d’asile (let. a), si le lieu de séjour de la personne concernée a toujours 
été connu des autorités (let. b), s’il s’agit d’un cas de rigueur grave en raison de 
l’intégration poussée de la personne concernée (let. c), et s’il n'existe aucun motif 
de révocation au sens de l'art. 62 LEtr (let. d). Lorsqu’il entend faire usage de 
cette possibilité, le canton le signale immédiatement au SEM (art. 14 al. 3 LAsi), 
et la personne concernée n’a qualité de partie que lors de la procédure 
d’approbation du SEM (art. 14 al. 4 LAsi). 

  A contrario, le requérant, qui ne peut faire valoir aucun droit à une 
autorisation de séjour, n'a pas qualité de partie dans la procédure menant à la 
décision de l'autorité cantonale compétente d'octroyer ou de refuser de soumettre 
son dossier au SEM en vue de l'octroi d'une autorisation de séjour pour cas de 

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rigueur (ATF 137 I 128 consid. 4.1 ; 2C_853/2008 du 28 janvier 2009 ; 
ATA/245/2011 du 12 avril 2011 consid. 3). 

 b. Le Tribunal fédéral a jugé que le défaut de voie de recours judiciaire contre 
la décision de l'administration cantonale refusant d'ouvrir une procédure en 
autorisation de séjour selon l'art. 14 al. 2 LAsi contrevient à la garantie 
constitutionnelle offerte par l'article 29a de la Constitution fédérale de la 
Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. – RS 101 ; ATF 137 I 133 
consid. 4.3.2). Il ne viole en revanche ni les art. 6, 8 et 13 CEDH ni les art. 2 § 3 
let. a et 14 § 1 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, conclu à 
New York le 16 décembre 1966 (Pacte ONU II – RS 0.103.2 ; ATF 137 I 133, 
consid. 4.4).  Étant toutefois tenu d'appliquer les dispositions du droit fédéral, 
même inconstitutionnelles (art. 190 Cst.), le Tribunal fédéral a, dans l'arrêt précité, 
confirmé la décision d'irrecevabilité d'un recours déposé dans le cadre de l'art. 14 
al. 2 LAsi et invité le législateur fédéral à réexaminer la teneur de l'art. 14 al. 4 
LAsi afin qu'il trouve une solution conforme à la Constitution. 

  L’art. 14 LAsi a été remis en discussion dans le cadre de la révision de la 
LAsi en 2012. Lors du premier examen, le Conseil des États avait décidé 
d’abroger l’al. 4 de cette disposition, en donnant ainsi suite au constat 
d’inconstitutionnalité de cette norme posé par le Tribunal fédéral. Le Conseil 
national ne s’est cependant pas rallié au Conseil des États, de sorte que l’al. 4 reste 
inchangé (BO 2012 CN 1099 ; BO 2011 CE 1124 s. ; Cesla AMARELLE/Minh 
SON NGUYEN, [éd.], Code annoté de droit des migrations – Volume IV : loi sur 
l’asile, Stämpfli éditions, 2015, p. 135 n. 50).  

 c. En l’espèce, l’OCPM a refusé de solliciter du SEM une régularisation des 
conditions de séjour de la recourante en application de l’art. 14 al. 2 LAsi. Le 
texte de l’art. 14 al. 4 LAsi étant clair et au vu de la jurisprudence du Tribunal 
fédéral susmentionnée, le TAPI était a priori fondé à considérer que le recours 
dont il était saisi était irrecevable, Mme A______ ne disposant pas de la qualité de 
partie à la procédure. 

4)  Reste à examiner si le refus d’octroyer la qualité de partie à la recourante 
dans le cadre de la procédure prévue par l’art. 14 LAsi contrevient aux deux 
normes de droit international qu’elle invoque par-devant la chambre de céans, à 
savoir l’art. 1 Procotole n° 7 et l’art. 13 CEDH combiné avec l’art. 8 § 1 CEDH, 
examen que le TAPI n’a pas effectué. 

 a. En vertu de l’art. 1 § 1 Protocole n° 7, un étranger résidant régulièrement 
sur le territoire d'un État ne peut en être expulsé qu'en exécution d'une décision 
prise conformément à la loi et doit pouvoir faire valoir les raisons qui militent 
contre son expulsion (let. a), faire examiner son cas (let. b), et se faire représenter 
à ces fins devant l'autorité compétente par une ou plusieurs personnes désignées 
par cette autorité (let. c).  

https://intrapj/perl/decis/137%20I%20128
https://intrapj/perl/decis/2C_853/2008
https://intrapj/Decis/TA/?L=14535&HL=
https://intrapj/perl/JmpLex/RS%20101
https://intrapj/perl/decis/137%20I%20133
https://intrapj/perl/decis/137%20I%20133

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  L’art. 1 Protocole n° 7 ne concerne que les étrangers « résidant 
régulièrement » sur le territoire de l’État en question. L’étranger doit être au 
bénéfice d’un permis qui lui donne le droit de résider sur le territoire de cet État. 
L’art. 1 ne couvre par conséquent pas le renvoi des étrangers qui se trouvent 
illégalement sur le territoire de l’État, soit parce qu’ils y sont entrés de façon 
irrégulière, soit parce que leur autorisation est arrivée à échéance (Message du 
Conseil fédéral relatif à l’approbation des Protocoles n° 6, 7 et 8 à la Convention 
européenne des droits de l’homme du 7 mai 1986, FF 1986 II 605). Le Tribunal 
fédéral a établi que d’une manière générale, seul le séjour expressément autorisé 
doit être considéré comme légal, et non celui d'une personne sous le coup d'une 
décision de renvoi, même si les autorités renoncent à une exécution forcée, du 
moins aussi longtemps qu'aucune admission provisoire n'a été décidée (ATF 137 
II 10 consid. 4.3-4.7 ; ATAF C-4961/2007 du 10 mars 2009 consid. 6.1).  

b. Selon l’art. 13 CEDH, toute personne dont les droits et libertés reconnus par 
la CEDH ont été violés, a droit à l'octroi d'un recours effectif devant une instance 
nationale, alors même que la violation aurait été commise par des personnes 
agissant dans l'exercice de leurs fonctions officielles. 

 L’art. 13 CEDH n’a pas de portée autonome. Il ne peut être invoqué qu’en 
rapport avec une violation alléguée de manière plausible et défendable d’un droit 
protégé par la Convention (ATF 137 I 128 consid. 4.4.3 ; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_290/2014 du 1er mai 2014 consid. 3).  

 En vertu de l’art. 8 CEDH, toute personne a droit au respect de sa vie privée 
et familiale, de son domicile et de sa correspondance (§ 1). Il ne peut y avoir 
ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que 
cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une 
société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, 
au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des 
infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection 
des droits et libertés d'autrui (§ 2). 

 La Cour européenne des droits de l’homme définit la notion de vie privée de 
l’art. 8 CEDH par le droit à l’autonomie personnelle, le droit au développement 
personnel et le droit d’établir et entretenir des rapports avec d’autres êtres 
humains et le monde extérieur (ACEDH Evans c/ Royaume-Uni du 10 avril 2007, 
req. no 6339/05, § 71). L’expulsion de résidents étrangers ayant passé la majeure 
partie de leur vie sur le territoire d’un État contractant porte de manière 
pratiquement automatique atteinte à leur vie privée en raison du degré 
d’intégration que présuppose un long séjour. Au-delà de la seule durée du séjour, 
la Cour tient compte de l’ensemble des liens sociaux tissés pour établir 
l’éventuelle atteinte à la vie privée (Minh SON NGUYEN/Cesla AMARELLE, 
Code annoté de droit des migrations – vol. I : droits humains, Stämfpli éditions, 
2014, p. 33). 

http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10104776

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 Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, la reconnaissance d’un droit à 
une autorisation de séjour par le biais du droit à la protection de la vie privée au 
sens de l’art. 8 § 1 CEDH revêt un caractère exceptionnel (arrêt du Tribunal 
fédéral 2C_493/2010 du 16 novembre 2010 consid. 1.4 ; ATA/120/2014 du 
25 février 2014 consid. 8). Pour que l’on puisse déduire du droit au respect de la 
vie privée un droit à une autorisation de séjour, des conditions strictes doivent être 
remplies. Il faut ainsi qu'il existe des liens spécialement intenses dépassant ceux 
qui résultent d'une intégration ordinaire et ce, dans le domaine professionnel ou 
social. Le Tribunal fédéral n'adopte pas une approche schématique qui consisterait 
à présumer, à partir d'une certaine durée de séjour en Suisse, que l'intéressé y est 
enraciné et dispose de ce fait d'un droit de présence dans notre pays. Selon la 
jurisprudence, il y a lieu de procéder à une pesée des intérêts en présence, en 
considérant la durée du séjour en Suisse comme un élément parmi d'autres et en 
gardant à l'esprit qu'un permis d'établissement est en principe accordé après une 
période de dix ans (ATF 130 II 281 consid. 3.2.1 et la jurisprudence citée ; arrêt 
du Tribunal fédéral 2C_266/2009 du 2 février 2010 consid. 3.1). 

c. En l’espèce, la demande d’asile de la recourante ayant été rejetée, le séjour 
de cette dernière en Suisse n’est pas régulier. Elle ne peut dès lors se prévaloir de 
la protection de l’art. 1 Protocole n° 7.  

 Quant à la violation de l’art. 13 CEDH combinée avec l’art. 8 CEDH, la 
recourante se contente d’invoquer que son renvoi en Turquie constituerait une 
rupture inacceptable avec le pays dans lequel elle avait passé son adolescence et 
avait terminé sa formation. Mis à part le fait qu’elle a passé six ans en Suisse, de 
l’âge de 13 à 19 ans, qu’elle y a terminé sa scolarité obligatoire et qu’elle est 
actuellement en année terminale à l’ECG, elle ne fait pas valoir de liens 
spécialement intenses dépassant ceux qui résultent d'une intégration ordinaire. De 
surcroît, elle ne soutient pas qu’il lui serait impossible de poursuivre ses études 
dans son pays d’origine, indiquant qu’elle aimerait au moins pouvoir terminer 
l’ECG de manière à pouvoir faire valoir ce papier si elle devait rentrer en Turquie. 
Enfin, elle a gardé durant toutes ces années contact avec son père qui est sur 
place, et elle parle couramment le turc. 

 Au vu de ce qui précède et des conditions restrictives auxquelles la 
jurisprudence du Tribunal fédéral soumet l’octroi d’une autorisation fondée sur 
l’art. 8 § 1 CEDH, la recourante n’a pas allégué de manière plausible et 
défendable que son renvoi entraînerait une violation de cette disposition. Elle ne 
peut dès lors pas se plaindre de la violation de l’art. 13 CEDH.  

 Par conséquent, en jugeant que la recourante n’avait pas la qualité de partie 
à la procédure de recours, le TAPI n’a violé ni l’art. 1 Protocole n° 7, ni 
l’art. 13 CEDH. 

5)  Mal fondé, le recours sera rejeté. 

https://intrapj/perl/decis/2C_493/2010
https://intrapj/Decis/TA/?L=16605&HL=

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A/281/2015 

6)  Aucun émolument ne sera mis à la charge de la recourante, qui plaide au 
bénéfice de l’assistance juridique (art. 87 LPA ; art. 13 du règlement sur les frais, 
émoluments et indemnités en procédure administrative du 30 juillet 1986 RFPA – 
E 5 10.03). Vu l’issue du litige, il ne lui sera pas alloué d’indemnité de procédure 
(art. 87 LPA). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 8 juin 2015 par Madame A______ contre le 
jugement du Tribunal administratif de première instance du 5 mai 2015 ; 

au fond : 

le rejette ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument ni alloué d’indemnité de procédure ;  

dit que les éventuelles voies de recours contre le présent arrêt, les délais et conditions de 
recevabilité qui leur sont applicables, figurent dans la loi fédérale sur le Tribunal fédéral 
du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), dont un extrait est reproduit ci-après. Le mémoire 
de recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou 
par voie électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l'envoi ;  

communique le présent arrêt à Me Pierre Bayenet, avocat de la recourante, à l'office 
cantonal de la population et des migrations, au Tribunal administratif de première 
instance, ainsi qu'au secrétariat d'État aux migrations. 

Siégeants : M. Verniory, président, M. Thélin, Mme Payot Zen-Ruffinen, juges. 

 

https://intrapj/perl/JmpLex/E%205%2010.03

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A/281/2015 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

F. Cichocki 

 le président siégeant : 
 
 

J.-M. Verniory 
 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière : 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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A/281/2015 

Extraits de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110) 
consultable sur le site: http://www.admin.ch/ch/f/rs/c173_110.html 

Recours en matière de droit public 

(art. 82 et ss LTF) 
Recours constitutionnel subsidiaire 

(art. 113 et ss LTF) 

Art. 82 Principe 
Le Tribunal fédéral connaît des recours : 
a. contre les décisions rendues dans des causes de droit 
public ; 
… 
Art. 83 Exceptions 
Le recours est irrecevable contre : 
… 
c. les décisions en matière de droit des étrangers qui 

concernent :  
1. l’entrée en Suisse, 
2. une autorisation à laquelle ni le droit fédéral ni le 

droit international ne donnent droit, 
3. l’admission provisoire, 
4. l’expulsion fondée sur l’art. 121, al. 2, de la 

Constitution ou le renvoi, 
5. les dérogations aux conditions d’admission, 
6. la prolongation d’une autorisation frontalière, le 

déplacement de la résidence dans un autre canton, 
le changement d’emploi du titulaire d’une 
autorisation frontalière et la délivrance de 
documents de voyage aux étrangers sans pièces de 
légitimation ; 

d. les décisions en matière d’asile qui ont été rendues :  
1. par le Tribunal administratif fédéral, 
2. par une autorité cantonale précédente et dont 

l’objet porte sur une autorisation à laquelle ni le 
droit fédéral ni le droit international ne donnent 
droit ; 

… 
Art. 89 Qualité pour recourir 
1 A qualité pour former un recours en matière de droit 
public quiconque : 
a. a pris part à la procédure devant l’autorité précédente 

ou a été privé de la possibilité de le faire ; 
b. est particulièrement atteint par la décision ou l’acte 

normatif attaqué, et 
c. a un intérêt digne de protection à son annulation ou à 

sa modification. 
… 
Art. 95 Droit suisse 
Le recours peut être formé pour violation : 
a. du droit fédéral ; 
b. du droit international ; 
c. de droits constitutionnels cantonaux ; 
d. de dispositions cantonales sur le droit de vote des 

citoyens ainsi que sur les élections et votations 
populaires ; 

e. du droit intercantonal. 

Art. 100 Recours contre une décision 
1 Le recours contre une décision doit être déposé devant le 
Tribunal fédéral dans les 30 jours qui suivent la 
notification de l’expédition complète. 
______________________________________________ 

Art. 113 Principe 
Le Tribunal fédéral connaît des recours 
constitutionnels contre les décisions des autorités 
cantonales de dernière instance qui ne peuvent faire 
l’objet d’aucun recours selon les art. 72 à 89. 
Art. 115 Qualité pour recourir 
A qualité pour former un recours constitutionnel 
quiconque : 
a. a pris part à la procédure devant l’autorité 

précédente ou a été privé de la possibilité de le 
faire et 

b. a un intérêt juridique à l’annulation ou à la 
modification de la décision attaquée. 

Art. 116 Motifs de recours 
Le recours constitutionnel peut être formé pour 
violation des droits constitutionnels. 

Art. 100 Recours contre une décision 
1 Le recours contre une décision doit être déposé 
devant le Tribunal fédéral dans les 30 jours qui 
suivent la notification de l’expédition complète. 
___________________________________________ 

 

Recours ordinaire simultané (art. 119 LTF) 
1 Si une partie forme contre une décision un recours ordinaire et un recours constitutionnel, elle doit déposer les 
deux recours dans un seul mémoire. 
2 Le Tribunal fédéral statue sur les deux recours dans la même procédure. 

3 Il examine les griefs invoqués selon les dispositions applicables au type de recours concerné.