# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 996c40b3-37df-5d7a-9095-cce5bdef1d88
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2019-09-05
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Sozialversicherungsgerichtshöfe 05.09.2019 605 2018 111
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_011_605-2018-111_2019-09-05.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00
tribunalcantonal@fr.ch
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

605 2018 111

Arrêt du 5 septembre 2019

Ie Cour des assurances sociales

Composition Président : Marc Boivin 
Juges : Daniela Kiener, Marc Sugnaux 
Greffier-rapporteur : Bernhard Schaaf 

Parties A.________, recourant 

contre

SERVICE PUBLIC DE L'EMPLOI, autorité intimée 

Objet Assurance-chômage – suspension du droit à l'indemnité – non-
observation des prescriptions de contrôle ou des instructions de 
l'office régional de placement – absence à un entretien de conseil

Recours du 18 avril 2018 contre la décision sur opposition du 11 avril 
2018

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considérant en fait

A. A.________, né en 1965, domicilié à B.________, prétend à des indemnités de chômage 
depuis le 1er mars 2017. Il est au bénéfice d'un 2ème délai-cadre d'indemnisation.

Le 1er mars 2017, l'Office régional de placement de Fribourg Sud/District Gruyère (ci-après: ORP), 
à Bulle, l'a convoqué à un entretien de suivi fixé au 19 avril 2017 à 9h30 afin de faire le point sur 
l'état de ses démarches et recherches d'emploi. L'assuré ne s'y est toutefois pas présenté et ne 
s'est pas excusé.

Par courrier du 19 avril 2017, l'ORP a alors invité ce dernier à justifier par écrit jusqu'au 4 mai 2017 
les raisons de son manquement. En réponse, par courrier daté du 20 avril 2017, l'assuré a motivé 
son absence en alléguant n'avoir pas reçu directement dans sa boîte de réception Outlook la 
convocation, mais que celle-ci a été filtrée en tant que courrier indésirable. Raison pour laquelle la 
convocation lui a complétement échappé.

B. Par décision du 7 juillet 2017, confirmée sur opposition le 11 avril 2018, le Service public de 
l'emploi (ci-après: SPE), à Fribourg, a prononcé à l'encontre de l'assuré une suspension dans 
l'exercice de son droit à l'indemnité de sept jours, dès le 20 avril 2017. Il a considéré qu'une 
personne en recherche d'emploi doit consulter ses éléments indésirables, surtout si elle effectue la 
plupart de ses démarches par courriers électroniques. Il en résulte selon lui que, bien que la 
convocation soit arrivée dans les éléments indésirables, l'assuré a été valablement convoqué à 
l'entretien (principe de la réception).

C. Avant la décision sur opposition précitée, une décision de restitution a été rendue le 
13 octobre 2017 par la caisse de chômage compétente. Cette décision de restitution a été 
contestée par le recourant le 17 octobre 2017.

D. Le 18 avril 2018, A.________ interjette recours contre la décision de suspension de son droit 
aux indemnités et conclut à son annulation et à ce que le SPE renonce à une suspension de sept 
jours. Il allègue que la décision serait doublement pénalisante pour lui. Au moment de la décision 
du SPE, il avait déjà accepté un travail pour un salaire moindre (CHF 1'000.-/mois de moins en 
comparaison avec son travail précédent) et à une distance (aller/retour) de 140 kilomètres de son 
domicile (frais d'essence de CHF 400.-/mois).

Dans ses observations du 9 mai 2018, le SPE maintient sa position et conclut au rejet du recours. 

Le 4 juin 2018, le recourant maintient son recours.

Il sera fait état des arguments développés par les parties à l'appui de leurs conclusions dans les 
considérants en droit du présent litige, pour autant que cela soit utile à la solution du litige.

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en droit

1.

1.1. Dans son mémoire, le recourant fait valoir qu'au moment de la décision du SPE, il avait 
déjà quitté les services de l'ORP et travaillait pour un salaire de CHF 4'500.- (CHF 1'000.- de 
moins que son salaire précédent) et à une distance de 140 kilomètres (aller/retour) de son domicile 
(environ CHF 400.-/mois de frais d'essence), que la décision du SPE a été calculée sur un salaire 
de CHF 5'500.- et qu'elle lui a été adressée plus de trois mois après l'entretien de suivi manqué, 
raisons pour lesquelles il demande que la décision du SPE soit annulée "ou recalculée sur un 
salaire de CHF 4'500.- et avec frais de déplacements".

1.2. L'art. 81 al. 3 du code cantonal du 23 mai 1991 de procédure et de juridiction administrative 
(CPJA; RSF 150.1) énonce que, dans son mémoire, le recourant ne peut pas prendre des 
conclusions qui sortent du cadre des questions qui ont été l’objet de la procédure antérieure. La 
décision attaquée détermine l'objet de la contestation qui peut être porté devant la Cour de céans 
dans le cadre d'un recours.

En l'occurrence, tant dans la décision du 7 juillet 2017 que dans celle sur opposition du 11 avril 
2018, le SPE a exclusivement statué sur la problématique de la suspension du droit aux 
indemnités de chômage. 

L'objet de la contestation est limité à cette question.

1.3. A côté de cela, la question du montant à restituer par le recourant en lien avec la 
suspension prononcée relève de la compétence de la caisse de chômage et fait l'objet d'une 
contestation sur laquelle celle-ci doit encore statuer en se prononçant notamment sur le montant 
exact à restituer.

Il n'appartient dès lors pas à la Cour de céans de se prononcer dans le présent arrêt sur un 
nouveau calcul en tenant compte d'un salaire de CHF 4'500.- et des frais de déplacement. 

En conséquence, le recours est irrecevable sur cet objet.

2.

Pour le surplus, le recours est recevable. Il a été interjeté en temps utile et dans les formes légales 
auprès de l'autorité judiciaire compétente à raison du lieu ainsi que de la matière. Le recourant est 
en outre directement atteint par la décision querellée et a dès lors un intérêt digne de protection à 
ce qu'elle soit, cas échéant, annulée ou modifiée.

3.

3.1. Conformément à l'art. 8 al. 1 let. g de la loi du 25 juin 1982 sur l'assurance chômage 
obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité (LACI; RS 837.0), l'assuré a droit à l'indemnité de 
chômage s'il satisfait – entre autres conditions – aux exigences du contrôle fixées à l’art. 17 LACI.

L'art. 17 al. 1, 1re phrase LACI dispose que l'assuré qui fait valoir des prestations d'assurance doit, 
avec l'assistance de l'office du travail compétent, entreprendre tout ce qu'on peut raisonnablement 
exiger de lui pour éviter le chômage ou l'abréger. L'al. 3, 2ème phrase, let. b de ce même article 

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précise que l'assuré a l'obligation, lorsque l'autorité compétente le lui enjoint, de participer aux 
entretiens de conseil, aux réunions d’information et aux consultations spécialisées.

3.2. En principe, conformément à l'art. 30 al. 1 let. d LACI, le droit de l’assuré à l’indemnité est 
suspendu – proportionnellement à la gravité de la faute (al. 3, 3ème phrase) – lorsqu’il est établi que 
celui-ci n’observe pas les prescriptions de contrôle du chômage ou les instructions de l’autorité 
compétente. Cette disposition s'applique notamment lorsque l'assuré manque un entretien de 
conseil ou de contrôle (arrêts TF 8C_157/2009 du 3 juillet 2009 consid. 3, 8C_447/2008 du 
16 octobre 2008 consid. 3, et les références citées).

La jurisprudence admet que l'assuré qui a oublié de se rendre à un entretien et qui s'en excuse 
spontanément ne peut être suspendu dans l'exercice de son droit à l'indemnité s'il prend par 
ailleurs ses obligations de chômeur et de bénéficiaire de prestations très au sérieux. Tel est le cas, 
notamment, s'il a rempli de façon irréprochable ses obligations à l'égard de l'assurance-chômage 
durant les douze mois précédant cet oubli. Un éventuel manquement antérieur ne doit plus être 
pris en considération (arrêt TF 8C_777/2017 du 2 août 2018 consid. 3.2 et les références citées).

3.3. Le fardeau de la preuve de la notification d'un acte et de sa date incombe en principe à 
l'autorité qui entend en tirer une conséquence juridique. En ce qui concerne plus particulièrement 
la notification d'une décision ou d'une communication de l'administration, elle doit au moins être 
établie au degré de la vraisemblance prépondérante requis en matière d'assurance sociale (ATF 
121 V 5 consid. 3b). L'autorité supporte donc les conséquences de l'absence de preuve (ou de 
vraisemblance prépondérante) en ce sens que si la notification ou sa date sont contestées et qu'il 
existe effectivement un doute à ce sujet, il y a lieu de se fonder sur les déclarations du destinataire 
de l'envoi (ATF 129 I 8 consid. 2.2; 124 V 400 consid. 2a et les références).

3.4. Selon une jurisprudence déjà bien établie, les communications des autorités sont soumises 
au principe de la réception. Il suffit qu'elles soient placées dans la sphère de puissance de leur 
destinataire et que celui-ci soit à même d'en prendre connaissance pour admettre qu'elles ont été 
valablement notifiées. Autrement dit, la prise de connaissance effective de l'envoi ne joue pas de 
rôle (arrêt TF 8C_179/2019 du 11 avril 2019 consid. 4.2 et les références).

4.

Est litigieuse, en l'espèce, la question de savoir si c'est à juste titre que le recourant a été 
suspendu par le SPE durant sept jours timbrés dans l'exercice de son droit à l'indemnité pour ne 
pas avoir observé les instructions de l'ORP, plus précisément pour avoir manqué un entretien de 
suivi.

4.1. Il est incontesté que le recourant ne s'est pas rendu à l'entretien du 19 avril 2017 sans en 
avertir préalablement l'ORP et sans s’en excuser au préalable.

Dans sa réponse à l'ORP du 20 avril 2017, le recourant a fait valoir que le courriel lui fixant son 
rendez-vous a été directement filtré en tant que courrier indésirable. Il précise qu'il a dû 
reconfigurer ses comptes Office, suite à l'acquisition d'un nouvel ordinateur, et qu'il est probable 
qu'il ait fait quelques erreurs de programmation. Ni dans son opposition, ni dans son recours, il ne 
relève d'autres arguments valables contre la suspension prononcée contre lui.

4.2. Ainsi le recourant ne conteste-t-il pas avoir reçu la convocation de l'ORP. Conformément à 
la jurisprudence précitée, les communications des autorités sont soumises au principe de la 

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réception. Il suffit qu'elles soient placées dans la sphère de puissance de leur destinataire et que 
celui-ci soit à même d'en prendre connaissance pour admettre qu'elles ont été valablement 
notifiées. Autrement dit, la prise de connaissance effective ne joue pas de rôle.

En l'espèce, la convocation est entrée dans la sphère de puissance du recourant en arrivant dans 
la boîte "courrier indésirable".

Le 1er mars 2017, le recourant a signé le formulaire "Confirmation d'inscription et transmission de 
données" en déclarant désirer recevoir de la part de l'ORP sa correspondance par courriel et qu'il 
s'engage à relever son courrier électronique quotidiennement.

Vu le fait qu'il n'est en effet pas rare, comme l'indique le SPE à juste titre, que les boîtes de 
messageries trient le courrier entrant de façon inopportune, on pouvait attendre de lui qu'il contrôle 
aussi régulièrement le fichier "courrier indésirable".

Le fait qu'il vienne de changer récemment son ordinateur n'y change rien, au contraire. Il est plutôt 
normal qu'avec un nouvel ordinateur de nouvelles versions des logiciels soient installées et qu'il 
faille veiller dans un premier temps à bien faire les réglages nécessaires, ce qui implique 
également de contrôler de façon régulière le "courrier indésirable".

Il y a lieu, dans ces conditions et conformément à la jurisprudence susmentionnée, d'admettre 
l'existence d'un comportement inadéquat. En effet, il n'est pas reproché au recourant d'avoir 
manqué la séance de suivi du 19 avril 2017 mais d'avoir failli à son devoir d'informer l'ORP de son 
absence. Il a seulement réagi au courrier de l'ORP du 19 avril 2017 et ne s'est pas excusé 
spontanément.

Dans ces conditions, le SPE était en droit de prononcer une mesure de suspension. 

5.

Reste encore à examiner la gravité de la faute commise et la durée de la suspension.

5.1. D'après l'art. 45 al. 3 de l'ordonnance du 31 août 1983 sur l’assurance-chômage obligatoire 
et l’indemnité en cas d’insolvabilité (OACI; RS 837.02) la suspension dure de 1 à 15 jours en cas 
de faute légère (let. a), de 16 à 30 jours en cas de faute de gravité moyenne (let. b) et de 31 à 
60 jours en cas de faute grave (let. c).

Dans ce domaine, le juge ne s'écarte de l'appréciation de l'administration que s'il existe de solides 
raisons de le faire (ATF 123 V 150 consid. 2; arrêt TF C 351/01 du 21 mai 2002 consid. 2b/aa).

Dans ses directives (cf. Bulletin LACI Indemnité de chômage [IC] Marché du travail/Assurance-
chômage), le Secrétariat d'Etat à l'économie a édicté une échelle des suspensions à l'intention des 
autorités cantonales. S'agissant du motif de suspension relatif à la non-présentation, sans motif 
valable, à la journée d’information, à un entretien de conseil ou de contrôle, la faute est qualifiée 
de légère et donne lieu à une suspension du droit aux indemnités comprise entre cinq et huit jours 
timbrés (D79).

5.2. En l'occurrence, c'est à juste titre que le SPE a considéré que l'assuré avait commis une 
faute légère au sens de l'art. 45 al. 3 let. a OACI. En tenant compte de toutes les circonstances du 
cas particulier, elle n'a commis aucun excès ou abus de son pouvoir d'appréciation en fixant à sept 
jours la durée de la suspension. 

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Celle-ci s'inscrit dans le barème des suspensions précitées s'agissant d'un tel manquement en cas 
de faute légère. Elle ne prête dès lors pas le flanc à la critique.

6.

Partant, le recours, mal fondé, doit être rejeté et la décision sur opposition du 11 avril 2018 
confirmée.

Il n'est pas perçu de frais de justice.

la Cour arrête :

I. Dans la mesure où il est recevable, le recours de A.________ est rejeté.

II. Il n'est pas perçu de frais de justice.

III. Notification.

Un recours en matière de droit public peut être déposé auprès du Tribunal fédéral contre le 
présent jugement dans un délai de 30 jours dès sa notification. Ce délai ne peut pas être prolongé. 
Le mémoire de recours sera adressé, en trois exemplaires, au Tribunal fédéral, Schweizerhofquai 
6, 6004 Lucerne. Il doit indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve et être signé. 
Les motifs doivent exposer succinctement en quoi le jugement attaqué viole le droit. Les moyens 
de preuve en possession du (de la) recourant(e) doivent être joints au mémoire de même qu’une 
copie du jugement, avec l’enveloppe qui le contenait. La procédure devant le Tribunal fédéral n’est 
en principe pas gratuite.

Fribourg, le 5 septembre 2019/bsc

Le Président : Le Greffier-rapporteur :