# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a70a074e-7a9c-5a59-a78f-f8989c854ec0
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2012-04-19
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 19.04.2012 E-1842/2012
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-1842-2012_2012-04-19.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 

 

  

 
 Cour V 

E-1842/2012 

 

 

 
 A r r ê t  d u  1 9  a v r i l  2 0 1 2  

Composition 
 François Badoud, juge unique,  

avec l'approbation de Gabriela Freihofer, juge ; 

Chrystel Tornare Villanueva, greffière. 

 
  

Parties 
 A._______, né le (…), son épouse 

B._______, née le (…), leurs enfants 

C._______, né le (…), 

D._______, né le (…), 

E._______, née le (…), et 

F._______, née le (…), 

Serbie,  

(…), 

recourants, 

 
 

 contre 

 
 Office fédéral des migrations (ODM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne,    

autorité inférieure.  

 

 

Objet 
 Exécution du renvoi ;  

décision de l'ODM du 12 mars 2012 / N (…). 

 

 

E-1842/2012 

Page 2 

 

Faits : 

A.  

Le 22 novembre 2011, A._______, son épouse, B._______, et leurs 

quatre enfants ont déposé une demande d'asile au centre 

d'enregistrement et de procédure de (…). 

B.  

Entendus lors des auditions au dit centre, le 1
er
 décembre 2011, et plus 

particulièrement sur leurs motifs d'asile, lors des auditions du 6 mars 

2012, ils ont déclaré être d'ethnie rom et avoir vécu à (...). 

Les intéressés ont fait valoir qu'ils rencontraient des difficultés et étaient 

maltraités en Serbie en raison de leur origine ethnique. 

Selon leurs déclarations, leurs enfants auraient eu des problèmes à 

l'école avec les autres élèves et un de leurs fils aurait eu le bras cassé. 

Une plainte aurait été déposée par la mère, mais aucune suite n'aurait 

été donnée, la police ayant accusé le fils d'avoir provoqué l'altercation. 

Par ailleurs, A._______, qui est (…) de formation, aurait participé à la 

construction illégale d'une mosquée, à (…), ce qui aurait provoqué 

l'hostilité de la population serbe à l'égard de sa famille. 

Enfin, A._______ aurait reçu une convocation pour le service militaire, 

mais n'y aurait donné aucune suite et se serait caché durant un mois et 

demi avant son départ du pays. 

Les intéressés ont produit la carte d'identité de A._______. Les 

passeports avec lesquels ils auraient voyagé auraient été perdus. 

C.  

Par décision du 12 mars 2012, l'ODM a rejeté la demande d'asile des 

intéressés, a prononcé leur renvoi de Suisse et ordonné l'exécution de 

cette mesure. 

 

 

E-1842/2012 

Page 3 

L'ODM a estimé qu'au vu de l'existence d'une protection adéquate de la 

part de l'Etat serbe, les préjudices invoqués par les intéressés n'étaient 

pas pertinents au sens de la loi sur l'asile. S'agissant des allégations des 

intéressés selon lesquelles A._______ aurait été convoqué pour le 

service militaire et serait recherché par les autorités faute d'y avoir donné 

suite, l'ODM a considéré que le service militaire constituait une obligation 

civique et que les poursuites engagées par l'Etat pour imposer de telles 

obligations n'étaient pas un motif pertinent au sens de l'art. 3 al. 1 de la 

loi du 26 juin 1998 sur l’asile (LAsi, RS 142.31). 

Enfin, il a considéré que l'exécution du renvoi était licite, raisonnablement 

exigible et possible. 

D.  

Par acte du 5 avril 2012, les intéressés ont recouru contre la décision 

précitée, en tant qu'elle porte sur l'exécution du renvoi et ont conclu à 

l'octroi d'une admission provisoire. Ils ont également demandé à être 

dispensés du paiement d'une avance de frais. 

Ils ont fait valoir que leur renvoi les exposerait à des traitements prohibés 

par l'art. 3 de la convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des 

droits de l’homme et des libertés fondamentales [CEDH, RS 0.101]) et 

serait par conséquent illicite. Ils ont précisé que compte tenu des 

persécutions subies, en raison de leur origine rom, ainsi que de 

l'impossibilité d'accéder aux soins, le renvoi dans leur pays les exposerait 

à une mise en danger certaine.  

A l'appui de leur recours, ils ont produit un certificat médical établi le 

2 avril 2012, concernant B._______. Il ressort de ce document que 

l'intéressée souffre de crises d'angoisse avec hyperventilation et de 

cervicalgies non déficitaires. 

E.  

Par ordonnance du 12 avril 2012, le Tribunal administratif fédéral a 

renoncé à percevoir une avance sur les frais de procédure présumés. 

F.  

Les autres faits et arguments de la cause seront évoqués, si nécessaire, 

dans les considérants en droit ci-dessous. 

 

E-1842/2012 

Page 4 

Droit : 

1.  

1.1. Le Tribunal administratif fédéral (le Tribunal), en vertu de l’art. 31 de 

la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 

173.32), connaît des recours contre les décisions au sens de l’art. 5 de la 

loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA, RS 

172.021) prises par les autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF. 

En particulier, les décisions rendues par l’ODM concernant l’asile peuvent 

être contestées, par renvoi de l’art. 105 LAsi, devant le Tribunal, lequel 

statue alors définitivement, sauf demande d’extradition déposée par l’Etat 

dont le requérant cherche à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 

juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]). 

1.2. Les intéressés ont qualité pour recourir. Présenté dans la forme et 

dans le délai prescrits par la loi, le recours est recevable (art. 48 et 52 PA 

et 108 al. 1 LAsi). 

2.  

Dans la mesure où les recourants n'ont pas contesté la décision 

prononcée par l'ODM en tant qu'elle rejette leur demande d'asile et 

prononce leur renvoi de Suisse, ces points ont acquis force de chose 

décidée. L'objet du litige porte donc exclusivement sur la question de 

l'exécution de leur renvoi. 

3.  

3.1. L’exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement 

exigible et possible (art. 44 al. 2 LAsi). Si ces conditions ne sont pas 

réunies, l’admission provisoire doit être prononcée. Celle-ci est réglée par 

l’art. 83 de la loi fédérale sur les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr, 

RS 142.20), entrée en vigueur le 1
er
 janvier 2008. 

3.2. L’exécution n’est pas licite lorsque le renvoi de l’étranger dans son 

Etat d’origine ou de provenance ou dans un Etat tiers est contraire aux 

engagements de la Suisse relevant du droit international (art. 83 al. 3 

LEtr). Aucune personne ne peut être contrainte, de quelque manière que 

ce soit, à se rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa 

liberté serait menacée pour l’un des motifs mentionnés à l’art. 3 al. 1 

LAsi, ou encore d’où elle risquerait d’être astreinte à se rendre dans un 

E-1842/2012 

Page 5 

tel pays (art. 5 al. 1 LAsi). Nul ne peut être soumis à la torture ni à des 

peines ou traitements inhumains ou dégradants (art. 3 CEDH). 

3.3. L’exécution de la décision peut ne pas être raisonnablement exigée 

si le renvoi ou l’expulsion de l’étranger dans son pays d’origine ou de 

provenance le met concrètement en danger, par exemple en cas de 

guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou de nécessité 

médicale (art. 83 al. 4 LEtr). 

3.4. L’exécution n’est pas possible lorsque l’étranger ne peut pas quitter 

la Suisse pour son Etat d’origine, son Etat de provenance ou un Etat 

tiers, ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr). 

4.  

4.1. L’exécution du renvoi est illicite, lorsque la Suisse, pour des raisons 

de droit international public, ne peut contraindre un étranger à se rendre 

dans un pays donné ou qu’aucun autre Etat, respectant le principe du 

non-refoulement, ne se déclare prêt à l’accueillir ; il s’agit d’abord de 

l’étranger reconnu réfugié, mais soumis à une clause d’exclusion de 

l’asile, et ensuite de l’étranger pouvant démontrer qu’il serait exposé à un 

traitement prohibé par l’art. 3 CEDH ou encore l’art. 3 de la convention du 

10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements 

cruels, inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105) (Message du 

Conseil fédéral à l’appui d’un arrêté fédéral sur la procédure d’asile [APA], 

du 25 avril 1990, in : FF 1990 II 624). 

4.2. En l'occurrence, l'exécution du renvoi ne contrevient pas au principe 

de non-refoulement de l'art. 5 LAsi. Comme exposé plus haut (cf. let. C et 

D), l'ODM n'a pas reconnu la qualité de réfugié aux recourants et ceux-ci 

n'ont pas contesté la décision sur ce point. 

4.3. En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant du 

droit international, il sied d’examiner particulièrement si l’art. 3 CEDH, qui 

interdit la torture, les peines ou traitements inhumains, trouve application 

dans le présent cas. 

4.4. En l'espèce, les recourants craignent d'être exposés à de sérieux 

préjudices en cas de renvoi en Serbie en raison de leur origine rom et de 

la convocation pour le service militaire que A._______ aurait reçue, mais 

à laquelle il n'aurait pas donné suite. Ils font également valoir les 

difficultés rencontrées par les Roms pour accéder aux soins médicaux.  

E-1842/2012 

Page 6 

Le Tribunal observe que même s'il fallait par hypothèse admettre la 

véracité des causes qui ont incité les recourants à quitter leur pays, en 

particulier les incivilités dont ils auraient été victimes, il n'existe aucun 

motif sérieux et avéré de conclure à la réalité d'un risque réel de 

traitements illicites, ne serait-ce qu'en raison de la possibilité, pour les 

intéressés, de s'adresser aux autorités de leur pays pour obtenir une 

protection adéquate contre la survenance d'éventuels préjudices de la 

part de tiers. En effet, depuis le 1
er
 avril 2009, le Conseil fédéral n'a 

jamais cessé de considérer la Serbie comme un pays sûr (safe country), 

ce qui laisse supposer qu'il prête aux autorités de ce pays la volonté de 

garantir leur sécurité à tous ses habitants, y compris ceux issus d'ethnies 

minoritaires. C'est pourquoi les éventuelles difficultés liées notamment à 

l'origine rom des recourants ne sauraient faire obstacle à leur renvoi. 

En l'espèce, la recourante a indiqué qu'elle s'était adressée à la police 

suite à l'agression d'un de ses fils par des camarades d'école, mais 

qu'aucune suite n'avait été donnée à sa plainte. Si toutefois la recourante 

considérait que la police se désintéressait totalement de son cas, il lui 

appartenait d'engager d'autres démarches, à un échelon supérieur, pour 

faire valoir ses droits ainsi que ceux de son fils et obtenir une protection 

adéquate. En d'autres termes, il lui incombait de s'adresser en priorité 

aux autorités de son pays dans la mesure où la protection internationale 

revêt un caractère subsidiaire par rapport à la protection nationale, 

lorsque, comme en l'espèce, celle-ci existe, s'avère efficace et peut être 

requise sans restriction (cf. à ce propos Jurisprudence et informations de 

la Commission suisse de recours en matière d’asile [JICRA] 2006 n° 18 

p. 180 ss). Dans ces conditions, faute pour les intéressés d'avoir 

démontré qu'ils s'étaient employés à chercher une protection dans leur 

pays d'origine et que les autorités de celui-ci ne seraient pas en mesure 

de la leur apporter, le Tribunal constate qu'il n'existe aucun motif sérieux 

et avéré permettant d'établir que l'exécution du renvoi des recourants les 

exposerait à un risque réel de subir des traitements inhumains ou 

dégradants. 

S'agissant de l'accès aux soins de santé, prétendument rendu impossible 

pour les Roms, force est de constater que tel n'est manifestement pas le 

cas. En effet, il ressort du certificat médical du 2 avril 2012, produit dans 

le cadre du recours, que B._______ suivait un traitement depuis six ou 

sept ans pour ce qu'elle a elle-même qualifié de "crises" (pertes de 

connaissance), ce qui permet de conclure qu'elle a eu accès à des 

structures médicales en Serbie et a été soignée. En outre, les 

E-1842/2012 

Page 7 

discriminations dont les Roms peuvent être victimes s'agissant de l'accès 

aux soins se limitent, en général, à des comportements inamicaux du 

personnel hospitalier. 

S'agissant des déclarations de A._______, selon lesquelles il serait 

recherché par les autorités serbes pour effectuer du service militaire, 

celles-ci ne sont étayées par aucun élément concret et sérieux ni le 

moindre commencement de preuve, alors que selon ses propres 

déclarations, il a prétendu avoir reçu une convocation (cf. p-v d'audition 

de A._______ du 1
er
 décembre 2011 p. 8 s. et du 6 mars 2012 p. 2). Au 

demeurant, le recourant ne démontre aucunement que le fait de ne pas 

avoir donné suite à cette prétendue convocation pourrait l'exposer à de 

sérieux préjudices en cas de renvoi en Serbie. 

4.5. Il ressort de ce qui précède que les intéressés n'ont pas démontré à 

satisfaction de droit qu'il existait pour eux un véritable risque concret et 

sérieux d'être victimes, en cas de retour dans leur pays d'origine, de 

traitements cruels, inhumains ou dégradants contraires aux engagements 

internationaux contractés par la Suisse, en particulier l'art. 3 CEDH. 

4.6. Dès lors, l’exécution du renvoi des recourants sous forme de 

refoulement ne transgresse aucun engagement de la Suisse relevant du 

droit international, de sorte qu’elle s’avère licite (art. 44 al. 2 LAsi et 83 

al. 3 LEtr). 

5.  

5.1. Selon l’art. 83 al. 4 LEtr, l’exécution de la décision peut ne pas être 

raisonnablement exigée si le renvoi ou l’expulsion de l’étranger dans son 

pays d’origine ou de provenance le met concrètement en danger, par 

exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou 

de nécessité médicale. Cette disposition s’applique en premier lieu aux 

"réfugiés de la violence", soit aux étrangers qui ne remplissent pas les 

conditions de la qualité de réfugié parce qu’ils ne sont pas personnelle-

ment persécutés, mais qui fuient des situations de guerre, de guerre civile 

ou de violence généralisée, et ensuite aux personnes pour qui un retour 

reviendrait à les mettre concrètement en danger, notamment parce 

qu’elles ne pourraient plus recevoir les soins dont elles ont besoin. 

L’autorité à qui incombe la décision doit donc dans chaque cas confronter 

les aspects humanitaires liés à la situation dans laquelle se trouverait 

l’étranger concerné dans son pays après l’exécution du renvoi à l’intérêt 

E-1842/2012 

Page 8 

public militant en faveur de son éloignement de Suisse (ATAF 2009/52 

consid. 10.1, ATAF 2008/34 consid. 11.2.2 et ATAF 2007/10 consid. 5.1). 

5.2. S'agissant plus spécifiquement des personnes en traitement médical 

en Suisse, l'exécution du renvoi ne devient inexigible, en cas de retour 

dans leur pays d'origine ou de provenance, que dans la mesure où elles 

pourraient ne plus recevoir les soins essentiels garantissant des 

conditions minimales d'existence. Par soins essentiels, il faut entendre les 

soins de médecine générale et d'urgence absolument nécessaires à la 

garantie de la dignité humaine (GABRIELLE STEFFEN, Droit aux soins et 

rationnement, Berne 2002, p. 81s. et 87). L'art. 83 al. 4 LEtr, disposition 

exceptionnelle tenant en échec une décision d'exécution du renvoi, ne 

saurait en revanche être interprété comme une norme qui comprendrait 

un droit de séjour lui-même induit par un droit général d'accès en Suisse 

à des mesures médicales visant à recouvrer la santé ou la maintenir, au 

simple motif que l'infrastructure hospitalière et le savoir-faire médical 

dans le pays d'origine ou de destination de l'intéressé n'atteint pas le 

standard élevé qu'on trouve en Suisse (JICRA 1993 n° 38 p. 274s.). 

Ainsi, il ne suffit pas en soi de constater, pour admettre l'inexigibilité de 

l'exécution du renvoi, qu'un traitement prescrit sur la base de normes 

suisses ne pourrait être poursuivi dans le pays de l'étranger. On peut citer 

ici les cas de traitements visant à atténuer ou guérir des troubles 

psychiques ou physiques qui ne peuvent être qualifiés de graves. 

Si les soins essentiels nécessaires peuvent être assurés dans le pays 

d'origine ou de provenance de l'étranger concerné, cas échéant avec 

d'autres médications que celles prescrites en Suisse, l'exécution du 

renvoi dans l'un ou l'autre de ces pays sera raisonnablement exigible. 

Elle ne le sera plus, au sens de l'art. 83 al. 4 LEtr si, en raison de 

l'absence de possibilités de traitement adéquat, l'état de santé de 

l'intéressé se dégraderait très rapidement au point de conduire d'une 

manière certaine à la mise en danger concrète de sa vie ou à une atteinte 

sérieuse, durable et notablement plus grave de son intégrité physique 

(cf. JICRA 2003 n° 24 p. 154 ss). 

5.3. En l'occurrence, il est notoire que la Serbie ne connaît pas une 

situation de guerre, de guerre civile ou de violence généralisée qui 

permettrait d’emblée – et indépendamment des circonstances du cas 

d’espèce – de présumer, à propos de tous les ressortissants du pays, 

l’existence d’une mise en danger concrète au sens de l’art. 83 al. 4 LEtr. 

E-1842/2012 

Page 9 

Au demeurant, comme indiqué plus haut, ce pays a été désigné comme 

exempt de persécutions par ordonnance du Conseil fédéral du 6 mars 

2009, avec effet au 1
er
 avril 2009. L'exécution du renvoi des intéressés 

est, sous cet angle, raisonnablement exigible. 

5.4. Il reste dès lors à déterminer si le retour des recourants dans leur 

pays équivaudrait à les mettre concrètement en danger en raison de leur 

situation personnelle. 

5.5. En l'espèce, B._______ fait valoir des problèmes médicaux qui, selon 

elle, devraient s'opposer à l'exécution de son renvoi. 

Il ressort du certificat médical établi le (…) 2012 que l'intéressée souffre 

de crises d'angoisse avec hyperventilation et de cervicalgies non 

déficitaires nécessitant un traitement médicamenteux. Il n'apparaît 

toutefois pas que les affections diagnostiquées soient d'une gravité telle 

qu'un retour en Serbie provoquerait, de manière certaine, une mise en 

danger concrète et sérieuse de sa vie ou de sa santé. Rien ne démontre 

par ailleurs que son état nécessite impérativement des traitements 

médicaux ne pouvant être poursuivis qu'en Suisse, sous peine d'entraîner 

les conséquences précitées (cf. JICRA 2003 n° 24 précitée). En effet, il 

n'est pas question, dans le rapport produit, d'un traitement stationnaire de 

la recourante, mais exclusivement d'une prescription médicamenteuse, 

un suivi psychiatrique chez "(…)" étant par ailleurs seulement envisagé. 

Au demeurant, la Serbie dispose de structures médicales (cf. ATAF D-

6908/2011 du 18 janvier 2012, E-4013/2011 du 5 octobre 2011 

consid. 7.2.3 et les réf. cit., D-5915/2006 du 3 novembre 2010 

consid. 7.3.2 et E-1658/2010 du 25 mai 2010 et les réf. cit. ; Praxis, 

Analysis of the main obstacles and problems in access of Roma to the 

rights to health and health care, Belgrade, juillet 2011, spéc. p. 48 ss ; 

The country of Return Information Project, Country Sheet Serbia, juin 

2009, p. 73 ss) qui permettront, au besoin, à B._______ de bénéficier de 

soins adéquats, y compris pour le cas où son état de santé viendrait à se 

péjorer. 

De plus, comme déjà relevé plus haut (cf. consid. 4.4), il ressort du 

dossier que la recourante a déjà bénéficié de traitements en Serbie. 

Dans ces conditions, le Tribunal considère que les problèmes médicaux 

de la recourante ne sont pas d'une gravité telle qu'il faille renoncer à 

E-1842/2012 

Page 10 

l'exécution du renvoi, l'intéressée pouvant, au besoin, se faire soigner en 

Serbie de manière satisfaisante. 

5.6. S'agissant de l'intérêt supérieur des quatre enfants des recourants, le 

Tribunal constate que ceux-ci ne sont en Suisse que depuis quelques 

mois. En outre, il ne ressort pas du dossier qu'une intégration dans le 

système scolaire en vigueur en Serbie constituerait pour eux un effort 

insurmontable au vu de leur âge actuel. Par ailleurs, compte tenu du peu 

de temps passé en Suisse, il ne peut être considéré qu'ils auraient coupé 

tout lien avec la Serbie et le milieu socioculturel qui est le leur. De plus, 

en cas de retour, les enfants ne seront pas exposés à une précarité 

particulière et pourront s'appuyer sur le réseau familial de leurs parents. 

Dans ces conditions, il y a tout lieu de penser qu'ils pourront mener une 

existence conforme à la dignité humaine en cas de réinstallation. 

5.7. En outre, il ne ressort du dossier aucun élément dont on pourrait 

inférer que l’exécution du renvoi impliquerait une mise en danger 

concrète des recourants. A cet égard, le Tribunal relève que les 

recourants sont jeunes et n'ont quitté leur pays, comme déjà dit, que 

depuis quelques mois. Par ailleurs, A._______ est au bénéfice d’une 

expérience professionnelle et n'a pas allégué de problème de santé 

particulier. Au demeurant, les recourants disposent d’un réseau familial 

(notamment leurs parents) et social dans leur pays, sur lequel ils pourront 

compter à leur retour. 

5.8. Enfin, le Tribunal rappelle que les motifs résultant de difficultés 

consécutives à une crise socio-économique (pauvreté, conditions 

d'existence précaires, difficultés à trouver un emploi et un logement, 

revenus insuffisants, absence de toute perspective d'avenir) ou à la 

désorganisation, la destruction des infrastructures ou des problèmes 

analogues auxquels, dans le pays concerné, chacun peut être confronté, 

ne sont pas en tant que tels déterminants en la matière (cf. ATAF 2009/52 

consid. 10.1 p. 757 ; cf. également arrêt du Tribunal D-7561/2008 précité 

consid. 8.3.6 ; JICRA 2005 n° 24 consid. 10.1 p. 215, JICRA 2003 n° 24 

consid. 5e p. 159).  

5.9. Au vu de ce qui précède, l’exécution du renvoi doit être considérée 

comme raisonnablement exigible. 

6.  

Enfin, les recourants sont en possession de documents suffisants pour 

E-1842/2012 

Page 11 

rentrer dans leur pays ou, à tout le moins, sont en mesure d’entreprendre 

toute démarche nécessaire auprès de la représentation de leur pays 

d’origine en vue de l’obtention de documents de voyage leur permettant 

de quitter la Suisse. L’exécution du renvoi ne se heurte donc pas à des 

obstacles insurmontables d’ordre technique et s’avère également 

possible (cf. ATAF 2008/34 consid. 12 p. 513-515). 

7.  

7.1. Cela étant, l'exécution du renvoi doit être déclarée conforme aux 

dispositions légales. 

7.2. Il s’ensuit que le recours doit être rejeté. 

8.  

Le recours s’avérant manifestement infondé, il est rejeté dans une 

procédure à juge unique, avec l’approbation d’un second juge (art. 111 

let. e LAsi). 

Il est dès lors renoncé à un échange d’écritures, le présent arrêt n’étant 

motivé que sommairement (cf. art. 111a al. 1 et 2 LAsi). 

9.  

Au vu de l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à 

la charge des recourants, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 2 e 3 let. b 

du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et 

indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, 

RS 173.320.2). 

10.  

Dès lors, la demande de dispense du paiement de l'avance de frais est 

rejetée. 

  

E-1842/2012 

Page 12 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Les frais de procédure, d’un montant de 600 francs, sont mis à la charge 

des recourants. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal 

dans les 30 jours dès l’expédition du présent arrêt. 

3.  

Le présent arrêt est adressé aux recourants, à l’ODM et à l’autorité 

cantonale compétente. 

 

Le juge unique : La greffière : 

  

François Badoud Chrystel Tornare Villanueva 

 

 

Expédition :