# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 3050f161-2f3a-58bf-bab1-3ec954d7c3c8
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2006-03-23
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 23.03.2006 A/405/2006
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-405-2006_2006-03-23.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET 

 

CANTON DE GENEVE 

 
POUVOIR JUDICIAIRE 

 

 

DCSO/185/06 

Tout recours à la Chambre des poursuites et faillites du Tribunal fédéral doit être formé par 
écrit, déposé en trois exemplaires à la Commission de surveillance des offices des poursuites et 
des faillites (Rue Ami-Lullin 4, case postale 3840, 1211 Genève 3), accompagné d'une 
expédition de la décision attaquée, dans les dix jours dès la notification de la présente décision 
(art. 19 al. 1 LP) ou cinq jours en matière de poursuite pour effets de change (art. 20 LP). Le 
recours doit indiquer les points sur lesquels une modification de la décision attaquée est 
demandée et mentionner brièvement les règles de droit fédéral qui sont violées par la décision et 
en quoi consiste la violation. 

 

DÉCISION 

DE LA COMMISSION DE SURVEILLANCE 
DES OFFICES DES POURSUITES ET DES FAILLITES 

SIÉGEANT EN SECTION 

DU JEUDI 23 MARS 2006 

Cause A/405/2006, plainte formée le 6 février 2006 par C______ SA, élisant domicile 
en l'étude de Me Markus LÜTHOLD, avocat à Zoug, pour retard injustifié dans le 

traitement de la réquisition de continuer la poursuite n° 05 xxxx02 M contre 

Mme O______.  

 

Décision communiquée à : 

 

- C______ SA 

domicile élu : Etude de Me Markus LÜTHOLD, avocat 
Industrienstrasse 24 

 Postfach 2328 
 6302 Zoug 

 

- Office des poursuites 

 

 - 2 - 

 

E N   F A I T  

A. Le 25 octobre 2005, C______ SA a saisi l’Office des poursuites (ci-après : 

l’Office) d’une réquisition de continuer la poursuite n° 05 xxxx02 M dirigée 

contre Mme O______, pour un montant de 6’020,90 fr. avec intérêts à 7,5% dès le 

20 juillet 2005 plus 80 fr. de frais et 70 fr. de frais de poursuite, poursuite dans 

laquelle aucune opposition n’avait été enregistrée.  

 Le 30 décembre 2005, C______ SA a demandé à l’Office des nouvelles sur l’état 

d’avancement du dossier, sans recevoir de réponse. D’après un renseignement 

fourni semble-t-il par téléphone le 6 février 2006 à un collaborateur de l’avocat de 

C______ SA, l’Office n’avait enregistré la réquisition de continuer la poursuite 

que le 5 décembre 2005 et n’avait pas encore envoyé d’avis de saisie à 

Mme O______.  

B. Le 6 février 2006, C______ SA a formé plainte auprès de la Commission de céans 

pour retard injustifié dans le traitement de la réquisition de continuer la poursuite 

n° 05 xxxx02 M contre Mme O______. Elle a demandé à ce que l’Office soit 

sommé de procéder immédiatement à une saisie à l’encontre de Mme O______ 

dans cette poursuite.  

C. Dans son rapport du 28 février 2006 sur cette plainte, l’Office a indiqué qu’il 

s’était avéré que Mme O______ avait changé d’adresse (n’habitant plus au 

chemin A______ à Genève, comme indiqué sur la réquisition de continuer la 

poursuite, mais à l’Hôtel S______ à Genève), si bien que la rectification de 

l’adresse avait été opérée et le dossier transmis à l’huissier compétent pour le 

secteur considéré. Il a ajouté qu’une convocation avait été envoyée à la nouvelle 

adresse de Mme O______, qu’une saisie a été exécutée le 16 février 2006 et qu’un 

procès-verbal de saisie valant acte de défaut de biens a été rédigé et envoyé au 

mandataire de C______ SA le 24 février 2006.  

D. Par un courrier du 1er mars 2006, l’avocat de C______ SA a informé la 

Commission de céans qu’il avait reçu un acte de défaut de biens après saisie dans 

la poursuite considérée, mais qu’il maintenait sa plainte parce qu’il n’était pas 

normal que l’Office ait attendu si longtemps avant de donner suite à sa réquisition 

de continuer ladite poursuite.  

E N   D R O I T  

1. La Commission de céans est compétente pour statuer sur les plaintes formées en 

application de la LP (art. 10 al. 1 LaLP) contre des mesures non attaquables par la 

voie judiciaire ou, comme en l’espèce, pour déni de justice ou retard injustifié 

(art. 17 al. 1 et 2 LP).  

 

 - 3 - 

Une plainte pour déni de justice ou retard injustifié peut être formée en tout temps 

(art. 17 al. 3 LP).  

En tant que poursuivante, la plaignante a qualité pour se plaindre d’un retard 

injustifié dans le traitement de sa réquisition de continuer la poursuite.  

Sa plainte satisfait aux exigences de forme et de contenu prescrites par la loi 

(art. 13 al. 1 et 2 LaLP).  

Elle est donc recevable.  

2.a. A teneur de l’art. 89 LP, lorsque le débiteur est sujet à la poursuite par voie de 

saisie, l’Office, après réception de la réquisition de continuer la poursuite, procède 

à la saisie ou y fait procéder par l’office du lieu où se trouvent les biens à saisir. 

Selon l’art. 159 LP, s’il est sujet à la poursuite par voie de faillite, l’Office doit lui 

notifier une commination de faillite dès réception de la réquisition de continuer la 

poursuite.  

L’Office doit agir sans retard, dit la loi dans les deux cas. Dans sa version 

antérieure à la révision du 16 décembre 1994 entrée en vigueur le 1er janvier 1997, 

l’art. 89 LP précisait que l’Office devait donner suite à la réquisition de continuer 

la poursuite dans un délai de trois jours. Si ce délai d’ordre a été remplacé par 

l’exigence d’une action « sans retard », ce n’est pas moins au regard d’un laps de 

temps de quelques jours seulement qu’il faut juger de l’existence ou non d’un 

retard injustifié (Walter A. Stoffel, Voies d’exécution, § 3 n° 57 ss ; Kurt Amonn / 

Fridolin Walther, Grundriss, 7ème éd. 2003, § 11 n° 5, § 22 n° 37, § 36 n° 4 ; 

Pierre-Robert Gilliéron, Commentaire, ad art. 89 n° 4 s. ; André E. Lebrecht, in 

SchKG II, ad art. 89 n° 2, 30 et 33 ; Bénédict Foëx, in CR-LP, ad art. 89 n° 15 ; 

Rudolf Ottomann, in SchKG II, ad art. 159 n° 10 ; Carl Jaeger / Hans Ulrich 

Walder / Thomas M. Kull / Martin Kottmann, SchKG, 4ème éd. 1997, ad art. 89 

n° 1  et ad art. 159 n° 1 et 10).  

Si, à cette fin, il faut certes prendre en compte les difficultés pratiques que 

l’Office peut rencontrer pour exécuter la saisie, comme l’absence du débiteur 

(Pierre-Robert Gilliéron, Commentaire, ad art. 89 n° 5) ou la complexité de la 

situation patrimoniale du débiteur et la nécessité de procéder à des investigations à 

l’étranger en passant par la voie diplomatique (DCSO/658/05 consid. 2.a du 

27 octobre 2005), le nombre élevé de réquisitions de continuer des poursuites que 

l’Office a à traiter ne saurait en revanche se voir reconnaître beaucoup de poids à 

ce titre (cf. les statistiques publiées in BlSchK 2004 p. 12, faisant état de 95'475 

saisies exécutées à Genève en 2003). Il est en effet du devoir du canton de mettre 

à la disposition de l’Office les moyens nécessaires pour que les exigences légales 

susrappelées puissent être respectées, avec un souci d’efficacité dans la mise en 

œuvre du droit fédéral, l’Office étant de son côté obligé de s’organiser de façon à 

tirer un profit optimal des ressources mises à sa disposition, dans une perspective 

d’efficience qui ne le dispense pas de réclamer lui aussi les moyens propres à lui 

 

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permettre de respecter les exigences légales (ATF 119 III 1 ; DCSO/726/05 

consid. 2.a du 29 novembre 2005 ; DCSO/382/04 consid. 2 in fine du 20 juillet 

2004 ; DCSO/325/03 du 13 août 2003 ; Pierre-Robert Gilliéron, Commentaire, ad 

Remarques introductives aux art. 1-30 n° 3).  

2.b. Selon l’art. 114 LP, à l’expiration du délai de participation de trente jours dès 

l’exécution d’une saisie, l’Office notifie sans retard une copie du procès-verbal 

aux créanciers et au débiteur. Là aussi, le législateur a posé l’exigence d’une 

action « sans retard » en lieu et place de la fixation à cette fin d’un délai de trois 

jours.  

Les remarques formulées ci-dessus (consid. 2.a.) pour l’envoi de l’avis de saisie 

valent aussi pour l’expédition du procès-verbal de saisie, d’autant plus que 

l’Office a le temps de s’y préparer puisqu’il lui faut attendre, en règle générale, 

l’expiration du délai de participation (Pierre-Robert Gilliéron, Commentaire, ad 

art. 114 n° 5 ss ; Ingrid Jent-S rensen, in SchKG II ad art . 114 n° 1 ; Nicolas 

Jeandin / Yasmine Sabeti, in CR-LP, ad art. 114 n° 4).  

2.c. La procédure d’exécution forcée doit être menée avec diligence et efficacité. 

Lorsqu’il y a lieu de temporiser, le législateur l’a prévu lui-même, en instaurant 

des délais dits de réflexion ou d’atermoiement, comme le délai de paiement de 20 

jours à compter de la notification du commandement de payer (art. 69 al. 2 ch. 2, 

art. 88 al. 1 LP ; Walter A Stoffel, Voies d’exécution, § 3 n° 60).  

 Des retards dans le traitement d’une réquisition de continuer la poursuite sont non 

seulement incompatibles avec les exigences légales, mais encore susceptibles de 

causer un dommage au créancier poursuivant, donc d’engager potentiellement la 

responsabilité du canton (art. 5 LP ; ATF 106 III 111 = JdT 1982 II 98 ; 

DCSO/579/05 consid. 3.c du 13 octobre 2005 ; DCSO/421/05 consid. 4 du 28 

juillet 2005 ; DCSO/163/05 consid. 8.c du 22 mars 2005), notamment s’ils 

aboutissent à priver le créancier poursuivant du bénéfice d’une perpétuation de 

for, qui suppose qu'un avis de saisie ait été envoyé au débiteur poursuivi avant que 

celui-ci ne change de domicile (art. 53 LP ; DCSO/579/05 consid. 3.b du 13 

octobre 2005 ; DCSO/163/05 consid. 8.a du 22 mars 2005 ; DCSO/408/04 

consid. 2.a du 26 août 2004 ; DCSO/456/03 consid. 3 et 5 du 20 octobre 2003), ou 

à permettre à d’autres poursuites d’être intégrées à sa série ouverte par l’exécution 

tardive d’une saisie, dès lors que c’est l’exécution effective d’une première saisie 

qui fait partir les délais de participation (art. 110 al. 1 et 111 al. 1 LP ; 

DCSO/250/04 consid. 3.f et 9.b du 19 mai 2004 ; Pierre-Robert Gilliéron, 

Poursuite pour dettes, faillite et concordat, 4ème éd. 2005 n° 1082 ; Walter A. 

Stoffel, Voies d’exécution, § 5 n° 57 in fine ; Kurt Amonn / Fridolin Walther, 

Grundriss, 7ème éd. 2003, § 25 n° 8).  

3.a. En l’espèce, il s’est écoulé six semaines entre le dépôt de la réquisition de 

continuer la poursuite et son enregistrement, puis une dizaine de semaines jusqu’à 

 

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ce que l’Office rencontre la débitrice. Même s’il y a lieu de relever que l’Office a 

déployé une activité en vue de retrouver cette dernière, qui avait déménagé, et ne 

s’est pas contenté de renvoyer la poursuivante à lui indiquer ses nouvelles 

coordonnées, force est de relever que ce temps de traitement de la réquisition de 

continuer la poursuite est très largement supérieur à ce qu’exige la loi.  

 Il y a eu sans conteste retard injustifié dans le traitement de cette réquisition de 

continuer la poursuite.  

3.b. La Commission de céans admettra donc la présente plainte et constatera dans le 

dispositif de la présente décision un retard injustifié dans le traitement de la 

réquisition de continuer la poursuite, quand bien même l’Office, après avoir 

rencontré la débitrice, a finalement établi et expédié avec diligence le procès-

verbal de saisie valant acte de défaut de biens. Cet envoi justifie que la plainte soit 

déclarée pour le surplus devenue sans objet en cours de procédure.  

3.c. La Commission de céans ajoute que dans son rapport d’activité pour l’année 

2005, adressé d’une part au Tribunal fédéral et d’autre part au Conseil d’Etat et au 

Grand Conseil, elle a signalé les importants retards du service des huissiers et a 

réclamé notamment pour ce service un renforcement d’effectif (cf. ch. 2.3.3 et 4 

dudit rapport d’activité RD 625). Les juges de la Commission de céans ont 

souligné cette nécessité, le 10 février 2006, lors d’une rencontre qu’ils ont eue 

avec le conseiller d’Etat en charge du département de tutelle des Offices des 

poursuites et des faillites. De son côté, récemment, le préposé de l’Office a 

adressé audit conseiller d’Etat un rapport circonstancié sur le service des huissiers, 

présentant la situation, indiquant les mesures déjà prises, constatant que l’effectif 

est insuffisant pour faire face au volume de travail et garantir un travail de qualité, 

et demandant des moyens adéquats dûment précisés.  

4. La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 1 phr. 1 LP ; art. 61 al. 2 let. a 

OELP). Il ne peut être alloué aucun dépens (art. 62 al. 2 OELP).  

*  *  *  *  *  

 

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P A R   C E S   M O T I F S ,  

L A   C O M M I S S I O N   D E   S U R V E I L L A N C E    

S I É G E A N T   E N   S E C T I O N   :  

A la forme :  

1. Déclare recevable la plainte A/405/2006 formée le 6 février 2006 par C______ 
SA pour retard injustifié dans le traitement de la réquisition de continuer la 
poursuite n° 05 xxxx02 M contre Mme O______.  

Au fond :  

2. L’admet.  

3. Dit que l’Office des poursuites a tardé de façon injustifiée à traiter la réquisition 

de continuer la poursuite n° 05 xxxx02 M.  

4. Dit pour le surplus que la plainte est devenue sans objet en cours de procédure.  

5. Raye la plainte du rôle.  

 

Siégeant : M. Raphaël MARTIN, président ; M. Didier BROSSET et Mme Florence 
CASTELLA, juges assesseur-e-s.  

 

Au nom de la Commission de surveillance : 

 Cendy RENAUD Raphaël MARTIN 

 Commise-greffière : Le président :  
 

 
 
 
 
La présente décision est communiquée par courrier A à l’Office concerné et par lettre 
signature aux autres parties par la greffière le