# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 11336d8f-a5cc-5981-a560-bd459b55a485
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2018 / 173
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2018---173_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC17.048861-180966

223 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
5 octobre 2018

___________________

Composition
:              Mme             
Byrde,
présidente

             
              M.             
Hack et Mme Rouleau, juges

Greffier
              :             
Mme              Debétaz Ponnaz

 

 

*****

 

 

Art.
206 al. 1 LP et 242 CPC

 

 

             
Vu le prononcé du 29 mars 2018, rendu à la suite de l’interpellation de la partie poursuivie
par le Juge de paix du district de Lavaux-Oron, rejetant la requête de mainlevée déposée
par W.________SA,
à [...], dans la poursuite n° 8’359’862 de l’Office des poursuites du
district de Lavaux-Oron exercée à son instance contre C.________Sàrl,
à [...], fixant les frais judiciaires à 210 fr., compensés avec l’avance de frais
de la poursuivante, les mettant à la charge de celle-ci et n’allouant pas de dépens,

 

             
vu la demande de motivation de ce prononcé formulée le 9 avril 2018 par la poursuivante,

 

             

             
vu les motifs du prononcé adressés aux parties le 19 juin 2018 et notifiés à la poursuivante
au plus tôt le lendemain,

 

             
vu le recours déposé le 29 juin 2018 par la poursuivante contre ce prononcé, concluant
à sa réforme en ce sens que la mainlevée provisoire de l’opposition est accordée,

 

             
vu la transmission du dossier par le juge de paix à la cour de céans, autorité de recours,
le 2 juillet 2018,

 

             
vu l’extrait du Registre du commerce – qui constitue un fait notoire – mentionnant
que, par décision du Président du Tribunal d’arrondissement de l’Est vaudois du
9 janvier 2018, la poursuivie a été déclarée en faillite avec effet à partir
du 9 janvier 2018 à 16 heures, et que la procédure de faillite, suspendue faute d’actif,
a été clôturée le 13 septembre 2018,

 

             
vu les autres pièces du dossier ;

 

 

             
attendu qu'aux termes de l'art. 206 al. 1 LP (loi sur la poursuite pour dettes et la faillite ; RS 281.1),
les poursuites dirigées contre le failli s'éteignent,

 

             
que, par lettre du 30 juillet 2018 envoyée en courrier recommandé, la présidente de la
cour de céans a interpellé la recourante en ces termes : 

« Je
me réfère au recours que vous avez déposé le 29 juin 2018 (…). 

 

Selon extrait
du registre du commerce joint à la présente, C.________Sàrl a fait faillite le 9 janvier
2018. 

 

Or, selon l’art.
206 al. 1 LP, dès l’ouverture de la faillite, les poursuites dirigées contre le failli
pour des créances nées avant la faillite s’éteignent. Comme il ne peut être
dérogé à cette disposition, qui a un effet contraignant, la jurisprudence a estimé
que tous les actes de poursuites qui ont pu être menés après l’ouverture de la faillite
sont nuls et de nul effet (Wohlfahrt/Meyer, in : Staehelin/Bauer/Staehelin (éd.) Basler Kommentar
SchKG, I, n. 14 ad art. 206 LP, pp. 1816-1817 et les réf. cit.). 

 

Il résulte
de ce qui précède qu’en l’occurrence, comme la faillite a été prononcée
le 9 janvier 2018, la poursuite litigieuse s’est éteinte à ce moment-là. Par
conséquent, le premier juge ne pouvait pas statuer. Sa décision étant nulle et de nul
effet, le recours que vous avez déposé apparaît dépourvu d’objet. 

 

Sauf votre
opposition motivée d’ici au 17
août 2018, la Cour des poursuites et faillites
le constatera, dans une décision rendue sans frais ni dépens ; par conséquent, l’avance
de frais que vous avez faite, de CHF 450.--, vous sera restituée. »,

 

             
que le pli contenant cette lettre a été renvoyé par la poste au greffe de la cour de céans
à l’échéance du délai de garde, le 8 août 2018, avec la mention « non
réclamé »,

 

             
que la recourante est toutefois censée l’avoir reçu, en vertu de l’art. 138 al.
3 CPC, dès lors que, ayant déposé un recours, elle devait s’attendre à recevoir
des notifications de l’autorité compétente et prendre toute mesure utile pour réceptionner
son courrier,

 

             
que, vu l’absence d’opposition ou objection de la recourante dans le délai imparti,
il y a lieu de constater que son recours n'a plus d'objet (art. 242 CPC [Code de procédure civile
du 19 décembre 2008; RS 272] ; CPF 25 août 2017/156 ; CPF 3 octobre 2016/218 ;
CPF 1er
mai 2014/165 ; CPF 24 janvier 2013/28), la décision attaquée, rendue après le prononcé
de faillite, étant nulle et de nul effet ;

 

             
attendu que le présent arrêt peut être rendu sans frais, l’avance de frais de 450
fr. effectuée par la recourante lui étant restituée par la caisse du Tribunal cantonal.

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

I.     
Le recours est sans objet.

 

             
II.             
L’avance de frais de 450 fr. (quatre cent cinquante francs) versée par la recourante lui est
remboursée par la caisse du Tribunal cantonal.

 

             
              III.             
L’arrêt, rendu sans frais, est exécutoire.

 

La
présidente :               La greffière
:

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
W.________SA,

‑             
C.________Sàrl.

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 8’636 fr. 55.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe 
(art.
74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les
trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
Mme la Juge de paix du district de Lavaux-Oron.

 

             
La greffière :