# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 4d056626-edea-5d8c-a2e9-0cd670e3ab10
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-10-16
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 16.10.2018 C/1423/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-1423-2018_2018-10-16.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 06.11.2018. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/1423/2018 ACJC/1426/2018 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU MARDI 16 OCTOBRE 2018 

 

Entre 

A______ [caisse de compensation], sise ______, recourante contre un jugement rendu 
par la 1ère Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 13 juin 2018, 

comparant en personne, 

et 

Monsieur B______, domicilié ______, intimé, comparant en personne.  
 

 

- 2/6 - 

 

C/1423/2018 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/9570/2018 du 13 juin 2018, reçu par A______ [caisse de 
compensation] le 25 juin 2018, le Tribunal de première instance a débouté cette 

dernière des fins de sa requête en mainlevée définitive de l'opposition formée au 

commandement de payer notifié à B______ (ch. 1 du dispositif) et a mis à sa 

charge les frais judiciaires, arrêtés à 150 fr. et compensés avec l'avance versée (ch. 

2 et 3). 

B. a. Le 4 juillet 2018, A______ a formé recours contre ce jugement, concluant à ce 
que la Cour l'annule et prononce la mainlevée de l'opposition formée au 

commandement de payer poursuite n° 1______ avec suite de frais et dépens. 

 Elle a produit des pièces nouvelles. 

 b. Le 3 août 2018, B______ a conclu à la confirmation du jugement querellé. Il a 
relevé que sa partie adverse n'avait pas prouvé lui avoir envoyé les courriers 

qu'elle invoquait, soulignant qu'il ne connaissait pas l'entreprise mentionnée dans 

la requête de mainlevée. 

 c. Les parties ont été informées le 30 août 2018 de ce que la cause était gardée à 
juger, A______ n'ayant pas fait usage de son droit de répliquer. 

C. Les faits pertinents suivants résultent du dossier : 

 a. Le 14 novembre 2017, A______ a fait notifier à B______ un commandement 
de payer poursuite n° 1______  portant sur 900 fr. 90 avec intérêts à 5% dès le  

18 octobre 2017 au titre de "décompte de cotisations 2
ème

 trimestre 2017 

employeur n° 2______ du 8 juin 2017 selon la décision du 6 septembre 2017", 

145 fr. au titre de frais de sommation, amendes et frais de taxation d'office et  

13 fr. 40 au titre d'intérêts moratoires arrêtés au 17 octobre 2017.  

Il a été formé opposition à ce commandement de payer qui a été notifié à 

B______ à son adresse au 3______ [adresse à GE]. 

 b. Le 18 janvier 2018, la A______ a requis du Tribunal la mainlevée définitive de 
cette opposition. Sa demande était dirigée contre B______, domicilié à l'adresse 

précitée. 

 Elle a fait valoir qu'elle avait taxé B______ conformément aux dispositions 
légales et que sa décision du 6 septembre 2017 n'avait pas fait l'objet d'une 

opposition ou d'un recours en temps utile, de sorte qu'elle était passée en  force de 

chose jugée. Cette décision constituait un jugement exécutoire au sens de l'art. 80 

LP. 

- 3/6 - 

 

C/1423/2018 

 Elle a déposé à l'appui de sa requête un document intitulé "décision - décompte de 

cotisation 2
ème

 trimestre 2017" adressé à B______, C______ [nom de l'entreprise], 

4______ [adresse à GE]. 

Cette décision fait état d'un montant de 900 fr. 90 à payer au titre de cotisations 

2
ème

 trimestre 2017, plus 120 fr. de taxes de sommations et 25 fr. d'amende. Elle 

mentionne qu'elle est susceptible d'opposition dans un délai de 30 jours dès sa 

notification, en application de l'art. 52 LPGA. 

 Un timbre indiquant que la décision du 6 septembre 2017 n'a pas fait l'objet d'une 

opposition, a été apposé sur ce document par A______ le 16 janvier 2018. 

 c. Lors de l'audience du Tribunal du 4 juin 2018, B______ a déclaré ce qui suit : 
"je ne sais pas d'où sortent ces montants. Je les conteste. Ce n'est pas normal que 

je reçoive cela 6 ans plus tard. Je ne vois pas à quoi correspondent ces sommes". 

A______ n'était ni présente ni représentée lors de cette audience, au terme de 

laquelle la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1. 1.1 S'agissant d'une procédure de mainlevée, seule la voie du recours est ouverte 
(art. 319 let. a et 309 let. b ch. 3 CPC). La procédure sommaire s'applique 

(art. 251 let. a CPC). 

 Aux termes de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC, le recours, écrit et motivé, doit être 

introduit auprès de l'instance de recours dans les dix jours à compter de la 

notification de la décision motivée, pour les décisions prises en procédure 

sommaire. 

En l'espèce le recours a été interjeté dans le délai et selon les formes prévus par la 

loi, de sorte qu'il est recevable. 

 1.2 Les conclusions, allégations de faits et preuves nouvelles sont irrecevables 
(art. 326 al. 1 CPC). 

 Les pièces nouvelles déposées par la recourante, à savoir les pièces n° 1, 2 et 5 
sont irrecevables. 

2. Dans le cadre d'un recours, le pouvoir d'examen de la Cour est limité à la violation 
du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC). 

L'autorité de recours a un plein pouvoir d'examen en droit, mais un pouvoir limité 

à l'arbitraire en fait, n'examinant par ailleurs que les griefs formulés et motivés par 

la partie recourante (HOHL, Procédure civile, Tome II, 2
ème

 édition, Berne, 2010, 

n° 2307). 

- 4/6 - 

 

C/1423/2018 

Les maximes des débats et de disposition s'appliquent (art. 55 al. 1, 255  

lit. a a contrario et 58 al. 1 CPC). 

3. Le Tribunal a retenu que la recourante n'avait produit qu'une copie de sa décision 
du 6 septembre 2017, qu'elle n'avait produit ni sa facture initiale dans laquelle les 

cotisations avaient été fixées, ni sa sommation, ni établi que la notification de ces 

documents avait eu lieu. La recourante ne pouvait par conséquent pas se prévaloir 

d'un titre exécutoire valablement notifié de sorte que sa requête de mainlevée de 

l'opposition devait être rejetée.  

La recourante fait valoir que la décision du 6 septembre 2017 est bien un 

jugement exécutoire au sens de l'art. 80 LP et que la preuve de sa notification 

résulte de l'ensemble des circonstances, en particulier de l'absence de protestation 

et du comportement de l'intimé. 

3.1.1 Selon l'art. 80 al. 1 LP, le créancier qui est au bénéfice d'un jugement 
exécutoire peut requérir du juge la mainlevée définitive de l'opposition. 

A teneur de l'art. 81 al. 1 LP, lorsque la poursuite est fondée sur un jugement 

exécutoire rendu par un tribunal ou une autorité administrative suisse, le juge 

ordonne la mainlevée définitive, à moins que l'opposant ne prouve par titre que la 

dette a été éteinte. 

 3.1.2 Aux termes de l'art. 38 RAVS, si, à l'échéance du délai fixé dans la 
sommation prévue à l'art. 34a RAVS, les indications nécessaires au décompte ne 

sont pas fournies ou si les cotisations d'employeurs ou de salariés ne sont pas 

payées, la caisse fixe les cotisations dues, dans une taxation d'office. 

Selon l'art. 54 al. 2 LPGA, les décisions et les décisions sur opposition exécutoires 

des caisses de compensations qui portent condamnation à payer une somme 

d'argent ou à fournir des sûretés sont assimilées aux jugements exécutoires au sens 

de l'art. 80 LP. 

3.1.3 Pour qu'une décision d'une assurance sociale entre en force, il faut que la 
notification ait eu lieu, ce qu'il appartient à ladite assurance de prouver. Le 

fardeau de la preuve de la notification et de la date de celle-ci incombe en principe 

à l'autorité qui entend en tirer une conséquence juridique. En ce qui concerne plus 

particulièrement la notification d'une décision ou d'une communication de 

l'administration, elle doit au moins être établie au degré de la vraisemblance 

prépondérante requis en matière d'assurance sociale. L'autorité supporte donc les 

conséquences de l'absence de preuve en ce sens que si la notification ou sa date 

sont contestées et qu'il existe effectivement un doute à ce sujet, il y a lieu de se 

fonder sur les déclarations du destinataire de l'envoi (arrêt du Tribunal fédéral 

5A_838/2017 du 19 mars 2018 consid. 3.2). 

- 5/6 - 

 

C/1423/2018 

En l'absence d'envoi recommandé, la preuve de la notification d'un acte peut 

résulter de l'ensemble des circonstances, en particulier de la correspondance 

échangée ou de l'absence de protestation de la part d'une personne qui reçoit des 

rappels (ATF 136 V 295 consid. 5.9; arrêt du Tribunal fédéral 5A_838/2017 du 

19 mars 2018 consid. 3.2.2). 

3.2 En l'espèce, l'intimé a contesté devant le Tribunal devoir les montants 
réclamés par la recourante, relevant qu'il ignorait à quoi ils correspondaient. 

Même si la formulation du procès-verbal de l'audience n'est pas parfaitement 

limpide, elle est suffisante pour en conclure que l'intimé entendait faire valoir qu'il 

n'avait pas reçu la décision du 6 septembre 2017 dont la recourante se prévaut et 

qu'il ignorait à quel titre les montants litigieux lui étaient réclamés. 

Dans la mesure où l'intimé a contesté la notification de la décision, il incombait 

par conséquent à la recourante d'apporter la preuve de cette notification. 

Or, cette dernière n'a produit aucun document permettant de retenir que l'intimé a 

effectivement eu connaissance en temps utile de la décision du 6 septembre 2017. 

Celle-ci a en particulier été envoyée au 4______, alors que tant le commandement 

de payer que la requête de mainlevée de l'opposition ont été notifiés à l'intimé à 

son adresse au 3______. 

La recourante n'a fourni aucune explication sur les raisons de cette divergence. 

Aucun élément du dossier ne permet par ailleurs de retenir que l'intimé a reçu des 

rappels qu'il s'est abstenu de contester ou qu'il a échangé une quelconque 

correspondance avec la recourante au sujet des cotisations sociales litigieuses. 

Compte tenu de ce qui précède, c'est à juste titre que le Tribunal a retenu que la 

recourante n'avait pas apporté la preuve qu'elle avait valablement notifié à l'intimé 

sa décision du 6 septembre 2017. 

Le jugement querellé doit par conséquent être confirmé. 

4. La recourante qui succombe sera condamnée aux frais du recours (art. 106  
al. 1 CPC). 

 Les frais judiciaires seront arrêtés à 225 fr. (art. 48 et 61 OELP) et compensés 
avec les avances versées par la recourante, acquises à l'Etat de Genève (art. 111 

al. 1 CPC). 

Il ne sera pas alloué de dépens dans la mesure où l'intimé plaide en personne et où 

les démarches qu'il a effectuées ne le justifient pas (art. 95 al. 3 let. c CPC). 

* * * * * 

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- 6/6 - 

 

C/1423/2018 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté par la A______ contre le jugement 

JTPI/9570/2018 rendu le 13 juin 2018 par le Tribunal de première instance dans la 

cause C/1423/2018-1 SML. 

Au fond : 

Le rejette. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Met à charge de la A______ les frais judiciaires du recours, arrêtés à 225 fr. et 

compensés avec l'avance versée. 

Dit qu'il n'est pas alloué de dépens. 

Siégeant : 

Madame Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ, présidente; Monsieur Laurent RIEBEN 

et Madame Eleanor McGREGOR, juges; Madame Mélanie DE RESENDE PEREIRA, 

greffière. 

 

La présidente : 

Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ 

 La greffière : 

Mélanie DE RESENDE PEREIRA 

 
 
 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 113 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral 

par la voie du recours constitutionnel subsidiaire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 30'000 fr.