# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 3a36c725-0109-500e-bc3d-36500334d9ee
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-01-20
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 20.01.2022 P/13895/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-13895-2020_2022-01-20.pdf

## Full Text

Siégeant : Monsieur Vincent FOURNIER, président.  
 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/13895/2020 AARP/12/2022 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 20 janvier 2022 

 

Entre 

A______, domicilié ______[GE], comparant par Me Yvan JEANNERET, avocat, 

KEPPELER AVOCATS, rue Ferdinand-Hodler 15, case postale 6090, 1211 Genève 6, 

appelant, 

 

contre le jugement JTDP/967/2021 rendu le 16 juillet 2021 par le Tribunal de police, 

 

et 

 

LE SERVICE DES CONTRAVENTIONS, p.a. Nouvel Hôtel de Police, chemin de la 

Gravière 5, 1227 Les Acacias, 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimés.

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EN FAIT : 

A. a. En temps utile, A______ appelle du jugement du 16 juillet 2021, par lequel le 
Tribunal de police (TP) l'a reconnu coupable d'infraction aux art. 48 de la loi fédérale 
sur la navigation intérieure (LNI) cum 16 et 121 de l'ordonnance sur la navigation 
dans les eaux suisses (ONI) et l'a condamné à une amende de CHF 300.- (peine de 
substitution : trois jours), frais de procédure à sa charge. 

A______ entreprend intégralement ce jugement, concluant à son acquittement et à la 
couverture de ses frais de défense. 

 b. Selon l'ordonnance du Service des contraventions (SDC) du 11 juin 2020, valant 
acte d'accusation, il est reproché à A______ d'avoir utilisé à Genève, le 25 avril 2020 
à 13h20, sur le lac Léman au large du débarcadère de B______, un bateau inférieur à 
2.50 mètres équipé d'un moteur. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure : 

a. Selon le rapport de contravention du 5 mai 2020, le 25 avril 2020 à 13h20, lors 
d'une patrouille lacustre, l'attention de la police s'était portée sur A______ et 
C______, naviguant sur des hydrofoils électriques (eFoils). Ils avaient été avisés de 
l'établissement du rapport de contravention, ces engins étant interdits à la navigation. 
Les deux intéressés avaient déjà été contrôlés le 22 février 2020 pour les mêmes 
motifs et avaient fait l'objet d'un avertissement oral.  

b. À l'appui de son opposition, A______ a fait valoir en substance qu'un vide 
normatif entourait l'eFoil, ce qui lui avait permis de naviguer depuis l'été 2018 sans 
encombre. Sa condamnation était inéquitable et disproportionnée, dans la mesure où 
d'autres membres de la communauté d'utilisateurs de foils électriques avaient 
également été arrêtés par la police, mais non sanctionnés, voire acquittés. 

c. Par courriel du 6 juillet 2020, dont la teneur est intégrée dans l'ordonnance de 
maintien du SDC du 4 août 2020, la police a confirmé son rapport et indiqué en 
résumé que l'engin de A______, inférieur à 2.5 mètres, ne pouvait pas être équipé 
d'un moteur et n'était de facto pas autorisé à naviguer sur le lac au sens de l'ONI. Elle 
se référait de surcroît à l'art. 78d du Règlement de la navigation sur le Léman (RS 
0.747.221.11), qui primait en raison de son caractère international sur l'ONI, pour le 
cas où un doute subsistait. 

d. Lors de l'audience devant le TP, A______ a expliqué avoir fait opposition à 
l'ordonnance pénale du SDC pour une question de principe. Il ne niait pas avoir 
circulé sur le lac avec un eFoil, mais il contestait que cela soit interdit.  

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Son engin mesurait environ 1.5 mètres. Sa vitesse était d'environ 25 à 35 km/h. La 
puissance du moteur était de 2.1 KW. Il l'avait acheté sur internet en 2018, précisant 
qu'à cette époque, il n'y avait pas de distributeur en Suisse. Lors de l'achat de son 
eFoil, il avait consulté l'ONI et n'avait rien trouvé qui en interdisait l'usage. Il avait 
été contrôlé sur le lac en septembre 2018 et on l'avait laissé repartir en lui disant de 
ne "plutôt pas" utiliser ce type d'engin. S'agissant de l'avertissement oral du 
22 février 2020, les policiers lui avaient dit qu'il n'était pas autorisé à circuler sur le 
lac avec son eFoil. Ils avaient ajouté qu'il n'y avait pas de régulation claire, mais 
qu'ils appliquaient les consignes du service de la navigation selon lesquelles cette 
pratique était interdite.  

C. a. La Chambre pénale d'appel et de révision (CPAR) a ordonné la procédure écrite 
(art. 406 al. 1 let. c du Code de procédure pénale [CPP] et 129 al. 4 de la loi sur 
l'organisation judiciaire [LOJ]). 

 b. Aux termes de son mémoire d'appel, A______ persiste dans ses conclusions. 

L'embarcation qu'il avait utilisée n'était réglementée par aucune prescription légale et 
ne rentrait dans aucune des catégories tracées par la loi. Le eFoilsn'était pas un 
"bateau", un "bateau de plaisance" ou un "véhicule nautique à moteur" au sens de la 
Directive 2013/53/UE, à laquelle l'ONI renvoyait à son art. 2 al. 2. Mais, en tout état, 
le eFoil, qui était un " hydroptère" [type précis de bateau], était exclu du champ 
d'application de ladite Directive. Il ne correspondait pas non plus à un "véhicule 
nautique à moteur" de l'art. 78d du Règlement de la navigation sur le Léman, qui 
interdisait leur circulation sur sa surface. La formulation "tout engin similaire" au 
sens de la même disposition était trop générale pour y inclure l'eFoil. 

La France avait émis une nouvelle réglementation en juillet 2020 en introduisant la 
notion de "planches motorisées", qui incluait le eFoil. La nécessité d'intégrer ce 
nouvel engin dans la législation démontrait que celui-ci ne rentrait auparavant dans 
aucune catégorie. Dans la perspective des autorités françaises, le eFoil était autorisé 
par principe, sous réserve de certaines conditions.  

 c. Invités à présenter leur réponse, le Ministère public, le SDC et le TP concluent à la 
confirmation du jugement entrepris. 

D. A______, né le ______ 1971, est suisse, marié et père de trois enfants. Il travaille en 
tant que ______ [statut professionnel] aux D______ pour un salaire mensuel net de 
CHF 18'866.90. Son épouse n'a pas d'activité rémunérée. Il déclare n'avoir ni dettes, 
ni fortune, étant toutefois précisé qu'il est propriétaire de sa maison et paie environ 
CHF 4'000.- par mois de charges hypothécaires. 

 

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EN DROIT : 

1. 1.1. L'appel est recevable pour avoir été interjeté et motivé selon la forme et dans les 
délais prescrits (art. 398 et 399 CPP). 

 La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel (art. 404 
al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP). 

 1.2. Conformément à l'art. 129 al. 4 LOJ, lorsque des contraventions font seules 
l'objet du prononcé attaqué et que l'appel ne vise pas une déclaration de culpabilité 
pour un crime ou un délit, la direction de la procédure de la juridiction d'appel est 
compétente pour statuer. 

 1.3. En matière contraventionnelle, l'appel ne peut être formé que pour le grief selon 
lequel le jugement est juridiquement erroné ou l'état de fait a été établi de manière 
manifestement inexacte ou en violation du droit. Aucune nouvelle allégation ou 
preuve ne peut être produite (art. 398 al. 4 CPP). 

2. 2.1. La LNI règle la navigation sur les voies navigables suisses, y compris celles qui 
sont frontalières, les dispositions des conventions internationales ainsi que les 
dispositions prises en application de ces conventions étant toutefois réservées (art. 1 
al. 1 et 3 LNI). 

2.2. D'après l'art. 78d du Règlement de la navigation sur le Léman, édicté en 
application de l'article premier de l'Accord entre la Suisse et la France concernant la 
navigation sur le Léman (RS 0.747.221.1), l'usage des véhicules nautiques à moteurs 
et de tout engin similaire quel qu'en soit le mode de propulsion est interdit. 

Aux termes de l'art. 1 let. bbis du Règlement de la navigation sur le Léman, le terme 
"véhicule nautique à moteur" désigne un bateau destiné à être utilisé à des fins 
sportives et de loisir, dont la coque a une longueur de moins de quatre mètres, équipé 
d'un moteur de propulsion qui entraîne une turbine constituant sa principale source 
de propulsion et conçu pour être manœuvré par une ou plusieurs personne(s) 
assise(s), debout ou agenouillée(s) sur la coque plutôt qu'à l'intérieur de celle-ci 
(Directive 2013/53/UE) (autres termes ayant la même signification : scooters 
aquatiques, motos nautiques, jet-ski et jet-bikes). 

2.3. Au sens de l'art. 13 al. 3 de l'Accord entre la Suisse et la France concernant la 
navigation sur le Léman, en cas d'infractions aux dispositions de l'Accord et du 
Règlement, chacune des Parties contractantes applique les sanctions pénales et les 
mesures administratives prévues par sa législation et sa réglementation. 

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L'art. 48 LNI réprime celui qui aura contrevenu à la présente loi, aux dispositions 
d'exécution édictées par la Confédération ou par les cantons ou aux règles de 
conventions internationales touchant la police de navigation ou l'économie des 
transports, sans qu'il y ait délit ou contravention au sens des art. 40 à 47 de la 
présente loi. 

2.4. En espèce, l'appelant argue que le eFoil est exclu des catégories de véhicules 
dont l'utilisation est interdite. Il conteste en particulier que son engin soit un 
"véhicule nautique à moteur" visé à l'art. 78d du Règlement, dans la mesure où celui-
ci est équipé d'un moteur électrique et non de propulsion.  

La définition de "moteur de propulsion" ne figure pas dans le Règlement de la 
navigation sur le Léman. Ce dernier se réfère cependant explicitement à la Directive 
2013/53/UE pour la définition de "véhicule nautique à moteur", ce qui permet de s'y 
inspirer pour déterminer la notion recherchée. D'après l'art. 3 ch. 3 de la Directive 
2013/53/UE, est un "moteur de propulsion" tout moteur à explosion, à allumage par 
compression ou à combustion interne utilisé directement ou indirectement à des fins 
de propulsion. Cette définition paraît en effet exclure le moteur électrique, et donc le 
eFoil de la catégorie de "véhicule nautique à moteur". 

Il convient cependant de relever que, mis à part les termes "de propulsion", le eFoil 
correspond en tout point à un "véhicule nautique à moteur", dans la mesure où il est, 
contrairement à ce que l'appelant allègue, un bateau, soit un véhicule destiné au 
déplacement sur et dans l'eau (art. 1 ch. a du Règlement), utilisé à des fins sportives 
et de loisir. Sa coque mesure moins de quatre mètres et son moteur constitue sa 
principale source de propulsion. Il est enfin conçu pour être manœuvré par une 
personne debout sur la coque. Cette description est, contrairement à ce que l'appelant 
prétend, très claire et ne porte à aucune confusion. Il doit dès lors être considéré 
comme un "engin similaire" au sens de l'art. 78d du Règlement, dont l'usage est 
interdit sur le lac Léman.  

L'interprétation des autorités exécutives françaises ne change pas ce raisonnement. 
Le Préfet de la Haute-Savoie a certes modifié le Règlement particulier de police de la 
navigation sur le lac Léman par arrêté DDT 2020-0989 du 23 juillet 2020 portant 
avenant n° 5, en ajoutant un article 10 qui règlemente la pratique des "Planches 
nautiques à moteur" sur la partie française du lac. Outre le fait que cet arrêté 
préfectoral ne lie pas les autorités judiciaires suisses, ces dernières ne sont pas 
compétentes pour revoir la conformité d'un tel règlement avec le droit supérieur. En 
tout état, quand bien même l'un des objectifs de la convention a pu être 
l'harmonisation des pratiques sur le lac Léman, le résultat d'interprétations différentes 
n'apparaît dans le cas concret pas choquant, une différence d'autorisation d'engins, 
surtout nouveaux sur le marché, entre deux pays voisins ne relevant au demeurant 
pas de l'extraordinaire. 

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Ce point de vue est de plus conforté par l'esprit du droit interne. En effet, 
l'interdiction d'user un tel engin selon le Règlement est conforme à la législation 
suisse, qui dispose, au sens des art. 121 al. 5 ONI cum 16 al. 2 let. b ONI que les 
bateaux dont la longueur est inférieure à 2.50 mètres, à l'exception des scooters de 
plongée, ne peuvent être équipés d'un moteur. Il ne fait nul doute, contrairement à ce 
que l'appelant prétend, que le eFoil est un "bateau", dans la mesure où il entre dans 
sa définition de l'ONI, à savoir un véhicule servant à la navigation, un autre corps 
flottant destiné au déplacement sur ou sous la surface de l'eau ou un engin flottant 
(art. 2 al. 1 let. a ch. 1 ONI). 

Au stade de l'appel, l'appelant n'invoque plus à juste titre la violation de l'égalité de 
traitement. 

Il doit dès lors être reconnu coupable d'infraction aux art. 48 LNI cum 78d du 
Règlement de la navigation sur le Léman, et non aux art. 16 et 121 ONI. Pour cette 
seule raison, le dispositif du jugement de première instance sera annulé. 

Si l'appelant a été condamné en première instance pour infraction à l'ONI, il était 
conscient de l'application du Règlement de la navigation sur le Léman, évoqué par la 
police ainsi que par le SDC dans son ordonnance de maintien, puis par le TP dans ses 
considérants. Assisté d'un avocat, il devait s'attendre à ce que la Chambre de céans – 
qui dispose d'un plein pouvoir de cognition en droit pour les contraventions (art. 391 
al. 1 et 398 al. 2 et 4 CPP) – examine la conformité de ses actes avec le droit 
applicable, dans la mesure où la nouvelle appréciation juridique des faits ne s'est pas 
faite à son détriment (art. 391 al. 2 pr CPP). Il a d'ailleurs lui-même pris position au 
sujet du Règlement dans son mémoire ; il n'y avait donc pas lieu de l'interpeller 
préalablement à cet égard (art. 344 CPP ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_815/2020 du 
22 décembre 2020 consid. 2.3).  

3. L'appelant n'a, à juste titre, pas remis en cause le montant de l'amende, adéquat au 
regard de sa faute et de sa situation personnelle. Ce point du jugement sera partant 
confirmé. 

4. Le requérant, qui succombe, supportera les frais de la procédure envers l'Etat, 
comprenant un émolument de CHF 500.- (art. 59 al. 4 CPP et 14 al. 1 let. b du 
Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale). 

 Il sera dès lors débouté de ses conclusions en indemnisation fondées sur l'art. 429 
CPP. 

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PAR CES MOTIFS, 
LE PRÉSIDENT DE LA CHAMBRE PÉNALE D'APPEL ET DE RÉVISION : 

 

Reçoit l'appel formé par A______ contre le jugement JTDP/967/2021 rendu le 16 juillet 
2021 par le Tribunal de police dans la procédure P/13895/2020. 

Le rejette. 

Condamne A______ aux frais de la procédure d'appel en CHF 655.-, lesquels comprennent 
un émolument de CHF 500.-. 

Annule néanmoins ce jugement. 

Et statuant à nouveau : 

Déclare A______ coupable d'infraction aux art. 48 LNI cum 78d du Règlement de la 
navigation sur le Léman. 

Condamne A______ à une amende de CHF 300.-. 

Prononce une peine privative de liberté de substitution de trois jours. 

Dit que la peine privative de liberté de substitution sera mise à exécution si, de manière 
fautive, l'amende n'est pas payée. 

Condamne A______ aux frais de la procédure de première instance, arrêtés à CHF 250.-. 

Notifie le présent arrêt aux parties. 

Le communique, pour information, au Tribunal de police. 

La greffière : 

Melina CHODYNIECKI 

 Le président : 

Vincent FOURNIER 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 78 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110), le 

présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec expédition complète 

(art. 100 al. 1 LTF), par-devant le Tribunal fédéral (1000 Lausanne 14), par la voie du recours en matière 

pénale. 

 

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 ETAT DE FRAIS  

 

 COUR DE JUSTICE  

 

Selon les art. 4 et 14 du règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais et dépens 
en matière pénale (E 4 10.03). 

 

 

Total des frais de procédure du Tribunal de police : CHF 250.00 

Bordereau de frais de la Chambre pénale d'appel et de révision   

Délivrance de copies et photocopies (let. a, b et c) CHF 00.00 

Mandats de comparution, avis d'audience et divers (let. i) CHF 80.00 

Procès-verbal (let. f) CHF 00.00 

Etat de frais CHF 75.00 

Emolument de décision CHF 500.00 

Total des frais de la procédure d'appel : CHF  655.00 

Total général (première instance + appel) : CHF  905.00