# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** d53220d4-0156-5afc-b69a-ff6218816321
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-12-20
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 20.12.2022 P/11500/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-11500-2019_2022-12-20.pdf

## Full Text

Siégeant : Madame Gaëlle VAN HOVE, présidente; Madame Catherine GAVIN et 
Monsieur Gregory ORCI, juges. 

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/11500/2019 AARP/386/2022 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt préparatoire du 20 décembre 2022 

 

Entre 

A______, domicilié ______ [VD],  

appelant, 

 

contre le jugement JTDP/1126/2022 rendu le 15 septembre 2022 par le Tribunal de police, 

 

et 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimé.

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P/11500/2019 

EN FAIT : 

A. a. Le 16 septembre 2022, A______, agissant en personne, a annoncé un appel à 
l’encontre du jugement du 15 septembre 2022, par lequel le Tribunal de police (TP) 
l’a reconnu coupable de lésions corporelles simples (art. 123 ch. 1 et 2 al. 1 et 4 du 
code pénal [CP]) et de voies de fait (art. 126 al. 1 et 2 let. b CP) et l’a acquitté de 
contrainte (art. 181 CP), l’a condamné à une peine pécuniaire de 30 jours-amende à 
CHF 30.- l’unité avec sursis pendant trois ans ainsi qu’à une amende de CHF 200.-. 

Le jugement motivé a été notifié à l’appelant le 11 octobre 2022. 

 b. Le 19 septembre 2022, la Chambre pénale d'appel et de révision (CPAR) a reçu un 
courrier de l’épouse de A______, sollicitant la suspension de la procédure, au motif 
que « le jugement rendu le 15 septembre 2022 a[vait] ravivé les tensions au sein de 

notre couple alors que tout se passait pour le mieux depuis 2021 ». L’original de ce 
courrier a été transmis au TP par la CPAR, qui n’en a gardé qu’une copie. Il ne figure 
pas au dossier transmis par le TP avec le jugement motivé. 

Par courrier daté du 28 octobre 2022, mais expédié le 29 septembre 2022 et adressé à 

la CPAR, A______ a contesté le jugement et conclu à son acquittement. L’original 
de ce courrier a été transmis au TP par la CPAR, qui n’en a gardé qu’une copie. Il ne 
figure pas au dossier transmis par le TP avec le jugement motivé. 

 c. Le 9 novembre 2022, la CPAR a interpellé A______ sur l’apparente irrecevabilité 
de son appel, faute d’avoir reçu une déclaration d’appel en temps utile. Celui-ci a 
contesté l’irrecevabilité par courrier (non signé) reçu le 18 novembre 2022, se 
référant aux courrier et déclaration d’appel reçus les 19 et 30 septembre 2022. 

 d. Le 21 novembre 2022, la CPAR a reçu un courrier non daté de A______, dans 
lequel il motive son appel. 

B. La CPAR a transmis ces documents au MP en attirant son attention sur l’arrêt 
6B_1217/2013 du Tribunal fédéral et en l’invitant à se déterminer sur l’application 
de l’art. 55a CP. 

 Le MP conclut à l’irrecevabilité de l’appel ; subsidiairement, il conclut à son rejet et 
ne s’oppose pas à la suspension de la procédure en application de l’art. 55a CP, en 
particulier au vu des allégations de l’appelant et de son épouse selon lesquelles ils 
auraient eu un nouvel enfant. 

  

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P/11500/2019 

EN DROIT : 

1. 1.1. Conformément à l'art. 403 CPP, une décision écrite sur la recevabilité de l'appel 
doit être rendue lorsque la direction de la procédure ou une partie invoque l'un des 

moyens prévus par l'art. 403 al. 1 let. a à c CPP. 

1.2. Aux termes de l'art. 399 al. 1 CPP, la partie annonce l'appel au tribunal de 
première instance par écrit ou oralement pour mention au procès-verbal dans le délai 

de dix jours à compter de la communication du jugement. 

Lorsque le jugement motivé est rédigé, le tribunal de première instance transmet 

l'annonce et le dossier à la juridiction d'appel (art. 399 al. 2 CPP). 

La partie qui annonce l'appel adresse une déclaration d'appel écrite à la juridiction 

d'appel dans les 20 jours à compter de la notification du jugement motivé (art. 399 

al. 3 CPP), en indiquant si elle entend attaquer le jugement dans son ensemble ou 

seulement sur certaines parties (let. a), les modifications du jugement de première 

instance qu'elle demande (let. b) et ses réquisitions de preuves (let c). 

1.3. Lorsque l'annonce d'appel n'a pas été suivie d'une déclaration d'appel l'appel est 
irrecevable, même si l'on parvient à deviner, à la lecture de l'annonce d'appel, quelles 

auraient pu être les modifications du jugement demandées dans la déclaration 

d'appel, celle-ci eût-elle été déposée (arrêt du Tribunal fédéral 6B_458/2013 du 

4 novembre 2013 consid. 1.4 ; AARP/249/2016 du 23 juin 2016). 

1.4. L’autorité judiciaire a un devoir de vigilance, qui découle directement de l'art. 3 
CPP et stipule entre autres que le juge est tenu, en tout cas dans le cas d'une partie au 

procès qui ne connaît pas le droit et qui n'est pas représentée par un avocat, de 

l'informer d'office d'une erreur de procédure si la partie en commet une et si l'erreur 

est découverte à temps et peut encore être réparée dans le délai imparti (ATF 

124 II 265 p. 270 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_1217/2013 du 18 février 2014).  

1.4. En l’espèce, le courrier de l’appelant, agissant en personne, daté du 28 octobre 
2022 (sic !) mais en réalité adressé à la CAPR avant même la notification du 

jugement motivé, constituait manifestement une déclaration d’appel anticipée, en 
principe irrecevable. Le devoir de vigilance de l’autorité aurait alors commandé 
d’attirer l’attention de l’appelant sur ce vice de procédure, ce qui n’a pas été fait. 
Même si, à ce moment-là, aucun dossier du TP ne lui était encore parvenu, la CPAR 

aurait ainsi été tenue de s'y intéresser de plus près. La transmettre simplement au TP 

n’était pas adéquat. Une brève vérification aurait permis de constater que l’appelant 
n'avait pas respecté la prescription légale et la CPAR aurait dû attirer l'attention du 

requérant sur cette erreur, qui pouvait encore être réparée sans conséquences (arrêt 

du Tribunal fédéral 6B_1217/2013 susmentionné, consid. 2 ; M. NIGGLI / M. HEER 

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P/11500/2019 

/ H. WIPRÄCHTIGER (éds), Strafprozessordnung / Jugendstrafprozessordnung, 

Basler Kommentar StPO/JStPO, 2e éd., Bâle 2014, n. 2 ad art. 399).  

1.5. Certes, le jugement motivé du TP, qui lui a été notifié le 11 octobre 2022, a 
encore une fois expressément attiré l'attention de l’appelant sur les modalités de la 
déclaration d'appel. Le fait qu'il n'y ait pas réagi et qu'il se soit fié sans autre à sa 

déclaration antérieure, qui n’avait suscité aucune réaction de la CPAR, est 
compréhensible de la part d’un plaideur en personne, peu versé dans les questions 
juridiques. L’appelant ne doit pas subir de conséquence de l’absence de réaction de 
la CPAR à la réception de sa déclaration d’appel anticipée.  

Il sera dès lors entré en matière sur son appel, sans qu’il soit nécessaire d’impartir un 
nouveau délai à l’appelant, dont les différents courriers permettent de comprendre 
qu’il conteste le jugement entrepris dans son intégralité.  

2. 2.1. A teneur de l’art. 55a CP, en cas de lésions corporelles simples (art. 123, ch. 2, 
al. 3 à 5 CP) ou de voies de fait réitérées (art. 126, al. 2, let. b, bbis et c CP), le 

tribunal peut suspendre la procédure si la victime est le conjoint ou ex-conjoint de 

l’auteur et que l’atteinte a été commise durant le mariage ou dans l’année qui a suivi 
le divorce, si la victime le requiert, et si la suspension semble pouvoir stabiliser ou 

améliorer la situation de la victime. Le Tribunal peut obliger le prévenu à suivre un 

programme de prévention de la violence pendant la suspension de la procédure. Il 

communique les mesures prises au service cantonal chargé des problèmes de 

violence domestique. 

 2.2. En l’espèce, l’épouse du prévenu avait sollicité une première la suspension de la 
procédure en 2020, puis sa reprise. Elle sollicite à nouveau cette suspension en se 

prévalant du fait que la condamnation de son époux par le premier juge a péjoré la 

situation du couple, sans expliciter en quoi consiste cette aggravation. Un tel 

argument apparaît étranger aux motifs de l’art. 55a CP, qui n’a pas pour vocation de 
permettre au conjoint condamné d’échapper à sa condamnation en s’en prenant à sa 
victime. 

 Il n’y a dès lors pas lieu, à ce stade de la procédure, d’ordonner la suspension de la 
procédure d’appel. 

 Afin de clarifier la situation du couple, une audience sera convoquée pour permettre 

leur audition et déterminer s’il y a lieu de faire droit ou non à la demande de 
suspension. 

3. Il sera statué sur les frais de la présente décision avec le fond. 

* * * * *  

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P/11500/2019 

 

PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

 

Déclare recevable l'appel formé par A______ contre le jugement JTDP/1126/2022 rendu le 

15 septembre 2022 par le Tribunal de police dans la procédure P/11500/2019. 

Refuse de suspendre la procédure d’appel (art. 55a CP). 

Réserve la suite de la procédure. 

Notifie le présent arrêt aux parties. 

Le communique, pour information, à B______. 

 

La greffière : 

 Melina CHODYNIECKI 

 La présidente : 

Gaëlle VAN HOVE 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 78 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral (LTF), le présent 

arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec expédition 

complète (art. 100 al. 1 LTF), par-devant le Tribunal fédéral (1000 Lausanne 14), par la 

voie du recours en matière pénale.