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**Case Identifier:** d045c29c-47d8-510a-8d3d-df23f0518fbc
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-06-17
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance 17.06.2024 C/14014/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_006_C-14014-2013_2024-06-17.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/14014/2013-CS DAS/140/2024 

DECISION 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre de surveillance 

DU LUNDI 17 JUIN 2024 

 

Recours (C/14014/2013-CS) formé en date du 22 février 2024 par Madame A______, 

domiciliée ______ (Genève), représentée par Me B______, avocat. 

* * * * * 

Décision communiquée par plis recommandés du greffier 

du    18 juin 2024 à : 

- Madame A______ 

c/o Me B______, avocat 

______, ______. 

- Monsieur C______ 
c/o Me Yaël HAYAT, avocate 

Place du Bourg-de-Four 24, case postale 3504, 1211 Genève 3. 

- Maître D______ 

 ______, ______. 

- TRIBUNAL DE PROTECTION DE L'ADULTE 

ET DE L'ENFANT. 

Pour information, à : 

- Madame E______, Procureure, 

MINISTERE PUBLIC (P/1______/2018) 
Route de Chancy 6B, 1213 Petit-Lancy. 

 

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C/14014/2013-CS 

EN FAIT 

A. a. Par jugement JTPI/15672/2011 du 31 octobre 2011, le Tribunal de 

première instance, statuant sur requête commune, a notamment dissous par le 

divorce le mariage contracté le 12 janvier 2004 par A______ et C______, 

maintenu l’autorité parentale conjointe sur l’enfant F______, né le ______ 
2006, attribué la garde de celui-ci à la mère, le père bénéficiant d’un très large 
droit de visite, fixé selon accord entre les parents, mais au minimum d’un soir 
par semaine, un week-end sur deux du vendredi après l’école au lundi matin 
et durant la moitié des vacances scolaires.  

b. Le 28 juin 2013, C______ a formé une demande devant le Tribunal de 

protection de l’adulte et de l’enfant (ci-après: le Tribunal de protection), 
sollicitant qu’une évaluation familiale soit sollicitée du Service de protection 
des mineurs (SPMi) et qu’une curatelle de surveillance du droit de visite soit 
instaurée. 

En substance, C______ a allégué que les modalités fixées par le jugement de 

divorce s’agissant de son droit de visite avaient été respectées jusqu’à la fin 
de l’année 2012. A______ avait toutefois changé d’attitude depuis qu’elle 
avait appris que C______ allait avoir un enfant avec sa compagne. Le 

dialogue était devenu difficile et le partage des vacances et jours fériés 

compliqué à organiser. 

c. Par courrier du 26 septembre 2013, le SPMi, mandaté par le TPAE pour 

une évaluation sociale, a informé ce dernier que les parties s’étaient engagées 
à entreprendre un processus de médiation. Une modification du jugement de 

divorce avait par ailleurs été sollicitée auprès du Tribunal de première 

instance (demande retirée par la suite). En l’état, une mesure de curatelle de 
surveillance des relations personnelles n’apparaissait pas nécessaire. 

d. Selon ce qui ressort du dossier soumis à la Chambre de surveillance, le 

droit de visite du père sur le mineur F______ n’a plus été exercé depuis 2016. 

e. Le 29 juin 2018, F______ a été entendu par la police. Il a relaté des faits de 

maltraitance physique auxquels se serait livré son père, lequel lui aurait par 

ailleurs dit qu’il « ne servait à rien » et qu’il était « une merde » ; il avait 
également allégué avoir subi des attouchements, lorsque son père lui mettait, 

fréquemment, des suppositoires. 

Le 18 juillet 2018, A______ a déposé plainte à l’encontre de C______ en 
raison de ces faits; elle s’est constituée partie plaignante en qualité de 
représentante légale de F______ et pour elle-même. 

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C/14014/2013-CS 

f. La question de la représentation du mineur F______ dans le cadre de cette 

procédure pénale s’est posée dans le courant de l’année 2019. Par décision du 
13 juin 2019, le Ministère public a refusé l’intervention d’un nouveau conseil 
juridique pour représenter les intérêts de l’enfant. C______ a recouru contre 
cette décision auprès de la Chambre pénale de recours, concluant à son 

annulation et à ce qu’il soit ordonné au Tribunal de protection de désigner un 
curateur de représentation au mineur. 

Par arrêt du 12 novembre 2019, la Chambre pénale de recours a déclaré 

irrecevable le recours formé par C______, faute d’un intérêt juridiquement 
protégé à l’annulation de la décision attaquée.  

g. La procédure pénale a connu les étapes principales suivantes: une expertise 

de crédibilité a été effectuée, de même qu’une expertise de victimologie, les 
rapports ayant été rendus en novembre 2020 et les experts auditionnés par le 

Ministère public. Le 22 février 2022, le Ministère public a rendu une 

ordonnance de classement partiel s’agissant des actes d’ordre sexuel avec des 
enfants et de la contrainte sexuelle; une ordonnance pénale condamnant 

C______ pour lésions corporelles simples, violation du devoir d’assistance ou 
d’éducation et voies de fait a également été rendue. A______ a recouru contre 
le classement partiel auprès de la Chambre pénale de recours, laquelle a 

annulé la décision attaquée et retourné la cause au Ministère public afin qu’il 
renvoie C______ en jugement ou qu’il poursuive l’instruction. Ce dernier a 
pour sa part contesté l’ordonnance pénale; le Tribunal de police a retourné la 
cause au Ministère public, afin qu’il soit saisi de tous les volets. Le Ministère 
public a ensuite tenu plusieurs audiences durant l’année 2023, jusqu’au mois 
de juin; d’autres audiences avaient été fixées les 30 et 31 octobre 2023. Par 
courrier du 11 octobre 2023, le conseil de C______ s’est toutefois opposé à 
ce que A______ soit acceptée en qualité de partie plaignante pour elle-même 

et a sollicité qu’un curateur soit désigné au mineur. Les audiences des 30 et 
31 octobre 2023 ont par conséquent été annulées. Le 22 décembre 2023, 

A______ a retiré sa propre constitution de partie plaignante. 

h. Par courrier du 16 janvier 2024, E______, Procureure, a informé le 

Tribunal de protection être en charge de la procédure pénale P/1______/2018, 

ouverte à l’encontre de C______ notamment des chefs de lésions corporelles 
simples, actes d’ordre sexuel avec des enfants et contrainte sexuelle, suite à la 
plainte déposée le 18 juillet 2018 par la mère du mineur. La Procureure 

relevait l’existence d’un « conflit conjugal » entre les parents. Compte tenu 
des infractions en cause et de la situation familiale, il apparaissait 

indispensable qu’un curateur soit désigné au mineur. En effet, la mère avait 
initialement déposé plainte en tant que représentante légale de son fils et 

s’était en outre constituée partie plaignante pour elle-même; elle avait 
mandaté Me B______ pour la défense de ses intérêts et de ceux de son fils. 

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C/14014/2013-CS 

A______ avait ensuite retiré sa propre constitution de partie plaignante, tout 

en indiquant souhaiter défendre les intérêts de son fils. La Procureure a 

encore ajouté qu’elle ne s’opposerait pas, si le Tribunal de protection devait 
en décider ainsi, à ce que Me B______ soit nommé curateur du mineur.  

B. Par décision DTAE/318/2024 du 18 janvier 2024, le Tribunal de protection, 

faisant suite à la requête du Ministère public, a désigné D______, avocate, en 

qualité de curatrice du mineur F______, son mandat étant limité à la 

représentation de ce dernier dans la procédure pénale P/1______/2018 

pendante devant le Ministère public; la décision a été déclarée 

immédiatement exécutoire. 

Cette décision ne contient aucune motivation, le Tribunal de protection 

s’étant contenté d’indiquer ce qui suit: « En date du 16 janvier 2024, le 
Ministère public a requis la désignation d’un curateur aux fins de représenter 
le mineur concerné dans le cadre de la procédure pénale P/1______/2018, au 

vu du conflit d’intérêts pouvant exister dans ce contexte vis-à-vis de ses 
parents ».  

C. a. Le 22 février 2024, A______ a formé recours contre cette décision auprès 

de la Chambre de surveillance de la Cour de justice (ci-après: la Chambre de 

surveillance), concluant préalablement à ce que l’apport de la procédure 
pénale soit ordonné et principalement à l’annulation de la décision attaquée.  

Elle a par ailleurs requis la restitution de l’effet suspensif, cette requête ayant 
été admise par décision DAS/65/2024 de la Chambre de surveillance du 

12 mars 2024.  

Sur le fond, elle a fait grief au Tribunal de protection d’avoir violé son droit 
d’être entendue, en ne sollicitant pas sa détermination sur le principe même 
de la nomination d’un curateur de représentation au mineur. Ce dernier avait  
adressé un courrier à Me B______, dans lequel il indiquait ne pas souhaiter 

bénéficier d’une curatelle de représentation et vouloir que Me B______ 
continue de le représenter. Pour le surplus, la recourante a soutenu que bien 

que la procédure pénale ait débuté près de six ans auparavant, aucune 

contradiction entre ses propres déclarations et celles de son fils n’était 
apparue. Pour le surplus, la recourante a soutenu avoir toujours défendu les 

intérêts de son fils et a relevé la position « curieuse » adoptée par le Ministère 

public, lequel n’était pas opposé à ce que Me B______ soit nommé curateur 
du mineur, alors qu’il intervenait également comme son propre conseil. 
Enfin, la décision attaquée était inopportune puisqu’aucun élément nouveau 
imposant la nomination d’un curateur cinq ans et demi après le début de la 
procédure pénale n’était survenu. F______ avait par ailleurs clairement 
exprimé ne pas vouloir de cette mesure. Devenant majeur le ______ 2024, il 

allait devoir établir en peu de temps et pour un temps très court un lien de 

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C/14014/2013-CS 

confiance avec une personne qu’il ne connaissait pas et raconter une fois 
encore les maltraitances et les abus dont il avait été la victime.  

b. Le Tribunal de protection a persisté dans les termes de la décision attaquée. 

c. C______ pour sa part a conclu au rejet du recours. 

d. A______ a répliqué, persistant dans ses conclusions. 

e. C______ a dupliqué, persistant dans les siennes. 

f. Par avis du 5 juin 2024 du greffe de la Chambre de surveillance, les parties 

ont été informées de ce que la cause était gardée à juger.  

EN DROIT 

1. 1.1 Les dispositions de la procédure devant l'autorité de protection de l'adulte 

sont applicables par analogie pour les mesures de protection de l'enfant 

(art. 314 al. 1 CC).  

Les décisions de l'autorité de protection peuvent faire l'objet d'un recours 

(art. 450 al. 1 CC) dans les trente jours à compter de leur notification 

(art. 450b al. 1 CC), auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de 

justice (art. 53 al. 1 LaCC). 

Le recours doit être dûment motivé et interjeté par écrit auprès du juge 

(art. 450 al. 3 CC). 

Interjeté en temps utile et selon la forme prescrite, par la représentante légale 

du mineur concerné par la mesure, le recours est recevable. 

1.2 Le recours peut être formé pour violation du droit, constatation fausse ou 

incomplète des faits pertinents et inopportunité de la décision (art. 450a 

al. 1 CC). 

2. 2.1 Garanti aux art. 29 al. 2 Cst et 53 CPC, le droit d'être entendu comprend 

en particulier le droit pour le justiciable de s'expliquer avant qu'une décision 

ne soit prise à son détriment, de fournir des preuves quant aux faits de nature 

à influer sur la décision, d'avoir accès au dossier, de participer à 

l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se déterminer à 

leur sujet (ATF 135 II 286 consid. 5.1; 135 I 187 consid. 2.20; 129 II 497 

consid. 2.2).  

Le droit d'être entendu est une garantie de nature formelle, dont la violation 

entraîne l'annulation de la décision attaquée, sans égard aux chances de 

succès du recours sur le fond (ATF 137 I 195 consid. 2.2). Ce moyen doit être 

examiné avec un plein pouvoir d'examen (arrêt du Tribunal fédéral 

5A_540/2013 du 3 décembre 2013 consid. 3.3.1; ATF 127 III 193 consid. 3). 

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Même en cas de violation grave du droit d'être entendu, la cause peut ne pas 

être renvoyée à l'instance précédente, si et dans la mesure où ce renvoi 

constitue une démarche purement formaliste qui conduirait à un retard inutile, 

incompatible avec l'intérêt de la partie concernée (comparé à celui d’être 
entendu) à un jugement rapide de la cause (ATF 135 I 279 consid. 2.6.1, 

JdT 2010 I 255; 136 V 117 consid. 4.2.2.2; 133 I 201 consid. 2.2). 

2.2 En l’espèce, le Tribunal de protection a rendu la décision litigieuse à 
réception du courrier du Ministère public du 16 janvier 2024, sans avoir 

donné au préalable aux parties la possibilité de faire valoir leurs arguments. 

Ce faisant, le Tribunal de protection a violé le droit d’être entendue de la 
recourante. 

Celle-ci a toutefois pu faire valoir ses arguments devant la Chambre de 

surveillance et la décision litigieuse doit, quoiqu’il en soit, être annulée pour 
d’autres motifs, de sorte qu’il ne se justifie pas de retourner la cause au 
Tribunal de protection. 

3. 3.1 Les père et mère sont, dans les limites de leur autorité parentale, les 

représentants légaux de leurs enfants à l’égard des tiers (art. 304 al. 1 CC). 

Si les père et mère sont empêchés d’agir ou si, dans une affaire, leurs intérêts 
entrent en conflit avec ceux de l’enfant, l’autorité de protection de l’enfant 
nomme un curateur ou prend elle-même les mesures nécessaires (art. 306 

al. 2 CC). 

3.2 En l’espèce, il sera tout d’abord relevé que la procédure pénale initiée à 
l’encontre de C______ a débuté en 2018. Jusqu’en janvier 2024, le Ministère 
public n’a jamais considéré nécessaire de solliciter la représentation du 
mineur F______; il s’y est même opposé, par décision rendue le 13 juin 2019, 
semblant alors considérer que les intérêts de la mère n’entraient pas en conflit 
avec ceux du mineur. Il résulte par ailleurs du dossier que l’instruction est 
désormais très avancée, puisque plusieurs expertises ont été réalisées, les 

experts, ainsi que d’autres intervenants, ayant d’ores et déjà été entendus. 
Durant toutes ces étapes, les intérêts du mineur F______ ont été représentés 

par sa mère, laquelle était assistée d’un avocat chevronné. Ni le Ministère 
public, ni le Tribunal de protection dans la décision attaquée, n’ont expliqué 
les raisons pour lesquelles les intérêts de la recourante et ceux de son fils 

seraient désormais divergents, alors qu’ils ne semblaient pas l’être 
auparavant. Sur ce point, le Tribunal de protection s’est contenté de 
mentionner le fait qu’un conflit d’intérêts pouvait exister, ce qui semble 
attester du fait qu’il ne s’agit pas d’un conflit concret, mais potentiel. 

En outre, il sera relevé que F______ atteindra la majorité dans quatre mois. 

Agé de plus de 17 ans, il a manifesté son opposition à la mesure de curatelle 

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ordonnée et son souhait de voir Me B______ continuer de défendre ses 

intérêts. Confirmer la décision du Tribunal de protection reviendrait par 

conséquent à mettre en œuvre une curatrice contre la volonté de l’intéressé, 
laquelle, à peine familiarisée avec le dossier, devra être relevée de son mandat 

en raison du fait que F______ aura atteint la majorité et pourra représenter 

seul ses intérêts et mandater le conseil de son choix. 

La décision attaquée est dès lors dépourvue de toute utilité pratique et il se 

justifie de l’annuler. 

4. La procédure, qui porte sur une mesure de protection, est gratuite (art. 81 

al. 1 LaCC). 

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C/14014/2013-CS 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre de surveillance : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours formé par A______ contre la décision DTAE/318/2024 

rendue le 18 janvier 2024 par le Tribunal de protection de l’adulte et de l’enfant dans la 
cause C/14014/2013. 

Au fond : 

Annule la décision attaquée. 

Dit que la procédure est gratuite. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Siégeant : 

Monsieur Cédric-Laurent MICHEL, président; Mesdames Paola CAMPOMAGNANI et 

Jocelyne DEVILLE-CHAVANNE, juges; Madame Carmen FRAGA, greffière. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005     

(LTF; RS 173.110), la présente décision peut être portée dans les trente jours qui 

suivent sa notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par devant le 

Tribunal fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral - 1000 Lausanne 14.