# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a92d0049-0216-5906-874e-4715808ddd2c
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2014 / 256
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2014---256_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC14.020564-141842

             
369 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
30 octobre 2014

___________________

Présidence
de               Mme             
Rouleau,
vice-présidente

Juges             
:              Mme             
Carlsson et M. Hack 

Greffier
              :             
Mme              Nüssli

 

 

*****

 

 

Art.
321 al. 1 CPC

 

 

             
Vu le prononcé rendu le 24 juillet 2014 par le Juge de paix du district de Lausanne, statuant à
la suite de l’audience du 2 juillet 2014, prononçant la mainlevée provisoire de l’opposition
formée par S.________,
à Lausanne, à la poursuite n° 6'989'152 de l’Office des poursuites du district
de Lausanne exercée contre lui à l’instance de
L.________,
à Fleurier, arrêtant à 150 fr. les frais judiciaires, compensés avec l’avance
de frais de la poursuivante, et les mettant à la charge du poursuivi, qui doit en conséquence
rembourser à la poursuivante son avance de frais à concurrence de 150 francs, sans allocation
de dépens pour le surplus,

 

             
vu la notification de ce dispositif au poursuivi le 4 août 2014, 

 

             
vu le courrier, intitulé « lettre de réclamation », adressé le 8 août
2014 au juge de paix par le poursuivi, qui déclare en substance ne pas contester la créance
en poursuite, mais avoir proposé à la poursuivante de la payer par mensualités en raison
de problèmes de santé, et qui renouvelle sa proposition de paiements échelonnés,

 

             
vu la lettre du juge de paix du 14 août 2014, constatant que le courrier précité est illisible,
mais qu’il semble en ressortir que le prononcé du 24 juillet 2014 est contesté, et informant
le poursuivi que, sauf avis contraire de celui-ci jusqu’au 26 août 2014, il sera considéré
comme valant demande de motivation,

 

             
vu les motifs du prononcé adressés pour notification aux parties le 17 septembre 2014,

 

             
vu la transmission du dossier par le juge de paix à la cour de céans, autorité de recours,
le 9 octobre 2014;

 

 

             
attendu que le recours au sens des art. 319 ss CPC [Code de procédure civile du 19 décembre
2008; RS 272] doit être introduit auprès de l'instance de recours par acte écrit et motivé
(art. 321 al. 1 CPC), dans les dix jours à compter de la notification de la décision motivée
(art. 321 al. 2 CPC),

 

             
que le droit de recourir peut déjà s'exercer dans le délai de demande de motivation, lequel
est de dix jours à compter de la communication de la décision sous forme de dispositif (art.
239 al. 1 et 2 première phrase CPC), un acte de recours déposé dans ce délai étant
alors considéré comme une demande de motivation, 

 

             
qu'en outre, le principe selon lequel est réputé observé un délai si le mémoire
a été adressé à l'autorité précédente, qui vaut pour les recours au
Tribunal fédéral (art. 48 al. 3 LTF [loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral;
RS 173.110]), doit être également appliqué dans la procédure de recours régie
par le CPC (Tappy, Les voies de droit du nouveau Code de procédure civile, in JT 2010 III 115, spéc. p. 131),

             
que la "lettre de réclamation" adressée le 8 août 2014 au Juge de paix du district
de Lausanne, considérée comme un recours, a ainsi été déposée en temps
utile;

 

 

             
attendu que la partie qui entend user d'une voie de droit a la charge de se conformer à certaines
règles de forme, à défaut de quoi sa démarche sera frappée d'irrecevabilité
(Jeandin, in Bohnet/Haldy/Jeandin/Schweizer/Tappy (éd.), Code de procédure civile commenté,
Bâle 2011, n. 1 ad art. 321 CPC), 

 

             
qu'en particulier, selon l'art. 321 al. 1 CPC, le recours doit être motivé, 

             

             
que cette norme ne fait pas des conclusions formelles une condition de recevabilité du recours,

 

             
que selon une partie de la doctrine, le recours devrait comporter des conclusions, voire même des
conclusions au fond et non seulement cassatoires, sous peine d'irrecevabilité (Jeandin,  op.
cit., n. 5 ad art. 321 CPC et le renvoi à la n. 4 ad art. 311 CPC; Freiburghaus/Afheldt, in
Sutter-Somm et al., Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung, 2010, n. 14 ad art. 321 CPC),

 

             
qu'on ne voit pas ce qui justifierait de déclarer d'emblée irrecevable le recours tendant uniquement
à l'annulation de la décision, étayé exclusivement par un grief formel (CPF, 30 décembre
2011/548), 

 

             
qu'il suffit que la motivation du recours permette de comprendre ce que le recourant veut obtenir, faute
de quoi l'intérêt au recours n'est pas démontré (CPF 2011/548 précité;
CPF, 7 février 2012/33; CPF, 20 mars 2014/100),

 

             
que l'instance de recours doit ainsi pouvoir comprendre ce qui est reproché au premier juge sans
avoir à rechercher des griefs par elle-même, ce qui exige une certaine précision quant
à l'énoncé et à la discussion des griefs (CREC, 11 mai 2012/173), 

 

             
qu'en l'espèce, il ne ressort pas de l’acte du 8 août 2014 une volonté claire de
recourir,

 

             
que cet écrit ne contient aucun grief, motif ou moyen de recours reconnaissable contre la décision
de mainlevée, le recourant déclarant ne pas contester la créance en poursuite mais proposant
le paiement de celle-ci par acomptes,

 

             
que le recourant n'a pas déposé d'autre acte après réception de la décision
de mainlevée motivée,

 

             
que l'absence de motivation du recours est un vice qui n'est pas réparable (cf. par analogie : TF
5P.429/2006 du 11 décembre 2006),

 

             
qu'ainsi l'art. 132 CPC, selon lequel le tribunal peut fixer un délai pour la rectification de certains
vices affectant un acte, ne s'applique pas dans le cas d'un acte de recours dépourvu de motivation,

 

             
qu'en effet, l'absence de motivation ne constitue pas un vice purement formel visé par l'art. 132
al. 1 CPC, tel que l'absence de signature ou de procuration, et n'est pas non plus assimilable à
une motivation incompréhensible au sens de l'art. 132 al. 2 CPC (CPF 2011/548 et 2014/100 précités),

 

             
que l'art. 56 CPC, selon lequel le tribunal donne aux parties l'occasion de clarifier ou de compléter
leurs actes ou déclarations peu clairs ou manifestement incomplets, concerne des allégations
de fait et n'est pas applicable non plus en cas d'absence de motivation d'un acte de recours (ibidem),

 

             
que l'acte du 8 août 2014, faute d'être motivé, ne satisfait pas aux exigences de forme
posées par la loi et doit par conséquent être déclaré irrecevable;

 

 

             
attendu que le présent arrêt peut être rendu sans frais ni dépens.

 

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est irrecevable.

 

             
II.             
L’arrêt, rendu sans frais ni dépens, est exécutoire.

 

 

La
présidente :               La greffière
:

 

 

 

 

Du
30 octobre 2014

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, prend date de ce jour.

 

             
Il est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. S.________,

‑             
L.________.

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 3'781 fr. 20.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe 
(art.
74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les
trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
M. le Juge de paix du district de Lausanne.

 

             
La greffière :