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**Case Identifier:** ddb4694e-b83a-5747-810b-ab14520be546
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours civile HC / 2022 / 80
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_010_HC---2022---80_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

AJ21.053649-220041

17 

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS CIVILE

_________________________________________

Arrêt du
27 janvier 2022

__________________

Composition
:               M.             
PELLET, président

             
              M.             
Sauterel et Mme Chollet, juges

Greffier:             
              Mme             
Umulisa Musaby

 

 

*****

 

 

Art.
121 et 321 al. 1 CPC

 

 

             
Statuant à huis clos sur le recours interjeté par 
T.________,
à Aigle, contre la décision lui refusant l’assistance judiciaire rendue le 3 janvier
2022 par la Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement de l’Est vaudois, la Chambre
des recours civile du Tribunal cantonal considère :

 

             
En fait et en droit :

 

 

1.             
Par décision du 3 janvier 2022, la Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement de
l’Est vaudois (ci-après : la présidente) a refusé à T.________ le bénéfice
de l’assistance judiciaire (I) et rendu la décision sans frais (II). 

 

             
En droit, la présidente a en substance considéré que T.________ requérait d’être
mis au bénéfice de l’assistance judiciaire pour « 9 procédures qui ont
fait l’objet d’opposition » sans donner aucune précision sur les procédures
en question mais expliquant toutefois qu’elles seraient de la compétence du Juge de paix du
district d’Aigle et non du Tribunal d’arrondissement de l’Est vaudois. Elle en a conclu
que la requête d’assistance judiciaire devant être déposée devant l’autorité
compétente pour le fond de l’action, le bénéfice de l’assistance judiciaire
requis devait être refusé. 

 

2.             
Par acte du 10 janvier 2022, T.________ (ci-après :
le recourant) a interjeté recours contre cette décision. Il a notamment écrit que :
« Est déposée REQUETE FORMELLE à ce que la Haute Autorité statue en entrée
de cause, pour le dossier qui nous occupe, sur cette demande d’ass. Judiciaire pour mettre en forme
de Droit ce recours ». Dans ses conclusions, il a évoqué des précédentes
affaires judiciaires le concernant et conclut que « La cause est renvoyée à l’instance
inférieure pour …(sic) ».

 

             
Le recourant a produit la décision entreprise ainsi que deux pièces qui ne figurent pas dans
le dossier de première instance. 

 

3.

3.1             
              L’art.
121 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS 272) ouvre la voie du recours
de l’art. 319 let. b ch. 1 CPC contre les décisions refusant totalement ou partiellement l’assistance
judiciaire. S’agissant d’une décision rendue en procédure sommaire (art. 119 al.
3 CPC), le délai de recours est de dix jours (art. 321 al. 2 CPC).

 

             
              En
l’espèce, le recours a été déposé en temps utile.

 

             
              Les pièces nouvelles
produites à l’appui du recours sont irrecevables au regard de l’art. 326 al. 1 CPC.

 

 

3.2

3.2.1             
              Aux
termes de l’art. 321 al. 1 CPC, le recours doit être écrit et motivé. Il doit en
outre contenir, sous peine d’irrecevabilité, des conclusions en annulation ou au fond, soit
ce que la partie veut que le tribunal lui alloue dans sa décision (CREC 11 mai 2012/173 ; Colombini,
Code de procédure civil, condensé de la jurisprudence fédérale et vaudoise, n. 6.2
ad art. 321 CPC).

 

La
motivation est une condition légale de recevabilité qui doit être examinée d'office
(ATF 134 II 244 consid. 2.4.2 p. 248). Il incombe au recourant de s'en prendre à la motivation de
la décision attaquée pour tendre à en démontrer le caractère erroné. Pour
satisfaire à cette exigence, le recourant doit discuter au moins de manière succincte les considérants
du jugement qu'il attaque et il ne lui suffit pas de renvoyer aux moyens soulevés en première
instance, ni de se livrer à des critiques toutes générales de la décision attaquée,
sa motivation devant être suffisamment explicite pour que l'instance de recours puisse la comprendre
aisément, ce qui suppose une désignation précise des passages de la décision que
le recourant attaque et des pièces du dossier sur lesquelles repose sa critique (ATF 141 III 569
consid. 2.3.3 et 4.3.1 ; TF 5D_43/2019 du 24 mai 2019 consid. 3.2.2 et les références citées).

 

Il
est communément admis en procédure que la motivation d'un acte de recours doit être entièrement
contenue dans le mémoire de recours lui-même. Elle ne saurait dès lors être complétée
ou corrigée ultérieurement. Si elle fait défaut, la juridiction d'appel ou de recours
n'entre pas en matière (TF
5A_206/2016 du 1er
juin 2016 consid. 4.2.2 et les arrêts cités). Le CPC ne prévoit pas qu'en présence
d'un mémoire de recours ne satisfaisant pas aux exigences légales, notamment de motivation,
un délai raisonnable devrait toujours être octroyé pour rectification. L'art. 132 al.
1 et 2 CPC ne permet pas de compléter ou d'améliorer une motivation insuffisante, même
si le mémoire émane d'une personne sans formation juridique, et il ne saurait être appliqué
afin de détourner la portée de l'art. 144 al. 1 CPC qui interdit la prolongation des délais
fixés par la loi (TF 4A_258/2015 du 21 octobre 2015 consid. 2.4.1; TF 5A_488/2015 du 21 août
2015 consid. 3.2.2 et les arrêts cités). Il en va de même de l'art. 56 CPC, qui concerne
les allégations de fait et n’est donc pas applicable en cas d'absence de motivation d'un acte
de recours (TF 5A_206/2016 du 1er
juin 2016 consid. 4.2.2 et les arrêts cités). Si l’autorité de deuxième instance
peut impartir un délai au recourant pour rectifier des vices de forme, à l’instar de
l’absence de signature, il ne saurait être remédié à un défaut de motivation
ou à des conclusions déficientes, de tels vices n’étant pas d’ordre formel
et affectant le recours de manière irréparable (ATF 137 III 617 consid. 6.4 ; TF
5A_368/2018 du 25 avril 2019 consid. 4.3.4 et les réf. citées ; CREC 13 mai 2020/116 consid.
4.1.2 ).

 

3.3             
              En
l’espèce, la motivation du recours est totalement incompréhensible, la lecture de l’acte
du recourant ne permettant pas de comprendre ses griefs. En tous les cas, on y décèle aucun
grief à l’encontre de la décision entreprise, le recourant se contentant de déposer
une nouvelle requête d’assistance judiciaire. A supposer que cette requête puisse être
interprétée comme une demande d’assistance judiciaire pour la présente procédure
de recours, elle est sans objet pour autant qu’elle soit recevable. En effet, la présente
décision sera rendue sans frais (cf. consid. 4 infra).
Enfin, le recourant ne formule aucune conclusion compréhensible en relation avec la décision
querellée. 

 

4.             
Au vu de ce qui précède, le recours doit être déclaré irrecevable. 

 

             
Le présent arrêt peut être rendu sans frais judiciaires de deuxième instance (art.
11 du Tarif du 28 septembre 2010 des frais judiciaires civils ; BLV 270.11.5).

 

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours civile du Tribunal cantonal,

en
application de l'art. 322 al. 1 CPC,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est irrecevable.

 

             
II.             
L’arrêt, rendu sans frais, est exécutoire.

 

 

Le
président :               La greffière:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

‑             
M. T.________

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme la Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement de l’Est vaudois. 

 

             
La greffière :