# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 6adc4dc3-7577-5397-9a12-ec5fffdcf60d
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-08-26
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 26.08.2008 A/2443/2007
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-2443-2007_2008-08-26.pdf

## Full Text

Siégeant : Doris WANGELER, Présidente; Evelyne BOUCHAARA et Norbert HECK, 

Juges assesseurs 

  

 

 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/2443/2007 ATAS/922/2008 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 

ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 1 

du 26 août 2008 
 

 

 

En la cause 

 

 

 

Madame N_________, domiciliée au GRAND-LANCY, recourante 

 

 

 

contre  

 

 

 

OFFICE CANTONAL DE L'ASSURANCE-INVALIDITE, sis rue 

de Lyon 97, GENEVE 

intimé 

 

 

 

 

 

A/2443/2007 

- 2/11 - 

EN FAIT 

1. Madame N_________, a déposé le 8 novembre 2006 auprès de l'OFFICE 

CANTONAL DE L'ASSURANCE-INVALIDITE (ci-après OCAI) une demande 

visant à l'octroi d'une rente, au motif qu'elle souffrait de douleurs dorsales.  

2. Interrogée par l'OCAI, l'assurée a précisé qu'elle avait travaillé du 1
er

 novembre 

1984 au 25 février 1987 chez X_________ comme couturière, qu'afin de se 

consacrer à ses obligations familiales, elle avait mis un terme provisoire à cette 

activité, pensant la reprendre plus tard,  

3. Dans un rapport du 1
er

 février 2007, le Dr A_________, spécialiste FMH en 

médecine interne et maladies rhumatismales, a indiqué que sa patiente présentait un 

canal lombaire étroit constitutionnel depuis plus de dix ans, que son état de santé 

était stationnaire et qu'il n'y avait ni déformation, ni déviation axiale ni déficit 

neurologique. Il a précisé qu'elle pouvait travailler à 50% depuis fin janvier 2006, 

comme couturière ou dans tout autre travail sédentaire, avec changement de 

position, à raison de quatre à six heures par jour.  

Le Dr B_________, spécialiste FMH en médecine interne, a ajouté, dans son 

rapport du 5 février 2007, les diagnostics de dorsalgies et lombalgies chroniques sur 

anomalie transitionnelle bipolaire, d'arthrose et arthrite pseudo articulation aile 

apophyse transverse droit L5 et bord supérieur sacrum et trouble anxieux et 

dépressif mixte. Le médecin a précisé que la lombalgie chronique était présente 

depuis la naissance de son dernier enfant en 1988 et qu'elle souffrait de dépression 

et d'angoisse depuis la maladie de son fils (schizophrénie paranoïde). Selon lui le 

pronostic était mauvais. Il estime que l'activité de couturière n'est plus exigible et 

que la diminution de rendement est de 90% environ depuis trois ans.  

Une imagerie par résonance magnétique (IRM) de la colonne lombaire pratiquée le 

31 janvier 2006, au service de radiologie de l'Hôpital de La Tour, a permis de 

confirmer la présence d'un canal lombaire étroit constitutionnel modéré, mais 

significatif, de L3-L4 à L5-S1.  

4. Dans une note du 12 février 2007, le Dr C_________, médecin-conseil de l'OCAI, 

a relevé qu'au niveau du rachis, il n'y avait pas de pathologie notable. Selon lui un 

canal lombaire étroit constitutionnel n'est pas une maladie. Reste le trouble anxieux, 

pour lequel il s'agirait de déterminer la gravité.  

5. Le Dr B_________ a déclaré à cet égard que sa patiente n'était pas suivie par un 

médecin psychiatre et précisé que son état dépressif était consécutif à l'évolution et 

au pronostic de l'affection de son fils.  

 

 

 

 

A/2443/2007 

- 3/11 - 

6. Le Dr C_________ a dès lors constaté, dans sa note du 27 mars 2007, que la gravité 

du trouble dépressif n'était pas suffisante pour justifier un suivi psychiatrique et 

considéré qu'il n'avait pas à être pris en charge par l'AI. Il a par ailleurs relevé qu'un 

tel trouble n'entraînait pas de handicap notable pour l'entretien du ménage.  

7. Le 28 mars 2007, l'OCAI a communiqué à l'assurée un projet de décision aux 

termes duquel sa demande de prestations était rejetée.  

8. Représentée par une assistante sociale de l'Hospice général, l'assurée s'est opposée à 

ce refus.  

9. Par décision du 8 juin 2007, l'OCAI a confirmé son projet.  

10. L'assurée a interjeté recours le 21 juin 2007 contre ladite décision, précisant que 

son médecin traitant l'avait adressée à la consultation de psychiatrie du boulevard 

Saint-Georges.  

11. Dans sa réponse du 17 juillet 2007, l'OCAI rappelle que le seul diagnostic ayant 

une répercussion sur la capacité de travail posé par le Dr A_________ est le canal 

lombaire étroit constitutionnel, et que ce médecin ne fixait aucune incapacité de 

travail, à l'instar du Dr B_________ du reste dans son rapport du 5 février 2007.  

L'OCAI a dès lors conclu au rejet du recours.  

12. Par courrier adressé à l'OCAI le 15 octobre 2007, le Dr D_________, spécialiste 

FMH en médecine interne et angiologie, a demandé la réouverture du dossier, a 

contesté le refus de prestations et indiqué que "nous nous trouvons en face d'une 

patiente extrêmement angoissée et dépressive ceci dans un contexte d'importants 

troubles de santé de l'un de ses fils  (…) Elle n'est à mon avis absolument pas apte à 

travailler actuellement".  

Le médecin a joint à son courrier un rapport du Dr E_________ de la Clinique 

genevoise de Montana daté du 24 août 2007. L'assurée y avait séjourné du 24 juillet 

au 13 août 2007, pour trouble dépressif récurrent, épisode actuel moyen à sévère 

avec somatisation, à titre de comorbidités PTSD et trouble somatoforme 

douloureux et une infection urinaire. Le Dr E_________ a expliqué que "la patiente 

souffre de rachialgies diffuses ainsi que de douleurs articulaires et aux insertions 

tendineuses depuis des années. Les "douleurs" étaient déclenchées au moindre 

contact lors de la palpation, elles étaient décrites sous forme de crampes ou de 

brûlures et qualifiées d'épuisantes, d'effrayantes et surtout d'angoissantes et 

oppressantes. Elles étaient aggravées lors de la marche, du maintien de certaines 

positions (assise, debout), au même titre que par les soucis, le manque de sommeil, 

le stress et la fatigue. A l'examen clinique, les trouvailles étaient extrêmement 

modestes et ne pouvaient expliquer ce tableau clinique. A but de simplification, 

nous avons introduit le Tramal retard. Cependant, ce médicament pas plus que les 

 

 

 

 

A/2443/2007 

- 4/11 - 

opiacés n'ont apporté le moindre bénéfice fonctionnel à ce jour. D'ailleurs les 

douleurs sont restées constamment cotées entre 6-10/10 sur l'EVA. (…). De toutes 

les mesures proposées et qu'elle aurait pu prendre c'est certainement l'écoute et la 

reconnaissance de ses plaintes qui ont été le plus efficaces, l'essentiel de notre 

démarche s'est faite dans l'idée de l'aider à verbaliser sa souffrance autrement que 

par corps interposé".  

Le médecin a recommandé un soutien psychologique à la sortie.  

13. Invitée à se déterminer, la Dresse F_________ du Service médical régional AI (ci-

après SMR) s'est déterminée le 19 novembre 2007. Ce médecin relève que 

l'hospitalisation à la Clinique de Montana a eu lieu après la décision de refus de 

prestations de l'AI, alors que l'assurée a confié au médecin que sa demande était 

encore en cours. Il s'agit donc certainement selon la Dresse F_________ d'une 

décompensation dépressive réactionnelle et non d'un trouble psychiatrique sévère. 

Comme déjà mentionné dans l'avis du 27 mars 2007, "il s'agit d'un trouble anxio 

dépressif réactionnel à l'état de santé de son fils, décompensé par le refus de 

prestations. D'ailleurs le médecin traitant jusqu'à la décision de l'AI n'avait pas 

recommandé un suivi psychiatrique, elle n'avait jamais été hospitalisée. De plus, 

elle a été hospitalisée dans un milieu somatique et non dans un hôpital 

psychiatrique. Néanmoins sur la base de cette hospitalisation il est difficile de se 

prononcer sur l'atteinte psychiatrique, il serait peut-être judicieux de demander 

l'avis du psychiatre traitant que l'assuré consulte depuis peu afin de nous prononcer 

sur l'incapacité de travail de cette assurée et sur une éventuelle atteinte à la santé 

psychique".  

14. Le 21 novembre 2007, l'OCAI a conclu au rejet du recours, constatant que 

l'hospitalisation intervenue en juillet 2007 constituait un fait nouveau postérieur à la 

décision litigieuse.  

15. La Dresse G_________, cheffe de clinique du Service de psychiatrie des Hôpitaux 

universitaires de Genève a été entendue par le Tribunal de céans le 1
er

 avril 2008. 

Elle a précisé que: 

"Je suis le médecin traitant de l'assurée depuis mai-juin 2007. C'est le médecin 

traitant psychiatre de son fils, qui lui a recommandé de venir me consulter. J'ai pu 

constater chez elle une grande tristesse, une baisse de l'envie de faire des choses 

pour elle-même, un certain pessimisme, sans qu'il y ait de projets précis suicidaires. 

Elle souffre également de trouble du sommeil. J'ai ainsi diagnostiqué une 

dépression récurrente, avec un épisode moyen à sévère, et post-traumatique lié à 

des événements vécus antérieurement. D'après les dires de l'assurée ce serait la 

troisième fois qu'elle vivrait un tel épisode.  

 L'assurée a montré une amélioration de son état après son séjour à Montana. J'ai 

toutefois constaté à nouveau une lente péjoration depuis novembre - décembre de 

 

 

 

 

A/2443/2007 

- 5/11 - 

son état de sorte qu'elle se retrouve dans la même situation qu'en mai-juin 2007. Je 

n'ai pas suffisamment de recul pour déterminer s'il s'agit de fluctuations 

saisonnières. J'envisage un diagnostic de fibromyalgie et pense qu'il serait utile à 

cet égard que l'assurée se rende à la consultation de la douleur.  

 Avant de me consulter, l'assurée avait déjà été mise au bénéfice d'antidépresseur, de 

type plutôt sédatif et anxiolytique, le Réméron. Je lui ai quant à moi prescrit du 

Cymbalda, qui est plus fort et efficace pour les douleurs chroniques".  

16. Un rapport a été établi le 10 avril 2008 par la division de médecine communautaire 

des HUG afin de mieux comprendre le contexte familial et culturel de la patiente. Il 

en ressort que l'assurée présente une problématique de syndromes douloureux 

chroniques et d'état dépressif dans le cadre d'une vie marquée par des épisodes 

répétés de violence et de stress multiples (décès du père, mauvais traitement par la 

famille de son oncle, fuite du Vietnam en bateau, immigration en Suisse, perte de la 

grand-mère, maladie grave psychiatrique du fils). De grosses difficultés financières 

viennent encore chapeauter ce tableau. Les médecins de la division de médecine 

communautaire disent avoir été frappés par l'importance de la souffrance et la 

douleur que porte la patiente, de son investissement auprès de son fils et d'une 

certaine résistance à prendre soin d'elle-même.  

17. Dans une note du 8 mai 2008, la Dresse F_________ du SMR a considéré que la 

Dresse G_________ avait retenu le diagnostic d'état dépressif récurrent à tort, les 

dires de l'assurée mentionnant qu'il s'agissait du troisième épisode n'étant pas 

suffisants en l'absence de constatation médicale des épisodes dépressifs décrits. Le 

suivi d'une fois toutes les deux à trois semaines indique l'intensité d'un épisode 

dépressif léger tout au plus. De plus ce médecin envisage un diagnostic de 

fibromyalgie alors qu'il s'agit d'un diagnostic somatique qui repose sur un examen 

clinique spécialisé.  

S'agissant du rapport de la division de médecine communautaire, la Dresse 

F_________ relève que la pathologie du fils influence grandement les douleurs 

présentées par l'assurée, qu'il y a d'autres facteurs, familiaux et psychosociaux, qui 

sont les difficultés financières de la famille, son rôle de mère synonyme de pilier de 

la famille, tous facteurs extra-médicaux. C'est ainsi qu'au vu des pathologies, de 

l'intrication des facteurs extra-médicaux et d'un syndrome douloureux chronique, la 

Dresse F_________ estime qu'une évaluation somatique et psychiatrique sous la 

forme d'une expertise bidisciplinaire rhumatologique et psychiatrique serait 

souhaitable. 

18. L'OCAI a cependant conclu au rejet du recours, rappelant que les facteurs 

psychosociaux ou socioculturels ne constituent pas des atteintes à la santé 

susceptibles d'entraîner une incapacité de gain au sens de l'art. 4 al. 1 LAI.  

19. Le courrier de l'OCAI a été transmis à l'assurée et la cause gardée à juger.  

 

 

 

 

A/2443/2007 

- 6/11 - 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 56V al. 1 let. a ch. 2 de la loi genevoise sur l'organisation 

judiciaire (LOJ), le Tribunal cantonal des assurances sociales connaît en instance 

unique des contestations prévues à l’article 56 de la loi fédérale sur la partie 

générale du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPGA) qui sont 

relatives à la loi fédérale sur l’assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

La LPGA est entrée en vigueur le 1
er

 janvier 2003, entraînant des modifications 

législatives notamment dans le droit de l'assurance-invalidité. Du point de vue 

temporel, sont en principe applicables les règles de droit en vigueur au moment où 

les faits juridiquement déterminants se sont produits et le juge des assurances 

sociales se fonde en principe, pour apprécier une cause, sur l'état de fait réalisé à la 

date déterminante de la décision sur opposition litigieuse (ATF 129 V 4 consid. 1.2; 

169 consid. 1 ; 356 consid. 1 et les arrêts cités).  

Sur le fond, le Tribunal de céans relève que la décision litigieuse ayant été rendue 

en date du 18 septembre 2006 et statuant sur un état de fait juridiquement 

déterminant remontant à l'année 2003, le présent litige sera examiné à la lumière 

des dispositions de la LPGA. Il convient quoi qu'il en soit de relever que ces 

dispositions n'ont pas modifié la notion d'invalidité selon l'ancienne LAI et la 

jurisprudence du TFA y relative est toujours d'actualité.  

2. En ce qui concerne la procédure et à défaut de règles transitoires contraires, la 

LPGA et son ordonnance d'application s'appliquent sans réserve dès le jour de leur 

entrée en vigueur (ATF 117 V 93 consid. 6b; 112 V 360 consid. 4a; RAMA 1998 

KV 37 p. 316 consid. 3b). 

Déposé dans les forme et délai prévus par la loi, le présent recours est recevable 

(art. 60 LPGA). 

3. L'objet du litige porte sur le droit de l'assurée à des prestations AI et plus 

particulièrement à l'octroi d'une rente d'invalidité. 

4. Est réputée invalidité, l'incapacité de gain totale ou partielle présumée permanente 

ou de longue durée, résultant d'une infirmité congénitale, d'une maladie ou d'un 

accident (art. 8 al. 1 LPGA et 4 al. 1 LAI). Est réputée incapacité de gain toute 

diminution de l'ensemble ou d'une partie des possibilités de gain de l'assuré sur le 

marché du travail équilibré qui entre en considération, si cette diminution résulte 

d'une atteinte à la santé physique ou mentale et qu'elle persiste après les traitements 

et les mesures de réadaptation exigibles (art. 7 LPGA). Pour évaluer le taux 

d'invalidité, le revenu que l'assuré aurait pu obtenir s'il n'était pas invalide est 

comparé avec celui qu'il pourrait obtenir en exerçant l'activité qui peut 

 

 

 

 

A/2443/2007 

- 7/11 - 

raisonnablement être exigée de lui après les traitements et les mesures de 

réadaptation, sur un marché du travail équilibré (art. 16 LPGA). 

5. Parmi les atteintes à la santé psychique, qui peuvent, comme les atteintes 

physiques, provoquer une invalidité au sens de l'art. 4 al. 1 LAI en liaison avec 

l'art. 8 LPGA, on doit mentionner - à part les maladies mentales proprement dites - 

les anomalies psychiques qui équivalent à des maladies. 

D'après la jurisprudence (ATF 131 V 49 consid. 1.2), la reconnaissance de 

l'existence d'une atteinte à la santé psychique, soit aussi de troubles somatoformes 

douloureux persistants, suppose d'abord la présence d'un diagnostic émanant d'un 

expert (psychiatre) et s'appuyant lege artis sur les critères d'un système de 

classification reconnu (ATF 130 V 398 ss consid. 5.3 et consid. 6). Comme pour 

toutes les autres atteintes à la santé psychique, le diagnostic de troubles 

somatoformes douloureux persistants ne constitue pas encore une base suffisante 

pour conclure à une invalidité. Au contraire, il existe une présomption que les 

troubles somatoformes douloureux ou leurs effets peuvent être surmontés par un 

effort de volonté raisonnablement exigible. Le caractère non exigible de la 

réintégration dans le processus de travail peut résulter de facteurs déterminés qui, 

par leur intensité et leur constance, rendent la personne incapable de fournir cet 

effort de volonté. Dans un tel cas, en effet, l'assuré ne dispose pas des ressources 

nécessaires pour vaincre ses douleurs. La question de savoir si ces circonstances 

exceptionnelles sont réunies doit être tranchée de cas en cas à la lumière de 

différents critères. Au premier plan figure la présence d'une comorbidité 

psychiatrique importante par sa gravité, son acuité et sa durée. D'autres critères 

peuvent être déterminants. Ce sera le cas des affections corporelles chroniques, d'un 

processus maladif s'étendant sur plusieurs années sans rémission durable 

(symptomatologie inchangée ou progressive), d'une perte d'intégration sociale dans 

toutes les manifestations de la vie, d'un état psychique cristallisé, sans évolution 

possible au plan thérapeutique, résultant d'un processus défectueux de résolution du 

conflit, mais apportant un soulagement du point de vue psychique (profit primaire 

tiré de la maladie, fuite dans la maladie), de l'échec de traitements ambulatoires ou 

stationnaires conformes aux règles de l'art (même avec différents types de 

traitement), cela en dépit de l'attitude coopérative de la personne assurée (ATF 

130 V 352 consid. 2.2.3). Plus ces critères se manifestent et imprègnent les 

constatations médicales, moins on admettra l'exigibilité d'un effort de volonté 

(MEYER-BLASER, Der Rechtsbegriff der Arbeitsunfähigkeit und seine Bedeutung 

in der Sozialversicherung, in: Schmerz und Arbeitsunfähigkeit, St. Gall 2003, 

p. 77). 

Le Tribunal fédéral des assurances a considéré que la fibromyalgie présente de 

nombreux points communs avec les troubles somatoformes douloureux, de sorte 

qu'il se justifie, sous l'angle juridique, et en l'état actuel des connaissances, 

d'appliquer par analogie les principes développés par la jurisprudence en matière de 

 

 

 

 

A/2443/2007 

- 8/11 - 

troubles somatoformes douloureux, lorsqu'il s'agit d'apprécier le caractère 

invalidant d'une fibromyalgie (ATF 132 V 65). 

6. Pour pouvoir calculer le degré d'invalidité, l'administration (ou le juge, s'il y a eu un 

recours) a besoin de documents que le médecin, éventuellement aussi d'autres 

spécialistes, doivent lui fournir. La tâche du médecin consiste à porter un jugement 

sur l'état de santé et à indiquer dans quelle mesure et pour quelles activités l'assuré 

est incapable de travailler. En outre, les données médicales constituent un élément 

utile pour déterminer quels travaux on peut encore, raisonnablement, exiger de 

l'assuré (ATF 125 V 261 consid. 4, 115 V 134 consid. 2, 114 V 314 consid. 3c, 

105 V 158 consid. 1).  

Compte tenu des difficultés, en matière de preuve, à établir l'existence de douleurs, 

les simples plaintes subjectives de l'assuré ne suffisent pas pour justifier une 

invalidité (entière ou partielle). Dans le cadre de l'examen du droit aux prestations 

de l'assurance sociale, l'allégation des douleurs doit être confirmée par des 

observations médicales concluantes, à défaut de quoi une appréciation de ce droit 

aux prestations ne peut être assurée de manière conforme à l'égalité de traitement 

des assurés et être reportée à un diagnostic posé dans le cadre d'une classification 

reconnue (ATF 130 V 353 consid. 2.2.2 ; ATFA du 30 novembre 2004, I 600/03, 

consid. 3.2). 

Selon le principe de la libre appréciation des preuves, qui s’applique aussi bien en 

procédure administrative qu’en procédure de recours de droit administratif (art. 40 

PCF en corrélation avec l’art. 19 PA ; art. 95 al. 2 OJ en liaison avec les art. 113 et 

132 OJ), l’administration ou le juge apprécie librement les preuves, sans être lié par 

des règles formelles, en procédant à une appréciation complète et rigoureuse des 

preuves. Dès lors, le juge doit examiner de manière objective tous les moyens de 

preuve, quelle qu’en soit la provenance, puis décider si les documents à disposition 

permettent de porter un jugement valable sur le droit litigieux. Lorsque les rapports 

médicaux sont contradictoires, le juge ne peut trancher l'affaire sans indiquer les 

raisons pour lesquelles il se fonde sur une opinion médicale et non pas sur une 

autre. A cet égard, l'élément déterminant n'est ni l'origine, ni la désignation du 

moyen de preuve comme rapport ou expertise, mais son contenu. Il importe que les 

points litigieux importants aient fait l'objet d'une étude fouillée, que le rapport se 

fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les 

plaintes exprimées, qu'il ait été établi en pleine connaissance du dossier 

(anamnèse), que la description des interférences médicales soit claire et, enfin, que 

les conclusions de l'expert soient bien motivées (ATF 125 V 351 consid. 3a). 

Sans remettre en cause le principe de la libre appréciation des preuves, le Tribunal 

fédéral des assurances a posé des lignes directrices en ce qui concerne la manière 

d'apprécier certains types d'expertises ou de rapports médicaux. Ainsi, le juge peut 

accorder pleine valeur probante aux rapports et expertises établis par les médecins 

 

 

 

 

A/2443/2007 

- 9/11 - 

des assureurs aussi longtemps que ceux-ci aboutissent à des résultats convaincants, 

que leurs conclusions soient sérieusement motivées, que ces avis ne contiennent pas 

de contradictions et qu'aucun indice concret ne permette de mettre en cause leur 

bien-fondé. Le simple fait que le médecin consulté est lié à l'assureur par un rapport 

de travail ne permet pas encore de douter de l'objectivité de son appréciation ni de 

soupçonner une prévention à l'égard de l'assuré. Ce n'est qu'en présence de 

circonstances particulières que les doutes au sujet de l'impartialité d'une 

appréciation peuvent être considérés comme objectivement fondés. Etant donné 

l'importance conférée aux rapports médicaux dans le droit des assurances sociales, 

il y a lieu toutefois de poser des exigences sévères quant à l'impartialité de l'expert 

(ATF 125 V 353 ss consid. 3b/ee; ATFA non publié du 13 mars 2000, I 592/99, 

consid. b/ee). 

7. Sur le plan somatique, l'assurée se plaint de lombalgies chroniques. Le Tribunal de 

céans constate à cet égard qu'elle présente certes un canal lombaire étroit 

constitutionnel, mais qu'il est modéré, et qu'aucune explication anatomique notable 

pour ses dorso-lombalgies n'a été mise en évidence par les médecins. Le Dr 

E_________ a du reste relevé, dans son rapport du 24 août 2007 établi à la suite du 

séjour de l'assurée à la Clinique de Montana que "de toutes les mesures proposées 

et qu'elle aurait pu prendre c'est certainement l'écoute et la reconnaissance de ses 

plaintes qui ont été le plus efficace, l'essentiel de notre démarche s'est faite dans 

l'idée de l'aider à verbaliser sa souffrance autrement que par corps interposé". 

8. L'assurée souffre par ailleurs d'un état anxio-dépressif consécutif à l'évolution de 

l'état de santé de son fils. Elle n'est cependant suivie par un psychiatre que depuis 

mai - juin 2007.  

9. Force dès lors est de conclure, au vu de ce qui précède, au rejet du recours, les 

atteintes à la santé n'ayant pas de conséquences suffisamment importantes sur la 

capacité de travail ou la capacité à accomplir les travaux habituels, pour justifier 

l'octroi de prestations AI. 

10. La Dresse G_________ a diagnostiqué en juin 2007 une dépression récurrente avec 

un épisode moyen à sévère, et post-traumatique lié à des événements vécus 

antérieurement. Elle a indiqué qu'une amélioration de l'état de sa patiente avait pu 

être constatée après le séjour à Montana, mais qu'une lente péjoration était survenue 

dès novembre - décembre, de sorte que la patiente se retrouvait dans la même 

situation qu'en mai - juin 

Il apparaît dès lors que l'état psychiatrique de l'assurée se serait aggravé dès mai - 

juin 2007. Or la décision litigieuse a été rendue le 8 juin 2007. L'aggravation paraît 

ainsi constituer un fait nouveau que le Tribunal de céans ne saurait trancher. 

Le juge des assurances sociales apprécie en effet la légalité des décisions attaquées, 

en règle générale, d'après l'état de fait existant au moment où la décision litigieuse a 

 

 

 

 

A/2443/2007 

- 10/11 - 

été rendue et ne tient pas compte des circonstances survenues après la décision 

litigieuse (ATF 121 V 366 consid. 1b; ATFA non publié du 20 mars 2006, 

I 644/04, consid. 4).  

L'assurée a néanmoins la possibilité de saisir l'administration d'une nouvelle 

demande de prestations de l'assurance-invalidité, si elle établit que, postérieurement 

à la décision litigieuse, son état de santé s'est modifié de manière à influencer ses 

droits. En effet, les faits survenus postérieurement et qui ont modifié la situation 

doivent faire l'objet d'une nouvelle décision administrative (ATF 121 V 366 

consid. 1b). 

 

 

 

 

 

 

A/2443/2007 

- 11/11 - 

PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. Le rejette.  

3. Met un émolument de 200 fr. à la charge de l'assurée.  

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 

dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 

(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 

public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 

juin 2005 (LTF); le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 

moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit 

être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie électronique aux 

conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du 

recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l'envoi. 

 

La greffière 

 

 

Marie-Louise QUELOZ 

 La Présidente 

 

 

Doris WANGELER 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 

des assurances sociales par le greffe le