# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 52ec710d-7f66-5f01-a91e-930e7e591fcf
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-11-02
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 02.11.2010 A/1083/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-1083-2010_2010-11-02.pdf

## Full Text

Siégeant : Doris GALEAZZI-WANGELER, Présidente; Evelyne BOUCHAARA et 

Christine TARRIT-DESHUSSES, Juges assesseurs 

  

 

 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/1083/2010 ATAS/1113/2010 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 

ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 1 

du 2 novembre 2010 

 

En la cause 

Monsieur A__________, domicilié à Plan-les-Ouates recourant 

 

contre 

 

CAISSE CANTONALE GENEVOISE DE CHOMAGE, dont le 

siège est sis rue de Montbrillant 40, Case postale 2293, 1211 

Genève 2 

intimée 

 

 

 

 

 

A/1083/2010 

- 2/10 - 

EN FAIT 

1. Monsieur A__________ (ci-après : l’assuré), né en 1963, était associé gérant de la 

société X__________ Sàrl, en liquidation (ci-après : la société), du 28 août 2000, 

date de son inscription au registre du commerce, jusqu’au 29 mars 2010, date de sa 

radiation. 

La société a été dissoute par suite de faillite le 13 janvier 2009, avec effet à cette 

même date. Le 29 avril 2009, la procédure de faillite a été suspendue faute d’actif. 

2. Le 5 octobre 2009, l'assuré s'est inscrit auprès de la Caisse cantonale genevoise de 

chômage (ci-après : la caisse) et a sollicité le versement d'indemnités de chômage 

pour une aptitude au placement de 100%. 

3. Le 26 octobre 2009, l’assuré a fourni les documents suivants : 

− L’attestation de l’employeur datée du 18 octobre 2009, signée pour son compte 

par la Fiduciaire Y__________, qui n’est autre que la société X__________ 

Sàrl, selon laquelle l’assuré, qui avait été employé par la société d’août 2000 à 

janvier 2009, avait été en incapacité de travail du 17 juin 2008 au 30 juin 2009 

en raison d’un accident. Il avait en outre perçu son salaire jusqu’au 30 juin 

2009. 

− Une attestation de salaire établie par la société et visée par cette même 

Fiduciaire Y__________, selon laquelle l’assuré avait perçu des salaires 

mensuels pour un montant total de 94'610 fr. entre mai 2008 et juin 2009 soit 

8'500 fr. en mai 2008, 2'664 fr. 20 en juin 2008, 7'509 fr. en juillet 2008, 7'508 

fr. en août 2008, 8'500 fr. en septembre 2008, 8'500 fr. en octobre 2008, 2'664 

fr. en novembre 2008, 7'266 fr. en décembre 2008, 7'508 fr. en janvier 2009, 

7'082 fr. en février 2009, 7'387 fr. en mars 2009, 7'687 fr. en avril 2009, 6'357 

fr. 50 en mai 2009 et 8'142 fr. 50 en juin 2009. Les charges sociales s’étaient 

élevées à 6'830 fr. 90 (AVS/AI/APG : 5'203 fr. 55 ; AC : 946 fr. 10 ; AF : 662 

fr. 30 et LaMal: 18 fr. 95). 

− Des extraits d’un compte postal, dont le titulaire n’est pas précisé, couvrant les 

périodes des 14 janvier au 21 mars 2009, 28 mars au 25 mai 2009 et 26 juin au 

22 juillet 2009. 

− L’extrait de son compte individuel dont il ressort qu’un revenu de 18'000 fr. a 

été déclaré en 2007. Aucune entrée n’est mentionnée pour 2008 et 2009. 

− La copie des décomptes d’indemnités journalières que LA ZURICH 

ASSURANCES (ci-après : LA ZURICH) a versées à la société pour les 

périodes du 20 juin au 31 août 2008 et du 21 novembre 2008 au 29 juin 2009. 

 

 

 

 

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4. Le 27 octobre 2009, l’assuré a adressé à la caisse une demande d’indemnités signée 

le 26 octobre 2009, dans laquelle il a déclaré avoir travaillé auprès de la société du 

1
er

 août 2000 au 31 juillet 2009.  

En parallèle à cet emploi, il était employé, du 5 septembre 2003 au 31 juillet 2008, 

par la société Z__________ Sàrl, dans laquelle il était également associé. 

L’assuré avait en outre été incapable de travailler du 20 novembre 2008 au 24 juin 

2009 suite à un accident, puis en raison d’une maladie du 20 au 30 septembre 2009. 

5. Par courrier du 13 novembre 2009 répondant aux requêtes de la caisse, l’assuré a 

informé cette dernière que la preuve de la perception des salaires était inexistante, 

ceux-ci ayant été ponctionnés sur le compte ouvert auprès de Postfinance, dont une 

copie lui avait déjà été transmise. Les avis de taxation pour les années 2007 et 2008 

ne lui étaient pas encore parvenus. Quant à l’attestation du compte individuel relatif 

à l’année 2008, elle n’avait pas encore été établie.  

6. Toujours le 13 novembre 2009, l’assuré a transmis à la caisse une nouvelle 

demande d’indemnités de chômage, dont il ressort qu’il avait été employé par la 

société du mois d’août 2000 au 13 janvier 2009.  

A teneur de cette demande, l’assuré avait travaillé pour Z__________ Sàrl du mois 

de janvier 2005 au mois d’août 2006 et avait été incapable de travailler de 

novembre 2008 à juillet 2009 en raison d’un accident. 

7. Le 11 décembre 2009, l’assuré a encore transmis les documents suivants : 

− Un tirage de la déclaration fiscale 2007 et de l’avis de taxation y consécutif 

ainsi qu’une copie de la déclaration fiscale 2008. 

− L’extrait du compte individuel daté du même jour et le courrier 

d’accompagnement de la Caisse cantonale genevoise de compensation AVS/AI 

(ci-après : la caisse de compensation), dont il ressort que les indemnités 

journalières LAA n’étant pas considérées comme du salaire, elles n’avaient pas 

été retranscrites sur l’extrait de compte. Par ailleurs, la Caisse précitée ne 

disposait pas de justificatifs suffisants permettant d’établir l’existence et le 

montant des salaires versés par la société, le compte postal de cette dernière 

ayant été utilisé tant à titre professionnel que privé. 

8. Par décision du 21 décembre 2009, la caisse a rejeté la demande d’indemnités de 

chômage de l’assuré, celui-ci n’ayant pas prouvé avoir effectivement perçu des 

salaires de sorte qu’il ne justifiait pas d’une période de cotisation de 12 mois telle 

que requise par la loi. Par ailleurs, aucun motif de libération ne pouvait lui être 

appliqué même s’il avait été incapable de travailler pendant plus de 12 mois. Dès 

 

 

 

 

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lors que l’assuré ne remplissait pas les conditions des articles 13 et 14 LACI, le 

droit aux prestations lui était refusé. 

9. Le 31 janvier 2010, l’assuré a formé opposition à la décision précitée. Il a 

notamment allégué qu’il avait été en arrêt maladie dès le 3 juin 2008. Du 17 juin 

2008 au 30 juillet 2009, il était incapable de travailler en raison d’un accident. Du 5 

octobre 2007 au 4 octobre 2009, il avait travaillé pour la société et avait perçu le 

salaire suivant : 1'000 fr. en mai 2008, 600 fr. en juin 2008, 6'297 fr. en juillet 2008, 

3'876 fr. en août 2008, 7'508 fr. en septembre 2008, 300 fr. en octobre 2008, 4'050 

fr. en novembre 2008, 10'008 fr. 70 en janvier 2009, 7'508 fr. en février 2009, 7'082 

fr. en mars 2009, 300 fr. en avril 2009, 14'774 fr. en mai 2009, 300 fr. en juin 2009, 

14'490 fr. en juillet 2009 et 300 fr. en août 2009. Ainsi, 12 mois de cotisation ont 

été comptabilisés. Les preuves et justificatifs avaient été remis à la caisse mais 

« apparemment, il arrive fréquemment que les courriers [qui lui sont] adressés 

disparaissent ». L’incapacité de travail de plus de 14 mois constituait une clause de 

libération. Il a perçu un salaire, dont le versement a été prouvé, du mois d’août 

2008 au mois de janvier 2009 et il a bien cotisé auprès de la caisse. 

10. Par décision sur opposition du 17 février 2010, la caisse a confirmé la décision du 

21 décembre 2009, considérant que les pièces fournies ne permettaient pas de 

justifier le versement d’un salaire et le prélèvement des cotisations. Par ailleurs, 

elles ne remplissaient pas les exigences de preuve, soulevaient un doute 

complémentaire quant à la rupture totale des liens de l’assuré avec la société et 

généraient des interrogations. En outre, les 14 mois d’incapacité totale de travailler 

ne constituaient pas un motif de libération dès lors qu’il était encore partie prenante 

de la société et qu’il n’existait par conséquent aucun lien de causalité entre son 

incapacité et l’absence de cotisation. Enfin, l’assuré avait clairement indiqué s’être 

versé un salaire jusqu’à la fin du mois de juin 2009 alors même que la société avait 

été déclarée en faillite et que la procédure de liquidation avait été suspendue faute 

d’actifs. Il n’avait ainsi pas définitivement rompu ses liens avec la société. 

11. Le 29 mars 2010, l’assuré a interjeté recours contre la décision sur opposition du 17 

février 2010 invoquant les mêmes arguments que ceux présentés à l’appui de son 

opposition du 31 janvier 2010. 

12. Par courrier du 20 mai 2010, la caisse a conclu au rejet du recours précité. Elle a 

notamment allégué que l’assuré occupait une position comparable à celle d’un 

employeur. Par ailleurs, les mois d’incapacité de travail ne pouvaient constituer des 

motifs de libération au sens de l’art. 14 LACI, cette disposition n’étant applicable 

qu’aux personnes qui ne sont pas parties à un rapport de travail. 

13. Le 27 mai 2010, la caisse a transmis l’extrait Track and Trace dont il ressort que le 

recourant a été avisé du pli recommandé contenant la décision querellée le 18 

 

 

 

 

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février 2010 mais qu’il n’est pas allé le retirer à l’expiration du délai de garde de 

sept jours de sorte que ledit pli a été retourné à la caisse. 

14. Ce courrier a été transmis au recourant et la cause gardée à juger. 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 56V al. 1 let. a ch. 8 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 

22 novembre 1941 (LOJ ; RS E 2 05), le Tribunal cantonal des assurances sociales 

connaît en instance unique des contestations prévues à l’article 56 de la loi fédérale 

sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 

(LPGA ; RS 830.1) qui sont relatives à la loi fédérale sur l'assurance-chômage 

obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité, du 25 juin 1982 (loi sur l’assurance-

chômage, LACI ; RS 837.0). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. La LPGA est entrée en vigueur le 1
er

 janvier 2003 entraînant la modification de 

nombreuses dispositions légales dans le domaine des assurances sociales. Sur le 

plan matériel, le point de savoir quel droit s'applique doit être tranché à la lumière 

du principe selon lequel les règles applicables sont celles en vigueur au moment où 

les faits juridiquement déterminants se sont produits (ATF 130 V 230 consid. 1.1, 

335 consid. 1.2, 129 V 4 consid. 1.2, 127 V 467 consid. 1, 126 V 136 consid. 4b et 

les références). En l’espèce, le recours concerne le droit à des prestations 

postérieures à l’entrée en vigueur de la LPGA. En conséquence, sur le plan 

matériel, cette dernière s’applique au présent litige. Quant aux règles de procédure, 

elles sont applicables, sauf dispositions transitoires contraires, à tous les cas en 

cours dès l'entrée en vigueur de la LPGA (ATF 131 V 314 consid. 3.3, 117 V 93 

consid. 6b, 112 V 360 consid. 4a; RAMA 1998 KV 37 p. 316 consid. 3b). 

3. Pour les mêmes motifs, les dispositions de la novelle du 22 mars 2002 modifiant la 

LACI (3
ème

 révision), entrée en vigueur le 1
er

 juillet 2003 (RO 2003 1728), ainsi 

que les dispositions de l'ordonnance du 31 août 1983 sur l’assurance chômage 

obligatoire et l’indemnité en cas d’insolvabilité (OACI, RS 837.02) modifiées le 28 

mai 2003, entrées en vigueur le 1
er

 juillet 2003 également (RO 2003 1828), ayant 

entraîné un certain nombre de modifications en matière d'indemnisation en cas 

d'insolvabilité (voir art. 52 al. 1, 55 al. 2 et 58 LACI) sont applicables. 

4. Interjeté le 29 mars 2010 contre une décision réputée notifiée à l'expiration du délai 

de garde postal, soit le 25 février 2010, le recours l'a été dans les forme et délai 

prescrits par la loi. Il est partant recevable (art. 56 à 60 LPGA). 

5. Le litige porte sur le droit du recourant à l’indemnité de chômage à compter du 5 

octobre 2009. 

 

 

 

 

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6. a) En vertu de l’art. 8 al. 1
er

 LACI, l’assuré a droit à l’indemnité de chômage s’il est 

sans emploi ou partiellement sans emploi (let. a), s’il a subi une perte de travail à 

prendre en considération (let. b), s’il est domicilié en Suisse (let. c), s’il a achevé sa 

scolarité obligatoire, qu’il n’a pas encore atteint l’âge donnant droit à une rente 

AVS et ne touche pas de rente de vieillesse de l’AVS (let. d), s’il remplit les 

conditions relatives à la période de cotisation ou en est libéré (let. e), s’il est apte au 

placement (let. f) et s’il satisfait aux exigences du contrôle (let. g). Ces conditions 

sont cumulatives (ATF 124 V 218 consid. 2). 

b) L’art. 31 al. 3 let. c LACI exclut du droit à l’indemnité, en cas de réduction de 

l’horaire de travail, les personnes qui fixent les décisions que prend l’employeur – 

ou peuvent les influencer considérablement – en qualité d’associé, de membre d’un 

organe dirigeant de l’entreprise ou encore d’un détenteur d’une participation 

financière à l’entreprise, de même que les conjoints de ces personnes qui sont 

occupées dans l’entreprise (arrêt du 29 août 2005 dans la cause C 163/04). Bien que 

cette disposition soit conçue pour l’indemnité en cas de réduction de l’horaire de 

travail, elle a également un impact sur l’indemnité de chômage. Tant que ces 

personnes occupent une position comparable à celle d’un employeur dans 

l’entreprise, elles n’ont pas droit à l’indemnité de chômage car elles continuent à 

influencer de manière déterminante les décisions de l’employeur ou sont à même de 

réactiver à tout moment l’entreprise momentanément en veilleuse. Que ces 

personnes aient le statut de salariés selon la législation sur l’AVS et puissent 

justifier d’une période de cotisations suffisante n’y change rien. Ainsi, ces 

personnes ne sont pas considérées comme étant au chômage ni aptes au placement. 

On parlera de détournement des dispositions en matière de réduction de l’horaire de 

travail lorsque l’entreprise continue d’exister au-delà de la fin des rapports de 

travail et que l’assuré conserve une position comparable à celle d’un employeur. 

Ces personnes n’ont par conséquent pas droit à l’indemnité de chômage, qu’elles 

fassent valoir un chômage complet ou partiel. Toute autre interprétation reviendrait 

à éluder cette disposition conçue pour prévenir les abus en matière d’indemnité en 

cas de réduction de l’horaire de travail (ATF 123 V 238 consid. 7; 120 V 525 

consid. 3). 

Le but de l'art. 31 al. 3 LACI est de prévenir les abus tels qu'auto-délivrance des 

attestations nécessaires à l'indemnisation de la réduction de l'horaire de travail, 

certificats de complaisance, caractère incontrôlable de la perte de travail réelle, 

notamment co-décision ou co-responsabilité dans la marche des affaires en 

particulier chez les travailleurs ayant une participation dans la société ou toute autre 

participation financière dans une fonction dirigeante (cf. ATF 123 V 234 consid. 

7b/bb, ATF 120 V 521; bulletin MT/AC 2003/4 fiche 4/1). Si des indices 

permettent à la caisse de supposer que l’assuré occupe une position comparable à 

celle d’un employeur, elle doit notamment exiger un extrait du RC et examinera 

dans quelle mesure l’assuré est habilité à prendre des décisions de même que sa 

participation financière à l’entreprise. Les membres du conseil d’administration 

 

 

 

 

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d’une société anonyme de même que les associés gérants ou les tiers gérants d’une 

société à responsabilité limitée ont, de par leur fonction, une position comparable à 

celle d’un employeur. Tant qu’ils la conservent, ils sont exclus d’emblée du cercle 

des ayants droit à l’indemnité (voir par exemple DTA 2004 no 24 p. 259, 2000 

no 15 p. 72). 

Ce n'est pas l'abus avéré comme tel que la loi et la jurisprudence entendent 

sanctionner ici, mais le risque d'abus que représente le versement d'indemnités à un 

travailleur jouissant d'une situation comparable à celle d'un employeur (ATFA non 

publié du 14 avril 2003, C 92/02, consid. 4). 

La situation est en revanche différente quand le salarié, se trouvant dans une 

position assimilable à celle d'un employeur, quitte définitivement l'entreprise en 

raison de la fermeture de celle-ci; en pareil cas, on ne saurait parler d'un 

comportement visant à éluder la loi. Il en va de même quand l'entreprise continue 

d'exister mais que le salarié, par suite de la résiliation de son contrat, rompt 

définitivement tout lien avec la société. Dans un cas comme dans l'autre, l'intéressé 

peut en principe prétendre à des indemnités de chômage (ATF 123 V 238 

consid. 7b/bb; SVR 2001 ALV n° 14 pp. 41-42 consid. 2a; DTA 2003 n° 22 p. 241 

consid. 2). 

c) Dans le cas d’une société à responsabilité limitée (Sàrl), le Tribunal fédéral a eu 

l’occasion de se prononcer de la manière suivante. La fin d'une Sàrl nécessite en 

priorité de procéder à sa dissolution (arrêt R. du 22 novembre 2002, C 37/02), 

laquelle peut notamment intervenir par l'ouverture de la faillite (art. 820 ch. 3 CO). 

La société dissoute entre en liquidation, sauf en cas de fusion, de division ou de 

transfert de son patrimoine à une corporation de droit public (art. 738 CO). Pendant 

la liquidation, les organes sociaux conservent leurs pouvoirs légaux et statutaires, 

bien que restreints aux actes nécessaires à cette opération et qui de par leur nature, 

ne sont pas du ressort des liquidateurs (art. 739 al. 2 CO). En fait notamment partie, 

le choix de la poursuite des activités de l'entreprise jusqu'à sa vente ou sa radiation 

(AHI 1994 p. 37 consid. 6c et les références). Cette situation exclut le droit à 

l'indemnité de chômage de l'assuré (DTA 2002, p. 185 consid. 3b). 

Dans un arrêt du 3 avril 2006 (C 267/04), le Tribunal fédéral des assurances a 

précisé sa jurisprudence. Dans ce cas, l'assuré s'était inscrit au chômage le 18 

décembre 2003. Il avait cependant joui d'une position analogue à celle d'un 

employeur jusqu'au 16 avril 2004. A cette date, la société à responsabilité limitée 

qui l'employait avait été radiée d'office à la suite de la suspension de la procédure 

de faillite faute d'actif survenue le 6 janvier 2004. La société ayant été radiée 

d'office du registre du commerce, aucun événement déterminant ne pouvait se 

produire durant ce laps de temps. En particulier, il était peu vraisemblable que 

l'assuré eût pu à nouveau rentrer dans la société et y réaliser un gain. Ainsi, il 

n'existait plus de risque d'abus, si bien que le droit à l'indemnité de chômage ne 

 

 

 

 

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pouvait être nié à l'assuré pour le motif qu'il avait joui d'une position analogue à 

celle d'un employeur jusqu'au 16 avril 2004. Dès lors, la jurisprudence publiée au 

DTA 2002 p. 183 et suivants ne pouvait pas s'appliquer par analogie lorsque la 

faillite d'une société était suspendue faute d'actif. 

d) Selon une jurisprudence constante, le juge des assurances sociales apprécie la 

légalité des décisions attaquées, en règle générale, d’après l’état de fait existant au 

moment où la décision litigieuse a été rendue. Les faits survenus postérieurement, 

et qui ont modifié cette situation, doivent normalement faire l’objet d’une nouvelle 

décision administrative (ATF 121 V 366 consid. 1b et les références). Les faits 

survenus postérieurement doivent cependant être pris en considération dans la 

mesure où ils sont étroitement liés à l’objet du litige et de nature à influencer 

l’appréciation au moment où la décision attaquée a été rendue (ATF 99 V 102 et les 

arrêts cités ; ATFA du 6 mai 2008, 8C_441/2007 consid. 4.2 et du 18 juillet 2005, 

I 321/04, consid. 5). 

7. Dans le cas d’espèce, la société n’a pas été liquidée en application des art. 739 et ss 

CO. En effet, elle a été mise en faillite par le Tribunal de première instance par 

jugement du 13 janvier 2009. La procédure a ensuite été suspendue par jugement du 

29 avril 2009, faute d’actif. S’il est en principe peu vraisemblable qu’un assuré 

puisse à nouveau rentrer dans une société en liquidation, dont la procédure de 

faillite a été suspendue faute d’actif, et y réaliser un gain, il n’en demeure pas 

moins que dans le cas présent, le recourant a démontré le contraire.  

Le recourant a en effet affirmé à plusieurs reprises avoir perçu un salaire au-delà du 

29 avril 2009 : 

− A teneur de l’attestation de l’employeur du 18 octobre 2009 et de l’attestation 

de salaire établie par la société, il a touché son salaire jusqu’au 30 juin 2009 ;  

− Dans son opposition du 31 janvier 2010, il a allégué avoir touché un salaire 

jusqu’en août 2009. 

Ainsi, le recourant a continué à occuper une position comparable à celle d’un 

employeur pouvant, selon ses propres aveux, accéder au compte de la société et se 

verser des salaires parfois assez importants (14'774 fr en mai 2009 et 14'490 fr. en 

juillet 2009).  

A cela s’ajoute le fait que tant l’attestation de l’employeur que l’attestation de 

salaires ont été établis par la société le 18 octobre 2009, respectivement le 22 

octobre 2009, soit près de 6 mois après la suspension de la procédure de faillite 

faute d’actif, et plusieurs jours après l’inscription du recourant à l’assurance-

chômage. La présomption posée par la jurisprudence fédérale a été renversée par 

les aveux-mêmes du recourant et il est par conséquent vraisemblable que celui-ci ait 

continué à occuper une position comparable à celle d’un employeur jusqu’à la 

 

 

 

 

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radiation de la raison sociale le 29 mars 2010. Des événements importants ont à 

l’évidence eu lieu postérieurement à la suspension de la procédure de faillite, faute 

d’actifs. 

8. Dès lors que la légalité de la décision du 17 février 2010 doit être examinée d’après 

l’état de fait existant au moment où elle a été rendue, le recours du 29 mars 2010 

doit être rejeté et la décision querellée confirmée. 

9. La question du statut du recourant du point de vue de l’assurance-chômage et celle 

de la durée de cotisation peuvent en l’état rester ouvertes. En effet, si le recourant 

doit être qualifié d’indépendant, il ne peut prétendre à des indemnités de chômage 

conformément au droit et à la jurisprudence applicables. S’il est dépendant, la 

décision querellée doit être confirmée pour les motifs précités. 

 

 

 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

A la forme : 

1. Déclare le recours du 29 mars 2010 recevable. 

Au fond : 

2. Le rejette. 

3. Dit que la procédure est gratuite. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 

dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 

(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 

public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 17 

juin 2005 (LTF ; RS 173.110); le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, 

motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son 

mandataire ; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie 

électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 

possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 

l'envoi. 

 

La greffière 

 

 

 

 

Nathalie LOCHER 

 La présidente 

 

 

 

 

Doris GALEAZZI 

 

La secrétaire-juriste : 

 

Nicole WENGER 
 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’au Secrétariat 

d'Etat à l'économie par le greffe le