# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f4f1f6e3-2444-5769-8788-1b1ed9683cfc
**Source:** Bern Gerichte (BE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-07-16
**Language:** fr
**Title:** Bern Obergericht Beschwerdekammer in Strafsachen 16.07.2020 BK 2020 36
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/BE_ZivilStraf/BE_OG_008_BK-2020-36_2020-07-16.pdf

## Full Text

Cour suprême
du canton de Berne

Chambre de recours pénale 

Obergericht
des Kantons Bern

Beschwerdekammer in 
Strafsachen

Décision
BK 20 36

Hochschulstrasse 17
Case postale
3001 Berne
Téléphone +41 31 635 48 13
Fax +41 31 634 50 55
coursupreme-penal.berne@justice.be.ch
www.justice.be.ch/coursupreme Berne, le 16 juillet 2020

Composition Juges d’appel J. Bähler (Président), Bratschi et Gerber
Greffière Vogt

Participants à la procédure A.________

représenté d’office par Me B.________
condamné/recourant

Parquet général du canton de Berne, 

D.________
représentée par Me E.________
partie selon l’art. 104 CPP

Objet prolongation de la mesure thérapeutique institutionnelle selon 
l'art. 59 al. 4 CP

 

recours contre la décision du Tribunal régional Jura bernois-
Seeland, du 16 janvier 2020

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Considérants:

1.

1.1 Par jugement du 8 février 2012, le Tribunal régional Jura bernois-Seeland (ci-après : 
Tribunal régional) a condamné A.________ à une peine privative de liberté de 
5 ans, sous déduction de 559 jours de détention provisoire déjà effectués, en tant que 
peine complémentaire à plusieurs jugements ultérieurs, à une peine pécuniaire de 30 
jours-amende à CHF 10.00 ainsi qu’à une amende contraventionnelle de 
CHF 1'000.00, pour tentative de meurtre, voies de fait, appropriation illégitime, vol 
commis à réitérées reprises, dommages à la propriété commis à réitérées reprises, 
injure commise à réitérées reprises, utilisation abusive d’une installation de 
télécommunication, menaces commises à réitérées reprises, tentative de propagation 
d’une maladie de l’homme commise à réitérées reprises, violence ou menace contre 
les autorités et les fonctionnaires commise à réitérées reprises et infraction à la loi 
fédérale sur les stupéfiants commise à réitérées reprises. Le Tribunal régional a en 
outre ordonné une mesure institutionnelle de traitement des troubles mentaux selon 
l’art. 59 du Code pénal suisse (CP : RS 311.0) et une mesure institutionnelle de 
traitement des addictions selon l’art. 60 CP. Il a au surplus révoqué le sursis à 
l’exécution de la peine de 12 mois prononcée par jugement du 24 février 2009 du 
Tribunal d’arrondissement judiciaire II Bienne-Nidau (dossier PEN 11 551). 
A.________ a débuté la mesure institutionnelle par exécution anticipée le 4 juillet 
2011 au sein de la prison régionale de Berne. Suite au jugement pénal du Tribunal 
régional du 8 février 2012, il a été transféré aux Etablissements de Thorberg pour 
l’exécution de la mesure, puis transféré en 2014 à la prison de Berthoud. En 2015, il 
a été placé dans la Section fermée du centre d’exécution de mesures du Bitzi.

1.2 Le Tribunal régional a, par décision du 28 mars 2017, prolongé pour une durée de 
trois ans la mesure institutionnelle prononcée à l’encontre de A.________. Par 
décision du 21 décembre 2017, la Section de la probation et de l’exécution des 
sanctions pénales (ci-après : SPESP) a placé A.________ à partir du 27 décembre 
2017 à l’Etablissement pénitentiaire de St-Jean, en section ouverte, phase primaire. 
A.________ a évolué dans les différentes phases de progression dudit Etablissement 
et par décision du 25 juillet 2019, la SPESP lui a octroyé le module «travail et 
logement externes » (ci-après : TLE) en le plaçant à la Fondation Schmelzi à partir du 
31 juillet 2019. 

La Fondation Schmelzi a informé la SPESP que A.________ avait à deux reprises 
consommé de l’alcool (bière) lors de deux sorties. Suite à un comportement 
menaçant, récalcitrant et violent, A.________ a été arrêté en date du 19 août 2019 
par la police à ladite Fondation et a dû réintégrer l’Etablissement pénitentiaire de St-
Jean où il a continué à proférer des menaces contre les autres détenus et le 
personnel. Il a ensuite été conduit dans la cellule de sécurité de l’Hôpital de l’Ile de 
Berne, puis à la prison régionale de Thoune. Il a pu réintégrer la Fondation Schmelzi 
le 19 septembre 2019. Suite à de nouveaux problèmes de comportements agressifs 
et violents en raison d’un désaccord avec le règlement concernant l’argent de poche, 
A.________ ayant même annoncé qu’il passerait au domicile d’un employé de 

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l’établissement qu’il a appelé à cinq reprises sur sa ligne privée, ce qui a suscité des 
craintes chez ce dernier et son environnement privé, la SPESP a, le 1er octobre 2019, 
révoqué le module TLE et a ordonné le transfert de A.________ au sein d’une prison 
régionale du canton de Berne. 

1.3 Suite à la requête de SPESP du 18 novembre 2019 demandant la prolongation de la 
mesure thérapeutique institutionnelle à l’encontre de A.________, le Tribunal régional 
a, par décision du 16 janvier 2020, prolongé une nouvelle fois cette mesure qui venait 
à échéance le 7 février 2020, pour une durée de deux ans.

1.4 Après un séjour d’essai à la Résidence Les Sources du 20 avril au 1er mai 2020, la 
SPESP a, par décision du 2 juin 2020, décidé de placer A.________ dans ladite 
Résidence et de lui octroyer la phase de progression TLE à partir du 9 juin 2020 en 
fixant des conditions-cadre telles que notamment l’abstinence totale à la drogue et à 
l’alcool et la soumission au traitement thérapeutique proposé par le service 
ambulatoire de l’Hôpital du Jura bernois.

1.5 Me B.________, défenseuse d’office de A.________, a recouru contre ladite décision 
du 16 janvier 2020 par courrier du 27 janvier 2020. Elle a retenu les conclusions 
suivantes :

1.     Dire que la mesure selon l’art. 59 CP ne sera pas prolongée et ordonner la libération du recourant     
en date du 7 février 2020.

2. Ordonner une mesure ambulatoire conformément à l’art. 63 CP pendant un an dès le 7 février   
2020 en vue du traitement du trouble psychique et du maintien de l’abstinence aux substances.

3.    Signaler à l’APEA de Bienne le besoin d’une curatelle d’accompagnement pour le recourant.

4.    Avec suite des frais et dépens, sous réserve des dispositions sur la défense obligatoire. 

A l’appui de ses conclusions, elle rappelle que la mesure institutionnelle qui a été 
prolongée une première fois pour une durée de trois ans par le Tribunal régional 
Jura bernois-Seeland en date du 28 mars 2017 arrive à échéance le 7 février 2020. 
Le 16 janvier 2020, le Tribunal régional a prolongé une nouvelle fois la mesure 
institutionnelle pour une durée de deux ans sur requête de la SPESP en violant 
ainsi le droit. Le recours est formé pour violation de l’art. 59 al. 4 CP, établissement 
erroné des faits et pour inopportunité au sens de l’art. 393 al. 2 CPP. La défense 
considère qu’il est erroné de retenir que le recourant s’est montré violent à l’égard 
de ses référents, aucun élément du dossier n’indiquant qu’il aurait proféré des 
menaces ou fait usage de violences lors des dérapages verbaux qui lui sont 
reprochés en rapport avec les éléments négatifs de 2019 relatés dans le dossier. 
Par ailleurs, les sorties du recourant se sont bien déroulées et il n’existe pas au 
dossier de signes d’une propension du recourant à vouloir commettre de graves 
délits.

La défense relève que le Tribunal régional a posé à tort un pronostic défavorable en 
liant un risque de commission de délits à la possible rechute du recourant dans la 

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consommation d’alcool. Elle fait grief au Tribunal régional d’avoir mal interprété 
l’expertise établie par la Dresse X.________ qui lorsqu’elle a parlé d’une aide à long 
terme n’a pas spécifié qu’il s’agissait d’une recommandation d’une mesure 
thérapeutique institutionnelle à long terme. L’experte a cité un cadre d’habitat et de 
travail protégé et des mesures de droit de la protection de l’adulte, ainsi que le 
propose la défense dans le cadre de mesures de substitution (cf. prise de position 
du 9 décembre 2019 sur la requête de prolongation de la mesure thérapeutique 
institutionnelle de la SPESP) qui sont des mesures respectant le principe de 
proportionnalité et le besoin du recourant.

La défense relève également que le Tribunal régional n’a pas non plus pris en 
considération l’avis des intervenants de la Fondation Schmelzi qui concluent à 
davantage de libertés, malgré les « incidents ». Cette fondation a accompagné le 
recourant avant l’interruption du TLE et a, de ce fait, une place d’observatrice 
privilégiée qui a totalement été occultée.

Finalement, la consommation d’alcool (deux bières en tout) du recourant était 
minime et n’était pas propre à mettre en échec la mesure TLE, selon ses référents. 
Dès lors, le Tribunal régional a commis un abus de son pouvoir d’interprétation en 
retenant le risque de rechute dans la consommation d’alcool comme élément central 
du pronostic défavorable. Par ailleurs, la défense relève qu’il est erroné d’admettre 
que le recourant s’est montré violent à l’égard des référents. Les intervenants n’ont 
constaté que d’éventuelles irritations qui prennent la forme de remarques verbales 
et l’absence de voies de fait ou d’autre agression physique. Les dérapages verbaux 
liés au problèmes de budget doivent être remis dans un contexte global. Le fait de 
téléphoner à un collaborateur sur sa ligne privée n’est pas acceptable, mais aucun 
élément du dossier n’indique que le recourant aurait proféré des menaces à cette 
occasion. Il voulait au contraire parler d’un problème qui lui tenait très à cœur. Le 
recourant s’est bien conduit lors de ses sorties et n’a pas abusé de ces occasions 
pour commettre de quelconques délits.

S’agissant des chances de succès de la mesure, la défense relève que le Tribunal 
régional a violé le droit en retenant des « progrès même modestes observés chez le 
condamné » qui reposent sur une hypothèse non validée, alors que des chances de 
succès d’une thérapie institutionnelle ne sont même pas véritablement reconnues 
par la SPESP, les chances de succès d’une mesure paraissant plutôt faibles et 
discutables. De l’avis de la défense, ces dernières sont insuffisantes pour estimer 
que la condition légale de l’art. 59 CP est remplie. Quand bien même le recourant 
ne devrait pas encore être « prêt » ainsi que l’a relevé le Tribunal régional, il n’en 
demeure pas moins qu’il peut poursuivre le chemin qu’il a encore à faire dans le 
cadre de mesures alternatives telles que décrites dans la prise de position du 
9 décembre 2019. Ne libérer le recourant qu’une fois que tous les traits « déviants » 
auront été gommés n’est ni réaliste de la part de l’autorité ni compatible avec l’ordre 
juridique.

La défense conclut donc que la mesure ne saurait être prolongée vu que les 
conditions de l’art. 59 al. 4 CP ne sont pas remplies. La mesure n’est en effet ni 

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adéquate, les chances de succès étant contestées, ni proportionnée puisqu’il existe 
des mesures alternatives telles que proposées.

La défense ajoute, en se référant à l’arrêt de la CEDH no 72939/16 du 3 décembre 
2019 que le placement en détention pour des motifs de sûreté dans l’attente d’une 
décision sur la prolongation d’une mesure institutionnelle viole l’art. 5 CEDH et 
qu’en l’absence d’une décision exécutoire le 7 février 2020, le recourant doit être 
libéré dans tous les cas. 

1.6 Par ordonnance du 3 février 2020, le Président e.r. de la Chambre de recours 
pénale a ouvert une procédure de recours, constaté que le recourant ne demandait 
pas de débats oraux et imparti un délai de 5 jours au Parquet général, à la SPESP 
ainsi qu’au recourant pour prendre position sur la question de la renonciation à des 
débats oraux. Il a par ailleurs précisé que le recours n’avait pas d’effet suspensif et 
que le recourant demeurerait en détention jusqu’à droit connu dans la procédure de 
recours.

1.7 Par courrier du 10 février 2020, le Parquet général a déclaré consentir à la 
renonciation à des débats oraux. La SPESP a fait part à la Chambre de recours 
pénale dans sa lettre du 10 février 2020, qu’à son avis, une audition orale n’était pas 
nécessaire. La défenseuse du recourant a demandé une prolongation de délai 
jusqu’au 17 février 2020 pour se prononcer sur cette question. Par courrier du 14 
février 2020, elle a communiqué que le recourant renonçait à des débats oraux.

1.8 Par ordonnance du 19 février 2020, le Président e.r. de la Chambre de recours 
pénale a pris acte des prises de position du Parquet général, de la SPESP ainsi que 
de celle de la défenseuse du recourant renonçant à la tenue de débats oraux. Un 
délai de 20 jours a été imparti au Parquet général ainsi qu’au Tribunal régional pour 
prendre position sur le recours. 

1.9 La SPESP a, par courrier du 17 février 2020, envoyé à la Chambre de recours 
pénale une copie de sa demande d’admission de A.________ datant du 14 février 
2020 au pénitencier « Justizvollzugsanstalt Solothurn » à Deitingen ainsi qu’une 
copie des derniers documents. Elle a pris position sur le recours en date du 
11 mars 2020 en se référant aux motifs détaillés de la décision du Tribunal régional 
du 16 février 2020 (recte : 16 janvier 2020) et a demandé que le recours soit rejeté.

1.10 Par lettre du 24 février 2020, le Tribunal régional a maintenu en tous points sa 
décision du 16 janvier 2020 et renoncé à compléter sa prise de position.

1.11 Dans sa prise de position du 23 mars 2020, le Parquet général a conclu au rejet du 
recours ainsi qu’à la mise des frais de procédure à la charge du recourant.

A l’appui de ses conclusions, il relève que les faits ont été correctement retenus et 
résumés par l’autorité précédente et s’y réfère sans autre ajout. 

Il précise que le seul point factuel contesté par la défense est le fait que l’autorité 
précédente ait retenu que A.________ s’était montré violent à l’égard de ses 

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référents. Selon lui, cette violence n’est pas thématisée dans le dossier, il y aurait 
eu tout au plus des échanges verbaux tendus. De plus, le recourant considère qu’il 
s’est bien comporté en sortie.

De l’avis du Parquet général, cette appréciation ne saurait être suivie. A.________ a 
été arrêté le 19 août 2019 par la police cantonale à la Fondation Schmelzi en raison 
d’un comportement menaçant, récalcitrant et violent, et il a ensuite été transféré à 
l’Etablissement pénitentiaire de St-Jean où il a continué à proférer des menaces 
contre le personnel et les autres détenus pour finir par être conduit en cellule de 
sécurité. Le Parquet général en déduit que la violence du comportement de 
A.________ est ainsi non seulement mentionnée au dossier, mais doit être 
également considérée comme établie et ajoute que de telles mesures n’auraient 
bien entendu jamais été prises si le recourant s’était contenté, comme il le prétend, 
d’avoir de simples « échanges verbaux tendus ».

Le recourant conteste que les conditions de l’art. 59 al. 4 CP soient remplies. Il 
reproche d’une part à l’autorité précédente de s’être substituée à l’avis de la Dresse 
X.________, qui a établi une expertise le 18 septembre 2017, en liant sa possible 
rechute dans la consommation d’alcool à un risque de commission de délits, ce qui 
l’a conduit à poser un pronostic défavorable.

Le Parquet général s’associe entièrement aux considérants en droit de la décision 
querellée et y renvoie tout en ajoutant les quelques éléments complémentaires 
suivants : Il considère qu’il est erroné de dire, à l’instar de la défense, que le tribunal 
s’est substitué à l’avis de l’experte, dès lors que de nouveaux faits sont intervenus 
depuis l’expertise établie le 18 septembre 2017 par la Dresse X.________. En effet, 
il ressort du dossier que depuis l’été 2019, et en particulier depuis qu’il a intégré le 
module « TLE », la situation qui avait évolué de façon positive s’est nettement 
péjorée. En raison des comportements négatifs du recourant, une première 
interruption du programme est intervenue, puis une suspension complète et un 
retour en détention. De l’avis du Parquet général, le Tribunal régional a donc 
simplement pris en compte les nouveaux paramètres afin de rendre sa décision, 
précisant qu’il a parfaitement le droit de s’écarter d’une expertise si cela est motivé 
et justifié sans qu’on puisse lui reprocher d’avoir abusé de son pouvoir 
d’appréciation.

Concernant les chances de succès de la mesure, le Parquet général rappelle que le 
fait que le condamné affirme ne plus vouloir collaborer ne permet pas de préjuger 
des chances de succès et n’est pas un critère qui permet de renoncer au prononcé 
d’une mesure (arrêt du Tribunal fédéral 6B_463/2016 du 12 septembre 2016, 
consid. 1.3.3). Etant donné que des progrès, même minimes, ont pu être observés, 
surtout en début d’année 2019, lorsque la Commission consultative de libération 
conditionnelle et d’examen de la dangerosité a constaté que le recourant avait fait 
preuve d’une bonne évaluation, l’existence de chances de succès doit, de l’avis du 
Parquet général, être admise. Le Parquet général rejoint le Tribunal régional 
lorsqu’il constate que l’ensemble des expertises psychiatriques et des rapports 
établis font tous état de la gravité des troubles rencontrés par le recourant ainsi que 

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de la nécessité d’une mesure. A ce stade encore, les chances de succès ou 
d’amélioration existent encore malgré tout et il n’est pas exclu qu’une prolongation 
de la mesure existante, pour une durée de deux ans, permette une nouvelle 
amélioration du comportement de A.________.

Sous l’angle enfin du principe de proportionnalité, le Parquet général estime qu’au 
vu de la gravité des infractions commises, tout comme la gravité des troubles dont 
souffre le recourant, la prolongation de la mesure thérapeutique institutionnelle 
remplit les trois exigences, à savoir qu’elle est nécessaire, appropriée avec une 
vraisemblance suffisante et proportionnée au sens étroit du terme. 

Le Parquet général ajoute que si la Chambre de recours pénale devait être d’avis 
que la mesure thérapeutique est vouée à l’échec en raison de la non collaboration 
du recourant, une libération de ce dernier sans considération du danger encore 
existant n’est pas réaliste, pas plus que le prononcé d’une mesure ambulatoire 
selon l’art. 63 CP. Le Parquet général préconiserait dans cette hypothèse une 
détention en vertu de l'article 62c al. 4 CP sur la base d’une expertise indépendante 
qui n’a pas été réalisée à ce stade. Dans tous les cas, cela interviendrait de manière 
beaucoup plus radicale dans la situation juridique du recourant qu’une prolongation 
de la mesure actuelle. Il s'ensuit que la décision de prolonger la mesure 
thérapeutique institutionnelle pour deux ans doit être considérée comme une 
mesure plus légère. 

1.12 Par ordonnance du 26 mars 2020, le Président e.r. de la Chambre de recours 
pénale a pris acte des prises de position et les a notifiées au recourant en lui 
impartissant un délai de 20 jours pour répliquer.

1.13 La défenseuse du recourant a demandé une prolongation de ce délai justifiée par le 
fait que le recourant allait être placé à la Résidence des Sources et qu’un bilan qui 
pourrait apporter des éléments de faits importants dans le cadre de la procédure, 
serait effectué le 1er mai 2020. La demande de prolongation a été autorisée.

1.14 Par courrier du 9 avril 2020, la SPESP a envoyé une copie de sa lettre adressée à 
A.________ l’informant qu’il serait placé à titre d’essai à la Résidence Les Sources 
du 20 avril au 1er mai 2020 et qu’un rapport serait établi à la suite de ce séjour 
d’essai. Le courrier était accompagné notamment d’une copie de la décision du 
16 avril 2020 ordonnant ce séjour d’essai ainsi que d’une copie de l’ordonnance 
pénale du 18 mars 2020 condamnant A.________ à une peine privative de liberté 
de 30 jours pour dommages à la propriété (pour un montant de CHF 5'500.00 env.) 
commis le 19 août 2019 alors qu’il se trouvait dans une cellule à l’hôpital de l’Ile et 
qu’il n’a pas reçu la quantité de médicaments qu’il réclamait. 

1.15 La défenseuse du recourant a demandé une deuxième prolongation du délai pour 
déposer sa réplique, soit jusqu’au 28 mai 2020, au motif qu’un rapport était en cours 
de rédaction par la Résidence des Sources où le recourant avait effectué un séjour 
d’essai. La demande de prolongation de délai a été accordée.

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1.16 La défenseuse du recourant a déposé sa réplique le 27 mai 2020 et repris les 
conclusions retenues dans son mémoire de recours en ajoutant une conclusion 
ayant le contenu suivant : « Constater que la mesure est illicite depuis le 7 février 2020 et, 
partant, accorder une indemnité au recourant à hauteur de CHF 200.00 par jour passé au sein de la 
mesure selon l’art. 59 CP ».
La défense relève que l’élément déclencheur pour l’arrêt de la mesure auprès de la 
Fondation Schmelzi sont des appels au domicile d’un employé. S’il est certes 
inacceptable de passer de tels appels, il est tout aussi inacceptable, de l’avis de la 
défense, de retenir que le recourant est une personne violente, comme le soutient le 
Parquet général. Il s’agit en effet d’une hypothèse qui est en contradiction avec le 
dernier rapport de la Fondation Schmelzi concluant à l’octroi d’un setting prévoyant 
une plus grande autonomie que par le passé.
La défense relève également que contrairement à ce qu’allègue le Parquet général, 
le Tribunal régional ne pouvait s’écarter sans autres de l’expertise, mais que de 
façon très restreinte si des circonstances ou des indices importants et bien établis 
en ébranlent sérieusement la crédibilité. Or, en l’espèce, le Tribunal régional n’a pas 
indiqué en quoi l’expertise ne pouvait pas être suivie quant au pronostic légal, de 
sorte qu’il convient de se baser sur le pronostic établi par l’experte.
La défense souligne que selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, il doit être 
suffisamment vraisemblable que la mesure ordonnée selon l’art. 59 al.4 CP entraîne 
une nette réduction du risque que l’intéressé commette de nouvelles infractions. La 
seule vague diminution du danger ne suffit pas. La défense relève que cette 
condition posée par le Tribunal fédéral n’est pas remplie dans le cas d’espèce.
S’agissant de l’éventuelle application de l’art. 62c al. 4 CPP, telle que préconisée 
par le Parquet général, la défense relève que les conditions d’application de cette 
disposition ne sont clairement pas remplies, précisant que seule un erreur manifeste 
de l’autorité précédente en présence de novas pourrait conduire à une reformatio in 
pejus.
La défense ajoute que le séjour du recourant à la Résidence Les Sources du 
20 avril au 1er mai 2020 s’est suffisamment bien déroulé pour prévoir le transfert 
définitif du recourant dans cette institution ouverte, ainsi que cela ressort de la 
notice de la SPESP du 1er mai 2020. La défense en déduit que ce nouvel élément 
est important pour comprendre que l’absence de pronostic défavorable est 
implicitement retenue du côté de l’autorité.
La défense requiert une indemnisation du recourant sur la base des art. 5 par. 5 
CEDH et 431 CPP vu l’illicéité de la mesure depuis le 7 février 2020, arguant que 
l’application par analogie de l’art. 431 CPP est d’autant plus justifiée que le 
recourant ne se trouve pas dans une institution prévue pour le traitement de 
troubles au sens de l’art. 59 CP, mais au sein d’une prison régionale alors que les 
conditions d’une prolongation de mesure 59 CP ne sont pas remplies. Se fondant 
sur la jurisprudence du Tribunal fédéral, la défense réclame un montant de 
CHF 200.00 par jour de détention injustifiée.

1.17 Par ordonnance du 4 juin 2020, le Président de la Chambre de recours pénale a pris 
acte de la réplique ainsi que de la décision de la SPESP du 2 juin 2020 octroyant à 

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A.________ la phase « travail et logement externes (TLE) » à partir du 9 juin 2020 à 
la Résidence des Sources et a transmis la réplique pour information au Parquet 
général, au Tribunal régional ainsi qu’à la SPESP.

2.
2.1 La décision querellée est une décision judiciaire ultérieure indépendante au sens de 

l’art. 363 ss CPP attaquable par la voie du recours (ATF 141 IV 396 consid. 4.7). La 
Chambre de recours pénale est l’autorité de recours compétente en l’espèce en 
application de l’art. 35 de la Loi sur l’organisation des autorités judiciaires et du 
Ministère public (LOJM. RSB 161.1) en relation avec le Règlement d’organisation de 
la Cour suprême (ROr CS ; RSB 162.11). A.________ est directement atteint dans 
ses droits par la décision de prolongation de la mesure thérapeutique institutionnelle 
pour une durée de deux ans et est donc légitimé à recourir (art. 382 CPP). Il y a dès 
lors lieu d’entrer en matière sur son recours déposé dans les formes et les délais 
(art. 396 al.1 CPP). 

2.2 D’emblée, il convient de rappeler que la nécessité de prolonger une mesure 
institutionnelle ne doit pas être confondue avec son mode d’exécution, le juge 
n’ayant pas la compétence de décider des modalités d’exécution de la mesure, 
cette compétence incombant à l’autorité administrative (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_1144/2017 du 21 mars 2018 consid. 3.2 et 3.3). En conséquence, l’avis exprimé 
dans le rapport de la Fondation Schmelzi du 11 octobre 2019, évoqué par la 
défense, selon lequel un setting moins contraignant pourrait être imposé à 
A.________ lorsqu’il entrera dans une autre institution, par exemple la Fondation 
Felber que le recourant aurait mentionnée à plusieurs reprises, n’est pas 
déterminant pour la question à trancher dans la présente procédure qui porte sur le 
bien-fondé d’une mesure thérapeutique institutionnelle. Les modalités de l’exécution 
de la mesure peuvent tout au plus jouer un rôle dans l’examen de la proportionnalité 
de la mesure institutionnelle. 

2.3 Selon l’art. 59 al. 4 CP, la privation de liberté entraînée par le traitement 
institutionnel ne peut en règle générale excéder cinq ans. Si les conditions d’une 
libération conditionnelle ne sont pas réunies après cinq ans et qu’il est à prévoir que 
le maintien de la mesure détournera l’auteur de nouveaux crimes ou de nouveaux 
délits en relation avec son trouble mental, le juge peut, à la requête de l’autorité 
d’exécution, ordonner la prolongation de la mesure de cinq ans au plus à chaque 
fois. 

Le traitement thérapeutique institutionnel peut se poursuivre au-delà du délai de 
cinq ans, mais non sans un examen. Après l’écoulement de ce délai, la mesure 
nécessite un examen judiciaire. Ainsi que l’a expliqué le Tribunal fédéral (arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_778/2013 du 10 février 2014 consid. 2.1), si la mesure se révèle 
toujours nécessaire et appropriée, notamment au vu de l’état psychique de 
l’intéressé et des risques de récidive, elle peut être prolongée de cinq ans au plus à 
chaque fois. Lors de cet examen, le juge doit donner une importance accrue au 
respect du principe de la proportionnalité, d’autant plus que la prolongation revêt un 

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caractère exceptionnel et qu’elle doit être particulièrement motivée. Une expertise 
n’est toutefois pas exigée (cf. art. 56 al. 3 CP ; ATF 135 IV 139 consid. 2.1 p. 141 et 
références citées). Si une expertise a été ordonnée, le juge doit s’en écarter et le 
cas échéant en ordonner une nouvelle lorsque des circonstances ou des indices 
importants et bien établis en ébranlent sérieusement la crédibilité. Il n’est pas 
nécessaire que l’expertise soit établie dans le cadre de la procédure en cours. Une 
expertise ancienne est suffisante lorsqu’elle appréhende tous les aspects 
nécessaires et n’a rien perdu de son actualité (ATF 134 IV 246 consid. 4.3 p. 254 ; 
128 IV 241 consid. 3.4 p. 247 s. ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_377/2013 du 19 juillet 
2013 consid. 1.2.3). Il y a lieu d’examiner dans la nouvelle décision si les conditions 
qui ont conduit au prononcé initial de la mesure thérapeutique institutionnelle sont 
toujours réalisées (ATF 134 IV 246 consid. 4.3). La possibilité de prolonger la 
mesure suppose que les conditions pour une libération conditionnelle ne soient pas 
encore données, à savoir qu’un pronostic favorable ne puisse pas être posé quant 
au comportement futur de l’auteur en liberté et que le maintien de la mesure 
permette de détourner l’auteur de nouveaux crimes ou de nouveaux délits en 
relation avec son trouble (ATF 135 IV 139 consid. 2.2.1 et 2.3.1). Le juge doit 
déterminer si le danger que représente l’intéressé peut justifier l’atteinte aux droits 
de la personnalité qu’entraîne la prolongation de la mesure. A cet égard, seul le 
danger de délits relativement graves peut justifier une prolongation. Le principe de 
la proportionnalité doit s’appliquer non seulement en ce qui concerne le prononcé 
ordonnant la prolongation de la mesure, mais également en ce qui concerne sa 
durée (art. 56 al. 2 CP).

2.4 Le Tribunal régional a motivé sa décision de prolonger une nouvelle fois la durée de 
la mesure institutionnelle de deux ans en se fondant sur le complément d’expertise 
psychiatrique de la Dresse X.________ de septembre 2017 ainsi que sur le fait que 
de récents incidents ont démontré que A.________ n’était pas à l’abri d’une rechute 
dans la consommation d’alcool, la problématique de la dépendance, aussi moindre 
soit-elle, étant toujours d’actualité. Selon le Tribunal régional, une telle rechute 
exacerberait considérablement les risques de récidive de commission d’infractions 
et de violence contre autrui, comme cela a été le cas par le passé. Le Tribunal 
régional relève que la Dresse X.________ prévoyait dans son expertise que bien 
que le déroulement de la mesure au sein de l’Etablissement pénitentiaire de 
St-Jean était positif, la gravité du trouble de la personnalité avec les symptômes à 
caractère paranoïaque et psychotique de A.________, décrits à plusieurs reprises 
depuis 2015, nécessitaient tout d’abord la mise en place de stratégies de gestion 
d’émotions désagréables, afin de lui permettre de mieux supporter les frustrations et 
de rester stable. En raison de ses déficits neuropsychologiques nets, il fallait donc 
s’attendre que A.________ ait besoin de plus de temps que d’autres patients pour 
assimiler les interventions thérapeutiques et les intégrer efficacement. Il ressort en 
outre de l’expertise que le risque de récidive d’actes de violence graves à court ou à 
moyen terme pouvait être considéré comme modéré à la condition que A.________ 
reste dans un cadre bien structuré et bienveillant et continue à être totalement 
abstinent de toute substance (non prescrite). Ce risque augmenterait cependant 
immédiatement si A.________ recommençait à consommer de l’alcool ou des 

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11

drogues (notamment stimulants). En raison de la gravité du trouble dont souffre 
A.________, la Dresse X.________ recommandait dès lors de placer ce dernier à 
long terme dans un cadre d’habitat et de travail protégé et de garantir cette situation 
à long terme par des mesures de droit de la protection de l’adulte.
Le Tribunal régional relève que A.________ a rapidement progressé dans le cadre 
de l’exécution de la mesure, ce qui lui a permis d’avancer dans les différentes 
étapes de progression, mais comme supposé par la Dresse X.________ dans son 
expertise, cette progression trop rapide a probablement entraîné chez le condamné 
une déstabilisation et un sentiment de stress qui a diminué ses ressources pour la 
mise en place de stratégies de gestion d’émotions désagréables. Malgré l’évolution 
importante du condamné, il n’est pas envisageable actuellement de le libérer 
conditionnellement de la mesure thérapeutique institutionnelle ordonnée par 
jugement du 8 février 2012 et la proposition de mise en place d’une mesure 
ambulatoire selon l’art. 63 CP telle que proposée par la défense est clairement 
insuffisante pour parer au risque de récidive existant. Le Tribunal régional considère 
que la prolongation de la mesure pour une durée de deux ans, comme demandé par 
la SPESP, est appropriée et nécessaire afin de garantir la stabilisation de la 
situation à long terme compte tenu des besoins thérapeutiques du recourant.
Le Tribunal régional considère dès lors qu’il existe encore un besoin de traitement 
thérapeutique institutionnel pour A.________, même s’il est difficile d’évaluer dans 
quelle mesure la poursuite du traitement sera prometteuse. Quand bien même 
A.________ a exprimé son manque de motivation et d’investissement à la poursuite 
de la mesure, le Tribunal régional estime que des progrès, même modestes, 
peuvent encore être observés chez le condamné, de sorte que la poursuite de la 
mesure conserve tout son sens. 

2.5 A.________ a déjà fait l’objet de plusieurs expertises psychiatriques établies par 
différents experts en 1998, en 2004, en 2010 et en 2014. Le rapport d’expertise 
psychiatrique établi par la Dresse X.________ en septembre 2017 sur lequel se 
fonde la décision querellée est complémentaire à l’expertise qu’elle a établie le 
15 septembre 2014.

C’est à juste titre que le Tribunal régional n’est pas entré en matière sur la demande 
de la SPESP tendant à demander une nouvelle expertise complémentaire en vue de 
déterminer si le prévenu est encore réceptif à un traitement thérapeutique ou si son 
influençabilité est favorable. L’expertise de la Dresse X.________ n’a en effet rien 
perdu de son actualité et a gardé toute sa crédibilité eu égard aux nouveaux 
éléments du dossier.

L’experte a confirmé dans son complément d’expertise de 2017 le diagnostic qu’elle 
avait établi en 2014. En résumé, A.________ souffre notamment d’une dépendance 
à l’alcool, d’une grave dépendance aux opiacés ainsi que d’un grave trouble de la 
personnalité antisociale et d’accentuations de la personnalité de type bordeline. Par 
ailleurs, il réagit par de brefs épisodes psychotiques en situation de stress. Selon la 
Dresse X.________, les troubles diagnostiqués chez A.________ peuvent être 
traités, mais elle n’a pas pu poser de pronostic de traitement à long terme, précisant 

12

qu’en raison des déficits neurologiques constatés chez A.________ le traitement 
prendrait plusieurs années et devait être abordé de manière lente et prudente. Elle a 
recommandé la poursuite du traitement que A.________ suivait alors à 
l’Etablissement pénitentiaire de St-Jean. 

Au vu de ce qui précède, c’est à juste titre que le Tribunal régional a considéré que 
même si A.________ ne faisait que des progrès modestes, il y avait néanmoins lieu 
d’admettre qu’il existait encore des chances de succès que la poursuite du 
traitement porte ses fruits sur le long et moyen terme. Ses considérations vont dans 
le prolongement des constatations que l’experte a faites en relation avec les 
troubles dont souffre le recourant. Ce dernier a progressé positivement durant un 
certain temps, mais a montré par les événements négatifs survenus dans le courant 
de l’année 2019, qu’il n’avait pas encore suffisamment de contrôle sur ses émotions 
et ses impulsions pour être apte à remplir toutes les exigences de comportement 
social liées à l’augmentation des libertés, sa tolérance à la frustration étant encore 
minime. Ainsi que l’a relevé à juste titre le Parquet général dans sa prise de position 
du 23 mars 2020 à laquelle il y a lieu de se référer, le comportement violent et 
menaçant du recourant est suffisamment étayé au dossier, étant précisé que son 
comportement a nécessité l’intervention de la police, ce qui a sans nul doute pu 
éviter une escalation de la violence, étant précisé que A.________ a été condamné 
pour dommages à la propriété en raison des dégâts commis dans la cellule à 
l’hôpital de l’Ile où il a été amené après ses altercations avec le personnel de St-
Jean. Cette dégradation a nécessité un retour dans un milieu carcéral. Le recourant 
a aussi consommé des boissons alcooliques lors de deux sorties lorsqu’il se trouvait 
à la Fondation Schmelzi. Même si ses consommations étaient modérées, il convient 
de relever que l’experte psychiatre a souligné qu’il devait être totalement abstinent 
de toute substance, car le risque d’actes de violence grave augmenterait 
immédiatement si A.________ recommençait à consommer de l’alcool ou des 
drogues. Le comportement de A.________ lors de ces deux sorties de même que 
ses réactions lorsqu’il s’est trouvé confronté à des avis opposés aux siens montrent 
qu’il n’est pas possible de poser actuellement un pronostic favorable à son égard et 
qu’il ne peut bénéficier d’une libération conditionnelle. Le recourant a en effet 
encore besoin d’être encadré et de suivre strictement une thérapie dont les effets, 
ainsi que l’a souligné l’experte psychiatre, sont plus lents chez lui que chez d’autres 
patients. On ne saurait cependant prétendre, au vu des seules difficultés 
rencontrées l’année passée, que le traitement est inopérant et voué d’emblée à 
l’échec. Même si l’espoir d’un succès thérapeutique est mince, il n’est toutefois pas 
exclu pour autant, un constat d’échec étant prématuré.

2.6 La défense allègue que le maintien de la mesure porterait atteinte au principe de la 
proportionnalité. A ce propos, il convient de se référer à la jurisprudence fédérale en 
matière de mesures (arrêt du Tribunal fédéral 6B_1317/2017 du 22 mai 2018 
consid. 3.1 et jurisprudence citée). Le principe de la proportionnalité est concrétisé à 
l'art. 56 al. 2 CP. Aux termes de cette disposition, le prononcé d'une mesure 
suppose que l'atteinte aux droits de la personnalité qui en résulte pour l'auteur ne 
soit pas disproportionnée au regard de la vraisemblance qu'il commette de 

13

nouvelles infractions et de leur gravité. Ce principe vaut tant pour le prononcé d'une 
mesure que pour son examen postérieur. Concrètement, il convient de procéder à 
une pesée des intérêts divergents en présence, c'est-à-dire entre la gravité du 
danger que la mesure cherche à éviter et l'importance de l'atteinte aux droits de la 
personne concernée inhérente à la mesure. Une mesure disproportionnée ne doit 
pas être ordonnée, ni maintenue. Le principe de la proportionnalité recouvre trois 
aspects. Une mesure doit être propre à améliorer le pronostic légal chez l'intéressé 
(principe de l'adéquation). En outre, elle doit être nécessaire. Elle sera inadmissible 
si une autre mesure, qui s'avère également appropriée, mais porte des atteintes 
moins graves à l'auteur, suffit pour atteindre le but visé (principe de la nécessité ou 
de la subsidiarité). Enfin, il doit exister un rapport raisonnable entre l'atteinte et le 
but visé (principe de la proportionnalité au sens étroit). La pesée des intérêts doit 
s'effectuer entre, d'une part, la gravité de l'atteinte aux droits de la personne 
concernée et, d'autre part, la nécessité d'un traitement et la vraisemblance que 
l'auteur commette de nouvelles infractions (arrêts du Tribunal fédéral 6B_277/2017 
précité consid. 3.1; 6B_343/2015 du 2 février 2016, consid. 2.2.2; 6B_596/2011 du 
19 janvier 2012 consid. 3.2.3). S'agissant de l'atteinte aux droits de la personnalité 
de l'auteur, celle-ci dépend non seulement de la durée de la mesure, mais 
également des modalités de l'exécution (arrêts du Tribunal fédéral 6B_277/2017 
précité consid. 3.1; 6B_1167/2014 du 26 août 2015 consid. 3.1; 6B_26/2014 du 24 
juin 2014 consid. 3.1).

Selon l’expertise complémentaire établie par la Dresse X.________ en 2017, le 
risque de récidive d’actes de violences graves à court et à moyen terme peut être 
considéré comme modéré. L’experte avait, dans son rapport de 2014, déjà relevé 
clairement que le risque d’actes de violence grave était amplifié si A.________ ne 
restait pas abstinent à l’alcool et à la drogue et que son trouble de la personnalité 
antisociale nécessitait une thérapie à long terme dans une structure protégée pour 
diminuer et stabiliser son potentiel d’agressivité, ce qu’elle a confirmé dans son 
complément d’expertise en 2017. Or, A.________ a montré lors de ses sorties à la 
Fondation Schmelzi qu’il n’est pas encore apte à se distancer de l’alcool.

Au vu de ce qui précède, il appert que seule la mesure thérapeutique institutionnelle 
ordonnée par jugement du 8 juillet 2012 est à même de poursuivre le but de 
stabilisation des émotions du recourant et de diminution de son seuil d’agressivité. 
Une mesure ambulatoire telle que préconisée par la défense assortie de la condition 
que A.________ bénéficie d’une curatelle d’accompagnement selon l’art. 393 CC et 
se soumette volontairement à une thérapie liée à ses troubles et au maintien de 
l’abstinence aux stupéfiants (sous forme de séances auprès d’un psychiatre ou d’un 
centre spécialisé, tel que SUPRAX) accompagnée de tests quant à la 
consommation de stupéfiants (cf. prise de position de Me B.________ du 9 
décembre 2019, ch. 34 à 36), serait au stade actuel de ses progrès thérapeutiques 
manifestement insuffisante pour satisfaire aux exigences posées par l’experte 
psychiatre en vue de réduire le risque de récidive. Si le recourant ne devait montrer 
plus aucune motivation ni capacité de s’investir dans un suivi thérapeutique tel que 
préconisé par l’experte, la question d’un changement de mesure pourrait alors se 

14

poser, mais pas dans l’optique d’un allégement. Une prolongation de la mesure 
thérapeutique institutionnelle pour une durée de deux ans est justifiée en l’espèce 
en raison du trouble psychique sévère dont souffre le recourant. Il convient encore 
de relever que par son nouveau placement en module TLE à la Résidence des 
Sources à partir du 9 juin 2020, le recourant ne séjourne plus dans un établissement 
carcéral, mais dans une institution où il jouira de davantage de libertés. Ainsi, 
l’atteinte à ses droits de la personnalité n’apparaît pas disproportionnée en dépit 
d’une prolongation de la mesure thérapeutique institutionnelle.

Compte tenu de ce qui précède, les conditions de l’art. 59 al. 4 CP sont remplies et 
le recours est rejeté.

2.7 Afin d’être complet, il convient de relever que le grief soulevé par la défense 
alléguant l’illicéité de la mesure sur la base des art. 5 par. 5 CEDH et 431 CPP est 
infondé. Non seulement les conditions de la poursuite d’une mesure thérapeutique 
institutionnelle sont réalisées, mais le fait que le recourant ait dû réintégrer pour un 
certain temps une prison régionale a été provoqué par son comportement. 

3.
3.1 Les frais de la procédure de recours, comprenant un émolument global de 

CHF 2'500.00, sont mis à la charge du recourant qui succombe, en application de 
l’art. 428 al. 1 CPP.

3.2 La défenseuse d’office du recourant, Me B.________, est indemnisée conformément 
au tarif des avocats du canton (art. 35 al. 1 CPP). Selon l’art. 42 de la loi cantonale 
sur les avocats et les avocates (LA ; RSB 168.11), la rémunération est calculée en 
fonction du temps requis et n'excédant pas les honoraires fixés selon le tarif 
applicable au remboursement des dépens (art. 41 LA). La détermination du temps 
requis tient compte de l’importance et de la complexité du litige. Les débours et la 
taxe sur la valeur ajoutée sont remboursés en sus. La note d’honoraires de Me 
B.________ n’appelle pas de remarques particulières et peut être reprise telle 
quelle, de sorte que ses honoraires et débours dans la procédure de recours sont 
fixés comme suit : 

Nbre heures Tarif

Temps de travail à rémunérer 12.08 200.00 CHF 2'416.00 CHF
Débours soumis à la TVA    195.90 CHF
TVA 7.7%    201.15 CHF
Total à verser par le canton de Berne 2'813.05 CHF

Honoraires d’un défenseur privé 12.08 3'006.50 CHF
Débours soumis à la TVA    195.90 CHF
TVA 7.7%    246.60 CHF
Total 3'449.00 CHF

https://www.belex.sites.be.ch/data/168.11/fr/art41

15

Dès que sa situation financière le permet, le recourant est tenu de rembourser d’une 
part au canton de Berne l’indemnité de CHF 2'813.05 versée à la défenseuse d’office, 
Me B.________, d’autre part à Me B.________ la différence entre cette indemnité et 
les honoraires que celle-ci aurait touchés comme défenseuse privée, à savoir 
CHF 635.95 (art. 135 al. 4 CPP).

16

La Chambre de recours pénale décide:

1. Le recours est rejeté.

2. Les frais de la procédure de recours comprenant un émolument global de 
CHF 2'500.00, sont mis à la charge du recourant, A.________.

3. La rémunération du mandat d’office de Me B.________ dans la procédure de recours 
est fixée à CHF 2'813.05 (TVA incluse). Dès que sa situation financière le permet, le 
recourant est tenu de rembourser, d’une part au canton de Berne l’indemnité de 
CHF 2'813.05 versée à la défenseuse d’office pour la procédure de recours et, d’autre 
part à Me B.________ la différence entre cette indemnité et les honoraires que celle-ci 
aurait touchés comme défenseuse privée, à savoir CHF 635.95 (art. 135 al. 4 CPP).

4. A notifier:
-   au Parquet général du canton de Berne
- à A.________, par Me B.________

A communiquer:
- à D.________, par Me E.________ 
- au Tribunal régional Jura bernois-Seeland
- à la Résidence Les Sources

Berne, le 16 juillet 2020 Au nom de la Chambre de recours 
pénale
Le Président :

J. Bähler, Juge d'appel

La Greffière :

Vogt

L’indemnité pour la procédure de recours est versée par la Chambre de recours pénale

Voies de recours :
Un recours en matière pénale selon les art. 39 ss, 78 ss et 90 ss de la loi du 17 juin 1995 sur le Tribunal fédéral 
(LTF; RS 173.110) peut être déposé auprès du Tribunal fédéral (Av. du Tribunal fédéral 29, Case postale, 1000 
Lausanne 14) contre la présente décision dans les 30 jours qui suivent sa notification. Le recours doit respecter 
les exigences de l’art. 42 LTF.

Voies de recours concernant la rémunération des mandats d'office :
Dans les 10 jours dès la notification du présent jugement, la rémunération des mandats d'office peut faire l’objet 
d’un recours à la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral. Le recours motivé par écrit et signé doit être 
adressé au Tribunal pénal fédéral, Viale Stefano Franscini 7, 6500 Bellinzona (art. 135 al. 3 let. b CPP).

17

Le numéro du dossier doit figurer sur les envois (BK 20 36).