# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f2633ea7-4b9a-5749-a51d-489830ed2c9c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2025-02-26
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 26.02.2025 P/5684/2023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-5684-2023_2025-02-26.pdf

## Full Text

Siégeant : Madame Sara GARBARSKI, présidente ; Madame Gaëlle VAN HOVE, 
Madame Delphine GONSETH, juges ; Madame Chloé MAGNENAT, 
greffière-juriste délibérante.  

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/5684/2023 AARP/98/2025 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 26 février 2025 

 

Entre 

A______, sans domicile fixe, comparant par Me B______, avocate,  

appelant, 

 

contre le jugement JTDP/633/2024 rendu le 24 mai 2024 par le Tribunal de police, 

 

et 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, case 

postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimé.

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EN FAIT : 

A. a. En temps utile, A______ appelle du jugement JTDP/633/2024 du 24 mai 2024, par 
lequel le Tribunal de police (TP) l'a reconnu coupable de séjour illégal (art. 115 al. 1 
let. b de la loi fédérale sur les étrangers et l'intégration [LEI]) et de non-respect d'une 
interdiction de pénétrer dans une région déterminée (art. 119 al. 1 LEI), l'a condamné 
à une peine privative de liberté de 60 jours, sous déduction de deux jours de détention 
avant jugement, peine complémentaire à celle prononcée le 13 novembre 2023 par la 
Chambre pénale d'appel et de révision (CPAR) et a mis la moitié des frais de la 
procédure à sa charge, soit CHF 785.50, y compris un émolument complémentaire de 
jugement de CHF 300.-.  

A______ entreprend partiellement ce jugement, concluant au prononcé d'une peine de 
quotité nulle, complémentaire à celle prononcée le 13 novembre 2023 par la CPAR.  

 b. Selon l'ordonnance pénale du 14 mars 2023, il est reproché à A______ ce qui suit : 

 Entre le 5 janvier 2023, lendemain de sa dernière condamnation pas encore entrée en 
force, et le 13 mars 2023, jour de son interpellation, il s'est trouvé dans le canton de 
Genève, en particulier au sentier des Saules, sans être en possession d'un passeport 
valable indiquant sa nationalité et alors qu'il faisait l'objet d'une interdiction de pénétrer 
dans le canton valable pour une durée de 12 mois à partir du 30 mars 2022.  

B. Les faits pertinents au stade de l'appel sont les suivants, étant pour le surplus renvoyé 
au jugement de première instance (art. 82 al. 4 du code de procédure pénale suisse 
[CPP]) : 

 a. A______ est né le ______ 1981 en Algérie, pays dont il a la nationalité. Célibataire 
et sans enfant, il déclare être arrivé en Suisse en 2006, sans titre de séjour.  

Il est revenu sur le territoire suisse après avoir été renvoyé vers l'Algérie le 13 octobre 
2013. Le 6 août 2015, l'Office cantonal de la population et des migrations (OCPM) a 
prononcé son renvoi de Suisse, lequel n'a jamais été exécuté.  

Il est sans domicile fixe, n'est au bénéfice d'aucun titre de séjour et a fait l'objet d'une 
décision d'interdiction de pénétrer sur le territoire genevois d'une durée de 12 mois 
notifiée le 30 mars 2022, sur la base de l'art. 74 al. 1 let. a LEI, ainsi que d'une 
procédure de non-admission Schengen. 

 b. Le 13 mars 2023, A______ a été interpellé par la police alors qu'il se trouvait au 
sentier de Saules à Genève, en compagnie de deux compatriotes également en situation 
irrégulière. 

c. À la police, A______ a reconnu les faits reprochés. Il a expliqué ne pas avoir 
l'intention de quitter la Suisse, bien qu'il ait connaissance de l'interdiction de territoire 
et avoir déposé un recours contre celle-ci avec l'aide de son avocate.  

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d. Entendu par le MP suite à son opposition, A______ a expliqué qu'il contestait le 
genre de peine prononcé à son encontre, une peine complémentaire devant par ailleurs 
être envisagée, eu égard à sa condamnation du 5 juin 2023 (sic).   

 e. Devant le TP, il a expliqué avoir l'intention de se rendre en Espagne et de "régler 
ses affaires là-bas". Il souhaitait le prononcé d'une peine pécuniaire car il était en 
mesure de la payer par son travail exercé en prison. Son conseil a sollicité le prononcé 
d'une peine privative de liberté égale à zéro.  

C. a. La juridiction d'appel a ordonné l'instruction de la cause par la voie écrite avec 
l'accord des parties.  

 b. Selon son mémoire d'appel, A______ conclut, principalement, à l'annulation du 
jugement querellé pour défaut de motivation, subsidiairement, au prononcé d'une peine 
privative de liberté complémentaire égale à zéro, et encore plus subsidiairement, au 
prononcé d'une peine pécuniaire de 60 jours-amende à CHF 10.-.  

Une contradiction manifeste existait entre le dispositif du jugement qui prononçait une 
peine privative de liberté et la motivation qui concluait au prononcé d'une peine 
pécuniaire. Cette erreur engendrait une confusion rendant la décision 
incompréhensible en violation de l'obligation de motiver renforcée par l'art. 41 al. 2 
CP et devait conduire à l'annulation du jugement querellé.  

En tout état, la peine privative de liberté avait été prononcée sans envisager l'alternative 
d'une peine pécuniaire et était disproportionnée au regard du peu de gravité des faits, 
soit d'être resté à Genève après sa condamnation non encore entrée en force. Si 
l'ensemble des faits avait été jugé simultanément, les violations à la LEI n'auraient 
conduit qu'à une peine complémentaire nulle, vu leur moindre importance et la peine 
déjà fixée précédemment. Subsidiairement, la peine pécuniaire telle qu'elle avait été 
motivée dans les considérants du jugement querellé devait être prononcée, car tenant 
plus adéquatement compte des critères de fixation de la peine.  

c. Le MP conclut au rejet de l'appel et à la confirmation du jugement querellé.  

d. Le TP conclut au rejet de l'appel et persiste dans le dispositif de son jugement.  

Le jugement motivé comportait une erreur manifeste, les deux paragraphes consacrés 
à la motivation de la peine pécuniaire n'ayant jamais dû y figurer. Lors de la motivation 
orale du jugement, le Tribunal avait clairement expliqué le prononcé de la peine 
privative de liberté, complémentaire à celle prononcée par la CPAR le 13 novembre 
2023, alors que la défense avait plaidé également une peine privative de liberté, certes 
égale à zéro. Il n'avait alors pas été question d'une peine pécuniaire. C'était à cette 
lumière que le jugement devait être compris, d'autant qu'une peine pécuniaire ne 
pouvait être déclarée complémentaire à une peine privative de liberté. Sous l'angle du 
droit d'être entendu, ses observations devaient valoir explication du prononcé, en 
application de l'art. 83 al. 1 CPP.  

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D. À teneur de l'extrait du casier judiciaire, A______ a été condamné à quatre reprises 
par les autorités pénales genevoises : 

 le 9 novembre 2014, par le MP, à une peine pécuniaire de 60 jours-amende à 
CHF 30.- pour entrée illégale (art. 115 al. 1 let. a LEI)  ; 

 le 7 août 2015, par le MP, à une peine pécuniaire de 120 jours-amende à CHF 30.- 
pour entrée illégale (art. 115 al. 1 let. a LEI) ; 

 le 30 mars 2022, par le MP, à une peine privative de liberté de 90 jours, avec sursis, 
révoqué le 13 novembre 2023, pour séjour illégal (art. 115 al. 1 let. b LEI) et 
appropriation illégitime (art. 137 ch. 2 CP), ainsi qu'à une amende de CHF 500.- 
pour utilisation frauduleuse d'un ordinateur d'importance mineure (art. 147 cum 
172ter al. 1 CP) ;  

 le 13 novembre 2023, par la CPAR, à une peine privative de liberté de 150 jours 
pour vol (vol d'un porte-document), séjour illégal (art. 115 al. 1 let. b LEI ; période 
pénale d'environ 9 mois) et non-respect d'une interdiction de pénétrer dans une 
région déterminée (art. 119 al. 1 LEI ; commise à cinq reprises), peine d'ensemble 
suite à la révocation du sursis de la peine prononcée le 30 mars 2022 par le MP. 

Les ordonnances pénales suivantes, non entrées en force, ont fait l'objet d'oppositions 
encore en cours devant le TP : 

 du 30 avril 2024, à une peine privative de liberté de 120 jours, partiellement 
complémentaire à celle prononcée le 13 novembre 2023 par la CPAR, pour vol, 
séjour illégal (art. 115 al. 1 let. b LEI) et de non-respect d'une interdiction de 
pénétrer dans une région déterminée (art. 119 al. 1 LEI) ; 

 du 6 septembre 2024, à une peine privative de liberté de 90 jours, pour séjour illégal 
(art. 115 al. 1 let. b LEI) et non-respect d'une interdiction de pénétrer dans une 
région déterminée (art. 119 al. 1 LEI).  

E. Me B______, défenseure d'office de A______, dépose un état de frais pour la 
procédure d'appel, facturant, sous des libellés divers, trois heures et 30 minutes 
d'activité de cheffe d'étude. En première instance, elle a été indemnisée pour 
cinq heures et 10 minutes d'activité.  

EN DROIT : 

1. L'appel est recevable pour avoir été interjeté et motivé selon la forme et dans les délais 
prescrits (art. 398 et 399 CPP). 

 La Chambre n'examine que les points attaqués du jugement de première instance 
(art. 404 al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 
CPP), sans être liée par les motifs invoqués par les parties (art.  391 al. 1 CPP). 

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2. 2.1.1. Aux termes de l'art. 83 al. 1 CPP, l'autorité pénale qui a rendu un prononcé dont 
le dispositif est peu clair, contradictoire ou incomplet ou qui est en contradiction avec 
l'exposé des motifs, l'explique ou le rectifie à la demande d'une partie ou d'office.   

2.1.2. L'explication et la rectification au sens de cette disposition ne visent pas le 
réexamen matériel d'un jugement mais sa clarification, respectivement la correction 
d'erreurs manifestes. Tel est le cas lorsqu'il ressort indubitablement de la lecture du 
texte de la décision que ce que le tribunal voulait prononcer ou ordonner ne correspond 
pas avec ce qu'il a prononcé ou ordonné. En d'autres termes, il doit s'agir d'une erreur 
dans l'expression de la volonté du tribunal, non dans la formation de sa volonté. Une 
décision qui aurait été voulue comme elle a été exprimée, mais qui repose sur des 
constatations de fait erronées ou sur une erreur de droit ne peut pas être corrigée par le 
biais de la procédure prévue par l'art. 83 CPP (ATF 142 IV 281 consid. 1.3 ; arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_794/2021 du 21 mars 2022 consid. 2.1). 

S'agissant d'une inadvertance manifeste, qui ne relève en rien de l'interprétation, rien 
n'empêche l'autorité de recours, qui constate une telle inadvertance, de procéder elle-
même à une rectification d'office (arrêt du Tribunal fédéral 6B_155/2019 du 29 mars 
2019 consid. 1.3 ; cf. Y. JEANNERET / A. KUHN / C. PERRIER DEPEURSINGE 
(éds), Commentaire romand : Code de procédure pénale suisse, 2ème éd., Bâle 2019, 
n. 6 ad art. 83 CPP). La possibilité d'expliquer ou de rectifier des prononcés, accordée 
aux autorités pénales par l'art. 83 CPP, vise d'ailleurs à remédier à des carences de 
manière simple, sans passer par une procédure de recours (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_155/2019 précité consid. 1.3 ; cf. Message du 21 décembre 2005 relatif à 
l'unification du droit de la procédure pénale, FF 2006 1135 ad art. 81). De ce point de 
vue, un renvoi de la cause à l'autorité précédente afin que celle-ci puisse rectifier une 
simple erreur de plume serait contraire au but de la disposition (arrêts du Tribunal 
fédéral 6B_794/2021 du 21 mars 2022 consid. 2.3 ; 6B_155/2019 précité consid. 1.3).  

2.2. En l'espèce, le dispositif du jugement querellé est clairement en contradiction avec 
l'exposé des motifs du considérant 3.3, la peine pécuniaire qui y est motivée ne 
correspondant pas à la peine privative de liberté qui a été prononcée dans le dispositif 
du 24 mai 2024. Conformément aux explications du TP, le dispositif rendu oralement 
le 24 mai 2024 a été motivé brièvement lors de sa notification en audience, ce qui est 
confirmé par l'appelant qui explique s'être rendu compte de la contradiction à réception 
du jugement motivé par écrit uniquement. Dans ces circonstances, il y a lieu de retenir 
que la peine retenue dans le dispositif correspond bien à la volonté du Tribunal, et que 
les motifs contenus dans le jugement motivé à ce sujet relèvent d'une manifeste 
inadvertance.  

L'appel portant précisément sur la question de la peine et la CPAR disposant d'un plein 
pouvoir de cognition en fait et en droit (art. 398 al. 2 CPP), il n'y a pas lieu d'annuler 
le jugement entrepris pour ce motif, ni de renvoyer la cause au premier juge pour 
nouvelle motivation.  

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3. 3.1.1. L'infraction à l'art. 119 al. 1 LEI est sanctionnée d'une peine privative de liberté 
de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire et celle à l'art. 115 al. 1 let. b LEI l'est 
d'une peine privative de liberté d'un an au plus ou d'une peine pécuniaire. 

3.1.2. Selon l'art. 47 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabilité de l'auteur. Il prend 
en considération les antécédents et la situation personnelle de ce dernier ainsi que 
l'effet de la peine sur son avenir (al. 1). La culpabilité est déterminée par la gravité de 
la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, par le caractère 
répréhensible de l'acte, par les motivations et les buts de l'auteur et par la mesure dans 
laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, compte tenu de sa 
situation personnelle et des circonstances extérieures (al. 2). 

La culpabilité de l'auteur doit être évaluée en fonction de tous les éléments objectifs 
pertinents, qui ont trait à l'acte lui-même, à savoir notamment la gravité de la lésion, 
le caractère répréhensible de l'acte et son mode d'exécution. Du point de vue subjectif, 
sont pris en compte l'intensité de la volonté délictuelle ainsi que les motivations et les 
buts de l'auteur. À ces composantes de la culpabilité, il faut ajouter les facteurs liés à 
l'auteur lui-même, à savoir les antécédents (judiciaires et non judiciaires), la 
réputation, la situation personnelle (état de santé, âge, obligations familiales, situation 
professionnelle, risque de récidive, etc.), la vulnérabilité face à la peine, de même que 
le comportement après l'acte et au cours de la procédure pénale (ATF 141 IV 61 consid. 
6.1.1 ; 136 IV 55 consid. 5 et 134 IV 17 consid. 2.1). 

3.1.3. L'art. 41 al. 1 CP autorise le juge à prononcer une peine privative de liberté à la 
place d'une peine pécuniaire, si une peine privative de liberté paraît justifiée pour 
détourner l'auteur d'autres crimes ou délits (let. a), ou s'il y a lieu de craindre qu'une 
peine pécuniaire ne puisse pas être exécutée (let. b). 

Il y a lieu d'admettre qu'une peine pécuniaire ne peut être prononcée lorsque le 
condamné ne s'acquittera vraisemblablement pas des jours-amende, en présence d'un 
risque de fuite, par manque de moyens suffisants ou encore en raison d'une mesure 
d'éloignement prononcée par une autorité administrative (M. DUPUIS / 
L. MOREILLON / C. PIGUET / S. BERGER / M. MAZOU / V. RODIGARI, Petit 
commentaire du Code pénal, 2ème ed., 2017, n. 3 ad art. 41). 

3.1.4. La Directive sur le retour, intégrée au droit suisse par arrêté fédéral du 18 juin 
2010 et la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne y relative, reprise 
par le Tribunal fédéral, posent le principe de la priorité des mesures de refoulement 
sur le prononcé d'une peine privative de liberté du ressortissant d'un pays tiers qui est 
en séjour illégal (ATF 147 IV 232 consid. 1.2 ; 143 IV 249 consid. 1.5 et 1.9 ; arrêts 
du Tribunal fédéral 6B_275/2022 du 2 septembre 2022 consid. 1.1.2 ; 1B_211/2023 
du 11 mai 2023). Un tel genre de peine ne peut entrer en ligne de compte que lorsque 
toutes les mesures raisonnables pour l'exécution de la décision de retour ont été 
entreprises (ATF 147 IV 232 consid. 1.2 ; 143 IV 249 consid. 1.9), respectivement si 

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ce retour a échoué en raison du comportement de l'intéressé (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_1398/2020 du 10 mars 2021 consid. 1.6).  

La Directive sur le retour n'est toutefois pas applicable aux ressortissants des pays tiers 
qui ont commis, outre le séjour irrégulier, un ou plusieurs autres délits (art. 2 al. 2 let. b 
de la Directive sur le retour) en dehors du droit pénal sur les étrangers (ATF 143 IV 
264 consid. 2.4-2.6) pour autant toutefois que, pris individuellement, ces délits 
justifient une peine privative de liberté (ATF 150 IV 329 consid. 1.2.3 et 1.6.5). La 
Directive sur le retour ne s'applique pas non plus au ressortissant de pays tiers qui, en 
sus du séjour irrégulier, a commis une violation d'une interdiction de périmètre 
(art. 119 al. 1 LEI) lorsque cette interdiction a été prononcée en raison du 
comportement de l'intéressé troublant ou menaçant la sécurité et l'ordre publics (art. 74 
al. 1 let. a LEI ; notamment dans le cas de trafic illégal de stupéfiants) mais reste 
applicable lorsque la mesure a été prononcée uniquement en lien avec la mise en œuvre 
du renvoi (art. 74 al. 1 let. b et c LEI) (ATF 143 IV 264 consid. 2.6.2). 

3.1.4. Selon l'art. 49 al. 1 CP, si, en raison de plusieurs actes, l'auteur remplit les 
conditions de plusieurs peines de même genre, le juge le condamne à la peine de 
l'infraction la plus grave et l'augmente dans une juste proportion. Il ne peut toutefois 
excéder de plus de la moitié le maximum de la peine prévue pour cette infraction. Il 
est en outre lié par le maximum légal de chaque genre de peine. 

L'art. 49 al. 2 CP dispose quant à lui que si le juge doit prononcer une condamnation 
pour une infraction que l'auteur a commise avant d'avoir été condamné pour une autre 
infraction, il fixe la peine complémentaire de sorte que l'auteur ne soit pas puni plus 
sévèrement que si les diverses infractions avaient fait l'objet d'un seul jugement. Le 
juge doit ainsi fixer une peine complémentaire (Zusatzstrafe) à la peine de base 
(Grundstrafe) en tenant compte du principe de l'aggravation découlant de l'art. 49 al. 1 
CP (ATF 145 IV 1 consid. 1.3). 

Concrètement, le juge se demande d'abord quelle peine d'ensemble aurait été 
prononcée si toutes les infractions avaient été jugées simultanément. La peine 
complémentaire est constituée de la différence entre cette peine d'ensemble et la peine 
de base, à savoir celle prononcée précédemment (ATF 141 IV 61 consid. 6.1.2 ; arrêt 
du Tribunal fédéral 6B_623/2016 du 25 avril 2017 consid. 1.1 et 1.4). 

Bien que le deuxième tribunal doive fixer la peine globale, il ne peut pas revoir la peine 
de base, à savoir celle du premier jugement, même s'il estime que les premiers faits 
justifiaient une peine plus sévère ou moins sévère. Dans le cas contraire, il enfreindrait 
l'autorité de chose jugée de la première décision (ATF 142 IV 265 consid. 2.3 et 2.4 = 
JdT 2017 IV 129 ; AARP/467/2016 du 18 novembre 2016 consid. 3.3.2 ; 
AARP/450/2016 du 9 novembre 2016 consid. 2.2.5 ; J. FRANCEY, Le concours 
rétrospectif (art. 49 al. 2 CP), in LawInside, 31 août 2016, 
http://www.lawinside.ch/304/ [31.01.17]). 

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Si la peine de base contient l'infraction la plus grave, il faut alors l'augmenter au regard 
des faits nouveaux. Pour obtenir la peine complémentaire, le juge doit ainsi déduire la 
peine de base de la peine globale. Si au contraire les faits nouveaux contiennent 
l'infraction la plus grave, il faut l'augmenter dans une juste mesure en fonction de la 
peine de base. La réduction de la peine de base, intervenue suite au principe 
d'aggravation, doit être soustraite de la peine des faits nouveaux pour donner la peine 
complémentaire. Si finalement, la peine du premier jugement et la peine des faits 
nouveaux constituent des peines d'ensemble parce qu'elles ont déjà été augmentées en 
vertu du principe d'aggravation, le juge peut en tenir compte modérément dans la 
fixation de la peine complémentaire (ATF 142 IV 265 consid. 2.4.4 = JdT 2017 IV 
129 ; AARP/467/2016 du 18 novembre 2016 consid. 3.3.2 ; J. FRANCEY, op cit). 

3.1.2. L'art. 115 al. 1 let. b LEI consacre un délit continu. La condamnation en raison 
de ce délit opère cependant une césure, de sorte que le fait de perpétuer la situation 
irrégulière après le jugement constitue un acte indépendant permettant une nouvelle 
condamnation à raison des faits non couverts par le premier jugement, en conformité 
avec le principe ne bis in idem (ATF 145 IV 449 consid. 1.1 ; 135 IV 6 consid. 3.2). 
En vertu du principe de la culpabilité, sur lequel repose le droit pénal, les peines 
prononcées dans plusieurs procédures pénales en raison de l'effet de césure ne peuvent 
dépasser la peine maximale prévue par la loi pour l'infraction en question. Pour 
prononcer une nouvelle condamnation en raison d'un délit continu et pour fixer la peine 
sans égard à la durée de l'infraction déjà prise en compte dans un jugement antérieur, 
il faut que l'auteur, après la première condamnation, prenne une nouvelle décision 
d'agir, indépendante de la première. En l'absence d'une telle décision, et lorsque la 
situation irrégulière qui doit faire l'objet d'un nouveau jugement procède de la même 
intention que celle qui a présidé aux faits déjà jugés, la somme des peines prononcées 
à raison du délit continu doit être adaptée à la culpabilité considérée dans son ensemble 
et ne pas excéder la peine maximale prévue par la loi (ATF 145 IV 449 consid. 1.1 ; 
135 IV 6 consid. 4.2 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_95/2023 du 12 juillet 2023 
consid. 1.1). 

3.2.1. En l'espèce, les faits reprochés à l'appelant sont d'une certaine gravité, à tout le 
moins au vu de leur répétition nonobstant ses interpellations successives depuis 2014. 
En mobilisant, à chaque nouvelle interpellation, de nombreux acteurs appelés à assurer 
la sécurité publique, il cause ainsi un préjudice non négligeable à la collectivité. La 
période pénale visée est d'un peu plus de deux mois, entre janvier et mars 2023. De 
surcroît, l'appelant a fait fi de l'interdiction de pénétrer dans le canton de Genève. Il a 
commis ces deux infractions en toute connaissance de cause, au vu de ses 
condamnations précédentes. De par son comportement, il a ainsi manifesté un mépris 
certain des dispositions du droit pénal des étrangers, banalisé les décisions prononcées 
à son encontre et témoigné, par sa persévérance, d'une volonté délictuelle prononcée. 

Sa collaboration dans la procédure a été bonne ; il a reconnu les faits, même s'il ne 
pouvait que difficilement les contester compte tenu des circonstances de son 
interpellation. Nonobstant les faits à l'origine de la présente procédure pénale, il est 

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manifestement resté en Suisse puisqu'il a été arrêté à plusieurs reprises depuis lors. 
Ainsi, sa prise de conscience ne semble pas même entamée. Sa situation personnelle 
peut expliquer ses actes sans toutefois les justifier, puisqu'elle résulte en grande partie 
de son refus de quitter un pays dans lequel il ne dispose d'aucune perspective d'avenir, 
en l'état. 

Ses antécédents sont en lien avec des violations du droit des étrangers et des infractions 
contre le patrimoine. Les condamnations dont il a fait l'objet n'ont manifestement pas 
suffi à le dissuader de récidiver.  

Il y a concours d'infractions, facteur aggravant. Le concours entre le séjour illégal et 
l'infraction à l'art. 119 al. 1 LEI en lien avec une interdiction de périmètre prononcée 
en raison du comportement de l'intéressé, sort l'appelant du champ d'application de la 
Directive sur le retour, de sorte que le prononcé d'une peine privative de liberté est 
possible. Il sera encore relevé, bien que l'argument ne soit pas plaidé, que la peine 
menace maximale prévue pour sanctionner les séjours illégaux n'est par ailleurs à ce 
jour pas atteinte.  

Au vu de ces éléments et dans la mesure où sa situation financière précaire laisse 
présager qu'il ne s'acquittera pas d'une peine pécuniaire, seule une peine privative de 
liberté semble apte à remplir la fonction de prévention spéciale. Il apparaît d'ailleurs 
contradictoire de la part de l'appelant de se prévaloir d'un travail rémunéré au sein de 
la prison pour échapper à une peine privative de liberté.  

3.2.2. Les peines étant du même genre et les faits objets de la présente cause ayant été 
commis avant la condamnation du 13 novembre 2023, il y a lieu de prononcer une 
peine complémentaire. 

L'infraction abstraitement la plus grave est celle de vol, justifiant à elle seule une peine 
privative de liberté de 90 jours. Les infractions à l'art. 119 al. 1 LEI, commises à six 
reprises, justifient quant à elles une peine privative de liberté de 60 jours pour chaque 
occurrence (peine hypothétique de 90 jours). Le séjour illégal, d'une période pénale 
d'environ neuf mois, sanctionné par l'arrêt du 13 novembre 2023, couplé à la période 
de deux mois visée par la présente procédure, justifie encore une peine privative de 
liberté de 60 jours supplémentaires (peine hypothétique de 90 jours). La peine fixée 
par arrêt du 13 novembre 2023 comprenait également la révocation du sursis octroyé 
le 30 mars 2022 à une peine privative de liberté de 90 jours, lequel justifiait également 
une augmentation de 60 jours. Au total, c'est ainsi une quotité de 570 jours qui devrait 
être fixée si toutes les infractions avaient été jugées simultanément. Après déduction 
de la peine de 150 jours prononcée précédemment, la CPAR considère qu'une peine 
complémentaire de 420 jours aurait pu être prononcée.  

Au vu de l'interdiction de la reformatio in pejus (art. 391 al. 2 CPP), la peine 
complémentaire prononcée par le premier juge de 60 jours de peine privative de liberté, 
clémente, sera confirmée au bénéfice de la présente motivation.  

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4.  L'appelant, qui succombe, supportera les frais de la procédure envers l'État (art. 428 
CPP). 

5.  Considéré globalement, l'état de frais produit par Me B______, défenseure d'office de 
A______ satisfait les exigences légales et jurisprudentielles régissant l'assistance 
judiciaire gratuite en matière pénale. Sa rémunération sera partant arrêtée à 
CHF 908.05 correspondant à 3 heures et 30 minutes d'activité au tarif de CHF 200.-
/heure plus la majoration forfaitaire de 20% et l'équivalent de la TVA au taux de 8.1% 
en CHF 68.05. 

 

* * * * *  

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P/5684/2023 

PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

Reçoit l'appel formé par A______ contre le jugement JTDP/633/2024 rendu le 24 mai 2024 
par le Tribunal de police dans la procédure P/5684/2023. 

Le rejette. 

Condamne A______ aux frais de la procédure d'appel, en CHF 1'175.-, qui comprennent un 
émolument de CHF 1'000.-. 

Arrête à CHF 908.05, TVA comprise, le montant des frais et honoraires de Me B______, 
défenseure d'office de A______. 

Confirme le jugement entrepris, dont le dispositif est le suivant en ce qui le concerne : 

"[…] 

Déclare A______ coupable de séjour illégal (art. 115 al. 1 let. b LEI) et de non-respect d'une 

assignation à un lieu de résidence ou d'une interdiction de pénétrer dans une région 

déterminée (art. 119 al. 1 LEI). 

Condamne A______ à une peine privative de liberté de 60 jours, sous déduction de 2 jours 

de détention avant jugement (art. 41 CP). 

Dit que cette peine est complémentaire à celle prononcée le 13 novembre 2023 par la 

Chambre pénale d'appel et de révision de Genève (art. 49 al. 2 CP).  

Condamne A______ pour moitié aux frais de la procédure, qui s'élèvent à CHF 971.-, y 

compris un émolument de jugement de CHF 300.- (art. 426 al. 1 CPP). 

Fixe à CHF 1'556.65 l'indemnité de procédure due à Me B______, défenseur d'office de 

A______ (art. 135 CPP). 

[…] 

Fixe l'émolument complémentaire de jugement à CHF 600.-.  

Condamne A______ pour moitié à payer à l'Etat de Genève l'émolument complémentaire 

fixé à CHF 600.-." 

 

Notifie le présent arrêt aux parties. 

Le communique, pour information, au Tribunal de police, au Secrétariat d'État aux 
migrations et à l'Office cantonal de la population et des migrations.  

 

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P/5684/2023 

La greffière : 

 Lylia BERTSCHY 

 La présidente : 

Sara GARBARSKI 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 78 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral (LTF), le présent arrêt peut être porté 

dans les trente jours qui suivent sa notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF), par-devant le 

Tribunal fédéral (1000 Lausanne 14), par la voie du recours en matière pénale. 

  

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P/5684/2023 

 ETAT DE FRAIS  

 

 COUR DE JUSTICE  

 

Selon les art. 4 et 14 du règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais et dépens en 
matière pénale (E 4 10.03). 

 

 

Total des frais de procédure du Tribunal de police : CHF 1'571.00 

Bordereau de frais de la Chambre pénale d'appel et de révision   

Délivrance de copies et photocopies (let. a, b et c) CHF 00.00 

Mandats de comparution, avis d'audience et divers (let. i) CHF 100.00 

Procès-verbal (let. f) CHF 00.00 

Etat de frais CHF 75.00 

Emolument de décision CHF 1'000.00 

Total des frais de la procédure d'appel : CHF 1'175.00 

Total général (première instance + appel) : CHF 2'746.00