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**Case Identifier:** 92e05d6b-d4c2-5fc2-9a87-9a46b6cca52c
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2006-03-01
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 01.03.2006 BV.2006.8
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG/CH_BSTG_001_BV-2006-8_2006-03-01.pdf

## Full Text

Arrêt du 1
er mars 2006 

Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Barbara Ott, présidente, 
Andreas J. Keller et Tito Ponti,  
La greffière Claude-Fabienne Husson Albertoni  

   
 
Parties 

  
A.,  

plaignant 
 

 Contre 
   

COMMISSION FÉDÉRALE DES MAISONS DE JEU,  
partie adverse 

 
Objet  Séquestre d'une somme d'argent (art. 46 DPA) 

 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéro de dossier:  BV.2006.8 
 
 
 

 

 

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Faits: 
 

A. Sur la base d'informations reçues de la police vaudoise, la Commission fé-
dérale des maisons de jeu (ci-après: CFMJ) a décidé de procéder à une 
perquisition dans les locaux de l'établissement public B. sis à Prilly près de 
Lausanne. Cet établissement était en effet soupçonné d'organiser et d'ac-
cueillir des parties de cartes impliquant des mises importantes, alors même 
qu'il ne bénéficiait d'aucune concession. Le 14 décembre 2005, le directeur 
de la CFMJ a délivré un mandat à cette fin (BV.2006.1 act. 3.1).  

 

B. Le 15 décembre 2005, en début de soirée, les fonctionnaires cantonaux de 
la CFMJ se sont présentés à la porte de l'établissement, accompagnés par 
des représentants des polices cantonale et communale. Sur place, ils ont 
constaté qu'une vingtaine de personnes, au nombre desquelles A., 
s’adonnaient à des jeux de cartes. Plusieurs boîtes de jetons ont été sé-
questrées à cette occasion. Interrogés, la majorité des joueurs présents ont 
déclaré jouer au rami et prétendu que les enjeux de leurs parties se limi-
taient à quelques francs ou consistaient dans le paiement des boissons 
qu'ils consommaient. Les fonctionnaires ont cependant relevé qu'une di-
zaine de personnes étaient en possession de montants dépassant Fr. 
1'000.-- et parfois même Fr. 9'000.-- (BV.2006.1 act. 3.24 à 3.43). 

 

C. Une somme de Fr. 1'832.80 a été saisie sur A., soit Fr. 1'500.-- dans une 
de ses poches alors que Fr. 332.80 ont été trouvés dans son porte-
monnaie (act. 1.1). Ces valeurs ont été séquestrées. 

 

D. Par acte du 16 décembre 2005, adressé à la CFMJ, A. se plaint des sé-
questres dont il a fait l'objet et demande à pouvoir récupérer cet argent.  

 
Le 4 janvier 2006, le directeur de la CFMJ a fait parvenir la plainte à l'auto-
rité de céans, accompagnée de ses observations. Il concluait au rejet de la 
plainte, les frais devant être mis à la charge du plaignant. 

 

E. Dans sa réplique du 14 février 2006, A. maintient n'avoir jamais joué à l'ar-
gent et persiste dans ses conclusions (act. 7).  

 

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Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris 
si nécessaire dans les considérants en droit.  

 

 
La Cour considère en droit: 
 

 
1. La saisine de la Cour intervient dans le respect des modalités et des délais 

prévus à l'art. 26 DPA. En sa qualité de possesseur des valeurs séques-
trées, A. a qualité pour se plaindre de cette mesure. Sa plainte est donc re-
cevable.  

 

2. Le plaignant prétend que, sur les montants qui lui ont été séquestrés, 
Fr. 1'500.-- proviennent d'un solde de facture encaissé le même jour dans 
un salon de coiffure pour des fenêtres en PVC et qu'il doit rembourser cette 
somme à son entreprise. La CFMJ souligne pour sa part qu'au moment de 
l'intervention le plaignant était assis à une des tables à laquelle une partie 
de cartes était en cours. Elle ajoute que l’origine licite prétendue de l’argent 
est sans pertinence.  

 
2.1 Le séquestre prévu par l’art. 46 DPA est une mesure provisoire qui permet 

la saisie de moyens de preuves, respectivement d'objets ou de valeurs qui 
pourraient faire l’objet d’une confiscation au sens de l’art. 59 CP. Dans la 
mesure où ils portent sur les sommes d'argent trouvées en possession du 
plaignant, les séquestres litigieux ont un caractère conservatoire. A teneur 
des art. 46 DPA et 59 CP, applicable par renvoi de l'art. 2 DPA, peuvent 
être séquestrées à titre conservatoire les valeurs qui sont le produit ou l'ins-
trument d'une infraction, de même que celles qui, le cas échéant, devront 
servir à garantir le paiement d'une créance compensatrice. Au stade de 
l'enquête préliminaire, il suffit qu'existent des indices suffisants de la com-
mission d'une infraction et de sa relation avec les valeurs séquestrées 
(ATF 124 IV 313, 316 consid. 4; 120 IV 365, 366-367 consid. 1). Comme 
toute autre mesure de contrainte, le séquestre doit également respecter le 
principe de la proportionnalité (arrêts du Tribunal pénal fédéral BV.2005.30 
du 9 décembre 2005 consid. 2.1 et BV.2005.13 du 28 juin 2005 consid. 2.1 
et références citées). En tant que simple mesure procédurale provisoire, il 
ne préjuge toutefois pas de la décision matérielle de confiscation. Au 
contraire du juge du fond, la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral n’a 
pas à examiner les questions de fait et de droit de manière définitive (arrêt 

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du Tribunal pénal BB.2005.11 du 14 juin 2005 consid. 2 et références ci-
tées; ATF 120 IV 365, 366 consid. 1c; arrêt du Tribunal fédéral 8G.12/2003 
du 22 avril 2003 consid. 5). 

2.2 Les jeux de hasard sont soumis à la loi fédérale du 18 décembre 1998 sur 
les jeux de hasard et les maisons de jeu (LMJ; RS 935.52). Sont des jeux 
de hasard ceux qui offrent une chance de réaliser un gain en argent ou un 
autre avantage matériel (art. 1 al. 1 LMJ). De tels jeux ne peuvent être pra-
tiqués que dans des maisons de jeu qui sont au bénéfice d'une concession 
(art. 4 al. 1 LMJ). Fournir des locaux ou des installations à cette fin sans 
être au bénéfice d'une concession est passible d'une peine d'emprisonne-
ment et d'une amende (art. 55 al. 1 let. a LMJ). La CFMJ est l'autorité com-
pétente pour poursuivre les infractions à la loi (art. 48 LMJ). Le DPA est 
applicable (art. 57 LMJ). Selon la jurisprudence, celui qui prend part à des 
jeux de hasard dans un établissement qui n’est pas une maison de jeu titu-
laire d'une concession n'est pas punissable. En jouant, il favorise toutefois 
la commission d’un acte punissable dont sont issus ses gains. Les mises et 
les gains doivent donc être confisqués (arrêt du Tribunal fédéral 
8G.16/2004 du 16 février 2004 consid. 2). 

2.3 Le plaignant indique être un habitué de l’établissement B. où il affirme se 
rendre tous les mercredis avec des amis; il y joue en principe avec eux le 
prix des soupers pour quelque Fr. 120.-- par soir (BV.2006.1 act. 3.16). La 
présence de jetons sur les lieux confirme pourtant le fait que, contrairement 
aux déclarations de la majorité des personnes interrogées, l'enjeu des par-
ties ne se limitait pas à des sommes dérisoires ou à des tournées de bois-
sons. Certains clients de l'établissement public ont même indiqué que la 
mise de départ minimale était de Fr. 50.-- (BV.2006.1 act. 3.7 et 3.8). La 
détention de sommes d'argent importantes par plusieurs joueurs, dont le 
plaignant lui-même, confirme les présomptions selon lesquelles l'établis-
sement concerné abritait des jeux de hasard qui avaient pour enjeux des 
sommes d'argent non négligeables. En l’espèce, le rami doit être considéré 
comme un jeu de hasard. Il y a lieu de qualifier ainsi un jeu lorsque c'est le 
hasard qui décide de l'obtention ou non d'un gain en argent ou d'un autre 
avantage matériel (art. 3 al. 1 LMJ; ATF 126 III 534, 537 consid. 2). Tel est 
le cas si, d'une manière incontestable, l'issue du jeu ne dépend pas uni-
quement ou essentiellement de l'adresse (ATF 95 I 70, 76 consid. 2), cette 
dernière notion devant être évaluée au regard de l'habilité d'un joueur 
moyen. Au rami, les cartes sont distribuées au hasard. Les joueurs pren-
nent ensuite chacun à leur tour la première carte de l'écart ou du talon; ils 
n'ont donc aucun contrôle sur celles qu'ils ont en main. L'adresse avec la-
quelle ils peuvent jouer n'a de ce fait qu'une influence limitée. Ainsi, si ce 
jeu permet d'allier hasard et adresse, il reste que son résultat dépend es-
sentiellement du hasard (FF 1929 I 365, 368). Dès lors, il importe peu que 

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les valeurs détenues ce soir-là par le plaignant aient été ou non le produit 
direct de jeux auxquels il aurait participé ou que leur provenance ait été li-
cite (arrêt du Tribunal pénal fédéral BV.2005.13 du 28 juin 2005 consid. 
2.3). Le fait que les Fr. 1'500.-- que le plaignant avait dans une de ses po-
ches devaient être remis à son entreprise - ce qu'il ne démontre au demeu-
rant d'aucune façon - ne saurait non plus être déterminant. Tout concourt à 
renforcer le doute selon lequel le plaignant a joué des sommes plus consé-
quentes que celles qu’il a admises, et cela plus d’une fois, or, l'établisse-
ment public concerné ne bénéficie d'aucune concession pour la pratique 
des jeux de hasard (art. 4 LMJ).  

2.4 Compte tenu des circonstances, il existe donc un soupçon concret d’une 
violation de l'art 56 al. 1 let. a LMJ, lequel punit des arrêts ou d’une 
amende de Fr. 500’000.-- au plus celui qui aura organisé ou exploité par 
métier des jeux de hasard à l’extérieur d’une maison de jeu. En présence 
d'une violation de la législation sur les maisons de jeu, l'argent saisi pourra 
faire l'objet d'une confiscation selon l'art. 59 al. 1 CP, indépendamment des 
conditions civiles de propriété des valeurs concernées (arrêt du Tribunal 
pénal fédéral BV.2005.13 du 28 juin 2005 consid. 2.4). La mesure ordon-
née par les fonctionnaires de la CFMJ, qui n'est en l'état que provisoire, ne 
heurte pas par ailleurs le principe de la proportionnalité. Le plaignant 
n’invoque en particulier pas la nécessité impérieuse de disposer de cette 
somme pour faire face à ses besoins essentiels. Le séquestre est donc jus-
tifié (arrêt du Tribunal fédéral 8G.16/2004 du 12 février 2004, consid. 2 et 
arrêts cités, notamment l'ATF 124 IV 313 déjà mentionné plus haut). 

 

3. Pour les motifs qui précèdent, la plainte doit être rejetée. En application de 
l'art. 156 OJ (applicable par renvoi des art. 245 PPF et 25 al. 4 DPA) et de 
l'art. 3 du règlement du 11 février 2004 fixant les émoluments judiciaires 
perçus par le Tribunal pénal fédéral (RS 173.711.32), un émolument de 
Fr. 1’000.--, réputé couvert par l'avance de frais de Fr. 1'000.-- déjà versée, 
sera mis à la charge du plaignant.  

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Par ces motifs, la Cour prononce: 
 
1. La plainte est rejetée. 
 
2. Un émolument de Fr. 1’000.--, réputé couvert par l'avance de frais de 

Fr. 1'000.--  déjà versée, est mis à la charge du plaignant.    
 
 

Bellinzone, le 2 mars 2006 
 
Au nom de la Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
La présidente:    la greffière:  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Distribution 
 
- A.  
- Commission fédérale des maisons de jeu  
 
 
 

 

Indication des voies de recours 

Dans les 30 jours qui suivent leur notification, les arrêts de la Cour des plaintes relatifs aux mesu-
res de contrainte sont sujets à recours devant le Tribunal fédéral pour violation du droit fédéral ; la 
procédure est réglée par les art. 214 à 216, 218 et 219 de la loi fédérale du 15 juin 1934 sur la pro-
cédure pénale, qui sont applicables par analogie (art. 33 al. 3 let. a LTPF). 

Le recours ne suspend l’exécution de l’arrêt attaqué que si l’autorité de recours ou son président 
l’ordonne.