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**Case Identifier:** e14af9c5-b41a-585d-a669-d120cee9a403
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-06-30
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 30.06.2017 C/25073/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-25073-2016_2017-06-30.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 06.07.2017. 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/25073/2016 ACJC/820/2017 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 30 JUIN 2017 

 

Entre 

Monsieur A______, domicilié ______, recourant contre un jugement rendu par la 
3ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 27 mars 2017, 

comparant en personne, 

et 

Monsieur B______, domicilié ______ (VD), intimé, comparant par Me Arun 
Chandrasekharan, avocat, avenue de Champel 4, 1206 Genève, en l'étude duquel il fait 

élection de domicile. 

 

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C/25073/2016 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/4320/2017 du 27 mars 2017, reçu par A______ le 21 avril 
2017, le Tribunal de première instance a prononcé la mainlevée provisoire de 

l'opposition formée par le précité au commandement de payer, poursuite 1______ 

(ch. 1 du dispositif), arrêté les frais judiciaires à 750 fr., compensés avec l'avance 

de frais (ch. 2) et mis à la charge de A______, condamné ainsi à verser ce montant 

à B______ (ch. 3). 

 Le Tribunal a considéré que les pièces produites valaient reconnaissance de dette 

et que le débiteur n'avait fait valoir aucun moyen libératoire susceptible de faire 

échec au prononcé de la mainlevée. 

B. a. Par acte expédié le 24 avril 2017 au greffe de la Cour de justice, A______ 
forme recours contre le jugement précité. Il ne prend pas de conclusions 

formelles, mais reconnaît devoir la somme de 190'004 fr. sans intérêts. 

 Il produit une pièce nouvelle, à savoir un certificat médical du 27 février 2017. 

 b. Dans sa réponse du 24 mai 2017, B______ conclut, avec suite de frais et 
dépens, principalement à l'irrecevabilité, subsidiairement au rejet du recours. 

 c. Dans sa réplique du 8 juin 2017, A______ a réitéré qu'il reconnaissait devoir le 
montant de 190'004 fr. sans intérêts. 

 Il a allégué des faits nouveaux. 

 d. Dans sa duplique du 16 juin 2017, B______ a fait valoir que "les griefs" 
invoqués dans la réplique étaient irrecevables. 

 e. Les parties ont été informées le 19 juin 2017 de ce que la cause était gardée à 
juger. 

C. Les faits pertinents suivants résultent de la procédure : 

a. Dans un courrier daté de décembre 2009 adressé à A______, B______ - qui est 
administrateur unique de C______ - a exposé que le précité avait prêté sa patente 

ainsi que son nom comme garant à D______ qui s'occupait du restaurant 

"E______". D______ avait mal géré le restaurant et il avait entraîné A______ 

dans ses difficultés financières. 

 Il précisait ce qui suit : 

 "Les conditions pour un prêt de ma part ou de C______ : 

- Ecarter D______ de tout rôle dans le restaurant 

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C/25073/2016 

- Assurer l'achat immédiat à votre nom (à 100%) du restaurant 

- Montant du prêt – jusqu'à CHF 120'000 

- Essayer de vendre le restaurant au plus vite à un prix qui donne un bénéfice 

- S'il y a un bénéfice dans la vente, les premiers CHF 15'000 de bénéfice seront 

payé à moi selon mes instructions". 

A______ a contresigné le courrier précité après la mention "lu et approuvé". 

b. Par l'intermédiaire de C______, B______ a versé à A______ 15'000 fr. le 
12 janvier 2010 et 25'000 fr. le 28 janvier 2010. 

c. Par lettre du 3 février 2010, B______ a confirmé à A______ qu'il lui accordait 
un prêt allant jusqu'à 200'000 fr. "à débourser au courant de l'année 2010", qu'il 

n'y aurait pas d'intérêts sur ce prêt et que le montant serait à rembourser à sa plus 

proche convenance "et en tout cas avant la fin de juin 2011". 

A______ a contresigné ledit courrier pour acceptation. 

d. B______, par l'intermédiaire de C______, a versé à A______ 50'004 fr. le 
22 mars 2010, 20'000 fr. le 4 mai 2010, 70'000 fr. le 5 août 2010 et 10'000 fr. le 

13 août 2010. 

e. Par courrier recommandé du 3 mai 2016, B______ a imparti à A______ un 
délai de six semaines à compter de la réception du courrier pour lui restituer la 

somme de 205'004 fr. avec intérêts à 5% l'an dès le 1er janvier 2010. 

f. Sur réquisition de B______, un commandement de payer, poursuite 1______, 
portant sur la somme de 205'004 fr. plus intérêts à 5% dès le 1er janvier 2010 a 

été notifié le 4 novembre 2016 à A______. 

Le commandement de payer mentionne, comme titre de la créance le "contrat de 

prêt de décembre 2009". 

A______ a formé opposition audit commandement de payer. 

g. Par requête déposée le 2 décembre 2016 au Tribunal, B______ a conclu à ce 
que soit prononcée la mainlevée provisoire de ladite opposition à concurrence de 

190'004 fr. avec intérêts à 5% l'an dès le 1er janvier 2010, avec suite de frais. 

h. Lors de l'audience du 17 mars 2017, B______ a persisté dans ses conclusions. 

F______ s'est présentée à l'audience pour A______, munie d'une procuration 

l'autorisant à agir pour le compte de ce dernier et à le représenter auprès du 

Tribunal, ainsi qu'à faire toutes les démarches nécessaires lors de l'audience. 

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F______ a sollicité le report de l'audience, en déposant un certificat médical du 

14 mars 2017 ainsi qu'un rapport médical du 16 mars 2017, dont il résultait que 

A______ était en incapacité de travail à 100% pour une durée indéterminée depuis 

le 25 février 2016. Elle a déclaré que celui-ci devait se rendre à l'hôpital le lundi 

suivant. 

Le Tribunal a considéré que l'audience pouvait se poursuivre, dans la mesure où 

A______ était représenté. 

F______ a alors déclaré que A______ reconnaissait devoir la somme de 

190'004 fr. Il maintenait cependant son opposition, puisqu'il demandait un 

arrangement de paiement. 

B______ s'est opposé à tout arrangement de paiement. 

Le Tribunal a gardé la cause à juger à l'issue de l'audience. 

EN DROIT 

1. 1.1 S'agissant d'une procédure de mainlevée, seule la voie du recours est ouverte 
(art. 319 let. b et 309 let. b ch. 3 CPC). La procédure sommaire s'applique 

(art. 251 let. a CPC). 

 Aux termes de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC, le recours, écrit et motivé, doit être 

introduit auprès de l'instance de recours dans les dix jours à compter de la 

notification de la décision motivée, pour les décisions prises en procédure 

sommaire. 

 En l'espèce, le recours a été interjeté dans le délai prévu par la loi. Par ailleurs, 

même si le recourant, qui plaide en personne, ne prend pas de conclusions 

formelles, la Cour comprend que celui-ci conclut à ce que la mainlevée provisoire 

soit prononcée à concurrence de la somme de 190'004 fr. sans intérêts. D'ailleurs, 

l'intimé a pu se déterminer sur les arguments du recourant. 

 Au vu de ce qui précède, le recours est recevable. 

1.2 Dans le cadre d'un recours, le pouvoir d'examen de la Cour est limité à la 
violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits  

(art. 320 CPC). L'autorité de recours a un plein pouvoir d'examen en droit, mais 

un pouvoir limité à l'arbitraire en fait, n'examinant par ailleurs que les griefs 

formulés et motivés par la partie recourante (HOHL, Procédure civile, Tome II, 

2ème édition, Berne, 2010, n° 2307). 

Les maximes des débats et de disposition s'appliquent (art. 55 al. 1, 255 let. a 

a contrario et 58 al. 1 CPC). 

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1.3 Les allégations nouvelles du recourant sont irrecevables (art. 326 CPC). 

2. En premier lieu, le recourant fait valoir que sa représentante avait remis au 
Tribunal un certificat médical, en sollicitant le report de l'audience. Comme il 

n'avait pas pu se présenter à l'audience, il n'avait pas pu contester les faits. 

 Ce grief tombe à faux, dans la mesure où lors de l'audience du Tribunal, le 
recourant était représenté par une personne de confiance, munie d'une procuration, 

et ce conformément à l'art. 68 al. 1 CPC (BOHNET, Code de procédure civile 

commenté, 2011, art. 68 N 11). La représentante du recourant a pu faire valoir les 

arguments de ce dernier, dont le droit d'être entendu n'a ainsi pas été violé. 

3. Le recourant reproche au Tribunal d'avoir prononcé la mainlevée provisoire à 
concurrence du montant déduit en poursuite, soit à concurrence de 205'004 fr. plus 

intérêts à 5% dès le 1er janvier 2010. Selon lui, la mainlevée provisoire aurait dû 

être prononcée à concurrence de 190'004 fr. sans intérêts. 

3.1 Aux termes de l'art. 82 LP, le créancier dont la poursuite se fonde sur une 
reconnaissance de dette constatée par acte authentique ou sous seing privé peut 

requérir la mainlevée provisoire (al. 1). Le juge la prononce si le débiteur ne rend 

pas immédiatement vraisemblable sa libération (al. 2). Constitue une 

reconnaissance de dette l'acte sous seing privé signé par le poursuivi, d'où ressort 

sa volonté de payer au poursuivant, sans réserve ni condition, une somme d'argent 

déterminée, ou aisément déterminable, et exigible (ATF 136 III 627 consid. 2 et 

les références, 136 III 624 consid. 4.2.2). 

Le contrat de prêt d'une somme déterminée constitue une reconnaissance de dette 

pour le remboursement du prêt, pour autant, d'une part, que le débiteur ne conteste 

pas avoir reçu la somme prêtée ou que le créancier soit en mesure de prouver 

immédiatement le contraire et, d'autre part, que le remboursement soit exigible 

(ATF 136 III 627 consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral 5A_465/2014 du 20 août 

2014, consid. 7.2.1.2; 5A_326/2011 du 6 septembre 2011 consid. 3.2). 

3.2 Le Tribunal ne peut accorder à une partie ni plus ni autre chose que ce qui est 
demandé (art. 58 al. 1 CPC). 

3.3 En l'espèce, le recourant reconnaît devoir la somme de 190'004 fr. Il n'est par 
contre pas rendu vraisemblable que la prime de 15'000 fr. soit due, puisqu'aucun 

élément du dossier ne permet de retenir que le restaurant a été vendu avec un 

bénéfice. D'ailleurs, dans la requête du 2 décembre 2016, l'intimé avait conclu à ce 

que la mainlevée provisoire de l'opposition soit prononcée uniquement à 

concurrence de 190'004 fr. 

Il apparaît ainsi que le Tribunal a statué ultra petita, ce qui est prohibé par l'art. 58 

al. 1 CPC. 

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Le chiffre 1 du dispositif du jugement attaqué sera modifié en conséquence. 

4. Le recourant s'oppose au versement d'un quelconque intérêt sur la somme qu'il 
reconnaît devoir. 

 Il n'est pas contesté que la reconnaissance de dette repose sur deux contrats de prêt 

de consommation au sens des art. 312 et ss CO. Rien ne permet de retenir qu'il 

s'agirait de prêts en matière commerciale. 

 4.1 Selon l'art. 313 al. 1 CO, en matière civile, le prêteur ne peut réclamer des 
intérêts que s'ils sont stipulés. 

 En l'espèce, aucun intérêt n'a été convenu. 

 4.2 
 4.2.1 Le fait que le contrat de prêt a été conclu sans intérêt n'empêche d'aucune 

manière qu'un intérêt moratoire soit dû par l'emprunteur en demeure sur la base de 

l'art. 104 al. 1 CO (SCHÄRER/MAURENBRECHER, in Basler Kommentar, OR I, 

2015, n. 7 ad art. 313 CO et n. 7b ad art. 314 CO). 

Aux termes de l'art. 318 CO, si le contrat ne fixe ni terme de restitution ni délai 

d'avertissement, et n'oblige pas l'emprunteur à rendre la chose à première 

réquisition, l'emprunteur a, pour la restituer, six semaines qui commencent à 

courir dès la première réclamation du prêteur. A teneur de l'art. 102 al. 1 CO, le 

débiteur d'une obligation exigible est mis en demeure par l'interpellation du 

créancier. En vertu de l'art. 104 al. 1 CO, le débiteur qui est en demeure pour le 

paiement d'une somme d'argent doit l'intérêt moratoire à 5% l'an, même si un taux 

inférieur avait été fixé pour l'intérêt conventionnel. 

4.2.2 En l'espèce, le contrat de prêt de décembre 2009, sur la base duquel l'intimé 
a versé au recourant 40'000 fr. au total, ne prévoyait ni terme de restitution ni 

délai d'avertissement. La réclamation formulée le 3 mai 2016 a eu pour effet que 

la demeure du recourant pour le remboursement de 40'000 fr. a commencé six 

semaines après la réception de cette lettre, soit, comme l'intimé le mentionnait 

dans sa requête, le 15 juin 2016 (cf. art. 77 al. 1 ch. 2 CO). 

Il s'ensuit qu'un intérêt moratoire à 5% est dû par le recourant sur la somme de 

40'000 fr. à compter de cette date. 

En revanche, le contrat de prêt du 3 février 2010, sur la base duquel l'intimé a 

versé au recourant au total 150'004 fr., prévoit que le montant prêté devait être 

remboursé au plus tard avant le 30 juin 2011. Ainsi, l'intérêt moratoire sur ladite 

somme est dû par le recourant à compter du 1er juillet 2011. 

Le chiffre 1 du dispositif du jugement attaqué sera modifié en conséquence. 

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5. Si l'instance de recours statue à nouveau, elle se prononce sur les frais de la 
première instance (art. 318 al. 3 CPC par analogie). 

 En l'espèce, les frais judiciaires de première instance, dont la quotité n'est pas 

contestée, seront laissés à la charge du recourant, dans la mesure où l'intimé avait 

conclu au prononcé de la mainlevée à concurrence de 190'004 fr. 

 Le jugement attaqué n'est pas contesté en tant qu'il n'alloue pas de dépens. 

 Les ch. 2 et 3 du dispositif du jugement seront donc confirmés. 

 Les frais judiciaires du recours seront arrêtés à 1'125 fr. (art. 48 et 61 OELP) et 

compensés avec l'avance versée par le recourant, laquelle demeure acquise à l'Etat 

de Genève (art. 111 al. 1 CPC). Compte tenu de l'issue du litige et l'intimé ayant 

conclu à la confirmation du jugement attaqué, ils seront mis à la charge de 

chacune des parties par moitié (art. 106 al. 2 CPC). L'intimé sera donc condamné 

à verser 562 fr. 50 au recourant. 

 Pour les mêmes motifs, chaque partie supportera ses propres dépens de recours 

(art. 106 al. 2 CPC, 85, 89 et 90 RTFMC). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté par A______ contre le jugement JTPI/4320/2017 

rendu le 27 mars 2017 par le Tribunal de première instance dans la cause 

C/25073/2016-3 SML. 

Au fond : 

Annule le chiffre 1 du dispositif du jugement attaqué et, statuant à nouveau : 

Prononce la mainlevée provisoire de l'opposition formée par A______ au 

commandement de payer, poursuite 1______, à concurrence de 40'000 fr. avec intérêts 

moratoires à 5% dès le 15 juin 2016 et de 150'004 fr. avec intérêts moratoires à 5% dès 

le 1er juillet 2011. 

Confirme le jugement attaqué pour le surplus. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires du recours à 1'125 fr., les met à la charge de chacune des 

parties par moitié et les compense avec l'avance fournie, laquelle demeure acquise à 

l'Etat de Genève. 

Condamne B______ à verser 562 fr. 50 à A______. 

Dit que chaque partie supporte ses propres dépens de recours. 

Siégeant : 

Madame Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ, présidente; Monsieur Laurent RIEBEN 

et Monsieur Ivo BUETTI, juges; Monsieur David VAZQUEZ, commis-greffier. 

 

La présidente : 

Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ 

 Le commis-greffier : 

David VAZQUEZ 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 113 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005  

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art 100 al. 1 LTF) par devant le Tribunal fédéral par la 

voie du recours constitutionnel subsidiaire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 30'000 fr.