# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 95008bc8-ce13-539b-8ba6-741bc2841a7e
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-02-01
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 01.02.2024 A/3779/2023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-3779-2023_2024-02-01.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/3779/2023-CS DCSO/28/2024 

DECISION 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre de surveillance 
des Offices des poursuites et faillites 

DU JEUDI 1
ER

 FEVRIER 2024 

 

Plainte 17 LP (A/3779/2023-CS) formée en date du 12 novembre 2023 par A______. 

* * * * * 

 

Décision communiquée par courrier A à l'Office concerné 

et par plis recommandés du greffier du     ______                       

à : 

- A______ 

______ 

______. 

- B______ et C______ 

c/o Me HARYCH Vadim 

Banna & Quinodoz 

Rue Verdaine 15 

Case postale 3015 

1211 Genève 3. 

- Office cantonal des poursuites. 

 

 

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A/3779/2023-CS 

EN FAIT 

A. a. Le 26 mars 2019, B______ et C______, en qualité de bailleurs, ont conclu avec 

A______ et D______, locataires, un contrat de bail à loyer portant sur une villa 

située à E______ (Genève). 

 b. Les parties sont en litige à tout le moins depuis le mois de novembre 2020, en 

lien notamment avec le paiement du loyer.  

 c. Par jugement du 29 avril 2021, motivé le 17 mai 2021, le Tribunal des baux et 

loyers a notamment condamné A______ et D______ à payer 22'000 fr. et 

11'000 fr., plus intérêts, à B______ et C______. Ce point du dispositif du 

jugement du Tribunal des baux et loyers a été confirmé par la Cour de justice, aux 

termes de son arrêt du 31 janvier 2022.  

 d. Le 19 octobre 2023, B______ et C______ ont requis la poursuite de A______, 

en paiement de 22'000 fr. et 11'000 fr. réclamés au titre de prétentions selon 

jugement du 29 avril 2021. 

 e. Le commandement de payer, poursuite n° 1______, a été notifié le 2 novembre 

2023 à A______, qui a formé immédiatement opposition totale à la poursuite.  

B. a. Par acte posté le 12 novembre 2023, A______ a formé plainte auprès de la 

Chambre de surveillance contre le commandement de payer précité. Il considère 

que les créances en question sont inexactes, infondées et contestées car elles se 

basent sur un jugement qui a été annulé par la Chambre des baux et loyers de la 

Cour de justice. A______ fait valoir que B______ et C______ ont engagé à son 

encontre de précédentes poursuites également infondées, de sorte qu'il y avait 

d'annuler le commandement de payer querellé. 

 b. Dans leur détermination du 20 décembre 2023, les époux B______/C______ 

ont conclu à l'irrecevabilité de la plainte, subsidiairement à son rejet. Les griefs 

soulevés par A______ concernaient le fond de la créance et ne relevaient pas de la 

procédure de plainte. De plus, les conditions restrictives pour admettre la nullité 

d'une poursuite pour abus de droit n'étaient pas réalisées. En effet, B______ et 

C______ avaient engagé la procédure d'exécution forcée pour recouvrer des 

sommes qu'ils estiment leur être dues, à la suite d'un jugement devenu exécutoire. 

Ils avaient d'ailleurs agi en mainlevée définitive de l'opposition devant le Tribunal 

de première instance, par acte déposé le 27 novembre 2023. 

 c. L'Office s'en est rapporté à justice quant au bien-fondé de la plainte. 

 d. Par courrier du 15 janvier 2024, A______ s'est plaint du comportement des 

poursuivants et a sollicité l'octroi de l'effet suspensif à la plainte. 

 e. Sur ce, la cause a été gardée à juger. 

 

 

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A/3779/2023-CS 

EN DROIT 

1. Déposée en temps utile (art. 17 al. 2 LP) et dans les formes prévues par la loi 

(art. 9 al. 1 et 2 LALP; art. 65 al. 1 et 2 LPA, applicables par renvoi de l'art. 9 

al. 4 LALP), auprès de l'autorité compétente pour en connaître (art. 6 al. 1 et 

3 LALP; art. 17 al. 1 LP), à l'encontre d'une mesure de l'Office pouvant être 

attaquée par cette voie (art. 17 al. 1 LP) et par une partie lésée dans ses intérêts 

(ATF 138 III 219 consid. 2.3; 129 III 595 consid. 3; 120 III 42 consid. 3), la 

plainte est recevable. 

 Dans la mesure où le grief invoqué par le plaignant entraînerait, dans l'hypothèse 

où il serait bien fondé, la nullité de la poursuite litigieuse, la Chambre de 

surveillance serait en tout état tenue d'entrer en matière même en l'absence d'une 

plainte recevable (art. 22 al. 1 2ème phrase LP). 

2. 2.1.1 Sont nulles les poursuites introduites en violation du principe de 

l'interdiction de l'abus de droit, tel qu'il résulte de l'art. 2 al. 2 CC 

(ATF 140 III 481 consid. 2.3.1). 

 La nullité d'une poursuite pour abus de droit (art. 2 al. 2 CC) ne peut être admise 

par les autorités de surveillance que dans des cas exceptionnels, notamment 

lorsqu'il est manifeste que le poursuivant agit dans un but n'ayant pas le moindre 

rapport avec la procédure de poursuite ou pour tourmenter délibérément le 

poursuivi; une telle éventualité est, par exemple, réalisée lorsque le poursuivant 

fait notifier plusieurs commandements de payer fondés sur la même cause et pour 

des sommes importantes, sans jamais requérir la mainlevée de l'opposition, ni la 

reconnaissance judiciaire de sa prétention, lorsqu'il procède par voie de poursuite 

contre une personne dans l'unique but de détruire sa bonne réputation, ou encore 

lorsqu'il reconnaît, devant l'office des poursuites ou le poursuivi lui-même, qu'il 

n'agit pas envers le véritable débiteur (ATF 140 III 481 consid. 2.3.1; 115 III 18 

consid. 3b; arrêts 5A_1020/2018 du 11 février 2019; 5A_317/2015 du 13 octobre 

2015 consid. 2.1, in Pra 2016 p. 53 n° 7; 5A_218/2015 du 30 novembre 2015 

consid. 3). 

 La procédure de plainte des art. 17 ss LP ne permet pas d'obtenir l'annulation de la 

poursuite en se prévalant de l'art. 2 al. 2 CC, dans la mesure où le grief pris de 

l'abus de droit est invoqué à l'encontre de la réclamation litigieuse, la décision à ce 

sujet étant réservée au juge ordinaire. En effet, c'est une particularité du droit 

suisse que de permettre l'introduction d'une poursuite sans devoir prouver 

l'existence de la créance (ATF 113 III 2 consid. 2b; cf. ég., parmi plusieurs: arrêts 

5A_838/2016 du 13 mars 2017 consid. 2.1). 

 2.1.2 C’est au regard de l’ensemble des circonstances de la cause qu’il faut 
examiner si le recours à l’institution du droit de l’exécution forcée est constitutif, 
dans un cas particulier, d’abus manifeste de droit. Si elle ne dispose pas à cet 
égard d’une compétence plus étendue que l’Office, l'Autorité de surveillance se 
trouve généralement dans la situation de pouvoir identifier et élucider les cas 

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d’abus manifeste de droit mieux que lui, car, contrairement à lui, elle n’intervient 
pas que sur la base d’une simple réquisition (notamment de poursuite) mais 
dispose des éléments fournis dans le cadre de la plainte et de son instruction ; elle 

est par ailleurs tenue de prendre en considération les faits ressortant devant elle, 

en vertu de son devoir d’établir les faits d’office (art. 20a al. 2 ch. 2 LP), les 
parties pouvant au surplus être requises de collaborer. Il peut donc y avoir abus 

manifeste de droit sans que l’Office ait été en mesure de le détecter lorsqu’il a 
donné suite à la réquisition d’établir et notifier un commandement de payer. 

 2.2 En l'espèce, le plaignant fait valoir que les montants réclamés par les intimés 

dans le cadre de la poursuite litigieuse ne seraient pas dus. Ce faisant, il s'en prend 

au fond des prétentions invoquées en poursuite, soit à leur existence et à leur 

montant. Comme relevé ci-dessus, ces questions relèvent toutefois de la 

compétence exclusive du juge (en l'occurrence du juge civil), avec pour 

conséquence que les autorités de poursuite, parmi lesquelles la Chambre de céans, 

ne sauraient se prononcer à leur sujet. 

 Il suffira donc de constater sur ce point que, fondées ou non, les prétentions 

déduites en poursuite sont invoquées en relation avec un contrat ayant 

effectivement lié le plaignant aux intimés, à savoir un contrat de bail à loyer. Elles 

ne paraissent par ailleurs ni manifestement inexistantes, ni exagérées ou 

disproportionnées qu'il faille admettre que les poursuivants ne visent pas 

véritablement à les recouvrer mais poursuivent en réalité un autre but. On relèvera 

à ce sujet que les sommes réclamées se réfèrent à un jugement du Tribunal des 

baux et loyers, partiellement confirmé par la Cour de justice, et que les intimés ont 

déjà engagé une procédure judiciaire tendant à obtenir la mainlevée de 

l'opposition formée par le plaignant à la poursuite, ce qui tend à soutenir le sérieux 

de leur démarche. Le plaignant ne peut donc tirer aucun argument en faveur du 

caractère abusif de la poursuite de la nature et du montant des sommes réclamées. 

 Le plaignant fait valoir que les intimés ont déjà engagé précédemment des 

poursuites à son encore, ce qui serait révélateur d'une volonté de le tourmenter. A 

cet égard, la Chambre de céans relève que le plaignant, qui n'a produit aucune 

pièce en relation avec ces précédentes poursuites, n'a fourni aucune indication sur 

la nature et le montant des précédents commandements de payer, de sorte qu'il 

n'est pas possible de déterminer s'il s'agit notamment des mêmes prétentions que 

celles à l'origine de la poursuite litigieuse. Dans le contexte d'une relation 

contractuelle de durée, il est en soi plausible que les intimés aient déjà recouru à la 

voie de l'exécution forcée pour recouvrer d'autres prétentions qu'ils estimaient 

dues. La simple existence de précédentes poursuites est à elle seule insuffisante 

pour admettre le caractère abusif de la poursuite querellée.  

 Eu égard à ce qui précède, il ne peut ainsi être retenu que les intimés auraient 

engagé la poursuite litigieuse dans un but étranger à celui de l'exécution forcée, en 

particulier pour tourmenter le plaignant. La poursuite n'est donc pas nulle et la 

plainte sera en conséquence rejetée. 

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3. Au vu de l'issue de la procédure, la requête d'effet suspensif formée le 15 janvier 

2024 n'a plus d'objet. 

4. La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61 al. 2 

let. a OELP) et il ne peut être alloué aucuns dépens dans cette procédure (art. 62 

al. 2 OELP). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre de surveillance : 

 

A la forme : 

Déclare recevable la plainte formée le 12 novembre 2023 par A______ contre le 

commandement de payer, poursuite n° 1______. 

Au fond : 

La rejette. 

Siégeant : 

Madame Verena PEDRAZZINI RIZZI, présidente; Messieurs Luca MINOTTI et 

Mathieu HOWALD, juges assesseurs; Madame Elise CAIRUS, greffière. 

 

La présidente : 

 

Verena PEDRAZZINI RIZZI 

 La greffière : 

 

Elise CAIRUS 

 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Chambre de surveillance des Offices 

des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance en matière de poursuite pour 

dettes et faillite (art. 126 LOJ). Il doit être déposé devant le Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les 

dix jours qui suivent la notification de l'expédition complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 

2 let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a 

LTF). L’art. 119 al. 1 LTF prévoit que si une partie forme un recours ordinaire et un recours 
constitutionnel, elle doit déposer les deux recours dans un seul mémoire. Le recours doit être rédigé dans 

une langue officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens de 

preuve, et être signé (art. 42 LTF).  

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.