# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** af0bc0a3-1448-532d-a7e0-2841162cef3f
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-05-02
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 02.05.2016 P/5287/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-5287-2011_2016-05-02.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/5287/2011 ACPR/252/2016     

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du lundi 2 mai 2016 

 

Entre 

A______ SA, domiciliée aux Ports Francs de Genève, route du Grand-Lancy 6, 1227 Les 

Acacias, comparant par Me Laurent BAERISWYL, avocat, LHA Avocats, rue du Rhône 

100, case postale 3403, 1211 Genève 3, 

recourante 

 

contre l'ordonnance de classement et de restitution rendue le 21 septembre 2015 par le 

Ministère public, 

 

et 

REPUBLIQUE DE TURQUIE, p.a. Ministère public d'Aantalya, Ankara, Turquie, 

comparant par Me Marc-André RENOLD, avocat, rue du Général-Dufour 11, 1204 Genève, 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimés 

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P/5287/2011 

EN FAIT : 

A. Par acte déposé au greffe de la Chambre de céans le 5 octobre 2015,  A______  
recourt contre l'ordonnance du Ministère public du 21 septembre 2015, notifiée le  
23 suivant, par laquelle cette autorité a ordonné le classement de la cause 
P/5287/2011 (ch. 1), ordonné la restitution à la Turquie [de la pièce d'art antique] 
B______  (ch. 2), dit que l'organisation matérielle du retour de cet objet sera à la 
charge de ce pays (ch. 3), dit qu'aucune indemnité n'était due à A______ du fait du 
classement et du retour [de l'objet] B______ en Turquie (ch. 4) et laissé les frais de la 
procédure à la charge de l'État (ch. 5). 

 La recourante conclut à l'annulation des points 2, 3, 4 et 5 du dispositif sus-énoncé et 
à la levée du séquestre ordonné, le 27 avril 2011, sur [l'objet d'art] précité. Elle 
demande, en outre, qu'il lui soit donné acte qu'elle adressera ses prétentions, 
conformément à l'art. 429 CPP, une fois le calcul de son dommage établi - en lien 
notamment avec la publicité indûment donnée par le Ministère public à la décision 
prononcée, en violation de l'art. 74 al. 3 CPP -, et que les frais et dépens de l'instance, 
lesquels comprendront une équitable indemnité valant participation à ses frais 
"d'intervention", soient laissés à la charge de l'État. Préalablement, la recourante 
demande l'apport de la procédure d'entraide CP/11______/2011, ainsi que 
l'"interpellation", par la Chambre de céans, de l'Office fédéral de la justice (ci-après : 
OFJ) en tant qu'autorité de surveillance du Ministère public dans le cadre de ladite 
procédure d'entraide. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure : 

 a. A______ est une société de droit suisse, ayant pour but la prestation de service 
pour le commerce d'objets précieux; elle est sise aux Ports Francs de Genève (ci-
après : Ports Francs). 

 b. Le 15 décembre 2010, l’Administration fédérale des douanes (ci-après : AFD) a 
séquestré aux Ports Francs, en main de la société A______, neuf objets qu’elle 
suspectait être de provenance illicite. Parmi eux, deux ______ en marbre 
anthropomorphes de style phénicien, provenant vraisemblablement de la région de 
l'actuel Liban, référencés 1______ et 2______ (100'140 et 100'151), ainsi  qu'un 
______ romain en marbre avec son ______, datant de la fin du IIe siècle de l’ère 
chrétienne, décoré d'une frise représentant ______, provenant, lui, vraisemblablement 
de la région de C______ (Antalya, actuelle République de Turquie, alors partie de 
l’Empire Romain, sous le règne d’Hadrien) référencé 3______ (100'173 ss). 

 À ce stade, il sied de préciser que, par ordonnance du 13 février 2014, le Ministère 
public a ordonné la restitution au Liban des deux ______ de style phénicien [1______ 

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et 2______], en tant que produit d'une infraction pénale, en application des art. 70 al. 
1 in fine CP, 9 et 24 de la loi fédérale sur le transfert des biens culturels (LTBC; 
RS 444.1) et 267 al. 2 CPP. Sur recours de A______, la Chambre de céans a annulé 
cette décision, libéré le ______ référencé 2______ en faveur de A______ et maintenu 
le séquestre sur le ______ référencé 1______. Dans cet arrêt, la Chambre a considéré, 
en particulier, que le fait que les objets saisis aient été expédiés de la Suisse vers 
l’étranger, pour y être exposés ou restaurés, avant d’être réacheminés en Suisse, 
semblait démontrer l’absence de volonté de dissimulation de la part de leur 
propriétaire et/ou détenteur (ACPR/4______/2014 du 30 mai 2014). 

 En date du 28 octobre 2014, le Procureur a prononcé le classement de la poursuite à 
l'égard de A______ du fait des agissements portant sur ces deux ______, ainsi que la 
restitution au Liban du premier objet cité, ce, sur la base des art. 9 et 24 LTBC, 139 et 
160 CP, et 320, respectivement 352 et 376 ss CPP – les voies de recours ad hoc étant 
dûment mentionnées. A______ a fait opposition à cette nouvelle  décision, le  
11 novembre 2014. Par ordonnance définitive du 16 décembre 2015, le Tribunal de 
police a ordonné la levée du séquestre portant sur le ______ référencé 1______ et sa 
restitution à A______.  

 c. À propos du ______ référencé 3______, mesurant 5______ x 6______ x  
7______ cm, l’AFD a protocolé que, lors d’une visite d’inventaire du ______ 2010 
aux Ports Francs, D______, alors directeur de A______, avait indiqué que la salle 
d’entreposage n° 8______ ne contenait que des cartons d’emballage. Or, en entrant, 
les douaniers avaient découvert le ______ romain sous des couvertures. Quelques 
jours plus tard, à la suite d'une émission de la Télévision suisse romande  au sujet du 
E______, les douaniers avaient fait le rapprochement avec le ______ litigieux 
(100'010). 

 d. Interpellé par l’AFD, l’Office fédéral de la culture (ci-après : OFC) a indiqué, le  
30 mars 2011, que le [l'objet d'art antique] B______ provenait avec certitude des 
ateliers de la cité antique de F______, située à proximité de la ville de ______, dans 
la province de ______, en Turquie occidentale (actuellement région d’Antalya). 
Selon l’OFC, et d’après les informations disponibles, il existait un soupçon grave 
d’importation et de tentative de vente d’un bien volé dont le propriétaire s’était 
trouvé dessaisi contre sa volonté à l’occasion d’un pillage ou de fouilles illicites au 
sens de l’art. 24 LTBC. En effet, sur la base des documents transmis par le 
représentant de A______, le B______ avait été entreposé aux Ports Francs, le 14 mai 
2009, étant précisé que l'entreposage d'un bien culturel en un tel lieu était assimilé à 
une importation à la date sus-indiquée, et ce, indépendamment du fait que l'objet 
avait été importé en Suisse ou acheté avant l'entrée en vigueur de la LTBC (art. 13 al. 
3 et 33 LTBC). Le B______ avait fait l’objet d’une première tentative de vente en 
Suisse en 2009, puis d’une seconde en 2010 à une fondation (mécène) sise en Suisse, 
qui devait ensuite le remettre au E______ (100'002 ss). L'OFC rappelait qu'en 

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Turquie, comme en Suisse, tout bien culturel trouvé qui offrait un intérêt scientifique 
était considéré comme appartenant à l'État concerné. En outre, l'exportation définitive 
des biens culturels protégés hors de la Turquie était strictement interdite (100'005). 

 Dans les annexes jointes au courrier de l'OFC figuraient, en particulier : un ordre de 
transfert des Ports Francs à ______ [Grande-Bretagne], daté du 26 mars 2003, l'objet 
désigné étant "1 caisse, 1 palette Antiquité" pour un poids de ______ kg; un 
document établi par [la société] G______ [sise à St-Vincent-et-les-Grenadines]; le  
26 mars 2003 également, intitulé "For bonded warehouse storage", adressé à sa 
représentation à ______[Grande-Bretagne] et concernant un ______ romain en 
marbre, ainsi que son ______, les dimensions étant de 7______ cm de hauteur - 
______ compris -, 5______ cm de longueur et 6______ cm de largeur; un formulaire 
des douanes du ______ [Grande-Bretagne] du 11 mai 2009, mentionnant la 
réexpédition, le lendemain, d'un ______ romain en marbre (7______ x 5______ x 
6______ cm), représentant ______, propriété de G______ et "consigné" chez 
A______; un "shipping advice" listant une caisse de ______ kg et une palette de 
______ kg contenant un ______ romain et son ______  (100'023-024-027-028-030); 
trois missives émanant du "Art Loss Register" datées, respectivement du  
26 novembre 2002, 11 mai et 7 juin 2010, envoyées à H______ SA (société de feu 
I______ exploitant une galerie d’art à la rue 9______ à Genève) et attestant que le 
______ sus-décrit n'était pas enregistré, dans les base de données consultées, comme 
étant un objet volé ou disparu (100'025-100'031-100'032). 

 e. À l’occasion d’une étude préalable à une éventuelle acquisition du ______ en 
question, communiquée le 30 mars 2011 à l'Office fédéral de la police judiciaire (ci-
après : FEDPOL), J______, alors conservateur [archéologue au sein de] E______, 
avait procédé à des recherches pour déterminer la provenance de cet objet, avec la 
précision que le lieu de découverte contemporain demeurait inconnu. Il avait été 
avisé à cet égard, par une source fiable, que le ______ litigieux provenait 
certainement de fouilles illicites menées à Antalya en Turquie en 2001. À teneur de la 
documentation fournie, ce bien avait été stocké dans un état fragmentaire dans la 
[galerie] H______, depuis le 26 novembre 2002. Il avait été envoyé pour restauration 
à ______ [Grande-Bretagne] le 26 mars 2003, réexpédié à Genève, ______ complété 
et remonté, le 11 mai 2009, puis proposé à la vente (100'020 ss). 

 f. Dans un rapport du 30 mars 2011, la FEDPOL a souligné que les biens 
archéologiques provenant de fouilles clandestines ne pouvaient, par nature, être 
enregistrés dans les bases de données, puisqu'extraits du sol à l'insu des États 
concernés, en principe légitimes propriétaires des biens mis au jour sur leur territoire 
et qui n'avaient généralement pas connaissance des fouilles illicites qui y étaient 
pratiquées. La FEDPOL a confirmé que les renseignements communiqués à J______ 
émanaient d'une source bénéficiant d'une connaissance avérée du marché de l'art et 
des antiquités méditerranéens et devait être considérée comme fiable. Selon cette 

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source, le ______ était bien connu dans les milieux marchands et aurait été mis au 
jour clandestinement en 2000 ou 2001 dans la région d'Antalya et exporté 
illicitement. D'autres pièces comparables avaient été découvertes dans la région. Les 
informations détaillées quant au lieu d'excavation constituaient un soupçon fondé que 
le ______ provenait d'une fouille illicite. Sur cette base, la FEDPOL avait averti les 
autorités turques, via Interpol, le 24 février 2011, de la présence du ______ litigieux 
en Suisse, les priant d'enquêter sur les circonstances et le lieu du délit présumé 
(100'040 ss). 

 g. D'autres documents ont été versés au dossier, notamment, un courrier adressé le  
11 mai 2010 par H______ à K______ LTD à Genève, dans le cadre de l’acquisition 
du ______ en vue de sa remise au E______, courrier qui indique que l’"œuvre fut 
acquise par feu M. I______ en Suisse au début des années 1990, vraisemblablement 
en 1991, auprès d’un marchand. Nous ne sommes pas en possession de document 
relatif à cet achat" (200'009.11). 

 Toujours dans le cadre de la vente du ______,  A______, sous la signature de 
D______, attestait, également le 11 mai 2010, que l'objet avait été entreposé aux 
Ports Francs dès 1993 (année de la création de cette société - 200'009.16). 

 h. Selon une facture du 30 novembre 2004, le ______ ("______") du B______ - et lui 
seul - en morceaux, a été restauré, soit réassemblé et complété par le restaurateur 
L______, à ______ [Grande-Bretagne], pour GBP 13'889.-, représentant 310 heures 
de travail, ainsi que l'achat des matériaux nécessaires (200'009.19).  

 i. Dans un courrier du 24 décembre 2010 à l’AFD, A______ a indiqué que le 
B______ visé était en sa possession depuis de très nombreuses années. Elle a ajouté 
qu’elle avait interpellé l’Art Loss Register en mai 2010, pour la dernière fois. Selon 
A______, la LTBC n’était pas applicable, car ce ______ se trouvait en Suisse avant 
2003 (100'033 ss, 100'037-8). 

C.  a. Le 15 avril 2011, l’AFD a signalé au Ministère public genevois ses soupçons de 
commission d’infractions à la LTBC. 

 b. Cette autorité de poursuite a ouvert une instruction, le 27 avril 2011, contre 
A______ pour prévention d'infraction à l’art. 24 LTBC, ajoutant que des mesures de 
contrainte devaient être ordonnées d'emblée (200'006). Le jour même, elle a, en effet, 
prononcé, en particulier, le séquestre du B______ concerné, en main de cette société 
(200'007). 

 c. Entendu le 20 juin 2011, en tant que personne appelée à donner des renseignements 
(Pàdr), D______ a expliqué que ce ______ appartenait à G______, qui avait pour 
ayant droit la succession de I______, décédé en 1998 dans le crash du 10______, soit 

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ses fils M______ et N______. Il ignorait quand et de quelle manière le B______ 
avait été acquis par I______, mais il avait vu cet objet avant septembre 1998  
 (400'000 ss). 

 d. Le 17 août 2011, l'OFJ a acheminé au Ministère public une requête d’entraide que 
le Ministère turc de la Justice lui avait adressée le 1er juillet 2011. Le Procureur 
d’Antalya avait décerné une commission rogatoire le 31 mai 2011. Il conduisait une 
instruction sur la fouille illicite ayant permis d’excaver le ______ romain séquestré. 
Des experts – les Prof. O______, P______, Q______ et R______, ainsi que le 
directeur des fouilles S______ – avaient déjà estimé, sur le vu de photographies, que 
le B______ avait été produit à C______ et F______. Le Procureur turc revendiquait 
le B______ ("We kindly submit our request to the related competent Authority for 
claiming the ______ originated from Anatolia […]" ; "We kindly request you to 
enable the return of the marble ______ subject to the investigation, which was 
brought abroad in 2001 as the result of an unauthorized digging in C______ 
Historical Site of ______ District of Antalya by unidentified suspect […]"). Cette 
requête a donné lieu à l’ouverture de la procédure d’entraide CP/11______/2011. 

 e. En date du 20 septembre 2011, le Ministère public a levé le séquestre frappant tous 
les objets détenus par A______, sauf trois d’entre deux, au nombre desquels le 
B______ objet du présent litige (200'010). 

 f. Entendu le 7 novembre 2011, J______ a confirmé qu’A______ avait indiqué 
oralement que le ______ avait été acquis au début des années '90 auprès d’un 
marchand d’art ______ de renom. Mais il avait lui-même été informé par téléphone et 
par une source désirant rester anonyme, que le ______ provenait d’une fouille illicite 
effectuée à Antalya (Turquie), en novembre 2001. Dans le monde, ______[nombre] 
______ antiques provenant de F______ étaient connus, dont ______ représentant 
______ (400'059 ss). 

 g. Le 14 mars 2012, le Ministère turc de la Justice a transmis aux autorités suisses 
une requête d’entraide additionnelle du 29 février 2012 émanant du Procureur général 
d’Antalya et portant toujours sur la restitution du ______ romain. Une copie de cette 
requête a été versée à la présente procédure (200'020 ss). Les autorités de poursuite 
turques communiquaient, en sus : quatre rapports de professeurs d’université, la copie 
de photos du lieu supposé des fouilles illicites (200'070-1), ainsi qu’un rapport sur 
ces fouilles. Selon le Prof. S______, le B______ avait été excavé dans la ville de 
C______ (200’044-200'048). Le Prof. Q______ attribuait le B______ à l’école de 
F______ (200'050). Le Prof. P______ était aussi d’avis que le ______ provenait de 
C______ et F______ (200'054 = 200’081-2). Le Prof. O______ ajoutait que le 
B______ avait en tout cas été exporté d’Anatolie (200'056 = 200’085). Dans un 
rapport à T______, directeur du U______, les archéologues V______ et W______ 
soulignaient la ressemblance du B______ séquestré avec les exemplaires exposés à 

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Antalya, et en déduisait que celui-ci provenait de C______ (200’063-200'066 = 
200’106-200’108). 

 h. A______ s’est étonnée, le 25 avril 2012, de la dimension des excavations 
ressortant des photos turques, soit un trou de ______ x ______ m et un de ______ x 
______ cm, impropres, selon elle, à accueillir le B______ saisi. Elle a également 
produit une déclaration écrite de X______ du 19 avril 2012, qui affirmait avoir vu le 
B______ dans les dépôts de I______ aux Ports Francs, en 1994 (200'111 et 200'115). 
A______ a également fourni une quittance et une facture de Y______ SA du  
27 juillet 1992 portant sur l’enlèvement aux Ports Francs, référence H______, de  
"4 caisses – un ______ en marbre en 2 parties poids brut : ______ kg " (200’119-
120); pièces relatives, toujours selon ses allégations, au B______ (200'113). 

 i. La République de Turquie s’est constituée partie plaignante dans la présente 
procédure, le 9 octobre 2012, se déclarant légitime propriétaire du B______ issu, à 
son sens, d’une fouille illicite, suivie d’une exportation illicite, en réclamant la 
restitution (200'154). 

 j. Le 22 novembre 2012, l’instruction de la procédure d’entraide CP/11______/2011 
a été suspendue, sur instruction de l'OFJ, jusqu'à droit jugé dans la procédure 
nationale (200'157). 

 k. L’accès au dossier a été accordé aux parties le 28 novembre 2012 (200'158). 

 l. Le 21 décembre 2012, le Ministère public a versé au dossier un envoi du  
4 décembre 2012 du Ministère turc de la Justice (transmis par l'OFJ dans le cadre de 
la CP/11______/2011) contenant un rapport du 1er novembre 2012 sur les fouilles 
illicites à C______ (200'161 ss). Étaient annexés à ce rapport un plan de l’endroit 
présumé des fouilles, des photographies des lieux et des travaux de sondage 
(200’175-200'182), ainsi qu’une déclaration manuscrite de Z______ du 4 octobre 
2012 expliquant qu'avant de mourir, son oncle, AA______, lui avait confié avoir 
excavé illégalement des parcelles nos 12______ et 13______, dans les années '70, le 
B______ et l'avoir exporté illégalement. Z______ précisait habiter sur place, comme 
feu son oncle (200'199). Entendu, le 12 octobre 2012, par le Procureur d’Antalya, le 
précité a confirmé sa déclaration écrite. Il a rapporté qu’il s’était rendu au U______, 
où le directeur lui avait montré des photos du ______ visé. Il avait remarqué qu’il 
s’agissait du ______ que feu son oncle avait déterré et exporté illégalement. Son 
oncle s’était confié à lui seul et il avait personnellement vu, à l’époque, des fouilles 
illicites entre les années '70 et 2000. L’État turc ne parvenait pas, en effet, à soustraire 
un si grand domaine aux pillards. Il regrettait de n’avoir pas averti plus tôt les 
autorités, mais, du vivant de son oncle, il se serait exposé. De nombreuses sculptures 
avaient été extraites de C______, et une statue ______, pillée par son oncle, avait été 
trouvée dans un musée aux États-Unis et finalement restituée à la Turquie (200'189). 

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 m. Le 20 mars 2013, l’instruction a été étendue (200'246) aux infractions de vol  
 (art. 139 CP) et de recel (art. 160 CP). 

 n. En date du 9 juillet 2013, le Ministère public a ordonné le dépôt des polices 
d'assurance (200'278). A______ a produit une police "flottante", i.e. prévoyant une 
couverture globale sans inventaire (200'285). 

 o. Par courrier du 23 juillet 2013, A______ a mis en exergue des divergences 
apparues quant aux dates et lieux des prétendues fouilles à C______. Elle a fourni des 
extraits d’articles indiquant que des ______ avaient été trouvés sur tout le pourtour de 
la Méditerranée. 

D.  a. Le 26 juillet 2013, le Ministère public a adressé aux autorités turques une 
commission rogatoire internationale aux fins de procéder à un transport sur place à 
C______ et à un certain nombre d’auditions, ainsi qu’à des prises de vue et des 
prélèvements (220'000). Ces actes se sont déroulés du 8 au 10 octobre 2013 et ont 
donné lieu à un rapport illustré du 16 octobre 2013 (220’047-220'067). A______ et la 
République de Turquie ont participé aux investigations. 

 b. Les images satellitaires montrent les lieux des fouilles dans la nécropole qui borde, 
à l’ouest, la ville haute antique de C______, elle-même au nord de la ville basse 
antique de C______. Dans les commentaires accompagnant ces images, il est spécifié 
que les fouilles sur le site de C______ avaient commencé en 1946, que les clôtures 
n'avaient pas empêché les excavations illicites, notamment depuis 1970, avec la 
précision que le site était, pour partie, encore une propriété privée, l'État turc ne 
possédant que certains terrains et des routes. S'agissant des sites appartenant à la 
famille Z______ : des pièces de divers ______ avaient été retrouvées sur le site 1; 
selon l'expert AB______, archéologue et professeur à l'Université de ______ 
[Turquie], le site avait été pillé puis recouvert de gravats; une partie du site 2 avait été 
explorée en 1995, le reste étant resté recouvert; au vu de certains vestiges encore sur 
place, il était probable que des ______ d'un ______, partiellement ruiné, avaient 
contenu des ______ qui avaient été découpés et emportés; ce site était celui décrit par 
Z______ et désigné par son oncle comme étant celui duquel avait été excavé le 
B______; selon les experts, les dimensions des ______ étant standard, l'objet 
litigieux pouvait s'être trouvé dans l'un ou l'autre des emplacements mis au jour, étant 
spécifié que toute personne trouvant un bien sur la propriété de AA______ le lui 
apportait; le site 3 était situé à 100 m au nord des deux premiers emplacements; il 
avait été pillé, puis, après les effractions (petites ouvertures) destinées à accéder au 
contenu des ______, la fouille avait été recouverte de terre et de gravats. Il était 
ajouté que les autorités turques avaient découvert pour la première fois les 
excavations illicites sur la propriété de la famille Z______ en 1994; elles avaient 
ensuite conclu un bail pour procéder aux fouilles, puis obtenu l'expropriation de la 
famille précitée (220’049-057). Des fouilles avaient été conduites par les autorités 

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turques sur les lieux supposés de l’excavation, à mesure que progressaient leurs 
investigations sur le ______ séquestré, comme le montrait la comparaison entre les 
images du rapport et celles remises une année plus tôt par les autorités turques 
(200’175-200'182). 

 c. Les clichés pris au U______ et sur le site de C______ montrent que les ______ 
portent pour ainsi dire tous, sur une de leur face, une fracture consécutive à un 
premier pillage du contenu, alors qu’ils étaient encore ensevelis sur place (220'056, 
220'057, 220'58, 220'059). Une fracture du même type se retrouvait sur l'une des 
deux grandes faces latérales du B______ séquestré, obturée avec une plaque minérale 
sans motif (220'104). 

 d. Les procès-verbaux ont été transmis officiellement le 13 novembre 2013 par le 
Procureur d’Antalya (220'147 ss). 

 e. Entendu contradictoirement le 8 octobre 2013 à la prison de ______ [Turquie] (où 
il était détenu après jugement dans une autre cause), le témoin Z______ a persisté 
dans les termes de sa déclaration du 12 octobre 2012. Il vivait toujours près de 
[C______]. Il a confirmé que feu son oncle était un pillard qui avait exporté de 
nombreuses antiquités. Un comparse, AC______, vivait aujourd’hui en Allemagne où 
il était toujours actif dans le commerce d’antiquités. Il connaissait aussi "AD______", 
qui avait également fui en Allemagne, et "AE______" qui était actif à ______ 
[Turquie]. AF______ et AG______ se trouvaient, quant à eux, à ______ [Turquie 
occidentale]. Tous ces protagonistes exportaient des objets antiques et venaient 
souvent ensemble avec son oncle, qui avait d'ailleurs été détenu avec AF______ pour 
trafic d’antiquités. Il avait lui-même travaillé avec ces gens. Il n’était pas présent 
lorsque son oncle AA______ avait déterré le ______, mais il lui en avait parlé par la 
suite. Il lui avait indiqué avoir extrait "______" [l'objet d'art] avec AH______, à 
l’aide d’une machine de chantier, puis l’avoir mise sur un tracteur; il avait ensuite 
essayé de recouvrir la fosse avec la machine précitée. Il avait aussi évoqué un 
B______, dont certaines parties manquaient. Il avait des informations détaillées sur 
de tels objets de valeur et il avait vendu le ______ à AI______, AJ______ et 
AK______. Lui-même les avait connus lorsqu'ils étaient venus rendre visite à son 
oncle, AA______, en 1995. Ce dernier avait précisé avoir déterré le B______ devant 
la maison de son oncle AI______, distante de 100 m du lieu des fouilles. Le témoin a 
affirmé avoir montré le lieu au directeur du U______ et le reconnaître sur les 
photographies. Il savait que son oncle, AA______, avait vendu un B______ et un 
______ athénien. Il avait vu celui-ci, mais pas celui-là. Il distinguait [l'objet d'art 
antique], rendue par [les] États-Unis, qu’il avait vue enfant, et le B______ – une 
erreur de protocole et de traduction était corrigée à ce sujet (220'164). Son oncle avait 
été condamné à sept ans et demi de prison pour avoir exporté [ledit objet d'art] et en 
avait purgé deux et demi. Selon Z______, la photo du B______ séquestré qu’on lui 
soumettait pouvait être celle de l'antiquité excavée par son oncle. Il avait vu cet objet 

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dans la presse et à la télévision. Il a ajouté qu'alors qu’il était détenu, AL______ avait 
envoyé à son domicile des émissaires pour lui demander de retirer son témoignage, 
comme le lui avait révélé sa femme, et ces derniers voulaient venir le trouver à la 
prison, ce qu’il redoutait (220'157-220'168). 

 f. En janvier 2014, la République de Turquie a envoyé au Ministère public genevois 
les échantillons prélevés los de la commission rogatoire du mois d'octobre 2013 
(220'169). 

E. a.  Le 28 février 2014, X______ a été entendu à Genève, en tant que témoin. Il a 
confirmé sa déclaration écrite. Il croyait se souvenir avoir vu que le ______ du 
B______ entreposé était cassé à l’époque. Il pensait que I______ avait acquis cette 
antiquité au Liban, car il était libanais et que c’était par ce pays qu’il faisait transiter 
ses acquisitions, selon ce qu’il avait entendu. À sa connaissance les 
I______/M______/N______ n’avaient qu’un objet de ce type à Genève (400’068-
400’072). 

 b. En date du 2 avril 2014, le Ministère public a chargé AM______, collaborateur 
scientifique du Département des Sciences de la Terre de l’Université de ______ 
[Suisse], d’analyser un échantillon du B______, un autre échantillon trouvé sur place, 
un échantillon du sol du ______ (susceptible de contenir des traces du sol 
d’enfouissement) et de les comparer avec deux lots de terre prélevée sur le site de 
fouilles à C______ (300'010 ss). 

 c. Cet expert a remis son rapport, le 13 août 2014. En substance, les échantillons de 
marbre du B______ saisi et de l’autre pièce différaient notablement, tandis que 
l’échantillon du sol du B______ litigieux présentait des similitudes avec l’un des 
échantillons de sol recueilli sur place, au niveau de la minéralogie des phases 
majeures et de la géochimie des éléments majeurs, les différences au niveau des 
compositions DRX de roche et de fractions calcaires pouvant résulter d’altérations 
anthropogéniques secondaires (ou d’une percolation); aucune affirmation sur un lien 
génétique n’était possible malgré les ressemblances globales (300’014-300’084). 

 d. Le 2 décembre 2014, la République de Turquie a déposé un rapport d’expertise du 
30 novembre 2014 émanant du Prof. AN______ de l’Université de ______ 
[Belgique]. Celui-ci y expliquait que le B______ séquestré appartenait au genre 
______, soit une sous-espèce de ______ vraisemblablement produite dans l’annexe 
de C______ de l’atelier des carrières de F______. Il était vraisemblable que la forme 
globale et le ______ avaient été sculptés à F______, et que seules les ______ avaient 
ensuite été sculptées à C______. Le style de ces dernières permettait de les dater avec 
une précision de dix à quinze ans et d’attribuer le travail à l’atelier de C______, car 
sinon des déviations auraient été visibles. Plusieurs types de marbre parvenaient à 
C______ dans l’Antiquité. Selon les photographies, le marbre du ______ concerné 

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venait de F______, et sa confection pouvait être attribuée au moins en partie au sous-
atelier de C______. Il provenait presque certainement d’une ______ à C______, car 
les ______ [de type] ______ étaient principalement destinés à ______ [région turque] 
ou exceptionnellement à ______ [Italie], et il était assez certain que l’exemplaire saisi 
à Genève venait de C______, un lieu notoirement connu pour ses excavations 
illégales (200’573-200’599). 

 Il sied de préciser, à ce stade, que C______ était une ville ancienne et importante de 
______, située actuellement dans la province d'Antalya, sur la côte ______ 
méditerranéenne de la Turquie. Le lieu est actuellement un grand site de ruines 
antiques. 

 e. Par courrier du 12 décembre 2014, A______ a relevé que ce n’était pas parce 
qu’on établissait, par hypothèse, que le B______ avait été produit en Turquie qu’on 
prouvait qu’il y avait été volé et exporté sans droit, en temps non prescrit (200’600-
200’607). 

 f. Le 18 décembre 2014, l’expert AM______ a été entendu et a confirmé son rapport. 
Il avait trouvé des sédiments à l’intérieur du B______. Il était possible de nettoyer 
complètement un ______ de tout dépôt, et il avait d’ailleurs été étonné d’en trouver 
un à l’intérieur. La percolation pouvait être consécutive aux précipitations, que le 
______ ait été à l’air libre ou enterré. Les objets ______ pouvaient expliquer les 
concentrations en or et en argent. Il y avait aussi des traces typiques de la ______. 
S’il n’y avait pas une petite différence au niveau de la présence de smectite (minéral 
argileux), il pourrait dire avec certitude que les deux échantillons provenaient du 
même lieu (400’085-400’095). 

 g. Par ordonnance du 23 janvier 2015, le Ministère public a chargé le 
Prof. AO______, conservateur de minéralogie et pétrographie du E______ et 
spécialiste rattaché au Département des Sciences de la Terre de l’Université de 
______ [Suisse], de procéder à une analyse d’un fragment du B______ pour 
identifier la provenance de son marbre (300'106 ss). 

 h. Le 8 avril 2015, l’expert précité a rendu son rapport. Le fragment de marbre 
analysé provenait de F______. L’échantillon comparatif présentait des similarités, 
mais l’absence d’analyse isotopique ne permettait pas d’apporter plus de précisions 
(300’124-300’127). Les parties n’ont pas souhaité entendre l’expert sur son rapport. 

 i. Par courrier du 24 juin 2015, A______ a contesté ce qu’elle appelait la "thèse 
J______", notamment parce que la cavité identifiée par la Turquie était trop petite 
pour contenir le B______ litigieux. Quant à la "thèse Z______", elle était dépourvue 
de toute crédibilité. L’expertise AM______ excluait que le B______ pût provenir de 
C______. Quant à l’expertise AO______, elle n’était pas nécessaire. Selon 

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l'intéressée, il était plus vraisemblable que le B______ ait été découvert ailleurs qu’en 
Turquie. La restitution ne pouvait donc être ordonnée, que ce soit sous l’angle du CP 
ou de la LTBC. 

 j. Par courrier du 30 juin 2015, la République de Turquie a persisté à réclamer la 
restitution du B______ en application de la LTBC. 

 k. M______, domicilié ______ à Genève, a été entendu le 1er juillet 2015, en tant que 
Pàdr. Il a expliqué avoir hérité avec son frère N______, du B______ romain en 1998. 
Ce dernier avait toujours été entreposé aux Ports Francs depuis la fin des années 
1980, dans les locaux de feu son père, devenus ceux de A______ en 1992 (recte : 
1993). Celui-ci lui avait dit avoir acheté le B______ en Suisse, mais il ignorait à qui 
et pour quel prix. Il n’avait trouvé aucun document relatif à cette acquisition. Il 
n’était pas d’usage à l’époque de documenter les achats auprès de particuliers ou de 
marchands, mais le B______ avait bien été acquis auprès d’un marchand. Cet objet 
était proposé depuis des années à AP______ et c’était dans la perspective de le 
vendre que son frère et lui l'avaient fait restaurer. Ils avaient encore un ______ de 
type romain mais moins décoré. Ces deux ______ avaient été acquis après le décès de 
I______. Le B______ séquestré était la propriété de G______, depuis 1995, comme 
nombre d’objets de la collection de feu son père et il était aujourd’hui le seul 
actionnaire de ladite société; un inventaire de ses biens avait été établi à la demande 
des douanes. D’après M______, le B______ avait été sculpté ailleurs qu’à C______. 
Il n’avait jamais quitté les entrepôts, sauf pour être restauré à ______ v[Grande-
Bretagne]. La facture de Y______ du 27 juillet 1992 (200'120) portait la 
contresignature de son frère et devait correspondre au B______ saisi. La différence 
de poids s’expliquait par celui de la caisse. Il était cependant possible que tout cela 
concernât un autre ______ (400’097-400’120). 

 l. Un délai au 17 juillet 2015 a été imparti aux parties pour produire les dernières 
pièces et les éventuelles demandes d’actes d’instruction. À la requête de A______ ce 
délai a été prolongé au 21 août 2015. 

 m. Cette dernière a documenté l’acquisition, postérieure au décès de I______, des 
deux ______ et expliqué que, si le B______ séquestré ne figurait pas dans 
l’inventaire de 2003, c’était parce qu’il était à ______ [Grande-Bretagne] pour 
restauration (200'648 ss). 

 n. Les parties n’ont pas sollicité d’autres actes d’instruction. 

 o. Personne n’a été mis en prévention. Seul demeure sous mains de justice, dans la 
présente cause, le B______, référencé 3______. 

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F. Dans son ordonnance querellée – citant directement sous son libellé les art. 9 et 
24 LTBC, 70, 139 et 160 CP, et 319ss CPP –, le Ministère public a tenu pour établi 
que le B______ litigieux avait été excavé de C______ au terme d’une fouille 
clandestine dans les années '70 voire '80, puis exporté illicitement, importé à Genève, 
acquis par I______ entre la fin des années ’80 et la fin des années 1990, puis exporté 
par ses héritiers en 2003, et réimporté en Suisse en 2009, étant précisé que tant 
I______ que ses héritiers et A______ avaient, à tout le moins, envisagé et admis que 
le B______ provenait d’une fouille illicite. 

 i. En effet, selon le Procureur et au vu des enquêtes menées :  

 a. A______ et ses ayant droits n’avaient fourni aucune information sérieuse sur 
l’achat et l’importation du B______. Or, il était invraisemblable d’ignorer quand, où, 
à qui et pour quel prix un objet d’une telle valeur avait été acquis. L’ignorance 
affichée par A______, ses ayant droits et ses employés ou proches était encore moins 
vraisemblable, si l’on admettait que la culture professionnelle du commerce de l’art 
ancien était, par nature, comme ils le soutenaient, fondée sur l’oralité, et partant sur 
une mémorisation infaillible. Le défaut de mémoire ne pouvait, dans ces 
circonstances, qu’être compris comme l’expression d’un refus de coopérer et d’une 
volonté de dissimuler; 

 b. A______ et ses ayant droits s'étaient aussi et d’abord abstenus de documenter, 
respectivement de conserver tout justificatif relatif à cette antiquité; avec la précision 
que le devoir de diligence et de documentation pouvait se mesurer à l’aune de l’art. 
16 de la LTBC, qui constituait une codification éloquente des bonnes pratiques de la 
profession (Message du 21 novembre 2001 relatif à la Convention UNESCO et à la 
LTBC - qui intégrait cette Convention au droit suisse - ; ci-après : Message, FF 2002 
505 ss). L’exigence de vigilance et de documentation des marchands d’art figurait 
d’ailleurs déjà expressément au nombre des engagements des États parties à la 
Convention du 14 novembre 1970 concernant les mesures à prendre pour interdire et 
empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens 
culturels  (art. 10 - RS 0.444.1; ci-après : Convention UNESCO); 

 c. En droit privé, et sous l’angle de l’examen de la bonne foi du possesseur 
(art. 936 CC), le commerçant devait faire preuve d’une prudence proportionnelle au 
risque spécifique de la transaction. La vigilance et la prudence exigibles étaient en 
fonction des circonstances (par exemple en matière d’œuvres d’art : arrêt du Tribunal 
fédéral 5A_372/2012 du 18 avril 2013, consid. 3.2.2). En présence d’un objet 
provenant d’une zone de pillage connue et d’un pays notoirement strict en matière de 
patrimoine archéologique, pareille absence de clarifications au moment de 
l’acquisition - comme d’ailleurs par la suite - ne s’expliquait pas; 

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 d. Les carences des membres de la famille I______/M______/N______ et de 
A______ avaient, en définitive, peu à faire avec une pratique professionnelle typique 
des marchands d’art. En vérité, elles ressortissaient, en général et in concreto, à une 
stratégie de dissimulation et ne pouvaient avoir pour effet et pour but que de cacher 
l’origine du B______. Or, la volonté de dissimuler était un indice très fort de la 
provenance illicite d’un bien. À l’inverse, l’origine licite incitait à fournir les 
renseignements appropriés; 

 e. Les documents de Y______, finalement produits par A______ le 25 avril 2012, 
attestaient du convoyage d’un ______ en 1992 (200'119-120), ainsi que du paiement 
des frais y relatifs. Outre que ces pièces ne confirmaient pas les allégations de 
A______ selon lesquelles le bien serait resté aux Ports Francs depuis la fin des 
années '80 jusqu’à son départ pour ______ [Grande-Bretagne] en 2003, elles 
mentionnaient quatre caisses au lieu de deux et un poids de ______ kg, soit inférieur 
de ______ kg à celui affiché en 2003 et 2009, à l’occasion du déplacement à ______ 
[GB]. L’explication, telle qu'avancée par M______, de cette différence par le poids 
de la caisse n’était pas vraisemblable, car on ne voyait pas que le transport de 1992 se 
serait fait sans conditionnement ni protection. Il s’agissait donc, au mieux, d’un 
document concernant un autre ______, et, au pire, d’une tentative consciente de 
conforter une thèse défensive par un justificatif dont la pertinence n’était 
qu’apparente. Or, il avait été établi que la signature de N______ figurait sur la facture 
du 27 juillet 1992 (200'120); 

 f. A______ avait affirmé savoir que le B______ appartenait formellement à 
G______. Mais A______ et ses animateurs n’avaient su ou voulu expliciter pourquoi. 
La seule justification plausible était qu’une entité offshore avait été interposée 
comme une pure façade pour dissimuler la propriété et la localisation du B______ et 
compliquer, voire compromettre, l’identification de son origine. Cela étant, mis à part 
les déclarations de A______ et un document établi à l’occasion de l’entreposage à 
______ [GB], rien (contrat, cession, contreprestation) ne prouvait que le B______ 
appartenait bien à G______; 

 g. L’exportation du B______ à ______ [GB] entre 2003 et 2009, soit durant six ans, 
ne pouvait s’expliquer par la seule restauration de son ______, comme l’avaient 
allégué les animateurs de A______. La restauration avait été effectuée en 2004 déjà, 
ainsi qu’en attestait la facture de L______ (200'009.18). Le transport, coûteux, du 
B______ lui-même n’aurait pas été nécessaire. C’était donc bien un entreposage à 
______ [GB] qui avait eu lieu durant cette période, comme il ressortait d’un 
document établi par G______, le 26 mars 2003, intitulé "For bonded warehouse 
storage", adressé à sa représentation à ______ [GB] et concernant un ______ romain 
en marbre, ainsi que son ______, les dimensions totales étant de 7______ x 5______ 
x 6______ cm (100'024 = 200'009.13). Cette facture de USD 1'300'000.- (100'024) ne 
permettait d’ailleurs pas de comprendre d’où venait le B______. A______ n’avait 

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jamais exposé pour quelle raison cet objet était resté à ______ [GB] si longtemps. On 
pouvait observer, à ce propos, que la LTBC avait été adoptée en 2003 (avec effet au 
1er juin 2005) et ainsi formuler l’hypothèse que le bien visé avait été rapatrié à 
Genève en 2009, pour être proposé à la vente à AP______, via K______, en vue de 
sa remise au E______; 

 h. Le B______ n’avait pas été porté à l’inventaire de A______ lorsque celui-ci avait 
été établi à la demande des douanes. Il n’y avait été intégré qu’à son retour de ______ 
[GB] en 2009. On pouvait admettre qu’il était détenu formellement par G______, à 
______ [GB], et n’était alors pas entreposé chez A______. Mais on aurait aussi pu 
s’attendre, s’il ne devait séjourner au Royaume-Uni que le temps d’une restauration, 
à ce qu’il soit déclaré à Genève. De fait, le B______ avait échappé au contrôle des 
douanes suisses jusqu’en 2009; 

 i. Lors de la visite d’inventaire douanière de 2010, le B______ était caché sous une 
couverture dans un local séparé. D______ avait tenté de dissuader les douaniers de 
visiter ce local en expliquant qu’il ne contenait que des cartons, ce qui était 
mensonger. Certes, tant D______ que A______ avaient nié avoir voulu dissimuler ou 
tromper. Mais il n’y avait pas lieu de douter du récit des douanes et cet épisode 
demeurait pour le moins troublant; 

 j. Il était établi, par expertise, et non contesté par les parties, que le marbre du 
B______ provenait de F______;  

 k. Le seul dépôt trouvé à l’intérieur du B______ présentait plusieurs similitudes 
significatives avec un échantillon de terre prélevée sur le site de C______. D’autres 
différences étaient imputables à la présence d’objets précieux, à la ______, à la 
percolation et à des variations de nature géologique. La portée de ces dernières 
n’avait pu être établie faute de connaissance du sous-sol de la région, comme de 
prélèvements multiples et en pleine terre; 

 l. Le style de la frise permettait d’attribuer celle-ci à l’atelier de C______, selon la 
plupart des spécialistes. La finition en ce lieu suggérait que le client final se trouvait à 
C______ et que le B______ n’avait donc pas été exporté. Cette hypothèse était 
corroborée par le fait que les ______ [de type] ______ étaient, "sauf exception, 
rarement utilisés sur place" (sic). Les ______ similaires recensés ailleurs dans le 
monde, s’ils présentaient pour certains des ______, n'étaient pas pour autant du style 
______, et n’avaient pas été finis à C______; 

 m. Le B______ concerné comportait sur une face latérale un orifice très semblable à 
celui qu’on apercevait tant sur les ______ exposés au U______ que sur ceux encore 
visibles [à C______]. Ce trou (grossièrement réparé en l’espèce) était typique des 
pillages opérés sur le site pour s’emparer des objets de valeur dans les ______ encore 

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enterrés. Pour mémoire, selon l’expert AM______, les traces d’or dans le dépôt 
attestaient de la présence d’objets précieux. D’autres ______ avaient, certes, été 
excavés ailleurs dans le monde, et sans doute aussi fracturés. Cependant, les images 
de ces autres antiquités produites dans la procédure ne présentaient pas d’orifice, ou 
pas d’orifice semblable. La similarité des modes opératoires était donc également 
troublante et suggérait que le B______ saisi avait bien séjourné [à] C______ avant 
d’en être excavé; 

 n. Z______ avait admis ne pas avoir vu lui-même l'objet litigieux, mais reconnu celui 
que lui avait décrit feu son oncle quand les médias avaient parlé du B______ 
séquestré. Il avait spontanément avisé le U______. Ses déclarations avaient été 
constantes et étaient vraisemblables en ce qu’elles correspondaient à la réalité de 
l’industrie du pillage à C______. Elles comprenaient la description de l’ampleur de 
l’activité de pilleur de ______ de son oncle, ainsi que de son réseau. Z______ et sa 
famille, oncles compris, habitaient littéralement sur [place] à l’époque des faits 
rapportés. Le témoin avait, en outre, expliqué avoir fait l’objet de pressions du réseau 
des trafiquants pour retirer ses déclarations. Il n’y avait ainsi pas lieu de mettre en 
doute celles-ci; 

 o. X______ avait, lui, assuré que le ______ romain, ou tout au moins un objet de ce 
type, se trouvait aux Ports Francs en 1994 déjà; 

p. Ce B______ n’avait, jusqu’à sa découverte en 2010 dans les Ports Francs, été 
recensé, commenté ou documenté dans aucune publication, qu’elle soit scientifique 
(traité, monographie, article, catalogue d’exposition) ou commerciale (plaquette, 
catalogue de vente), ce qui laissait à penser qu'il était bien le produit d’une fouille 
illicite interdisant qu’on en parlât, qui plus est une fouille illicite récente (i.e. ne 
remontant pas à la Renaissance ou au XIXe siècle, comme pour les vestiges 
similaires connus à Rome), et donc plus exposée, de ce fait, aux revendications 
étatiques; 

 q. A______ avait avancé plus d’une fois que le B______ provenait d’ailleurs - par 
exemple de Rome - et avait, dès sa fabrication, été exporté de Turquie, ou alors y 
avait été excavé, mais il y avait très longtemps. A______ n’avait toutefois pas 
apporté d’élément probant à ce sujet. Or, si cette entité avait "acquis" un ______ 
détenu par un collectionneur romain, elle avait tout intérêt à le dire clairement, et 
même à tenter de le prouver. Et si A______ avait "acheté" un ______ issu d’une 
fouille récente en Italie, elle aurait, certes, pris un risque en le révélant, mais 
l’autorité italienne - ou d’un autre pays - aurait assurément revendiqué le ______ 
dont le séquestre avait été documenté et illustré dans les médias (étant rappelé que la 
famille I______/M______/N______ est mondialement connue pour [son] commerce 
de vestiges archéologiques). La contre-hypothèse de A______ et de ses animateurs 
apparaissait ainsi peu consistante et peu convaincante; 

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 r. Les éléments du dossier, pris dans leur ensemble, établissaient au-delà de tout 
doute raisonnable que le B______ séquestré était bien le fruit d’une fouille illicite de 
C______, suivie d’une exportation illicite de Turquie entre la fin des années '70 et les 
années '90, ainsi que d’une acquisition en 1991 (cf. let. B. g. supra) et que les 
I______/M______/N______ ainsi que A______ le savaient – ou à tout le moins 
devaient le savoir – ce qui faisait d’eux des possesseurs de mauvaise foi; 

 s. En définitive, il importait peu que le lieu et la date exacts de la fouille demeurent 
incertains. La ville haute antique de l’ancienne C______ était, en effet, bordée d’une 
immense ______ dont une toute petite partie avait été, jusqu’ici, mise à jour par l’État 
turc et qui était restée, pour le surplus, faute de protection adéquate, à la "libre" 
disposition de familles ou de groupes de pillards durant des décennies. 

 ii. Sur le fond, le Ministère public a liminairement précisé que son ordonnance du  
21 septembre 2015 ne concernait que la poursuite ayant trait aux agissements relatifs 
au ______ romain. Il a également spécifié qu'elle était fondée sur le CP et sur la 
LTBC, ainsi que sur les art. 320, respectivement 352 et 376 CPP relatifs au 
classement et à l'ordonnance pénale autonome. La compétence des autorités de 
poursuite pénale genevoises résultait de l'art. 27 LTBC. 

 Le Procureur a ensuite argué que le droit privé turc attribuait à l’État la propriété des 
vestiges archéologiques extraits de son sol, de sorte que le B______ concerné, issu 
d’un vol, relevait d'une appropriation du produit de fouilles au sens de l'art. 724 CC 
(art. 24 let. b LTBC), ainsi que d’une importation illicite, en 2009, au sens de l'art. 24 
let. a et c LTBC, la tentative de vente de 2010 pouvant aussi tomber sous le coup de 
la let. a de cette disposition. 

 Le B______ était également le produit d’un vol (art. 139 CP) et d’un recel 
(art. 160 CP) sous l’angle du droit commun suisse, la prescription de l’infraction 
sous-jacente n’emportant pas celle du recel. À ce titre, il devait être restitué d’office à 
son propriétaire, en application de l’art. 70 al. 1 CP, subsidiairement de 
l’art. 9 a. LTBC qui disposait que "quiconque possède un bien culturel qui a été 
importé illicitement en Suisse peut faire l'objet d'une action en retour de l'État d'où 
ce bien a été illicitement exporté". Selon le Procureur, il fallait considérer que la 
volonté du législateur, en mettant en œuvre la Convention UNESCO, avait été de 
soumettre à la LTBC, soit notamment aux infractions de son art. 24 et à l’action en 
retour de son art. 9, tout bien culturel importé ou exporté illicitement, dès lors qu’un 
seul passage de frontière vers la Suisse ou vers l’étranger avait été accompli, après 
l’entrée en vigueur de la loi. Le contrôle des mouvements transfrontaliers par les 
douanes était, en effet, l’instrument choisi pour détecter, séquestrer et soumettre à la 
loi les biens culturels (art. 19 LTBC). Peu importait que l’exportation eût pour objet 
une vente (dont la légalité s’examinait sous l’angle de l’art. 16 LTBC) ou une 
restauration, ni qu’elle eût une certaine publicité (la volonté de dissimuler n’était, au 

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contraire du recel, pas une condition à l’application de la LTBC). Ainsi, le passage de 
frontière en 2009 du B______ litigieux soumettait-il celui-ci à la LTBC.  

 S'agissant de l’action en retour, elle était, en soi, indépendante de la commission 
d’une infraction pénale à la LTBC ou à une autre loi; partant, la prescription 
éventuellement acquise sous l’angle de l’art. 24 LTBC ne faisait pas obstacle au 
retour. Par ailleurs, l’art. 9 al. 1 LTBC ne soumettait pas expressément le droit de 
requérir le retour d’un bien à la conclusion d’un accord topique entre États. La 
mention d’un accord ne résultait, en fait, que de la note marginale, mais pas de la 
lettre, ni de la systématique, ni de l’esprit de la LTBC. En effet, l’art. 9 LTBC 
constituait le pendant de l’action donnée à la Confédération par l’art. 6 LTBC, 
laquelle n’était pas non plus soumise à l’existence d’une convention. Enfin, les art. 6 
et 9 LTBC mettaient en œuvre l’art. 6 let. b ii) de la Convention UNESCO, qui 
soumettait l’obligation de restituer à plusieurs conditions, mais pas à celle de la 
conclusion d’une convention ou d’un accord spécifique. Il était en tout cas établi, 
aujourd’hui, qu’une disposition de droit privé attribuant à l’État requérant la propriété 
des vestiges archéologiques extraits de son sol était reconnue par les tribunaux 
suisses sans qu’un accord ou une convention doive être passé par la Confédération 
avec l’État qui sollicitait le retour. En outre, la Turquie avait appris le séquestre du 
B______ le 24 février 2011 et en avait requis le rapatriement le 1er juillet 2011. Cet 
État avait ainsi formellement sollicité le retour dans l’année qui avait suivi son 
information, et dans les trente ans suivant l’exportation, si l’on admettait, comme en 
l’espèce, que celle-ci avait eu lieu dans les années '80, ou plus vraisemblablement au 
début des années '90, soit avant 1992 ou 1993 – H______ ayant affirmé que 
l’acquisition remontait à 1991 (cf. let. B.g. supra). 

 Au surplus, le classement de la procédure s'imposait compte tenu du décès de 
I______. Enfin, aucune indemnité n'était due à A______ – au demeurant jamais 
chiffrée par cette dernière – du fait de la restitution/du retour du B______ concerné, 
au vu sa mauvaise foi et l’absence de contreprestation. 

 L'ordonnance précisait encore que toute personne s'y estimant fondée pouvait 
recourir contre le classement de la poursuite, respectivement la confiscation/ 
restitution, conformément aux art. 393 ss CPP. 

G. a. À l'appui de son recours, A______ a d'abord déploré que le Ministère public ait 
choisi de communiquer sa décision à la presse, sans attendre son éventuelle entrée en 
force, faisant, en sus, accroire que les autorités du canton de Genève étaient 
définitivement engagées vis-à-vis de la Turquie, le titre du communiqué étant 
"______". [Le journal] AQ______ avait d'ailleurs aussitôt publié dans son édition 
électronique, "______". 

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 Après avoir repris le déroulement de la procédure, la recourante a fait valoir une 
violation de l'art. 318 CPP, dans la mesure où le Ministère public avait, certes, le  
12 mai 2015, interpellé les parties sur le fait qu'il entendait restituer le B______ 
séquestré à la Turquie, sans cependant lui indiquer, alors qu'elle était prévenue –  
l'instruction ayant été ouverte à son encontre le 27 avril 2011 –, s'il entendait la 
mettre en accusation ou classer la cause. 

 L'intéressée a également souligné que, dans sa décision, le Procureur faisait 
clairement référence aux art. 376 ss CPP, de sorte que le courrier du 12 mai 2015 
s'apparentait à la procédure de l'art. 377 CPP – raison pour laquelle elle formait 
parallèlement opposition auprès du Ministère public –. Il y avait donc aussi violation 
de l'art 70 CP, une confiscation ne pouvant se justifier que dans le cadre d'une 
procédure pénale au sens des art. 320 ss CPP et non pas dans le cadre d'une procédure 
indépendante au sens des art. 376 ss CPP. De surcroît, aux yeux de la recourante, le 
Procureur indiquait, à tort, qu'il n'y avait pas eu de mise en prévention. Or, la présente 
procédure avait été ouverte à son encontre des chefs d'infraction à l'art. 24 LTBC, 
puis étendue aux art. 139 et 160 CP. De plus, en classant la cause, le Ministère public 
reconnaissait qu'il n'y avait pas de soupçon suffisant à son endroit, à l'instar de ce 
qu'il avait admis dans la même procédure, mais dans une ordonnance du 28 octobre 
2014, en lien avec les deux ______ des ______ phéniciens anthropomorphes. En 
l'occurrence, il affirmait néanmoins, et paradoxalement, que le B______ était le 
produit d'un vol et d'un recel, classant le dossier, en définitive, en raison du décès de 
I______, lequel était pourtant survenu en 1998, soit bien avant l'ouverture de la 
procédure en 2011. 

 Selon la recourante, aucune prévention n'ayant été retenue à son encontre, l'art. 70 CP 
ne pouvait pas s'appliquer, pour ce motif également. Elle rappelait, ensuite, que 
l'art. 70 al. 3 CP prévoyait que le droit d'ordonner la confiscation de valeurs se 
prescrivait par sept ans, à moins que la poursuite de l'infraction en cause ne soit 
soumise à une prescription plus longue. Les infractions invoquées de vol et 
d'exportation illicite, qui auraient eu lieu dans les années '70, étaient indéniablement 
prescrites, ce que le Procureur semblait implicitement avoir admis. Il en allait de 
même du recel. En effet, il était établi que I______, lui-même, avait acquis l'objet en 
question dans le courant des années '90. Selon le principe de la lex mitior, la 
prescription était donc de dix ans (art. 70 aCP). Comme le précité était décédé en 
1998, le dies a quo courait depuis cette date, soit la dernière année où I______ aurait 
pu acheter le B______ incriminé. La prescription étant ainsi acquise depuis 2008, 
voire 2013, selon le droit actuel. De ce fait, l'art. 70 CP était, une fois encore, 
inapplicable. 

 La recourante relevait, par ailleurs, que le seul élément qui rattachait le ______ 
romain à la Turquie et à C______ était le témoignage "inespéré" de Z______, qui 
faisait suite à la "thèse J______" après qu'elle se fut révélée erronée, les soupçons 

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d'un pillage dans la région d'Antalya ne s'étant pas avérés. Or, sans aucune 
vérification, cette nouvelle thèse avait été intégrée dans la procédure et avait suscité 
la commission rogatoire du 26 juillet 2013. La recourante rappelait que ce témoin 
était alors en prison et incapable de donner des explications probantes conduisant à 
admettre que le ______ dont il parlait était bien celui saisi à Genève, avec la 
précision qu'il ne l'avait jamais vu et se limitait à rapporter de prétendus aveux de son 
oncle décédé. Les expertises subséquentes n'apportaient pas davantage d'éléments 
susceptibles de corroborer les dires de Z______. Pour sa part, l'expert AM______ 
avait exclu que le marbre du B______ romain était similaire à l’échantillon 
géologique fourni par le U______ [turc] et affirmé qu'il n'avait pas de preuves 
scientifiques que les échantillons de sol prélevés dans le B______ provenaient de la 
région de C______. L'expertise de AO______ confirmait, elle, que le marbre du 
B______ venait de F______, soit une région plus au nord que C______. Le 
Prof. AN______ n'était pas un expert mandaté par le Ministère public et son rapport 
ne démontrait en rien que feu l'oncle de Z______ avait excavé le B______ dans les 
année '70. Pour le Prof. AR______, dont l'avis avait été versé à la procédure, le 
nombre de ______ découverts en Italie était élevé, et cela avant tout parmi les 
______ "à frise" et du groupe dit ______; c'était ainsi que l'atelier de ce groupe, avant 
même d'être actif dans les régions micrasiatiques, était largement tourné vers 
l'exportation au début de sa période de production, apparaissant presque comme 
l'unique centre de manufacture en Asie mineure à être dédié vers l'Occident, dans le 
sens large du terme. Quant au Prof. AS______, il assurait qu'une indication 
stylistique et/ou l'établissement exact du lieu de fabrication ne permettaient pas de 
discerner avec certitude la provenance antique d'une pièce : les ______ de F______ 
étaient des produits de luxe et étaient donc soumis à un intense commerce 
international (400'003-400'005). Il en résultait qu'il n'existait aucune preuve que 
l'objet visé avait été volé [à] C______, puis exporté illicitement. L'art. 70 CP était, 
sous cet angle également, inapplicable. 

 Aux dires de la recourante, il n'était pas non plus acceptable, ainsi que l'avançait le 
Ministère public, d'évoquer un refus de coopérer ou une volonté de dissimuler, alors 
que I______ était décédé abruptement, sans avoir pu expliquer à ses fils les 
conditions d'acquisition des innombrables pièces de sa collection. Il en allait de 
même lorsque le Procureur affirmait que la recourante avait sciemment choisi de ne 
pas conserver de documentation, alors que AP______ avait expliqué qu'à l'époque 
concernée, il n'était pas dans les habitudes des marchands d'art d'en demander. Sa 
bonne foi ne pouvait davantage être mise en cause s'agissant de l'absence de demande 
de clarifications, alors que cinq ans d'enquête n'avaient même pas permis de 
déterminer si le B______ saisi était resté en Turquie depuis le IIe siècle après Jésus-
Christ. Était également sans fondement l'argument selon lequel le B______ avait été 
envoyé à ______ [Grande-Bretagne] pour y être dissimulé. Pour le vendre aux 
meilleures conditions, il était, en effet, nécessaire de le restaurer et de le nettoyer. Au 
demeurant, sa sortie des Ports Francs en 2003, son retour en 2009 et son "séjour" à 

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______ [GB] étaient documentés. Enfin, il ne pouvait pas être reproché à M______ 
ne pas connaître les raisons pour lesquelles feu son père avait mis en place des 
sociétés "intermédiaires", qui plus est en inférer qu'il devait avoir envisagé et admis 
que le B______ provenait d'une fouille illicite. Aucun élément de preuve ne 
corroborait la "thèse Z______" et les réquisits de l'art. 70 CP n'étaient pas réunis. 

 A______ observait, au surplus, que l'objet de la procédure pénale turque et celui de la 
procédure suisse était identique, de sorte que la procédure d'entraide 
(CP/11______/2011), ainsi que la présente cause, s'étaient alimentées l'une l'autre, ce, 
sur les seuls soupçons, finalement démentis, de J______, puis sur le témoignage de 
Z______. De plus, l'ordonnance querellée, par ailleurs confuse, vidait de sa substance 
la procédure d'entraide, en tant qu'elle tendait également à la restitution du même 
B______ et sur la base des mêmes faits. Au sens de la recourante, le Ministère public 
se soustrayait ainsi à la surveillance de l'OFJ, qui était ainsi lésé et devait être 
interpellé, car elle était privée des droits procéduraux que lui garantissait l'EIMP.  

 S'agissant de la LTBC, la recourante était d'avis que cette loi n'était pas applicable 
aux acquisitions entérinées avant son entrée en vigueur, le 1er juin 2005 (art. 33). Le 
Message spécifiait que cette loi avait pour but d'interdire l'importation des biens 
culturels volés dans un musée ou un monument public civil ou religieux, avec la 
précision que les vols, fouilles clandestines ou importations et exportations illicites 
devaient avoir lieu après l'entrée en vigueur de la Convention dans les deux États 
concernés, respectivement de la LTBC en Suisse (FF 2002 505 p. 535 et 574). En 
l'occurrence, il était établi que le ______ romain avait été acquis par feu I______, 
licitement, en Suisse, dans les années '90. Une restitution sur la base de la législation 
précitée n'était donc pas envisageable. Le transfert du bien au Royaume-Uni en 2003 
et son retour en 2009 ne pouvaient davantage justifier sa confiscation et sa restitution 
à la Turquie. En effet, les art. 7 et 9 LTBC supposaient l'existence d'un accord entre 
cet État et la Suisse. Or, tel n'était pas le cas. Même à admettre que l'art. 9 LTBC fût 
applicable, il fallait qu'une exportation illicite ait eu lieu depuis la Turquie et que 
l'action en retour ne soit pas prescrite. In casu, la Turquie avait été informée de 
l'existence du B______ par la FEDPOL, le 24 février 2011, et s'était bornée à 
décerner une commission rogatoire le 21 mai suivant, ce qui n'équivalait pas à une 
action en retour au sens de l'art. 9 LTBC. Même à la considérer comme telle, cette 
action n'était basée que sur la "thèse J______", qui s'était révélée fausse. Si, mutatis 
mutandis, la nouvelle commission rogatoire du 1er novembre 2012, fondée sur la 
"thèse Z______" valait action en retour, elle serait alors prescrite, puisqu'introduite 
plus d'un an après l'annonce de la FEDPOL. Par ailleurs, et dans les deux cas, la 
prescription absolue de trente ans devait être constatée. En tout état, la prétendue 
exportation illicite n'était pas démontrée. 

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 La recourante affirmait, en conséquence, que les conditions d'une confiscation et 
d'une restitution n'étaient pas réalisées; partant, le séquestre du B______ litigieux 
devait être levé. 

 b. Invité à se déterminer, le Ministère public a persisté dans les termes de sa décision, 
le 26 octobre 2015, considérant comme irrecevables les requêtes préalables de la 
recourante. Il a ensuite rappelé que l'affaire était, dès son origine, bien connue dans le 
milieu du commerce des antiquités et des musées et avait très tôt attiré l'attention des 
médias. Une information factuelle, succincte et mesurée était donc justifiée au 
moment de la notification de l'ordonnance entreprise, d'autant que le communiqué de 
presse précisait que personne n'était condamné et que la décision n'était pas encore 
entrée en force, car susceptible de recours. A______ ne pouvait donc prétendre avoir 
subi un quelconque dommage en raison de cette communication. 

 Le Procureur a également spécifié que l'instruction avait bien été ouverte contre la 
recourante, mais les enquêtes avaient rapidement révélé que c'était du vivant de 
I______ et par ce dernier que le B______ avait été acquis et importé en Suisse, puis 
entreposé chez la recourante, de sorte qu'elle ne s'était jamais trouvée matériellement 
- ni formellement - en position de prévenue. Les conditions de la restitution du 
B______ étaient ainsi l'unique objet de la procédure, des mesures ordonnées, ainsi 
que des pièces et écritures des parties. Il avait bien annoncé à ces dernières qu'il allait 
clore la procédure et projetait de restituer l'objet litigieux, puis il les avait invitées à 
solliciter des actes d'enquête complémentaires. Personne n'ayant été mis en 
prévention, la recourante pouvait en déduire qu'un classement serait prononcé. L'art. 
318 CPP n'avait donc pas été violé. Enfin, la voie de recours indiquée était celle 
afférente au classement et il n'avait jamais été question d'une confiscation 
indépendante. 

 Selon le Procureur, la confiscation "in rem" de l'art. 70 CP était possible en l'absence 
de condamnation ou de poursuite. Si, comme en l'espèce, elle était prononcée au 
terme d'une poursuite qui devait être classée en raison du décès de l'auteur probable 
des faits incriminés, les art. 319 ss s'appliquaient. Il ajoutait avoir explicitement 
indiqué dans son ordonnance que le B______ saisi était le produit d'infractions, ce 
qui le distinguait des ______ des ______ phéniciens dont la Chambre de céans avait 
dit, le 28 octobre 2014, qu'ils n'étaient apparemment pas le produit d'un vol ou d'un 
recel poursuivis au Liban. Le Ministère public estimait, en outre, que la prescription 
de recel n'était pas acquise. En effet, après avoir été acheté et importé par I______, le 
B______ avait été transféré à G______ - entité transmise aux héritiers du précité -, 
confié à A______, puis expédié à un tiers au Royaume-Uni pendant plusieurs années. 
La recourante ne pouvait pas être poursuivie à teneur de l'art. 102 CP, mais c'était en 
son sein que la dissimulation avait été accomplie, soit un délit continu distinct de 
l'acte d'achat et dont la prescription ne dépendait pas de l'infraction préalable. De 

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plus, le B______ avait été exporté et réimporté par la recourante après l'entrée en 
vigueur de la LTBC. 

 De l'avis du Ministère public, quatre faisceaux de preuves établissaient que le 
B______ provenait bien d'un pillage récent [à] C______ : le marbre provenait de 
F______, les résidus recueillis sur le fond de l'objet ressemblaient à l'un des 
échantillons au moins prélevé sur le site, Z______ avait reconnu le B______ comme 
étant celui que feu son oncle avait excavé dans les années '70 à C______ et il portait 
les mêmes traces d'effraction que tous les ______ "visités" dans cette ville, qu'ils se 
trouvassent dans les musées ou encore enfouis [à C______]. L'étude approfondie du 
Prof. AN______ confortait ces conclusions. De surcroît, ce bien culturel n'avait fait 
l'objet d'aucune publication et avait été caché durant de nombreuses années, ce qui 
suggérait une origine illicite. 

 Au sens du Procureur, il n'y avait pas non plus de violation des règles de l'entraide. 
La CP/11______/2011 avait été suspendue à l'initiative de l'OFJ jusqu'à droit jugé 
dans la présente cause, c'est-à-dire jusqu'à ce que soit tranchée, de manière définitive, 
la question de la culpabilité d'un éventuel auteur et de la confiscation, ce dernier point 
étant précisément pendant devant l'autorité de recours. Si l'ordonnance querellée était 
confirmée, la procédure d'entraide perdrait son objet. Dans le cas contraire, il y aurait 
lieu de décider si le B______ devait être rendu à la Turquie en application de 
l'art. 74a EIMP, avec la précision que la suspension de la procédure d'entraide 
permettait justement de privilégier l'une des deux voies. 

 Quant à l'application de la LTBC, le Ministère public affirmait que le législateur avait 
voulu saisir tous les mouvements transfrontaliers de biens culturels acquis 
illicitement. Il s'agissait également de matérialiser, de manière efficace et 
raisonnable, les engagements souscrits par la Suisse en 1970. En tout état, le 
B______ visé était le produit d'au moins une infraction à l'art. 24 LTBC et devait 
donc être restitué, conformément aux termes de l'art. 70 CP. Enfin, l'action en retour 
n'était soumise à aucune forme et les demandes successives de la Turquie en ce sens 
répondaient aux exigences de l'art. 9 LTBC. 

 c. Dans ses observations du 5 novembre 2015, la République de Turquie a souligné 
que le Ministère public avait ouvert la présente procédure à la suite d'une 
dénonciation de l'AFD et avait mené son instruction à terme, selon le droit applicable, 
y compris en mettant sous mains de justice le B______ litigieux et en décernant une 
commission rogatoire en Turquie. Les droits de la défense avaient été respectés et les 
règles de l'entraide n'avaient nullement été contournées. 

 Aux yeux de l'intimée, il était établi que le B______ litigieux était de type ______, 
représentait ______ et provenait de C______, en Turquie. Il était vrai que des objets 
similaires avaient été exportés à Rome, mais ceux-ci étaient habituellement décorés 

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de frises représentant des scènes mythologiques et présentaient des ornements 
rajoutés à leur arrivée à destination. Au demeurant, deux autres ______ avaient été 
retrouvés à l'étranger et restitués à la Turquie. Les conclusions du Prof. AN______ et 
de l'expert AM______ allaient dans le même sens, ainsi que le témoignage de 
Z______. L'intimée a également rappelé qu'elle était seule habilitée à réaliser des 
fouilles à C______; or, elle n'avait jamais eu connaissance de l'excavation de ce 
B______ ni n'avait délivré d'autorisation d'exportation; l'illicéité de ces actes était 
ainsi démontrée, étant précisé que AA______, l'oncle de Z______, avait été 
condamné par la Cour d'Assises de ______ [Turquie] pour avoir, notamment, procédé 
à des fouilles illicites sur sa propriété, soit dans la zone de C______, et exporté 
illicitement les antiquités découvertes. S'agissant des fils de feu I______, ils avaient 
connu de nombreux démêlés avec la justice en raison de la provenance douteuse 
d'objets qu'ils proposaient à la vente, en particulier, juste avant l'exportation du 
B______ au Royaume-Uni et peu avant l'entrée en vigueur de la LTBC, qui obligeait 
désormais les marchands d'art à tenir un registre de leurs acquisitions. Ainsi, le 
transfert du bien concerné à ______ [Grande-Bretagne] et sa réimportation ne 
visaient qu'à faire légitimer qu'il provenait de cette ville et était la propriété de 
G______. M______ avait, par ailleurs, admis, en audience contradictoire du 1er juillet 
2015, qu'en tant que société d'entreposage, la recourante tenait des registres des biens 
stockés pour ses clients depuis sa création en 1993 (400'102). Elle aurait donc dû être 
en mesure de produire les documents attestant que le B______ se trouvait bien en ses 
locaux depuis cette date, ce qu'elle n'avait pas fait. Son intention était donc bien de 
dissimuler son existence, voire sa provenance. Il n'apparaissait d'ailleurs toujours pas 
dans les listes établies en 2003, alors qu'elle avait fait inventorier, en 2002 et 2003, 
par des huissiers judiciaires, l'ensemble des objets déposés dans ses locaux (400'102). 

 Selon l'intimée, l'examen des conditions d'une confiscation ne devait être effectué que 
lorsque le bien saisi ne devait pas être restitué au lésé (art. 70 al. 1 CP). En 
l'occurrence, il suffisait d'établir que le B______ était le produit d'une infraction dont 
le lésé avait été lui-même victime, ce qui était le cas, la Turquie étant, aux termes de 
sa législation, propriétaire des biens enfouis sur son territoire. Sous l'angle du droit 
civil, l'intimée invoquait les art. 936 al. 1, 940 al. 1 et 3 al. 2 CC, déjà en vigueur en 
1970, ajoutant qu'à teneur de la jurisprudence et pour admettre une détention de 
bonne foi, une attention accrue était exigée d'une personne ayant une connaissance 
particulière d'un marché. Celle-là devait connaître les risques spécifiques liés au 
marché concerné et savoir quelles démarches devaient être accomplies avant une 
éventuelle acquisition. Ces principes avaient été codifiés dans la LTBC, applicable au 
B______ saisi, dès lors qu'il avait été importé en Suisse, pour la dernière fois, en 
2009. 

 Dans le cas d'espèce, il ne faisait aucun doute que feu I______ était un professionnel 
du marché des biens culturels et des antiquités et savait que des pilleurs de ______ 
écoulaient des biens issus de fouilles illicites. Le B______ comportait des marques 

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typiques d'un pillage. Il pouvait donc être attendu du précité qu'il se renseignât sur sa 
provenance et sur l'identité du vendeur. S'il l'avait fait, nul doute qu'il aurait conservé 
les documents attestant de la licéité de son achat, d'autant plus s'il souhaitait le 
revendre pour en tirer un profit. Or, il n'existait aucune trace de cette transaction ni 
d'éventuelles recherches sur l'origine de l'objet incriminé. Les héritiers de I______, 
également des professionnels du marché des antiquités, n'avaient pas non plus 
démontré avoir tenté d'éclaircir ces zones d'ombre, se contentant de contacter l'"Art 
Loss Register" en 2002 et 2010, ce qui était vain si le bien provenait de fouilles 
illicites. M______ et N______ ne pouvaient donc se prévaloir de leur bonne foi. 
Certes, M______ avait indiqué à J______ que le B______ avait été acquis à Genève 
au début des années '90 auprès d'un marchand de renom (100'021). Ses héritiers ne 
disposaient toutefois d'aucun élément accréditant ces propos et, pour ne pas dévoiler 
leur ignorance, qui aurait assurément éveillé des soupçons, ils avaient créé, via le 
convoyage à ______ [Grande-Bretagne], un "paper trail propre". 

 d. A______ a répliqué le 13 novembre 2015. Elle a soutenu, au regard des 
observations du Ministère public, que le classement de la cause excluait sa 
punissabilité, mais que son statut procédural avait bien été celui de prévenue, étant 
rappelé que I______ était décédé avant l'ouverture de la procédure. Par ailleurs, le 
Procureur n'avait pas expliqué pour quel motif il avait invoqué à la fois les art. 319 ss 
CPP et les art. 376 ss CPP, de sorte que la confusion persistait. Aux dires de la 
recourante, il ne pouvait pas lui être prêté une intention de dissimulation du bien, 
pour fonder un délit continu, alors qu'était avérée sa volonté de vendre le B______ au 
E______, afin qu'il y soit publiquement exposé. Elle spécifiait, en outre, que 
C______ et F______ étaient distantes de 300 km. Il en résultait que la provenance 
originelle du B______, non contestée, n'avait pas de lien avec le lieu où il aurait été 
trouvé dix-huit siècles plus tard, et ne pouvait pas non plus constituer la preuve qu'il 
aurait fait l'objet d'un pillage récent [à] C______. Quant à la procédure d'entraide, elle 
impliquait, à l'instar de la procédure nationale, l'existence d'une infraction pénale 
pour que la remise demandée puisse être accordée. Les deux causes étaient 
néanmoins distinctes et le Ministère public avait contourné les règles de l'entraide en 
réglant  l'objet de cette dernière par le biais de la présente procédure; au demeurant, le 
grief d'un tel contournement ressortissait bien à la compétence de l'autorité de 
recours. 

 Sur les observations de l'intimée, la recourante a répété qu'hormis le lieu de 
production originelle, la destination du B______ après sa fabrication et sa situation à 
l'époque contemporaine n'étaient pas établies. L'absence de littérature scientifique 
n'apportait pas davantage d'indication sur le caractère récent ou non de l'excavation, 
caractère pourtant crucial au regard de la prescription d'une éventuelle infraction 
pénale. Au surplus, le Ministère public n'était pas habilité à se prononcer sur les 
conclusions civiles de l'intimée (art. 320 al. 3 CPP). En outre, aux yeux de la 
recourante, rien ne prouvait que la République de Turquie fût le possesseur du 

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B______ au sens du droit suisse et encore moins qu'elle le fût avant elle, ni même 
que ce bien avait été excavé du territoire de cet État. Les règles de diligence n'étaient 
pas en application sur le marché de l'art dans les années '80-'90 et un éventuel 
manquement de I______ à cet égard n'était pas imputable à ses héritiers. En tout état, 
le seul témoignage indirect de Z______ n'avait aucune valeur probante. 

 

EN DROIT : 

1. 1.1. Le recours a été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 
396 al. 1 CPP). En effet, l'ordonnance entreprise a été notifiée le 23 septembre 2015 
de sorte que le délai de 10 jours prévu par l'art. 396 al. 1 CPP échéait le samedi  
3 octobre 2015. Conformément à l'art. 90 al. 2 CPP, les écritures ont été déposées le 
premier jour ouvrable suivant, soit le lundi 5 octobre 2015 et, partant, dans le délai 
légal. 

1.2.i. Nonobstant certains dires de la recourante, son acte est bien dirigé contre une 
ordonnance de classement et de restitution sujette à recours auprès de la Chambre de 
céans (art. 320 al. 2, 322 al. 2 et 393 al. 1 let. a CPP).  

L’art. 320 al. 2 CPP prescrit, en effet, explicitement que le Ministère public lève, 
dans l’ordonnance de classement, les mesures de contrainte en vigueur et peut 
ordonner la confiscation d’objets et de valeurs patrimoniales. La restitution au lésé 
prévue par l’art. 70 al. 1 CP in fine est comprise dans la norme d’habilitation de la 
première disposition citée (A. KUHN / Y. JEANNERET (éds), Commentaire 
romand : Code de procédure pénale suisse, Bâle 2011, n. 9 ad art. 320). Il en découle 
que la Chambre pénale de recours, qui dispose d’un plein pouvoir de cognition, est 
compétente pour se prononcer sur le bien-fondé ou non du sort réservé par le 
Ministère public au B______ incriminé et critiqué par la recourante. 

ii. Il est vrai que, dans le corps de l’ordonnance entreprise, il est fait état des art. 352 
et 376 ss CPP applicables à la procédure de confiscation indépendante et à la voie de 
l'opposition prévue en ce cas. Il faut toutefois relever que, dans l'énoncé de 
l'ordonnance du 21 septembre 2015, figurent, en particulier, en tant que bases légales 
pertinentes, les art. 70 CP et 319 ss CPP, à l'exclusion des premières dispositions 
citées. À teneur de l'art. 70 al. 1 CP, il n'y a pas lieu à confiscation si la valeur 
patrimoniale, résultat d'une infraction, doit être restituée au lésé en rétablissement de 
ses droits. Or, ainsi que l'a souligné le Procureur, telle est, en réalité, la seule 
question du présent litige, la recourante contestant essentiellement que les conditions 
de l'art. 70 CP soient réunies, en l'espèce, et plus spécifiquement, que le B______ 
serait le produit d'une infraction, qui plus est non prescrite. En outre, la voie de 

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recours indiquée dans l'ordonnance querellée est explicitement celle des 
art. 393 ss CPP et, au demeurant, celle utilisée par la recourante.  

Compte tenu du déroulement de la procédure et, notamment, de l'ordonnance rendue 
le 28 octobre 2014 qui, elle, précisait que la restitution des ______ de ______ 
phéniciens était basée sur les art. 376 ss CPP, on ne saurait exclure que la mention de 
ces articles dans l'ordonnance présentement entreprise ne résultât que d'un 
malencontreux "copier-coller" non corrigé, plutôt que d'une confusion délibérément 
entretenue. D'ailleurs, dans ses observations du 26 octobre 2015, le Ministère public 
a expressément exclu avoir envisagé une confiscation indépendante (cf. let. G.b. 
supra). 

1.3. Sous l’angle de la qualité pour agir, la recourante prétend, dès lors que la 
procédure a été ouverte à son encontre, revêtir le statut de prévenue, ce que dénie le 
Procureur.  

À teneur de l'art. 111 al. 1 CPP, la qualité de prévenu s'acquiert moins par un acte 
formel que par le simple fait qu'une procédure est ouverte contre une personne 
soupçonnée – à la suite d'une dénonciation, d'une plainte ou d'un acte de procédure 
accompli par une autorité pénale – d'avoir commis une infraction. Il s'agit, en réalité, 
de la personne contre laquelle le procès pénal est dirigé, et ce statut est déterminé par 
la situation matérielle de la procédure, à savoir si la personne considérée apparaît 
comme objectivement soupçonnée, par l'autorité pénale, d'avoir effectivement 
commis l'infraction (ACPR/230/2011 du 31 août 2011; ACPR/358/2011 du 2 
décembre 2011). Si c'est le Ministère public qui a été saisi, une ordonnance fondée 
sur l'art. 309 al. 1 et 3 CPP suffit, sans qu'il soit nécessaire de passer par une "mise en 
prévention" (ACRP/56/2012 du 10 février 2012). 

En l'occurrence, il est vrai que le Procureur a prononcé une telle ordonnance, le  
27 avril 2011. Cela étant, il ressort de l'instruction, comme des termes exprès de ses 
observations du 26 octobre 2015, que les agissements litigieux tels que l'achat et 
l'importation en Suisse du ______ romain n'ont jamais été imputés à la recourante, 
respectivement à ses dirigeants, mais bien à feu I______. À cet égard, il ne paraît pas 
que ce dernier ou ses héritiers n'aient jamais été organes de la recourante. Ses 
animateurs actuels n'ont, par ailleurs, jamais été auditionnés par le Procureur ni a 
fortiori mis en prévention. Pour sa part, D______, ancien directeur de A______, a été 
entendu le 20 juin 2011, mais en qualité de Pàdr. Quant au transfert à ______ 
[Grande-Bretagne] de l'objet incriminé en 2003, pour restauration, puis à sa 
réimportation en 2009, il est établi que ces instructions de transport émanaient des 
héritiers de feu I______, via G______, dont M______ a déclaré être l'unique ayant 
droit et dont il est assurément le véritable animateur (cf. let. E.k. supra) - et non pas, 
ainsi que l'a avancé le Ministère public dans ses observations précitées (cf. let. G.b. 
supra), par la recourante, simple dépositaire (art. 474 CO) et qui n'a, de plus, jamais 

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prétendu être titulaire d'un quelconque droit réel sur l'objet litigieux -. Il apparaît 
donc bien que, dès le début de l'instruction et même après, la recourante n'a pas été 
objectivement suspectée d'avoir elle-même commis l'une ou l'autre des infractions 
poursuivies; partant, les réquisits de l'art. 111 CPP ne sont pas réunis à son encontre. 
En tout état, elle serait irrecevable à recourir contre le classement (ch. 1 du dispositif) 
qui, en tant que tel, ne la lèse en rien, aucune prévention n'ayant été retenue à son 
endroit (art. 382 al. 1 CPP). 

Il convient, en revanche, de rappeler que, parallèlement à son ordonnance d'ouverture 
d'instruction du 27 avril 2011 pour infraction à l'art. 24 LTBC et aux fins de prendre 
des mesures conservatoires, le Ministère public a précisément fait séquestrer le 
B______ en main de la recourante, de sorte qu'elle est partie à la procédure en qualité 
de tiers saisi (art. 105 al. 1 let. f  CPP). En tant que société de dépôt, la recourante est 
tenue de restituer le bien reçu au déposant (art. 472 et 479 CO). Elle a donc un intérêt 
à contester la décision du 21 septembre 2015, dès lors qu'elle ordonne la restitution 
du bien concerné à la République turque, qui le revendique, et non à sa 
cocontractante, G______, respectivement à son ayant droit M______ (art. 105 al. 2 et 
382 al.1 CPP). 

1.4. Il résulte de ce qui précède que le recours est recevable concernant ce point du 
dispositif (ch. 2; cf. let. A § 1 supra), exclusivement. 

1.5. S'agissant, en effet, des autres mesures objets de l'ordonnance querellée, force 
est de constater que la recourante ne peut se prévaloir d'aucun préjudice, étant donné 
que l'organisation matérielle du retour du B______ et des frais y afférents ne sont pas 
mis à sa charge, mais bien à celle de la Turquie. Elle ne peut non plus prétendre à 
aucune indemnité au sens de l'art. 429 CPP du fait du classement de la procédure, n'y 
ayant jamais participé en qualité de prévenue (cf. ch. 1.3. § 3 supra). Enfin, on ne 
discerne guère ce qu'elle entend faire modifier au regard du ch. 5, à savoir que les 
frais de la procédure ont été laissés à la charge de l'État, alors qu'elle conclut elle-
même à ce que tel soit le cas (cf. let. A § 2 supra). 

1.6. La recourante n’est, en conséquence, pas habilitée à remettre en cause ces 
aspects de la décision, faute d'être légitimée à agir ou d'avoir un quelconque intérêt 
juridiquement protégé à l'annulation ou la modification de ces points du dispositif 
(art. 105 al. 2 et 382 al. 1 CPP). 

1.7. Au surplus, le fait que le Ministère public ait classé la procédure à l'égard de feu 
I______ ne prête pas le flanc à la critique, dès lors que si l'une des conditions 
d'exercice de l'action publique fait défaut - ce qui doit être examiné d'office et à tous 
les stades de la procédure -, la poursuite pénale ne peut être engagée, ou bien, si elle 
a été déclenchée, elle doit s'arrêter. L'autorité doit clore le procès par une décision 

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procédurale, soit, notamment, une ordonnance de classement (G. PIQUEREZ / A. 
MACALUSO, Procédure pénale suisse, 3e édition, 2011, p. 537 n. 1553 et 1555).  

In casu, le défunt apparaît dans la procédure en tant qu'auteur présumé d'une partie 
des agissements incriminés, lesquels auraient été effectués entre les années '70 et '90. 
Or, il est mort en 1998 et le décès du prévenu constitue un empêchement définitif de 
procéder au sens de l'art. 319 al. 1 let. d CPP (A. KUHN / Y. JEANNERET (éds), op. 
cit., n. 11 ad art. 319). 

2. 2.1. La recourante a également requis, à titre préalable, l'apport de la procédure 
d'entraide CP/11______/2011, ainsi que l'"interpellation" par la Chambre de céans de 
l'OFJ, motif pris que le Ministère public aurait, par le prononcé de son ordonnance, 
contourné les règles de l'entraide, vidant ainsi de sa substance cette dernière 
procédure et la privant des droits de défense en découlant. 

 2.2. La recourante a admis, dans ses écritures, que le complexe de faits et l'objet des 
deux causes visées étaient similaires et tendaient, en définitive, à ce que le sort du 
B______ séquestré soit tranché, à savoir s'il y a lieu ou non de le restituer à la 
Turquie. L'OFJ a expressément suspendu la procédure d'entraide jusqu'à droit jugé 
dans la procédure nationale. Le Procureur se devait donc de poursuivre son 
instruction et de clore la présente cause, y compris au regard des mesures de 
contrainte en vigueur (art. 81 al. 4 let. e et 320 al. 2 CPP). On ne voit donc pas en 
quoi, à ce stade, les règles de la coopération internationale auraient été enfreintes ni 
en quoi les droits de défense de l'intéressée auraient été mis en péril, dès lors qu'elle 
est présentement habilitée à recourir contre la décision de restitution du bien saisi à la 
Turquie. 

 Les demandes sus-évoquées de la recourante doivent donc être écartées. 

3.  Cette dernière fait ensuite grief au Procureur d'avoir communiqué sa décision du  
21 septembre 2015 à la presse, tendancieusement et en violation de l'art. 74 al. 3 
CPP. 

 Selon l'art. 74 al. 1 let. d CPP, le ministère public peut renseigner le public sur une 
procédure pendante lorsque, notamment, la portée particulière d'une affaire l'exige, 
ce qu'a priori cette autorité a considéré, en l'espèce, celle-là ayant été d'emblée 
médiatisée. Au surplus, en dépit du libellé de son communiqué, assurément trop 
affirmatif, le Procureur a précisé dans ses observations du 26 octobre 2015, sans être 
contredit, avoir spécifié dans son communiqué que personne n'était condamné et que 
son ordonnance n'était pas encore entrée en force. À nouveau, on ne distingue pas en 
quoi la disposition invoquée par la recourante n'aurait pas été respectée. Il ne saurait 
non plus être reproché personnellement au Procureur, que, nonobstant la réserve 

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émise quant à la possibilité du dépôt d'un recours, la Tribune de Genève n'ait pas 
jugé opportun de nuancer le titre de sa publication en ligne. 

4. La recourante se plaint encore d'une violation de l'art. 318 CPP. Or, elle reconnaît 
avoir été dûment informée par le Ministère public du fait qu'il entendait restituer le 
B______ concerné à la Turquie et non pas le laisser en ses mains, en sa qualité de 
dépositaire, après la levée du séquestre. Elle était ainsi à même, le cas échéant, de 
requérir des investigations complémentaires aux fins d'étayer son opposition à cette 
mesure, ce qu'elle n'a pas fait (cf. let. E.n. supra). Par ailleurs, comme déjà énoncé 
ci-avant (cf. ch. 1.3 § 3) ses animateurs ou ex-dirigeants n'ayant jamais été 
objectivement prévenus des chefs des infractions poursuivies, il était manifeste qu'ils 
ne pouvaient faire l'objet d'aucune mise en accusation - et encore moins la recourante 
elle-même -, sans qu'il fût nécessaire de l'expliciter. En tout état et une fois de plus, 
on ne discerne pas en quoi cet éventuel manquement aurait prétérité ses droits de 
tiers saisi. 

5. 5.1. L'art. 70 al. 1 CP autorise le juge à confisquer des valeurs patrimoniales qui sont 
le résultat d'une infraction, si elles ne doivent pas être restituées au lésé en 
rétablissement de ses droits. Inspirée de l'adage selon lequel "le crime ne paie pas", 
cette mesure a pour but d'éviter qu'une personne puisse tirer avantage d'une infraction 
(ATF 139 IV 209 consid. 5.3 p. 211 ss et les arrêts cités). Il doit exister entre 
l'infraction et l'obtention des valeurs patrimoniales un lien de causalité tel que la 
seconde apparaisse comme la conséquence directe et immédiate de la première (ATF 
140 IV 57 consid. 4.1 p. 61 ss et les nombreuses références citées). C'est, en 
particulier, le cas lorsque l'obtention des valeurs patrimoniales est l'un des éléments 
constitutifs de l'infraction ou constitue un avantage direct découlant de la 
commission de l'infraction (ATF 126 I 97 consid. 3c/cc p. 106 et suivante).  

5.2. Le Ministère public a retenu que le B______ litigieux était le produit d'une 
infraction perpétrée au détriment de la République turque et que cet objet, partie 
intégrante de son patrimoine culturel, devait donc, d'office, être restitué à sa 
propriétaire en application de l'art. 70 al. 1 CP in fine.  

Dans un premier moyen, la recourante soutient que cette disposition n'est pas 
applicable, motif pris que les infractions invoquées de vol (art. 139 CP), recel 
(art. 160 CP) et exportation illicite (art. 24 LTBC) ne lui ont pas été imputées. 

Cet argument peut d’emblée être écarté. Il sied, en effet, de rappeler que la 
confiscation est une mesure à caractère réel qui doit être prononcée indépendamment 
du fait que l'auteur de l'infraction soit identifié, poursuivable ou condamnable. Elle 
intervient là où se trouvent les valeurs qui en font l'objet et ne vise pas 
nécessairement un coupable (M. DUPUIS / B. GELLER / G. MONNIER / 
L. MOREILLON / C. PIGUET / C. BETTEX / D. STOLL (éds), Code pénal - Petit 

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commentaire, Bâle 2012, n. 12 ad art. 70), étant répété, qu’in casu, la confiscation 
n’est pas l’objet du litige (cf. ch. 1.2.i., 1.3. dernier § et 1.4. supra). 

 5.3. Dans un second moyen, la recourante argue que les infractions sus-évoquées ne 
sont pas établies et, qu’en tout état, elles seraient prescrites au sens de l’art. 70 
al. 3 CP. 

 Selon cette disposition, le droit d'ordonner la confiscation de valeurs se prescrit par 
sept ans, à moins que la poursuite de l'infraction en cause ne soit soumise à une 
prescription d'une durée plus longue, qui est alors applicable. La date du prononcé 
judiciaire de la confiscation est déterminante pour la prescription du droit de 
confisquer. Lorsque l'infraction principale a été commise à l'étranger, l'avènement de 
la prescription se détermine en premier lieu selon le droit étranger. Si l'infraction 
n'est pas prescrite, les conditions de la confiscation sont réalisées (M. DUPUIS / 
B. GELLER / G. MONNIER / L. MOREILLON / C. PIGUET / C. BETTEX / 
D. STOLL (éds), op.cit., n. 28 ad art. 70). 

 Il convient de répéter que le Ministère public n'a précisément pas ordonné la 
confiscation du bien en question, mais sa restitution d'emblée à l'État turc, de sorte, 
qu'à ce stade, il n'y a pas lieu de vérifier s’il a respecté ou non les réquisits de cette 
norme. 

6. La Chambre pénale de recours possède un plein pouvoir d'examen en fait et en droit 
et n'est pas liée par les motifs invoqués par les parties (art. 391 al. 1 let. a CPP) ou la 
motivation de l'autorité précédente dont elle a à connaître des décisions, le seul 
principe applicable en la matière étant celui de la vérité matérielle objective et de la 
légalité (art. 7 CPP) ainsi que la maxime d'instruction et l'adage "jura novit curia" 
(art. 6 CPP ; L. MOREILLON / A. PAREIN-REYMOND, Commentaire du CPP, 
Bâle 2013, n. 2 ad art. 39). 

7. Dans le cas d'espèce et en lien avec la restitution ordonnée par le Ministère public sur 
la base de l'art. 70 al. 1 in fine CP (cf. ch. 5.1. supra), doit d'abord être examinée la 
question de savoir si le B______ est, à teneur de l’ordonnance d’extension de 
l’instruction du 20 mars 2013 (cf. let. C.m. supra), le produit d'un vol, puis d'un recel 
et si ces infractions ont été commises au détriment de la République turque, partie 
plaignante. 

 7.1. Aux termes de l'art. 139 CP, se rend coupable de vol celui qui, pour se procurer 
ou procurer à un tiers un enrichissement illégitime, aura soustrait une chose 
mobilière appartenant à autrui dans le but de se l'approprier. 

 À noter qu’il n’a jamais été évoqué, et rien dans le dossier ne le fait accroire, que le 
vol du B______ litigieux aurait été commis sur le territoire helvétique, de sorte que 

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cette disposition n’est pas applicable, en tant que telle, à cette infraction 
éventuellement perpétrée en Turquie, ou ailleurs selon la recourante. 

 La plaignante, suivie en cela par le Ministère public, allègue, en revanche, 
précisément, que le bien litigieux aurait été acquis illégalement en Suisse, puis 
dissimulé dans les locaux de feu I______ aux Ports Francs, et, par la suite, dans ceux 
de la recourante, voire dans ceux de la [galerie] H______ sis à la rue 9______ [à 
Genève] (art. 3 CP), ce qui prima facie serait propre à fonder l'infraction de recel 
(art. 160 CP). 

 7.2. Conformément aux réquisits de cette dernière disposition, il convient de 
déterminer, en premier lieu, si le B______ saisi a bien été soustrait illégalement au 
patrimoine culturel de la Turquie, qui le revendique, l'infraction préalable au recel 
pouvant être commise à l'étranger, et, en second lieu, s’il s’agit d’une infraction 
contre le patrimoine aussi bien selon le droit suisse que selon la loi du lieu de 
commission (ATF 105 IV 304 consid. 3; cf. ch. 8.1. infra). 

 i. Si l’on se fonde sur les rapports de J______, de l’OFC et de la FEDPOL, lesquels 
s'appuient sur les dires d’une source anonyme, mais considérée comme fiable, ainsi 
que sur d’autres informations à leur disposition, le B______ visé était, avec certitude, 
issu des ateliers de la cité antique de F______, dans l’actuelle région d’Antalya, et il 
pesait à son endroit de graves soupçons qu’il fût l’objet de fouilles illicites effectuées 
en 2000 ou 2001. Il aurait été exporté tout aussi illégalement peu après. À teneur de 
ces rapports, il était notoire qu’en Turquie, comme en Suisse, tout bien culturel 
trouvé sur son territoire et offrant un intérêt scientifique appartenait à l’État concerné 
et que l’exportation définitive de tel bien hors de la République turque était 
strictement interdite. Les dires de celle-ci n’ont pas été mis en doute, lorsqu'elle a 
déclaré qu’elle était seule habilitée à réaliser des fouilles [à] C______, proche 
d’Antalya, lieu d’excavation présumé – voire avéré selon certains spécialistes –, dont 
elle était propriétaire depuis l’expropriation de la famille Z______, postérieurement à 
1994, qu’elle n’avait eu connaissance de l’existence du B______ en question que le 
24 février 2011 et n’avait jamais délivré d’autorisation de fouilles ni d’exportation de 
ce bien.  

 Dans cette hypothèse d’une excavation illicite relativement récente, il peut encore 
être inféré du dossier que le ou les auteurs de la fouille se sont appropriés l’objet 
antique concerné en vue de le vendre et d'en tirer profit, le soustrayant ainsi au 
patrimoine culturel de la Turquie, ce qui réalise les conditions de l’art. 139 CP – bien 
que cette disposition ne soit pas applicable  "in concreto" (cf. ch. 7.1. supra) – et ce, 
même si, en l’espèce, lesdits auteurs n’ont pas été pénalement poursuivis par les 
autorités compétentes turques, dès lors qu’elles n’avaient à cette époque pas 
connaissance de ces faits. Il n’en reste pas moins que de tels agissements tombent 

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sous le coup du Code pénal turc, AA______ ayant été condamné, en son temps, par 
la Cour d’Assises de ______ [Turquie] pour des actes de même nature. 

À l’évidence, le B______ a ensuite été cédé, à l’étranger, voire immédiatement en 
Suisse, à des intermédiaires successifs (a priori receleurs) ou directement à 
G______, dont M______ a hérité et dont il est l’unique ayant droit et qui a affirmé, à 
l’instar de D______, que le bien appartenait à cette société depuis 1995, sans 
cependant le démontrer en aucune manière. Il est, en tout état, établi que l'objet 
litigieux était stocké dans un état fragmentaire dans les locaux de la [galerie] 
H______ aussi héritée de feu I______, depuis le 26 novembre 2002. Aucun 
document ni explication de l’intéressé n'ont révélé la provenance de cette antiquité, 
son cheminement, ainsi que les circonstances de son acquisition par G______, 
respectivement par M______, toute absence d’indice qui tend à prouver que le 
B______ litigieux a bien été exporté illégalement de Turquie, soit une pratique 
pénalement répréhensible dans cet État. Corollairement ou subséquemment, cet objet 
a été importé en Suisse, sans toutefois y être déclaré ni, par la suite, inscrit dans les 
livres d’entreposage de la recourante aux Ports Francs notamment en 2003, date de 
sa création et depuis laquelle elle enregistrait, selon ses propres dires, les objets 
stockés dans ses locaux (400'102), ce qui accrédite également les griefs d’une origine 
suspecte du B______. 

ii. La recourante est toutefois d’avis qu’aucun élément probant ne permettait de 
retenir que le B______ séquestré provenait de C______, qui n’était pas assimilable à 
F______, et que son excavation, ainsi que son exportation étaient récentes. Elle 
soulignait, en effet, que de tels objets herculéens avaient été trouvés sur tout le 
pourtour méditerranéen, que les dimensions de la cavité, photographiée en 2012, de 
laquelle le bien avait prétendument été extrait étaient trop réduites et qu’il devait, en 
conséquence, venir d’ailleurs, par exemple d’Italie, où il avait pu être exporté dès 
après sa fabrication. D’ailleurs, selon les Prof. AR______ et AS______, un grand 
nombre de ______ du genre ______ avait été découvert dans ce pays et l’atelier 
fabriquant ces objets était largement tourné vers l’exportation en Occident, d’autant 
que ces ______ étaient des produits de luxe et donc soumis à un intense commerce 
international. 

L'intimée a admis que des objets similaires avaient bien été exportés à Rome, mais 
qu’ils étaient plutôt décorés de scènes mythologiques et présentaient généralement 
des ornements ajoutés à leur arrivée à destination, ce qui, à teneur de l’expertise du 
Prof. AN______ de l’Université de ______ [Belgique], entraînait des déviations 
visibles; or tel n'était pas le cas en l’occurrence. En outre, et à l’instar du Ministère 
public, il convient de souligner qu’au vu de la campagne médiatique consécutive à la 
révélation de la présence du B______ à Genève, que ce soit lors de la mise en vente 
sur le marché de l’art et des antiquités en 2009 et 2010, ou lors de sa découverte par 

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l’AFD en décembre 2010, aucun autre État que la Turquie ne s’est manifesté pour le 
revendiquer comme appartenant à son patrimoine culturel.  

De surcroît, il ressort des autres rapports d’experts que le marbre du B______ 
incriminé provenait des carrières de F______, que, très vraisemblablement sa forme 
globale et son ______ avaient été sculptés sur place, qu'en revanche, ses frises 
caractéristiques conduisaient à l’attribuer à l’atelier de C______, annexe des ateliers 
de F______, où il avait été finalisé. Ces ______ [de type] ______ étaient 
principalement destinés à ______ [région turque] (soit à C_