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**Case Identifier:** 2f9d4f52-0e3d-50cd-be35-3b8a296cab35
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-09-19
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des baux et loyers 19.09.2018 C/2358/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_004_C-2358-2018_2018-09-19.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 20.09.2018. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/2358/2018 ACJC/1255/2018 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des baux et loyers 

DU MERCREDI 19 SEPTEMBRE 2018 

 

Entre 

Monsieur A______ et Madame B______, domiciliés ______, appelants d'un jugement 
rendu par le Tribunal des baux et loyers le 12 juillet 2018, comparant par Me Sarah 

PEZARD, avocate, route des Acacias 6, case postale 588, 1211 Genève 4, en l'étude de 

laquelle ils font élection de domicile, 

et 

Monsieur C______, intimé, comparant par Me Karin GROBET THORENS, avocate, 
rue Verdaine 6, case postale 3776, 1211 Genève 3, en l'étude de laquelle il fait élection 

de domicile. 

 

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C/2358/2018 

Vu, EN FAIT, le contrat de bail conclu par les parties, portant sur la location d'une villa 
sise ______, à ______ [GE]; 

Attendu que le loyer a été fixé en dernier lieu à 12'000 fr. par mois; 

Qu'à la suite d'une vaine mise en demeure du 16 octobre 2017, le bailleur a, par avis du 

24 novembre 2017, résilié le contrat de bail pour le 31 janvier 2018; 

Que les locaux n'ont pas été restitués; 

Que, par requête adressée le 2 février 2018 au Tribunal des baux et loyers, le bailleur a 

requis l'évacuation de A______ et B______, assortie de mesures d'exécution directes du 

jugement d'évacuation, ainsi que leur condamnation à verser les arriérés de loyer, par la 

procédure de protection de cas clair; 

Qu'à l'audience du 12 juillet 2018 devant le Tribunal, le bailleur a persisté dans ses 

conclusions en évacuation et en exécution de celui-ci; qu'il a amplifié ses conclusions en 

paiement; 

Que ni A______ ni B______ ne se sont présentés ni fait représenter; 

Que la cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience; 

Que, par jugement JTBL/650/2018 rendu le 12 juillet 2018, expédié pour notification 

aux parties le 28 août 2018, le Tribunal a condamné A______ et B______ à évacuer de 

leurs personnes et leurs biens et de toute autre personne faisant ménage commun avec 

eux la villa en cause (ch. 1 du dispositif), a autorisé le bailleur à requérir l'évacuation 

par la force publique de A______ et B______ dès l'entrée en force du jugement (ch. 2), 

a condamné ces derniers, pris conjointement et solidairement, à payer au bailleur la 

somme de 119'990 fr. (ch. 3), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 4) 

et a dit que la procédure était gratuite (ch. 5); 

Vu l'appel déposé le 7 septembre 2018 par A______ et B______ contre ce jugement; 

Qu'ils ont préalablement requis la constatation de ce que l'appel suspendait la force de 

chose jugée et le caractère exécutoire du jugement entrepris; 

Qu'ils ont notamment conclu, principalement, au renvoi de la cause en première 

instance;  

Qu'à la lecture de leur acte d'appel, A______ et B______ ont fait valoir la nullité du 

congé, motif pris de vices de forme; 

Qu'invité à se déterminer, le bailleur s'est, par courrier du 14 septembre 2018, rapporté à 

justice s'agissant de la requête d'effet suspensif; 

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C/2358/2018 

Considérant, EN DROIT, que la voie de l'appel est ouverte contre le prononcé de 
l'évacuation, pour autant que la valeur litigieuse soit supérieure à 10'000 fr. (art. 308 

al. 2 CPC); 

Qu'elle l'est également si la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de 

10'000 fr. au moins (art. 308 al. 2 CPC); 

Que selon la jurisprudence constante du Tribunal fédéral, les contestations portant sur 

l'usage d'une chose louée sont de nature pécuniaire (arrêts du Tribunal fédéral 

4A_388/2016 du 15 mars 2017 consid. 1; 4A_479/2013 du 20 novembre 2013 

consid. 1); 

Que, lorsque l'action ne porte pas sur le paiement d'une somme d'argent déterminée, le 

Tribunal détermine la valeur litigieuse si les parties n'arrivent pas à s'entendre sur ce 

point ou si la valeur qu'elles avancent est manifestement erronée (art. 91 al. 2 CPC); la 

détermination de la valeur litigieuse suit les mêmes règles que pour la procédure devant 

le Tribunal fédéral (RETORNAZ in : Procédure civile suisse, Les grands thèmes pour les 

praticiens, Neuchâtel, 2010, p. 363; SPÜHLER, Basler Kommentar, Schweizerische 

Zivilprozessordnung, 2ème éd., 2013, n. 9 ad art. 308 CPC); 

Que selon l'art. 51 al. 2 LTF dispose que si les conclusions ne tendent pas au paiement 

d'une somme d'argent déterminée, le Tribunal fédéral fixe la valeur litigieuse selon son 

appréciation; 

Que, dans une contestation portant sur la validité d'une résiliation de bail, la valeur 

litigieuse est égale au loyer de la période minimum pendant laquelle le contrat subsiste 

nécessairement si la résiliation n'est pas valable, période qui s'étend jusqu'à la date pour 

laquelle un nouveau congé peut être donné ou l'a effectivement été; que lorsque le bail 

bénéficie de la protection contre les congés des art. 271 ss CO, il convient, sauf 

exceptions, de prendre en considération la période de protection de trois ans dès la fin 

de la procédure judiciaire qui est prévue par l'art. 271a al. 1 let. e CO (ATF 137 III 389; 

136 III 196 consid. 1.1; arrêts du Tribunal fédéral 4A_367/2010 du 4 octobre 2010 

consid. 1.1; 4A_127/2008 du 2 juin 2008 consid. 1.1; 4A_516/2007 du 6 mars 2008 

consid. 1.1);  

Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la suspension du caractère 

exécutoire de la décision entreprise, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle 

décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une 

décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site 

Internet de la Cour; 

Qu'en la matière, l'instance de recours dispose d'un large pouvoir d'appréciation  

(cf. JEANDIN, op. cit., n. 6 ad art. 325 CPC); 

https://intrapj/perl/decis/137%20III%20389
https://intrapj/perl/decis/136%20III%20196
https://intrapj/perl/decis/4A_367/2010
https://intrapj/perl/decis/4A_127/2008
https://intrapj/perl/decis/4A_516/2007

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C/2358/2018 

Que selon les principes généraux en matière d'effet suspensif, le juge procèdera à une 

pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa décision est de nature 

à provoquer une situation irréversible; 

Considérant en l'espèce que la présente procédure a trait à une demande d'évacuation 

avec mesures d'exécution directe, dans laquelle la validité du congé se pose, la période 

de protection de trois ans s'applique a priori, de sorte que la valeur litigieuse est prima 

facie supérieure à 10'000 fr. (12'000 fr. x 12 mois x 3 ans = 432'000 fr.);  

Que la voie de l'appel est ainsi ouverte contre le prononcé de l'évacuation; 

Que, déposé selon la forme requise et dans le délai légal (art. 130, 311 al. 1 et 314 

al. 1 CPC), l'appel est recevable; 

Que l'appel suspend les effets de la décision entreprise dans cette mesure; 

Que, toutefois, contre la décision relative à l'exécution de l'évacuation, seule la voie du 

recours est ouverte (art. 309 let. a CPC); 

Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant 

suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC); 

Que le recours est recevable (art. 321 al. 1 et 2 CPC); 

Que l'appel et le recours seront traités dans la même décision (art. 125 CPC); 

Que, dans la mesure où l'appel suspend les effets de la décision, cette suspension s'étend 

également aux mesures d'exécution; 

Qu'ainsi, la requête de restitution de l'effet suspensif est sans objet. 

* * * * * 

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C/2358/2018 

PAR CES MOTIFS, 

La Présidente de la Chambre des baux et loyers : 

Constate la suspension de la force jugée et le caractère exécutoire du jugement 

JTBL/650/2018 rendu le 12 juillet 2018 par le Tribunal des baux et loyers dans la cause 

C/2358/2018-7-SE. 

Dit que la requête d'effet suspensif est sans objet. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Siégeant : 

Madame Nathalie LANDRY-BARTHE, présidente; Madame Maïté VALENTE, 

greffière. 

 

La présidente : 

Nathalie LANDRY-BARTHE 

 La greffière : 

Maïté VALENTE 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indications des voies de recours : 
 

La présente décision, incidente et de nature provisionnelle (137 III 475 consid. 1) est 

susceptible d'un recours en matière civile, les griefs pouvant être invoqués étant 

toutefois limités (art. 98 LTF), respectivement d'un recours constitutionnel subsidiaire 

(art. 113 à 119 et 90 ss LTF). Dans les deux cas, le recours motivé doit être formé dans 

les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.