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**Case Identifier:** 1f43bf38-b7c6-53c6-8b0e-f014aad4b65e
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-07-04
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance 04.07.2014 C/14366/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_006_C-14366-2013_2014-07-04.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/14366/2013-CS DAS/122/2014

DECISION 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre de surveillance 

DU VENDREDI 4 JUILLET 2014 

 

Recours (C/14366/2013-CS) formé en date du 19 mai 2014 par Madame A______, 

résidant actuellement auprès des HUG de Genève, comparant par Me Anik PIZZI, 

avocate, en l'Etude de laquelle elle élit domicile aux fins des présentes. 

* * * * * 

Décision communiquée par plis recommandés du greffier 

du   7 juillet 2014 à : 

 

- Madame A______ 

______ à Genève. 

- Madame ______ 

SERVICE DE PROTECTION DES MINEURS 
Case postale 75, 1211 Genève 8. 

- TRIBUNAL DE PROTECTION DE L'ADULTE 

ET DE L'ENFANT. 

 

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C/14366/2013-CS 

EN FAIT 

A. Par décision du 3 mars 2014 remise en mains propres à A______, le Service de 

protection des mineurs a prononcé une "clause-péril" en faveur de l'enfant 

B______, née le ______ 2013, retirant provisoirement la garde de l'enfant à sa 

mère au vu de la fragilité psychologique de cette dernière, de sa situation précaire 

à Genève, de son refus d'une hospitalisation, de son incapacité à gérer son enfant 

et du fait qu'elle avait évoqué son intention de se suicider. 

 Par demande du 3 avril 2014, soit un mois après le prononcé de la "clause-péril", 

le Service de protection des mineurs a sollicité du Tribunal de protection de 

l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection) la ratification de la 

mesure. 

 Par courrier du 4 avril 2014 adressé au Tribunal de protection, le service de 

psychiatrie de liaison et d'intervention de crise de l'unité de psychiatrie 

hospitalière adulte des Hôpitaux Universitaires de Genève a communiqué au 

Tribunal de protection le fait que A______ était hospitalisée dans son unité dans 

un contexte d'angoisses importantes ainsi que d'agitation psychomotrice sans 

troubles du comportement. Les médecins ayant rédigé ce courrier exposent que 

cette patiente avait été également suivie pendant sa grossesse par un psychologue 

notamment, qui lui avait proposé une hospitalisation en raison de son anxiété que 

la patiente avait refusée. Le courrier précise en outre qu'aucun critère de 

dangerosité ou d'urgence ne justifie un placement à des fins d'assistance en 

psychiatrie. Il indique qu'au niveau clinique aucun diagnostic psychiatrique n'est 

retenu chez cette patiente mais une réactivité importante par un tempérament 

explosif restant tout à fait gérable. Le courrier médical stipule en outre que la 

patiente ne présente pas d'idée suicidaire ni d'idée de mort et ne présente aucun 

signe de lignée psychotique (hallucinations, idées délirantes). Les médecins 

poursuivent leur exposé indiquant ne détecter aucun élément pathologique chez la 

patiente, n'ayant pas besoin d'un traitement psychotrope. Enfin, le courrier se 

termine comme suit "elle (la mère de l'enfant) s'occupe parfaitement bien de son 

bébé en demandant de l'aide. Elle n'a jamais eu un comportement violent envers 

son bébé et s'est toujours montrée très compliante aux soins. Bien qu'elle ait 

bénéficié de permissions pour sortir de l'enceinte de l'hôpital, elle n'a jamais 

cherché à partir ou à fuguer. La patiente se montre tout à fait capable de prendre 

en charge son bébé au quotidien. B______ est une enfant qui recherche toujours le 

lien avec sa mère et qui se sent en sécurité en sa présence. A son arrivée elle 

n'était pas dénutrie, elle ne présentait aucun signe de mauvais traitements. Nos 

collègues pédopsychiatres ont noté un développement harmonieux chez cet 

enfant, ce qui laisse penser que A______ a eu au cours de la première année un 

comportement adéquat vis-à-vis de sa fille. Envisager actuellement une séparation 

de A______ et de B______ et un retrait de garde serait un non-sens et une mesure 

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C/14366/2013-CS 

totalement délétère tant pour B______ que pour sa mère, celle-ci se montrant très 

attentionnée à l'égard de sa fille. Une clause-péril n'a aucune raison d'être 

maintenue". 

B. Le Tribunal de protection a entendu les parties le 10 avril 2014. 

 Les représentants du Service de protection des mineurs ont confirmé leur 

demande de ratification de la "clause-péril" prononcée. A______ s'y est opposée. 

Elle a déclaré s'opposer à toutes recommandations que pouvait faire le Service de 

protection des mineurs quant au prononcé de mesures de protection de sa fille 

B______.  

 Par ordonnance du 10 avril 2014, le Tribunal de protection a ratifié la "clause-

péril" prise le 3 mars 2014 par la direction du Service de protection des mineurs 

en faveur de la mineure B______, née le _______ 2013 (ch. 1 du dispositif), pris 

acte que la mineure B______ réside en l'état aux côtés de sa mère, soit Madame 

A______, auprès des Hôpitaux Universitaires de Genève au sein de l'unité 

psychiatrique hospitalière pour adultes (ch. 2), invité le Service de protection des 

mineurs à faire parvenir au Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant d'ici au 

30 juin 2014 au plus tard, un rapport décrivant la situation de l'enfant et de sa 

mère et formulant son préavis quant à d'éventuelles mesures devant être prises 

pour assurer la protection de l'enfant et invité lesdits services à informer sans délai 

le Tribunal dans l'intervalle de tous changements envisagés dans la situation de la 

mineure en particulier s'agissant de son lieu de résidence (ch. 3), et suspendu la 

procédure jusqu'à réception dudit rapport (ch. 4).  

 Cette ordonnance a été communiquée aux parties par pli du 16 avril 2014. Elle 

mentionnait un délai de recours de 30 jours suivant sa notification. 

C. Contre cette ordonnance, A______ a formé recours le 19 mai 2014, concluant à 

l'annulation de l'ordonnance et à la constatation que A______ a la garde sur sa 

fille B______. En substance, elle considère que l'ordonnance du Tribunal consacre 

une violation de la loi dans la mesure où elle ratifie une "clause-péril" qui elle-

même a été prise en violation de la loi, les motifs invoqués dans la prise de ladite 

"clause-péril" n'étant en aucun cas suffisants pour ce faire. Elle considère en outre 

que l'instance précédente a constaté les faits de manière inexacte en considérant 

que A______ n'était pas en mesure de s'occuper de sa fille.  

 Le Tribunal de protection n'a pas souhaité revoir sa décision. 

 Quant au Service de protection des mineurs, il a confirmé son rapport du 3 avril 

2014 exposant que la pédopsychiatre de l'enfant avait fait part d'inquiétudes quant 

à sa prise en charge par sa mère, antérieurement à la décision prise. 

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D. Par courrier du 16 mai 2014 à l'adresse du Tribunal de protection, le Service de 

protection des mineurs informait le Tribunal que "A______ n'a plus (sic) les 

critères d'hospitalisation nécessaires pour rester à l'UPHA. En effet l'équipe 

médicale rencontrée le 15 mai 2014 est tout à fait rassurée dans la prise en charge 

qu'offre A______ à sa fille. Aucune inquiétude n'a été soulevée : A______ 

présente de bonnes compétences parentales". 

 En date du 19 mai 2014, le service de psychiatrie de liaison et d'intervention de 

crise du département de santé mentale et de psychiatrie des Hôpitaux 

Universitaires de Genève informait le Tribunal de protection du fait que A______ 

avait obtenu une attestation de résidence sur le territoire de Genève lui permettant 

d'obtenir une place au Foyer ______. 

 La cause a été mise en délibération le 16 juin 2014. 

EN DROIT 

1. 1.1 L'art. 12 al. 7 de la loi genevoise sur l'Office de la jeunesse (J 6.05) autorise le 

directeur du Service de protection des mineurs (SPMi) ou son suppléant à 

ordonner, en cas de péril, le déplacement immédiat du mineur ou à s'opposer à son 

enlèvement, à prononcer un retrait de garde ou la suspension des relations 

personnelles (décision dite de "clause-péril"). La décision prise doit être soumise 

"au plus tôt" au Tribunal de protection pour la ratification des dispositions prises, 

le SPMi demeurant compétent pour toutes autres mesures jusqu'à la décision de 

cette autorité.  

 Lorsque la "clause-péril" consiste dans le placement ou le maintien d'un enfant 

hors du milieu familial, la ratification par le Tribunal de protection, laquelle doit, 

dans la logique de la norme, intervenir le plus rapidement possible, constitue un 

retrait de garde pris à titre provisionnel (art. 310 et 445 CC). 

 Les dispositions de la procédure devant l'autorité de protection de l'adulte sont 

applicables par analogie pour les mesures de protection de l'enfant (art. 314 al. 1 

CC). L'autorité de protection prend, d'office ou à la demande d'une personne 

partie à la procédure, toutes les mesures provisionnelles nécessaires pendant la 

durée de la procédure (art. 445 al. 1 CC), ce qui l'autorise en particulier à ordonner 

une mesure de protection à titre provisoire. Ces décisions provisionnelles peuvent 

faire l'objet d'un recours dans les 10 jours à compter de leur notification auprès de 

la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 445 al. 3 CC et 53 al. 1 et 2 

LaCC). 

 1.2 En l'espèce, déposé plus de 10 jours après la réception de la décision le 

recours est en principe tardif. 

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 1.3 L'ordonnance querellée indique cependant à tort un délai de recours de 

30 jours en ne visant pas les dispositions adéquates pour les ordonnances rendues 

sur mesures provisionnelles. Reste à savoir quelles conséquences l'on peut en 

tirer.  

 1.3.1 L'art. 5 al. 3 de la Constitution fédérale (Cst) dispose que les organes de 

l'Etat et les particuliers doivent agir de manière conforme aux règles de la bonne 

foi. Selon l'art. 9 Cst, toute personne a le droit d'être traitée par les organes de 

l'état sans arbitraire conformément aux règles de la bonne foi. Ancré audit 

art. 9 Cst, le principe de la bonne foi exige que l'administration et les administrés 

se comportent réciproquement de manière loyale. Valant pour l'ensemble de 

l'activité étatique (ATF 129 II 361 consid. 7.1), il régit notamment les rapports 

entre les autorités judiciaires et les justiciables (arrêt du Tribunal fédéral 

4C.82/2006 du 27 juin 2006 consid. 4.1). Dans le cadre d'un procès, l'autorité doit 

s'abstenir d'un comportement pouvant apparaître comme un piège pour le 

justiciable. En particulier, elle doit se garder de donner des informations erronées 

sur le déroulement de la procédure et sur les formalités à remplir ou encore de 

mener le procès d'une façon propre à inciter une partie à ne pas faire valoir ses 

moyens de manière utile (EGLI, La protection de la bonne foi dans le procès, in 

Juridiction constitutionnelle et juridiction administrative, Zürich 1992 p. 237; 

arrêt du Tribunal fédéral 4C.82/2006 cité, idem). 

 En matière d'indications des voies de recours, l'omission d'une éventuelle 

obligation à ce sujet ne doit pas porter préjudice au justiciable. Cependant, celui 

qui s'aperçoit du vice affectant l'indication de la voie de droit ou qui devait s'en 

apercevoir en faisant usage de la prudence que l'on pouvait attendre de lui ne peut 

se prévaloir d'une indication inexacte sur ce point. En particulier ne mérite pas de 

protection la partie dont l'avocat aurait pu déceler l'omission ou l'erreur par la 

seule lecture du texte légal, sans recourir à la consultation de la jurisprudence ou 

de la doctrine (arrêt du Tribunal fédéral 4C.82/2006 cité, idem; JT 2007 I 628 

consid. 4.2; ATF 127 II 198 consid. 2C). 

 1.3.2 En l'espèce, l'appelante assistée d'un avocat expérimenté et admis à pratiquer 

au barreau ne peut se prévaloir de l'indication erronée des voies de recours par le 

Tribunal de protection, dans la mesure où la seule lecture de la loi permettait à 

l'avocat en question de constater que l'indication des voies de recours par le 

Tribunal de protection était erronée. Par conséquent, le recours déposé hors du 

délai de 10 jours prévu par la loi est irrecevable. 

2. Sans se prononcer dès lors sur les griefs de la recourante ni sur les motifs de 

l'ordonnance querellée ou sur ceux de la décision initiale du SPMi, la Chambre de 

céans relève cependant que si le Tribunal de protection a fait diligence en tenant 

audience le 10 avril 2014 et rendant sa décision le même jour, suite à la requête du 

Service de protection des mineurs à lui-même du 3 avril 2014, force est de 

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constater que le délai que le SPMi a laissé s'écouler entre le jour de la prise de la 

"clause-péril" (3 mars 2014) et le jour de la demande de ratification de celle-ci (3 

avril 2014) est incompatible avec la loi sur laquelle se fonde sa décision. En effet, 

la mesure de "clause-péril" étant une décision de type provisionnel devant être 

soumise "au plus tôt" (art. 12 al. 7 de la loi sur l'Office de la jeunesse) au Tribunal 

pour ratification, ce délai ne doit pas dépasser 10 jours. Dans cette mesure, il 

appartiendra au Tribunal de protection de rappeler ses obligations en la matière au 

Service de protection des mineurs. 

3. Le litige ayant essentiellement pour objet les mesures de protection de l'enfant, la 

procédure de recours est gratuite (art. 81 al. 1 LaCC) et il n'y a pas lieu à 

allocation de dépens. 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre de surveillance : 

A la forme : 

Déclare irrecevable le recours déposé le 19 mai 2014 par A______ contre l'ordonnance 

DTAE/1875/2014 rendue le 10 avril 2014 par le Tribunal de protection de l'adulte et de 

l'enfant dans la cause C/14366/2013-8. 

Dit que la procédure est gratuite et qu'il n'y a pas lieu à allocation de dépens. 

Siégeant : 

Monsieur Cédric-Laurent MICHEL, président; Monsieur Jean-Marc STRUBIN et 

Madame Paola CAMPOMAGNANI, juges; Madame Carmen FRAGA, greffière. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), la présente décision peut être portée dans les trente jours qui 

suivent sa notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par devant le 

Tribunal fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral - 1000 Lausanne 14.