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**Case Identifier:** e1a0d372-d202-5db2-b248-7007a174b080
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-01-21
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 21.01.2022 C/15944/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-15944-2016_2022-01-21.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 25 janvier 2022. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/15944/2016 ACJC/71/2022 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 21 JANVIER 2022 

 

Entre 

A______ SA, sise ______, appelante d'un jugement rendu par la 22ème Chambre du 
Tribunal de première instance de ce canton le 1er septembre 2021, comparant par  
Me Lucien FENIELLO, avocat, Perréard de Boccard, Rue du Mont-Blanc 3, Case 
postale, 1211 Genève 1, en l'Étude duquel elle fait élection de domicile,  

et 

Madame B______, domiciliée ______, intimée, comparant par Me Daniel KINZER, 
avocat, CMS von Erlach Partners SA, rue Bovy-Lysberg 2, case postale,  
1211 Genève 3, en l'Étude duquel elle fait élection de domicile. 

 

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C/15944/2016 

EN FAIT 

A. Par jugement du 1er septembre 2021, le Tribunal de première instance a, en 
substance, condamné A______ SA à verser à B______ la somme de 45'844 fr. 
plus intérêts à 5% l'an dès le 1er décembre 2010 ainsi qu'aux frais de la procédure, 
soit 18'200 fr. à titre de frais judiciaires et 18'000 fr. à titre de dépens. 

B. Par acte déposé au greffe de la Cour de justice le 13 octobre 2021, A______ SA a 
formé appel contre ce jugement. Elle a conclu, en substance, au déboutement de 
B______ de toutes ses conclusions, avec suite de frais. 

C. a. Par acte déposé à la Cour le 9 novembre 2021, B______ a formé une requête en 
fourniture de sûretés. Elle a conclu à ce que A______ SA soit invitée à fournir à 
ce titre un montant à dire de justice, mais non inférieur à 4'418 fr., plus TVA, 
subsidiairement à ce que la procédure soit suspendue jusqu'à l'expiration d'un 
délai de 30 jours à compter du moment où une décision rendue dans la cause 
C/1______/2021 sera entrée en force de chose jugée. 

 Elle a invoqué à l'appui de sa requête que le site internet de A______ SA n'était 
pas mis à jour, que le profil LinkedIn de son unique administrateur ne mentionnait 
pas cette position, mais uniquement celle de directeur de C______ SA, société 
sœur dont le siège se situait aux Iles Caïmans, que l'organe de révision de 
A______ SA mentionné au registre du commerce avait changé de nom, puis fait 
faillite et que A______ SA refusait de lui transmettre une copie de ses comptes, 
malgré le fait que le Tribunal avait admis sa requête en consultation par jugement 
du 13 septembre 2021, contre lequel A______ SA avait formé appel. Ces 
éléments démontraient selon elle la vraisemblance de l'insolvabilité de A______ 
SA, subsidiairement l'existence de motifs propres à accroître sensiblement le 
risque que les dépens restent impayés. Si la Cour devait toutefois considérer que 
ces éléments n'étaient pas suffisants, il y aurait lieu de considérer que la 
consultation des comptes de A______ SA faisant l'objet de la cause 
C/1______/2021 permettra de lever tout doute, de sorte qu'il conviendrait de 
suspendre la procédure jusqu'au moment où A______ SA lui aura fourni les 
éléments qui lui sont nécessaires pour compléter sa requête en fourniture de 
sûretés. 

Par acte expédié le même jour à la Cour, B______ a complété sa requête en 
fourniture de sûretés. Elle a allégué que A______ SA avait été condamnée par 
arrêt du Tribunal fédéral du 17 janvier 2020 à lui verser une indemnité de 7'000 fr. 
à titre de dépens. A______ SA ayant refusé d'honorer sa dette après y avoir été 
invitée, elle lui avait notifié un commandement de payer auquel elle avait formé 
opposition. B______ s'est toutefois rétractée le 23 décembre 2021 au motif que le 
paiement des dépens avait été effectué le 14 août 2021. 

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 b. A______ SA a conclu au déboutement de B______ de toutes ses conclusions, 
avec suite de frais. Elle a soutenu que les éléments invoqués par cette dernière ne 
rendaient aucunement vraisemblable son absence d'activité ou son insolvabilité. 
Elle conteste par ailleurs que B______ dispose d'un intérêt digne de protection à 
consulter ses documents comptables. 

 c. Les parties ont été informées par avis de la Cour du 13 janvier 2022 de ce que 
la cause était gardée à juger sur requête de sûretés. 

EN DROIT 

1. 1.1 La requête de sûretés a été déposée selon la forme prescrite, de sorte qu'elle 
est recevable. 

 1.2 La requête de sûretés est soumise à la procédure sommaire (ACJC/244/2018 
du 26 février 2018 consid. 1.2; ACJC/794/2017 du 16 juin 2017; ACJC/818/2015 
du 8 juillet 2015 consid.2.5.1; ACJC/1405/2012 du 28 septembre 2012 consid. 1; 
RÜEGG/RÜEGG, Basler Kommentar ZPO, 3ème éd. 2017, n. 4 ad art. 100 CPC). 
Le juge se fondera essentiellement sur les allégations et preuves des parties 
(ACJC/938/2015 du 20 août 2015 consid. 2.1). 

2. La requérante soutient que la citée est, si ce n'est insolvable, à tous le moins en 
difficulté financière, ce qui justifie la fourniture de sûretés sur la base de l'art. 99 
al. 1 let b ou d CPC. 

2.1 Selon l'art. 99 al. 1 CPC, le demandeur - ou l'appelant en deuxième instance 
(arrêt du Tribunal fédéral 4A_26/2013 du 5 septembre 2013 consid. 2.2) - doit, sur 
requête du défendeur, fournir des sûretés en garantie du paiement des dépens 
notamment lorsqu'il paraît insolvable (let. b) ou que d'autres raisons font 
apparaître un risque considérable que les dépens ne soient pas versés (let. d). 

Est insolvable au sens de l'art. 99 al. 1 let. b CPC la personne qui ne dispose ni des 
liquidités nécessaires pour faire face à ses dettes exigibles, ni du crédit lui 
permettant de se procurer les moyens nécessaires (ATF 111 II 206 consid. 1). Au 
sens de cette norme, il suffit, selon le Code de procédure civile, que l'intéressé 
paraisse insolvable. La vraisemblance suffit et la preuve peut être rapportées par 
indices (TAPPY, Commentaire romand, CPC, 2ème éd., 2019, n. 29 ad art. 99 CPC). 
Le texte de l'art. 99 al. 1 let. b CPC précise que l'insolvabilité est vraisemblable 
lorsque l'intéressé fait l'objet d'une déclaration de faillite, d'une procédure 
concordataire en cours ou d'actes de défaut de biens délivrés. Peu importe qu'il 
s'agisse d'actes de défaut de biens provisoires et un seul suffit malgré le pluriel 
utilisé dans le texte légal (TAPPY, op. cit., n. 28 ad art. 99 CPC). 

Selon l'art. 99 al. 1 let. d CPC, le demandeur doit par ailleurs fournir des sûretés 
en garantie des dépens lorsque d'autres raisons que celles figurant sous lettres a à c 

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font apparaître un risque considérable que les dépens ne soient pas versés. Cette 
disposition est une clause générale. Celle-ci peut notamment être réalisée lorsque 
les indices de difficultés financières sont insuffisants pour que le demandeur 
apparaisse insolvable au sens de l'art. 99 al. 1 let. b CPC. Tel peut par exemple 
être le cas si une partie fait l'objet de multiples commandements de payer pour des 
causes diverses, si elle a eu besoin d'un sursis ou d'une remise concernant les frais 
d'une autre procédure ou si elle fait l'objet de saisies de salaire en cours. Dans le 
cadre d'une action en libération de dette notamment, laquelle est fréquemment 
intentée par un mauvais payeur cherchant à gagner du temps, les indices précités 
revêtiront un poids particulier (TAPPY, op. cit., n. 32 et 39 ad art. 99 CPC). 
L'existence du risque considérable de non-paiement des dépens au sens de l'art. 99 
al. 1 let. d CPC est laissée à l'appréciation du juge (arrêt du Tribunal fédéral 
5A_221/2014 du 10 septembre 2014 consid. 3). 

2.2 En l'espèce, l'intimée, requérante en fourniture de sûretés en garantie des 
dépens, ne soutient pas que l'appelante, citée dans le cadre de la requête en 
fourniture de sûretés, ferait l'objet d'une déclaration de faillite, d'une procédure 
concordataire en cours ou d'actes de défaut de biens. Elle n'a par ailleurs pas rendu 
vraisemblable qu'elle ferait l'objet de nombreuses poursuites.  

Le fait que le site internet de la citée ne comporte pas les éléments que la 
requérante estime devoir y figurer ou comporte des liens erronés ou à des sites qui 
ne semblent pas avoir le moindre rapport avec l'activité de la citée ne donne 
encore aucune indication sur la situation financière de cette dernière. Il en va de 
même du profile LinkedIn de l'administrateur de la citée ou de la faillite de 
l'organe de révision de cette dernière.  

Enfin, le fait que la citée s'oppose à la requête en consultation des comptes formée 
par la requérante peut avoir de nombreuses raisons, autres que celle de vouloir 
cacher sa situation financière. Il n'appartient par ailleurs pas à la Cour de trancher 
dans le cadre de la présente décision le litige entre les parties à cet égard. 

Il sera relevé pour le surplus que la requérante se limite à mentionner les éléments 
précités et à affirmer qu'ils permettent de considérer que la citée n'a plus d'activité 
économique, sans expliquer pourquoi, ce qui n'est pas d'emblée évident. 

Enfin, dans la mesure où la fourniture de sûretés en garantie des dépens est 
soumise à la procédure sommaire et que la présente cause a été initiée en 2016 
déjà, il n'est pas adéquat de suspendre la procédure dans l'attente de l'issue de la 
cause C/1______/2021 dont il ne peut être affirmé que son issue est proche. 

En définitive, la requête en fourniture de sûretés en garantie des dépens formée 
par l'intimée sera rejetée. 

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3. L'intimée, qui succombe, sera condamnée aux frais judiciaires de la présente 
décision (art. 106 al. 1 CPC), arrêtés à 300 fr. (art. 21 RTFMC) et compensés avec 
l'avance fournie, qui reste acquise à l'Etat de Genève (art. 111 al. 1 CPC). 

 L'intimée sera également condamnée aux dépens de l'appelante, arrêtés à 800 fr. 
(art. 85 et b88 RTFMC). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

Statuant sur requête en fourniture de sûretés en garantie des dépens : 

Déclare recevable la requête en fourniture de sûretés en garantie des dépens formée par 
B______ dans la cause C/15944/2016. 

La rejette. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Arrête de les frais judiciaires à 300 fr., les met à la charge de B______ et dit qu'ils sont 
compensés avec l'avance fournie, qui reste acquise à l'Etat de Genève. 

Condamne B______ à verser à A______ SA 800 fr. à titre de dépens. 

Siégeant : 

Monsieur Laurent RIEBEN, président ; Madame Paola CAMPOMAGNANI, Madame 
Ursula ZEHETBAUER GHAVAMI, juges ; Madame Sophie MARTINEZ, greffière. 

 

   

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière civile; la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 

déterminées par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110). Il connaît également des recours constitutionnels subsidiaires; la 

qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées par les  

art. 113 à 119 et 90 ss LTF. Dans les deux cas, le recours motivé doit être formé dans 

les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

L'art. 119 al. 1 LTF prévoit que si une partie forme un recours ordinaire et un recours 

constitutionnel, elle doit déposer les deux recours dans un seul mémoire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.