# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 4feaa681-c5ec-58e9-b847-c322cca996a4
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-11-26
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 26.11.2008 A/3113/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-3113-2008_2008-11-26.pdf

## Full Text

Siégeant : Maya CRAMER, Présidente; Christine BULLIARD MANGILI et Monique 
STOLLER FÜLLEMANN, Juges assesseurs 

  

 

 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/3113/2008 ATAS/1424/2008 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 
ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 5 

du 26 novembre 2008 

 

En la cause 

Monsieur M___________, domicilié aux ACACIAS 

 

 

recourant 

 

contre 

OFFICE CANTONAL DE L'EMPLOI, sis rue des Glacis-de-Rive 

6, GENEVE 

 

intimé 

 

 

 

 

A/3113/2008 

- 2/8 - 

EN FAIT 

1. Monsieur M___________ (ci-après : l'assuré, puis le recourant) est au bénéfice d'un 

délai cadre d'indemnisation courant du 1
er

 janvier 2007 au 31 décembre 2008. 

2. Le 19 mai 2008, l'Office régional de placement (ci-après : ORP) a établi un accord 

de collaboration pour la participation de l'assuré à un emploi temporaire fédéral 

individuel (ci-après : ETFI) du 19 mai au 18 novembre 2008, en qualité de 

dessinateur en béton armé à plein temps, auprès de l'Association X__________. 

3. Le 19 mai 2008, M. N___________ de cette association a informé le conseiller en 

personnel de l'assuré de ce qui suit : 

"M. M___________ est venu ce matin mais,  

- Nous l'avons mis entre les mains d'une de nos collaboratrices afin qu'elle lui 

explique le travail; il ne sembla visiblement pas du tout intéressé (il aurait dit 

à celle-ci qu'il ne trouvait pas intéressant ce travail et que cela ne lui servait 

à rien); 

- A midi, il me demande l'autorisation de prolonger un peu sa pause de midi 

pour aller voir sa mère à l'hôpital, en me disant qu'il devra aller la voir tous 

les jours ! J'accepte en lui disant d'être de retour à 13.45-14.00; il revient à 

14.20; 

- Je lui en fait, alors, la remarque et lui demande que s'il souhaite s'absenter 

tous les jours à midi pour aller à l'hôpital, et dépasser la pause de midi, il me 

faut un certificat de l'hôpital (nous avons eu suffisamment de problèmes 

d'absentéisme injustifié pour maintenant prendre ces précautions). Il refuse 

aussi net, me disant qu'il n'en est pas question, prend ses affaires et part." 

 

4. Par courrier électronique du 21 mai 2008, l'assuré a avisé son conseiller en 

personnel qu'il s'était bien présenté à l'ETFI, qu'il avait expliqué à M. 

N___________ que sa mère était hospitalisée et qu'il allait lui rendre visite à la 

pause de midi. Il a ajouté ce qui suit : 

"Au retour, je me suis présenté avec 15 minutes de retard que j'ai par ailleurs pu 

justifier par le fait que je suis resté plus longtemps que prévu au chevet de ma mère 

qui est hospitalisée depuis le 13 mai à l'Hôpital Cantonal de Genève, à l'unité de 

soins cardiologiques. 

Je tiens d'emblée à vous préciser que ma mère est âgée de 86 ans, qu'elle se trouve 

actuellement dans un état très critique et que j'estime que c'est mon devoir filial que 

d'être présent à ces côtés en ces moments difficiles que je redoute être très proches 

de la fin. 

Quant à l'attitude de ce Monsieur N___________ qui, non satisfait de mon excuse 

justificative exprimée verbalement sur l'honneur, exige la présentation d'une 

 

 

 

 

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- 3/8 - 

attestation de l'hôpital, je l'estime très déplacée, voire insultante sur le plan 

humain. Il me semble, à juste titre, qu'il y a certaines priorités dans la vie qui ne 

sont pas tributaires d'un chronomètre ou d'une montre qui avance ou qui retarde 

d'un misérable quart d'heure. Alors, si ce triste sire se croit investi de la mission 

suprême de jouer au grand chef autoritaire, avant même que nous ayons eu le 

temps d'instaurer une quelconque relation de travail, je redoute que la future 

entente entre nous ne soit déjà sérieusement compromise. 

Il m'a semblé important de pouvoir vous tenir informé de ce comportement 

dégradant et vous faire part de mon indignation s'agissant de l'irrespect marqué de 

M. N___________, car je trouve ce contact maladroit particulièrement affligeant 

en tant que responsable d'une équipe humaine, mais surtout indigne de son statut 

de chef." 

5. Par décision du 26 juin 2008, l'Office cantonal de l'emploi (ci-après : OCE) a 

prononcé une suspension d'une durée de 20 jours dans l'exercice du droit de l'assuré 

à l'indemnité de chômage, au motif que l'assuré avait fait échouer le bon 

déroulement de la mesure ETFI. 

6. Par courrier du 9 juillet 2008, l'assuré a formé opposition à cette décision. Il a 

expliqué s'être trouvé dans un contexte de stress psychologique. Sa mère avait été 

hospitalisée pour des problèmes cardiaques graves et le pronostic des médecins 

était d'emblée très réservé. Par ailleurs, elle était décédée le 16 juin 2008 des suites 

de complications survenues quelques heures après la pause d'un pacemaker. Par 

ailleurs, le jour du début de l'ETFI, son conseiller habituel avait été en congé et un 

remplaçant avait géré temporairement son dossier et réceptionné son courrier 

électronique du 21 mai 2008. Les choses auraient peut-être pris une autre tournure, 

si son conseiller habituel avait été présent et l'avait mis en garde quant à la 

probabilité de recevoir des sanctions de la part de l'OCE. Par ailleurs, l'assuré était 

convaincu que l'entente avec M. N___________ avait déjà été sérieusement 

compromise suite à l'altercation du 1
er

 jour et que cela allait entraîner une 

atmosphère de travail tendue et hostile, s'il était resté. Il avait été en effet consterné 

par l'incompréhension totale, le manque de sensibilité humaine et l'absence de 

respect de M. N___________ face à sa préoccupation, ce qui l'avait incité à ne pas 

poursuivre ce travail dans un tel climat stressant, étant donné sa fragilité 

psychologique émotionnelle du moment. La relation de confiance avait été rompue 

de façon irréversible. Il trouvait par ailleurs très discutable d'exiger un certificat 

médical dès le premier jour de travail pour justifier une altération de la santé d'une 

tierce personne, et doutait fort qu'une telle procédure fût régulière sur le plan légal. 

Enfin, il était déterminé à s'investir dans une nouvelle situation professionnelle qu'il 

plaira à l'OCE de lui désigner. 

7. Par décision du 28 juillet 2008, l'OCE a rejeté l'opposition de l'assuré. Il a constaté 

que celui-ci ne contestait pas les faits qui lui étaient reprochés. Par ailleurs, un 

 

 

 

 

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- 4/8 - 

employeur avait le droit de demander à son employé de justifier ses absences ou ses 

demandes particulières et qu'il se conforme au règlement interne de son entreprise 

pour le temps de travail et le temps de pause. Le fait de demander un certificat 

médical ne saurait non plus être interprété comme un manque de respect, mais au 

contraire comme une demande légitime permettant d'instaurer un climat de 

confiance. Il ne lui appartenait pas non plus de préjuger de l'attitude de l'employeur 

en cas de poursuite des relations de travail. L'OCE a en outre fait état de différents 

entretiens de conseil à l'ORP dont il ressortait ce qui suit : 

- Le 7 juillet 2008, l'assuré avait formulé des critiques à l'encontre des 

formateurs de l'Association API - Herbier du logement; 

 

- Le 6 juin 2008, il avait quitté le ETFI au motif de ne pas avoir réussi à 

s'entendre avec les responsables au sujet de la durée de la pause de midi; 

 

- Le 7 mai 2008, il n'était pas très content de la mesure qui allait débuter le 

19 suivant; 

 

- Le 6 mars 2008, il s'était énervé parce que sa conseillère en personnel lui 

avait demandé de produire ses lettres de motivation et les réponses des 

employeurs; 

 

- Le 7 janvier 2008, il s'était montré réticent à toute proposition de cours 

de perfectionnement; 

 

- Le 7 juin 2007, il avait refusé de transmettre la lettre de congé de son 

dernier employeur et par là même de donner son nom, car "les choses 

s'étaient mal passées"; 

 

- Le 14 mai 2008, l'assignation d'emploi auprès de Y___________ avait 

été annulée, au motif qu'il y avait déjà travaillé en 1983 et qu'il y avait eu 

une mésentente avec ses collègues et le directeur. 

 

L'OCE a ainsi retenu que l'assuré, par son manque de collaboration et l'abandon de 

la mesure ETFI, s'était privé d'une expérience professionnelle qui lui aurait offert de 

nouvelles perspectives et opportunités. 

8. Par courrier du 29 août 2008, l'assuré recourt contre cette décision en concluant à 

son annulation. Il conteste en bloc les arguments de l'OCE concernant les différents 

entretiens de conseil auprès de l'ORP. Il n'a jamais formulé de critiques à l'encontre 

des formateurs, mais au sujet du type de stage qui concernait plus l'architecture que 

son métier. Cette remarque valait aussi pour les cours de perfectionnement. Quant à 

la production de lettres de motivation, il a simplement demandé pourquoi les autres 

conseillers n'en demandaient pas. En ce qui concerne la lettre de congé, il n'en avait 

pas reçue, raison pour laquelle il n'a pas pu la transmettre. Il fait en outre valoir 

avoir trouvé un emploi pour une durée de six mois du 15 juin au 31 décembre 2007 

chez MDB Bureau d'ingénieur, sans l'aide de son conseiller. Actuellement, il suit un 

 

 

 

 

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- 5/8 - 

programme d'emploi temporaire à Z___________. Il ne comprend pas pourquoi on 

ne tient pas compte qu'il avait des difficultés à gérer correctement certaines 

situations difficiles pendant la période qui a précédé le décès de sa mère. Il était en 

effet très fragilisé sur le plan psycho-émotionnel et affectif. Il n'a ainsi pas été en 

mesure de répondre favorablement à toute sorte de sollicitations éprouvantes qu'il 

ressentait comme extrêmement nuisibles à son équilibre nerveux. Enfin, il a dû 

traverser une phase très proche de l'état dépressif avéré, même s'il n'a pas eu la 

présence d'esprit de consulter immédiatement un médecin pour le faire constater et 

obtenir un moment de répit vis-à-vis de ses obligations professionnelles. 

9. Dans sa détermination du 12 septembre 2008, l'intimé conclut au rejet du recours, 

en renvoyant à sa décision sur opposition en ce qui concerne la motivation. 

10. Sur ce, la cause a été gardée à juger. 

 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 56V al. 1 let. a ch. 8 de la loi genevoise sur l'organisation 

judiciaire (LOJ), le Tribunal cantonal des assurances sociales connaît en instance 

unique des contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale 

du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPGA) qui sont relatives à la 

loi fédérale sur l’assurance-chômage obligatoire et l’indemnité en cas 

d’insolvabilité du 25 juin 1982 (LACI). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Interjeté dans les délai et forme prescrits par la loi, le recours est recevable (art. 56 

ss LPGA). 

3. L'objet du litige porte sur la suspension de 20 jours du droit à l'indemnité de 

chômage. 

4. L’assuré qui fait valoir des prestations d’assurance doit, avec l’assistance de l’office 

du travail compétent, entreprendre tout ce qu’on peut raisonnablement exiger de lui 

pour éviter le chômage ou l’abréger. Il lui incombe, en particulier, de chercher du 

travail, au besoin en dehors de la profession qu’il exerçait précédemment. Il doit 

pouvoir apporter la preuve des efforts qu'il a fournis (art. 17 al. 1 LACI). 

Selon l’art. 17 al. 3 let. a LACI, l’assuré a l’obligation, lorsque l’autorité 

compétente le lui enjoint, de participer aux mesures relatives au marché du travail 

propres à améliorer son aptitude au placement.  

 

 

 

 

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- 6/8 - 

Le droit de l’assuré à l’indemnité est suspendu lorsqu’il est établi que celui-ci 

n’observe pas les prescriptions de contrôle du chômage ou les instructions de 

l’autorité compétente (cf. art. 30 al. 1 let. d LACI). 

Selon l’art. 30 al. 3 LACI, la durée de la suspension est proportionnelle à la gravité 

de la faute. Aux termes de l'art. 45 al. 2 de l'ordonnance sur l'assurance-chômage 

obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité du 31 août 1983 (OACI), la durée de 

la suspension est de un à quinze jours en cas de faute légère (let. a), de seize à trente 

jours en cas de faute de gravité moyenne (let. b) et de trente-et-un à soixante jours 

en cas de faute grave (let c). 

Il résulte du barème des suspensions établi par le Secrétariat d’Etat à l’économie 

(SECO) que lorsque l’assuré abandonne un emploi temporaire, l’autorité doit 

infliger une sanction de 16 à 20 jours lors du premier manquement et de 24 à 30 

jours lors du second manquement (circulaire relative à l’indemnité de chômage, 

janvier 2007, ch. D72). Le Tribunal de céans doit se limiter à examiner si 

l'administration a fait un usage critiquable de son pouvoir d'appréciation (ATF du 

16 avril 2008, 8C 316/07). 

Selon la circulaire précitée (ch. D64), la durée de la suspension doit par ailleurs être 

fixée en tenant compte de toutes les circonstances du cas particulier, telles que le 

mobile, les circonstances personnelles (âge, état civil, état de santé, dépendance 

éventuelle, environnement social, etc.), les circonstances particulières 

(comportement de l'employeur ou des collègues de travail, climat de travail) et des 

fausses hypothèses quant à l'état de fait (par exemple quant à la certitude d'obtenir 

un nouvel emploi). 

5. En l'espèce, il n'est pas contesté que le recourant a interrompu le premier jour la 

mesure ETFI. Ainsi, selon le barèmes du SECO susmentionné, un tel manquement 

constitue une faute moyenne justifiant une suspension du droit à l'indemnité de 

chômage de 16 à 20 jours. 

Il convient toutefois d'examiner si les circonstances du cas d'espèce font apparaître 

cette faute comme étant légère ou, en cas de confirmation de la faute moyenne, s'il 

y a lieu d'appliquer la limite inférieure du barème prévu pour une telle faute. 

Le recourant fait valoir à cet égard que sa mère était gravement malade et 

hospitalisée. Il peut ainsi lui être concédé que son état psychique était selon toute 

vraisemblance fragilisé et qu'il n'a pas toujours pu réagir de façon adéquate de ce 

fait. Il n'en demeure pas moins qu'objectivement, la demande de l'employeur 

d'établir la réalité de la maladie et de l'hospitalisation de sa mère par un certificat 

médical doit être considérée comme justifiée, notamment lorsqu'il s'agit d'un nouvel 

employé, avec lequel une relation de confiance n'a pas encore pu naître. Par 

ailleurs, on ne comprend pas pourquoi le recourant devait absolument voir sa mère 

à midi. Il avait en effet encore toute la soirée à sa disposition pour s'occuper d'elle. 

 

 

 

 

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- 7/8 - 

De surcroît, il pouvait être attendu de lui qu'il se montre particulièrement 

scrupuleux de respecter des consignes de l'employeur, s'agissant du premier jour de 

travail. 

Compte tenu de ces circonstances, le Tribunal de céans estime que la faute du 

recourant ne peut pas être qualifiée de légère. Cependant, en raison de la grave 

maladie de sa mère, il y a lieu d'abaisser la durée de la suspension au minimum de 

16 jours prévu pour une faute moyenne.  

6. Au vu de ce qui précède, le recours sera partiellement admis.  

 

 

 

 

 

 

 

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- 8/8 - 

PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. L'admet partiellement. 

3. Annule la décision du 28 juillet 2008, en ce qu'elle a prononcé une suspension du 

droit à l'indemnité de chômage d'une durée supérieure à 16 jours. 

4. La confirme pour le surplus. 

5. Dit que la procédure est gratuite. 

6. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 

dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 

(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 

public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 

juin 2005 (LTF); le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 

moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit 

être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie électronique aux 

conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du 

recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l'envoi. 

 

La greffière 

 

 

 

 

Claire CHAVANNES 

 La présidente 

 

 

 

 

Maya CRAMER 

  

 
 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’au Secrétariat 

d'Etat à l'économie par le greffe le