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**Case Identifier:** 7877a308-ada7-58a9-9c79-00bc292a305b
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-10-16
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 16.10.2015 C/346/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-346-2015_2015-10-16.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 21 octobre 2015. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/346/2015 ACJC/1248/2015 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 16 OCTOBRE 2015 

 

Entre 

A______, sise ______, Liechtenstein, appelante d'un jugement rendu par la 2ème 
Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 20 mai 2015, comparant par 

Me Michel Ducrot, avocat, 4, rue des Prés-de-la-Scie, case postale 375, 1920 Martigny 

(VS), en l'étude duquel elle fait élection de domicile, 

et 

B______, sise ______, Genève, intimée, comparant par Me Dominique Christin et  
Me Thomas Goossens, avocats, 5, rue Jacques-Balmat, case postale 5839, 1211 Genève 

11, en l'étude desquels elle fait élection de domicile. 

 

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C/346/2015 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/5527/2015 du 20 mai 2015, expédié pour notification aux 
parties le 20 mai 2015 et reçu le 21 mai 2015, le Tribunal de première instance a, 

statuant par voie de procédure sommaire, donné acte à C______ du retrait de sa 

requête (ch. 1), déclaré irrecevable la requête en protection de cas clair formée par 

A______ (ch. 2), arrêté les frais judiciaires à 3'600 fr., mis ceux-ci à la charge de 

C______ et A______, compensé ceux-ci à due concurrence avec les avances de 

frais fournies, ordonné la restitution du solde de 3'600 fr. à C______ et A______ à 

concurrence de 1'800 fr. à chacune des parties (ch. 3), qu'il a condamnées à payer 

à B______ 3'000 fr. à titre de dépens (ch. 4), et, conjointement et solidairement, 

débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 5). 

En substance, le premier juge a retenu que la situation juridique n'était pas claire, 

notamment en raison de la nécessité de déterminer l'étendue de la notion de 

garantie d'une activité irréprochable, et de trancher la question de la nature et de la 

force contraignante des recommandations et des directives de la FINMA 

invoquées par B______ pour refuser le transfert de fonds. 

B. a. Par acte expédié le 1er juin 2015 au greffe de la Cour de justice, A______ a 
formé appel dudit jugement, concluant principalement à son annulation, avec suite 

de frais et dépens de première instance et d'appel, et à la condamnation de 

B______ à virer l'entier du compte N
o
 1______ vers le compte N

o
 2______ auprès 

du D______, dont le titulaire est C______. 

Elle a fait grief au Tribunal de ne pas avoir motivé sa décision, de sorte que son 

droit d'être entendu avait été violé. Elle s'est également plainte de ce que le 

premier juge n'a pas retenu que la situation juridique était claire. 

b. Par réponse du 6 juillet 2015, B______ a conclu, principalement, à 
l'irrecevabilité de l'appel de A______ et à la condamnation de celle-ci en tous les 

frais judiciaires et dépens, subsidiairement, à son déboutement, à la confirmation 

du jugement entrepris et à sa condamnation en tous les frais judiciaires et dépens. 

A l'appui de sa réponse, elle a produit deux articles du journal E______ du 10 juin 

2014 et du 14 avril 2015. 

c. Par réplique du 9 juillet 2015, A______ a sollicité que les articles de presse 
produits par B______ soient écartés du dossier. 

d. Par duplique du 20 juillet 2015, B______ a conclu à ce que les articles de 
presse ne soient pas écartés du dossier et, au surplus, persisté dans ses 

conclusions. 

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C/346/2015 

e. Par courrier du 21 juillet 2015, les parties ont été informées que la cause était 
gardée à juger. 

C. Les faits pertinents suivants résultent de la procédure : 

a. La fondation A______, dont le siège se trouve au Panama, est titulaire du 
compte N

o
 1______ ouvert le 2 juin 2003 dans les livres de B______, 

établissement bancaire ayant son siège à Genève. 

b. C______, ressortissante française née le ______ 1951, a été désignée comme 
unique ayant droit économique des valeurs patrimoniales déposées sur le compte 

N
o
 1______. 

A la date d'ouverture du compte, C______ était domiciliée à F______ (France). 

Depuis le 1
er

 octobre 2013, elle est domiciliée à G______ (VS). 

c. Les conditions générales de la banque, dans leur version signée à l'ouverture du 
compte le 2 juin 2003, réservent en faveur de l'établissement un droit de ne pas 

accepter des actifs ou de refuser des opérations proposées par le client (art. 1), et 

prévoient un droit de compensation, de rétention et de gage pour toutes les 

prétentions, échues ou non, que la banque pourrait faire valoir à l'encontre du 

client (art. 9). 

La banque peut modifier les conditions générales en tout temps. Faute de 

contestation dans le délai d'un mois suivant la date de communication des 

modifications, elles sont considérées comme approuvées (art. 16). 

Dans leur version au 25 août 2014, les conditions générales prévoient que la 

banque "se réserve le droit, en tout temps et sans avoir à motiver sa décision, de 

ne pas accepter des actifs, de refuser des opérations, de limiter certaines 

opérations ou d'imposer des conditions particulières à des opérations", étant 

précisé que "les éventuelles conséquences directes ou indirectes de ces refus, 

limitations ou conditions ne sauraient être mises à [sa] charge" (point 2.1). 

Le droit de gage, de rétention et de compensation est prévu au point 11, tandis que 

la clause de modification a été reprise au point 21. 

d. Par courrier du 28 juin 2013 adressé en banque restante, B______ a imparti un 
délai au 31 octobre 2013 à A______ pour retourner une déclaration de conformité 

fiscale dûment signée. 

Un modèle de déclaration de conformité fiscale était joint à ce courrier. 

e. A______ n'a pas transmis la déclaration de conformité fiscale demandée. 

f. Au 31 mars 2014, les avoirs en compte de la fondation A______ étaient de 
951'874 fr. en actions et de 9'953 fr. en liquidités. 

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C/346/2015 

g. Par courrier du 15 avril 2014, A______ a sollicité, dans un premier temps, le 
transfert d'un montant de 15'000 fr. en faveur de H______. à I______ 

(Liechtenstein), puis la clôture de sa relation bancaire et le transfert des avoirs 

vers le compte N
o
 2______ auprès de la banque D______, à Genève. C______ est 

le titulaire de ce compte bancaire. 

B______ a refusé d'exécuter les transferts de fonds. Seule la remise préalable d'un 

justificatif de la conformité fiscale des avoirs pour la période pendant laquelle 

C______ était domiciliée en France était susceptible de débloquer la situation. La 

banque a également recommandé que A______ et son ayant droit économique, 

C______, entament au plus vite une procédure de régularisation. Elle se tenait à 

leur disposition pour les orienter à cet effet. 

h. Par acte expédié le 9 janvier 2015 au greffe du Tribunal de première instance, 
A______ et C______ ont formé une requête en protection de cas clair, concluant, 

sous suite de frais et dépens, à ce que le Tribunal condamne B______ à virer 

l'entier du compte N
o
 1______ vers le compte N

o
 2______ auprès du D______, 

dont la titulaire est C______. 

i. Par réponse du 25 mars 2015, B______ a conclu, avec suite de frais et dépens, à 
l'irrecevabilité de la requête. 

j. Le 15 avril 2015, C______ et A______ ont déposé une détermination valant 
réplique spontanée, par laquelle C______ a retiré sa requête en protection de cas 

clair et A______ a persisté dans ses conclusions. 

EN DROIT 

1. 1.1 Dans les affaires patrimoniales, l'appel est recevable contre les décisions 
finales de première instance si la valeur litigieuse au dernier état des conclusions 

est de 10'000 francs au moins (art. 308 al. 1 let. a et al. 2 CPC). Ces conditions 

valent aussi en procédure de cas clair selon l'art. 257 CPC (HOHL, Procédure 

civile, tome II, 2010, n. 1684 s.). 

En l'espèce, la valeur litigieuse est atteinte, dès lors que les avoirs en compte de la 

fondation s'élèvent à 951'874 fr. en actions et 9'953 fr. en liquidités. 

Par conséquent, la voie de l'appel est ouverte. 

1.2 Les décisions rendues en matière de cas clairs sont soumises à la procédure 
sommaire (art. 257 al. 1 CPC). Qu'elle accorde la protection ou déclare la requête 

irrecevable, la décision peut être attaquée dans les dix jours (art. 314 al. 1 CPC). 

En l'espèce, l'appel a été formé dans le délai. Il est ainsi recevable. 

1.3 L'intimée soutient que l'appel est irrecevable car insuffisamment motivé. 

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Il incombe à l'appelant de motiver son appel (art. 311 al. 1 CPC), c'est-à-dire de 

démontrer le caractère erroné de la motivation attaquée. Pour satisfaire à cette 

exigence, il ne lui suffit cependant pas de renvoyer aux moyens soulevés en 

première instance, ni de se livrer à des critiques toutes générales de la décision 

attaquée. Sa motivation doit être suffisamment explicite pour que l'instance 

d'appel puisse la comprendre aisément, ce qui suppose une désignation précise des 

passages de la décision que le recourant attaque et des pièces du dossier sur 

lesquelles repose sa critique (ATF 138 III 374 consid. 4.3.1). 

En l'espèce, s'il est vrai que l'appelante reprend pour l'essentiel l'argumentation 

développée devant le premier juge, elle fait aussi grief à ce dernier d'avoir violé 

l'art. 29 al. 2 Cst. en «reproduisant» le point de vue de l'intimée et énonce les 

passages contestés du jugement entrepris en s'y référant. Ainsi, l'acte d'appel ne 

consiste pas en un simple renvoi à la requête. 

Par conséquent, l'appel répond aux exigences de motivation et est recevable. 

2. L'appelante demande à la Cour d'écarter du dossier les articles de presse produits 
devant elle par l'intimée. 

2.1 Aux termes de l'art. 317 al. 1 CPC, un fait ou un moyen de preuve nouveau 
n'est pris en considération au stade de l'appel que s'il est produit sans retard (let. a) 

– c'est-à-dire en principe dans l'acte d'appel ou la réponse (JEANDIN, in Code de 

procédure civile commenté, 2011, n. 7 ad art. 317 CPC) – et qu'il ne pouvait l'être 

devant la première instance, bien que la partie qui s'en prévaut ait fait preuve de la 

diligence requise (let. b). 

Dans la procédure de cas clair, il n'est pas possible de produire de nouvelles 

pièces en appel, les exigences posées par l'art. 257 al. 1 CPC devant être 

satisfaites en première instance déjà. En effet, si le premier juge éconduit la partie 

demanderesse en application de l'art. 257 al. 3 CPC et au motif que les pièces 

soumises à son examen sont inaptes à prouver immédiatement l'état de fait, le juge 

d'appel ne saurait contrôler cette appréciation sur la base de pièces différentes, 

fussent-elles recevables au regard de l'art. 317 al. 1 CPC. Si après un jugement 

d'irrecevabilité, le demandeur se procure de nouvelles preuves, il peut introduire 

une nouvelle requête selon l'art. 257 CPC devant le même juge, mais non 

poursuivre en appel une voie qui ne lui était pas ouverte en première instance 

(arrêt du Tribunal fédéral 4A_420/2012 consid. 5 = SJ 2013 I 129; 4A_312/2013 

du 17 octobre 2013 consid. 3.2). 

2.2 En l'espèce, deux articles du journal E______ ont été produits par l'intimée 
lors de la procédure d'appel. Dans la mesure où l'article du 14 avril 2015 n'est pas 

déterminant pour l'issue du litige, comme cela sera développé ci-après, la question 

de sa recevabilité peut rester ouverte. Quant à l'article paru le 10 juin 2014, il doit 

de toute façon être déclaré irrecevable en application de l'art. 317 al. 1 CPC. 

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3. L'appelante fait grief au premier juge de s'être borné à résumer le dossier et à 
reproduire le point de vue de l'intimée, sans motiver sa décision. 

3.1 Le droit d'être entendu, garanti à l'art. 29 al. 2 Cst., impose notamment au juge 
le devoir de motiver sa décision, afin que le destinataire puisse en saisir la portée 

et, le cas échéant, l'attaquer en connaissance de cause. Pour répondre à cette 

exigence, il suffit que le juge mentionne, au moins brièvement, les motifs qui l'ont 

guidé et sur lesquels il a fondé sa décision. Ainsi, les parties doivent pouvoir 

connaître les éléments de fait et de droit retenus par le juge pour arriver au 

dispositif (TAPPY, in Code de procédure civile commenté, 2011, n. 7 ad 

art. 238 CPC). 

Le juge n'a toutefois pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens 

de preuve et griefs invoqués par les parties, mais peut au contraire se limiter à 

l'examen des questions décisives pour l'issue du litige (ATF 137 II 266 consid. 

3.2; 136 I 229 consid. 5.2; 134 I 83 consid. 4.1; arrêts du Tribunal fédéral 

9C_3/2011 et 9C_51/2011 du 8 juin 2011 consid. 4.1). La motivation peut 

d'ailleurs être implicite et résulter des différents considérants de la décision (arrêts 

du Tribunal fédéral 6B_311/2011 du 19 juillet 2011 consid. 3.1; 6B_12/2011 du 

20 décembre 2011 consid. 6.1; 2C_23/2009 du 25 mai 2009 consid. 3.1, RDAF 

2009 II p. 434). 

En procédure sommaire, la motivation peut être plus succincte qu'en procédure 

ordinaire (MAZAN, in Schweizerische Zivilprozessordnung, Commentaire bâlois, 

2013, n. 7 ad art. 256 CPC). 

Une violation du droit d'être entendu entraîne en principe l'annulation de la 

décision viciée, sans examen du bien-fondé de l'argumentation par ailleurs 

développée devant l'autorité de recours (ATF 137 I 195 consid. 2.2). 

3.2 En l'espèce, le grief tombe à faux. Le Tribunal de première instance devait se 
prononcer sur la possibilité d'appliquer la procédure dans les cas clairs, aux 

conditions de l'art. 257 CPC. Or, c'est ce que le premier juge a fait, en motivant sa 

décision, à savoir en indiquant les raisons pour lesquelles la situation juridique ne 

pouvait, selon lui, être considérée comme claire. 

Par conséquent, l'obligation de motiver a été respectée, de sorte que l'appelante 

sera déboutée de ses conclusions sur ce point. 

4. Il reste à vérifier si, comme le prétend l'appelante, le Tribunal a méconnu l'art. 257 
CPC en déclarant irrecevable sa requête en protection de cas clair. 

4.1 Selon l'art. 257 CPC, le tribunal admet l'application de la procédure sommaire 
à condition que, d'une part, l'état de fait ne soit pas litigieux, ou qu'il soit 

susceptible d'être immédiatement prouvé (let. a), et que, d'autre part, la situation 

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juridique soit claire (let. b). Les conditions de clarté de l'état de fait et de la 

situation juridique sont cumulatives (arrêt du Tribunal fédéral 4A_443/2011 du 

22 février 2012 consid. 2). 

La procédure de protection dans les cas clairs prévue par l'art. 257 CPC permet à 

la partie demanderesse d'obtenir rapidement une décision ayant l'autorité de la 

chose jugée et la force exécutoire lorsque la situation de fait et de droit n'est pas 

équivoque (Message du Conseil fédéral relatif au CPC, FF 2006 p. 6959; 

ATF 138 III 620 consid. 5.1.1). 

Un état de fait n'est pas litigieux lorsqu'il est incontesté; c'est le cas lorsque le 

défendeur ne remet pas en cause d'une manière substantielle les allégations du 

demandeur (ATF 138 III 620 consid. 5.1.1 = SJ 2013 I 283; BOHNET, in Code de 

procédure civile commenté, 2011, n. 7 ad art. 257 CPC; HOFMANN, in 

Schweizerische Zivilprozessordnung, Commentaire bâlois, 2013, n. 10 ad 

art. 257 CPC). 

Un état de fait est susceptible d'être immédiatement prouvé lorsque les faits 

peuvent être immédiatement prouvés à l'audience. La preuve se fera 

essentiellement sur la base de titres (ATF 138 III 123 consid. 2.1.1; HOHL, op. cit., 

n. 1662; BOHNET, op. cit., n. 11 ad art. 257 CPC). Dans le cadre de la protection 

des cas clairs, la preuve n'est pas facilitée, le demandeur devant ainsi apporter la 

preuve certaine ("voller Beweis") des faits justifiant sa prétention; la simple 

vraisemblance ("Glaubhaftmachen") ne suffit pas (ATF 141 III 23 consid. 3.2; 

138 III 620 consid. 5.1.1 = SJ 2013 I 283; arrêt du Tribunal fédéral 5A_768/2012 

du 17 mai 2013 consid. 4.2.1). 

La condition de clarté de la situation juridique est réalisée si l'application de la 

norme au cas concret s'impose de façon évidente au regard du texte légal ou sur la 

base d'une doctrine et d'une jurisprudence éprouvées (ATF 138 III 728 consid. 

3.3; 138 III 123 consid. 2.1.2; arrêt du Tribunal fédéral 5A_768/2012 du 17 mai 

2013 consid. 4.2). Une telle clarté nécessite que la signification d'une norme ne 

fasse l'objet d'aucun doute raisonnable (ATF 118 II 302 consid. 3; arrêt du 

Tribunal fédéral 5A_471/2012 du 2 juillet 2013 consid. 5.1). 

Les exigences posées quant à la clarté de la situation juridique sont ainsi strictes 

(arrêt du Tribunal fédéral 4A_329/2013 du 10 décembre 2013 consid. 4), ce 

d'autant plus que l'octroi de la protection des cas clairs résulte en une décision 

avec force de chose jugée (ATF 138 III 620 consid. 5.1.1 = SJ 2013 I 283). 

Dans le doute, l'affaire doit être traitée dans une procédure complète. En règle 

générale, la situation juridique n'est pas claire si l'application d'une norme 

nécessite l'exercice d'un certain pouvoir d'appréciation de la part du juge ou que 

celui-ci doit rendre une décision en équité, en tenant compte des circonstances 

concrètes de l'espèce; il en est ainsi quand le juge doit se déterminer sur la bonne 

foi d'une partie (ATF 141 III 23 consid. 3.2; 138 III 123 consid. 2.1.2; arrêts du 

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Tribunal fédéral 5A_710/2013 du 17 février 2014 consid. 2.2.2; 5A_768/2012 du 

17 mai 2013 consid. 4.2). 

Le cas clair est nié lorsque la partie adverse présente des objections motivées et 

convaincantes qui, sur le plan factuel, ne peuvent être réfutées immédiatement et 

qui sont propres à ébranler la conviction du juge. Il n'est pas exigé qu'elle rende 

ses objections vraisemblables comme dans une procédure de mainlevée de 

l'opposition; il est suffisant qu'elle avance des objections qui ne paraissent pas 

vouées à l'échec. En revanche, les objections manifestement mal fondées ou 

dénuées de pertinence sur lesquelles il peut être statué immédiatement ne suffisent 

pas à exclure le cas clair et à faire obstacle à un procès rapide (ATF 141 III 23 

consid. 3.2; 138 III 620 consid. 5.1.1 et 6.2 = SJ 2013 I 283; arrêts du Tribunal 

fédéral 4A_252/2014 du 28 mai 2014 consid. 3.2.1; 4A_627/2013 du 8 avril 2014 

consid. 2.1). 

4.2 En l'espèce, les principaux faits pertinents ne sont pas litigieux. Devant le 
premier juge, l'intimée s'est bornée à contester les allégations de l'appelante selon 

lesquelles elle n'aurait invoqué "aucune disposition légale" à l'appui de son refus 

d'exécuter l'ordre de transfert et elle ne disposerait "d'aucun droit de gage ou de 

rétention sur les avoirs" de la fondation. 

La question in casu est de savoir si la situation juridique peut être considérée 

comme "claire" au sens de l'article 257 CPC. 

Selon l'appelante, la banque était soumise à l'obligation d'exécuter l'ordre de 

transfert sans pouvoir formuler d'objection ni fixer de condition. Aucune règle de 

droit ne permettait à l'établissement de ne pas s'exécuter, et, au demeurant, le droit 

étranger ne déploierait aucun effet en Suisse. 

L'intimée a refusé d'exécuter le transfert au motif que l'appelante n'avait pas 

rempli et signé une déclaration de conformité fiscale. Selon la banque, elle était 

indispensable au déblocage des fonds. Elle a fait valoir qu'en exécutant l'ordre de 

transfert dans ces conditions, elle commettrait une infraction pénale en droit 

français. Pour éviter tout risque de ce type, la FINMA avait édicté des règles qui 

imposaient aux banques de ne pas se livrer à ce type d'opérations financières sans 

avoir préalablement clarifié la situation en tenant compte des risques liés à la 

violation du droit étranger. La méconnaissance de ces textes emporterait violation 

de l'exigence d'une activité irréprochable découlant de l'art. 3 al. 2 let. c de la loi 

fédérale sur les banques et caisses d'épargnes (LB). La banque se trouvait donc 

confrontée à une impossibilité juridique, au sens de l'art. 119 CO, d'exécuter 

l'ordre de transfert. Par ailleurs, ce refus avait pour fondement les conditions 

générales de la banque, tant dans leur version signée par l'appelante à l'ouverture 

du compte que dans leur version du 25 août 2014, puisque la modification n'avait 

pas été contestée par la cliente. Enfin, la banque pouvait également refuser de 

s'exécuter sur la base de l'article 19 LDIP. 

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Ainsi, le litige implique principalement de déterminer l'étendue de la notion de 

garantie d'une activité irréprochable de la banque au sens de l'art. 3 al. 2 let. c LB, 

notamment concernant le risque de violation du droit étranger pouvant entraîner 

une condamnation pénale, ainsi que la portée des actes édictés par la FINMA, 

pour déterminer si la banque était fondée à refuser de transférer les avoirs. 

La Cour de justice a retenu que l'objection relative à l'art. 3 LB n'était pas vouée à 

l'échec, de sorte qu'elle suffisait à exclure l'application de l'art. 257 CPC 

(ACJC/512/2015 du 8 mai 2015 consid. 4.2.2). Il n'y a pas lieu en l'espèce de 

s'écarter de cette jurisprudence, dès lors que les circonstances sont comparables. 

Les autres arguments de l'intimée ne paraissent pas non plus dénués de pertinence. 

Pour apporter une réponse aux problèmes juridiques soulevés, le juge devra 

nécessairement procéder à des clarifications en droit qui, précisément, ne peuvent 

s'inscrire dans le cadre d'une procédure sommaire en cas clair. 

Il s'ensuit que c'est à bon droit que le Tribunal a retenu que la situation juridique 

n'était pas claire et déclaré la requête irrecevable. Par conséquent, l'appelante sera 

déboutée de ses conclusions et le jugement entrepris confirmé. 

5.  5.1 En raison de l'issue de l'appel, il n'y a pas lieu de revoir les frais de première 
instance. 

5.2 L'appelante, qui succombe entièrement, supportera les frais judiciaires d'appel, 
arrêtés à 3'000 fr., couverts par son avance de frais du même montant, qui reste 

acquise à l'Etat (art. 106 et 111 CPC; art. 2, 26 et 35 RTFMC). 

5.3 Dans les contestations portant sur des affaires pécuniaires, le défraiement d'un 
représentant professionnel est, en règle générale, proportionnel à la valeur 

litigieuse. Il est fixé, dans les limites figurant dans un règlement du Conseil d'Etat, 

d'après l'importance de la cause, ses difficultés, l'ampleur du travail et E______ 

employé (art. 20 al. 1 LaCC et 84 RTFMC). 

Pour des affaires dont la valeur litigieuse se situe entre 600'000 fr. et 1 million, le 

défraiement est fixé à 25'400 fr. plus 1,5% de la valeur litigieuse dépassant 

600'000 fr. (art. 85 al. 1 RTFMC). 

Pour les procédures sommaires, le défraiement est, dans la règle, réduit à deux 

tiers et au plus à un cinquième du tarif de l'art. 85 RTFMC (art. 88 RTFMC). 

Le défraiement est réduit dans la règle d'un à deux tiers par rapport au tarif de 

l'article 85 RTFMC dans les procédures d'appel et de recours (art. 90 RTFMC). 

Les dépens seront ainsi fixés à la somme arrondie de 2'000 fr., débours et TVA 

compris (art. 25 et 26 al. 1 LaCC). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté le 1
er

 juin 2015 par A______ contre le jugement 

JTPI/5527/2015 rendu le 20 mai 2015 par le Tribunal de première instance dans la 

cause C/346/2015-2. 

Au fond : 

Confirme le jugement. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires d'appel à 3'000 fr., les met à la charge de A______ et les 

compense avec l'avance de frais fournie du même montant, qui reste acquise à l'Etat. 

Condamne A______ à payer à B______, au titre de dépens d'appel, un montant de  

2'000 fr. 

Siégeant : 

Madame Valérie LAEMMEL-JUILLARD, présidente; Madame Nathalie LANDRY-BARTHE, 

Monsieur Patrick CHENAUX, juges; Madame Audrey MARASCO, greffière. 

 

La présidente : 

Valérie LAEMMEL-JUILLARD 

 La greffière : 

Audrey MARASCO 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec 

expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du recours en matière 

civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 30'000 fr.