# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e3608d82-32e3-5a8c-9a64-f5c77e717f08
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2005-06-21
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 21.06.2005 A/1533/2005
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1533-2005_2005-06-21.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/1533/2005-JPT ATA/444/2005 

ARRÊT 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 21 juin 2005 

 

dans la cause 

 

Monsieur  S_________ 
représenté par Me Pierre Rumo, avocat  

contre 

DÉPARTEMENT DE JUSTICE, POLICE ET SÉCURITÉ 
 

 

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A/1533/2005 

EN FAIT 

1.  Le 21 octobre 2004, P_________ S.A., de siège à Genève, a présenté au 
service des autorisations et patentes du département de justice, police et sécurité 
(ci-après : le département) une demande de renouvellement quadriennal 
d’autorisation concordataire concernant Monsieur  S_________, domicilié à 
Genève, en qualité d’agent de sécurité. 

2.  Les renseignements recueillis par le département ont été les suivants : 

 - Un rapport de renseignements, suite à une plainte, contre M. S_________ 
pour injures en date du 27 janvier 2004 ; 

 - Une poursuite en cours pour un montant de CHF 3'059,70 (relevé de l’office 
des poursuites du 4 mars 2005) ; 

 - Douze actes de défaut de biens totalisant CHF 53'456,45 (relevé de l’office 
des poursuites du 4 mars 2005). 

3.  Par arrêté du 6 avril 2005, le département a refusé l’autorisation sollicitée, 
M. S_________ étant insolvable au sens de l’article 9 alinéa 1 lettre d du 
concordat sur les entreprises de sécurité du 18 octobre 1996 (I 2 14 – ci-après : le 
concordat). 

4.  M. S_________ a saisi le Tribunal administratif d’un recours contre la 
décision précitée par acte du 6 mai 2005.  

  Il n’a pas contesté faire l’objet de divers actes de défaut de biens pour le 
montant retenu de CHF 51'363,35, mais à sa connaissance, il n’avait pas de 
poursuite en cours. Il s’efforçait de régler ses dettes contractées en raison de 
difficultés professionnelles et personnelles. Ses trois créanciers principaux étaient 
le service cantonal d'avance et de recouvrement des pensions alimentaires (ci-
après : le SCARPA), l’administration fiscale cantonale et D_________ AG, 
envers lesquels il avait pris des engagements, soit des versements mensuels 
respectifs de CHF 700.-, CHF 300.- et CHF 100.-. 

  Il conclut à une audience de comparution personnelle et, sur le fond, à 
l’annulation de la décision querellée. Il demandait également à être dispensé de 
toute avance de frais.  

5.  Dans sa réponse du 13 juin 2005, le département s’est opposé au recours.  

  L’exigence de solvabilité figurait déjà dans la loi sur la profession d’agent 
de sécurité privé du 15 mars 1985 et avait été expressément confirmée par le 

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Tribunal administratif et le Tribunal fédéral. En l’espèce, l’insolvabilité du 
recourant avait été constatée sur une période de plusieurs années sans qu’il puisse 
redresser sa situation financière et amortir régulièrement ses dettes. Le fait qu’il 
ait semble-t-il trouvé des arrangements avec deux ou trois créanciers auxquels il 
remboursait mensuellement quelques centaines de francs ne changeait rien à cet 
état d’insolvabilité.  

EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 56A de la loi sur l'organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 63 al. 1 litt. a de la loi sur la procédure administrative du 12 
septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2.  Touché par la décision attaquée, le recourant a qualité pour agir et cela 
même si l’employeur requérant n’a pas recouru (ATA/367/2005 du 24 mai 2005 
et les références citées). 

3.  Selon l’article 41 LPA, les parties ne peuvent prétendre à une audition 
verbale sauf dispositions légales contraires. En l’espèce, aucune disposition ne 
prévoit la tenue d’une audience de comparution personnelle. Le Tribunal 
administratif y renoncera, les faits étant établis par pièces et au surplus non 
contestés.  

4.  Le concordat a été modifié par la convention portant révision du concordat, 
du 3 juillet 2003 (ci-après : la convention). Le Grand Conseil a adopté, le 11 juin 
2004, une loi modifiant la loi concernant le concordat du 2 décembre 1999 (Loi 
sur le concordat - I 2 14.0), entrée en vigueur le 1er septembre 2004. Ce texte 
autorise le Conseil d’Etat à adhérer à la convention. 

  S’agissant du présent litige, qui trouve sa source dans la demande de 
renouvellement quadriennal du 21 octobre 2004, il est entièrement régi par les 
nouvelles dispositions. 

5.  A l'instar de l'ancienne loi cantonale sur la profession d'agent de sécurité 
privé du 15 mars 1985, le concordat a pour but de fixer les règles communes 
régissant l'activité des entreprises de sécurité et de leurs agents et d'assurer la 
validité intercantonale des autorisations accordées par les cantons (art. 2 du 
concordat ; MGC, 1999, IX, p. 9051).  

6.  L’ancien article 9 du concordat ne contenait pas de clause d’insolvabilité 
concernant l’agent de sécurité, sauf si celui-ci était chef de succursale (art. 9 al. 2). 

  L’article 9 alinéa 1 lettre d du concordat précise que l’autorisation d’engager 
du personnel n’est accordée que si l’agent de sécurité ou le chef de succursale est 

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solvable ou ne fait pas l’objet d’actes de défaut de biens définitifs. 

  Cette exigence de solvabilité se retrouve dans d’autres lois, notamment dans 
la loi fédérale sur la libre circulation des avocats du 23 juin 2000 (LLCA – 
RS 935.61), la loi genevoise sur les agents intermédiaires du 20 mai 1950 (I 2 12 ; 
art. 3 let. b), ainsi que dans la loi sur les services de taxis du 26 mars 1999 
(LTaxis - H 1 30 ; art. 4 al. 1 let. b). On retrouve une exigence semblable dans la 
législation en matière de taxis, et en particulier dans le règlement d’exécution de  
la loi sur les services de taxis du 8 décembre 1999 (RTaxis – H 1 30.01 ; art. 4 al. 
1 let. b). 

7.  L'insolvabilité est une notion de droit fédéral.  Le débiteur est insolvable 
lorsqu'il ne dispose pas de moyens liquides suffisants pour acquitter ses dettes 
exigibles. Cet état ne doit toutefois pas être passager (A. FAVRE, Droit des 
poursuites, Fribourg 1974, p. 285; P.-R. GILLIERON, Poursuite pour dettes, 
faillite et concordat, Lausanne 1988, p. 265).  Il y aura insolvabilité notamment en 
cas de faillite, concordat ou saisie infructueuse (P. ENGEL, Traité des obligations 
en droit suisse, Neuchâtel 1973, p. 444; ATA/639/2003 du 26 août 2003 et les 
références citées). 

  Selon la jurisprudence constante du tribunal de céans, seul celui dont 
l'insolvabilité s'est étendue sur certaines périodes sans qu'il ait pu redresser sa 
situation financière et amortir régulièrement ses dettes doit être considéré comme 
insolvable (ATA/639/2003 du 26 août 2003 précité). 

  L’exigence de solvabilité répond à un but d’intérêt public, soit la prévention 
des abus dans un domaine de relations professionnelles fondées sur la confiance 
(ATA/390/2005 du 24 mai 2005). 

8.  Dans le cas d’espèce, il est établi que la situation financière du recourant est 
obérée et qu’il fait l’objet de nombreux actes de défaut de biens totalisant plus de 
CHF 50'000.-. Une poursuite est également en cours. Certes, le recourant a pris 
des arrangements avec certains de ses créanciers, mais il n’est en l’état pas en 
mesure d’amortir ses dettes. Vu son état d’insolvabilité, celui-ci doit être qualifié 
de durable.  

  C’est donc à juste titre que le département a considéré que le recourant ne 
remplissait pas la condition de solvabilité fixée par l’article 9 alinéa 1 lettre d du 
concordat. 

9.  Le principe de la proportionnalité se compose des règles d’aptitude – qui 
exige que le moyen choisi soit propre à atteindre le but fixé -, de nécessité – qui 
impose qu’entre plusieurs moyens adaptés, on choisisse celui qui porte l’atteinte 
la moins grave aux intérêts privés - et de proportionnalité au sens étroit - qui met 
en balance les effets de la mesure choisie sur la situation de l’administré et le 

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résultat escompté du point de vue de l’intérêt public (ATF 1P.269/2001, consid. 
2c ; ATF 125 I 474 consid. 3 p. 482). 

  Comme vu précédemment, le recourant ne remplit pas l’une des conditions 
nécessaires à la délivrance de l’autorisation d’exercer la profession d’agent de 
sécurité. Dans ces conditions, le refus de renouvellement de l’autorisation 
d’engagement le concernant constitue le seul moyen d’obtenir une situation 
conforme au droit. 

10.  Il y a dès lors lieu de rejeter le recours. Vu les circonstances particulières de 
l’espèce, notamment la situation financière totalement obérée du recourant, le 
tribunal renoncera exceptionnellement à la perception d’un émolument.  

 
* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 6 mai 2005 par Monsieur  S_________ contre la 
décision du département de justice, police et sécurité du 6 avril 2005 ; 

au fond : 

le rejette ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument ; 

communique le présent arrêt à Me Pierre Rumo, avocat du recourant ainsi qu'au 
département de justice, police et sécurité. 

Siégeants : M. Paychère, président, Mmes Bovy, Hurni, M. Thélin, Mme Junod, juges  

Au nom du Tribunal administratif : 

la greffière-juriste : 
 
 

C. Del Gaudio-Siegrist 

 le président : 
 
 

F. Paychère 
 
 

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Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :