# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 50600faf-64ca-5f79-a0e1-220ff436a094
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-07-30
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 30.07.2010 C/30278/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-30278-2008_2010-07-30.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/30278/2008-2 

 
POUVOIR  JUDICIAIRE * COUR D’APPEL* 
 
 (CAPH/134/2010) 
 

 

E_____ Gmbh 

Dom. élu : Me Nathalie BORNOZ 
Rue de l'Athénée 4 

Case postale 330 

1211 Genève 12 

 

 

Partie appelante 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 
D’une part 

T_____ 

Dom. élu : Syndicat des 
Services publics SSP/VPOD 

Rue des Terreaux-du-Temple 6 

1201 Genève 

 

 

 

Partie intimée 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 
D’autre part 

 

 

 

 

 

 

ARRÊT 
 

du 30 juillet 2010 

 

 

  M. Blaise GROSJEAN,  président 

 

 

  MM. Daniel CHAPELON et Jean-Paul METRAL, juges employeurs 

 

  MM. Marc LABHART et Alberto FERNANDES, juges salariés 

 

 

  Mme Aline MEIER, greffière d’audience  
 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/30278/2008-2 

- 2 - 

 * COUR D’APPEL * 
 

 

 

 

 

EN FAIT 
 
 

A. Par acte déposé au greffe de la Juridiction des prud’hommes le 23 dé-
cembre 2009, E_____ Gmbh (ci-après E_____ Gmbh) appelle d’un juge-
ment du Tribunal des prud’hommes du 27 novembre 2009, rendu dans la 
cause n° C/30278/2008-2, expédié pour notification aux parties par pli re-

commandé du 2 décembre 2009, dont le dispositif est le suivant : 

 

 Préalablement : 

 

1. déclare recevable la demande formée le 5 janvier 2009 par T_____ contre 
E_____ Gmbh ; 

 

 Cela fait : 

 

2. donne acte à E_____ Gmbh de ce qu’elle reconnaît devoir à T_____ les 
sommes brutes de fr. 133.60 (cent trente-trois francs et soixante centimes) 

et de fr. 7.00 ( sept francs) ; 

 

3. la condamne en tant que besoin ; 
 

4. condamne E_____ Gmbh à verser à T_____ la somme brute de fr. 342.70 
(trois cent quarante-deux francs et septante centimes), plus intérêts mora-

toires à 5% l’an dès le 22 août 2008 ; 
 

5. invite la partie qui en a la charge à opérer les déductions sociales, légales 
et usuelles. 

 

6. déboute les parties de toute autre conclusion. 
 

 

 E_____ Gmbh demande la confirmation du jugement, sauf le chiffre 4 du 

dispositif portant sur fr. 342.70, en capital. Il s’agit de la question du 
paiement d’un temps de repos compensatoire au sens des articles 20 al. 2 
LTr. L’examen de la Cour de céans ne portera donc que sur la question de 
savoir si l’intimée avait droit ou non à deux jours de compensation pour 
deux jours fériés travaillés pendant la durée du contrat de travail. 

 

 

B. Les faits pertinents suivants résultent de la procédure : 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/30278/2008-2 

- 3 - 

 * COUR D’APPEL * 
 

 

 

 

a) Par contrat du 1
er

 mai 2008, T_____ a été engagée par E_____ Gmbh en 

qualité d’employée à temps partiel au sein du service « Opéra-
tions/QVGO-Equipement), situé à l’aéroport de Genève. Le contrat pré-
voyait un horaire hebdomadaire de 45 heures maximum, conformément à 

la Loi fédérale sur le travail. Le salaire horaire s’élevait à fr. 19.00, sup-
plément vacances de 8.33% inclus. 

 

 Un document intitulé « conditions d’engagement pour les employés tra-
vaillant à temps partiel avec salaire horaire » a été annexé audit contrat et 

remis à T_____. 

 

b) Par courrier du 24 juin 2008, E_____ Gmbh a informé T_____ que dé-

sormais le temps de travail au sein de la société était calculé sur une base 

de temps complet de 42 heures de travail net par semaine dès le 1
er

 juillet 

2008, que son salaire horaire était augmenté à fr. 19.80 et que l’indemnité 
pour travail de nuit était porté à fr. 5.00 par heure. Une nouvelle édition 

des « conditions d’engagement pour les employés auxiliaires » a été joint 
audit courrier. Le 23 juillet 2008, T_____ a retourné cette lettre avec la 

mention « pour accord et pour réception des conditions d’engagement 
pour les employés auxiliaires ». E_____ Gmbh a indiqué que cette évolu-

tion faisait suite à une décision exécutoire dès le 1
er

 juillet 2008 concer-

nant l’organisation du travail de l’ensemble du personnel fixe. 
 

c) Suite à son licenciement, avec effet au 31 juillet 2008, T_____ a saisi la 

Juridiction des prud’hommes d’une demande du 29 décembre 2008, ré-
clamant notamment fr. 338.00 à titre de majoration pour jours fériés. Dans 

son mémoire, T_____ demande notamment la majoration de 3.87% du sa-

laire horaire brut pour le paiement des jours fériés, soit fr. 108.70 pour le 

mois de mai 2008 (fr. 2'808 x 3.87%), fr. 110.70 pour le mois de juin 2008 

(fr. 2'865 x 3.87%) et fr. 118.60 pour le mois de juillet 2008 (fr. 2'930.85 

+ fr. 133.60 x 3.87%), le total représentant Frs. 338.00.  

 

 T_____ invoque une inégalité de traitement entre le personnel fixe et celui 

payé à l’heure. La première catégorie reçoit un congé compensatoire en 
plus d’une indemnité de fr. 5.00 par heure accordée pour les jours fériés, 
alors que le personnel auxiliaire ne reçoit que l’indemnité de fr. 5.00 par 
heure mais sans congé compensatoire. De plus, tout en reconnaissant que 

la CCT du personnel fixe ne s’applique pas pour le personnel auxiliaire, 
T_____ soutient qu’une CCT pour le personnel auxiliaire aurait été en vi-
gueur au moment de son engagement. 

 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/30278/2008-2 

- 4 - 

 * COUR D’APPEL * 
 

 

 

d) Dans son mémoire réponse du 22 avril 2009, E_____ Gmbh a fait valoir 

que tous les travailleurs engagés à son service étaient amenés à travailler 

durant les jours fériés, sans que ceux-ci puissent être récupérés en jours de 

vacances par les travailleurs fixes soumis à la CCT. Dès lors, un jour férié 

travaillé donne lieu à une indemnité versée en plus du salaire, qu’il 
s’agisse des travailleurs fixes et auxiliaires.  

 

e) Dans son jugement du 27 novembre 2009, la Tribunal des prud’hommes a 
retenu que la demanderesse avait travaillé deux jours fériés pendant la du-

rée du contrat, en étant certes payée un supplément de fr. 5.00 par heure 

travaillée, mais sans avoir bénéficié d’un congé compensatoire. Il a con-
damné l’employeur à payer fr. 342.70, soit le 3.87% des salaires perçus au 
cours des mois de mai, juin et juillet 2008. 

 

f) Dans son mémoire d’appel, E_____ Gmbh invoque les articles 4 et 47 
OLT2 qui autorise expressément le travail du dimanche, sans autorisation 

spéciale, du personnel au sol du secteur de la navigation aérienne suisse. 

Cette dérogation écarte l’application de l’article 20 LTr pour tous les em-
ployés, soit le régime compensatoire en cas de travail le dimanche et les 

jours fériés, compte tenu de la spécificité de cette activité. 

 

 

 

EN DROIT 
 

1. Déposé dans le délai et la forme prévus à l’article 59 LJP, l’appel est rece-
vable à la forme. 

 

 

2. L’appel est limité à la seule question juridique de savoir si l’intimé a droit 
à une rémunération à titre de compensation pour deux jours fériés travail-

lés et dans l’affirmative quel en est le montant. 
 

 

3. Aux termes des conditions d’engagement pour les employés auxiliaires, 
dont fait partie l’intimée, une indemnité de fr. 5.00 par heure est versée 
pour le travail de nuit et le travail les dimanches et jours fériés. Il s’agit 
d’une indemnité forfaitaire. C’est le lieu de préciser que la convention col-
lective de travail entre E_____ Gmbh et le Syndicat suisse des services 

publics SSP/VPOD ne s’applique pas au personnel auxiliaire (1.2.2 CCT). 
 

4. Selon article 20 LTr, le jour de repos hebdomadaire doit coïncider avec un 

dimanche complet, et suivre ou précéder immédiatement le temps de repos 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/30278/2008-2 

- 5 - 

 * COUR D’APPEL * 
 

 

 

quotidien. Tout travail dominical durant plus de cinq heures devra être 

compensé par un repos compensatoire d’au moins 24 heures consécutives 
coïncidant avec un jour de travail.  

 

 L’article 20 lettre a LTr assimile à un dimanche la fête nationale et les 
jours fériés officiels cantonaux. 

 

 

5. Cependant, l’ordonnance 2 relative à la Loi sur le travail, prévoit des dé-
rogations à l’obligation de solliciter une autorisation pour le travail du di-
manche pour certaines catégories de travailleurs. L’article 47 OLT2 vise 
expressément le personnel au sol du secteur de la navigation aérienne. 

Ainsi, le travail accompli par les travailleurs de l’appelante pendant les 
dimanches et les jours fériés ne devait pas obligatoirement faire l’objet 
d’un congé compensatoire prévu à l’article 20 LTr. Un régime de paie-
ment d’une indemnité forfaitaire pouvait être convenu, comme cela a été 
le cas en l’espèce, puisque le personnel auxiliaire percevait à cette fin fr. 
5.00 par heure travaillée en sus de leur salaire. 

 

 

6. Contrairement aux affirmations de l’intimée, il n’existait pas de conven-
tion collective pour le personnel auxiliaire entre E_____ Gmbh et le 

SST/VPOD au moment de l’engagement de celle-ci. D’ailleurs, si cela 
avait été le cas, le conseil de l’intimée ne se serait pas privé de produire ce 
document. 

 

 

7. La question est de savoir si le personnel auxiliaire devait bénéficier des 

mêmes conditions que celles du personnel fixe prévues dans la CCT, afin 

de respecter le principe d’égalité de traitement. 
 

 

8. Doctrine et jurisprudence reconnaissent, sous certaines conditions, un 

droit général à l’égalité de traitement dans les rapports de travail en se 
fondant sur l’article 328 CO. Cette disposition impose à l’employeur de 
protéger et de respecter, dans les rapports de travail, la personnalité du 

travailleur en lui manifestant les égards voulus pour sa santé et en veillant 

aux maintient de la moralité (R Wyler, Droit du travail, Berne 2008, p. 

743 ; Rehbinder, Commentaire bernois, ad art 328 CO, N.8-10 ; ATF 129 

III 276 = JdT 2003 p. 352). 

 

 Le principe d’égalité de traitement s’oppose à celui de la liberté contrac-
tuelle. Toutefois, l’égalité de traitement ne peut exister que dans les situa-

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/30278/2008-2 

- 6 - 

 * COUR D’APPEL * 
 

 

 

tions où l’employeur traite collectivement une situation (R Wyler, op cit., 
p 143). Une décision subjective et arbitraire de l’employeur ne porte at-
teinte à la personnalité et donc contrevient à l’interdiction de discrimina-
tion que si elle laisse transparaître une sous-évaluation de la personnalité 

du travailleur qui soit blessante pour ce dernier (P. Carruzzo, Le contrat 

individuel de travail, p. 308 ; ATF 129 III 276 = JdT 2003, p. 352). Lors-

qu’un accord est collectivement ou individuellement intervenu, il doit res-
pecter le principe d’égalité de traitement. C’est le cas d’un règlement 
d’entreprise qui devrait être uniforme pour l’ensemble des travailleurs 
(Brunner/Bühler/Waeber/ Bruchez, Commentaire du contrat de travail, 

3éd. p. 145). Dans le cas d’espèce, l’appelante a clairement distingué deux 
catégories de travailleurs : le personnel fixe - qui fait l’objet d’une con-
vention collective de travail – et le personnel auxiliaire qui est soumis à 
des conditions d’engagement pour les employeurs travaillant à temps par-
tiel avec salaire horaire. La convention collective de travail exclut 

d’ailleurs expressément (ch. 1.2.2) le personnel à temps partiel avec sa-
laire horaire (dont les conditions d’engagement sont fixées séparément). 
Dans ces conditions, on ne saurait retenir que le traitement différent fait 

par l’employeur pour les deux catégories de personnel pourrait impliquer 
une sous-évaluation de la personnalité du travailleur qui soit blessante 

pour ce dernier. Une telle sous-évaluation ne pourrait être admise que si 

l’employée était dans une situation clairement moins avantageuse qu’un 
grand nombre d’autres employés ; elle ne serait pas donnée si l’employeur 
favorise simplement quelques employés. En l’occurrence, l’intimée ne se 
trouve pas, à titre personnel, dans une situation moins favorable que la 

majorité des travailleurs se trouvant dans une situation comparable (R 

Wyler, op. cit., p. 744). L’intimée est traitée de la même manière que tous 
les autres employés auxiliaire de E_____ Gmbh. Il n’y a dès lors pas eu 
violation du principe d’égalité de traitement. 

 

 Le jugement sera donc modifié en ce sens que l’employeur de doit pas être 
condamné à payer une indemnité au titre de remplacement de deux jours 

fériés, en plus de l’indemnité compensatoire de fr. 5.00 par heure travail-
lée. 

 

 

9. Selon l’article 76 LJP la procédure est gratuite pour les parties. 
 

 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/30278/2008-2 

- 7 - 

 * COUR D’APPEL * 
 

 

 

 

PAR CES MOTIFS 
 

La Cour d’appel des prud’hommes, groupe 2 
 

 

A la forme : 

 

- Reçois l’appel formé par E_____ Gmbh contre le jugement du Tribunal 
des prud’hommes du 27 novembre 2009, rendu dans la cause n° 
C/30278/2008-2 ; 

 

Au fond : 

 

- Confirme les chiffres 1, 2, 3, 5, 6 du dispositif du jugement attaqué. 

 

- Annule le chiffre 4 du dispositif du jugement attaqué. 

 

Statuant à nouveau sur le chiffre 4 : 

 

- Déboute T_____ de sa conclusion. 
 

- Déboute les parties de toute autre conclusion. 
 

 

 

 

Le greffier de juridiction Le président