# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f2dec85e-f079-54a4-b8e2-dab54a823418
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2025-03-21
**Language:** fr
**Title:** Genf Tribunal pénal 21.03.2025 P/16430/2022
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_TP_001_P-16430-2022_2025-03-21.pdf

## Full Text

Siégeant : Mme Dania MAGHZAOUI, Présidente, Mme Alessandra ARMATI et 
Mme Isabelle CUENDET, Juges, Mme Nelly HARTLIEB, Mme Nadia 
MERIBOUTE, M. Jacques DOUZALS et M. Patrick Jean René MONNEY, Juges 
assesseurs, Mme Marie BRADIC, Greffière-juriste délibérante, Mme Céline 
DELALOYE JAQUENOUD, Greffière  

P/16430/2022  

RÉPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E   
 

JUGEMENT  

DU TRIBUNAL CRIMINEL  

 

Chambre 5 

 
21 mars 2025 

 

MINISTÈRE PUBLIC  

M. A______, partie plaignante, assisté de Me B______ 

contre  

M. C______, né le ______ 2002, actuellement en exécution anticipée de peine à 
l'établissement fermé D______, prévenu, assisté de Me E______ 

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CONCLUSIONS FINALES DES PARTIES : 

Le Ministère public conclut au prononcé d'un verdict de culpabilité du chef de tentative 
d'assassinat et ne s'oppose pas au classement des infractions à la loi fédérale sur les 
étrangers visées sous chiffre 1.2 de l'acte d'accusation. Il conclut au prononcé d'une peine 
privative de liberté de 12 ans, ainsi qu'à une expulsion pour une durée de 15 ans. Pour le 
reste, il se réfère aux conclusions prises dans son acte d'accusation.  

Me B______, conseil de A______, conclut au prononcé d'un verdict de culpabilité du 
chef de tentative d'assassinat et à ce qu'il soit fait bon accueil aux conclusions civiles de 
son mandant.  

Me E______, conseil de C______, conclut au classement des faits visés sous chiffre 1.2 
de l'acte d'accusation. Il conclut à l'acquittement de son client du chef de tentative 
d'assassinat. Il ne s'oppose pas un verdict de culpabilité en lien avec les faits décrits sous 
chiffre 1.1 de l'acte d'accusation, sauf en tant qu'ils visent l'infraction de tentative 
d'assassinat. Il conclut à la fixation d'une peine clémente, avec application des art. 12 et 
48a CP. Il ne s'oppose pas au prononcé de son expulsion, mais sollicite que la durée de 
celle-ci soit raisonnable. Il acquiesce sur le principe à l'octroi des conclusions civiles de 
la partie plaignante, mais sollicite que la quotité de celles-ci soit réduite. Il ne s'oppose 
pas à ce que la partie plaignante soit renvoyée à agir par la voie civile pour le surplus. Il 
appuie les réquisitions du Ministère public s'agissant du sort des biens et des valeurs 
saisis.  

*** 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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EN FAIT 

A.a. Par acte d’accusation du 3 mars 2025, remplaçant l’acte d’accusation du 
11 novembre 2024, il est reproché à C______ d’avoir, le 4 août 2022, à proximité du 
numéro 1______ de la rue F______, à Genève : 

- vers 20h00, pris la décision du tuer A______ pour mettre un terme au litige 
portant sur quelques milliers de francs qui les opposait, après s’être disputé avec 
A______, qui lui avait pris son téléphone portable et dit qu’il le conserverait 
jusqu’au remboursement du montant en question ; 

- vers 20h10, commencé à mettre en œuvre sa décision de tuer en partant à la 
recherche d’un couteau dans l’appartement qu’il occupait provisoirement au 
22______ étage du numéro 1______ rue F______ ; 

- entre 20h10 et 20h30, trouvé un couteau à double lame, ouvert les deux lames 
dudit couteau, dissimulé ledit couteau ainsi ouvert dans ses vêtements, puis d’être 
redescendu trouver A______ dans le but de le tuer ;  

- entre 20h30 et 20h50, rejoint A______ à la station-service située de l’autre côté 
de la route, discuté avec lui en dissimulant tant son couteau ouvert que son 
dessein criminel, puis accompagné A______ qui traversait la route depuis la 
station-service en direction du numéro 1______ de la rue F______, le tout dans 
l’attente du moment favorable pour le tuer ; 

- vers 20h50, devant l’entrée du numéro 1______ de la rue F______, sorti le 
couteau dissimulé dans ses vêtements, donné à A______ six coups d’estoc au 
moyen dudit couteau, notamment dans le torse, les flancs et le dos, enfonçant 
ledit couteau dans son torse jusqu’à 11 centimètres de profondeur, dans le but de 
le tuer, causant de la sorte à A______ de très importantes pertes de sang qui ont 
entraîné un choc hémorragique, une lacération hépatique, une atteinte au foie et 
diverses autres lésions, étant précisé que l’ensemble de ces lésions ont imposé la 
prise en charge hospitalière de A______ en urgence absolue, que A______ a dû 
sa survie au passage impromptu d’une ambulance, à sa prise en charge médicale 
extrêmement rapide et à la proximité d’un hôpital universitaire, 

faits qualifiés de tentative d’assassinat au sens de l’art. 112 CP cum 22 CP, C______ 
ayant agi avec une absence particulière de scrupules, dès lors qu’il a agi pour un motif 
absolument futile, soit un litige financier portant sur quelques milliers de francs, de façon 
froide, préméditée, réfléchie et organisée, prenant le temps d’aller chercher et de choisir 
un couteau, de se préparer en ouvrant les lames du couteau à l’avance pour faciliter le 
passage à l’acte et de dissimuler l’arme dans ses habits, s’approchant de A______ et le 
suivant au prétexte d’une discussion, dissimulant ses intentions, sortant le couteau et 
donnant des coups de couteau à A______ par surprise, en partie au moins depuis l’arrière, 
s’acharnant sur lui en lui donnant de nombreux coups de couteau alors que ce dernier était 
seul et sans défense, sans dévier de son plan initial malgré le temps nécessaire à sa mise 
en œuvre, puis en laissant A______ pour mort et en prenant la fuite sans se préoccuper 

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de son sort, sans éprouver aucune pitié ni compassion pour lui, tout en étant animé du 
sentiment d’agir comme il se devait et d’être dans son bon droit (ch. 1.1. de l’acte 
d’accusation). 

b. Il est également reproché à C______, ressortissant du Kosovo, d’avoir, en 2021, 
pénétré sans autorisation sur le territoire de la Confédération suisse, sans être muni d’un 
visa, alors qu’il était soumis à l’obligation d’en obtenir un, puis d’avoir séjourné et 
travaillé sans autorisation en Suisse jusqu’au 4 ou 5 août 2022, faits qualifiés d’entrée, de 
séjour et de travail illégal au sens de l’art. 115 al. 1 let. a, b et c de la loi fédérale sur les 
étrangers et l’intégration (LEI) (ch. 1.2. de l’acte d’accusation). 

B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure : 

I. Faits du 4 août 2022 
 
i. Premières investigations policières 

a.a. Selon les rapports de renseignements des 5 et 10 août 2022, le jeudi 4 juillet 2022 
(recte : 4 août 2022) aux alentours de 20h50, une ambulance a été hélée par un groupe de 
jeunes qui leur a désigné un homme qui titubait, puis qui s’est allongé au sol au niveau 
du numéro 1______ de la rue F______, à proximité de café-bar G______. Lorsque les 
urgentistes lui ont demandé ce qu’il s’était passé, l’individu leur a dit : « coup couteau, 
coup couteau ». Un garrot a dû être posé à l’épaule de la victime. Son pronostic vital était 
engagé. La victime a été amenée en urgence aux Hôpitaux universitaires de Genève (ci-
après : HUG). 

a.b. A 20h55, la Centrale d'engagement, de coordination et d'alarme (ci-
après : CECAL) a été avisée de la découverte d’un homme ayant été victime d’une 
agression par coups de couteau. 

a.c. Arrivée sur les lieux à 22h00, la Brigade de police technique et scientifique (ci-
après : BPTS) a effectué des prélèvements biologiques sur les traces de sang se trouvant 
sur le trottoir au niveau du numéro 1______ de la rue F______. Dans cette zone, une 
coque pour téléphone portable, un sac plastique [du magasin] H______ contenant deux 
bouteilles de Coca-Cola et une bouteille de San Pellegrino ont été découverts au sol. Ces 
objets ont été saisis et portés en inventaire.  

La BPTS a également procédé au prélèvement d’un couteau à deux lames présentant des 
traces rougeâtres, désigné par I______, serveur dans le restaurant J______, situé au 
numéro 2______ de la rue F______. Ce dernier a été interrogé par la suite 
téléphoniquement (cf. infra a.d.). Le couteau a été découvert sur la chaussée, à l’arrière 
droit d’un véhicule de marque K______, stationné entre les numéros 2______ et 3______ 
de la rue F______. Des photographies des lieux et du couteau ont été prises et jointes aux 
rapports de renseignements. 

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a.d. La police a pris contact téléphoniquement avec I______, qui a déclaré être serveur 
au restaurant J______. L’entrée du personnel ainsi que l’accès au local du stock se 
trouvaient au même numéro. Le soir des faits, peu avant 21h00, il remontait du stock et 
s’était retrouvé nez-à-nez sur la rue F______ avec un homme à l’attitude bizarre qui 
semblait perdu. L’individu paraissait stressé et regardait autour de lui ainsi qu’en direction 
de la station-service située un peu plus haut sur la rue. Il y avait une ambulance ainsi que 
plusieurs voitures de police dans la direction en question. L’individu était parti à pied en 
direction des véhicules d’urgence et avait fait un mouvement peu habituel, à savoir qu’il 
s’était baissé et penché de côté vers une voiture de marque K______ stationnée sur des 
cases de livraisons, en face d’une boutique de coiffure, sise au numéro 3______ de la rue 
F______. Quelques minutes plus tard, I______ était ressorti par l’entrée du personnel et 
était allé voir vers la voiture K______. Il avait découvert un couteau ensanglanté. Il 
n’avait rien touché et avait demandé à un de ses collègues d’avertir les gendarmes sur 
place. 

a.e. Une patrouille policière a été dépêchée aux urgences des HUG et a pu s’entretenir 
avec la victime - toujours consciente - et identifiée comme étant A______, qui a indiqué 
que les coups de couteau avaient été donnés par son neveu, nommé C______, dans le 
cadre d’une dette d’argent. 

a.f. Le corps médical des HUG a remis à la police les effets personnels de A______, 
soit ses vêtements et les deux téléphones en sa possession. Les vêtements ont été remis à 
la BPTS pour analyses (cf. infra d.) 

a.g. Le vendredi 5 août 2022, vers 15h00, la police s’est rendue aux soins intensifs des 
HUG. Autorisés par les médecins, les policiers ont procédé à une audition - sans prise de 
procès-verbal - de A______ qui leur a expliqué, avec grande difficulté et dans un français 
approximatif, que le motif de l’altercation était dû au fait qu’il avait prêté CHF 4'000.- à 
C______ et que, pour récupérer son argent, il avait pris le téléphone de ce dernier en lui 
disant qu’il ne le lui rendrait pas tant qu’il n’aurait pas remboursé sa dette. Il a précisé 
que le téléphone de marque L______ dont il était porteur au moment des faits lui 
appartenait, tandis que l’autre téléphone, soit celui de marque M______, modèle 
N______, appartenait à C______. La police a pu identifier le raccordement d’appel 
comme étant le 7______, enregistré au nom de C______. Sur présentation d’une 
photographie du profil Facebook créé au nom d’« C______ », A______ a formellement 
reconnu son agresseur. 

a.h. Ni A______, ni C______ n’étaient au bénéfice d’une autorisation de séjour en 
Suisse.  

ii. Déclarations et plainte pénale de A______ 

b. Entendu par la police le 8 août 2022 aux HUG, A______ a déclaré que C______ 
était son neveu, soit le fils de sa sœur, O______. Le père de C______ s’appelait P______ 

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et vivait avec sa famille à Q______, au Kosovo. La famille de A______, soit sa femme 
et ses deux enfants, vivait également au Kosovo. Il avait une autre fille qui vivait en 
France, issue d’une précédente union. 

Il a décrit la famille de C______ comme étant « des gens qui étaient dans le besoin et qui 
n’avaient même pas à manger ». Il s’était toujours occupé d’eux. Pourtant, il n’avait plus 
de contact avec O______, puisqu’il s’était fâché contre elle en raison d’injures qu’elle 
avait proférées à son encontre. 

Une année environ avant les faits survenus le 4 août 2022, il avait logé C______ chez lui 
à Genève, dans le quartier de Z______, durant quatre mois. C’était un appartement en 
location partagé à plusieurs. Il s’acquittait du loyer et des charges pour lui-même et son 
neveu, sans que ce dernier ne lui reverse de contrepartie. A______ lui payait également 
sa nourriture et ses cigarettes. En Suisse, C______ n’avait pas de famille, hormis son 
oncle. Pour sa part, il travaillait comme ferrailleur et maçon. Il avait pris « un peu » son 
neveu sous son aile, comme ferrailleur, ayant « presque » obligé son chef à l'embaucher. 

Les coups de couteau étaient dus à une histoire d’argent. Le jeudi 4 août 2022, aux 
alentours de 18h00, A______ était sorti pour s’acheter une bouteille de Coca à la station-
service et pour aller manger. Par hasard, il avait vu C______, qui portait un pantalon blanc 
avec des poches latérales. Ils avaient « pas mal » discuté à l’extérieur de la station-service, 
en étant assis. A ce moment-là, A______ lui avait dit : « Ecoute, tu dois réunir la somme 
d’argent, parce que toi tu es allé t’acheter des montres avec mon argent ». C______ lui 
avait répondu : « d’accord, je le ferai ». A______ a expliqué qu’il voulait récupérer 
l’argent dépensé par ses soins pour C______ pendant qu’il le logeait. Il voulait également 
récupérer l’argent qu’il lui avait prêté. Il s’agissait d’une somme totale de CHF 1'200.-, 
constituée des sommes de CHF 200.-, de CHF 400.- et de CHF 600.-. C’était tout ce qu’il 
avait demandé à C______, car il n’avait pas d’argent.  

Devant la station-service, A______ avait confisqué le téléphone portable de C______ en 
lui disant d’appeler sur son propre numéro quand il aurait réuni l’argent. Il n’avait pas 
l’intention de garder son téléphone et allait le lui rendre lorsque l'intéressé aurait réuni 
ladite somme. C______ avait réagi en disant : « Tout ça pour de l’argent ! », puis lui avait 
dit qu’il allait aller chercher cet argent. Le téléphone de marque M______ retrouvé en sa 
possession aux HUG appartenait ainsi à C______. Par la suite, celui-ci était revenu. Il 
avait les poches latérales un peu gonflées et gardait ses mains dans ses poches. Il n’avait 
pas l’air fâché et parlait calmement. Finalement, ils avaient quitté ensemble la station-
service en traversant la rue. Au feu, A______ avait laissé C______ et était parti. Son 
neveu n’avait pas l’air fâché et ne l’avait pas insulté. Ils s’étaient dit au revoir. 

Alors qu’il était en train de composer le code d’entrée de son allée, C______ était arrivé 
par derrière et l’avait « planté » avec un couteau, sans rien dire et sans raison. A______ 
n’avait pas porté de coups à C______, répétant qu’il lui avait juste demandé d’apporter 
l’argent. Il a précisé qu’il n’avait pas vu avec quel objet C______ l’avait blessé. Suite aux 

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coups, il était tombé par terre et avait perdu connaissance. Des gens avaient assisté à 
l’agression, mais il ne les connaissait pas. Quand cela s’était passé, ces personnes s’étaient 
éloignées. A______ avait lui-même vu une ambulance, à qui il avait fait signe. Il perdait 
beaucoup de sang.  

Questionné sur la cause supposée de l’agression, A______ a affirmé ne pas la connaître. 
Il n’aurait jamais pensé que C______ allait faire un « truc pareil » vu que c’était son 
neveu. S’il avait su, il aurait fait quelque chose pour se protéger. Il ne savait pas si c’était 
« à cause de l’argent ou quoi », mais il estimait que C______ n’avait pas de cerveau. 
Lorsque son neveu vivait chez lui, il ne l’avait jamais vu porter un couteau, mais il ne le 
contrôlait pas. Il ne savait pas s’il possédait des armes. Par ailleurs, ce jour-là, P______ 
lui avait téléphoné.  

Depuis son agression, il n’avait pas eu de nouvelles de C______ et ne savait pas où il se 
trouvait, mais il pensait qu’il était encore en Suisse. A la fin de son audition, A______ a 
déposé plainte pénale contre C______, en raison des faits susmentionnés, en tant que 
partie plaignante au pénal et au civil. 

iii. Images de vidéosurveillance 

c.a. Les images de vidéosurveillance de la station-service H______, sise au numéro 
4______ de la rue F______, ont été versées à la procédure. Ces images ont enregistré une 
partie des interactions entre C______ et A______. Compte tenu de l’emplacement des 
caméras, les intéressés apparaissent souvent de manière incomplète.  

Dans une première phase, on peut observer la venue de C______ à la station-service à 
20h05. Il part ensuite s’asseoir sur le rebord du trottoir en tenant une bouteille en plastique 
dans la main. A 20h06, A______ arrive à la station-service et se dirige directement vers 
C______. En raison de l’angle de la caméra, le haut de leur corps est tronqué. Cela étant, 
on peut observer les mouvements de leurs jambes respectives, qui laissent penser que les 
deux individus s’empoignent et se poussent, étant relevé que C______ semble adopter 
une posture défensive, puisque ses jambes reculent. A 20h08, alors que les intéressés sont 
toujours en train de s’empoigner et de se pousser, un troisième individu fait son apparition 
et s’interpose entre C______ et A______. Après une brève accalmie, C______ fait à 
nouveau des mouvements de recul face à A______ qui s’agite. A 20h09, ce dernier 
parvient à se rapprocher de C______, le pousse et l’emmène, en le saisissant par le bras, 
vers le coté de la station-service qui se trouve en dehors du champ de vision des caméras. 
Le troisième individu quitte les lieux. A 20h10, A______ et C______ réapparaissent 
quelques secondes sur les images de vidéosurveillance, avant de retourner à nouveau dans 
la zone non-couverte par le champ de vision des caméras. Ces images montrent que 
A______ est au téléphone. La situation semble moins tendue. A 20h11, A______ et 
C______ se séparent. A______ entre dans le magasin de la station-service. Agacé, 
C______ se dirige vers le passage piéton de la rue F______ et jette sa bouteille en 
plastique par terre. A 20h13, A______ fait des achats dans le magasin et interagit avec le 

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personnel de manière détendue. Il discute avec un quatrième individu, avec qui il sort du 
magasin. A 20h14, A______ et cet individu se dirigent vers un muret sur le côté de la 
station-service.  

Dans une seconde phase, à 20h27, C______ les rejoint et s’assied sur le muret. La 
situation semble calme. L’angle de la caméra permet uniquement d’observer leurs jambes 
et leurs torses. A 20h31, C______ se lève et reste debout devant le muret, pendant que 
A______ et l’autre individu s’éloignent. C______ attend. A______ et l’autre individu 
n’apparaissent plus à l’écran. A 20h37, A______ et C______ quittent ensemble la station-
service. A______ adopte une posture autoritaire au vu de sa gestuelle. Pour sa part, 
C______ apparaît l’écouter, dans une attitude passive, mais sans être dans un situation de 
danger. 

c.b. Les images de vidéosurveillance du café-bar G______, versées à la procédure, 
montrent C______ courir, à 20h51, en direction du carrefour R______. 

iv. Eléments techniques 

d.a. Selon le rapport de renseignements du 15 mai 2023, le couteau prélevé sur les 
lieux (cf. supra a.c.) était un couteau sans marque, de type cran d’arrêt avec deux lames, 
soit une lame à chaque extrémité du manche. Les deux lames mesuraient chacune environ 
8 cm, mais présentaient des formes et des largeurs différentes. Des traces rouges foncées, 
vraisemblablement du sang, maculaient l’une des lames.  

d.b. Le short bleu à carreaux appartenant à A______ et remis à la BPTS par le corps 
médical (cf. supra a.f.) présentait de nombreuses traces rougeâtres, qui étaient 
vraisemblablement du sang. A l’arrière du short, au niveau de la ceinture, à environ 3 cm 
du passant de ceinture central et à environ 3.5 cm du haut du short, une déchirure en forme 
de « triangle » a été constatée. Cette déchirure mesurait environ 1.2 cm de long sur 
environ 0.5 cm de haut. Ses bords présentaient par endroits des zones avec des fils 
uniquement étirés, mais pas rompus, et, à d’autre endroits, des fils rompus, c’est-à-dire 
étirés et effilochés. 

d.c. Le t-shirt appartenant à A______ et remis à la BPTS par le corps médical (cf. 
supra a.f.) présentait des traces rougeâtres, qui étaient vraisemblablement du sang, sur la 
quasi entièreté du vêtement. Quatorze dommages au textile étaient visibles sur la face 
avant du t-shirt (nommés D1 à D14), dont une zone comprenant onze dommages 
concentrés au niveau du torse (nommés D2 à D12). Cinq dommages étaient visibles sur 
la face arrière du t-shirt (nommés D15 à D19). D’après leurs localisations, orientations et 
caractéristiques, les dommages D2 à D12, se situant dans la zone pectorale droite, ont pu 
être produits lors d’un seul et même coup porté à l’aide d’un objet tranchant. Autrement 
dit, il était possible que le textile ait été plié au moment du coup. Il en va de même des 
dommages D17 à D18 qui se trouvaient dans la zone du flanc droit. Le dommage D16 
était une coupure au niveau du bas du dos, centrée au milieu. Des photographies illustrant 

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les localisations de ces dommages ainsi qu’un tableau descriptif desdits dommages ont 
été joints au rapport. 

v. Considérations médicales concernant A______ 

e.a. Selon le rapport d’expertise du 1er mars 2023, établi par les Docteurs S______ et 
T______, rattachés au Centre universitaire romand de médecine légale (ci-après : 
CURML), à 20h53, des ambulanciers, hélés par des passants, ont procédé à la pose d’un 
garrot au niveau du membre supérieur gauche de A______ en raison d’un saignement 
actif. A ce moment, A______ était conscient (score de Glasgow à 15/15). Il a été transféré 
rapidement aux HUG, où il a été pris en charge, aux alentours de 21h04, par l’équipe de 
chirurgie cardiovasculaire et celle de chirurgie viscérale, au bloc opératoire, en raison de 
la nécessité rapide d’une intervention chirurgicale (urgence « 0 » [urgence absolue]).  

Le bilan d’imagerie réalisé aux urgences a montré, pour l’essentiel, des atteintes 
musculaires (muscle grand pectoral, muscle petit rond et muscle érecteur du rachis gauche 
en région lombaire), des atteintes rénales sur un « rein en fer à cheval » (variante 
anatomique avec fusion de la partie supérieure des deux reins, formant un rein unique en 
forme de « U » inversé), des atteintes hépatiques (segment du foie) ainsi qu’un hématome 
péri-rénal et un hémopéritoine. Une atteinte de la veine céphalique gauche a été constatée 
et ligaturée, ainsi qu’un hématome rétro-péritonéal et plusieurs effractions péritonéales 
en lien avec deux plaies du flanc droit et une plaie thoracique droite. Durant sa prise en 
charge au bloc opératoire, A______ a reçu au total dix culots érythrocytaires, trois 
plasmas frais congelés, un concentré plaquettaire, de l’acide tranexamique (médicament 
utilisé dans la prévention des hémorragies) et du fibrinogène (facteur de la coagulation). 
Durant l’intervention chirurgicale, il a également présenté une hypotension artérielle 
nécessitant un soutien par amines vasoactives et un remplissage liquidien agressif. Un 
CT-scanner de contrôle a confirmé l’existence d’une lacération hépatique et a montré une 
stabilité des lésions internes, une diminution de l’hématome rétro-péritonéal et 
l’apparition de signes de bronchopneumonie d’inhalation bilatérale.  

Le 5 août 2022, A______ a été transféré au Service des soins intensifs. Après dé-sédation 
et extubation, il est resté stable sur le plan hémodynamique. Le suivi radiologique a 
montré une stabilité des lésions internes. Sur le plan ophtalmologique, un œdème bilatéral 
de la conjonctive a été constaté le 7 août 2022, sans lésions de la rétine et avec une 
évolution favorable. Le 7 août 2022, A______ a été transféré dans le Service de chirurgie 
viscérale, où il a montré une bonne évolution.  

Il a pu quitter les HUG le 18 août 2022, avec un arrêt de travail à 100 % jusqu’au 31 août 
2022, puis un autre arrêt de travail pour la période du 17 novembre au 4 décembre 2022.  

e.b. A______ a été examiné à trois reprises, le 4 août 2022 dès 21h47 au bloc 
opératoire, le 5 août 2022 dès 10h45 aux soins intensifs et le 10 août 2022 dès 12h15 dans 
le Service de chirurgie viscérale. Lors de ces examens médico-légaux, A______ a indiqué 

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au corps médical que son neveu l’avait poignardé par derrière avec un couteau à cause 
d’une « histoire de dette » et que pour « cette somme, il n’aurait jamais dû subir ça ». Il 
n’avait pas souvenir d’avoir été violenté d’une autre manière, notamment par d’autres 
coups tels que des coups de poings ou de pieds. Concernant l’objet vulnérant, il n’était 
pas capable de préciser les caractéristiques du couteau, son neveu l’ayant « attaqué par 
surprise ». Concernant ses habitudes, A______ a indiqué qu’il ne fumait pas, ne buvait 
pas d’alcool et ne consommait pas de drogue. Avant les faits et depuis les faits, il n’avait 
consommé ni alcool ni drogue. 

e.c. Au cours de ces différents examens, les lésions traumatiques suivantes, pouvant 
entrer chronologiquement en lien avec les faits, ont été constatées : 

- quelques ecchymoses de la hanche gauche, de l’avant-bras gauche et de la cuisse 
gauche ; 

- des dermabrasions de la face latérale de l’avant-bras gauche (linéaire) et des 
membres inférieurs ; 

- une hémorragie sous-unguéale du pouce gauche ; 

- des plaies cutanées, avec six solutions de continuité cutanées, répertoriées dans le 
tableau qui suit : 

plaie localisation  trajectoire  profondeur  lésions associées 

plaie n°1 face latérale 

droite du thorax (à 

hauteur de l’arc 
antéro-latéral de 

la 8ème côte) 

de l’arrière vers 
l’avant, de la droite 
vers la gauche et du bas 

vers le haut 

maximale de 

11 cm 

pénètre dans la cavité 

péritonéale 

lacération hépatique et 

hématome sous-capsulaire du 

segment hépatique IV 

plaie n°2 flanc droit 

(antérieurement) 

de l’arrière vers 
l’avant, de la droite 
vers la gauche et 

discrètement du bas 

vers le haut 

maximale de 

10 cm 

pénètre dans le rétro-péritoine 

avec effraction péritonéale au 

niveau du récessus hépatique 

droit, vraisemblablement 

associé à la lacération 

corticale du rein unique droit à 

l’hématome péri-rénal droit 

plaie n°3 flanc droit 

(postérieurement) 

de l’arrière vers 
l’avant, de la droite 
vers la gauche et du bas 

vers le haut 

 pénètre dans le rétro-péritoine 

avec effraction péritonéale au 

niveau du récessus hépatique 

droit 

plaie n°4 région dorsale 

supérieure latérale 

gauche 

de l’arrière vers 
l’avant, de la gauche 

maximale de 

7.9 cm 

saignement actif des muscles 

petit rond (épaule) et grand 

dorsal gauches 

- 11 -  

 P/16430/2022   

vers la droite et du haut 

vers le bas 

plaie n°5 flanc gauche de l’avant vers 
l’arrière, de la gauche 
vers la droite et 

discrètement du haut 

vers le bas 

minimale de 

1 cm 

atteinte de la superficie des 

muscles abdominaux, sans 

effraction dans la cavité 

péritonéale 

plaie n°6 région lombaire 

paramédiane 

gauche 

de l’arrière vers l’avant  hématome du muscle érecteur 
du rachis à hauteur de la 2ème 

vertèbre lombaire 

plaie n°7 face antérieure de 

la jonction entre 

l’épaule gauche et 
le tiers proximal 

du bras gauche 

vraisemblablement de 

l’avant vers l’arrière 
hors champ 

radiologique 

saignement veineux actif 

plaie n°8 face postéro-

latérale du tiers 

proximal du bras 

gauche 

vraisemblablement de 

gauche à droite et de 

l’arrière vers l’avant hors champ 
radiologique 

 

au contact du périoste, avec 

atteinte de la veine céphalique 

(correction lors de l'audience 

du 30 janvier 2024: c'était la 

plaie n°7 et non la plaie n°8 

qui avait provoqué une atteinte 

de la veine céphalique) 

plaie n°9 face postérieure 

du coude gauche 

suturée et en voie de cicatrisation de l’examen, non évaluable, 
superficielle selon les informations des cliniciens 

 
e.d. Compte tenu de l’ensemble des éléments à dispositions des experts, ceux-ci ont 
formulé les commentaires suivants : 

- les plaies à bords nets constatés lors des examens (plaies cutanées n°1, 2, 3, 4, 6, 
7 et 8) présentaient les caractéristiques de lésions provoquées par un instrument 
tranchant et piquant, tel qu’un couteau ; 

- l’objet vulnérant à l’origine de chacune des plaies cutanée n°1, 2, 3 et 4 ainsi que  
de leurs lésions associées, était un coup d’estoc ; 

- l’objet vulnérant à l’origine de la plaie cutanée n°6 était à l’origine d’un hématome 
du muscle érecteur du rachis ; 

- l’objet vulnérant à l’origine de la plaie cutanée n°7 était à l’origine d’un 
saignement veineux actif ; 

- l’objet vulnérant à l’origine de la plaie cutanée n°8 était à l’origine d’une atteinte 
de la veine céphalique gauche (bras gauche). La plaie précitée présentait une 

- 12 -  

 P/16430/2022   

morphologie particulière évoquant un mouvement intracorporel de l’objet 
vulnérant (en lien avec un mouvement du corps et/ou de l’objet) ; 

- la plaie cutanée n°5 présentait les caractéristiques d’une lésion provoquée par un 
objet tranchant ou tranchant et piquant, tel qu’un couteau. L’objet vulnérant à 
l’origine de la plaie précitée n’avait pas pénétré dans la cavité péritonéale et s’était 
arrêté au plan musculaire. Il s’agissait d’un coup de taille ; 

- la plaie cutanée n°9 était suturée et en voie de cicatrisation. Elle a été décrite 
comme superficielle par les cliniciens. 

e.e. Les experts ont conclu que l’ensemble des plaies cutanées avait pu être provoqué 
par le même objet vulnérant. Le couteau qui leur avait été proposé par la police, soit un 
couteau à double ouverture avec des lames lisses, pourrait être à l’origine de ces lésions. 
Ainsi, l’ensemble du tableau lésionnel était compatible avec les déclarations de 
l’expertisé et était directement évocateur d’une hétéro-agression. Les experts n’avaient 
pas constaté de lésions typiques de défense. Les lésions constatées avaient concrètement 
mis en danger la vie de A______. 

f. Entendue le 30 janvier 2024 par le Ministère public en qualité d’expert, la 
Dre T______ a confirmé son rapport du 1er mars 2023 et expliqué que A______ était 
passé très près de la mort le 4 août 2022. Il avait eu une lésion du foie et du rein, mais, 
fort heureusement, sans perte de fonction desdits organes. Autrement dit, ces organes 
fonctionnaient normalement au moment de l’examen. Cela étant, ils avaient beaucoup 
saigné, notamment le rein, étant précisé que des lésions à ces organes vitaux pouvaient 
entraîner la mort rapidement, selon l'intensité du saignement. 

L’hypothèse la plus probable de la lésion aux reins était une lésion à l’arme blanche. 
A______ avait fait un choc hémorragique, c’est-à-dire qu’il saignait beaucoup. Il avait 
survécu grâce à la proximité des HUG, où il avait pu recevoir des soins et des transfusions 
sanguines très rapidement. Sans prise en charge médicale très rapide, il serait mort. 

Le fait que la profondeur maximale de la plaie n°1 soit de 11 cm, alors que la lame du 
couteau était plus courte, était due à la souplesse de la paroi thoracique. Cet enfoncement 
n’était pas forcément un indicateur de la force du coup. La présence de nombreuses 
lésions allant de l’arrière vers l’avant, ainsi que l’absence de lésions de défense, étaient 
compatibles avec une attaque dans le dos ou par surprise telle que décrite par A______.  

vi. Arrestation et extradition de C______ 

g.a. A teneur du rapport d’arrestation du 2 décembre 2022, C______ a pris la fuite 
après la commission de ses actes et était introuvable. Suite à l’avis de recherche et 
d’arrestation du 5 août 2022 ainsi que du mandat d’arrêt international émis par le 
Ministère public le 26 août 2022, C______ a été arrêté à U______, en Allemagne, le 23 
septembre 2022, où il a été détenu en vue de son extradition.  

- 13 -  

 P/16430/2022   

Le mandat d’arrêt du 26 août 2022 émis par le Ministère public mentionnait que C______ 
était recherché pour « Tentative de meurtre (art. 111 CP cum art. 22 CP), subsidiairement 
lésions corporelles graves (art. 122 CP) » pour avoir « à Genève, à la hauteur du numéro 
1______ rue F______, dans la soirée du 4 août 2022, donné plusieurs coups de couteau 
dans le torse et le ventre de A______ avec l’intention de le tuer, lui causant des lésions à 
plusieurs organes internes ainsi qu’une hémorragie importante, mettant ainsi sa vie en 
danger ». 

g.b. Le 26 septembre 2022, l’Office fédéral de la justice (ci-après : OFJ) a adressé aux 
autorités allemandes une demande d’extradition pour les faits décrits dans le mandat 
d’arrêt du 26 août 2022. 

g.c. Le 16 novembre 2022, les autorités allemandes ont informé l’OFJ que C______ 
avait accepté son extradition dans le cadre d’une procédure simplifiée. A teneur d'un 
document du 3 novembre 2022 du Tribunal d'instance de AAK______ [Allemagne], 
confirmé par un courriel de l'OFJ du 23 novembre 2022, C______ n'avait toutefois pas 
renoncé au principe de spécialité. 

g.d. Le 21 novembre 2022, le Procureur général de U______ a accepté la demande 
d’extradition de C______ pour les faits visés par le mandat d’arrêt émis par le Ministère 
public genevois le 26 août 2022. A cet égard, la décision d’extradition indiquait que : 
« Auf das Ersuchen der schweizerischen Behörden um Auslieferung des kosovarischen 
Staatsangehörigen C______, geboren am ______ 2022 in Q______ (Kosovo), zur Zeit in 
Auslieferungshaft in der Justizvollzugsanstalt AAK______ bewillige ich die Auslieferung 
des Verfolgten aus Deutschland in die Schweiz zur Verfolgung wegen der in dem 
Haftbefehl der Staatsanwaltschaft des Kantons Genf vom 26.08.2022 – Aktenzeichen : 
P/16430/2022-BYP – bezeichneten Straftat » (traduction libre du Tribunal : « À la 
demande des autorités suisses en vue de l'extradition du ressortissant kosovar C______, 
né le ______ 2022 à Q______ (Kosovo), actuellement en détention provisoire à la prison 
de AAK______, j'autorise l'extradition de la personne poursuivie depuis l'Allemagne vers 
la Suisse en vue de sa poursuite pour l'infraction visée dans le mandat d'arrêt émis par 
le Ministère public du canton de Genève le 26 août 2022 – référence : P/16430/2022-
BYP»).  

g.e. L’intéressé a été remis aux autorités suisses le 1er décembre 2022, puis placé en 
détention.  

Premières déclarations de C______  

h. Entendu par la police le 2 décembre 2022, C______ a reconnu avoir donné les 
coups de couteau à A______, qui était le cousin de sa mère. Il ne se souvenait pas 
précisément de leurs liens, car A______ était parti très tôt en Europe, quand il avait neuf 
ans. A cette époque, A______ avait déjà des problèmes familiaux; il avait battu sa femme 

- 14 -  

 P/16430/2022   

et avait essayé, en dépit de son interdiction d’entrée en France, d’enlever sa fille qui vivait 
dans ce pays. 

S’agissant de son activité professionnelle en Suisse, C______ a déclaré qu’il travaillait 
en tant que peintre et carreleur. A______ faisait l’intermédiaire et l’amenait sur des 
chantiers pour le contrôler. En effet, A______ disait : « c’est moi qui suis responsable de 
lui, je suis son proche, je suis son copain ». Puis, A______ lui prenait son argent. Pour 
cette raison, à son retour en Suisse d’un voyage au Kosovo en juillet 2021, il avait essayé 
de prendre ses distances avec A______. Cela avait duré jusqu’à deux mois avant les faits. 
Il a contesté avoir été hébergé par A______. 

Deux jours avant les faits, il avait été amené dans un appartement situé au numéro 
1______ de la rue F______, au 22______ étage, par A______ ou ses « collègues » (Note 
de la traductrice : « dans la communauté, le mot "collègue" est utilisé plutôt pour des 
amis que des collègues de travail »). Il ne connaissait pas les Kosovars qui vivaient dans 
cet appartement et ne savait pas s’ils avaient un lien avec A______. Il n’était resté que 
deux jours dans cet appartement et n’avait pas eu de contacts avec ses occupants. 

La veille des faits, A______ l’avait suivi depuis la rue jusqu’à chez lui. Le matin du 4 
août 2022, à 10h00, A______ voulait qu’il sorte et l’avait appelé depuis son appartement 
avec un numéro de téléphone kosovar. A______ n’utilisait pas son numéro personnel, 
mais des raccordements de tiers. Selon C______, A______ n’utilisait pas son numéro 
suisse afin de ne pas laisser de preuve. A ce propos, il se souvenait que A______ avait 
utilisé deux numéros kosovars et un numéro suisse, qui n’étaient pas les siens, pour le 
contacter téléphoniquement, étant précisé qu’ils n’échangeaient jamais par d’autres biais 
(par exemple WhatsApp, Signal, Telegram, etc.). A______ était dans son appartement 
avec ses collègues. Le couteau se trouvait dans son appartement et appartenait soit à celui-
ci, soit à ses collègues. C______ avait pris le couteau ce matin-là, pour sa protection, alors 
qu’il n’avait pas pour habitude de porter un couteau sur lui. Lui-même n’avait jamais 
menacé quelqu’un avec un couteau ou une autre arme. Il sentait qu’il allait se passer 
quelque chose, mais il ne l’avait pas pris « dans ce but-là », ne sachant pas ce qui allait 
se passer ce soir-là. C’était un objet pour sa protection, car « on ne sait jamais ce qui peut 
se passer ». Il ne se souvenait pas de quel type de couteau il s’agissait puisqu’il y avait 
divers objets dans cet appartement. Il l'avait pris « comme ça » et l’avait mis directement 
dans son pantalon pour éviter que les collègues de A______ ne le voient. Ce jour-là, il 
était sorti avec un pantalon qui avait des poches latérales. Le couteau était resté dedans. 
Il ne se souvenait pas s’il avait ouvert les deux lames ou si les lames étaient déjà ouvertes 
lorsque le couteau se trouvait dans son pantalon. Sur présentation d’une photographie du 
couteau ensanglanté, il a déclaré ne pas se souvenir s’il s’agissait du couteau utilisé.  

Le 4 août 2022, C______ s’était rendu à la station-service H______, vers le passage 
piéton, pour attendre un ami avec qui il discutait sur Messenger. Le couteau était déjà 
dans sa poche à ce moment-là. Alors que C______ était au téléphone avec sa mère, 
A______ était arrivé par derrière et l’avait surpris, étant précisé que C______ n’était pas 

- 15 -  

 P/16430/2022   

en train d’attendre A______. Ce dernier l’avait saisi par l’épaule, l’avait frappé et lui avait 
pris son téléphone. Il l’avait également obligé à lui donner son porte-monnaie, avant de 
lui réclamer de l’argent, en lui disant : « soit tu me remets l’argent, soit je vais te tuer ».  
Sur présentation des images de vidéosurveillance, il a confirmé que A______ lui avait 
pris son téléphone directement à son arrivée, soit à 20h06. Un Albanais, qu’il ne 
connaissait pas, était ensuite intervenu pour les séparer.  

Toujours sur la base des images de vidéosurveillance, C______ a indiqué que, suite à leur 
séparation à 20h11, A______ l’avait obligé à aller chercher de l’argent dans 
l’appartement, mais il n’en avait pas. Il était déjà en possession du couteau au moment de 
cette séparation. A 20h27, il était revenu vers A______, qui était en compagnie de son 
ami V______. Selon C______, A______ et V______ étaient uniquement des copains, 
sans liens d’amitié plus profonds. C______ connaissait V______, car celui-ci l’avait aidé 
pour son passeport. A son arrivée, C______ avait dit à A______ qu’il n’avait pas d’argent, 
qu’il devait arrêter de le menacer et qu’il devait lui rendre son porte-monnaie. V______ 
n’était resté que deux à trois minutes vers le muret, puis était parti, ne voulant pas se mêler 
de leur histoire, étant précisé que V______ avait dû l’entendre réclamer son téléphone et 
son porte-monnaie à A______. Puis, A______ avait appelé le Kosovo en disant : « j’ai 
attrapé l’ennemi, je n’ai pas beaucoup de temps, je dois m’occuper de lui » en visant 
C______. L'intéressé s’était donc senti en danger et avait eu peur pour sa vie. 

Ensuite, A______ l’avait obligé à le suivre pour se rendre dans son appartement. Comme 
il y avait d’autres gens chez A______ et qu’il ne savait pas ce que ce dernier voulait faire 
chez lui, C______ avait craint pour sa vie. Il s’était donc senti menacé par A______ et 
ses collègues. Après être arrivés du côté de la route où il lui avait ensuite donné les coups 
de couteau, ils avaient discuté ensemble une minute ou deux, puis C______ l’avait 
supplié, en lui disant qu’il n’avait pas d’argent. A______ était agressif et l’avait frappé. 
Il s’était senti en danger et menacé, raison pour laquelle il avait donné les coups de 
couteau. Tout s’était passé en un laps de temps très court.  

Au sujet des coups de couteau, C______ a affirmé ne se souvenir de rien « car ce n’était 
pas prémédité ». Il ne se souvenait pas du nombre de coups de couteau qu’il avait donnés, 
ni du moment où il avait sorti le couteau. Il se rappelait uniquement de l’avoir eu dans la 
poche de son pantalon. Il ne se souvenait pas quand il avait ouvert les lames ou si elles 
étaient déjà ouvertes lorsque le couteau se trouvait dans son pantalon. Il ne savait pas de 
quel type de couteau il s’agissait. Il ne voulait pas que tout cela arrive. De manière 
générale, il n’était pas de nature colérique. 

Après les coups de couteau, il était choqué et ne savait pas s’il avait jeté son arme sur les 
lieux des faits ou un peu plus loin. Il avait quitté la Suisse le lendemain pour se rendre à 
U______, en Allemagne, parce qu’il avait peur des collègues de A______, qu'il s'agissait 
d'un endroit « neutre » et qu'il y était déjà allé. Au Kosovo, il se sentait plus menacé. Il 
avait donc emprunté de l’argent à des amis à Genève et avait pris le train. Il ne savait pas 
si A______ était décédé ou dans quel état de santé il se trouvait. Il n’avait pas contacté sa 

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 P/16430/2022   

famille, n’ayant pas de téléphone sur lui. Peu de temps après les faits, il avait su, par le 
biais de sa tante, que A______ était sorti de l’hôpital. Il s’était dit : « Très bien, moi je ne 
voulais pas qu’il meure ». 

Confronté aux déclarations de A______ du 8 août 2022, C______ a déclaré que tout était 
faux. Il n’aurait jamais frappé quelqu’un pour la somme de CHF 1'200.-. En outre, après 
avoir traversé le passage piéton, ils n’étaient pas en train de se séparer, mais ils étaient en 
train de marcher ensemble vers son appartement, sinon il ne l’aurait pas frappé. Il avait 
porté les coups de couteau parce qu’il se sentait menacé par A______ et ses collègues, 
étant précisé que le jour des faits, A______ avait continué à menacer sa famille et lui-
même.  

Questionné quant au fait de savoir si la prise de son téléphone par A______ était l’élément 
déclencheur des coups de couteau, C______ a répondu que l’élément déclencheur était 
toutes les menaces qu’il avait subies jusque-là ainsi que la demande de A______ de 
monter dans son appartement avec lui, ce qui lui avait fait peur. Sa famille était au courant 
des menaces et extorsion qu’il subissait de la part de A______. 

Lorsqu’il lui a été demandé si, avec le recul, il trouvait que son geste était adéquat, il a 
répondu qu’il n’avait pas d’autre choix et que, s’il avait vraiment voulu tuer A______, il 
l’aurait fait. 

vii. Audience de confrontation du 21 décembre 2022 

i.a. Devant le Ministère public, A______ a confirmé ses précédentes déclarations, 
ajoutant que, malgré des conflits antérieurs (cf. infra v.), il avait hébergé son neveu 
lorsqu’il était venu en Suisse, non pas pour lui rendre service, mais pour rendre service à 
sa sœur. En effet, sa sœur le lui avait demandé, en lui disant « qu’après Dieu il n’y avait 
que [lui] qui pouvait aider C______ ». Il trouvait très souvent du travail pour C______ 
en tant que maçon, mais ce dernier n’arrivait pas à le garder. Il ne savait pas très bien 
pourquoi, mais il avait constaté que C______ quittait, par exemple, le chantier quand il 
recevait un appel téléphonique, sans le dire au patron. Son propre patron rémunérait 
C______ en espèces. A ce sujet, il a garanti qu’il ne prenait pas l’argent gagné par 
C______. Il a également ajouté qu’avant les évènements du 4 août 2022, ils n’en étaient 
pas venus aux mains avec C______.  

S’agissant des faits du 4 août 2022, il a indiqué qu’il ne savait pas que C______ vivait 
dans le même immeuble que lui. Il a réitéré ses explications selon lesquelles il avait 
demandé à C______ de lui rendre l’argent qu’il lui devait. Afin d’éviter que des gens ne 
les voient se disputer dans la rue, il lui avait demandé de venir en retrait de la station-
service. Ils pouvaient régler leur problème tout seuls, entre oncle et neveu. C______ avait 
commencé à trembler fortement et avait mis sa main dans sa poche comme pour en sortir 
quelque chose. A ce moment-là, un inconnu albanophone était intervenu pour essayer de 
calmer la situation. A______ avait à nouveau dit à son neveu qu’il voulait récupérer son 

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argent. C______ avait déclaré qu’il allait voir un ami dans un appartement pour trouver 
la somme de CHF 600.-. Il lui devait également CHF 400.- et CHF 200.- pour une 
trottinette. Pendant que C______ était parti chercher l’argent dans l’appartement, 
A______ était resté avec son ami, V______, à la station-service, en train de boire un 
Redbull. 

Par la suite, C______ était revenu et lui avait dit qu’il n’avait pas trouvé d’argent. 
V______ était encore là, puis était parti. C______ et A______ avaient discuté un moment 
ensemble, en bons termes. Puisque A______ ne voulait pas donner son numéro de 
téléphone à C______, il lui avait pris son téléphone en disant qu’il n’avait qu’à appeler 
son propre numéro lorsqu’il aurait réuni la somme et qu’il ne voulait plus avoir affaire à 
lui après cela. 

Ensuite, ils avaient traversé le passage piéton. A______ avait redit à son neveu qu’il 
devait lui donner son argent et qu’il ne voulait plus avoir affaire à lui. Ils avaient discuté 
un peu. A______ était alors parti, voulant rentrer chez lui. Tandis qu’il était devant la 
porte, C______ lui avait dit : « Tu me menaces ? », ce à quoi il avait répondu : « Non je 
ne suis pas en train de te menacer je suis seulement en train de demander mon argent ». 
Alors qu’il avançait, son neveu l’avait « planté » par derrière, contre toute attente. A partir 
de là, il ne savait pas exactement ce qu'il s’était passé. Il avait juste vu C______ partir.  

Après les faits, sa sœur, O______, avait appelé leur mère en lui disant : « Alors c’était 
comment que mon fils poignarde ton fils ». Sa sœur n’avait pas dit que C______ était 
coupable et cela avait énormément blessé leur mère. Les parents de A______ n’avaient 
pas eu de nouvelles de lui durant un mois, ne sachant pas s’il était mort ou vivant. 
Lorsqu’il avait appelé son fils avec le téléphone de l’hôpital, celui-ci pleurait de joie, car 
il le pensait mort. 

A______ voulait comprendre pourquoi C______ lui avait fait cela. Selon lui, il l’avait 
fait avec une intention. En effet, C______ s’était rendu dans le restaurant d’un cousin, 
nommé W______. Ce dernier avait mis dehors C______, suite à quoi celui-ci avait dit : 
« Vous allez voir ce que je vais faire à A______ ».  

i.b. C______ a confirmé que son père s’appelait P______ et sa mère O______. A sa 
connaissance, sa mère n’était pas la sœur de A______, mais ils étaient cousins. Ainsi, 
A______ n’était pas son oncle.  

Concernant son parcours en Suisse, il était arrivé dans ce pays au mois de février 2021 
dans le but de travailler, ayant un visa slovène. A______ ne l’avait pas aidé à venir en 
Suisse. Revenant sur ses précédentes déclarations, il a cependant reconnu avoir vécu avec 
A______ dans un appartement pendant deux mois. Ils avaient trouvé cet appartement par 
le biais d’amis kosovars. C______ payait un loyer à une personne vivant à X______, une 
ville kosovare. Y______, un ami qui se trouvait dans cet appartement, se chargeait de 
prendre le loyer et de le remettre. 

- 18 -  

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A______ ne lui avait pas trouvé de travail au départ, mais, par la suite, il lui avait proposé 
de travailler pour son propre chef, dans le but de lui prendre son salaire. C’était d’ailleurs 
ce qu’il s’était passé. Par exemple, C______ avait travaillé dix jours sur un chantier vers 
la frontière avec la France. Au moment du paiement, A______ avait pris l’argent alors 
qu’ils se trouvaient devant une banque [du quartier] de Z______. A deux autres reprises, 
A______ lui avait trouvé du travail, mais toujours dans le but de le commander. C______ 
était resté environ deux semaines dans ces emplois et l’argent avait été pris par A______. 
Il avait donc arrêté et avait trouvé d’autres emplois par le biais d’amis. 

Le 4 août 2022, A______ l’avait menacé le matin par le biais de son collègue. En effet, 
C______ s’était réveillé à 8h30, puis était allé au café en bas de l’immeuble sis au numéro 
1______ de la rue F______ où il avait passé la nuit, au 22______ étage. Trois ou quatre 
collègues, qu’il ne connaissait pas, étaient venus le trouver audit café. Ces hommes 
l’avaient « envoyé » à leur appartement qui se trouvait dans le même immeuble. Dans cet 
appartement, il y avait eu un malentendu et des menaces. C______ avait vu le couteau et 
l’avait mis dans la poche latérale de son pantalon en cachette. Il avait peur. Dix minutes 
plus tard, ils étaient sortis et s’étaient séparés en se disant qu’ils allaient se revoir le soir 
lorsque A______ rentrerait. Ces individus ne lui avaient pas dit cette phrase à lui, mais 
ils se l’étaient dite entre eux.  

Ensuite, C______ était sorti voir des copains et des amis du travail. Il avait rencontré 
quelques amis vers le lac et était resté là-bas. Suite à l’appel de son patron, il était allé 
amener des échafaudages sur un chantier de rénovation de bureau, en face de [magasin] 
AA______, à 17h00. Après cela, il s’était rendu à la station-service en face du numéro 
1______ de la rue F______. Il avait un rendez-vous avec l’ami de l’appartement, qui 
n’était pas arrivé. Il était assis en train de téléphoner à sa famille au Kosovo, lorsque 
A______ était arrivé. Ce dernier l’avait saisi par l’épaule pour le soulever, comme pour 
se battre, puis A______ l’avait frappé. A ce moment-là, un inconnu était venu pour 
s’interposer entre eux. A______ avait dit à cet individu qu’il n’avait aucune raison 
d’intervenir. A______ avait tiré C______, puis lui avait pris son téléphone et son porte-
monnaie, en lui disant qu’il devait lui rendre l’argent dû le soir-même. C______ lui avait 
indiqué qu’il n’avait pas d’argent, mais A______ lui avait répondu qu’il devait le trouver 
et que ce n’était pas son problème. C______ était allé dans l’appartement où il habitait 
pour demander de l’argent aux amis qui y étaient. Il avait besoin de trouver entre CHF 
3'000.- et CHF 4'000.-. Ses amis n’avaient pas pu l’aider. Il était alors redescendu à la 
station-service pour dire à A______ qu’il n’avait pas trouvé l’argent. Quand il était arrivé 
vers lui, A______ était en train de menacer la famille de C______ au téléphone, soit son 
père, sa mère et son frère, qui étaient tous dans la même pièce. A______ avait demandé 
à sa famille de lui apporter EUR 3'000.- le soir-même à la maison. Il leur avait dit que 
s’ils ne voulaient pas qu’il arrive quelque chose à C______, ils devaient envoyer l’argent, 
puis avait raccroché.  

A______ et C______ étaient restés encore un moment avant de partir en direction de 
l’appartement de A______. Ce dernier le menaçait, en lui disant que s’il ne le suivait pas, 

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il le tuerait ainsi que sa famille. Il n’était pas parti en courant, alors même que son oncle 
le menaçait, car ce dernier avait son téléphone, avait menacé sa famille et savait où il 
habitait. C______ l’avait donc suivi involontairement. A______ se retournait et était 
agressif. Devant l’immeuble, C______ l’avait frappé, de peur. Il n’avait aucun souvenir 
à propos du couteau ou du nombre de coups donnés. Il ne savait pas comment réagir 
autrement. Il avait pensé à appeler une ambulance, mais ne l’avait pas fait. N’ayant plus 
de téléphone, il n’avait pas eu de contacts avec sa famille ou la famille de A______. 

viii. Enquête policière 

j. A teneur du rapport de renseignements du 16 février 2023, la police s’est rendue, 
le 26 janvier 2023, dans l’immeuble sis au numéro 1______ de la rue F______, afin de 
déterminer dans quels appartements logeaient A______ et C______ le jour des faits. 
Plusieurs portes étant démunies de plaques nominatives, A______ a été dépêché sur place 
pour montrer son logement. Il a désigné l’appartement numéro 11______ situé au 
22______ étage comme étant celui où il avait vécu. Il ignorait en revanche dans quel 
appartement avait logé C______.  

Après avoir pris congé de A______, la police a toqué à la porte de l’appartement précité, 
qui a été ouverte par un individu, identifié comme étant AB______, qui les a invités à 
entrer. Le logis était un studio d’environ 15 m2, composé d’une petite chambre, d’un coin 
cuisine et d’une salle de bain. En sus de AB______, trois autres individus étaient présents. 
AB______ a indiqué qu’il vivait dans le studio à l’époque des faits. Il a été auditionné par 
la police (cf. infra k.). Les trois autres occupants ont déclaré qu’ils n’y vivaient pas à 
l’époque des faits. 

La police, dans son rapport, a déploré la mauvaise collaboration de A______, qui ne 
souhaitait pas indiquer l’appartement où il avait vécu, pour des raisons inconnues, alors 
que la police lui avait clairement demandé de les emmener dans l’appartement occupé par 
ses soins. A la place, il avait désigné l’appartement où avait séjourné C______. 

ix. Déclarations de AB______ 

k. Entendu par la police le 26 janvier 2023, AB______ a indiqué travailler en tant 
que déménageur et parqueteur. Sur présentation d’une photographie de A______, il a 
déclaré qu’il ne l’avait jamais vu. Il était possible que ce dernier ait vécu dans l’immeuble 
situé au numéro 1______ de la rue F______, mais son visage ne lui disait rien. Il savait 
seulement qu’un Albanais vivait au 23______ étage, mais ne connaissait pas son nom. 
Lorsqu’il lui a été fait remarquer que A______ avait désigné le studio comme étant son 
domicile à l’époque des faits, il s’est exclamé : « C’est faux, jamais ! Il ne vivait pas dans 
le studio où je vis (…) moi j’y vis depuis environ un an. Je vous répète que je ne l’ai 
jamais vu dans cet appartement. Je suis très sûr de ce que je dis ». 

Concernant C______, AB______ a expliqué l’avoir rencontré suite à un appel 
téléphonique de sa part, lors duquel l'intéressé lui avait demandé s’il pouvait loger dans 

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son studio situé au numéro 1______ de la rue F______, au 22______ étage. Un tiers avait 
donné son numéro à C______. Il ne savait pas pourquoi C______ l’avait contacté pour 
être logé chez lui alors qu’ils ne se connaissaient pas, mais c'était peut-être via la 
communauté. Le précité était venu dormir une nuit dans le studio, soit celle du 1er au 2 
août 2023 (recte : 2022). Tout s’était bien passé, il n’y avait pas eu de disputes. Après 
cela, il ne l’avait plus revu et ne savait pas où il avait dormi les nuits suivantes. Il l’avait 
appelé, le 2 ou 3 août, mais sans succès, ce qui l’avait amené à penser qu’il y avait un 
problème. Il avait alors pris la décision de jeter les affaires de C______. A cette période, 
il avait un colocataire nommé AC______. Son cousin, AD______, était également présent 
pour une visite d’un mois. Les trois occupants présents lors de l’enquête policière ne 
logeaient pas dans le studio à l’époque des faits (cf. supra j.). 

Le 4 août 2022, AC______ avait dit à AB______ que, peu avant l’agression, C______ 
était venu au studio pour lui demander un couteau, car il avait un problème avec son 
oncle, sans en préciser la nature. C______ n’avait pas évoqué un problème d’argent. 
AC______ lui avait donné un couteau. Suite à cela, AB______ avait appelé tout de suite 
C______ pour savoir où il était, mais ce dernier n’avait pas répondu. Il voulait le rejoindre 
pour lui prendre le couteau et éviter une agression. Il ne savait pas à quelle heure C______ 
était venu au studio, puisque lui-même était absent lors de son passage, étant rentré aux 
alentours de 20h00. Il ne savait pas non plus de quel couteau il s’agissait et à qui il 
appartenait. Sur présentation de la photographie du couteau à double ouverture avec des 
lames lisses, AB______ a indiqué qu’il ne l’avait jamais vu dans son studio, mais que le 
couteau appartenait à AC______. Il a expliqué que cela était logique que le couteau lui 
appartienne puisqu’il lui avait dit qu’il avait donné un couteau à C______. Cependant, il 
ne l’avait jamais vu en possession de ce couteau. Après les faits, ils avaient appris que 
l’agression était due à un problème d’argent; tous les gens dans les bars en parlaient. 

x. Déclarations de AC______ 

l.a. Entendu par la police le 27 janvier 2023, AC______ a indiqué travailler dans le 
démontage d’ascenseurs. Sur présentation d’une photographie de A______, il a déclaré 
ne pas le connaître et ne l’avoir jamais vu. AB______ lui avait dit que A______ vivait 
dans le même immeuble qu’eux, mais ils ne s’étaient jamais croisés. A______ n’avait 
jamais vécu chez eux, dans le studio. 

La nuit avant les faits, AB______ lui avait téléphoné pour lui dire qu’une personne allait 
venir dormir dans le studio. C______ était arrivé vers 22h00, muni uniquement d’un petit 
sac contenant des vêtements. Il sentait mauvais, se comportait de manière bizarre, était 
tout maigre et faisait peur, comme « s’il était venu pour faire un truc ». AC______ ne lui 
avait pas beaucoup parlé, car C______ était arrivé tard et que, pour sa part, il dormait 
presque. Il avait cependant appelé tout de suite AB______ pour lui dire qu’il ne fallait 
pas accueillir « des mecs comme ça ». C______ avait passé une seule nuit dans le studio, 
soit la nuit précédant l’agression. Devant lui, C______ n’avait jamais évoqué un problème 

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avec son oncle. C______ n’avait pas l’air soucieux ou en colère, mais par contre, il avait 
l’air bizarre. 

Le 4 août 2022, AC______ s’était réveillé vers 6h20 pour partir au travail. C______ 
dormait encore. Il était rentré du travail vers 16h30, n’avait pas pris de douche et s’était 
endormi directement dans son lit. A ce moment-là, C______ n’était pas dans le studio. 
Le cousin de AB______, AD______, l’avait réveillé pour lui dire que C______ avait fait 
« une merde en bas ». 

Confronté aux déclarations de AB______, il a contesté avoir donné un couteau à 
C______. Il a expliqué qu’en rentrant du travail, il s’était endormi et C______ était peut-
être venu chercher un couteau pendant qu’il dormait. Sur présentation de la photographie 
du couteau à double ouverture avec des lames lisses, il a indiqué qu’il n’avait jamais vu 
ce couteau. Ce n’était pas un couteau qui se trouvait dans leur appartement. Suite aux 
faits, les membres de la communauté kosovare genevoise disaient que la cause de 
l’agression était un problème d’argent. 

l.b. A teneur du rapport de renseignements du 16 février 2023, la police a constaté 
que, durant son audition, AC______ semblait particulièrement mal à l’aise à l’évocation 
du moment où C______ serait venu chercher un couteau dans le studio. Par ailleurs, 
AC______ avait laissé entendre qu’il avait discuté avec AB______ de l’audition de ce 
dernier à la police, lors de laquelle il avait affirmé que AC______ avait fourni un couteau 
à C______. Selon la police, AC______ avait donc eu tout le loisir de réfléchir à une 
version qui ne l’impliquait pas. En outre, il paraissait peu plausible, au vu de la taille du 
studio, que C______ ait pu y pénétrer pour demander un couteau, sans que l’un des 
occupants ne l’entende.  

xi. Déclarations de AD______ 

m. Entendu par la police le 12 juin 2023, AD______ a déclaré être venu en Suisse, 
après le 20 juin 2022, afin de rendre visite à son « cousin lointain de la 3ème génération 
», AB______, en attendant de recevoir son permis de travail slovène. S’agissant de son 
retour, il avait acheté un billet de bus pour effectuer un trajet Genève-AE______ 
[Allemagne] le 4 août 2022, à 23h05. Il a produit une copie de son billet AF______ 
[entreprise de transport], jointe au procès-verbal, dont il ressort que la date et l’heure de 
son achat était le 4 août 2022, à 09h51. 

Durant son séjour à Genève, il avait logé chez AB______, qui habitait avec AC______ 
dans un appartement situé au 22______ étage du numéro 1______ de la rue F______. 
C______ était arrivé à la fin de son séjour, soit trois ou quatre jours avant « ce qu’il 
[s’était] passé ». Il ne connaissait pas C______ avant qu’il ne vienne chez eux. Il avait 
été informé par AB______, locataire dudit appartement, qu’un « garçon » allait arriver 
chez eux.  

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Le jour de sa venue, C______ était arrivé avec deux sacs de vêtements. Il avait dormi une 
nuit ou deux, puis, durant deux ou trois jours, il n’était plus revenu. Le 4 août 2022, 
C______ était revenu à l’appartement. Ce jour-là, AD______ était à l’extérieur. Il était 
rentré à l’appartement dans l’après-midi, mais ne se rappelait plus de l’heure exacte. Dix 
à quinze minutes plus tard, C______ était arrivé et ils s’étaient croisés. Alors que 
AD______ était aux toilettes, C______ avait commencé à discuter avec AC______ de 
manière « un tout petit peu bruyante » dans la chambre. C’était une discussion à voix 
haute, mais il n’y avait pas eu de dispute. C’était comme si C______ demandait ou 
cherchait quelque chose, mais il n’avait rien entendu par rapport au couteau, vu qu’il y 
avait deux portes entre lui et les deux hommes. Lorsqu’il était sorti des toilettes, C______ 
était d’ores et déjà parti.  

AC______ avait raconté à AB______ ce qu'il s’était passé, à savoir que C______ avait 
pris un couteau. AC______ n’avait pas donné les raisons pour lesquelles C______ était 
venu chercher un couteau, ni le type de couteau remis. AB______ était descendu 
rapidement en bas de l’immeuble, mais n’ayant pas vu C______, il était remonté et avait 
tenté de le joindre par téléphone, en vain. AD______ avait ensuite préparé ses bagages 
pour se rendre en Allemagne et avait quitté l’appartement avec l’autorisation de la police. 
A la gare routière, il avait appelé AB______ qui lui avait dit que C______ avait eu un 
problème avec quelqu’un, mais sans lui donner le nom de la personne. 

Sur présentation de la photographie du couteau ayant servi à l’agression, il a déclaré, 
après avoir regardé longuement l'image, qu'il ne pensait pas l'avoir vu et que AB______ 
avait beaucoup d’outils de travail à la maison. Les policiers ont dès lors répliqué que son 
ADN ne devrait donc pas se trouver sur le couteau, ce à quoi il a répondu ne pas envisager 
cela, sauf si ledit couteau était dans un endroit de l'appartement où il aurait pu le toucher. 

Sur présentation d’une photographie de C______ et de A______, il a confirmé reconnaître 
C______ sur la première photographie. En revanche, il n’avait jamais vu A______ et son 
nom ne lui disait rien. 

Confronté aux déclarations de AC______ selon lesquelles il aurait réveillé le précité afin 
de lui dire que C______ avait pris un couteau et « fait une merde en bas », il les a 
contestées, affirmant être « 100 % sûr » que AC______ avait communiqué avec C______. 
Il était également certain, « à 100 % », de ne pas avoir vu C______ prendre le couteau. 

Au sujet de la personnalité de C______, il l’a décrit comme étant calme, introverti et peu 
communicatif. Ils avaient fumé des cigarettes ensemble en échangeant des banalités. 
C______ ne parlait pas trop. 

xii. Déclarations de V______ 

m.a. A teneur du rapport de renseignements du 16 février 2023, V______ s’est présenté 
à son audition du 27 janvier 2023 en compagnie de A______. Ce dernier a demandé à 
pouvoir assister à cette audition, ce qui lui a été refusé. 

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m.b. Entendu par la police le 27 janvier 2023, V______ a indiqué être un ami de 
A______. Il a assuré que ce dernier ne lui avait pas donné d'instructions quant à ce qu’il 
devait dire lors de cette audition. Ils se voyaient souvent et s’aidaient mutuellement. 
A______ était une bonne personne, qui n’avait jamais eu de problèmes avec les gens. Il 
était sage. 

A______ était l’oncle de C______. Quand ce dernier était venu vivre en Suisse, il avait 
vécu à Z______ avec son oncle. Tout au début, A______ l’avait aidé, nourri et hébergé. 
C’était ce que A______ lui avait dit, mais il ne savait pas si c’était la vérité. Il ne savait 
pas ce qu’il se passait entre eux. Personnellement, il connaissait C______, mais n’avait 
aucun lien avec lui. Ils s’étaient vus uniquement en présence de son oncle et pas souvent.  

Le soir des faits, V______ avait de l’argent à rendre à A______ en raison d’une dette 
qu’il avait envers lui. Il savait que A______ vivait dans l’immeuble situé au numéro 
1______ de la rue F______, mais il ne connaissait pas son étage, puisqu’il n’était jamais 
allé chez lui. A______ était à la station-service H______. Le précité avait pris un jus et 
lui-même un Redbull. Ils étaient allés vers un muret près de la station-service. Ensuite, 
C______ était arrivé. Ils s’étaient salués, puis V______ s’en était allé à vélo pour les 
laisser ensemble. 

Lorsqu’il lui a été demandé dans quel état d’esprit était A______ avant que C______ ne 
les rejoigne, il a répondu qu’il était « très bien ». A______ ne posait pas de problème. 
C’était une bonne personne, très sage, qui ne se fâchait pas. V______ a assuré que 
A______ et C______ ne s’étaient pas disputés. Quand il lui a été fait remarquer qu’ils 
s’étaient disputés et empoignés, il a déclaré ne pas connaître la raison de leur dispute. 
Devant lui, A______ et C______ ne s’étaient pas disputés. Il ne savait pas ce qu’il s’était 
passé. Ce jour-là, personne n’avait évoqué en sa présence une histoire de dette. A______ 
lui avait simplement dit qu’il avait aidé C______, en lui payant son loyer, mais c’était 
tout. Il ne les avait pas entendu parler d’une trottinette.  

Confronté aux déclarations de A______ selon lesquelles il était présent lorsque C______ 
était retourné vers le muret et avait dit qu’il n’avait pas trouvé d’argent, V______ a assuré 
qu’il n’était pas présent et qu’il n’avait rien entendu. Sur présentation de la photographie 
du couteau à deux lames, il a indiqué n’avoir jamais vu ce couteau. Il ne savait pas d’où 
il venait. 

Après son agression, A______ ne lui avait pas communiqué la raison pour laquelle il 
pensait que son neveu l’avait agressé. Ils n’avaient pas discuté de ce sujet, à aucun 
moment. Il ne savait pas s’il y avait un litige financier entre les deux. Une telle question 
ne pouvait pas se poser. C’était quelque chose entre les membres de la famille, dont il 
n’était pas possible de parler à l’extérieur. Il n’avait pas assisté à des menaces entre les 
deux hommes et ne savait pas si A______ prélevait tout ou partie du salaire de C______. 

xiii. Déclarations de W______ 

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n. Entendu par la police le 31 janvier 2023, W______ a indiqué être le gérant d’un 
restaurant situé dans le quartier AG______. Il connaissait A______ de vue. Il ne l’avait 
vu que deux ou trois fois dans sa vie. Lorsqu’il lui a été fait remarquer que A______ 
l’avait désigné comme étant son cousin, il a rétorqué que le précité n’avait rien à voir 
avec sa famille. A______ utilisait le terme « cousin », probablement parce qu’ils venaient 
du même village.  

C______ et W______ ne se connaissaient pas. Il l’avait vu qu’à une occasion, soit lorsque 
celui-ci était venu manger dans son restaurant à midi, bien avant les coups de couteaux. 
C______ était attablé avec un homme, puis il avait commencé à parler fort et à s’énerver. 
Il dérangeait les autres tables et les clients se demandaient ce qu’il se passait. A ce 
moment-là, W______ lui avait demandé de quitter les lieux, ce qu’il avait fait en 
s’excusant. Il ne connaissait pas la raison de la colère de C______ et n’avait pas entendu 
l'intéressé menacer A______.  

Interrogé à propos des déclarations de A______ selon lesquelles C______ aurait dit, en 
quittant le restaurant, « vous allez voir ce que je vais faire à A______ », W______ a 
indiqué qu’il n’avait jamais entendu cela et que C______ n’avait pas prononcé cette 
phrase devant lui. 

Il ne savait rien au sujet de l’agression de A______. Dans la communauté kosovare, il se 
disait qu’ils avaient des problèmes de famille entre eux et qu’ils avaient réglé ces 
problèmes à Genève. Il ne pouvait pas donner des réponses sûres, vu que ce n’était que 
des on-dit. Dans la rue, il se disait que l’agression était due au fait que l’un des deux avait 
pris le téléphone de l’autre, en sus des problèmes existant entre leurs familles. 

Après son agression, il avait vu une fois A______ dans son restaurant. Il lui avait dit qu’il 
avait de la chance d’être en vie, mais rien de plus. A______ ne lui avait rien expliqué à 
propos du litige avec son neveu. Il n’avait donc aucune idée du différend entre les deux 
hommes. Il ne savait pas si A______ prélevait régulièrement tout ou partie du salaire de 
C______. 

xiv. Déclarations de AH______ 

o. Entendu par la police le 7 février 2023, AH______ a expliqué qu’en août 2022, il 
avait une société de plaquage. Quelques mois auparavant, C______ l’avait appelé 
plusieurs fois pour lui demander du travail. Il ne savait pas qui lui avait donné son numéro, 
mais cela était usuel dans ce milieu professionnel. Vers la fin du mois de juillet et le début 
du mois d’août 2022, C______ lui avait écrit pour lui demander s’il avait du travail. Pour 
sa part, il était en vacances au Kosovo. C’était environ deux ou trois jours avant les coups 
de couteau. AH______ lui avait répondu qu’il pouvait venir travailler sur son chantier 
situé à AI______ [GE], pour poser des plaques au plafond, C______ lui ayant dit qu’il 
savait tout faire. Le mardi 2 août 2022, C______ avait travaillé toute la journée sur ledit 

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chantier. Le lendemain, soit le mercredi 3 août 2022, il avait également travaillé sur ce 
chantier, mais pas toute la journée.  

Le soir du 3 août 2022, AH______ avait appelé son ouvrier pour lui dire que le 4 août 
2022, il ne devait pas se rendre au travail, que le chantier suivant se situait en face du 
magasin AA______, au centre-ville, et qu’il ne voulait pas que ses ouvriers débutent le 
travail en son absence, vu qu’il était encore au Kosovo. 

Le jeudi 4 août 2022, vers 16h00-17h00, AH______ était arrivé à Genève en provenance 
du Kosovo. Il avait appelé C______ pour lui dire qu’il n’avait plus besoin de ses services. 
C______ lui avait demandé : « On fait quoi pour l’argent ? », ce à quoi il lui avait 
répondu qu’il allait l’appeler le lendemain pour lui dire comment il allait faire. 

Le vendredi 5 août 2022, vers 7h00-8h00, C______ était arrivé à l’improviste sur le 
chantier en face du magasin AA______ pour lui demander le paiement de son travail sur 
le chantier de AI______. AH______ lui avait répondu qu’il n’avait pas eu le temps de 
passer à la banque et qu’il allait tout régler la semaine prochaine. A ce moment-là, 
C______ avait déclaré ceci : « J’ai planté un gars 17 fois. Je l’ai tué. Regarde mon 
pantalon, je suis plein de sang ». AH______ n’avait pas cru à cette histoire. Il avait 
regardé les habits de C______ qui n’étaient pas maculés de sang. Il lui avait répondu que 
c’était impossible qu’il ait tué une personne et qu’il soit encore libre en ce moment. Après 
cela, C______ lui avait dit qu’il avait besoin d’argent parce qu’il devait quitter la Suisse. 
AH______ lui avait répondu que c’était impossible qu’il quitte la Suisse, s’il avait fait ce 
qu’il prétendait. La meilleure chose à faire était d’aller voir la police. AH______ l’avait 
interrogé sur les raisons du meurtre. C______ lui avait répondu que le « gars » qu’il avait 
« planté », et lui-même, avaient travaillé ensemble chez un patron. Le gars avait reçu 
l’argent du patron pour les deux. Quand C______ avait demandé son argent au gars, ce 
dernier lui avait dit que le patron ne lui avait pas donné l’argent. AH______ ne savait pas 
si cela était vrai, mais personnellement, il n’y avait pas cru. C______ s’était ensuite 
éloigné un peu et avait parlé avec quelqu’un au téléphone, avant de lui dire « ciao ». Il 
était parti tranquillement. 

Questionné sur l’état émotionnel de C______ lorsqu’il avait évoqué avoir tué quelqu’un, 
AH______ l’a décrit en ces termes : « On aurait dit qu’il s’en foutait. Il n’avait pas 
d’émotion particulière (…) il ne semblait ni fier, ni en colère ». S’agissant de son état 
émotionnel au moment où il invoqué son problème d’argent, AH______ a indiqué n’avoir 
rien remarqué de particulier, parce qu’il ne croyait pas les propos de C______ à ce 
moment-là. 

Le lendemain, AH______ avait vu un article de presse sur son téléphone et avait réalisé 
que ces faits étaient vraiment arrivés. Par le biais de la communauté, il avait su que la 
victime était le cousin de C______. 

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Environ un mois après les faits, il avait reçu un message WhatsApp d’un numéro inconnu. 
C’était C______, qui lui avait écrit : « Est-ce que tu peux envoyer l’argent à mon papa, 
parce que ma grand-mère doit se faire opérer ? », ou quelque chose de semblable. 
C______ avait ajouté les coordonnées de son père ainsi que son numéro de téléphone. Le 
même jour, AH______ avait demandé à un ami d’envoyer l’argent par AJ______ 
[compagnie spécialisée dans les transferts de fonds]. Il avait envoyé ensuite une photo du 
récépissé à C______. C’était son dernier contact avec lui. 

Confronté aux déclarations de C______ selon lesquelles celui-ci s’était rendu le 4 août 
2022 sur un chantier de rénovation de bureaux où il travaillait, en face de AA______, 
parce que le patron l’avait appelé pour qu’il amène des échafaudages, AH______ a 
déclaré que C______ n’avait jamais travaillé sur ce chantier et qu’à sa connaissance, il 
n’avait pas travaillé sur un chantier à proximité non plus. De plus, il ne s’agissait pas de 
« bureaux », mais du magasin de vêtements AK______. Enfin, C______ n’avait jamais 
travaillé avec des échafaudages. Pour lui, c’étaient des mensonges. 

Sur présentation d’une photographie de A______, AH______ a indiqué qu’il l’avait déjà 
vu, peut-être sur un chantier, mais qu'il ne le connaissait pas personnellement. S’agissant 
du différend entre C______ et A______, il ne savait pas si ce dernier prélevait tout ou 
partie du salaire de son neveu, puisqu’il ne connaissait pas A______. 

A la vue de la photographie du couteau à double ouverture avec des lames lisses, 
AH______ a fait remarquer qu'il s'agissait d'un couteau de guerre et que c'était la première 
fois qu'il voyait un tel couteau. 

xv. Audience de confrontation du 20 mars 2023 

p.a. Lors de l’audience de confrontation du 20 mars 2023, AB______ a confirmé ses 
précédentes déclarations. Sur présentation réelle de A______, AB______ a déclaré ne pas 
le connaître. Il ne l’avait jamais vu, hormis sur la photographie montrée par la police. En 
revanche, face à C______, AB______ a confirmé le connaître, précisant qu'il ne le 
connaissait pas vraiment avant qu'il ne vienne chez lui. C______ avait habité dans le 
même appartement que lui pendant deux à trois jours. 

Le soir des faits, AB______ était rentré chez lui avant l’agression. Dans l’appartement, il 
y avait uniquement AC______ et AD______. C’était peut-être 20h30. Ils lui avaient dit 
que C______ avait pris un couteau. Lui-même n'était pas présent dans l'appartement à ce 
moment-là. Sur présentation dudit couteau en audience, AB______ a confirmé qu’il ne 
l’avait jamais vu et a avancé qu'il était peut-être caché quelque part dans l’appartement, 
étant précisé que lui-même ne pouvait contrôler personne. Questionné sur ses précédentes 
déclarations, selon lesquelles le couteau appartiendrait à AC______, il a indiqué avoir dit 
à la police que le couteau aurait pu appartenir « soit à AC______, soit à C______ », 
sachant qu'il se portait garant pour AD______ et lui-même. Puisque AB______ n’était 
pas là, il ne savait pas qui le lui avait donné, s'interrogeant aussi sur le fait de savoir si 

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C______ n’aurait pas pris le couteau par lui-même. Par la suite, AB______ s’est rappelé 
que AC______ lui avait dit que C______ lui avait demandé un couteau. AB______ 
ignorait si C______ avait donné une raison à AC______ pour obtenir le couteau. Sur le 
moment, il avait dit à AC______ qu’il avait eu tort de donner ce couteau, ce à quoi 
AC______ avait répondu que C______ avait invoqué Dieu pour l’obtenir. AB______ 
avait ensuite téléphoné à C______ pour lui demander de ramener le couteau. Il était sorti 
pour le chercher, car il était conscient que si quelqu’un voulait obtenir un couteau en 
exerçant des pressions, il pourrait arriver quelque chose, mais il ne l’avait pas trouvé. Il 
tenait à préciser que AC______ lui avait dit qu’il avait nettoyé le couteau avant de le 
donner à C______.  

Lorsqu’il lui a été demandé s’il serait d’accord de se soumettre à une analyse ADN, 
AB______ a répondu par la positive, précisant toutefois qu’il y avait beaucoup d’objets 
et d’outils dans la cuisine et que si ce couteau s’y était trouvé, il aurait pu le toucher. 

S’agissant de l’état émotionnel de C______, il a indiqué que ce dernier n’allait pas très 
bien. Il était énervé contre son oncle. Par contre, il n’avait pas entendu parler d’un litige 
financier entre C______ et son oncle. 

p.b. C______ a maintenu qu’il n’était pas allé chercher le couteau dans le studio où 
vivaient AB______, AC______ et AD______. 

p.c. AC______ a confirmé ses précédentes déclarations. Le Ministère public a invité 
A______ à se présenter à AC______, qui a déclaré ne pas le connaître. Il a précisé qu’il 
le reconnaissait, car il avait vu des photographies qui lui avaient été montrées par la 
police, mais il ne l’avait jamais vu dans leur immeuble, où lui-même avait vécu pendant 
deux ou trois mois. Ensuite, C______ a également été invité à se présenter à AC______, 
qui a confirmé le reconnaître.   

Le veille, C______ était arrivé dans leur appartement. AC______ l’avait trouvé d’emblée 
bizarre. Le soir des faits, AC______ était revenu du travail vers 16h00-16h30, s’était 
endormi, puis s’était réveillé vers 18h30 ou 19h00. A son réveil, AD______ lui avait dit 
qu’une tragédie était arrivée et que des policiers étaient en bas de l’immeuble. Il lui avait 
expliqué ce qu’avait fait C______. AC______ n’avait pas entendu personnellement 
C______ venir chercher un couteau dans l’appartement. C’était AD______ qui lui avait 
dit que C______ était venu chercher un couteau, puis qu’il était redescendu et qu’il avait 
fait « ce qu’il avait fait ».  

Confronté aux déclarations de son ancien colocataire, AB______, selon lesquelles il 
aurait remis lui-même le couteau, AC______ les a fermement contestées, affirmant qu’il 
ne comprenait pas pourquoi il disait cela. Pour sa part, il n’avait pas vu C______, entre 
le moment où il avait commencé sa sieste et le moment où AD______ lui avait annoncé 
la tragédie. A son réveil, il n’avait également pas vu AB______. Seul AD______ et lui-
même étaient présents dans l’appartement. 

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Au sujet du couteau, AC______ a une nouvelle fois affirmé qu’il ne l’avait jamais vu. 
Dans l’appartement, il y avait des couteaux. Beaucoup de gens habitaient dans cet 
appartement, parfois jusqu’à cinq ou six personnes. Questionné sur le fait de savoir si une 
personne pouvait rentrer sans qu’il ne se réveille, AC______ a expliqué que tout le monde 
dormait au salon et que si quelqu’un avait ouvert la porte du salon, il l'aurait entendu. 

Concernant le différend entre C______ et A______, il avait entendu des conversations au 
café, entre Albanais, qui disaient que C______ avait fait cela pour des problèmes 
d’argent, « de l’argent qu’il avait pris et qu’il n’avait pas donné », sans pouvoir apporter 
d’autres précisions. Avant les faits, C______ ne lui avait pas parlé de problèmes avec son 
oncle. 

p.d. V______ a confirmé ses précédentes déclarations. Il a précisé connaître A______ 
depuis 2014. Ils étaient très proches puisqu’ils avaient travaillé et vécu ensemble. Il 
n’avait jamais constaté de violence ou d’agressivité chez A______, qu’il considérait 
comme un ami proche. 

V______ a déclaré reconnaître C______ qui était assis à l’audience derrière lui. Il le 
connaissait un peu à travers son oncle maternel, A______, lequel lui avait demandé de 
l’aide pour trouver un travail à son neveu, ensuite de quoi ce dernier avait travaillé avec 
l’une de ses connaissances. Concernant cet emploi, V______ avait reçu le salaire de 
C______ avant de le lui remettre dans une station-service. L’encaissement du salaire par 
un tiers n’était pas habituel dans la communauté albanaise; toutefois, chez eux, la 
confiance fonctionnait. 

S’agissant de la relation entre A______ et C______, V______ a répété qu’ils avaient vécu 
ensemble à Z______. Lors d’une visite chez A______, ce dernier lui avait présenté 
C______ comme étant son neveu. A______ lui avait dit qu’il avait aidé son neveu 
financièrement, mais il ne savait pas si c’était vrai. Lorsqu’il lui avait raconté cela, 
A______ n’avait pas l’air déçu ou amer, mais calme et tranquille. 

Concernant le déroulement de la soirée du 4 août 2022, V______ a expliqué avoir parlé 
téléphoniquement avec A______, qui lui avait demandé de le retrouver à la station-
service. A______ lui avait acheté un Redbull et s’était pris un jus multivitaminé pour lui. 
Ensuite, ils s’étaient assis sur un mur à l’extérieur de la station-service. Ils étaient restés 
ensemble très peu de temps, environ dix minutes, avant que C______ n'arrive et s’assoie 
sagement sur le mur. Le précité l’avait salué et lui avait demandé comment il allait, 
pendant que A______ parlait au téléphone. V______ ne savait pas avec qui il échangeait 
au téléphone, peut-être avec sa femme. Il n’avait pas remarqué si A______ utilisait le 
téléphone de son neveu. Ce jour-là, A______ et C______ paraissaient « très tranquilles ». 
Il n’avait pas entendu un échange de mauvaises paroles entre eux, expliquant que l’un 
était assis sur le mur, tandis que l’autre était au téléphone. S’il y avait un problème, il 
l’ignorait, A______ ne lui ayant jamais mentionné un problème avec son neveu. Il n’avait 
rien remarqué de particulier à propos de C______ ou une quelconque dispute. S’ils 

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s’étaient disputés, cela avait dû se passer avant son arrivée. L’oncle et le neveu n’avaient 
même pas échangé un mot. Quelques minutes après, V______ leur avait dit qu’il allait 
les laisser, « car ils étaient entre eux » et qu’il allait voir ses enfants. C______ l’avait 
salué en lui serrant la main. Il était parti et n’avait plus entendu parler d’eux jusqu’à ce 
que l’un de ses amis lui apprenne ce qu’il s’était passé, vers 22h00 ou 23h00. Il avait tenté 
de joindre téléphoniquement A______ à cinq ou six reprises, mais ce dernier ne répondait 
pas. Il avait pensé qu’il était malade. A______ ne lui avait jamais dit pourquoi il avait été 
agressé par son neveu. 

p.e. W______ a confirmé n’avoir aucun lien de famille avec A______. Selon lui, 
C______ était le fils de la sœur de A______. Il n'avait vu C______ qu’une ou deux fois 
au cours de sa vie. Lors de l'épisode où C______ était venu boire un café avec un ami 
dans son établissement - épisode qui s’était déroulé peut-être trois ou quatre mois avant 
l’agression de A______ – l'intéressé parlait trop fort et dérangeait les autres 
consommateurs. W______ avait entendu C______ dire à son ami : « il va voir, il va 
voir », sans savoir de qui il parlait, puisqu’il n’écoutait pas les conversations de ses 
clients. Il lui avait demandé de payer son café et lui avait dit qu’il n’était pas le bienvenu 
s’il dérangeait les autres. C______ n’était plus jamais revenu dans son établissement. 

Il n’avait pas entendu, au sein de la communauté, quelles étaient les raisons de 
l'événement puisqu’il était au Kosovo durant cette période, ajoutant qu’il fallait demander 
« aux gens dans la rue ». 

p.f. AH______ a confirmé connaître C______ qui était assis derrière lui lors de 
l'audience. Il l'avait connu suite à plusieurs appels de sa part pour obtenir du travail. Il 
avait refusé deux ou trois fois. La dernière fois, C______ lui avait téléphoné alors qu’il 
était en vacances. Comme il avait besoin de quelqu’un, C______ avait travaillé pour lui 
pendant deux ou trois jours. A son retour de vacances, il l’avait appelé pour lui dire qu’il 
n’avait plus besoin de lui. 

Après les faits du 4 août 2022, C______ était venu le voir sur un chantier en face de 
AA______ pour lui demander son salaire. AH______ lui avait répondu qu’il venait de 
rentrer de vacances et qu’il lui fallait un peu de temps pour le payer. C______ lui avait 
rétorqué qu’il avait besoin d’argent pour quitter la Suisse, car il avait tué quelqu’un, ce 
qui n’était pas croyable pour AH______, vu que C______ était libre. Il lui avait demandé 
les raisons du meurtre et l'intéressé lui avait parlé d’une histoire de famille avec son oncle, 
lequel avait pris l’argent gagné sur un chantier où ils avaient travaillé ensemble. A ce 
moment-là, C______ avait l’air normal et n’était pas fâché qu’il ne puisse pas le payer 
tout de suite. AH______ n’avait pas cru à cette histoire parce qu’il pensait que C______ 
avait peur qu’il ne lui donne pas son argent et qu’il inventait donc une histoire pour être 
sûr d’être payé. Ensuite, C______ était parti et lui avait envoyé des messages pour lui 
demander son argent. Il l’avait payé par l’intermédiaire de son père. 

xvi. Audience de confrontation du 30 janvier 2024 

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q.a. Au début de l’audience de confrontation du 30 janvier 2024, le Ministère public a 
annoncé à C______ que les faits qui lui étaient reprochés seraient également examinés 
sous la qualification juridique de tentative d’assassinat (art. 22 CP cum art. 112 CP). 
C______ a réagi en déclarant qu’il ne s’y connaissait pas sur le plan juridique, mais que 
cela n’était pas prémédité et que ce n’était pas « avec un but », mais une question de 
moment. La situation s’était présentée « comme ça » à cause des menaces.  

A______ lui avait menti pour le faire venir en Suisse, dans le sens où il l’avait fait venir 
dans ce logement, alors qu’il n’y avait pas de travail. Il s’était endetté pour faire face aux 
dépenses. 

Il regrettait beaucoup d’avoir donné des coups de couteau à son oncle et lui réitérait ses 
excuses. Désormais, il saurait réagir s’il se trouvait dans la même situation, à savoir qu’il 
fuirait le problème. Il pensait encore à ce jour aux autres solutions qu’il aurait pu trouver 
pour que cela se passe autrement. 

q.b. P______ a déclaré être le père de C______ et le mari de la sœur de A______. Son 
fils était une personne calme, travailleuse, avec des principes de famille et exempte de 
reproches à son égard. Il ne l’avait jamais vu en colère, ni violent. De ses neuf ans à dix-
huit ans, C______ l’avait aidé dans le secteur de l’agriculture, avant de partir travailler 
en Slovénie. Bon élève, il avait fait l’école obligatoire jusqu’à l'âge de quinze ans. Il 
n’avait pas pu continuer au-delà parce qu’il devait travailler. C______ avait quitté le 
Kosovo en 2021 afin de travailler en Slovénie, où il avait obtenu un permis de travail. 
P______ ne savait pas que son fils était venu en Suisse, apprenant cette nouvelle lors d’un 
appel téléphonique, peut-être un mois après son arrivée. En Suisse, C______ ne 
connaissait personne. C’était un pays inconnu pour lui. 

Au Kosovo, son fils n’avait jamais eu de problèmes avec la justice. Il avait travaillé dans 
une entreprise de transport et même s'il ne gagnait pas bien sa vie, il aidait sa famille 
financièrement. En Slovénie, C______ leur envoyait une quantité minime d’argent. 
Depuis qu’il était en Suisse, il n’avait pas pu leur en envoyer, car il avait eu des problèmes.  

S’agissant de la soirée du 4 août 2022, P______ a expliqué que son fils l’avait appelé 
quinze à vingt minutes après l'événement pour l’informer de ce qui s’était passé. Quinze 
minutes avant les faits, A______ avait attendu son fils dans la rue, c’était prémédité. Il 
avait demandé de l’argent à son fils, qui n’en avait pas, puis, il avait pris son fils par la 
gorge, avait mis la main dans la poche de son pantalon et avait pris son portefeuille ainsi 
que son téléphone portable. Par la suite, A______ avait appelé P______ avec le téléphone 
de son fils pour lui réclamer EUR 3'000.-, sans lui donner de motifs. A______ voulait 
qu’il envoie cette somme à sa famille dans les cinq minutes. A______ l’avait menacé, 
c’est-à-dire qu’il avait parlé fort et l’avait insulté. P______ lui avait dit qu’il ne lui devait 
pas cet argent, suite à quoi A______ avait raccroché.  

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C______ avait poignardé A______, car il n’avait pas le choix. Il ne croyait pas que son 
fils avait prémédité son acte. C______ avait dû avoir beaucoup de pression pour en arriver 
là. A______ avait dit à son fils : « Toi tu es mort aujourd’hui, soit tu sors les CHF 1'000.-
, soit tu es mort ». Pourtant, son fils ne lui devait rien. A______ avait dit à son fils qu’il 
devait aller récupérer de l’argent dans le logement et que s’il sortait sans l’argent, il était 
mort. P______ ne savait pas ce qu'il s’était passé ensuite, mais il pensait qu’ils étaient 
sortis et s’en étaient pris l’un à l’autre. Il n’avait pas pensé demander à son fils si 
quelqu’un était mort ou blessé, tellement il était triste qu'un oncle et un neveu puissent en 
arriver là. 

P______ avait dit à son fils de se rendre à la police. Sa femme avait informé la mère de 
A______ de ce qui s’était passé. P______ considérait que A______ était responsable de 
ce qu'il s’était passé, puisque chaque personne qui avait un certain âge pouvait tromper 
un enfant. Pourtant, A______ était « de la famille » et il ne voulait pas lui faire de mal. 
Pour sa part, il se sentait en danger au Kosovo, où il était quotidiennement menacé. Il 
protégeait son autre fils et lui disait de rester à la maison lorsqu’il se rendait au marché. 
Il avait peur pour sa famille au Kosovo.  

Questionné quant au fait de savoir si, en tant que chef de famille, il souhaitait demander 
pardon, il a rapporté un épisode où il s'était fait couper la route, au Kosovo, précisant ne 
pas connaître toute la famille élargie de A______. Pour sa part, il avait essayé de calmer 
les choses. Il se sentait mal pour ce qui était arrivé. Sa femme était la sœur de A______ 
et, à un moment ou un autre, il faudra qu’ils se rapprochent sans autre. 

q.c. AL______ a déclaré être l’épouse de A______ et la tante par alliance de C______. 
Depuis onze ans, A______ travaillait en Suisse. Son mari n’avait pas de problèmes avec 
les autres et n’était ni violent, ni manipulateur. Il avait de bons rapports avec sa sœur, 
AM______, qui habitait en Allemagne, et avec sa fille vivant en France.  

C______ était une personne nerveuse. Elle avait entendu dire qu’il avait eu des problèmes 
au Kosovo et qu’il s’était battu avec des gens. La mère de C______ lui avait dit que son 
fils avait été violent avec elle. Elle ignorait dans quelle circonstance C______ était venu 
travailler en Suisse, mais la famille de l'intéressé était au courant qu’il se rendait dans ce 
pays. En effet, son père, sa mère et sa grand-mère avaient demandé à A______ d’aider ce 
jeune homme, car sa famille n’en avait pas les moyens. A______ s’était occupé de 
C______ et l’avait hébergé pendant quatre mois. Il avait voulu l’aider, car il n’avait 
personne d’autre. Elle ne savait pas pourquoi C______ n’avait pas continué à vivre avec 
A______ au-delà de ces quatre mois. 

Elle avait appris que son mari avait été poignardé par le biais de la mère de C______, 
laquelle lui avait dit que C______ avait tué A______, étant précisé qu'elle l’avait appelée 
trois fois durant la même nuit. La première fois, elle lui avait dit que C______ avait tué 
A______. La deuxième fois, elle lui avait demandé s’il était vivant. La troisième fois, elle 
lui avait dit que C______ avait juste blessé un peu A______. La mère de C______ n’avait 

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pas l’air inquiète au téléphone, mais « c’était plutôt comme si elle se vantait, comme si 
elle riait ». Aucun membre de famille de C______ n’avait essayé de les contacter pour 
avoir une réconciliation, pour demander pardon. Depuis que son mari avait été poignardé, 
il n’y avait pas eu de menaces, mais elle avait quand même peur. Elle conduisait par 
exemple les enfants en voiture à l’école, car elle avait peur pour eux.  

q.d. AM______ a déclaré être la mère de A______ et la grand-mère de C______. Elle 
n’avait pas vu son fils depuis onze ans. Il n’était pas une personne violente, ni 
manipulatrice et elle savait qu'il n’avait jamais rien fait de mal. Quant à C______, cela 
faisait deux ou trois ans qu’elle ne l’avait plus revu. Enfant, il causait des problèmes au 
sein de sa famille, se disputant par exemple avec ses parents. Il était rarement venu dans 
la famille de AM______. Il était agressif et ne les aimait pas. Elle a confirmé que les 
parents de C______ savaient que le précité allait venir en Suisse.  

Elle avait été informée de ce qui était arrivé à son fils par le biais de sa fille, AN______. 
O______, soit sa fille et la mère de C______, avait appelé sa sœur, AN______, à trois 
reprise pour lui dire ce qu'il s’était passé. AM______ a précisé que O______ n’avait pas 
appelé pour s’excuser. Ils n’avaient pas de contact avec elle. 

xvii. Déclarations complémentaires de A______ et de C______ 

r.a. Entendu par-devant le Ministère public le 20 août 2024, A______ a déclaré vivre, 
au moment des faits, dans un appartement situé au numéro 1______ de la rue F______, 
au 21______ étage. Il y avait vécu un an, le propriétaire ayant ensuite résilié le bail. 
Questionné sur les raisons pour lesquelles il avait refusé de montrer son appartement à la 
police, il a répondu en ces termes : « je n’ai pas refusé. Quand eux m’ont appelé, je suis 
allé avec la police ». Lorsqu’il lui a été fait remarquer que le rapport de renseignements 
(cf. supra j.) mentionnait le contraire, il a rétorqué ne pas avoir voulu désigner son 
appartement, parce qu’au moment des faits, il vivait seul dans celui-ci. La personne à qui 
il appartenait était au Kosovo et il ne voulait pas lui causer de problèmes. Interpellé sur 
la contradiction entre ses deux réponses, il a persisté à affirmer avoir montré 
l’appartement à la police. Malgré le fait qu’ils aient été voisins durant une année, il ne se 
souvenait pas de AB______. Il a ajouté qu’il ne connaissait pas non plus AC______, ni 
AD______. 

Le 4 août 2022, il avait téléphoné au père de C______ à qui il avait dit : « l’argent ». 
P______ lui avait répondu qu’il aurait l’argent quand il viendrait le voir et qu’il n’avait 
pas peur de lui. Quand il parlait de « l’argent », il se référait à toutes les dépenses 
occasionnées par le séjour de C______ en Suisse. Le père et le fils lui avaient confirmé 
qu’il allait être remboursé. Concernant son agression, il a expliqué à nouveau que 
C______ l’avait attaqué sans raison. Le précité était à la hauteur des feux de circulation 
et lui avait dit : « toi tu me menaces ». A______ s’était ensuite dirigé vers la porte en 
tenant un sac de courses. Alors qu’il était en train d’introduire le code pour la porte, il 
avait senti les coups de couteau dans son dos.  

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Sur présentation des captures d’écran des images de vidéosurveillance, A______ a 
déclaré qu’il était très calme en arrivant. Il a déclaré avoir eu une discussion calme avec 
son neveu. S’agissant de la personne qui était intervenue, il lui avait seulement dit 
ceci : « nous deux, nous sommes oncle et neveu. Eloignez-vous ». Lorsqu’il lui a été fait 
observer qu’il était curieux qu’une troisième personne se joigne à eux alors que la 
discussion était calme, il a concédé qu'il était possible qu'il ait parlé à voix haute, parce 
qu'il en avait l'habitude. Cela étant, il était calme. Il ne voulait pas aller derrière la station-
service pour battre son neveu, mais pour avoir une discussion calme. Il ne voulait 
simplement pas que les autres les voient, précisant qu’il n’était pas devenu fou pour battre 
son neveu.  

C______ avait mis ses mains dans ses poches, mais A______ ignorait ce que celui-ci 
voulait faire, peut-être voulait-il prendre un couteau. A______ lui avait pris les mains et 
son neveu l’avait suivi partout, sans le lâcher. En rapport avec une capture d’écran 
montrant A______ le doigt pointé vers le sol, ce qui donnait l’impression qu’il exigeait 
que son neveu revienne rapidement à cet endroit, il a fait valoir qu'il n'y avait pas de 
malentendu et qu'il n'avait pas dit « je te tue » à C______ comme celui-ci le prétendait 
mensongèrement. 

A______ n'avait pas pris de force le téléphone de C______, puisque c'était ce dernier qui 
le lui avait lui-même remis. A______ lui avait ensuite dit : « quand tu auras l’argent, tu 
viendras chercher ton téléphone », parce qu’il n’avait pas besoin de son téléphone. Il 
contestait également avoir eu une nouvelle altercation physique juste avant les coups de 
couteau. Il avait peut-être parlé à voix haute, mais ne s’en était pas pris à C______ 
physiquement. C’était C______ qui lui avait dit : « tu me menaces » avant de décider de 
le tuer. A______ a précisé qu’il mettait deux minutes pour rejoindre son appartement 
depuis la station-service. 

Son ami V______ savait qu’il avait donné de l’argent pour loger C______ et que cet 
argent devait lui être rendu. Il n’avait pas demandé à V______ de garder le silence sur 
ces faits. Ils n’en avaient pas parlé ensemble. 

r.b. C______ a expliqué que, depuis ses quatorze ou quinze ans, A______ lui disait 
qu’il avait un travail en Suisse et qu’il avait tout. A cause de ce dernier, il s’était endetté 
à hauteur de EUR 4'000.- ou EUR 5'000.-. Il n’était pas resté en Slovénie en raison du 
niveau de salaire. Il préférait aller en Allemagne ou en Suisse. En Suisse, les enfants 
d’anciens collègues de son père l’avaient aidé à trouver du travail.  

Le jour des faits, lorsqu’il était assis vers la station-service, il ne s’attendait pas à voir 
A______. Celui-ci l’avait empoigné, geste qu'il considérait comme une agression. La 
personne qui était intervenue essayait de parler à A______, mais ce dernier ne l’écoutait 
pas. A______ était énervé et furieux. Il lui disait : « maintenant on va en finir » et « soit 
toi, soi moi ». A l’arrière de la station-service, A______ lui avait pris son téléphone 
portable et son porte-monnaie. Cela n’avait pas beaucoup duré. Il n’avait pas touché 

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A______, ce qui était visible sur les images de vidéosurveillance. Il avait tout le temps 
été menacé. Les insultes dirigées contre sa famille lui faisaient le plus mal, le reste lui 
était égal. 

Avant les coups de couteau, il n’était pas monté dans l’appartement où il avait dormi. 
Confronté au fait que trois personnes avaient affirmé qu’il était remonté dans 
l’appartement, il a rétorqué que cela n’était pas vrai et qu’ils étaient libres de dire ce qu’ils 
voulaient. Lors de son départ de la station-service, il s’était rendu sur la terrasse du café-
bar G______, auprès de trois collègues dont il ne souhaitait pas divulguer l’identité, pour 
ne pas les impliquer dans cette affaire, étant toutefois précisé que ce n'étaient pas ceux 
avec qui il dormait dans l'appartement. Il leur avait demandé de l’argent, mais ils n’en 
avaient pas, car les Albanais touchaient leur salaire le dix du mois.