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**Case Identifier:** fb5ea52b-e278-5b75-b74a-5f8ecda8c691
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2025-08-21
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 21.08.2025 C/605/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-605-2019_2025-08-21.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 27 août 2025. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/605/2019 ACJC/1122/2025 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU JEUDI 21 AOÛT 2025 

 

Entre 

A______ SA, sise ______ [NE], recourante contre une ordonnance rendue par la 16ème 
Chambre du Tribunal de première instance du canton de Genève le 17 février 2025, 

représentée par Mes Felix DASSER, Soumeya FERRO-LUZZI et Berem BRUN, 

avocats, Hardstrasse 201, 8005 Zürich,  

et 

B______ LTD, sise ______, Grande-Bretagne, intimée, représentée par Me Serge 
FASEL, avocat, rue du 31-Décembre 47, case postale 6120, 1211 Genève 6. 

 

 

 

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C/605/2019 

EN FAIT 

A. a. En date du 20 décembre 2013, A______ SA - société de droit suisse sise à 
Neuchâtel, active dans l'étude, le développement, la fabrication, l'achat et la vente 

de montres, de mouvements d'horlogerie et de mouvements de montres - et 

B______ LTD - société de droit anglais avec siège en Grande-Bretagne, active 

dans l'achat et la vente de montres et de bijoux - ont conclu un contrat de 

distribution exclusive, lequel a été résilié et prévoyait une clause d'élection de for 

à Genève.  

b. A______ SA a, par acte du 10 janvier 2019, assigné B______ LTD par-devant 
le Tribunal de première instance de Genève (ci-après : le Tribunal) en paiement de 

786'525,42 euros. 

 Dans sa réponse de 1139 allégués du 31 juillet 2019, B______ LTD a conclu au 
rejet de la demande. A titre reconventionnel, elle a requis la condamnation de 

A______ SA à lui verser un montant de 37'964'060 fr.  

 c. Par ordonnance ORTPI/1308/2022 du 18 novembre 2022, le Tribunal a, à la 
demande de A______ SA, limité la procédure à la question de la bonne exécution 

du contrat de distribution signé par les parties et de la validité de sa résiliation, et 

a imparti un délai successif aux deux parties pour déposer leurs déterminations 

respectives. 

 d. A______ SA a déposé ses déterminations sur objet limité de la procédure le 
16 mai 2023 (de 360 pages) et B______ LTD le 30 avril 2024 (de 487 pages). 

 e. Par ordonnance du 3 mai 2024, le Tribunal a considéré que les circonstances 
justifiaient un second échange d'écritures et a imparti à A______ SA un délai au 

28 juin 2024 pour répliquer et à B______ LTD un délai au 30 août 2024 pour 

dupliquer. 

 f. Par courriers des 27 juin 2024, 27 septembre 2024 et 29 novembre 2024, 
A______ SA a sollicité des prolongations de son délai "pour répliquer", 

lesquelles lui ont été accordées par le Tribunal. 

 g. Le 31 janvier 2025, soit dans le dernier délai imparti, A______ SA a déposé 
une écriture de 396 pages (comprenant 1011 allégués de faits nouveaux et de 

nombreuses offres de preuve), qu'elle a intitulée "Duplique limitée conformément 

à l'ordonnance du 18 novembre 2022 à la question de la bonne exécution du 

contrat de distribution entre les parties et la validité de sa résiliation". 

 Dans un courrier joint à cette écriture, elle a "attir[é] l'attention du Tribunal sur 
une clarification relative à l'ordonnance rendue le 3 mai 2024 ", faisant valoir que 

le délai qui lui avait été octroyé n'était, selon elle, pas un délai pour répliquer, 

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mais un délai pour dupliquer, dans la mesure où B______ LTD, en sa qualité de 

demanderesse reconventionnelle, avait déjà eu l'opportunité d'alléguer des faits et 

de présenter des moyens de preuve à deux reprises (dans sa demande 

reconventionnelle et dans ses déterminations du 30 avril 2024), de sorte que le 

rôle de cette dernière à ce stade de la procédure devait se limiter - sauf novas - à 

se déterminer sur les allégués de sa "duplique", soit à admettre ou contester les 

nouveaux faits présentés, toujours dans le cadre limité par le Tribunal. 

 h. Par courrier adressé le 12 février 2025 au Tribunal, B______ LTD a contesté le 
fait que l'écriture du 31 janvier 2025 de A______ SA serait une duplique et 

sollicité la fixation en sa faveur d'un nouveau délai pour dupliquer. 

 i. Par ordonnance du 17 février 2025, le Tribunal a imparti à B______ LTD un 
délai au 2 mai 2025 pour dupliquer sur objet limité de la procédure. 

 Le premier juge a relevé que la teneur de l'ordonnance du 3 mai 2024 n'avait 
jamais été contestée par A______ SA, laquelle avait, au contraire, sollicité 

plusieurs prolongations de délais successives "pour répliquer" et que ce n'était 

que dans son courrier du 31 janvier 2025 qu'elle évoquait que sa dernière écriture 

devrait être considérée comme une duplique, avec pour conséquence que sa partie 

adverse serait limitée à la seule faculté de se déterminer sur les allégués de faits 

développés dans cette écriture. Il a considéré que rien ne permettait toutefois, à ce 

stade, de s'écarter des ordonnances, lesquelles n'avaient fait, au demeurant, l'objet 

d'aucune contestation avant le 31 janvier 2025, et qu'il convenait d'impartir à 

B______ LTD un délai pour dupliquer, afin de clore le second échange d'écritures 

ordonné sur objet limité de la procédure. 

 j. B______ LTD a sollicité trois prolongations de délai pour déposer sa duplique 
au Tribunal, lequel a en dernier lieu reporté ledit délai au 29 septembre 2025. 

B. a. Par acte expédié le 3 mars 2025 à la Cour de justice (ci-après : la Cour), 
A______ SA a formé recours contre l'ordonnance du 17 février 2025, dont elle a 

sollicité l'annulation. 

 Elle a conclu, avec suite de frais judiciaires et dépens, à ce qu'un délai soit imparti 
à B______ LTD pour exercer son droit de réplique inconditionnel, 

subsidiairement, à ce qu'un délai soit imparti à chacune des parties pour déposer 

une nouvelle écriture complète "afin de garantir à A______ SA, en tant que 

défenderesse reconventionnelle, d'avoir le dernier mot dans l'échange 

d'écritures", et plus subsidiairement, à ce que la cause soit renvoyée au Tribunal 

pour nouvelle décision. 

Préalablement, elle a sollicité l'octroi de l'effet suspensif à son recours, requête qui 

a été rejetée par la Cour par arrêt ACJC/431/2025 du 27 mars 2025.  

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b. Par réponse du 31 mars 2025, B______ LTD a conclu, à la forme, à 
l'irrecevabilité du recours et, au fond, à son rejet, avec suite de frais judiciaires et 

dépens. 

c. Par répliques et dupliques des 28 avril 2025, 9 et 25 mai 2025, ainsi que du 
5 juin 2025, les parties ont persisté dans leurs conclusions respectives. 

 d. Elles ont été informées par la Cour de ce que la cause était gardée à juger par 
courriers du 23 juin 2025. 

EN DROIT 

1. 1.1 Le recours est recevable contre les décisions et ordonnances d'instruction de 
première instance, dans les cas prévus par la loi (art. 319 let. b ch. 1 CPC) ou 

lorsqu'elles peuvent causer un préjudice difficilement réparable (art. 319 let. b 

ch. 2 CPC). 

Par définition, les décisions visées à l'art. 319 let. b CPC ne sont ni finales, ni 

partielles, ni incidentes, ni provisionnelles. Il s'agit de décisions d'ordre procédural 

par lesquelles le tribunal détermine le déroulement formel et l'organisation 

matérielle de l'instance (JEANDIN, CR-CPC, 2019, n. 11 ad art. 319 CPC; 

FREIBURGHAUS/AFHELDT, Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung, 

2016, n. 11 ad art. 319 CPC). 

Les ordonnances d'instruction se rapportent à la préparation et à la conduite des 

débats. Elles statuent en particulier sur l'opportunité et les modalités de 

l'administration des preuves, ne déploient ni autorité ni force de chose jugée et 

peuvent en conséquence être modifiées ou complétées en tout temps. Il en va ainsi 

notamment lorsque le tribunal émet des citations, renvoie la date d'une 

comparution, émet une ordonnance de preuve, fixe des délais, prolonge un délai 

fixé judiciairement, statue relativement à l'avance de frais ou à la fourniture de 

suretés, ordonne des échanges d'écritures ou des débats d'instruction, refuse de 

citer un témoin à comparaître ou administre les preuves (JEANDIN, op. cit., n. 14 

ad art. 319 CPC). 

En l'espèce, l'ordonnance entreprise est une ordonnance d'instruction, relevant de 

la conduite de la procédure, au sens de l'art. 319 let. b CPC. 

1.2 Le recours a été déposé selon la forme prescrite par la loi (art. 130 et 
131 CPC) et dans le délai de 10 jours prévu par la loi (art. 321 al. 2 CPC). 

L'intimée conclut à l'irrecevabilité du recours au motif que la recourante ne s'en 

prendrait pas au délai fixé au 2 mai 2025 dans l'ordonnance entreprise, mais au 

fait que le Tribunal a ordonné un second échange d'écritures et a accordé à 

l'intimée un délai pour dupliquer. Selon l'intimée, l'ordonnance entreprise ne serait 

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qu'une simple "décision d'exécution" de l'ordonnance du 3 mai 2024 et la 

recourante aurait donc dû recourir contre cette dernière. L'ordonnance du 3 mai 

2024 n'ayant pas été remise en cause, la recourante aurait perdu son droit à 

contester la décision d'un second échange d'écritures et d'un droit de dupliquer 

accordé à l'intimée, et serait ainsi forclose.  

La recourante le conteste, indiquant qu'elle n'a jamais accepté l'octroi à l'intimée 

du délai litigieux pour répliquer, qu'elle n'a fait que reprendre le terme "pour 

répliquer" utilisé par le Tribunal dans ses demandes de prolongation et qu'elle a 

renoncé à recourir contre l'ordonnance du 3 mai 2024 au motif qu'elle pensait de 

bonne foi pouvoir attirer l'attention du Tribunal sur cette problématique lors du 

dépôt de son écriture du 31 janvier 2025 et obtenir du premier juge qu'il se rallie à 

son opinion, de sorte que l'ordonnance du 3 mai 2024 ne lui causait pas encore de 

préjudice difficilement réparable avant que le Tribunal ne rende l'ordonnance 

entreprise. 

In casu, cette question peut néanmoins rester indécise au vu du considérant qui 

suit. 

2. Les autres hypothèses visées par l'art. 319 let. b ch. 1 CPC n'étant pas réalisées, il 
convient de déterminer si l'ordonnance attaquée est susceptible de causer un 

préjudice difficilement réparable à la recourante (art. 319 let. b ch. 2 CPC). 

2.1 La notion de "préjudice difficilement réparable" est plus large que celle de 
"préjudice irréparable" au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (138 III 378 consid. 6.3; 

137 III 380 consid. 2, in SJ 2012 I 73). 

Constitue un "préjudice difficilement réparable" au sens de l'art. 319 let. b  

ch. 2 CPC toute incidence dommageable, y compris financière ou temporelle, qui 

ne peut être que difficilement réparée dans le cours ultérieur de la procédure. 

L'instance supérieure devra se montrer exigeante, voire restrictive, avant 

d'admettre l'accomplissement de cette dernière condition, sous peine d'ouvrir le 

recours à toute décision ou ordonnance d'instruction, ce que le législateur a 

clairement exclu : il s'agit de se prémunir contre le risque d'un prolongement sans 

fin du procès (parmi d'autres : ACJC/1686/2023 du 19 décembre 2023 consid. 2.1; 

JEANDIN, op. cit., n. 22 ad art. 319 CPC). 

En d'autres termes, la notion de préjudice difficilement réparable doit être 

interprétée restrictivement, puisque la personne touchée disposera le moment venu 

de la faculté de remettre en cause la décision ou ordonnance en même temps que 

la décision au fond : il incombe au recourant d'établir que sa situation procédurale 

serait rendue notablement plus difficile et péjorée si la décision querellée était 

mise en œuvre. On retiendra l'existence d'un préjudice difficilement réparable 
lorsque ledit préjudice ne pourra plus être réparé par un jugement au fond 

favorable au recourant, ce qui surviendra par exemple lorsque des secrets 

https://intrapj/perl/decis/138%20III%20378
https://intrapj/perl/decis/137%20III%20380
https://intrapj/perl/decis/2012%20I%2073

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d'affaires sont révélés ou qu'il y a atteinte à des droits absolus à l'instar de la 

réputation, de la propriété et du droit à la sphère privée (JEANDIN, op. cit., n. 22 et 

22a ad art. 319 CPC). 

Une simple prolongation de la procédure ou un accroissement des frais de celle-ci 

ne constitue pas un préjudice difficilement réparable (SPÜHLER, Basler 

Kommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung, n. 7 ad art. 319 CPC). De 

même, le seul fait que la partie ne puisse se plaindre d'une administration des 

preuves contraire à la loi qu'à l'occasion d'un recours sur le fond n'est pas suffisant 

pour retenir que la décision attaquée est susceptible de lui causer un préjudice 

difficilement réparable (COLOMBINI, Condensé de la jurisprudence fédérale et 

vaudoise relative à l'appel et au recours en matière civile, in JT 2013 III 131 ss, 

155). Retenir le contraire équivaudrait à permettre à un plaideur de contester 

immédiatement toute ordonnance d'instruction pouvant avoir un effet sur le sort 

de la cause, ce que le législateur a justement voulu éviter (parmi plusieurs : 

ACJC/1315/2024 du 22 octobre 2024 consid. 2.1.1; ACJC/220/2023 du 13 février 

2023 consid. 2.1; ACJC/1686/2023 du 19 décembre 2023 consid. 2.1). 

Il appartient au recourant d'alléguer et d'établir la possibilité que la décision 

attaquée lui cause un préjudice difficilement réparable, à moins que cela ne fasse 

d'emblée aucun doute (par analogie : ATF 134 III 426 consid. 1.2 et 133 III 629 

consid. 2.3.1). 

Si la condition du préjudice difficilement réparable n'est pas remplie, le recours 

est irrecevable et la partie doit attaquer la décision incidente avec la décision 

finale sur le fond (ACJC/1315/2024 du 22 octobre 2024 consid. 2.1.1 et la réf. 

cit.; ACJC/327/2012 du 9 mars 2012 consid. 2.4 et les réf. cit.; Message du 

Conseil fédéral relatif au CPC, FF 2006 6841, p. 6984, OBERHAMMER, in 

Kurzkommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung ZPO, 2010, n. 13 ad 

art. 319 CPC; BLICKENSTORFER, op. cit., n. 40 ad art. 319 CPC). 

 2.2 La recourante soutient que l'ordonnance entreprise offrirait à l'intimée la 
possibilité de déposer une troisième écriture complète, puisqu'elle a déjà eu deux 

occasions tant pour se déterminer sur sa demande que pour présenter des faits et 

moyens de preuves dans le cadre de sa demande reconventionnelle (les 31 juillet 

2029 et 30 avril 2024). Lui accorder une troisième prise de position excèderait le 

cadre procédural prévu par le CPC et violerait le principe fondamental interdisant 

un troisième échange d'écritures. Elle considère que l'ordonnance entreprise 

risquerait de lui causer un préjudice difficilement réparable, dans la mesure où 

permettre à l'intimée de déposer une troisième écriture allongerait 

significativement la procédure et entraînerait une augmentation sensible des frais 

(dépôt probable d'une écriture volumineuse au-delà du délai initial comme par le 

passé, dépôt des preuves nouvelles impliquant potentiellement la production de 

pièces nouvelles, interrogatoire de nombreux témoins, voire organisation de 

http://intrapj/perl/decis/ACJC/327/2012

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commissions rogatoires, et nécessité que le Tribunal accorde à elle-même un droit 

de "quadrupliquer"). Il s'ensuivrait en outre une complexification excessive du 

procès, en raison du fait que l'intimée pourra introduire sans restriction de 

nouveaux faits et moyens de preuve, qui devront être examinés, instruits et 

potentiellement retenus par le Tribunal, et devront être finalement écartés, 

entraînant un "chaos procédural". Selon elle, il serait disproportionné d'attendre le 

jugement final pour contester la validité de cet échange supplémentaire et devoir, 

cas échéant, écarter rétroactivement tous les faits et preuves qui auraient été pris 

en considération sur la base de cette troisième écriture. L'ordonnance entreprise 

compromettrait également le principe d'égalité de traitement entre les parties, dans 

la mesure où il accorderait à l'intimée l'opportunité de se déterminer trois fois sur 

sa propre demande reconventionnelle et seulement deux fois à elle-même, alors 

qu'il revient en principe au défendeur reconventionnel d'avoir le dernier mot.  

 La recourante se réfère, notamment, à l'ACJC/868/2023 du 20 juin 2023 

consid. 2.2, dans lequel la Cour a retenu qu'il était disproportionné d'exiger des 

recourants – à qui le Tribunal avait nié le droit de dupliquer par une ordonnance 
d'instruction – qu'ils attendent le prononcé du jugement final pour se plaindre de 
la violation de leur droit d'être entendus commise en début de procédure. 

 2.3 En l'occurrence, les arguments avancés par la recourante ne convainquent pas, 
étant rappelé que la Cour doit se montrer restrictive dans son examen des 

conditions de l'art. 319 let. b ch. 2 CPC. En effet, la présente situation diffère de 

celle prévalant dans l'ACJC/868/2023 du 20 juin 2023 précité, dans laquelle la 

partie recourante s'était vue, à tort, privée du droit de dupliquer sur reconvention 

par un mémoire écrit, ce qui était constitutif d'une violation de son droit d'être 

entendue. Tel n'est, en revanche, pas le cas dans la présente cause, la recourante 

faisant valoir qu'il serait disproportionné d'exiger d'elle qu'elle attende le jugement 

final en raison d'un allongement de la procédure, d'une augmentation des frais, 

d'un potentiel "chaos procédural" qui pourrait résulter de l'admission de ses griefs 

au stade de l'appel contre le jugement final. S'agissant de son grief selon lequel le 

principe d'égalité de traitement entre les parties serait compromis en raison du fait 

qu'il lui reviendrait d'avoir le dernier mot sur la demande reconventionnelle, celui-

ci n'est pas pertinent au vu du droit inconditionnel dont la recourante dispose pour 

répliquer (concrétisé par le nouvel art. 53 al. 3 CPC).  

Par ailleurs, il n'apparaît pas, en l'espèce, que la situation procédurale de la 

recourante serait rendue notablement plus difficile et péjorée par le dépôt de 

l'écriture litigieuse par l'intimée. La recourante aura la possibilité, si le jugement 

final ne devait pas lui être favorable, de contester l'ordonnance litigieuse en même 

temps que le jugement au fond devant la Cour - qui disposera d’un plein pouvoir 
d’examen – et, par conséquent, de faire valoir tous ses moyens. L'instance d'appel 
aura ainsi la possibilité d'écarter certains éléments de faits et de preuves si cela 

devait s'avérer justifié en raison d'éventuelles inégalités de traitement et violation 

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des règles de procédure, sans que cela n'entraîne un "chaos procédural". Le fait 

que l'écriture litigieuse permettrait à l'intimée d'invoquer de nombreux nouveaux 

allégués, qui nécessiteraient des écritures supplémentaires, ainsi que de longues et 

coûteuses mesures d'instruction, est purement hypothétique et spéculatif. En tout 

état, l'allongement de la durée de la procédure et un éventuel accroissement des 

frais ne sont en eux-mêmes pas source d'un préjudice difficilement réparable 

conformément aux principes rappelés ci-dessus.  

La recourante n'établit ainsi pas qu'elle risquerait de subir un préjudice 

difficilement réparable justifiant de revoir l'ordonnance de preuve entreprise sans 

attendre la décision à rendre sur le fond. 

Il suit de là que la recourante ne se prévaut d'aucune circonstance particulière qui 

justifierait, à titre exceptionnel, d'ouvrir une voie de recours immédiate contre 

l'ordonnance de preuve querellée. 

Par conséquent, le recours sera déclaré irrecevable. 

3. Les frais judicaires du recours seront arrêtés à 1'500 fr. (art. 41 RTFMC) - 
comprenant ceux relatifs à la décision ACJC/431/2025 du 27 mars 2025 - et mis à 

la charge de la recourante, qui succombe (art.  106 al. 1 CPC). Ils seront 

partiellement compensés avec l'avance de frais fournie par celle-ci, qui demeure 

entièrement acquise à l'Etat (art. 111 al. 1 CPC). 

 La recourante sera, par conséquent, condamnée à verser la somme de 500 fr. aux 
Services financiers du Pouvoir judiciaire. 

La recourante sera en outre condamnée aux dépens de sa partie adverse, lesquels 

seront arrêtés à 3'000 fr., TVA et débours compris, compte tenu de la valeur 

litigieuse élevée et au regard de l'activité déployée par le conseil de l'intimée 

(art. 105 al. 2 et 106 al. 1 CPC; art. 20, 23 al. 1, 25 et 26 al. 1 LaCC; art. 25  

al. 1 LTVA; art. 84, 85 al. 1, 87 et 90 RTFMC).  

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

Déclare irrecevable le recours interjeté le 3 mars 2025 par A______ SA contre 

l'ordonnance rendue le 17 février 2025 par le Tribunal de première instance dans la 

cause C/605/2019-16. 

Arrête les frais judiciaires du recours à 1'500 fr., les met à la charge de A______ SA et 

les compense partiellement avec l'avance de frais fournie par celle-ci, qui demeure 

entièrement acquise à l'Etat de Genève. 

Condamne A______ SA à verser la somme de 500 fr. aux Services financiers du 

Pouvoir judiciaire. 

Condamne A______ SA à payer à B______ LTD la somme de 3'000 fr. à titre de 

dépens de recours. 

Siégeant : 

Monsieur Cédric-Laurent MICHEL, président; Madame Pauline ERARD, 

Madame Paola CAMPOMAGNANI, juges; Madame Jessica ATHMOUNI, greffière. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

La présente décision, qui ne constitue pas une décision finale, peut être portée, dans les 

trente jours qui suivent sa notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF), 

devant le Tribunal fédéral par la voie du recours en matière civile (art. 72 LTF), aux 

conditions de l'art. 93 LTF. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 

30'000 fr.