# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 54885fec-d6b9-5274-b81a-10e5f6d4c423
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2014-03-17
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 17.03.2014 RR.2014.83
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG/CH_BSTG_001_RR-2014-83_2014-03-17.pdf

## Full Text

Arrêt du 17 mars 2014   
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Stephan Blättler, président, 

Giorgio Bomio et Patrick Robert-Nicoud,  

la greffière Maria Ludwiczak  

   

Parties  1. A. LTD, société liquidée, Iles Vierges Britanniques, 

2. B.,  

tous deux représentés par Mes Laurent Moreillon et 

Miriam Mazou,  

recourants 

 

 contre 

   

  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,  

partie adverse 

 

   

Objet  Entraide judiciaire internationale en matière pénale à la 

Norvège 

Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP) 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

 

Numéros de dossiers:  RR.2014.83-84 

 

 

 

 

 

La Cour des plaintes, vu: 

- la demande d'entraide adressée par le Service national de Norvège pour la 

répression de la criminalité économique et écologique (Okokrim) à la Suisse 

le 13 mars 2013 dans laquelle les autorités norvégiennes exposent qu'elles 

mènent une enquête pénale contre B. et autres aux chefs de corruption 

internationale et blanchiment d'argent, 

- la requête des autorités norvégiennes visant à obtenir la documentation 

bancaire relative aux transferts provenant de B., notamment par le biais des 

différents comptes bancaires dont il est l'ayant droit économique, en faveur 

de personnes impliquées dans le schéma corruptif sous enquête, 

- la décision d'entrée en matière et décision incidente rendue sur délégation 

de l'Office fédéral de la justice par le Ministère public de la Confédération (ci-

après: MPC) en date du 15 avril 2013, 

- la décision de clôture rendue par le MPC le 31 janvier 2014 portant sur la 

transmission à la Norvège de la documentation bancaire relative aux 

comptes n° 1 et n° 2 auprès de la banque C. dont B. est l'ayant droit 

économique mais ouverts au nom de la société A. Ltd (act. 1.2), 

- le recours déposé le 5 mars 2014 à l'encontre de ladite décision par la 

société A. Ltd "société liquidée puis radiée, pour laquelle agit son ayant-droit 

économique, B." et par B. "en sa qualité d'ayant-droit économique de la 

société A. Ltd, à titre personnel" (act. 1), 

et considérant que: 

- l'entraide judiciaire entre la Norvège et la Suisse est régie par la Convention 

européenne d'entraide judiciaire en matière pénale du 20 avril 1959 (CEEJ; 

RS 0.351.1), entrée en vigueur le 20 mars 1967 pour la Suisse et le 

12 juin 1962 pour la Norvège, par les art. 48 ss de la Convention 

d'application de l'Accord de Schengen du 14 juin 1985 (CAAS; n° CELEX 

42000A0922(02); Journal officiel de l'Union européenne L 239 du 

22 septembre 2000, p. 19-62; publication de la Chancellerie fédérale, 

"Entraide et extradition"; v. arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2013.123-126 

du 2 août 2013, consid. 1.2) et par la loi fédérale sur l’entraide internationale 

en matière pénale (EIMP; RS 351.1) et son ordonnance d’exécution (OEIMP; 

RS 351.11); 

- la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral est compétente pour connaître 

des recours dirigés contre les décisions de clôture de la procédure d’entraide 

 

 

rendues par les autorités fédérales d’exécution et, conjointement, contre les 

décisions incidentes (art. 25 al. 1 et 80e al. 1 EIMP, mis en relation avec 

l'art. 37 al. 2 let. a ch. 1 de la loi fédérale sur l'organisation des autorités 

pénales de la Confédération [LOAP; RS 173.71] et l'art. 19 du règlement sur 

l'organisation du Tribunal pénal fédéral [ROTPF; RS 173.713.161]); 

- aux termes de l’art. 80h let. b EIMP, a qualité pour recourir en matière 

d’entraide quiconque est personnellement et directement touché par une 

mesure d’entraide et a un intérêt digne de protection à ce qu’elle soit 

annulée ou modifiée. Précisant cette disposition, l’art. 9a let. a OEIMP 

reconnaît au titulaire d’un compte bancaire la qualité pour recourir contre la 

remise à l’Etat requérant d’informations relatives à ce compte (v. ATF 137 IV 

134 consid. 5 et 118 Ib 547 consid. 1d). En revanche, l’ayant droit 

économique d’un compte bancaire n’a pas la qualité pour recourir contre la 

transmission de pièces concernant ledit compte (ATF 122 II 130 consid. 2b). 

Exceptionnellement, la qualité pour agir est reconnue, depuis une quinzaine 

d'années, à l'ayant droit d'une société titulaire de compte lorsque celle-ci a 

été dissoute et liquidée, sous réserve de l'abus de droit (ATF 123 II 153 

consid. 2c et dd p. 157/158). Il appartient dans ce cas à l'ayant droit de 

former le recours en son nom propre et de prouver la liquidation, documents 

officiels à l'appui (arrêts du Tribunal fédéral 1A.10/2000 du 18 mai 2000, 

consid. 1e; 1A.131/1999 du 26 août 1999, consid. 3; 1A.236/1998 du 

25 janvier 1999, consid. 1b/bb; arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2012.189 

du 13 février 2013, consid. 2; MOREILLON/DUPUIS/MAZOU, La pratique 

judiciaire du Tribunal pénal fédéral en 2012, JdT 2013 IV 110 ss, p. 171). Il 

faut en outre que l'acte de dissolution indique clairement l'ayant droit comme 

son bénéficiaire (arrêts du Tribunal fédéral 1C_183/2012 du 12 avril 2012, 

consid. 1.4; 1A.216/2001 du 21 mars 2002, consid. 1.3; 1A.84/1999 du 

31 mai 1999, consid. 2c). La preuve peut également être apportée par le 

biais d'autres moyens (arrêt du Tribunal fédéral 1C_370/2012 du 

3 octobre 2012, consid. 2.7; arrêts du Tribunal pénal fédéral RR.2012.257 du 

2 juillet 2013, consid. 1.2.2; RR.2012.252 du 7 juin 2013, consid. 2.2.1); 

- d'après la jurisprudence du Tribunal fédéral en la matière, l'élément 

permettant de démontrer que le recourant est l'ayant droit de la société 

liquidée est "consid[éré] comme déterminant, [et] il n'[est] nullement abusif 

d'en exiger la preuve du recourant". Lorsque cet élément ne ressort pas du 

dossier, le recours est déclaré irrecevable (arrêt du Tribunal fédéral 

1C_440/2011 du 17 octobre 2011, consid. 1.5; v. aussi 1C_183/2012 du 

12 avril 2012, consid. 1.5); 

 

 

- en l'espèce, les pièces versées au dossier par les recourants permettent 

d'établir que la société A. Ltd a été liquidée le 28 août 2008, soit plusieurs 

années avant que le présent recours ne soit interjeté; 

- partant, A. Ltd ne dispose pas de la qualité pour recourir; 

- s'agissant de la qualité pour recourir de B., celui-ci a fourni, à l'appui de son 

recours, différentes pièces démontrant qu'il est l'ayant droit économique des 

comptes n° 1 et n° 2 ouverts au nom de A. Ltd auprès de la banque C.; 

- en revanche, B. ne démontre pas, pièces à l'appui, qu'il est le bénéficiaire de 

la liquidation de A. Ltd; 

- dans ces conditions, B. ne peut pas se prévaloir de l'exception selon laquelle 

l'ayant droit économique d'une personne morale liquidée est légitimé à 

recourir si et seulement s'il démontre être le bénéficiaire des avoirs de la 

société liquidée; 

- il s'ensuit que le recours de B. doit également être déclaré irrecevable; 

- compte tenu de l'irrecevabilité manifeste du recours, la Cour de céans a 

renoncé à procéder à un échange d'écritures (art. 57 al. 1 a contrario de la 

loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative [PA; 

RS 172.021], applicable par renvoi de l'art. 39 al. 2 let. b LOAP) et à 

percevoir une avance de frais (art. 63 al. 4 in fine PA);  

- en tant que parties qui succombent, les recourants doivent supporter les frais 

du présent arrêt (art. 63 al. 1 PA), lesquels sont fixés à CHF 2'000.-- (art. 73 

al. 2 LOAP et art. 8 al. 3 du règlement du Tribunal pénal fédéral du 

31 août 2010 sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la 

procédure pénale fédérale [RFPPF; RS 173.713.162]; art. 63 al. 5 PA). 

 

 

 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Le recours est irrecevable. 

2. Un émolument de CHF 2'000.-- est mis à la charge des recourants. 

 

 

Bellinzone, le 17 mars 2014 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le président: La greffière:  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Mes Laurent Moreillon et Miriam Mazou  

- Ministère public de la Confédération 

- Office fédéral de la justice, Unité Entraide judiciaire 

 

 

Indication des voies de recours 

Le recours contre un arrêt en matière d’entraide pénale internationale doit être déposé devant le 
Tribunal fédéral dans les 10 jours qui suivent la notification de l’expédition complète (art. 100 al. 1 
et 2 let. b LTF). 
 
Le recours n’est recevable contre un arrêt rendu en matière d’entraide pénale internationale que s’il 
a pour objet une extradition, une saisie, le transfert d’objets ou de valeurs ou la transmission de 
renseignements concernant le domaine secret et s’il concerne un cas particulièrement important 
(art. 84 al. 1 LTF). Un cas est particulièrement important notamment lorsqu’il y a des raisons de 
supposer que la procédure à l’étranger viole des principes fondamentaux ou comporte d’autres 
vices graves (art. 84 al. 2 LTF).