# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 46155595-09d9-5fc2-a946-ea0533ce5398
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-10-13
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 13.10.2010 A/1921/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-1921-2010_2010-10-13.pdf

## Full Text

Siégeant : Maya CRAMER, Présidente, Christine BULLIARD MANGILI et Monique 
STOLLER FÜLLEMANN, Juges assesseurs. 

  

 

 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/1921/2010 ATAS/1037/2010 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 
ASSURANCES SOCIALES 

 Chambre 5 

du 13 octobre 2010 

 

En la cause 

Madame N___________, domiciliée à Genève 

Monsieur  N___________, domicilié à MEYRIN 

 

demandeurs 

contre 

Caisse de retraite professionnelle de l'industrie vaudoise de la 

construction, sise c/o Fédération Vaudoise des Entrepreneurs, 

Société coopérative, En Riond Bosson, case postale, 1131 

Tolochenaz 

défenderesse 

 

 

   

 A/1921/2010 

2/5 

EN FAIT 

1. Par jugement du 20 avril 2010, la 7ème chambre du Tribunal de première instance a 

prononcé le divorce de Madame N___________ , née en 1969, et Monsieur 

N___________ , né en 1968, mariés en date du 6 août 1989.  

2. Selon le chiffre 10 du jugement précité, le Tribunal de première instance a ordonné 

le partage par moitié des avoirs de prévoyance professionnelle acquis par chacun 

des époux durant le mariage. 

3. Le jugement de divorce est devenu définitif le 22 mai 2010 et a été transmis d'office 

au Tribunal de céans le 2 juin 2010 pour exécution du partage. 

4. Selon le courrier du 26 juillet 2010 de la Caisse de retraite professionnelle de 

l'industrie vaudoise de la construction, la prestation acquise pendant le mariage par 

le demandeur est de 62'179 fr. 15.  

5. Quant à la demanderesse, il ressort de son compte individuel transmis par la Caisse 

cantonale genevoise de compensation qu'elle a travaillé de façon très irrégulière et 

seulement pendant de courtes périodes. Les revenus réalisés ne dépassaient pas 

12'453 fr. par an chez le même employeur. Il résulte par ailleurs du jugement du 

divorce, qu'elle présente d'importants troubles psychiques, lesquels ont commencés 

quelques années après la naissance de sa fille en 1990. Les ex-époux ne sont par 

ailleurs arrivés en Suisse qu'en 2000.  

6. Par courrier du 11 août 2010, le Tribunal de céans a informé les ex-époux qu'il 

procédera au partage du seul avoir de vieillesse du demandeur. Il a en outre invité la 

demanderesse à lui communiquer les coordonnés de son compte de libre passage. 

7. Le demandeur ayant contesté l'absence d'un avoir de prévoyance de son ex-épouse, 

par appel téléphonique du 13 septembre 2010, le Tribunal de céans s'est renseigné à 

ce sujet auprès de la Fondation institution supplétive LPP. Cette fondation a 

répondu le 22 septembre 2010 qu'elle ne gérait pas de compte de libre passage pour 

la demanderesse. 

8. Sur ce, la cause a été gardée à juger. 

 

 

 

EN DROIT 

 

 

   

 A/1921/2010 

3/5 

1. L'art. 25a de la loi fédérale sur le libre passage dans la prévoyance professionnelle 

vieillesse, survivants et invalidité, du 17 décembre 1993 (loi sur le libre passage, 

LFLP ; RS 831.42), entré en vigueur le 1er janvier 2000, règle la procédure en cas 

de divorce. Lorsque les conjoints ne sont pas d’accord sur la prestation de sortie à 

partager (art. 122 et 123 Code Civil - CC), le juge du lieu du divorce compétent au 

sens de l'art. 73 al. 1 de la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle vieillesse, 

survivants et invalidité, du 25 juin 1982 (LPP ; RS 831.40), soit à Genève le 

Tribunal cantonal des assurances sociales depuis le 1
er

 août 2003, doit, après que 

l'affaire lui a été transmise (art. 142 CC), exécuter d'office le partage sur la base de 

la clé de répartition déterminée par le juge du divorce. 

2. Selon l'art. 22 LFLP (nouvelle teneur en vigueur depuis le 1er janvier 2000), en cas 

de divorce, les prestations de sortie acquises durant le mariage sont partagées 

conformément aux art. 122, 123, 141 et 142 CC; les art. 3 à 5 LFLP s'appliquent 

par analogie au montant à transférer (al. 1). Pour chaque conjoint, la prestation de 

sortie à partager correspond à la différence entre la prestation de sortie, augmentée 

des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment du divorce, et la 

prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement 

au moment de la conclusion du mariage (cf. art. 24 LFLP). Pour ce calcul, on ajoute 

à la prestation de sortie et à l'avoir de libre passage existant au moment de la 

conclusion du mariage les intérêts dus au moment du divorce (ATF 128 V 230; 

ATF 129 V 444). 

3. En l’espèce, le juge de première instance a ordonné le partage par moitié des 

prestations de sortie acquises durant le mariage par les demandeurs. Les dates 

pertinentes sont, d’une part, celle du mariage, le 6 août 1989 et, d’autre part le 22 

mai 2010, date à laquelle le jugement de divorce est devenu exécutoire. 

4. Selon les renseignements recueillis, la prestation acquise pendant le mariage par le 

demandeur est de 62'179 fr. 15. 

En ce qui concerne la demanderesse, l'instruction n'a pas permis de découvrir une 

prestation de libre passage accumulée pendant le mariage. A cet égard, il résulte du 

compte individuel de la demanderesse que ses revenus étaient très modestes, de 

sorte qu'elle n'était pas affiliée obligatoirement au deuxième pilier pour l'assurance 

de vieillesse. En effet, l'affiliation obligatoire à l'assurance de vieillesse du 

deuxième pilier présuppose que le salaire dépasse un certain montant. Le montant 

minimal était de 22'155 fr. en 2004 et de 22'575 fr. en 2005, selon les art. 8 al. 1 

LPP et 5 de l'ordonnance sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et 

invalidité, du 18 avril 1984 (OPP 2 ; RS 831.441.1), et a ensuite été régulièrement 

adapté aux augmentations de la rente simple minimale de vieillesse de l'AVS, 

conformément à l'art. 9 LPP, pour atteindre 23'940 fr. en 2009. Or, les revenus de la 

demanderesse, même convertis en salaire annuel, étaient largement inférieurs à ces 

montants. A cela s'ajoute qu'elle souffre d'importants problèmes psychiques qui ont 

 

 

   

 A/1921/2010 

4/5 

nécessité des hospitalisation, ce qui explique qu'elle n'ait pu travailler qu'à temps 

partiel et de façon intermittente. Enfin, aucun avoir de vieillesse n'a été transféré à 

la Fondation institution supplétive LPP en sa faveur.  

Ainsi, il y a lieu de partager le seul avoir de prévoyance du demandeur. Celui-ci 

doit donc à son ex-épouse le montant de 31'089 fr. 60 (62'179 fr. 15 : 2). 

La demanderesse n'ayant pas communiqué au Tribunal de céans les coordonnées de 

son compte de libre passage, la somme lui revenant sera versé sur un compte à 

ouvrir auprès de la Fondation institution supplétive LPP. 

5. Conformément à la jurisprudence, depuis le jour déterminant pour le partage 

jusqu'au moment du transfert de la prestation de sortie ou de la demeure, le conjoint 

divorcé bénéficiaire de cette prestation a droit à des intérêts compensatoires sur le 

montant de celle-ci. Ces intérêts sont calculés au taux minimum légal selon l'art. 12 

OPP 2 ou selon le taux réglementaire, si celui-ci est supérieur (ATF 129 V 255 

consid. 3). 

6. Aucun émolument ne sera perçu, la procédure étant gratuite (art. 73 al. 2 LPP et 

89H al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985). 

 

*** 

 

 

 

   

 A/1921/2010 

5/5 

 

PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

1. Invite la Caisse de retraite professionnelle de l'industrie vaudoise de la 

construction à transférer, du compte de Monsieur N___________ , la somme de 

31'089 fr. 60 sur un compte à ouvrir auprès de la Fondation institution supplétive 

LPP, administration des comptes de libre passage à Zurich, en faveur de Madame 

Maria N___________, née en 1969, ainsi que des intérêts compensatoires au sens 

des considérants, dès le 22 mai 2010 jusqu'au moment du transfert.  

2. L’y condamne en tant que de besoin. 

3. Dit que la procédure est gratuite. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 

dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 

(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 

public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 

17 juin 2005 (LTF ; RS 173.110); le mémoire de recours doit indiquer les 

conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de 

son mandataire ; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par 

voie électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 

possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints 

à l'envoi. 

 

La greffière 

 

 

 

 

Claire CHAVANNES 

 La Présidente : 

 

 

 

 

Maya CRAMER 

 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties, ainsi qu'à la Fondation 

institution supplétive LPP, et à l’Office fédéral des assurances sociales par le greffe le