# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a5fe8147-cd54-52ea-bbd6-5bbf9a5daffc
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours civile HC / 2016 / 1025
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_010_HC---2016---1025_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

JY16.044602-161835

455 

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS CIVILE

_________________________________________

Arrêt du
8 novembre 2016

_______________________

Composition
:               M.             
Winzap,
président

             
              Mmes             
Merkli et Giroud Walther, juges

Greffière
:              Mme             
Bourqui

 

 

*****

 

 

Art.
75, 76 et 80 al. 6 LEtr

 

 

             
Statuant à huis clos sur le recours interjeté par U.________,
actuellement détenu dans les locaux de l’Etablissement de [...], à [...] contre l’ordonnance
rendue le 11 octobre 2016 par la Juge de paix du district de Lausanne dans la cause le concernant, la
Chambre des recours civile du Tribunal cantonal considère:

             
En fait :

 

 

A.             
Par ordonnance du 11 octobre 2016, notifiée le 13 octobre 2016 à U.________, la Juge de paix
du district de Lausanne (ci-après : la Juge de paix) a ordonné la détention, dès
cette date, pour une durée de deux mois d’U.________, né le [...] 1991, originaire du
Kosovo, actuellement détenu dans les locaux de l’Etablissement de [...] (I), et transmis le
dossier au Président du Tribunal cantonal pour qu’il désigne un avocat d’office
à l’intéressé (II).

 

             
En droit, la première juge a retenu qu’U.________ faisait l’objet d’une décision
de refus d’autorisation de séjour définitive et exécutoire, avec un délai de
départ de Suisse au 22 mai 2014, sans effet suspensif au renvoi nonobstant les demandes de réexamen
déposées depuis lors par l’intéressé auprès du Service de la population
(ci-après : le SPOP). U.________ avait été renvoyé une première fois au
Kosovo par vol spécial le 5 novembre 2015, une interdiction d’entrée en Suisse lui avait
été notifiée le 18 août 2016 et un sauf-conduit lui avait été délivré
à cette même date d’une durée limitée du 12 au 22 septembre 2016, date à
laquelle l’intéressé devait avoir quitté la Suisse. La première juge a également
retenu qu’U.________ avait été condamné à plusieurs reprises à des peines
privatives de liberté fermes et faisait l’objet d’une nouvelle enquête pénale.
En outre, par ses déclarations au cours de la procédure, il avait témoigné de son
intention de ne pas collaborer à son renvoi, son renvoi apparaissait exécutable et justifiait
de le placer en détention, en application de l’art. 76 LEtr (loi fédérale sur les
étrangers du 16 décembre 2005 ; RS 142.20).

 

 

B.             
Par acte du 24 octobre 2016, U.________ a recouru
contre l’ordonnance précitée, en concluant, avec suite de frais et dépens, à
sa réforme en ce sens que sa libération immédiate soit ordonnée. Subsidiairement,
il a conclu à l’annulation de l’ordonnance et au renvoi de la cause à l’autorité
inférieure pour nouvelle décision.

 

             
A l’appui de son recours, U.________ a produit un bordereau de cinq pièces.

 

             
Par déterminations du 2 novembre 2016, le SPOP a conclu au rejet du recours et a également
produit cinq pièces.

 

 

C.             
La Chambre des recours civile fait sien dans son entier l'état de fait de l'ordonnance, complété
par les pièces du dossier, dont il ressort notamment ce qui suit :

 

1.             
U.________, né le [...] 1991, est originaire
du Kosovo. Il est célibataire et n’a pas d’enfant.

 

2.             
Par jugement du 11 février 2013, U.________ a été reconnu coupable notamment de lésions
corporelles simples, vol en bande, dommages à la propriété et brigandage qualifié
et a été condamné à une peine privative de liberté de 30 mois, dont 15 mois
fermes, le solde avec sursis pendant 5 ans.

 

3.             
Par décision du 9 avril 2013, le SPOP a refusé de prolonger son autorisation de séjour
et a prononcé son renvoi de Suisse. Cette décision a été confirmée par la Cour
de droit administratif du Tribunal cantonal le 4 novembre 2013 et par le Tribunal fédéral,
qui a déclaré le recours de l’intéressé irrecevable par arrêt du 6 mai
2014.

 

             
Le 22 mai 2014, le SPOP a averti U.________ qu’il pourrait être placé en détention
administrative dans le cadre de mesures de contrainte s’il ne quittait pas immédiatement la
Suisse.

 

             
Par décision du 6 août 2014, le SPOP a rejeté la demande de réexamen déposée
par l’intéressé le 11 juin 2014 et lui a imparti un délai pour quitter la Suisse.

 

4.             
Le 28 septembre 2015, une plainte pénale a été déposée à l’encontre
d’U.________ pour insoumission à une décision de l’autorité. 

 

5.             
Par ordonnance du 29 septembre 2015, la Juge de paix a prononcé la détention d’U.________
pour une durée de six mois.

 

6.             
Le 15 octobre 2015, l’intéressé a refusé de prendre un vol à destination du
Kosovo.

 

             
Le 5 novembre 2015, il a été refoulé par vol spécial à destination du Kosovo.

 

             
Le système d’information central sur la migration (SYMIC) fait état, concernant le recourant,
de la notification en date du 18 août 2016, d’une interdiction d’entrée en Suisse
dès cette date et jusqu’au 17 août 2031.

 

7.             
Par courrier du 18 août 2016, le Secrétariat d’Etat aux migrations a établi un sauf-conduit
à l’attention d’U.________ pour une entrée unique en Suisse valable du 12 au 22
septembre 2016, pour permettre sa comparution au tribunal. Le sauf-conduit précise que l’interdiction
d’entrée en Suisse est suspendue dans cette mesure, le sauf-conduit perdant toute validité
le 22 septembre 2016 à 24 h 00.

 

8.             
Par jugement du 21 septembre 2016, le Tribunal correctionnel de l’Est vaudois a reconnu U.________
coupable de tentative de vol, dommages à la propriété et violation de domicile et l’a
condamné à 70 jours de peine privative de liberté.

 

9.             
Le 10 octobre 2016, l’intéressé a été interpellé en Suisse, par la police
de Montreux. Par courrier du 11 octobre 2016, le SPOP a requis du Juge de paix qu’il ordonne
la détention d’U.________ en vue de son renvoi, pour une durée de deux mois. L’intéressé
a été entendu le jour même par la Juge de paix, qui a rendu la décision entreprise
et l’a placé en détention.

 

10.             
Par courrier du 12 octobre 2016, le SPOP a invité U.________ à se déterminer avant qu’il
ne prononce une éventuelle nouvelle décision de renvoi à son encontre.

 

             
Par décision du 25 octobre 2016, le SPOP a prononcé le renvoi de Suisse d’U.________
au motif de l’absence de titre de séjour valable, de la violation de l’interdiction
d’entrée en Suisse du 18 août 2016 jusqu’au 17 août 2031 et des antécédents
pénaux, et lui a fixé un délai pour quitter la Suisse dès sa sortie de prison. Cette
décision a été notifiée à U.________ le 1er
novembre 2016.

 

             
U.________ a été transféré à l’établissement de [...], à [...],
le 13 octobre 2016.

 

11.             
Il ressort des certificats médicaux produits par U.________, notamment de la consultation du 21
septembre 2016 du Dr [...], médecin généraliste, que l’état de santé de
l’intéressé s’est sensiblement détérioré depuis un an, avec notamment
une perte de poids et de sérieux problèmes cutanés et dermatologiques ainsi qu’une
pathologie respiratoire et ORL toutefois déjà connue en 2015. Ce praticien a souligné
que c’était surtout l’état psychique du patient qui apparaissait préoccupant,
avec d’importants troubles de l’adaptation et de la personnalité et un état dépressif
sévère, comparable à celui qui était le sien lors de son hospitalisation à la
[...] en juillet 2015. Cet état nécessiterait, selon le médecin, un traitement et un suivi
psychiatrique réguliers qui ne pourraient pas être réalisés au Kosovo, pays où
U.________ ne connait personne, où il ne dispose d’aucune assurance sociale et dont il ne
maîtrise pas la langue.

 

 

             
En droit
:

 

 

1.             
Le recours au Tribunal cantonal est ouvert contre
la décision du juge de paix ordonnant la détention administrative ou l'une des autres mesures
en relation avec cette détention telles que mentionnées à l'art. 20 LVLEtr (loi du 18
décembre 2007 d'application dans le Canton de Vaud de la LEtr ; RSV 142.11 ; art. 80 al.
1 LEtr ; art. 30 LVLEtr). Il est de la compétence de la Chambre des recours civile (art. 71
et 73 al. 1 LOJV [loi d'organisation judiciaire du 12 décembre 1979 ; RSV 173.01] et art. 18
al. 3 let. c ROTC [règlement organique du Tribunal cantonal du 13 novembre 2007 ; RSV 173.31.1])
et la procédure est régie par l'art. 31 LVLEtr, qui renvoie pour le surplus aux dispositions
de la loi sur la procédure administrative du 28 octobre 2008 (LPA-VD ; RSV 173.36). Le délai
de recours est de dix jours (art. 30 al. 2 LVLEtr).

 

             
Interjeté en temps utile, par le recourant, qui y a un intérêt, le recours est recevable.

 

 

2.

2.1             
Le Juge de Paix du district de Lausanne est l’autorité
compétente en vertu des art. 17 et 20 LVLEtr. Saisi d’une requête motivée et documentée
du SPOP du 11 octobre 2016, ce magistrat a procédé à l'audition du recourant le même
jour. Le recourant a été entendu et ses déclarations ont été résumées
au procès-verbal dans ce qu'elles avaient d'utiles (art. 21 al. 1 et 2 LVLEtr).

 

2.2             
La Chambre des recours civile revoit librement la décision de première instance. Elle établit
les faits d’office et peut ordonner à cet effet toutes les mesures d’instruction qu’elle
juge utiles (art. 31 aI. 1 et 3 LVLEtr). Elle peut en particulier tenir compte des faits postérieurs
à la décision attaquée (CREC 25 septembre 2015/346).

 

2.3             
Selon l'art.
76 LPA-VD, applicable en l'espèce, la partie recourante peut invoquer la violation du droit, y compris
l'excès ou l'abus du pouvoir d'appréciation (let. a), la constatation inexacte ou incomplète
des frais pertinents (let. b) et l'inopportunité si la loi spéciale le prévoit (JdT 2013
III 121). Elle ne peut prendre des conclusions qui sortent du cadre fixé par la décision attaquée,
mais peut en revanche présenter des allégués et des moyens de preuve qui n'ont pas été
invoqués jusque-là (art. 79 al. 2 LPA-VD applicable
par renvoi de l'art. 31 al. 6 LVLEtr).

 

             
En l’espèce, les pièces nouvellement produites tant par le recourant que par le SPOP
sont recevables.

 

2.4             
Le recourant a été entendu
dans les formes prévues à cet effet par le magistrat compétent le jour même de son
interpellation (art. 17, 20 et 21 al. 1 et 2 LVLEtr). L'ordre de détention a été rendu
à l'issue de cette audition et la décision motivée notifiée dans le délai légal
de 96 heures prévu à cet effet (art. 16 al. 1 et 2 LVLEtr). La procédure suivie est donc
conforme, ce que le recourant ne critique d'ailleurs pas.

 

 

3.

3.1             
Le recourant soutient qu’il
n’aurait pas voulu se soustraire à son renvoi et invoque l’absence de notification valable
de la décision de renvoi du 18 août 2016, de sorte que la première juge se serait fondée
sur un état de fait incomplet et inexact.

 

3.2             
La mise en détention administrative du recourant repose sur l'art. 76 LEtr, après
avoir été requise par le SPOP le 11 octobre 2016 sur la base de l'art. 75 al. 1 let. c, g et
h LEtr. Dans ses déterminations, le SPOP a fait valoir que depuis la notification de la décision
de renvoi du 1er
novembre 2016, la détention est depuis lors justifiée sur la base de l'art. 76 al. 1 let. b
ch. 1 LEtr, lequel renvoie à l'art. 75 LEtr.

 

3.3             
L'art. 75
al. 1 let. c, g et h LEtr prévoit notamment qu'afin d'assurer l'exécution d'une procédure
de renvoi, l'autorité compétente peut ordonner la détention pendant la préparation
de la décision sur le séjour, pour une durée de six mois au plus, d'un étranger qui
n'est pas titulaire d'une autorisation de courte durée, de séjour ou d'établissement,
si celui-ci franchit la frontière malgré une interdiction d'entrer en Suisse et ne peut être
renvoyé immédiatement (let. c), s'il menace sérieusement d'autres personnes ou met gravement
en danger leur vie ou leur intégrité corporelle et fait l'objet d'une poursuite pénale
ou a été condamné pour ce motif (let. g), ou s'il a été condamné pour crime
(let. h).

 

             
L'art. 76 al. 1 LEtr prévoit
notamment que lorsqu'une décision de renvoi ou d'expulsion a été notifiée, l'autorité
compétente peut, afin d'en assurer l'exécution, ordonner le maintien en détention de la
personne concernée lorsque celle-ci est déjà détenue en vertu de l'art. 75 LEtr (let.
a), ou ordonner la mise en détention de la personne concernée (let. b) pour les motifs cités
à l'art. 75 al. 1 let. a, b, c, f, g ou h LEtr (ch. 1), si des éléments concrets font
craindre que celle-ci entende se soustraire au renvoi ou à l'expulsion, en particulier parce qu'elle
ne se soumet pas à son obligation de collaborer (ch. 3) ou si son comportement permet de conclure
qu'elle se refuse à obtempérer aux instructions des autorités (ch. 4). Ces
deux derniers chiffres décrivent des comportements permettant de conclure à l'existence d'un
risque de fuite ou de disparition (Untertauchensgefahr) et peuvent donc être envisagés ensemble
(Zünd, Kommentar Migrationsrecht, 4e
éd., Zurich 2015, n. 6 ad art. 76 LEtr).

 

             
Selon la jurisprudence, ces motifs sont réalisés lorsque l'étranger a déjà disparu
une première fois dans la clandestinité (ATF 140 II 1 consid. 5.3), lorsqu'il tente d'entraver
les démarches en vue de l'exécution du renvoi en donnant des indications manifestement inexactes
ou contradictoires ou encore s'il laisse clairement apparaître, par ses déclarations ou son
comportement, qu'il n'est pas disposé à retourner dans son pays d'origine (ATF 130 II 56 consid.
3.1 ; TF 2C_1139/2012 du 21 décembre 2012 consid. 3.2 ; TF 2C_984/2010 du 20 janvier
2011 consid. 2 ; TF 2C_206/2009 du 29 avril 2009 consid. 4.1). Comme
le prévoit expressément l'art. 76 al. 1 let. b ch. 3 LEtr, il faut qu'il existe des éléments
concrets en ce sens (ATF 140 II 1 consid. 5.3 ; TF 2C_951/2015 du 17 novembre 2015 consid.
2.2).

 

3.4             

3.4.1             
En l’espèce, le recourant
est sous le coup d'une décision définitive et exécutoire de refus d'autorisation de séjour
et de renvoi de Suisse du 9 juillet 2013 établie par le SPOP et confirmée sur recours le 4
novembre 2013 par la Cour de droit administratif du canton de Vaud (ci-après : la CDAP) et
enfin le 6 mai 2014 par le Tribunal fédéral, qui a déclaré le recours irrecevable.

 

             
Il ressort en outre de son procès-verbal d'audition par la première juge que le recourant se
trouvait en Suisse en septembre 2016 pour comparaître devant le Tribunal correctionnel de l'Est
vaudois, à Vevey et en particulier que l'intéressé « savait qu'il devait quitter
la Suisse le 22 septembre 2016, mais espérait que son avocate obtienne la prolongation de son sauf-conduit,
(...) ». Pour le surplus, le recourant a déjà été refoulé au Kosovo
par vol spécial du 5 novembre 2015, renvoi lors duquel il a fait preuve d'une forte agressivité,
tant verbale que physique, qui a nécessité de l'entraver dès son arrivée à l'aéroport
de Genève, puis de l'attacher à son siège une fois embarqué à bord de l'avion.
Le libellé du sauf-conduit qui lui a été délivré le 18 août 2016 pour lui
permettre de se défendre devant le Tribunal correctionnel de l'Est vaudois indique expressément
que le séjour est limité du 12 au 22 septembre 2016 et que cette décision perd toute validité
le 22 septembre 2016 à 24 h 00. Le recourant ayant été interpellé par la police le
10 octobre 2016, il est donc, de son propre aveu, resté en Suisse malgré qu'il savait
ne pas y être autorisé.

 

             
Au vu de ce qui précède, la non collaboration du recourant est suffisamment établie indépendamment
de la question de savoir si l'interdiction d'entrée en Suisse du 18 août 2016 lui a effectivement
été notifiée. La détention est ainsi justifiée sur la base de l'art. 76 al.
1 let. b ch. 3 et 4 LEtr. 

 

3.4.2             
La détention est en outre largement justifiée
sur la base de l'art. 75 al. 1 let. g et h LEtr auquel renvoie l'art. 76 al. 1 let. b ch. 1 LEtr, au
vu du casier judiciaire de l'intéressé, condamné en 2013 à une peine privative de
liberté de trente mois, dont quinze fermes, avec sursis partiel pendant 5 ans pour les quinze mois
restant, pour diverses infractions et crimes, notamment vol en bande, brigandage et brigandage qualifié,
ainsi qu’au vu du jugement du 21 septembre 2016 par lequel celui-ci vient d'être à nouveau
condamné pour tentative de vol, violation de domicile et dommages à la propriété,
à une peine privative de liberté ferme de 70 jours, sans compter le fait qu'il est à nouveau
sous le coup d'une enquête ouverte en 2015 pour diverses atteintes à l'intégrité
physique.

 

3.4.3             
Enfin, dans l'intervalle, une nouvelle décision de renvoi a été rendue le 25 octobre 2016,
notifiée le 1er
novembre dernier au recourant – décision qui n’a pas fait l’objet d’un recours
devant la CDAP –, lui fixant un délai de départ dès sa sortie de prison, au motif
de l'absence de titre de séjour valable, de la violation de l’interdiction d'entrée en
Suisse du 18 août 2016 et des antécédents pénaux de l'intéressé, de sorte
que la détention est désormais justifiée sous l'angle de l'art. 76 al. 1 let. a LEtr.

 

             
Le premier moyen invoqué par le recourant est manifestement infondé.

 

 

4.

4.1             
Dans un deuxième moyen, le recourant conteste le caractère
exigible de son renvoi, invoquant son état de santé.

 

4.2             
L'art. 80
al. 6 let. a LEtr prévoit que la détention est levée notamment lorsque l'exécution
du renvoi ou de l'expulsion s'avère impossible pour des raisons juridiques ou matérielles.
Tel est par exemple le cas d'un détenu présentant des atteintes à sa santé si importantes
qu'elles rendent impossible son transport pendant une longue période (TF 2C_105/2016 du 8 mars 2016
consid. 6.1 ; TF 2C_951/2015 du 17 novembre
2015 consid. 3.1 et les réf. citées).

 

             
La procédure liée à la détention
administrative ne permet pas, sauf cas exceptionnels, de remettre en cause le caractère licite de
la décision de renvoi (TF 2C_206/2014 du 4 mars 2014 consid. 3 et les réf. citées).
Selon la jurisprudence, le juge de la détention est lié par la décision de renvoi. Il
ne peut revoir la légalité d'une décision de renvoi que lorsque celle-ci est manifestement
contraire au droit ou clairement insoutenable au point d'apparaître nulle et devra lever la détention
en application de l’art. 80 al. 6 let. a LEtr, étant donné que l’exécution
d’un tel ordre illicite ne doit pas être assurée par les mesures de contrainte. S'il
existe des faits nouveaux postérieurs à la décision de renvoi, le juge de la détention
peut en tenir compte. Cependant, il appartient en priorité à l'autorité compétente
en matière de droit des étrangers de décider si le renvoi est exigible, le juge de la
détention ne pouvant intervenir que si le caractère inexécutable de la décision de
renvoi est patent (ATF 128 II 193 consid. 2.2.2 ; TF 2C_105/2016 du 8 mars 2016 consid. 7 ;
TF 2C_1177/2013 du 17 janvier 2014 consid. 2.2 ; TF 2C_941/2013 du 17 octobre 2013 consid.
3).

 

4.3             
Il ressort des certificats médicaux produits que le recourant a présenté à la consultation
du 21 septembre 2016 du Dr [...] à [...] une perte de poids et de sérieux problèmes cutanés
et dermatologiques, une pathologie respiratoire et ORL (sans autre précision) déjà connue
en 2015 et enfin un état psychique préoccupant, avec d'importants troubles de l'adaptation
et de la personnalité et un état dépressif sévère, comparable à celui qui
était le sien lors de son hospitalisation à [...] en juillet 2015, état qui impose un
traitement et un suivi psychiatrique réguliers.

 

             
Aucun des certificats précités
ne fait état du caractère matériellement inexécutable du renvoi pour raisons médicales.
C'est dès lors le lieu de rappeler qu'avant l'exécution à proprement parler du renvoi,
lorsque, comme en l'occurrence, des certificats médicaux laissent supposer des problèmes de
santé, l'état de santé de la personne concernée, y compris les troubles psychiques,
et son aptitude au rapatriement par la voie aérienne notamment, doivent être examinés
avant le départ par un médecin en application de l'art. 27 al. 3 let. b LUsC ([loi fédérale
sur l'usage de la contrainte du 20 mars 2008 ; RS 364] ; TF 2C_105/2016 du 8 mars 2016 consid. 6).

 

             
En outre,
comme le recourant le relève lui-même, le juge de la détention doit en principe seulement
s'assurer qu'une décision de renvoi existe, sans avoir à vérifier la légalité
de cette dernière. Or d'une part, une première décision de renvoi est définitive
et exécutoire depuis l'arrêt du Tribunal fédéral du 6 mai 2014 et une seconde décision
de renvoi, qui n'a en l’occurrence pas été contestée, vient d'être rendue en
date du 25 octobre dernier. En outre, à la lecture des certificats médicaux produits par le
recourant, les affections dont il se prévaut étaient déjà présentes avant le
5 novembre 2015, date de l'exécution du précédent renvoi forcé par la voie aérienne,
ce dont on peut inférer, vu l'art. 27
al. 3 let. b LUsC, que ces affections n'ont pas été jugées suffisamment graves ni durables
pour s'opposer au renvoi.

 

             
Il s'ensuit que le second grief, relatif au caractère impossible du renvoi selon l'art. 80 al. 6
let. a LEtr, doit également être rejeté.

 

 

5.             
Au vu de ce qui précède, le recours
doit être rejeté et la décision attaquée doit être confirmée.

 

             
L’arrêt peut être rendu sans frais (art. 50 LPA-VD).

 

             
Selon l’art. 25 al. 1 LVLEtr, lorsque la personne détenue est indigente, le conseil d’office
reçoit une indemnité à la charge de l’Etat, les dispositions relatives à la
rémunération des défenseurs d’office en matière pénale étant applicables.

 

             
En sa qualité de conseil d’office, Me Roxane Mingard a produit une liste d’opérations
faisant état de 8 heures et 25 minutes de travail. Il ne se justifie toutefois pas de rémunérer
l’intégralité des opérations indiquées. En effet, les heures facturées
pour la vacation Etude-Etablissement de [...] (1 heure et 40 minutes) n’ont pas à être
prises en considération dans leur intégralité (CREC 3 mai 2016/136, 1er
février 2016/35 consid. 5 et la référence citée), mais il faut s’en tenir à
un forfait de 120 fr. (CREC 26 octobre 2012/382, in : JdT 2013 III 3). En outre, les frais
de photocopies par 8 fr. 70 ne seront pas pris en compte, dans la mesure où ils sont compris dans
les frais généraux de l’avocat (CREC 14 novembre 2013/377). En définitive, on retiendra
6 heures et 45 minutes d'activité d'avocat au tarif horaire de 180 fr. et un forfait de 60 fr. pour
la notification et le suivi de la décision. En outre, il s’agira de prendre en compte dans
les débours, 120 fr. à titre de vacation et 14 fr. à titre d’affranchissement
postal. L’indemnité de conseil d'office de Roxane Mingard s'élève par conséquent
à 1'275 fr., plus 102 fr. de TVA et 134 fr. à titre de débours, auxquels s’ajoute
la somme de 10 fr. 70 de TVA., soit une indemnité totale de 1'521 fr. 70, dont le montant sera
arrondi à 1'525 francs.

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours civile du Tribunal cantonal,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
L’ordonnance est confirmée.

 

             
III.             
L’indemnité due à Me Roxane Mingard en sa qualité de conseil d’office d’U.________
est arrêtée à 1'525 fr. (mille cinq cent vingt-cinq francs), montant arrondi, TVA et débours
compris.

 

             
IV.             
L’arrêt motivé, rendu sans frais judiciaires de deuxième instance, est exécutoire.

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont le dispositif a été communiqué par écrit
aux intéressés le 9 novembre 2016, est notifié en expédition complète, par l'envoi
de photocopies, à :

 

‑             
Me Roxane Mingard (pour U.________),

‑             
Service de la population, Secteur Départs.

 

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière de droit public devant le
Tribunal fédéral au sens des art. 82 ss LTF (loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin
2005 ; RS 173.110). Ce recours doit être déposé devant le Tribunal fédéral
dans les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète (art. 100 al.
1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme la Juge de paix du district de Lausanne.

 

             
La greffière :