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**Case Identifier:** 238d0fee-45b5-51c1-a8bf-f470fb92982d
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-10-21
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 21.10.2016 C/4593/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-4593-2016_2016-10-21.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 25 octobre 2016. 

 
 

R ÉP U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/4593/2016 ACJC/1371/2016 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 21 OCTOBRE 2016 

 

Entre 

A______, domicilié 1______, (GE), recourant contre un jugement rendu par la 1ère 
Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 10 mai 2016, comparant par 
Me Agrippino Renda, avocat, route des Acacias 6, case postale 588, 1211 Genève 4, en 
l'étude duquel il fait élection de domicile, 

et 

B______, domiciliée ______, Genève, intimée, comparant par Me Samir Djaziri, 
avocat, rue Leschot 2, 1205 Genève, en l'étude duquel elle fait élection de domicile. 

 

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C/4593/2016 

EN FAIT 

A. Par jugement du 10 mai 2016, expédié pour notification aux parties le 13 mai 
2016, le Tribunal de première instance, statuant sur requête d'exécution, a admis 
la requête, ordonné l'évacuation d'A______ de l'appartement sis 1______, autorisé 
B______ à faire appel à la force publique pour l'exécution de l'évacuation, attiré 
l'attention d'A______ sur la teneur de l'art. 292 CP, rejeté la requête pour le 
surplus, arrêté les frais de la procédure à 1'500 fr. mis à la charge d'A______, dit 
qu'il ne serait pas alloué de dépens et débouté les parties de toutes autres 
conclusions. 

Le Tribunal a retenu que le jugement du 3 décembre 2015 était exécutoire, compte 
tenu du rejet par la Cour de l'effet suspensif requis, et de ce que les conclusions 
prises par A______ dans le recours déposé au Tribunal fédéral contre la décision 
de la Cour étaient ignorées, en particulier s'agissant d'un éventuel effet suspensif. 

B. Par acte du 3 juin 2016, A______ a formé appel contre le jugement précité. Il a 
conclu à l'annulation de celui-ci, cela fait au déboutement de B______ des fins de 
sa requête en évacuation, avec suite de frais et dépens. 

Il a produit copie du recours qu'il avait adressé au Tribunal fédéral le 24 mars 
2016. Il a notamment allégué qu'il allait déposer un recours au Tribunal fédéral 
contre l'arrêt de la Cour du 6 mai 2016, qui a annulé les chiffres 10 et 11 du 
dispositif du jugement rendu le 3 décembre 2015, et confirmé la décision attaquée 
pour le surplus. 

A titre préalable, il a requis le bénéfice de l'effet suspensif, ce qui a été refusé par 
décision de la Cour du 16 juin 2016. 

Le 25 juillet 2016, il a adressé à la Cour copie de l'ordonnance rendue par le 
Tribunal fédéral le 14 juillet 2016, qui avait admis sa requête d'effet suspensif 
formée dans le cadre du recours formé contre l'arrêt de la Cour du 6 mai 2016. 
Dans le corps de cette ordonnance, le Tribunal fédéral relève que l'effet suspensif 
requis serait octroyé, en ce sens que le recourant ne devait pas quitter le domicile 
conjugal durant la procédure devant le Tribunal fédéral. A______, sur le vu de 
cette décision, a requis que la Cour constate immédiatement qu'il n'était pas obligé 
de quitter l'appartement sis 1______. 

Le 2 août 2016, B______ a reçu copie de la pièce précitée et des conclusions 
d'A______; elle s'en est rapportée à justice. 

Par réponse du 8 août 2016, B______ a conclu à la confirmation de la décision 
déférée. 

Par avis du 16 septembre 2016, les parties ont été informées de ce que la cause 
était gardée à juger. 

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C/4593/2016 

C. Il résulte de la procédure les faits pertinents suivants : 

a. Par jugement du 3 décembre 2015, notifié le 7 décembre suivant, le Tribunal, 
statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a notamment autorisé les 
époux B______ et A______ à vivre séparés, pour une durée indéterminée, attribué 
à B______ la jouissance exclusive du domicile conjugal sis 1______ et imparti à 
A______ un délai au ______ 2016 pour libérer ce domicile (ch. 1, 6 et 7 du 
dispositif). 

b. A______ a formé appel du jugement précité, et a requis le bénéfice de l'effet 
suspensif. Par décision de la Cour du 11 février 2016, cette requête a été admise 
s'agissant des chiffres 9 et 10 du dispositif du jugement attaqué, et rejetée pour le 
surplus. 

c. Le 2 mars 2016, B______ a saisi le Tribunal d'une requête en exécution des 
chiffres 6 et 7 du dispositif du jugement du 3 décembre 2015, tendant à ce que soit 
ordonnée l'expulsion d'A______ du domicile conjugal sis 1______, à ce qu'elle 
soit autorisée à requérir au besoin la force publique, à ce que la décision soit 
assortie de la peine prévue à l'art. 292 CP, à ce que A______ soit condamné à une 
amende d'ordre de 1'000 fr., et 500 fr. pour chaque jour d'inexécution dès la 
notification du jugement statuant sur l'exécution, avec suite de frais et dépens. 

Elle a allégué que A______ n'avait pas quitté le domicile conjugal. 

Par réponse, celui-ci a conclu au déboutement de B______ des fins de sa requête. 
Il a admis n'avoir pas quitté le domicile conjugal, et a allégué que B______ s'était 
constitué un domicile séparé. Il a indiqué avoir formé un recours en matière civile 
au Tribunal fédéral, dont il a produit la page de garde, contre l'arrêt de la Cour du 
11 février 2016, soutenant que la restitution de l'effet suspensif avait été 
arbitrairement refusée s'agissant en particulier de la libération de l'appartement 
conjugal. 

EN DROIT 

1. Contre les décisions du tribunal de l'exécution, seule est ouverte la voie du 
recours, écrit et motivé, introduit dans les dix jours à compter de la notification de 
la décision (art. 309 let. a, 319 let. a, 321 al. 1 et 2, et 339 al. 2 CPC). 

Formé dans le délai et la forme prescrits, le recours est recevable, en dépit de son 
intitulé erroné. 

2. Selon l'art. 326 al. 1 CPC, les conclusions, les allégations de faits et les preuves 
nouvelles sont irrecevables. 

 En conséquence, les pièces et les conclusions nouvelles du recourant ne sont pas 
recevables. 

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C/4593/2016 

3. Le recourant fait grief au Tribunal d'avoir retenu que le jugement du 3 décembre 
2015 était exécutoire, alors qu'il avait relevé dans sa réponse à la requête le 
caractère non définitif et exécutoire de cette décision. Il avait à cet égard non 
seulement démontré avoir déposé un recours contre l'arrêt de la Cour du 11 février 
2016 mais encore soutenu que celle-ci avait arbitrairement refusé la restitution de 
l'effet suspensif requis. 

3.1 Selon l'art. 341 al. 1 CPC, le tribunal de l'exécution examine le caractère 
exécutoire d'office. 

 Le juge statuera sur la base des faits et pièces ressortant du dossier (maxime des 
débats). Lorsqu'il s'agit d'ordonner des mesures d'exécution (art. 343 CPC), le 
tribunal de l'exécution - appliquant toujours la maxime d'office - pourra chercher à 
compléter l'état de fait par lui-même et ne sera pas confiné aux allégués des 
parties (maxime inquisitoire) pour décider sur ce point (JEANDIN, Code de 
procédure civile commenté, 2012 ad art. 341 nos 6 et 8). 

3.2 En l'occurrence, le recourant a fait valoir, dans sa réponse à la requête 
d'exécution, qu'il remettait en cause la décision refusant l'effet suspensif à l'appel 
qu'il avait formé contre le jugement dont l'exécution était requise, partant le 
caractère exécutoire de celui-ci, et a déposé copie de la page de garde de son 
recours adressé au Tribunal fédéral. 

 S'il n'a certes pas produit alors copie intégrale de ce recours, il a apporté 
suffisamment d'éléments pour que le caractère exécutoire de la décision dont 
l'exécution était requise ne soit pas établi. En outre, s'agissant d'une requête qui 
comportait des mesures d'exécution au sens de l'art. 343 CPC, le Tribunal devait 
chercher à compléter l'état de fait, partant devait requérir la production du recours 
adressé au Tribunal fédéral, à supposer que les conclusions de celui-ci lui aient été 
nécessaires pour trancher, ce qui n'est pas le cas. 

 Le recours est ainsi fondé. 

La décision attaquée, retenant que le jugement du 3 décembre 2015 était 
exécutoire, sera annulée. 

Il sera statué à nouveau (art. 327 al. 3 let. b CPC), en ce sens que la requête en 
exécution formée par l'intimée sera rejetée. 

4. Les frais de la procédure seront arrêtés à 3'000 fr. (art. 26 RTFMC) pour les deux 
instances, mis à la charge de l'intimée qui succombe (art. 106 al. 1 CPC); compte 
tenu de l'assistance judiciaire dont bénéfice cette dernière, ils seront 
provisoirement à charge de l'Etat de Genève (art. 122 et 123 CPC). L'émolument 
de recours en 1'500 fr. versé par le recourant lui sera restitué. 

 Compte tenu de la qualité des parties, chacune d'entre elle supportera ses propres 
dépens (art. 107 al. 1 let. c CPC). 

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C/4593/2016 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours formé le 3 juin 2016 par A______ contre le jugement 
JTPI/6068/2016 rendu le 10 mai 2016 par le Tribunal de première instance dans la 
cause C/4593/2016-1 SEX. 

Au fond : 

Annule ce jugement et, statuant à nouveau : 

Déboute B______ des fins de sa requête en exécution. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires des deux instances à 3'000 fr., les met à la charge de 
B______, et dit qu'ils seront provisoirement supportés par l'Etat de Genève. 

Ordonne aux Services financiers du Pouvoir judiciaire de restituer 1'500 fr. à A______. 

Dit que chacune des parties supporte ses propres dépens. 

Siégeant : 

Madame Sylvie DROIN, présidente; Madame Nathalie LANDRY-BARTHE et 
Monsieur Ivo BUETTI, juges; Madame Céline FERREIRA, greffière. 

 

La présidente : 

Sylvie DROIN 

 La greffière : 

Céline FERREIRA 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en matière civile; la 

qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 72 à 77 et 90 ss de la 

loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110). Il connaît également des recours 

constitutionnels subsidiaires; la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 113 à 119 et 90 ss LTF. Dans les deux cas, le recours motivé doit être formé dans les trente 

jours qui suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. L'art. 119 al. 1 LTF prévoit 

que si une partie forme un recours ordinaire et un recours constitutionnel, elle doit déposer les deux 

recours dans un seul mémoire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.