# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 67b40abf-cc66-5c50-83da-0602b40aa189
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites Faillite / 2016 / 19
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_Faillite---2016---19_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

FF16.014978-160985

187 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
11 juillet 2016

__________________

Composition
:              Mme             
Rouleau,
présidente

             
              Mme             
Byrde et M. Maillard, juges

Greffier
              :             
Mme              Joye

 

 

*****

 

 

Art.
174 al. 1 et 33 al. 4 LP

 

 

             
              La Cour des poursuites
et faillites du Tribunal cantonal, statuant à huis clos en sa qualité d'autorité de recours
en matière sommaire de poursuites et de faillite, s'occupe du recours et de la requête de restitution
du délai de recours déposés par R.________,
à Corcelles-près-Payerne, à la suite du jugement rendu le 12 mai 2016 par le Président
du Tribunal d’arrondissement de La Broye et du Nord vaudois, prononçant la faillite du prénommé,
le même jour à 11 heures 50, à la requête de
Z.________, à Lucerne.

 

                          
 Vu les pièces au dossier, la cour considère :

 

 

             
              En
fait :

 

 

1.             
              Par
requête du 31 mars 2016 adressée au Tribunal d'arrondissement de La Broye et du Nord vaudois,
Z.________ a requis la faillite d'R.________.

 

             
              Une audience a été
fixée au 12 mai 2016. La partie requérante a fait défaut. Au nom du poursuivi a comparu
[...], au bénéfice d'une procura-tion.

 

             
              Par jugement du même
jour, le Président du Tribunal d'arrondissement de La Broye et du Nord vaudois a prononcé la
faillite d'R.________, le 12 mai 2016 à 11 heures 50, et mis les frais judiciaires, par 200 fr.,
à sa charge. Ce jugement a été envoyé pour notification aux parties le 13 mai 2016.
Le pli destiné au failli a été distribué le 19 mai 2016. 

 

 

2.            
              R.________ a déposé
un recours auprès de la cour de céans le 13 juin 2016, concluant, avec suite de frais et dépens,
à l'admission du recours en ce sens que l'ouverture de sa faillite est annulée. Il a requis
l'effet suspensif, qui a été accordé par décision de la Présidente de la cour
de céans du 15 juin 2016.    

 

             
              Dans son acte de recours,
R.________sollicite également la restitution du délai de recours, faisant valoir qu'il n'a
eu connaissance du jugement attaqué que le 3 juin 2016, qu'il n'a "pas le souvenir d'avoir
reçu un avis de la Poste l'invitant à retirer un pli recommandé" et qu'à l'audience,
"le président a déclaré qu'il recevrait un prononcé après un délai
de 10 jours", si bien qu'il ne s'attendait pas à ce que le jugement "soit notifié
le lendemain".

 

 

             
              En
droit :

 

 

I.             
              Aux
termes de l'art. 174 al. 1 LP, la décision du juge de la faillite peut, dans les dix jours, faire
l'objet d'un recours au sens du CPC [Code de procédure civile; RS 272]. 

              
              En l'espèce, il ressort
des informations d'acheminement de la Poste figurant au dossier que le pli contenant le jugement de faillite
attaqué destiné au recourant a été distribué le 19 mai 2016, de sorte que le
recours, posté le 13 juin 2015, a été déposé tardivement. Il est ainsi en principe
irrecevable, sauf admission de la requête de restitution de délai.

 

 

II.             
 a)
Le délai de recours contre le jugement de faillite est fixé dans la LP. Depuis l'entrée
en vigueur du CPC, le 1er
janvier 2011, la procédure de défaut et de restitution des délais fixés dans la LP
est régie par les art. 147 ss CPC, sauf disposition contraire de la loi (art. 31 LP), en particulier
de l'art. 33 al. 4 LP (Nordmann, in
Staehelin/Bauer/Staehelin (éd.), Basler Kommentar,
Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs I, 2e
éd. 2010, n. 2a ad
art. 33 SchKG [LP]; Staehelin, in
Sutter-Somm/Hasenböhler/Leuenberger (éd.), Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung
(ZPO), 2e
éd. 2013, n. 3 ad
art. 148 ZPO [CPC] et le renvoi au Message relatif au CPC [FF 2006, VII, p. 6920 de la version en français];
Tappy, in Bohnet
et al. (éd.), Code de procédure civile commenté, n. 17 ad
art. 145  CPC et n. 10 ad
art. 148 CPC). 

 

             
Selon l'art. 33 al. 4 LP, quiconque a été empêché sans sa faute d'agir dans le délai
fixé peut demander à l'autorité de surveillance ou à l'autorité judiciaire compétente
qu'elle lui restitue ce délai. L'intéressé doit, à compter de la fin de l'empêchement,
déposer une requête motivée dans un délai égal au délai échu et accomplir
auprès de l'autorité compétente l'acte juridique omis. 

 

              
Il faut entendre par empêchement non fautif, non seulement l'impossibilité objective d'agir
dans le délai ou de se faire représenter à cette fin, mais aussi l'impossibilité
subjective due à des circonstances personnelles ou à une erreur excusable (TF 5A_149/2013 du
10 juin 2013 consid. 5.1.1;
TF 5A_896/2012 du 
10
janvier 2013 consid. 3.2 et les réf. cit.; TF 5A_30/2010 du 23 mars 2010 consid. 4.1; TF 2C_319/2009
du 26 janvier 2010 consid. 4.1, non publié in ATF 136 II 241). En d'autres termes, est
non fautive toute circonstance qui aurait empêché un plaideur consciencieux d'agir dans le
délai fixé (ATF 119 II 86 consid. 2a; TF 2C_734/2012 du 25 mars 2013 consid. 3.3 et les réf.
cit.). De
manière générale, constituent un empêchement non fautif une incapacité passagère
de discernement, un accident, une maladie subite et grave, le service militaire, un renseignement erroné
donné par l'autorité (Erard, in
Commentaire romand, nn. 21 et 22 ad
art. 33 LP; CPF, 24 juin 2015/158). 

 

             
              b)
En l'espèce, le recourant fait valoir qu'il n'a "pas le souvenir d'avoir reçu un avis
de la Poste l'invitant à retirer un pli recommandé" et qu'à l'audience, "le
président a déclaré qu'il recevrait un prononcé après un délai de 10 jours",
si bien qu'il ne s'attendait pas à ce que le jugement "soit notifié le lendemain".

 

             
              Le recourant n'invoque
pas à proprement parler de cause d'empêche-ment à agir à temps. Ses explications
sont floues et peu convaincantes.  En effet, s'il affirme n'avoir eu connaissance du jugement de
faillite que le 3 juin 2016, il n'indique ni l'identité de la personne qui a retiré à
la Poste, le 19 mai 2016, le pli qui lui était destiné, ni les motifs pour lesquels ce pli
ne lui aurait pas été transmis à temps. Il est par ailleurs peu probable que le premier
juge ait affirmé à l'audience du 12 mai 2016 – à laquelle le recourant n'a d'ailleurs
pas assisté personnellement – que le jugement lui parviendrait "après un délai
de 10 jours", dès lors que le juge de la faillite doit statuer sans retard en vertu de l'art.
171 LP. Même si tel a été le cas, force est de constater que trois semaines se sont écoulées
entre l'audience (12 mai) et la date supposée de réception du jugement (3 juin), sans que le
recourant s'en inquiète. Informé de la procédure de faillite, R.________ devait compter
avec l'envoi d'une décision et il lui appartenait de prendre ses dispositions pour relever son courrier
et de faire preuve de diligence. 

 

             
              Les explications du recourant
ne permettant à l'évidence pas de considérer qu'il a été sans sa faute empêché
d'agir à temps, condition posée par l'art. 33 al. 4 LP, sa requête de restitution du délai
de recours ne peut qu'être rejetée.   

 

 

III.             
              Vu
le rejet de la requête de restitution de délai, le recours doit être déclaré
irrecevable. 

 

             
              Le jugement attaqué
doit ainsi être confirmé, la faillite d'R.________ prenant effet, vu l'effet suspensif accordé
au recours, à la date du présent arrêt.

 

                          
L'arrêt est rendu sans frais ni dépens.

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites et de faillite,

prononce
:

 

             
I.              La
requête de restitution de délai déposée par R.________ est rejetée.

 

             
II.             
Le recours est irrecevable.

 

             
III.             
Le jugement est confirmé, la faillite d'R.________ prenant effet le 11 juillet 2016, à 16 heures
15.

 

             
IV.             
L’arrêt, rendu sans frais ni dépens, est exécutoire.

 

La
présidente :               La greffière
:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Me Laurent Gilliard, avocat (pour R.________),

‑             
Z.________,

-             
M. le Préposé à l'Office des poursuites du district de La Broye-Vully,

-             
M. le Préposé à l'Office des faillites de l'arrondissement de La Broye et Nord vaudois.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110). Ce recours doit être déposé devant le Tribunal fédéral dans les
trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

 

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

-             
M. le Conservateur du Registre foncier, Office de La Broye-Vully,

-             
M. le Préposé au Registre du Commerce du canton de Vaud,

 

             
                           
et communiqué à :

 

‑             
M. le Président du Tribunal d'arrondissement de La Broye et du Nord vaudois.

 

             
La greffière :