# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** fb793d79-ccaf-5be3-833a-23b7a25f9254
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-10-19
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 19.10.2010 A/2013/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-2013-2010_2010-10-19.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/2013/2010-LOGMT ATA/728/2010  

ARRÊT 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 19 octobre 2010 

1ère section 

dans la cause 

 

 

 

Madame B______ 
représentée par l'Hospice général, centre d'action sociale  

 

contre 

 

OFFICE DU LOGEMENT 
   

- 2/7 - 

A/2013/2010 

EN FAIT 

1.  Madame B______ occupe avec son fils, né en 2003, un appartement de 
quatre pièces situé dans un immeuble non subventionné à l'adresse chemin 
M______ au Petit-Lancy, dont le loyer annuel se monte à  
CHF 17'508.-, auquel il faut ajouter CHF 2'160.- de charges. 

2.  Au bénéfice d'une allocation de logement depuis le 1er mars 2008,  
Mme B______ a adressé, le 26 janvier 2009, une demande de renouvellement de 
celle-ci à la direction du logement, devenue depuis lors l'office du logement (ci-
après : l'OLO). 

3.  Par décision du 15 mai 2009, l'OLO a accordé à titre exceptionnel à  
Mme B______ l'allocation sollicitée pour la période du 1er avril 2009 au  
31 mars 2010. Les conditions d'octroi n'étaient que partiellement réunies, 
l’intéressée n'ayant entrepris aucune démarche en vue d'obtenir un logement 
moins onéreux. 

  L'OLO a indiqué à Mme B______ que la condition d'un éventuel 
renouvellement serait qu'elle recherche un appartement meilleur marché, 
notamment en s'inscrivant auprès du service des demandes et attributions de 
logement (ci-après: le service), « sans délai et sans discontinuité ». 

  Dite décision est entrée en force. 

4.  En date du 8 mars 2010, Mme B______ a déposé une nouvelle demande 
d'allocation de logement. Dans le formulaire prévu à cet effet, elle a indiqué avoir 
entrepris des démarches pour trouver un logement moins cher. Aucun justificatif 
n'était annexé. 

5.  L'OLO a rejeté cette requête par décision du 23 avril 2010. Les exigences 
légales et réglementaires n'étaient plus remplies. Mme B______ ne s'était pas 
inscrite auprès du service.  

6.  Le 3 mai 2010, Mme B______ a élevé réclamation contre cette décision.  

  Divorcée avec un enfant à charge, elle avait réellement besoin d'aide. A 
l'époque, son ex-mari se chargeait des affaires administratives, raison pour 
laquelle elle-même n'était pas au courant de son obligation de rechercher un autre 
appartement. Elle avait d'ailleurs récemment adressé une demande de logement 
auprès du service et de la fondation immobilière de droit public  
(ci-après : la fondation). 

7.  Par décision du 11 mai 2010, l'OLO a rejeté la réclamation. 

- 3/7 - 

A/2013/2010 

  Quant bien même Mme B______ avait déposé une demande de logement 
auprès du service et de la fondation, ces démarches étaient tardives. Aucun 
justificatif écrit n'avait été produit. L'intéressée ne pouvait pas se prévaloir 
d'inconvénient majeur justifiant sa passivité dans la recherche d'un nouvel 
appartement. 

8.  Mme B______, représentée par l'Hospice général (ci-après : l’hospice), a 
recouru auprès du Tribunal administratif par acte du 7 juin 2010. 

  Elle n'avait pu procéder aux recherches de logement en raison de sa maîtrise 
médiocre de la langue française. 

  Au nombre des annexes, figuraient notamment une réponse de la fondation 
du 5 mai 2010, confirmant que la requête de Mme B______ avait été enregistrée 
par ses soins, et un courrier du 31 mai 2010 émanant de la Ville de Lancy attestant 
que Mme B______ avait déposé une demande pour l'obtention d'un appartement 
de quatre pièces. 

  Figurait également un courrier de la Caisse d'assurance du personnel de la 
ville de Genève et des Services industriels de Genève (ci-après: la CAP) daté du 
27 mai 2010, informant l'intéressée qu’elle n'était pas en mesure de donner suite à 
sa demande. 

  Enfin, était joint un document d'information générale émanant de la Caisse 
de prévoyance du personnel enseignant de l'instruction publique et des 
fonctionnaires de l'administration du canton de Genève (ci-après: la CIA) daté du 
15 février 2010, indiquant qu'en l'état la CIA n'acceptait aucune nouvelle 
demande. 

9.  Le 5 juillet 2010, l'OLO s'est opposé au recours et a persisté dans sa 
décision. 

  Mme B______ n'avait pas effectué de démarches suffisantes en vue de 
trouver un appartement meilleur marché. Les seules recherches avaient été 
opérées après la dernière demande d'allocation de logement, soit après le 23 avril 
2010. La notice de la CIA, datée du 15 février 2010, n'était pas pertinente, dans la 
mesure où elle constituait une information générale et n'était pas spécifiquement 
adressée à Mme B______. Les motifs expliquant l'absence de recherche de 
logement, soit sa mauvaise compréhension de la langue française et le fait que 
l'intéressée n'aurait pas compris l'obligation de rechercher un nouveau logement 
ne pouvaient être qualifiés d'inconvénients majeurs.  

10.  Le juge délégué a accordé un délai au 18 septembre 2010 aux parties pour 
formuler d'éventuelles requêtes complémentaires, à défaut de quoi la cause serait 
gardée à juger. 

- 4/7 - 

A/2013/2010 

  Les parties n'ont pas sollicité d'autres actes d'instruction. 

EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 56A de la loi sur l’organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 63 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du  
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2. a. Un locataire peut être mis au bénéfice d'une allocation de logement si son 
loyer constitue une charge manifestement trop lourde, eu égard à son revenu et à 
sa fortune, et si un échange avec un logement moins onéreux ne peut se réaliser 
sans inconvénients majeurs (art. 39A al. 1 de la loi générale sur le logement et la 
protection des locataires du 4 décembre 1977 - LGL - I 4 05).  

  En vertu de l'art. 22 al. 1 let. a du règlement d'exécution de la loi générale 
sur le logement et la protection des locataires du 24 août 1992 (RGL - 4 05.01), 
l'allocation de logement ne peut pas être accordée aux locataires qui, après en 
avoir été requis, ne justifient pas qu'un échange avec un logement moins onéreux 
ne peut se réaliser sans inconvénients majeurs pour eux. 

 b. En d'autres termes, l'allocation peut être refusée d'une part, si le locataire 
n'est pas en mesure de démontrer qu'il a entrepris des démarches suffisantes afin 
de trouver un appartement mieux adapté à sa situation financière et d'autre part, 
s'il a refusé l'échange avec un appartement moins onéreux (ATA/542/2010 du  
4 août 2010 ; ATA/489/2007 du 2 octobre 2007 ; ATA/458/2006 du 31 août 
2006). 

 c. Même si le marché du logement est particulièrement tendu dans le canton de 
Genève, les personnes qui demandent une allocation de logement doivent apporter 
la preuve de leurs recherches, notamment auprès d'organismes officiels, d'un 
appartement correspondant mieux à leur situation (ATA/611/2010 du 
1er septembre 2010 ; ATA/892/2004 du 16 novembre 2004). 

  Le tribunal de céans a jugé que, compte tenu de cette situation, il convenait 
de ne pas se montrer trop exigeant quant à la preuve des recherches effectuées. 
Ainsi, le fait de s'être inscrit auprès de l'OLO, de fondations immobilières de droit 
public et de procéder à des recherches par internet pouvait être suffisant 
(ATA/542/2010 du 4 août 2010 ; ATA/489/2007 du 2 octobre 2007). 

3.  En l'espèce, les quelques recherches entreprises par l'intéressée ont été 
opérées postérieurement à sa dernière demande de renouvellement d'allocation de 
logement. En effet, les réponses de la fondation, de la Ville de Lancy et de la CAP 

- 5/7 - 

A/2013/2010 

ont été obtenues dans le courant du mois de mai 2010, soit deux mois après sa 
dernière demande d'allocation. 

  Le document d'information générale émanant de la CIA ne fait pas 
apparaître que celui-ci a été adressé personnellement à la recourante suite à une 
demande de sa part. Cette notice ne sera donc pas considérée comme une preuve 
pertinente de recherche de logement. 

  Dans sa décision du 15 mai 2009 déjà, l'OLO avait informé l'intéressée que 
l'allocation de logement lui était accordée à titre exceptionnel, malgré le fait 
qu'aucune démarche en vue de l'obtention d'un logement moins onéreux n'avait été 
entreprise. L'OLO avait également attiré l'attention de la justiciable sur le fait 
qu'un éventuel renouvellement de l'allocation serait conditionné à de futures 
démarches en vue de trouver un appartement meilleur marché, notamment en 
s'inscrivant auprès du service sans délai, et en persistant dans ses démarches. 

  En outre, les précédentes décisions d'octroi d'allocation de logement adressées 
à la recourante mentionnaient également, au verso, son obligation de démontrer qu'il 
lui était impossible de trouver de logement moins cher ailleurs. 

  Au vu de ce qui précède, le Tribunal administratif retiendra que la recourante 
n'a pas effectué de démarches suffisantes en vue de trouver de logement moins 
onéreux. 

4. a. Le locataire doit démontrer qu'un échange avec un logement moins onéreux ne 
peut se réaliser sans inconvénients majeurs (ATA/542/2010 du 4 août 2010 ; 
ATA/236/2008 du 20 mai 2008 ; ATA/236/2008 du 20 mai 2008). 

 b. Constituent des inconvénients majeurs au sens de la jurisprudence du 
Tribunal administratif, notamment l'insalubrité du logement, la cohabitation avec 
un ex-conjoint avec qui les relations sont devenues mauvaises, la naissance de 
triplés alors que l'appartement est petit, ou encore le fait de ne pas pouvoir 
installer dans un studio le lit spécial que requiert l'état de santé d'un locataire  
(ATA 542/2010 du 4 août 2010 ; ATA/437/2008 du 27 août 2008). Selon la 
directive administrative interprétative de l'OLO, référencée sous PA/DS/013.05, il 
y a inconvénient majeur lorsque : 

- l'ensemble des revenus provient du chômage ; 

- un enfant est à la crèche ou dans une école spécialisée ; 

- des soins médicaux sont dispensés à proximité ; 

- des parents âgés sont à la charge du locataire. 

- 6/7 - 

A/2013/2010 

  En l'espèce, la recourante ne s'est prévalue d'aucun inconvénient majeur au 
sens de la jurisprudence précitée au cours de sa recherche de logement. 

5.  Par ailleurs, la recourante justifie la tardiveté de ses recherches par sa 
mauvaise compréhension de la langue française. Un tel argument ne saurait être 
admis, dans la mesure où il lui appartenait de prendre ses dispositions en vue de 
comprendre les termes des décisions de l'autorité intimée (ATA/265/2010 du 
20 avril 2010).  

  Enfin, à supposer que l'ex-époux de la recourante se soit antérieurement 
occupé des affaires de l’intéressée, ce qu’aucune pièce n’atteste, il n’en demeure 
pas moins que cette dernière est responsable des actes de tout éventuel 
mandataire, de sorte que cette excuse ne peut être prise en considération non plus 
(ATF 114 II 181 consid. 2 p. 182 ; ATA/172/2010 du 16 mars 2010). 

6.  Mal fondé, le recours sera rejeté. 

  La recourante plaidant au bénéfice de l’assistance juridique, aucun 
émolument ne sera perçu (art. 12 du règlement sur les frais, émoluments et 
indemnités en procédure administrative du 30 juillet 1986 - RFPA - E 5 10.03). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 7 juin 2010 par Madame B______ contre la 
décision du 11 mai 2010 de l'office du logement ; 

au fond : 

le rejette ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 

- 7/7 - 

A/2013/2010 

conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à l'Hospice général, mandataire de Madame B______, 
ainsi qu'à l'office du logement. 

Siégeants : M. Thélin, président, Mmes Hurni et Junod, juges. 

Au nom du Tribunal administratif : 

la greffière-juriste adj. : 
 
 

F. Glauser 

 le vice-président : 
 
 

Ph. Thélin 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le   la greffière :