# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** ad3064b0-82fa-5f37-b670-b30f87a69346
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours civile HC / 2016 / 250
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_010_HC---2016---250_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

AJ13.052484-160127

77 

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS CIVILE

_________________________________________

Arrêt du
7 mars 2016

___________________

Composition
:               M.             
Winzap,
président

             
              M.             
Sauterel et Mme Charif Feller, juges

Greffière
:              Mme             
Bourqui

 

 

*****

 

 

Art.
119 al. 5, 121, 122 et 319 ss CPC

 

 

             
Statuant à huis clos sur le recours interjeté par O.________,
à Lausanne, contre la décision statuant sur l’assistance judiciaire rendue le 30 décembre
2015 par le Juge de Paix du district de Lausanne dans la cause en modification de l’autorité
parentale sur l’enfant S.________, divisant O.________ d’avec V.________, la Chambre des
recours civile du Tribunal cantonal considère :

             
En fait :

 

 

A.             
Par décision du 30 décembre 2015, le Juge de Paix du district de Lausanne a dit que les opérations
effectuées postérieurement au 20 janvier 2015 n’étaient pas couvertes par l’assistance
judiciaire accordée à O.________ le 7 février 2014 dans le cadre de la procédure
en transfert ou modification de l’autorité parentale.

 

             
En droit, le premier juge a constaté que l’assistance judiciaire accordée à O.________
par décision du 13 novembre 2012, étendue le 7 février 2014 à l’enquête
ouverte en transfert ou modification de l’autorité parentale, a pris fin par décision
du 20 janvier 2015. Les opérations effectuées postérieurement à cette décision
n’étaient pas couvertes par l’assistance judiciaire, notamment celles relatives à
la note d’honoraires du 10 novembre 2015.

 

 

B.             
Par acte du 14 janvier 2016, O.________ a recouru
contre cette décision, concluant à sa réforme en ce sens que l’assistance judiciaire
doit lui être accordée dès le 21 janvier 2015, pour les opérations effectuées
jusqu’au 10 novembre 2015.

 

             
L’autorité intimée n’a pas été invitée à se déterminer.

 

 

C.             
La Chambre des recours civile fait sien dans son entier l'état de fait du jugement, complété
par les pièces du dossier, dont il ressort notamment ce qui suit :

 

1.             
Lors d’une audience qui s’est tenue le 15 novembre 2013 au Tribunal civil de l’arrondissement
de Lausanne, O.________, assisté de Me Q.________, agissant comme conseil d’office depuis
le 13 novembre 2012, a passé une convention avec V.________ modifiant les modalités de la contribution
d’O.________ à l’entretien de son fils mineur S.________. Cette convention a été
ratifiée séance tenante par le Président pour valoir jugement. Une décision à
venir sur le montant de l’indemnité du conseil d’office a été réservée.

 

2.             
Le 26 novembre 2013, O.________ a requis du Juge
de Paix du district de Lausanne (ci-après : le Juge de Paix) la mise au bénéfice
de l’assistance judiciaire dans le cadre d’une procédure en modification de l’autorité
parentale. 

 

             
Par courrier du 5 décembre 2013, le Juge de Paix a accusé réception de cette demande et
a invité le requérant à déposer des pièces complémentaires.

 

3.             
Par courrier du 7 février 2014, le Juge de Paix a informé O.________ que l’assistance
judiciaire accordée par décision du 13 novembre 2012 dans le cadre d’une procédure
de fixation du droit de visite était étendue à la procédure en modification de l’autorité
parentale.

 

4.             
Par décision du 20 janvier 2015, transmise
aux parties le 27 mai 2015 et ultérieurement confirmée sur recours par la Chambre des curatelles
du Tribunal cantonal, le Juge de Paix a mis fin aux enquêtes en limitation de l’autorité
parentale de la mère V.________ sur l’enfant S.________ et en fixation du droit de visite
du père, O.________. Il a également rejeté la requête en attribution de l’autorité
parentale du père, institué une curatelle d’assistance éducative, fixé la mission
du curateur, fixé les modalités du droit de visite du père et arrêté l’indemnité
d’avocat d’office allouée à Me Q.________ à 5'551 fr. 20, débours et
TVA compris, pour ses activités du 26 août 2013 au 20 janvier 2015.

 

5.             
Par courrier du 8 octobre 2015, O.________ a écrit au Service de protection de la jeunesse (ci-après :
SPJ), avec copie au Juge de Paix, afin de se plaindre de la façon dont la curatrice exécutait
sa mission. 

 

             
Le 9 octobre 2015, V.________ est intervenue dans le même sens auprès du SPJ.

 

             
Le 14 octobre 2015, la Justice de Paix a invité le SPJ à se déterminer sur les doléances
des parties, ce qu’il a fait par courrier du 20 octobre 2015.

 

             
Le 30 octobre 2015, O.________ s’est alors adressé au Juge de Paix afin que celui-ci interprète
ou rectifie sa décision du 20 janvier 2015 au sens de l’art. 334 CPC en ce qui concerne
le droit de visite durant les vacances.

 

6.             
Le 10 novembre 2015, le Juge de Paix a tenu une audience lors de laquelle il a décidé d’instituer
une curatelle de surveillance des relations personnelles en faveur de l’enfant et a fixé ses
modalités d’exécution. Il a également mis les frais de la cause à la charge
de l’Etat.

 

             
Lors de cette audience, Me Q.________ a déposé une note d’honoraire pour les opérations
effectuées entre le 1er
avril et le 10 novembre 2015, en prétendant à 485 minutes de travail d’avocat, 165 minutes
de travail d’avocat-stagiaire et 112 fr. de débours, soit un total de 2'010 fr. 10, TVA comprise.

 

 

             
En droit
:

 

 

1.             
Selon l'art. 121 CPC (Code de procédure civile
du 19 décembre 2010 ; RS 272), les décisions refusant ou retirant totalement ou partiellement
l'assistance judiciaire peuvent faire l'objet d'un recours. Le recours de l'art. 319 let. b ch. 1 CPC
est ainsi ouvert par renvoi de l'art. 121 CPC. Dès lors que le tribunal statue en procédure
sommaire sur les requêtes d’assistance judiciaire (art. 119 al. 3 CPC), le délai pour
l’introduction du recours est de dix jours (art. 321 al. 2 CPC).

 

             
En l'espèce, déposé en temps utile, par une partie qui a un intérêt digne de
protection (art. 59 al. 2 let. a CPC), dûment motivé et signé, le recours est recevable.

 

 

2.             
Le recours est recevable pour violation du droit
et constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC). L'autorité de recours dispose d'un
plein pouvoir d'examen s’agissant de la violation du droit (Spühler, Basler Kommentar, Schweizerische
Zivilprozessordnung, 2e
éd., 2013, n. 1 ad art. 320 CPC). Elle revoit librement les questions de droit soulevées
par le recourant et peut substituer ses propres motifs à ceux de l'autorité précédente
ou du recourant (Hohl, Procédure civile, tome II, 2e
éd., 2010, n. 2508, p. 452). Comme pour l'art. 97 al. 1 LTF (Loi sur le Tribunal fédéral
du 17 juin 2005 ; RS 173.110), le grief de la constatation manifestement inexacte des faits ne permet
que de corriger une erreur évidente, la notion se recoupant en définitive avec l'appréciation
arbitraire des preuves (Corboz, Commentaire de la LTF, 2e
éd., 2014, n. 27 ad art. 97 LTF).

 

 

3.

3.1             
Le recourant soutient que les opérations
effectuées par son avocate à la suite de la décision du 20 janvier 2015 concernant la
procédure de modification de l’autorité parentale sont couvertes par l’assistance
judiciaire précédemment octroyée, dans la mesure où il s’agissait d’une
procédure de rectification ou d’interprétation de ladite décision.

 

3.2             
L’art. 119 al. 5 CPC prévoit que l'assistance
judiciaire doit faire l'objet d'une nouvelle requête pour la procédure de recours.

 

             
Selon la doctrine, l’art. 119 al. 5 CPC visent les recours au sens large, ce qui inclut les appels
(308 ss CPC) et les procédures de révision, interprétation et rectification (Tappy,
CPC commenté, 2011, n. 21 ad art. 119 CPC).

 

3.3             
Dans le cadre du règlement des frais au sens
de l’art. 122 CPC intervenu au terme de la procédure en modification de l’autorité
parentale et en fixation du droit de visite, le conseil d’office du recourant a été dûment
indemnisé par décision du 20 janvier 2015. Ainsi, la couverture de l’assistance
judiciaire en faveur d’O.________ a pris fin avec la procédure qu’elle concernait. 

 

             
En l’espèce, si comme le soutient le recourant, on devait considérer que les opérations
effectuées après le 20 janvier 2015 relevaient d’une procédure de rectification
ou d’interprétation, il lui incombait dès lors, conformément à l’art.
119 al. 5 CPC, de formuler une nouvelle demande d’assistance judiciaire pour cette procédure.

 

             
En tout état de cause, il s’avère toutefois que la requête du recourant au Juge
de Paix n’a pas été traitée comme une procédure de rectification, mais comme
une nouvelle procédure en protection de l’enfant. Partant, cette nouvelle procédure nécessitait
en tous les cas de faire une nouvelle demande d’assistance judiciaire. 

 

             
Comme le recourant n’a pas déposé de nouvelle demande d’assistance judiciaire,
son conseil ne peut prétendre à être rémunéré par l’Etat pour les
opérations effectuées après le 20 janvier 2015.

 

 

4.             
Compte tenu de ce qui précède, le recours doit être rejeté selon le mode procédural
de l’art. 322 al. 1 CPC et la décision attaquée confirmée.

 

             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 100 fr. (art. 69 al. 1 et 70
al. 3 TFJC [Tarif des frais judiciaires en matière civile du 28 septembre 2010 ; RSV 270.11.5]),
sont mis à la charge du recourant qui succombe (art. 106 al. 1 CPC).

 

             
Il n’y a pas lieu d’allouer de dépens.

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours civile
du Tribunal cantonal,

en
application de l'art. 322 al. 1 CPC,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
La décision du 30 décembre 2015 est confirmée.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 100 fr. (cent francs), sont
mis à la charge du recourant O.________.

 

             
IV.             
L’arrêt motivé est exécutoire.

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du
7 mars 2016

 

             
Le dispositif de l'arrêt qui précède est communiqué par écrit aux intéressés.

 

             
La greffière :

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié en expédition complète, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Me Q.________ (pour O.________).

 

             
La Chambre des recours civile considère que la valeur litigieuse est inférieure à 30’000 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral ;
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme la Juge de Paix du district de Lausanne.

 

             
La greffière :