# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c787d183-2d48-5848-898c-fb9fc850ddd2
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-02-18
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 18.02.2021 A/457/2021
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-457-2021_2021-02-18.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/457/2021-DIV ATA/176/2021 

 COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative 

Décision du 18 février 2021 

sur mesures provisionnelles 

 

dans la cause 

 

A______ (SUISSE) SA 
représentée par Mes Vincent Jäggi et Adrian Veser, avocats  

contre 

VILLE DE GENÈVE, DÉPARTEMENT DES FINANCES, DE 
L'ENVIRONNEMENT ET DU LOGEMENT 
représentée par Me Adrien Alberini, avocat 

 

 
 
 
 
  
 

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A/457/2021 

 Vu, en fait, le recours interjeté le 10 février 2021 par A______ (Suisse) SA (ci-

après : A______ (Suisse) SA) contre la décision de la Ville de Genève (ci-après : ville), 

département des finances, de l'environnement et du logement (ci-après : département) 

l’excluant de l’opération « bons d’achat solidaires », celle-ci concluant, sur mesures 
provisionnelles et sur le fond, à sa réintégration immédiate ainsi que, sur le fond, à la 

constatation que son exclusion était illicite, subsidiairement au renvoi de la cause à la ville 

pour nouvelle décision, plus subsidiairement au constat que la ville a commis un déni de 

justice ; 

 qu’en novembre 2020, la ville a lancé l’opération « bons d’achat solidaires » 
(ci-après : opération) proposant à la population des bons d’achat de CHF 20.-, CHF 50.- et 
CHF 100.- avec un rabais de 20 % financé par la ville, en partenariat avec la Fondation 

communale pour le développement des emplois et du tissu économique (ci-après : 

Fondetec), la plateforme GenèveAvenue et le réseau « monnaie Léman » ; les commerces 

participant à l'opération devaient être situés sur le territoire de la ville et être inscrits sur le 

site de GenèveAvenue ; les arcades alimentaires étaient exclues ; les bons étaient valables 

jusqu’au 31 décembre 2021, mais la Fondetec versait au commerçant, dans les dix jours 
après l’achat du bon, la valeur de celui-ci ; 

 que A______ (Suisse) SA, dont le siège est à Satigny, B______ SA (ci-après : 

B______), dont le siège est à Lausanne, et C______ SA (ci-après : C______), dont le siège 

est à Bâle-Ville ont participé à l’opération ; 

 que A______ (Suisse) SA explique qu’elle exploite treize magasins en Suisse, dont 
les quatre sis à Genève emploient 149 personnes ; qu’entre sa mise en ligne le 22 décembre 
2020 sur le site de GenèveAvenue et le 21 janvier 2021, des « bons d’achat solidaires » 
pour une valeur totale de CHF xxx ont été vendus en sa faveur ; ce montant correspondait à 

environ un tiers de son chiffre d’affaires mensuel ; 

 que selon A______ (Suisse) SA, B______, sa concurrente directe sur le marché du 

livre, était détenue à 20% par la société française D______ SA, exploitait treize magasins 

en Suisse, dont deux en ville de Genève ; que C______ exploitait une soixantaine de 

magasins en Suisse, dont un en ville de Genève, employait 10'000 personnes et appartenait 

à E______ SA, qui, active sur le plan international, réalisait un chiffre d’affaires annuel de 
CHF xxx; C______   était sa concurrente dans le domaine des produits électroniques ; 

 que le 18 janvier 2021, la ville avait annoncé qu’elle reconduisait l’opération 
jusqu’au 28 février 2021 ; que le 21 janvier 2021, A______ (Suisse) SA s’était rendu 
compte que son nom ne figurait plus sur la liste des commerçants participant à l’opération ; 
elle s’était alors aperçue que les conditions générales avaient été modifiées en ce sens que 
« les entreprises participantes doivent avoir leur siège mondial en Suisse » ; 

 que lors d’un entretien téléphonique avec la ville le 22 janvier 2021, une 
collaboratrice du département lui avait indiqué que la ville ne souhaitait pas subventionner 

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des enseignes appartenant à des groupes, dont le siège était « situé à l’international », 
l’opération étant destinée aux petits commerçants genevois ; 

 que les demandes répétées de A______ (Suisse) SA d’obtenir une décision la 
réintégrant ou confirmant son exclusion de l’opération étaient restées vaines ; que l’avocat 
de la ville avait indiqué le 2 février 2021 qu’il avait pris note des courriers de A______ 
(Suisse) SA et reviendrait à elle « en temps opportun » ; que le 2 février également, 

A______ (Suisse) SA aurait reçu un courriel de GenèveAvenue lui indiquant que celle-ci 

avait le plaisir de la compter dans la seconde opération de « bons d’achat solidaires » ; 

 que le 5 février 2021 toutefois, le conseil de la ville avait fait savoir que l’opération 
n’incluait pas « les entités appartenant à des groupes internationaux dont la maison-mère 
est basée à l’étranger » et qui n’avaient pas le même besoin de soutien que les entités 
locales ; A______ (Suisse) SA était un grand groupe et son éviction ne constituait pas une 

discrimination ou une distorsion de la concurrence à l’égard de C______ ou B______ ; 

 qu’interpellé par la presse sur le subventionnement à C______, le chef du 
département avait répondu que C______ était une entreprise familiale genevoise qui 

générait de l’emploi ; toujours selon la presse, les bons d’achat avaient trouvé preneur pour 
CHF 8'000'000.-, dont x % avaient été vendus à C______ ; la ville avait déclaré qu’elle 
n’inclurait dans la seconde phase de l’opération que « les entreprises ayant un siège social 
dans le canton ou y ayant une activité prépondérante » ; 

 que A______ (Suisse) SA fait valoir que son exclusion constitue une décision au 

sens de l’art. 4 al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (ci-
après : LPA) ; si tel n’était pas le cas, il convenait d’admettre que le refus de rendre une 
décision visant à faire cesser ou révoquer l’acte illicite, malgré les mises en demeure, 
devait être assimilé à une décision ; son droit d’être entendue avait été violé, n’ayant pas 
pu se déterminer avant son exclusion et n’ayant pas reçu de décision motivée ; sa liberté 
économique était également violée, la décision d’exclusion favorisant ses concurrents 
directs, notamment B______ en ce qui concernait la vente du livre et C______ en ce qui 

concernait les articles électroniques, informatiques et électroménagers ; ses ventes dans ces 

domaines étaient quasiment nulles depuis son exclusion ; aucune base légale ne fondait la 

distinction opérée par la ville ; le critère du « siège mondial » à Genève avait été ajouté 

après son exclusion ; il s’agissait d’un critère flou et peu clair ; il était discriminatoire et 
n’était pas appliqué systématiquement puisque des sociétés étrangères (F______, 
G______, H______, I______ etc.) restaient admises ; par ailleurs, C______ et B______ ne 

pouvaient être qualifiées de commerces de proximité ; l’exclusion n’était pas non plus 
justifiée par un intérêt public ni proportionnée, un plafonnement du montant total aurait 

paru plus proportionné ; tant la motivation de l’exclusion que l’exclusion étaient 
arbitraires ; J______, une société française appartenant à A______ France, pouvait 

participer du seul fait que sa succursale se trouvait dans le magasin B______ ; 

 que les mesures provisionnelles sollicitées étaient justifiées, compte tenu de 

l’urgence, chaque jour passant consacrant une grave distorsion du marché, ayant un effet 

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immédiat sur son chiffre d’affaires et l’opération se terminant le 28 février 2021 ; en 
refusant de rendre une décision, la ville avait privé A______ (Suisse) SA de l’effet 
suspensif qu’un recours aurait déployé ; aucun intérêt public ne s’opposait à sa 
réintégration sur mesures provisionnelles ; 

 que la ville, se déterminant sur mesures provisionnelles et sur le fond, a conclu au 

rejet des deux ; elle a relevé que la recourante n’avait jamais sollicité de décision de sa 
part, mais une prise de position, qui lui avait été donnée par courrier du 5 février 2021 ; 

l’opération avait été affinée au gré du contexte incertain et changeant, dans le respect des 
libertés individuelles et du principe de proportionnalité, dans le but de la meilleure 

utilisation possible des deniers publics ; après l’expérience de l’opération conduite 
jusqu’en janvier 2021, la ville avait souhaité restreindre son aide aux besoins devenus les 
plus urgents, à savoir le soutien au commerce local, ce qui avait conduit à l’introduction du 
critère du siège mondial en Suisse ; ce critère se justifiait par le fait que les entités 

appartenant à des groupes internationaux pouvaient bénéficier d’une couverture financière 
(telles qu’avances de trésorerie par la maison-mère ou d’autres sociétés du groupe ; aide 
étatique ; aide de l’Union Européenne) potentiellement différente de celle des commerces 
locaux ; dans la seconde phase, entrée en vigueur le 21 janvier 2021, la ville avait 

également introduit un plafond à CHF 100'000.- par établissement ; A______ (Suisse) SA, 

comme d’autres commerçants ne remplissant plus les critères de l’opération, n’avait pas 
été informée des modifications, une telle démarche ayant été jugée disproportionnée ; seule 

la ville fixait les conditions, GeneveAvenue se limitant à les exécuter ; 

 que C______ et B______ avaient leur siège mondial en Suisse ; E______ SA, 

société-mère du groupe comprenant C______, avait son siège à Genève ; si C______  était 

concurrente sur le même marché que A______ (Suisse) SA, son chiffre d’affaires reposait 
aussi sur d’autres activités que celles de A______ (Suisse) SA ; B______ était également 
concurrent de A______ (Suisse) SA, mais son activité n’était pas comparable à celle de 
A______ (Suisse) SA, dont le groupe et l’activité globale étaient plus importants ; les 
autres commerces cités par la recourante travaillaient au bénéfice d’une franchise et, donc, 
à leur propre risque financier, contrairement à A______ (Suisse) SA ; une entité avait 

d’ailleurs été retirée de l’opération, lorsque la ville avait appris qu’elle n’était pas exploitée 
sous franchise ; le groupe A______ avait bénéficié d’un prêt de l’État français de EUR 
xxx  ; A______ (Suisse) SA n’avait établi ni la diminution de son chiffre d’affaires ni que 
celle-ci était liée à son exclusion de l’opération ; que le groupe A______ avait fortement 
augmenté son chiffre d’affaires au troisième trimestre de 2020 ; 

 que dans sa réplique sur mesures provisionnelles et sur le fond, A______ (Suisse) SA 

a relevé qu’il appartenait à la ville d’exposer les critères selon lesquels elle privilégiait 
certains acteurs économiques et non à A______ (Suisse) SA de démontrer qu’elle avait le 
droit de participer à l’opération ; elle n’avait reçu aucun soutien financier du groupe 
K______ auquel elle appartenait ni d’aucun autre membre de ce groupe ; la compréhension 
que la recourante avait du système de l’opération ne constituait pas une motivation de son 
exclusion ; le plafonnement à CHF 100'000.- par établissement ne ressortait pas des 

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conditions générales publiées le 22 janvier 2021, ni d’ailleurs du communiqué du presse du 
Conseil administratif ; la presse avait mentionné un possible plafonnement à 5 % du 

montant total, soit CHF 250'000.- (5% de CHF 5'100'000.-) ; au vu des pièces produites, il 

ne pouvait être exclu que les conditions aient été modifiées après l’introduction du 
recours ; compte tenu de l’incitation que les bons d’achat pouvaient constituer, l’impact sur 
le chiffre d’affaires était considérable ; en outre, pour CHF 100'000.- de participation de la 
ville, la consommation y relative se montait à CHF 500'000.- ; l’atteinte portée à la 
neutralité concurrentielle et à la liberté économique était ainsi importante ; 

 que le seul marché auquel il fallait comparer B______ était le marché genevois ; 

C______ appartenait, comme la recourante, à un groupe, de sorte qu’elle pourrait aussi 
bénéficier du soutien financier de celui-ci ; les chiffres que la ville tirait du rapport 

financier du Groupe A______ K______ étaient des chiffres consolidés, qui ne concernaient 

pas A______ (Suisse) SA ; par ailleurs, la ville n’avait pas produit les chiffres de C______, 
B______ ou E______ SA ; la discrimination fondée sur l’appartenance à un groupe 
étranger contrevenait aux engagements internationaux de la Suisse et à la loi sur le marché 

intérieur ; en outre, les entreprises bénéficiant d’aides étatiques n’avaient pas le droit de 
transférer cette aide à une société n’ayant pas son siège dans le même pays ; la recourante 
n’était ainsi pas aidée par le groupe K______ ; par ailleurs, l’intimée n’était pas en mesure 
de démontrer que le capital-actions des sociétés ayant leur siège en Suisse ne serait pas 

détenu par des actionnaires « étrangers » ; il y avait un intérêt public à réintégrer la 

recourante, les consommateurs genevois bénéficiant ainsi d’un plus large choix ; le 
montant de l’aide étant déjà arrêté, la réintégration n’aurait aucun impact sur les deniers 
publics ; l’argument relatif aux établissements franchisés ne résistait pas à l’examen, la 
ville n’étant pas en mesure de savoir si ceux-ci étaient soutenus par les franchiseurs ; 

 que les mesures provisionnelles se justifiaient, la recourante subissant une perte de 

clientèle et de fidélisation, et la distorsion de la concurrence étant susceptible de durer 

au-delà du 28 février 2021 ; étaient joints les conditions générales valables au 

21 janvier 2021, un tableau avec les encaissements par A______ (Suisse) SA des bons 

d’achat solidaires en janvier et en février 2021 ainsi qu’un extrait du site d’un syndicat 
dénonçant les pressions exercées par C______ sur ses employés pour accepter une 

augmentation de leur temps de travail ; 

 que la recourante a encore produit une attestation du directeur financier de A______ 

K______ qu’en 2020, A______ (Suisse) SA n’avait pas bénéficié d’aide financière ni 
d’avance de trésorerie de A______ K______ ou d’une société appartenant au groupe ; 

 que sur ce, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger sur mesures 

provisionnelles et sur le fond ; 

 Considérant, en droit, l'art. 9 al. 1 du règlement interne de la chambre administrative 

de la Cour de justice du 26 mai 2020, à teneur duquel les décisions sur effet suspensif sont 

prises par la présidente de ladite chambre, respectivement par le vice-président, ou en cas 

d'empêchement de ceux-ci, par un juge ; 

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 qu'aux termes de l'art. 66 de la loi sur la procédure administrative du 

12 septembre 1985 (LPA-GE - E 5 10), sauf disposition légale contraire, le recours a effet 

suspensif à moins que l'autorité qui a pris la décision attaquée n'ait ordonné l'exécution 

nonobstant recours (al. 1) ; que toutefois, lorsque aucun intérêt public ou privé 

prépondérant ne s'y oppose, la juridiction de recours peut, sur la demande de la partie dont 

les intérêts sont gravement menacés, retirer ou restituer l'effet suspensif (al. 3) ; 

 que, par ailleurs, l'art. 21 al. 1 LPA permet le prononcé de mesures provisionnelles ; 

 que selon la jurisprudence constante de la chambre administrative, des mesures 

provisionnelles, dont fait partie la restitution et le retrait de l'effet suspensif, ne sont 

légitimes que si elles s'avèrent indispensables au maintien d'un état de fait ou à la 

sauvegarde d'intérêts compromis (ATF 119 V 503 consid. 3 ; ATA/1043/2020 du 

19 octobre 2020 ; ATA/303/2020 du 19 mars 2020 ; ATA/503/2018 du 23 mai 2018) ; 

 qu'elles ne sauraient, en principe, anticiper le jugement définitif (Isabelle HÄNER, 

Vorsorgliche Massnahmen in Verwaltungsverfahren und Verwaltungsprozess in  

RDS 1997 II 253-420, 265) ; que, par ailleurs, l'octroi de mesures provisionnelles 

présuppose l'urgence, à savoir que le refus de les ordonner crée pour l'intéressé la menace 

d'un dommage difficile à réparer (ATF 130 II 149 consid. 2.2 ; 127 II 132 consid. 3) ; 

 que lors de l'octroi ou du retrait de l'effet suspensif, l'autorité de recours dispose d'un 

large pouvoir d'appréciation qui varie selon la nature de l'affaire (arrêt du Tribunal fédéral 

2C_1161/2013 du 27 février 2014 consid. 5.5.1) ; 

 qu’en l’espèce, la recourante sollicite, par voie de mesures provisionnelles, ce qu’elle 
demande au fond ; que comme cela vient d’être exposé, les mesures provisionnelles ne 
sauraient, a priori, anticiper le jugement définitif ; 

 qu’il convient ainsi d’examiner les chances de succès du recours ; 

 que le fait qu’elle n’ait pas été acceptée à participer à la seconde phase de l’opération 
peut, prima facie et sans préjudice de l’examen au fond, être considéré comme une 
décision, dont la ville a apporté les motifs dans son courrier du 5 février 2021 ;  

 que s’agissant d’une opération visant à soutenir un grand nombre de commerces, il 
n’apparaît, à première vue, pas qu’au moment de la reconduire, l’intimée aurait dû 
individuellement informer les participants qui n’en remplissaient plus les conditions ;  

 que la recourante conteste les conditions de participation fixées à la seconde phase de 

l’opération des bons d’achat, notamment celle exigeant que le commerçant ait son « siège 
mondial » en Suisse, se plaignant d’une discrimination inadmissible et d’une atteinte à sa 
liberté économique et au principe de la liberté économique ; 

 que la liberté économique (art. 27 Constitution fédérale de la Confédération suisse du 

18 avril 1999 (Cst. - RS 101) protège toute activité économique privée, exercée à titre 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/119%20V%20503
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/1043/2020
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/303/2020
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/503/2018
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/1997%20II%20253
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/130%20II%20149
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/127%20II%20132
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/2C_1161/2013

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professionnel et tendant à la production d'un gain ou d'un revenu (ATF 137 I 167 

consid. 3.1) ; elle englobe le principe de l'égalité de traitement entre personnes appartenant 

à la même branche économique, en vertu duquel les mesures étatiques qui ne sont pas 

neutres sur le plan de la concurrence entre les concurrents directs sont prohibées ; ce 

principe offre une protection plus étendue que l'art. 8 Cst. ; l'égalité de traitement entre 

concurrents n'est toutefois pas absolue et autorise des différences, à condition que celles-ci 

reposent sur une base légale, qu'elles répondent à des critères objectifs, soient 

proportionnées et résultent du système lui-même (ATF 140 I 218 consid. 6.3 et les 

références citées) ; 

 qu’ainsi, selon le principe de l'égalité de traitement entre personnes appartenant à la 
même branche économique découlant des art. 27 et 94 Cst. sont interdites les mesures qui 

causent une distorsion de la compétition entre concurrents directs, c'est-à-dire celles qui ne 

sont pas neutres sur le plan de la concurrence (ATF 130 I 26 consid. 6.3.3.1) ; on entend 

par concurrents directs les membres de la même branche qui s'adressent avec les mêmes 

offres au même public pour satisfaire les mêmes besoins ; 

 que la question de savoir si la recourante peut être considérée, au regard des art. 27 et 

94 Cst., comme une concurrente directe des deux sociétés (C______ et B______) 

auxquelles elle se compare est délicate, dès lors qu’a priori,  C______ offre également 
d’autres marchandises que celles vendues par la recourante et cette dernière propose un 
assortiment, notamment électronique, que B______ ne vend pas, comme la recourante 

l’indique d’ailleurs elle-même ; 

 qu’il ne suffit pas que les deux sociétés précitées vendent également des biens 
qu’elle-même propose ; le principe d'égalité de traitement des concurrents d'une même 
branche économique ne s'applique, en effet, pas dans l'hypothèse où deux catégories 

d'entreprises se trouvent dans une situation de concurrence pour une partie seulement de 

leurs activités (ATF 120 Ia 236 consid. 2b ; 119 Ia 433 consid. 2b) ; 

 que par ailleurs, le critère du « siège mondial en Suisse » permettant de participer à la 

seconde phase de l’opération menée par l’intimée soulève la question de savoir s’il est 
suffisamment compréhensible et précis, d’une part, et s’il est arbitraire, d’autre part ; 

 que l’interprétation par la ville de la notion de « siège mondial en Suisse », soit d’un 
terme qui n’est pas utilisé par la loi, visant à définir les sociétés ayant une activité 
internationale ou faisant partie d’un groupe actif dans plusieurs pays, mais ayant leur siège 
principal ou le siège de la société-mère en Suisse n’apparait pas d’emblée insoutenable ; 

 que la question de savoir si ce critère, qui vise à traiter différemment des commerces 

appartenant à un groupe dont le siège est sis à l’étranger de ceux qui ont leur siège en 
Suisse, est arbitraire nécessite un examen plus approfondi ; que la distinction opérée repose 

sur l’hypothèse que les sociétés appartenant à un groupe dont le siège se trouve à l’étranger 
peuvent bénéficier d’aides financières de leur pays de domiciliation, différentes de celles 
perçues en Suisse ; 

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 qu’à cet égard, A______ K______ a perçu, selon un communiqué de presse du 
19 avril 2020 produit par l’intimée, un prêt de EUR xxx garanti par l’État français ; 

 que, certes, selon l’attestation produite par A______ K______, la recourante n’a pas 
reçu d’aide de ce groupe en 2020 ; que cette dernière semble, cependant, selon les pièces 
produites par la ville et l’allégation non contestée de celle-ci, avoir réalisé un bon chiffre 
d’affaires en 2020 ;  

 que quoi qu’il en soit, dans la mesure où l’aide apportée par l’opération aux 
entreprises – et indirectement aux consommateurs – s’inscrit dans le contexte très 
particulier de la crise sanitaire actuelle, a une durée limitée dans le temps et vise à 

préserver le commerce local, le critère justifiant l’admission à l’opération menée par la 
ville, bien que discutable, n’apparaît pas, prima facie et sans préjudice de l’examen au 
fond, manifestement incompatible avec l’interdiction de l’inégalité de traitement ;  

 qu’enfin, la recourante a un intérêt privé financier et de fidélisation de sa clientèle à 
être immédiatement réintégrée dans l’opération des bons d’achat ; qu’elle allègue subir un 
préjudice important qu’elle ne rend toutefois pas vraisemblable, ne produisant que la 
comparaison du montant réalisé en janvier et début février 2021 en lien avec ladite 

opération, mais ne fournit aucune indication sur son chiffre d’affaires réalisé depuis le 
19 janvier 2021 ; 

 que l’intérêt public réside, en particulier, dans la préservation des deniers publics et 
dans le respect, par la ville, des conditions de participation à l’opération des bons d’achat 
solidaires fixées par elle-même ; 

 qu’au vu de ce qui précède, il n’apparaît pas que les chances de succès du recours 
soient manifestes ni que l’intérêt privé de la recourante doive l’emporter sur l’intérêt 
public, au stade de mesures provisionnelles ; 

 que, partant, la requête de mesures provisionnelles sera rejetée ; 

 qu’il sera statué sur les frais de la présente décision avec le fond. 

*  *  * 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

rejette la requête de mesures provisionnelles ; 

réserve le sort des frais de la procédure jusqu’à droit jugé au fond ; 

dit que conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du  

17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), la présente décision peut être portée dans les trente jours 

qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/JmpLex/RS%20173.110

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de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de 

preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au 

Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 

conditions de l'art. 42 LTF. La présente décision et les pièces en possession du recourant, 

invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l'envoi ;  

communique la présente décision à Mes Vincent Jäggi et Adrian Veser, avocats de la 

recourante, ainsi qu'à Me Adrien Alberini, avocat de l'intimée. 

 

 La Juge : 
 
 
 

F. Krauskopf 

 

 

 

Copie conforme de cette décision a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 

 

 la greffière :