# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1bac3b4a-210e-5556-876d-86fba68b2128
**Source:** Bern Gerichte (BE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-10-26
**Language:** fr
**Title:** Bern Obergericht Beschwerdekammer in Strafsachen 26.10.2018 BK 2018 421
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/BE_ZivilStraf/BE_OG_008_BK-2018-421_2018-10-26.pdf

## Full Text

Cour suprême
du canton de Berne

Chambre de recours pénale 

Obergericht
des Kantons Bern

Beschwerdekammer in 
Strafsachen

Décision
BK 18 421

Hochschulstrasse 17
Case postale
3001 Berne
Téléphone +41 31 635 48 13
Fax +41 31 634 50 55
coursupreme-penal.berne@justice.be.ch
www.justice.be.ch/coursupreme Berne, le 26 octobre 2018

Composition Juges d’appel Stucki (Président e.r.), Geiser et Hubschmid
Greffière Vogt

Participants à la procédure Présidente de tribunal A.________, 

intimée

B.________
représenté d’office par Me C.________
requérant

Objet demande de récusation

 
procédure judiciaire ultérieure de réexamen de la libération 
conditionnelle 

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Considérants :

1.

1.1 Par ordonnance du 20 septembre 2018, la Présidente e.o. du Tribunal régional 
Jura bernois-Seeland, Agence du Jura bernois, qui a repris la procédure judiciaire 
ultérieure ouverte en vue de réexaminer la libération conditionnelle de B.________, 
a fixé aux parties un délai jusqu’au 1er octobre 2018 pour formuler d’éventuels 
motifs de récusation à son égard. 

1.2 Dans sa lettre adressée au Tribunal régional Jura bernois-Seeland, Agence du 
Jura bernois (ci-après : Tribunal régional), Me C.________ a demandé la 
récusation de la Présidente de tribunal e.o. parce qu’elle avait opéré en qualité de 
greffière dans le cadre de la dernière procédure d’examen de la libération 
conditionnelle de B.________ qui s’est soldée par une décision de refus. Etant 
donné que le Tribunal doit se prononcer une nouvelle fois sur la même question et 
que sa façon d’appréhender la situation de B.________ est déjà connue de ce 
dernier, le requérant doute de la partialité de la Présidente e.o. du Tribunal régional 
et ne considère pas bénéficier d’un tribunal impartial et indépendant. Le fait qu’on 
ait tardé à reprendre sa procédure tend aussi à lui faire penser que l’autorité 
n’envisage aucunement une libération conditionnelle. Partant, la défense demande, 
au nom de B.________, la récusation de la Présidente e.o. du Tribunal régional, en 
application de l’art. 56 let. b et f CPP.

1.3 Dans la prise de position qu’elle a fait parvenir le 4 octobre 2018 à la Chambre de 
recours pénale, la Présidente e.o. du Tribunal régional, qui entre-temps a été élue 
Présidente de tribunal ordinaire, a expliqué qu’elle doutait que les deux procédures 
ultérieures PEN 14 112 et PEN 18 153 puissent être considérées comme « une 
même cause » au sens de l’art. 56 let. b CPP et s’en est remise pour le surplus à 
l’appréciation de la Chambre de recours pénale. 

1.4 Par ordonnance de la Présidente de la Chambre de recours pénale du 
8 octobre 2018, une procédure de récusation a été ouverte et un délai de 10 jours 
a été imparti au requérant pour déposer une réplique.

1.5 Par courrier du 18 octobre 2018, le défenseur du requérant a confirmé sa demande 
de récusation en renvoyant aux motifs invoqués dans son courrier du 
1er octobre 2018 et ajouté que même s’il s’agit formellement d’une nouvelle 
procédure, ce sont exactement les mêmes questions juridiques qui se posent et la 
Présidente de tribunal y a répondu négativement dans la dernière décision qu’elle a 
signée comme greffière. Dans la mesure où B.________ connaît déjà la façon dont 
la Présidente de tribunal appréhende sa situation, « les dés sont pipés » 
indépendamment de connaître l’avis de l’expert qui sera désigné. La défense 
rappelle que le fait qu’on ait tardé à reprendre la procédure de B.________, étant 
donné que c’est lui qui a dû revenir à la charge pour faire bouger les choses, le 
convainc du fait que l’autorité saisie n’envisage aucunement une libération 
conditionnelle.

1.6 Par ordonnance du 22 octobre 2018, le Président e.r. de la Chambre de recours 
pénale a donné connaissance à l’intimée de la réplique du requérant.

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2.

2.1 La demande de récusation présentée au nom de B.________ se fonde sur l’art. 56 
let. b et f CPP.

Aux termes de l’art. 56 let. b CPP, toute personne exerçant une fonction au sein 
d’une autorité pénale est tenue de se récuser lorsqu’elle a agi à un autre titre dans 
la même cause, en particulier comme membre d’une autorité, conseil juridique 
d’une partie, expert ou témoin. La lettre f de l’art. 56 CPP définit une clause 
générale qui vise toutes les situations non énumérées aux lettres a à e. Elle 
correspond à la garantie d’un tribunal indépendant et impartial consacrée aux art. 
30 al. 1 Cst et 6 par 1 CEDH qui permet d'exiger la récusation d'un juge dont la 
situation ou le comportement est de nature à susciter des doutes quant à son 
impartialité. 

Dans le cas d’espèce, la Présidente de tribunal a agi comme greffière dans la 
précédente procédure d’examen de la libération conditionnelle de B.________. Il 
convient de rappeler que le greffier fait partie de l’autorité judiciaire [art. 33 de la loi 
sur l’organisation des autorités judiciaires et du Ministère public (LOJM ; RSB 
161.1)] de sorte qu’il rentre dans la définition de « toute personne exerçant une 
fonction au sein d’une autorité pénale » prévue à l’art. 56 CPP. Dans le canton de 
Berne, le greffier est investi des tâches définies notamment dans le Règlement de 
la Cour suprême sur les tâches et les compétences des personnes exerçant la 
fonction de greffiers et greffières des autorités judiciaires civiles et pénales 
(règlement sur les greffiers, RGre). Aux termes de l’art. 2 al. 1 dudit règlement, il 
assure entre autres la tenue du procès-verbal et la rédaction de la motivation écrite 
du jugement ; il peut également participer aux actes d’instruction et à l’élaboration 
de projets écrits de jugement ou de décision. Il découle de ce qui précède que le 
greffier peut, dans une certaine mesure, collaborer à la formation de la décision qui 
sera rendue par le tribunal. Les compétences dont il est investi ne lui permettent 
cependant pas une participation au stade décisionnel.

Quand bien même devrait-on admettre que la Présidente de tribunal a, par ses 
activités de greffière dans la précédente procédure d’examen de la libération 
conditionnelle, partagé la position du tribunal dans cette affaire, on ne saurait, en 
raison de ce seul fait, lui reprocher de ne plus disposer de l’objectivité nécessaire 
pour traiter la nouvelle procédure en qualité de Présidente de tribunal. La question 
se pose par ailleurs de savoir si la nouvelle procédure engagée en vue du 
réexamen de la libération conditionnelle de B.________, exigé par l’art. 64 al. 2 
CP, constitue une même cause au sens de l’art. 56 let. b CPP. Ainsi que l’a rappelé 
le Tribunal fédéral dans son arrêt 6B_621/2011 du 19 décembre 2011, consid. 2.3, 
la notion de "même cause" visée à l'art. 56 let. b CPP s'entend de manière formelle 
(JEAN-MARC VERNIORY, in: CPP, Commentaire Romand, 2011, n° 16 ad art. 56 
CPP), c'est-à-dire comme la procédure ayant conduit à la décision attaquée ou 
devant conduire à celle attendue. Elle n'englobe en revanche pas une procédure 
distincte ou préalable se rapportant à la même affaire au sens large, soit au même 
ensemble de faits et de droits concernant les mêmes parties (YVES DONZALLAZ, 
Loi sur le Tribunal fédéral, 2008, n. 545 ad art. 34 LTF; JEAN-FRANÇOIS 

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POUDRET, Commentaire de la loi fédérale d'organisation judiciaire, vol. 1 1990, n. 
3.1 ad art. 22 OJ et auteurs cités). 

L’interprétation de l’art. 56 let. b CPP doit se faire en examinant en particulier les 
fonctions procédurales que le juge a été appelé à exercer lors de son intervention 
précédente, prendre en compte les questions successives à trancher à chaque 
stade de la procédure, et mettre en évidence leur éventuelle analogie ou leur 
interdépendance, ainsi que l'étendue du pouvoir de décision du juge à leur sujet ; il 
peut également se justifier de prendre en considération l'importance de chacune 
des décisions pour la suite du procès (arrêt du Tribunal fédéral 1B_131/2011 du 
2 mai 2011, consid. 3.2).

Force est de constater que la nouvelle procédure de réexamen de la libération 
conditionnelle concerne certes la même personne et pose les mêmes questions 
juridiques, mais se rapporte à des faits différents puisqu’il conviendra de juger la 
situation de B.________ notamment au vu d’une nouvelle évaluation psychiatrique 
et du comportement de l’intéressé depuis la dernière décision qui est intervenue 
deux ans auparavant. Il s’agit donc d’une procédure distincte qui doit être 
examinée de façon concrète à l’aune des nouvelles preuves à administrer et dont 
l’issue est indécise. 

Au vu de ce qui précède, les conditions de l’art. 56 let. b CPP ne sont donc pas 
réunies.

Il n’existe au surplus aucune circonstance suscitant un doute légitime de la part du 
prévenu d’une apparence de prévention au sens de l’art. 56 let. f CPP. Le fait que 
la procédure ait connu un temps mort entre le 25 avril 2018 et le 
20 septembre 2018 relève essentiellement des changements intervenus dans la 
composition du Tribunal régional à la suite de l’élection de nouveaux juges et non 
pas d’un comportement de nature à faire redouter une activité partiale de la 
Présidente de tribunal. 

La requête de récusation doit dès lors être rejetée.

3.

3.1 En application de l’art. 59 al. 4 CPP, les frais de procédure, comprenant un 
émolument global de CHF 800.00, sont mis à la charge du requérant, B.________, 
étant donné que sa demande de récusation a été rejetée.

3.2 L’indemnisation de son défenseur d’office pour la procédure de récusation sera 
fixée à la fin de la procédure en application de l’art. 135 al. 2 CPP.

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La Chambre de recours pénale décide :

1. La demande de récusation est rejetée. 

2. Les frais de la procédure, comprenant un émolument global de CHF 800.00, sont mis 
à la charge du requérant, B.________.

3. L’indemnisation du défenseur d’office pour la procédure de récusation sera fixée à la 
fin de la procédure par le Tribunal.

4. A notifier :
- à la Présidente de tribunal A.________, avec le dossier à B.________, par 

Me C.________

Berne, le 26 octobre 2018 Au nom de la Chambre de recours 
pénale
Le Président e.r. :

Stucki, Juge d'appel

La Greffière :

Vogt

Voies de recours :
Un recours en matière pénale selon les art. 39 ss, 78 ss et 90 ss de la loi du 17 juin 1995 sur le Tribunal 
fédéral (LTF; RS 173.110) peut être déposé auprès du Tribunal fédéral (Av. du Tribunal fédéral 29, Case 
postale, 1000 Lausanne 14) contre la présente décision dans les 30 jours qui suivent sa notification. Le 
recours doit respecter les exigences de l’art. 42 LTF.

Remarques :
Les envois par fax et par e-mail ordinaire ne sont pas valables et ne sauvegardent pas les délais.
Le numéro du dossier doit figurer sur les envois (BK 18 421).