# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 3c9961cc-2008-5307-a8e8-87fe7516d726
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-09-02
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 02.09.2020 P/5900/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-5900-2019_2020-09-02.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/5900/2019 AARP/298/2020 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 2 septembre 2020 

 

Entre 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

A______, actuellement détenu à la Prison B______, ______, ______ [GE], comparant par 

Me C______, avocat, ______, _______, 

D______, comparant par Me Barnabas DENES, avocat, BRS Avocats, Boulevard des 

Philosophes 9, 1205 Genève, 

appelants, 

 

contre le jugement JTCO/49/2020 rendu le 28 avril 2020 par le Tribunal correctionnel, 

 

et 

E______, 

ETAT DE GENEVE, domicilié Département de la Sécurité, Place de la Taconnerie 7, Case 

postale 3962, 1211 Genève 3. 

intimés.

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EN FAIT : 

A. a. En temps utile, A______ et le Ministère public (MP) appellent du jugement du 28 
avril 2020, par lequel le Tribunal correctionnel (TCO) a acquitté A______ des faits 
décrits sous chiffres III et IV de l'acte d'accusation mais l’a reconnu coupable 
d'infractions aux art. 19a ch. 1 et 19 al. 1 let. c et d de la loi fédérale sur les 
stupéfiants (LStup), de violence ou menace contre les autorités ou les fonctionnaires 
(art. 285 ch. 1 du Code pénal suisse [CP]), de lésions corporelles simples (art. 123 
ch. 1 al. 1 CP), d'injure (art. 177 al. 1 CP) et de séjour illégal (art. 115 al. 1 let. b de 
la loi sur les étrangers et l'intégration [LEI ; anciennement : LEtr]). Ce jugement a 
révoqué la libération conditionnelle octroyée le 2 novembre 2018 par le Tribunal 
d'application des peines et des mesures de Genève (solde de peine quatre mois et 28 
jours) et a condamné A______ à une peine privative de liberté d'ensemble de 18 
mois, incluant la peine révoquée, sous déduction de 411 jours de détention avant 
jugement. Le TCO a également prononcé une peine pécuniaire de 10 jours-amende à 
CHF 10.- l’unité et une amende de CHF 200.-, ordonné que A______ soit soumis à 
un traitement ambulatoire (art. 63 CP) et prononcé son expulsion de Suisse pour une 
durée de 3 ans (art. 66abis CP). 

 A______ et le MP entreprennent partiellement ce jugement. 

A______ conclut à ce qu’il soit renoncé au prononcé d’une expulsion. 

 Le MP conclut, en sus de la confirmation du verdict de culpabilité du TCO, à 
l’annulation des acquittements prononcés, à ce que le prévenu soit reconnu coupable 
de lésions corporelles simples pour avoir occasionné des coupures aux mains de 
D______ et à un verdict de culpabilité de tentative de meurtre, subsidiairement de 
tentative de lésions corporelles graves, plus subsidiairement de mise en danger de la 
vie d’autrui, ainsi que de dommages à la propriété. Il conclut au prononcé d’une 
peine privative de liberté de quatre ans assortie d’un traitement ambulatoire, d’une 
peine pécuniaire de 30 jours-amende et d’une amende de CHF 200.- et au prononcé 
d’une expulsion d’une durée de dix ans. 

 D______, qui avait annoncé appel de ce jugement, a renoncé à déposer une 
déclaration d’appel. Il appuie l’appel du MP en ce qui concerne le verdict de 
culpabilité. 

 b. Selon l'acte d'accusation du 25 février 2020, il était reproché ce qui suit à 
A______. 

b.a. A deux reprises, soit les 12 février et 16 mars 2019, A______ a vendu deux 
comprimés de Dormicum à des toxicomanes. Il détenait en outre 71 comprimés de 
Dormicum, six comprimés de Quetiapin, un comprimé de Sevrelong ainsi que neuf 

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comprimés de Rivotril, dont une partie à tout le moins était destinée à la vente le 12 
février 2019, et, le 16 mars 2019, 20 comprimés de Seresta, 40 comprimés de 
Rivotril et quatre comprimés de Dormicum destinés, à tout le moins pour partie, à la 
vente.  

Ces faits, dont il a été reconnu coupable, ne sont pas contestés en appel, pas plus que 
la consommation de stupéfiants, notamment de marijuana, à ces mêmes dates.  

b.b. Le 16 mars 2019, A______ s'est soustrait à son interpellation par le caporal 
D______ en prenant la fuite dans les étages de l'immeuble sis ______ rue 1______ à 
Genève. Constatant que le policier le suivait, il l'a violemment poussé contre le mur 
de la cage d'escaliers, le blessant à l'épaule gauche. A______ a ensuite couru dans la 
vitre de la porte d'entrée de l'immeuble, laquelle s'est brisée. D______ l'a saisi afin de 
l'empêcher de quitter les lieux, et A______ a agrippé avec ses deux mains le policier 
par les vêtements et a fait un geste de la main pour le frapper, ce qui a fait tomber les 
lunettes de vue de D______ et les a endommagées. A______ s'est saisi, parmi les 
débris de verre, d'un tesson de verre pointu d'une longueur d’une vingtaine de 
centimètres, puis s'est avancé en direction du F______, bras levé, en criant à 
plusieurs reprises « je vais te planter, je vais te planter ».  

Le policier s’est défendu en portant des coups au visage de A______, le faisant 
chuter au sol, mais celui-ci est revenu à la charge en direction du policier, le tesson 
de verre toujours à la main. D______ a réussi à le faire chuter au sol et est parvenu à 
le maintenir et lui faire lâcher le tesson de verre. A______ a menacé de mort les 
agents de police et s'est violemment débattu.  

Ces faits ont été qualifiés par les premiers juges de lésions corporelles simples 
(art. 123 ch. 1 CP) et de violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires 
(art. 285 ch. 1 CP), mais la qualification de tentative de meurtre (art. 22 al. 1 cum 
111 CP), subsidiairement tentative de lésions corporelles graves (art. 22 al. 1 cum 
122 CP), subsidiairement mise en danger de la vie d'autrui (art. 129 CP), retenue par 
le MP dans son acte d’accusation, a été écartée, tout comme celle de dommages à la 
propriété (art. 144 al. 1 CP) en lien avec les dommages causés aux lunettes et au 
téléphone de D______ pendant les faits. Le TCO n’a pas non plus retenu que 
D______ avait été blessé aux mains pendant ces faits, les lésions corporelles retenues 
consistant une lésion de l'épaule gauche ayant nécessité une infiltration. 

b.c. Le 16 mars 2019, A______ a injurié à de multiples reprises les policiers 
D______ et E______ en les traitant notamment de « fils de pute » et en leur crachant 
au visage. Il a également a séjourné en Suisse sans autorisation pour la période du 10 
novembre 2018 au 28 janvier 2019.  

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Il a été reconnu coupable de ces faits, qui ne sont pas contestés en appel et ont été 
qualifiés d’injures (art. 177 CP) et de séjour illégal (art. 115 al. 1 let. b LEI). 

B. Les faits encore pertinents suivants ressortent de la procédure : 

 a. Le 16 mars 2019, peu avant 17h30, trois policiers du poste de G______ [GE] ont 
observé aux abords du N______ [lieu à GE] une transaction suspecte entre A______, 
qu’ils ont reconnu, et une femme identifiée ultérieurement comme H______.  

 b. D______, qui était en uniforme, a suivi A______ qui quittait les lieux et l’a 
abordé, avec un collègue, à hauteur de l’immeuble sis la rue 1______, dans le hall 
duquel il l’a fait rentrer afin de pouvoir l’interpeller et empêcher toute fuite. Son 
collègue a quitté les lieux pour interpeller H______, laissant D______ entrer seul 
dans l’immeuble avec le prévenu. A l’intérieur, alors que D______ voulait contrôler 
son identité, A______ s’est élancé dans les escaliers. Le gendarme l’a poursuivi et 
s’est fait bousculer et pousser contre le mur de la cage d'escaliers. A______ est 
redescendu et les deux hommes se sont agrippés par les habits et ont échangé des 
coups, au cours desquels les lunettes de D______ sont tombées et se sont abimées. 
A______ s’est précipité la tête la première sur la porte d’entrée, ce qui en a brisé la 
vitre. Il s’est ensuite emparé d’un éclat de verre qu’il a brandi en armant son bras en 
arrière, en se dirigeant vers le policier tout en le menaçant plusieurs fois de le 
« planter ». Effrayé par ces gestes, D______ a réagi immédiatement en portant 
plusieurs coups pour déstabiliser A______, qui a chuté puis s’est relevé, toujours 
muni du morceau de verre qu’il brandissait, et a à nouveau été frappé par le 
gendarme. D______ a finalement réussi à lui faire lâcher prise et à l’amener au sol. 
Un passant l’a aidé à maîtriser A______ jusqu’à l’arrivée de son collègue E______, 
en civil, qui a pris le relais de cet homme, qui n’a pas pu être identifié, ayant 
rapidement quitté les lieux.  

c. A______ a continué à se débattre et à gesticuler jusqu’à l’arrivée d’une patrouille 
supplémentaire, puis dans le véhicule et au poste de police. Il a notamment injurié à 
réitérées reprises D______ et E______ et leur a craché dessus. Son état d’agitation 
au poste était tel qu’un médecin, pourtant appelé à sa demande, a constaté à 21h40 
qu’il ne pouvait pas l’ausculter en raison de son agressivité ; ce n’est qu’à 2h15 du 
matin qu’il a finalement pu être examiné par un médecin qui lui a prescrit de la 
méthadone et du Temesta. 

 d. D______ a consulté un médecin en raison de douleurs persistantes à l’épaule 
gauche, qui ont nécessité une infiltration. Il n’a pas fait examiner par un médecin ses 
lésions aux mains, mais une photographie au dossier permet de constater des traces 
rouges, sans coupure apparente. D______ a constaté, après les faits, que son 
téléphone I______ [marque] de dotation était endommagé, sans être en mesure 
d’indiquer la manière dont était survenu ce dommage. 

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 e. Selon les explications concordantes de D______, E______ et leur collègue 
J______, A______ était connu de leurs services pour des réactions violentes et 
imprévisibles lors de précédentes interpellations. 

 f. A______ a toujours contesté avoir agressé D______. Initialement il a expliqué que 
la vitre de la porte de l’immeuble s’était cassée parce que le policier l’y avait poussé, 
avant d’expliquer que D______ avait lui-même cassé la vitre avec son pied. Il a 
également affirmé à réitérées reprises, avoir eu un comportement normal, malgré les 
constatations unanimes (médecin, rapport de police, plaignants) quant à son 
excitation extrême. Ainsi, la CPAR, comme les premiers juges avant elle, écarte les 
dénégations de A______, qui sont en contradiction flagrante avec les éléments 
objectifs de la procédure et les déclarations de D______, et retient les faits tels 
qu’établis par le TCO. L’absence de traces (empreintes, sang, ADN) de A______ sur 
le tesson de verre ramassé est certes surprenante ; cela étant, elle ne discrédite en rien 
la version de D______, étant relevé qu’il est notoire que certaines personnes 
« marquent » plus que d’autres et, au surplus, qu’il n’est pas exclu que, dans la 
confusion, ce ne soit pas le tesson de verre concerné qui ait été ramassé, étant établi 
que le sol en était jonché et que le morceau versé au dossier n’a été prélevé qu’après 
l’arrestation de A______. Enfin, on imagine mal pour quelle raison D______ aurait 
inventé cet épisode qui lui a clairement laissé un souvenir marquant en raison du 
choc qu’il en a subi. 

 g. Selon le rapport d'expertise psychiatrique, A______ présente des troubles mentaux 
et du comportement liés à l'utilisation de drogues multiples et des troubles liés à 
l'utilisation d'autres substances psychoactives ainsi que d'un syndrome de 
dépendance. Au moment des faits, A______ possédait la faculté d'apprécier le 
caractère illicite de son acte, mais, s'il était sous l'effet de stupéfiants au moment des 
faits, il ne possédait pas totalement la faculté de se déterminer d'après cette 
appréciation et sa responsabilité en était faiblement restreinte.  

 Si A______ avait consommé des stupéfiants avant les faits, l'acte punissable était en 
relation avec son addiction et le risque de récidive d'une infraction contre la vie, 
l'intégrité corporelle ou le patrimoine était élevé. Une peine seule était insuffisante 
pour écarter le risque de récidive et une prise en charge intégrée, avec contrôles 
biologiques réguliers réalisés par une équipe spécialisée en addictologie, était 
susceptible de diminuer le risque de récidive. Le traitement pouvait être administré 
en ambulatoire, mais l'exécution d'une peine privative de liberté était compatible 
avec ce traitement, ce type de prise en charge pouvant être mise en place avec les 
psychiatres et les psychologues exerçant en prison. 

 h. A______ est détenu depuis les faits du 16 mars 2019. 

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C. a. Le 3 août 2020, la CPAR a requis du Tribunal de protection de l’adulte et de 
l’enfant (TPAE) des informations sur la situation des deux enfants mineurs de 
l’appelant. Selon les informations reçues, le droit de garde sur ses enfants lui a été 
retiré le 27 septembre 2016 par le Tribunal de première instance, lequel a également 
suspendu les relations personnelles entre A______ et les mineurs, tout en maintenant 
l’autorité parentale conjointe. Selon le TPAE, cette suspension était motivée par le 
risque concret d’exposer les enfants à un climat néfaste à leur développement, au vu 
de la problématique d’addiction aux stupéfiants du père, des violences occasionnées 
par celui-ci à son épouse et de sa détention. 

Au décès de leur mère le ______ 2020, les enfants ont été confiés à leur tante 
maternelle K______ et à son époux, qui ont demandé à s’occuper des enfants de 
façon pérenne. Le TPAE indique qu’il prendra une décision en fonction de 
l’évolution de la situation et de la détermination de l’appelant, le Service de 
protection des mineurs (SPMI) étant chargé de procéder à une évaluation du 
placement en cours. Un retrait de l’autorité parentale et / ou de la garde n’entrera en 
ligne de compte que si de telles mesures s’avéraient nécessaires au regard du bien 
des enfants, en fonction de l’engagement de A______ envers eux et de ses 
perspectives sur les plans administratif et pénal. 

 Selon le rapport du SPMI joint à cet envoi, avant l’incarcération, nonobstant la 
suspension du droit de visite, l’épouse de A______ autorisait les contacts entre le 
père et ses enfants de temps en temps, pour autant qu’il n’ait pas consommé.  

Aucune démarche n’a été entreprise pour permettre l’exercice d’un droit de visite en 
prison. Selon les renseignements recueillis par la CPAR auprès de celle-ci, l’épouse 
de A______ est allée à cinq reprises lui rendre visite en prison, la plupart du temps 
accompagnée de l’une de ses sœurs. Depuis son décès, ses deux sœurs ont visité 
l’appelant ensemble à deux reprises. 

b. La CPAR a recueilli auprès de la Chambre administrative de la Cour de justice des 
informations sur la procédure de demande d’autorisation de séjour / regroupement 
familial formée par A______. Il en ressort que par décision du 7 octobre 2019, 
l'Office cantonal de la population et des migrations (OCPM) a refusé de lui délivrer 
une autorisation de séjour et prononcé son renvoi, décision confirmée par jugement 
du 28 avril 2020 du Tribunal administratif de première instance (TAPI), frappé de 
recours. Une audience s’est tenue le 11 août 2020 devant la Chambre administrative, 
laquelle n’a pas statué à ce jour.  

Il ressort notamment de la décision du TAPI versée à la procédure que celui-ci a tenu 
compte, outre des condamnations pénales de l’appelant, du fait que sa famille 
émargeait à l’assistance sociale, son épouse n’ayant pas exercé d’activité lucrative et 
ayant bénéficié de prestations de l’Hospice général pour sa subsistance et celle des 

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enfants. Le TAPI relève également l’absence d’intégration socio-professionnelle de 
A______. 

Selon cette décision, l’épouse de A______ avait indiqué à l’OCPM avoir repris la vie 
commune avant son arrestation. 

c. Aux débats d’appel, A______ a persisté dans ses conclusions. Il souhaitait élever 
ses enfants, et ils étaient sa seule priorité. Avant son arrestation, il vivait à nouveau 
avec son épouse et exerçait les droits parentaux. Il a maintenu, nonobstant les 
indications fournies par le TPAE, que le Tribunal lui avait restitué la garde. Si les 
enfants n’étaient pas venus le voir à la prison, c’est parce qu’il ne le voulait pas, cela 
lui faisait trop de mal, mais il les appelait et leur envoyait des courriers, tout comme 
eux. 

Interrogé sur sa position par rapport aux faits reprochés, il a persisté à nier avoir 
agressé D______ de la manière décrite par celui-ci, tout en admettant avoir été 
énervé par la manière dont s’était déroulée son interpellation, avoir proféré des 
injures et des crachats, en réponse aux injures des policiers. 

d. D______ a confirmé le déroulement des faits. Le tesson de verre avait été brandi à 
une distance de 50 centimètres à un mètre de sa gorge. 

e. L______, sœur de la défunte épouse de A______, n’a pas comparu. Il s’est avéré 
qu’elle n’avait pas reçu la convocation envoyée à son adresse postale en France le 29 
juillet 2020 (nonobstant une information contraire figurant initialement sur le site 
track & trace de la Poste). Jointe par téléphone le jour de l’audience, elle a indiqué 
ne pas être en mesure de s’y présenter, personne ne l’ayant avisée, y compris 
A______ à qui elle avait pourtant récemment parlé au téléphone. La CPAR a refusé, 
sur incident, d’ajourner la suite des débats pour permettre son audition, réservant la 
motivation complète de ce refus à la présente décision. 

 f. Le MP a persisté dans ses conclusions. A______ avait brandi un tesson de verre 
d’une vingtaine de centimètres en direction de la carotide de D______ et 
manifestement, par ce geste, exécuté à deux reprises, cherché à attenter à sa vie ; 
celui-ci n’avait échappé à cette agression que grâce à sa réaction rapide et 
professionnelle. L’expulsion obligatoire du prévenu devait être prononcée pour une 
durée dix ans, au vu de la gravité des faits et de ses nombreux antécédents. 

 g. Par la voix de son conseil, D______ a appuyé les conclusions du MP. Si le TCO 
avait établi les faits correctement, les conclusions qu’il en avait tirées étaient 
erronées et en complet décalage avec la réalité du terrain d’une interpellation qui 
tournait mal. Contrairement au prévenu qui variait constamment dans ses versions 
confuses, D______ avait été constant et précis dans ses explications. A______ s’était 

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précipité sur lui avec un tesson de verre et avait été arrêté in extremis. D______ 
s’était bien défendu, mais son bon réflexe ne modifiait en rien le comportement du 
prévenu qui avait attenté à sa vie. 

 h. Par la voix de son conseil, A______ persiste dans ses conclusions. Alors qu’il le 
savait susceptible de réagir de façon virulente, D______ avait procédé seul à son 
appréhension, ce qui n’était pas compréhensible. La suite des événements était un 
huis-clos avec des versions très divergentes. A______ avait cherché à se soustraire à 
une interpellation qu’il ne comprenait pas, face à un gendarme qui avait un a priori à 
son encontre. Rien ne permettait de retenir qu’il se soit vraiment saisi du tesson de 
verre ; celui-ci était tranchant, pesait 800 g, comment aurait-il pu s’en saisir et le 
garder en mains, sans se blesser ni laisser de trace ? Il ne l’avait en réalité jamais 
saisi. Et quand bien même il fallait retenir le contraire, il n’avait jamais eu l’intention 
de blesser ou tuer le policier et n’avait fait aucun geste dans sa direction avec son 
bras, l’acte d’accusation ne le décrivant d’ailleurs pas. Les premiers juges avaient 
correctement jugé les faits. 

Le policier était de bonne foi dans son récit des événements mais, dans le feu de 
l’action, il devait avoir eu plus peur que la réalité, et admettait d’ailleurs n’avoir 
compris les faits qu’une fois au poste de police ; il les avait adaptées à sa perception 
erronée due au stress. Comme l’avait retenu le TCO, il était impossible de reprocher 
à A______ les dommages aux lunettes du policier. 

En tout état de cause, la peine requise par le MP était disproportionnée. Le risque de 
récidive décrit par les experts était pallié par la mesure de traitement ambulatoire. Le 
comportement de A______ s’était amélioré, il était courtois, aimable, et s’était bien 
tenu en détention. On ne pouvait lui reprocher d’avoir exercé son droit de contester 
les charges, et sa prise de conscience était bonne. La perte de son épouse lui avait fait 
se rendre compte de ses responsabilités. Il était prêt à tout faire pour assumer son rôle 
de père avec ses enfants et avait bien collaboré avec TPAE. La peine prononcée par 
le TCO était adéquate. 

Il fallait renoncer à l’expulsion, qui n’était pas obligatoire. Ses deux enfants étaient 
orphelins et avaient besoin de lui. La famille de sa défunte épouse s’occupait bien 
des enfants et il voulait rester impliqué dans leur vie. Dans l’intérêt supérieur des 
enfants il devait être renoncé à l’expulsion, les technologies modernes ne suffisant 
pas à pallier une éventuelle séparation physique.  

Ses antécédents ne suffisaient pas à retenir un risque de récidive, puisqu’ils étaient 
liés à ses pathologies, que le traitement ambulatoire permettrait de soigner et donc de 
supprimer ce risque. Ces antécédents concernaient des infractions contre le 
patrimoine et d’une gravité non croissante. L’intérêt public à l’expulser était 
contrebalancé intégralement par son intérêt privé à rester aux côtés de ses enfants. 

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Son expulsion vers l’Algérie, même si elle devait être ordonnée, était impraticable et 
il fallait donc y renoncer pour ce motif également. 

i. S’exprimant en dernier, A______ a expliqué ne pas avoir été autorisé à sortir de 
prison pour assister aux funérailles de son épouse et ne pas avoir pu la voir une 
dernière fois. Il n’avait pas vu ses enfants depuis non plus et demandait qu’on l’aide, 
qu’on lui donne une sécurité pour se soigner et s'occuper d'eux. Il a réitéré être prêt à 
tout sacrifier pour le bien de ses enfants qui étaient sa seule préoccupation. 

D. A______, de nationalité algérienne, est né le ______ 1980 en Algérie. M______, son 
épouse, est décédée alors qu’elle résidait légalement à Genève. Leurs deux enfants, 
nés le ______ 2013 et le ______ 2015 et donc âgés à ce jour de sept et cinq ans, sont 
actuellement confiés à K______, sœur de sa défunte épouse ; ils sont au bénéfice 
d’une autorisation d’établissement. A______ a trois frères dont deux vivent en 
Suisse, l’un à Genève, l’autre à Berne. Interrogé sur le fait que ceux-ci n’étaient pas 
venus le voir en prison, A______ a indiqué avoir des relations difficiles avec eux. 
Son père est décédé. Son troisième frère, sa sœur et sa mère vivent en Algérie, tout 
comme son fils aîné adulte, né d’une précédente relation, avec lequel il n’a plus de 
contacts. 

 A teneur de son casier judiciaire suisse, A______ a été condamné, à Genève : 

 le 19 janvier 2012 par le MP, à une peine pécuniaire de 40 jours-amende avec 
sursis, pour entrée illégale, séjour illégal et recel ; 

 le 27 février 2012 par le MP à une peine pécuniaire de 80 jours-amende avec 
sursis ainsi qu'à une amende, pour dommages à la propriété, recel, violence ou 
menace contre les autorités et les fonctionnaires, infraction à l'art. 33 al. 1 LArm, 
séjour illégal et contravention à la LStup ; 

 le 17 mars 2012 par le MP à une peine pécuniaire de 60 jours-amende avec 
sursis (révoqué le 17 mai 2016), pour infraction à la LStup et séjour illégal ; 

 le 16 janvier 2014 par le Tribunal de police (TP) à une peine privative de liberté 
de huit mois avec sursis (révoqué le 19 juin 2018) et délai d'épreuve de trois ans, 
pour dommages à la propriété, tentative de vol, séjour illégal et opposition aux 
actes de l'autorité ; 

 le 15 octobre 2015 par le TP à une peine privative de liberté de huit mois et à 
une amende pour vol, dommages à la propriété, dommages à la propriété 
d'importance mineure, recel et violation de domicile. Il a intégralement purgé 
cette peine ; 

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 le 2 mars 2016 par le MP à une peine privative de liberté de deux mois et à une 
amende de CHF 300.- pour infraction et contravention à la LStup ; 

 le 17 mai 2016 par le MP à une peine privative de liberté de 120 jours et à une 
amende pour recel, infraction et contravention à la LStup. Suite à cette 
condamnation et à celle du 2 mars 2016, il a bénéficié d’une libération 
conditionnelle le 27 octobre 2016, le solde de la peine non exécuté étant de 
60 jours et le délai d’épreuve d’une année ; 

 le 19 juin 2018 par le TP à une peine privative de liberté d’ensemble de 14 mois, 
une peine pécuniaire de 15 jours-amende ainsi qu'à une amende pour lésions 
corporelles simples, dommages à la propriété, injure, violence ou menace contre 
les autorités et les fonctionnaires, infraction et contravention à la LStup et séjour 
illégal. Suite à cette condamnation, il a bénéficié d’une libération conditionnelle 
le 9 novembre 2018, le solde de la peine non exécuté étant de quatre mois et 28 
jours et le délai d’épreuve d’une année. 

Il ressort de la procédure qu’à l’occasion de cette dernière condamnation, le TP a 
refusé de prononcer l’expulsion facultative requise par le MP à l’encontre de 
A______. 

E. Me C______, défenseur d'office de A______, dépose un état de frais pour la 
procédure d'appel, facturant, sous des libellés divers, six heures et 45 minutes 
d’activité de chef d'étude, dont 15 minutes pour la rédaction de l’annonce d’appel, 
une heure pour « étude de dossier et rédaction de la déclaration d’appel », et deux 
heures d’« étude de dossier et de relecture de la plaidoirie », auxquelles s’ajoutent 
huit heures et 15 minutes d'activité de collaborateur hors débats d'appel, lesquels ont 
duré trois heures et 40 minutes. 

 En première instance, il a été indemnisé (par décision séparée) à hauteur de plus de 
60 heures d’activité. 

EN DROIT : 

1. Les appels du prévenu et du MP sont recevables pour avoir été interjetés et motivés 
selon la forme et dans les délais prescrits (art. 398 et 399 du Code de procédure 
pénale [CPP]). Il sera pris acte de la renonciation à l’appel de la partie plaignante. 

 La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel (art. 404 
al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP). 

2.  2.1. Selon l'art. 389 al. 1 CPP, la procédure de recours se fonde sur les preuves 
administrées pendant la procédure préliminaire et la procédure de première instance. 

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L'administration des preuves du tribunal de première instance n'est répétée que si les 
dispositions en matière de preuves ont été enfreintes (al. 2 let. a) ; l'administration 
des preuves était incomplète (al. 2 let. b) ; les pièces relatives à l'administration des 
preuves ne semblent pas fiables (al. 2 let. c). L'autorité de recours administre, d'office 
ou à la demande d'une partie, les preuves complémentaires nécessaires au traitement 
du recours (al. 3). Conformément à l'art. 139 al. 2 CPP, il n'y a pas lieu d'administrer 
des preuves sur des faits non pertinents, notoires, connus de l'autorité ou déjà 
suffisamment prouvés. 

Cette disposition codifie, pour la procédure pénale, la règle jurisprudentielle déduite 
de l'art. 29 al. 2 Cst. en matière d'appréciation anticipée des preuves. Le juge peut 
renoncer à l'administration de certaines preuves, notamment lorsque les faits dont les 
parties veulent rapporter l'authenticité ne sont pas importants pour la solution du 
litige. Le refus d'instruire ne viole ainsi le droit d'être entendu des parties que si 
l'appréciation anticipée de la pertinence du moyen de preuve offert, à laquelle le juge 
a procédé, est entachée d'arbitraire (ATF 144 II 427 consid. 3.1.3 ; 141 I 60 
consid. 3.3 ; 136 I 229 consid. 5.3 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_672/2019 du 6 août 
2019 consid. 1.1). 

2.2. Selon l'art. 343 al. 3 CPP, applicable aux débats d'appel par le renvoi de l'art. 
405 al. 1 CPP, le tribunal réitère l'administration des preuves qui, lors de la 
procédure préliminaire, ont été administrées en bonne et due forme, lorsque la 
connaissance directe du moyen de preuve apparaît nécessaire au prononcé du 
jugement (ATF 143 IV 288 consid. 1.4.1 p. 290). Seules les preuves essentielles et 
décisives dont la force probante dépend de l'impression qu'elles donnent doivent être 
réitérées (arrêts du Tribunal fédéral 6B_157/2017 du 25 octobre 2017 consid. 1.1 ; 
6B_177/2017 du 6 septembre 2017 consid. 2.1 ; 6B_956/2016 du 19 juillet 2017 
consid. 2.1 et les références).  

La connaissance directe d'un moyen de preuve est nécessaire, au sens de l'art. 343 al. 
3 CPP, lorsqu'elle est susceptible d'influer sur l'issue de la procédure. Tel est 
notamment le cas lorsque la force du moyen de preuve dépend de manière décisive 
de l'impression suscitée lors de sa présentation, par exemple lorsque l'impression 
directe suscitée par les déclarations d'un témoin est particulièrement décisive, 
notamment quand des déclarations constituent l'unique moyen de preuve – à défaut 
de tout autre indice – et qu'il existe une situation de « déclarations contre 
déclarations » (ATF 143 IV 288 consid. 1.4.1 p. 290 s. ; 140 IV 196 consid. 4.4.2 
p. 199 s. et les références).  

2.3. En l’espèce, l’appelant sollicite l’audition de sa belle-sœur, audition qui a 
essentiellement pour objet d’éclairer la Cour sur la situation de ses enfants, sa belle-
sœur n’étant en rien témoin des faits. Il avait déjà sollicité cette audition devant les 
premiers juges, mais la crise sanitaire liée à la pandémie de COVID avait empêché ce 

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témoin de comparaître, raison pour laquelle la CPAR a fait droit à cette demande 
d’acte d’instruction. Le témoin a à nouveau été empêché de comparaître devant la 
CPAR. Cela étant, la CPAR a administré d’office les preuves nécessaires à 
l’instruction de la situation des enfants, en interpellant le TPAE qui a fourni des 
indications fiables, claires et précises sur la situation. Les renseignements recueillis 
auprès des juridictions administratives (sur la situation effective du couple formé par 
l’appelant et son épouse avant son incarcération) tout comme auprès de la prison (sur 
le rythme effectif des visites rendues par son épouse à l’appelant), contiennent 
suffisamment d’informations sur la situation pour permettre à la CPAR d’apprécier la 
situation des enfants, sans qu’il soit nécessaire d’entendre leur tante.  

Le report d’audience sollicité par l’appelant pour procéder à cet acte d’instruction est 
par conséquent refusé, par appréciation anticipée des preuves au dossier. 

3. 3.1. Il y a tentative lorsque l'auteur a réalisé tous les éléments subjectifs de 
l'infraction et manifesté sa décision de la commettre, alors que les éléments objectifs 
font, en tout ou en partie, défaut (art. 22 al. 1 CP ; ATF 140 IV 150 consid. 3.4 
p. 152 ; 137 IV 113 consid. 1.4.2 p. 115 ; 131 IV 100 consid. 7.2.1 p. 103 ; 128 IV 18 
consid. 3b p. 21). 

La tentative suppose toujours un comportement intentionnel, le dol éventuel étant 
toutefois suffisant. Il y a dol éventuel lorsque l'auteur, qui ne veut pas le résultat 
dommageable pour lui-même, envisage le résultat de son acte comme possible et 
l'accepte au cas où il se produirait (ATF 137 IV 1 consid. 4.2.3 p. 4 ; 133 IV 9 = JdT 
2007 I 573 consid. 4.1 p. 579 ; 131 IV 1 consid. 2.2 p. 4 s. ; 130 IV 58 consid. 8.2 p. 
61). Le dol éventuel peut aussi être retenu lorsque l'auteur accepte par indifférence 
que le danger créé se matérialise ; le dol éventuel implique ainsi l'indifférence de 
l'auteur quant à la réalisation de l'état de fait incriminé (Ph. GRAVEN / B. 
STRÄULI, L'infraction pénale punissable, 2e éd., Berne 1995, n. 156 p. 208). 

Pour déterminer si l'auteur s'est accommodé du résultat au cas où il se produirait, il 
faut se fonder sur les éléments extérieurs, faute d'aveux. Parmi ces éléments figurent 
l'importance du risque – connu de l'intéressé – que les éléments constitutifs objectifs 
de l'infraction se réalisent, la gravité de la violation du devoir de prudence, les 
mobiles, et la manière dont l'acte a été commis (ATF 125 IV 242 consid. 3c). Plus la 
survenance de la réalisation des éléments constitutifs objectifs de l'infraction est 
vraisemblable et plus la gravité de la violation du devoir de prudence est importante, 
plus sera fondée la conclusion que l'auteur s'est accommodé de la réalisation de ces 
éléments constitutifs, malgré d'éventuelles dénégations (ATF 138 V 74 
consid. 8.4.1). Ainsi, le dol éventuel peut notamment être retenu lorsque la 
réalisation du résultat devait paraître suffisamment vraisemblable à l'auteur pour que 
son comportement ne puisse raisonnablement être interprété que comme une 

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acceptation de ce risque (ATF 137 IV 1 consid. 4.2.3 ; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_259/2019 du 2 avril 2019 consid. 5.1). 

Cette interprétation raisonnable doit prendre en compte le degré de probabilité de la 
survenance du résultat de l'infraction reprochée, tel qu'il apparaît à la lumière des 
circonstances et de l'expérience de la vie (ATF 133 IV 1 consid. 4.6 p. 8). La 
probabilité doit être d'un degré élevé car le dol éventuel ne peut pas être admis à la 
légère (ATF 133 IV 9 consid. 4.2.5 p. 19 ; arrêt du Tribunal fédéral 6S.127/2007 du 
6 juillet 2007 consid. 2.3 – relatif à l'art. 129 CP – avec la jurisprudence et la doctrine 
citées). 

3.2. L'art. 111 CP réprime le comportement de celui qui aura intentionnellement tué 
une personne. 

Sur le plan subjectif, l'auteur doit avoir l'intention de causer par son comportement la 
mort d'autrui. Le dessein de commettre une infraction est donné si l'auteur agit en 
vue de parvenir à un but qui se confond avec la perpétration du délit ou qui la 
présuppose. Pour admettre le dessein, il est nécessaire et suffisant d'établir que 
l'auteur a consciemment agi en vue de réaliser l'état de fait incriminé 
(cf. Ph. GRAVEN / B. STRÄULI, op. cit., p. 200 n. 152).  

L'équivalence des deux formes de dol – direct et éventuel – s'applique à la tentative 
de meurtre (ATF 122 IV 246 consid. 3a ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_1177/2018 du 
9 janvier 2019 consid. 1.1.3). 

Il n'est ainsi pas nécessaire que l'auteur ait souhaité la mort de la victime, ni que la 
vie de celle-ci ait été concrètement mise en danger, ni même qu'elle ait été blessée 
pour qu'une tentative d'homicide soit retenue dans la mesure où la condition 
subjective de l'infraction est remplie (arrêt du Tribunal fédéral 6B_246/2012 du 
10 juillet 2012 consid. 1.2 et 1.3). 

Selon sa nature, un seul coup porté peut suffire pour retenir l'infraction de tentative 
d'homicide par dol éventuel (arrêts du Tribunal fédéral 6B_924/2017 du 14 mars 
2018 consid. 1.4.2 ; 6B_246/2012 du 10 juillet 2012 consid. 1.3 ; 6B_829/2010 du 
28 février 2011 consid. 3.2). 

La nature de la lésion subie par la victime et sa qualification d'un point de vue 
objectif est sans pertinence pour juger si l'auteur s'est rendu coupable de tentative de 
meurtre (ATF 137 IV 113 consid. 1.4.2 p. 115 s. ; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_924/2017 du 14 mars 2018 consid. 1.4.5). On peut retenir l'intention homicide 
lors d'un unique coup de couteau sur le haut du corps de la victime (arrêt du Tribunal 
fédéral 6B_775/2011 du 4 juin 2012 consid. 2.4.2). Celui qui porte un coup de 
couteau dans la région des épaules et du buste lors d'une altercation dynamique doit 

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s'attendre à causer des blessures graves. L'issue fatale d'un coup de couteau porté 
dans la région thoracique doit être qualifiée d'élevée et est notoire (arrêts du Tribunal 
fédéral 6B_230/2012 du 18 septembre 2012 consid. 2.3 ; 6B_239/2009 du 13 juillet 
2009 consid. 1 et 2.4 – meurtre par dol éventuel retenu avec un couteau dont la lame 
mesurait 41 millimètres).  

3.3. Se rend coupable de lésions corporelles graves au sens de l'art. 122 CP celui qui 
aura blessé une personne de façon à mettre sa vie en danger, celui qui aura mutilé le 
corps d'une personne, un de ses membres ou un de ses organes importants ou causé à 
une personne une incapacité de travail, une infirmité ou une maladie mentale 
permanentes, ou aura défiguré une personne d'une façon grave et permanente, ou 
celui qui aura fait subir à une personne toute autre atteinte grave à l'intégrité 
corporelle ou à la santé physique.   

La qualification juridique des lésions corporelles à la suite de coups de poing ou de 
pied dépend des circonstances concrètes du cas. Sont en particulier déterminantes la 
violence des coups portés et la constitution de la victime (arrêts du Tribunal fédéral 
6B_1385/2019 du 27 février 2020 consid. 4.3.1 ; 6B_924/2017 du 14 mars 2018 
consid. 1.3.1 ; 6B_802/2013 du 27 janvier 2014 consid. 2.3.3 ; 6B_388/2012 du 12 
novembre 2012 consid. 2.1.1 et 2.4). Selon la jurisprudence, le fait de porter des 
coups à la tête avec les poings, les pieds ou d'autres objets dangereux tels qu'une 
bouteille en verre est susceptible d'entraîner de graves lésions et même la mort de la 
victime, ce risque étant d'autant plus grand lorsque celle-ci gît au sol sans être en 
mesure de réagir ou de se défendre, notamment lorsqu'elle est inconsciente 
(cf. ATF 135 IV 152 consid. 2.3.2.2 p. 157 ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_148/2020 
du 27 juillet 2020 ; 6B_1385/2019 du 27 février 2020 consid. 4 ; 6B_924/2017 du 
14 mars 2018 consid. 1.3.1 ; 6B_901/2014 du 27 février 2015 consid. 2.7.3).  

3.4. Aux termes de l'art. 129 CP, celui qui, sans scrupules, aura mis autrui en danger 
de mort imminent sera puni d'une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou 
d'une peine pécuniaire. 

Le danger au sens de l'art. 129 CP suppose un risque concret de lésion, c'est-à-dire un 
état de fait dans lequel existe, d'après le cours ordinaire des choses, la probabilité ou 
un certain degré de possibilité que le bien juridique soit lésé, sans toutefois qu'un 
degré supérieur à 50% soit exigé. Il doit en outre s'agir d'un danger de mort, et non 
pas seulement d'un danger pour la santé ou l'intégrité corporelle. Enfin, il faut que le 
danger soit imminent. La notion d'imminence n'est pas aisée à définir. Elle implique 
en tout cas, outre la probabilité sérieuse de la réalisation du danger concret, une 
composante d'immédiateté qui se caractérise moins par l'enchaînement 
chronologique des circonstances que par le lien de connexité direct unissant le 
danger et le comportement de l'auteur. L'immédiateté disparaît ou s'atténue lorsque 
s'interposent ou surviennent des actes ou d'autres éléments extérieurs (ATF 121 IV 

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67 consid. 2b/aa et références cités ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_144/2019 du 
17 mai 2019 consid. 3.1). 

Un acte est commis sans scrupule au sens de l'art. 129 CP lorsque, compte tenu des 
moyens utilisés, des mobiles de l'auteur et des autres circonstances, parmi lesquelles 
figure l'état de l'auteur, il apparaît comme contraire aux principes généralement 
admis des bonnes mœurs et de la morale. La mise en danger doit léser gravement le 
sentiment moral. Il faut en quelque sorte qu'elle atteigne un degré qualifié de 
réprobation (ATF 114 IV 103 consid. 2a ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_144/2019 du 
17 mai 2019 consid. 3.1). 

L'auteur doit avoir agi intentionnellement. Il doit avoir conscience du danger de mort 
imminent pour autrui et adopter volontairement un comportement qui le crée. En 
revanche, il ne veut pas, même à titre éventuel, la réalisation du risque, sans quoi il 
s'agirait d'une tentative d'homicide. Le dol éventuel ne suffit pas (ATF 107 IV 163 
consid. 3 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_144/2019 du 17 mai 2019 consid. 3.1). 

Le maniement de couteaux, cutters, armes acérés ou encore de verre brisé contre la 
gorge d'une personne est susceptible de représenter une dangerosité imminente. Le 
cas d'un voleur surpris en flagrant délit dans la voiture d'autrui qui s'empare d'un 
couteau muni d'une lame de 10 cm et l'agite à proximité du cou et de la tête de la 
victime alors que celle-ci se débattait au cours de l'altercation qui s'en était suivie, ou 
encore le fait de maintenir avec la main un couteau de cuisine sur la gorge de la 
victime apeurée durant plusieurs minutes, alors que l'auteur se trouvait en état 
d'ébriété, ont été considérés comme propres à causer un danger de mort imminent 
(arrêt du Tribunal fédéral 6B_460/2017 du 12 février 2018 consid. 1.5.2 et les arrêts 
cités). 

3.5. En l’espèce, alors qu’il cherchait à se soustraire à son interpellation par un 
gendarme en uniforme, le prévenu s’est emparé d’un morceau de verre aiguisé, qu’il 
a brandi au-dessus de sa tête en direction du policier qui cherchait à le retenir. Il n’est 
pas établi qu’il ait fait un geste de va-et-vient avec cet objet, qu’il a néanmoins tenu 
en face du policier et en « armant » son bras, geste qui ne peut qu’être perçu comme 
une attaque. Les faits se sont déroulés très vite. L’objectif du prévenu est peu clair ; il 
a vraisemblablement agi dans le but principal de se soustraire à l’interpellation, ce 
qui semble par ailleurs être une attitude qu’il a adoptée à réitérées reprises, à teneur 
tant des déclarations recueillies que de l’extrait de son casier judiciaire qui comporte 
deux inscriptions pour violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires et 
une troisième pour opposition aux actes de l’autorité (art. 286 aCP). C’est dire qu’il 
connaissait l’inanité de son comportement, qui tenait manifestement plus à une 
réaction impulsive qu’à une stratégie réfléchie. La colère, l’agressivité constatée par 
le médecin et ce que lui-même décrit comme un énervement ont certainement joué 
un rôle dans agression envers le policier. A cela s’ajoute qu’il se trouvait très 

- 16/30 - 

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vraisemblablement sous l’effet de stupéfiants au moment des faits, dont l’influence 
n’a certainement pas contribué à l’amener à plus de clairvoyance.  

Ces éléments, auxquels s’ajoute la rapidité des faits, conduisent la CPAR à exclure 
toute intention homicide, même par dol éventuel, et donc l’accusation de tentative de 
meurtre. 

Cela étant, en s’emparant d’un débris de verre et en le brandissant dans un contexte 
dynamique en direction du policier tout en armant son bras, le prévenu a démontré 
qu’il était prêt à tout pour se soustraire à son interpellation. Seule une réaction rapide 
et professionnelle du gendarme a permis de le désarmer et d’éviter que la situation ne 
dégénère. S’il faut retenir que l’appelant n’a pas souhaité la mort du policier, c’est 
essentiellement en raison de la rapidité des faits et du caractère soudain de leur 
déroulement. Néanmoins, l’appelant ne pouvait ignorer – et c’est d’ailleurs dans ce 
but qu’il a agi de la sorte – qu’un débris de verre acéré est susceptible d’occasionner 
des lésions importantes. En brandissant cet objet dangereux en direction de la gorge 
du policier, dans le contexte d’un mouvement énergique en cours, l’appelant prenait 
le risque que, soit en étant déséquilibré, soit en se débattant, soit encore à l’occasion 
d’un geste de sa victime, celle-ci puisse être gravement blessée, d’autant plus qu’il 
est revenu à la charge après avoir été repoussé une première fois, témoignant par là 
d’une volonté d’en découdre. Son intention première était sans doute de s’opposer 
par tous les moyens à son interpellation ; néanmoins, ce faisant, il a pris et accepté le 
risque de blesser gravement le policier en uniforme qui lui faisait face. 

Les faits doivent dès lors être qualifiés de tentative de lésions corporelles graves, 
infraction qui entre en concours idéal avec celle de violence ou menace contre les 
autorités et les fonctionnaires ; ces deux infractions entrent en concours avec la 
lésion à l’épaule du plaignant, constitutive de lésion corporelle simple et survenue 
dans une phase antérieure, lorsque l’appelant a bousculé le policier pour fuir.  

En revanche, et compte tenu du déroulement des faits qui relèvent d’une unité 
d’action, il y a concours idéal imparfait avec les lésions corporelles simples aux 
mains du plaignant, manifestement survenues au cours de l’altercation qui a permis 
de désarmer le prévenu. Celles-ci sont ainsi absorbées par la tentative de lésions 
corporelles graves. 

L’appel du MP doit ainsi être partiellement admis et l’appelant condamné en sus 
pour tentative de lésions corporelles graves au sens des articles 22 et 122 CP. 

3.6. Selon l'art. 144 al. 1 CP, se rend coupable de dommage à la propriété celui qui 
aura endommagé, détruit ou mis hors d'usage une chose appartenant à autrui ou 
frappée d'un droit d'usage ou d'usufruit au bénéfice d'autrui et sera puni sur plainte.  

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En l’espèce, le prévenu s’est violemment débattu et bagarré avec un policier dans 
l’exercice de ses fonctions. Ce faisant, il a fait chuter à terre les lunettes de celui-ci, 
et le téléphone professionnel de celui-ci a été endommagé, très vraisemblablement 
lors de sa chute. S’il ne fait pas de doute que le prévenu n’a pas visé ces objets, il 
n’en demeure pas moins qu’en se comportant de la sorte il a pris et accepté le risque 
de les abîmer. Il ne pouvait en particulier pas ignorer la présence des lunettes sur le 
visage du policier, et devait évidemment savoir que celui-ci était équipé d’un 
téléphone, objet d’usage courant et dont tout un chacun est porteur. En bousculant et 
en cherchant à frapper le plaignant, le prévenu a, dans la foulée, pris le risque 
d’endommager ces objets, risque qui s’est réalisé. Il s’agit certes d’un fait accidentel, 
dans la mesure où le prévenu n’a pas entretenu le dessein d’occasionner ce 
dommage ; il ne peut néanmoins que l’avoir pris en compte et accepté qu’il se 
produise, en particulier lorsqu’il a porté un coup en direction du visage du policer et 
lorsqu’il l’a fait chuter à terre. Il importe ainsi finalement peu de savoir exactement 
comment ces objets ont été endommagés, dans la mesure où c’est bien le 
comportement intentionnel du prévenu, à l’origine de l’altercation et des échanges de 
coups, qui en est la cause.  

Le prévenu doit ainsi être reconnu coupable de dommages à la propriété, commis par 
dol éventuel. L’appel du MP doit ainsi être également admis sur ce point. 

4. 4.1. Selon l'art. 47 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabilité de l'auteur. Elle doit 
être évaluée en fonction de tous les éléments objectifs pertinents, qui ont trait à l'acte 
lui-même, à savoir notamment la gravité de la lésion, le caractère répréhensible de 
l'acte et son mode d'exécution. Du point de vue subjectif, sont pris en compte 
l'intensité de la volonté délictuelle ainsi que les motivations et les buts de l'auteur. A 
ces composantes de la culpabilité, il faut ajouter les facteurs liés à l'auteur lui-même, 
à savoir les antécédents, la réputation, la situation personnelle (état de santé, âge, 
obligations familiales, situation professionnelle, risque de récidive, etc.), la 
vulnérabilité face à la peine, de même que le comportement après l'acte et au cours 
de la procédure pénale (ATF 141 IV 61 consid. 6.1.1 p. 66 s ; 136 IV 55 consid. 5 
p. 57 ss ; 134 IV 17 consid. 2.1 p. 19 s.). 

La décision doit exprimer les éléments essentiels relatifs à l'acte ou à l'auteur pris en 
compte, de manière à ce que l'on puisse constater que tous les aspects pertinents ont 
été pris en considération et comment ils ont été appréciés, que ce soit dans un sens 
aggravant ou atténuant (art. 50 CP). Elle peut passer sous silence les éléments qui, 
sans abus du pouvoir d'appréciation, apparaissent non pertinents ou d'une importance 
mineure. La motivation doit cependant justifier la peine prononcée, en permettant de 
suivre le raisonnement adopté. Le juge n'est toutefois pas tenu d'exprimer en chiffres 
ou en pourcentages l'importance qu'il accorde à chacun des éléments qu'il cite et 
notamment de l'importance qu'il accorde à l'atténuation de peine admise en vertu de 
l'art. 22 al. 1 CP (arrêt 6B_553/2014 du 24 avril 2015 consid. 3.5.3).  

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Bien que la récidive ne constitue plus un motif d'aggravation obligatoire de la peine, 
les antécédents continuent de jouer un rôle très important dans la fixation de celle-ci. 
En général, la culpabilité de l'auteur est amplifiée du fait qu'il n'a pas tenu compte de 
l'avertissement constitué par la précédente condamnation, et sa rechute témoigne 
d'une énergie criminelle accrue (R. ROTH / L. MOREILLON (éds), Code pénal I : 
art. 1-100 CP, Bâle 2009, n. 55 ad art. 47 CP). Il en va de même des antécédents 
étrangers (ATF 105 IV 225 consid. 2 p. 226). Les condamnations passées perdent de 
leur importance avec l'écoulement du temps. Les antécédents judiciaires ne sauraient 
toutefois conduire à une augmentation massive de la peine, parce que cela reviendrait 
à condamner une deuxième fois pour des actes déjà jugés (ATF 120 IV 136 
consid. 3b p. 145). 

Il est inévitable que l'exécution d'une peine ferme d'une certaine durée ait des 
répercussions sur la vie familiale et professionnelle du condamné. Ces conséquences 
ne peuvent cependant conduire à une réduction de la peine qu'en cas de circonstances 
extraordinaires, par exemple en cas d'enfant en bas âge à la charge du condamné 
(arrêts du Tribunal fédéral 6B_661/2019 du 12 septembre 2019 consid. 2.3 et les 
arrêts cités). 

4.2. Aux termes de l'art. 49 al. 1 CP, si, en raison d'un ou de plusieurs actes, l'auteur 
remplit les conditions de plusieurs peines de même genre, le juge le condamne à la 
peine de l'infraction la plus grave et l'augmente dans une juste proportion. Il ne peut 
toutefois excéder de plus de la moitié le maximum de la peine prévue pour cette 
infraction. Il est en outre lié par le maximum légal de chaque genre de peine. 

Pour satisfaire à cette règle, le juge, dans un premier temps, fixera la peine pour 
l'infraction la plus grave, en tenant compte de tous les éléments pertinents, parmi 
lesquels les circonstances aggravantes ou atténuantes. Dans un second temps, il doit 
augmenter la peine de base pour tenir compte des autres infractions en application du 
principe de l'aggravation (Asperationsprinzip) (ATF 144 IV 313 consid. 1.1.2 ; 144 
IV 217 consid. 3.5 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_1216/2017 du 11 juin 2018 consid. 
1.1.1), en tenant là aussi compte de toutes les circonstances y relatives (arrêts du 
Tribunal fédéral 6B_1175/2017 du 11 avril 2018 consid. 2.1 in medio ; 6B_688/2014 
du 22 décembre 2017 consid. 27.2.1). 

4.3. Selon l'art. 22 al. 1 CP, le juge peut atténuer la peine si l'exécution d'un crime ou 
d'un délit n'est pas poursuivie jusqu'à son terme ou que le résultat nécessaire à la 
consommation de l'infraction ne se produit pas ou ne pouvait pas se produire. Cette 
atténuation est facultative. Sa mesure, si admise, dépend en outre de la proximité du 
résultat ainsi que des conséquences effectives des actes commis. En d'autres termes, 
la réduction devra être d'autant plus faible que le résultat était proche et ses 
conséquences graves. Cette réduction peut de plus être compensée par une 
augmentation de la peine s'il existe des circonstances aggravantes, celles-ci pouvant 

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de la sorte neutraliser les effets de circonstances atténuantes ; il en va de même en 
cas de concours d'infractions (arrêt du Tribunal fédéral 6B_445/2016 du 5 juillet 
2017, consid. 6.1.1 et les références citées).  

4.4. Aux termes de l'art. 19 al. 2 CP, le juge atténue la peine si, au moment d'agir, 
l'auteur ne possédait que partiellement la faculté d'apprécier le caractère illicite de 
son acte ou de se déterminer d'après cette appréciation. La culpabilité de l'auteur dont 
la responsabilité pénale est restreinte est ainsi moins grande que celle de l'auteur dont 
la responsabilité est pleine et entière. Le principe de la faute exige dès lors que la 
peine prononcée en cas d'infraction commise en état de responsabilité restreinte soit 
inférieure à celle qui serait infligée à un auteur pleinement responsable. La peine 
moins sévère résulte d'une faute plus légère. Il ne s'agit donc plus d'une atténuation 
de la peine, mais d'une réduction de la faute. Dans une première étape, le juge doit 
apprécier la culpabilité relative à l'acte (et éventuellement fixer la peine hypothétique 
en résultant), comme s'il n'existait aucune diminution de responsabilité. Dans un 
deuxième temps, il doit motiver comment la diminution de responsabilité se 
répercute sur l'appréciation de la faute et indiquer la peine (hypothétique). Dans une 
dernière phase, cette peine est éventuellement augmentée ou diminuée en raison des 
facteurs liés à l'auteur (ATF 136 IV 55 consid. 5.5 à 5.7 p. 59 ss ; arrêts du Tribunal 
fédéral 6B_353/2016 du 30 mars 2017 consid. 3.4 et les références ; 6B_335/2016 du 
24 janvier 2017 consid. 3.3.5) 

4.5. Selon l’art. 89 al. 1 et 6 CP, si, durant le délai d’épreuve, le détenu libéré 
conditionnellement commet un crime ou un délit, le juge qui connaît de la nouvelle 
infraction ordonne sa réintégration dans l’établissement. Si, en raison de la nouvelle 
infraction, les conditions d’une peine privative de liberté ferme sont réunies et que 
celle-ci entre en concours avec le solde de la peine devenu exécutoire à la suite de la 
révocation, le juge prononce, en vertu de l’art. 49, une peine d’ensemble. 

4.6. En l’espèce et à raison, le prévenu ne remet pas en cause le prononcé d’une 
peine privative de liberté d’ensemble pour toutes les infractions passibles d’une telle 
peine. Il ne remplit au surplus aucune des conditions du sursis, et la peine prononcée 
devra donc être ferme. 

4.6.1. Les lésions corporelles graves au sens de l’art. 122 al. 1 CP sont passibles 
d’une privative de liberté de six mois à dix ans. Il s’agit en l’espèce de l’infraction la 
plus grave, pour laquelle la peine de base doit être déterminée. 

La faute de l’appelant est très lourde. Alors qu’il venait de procéder à une transaction 
de stupéfiants, il s’en est pris de façon violente à un policier, dans l’exercice de ses 
fonctions, qui cherchait à l’interpeller pour ces faits. La maladresse des circonstances 
– policier seul, hall d’entrée de l’immeuble plutôt que lieu officiel, précipitation, etc. 
– n’entache pas la légitimité d’une interpellation après un flagrant délit d’infraction. 

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Le déchaînement de violence dont l’appelant a fait preuve, qui a suscité chez le 
gendarme une réelle crainte pour sa vie, est sans commune proportion avec le but 
poursuivi, soit se soustraire aux désagréments d’une interpellation, étant rappelé que 
le prévenu, qui avait déjà fait l’objet de multiples interpellations, devait savoir que 
celle-ci pouvait se passer « en douceur » et a choisi de faire violemment déraper la 
situation.  

Les antécédents de l’appelant sont relativement spécifiques. Il sera tenu compte du 
fait qu’il ne s’est finalement agi que d’une tentative, le plaignant n’ayant jamais été 
atteint par le morceau de verre et n’ayant été blessé qu’aux mains, même si ce 
résultat n’est en rien dû à l’attitude du prévenu mais plutôt à la prompte réaction du 
policier. 

Le prévenu, déjà condamné à plusieurs reprises à des peines privatives de liberté 
ferme, n’a manifestement pas su apprendre de ses précédents séjours en détention, 
récidivant dans le délai d’épreuve de sa libération conditionnelle. Sa situation 
personnelle, certes difficile, n’excuse en rien son comportement, étant relevé que 
bien qu’il se dise bon père de famille, les naissances successives de ses deux enfants 
ne l’ont pas détourné de commettre des infractions, les condamnations les plus 
importantes étant survenues après la naissance du second. Le décès inattendu de la 
mère des enfants, survenu alors que l’appelant était déjà détenu depuis plus d’une 
année, qui constitue certainement pour tous un événement douloureux et pénible, ne 
justifie pas d’atténuer significativement la peine, étant relevé que l’appelant n’a pas 
la charge de ses enfants, qu’il n’a jamais vus pendant la détention et dont la garde lui 
a été retirée depuis plus de trois ans sans qu’il n’entreprenne de démarche pour la 
récupérer officiellement.  

Le prévenu paraît ainsi définitivement réfractaire au respect de l’ordre légal et 
insensible à la sanction. Il n’a pas su profiter de la mansuétude dont il a plusieurs fois 
bénéficié sur le plan pénal (sursis répétés et non révoqués malgré plusieurs nouvelles 
condamnations, libérations conditionnelles, renonciation à l’expulsion lors de sa 
dernière condamnation), qui ne semble pas l’avoir découragé mais au contraire 
encouragé à systématiquement récidiver. 

Compte tenu de l’ensemble de ces éléments, une peine privative de liberté de quatre 
ans pour la tentative de lésions corporelles graves doit être retenue comme peine de 
base. 

4.6.2. Cette peine doit être aggravée de cinq mois (peine théorique six mois) pour 
tenir compte de l’infraction à l’art. 285 CP concomitante, et d’un mois chacune 
(peine théorique 45 jours) pour les infractions de lésions corporelles simples et de 
dommages à la propriété. 

- 21/30 - 

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Les deux occurrences d’infractions à la loi sur les stupéfiants aggravent également 
d’un mois chacune cette peine, la portant à quatre ans et neuf mois (57 mois).  

Cette peine doit être ramenée à 44 mois, pour tenir compte de la responsabilité 
faiblement restreinte de l’appelant au moment des faits, qui réduit d’autant sa faute.  

La peine d’ensemble, incluant la réintégration de la libération conditionnelle (solde 
de peine de quatre mois et 28 jours) doit ainsi être arrêtée à 48 mois, soit quatre ans. 

Le traitement ambulatoire (art. 63 CP) ordonné par les premiers juges et qui n’est 
remis en cause par aucun des appelants sera confirmé. 

Enfin, la peine pécuniaire de dix jours prononcée par les premiers juges pour les 
injures proférées par le prévenu apparaît adéquate. L’appel du MP sur ce point est 
infondé. 

5. 5.1. Conformément à l'art. 66a al. 1 CP, le juge expulse un étranger du territoire 
suisse pour une durée de cinq à quinze ans s'il est reconnu coupable de l'une des 
infractions énumérées aux let. a à o, également sous la forme de tentative (ATF 144 
IV 168 consid. 1.4.1), notamment en cas de condamnation pour lésions corporelles 
graves (let. b). 

 5.2. Selon l'art. 66a al. 2 CP, le juge peut exceptionnellement renoncer à une 
expulsion lorsque celle-ci mettrait l'étranger dans une situation personnelle grave et 
que les intérêts publics à l'expulsion ne l'emportent pas sur l'intérêt privé de l'étranger 
à demeurer en Suisse. A cet égard, il tiendra compte de la situation particulière de 
l'étranger qui est né ou qui a grandi en Suisse.   

 L'art. 66a al. 2 CP définit une "Kannvorschrift", en ce sens que le juge n'a pas 
l'obligation de renoncer à l'expulsion, mais peut le faire si les conditions fixées par 
cette disposition sont remplies. Ces conditions sont cumulatives. Afin de pouvoir 
renoncer à une expulsion prévue par l'art. 66a al. 1 CP, il faut donc que cette mesure 
mette l'étranger dans une situation personnelle grave et que l'intérêt public soit de 
peu d'importance, c'est-à-dire que les intérêts publics à l'expulsion ne l'emportent pas 
sur l'intérêt privé de l'étranger à demeurer en Suisse. Le fait que la clause de rigueur 
soit une norme potestative ne signifie pas que le juge pénal pourrait librement 
décider d'appliquer ou non l'exception de l'art. 66a al. 2 CP. Le juge doit faire usage 
du pouvoir d'appréciation qui lui est conféré par une norme potestative dans le 
respect des principes constitutionnels. S'il devait refuser de renoncer à l'expulsion 
alors que les conditions de la clause de rigueur sont remplies, le principe de 
proportionnalité ancré à l'art. 5 al. 2 Cst. serait violé. Le juge doit ainsi renoncer à 
l'expulsion lorsque les conditions de l'art. 66a al. 2 CP sont réunies, conformément au 
principe de proportionnalité (ATF 144 IV 332 consid. 3.3). 

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La loi ne définit pas ce qu'il faut entendre par une "situation personnelle grave" 
(première condition cumulative) ni n'indique les critères à prendre en compte dans la 
pesée des intérêts (seconde condition cumulative). En recourant à la notion de cas de 
rigueur dans le cadre de l'art. 66a al. 2 CP, le législateur a fait usage d'un concept 
ancré depuis longtemps dans le droit des étrangers (cf. art. 30 al. 1 let. b ou 50 al. 1 
let. b et 84 al. 5 LEI, ainsi que l'art. 14 de la loi sur l'asile [LAsi]). Compte tenu 
également du lien étroit entre l'expulsion pénale et les mesures du droit des étrangers, 
il est justifié de s'inspirer, de manière générale, des critères prévus par l'art. 31 al. 1 
de l'ordonnance relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative 
(OASA – RS 142.201) et de la jurisprudence y relative, dans le cadre de l'application 
de l'art. 66a al. 2 CP. L'art. 31 al. 1 OASA prévoit qu'une autorisation de séjour peut 
être octroyée dans les cas individuels d'extrême gravité. Elle commande de tenir 
compte notamment de l'intégration du requérant, du respect de l'ordre juridique 
suisse par le requérant, de la situation familiale, particulièrement de la période de 
scolarisation et de la durée de la scolarité des enfants, de la situation financière ainsi 
que de la volonté de prendre part à la vie économique et d'acquérir une formation, de 
la durée de la présence en Suisse, de l'état de santé ainsi que des possibilités de 
réintégration dans l'État de provenance. Comme la liste de l'art. 31 al. 1 OASA n'est 
pas exhaustive et que l'expulsion relève du droit pénal, le juge devra également, dans 
l'examen du cas de rigueur, tenir compte des perspectives de réinsertion sociale du 
condamné (ATF 144 IV 332 consid. 3.3.1 et 3.3.2). 

En règle générale, il convient d'admettre l'existence d'un cas de rigueur au sens de 
l'art. 66a al. 2 CP lorsque l'expulsion constituerait, pour l'intéressé, une ingérence 
d'une certaine importance dans son droit au respect de sa vie privée et familiale 
garanti par la Constitution fédérale (art. 13 Cst.) et par le droit international, en 
particulier l'art. 8 CEDH (arrêt du Tribunal fédéral 6B_661/2019 du 12 
septembre 2019 consid. 3.3.1 et références citées). La reconnaissance d'un cas de 
rigueur ne se résume pas à la simple constatation des potentielles conditions de vie 
dans le pays d'origine ou du moins la comparaison entre les conditions de vie en 
Suisse et dans le pays d'origine, mais aussi à la prise en considération des éléments 
de la culpabilité ou de l'acte (M. BUSSLINGER / P. UEBERSAX, Härtefallklausel 
und migrationsrechtliche Auswirkungen der Landesverweisung, cahier spécial, 
Plaidoyer 5/2016, p. 101 ; G. FIOLKA / L. VETTERLI, Die Landesverweisung in 
Art. 66a ff StGB als strafrechtliche Sanktion, cahier spécial, Plaidoyer 5/2016, p. 87 ; 
AARP/185/2017 du 2 juin 2017 consid. 2.2). 

Pour se prévaloir d'un droit au respect de sa vie privée, l'étranger doit établir 
l'existence de liens sociaux et professionnels spécialement intenses avec la Suisse, 
notablement supérieurs à ceux qui résultent d'une intégration ordinaire. Une pesée 
des intérêts en présence, en considérant la durée du séjour en Suisse comme un 
élément parmi d'autres et en n'accordant qu'un faible poids aux années passées en 
Suisse dans l'illégalité, en prison ou au bénéfice d'une simple tolérance, doit être 
préférée à une approche schématique qui consisterait à présumer, à partir d'une 

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certaine durée de séjour en Suisse, que l'étranger y est enraciné et dispose de ce fait 
d'un droit de présence dans notre pays (ATF 134 II 10 consid. 4.3 ; arrêts du Tribunal 
fédéral 6B_661/2019 du 12 septembre 2019 consid. 3.3.1 et 3.3.2 et référence citée). 

Lorsque la personne concernée a des enfants en bas âge ("Kinder im 
anpassungsfähigen Alter"), on peut attendre d'eux qu'ils s'intègrent facilement dans le 
pays de destination, étant relevé qu'ils suivent leurs parents en raison de 
considérations du droit de la famille (arrêt du Tribunal fédéral 6B_191/2020 du 17 
juin 2020 consid. 1.7.2 ; les enfants du justiciable étaient nés en 2014 et 2016). 

5.3. En l’espèce, l’appelant se prévaut de la présence en Suisse de ses deux enfants, 
âgés de cinq et sept ans, aujourd’hui orphelins de mère, titulaires d’une autorisation 
d’établissement à Genève. Il ne fait pas de doute qu’une séparation d’avec ses 
enfants est susceptible de mettre le prévenu dans une situation personnelle grave au 
sens de l’art. 66a al. 2 CP. 

Cela étant, il convient déjà de relever que, si l’appelant devait être expulsé de Suisse 
en étant seul titulaire de la garde sur les deux enfants, ceux-ci devraient logiquement 
l’accompagner en Algérie, étant relevé qu’ils seront âgés de moins de dix ans à la fin 
de peine de l’appelant et qu’on doit donc s’attendre à ce qu’ils s’adaptent facilement 
dans ce pays, dans lequel ils se sont déjà rendus et où ils pourront compter sur la 
famille de leur père comme sur celle de leur mère. Une expulsion de l’appelant dans 
ces circonstances ne représenterait donc pas une séparation d’avec ses enfants. 

Il ne semble toutefois pas certain que l’appelant récupère la garde de ses enfants au 
moment de sa sortie de prison, puisque ses droits parentaux ont été restreints, déjà 
avant son incarcération pour les besoins de la présente procédure. Si cette restriction 
devait se prolonger au-delà de sa libération, une expulsion compliquerait certes les 
relations personnelles entre le père et les enfants ; à l’époque actuelle et compte tenu 
des moyens de communication modernes, une telle séparation ne serait toutefois pas 
insurmontable et l’exercice de relations personnelles pourrait se poursuivre. 

Le prévenu n’a par ailleurs jamais vu ses enfants pendant sa détention (depuis mi-
mars 2019), leur mère n’ayant jamais sollicité de droit de visite en leur faveur et 
aucune démarche en ce sens n’ayant été entreprise durant l’incarcération. Il est 
significatif que l’appelant justifie cette absence de visite exclusivement par son 
propre intérêt (« Je ne voulais pas les voir. Cela me faisait trop mal ») et non celui de 
ses enfants. Cette dernière circonstance confirme que les enfants ont 
malheureusement l’habitude de la séparation d’avec leur père, et semblent 
s’accommoder de relations à distance. 

Au surplus, l’appelant qui n’a jamais été au bénéfice d’une autorisation de séjour en 
Suisse et qui a vécu essentiellement en détention au cours des dernières années, 

- 24/30 - 

P/5900/2019 

percevant des prestations d’assistance lorsqu’il était en liberté, ne peut se prévaloir 
d’aucune intégration ni sociale ni professionnelle en Suisse, n’ayant selon ses 
déclarations même pas réussi à maintenir une bonne relation avec les autres membres 
de sa famille résidant dans le pays. 

Au vu de l’ensemble de ces éléments, l’expulsion de Suisse du prévenu ne semble 
pas réaliser la première des deux conditions de l’art. 66a al. 2 CP, puisqu’elle ne le 
mettrait pas dans une situation personnelle grave. 

En tout état de cause, et même s’il fallait retenir l’existence d’une situation 
personnelle grave, l’intérêt public à l’expulsion l’emporterait à l’évidence sur celui 
du prévenu à demeurer en Suisse. En effet, celui-ci est durablement ancré dans la 
délinquance, s’en prenant à différents biens juridiques tels que l’intégrité corporelle, 
l’autorité ou la santé publiques. Contrairement à ce qu’il a pu plaider, son parcours 
pénal démontre par ailleurs une nette aggravation des infractions et des atteintes à 
des biens juridiques de plus en plus précieux. Le prononcé d’un traitement 
ambulatoire, susceptible de diminuer le risque de récidive, ne suffit pas à faire 
disparaître l’intérêt public à l’expulsion. 

Dans la mesure où l’appelant a deux enfants qui pourraient, en fonction de 
l’évolution de leur situation, rester en Suisse, l’expulsion sera prononcée pour une 
durée de sept ans, les dix ans réclamés par le MP apparaissant excessifs. 

Egalement par égard pour les enfants et afin de faciliter l’exercice des relations 
personnelles, il sera renoncé à étendre la mesure d'expulsion à l'ensemble de l'espace 
Schengen, certains membres de la famille possédant une nationalité ou un droit de 
séjour dans d’autres pays de cet espace.  

6. Le prévenu se trouvant actuellement en exécution anticipée de peine, il n’y pas lieu 
d’ordonner son maintien en détention pour des motifs de sûreté. 

7. Le prévenu, qui succombe intégralement dans son appel et sur l’essentiel de l’appel 
joint, supportera les frais de la procédure envers l'État (art. 428 CPP). 

 Les acquittements prononcés par les premiers juges étant annulés, le prévenu 
supportera l’intégralité des frais de première instance (art. 428 al. 3 CPP). 

 L’annonce d’appel de la partie plaignante n’ayant occasionné aucune activité 
supplémentaire, il n’y a pas lieu de percevoir des frais en lien avec le retrait. 

8. 8.1. Selon l'art. 135 al. 1 CPP, le défenseur d'office est indemnisé conformément au 
tarif des avocats de la Confédération ou du canton du for du procès. S'agissant d'une 

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affaire soumise à la juridiction cantonale genevoise, l'art. 16 du règlement sur 
l'assistance juridique (RAJ) s'applique. 

Cette dernière disposition prescrit que l'indemnité, en matière pénale, est calculée 
selon le tarif horaire suivant, débours de l'étude inclus : avocat stagiaire CHF 110.- 
(let. a) ; collaborateur CHF 150.- (let. b) ; chef d'étude CHF 200.- (let. c). En cas 
d'assujettissement l'équivalent de la TVA est versé en sus. 

 Conformément à l'art. 16 al. 2 RAJ, seules les heures nécessaires sont retenues. Elles 
sont appréciées en fonction notamment de la nature, de l'importance, et des 
difficultés de la cause, de la valeur litigieuse, de la qualité du travail fourni et du 
résultat obtenu. 

 On exige de l'avocat qu'il soit expéditif et efficace dans son travail et qu'il concentre 
son attention sur les points essentiels. Des démarches superflues ou excessives n'ont 
pas à être indemnisées (M. VALTICOS / C. REISER / B. CHAPPUIS (éds), 
Commentaire romand, Loi fédérale sur la libre circulation des avocats, Bâle 2010, n. 
257 ad art. 12). Dans le cadre des mandats d'office, l'État n'indemnise ainsi que les 
démarches nécessaires à la bonne conduite de la procédure pour la partie qui jouit 
d'une défense d'office ou de l'assistance judiciaire. Il ne saurait être question 
d'indemniser toutes les démarches souhaitables ou envisageables. Le mandataire 
d'office doit en effet gérer son mandat conformément au principe d'économie de 
procédure (décision de la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral BB.2013.22 du 
31 octobre 2013 consid. 5.2.3). Par voie de conséquence, le temps consacré à la 
rédaction d'écritures inutiles ou reprenant une argumentation déjà développée, fût-ce 
devant une autorité précédente, ne saurait donner lieu à indemnisation ou à 
indemnisation supplémentaire (AARP/295/2015 du 12 juillet 2015 consid. 8.2.2.3, 
8.2.2.6, 8.3.1.1 et 8.3.2.1). 

 8.2. L'activité consacrée aux conférences, audiences et autres actes de la procédure 
est majorée de 20% jusqu'à 30 heures de travail, décomptées depuis l'ouverture de la 
procédure, et de 10% lorsque l'état de frais porte sur plus de 30 heures, pour couvrir 
les démarches diverses, telles la rédaction de courriers ou notes, les entretiens 
téléphoniques et la lecture de communications, pièces et décisions (arrêt du Tribunal 
fédéral 6B_838/2015 du 25 juillet 2016 consid. 3.5.2 ; voir aussi les décisions de la 
Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral BB.2016.34 du 21 octobre 2016 
consid. 4.1 et 4.2 et BB.2015.85 du 12 avril 2016 consid. 3.5.2 et 3.5.3). Des 
exceptions demeurent possibles, charge à l'avocat de justifier l'ampleur d'opérations 
dont la couverture ne serait pas assurée par le forfait. 

 8.3. En l'occurrence, la rédaction de l’annonce et de la déclaration d’appel (actes non 
motivés) sont des activités couvertes par l’indemnisation forfaitaire, qui ne donnent 
pas lieu à indemnisation séparée. Par ailleurs, seul le collaborateur (déjà présent à 
l’audience de première instance) a participé aux débats d’appel ; il n’y a donc pas 
lieu d’indemniser l’activité du chef d’étude en lien avec ces débats, et le temps 

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P/5900/2019 

consacré par celui-ci à l’étude du dossier et la relecture de la plaidoirie sera donc 
écarté. Pour le reste, l'état de frais satisfait les exigences légales et jurisprudentielles 
régissant l'assistance judiciaire gratuite en matière pénale. Un forfait déplacement (à 
CHF 75.-) et la durée de l’audience d’appel seront ajoutés. 

 En conclusion, la rémunération de Me C______ sera arrêtée à CHF 3'027.70 
correspondant à trois heures et demie d'activité au tarif de CHF 200.-/heure et 
11 heures et 55 minutes d’activité au tarif de CHF 150.-/heure plus la majoration 
forfaitaire de 10%, un forfait déplacement et l'équivalent de la TVA au taux de 7.7% 
en CHF 216.45. 

 

 

* * * * *  

- 27/30 - 

P/5900/2019 

PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

Reçoit les appels formés par A______ et le Ministère public contre le jugement 
JTCO/49/2020 rendu le 28 avril 2020 par le Tribunal correctionnel dans la procédure 
P/5900/2019. 

Prend acte du retrait de l’appel annoncé par D______ contre ce jugement. 

Rejette l’appel de A______. 

Admet partiellement l’appel du Ministère public. 

Annule ce jugement. 

Et statuant à nouveau : 

Déclare A______ coupable de tentative de lésions corporelles graves (art. 22 et 122 CP), 
de violence ou menace contre les autorités ou les fonctionnaires (art. 285 ch. 1 CP), de 
dommages à la propriété (art. 144 CP), de lésions corporelles simples (art. 123 ch. 1 al. 1 
CP), d'injure (art. 177 al. 1 CP), d'infractions à la loi fédérale sur les stupéfiants (art. 19a 
ch. 1 et 19 al. 1 let. c et d LStup) et de séjour illégal (art. 115 al. 1 let. b LEI). 

Révoque la libération conditionnelle octroyée le 2 novembre 2018 par le Tribunal 
d'application des peines et des mesures de Genève (solde de peine 4 mois et 28 jours). 

Condamne A______ à une peine privative de liberté d'ensemble de quatre ans, incluant la 
peine révoquée, sous déduction de 539 jours de détention avant jugement, dont 72 jours en 
exécution anticipée de peine (art. 40 CP). 

Condamne A______ à une peine pécuniaire de 10 jours-amende (art. 34 CP). 

Fixe le montant du jour-amende à CHF 10.-. 

Condamne A______ à une amende de CHF 200.- (art. 106 CP et 19a ch. 1 LStup). 

Prononce une peine privative de liberté de substitution de 2 jours. 

Dit que la peine privative de liberté de substitution sera mise à exécution si, de manière 
fautive, l'amende n'est pas payée. 

Ordonne que A______ soit soumis à un traitement ambulatoire (art. 63 CP). 

- 28/30 - 

P/5900/2019 

Ordonne la transmission du présent arrêt et des procès-verbaux de l'audience du Tribunal 
correctionnel et de l’audience d’appel, du rapport d'expertise psychiatrique du 27 juin 2019 
et son complément du 25 octobre 2019 et des procès-verbaux de l'audition de l'expert des 
24 septembre 2019 et 12 décembre 2019 au Service d'application des peines et mesures. 

Ordonne l'expulsion de Suisse de A______ pour une durée de sept ans (art. 66a CP). 

Dit que l'exécution de la peine prime celle de l'expulsion (art. 66c al. 2 CP). 

Déboute D______ de ses conclusions civiles. 

Ordonne le versement à la procédure du morceau de verre figurant sous chiffre n°4 de 
l'inventaire (n°2______) du 16 mars 2019 s'agissant d'une pièce à conviction. 

Ordonne la confiscation et la destruction des médicaments figurant sous chiffre n°2 de 
l'inventaire (n°3______) du 12 février 2019, sous chiffre n°1 de l'inventaire (n°4______) 
du 12 février 2019, sous chiffre n°1 de l'inventaire (n°5______) du 12 février 2019, sous 
chiffre n°1 de l'inventaire (n°6______) du 16 mars 2019 et sous chiffre n°3 de l'inventaire 
(n°2______) du 16 mars 2019 et du morceau de haschich figurant sous chiffre n°1 de 
l'inventaire (n°2______) du 16 mars 2019 (art. 69 CP). 

Ordonne la confiscation et la dévolution à l'Etat des sommes de CHF 152.50, CHF 133.20, 
EUR 20.- et EUR 2.- figurant sous chiffre n°1 de l'inventaire (n°3______) du 12 février 
2019 et sous chiffre n°2 de l'inventaire (n°2______) du 16 mars 2019 (art. 70 CP). 

Condamne A______ aux frais de la procédure de première instance, qui s'élèvent à CHF 
12'945.52, y compris un émolument de jugement de CHF 1'500.- (art. 426 al. 1 CPP). 

Condamne A______ aux frais de la procédure d'appel, en CHF 2'385.-, qui comprennent 
un émolument de CHF 2'000.-. 

Arrête à CHF 3'027.70, TVA comprise, le montant des frais et honoraires de Me C______, 
défenseur d'office de A______ pour la procédure d'appel. 

Notifie le présent arrêt aux parties. 

Le communique, pour information, au Tribunal correctionnel, au Secrétariat d'Etat aux 
migrations, à l'Office cantonal de la population et des migrations et au Service 
d’application des peines et mesures. 

 

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Siégeant : 

Madame Gaëlle VAN HOVE, présidente ; Monsieur Pierre BUNGENER, juge ; Monsieur 
Yves BONARD, juge suppléant ; Mme Jennifer CRETTAZ greffière-juriste. 

 

La greffière : 

Yaël BENZ 

 La présidente : 

Gaëlle VAN HOVE 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 78 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral (LTF), le présent arrêt peut être porté 

dans les trente jours qui suivent sa notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF), par-devant le 

Tribunal fédéral (1000 Lausanne 14), par la voie du recours en matière pénale, sous la réserve qui suit. 

 

Dans la mesure où il a trait à l'indemnité de l'avocat désigné d'office ou du conseil juridique gratuit pour la 

procédure d'appel, et conformément aux art. 135 al. 3 let. b CPP et 37 al. 1 de la loi fédérale sur 

l'organisation des autorités pénales de la Confédération (LOAP), le présent arrêt peut être porté dans les dix 

jours qui suivent sa notification avec expédition complète (art. 39 al. 1 LOAP, art. 396 al. 1 CPP) par-devant 

la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral (6501 Bellinzone). 

  

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 ETAT DE FRAIS  

 

 COUR DE JUSTICE  

 

Selon les art. 4 et 14 du règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais et dépens 
en matière pénale (E 4 10.03). 

 

 

Total des frais de procédure du Tribunal de première instance : CHF 12'945.52 

Bordereau de frais de la Chambre pénale d'appel et de révision   

Délivrance de copies et photocopies (let. a, b et c) CHF 0.00 

Mandats de comparution, avis d'audience et divers (let. i) CHF 180.00 

Procès-verbal (let. f) CHF 130.00 

Etat de frais CHF 75.00 

Emolument de décision CHF 2'000.00 

Total des frais de la procédure d'appel : CHF 2'385.00 

Total général (première instance + appel) : CHF 15'330.52