# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a9deae36-a6a0-505c-b982-6c2212c9c797
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2010-11-16
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 16.11.2010 SK.2009.25
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG/CH_BSTG_001_SK-2009-25_2010-11-16.pdf

## Full Text

Arrêt du 16 novembre 2010 
Cour des affaires pénales 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Patrick Robert-Nicoud, 
juge président, Sylvia Frei et Jean-Luc Bacher,     
la greffière Elena Maffei   

Parties  MINISTERE PUBLIC DE LA CONFEDERATION,  
 
et 
 
Les parties civiles: 

1. Institution A., représentée par Me Alain Thé-
venaz, 

2. Institution B., représentée par Me Alain Thé-
venaz,  

  contre 

 
  

C., représenté par Me Henri Baudraz, 

 
Tiers saisi: 

 
D., 
 

  
 

Objet 
 

Confiscation (art. 70 CP) et prétentions civiles 
(art. 210 PPF) 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t  

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéros du dossier : SK.2009.25 + 26 
 

 

 

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Faits: 

A. En mai 2005, le Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC) a ouvert 
une enquête de police judiciaire à l'encontre de C. pour présomption de gestion 
déloyale des intérêts publics au sens de l'art. 314 CP. Le 10 octobre 2005, dite 
autorité a rendu une ordonnance prévoyant la jonction, en mains des autorités 
fédérales, de la poursuite de la gestion déloyale des intérêts publics commise 
par C. durant son activité au service de l’Institution A., dans le cadre de la procé-
dure ouverte contre ce dernier pour présomption d'infraction à l'art. 314 CP à 
l'encontre de la Confédération (cl. 1 p. 02000002). Par ordonnance du 24 octo-
bre 2005, le MPC a étendu l'enquête aux faits constitutifs de gestion déloyale 
des intérêts publics commis par C. dans le cadre de son activité au sein de 
l’Institution A., soit du 1er septembre 1989 au 30 septembre 2001 (cl. 1 
p. 01010002).   

B. Le 11 août 2006, la Police judiciaire fédérale (ci-après: PJF) a remis son rapport 
final au sens de l'art. 104 al. 2 PPF (cl. 5 pag. 05000381 à 450). Ledit document 
se fonde sur les rapports d'analyses établis précédemment par la PJF. 

Le 19 septembre 2006, le Juge d'instruction fédéral (ci-après: JIF) a ordonné 
l'ouverture d'une instruction préparatoire. Le 19 décembre 2007, il a remis son 
rapport de clôture (cl. 28 pag. 2200000047 à 97). 

Le MPC a saisi le Tribunal pénal fédéral d'un acte d'accusation dirigé contre C. 
daté du 24 novembre 2008. 

 C. Les débats se sont tenus du 31 août au 2 septembre 2009 à Bellinzone.  

C.1 A l'occasion desdits débats, le MPC a conclu à ce que C. soit reconnu coupable 
d'infractions répétées aux art. 314 CP (gestion déloyale des intérêts publics), 158 
ch. 1 al. 3 (gestion déloyale aggravée), d'infraction aux art. 320 CP (violation du 
secret de fonction) et 138 ch. 2 CP (abus de confiance); qu'il soit condamné à 
une peine privative de liberté de 20 mois avec sursis, assortie d'un délai 
d'épreuve de deux ans, ainsi qu'à une peine pécuniaire ferme de 90 jours-
amende, et que les frais de procédure soient mis à sa charge. Il a également re-
quis que les valeurs patrimoniales séquestrées sises auprès de la banque E. sur 
les comptes n° 1, au nom de l'accusé, et n° 2, au nom de la fondation F., ainsi 
que celles sises auprès de la banque G. sur les comptes n° 3 et n° 4, tous deux 
au nom de la fondation F., soient confisquées comme produit ou remploi du pro-
duit des infractions (art. 70 al. 1 CP), que le produit des infractions qui a été ver-

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sé à D. sans contre-prestation soit séquestré et confisqué (art. 70 al. 2 CP); que 
C. soit condamné à payer une créance compensatrice d'un montant égal au 
dommage établi à Fr. 1'755'158,85, sous déduction des valeurs patrimoniales 
confisquées (art. 71 al. 1 CP); que le séquestre ordonné au Registre foncier sur 
l'immeuble appartenant pour moitié chacun aux époux C. et D. soit maintenu afin 
de garantir le paiement de la créance compensatrice (art. 71 al. 1 CP); que les 
valeurs patrimoniales confisquées ainsi que la créance compensatrice réalisée 
soit restituées, respectivement allouées aux lésés selon requête des parties civi-
les (art. 70 al. 1 et 73 al. 1 CP) (cl. 38 p. 38100001).  

C.2 Le représentant des parties civiles a, quant à lui, conclu à ce que C. soit 
condamné à payer à l'Institution A. la somme de Fr. 1'218'185,95, avec intérêts à 
5% l'an dès le 1er août 1998, subsidiairement dès le 1er octobre 2001, et à l'Insti-
tution B. la somme de Fr. 261'804,30, avec intérêts à 5% l'an dès le 1er août 
2003, subsidiairement dès le 1er juin 2005; à ce que les avoirs bancaires de C. 
auprès de la banque E., les avoirs de la fondation F. auprès des Banques E. et 
G. SA à Z., ainsi que la somme de Fr. 20'000.-- versée le 16 mars 2005 par la 
société I. SA sur un compte de l'Institution B., avoirs tous séquestrés en cours 
d'enquête, soient confisqués; que les valeurs patrimoniales confisquées, le mon-
tant de l'éventuelle peine pécuniaire et/ou de l'amende payés par l'accusé, ainsi 
que d'éventuelles créances compensatrices, soient alloués à l'Institution A. à 
concurrence de 83% et à l'Institution B. à concurrence de 17%, ces deux institu-
tions déclarant céder à la Confédération leurs créances envers C., à concur-
rence des montants qui leur seraient octroyés (cl. 38 p. 38601001).  

D.   Par arrêt du 10 septembre 2009, la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal 
fédéral (ci-après: TPF) a déclaré C. coupable d'infractions répétées de gestion 
déloyale et l'a acquitté des chefs d'accusation de gestion déloyale des intérêts 
publics et de violation du secret de fonction. Elle l'a condamné à une peine priva-
tive de liberté de 18 mois avec sursis pendant deux ans, à une peine pécuniaire 
ferme de 60 jours-amende au montant de Fr. 500.-- par jour, et au paiement des 
frais de la cause à hauteur de Fr. 41'921,35. Elle a dit que les questions civiles 
seraient traitées ultérieurement et que le sort des avoirs séquestrés ferait l'objet 
d'une décision ultérieure (cf. ch. 8 et 9 du dispositif de l'arrêt). Contre cet arrêt, C. 
s'est pourvu en nullité auprès du Tribunal fédéral (ci-après: TF). L'effet suspensif 
a été accordé au recours par ordonnance émise le 8 mars 2010. 

E. Par décision du 1er mars 2010, notifiée aux parties le 10 mars 2010, la cour de 
céans a ordonné la saisie des comptes dont D. est titulaire auprès de la banque 
J. et de la banque G. SA, ainsi que le blocage au Registre foncier de la seconde 
moitié du bien immobilier situé à Y. (parcelle W., Feuille V. du cadastre), dont 
elle est copropriétaire (cl. 38 p. 38651004).      

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F. Dite ordonnance a été exécutée par le Registre foncier du district de Y. le 3 mars 
2010, par la banque J. en date du 5 mars 2010 et par la banque G. SA le 8 mars 
2010 (cl. 38 p. 38681003, 38682002). Aucun recours n'ayant été présenté contre 
cette décision, elle est entrée en force de chose jugée.  

G. Par arrêt du 1er juin 2010, le TF a rejeté le recours présenté par C. dans la me-
sure où il était recevable et mis les frais judiciaires arrêtés à Fr. 4'000.-- à la 
charge du recourant.       

H. Il a été procédé à un échange d'écritures s'agissant de la question de la confis-
cation et des prétentions civiles. C. a pris position en dates des 15 septembre et 
6 octobre 2010 (cl. 39 p. 39521026ss), alors que D. a exprimé son point de vue 
par courriers des 5 octobre 2009, 25 février et 15 septembre 2010 (cl. 37 
p. 37651003; cl. 38 p. 38651001; cl. 39 p. 39651002).    

Dans la mesure où d'autres précisions de faits sont nécessaires au jugement de 
la cause, elles seront apportées dans les considérants qui suivent.  

 
 

La Cour considère en droit: 

1. Conclusions civiles 

1.1 aux termes de l'art. 210 al. 1 PPF, l'action civile dérivant d'une infraction peut 
être exercée en la procédure pénale fédérale. Elle est jugée par la juridiction fé-
dérale de répression dans le mesure où le prévenu n'est pas acquitté et où la 
poursuite n'est pas abandonnée (al. 1 ). Le tribunal peut, dans un premier temps, 
ne statuer que sur la question pénale et traiter ultérieurement les prétentions civi-
les (al. 2). Dans le cas où le jugement complet des prétentions civiles exigerait 
un travail disproportionné, le tribunal peut se limiter à adjuger l'action civile dans 
son principe et renvoyer le lésé pour le reste devant les tribunaux civils. Dans la 
mesure du possible, il doit cependant juger complètement les prétentions de fai-
ble importance (al. 3).    

1.2 Le MPC a admis la constitution de l'Institution B. en tant que partie civile le 6 juin 
2005 (cl. 22 p. 15010016) et celle de l'Institution A. le 3 novembre 2005 (cl. 22 
p. 15020119). 

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1.3 Comme on l'a vu plus haut, le représentant des parties civiles a déposé des 
conclusions écrites à l'occasion des débats et, sur requête de l'autorité de céans, 
il a produit en date du 31 août 2010 un mémoire contenant des explications 
quant au calcul des prétentions de ses clientes. Il a également produit une copie 
de l'ensemble de ses notes d'honoraires correspondant à un montant total de 
Fr. 70'309,95, en précisant que les Institutions A. et B. demandaient le rembour-
sement complet de cette somme à titre d'allocation de dépens (cl. 39 
p. 39601005). 

1.4 La responsabilité délictuelle instituée par l'art. 41 CO suppose que soient réali-
sées cumulativement les quatre conditions suivantes: un acte illicite, une faute 
de l'auteur, un dommage et un rapport de causalité (naturelle et adéquate) entre 
l'acte fautif et le dommage (ATF 132 III 122 consid. 4.1; KARL OFTINGER/EMIL 
W. STARK, Schweizeriches Haftpflichtrecht, Allgemeiner Teil, vol. I, 5ème éd., 
n. 102ss p. 44/45). Le dommage juridiquement reconnu réside dans la diminution 
involontaire de la fortune nette; tel est le cas lorsqu'on se trouve en présence 
d'une véritable lésion du patrimoine - c'est-à-dire d'une diminution de l'actif, d'une 
augmentation du passif, d'une non-diminution du passif ou d'une non-
augmentation de l'actif (ATF 121 IV 104 consid. 2c). Il correspond à la différence 
entre le montant actuel du patrimoine du lésé et le montant qu'aurait ce même 
patrimoine si l'événement dommageable ne s'était pas produit (ATF 132 III 564 
consid. 6.2). Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, un acte est illicite s'il en-
freint un devoir légal général en portant atteinte soit à un droit absolu du lésé (Er-
folgsunrecht), soit à son patrimoine; dans ce dernier cas, la norme violée doit 
avoir pour but de protéger le lésé dans les droits atteints par l'acte incriminé 
(Verhaltensunrecht) (ATF 132 III 122 consid. 4.1). La faute peut être commise in-
tentionnellement ou par négligence (ANTON K. SCHNYDER in Basler Kommentar, 
Obligationenrecht I, 4ème éd., Bâle 2007, ad art. 41 CO n. 45ss). 

En l'espèce, comme on l'a vu plus haut, C. a été déclaré coupable d'infractions 
répétées de gestion déloyale (art. 158 CP) par jugement du 10 septembre 2009. 
Le bien juridique protégé par la disposition précitée est le patrimoine d'autrui. Le 
condamné a conclu de nombreux contrats avec l'industrie privée et gardé pour 
son compte leur produit économique, quand bien même il était tenu de faire en 
sorte que ses employeurs puissent percevoir les revenus générés par ces ac-
cords (arrêt TPF SK.2008.24 du 10 septembre 2009, consid. 3.1.7 et 3.2.6). Ces 
derniers ont été lésés des sommes censées leur revenir; les actes de C. sont la 
cause de ladite lésion et violent une norme juridique protégeant le patrimoine 
des lésés. Ils doivent donc être considérés comme illicites au sens de 
l'art. 41 CO.    

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1.5 Pour calculer le montant des dommages-intérêts à allouer aux Institutions A. et 
B., il convient d'analyser un à un et dans le détail chacun des contrats signés par 
C. pendant la période pendant laquelle il a travaillé pour ces institutions et de dé-
terminer le montant du dommage occasionné par la conclusion desdits accords. 
Pour ce qui a trait à la description des contrats passés par le condamné avec 
l'industrie privée, il sied de renvoyer à l'arrêt rendu par le TPF dans la même af-
faire (cf. arrêt TPF SK.2008.24 du 10 septembre 2009, consid. 2.2.1): 

1.5.1 Période Institution A. 

S'agissant des contrats de consultance (A1 à A4), aucun dommage n'a été allé-
gué. En effet, lesdits accords visent une activité extérieure personnelle du 
condamné n'entraînant en principe aucun frais pour l'Institution A. (cl. 28 
p. 2200000079).  

En ce qui concerne les contrats de recherche et de développement, le dommage 
patrimonial résulte de la non rétrocession à l'Institution A. des sommes encais-
sées par C. pour l'utilisation, au profit de l'industrie privée, des ressources de 
cette institution dans le cadre des projets de recherche pour la réalisation des-
quels le condamné avait engagé son employeur. Dans la mesure où lesdits 
contrats ont été négociés avec des partenaires industriels qui sont habitués à 
évaluer les coûts de telles études, il y a tout lieu de considérer que les budgets 
établis pour mener les recherches en question correspondent aux coûts effecti-
vement engendrés pour l'institution.  

Au vu de ce constat, un montant de Fr. 360'000.-- doit être alloué à l'Institution A. 
au titre de dommages-intérêts sur la base du contrat A5, signé le 27 janvier 
1997, valable pour une durée de 2 ans et prévoyant le versement par la société 
I. SA d'un montant de Fr. 360'000.-- sur 24 mois selon budget (cl. 4 p. 05000023 
à 27). 

Les considérations qui précèdent peuvent aussi s'appliquer au contrat A6 signé 
le 25 mars 1999, prévu pour une durée de 2 ans (cl. 4 p. 0500032 à 36), mais 
annulé par le contrat A7. Il ressort des actes de la cause que le budget était 
identique à celui du contrat A7, soit Fr. 360'000.-- sur 24 mois (cl. 20 
p. 12140010: déclarations de K.). Cela est également confirmé par le versement 
de Fr. 60'000.-- pour les mois de mars à juin 1999, soit Fr. 15'000.-- par mois 
(Fr. 360'000.-- ٪ 24 mois) effectué par la société I. SA le 25 juin 1999 sur le 
compte privé n° 5 de C. auprès de la banque P. (cl. 12 pag. 08050008). C'est 
ainsi à un montant de Fr.  60'000.-- (mars à juin 1999) qu'il se justifie d'allouer à 
l'Institution A. sur la base dudit accord.  

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Il en va de même pour le contrat A7, signé le 5 juillet 1999, valable pour une du-
rée de 2 ans et prévoyant une rémunération selon budget de Fr. 360'000.-- sur 
24 mois (cl. 4 p. 05000038 à 52), montant qui doit être alloué à l'Institution A. sur 
la base de ce contrat.  

S'agissant du contrat A8 (amendement au contrat A7), signé le 24 juillet 2001, il 
était valable jusqu'au 24 mars 2003 et prévoyait la rémunération suivante: 

Fr. 45'000.-- à la date de signature de l'amendement, Fr. 15'000.-- à la fin de 
chaque mois pour les 21 mois restants de l'Etude (à compter de juillet 2001) et 
Fr. 20'000.-- à l'acceptation du rapport par la société I. (cl. 4 p. 05000054).  

C'est donc un montant de Fr. 90'000.--, soit Fr. 45'000.-- + (3 x Fr. 15'000.-- [de 
juillet 2001 au 30 septembre 2001 puisqu'en date du 1er octobre 2001 a eu lieu le 
transfert de la section de chimie à l'Institution B.]), qui doit être alloué à l'Institu-
tion A. sur la base dudit amendement.    

Les considérations précitées peuvent aussi s'appliquer au contrat B1, signé le 1er 
novembre 1998, valable pour une durée de 36 mois, renouvelé tacitement jus-
qu'au 31 janvier 2003 et prévoyant une rémunération de Fr. 65'000.-- par année 
(Fr. 5'416,66 par mois) selon budget (cl. 5 p. 05000394). Il se justifie d'allouer à 
l'Institution A. Fr. 189'583,30 pour la période du 1er novembre 1998 (date de la 
signature du contrat) au 30 septembre 2001, soit 35 mois à Fr. 5'416,66. 

Il en va de même pour le contrat C2 signé le 1er juin 1996. La durée de cet ac-
cord était de 2 ans et la rémunération était de Fr. 20'000.-- pour l'acquisition du 
matériel de départ et ensuite de Fr. 80'000.-- par année (cl. 18 p. 090000060117 
à 121). Il se justifie par conséquent d'allouer un montant de Fr. 180'000.-- à l'Ins-
titution A. 

S'agissant du contrat C1, signé le 1er juillet 1992 (cl. 18 p. 0900060128 à 133), il 
sied de préciser qu'aucun dommage n'a été allégué par la partie civile en raison 
de la prescription de la créance (cl. 28 p. 2200000082).  

Quant à l'activité de purification de peptides facturée Fr. 10'717.-- le 13 novembre 
1995 à la société I. SA, il s'agit d'un travail effectué au sein du laboratoire de C., 
avec les ressources - matériel et personnel - de l'Institution A. Les considérations 
susmentionnées concernant le contrat A5 peuvent dès lors être reprises de sorte 
qu'un montant de Fr. 10'717.--, correspondant aux coûts effectifs de l'activité, 
peut être alloué à l'Institution A. 

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Il en va de même de l'enseignement/formation dont a bénéficié le post-doctorant 
L. à la demande de la société M. Un montant de Fr. 39'216.--, correspondant au 
coût effectif de l'activité, doit être alloué à l'Institution A. 

Le même raisonnement peut également être appliqué en ce qui concerne la syn-
thèse de peptides facturée le 30 août 2001 à hauteur de Fr. 8'976.-- à la société 
N. SA Cette synthèse a également été effectuée au sein du laboratoire de C., 
avec du matériel et du personnel de l'Institution A., à laquelle peut ainsi être al-
loué un montant de Fr. 8'976.-- correspondant aux coûts effectifs de l'activité.  

Il résulte de ces différents postes, un montant total de Fr. 1'298'492,30 en faveur 
de l'Institution A.  

1.5.2 Période Institution B. 

1.5.2.1 S'agissant des contrats de recherche conclus par C. avec l'industrie privée du-
rant la période "Institution B.", on peut considérer que comme cela a été le cas 
pour l'Institution A. (supra consid. 1.4.1), le budget établi pour mener à bien ces 
travaux correspond au coût effectivement engendré et le dommage en résultant 
équivaut auxdites dépenses.  

En ce qui concerne le contrat A8 (amendement au contrat A7), comme on l'a vu 
plus haut, il a été signé le 24 juillet 2001, il est valable jusqu'au 24 mars 2003 et 
prévoit la rémunération suivante: 

Fr. 45'000.-- à la date de signature de l'amendement, Fr. 15'000.-- à la fin de 
chaque mois pour les 21 mois restants de l'Etude (à compter de juillet 2001) et 
Fr. 20'000.-- à l'acceptation du rapport par la société I. (cl. 4 p. 05000054).  

C'est donc un montant de Fr. 290'000.-- (Fr. 15'000.-- x 18 mois [du 1er octobre 
2001 au 24 mars 2003] + Fr. 20'000.--) qui doit être alloué à l'Institution A. sur la 
base dudit amendement.  

S'agissant des contrats A9-A11, aucun dommage n'a été allégué. Quant au 
contrat A12, il vise une activité extérieure personnelle du condamné n'entraînant 
en principe aucun frais pour l'Institution B. (cl. 28 p. 2200000089, 2200000090).    

Pour ce qui a trait au contrat A13, il avait initialement été conclu pour la période 
du 1er juin 2004 au 31 mai 2006. Il a ensuite été dénoncé d'entente entre les 
deux parties et a pris fin le 29 juin 2005 (cl. 21 p. 13010040). Il prévoyait une ré-
munération forfaitaire de Fr. 160'000.--. C'est donc un montant de Fr. 86'666,60 
(Fr. 6'666,66 x 13 mois) qui doit être alloué à l'Institution B. sur la base de ce 
contrat.   

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Relativement au contrat B1, valable pour une durée de 36 mois, renouvelé taci-
tement jusqu'au 31 janvier 2003 (cl. 19 p. 12080004) et prévoyant une rémunéra-
tion de Fr. 65'000.-- par année (Fr. 5'416,66 par mois) selon budget, il se justifie 
d'allouer à l'Institution B. Fr. 86'666,50 pour la période du 1er octobre 2001 au 31 
janvier 2003 (Fr. 5'416,66 x 16 mois) sur la base dudit accord. 

S'agissant des contrats B2 et B3, on relèvera qu'aucun dommage n'a été allégué 
(cl. 28 p. 2200000091). 

Il résulte de ces différents postes qu'un montant total de Fr. 463'333,10 doit re-
venir à l'Institution B. 

1.5.2.2 Dans son arrêt du 10 septembre 2009, la Cour a admis que, comme le prétendait 
le condamné, différentes sommes d'argent avaient été affectées au paiement de 
travaux de recherche et réglées par la fondation F. (cf. arrêt TPF SK.2008.24 du 
10 septembre 2009, consid. 3.2.5.2). En raison du fait qu'il y a une unité écono-
mique entre ladite fondation et C. (infra consid. 2.3.2), le montant total de ces 
dépenses de recherche, soit Fr. 294'952.-- doit être porté en compensation des 
prétentions des parties civiles en fonction des périodes concernées. Il se justifie 
dès lors de déduire Fr. 21'973.-- (arrêt TPF SK.2008.24 du 10 septembre 2009, 
consid. 3.2.5.2, let. A, B, C-E) des prétentions de l'Institution A. et Fr. 272'979,10 
des prétentions de l'Institution B. (arrêt TPF SK.2008.24 du 10 septembre 2009, 
consid. 3.2.5.2, let. B, F-K). 

1.5.2.3 Dans ses observations des 15 septembre et 6 octobre 2010, le condamné fait 
valoir qu'il se justifie de déduire du montant des dommages-intérêts à allouer aux 
Institutions A. et B., un montant supplémentaire de Fr. 192'953,05 qui correspon-
drait à des dépenses professionnelles payées par la fondation F. (cl. 39 
p. 39521026ss).  

En ce qui concerne en particulier la somme de Fr. 70'000.-- versée à D. pour les 
années 2003-2004 dans le cadre du projet O., il sied de relever que le tribunal de 
céans en a déjà tenu compte au titre de dépenses liées aux travaux de recherche 
réglées par ladite fondation (supra consid. 1.4.2.2; arrêt TPF SK.2008.24 du 10 
septembre 2009, consid. 3.2.5.2, let. J). S'agissant des factures de Fr. 680.-- du 
14 mai 2006 et de Fr. 58'333.-- du 29 juillet 2006 (cl. 39 p. 39521034 à 36), il ap-
pert que le condamné n'a fourni aucune preuve de leur paiement. Par ailleurs on 
constate que la facture de Fr. 58'333.-- qui concerne des prétendues prestations 
effectuées par D. pendant la période du 1 octobre 2005 au 31 juillet 2006, est si-
gnée de la main de cette dernière, laquelle est également impliquée dans le pré-
sente procédure. Il est donc légitime de douter du caractère authentique de ladite 
facture. Au demeurant, il convient de se demander pourquoi les factures préci-

- 10 - 

tées n'ont été produites qu'en octobre 2010 alors qu'elles sont datées du 14 mai, 
respectivement 29 juillet 2006. Il n'échappe du reste pas à la Cour que ces deux 
documents ne contiennent aucune précision et ne présentent pas de lien de 
connexité temporelle avec la période pendant laquelle se sont déroulés les faits 
litigieux. Enfin, s'agissant des frais d'administration et de gestion de la fondation 
F. pour la période d'avril 2000 à mai 2005 (cl. 39 p. 39521041ss), ils ne sauraient 
nullement être déduits du montant du dommage causé par le condamné puisque 
ladite fondation a été entièrement financée par le produit de l'activité criminelle 
de ce dernier.      

1.5.2.4 Il résulte de ce qui précède qu'un montant de Fr. 1'276'519,30 doit être alloué à 
l'Institution A. et une somme de Fr. 190'354.-- à l'Institution B. au titre de dom-
mages-intérêts, à la charge de C. 

1.6 Les intérêts sont calculés sur la base de l'art. 73 al. 1 du Code suisse des obliga-
tions (CO; RS 220) (ATF 122 III 53 consid. 4 et références citées). Aux termes de 
cette disposition, celui qui doit des intérêts dont le taux n'est fixé ni par la conven-
tion, ni par la loi ou l'usage, les acquitte au taux annuel de 5%.  

Les intérêt se calculent en fonction de ce taux exprimé en un certain pourcentage 
par an, sur le montant de la dette en capital et au pro rata temporis de la durée 
de celle-ci (FABIENNE HOHL in Commentaire romand, Code des obligations I, Bâle 
2006, ad art. 73 CP n. 4; URS LEU in Basler Kommentar, Obligationenrecht I, op. 
cit., ad art. 73 CO n. 2ss). 

Selon la jurisprudence constante du Tribunal fédéral, les intérêts courent à partir 
du jour où l'événement dommageable a produit des effets du point de vue finan-
cier et jusqu'au moment où les dommages-intérêts ont été payés (arrêt du Tribu-
nal pénal fédéral SK.2009.19 du 29 octobre 2009, consid. 6.1 et les références 
citées).  

En l'espèce, afin d'éviter d'inextricables calculs des intérêts en fonction de cha-
cun des nombreux postes du dommage, il convient de retenir les dates de fin 
d'activités délictueuses (soit le 1er octobre 2001 pour l'Institution A. et le 1er juin 
2005 pour l'Institution B.) comme points de départ pour la détermination de ceux-
ci. 

1.7 La Cour constate que le montant des dommages-intérêts alloué aux parties civi-
les équivaut à peu de chose près aux prétentions émises par ces dernières mais 
qu'en ce qui concerne le point de départ des intérêts, la solution retenue n'est 
pas celle qui avantage le plus les deux institutions. Elle doit cependant être préfé-
rée à toute autre eu égard au fait que le dommage a été occasionné par la 

- 11 - 

conclusion de nombreux contrats qui ont tous été signés à des dates différentes 
et qui prévoient des modalités de paiement très variées. Par conséquent, si les 
Institutions A. et B. entendaient revendiquer un dommage supérieur à celui qui 
est fixé par la présente décision, elles devraient alors faire valoir leurs moyens 
devant le juge civil.    

2. Confiscation 

2.1 Aux termes de l'art. 70 CP, le juge prononce la confiscation des valeurs patrimo-
niales qui sont le résultat d'une infraction ou qui étaient destinées à décider ou à 
récompenser l'auteur d'une infraction, si elles ne doivent pas être restituées au 
lésé en rétablissement de ses droits.  

 Le droit d'ordonner la confiscation se prescrit par cinq ans, à moins que la pour-
suite de l'infraction en cause ne soit soumise à une peine d'une durée plus lon-
gue, qui est alors applicable (art. 70 ch. 1, 3ème phrase aCP). En l'espèce, la ges-
tion déloyale aggravée se prescrit par quinze ans (art. 97 let. b CP); c'est donc 
cette durée qui s'applique, avec pour point de départ le jour du dernier acte si 
l'activité coupable s'est exercée à plusieurs reprises (art. 98 let. b CP; ATF 127 
IV 49). La date du prononcé judiciaire de la confiscation est déterminante (ATF 
126 IV 255 consid. 4c). 

In casu, le dernier contrat conclu par C. avec l'industrie privée a été signé le 28 
mai 2004 (cf. arrêt du Tribunal pénal fédéral SK.2008.24 du 10 septembre 2009, 
consid. 3.2.1.1). Le droit de confisquer n'était donc pas prescrit au 16 novembre 
2010, jour du prononcé du présent arrêt.  

2.2 Selon la jurisprudence et la doctrine, la confiscation peut porter tant sur le produit 
direct de l'infraction que sur les objets acquis au moyen de ce produit dans la 
mesure où les différentes transactions peuvent être identifiées et documentées 
("Papierspur", "paper trail"). Ce principe est valable non seulement en cas de 
remploi improprement dit (unechtes Surrogat), à savoir lorsque le produit de l'in-
fraction est une valeur destinée à circuler et qu'elle est réinvestie dans un sup-
port du même genre (billets de banque, devises, chèques, avoirs en compte ou 
autres créances), mais également en cas de remploi proprement dit (echtes Sur-
rogat), à savoir lorsque le produit du délit sert à acquérir un objet de remplace-
ment (par exemple de l'argent sale finançant l'achat d'une villa). Ce qui compte, 
dans un cas comme dans l'autre, c'est que le mouvement des valeurs puisse 
être reconstitué de manière à établir leur lien avec l'infraction (ATF 126 I 97 
consid. 3c/bb; arrêt du Tribunal fédéral 6S.667/2000 du 19 février 2001, publié in 
SJ 2001 I p. 330 consid. 3b/bb; MADELEINE HIRSIG-VOUILLOZ in Commentaire ro-
mand, Code pénal I, Bâle 2009, ad art. 70 CP p. 725ss; NIKLAUS SCHMID, Kom-

- 12 - 

mentar Einziehung, Organisiertes, Verbrechen, Geldwäscherei [Hrsg.], vol. I, 
2ème éd., Zurich 2007, ad art. 70 CP n. 50; STEPHAN TRECHSEL, Schweizerisches 
Strafgesetzbuch, Kurzkommentar, 2ème éd., Zurich 1997, ad art. 59 CP, n. 7; UR-
SULA CASSANI, Commentaire du droit pénal suisse, Berne 1996, ad art. 305bis CP 
n. 22). Souvent, les valeurs délictueuses sont versées sur un compte bancaire, 
de sorte qu'elles sont mélangées avec des valeurs de provenance licite apparte-
nant à l'auteur ou à un tiers, voire substituées par de telles valeurs. Dans ce cas, 
la confiscation directe d'un montant correspondant au montant des valeurs délic-
tueuses reste possible tant que leur origine et leurs mouvements peuvent être 
clairement établis (ATF 128 I 129 consid. 3.1.2; arrêts du Tribunal fédéral 
6B_692/2009 du 22 avril 2010, consid. 6.3.2; 1B_127/2009 du 11 septembre 
2009, consid. 4.1; 6S.298/2005 du 24 février 2006, consid. 3.1, publié in SJ 2006 
I p. 461 consid. 3.1; HIRSIG-VOUILLOZ, op. cit., ad art. 70 CP n. 19).  

 Il convient en l'occurrence de déterminer si les comptes bancaires qui ont fait 
l'objet d'un séquestre ont été alimentés ou non par des valeurs patrimoniales qui 
sont le résultat direct des infractions dont C. a été reconnu coupable, voire par 
des valeurs de remplacement. 

2.3. Relations bancaires au nom de C. et de la fondation F. 

2.3.1 S'agissant du compte individuel n° 1 dont C. est titulaire auprès de la banque E., 
il est constant qu'avec valeur au 31 janvier 2000, un montant de Fr. 320'000.-- y 
a été transféré à partir du compte privé n° 5 de l'intéressé auprès de la banque 
P., compte sur lequel il avait fait verser les fonds provenant des contrats de re-
cherche avec la société I. SA pour la période du 27 mars 1997 au 27 juillet 2000, 
soit un montant de Fr. 635'000.-- (arrêt TPF SK.2008.24 du 10 septembre 2009, 
consid. 3.1.6.2; cl. 4 p. 05000171, 05000269; cl. 12 p. 08050007ss, cl. 21 
p. 13010103). Ce compte auprès de la banque P. a été exclusivement alimenté 
par des versements provenant de la société I. SA et il a été débité en date du 
29 mars 2000 d'un montant de Fr. 50'000.-- au bénéfice de l'étude de Me Q. à Z., 
pour les frais de constitution de la fondation F. (cl. 8 p. 08010914). Pour le reste, 
le compte précité a été utilisé pour financer de nombreuses dépenses privées de 
l'accusé (arrêt TPF SK.2008.24 du 10 septembre 2009, consid. 3.1.6.2). Il sied 
également de préciser que ledit compte a été bouclé en date du 14 janvier 2005 
(cl. 4 p. 05000167).   

En ce qui concerne le compte susmentionné sis auprès de la banque E., il res-
sort du dossier de la cause qu'il a été ouvert par C. en date du 20 janvier 2000 
sur le conseil de R. (cl. 37 p. 37910046). Il a été tout de suite alimenté par les 
Fr. 320'000.-- transférés à partir du compte privé n° 5 de ce dernier auprès de la 
banque P. (la première opération effectuée a été le virement du 31 janvier 2000). 

- 13 - 

A part cela, ledit compte a fait l'objet de placements divers. La Cour a en effet pu 
constater de nombreux mouvements de fonds liés notamment à l'achat et à la 
vente de titres auprès de différentes sociétés, ainsi qu'au versement de dividen-
des de la part de ces dernières. Elle observe également des débits de ce compte 
résultant du paiement de frais inhérents auxdits placements (cl. 4 p. 05000169; 
cl. 11 p. 08030026ss). L'accusé a par ailleurs déclaré à propos de ce compte 
auprès de la banque E.:  

"Je possède également un compte auprès de la banque E. qui est géré par R. Le compte 
a été ouvert en 2000. Il s'agit entre guillemets de ma caisse de pension. En 2000, j'avais 
une dernière possibilité de faire un versement volontaire sur ma caisse de pension. J'ai 
préféré placer cet argent. Il s'agit d'une somme d'environ Fr. 300'000.--. La somme a di-
minué à cause de la bourse" (cl. 21 p. 13010031).  

L'autorité de céans a requis un extrait de ce compte en date du 16 septembre 
2010 et il en est ressorti un solde créditeur de Fr. 147'031.-- au 15 septembre 
2010 (cl. 37 p. 37684008).  

Les valeurs patrimoniales au crédit de ce compte au jour du prononcé du présent 
jugement sont confiscables au titre de produit des infractions commises par C. 
vu le lien de connexité qui a pu être établi entre ledit compte et l'activité crimi-
nelle de celui-ci et le fait que les variations qui ont été enregistrées sur ce 
compte par rapport au montant total provenant des rapports de collaboration de 
l'intéressé avec les partenaires industriels résultent uniquement de la gestion du 
portefeuille bancaire.  

2.3.2 Relativement aux comptes ouverts au nom de la fondation F., il sied au préalable 
de relever que cette dernière a été créée sur initiative du condamné qui en est le 
président avec signature individuelle (cl. 19 p. 12020008, 12020018; cl. 20 
p. 1200150024; cl. 26 p. 1800030003). Dans la mesure où C. disposait d'un large 
pourvoir de gestion sur ladite fondation, qu'il prenait lui-même toutes les déci-
sions concernant les affectations financières de ses fonds et qu'il avait le contrôle 
total de l'argent versé sur ses comptes (cl. 20 p. 12150005; cl. 37 p. 37910018, 
37910045, 37910048), force est de constater qu'il existe une unité économique 
entre la fondation F. et son président. On peut dès lors considérer que les biens 
séquestrés de cette dernière constituent en réalité des éléments du patrimoine 
du condamné, ce qui permet la confiscation desdits capitaux (v. à ce sujet arrêt 
du Tribunal fédéral 1B_17/2008 du 26 mars 2008, consid. 2.4). 

Il sied par ailleurs d'inviter le Département fédéral de l'intérieur, en sa qualité 
d'Autorité de surveillance (cl. 26 p. 1800030002), à examiner l'opportunité de 
prononcer la dissolution de ladite fondation au sens de l'art. 88 CC eu égard au 

- 14 - 

fait que cette dernière a été intégralement financée par les fonds provenant des 
contrats conclus par le condamné avec les partenaires industriels.  

2.3.2.1 S'agissant du compte n° 3 dont la fondation F. est titulaire auprès de la banque 
G. SA et qui a été ouvert le 25 mai 2000 (cl. 8 p. 08010904), il est établi que C. y 
a fait verser les revenus provenant de l'activité de recherche et de service en fa-
veur de la société I. SA pour la période du 25 août 2000 au 30 mars 2005, cor-
respondant à un montant total de Fr. 670'000.-- (arrêt TPF SK.2008.24 du 10 
septembre 2009, consid. 3.2.5.1; cl. 4 p. 05000174 et 05000175, 05000269; 
cl. 21 p. 13010105 et 106). Le condamné a également fait verser sur ce compte 
les fonds provenant de l'activité de consultance en faveur de la société S., pour 
la période du 2 avril 2003 au 23 juillet 2004, s'élevant à Fr. 45'000.-- au total, ain-
si que le montant de Fr. 8'976.-- facturé à la société T. le 30 août 2001 pour une 
synthèse de peptides effectuée au sein de son laboratoire (arrêt TPF SK.2008.24 
du 10 septembre 2009, consid. 3.2.5.1; cl. 4 p. 05000188; cl. 9 p. 08011011ss, 
08011078; cl. 21 p. 13010106, 13010185 et 13010186). C'est donc par les ver-
sements susmentionnés que le compte précité a été alimenté (cl. 4 p. 05000174).  

Quant à utilisation de l'argent versé sur ce compte, la Cour a considéré que 
contrairement à ce qu'avait soutenu C., à l'exception d'un montant de 
Fr. 294'952, les fonds en question n'avaient pas été affectés au paiement des 
frais de recherche de l'Institution B. et que l'intéressé avait obtenu un avantage 
illégitime au détriment des intérêts pécuniaires de son employeur (arrêt 
SK.2008.24 du 10 septembre 2009, consid. 3.2.5.2 et 3.2.6). 

L'autorité de céans a requis un extrait de ce compte en date du 16 septembre 
2010 et il en est ressorti un solde créditeur de Fr. 95'331,60 au 15 septembre 
2010 (cl. 37 p. 37685003).  

Les valeurs patrimoniales au crédit de ce compte sont confiscables au titre de 
produit des infractions commises par C. vu le lien de connexité qui a pu être éta-
bli entre ledit compte et l'activité criminelle de l'intéressé. 

2.3.2.2 En ce qui concerne le compte n° 2 dont la fondation F. est titulaire auprès de la 
banque E., il est constant que pour la période du 19 février 2001 au 23 décembre 
2004, C. y a fait virer un montant total de Fr. 405'000.-- du compte n° 3 dont la-
dite fondation est titulaire auprès de la banque G. SA, compte sur lequel il avait 
fait verser des fonds provenant de ses rapports de collaboration avec l'industrie 
privée (supra consid. 2.3.2.1).  

La Cour observe que ce compte auprès de la banque E. a été ouvert au nom de 
la fondation F. le 14 février 2001 (cl. 11 p. 08030158ss) et qu'il a été tout de suite 

- 15 - 

alimenté, en date du 19 février 2001, par Fr. 100'000.-- transférés à partir du 
compte n° 3 dont ladite fondation est titulaire auprès de la banque G. SA. C'est 
ensuite un montant total de Fr. 405'000.-- qui a été versé à partir du compte de la 
fondation F. auprès de la banque G. SA sur le compte de ladite fondation auprès 
de la banque E. (cl. 4 p. 05000175, cl. 11 p. 08030158ss). A part cela, ledit 
compte a fait l'objet de placements divers. La Cour constate en effet de nom-
breux mouvements de fonds liés notamment à l'achat et à la vente de titres au-
près de différentes sociétés, ainsi qu'au versement de dividendes de la part de 
ces dernières. Elle observe également des débits résultant du paiement de frais 
inhérents auxdits placements ainsi qu'au versement de Fr. 300.-- par mois, en 
faveur de R., pour la gestion du compte par ce dernier en sa qualité de caissier 
de la fondation F. (cl. 4 p. 0500176; cl. 11 p. 08030191ss). Il est donc légitime 
d'admettre que le montant total de Fr. 405'000.-- provenant des rapports de col-
laboration de C. avec l'industrie privée a été placé en gestion sur le compte sus-
mentionné sis auprès de la banque E. pour tenter d'obtenir un meilleur rende-
ment des capitaux, comme cela fut également le cas de l'argent placé sur le 
compte individuel du condamné auprès du même établissement (supra consid. 
3.3.1) sur le conseil de R. (cl. 37 p. 37910046). A l'occasion des débats, R. a du 
reste précisé que son rôle par rapport à ladite fondation était de gérer les fonds 
notamment en effectuant de bons investissements auprès des banques (cl. 37 
p. 37910043) et que l'argent se trouvant sur les comptes de la fondation F. pro-
venait des partenaires industriels (cl. 37 p. 37910049).  

L'autorité de céans a requis un extrait de ce compte en date du 16 septembre 
2010 et il en est ressorti un solde créditeur de Fr. 466'472.-- au 15 septembre 
2010  (cl. 37 p. 37684006).  

Les valeurs patrimoniales au crédit de ce compte sont confiscables au titre de 
produit des infractions commises par C. vu le lien de connexité qui a pu être éta-
bli entre ledit compte et l'activité criminelle de ce dernier et le fait que les varia-
tions qui ont été enregistrées sur le compte par rapport au montant total prove-
nant des rapports de collaboration de l'intéressé avec les partenaires industriels 
résultent uniquement de la gestion du portefeuille bancaire. 

2.4 Valeurs patrimoniales de D. 

2.4.1 A l'occasion des débats, le MPC a requis que le produit des infractions qui avait 
été versé à D. sans contre-prestation soit séquestré et confisqué (cl. 38 
p. 38100002).  

- 16 - 

Par ordonnance du 9 septembre 2009, l'autorité de céans a informé D. qu'elle 
envisageait de procéder au séquestre du produit des infractions qui lui aurait été 
versé sans contre-prestation (cl. 37 p. 37651001ss).  

Dans ses déterminations des 5 octobre 2009 et 25 février 2010, l'intéressée s'est 
opposée au séquestre de ses biens. Elle a fait valoir que les versements effec-
tués par C. sur son compte privé correspondaient à des contre-prestations four-
nies hors de ses heures de travail et de son cahier des charges, ainsi qu'à des 
compensations de dépenses professionnelles "hors du budget ordinaire du 
groupe de C.". Elle a également précisé qu'elle n'avait aucune compétence en ce 
qui concerne la gestion des fonds industriels et que c'était son mari qui était seul 
responsable pour toutes les questions logistiques et financières concernant les 
rapports de collaboration avec l'industrie privée (cl. 38 p. 38651001).  

Considérant que les conditions posées par l'art. 70 al. 2 CP n'étaient pas ré-
unies, la Cour a ordonné la saisie des biens de D. par décision du 1er mars 2010 
(cl. 38 p. 38651004). Aucun recours n'ayant été présenté contre ladite ordon-
nance, elle a acquis force de chose jugée.  

Par courrier du 12 mai 2010, l'autorité de céans a communiqué à l'intéressée 
qu'elle examinait l'opportunité de prononcer la confiscation des biens saisis, des 
suites de la décision qui serait rendue par la Tribunal fédéral sur le fond de l'af-
faire. Elle lui a imparti un délai au 26 mai 2010 pour s'expliquer plus précisément 
sur le contexte exact des contre-prestations qu'elle affirmait avoir fournies et no-
tamment pour produire toute pièce permettant de documenter la véracité des al-
légations contenues dans sa prise de position du 25 février 2010 (cl. 38 
p. 38651013). D. n'a transmis aucune réponse à la Cour à ce jour.  

2.4.2 En vertu de l'art. 70 al. 2 CP, la confiscation n'est pas prononcée lorsqu'un tiers a 
acquis les valeurs dans l'ignorance des faits qui l'auraient justifiée, et cela dans 
la mesure où il a fourni une contre-prestation adéquate ou si la confiscation se 
révèle d'une rigueur excessive. 

2.4.2.1 Selon la jurisprudence et la doctrine, il faut que le tiers ait une connaissance cer-
taine des faits qui auraient justifié la confiscation ou, à tout le moins, considère 
leur existence comme sérieusement possible, soit qu'il connaisse les infractions 
d'où provenaient les valeurs ou, du moins, ait eu des indices sérieux que les va-
leurs provenaient d'une infraction. En d'autres termes, la confiscation à l'égard 
d'un tiers n'est possible que si celui-ci a une connaissance - correspondant au 
dol éventuel - des faits justifiant la confiscation (arrêt du Tribunal fédéral 
6S.298/2005 du 24 février 2006, consid. 4.2 publié in SJ 2006 I p. 461, 
consid. 4.2; SCHMID, op. cit., n. 84). 

- 17 - 

En l'espèce, D. prétend que, dans la mesure où seul son mari s'occupait des 
rapports de collaboration entre les Institutions A./B. et les partenaires industriels, 
elle était dans l'ignorance des différents contrats passés par ce dernier avec l'in-
dustrie privée. Ces allégations ne résistent pas à l'examen. En effet, il ressort du 
dossier de la cause que l'intéressée a admis avoir envoyé elle-même des factu-
res à la société I. SA tous les deux ou trois mois et avoir su que l'argent était ver-
sé par cette dernière sur le compte de la fondation F. (cl. 19 p. 12010008, 
12010009, 12010013). Lors de son audition du 5 août 2005 devant la PJF, elle a 
en outre précisé:  

"La société I. versait de l'argent en principe pour la recherche sur la cyclosporine mais 
elle ne vérifie pas l'utilisation des fonds. Nous avons la liberté d'utiliser ces fonds aux fins 
que nous jugeons nécessaires pour la recherche. Comme dit précédemment l'argent de 
l'industrie nous donne la flexibilité de financer des recherches que nous jugeons sur le 
moment prioritaires comme c'est actuellement le cas pour la maladie O."  

Par ailleurs, la Cour observe que les explications fournies par D. dans ses dé-
terminations des 5 octobre 2009 et 25 février 2010 à propos des versements ef-
fectués en sa faveur par son mari pour la période 1997-1998, ne sont pas crédi-
bles car ouvertement en contradiction avec les actes d'enquête. En effet, lors de 
son audition du 20 juin 2007 devant le JIF, l'intéressée avait déclaré ce qui suit:  

"Il s'agissait de versements pour la succession de C., sauf erreur, pour faire une start-up 
ou financer ce dernier comme post-doc une fois à la retraite, comme je l'ai déjà expliqué. 
A ce moment-là, il y avait des discussions sur le transfert du Département de chimie à 
l'Institution B. Sur votre question pourquoi cet argent a été versé chez moi et non conser-
vé par C. pour préparer sa succession, c'est parce que la succession de C. était élaborée 
en commun. Je précise que ce n'était pas seulement pour la succession de C., mais éga-
lement pour que je puisse m'établir moi-même de manière indépendante, soit obtenir un 
budget que je puisse gérer de façon autonome pour la recherche à l'Institution A. et plus 
tard à l'Institution B." (cl. 19 p. 1200010027).  

A cette même occasion, elle avait également précisé, pour ce qui a trait au mon-
tant de Fr. 60'000.-- versé en sa faveur par le condamné en date du 20 septem-
bre 1996:  

"Je me souviens qu'il m'a aidée pour financer l'achat de mon appartement en 1996 à X. 
C'est C. qui s'est occupé de toute cette transaction. Je ne sais pas exactement à quoi a 
servi cette somme mais je pense qu'elle était liée à l'acquisition de mon logement" (cl. 19 
p. 1200010023, 1200010028).    

Au vu de ces différents éléments, il appert que D. était parfaitement au courant 
non seulement des rapports de collaboration qu'entretenait son mari avec les 
partenaires industriels, mais également du fait que ce dernier entendait se consti-

- 18 - 

tuer un laboratoire privé pour poursuivre ses activités de recherche à sa retraite 
utilisant pour ce faire les fonds provenant de l'industrie privée. A ce propos, il 
sied de rappeler que l'intéressée avait même déclaré devant le JIF qu'elle avait 
pris une part active à l'organisation de la succession de C., laquelle était "élabo-
rée en commun" (cl. 19 p. 1200010027).  

Quant à C., il a expliqué à l'occasion des débats qu'une partie de l'argent prove-
nant de ses rapports de collaboration avec l'industrie privée avait servi à rem-
bourser l'hypothèque de son épouse en raison du fait qu'il "avait toujours vu cet 
argent comme une somme qui devrait financer plus tard une start-up et que pour 
lui, acheter un appartement et installer déjà le bureau pour la start-up, cela re-
présentait un très bon investissement pour le futur, une forme de placement" 
(cl. 37 p. 37910019).  

Compte tenu de ce qui précède, force est de constater que D. a à tout le moins 
nourri de sérieux soupçons quant au fait que C. violait les normes l'enjoignant de 
mettre à disposition de ses employeurs les fonds recueillis auprès de l'industrie 
privée, qu'elle a pris le risque que ces soupçons soient fondés et que sa bonne 
foi ne peut dès lors être retenue. A cela s'ajoute qu'elle est l'épouse du condam-
né, qu'elle était son étroite collaboratrice lorsque celui-ci travaillait pour l'Institu-
tion A. et l'Institution B., et qu'elle exerce la fonction de vice-présidente de la fon-
dation F., ce qui ne peut que conforter la Cour dans sa conviction que le niveau 
de connaissance de D. des faits justifiant la confiscation, correspondant à tout le 
moins au dol éventuel.   

Dans ces conditions, il faut admettre que l'intéressée n'a pas acquis les valeurs 
dans l'ignorance des faits qui en auraient justifié la confiscation. Dite mesure de 
contrainte à l'égard de D. est donc justifiée. Il est alors sans pertinence que celle-
ci ait pu fournir une contre-prestation équivalente et n'ait pas tiré profit de cette 
opération, étant donné qu'il a été établi qu'elle connaissait les motifs de la confis-
cation. La Cour observe en outre que l'intéressée ne se plaint pas du fait que la-
dite mesure pourrait se révéler à son égard d'une rigueur excessive au sens de 
l'art. 70 al. 2 in fine CP. 

On relèvera enfin, par surabondance de motivation, que par courrier du 12 mai 
2010, l'autorité de céans a donné à D. la possibilité de s'expliquer plus précisé-
ment sur le contexte exact des contre-prestations qu'elle affirmait avoir fournies 
et notamment pour produire toute pièce permettant de documenter la véracité 
des allégations contenues dans sa prise de position du 25 février 2010 (cl. 38 
p. 38651013).  

- 19 - 

En effet, selon la jurisprudence et la doctrine, s'il appartient à l'Etat de démontrer 
que les conditions pour prononcer une confiscation sont remplies, il n'en de-
meure pas moins que les intéressés doivent au moins fournir les indications que 
l'on est légitimement en droit d'attendre de leur part afin de déterminer la contre-
prestation au sens de l'art. 70 al. 2 CP (arrêt du Tribunal fédéral 6B_523/2007 du 
18 janvier 2008, consid. 5.2; 1S.5/2006 du 5 mai 2006, consid. 5.2; SCHMID, op. 
cit., n. 96; GEORGES GREINER/DIANA AKIKOL, Grenzen der Vermögenseinziehung 
bei Dritten in PJA 2005, p. 1353). Il n'est dès lors pas inéquitable, ni contraire 
aux principes d'une interprétation conforme à la Constitution, de demander au 
tiers saisi de s'expliquer plus précisément sur le contexte de la contre-prestation 
qu'il affirme avoir accomplie (SJ 1997 I 186 consid. 5.2).  

Or, in casu, l'intéressée n'a donné aucune suite à la requête de la Cour l'invitant 
à lui transmettre des explications plus précises ainsi que des justificatifs relati-
vement à la contre-prestation qu'elle prétendait avoir effectuée ne prenant même 
pas la peine d'expliquer à la Cour pourquoi elle serait le cas échéant dans l'im-
possibilité de produire de tels documents.  

2.4.2.2 Au vu de ce qui précède, il apparaît que D. n'avait aucun droit légitime sur les 
avoirs précités que son mari a versés sur ses comptes bancaires durant les an-
nées 1996-1998. Comme cela ressort des actes de la cause, les transactions 
suivantes relatives au versement d'une partie du produit de l'infraction en faveur 
de l'intéressée ont pu être identifiées et documentées: 

Avec valeur au 13 février 1996, Fr. 10'717.-- ont été transférés du compte n° 6 de 
C. auprès de la banque G. SA sur le compte n° 7 de D. auprès du même établis-
sement (cl. 10 p. 0800011435). Avec valeur au 29 novembre 1996, ce montant a 
été utilisé par l'intéressée lors de l’acquisition d’un bien immobilier à X. (cl. 10 
p. 0800011435). Il sied de préciser que sur ce compte n° 6 auprès de la banque 
G. SA ont été versés les fonds provenant des contrats de consultance avec la 
société I. SA, respectivement du contrat cadre de collaboration du 12 décembre 
1995 (A1 à A4 et A12) pour la période du 22 janvier 1996 au 25 mars 2005 à 
hauteur de Fr. 382'000.--, ainsi que le montant de Fr. 10'717.-- payé par la socié-
té précitée pour l'activité de purification de peptides (arrêt TPF SK.2008.24 du 10 
septembre 2009, consid. 3.1.6.2; cl. 4 p. 0500269; cl. 21 p. 13010086, 
13010102). 

Avec valeur au 20 septembre 1996, Fr. 60'000.-- ont été transférés du compte 
n° 5 de C. auprès de la banque P. sur le compte n° 7 de D. auprès de la banque 
G. SA (cl. 6 p. 0500000766; cl. 8 p. 08010668) dans le cadre de l'acquisition d'un 
appartement à X. 

- 20 - 

Avec valeur au 1er octobre 1996, Fr. 39'000.-- ont été transférés du compte n° 8 
de C. auprès de la banque G. SA (anc. banque AA.), sur le compte n° 10 de D. 
auprès de la banque J. (anc. banque BB.) (cl. 6 p. 0500000767). A ce propos, la 
Cour constate qu'un montant de Fr. 39'216.-- avait été versé sur ce compte n° 8 
auprès de la banque G. SA (anc. banque AA.), par la société M. pour l'ensei-
gnement/formation en relation avec le post-doctorant dénommé L. (arrêt TPF 
SK.2008.24 du 10 novembre 2009, consid. 3.1.6.2; cl. 6 p. 0500000764). 

Avec valeur au 17 juin 1997, Fr. 40'000.-- ont été transférés du compte n° 5 de C. 
auprès de la banque P. sur le compte n° 10 de D. auprès de la banque J. (cl. 12 
p. 08050056 et 61; cl. 21 p. 010103), puis avec valeur au 19 juin 1997, transfert 
de ce montant sur le compte n° 7 de D. auprès de la banque G. SA, dans le ca-
dre du remboursement d'un crédit hypothécaire (cl. 8 p. 08010681 et 2; cl. 19 
p. 1000040034ss). 

Avec valeur au 8 août 1997, Fr. 41'000.-- ont été transférés du compte n° 5 de C. 
auprès de la banque P. sur le compte n° 11 de D. auprès de la banque G. SA 
(cl. 8 p. 08010574; cl. 12 p. 08050007 et 63).  

Avec valeur au 15 septembre 1998, Fr. 40'527,85 ont été transférés du compte  
n° 8 de C. auprès de la banque G. SA sur le compte n° 11 de D. auprès du 
même établissement (cl. 6 p. 0500000775; cl. 7 p. 08010034). 

Il résulte de ce qui précède que c'est un montant total de Fr. 231'244,85 prove-
nant de l'activité criminelle de C., qui a été versé à son épouse durant la période 
en question et qui est dès lors soumis à confiscation. 

2.4.3 En exécution de l'ordonnance émise par l'autorité de céans le 1er mars 2010, la 
banque J. a procédé en date du 5 mars 2010, au blocage du compte d'épargne 
n° 12 dont D. est titulaire auprès de son établissement (présentant un solde 
créancier de Fr. 3'720,03 au 5 mars 2010), précisant que les comptes nos 13, 14 
(compte privé) et 15 (dépôt-titres) de l'intéressée avaient été clôturés respecti-
vement aux 16 janvier 2003, 11 août 2006 et 24 août 2006 (cl. 38 p. 38681002, 
38681003, 38681005). La banque G. SA a, quant à elle, communiqué à la Cour, 
par courrier du 8 mars 2010, qu'elle avait bloqué les comptes no 16 (compte 3ème 
pilier présentant un solde créditeur de Fr. 63'413,55 au 8 mars 2010), n° 17 
(compte d'épargne présentant un solde créditeur de Fr. 70'420,95 au 8 mars 
2010) et n° 7 (compte courant présentant un solde créditeur de Fr. 7'532,09 au 8 
mars 2010). Elle a précisé que le solde du compte d'épargne n° 11 enregistré au 
nom de D., soit Fr. 2'151,75 avait été transféré le 7 juin 2000 au crédit du compte 
courant n° 7 (cl. 38 p. 38682002). En date du 9 mars 2010, l'autorité de céans a 
ordonné à la banque précitée de lever, avec effet immédiat, le séquestre du 
compte courant n° 7 enregistré au nom de D. (cl. 38 p. 38682005).   

- 21 - 

2.4.4  Il convient de déterminer si les comptes bancaires susmentionnés ont été ali-
mentés par des valeurs patrimoniales qui sont le résultat direct des infractions 
dont C. a été reconnu coupable, voire par des valeurs de remplacement. 

2.4.4.1 En ce qui concerne le compte n° 7 dont D. est titulaire auprès de la banque G. 
SA, il est constant que celle-ci y a réceptionné bon nombre des versements ef-
fectués par son mari en sa faveur (supra consid. 2.4.2.2).  

Par ordonnance du 1er mars 2010, l'autorité de céans a requis un extrait dudit 
compte et il en est ressorti un solde créditeur de Fr. 7'532,09, valeur au 8 mars 
2010 (cl. 38 p. 38682002). Comme il s'agit du compte courant de l'intéressée, la 
Cour a ordonné, en date du 9 mars 2010, à l'établissement bancaire concerné de 
lever le séquestre avec effet immédiat dans le but de permettre à D. de faire face 
à ses dépenses administratives courantes. Les valeurs patrimoniales déposées 
sur ledit compte doivent par conséquent être libérées en faveur de leur titulaire. 

2.4.4.2 S'agissant en revanche du compte n° 17 (compte d'épargne) dont D. est titulaire 
auprès de la banque G. SA, il ressort des actes de la cause qu'avec valeur au 
21 novembre 1996, un montant de Fr. 100'000.-- y a été versé à partir du compte 
n° 7 de l'intéressée auprès de la banque G. SA (cl. 8 p.08010618, 08010671), 
sur lequel avait été réceptionné un montant total de Fr. 70'717.-- provenant de 
l'activité délictueuse de son époux (supra consid. 2.4.2.2). Il résulte de ce chemi-
nement des valeurs que les avoirs sur le compte n° 17 représentent une valeur 
de remplacement du produit du crime à hauteur d'un montant maximum de 
Fr. 70'717.--, de sorte que les conditions d'une confiscation de ces valeurs sont 
réunies pour ledit montant. 

L'autorité de céans a requis un extrait du compte d'épargne précité en date 
16 septembre 2010 et il en est ressorti un solde créditeur de Fr. 70'420,95 au 
15 septembre 2010 (cl. 38 p. 38682002).  

Les valeurs patrimoniales au crédit de ce compte sont confiscables au titre de 
produit des infractions commises par C., à hauteur d'un montant maximum de 
Fr. 70'717.--, vu le lien de connexité qui a pu être établi entre ledit compte et l'ac-
tivité criminelle de ce dernier.  

2.5 Montant de Fr. 20'000.-- versé le 16 mars 2005 par la société I. SA sur un 
compte de l'Institution B. 

Il ressort des actes de la cause que ledit versement a été effectué par erreur et 
que le montant en question était en réalité destiné à C. en exécution d'un contrat 
de recherche conclu par la société I. SA avec le condamné (arrêt TPF 

- 22 - 

SK.2008.24 du 10 septembre 2009, let. D; cl. 20 p. 12120012, 12120016). Cette 
somme d'argent, qui a été séquestrée par le MPC en date du 21 juin 2006 sur le 
fonds n° 19 auprès de l'Institution B. (cl. 6 p. 07050001), doit par conséquent être 
confisquée au titre de produit de l'activité délictueuse de l'intéressé. 

3. Créance compensatrice 

3.1 Aux termes de l'art. 71 al. 1 CP, lorsque les valeurs à confisquer ne sont plus 
disponibles, le juge ordonne leur remplacement par une créance compensatrice 
de l'Etat d'un montant équivalent. Elle ne pourra être prononcée contre un tiers 
que dans la mesure où les conditions prévues par l'art. 70 al. 2 CP ne sont pas 
réalisées.  

3.2 La créance compensatrice vise à empêcher que l'auteur de l'infraction demeure 
en possession d'avantages qu'il s'est procurés au moyen de ses agissements 
délictueux. S'il s'est déjà débarrassé de ses actifs, la dévolution à l'Etat du mon-
tant correspondant à l'avantage économique au moment de l'infraction enlèvera 
toute rentabilité à l'infraction. La créance compensatrice vise également à éviter 
que celui qui a disposé des objets ou valeurs à confisquer soit privilégié par rap-
port à celui qui les a conservés (ATF 123 IV 70 consid. 3; 119 IV 17 consid. 2a et 
les arrêts cités). La créance compensatrice doit être ordonnée par le juge lors-
que les conditions sont remplies. L'avantage illicite qui doit être pris en considé-
ration pour fixer le montant de la créance compensatrice à l'Etat est égal à l'enri-
chissement illégitime de l'auteur, c'est-à-dire à tout ce que celui-ci s'est procuré 
par la commission de l'infraction, sans qu'il y ait lieu d'en déduire les frais d'ac-
quisition. La créance compensatrice remplace la confiscation en nature par rap-
port à laquelle elle ne doit engendrer ni avantage ni inconvénient; le montant doit 
être fixé à la valeur des objets qui n'ont pas pu être saisis (ATF 119 IV 17 consid. 
2b; HIRSIG-VOUILLOZ, op. cit., ad art. 71 CP n. 8). Elle vise à enlever toute renta-
bilité à l'infraction (ATF 104 IV 3, consid. 2). Elle revêt le caractère d'une sanc-
tion la rapprochant d'une peine (arrêt du Tribunal fédéral 6P.55/2004 du 10 août 
2004, consid. 3.4.3). 

3.2.1 En l'espèce, C. s'est enrichi à hauteur de Fr. 1'235'628,50 et son épouse à hau-
teur de Fr. 231'244,85. Dans la mesure où leurs biens ont été confisqués (supra 
consid. 2.3 et 2.4), il se justifie de les condamner au paiement de créances com-
pensatrices dont le montant sera calculé comme suit: 

3.2.1.1 Pour C., la créance compensatrice s'élève à Fr. 1'235'628,50 (Fr. 1'466'873,30 - 
Fr. 231'244,85) - Fr. 20'000 - les valeurs patrimoniales confisquées).   

 

- 23 - 

3.2.1.2 Pour D., la créance compensatrice se monte à Fr. 231'244,85 - les valeurs patri-
moniales confisquées. Il sied de préciser que les conditions prévues à l'art. 70 
al. 2 CP de sont pas réalisées (supra consid. 2.4.2).    

3.3 En vertu de l'art. 71 al. 2 CP, le juge peut renoncer totalement ou partiellement à 
la créance compensatrice s'il est à prévoir qu'elle ne serait pas recouvrable ou 
qu'elle entraverait sérieusement la réinsertion de l'intéressé. Selon la jurispru-
dence, cette question doit être tranchée sur la base d'une appréciation globale 
de la situation financière de l'intéressé, tenant compte de ses possibilités de gain 
et de ses obligations d'entretien envers les membres de sa famille (ATF 122 IV 
299 consid. 3b; 119 IV 17 consid. 2a; arrêt du Tribunal fédéral 6P.55/2004 du 
10 août 2004, consid. 3.3). Il serait en effet contraire aux principes qui inspirent 
le droit pénal et la ratio legis de l'art. 71 CP qu'une créance compensatrice de 
l'Etat empêche l'auteur de l'infraction de satisfaire à ses obligations d'entretien 
envers ses proches. Aussi le juge peut-il renoncer à la confiscation opérée par la 
voie de la créance compensatrice de tout ou partie des gains illicites lorsque 
cette mesure porte une atteinte trop importante aux obligations de famille du dé-
linquant (ATF 106 IV 336 consid. 3b/bb). 

3.3.1 En l'espèce, C. perçoit des revenus mensuels nets s'élevant à Fr. 19'000.--. Il n'a 
pas d'obligation d'entretien envers les membres de sa famille puisque son 
épouse ainsi que ses deux enfants issus d'un premier mariage, sont tous finan-
cièrement indépendants. En outre, le condamné est propriétaire pour moitié 
d'une villa sise à Y. dont la valeur fiscale s'élève à Fr. 1'169'000.-- et qui est hy-
pothéquée à hauteur de Fr. 400'000.--. Il est également propriétaire d'un terrain 
en Allemagne qui est estimé à Fr. 130'000.-- (arrêt TPF du 10 septembre 2009, 
let. O). Les montants à confisquer ou à compenser peuvent facilement être réali-
sés par la vente desdits biens immobiliers. La créance compensatrice est dès 
lors recouvrable et n'entrave pas la réinsertion du condamné.  

3.3.2 Quant à D., elle réalise un salaire mensuel net se montant à Fr. 6'000.--. Elle n'a 
pas d'obligation d'entretien et elle est également propriétaire pour moitié de la vil-
la susmentionnée (arrêt TPF du 10 septembre 2009, let. O). Les montants à 
confisquer peuvent facilement être réalisés par la vente de la villa précitée. La 
créance compensatrice est dès lors recouvrable et n'entrave pas la réinsertion 
de l'intéressée.  

3.3.3 Dites conclusions ne sauraient être remises en question par les informations 
contenues dans les déterminations de C. du 15 septembre 2010, selon lesquel-
les il devrait cesser son activité de consultant auprès de la société I. SA avec ef-
fet au 1er décembre 2010 et son épouse aurait démissionné de son poste à l'Ins-
titution B., pour raisons de santé (cl. 39 p. 39521027). En effet, le condamné per-

- 24 - 

çoit une retraite s'élevant à Fr. 9'000.-- par mois (arrêt TPF du 10 septembre 
2009, let. O), montant qui suffit à lui seul à assurer l'entretien du couple. Par ail-
leurs la Cour ignore tout des projets professionnels de D. et l'on constate que, 
même après paiement intégral du montant des dommages-intérêts fixé par l'au-
torité de céans, il resterait à disposition du couple environ Fr. 400'000.-- d'épar-
gne, compte tenu des montants se trouvant actuellement sur les comptes sé-
questrés et en considération du fait que la somme résultant de l'estimation fis-
cale d'une villa représente environ le 80% de la valeur réelle de cette dernière 
(cl. 38 p. 38683006).    

3.4 L'art. 71 al. 3 CP dispose que "l'autorité d'instruction peut placer sous séquestre, 
en vue de l'exécution d'une créance compensatrice, des éléments du patrimoine 
de la personne concernée. Le séquestre ne crée pas de droit de préférence en 
faveur de l'Etat lors de l'exécution forcée de la créance compensatrice". 

Mesure provisoire et purement conservatoire, le séquestre au sens de la disposi-
tion précitée, est d'une nature et d'une portée différente du séquestre pénal tradi-
tionnel, en ce sens que ces effets sont maintenus au-delà de l'entrée en force du 
jugement, jusqu'au moment où une mesure du droit des poursuites a pris le re-
lais. Conformément au but de la mesure conservatoire, les valeurs patrimoniales 
en question ne sont dès lors pas confisquées en vertu du jugement pénal, mais 
elles demeurent bloquées jusqu'à l'exécution forcée qui permettra le recouvre-
ment de la créance compensatrice. Eu égard aux intérêts des créanciers, la 
poursuite de la créance compensatrice, la réalisation des biens séquestrés et la 
distribution des deniers interviendra conformément à la loi sur la poursuite pour 
dettes et la faillite (v. Message du Conseil fédéral du 30 juin 1993 concernant la 
modification du Code pénal suisse et Code pénal militaire [révision du droit de la 
confiscation, punissabilité de l'organisation criminelle, droit de communication du 
financier], FF 1993 III p. 297ss; arrêts du Tribunal fédéral 6B_694/2009 respecti-
vement 6B_695/2009 du 22 avril 2010, consid. 1.4.2; arrêt du Tribunal pénal fé-
déral SK.2010.12 du 27 juillet 2010, consid. 3).   

Etant donné que le séquestre est maintenu jusqu'au moment où une mesure du 
droit des poursuites a pris le relais, la question se pose, d'un point de vue formel, 
de savoir qui prononce ensuite sa levée et de quelle façon. Puisque dans le ca-
dre d'une décision finale portant sur la fixation d'une créance compensatrice, 
respectivement la renonciation à prononcer une telle mesure, il appartient éga-
lement au tribunal - in casu la Cour des affaires pénales - de statuer sur le main-
tien ou la levée d'un séquestre conservatoire (v. TPF 2009 40 consid. 2.4; arrêt 
du Tribunal pénal fédéral SK.2010.12 du 27 juillet 2010, consid. 3; FLORIAN BAU-
MANN in Basler Kommentar, vol. I, 2ème éd., Bâle 2007, ad art. 70/71 CP n. 59, ad 
art. 72 CP n. 16, 18; à propos du futur Code de procédure pénale suisse: art. 267 

- 25 - 

al. 3 en lien avec l'art. 81 al. 4 let. e CPP; STEFAN HEIMGARTNER in DONATS-
CH/HANSJAKOB/LIEBER [Hrsg.], Kommentar zur Schweizerischen Strafprozes-
sordnung, Zurich/Bâle/Genève 2010, ad art. 267 CPP n. 3; NIKLAUS SCHMID, 
Schweizerische Strafprozesssordnung, Praxiskommentar, Zurich/St-Gall 2009, 
ad art. 267 al. 5 CPP n. 9, ad art. 81 CPP n. 19), dite autorité judiciaire est en ou-
tre compétente pour prononcer la décision ultérieure relative à la levée de la me-
sure conservatoire susmentionnée (HEIMGARTNER, op. cit., ad art. 363 CPP 
n. 1ss; SCHMID, op. cit., ad art. 363 CPP n. 1-3 et 5, 6). A défaut d'être elle-même 
informée d'éventuels motifs de levée du séquestre, la Cour des affaires pénales 
devra trancher la question sur requête d'une autorité de poursuite ou d'un tiers.    

En l'espèce, les séquestres ordonnés au Registre foncier sur l'immeuble sis à Y. 
(parcelle W., Feuille V. du cadastre) appartenant pour moitié chacun aux époux 
C. et D. doivent être maintenus pour garantir l'exécution des créances compen-
satrices précitées.  

4. Allocation au lésé  

4.1 Aux termes de l'art. 73 al. 1 CP, si un crime ou un délit a causé à une personne 
un dommage qui n'est couvert par aucune assurance et s'il y a lieu de craindre 
que l'auteur ne réparera pas le dommage ou le tort moral, le juge alloue au lésé, 
à sa demande, jusqu'à concurrence des dommages-intérêts ou de la réparation 
morale fixés par un jugement ou par une transaction, le montant de la peine pé-
cuniaire ou de l'amende payées par le condamné (let. a), les objets et les valeurs 
patrimoniales confisqués ou le produit de leur réalisation, sous déduction des 
frais (let. b), les créances compensatrices (let. c), le montant du cautionnement 
préventif (let. d). 

L'allocation au lésé est une règle de droit matériel fédéral conférant au lésé une 
prétention de droit public contre l'Etat dans le cadre de la procédure pénale (ATF 
118 Ib 263 consid. 3). La confiscation de valeurs patrimoniales provenant d'une 
infraction et leur allocation au lésé l'emportent sur les prétentions civiles de tiers, 
quand bien même ces dernières auraient été obtenues, avant l'intervention du 
juge pénal, et que les valeurs concernées fassent l'objet d'un séquestre sur la 
base de l'art. 271 LP (SJ 1999 I p. 417ss).  

Le lésé doit être une personne privée, à l'exclusion d'une corporation ou d'un ser-
vice de l'Etat (HIRSIG-VOUILLOZ, op. cit., ad art. 73 CP n. 9; BAUMANN, op. cit., ad 
art. 73 CP n. 5; SCHMID, op. cit., ad art. 73 CP n. 16).  

4.2 In casu, le représentant des parties civiles a requis que les valeurs patrimoniales 
confisquées, le montant de l'éventuelle peine pécuniaire et/ou de l'amende payés 

- 26 - 

par l'accusé, ainsi que d'éventuelles créances compensatrices, soient alloués à 
l'Institution A. à concurrence de 83% et à l'Institution B. à concurrence de 17%, 
ces deux institutions déclarant céder à la Confédération leurs créances envers 
C., à concurrence des montants qui leur seraient octroyés conformément à 
l'art. 73 al. 2 CP (cl. 38 p. 38601001; cl. 39 p. 39601005). 

Or, en vertu de l'art. 1 de la Loi vaudoise du 6 décembre 1977 sur l'Institution A., 
cette dernière est un établissement de droit public doté de la personnalité morale. 
Le personnel de cet établissement est aujourd'hui soumis à la Loi cantonale du 
12 novembre 2001 sur le personnel du canton CC. (ci-après: LPers/canton CC.; 
RSV 172.31). Par ailleurs, à teneur des art. 5 al. 1 et 17 al. 2 de La loi fédérale 
du 4 octobre 1991 sur les écoles polytechniques fédérales (ci-après: loi sur les 
EPF: RS 414.110), l'Institution B. est un établissement autonome de droit public, 
dont le personnel est aujourd'hui soumis aux dispositions de la loi fédérale du 24 
mars 2000 sur le personnel de la Confédération (ci-après: LPers; RS 172.220.1).    

Il résulte de ce qui précède qu'étant donné que les Institutions A. et B. sont deux 
établissements de droit public, l'art. 73 CP n'est pas applicable en l'espèce.     

5. Frais 

5.1 Les frais sont en principe à la charge du condamné, la Cour pouvant pour des 
motifs spéciaux les remettre totalement ou partiellement (art. 172 al. 1 PPF). Une 
telle remise est notamment possible lorsque le condamné est indigent ou s'il 
existe une disproportion évidente entre le montant des frais et la culpabilité du 
condamné. En cas d'acquittement partiel, le condamné peut aussi être dispensé 
du paiement des frais liés à des actes d'enquête spécifiquement exécutés pour 
établir les frais relatifs aux infractions pour lesquelles l'acquittement est prononcé 
(TPF SK.2004.13 du 6 juin 2005 consid. 12.1). S'il y a plusieurs condamnés, la 
Cour décide s'il répondent solidairement ou non des frais (art. 172 al. 1 et 2 
PPF). En cas d'acquittement complet, les frais sont à la charge de la Confédéra-
tion. 

Les frais comprennent les émoluments et les débours occasionnés par la procé-
dure de recherches, l'instruction préparatoire, la rédaction de l'acte d'accusation 
et les débats (art. 172 al. 1 PPF). Ils sont calculés selon les principes de l'ordon-
nance sur les frais de la procédure pénale fédérale (ordonnance sur les frais; RS 
312.025), du règlement sur les dépens et indemnités alloués devant le Tribunal 
pénal fédéral (règlement sur les dépens; RS 173.711.31) et du règlement fixant 
les émoluments judiciaires perçus par le Tribunal pénal fédéral (règlement sur les 
émoluments; RS 173.711.32). 

- 27 - 

5.2 En l'espèce, les frais de la présente cause sont constitués uniquement d'un émo-
lument pour la procédure devant le tribunal de céans.  

Aux termes de l'art. 3 al. 1 de l'ordonnance sur les frais, l'autorité de perception 
fixe l'émolument en fonction de l'importance de l'affaire, des intérêts financiers en 
cause, du temps et du travail requis.   

Conformément à la disposition précitée ainsi que l'art. 2 al. 1 let. b du règlement 
sur les émoluments, le Tribunal pénal fédéral arrête le montant de son émolu-
ment judiciaire à Fr. 3'000.-- compte tenu du degré de complexité de la présente 
affaire et du fait que le jugement de la cause n'a pas nécessité la tenue de nou-
veaux débats. 

5.3 Le statut des tiers saisis n'est pas évoqué par les dispositions régissant les émo-
luments judiciaires perçus par l'autorité fédérale de jugement. Pour combler cette 
lacune, il se justifie d'appliquer au tiers saisi, par analogie et dans la mesure où 
ses intérêts patrimoniaux sont en cause, le statut réservé à l'accusé. 

D. dont une partie des avoirs a été confisquée contrairement à sa demande (su-
pra consid. 2.4), est soumise audit statut.  

En application de l'art. 66 al. 1 de la loi sur le Tribunal fédéral (LTF; RS 173.110), 
le tiers saisi qui succombe est tenu de rembourser les frais nécessaires causés 
par le litige. 

Conformément à l'art. 2 du règlement sur les émoluments, la Cour arrête le mon-
tant de son émolument judiciaire à Fr. 500.--.   

5.4 La Cour renonce par ailleurs à prononcer une condamnation solidaire au sens de 
l'art. 172 al. 2 PPF.   

6. Dépens 

En vertu de l'art. 175 PPF, lorsque la Cour alloue les conclusions civiles, soit en 
totalité ou en partie, soit en principe, elle condamne l'accusé, à la demande du 
lésé, à lui rembourser ses propres frais en tout ou en partie.  

A teneur de l'art. 3 al.1 du règlement sur les dépens, les honoraires sont fixés en 
fonction du temps effectivement consacré à la cause et nécessaire à la défense 
de la partie représentée. Le tarif horaire est de Fr. 200.-- au minimum et de 
Fr. 300.-- au maximum. L'alinéa 2 de cette disposition prévoit que lorsque l'avo-

- 28 - 

cat ne fait pas parvenir le décompte de ses prestations dans le délai fixé par le 
tribunal, le montant des honoraires est fixé selon l'appréciation de la Cour.  

En l'espèce, Me Alain Thévenaz, représentant des deux parties civiles, les Insti-
tutions A. et B., a produit onze notes d'honoraires, dans lesquelles sont décrites 
dans le détail les opérations effectuées du 1er juin 2005 au 5 août 2010, et cor-
respondant à un montant total de Fr. 70'309,95, en précisant que ses clientes 
demandaient le remboursement complet de cette somme à titre d'allocation de 
dépens (cl. 39 p. 39601005). Sur requête du tribunal de céans, le précité a indi-
qué, dans un courrier du 15 octobre 2010, le temps consacré à chacune des opé-
rations susmentionnées. Il s'agit au total de 181,83 heures, dont environ 35 heu-
res de déplacement. Il a également précisé avoir facturé approximativement un 
tarif horaire de Fr. 350.-- (cl. 39 p. 39721001).  

Conformément au tarif usuellement appliqué par la Cour de céans qui est de 
230.--/heure pour les heures consacrées à la cause et de Fr. 200.--/heure pour 
les heures de déplacement, l'octroi d'une indemnité de Fr. 40'000.-- paraît justifié. 
Celle-ci sera à la charge de C., partie qui succombe en la présente cause. Le 
montant de la TVA devra s'y ajouter (art. 3 al. 3 du règlement sur les dépens).  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- 29 - 

Par ces motifs, la Cour prononce: 

1. condamne C. à payer à l'Institution A., la somme de Fr. 1'276'519,30, avec intérêts à 
5% l'an dès le 1er octobre 2001, et à l'Institution B., la somme de Fr. 190'354.--, avec 
intérêts à 5% l'an dès le 1er juin 2005; 

2. alloue aux parties civiles une indemnité de Fr. 40'000.-- (TVA non comprise) à titre 
de dépens à la charge de C.; 

3. dit que les Institutions A. et B. sont renvoyées à agir devant le juge civil si elles en-
tendent faire valoir un dommage supplémentaire; 

4. prononce la confiscation des valeurs patrimoniales séquestrées sises auprès de la 
banque E. sur les comptes n° 1 au nom de C., et n° 2 au nom de la fondation F., ainsi 
que celles sises auprès de la banque G. SA, sur les comptes no 3 au nom de la fon-
dation F., et n° 17 au nom de D.; 

5. prononce la confiscation de la somme de Fr. 20'000.-- séquestrée sur le fonds n° 19 
auprès de l'Institution B.; 

6. condamne C. au paiement d'une créance compensatrice de Fr. 1'235'628,50, sous 
déduction de Fr. 20'000.-- ainsi que du montant des valeurs patrimoniales au crédit 
de son compte n° 1 auprès de la banque E., et de celles au crédit des comptes n° 2 
dont la fondation F. est titulaire auprès de la banque E. et n° 3 dont la fondation F. est 
titulaire auprès de la banque G. SA, valeur au jour du prononcé du présent arrêt; 

7. condamne D. au paiement d'une créance compensatrice de Fr. 231'244,85, sous 
déduction du montant des valeurs patrimoniales au crédit du compte n° 17 dont la 
précitée est titulaire auprès de la banque G. SA, valeur au jour du prononcé du pré-
sent arrêt; 

8. dit que les séquestres ordonnés au Registre foncier sur l'immeuble sis à Y. (parcelle 
W., Feuille V. du cadastre) appartenant pour moitié chacun aux époux C. et D. sont 
maintenus pour garantir l'exécution des créances compensatrices précitées; 

9. invite le Département fédéral de l'intérieur, en sa qualité d'Autorité de surveillance, à 
examiner l'opportunité de prononcer la dissolution de la fondation F. au sens de 
l'art. 88 al. 1 ch. 2 CC; 

 

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10.condamne C. à participer aux frais de la présente décision à hauteur de Fr. 3'000.-- 
et D. à hauteur de Fr. 500.--, sans solidarité entre eux. 

 

Au nom de la Cour des affaires pénales 
du Tribunal pénal fédéral 

Le président:  La greffière: 

Distribution: 
- Ministère public de la Confédération 
- Me Henri Baudraz, (défenseur de l’accusé C.)        
- Me Alain Thévenaz, (représentant des parties civiles Institution A. et Institution B.) 
- D. 
- Administration fédérale, Département fédéral de l'intérieur 
 
 
Après son entrée en force, la décision sera communiquée au Ministère public de la 
Confédération en tant qu'autorité d'exécution (version complète) 
 
 
 
Indication des voies de recours 

Le recours contre les décisions finales de la Cour pénale du Tribunal pénal fédéral doit être déposé devant 
le Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les 30 jours qui suivent la notification de l’expédition complète 
(art. 78, art. 80 al. 1, art 90 et art. 100 al. 1 LTF). 

Le recours peut être formé pour violation du droit fédéral et du droit international (art. 95 LTF). Le recours ne 
peut critiquer les constatations de fait que si les faits ont été établis de façon manifestement inexacte ou en 
violation du droit au sens de l’art. 95 LTF, et si la correction du vice est susceptible d’influer sur le sort de la 
cause (art. 97 al. 1 LTF).