# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 32b0ef5b-3fdb-5d0f-a053-273b08ee1d74
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2004-01-06
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 06.01.2004 A/377/2003
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-377-2003_2004-01-06.pdf

## Full Text

du 17 avril 2003 

 

sur mesures provisionnelles 

 

 

dans la cause 

 

 

Madame S. A. 

représentée par Caritas Genève 

 

 

 

contre 

 

 

 

 

HOSPICE GÉNÉRAL 

 

 

 

 

A/377/2003-HG 

 
 
 
  Vu la décision rendue le 19 décembre 2002 par le président du conseil 

d'administration de l'Hospice général - mais expédiée le 6 février 2003 - à l'encontre 
de Madame S. M.-A.; 

 
  vu le recours de l'intéressée daté du 7 mars 2003 et ses écritures 

complémentaires datées du 28 du même mois; 
 
  vu la réponse à la demande de restitution de l'effet suspensif de l'Hospice 

général, datée du 11 avril 2003; 
 

considérant en fait : 
 
 
  que Mme A. séjourne en Suisse au bénéfice d'une autorisation de séjour 

délivrée pour des raisons humanitaires; 
 
  que Mme A. est la mère des enfants L. N. O., née le 21 octobre 1984, et A. 

E., né le 19 août 1991; 
 
  qu'il est reproché à l'intéressée d'avoir caché à l'Hospice général des gains 

réalisés en 2001 et en 2002 pour les montants respectifs de CHF 2'089,20 et 
CHF 7'665,60; 

 
  que l'intéressée dispose toutefois, à dire de l'Hospice général, de revenus 

supérieurs au minimum vital des requérants d'asile; 
 
  que l'Hospice général avait dès lors mis fin au versement des prestations 

d'assistance avec effet au 30 septembre 2002, par décision simple du 8 octobre de la 
même année; 

 
  que la recourante expose sa situation difficile, elle-même et ses deux 

enfants étant atteints dans leur santé; 
 
  qu'elle conteste l'application du barème d'assistance pour les requérants 

d'asile à son propre cas; 
 
  qu'elle fait encore valoir que son fils A. doit être protégé au sens de la 

Convention du 20 novembre 1989 relative aux droits de l'enfant (la Convention - 
RS 0.107), entrée en vigueur pour la Suisse le 26 mars 1997. 

  
  qu'il appartient dès lors aux États parties à la Convention de respecter le 

droit de tout enfant à un niveau de vie suffisant pour ne pas mettre en péril son 
développement physique, mental, spirituel, moral et social au sens de l'article 27 
chiffre 1; 

 
  que de surcroît, l'enfant A. et sa soeur N. sont touchés par mesures 

entreprises alors qu'ils ne sont pas les auteurs des comportements sanctionnés par 
l'intimé; 

 

 
     considérant en droit : 
 
  que selon l'article 66 alinéa premier de la loi sur la procédure administrative 

du 12 septembre 1985 (LPA - E 5 10), le recours a effet suspensif; 
 
  que le titre IV de la LPA, concernant la procédure de recours en général, 

ne contient aucune disposition expresse en matière de mesures provisionnelles; 
 
  qu'à teneur de l'article 21 alinéa premier LPA, l'autorité peut, d'office ou sur 

requête, ordonner des mesures provisionnelles en exigeant au besoin des sûretés; 
 
  que cette disposition, contenue dans le titre II de la LPA, intitulée "Règles 

générales de procédure" est applicable également dans le cadre d'une procédure de 
recours; 

 
  que toute solution contraire limiterait abusivement les cas d'application de 

l'article 21 alinéa 2, réglant le cas des mesures provisionnelles ordonnées par une 
juridiction administrative (déc. S. du 5 décembre 2002); 

  
  qu'en l'espèce, il s'agit bien d'octroyer, le cas échéant, de telles mesures, 

la recourante demandant à recevoir des prestations d'assistance publique; 
 
  que l'article 12 de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 (RS - 101) 

protège le droit de quiconque à l'aide et à l'assistance sociales pour mener une 
existence conforme à la dignité humaine; 

 
  que toute restriction aux droits fondamentaux doit s'opérer en application 

d'une base légale, être justifiée par un intérêt public et être proportionnée au but visé 
(art. 36 al. 1 à 4 Cst. féd.); 

 
  que la Suisse a adhéré notamment à la Convention; 
 
  qu'une décision négative ne peut avoir pour conséquence de priver une 

personne du minimum vital, sous peine de violer la norme constitutionnelle précitée, 
 
  que selon la jurisprudence du tribunal de céans, les personnes requérantes 

d'asile doivent bénéficier à tout le moins d'un minimum vital suffisant dans le respect 
de la garantie constitutionnelle rappelée ci-dessus (ATA P.-M. du 4 mars 2003 et 
K.-K. du 4 décembre 2001); 

 
  que la question de savoir si ce barème calculé pour le cas des requérants 

d'asile peut être applicable à d'autres personnes n'a pas à être tranchée par le biais 
de la présente décision interlocutoire; 

 
  qu'il y a lieu cependant d'assurer le respect des droits fondamentaux des 

deux personnes vivant avec la recourante, soit Mademoiselle L. N. O., âgée de 
18 ans et l'enfant A. E., âgé de 11 ans et demi; 

 
  qu'il appartient dès lors à l'Hospice général de calculer l'assistance due à 

ces deux personnes sur la base du barème d'assistance normale; 
 
  que seuls les montants dévolus à la recourante pourront être réduits 

 

jusqu'à atteindre, au minimum, le barème réservé aux requérants d'asile; 
 
  qu'il y a lieu dès lors d'ordonner, par voie de mesures provisionnelles, à 

l'autorité intimée, de reprendre le versement dans son aide aux trois personnes 
précitées dans la mesure décrite ci-dessus. 

 
   
   PAR CES MOTIFS 
   le Président du Tribunal administratif  
   par voie de mesures provisionnelles:  
 
    ordonne à l'Hospice général d'assister Madame S. 

M. A. dans la mesure du barème pour requérant d'asile et ses enfants L. N. O. et A. 
E. dans la mesure du barème normal d'assistance avec effet au 30 septembre 2002; 

 
   rejette la demande de mesures provisionnelles 

pour le surplus; 
 
   communique la présente décision à Caritas 

Genève, mandataire de la recourante, ainsi qu'à l'Hospice Général. 

 

   

            Au nom du Tribunal administratif: 

                    Le Président : 

 

                                                   Ph. Thélin 

 

                   

Copie conforme de cette décision a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le   la greffière : 

 

   Mme N. Mega