# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 71f9bf95-7610-5b0a-824c-6522c9a27d33
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-05-09
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Strafkammer 09.05.2016 502 2016 82
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_005_502-2016-82_2016-05-09.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

502 2016 82 + 97

Arrêt du 9 mai 2016

Chambre pénale

Composition Président: Hubert Bugnon
Juges: Jérôme Delabays, Sandra Wohlhauser
Greffière: Cornelia Thalmann El Bachary

Parties A.________, recourant 

contre

MINISTERE PUBLIC DE L’ETAT DE FRIBOURG, intimé

 

Objet Non-entrée en matière et récusation

Recours du 4 avril 2016 contre l'ordonnance du Ministère public du 
23 mars 2016

Demande de récusation du 4 avril 2016 concernant le Procureur 
B.________

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considérant en fait

A. Par courrier du 15 mars 2016, A.________ s’est adressé au Ministère public pour dénoncer 
plusieurs personnes qui se seraient rendues coupables de nombreuses infractions commises dans 
le cadre de l’administration de la PPE de C.________, mais en particulier d’escroquerie en bande 
(DO/ 1ss). Sont ainsi cités : D.________, E.________, Me F.________, G.________, H.________, 
le Président du Tribunal civil I.________, une dame J.________, K.________ et le directeur de 
L.________.

B. Par ordonnance du 23 mars 2016, le Ministère public a refusé d’entrer en matière sur la 
dénonciation pénale du 15 mars 2016 au motif que les multiples allégués contenus dans cette 
dernière ne sauraient constituer des indices suffisants permettant, ne serait-ce qu’au seul stade du 
soupçon, de déceler chez ces différentes personnes un comportement pénalement répréhensible 
susceptible de réaliser la commission d’au moins l’une des nombreuses infractions dénoncées. 

C. Le 4 avril 2016, A.________ a interjeté recours contre cette ordonnance, demandant 
également la récusation du Procureur B.________. Le 11 avril 2016, il a déposé un deuxième 
acte. Par courrier daté du 12 avril 2016, il a transmis à la Chambre pénale une copie d’un courrier 
qu’il a adressé à l’Administration fédérale des contributions, demandant que ce dernier soit joint à 
sa cause. Le 30 avril 2016, il a déposé un nouvel acte avec copie d’un courrier adressé à 
L.________

Invité à se déterminer, le Ministère public a conclu le 25 avril 2016 au rejet du recours. 

en droit

1. a) En application des art. 310 al. 2, 322 al. 2 du code de procédure pénale suisse du 
5 octobre 2007 [CPP; RS 312.0] et 85 al. 1 de la loi du 31 mai 2010 sur la justice [LJ; RSF 130.1], 
la voie du recours à la Chambre pénale est ouverte contre une ordonnance de non-entrée en 
matière.

b) Le délai de dix jours des art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP a été indéniablement respecté. 
En effet, l’ordonnance querellée a été notifiée au recourant le 29 mars 2016, si bien que le recours 
du 4 avril 2016 a été adressé à l’autorité en temps utile. Les trois autres actes (11, 12 et 30 avril 
2016) sont par contre tardifs. 

c) La Chambre statue sans débats (art. 397 al. 1 CPP). 

2. En l’espèce, après plusieurs lectures attentives du recours ainsi que de la dénonciation du 
15 mars 2016, il semble en ressortir que A.________ se plaindrait notamment d’avoir été victime 
d’une escroquerie en bande, respectivement d’un détournement d’argent commis par ou avec le 
concours des personnes dénoncées, ces actes concernant son appartement, respectivement 
l’administration de la PPE dont il est membre à M.________, et lui ayant causé un préjudice 
important. Dans un écrit des plus inconvenants eu égard à son appréciation du travail d’un 
Procureur qu’il qualifie notamment d’arrogant, mesquin et menteur, d’un Conseiller d’Etat présenté 
comme un parvenu qui a jeté l’opprobre sur tout le canton de Fribourg, un traître au canton, un 
escroc souffrant d’un complexe de supériorité ou encore du Ministère public considéré comme 
« une île aux trésors du Barreau transformé en abattoir industriel », le recourant cite pêle-mêle des 
dispositions pénales dont il fait une interprétation toute personnelle, mélangeant ensuite tous les 
aspects (civil, pénal, administratif et déontologique) et discourant tantôt sur des dénis de justice, 

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tantôt sur la moralité des juges. La compréhension du recours se révèle ainsi très difficile et face à 
une telle motivation, la recevabilité du recours est douteuse.

Cela étant, à l’instar du Ministère public, la Chambre de céans ne perçoit pas en quoi les multiples 
faits cités par le recourant seraient susceptibles de constituer une ou des infractions pénales, étant 
rappelé que les indices factuels de la commission d’une infraction nécessaires à l’ouverture d’une 
enquête pénale doivent être sérieux et de nature concrète. Quant au déni de justice, à l’impartialité 
ou encore à la moralité d’un juge, ils ne constituent bien évidemment pas un comportement 
pénalement répréhensible susceptible de réaliser la commission d’une infraction au sens du Code 
pénal suisse. L’ordonnance de non-entrée en matière était ainsi justifiée.

Il s’ensuit que les griefs du recourant doivent être rejetés pour autant que recevables.

3. Le recourant demande la récusation du Procureur B.________.

a) Toute personne exerçant une fonction au sein d'une autorité pénale est tenue de se 
récuser lorsque d'autres motifs, notamment un rapport d'amitié étroit ou d'inimitié avec une partie 
ou son conseil juridique, sont de nature à la rendre suspecte de prévention (art. 56 al. 1 let. f CPP). 
Lorsqu’un tel motif de récusation est invoqué, le litige est tranché sans administration 
supplémentaire de preuves et définitivement par l’autorité de recours, soit la Chambre pénale du 
Tribunal cantonal, lorsque le ministère public est concerné (art. 59 al. 1 let. b CPP en relation avec 
l’art. 85 al. 1 de la loi du 31 mai 2010 sur la justice [RJ; RSF 130.1]).

b) En l’espèce, A.________ avance que le Procureur doit se récuser pour faute 
professionnelle grave et partialité notoire, favorisant la corruption et la malversation et aidant ses 
« antagonistes au détournement de fonds, de faux dans les titres et d’usage de faux, d’escroquerie 
par métier ». Ce faisant, le recourant ne fait état que d’affirmations péremptoires, n’étayant la 
prétendue partialité du magistrat par aucun élément concret. Par conséquent, sa requête de 
récusation doit manifestement être rejetée. 

4. Au vu de l’issue du recours et de la demande de récusation, les frais de procédure, arrêtés à 
CHF 560.- (émolument: CHF 500.-; débours: CHF 60.-), seront mis à la charge du recourant qui 
succombe (art. 428 al. 1 et 59 al. 4 CPP; art. 33 ss et 43 RJ).

(dispositif en page suivante) 

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la Chambre arrête:

I. Le recours est rejeté dans la mesure de sa recevabilité.

II. La demande de récusation est rejetée.

III. Les frais de la procédure de recours, arrêtés à CHF 560.- (émolument: CHF 500.-; débours: 
CHF 60.-), sont mis à la charge de A.________.

IV. Communication.

 

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours 
dès la notification de l’arrêt rédigé. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). 
L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 9 mai 2016/swo

Président Greffière