# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 3020d4d4-d895-5d78-a62f-d4d4c05e3ff6
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2013 / 4
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2013---4_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC12.016644-121436

75 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
19 février 2013

__________________

Présidence
de               M.             
Hack,
président

Juges             
:              M.             
Muller et M. Vallat, juge suppléant

Greffier
              :             
Mme              van Ouwenaller

 

 

*****

 

 

Art.
82 LP

 

 

             
La Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal, statuant à huis clos en sa qualité
d'autorité de recours en matière sommaire de poursuites, s'occupe du recours exercé par
E.________,
à Casablanca (Maroc), contre le prononcé rendu le 13 juillet 2012, à la suite de l’audience
du 31 mai 2012, par le Juge de paix du district de Nyon, dans la cause qui l'oppose à O.________,
à Begnins.

 

             
Vu les pièces au dossier, la cour considère :

 

 

 

 

             
En fait :

 

 

1.             
a)
Le 23 janvier 1995, O.________
et E.________ ont conclu un premier contrat de travail. Cette dernière l'a résilié quelques
mois plus tard et est retournée au Maroc, son pays d'origine. Le 26 novembre 1996, les parties
ont conclu un second contrat de travail que E.________ a résilié au 31 octobre 2006.

 

             
E.________ a entamé une procédure de poursuite à l'encontre de O.________, en lui faisant
notifier un commandement de payer à titre d'arriérés de salaires, tort moral et frais
de recouvrement d'avocat. Cette procédure a donné lieu à un arrêt de la cour de céans
du 18 mars 2010, après recours au Tribunal fédéral, prononçant la mainlevée
provisoire de l'opposition à concurrence de 61'067 fr. 65. Par arrêt du 19 octobre 2010, la
IIe Cour de droit civil du Tribunal fédéral a rejeté le recours déposé contre
cet arrêt par O.________. Cette dernière a ouvert, au mois de juillet 2010, une action en libération
de dette qui est toujours pendante, cependant que la poursuite intentée par E.________ a été
annulée pour des questions d'immunité diplomatique.

 

             
b) Le
10 mars 2012, à la réquisition de E.________, l'Office des poursuites du district de Nyon a
notifié à O.________, dans la poursuite n° 6'020'504, un commandement de payer portant
sur les montants de 62'669 fr. 05 avec intérêt à 5 % l'an dès le 1er
janvier 2002 (I), 45'000 fr. avec intérêt à 5 % l'an dès le 1er
janvier 2002 (II) et 20'000 fr. avec intérêt à 5 % l'an dès le 24 novembre 2011 (III),
mentionnant comme titre de la créance ou cause de l'obligation: (I) "Contrat de travail du
26.11.1996 – arriérés de salaire (créance reconnue par titre)", (II) "Solde
arriérés de salaire du 23.01.1995 au 31.10.2006, dommages & intérêts et tort
moral pour exploitation usuraire pendant la même période (art. 157 CPS)" et (III) "Frais
d'avocat & dommage supplémentaire 106 CO". La poursuivie a fait opposition totale.

 

             
Par requête du 27 avril 2012,
E.________ a requis du Juge de paix du district de Nyon principalement qu'il prononce la mainlevée
de l'opposition à concurrence de 60'260 fr. 20 avec intérêt à 5 % l'an dès le
1er
janvier 2002 pour la première créance en poursuite sous réserve des primes non prescrites
de la prévoyance professionnelle (LPP) et de 3'320 fr. plus intérêt à 5 % l'an dès
le 1er janvier
2002 pour la deuxième créance mise en poursuite, subsidiairement qu'il prononce la mainlevée
de l'opposition à concurrence de 63'580 fr. 20 avec intérêt à 5 % l'an dès
le 1er
janvier 2002 sous réserve des primes LPP non prescrites. A l'appui de son écriture, elle a
produit trente-quatre pièces sous bordereau, soit notamment, outre le commandement de payer précité:

 

-
un contrat de travail du 23 janvier 1995, passé entre O.________ (employeur) et E.________ (travailleur
en qualité d'employée de maison), portant sur la période du 1er
mai 1995 au 30 juin 1996, renouvelable une année avec consentement mutuel, pour un salaire mensuel
de 1'200 fr. correspondant à 40 heures de travail hebdomadaire;

-
un courrier du 29 novembre 1996 adressé par la poursuivie à la Mission permanente de la Suisse
près les organisations internationales à Genève, portant demande d'autorisation de réengager
la poursuivante;

-
une demande d'attestation de la Mission permanente de la Suisse près les organisations internationales
pour régler le séjour de la poursuivante, délivrée le 12 avril 1995 et valable
jusqu'au 30 avril 1996;

-
un courrier adressé le 18 septembre 1995 par la poursuivie au Service du personnel du Palais des
Nations, indiquant que la poursuivante avait regagné son pays d'origine le 8 septembre 1995;

-
un contrat de travail du 26 novembre 1996, passé entre O.________ (employeur) et E.________ (travailleur
en qualité d'employée de maison), portant sur la période du 6 janvier 1997 au 5 janvier
1998, renouvelable une année avec consentement mutuel, pour un salaire mensuel de 1'527 fr. correspondant
à 50 heures de travail hebdomadaire; sur ce contrat figure un timbre humide de l'aéroport de
Genève faisant état de l'entrée en Suisse de la poursuivante le 10 janvier 1997;

-
un extrait (art. 16) du Contrat collectif des travailleurs de l'économie domestique du canton de
Genève (teneur au 1er
janvier 1995), indiquant que dès le 1er
janvier 1995, le salaire minimal en espèces des employés de maison de 20 ans et plus s'élèverait
à 2'250 fr. (indexés au début de chaque année sur la base de l'indice des prix à
la consommation du mois d'octobre précédent, sauf décision contraire de l'office cantonal
de conciliation, les salaires étant réputés adaptés à l'indice genevois, indice
de référence 145,8), auquel s'ajoutent les prestations en nature (logement, nourriture, blanchissage,
notamment);

-
un dito, selon modifications du 21 février 1997, indiquant un salaire mensuel minimal pour les employés
de maison de 18 ans et plus de 2'290 fr. auquel s'ajoutent les prestations en nature; 

-
un décompte de salaire pour les mois de juillet à octobre 2006, établi par la poursuivie
sur la base d'un salaire mensuel de 1'527 fr., indiquant pour les quatre mois, après déduction
de diverses "dépenses" (contribution AVS, ASSURA, téléphone, cash, etc.) un
reliquat de 2'271 fr. 80;

 

-
un extrait d'une note d'information du Bureau du Conseiller du personnel – ONUG, relatif à
l'engagement d'un(e) employé(e) de maison, mentionnant, à titre indicatif, que selon le Tribunal
des Prud'hommes de Genève, l'employé de maison devrait toucher un salaire équivalent aux
deux tiers du salaire prévu par le contrat-type de travail genevois pour travailleurs de l'économie
domestique, soit 1'500 fr. pour une personne âgée de 20 ans ou plus; il y est précisé
qu' "A ces montants s'ajoutent les prestations en nature [...] évaluées forfaitairement
à 810 fr./mois";

 

-
un courrier adressé par la poursuivante à la poursuivie le 30 août 2006, portant résiliation
des rapports de travail au 31 octobre 2006;

-
une lettre de la Mission permanente de la Suisse auprès de l'Office des Nations Unies et des autres
organisations internationales à Genève, adressée le 21 novembre 2006 au conseil d'alors
de la poursuivante, indiquant qu'ensuite de la fin des rapports de travail au 31 octobre 2006, la poursuivante
disposait d'un mois pour quitter la Suisse;

- une lettre adressée
par le conseil de la poursuivie au Bureau de l'Amiable Compositeur le 9 février 2007;

-
une déclaration des salaires et des allocations familiales versés par l'employeur O.________
à son personnel E.________ pour les mois de mai à décembre 1998 indiquant un salaire total
de 16'880 fr., soit un salaire en espèce de 10'400 fr. et un salaire en nature de 6'480 francs;

 

-
des ditos pour les années 2000 à 2005, indiquant tous un salaire total de 26'400 fr., un salaire
en espèce de 15'600 fr. et un salaire en nature de 10'800 francs;

-
un dito pour la période du 1er
janvier au 30 octobre 2006 indiquant un salaire total de 22'000 fr., soit un salaire en espèce de
13'000 fr. et un salaire en nature de 9'000 francs;

-
un avis de prime Assura, concernant la poursuivante, pour la période des mois d'octobre à décembre
1998, indiquant une prime mensuelle LAMal de 183 fr. et une prime mensuelle LCA de 19 fr., soit 606 fr.
pour le trimestre, avec copie d'un récépissé postal portant sur un versement de 202 francs;

-
un dito pour la période des mois d'avril à juin 1999;

-
un dito, sans récépissé, pour les mois de juillet à septembre 2001, indiquant une
prime mensuelle LAMal de 205 fr. et une prime LCA de 19 francs;

-
un avis de communication des primes 2002 d'Assura indiquant une prime LAMal mensuelle de 248 fr. et une
prime LCA de 19 francs;

-
un ordre de versement UBS concernant le compte de la poursuivie, portant sur le paiement de la somme
de 274 fr. 30 au 31 mars 2003 avec copie d'un bulletin de versement Assura pour la même somme, concernant
le mois de mars 2003;

-
une police d'assurance Assura indiquant une prime LAMal de 261 fr. jusqu'au 1er avril
2004 et de 277 fr. dès ce même jour, ainsi qu'une prime LCA de 19 fr. du 1er janvier
2003 au 31 décembre 2004;

-
un document Assura portant communication des primes 2005 afférentes à la poursuivante, soit
286 fr. mensuels pour la LAMal;

-
un dito 2006 portant sur des primes mensuelles pour la LAMal de 310 francs;

-
un décompte de prime définitif de la Zurich pour l'assurance-accidents obligatoire, relatif
à la période du 1er
janvier au 23 octobre 2003, indiquant une prime totale (accidents professionnels et non professionnels)
de 416 fr. 20, dont à déduire la prime partielle déjà payée de 486 fr. 10;

-
une télécopie adressée par la Mission permanente de la Suisse auprès de l'Office
des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève au conseil de la poursuivante
le 3 novembre 2011, confirmant la levée de l'immunité diplomatique de la poursuivie, y compris
en ce qui concerne la reprise d'une procédure de poursuite impliquant la notification d'un commandement
de payer, le cas échéant une procédure de mainlevée d'opposition, de continuation
de la poursuite, voire la saisie provisoire de créances;

-
un courrier adressé le 18 novembre 2011 par l'Office des poursuites du district de Nyon au conseil
de la poursuivante, concernant une poursuite n° 4'114'819 exercée à l'encontre de
la poursuivie, indiquant qu'un commandement de payer notifié à une personne bénéficiant
de l'immunité diplomatique est nul, que la poursuivie jouissait de ce statut depuis le 14 juin 2000
et que la poursuite en cause avait été annulée en date du 1er
mars 2011 pour ce motif;

-
un arrêt de la cour de céans du 18 mars 2010;

-
un arrêt de la IIe Cour de droit civil du Tribunal fédéral, du 19 octobre 2010 (5A_513/2010).

 

             
La poursuivie s'est déterminée par acte du 31 mai 2012, concluant, avec dépens, au rejet
de la requête de mainlevée. Elle a produit un onglet de pièces sous bordereau, soit:

 

-
un procès-verbal d'audition de E.________ devant le Procureur de l'arrondissement de la Côte,
du 21 mars 2012, dans lequel, interrogée notamment sur la provenance de 12'181 fr. 85 économisés
au 10 janvier 2001, celle-ci a expliqué qu'il s'agissait du revenu de son travail et qu'elle dépensait
peu;

-
un procès-verbal d'audition de O.________, née à Marrakech et originaire du Maroc et d'Autriche,
par ce même procureur, du 16 janvier 2012, lors de laquelle elle a exposé avoir connu la poursuivante
par l'intermédiaire d'une amie marocaine et qu'après son départ, suite à la résiliation
du premier contrat de travail, E.________ avait rendu plusieurs fois visite à la mère de la
poursuivie à Marrakech, demandant à pouvoir retourner travailler en Suisse auprès de O.________;
quant au salaire payé, la poursuivie a déclaré avoir pris en charge de nombreux frais
afférant à la poursuivante, notamment des factures de médecin, des voyages à Amsterdam
ou au Maroc, la seule preuve de ces paiements étant constituée par les virements effectués
depuis son compte bancaire;

-
un lot de factures de téléphone des mois de décembre 2005, mai, juin, juillet, août
et septembre 2006 et pour chaque mois, un décompte manuel effectué par la poursuivie, énumérant
les montants imputables à la poursuivante;

-
une attestation de la Zurich assureur-accidents, pour E.________, pour la période du 10 mai 1995
au 23 octobre 2003;

-
un dito pour la période du 24 octobre 2003 au 31 octobre 2006;

-
trois notes de prime d'assurance-accidents auprès de la Zurich relatives aux années 2004, 2005
et 2006;

-
une déclaration de garantie du 26 novembre 1996 par laquelle la poursuivie déclare en tant
qu'employeur garantir le paiement des frais médicaux et d'hospitalisation ainsi que des frais de
rapatriement de son employée;

-
un courrier adressé par la poursuivie à Assura, portant envoi des factures de soins concernant
la poursuivante pour l'année 2001, avec deux justificatifs de remboursement.

 

 

2.             
Par prononcé du 13 juillet 2012, le Juge
de paix du district de Nyon a rejeté la requête de mainlevée, arrêté à
660 fr. les frais judiciaires mis à la charge de la poursuivante et dit que celle-ci, au bénéfice
de l'assistance judiciaire, verserait à la poursuivie la somme de 3'000 fr. à titre de dépens.

 

             
Par acte du 18 juillet 2012, la poursuivante a requis la motivation du prononcé. Les motifs ont
été adressés pour notification aux parties le 2 août 2012. Le premier juge a considéré
que la mainlevée ne pouvait être accordée dans une seconde poursuite pour une créance
qui avait déjà donné lieu à un prononcé de mainlevée dans une précédente
poursuite, suivie d'une action en libération de dette pendante. Il s'est référé à
une jurisprudence publiée à la SJ 1944 597 (à laquelle renvoie Panchaud/Caprez, La mainlevée
d'opposition, § 40 n. 16).

 

 

3.             
Par acte du 6 août 2012, E.________ a recouru
contre la décision du premier juge, concluant, avec suite de frais et dépens, à sa réforme
conformément à sa requête de mainlevée du 27 avril 2012.

 

             
Le 16 août 2012, la recourante a demandé l'assistance judiciaire. Par décision du 24 septembre
2012, le vice-président de la cour de céans a admis la requête, pour l'avance, les frais
judiciaires et l'assistance d'office d'un avocat en la personne de Me Jean-Pierre Garbade, l'intéressée
étant exonérée de toute franchise mensuelle.

 

             
O.________ s'est déterminée le 8 octobre 2012, concluant, avec suite de frais et dépens,
au rejet du recours.

 

 

 

             
En droit
:

 

 

I.             
Le recours a été déposé dans
le délai de dix jours qui a suivi la notification de la décision motivée, conformément
à l'art. 321 al. 2 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008; RS 272). Il
est motivé et contient des conclusions (art. 321 al. 1 CPC). Il est dès lors recevable.

 

             
Les déterminations de l'intimée, déposées dans le délai de l'art. 322 al. 2
CPC, sont également recevables.

 

 

II.             
La recourante reproche premièrement au juge
de paix d'avoir rejeté sa requête de mainlevée pour le motif que la créance invoquée
avait déjà donné lieu à un prononcé de mainlevée provisoire et  fait
l'objet d'une action en libération de dette.

 

             
Dans ses déterminations, l'intimée s'est référée à la jurisprudence citée
par le juge de paix.

 

             
Selon la jurisprudence actuelle,
une seconde poursuite pour la même créance n'est inadmissible que si, dans la première
poursuite, le créancier a déjà requis la continuation de la poursuite ou est en droit
de le faire (ATF 128 III 383 c. 1.1 p. 384). La saisie provisoire, en tant que mesure conservatoire,
ne constitue, par ailleurs, pas une opération de continuation de la poursuite (ATF 128 III 383 c.
3 p. 386; 117 III 26 c. 1).

             
Il s'ensuit, tout d'abord que la décision cantonale publiée à la SJ 1944 597, à laquelle
se réfèrent le premier juge et l'intimée ─
qui est fondée sur l'idée que lorsque, dans une première poursuite, le créancier
est déjà au bénéfice d'un titre exécutoire, lui permettant d'obtenir la saisie
provisoire après prononcé de la mainlevée provisoire nonobstant l'ouverture d'une action
en libération de dette, il n'a pas d'intérêt à obtenir un second titre exécutoire
dans une nouvelle poursuite ─
est dépassée.

 

             
En l'espèce, l'hypothèse visée par la jurisprudence fédérale plus récente
n'est, par ailleurs, pas réalisée, d'une part, parce que dans la première poursuite, le
stade de la continuation n'a jamais été atteint, la procédure en libération de dette
étant toujours pendante et, d'autre part, parce que ce stade ne sera jamais atteint, la première
poursuite ayant, selon les constatations de fait du premier juge, été annulée pour des
raisons d'immunité diplomatique. Ne subsiste, dès lors, de cette première procédure
de poursuite que l'action en libération de dette, laquelle n'est pas affectée par le sort de
la première poursuite.

 

             
Cette procédure en libération de dette ne s'oppose pas à la mise en oeuvre d'une nouvelle
poursuite, moins encore au prononcé de la mainlevée d'opposition dans cette dernière,
dès lors qu'une telle action, ouverte avant le commencement du délai de l'art. 83 al. 2 LP
(loi sur la poursuite pour dettes et la faillite du 11 avril 1889; RS 281.1), a les mêmes effets
qu'une action ouverte dans ce délai et que le poursuivi peut se prévaloir, dans la seconde
poursuite, de l'action en libération de dette déjà ouverte pour la même créance
(ATF 128 III 383 c. 4.3).

 

III.             
a) La poursuivante a produit à
l'appui de sa requête de mainlevée deux contrats de travail correspondant à deux périodes
différentes.

 

             
Le
poursuivant dont la poursuite est frappée d’opposition peut, s’il se trouve au bénéfice
d’une reconnaissance de dette, requérir la mainlevée provisoire de l’opposition
(art. 82 LP al. 1 LP).

 

             
Constitue une reconnaissance de dette l’acte authentique ou sous seing privé d’où
résulte la volonté du poursuivi de payer au poursuivant, sans réserve ni condition, une
somme déterminée, ou aisément déterminable, et échue (Panchaud/Caprez, op. cit.,
§ 1; Gilliéron, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la
faillite, n. 29 ad art. 82 LP; ATF 132 III 480 c. 4.1, JT 2007 II 75; ATF 130 III 87 c. 3.1, JT 2004
II 118; ATF 122 III 125 c. 2, JT 1998 II 82). Pour qu’un écrit public, authentique ou privé
ou qu’un ensemble d’écrits vaille reconnaissance de dette, il doit en ressortir, sur
la base d’un examen sommaire, que le poursuivi a assumé une obligation de payer ou de fournir
des sûretés, donc une créance exigible, chiffrée et inconditionnelle, car si la reconnaissance
de dette n’est pas pure et simple, le poursuivant, pour obtenir la mainlevée provisoire doit
rapporter la preuve littérale que les conditions ou réserves sont devenues sans objet (Gilliéron,
op. cit., n. 40 ad art. 82 LP). Enfin, le titre produit pour valoir reconnaissance de dette et titre
à la mainlevée provisoire ne justifie la mainlevée provisoire de l’opposition que
si le montant de la prétention déduite en poursuite est chiffré de façon précise
dans le titre lui-même ou dans un écrit annexé auquel la reconnaissance se rapporte; cette
indication chiffrée doit permettre au juge de la mainlevée de statuer sans se livrer à
des calculs compliqués et peu sûrs (Gilliéron, op. cit., n. 42 ad art. 82 LP).

 

             
Le juge prononce la mainlevée si le débiteur ne rend pas immédiatement vraisemblable sa
libération (art. 82 al. 2 LP).

 

             
Un contrat écrit justifie, en principe, la mainlevée provisoire de l'opposition pour la somme
d'argent dont la prestation incombe au poursuivi, lorsque les conditions d'exigibilité de la dette
sont établies par titre et, en particulier, dans les contrats bilatéraux, lorsque le poursuivant
prouve par titre avoir exécuté les prestations dont dépend l'exigibilité de sa créance
(Panchaud/Caprez, op. cit., § 69; Gilliéron, op. cit., n. 44 et 45 ad art. 82 LP).

 

             
aa) Le premier contrat, conclu
le 23 janvier 1995, est signé par les deux parties. Il porte sur un salaire mensuel de 1'200 francs.
Cet engagement a duré du 31 mars 1995 au 8 septembre 1995. Il n'est pas contesté que la prestation
de travail a été fournie. Cela ressort, au demeurant, de la lettre du 29 novembre 1996 de O.________
et de la demande d'attestation de la Mission permanente de la Suisse près les organisations internationales.
Ce contrat vaut sans conteste, titre à la mainlevée, pour la somme de 6'320 fr. (5,2666 mois
x 1'200 fr.).

 

             
bb) Le second contrat, conclu le 26 novembre 1996, est également signé par les deux parties.
Il porte sur un salaire mensuel de 1'527 francs. La poursuivante allègue avoir commencé à
travailler le 10 janvier 1997. Cette date correspond au timbre humide apposé sur le contrat de travail
à son arrivée en Suisse. Le contrat a été résilié pour le 31 octobre 2006.
On peut donc admettre, avec la recourante, que ce document vaut titre à la mainlevée à
concurrence de 180'186 francs (118 mois x 1'527 fr.).

 

             
b)
L'intimée objecte, à titre de moyen libératoire, que la recourante aurait perçu des
montants supérieurs à ceux qu'elle a reconnus. 

 

             
aa) L'intimée se réfère aux deux procès-verbaux d'audition du Ministère public.
Elle relève en particulier que la recourante avait déclaré, au sujet du montant de 12'181
fr. 85 économisé au 10 janvier
2001, qu'il s'agissait du revenu de son travail et qu'elle dépensait peu. L'intimée soutient
ainsi que la moyenne de 600 fr. mensuels que la poursuivante admet avoir perçus correspondait, en
réalité, au solde du salaire de celle-ci, après déduction de toutes les avances faites
quotidiennement par l'intimée pour des biens de consommation, montant sur lequel la poursuivante
serait parvenue à économiser. Ainsi, O.________ aurait financé, entre autre, les déplacements
et voyages de son employée – notamment au Maroc –, ses habits, ses sorties, son téléphone
et ses biens de consommation. L'intimée affirme de la sorte que si elle n'avait pas procédé
à ces dépenses courantes pour son employée, et dans l'hypothèse où celle-ci
aurait économisé jusqu'à 12'181 fr. 85 au 10 janvier 2001 en mettant de côté
250 fr. par mois sur les 600 fr. qu'elle prétend avoir perçus, les 350 fr. restant n'auraient
pas suffi à couvrir ces dépenses courantes. L'intimée se réfère également
à sa propre audition par le Ministère public, lors de laquelle elle a évoqué sans
autres précisions le paiement de factures de médecins et de voyages à Amsterdam en avion
et indiqué que la seule preuve qu'elle possédait de ces paiements était constituée
par des virements effectués depuis son compte bancaire.

 

             
Pour sa part, la recourante admet avoir perçu au titre de salaire "en espèces" 3'000
fr. en 1995 et 75'300 francs entre le 10 janvier 1997 et le 31 octobre 2006. Ces montants lui ont été
remis soit de la main à la main, soit au moyen d'achats de produits de soin, de l'avance de frais
de téléphone, d'achat de billets d'avion ou sous forme de versement sur son compte bancaire
au Maroc ou sur son compte Postfinance.

 

             
Les frais de billets d'avion ne sont pas établis par pièces. On ignore, en particulier, le
prix de ces voyages. Il ressort, en revanche, des pièces produites que l'intimée s'est acquittée
de diverses factures de téléphone, dont elle rend vraisemblable qu'une partie des communications,
notamment avec le Maroc, pourrait être imputable à la recourante. Toutefois, il n'incombe pas
au juge de la mainlevée de rechercher dans ces factures quels appels sont ou non imputables à
la recourante. On peut relever, à cet égard, qu'il ressort de son procès-verbal d'audition
que l'intimée est elle-même née au Maroc, dont elle a, notamment, la nationalité,
et où elle paraît avoir de la famille, de sorte que le seul fait que certaines communications
téléphoniques ont été établies avec le Maroc ne permet pas encore de conclure
que l'ensemble des frais y relatifs sont imputables à la recourante. De surcroît, les décomptes
manuels établis par l'intimée ne sont que partiellement lisibles et ne concordent pas toujours
précisément avec les factures produites, qui n'apparaissent, en outre, pas toutes complètes.
Si ces documents permettent ainsi de rendre vraisemblable qu'une partie du salaire dû à la
recourante a été payé au moyen de l'avance des frais de téléphone, les montants
en cause ne sont pas suffisamment établis et ne permettent en tout cas pas de conclure que, sur
la durée totale de l'activité de la recourante au service de l'intimée, ils représenteraient
un montant qui n'aurait manifestement pas été compris dans ceux admis par cette dernière.
Les éléments ressortant de ces pièces, relatifs aux années 2005 et 2006, ne renseignent
pas suffisamment non plus sur ce que représentaient les dépenses de la recourante de 1997 à
2001 pour que l'on puisse conclure des 12'181 fr. 85 se trouvant sur un compte de la recourante en janvier
2001 que l'intégralité des salaires reconnus dans les titres auraient été payés.
Le moyen libératoire n'est, dès lors, pas rendu vraisemblable.

 

             
bb) La recourante admet encore la déduction de la part employée des cotisations AVS/AI/APG
et AC à partir du 1er
mai 1998, soit pendant une durée de 102 mois.

 

             
Le taux des cotisations sociales découle de la loi, de sorte que ces déductions sont en principe
aisément déterminables. 

 

             
              Le montant des cotisations
sociales doit donc être déterminé sur la base du salaire brut convenu durant la période
en cause. Les taux légaux sont les suivants :

 

-
AVS : la cotisation salariale est de 4.2 % (art. 5  al. 1 LAVS [loi fédérale du 20 décembre
1946 sur l'assurance-vieillesse et survivants, RS 831.10]),

 

-
AI : la cotisation paritaire est de 0, 7 % (art. 3 al. 1 LAI [loi fédérale du 19 juin 1959
sur l'assurance-invalidité, RS 831.20]),

 

-
APG : la cotisation paritaire était de 0,15 % (art. 36 RAPG [Règlement du 24 novembre 2004
sur les allocations pour perte de gain, RS 834.11]),

 

-
assurance chômage : le taux était de 3 %. L'art. 3 LACI (loi fédérale du 25 juin
1982 sur l'assurance-chômage obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité, RS 837.0)
prévoyait certes un taux de 2 %, mais l'art. 4a LACI permettait au Conseil fédéral d'augmenter
ce taux à un maximum de 3 %. Ce taux a baissé à 2 % avec effet au 1er juillet
2003. Il s'agit d'un taux paritaire.

 

             
              Ainsi, l'ensemble des
retenues sociales à appliquer sera de 6.55 % de 1997 à 2002, de 6.3 % en 2003 et de 6.05 %
de 2004 à 2006.

 

             
              Les primes de l'assurance
obligatoire contre les accidents et maladies professionnels n'entrent pas en ligne de compte ici puisqu'elles
sont entièrement à la

charge
de l'employeur (art. 91 al. 1 LAA [loi fédérale du 20 mars 1981 sur l'assurance-accidents,
RS 832.20]). Celles, obligatoires également, des accidents non-professionnels sont à la charge
du travailleur, sauf convention contraire en faveur du travailleur (art. 91 al. 2 LAA). Le contrat de
travail du 26 novembre 1996 ne déroge pas à ce principe. Les montants que l'intimée établit
avoir payés à ce titre pourront dès lors être déduits du salaire au même
titre que les paiements opérés, ce qui sera examiné plus loin (cf. infra let cc)).

 

             
Il ressort des pièces produites que l'intimée a déclaré à la Caisse cantonale
vaudoise de compensation AVS un salaire différent de celui convenu et notamment un salaire en nature
qui semble correspondre à ce qui est prévu par l'art. 11 RAVS (Règlement du 31 octobre
1947 sur l'assurance-vieillesse et survivants, RS 831.101) pour la nourriture et le logement. Il y a
lieu de procéder de même concernant le calcul des déductions sociales. Ainsi, les salaires
bruts sur lesquels se calculent les cotisations sociales doivent tenir compte des prestations en nature
dont a bénéficié la recourante. Il convient pour ce faire de se référer aux
déclarations de salaires et allocations familiales produites. Selon ces documents, en 1998, le salaire
mensuel en nature reçu par la poursuivante était de 810 fr., alors que de l'année 2000
au mois d'octobre 2006, il s'élevait à 900 francs. Faute d'indication relative à l'année
1999, il convient de tenir compte du montant de 810 fr., lequel avait été appliqué en
1998 et découle de la note d'information du Bureau du Conseiller du personnel – ONUG.

 

             
Les déductions sociales à déduire au titre des cotisations AVS/AI/APG et AC doivent donc
être calculées ainsi:

 

-
du 1er
mai 1998 au 31 décembre 1999:

(1'527
fr. + 810 fr. = 2'337 fr.) x 6.55 % = 153 fr. 07 x 20 mois             
3'061 fr. 45

 

-
du 1er
janvier 2000 au 31 décembre 2002:

(1'527
fr. + 900 fr. = 2'427 fr.) x 6.55 % = 158 fr. 97 x 36 mois             
5'722 fr. 85

 

-
du 1er
janvier 2003 au 31 décembre 2004:

2'427
fr. x  6.33 % = 153 fr. 62 x 24 mois             
3'687 fr. 10

 

-
du 1er
janvier 2005 au 31 octobre 2006:

2'427
fr. x 6.05 % = 146 fr. 83 x 22 mois             
3'230 fr. 30

 

TOTAL             
              15'701
fr. 70

 

             
cc) La recourante admet enfin l'imputation des primes d'assurance-maladie (27'885 fr. 20) ainsi que des
primes de l'assurance LAA pour les accidents non professionnels (1'127 fr.), ce que l'intimée ne
discute ni sur le principe ni quant aux montants.

 

             
En conséquence, la mainlevée
doit être prononcée à concurrence des montants de 6'320 fr., sous déduction de 3'000
fr. (montant reçu en espèce en 1995), ainsi que de 180'186 fr., sous déduction de 75'300
(montant reçu en espèce entre le 10 janvier 1997 et le 31 octobre 2006), 27'885 fr. 20 (primes
d'assurance-maladie), 15'701 fr. 70 (déductions sociales AVS/AI/APG et AC) et 1'127 fr. (LAA).

 

             
Chaque salaire étant exigible à la fin
du mois pour lequel il est dû, une mise en demeure n'est pas nécessaire (art. 102 al. 2 CO
[Code des obligations, loi fédérale du 30 mars 1911 complétant le Code civil suisse; RS
220]).

 

             
En ce qui concerne les créances découlant du premier contrat de travail, le dies
a quo invoqué est postérieur à
la fin des rapports de travail. Quant au contrat du 26 novembre 1996, Les rapports de travail ont duré
neuf ans et dix mois, à partir du 10 janvier 1997. L'échéance moyenne est à quatre
ans et onze mois, ce qui la place au 1er
décembre 2001. On peut donc allouer l'intérêt moratoire au taux légal de 5 % l'an
(art. 104 al. 1 CO) dès le 1er
décembre 2001. La recourante réclame, pour les deux créances, l'intérêt moratoire
à partir du 1er
janvier 2002. En vertu du principe ne
ultra petita (art. 58 CPC), il convient de lui
allouer ce qu'elle requiert et de faire partir les intérêts moratoires au 1er
janvier 2002.

 

             
c)
La recourante demande encore que le montant des cotisations LPP non prescrites soit réservé.

 

             
Dans l'arrêt 5A_441/2009 du 7 décembre 2009, le Tribunal fédéral a laissé ouverte
la question de savoir si le juge de la mainlevée pouvait, à l'instar du juge des Prud'hommes
statuant au fond, prononcer la mainlevée à concurrence d'un montant brut. Il a relevé
que, selon un arrêt tessinois, la mainlevée devait être prononcée sur un montant
net alors que selon un arrêt neuchâtelois, lorsqu'un jugement condamne au paiement d'un montant
brut, il incombe à l'employeur poursuivi de prouver qu'il s'est effectivement acquitté des
cotisations sociales, faute de quoi la mainlevée devrait être accordée sur un montant
brut. Dans d'autres affaires, réformant la décision au fond, il a cependant aussi condamné
une partie à payer un montant brut et
prononcé la mainlevée définitive à concurrence des mêmes montants (v. p. ex.:
TF 4A_492/2010 du 11 novembre 2010).

 

             
Dès lors que l'on admet que le juge du fond peut prononcer la condamnation au paiement d'un montant
brut et prononcer la mainlevée définitive à concurrence du même montant, il faut
admettre que le juge de la mainlevée, appelé à prononcer la mainlevée définitive,
peut le faire également pour un montant brut. A fortiori, la mainlevée provisoire peut-elle
être prononcée pour un montant brut, dès lors que la saisie provisoire n'a qu'un caractère
conservatoire et que l'employeur conserve la possibilité d'invoquer dans l'action en libération
de dette l'imputation d'éventuelles cotisations à charge de l'employé. Au demeurant, en
vertu du principe ne
ultra petita, il convient de prononcer
la mainlevée provisoire en réservant les cotisations LPP, conformément aux conclusions
de la recourante (art. 58 al. 1 CPC).

 

 

IV.             
L'intimée excipe de la prescription. 

 

             
Aux termes de l'art. 128 ch. 3 CO, les actions des travailleurs pour leurs services se prescrivent par
cinq ans. La prescription ne court cependant pas à l'égard des créances des travailleurs
contre l'employeur, lorsqu'ils vivent dans son ménage, pendant la durée des rapports de travail
(art. 134 al. 1 ch. 4 CO) et tant qu'il est impossible de faire valoir la créance devant un tribunal
suisse (art. 134 al. 1 ch. 6 CO). En l'espèce, employée de maison, la recourante a fait ménage
commun avec l'intimée jusqu'au 31 octobre 2006. L'immunité diplomatique dont jouissait celle-ci
et qui a justifié l'annulation du premier commandement de payer constitue un cas d'impossibilité
d'agir au sens de l'art. 134 al. 1 ch. 6 CO (Döppen, Basler Kommentar, n. 9 ad art. 134 CO). En
conséquence, la poursuivante a agi en temps utile et l'exception de prescription soulevée par
l'intimée n'est pas fondée.

 

 

V.             
a) En définitive, le recours doit être
admis et le prononcé réformé en ce sens que la mainlevée est prononcée à
concurrence de 3'320 fr. (6'320 fr. - 3'000 fr.) avec intérêt à 5 % l'an dès le 1er
janvier 2002 ainsi que de 60'172 fr. 10 (180'186 fr. - 75'300 fr. - 27'885 fr. 20 - 15'701 fr. 70 - 1'127
fr.) avec intérêt à 5 % l'an dès le 1er janvier
2002, sous réserve des cotisations LPP non prescrites. Elle est maintenue pour le surplus.

 

             
b)
Les frais de première instance, arrêtés à 660 fr., sont mis à la charge de la
poursuivie qui succombe (art. 106 al. 1 CPC). Celle-ci doit verser à la poursuivante la somme de
3'000 fr. à titre de dépens de première instance (art. 3 et 6 TDC [Tarif des dépens
en matière civile du 23 novembre 2010; RSV 270.11.6]).

 

             
Les frais de deuxième instance, arrêtés à 700 fr., sont mis à la charge de l'intimée
(art. 106 al. 1 CPC). L'indemnité d'office de Me Garbade est arrêtée à 901 fr. 80.
L'intimée doit verser à la recourante la somme de 3'000 fr. à titre de dépens de
deuxième instance (art. 3 et 8 TDC).

 

 

 

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est admis.

 

             
II.             
Le prononcé est réformé en ce sens que l'opposition formée par O.________ au commandement
de payer n° 6'020'504 de l'Office des poursuites du district de Nyon, notifié à la
requête de E.________, est provisoirement levée à concurrence de 3'320 fr. (trois mille
trois cent vingt francs) avec intérêt à 5 % l'an dès le 1er
janvier 2002, ainsi que 60'172 fr. 10 (soixante mille cent septante-deux francs et dix centimes) avec
intérêt à 5 % l'an dès le 1er
janvier 2002, sous réserve des cotisations LPP non prescrites. 

 

             
              L'opposition est maintenue
pour le surplus.

 

             
              Les frais de première
instance, arrêtés à 660 fr. (six cent soixante francs), sont mis à la charge de la
poursuivie.

 

             
              La poursuivie O.________
doit verser à la poursuivante E.________ la somme de 3'660 fr. (trois mille six cent soixante francs)
à titre de restitution d'avance de frais et de dépens de première instance.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 700 fr. (sept cents francs),
sont mis à la charge de l'intimée.

 

             
IV.             
L'indemnité d'office de Me Jean-Pierre Garbade, conseil de la recourante, est arrêtés
à 901 fr. 80 (neuf cent un francs et huitante centimes).

 

             
V.             
Le bénéficiaire de l'assistance judiciaire
est, dans la mesure de l'art. 123 CPC, tenu au remboursement de l'indemnité du conseil d'office
mis à la charge de l'Etat.

 

             
VI.             
L'intimée O.________ doit verser à E.________
la somme de 3'700 fr. (trois mille sept cents francs) à titre de restitution d'avance de frais et
de dépens de deuxième instance.

 

 

 

 

 

             
V.             
L'arrêt est exécutoire.

 

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du
19 février 2013

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, prend date de ce jour.

 

             
Il est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Me Jean-Pierre Garbade, avocat (pour E.________),

‑             
Me Christophe Wilhelm, avocat (pour O.________).

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 63'580 fr. 20.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés
devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification
(art. 100  al. 1 LTF).

 

 

 

 

 

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
Mme le Juge de paix du district de Nyon.

 

             
La greffière :