# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 57093992-a473-56fa-aa92-1b75ffc6459b
**Source:** Bern Gerichte (BE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-09-14
**Language:** fr
**Title:** Bern Verwaltungsgericht 14.09.2015 200 2015 382
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/BE_Verwaltungsgericht/BE_VG_001_200-2015-382_2015-09-14.pdf

## Full Text

200.2015.382.ASoc

BEP/BEJ

Tribunal administratif du canton de Berne
Cour des affaires de langue française

Jugement du juge unique du 14 septembre 2015

Droit administratif

B. Rolli, juge
Ph. Berberat, greffier

A.________
recourant

contre

B.________

intimée

et

Préfecture de Biel/Bienne 
Schloss/Château, rue Principale 6, 2560 Nidau

relatif à une décision rendue sur recours par cette dernière le 31 mars 2015 
(aide sociale, prestation circonstancielle)

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 14.09.2015, 100.2015.382.ASoc, page 2

En fait:

A.

A.________, né en 1953, bénéficie depuis juin 2007 de prestations d'aide 
sociale versées par le Département des affaires sociales (DAS) de 
B.________. Il exerce une activité lucrative de chauffeur à taux 
d'occupation variable. Atteint d'une déficience de la vision, il doit porter des 
lunettes médicales correctrices. Le 24 mai 2012, le DAS a admis à titre 
exceptionnel de prendre en charge, en tant que prestation circonstancielle, 
les frais de lentilles de contact que l'intéressé a fait valoir. Le 12 février 
2014, arguant d'une adaptation de la correction de sa vision, l'intéressé a 
adressé au DAS une nouvelle demande de prise en charge de lentilles de 
contact pour un montant de Fr. 1'192.-, ordonnance médicale et devis d'un 
opticien à l'appui. Par courrier du 22 avril 2014, le DAS a informé l'intéressé 
qu'après évaluation de sa demande, une participation limitée à l'équivalent 
des coûts de verres de lunettes progressifs d'au maximum Fr. 250.- par 
verre, soit Fr. 500.- au total, lui était accordée. Par courriers des 28 avril, 
27 juin et 1er novembre 2014, l'intéressé a protesté contre la limitation du 
montant admis par le DAS et réitéré sa demande de prise en charge de 
l'entier des frais de lentilles de contact, par Fr. 1'192.-, requérant qu'une 
décision formelle soit rendue à cet égard.

Par décision du 20 novembre 2014, le DAS a prononcé un refus de prise 
en charge du montant de Fr. 1'192.- réclamé par l'intéressé pour des 
lentilles de contact, et stipulé qu'un montant de Fr. 500.- correspondant au 
prix de verres de lunettes progressifs sera accordé à titre de prestation 
circonstancielle.

B.

Le 18 décembre 2014, l'intéressé a recouru auprès de la préfecture de 
Biel/Bienne contre la décision précitée du DAS du 20 novembre 2014, 
concluant en substance à son annulation et à la prise en charge des frais 
de lentilles de contact tant qu'il exercerait une activité professionnelle et 

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jusqu'à l'âge de la retraite, ainsi qu'au remboursement d'une facture 
d'opticien du 2 juin 2014 de Fr. 298.-.

Par décision sur recours du 31 mars 2015, la préfecture de Biel/Bienne a 
rejeté le recours, considérant en substance que dans le cas du recourant, 
le port de lunettes, dont les frais avaient été pris en charge par le DAS, 
était suffisant même pour l'exercice de son activité professionnelle de 
chauffeur.

C.

Par acte du 1er mai 2015, l'intéressé a recouru auprès du Tribunal 
administratif du canton de Berne (TA) contre la décision sur recours 
précitée du 31 mars 2015, concluant à son annulation, au constat de la 
nullité de la directive du DAS du 1er juillet 2014 relative aux frais de 
lunettes, à la prise en charge de lentilles de contact tant qu'il serait en 
emploi et jusqu'à l'âge de la retraite ou la prise en charge totale des frais de 
lunettes et de lunettes de soleil selon les devis en possession du DAS, 
ainsi qu'au remboursement de deux factures d'opticien des 2 juin 2014 et 
11 mars 2015 d'un montant respectif de Fr. 298.- et de Fr. 232.-.

Dans son préavis du 8 mai 2015, la préfecture de Biel/Bienne conclut au 
rejet du recours, renvoyant aux considérants de sa décision sur recours. 
Dans son mémoire de réponse du 19 juin 2015, B.________ conclut 
également au rejet du recours. Dans une prise de position du 9 juillet 2015, 
le recourant a confirmé ses conclusions. Après que la préfecture de 
Biel/Bienne ait renoncé, par courrier du 13 juillet 2015, à prendre à 
nouveau position, le juge instructeur, dans une ordonnance du 5 août 2015, 
a constaté que l'intimée ne s'était plus prononcée en cours de procédure, 
et a transmis le dossier au juge unique pour jugement.

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En droit:

1.

1.1 Aux termes de l'art. 74 al. 1 de la loi cantonale du 23 mai 1989 sur 
la procédure et la juridiction administratives (LPJA, RSB 155.21), le TA 
connaît en qualité de dernière instance cantonale des recours contre les 
décisions et décisions sur recours fondées sur le droit public, dans la 
mesure où le recours n'est pas irrecevable au sens des art. 75 ss LPJA. La 
décision sur recours rendue le 31 mars 2015 par la préfecture de 
Biel/Bienne représente l'objet de la contestation; elle ressortit 
incontestablement au droit public. Aucune des exceptions prévues aux 
art. 75 ss LPJA n'étant réalisées, le TA est compétent pour connaître du 
présent litige.

1.2 Le recourant a pris part à la procédure devant l'autorité précédente, 
est particulièrement atteint par la décision attaquée et a un intérêt digne de 
protection à son annulation ou à sa modification. Il a par conséquent qualité 
pour recourir (art. 79 al. 1 LPJA). Au surplus, le recours a été interjeté en 
temps utile et dans les formes prescrites (art. 32 et 81 LPJA); il est dès lors 
recevable, sous réserve de ce qui suit.

1.3 En procédure de recours de droit administratif, ne peuvent être 
examinés et jugés, en principe, que les rapports juridiques à propos 
desquels l'autorité administrative compétente s'est prononcée 
préalablement d'une manière qui la lie sous la forme d'une décision. Dans 
cette mesure, la décision détermine l'objet de la contestation qui peut être 
déféré en justice par voie de recours. En revanche, si aucune décision n'a 
été rendue, la contestation n'a pas d'objet, et un jugement sur le fond ne 
peut pas être prononcé (ATF 131 V 164 c. 2.1). Il s'ensuit que les 
conclusions du recours doivent être prises dans le cadre des questions qui 
ont été tranchées dans la procédure antérieure. Celles qui en dépassent 
les limites, soit les conclusions dites nouvelles, sont ainsi irrecevables 
(ATF 122 V 36 c. 2a, 119 Ib 36 c. 1b; MERKLI/AESCHLIMANN/HERZOG, 
Kommentar zum Gesetz über die Verwaltungsrechtspflege im Kanton Bern, 
1997, n. 2 ad art. 49).

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En l'occurrence, l'objet de la contestation consiste dans la décision sur 
recours rendue par la préfecture de Biel/Bienne le 31 mars 2015, qui rejette 
le recours contre le refus par le DAS de prendre en charge au-delà de 
Fr. 500.-, en tant que prestation circonstancielle d'aide sociale, des frais de 
lentilles de contact d'un montant total de Fr. 1'192.-. L'objet du litige dans la 
présente procédure s'étend donc tout au plus à la totalité de l'objet de la 
contestation, mais ne peut aller au-delà. En conséquence, les conclusions 
du recours visant à constater la nullité d'une directive du DAS relative aux 
frais de lunettes, à ordonner la prise en charge de frais de lentilles de 
contact tant que le recourant serait en emploi et jusqu'à l'âge de sa retraite, 
la prise en charge des frais de lunettes et de lunettes de soleil ainsi que 
d'ordonner le remboursement de deux factures d'opticien des 2 juin 2014 et 
11 mars 2015 s'avèrent irrecevables. Elles vont au-delà de l'objet de la 
contestation, limité à la question de la prise en charge par l'aide sociale, en 
tant que prestation circonstancielle, de la totalité des frais de lentilles de 
contact par Fr. 1'192.-, selon la demande du recourant du 12 février 2014 
(dossier [dos.] DAS 13 à 15).

1.4 Le pouvoir d'examen du TA résulte de l'art. 80 let. a et b LPJA; il 
couvre le contrôle des faits et du droit, y compris les violations du droit 
commises dans l'exercice du pouvoir d'appréciation, mais pas le contrôle 
de l'opportunité.

1.5 La valeur litigieuse n'atteignant pas Fr. 20'000.-, le jugement de la 
cause incombe au juge unique de la Cour des affaires de langue française 
du TA (art. 54 let. c et 57 al. 2 let. c de la loi cantonale du 11 juin 2009 sur 
l'organisation des autorités judiciaires et du Ministère public [LOJM, 
RSB 161.1]).

2. 

2.1 Aux termes de l'art. 12 de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 
(Cst., RS 101), quiconque est dans une situation de détresse et n'est pas 
en mesure de subvenir à son entretien a le droit d'être aidé et assisté et de 
recevoir les moyens indispensables pour mener une existence conforme à 
la dignité humaine. Le droit fondamental à des conditions minimales 

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d'existence selon l'art. 12 Cst. ne garantit pas un revenu minimum, mais 
uniquement la couverture des besoins élémentaires pour survivre d'une 
manière conforme aux exigences de la dignité humaine, telle que la 
nourriture, le logement, l'habillement et les soins médicaux de base 
(ATF 135 I 119 c. 5.3, 131 V 256 c. 6.1, 131 I 166 c. 3.1, 130 I 71 c. 4.1). 
L'art. 29 al. 1 de la Constitution du canton de Berne du 6 juin 1993 
(ConstC, RSB 101.1), selon lequel toute personne dans le besoin a droit à 
un logis, aux moyens nécessaires pour mener une existence conforme aux 
exigences de la dignité humaine ainsi qu'aux soins médicaux essentiels, ne 
va pas au-delà de la garantie de l'art. 12 Cst. (JAB 2001 p. 30 c. 3c; 
TF 2P.147/2002 du 4 mars 2003 c. 3.2).

2.2 Selon la législation cantonale, l'aide sociale a pour but de garantir le 
bien-être de la population et de permettre à tout un chacun de mener une 
existence digne et autonome (art. 1 de la loi cantonale du 11 juin 2001 sur 
l'aide sociale [LASoc, RSB 860.1]). L'aide sociale doit encourager la 
prévention, promouvoir l'aide à la prise en charge personnelle, compenser 
les préjudices, remédier aux situations d'urgence, éviter la marginalisation 
et favoriser l'insertion (art. 3 LASoc). Elle englobe les domaines d'activités 
suivants: la garantie financière du minimum vital, l'autonomie personnelle, 
l'insertion professionnelle et sociale, ainsi que les conditions de vie (art. 2 
LASoc). Dans ce contexte, l'aide sociale comprend des prestations d'aide 
personnelle et d'aide matérielle (art. 22 LASoc). Toutes les personnes dans 
le besoin ont droit à l'aide sociale personnelle et matérielle (art. 23 al. 1 
LASoc). L'aide matérielle couvre les besoins de première nécessité des 
bénéficiaires et leur permet de participer à la vie sociale, conformément à 
l'art. 30 al. 1 LASoc. Elle est généralement allouée sous la forme de 
versements en espèces, de virements sur un compte bancaire ou postal, 
de règlement de factures courantes, du paiement de prestations de l'aide 
institutionnelle, ou d'une avance sur des prestations de tiers en suspens 
(art. 32 al. 1 LASoc).

2.3 D'après l'art. 31 al. 1 LASoc, le calcul de l'aide matérielle est fixé par 
l'ordonnance cantonale du 24 octobre 2001 sur l'aide sociale (OASoc, 
RSB 860.111), dont l'art. 8 OASoc renvoie aux normes de la Conférence 
suisse des institutions d'action sociale (CSIAS), leur conférant force 

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obligatoire pour l'exécution de l'aide sociale individuelle, pour autant que la 
LASoc et l'OASoc n'en disposent pas autrement. Les normes CSIAS 
contribuent à garantir une plus grande sécurité juridique et à assurer 
l'égalité de traitement. Toutefois, elles laissent suffisamment de marge de 
manœuvre pour permettre aux autorités d'aide sociale de trouver des 
solutions adaptées aux cas individuels et aux besoins 
(GNAEGI/CARNAL/BOVET, Histoire et structure des assurances sociales en 
Suisse, 2011, p. 253).

L'art. 25 LASoc dispose que les collaborateurs et collaboratrices des 
services sociaux tiennent compte des circonstances de chaque cas dans 
une mesure équitable. La jurisprudence du Tribunal de céans reconnaît 
pas ailleurs que, dans la mesure où la législation en matière d'aide sociale 
et les normes CSIAS ne prévoient pas de droit à un montant déterminé 
pour l'aide matérielle, les communes disposent d'un certain pouvoir 
d'appréciation à cet égard (JAB 2007 p. 272 c. 3.1; JTA 200/2014/796 du 
6 janvier 2015 c. 2.5). L'art. 28 al. 2 let. a et b LASoc exige par ailleurs des 
personnes sollicitant l'aide sociale qu'elles respectent les directives du 
service social et qu'elles fassent le nécessaire pour éviter, supprimer ou 
amoindrir leur dénuement. Selon le Tribunal fédéral (TF), la limite inférieure 
à l'aide matérielle est constituée de la garantie du minimum vital et de la 
prévention des cas de rigueur. La limite supérieure à l'aide matérielle 
correspond quant à elle au niveau de vie du reste de la population 
(TF 8C_158/2010 du 25 mai 2010 c. 4.2).

2.4 Aux termes de l'art. 8i al. 1 OASoc, les personnes tributaires de 
l'aide sociale ayant des problèmes particuliers relevant de leur état de 
santé ou de leur situation économique ou familiale peuvent se voir octroyer 
des prestations circonstancielles. Selon l'al. 3 de la même disposition, si 
plusieurs offres équivalentes et appropriées sont proposées pour une 
même prestation circonstancielle, il convient d'opter pour la meilleur 
marché.

Il n'existe pas à proprement parler un droit de principe, généralisé, à l'octroi 
de prestations circonstancielles. Il s'agit bien plus d'un moyen permettant 
aux services sociaux d'adapter les budgets déterminés de façon générale 
et uniforme sur la base de forfaits aux particularités de chaque situation, en 

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fonction d'une certaine liberté d'appréciation et dans le cadre fixé par les 
normes CSIAS (JTA 2008/1241 du 14 avril 2008 c. 4.2.4). Les coûts des 
prestations circonstancielles sont pris en compte dans le budget individuel 
de soutien, dans la mesure où ces prestations présentent un rapport 
raisonnable avec le bénéfice réalisé. L'essentiel est donc de déterminer si 
la prestation préserve ou favorise l'autonomie et l'intégration sociale d'une 
personne bénéficiaire et si elle permet de prévenir un dommage à long 
terme (p. ex. dans le cas de frais liés à une activité lucrative) ou contribuer 
à stabiliser une situation à court terme (p. ex. dans des situations de crise 
familiale; normes CSIAS C.1-1). Dans ce contexte, les frais pris en charge 
dus à la maladie et au handicap comprennent les coûts des prestations qui 
n'entrent pas dans le cadre des soins médicaux de base, mais qui, dans le 
cas individuel concret, sont judicieuses et bénéfiques. Sont notamment 
prises en charge les dépenses supplémentaires en rapport avec les 
moyens auxiliaires (normes CSIAS C.1-3).

2.5 Les conditions de prise en charge par l'aide sociale, en tant que 
prestation circonstancielle, des frais de lunettes (monture et verres) et de 
lentilles de contact, sont définies conformément au manuel de l'aide sociale 
élaboré par la Conférence bernoise d'aide sociale et protection des mineurs 
et des adultes (BKSE) sur mandat de la Direction de la santé publique et 
de la prévoyance sociale du canton de Berne (SAP). Par principe, le choix 
des lunettes ou des lentilles de contact doit répondre aux critères de la 
simplicité, de l'économicité, de l'adéquation et de la proportionnalité. 
S'agissant des lentilles de contact, le manuel précise que celles-ci sont 
financées par le service social uniquement dans des cas exceptionnels 
médicalement motivés, les dépenses occasionnées par l'achat de produits 
d'entretien et de solutions de conservation étant quant à elles comprises 
dans le forfait pour l'entretien (BKSE, Manuel de l'aide sociale, 
http://handbuch.bernerkonferenz.ch/fr/glossar/, mots clés "lunettes et 
lentilles de contact"). Selon la BKSE, le manuel de l'aide sociale n'a 
toutefois qu'un caractère de recommandation (http://handbuch. 
bernerkonferenz.ch, page d'accueil, obligation légale).

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3.

3.1 En l'espèce, il ressort du dossier que depuis que le recourant 
bénéficie des prestations du DAS, l'intimée a accepté à plusieurs reprises 
de prendre en charge, à titre de prestations circonstancielles, des frais de 
lunettes et de lentilles de contact: le 27 novembre 2007, Fr. 1'212.- pour 
des lunettes à verres progressifs; le 28 octobre 2009, Fr. 358.50 pour des 
lunettes de soleil correctrices; le 23 avril 2012, Fr. 1'038.- pour des 
nouvelles lunettes, garantie financière finalement modifiée le 24 mai 2012 à 
la suite des objections du recourant en une prise en charge de lentilles de 
contact pour Fr. 1'192.- à titre exceptionnel (dos. DAS 3, 5, 8 et 10).

3.2 A l'appui de son recours du 1er mai 2015, le recourant fait valoir en 
substance que sa nouvelle demande de prise en charge de lentilles de 
contact n'est pas liée à un refus de porter des lunettes, mais due au fait 
qu'il s'agit de la solution la plus simple et la plus adéquate en relation avec 
son travail de chauffeur. Il argue que s'il devait porter des lunettes avec 
verres progressifs, il aurait besoin de deux paires, puisqu'il aurait aussi 
besoin de lunettes de soleil correctrices, plus, dans l'idéal et pour respecter 
les recommandations en la matière, une paire de lunettes de réserve dans 
la boîte à gants de son véhicule. Il invoque aussi qu'avec des lentilles de 
contact, achetées pour une courte période, il peut adapter la correction de 
sa vision aux nouvelles circonstances sans frais supplémentaires. Il 
conteste par ailleurs l'argument du DAS, repris par l'instance précédente, 
selon lequel il lui serait loisible de porter des lunettes et de s'arrêter en cas 
de besoin pour en changer et mettre des lunettes de soleil correctrices. 
Dans sa prise de position du 9 juillet 2015, il a aussi contesté notamment le 
point de vue de l'intimée, qui invoquait dans son mémoire de réponse du 
19 juin 2015 que le port d'un clip solaire sur des lunettes correctrices 
ordinaires était la solution la plus simple et efficace pour la conduite d'un 
véhicule automobile.

3.3 Le point de vue du recourant ne peut être suivi. Il convient tout 
d'abord d'observer que le droit fondamental à des conditions minimales 
d'existence, stipulé par les art. 12 Cst. et 29 al. 1 ConstC précités (c. 2.1) et 
mis en œuvre par la LASoc, garantit uniquement la couverture des besoins 
élémentaires, des moyens nécessaires et des soins médicaux essentiels 

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pour mener une existence conforme à la dignité humaine. Dans ce sens, le 
principe de subsidiarité de l'aide sociale prescrit également à l'art. 9 al. 2 
LASoc que l'aide est accordée uniquement lorsque la personne dans le 
besoin ne peut pas s'en sortir seule, qu'elle ne reçoit pas l'aide de tiers ou 
que cette aide viendrait trop tard. Cela étant, contrairement à ce que le 
recourant prétend, on ne saurait considérer que la directive interne au DAS 
de juillet 2014 concernant la prise en charge de lunettes, verres de lunettes 
et lentilles (produite en annexe au mémoire de réponse de l'intimée) soit 
contraire à la loi, en particulier au principe d'individualisation stipulé à l'art. 
25 LASoc. En effet, la directive en question laisse une marge de 
manœuvre suffisante pour tenir compte des particularités individuelles. Elle 
dispose principalement que les lentilles de contact ne sont généralement 
pas prises en charge, mais qu'une exception peut être vérifiée, et que le 
DAS autorise au maximum tous les trois ans une paire de lunettes 
(monture et verres), les verres étant pris en charge avant l'échéance de 
trois ans lors de fortes dégénérescence de la vue; les montants maximaux 
prévus de Fr. 150.- pour les montures de lunettes, de Fr. 80.- par verre 
pour les verres de lunettes unifocaux et de Fr. 150.- par verre pour les 
verres progressifs, sont en outre réalistes et ne peuvent être qualifiés 
d'insuffisants.

Dans ce contexte, comme déjà exposé plus haut (c. 2.4 et 2.5), les coûts 
des moyens auxiliaires pris en charge par l'aide sociale doivent présenter 
un rapport raisonnable avec le bénéfice réalisé et le choix du moyen 
correcteur de la vision (lunettes, lentilles de contact et type ainsi que 
modèle de ces moyens auxiliaires) dépend des critères de simplicité, 
d'économicité, d'adéquation et de proportionnalité. En conséquence, 
s'agissant de prestations circonstancielles, le recourant ne saurait 
prétendre à une prise en charge du type et du modèle de moyen auxiliaire 
lui paraissant idéalement adapté à sa situation. Il est exigible de sa part 
qu'il se contente du moyen le moins coûteux, dans la mesure où celui-ci 
s'avère adéquat au but visé, à savoir, en l'occurrence, une correction 
visuelle par des lunettes adaptées et conformes à la prescription médicale 
de l'ophtalmologue, même si le moyen en question ne lui confère pas un 
confort maximal. Au vu du dossier, on ne peut qu'abonder dans le sens de 
l'intimée, qui souligne dans son mémoire de réponse du 19 juin 2015 que le 

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DAS a fait un usage de son pouvoir d'appréciation très favorable au 
recourant en acceptant plusieurs prises en charge de frais de lunettes et de 
lentilles de contact dans une période de trois ans, et à chaque fois pour des 
montants nettement plus importants (voir ci-dessus c. A) que le devis 
d'opticien du 16 juin 2015 qu'elle a produit à titre exemplatif en annexe à 
son mémoire de réponse, qui indique un montant total de Fr. 182.50 pour 
deux verres conformes à la prescription médicale de l'ophtalmologue du 
recourant ainsi qu'un clip solaire.

Au vu des considérations qui précèdent et contrairement à ce qu'invoque le 
recourant, il est non seulement parfaitement légitime, mais aussi impératif 
que le DAS prenne en considération l'aspect financier des moyens 
auxiliaires pris en charge, dans la mesure où il est tenu compte de 
l'adéquation du moyen en question au but recherché, à savoir une 
correction visuelle adaptée. Pour le surplus, s'agissant de la conduite d'un 
véhicule automobile, on ne distingue pas en quoi le port de lunettes 
médicales assorties d'un clip solaire, comme l'intimée le propose, serait 
inadéquat dans le cas du recourant; on observera sur ce point que cette 
méthode s'avère d'ailleurs plus simple, efficace et sûre pendant la conduite 
d'un véhicule que l'utilisation de lentilles de contact et de lunettes de soleil, 
qui exigent des manipulations supplémentaires pour les mettre et les 
enlever. En tous les cas, le recourant n'établit pas en quoi il ne serait pas 
exigible de sa part de se passer de lentilles de contact et d'utiliser des 
lunettes avec un clip solaire; à cet égard, son allégation d'une protection 
contre le rayonnement solaire qui serait inférieure en cas de port de 
lunettes avec clip solaire par rapport à l'utilisation de lentilles de contact et 
de lunettes de soleil n'est nullement convaincante, n'étant par ailleurs pas 
étayée par un certificat médical. Enfin, à l'inverse de ce que prétend le 
recourant, la prise en charge de lentilles de contact au lieu de lunettes 
n'apparaît aucunement plus économique, même au vu de la nécessité 
médicale de changer de verres environ tous les deux ans, car à l'instar de 
ce que relève l'intimée, il est notoire que les utilisateurs de lentilles de 
contact doivent de toute manière disposer d'une paire de lunettes 
adaptées, le port permanent de lentilles n'étant pas recommandé.

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3.4 En conséquence, la préfecture de Biel/Bienne n'a pas violé le droit 
en rejetant, dans sa décision sur recours du 31 mars 2015, le recours 
interjeté par l'intéressé contre la décision du DAS du 20 novembre 2014 
rejetant la demande de prise en charge, en tant que prestation 
circonstancielle, d'un montant total de Fr. 1'192.- pour des lentilles de 
contact, tout en admettant de prendre en charge un montant de Fr. 500.- 
correspondant à des verres de lunettes progressifs.

4.

4.1 Au vu de ce qui précède, le recours s'avère mal fondé et doit être 
rejeté.

4.2 Il n'y a pas lieu de percevoir de frais de procédure (art. 53 LASoc).

4.3 Le recourant, qui n'obtient pas gain de cause et n'est pas 
représenté en procédure par un avocat ou une avocate, n'a pas droit à des 
dépens ou à une indemnité de partie. L'intimée, quant à elle, ne peut faire 
valoir un droit à des dépens (art. 104 et 108 al. 3 LPJA).

Par ces motifs:

1. Le recours est rejeté.

2. Il n'est pas perçu de frais de procédure, ni alloué de dépens.

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3. Le présent jugement est notifié (R):
- au recourant,
- à l'intimée,
- à la préfecture de Biel/Bienne.

Le juge: Le greffier:

Voie de recours
Dans les 30 jours dès la notification écrite de ses considérants, le présent 
jugement peut faire l'objet d'un recours en matière de droit public auprès du 
Tribunal fédéral, Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne, au sens des art. 39 ss, 82 ss 
et 90 ss de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF, 
RS 173.110).