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**Case Identifier:** 84eb5620-fbb8-5450-a43f-2c479cc3010c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-06-03
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 03.06.2015 C/1567/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-1567-2014_2015-06-03.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 4 juin 2015. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/1567/2014-4 CAPH/91/2015 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des prud'hommes 

DU 3 JUIN 2015 

 

Entre 

A______, sise ______ (GE), recourante contre un jugement rendu par le Tribunal des 
prud'hommes le 10 octobre 2014 (JTPH/414/2014), comparant par Me Jamil SOUSSI, 
avocat, rue François-Bellot 1, 1206 Genève, en l'Étude duquel elle fait élection de 
domicile, 

 d'une part, 

et 

Madame B______, domiciliée ______ (VS), intimée, comparant par Me Fabien 
GILLIOZ, avocat, Ochsner & Ass., quai Gustave-Ador 2, 1207 Genève, en l'Étude 
duquel elle fait élection de domicile, 

et 

Monsieur C______, domicilié ______ (VD), appelé en cause, comparant par Me Julian 
PACOT, avocat, Banna & Quinodoz, rue Verdaine 15, 1204 Genève, 

 d'autre part. 

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C/1567/2014-4 

EN FAIT 

A. Par jugement du 10 octobre 2014, expédié pour notification aux parties le même 
jour, le Tribunal des prud'hommes a déclaré irrecevable l'appel en cause formé le 
26 mai 2014 par A______ (D______ jusqu'en ______ 2014) contre C______. 

Il a retenu que A______ n'avait pas démontré l'existence d'un lien de connexité 
entre l'action de B______ à son encontre et les prétentions dirigées contre 
C______, que ce lien apparaissait, en particulier, encore plus ténu dans la mesure 
où l'employée avait allégué l'existence d'heures supplémentaires dès 2009 alors 
que C______ n'avait créé qu'en 2013 une société par hypothèse concurrente. 

B. Par acte du 11 novembre 2014, A______ a formé recours contre la décision 
précitée. Elle a conclu à l'annulation de celle-ci, cela fait à ce que l'appel en cause 
soit déclaré recevable, et à ce que C______ soit condamné à la relever de toute 
condamnation qui serait prononcée à son endroit du chef des conclusions de 
B______, avec suite de frais et dépens, subsidiairement au renvoi de la cause en 
première instance. Elle a formé des allégués nouveaux. 

A titre préalable, elle a requis le bénéfice de l'effet suspensif au recours, qui a été 
rejeté par décision de la Cour du 21 novembre 2014. 

Par mémoire-réponse du 12 décembre 2014, C______ a conclu au rejet du 
recours, avec suite de frais et dépens. 

Par mémoire-réponse du 15 décembre 2014, B______ s'en est rapportée à justice. 

Par réplique du 22 janvier 2015, A______ a persisté dans ses conclusions. 

Le 5 mars 2015, les parties ont été informées de ce que la cause était gardée à 
juger. 

C. Il résulte de la procédure les faits pertinents suivants: 

Le 17 mars 2014, B______ a déposé au Tribunal des prud'hommes une demande 
par laquelle elle a conclu à ce que A______ soit condamnée à lui verser 32'677 fr. 
89 avec intérêts à 5% l'an dès le 1er septembre 2013, avec suite de dépens. 

Elle a allégué avoir accompli, durant son emploi au service d'A______ entre le 1er 
juin 2009 et le 31 août 2013 date à laquelle a pris effet sa démission, 1311 heures 
supplémentaires en sus de son horaire contractuel hebdomadaire de  
40 heures. L'employeur avait accepté le paiement de 830 de ces heures 
supplémentaires, de sorte que lui restait dû un solde de 481 heures, correspondant 
à 27'565 fr. 89. Elle a, par ailleurs, requis le remboursement de frais d'avocat, par 
5'112 fr. 

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C/1567/2014-4 

Par mémoire-réponse du 26 mai 2014, A______ a conclu au déboutement de 
B______ de toutes ses conclusions. Elle a déclaré appeler en cause C______, 
concluant à ce que celui-ci soit condamné à la relever de toute condamnation qui 
serait prononcée à son endroit du chef des conclusions de B______. 

Elle a notamment allégué qu'elle avait engagé C______ comme directeur-adjoint, 
puis directeur, du 1er juillet 2008 à mars 2013. Celui-ci avait ultérieurement rejoint 
E______, société nouvellement créée dont il était un animateur, et que B______ 
avait également intégrée. La comptabilisation des heures supplémentaires des 
collaborateurs était contrôlée et validée par C______; il existait ainsi "une 
collusion entre [les précités], tous deux étant partis exercer leur activité 
professionnelle dans la même société concurrente" (allégués n. 34 à 36). Il était 
dès lors évident que les heures de travail supplémentaires avaient été 
comptabilisées de manière incertaine et hasardeuse (allégué 44). 

Par acte du 7 juillet 2014, B______ s'est rapportée à justice sur la question de 
l'appel en cause. 

Par acte du même jour, C______ a conclu au rejet de l'appel en cause. Il a en 
particulier contesté l'allégué selon lequel il aurait intentionnellement comptabilisé 
des heures supplémentaires indues en faveur de B______. 

EN DROIT 

1. La décision de refus d'appel en cause doit, comme son admission, faire l'objet d'un 
recours limité au droit (art. 319 let. b ch. 1 CPC; arrêt du Tribunal fédéral 
5A_191/2013 du 1er novembre 2013 consid. 3.1). 

Le recours, écrit et motivé, est introduit auprès de l'instance de recours dans les 
trente jours à compter de la notification de la décision (art. 321 al. 1 CPC). 

Le présent recours, qui respecte les dispositions précitées, est ainsi recevable. 

2. Les conclusions, les allégations de faits et les preuves nouvelles sont irrecevables 
(art. 326 al. 1 CPC). 

Les allégués nouveaux du recourant ne sont donc pas recevables. 

3. Le recourant fait grief au Tribunal d'avoir examiné le bien-fondé des prétentions 
qu'il entendait diriger contre la personne qu'il appelait en cause, au lieu de se 
limiter à vérifier si la condition du lien de connexité était réalisée. 

3.1 Aux termes de l'art. 81 al. 1 CPC, le dénonçant peut appeler en cause le 
dénoncé devant le Tribunal saisi de la demande principale en faisant valoir les 
prétentions qu'il estime avoir (zu haben glaubt, ritiene de avere) contre lui pour le 
cas où il succomberait. Dans sa requête, il doit uniquement indiquer les 

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C/1567/2014-4 

conclusions qu'il entend prendre contre le dénoncé et les motiver succinctement 
(art. 82 al. 1 CPC). Il n'a pas à démontrer le bien-fondé ou la vraisemblance de ses 
prétentions pour le cas où il succomberait face au demandeur principal. Le juge 
appelé à statuer sur la requête d'appel en cause n'examine pas si les prétentions du 
dénonçant contre le dénoncé sont justifiées matériellement, ce qui sera, le cas 
échéant, l'objet du procès au fond ultérieur. A ce stade, le juge se limite à 
contrôler s'il existe un lien de connexité entre les prétentions du dénonçant et 
l'action principale. Pour admettre un tel lien, il suffit que les prétentions invoquées 
dépendent du sort de l'action principale et que le dénonçant puisse ainsi avoir un 
intérêt à une action récursoire contre le dénoncé; cet examen s'effectue sur la base 
des allégués du dénonçant (ATF 139 III 67 consid. 2.4.3). Si les conditions de 
l'appel en cause sont réunies, le juge doit l'admettre; il ne pourra le refuser en 
invoquant des motifs liés à l'économie de la procédure (ATF 139 III 67 consid. 
2.3; arrêt du Tribunal fédéral 4A_467/2013 du 23 janvier 2014 consid. 2.1). 

3.2 En l'espèce, la recourante, recherchée par son ancienne employée en paiement 
de salaire lié à des heures supplémentaires et en remboursement de frais d'avocat 
avant procès, a pris des conclusions, qu'elle a brièvement motivées, contre son 
ancien directeur, en qualité de dénoncé. 

 L'action principale a ainsi pour objet la rémunération d'heures supplémentaires 
alléguées par une employée, ainsi qu'un dommage supplémentaire, tandis que les 
prétentions du dénonçant se basent sur les attributions de l'un de ses directeurs, 
dont il a été notamment allégué, dans la requête d'appel en cause, qu'il était en 
charge du contrôle et de la validation des heures de travail comptabilisées par 
l'employée et qu'il aurait assumé cette charge en violation de ses obligations. Ces 
prétentions dépendent donc du sort de l'action principale, si bien que la recourante 
a un intérêt à une action récursoire contre la personne qu'elle appelle en cause. 

 Partant, sans préjudice de l'examen du bien-fondé, ni même de la vraisemblance, 
des prétentions du recourant, qui sera effectué dans le procès au fond, il apparaît 
que les conditions de l'appel en cause sont réunies. 

 Le recours est ainsi fondé. Le jugement entrepris sera annulé, et l'appel en cause 
admis.  

 Il appartiendra au Tribunal de fixer ensuite la procédure, en application de l'art. 82 
al. 3 CPC. 

4. Il n'est pas perçu de frais (art. 71 RTFMC) ni alloué de dépens (art. 22 al. 2 
LaCC). 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre des prud'hommes, groupe 4 : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours formé le 11 novembre 2014 par A______ contre le 
jugement rendu le 10 octobre 2014 par le Tribunal des prud'hommes (JTPH/414/2014). 

Au fond : 

Annule ce jugement.  

Cela fait, statuant à nouveau : 

Admet la requête d'appel en cause dirigée par A______ contre C______. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions de recours. 

Siégeant : 

Madame Sylvie DROIN, présidente; Madame Nadia FAVRE, juge employeur; Madame 
Christine PFUND, juge salariée; Madame Véronique BULUNDWE-LÉVY, greffière. 

 

La présidente : 

Sylvie DROIN 

 La greffière : 

Véronique BULUNDWE-LÉVY 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours et valeur litigieuse : 

 
Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec 

expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du recours en matière 

civile. 

 
Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 
Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 15'000.- fr.