# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 60f37ede-1865-54c5-9793-cb8d5e336b32
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-03-08
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 08.03.2024 P/8561/2021
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-8561-2021_2024-03-08.pdf

## Full Text

Siégeant : Madame Alessandra CAMBI FAVRE-BULLE, présidente ; Madame 
Gaëlle VAN HOVE et Monsieur Christian ALBRECHT, juges ; Monsieur 
Matthieu HÖSLI, greffier-juriste délibérant. 

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/8561/2021 AARP/99/2024 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 8 mars 2024 

Entre 

A______, prévenu, domicilié ______ [GE], comparant par Me B______, avocat,  

appelant, 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

C______, partie plaignante, comparant par Me D______, avocate,  

appelants joints, 

contre le jugement JTCO/55/2023 rendu le 10 mai 2023 par le Tribunal correctionnel, 

et 

E______, partie plaignante, comparant par Me F______, avocate,  

intimée.

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EN FAIT : 

A. a. En temps utile, A______ appelle du jugement JTCO/55/2023 du 10 mai 2023, par 
lequel le Tribunal correctionnel (TCO) l'a reconnu coupable d'actes d'ordre sexuel 
avec des enfants (art. 187 ch. 1 al. 1 du Code pénal [CP]), de contrainte sexuelle 
(art. 189 al. 1 CP), ainsi que d'actes d'ordre sexuel commis sur une personne 
incapable de discernement ou de résistance (art. 191 CP), l'a acquitté de violation du 
devoir d'assistance et d'éducation (art. 219 al. 1 CP) pour la période courant dès le 
1er janvier 2014 et a classé ce chef d'accusation pour la période antérieure. Le TCO 
l'a condamné à une peine privative de liberté de trois ans, sous imputation de 
243 jours, et à un traitement ambulatoire. Il l'a en outre condamné à payer 
CHF 4'000.-, avec intérêts à 5% dès le 1er octobre 2013, à C______ et CHF 15'000.-, 
avec intérêts à 5% dès le 31 décembre 2012, à E______, au titre du tort moral subi 
par celles-ci, ainsi qu'aux 4/5èmes des frais de la procédure préliminaire et de première 
instance, soit CHF 18'566.76. 

 b. A______ entreprend intégralement ce jugement, concluant à son acquittement, à la 
couverture de ses frais et débours de défense de CHF 53'779.20, à l'octroi de 
CHF 36'600.- au titre de son tort moral et au rejet des prétentions civiles. Lesdits 
frais de défenses sont composés de ceux auxquels il est fait référence dans la note de 
frais du 3 mai 2023 de son précédent conseil, auxquels s'ajoutent 15 heures pour la 
préparation de l'audience de première instance, ainsi que la durée de celle-ci.  

Par appel joint, le Ministère public (MP) entreprend partiellement ce jugement, 
concluant à la condamnation de A______ à une peine privative de liberté de quatre 
ans sous déduction de la détention avant jugement. 

Par appel joint, C______ entreprend partiellement ce jugement, concluant à la 
condamnation de A______ à lui payer CHF 15'000.-, avec intérêts à 5% dès le 
1er octobre 2013, à titre de réparation de son tort moral. 

c. Selon l'acte d'accusation du 14 février 2023, il est reproché ce qui suit à A______ : 

Depuis une date indéterminée en 2011 jusqu'à une date indéterminée en 2014 et au 
minimum hebdomadairement, il a caressé les parties génitales et la poitrine, à même 
la peau, de E______, l'a embrassée sur les seins et la bouche et a, à plusieurs reprises, 
introduit ses doigts dans son vagin. Il a agi alors qu'ils étaient seuls dans 
l'appartement familial et en s'introduisant dans son lit pendant qu'elle dormait. Il est 
parvenu à ses fins en tirant profit de son autorité paternelle sur une enfant âgée de 12 
à 15 ans, en lui faisant croire qu'il s'agissait de preuves d'amour usuelles entre un 
beau-père et sa belle-fille, en lui reprochant de ne pas l'aimer en cas de refus, et en 
soutenant qu'elle détruirait sa famille si elle en parlait.   

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 Alors que C______ avait 12 ans, soit entre 2012 ou 2013, et qu'ils étaient seuls au 
domicile familial, il a touché et léché les seins de C______. Quand elle avait 13 ans, 
soit en 2013 ou 2014, il lui a, dans les mêmes circonstances, caressé les seins par-
dessus ses vêtements avant de l'embrasser avec la langue. Pour commettre ces 
forfaits, il a usé de son autorité paternelle et de sa force supérieure, poursuivant ses 
agissements malgré le refus de sa belle-fille et se plaçant devant la porte de sa 
chambre pour l'empêcher de fuir. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure : 

 a. Depuis 2011 et jusqu'en 2021, A______ vivait dans un appartement au 
no. ______, chemin 1______ à G______ [GE], avec son épouse H______, ainsi 
qu'avec E______, née le ______ 1998, et C______, née le ______ 2000, les filles de 
celle-ci, issues d'une précédente union. Le couple est en outre parent de I______, née 
le ______ 2005, et de J______, né le ______ 2007. 

 b.a. Selon E______, son beau-père avait commencé à la toucher vers ses 12 ou 
13 ans. Elle se souvenait bien de la première occurrence, à savoir un mercredi après 
la prière familiale prenant place entre 11h00 et midi. Alors qu'elle s'était rendue dans 
la salle bain pour prendre sa douche, A______ était entré dans la pièce, avait 
remarqué qu'elle n'avait plus son haut et lui avait dit : "je vois que tu as grandi". Il 
avait ensuite commencé à toucher ses seins à même la peau et à leur faire des bisous. 
Questionné, il avait répondu que son comportement était normal dès lors qu'il était 
son papa et qu'il l'aimait. Elle lui avait dit qu'il avait une femme et qu'elle ne 
comprenait pas pourquoi il agissait ainsi. Le temps lui avait paru long. 

Les agissements de son beau-père à son égard s'étaient ensuite succédé pratiquement 
hebdomadairement, tout en devenant de plus en plus intrusifs. Il lui avait touché et 
léché les seins, l'avait embrassée sur la bouche avec la langue, lui avait touché le sexe 
et avait caressé son clitoris. Il avait en outre mis ses doigts dans son vagin en faisant 
des mouvements, ce qui lui avait causé d'intenses douleurs. Ces actes survenaient 
principalement dans sa chambre durant la nuit. Il s'agissait d'une petite pièce dans 
laquelle elle dormait seule et dont elle n'avait pas possédé la clé avant ses 15 ans 
environ. Elle se réveillait alors que A______ était en train de lui toucher ou lécher les 
seins, de lui toucher le sexe ou de l'embrasser avec la langue. Les actes se 
produisaient également la journée lorsqu'elle était seule dans l'appartement avec son 
beau-père. Ils avaient eu lieu dans toutes les pièces de la maison, sauf la chambre à 
coucher conjugale. Les derniers agissements du prévenu étaient intervenus alors 
qu'elle avait 15 ans, à peu près vers la fin du cycle, sans qu'elle connût la cause de 
cette cessation. Sur la fin, il ne lui touchait plus que la poitrine, affirmant que son 
sexe était une zone réservée à son futur mari. À l'époque, elle avait pensé que le 
comportement de A______ était normal, d'autant que celui-ci lui disait que c'était 
une preuve d'amour, étant donné qu'il n'était pas son père biologique. Il lui avait 

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déclaré que c'était un secret entre eux et que, si elle en parlait, cela pourrait détruire 
la famille. Elle avait en outre peur qu'il se fâche. Elle s'était parfois débattue et l'avait 
repoussé, suite à quoi il lui avait reproché de ne pas l'aimer. Il était aussi arrivé qu'il 
lui donnât CHF 10.- ou 20.- après ses actes, ce qui l'avait fait se sentir comme une 
prostituée. Lorsqu'elle lui avait demandé pourquoi il n'agissait pas de même envers 
I______, il lui avait répondu qu'elle était sa fille. 

 Alors que E______ avait 12 ans et demi ou 13 ans, elle s'était disputée avec sa sœur 
I______ au sujet de la télévision. A______ s'était réveillé et les avait grondées. Elle 
lui avait dit, devant ses sœurs, ce qu'elle pensait de lui et de ses attouchements, 
mentionnant que pendant la nuit, après l'avoir touchée, il avait dit qu'elle était sa fille 
préférée. Son beau-père l'avait violemment frappée avec ses poings et ses pieds. Il 
avait ensuite appelé sa mère pour lui dire qu'elle inventait des choses. Celle-ci était 
immédiatement rentrée et l'avait interrogée sur ses allégations, évoquant que si c'était 
vrai, la famille serait détruite. Elle avait alors mentionné les attouchements nocturnes 
et diurnes. Le "frère" de son beau-père, K______, était également présent et avait dit 
devant tout le monde qu'elle avait imaginé avoir été touchée parce que A______ était 
entré dans la salle-de-bain. Celui-ci s'était retiré en pleurant, menaçant de se suicider. 
Face à cette pression, elle s'était convaincue qu'elle avait conjecturé des choses et agi 
sous le coup de la colère. Elle s'était rétractée. Les actes de son beau-père avaient 
momentanément cessé, mais avaient repris deux ou trois mois plus tard, ce dernier lui 
affirmant que c'était plus fort que lui et qu'il l'aimait vraiment trop. Les 
attouchements avaient été ensuite abordés périodiquement dans la famille lorsque 
survenaient des disputes, A______ assurant que les faits n'étaient pas graves dans la 
mesure où elle était toujours vierge. Avant les évènements, elle avait une très bonne 
relation avec le prévenu, qui était un homme agréable bien que sévère lorsqu'il était 
en colère. Il ne faisait rien de ses journées, excepté lire la bible, prier et prêcher sur 
internet.  

 b.b. C______ a affirmé que tout avait commencé à la pause de midi alors qu'elle était 
à l'école primaire et que sa sœur ainée avait environ 12 ans. Elle avait assisté à une 
dispute entre cette dernière et son beau-père lors de laquelle il l'avait frappée à coups 
de pied. Celle-ci lui avait ensuite dit qu'elle en avait marre de subir ses attouchements 
sexuels. Sur quoi, il s'était remis à la brutaliser en la giflant au visage. Lorsqu'elle 
était rentrée, sa mère n'avait pas cru sa sœur. Elle avait organisé une réunion en 
présence physique de "K______" et celle, à distance, de la sœur de son beau-père. Sa 
grande sœur avait affirmé à tout le monde, elle incluse, qu'elle avait tout inventé. Elle 
lui en avait voulu. Devant le TCO, elle a cependant déclaré qu'elle était partie à 
l'école avant l'arrivée de "K______". 

C______ se rappelait en outre que son beau-père avait dormi dans la chambre de sa 
sœur, car sa mère l'avait questionné à ce sujet et qu'il lui avait répondu qu'elle ronflait 
à l'excès. Elle partageait pour sa part une pièce séparée avec sa sœur I______. Le 
sujet des attouchements était abordé périodiquement lors de disputes familiales. Son 

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beau-père se défendait en assurant que tant que la femme n'avait pas été pénétrée, il 
ne fallait pas s'alarmer, citant à l'occasion des versets bibliques. 

 b.c. L______, dit aussi "K______", a témoigné que A______ lui avait montré le 
chemin du Seigneur alors qu'il n'était pas croyant. Il ne l'avait cependant pas revu 
depuis dix ans suite à une dispute entre leurs épouses. Auparavant, le prévenu l'avait 
souvent aidé en gardant ses enfants en bas âge, y compris en dormant dans leur 
chambre, et il n'y avait jamais eu de problème. Le témoin avait été présent lors de 
l'incident avec E______ car H______ lui avait demandé de venir. Elle était certaine 
que son mari n'avait pas touché sa belle-fille. A______ avait expliqué que 
l'adolescente avait mal interprété son intrusion involontaire dans la salle de bain alors 
qu'elle était nue. L'enfant avait confirmé que cette version était conforme à la vérité 
et les choses s'étaient calmées. Il était reparti après avoir mis en garde sa mère, de 
telles déclarations pouvant envoyer son époux en prison. 

 b.d. Selon une expertise judiciaire de victimologie du 14 octobre 2021, E______ 
n'était pas en capacité de former, d'exprimer ou d'exercer une opposition au moment 
des faits allégués, d'autant plus qu'ils auraient été réalisés par une figure d'autorité et 
d'attachement et que la seule autre personne disposant d'un tel statut, à savoir sa 
mère, lui aurait refusé son aide. 

 c.a. C______ a expliqué qu'alors qu'elle avait 12 ans, elle était rentrée un vendredi 
pour déjeuner avec son beau-père et sa grande sœur. Après que celle-ci était partie 
prendre le bus, A______, sortant de sa chambre, s'était approché pendant qu'elle était 
en train de faire son sac d'école. Il avait baissé sa tunique bleue rayée noire et son 
soutien-gorge bleu clair et avait malaxé ses seins, soutenant qu'il voulait vérifier si 
elle n'avait pas d'eczéma. Cela avait duré deux ou trois minutes pendant lesquelles 
elle avait été complètement tétanisée. Après que son beau-père avait cessé, elle était 
immédiatement partie dans sa chambre. Il l'avait suivie et avait recommencé, 
embrassant en outre sa poitrine et lui léchant les seins pendant environ cinq minutes 
lors desquelles elle avait pareillement été tétanisée. Elle lui avait dit qu'il n'avait pas 
le droit d'agir ainsi, ce à quoi il avait répondu que tous les papas blancs faisaient cela 
à leurs enfants et qu'il ne fallait pas qu'elle en parle à sa mère. Après s'être rhabillée, 
elle s'était dirigée en pleurant vers l'arrêt de bus où elle avait retrouvé son ainée. 
Celle-ci avait compris ce qui s'était produit et, très énervée, était rentrée avec elle à 
leur domicile. À leur arrivée, leur beau-père avait paniqué puis avait dit qu'il était 
désolé et qu'il voulait donner l'amour d'un vrai père. Elle s'était ensuite réfugiée dans 
la salle de bain en pleurant, ressentant du dégoût. Elle avait avalé des médicaments 
au hasard, ce qui lui avait donné mal au ventre. Lorsqu'elle était sortie en fin d'après-
midi, elle avait parlé avec sa grande sœur qui lui avait demandé de ne rien dire à leur 
mère car celle-ci ne les croirait pas et que si elles parlaient, leurs petits sœur et frère 
seraient placés en foyer. 

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 Quelques mois après ces évènements, alors qu'elle avait 13 ans, elle était arrivée à la 
maison vers 16h30 et s'était retrouvée seule dans le salon avec A______. Après avoir 
terminé un appel téléphonique, celui-ci s'était approché et avait commencé à malaxer 
ses seins par-dessus les habits, tout en l'embrassant de force sur la bouche. Il y avait 
introduit sa langue, mais elle avait serré les dents pour le contrecarrer. Elle avait 
réussi à le repousser avec ses deux mains puis avait tenté de fuir l'appartement. Son 
beau-père, qui commençait à paniquer, s'était alors placé devant la porte tout en la 
retenant. Elle avait couru dans la direction opposée et s'était enfuie par le balcon, 
habitant au rez-de-chaussée. Elle avait attendu sa mère sur le chemin de son travail 
et, en pleurs, lui avait raconté ce qui venait de se produire, ainsi que ce qui s'était 
passé quelques mois auparavant. Cette dernière avait dit : "non pas encore ça". Elle 
avait eu l'impression que H______ savait qu'elle disait la vérité mais qu'elle ne 
voulait pas y croire. Arrivées à la maison, sa mère avait confronté son mari qui avait 
nié et affirmé qu'il lui avait uniquement fait des câlins. L'histoire s'était ensuite 
"tassée", mais sa mère lui avait remis un téléphone en l'informant qu'elle pouvait 
l'appeler en cas de problème. Depuis lors, elle avait attendu sa grande sœur dans les 
escaliers quand elle rentrait seule à la maison et qu'elle n'entendait pas de bruit. Elle 
n'avait pas subi d'autres attouchements. 

 Les accusations à l'encontre de son beau-père étaient fréquemment évoquées lors des 
disputes familiales. Celui-ci banalisait les faits en affirmant qu'il était dit dans la 
bible que tant qu'il n'y avait pas de pénétration avec le sexe, il ne s'agissait de rien de 
grave et qu'il ne fallait pas s'affoler dans la mesure où elles étaient toujours vierges. 
Elle voyait A______ comme quelqu'un de manipulateur et "flemmard". Il n'avait 
jamais travaillé depuis qu'elle le connaissait, se contentant d'une activité de pasteur 
sur Facebook. Il avait d'ailleurs évoqué que son inactivité était la cause de ses 
agissements. Il l'avait élevée à la place de son vrai père qui n'avait jamais vécu avec 
elle. Il l'avait éduquée, mais également fréquemment battue entre ses six et ses 
11 ans. Elle ne l'aimait pas et ressentait du dégoût à son encontre. 

 c.b. E______ n'avait pas vu son beau-père toucher sa sœur. Cependant, elle avait 
immédiatement su lorsque ce dernier l'avait fait pour la première fois. C'était à une 
époque où elles étaient toutes deux au cycle, sa cadette étant âgée d'environ 11 ans et 
demi. Elle était partie avant sa sœur pour prendre le bus. Alors qu'elle se trouvait à 
l'arrêt, cette dernière était arrivée en pleurant et lui avait dit : "papa, il m'a fait la 
même chose qu'à toi". Elles étaient rentrées ensemble à la maison et avaient 
confronté A______ qui avait nié. Lorsque sa mère avait appris ce qui s'était produit, 
elle n'avait pas pris leur défense, mais les avait enjointes de rester désormais dehors 
et d'attendre qu'elle arrive à la maison pour rentrer. 

 c.c. Selon une expertise judiciaire de victimologie du 14 octobre 2021, C______ 
n'était pas en capacité de former, d'exprimer ou d'exercer une opposition au moment 
des faits allégués du fait de son jeune âge, de la position d'autorité du prévenu à son 
égard et de son propre attachement envers lui. 

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 d. Selon A______, les accusations à son égard étaient entièrement fausses. E______ 
et C______ avaient toujours partagé la même chambre. Il se souvenait de l'incident 
avec la première lors duquel son ami K______ était présent. Elle l'avait accusé d'être 
entré nuitamment dans la chambre pour lui toucher les seins et il lui avait demandé si 
elle se rendait compte de ce que cela pouvait nuire à sa réputation, vu notamment son 
activité pastorale, et si elle désirait qu'il se suicidât. Il n'avait en revanche pas en 
mémoire qu'elle fût un jour venue avec sa petite sœur lui reprocher d'avoir commis 
des abus sur cette dernière. C______ ne faisait pas la sieste lors de la pause 
méridienne. Ses belles-filles faisaient souvent du chantage à l'aide de leurs 
accusations lorsqu'elles désiraient obtenir de l'argent. Cela entrainait des disputes 
familiales. Leurs allégations le décevaient car il les avait élevées comme ses enfants. 
Eu égard au fait qu'elles n'avaient plus de contact avec leur demi-sœur et demi-frère 
suite à leur dénonciation, elles devaient assumer leur décision de porter l'affaire en 
justice ; il n'empêchait pour sa part pas de tels contacts. 

Devant le MP le 22 avril 2021, il a déclaré qu'il ne savait pas ce qui poussait ses 
belles-filles à l'accuser bien qu'il les eût considérées comme ses enfants et qu'il priât 
pour elles. Il prenait en compte l'intérêt de sa famille et ne souhaitait pas qu'elle fût 
disloquée. Ses belles-filles avaient peut-être tout inventé pour des raisons spirituelles, 
étant donné que sa belle-famille pratiquait la sorcellerie et que C______ avait 
récemment été en contact avec elle à O______ [VD]. Il était ainsi possible qu'elle eût 
été inconsciemment victime de pratiques magiques. Devant la même autorité le 
27 mai 2021, il a ajouté que ses belles-filles étaient déséquilibrées. Il n'avait jamais 
été seul avec elles. Elles avaient inventé une histoire. Le 28 juin 2022, il a déclaré 
être victime d'un complot de sa belle-famille et du père biologique des plaignantes. 
Devant le TCO, il a soutenu qu'il fallait mettre en relation les accusations à son 
encontre avec la reprise des contacts entre ses belles-filles et leur père biologique et 
avec le fait qu'elles le rendaient responsable de la séparation entre ce dernier et leur 
mère. Devant la CPAR, il a assuré que ses belles-filles avaient agi par esprit de 
vengeance et de haine transmis par sa belle-famille qui n'avait jamais accepté son 
mariage. C______ avait en particulier été influencée au cours des mois où elle avait 
habité chez sa cousine alors qu'elle avait 17 ans. Quant à l'ainée, il s'agissait d'un 
refus d'autorité. D'ailleurs, elle s'était rapidement rétractée. 

 e.a. H______ a expliqué qu'alors qu'elle avait 13 ans, en 2011, E______ l'avait 
appelée un vendredi en lui demandant de rentrer immédiatement à la maison car elle 
avait des choses importantes à lui dire, à savoir que son beau-père lui faisait des 
choses pendant la nuit. Elle avait aussi été appelée par A______. Elle avait par 
ailleurs téléphoné à un des amis de ce dernier, K______, pour lui demander de venir. 
À son domicile, sa fille ainée lui avait révélé que son beau-père la touchait, 
notamment aux seins, pendant son sommeil dans la loggia qui avait été aménagée en 
chambre. Elle ne l'avait pas crue mais avait tout de même questionné son mari qui 
avait nié. K______ avait interrogé les protagonistes et avait calmé la situation. Elle 
avait pris sa fille à part et lui avait dit qu'au vu du sérieux de ses accusations, elle 

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devait lui dire la vérité. E______ était très en colère mais hésitante. Elle lui avait 
répondu qu'elle ne savait plus et qu'elle avait peut-être mal interprété un incident lors 
duquel son beau-père était entré dans la salle de bain alors qu'elle était nue et lui 
avait fait un bisou sur le front après s'être excusé. Elle lui avait également dit qu'elle 
avait peut-être rêvé et qu'elle avait inventé cette histoire parce qu'elle en avait marre 
qu'on l'empêchât de sortir le soir avec ses copines. H______ lui avait fait remarquer 
que ses accusations étaient graves et que cela pouvait aller loin si elle les propageait. 
La vie familiale était ensuite redevenue ordinaire. Suite à cet incident, elle avait 
toutefois demandé à ses filles de ne pas se promener en petite tenue et de faire 
attention à fermer les portes pour préserver leur intimité. Pour elle, les accusations de 
sa fille ainée étaient fausses. 

Devant le TCO, H______ est revenue sur ses déclarations initiales, affirmant que 
E______ et C______ partageaient la même chambre à l'époque des faits. 

 e.b. H______ se rappelait qu'alors qu'elle avait environ 13 ans, C______ lui avait dit 
que son époux avait essayé de l'embrasser sur la bouche le même jour pendant la 
pause de midi, après que sa grande sœur était partie pour l'école. Elle avait interrogé 
son mari, en présence de sa cadette, et celui-ci avait répondu que c'était faux et qu'il 
se demandait ce que ses filles avaient contre lui pour inventer des choses pareilles. Il 
lui avait ensuite raconté qu'il avait réveillé C______, qui faisait la sieste dans sa 
chambre, pour lui dire d'aller à l'école et qu'arrivé à la porte, il lui avait fait un bisou 
sur la joue. Cette dernière avait alors précisé que ce bisou avait frôlé sa bouche et 
qu'elle avait peut-être "mal pensé". La vie familiale avait continué normalement. Elle 
n'avait pas pris contact avec un psychiatre ou un psychologue. À ses yeux, les 
accusations de sa cadette étaient fausses et incohérentes. Celle-ci s'était imprégnée de 
l'histoire de sa sœur. D'ailleurs le récit de sa fuite par le balcon était invraisemblable 
dans la mesure où celui-ci était situé à trois mètres 50 du sol. 

 e.c. Pour H______, ses filles utilisaient leurs histoires pour faire du chantage et 
obtenir de l'argent ou la permission de sortir, y compris devant ses deux autres 
enfants. Il y avait plusieurs motifs à leurs mensonges. En premier lieu, elles avaient 
toujours pensé que son mari était responsable de sa séparation d'avec leur père 
biologique. En second lieu, sa famille avait toujours voué une importante haine à son 
mari et les avait influencées. Après qu'elles avaient déposé leur plainte et l'en avaient 
instruite, elle avait entendu son ainée rire dans leur chambre et dire qu'elles avaient 
fait ce qu'elles avaient à faire. En troisième et dernier lieu, ses filles étaient fainéantes 
et aimaient l'argent ; elles essayaient d'en obtenir d'elle par ce biais. Devant le TCO, 
elle a précisé ses déclarations en ce sens que les motivations de ses filles avaient 
évolué au fil du temps, passant du chantage pour obtenir plus de liberté à une haine 
envers son mari, nourrie par sa famille, pour finir par une volonté d'accaparation de 
sa personne qui avait conduit à leur dénonciation suite à une récente querelle. Le 
sujet des attouchements revenait pendant les disputes familiales lorsque ses filles 

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désiraient quelque chose, bien qu'elle n'eût jamais cédé. Elle ne les avait pas crues, 
malgré la pression. Elles étaient manipulatrices. 

f. I______ a assuré que la porte de la chambre aménagée située entre le balcon, la 
cuisine et le salon n'avait pas de clé. Elle avait entendu ses demi-sœurs évoquer leurs 
accusations quelques mois avant qu'elles ne portassent plainte. À partir de 2019, elle 
avait également assisté à des disputes familiales, initialement rares, puis plus 
fréquentes, lors desquelles les attouchements étaient évoqués, notamment en lien 
avec des reproches financiers de ses ainées à l'égard de ses parents. Elle n'avait 
jamais constaté que celles-ci s'efforçassent d'éviter son père. Elle avait rompu le 
contact avec elles après le dépôt de leur plainte pénale car elle était en colère ; elles 
tentaient de gâcher leur vie. 

g. M______ est une amie proche de E______ et C______, qu'elle a rencontrées en 
2016. En 2017, la seconde lui avait parlé des attouchements qu'elles avaient subis de 
la part de leur beau-père, relatant notamment qu'il avait touché leur poitrine, sans 
entrer dans les détails. Elle lui avait conseillé de porter plainte, mais son amie avait 
peur de détruire sa famille. Par la suite, en 2017 ou 2018, elle avait abordé le sujet 
avec l'ainée qui lui avait confirmé, avec beaucoup de difficultés, qu'elle avait subi 
des attouchements, notamment à la poitrine. 

 h. N______, cousine des parties plaignantes, avait assisté à une querelle entre 
C______ et son beau-père à leur domicile à l'occasion de l'anniversaire de cette 
dernière en 2018, en présence de leur mère. Le sujet des attouchements avait été 
abordé. Suite à cette altercation, C______ était venue dormir chez elle à O______ 
pendant environ trois mois, mais elle avait finalement dû rentrer à Genève pour ses 
études. Elle avait par la suite discuté des faits avec ses cousines et l'ainée avait 
mentionné des attouchements sans pénétration pendant la nuit, notamment à la 
poitrine. La cadette avait également dit avoir été "tripotée". Elle n'en avait parlé que 
bien plus tard à ses parents car elle n'avait pas voulu trahir la confiance de ses 
cousines. Ultérieurement, elle avait eu vent, via C______, d'une violente altercation 
avec son beau-père survenue en novembre 2020. Cette dernière lui avait notamment 
raconté qu'au cours de celle-ci, il avait dit que tant qu'il n'y avait pas de pénétration, 
il n'y avait pas d'attouchement. 

i. P______, mère de N______, a déclaré que C______ était venue habiter chez eux 
quelques mois auparavant. Elle était mal et ne mangeait pas. Elle avait mentionné des 
attouchements débutés lorsqu'elle avait 12 ans. Cela avait pris du temps pour qu'elle 
"reprenne ses esprits". Par la suite, son mari et elle avaient essayé, sans succès, de 
confronter le prévenu avec lequel ils n'avaient aucune relation. Ils avaient en 
revanche pu parler avec son épouse qui leur avait fait savoir que l'histoire était 
terminée et qu'elle ne comprenait pas pourquoi ses filles revenaient toujours sur ces 
accusations. 

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j. R______, mère de H______, avait été informée des abus sur ses petites-filles lors 
d'un téléphone avec E______ vers juillet-août 2020 concernant une dispute familiale. 
Celle-ci lui avait dit que son beau-père la touchait depuis des années et que sa sœur 
avait également subi des attouchements. Par ailleurs, elle se rappelait que sa fille lui 
en avait parlé brièvement une fois où elle était venue à Genève manger avec elle et 
ses deux filles ainées, affirmant que c'était des mensonges. Elle n'avait que très peu 
de contacts avec sa fille ou ses petites-filles, avec lesquelles elle n'avait plus parlé 
depuis lors. 

k.a. E______ et C______ ont dénoncé les faits à la police par téléphone dans la 
soirée du 15 avril 2021 alors qu'elles se trouvaient à l'extérieur de leur domicile. 

 k.b. Selon E______, l'élément déclencheur de leur plainte était un conflit qui avait 
éclaté fin mars 2021 entre son beau-père et elle-même. Elle était revenue sur ses 
comportements sexuels à son égard et celui-ci, après avoir affirmé qu'elle mentait, 
avait assené qu'elle faisait le mal et que c'était elle qui avait cherché à avoir des 
relations sexuelles avec lui alors qu'elle avait 12 ans, ce qu'il avait refusé. Il avait en 
outre prétendu que ses agissements n'étaient pas ceux d'un pédophile car il ne les 
avait pas déflorées. Elle s'était ensuite rendue chez un psychologue, le 15 avril 2021, 
pour en parler. En sortant de son entretien, elle avait discuté avec sa sœur et celle-ci 
avait décidé qu'elles devaient déposer plainte. E______ avait longtemps évité de 
dénoncer les faits aux autorités pour préserver son demi-frère et sa demi-sœur, car 
elle avait craint que son beau-père et sa mère les manipulent à son détriment, ce qui 
s'était par la suite effectivement produit. 

 k.c. C______ a déclaré que la dispute entre sa grande sœur et son beau-père était 
survenue le 11 mars 2021. Au cours de celle-ci, le sujet des attouchements avait été 
abordé et sa mère avait pris la défense de A______ en enjoignant ses filles de quitter 
la maison si elles n'étaient pas contentes. Ce dernier avait affirmé que sa sœur était 
jalouse et que c'était elle qui, à 12 ans, avait désiré coucher avec lui, ce à quoi cette 
dernière avait répondu que la suite se ferait avec la justice. Sa sœur avait ensuite 
lancé l'idée de contacter la police mais voulait terminer son apprentissage qui 
s'achevait en juin. Après que son ainée était allée voir un psychologue, elles avaient 
discuté et décidé qu'il était temps d'agir. Elle avait pris contact avec la police. Elle 
n'avait jamais fait chanter sa mère pour de l'argent, d'autant qu'elle avait effectué des 
stages faiblement rémunérés dès 2014. 

 k.d. H______ a déclaré qu'elle n'avait jamais dissuadé ses filles d'aller porter plainte. 
Elles lui avaient dit ne pas vouloir le faire afin de ne pas diviser la famille. Son fils et 
sa benjamine avaient décidé d'eux-mêmes de couper tout contact avec leurs demi-
sœurs après avoir appris les accusations portées contre leur père. 

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 l.a. Le rapport d'expertise psychiatrique retient que A______ souffre d'un trouble de 
la personnalité de type narcissique avec traits dyssociaux, lequel avait notamment 
pour conséquence une incapacité à se remettre en question, une absence d'empathie, 
une propension à blâmer les autres pour justifier ses propres difficultés, une attitude 
de parasitisme social et familial et une volonté d'emprise sur autrui. Il était en outre, 
si les faits reprochés étaient vrais, affecté par un trouble pédophile. Ces deux troubles 
étaient de sévérité moyenne. Ils n'avaient pas altéré ses facultés à percevoir le 
caractère illicite des comportements qui lui étaient reprochés et à se déterminer par 
rapport à ceux-ci, mais ils étaient en relation avec ces actes. 

L'application de l'échelle SVR-20 de cotation du risque de récidive en matière de 
violence sexuelle résultait en un risque faible à moyen. La pondération clinique de ce 
risque initial conduisait à le réduire, du fait de l'absence de comportement pédophile 
dans un passé récent. Ce risque ne pouvait être influencé par une prise en charge 
thérapeutique ambulatoire ou institutionnelle, dans la mesure où le prévenu y était 
réticent et niait intégralement les faits. Seul un traitement visant la prévention de la 
violence physique d'une durée minimale de cinq ans avait des chances de succès, 
même s'il était ordonné contre la volonté de l'accusé, pour autant que celui-ci s'y 
engage avec sincérité et conviction. Il pouvait être mis en œuvre de manière 
ambulatoire, parallèlement à une détention. Au MP, l'expert a précisé que A______ 
ne démontrait aucune empathie pour ses victimes putatives. Il était incapable 
d'assumer une responsabilité pour ses actes. Il avait des capacités accrues à établir 
des relations d'emprise. En l'état, il ne semblait pas capable de s'engager dans une 
thérapie sincère et un suivi sexologique était voué à l'échec. 

l.b. Selon des attestations périodiques, la plus récente au 5 décembre 2023, d'un 
psychiatre et d'un psychologue, A______ était systématiquement présent aux 
consultations ordonnées à titre de mesures de substitution. Dans un rapport motivé du 
9 juin 2022, il est précisé qu'il se considère victime d'une manipulation de sa belle-
famille. 

l.c. Dans un rapport du Service de probation et d'insertion (SPI) du 18 décembre 
2023, il est mentionné que A______ avait honoré l'ensemble de ses rendez-vous de 
suivi. Il était d'avis que la procédure était un complot ordonnancé par sa belle-famille 
en vue d'inciter son épouse à le quitter. 

l.d. A______ n'était pas convaincu de l'exactitude des diagnostics posés par l'expert. 
Selon lui, le traitement qui lui était imposé était futile car il n'était pas fou, d'autant 
que sa foi le conduisait à respecter les règles.  

 m.a. À teneur de l'expertise de victimologie mentionnée plus haut, E______ souffrait 
d'un trouble de stress posttraumatique chronique de gravité moyenne. Celui-ci avait 
débuté vers ses 14 ans et persistait au 14 octobre 2021. Il engendrait notamment des 

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cauchemars traumatiques, des angoisses, une altération de sa propre image, une 
hypervigilance et des conduites d'évitement. Le trouble dont souffrait l'expertisée 
était typique d'évènements traumatiques répétés de nature sexuelle subis par de 
jeunes enfants. Les expertes n'avaient pas pu déceler chez E______ d'autres 
évènements que ses accusations qui auraient été de nature à provoquer sa maladie. 
Celle-ci avait un impact majeur sur sa vie relationnelle et sexuelle, mais n'avait pas 
empêché son insertion socio-professionnelle. 

 m.b. Selon E______, malgré son déménagement à S______ [France], elle continuait 
à mal dormir car elle vivait seule et avait peur d'être agressée sexuellement. Elle 
faisait des cauchemars lors desquels elle revivait les attouchements. Elle était 
toutefois en capacité de travailler pour subvenir à ses besoins financiers. Elle n'avait 
plus de contact avec sa demi-sœur et son demi-frère, malgré ses tentatives, ce qui 
était très douloureux car ils avaient été très proches. Elle n'avait plus non plus de 
contact avec sa mère. Elle avait repris contact avec son père biologique en 2019, 
limités à des échanges par Whatsapp. 

 n.a. Selon l'expertise de victimologie mentionnée plus haut, C______ souffrait d'un 
trouble de stress posttraumatique chronique de gravité moyenne. Celui-ci avait 
débuté vers ses 12 ans et persistait au 28 octobre 2021. Il engendrait notamment des 
souvenirs intrusifs plusieurs fois par semaine avec reviviscence des scènes 
traumatiques, causant à l'expertisée une détresse intense, de fréquents blocages 
sexuels, ainsi qu'une méfiance généralisée envers les hommes. Les expertes n'avaient 
pas pu déceler chez C______ d'autres évènements que les faits allégués de nature à 
provoquer son trouble. Celui-ci avait un impact sur sa vie relationnelle et sexuelle, 
mais n'avait pas empêché son insertion socio-professionnelle. Lors de son audition, 
l'experte a ajouté que l'absence de reconnaissance des faits par le prévenu pouvait 
avoir une répercussion sur l'intensité de son trouble, mais pas l'absence du père 
biologique. 

n.b. C______ avait encore des cauchemars, mais pour le reste les symptômes 
s'étaient estompés. Elle n'avait plus de contact avec sa mère, sa demi-sœur et son 
demi-frère, ce qui était dur s'agissant de ces derniers. Elle avait repris contact avec 
son père biologique en 2019, mais cela se limitait à un échange écrit annuellement. 

o. A______ a été détenu du 21 avril 2021 à 9h00 jusqu'au 31 août 2021 à 11h15, date 
à laquelle le Tribunal des mesures de contrainte (TMC) a prononcé des mesures de 
substitution comportant une obligation de suivre une thérapie axée sur la gestion de 
la violence et de l'humeur, de se présenter une fois par semaine au poste de police et 
de déposer ses papiers d'identité, ainsi qu'une interdiction de contact avec les parties 
plaignantes d'une part, et avec son épouse et ses enfants biologiques d'autre part. 
Cette dernière restriction a été levée le 16 novembre 2021. Le dépôt de ses papiers 
d'identité et l'obligation de se présenter hebdomadairement auprès de la 

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maréchaussée ont été levés le 28 février 2022. Le 10 mai 2023, le TCO a une 
nouvelle fois prolongé l'obligation de suivre une thérapie axée sur la gestion de la 
violence, accompagnée d'un suivi du SPI. 

C. a. Lors de l'audience d'appel, les parties ont persisté dans leurs conclusions. 
L'appelant a toutefois précisé qu'il contestait l'existence d'un concours entre l'art. 187 
CP et l'art. 191 CP et qu'il requérait, à titre subsidiaire, le prononcé d'une peine 
compatible avec le sursis. Il a en outre demandé la couverture de 12 heures de travail, 
en sus de la durée de l'audience d'appel. Le MP a quant à lui spécifié qu'il s'en 
rapportait à la justice sur les conclusions de l'appelante jointe plutôt que de conclure 
à leur rejet. 

b.a. Selon la défense, le TCO avait erré au moment d'apprécier les faits de la cause. 
Les déclarations des parties plaignantes étaient imprécises, notamment quant à la 
période pénale, et contradictoires. En outre, l'instance précédente n'avait pas 
suffisamment tenu compte de leur lien fusionnel, ni du fait que l'appelante jointe était 
retournée chez elle après son séjour à O______, ce qui apparaissait incohérent avec 
les accusations portées contre son beau-père. Enfin, l'acte d'accusation mentionnait 
les actes supposément commis de nuit sous la qualification de l'art. 191 CP, alors que 
la jeune fille était nécessairement éveillée durant une partie d'entre eux, ayant elle-
même déclaré qu'elle avait été tirée de son sommeil par les attouchements de son 
beau-père, l'application de l'art. 191 CP étant donc exclue. 

b.b. Selon le MP, l'appelante jointe et l'intimée, une comparaison de la crédibilité des 
récits des parties plaignantes et du prévenu ne laissait aucun doute quant à la 
prévalence du premier au vu de sa cohérence, de son niveau de détail et de l'absence 
d'exagération. Par ailleurs, il n'existait aucun bénéfice au dévoilement des 
plaignantes, celui-ci ayant eu lieu des années avant leur dénonciation aux autorités. 
La rétractation initiale de E______ devait être mise en perspective avec la pression 
qu'elle avait subie de plusieurs adultes dans un contexte de quasi huis-clos familial. 
L'intimée a souligné que, dans la mesure où la Cour suivrait l'argument de la défense 
relatif à l'art. 191 CP, il conviendrait de retenir l'infraction de contrainte sexuelle 
pour les faits en question, et non d'acquitter l'appelant. Le MP a en outre fait valoir 
qu'une peine privative de liberté de trois ans était trop clémente au vu notamment de 
l'emprise sur les victimes, des menaces de dissolution de la famille auxquelles 
l'appelant a eu recours, ainsi que de son manque total d'empathie. Dans un cas 
comparable, mais de gravité moindre, la CPAR avait d'ailleurs retenu une peine 
privative de liberté de trois ans (cf. AARP/151/2023 du 4 mai 2023 consid. 5.2.1). 
Pour sa part, C______ a contesté le montant de CHF 4'000.- qui lui a été octroyé à 
titre de tort moral, soutenant que celui-ci était trop faible au regard de la 
jurisprudence en la matière et des souffrances qu'elle avait subies du fait du 
comportement de son beau-père. 

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b.c. La défense a renoncé à répliquer. 

D. A______ est né le ______ 1971 à T______ en République démocratique du Congo 
(RDC), État dont il est ressortissant. Il n'a jamais connu son père, décédé alors qu'il 
était enfant. Sa mère et lui ont vécu des revenus tirés de la vente de beignets et du 
travail dans les champs. Après avoir effectué sa scolarité, il a entrepris une formation 
en mécanique qu'il a interrompue. Il a commencé à travailler vers 15-16 ans puis, en 
1998, a émigré en Suisse. Il est titulaire d'un permis d'établissement depuis le 
25 octobre 2014.  Il vit actuellement avec H______ et leurs deux enfants cadets, 
encore à charge. 

Il n'a jamais travaillé en Suisse et pratique l'activité de pasteur de rue à titre 
autodidacte, après l'avoir exercée sur Facebook. Dans le contexte du suivi par le SPI, 
il a débuté un stage à la Fondation U______, mais l'a interrompu au 31 mai 2023, 
selon lui suite au prononcé du jugement de première instance, son état l'ayant 
empêché de le poursuivre. Il n'est pas aidé par l'Hospice général et vit du salaire de 
son épouse. Après la fin de la procédure, il compte trouver un local pour prêcher. 

Son casier judiciaire suisse au 30 janvier 2024 est vierge. 

E. a. Me D______, conseil juridique gratuit de C______, dépose un état de frais pour la 
procédure d'appel, facturant huit heures et 55 minutes d'activité de collaboratrice, 
dont une heure de conférence avec sa mandante et sept heures et 55 minutes de 
travail sur le dossier, hors débats d'appel, lesquels ont duré trois heures et 
dix minutes. Son travail dans la procédure préliminaire et de première instance a été 
taxé à hauteur de 51 heures et 25 minutes. 

 b. Me F______, conseil juridique gratuit de E______, dépose un état de frais pour la 
procédure d'appel, facturant neuf heures et 45 minutes d'activité de cheffe d'étude, 
hors débats d'appel, dont une heure et vingt minutes de conférence avec sa mandante 
et huit heures et 25 minutes de travail sur le dossier, ainsi que 15 minutes de travail 
d'avocat-stagiaire. Son travail dans la procédure préliminaire et de première instance 
a été taxé à hauteur de 72 heures et 45 minutes. Elle requiert en outre le 
remboursement d'un billet de train aller-retour de sa cliente depuis S______, acheté 
le 17 janvier 2024, soit un montant de EUR 118.-. 

EN DROIT : 

1. 1. L'appel est recevable pour avoir été interjeté et motivé selon la forme et dans les 
délais prescrits (art. 398 et 399 du Code de procédure pénale [CPP]). 

 La Chambre n'examine que les points attaqués du jugement de première instance 
(art. 404 al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 

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al. 2 CPP), sans être liée par les motifs invoqués par les parties ni par leurs 
conclusions, à moins qu'elle ne statue sur une action civile (art. 391 al. 1 CPP).  

2. 2.2.1. Le principe in dubio pro reo, qui découle de la présomption d'innocence, 
garantie par l'art. 6 ch. 2 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et 
des libertés fondamentales (CEDH) et, sur le plan interne, par les art. 32 al. 1 de la 
Constitution fédérale de la Confédération suisse (Cst.) et 10 al. 3 CPP, concerne tant 
le fardeau de la preuve que l'appréciation des preuves (ATF 148 IV 409 consid. 2.2 ; 
145 IV 154 consid. 1.1 ; 127 I 38 consid. 2a). 

Le principe de la libre-appréciation des preuves implique qu'il revient au juge de 
décider ce qui doit être retenu comme résultat de l'administration des preuves en se 
fondant sur l'aptitude de celles-ci à prouver un fait au vu de principes scientifiques, 
du rapprochement des divers éléments de preuve ou indices disponibles à la 
procédure, et sa propre expérience (ATF 144 IV 345 consid. 2.2.3.1 ; arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_1295/2021 du 16 juin 2022 consid. 1.2) ; lorsque les éléments de 
preuve sont contradictoires, le tribunal ne se fonde pas automatiquement sur celui qui 
est le plus favorable au prévenu (arrêts du Tribunal fédéral 6B_1295/2021 du 16 juin 
2022 consid. 1.2 ; 6B_477/2021 du 14 février 2022 consid. 3.1 ; 6B_1363/2019 du 
19 novembre 2020 consid. 1.2.3). Comme règle de l'appréciation des preuves, le 
principe de la présomption d'innocence interdit cependant au juge de se déclarer 
convaincu d'un fait défavorable à l'accusé, lorsqu'une appréciation objective de 
l'ensemble des éléments de preuve recueillis laisse subsister un doute sérieux et 
insurmontable quant à l'existence d'un tel fait ; des doutes abstraits ou théoriques, qui 
sont toujours possibles, ne suffisent en revanche pas à exclure une condamnation 
(ATF 148 IV 409 consid. 2.2 ; 145 IV 154 consid. 1.1 ; 144 IV 345 consid. 2.2.3.2 et 
2.2.3.3 ; 138 V 74 consid. 7 ; 127 I 38 consid. 2a). Lorsque dans le cadre du 
complexe de faits établi suite à l'appréciation des preuves faite par le juge, il existe 
plusieurs hypothèses pareillement probables, le juge pénal doit choisir la plus 
favorable au prévenu (ATF 144 IV 345 consid. 2.2.3.2 ; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_477/2021 du 14 février 2022 consid. 3.2). 

 2.2.2. Les déclarations de la victime alléguée constituent un élément de preuve que le 
juge doit prendre en compte dans l'évaluation globale de l'ensemble des éléments 
probatoires rassemblés au dossier ; les situations de "déclarations contre 
déclarations", dans lesquelles les déclarations de la victime en tant que principal 
élément à charge et les déclarations contradictoires de la personne accusée 
s'opposent, ne doivent pas nécessairement conduire à un acquittement, l'appréciation 
définitive des déclarations des participants incombe au tribunal du fond (arrêts du 
Tribunal fédéral 6B_792/2022 du 16 janvier 2024 consid. 1.1.2 ; 7B_740/2023 du 
11 décembre 2023 consid. 2.1.4 ; 7B_6/2023 du 28 novembre 2023 consid. 2.3 ; 
6B_754/2023 du 11 octobre 2023 consid. 2.1 ; 6B_265/2023 du 20 septembre 2023 
consid. 2.1). Il est notoire que les victimes d'abus sexuels peuvent ne pas se confier 
dans un premier temps et ne donner des informations sur les évènements que bien 

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plus tard (cf. ATF 147 IV 409 consid. 5.4.1 et 5.4.2 ; AARP/392/2023 du 20 octobre 
2023 consid. 2.2). 

 2.2. En l'espèce, il n'est pas débattu que l'appelant et les parties plaignantes ont 
partagé le même domicile entre 2011 et 2014, que le premier jouait alors le rôle de 
père de substitution à l'égard des secondes et qu'il était à l'époque économiquement 
inactif. Pour le reste, les versions des parties sont irréconciliables. 

 2.2.1. L'appelant a été constant dans ses dénégations. Celles-ci souffrent cependant 
de sérieuses incohérences. Il a ainsi reconnu que les accusations de l'appelante jointe 
étaient souvent abordées en famille mais prétendu ne pas se rappeler de leur origine, 
ce qui est inusité s'agissant d'un reproche aussi marquant que des actes sexuels. De 
même, il a affirmé ne jamais avoir été seul à son domicile avec ses belles-filles à 
l'époque où elles étaient à l'école, ce qui est peu vraisemblable. Son allégation selon 
laquelle l'intimée ne dormait pas seule au moment des faits a été démentie par 
H______ lors de son audition à la police, dont le revirement après avoir eu 
connaissance des déclarations de son époux et de ses filles, n'est pas convaincant 
dans la mesure où il paraît dicté par son soutien résolu à la défense de son époux. 
L'absence de souvenir de l'appelant quant à une discussion qui l'aurait opposé à ses 
belles-filles à propos d'abus qu'il aurait commis sur l'appelante jointe entre 
pareillement en discrépance avec les déclarations détaillées de son épouse à ce 
propos. Enfin, ses explications quant aux motifs qui auraient amené ses belles-filles à 
porter des accusations éminemment sérieuses sont alambiquées et contradictoires 
avec les éléments de preuve, voire irrationnelles. Son leitmotiv selon lequel sa belle-
famille les aurait utilisées, potentiellement en ayant recours à la sorcellerie, dans le 
cadre d'un complot à son égard est en contradiction avec la chronologie des 
évènements. En effet, il fait fi de la survenance des premières accusations au plus 
tard lorsque l'ainée avait 13 ans, soit en 2012, selon ses propres déclarations et celles 
de son épouse, alors que N______ a déclaré n'avoir eu connaissance des accusations 
d'attouchements qu'en 2018, avant ses parents, et que sa mère, P______, a dit n'en 
avoir eu vent qu'en 2021. Interrogé tant par le TCO que la Chambre de céans, 
l'appelant a été incapable de fournir une réponse conséquente. Son affirmation selon 
laquelle le père biologique des parties plaignantes serait à l'origine des accusations, 
alors même qu'il reconnaît que la reprise de contacts, uniquement à distance, avec 
celles-ci a eu lieu en 2019, souffre de la même incohérence. Quant aux explications 
louvoyantes de son épouse, qui a d'abord repris la version de son mari sur des 
manipulations de sa famille, puis a insisté sur le comportement spécieux de ses 
ainées, sur leur vénalité et sur leur prétendue volonté d'accaparement de sa personne, 
aucun élément au dossier ne permet de les étayer. 

2.2.2. Le récit de E______ a été réalisé en discours libre. Son propos est constant, les 
quelques imprécisions temporelles qu'il contient étant mineures et compréhensibles 
au vu de l'écoulement du temps. Ses déclarations comportent de nombreux détails, 
comme des circonstances de lieu et de temps, des interactions spécifiques et des états 

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de pensée, en particulier eu égard à l'évènement initial, qui aurait eu lieu un mercredi 
dans la salle de bain après la prière familiale et lors duquel son beau-père aurait dit 
"je vois que tu as grandi". Elle a également mentionné les douleurs lors des 
pénétrations digitales effectuées par l'appelant ou le fait que les abus diurnes avaient 
lieu généralement après qu'elle était rentrée du parc et dans toutes les pièces de la 
maison sauf la chambre à coucher. Elle a décrit les justifications avancées à l'époque 
par son beau-père, soit notamment le fait qu'il s'agissait de preuves d'amour ou que 
tous les papas blancs agissaient de la sorte envers leurs enfants. Elle a aussi évoqué 
qu'il avait cessé d'abuser de son sexe en exposant que cette zone était réservée à son 
futur époux. Son récit de la scène de dévoilement initial des faits survenue alors 
qu'elle était âgée de 13 ans a été confirmé sur des aspects essentiels par H______ et 
L______. De même, sa mère a initialement confirmé que, conformément à ses 
déclarations, elle dormait bien seule dans une pièce à l'époque des faits. 

 2.2.3. La description par C______ des deux occasions où elle aurait été abusée 
sexuellement par son beau-père a été spontanée et constante. Son récit est très 
détaillé, comportant une description des habits qu'elle portait à l'époque ainsi que des 
comportements successifs de l'appelant à ces occasions. Elle a également mentionné 
des interactions spécifiques, comme le fait qu'il eût déclaré vouloir vérifier si elle 
n'avait pas d'eczéma sur sa poitrine et s'était justifié en affirmant que tous les pères 
blancs procédaient de la sorte, ou encore que sa sœur lui avait initialement demandé 
de ne pas parler des évènements à sa mère dans l'intérêt de la fratrie. Son exposé du 
second incident comporte de surcroît des détails singuliers, soit le fait qu'elle avait 
serré les dents pour empêcher son beau-père d'introduire sa langue dans sa bouche, 
qu'elle avait fui par le balcon et qu'elle avait ensuite révélé les faits à sa mère sur le 
chemin du retour de son travail, ce à quoi celle-ci avait répondu "non pas encore ça". 
L'incident familial ayant suivi le premier abus allégué a de surcroît été confirmé par 
H______ lors de ses déclarations initiales à la police, avant qu'elle ne tente, de 
manière peu intelligible et crédible, de revenir sur celles-ci. De même, les 
déclarations de l'appelante jointe ont été corroborées par son ainée, qui a notamment 
mentionné avoir vu sa sœur parvenir à l'arrêt de bus en pleurant et en lui annonçant : 
"papa, il m'a fait la même chose qu'à toi". 

 2.2.4. Dans l'ensemble, les récits de E______ et C______ comportent de nombreuses 
caractéristiques révélatrices de déclarations authentiques, en contraste avec les 
affirmations succinctes de l'appelant qui souffrent d'imprécisions notables et des 
incohérences avec d'autres éléments de preuve. Certains aspects de leurs déclarations 
ressortent en outre indirectement de plusieurs témoignages de tiers. M______ a ainsi 
affirmé que l'ainée, puis la cadette, lui avaient confié, en 2017 ou 2018, avoir subi 
des attouchements de leur beau-père, notamment à la poitrine. N______ a quant à 
elle expliqué que l'intimée lui avait dit, entre 2018 et 2020, avoir subi des 
attouchements sans pénétration pendant la nuit, notamment à la poitrine, et que 
l'appelante jointe avait évoqué avoir été "tripotée". Il ressort en outre des déclarations 
de l'appelant, de l'appelante jointe, de l'intimée, de leur mère et de leur sœur que le 

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sujet des attouchements a été évoqué lors de disputes familiales antérieures à la 
dénonciation. De plus, selon les expertises de victimologie, un trouble de stress post-
traumatique chronique a été diagnostiqué chez les parties plaignantes, sans que son 
étiologie révèle d'alternative crédible à celle des abus dénoncés, celle-ci ne ressortant 
pas non plus du dossier, et en particulier des déclarations de l'appelant, de son épouse 
ou de I______. Par ailleurs, le fait que l'appelant a cessé spontanément ses 
agissements vers les 15 ans de l'intimée, autrement dit à un moment où elle se faisait 
femme, est cohérent tant avec le trouble pédophile retenu par l'expert qu'avec ses 
convictions évoquées par les parties plaignantes, selon lesquelles sa virginité devait 
être préservée pour son futur époux.   

Enfin, les circonstances de la dénonciation des faits ne sont pas de nature à affecter la 
crédibilité des déclarations des parties plaignantes. Au contraire, comme l'admet 
l'appelant, E______ a pour la première fois émis des accusations à son encontre suite 
à une dispute familiale alors qu'elle était âgée de 13 ans et que les comportements 
reprochés avaient encore cours. Certes, elle s'est à l'époque finalement rétractée. Il 
ressort toutefois des déclarations de la jeune fille, de H______, de L______ et de 
l'appelant lui-même que ce dédit a eu lieu après que trois adultes avaient mis en 
doute ses propos et que la mise en danger de la cellule familiale avait été évoquée, le 
prévenu suggérant même qu'il pourrait se suicider. Comme l'ont souligné les 
expertes, le fait que la jeune fille soit revenue sur ses déclarations dans ces 
circonstances, et en particulier face à l'opposition de ses deux figures principalement 
d'autorité tombe sous le sens et n'est pas de nature à remettre en doute la véracité des 
faits dénoncés. Le dévoilement initial de C______ a eu lieu alors que celle-ci avait 
12 ou 13 ans, comme cela ressort des dépositions de sa mère et de sa sœur. 
M______, N______, P______ et R______ ont de surcroît toutes déclaré avoir appris 
l'existence des allégations d'abus une ou plusieurs années avant leur dénonciation. 
Les explications de l'intimée quant au fait qu'elle n'avait initialement pas désiré 
chercher de l'aide des autorités car elle craignait l'éclatement de ses liens familiaux, 
justifications corroborées par le témoin M______ et par H______, avant de sauter le 
pas à l'âge adulte après une dispute lors de laquelle l'appelant avait sous-entendu 
qu'elle était responsable de son calvaire, une visite chez le psychologue et une 
discussion avec sa sœur, sont compréhensibles et convaincantes. Cela vaut d'autant 
plus que la mère avait pris fait et cause pour son époux et qu'elle ne pouvait donc 
compter, à l'époque, sur le soutien d'aucun adulte. Comme l'a souligné la défense, le 
fait que l'appelante jointe a décidé de rentrer au domicile familial après avoir 
séjourné quelques mois chez sa cousine à O______ en 2018 ou 2019 peut interroger 
au regard de ses accusations. Il faut toutefois se rappeler qu'elle se trouvait à cette 
occasion d'une part éloignée de ses sœurs et de son frère, ainsi que du lieu de ses 
études et, d'autre part, que les agissements de l'appelant à son encontre avaient alors 
cessé depuis environ cinq ans. Dans ces circonstances, un tel retour au domicile 
familial est loin d'être inconcevable et n'apparaît pas de nature à mettre en doute sa 
crédibilité. 

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2.2.5. En conclusion, la juridiction d'appel retient le déroulement des faits suivant : 

 À une date indéterminée à la fin 2011 ou en 2012, E______ était nue dans la salle de 
bain familiale. Son beau-père, entré à l'improviste, a remarqué qu'elle avait pris de 
l'âge, puis a touché et embrassé ses seins, malgré ses protestations. Par la suite, il a 
procédé à une fréquence quasi-hebdomadaire à divers actes à son encontre : il a 
touché et léché ses seins, l'a embrassée sur la bouche avec la langue, lui a touché le 
sexe, a caressé son clitoris et a pénétré son vagin avec ses doigts en faisant des 
mouvements. Ces comportements survenaient principalement pendant la nuit, 
l'appelant se glissant dans la petite chambre dans laquelle l'intimée dormait seule, et 
dont elle n'avait pas la clé. L'adolescente se réveillait après qu'il avait débuté ses 
agissements. Ceux-ci avaient également lieu pendant la journée, lorsque l'intimée et 
son beau-père étaient seuls dans l'appartement. Ils ont cessé lorsqu'elle a eu environ 
15 ans, soit à la fin de l'année 2013, à l'initiative de l'appelant. Alors qu'elle avait 
approximativement 13 ans, soit à la fin 2011 ou courant 2012, elle a dévoilé pour la 
première fois les abus à sa mère, mais celle-ci a été convaincue par les démentis de 
son époux, qui, à cette occasion, a évoqué la possibilité d'un suicide. Après une 
accalmie, celui-ci a repris ses agissements. Il se justifiait en affirmant que ses actes 
étaient une preuve usuelle d'amour, tout en requérant de sa belle-fille qu'elle garde ce 
secret entre eux, car sa révélation aurait pu détruire la famille, ou encore en lui 
reprochant de ne pas l'aimer lorsqu'elle se débattait et le repoussait. 

Alors qu'elle avait 12 ans, C______ est restée seule à la maison avec son beau-père 
lors de la pause méridienne. Au prétexte de vérifier si elle n'avait pas d'eczéma, 
celui-ci s'est approché et lui a malaxé les seins pendant deux à trois minutes. 
L'adolescente s'étant réfugiée dans sa chambre, il l'y a rejointe et lui a à nouveau 
touché les seins, les embrassant et léchant en sus, le tout pendant environ cinq 
minutes. Bien qu'elle fût tétanisée, l'appelante jointe lui a fait remarquer qu'il n'avait 
pas le droit d'agir de la sorte, ce à quoi il a répondu que tous les papas blancs en 
faisaient de même et qu'il s'agissait d'une preuve d'amour, ajoutant qu'il ne fallait pas 
qu'elle en parle à sa mère. Alors qu'elle avait 13 ans, elle s'est à nouveau retrouvée 
seule avec son beau-père à leur domicile. À cette occasion, celui-ci lui a malaxé les 
seins par-dessus les habits et l'a embrassée de force sur la bouche avec la langue, ce à 
quoi elle a fait obstacle en serrant ses dents, avant de le repousser et de fuir par le 
balcon, l'appelant s'étant interposé devant la porte d'entrée et empêchant sa sortie. 
Elle a dénoncé les faits le même jour à sa mère qui, face aux dénégations de 
l'appelant, a pris parti pour la version de ce dernier. 

Par la suite, l'appelant a avancé diverses explications, prétendument tirées des écrits 
chrétiens, pour banaliser les faits, évoquant notamment que la virginité de ses belles-
filles était préservée. Il a aussi assuré que son inactivité, ou même l'intimée, alors 
âgée de 12 ans, étaient responsables de son comportement. Celui-ci a causé chez les 
deux victimes un trouble de stress post-traumatique chronique, qui a un impact 
notable sur leur vie relationnelle et sexuelle, en particulier s'agissant de l'intimée qui 

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souffre de cauchemars traumatiques, d'angoisses, d'altération de sa propre image et 
d'hypervigilance, l'appelante jointe étant quant à elle uniquement sujette à des 
cauchemars. Les victimes ont de surcroît perdu tout contact avec leur demi-sœur et 
leur demi-frère du fait de la procédure, ce dont elles souffrent beaucoup, ainsi 
qu'avec leur mère. 

3. 3.1.1. Selon l'art. 187 ch. 1 al. 1 CP, celui qui aura commis un acte d'ordre sexuel sur 
une personne de moins de 16 ans se rend coupable de l'infraction d'actes d'ordre 
sexuel avec des enfants. 

Les éléments constitutifs objectifs de cette infraction sont donc la réalisation d'un 
acte d'ordre sexuel sur un mineur de moins de 16 ans (AARP/441/2023 du 
14 décembre 2023 consid. 4.1.1.1). Cette variante de l'art. 187 ch. 1 CP implique un 
contact physique entre l'auteur et l'enfant (ATF 131 IV 100 consid. 7.1). Par acte 
d'ordre sexuel au sens de l'art. 187 CP, ainsi que des art. 189 et 191 CP, il faut 
entendre une activité corporelle sur soi-même ou sur autrui qui tend à l'excitation ou 
à la jouissance sexuelle de l'un des participants au moins et qui est objectivement 
clairement connotée sexuellement d'un point de vue de l'observateur neutre ; dans les 
cas équivoques, il convient de tenir compte de l'ensemble des éléments d'espèce, 
notamment de l'âge de la victime, de sa différence d'âge avec l'auteur, de la durée de 
l'acte et de son intensité, ainsi que du lieu choisi par l'auteur (ATF 125 IV 58 
consid. 3b ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_866/2022 du 5 juin 2023 consid 4.1.2 ; 
6B_859/2022 du 6 mars 2023 consid. 1.3). La notion d'acte d'ordre sexuel doit être 
interprétée plus largement lorsque la victime est un enfant ; dans ce cas, il faut se 
demander si l'acte, qui doit revêtir un caractère sexuel indiscutable, est de nature à 
perturber l'enfant (arrêts du Tribunal fédéral 6B_866/2022 du 5 juin 2023 
consid 4.1.2 ; 6B_44/2020 du 16 septembre 2020 consid. 5.1 ; 6B_1122/2018 du 
29 janvier 2019 consid 3.2). Des baisers insistants sur la bouche, de même qu'une 
caresse insistante du sexe, des fesses ou des seins, même par-dessus les habits, 
constituent un acte d'ordre sexuel (arrêt du Tribunal fédéral 6B_859/2022 du 6 mars 
2023 consid. 1.3 ; AARP/441/2023 du 14 décembre 2023 consid. 4.1.1.3). 

Sur le plan subjectif, l'auteur doit avoir connaissance du caractère objectivement 
sexuel de son acte et sur le fait que l'autre personne est âgée de moins de 16 ans ; le 
dol éventuel suffit (arrêts du Tribunal fédéral 6B_912/2022 du 7 août 2023 
consid. 4.1.2 ; 6B_866/2022 du 5 juin 2023 consid. 2.1.2). 

3.1.2. Selon l'art. 189 CP, celui qui aura contraint autrui à subir un acte d'ordre 
sexuel, notamment en usant de menace envers une personne ou en exerçant sur elle 
des pressions d'ordre psychique, se rend coupable de contrainte sexuelle. 

Les éléments constitutifs objectifs de cette infraction sont ainsi la réalisation d'un 
acte d'ordre sexuel non-consenti au moyen d'une contrainte (ATF 148 IV 234 

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consid. 3.3 ; 122 IV 97 consid. 2b ; 119 IV 309 consid. 7b ; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_924/2022 du 13 juillet 2023 consid. 2.2.1). S'agissant d'un mineur disposant de la 
capacité de se déterminer librement en matière sexuelle, il peut exister une contrainte 
dès qu'un adulte, même sans avoir recours à des menaces, manipule un enfant de 
manière à ce que celui-ci ne soit pas en capacité de refuser des actes d'ordre sexuel, 
par exemple en lui laissant entendre qu'ils seraient normaux, qu'ils seraient une belle 
chose, ou qu'ils constitueraient une faveur ; l'âge de l'enfant, sa situation familiale, la 
position de l'auteur par rapport à l'enfant et l'intensité de la confiance que ce dernier 
lui porte, ainsi que la manière dont sont commis les actes d'ordre sexuel sont en 
particulier déterminants pour juger de l'existence d'une manipulation de l'adulte 
devant être assimilée à une contrainte (ATF 146 IV 153 consid. 3.5.5 et 3.5.7 ; arrêts 
du Tribunal fédéral 6B_1499/2021 du 15 août 2022 consid. 3.2 ; 6B_634/2020 du 
31 janvier 2022 consid. 3.2.4 ; 6B_935/2020 du 25 février 2021 consid, 4.1). 

Sur le plan subjectif, la contrainte sexuelle est une infraction intentionnelle ; l'auteur 
doit savoir que la victime n'est pas consentante ou en accepter l'éventualité  
(ATF 148 IV 234 consid. 3.4 ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_924/2022 du 13 juillet 
2023 consid. 2.2.2 ; 6B_808/2022 du 8 mai 2023 consid. 3.2 ; 6B_803/2021 du 
22 mars 2023 consid. 7.1.1). L'élément subjectif est réalisé lorsque la victime donne 
des signes de son opposition, reconnaissables pour l'auteur, tels que des demandes 
d'être laissée tranquille, le fait de se débattre ou d'essayer de fuir (ATF 148 IV 234 
consid. 3.4 ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_924/2022 du 13 juillet 2023 consid. 2.2.2 ; 
6B_808/2022 du 8 mai 2023 consid. 3.2) ou, s'agissant d'un jeune enfant, qu'une telle 
opposition n'apparaisse objectivement pas exigible (ATF 146 IV 153 consid. 3.5.6). 

3.1.3. Selon l'art. 191 CP, se rend coupable d'actes d'ordre sexuel commis sur une 
personne incapable de discernement ou de résistance, quiconque, sachant qu'une 
personne se trouve dans un tel état, en profite pour commettre sur elle un acte d'ordre 
sexuel. 

Est incapable de résistance la personne qui n'est durablement ou momentanément pas 
apte à s'opposer à des contacts sexuels non désirés ; il est cependant nécessaire que la 
victime soit incapable de se défendre, et non seulement que cette capacité soit limitée 
ou que son degré d'inhibition soit réduit (ATF 148 IV 329 consid. 3.2 ; 133 IV 49 
consid. 7.2 ; 119 IV 230 consid. 3a). L'incapacité de résistance doit en tous les cas 
être préexistante à l'acte d'ordre sexuel (ATF 148 IV 329 consid. 5.2). Une personne 
endormie est sans résistance au sens de l'art. 191 CP (arrêts du Tribunal fédéral 
6B_1330/2022 du 3 juillet 2023 consid. 3.1.3 ; 6B_164/2022 du 5 décembre 2022 
consid. 2.1 ; 6B_1204/2017 du 17 mai 2018 consid. 2.1). A la différence de la 
contrainte sexuelle et du viol, la victime d'un comportement visé par l'art. 191 CP est 
en effet incapable de discernement ou de résistance, non en raison d'une contrainte 
exercée par l'auteur, mais pour d'autres causes (arrêts du Tribunal fédéral 
6B_1174/2021 du 21 juin 2022 consid. 2.1 ; 6B_322/2021 du 2 mars 2022 
consid. 3.3 ; 6B_215/2021 du 17 janvier 2022 consid 4.1)  

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Sur le plan subjectif, l'infraction de l'art. 191 CP requiert l'intention, soit notamment 
la connaissance par l'auteur de l'incapacité de résistance de la victime  
(ATF 148 IV 329 consid. 3.2 ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_164/2022 du 
5 décembre 2022 consid. 2.1 ; 6B_1174/2021 du 21 juin 2022 consid. 2.1). 

3.1.4.  L'art. 187 CP protège le développement sexuel des mineurs, tandis que les 
art. 189 à 191 CP protègent la libre-détermination en matière sexuelle ; ces deux 
infractions peuvent donc être commises en concours idéal (ATF 146 IV 153 
consid. 3.5.2 ; 124 IV 154 consid. 3a ; 122 IV 97 consid. 2a ; 120 IV 194 consid. 2b). 

 3.2.1.1. En l'espèce, les faits établis au considérant 2.2.5 concernant l'intimée 
constituent des actes sexuels commis physiquement sur un mineur de moins de 
16 ans, de sorte que les conditions objectives de l'infraction de l'art. 187 ch. 1 
al. 1 CP sont remplies. Il en va de même de l'élément subjectif de l'intention, 
l'appelant ayant connaissance de l'âge de sa victime et du caractère sexuel de ses 
actes, dans la mesure où il s'est évertué à les justifier par la suite, notamment en 
soulignant que sa virginité était préservée. 

3.2.1.2. Les actes sexuels commis pendant la journée ou nuitamment après l'éveil de 
l'intimée ont été réalisés dans le contexte d'un huis-clos familial et alors que 
l'appelant était au bénéfice d'une position d'autorité parentale envers celle qu'il avait 
élevée depuis son plus jeune âge. Celle-ci se trouvait ainsi dans une situation de 
vulnérabilité particulière d'autant plus intense qu'elle a rapidement constaté que le 
seul autre adulte possédant avec elle un lien aussi fort, à savoir sa mère, ne la croyait 
pas et n'était pas encline à la protéger efficacement. L'appelant a exploité cette 
grande fragilité, utilisant à la fois la manipulation aux compliments, le chantage à 
l'affection et la menace d'une destruction des liens familiaux auxquelles la victime 
était particulièrement attachée, allant même jusqu'à évoquer l'hypothèse de son 
suicide. Dans ces circonstances, il appert qu'aucune résistance ne pouvait être 
attendue de l'intimée. Les éléments constitutifs objectifs de l'infraction de contrainte 
sexuelle sont donc remplis. 

Sur le plan subjectif, l'appelant avait connaissance de l'absence de consentement de 
sa victime puisqu'elle n'a jamais manifesté une quelconque volonté d'y participer, 
outre qu'il apparaît douteux qu'une telle opposition eût pu être exigée d'elle. Bien au 
contraire, elle a dès le début exprimé sa désapprobation et a dénoncé rapidement les 
actes qu'elle subissait, soit lors de l'épisode du conflit familial lors duquel le témoin 
L______ s'est rendu sur place. L'appelant a donc agi intentionnellement. 

Quant aux actes sexuels initiés pendant la nuit alors que l'intimée était endormie, ce 
dont son beau-père avait connaissance, ils ont été effectués sur une personne 
incapable de discernement et remplissent donc les éléments constitutifs de 
l'art. 191 CP, indépendamment du comportement de l'intimée après son éveil. Pour le 

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surplus, il n'est pas nécessaire de distinguer quels actes concrets ont été commis 
avant son réveil et lesquels après dans la mesure où les art. 189 et 191 CP consacrent 
des infractions alternatives protégeant le même bien juridique qui ne sont pas 
susceptibles d'entrer en concours idéal. Certes, le détail des actes réalisés nuitamment 
ne figure dans l'acte d'accusation qu'à son passage faisant référence à l'art. 191 CP, et 
pas à l'art. 189 CP. La juridiction d'appel peut néanmoins opter pour une autre 
qualification juridique, en l'espèce pour partie des faits en cause, soit ceux commis 
après le réveil de la victime, pour autant que le droit d'être entendu soit respecté 
(art. 344 CPP). Tel est le cas, étant rappelé que la question a été soulevée par 
l'appelant lui-même, lequel a contesté l'application de l'art. 191 CP au motif que la 
jeune fille était éveillée durant une partie des actes, ce à quoi l'avocate de l'intéressée 
a rétorqué qu'à le suivre, il faudrait qualifier de contrainte sexuelle les agissements 
commis après le réveil. L'appelant eût pu répliquer, mais y a renoncé. La question a 
donc été débattue. 

 3.2.2.1. Bien que les actes commis par l'appelant à l'encontre de l'appelante jointe 
soient d'une gravité inférieure à ceux subis par sa sœur ainée, ils excèdent clairement 
l'intensité d'un attouchement sexuel au sens de l'art. 198 al. 2 CP dans la mesure où 
ils ont été commis à l'encontre d'une enfant et étaient indubitablement de nature à 
perturber son bon développement sur le plan sexuel. Pour le reste, les 
développements du considérant 3.2.1.1. sont applicables mutatis mutandis. Les 
conditions de l'infraction de l'art. 187 ch. 1 al. 1 CP sont donc remplies. 

3.2.2.2. Les actes sexuels entrepris par l'appelant à l'encontre de l'appelante-jointe ont 
eu lieu alors que les protagonistes se trouvaient seuls au domicile familial, que 
l'appelante jointe était âgée de 12 et 13 ans et qu'ils avaient connaissance de l'apathie 
de H______ face au dévoilement antérieur de l'intimée. L'appelante jointe se trouvait 
donc dans une situation de vulnérabilité permettant à son beau-père d'aboutir sans 
difficulté à ses fins, celui-ci ayant de surcroît eu recours à la manipulation, à 
l'affection et même à son physique dans la mesure où il a à une reprise tenté de 
prévenir la fuite de sa victime en s'interposant devant la porte d'entrée après qu'elle 
l'a repoussé. À cette aune, une contrainte doit être retenue et les éléments constitutifs 
objectifs de l'infraction de contrainte sexuelle sont remplis. 

Subjectivement, l'appelant avait connaissance du défaut de consentement de 
l'appelante jointe puisque celle-ci lui avait fait remarquer dès ses premiers 
agissements à son encontre qu'il n'avait pas le droit d'agir de la sorte, sa sœur étant 
même intervenue, et qu'il a passé outre. Sa volonté criminelle ne fait pas de doute. 

3.2.3. En conclusion, c'est à juste titre que le TCO a reconnu l'appelant coupable 
d'actes d'ordre sexuel avec des enfants et de contraintes sexuelles au préjudice tant de 
l'intimée que de l'appelante jointe, et d'actes d'ordre sexuel commis sur une personne 

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incapable de discernement ou de résistance au détriment de la première. Partant, 
l'appel sera rejeté sur ces points. 

4. 4.1.1. Les infractions de contrainte sexuelle et d'actes d'ordre sexuel commis sur une 
personne incapable de discernement ou de résistance sont réprimées d'une peine 
privative de liberté de dix ans au plus ou d'une peine pécuniaire. Quant à l'infraction 
d'actes d'ordre sexuel avec des enfants, elle est punie d'une peine privative de liberté 
de cinq ans au plus ou d'une peine pécuniaire. 

4.1.2. Selon l'art. 47 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabilité de l'auteur. Celle-
ci doit être évaluée en fonction de tous les éléments objectifs pertinents, qui ont trait 
à l'acte lui-même, à savoir notamment la gravité de la lésion, le caractère 
répréhensible de l'acte et son mode d'exécution. Du point de vue subjectif, sont pris 
en compte l'intensité de la volonté délictuelle ainsi que les motivations et les buts de 
l'auteur. À ces composantes de la culpabilité, il faut ajouter les facteurs liés à l'auteur 
lui-même, à savoir les antécédents, la situation personnelle (état de santé, âge, 
obligations familiales, situation professionnelle, risque de récidive, etc.), la 
vulnérabilité face à la peine, de même que le comportement après l'acte et au cours 
de la procédure pénale (ATF 142 IV 137 consid. 9.1 ; 141 IV 61 consid. 6.1.1 ;  
136 IV 55 consid. 5.5, 5.6 et 5.7), ainsi que l'effet de la peine sur son avenir. L'art. 47 
CP confère un large pouvoir d'appréciation au juge (ATF 144 IV 313 consid. 1.2 ; 
135 IV 130 consid. 5.3.1 ; 134 IV 35 consid. 2.1). L'absence d'antécédent a un effet 
neutre sur la fixation de la peine (ATF 141 IV 61 consid. 6.3.2 ; 136 IV 1 
consid. 2.6.4). Il en va de même de l'utilisation par le prévenu de son droit à ne pas 
coopérer volontairement à la procédure pénale (ATF 149 IV 9 consid. 5.1.3). 

4.1.3. Lorsque l'auteur est condamné au titre de plusieurs chefs d'accusation 
(concours) et que les peines envisagées pour chaque infraction prise concrètement 
sont de même genre (ATF 147 IV 225 consid. 1.3 ; 144 IV 313 consid. 1.1.1), 
l'art. 49 al. 1 CP impose au juge, dans un premier temps, de fixer la peine pour 
l'infraction abstraitement – d'après le cadre légal fixé pour chaque infraction à 
sanctionner – la plus grave, en tenant compte de tous les éléments pertinents et, dans 
un second temps, d'augmenter cette peine pour sanctionner chacune des autres 
infractions, en tenant là aussi compte de toutes les circonstances y relatives 
(ATF 144 IV 313 consid. 1.1.2 ; 144 IV 217 consid. 3.5.1). L'art. 49 al. 1 CP 
s'applique notamment en cas de concours réel (ATF 148 IV 96 consid. 4.3.4). 
Lorsque plusieurs comportements constituant la même infraction sont étroitement 
liés sur les plans matériel et temporel mais qu'il n'existe pas d'unité juridique ou 
matérielle d'action, il est possible de fixer une peine d'ensemble, dans le respect du 
cadre de la peine posé par l'art. 49 al. 1 CP, sans devoir calculer une peine 
hypothétique séparée pour chacune des occurrences de l'infraction en cause 
(AARP/392/2023 du 20 octobre 2023 consid. 5.1.3 ; AARP/207/2023 du 21 juin 
2023 consid. 4.1.3 ; AARP/191/2023 du 8 juin 2023 consid. 4.4.1). 

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4.1.4. Aux termes de l'art. 51 CP, le juge impute sur la peine la détention avant 
jugement subie par l'auteur dans le cadre de l'affaire qui vient d'être jugée ou d'une 
autre procédure. À l'instar de la détention avant jugement, les mesures de substitution 
doivent être imputées sur la peine ; afin de déterminer la quotité de cette réduction, le 
juge prendra en considération l'ampleur de la limitation de la liberté personnelle 
découlant pour l'intéressé des mesures de substitution, en comparaison avec la 
privation de liberté subie lors d'une détention avant jugement ; il dispose à cet égard 
d'un pouvoir d'appréciation important (ATF 140 IV 74 consid. 2.4 ; arrêts du 
Tribunal fédéral 6B_990/2020 du 26 novembre 2021 consid. 2.5.1 ; 6B_772/2020 du 
8 décembre 2020 consid. 3.1 et 3.3 ; 6B_906/2019 du 7 mai 2020 consid. 1.1). 

4.2.1. S'agissant des infractions d'actes d'ordre sexuel avec des enfants commises à 
l'encontre de l'intimée, la faute de l'appelant est très importante. Celui-ci a en effet 
agi à de nombreuses reprises sur une période d'environ 30 mois. En outre, il était un 
des deux adultes les plus proches de sa victime et disposait à son égard d'une position 
d'autorité. Ses actes ont une influence néfaste particulièrement importante sur le 
développement social et sexuel de l'intimée qui souffre notamment de cauchemars 
traumatiques, d'angoisses, d'altération de sa propre image et d'hypervigilance. Sa 
volonté criminelle a été importante dans la mesure où la plupart de ses actes ont eu 
lieu après la tentative de sa jeune victime de dénoncer les faits au reste de sa famille 
et que celui-ci l'a sciemment placée dans un piège psychologique pernicieux, 
notamment en jouant avec sa peur de voir sa famille détruite et de devoir porter la 
responsabilité de son éventuel suicide. À sa décharge, il a cessé ses agissements de 
lui-même, bien que cela soit à mettre en perspective avec le développement physique 
et intellectuel de sa belle-fille. 

Les circonstances personnelles de l'appelant ne justifient en rien son comportement. 
Bien au contraire, celui-ci a profité de son absence d'activité et de son ascendant 
religieux pour commettre et justifier ses crimes. Il a démontré une absence totale de 
compassion pour sa victime, ce qui est à mettre en parallèle avec sa personnalité 
narcissique et dyssociale, qui n'influence cependant en rien sa responsabilité. Bien au 
contraire, il paraît n'avoir ni conscience de la gravité de ses actes, ni l'intention de 
lutter à l'avenir contre son absence d'empathie et son désir d'emprise sur autrui. Peu 
avant la dénonciation des actes aux autorités pénales et lors de l'audience d'appel, il 
n'a notamment pas hésité à rejeter sur ses belles-filles les conséquences funestes de 
son comportement sur sa famille et à prétendre que c'était l'intimée qui portait la 
responsabilité des actes d'ordre sexuels commis à son encontre. Dans la mesure où 
les crimes ont été commis antérieurement au 1er janvier 2014, l'art. 97 al. 2 CP n'est 
pas applicable et il sera tenu compte de l'écoulement du temps en tant que 
circonstance atténuante, bien qu'un peu moins de deux tiers du délai de prescription 
de 15 ans de l'art. 97 al. 1 let. b CP se soit écoulé entre les derniers actes reprochés et 
le jugement de première instance. Cet adoucissement doit cependant être minime, dès 
lors que les manipulations de l'auteur ont joué un rôle important dans l'échec des 

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appels à l'aide antérieurs de ses victimes et la longueur de la période séparant les faits 
de l'action des autorités de poursuite pénale. 

Au vu de ce qui précède, seule une peine privative de liberté entre en considération. 
À cet égard, une peine hypothétique de 24 mois apparaît appropriée au titre des 
infractions d'actes d'ordre sexuel avec des enfants commises à l'encontre de l'intimée. 

4.2.2. Au vu de la durée de ses agissements, de l'influence de ceux-ci sur sa victime, 
de son jeune âge et de l'intensité de sa volonté criminelle, la faute de l'appelant est 
importante vis-à-vis des infractions de contrainte sexuelle et d'actes d'ordre sexuel 
sur une personne incapable de discernement commis au préjudice de l'intimée. Le fait 
qu'il a profité de l'isolement de sa belle-fille et de sa position de référent paternel et 
moral pour commettre ses crimes penche pareillement en sa défaveur. En revanche, 
la plupart des actes sexuels qu'il a fait subir à l'intimée sont restés dans le bas du 
spectre des comportements réprimés par les art. 189 à 191 CP. Quant aux 
circonstances propres à sa personne, les développements du considérant 4.2.1. sont 
applicables mutatis mutandis. 

En conséquence, les infractions de contrainte sexuelle et d'actes d'ordre sexuel 
commis sur une personne incapable de discernement à l'encontre de l'intimée doivent 
être réprimées d'une peine hypothétique de 24 mois de peine privative de liberté. 

4.2.3. La faute de l'appelant est de gravité moyenne pour les infractions d'actes 
d'ordre sexuel avec des enfants commises à l'encontre de l'appelante-jointe. En effet, 
il a agi uniquement à deux reprises et les actes sexuels entrepris se situent dans le bas 
du spectre pénal. À l'inverse, comme pour sa première victime, il a profité de sa 
position de parent référent doté d'une autorité certaine sur sa belle-fille et de la 
confiance aveugle de son épouse pour commettre ses crimes. Quant aux 
circonstances propres à sa personne, on se référera à la motivation du 
considérant 4.2.1. applicable mutatis mutandis. 

Au vu de la gravité de son comportement à l'aune du droit pénal dans son ensemble 
et de son impécuniosité (cf. art. 41 al. 1 let. b CP), seule une peine privative de 
liberté entre en considération. Celle-ci sera fixée hypothétiquement à six mois. 

4.2.4. Eu égard aux deux infractions de contrainte sexuelle commises au préjudice de 
l'appelante jointe, la faute de l'appelant doit être qualifiée de moyenne à faible. En 
effet, l'intensité des actes sexuels entrepris est basse, mais ceux-ci ont été réalisés à 
l'encontre d'une jeune adolescente, dans le contexte d'un huis-clos familial et alors 
qu'il se trouvait en position d'autorité paternelle et morale. L'intensité de son 
comportement criminel ne peut pas non plus être qualifié de mineure dans la mesure 
où il s'est attaqué à sa seconde victime en parallèle de la première. Quant aux 

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circonstances propres à sa personne, les développements au considérant 4.2.1. sont 
applicables mutatis mutandis. 

Pour les mêmes motifs que ceux développés au considérant précédent, seule une 
peine privative de liberté entre en considération. Celle-ci sera pareillement fixée 
hypothétiquement à six mois. 

4.3.1. L'infraction la plus grave est celle aux art. 189 et 191 CP commise à l'encontre 
de l'intimée. Il faut ainsi se fonder sur les 24 mois de peine privative de liberté y 
relatifs et y ajouter 16 mois (peine hypothétique de 24 mois) au titre de l'infraction à 
l'art. 187 CP réalisée à son détriment, quatre mois (peine hypothétique de six mois) 
au titre de l'infraction à l'art. 187 CP commise au préjudice de l'appelante jointe et 
encore quatre mois (peine hypothétique de six mois) au titre de l'infraction à 
l'art. 189 CP réalisée à l'encontre de cette dernière. La peine privative de liberté 
d'ensemble de l'appelant s'élève donc à 48 mois (quatre ans). 

4.3.2. L'appelant s'est trouvé en détention avant jugement du 21 avril 2021 à 9h00 
jusqu'au 31 août 2021 à 11h15, soit 132 jours, dans la mesure où un jour entier 
supplémentaire est décompté dès qu'une privation de liberté dure plus de trois heures 
(cf. ATF 143 IV 339 consid. 3.2). 

Du 31 août au 16 novembre 2021, soit pendant 78 jours, il a été sujet à des mesures 
de substitution comprenant en particulier une interdiction de contact avec son épouse 
et ses enfants biologiques. Il s'agit là d'une mesure ayant porté une très grave atteinte 
à son droit à la vie familiale, mais de relativement brève durée En conséquence, il 
convient de procéder à une imputation à raison d'un jour de détention pour trois jours 
pendant lesquels l'appelant a été soumis à une telle mesure. Sa peine privative de 
liberté sera ainsi imputée de 26 jours à ce titre. 

Du 17 novembre 2021 au jour du présent arrêt, l'appelant a principalement été sujet à 
une obligation de suivre une thérapie axée sur la gestion de la violence et de 
l'humeur, de se présenter une fois par semaine au poste de police, et de déposer ses 
papiers d'identité, ces deux dernières mesures ayant été levées le 28 février 2022. 
Dans un arrêt récent, la CPAR a considéré qu'une obligation de suivi thérapeutique 
devait être imputée à raison d'un jour par mois de mesure (cf. AARP/2/2024 du 
13 décembre 2023 consid. 5.2.3). Cette clé de conversion apparaît également 
appropriée dans le cas d'espèce. Partant la peine privative de liberté de l'appelant sera 
imputée de 27 jours à ce titre, arrondi à 30 jours pour tenir compte des trois mois et 
demi où il a été contraint de pointer en sus hebdomadairement au poste de police. 

En conclusion, l'appelant sera condamné à une peine privative de liberté de quatre 
ans, sous imputation de 188 jours (132 + 26 + 30) déjà effectués. L'appel joint du MP 
est ainsi bien-fondé et le jugement de première instance sera réformé en ce sens. 

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5. 5.1. Selon l'art. 63 al. 1 CP, lorsque l'auteur souffre d'un grave trouble mental, le juge 
peut ordonner un traitement ambulatoire s'il a commis un acte punissable en relation 
avec son état (let. a) et s'il est à prévoir que ce traitement le détournera de nouvelles 
infractions en relation avec ledit état (let. b). Il s'agit d'une mesure visant les mêmes 
buts que les traitements institutionnels des art. 59 et 60 CP (cf. ATF 147 IV 209 
consid. 2.3.1 ; 145 IV 359 consid 2.7), mais moins attentatoire à la liberté 
personnelle du condamné. 

La notion de "trouble mental" selon l'art. 63 al. 1 let. a CP est une notion 
fonctionnelle en ce sens qu'elle vise tous les comportements pathologiques dont 
l'infraction commise est un symptôme (ATF 146 IV 1 consid. 3.5.2 et 3.5.3). Un lien 
indirect entre le trouble mental en cause et la commission d'infractions suffit (arrêts 
du Tribunal fédéral 6B_1143/2021 du 11 mars 2022 consid. 3.2.4 ; 6B_487/2011 du 
30 janvier 2012 consid. 3.5). Un trouble mental doit être considéré comme grave en 
fonction de l'intensité du lien entre l'existence de celui-ci et la commission 
d'infractions (ATF 146 IV 1 consid. 3.5.6 ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_871/2022 
du 15 février 2023 consid. 5.1.2 ; 6B_995/2020 du 5 mai 2021 consid. 4.1.3). 

La condition selon laquelle il faut qu'il soit à prévoir que la mesure détournera 
l'auteur de nouvelles infractions en relation avec son trouble mental est réalisée 
lorsqu'il est suffisamment vraisemblable qu'un traitement entraînera une réduction 
nette du risque de récidive (en ce sens en lien avec le traitement thérapeutique 
institutionnel des troubles mentaux : ATF 140 IV 1 consid. 3.2.4 ; 134 IV 315 
consid. 3.4.1 ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_1403/2020 du 5 mai 2021 consid. 1.2 ; 
6B_995/2020 du 5 mai 2021 consid. 4.1.4). 

 5.2. En l'occurrence, l'expertise psychiatrique est claire quant au fait que l'appelant 
souffre d'un trouble de la personnalité de type narcissique avec traits dyssociaux et 
d'un trouble pédophile, ainsi que sur l'existence d'un lien entre ceux-ci et ses crimes. 

Ladite expertise apparaît en revanche contradictoire quant à l'opportunité d'un 
traitement, comme l'a souligné à raison la défense. En effet, dans sa section 
"Réponses aux questions", le rapport d'expertise mentionne qu'un traitement 
ambulatoire, même ordonné contre la volonté de l'appelant, serait susceptible de 
réduire son risque de récidive pour autant qu'il soit prononcé pour une durée 
minimale de cinq ans et que le condamné s'y engage avec conviction. Par ailleurs, il 
ressort de la motivation détaillée de l'expertise, que seule est ici visée la prévention 
de la violence physique, liée à des accusations pour lesquelles l'appelant a été 
acquitté en première instance, et non la prévention de nouvelles infractions 
sexuelles : "Il apparait malheureusement qu'en l'absence de reconnaissance des 
faits, une prise en charge psychothérapeutique ait peu de chance de réduire le 

risque. L'expertisé se déclare réticent à toute prise en charge psychothérapeutique. 

Des mesures thérapeutiques institutionnelles ne seraient pas non plus de nature à 

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influencer les pathologies que présente l'expertisé. La seule mesure qui semble ne 

pas devoir être vouée d'emblée à l'échec serait une prise en charge groupale orientée 

sur la question de la violence physique." (cf. pièces C1-31/32). Lors de son audition, 
l'expert a d'ailleurs précisé que l'appelant ne semblait en l'état pas capable de 
s'engager dans une thérapie sincère et qu'un suivi de type sexologique était voué à 
l'échec. Lors de l'audience d'appel, le prévenu a d'ailleurs affirmé qu'il n'était pas 
convaincu des diagnostics posés par l'expert et que le traitement qui lui était imposé 
était futile. Il ressort des attestations produites un strict respect de ses obligations de 
suivi, mais que les progrès sur le plan thérapeutique sont nuls, puisque la position du 
patient consiste à soutenir qu'il est victime d'une manipulation de sa belle-famille.  

 Il ressort de ce qui précède que la mise en place d'un traitement ambulatoire n'est, 
avec une haute vraisemblance, pas de nature à réduire de manière significative le 
risque de récidive de l'appelant, lequel doit par ailleurs être qualifié de faible au vu 
du temps s'étant écoulé depuis ses crimes et du fait qu'il a arrêté ses actes de lui-
même, ainsi que de l'effet de prévention spéciale de la peine privative ferme qui lui 
est infligée. Comme cela ressort de l'expertise, les pathologies dont il souffre 
n'influencent d'ailleurs pas sa capacité de conscience et de volonté et il est donc en 
mesure de les contrôler s'il le souhaite. 

 En conclusion, la condition de l'art. 63 al. 1 let. b CP n'est pas remplie, partant il sera 
renoncé au prononcé d'une mesure ambulatoire, et le jugement du TCO réformé en 
ce sens. L'appel est sur ce point fondé. 

6. 6.1. Selon l'art. 41 du Code des obligations (CO), la personne qui commet un acte 
illicite, intentionnellement ou par négligence, doit réparer le préjudice, dommage ou 
tort moral, en relation de causalité naturelle et adéquate avec son acte illicite. En cas 
de condamnation pénale, les conditions de l'acte illicite et de la faute doivent en 
principe être considérées comme remplies si la partie plaignante faisant valoir des 
prétentions civiles est lésée par celle-ci (AARP/392/2023 du 20 octobre 2023 
consid. 8.1.2 ; en ce sens également : ATF 133 III 323 consid. 5.2.3). 

Le tort moral se définit comme une compensation de la grave souffrance de nature 
non-pécuniaire liée à une atteinte ; cette compensation a en principe lieu par le biais 
d'une somme d'argent dont le montant se détermine en équité en tenant compte avant 
tout de la gravité objective de la lésion (1), de la gravité des souffrances consécutives 
à l'atteinte subie par la victime (2), de la culpabilité de l'auteur (3) et d'une éventuelle 
faute concomitante de la victime (4) (ATF 146 IV 231 consid. 2.3.1 ; 141 III 97 
consid. 11.2 ; 132 II 117 consid. 2.2.2). Une créance en dommages-intérêts porte 
intérêts compensatoires à 5% l'an (ATF 131 III 12 consid. 9.1 et 9.5 ; 122 III 53 
consid. 4a et 4b ; 121 III 176 consid. 5a). 

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En cas de contrainte sexuelle ou de viol sur un mineur de moins de 16 ans, les 
indemnités suivantes ressortent notamment de la jurisprudence : CHF 10'000.- pour 
des attouchements à quelques reprises sur le sexe, les seins et une fois sur le pubis 
par un grand-père par alliance d'une enfant de dix ans (ATF 118 II 410 consid. 2b) ; 
CHF 10'000.- s'agissant d'actes sans pénétrations commises à six ou sept reprises par 
un oncle de confiance entre les dix et 12 ans de sa nièce, ayant engendré un stress 
posttraumatique et affecté son développement (cf. AARP/151/2023 du 4 mai 2023 
consid. 7.2) ; CHF 15'000.- pour le viol d'un enfant d'environ 11 ans, incluant une 
fellation et une sodomie, par son professeur de guitare, lequel a entrainé des troubles 
alimentaires et un suivi psychologique (cf. arrêt du Tribunal fédéral 6B_970/2013 du 
24 juin 2014 consid. A et 10.2) ; CHF 25'000.- pour une enfant de dix ans ayant subi 
divers actes d'ordre sexuel (attouchements, cunnilingus pénétrations digitales, 
masturbations et une fellation) sur une période de six mois par un cousin, et dans la 
suite un trouble dépressif récurrent, ayant nécessité une médication, avec tentative de 
suicide (AARP/2/2023 du 9 janvier 2023 consid. 4.2.2) ; CHF 40'000.- octroyés à 
une enfant ayant subi de ses six à ses neuf ans divers actes d'ordre sexuel de la part 
d'un ami de la famille, qui n'avait été capable de dévoiler les faits que dix ans après et 
qui souffre de séquelles psychologiques à vie (arrêt du Tribunal fédéral 6B_486/2015 
du 25 mai 2016 consid. 4.2) ; CHF 100'000.- pour une enfant de huit ans, ayant subi 
pendant dix ans à d'innombrables reprises des atteintes particulièrement graves à son 
intégrité sexuelle de la part de son père (ATF 125 III 269 consid. 2b et 2c). 

 6.2. En l'espèce, il est établi que le comportement de l'appelant a causé chez 
l'appelante jointe un trouble de stress post-traumatique chronique, incluant en 
particulier des cauchemars, des souvenirs intrusifs avec reviviscence des scènes 
traumatiques et de fréquents blocages sexuels, ces symptômes étant toutefois en 
rémission. Ce trouble a des conséquences néfastes sur sa vie sentimentale et sexuelle, 
celles-ci tendant néanmoins pareillement à s'estomper. Le comportement de son 
beau-père a également conduit à sa rupture avec sa demi-sœur et son demi-frère, ce 
qui cause à l'appelante jointe une importante souffrance. Les infractions commises 
par l'appelant à son égard sont quant à elles graves, sa culpabilité dans ce cadre 
pouvant être qualifiée de moyenne. Aucune faute concomitante ne peut enfin être 
reprochée à l'appelante-jointe. 

 Dans ce contexte, l'octroi d'une indemnité de CHF 10'000.- pour tort moral apparaît 
adéquate. Cette somme portera intérêts compensatoires à 5% l'an dès le 1er octobre 
2013 (cf. 391 al. 1 let. b CPP). L'appel joint est bien fondé dans cette mesure. 

7. 7.1.1. Selon l'art. 426 al. 1 CPP, le prévenu supporte les frais de procédure s'il est 
condamné. Selon l'art. 426 al. 3 let. a CPP, le prévenu ne supporte pas les frais que le 
canton a occasionnés par des actes de procédure inutiles ou erronés. Seuls les actes 
d'emblée objectivement inutiles sont visés par cette disposition (arrêts du Tribunal 
fédéral 6B_780/2022 du 1er mai 2023 consid. 5.4 ; 6B_1321/2022 du 14 mars 2023 

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consid. 2.1). Selon l'art. 428 al. 3 CPP, si l'autorité d'appel rend une nouvelle 
décision, elle se prononce également sur les frais fixés par l'autorité inférieure. 

7.1.2. Selon l'art. 428 al. 1, première phrase, CPP, les frais de la procédure de recours 
sont mis à la charge des parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de cause ou 
succombé ; pour déterminer si une partie succombe ou obtient gain de cause, il faut 
examiner dans quelle mesure ses conclusions sont admises en deuxième instance 
(arrêts du Tribunal fédéral 6B_182/2022 du 25 janvier 2023 consid. 5.1 ; 
6B_143/2022 du 29 novembre 2022 consid. 3.1 et 11.2). Seul le résultat de la 
procédure d'appel elle-même est ainsi déterminant (ATF 142 IV 163 consid. 3.2.1). 

7.2.1. Eu égard aux frais de la procédure préliminaire et de première instance, aucun 
acte des autorités pénales ne peut être qualifié de superflu. Il n'existe donc pas de 
motif de s'écarter de la règle générale de l'art. 426 al. 1 CPP. Il s'ensuit que l'intimé 
sera condamné à payer à l'État CHF 18'566.76 au titre des frais de la procédure 
préliminaire et de première instance. 

7.2.2. En ce qui concerne la procédure d'appel, l'appelant l'emporte sur la question de 
la mesure ambulatoire et, marginalement, sur la question de son indemnité  comme 
on le verra ci-après  et succombe pour le surplus, en particulier sur sa culpabilité et 
sur la peine. À l'inverse, le MP l'emporte entièrement sur ses conclusions d'appel, 
mais succombe sur la mesure. Quant à l'appelante jointe, elle ne succombe pas, mais 
voit ses conclusions d'appel uniquement partiellement admises. 

Dans ces circonstances 5/6èmes des frais de la procédure d'appel, lesquels s'élèvent à 
CHF 2'975.-, y compris un émolument d'arrêt de CHF 2'500.-, seront mis à charge de 
l'intimé, le solde devant être supporté par l'État. 

8. 8.1. L'art. 429 al. 1 let. a CPP prévoit que s'il est acquitté totalement ou en partie ou 
s'il bénéficie d'une ordonnance de classement, le prévenu a droit à une indemnité 
pour les dépenses occasionnées par l'exercice raisonnable de ses droits de procédure. 

La question de l'indemnisation doit être tranchée après celle des frais. Dans cette 
mesure, la question du règlement des frais préjuge de celle de l'indemnisation 
(ATF 147 IV 47 consid. 4.1 ; 145 IV 94 consid. 2.3.2 ; 144 IV 207 consid. 1.8.2). 
Cependant, en cas d'acquittement partiel, le prévenu peut être condamné aux frais 
tout en se voyant octroyer une indemnité en lien avec son acquittement partiel (arrêts 
du Tribunal fédéral 7B_12/2021 du 11 septembre 2023 consid. 2.2.2 ; 6B_357/2022 
du 20 janvier 2023 consid. 2.1.2 ; 6B_15/2021 du 12 novembre 2021 consid. 4.1.2). 

L'État ne prend en charge les frais de défense que si l'assistance d'un avocat était 
nécessaire compte tenu de la complexité de l'affaire en fait ou en droit et que le 
volume de travail, et donc les honoraires, étaient ainsi justifiés (ATF 142 IV 163 

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consid. 3.1.2 ; 142 IV 45 consid. 2.1 ; arrêt du Tribunal fédéral 7B_284/2023 du 
20 septembre 2023 consid. 2.1). L'indemnité doit correspondre au tarif usuel du 
barreau applicable dans le canton où la procédure se déroule ; l'État n'est pas lié par 
une convention d'honoraires passée entre le prévenu et son avocat (ATF 142 IV 163 
consid. 3.1.2). La Cour de justice applique un tarif horaire maximal de CHF 450.- 
pour les chefs d'étude (AARP/42/2024 du 25 janvier 2024 consid. 6.1 ; 
AARP/410/2023 du 13 novembre 2023 consid. 3.1). Ces montants s'entendent hors 
TVA ; ainsi, lorsqu'un avocat facture à son mandant des prestations aux tarifs 
maximaux susmentionnés hors TVA, celle-ci doit être ajoutée en sus, pour autant que 
lesdites prestations y soient effectivement assujetties (AARP/398/2023 du 
20 novembre 2023 consid. 10.1 ; AARP/383/2023 du 3 novembre 2023 consid. 8.1). 

 8.2.1. L'autorité précédente a succinctement rejeté la demande d'indemnisation de 
l'appelant pour ses frais de défense nécessaires en procédure préliminaire et de 
première instance au motif qu'il avait été reconnu coupable, ignorant ce faisant 
qu'elle l'avait acquitté du chef d'infraction à l'art. 219 CP. 

L'appelant a déposé pour la procédure préliminaire et de première instance une 
requête en indemnisation à hauteur de 83 heures et cinq minutes de travail à 
CHF 450.- de l'heure de son avocate. L'examen de celle-ci révèle cependant de 
nombreuses et notables surfacturations en lien avec la durée des audiences (audience 
du 22 avril 2021 : durée 47 minutes, 90 facturées ; audience du 30 juin 2021 : durée 
128 minutes, 180 facturées ; audience du 28 juillet 2021 : durée 102 minutes, 
180 facturées ; audience du 10 novembre 2021 : durée 52 minutes, 90 facturées ; 
audience du 7 février 2022 : durée 42 minutes, 90 facturées). À l'inverse, les 
audiences du 28 juin 2022 (55 minutes), du 4 mai 2023 (230 minutes) et du 10 mai 
2023 (60 minutes) ont été omises. Ces inexactitudes amènent à mettre en doute 
l'ensemble du détail de la facture de sorte qu'il faut s'en écarter sans autre forme d