# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a9f7601b-01c0-537e-85f1-7766ba4c2300
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2018-10-03
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 03.10.2018 F-5852/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_F-5852-2016_2018-10-03.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 

Décision confirmée par le TF par arrêt 

du 02.04.2019 (1C_599/2018) 

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour VI 

F-5852/2016 

 

 
 

  A r r ê t  d u  3  o c t o b r e  2 0 1 8  

Composition 
 Blaise Vuille (président du collège), 

Antonio Imoberdorf, Yannick Antoniazza-Hafner, juges, 

Alain Surdez, greffier. 
 

 
 

Parties 
 X._______, 

représentée par Me Laurent Maire, avocat, 

rue du Grand-Chêne 1-3, case postale 6868, 

1002 Lausanne, 

recourante, 

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations SEM, 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

 
 

 
 

Objet 
 Rejet de la demande de naturalisation facilitée. 

 

 

 

F-5852/2016 

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Faits : 

A.  

A.a Venue en Suisse en compagnie de sa mère en 1987 dans le but d’y 

rejoindre son père qui y avait déposé une demande d’asile, X._______ 

(ressortissante … née le …) est demeurée depuis lors en ce pays, où elle 

a été mise au bénéfice, à partir de 1998, d’une autorisation 

d’établissement, qui a été transformée en une autorisation d’établissement 

UE/AELE à partir de 2012. 

A.b En date du 4 août 2006, X._______ a contracté mariage avec un 

ressortissant suisse, Y._______ (né le …) dans le canton de Zurich. De 

leur union sont issus deux enfants, A._______ (né le …) et B._______ (né 

le …), tous deux disposant de la nationalité suisse. 

B.  

B.a Le 28 janvier 2014, X._______ a rempli à l’attention de l'Office fédéral 

des migrations (ODM; actuellement le Secrétariat d’Etat aux migrations 

SEM) une demande de naturalisation facilitée fondée sur son mariage (art. 

27 de la loi sur la nationalité, dans sa version en vigueur jusqu'au 31 

décembre 2017 [aLN, voir RO 1952 1115 et modifications législatives 

ultérieures]). 

Dans le cadre de l'instruction de cette demande, l’intéressée a signé, le 28 

janvier 2014 également, une déclaration écrite aux termes de laquelle elle 

indiquait avoir respecté l'ordre juridique suisse au sens de l’art. 26 aLN et 

précisait notamment qu’elle s’était acquittée de tous les impôts échus à 

cette date ou être au bénéfice d’un arrangement accordé par les autorités 

fiscales et respecter ledit engagement (cf. ch. 5 de la déclaration). 

Après avoir invité la requérante, le 17 mars 2014, à compléter le formulaire 

de la demande de naturalisation, l’ODM a sollicité du Service vaudois de 

la population (SPOP [Secteur naturalisations]), le 9 juillet 2014, l’établisse-

ment d’un rapport d’enquête. Ce rapport, rédigé le 8 décembre 2014 et 

transmis à l’ODM au mois de février 2015, mentionnait notamment que la 

requérante était inconnue des autorités de police et n’était l'objet d’aucune 

poursuite ou d’actes de défaut de bien. Mention était par ailleurs faite de 

l’existence d’arriérés d’impôts et de la conclusion d’un arrangement portant 

sur des paiements échelonnés desdits arriérés. Ce rapport était accompa-

gné d’une attestation de l’Office des poursuites du district de (…) et de la 

copie d’une lettre de l’Administration cantonale vaudoise des impôts du 2 

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février 2015 adressée à X._______ et à son époux, qui comportait un 

relevé général des créances impayées par l’intéressée et son conjoint pour 

la période comprise entre l’année 2006 et l’année 2015, dont le montant 

total s’élevait, au 2 février 2015, à 286'635 fr. 90. 

Relevant que la condition liée au respect de l’ordre juridique suisse pres-

crite par l’art. 26 al. 1 let. b aLN impliquait que le candidat à la naturalisation 

bénéficie d’une bonne situation financière, le SEM a, par courrier du 2 juin 

2015, proposé à X._______, dès lors qu’elle n’était pas à jour dans le 

paiement de ses contributions publiques, de retirer sa demande de 

naturalisation et de déposer une nouvelle requête en ce sens après assai-

nissement de ses dettes. 

Par lettre du 28 juillet 2015, la requérante a notamment allégué que les 

créances mentionnées dans le relevé général de l’Administration cantonale 

vaudoise des impôts du 2 février 2015 concernaient des contributions pu-

bliques dues par suite d’un contrôle de l’ancienne société de son époux. 

L’intéressée a en outre affirmé que le couple était à jour dans le paiement 

des impôts courants. 

Estimant que X._______ n’avait fourni aucun nouvel élément susceptible 

de modifier son appréciation, le SEM a fait savoir à l’intéressée, le 21 

octobre 2015, qu’il maintenait sa position antérieure en lui signalant qu’elle 

avait la possibilité de retirer sa demande de naturalisation ou de solliciter 

le prononcé d’une décision formelle à ce sujet. 

Agissant par l’entremise d’un mandataire professionnel, X._______ a 

informé le SEM, par courriers successifs des 10 décembre 2015 et 3 février 

2016, qu’elle ne retirait pas sa demande de naturalisation. L’intéressée a 

tout d’abord souligné qu’elle n’était pas responsable du retard intervenu 

dans le paiement de ses contributions publiques, dans la mesure où ce 

retard était consécutif à une procédure de reprises d’impôts. D’autre part, 

elle a exposé que la proposition de rectification de taxation que 

l’Administration cantonale vaudoise des impôts avait formulée à l’adresse 

de son époux le 13 juin 2012, suite à l’ouverture d’une procédure pour 

soustraction d’impôt et à laquelle ce dernier avait consenti, portait sur les 

déclarations d’impôt 2001 à 2005. Ces déclarations concernaient des 

contributions fiscales dont seul son époux était redevable, puisqu’elles da-

taient d’avant leur mariage. X._______ a en outre relevé que 

l’Administration cantonale vaudoise des impôts avait, le 13 juin 2012 aussi, 

adressé conjointement aux deux époux une proposition de rectification de 

taxation par procédure simplifiée pour les déclarations d’impôt 2006 à 2008 

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concernant une période postérieure à leur mariage. Cette procédure avait 

abouti à l’établissement d’un plan de recouvrement conclu entre le couple 

et l’autorité fiscale. Ce plan de recouvrement, dont la dernière mouture re-

montait au 18 février 2015 et qui englobait les compléments d’impôt dus 

par le couple pour les années 2009 à 2012, prévoyait que ce dernier 

s’acquitterait du solde total des contributions à recouvrer (248'768 fr. 05) 

par le versement régulier d’acomptes mensuels de 2'000 francs. 

X._______ a encore fait valoir que le plan de recouvrement ainsi convenu 

était ponctuellement honoré par le couple, qui avait au surplus procédé au 

paiement des impôts courants pour les années 2013 et 2014. L’intéressée 

a joint à ses déterminations divers documents fiscaux. 

Par lettre du 12 juillet 2016, le SEM a indiqué à la requérante que, dans la 

mesure où, selon l’arrangement intervenu avec l’Administration cantonale 

vaudoise des impôts, l’acquittement du solde des arriérés d’impôts ne 

prendrait fin au plus tôt qu’en 2025 et où les contributions dont le couple 

demeurait ainsi redevable pour les années antérieures à 2012 n’étaient 

pas payées, la naturalisation facilitée ne pouvait lui être octroyée au regard 

des critères mentionnés dans le Manuel sur la nationalité, dans lequel était 

exposées notamment la jurisprudence y relative et la pratique de l’autorité 

précitée. Aussi le SEM conseillait-il à X._______ de retirer sa demande de 

naturalisation et d’en présenter une nouvelle au moment où le couple serait 

à jour dans le paiement de ses impôts. 

Le 12 août 2016, l’intéressée a invité cette autorité à se prononcer formel-

lement sur sa demande de naturalisation. 

C.  

Par décision du 23 août 2016, le SEM a prononcé le rejet de la demande 

de naturalisation facilitée présentée par X._______, au motif que le retard 

de plusieurs années constaté dans le paiement des impôts du couple ne 

permettait pas, même si un arrangement avait été conclu avec 

l’administration cantonale sur le versement des montants d’impôts 

réclamés pour les années 2006 à 2012, de considérer que l’intéressée bé-

néficiait d’une situation financière saine et, par conséquent, que son 

comportement était conforme à la législation suisse au sens de l’art. 26 

al. 1 let. b aLN, compte tenu de l’importance de la somme qui devait encore 

être acquittée. Au demeurant, les autorités suisses étaient raisonnable-

ment en droit d’attendre de la requérante et de son époux qu’ils s’efforcent, 

au vu du revenu relativement élevé réalisé par ce dernier, de réduire de 

manière plus conséquente leur dette fiscale. 

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D.  

Par acte du 23 septembre 2016, X._______ a interjeté recours auprès du 

Tribunal administratif fédéral (ci-après : le TAF) contre la décision du SEM, 

en concluant, principalement à la réforme de cette décision, dans le sens 

de l’admission de sa demande de naturalisation facilitée, subsidiairement 

à l’annulation de ladite décision et au renvoi de la cause à l’autorité 

inférieure pour nouvelle instruction et nouvelle décision dans le sens des 

considérants. A l’appui de son recours, l’intéressée a pour l’essentiel réitéré 

l’argumentation développée dans ses écritures antérieures. L’intéressée a 

au surplus fait valoir qu’elle remplissait les autres conditions matérielles et 

formelles auxquelles les art. 26 et 27 aLN subordonnaient l’octroi de la 

naturalisation facilitée. 

E.  

Appelé à se prononcer sur le recours, le SEM en a proposé le rejet, dans 

son préavis du 22 décembre 2016. 

F.  

Dans sa réplique du 3 février 2017, la recourante a indiqué n’avoir aucune 

observation supplémentaire à formuler en l’état. 

G.  

Invitée par le TAF à lui faire connaître les éventuels nouveaux éléments 

intervenus en rapport avec sa situation personnelle (notamment sur le plan 

matrimonial et fiscal), la recourante a, par envoi du 15 janvier 2018, trans-

mis à cette autorité un relevé des créances fiscales ouvertes et impayées, 

un nouveau plan de recouvrement et un relevé des paiements établis le 4 

janvier 2018 par l’Administration cantonale vaudoise des impôts. Dans les 

écritures qui accompagnaient son envoi, l’intéressée a relevé qu’elle-

même et son époux respectaient scrupuleusement le plan de recouvre-

ment du 18 février 2015 et les plans de recouvrement établis ultérieure-

ment pour l’acquittement des créances d’impôts impayées de la période de 

2006 à 2012. La recourante a par ailleurs argué du fait que le couple n’avait 

pas d’arriérés d’impôts pour les années 2013 et suivantes. 

H.  

Les autres observations formulées de part et d'autre dans le cadre de la 

présente procédure seront prises en compte, si nécessaire, dans les 

considérants en droit ci-après. 

 

 

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Page 6 

Droit : 

1.  

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 LTAF, le TAF, en vertu 

de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de 

l'art. 5 PA, prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. En parti-

culier, les recours contre les décisions du SEM en matière d’octroi de la 

naturalisation facilitée peuvent être interjetés auprès du TAF qui statue 

comme autorité précédant le Tribunal fédéral (ci-après: le TF [cf. art. 1 

al. 2 LTAF en relation avec l'art. 83 let. b a contrario LTF]). 

1.2 A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant le 

TAF est régie par la PA (cf. art. 37 LTAF). 

1.3 X._______ a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA). Présenté dans la 

forme et les délais prescrits par la loi, le recours est recevable (cf. art. 50 

et art. 52 PA). 

2.  

La recourante peut invoquer devant le TAF la violation du droit fédéral, y 

compris l'excès ou l'abus du pouvoir d'appréciation, la constatation 

inexacte ou incomplète des faits pertinents ainsi que l'inopportunité de la 

décision entreprise, sauf lorsqu'une autorité cantonale a statué comme 

autorité de recours (cf. art. 49 PA [cf. ATAF 2014/24 consid. 2.1]). Confor-

mément à la maxime inquisitoire, l'autorité de recours constate les faits 

d’office (art. 12 PA), sous réserve du devoir de collaborer des parties 

(art. 13 PA), et applique d’office également le droit, sans être liée par les 

motifs invoqués à l'appui du recours (art. 62 al. 4 PA), ni par les consi-

dérants de la décision attaquée (cf. notamment arrêts du TF 1C_214/2015 

du 6 novembre 2015 consid. 2.2.2; 2C_221/2014 du 14 janvier 2015 

consid. 5.3; ATAF 2014/24 consid. 2.2; 2009/57 consid. 1.2; MOSER ET AL., 

Prozessieren vor dem Bundesverwaltungsgericht, Handbücher für die 

Anwaltspraxis, Tome X, 2ème éd., 2013, pp. 226/227, ad n° 3.197). Aussi 

peut-elle admettre ou rejeter le pourvoi pour d'autres motifs que ceux invo-

qués (cf. notamment ATAF 2014/1 consid. 2). 

3.  

L'entrée en vigueur, le 1er janvier 2018, de la loi du 20 juin 2014 sur la 

nationalité suisse (LN, RS 141.0) a entraîné, conformément à son art. 49 

en relation avec le ch. I de son annexe, l'abrogation de l’ancienne loi sur la 

nationalité du 29 septembre 1952 (aLN). Les détails de cette nouvelle ré-

glementation sont fixés dans l’ordonnance du 17 juin 2016 sur la nationalité 

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suisse (ordonnance sur la nationalité, OLN, RS 141.01), dont l’entrée en 

vigueur a été fixée au 1er janvier 2018 également. 

En vertu de la disposition transitoire de l’art. 50 al. 1 LN, qui consacre le 

principe de la non-rétroactivité, l’acquisition et la perte de la nationalité 

suisse sont régies par le droit en vigueur au moment où le fait déterminant 

s’est produit. Les demandes qui, à l’instar de celle présentée par 

X._______ en vue de l’octroi de la naturalisation facilitée, ont été déposées 

avant l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2018, de la LN, sont traitées 

conformément aux dispositions de l’ancien droit (matériel) jusqu’à ce 

qu’une décision soit rendue (cf. arrêts du TAF F-6366/2016 du 17 mai 2018 

consid. 2.2; F-6326/2016 du 20 avril 2018 consid. 3), l'autorité de recours 

appliquant de surcroît et en principe le droit en vigueur le jour où l'autorité 

de première instance a statué (cf. arrêt du TF 1C_454/2017 du 16 mai 2018 

consid. 2, et jurisprudence citée). 

4.  

4.1 L'art. 27 al. 1 aLN permet à un étranger d'obtenir, à certaines conditions 

(liées à des périodes de résidence et à l’existence d’une communauté 

conjugale stable), la naturalisation facilitée ensuite de son mariage avec 

un ressortissant suisse. 

En vertu de l'art. 26 al. 1 aLN, l'octroi de la naturalisation facilitée est en 

outre subordonné à la condition que le requérant se soit intégré en Suisse 

(let. a), se conforme à la législation suisse (let. b) et ne compromette pas 

la sécurité intérieure ou extérieure de la Suisse (let. c). 

4.2 Conformément à la jurisprudence, toutes les conditions de naturalisa-

tion (notamment les conditions imposées par l’art. 26 al. 1 aLN) doivent 

être remplies, tant au moment du dépôt de la demande que lors du pro-

noncé de la décision de naturalisation (cf. ATF 140 II 65 consid. 2.1; arrêt 

du TF 1C_454/2017 précité consid. 4.2). 

5.  

"L'attribution de la nationalité suisse est une question de qualité et non de 

quantité. La situation dans laquelle se trouve la Suisse exige que cette 

attribution soit fondée sur un choix guidé par l’aptitude et la valeur". C'est 

ainsi que la prise en compte de la condition de l'aptitude pour la naturali-

sation a été justifiée lors de l'adoption de la loi sur la nationalité de 1952. 

En naturalisant, l'Etat ne répond pas seulement à un désir de l'étranger, il 

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défend en même temps ses propres intérêts (cf. Message du Conseil fé-

déral du 9 août 1951 relatif à un projet de loi sur l'acquisition et la perte de 

la nationalité suisse, in FF 1951 II 665, ch. VIII pp. 676 et 677). 

L’art. 26 aLN énonce, de manière exhaustive, les conditions cumulatives 

matérielles mises à la naturalisation facilitée (cf. Samah OUSMANE, Code 

annoté de droit des migrations, vol. V : Loi sur la nationalité, 2014, 

pp. 95/96, no 2.1, ch. 1 et 4; voir, en outre, arrêt du TAF F-4018/2016 du 28 

septembre 2017 consid. 4.1). A noter que les conditions ainsi prescrites à 

l’art. 26 al. 1 aLN ont été maintenues dans la nouvelle loi du 20 juin 2014 

sur la nationalité suisse, notamment en ce qui concerne le respect de 

l’ordre juridique suisse (cf. art. 20 al. 1 et 2 LN, en relation avec l’art. 12 

al. 1 et 2 LN [voir Message du Conseil fédéral du 4 mars 2011 concernant 

la révision totale de la loi fédérale sur l’acquisition et la perte de la nationa-

lité suisse, in FF 2011 2639, ch. 1.2.2.1 et 1.2.2.3 pp. 2645 à 2647, p. 2664 

ad art. 12 du projet de loi, et p. 2667 ad art. 20 du projet de loi; ci-après : 

Message du Conseil fédéral du 4 mars 2011]). 

5.1 A teneur de l’art. 26 al. 1 aLN, l'octroi de la naturalisation facilitée est 

notamment subordonné à la condition que le requérant se conforme à la 

législation suisse (let. b). La Confédération examine donc, dans le cadre 

habituel des demandes de naturalisations ordinaires et facilitées, s'il existe 

des informations au niveau fédéral qui empêchent une naturalisation sur le 

plan du respect de l'ordre juridique (cf. arrêt du TAF C-2642/2011 du 19 

septembre 2012 consid. 5.4). Le respect de l'ordre juridique constitue l'une 

des exigences fondamentales posées à l'octroi de la naturalisation facilitée 

(cf. arrêt du TAF C-821/2011 du 1er octobre 2014 consid. 6.5). Cette notion 

a été précisée par la bonne réputation en matière pénale et en matière de 

poursuites et faillites. D’autre part, le comportement du requérant lors 

l'exercice de ses droits et de l'accomplissement de ses devoirs doit pouvoir 

être pris en compte (cf. Message du Conseil fédéral du 26 août 1987 relatif 

à la modification de la loi sur la nationalité, FF 1987 III 285, ch. 22.2 p. 296; 

cf. également ATF 140 II 65 consid. 3.3.1; arrêt du TF 1C_651/2015 du 15 

février 2017 consid. 4.3). 

Le législateur fédéral a ainsi attaché une importance particulière au respect 

par le requérant de ses obligations financières vis-à-vis des tiers ou des 

collectivités publiques et un comportement répréhensible à cet égard (par 

exemple dettes fiscales) fait obstacle à la naturalisation facilitée dans la 

mesure où il tend à démontrer que le candidat n'entend pas se conformer 

à l'ordre juridique suisse (cf. Message du Conseil fédéral du 21 novembre 

2001 concernant le droit de la nationalité des jeunes étrangers et révision 

de la loi sur la nationalité, FF 2002 1815, ch. 2.2.1.3 p. 1845; cf., en outre, 

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arrêts du TF 1D_6/2016 du 5 janvier 2017 consid. 4 in fine; 1C_50/2009 du 

26 février 2009 consid. 2.3; arrêts du TAF F-6366/2016 précité consid. 3.2; 

F-4635/2016 du 14 septembre 2017 consid. 3.2; voir également, en ce 

sens, s’agissant des nouvelles dispositions des art. 12 et 20 LN, Message 

du Conseil fédéral du 4 mars 2011, in FF 2011, ch. 1.2.2.3 p. 2647). Selon 

l’expression utilisée dans le Manuel sur la nationalité, qui constitue l'ou-

vrage de référence regroupant toutes les bases légales fédérales (y 

compris les directives et les circulaires) en vigueur dans le domaine de la 

nationalité, la jurisprudence des tribunaux fédéraux en la matière et la pra-

tique du SEM (cf. site internet du SEM : https://www.sem.admin.ch : Publi-

cations & services > Directives et circulaires > V. Nationalité > Manuel Na-

tionalité pour les demandes jusqu’au 31.12.2017 > Chapitre 4 : Conditions 

générales et critères de naturalisation, ch. 4.7.3.2 in initio; site consulté en 

septembre 2018), « la conformité à la législation suisse se mesure égale-

ment à une réputation financière exemplaire, qui inclut l’absence d’actes 

de défaut de biens et de poursuite, mais aussi la satisfaction aux obliga-

tions fiscales à l’égard de la collectivité ». Concrètement, cela signifie, en 

ce qui concerne les obligations fiscales, que la naturalisation facilitée ne 

peut être octroyée lorsque les impôts ne sont pas acquittés régulièrement 

(cf. arrêt du TF 1C_651/2015 précité consid. 4.5.4 in fine; arrêts du TAF 

F-6366/2016 précité consid. 3.2; F-4635/2016 précité consid. 3.2, et réf. 

mentionnées), soit lorsque le requérant ne respecte pas l’échéance fixée 

pour le paiement de ses impôts (cf. Manuel sur la nationalité, ch. 4.7.3.2 

let. b/bb). La vérification de cette condition est effectuée par la production 

d'une attestation des autorités fiscales certifiant que le requérant est à jour 

dans le règlement de ses impôts. Le TF a jugé que cette pratique doit en 

principe être approuvée, malgré son schématisme (cf. arrêt du TF 

1C_50/2009 précité consid. 2.2). Il est fait exception à cette exigence 

lorsque le requérant apporte la preuve qu’un arrangement a été conclu 

avec l’autorité fiscale pour le paiement des arriérés d’impôts (accord de 

paiement) et qu’il satisfait régulièrement aux obligations qui en découlent 

ou qu’une exonération fiscale ou un report de paiement lui a été octroyé 

par dite autorité fiscale (cf. arrêts du TAF F-6366/2016 précité consid. 3.3; 

F-4635/2016 précité consid. 3.3 et 4.3, avec renvoi au Manuel sur la natio-

nalité, ch. 4.7.3.2 let. b/bb; voir aussi arrêt du TF 1D_4/2011 du 27 sep-

tembre 2011 consid. 2.3.2 et 2.4). La condition liée au respect de l’ordre 

juridique suisse, expressément visée à l'art. 26 al. 1 let. b aLN, et la défini-

tion qu'en a donnée le législateur s'imposent tant au TAF qu'au TF en vertu 

de l'art. 190 Cst. (cf. arrêt du TF 1C_50/2009 précité consid. 2.3). 

https://www.sem.admin.ch/

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5.2 Par ailleurs, il importe de souligner qu’en vertu de l’art. 163 al. 1 CC, 

mari et femme contribuent, chacun selon ses facultés, à l'entretien conve-

nable de la famille. Les impôts affectant les revenus et la fortune font partie 

de l'entretien de la famille dans la mesure où ils servent à son financement 

(cf. ATF 114 II 393 consid. 4b; arrêt du TF 2C_837/2015 du 23 août 2016 

consid. 4.3). Il en résulte qu’en vertu des règles sur les effets généraux du 

mariage (art. 166 al. 3 CC), les conjoints sont, l’un envers l’autre, solidai-

rement responsables du paiement des impôts perçus pendant la vie 

commune du couple, lequel fait du reste l’objet d’une imposition unique (cf. 

arrêts du TF 2C_837/2015 précité consid. 4.4; 2P.201/2005 du 13 janvier 

2006 consid. 2 et 3.3). 

5.3 Selon la pratique des autorités, le ressortissant étranger qui sollicite sa 

naturalisation facilitée est invité à signer une déclaration écrite aux termes 

de laquelle il confirme notamment qu’il a respecté l’ordre juridique en 

Suisse et s’est acquitté de tous les impôts échus à ce jour ou qu’il est au 

bénéfice d’un arrangement accordé par les autorités fiscales et qu’il le 

respecte (cf. site internet du SEM sus désigné, Annexe V, ch. 2). 

6.  

En l’espèce, la décision querellée du 23 août 2016 par laquelle le SEM a 

prononcé le rejet de la demande de naturalisation facilitée de X._______ 

est motivée par le fait que l’intéressée ne satisfait pas à la condition liée au 

respect de la législation suisse telle que prescrite par l’art. 26 al. 1 let. b 

aLN. Dans le cadre de l’instruction de la demande de naturalisation, 

l’autorité intimée a, conformément aux art. 32 et 37 aLN, consulté au 

préalable le canton de Vaud et chargé ce dernier, le 9 juillet 2014, d’établir 

un rapport d’enquête au sujet de la requérante. Ainsi que cela ressort du 

rapport rédigé en ce sens le 8 décembre 2014 par le Département vaudois 

de l’économie et du sport et des documents accompagnant ledit rapport, 

l’intéressée et son époux faisaient alors l’objet d’arriérés d’impôts pour 

lesquels un arrangement avait été conclu avec l’autorité fiscale en vue d’un 

paiement échelonné de ces derniers. Selon ces mêmes renseignements, 

les conjoints s’acquittaient néanmoins du montant des impôts provisoires. 

Les indications que comportait le relevé général des créances ouvertes et 

impayées établi le 2 février 2015 par l’Administration cantonale vaudoise 

des impôts à l’adresse du couple et joint au rapport d’enquête révélaient 

que le montant total des créances d’impôts impayées s’élevait alors à 

286'635 fr. 90. Dans le cadre des déterminations qu’elle a ensuite fait 

parvenir au SEM au cours de l’instruction de sa demande de naturalisation 

facilitée, X._______ a produit notamment un courrier de l’Administration 

cantonale vaudoise des impôts du 13 juin 2012 comportant une proposition 

https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/fr/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=art.+166+CC%2C+imp%F4ts&rank=0&azaclir=aza&highlight_docid=atf%3A%2F%2F114-II-393%3Afr&number_of_ranks=0#page393

F-5852/2016 

Page 11 

de rectification de taxation par procédure simplifiée en rapport avec les 

déclarations d’impôt des époux 2006 à 2008 (impôt cantonal, communal et 

fédéral direct) et un plan de recouvrement y relatif du 18 février 2015 

mentionnant le total des soldes dus par le couple à cette date et les 

modalités des versements mensuels convenus. Dans la mesure où, selon 

l’arrangement intervenu avec l’administration vaudoise, le montant total 

des impôts qui restait à payer au mois de janvier 2016 était supérieur à 

220’000 frs et se rapportait à la période fiscale comprise entre 2006 et 

2012, le SEM a estimé que ces éléments faisaient apparaître un retard de 

plusieurs années dans le paiement des contributions publiques du couple. 

Aussi le SEM a-t-il retenu, dans la décision querellée du 23 août 2016, que 

X._______, solidairement responsable de cette dette, ne pouvait prétendre 

remplir la condition d’une situation financière saine, à laquelle est 

subordonné l’octroi de la naturalisation facilitée. 

Dans l’argumentation de son recours du 23 septembre 2016, l’intéressée 

fait valoir, attestations à l’appui, que, conformément au dernier plan de re-

couvrement du 18 février 2015 conclu avec l’autorité fiscale vaudoise et 

portant sur les périodes fiscales 2006 à 2012, le couple respecte scrupu-

leusement les termes de ce plan en versant les acomptes convenus. En 

outre, le couple s’acquitte normalement des impôts afférents aux périodes 

fiscales postérieures à l’année 2012. Il en va de même pour les diverses 

versions ultérieures du plan de recouvrement. De ce fait, la recourante 

considère qu’elle et son époux sont, contrairement à l’avis du SEM, à jour 

dans le paiement des contributions publiques. 

6.1 Ainsi que cela ressort des documents fiscaux versés au dossier, 

l’Administration cantonale vaudoise des impôts a, par courrier du 13 juin 

2012, soumis à la recourante et à son époux une proposition de rectifica-

tion de taxation par procédure simplifiée portant sur leurs déclarations 

d’impôt 2006 à 2008 (impôt cantonal, impôt communal et impôt fédéral di-

rect). Le courrier de l’autorité cantonale était accompagné d’un récapitulatif 

des modifications apportées aux taxations examinées et de l’indication des 

compléments d’impôts à payer qui en résultaient (soit une somme totale 

de 60'166 fr. 85). L’époux de X._______ a fait l’objet de la part de dite 

autorité, le 13 juin 2012 également, d’une proposition de rectification de 

taxation par procédure simplifiée concernant ses déclarations d’impôt 2001 

à 2005, à savoir pour une période de taxation antérieure au mariage des 

prénommés. Dès lors que cette seconde proposition de rectification et la 

décision de majoration d’impôt en résultant, auxquelles a souscrit 

Y._______ par signature du 7 juillet 2012, n’engagent apparemment pas la 

responsabilité solidaire de son épouse au sens de 

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Page 12 

l’art. 166 al. 3 CC, il n’en sera par conséquent pas tenu compte dans l’exa-

men de la présente cause, qui porte sur la question du respect par l’inté-

ressée de ses obligations financières envers la collectivité publique et, 

donc, de l’ordre juridique suisse tel que prévu à l’art. 26 al. 1 let. b aLN. 

6.2  

6.2.1 En acceptant la proposition de rectification de taxation portant sur les 

déclarations d’impôt 2006 à 2008 (accord donné par écrit le 7 juillet 2012 

également), la recourante et son époux ont été mis de la part de l’autorité 

fiscale cantonale au bénéfice d’un plan de recouvrement, qui a, entre-

temps, donné lieu à diverses versions successives en fonction des verse-

ments effectués à ce titre et des nouvelles créances d’impôt ouvertes à 

l’égard des conjoints. Si la conclusion d’un arrangement avec l’autorité 

fiscale permet certes de considérer, selon les critères retenus par le Ma-

nuel sur la nationalité et repris par la jurisprudence, que le candidat à la 

naturalisation facilitée satisfait, dans la mesure où il respecte les délais 

fixés pour le versement des acomptes convenus, aux obligations finan-

cières auxquelles il est tenu envers la collectivité, encore faut-il que les 

facilités de paiement ainsi octroyées se rapportent à des arriérés d’impôts, 

à savoir à des créances d’impôt en souffrance (cf. consid. 5.1 supra). En 

d’autres termes, le plan de paiement proposé au contribuable par l’autorité 

fiscale n’est susceptible d’être pris en considération que pour autant qu’il 

intervienne en raison du fait que ce dernier est en retard dans l’acquitte-

ment de ses contributions publiques et n’a donc pas payé sa (ses) fac-

ture(s) d’impôt(s) à l’échéance du délai fixé à cet effet. Or, il résulte du 

courrier adressé le 13 juin 2012 par l’Administration cantonale vaudoise 

des impôts à la recourante et à son époux que la proposition de rectification 

de taxation par procédure simplifiée et de plan de recouvrement y relatif 

prévoyant un paiement échelonné du montant des compléments d’impôts 

à verser est intervenue ensuite de l’ouverture d’une « procédure pour sous-

traction d’impôt fondée sur des soupçons de soustraction d’impôt consom-

mée et tentée » (cf. p. 1 du courrier de l’autorité cantonale fiscale du 13 

juin 2012). Il est vrai que le règlement de l’affaire par le biais d’une procé-

dure simplifiée tient compte, selon les indications mentionnées dans la 

lettre de l’autorité fiscale (cf. p. 1), de la bonne collaboration du couple. 

Comme l’a souligné cette autorité à l’attention de X._______ et de son 

époux, l’on ne saurait cependant occulter le fait que la proposition de 

règlement par procédure simplifiée comporte une majoration des éléments 

corrigés en lieu et place des amendes qui auraient dû être formellement 

prononcées. En outre, l’acceptation par le couple de la proposition de 

l’autorité fiscale signifie que la procédure d’enquête pour soustraction 

F-5852/2016 

Page 13 

fiscale a été clôturée par la décision de majoration d’impôt et que cette 

décision valait décision de « sanction » (cf. p. 5 du courrier du 13 juin 

2012). Dans ces conditions, la conclusion de l’arrangement proposé par 

l’Administration cantonale vaudoise des impôts ne tient pas au fait que la 

recourante et son époux auraient du retard dans le paiement de leurs fac-

tures d’impôts et présenteraient, donc, formellement des arriérés d’impôts, 

mais trouve son origine première, d’après les termes même du courrier du 

13 juin 2012, dans la commission d’une infraction fiscale, plus précisément 

de la contravention de soustraction fiscale. 

Or, même si la procédure relève, en cas de soustraction fiscale, de la 

compétence de l’administration fiscale et si cette infraction est réprimée 

généralement par une simple amende administrative proportionnée à la 

faute commise (cf. site internet de l’Administration fédérale des contribu-

tions : https://www.estv.admin.ch : Politique fiscale & Statistiques fiscales 

& Informations fiscales > Le système fiscal suisse > Recueil Informations 

fiscales > E. Notions fiscales > Les dispositions pénales en matière 

d’impôts directs [état de la législation : 1er janvier 2015], ch. 1.2 p. 2 et 

ch. 1.2.2.2 p. 4; site consulté en septembre 2018), il n’en demeure pas 

moins que la procédure réprimant la soustraction fiscale est une procédure 

à caractère pénal (cf. notamment ATF 140 I 68 consid. 9.2) et que sem-

blable infraction n’est pas une infraction sans gravité (ein « Kavaliersde-

likt »), un tel comportement étant en effet réprimé par une amende pouvant 

aller jusqu’à trois fois le montant de l’impôt soustrait et dépasser même le 

montant maximum de l’amende (10'000 francs) prévu par le Code pénal 

suisse (cf. art. 106 al. 1 CP; voir, sur ce point, arrêt du TF 1C_651/2015 

précité consid. 4.5.4). Dans ce contexte, il sied également de rappeler que 

la majoration des éléments rectifiés (soit du montant soustrait à l’impôt) en 

lieu et place des amendes qui auraient dû être formellement prononcées 

n’a pas une simple fonction compensatoire, mais consiste, en tant qu’elle 

est calculée conformément aux règles fixant la quotité de l’amende pour 

soustraction d’impôt, en une véritable peine réprimant l’infraction réalisée 

et équivaut à l’amende. La « procédure simplifiée », dans le cadre de la-

quelle a été fixée la majoration, vise seulement à tenir compte de la bonne 

collaboration du contribuable et lui permet d'éviter une procédure formelle 

plus lourde et coûteuse (cf. notamment arrêt du TF 4A_491/2013 du 6 fé-

vrier 2014 consid. 2.3 et 2.4.2, et réf. citées). A cet égard, il y a lieu encore 

de souligner qu’en cas de soustraction fiscale, aussi bien l’intention que la 

négligence sont punissables (cf. arrêt du TF 2C_508/2014 / 2C_509/2014 

du 20 février 2015 consid. 5.4.1; voir également site internet précité de 

l’Administration fédérale des contributions, ch. 5 p. 28). En outre, les 

dispositions réprimant la soustraction fiscale servent à protéger le droit de 

https://www.estv.admin.ch/

F-5852/2016 

Page 14 

la collectivité à percevoir l’impôt prévu par la loi et à assurer la mise en 

œuvre de l’imposition générale et uniforme fondée sur la capacité écono-

mique du contribuable. Ce principe revêt une signification importante dans 

la législation sur la nationalité suisse, dans la mesure où le paiement des 

contributions publiques démontre une adhésion du candidat à la naturali-

sation aux institutions étatiques suisses. Ainsi que l’a du reste souligné le 

TF dans le cadre de sa jurisprudence, l’octroi de la naturalisation suisse 

qui interviendrait pendant une procédure pour soustraction d’impôt serait 

illicite (cf. arrêt du TF 1C_651/2015 précité consid. 4.5.4). 

Par conséquent, du moment que le plan de recouvrement établi le 18 fé-

vrier 2015 à l’initiative de l’Administration cantonale vaudoise des impôts 

et les diverses versions successives de ce plan s’inscrivent, en ce qu’ils 

portent sur les déclarations d’impôts 2006 à 2008 de la recourante et de 

son époux, dans le cadre d’une procédure de soustraction fiscale ouverte 

au mois d’octobre 2011, le règlement échelonné des compléments 

d’impôts ainsi intervenu entre ces derniers et l’autorité fiscale cantonale ne 

saurait être pris en considération dans la même mesure que cela est le cas 

lors d’un arrangement conclu aux fins d’accorder au contribuable des faci-

lités de paiement pour l’acquittement d’arriérés d’impôts impayés (cf., en 

ce sens, arrêt du TF 1D_4/2011 précité consid. 2.3 et 2.4). Au vu du 

comportement répréhensible dont le couple a fait preuve quant au respect 

de ses obligations fiscales vis-à-vis des collectivités publiques et qui a été 

sanctionné au terme de la procédure d’enquête pour soustraction d’impôt 

par une décision de majoration, X._______, dont la responsabilité solidaire 

est engagée en ce qui a trait aux contributions publiques afférentes aux 

périodes fiscales postérieures à son mariage, ne peut prétendre avoir une 

réputation financière exemplaire au sens défini par la jurisprudence et le 

Manuel sur la nationalité (cf. consid. 5.1 supra). Pour ce motif, la condition 

d’application de l’art. 26 al. 1 let. b aLN portant sur la conformité à la 

législation suisse ne peut être tenue pour remplie en la personne de 

l’intéressée. 

6.2.2 Nonobstant ce qui précède, le TAF peut légitimement se poser la 

question de savoir, compte tenu de l’importance de la dette fiscale à la-

quelle la recourante et son époux doivent faire face et du retard conséquent 

avec lequel interviendra en toute probabilité l’extinction complète de cette 

dette, si les prénommés sont susceptibles, quand bien même ils 

s’acquittent scrupuleusement des acomptes prévus dans le plan de recou-

vrement, d’être considérés comme « étant à jour dans le règlement de 

leurs impôts » au sens où l’entend la jurisprudence (cf. arrêts du TF 

1C_651/2015 précité consid. 4.5.4 in fine; 1C_50/2009 précité consid. 2.2). 

F-5852/2016 

Page 15 

L’on ne saurait en effet, d’un point de vue purement comptable, perdre de 

vue que, selon ce que laisse apparaître l’examen des pièces du dossier, la 

somme des créances d’impôts ouvertes et impayées existant à l’encontre 

conjointement de X._______ et de son époux (intérêts moratoires non 

compris) s’élevait encore, un peu moins de trois ans après l’établissement 

du relevé général desdites créances du 2 février 2015, à un montant 

extraordinaire total de 256'614 fr. 45 (cf. relevé général des créances 

ouvertes et impayées du 4 janvier 2018 que l’intéressée a joint à ses 

écritures du 15 janvier 2018). Sachant que les acomptes versés jusqu’alors 

dans le cadre des plans de recouvrement oscillaient entre 2'000 et 4'000 

francs par mois, le reliquat de dette à payer pour le couple n’apparaît de 

loin pas pouvoir être définitivement acquitté dans un futur proche, en sorte 

qu’il est difficile de retenir, même dans l’hypothèse où l’on fait abstraction 

de la procédure de soustraction fiscale ouverte au mois d’octobre 2011 et 

ayant conduit à l’établissement des plans de recouvrement 

susmentionnés, que X._______ satisfait à ses obligations financières 

envers la collectivité et remplit ainsi la condition liée au respect de la 

législation suisse (art. 26 al. 1 let. b aLN), à laquelle est notamment 

subordonné l’octroi de la naturalisation facilitée. 

6.2.3 Partant, dans la mesure où l’une des conditions matérielles cumula-

tives dont dépend l’admission d’une demande de naturalisation facilitée 

n’est pas réunie, le fait que la recourante remplisse les autres conditions 

formelles et matérielles prévues en la matière, notamment en ce qui 

concerne son intégration en Suisse, n’est pas de nature à entrainer une 

appréciation différente du cas (cf. ATF 140 II 65 consid. 2.1). 

7.  

Au vu des éléments qui précèdent, il ne saurait être reproché à l'autorité 

intimée d'avoir retenu dans sa décision que, faute pour X._______ de 

satisfaire à ses obligations fiscales envers la collectivité et, donc, de se 

conformer à la législation suisse au sens de l'art. 26 al. 1 

let. b aLN, sa demande de naturalisation facilitée fondée sur l’art. 27 aLN 

devait être rejetée. L’intéressée ne pourra donc prétendre à la nationalité 

suisse qu'à partir du moment où elle aura démontré, pièces officielles à 

l’appui, qu’elle est en règle avec le paiement de ses contributions publiques 

sur les plans fédéral, cantonal et communal. 

8.  

Il suit de là que la décision querellée du SEM du 23 août 2016 est conforme 

au droit. 

F-5852/2016 

Page 16 

En conséquence, le recours est rejeté. 

Vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la charge 

de la recourante (cf. art. 63 al. 1 PA en relation avec les art. 1 à 3 du règle-

ment du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixés 

par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]). 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(dispositif page suivante) 

 

 

 

 

F-5852/2016 

Page 17 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Les frais de procédure, d'un montant de 1’000 francs, sont mis à la charge 

de la recourante. Ces frais sont prélevés sur l'avance d’un même montant 

versée le 8 novembre 2016. 

3.  

Le présent arrêt est adressé : 

– à la recourante, par l’entremise de son mandataire (Acte judiciaire) 

– à l'autorité inférieure, dossier K (…) en retour 

– au Service de la population du canton de Vaud (Division Etrangers), 

pour information 

– au Service de la population du canton de Vaud (Secteur 

naturalisations), pour information. 

 

L'indication des voies de droit se trouve à la page suivante. 

 

Le président du collège : Le greffier : 

  

Blaise Vuille Alain Surdez 

 

 

 

 

F-5852/2016 

Page 18 

Indication des voies de droit : 

Le présent arrêt peut être attaqué devant le Tribunal fédéral, 

1000 Lausanne 14, par la voie du recours en matière de droit public, dans 

les trente jours qui suivent la notification (art 82 ss, 90 ss et 100 LTF). Le 

mémoire doit être rédigé dans une langue officielle, indiquer les 

conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. L’arrêt 

attaqué et les moyens de preuve doivent être joints au mémoire, pour 

autant qu'ils soient en mains du recourant (art. 42 LTF). 

 

Expédition :