# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 0483df16-fa95-5150-b1b2-6da7db795095
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2004-05-04
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 04.05.2004 BO.2003.0158
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_BO-2003-0158_2004-05-04.html

## Full Text

CANTON DE VAUD

TRIBUNAL ADMINISTRATIF

Arrêt

du 4 mai 2004

sur le recours interjeté par A. X.________,
1********, à Z.________, représentée par son père, B. X.________, à Z.________,

contre

la décision de l'Office cantonal des
bourses d'études et d'apprentissage du

17 octobre 2003 lui refusant un bourse d'études.

* * * * * * * * * * * * * * * *

Composition de la section: M. Alain
Zumsteg, président; M. Jean Meyer et M. Pascal Martin, assesseurs.
Greffière: Mme Nicole-Chantal Lanz Pleines.

Vu les faits suivants:

A.                     A. X.________, née le 8
juin 1983, a débuté en octobre 2003 des études à l'Ecole polytechnique fédérale
de Lausanne (EPFL) en vue d'obtenir un diplôme d'ingénieur de l'environnement.

B.                    le 17 octobre 2003,
l'Office cantonal des bourses d'études et d'apprentissage (l'office) lui a
refusé une bourse pour la période du 15 octobre 2003 au 15 octobre 2004 en
motivant sa décision comme suit :

"La capacité
financière de votre famille dépasse les normes fixées par le barème (LAE art.
14 et 16), même en tenant compte de la diminution de revenu de votre
père."

C.                    Contre cette décision,
A. X.________, représentée par son père B. X.________, a formé un recours posté
le 11 novembre 2003. Elle conclut implicitement à ce qu'une bourse lui soit
allouée pour l'année académique 2003-2004.

                        Dans sa réponse du 4
décembre 2003, l'office, après un calcul détaillé, conclut au rejet du recours
et au maintien de sa décision.

                        La recourante a
renoncé à déposer un mémoire complémentaire.

Considérant en droit:

1.                     Déposé en temps utile,
le recours satisfait aux conditions formelles énoncées à l'art. 31 de la loi du
18 décembre 1989 sur la juridiction et la procédure administratives (LJPA). Il
y a donc lieu d'entrer en matière sur le fond.

2.                     Toute personne
remplissant les conditions fixées par la loi a droit au soutien financier de
l'Etat pour la poursuite d'études ou d'une formation professionnelle. Pour
l'essentiel, ces conditions sont de deux ordres : des conditions de nationalité
et de domicile d'une part, des conditions financières d'autre part. Les
conditions financières reposent sur l'un des principes cardinaux de la loi du
11 septembre 1973 sur l'aide aux études et à la formation professionnelle
(LAE), exprimé à son article 2 : "Le soutien de l'Etat est destiné à
compléter celui de la famille, au besoin à y suppléer". C'est dire que
ce soutien a un caractère subsidiaire. Le législateur a voulu maintenir le
principe de la responsabilité de la famille. La nécessité et la mesure du
soutien à accorder dépendent donc des moyens financiers dont le requérant et
ses père et mère (les parents) disposent pour assumer les frais d'études, de
formation et d'entretien du requérant. Toutefois, la capacité financière des
personnes autres que les parents qui subviennent à l'entretien du requérant et
celle du requérant lui-même sont seules prises en considération dans les cas
prévus à l'art. 12 ch. 1 et 2 (art. 14 al. 1 et 2 LAE), soit si d'autres
personnes domiciliées dans le canton de Vaud subviennent à l'entretien du
requérant (art. 12 ch. 1) ou si, depuis dix-huit mois au moins, le requérant
majeur est domicilié dans le canton de Vaud et s'y est rendu financièrement
indépendant (ch. 2).

                        Etant donné que A.
X.________ n'a pas exercé d'activité lucrative pendant dix-huit mois au moins
avant le début de la formation pour laquelle elle demande l'aide de l'Etat,
elle ne s'est pas rendue financièrement indépendante au sens de l'art. 12 ch. 2
LAE. Dans ces circonstances, la nécessité et la mesure du soutien à lui
accorder dépendent exclusivement des moyens financiers dont ses parents
disposent pour assumer ses frais d'études, de formation et d'entretien (art. 14
al. 1 LAE).

3.                     Selon l'art. 16 LAE
entrent en ligne de compte pour l'évaluation de la capacité financière les
charges, à savoir les dépenses d'entretien et de logement (ch. 1), les
ressources, soit le revenu net admis par la commission d'impôt (ch. 2 lit. a),
la fortune, dans la mesure où elle dépasse le but d'une juste prévoyance et si
par son mode d'investissement, le capital peut supporter en faveur du requérant
des prélèvements qui ne portent pas un préjudice sensible à l'activité
économique de la famille (ch. 2 lit. b), et l'aide financière accordée par
toute institution publique ou privée (ch. 2 lit. c).

                        Aux termes de l'art.
18 LAE, les "charges sont calculées selon un barème des charges
normales, compte tenu de la composition de la famille et du nombre et de l'âge
des enfants. Ce barème, établi et périodiquement adapté par la Commission
cantonale des bourses d'études, doit être approuvé par le Conseil d'Etat.".
En fait, depuis la modification du règlement d'application de la LAE (RAE) le
10 juillet 1996, les charges normales sont fixées par l'art. 8 al. 2 RAE. Elles
"correspondent aux frais mensuels minimum d'une famille pour
l'alimentation, le loyer, les services industriels, l'équipement, le ménage,
l'habillement, les assurances, le dentiste, les impôts, les loisirs, les
divers. Elles s'élèvent à :

                        Fr. 3'100.- pour deux parents

                        Fr. 2'500.- pour un parent

                        auxquels s'ajoutent, par enfant à charge

                        Fr. 700.- pour un enfant mineur

                        Fr. 800.- pour un
enfant majeur".

                        Ainsi, les charges
retenues pour l'allocation d'une bourse sont préétablies; elles ne varient pas
en fonction des dépenses effectives de la famille, ce qui garantit l'égalité de
traitement des requérants.

                        Pour le calcul du coût
des études, sont prises en considération toutes les dépenses qu'elles
nécessitent, y compris celles qui résultent de la distance entre le domicile et
le lieu des études (art. 19 LAE). Les éléments constituant le coût des études
sont : (a) les écolages et les diverses taxes scolaires, (b) les fournitures
(manuels, instruments, matériel) indispensables à la poursuite normale des
études, (c) les vêtements de travail spéciaux, (d) les frais de déplacement du domicile
au lieu de travail ou d'études et vice versa, calculés selon le tarif le plus
économique ou, le cas échéant, les frais de logement hors de la famille, (e)
les frais de repas si la distance entre le domicile et le lieu de travail ou
d'études ou les exigences des horaires le justifient. Les frais mentionnés à la
lettre (a) sont comptés dans le coût des études selon les tarifs des
établissements de formation. Les frais mentionnés aux lettres (b) à (e) font
l'objet d'un forfait selon le barème et les directives pour l'attribution des
bourses d'études approuvées par le Conseil d'Etat le 4 mars 1998 (ci-après :
barème). Ils sont comptés pour onze mois pour les apprentissages et dix mois
pour les gymnases, écoles assimilées et autres écoles (art. 12 RAE).

                        Le soutien de l'Etat
est accordé quand les charges, augmentées du coût des études du requérant,
excèdent le revenu (art. 20 LAE).

4.                     En l'occurrence, les
frais d'études de la recourante établis par l'office s'élèvent à 4'680 francs
(écolage, inscription : 80 fr.; manuels, matériel, outils : 1'400 fr.; frais de
transport : 1'200 fr.; repas de midi : 2'000 fr.). Les montants retenus par
l'office sont conformes aux art. 19 LAE et 12 RAE, ainsi qu'au barème. Ils ne
sont pas contestés par la recourante.

                        Le revenu familial
déterminant (capacité financière) est constitué en règle générale du chiffre 20
(moyenne des revenus nets des deux années précédentes) de la dernière
déclaration d'impôt des recourants admis par la commission d'impôt (art. 10 al.
1 RAE). Dans le cas d'espèce, le père de la recourante étant au chômage,
l'office a procédé à un calcul analogue à celui des autorités fiscales afin de
déterminer le revenu net, qu'il a fixé à 108'800 francs par an; ce montant n'a
pas été contesté par la recourante. Il convient d'ajouter à ces 108'800 francs
la part de la fortune familiale à prendre en compte conformément à l'art. 10
al. 2 RAE, soit en l'occurrence 19'880 francs; ce montant n'a pas non plus été
contesté par la recourante. Le revenu déterminant s'élève ainsi à 128'680
francs (108'800 + 19'880) par an, arrondi à 128'600, soit 10'716 francs par
mois.

                        On déduit ensuite du
revenu les charges normales qui s'élèvent à 3'100 francs pour deux parents,
auxquelles s'ajoutent 800 francs par enfant majeur à charge (art. 8 al. 2 RAE).
En l'espèce, elles s'élèvent donc à 4'700 francs (3'100 + [2 x 800]). Compte
tenu de ces charges, l'excédent de revenu dont dispose la famille de la
recourante est de 6'016 francs (10'716 – 4'700). Réparti en six parts, dont
deux pour la recourante (art. 11 RAE), cet excédent permet d'affecter à ses
frais d'études la somme annuelle de 24'063 francs ({[6'016 : 6] x 2} x 12).
Cette part de l'excédent du revenu familial afférente à la recourante étant
largement supérieure au coût de ses études (4'680 fr.), aucune bourse ne peut
lui être allouée (art. 20 LAE a contrario et 11a RAE).

                        Pour justifier ses
frais d'études et d'entretien, la recourante se réfère à un article paru dans
le journal "Migros", dans lequel figurait le budget minimal d'un étudiant
à Genève. Sans doute la loi présente-t-elle dans la définition des conditions
financières donnant droit à la bourse un certain schématisme. Quoi qu'on puisse
en penser du point de vue du droit désirable, ce schématisme a cependant été
clairement voulu par le législateur; le tribunal de céans ne peut que s'y
conformer.

5.                     Conformément à l'art.
55 LJPA, il y a lieu de mettre un émolument de justice à la charge du recourant
débouté.

 

 

Par ces motifs

le Tribunal administratif

arrête:

I.                      Le recours est
rejeté.

II.                     La décision de
l'Office cantonal des bourses d'études et d'apprentissage du 17 octobre 2003
est confirmée.

III.                     Un émolument
de 100 (cent) francs est mis à la charge de la recourante.

IV.                    Il n'est pas
alloué de dépens.

Lausanne, le 4 mai 2004

Le président:                                                                                             La
greffière:

                                                                     

                                                                     

 

Le présent arrêt est notifié aux
destinataires de l'avis d'envoi ci-joint.