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**Case Identifier:** 59a249f4-aa0c-59af-8f31-e7cd220fef1c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-06-12
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 12.06.2014 A/198/2012
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-198-2012_2014-06-12.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/198/2012-LDTR ATA/417/2014  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 12 juin 2014 

 

   dans la cause 

 
DÉPARTEMENT DE L’AMÉNAGEMENT DU LOGEMENT ET DE 
L’ÉNERGIE  

 
contre 

 
ASSOCIATION GENEVOISE DE DÉFENSE DES LOCATAIRES (ASLOCA) 
représentée par Me Romolo Molo, avocat 

et 

Madame A______ et Monsieur A______ 
représentés par CGI Conseils, mandataire 

et 

Madame B______ et Monsieur B______, appelés en cause 
représentés par Me Mark Müller, avocat 

ainsi que 

 
 
 

 A/198/2012   

- 2/12 -

 

Madame A______ et Monsieur A______ 
représentés par CGI Conseils, mandataire 
 

contre 

 
DÉPARTEMENT DE L’AMÉNAGEMENT DU LOGEMENT ET DE 
L’ÉNERGIE 

et 

ASSOCIATION GENEVOISE DE DÉFENSE DES LOCATAIRES (ASLOCA) 
représentée par Me Romolo Molo, avocat 

et 

Madame B______ et Monsieur B______, appelés en cause 
représentés par Me Mark Müller, avocat 

 

_________ 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 
31 mai 2012 (JTAPI/702/2012) 

- 3/12 - 

A/198/2012 

EN FAIT 

1)  L’immeuble situé 1______, avenue C______ à Meyrin, sur la parcelle 
2______ feuille 3______, a été construit en 1962. Comportant 34 appartements, il 
a été soumis au régime de la propriété par étages (ci-après : PPE) le 23 juillet 
1984. 

2)  Le 26 janvier 1990, le département des travaux publics, devenu le 
département de l’aménagement, de l’équipement et du logement, puis le 
département des constructions et des technologies de l’information, ensuite le 
département de l’urbanisme et enfin le département de l’aménagement, du 
logement et de l’énergie (ci-après : le département) a autorisé Monsieur D______, 
alors propriétaire de 30 de ces logements, à les vendre en bloc à Monsieur 
E______. Cette autorisation spécifiait qu’elle ne saurait justifier une vente 
ultérieure par appartements, l’acquéreur demeurant libre de revendre tous les 
logements en bloc. 

3)  Le 23 juillet 1999, le département a autorisé M. E______ à vendre en bloc 
pour le prix de CHF 3'200'000.-, par voie de cession d’actions à F______, 29 des 
30 appartements situés dans l’immeuble 1______, avenue C______. F______ 
s'était engagée à reprendre les baux existants et l’autorisation spécifiait qu’elle ne 
pourrait être invoquée ultérieurement pour justifier une aliénation individualisée 
des 29 appartements concernés. 

4)  Par arrêté du 17 janvier 2005, VA 4______, le département a autorisé la 
vente en bloc, pour un montant total de CHF 1'057'250.-, de 7 appartements sis  
au 1______, avenue C______, à Madame A______, née en 1984 et à son frère 
Monsieur A______, né en 1982, tous deux étudiants, soit les parts de copropriété 
en PPE correspondant à : 

 - l'appartement n° 3.04 de 4 pièces au 1er étage avec loggia ; 

 - l'appartement n° 5.01 de 4 pièces au 3ème étage avec loggia ; 

 - l'appartement n° 6.02 de 5 pièces au 4ème étage avec loggia ; 

 - l'appartement n° 6.04 de 4 pièces au 4ème étage avec loggia ; 

 - l'appartement n° 7.03 de 3 pièces au 5ème étage avec loggia ; 

 - l'appartement n° 9.01 de 4 pièces au 7ème étage avec loggia ; 

 - l'appartement n° 10.01 de 4 pièces au 8ème étage avec loggia. 

- 4/12 - 

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   Les acquéreurs, représentés par leur père lors de la signature des actes 
notariés en mars 2005, s’étaient engagés à reprendre les baux existants et 
l’autorisation spécifiait qu’elle ne pourrait être invoquée ultérieurement pour 
justifier une aliénation individualisée des appartements concernés, tous loués. 

5)  M. A______ a quitté la Suisse pour s'établir en Chine le 1er janvier 2008 et 
Mme A______ a quitté la Suisse pour s'établir en Israël en août 2009. 

6)  Le 4 novembre 2011, Mme A______ et M. A______ ont déposé auprès du 
département une requête en autorisation de vendre l'appartement n° 6.04 de 
4 pièces au 4ème étage avec loggia, de l’immeuble 1______, avenue C______, à 
Madame  B______ et Monsieur B______, qui en étaient locataires depuis 1973 et 
avaient demandé à l'acquérir. La valeur d'acquisition de l'appartement en cause en 
2005 était de CHF 180'000.-. Son prix de vente était de CHF 623'000.-. Quinze 
locataires des 1______, avenue C______, dont cinq du bloc appartenant aux 
vendeurs, avaient reçu l'assurance qu'ils ne seraient pas contraints d'acheter leur 
appartement, et avaient donné leur accord à la vente. Au moyen du produit de la 
réalisation de l'appartement, les vendeurs, qui n'exerçaient aucune activité liée au 
domaine immobilier, souhaitaient pouvoir acquérir un logement au lieu de leur 
domicile actuel. 

7)  Par arrêté du 2 décembre 2011, VA 5______, le département a autorisé la 
vente aux époux B______ du bien immobilier susmentionné, soit les parts de 
copropriété en PPE correspondant à  l'appartement n° 6.04 de 4 pièces au 
4ème étage avec loggia, au prix de CHF 623'000.-. 

8)  Le 23 janvier 2012, l'association genevoise des locataires (ci-après : 
ASLOCA) a recouru auprès du Tribunal administratif de première instance       
(ci-après : TAPI) contre l'arrêté susmentionné, concluant à son annulation. 
L'appartement en cause avait été acquis lors d'une vente en bloc et ne pouvait être 
revendu isolément. 

9)  Dans le cadre de l'instruction du recours, tant le département que Mme 
A______ et M. A______  ont conclu au rejet de ce dernier.  

  Les époux B______ n'ont pas souhaité être appelés en cause, indiquant 
préférer être entendus en qualité de témoins.  

  Entendu en audience de comparution personnelle le 2 mai 2012, le père de 
Mme A______ et M. A______, agissant comme représentant, a confirmé que la 
première vivait en Israël et le second à Hong Kong, l'un et l'autre en couple, et ne 
disposaient pas d'autre fortune que les appartements acquis en 2005, grâce à un 
prêt de CHF 320'000.- qu'il leur avait accordé, puis qu'il avait transformé en don. 
L'hypothèque s'élevait à CHF 850'000.-. A terme, ils souhaiteraient 

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vraisemblablement vendre tous les appartements. Sa fille souhaitait acquérir un 
appartement à Tel-Aviv.   

10)  Le 29 mai 2012, sans avoir appelé en cause les époux B______, le TAPI a 
admis le recours et annulé la décision querellée. La vente litigieuse correspondait 
à un intérêt purement économique pour les vendeurs et de pure convenance 
personnelle, ce qui ne pouvait l'emporter sur l'intérêt public au maintien de 
l'appartement en cause dans le parc locatif du canton. 

11)  Le 2 juillet 2012, le département a recouru auprès de la chambre 
administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre 
le jugement susmentionné, concluant à son annulation. La législation instaurait 
une présomption de prise en compte de l'intérêt privé du locataire désirant 
acquérir son appartement, ce dont la TAPI n'avait pas tenu compte. 

12)  Le 3 juillet 2012, Mme A______ et M. A______ ont également recouru 
auprès de la chambre administrative contre le jugement du TAPI du 29 mai 2012, 
concluant à son annulation. Ils reprenaient leur argumentation antérieure sur la 
nécessité financière de vendre l'appartement en cause, constituant aves les six 
autres, leur seule fortune, pour financer l'acquisition de leur logement respectif et 
sur la motivation des acquéreurs, âgés de près de 70 ans, à s'assurer d'un toit pour 
leurs vieux jours. Le TAPI n'avait pas tenu compte de ce que la législation 
imposait de faire prévaloir  l'intérêt de ces derniers lorsque les conditions étaient 
réunies, comme dans le cas particulier. 

13)  Le 6 juillet 2012, le TAPI a transmis son dossier. 

14)  Le 10 août 2012, Mme A______ et M. A______ ont appuyé le recours du 
département. 

15)  Le 10 août 2012 également, l'ASLOCA a conclu en substance au rejet des 
recours, se fondant sur ses arguments développés devant le TAPI. 

16)    Le 22 octobre 2012, les époux B______ ont demandé à être appelés en 
cause afin de pouvoir présenter leur argumentation. 

17)  Après avoir donné aux parties l'occasion de s'exprimer sur cette demande, à 
laquelle seule l'ASLOCA a émis des réserves, le juge délégué a appelé en cause 
les époux B______ le 20 novembre 2012.  

18)  Le 28 novembre 2012, l'ASLOCA a produit un arrêté du département du 
19 octobre 2012 autorisant Mme A______ et M. A______ à vendre à un tiers non 
locataire, pour un montant de CHF 990'000.-, un appartement n° 2.01 de 4 pièces 
au rez-de-chaussée supérieur, sis 6______, chemin G______, sur la parcelle 
7______, feuille 8______ de la commune de Genève-Petit-Saconnex. Les 
intéressés avaient été autorisés à acquérir cet appartement le 8 septembre 2003, en 

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même temps que deux autres dans le même immeuble, le tout pour un montant de 
CHF 1'145'000.- . 

19)  Le 13 décembre 2012, le juge délégué a transmis ces pièces aux parties et a 
demandé au département et à Mme A______ et M. A______ des informations et 
explications complémentaires sur les biens immobiliers dont ces derniers étaient 
ou avaient été propriétaires dans le canton.  

20)  Le 7 janvier 2013, le département a indiqué que Mme A______ et 
M. A______ avaient été autorisés à acquérir les appartements sis chemin 
G______ le 8 septembre 2003 et ceux de l'avenue C______ le 17 janvier 2005. 
Les ventes des trois appartements du chemin G______ avaient été autorisées 
respectivement le 30 octobre 2007 à des tiers non locataires pour un montant non 
indiqué; le 25 novembre 2010 à un tiers non locataire, pour un montant de CHF 
990'000.- ; et le 19 octobre 2012.  Il n'y avait pas d'autre autorisation d'aliéner, 
hormis celle objet du litige. 

21)  Le 20 décembre 2012, les époux B______ ont conclu à l'annulation du 
jugement du TAPI du 29 mai 2012. Ils confirmaient leur souhait d'acquérir pour 
leur seul usage l'appartement dans lequel ils habitaient depuis quarante ans. Ils 
devaient être mis au bénéfice de la présomption que leur intérêt privé devait 
l'emporter sur l'intérêt public au maintien de l'affectation locative de leur 
logement. 

22)  Le 13 janvier 2013, Mme A______ et M. A______ ont persisté dans leurs 
explications  à l'appui de la nécessité de vendre l'appartement de l'avenue 
C______, le fait qu'un appartement au chemin G______ leur appartenant soit 
vendu n'y changeant rien. Cette vente ne leur rapporterait en effet que CHF 
330'000.-, soit CHF 115'000.- chacun, après remboursement de l'hypothèque et 
paiement de l'impôt. Leur père pourrait en attester. Ils avaient en tout état 
définitivement quitté la Suisse, de sorte que leur intérêt privé à la vente l'emportait 
sur l'intérêt public. 

23)  Le 9 février 2013, l'ASLOCA a persisté dans ses conclusions. 

24)  Le 12 février 2013, le département s'est rallié à l'argumentation de 
Mme A______ et M. A______. 

25)  Le 14 février 2013, les époux B______ ont confirmé vouloir acquérir 
l'appartement litigieux.  

26)  Le 19 mars 2013, les parties ont été informées que la cause était gardée à 
juger. 

 

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EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2) a. L’aliénation d’un appartement à usage d’habitation, jusqu’alors offert en 
location, est soumise à autorisation dans la mesure où l’appartement entre, à 
raison de son loyer ou de son type, dans une catégorie de logements où sévit la 
pénurie (art. 39 al. 1 LDTR).  

 b. Le département refuse l’autorisation lorsqu’un motif prépondérant d’intérêt 
public ou d’intérêt général s’y oppose. L’intérêt public et l’intérêt général résident 
dans le maintien, en période de pénurie de logements, de l’affectation locative des 
appartements loués (art. 39 al. 2 LDTR). 

  En 2011, 2012 et 2013, il y avait pénurie à Genève au sens des art. 25 et 
39 LDTR pour toutes les catégories d’appartements de un à sept pièces 
inclusivement (Arrêtés du Conseil d’Etat déterminant les catégories 
d’appartements où sévit la pénurie en vue de l’application des art. 25 à 39 LDTR 
des 12 mai 2010, 27 juillet 2011 et 20 mars 2013 - ArAppart - L 5 20.03).  

3) a.  Selon l’art. 39 al. 3 LDTR, le désir d’un locataire, occupant effectivement 
son logement depuis trois ans au moins, d’acquérir ledit logement est présumé 
l’emporter sur l’intérêt public pour autant que 60 % des locataires en place 
acceptent formellement cette acquisition. Dans ce cas cependant, les locataires 
restants devront obtenir la garantie de ne pas être contraints d’acheter leur 
appartement ou de partir. 

  L’art. 39 al. 3 LDTR ne fait qu’instaurer une présomption. L’autorité n’est 
pas dispensée de procéder librement à une pesée complète des intérêts en présence 
car il n’est pas exclu que la présomption puisse être renversée (Arrêt du Tribunal 
fédéral 1C_180/2007 du 12 octobre 2007 consid. 5.8 et les références citées ; 
ATA/569/2012 du 24 août 2012, confirmé par Arrêt du Tribunal fédéral 
1C_497/2012 du 9 janvier 2013 ; ATA/330/2012 du 5 juin 2012, confirmé par 
Arrêt du Tribunal fédéral 1C_357/2012 du 8 janvier 2013). Aux termes de 
l’art. 13 al. 1 RDTR, le département procède à cette opération dans le cadre de 
l’examen de la requête en autorisation. 

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 b. A teneur de l’art. 39 al. 4 LDTR, le département autorise l’aliénation d’un 
appartement notamment s’il était, comme en l’espèce, le 30 mars 1985, soumis au 
régime de la PPE ou à une forme de propriété analogue et qu’il avait déjà été cédé 
de manière individualisée (let. b) ou qu’il a fait une fois au moins l’objet d’une 
autorisation d’aliéner en vertu de la LDTR (let. d). L’autorisation ne porte que sur 
un appartement à la fois. Une autorisation de vente en bloc peut toutefois être 
accordée en cas de mise en vente simultanée, pour des motifs d’assainissement 
financier, de plusieurs appartements à usage d’habitation ayant été mis en PPE et 
jusqu’alors offerts en location, avec pour condition que l’acquéreur doit les 
revendre sous la même forme, sous réserve de l’obtention d’une autorisation 
individualisée au sens du présent alinéa. 

4) a. La politique prévue par la LDTR procède d’un intérêt public important 
(Arrêt du Tribunal fédéral 1C_180/2007 précité consid. 5.3, et les références 
citées ; ATA/101/2011 ; ATA/102/2011 ; ATA/103/2011 ; ATA/104/2011 du 
15 février 2011, confirmés par Arrêts du Tribunal fédéral 1C_137/2011, 
1C_139/2011, 1C_141/2011 et 1C_143/2011 du 14 juillet 2011 ; ATA/255/2010 
du 20 avril 2010). Le refus de l’autorisation de vendre un appartement loué 
lorsqu’un motif prépondérant d’intérêt public ou d’intérêt général s’y oppose n’est 
pas contraire au principe de la proportionnalité, dès lors qu’il est consécutif, de la 
part de l’autorité administrative, à une pesée des intérêts en présence et à une 
évaluation de l’importance du motif de refus envisagé au regard des intérêts privés 
en jeu. En effet, la restriction à la liberté individuelle ne doit pas entraîner une 
atteinte plus grave que ne l’exige le but d’intérêt public recherché (ATF 113 Ia 
126 ss consid. 7b/aa p. 137 ; Arrêt du Tribunal fédéral 1P.19/2003 du 8 avril 2003 
consid. 2.1 ; ATA/355/2009 du 28 juillet 2009). 

 b. Au vu de la marge d’appréciation qui est la sienne, et même si aucun des 
motifs d’autorisation prévus expressément par l’art. 39 al. 4 LDTR n’est réalisé, 
l’autorité doit encore rechercher si l’intérêt public l’emporterait sur l’intérêt privé 
du recourant à aliéner l’appartement dont il est propriétaire (Arrêt du Tribunal 
fédéral 1P.2/1999 du 19 avril 1999 consid. 2f, résumé in SJ 1999 II p. 287 ; 
ATA/255/2010 précité). 

5)  Dans le cas des immeubles d’appartements en PPE, la vente en bloc de ces 
derniers doit être préférée à la vente par unités séparées, ce procédé-là ne mettant 
en principe pas en péril les buts de la LDTR (Arrêt du Tribunal fédéral 1P.2/1999 
précité consid. 2f ; ATA/244/2007 du 15 mai 2007, et les références citées). 
Toutefois, même dans ce cadre, la vente en bloc de petits lots d’appartements 
augmente la probabilité d’une vente ultérieure de logements individualisés aux 
locataires en place et, partant, le risque d’atteinte au parc immobilier locatif 
protégé par la LDTR. Il y a donc lieu de privilégier une approche stricte de la 
protection conférée par cette loi à celui-là si bien que, même en cas de vente en 

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bloc, l’aliénateur doit justifier d’un intérêt privé particulier (Arrêt du Tribunal 
fédéral 1C_137/2011 précité consid. 3.3) pour éviter des « ventes à la découpe ». 

6)  L’appartement n° 6.04 de 4 pièces au 4ème étage avec loggia,  faisant l’objet 
de l’autorisation de vente VA 5______ délivrée le du 2 décembre 2011 fait partie 
des catégories d’appartements pour lesquelles il y a pénurie au sens de l’ArAppart 
mentionné ci-dessus. Son aliénation est donc soumise à autorisation (art. 39 al. 1 
LDTR). Il est établi et non contesté que les époux B______ vivent dans ce 
logement depuis plus de quarante ans. Il est établi également qu’en vue de l’octroi 
de cette autorisation, ils ont obtenu l’accord de plus de 60 % des locataires en 
place concernés, sans qu’il soit nécessaire, pour les raisons qui vont suivre, de 
déterminer les circonstances dans lesquelles cet accord est intervenu. 

7)  Cet appartement n’a jamais été vendu de manière individualisée comme 
indiqué ci-dessus, mais il a été par deux fois vendu comme faisant partie d’un 
bloc. 

 Au vu des deux derniers arrêts précités du Tribunal fédéral de janvier 2013, le fait 
que les conditions de l’art. 39 al. 3 LDTR soient satisfaites ne crée qu’une 
présomption et ne dispense pas l’autorité de procéder à une pesée des intérêts en 
présence (ATA/196/2013 du 26 mars 2013). Or, si l’autorisation de vente de ce 
bien aux époux B______ était confirmée, cet appartement sortirait du parc locatif 
alors qu’il en a toujours fait partie et l’opération aggraverait encore la pénurie 
sévère de logements locatifs, alors que le maintien de ce parc locatif constitue un 
intérêt public important.  

  A cet intérêt public s’opposent les intérêts privés des vendeurs et des 
acquéreurs. Les premiers, domiciliés à l'étranger, allèguent avoir besoin de fonds 
propres pour acquérir leur propre logement. Les éléments du dossier révèlent 
toutefois qu'outre les sept appartements de l'avenue C______, ils ont également 
été propriétaires d'un bloc de trois appartements sis au chemin G______, revendus 
depuis lors de manière individualisée, dont le dernier le 19 octobre 2012, alors que 
la présente cause, dans laquelle ils affirmaient n'avoir d'autres biens immobiliers 
que le bloc d'appartements de l'avenue C______, était pendante. Le montant des 
deux dernières ventes des appartements du chemin G______, soit CHF 990'000.- 
chacun, est supérieur à celui de l'acquisition du bloc en CHF 1'145'00.-. De même, 
le prix de vente convenu pour l'appartement dans la présente cause représente-t-il 
à lui seul plus de la moitié du prix d'acquisition du bloc par Mme A______ et M. 
A______. Ainsi, après avoir acquis entre 2003 et 2005, alors qu'ils étaient 
étudiants et pas même ou à peine âgés de 20 ans, un bloc de trois et un bloc de 
sept appartements locatifs pour un montant total de CHF 2'202'250.-, ils ont 
revendu le premier bloc appartement par appartement ente 2007 et 2012, pour un 
montant d'au moins 1'980'000.- le prix de vente d'un des appartements n'étant pas 
connu et entendent vendre l'appartement litigieux pour CHF 623'000.-. En outre, 
ils n'excluent pas de revendre ultérieurement les autres appartements de l'avenue 

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C______. A quoi s'ajoute le fait qu'ils ont bénéficié d'un prêt transformé en don de 
la part de leur père dans le cadre de l'acquisition du bloc de l’avenue C______. 
Dans ces circonstances, les explications données par les intéressés sur 
l'impossibilité de trouver une autre source de financement que la vente litigieuse 
pour acquérir leur propre logement ne sont pas crédibles. Le dossier révèle 
suffisamment d'indices que ces  motifs sont allégués de manière artificielle pour 
pouvoir justifier une nouvelle vente ponctuelle d'un de leurs biens immobiliers, en 
le soustrayant au marché locatif. Leur intérêt est ainsi exclusivement économique 
et ne saurait prévaloir sur l'intérêt public prépondérant susmentionné. 

  Quant aux acquéreurs, si l'on peut comprendre leur souhait d'acquérir leur 
appartement, leur intérêt n'en relève pas moins de la seule convenance 
personnelle. Compte tenu des éléments l'ensemble des circonstances, cela n'est pas 
suffisant pour s'arrêter à la présomption de l'art. 39 al. 3 LDTR  et contrebalancer 
l'intérêt public au maintien de leur appartement dans le parc locatif.  

8)   En conséquence, les recours seront rejetés. Un émolument de 
CHF 1'000.- sera mis à la charge conjointe et solidaire de Mme A______ et 
M. A______ et un émolument de CHF 1'000.- à celle, conjointe et solidaire, des 
époux B______, le département devant en être dispensé en application de l'art. 87 
al. 1 LPA.  

  En revanche, tous les recourants devront verser une indemnité de procédure 
à l’ASLOCA, en CHF 1'000.-, à la charge conjointe et solidaire de Mme A______ 
et M. A______ et  en CHF 1'000.- à la charge de l’Etat de Genève (art. 87 al. 2 
LPA). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 2 juillet 2012 par le département de 
l’aménagement, du logement et de l’énergie contre le jugement du Tribunal 
administratif de première instance du 31 mai 2012 ; 

déclare recevable le recours interjeté le 3 juillet 2012 par Madame A______ et 
Monsieur A______ contre le jugement du Tribunal administratif de première instance 
du 31 mai 2012 ; 

au fond : 

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les rejette ; 

met à la charge conjointe et solidaire de Madame A______ et de Monsieur A______ un 
émolument de CHF 1'000.- ; 

met à la charge conjointe et solidaire de Madame B______ et Monsieur B______ un 
émolument de CHF 1'000.- ; 

alloue une indemnité de procédure à l’ASLOCA de CHF 1'000.- à la charge conjointe et 
solidaire de Madame A______ et de Monsieur A______ ; 

alloue une indemnité de procédure à l’ASLOCA de CHF 1'000.- à la charge de l'Etat de 
Genève 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt au département de l’aménagement du logement et de 
l’énergie, à CGI Conseils, représentant Madame A______ et Monsieur A______, soit 
pour elle Mme Anne Hiltpold, mandataire, à Me Mark Müller, avocat de Madame 
B______ et Monsieur B______, à Me Romolo Molo, avocat de l’ASLOCA, ainsi qu’au 
Tribunal administratif de première instance. 

 

Siégeants : M. Verniory, président, M. Thélin, Mme Junod, MM. Dumartheray et 
Pagan, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

S. Hüsler Enz 

 le président siégeant : 
 
 

J.-M. Verniory 
 
 

 

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A/198/2012 

 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :