# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 6410738f-7184-5e6c-91f7-609efe8e0f95
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-01-17
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 17.01.2014 P/20419/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-20419-2010_2014-01-17.pdf

## Full Text

Communiqué l'arrêt aux parties en date du vendredi 17 janvier 2014. 

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/20419/2010 ACPR/38/2014

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du vendredi 17 janvier 2014 

 

Entre 

A.______ SA, p.a. ______, comparant par Me Antoine E.BÖHLER, avocat, Etude Kaiser 

Böhler, rue des Battoirs 7, case postale 284, 1211 Genève 4, 

 

recourante, 

 

contre l'ordonnance de séquestre rendue le 3 septembre 2013 par le Ministère public, 

 

Et 

B.______, domicilié ______, comparant par Me Pierre de PREUX, avocat, Canonica 

Valticos de Preux, rue Pierre-Fatio 15, case postale 3782, 1211 Genève 3, 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6b, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565 - 1211 Genève 3, 

 

intimés.

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P/20419/2010 

EN FAIT : 

A. Par acte expédié au greffe de la Chambre de céans le 13 septembre 2013, A.______ 
recourt contre la décision rendue par le Ministère public, le 3 septembre 2013, 
notifiée le lendemain, dans la cause P/20419/2010, par laquelle cette autorité l'a 
informée du séquestre frappant la police d'assurance n. ______, conclue par 
B.______ auprès de C.______ ainsi que le prêt qui devait être garanti par cette 
police. 

 La recourante conclut à l'annulation et à la levée du séquestre frappant la police 
d'assurance n. ______ auprès de C.______; "alternativement", à l'autoriser à 
consulter les pièces pertinentes du dossier de la procédure, à compléter le présent 
recours ainsi qu'à l'annulation et la levée dudit séquestre. Elle conclut également au 
versement de CHF 5'589.- à titre d'indemnité pour le dommage subi en raison de la 
présente procédure de recours. 

B. Les faits pertinents pour l'issue du litige sont les suivants : 

 a. Le 16 décembre 2010, D.______ a déposé plainte pénale du chef de détournement 
de valeurs patrimoniales mises sous main de justice (art. 169 CP), faux dans les titres 
(art. 251 CP) et escroquerie (art. 146 CP) contre B.______ et E.______, 
respectivement président du conseil d'administration et administrateur de F.______ 
SA – dont la raison sociale est devenue, en mai 2013, A.______ SA –, société dont le 
but est de fournir des prestations de services dans le domaine de la fiduciaire, à 
l'instar de la comptabilité, la fiscalité et la révision.  

 A l'appui, elle a exposé, en substance, que B.______ avait été reconnu coupable, par 
arrêt de la Cour correctionnelle sans jury du 7 octobre 2008 (ACC/86/2008), 
d'escroquerie commise à son préjudice. La Cour avait homologué une transaction par 
laquelle B.______ s'était reconnu débiteur en sa faveur de CHF 1'367'000.-, avec 
intérêts à 5% dès le 6 octobre 2008, ainsi que de CHF 20'000.- à titre de participation 
pour ses frais d'avocat. Cet arrêt avait été définitivement confirmé par le Tribunal 
fédéral, le 26 mai 2009 (arrêt 6B_243/2009). 

 Le 1er octobre 2008, le Tribunal de première instance avait rendu une ordonnance de 
séquestre, exécutée par l'Office des poursuites le jour même, à hauteur de CHF 
1'367'808.- avec intérêts à 5% dès le 20 juin 2007, mesure ordonnée au préjudice de 
B.______, à la requête de D.______, portant sur les créances dues à B.______ à titre 
de salaire pour son activité auprès de F.______ SA, les créances en rémunération 
pour son activité au sein de nombreuses sociétés anonymes et sociétés à 
responsabilité limitée et, finalement, sur les créances des dividendes dus en sa qualité 
d'actionnaire au sein desdites sociétés anonymes. 

 D.______ avait finalement été informée par l'Office des poursuites que le séquestre 
n'avait pas porté, toutes les sociétés débitrices ayant déclaré que les honoraires 

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étaient dus à F.______ SA et non à B.______. F.______ SA avait produit son bilan, 
qui mentionnait une perte de CHF 8'867.70. B.______ prétendait, en outre, n'avoir 
perçu aucun salaire de cette société pour l'année 2008. Le procès-verbal constatant le 
non-lieu de séquestre avait été annulé, à la suite d'une plainte déposée auprès de la 
Commission de surveillance de l'Office des poursuites et des faillites. Finalement, le 
3 août 2010, un nouveau procès-verbal de séquestre avait été établi par l'Office des 
poursuites, converti le même jour en saisie définitive, portant sur les créances dues à 
B.______ à titre de salaire auprès de F.______ SA, soit CHF 165'300.-, ainsi que les 
honoraires dus à ce dernier par les diverses sociétés qu'il administrait, soit CHF 
197'775.25. 

 b. Le 18 février 2011, le Ministère public a ouvert une instruction pénale contre 
B.______ et E.______. Il a transmis la procédure à la police pour qu'elle procède à 
l'enquête préliminaire. 

 c. Dans le courant des années 2011 à 2013, le Ministère public a procédé à de 
nombreux actes d'instruction et confié à la Police différents mandats d'enquête. 

 d. Le 24 juillet 2013, il a informé les parties que l'enquête préliminaire touchait à sa 
fin et que des audiences seraient fixées dès l'automne, afin, notamment, de procéder à 
la mise en prévention de B.______. Par ailleurs, il a expliqué qu'un séquestre avait 
été ordonné le 9 octobre 2012 auprès de C.______, portant sur la police "______, 
pilier 3b", détenue par B.______. La valeur de rachat, au 1er novembre 2012, était de 
CHF 608'817.-. En juillet 2013, B.______ avait sollicité un prêt, garanti par ladite 
police, de CHF 448'000.-, prêt qui avait été autorisé par le Ministère public, mais 
dont il avait séquestré le montant y relatif en main de C.______. Il a précisé qu'un 
prêt de CHF 135'000.- grevait d'ores et déjà la police d'assurance. Ce séquestre visait 
à garantir le prononcé, par le juge, d'une confiscation ou d'une créance compensatrice 
contre B.______ en faveur de D.______. 

 e. Le 8 août 2013, A.______ a informé le Ministère public que le séquestre opéré sur 
la police d'assurance ainsi que sur le prêt consenti par C.______, garanti par cette 
même police, portait atteinte à ses droits, dans la mesure où elle en était la 
bénéficiaire. Elle s'était vue céder les droits y relatifs et devait, à terme, recevoir le 
montant du prêt séquestré. Elle s'était engagée à payer toutes les primes de la police, 
engagement qu'elle avait honoré. En tant que tiers touché par le séquestre, elle 
sollicitait l'accès aux pièces le justifiant ainsi que la levée de cette mesure. Elle a 
produit, à l'appui, un contrat conclu, le 17 octobre 2000, entre B.______, F.______ 
SA, représentée par B.______, et G.______ SA, représentée par H.______, son 
épouse. Il ressortait dudit contrat que F.______ SA avait obtenu de G.______ SA une 
limite de crédit de CHF 350'000.-. Afin de garantir le remboursement de ce prêt, 
B.______ avait souscrit, en couverture de celui-ci, une assurance-vie capitalisée. 
F.______ SA s'engageait à payer toutes les primes et, en contrepartie, B.______ 
cédait tous les droits lui revenant. Le bénéficiaire de l'assurance devait être G.______ 
SA, laquelle s'engeait, au versement du capital assuré à reverser le trop perçu à 

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F.______ SA. Sous la signature manuscrite de H.______, était inscrit, à la main, 
"Bon pour cession à la société I.______ AG". 

C. Dans sa décision querellée, le Ministère public relève que le séquestre avait été 
ordonné parce que B.______ en était le preneur et l'assuré et que c'était également 
celui-ci qui avait sollicité de l'assureur un prêt gagé par cette police. Le séquestre 
visait à garantir une confiscation ou une créance compensatrice et son allocation par 
le juge du fond. Le contrat du 17 octobre 2000 portait, sous la signature manuscrite 
de H.______ la mention "Bon pour cession à la société I.______ AG", de sorte que 
A.______ SA était invitée à fournir des éclaircissements à ce sujet (date, motif et 
effets de cette nouvelle cession) et si elle s'estimait encore titulaire d'un intérêt 
juridique. Le Ministère public concluait que cette décision valait notification motivée 
à A.______ SA du séquestre de la police sur laquelle elle élevait des droits. 

D. a. A l'appui de son recours, A.______ SA relève que B.______ est l'un de ses deux 
administrateurs, et qu'il est également celui de G.______ SA, aux côtés de H.______, 
sociétés dont les sièges sont situés dans les mêmes locaux. I.______ AG était une 
société dont le siège se situait à ______ et dont le but était, notamment, le conseil en 
matière de planification financière et fiscale, dont H.______ était également 
administratrice. Cela étant, le bénéficiaire de l'assurance-vie était A.______ SA. 
Selon le contrat du 17 octobre 2000, conclu entre B.______, A.______ SA et 
G.______ SA, à la suite de l'octroi d'une ligne de crédit de CHF 350'000.-, cette 
dernière devait être bénéficiaire de l'assurance. G.______ SA avait cédé ses droits à 
I.______ AG et, à cette même occasion, elle avait repris la limite de crédit; cette 
cession n'avait eu aucun effet pour A.______ SA, sous réserve du fait qu'elle était 
désormais débitrice de I.______ AG et non plus de G.______ SA. Ni l'une ni l'autre 
de ces sociétés n'avaient été inscrites comme bénéficiaires de l'assurance-vie, 
contrairement à ce qui avait été convenu initialement, de sorte que seule A.______ 
SA était bénéficiaire de cette police. Cette dernière avait payé les primes d'assurance, 
soit CHF 13'395.80 par trimestre. Le prêt sollicité par B.______ à C.______, gageant 
la police d'assurance séquestrée, en juillet 2013, devait être investi dans A.______ 
SA afin d'assurer son fonctionnement. A.______ SA ignorait si ce séquestre avait 
porté, en l'absence de conclusion d'un contrat de prêt par B.______. 

 S'agissant de la recevabilité du recours, A.______ SA relève que le séquestre de la 
police d'assurance lésait ses droits, étant bénéficiaire du capital en cas de décès de 
B.______ ou de versement à l'issue de la police. Elle perdait tout intérêt au 
versement des primes, dans la mesure où rien ne permettait de penser que le 
séquestre serait levé d'ici au 1er novembre 2014, échéance de la police. Elle ne sera 
également pas en mesure de rembourser la ligne de crédit ouverte auprès de I.______ 
AG à son échéance. Sa qualité pour recourir découlait également du prêt de CHF 
448'000.-, consenti par C.______ et dont elle devait être bénéficiaire, le séquestre 
empêchant le fonctionnement futur de la société. Au fond, elle invoque une violation 
de l'art. 71 al. 3 CP. N'ayant pas eu accès au dossier, elle ne s'expliquait pas dans 

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quelle mesure la police d'assurance séquestrée pourrait, à terme, être confisquée, les 
conditions des art. 69, 70 et 72 CP n'étant manifestement pas réalisées. La police 
n'appartenait pas à B.______, lequel n'était que "l'objet de l'assurance". Finalement, 
si elle devait être considérée comme "personne concernée" au sens de l'art. 71 al. 3 
CP, elle sollicitait l'accès au dossier et relevait être de bonne foi au sens de l'art. 70 
al. 2 CP. 

 b. Dans ses observations, le Ministère public, après un exposé des faits pertinents, 
relève que l'instruction, longue et complexe, montrait, à ce jour, que B.______ et son 
épouse, H.______, avaient méthodiquement organisé leurs rémunérations et leurs 
patrimoines de manière à soustraire B.______ aux poursuites de D.______. De 
nombreux mouvements de fortune insolites étaient en cours d'élucidation. La police 
litigieuse avait été contractée le 1er novembre 2000, alors que B.______ avait déjà 
connaissance de la procédure pénale dirigée à son encontre par D.______, procédure 
ayant abouti à sa condamnation, en octobre 2008. La cession effectuée en faveur de 
I.______ AG n'était pas datée et n'était appuyée par aucune documentation. 

 Il relève également que A.______ SA ne disposait pas de la qualité pour recourir, 
n'étant pas touchée par le séquestre. Celui-ci n'avait, pour l'heure, pas d'effet sur la 
clause bénéficiaire, que seul le preneur d'assurance pouvait modifier. Seule la 
confiscation pourrait, à terme, priver A.______ SA d'un éventuel droit. S'agissait du 
prêt, B.______ l'avait sollicité et le séquestre de la somme prêtée touchait ce dernier, 
et non A.______ SA. En outre, A.______ SA n'avait produit qu'une copie de la 
police d'assurance, de sorte qu'elle ne démontrait pas que celle-ci n'était pas gagée. 
Le recours était, dès lors, irrecevable. 

Par ailleurs, B.______ déplaçait économiquement le fruit de son travail dans une 
société détenue par H.______. Il était le réel ayant droit économique de l'assurance-
vie et le réel bénéficiaire de ses prestations futures. En effet, il participait à tous les 
contrats et, surtout, il avait tout récemment démontré, en sollicitant un prêt, qu'il 
contrôlait réellement la substance économique de cette société. A.______ SA ne 
précisait d'ailleurs pas à quel titre le prêt sollicité par B.______ devait être réinvesti 
dans celle-ci, soit "sous forme de prêt (actionnaire?) ou d'augmentation de capital?". 
Au demeurant, la police était presqu'entièrement remise en garantie pour couvrir les 
emprunts auprès de C.______, de sorte que, indépendamment du bénéficiaire, c'est 
cette dernière qui devrait percevoir le capital à l'échéance de la police. Le montage 
opéré par B.______ devait être tenu pour un abus de droit, sous réserve de sa 
qualification pénale. Finalement, A.______ SA, qui se confondait avec les époux B. 
et H., ne pouvait se prévaloir de sa bonne foi. 

 c. Le 11 octobre 2013, B.______ a déclaré ne pas avoir d'observations à formuler et 
s'en rapporter à justice. 

 d. Dans sa réplique, A.______ SA a opposé sa version et son appréciation des faits à 
celle du Ministère public. Elle a précisé que, à sa connaissance, G.______ SA avait 

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cédé ses droits à I.______ AG en décembre 2002, soit il y avait plus de dix ans. Elle 
"supposait" que l'original de la police d'assurance avait été remise en gage afin de 
garantir le prêt de CHF 135'000.-, qui la grevait d'ores et déjà. Sur le fond, elle a 
persisté, relevant néanmoins que B.______ et elle-même étaient deux personnes 
distinctes et avaient deux patrimoines également distincts. 

EN DROIT : 

1. 1.1. Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai 
prescrits (art. 393 et 396 CPP ; RS 312.0) et concerner une décision sujette à recours 
auprès de la Chambre de céans (art. 263 et 393 al. 1 let. a CPP). 

1.2. En revanche, se pose la question de savoir si la recourante doit être considérée 
comme un tiers directement touché dans ses droits au sens des art. 105 al. 1 let. f et 
al. 2 et 382 CPP. 

2. 2.1. Alors que les parties peuvent se prévaloir sans condition des droits procéduraux 
conférés par le code, les autres participants à la procédure doivent établir qu'ils sont 
directement, immédiatement et personnellement touchés dans leurs droits au sens de 
l'art. 105 al. 2 CPP (N. SCHMID, Schweizerische Strafprozessordnung: 
Praxiskommentar, Zurich 2009, n. 10 ad art. 105; A. DONATSCH / T. 
HANSJAKOB / V. LIEBER (éds), Kommentar zur Schweizerischen 
Strafprozessordnung (StPO), Zurich 2010, n. 1 ad art. 105). 

 Un intérêt juridiquement protégé doit être reconnu à celui qui jouit sur les valeurs 
confisquées d'un droit de propriété ou d'un droit réel limité (notamment un droit de 
gage). Le titulaire d'avoirs bancaires confisqués peut également se prévaloir d'un tel 
intérêt, car il jouit d'un droit personnel de disposition sur un compte, équivalant 
économiquement à un droit réel sur des espèces (ATF 133 IV 278 consid. 1.3 p. 282 ; 
128 V 145 consid. 1a p. 148 ; 108 IV 154 consid. 1a p. 155). La qualité pour recourir 
est en revanche déniée au détenteur économique (actionnaire d'une société ou 
fiduciant) d'un compte, dans la mesure où il n'est qu'indirectement touché ; la qualité 
d'ayant droit économique ne fonde donc pas un intérêt juridiquement protégé (arrêt 
du Tribunal fédéral 1B_94/2012 du 2 avril 2012 consid. 2.1 et les références citées ; 
ACPR/102/2013 du 14 mars 2013). 

 L'intérêt juridique doit être actuel, un intérêt virtuel n'étant pas suffisant (arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_1011/2010 du 18 février 2011 consid. 2.3.2). 

Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, la renonciation à l’exigence d’un intérêt 
actuel et pratique n’est admise que si la contestation peut se reproduire en tout temps 
dans des circonstances identiques ou analogues, si sa nature ne permet pas de la 
soumettre à une autorité judiciaire avant qu’elle ne perde son actualité et s’il existe 
un intérêt public suffisamment important à la solution des questions litigieuses en 

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raison de leur portée de principe, ces conditions étant cumulatives (arrêts du Tribunal 
fédéral 6B_131/2011 du 26 avril 2011, ; DCPR/147/2011 du 24 juin 2011). 

2.2. En l'espèce, la recourante, tiers à la procédure, se prétend lésée dans ses droits, 
étant, à teneur de la police d'assurance, bénéficiaire de celle-ci. Toutefois, de 
l'argumentation développée par la recourante et des pièces qu'elle a elle-même 
produites, il ressort que cette dernière n'est aucunement lésée par le séquestre 
litigieux. 

En effet, la recourante ne dispose d'aucun intérêt actuel à s'opposer au maintien du 
séquestre, dans la mesure où elle ne détient qu'une prétention future à l'encontre de 
l'assurance, au décès du mis en cause, preneur d'assurance, ou au terme de la police, 
et ce, pour autant que ce dernier ne modifie pas, dans l'intervalle, le bénéficiaire de 
celle-ci. Les prétentions de la recourante sont dès lors encore incertaines et ne 
sauraient être suffisantes pour lui conférer la qualité pour recourir et un intérêt 
juridiquement protégé actuel. 

Par ailleurs, la recourante a expressément déclaré que "il y a lieu de supposer que la 
police a été remise en gage – et donc remise physiquement – afin de garantir le prêt 

de CHF 135'000.- – qui la grève déjà". Si la police a effectivement été remise en 
gage, la recourante n'a, pour ce motif également, pas la qualité pour recourir à 
l'encontre du séquestre.  

En outre, s'agissant du prêt de CHF 448'000.- sollicité par le mis en cause, les motifs 
d'un éventuel réinvestissement dans la recourante n'ont pas été allégués, ce qui 
soulève de nombreuses questions auxquelles cette dernière n'a pas répondu, 
notamment, s'agissant de la nature dudit investissement. En tous les cas, c'est à juste 
titre que le Ministère public a considéré que ce réinvestissement tendait à confirmer 
que le réel ayant droit économique de cette police était le mis en cause. 

Finalement, le contrat du 17 octobre 2000 ne confère aucun droit à la recourante et, 
au demeurant, semble n'avoir été que partiellement exécuté dans la mesure où 
G.______ SA devait être inscrite dans la police d'assurance, en qualité de 
bénéficiaire.  

Pour l'ensemble de ces motifs, la recourante ne dispose d'aucun intérêt juridiquement 
protégé à recourir contre la mesure litigieuse. Son recours est ainsi irrecevable. 

3. La recourante, qui succombe, supportera les frais de la procédure envers l'État 
(art. 428 al. 1 CPP). 

* * * * * 

  

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PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

 

Déclare irrecevable le recours formé par A.______ SA contre la décision rendue le 3 
septembre 2013 par le Ministère public dans la procédure P/20419/2010. 

Condamne A.______ SA aux frais de la procédure de recours, qui comprennent un 
émolument de CHF 1'500.-. 

Siégeant : 

Messieurs Christian COQUOZ, président ; Louis PEILA et Christian MURBACH, juges ; 
Julien CASEYS, greffier. 

 

Le greffier : 

Julien CASEYS 

 Le président : 

Christian COQUOZ 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 
 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF ; 

RS 173.110) ; la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les trente jours qui 

suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

  

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 ETAT DE FRAIS P/20419/2010

 
 

 
COUR DE JUSTICE 

 

 
 
 
Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais en matière pénale 
(E 4 10 03). 
 

Débours (art. 2) 

- frais postaux CHF 30.00 

Émoluments généraux (art. 4)  

- délivrance de copies (let. a) CHF       

- délivrance de copies (let. b) CHF       

- état de frais (let. h) CHF 75.00 

Émoluments de la Chambre pénale de recours (art. 13)   

- décision indépendante (let. c) CHF 1'500.00 

-  CHF       

Total     CHF 1'605.00