# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** abda60be-846d-5715-8d1e-5c57df455f85
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-08-06
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Verwaltungsgerichtshöfe 06.08.2018 601 2018 170
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_007_601-2018-170_2018-08-06.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

601 2018 170
601 2018 171

Arrêt du 6 août 2018

Ie Cour administrative

Composition Présidente: Marianne Jungo 
Juges: Anne-Sophie Peyraud 

Dominique Gross 
Greffière: Stéphanie Morel 

A.________, recourante, représentée par Me Boris Perrod, avocat

contre

DIRECTION DE L'ÉCONOMIE ET DE L'EMPLOI, autorité intimée 

Objet Recours sur mesures provisionnelles – suspension provisoire 
d'activité d'un agent des collectivités publiques

Recours du 22 juin 2018 (601 2018 170) contre la décision du 11 juin 
2018 et requête (601 2018 171) d'effet suspensif du même jour

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attendu

que, par contrat du 20 juillet 2007, A.________ a été engagée à 80 % par la Direction de 
l'économie et de l'emploi en qualité de collaboratrice scientifique universitaire auprès de 
B.________;

que, dès 2014, dans le cadre de ce contrat, elle a travaillé pour C.________, en tant que cheffe de 
projet;

que, par courrier du 18 décembre 2017, le Président de la Commission précitée s'est adressé au 
chef de B.________, D.________, pour l'informer du fait que la collaboratrice ne répondait plus 
aux exigences de C.________ et qu'un nouveau coordinateur devait dès lors être mis à sa 
disposition dans les plus brefs délais;

que le chef de B.________ a demandé que le poste de A.________ soit tout simplement 
supprimé;

que, dans ce contexte, le 9 février 2018, la DEE a ouvert une procédure de résiliation des rapports 
de service à l'encontre de la collaboratrice (ci-après: procédure LPers);

que, le 14 mars 2018, par l'intermédiaire du Syndicat suisse des services publics (ci-après: SPP) 
l'intéressée s'est déterminée sur la procédure LPers et a prévenu son autorité d'engagement 
qu'elle s'était adressée à l'Espace Santé-social pour dénoncer D.________, qui d'après elle, 
adoptait des comportements inadéquats pouvant s'apparenter à du mobbing (ci-après: procédure 
OHarc). Elle se plaignait notamment de rétention d'informations, d'une mise à l'écart systématique, 
de remarques déplacées lors des séances de C.________ ainsi que de triangulations;

que, dans ce cadre, elle a soutenu que le chef de B.________ voulait se débarrasser d'elle pour 
des raisons personnelles et utilisait à ce titre la procédure de suppression de poste pour parvenir à 
ses fins;

que, par téléphone du 15 mars 2018, Me E.________ - avocat externe nommé par la Commission 
paritaire de surveillance en matière de harcèlement psychologique et sexuel - a pris contact avec 
la DEE pour négocier le maintien en poste de la collaboratrice, voire son transfert;

que, le 15 mai 2018, l'avocat précité a informé la DEE que la collaboratrice était disposée à faire 
une médiation au sens de l'ordonnance cantonale du 14 décembre 2015 relative au harcèlement 
et aux difficultés relationnelles sur le lieu de travail (OHarc; RSF 122.70.14);

que, du 15 mai au 10 juin 2018, l'intéressée a été en incapacité de travail médicalement attestée;

que, le 7 juin 2018, a eu lieu une séance réunissant l'autorité d'engagement et la section Espace 
santé-social;

que la collaboratrice n'a pas été conviée à cet entretien mais en a été informée;

que, par courriel du vendredi 8 juin 2018, l'intéressée a indiqué à son chef qu'elle entendait 
reprendre le travail à 50% dès le mardi 12 juin 2018;

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que, par décision du 11 juin 2018, dont copie a été communiquée à la collaboratrice par courriel du 
même jour et notifié au SSP le lendemain, l'autorité d'engagement a exclu la possibilité d'une 
médiation et ainsi clôturé la procédure informelle OHarc, ouvert une procédure formelle, confié la 
conduite et l'instruction de celle-ci à une mandataire externe et libéré A.________ de son 
obligation de travailler avec effet immédiat jusqu'à nouvelle décision;

que, sur ce dernier point en particulier, la DEE estime qu'une reprise d'activité par la collaboratrice 
n'est pas opportune car les accusations de harcèlement, encore non instruites, rendent la 
continuation des rapports de service difficiles et que l'insistance de l'intéressée à vouloir négocier 
le maintien de son poste sous l'angle OHarc péjore la relation de confiance entre elle et son chef 
de service et les personnes susceptibles d'être nouvellement nommées en qualité de supérieur 
hiérarchique. En outre, compte tenu des domaines de compétences de la collaboratrice, même 
son rattachement momentané au Secrétariat général de la DEE n'empêchera pas une exposition 
mutuelle des protagonistes de l'affaire, soit aussi bien A.________, que ses collègues ou des 
membres des commissions auxquelles elle est rattachée, ou encore D.________;

qu'agissant le 22 juin 2018, l'intéressée a interjeté recours devant le Tribunal cantonal et a conclu, 
sous suite de frais et dépens, principalement à l'annulation de la décision du 11 juin 2018, 
respectivement à l'annulation du ch. 4 de celle-ci relatif à sa suspension, et subsidiairement au 
renvoi de l'affaire à l'autorité intimée. Son recours est également assorti d'une requête d'octroi 
d'effet suspensif. A l'appui de ses conclusions, elle se plaint d'une violation de l'art. 33 de la loi 
cantonale du 17 octobre 2001 sur le personnel de l'Etat (LPers; 122.70.1), dans le sens où son 
autorité d'engagement a violé son droit d'être entendue et ne peut pas justifier sa suspension par 
un motif valable;

que, dans ses observations du 16 juillet 2018, l'autorité d'engagement a conclu, sous suite de frais 
et dépens, au rejet du recours et au rejet de la requête d'effet suspensif. De manière générale, la 
DEE rappelle que la mesure provisionnelle s'inscrit dans le cadre de la procédure OHarc et que la 
décision du 11 juin 2018 a notamment été rendue en application du principe de prudence et du 
devoir de protection de l'autorité d'engagement qui, en libérant la recourante de son obligation de 
travailler, lui évite de se trouver confrontée à une prétendue situation de harcèlement ainsi qu'aux 
différents protagonistes de l'affaire; 

qu'il sera fait état des arguments développés par les parties à l'appui de leurs conclusions, dans 
les considérants en droit du présent arrêt, pour autant que cela soit utile à la résolution du présent 
litige;

considérant

que, déposé dans les formes et le délai prescrits, le présent recours est recevable conformément 
aux art. 114 al. 1 let. a du code fribourgeois du 23 mai 1991 de procédure et de juridiction 
administrative (CPJA; RSF 150.1) et 132 al. 1 LPers, de sorte que le Tribunal cantonal peut en 
examiner les mérites;

que, s'agissant du délai pour recourir en particulier (cf. 79 CPJA), il est précisé que selon la 
jurisprudence, une décision de suspension à titre préventif doit être considérée comme une 

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décision finale, et non incidente (arrêt TAF A-1647/2013 du 27 novembre 2013 consid. 1.4.2; ATF 
104 Ib 129, cité in arrêt TC JU du 10 mai 2000 in RJJ 2001 p. 154);

que, selon l’art. 77 CPJA, le recours devant le Tribunal cantonal peut être formé pour violation du 
droit, y compris l’excès ou l’abus du pouvoir d’appréciation (let. a) et pour constatation inexacte ou 
incomplète des faits pertinents (let. b). En revanche, à défaut d’habilitation légale expresse, la 
Cour ne peut pas examiner en l'espèce le grief d’inopportunité (art. 78 al. 2 CPJA);

que, garanti par l'art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 (Cst.; RS 101) et l'art. 57 
al. 1 CPJA, le droit d’être entendu comprend, en particulier, le droit pour la personne concernée de 
s'expliquer avant qu'une décision ne soit prise à son détriment (arrêts TF 8C_176/2015 du 9 février 
2016 consid. 2.2; TC FR 601 2012 61 du 21 décembre 2012 consid. 3a); 

que le droit d'être entendu est de nature formelle; sa violation entraîne en principe l'annulation de 
la décision attaquée, indépendamment des chances de succès du recours sur le fond (ATF 135 I 
279 consid. 2.6.1). Une violation du droit d'être entendu est considérée comme réparée lorsque 
l'administré jouit de la possibilité de s'exprimer librement devant une autorité de recours pouvant 
contrôler l'état de fait et les considérations juridiques de la décision attaquée, à condition toutefois 
que l'atteinte aux droits procéduraux de la partie lésée ne soit pas particulièrement grave, de sorte 
qu'il n'en résulte aucun préjudice pour le justiciable (arrêts TF 8C_47/2013 du 28 octobre 2013 
consid. 4.2; 8C_310/2017 du 14 mai 2018 consid. 7). Toutefois, une réparation devant l’instance 
de recours peut se justifier en présence d'un vice grave notamment, lorsque le renvoi constituerait 
une vaine formalité et aboutirait à un allongement inutile de la procédure (ATF 137 I 195 
consid. 2.3.2; 142 II 218 consid. 2.8.1);

que, selon l’art. 33 LPers, lorsque des raisons de service le justifient, l’autorité d’engagement peut, 
par mesures provisionnelles, ordonner à un collaborateur ou à une collaboratrice de suspendre 
immédiatement son activité (al. 1 1ère phr.). Pour les mêmes raisons, elle peut également ordonner 
le déplacement provisoire du collaborateur ou de la collaboratrice à un autre poste correspondant 
à ses capacités (al. 1 2ème phr.). Le collaborateur doit être entendu préalablement par l’autorité 
d’engagement (al. 1 3ème phr.). Lorsque des motifs sérieux indiquent que le maintien des rapports 
de service au-delà de la suspension d’activité n’est pas envisageable en raison d’une faute du 
collaborateur ou de la collaboratrice, la suspension d’activité peut être assortie d’une suspension 
de traitement (al. 2). Si la suspension ou le déplacement d’activité se révèle infondé, le 
collaborateur ou la collaboratrice a droit à une réparation appropriée du tort moral. Si la 
suspension de traitement se révèle infondée, le collaborateur ou la collaboratrice a droit en plus au 
remboursement du traitement (al. 3);

qu'en matière de rapport de travail de droit public, des occasions relativement informelles de 
s'exprimer avant le licenciement en particulier peuvent remplir les exigences du droit 
constitutionnel d'être entendu, pour autant que la personne concernée ait compris qu'une telle 
mesure pouvait entrer en ligne de compte à son encontre (arrêts TF 8C_301/2017 du 1er mars 
2018 consid. 3.2; 8C_817/2015 du 6 juillet 2016 consid. 4.3.1; 8C_243/2015 du 17 mars 2016 
consid. 5.5 et les arrêts cités). La personne concernée ne doit pas seulement connaître les faits 
qui lui sont reprochés, mais doit également savoir qu'une décision allant dans une certaine 
direction est envisagée à son égard (arrêts TF 8C_502/2017 du 30 novembre 2017 consid. 5.3, 
destiné à la publication; 8C_158/2009 du 2 septembre 2009 consid. 5.2, non publié in ATF 136 I 
39). Selon la jurisprudence, l'omission pour un employeur public d'entendre le fonctionnaire auquel 

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elle veut signifier son congé constitue en principe une violation grave du droit d'être entendu de 
l'intéressé (arrêts 8C_615/2016 du 15 juillet 2017 consid. 3.4; 8C_53/2012 précité consid. 5.4);

que, dans le cas particulier, la recourante n'a pas pu s'exprimer avant d'être suspendue;

que, contrairement à ce que soutient l'autorité intimée, la situation ne présentait pas une urgence 
telle qu'elle justifiait le prononcé d'une mesure superprovisionnelle;

que, d'ailleurs, la collaboratrice n'a pas été entendue non plus après la décision;

que, sur le plan formel, le principe constitutionnel concrétisé à l'art. 33 al. 1 3ème phr. LPers a 
incontestablement été violé;

que, toutefois, l'on n'est pas en présence d'une violation grave du droit d'être entendu, s'agissant 
de la suspension d'activité ordonnée à titre provisoire et non pas d'un congé;

qu'en outre, l'intéressée a pu faire valoir ses arguments devant l'Instance de céans;

que, surtout, un renvoi de la cause à la DEE pour ce seul motif aboutirait à un allongement inutile 
de la procédure qui, vu les circonstances et la situation professionnelle particulière de la 
collaboratrice, ne saurait tolérer de retard;

qu'il y a dès lors lieu d'entrer en matière sur le fond du litige;

que si, certes, la suspension provisoire est en pratique souvent prononcée dans le but de 
surmonter le laps de temps qui s'écoule entre la découverte d'une violation des devoirs de service 
et ses conséquences dans le cadre notamment d'une procédure de résiliation (cf. par exemple 
arrêts TAF 1647/2013 du 27 novembre 2013 consid. 3.2; TC FR 1A 1998 50 du 18 novembre 1998 
consid. 4a; 601 2016 167 du 27 novembre 2017 consid. 6b/aa), les termes clairs de la disposition 
permettent indiscutablement d'envisager d'autres cas de figure (cf. art. 33 al. 1 1ère phr. LPers);

qu'en plus d'être prononcée comme sanction, cette mesure préventive peut en effet également 
être ordonnée à titre strictement provisionnel;

qu'elle peut notamment être liée à une enquête ou à une procédure administrative dans le but 
d'assurer que celles-ci se déroulent dans des conditions satisfaisantes, sans que le comportement 
passé du collaborateur ne joue nécessairement un rôle à ce stade;

que, dans une telle situation, il est toutefois essentiel que l'intéressé, sous réserve de 
circonstances particulières, revienne immédiatement sur son lieu de travail une fois le motif à 
l'origine de sa suspension écarté; 

qu'en outre, compte tenu du caractère provisoire de la mesure, la procédure à laquelle est liée la 
suspension doit être menée avec toute la célérité qui s'impose;

que, dans le cas particulier, la suspension d'activité de A.________ vise selon l'autorité intimée 
essentiellement à la protéger, afin d'empêcher qu'elle soit à nouveau victime de harcèlement;

que, surtout, la mesure garantit que la procédure OHarc en cours soit correctement menée, 
procédure qu'elle a elle-même initiée;

que, quoiqu'en pense la recourante, c'est dans son intérêt qu'elle a été éloignée des affaires;

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qu'en outre, étant rappelé que son traitement est maintenu, force est de souligner que la 
collaboratrice ne subit aucun dommage patrimonial;

qu'au demeurant, il sied encore de rappeler que l'autorité jouit en la matière d'un large pouvoir 
d'appréciation, justifié par la nature particulière de la suspension qui constitue une mesure en tous 
points provisoire, qui ne règle définitivement ni ne préjuge rien (arrêt TC FR 1A 2003 43 du 13 mai 
2003 consid. 5a);

que, considérant l'ensemble de ce qui précède, l'autorité intimé n'a ainsi pas excédé ou abusé de 
son vaste pouvoir d'appréciation en rendant la décision litigieuse;

que, partant, le recours doit dès lors être rejeté et la suspension provisoire d'activité confirmée;

que la requête d'effet suspensif, devenue sans objet, est rayée du rôle;

que, la cause ne présentant aucune valeur litigieuse, il n'est pas perçu de frais judiciaires 
(cf. art. 134 CPJA);

que la recourante, qui succombe, n'a pas droit à une indemnité de partie (cf. 137 CPJA);

la Cour arrête:

I. Le recours (601 2018 170) est rejeté.

Partant, la décision de la Direction et de l'économie et de l'emploi du 11 juin 2018 est 
confirmée.

II. La requête d'effet suspensif (601 2017 171), devenue sans objet, est rayée du rôle.

III. Il n'est pas perçu de frais judiciaires.

IV. Il n'est pas alloué d'indemnité de partie.

V. Notification.

Cette décision peut faire l'objet d'un recours constitutionnel subsidiaire auprès du Tribunal fédéral, 
à Lucerne, dans les 30 jours dès sa notification.

Fribourg, le 6 août 2018/ape/smo

La Présidente: La Greffière: