# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e187ddff-93f4-5730-866e-b3c2ddea8f7a
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour d'appel civile HC / 2015 / 306
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_002_HC---2015---306_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

P314.028453-150256

74 

 

 

cour
d’appel CIVILE

_____________________________

Arrêt du
6 mars 2015

__________________

Composition
:               M.             
Colombini,
président

             
              Mmes             
Charif Feller et Crittin Dayen, juges

Greffière
:              Mme             
Choukroun

 

 

*****

 

 

Art.
322 al. 1 CO, 312 al. 1 CPC

 

 

             
Statuant à huis clos sur l’appel interjeté par 
V.________,
à [...], demandeur au fond, contre le jugement rendu le 6 mars 2015 par le Tribunal de prud’hommes
de l’arrondissement de l’Est vaudois dans la cause divisant l’appelant d’avec
 D.________,
à [...], défenderesse au fond, la Cour d’appel civile du Tribunal cantonal considère:

 

             
En fait :

 

 

A.             
Par jugement rendu le 30 septembre 2014, dont la motivation a été communiquée aux parties
le 6 janvier 2015, le Tribunal de prud’hommes de l’arrondissement de l’Est vaudois
a rejeté les conclusions de V.________ (I), dit que ce dernier est le débiteur de D.________
de la somme de 1'500 fr. à titre de dépens (II) et rendu le jugement sans frais (III). 

 

             
En droit, les premiers juges ont considéré que V.________ avait tacitement admis la modification
du contrat de travail le liant à D.________, en acceptant durant près de deux ans de travailler
à un taux d’activité partiel pour une rémunération à l’heure. Ils
ont retenu que le salaire horaire de 20 fr. effectivement alloué était supérieur au salaire
horaire minimum prévu par la CCNT de GastroSuisse, de sorte que la modification du contrat était
valable. 

 

 

B.             
Par acte du 6 février 2015, V.________ a
fait appel de ce jugement. Il a conclu, avec suite de frais et dépens, à son annulation et
au renvoi de la cause à l’autorité de première instance pour nouvelle instruction
et nouvelle décision dans le sens des considérants. A titre subsidiaire, il a conclu à
sa réforme en ce sens que D.________ doit verser à V.________ le montant de 23’094 fr.
50, avec intérêts à 5% l’an dès le 31 août 2013. Il a requis d’être
mis au bénéfice de l’assistance judiciaire pour la procédure d’appel et transmis
les documents nécessaires à l’appui de cette demande, notamment des décomptes de
salaire desquels il ressort qu’il est employé comme cuisinier dans un restaurant à Yverdon-les-Bains,
pour une rémunération horaire de 20 fr. 90, avec en sus une indemnité pour les vacances,
les jours fériés ainsi que la part au 13e
salaire. 

 

             
D.________ n’a pas été invitée à se déterminer.  

 

 

C.             
La Cour d'appel civile retient les faits suivants, sur la base du jugement complété par les
pièces du dossier :

 

1.             
D.________ est inscrite depuis le 24 juin 1991 au Registre du Commerce du canton de Vaud et a son siège
à Vevey. Elle a pour buts l’exploitation, la gérance, l’achat et la vente de tout
restaurant, hôtel et bar. A.________ en est l’administrateur avec signature individuelle et
exploite le restaurant [...] à [...]. 

 

2.             
Par contrat signé le 12 septembre 2011, V.________
a été engagé par D.________, en qualité de sommelier à partir du 1er
octobre 2011. Le contrat liant les parties prévoyait un engagement à plein temps (42 heures
hebdomadaires) pour un salaire mensuel brut de 3'383 francs. 

 

             
Dans les faits, et ce dès le premier mois de son engagement, V.________ a travaillé à
temps partiel selon une rémunération horaire de 20 francs. C’est ainsi que, sur les vingt-deux
bulletins de salaire produits par D.________ pour la période d’octobre 2011 à août
2013, V.________ a signé ceux relatifs aux mois de janvier, mars, avril et mai 2012 ainsi que les
décomptes de salaire des mois de mai, juin, juillet et août 2013. Il a en outre rempli des
« décomptes horaire » pour les mois de juin, juillet, août 2012 et janvier
2013. Ces documents indiquent avec précision le mode de rémunération, soit le salaire
horaire et le nombre d’heures effectué, ainsi que les rubriques qui viennent s’ajouter
au montant de base, pourcentages à l’appui. On peut ainsi y lire que le travailleur perçoit
une indemnité pour jours fériés de 2.270%, une indemnité pour les vacances payées
à raison de 10,650% et un treizième salaire à raison de 8,330%. Y figurent également,
de manière détaillée, les charges sociales et la retenue pour l’impôt à
la source. 

 

3.             
V.________ a donné sa démission avec effet au 31 août 2013.  

 

4.             
Le 6 novembre 2013, des inspecteurs du travail ont procédé à un contrôle au sein
des locaux du restaurant [...], à [...]. 

 

             
Dans un document intitulé « prise de position et décompte dans l’affaire opposant
Monsieur V.________ à [...], [...] » rédigé le 10 janvier 2014, l’inspectrice
[...] a notamment relevé ce qui suit : 

 

« (…)

Selon documents
et informations en notre possession, il appert ce qui suit : 

- le système
de rémunération prévu dans le contrat de travail écrit et signé par les parties
prévoit un salaire mensuel brut.

- le plaignant
a été rémunéré sur la base d’un salaire horaire brut auquel l’employeur
a rajouté des indemnités pour vacances, jours fériés et 13e
salaire. 

 

Selon CCNT
art. 9 alinéa 1, tout système de rémunération est autorisé. Cependant, si l’employeur
établit un contrat de travail sur la base d’un salaire mensuel brut, il ne peut pas par la
suite rémunérer le collaborateur sur la base d’un salaire horaire brut. En effet, le
salaire selon le contrat n’est de ce fait pas respecté.

(…). » 

 

 

5.             
Le 28 janvier 2014, V.________ a ouvert action à l’encontre de D.________ auprès du Tribunal
de prud’hommes de l’arrondissement de l’Est vaudois. Il a conclu, avec suite de frais
et dépens, à ce que D.________ soit reconnue sa débitrice d’un montant de 23'094
fr. 50 brut, à titre de solde de salaire, 13e
salaire, vacances et fériés pour les mois d’octobre 2011 à août 2013. 

 

             
Une audience de conciliation s’est tenue le 14 avril 2014. La conciliation n’ayant pas aboutie,
une autorisation de procéder a été délivrée à V.________. 

 

6.             
Par demande simplifiée adressée au Tribunal de prud’hommes de l’arrondissement
de l’Est vaudois le 2 juin 2014, V.________ a conclu, avec suite de frais et dépens, à
ce que D.________ soit reconnue sa débitrice d’un montant de 23'094 fr. 50 brut, à titre
de solde de salaire, 13e
salaire, vacances et fériés pour les mois d’octobre 2011 à août 2013. 

 

             
D.________ a conclu, avec suite de frais et dépens, au rejet de la demande. 

 

             
L’audience de jugement s’est tenue le 29 septembre 2014, en présence des parties assistées
de leur conseil respectif. La conciliation a été tentée et a échoué. Les parties
ont été entendues et ont confirmé leurs conclusions. 

 

             
V.________ a déclaré ce qui suit : 

« J’ai
déjà travaillé à plusieurs reprises dans la restauration, dans les Grisons italiens
et dans le canton de Vaud. Je comprends qu’il y a différents types de rémunérations,
notamment à l’heure ou au mois. J’admets qu’à la lecture attentive des bulletins
de salaire, je suis payé à l’heure. Je n’ai cependant pas fait attention à
cela à l’époque et j’ai découvert tardivement le problème lié à
la rémunération. »

 

             
A.________, administrateur de D.________, a indiqué ce qui suit : 

« On
discutait beaucoup de ce qui concernait le travail et le salaire. C’est lui qui notait ses heures,
il avait donc compris que le système était la rémunération à l’heure. »

 

             
Le Tribunal de prud’hommes a rendu son jugement sous forme de dispositif le 30 septembre 2014.
V.________ en a requis la motivation par courrier du 9 octobre 2014. 

 

 

             
En droit
:

 

 

1.             
L'appel est recevable contre les décisions
finales de première instance (art. 308 al. 1 let. a CPC [Code de procédure civile du 19 décembre
2008 ; RS 272]), dans les causes non patrimoniales ou dont la valeur litigieuse, au dernier état
des conclusions, est supérieure à 10'000 fr. (art. 308 al. 2 CPC). L'appel, écrit et motivé,
est introduit dans les trente jours à compter de la notification de la décision motivée
(art. 311 CPC).

 

             
La Cour d'appel civile connaît de tous les appels formés en application de l'art. 308 CPC (art.
84 al. 1 LOJV [loi d'organisation judiciaire du 12 décembre 1979 ; RSV 173.01]).

 

             
En l'espèce, formé en temps utile par une partie qui y a intérêt (art. 59 al. 2 let.
a CPC) et portant sur des conclusions supérieures à 10'000 fr., l'appel est recevable.

 

 

2.             
L'appel peut être formé pour violation
du droit ou pour constatation inexacte des faits (art. 310 CPC). L'autorité d'appel peut revoir
l'ensemble du droit applicable, y compris les questions d'opportunité ou d'appréciation laissées
par la loi à la décision du juge, et doit, le cas échéant, appliquer le droit d'office
conformément au principe général de l'art. 57 CPC. Elle peut revoir librement l'appréciation
des faits sur la base des preuves administrées en première instance (Tappy, Les voies de droit
du nouveau Code de procédure civile, JT 2010 III 134 s). Cela étant, dès lors que, selon
l’art. 311 al. 1 CPC, l’appel doit être motivé – la motivation consistant
à indiquer sur quels points et en quoi la décision attaquée violerait le droit et/ou sur
quels points et en quoi les faits auraient été constatés de manière inexacte ou incomplète
par le premier juge –, la Cour de céans n’est pas tenue d’examiner, comme le ferait
une autorité de première instance, toutes les questions juridiques qui se posent si elles ne
sont pas remises en cause devant elle, ni de vérifier que tout l’état de fait retenu
par le premier juge est exact et complet, si seuls certains points de fait sont contestés devant
elle (Jeandin, CPC commenté, Bâle 2011, n. 3 ad art. 311 CPC et la jurisprudence constante
de la CACI, notamment CACI 1er
février 2012/57 c. 2a). 

 

3.             
Dans un premier moyen, l’appelant se plaint
d’un état de fait lacunaire. Il dit ne trouver aucune mention du salaire effectivement versé
durant les rapports de travail pour chacun des mois travaillés, ni du nombre d’heures travaillées
pour chaque mois d’activité et des prestations d’assurance-accident qui lui ont été
versées. Il relève également que le premier juge n’a pas fait état de la procédure
de dénonciation qu’il a ouverte à l’encontre de l’intimée ni des conclusions
des inspecteurs du travail intervenus sur son lieu de travail à la suite de sa dénonciation.
Il estime avoir été ainsi privé du bénéfice de la double instance. 

 

             
a) Aux termes de l’art. 129 al. 1 Cst-VD,
toute décision judiciaire en matière civile ou pénale peut être portée devant
une seconde instance au niveau cantonal. Si cette disposition ne déployait pas d'effets immédiats
(JT 2004 III 76; JT 2006 III 90), elle est devenue directement applicable à l'échéance
du délai de droit transitoire de l'art. 179 ch. 3bis Cst-VD, soit à l'entrée en vigueur
de la procédure civile unifiée, le 1er
janvier 2011 (Tappy, op. cit., JT 2009 III 22).

 

             
b)
En l’espèce, l’état de fait a été complété, s’agissant
du contrôle effectué par l’Inspection cantonale du travail. Au surplus, il ressort des
bulletins de salaire ainsi que des décomptes de salaire figurant au dossier que ces documents indiquent
avec précision le mode de rémunération, soit le salaire horaire et le nombre d’heures
effectué, ainsi que les rubriques qui viennent s’ajouter au montant de base, pourcentages
à l’appui. On peut ainsi y lire que le travailleur perçoit une indemnité pour jours
fériés de 2.270%, une indemnité pour les vacances payées à raison de 10,650%
et un treizième salaire à raison de 8,330%. Y figurent également, de manière détaillée,
les charges sociales et la retenue pour l’impôt à la source. Au vu de ce qui précède,
l’état de fait n’a pas à être considéré comme étant lacunaire,
sous réserve des éléments déjà mentionnés et complétés. Par conséquent,
c’est à tort que l’appelant se prévaut d’une violation du principe de la
double instance, la Cour de céans étant en mesure de statuer sur la base des éléments
à disposition. Ce premier moyen, mal fondé, doit être rejeté. 

 

 

4.             
L’appelant se plaint ensuite d’une violation du droit. Il conteste avoir donné son accord
pour s’écarter des conditions d’emploi prévues dans son contrat de travail et avoir
accepté d’être rémunéré sur la base d’un emploi à temps partiel,
selon une rémunération à l’heure.

 

             
a)
Selon l’art. 322 al. 1 CO (Code des obligations du 30 mars 1911 ; 
RS
220), l’employeur paie au travailleur le salaire convenu, usuel ou fixé par un contrat-type
de travail ou par une convention collective. Cette disposition étant de droit dispositif (non soumise
à l’art. 341 CO; ATF 124 lI 436 c. 10e/aa), les parties peuvent conventionnellement diminuer
le salaire en cours de contrat (TF 4C.242/2005 du 9 novembre 2005 c. 4.1; TF 4C.428/2005 du 28 février
2008 
c. 5.2.1). Si la conclusion du contrat
primitif n’était pas soumise à la forme écrite, la réduction du salaire arrêté
dans le contrat passé peut être convenue tacitement, c’est-à-dire par le silence
ou par actes concluants (TF 4C.242/2005 déjà cité c. 4.2; TF 4A_223/2010 du 12 juillet
2010 c. 2.1).

 

             
En principe, le silence du travailleur ne vaut pas acceptation de la réduction du salaire proposée
par l’employeur. Une acceptation tacite ne peut être admise que dans des circonstances où,
selon les règles de la bonne foi, on doit attendre une réaction du travailleur en cas de désaccord
de sa part (ATF 109 lI 327 c. 2b ; TF 4C.242/2005 déjà cité c. 4.3; TF 4A_443/2010
du 26 novembre 2010 
c. 10.1.4; TF 4A_216/2013
du 29 juillet 2013 c. 6.3). Il appartient à l’employeur d’établir ces circonstances.
Tel est le cas lorsqu’il est reconnaissable pour le travailleur que l’employeur en déduit
son accord tacite et que, dans le cas contraire, il prendrait d’autres mesures ou résilierait
le contrat; dans ce cas, le travailleur doit exprimer son désaccord dans un délai raisonnable
(TF 4A_443/2010 déjà cité, 
c.
10.1.4; TF 4A_223/2010 déjà cité c. 2.1.2). Si, conformément à ce qu’il
a annoncé au travailleur, l’employeur paie un salaire réduit, il est en règle générale
reconnaissable pour le travailleur que l’employeur part d’une acceptation tacite de la réduction.
Il est aussi admis que, si le travailleur a encaissé pendant au moins trois mois un salaire réduit
par rapport à celui convenu initialement, sans formuler de réserve, il y a présomption
de fait (tatsächliche Vermutung) qu’il a accepté tacitement la baisse de salaire. Si,
par la suite, le travailleur entend réclamer une créance de salaire en raison de cette réduction,
il lui incombe de renverser cette présomption en établissant des circonstances particulières
sur la base desquelles l’employeur n’aurait pas dû déduire, malgré son long
silence, un accord de sa part avec cette réduction (TF 4A_404/2014 du 17 décembre 2014 c. 5.1,
qui confirme l’arrêt CACI 
21
mai 2014/199 c. 7).

 

             
b)
En l’espèce, sur les vingt-deux bulletins de salaire produits par l’intimée, pour
la période d’octobre 2011 à août 2013, l’appelant a signé les bulletins
de salaire des mois de janvier, mars, avril et mai 2012 ainsi que les décomptes de salaire des mois
de mai, juin, juillet et août 2013. Les décomptes de salaire sont détaillés. Ils
indiquent avec précision le mode de rémunération, soit le salaire horaire et le nombre
d’heures travaillées, ainsi que les rubriques qui viennent s’ajouter au montant de base
(indemnité pour jours fériés, indemnité de vacances et treizième salaire), pourcentages
à l’appui. Y figurent également, de manière détaillée, les charges sociales
et la retenue pour l’impôt à la source. A la lecture de ces décomptes, l’appelant
ne pouvait que comprendre qu’il était rémunéré selon un tarif horaire et non
pas selon un tarif mensuel, ce qu’il a d’ailleurs lui-même admis lorsqu’il a été
entendu par les premiers juges le 29 septembre 2014. On ne dispose par ailleurs d’aucun élément
qui permettrait de dire que l’appelant se serait opposé à ce mode de faire. Bien au contraire
ont été produits en première instance des décomptes horaire des mois de juin, juillet,
août 2012 et janvier 2013, apparemment remplis de la main de l’appelant et signés par
celui-ci, ce qui vient confirmer les déclarations de l’intimée, qui a indiqué, à
l’audience du 29 septembre 2014, que c’était l’appelant qui notait ses heures
et que celui-ci avait compris que le système était la rémunération à l’heure.
Force est ainsi d’admettre que l’appelant avait accepté ce mode de faire, qui induisait
une réduction du temps de travail et du salaire mensuellement perçu. Cela est confirmé
par les décomptes de salaire produits pour la période litigieuse, décomptes qui font état
d’un salaire mensuel net moyen - qui inclut le paiement des vacances - inférieur à celui
initialement prévu de 2’806 fr. 80. Dans sa lettre de démission, l’appelant semble
d’ailleurs se plaindre de la trop faible quantité de travail (« perché in quanto,
il lavoro è poco »), ce qui vient encore confirmer le système de rémunération
à l’heure.

 

             
A cela s’ajoute que l’employé n’a pas soulevé d’objection aux versements
du salaire tel que figurant sur les bulletins de salaire et ce pour la totalité de la période
contractuelle le liant à l’employeur, soit durant vingt-trois mois. Il y a ainsi une présomption
de fait qu’il y a eu acceptation tacite des modifications apportées au contrat de travail,
sous l’angle d’une modification du mode de rémunération.

 

             
Alors qu’il a accepté pendant presque deux ans le système de rémunération susmentionné,
il incombait au travailleur d’établir des circonstances qui apporteraient la contre-preuve
de cette présomption de consentement. Par sa critique, le recourant n’apporte en effet aucun
élément dans ce sens. Il n’y a en particulier rien à déduire du décompte
de prestations LAA du 27 septembre 2013 qui fait état d’un salaire annuel de 54’242
fr., puisqu’il s’agit là d’une estimation de l’employeur vis-à-vis
de son assurance, estimation qui – au regard du caractère variable du travail rémunéré
– pouvait faire l’objet de rectificatifs à la fin de chaque période contractuelle.

 

             
On observera encore que l’inclusion de l’indemnité de vacances dans le salaire est légale
(ATF 118 II 136 c. 3b; ATF 116 lI 515 c. 4a; ATF 107 Il 430 c. 3a). La jurisprudence s’est certes
interrogée sur la justification d’une telle dérogation, mais elle a laissé la question
ouverte, en relevant qu’il fallait en tous les cas que le contrat de travail, lorsque celui-ci
était conclu par écrit, ainsi que les décomptes de salaire périodiques, mentionnent
clairement et expressément quelle était la part du salaire global destinée à l’indemnisation
des vacances (cf. ATF 129 III 493 c. 3.2 et 3.3, 664 c. 7.2). La simple indication selon laquelle l’indemnité
afférente aux vacances est comprise dans le salaire total ne suffit pas; il faut que la part représentant
cette indemnité soit fixée en pourcentage ou en chiffres (ATF 116 II 515 c. 4a) et que cette
mention figure aussi bien dans le contrat de travail, s’il doit être conclu par écrit,
que dans les décomptes de salaire (ATF 129 III 493 c. 3.3). L’exigence de la mention dans
le contrat de travail ne vaut que si le contrat est passé en la forme écrite, soit parce que
la loi l’exige, soit parce que les parties en sont convenues ainsi (Wyler/Heinzer, Droit du travail,
3e
éd. 2014, ch. 5.5. 3 let. b, p. 404).

 

             
Les nouvelles Modalités, qui ne pouvaient qu’être admises par les parties (cf. supra,
consid. 4), n’ont pas été finalisées par écrit, ce qui n’était pas
nécessaire pour être valable, quoi qu’en dise l’appelant. On ne saurait donc reprocher
aux parties de ne pas avoir mentionné par écrit, de manière claire et expresse, la part
du salaire global destinée à l’indemnisation des vacances. Cela ressort d’ailleurs
des décomptes de salaire périodiques produits, ce qui est suffisant. 

 

             
Il est enfin significatif de relever que, dans le cadre de son travail actuel, l’appelant est rémunéré
à l’heure, les vacances étant également payées en sus, de même que le
13e
salaire et les jours fériés. 

 

             
Compte tenu de ce qui précède, on ne saurait dire que le salaire au mois tel que prévu
contractuellement devait être versé à l’appelant et que donc l’intimée
était redevable de la différence entre le salaire mensuel et le salaire horaire, et ce en dépit
de la prise de position de l’inspectrice de l’Office de contrôle, qui se réfère
à l’art. 9 de la CCNT, relatif au système de rémunération. Cet article stipule
d’ailleurs, à son alinéa 1er
que « Le système de rémunération est défini dans le contrat de travail.
La forme écrite est recommandée. En principe, tout système de rémunération est
autorisé (salaire fixe, participation au chiffre d’affaires ou combinaisons) ».
Il ne fait pas état, contrairement à ce que l’on pourrait comprendre de la prise de position,
que « si l’employeur établi (sic) un contrat de travail sur la base d’un salaire
mensuel brut, il ne peut pas par la suite rémunérer le collaborateur sur la base d’un
salaire horaire brut ». On ne saurait pas plus prétendre que les indemnités LAA dont
l’appelant a bénéficié en juin et juillet 2013 devaient être calculées
sur la base du salaire mensuel brut initialement prévu. Dès lors que ces indemnités ont
été calculées sur la base du tarif horaire finalement convenu entre les parties, il n’y
a rien à redire à ce mode de faire, qui est seul remis en cause par l’appelant, qui ne
revient en particulier pas sur le calcul effectué par l’intimée. 

 

5.             
En définitive, l’appel doit être rejeté selon le mode procédural de l’art.
312 al. 1 CPC et le jugement entrepris confirmé. 

 

             
L’appel n’étant pas dénué de toute chance de succès et l’appelant
ayant démontré qu’il ne disposait pas de ressources suffisantes, il y a lieu d’admettre
la requête d’assistance judiciaire formée par celui-ci et de désigner Me Amandine
Torrent en qualité de conseil d’office. 

 

             
Le conseil de l'appelant, Me Amandine Torrent, a droit à une rémunération équitable
pour ses opérations et débours dans la procédure d’appel (art. 122 al. 1 let. a
CPC). Dans sa liste d’opérations produite le 4 mars 2015, elle a indiqué 8 heures 15
de travail consacré à la procédure de deuxième instance. Ce décompte peut être
admis de sorte que, calculée au tarif horaire de 180 fr. hors TVA (art. 2 al. 1 let. a RAJ [Règlement
sur l'assistance judiciaire en matière civile ; RSV 211.02.3]), l’indemnité d’office
due à Me Torrent doit être arrêtée à 1'467 fr. pour ses honoraires, plus 117
fr. 65 de TVA au taux de 8% et 56 fr. 15, TVA comprise, pour ses débours, soit une indemnité
totale arrondie à 1'640 francs. 

 

             
Le bénéficiaire de l’assistance judiciaire est tenu, dans la mesure de l’art. 123
CPC, de rembourser l’indemnité de l’avocat d’office mis à la charge de l’Etat.

 

             
Il ne sera pas perçu de frais judiciaires, s'agissant d'un litige portant sur un contrat de travail
dont la valeur litigieuse n’excède pas 30'000 fr. (art. 114 let. c CPC).

 

             
Il n’y a au surplus pas lieu à l’allocation de dépens d’appel, l’intimée
n’ayant pas été invitée à se déterminer.

 

Par
ces motifs,

la
Cour d’appel civile du Tribunal cantonal,

statuant
en application de l'art. 312 al. 1 CPC,

prononce
:

 

             
I.             
L’appel est rejeté.

 

             
II.             
Le jugement est confirmé.

 

             
III.             
La requête d’assistance judiciaire est admise, Me Amandine Torrent étant désignée
comme conseil d’office de l’appelant V.________ pour la procédure d’appel. 

 

             
IV.             
L’indemnité de Me Amandine Torrent, conseil d’office de l’appelant, est fixée
à 1'640 fr. (mille six cent quarante francs), TVA comprise. 

 

             
V.             
Le bénéficiaire de l’assistance
judiciaire est, dans la mesure de l’art. 123 CPC, tenu au remboursement de l’indemnité
au conseil d’office mise à la charge de l’Etat. 

 

             
VI.             
L’arrêt est rendu sans frais.

 

             
VII.             
L’arrêt motivé est exécutoire.

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du
9 mars 2015

 

             
Le dispositif de l'arrêt qui précède est communiqué par écrit aux intéressés.

 

             
La greffière :

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié en expédition complète, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Me Amandine Torrent, avocate (pour V.________),

‑             
Me Damien Hottelier, avocat (pour D.________).

 

             
La Cour d’appel civile considère que la valeur litigieuse est de 
23’094 fr.
50.

 

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral ;
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Tribunal de prud’hommes de l’arrondissement de l’Est vaudois.

 

             
La greffière :