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**Case Identifier:** a04a08bd-7b1d-51ce-8d25-76e0444b35ed
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-12-17
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 17.12.2014 C/14293/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-14293-2014_2014-12-17.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés, ainsi qu'au Tribunal 
de première instance le 19.12.2014. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/14293/2014 ACJC/1582/2014 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU MERCREDI 17 DECEMBRE 2014 

 

Entre 

Madame A______, domiciliée ______, recourante contre un jugement rendu par la 
16ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 15 octobre 2014, 
comparant en personne, 

et 

Monsieur B______, domicilié ______, intimé, comparant en personne. 

 

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C/14293/2014 

EN FAIT 

A. a. Par jugement du 15 octobre 2014, notifié à A______ le 20 octobre 2014, le 
Tribunal de première instance (ci-après : le Tribunal) a débouté A______ des fins 
de sa requête en mainlevée de l'opposition (ch. 1 du dispositif), arrêté les frais 
judiciaires à 200 fr., les a laissés à charge de A______ qui en avait fait l'avance 
(ch. 2) et a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 3). 

 Le Tribunal a considéré que A______ était au bénéfice d'un jugement exécutoire 
lui octroyant une contribution d'entretien mais que la mainlevée définitive ne 
pouvait être prononcée au motif qu'elle n'avait produit aucune pièce justifiant des 
montants effectivement payés, respectivement impayés, par le débiteur de la 
contribution d'entretien. 

 b. Par acte expédié à la Cour de justice (ci-après : la Cour) le 21 octobre 2014, 
A______ forme un recours contre ce jugement dont elle sollicite l'annulation. Elle 
conclut à ce que la Cour condamne B______ à "lui verser le solde restant dû en 
capital et intérêts moratoires" avec suite de frais et dépens. 

 c. B______ n'a pas répondu au recours. 

 d. Par avis de la Cour du 20 novembre 2014, les parties ont été informées du fait 
que la cause était gardée à juger. 

B. Les faits pertinents suivants résultent du dossier soumis à la Cour : 

 a. A______ et B______ s'opposent dans le cadre d'une procédure de divorce 
actuellement pendante par devant le Tribunal.  

 Dans ce cadre, le Tribunal a rendu le 30 juillet 2013 une ordonnance de mesures 
provisionnelles. Cette ordonnance a été modifiée par arrêt de la Cour du 7 février 
2014, à teneur duquel B______ a été condamné à verser à son épouse, par mois et 
d'avance, une contribution à son entretien de 3'500 fr. du 17 septembre au 31 
octobre 2012, de 2'850 fr. du 1er novembre au 31 décembre 2012 et de 2'750 fr. 
dès le 1er janvier 2013. 

b. Le 3 juillet 2014, A______ a fait notifier à B______ un commandement de 
payer poursuite n° 1______portant sur les montants suivants : 350 fr. avec intérêts 
à 5% dès le 1er avril 2014, 350 fr. avec intérêts à 5% dès le 1er mai 2014 et 350 fr. 
avec intérêts à 5% dès le 1er juin 2014. Le commandement de payer précise que 
ces montants sont dus à titre de "solde de contribution d'entretien des mois d'avril, 
mai et juin 2014, selon arrêt de la Cour de justice (…) du vendredi 7 février 
2014". 

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c. Par requête déposée au Tribunal le 14 juillet 2014, A______ a requis la 
mainlevée définitive de l'opposition, reprenant dans sa requête les indications 
figurant sur le commandement de payer. 

d. Le jugement du 15 octobre 2014 a été rendu sans audition des parties. 

EN DROIT 

1. 1.1 S'agissant d'une procédure de mainlevée, seule la voie du recours est ouverte 
(art. 319 let. b et 309 let. b ch. 3 CPC). La procédure sommaire s'applique 
(art. 251 let. a CPC). 

 Aux termes de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC, le recours, écrit et motivé, doit être 
introduit auprès de l'instance de recours dans les dix jours à compter de la 
notification de la décision motivée, pour les décisions prises en procédure 
sommaire. 

 Selon la jurisprudence, il faut exceptionnellement entrer en matière sur un recours 
dont les conclusions sont formellement viciées lorsque ce que le recourant 
demande au fond résulte de la motivation, éventuellement mise en relation avec la 
décision attaquée. Les conclusions doivent ainsi être interprétées à la lumière de la 
motivation (ATF 137 III 617 consid. 6.2, JdT 2014 II 187, SJ 2012 I 373; arrêt du 
Tribunal fédéral 5A_126/2014 du 10 juillet 2014 consid. 3.1.2). 

 1.2 En l'espèce le recours a été interjeté dans le délai et selon les formes prévus 
par la loi.  

La conclusion visant à ce que la Cour condamne l'intimé à verser à la recourante 
le solde qui lui reste dû est cependant irrecevable car d'une part elle n'a pas été 
formulée en première instance et, d'autre part, les conclusions condamnatoires 
sont irrecevables s'agissant d'une procédure de mainlevée de l'opposition dans le 
cadre de laquelle le juge doit se limiter à statuer sur le bien-fondé de l'opposition 
formée au commandement de payer (GILLIERON, Commentaire de la Loi fédérale 
sur la poursuite pour dettes et la faillite, 1999, n. 9 et 10 ad art. 80 LP).  

Cela étant, l'on comprend à la lumière de la motivation du recours que la 
recourante entend obtenir le prononcé de la mainlevée définitive de l'opposition 
formée au commandement de payer. Le recours sera par conséquent déclaré 
recevable. 

1.3 Dans le cadre d'un recours, le pouvoir d'examen de la Cour est limité à la 
violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits  
(art. 320 CPC). L'autorité de recours a un plein pouvoir d'examen en droit, mais 
un pouvoir limité à l'arbitraire en fait, n'examinant par ailleurs que les griefs 

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formulés et motivés par la partie recourante (HOHL, Procédure civile, Tome II, 
2ème édition, Berne, 2010, n° 2307). 

Les maximes des débats et de disposition s'appliquent (art. 55 al. 1, 255 lit. a 
a contrario et 58 al. 1 CPC). 

2. Selon l'art. 326 al. 1 CPC, les conclusions, allégations de faits et preuves 
nouvelles sont irrecevables. 

 Les pièces nouvelles produites par la recourante sont par conséquent irrecevables. 

3. La recourante fait valoir que la formulation du commandement de payer, reprise 
dans la requête en mainlevée, était suffisamment précise pour permettre au 
Tribunal de comprendre que le montant de 2'400 fr. avait déjà été versé pour 
chacun des mois concernés, de sorte qu'un solde à payer de 350 fr. par mois 
subsistait. 

3.1 Aux termes de l'art. 80 LP, le créancier qui est au bénéfice d'un jugement 
exécutoire peut requérir du juge la mainlevée définitive de l'opposition.  

Dans le cadre de la procédure sommaire de mainlevée définitive, le juge n'a ni à 
revoir ni à interpréter le titre qui lui est soumis. Il n'a à vérifier ni l'existence 
matérielle de la créance ni l'exactitude matérielle du jugement. Il ne lui appartient 
pas davantage de trancher des questions délicates de droit matériel ou pour la 
solution desquelles le pouvoir d'appréciation joue un rôle important, dont la 
connaissance ressort exclusivement au juge du fond (ATF 124 III 501 consid. 3a; 
113 III consid. 1b). 

Le juge doit seulement vérifier d'office l'identité du poursuivant et du créancier et 
l'identité du poursuivi et du débiteur désignés dans le titre de mainlevée, ainsi que 
l'identité de la créance déduite en poursuite et de la dette constatée par jugement 
(GILLIERON, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la 
faillite, 1999, n. 13 ad art. 81 LP; arrêt du Tribunal fédéral 5A_635/2008 du 
23 janvier 2009). 

3.2 D'après la jurisprudence, le commandement de payer et la requête de 
mainlevée en matière de prestations périodiques doivent renseigner exactement le 
débiteur sur chaque détail de la créance déduite en poursuite et sur les imputations 
à faire valoir. Cette exigence n'a pas pour seule raison d'être de permettre au 
débiteur de préparer sa défense, mais elle est encore destinée à donner au juge de 
la mainlevée les moyens de trancher une contestation éventuelle portant sur la 
libération du débiteur. Il appartient au juge d'examiner d'office cette question (SJ 
1988 p. 506). 

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Il ne s'agit cependant pas là d'une règle absolue dans la mesure où il suffit que le 
débiteur sache à quoi s'en tenir, sans que le commandement de payer et la requête 
de mainlevée le renseignent de façon spécifique sur le détail de chaque créance s'il 
dispose d'éléments clairs et cohérents quant à la teneur de la créance en poursuite 
(arrêt du Tribunal fédéral 5P.149/2005 du 21 décembre 2005 consid. 2.3; 
ACJC/1472/2013 du 13 décembre 2013). 

3.3 Dans le cadre d'une requête de mainlevée définitive fondée sur un jugement 
exécutoire, il incombe au poursuivi de prouver par titre que la dette a été éteinte 
ou qu'il a obtenu, postérieurement au jugement, un sursis ou encore de se 
prévaloir de la prescription. Le titre de mainlevée au sens de l'art. 81 al. 1 LP 
créant la présomption que la dette existe, cette présomption ne peut être renversée 
que par la preuve stricte du contraire (ATF 124 III 501 consid. 3a). 

Le débiteur doit donc établir par titre à la fois la cause de l'extinction partielle et le 
montant exact à concurrence duquel la dette est éteinte. Au regard de la loi et de la 
jurisprudence, il n'incombe ni au juge de la mainlevée ni au créancier de 
déterminer cette somme (ATF 124 III 501 consid. 3b).  

3.4 En l'occurrence, il résulte du commandement de payer et de la requête de 
mainlevée formée par la recourante que celle-ci réclamait à l'intimé trois montants 
de 350 fr. au titre de solde de contributions d'entretien pour les mois d'avril à juin 
2014. 

La recourante a en outre produit un jugement exécutoire, duquel il ressort que 
l'intimé doit lui verser un montant de 2'750 fr. par mois à ce titre pour la période 
concernée. 

Contrairement à ce qu'a retenu le Tribunal, ces indications étaient suffisamment 
précises pour permettre à l'intimé de comprendre quels étaient exactement les 
montants réclamés pour quelle période. 

En outre, il incombait à l'intimé, et non à la recourante, d'établir le montant exact à 
concurrence duquel la dette était, cas échéant, éteinte. 

C'est par conséquent à tort que le Tribunal a refusé le prononcé de la mainlevée au 
motif que la recourante n'avait pas produit de pièce justifiant des montants 
effectivement payés, respectivement impayés par l'intimé au titre de la 
contribution d'entretien. 

4. 4.1 Selon l'art. 327 al. 3 CPC, l'instance de recours qui admet le recours annule la 
décision et renvoie la cause à l'instance précédente ou rend une nouvelle décision 
si la cause est en état d'être jugée. 

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4.2 A teneur de l'art. 253 CPC, applicable à une requête de mainlevée de 
l'opposition, lorsque la requête ne paraît pas manifestement irrecevable ou 
infondée, le tribunal donne à la partie adverse l'occasion de se déterminer 
oralement ou par écrit. 

 Le droit d'être entendu est une garantie constitutionnelle de caractère formel, dont 
la violation entraîne en principe l'annulation de la décision attaquée, 
indépendamment des chances de succès du recours au fond. Toutefois une 
violation - pas particulièrement grave - du droit d'être entendu peut 
exceptionnellement être guérie si l'intéressé peut s'exprimer devant une instance 
de recours ayant libre pouvoir d'examen en fait comme en droit. Même en cas de 
violation grave du droit d'être entendu, la cause peut ne pas être renvoyée à 
l'instance précédente, si et dans la mesure où ce renvoi constitue une démarche 
purement formaliste qui conduirait à un retard inutile, incompatible avec l'intérêt 
de la partie concernée (comparé à celui d'être entendu) à un jugement rapide de la 
cause (ATF 135 I 279 consid. 2.6.1, JdT 2010 I 255; 136 V 117 consid. 4.2.2.2; 
133 I 201 consid. 2.2).  

4.3 En l'espèce, le Tribunal n'a pas donné à l'intimé l'occasion de se déterminer sur 
la requête. 

Il ne peut pas être remédié à cette omission dans le cadre du recours, puisque la 
Cour de céans ne dispose pas d'un pouvoir de cognition complet. La cause n'est 
par conséquent pas en état d'être jugée et doit être renvoyée au Tribunal pour 
nouvelle décision. 

5. Les frais judiciaires du recours seront mis à la charge de l'intimé qui succombe 
(art. 106 al. 1 CPC). Ils seront arrêtés à 300 fr. (48 et 61 al. 1 OELP), montant 
entièrement couvert par l'avance de frais effectuée par la recourante, laquelle est 
acquise à l'Etat de Genève (art. 111 al. 1 CPC). L'intimé devra par conséquent 
rembourser ce montant à la recourante (art. 111 al. 2 CPC). 

 Il n'y a pas lieu d'allouer de dépens à la recourante qui n'est pas représentée par 
avocat (art. 95 al. 3 let. c CPC). 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté par A______ contre le jugement JTPI/13017/2014 
rendu le 15 octobre 2014 par le Tribunal de première instance dans la cause 
C/14293/2014-16 SML. 

Au fond : 

Annule ce jugement. 

Cela fait : 

Renvoie la cause au Tribunal de première instance pour nouvelle décision. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires du recours à 300 fr. et les met à la charge de B______. 

Dit qu'ils sont compensés par l'avance de frais fournie par A______, laquelle reste 
acquise à l'Etat de Genève. 

Condamne B______ à verser à A______ 300 fr. au titre des frais judiciaires. 

Dit qu'il n'est pas alloué de dépens.  

Siégeant : 

Monsieur Laurent RIEBEN, président; Madame Pauline ERARD et Madame Fabienne 
GEISINGER-MARIÉTHOZ, juges; Madame Céline FERREIRA, greffière. 

Le président : 

Laurent RIEBEN 

 La greffière : 

Céline FERREIRA 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 113 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF : RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral 

par la voie du recours constitutionnel subsidiaire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 30'000 fr.