# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 9c8f2dab-e485-5e57-8cfa-6acb5f145e17
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-10-17
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 17.10.2017 A/642/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-642-2017_2017-10-17.pdf

## Full Text

Siégeant : Doris GALEAZZI, Présidente; Evelyne BOUCHAARA et Christine 
TARRIT-DESHUSSES, Juges assesseurs 

  

 
 

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/642/2017 ATAS/908/2017 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 17 octobre 2017 

1ère Chambre 

 

En la cause 

Monsieur A______, domicilié à GENÈVE 

 

recourant 

 

contre 

SERVICE DES PRESTATIONS COMPLÉMENTAIRES, sis route 
de Chêne 54, GENÈVE 

intimé 

 

 
 
 

 

A/642/2017 

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EN FAIT 

1. Par décision du 30 mai 2016, le service des prestations complémentaires (ci-après 
le SPC) a reconnu le droit de Monsieur A______ (ci-après l’intéressé), né ______ 
1959, au bénéfice d’une rente d’invalidité, à des prestations complémentaires 
fédérales et cantonales à compter du 1er janvier 2010 (total mensuel PCF + PCC dès 
le 1er juin 2016 = CHF 1'835.-), ainsi qu’au subside d’assurance-maladie. 

2. L’intéressé a formé opposition le 28 juin 2016. Il indique que, contrairement à ce 
qui a été retenu par le SPC, son loyer mensuel du 1er octobre 2010 au 1er avril 2011 
doit être compté à hauteur de CHF 1'444.- au lieu de CHF 420.-, et celui du 1er avril 
2011 à ce jour à hauteur de CHF 1'724.- au lieu de CHF 420.-. 

Il demande également que ses dettes soient prises en considération dans 
l’estimation de sa fortune.  

3. Par décision du 24 janvier 2017, le SPC a admis l’opposition. Il rectifie le montant 
pris en compte à titre de loyer du 1er octobre 2010 au 30 avril 2012, selon les 
chiffres indiqués par l’intéressé.  

S’agissant de la fortune, le SPC considère qu’il convient de maintenir le montant du 
rétroactif imputé dans l’épargne dès le 1er juin 2016, mais de tenir également 
compte des dettes dès cette date, selon l’extrait de l’office des poursuites produit 
par l’intéressé. 

Le SPC a ainsi recalculé le droit aux prestations dues à l’intéressé depuis le 
1er janvier 2010, ce qui ouvre le droit de celui-ci à un solde en sa faveur de 
CHF 15'160.-. Le montant total des PCF et PCC à compter du 1er février 2017 est 
de CHF 2'115.-. 

4. L’intéressé a interjeté recours le 23 février 2017 contre la décision sur opposition. Il 
reproche au SPC d’avoir comptabilisé ses dettes à hauteur de CHF 64'090.80, alors 
qu’elles s’élèvent, selon l’extrait de l’office des poursuites du 27 juin 2016, à 
environ CHF 200'000.-. 

Il conclut dès lors à ce que le montant des dettes soit corrigé. 

5. Dans sa réponse du 23 mars 2017, le SPC a rappelé que sur opposition, il avait 
maintenu le montant du rétroactif imputé dans l’épargne dès le 1er juin 2016, mais 
admis de tenir également compte des dettes dès cette date selon l’extrait de l’office 
des poursuites. Aussi a-t-il retenu le montant de CHF 63'698.85, correspondant aux 
poursuites en cours pour lesquelles il n’y avait pas eu d’actes de défaut de biens et 
au solde négatif du compte Post office à hauteur de CHF 391.95.  

Selon le SPC, la question de savoir si les dettes, pour lesquelles un acte de défaut de 
biens après saisie existe, doivent également être prises en compte, peut rester 
ouverte, dès lors que le montant retenu à titre de fortune dans le calcul des 
prestations est nul.  

Il conclut dès lors au rejet du recours. 

 
 
 

 

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6. Dans sa réplique du 10 mai 2017, l’intéressé a reproché au SPC de ne tenir compte 
que des poursuites pour lesquelles il n’y a pas eu d’actes de défaut de biens et pas 
les actes de défaut de bien après saisie, et ce faisant, de profiter du fait que le 
montant des poursuites ouvertes annule quasiment le montant de sa fortune pour 
« bricoler des calculs qui l’arrangent ». 

Il conclut à ce que soient pris en considération, dans le calcul du SPC, également 
les actes de défaut de biens après saisie, même si le résultat doit être négatif en ce 
qui concerne la fortune. Il dresse ainsi le tableau suivant : 

épargne :  CHF   80'025.90 

poursuites ouvertes :  ./. CHF   64'090.80 

actes de défaut de bien :  ./. CHF 130'042.70 

solde :     - CHF 114'107.60 

7. Dans sa duplique du 6 juin 2017, le SPC a indiqué qu’il maintenait ses conclusions, 
au motif que le revenu déterminant le droit aux prestations du recourant tient 
compte des dettes pour lesquelles les poursuites sont en cours, soit celles qui 
restreignent effectivement le recourant dans sa capacité actuelle de disposer de sa 
fortune, ce qui est conforme aux principes régissant les prestations 
complémentaires, puisque le revenu déterminant comprend la fortune dont le 
bénéficiaire peut disposer librement. 

8. Ce courrier a été transmis à l’intéressé et la cause gardée à juger. 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 3 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 
26 septembre 2010 (LOJ - E 2 05) en vigueur dès le 1er janvier 2011, la chambre 
des assurances sociales de la Cour de justice connaît en instance unique des 
contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des 
assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA - RS 830.1) relatives à la loi fédérale 
sur les prestations complémentaires à l’assurance-vieillesse, survivants et invalidité 
du 6 octobre 2006 (LPC - RS 831.30). Elle statue aussi, en application de l'art. 134 
al. 3 let. a LOJ, sur les contestations prévues à l'art. 43 de la loi cantonale sur les 
prestations complémentaires cantonales du 25 octobre 1968 (LPCC - J 4 25). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Les dispositions de la LPGA, en vigueur depuis le 1er janvier 2003, s’appliquent 
aux prestations complémentaires fédérales à moins que la LPC n’y déroge 
expressément (art. 1 al. 1 LPC). En matière de prestations complémentaires 
cantonales, la LPC et ses dispositions d’exécution fédérales et cantonales, ainsi que 
la LPGA et ses dispositions d’exécution, sont applicables par analogie en cas de 
silence de la législation cantonale (art. 1A LPCC). 

http://justice.geneve.ch/perl/JmpLex/J%207%2015

 
 
 

 

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3. Interjeté dans les forme et délai légaux, le recours est recevable à la forme (art. 56 
al. 1 et 60 al. 1 LPGA; art. 9 de la loi cantonale du 14 octobre 1965 sur les 
prestations fédérales complémentaires à l’assurance-vieillesse et survivants et à 
l’assurance-invalidité [LPFC - J 4 20]; art. 43 LPCC). 

4. Le litige se limite au droit du SPC de ne tenir compte que des dettes de l’intéressée 
pour lesquelles des poursuites sont en cours, le SPC ayant admis l’opposition 
formée par l’intéressé quant aux montants de son loyer. 

5. a. Les personnes qui ont leur domicile et leur résidence habituelle en Suisse et qui 
remplissent les conditions personnelles prévues à l’art. 4 LPC ont droit à des 
prestations complémentaires. Ont ainsi droit aux prestations complémentaires 
notamment les personnes qui perçoivent une rente de l'assurance-invalidité, 
conformément à l'art. 4 al. 1 let. c LPC.  

L’art. 9 al. 1 LPC dispose que le montant de la prestation complémentaire annuelle 
correspond à la part des dépenses reconnues qui excède les revenus déterminants. 

Les revenus déterminants comprennent notamment le produit de la fortune 
mobilière, un 15ème de la fortune nette, dans la mesure où elle dépasse CHF 37'500.- 
pour les personnes seules, les rentes, pensions et autres prestations périodiques, y 
compris les rentes de l’AI et les ressources et parts de fortune dont un ayant droit 
s’est dessaisi (art. 11 al. 1 let. b, c, d et g LPC). 

Selon l’art. 12 al. 1 LPC, le droit à une prestation complémentaire annuelle prend 
naissance le premier jour du mois au cours duquel la demande est déposée, pour 
autant que toutes les conditions légales soient remplies. 

Les Directives concernant les prestations complémentaires à l’AVS et à l’AI (DPC) 
précisent que font partie de la fortune d’un requérant ses biens mobiliers et 
immobiliers, ainsi que les droits personnels et réels lui appartenant. L’origine des 
éléments de fortune est irrelevante (DPC ch. 3443.01). 

Les dettes prouvées doivent être déduites de la fortune brute. Les dettes 
hypothécaires ne sont pas portées en déduction de la valeur de l’immeuble, mais en 
totalité du montant de la fortune globale (ch. 3443.05). 

L’estimation des parts de fortune à prendre en compte doit s’effectuer selon les 
principes prévus par la législation sur l’impôt cantonal direct du canton de 
domicile. Est déterminante la valeur de la fortune retenue par le fisc avant la 
déduction des montants exempts d’impôt (ch. 3444.01). 

b. Ont droit aux prestations complémentaires cantonales les personnes qui 
remplissent les conditions de l’art. 2 LPCC et dont le revenu annuel déterminant 
n'atteint pas le revenu minimum cantonal d'aide sociale applicable (art. 4 LPCC). 
Le montant de la prestation complémentaire correspond à la différence entre les 
dépenses reconnues et le revenu déterminant du requérant (art. 15 al. 1 LPCC). 

 
 
 

 

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En droit cantonal, les dépenses reconnues sont les mêmes qu'en droit fédéral  
(art. 6 LPCC), à l'exclusion du montant destiné à la couverture des besoins vitaux, 
remplacé par le montant destiné à garantir le revenu minimum cantonal d'aide 
sociale défini à l'article 3. 

Aux termes de l’art. 5 al. 1 LPCC, le revenu déterminant est calculé conformément 
aux règles fixées dans la loi fédérale et ses dispositions d'exécution, moyennant 
certaines adaptations. 

6. En l’espèce, le SPC entend ne tenir compte que des poursuites en cours, alors que 
l’intéressé soutient que les montants résultant d’actes de défaut de biens après saisie 
doivent également être pris en considération.  

Selon le SPC, cette question peut en réalité être laissée ouverte, dès lors que le 
montant retenu à titre de fortune, déduction faite des seules poursuites en cours, est 
quoi qu’il en soit nul. L’intéressé persiste quant à lui dans ses conclusions à cet 
égard, « même si le résultat doit être négatif en ce qui concerne la fortune ».  

Il y a dès lors lieu de rappeler que, selon la jurisprudence rendue en application de 
l’art. 25 al. 2 de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative 
(PA), une autorité ne peut rendre une décision en constatation que lorsque la 
constatation immédiate de l’existence ou de l’inexistence d’un rapport de droit est 
commandée par un intérêt digne de protection, à savoir un intérêt actuel de droit ou 
de fait, auquel ne s’opposent pas de notables intérêts publics ou privés, et à 
condition que cet intérêt digne de protection ne puisse pas être préservé au moyen 
d’une décision formatrice, c’est-à-dire constitutive de droits ou d’obligations. Cette 
jurisprudence, déterminante pour l’interprétation de la notion d’intérêt digne d’être 
protégé qui figure à l’art. 49 al. 2 LPGA (ATF 130 V 391 consid. 2.4), implique 
que l’intérêt digne de protection requis fait notamment défaut, en règle ordinaire, 
lorsque la partie peut obtenir en sa faveur un jugement condamnatoire ; en ce sens, 
le droit d’obtenir une décision en constatation est subsidiaire à celui d’obtenir une 
décision en condamnation (ATF 129 V 290 consid. 2.1 et les références). 

La jurisprudence considère comme intérêt digne de protection, au sens de cette 
disposition, tout intérêt pratique ou juridique à demander la modification ou 
l’annulation de la décision attaquée que peut faire valoir une personne atteinte par 
cette décision. L’intérêt digne de protection consiste ainsi en l’utilité pratique que 
l’admission du recours apporterait au recourant ou, en d’autres termes, dans le fait 
d’éviter un préjudice de nature économique, idéale, matérielle ou autre que la 
décision attaquée lui occasionnerait (ATF 120 V 39 consid. 2b ; voir aussi ATF 121 
II 174 consid. 2b). L’intérêt doit être direct et concret ; en particulier, la personne 
doit se trouver dans un rapport suffisamment étroit avec la décision, tel n’étant pas 
le cas de celui qui n’est atteint que de manière indirecte ou médiate (ATF 125 V 
342 consid. 4a). 

Il n’est pas contesté en l’espèce que même si l’on ne déduisait pas de la fortune les 
poursuites qui se sont terminées par des actes de défaut de biens, cela ne changerait 

 
 
 

 

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rien en l’état pour l’intéressé quant à son droit aux prestations, au vu de l’art. 11 al. 
1 let. c LPC. Il ne dispose ainsi pas d’un intérêt juridique actuel à ce que la question 
de savoir si les montants résultant d’actes de défaut de biens après saisie doivent 
être pris en considération pour calculer la fortune déterminante. 

Aussi le recours est-il irrecevable. 

 

 

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

À la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. Le déclare irrecevable à défaut d’un intérêt juridique actuel. 

3. Dit que la procédure est gratuite. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public (art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 17 juin 2005 - LTF -
 RS 173.110). Le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 
moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire; il doit 
être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du 
recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l'envoi. 

 
La greffière 

 
 
 
 

Nathalie LOCHER 

 La présidente 
 
 
 
 

Doris GALEAZZI 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 
des assurances sociales par le greffe le