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**Case Identifier:** 07d83f5c-a1bd-589e-ae40-69a69f704760
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour d'appel civile HC / 2012 / 680
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_002_HC---2012---680_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

CO04.009087-112331

449 

 

 

cour
d'appel CIVILE

_____________________________

Arrêt du
27 septembre 2012

_______________________

Présidence
de               M.             
Giroud,
vice-président

Juges             
:              M.             
Krieger et Mme Bendani

Greffier             
:              M.             
Perret

 

 

*****

 

 

Art.
29 Cst.; 8 CC; 308 al. 1 let. a et al. 2, 310, 405 al. 1 CPC

 

 

             
Statuant à huis clos sur l'appel interjeté par 
X.________
Sàrl, à Genève, demanderesse, contre
le jugement rendu le 30 septembre 2011 par la Cour civile du Tribunal cantonal dans la cause divisant
l'appelante d'avec   L.________,
à Thônex (GE),   A.H.________,
à Montreux,   B.H.________,
à Chamby,   C.H.________,
à Montreux, et   D.H.________,
à Venthône (VS), défendeurs, la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal voit :

             
En fait :

 

 

A.             
Par jugement du 30 septembre 2011, dont les motifs ont été adressés pour notification
aux parties le 9 novembre suivant, la Cour civile a rejeté les conclusions prises par la demanderesse
X.________ Sàrl, selon demande du 4 mai 2004, à l'encontre des défendeurs initiaux L.________,
A.H.________ et E.H.________ (I), dit que la demanderesse doit payer aux défendeurs L.________,
A.H.________, B.H.________, C.H.________ et D.H.________, solidairement entre eux, le montant de 305'650
fr. 20, avec intérêts à 5% l'an dès le 8 septembre 2004 (II), arrêté les
frais de justice à 19'246 fr. 50 pour la demanderesse et à 33'986 fr. 50 pour les défendeurs,
solidairement entre eux (III), dit que la demanderesse versera aux défendeurs, solidairement entre
eux, le montant de 54'069 fr. 20 à titre de dépens (IV) et rejeté toutes autres ou plus
amples conclusions (V).

 

             
En droit, les premiers juges ont tout d'abord limité leur réexamen de la cause à la question
de la prise en considération des conclusions de l'expertise judiciaire concernant les plus-values
apportées à l'immeuble des défendeurs. Procédant à l'examen de cette question,
ils ont retenu en définitive qu'il convenait de déduire du dommage les plus-values admises
par l'expert, de même que les plus-values résultant de travaux commandés par les défendeurs.
Les premiers juges ont ensuite analysé si cette solution pouvait avoir une influence sur le montant
des honoraires dus à la demanderesse. Ils ont ainsi considéré que c'était le montant
total des plus-values, par 149'741 fr. 85, qui devait être pris en compte pour calculer les honoraires,
de sorte que c'était bien la somme de 68'261 fr. 70 retenue par l'expert qui était due à
ce titre à la demanderesse pour les prestations fournies. Cette somme devait encore être réduite
d'un quart, ce qui aboutissait au montant de 55'087 fr. 20 TVA par 7.6% comprise, duquel il convenait
de soustraire les honoraires déjà versés par les défendeurs, par 48'420 fr., ce qui
laissait un solde de 6'667 fr. 20 en faveur de la demanderesse. Ce solde devait enfin être déduit
du montant de 312'317 fr. 40 qui était dû par la demanderesse aux défendeurs, ceux-ci
ayant invoqué la compensation.

 

 

B.             
Par acte du 12 décembre 2011, X.________
Sàrl a interjeté appel contre ce jugement, concluant, avec suite de frais et dépens, principalement
à sa réforme en ce sens que les défendeurs L.________, A.H.________, B.H.________, C.H.________
et D.H.________ doivent payer, solidairement entre eux, à la demanderesse X.________ Sàrl,
le montant de 19'841 fr. 70, avec intérêts à 5% l'an dès le 29 février 2004
(I) et que les conclusions prises par les défendeurs initiaux L.________, A.H.________ et E.H.________,
selon réponse du 6 septembre 2004, à l'encontre de X.________ Sàrl sont rejetées
(II). Subsidiairement, l'appelante a conclu à l'annulation du jugement attaqué et au renvoi
de la cause à l'autorité de première instance pour nouveau jugement dans le sens des considérants.

 

             
Par mémoire du 14 mars 2012, les intimés ont conclu au rejet de l'appel, avec suite de frais
et dépens.

 

 

C.             
La Cour d'appel civile retient les faits suivants, sur la base du jugement complété par les
pièces du dossier :

 

1.             
La demanderesse X.________ Sàrl a notamment
pour but social la prestation de services dans le cadre de la construction, la rénovation et la
gestion d'immeubles.

 

             
K.________ est l'associé-gérant de la demanderesse. 

 

             
Les défendeurs initiaux à la présente procédure L.________, A.H.________ et E.H.________
étaient, en leur qualité de cohéritiers de [...], propriétaires de la parcelle [...]
de la Commune de [...], sise à la [...]; dite parcelle comprend un bâtiment d'"habitation
et magasin" et des dépendances. 

 

             
Le défendeur A.H.________ est décorateur. 

 

             
Avant les travaux dont il sera question ci-après, le bâtiment de la [...] comprenait un rez-de-chaussée
avec des locaux commerciaux et quatre niveaux habitables, soit le premier étage incluant deux appartements
de 2,5 pièces, les deuxième, troisième et quatrième étages incluant chacun un
appartement de 5,5 pièces.

 

2.             
Les défendeurs ont pris contact avec le bureau d'architecture Y.________ SA, qui a établi un
rapport, daté du 17 mai 2000, proposant cinq variantes de rénovation de leur immeuble.

 

             
La variante 1 proposait une "réhabilitation simple / indispensable" pour un montant total
de 285'661 fr. 42, toutes taxes comprises (ci-après : TTC). Le devis ne comprenait pas de poste
"honoraires". 

 

             
La variante 2 proposait une "réhabilitation complète" pour un montant total de 464'145
fr. 23. 

 

             
La variante 3, avec l'aménagement d'un appartement dans les combles existants, sans modification
de la charpente, entraînait un surcoût de 212'812 fr. 38. 

 

             
La variante 4 prévoyait la création d'une dalle dans la cour intérieure et des extensions
des commerces et des dépôts entraînant un surcoût de 141'953 fr. 75. 

 

             
Enfin, la variante 5 proposait la surélévation des combles et la création d'un 5ème
étage avec un appartement supplémentaire pour un montant de 849'250 francs. 

 

             
Le rapport récapitulait ainsi le coût total des travaux :

 

"(…)

Montant total
[réd. : des variantes] n° 1 – n° 2 – n° 3 – n° 4 – n°
5              Fr. 1'953'822,77

Déduire
sur n° 2 "appartement combles" y compris TVA ./.             
Fr. 212'812,37

Montant total
des travaux TTC              Fr.
1'741'010,40             
"

 

3.             
a)
Le 16 juillet 2001, les défendeurs ont déposé une demande de permis de construire concernant
l'immeuble, laquelle comprenait notamment les rubriques suivantes : 

 

"(…)

9.
Nature des travaux principale             
Transformation

10.
Description de l'ouvrage             
Extension de la surface commerciale au rez. Agrandissement d'un appartement au 1er
étage. Réhabilitation intérieure de l'immeuble. Création de 2 auvents et d'un ascenseur
et de 3 coupoles.

(…)

66.
Coût (…)

(…)

Estimation
totale des travaux                           
(selon CFC 2)               [fr.]             
700'000

(…)"

 

             
La demande de permis de construire était signée par les trois défendeurs en qualité
de propriétaires et par une personne indéterminée au nom du bureau d'architecture Y.________
SA en sa qualité d'auteur des plans. 

 

             
b)
En 2002, les défendeurs ont demandé un crédit de construction au B.________ SA. Par courrier
du 5 février 2002, cet établissement bancaire les a invités à produire leurs déclarations
d'impôt et les comptes de l'immeuble pour les années 2000 et 2001. 

 

             
Selon les comptes de l'immeuble établis par la Z.________ SA et produits dans la présente procédure
par les défendeurs, les loyers encaissés en 2000 s'élevaient à 111'240 fr. et les
dépenses (frais divers, entretien et réparations et impôts) à 6'886 fr. 80. En 2001,
les loyers encaissés s'élevaient à 108'210 fr. et les dépenses à 50'904 fr.
40. Dans une projection du 14 janvier 2002, ladite régie estimait, sur la base de l'étude technique
du bureau Y.________ SA et des plans de mise à l'enquête, que le rendement locatif annuel de
l'immeuble pourrait passer de 107'340 fr. à 213'540 fr. après des travaux d'un montant de 1'800'000
fr. impliquant une perte locative de 100'000 francs. Le solde à disposition des propriétaires
serait de l'ordre de 60'000 fr., après déduction des intérêts hypothécaires
de 110'750 fr. et des charges d'exploitation de l'immeuble estimées à 20 % du rendement locatif.

 

             
c)
Le 26 février 2002, le Département des infrastructures du canton de Vaud a adressé son
rapport de synthèse à la Municipalité de [...], dans lequel était reproduite la décision
du Service du logement autorisant la rénovation et la transformation de l'immeuble. Dans ses considérants,
ce service retenait que l'ensemble des travaux était devisé à 1'800'000 fr. et qu'une
visite sur place avait permis d'estimer la seule réhabilitation des logements existants à environ
973'400 francs. 

 

             
Le permis de construire a été accordé le 28 mars 2002. 

 

4.             
S.________ s'est présenté aux défendeurs en produisant une carte de visite à son
nom, portant l'en-tête "[...] X.________ Sàrl Immobilier France – Suisse",
assortie d'une double adresse en France et en Suisse. Pensant à V.________, il leur a conseillé
de consulter la demanderesse pour réaliser leurs travaux. Ce dernier fait est établi par le
témoignage de S.________. La cour le retient sur ce point précis qui ne présente en soi
pas d'enjeu véritable, son rôle d'intermédiaire étant en outre reconnu par la demanderesse
dans un courrier du 12 août 2003. Pour le surplus, au regard du rôle joué par ce témoin
dans les faits litigieux, ses déclarations ne seront retenues que lorsqu'elles sont corroborées
par d'autres éléments du dossier.

 

             
Le Registre du commerce du canton de Genève comprend une société [...] X.________ Sàrl,
fondée le 12 décembre 2001, dont K.________ a été l'associé-gérant, puis
le gérant. L'adresse suisse indiquée sur ladite carte de visite, soit [...] à Genève,
correspond à celle de la demanderesse à l'époque, de même que les numéros de
téléphone ([...]) et de fax ([...]). 

 

             
S.________ est quelquefois désigné sous la raison individuelle "P.________". 

 

5.             
Il est admis par les parties que les défendeurs ont alors fait la connaissance de V.________, expert
immobilier, qui a réexaminé, au nom de la demanderesse, les coûts de la réhabilitation
en relation avec la rentabilité possible de l'immeuble. 

 

             
Dans un rapport préalable du 16 mai 2002, V.________ a indiqué qu'en l'état, le rendement
locatif était de 90'360 fr. et la valeur vénale de 1'482'250 francs. Il a évalué
le rendement locatif autorisé, après travaux, à 219'000 fr. et la valeur vénale à
3'060'782 francs. Il a conclu en ces termes:

 

"En
conséquence les travaux envisagés ne devraient pas dépasser la différence entre la
nouvelle valeur de fr. 3'000'000.- et la valeur actuelle à Fr. 1'500'000.-, soit maximum 1'500'000.-,
frais et divers compris, ainsi que la perte locative durant les travaux.

 

En
résumé : des travaux pour 1'200'000.- maximum peuvent être entrepris." 

 

             
Le 24 mai 2002, B.________ SA a notamment écrit ce qui suit aux défendeurs : 

 

"(…)
Nous
vous confirmons que nous ne pouvons pas entrer en matière sur l'octroi d'un crédit de rénovation;
le motif de ce refus est basé principalement sur le fait que la future tenue des charges n'est pas
entièrement assurée et démontrée.

 

En
effet, les copropriétaires actuels sont fortement dépendants des revenus locatifs de l'objet
susmentionné et les travaux de rénovation ne permettront pas le maintien de l'état locatif
actuel.

 

Ceci
dit, nous sommes conscients que les transformations apporteront une substantielle plus-value à l'immeuble;
toutefois, ceci n'entre pas en ligne de compte pour ladite tenue des charges. (…)"

 

             
Dans son "rapport d'expertise" du 6 juin 2002, établi au nom de la demanderesse, V.________
a évalué l'état locatif après travaux à 201'000 fr. et la valeur vénale
après travaux à 2'876'166 fr., arrondie à 2'900'000 francs. Ce rapport renvoie, s'agissant
du coût des travaux, à des feuilles annexes. 

 

6.             
a)
Le 7 juin 2002, la demanderesse a établi une "estimation du coût des travaux" concernant
le bâtiment, qu'elle a évalués à 1'088'912 fr., TVA comprise. Ce montant inclut sous
CFC "291,2,6" un poste "honoraires architecte, ingénieur et géomètre"
de 145'000 fr. (avant TVA), ainsi qu'un poste "divers et imprévus" de 25'000 fr. (avant
TVA). Aucune marge d'approximation n'est réservée. Ne sont pas inclus, à ce stade, les
travaux de transformation des combles. Dans la présente procédure, les parties ont admis que
les honoraires de "X.________ Sàrl, de l'ingénieur et du géomètre" étaient
devisés au total à 145'000 fr. dans le devis initial. 

 

             
Les défendeurs n'avaient pas de fonds propres. Ils étaient limités dans les possibilités
de rendement de l'immeuble selon l'importance des travaux entrepris. L'absence de fonds propres impliquait
de facto une augmentation de crédit en cas de dépassement de devis. J.________, employé
de la Banque T.________ dispensatrice de crédit, en conclut que le devis présentait une importance
primordiale pour les défendeurs et qu'il importait de tenir le budget devisé pour les travaux.

 

             
b)
Le 21 juin 2002, sur la base de ce devis, les défendeurs ont confié à la demanderesse
un "mandat pour surveillance de travaux". Ce contrat prévoyait notamment les clauses suivantes
: 

 

"(…)

Article
3 : La prestation est désignée par l'article
3.6 de la norme SIA n° 102, à savoir :

Cf.
art. 4.2.5              devis général

4.2.2
& 3              appels d'offres
et analyse

4.3.4             
calendrier de l'exécution

4.4             
phase de l'exécution

4.5             
phase finale, décompte, travaux de garantie

 

Article
4 : Le mandataire s'engage à respecter dans
le cadre des normes SIA le devis général du 6 juin 2002 et sur la base des prix de construction
en vigueur à la date du mandat.

Toutes
augmentations prévisibles devront faire l'objet d'une autorisation écrite des mandants.

(…)

 

Article
4 (recte : article
5) : Les honoraires sont calculés sur une
base de montant des travaux de fr. 960'000.-.

Le
montant des honoraires sera calculé sur la base de la norme SIA 102 et fera l'objet d'un avenant
qui prendra en compte les honoraires dus à l'architecte ayant effectué l'avant-projet et la
mise à l'enquête.

(…)

 

Article
7 : Les parties déclarent reconnaître,
pour tout litige relatif à l'interprétation et à l'exécution du présent contrat,
la compétence des tribunaux vaudois, sous réserve du recours au Tribunal fédéral.

(…)"

 

             
Les parties admettent qu'une part importante du mandat de la demanderesse consistait en l'établissement
de bons de paiement et la tenue d'une comptabilité de chantier conformément à la structure
du devis général. Elles admettent en outre que dans ce mandat "figur[ait] le point 4.2.5
des prestations de la norme SIA 102 (éd. 1984), soit l'élaboration du devis général".

 

             
Au regard de la norme SIA 102 (édition 1984, ci-après : SIA-102), l'art. 3 du mandat précité
comporte une inadvertance manifeste, en ce sens qu'il faut lire "4.3.2
& 3 appels d'offres et analyse", et non pas "4.2.2
& 3". En effet, aussi bien l'intitulé indiqué par les parties que l'ordre d'énumération
attestent que celles-ci visaient les dispositions 4.3.2 ("appels d'offres") et 4.3.3 ("analyse
des offres"). C'est ainsi que l'a compris l'expert, qui indique en page 8 in fine de son rapport
du 28 septembre 2007 que la prestation 4.2.2 "estimation des coûts" ne faisait pas
partie du mandat.

 

             
c)
La norme SIA 102 (édition 1984) contient notamment les dispositions suivantes, qui ont été
produites en annexe 1 du rapport principal d'expertise et auquel l'on peut se référer même
en l'absence d'allégations (art. 4 al. 2 CPC).

 

             
L'art. 4.2.2 SIA-102, intitulé "estimation du coût de construction et des délais",
dispose notamment ce qui suit :

 

"(…)

Prestations
ordinaires :

-      
Calcul du volume, des surfaces, ou des deux, selon
les normes SIA applicables.

-      
Estimation du coût de construction présentée
par exemple selon la classification du CFC** (groupes principaux, partiellement groupes) d'après
le volume, les surfaces ou d'après d'autres valeurs d'expérience (marge d'approximation ±
20 %). Intégration des estimations de coût des professionnels spécialisés et conseillers
dans leurs domaines d'intervention.

-      
Comparaison du coût prévisible avec
l'investissement envisagé par le mandant.

-      
Etablissement d'un descriptif général
de la construction et des matériaux.

-      
Mise à jour du calendrier général
de l'opération.

(…)"

 

             
L'art. 4.2.5 SIA-102, intitulé "devis général", a notamment la teneur suivante
:

 

"(…)

Objectifs
:              

-      
Document permettant d'apprécier et de corriger
le rapport entre le coût et l'utilité.

-      
Document nécessaire à l'obtention du
crédit de construction.

-      
Base du contrôle financier durant la réalisation.

(…)

Prestations
ordinaires :              

-      
Etablissement du devis général décrivant
de façon détaillée les travaux et fournitures prévus, désignation des matériaux
choisis, y compris les quantités et prix indicatifs.

-      
Présentation du devis général,
par exemple selon la classification du CFC ** (sous-groupes et genres de travaux). La marge d'approximation
doit en être convenue avec les professionnels spécialisés (sauf convention contraire :
± 10 %); elle doit être indiquée dans le devis général et tenir compte des réserves
pour imprévus.

-      
Intégration des devis établis par les
professionnels spécialisés.

-      
Consultation d'entrepreneurs et de fournisseurs.

-      
Mise à jour du calendrier général
de l'opération.

 

Prestations
supplémentaires :

-      
Evaluation des coûts d'exploitation et d'entretien,
calcul de rentabilité.

-      
Etude comparative de coût portant sur des
constructions différentes dans leur principe.

-      
Etablissement d'un plan de financement.

(…)"

 

             
Dans la phase préparatoire de l'exécution (4.3), l'architecte doit notamment procéder
à l'analyse des offres et propositions d'adjudication (art. 4.3.3), prestation qui consiste notamment
à exercer un contrôle technique et arithmétique des offres, à établir des tableaux
comparatifs avec référence au devis et à établir un tableau récapitulatif du
coût dans le cas où il a été renoncé au devis général.

 

             
L'art. 4.3.4, relatif au calendrier de l'exécution, impose notamment, au titre des "prestations
ordinaires", la mise au point du calendrier provisoire de l'exécution, en collaboration avec
les professionnels spécialisés, tandis qu'il revient au mandant d'adjuger les travaux et fournitures
et de faire entreprendre les travaux. 

 

             
Durant la phase de l'exécution (4.4), l'art. 4.4.1 (Contrats avec les entrepreneurs et les fournisseurs)
dispose que le mandataire doit établir les contrats avec les entrepreneurs et fournisseurs et les
présenter au mandant, à qui revient la décision de les signer. 

 

             
L'art. 4.4.4 (Direction des travaux) impose notamment, au titre de prestations ordinaires, la surveillance
et la conduite générale des travaux sur le chantier, le contrôle des situations et factures,
la tenue à jour d'une comptabilité de chantier conformément à la structure du devis
général et l'établissement périodique de situations financières comparant les
paiements et les engagements avec les postes du devis général.

 

             
L'art. 4.5.1 (Décompte final) prévoit notamment, au titre des "prestations ordinaires",
l'établissement, la vérification et l'apurement du décompte final selon le mode de présentation
et la structure convenus, et la comparaison avec le devis. 

 

             
L'art. 4.5.3 (Direction des travaux de garantie) impose au mandataire, à titre de "prestations
ordinaires", de récolter, élaborer et mettre à jour les listes des défauts apparus
jusqu'à l'échéance des délais de réclamation de deux ans, de mettre à l'œuvre
et surveiller les entrepreneurs et fournisseurs chargés d'éliminer les défauts, d'établir
des procès-verbaux de vérification finale et de recourir aux garanties ou libérer celles-ci.

 

             
d)
Les défendeurs n'ont jamais reçu un calendrier général de l'opération. Sous
réserve des procès-verbaux constituant les pièces 107, 107bis, 108 et 109, la demanderesse
n'a jamais communiqué aux défendeurs des procès-verbaux de chantier. Aucun planning de
chantier n'a été établi. 

 

             
Il n'est pas établi que les défendeurs aient reçu un descriptif détaillé des
travaux et fournitures prévus, avec la désignation des matériaux choisis, y compris les
quantités et prix indicatifs. Il n'est pas non plus établi que les défendeurs aient eu
connaissance des soumissions des différents corps de métier, ni qu'ils aient participé
à la décision d'adjuger les travaux, ni qu'ils aient signé les contrats. 

 

7.             
Le 25 juin 2002, la demanderesse a avisé l'administration communale, Service de l'urbanisme à
[...], du point suivant :

 

"(…)

Pour
des raisons de gestion de patrimoine, nous avons repris le dossier des transformations de l'immeuble
afin d'en abaisser les coûts. Pour cela nous avons renoncé à l'aménagement d'un appartement
dans les combles et d'une chambre au-dessus de l'annexe. Les façades ne seront pas refaites, mais
la marquise sera maintenue.

 

Il
ne reste du projet original que l'ascenseur à l'arrière de l'immeuble et la couverture de la
cour arrière par une dalle légère. Les appartements seront néanmoins entièrement
rénovés.

(…)"

 

             
La demanderesse s'est exprimée pratiquement dans les mêmes termes auprès de R.________
SA le 25 juin 2002 : 

 

"(…)
Il en ressort que nous ne créerons pas d'appartement dans les combles, ni une chambre au-dessus
de l'ancienne bijouterie.

 

Les
travaux importants seront la création d'un ascenseur et la pose d'une dalle de toiture dans la cour
intérieure au-dessus des commerces. Pour le reste il ne s'agit que de la rénovation des appartements
existants avec aménagement des cuisines et des salles d'eau. (…)"

 

             
Dans un courrier du 22 août 2002, la demanderesse a informé le Service de l'urbanisme que les
travaux allaient débuter, rappelant à cette occasion qu'il avait été renoncé
à l'aménagement d'un appartement dans les combles et d'une chambre au-dessus de l'annexe, ainsi
qu'à la réfection des façades. 

 

8.             
Un crédit de construction a été sollicité et obtenu auprès de la Banque T.________
à [...] à concurrence de 1'250'000 francs. Pour contrôler l'utilisation des fonds pour
la transformation, la banque et les débiteurs ont désigné "X.________ Sàrl,
M. V.________". 

 

             
A la même date, soit le 26 août 2002, la Banque T.________ a repris le prêt hypothécaire
de 150'000 fr. contracté auprès du B.________ SA et qui grevait l'immeuble. Les comptes de
gestion 2000 et 2001 ne font pas état d'intérêts. 

 

             
Le 30 septembre 2002, la demanderesse a donné procuration à V.________ "pour signer les
bons de paiement permettant de régler les factures et les demandes d'acomptes dans le cadre des
travaux de transformation de l'immeuble" propriété des défendeurs, "pour lequel
la Banque T.________ de [...] a[vait] ouvert un compte de crédit de construction".

 

 

9.             
Z.________ SA, qui avait un mandat de gérance sur l'immeuble, a vu son mandat résilié
au profit de la gérance F.________. 

 

             
Par courrier du 24 septembre 2002, les défendeurs ont contesté les honoraires facturés
par Z.________ SA pour les démarches effectuées dans le cadre de la rénovation de l'immeuble.
Le litige portait en particulier sur la prise en charge des honoraires du bureau d'architecture Y.________
SA. Finalement, par convention du 2 décembre 2002, les défendeurs ont arrêté le montant
des honoraires de Y.________ SA à 70'000 francs. Le solde dû par les défendeurs était
de 50'882 fr. 20. 

 

10.             
a) En cours de travaux, les défendeurs ont
décidé de créer un appartement dans les combles, avec l'approbation de la Banque T.________.
Le rapport de chantier du 14 novembre 2002 indique notamment ce qui suit : 

 

"(…)

V.________
doit dessiner l'aménagement des combles et des installations.

demander
à [...] un devis pour la pose du chauffage au sol.

établir
le coût d'aménagement des combles.

(…)"

 

             
Dans son "estimation du coût des travaux aux combles", la demanderesse a devisé un
montant de 250'936 fr., dont 15'000 fr. d'honoraires d'architecte, d'ingénieur et de géomètre.
Ces travaux impliquaient la création d'une mezzanine pour mieux rentabiliser l'espace. Cette estimation
a servi de base à la demande d'augmentation de crédit par 250'000 francs. 

 

             
b)
Le 24 mars 2003, le défendeur A.H.________ a adressé le courrier suivant à la demanderesse
: 

 

"(…)

Monsieur
le directeur,

 

Nous
avons passé un contrat avec votre entreprise pour le contrôle et la gestion de notre chantier.
Je n'ai jamais eu l'honneur de vous rencontrer, ce qui m'étonne, au vu de l'avance du chantier.

 

Je
suis au regret de vous annoncer que l'état actuel de cet objet ne correspond pas aux objectifs fixés
à la base.

 

1.     
Malgré mes multiples demandes, je n'ai jamais
reçu de double du planning de chantier.

2.     
De même j'attends toujours les libellés
de rendez-vous de chantiers.

3.     
Je suis sans nouvelle de l'état actuel des
comptes; demande faite il y a plus d'un mois.

4.     
Et le plus grave : Les délais ne sont pas
tenus. Pour exemple, le magasin Télé Clinique devait prendre possession de ses locaux au 1er
novembre 2002; son entrée effective a eu lieu le 1er
mars 2003.

5.     
Les nouveaux locataires entrent dans des locaux
inachevés.

6.     
L'immeuble est à l'état de chantier,
les couloirs et escaliers n'ont pas encore été touchés, la porte sécurisée pas
posée, l'interphone inexistant, les boîtes aux lettres pas déplacées, les caves pas
redistribuées, la passerelle inexistante, l'ascenseur pas en fonction, les façades des magasins
inachevées, la marquise pas posée, les stores extérieurs pas changés et j'en passe
sur la qualité de ce qui a été exécuté : certains points touchant au rafistolage.

 

Je
vous demande donc de me contacter dans les plus brefs délais, afin de remédier à cette
situation qui dépasse maintenant tout entendement. (…)"

 

             
c)
Le 7 avril 2003, la menuiserie [...] a établi une "situation n° 7" à l'attention
des défendeurs, adressée pour avis à V.________, laquelle se réfère notamment
à des travaux complémentaires selon listes des 17 décembre 2002, 7 février 2003,
28 février 2003 et 7 avril 2003, pour un montant total de 26'000 francs. La "situation"
comprend en outre un poste de 72'897 fr. intitulé "selon devis du 11 nov. 2002 / combles exécutés
à ce jour". 

 

11.             
a) Le 9 mai 2003, dans un état de la "situation
actuelle" de l'immeuble, la demanderesse a notamment indiqué ce qui suit : 

 

"(…)

 

1.-
location :             
Les deux commerces sont loués.

Les
appartements du 1er,
2ème
et 4ème
sont loués et occupés.

             
L'appartement du 3ème
est loué pour le 1er
juin 2003.

             
Pour les combles, les recherches de locataires ont débuté.

 

 

 

2.-
état des travaux :             
Les travaux au 3ème
étage sont pratiquement terminés.

Les
combles sont en voie de finition pour les aménagements techniques et la fin des travaux sanitaires.

Actuellement
les travaux de peinture dans la cage d'escaliers sont en cours.

             
La pose de la marquise a débuté.

Mercredi
14 ct une visite des appartements est agendée avec les maîtres d'état pour une réception
provisoire des travaux.

 

3.-
crédit de construction :             
Actuellement, les dépenses engagées sont de fr. 1'267'177.80.
Le solde des factures encore à payer, après l'établissement du décompte final, est
de l'ordre de fr. 230'000.-.

             
La dépense totale sera de fr. 1'500'000.-.
L'aménagement des combles correspond à cette plus-value.

 

(…)

 

5.-
rendement :             
(…)

             
Le rendement net sur la dette hypothécaire est de 9,9
%."

 

             
Par courrier du 25 juin 2002, dont la date procède d'une inadvertance manifeste, le défendeur
A.H.________ a écrit ce qui suit à V.________ pour la demanderesse : 

 

"(…)

Monsieur
V.________. 

Je
vous remercie pour votre fax du 10 mai courant. Ce ne sont malheureusement pas les données que j'attends
de votre part depuis plusieurs mois. Je vous demande un état des comptes précis à ce jour.
C'est-à-dire

 

1.
Devis ou soumissions acceptés pour les travaux adjugés.

2.
Factures entièrement payées.

3.
Factures payées en partie et soldes à payer desdites factures.

4.
Devis ou soumissions des travaux non exécutés.

Dans
un deuxième temps je veux une calculation des coûts par lots

5.
Magasin [...]

6.
Magasin [...]

7.
Apt. 1er
étage

8.
Apt 2em

9.
Apt 3em

10.
Apt 4em

11.
Apt Combles

12.
Apt Cour intérieure

13.
Communs

 

Nous
avons rendez-vous mercredi 14 mai au matin pour un constat du chantier dans son état actuel. Je
vous prie de m'apporter les pièces 1 à 4 lors de cette visite, et de préparer les pièces
5 à 13 pour notre séance du 20 courant avec les membres de l'hoirie et de la régie F.________.
(…)"

 

             
b)
Dès le mois de mai 2003, la Banque T.________ a informé les défendeurs que le crédit
de construction était pratiquement épuisé. 

 

             
c)
Le 19 juin 2003, le défendeur A.H.________ a écrit à V.________, pour la demanderesse,
que selon son constat, aucun corps de métier n'était à l'œuvre sur le chantier. Il
a ensuite relevé divers travaux restant à entreprendre et rappelé l'entrée de la
nouvelle locataire à la fin du mois. Le défendeur a fixé à la demanderesse un ultimatum
pour produire les comptes le même jour à 17 heures. 

 

             
Ce même 19 juin 2003, V.________ a faxé un nouveau décompte établi au nom de la demanderesse.
Sous le poste CFC 291 / Direction des travaux / X.________ Sàrl, il est indiqué que l'entier
du montant soumissionné, soit 170'000 francs, a été payé. Dans une rubrique distincte
concernant les combles de l'immeuble, sous poste CFC 29 / honoraire / X.________ Sàrl, il est précisé
que l'entier du montant soumissionné, soit 10'000 fr., a été payé. Le récapitulatif
fait état d'une facture finale de 1'502'273 fr. 40, de "paiements effectués" à
hauteur de 1'204'665 fr. 80, le "solde à payer" étant de 297'607 fr. 65.

 

             
Par courrier du 20 juin 2003, le défendeur A.H.________ a notamment écrit ce qui suit à
V.________, employé de la demanderesse : 

 

"(…)

Ayant
passé la journée à procéder à certaines vérifications de ces derniers [réd.
: les comptes de l'immeuble litigieux], je me dois par la présente de vous sommer de vous présenter
à mon atelier, rue [...], le lundi 23 juin 2003 à 9 : 00 précises avec les éléments
suivants que je vous réclame par ailleurs à maintes reprises depuis fort longtemps :

 

-      
un classeur comprenant l'ensemble des devis /
soumissions originales classés par entreprise.

-      
un classeur comprenant l'ensemble des factures
classées par entreprises.

-      
tout tableau, document nécessaire à
établir une situation réelle
et exacte conforme au suivi que je suis à
même d'attendre de votre mandat pour lequel vous avez été rémunéré. 

 

J'attends
également toute explication lors de ce rendez-vous.

 

Je
souhaite que Monsieur S.________ participe également à ce rendez-vous avec l'ensemble des dossiers
du suivi du chantier.

 

Je
me dois de vous informer qu'en cas d'absence audit rendez-vous ou de non-remise scrupuleuse des pièces
exigées, je serai dans l'obligation de vous poursuivre personnellement, de même que la maison
X.________ Sàrl autant sur le plan civil que pénal. Il en sera de même à l'encontre
de Monsieur S.________. (…)"

 

             
Ce même 20 juin 2003, des locataires de l'immeuble ont adressé un courrier à la gérance
F.________, dans lequel ils se plaignaient du "manque de suivi" et du "manque de volonté
de terminer les travaux". Ce courrier recense les différents travaux restant à exécuter
dans chaque appartement et à l'extérieur. Outre des travaux de finition, sont notamment signalés
des problèmes de réglage de portes, de volets, store défectueux, prise défectueuse,
manque de clés, etc. Sont notamment demandés la pose de rosace, le changement de poignées,
l'installation d'un code et d'une sonnette d'entrée, le remplacement des stores à l'extérieur,
l'installation de lampes sur les balcons et la pose d'une benne à ordures. 

 

             
A cette époque, l'immeuble était encore partiellement en chantier; au total, l'immeuble est
resté très longtemps en chantier. 

 

12.             
Le 27 juin 2003, la Banque T.________ a confirmé
aux défendeurs qu'elle était disposée à consolider leur crédit de transformation
(valeur au 30 mai 2003) sous la forme de leur prêt hypothécaire à taux variable et à
augmenter ce dernier de 1'250'000 fr. à 1'650'000 fr. en 1er
rang. 

 

13.             
A cette époque, la demanderesse ne répondait plus aux demandes d'acomptes des entreprises.
La gérance F.________ a alors pris en mains la gestion des travaux de retouches restant à faire.
Ainsi, par courrier du 25 juin 2003, ladite gérance a mis la demanderesse en demeure de terminer
les travaux dans le délai imparti par les locataires dans leur courrier du 20 juin 2003, en précisant
qu'à défaut, elle la tiendrait pour responsable de toute perte locative. 

 

             
Un état des lieux s'est tenu le 27 juin 2003 en présence de K.________ pour la demanderesse.

 

             
Le même jour, le défendeur A.H.________ a notamment écrit ce qui suit à la demanderesse
: 

 

"(…)
vous avez pu constater que malgré mon report d'un mois et mes multiples interventions, le rendez-vous
de ce matin était plus une séance de fin de chantier qu'un état des lieux. (…)"

 

             
Par courriers des 27 juin, 30 juin et 2 juillet 2003, la gérance F.________ a adressé aux locataires
une liste des travaux de retouches recensés lors de l'état des lieux du 27 juin 2003 et a confirmé
à V.________, pour la demanderesse, que ceux-ci devaient être terminés au plus tard le
14 juillet 2003, tandis que la pose des interphones et les retouches de peinture dans la cage d'escaliers
devaient être achevées au plus tard le 4 juillet 2003. Quant aux travaux intitulés "généralité"
(tels que le remplacement des poignées des portes intérieures des appartements, le remplacement
des toiles de tente, la peinture des sols de balcons, la création d'une passerelle à l'arrière
de l'immeuble, la fourniture d'un container, le traitement et la remise en état des marches de la
cage d'escaliers, la pose d'un tapis anti-poussière dans l'ascenseur, la réparation de toutes
les fixations défectueuses de volets et la pose de sonnettes), ils faisaient l'objet d'une analyse
de devis et V.________ adresserait dès que possible aux locataires un planning d'exécution.

 

             
Par fax du 11 août 2003, la gérance F.________ a prié K.________ d'être présent,
ainsi que V.________ et S.________, à la réunion avec les locataires prévue le 20 août.

 

             
Le 12 août 2003, la demanderesse a répondu qu'elle ne pouvait pas se rendre à ladite réunion
et a fait les remarques suivantes :

 

"(…)
Nous tenons à préciser que M. S.________ n'est en aucun cas représentant ou représente
X.________ Sàrl dans cette affaire. Il nous a seulement présenté la famille H.________,
donc cette personne n'a tout simplement rien à voir à ce sujet.

 

D'autre
part, le non-paiement, depuis plus de trois mois, des maîtres d'état n'encourage pas une fin
rapide de ce chantier complexe. Notre mandat consiste à l'organisation et à la surveillance
du chantier. En aucun cas, nous ne sommes responsables de la qualité des maîtres d'état
sélectionnés, faute de ces derniers ou manque de bonne volonté. (…)"

 

             
Le 14 août 2003, S.________ a écrit ce qui suit à l'hoirie, en s'adressant au défendeur
A.H.________ : 

 

"(…)

Monsieur,

A
l'ouverture du chantier de restauration de votre immeuble, il avait été convenu que les responsabilités
de celui-ci seraient partagées entre moi-même et la société X.________ Sàrl.

Dès
le début des travaux, X.________ Sàrl a décidé unilatéralement de prendre la
totalité de cette responsabilité, me laissant tout le reste du travail, heure de présence
moyenne 
4 h. par jour.

 

J'ai
appris hier que X.________ Sàrl avait reconfirmé par écrit à votre intention, via
l'agence F.________, qu'ils assumaient la totalité des responsabilités.

Fort
de ce qui précède, vous comprendrez qu'il est exclu pour moi d'assumer des responsabilités
quant aux retards, vices de construction et dépassement de devis.

(…)"

 

             
Le 18 août 2003, le défendeur A.H.________ a notamment écrit ce qui suit à la demanderesse
: 

 

"(…)
En me référant à votre correspondance du 12 août 2003 (…), je tiens à
vous préciser que votre mandat consiste à l'organisation et à la surveillance du chantier.
(…)

2.
Je vous rappelle (…) que les maîtres d'état ont été désignés par
votre société, et je vous fais remarquer qu'aucun contrat d'entreprise ne m'a été
soumis avant l'exécution des travaux.

(…)

4.
Je vous mets en demeure dans un délai de trois semaines de terminer ces travaux, soit jusqu'au vendredi
5 septembre 2003 à seize heures.

(…)"

 

             
Le 26 août 2003, la gérance F.________ a écrit à la demanderesse qu'une audience
de conciliation avec un couple de locataires devait se tenir le 8 octobre 2003 et qu'il serait judicieux
que la demanderesse y participe. 

 

             
Le 27 août 2003, la demanderesse lui a répondu que les litiges avec les locataires n'étaient
pas de son ressort, en ajoutant notamment ce qui suit : 

 

"(…)
En outre, nous n'avons pas à exécuter les ordres de réparation de vos locataires, mais
seulement ceux précisés par l'hoirie en fonction de leur (sic) possibilité financière.
(…)"

 

             
Le 1er
septembre 2003, la gérance a adressé à la demanderesse une liste des travaux de retouches
encore en suspens dans l'appartement de 5,5 pièces au 1er
étage, dressée à l'occasion de l'état des lieux de sortie du locataire [...]. Ce
dernier, dont la date d'entrée avait été repoussée au 15 mars 2003, s'était
plaint dans plusieurs courriers de l'inachèvement des travaux et des désagréments occasionnés.

 

             
Le 12 septembre 2003, la gérance F.________ a écrit à la demanderesse qu'en raison de
la consignation des loyers par certains locataires et après avoir visité les logements concernés,
elle avait décidé, "de guerre lasse", de faire exécuter les travaux de retouches
en suspens par des maîtres d'état de son choix, afin de retrouver la paix avec les locataires.

 

14.             
Le 16 septembre 2003, le menuisier [...] a adressé un fax à la demanderesse, à l'attention
de V.________, dans lequel il accusait réception de deux bons de commande de la gérance F.________
pour des travaux à exécuter dans deux appartements de l'immeuble. Le menuisier se disait disposé
à exécuter ces travaux dès paiement du solde d'environ 20'000 fr. afférant à
sa facture n° 104. 

 

             
Le 26 septembre 2003, le défendeur A.H.________ a écrit à V.________ pour lui rappeler
divers points à mettre à jour pour le 30 septembre 2003, soit notamment le "plan définitif
devis passerelle". 

 

15.             
Par lettre de leur conseil du 6 octobre 2003, les défendeurs ont demandé des explications relativement
au montant final du coût des travaux invoquant un dépassement de devis. 

 

             
La demanderesse s'est déterminée par courrier du 15 octobre 2003, dans lequel elle indiquait
notamment que des montants importants avaient été prélevés hors crédit de construction
et que les plus-values de travaux demandés étaient importantes. Elle a joint à ce courrier
une liste non exhaustive des coûts supplémentaires indiquant un total de 144'347 fr. 55. Cette
liste comprend notamment le montant versé au bureau d'architecture Y.________ SA, soit 50'000 fr.,
ainsi qu'un poste "frais et honoraires [...]" de 15'950 francs. Sous réserve de ce dernier
montant, la liste n'évoque pas les honoraires versés à S.________ ou à P.________.

 

             
Le 6 novembre 2003, le défendeur A.H.________ a établi à l'attention de Me [...], conseil
d'alors des défendeurs, un récapitulatif des "soldes ouverts" à cette date et
des éléments devisés non exécutés. 

 

             
Le 17 novembre 2003, la demanderesse a adressé au conseil des défendeurs un décompte non
exhaustif chiffrant "les surcoûts selon les demandes" du défendeur A.H.________ à
137'585 francs. La demanderesse, qui réservait encore les surcoûts causés par l'utilisation
du crédit de construction pour des dépenses non liées au chantier et les plus-values dues
à des motifs techniques, ne mentionnait pas les honoraires versés à S.________ ou à
P.________; tout au plus évoquait-elle la controverse liée à la position de S.________.

 

16.             
Le 29 décembre 2003, la Banque T.________ a confirmé aux défendeurs que pour faire suite
à leur demande, elle acceptait d'augmenter leur prêt hypothécaire de 1'650'000 fr. à
1'800'000 fr. en 1er
rang et à 200'000 fr. en 2ème
rang. 

 

             
Ces augmentations de crédit (cf. aussi supra, ch. 12) devaient permettre de financer les travaux
dans les combles et de payer les maîtres d'état dont les créances restaient en souffrance.

 

             
Selon les déclarations de J.________, qui sont retenues, les défendeurs ont consenti en cours
de travaux à la dépense supplémentaire pour l'appartement dans les combles, qui constituait
un investissement; à ce moment-là, ils ignoraient tout des dépassements du devis. Ils
ont ensuite été pris de court et n'ont pas eu d'autre issue que d'augmenter les crédits.

 

             
Ce même 29 décembre 2003, la Banque T.________ a par ailleurs consenti à augmenter de
300'000 fr. à 450'000 fr. le prêt hypothécaire grevant en 1er
rang un autre immeuble propriété des défendeurs à [...]. Le but de cette augmentation
n'est pas établi par les preuves offertes. Par la suite, cet immeuble a été vendu. 

 

17.             
Selon les comptes de gérance du deuxième semestre 2003 établis par la gérance F.________,
le montant total des loyers "théoriques" est de 
98'110
fr., et le total des loyers encaissés de 91'510 fr., auquel s'ajoute un autre produit de 300 francs.
Après déduction de 34'077 fr. 05 de charges, l'exercice présente un solde de 57'732 fr.
95. Dans les charges figure notamment une rubrique "entretien-réparations" faisant état
de frais de nettoyage d'appartement, de travaux de menuiserie et de finitions de l'entreprise [...],
de réfection de joint pour une porte, de diverses réparations d'électricité et réparations
sanitaires et de fournitures d'extincteurs. La gérance admet avoir payé des retouches. 

 

18.             
Le 30 janvier 2004, [...] a déposé une demande auprès du Tribunal d'arrondissement de
l'Est vaudois, tendant à l'inscription définitive d'une hypothèque légale sur l'immeuble
propriété des défendeurs. 

 

             
Les défendeurs ont mandaté A.________ pour négocier le paiement de certaines factures
finales des entreprises et éviter ou faire retirer des inscriptions d'hypothèques légales.

 

             
Selon un tableau récapitulatif établi le 16 février 2004 par A.________, le solde des
factures à payer a été ramené de 587'909 fr. 65 à 485'255 fr. 65. 

 

19.             
La demanderesse a adressé aux défendeurs une note d'honoraires finale d'un montant de 147'148
fr. 80, TVA comprise, dont à déduire 37'660 fr. d'acomptes, le solde à payer étant
ainsi de 109'488 fr. 80. Elle y a joint un décompte final. 

             
Ce décompte final ne coïncide pas avec les devis initiaux. . Ainsi, alors que le montant total
des soumissions pour le poste 211 (maçonnerie) était de 178'000 fr. selon les deux devis initiaux
(soit 170'000 fr. selon le devis du 7 juin 2002 et 8'000 fr. selon le devis complémentaire pour
les combles), le décompte final fait état, pour ce même poste, de soumissions à hauteur
de 210'989 fr., de factures d'un montant total de 292'083 fr. 35 et d'un solde à payer de 129'935
fr. 70 (étant précisé qu'à côté de ce poste figure la remarque "à
revoir"). 

 

             
Sous réserve des documents évoqués dans le présent état de fait, il n'est pas
établi que les défendeurs aient été informés des plus-values et dépassements
par rapport au devis initial du 7 juin 2002 et au devis complémentaire pour les combles. 

 

20.             
Le 2 février 2004, la demanderesse a informé le Service de l'urbanisme que les travaux de rénovation
et d'aménagement de l'immeuble étaient terminés. Il n'est pas établi qu'après
la lettre du 25 juin 2002 annonçant la renonciation à aménager un appartement dans les
combles (ch. 7 supra), la demanderesse ait informé ledit service du nouveau revirement intervenu
en cours de travaux. Dans un courrier du 26 août 2003, le défendeur A.H.________ avait même
reproché ce qui suit à la demanderesse :

 

"(…)

J'ai
été contacté suite à une dénonciation par le Service de l'Urbanisme (…).
Lors du rendez-vous du 25 crt 15:45 qui en a suivi, Monsieur [...] (Service de l'Urbanisme) accompagné
de Monsieur [...], maître ramoneur, ont constaté que les combles du bâtiment avaient été
transformées sans qu'aucun courrier de la part de X.________ Sàrl ne lui ait été
adressé.

(…)"

 

             
Le 9 février 2004, la demanderesse a effectué une visite de l'immeuble pour procéder au
contrôle des travaux de garantie des différents maîtres d'état. 

 

             
Par courrier du 24 février 2004, la demanderesse a adressé aux défendeurs les certificats
de garantie de quelques entreprises, en expliquant que les sommes dues aux autres maîtres d'état
étaient nettement supérieures à la garantie de 10 % que l'on pourrait leur retenir, de
sorte qu'ils n'apparaissaient pas en demeure de fournir une telle garantie. En outre, par différents
courriers datés du 24 février 2004, la demanderesse a invité diverses entreprises à
terminer des travaux pour le 15 mars 2004. 

 

             
Ce même 24 février 2004, la Commission de salubrité de la commune de [...] a procédé
à une visite des lieux et a refusé de délivrer le permis d'habiter en invoquant les motifs
suivants : 

 

"(…)

La construction
comprend un appartement de 2 pièces dans les combles.

Nous vous fixons
un délai au 17 mai 2004 pour faire exécuter les travaux suivants :

1.  
Combles : protéger la poutre en matériaux
F30 au droit du fourneau ou éloigner le fourneau à 50 cm de la poutre.

2.  
Créer l'accès à la toiture par
les communs.

3.  
Poser des barrières d'une hauteur de 100
cm aux fenêtres.

 

Sans
autre écriture de notre part, le personnel technique procédera au contrôle le 17 mai 2004
à 14 h 00.

La construction
n'est pas conforme aux lois et règlements, ainsi qu'aux plans visés par la Municipalité
et aux conditions posées dans le permis de construire.

L'immeuble est relié
en système séparatif.

(…)"

 

             
Le permis de construire accordé le 28 mars 2002 indiquait dans ses conditions générales
qu'aucune modification ne pouvait être apportée aux plans faisant l'objet du permis, les travaux
devant être exécutés conformément aux plans mis à l'enquête publique du
30 octobre au 19 novembre 2001. Sous chiffre 13 des conditions spéciales, il indiquait que l'accès
à la toiture devait se faire impérativement par les communs. 

 

             
Le 8 mars 2004, pour faire suite à la visite du 24 février 2004, la demanderesse a adressé
au Service de l'urbanisme des plans à l'échelle 1 : 100 des étages, des combles et du
rez-de-chaussée, ainsi que des plans de la passerelle. 

 

             
Avant les travaux, il existait à l'arrière de l'immeuble une passerelle vétuste qui conduisait
au parking de l'immeuble situé en amont. Il n'est pas établi que cette passerelle permettait,
par une échelle, d'accéder au toit. Il y a eu à plusieurs reprises des discussions sur
les possibilités de remplacement de cette passerelle, en particulier quant au matériau à
utiliser. 

 

             
Par courrier du 8 mars 2004 (daté par inadvertance manifeste du 8 mars 2003), la demanderesse
a invité la gérance F.________ à attirer l'attention de la locataire des combles sur les
dangers encourus par l'utilisation du poêle dont l'installation était non conforme et à
lui en interdire la mise en service. Elle a en outre informé l'entreprise concernée et l'a
invitée à lui faire des propositions dans les plus brefs délais. 

 

21.             
Le 5 mars 2004, par conseil interposé, les défendeurs ont notamment écrit à la demanderesse
qu'ils contestaient totalement ses honoraires, qu'ils invoquaient au demeurant la compensation avec les
montants déjà payés à ce titre et se réservaient de faire valoir des prétentions
liées à la mauvaise exécution de son mandat et aux dommages subis. 

 

             
Le 5 mai 2004, par conseil interposé, la demanderesse a notamment écrit ce qui suit aux défendeurs
: 

 

"(…)

Les
maîtres d'état ont été avisés des retouches. La procédure en recouvrement
des honoraires étant introduite, il apparaît évident que mes mandants ne peuvent continuer
à effectuer des prestations pour les hoirs.

 

Je
tenais à vous en aviser afin qu'il n'y ait pas de malentendu.

 

Les
correspondances qui pourraient encore être adressées à ma mandante dans ce contexte vous
seront donc transmises sans autre pour traitement direct par vos mandants.

(…)"

 

22.             
Selon les comptes de gérance du premier semestre 2004 établis par la gérance F.________,
les recettes s'élèvent à 98'772 fr. 85, dont 94'510 fr. de loyers, et les charges à
53'164 fr. 75, pour un solde positif de 45'608 fr. 10. Celles-ci comprennent notamment les honoraires
de A.________, d'un montant de 8'300 fr., une facture de 1'670 fr. pour la pose de garde-corps aux fenêtres,
ainsi que des factures pour divers travaux de réparation regroupés dans le poste "entretien-réparations",
dont notamment des "retouches SDB" effectuées par l'entreprise [...]. 

 

             
Pour le deuxième semestre 2004, les comptes de gérance font état de recettes d'un montant
de 93'360 fr., dont 93'060 fr. de loyers encaissés, et de charges totalisant 42'600 fr. 50, pour
un solde positif de 50'759 fr. 50. Parmi les charges figurent notamment des honoraires de A.________,
une facture pour la pose de garde-corps aux fenêtres et des factures pour divers travaux regroupés
dans le poste "entretien-réparations". 

 

23.             
De nombreux problèmes sont survenus avec les locataires, au vu des travaux non terminés.

 

             
a)
Initialement, il avait été question que les locataires restent dans l'immeuble, en utilisant
les commodités d'un autre appartement de l'immeuble. Toutefois, à l'exception de l'exploitant
de la boutique "[...]", tous les locataires sont partis, notamment en raison des nuisances
liées aux travaux. En date du 20 mars 2002, Z.________ SA constatait que les locaux étaient
vides et ne généraient aucun revenu. 

 

             
L'entrée en vigueur de plusieurs nouveaux baux a dû être repoussée. Des locataires
ont consigné leurs loyers. Des loyers ont dû être abandonnés. 

 

             
b)
Il n'est pas établi que la demanderesse ait été consultée sur la conclusion des baux
à loyer, ni sur les abandons de loyer consentis. Dans un courrier du 15 octobre 2003 adressé
au conseil des défendeurs, la demanderesse soulignait que les problèmes avec les locataires
provenaient d'une part d'une mise à disposition des appartements alors que le chantier de l'ensemble
de l'immeuble n'était pas terminé et d'autre part du fait que la gérance n'avait pas fait
d'état des lieux, ni fait signer une décharge aux locataires pour les inconvénients liés
à l'aménagement d'un immeuble en fin de chantier. 

 

             
Le bail à loyer conclu avec [...] SA prévoit ce qui suit au chiffre 5d des "dispositions
particulières" : 

 

"L'hoirie
propriétaire décline d'ores et déjà toute responsabilité en cas de retard dans
la mise à disposition des locaux et aucune indemnité ne sera due si tel devait être le
cas. Voir pages 5 & 6".

 

             
Dans sa lettre du 15 septembre 2003 à la Commission de conciliation, la locataire [...] déclarait
qu'avant la signature du bail, elle avait eu de nombreux contacts avec le propriétaire et la gérance
afin de se préserver en cas de non-exécution de la délivrance de l'appartement en bonne
et due forme. 

 

             
c) Le 12 novembre 2003, les locataires [...] et
[...] ont déposé une demande contre les défendeurs devant le Tribunal des baux, dans laquelle
ils alléguaient notamment qu'"un rendez-vous a été fixé la première semaine
d'avril avec l'architecte S.________, qui [leur] promettait que tous les travaux allaient être effectués
avant [leur] arrivée début juin" et qu'ils "ten[aient] beaucoup au standing de l'appartement
et de l'immeuble qu'on [leur] promettait car [ils] procéd[aient] régulièrement à
des ventes d'antiquités en invitant les clients à [leur] domicile pour des repas et des cocktails".

 

             
Le 24 juin 2004, [...], locataire des locaux commerciaux contenant la boutique "[...]", a déposé
une demande devant le Tribunal des baux, par laquelle il réclamait aux défendeurs les montants
de 50'346 francs 05 et 15'216 fr., plus intérêts. Dans son écriture, le locataire mettait
notamment en cause la direction des travaux, qualifiée de "chaotique"; il alléguait
que les mesures de protection prises pour protéger les objets étaient insuffisantes et avaient
nécessité des heures de dépoussiérage. 

 

             
Le bail commercial conclu avec [...], exploitant le commerce "[...]", prévoit que le loyer
ne peut faire l'objet d'une hausse qu'en fonction des variations de l'indice suisse des prix à la
consommation ou en cas d'améliorations ou de transformations de l'immeuble. Les deux vitrines et
la devanture du magasin ont été réaménagées. Sous réserve des éléments
mis en évidence dans l'expertise résumée ci-dessous, il n'est pas établi que le magasin
ait subi d'autres travaux. 

 

24.             
a)
La direction du chantier était chaotique. Selon un maître d'état, elle n'était pas
beaucoup plus chaotique que sur d'autres chantiers. Le chantier subissait des ordres et contre-ordres
sans arrêt. 

 

             
S.________ se trouvait la plupart du temps sur le chantier, donnait les instructions et assurait la coordination
entre les différents corps de métier. V.________ venait beaucoup plus rarement, environ une
fois par semaine. 

 

             
Pour sa part, V.________ a établi au nom de la demanderesse le devis du coût total des travaux
du 7 juin 2002, ainsi que celui des combles, intervenu ultérieurement. Dans certains documents –
notamment les rapports de chantier des 14 octobre 2002, 14 et 21 mai 2003 –, il s'est présenté
comme architecte. V.________ est titulaire d'un certificat de capacité de dessinateur en bâtiment.
Après son apprentissage, il a notamment travaillé dans deux bureaux d'architecture. V.________
a établi des plans au nom de la demanderesse. 

 

             
Il n'est pas établi que les maîtres d'état étaient livrés à eux-mêmes,
sous réserve d'un moment à la fin du chantier où ils se sont retrouvés seuls pour
le bouclement. 

 

             
b)
S'agissant du statut de S.________, les parties à la présente procédure ont admis que
celui-ci dirigeait les travaux pour les défendeurs. L'intéressé soutient qu'il était
le conseil de l'hoirie, la rupture avec la demanderesse étant déjà intervenue au début
du chantier. Voyant qu'il ne s'entendait pas avec K.________, il aurait décidé de poursuivre
seul, tout en continuant avec V.________, avec qui il s'entendait bien. 

 

             
Pour les maîtres d'état, S.________ semblait travailler pour la demanderesse, sous les ordres
de V.________; ils déduisaient cela du fait que sa carte de visite était au nom de la demanderesse,
ou encore du fait qu'il allait à Genève discuter de l'avancement de travaux, ou enfin qu'il
était souvent vu en présence de V.________, dont on faisait le lien avec la demanderesse. Pour
J.________, de la Banque T.________, S.________ apparaissait comme une sorte de sous-traitant sous les
ordres de V.________, que J.________ assimilait à la demanderesse. Un employé de l'entreprise
[...] a toutefois déclaré que S.________ avait certes travaillé dans un premier temps
pour la demanderesse – il avait une carte de visite à son nom –, mais qu'au début
de l'année 2003, il s'était présenté comme le représentant du maître de
l'ouvrage. Les déclarations de ce témoin selon lesquelles "tout le monde le savait"
sont contredites par les autres témoignages recueillis. 

 

             
Les témoignages font toutefois ressortir une certaine incertitude sur la fonction de S.________
et sur la question de savoir pour qui il travaillait exactement. 

 

             
L'entreprise [...] a adressé un courrier du 4 juillet 2003 à la demanderesse "à l'att.
de MM. V.________ et S.________". 

 

             
Selon le procès-verbal de la séance de chantier du 14 mai 2003, qui porte l'en-tête de
la demanderesse, S.________, pour P.________, compte parmi les participants. Comme fonction, il est indiqué
"DT", soit manifestement l'abréviation pour "direction de travaux". Apparaît
également le nom de V.________, pour la demanderesse, avec la fonction "architecte". Le
procès-verbal de la séance de chantier du 21 mai 2003 est identique sur ces points. La mention
"DT" apparaît aussi sur certains ordres de paiement en faveur de S.________. 

 

             
c)
Ni le devis du 7 juin 2002, ni le décompte intermédiaire faxé le 19 juin 2003 ne
prévoient un poste d'honoraires spécial pour S.________, distinct de celui de la demanderesse.
Il n'existe qu'un seul compte dans la liste des corps de métier correspondant aux honoraires, portant
le n° 291. Alors que le poste "honoraires architecte, ingénieur, géomètre"
était de 145'000 fr. dans le devis du 7 juin 2002, plusieurs ordres de paiement concernant
le poste CFC 291 indiquent que ce poste est de 170'000 fr. (rubrique "montant du contrat").
D'autres types d'honoraires, notamment ceux versés au bureau d'architecture Y.________ SA selon
ordre de paiement du 12 décembre 2002, sont comptabilisés séparément, sous poste
n° 291-1. 

 

             
Des ordres de paiement ("assignations") donnés à la Banque T.________ ont été
établis expressément à l'ordre de S.________ ou de P.________. Ainsi,

–
un bon n° 10
du 25 novembre 2002 ordonne le paiement de 1'188 fr. à "P.________", sous la mention "291
honoraires", "montant du contrat : 170'000 fr.; paiements exécutés : 57'532 fr.";

–
un bon n° 14
du 12 décembre 2002 donne l'ordre de payer 30'520 fr. à "P.________-S.________ / [...]",
"montant du contrat 170'000 fr. + combles, paiements exécutés 66'252 fr.";

–
un bon n° 19
du 13 février 2002 donne l'ordre de payer 38'510 fr. à "P.________, D.T", "montant
du contrat 170'000 fr., paiements exécutés 38'510 fr.". 

Ce
bon n° 19 – tout comme le bon n° 20 – manque dans la pièce 50 produite par
la demanderesse. Le bon n° 19 contient en outre un ordre de verser 7'532 fr. à "X.________
Sàrl", sous la mention "Honoraires arch.", "montant du contrat 170'000 fr.,
paiements exécutés 104'304 fr.";

–
un bon n° 30
du 30 avril 2003 donne l'ordre de payer 40'000 fr. à "X.________ Sàrl + P.________"
sous la mention "honoraires DT", ce paiement devant être effectué à la "Banque
T.________", "montant du contrat 180'000 fr., paiements exécutés 115'000 fr.";

–
un bon n° 41
du 15 août 2003 donne l'ordre de payer 15'950 fr. à "P.________-S.________ – [...]",
sous la mention "[...]", les rubriques "montant du contrat" et "paiements exécutés"
étant laissées vides. 

–
En outre, un bon n°
3 du 16 octobre 2002 donne l'ordre de verser 55'000
fr. au titulaire du compte n° 16 109.501.107 auprès de la Banque T.________ à [...]. Le
titulaire en question est S.________. Les rubriques "montant du contrat" et "paiements
exécutés" sont laissées vides. 

 

             
Concernant la demanderesse, il apparaît en outre que :

–
un bon n° 7
du 25 novembre 2002 – portant la même date que le bon n° 10 évoqué ci-dessus
–, donne l'ordre de payer 7'532 fr. à "X.________ Sàrl", sous la mention "291,
architecte", "montant du contrat : 170'000 fr.", "paiements exécutés :
50'000 fr."; 

–
un bon n° 12
du 12 décembre 2002 – portant la même date que le bon n° 14 précité –
donne l'ordre de payer 7'532 fr. à "X.________ Sàrl", sous la mention "291 honoraires
frais", "montant du contrat : 170'000 fr., paiements exécutés 58'720 fr."; 

–
un bon n° 17
du 31 janvier 2003 donne l'ordre de payer 7'532 fr. à "X.________ Sàrl", sous la
mention "honoraires arch. / 291", "montant du contrat 170'000 fr., paiements exécutés
96'772 fr."; 

–
le bon n° 19
de 7'532 fr. a déjà été évoqué ci-dessus; 

–
un bon n° 27
du 25 mars 2003 donne l'ordre de payer 7'532 fr. à "X.________ Sàrl", avec une mention
difficilement lisible, qui paraît toutefois être "honoraires", plutôt qu'"assurances",
comme l'allèguent les défendeurs; les rubriques "montant du contrat" et "paiements
exécutés" sont laissées vides; 

–
un bon n° 29
du 25 avril 2003 donne l'ordre de payer 10'760 fr. à "X.________ Sàrl" sous la mention
"Honoraires", "montant du contrat 180'000 fr., paiements exécutés 104'304 fr.".

–
A cela s'ajoute le bon n°
30 précité, à l'attention de "X.________
Sàrl + P.________". 

 

             
Le défendeur A.H.________ a signé tous les bons de paiement adressés à la Banque
T.________. Ces bons étaient également signés par V.________, à tout le moins jusqu'à
la date du 26 septembre 2003 retenue par l'expert .

 

25.             
Il convient encore de relever ce qui suit au sujet des factures et bons de paiement liés au crédit
de construction de la Banque T.________ :

 

             
a)
Le 11 septembre 2002, la gérance F.________ a adressé à la Banque T.________, "d'entente
avec M. S.________", une facture de 8'069 fr. 20 pour des travaux d'étanchéité effectués
par la maison [...] sur un immeuble sis à la rue de la Gare à [...], propriété de
l'hoirie [...]. Ladite gérance invitait la banque à régler cette facture au plus vite
par le compte de construction récemment ouvert pour l'hoirie propriétaire. 

 

             
b)
Le 14 octobre 2002, Me [...], conseil d'alors des défendeurs, a sollicité le versement d'une
provision de 2'690 fr. dans le cadre du litige les opposant à Y.________ SA. Le 25 novembre 2002,
A.H.________ et V.________ ont co-signé un ordre de paiement de même montant en faveur dudit
conseil, avec la mention "litige Y.________ Z.________ SA", à débiter du compte de
construction des défendeurs auprès de la Banque T.________. 

 

             
c)
Le 12 décembre 2002 a été donné l'ordre de payer le montant de 50'882 fr. 20 avec
la mention "M. Y.________, architecte, honoraires et permis de construire". 

 

             
d)
Le 23 décembre 2002, V.________ et le défendeur A.H.________ ont co-signé un ordre de
paiement n° 16 d'un montant de 11'733 fr. 35, avec la mention "B.________ SA, intérêts
sur crédit hypothécaire". 

 

             
e) Le 30 avril 2003, V.________ et le défendeur
A.H.________ ont signé un ordre de payer la somme de 2'236 fr. 50 au défendeur C.H.________
à titre de frais de déménagement, toujours par le débit du crédit de construction.

 

26.             
Par demande du 4 mai 2004 déposée devant le Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois, la
demanderesse X.________ Sàrl a pris les conclusions suivantes, sous suite de frais et dépens
:

 

"I.-             
(…) E.H.________, L.________ et A.H.________ sont ses débiteurs solidaires et lui doivent
immédiat paiement d'un montant réduit à Fr. 99'999.- (…) portant intérêts
à 5 % l'an du 29 février 2004, pour rester dans la compétence du Tribunal d'arrondissement."

 

             
Le 6 septembre 2004, les défendeurs ont déposé une réponse assortie notamment d'une
requête de déclinatoire, contenant les conclusions suivantes, avec suite de frais et dépens
:

 

 

"I.-
La demande est rejetée.

II.-
X.________ Sàrl est la débitrice des défendeurs L.________, A.H.________ et E.H.________,
solidairement entre eux, et leur doit immédiat paiement d'un montant réduit à Fr. 499'999.00
(…) portant intérêts à 5 % l'an dès le 6 septembre 2004."

 

             
Dans cette écriture, les défendeurs ont invoqué la compensation. 

 

             
Le 29 septembre 2004, le Président du Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois a admis la requête
en déclinatoire et ordonné le report de la cause dans l'état où elle se trouvait
devant la Cour civile. 

 

             
Les défendeurs ont déposé une réponse complémentaire datée du 28 février
2006, dans laquelle ils ont maintenu les conclusions prises dans leur écriture du 6 septembre 2004.

 

             
Par courrier du 6 novembre 2007, adressé en copie à la demanderesse, le conseil des défendeurs
a confirmé au Juge instructeur l'information donnée par le conseil de la demanderesse, savoir
que le défendeur E.H.________ était décédé le 30 janvier 2007. Il a précisé
que ses héritiers étaient B.H.________, épouse du défunt, C.H.________, fils du défunt,
et D.H.________, fille unique du fils du défunt, prédécédé, ces héritiers
prenant la place du défunt dans le procès.

 

27.             
En cours d'instance, une expertise a été confiée à l'architecte EPFL-SIA Pierre-André
Juvet, qui s'est adjoint les services de Laurence Friedli, membre de la Chambre suisse d'experts en estimations
immobilières. Il ressort en substance ce qui suit de leur rapport principal du 28 septembre 2007
et de leur complément du 29 septembre 2008, lequel fait notamment suite à la production
de pièces nouvelles :

 

             
a)
Dans son "estimation du coût des travaux" du 7 juin 2002, la demanderesse évalue
les travaux à 867'000 fr. hors taxe (ci-après : HT), ou 932'892 francs TTC. Ce montant tient
compte des postes CFC 112 à 290 et du poste "divers et imprévus". Cette estimation
est supérieure d'environ 40'000 fr. au devis de l'architecte Y.________ du 17 mai 2000, en tenant
compte de ses variantes 1, 2 et 3, qui indiquent des travaux pour un total de 829'544 fr. 55 HT, ou de
892'589 fr. 95 TTC. Tous ces totaux s'entendent sans honoraires. 

 

             
Dans son rapport complémentaire, l'expert a été invité à préciser si l'estimation
des coûts de la demanderesse correspond aux travaux prévus par le devis Y.________ et si ces
travaux comprennent l'aménagement des combles. Les nouvelles pièces produites incluent un devis
Y.________ daté du 15 janvier 2002, qui diffère de celui du 17 mai 2000 sur de nombreux postes
; lié à un "descriptif général de la construction" du 7 mars 2002 , il
prévoit l'aménagement d'un logement dans les combles. 

 

             
Le devis Y.________ du 15 janvier 2002 prévoit un montant de 1'800'000 francs. Le devis principal
de la demanderesse du 7 juin 2002 et son devis complémentaire relatif aux combles indiquent un montant
de 1'358'919 fr., auquel il convient d'ajouter 43'000 fr. d'honoraires Y.________ jusqu'à la reprise
du dossier, soit au total 1'401'919 francs. A l'exception des CFC 226 (Echafaudages), 226.1 (Crépi
extérieur) et 25 (Démontage d'installation et pose de nouvelles conduites), non prévus
dans le devis de la demanderesse, et sans parler de quelques différences de prix importantes, l'estimation
des coûts de la demanderesse correspond aux travaux prévus par ce devis Y.________. 

 

             
Le descriptif Y.________ du 7 mars 2002 ne prévoyait le remplacement de cuisines qu'au 1er,
2ème
et 4ème
étages. Il n'était pas prévu de remplacer les fenêtres au 3ème
étage, cela ayant déjà été fait. Le devis Y.________ du 15 janvier 2002 précisait
aussi "changement des fenêtres sauf au 3ème
étage". Ce même devis prévoyait des travaux de peinture au 3ème
étage dans les "bain, douche, WC et hall", rien n'étant prévu pour le solde
de l'appartement. 

 

             
Parmi les pièces nouvelles produites en prévision du complément d'expertise figure aussi
un "rapport sur le devis initial" établi par la demanderesse à une date indéterminée,
dans lequel elle indiquait que l'appartement du 3ème
étage ne serait pas concerné par les travaux. En revanche, le devis du 7 juin 2002 ne comporte
pas une telle précision; sous CFC 221.1, il est même mentionné "pose de vitrages
isolants sur toutes les fenêtres des appartements". Néanmoins, compte tenu des travaux
prévus pour les cuisines et sanitaires dans les autres niveaux, il est vraisemblable que des travaux
relatifs aux alimentations et écoulements auraient été nécessaires dans cet appartement,
avec les aménagements et remises en état que cela suppose. 

 

             
b) Le 31 juillet 2007 [recte : 2003], V.________
a établi un plan prévoyant la création d'un logement indépendant dans les combles,
totalement différent des plans d'enquête Y.________ de juillet 2001 ayant obtenu un permis
de construire, qui prévoyaient un duplex dans les combles. V.________ a en outre légèrement
modifié les plans des niveaux 1 à 4 en regroupant les cuisines avec les salles de bains côté
ouest, afin de rationaliser les alimentations et écoulements, revenant en quelque sorte aux projets
Y.________ d'avril 2001. Ces plans, établis à l'échelle 1:100, sont extrêmement schématiques.
Il s'agit d'esquisses, et non pas de plans dits d'exécution, normalement dessinés à l'échelle
1:50, avec cotes et désignation des éléments à démolir et à reconstruire.

 

             
Il est absolument nécessaire, pour répondre aux règles de l'art, d'élaborer des plans
et coupes à une échelle suffisante, soit 1:50, pour permettre une compréhension totale
des éléments à démolir et à reconstruire. Si, pour les étages, il n'y avait
pas lieu de dessiner l'ensemble des logements, la zone "cuisine-sanitaire" aurait en revanche
nécessité des plans au 1:50ème,
voire des plans de détail. Quant aux combles, il est évident qu'un plan, des coupes et des
détails (lucarne - mezzanine) auraient été indispensables. 

 

             
c)
Sur les ordres de paiement concernant l'entreprise [...], le "montant du contrat" varie de
7'500 fr. (pour le premier ordre) à 159'500 fr. (pour le dernier ordre). Il est donc exact de dire
que les devis complémentaires ont été intégrés au fur et à mesure dans
le montant du contrat qui était indiqué sur les ordres de paiement. En revanche, l'expert n'a
trouvé aucune preuve tangible que les devis complémentaires (11.11.2002) aient été
présentés pour accord au maître de l'ouvrage, ni que les travaux supplémentaires
(17.12.2002/7.2.2003/3.3.2003/ 7.4.2003) ainsi que les travaux demandés et exécutés en
plus-value aient reçu l'aval du maître de l'ouvrage. Néanmoins, de manière générale
un certain nombre de travaux supplémentaires doivent être admis, de même que les travaux
admis par A.H.________. 

 

             
d)
La note d'honoraires
finale présentée par la demanderesse
ne correspond ni au "mandat pour surveillance des travaux" du 21 juin 2002 – qui renvoie
effectivement à la norme SIA 102 pour la désignation des prestations et pour le calcul des
honoraires –, ni aux prestations fournies. 

 

             
La position 4.2.2 "estimation des coûts" ne faisait pas partie du mandat. On peut admettre
que l'estimation du coût des travaux établie le 7 juin 2002 correspond à cette position;
le pourcentage retenu pour cette prestation est de 
2,5
%.

 

             
Le devis général au sens de l'art. 4.2.5 SIA-102 n'a jamais été établi.

 

             
La prestation d'appel d'offres ne peut pas être admise dans sa totalité (6 %), mais seulement
à concurrence de 4 %. L'établissement des cahiers des charges et du descriptif des travaux
et fournitures (soumissions) n'a pas été fait. Des demandes d'offres n'ont été faites
qu'à une ou deux entreprises par corps de métier. Aucun calendrier provisoire des travaux n'a
été établi.

 

             
Le calendrier de l'exécution (art. 4.3.4) n'a jamais été établi.

 

             
Au niveau des contrats, il y a souvent eu des accords oraux, notamment sur les travaux complémentaires.
Le pourcentage pour cette prestation doit être réduit de 1 % à 0,5 %.

 

             
Les dessins définitifs d'exécution (art. 4.4.2) sont en fait les plans à l'échelle
1:100 dessinés par V.________. Cette prestation mérite tout au plus un pourcentage de 1 % au
lieu des 3 % retenus. Les plans auraient dû être établis à l'échelle 1:50.

 

             
Il n'est pas admissible de retenir la totalité du taux prévu pour les prestations liées
à la direction des travaux (soit 27 %), un taux de 18 % pouvant être retenu. Il n'y a eu ni
délais contractuels, ni calendrier de l'exécution. Les bons de régie n'ont pas été
signés. Seuls cinq procès-verbaux ont été établis. Le journal de chantier tenu
par V.________ est indigne d'un surveillant de chantier. Il n'y a pas de compte pro rata, ce qui constitue
une négligence dans le cas de transformations; les contrats d'entreprise auraient dû comporter
une déduction de l'ordre de 1,5 %. Il n'y a pas eu de tenue à jour de la comptabilité
de chantier conformément à la structure du devis général, ni d'établissement
périodique de situations financières comparant les paiements et les engagements avec les positions
du devis général, ni de mise à jour de l'échéancier général des paiements,
ni de relevé en cours de travaux des modifications intervenues. Les procès-verbaux de vérification
au sens de la norme SIA n'ont pas été établis; seules des listes de retouches ont été
dressées, sans mention de réception ni délais.

 

             
En définitive, sans tenir compte de la qualité des prestations effectivement réalisées,
les prestations liées à la note d'honoraires finale sont les suivantes :

 

4.2.2             
Estimation des coûts             
2,5 %

4.2.5             
Devis général             
0 %

4.3.2             
Appel d'offres              4 %

4.3.4             
Calendrier d'exécution             
0 %

4.4.1             
Contrats              0,5 %

4.4.2             
Dessin définitif d'exécution             
1 %

4.4.4             
Direction des travaux              18
%

4.5.1             
Décompte final              2
%

Total             
28%

 

             
Dans son rapport complémentaire, l'expert nuance certaines de ces affirmations tout en maintenant
les pourcentages retenus ci-dessus. En substance, après discussion avec une entreprise, il s'avère
que les rapports de régie étaient établis en deux exemplaires, ce qui explique que ceux
produits sous pièce 172A ne soient pas signés. Toutefois, les rapports ont été contrôlés
trop tardivement, alors que la norme SIA 118 requiert de signer les rapports de régie dans les sept
jours. S'agissant du compte pro rata, il est d'usage de prévoir dans les contrats une déduction
permettant au maître de l'ouvrage ou à son représentant de régler des factures relatives
à des dégâts dont l'auteur est inconnu. Cela a été fait dans le cadre des factures
finales de deux entreprises. Le compte pro rata n'a pas été calculé sur les décomptes
d'entreprises négociés par A.________. Toutefois, celui-ci avait pour mission de négocier
les montants des factures finales, les montants ramenés pour solde de tout compte étant globaux.
Sept certificats de garantie ont été produits; deux d'entre eux sont inexacts quant aux bénéficiaires
de la garantie. 

 

             
S'agissant de la position 4.4.4 (direction des travaux), il n'est pas contradictoire de relever des manquements
de la direction et de retenir un pourcentage impliquant que les deux tiers des prestations ont été
exécutées. L'expert explique qu'il a évalué à 9 % la part des prestations peu
ou pas réalisées, ce qui l'a conduit à retenir le pourcentage de 18 %, lequel ne tient
pas compte de la qualité des prestations effectivement réalisées. Il faut prendre en considération
les conséquences entraînées par ces manquements, la direction des travaux étant mise
en cause notamment pour les retards importants ayant occasionné des pertes de loyers. 

 

             
En fonction des deux devis établis par la demanderesse (devis du 7 juin 2002 et devis des combles),
les honoraires SIA seraient de 153'780 fr., sans tenir compte de rabais, les montants déterminants
pour les honoraires étant respectivement de 822'000 fr. pour le premier devis et de 235'936 fr.
pour le second devis. Si l'on se fonde sur les prestations prévues dans le contrat passé avec
les défendeurs, le montant serait de 100'989 fr.; si l'on tient compte en plus des travaux dans
les combles, les honoraires totaux seraient de 129'494 francs. Ces montants supposent que les prestations
prévues aient été entièrement réalisées. 

 

             
En tenant compte des prestations réellement exécutées et d'un pourcentage de 28 %, les
honoraires dus par les défendeurs sont les suivants :

 

Travaux
bâtiment :

H
= 822'000 fr. x 16,5 % x 1 x 28 % x 1,2 =              
              37'976,40

Travaux
combles :

H
= 235'936 fr. x 16,5 % x 1,1 x 28 % x 1,2 =             
              14'388,30

Total             
                           
52'364,70             

 

             
e)
L'expert se prononce ensuite sur la différence entre l'estimation du 7 juin 2002 et le coût
final des travaux. 

 

             
e1)
Les ordres de paiement, qui étaient établis par V.________ et signés par le défendeur
A.H.________ (pièces 50, 119bis et 120), contiennent à concurrence de 74'986
fr. 70 des paiements
"hors travaux de construction", soit
:

 

Date             
bon              bénéficiaire             
CFC              banque             
montant

10.10.2002             
2              X.________ Sàrl             
296 expertise              R.___             
              3'228.00

25.11.2002             
7              Me [...]             
litige Y.________              CCP             
              2'690.00

12.12.2003             
13              Y.________             
honoraires + permis                           
50'882.20

30.04.2003             
30              C.H.________             
déménagement             
CS                           
2'236.50

15.08.2003             
41              P.________-S.________             
[...]                           
              15'950.00

             
                           
              74'986.70

 

             
Dans son rapport complémentaire, l'expert rectifie ce montant à la baisse, soit 67'136
fr. 70 (cf. infra, let. f).

 

             
La facture de [...] n'a pas fait l'objet d'un bon de paiement. Les montants relatifs au crédit hypothécaire
(bon n° 16), aux frais de notaire et au défendeur figurent dans le décompte de la Banque
T.________ mais n'ont pas été pris en compte [réd.: dans le coût final].

 

             
e2)
S'agissant des plus-value
et travaux hors devis, l'expert a pris pour référence
le "rapport sur les plus-values" que lui a remis la demanderesse, figurant en annexe 4 de son
rapport principal, qui retient des plus-values d'un montant total de 348'930 fr. 80, en faisant une distinction
entre "plus-values bâtiment" et "plus-values demandées par [...]", soit
A.H.________. L'expert s'est fondé sur les montants figurant dans ce rapport, qu'il a discutés
tant avec V.________ qu'avec le défendeur. En préambule, il souligne qu'un poste "divers
et imprévus" de l'ordre de 10 % aurait dû être prévu; or sur les travaux devisés
du bâtiment [réd. : devis du 7 juin 2002], il n'est que de 2,5 % (25'000 fr.), ce qui est manifestement
beaucoup trop faible. Quant au devis des travaux dans les combles, il ne prévoit pas un tel poste.

 

             
- Pour l'entreprise [...],
l'expert retient une plus-value de 10'880
fr. (commerces, vitrines) demandée par le
défendeur A.H.________ (ci-après : le défendeur). Selon ce dernier, il est exact que des
travaux de maçonnerie sont intervenus en plus-value dans les commerces et au droit des vitrines;
cela se retrouve dans les protocoles de métrage et les régies de l'entreprise. 

 

             
- Pour l'entreprise [...],
la "dalle sur cour [...]" est prévue dans les plans Y.________ ayant servi de base au
devis de la demanderesse. Celui-ci précise d'ailleurs sous CFC 211 "dalle sur rez dans la cour
intérieure". L'expert ne retient donc aucune plus-value.

 

             
- Pour l'entreprise [...],
l'expert retient une plus-value totale de 24'825
francs admise par le défendeur. Les verrières
réalisées sont nettement plus onéreuses que les coupoles prévues dans les plans.
La marquise réalisée a une largeur de 2 mètres 70, alors que sur les plans Y.________
la largeur était d'1 mètre 20. En revanche, le changement de fixation ne constitue pas une
plus-value admissible dans la mesure où les fixations initiales empêchaient une utilisation
correcte du balcon du 1er
étage; il s'agissait d'une erreur de conception.

 

             
- Pour l'entreprise [...],
le devis du 7 juin 2002 prévoyait sous CFC 224 "étanchéité de la dalle sur rez
de la cour intérieure", de sorte qu'aucune plus-value ne peut être admise. 

 

             
- Pour l'entreprise [...],
l'expert retient une plus-value de 7'772
fr. demandée par le défendeur. L'usage
ne prévoit pas de luminaires dans les cuisines et salles de bains; or ces locaux sont équipés
de faux-plafonds avec spots encastrés. 

 

             
- Pour l'entreprise [...],
l'expert retient une plus-value du bâtiment de 6'477
fr. pour la pose d'une antenne collective, prévue
en cours de chantier.

 

             
- Pour l'entreprise [...],
l'expert admet une plus-value du bâtiment de 24'554
fr. pour le remplacement des radiateurs par des
climatiseurs. Par avenant du 27 août 2002, la locataire [...] SA avait demandé la dépose
des radiateurs et l'introduction du chauffage par le sol; des raisons techniques ont conduit à installer
des climatiseurs. L'expert ne se prononce pas sur la répercussion que la plus-value aurait dû
avoir sur le loyer. 

 

             
- Pour l'entreprise [...],
l'expert admet des plus-values du bâtiment de 5'363
fr. pour les travaux de remplacement des coulisses
en sous-sol, compte tenu de la vétusté, et de 2'398
fr. pour les canalisations dans le commerce "[...]",
en relation avec les transformations des étages. L'expert retient en outre une plus-value de 6'420
fr. demandée par le défendeur pour le
choix de certains équipements (porte de douche, armoire à pharmacie), qui auraient pu être
moins onéreux. Aucune plus-value ne peut être retenue en relation avec l'appartement du 3ème
étage, dont la rénovation était prévue par le devis Y.________ et n'était pas
exclue par le devis de la demanderesse. 

 

             
- Pour l'entreprise [...],
l'expert retient une plus-value de 3'650
fr. imputable au défendeur, qui a demandé
la pose de colonne de lavage-séchage en remplacement de l'équipement de la buanderie prévu
au devis. Aucune plus-value n'est retenue pour la cuisine de l'appartement du 3ème
étage, dont la rénovation était prévue. 

 

             
- Pour l'entreprise [...],
l'expert retient une plus-value de 5'072
francs demandée par le défendeur, correspondant
aux travaux demandés et exécutés en plus-value selon la facture 104. Aucune plus-value
n'est retenue pour les armoires dès lors que le devis des combles a été établi après
le procès-verbal de chantier du 14 novembre 2002, qui indique que le défendeur a déterminé
l'emplacement des armoires dans la chambre à coucher. Aucune plus-value n'est retenue pour les retouches
de boiseries, dans la mesure où un tel poste aurait dû être inséré dans le devis,
compte tenu de la connaissance des lieux. 

 

             
- Pour l'entreprise [...],
l'expert retient une plus-value du bâtiment de 4'159
fr. pour les factures relatives à la demande
de l'ingénieur; le solde relatif à la barrière de l'escalier ne peut être pris en
compte dans la mesure où il était prévu dans le devis. 

 

             
- Pour l'entreprise [...],
l'expert retient une plus-value de 2'905
fr. pour la peinture relative aux étagères
et la peinture à la brosse et à l'éponge, selon demande du défendeur. Le surplus
n'est pas admis, le devis pour les combles prévoyant un montant nettement insuffisant pour le poste
peinture (3'000 fr.). Pour les travaux dans le magasin rez, l'expert admet une plus-value de 5'762
fr. demandée par le défendeur. En revanche,
les travaux dans la cage d'escalier et dans l'appartement du 3ème
étage étaient prévus dans le devis, lequel concernait tous les appartements. 

 

             
- Pour l'entreprise [...],
l'expert retient une plus-value de 10'970
fr., demandée par le défendeur, pour
un choix de fourniture supérieure au standard. En réalité, la plus-value est de 17'922
fr. 50, mais l'expert en déduit 6'950 fr. pour tenir compte du fait que 100 m2 de carrelages et
faïences ont été commandés en trop. 

 

             
- Pour l'entreprise [...],
l'expert retient une plus-value de 11'602
fr. demandée par le défendeur, liée
au poêle dans l'appartement des combles. En effet, ni le devis ni les plans n'en faisaient mention.

 

             
- Pour l'entreprise [...]
est retenue une plus-value de 11'652
fr. pour les plantations commandées par le
défendeur. 

 

             
- Pour l'entreprise [...],
une plus-value du bâtiment de 1'007
fr. est retenue. 

 

             
- L'expert retient une plus-value du bâtiment de 2'000
fr. pour la note d'honoraires de l'ingénieur
[...]
liée à l'ouverture du mur dans la boutique [...]. 

 

Les
plus-values sur bâtiment admises par l'expert s'élèvent ainsi à             
45'958 fr.

et
celles relatives aux demandes du défendeur à             
101'510 fr.

soit
au total                           
147'468 fr.

 

             
L'expert a rectifié ce montant dans son rapport complémentaire (cf. infra, let. h). 

 

             
e3)
Ainsi, par rapport aux devis initiaux, la responsabilité du mandataire n'est pas engagée du
fait des dépassements tolérés et des coûts engendrés par les mandants dans des
commandes supplémentaires selon le schéma suivant (réd. : l'expert reprend les termes
de l'all. 93) :

 

Estimation
du 7 juin 2002                           
Fr.              1'088'912.00

Plus-value
appartement comble                           
Fr.                 250'936.00

Paiement
"hors travaux de construction"             
Fr.                  
74'986.70*

Plus-values             
              Fr.             
   147'468.00*

Total             
              Fr.             
1'562'302.70

[Réd.:
par inadvertance manifeste, l'expert indique un total de 1'572'302 fr. 70.

*
: postes modifiés dans le complément d'expertise, cf. infra let. f et h.]

 

             
e4)
Il est erroné de prétendre que la norme SIA 102 relative aux honoraires tolère une marge
de dépassement de 20 % pour les transformations.
Le seul article parlant de transformation est l'art. 7.11, qui précise que le taux d'honoraires
subira une majoration variant, selon les prestations exigées, entre 10 et 15 % au total. Dans sa
note d'honoraires finale, la demanderesse a appliqué une majoration de 10 % ("taux d'honoraires
: 15 % x 1 x 1,1").
Pour le surplus, la norme 102 prévoit à son art. 4.2.2 que l'estimation du coût selon
volume, surface ou autre valeur d'expérience est établie avec une marge de ± 20 %.

 

             
L'expert réfute l'allégation de la demanderesse selon laquelle le défendeur A.H.________
serait un professionnel de la construction. On ne saurait déduire cette qualité du fait qu'il
aurait construit un bâtiment à [...], sur des bases que l'on ignore. Quand bien même ce
serait le cas, le devis aurait dû mettre en exergue que les montants étaient calculés
sur la base de la norme SIA 102 et pouvaient se trouver dans une fourchette de ± 20 %. Dans le cas
particulier, le maître de l'ouvrage pouvait s'attendre à ce que le poste "divers et imprévus"
représente les éléments inconnus non quantifiables. Soit l'on indique dans le devis la
mention 
"± 20 %", soit on
prévoit un poste "divers et imprévus". 

 

             
Dans son rapport complémentaire, l'expert précise encore que le maître de l'ouvrage doit
être informé soit dans le contrat de mandat, soit dans le devis, de la précision de l'estimation
des coûts. Si cela n'a pas été fait, le mandataire ne peut se prévaloir d'un dépassement
qui irait au-delà des divers et imprévus mentionnés dans le devis. Dans le cas de travaux
complémentaires, le mandataire doit immédiatement en avertir son mandant, ce qui n'a jamais
été fait. Ce manquement apparaît d'autant plus grave que V.________ est un homme d'expérience,
et que le défendeur pouvait ainsi s'attendre à ce que les devis établis fussent bien calculés,
d'autant plus que le premier disposait du dossier Y.________. L'expert persiste à penser que l'expérience
du défendeur n'est pas celle d'une personne pouvant s'attendre à des dépassements et connaissant
la teneur de la norme SIA 102. Si une marge (de 20 % ou autre) devait s'appliquer au devis, elle aurait
dû être protocolée, soit dans le contrat, soit dans le devis.

 

             
Contrairement à ce qu'allègue la demanderesse, on ne saurait donc ajouter une marge de 20 %
aux montants retenus par la demanderesse dans ses deux devis. Tout au plus peut-on appliquer au devis
des combles la même marge que pour le devis initial, le montant admissible se décomposant ainsi
comme il suit : 

 

Estimation
du 7 juin 2002                           
1'088'912.00

Estimation
travaux complémentaires (combles)             
              + 250'936.00

             
=   1'339'848.00

Divers
et imprévus admissibles pour les combles,

au
même taux que le devis initial, soit 2,47%             
        +  6'198.00

Total             
=   1'346'046.00

 

Paiement
hors travaux de construction             
       + 74'986.70*

Plus-value
pour travaux sur bâtiment (45'958 fr.) et

plus-values
demandées par le défendeur (101'510 fr.)             
     + 147'468.00*

Total
admis              =   1'568'500.00

(*réd.
: postes modifiés dans le complément d'expertise, cf. infra let. f et h.)

 

             
Dans son rapport complémentaire, l'expert précise que la marge de 2,47 % découle du rapport
entre le poste "divers et imprévus" du devis initial (25'000 francs) et du montant total
devisé (1'012'000 francs). Elle est appliquée au devis d'aménagement des combles (250'936
fr. x 2,47 %). 

 

             
e5)
Le coût final,
selon les relevés de la Banque T.________, est le suivant : 

 

-
au 17 juin 2003 (annexe 2),             
1'186'908.00

après
déduction des honoraires [...] [réd. : 10'800 fr.],

des
frais de bouclement (22'467 fr. 50)

et
des intérêts B.________ SA (2 x 11'733 fr. 35), et

-
du 31 juillet 2003 au 31 décembre 2004 (annexe 3),             
+ 864'956.75

après
déduction des frais d'hypothèques,

soit
au total             
= 2'051'864.75

 

             
L'ensemble des ordres de paiement ont été signés par V.________, y compris après
le 31 juillet 2003, jusqu'au 26 septembre 2003. A partir du 31 novembre 2003, les paiements effectués
par la Banque T.________ correspondent en grande partie aux soldes négociés par A.________.
Il n'y a pas de travaux "hors devis" inclus dans les montants payés à partir du 31
juillet 2003. 

 

             
Ainsi, au regard du coût final, l'expert retient un dépassement de devis de l'ordre de 483'000
fr. (2'051'864 fr. – 1'568'500 fr.), ce alors que la demanderesse n'a pas exécuté toutes
les prestations prévues par le contrat. 

 

             
              Le coût
réel des travaux est inférieur à
2 millions de francs, car il convient de déduire les paiements "hors travaux de construction".
On obtient ainsi le chiffre de 1'976'878
fr. (2'051'864 fr. 70 – 74'986 fr. 70).

 

             
La différence entre le montant des travaux admissibles (1'568'500 fr.) et le coût final (1'976'500
fr.) est d'environ 408'000 francs. L'expert n'entend pas se prononcer sur la question de savoir s'il
s'agit-là d'un "dommage" subi par les défendeurs. 

 

             
Il est évident qu'un certain nombre de postes de la réclamation des défendeurs sont imputables
à la direction des travaux, et par-delà, à la demanderesse. S'il a bien entendu été
nécessaire de réaliser divers travaux de sanitaire nécessités par les transformations
des appartements, il n'en reste pas moins que la période de travaux allant du 26 août 2002
au 3 mars 2003, voire au 17 mars 2003, soit 7 mois, est indéniablement la conséquence d'une
mauvaise organisation de chantier et d'une mauvaise évaluation de ceux-ci. Peut-être eût-il
mieux valu fermer la boutique pendant deux mois, mais cela n'a jamais été évoqué.

 

             
f)              
L'expert n'a pas trouvé la trace d'autres versements que ceux évoqués ci-dessus (supra,
ch. 24c) à S.________ ou à la demanderesse. Un ordre de paiement n° 2 a été
établi en faveur de la demanderesse pour un montant de 3'228 fr., mais il concerne les honoraires
relatifs au rapport d'expertise du 6 juin 2002 établi par V.________. 

 

             
Selon le journal de banque, les montants payés à la demanderesse sont les suivants : 

 

             
(Bon n° 2 expertise avant travaux             
3'228.00)

             
7              7'532.00

             
12              7'532.00

             
17              7'532.00

             
19              7'532.00

             
27              7'532.00

             
29              10'760.00

             
total honoraires sur construction             
48'420.00

 

             
Les honoraires suivants, relatifs
au bâtiment, ont été versés
à P.________ / S.________ : 

 

Date             
bon              bénéficiaire             
CFC              banque             
montant

16.10.2002             
3              P.________ S.________             
              T.________             
55'000.00

25.11.2002             
10              P.________             
291 honoraires                           
              1'188.00

12.12.2004             
14              P.________             
-      -             
                           
30'520.00

13.02.2003             
19              P.________             
-      DT             
                           
38'510.00

30.04.2003             
30              X.________ Sàrl
+ P.________                           
T.________              40'000.00

             
                           
              165'218.00

 

             
Si l'on tient compte en outre du montant de 15'950 fr. versé sous rubrique [...] [réd.: bon
n° 41], le montant total versé à P.________
/ S.________ est de 181'168
francs.

 

             
Dans son rapport complémentaire, après avoir contrôlé les factures accompagnant les
bons de paiement qui lui ont été fournies par la banque, l'expert modifie sa réponse en
ce sens que le montant total versé à P.________ / S.________ en
relation avec la construction est de 172'618
fr. (et non 165'218 fr.), sur des versements totaux
de 181'168 fr.,
selon le décompte suivant :

 

bon
n° 3              fr.             
55'000.00              (contrat selon
annexe 5)

bon
n° 10              fr.             
1'188.00

bon
n° 14              fr.             
30'520.00

bon
n° 19              fr.             
32'410.00              (+ 6'100.- pour
[...] = 38'510 fr.)

bon
n° 30              fr.             
40'000.00              (intitulé
X.________ Sàrl + P.________, mais versé

             
                           
sur compte S.________)

bon
n° 41              fr.             
13'500.00             
(+ 2'000.- estimé négociation [...]

             
                           
 +    450.- règlement neveu H.________)

Total             
fr.              172'618.00

 

             
Cette modification conduit l'expert à revoir le montant total des paiements
"hors travaux de construction", en ce
sens qu'il n'est plus de 74'986 fr. 70, mais de 67'136
fr. 70, selon le décompte suivant :

 

Date             
              bon             
bénéficiaire             
CFC                           
banque              montant

10.10.2002             
2              X.________ Sàrl             
296 expertise              R.________
SA                           
3'228.00

25.11.2002             
7              X.________ Sàrl             
litige Y.________              CCP             
              2'690.00

12.12.2003             
13              Y.________             
honoraires                            

+
permis                           
                           
              50'882.20

             
                           
19              P.________             
[...]                           
              6'100.00

30.04.2003             
30              C.H.________             
déménagement B.________ SA             
2'236.50

15.08.2003             
41              P.________ S.________             
[...]                           
2'000.00

             
                           
                           
                           
                           
              67'136.70

 

             
Sur la base d'une proposition écrite de "P.________ S.________" à l'hoirie H.________,
du 14 octobre 2002 (annexe 5 de l'expertise), l'expert admet que le montant de 55'000 fr. fait partie
du coût des travaux. Le défendeur conteste avoir vu et confirmé cette offre; V.________
affirme qu'il n'avait pas connaissance d'un tel contrat. Toutefois, les deux hommes ne pouvaient l'ignorer,
puisque le 16 octobre 2002, ils ont signé le bon de paiement n° 3 de 55'000 fr., qui était
assorti du contrat. L'annexe 5 a la teneur suivante :

 

"P.________

S.________

[...](…)

HOIRIE
H.________

Monsieur
A.H.________

[...]

 

[...],
le 14 octobre 2002

 

 

Concerne
: immeuble sis [...] à [...]

 

-        
1 Analyse technique de l'immeuble

-        
2 Analyse de l'état locatif de l'immeuble

-        
3 Recherche d'un nouveau locataire commercial

-        
4 Recherche d'une nouvelle gérance

-        
5 Recherche d'un avocat

-        
Point 1 à 5 : divers entretiens et rapports
de situation.

-        
6 Assistance de Monsieur V.________ et liaison
entre les maîtres d'état ainsi que planification du travail

-        
7 Conseil pour le choix des matériaux, des
finitions, de l'aménagement intérieur et extérieur.

 

A
forfait :              Fr. 55'000,00

 

Montant
que je vous prie de bien vouloir me verser sur mon compte bancaire.

 

C'est
avec plaisir que je suivrai cette affaire jusqu'à sa conclusion et vous prie de recevoir, Monsieur,
mes salutations les meilleures.

 

             
S.________

             
(signature manuscrite)

 

 

NB:
BANQUE T.________              Compte
no [...]

[...][...]             
[...]"

 

             
Par rapport au contrat, la plus-value sur honoraires est de 117'618 fr. (172'618 fr. – 55'000 fr.).
En tenant compte des débours, cela représente des honoraires de 166'500 fr. pour 8 mois. L'expert
s'étonne que compte tenu des factures présentées avec les bons de paiement, ni V.________,
ni la Banque T.________ n'aient réagi en fonction des demandes d'honoraires de S._