# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b4169e50-b816-5a4c-85e9-a275771b6130
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2023-07-20
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 20.07.2023 RR.2023.89
**Docket/Reference:** RR.2023.89
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_RR-2023-89_2023-07-20

## Full Text

Extradition à l'Équateur; réexamen de la décision d'extradition; désignation d'un mandataire d'office et assistance judiciaire gratuite (art. 21 al. 1 EIMP; art. 65 PA)
;;Extradition à l'Équateur; réexamen de la décision d'extradition; désignation d'un mandataire d'office et assistance judiciaire gratuite (art. 21 al. 1 EIMP; art. 65 PA)
;;Extradition à l'Équateur; réexamen de la décision d'extradition; désignation d'un mandataire d'office et assistance judiciaire gratuite (art. 21 al. 1 EIMP; art. 65 PA)
;;Extradition à l'Équateur; réexamen de la décision d'extradition; désignation d'un mandataire d'office et assistance judiciaire gratuite (art. 21 al. 1 EIMP; art. 65 PA)

Arrêt du 20 juillet 2023  
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux 

Roy Garré, président, 

Giorgio Bomio-Giovanascini et  

Patrick Robert-Nicoud,  

le greffier Federico Illanez  

   

Parties  A., actuellement en détention,  

représenté par Me Romain Rochani, avocat,  

recourant 

 

 contre 

   

  OFFICE FÉDÉRAL DE LA JUSTICE, UNITÉ 

EXTRADITIONS,  

partie adverse 

 

   

Objet  Extradition à l’Équateur 

 

Réexamen de la décision d’extradition; désignation 

d’un mandataire d’office et assistance judiciaire 

gratuite (art. 21 al. 1 EIMP; art. 65 PA) 

  

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

Numéro de dossier: RR.2023.89 

Procédure secondaire: RP.2023.30  

 

 

 

- 2 - 

 

 

Faits: 

 

A. Par note verbale du 26 juillet 2021, les autorités compétentes de la 

République de l’Équateur ont formellement requis l’extradition de A. pour des 

soupçons d’actes d’ordre sexuels avec des enfants. S’ensuivirent divers 

échanges d’écritures entre, d’une part, l’Office fédéral de la justice (ci-après: 

OFJ) et les autorités équatoriennes et, d’autre part, entre l’OFJ et la Direction 

du droit international public (ci-après: DDIP) du Département fédéral des 

affaires étrangères (ci-après: DFAE). A. a été interpellé le 14 mars 2022 (in 

arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2022.138+RH.2022.13 du 2 novembre 

2022, let. A à J, P, R, T). 

 

Par décision du 13 juin 2022, l’OFJ a accordé l’extradition de A. à l’Équateur. 

Le 13 juillet 2022, le prénommé a interjeté recours auprès de la Cour des 

plaintes du Tribunal pénal fédéral (réf.: RR.2022.138) contre cette décision 

(in arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2022.138+RH.2022.13 précité, let. K 

à V).  

 

Le 30 septembre 2022, l’OFJ a rejeté la requête de mise en liberté formulée 

par A., qui a déféré ce prononcé auprès de l’autorité de céans 

(réf.: RH.2022.13) le 5 octobre 2022 (in arrêt du Tribunal pénal fédéral 

RR.2022.138+RH.2022.13 précité, let. W à Y). 

 

 

B. Par arrêt du 2 novembre 2022 (réf.: RR.2022.138+RH.2022.13), la Cour des 

plaintes a, notamment, rejeté le recours dans la cause RR.2022.138, modifié 

le dispositif de la décision de l’OFJ attaquée et déclaré sans objet le recours 

dans la cause RH.2022.13.  

 

Le 14 novembre 2022, A. a déposé un recours au Tribunal fédéral (réf.: 

1C_592/2022) contre l’arrêt susdit. La requête d’effet suspensif formulée par 

le recourant a été rejeté par ordonnance du Tribunal fédéral du 28 novembre 

2022 (in act. 1.1, p. 2). 

 

 

C. Le 8 novembre 2022, A. a requis de I’OFJ, compte tenu des nouveaux 

débordements survenus au sein de la prison d’El Inca à Quito, le réexamen 

de la décision d’extradition du 13 juin 2022. Le 10 novembre 2022, l’OFJ a 

estimé, en substance, qu’il ne pouvait en l’état entrer en matière sur la 

demande de réexamen.  

 

Le 14 novembre 2022, l’intéressé a interjeté recours contre le prononcé 

précité, recours qui a été admis par la Cour des plaintes. La cause a dès lors 

- 3 - 

 

 

été renvoyée à l’OFJ pour nouvelle décision. L’arrêt de l’autorité de céans 

précisant que « l’OFJ pourra, au besoin, s’enquérir auprès des autorités 

requérantes notamment au sujet de l’endroit et des conditions actuelles de 

détention provisoire ainsi que des éventuelles mesures de substitution à la 

privation de liberté pouvant s’appliquer au recourant en cas d’extradition » 

(arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2022.224 du 10 janvier 2023 consid. 2.4).  

 

 

D. Par note verbale du 16 janvier 2023, l’OFJ a requis des autorités 

équatoriennes des informations concernant – entre autres – les actuelles 

conditions de détention provisoire à la prison d’El Inca ainsi que sur la 

possibilité d’appliquer au requérant des mesures substitutives à la privation 

de liberté en cas d’extradition (act. 4.15). Les autorités équatoriennes ont 

fourni, par notes verbales du 31 janvier et 6 février 2023, les informations 

requises (act. 4.17 et 4.19). 

 

 

E. Par courriels du 7 et 13 février 2023, l’OFJ a requis l’avis de la DDIP quant 

aux éléments transmis par les autorités équatoriennes en lien avec la 

situation carcérale en Équateur et, plus particulièrement, au sein de la prison 

d’El Inca (act. 4.20, 4.21). Le 21 février 2023, la DDIP a transmis à l’OFJ sa 

prise de position tout en sollicitant ce dernier de la traiter de manière 

confidentielle (in act. 1.1, p. 3). 

 

 

F. Par note verbale du 28 février 2023, et sur recommandation de la DDIP, 

l’OFJ a requis des autorités requérantes des informations sur la possibilité 

de faire exécuter la détention préventive sous forme d’arrêts domiciliaires ou 

dans un autre établissement pénitentiaire, respectivement de fournir une 

nouvelle garantie relative à la détention provisoire de A. L’OFJ précisait que 

la garantie « let. k » fournie par les autorités équatoriennes le 16 septembre 

2022, et « selon laquelle la détention provisoire de l’intéressé aura lieu dans 

le Centre de privation provisoire de liberté pour hommes de Pichincha N1 (El 

Inca) » était annulée (act. 4.22). 

 

 

G. Par note verbale du 10 mars 2023, l’Ambassade de la République de 

l’Équateur a fourni une garantie additionnelle à teneur de laquelle « le 

requérant sera transféré et admis au Centre de privation de liberté d’hommes 

de Quito N° 4 [ci-après: CPL de Quito n° 4], où il sera placé en détention 

provisoire » (act. 4.23). 

 

H. Le 13 mars 2023, l’OFJ a transmis à A., pour éventuelles observations, le 

- 4 - 

 

 

résumé de la prise de position confidentielle du DDIP, les échanges 

d’écritures avec les autorités équatoriennes ainsi que la nouvelle garantie 

fournie par ces dernières (act. 4.24). L’intéressé s’est déterminé le 28 mars 

2023 (act. 4.27). 

 

 

I. Par note verbale du 31 mars 2023, l’OFJ a invité les autorités requérantes à 

fournir la garantie suivante: 

« k) A. sera incarcéré au Centre de privation de liberté pour hommes de Quito n° 4 durant 

l’exécution de la détention préventive ainsi que durant l’exécution de la peine privative de 

liberté en cas de jugement condamnatoire. Ce centre de privation de liberté dispose d’un 

dispositif de sécurité efficace destiné, en particulier, à éviter les émeutes/violences et auquel 

(« y a los que ») la représentation suisse peut accéder dans un délai raisonnable » (act. 

4.28). 

 

Le 10 avril 2023, la Présidence de la Cour Nationale de Justice de la 

République de l’Équateur a fourni une nouvelle garantie à teneur de laquelle: 

« […] si le citoyen A., est extradé, il sera transféré et admis au Centre de détention provisoire 

de liberté d’hommes de Quito N° 4, pendant l’exécution de la détention provisoire ainsi que 

pendant l’exécution de la peine privative de liberté en cas de condamnation » (act. 4.29). 

 

Invité à se déterminer quant à la garantie susdite, A. a transmis ses 

observations à l’OFJ le 21 avril 2023 (act. 4.31). 

 

 

J. Par décision du 25 mai 2023, l’OFJ a partiellement admis – dans le sens des 

considérants – la demande de réexamen (act. 1.1). 

 

 

K. Par mémoire du 26 juin 2023, A. a interjeté recours auprès de la Cour des 

plaintes contre la décision de l’OFJ précitée (let. J). Il conclut, sous suite de 

frais et dépens, à: 

« Préalablement 

I.  La demande d’assistance judiciaire est admise et Me Romain ROCHANI est désigné en 

qualité d’avocat d’office de M. A. 

Principalement: 

II.  Le recours est admis; 

III.  La décision rendue par l’Office fédéral de la justice le 25 mai 2023 est réformée comme 

suit: 

 « 1. La demande de réexamen du 8 novembre 2022, complétée les 21 novembre 2022 et 

18 janvier 2023 est admise, en ce sens que la demande formelle d’extradition 

équatorienne du 26 juillet 2021 et complétée les 15 novembre 2021 et 16 septembre 2022 

- 5 - 

 

 

est irrecevable »; 

IV.  M. A. est immédiatement remis en liberté. 

Subsidiairement aux chiffres III. et IV. 

V.  La décision d’extradition rendue par l’Office fédéral de la justice le 25 mai 2023 est annulée 

et la cause renvoyée à l’Office fédéral de la justice pour nouvelle décision dans le sens 

des considérants » (act. 1, p. 15). 

 

 

L. Sur invitation de la Cour de céans, l’OFJ a déposé ses observations le 

3 juillet 2023 (act. 4). Une copie de celles-ci a été transmise pour information 

au recourant (act. 5). 

 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris, 

si nécessaire, dans les considérants en droit. 

 

 

 

La Cour considère en droit: 

 

 

1.  

1.1 Les relations extraditionnelles entre la République de l’Équateur et la 

Confédération suisse sont régies par la loi fédérale sur l’entraide 

internationale en matière pénale du 20 mars 1981 (EIMP; RS 351.1) et son 

ordonnance d’exécution du 24 février 1982 (OEIMP; RS 351.11; au sujet de 

la portée controversée de l’Arrangement provisoire entre la Suisse et la 

République de l’Équateur sur l’extradition des malfaiteurs et l’exécution des 

commissions rogatoires du 22 juin 1888 [RS 0.353.932.7] v. arrêts du 

Tribunal fédéral 1A.179/2004 du 24 septembre 2004 consid. 1; 1A.277/2004 

du 3 décembre 2004 consid. 1). Les dispositions de la loi fédérale sur la 

procédure administrative du 20 décembre 1968 (PA; RS 172.021) sont en 

outre applicables à la présente procédure de recours (art. 12 al. 1 EIMP en 

lien avec l’art. 39 al. 2 let. b de la loi fédérale sur l’organisation des autorités 

pénales de la Confédération du 19 mars 2010 [LOAP; RS 173.71]).  

 

1.2 À teneur de l’art. 37 al. 2 let. a LOAP, mis en relation avec l’art. 25 al. 1 EIMP, 

la Cour des plaintes est compétente pour connaître des recours contre les 

décisions en matière d’entraide pénale internationale conformément à 

I’EIMP. La décision de réexamen étant soumise aux mêmes voies de droit 

que la décision concernée par la demande de réexamen (arrêt du Tribunal 

pénal fédéral RR.2008.3-4 du 22 janvier 2008 consid. 2.1 et référence citée), 

l’autorité de céans est compétente pour statuer sur celle-ci. La Cour des 

plaintes, qui n’est pas liée par les conclusions des parties (art. 25 al. 6 EIMP), 

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statue avec une cognition pleine et entière sur les griefs soulevés et peut, le 

cas échéant, porter son examen sur des points autres que ceux soulevés 

dans le recours (arrêt du Tribunal fédéral RR.2021.207+RP.2021.62 du 

9 novembre 2021 consid. 1.2.1 et références citées) 

 

In casu, la décision de l’OFJ du 25 mai 2023 peut faire l’objet d’un recours 

auprès de la Cour de céans (v. art. 55 al. 3 et art. 25 al. 1 EIMP). A., en sa 

qualité d’extradable, dispose incontestablement de la qualité pour recourir 

(v. art. 21 al. 3 EIMP). Interjeté en temps utile (art. 50 PA) et dans les formes 

requises (art. 52 PA), il y a lieu d’entrer en matière. 

 

 

2. Dans un ensemble de moyens, qu’il convient de traiter globalement au vu de 

leur contenu, A. estime que l’OFJ, en persistant à accorder son extradition 

en dépit du fait que la situation dans les prisons équatoriennes continue à se 

détériorer, a porté atteinte aux art. 3 de la Convention de sauvegarde des 

droits de l’homme et des libertés fondamentales (en vigueur pour la Suisse 

dès le 28 novembre 1974 [CEDH; RS 0.101]), 10 al. 3 et 25 al. 3 de la 

Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst; RS 

101) et 2 let. a et d EIMP. Puisque de nouvelles émeutes meurtrières ont eu 

lieu en Équateur, les mesures entreprises par les autorités requérantes afin 

de résoudre la crise carcérale s’avèreraient, d’après le recourant, inefficaces 

(act. 1, p. 3, 6 à 8). Quant aux assurances diplomatiques fournies par l’État 

équatorien, elles ne seraient pas suffisantes pour garantir une protection 

satisfaisante face au risque de mauvais traitements. Compte tenu de la 

« contradiction manifeste qui existe entre les assurances fournies sur le 

papier et leur application pratique », le poids à leur accorder devrait être 

considéré, de manière générale, « comme extrêmement faible, pour ne pas 

dire inexistant ». Un tel constat devrait par ailleurs aboutir au déclassement 

de l’Équateur à la troisième catégorie de pays, soit ceux où l’extradition est 

exclue (act. 1, p. 9).  

 

2.1  

2.1.1 À teneur de l’art. 2 EIMP, la demande de coopération en matière pénale est 

irrecevable, entre autres, lorsqu’il y a lieu d’admettre que la procédure à 

l’étranger n’est pas conforme aux principes de procédure fixés par la CEDH 

ou le Pacte ONU II (let. a) ou lorsque la procédure dans l’État requérant 

présente d’autres défauts graves (let. d). La disposition susdite vise à éviter 

que la Suisse ne prête son concours, par le biais de l’extradition notamment, 

à des procédures qui ne garantiraient pas à la personne poursuivie un 

standard de protection minimal correspondant à celui offert par le droit des 

États démocratiques, défini en particulier par la CEDH ou le Pacte ONU II, 

ou qui heurteraient des normes reconnues comme appartenant à l’ordre 

- 7 - 

 

 

public international (ATF 125 II 356 consid. 8a; 122 II 140 consid. 5a). 

Puisque l’examen des conditions posées à l’art. 2 EIMP implique un 

jugement de valeur sur les affaires internes de l’État requérant, le juge de la 

coopération doit faire preuve d’une prudence particulière (ATF 125 II 356 

consid. 8a). 

 

2.1.2 En l’espèce, la Cour des plaintes a déjà estimé, s’agissant des conditions 

permettant l’extradition de l’intéressé, que celles-ci étaient remplies au vu 

des obligations constitutionnelles et de droit international public de la Suisse. 

Partant, par économie de procédure, il convient de renvoyer aux 

considérants topiques de l’arrêt de l’autorité de céans du 2 novembre 2022 

(v. RR.2022.138+RH.2022.13 consid. 4 ss.) qui gardent toute leur 

pertinence, étant par ailleurs rappelé qu’un recours contre dit prononcé est 

actuellement pendant auprès du Tribunal fédéral. Tel est également le sort 

du grief d’après lequel l’Équateur devrait figurer parmi les pays envers 

lesquels l’extradition est exclue (v. RR.2022.138+RH.2022.13 précité 

consid. 4.9.1).  

 

Il convient toutefois de relever, en sus de ce qui précède, que de nouveaux 

rapports, tels que ceux d’Amnesty International 2022/23 (disponible in 

https://www.amnesty.ch/fr/sur-amnesty/publications/rapport-amnesty/annee 

/2022/un-systeme-international-inadapte-a-la-gestion-des-crises-mondiales 

/230328_rapport-annuel.pdf [ci-après: Rapport Amnesty]) ou du 

Département d’État des États-Unis d’Amérique (disponible in https://www. 

state.gov/reports/2022-country-reports-on-human-rights-practices/ecuador/ 

[ci-après: Rapport USA]), font état de la situation générale – et notamment 

carcérale – en Équateur. Il ressort de ceux-ci, ainsi que d’autres informations 

en open source, que:  

 

a. la situation dans les établissements de privation de liberté reste précaire, 

notamment en raison:  

- de morts violentes (une des dernières informations en date faisant 

état de quatre détenus retrouvés pendus dans la prison de Manabí 

N° 4 le 9 juillet 2023 [https://www.swissinfo.ch/spa/ecuador-c%C3% 

A1rcel_agentes-penitenciarios-encuentran-ahorcados-a-cuatro-pre 

sos-en-una-c%C3%A1rcel-de-ecuador/48652732; v. aussi Rapport 

Amnesty, p. 196]),  

- des conditions de détention (surpopulation, violence des gangs, 

corruption, pénuries en matière alimentaire, sanitaire et de soins 

[v. Rapport USA, section 1, let. c]); ou encore, 

- du sentiment d’insécurité des détenus (39,7% selon le recensement 

pénitentiaire [https://www.infobae.com/america/america-latina/2023/ 

07/05/ecuador-cuatro-de-cada-diez-presos-se-sienten-inseguros-

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en-las-carceles/]). 

 

b. L’Équateur semble prendre au sérieux la grave crise carcérale. Parmi les 

mesures et/ou engagements pris peuvent être mentionnés: 

- la mise sur pied d’un recensement pénitentiaire qui, réalisé en 2022, 

fait état de de 31’321 personnes privées de liberté dans des 

établissements d’une capacité de 30’134 places (https://www.swiss 

info.ch/spa/ecuador-c%C3%A1rceles_gobierno-de-ecuador-extien 

de-indulto-a-130-prisioneras-en-situaci%C3%B3n-de-vulnerabilidad/ 

48655466). Une réduction du taux de surpopulation est ainsi 

observée puisque ce taux avoisine 4% alors qu’il était de 26,75% en 

décembre 2021 et de 8% en juillet 2022 (https://www.elcomercio. 

com/actualidad/seguridad/gobierno-reduccion-hacinamiento-carce 

les-presos.html; v. arrêt RR.2022.138+RH.2022.13 précité consid. 

4.7.4.8), 

- la réduction du nombre de personnes privées de liberté sous le 

régime de la détention provisoire (34,8% au 23 juin 2023 [https:// 

www.prisonstudies.org/country/ecuador] contre 39,1% au 26 juin 

2022 [arrêt RR.2022.138+RH.2022.13 précité consid. 4.7.4.2]),  

- l’octroi de la grâce à plus de 3000 personnes afin de désengorger les 

prisons (Rapport Amnesty, p. 196),  

- l’octroi, le 10 juillet 2023, de la grâce à 130 détenues atteintes de 

maladies graves ou ayant commis des délits mineurs au vu de leur 

vulnérabilité et pour réduire la surpopulation carcérale (https:// 

www.dw.com/es/guillermo-lasso-indulta-a-130-mujeres-reclusas-en-

ecuador/a-66184131; https://www.swissinfo.ch/spa/ecuador-c%C3% 

A1rceles_gobierno-de-ecuador-extiende-indulto-a-130-prisioneras-

en-situaci%C3%B3n-de-vulnerabilidad/48655466), 

- l’engagement du gouvernement à investir, à l’horizon 2025, USD 125 

millions dans le système pénitentiaire (Rapport Amnesty, p. 196), 

- le renforcement de la sécurité et des programmes d’éducation dans 

les établissements pénitentiaires, 1’360 nouveaux gardiens et 100 

nouveaux éducateurs ayant conclu leur formation le 28 novembre 

2022 (Rapport USA, section 1, let. c); ou,  

- l’adhésion/acceptation de 164 des 174 recommandations faites lors 

de l’examen périodique universel en matière de droits de l’homme qui 

s’est déroulé auprès du Conseil des droits de l’homme des Nations 

Unies le 7 novembre 2022 (https://www.ohchr.org/fr/news/2023/03/ 

human-rights-council-adopts-universal-periodic-review-outcomes-

ecuador-tunisia-and). Parmi ces recommandations, dont les textes 

finaux ont été adoptés par le Conseil précité le 24 mars 2023, celles: 

d’investir dans la formation du personnel pénitentiaire, de prendre 

des mesures afin de raccourcir la détention provisoire, d’adopter des 

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mesures concrètes pour réduire le nombre de morts violentes dans 

les établissements de détention (notamment en réduisant le nombre 

de personnes en détention par le biais de peines de substitution), de 

protéger et garantir les droits des personnes privés de liberté, ou 

encore, de prendre des mesures supplémentaires immédiates afin 

d’améliorer les conditions de détention et lutter contre la 

surpopulation, la violence et l’insuffisance des services de santé 

(CDH, Rapport du Groupe de travail sur l’EPU* Équateur, 

A/HRC/52/5, p. 12 nos 100.15 et 100.21 et p. 21 nos 100.1 à 101.4; 

v. ég. CDH, Rapport du Groupe de travail sur l’EPU* Équateur, 

A/HRC/52/5/Add.1, p. 2 [textes disponibles in https://www.ohchr.org/ 

fr/hr-bodies/upr/ec-index). 

 

Ces documents montrent qu’en dépit de la crise carcérale qui traverse 

l’Équateur, les autorités nationales continuent à prendre des mesures 

concrètes et efficaces afin d’assurer le contrôle des prisons et d’améliorer 

les conditions de vie des détenus pour ainsi respecter les engagements pris 

en matière de droits de l’homme. Quoi qu’il en soit, les considérations qui 

précèdent ne concernent pas le CPL de Quito n° 4, petit établissement bien 

géré qui n’a pas fait l’objet d’émeutes violentes (v. infra consid. 3.2.2). Cela 

scelle le sort de ce grief. 

 

 

3. Dans un deuxième moyen, le recourant estime que la nouvelle garantie 

obtenue de la part de l’Équateur le 10 avril 2023, qui ne correspond pas mot 

pour mot à celle requise par les autorités helvétiques, aboutit à un 

affaiblissement de ses droits. Contrairement à l’ancienne garantie « let. k » 

(v. RR.2022.138+RH.2022.13 précité consid. 4.9.2, p. 38) annulée par l’OFJ, 

la nouvelle assurance ne garantirait pas que le CPL de Quito n° 4 dispose 

d’un dispositif de sécurité efficace destiné, en particulier, à éviter les 

troubles/violences et auquel la représentation suisse peut accéder dans un 

délai raisonnable. Dès lors, l’OFJ, en retenant que la nouvelle garantie 

permettrait d’éliminer ou à tout le moins de fortement réduire les risques de 

violation des droits humains, aurait constaté les faits de manière 

manifestement inexacte (act. 1, p. 10 s.). 

 

3.1 La pratique internationale des garanties diplomatiques s’est développée afin 

de parer au danger que la personne poursuivie ne soit exposée, en 

particulier en cas d’extradition, à de mauvais traitements dans l’État 

requérant. La Cour des plaintes a déjà eu à se prononcer, dans le cadre de 

la procédure d’extradition concernant le recourant, sur la question des 

garanties fournies par les autorités requérantes avant d’en conclure que, 

même si l’Équateur est confronté à de nombreuses difficultés, notamment 

- 10 - 

 

 

en matière de conditions de détention, un tel constat n’était pas suffisant 

pour retenir que toute extradition devait être proscrite même en présence de 

garanties diplomatiques. Il convient ici aussi, par économie de procédure, de 

renvoyer aux considérants topiques de l’arrêt de l’autorité de céans 

(réf.: RR.2022.138+RH.2022.13 consid. 4.8 à 4.10) du 2 novembre 2022 qui 

gardent toute leur pertinence et dont un recours est, comme déjà indiqué ci-

haut (v. supra consid. 2.1.2), à ce jour pendant auprès du Tribunal fédéral. 

 

3.2  

3.2.1 Le libellé de la nouvelle garantie transmise par les autorités requérantes le 

10 avril 2023 est le suivant: 

« […] si le citoyen A., est extradé, il sera transféré et admis au Centre de détention provisoire 

de liberté d’hommes de Quito N° 4, pendant l’exécution de la détention provisoire ainsi que 

pendant l’exécution de la peine privative de liberté en cas de condamnation » (act. 4.29, 

p. 5 ch. 3). 

 

3.2.2 In casu, la Cour des plaintes estime que A. ne saurait être suivi lorsqu’il fait 

valoir que la garantie précitée aboutit à un affaiblissement de ses droits. 

Certes les autorités requérantes n’ont pas mentionné que le CPL de Quito 

n° 4 dispose d’un dispositif de sécurité efficace (destiné en particulier à éviter 

les troubles/violences), mais ce seul défaut ne saurait aboutir à 

l’irrecevabilité de la demande d’extradition. Lors de l’analyse des garanties 

fournies par un État il faut vérifier qu’elles s’avèrent, dans leur application 

pratique, suffisantes pour protéger la personne concernée contre le risque 

de mauvais traitement. En l’occurrence, il ressort de la décision de l’OFJ 

entreprise que le DFAE a, en date du 22 février 2023, indiqué que le CPL de 

Quito n° 4 « n’a pas fait l’objet d’émeutes violentes et qu’il s’agit d’une petite 

prison bien gérée dans laquelle sont détenus des prisonniers célèbres 

comme d’anciens politiciens » (act. 1.1, p. 9). Un tel constat permet déjà de 

retenir que l’établissement où serait transféré l’intéressé dispose d’un 

dispositif de sécurité efficace. De plus, malgré l’abandon de l’ancienne 

garantie « let. k » par l’OFJ, les autorités équatoriennes se sont engagées 

– le 16 septembre 2022 – à placer l’intéressé (pendant l’exécution de la 

détention provisoire, voire d’une éventuelle peine privative de liberté) dans 

un établissement disposant d’un dispositif de sécurité efficace destiné à 

garantir sa sécurité. Cet engagement, qui reste valable, ressort implicitement 

de la note verbale des autorités requérantes du 10 avril 2023 puisque celles-

ci mentionnent qu’elles observeront la nouvelle garantie ainsi que celles déjà 

fournies (« otorga el compromiso de observar irrestrictamente la siguiente 

garantía adicional a las garantías ya concedidas anteriormente » [act. 4.29]). 

Il convient donc, conformément au principe de la bonne foi régissant les 

relations entre États (v. ATF 148 I 127 consid. 4.4 p. 137; 121 I 181 

consid. 2c/aa p. 185 [l’ensemble avec des références]), de se fier aux 

- 11 - 

 

 

engagements pris par l’Équateur étant souligné, d’une part, qu’aucun 

élément au dossier ne permet de retenir que des actes de violence se 

seraient déroulés dans le CPL de Quito n° 4 et, d’autre part, que les autorités 

requérantes, qui ont collaboré étroitement avec les autorités helvétiques en 

répondant clairement et avec célérité aux diverses requêtes et sollicitations, 

ont toujours respecté leurs engagements envers la Suisse. Il n’y a par 

ailleurs pas lieu de douter que l’OFJ aura l’occasion, lors de la remise de A., 

de rappeler aux autorités équatoriennes les engagements pris. Il sied en 

outre d’observer, par surabondance, que la bonne foi de l’État requérant 

quant aux conditions de détention dans le CPL de Quito n° 4 est également 

confirmée par la presse équatorienne. On peut en effet lire, dans un article 

du 26 mai 2023, que l’établissement précité est une petite structure d’environ 

60 places qui dispose de deux filtres de sécurité et qui a accueilli diverses 

personnalités du monde politique ou financier (https://www.eluni 

verso.com/noticias/seguridad/german-caceres-quiere-pagar-sentencia-por-

femicidio-de-maria-belen-bernal-en-carcel-4-de-quito-nota/). Le constat qui 

précède est par ailleurs conforme à l’appréciation de la DDIP dont il est fait 

mention ci-haut. 

 

En ce qui concerne le fait que l’autorité requérante a omis de préciser dans 

la dernière garantie fournie que la représentation suisse pourra accéder, 

dans un délai raisonnable, à l’établissement pénitencier, il ne saurait porter 

à conséquence. En effet, lors des précédentes garanties fournies par les 

autorités équatoriennes il y a justement celle qui prévoit que « h) Toute 

personne représentant la Suisse en République de l’Equateur sera autorisée 

à rendre – en tout temps – visite à la personne extradée, ceci sans annonce 

préalable. Ces rencontres ne feront l’objet d’aucune mesure de contrôle, 

même visuel » (v. RR.2022.138+RH.2022.13 consid. 4.9.2).  

 

3.3 Il s’ensuit que les garanties fournies par les autorités équatoriennes, tout 

spécialement celle concernant le lieu de détention (CPL de Quito n° 4), 

s’avèrent suffisantes pour prévenir le risque d’atteintes à l’intégrité du 

recourant. Mal fondé, le grief doit par conséquent être rejeté.  

 

 

4. Dans un dernier moyen, A. estime que la durée de la détention 

extraditionnelle en Suisse excède celle prévue en matière de détention 

provisoire dans l’État requérant (un an s’agissant de l’infraction dont il est 

accusé [v. art. 541 ch. 2 du Code Organique Intégral Pénal]). Au vu du fait 

que les autorités équatoriennes se sont engagées à tenir compte de la durée 

de la privation de liberté qui a eu lieu sur territoire helvétique, le recourant 

considère que son placement en détention provisoire en Équateur n’est plus 

envisageable – le mandat de détention étant caduc et non avenu –, la 

- 12 - 

 

 

demande d’extradition, qui visait son placement en détention provisoire, 

n’ayant plus d’objet (act. 1, p. 11 s.).  

 

4.1 En Suisse, l’imputation de la détention préventive ou de la détention 

extraditionnelle subies à l’étranger est réglée par les art. 14 EIMP et 51 du 

Code pénal suisse du 21 décembre 1937 (CP; RS 311.0). Conformément à 

ces dispositions (v. ég. art. 110 al. 7 CP), la détention extraditionnelle doit 

être imputée sur la peine (ATF 133 I 168 consid. 4.1; 130 IV 6 consid. 4). À 

l’inverse, la prise en considération, dans une procédure étrangère, de la 

détention extraditionnelle subie en Suisse à la demande d’un État étranger 

doit être examinée au regard du droit du pays concerné (arrêts du Tribunal 

fédéral 6B_461/2018, 6B_466/2018, 6B_470/2018 du 24 janvier 2019 

consid. 11.5; 1A.247/2004 du 25 novembre 2004 consid. 6). Au reste, les 

obligations de l’État requis se limitent à informer l’État requérant de la durée 

de la détention subie en vue d’extradition par l’individu réclamé (arrêt du 

Tribunal fédéral 1A.247/2004 précité ibidem). 

 

4.2 En l’espèce, n’en déplaise au recourant, c’est à bon droit que l’OFJ a retenu 

que la détention extraditionnelle en Suisse ne saurait être assimilée à la 

détention provisoire requise, le cas échéant, lors de la procédure pénale 

diligentée par l’État requérant selon son propre droit (act. 1.1, p. 11). Même 

si les autorités équatoriennes se sont engagées à prendre en compte la 

durée de la détention en Suisse (v. RR.2022.138+RH.2022.13 précité 

consid. 8), cela ne signifie pas que la durée de celle-ci est imputée sur celle 

de la détention provisoire. Nonobstant le fait que cette question relève du 

droit – et donc de la compétence des autorités judiciaires – de l’État 

requérant, il convient de mentionner que la Cour Nationale de Justice de 

l’Équateur (plus haute instance de la justice ordinaire) a déjà eu à considérer 

que malgré l’identité d’effets matériels entre la détention extraditionnelle et 

la détention provisoire (privation effective et réelle de la liberté d’un citoyen), 

la durée de la première – ordonnée dans le cadre d’une procédure de nature 

administrative/judiciaire – ne peut pas être imputée sur celle de la seconde 

– qui a lieu lors d’une procédure pénale –, y compris celle au cours de 

laquelle la demande d’extradition a été formulée. Il s’agit de deux procédures 

distinctes, la première ayant pour objectif d’empêcher la fuite et garantir 

l’effectivité de l’extradition et la seconde visant à permettre la comparution 

de l’accusé au procès et l’exécution de la peine (v. art. 534 du Code 

Organique Intégral Pénal; Corte Nacional de Justicia, Sentencia n° 04102-

2022-000011 du 14 juin 2022 consid. 3.35 ss, spéc. 3.38, 3.40, 3.45 à 3.47 

[disponible in e2NhcnBldGE6J3NvcnRlbycsIHV1aWQ6J2VlZT 

M4NDc3LWVkNWQtNGIwYy1iMGFlLWQ0MjE1OTdlMTFmYi5wZGYnfQ== 

(corteconstitucional.gob.ec)]). Quant au Manuel en matière d’extradition, 

établi par l’autorité susdite, il précise que, lorsque l’Équateur requiert 

http://esacc.corteconstitucional.gob.ec/storage/api/v1/10_DWL_FL/e2NhcnBldGE6J3NvcnRlbycsIHV1aWQ6J2VlZTM4NDc3LWVkNWQtNGIwYy1iMGFlLWQ0MjE1OTdlMTFmYi5wZGYnfQ==
http://esacc.corteconstitucional.gob.ec/storage/api/v1/10_DWL_FL/e2NhcnBldGE6J3NvcnRlbycsIHV1aWQ6J2VlZTM4NDc3LWVkNWQtNGIwYy1iMGFlLWQ0MjE1OTdlMTFmYi5wZGYnfQ==
http://esacc.corteconstitucional.gob.ec/storage/api/v1/10_DWL_FL/e2NhcnBldGE6J3NvcnRlbycsIHV1aWQ6J2VlZTM4NDc3LWVkNWQtNGIwYy1iMGFlLWQ0MjE1OTdlMTFmYi5wZGYnfQ==

- 13 - 

 

 

l’extradition à un État étranger et que ce dernier ordonne la détention 

extraditionnelle, le délai de caducité de la détention provisoire ordonnée par 

les juges équatoriens est suspendu jusqu’à ce que la remise de la personne 

concernée soit achevée et que la personne extradée soit placée sous les 

ordres du juge national qui a déclenché la procédure d’extradition. Enfin, 

s’agissant de la durée de la détention à l’étranger, elle est imputée sur celle 

de la durée de la peine dès le moment où la personne extradée est reconnue 

coupable (Corte Nacional de Justicia, Manual sobre el procedimiento de 

extradición en el Ecuador, octobre 2022, p. 15 [disponible in https://www.cor 

tenacional.gob.ec/cnj/images/Produccion_CNJ/Manuales-Protocolos/Manu 

al_de_extradicion.pdf). 

 

4.3 Au vu des considérations ci-haut mentionnées, le grief du recourant, mal 

fondé, doit être écarté. 

 

 

5. Il s’ensuit que le recours, mal fondé, est rejeté. 

 

 

6. A. requiert sa mise en liberté immédiate. 

 

6.1 La personne détenue à titre extraditionnel peut demander en tout temps sa 

libération provisoire (v. art. 50 al. 3 EIMP). L’autorité de céans peut être 

amenée à statuer sur une requête de mise en liberté formée dans le cadre 

d’un recours contre une décision d’extradition, si un éventuel refus de 

l’extradition aurait également pour conséquence l’élargissement direct du 

recourant et si la requête est ainsi de nature purement accessoire (arrêt du 

Tribunal fédéral 1A.13/2007 du 9 mars 2007 consid. 1.2, arrêt du Tribunal 

pénal fédéral RR.2020.85 du13 mai 2020 consid. 4 et référence citée). En 

l’occurrence, la mise en liberté sollicitée par le recourant apparaît comme le 

corollaire de sa requête de réexamen visant à conclure à l’irrecevabilité de 

la demande d’extradition équatorienne. Elle doit dès lors être considérée 

comme accessoire. 

 

6.2 In casu, la décision de l’OFJ du 25 mai 2023 étant confirmée, la conclusion 

du recourant tendant à sa mise en liberté doit être rejetée. 

 

 

7. Le recourant sollicite l’octroi de l’assistance judiciaire gratuite et la 

nomination de Me Romain Rochani (ci-après: Me Rochani) comme 

défenseur d’office pour la présente procédure. 

 

7.1 La personne poursuivie peut se faire assister d’un mandataire; si elle ne peut 

https://www.cortenacional.gob.ec/cnj/images/Produccion_CNJ/Manuales-Protocolos/Manual_de_extradicion.pdf
https://www.cortenacional.gob.ec/cnj/images/Produccion_CNJ/Manuales-Protocolos/Manual_de_extradicion.pdf
https://www.cortenacional.gob.ec/cnj/images/Produccion_CNJ/Manuales-Protocolos/Manual_de_extradicion.pdf

- 14 - 

 

 

ou ne veut y pourvoir et que la sauvegarde de ses intérêts l’exige, un 

mandataire d’office lui est désigné (art. 21 al. 1 EIMP). L’autorité de recours, 

son président ou le juge instructeur attribue en outre un avocat au recourant 

si la sauvegarde de ses droits le requiert (art. 65 al. 2 PA applicable par 

renvoi de l’art. 39 al. 2 let. b LOAP ainsi que de l’art. 12 al. 1 EIMP). Après 

le dépôt du recours, la partie qui ne dispose pas de ressources suffisantes 

et dont les conclusions ne paraissent pas d’emblée vouées à l’échec est, à 

sa demande, dispensée par l’autorité de recours, son président ou le juge 

instructeur de payer les frais de procédure (art. 65 al. 1 PA). 

 

7.2 En l’espèce, la Cour de céans a déjà retenu que l’indigence du recourant 

paraissait établie (v. arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2022.138+ 

RH.2022.13 précité consid. 10.2). À ce jour, aucun élément ne permet de 

mettre en doute ce constat. 

 

7.3 Quant aux conclusions, on rappellera qu’elles doivent être considérées 

comme vouées à l’échec lorsque les risques de perdre l’emportent nettement 

sur les chances de gagner, alors même qu’elles ne seraient pas 

manifestement mal fondées ou abusives (arrêt du Tribunal pénal fédéral 

RH.2021.4 du 22 juin 2021 et références citées). Une partie ne doit pas 

pouvoir mener un procès qu’elle ne conduirait pas à ses frais, uniquement 

parce qu’il ne lui coûte rien. Les chances de succès doivent être appréciées 

à la date du dépôt de la demande d’assistance judiciaire sur la base d’un 

examen sommaire (ATF 133 III 614 consid. 5; v. arrêts du Tribunal fédéral 

1B_233/2021 du 1er juin 2021 consid. 3; 4A_8/2017 du 30 mars 2017 

consid. 3.1). In casu, même s’il n’est pas fait droit aux conclusions du 

recourant, il n’en demeure pas moins que la décision de l’OFJ querellée 

méritait, dans une certaine mesure et compte tenu des particularités du cas 

d’espèce, un examen par l’autorité de céans. Par conséquent, il convient 

d’accorder à A. l’assistance judiciaire et de désigner Me Rochani comme son 

avocat d’office pour la présente procédure de recours. 

 

7.4 Le recourant étant au bénéfice de l’assistance judiciaire, le présent arrêt sera 

rendu sans frais (art. 65 al. 1 PA applicable par renvoi de l’art. 39 al. 2 let. b 

LOAP). 

 

7.5  

7.5.1 Les frais et indemnités du défenseur d’office sont supportés par le Tribunal 

pénal fédéral conformément à l’art. 64 al. 2 à 4 PA applicable par renvoi de 

l’art. 65 al. 3 PA. L’art. 12 al. 1 du règlement du Tribunal pénal fédéral sur 

les frais, émoluments, dépens et indemnités de la procédure pénale fédérale 

du 31 août 2010 (RFFFF; RS 173.713.162) prévoit que les honoraires sont 

fixés en fonction du temps effectivement consacré à la cause et nécessaire 

- 15 - 

 

 

à la défense de la partie représentée. Le tarif horaire, qui s’applique 

également aux mandataires d’office, est de CHF 200.-- au minimum et de 

CHF 300.-- au maximum, étant précisé que le tarif usuellement appliqué par 

la Cour de céans est de CHF 230.-- (arrêt du Tribunal pénal fédéral 

RR.2020.127 du 20 juillet 2020 consid. 9; décision du Tribunal pénal fédéral 

BH.2012.3 du 6 mars 2012 consid. 10.1 et référence citée). 

 

7.5.2 En l’espèce, Me Rochani a transmis à la Cour des plaintes une note 

d’honoraires qui dénombre une activité totale de 10.66 heures à CHF 230.-- 

(act. 1B). Le conseil précité fait notamment état de 6.25 heures pour la 

rédaction du mémoire de recours, ce qui paraît excessif dans la mesure où 

le recours de 16 pages reprend en grande partie les arguments factuels et 

développements juridiques déjà mis en avant – notamment en lien avec la 

violation alléguée de l’art. 2 EIMP – auprès de l’OFJ (par ex. act. 4.8, 4.27, 

4.31, 6.8), voire même de l’autorité de céans lors des précédentes 

procédures (par ex. act. 6.19), travail pour lequel le conseil juridique 

prénommé a déjà été indemnisé. C’est pour cette raison que ce point de la 

note d’honoraires est réduit à 4 heures. L’indemnité est dès lors arrêtée à 

CHF 1’934.30 (8.41 heures x CHF 230.--), TVA (7,7% en sus), soit un total 

de CHF 2’085.--. Elle sera acquittée par la Caisse du Tribunal pénal fédéral, 

étant précisé que le recourant sera tenu de la rembourser s’il devait revenir 

à meilleure fortune (art. 65 al. 4 PA en lien avec l’art. 39 al. 2 let. b LOAP). 

 

 

- 16 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Le recours est rejeté. 

 

2. La requête accessoire de mise en liberté est rejetée. 

 

3. La demande d’assistance judiciaire est admise et Me Romain Rochani est 

désigné avocat d’office de A. 

 

4. Le présent arrêt est rendu sans frais. 

 

5. Une indemnité de CHF 2’085.-- (TVA comprise) est accordée à Me Romain 

Rochani pour la présente procédure. Elle sera acquittée par la Caisse du 

Tribunal pénal fédéral, lequel demandera le remboursement au recourant s’il 

revient à meilleure fortune. 

 

 

Bellinzone, le 20 juillet 2023 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le président: Le greffier:  

 

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Me Romain Rochani, avocat  

- Office fédéral de la justice, Unité extraditions 

 

 

Pour information 

- Tribunal fédéral  

 

 

 

 

- 17 - 

 

 
Indication des voies de recours 

Le recours contre une décision en matière d’entraide pénale internationale doit être déposé devant 
le Tribunal fédéral dans les 10 jours qui suivent la notification de l’expédition complète (art. 100 al. 1 
et 2 let. b LTF). Les mémoires doivent être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal 
fédéral soit, à l’attention de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou 
consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF). En cas de transmission électronique, le moment déterminant 
pour l’observation d’un délai est celui où est établi l’accusé de réception qui confirme que la partie a 
accompli toutes les étapes nécessaires à la transmission (art. 48 al. 2 LTF). 
 
Le recours n’est recevable contre une décision rendue en matière d’entraide pénale internationale 
que s’il a pour objet une extradition, une saisie, le transfert d’objets ou de valeurs ou la transmission 
de renseignements concernant le domaine secret et s’il concerne un cas particulièrement important 
(art. 84 al. 1 LTF). Un cas est particulièrement important notamment lorsqu’il y a des raisons de 
supposer que la procédure à l’étranger viole des principes fondamentaux ou comporte d’autres vices 
graves (art. 84 al. 2 LTF).