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**Case Identifier:** 0e3b68d1-cac4-54a8-8d4a-4699b84ae533
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-08-31
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 31.08.2018 C/8043/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-8043-2017_2018-08-31.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 25 septembre 

2018. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/8043/2017 ACJC/1182/2018 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 31 AOÛT 2018 

 

Entre 

Monsieur A______, domicilié ______ (GE), appelant d'un jugement rendu par la 8ème 
Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 16 mars 2018, comparant par 

Me Vincent Tattini, avocat, route de Malagnou 6, case postale 441, 1211 Genève 12, en 

l'étude duquel il fait élection de domicile,  

et 

Madame B______, domiciliée ______ (France), intimée, comparant par Me David 
Bitton, avocat, place du Molard 3, 1204 Genève, en l'étude duquel elle fait élection de 

domicile,. 

 

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C/8043/2017 

EN FAIT 

A.  Par jugement JTPI/4297/2018, rendu le 16 mars 2018 et expédié pour notification 
le 20 du même mois, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures 

protectrices de l'union conjugale, a accordé à B______ la jouissance du domicile 

conjugal sis ______ à C______ (France) (chiffre 1 du dispositif), a condamné 

A______ à verser en mains de B______, une contribution mensuelle aux charges 

du ménage de 8'000 fr., allocations familiales non comprises, dès le prononcé du 

jugement (ch. 2 et 3) et lui a donné acte de ce qu'il continuerait à prendre en 

charge les intérêts hypothécaires et taxes liées au bien immobilier de C______ 

(France), dont les époux sont copropriétaires, l'y condamnant en tant que de 

besoin (ch. 4).  

Les frais judiciaires, arrêtés à 3'200 fr., compensés avec l'avance de frais versée 

par B______, ont été mis à la charge de chaque époux par moitié, A______ étant 

en conséquence condamné à verser 1'600 fr. à B______. Il n'a pas été alloué de 

dépens (ch. 5).  

Les parties ont, enfin, été condamnées  à respecter et à exécuter les dispositions du 

jugement (ch. 6) et déboutées de toutes autres conclusions (ch. 7). 

B.  A______ appelle de ce jugement par acte déposé le 3 avril 2018, produisant une 
pièce nouvelle, soit l'extrait d'un site internet par le biais duquel B______ offre 

des produits cosmétiques à la vente. 

Contestant la compétence ratione loci des juridictions genevoises pour prononcer 

des mesures protectrices de l'union conjugale, en raison du domicile français de 

l'épouse et des enfants et d'une procédure de divorce pendante en France, il 

conclut, avec suite de frais et dépens, à l'annulation du jugement entrepris et à ce 

que la Cour, statuant à nouveau : principalement constate l'incompétence des 

tribunaux suisses et déclare la requête de mesures protectrices irrecevable, 

subsidiairement lui donne acte de son engagement à verser mensuellement à 

B______ 750 fr. à titre de contribution à l'entretien de chaque enfant, allocations 

familiales non comprises, et 2'000 fr. à titre de contribution à son propre entretien.  

 Par arrêt du 2 mai 2018, la Cour a suspendu l'effet exécutoire attaché aux chiffres 

2 et 4 du jugement attaqué, pour tout montant supérieur à 8'300 fr, le rejetant pour 

le surplus.  

 B______ a conclu au rejet de l'appel, les dépens devant être compensés.  

L'appelant a répliqué par courrier du 17 mai 2018, sur quoi la cause a été gardée à 

juger le 8 juin 2018.  

C. Les éléments suivants résultent de la procédure :  

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C/8043/2017 

 a. A______, né ______ 1965, originaire de ______ (VS) et Genève, et B______, 
née D______ le ______ 1982 à ______ (Bolivie), originaire de ______ (AG), 

______ (VS) et Genève, se sont mariés le ______ 2009 à Genève, sans conclure 

de contrat de mariage.  

Deux enfants sont nés à Genève de cette union, soit E______ le ______ 2009 et 

F______ le ______ 2010.  

Du temps de la vie commune, les époux résidaient, dans une villa sise à C______, 

en France voisine, dont ils sont copropriétaires pour l'avoir acquise en indivision à 

raison d'une moitié chacun le 15 novembre 2012. Ils sont également 

copropriétaires d'un bien immobilier à G______ (VS), dont la date d'acquisition 

ne résulte pas du dossier. F______ est en outre copropriétaire, à raison d'un quart, 

d'un immeuble sis à H______ (France). Les trois biens sont grevés d'hypothèques 

et A______ en assume tous les frais et charges.  

A______, employé à I______, réalisait du temps de la vie commune un revenu 

mensuel d'environ 20'000 fr., bonus compris. Il admet, pour 2016, soit pour 

l'année de la séparation du couple, un revenu annuel net, bonus compris, de 

249'877 fr., soit 20'823 fr. net par mois. Il pourvoyait aux besoins de la famille, 

son épouse se consacrant au ménage et aux enfants, en tous cas depuis juillet 

2013. C'est ainsi que, le 16 juillet 2013, les époux ont, par convention notariée, 

convenu que B______ se consacrerait au ménage et aux enfants et que A______, 

à titre de contribution aux charges du ménage, assurerait seul le remboursement 

du crédit contracté en vue de l'acquisition de la villa de C______.  

En 2015, B______ a créé à Genève une société J______ SàrL, laquelle ne 

dégageait toutefois aucun bénéfice à la cessation de la vie commune. 

b. Les époux vivent séparés depuis le mois de janvier 2016. 

A______ a alors quitté le domicile conjugal, s'installant chez sa mère à K______ 

(GE). B______ et les enfants sont demeurés dans la villa familiale à C______, où 

ils sont officiellement domiciliés. Les enfants sont, depuis janvier 2017, scolarisés 

à l'école sise en cette commune.  

c. Le 20 décembre 2016, A______ a déposé une requête de mesures protectrices 
de l'union conjugale devant le Tribunal de première instance de Genève, 

admettant expressément dans celle-ci que son épouse ne réalisait aucun revenu. 

Le 26 janvier 2017, B______ a saisi le Tribunal de Grande Instance de L______ 

(France) d'une demande de divorce.  

Le 6 avril 2017, ces deux requêtes ont été retirées.  

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C/8043/2017 

D. a. Le 10 avril 2017, B______ a saisi le Tribunal de première instance d'une 
requête "urgente" de mesures protectrices de l'union conjugale, sollicitant la 

condamnation de A______ à lui verser mensuellement 4'700 fr. à titre de 

contribution à l'entretien de chaque enfant, 7'200 fr. à titre de contribution à son 

propre entretien et 3'750 fr. pour les vacances et le maintien du train de vie, ces 

montants étant dus "avec effet rétroactif d'une année", paiement de dettes et 

charges hypothécaires relatives aux biens acquis conjointement venant en sus. 

Elle a également conclu à ce que le Tribunal se déclare incompétent pour statuer 

sur les relations personnelles des enfants avec leur père, vu le domicile français de 

ceux-ci. Elle a enfin réclamé une provisio ad litem de 10'000 fr. Ultérieurement, 

soit le 26 juin 2017, B______ a amplifié ses conclusions, réclamant l'attribution 

du domicile conjugal en sa faveur. 

A son dire, il y avait urgence à statuer, A______ ne lui ayant versé que 8'000 fr. 

en totalité entre janvier et avril 2017.  

b. C'est le lieu de préciser que, depuis le dépôt de la requête, A______ a versé à 
son épouse, pour son entretien et celui des enfants, 5'500 fr. le 21 mars 2017, 

5'000 fr. le 26 avril 2017, 5'500 fr. le 22 mai 2017, 3'200 fr. le 20 juillet 2017, 

3'200 fr. le 14 août 2017, 4'200 fr. le 1
er

 septembre 2017, 4'200 fr. le  

26 septembre 2017 et 3'700 fr. le 26 octobre 2017. Il a également assumé le 

service de la dette hypothécaire relative au domicile conjugal, les frais de 

téléphone, chauffage, eau et d'électricité y afférents, ainsi que les primes 

d'assurance maladie des enfants (100 fr. par mois et par enfant). A cela s'ajoute le 

règlement d'une facture de plomberie en 5'869 fr. 15. Il a également assumé en 

totalité des frais et charges du bien immobilier sis à G______, copropriété des 

époux. 

c. Les mesures superprovisionnelles requises ont été rejetées par ordonnance de la 
Vice-présidente du Tribunal du 11 avril 2017. 

Une seconde requête de mesures provisionnelles urgentes, déposée par B______ 

le 25 septembre 2017, a de même été rejetée par ordonnance du 25 septembre 

2017.  

d. A______ a contesté la compétence retione loci des juridictions genevoises, 
compte tenu du domicile français de son épouse et des enfants.  

Sur quoi, après avoir restreint les débats à la seule question de la compétence, 

procédé à un échange d'écritures et gardé la cause à juger sur ce seul sujet le  

10 juin 2017, le Tribunal, statuant à titre incident par jugement JTPI/11081/2017 

du 5 septembre 2017, s'est déclaré compétent à raison du lieu pour connaître des 

conclusions de la requête de mesures protectrices de l'union conjugale du 10 avril 

2017 en relation avec les rapports entre époux et l'entretien des enfants. 

https://intrapj/perl/decis/JTPI/11081/2017

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C/8043/2017 

Ce jugement n'a fait l'objet d'aucun appel ou recours.  

E. a. Dans l'intervalle, soit le 14 juillet 2017, A______ a saisi le Tribunal de Grande 
instance de L______ d'une requête tendant à ce qu'il soit dit que l'autorité 

parentale est exercée en commun par les deux parents et que la résidence 

habituelle des enfants est fixée chez lui, sous réserve du droit de visite de 

B______ s'exerçant un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires. 

b. Le 24 novembre 2017, B______ a saisi ce même Tribunal d'une demande de 
divorce, assortie d'une requête de mesures provisionnelles ou 

superprovisionnelles. A teneur de ses conclusions, elle sollicite la jouissance du 

domicile conjugal et du mobilier le garnissant, la fixation de la résidence des 

enfants auprès d'elle, l'autorité parentale demeurant conjointe, enfin, la 

condamnation de A______ à lui verser mensuellement une contribution de prise 

en charge de 4'914 euros 14, une contribution à son propre entretien de 4'000 

euros et une contribution d'entretien pour chaque enfant de 2'000 euros, 

allocations familiale en sus; 

c. A ce jour, aucune mesure n'a été prononcée par le juge français.  

F.  Dans ses dernières conclusions de première instance, A______ a derechef conclu 
à l'irrecevabilité de la requête, compte tenu de la saisine du juge français. 

Subsidiairement, il a offert de verser à B______, mensuellement, 750 fr. à titre de 

contribution à l'entretien de chaque enfant et 2'000 fr. à titre de contribution à son 

propre entretien, lui-même continuant à assumer en sus la charge hypothécaire et 

la taxe d'habitation relatives à la maison de C______.  

 B______ a conclu au rejet de l'incident d'incompétence, faisant valoir qu'il était 
illusoire d'espérer qu'une décision exécutoire soit rendue rapidement par le juge 

français, alors qu'il y avait urgence à statuer, à titre provisoire, sur les relations 

entre époux. Elle a conclu à l'attribution en sa faveur du domicile conjugal, à la 

condamnation de A______ à lui verser la moitié du bonus reçu pour 2017, une 

provisio ad litem de 10'000 fr., ainsi qu'une contribution mensuelle à l'entretien de 

la famille de 10'000 fr., avec effet rétroactif d'une année précédant le dépôt de la 

requête, enfin le versement en ses mains des allocations familiales.  

G. Le Tribunal a établi comme suit la situation actuelle des parties :  

a. B______, diplômée de ______ Genève, a créé, en 2015, la société J______ 
SARL, dont le but social est le conseil et les services en matière fiscale. Cette 

société n'a toutefois, à son dire, jamais eu d'activité concrète. Depuis décembre 

2017, la nouvelle raison sociale de cette société est M______ SARL et son 

nouveau but est la vente de tous produits cosmétiques. B______ allègue ne retirer 

aucun  revenu de cette société.  

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C/8043/2017 

Ses charges mensuelles admissibles ont été arrêtées à 5'410 fr. 70 (soit 5'500 fr. en 

chiffres ronds), soit impôts sur les pensions 2016 (845 fr.70); électricité (90 fr.); 

eau (105 fr. 60), téléphone (227 fr.), internet (43 fr. 10); assurance automobile  

(82 fr. 80); essence (336 fr. 90; assurance maladie LAMal (507 fr. 50); nourriture 

(1'440 fr.); coiffeur (114 fr.); esthéticienne (175 fr.); fuel chauffage (300 fr.); 

entretien voiture/pneu (114 fr. 40); lentilles de contact (29 fr. 60); habits (400 fr.) 

et loisirs (600 fr. retenus au lieu du montant de 1'200 fr. réclamé à ce titre).  

Ont été écartés tous les frais liés aux immeubles sis à C______ et en Valais (ceux-

ci étant assumés par A______), le remboursement d'un prêt à la consommation et 

du débit de la carte Visa (ces questions relevant de la liquidation du régime 

matrimonial), enfin le montant de base au sens des normes d'insaisissabilité, les 

frais de nourriture, d'habillement et de soins étant comptés de façon individuelle.  

b. A______, employé I______ SA à Genève, avait réalisé en 2016 un revenu 
annuel net, impôt à la source non déduit, de 249'877 fr., bonus compris, auquel 

s'ajoutaient ses frais de représentation de 8'400 fr. Il percevait en outre  

600 fr. d'allocations familiales par mois, soit 7'200 fr. par an.  

Le 19 mai 2016, I______ SA avait résilié son contrat de travail avec effet au  

30 novembre 2016. S'en était suivi un contrat de travail ______, conclu pour la 

période du 1
er

 décembre 2016 au 31 mai 2017. En avril et mai 2017, A______ 

avait perçu un salaire de 15'572 fr. 55, respectivement de 15'526 fr.75. Dès 

l'annonce de son licenciement, A______ avait effectué des recherches d'emploi et 

s'était inscrit au chômage, ses indemnités de chômage représentant 7'461 fr. 65 en 

juin 2017 et 8'653 fr. 85 en juillet 2017.  

Le 18 juillet 2017, il avait conclu un nouveau contrat de travail avec I______ SA 

à Zurich en qualité de "______", prenant effet au 2 août 2017, pour un salaire 

annuel brut de 185'000 fr. versé 12 mois l'an, soit 15'416 fr. 65 brut par mois, 

auquel s'ajoutait un bonus facultatif et variable versé au printemps. Son salaire net 

avait ainsi représenté 12'857 fr. 70 en août 2017, frais forfaitaires de 677 fr. 40 

non inclus, et 13'321 fr. 95 en septembre et octobre 2017, frais forfaitaires de 700 

fr. non inclus.  

Compte tenu du bonus que A______ continuerait à percevoir selon toute 

vraisemblance, son revenu mensuel actuel pouvait être estimé à 15'000 fr., pour 

des charges représentant 6'678 fr., hors impôts, soit : montant de base au sens des 

normes d'insaisissabilité (1'200 fr.); loyer (estimation, 1'500 fr., étant précisé que 

A______ était à la recherche d'un appartement à Zurich); assurance maladie (513 

fr. 65), abonnement général CFF (330 fr.); 3
ème

 pilier  

(200 fr.); intérêts hypothécaires C______ (1'800 fr.); taxe d'habitation C______ 

(152 fr. 50); taxes foncières C______ (147 fr. 30); intérêts hypothécaires 

H______ (161 fr. 25); immeuble en Valais, intérêts hypothécaires (368 fr. 15), 

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taxes (85 fr. 35), frais électricité (161 fr. 95) et assurance habitation (58 fr. 30). 

Ont été écartés les acomptes provisionnels d'impôts (3'000 fr.) et le 

remboursement d'un arriéré d'impôt, courant jusqu'en avril 2017 (1'042 fr.).  

c. Les coûts directs des deux enfants, admis de manière large compte tenu du train 
de vie sur la base des dépenses précédemment exposées et dans l'ensemble 

justifiées par pièces, ont été arrêtés en totalité à 2'500 fr., hors minimum vital et 

allocations familiales non déduites, soit : frais de rentrée scolaire (70 fr.); 

assurance maladie (200 fr.); frais médicaux (50 fr., en lieu et place de 200 fr. 

allégués); habillement et coiffeur (300 fr., en lieu et place de 600 fr. allégués); 

loisirs ski et parc aquatique (800 fr.); cours anglais (144 fr.) et de taekendo  

(35 fr.); location skis saison (31 fr. 30); séjours linguistiques été et automne  

(700 fr. en lieu et place des 1'300 fr. allégués); vacances décembre (100 fr.) et 

avril (83 fr. 30). Il n'a pas été tenu compte du montant pour l'entretien de base. 

Ont pour le surplus été écartés les frais allégués de voiture (208 fr. 90) et d'argent 

de poche (800 fr.). 

H. Sur le plan du droit, le Tribunal a fondé sa compétence pour statuer sur les 
mesures requises sur l'art. 10 LDIP, compte tenu de l'action en divorce pendante 

en France et a appliqué le droit français, en raison de la résidence en France des 

créanciers d'aliments. Le revenu mensuel net de A______, arrêté à 15'000 fr., était 

suffisant pour couvrir l'ensemble des charges du ménage, qui totalisaient 14'678 

fr. Sa contribution mensuelle serait en conséquence fixée à 8'000 fr., montant 

correspondant aux charges de B______ (5'410 fr.) et des enfants (2'500 fr.). 

A______ ayant contribué jusqu'alors de manière appropriée aux charges de la 

famille, la contribution prendrait effet au jour du jugement. Il serait en outre 

donné acte à A______ de son engagement à continuer à assumer, en sus, les 

intérêts hypothécaires et les taxes en relation avec le domicile conjugal de 

C______. En revanche, il ne serait pas donné suite aux conclusions de B______ 

tendant au versement des allocations familiales en ses mains, celles-ci n'ayant pas 

été prises en compte dans le calcul des frais effectifs liés aux enfants. Serait 

également rejetée sa requête de provisio ad litem, vu la courte durée de la 

procédure, son absence de complexité et la constitution d'un avocat n'étant 

intervenue qu'en toute fin de procédure. Enfin, la conclusion de B______ visant le 

versement en ses mains de la moitié du bonus 2016 perçu par A______ n'avait pas 

sa place dans une procédure de mesures protectrices ou provisionnelles de 

divorce.  

I.  Les arguments des parties devant la Cour seront repris ci-après dans la mesure 

utile.  

EN DROIT 

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C/8043/2017 

1.  1.1 La procédure sommaire est applicable tant aux procédures de mesures 
provisionnelles qu'à celles tendant au prononcé de mesures protectrices de l'union 

conjugale (art. 248 let. d, 271 let. a, 276 al. 1 CPC).  

Le jugement attaqué, en tant qu'il se détermine sur la compétence ratione loci des 

autorités judiciaires genevoises pour statuer sur les conclusions de l'intimée 

visant, notamment, l'attribution du domicile conjugal et l'entretien en sa faveur et 

en faveur d'enfants mineurs, est une décision incidente sur la compétence (cf.  

art. 59 al. 1 let. b et 237 al. 1 CPC), de nature non pécuniaire dans son ensemble 

(arrêt du Tribunal fédéral 5A_324/2014 du 9 octobre 2014 consid. 1), susceptible 

d'appel indépendamment de la valeur litigieuse (art. 308 al. 1 let. a et al. 2 CPC). 

L'appel a été interjeté dans le délai de dix jours (art. 142, 143 et 314 al. 1 CPC) et 

suivant la forme prescrite par la loi (art. 130, 131 et 311 al. 1 CPC), de sorte qu'il 

est recevable. 

1.2 La Cour revoit la cause avec un plein pouvoir d'examen (art. 310 CPC). Dans 
la mesure des conclusions prises en appel (art. 315 al. 1 CPC), elle établit les faits 

d'office (art. 270 CPC).  

La question de la contribution d'entretien des enfants mineurs est soumise à la 

maxime d'office et inquisitoire illimitée (art. 296 al. 3, 55 al. 2 et 58 al. 2 CPC; 

ATF 129 III 417 consid. 2.1.2; 128 III 411 consid. 3.2.2. et les références; arrêt du 

Tribunal fédéral 5A_906/2012 du 18 avril 2013 consid. 6.1.1), ce qui a pour 

conséquence que le juge n'est pas lié par les conclusions des parties (art. 296  

al. 3 CPC). En revanche, les maximes de disposition (art. 58 al. 1 CPC; ATF 128 

III 411 consid. 3.2.2; arrêt du Tribunal fédéral 5A_693/2007 du 18 février 2008, 

consid. 6) et inquisitoire sont applicables (art. 272 CPC) en ce qui concerne 

l'attribution de la jouissance du domicile conjugal et la contribution d'entretien 

due à l'épouse (arrêt du Tribunal fédéral 5A_906/2012 précité consid. 6.1.1).  

1.3 Compte tenu de la procédure sommaire applicable, la cognition de la Cour est 
limitée à la simple vraisemblance des faits et à un examen sommaire du droit, 

l'exigence de célérité étant privilégiée par rapport à celle de sécurité (ATF 127 III 

474 consid. 2b/bb = JdT 2002 I 352; arrêt du Tribunal fédéral 5A_12/2013 du  

8 mars 2013 consid. 2.2). 

1.4 La pièce nouvelle produite par l'appelant devant la Cour, relative à l'éventuelle 
capacité de gain de l'intimée, est recevable.  

En effet, dans les causes de droit matrimonial concernant les enfants mineurs, 

soumises à la maxime inquisitoire illimitée, les pièces nouvelles sont recevables, 

même si les conditions de l'art. 317 al. 1 CPC ne sont pas réunies (arrêt du 

Tribunal fédéral 5A_788/2017 du 2 juillet 2018, destiné à la publication, 

consid.4.2.1).  

https://intrapj/perl/decis/5A_324/2014
https://intrapj/perl/decis/129%20III%20417
https://intrapj/perl/decis/128%20III%20411
https://intrapj/perl/decis/5A_906/2012
https://intrapj/perl/decis/128%20III%20411
https://intrapj/perl/decis/128%20III%20411
https://intrapj/perl/decis/5A_693/2007
https://intrapj/perl/decis/5A_906/2012
https://intrapj/perl/decis/127%20III%20474
https://intrapj/perl/decis/127%20III%20474
https://intrapj/perl/decis/2002%20I%20352
https://intrapj/perl/decis/5A_12/2013

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C/8043/2017 

2.  L'appelant conteste la compétence des tribunaux suisses pour prononcer les 
mesures requises, faisant valoir que le prononcé de mesures protectrices de l'union 

conjugale n'est pas possible, compte tenu de la procédure de divorce pendante en 

France, et que la compétence pour prononcer des mesures provisionnelles 

appartient au juge français, l'art. 10 LDIP n'étant pas applicable faute d'urgence. 

 La question de la compétence ratione loci sera réexaminée, le jugement statuant 
du Tribunal sur le sujet, du 5 septembre 2017, ayant été rendu antérieurement à 

l'introduction de la procédure de divorce en France.    

2.1  En matière internationale, la compétence des autorités judiciaires suisses et le 
droit applicable sont régis par la loi fédérale du 18 décembre 1987 sur le droit 

international privé (LDIP; RS 291), sous réserve des traités internationaux 

(art. 1 al. 1 let. a et b et al. 2 LDIP).  

Compte tenu du domicile genevois de l'appelant, la compétence des autorités 

genevoises pour statuer sur les effets du mariage - et plus spécifiquement sur la 

jouissance du logement familial - se fonde sur l'art. 46 LDIP (ATF 119 II 167 

consid. 4 = JT 1995 I 174).  

Pour le surplus, l'obligation alimentaire, de même que les mesures provisoires en 

la matière, entrent dans le champ d'application de la Convention de Lugano 

révisée du 30 octobre 2007 (CL; RS 0.275.12), à laquelle la Suisse et la France 

ont adhéré, laquelle est entrée en vigueur le 1er janvier 2010 pour l'Union 

européenne et le 1er janvier 2011 pour la Suisse (art. 5 CL; arrêt du Tribunal 

fédéral 5A_588/2014 du 12 novembre 2014 consid. 4.3, publié in FamPra.ch 2015 

p. 225 ss, et les références).  

En sus du principe du for dans l'Etat du domicile du défendeur, consacré par  

l'art. 2 CL, l'art. 5 ch. 2 CL permet, en matière d'obligation alimentaire, d'attraire 

le défendeur devant le tribunal du lieu où le créancier d'aliments a son domicile ou 

sa résidence habituelle (let. a) ou, s'il s'agit d'une demande accessoire à une action 

relative à la responsabilité parentale, devant le tribunal compétent selon la loi du 

for pour en connaître, sauf si cette compétence est uniquement fondée sur la 

nationalité d'une des parties (let. c).  

La juridiction compétente pour connaître du fond d’une affaire en vertu de l'un 
des chefs de compétence précités est également compétente pour ordonner les 

mesures provisoires ou conservatoires qui s'avèrent nécessaires, sans que cette 

dernière compétence soit subordonnée à d'autres conditions (arrêt de la Cour de 

justice des communautés européennes [désormais Cour de justice de l'Union 

européenne] du 17 novembre 1998 dans l'affaire C-391/95 [Van Uden], Rec. 1998 

I 07091 n. 19 et 22). 

https://intrapj/perl/JmpLex/RS%20291
https://intrapj/perl/decis/119%20II%20167
https://intrapj/perl/decis/1995%20I%20174
https://intrapj/perl/JmpLex/RS%200.275.12
https://intrapj/perl/decis/5A_588/2014
https://intrapj/perl/decis/1998%20I%2007091
https://intrapj/perl/decis/1998%20I%2007091

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C/8043/2017 

En vertu de l'art. 31 CL, une juridiction non compétente pour connaître du fond 

peut également, à certaines conditions, ordonner les mesures provisoires ou 

conservatoires prévues par la loi de l'Etat de la juridiction saisie, notamment 

lorsqu'il existe un lien de rattachement réel entre l'objet des mesures sollicitées et 

la compétence territoriale de l'Etat contractant du juge saisi (arrêt Van Uden 

précité n. 35-40), rattachement qui correspond à la localisation de l'objet de la 

mesure, respectivement au lieu de l'exécution de celle-ci (ATF 129 III 626  

consid. 5.3.1; arrêt du Tribunal fédéral 5A_801/2017 du 14 mai 2018  

consid. 3.3.3).  

Dès lors que l'art. 31 CL ne contient pas de règle de compétence propre, les 

critères spécifiques de compétence pour prononcer de telles mesures ressortissent 

au droit étatique. L'art. 31 CL renvoie ainsi à l'art. 10 LDIP, étant précisé que la 

teneur de ces deux dispositions se recoupe (arrêt du Tribunal fédéral 

5A_801/2017 précité consid. 3.3.3 et les références).  

Sont ainsi compétents pour prononcer des mesures provisoires aux termes de  

l'art. 10 LDIP, dans sa teneur en vigueur depuis le 1er janvier 2011, soit les 

tribunaux ou les autorités suisses qui sont compétents au fond (let. a), soit les 

tribunaux ou les autorités suisses du lieu de l'exécution de la mesure (let. b).  

Si l'art. 10 let. a LDIP consacre en premier lieu la compétence du tribunal suisse 

actuellement saisi du litige, il accepte cependant également la compétence de 

toute autorité suisse compétente pour connaître du fond, même si l'instance au 

fond n'est pas encore liée (BUCHER, in Commentaire romand, Loi sur le droit 

international privé, Convention de Lugano, Bucher [éd.], 2011, n. 13 ad  

art. 10 LDIP; DUTOIT, Droit international privé suisse, Commentaire de la loi 

fédérale du 18 décembre 1987, 5e éd. revue et augmentée 2016, n. 9 ad  

art. 10 LDIP se référant à l'ATF 129 III 626 consid. 5.3.2, publié in SJ 2004 I  

p. 29 ss). Cette compétence revient aussi au tribunal suisse, saisi en second lieu, 

qui suspend la procédure sur la base de l'art. 9 LDIP en cas de litispendance; le 

juge suisse laissera cependant la priorité au tribunal étranger premier saisi 

(BUCHER, loc. cit.).  

L'art. 10 let. b LDIP reconnaît, quant à lui, la compétence pour ordonner des 

mesures provisoires aux autorités non compétentes pour connaître du fond, si elles 

se trouvent au lieu d'exécution de la mesure, par quoi il faut entendre le lieu où 

sont prises les mesures destinées à protéger un droit ou une situation juridique 

(arrêt du Tribunal fédéral 5A_95/2008 du 20 août 2008 consid. 3.3).  

Le but de l'art. 10 LDIP est d'assurer, dans certaines circonstances particulières, 

une protection immédiate et sans lacune, alors même que le juge suisse ne serait 

pas compétent sur le fond du litige (ATF 134 III 326 consid. 3.4; arrêt du Tribunal 

fédéral 5A_762/2011 du 4 septembre 2012 consid. 5.3.5). Cette disposition ne 

https://intrapj/perl/decis/129%20III%20626
https://intrapj/perl/decis/5A_801/2017
https://intrapj/perl/decis/5A_801/2017
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https://intrapj/perl/decis/134%20III%20326
https://intrapj/perl/decis/5A_762/2011

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C/8043/2017 

s'applique toutefois que si les mesures requises sont urgentes et nécessaires, 

circonstances qu'il appartient au demandeur d'établir (ibid.). Il en est ainsi, 

notamment, quand on ne saurait espérer que le tribunal étranger saisi prendra une 

décision dans un délai convenable (ATF 134 III 326 consid. 3.5.1; arrêt du 

Tribunal fédéral 5a_588/2014 du 12 novembre 2014 consid. 4.4).  

2.2 Dès qu'une action en divorce est pendante devant un tribunal compétent, des 
mesures protectrices de l'union conjugale ne peuvent plus être prononcées pour la 

période postérieure à la litispendance, seules des mesures provisionnelles (selon 

l'art. 276 al. 1 CPC qui renvoie aux dispositions régissant la protection de l'union 

conjugale, applicables par analogie) pouvant encore être ordonnées pour la durée 

de la procédure de divorce, règle qui s'applique aussi dans les causes à caractère 

international (ATF 134 III 326 consid. 3.2, JdT 2009 I 215). Les mesures 

protectrices peuvent toutefois, comme la jurisprudence en admet la possibilité, 

être converties en mesures provisoires de divorce (ATF précité). 

2.3 En l'espèce, tant au jour du dépôt de la requête (soit le 10 avril 2017), que lors 
de l'amplification des conclusions (soit le 26 juin 2017), aucune action de divorce 

n'était pendante et le Tribunal de Grande instance de L______ n'a été saisi par 

l'intimée d'une demande de divorce qu'en novembre 2017, soit postérieurement au 

Tribunal genevois.  

Alors que l'intimée et les enfants étaient alors régulièrement domiciliés en France, 

l'appelant avait, après la séparation du couple, transféré son domicile à Genève.  

La compétence des tribunaux genevois pour statuer sur les conclusions financières 

de la requête doit dès lors être admise, en raison du domicile genevois du débiteur 

de l'entretien (art. 2 CL et 46 LDIP).  

Pour la période postérieure au dépôt de l'action en divorce devant le Tribunal de 

Grande instance de L______, la compétence des juridictions genevoises pour 

statuer à titre provisoire est fondée sur l'art. 10 LDIP, par renvoi de  

l'art. 31 CL. En effet, compte tenu du domicile à Genève du débiteur d'aliments, le 

lien de rattachement avec la Suisse, pays dans lequel les éventuelles procédures de 

recouvrement devront être exécutées, doit être considéré comme suffisant.  

La condition de l'urgence doit également être admise, dès lors que les ressources 

de l'intimée, qui exerce la garde effective des enfants mineurs depuis la séparation 

du couple, sont limitées, voire inexistantes, et que l'appelant, tout en continuant à 

assumer les frais de logement, a progressivement réduit les montants versés à 

l'intimée pour l'entretien de la famille. Le fait que le Tribunal français devant 

lequel le divorce est pendant au fond ait également été saisi d'une demande de 

mesures provisoires postérieurement à la saisine du juge genevois, ne fait pas 

obstacle à la compétence de ce dernier de prononcer des mesures provisionnelles 

ou conservatoires sur la base des art. 31 CL et 10 LDIP. A cela s'ajoute que le 

https://intrapj/perl/decis/134%20III%20326
https://intrapj/perl/decis/5A_588/2014
https://intrapj/perl/decis/134%20III%20326
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C/8043/2017 

juge français, au demeurant saisi en second lieu, n'a à ce jour rendu aucune 

décision au sujet de la jouissance de l'ancien domicile familial ainsi que de 

l'entretien dû à la famille et qu'aucun élément n'indique qu'il sera en mesure de le 

faire prochainement.  

La compétence ratione loci des autorités genevoises pour statuer sur la requête, et 

par voie de conséquence sur la recevabilité de celle-ci, a dès lors été admise à 

juste titre.  

3.  L'appelant conteste l'application du droit français au litige. Il fait valoir que la 
nationalité suisse commune des créanciers d'aliments et du débiteur de ceux-ci 

doit conduire à l'application du droit suisse, conformément à la réserve formulée 

par la Suisse en application de l'art. 15 de la Convention de La Haye du 2 octobre 

1973 sur la loi applicables aux obligations d'entretien.  

En ce qui concerne le droit applicable à l'obligation alimentaire entre époux et 

envers les enfants, les art. 49 et 83 al. 1 LDIP renvoient à la Convention de La 

Haye du 2 octobre 1973 sur la loi applicable aux obligations alimentaires  

(RS 0211.213.01; CLaH73). A teneur des articles 3 et 4 de cette convention, la loi 

interne de la résidence habituelle du créancier d'aliments régit les obligations 

alimentaires; la loi désignée s'applique indépendamment de toute condition de 

réciprocité, même s'il s'agit de la loi d'un Etat non contractant (convention erga 

omnes). La Suisse ayant fait usage de la réserve prévue à l'art. 15 CLaH73 (art. 1 

de l'Arrêté fédéral du 4 mars 1976, RS.292.021.11), le juge suisse applique 

toutefois le droit suisse lorsque tant le créancier que le débiteur d'aliments ont la 

nationalité suisse et que le débiteur réside habituellement en Suisse.  

En l'espèce, tant l'appelant que l'intimée et les mineurs sont de nationalité suisse et 

l'appelant a sa résidence habituelle en Suisse, où il est régulièrement domicilié 

depuis la séparation. Contrairement à ce que retient le jugement querellé, la 

question des aliments est dès lors soumise au droit suisse.   

4.  L'appel est dépourvu de motivation, en ce qui concerne l'attribution de la 
jouissance exclusive du domicile conjugal à l'intimée, ce qui dispense la Cour de 

revoir cette question.  

5.  L'appelant contestant la quotité des contributions dues à l'entretien des enfants 
mineurs ainsi que de l'intimée, les principes suivants seront rappelés:  

5.1 Selon l'art. 276 CC, auquel renvoie l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, l'entretien de 
l’enfant mineur est assuré par les soins, l'éducation et des prestations pécuniaires 
(al. 1). Les père et mère contribuent ensemble, chacun selon ses facultés, à 

l'entretien convenable de l'enfant et assument en particulier les frais de sa prise en 

charge, de son éducation, de sa formation et des mesures prises pour le protéger 

(al. 2). A teneur de la novelle entrée en vigueur le 1
er

 janvier 2017, la contribution 

https://intrapj/perl/JmpLex/RS%200211.213.01

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C/8043/2017 

d'entretien doit correspondre aux besoins de l'enfant, à la situation et aux 

ressources de ses père et mère et tenir compte de la fortune et des revenus de 

l'enfant (art. 285 al. 1 CC). Elle doit également garantir la prise en charge de 

l'enfant par les parents et les tiers (art. 285 al. 2 CC).  

La loi ne prévoit aucune méthode spécifique pour le calcul, ni ne fixe de priorité 

pour l'un ou l'autre des critères à prendre en compte. Les principes appliqués 

précédemment (ATF 140 III 337 consid. 4.3; 137 III 59 consid. 4.2.1 et 4.2.2) 

demeurent ainsi valables et le juge continue à jouir en la matière d'un large 

pouvoir d'appréciation (art. 4 CC ATF 134 III 577, JdT 2009 I 272; ATF 135  

III 59, JdT 2009 I 627, 633). Comme sous l'ancien droit, la répartition de 

l'entretien de l'enfant doit être effectuée non seulement en fonction des ressources 

de chacun des parents, mais également de leur contribution aux soins et à 

l'éducation (art. 286 al. 2 CC) Ainsi, lorsqu'un des parents est contraint de réduire 

son activité professionnelle pour assurer la prise en charge de l'enfant, la 

contribution doit permettre de garantir sa présence auprès de celui-ci pouvant 

alors correspondre au parent qui exerce la garde pour couvrir ses frais de 

subsistance (arrêt du Tribunal fédéral 5A_454/2017 du 17 mai 2018 destiné à la 

publication, consid. 7.1.4).  

En matière d'obligation à l'entretien d'enfants mineurs, les exigences à l'égard des 

père et mère sont élevées, en sorte que ceux-ci doivent réellement épuiser leur 

capacité maximale de travail et ne peuvent pas librement choisir de modifier leurs 

conditions de vie si cela a une influence sur leur capacité à subvenir aux besoins 

de l'enfant mineur (ATF 137 III 118 consid. 3.1; arrêt du Tribunal fédéral 

5A_874/2014 du 8 mai 2015 consid. 6.2.1 et la référence). Ainsi, lorsqu'il ressort 

des faits que l'un des parents ne fournit pas tous les efforts que l'on peut attendre 

de lui pour assumer son obligation d'entretien, le juge peut s'écarter du revenu 

effectif et lui imputer un revenu hypothétique supérieur. Il s'agit ainsi d'inciter la 

personne à réaliser le revenu qu'elle est en mesure de se procurer et dont on peut 

raisonnablement exiger d'elle qu'elle l'obtienne afin de remplir ses obligations 

(ATF 128 III 4 consid. 4a et les références; arrêts du Tribunal fédéral 

5A_256/2015 du 13 août 2015 consid. 3.2.1; 5A_874/2014 précité; 5A_318/2014 

du 2 octobre 2014 consid. 3.1.3.1 et la jurisprudence citée), en lui accordant en 

principe un certain délai pour s'organiser à ces fins (ATF 129 III 417 consid. 2.2; 

114 II 13 consid. 5; arrêt du Tribunal fédéral 5A_651/2014 du 27 janvier 2015 

consid. 3.1 et la jurisprudence citée). 

5.2 Même lorsqu'on ne peut plus sérieusement compter sur la reprise de la vie 
commune, l'art. 163 CC demeure la cause de l'obligation d'entretien réciproque 

des époux jusqu'au prononcé du divorce (ATF 140 III 337 consid. 4.2.1 p. 338; 

arrêt du Tribunal fédéral 5A_787/2016 du 12 janvier 2017 consid. 4.2.1). Pour 

fixer la contribution d'entretien selon l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, le juge doit partir de 

la convention, expresse ou tacite, que les époux ont conclue au sujet de la 

https://intrapj/perl/decis/140%20III%20337
https://intrapj/perl/decis/137%20III%2059
https://intrapj/perl/decis/134%20III%20577
https://intrapj/perl/decis/2009%20I%20272
https://intrapj/perl/decis/135%20III%2059
https://intrapj/perl/decis/135%20III%2059
https://intrapj/perl/decis/2009%20I%20627
https://intrapj/perl/decis/137%20III%20118
https://intrapj/perl/decis/5A_874/2014
https://intrapj/perl/decis/128%20III%204
https://intrapj/perl/decis/5A_256/2015
https://intrapj/perl/decis/5A_874/2014
https://intrapj/perl/decis/5A_318/2014
https://intrapj/perl/decis/129%20III%20417
https://intrapj/perl/decis/114%20II%2013
https://intrapj/perl/decis/5A_651/2014
https://intrapj/perl/decis/140%20III%20337
https://intrapj/perl/decis/5A_787/2016

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C/8043/2017 

répartition des tâches et des ressources entre eux (art. 163 al. 1 CC). La loi 

n'impose pas au juge de méthode de calcul particulière pour fixer la quotité de la 

contribution (ATF 140 III 337 consid. 4.2.2; arrêt du Tribunal fédéral 

5A_787/2016 du 12 janvier 2017 consid. 4.2.1). La détermination de celle-ci 

relève du pouvoir d'appréciation du juge du fait, qui applique les règles du droit et 

de l'équité (art. 4 CC).  

En cas de situation économique favorable, il y a lieu de tenir compte 
adéquatement du niveau de vie antérieur à la cessation de la vie commune et des 

restrictions à celui-ci qui peuvent être imposées à chacun des époux en raison de 

la création de deux ménages séparés (ATF 140 III 485 consid. 3.3; 137 III 102 

consid. 4.2.1.1; 134 III 577 consid. 3; plus récemment: arrêts du Tribunal fédéral 

5A_970/2017 du 7 juin 2018, consid, 4,2, 5A_583/2016 du 4 avril 2017  

consid. 5.3 et les références). 

5.3 En tous les cas, l'obligation d'entretien trouve sa limite dans la capacité 
contributive du débirentier, en ce sens que le minimum vital de celui-ci doit être 

préservé (ATF 135 III 66 consid. 1; 123 III 1 consid. 3b/bb et consid. 5 in fine). 

6. L'appelant conteste l'estimation des revenus et charges des parties.  

Il fait valoir que, contrairement à ce qui a été retenu, l'intimée exerce une activité 

lucrative et que ses charges, ainsi que celles des enfants, ont été surévaluées. Il 

conteste également l'estimation tant de son propre revenu que de ses propres 

charges.  

 6.1 L'appelant ne rend pas vraisemblable que l'épouse aurait réalisé des revenus 
du temps de la vie commune, en tous les cas depuis la naissance des enfants. Au 

contraire, dans la requête de mesures protectrices qu'il avait déposé le  

20 décembre 2016, il admettait expressément que l'intimée ne réalisait aucun 

revenu, en particulier par le biais de sa société J______ SàRL, constituée en 2015. 

Il peut dès lors être retenu que les époux avaient alors convenu que l'appelant 

pourvoirait seul aux besoins financiers de la famille, l'intimée se consacrant au 

ménage et aux enfants, ce qui est encore confirmé par les termes de la convention 

notariée conclue par les époux en juillet 2013.  

 Il n'est en outre pas rendu vraisemblable que l'intimée aurait réalisé des revenus 

postérieurement à la séparation du couple, que ce soit par l'intermédiaire de la 

société précitée, devenue M______ SàRL, ou du site internet par le biais duquel 

elle offre à la vente des produits cosmétiques. A teneur de la jurisprudence, il ne 

peut en principe être exigé de l'intimée, qui s'est consacrée durant la vie commune 

à l'éducation des enfants, de reprendre une activité lucrative avant que le cadet 

d'entre eux ait 10 ans révolus (ATF 137 II 307  

consid. 4.2.2.2; arrêts du Tribunal fédéral 5A_777/2014 du 4 mars 2015  

consid. 5.1.3; 5A_825/2013 du 28 mars 2014 consid. 7.3.2). Même si cette règle 

https://intrapj/perl/decis/140%20III%20337
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C/8043/2017 

ne revêt pas un caractère absolu et si son assouplissement doit être envisagé, un 

délai d'adaptation devrait être accordé à l'intimée pour lui permettre de s'organiser 

en vue de la reprise d'un emploi. Au stade des présentes mesures toutefois, aucune 

capacité hypothétique de gain ne sera retenue en ce qui la concerne. Dans 

l'optique du prononcé du divorce, l'intimée doit cependant être encouragée à 

reprendre une activité lucrative, de manière à pouvoir à terme être capable 

d'assumer elle-même ses propres charges. 

 6.2 Postérieurement à la séparation du couple, l'appelant a continué à contribuer 
aux charges du ménage en assumant les frais et charges liés au domicile familial 

et en versant à l'intimée un montant mensuel de 5'500 fr., qu'il a toutefois réduit 
lorsque ses revenus ont diminué en raison de la résiliation de son contrat.  

Il peut dès lors être exigé de l'appelant qu'il continue à pourvoir à l'entretien de la 

famille, dans les limites de son disponible, qu'il y a lieu de calculer en premier 

lieu.   

Après une courte période de chômage, l'appelant a commencé un nouvel emploi 

dès le 2 août 2017. Dès septembre 2017, il a ainsi perçu un salaire mensuel de 
base convenu, soit 14'021 fr. 95 net. Ce montant comprend une indemnité 

forfaitaire pour frais de 700 fr., dont il n'est cependant pas rendu vraisemblable 

qu'elle correspondrait à des frais effectifs. Le contrat de travail prévoit en outre, 

en "fin d'exercice", le paiement d'un bonus variable, non garanti. L'expérience 

générale de la vie permet toutefois de tenir pour vraisemblable qu'aucun bonus n'a 

été versé à l'appelant en relation avec l'année 2017, compte tenu de son 

engagement en cours d'année. Aucun élément ne permet en outre d'établir avec 

une vraisemblance suffisante le montant du bonus susceptible de lui être versé en 

relation avec l'exercice 2018, étant rappelé qu'il est d'usage de procéder au calcul 

du bonus dû pour l'année échue seulement au printemps suivant et qu'ainsi, aucun 

bonus en relation avec l'année 2018 ne sera versé à l'appelant avant le printemps 

2019. Dans ces conditions et les présentes mesures étant susceptibles d'être 

adaptées si la situation devait se modifier à cet égard, il y a lieu de retenir que le 

revenu actuel de l'appelant correspond à son salaire mensuel net de base, 

indemnité forfaitaire pour frais inclue.  

 Les charges incompressibles de l'appelant, à teneur du jugement attaqué, 
s'établissent à 6'678 fr., montant que l'intimée ne conteste pas et qui comprend, 

outre le montant de base au sens des normes d'insaisissabilité, le loyer estimé d'un 

appartement à Zurich, l'assurance-maladie, les frais d'un abonnement général CFF, 

la charge hypothécaire et les taxes relatives au logement familial à C______ (que 

l'appelant s'est engagé à assumer en sus des contributions d'entretien fixées), enfin 

les frais en relation avec la résidence secondaire copropriété des parties à 

G______ et avec l'immeuble dont l'appelant est copropriétaire à H______, postes 

dont l'intimée ne conteste pas la prise en compte. A cela s'ajoute la charge fiscale 

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C/8043/2017 

courante, dont il y a lieu de tenir compte vu la situation financière. A cet égard, le 

montant de 2'000 fr. articulé par l'appelant dans ses écritures d'appel, non contesté 

spécifiquement par l'intimée, doit être tenu pour vraisemblable, vu son revenu 

actuel et la possibilité de déduire fiscalement les contributions d'entretien fixées 

judiciairement. Par égalité de traitement avec l'intimée (cf. infra), la Cour ajoute à 

ces postes un montant de 150 fr. pour les loisirs et les vacances. Les charges 

incompressibles de l'appelant représentent dès lors 8'828 fr. et son disponible 

5'190 fr. en chiffres ronds.  

 Le montant qui peut être affecté aux contributions versées pour  l'entretien de la 

famille, en sus de la pris en charge de la dette hypothécaire et des taxes relatives à 

l'immeuble de C______, ne peut ainsi dépasser 5'190 fr. mensuellement, 

allocations familiales non comprises. 

 L'entretien convenable des enfants, qui excède leur strict minimum vital, doit être 

couvert en premier lieu, la contribution d'entretien en leur faveur revêtant un 

caractère prioritaire. A cet égard, le montant de 750 fr. par enfant offert par 

l'appelant est suffisant, l'allocation familiale de 400 fr. étant versée en sus pour 

couvrir leur entretien convenable comprenant en particulier leur entretien de base 

(qu'il n'y a pas lieu de réduire en raison de leur domicile en France voisine, dans la 

mesure où il n'est pas rendu vraisemblable que les frais de leur entretien y seraient 

moins élevés qu'en Suisse), l'assurance-maladie, les frais médicaux non couverts 

et un montant raisonnable pour les activités parascolaires et les vacances. 

 Le solde disponible après couverture de l'entretien convenable des enfants  

(3'690 fr.) doit être affecté à la contribution de prise en charge, l'intimée ayant 

renoncé à une activité professionnelle pour se consacrer aux enfants. Celle-ci 

correspond  aux frais de subsistance de l'intimée, qui ne comprennent pas les 

dépenses de luxe (arrêt du Tribunal fédéral 5A_454/2017 du 17 mai 2018, destiné 

à la publication, consid. 7.1.4) et qui représentent 3'712 fr. soit : entretien de base 

au sens des normes d'insaisissabilité (1'350 fr.); frais de chauffage (300 fr.); 

assurance-maladie (507 fr. 50); lentilles de contact (30 fr.); assurance et entretien 

voiture, essence (530 fr.); charge fiscale (845 fr.); vacances et loisirs (150 fr.). 

 Le chiffre 2 du dispositif attaqué sera modifié en conséquence. 

 Le dies a quo, fixé par le jugement querellé au jour de son prononcé, n'est pas 

contesté et sera confirmé.  

7.  Compte tenu de la nature familiale du litige, la répartition des frais judiciaires et 
des dépens de première instance, conforme à l'art. 107 al. 1 let. c CPC, sera 

confirmée.  

Les frais judiciaires d'appel, arrêtés à 2'200 fr., sont compensés avec l'avance de 

frais versée par l'appelant, laquelle est acquise à l'Etat (art. 111 al. 1 CPC). Vu la 

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C/8043/2017 

nature familiale du litige, ils sont mis à la charge de chaque partie par moitié  

(art. 107 al. 1 let. c CPC), l'intimée étant, partant, condamnée à verser 1'100 fr. à 

l'appelant de ce chef.  

Chaque partie supportera ses propres dépens. 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté le 3 avril 2018 par A______ contre le jugement 

JTPI/4297/2018 rendu le 16 mars 2018 par le Tribunal de première instance dans la 

cause C/8043/2017-8. 

Au fond : 

Annule le chiffre 2 du dispositif de ce jugement et, statuant à nouveau : 

Condamne A______ à verser à B______, par mois et d'avance, 750 fr. allocations 

familiales non comprises, à titre de contribution à l'entretien de chacun des enfants 

E______, né le ______ 2009 et F______, né le ______ 2010, ainsi qu'une contribution 

de prise en charge de 3'800 fr. 

Confirme le jugement attaqué pour le surplus. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions.  

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires d'appel à 2'200 fr. et constate qu'ils sont compensés avec 

l'avance de frais versée par A______, laquelle est acquise à l'Etat.  

Met les frais judiciaires à la charge de A______ et de B______ par moitié et condamne 

en conséquence B______ à verser 1'100 fr. à A______.  

Dit que A______ et B______ supporteront chacun leurs propres dépens d'appel. 

Siégeant : 

Madame Jocelyne DEVILLE-CHAVANNE, présidente; Madame Nathalie LANDRY-

BARTHE, juge; Madame Marguerite JACOT-DES-COMBES, juge suppléante; 

Madame Jessica ATHMOUNI, greffière. 

La présidente : 

Jocelyne DEVILLE-CHAVANNE 

 
La greffière : 

Jessica ATHMOUNI 

  

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Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours en matière civile. 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

Litige dans l'ensemble sans valeur litigieuse. 

 

http://intrapj/perl/JmpLex/RS%20173.110