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**Case Identifier:** 227a9d4a-1209-59ad-bb2d-2d3f9663a0d1
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour d'appel civile 313
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_002_313-----------_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

HX23.019832-230589

313

 

 

cour
d’appel CIVILE

_____________________________

Arrêt du
8 août 2023

__________________

Composition
:               Mme             
Crittin
Dayen, présidente

             
              M.             
Hack et Mme Cherpillod, juges

Greffier
:                           
M.              Magnin

 

 

*****

 

 

Art.
148, 149 et 311 al. 1 CPC

 

 

             
Statuant sur l’appel interjeté par I.________,
à [...], intimé, contre la décision rendue le 30 mars 2023 par la Commission de conciliation
en matière de baux à loyer - Préfecture du district de Lavaux-Oron, dans la cause divisant
l’appelant d’avec M.________,
au [...], requérant, la Cour d’appel civile du Tribunal cantonal considère :

             
En fait :

 

A.             
Par décision du 30 mars 2023, la Commission de conciliation en matière de baux à loyer
- Préfecture du district de Lavaux-Oron (ci-après : la commission de conciliation) a rejeté
la demande de restitution déposée le 27 mars 2023 par l’intimé I.________.

 

             
Elle a relevé que l’intimé n’avait fourni aucune précision sur les limitations
qu’il aurait subies à la suite de son accident, que le conseil de celui-ci n’avait pas
le pouvoir de transiger lors de l’audience du 16 mars 2023 et que, le 27 mars 2023, il avait produit,
à l’appui de sa demande de restitution, un nouveau certificat médical daté du même
jour, indiquant que l’intéressé avait une pathologie qui l’avait empêché
de se déplacer à l’audience du 16 mars 2023. Elle a relevé que l’intimé
n’était pas valablement représenté et que sa demande de restitution paraissait dès
lors irrecevable.

 

B.             
Par acte du 1er
mai 2023, I.________ (ci-après : l’appelant) a formé appel contre cette décision,
en concluant, avec suite de frais et dépens, à sa réforme en ce sens que sa demande de
restitution de délai du 27 mars 2023 soit admise, la procédure de conciliation étant réouverte
et la commission de conciliation étant invitée à convoquer les parties à une nouvelle
audience de conciliation. A titre subsidiaire, il a conclu à l’annulation de la décision
et au renvoi de la cause à l’autorité de première instance pour nouvelle décision
dans le sens des considérants.

 

C.             
La Cour d’appel civile retient les faits suivants :

 

1.             
Le 5 janvier 2023, M.________ (ci-après : l’intimé) a déposé une requête
de conciliation auprès de la commission de conciliation. Il a pris, avec suite de frais et dépens,
les conclusions suivantes :

 

« I.             
Condamner l’Intimé I.________ à évacuer immédiatement de sa personne, de ses
biens et de toute personne faisant ménage commun avec lui, soit notamment Mme [...], la villa sise
[...] ; 

II.             
Dire que faute d’exécution dans les dix jours dès l’entrée en force de la
décision, l’autorité chargée de l’exécution y procédera avec l’assistance
de l’autorité compétente, soit les forces de l’ordre ;

III.             
Condamner l’Intimé, I.________, à verser à M.________ la somme mensuelle de CHF
3’600.- [...] dès le 1er
octobre 2022 et jusqu’à la date de libération des locaux, avec intérêts à
5% l’an dès chaque échéance mensuelle, à titre d’indemnité pour
occupation illicite de la villa. ».

 

2.             
Le 10 janvier 2023, la commission de conciliation a adressé aux parties, dont l’appelant,
par l’intermédiaire de son conseil, une citation à comparaître à l’audience
du 16 mars 2023.

 

             
Par lettre du 14 mars 2023, le conseil de l’appelant a informé la commission de conciliation
que celui-ci avait eu un accident et qu’il n’était pas en mesure de se rendre à
l’audience précitée. Il a sollicité le report de l’audience et a indiqué
qu’il produirait un certificat médical dans les meilleures délais.

 

             
Le lendemain, il a produit le certificat médical annoncé, qui fait état d’une incapacité
de travail d’une semaine depuis le 14 mars 2023, la reprise du travail étant prévue le
22 mars 2023.

 

             
Le 15 mars 2023, l’intimé s’est opposé au report de l’audience.

 

             
Par courrier du même jour, le président de la commission de conciliation a informé les
parties qu’il décidait de maintenir l’audience du 16 mars 2023.

 

             
Toujours le 15 mars 2023, le conseil de l’appelant a relevé qu’il était surpris
du courrier précité, dans la mesure où le greffe de la commission de conciliation lui
avait indiqué, le matin même, que l’audience serait déplacée. Il a ajouté
que le prénommé se trouvait dans une situation de force majeure justifiant le report de l’audience.
Il a à nouveau requis le report de l’audience.

 

             
Par lettre du même jour, le président de la commission de conciliation a confirmé la tenue
de l’audience.

 

3.             
Le 16 mars 2023, la commission de conciliation a tenu l’audience, en présence de l’intimé,
assisté de son conseil, et du conseil de l’appelant.

 

             
La commission de conciliation a constaté que l’appelant, bien que régulièrement
cité, ne s’y était pas présenté et que le conseil de celui-ci n’était
pas au bénéfice d’une procuration. Le conseil de l’appelant a une nouvelle fois
requis le report de l’audience.

 

             
La commission de conciliation a constaté que le défaut du prénommé à l’absence
de représentation excluait la conciliation. Elle a dès lors constaté l’échec
de la conciliation et a délivré à l’intimé une autorisation de procéder.

 

             
Elle a encore mentionné que la partie demanderesse était en droit de porter l’action
devant le Tribunal des baux dans un délai de trente jours à compter de la délivrance de
l’autorisation de procéder.

 

4.             
Le 27 mars 2023, le conseil de l’appelant a déposé une demande de restitution et a sollicité
la tenue d’une nouvelle audience. Il a rappelé que l’intéressé avait été
victime d’un accident le 14 mars 2023 et que celui-ci s’était retrouvé dans l’incapacité
de comparaître à l’audience de conciliation du 16 mars 2023. Il a ajouté qu’il
avait dès lors été empêché de comparaître sans faute de sa part. Il a produit
un nouveau certificat médical, daté du 27 mars 2023, indiquant que l’appelant était
actuellement touché par une pathologie l’empêchant de se déplacer aisément
hors de chez lui et dans l’incapacité de se rendre à l’audience précitée.

 

 

             
En droit :

 

1.

1.1

1.1.1             
L’appel est recevable contre les décisions finales de première instance (art. 308 al.
1 let. a CPC [Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS 272]) au sens de l’art.
236 CPC, dans les causes patrimoniales dont la valeur litigieuse au dernier état des conclusions
devant l’autorité précédente est de 10’000 fr. au moins (art. 308 aI. 2 CPC).
Ecrit et motivé, il doit être introduit dans les trente jours à compter de la notification
de la décision motivée ou de la notification postérieure de la motivation (art. 311 al.
1 CPC).

 

             
Lorsque le litige porte uniquement sur la question de savoir si les conditions d’une expulsion
selon la procédure en cas clairs sont réalisées, la valeur litigieuse correspond au retard
causé par le recours à la procédure sommaire, dont il y a lieu en principe de fixer la
durée à six mois (ATF 144 III 346 consid. 1.2.1, JdT 2019 II 235). Si la résiliation des
rapports de bail est également contestée, la valeur litigieuse est égale au loyer pour
la période minimale pendant laquelle le contrat subsiste si la résiliation n’est pas
valable, période qui s’étend jusqu’à la date pour laquelle une nouvelle résiliation
peut être signifiée ; comme il faut prendre en considération la période de protection
de trois ans dès la fin de la procédure judiciaire selon l’art. 271a al. 1 let. e CO
(Code des obligations du 30 mars 1911 ; RS 220), la valeur correspondra en principe au montant du
loyer pendant trois ans (ATF 144 III 346 consid. 1.2.1, JdT 2019 II 235).

 

1.1.2             
Conformément à l’art. 149 CPC, le tribunal donne à la partie adverse l’occasion
de s’exprimer et statue définitivement sur la restitution de délai. Il n'y a dès
lors en principe ni recours ni appel ouvert contre l'admission ou le rejet d'une requête de restitution
de délai (CREC 10 mai 2023/93 et les réf. citées ; Tappy, in Commentaire romand, Code
de procédure civile, 2e
éd. 2019, n. 12 ad art. 149 CPC).

 

             
Toutefois, lorsque le rejet d’une demande de restitution au sens de l’art. 148 CPC intervient
après la clôture de la procédure et qu’il entraîne la perte définitive
d’un droit matériel, il constitue une décision finale, qui peut faire l’objet d’un
appel si la valeur litigieuse de 10’000 fr. est atteinte (ATF 139 III 478 consid. 6.3 et 7.3 ;
cf. TF 5A_262/2022 du 3 août 2022 consid. 1 ; cf. Sonnenberg, Restitution et voies de
recours, NewsletterBail.ch décembre 2013 ; TF 4A_343/2013 du 13 janvier 2014 consid. 5).

 

             
Tel est notamment le cas d’un refus de restitution de délai pour ouvrir une procédure
de conciliation, entraînant la perte définitive des moyens d’annulation de congé
prévus aux art. 271-271a CO (ATF 139 III 478 consid. 6.3 et 7.3), d’un refus de restitution
de délai pour contester une décision de dissolution d’une société pour défaut
d’organes (TF 4A_260/2016 du 5 août 2016 consid. 1.1), d’un refus de restitution de
délai pour obtenir la motivation écrite d’un jugement (TF 4A_21/2021 du 25 mai 2021 consid.
1), d’une décision d’expulsion en cas clair, qui jouit de l’autorité de la
chose jugée matérielle (CACI 17 août 2017/360), d’un refus de restitution de délai
en vue d’obtenir la tenue d’une nouvelle audience de faillite (CPF 5 mars 2018/26 ;
CPF 11 juin 2018/96) ou encore d’un refus de restitution de délai de réponse intervenu
après le jugement de divorce (CACI 13 août 2018/462).

 

             
Il incombe à l’appelant d’établir que le refus définitif de restitution entraînerait
la perte définitive de son action (CACI 25 août 2014/448). En revanche, lorsque le refus de
restitution n’entraîne pas la perte définitive de l’action ou du moyen de l’action,
l’appel contre ce refus est irrecevable (CACI 6 février 2017/66 ; CACI 8 juin 2015/289).

 

1.2             
En l’espèce, le loyer du logement concerné s’élève à 3’600
fr. par mois, de sorte que la valeur litigieuse est manifestement supérieure à 10’000
fr. et que la voie de l’appel est ouverte. En outre, l’appel a été déposé
en temps utile par une personne qui dispose d’un intérêt digne de protection (cf. art.
59 al. 2 let. a CPC).

 

             
Cela étant, selon la jurisprudence, le refus d’accorder une restitution au sens de l’art.
148 CPC – en l’occurrence la tenue d’une nouvelle audience de conciliation –
ne peut être attaqué en appel que s’il entraîne la perte définitive de l’action
ou du moyen de l’action. Or, l’appelant, qui se contente d’invoquer une constatation
inexacte des faits et un déni de justice, n’expose toutefois pas, comme il lui appartient
de le faire, en quoi le rejet de sa requête de restitution entraînerait la perte définitive
de son action ou d’un droit matériel. Une telle perte n’apparaît en outre pas ;
dans le cas présent, l’appelant est en effet intimé à la procédure de première
instance et ne saurait perdre définitivement, en raison du rejet de sa requête de restitution,
une action ou un droit matériel. L’intimé à la procédure d’appel s’est
en effet vu délivrer une autorisation de procéder et a en principe dû déposer une
demande contre l’appelant auprès du tribunal compétent. Ainsi, l’appelant pourra
prendre part à cette procédure et faire valoir ses moyens à cette occasion. L’appel
doit donc être déclaré irrecevable. Il n’y a pas davantage de perte définitive
d’un droit pour l’appelant dans l’hypothèse où l’intimé serait
resté inactif. 

 

2.             
En définitive, l’appel doit être déclaré irrecevable.

 

             
Il ne sera pas perçu de frais judiciaires de deuxième instance (art. 11 TFJC [tarif des frais
judiciaires civils du 28 septembre 2010 ; BLV 270.11.5]).

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour d’appel civile

prononce
:

 

             
I.             
L’appel est irrecevable.

 

             
II.             
L’arrêt, rendu sans frais, est exécutoire.

 

La
présidente :              Le greffier
:

 

 

 

Du

 

             
Le présent arrêt, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est
notifié à :

 

‑             
Me Alban Matthey, avocat (pour I.________),

‑             
Me Sandra Gerber, avocat (pour M.________),

 

             
et communiqué, par l’envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. le Président de la Commission de conciliation en matière de baux à loyer - Préfecture
du district de Lavaux-Oron 

 

             
Le présent arrêt peut faire l’objet d’un recours en matière civile devant
le Tribunal fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi sur le Tribunal fédéral du 17
juin 2005 ; RS 173.110), le cas échéant d’un recours constitutionnel subsidiaire
au sens des art. 113 ss LTF. Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n’est
recevable que si la valeur litigieuse s’élève au moins à 15’000 fr. en matière
de droit du travail et de droit du bail à loyer, à 30’000 fr. dans les autres cas, à
moins que la contestation ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours
doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent
la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

             
Le greffier :