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**Case Identifier:** 916326d6-4b5f-576d-a8f6-b5d1f342828d
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2012-04-24
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 24.04.2012 C/20781/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-20781-2010_2012-04-24.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 25 avril 2012. 

 

R E P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/20781/2010-3 CAPH/81/2012 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des prud'hommes 

DU 24 AVRIL 2012 

 

Entre 

A______, domiciliée à Genève, appelante d'un jugement rendu par le Tribunal des 
prud'hommes le 24 août 2011 (TRPH/613/2011), comparant par Me Christian 
BRUCHEZ, avocat, Rue Verdaine 12, Case postale 3647, 1211 Genève 3, en l'Étude 
duquel elle fait élection de domicile, 

 d'une part, 

Et 

B______ & CIE, ayant son siège à Genève, intimée, comparant par Me Serge FASEL, 
avocat, FBT Avocats, Rue du 31 Décembre 47, Case postale 6120, 1211 Genève 6, en 
l'Étude duquel elle fait élection de domicile, 

Et 

C______ SA, ayant son siège ______, à Bâle, intimée, comparant par Me Serge FASEL, 
avocat, FBT Avocats, Rue du 31 Décembre 47, Case postale 6120, 1211 Genève 6, en 
l'Étude duquel elle fait élection de domicile, 

Et 

Caisse de chômage Y______, Avenue Haldimand 21, case postale 1364, 1401 
Yverdon-les-Bains, intervenante 

 d'autre part. 

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EN FAIT 

A. B______ & CIE est une société en nom collectif dont le siège est à Genève et 
dont le but social est notamment le commerce de détail à l'enseigne "B______".  

C______ SA à Bâle est une entreprise dont le siège est à Bâle et qui a 
notamment pour but social l'exploitation de grands magasins à l'enseigne 
"B______".  

L'exploitation des enseignes "B______" est assurée depuis 2010 par C______ 
SA à Bâle. B______ & CIE est toutefois toujours inscrite au Registre du 
commerce de Genève. 

B. B______ & CIE a engagé A______ en qualité de collaboratrice de vente 
temporaire pour la période du 18 novembre au 24 décembre 2005. 

A______ a ensuite été engagée, au même poste, pour une durée indéterminée à 
compter du 1er mars 2006, à un taux d'activité de 80%. Elle a travaillé aux 
rayons lingerie et confection homme. 

En dernier lieu, le salaire mensuel brut de A______ était de 3'375 fr. 

C.  B______ & CIE était signataire de la convention collective cadre du commerce 
de détail 2008 - 2010 (ci-après : CCT-Cadre). Le syndicat Y______ avait 
également signé cette CCT, qui s'appliquait à tout le personnel de B______ & 
CIE. 

 L'art. 17.2 de cette CCT-Cadre prévoyait : "Il est interdit de discriminer ou de 
licencier un employé en raison de son activité exercée en qualité de 

représentant, de délégué syndical ou de membre des commissions du personnel 

des employés". 

 Cette disposition avait pour but de faire figurer dans un document plus 
accessible aux travailleurs une disposition protégeant les délégués syndicaux. 
Pour la partie syndicale, cette disposition renforçait les droits des travailleurs 
délégués. La partie patronale n'avait pas soulevé d'exception particulière quant à 
son application, et considérait que cette disposition reprenait les dispositions 
légales existantes. La CCT-Cadre avait pris comme référence l'art. 12 al. 2 de la 
Loi fédérale sur la participation du 17 décembre 1993, lequel stipulait que 
l’employeur n’avait pas le droit d’empêcher les représentants des travailleurs 
d’exercer leur mandat. L'art. 17.2 CCT-Cadre s'inspirait également de la CCT de 
X______. Lors des négociations pour l'adoption de la CCT-Cadre, la question 
des sanctions avait été abordée, mais n'avait jamais été tranchée  (témoins 
D______, E______, F______, G______). 

D. Il n'est pas contesté que A______ était membre du syndicat Y______. Elle a 
représenté le syndicat lors de séances de la Commission paritaire de la 
convention collective cadre du commerce de détail genevois, ainsi que dans des 

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réunions tripartites organisées par le Département de l'économie et de la santé. 
En revanche, elle n'a pas participé aux séances de la Commission paritaire au 
cours desquelles l'adoption de l'art. 17.2 de la CCT-Cadre a été discutée. Elle a, 
en décembre 2008, été élue présidente de la section genevoise du syndicat. 
L'appelante a admis, lors de sa comparution personnelle du 10 janvier 2011 ne 
pas avoir informé son employeur de cette élection. Cette absence d'information a 
été confirmée par témoins (témoins E______, H______, I______). 

E. Lors du Noël des familles du personnel de B______ & CIE, le 10 décembre 
2006, A______ a porté un badge évoquant le conflit syndical sur les nocturnes, 
et elle a mené, début 2007, une action syndicale sur la surface de vente de 
B______ & CIE, comportements qui avaient gêné certains de ses collègues 
lesquels se sont plaints auprès du directeur commercial. Un entretien a eu lieu le 
25 février 2007 entre la direction et A______, laquelle s'est engagée à ne plus 
recommencer. Elle a été avertie oralement qu'en cas de récidive son contrat 
serait résilié (témoins H______, J______). 

F. Par courrier du 27 septembre 2007, B______ & CIE a adressé un avertissement 
à A______. Elle lui reprochait d'avoir distribué aux employés, au sein du 
magasin, des tracts émanant du syndicat Y______ et d'avoir ainsi perturbé 
certains de ses collègues. Faisant référence à l'entretien qui s'était déroulé le 25 
février précédent, B______ & CIE rappelait le respect de l'engagement syndical 
de A______, tout en précisant que cette activité devait se manifester en dehors 
du magasin. 

 Le syndicat Y______ a contesté cet avertissement par courrier du 4 octobre 
2007, estimant qu'il portait atteinte aux droits syndicaux dans l'entreprise. 

 B______ & CIE y a répondu en précisant que la remise des tracts par A______ 
au sein du magasin allait au-delà de l'activité syndicale, et perturbait une partie 
du personnel, de sorte qu'il appartenait à la direction d'intervenir pour protéger 
l'intégrité et le bien-être de tous ses collaborateurs. 

 Le 7 novembre 2007, une réunion a eu lieu en présence des collaborateurs de 
B______ & CIE qui s'étaient plaints de l'activité syndicale de A______ sur son 
lieu de travail. 

 Suite à cette réunion, le syndicat Y______ a maintenu, par courrier du 
16 novembre 2007, son opposition à l'avertissement signifié à A______, 
considérant que B______ & CIE avait exagéré les plaintes des collaborateurs. 

 B______ & CIE a maintenu, par courrier du 29 novembre 2007, son 
avertissement. 

G. Deux entretiens d'évaluation ont eu lieu en 2008, les 14 janvier et 28 août, entre 
A______ et K______, son supérieur hiérarchique. Ces évaluations faisaient 
ressortir que l'employée entretenait des relations difficiles avec une majorité de 
ses collègues, qu'elle avait des difficultés de communication, qu'elle pouvait 

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avoir des comportements difficiles lors des soldes, qu'elle avait du mal à 
accepter les remarques de ses supérieurs, qu'elle était impulsive et que ses 
attitudes avaient une forte répercussion sur son humeur et son comportement 
avec ses collègues. Le contenu de ces deux entretiens a été contesté par 
A______ auprès de son supérieur, notamment dans une lettre du 15 janvier 
2008. 

H. Si A______ était très disponible pour les employés qui rencontraient des 
problèmes avec B______ & CIE et auxquels elle accordait écoute et conseils, 
d'une manière générale son comportement posait problème dans les rayons où 
elle travaillait. Elle était perçue par ses collègues et ses supérieurs directs, avec 
lesquels elle avait des relations très conflictuelles, comme autoritaire et 
arrogante. L______, supérieur direct de A______ dès août 2008, a constaté dès 
son arrivée au rayon confection homme en août 2008 que l'ambiance s'était très 
dégradée du fait des critiques constantes de A______, tant à son égard qu'à celui 
d'autres collègues. L'ambiance du rayon s'était apaisée après le départ de 
l'appelante. J______, responsable du personnel, a dû gérer des tensions au sein 
du rayon car A______ insultait ses collègues. K______, gestionnaire de vente et 
supérieur hiérarchique de A______, a dû gérer en novembre 2008 les problèmes 
rencontrés par deux collègues de A______ qui disaient être rabaissées et 
dévalorisées par cette dernière, et dont l'une avait développé des problèmes de 
sommeil. L'entretien que K______ avait eu avec A______, destiné à régler ces 
tensions, avait été écourté après quelques minutes par cette dernière qui 
s'estimait injustement persécutée. A______ contestait systématiquement les 
points soulevés lors des discussions avec K______ et le contenu des entretiens 
d'évaluation, car elle n'acceptait pas les suggestions de progression. Un incident 
particulier avec une cliente avait nécessité une séance de recadrage le 5 
novembre 2008 en présence de L______ et du directeur du magasin, M______. 
Cette séance avait produit, comme toujours, une série de courriers de A______ 
et du syndicat. K______ s'était retrouvé à bout de force en décembre 2008, car la 
gestion de A______ lui prenait trop de temps et il n'arrivait plus à s'occuper des 
autres collaborateurs ni du domaine commercial. Il a finalement demandé son 
transfert dans un autre magasin "B______"; il était, avant ce transfert, peu bien 
en raison de la gestion récurrente des conflits avec A______, ce qu'il a confirmé 
le 9 février 2009 dans une lettre à son employeur (témoins H______, J______, 
M______, L______, N______, O______, K______, P______, Q______, 
R______).  

I. A______ a été incapable de travailler pour raison de maladie du 13 novembre 
2008 au 26 décembre 2008, date à laquelle elle a repris le travail à 50%. 

J. Dans un article de la Tribune de Genève du 24 décembre 2008 dénonçant des 
abus lors de l'ouverture nocturne des magasins, A______, présentée comme 
"vendeuse dans une grande surface genevoise" était nommément citée et 
déclarait : "Il est faux de croire que nous nous portons volontaires pour 

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travailler certains soirs. La plupart des magasins imposent leurs plannings 

hebdomadaires. Ils diminuent arbitrairement le temps de travail certaines 

semaines, ce qui nous oblige à les rendre en travaillant les soirs. (…) Les 

magasins créent le besoin de se porter volontaires. (…) Ce procédé est 

généralisé et l'inspection du travail laisse faire. (…) Et pas question de s'en 

plaindre, sinon c'est la porte! (…) Les pressions durent toute l'année. Quand on 

est jeune, cette contrainte passe encore. Mais avec une famille à charge, c'est 

intolérable. Alors que l'on n'aille pas me parler maintenant d'ouvertures 

dominicales!".  

K. Le 20 janvier 2009 le syndicat Y______ a organisé une assemblée du personnel 
de B______ & CIE, à l'issue de laquelle il a adressé, le 26 janvier 2009, un 
courrier à B______ & CIE pour lister plusieurs problèmes constatés et proposer 
la constitution d'une commission du personnel.  

 Un échange de courriers s'en est suivi pour fixer une réunion qui devait se tenir 
le 16 février 2009. Le syndicat Y______ proposait que la réunion ait lieu en 
présence de A______, d'une employée du supermarché et de E______ du 
syndicat Y______. B______ & CIE souhaitait uniquement la présence de 
I______, du syndicat Y______. La réunion a été annulée et remplacée par une 
rencontre en mars 2011 en vue de la "normalisation des rapports" entre B______ 
& CIE et le syndicat Y______. 

  A______ a été pressentie au sein du syndicat Y______ pour siéger au sein de la 
commission du personnel que le syndicat souhaitait mettre en place au sein de 
B______ & CIE. Toutefois, sa candidature n'avait pas été portée à la 
connaissance de B______ & CIE (témoin I______).  

L. Par courrier du 18 février 2009, B______ & CIE a remis à A______ une lettre 
de licenciement pour le 30 avril 2009 et l'a libérée de son obligation de 
travailler. 

 La lettre mentionnait tout d'abord le motif suivant : "[…] Ces derniers mois, 
votre comportement au travail a donné lieu à des situations qui ont fait l'objet de 

plusieurs entretiens sans que vous ne soyez jamais ouverte aux remarques que 

nous avons été amenés à formuler. Vous les avez systématiquement contestées 

sans aucune amélioration de votre attitude". 

 Le courrier reprenait ensuite les termes des citations de A______ dans l'article 
de la Tribune du 24 décembre 2008 pour conclure : "Vous avez ainsi porté 
atteinte à la considération de B______ de manière largement reconnaissable 

par des propos que nous contestons vigoureusement en ce qui nous concerne. 

Nous considérons que vous avez manqué de loyauté à notre égard et que notre 

lien de confiance est rompu. Eu égard à ces circonstances nous considérons 

qu'il est préférable de nous séparer".  

M. Par courrier de son syndicat du 24 février 2009, A______ s'est opposée au 
licenciement, au motif que le congé avait été donné en raison de ses activités 

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syndicales, puisqu'elle était représentante des travailleurs au sein de la 
Commission paritaire professionnelle du commerce de détail. Elle estimait que 
le motif du licenciement était son intervention dans l'article de la Tribune de 
Genève du 24 décembre 2008 alors qu'elle s'exprimait dans ses fonctions de 
représentante des vendeuses. Son licenciement intervenait en outre alors que la 
constitution d'une commission du personnel avait été demandée à B______ & 
CIE. Dès lors, ce licenciement violait l'article 17.2 de la Convention collective-
cadre du commerce de détail. 

B______ & CIE n'est pas entrée en matière. 

N. Par demande du 30 avril 2009, le syndicat Y______ a saisi la Chambre des 
relations collectives de travail d'une demande en annulation du licenciement de 
A______ et en réintégration de cette dernière. Agissant en son nom propre, le 
syndicat a notamment demandé par la voie de mesures provisionnelles que 
A______ soit réengagée provisoirement à compter du 1er mai 2009. 

Par décision sur mesures provisionnelles du 26 mai 2009, la Chambre des 
relations collectives de travail a ordonné à B______ & CIE de réintégrer 
A______ jusqu'à droit jugé sur le fond. A______ a été réintégrée au sein de 
l'effectif de B______ & CIE le 28 mai 2009 et son salaire versé pour la période 
postérieure au 30 avril 2009, date de l'entrée en force du congé. 

 Par arrêt du 30 septembre 2009, le Tribunal fédéral a déclaré irrecevable le 
recours interjeté par B______ & CIE. 

 Par décision du 16 mars 2010, notifiée le 18 mars 2010, la Chambre des 
relations collectives de travail a déclaré irrecevable la demande interjetée le 
30 avril 2009 par le syndicat Y______. A______ a dès lors cessé de faire partie 
de l'effectif de B______ & CIE dès le 18 mars 2010, date à partir de laquelle son 
salaire n'a plus été payé. Elle s'est inscrite au chômage. 

Par arrêt du 12 juillet 2010, le Tribunal fédéral a rejeté le recours en matière 
civile formé par le syndicat Y______. 

O. Par demande déposée le 10 septembre 2010 au greffe de la Juridiction des 
prud’hommes (reçue le 10), A______ a conclu à ce que B______ & CIE et 
C______ SA soient condamnées, conjointement et solidairement, à lui verser au 
total 18'390 fr., à titre de salaires pour la période du 19 mars au 31 août 2010, 
plus intérêts à 5 %, sous réserve d'amplification.  

 A______ alléguait que le congé qui lui avait été notifié était nul, car contraire à 
l'art. 17.2 CCT-Cadre. 

Par mémoire-réponse du 10 novembre 2010, B______ & CIE et C______ SA 
ont conclu au déboutement de A______ de toutes ses conclusions, avec suite de 
frais et dépens. 

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A l’audience du 10 janvier 2011, A______ a persisté dans ses conclusions, les 
amplifiant de 18'798 fr. 40 correspondant aux salaires mensuels bruts de 
septembre 2010 à décembre 2010, ainsi qu'au solde du treizième salaire pour la 
période du 19 mars au 31 décembre 2010. Elle a indiqué être au bénéfice de 
prestations de l'assurance-chômage depuis le 19 mars 2010.  

 A l'audience du 10 janvier 2011, B______ & CIE et C______ SA ont conclu 
derechef au déboutement de A______. 

 Le Tribunal a ordonné l'apport de la procédure C-06-06 de la Chambre des 
relations collectives de travail. 

A l’audience des 7 mars et 11 avril 2011, A______ a amplifié ses conclusions; 
elle a requis le versement supplémentaire de 6'750 fr. correspondant aux salaires 
dus pour les mois de janvier et février 2011 et de 3'375 fr. pour le mois de mars 
2011. 

B______ & CIE et C______ SA ont derechef conclu au déboutement de 
A______. 

P. Par courrier parvenu au Tribunal des Prud'hommes le 3 janvier 2011, la Caisse 
de chômage Y______ (ci-après : Caisse Y______) est intervenue à la procédure, 
pour se subroger dans les droits de A______ à l'encontre de B______ & CIE à 
concurrence de 27'094 fr. 80 brut, correspondant aux indemnités journalières de 
chômage versées à A______ de mars à décembre 2010. 

Par courriers des 1er février et 6 juin 2011, la Caisse Y______ a amplifié ses 
conclusions de 13'078 fr. 20 brut plus intérêts moratoires au taux de 5% l’an dès 
le 31 janvier 2011, correspondant aux indemnités journalières de chômage 
versées à A______ de janvier à mai 2011. 

Q.  Par jugement du 24 août 2011, expédié pour notification aux parties le 
29 août 2011, le Tribunal des prud'hommes a, préalablement, déclaré irrecevable 
la demande formée  le 23 juillet 2010 [recte : 10 septembre 2010] par A______ à 
l'encontre de B______ & CIE (chiffre 1 du dispositif), déclaré la demande 
recevable pour le surplus (ch. 2); cela fait,  débouté tant A______ (ch. 3) que la 
Caisse de chômage Y______ (ch. 4) de leurs conclusions, et débouté les parties 
de toutes autres conclusions (ch. 5). 

 En substance, le Tribunal a retenu que B______ & CIE a été radiée du Registre 
du commerce avec effet au 31 décembre 2009, de sorte qu'elle ne pouvait pas 
être assignée le 10 septembre 2010. En outre, les juges ont estimé que le congé 
donné par C______ SA le 18 février 2009 à l'encontre de A______ n'était ni nul 
ni abusif, car motivé par le comportement de l'employée sur son lieu de travail et 
ses problèmes relationnels, lesquels avaient déjà fait l'objet d'avertissements, et 
non en raison de son appartenance à un syndicat. 

R. Par acte déposé au greffe de la Cour le 29 septembre 2011, A______ (ci-après : 
l'appelante) a formé appel contre le jugement précité.  

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A titre liminaire, l'appelante demande l'annulation du ch. 1 du jugement et à ce 
que la qualité pour défendre de B______ & CIE soit reconnue. A cet effet, 
l'appelante produit l'extrait du registre du commerce daté du 29 septembre 2011 
attestant que la société en nom collectif B______ & CIE est toujours inscrite au 
registre du commerce genevois. 

L'appelante conclut ensuite à l'annulation du ch. 3 du jugement et à ce que 
B______ & CIE et C______ SA soient condamnées à lui verser les salaires du 
19 mars 2010 à août 2011, soit un total de 61'439 fr. 50, avec intérêts à 5% l'an, 
subsidiairement à ce que ces sociétés soient condamnées à lui verser 18'290 fr. 
30, ainsi qu'au paiement supplémentaire de 13'375 fr. à titre de salaire pour les 
mois d'avril 2011 à août 2011, avec intérêt à 5% pour chacune des mensualités.  

S. Par mémoire-réponse du 25 novembre 2011, B______ & CIE et C______ SA 
ont conclu au rejet de l'appel. A la forme, elles s'en rapportent à justice s'agissant 
de la qualité pour défendre des B______ & CIE. Au fond, elles estiment que le 
congé signifié le 18 février 2009 n'était pas abusif car nullement fondé sur 
l'activité syndicale de l'appelante, mais en raison du comportement de cette 
dernière avec ses collègues, avec ses supérieurs hiérarchiques et avec la 
clientèle. 

 Elles allèguent pour la première fois en appel que l'appelante a saisi le Tribunal 
des Prud'hommes d'une demande d'indemnités après l'échéance du délai de 
péremption de 180 jours depuis l'échéance du contrat, de sorte qu'elle a agi 
tardivement. 

T. La Caisse de chômage Y______ a déclaré, par courrier du 31 octobre 2011, se 
"[rallier] à la partie appelante". 

 

EN DROIT 

1. Interjeté dans la forme et le délai prescrits par la loi (art. 311 al. 1 CPC), l'appel 
est recevable. 

La valeur litigieuse s'élevant à plus de 10'000 fr., il s'agit d'un appel (art. 308 al. 1 
let. a CPC). La Cour revoit la cause avec un plein pouvoir d'examen 
(art. 310 CPC). 

2. A teneur de l'art. 317 al. 1 CPC, les moyens de preuve nouveaux ne sont 
recevables qu'à la condition d'être produits sans retard et s'ils ne pouvaient être 
produits devant la première instance bien que la partie qui s'en prévaut ait fait 
preuve de la diligence requise (JEANDIN, Code de procédure civile commenté, 
2011, n. 6-8 ad art. 317; HOHL, Procédure civile, Tome II, 2e éd., 2010, p. 437-
438 n. 2411-2413; OBERHAMMER, ZPO Kurzkommentar, 2010, n. 3 ad art. 
317). 

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 En l'espèce, il n'est pas nécessaire d'examiner si la nouvelle pièce produite par 
l'appelante remplit ces conditions, dès lors que le fait dont elle se prévaut - 
l'inscription de la société en nom collectif B______ & CIE au Registre du 
commerce de Genève - est notoire (art. 151 CPC). Ce fait étant inscrit dans un 
registre public librement accessible, l'appelante n'avait pas à le documenter, et il 
pourra être pris en compte par la Cour. 

3. La demande ne peut être modifiée que si les conditions fixées à l'art. 227 
al. 1 CPC sont remplies et si la demande repose sur des faits ou des moyens de 
preuve nouveaux (art. 317 al. 2 CPC). 

 La prise de conclusions nouvelles en appel doit être admise restrictivement, car 
elle porte atteinte au principe du double degré de juridiction. La loi pose deux 
conditions cumulatives. Les conclusions nouvelles ne sont recevables que dans la 
mesure où elles reposent sur des faits ou moyens de preuve nouveaux, lesquels 
doivent bien évidemment être recevables en appel (JEANDIN, Code de procédure 
civile commenté, ad art. 317 n. 11, 12). 

 En l'espèce, l'appelante conclut au paiement de salaires postérieurs à mars 2011 - 
ses dernières conclusions devant le Tribunal - ce qui est prohibé par l'art. 317 al. 2 
CPC, étant précisé que la partie adverse n'a pas consenti à cette modification, et 
que celle-ci ne repose pas sur des faits nouveaux à part l'écoulement du temps. 

 Les nouvelles conclusions de l'appelante seront dès lors déclarées irrecevables.  

4. L'appelante fait grief aux premiers juges d'avoir dénié à tort à B______ & CIE la 
qualité de partie au motif qu'elle aurait été radiée du registre du commerce de 
Genève avec effet au 31 décembre 2009.  

 Les intimées ont déclaré, dans leur mémoire de réponse à l'appel, s'en rapporter à 
justice sur cette question. 

4.1 Comme l'allègue à juste titre l'appelante, il résulte de l'extrait du registre du 
commerce de Genève que cette société y est toujours inscrite. L'extrait du registre 
du commerce bâlois relatif à C______ SA n'indique par ailleurs pas que cette 
dernière aurait repris les actifs et passifs de la société genevoise B______ & CIE. 
Cette dernière, société en nom collectif, étant toujours active, elle a donc la 
capacité d'être partie à une procédure (art. 562 CO). 

4.2 Le juge examine d'office la légitimation des parties au procès. La légitimation 
active ou passive est une condition de fond du droit exercé. Elle relève du droit 
matériel fédéral (ATF 123 III 60 consid. 3a). Il ne s'agit pas d'une condition 
d'ordre procédural dont dépend la recevabilité de l'action. L'absence de 
légitimation active ou passive se traduit par un déboutement au fond et non par 
l'irrecevabilité de l'action (ATF 114 II 345; 107 II 85 consid. 2; 100 II 169 consid. 
3; 97 II 97 consid. 2). 

La légitimation active et passive appartiennent au titulaire, respectivement à 
l'obligé, du droit litigieux. Ainsi, le créancier et le débiteur d'une créance ont, 

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respectivement, la légitimation active et passive dans le procès ayant pour objet 
cette créance (HOHL, Procédure civile, Tome 1, Berne 2001, n. 438 p. 98). 

4.3 En l'espèce, il n'est pas contesté que l'appelante a conclu un contrat de travail 
avec B______ & CIE le 1er mars 2006. La lettre de licenciement adressée le 18 
février 2009 à A______ est rédigée à l'entête de "B______ Genève, ______ & 
Cie, 1211 Genève, Direction du personnel." Les pièces produites par les parties 
n'établissent pas que C______ SA aurait repris les obligations de B______ & CIE 
depuis 2009. 

Il en résulte que seule B______ & CIE (ci-après : l'intimée), en sa qualité 
d'employeur de A______, dispose de la légitimation passive, ce qui n'est pas le 
cas de C______ SA.  

4.4 C'est donc à tort que les premiers juges ont déclaré irrecevable la demande en 
tant qu'elle était dirigée contre B______ & CIE, alors qu'ils auraient dû conclure 
au déboutement des conclusions prises à son encontre. 

 L'appel sera donc admis sur ce point et le jugement sera annulé en ce sens que  
l'appelante sera déboutée de ses conclusions prises à l'encontre de C______ SA 
(cf. considérant 7 ci-après) dès lors que seule B______ & CIE a la légitimation 
passive. 

5. L'intimée soulève devant la Cour la péremption de l'action en indemnité de 
l'appelante, au sens de l'art. 336b CO. 

 Elle allègue que le contrat de travail ayant été résilié pour le 30 avril 2009 et 
n'ayant pas été prolongé pour l'un des motifs énoncés à l'art. 336c CO, l'appelante 
aurait dû agir par voie d'action en justice dans un délai de 180 jours à compter, au 
plus tard au 30 avril 2009, date de la fin des rapports de travail entre les parties. 
Elle considère que la saisine, par le syndicat Y______ en son nom propre, de la 
Chambre des relations collectives de travail ne peut être considérée comme une 
action en justice de l'appelante, la requête du syndicat ayant été jugée irrecevable. 
Il y a ainsi lieu de considérer que l'appelante n'a pas satisfait aux obligations 
imposées par l'art. 336b CO de sorte que son action est périmée. 

 5.1 S'agissant d'un délai de péremption, les conditions de l'art. 336b CO sont 
examinées d'office par le juge. Selon l'art. 336b al. 1 CO, la partie qui entend 
demander l'indemnité fondée sur les articles 336 et 336a doit faire opposition au 
congé par écrit auprès de l'autre partie au plus tard jusqu'à la fin du délai de congé. 
Par opposition, il faut entendre toute manifestation de volonté par laquelle une 
partie fait connaître son désaccord avec le congé qui lui a été notifié (arrêt du 
Tribunal fédéral 4C.39/2004 du 8 avril 2004, consid. 2.1; MANFRED 
REHBINDER/WOLFGANG PORTMANN, Commentaire bâlois, n. 3 ad art. 336b 
CO; AUBERT, Commentaire romand, n. 1 ad art. 336b CO). 

 En l'espèce, le syndicat Y______, agissant pour le compte de l'appelante, a formé 
opposition le 24 février 2009 auprès de l'intimée contre le congé du 

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18 février 2009. L'appelante a donc valablement formé opposition contre le congé, 
ce qui n'est d'ailleurs pas remis en cause par les parties. 

 5.2 Lorsque les parties ne se sont pas entendues pour maintenir les rapports de 
travail - but de l'opposition prévue à l'art. 336b al. 1 CO -, le contrat prend 
normalement fin à l'échéance du délai de congé. Si elle entend obtenir une 
indemnité, la partie qui prétend avoir été victime d'une résiliation abusive doit 
alors faire valoir sa prétention par voie d'action en justice. Une poursuite ne suffit 
pas. Afin d'assurer la sécurité du droit, l'art. 336b al. 2 CO prévoit que l'action doit 
être ouverte dans les 180 jours à compter de la fin du contrat. L'inobservation des 
exigences posées à l'art. 336b al. 2 CO entraîne des conséquences rigoureuses, la 
loi prévoyant expressément la péremption du droit à l'indemnité dans un tel cas 
(ZOSS, La résiliation abusive du contrat de travail, étude des articles 336 à 336b 
CO, thèse, Lausanne 1997, p. 313ss). 

 En l'espèce, l'appelante a saisi le Tribunal des prud'hommes le 10 septembre 2010, 
soit bien après l'écoulement du délai de 180 jours après la fin des rapports de 
travail prévue le 30 avril 2009. 

 Il y aurait donc lieu de déterminer si la requête déposée en son propre nom par le 
syndicat Y______ le 30 avril 2009 devant la Chambre des relations collectives de 
travail a étendu ses effets à l'appelante d'une part et était d'autre part une "action 
en justice" au sens de l'art. 336 al. 2 CO. Dans la négative, il y aurait encore lieu 
d'examiner si la computation du délai de 180 jours aurait pu valablement débuter 
le lendemain du 18 mars 2010, date à laquelle A______ a cessé de recevoir son 
salaire après avoir été réintégrée au sein de l'effectif de l'intimée par décision sur 
mesures provisionnelles du 26 mai 2009 de la Chambre des relations collectives 
de travail. 

 Ces questions peuvent toutefois demeurer indécises, compte tenu des considérants 
qui suivent. 

6. L'appelante fait grief aux premiers juges de ne pas avoir retenu le caractère abusif 
de son licenciement.  

Elle allègue que le congé est nul en vertu de l'art. 17.2 de la CCT-Cadre (consid. 
6.2 ci-après) et qu'il est abusif car elle siégeait depuis plusieurs années comme 
représentante des travailleurs au sein de la Commission paritaire du commerce de 
détail et revêtait ainsi la qualité de déléguée syndicale (art. 336 al. 1 let b et al. 2 
let a CO), et qu'elle avait été désignée par le syndicat Y______ pour siéger dans la 
commission du personnel de son employeur (art. 336 al. 2 let b CO; consid. 6.3 ci-
après).  

De son côté, l'intimée allègue que le congé a été donné en raison du comportement 
de l'appelante sur son lieu de travail (consid. 6.1) et non en raison de son 
appartenance au syndicat Y______ ou en raison des activités syndicales exercées 
par cette dernière. 

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6.1 Par lettre de congé notifiée le 18 février 2009 à l'appelante, l'intimée a motivé 
le licenciement par le comportement de l'employée au travail, ayant fait l'objet de 
plusieurs entretiens sans qu'elle n'ait jamais été ouverte aux remarques qui lui 
avaient été formulées. Cette lettre de licenciement relevait que l'appelante avait 
systématiquement contesté les remarques de son employeur, sans aucune 
amélioration de son attitude. Dans un deuxième temps, la lettre reprenait les 
citations de l'appelante dans l'article de la Tribune du 24 décembre 2008 pour 
conclure que l'employée avait manqué de loyauté à l'égard de son employeur et 
que le lien de confiance était rompu. 

6.1.1 Lorsque plusieurs motifs de congé entrent en jeu et que l'un d'eux est ou 
pourrait être illicite, il suffit que l'un des motifs du congé ne soit pas abusif et que 
ce motif revête un caractère causal, c'est-à-dire qu'en l'absence de ce motif le 
licenciement n'eût pas été prononcé, pour que le congé soit conforme au droit 
(ATF du 11.11.1993 consid. 1c in SJ 1995 p. 799; AUBERT in Commentaire 
romand I, ad art. 336 CO, n° 15). 

6.1.2 En l'espèce, les enquêtes ont établi que l'appelante, depuis plusieurs années, 
posait problème dans les rayons où elle travaillait (confection homme et lingerie). 
Son attitude a été qualifiée d'arrogante et méprisante, voire insultante, par 
plusieurs collègues. Elle a également fait l'objet de plaintes de la part de la 
clientèle, ce qui paraît courant, mais n'a jamais accepté les remarques qui lui 
étaient faites par sa hiérarchie lorsque ces plaintes étaient justifiées. Son 
comportement a donné lieu à plusieurs réunions avec ses supérieurs hiérarchiques, 
la direction et le service du personnel. Lors de chacune de ces réunions, 
l'appelante a contesté les remarques qui lui étaient adressées, ainsi que les 
suggestions d'amélioration, montrant ainsi une incapacité à se remettre en 
question et à progresser. Chacune de ces réunions a donné lieu à des échanges de 
courriers, de la part de l'appelante et/ou du syndicat, par exemple lors de 
l'avertissement qui lui a été donné en septembre 2007. En 2008, soit après cet 
avertissement, l'appelante a abordé les entretiens d'évaluation avec le même état 
d'esprit contestataire. Elle a ainsi démontré son incapacité à accepter les 
remarques et à envisager une amélioration de son attitude au travail. Le 
comportement de l'appelante a affecté ses collègues et l'ambiance de travail, de 
manière accrue en 2008. Par son attitude systématiquement en opposition, elle a 
empêché son supérieur hiérarchique direct d'accomplir sa mission, conduisant ce 
dernier, en décembre 2008, à demander son transfert dans un autre magasin du 
groupe B______, ce qui a pu être réalisé début février 2009. 

L'appelante n'a montré aucune volonté d'améliorer son comportement ni aucun 
signe de progression après la réception de l'avertissement de septembre 2007. 
Dans ces conditions, le motif tiré de l'attitude de l'appelante sur son lieu de travail 
apparaît comme réel et causal dans le licenciement qui lui a été signifié le 
18 février 2009. 

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 Dès lors, peu importe que l'intimée ait également fait référence, dans le courrier de 
licenciement, à l'intervention de l'appelante dans l'article de la Tribune de Genève 
du 24 décembre 2008. Même s'il devait être considéré que l'appelante avait, dans 
l'interview du 24 décembre 2008, valablement exercé ses droits syndicaux - ce que 
la Cour se dispensera d'examiner au vu du résultat du présent considérant -, la 
référence à cet interview dans la lettre de congé ne revêtirait pas un caractère 
causal, au contraire de la référence au comportement problématique de l'appelante 
sur son lieu de travail. 

 L'appelante ne peut tirer aucun argument du fait que le congé est intervenu un peu 
plus d'un mois après l'interview alors que son comportement était connu depuis 
longtemps. L'appelante était en arrêt maladie depuis le 13 novembre 2008. Et c'est 
en décembre 2008 que son supérieur hiérarchique a demandé son transfert, 
demande qu'il a clairement mise sur le compte de l'attitude de l'appelante dans un 
courrier qu'il a adressé à l'intimée le 9 février 2009. 

 C'est donc à juste titre que les premiers juges ont estimé que le motif de 
licenciement invoqué par l'intimée, tiré du comportement de l'appelante sur son 
lieu de travail, était réel et causal. La Cour retiendra donc que l'intimée avait un 
juste motif pour résilier le contrat de travail. 

6.2 L'appelante invoque l'art. 17.2 CCT-Cadre en alléguant que cette disposition 
protège de manière accrue l'employé qui exerce des activités syndicales, rendant 
nul un licenciement à son encontre. Il y a donc lieu d'examiner si, nonobstant le 
motif de licenciement réel et justifié admis par la Cour (cf. consid. 6.1.2 ci-
dessus), l'art. 17.2 rendait nulle toute résiliation du contrat de travail de l'appelante 
en raison de ses mandats syndicaux. 

 6.2.1 Par convention collective, des employeurs ou associations d'employeurs, 
d'une part et des associations de travailleurs, d'autre part, établissent, en commun, 
des clauses sur la conclusion, l'objet et la fin des contrats individuels de travail 
entre employeurs et travailleurs intéressés (art. 356 al. 1 CO). Sauf disposition 
contraire de la convention, les clauses relatives à la conclusion, au contenu et à 
l'extinction des contrats individuels de travail ont, pour la durée de la convention, 
un effet direct et impératif envers les employeurs et travailleurs qu'elles lient (art. 
357 al. 1 CO). 

En vertu de l'art. 357 al. 2 CO, les parties à un contrat de travail ne peuvent 
valablement convenir de clauses qui dérogent aux clauses impératives d'une 
convention collective de travail qui les concerne que dans la mesure où elles sont 
favorables au travailleur. Cette disposition permet de stipuler des accords plus 
favorables au travailleur, garantissant ainsi la liberté contractuelle dans le cadre 
des dispositions collectives de travail (WYLER, Droit du travail, Berne 2008, 
page 701). 

A teneur de l'art. 358 CO, le droit impératif de la Confédération et des cantons 
l'emporte sur la convention collective de travail; toutefois, les dérogations 

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stipulées en faveur des travailleurs sont valables, à moins que le droit impératif ne 
s'y oppose expressément. Les dispositions absolument impératives du Code des 
obligations prennent dès lors un caractère semi-impératif; il est donc possible d'y 
déroger en faveur du travailleur si la loi ne s'y oppose pas expressément. A cet 
égard, il convient de souligner que l'art. 361 CO précise qu'il ne peut être dérogé 
aux dispositions qui y sont énumérées ni au détriment de l'employeur, ni au 
détriment du travailleur, ni même par CCT (WYLER, op. cit. p. 695). 

Selon l'art. 362 al. 1 et 2 CO, il peut être dérogé, en faveur du travailleur, à l'art. 
336 al. 2 CO par convention collective. 

En l'espèce, en tant qu'il ne déroge pas à l'art. 336 al. 2 let a et b CO en défaveur 
de l'appelante, l'art. 17.2  CCT-Cadre ne viole pas le droit impératif de la 
Confédération. Cette disposition peut donc être invoquée par l'appelante. 

6.2.2 L'art. 17.2 CCT-Cadre prévoit qu'il est interdit de discriminer ou de licencier 
un employé "en raison" de son activité exercée en qualité de représentant, de 
délégué syndical ou de membre des commissions du personnel des employés. Les 
enquêtes n'ont pas établi que cette disposition aurait eu pour vocation d'instaurer 
une protection accrue des travailleurs ayant des activités syndicales.  

A l'instar de l'art. 336 al. 1 let b et al. 2 let a CO, l'art. 17.2 CCT-Cadre s'applique 
au travailleur dont le licenciement intervient en raison de ses activités syndicales. 

6.3  6.3.1 A teneur de l'art. 336 al. 2 let a CO, est abusif le congé donné par 
l'employeur en raison de l'appartenance ou de la non-appartenance du travailleur à 
une organisation de travailleurs ou en raison de l'exercice conforme au droit d'une 
activité syndicale. Il s'agit là d'une protection spéciale de la liberté syndicale. 
L'exercice doit cependant être conforme au droit, les activités illicites n'étant pas 
protégées. Le travailleur doit donc respecter les dispositions constitutionnelles et 
légales ainsi que les dispositions des CCT (WYLER, Droit du travail, Berne 2008, 
p. 548). 

 La preuve du caractère abusif du congé incombe à la partie à laquelle celui-ci est 
signifié (art. 8 CC ; ATF 123 III 246). Cependant, la preuve ayant souvent pour 
objet des éléments subjectifs, le juge peut présumer en fait l’existence d’un congé 
abusif lorsque l’employé parvient à présenter des indices suffisants pour faire 
apparaître comme fictif le motif avancé par l’employeur, et le motif abusif plus 
plausible. Cette présomption de fait n’a cependant pas pour effet de renverser le 
fardeau de la preuve. La partie demanderesse doit alléguer et offrir un 
commencement de preuve d’un motif abusif de congé. De son côté, l’employeur 
ne saurait alors demeurer inactif; il doit apporter les preuves à l’appui de ses 
propres allégations quant au motif du congé (SJ 1993, p. 360 ; ATF 115 II 484, 
consid. 2b ; STREIFF/VON KAENEL, Leitfaden zum Arbeitsvertragsrecht, 
5ème éd., n. 16 ad art. 336 CO ; SJ 1993, p. 360). 

6.3.2 Est également abusif (art. 336 al. 2 let b CO) le congé donné par l'employeur 
pendant que le travailleur, représentant élu des travailleurs, est membre d'une 

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commission d'entreprise ou d'une institution liée à l'entreprise et que l'employeur 
ne peut prouver qu'il avait un motif justifié de résiliation. Cette protection 
concerne également les représentants des travailleurs, membres de la 
représentation, élus conformément aux art. 5 à 7 de la Loi fédérale sur la 
participation. C'est à l'employeur qu'il incombe d'apporter la preuve d'un motif 
justifié de résiliation. Il s'agit d'un renversement du fardeau de la preuve, l'abus 
étant ici présumé. Lorsque le travailleur est membre d'une commission paritaire, 
peu importe que celle-ci n'ait jamais fonctionné. L'employeur doit non seulement 
établir le motif justifié, mais encore que ce motif est la cause du congé litigieux 
(WYLER, op. cit., p. 549; JAR 1992 p. 234 ; STREIFF/VON KAENEL, 
Leitfaden zum Arbeitsvertragsrecht, 5ème édition, Zurich 1993, n° 12, ad. art. 336 ; 
WILLER, Droit du travail, Berne 2002, p. 407). C’est au juge qu’il appartient 
d’apprécier, de cas en cas et au vu de l’ensemble des circonstances, si le 
licenciement était fondé sur un motif. 

Un licenciement prononcé juste avant l'élection d'un travailleur comme 
représentant de ses collègues ou après la fin du mandat en raison de l'activité 
exercée antérieurement dans le cadre de la représentation des travailleurs ne 
tombe pas sous le coup de l'art. 336 al. 2 let. b CO, mais devrait être considéré 
comme abusif, en application de l'art. 2 al. 2 CC  (CAPH/155/2007). 

6.3.3 En l'espèce, il n'est pas contesté que l'appelante était membre du syndicat 
Y______. Selon les procès-verbaux des réunions de la Commission paritaire 
professionnelle du commerce de détail produits à la procédure, l'appelante figure 
clairement dans les participants ou les excusés, sous la rubrique "Délégation 
syndicale". En outre, elle recevait à son adresse e-mail privée les courriels et 
convocations émanant du secrétariat de la Commission paritaire de la CCT-Cadre. 
L'appelante a également participé, avec la délégation du syndicat Y______, à des 
réunions organisées par le Département de l'économie et de la santé auxquelles 
participaient des représentants du Trade Club, association réunissant les grandes 
enseignes de commerçants de Genève dont faisaient partie l'intimée. Il est donc 
établi que A______ était déléguée syndicale auprès de la Commission paritaire de 
la CCT-Cadre (mais n'a pas participé aux discussions relatives à l'adoption de l'art. 
17.2 CCT) et lors des rencontres avec le Département de l'économie et de la santé.  

Il est toutefois également établi que l'intimée n'a pas été informée de la 
nomination de l'appelante en qualité de présidente de la section genevoise du 
syndicat Y______ en mars 2008. L'intimée allègue également qu'elle n'avait pas 
connaissance de la qualité de déléguée syndicale de l'appelante, car elle n'a pas 
participé directement aux séances de la Commission paritaire, ni à celles 
organisées par le Département de l'économie et de la santé. L'intimée allègue 
encore qu'au moment du licenciement de l'appelante le 18 février 2009, la 
constitution d'une commission du personnel venait seulement d'être évoquée avec 
le syndicat Y______ et qu'elle ignorait - ce que les enquêtes ont établi - si 
l'appelante avait été pressentie ou désignée par le syndicat pour siéger au sein de 

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cette commission. La question de savoir si l'intimée avait ou non connaissance de 
la qualité de déléguée syndicale de l'appelante, peut toutefois demeurer indécise. 
En effet, à teneur de l'art. 336 al. 2 let a CO, le congé dirigé contre un travailleur 
exerçant des activités syndicales n'est abusif que s'il a été donné en raison de son 
appartenance syndicale. De même, à teneur de l'art. 336 al. 2 let b CO, le congé 
dirigé contre un travailleur qui a été élu membre d'une commission d'entreprise 
pour y représenter les employés n'est abusif que si l'employeur ne peut prouver 
qu'il avait un motif justifié de résiliation. 

6.4 En conclusion, la Cour a retenu dans un premier temps (cf. consid. 6.1.2) que 
l'intimée avait résilié le contrat de travail de l'appelante en raison de son 
comportement sur son lieu de travail, à l'égard tant de ses collègues que de ses 
supérieurs. Ce motif a été jugé réel et causal.  

En conséquence, la Cour retiendra d'une part que l'appelante n'a pas été licenciée 
en raison de ses activités syndicales (art. 17.2 CCT-Cadre et art. 336 al. 1 et al. 2 
let a CO) et d'autre part que, même si l'appelante avait été élue représentante des 
employés de l'intimée - ce qui n'a pas été établi - l'intimée a prouvé qu'elle avait 
un motif justifié de licenciement (art. 336 al. 1 let b CO). 

En conséquence, les griefs de l'appelante sont infondés. 

7. Au vu de ce qui précède, et par souci de simplification, la Cour annulera le 
jugement attaqué dans son entier et statuera à nouveau, en ce sens que la demande 
déposée le 10 septembre 2010 par A______ contre B______ & CIE et C______ 
SA sera reçue; puis, A______ sera déboutée de toutes ses conclusions, ce qui 
emporte également déboutement de la Caisse de chômage Y______, intervenante, 
de ses conclusions. 

8. L'appelante, qui succombe sur la totalité de ses griefs à l'exception de celui relatif 
à la légitimation passive de l'intimée, qui a été admis, supportera les frais de son 
appel, arrêtés à 600 fr., couverts par l'avance de frais déjà opérée (art. 106 CPC, 
art. 71 RTFMC). 

 Il n'est pas alloué de dépens (art. 17 al. 2 LaCC). 

 

 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 
La Chambre des prud'hommes, groupe 3 : 

À la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté par A______ contre le jugement TRPH/613/2011 
rendu le 25 août 2011 par le Tribunal des prud'hommes dans la cause C/20781/2010-3, à 
l'exception des conclusions en paiement de 13'375 fr. à titre de salaires pour les mois 
d'avril 2011 à août 2011.  

Au fond : 

Annule ce jugement. 

Statuant à nouveau : 

Déclare recevable la demande formée le 10 septembre 2010 par A______ contre 
C______ SA et B______ & CIE. 

Déboute A______ de toutes ses conclusions. 

Déboute la Caisse de chômage Y______ de toutes ses conclusions. 

Sur les frais: 

Arrête les frais d'appel à 600 fr., les met à la charge de A______ et dit qu'ils sont 
couverts par l'avance déjà effectuée. 

Déboute les parties de toute autre conclusion. 

 

 

Siégeant : 

Madame Daniela CHIABUDINI, présidente, Monsieur Guido AMBUHL, juge 
employeur, Madame Monique LENOIR, juge salariée, Madame Véronique 
BULUNDWEY-LEVY. 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Indication des voies de recours et valeur litigieuse : 

 
Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF ; RS 

173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec expédition 

complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 
Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 
Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à fr. 15'000.-.