# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e033d2b3-1558-5fd4-9a7f-ccd6fb3351ae
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour d'appel civile HC / 2013 / 530
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_002_HC---2013---530_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

PT12.012686-121949

441 

 

 

cour
d’appel CIVILE

_____________________________

Arrêt du
29 août 2013

__________________

Présidence
de               M.             
Colombini,
président

Juges             
:              MM.             
Battistolo et Abrecht 

Greffier
              :             
M.              Bregnard

 

 

*****

 

 

Art.
107 al. 2 LTF

 

 

             
Statuant à huis clos, à la suite d'un renvoi du Tribunal fédéral, sur l’appel
interjeté par Z.________,
à Eclépens, requérante à l'incident, contre le prononcé rendu le 19 septembre
2012 par la Juge déléguée de la Chambre patrimoniale cantonale dans la cause divisant
l'appelante d’avec  P.________,
à Lutry, intimé à l'incident, la Cour d’appel civile du Tribunal cantonal voit :

             
En fait :

 

 

A.             
a)
Le 9 septembre 2011, P.________ domicilié à Lutry, a saisi le Président du Tribunal civil
de l'arrondissement de La Côte d'une requête de conciliation, exposant qu'il avait été
licencié avec effet immédiat le 7 juillet 2011 par son employeur — la société
Z.________, à Eclépens  —  et qu'il avait des prétentions à formuler
à son encontre.

 

L'audience
de conciliation a eu lieu le 20 décembre 2011 en présence dP.________, Z.________ n'étant
pas représentée. 

 

Le
même jour, le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de La Côte a délivré
à  P.________ une autorisation de procéder contre Z.________, déterminant à 190'141
fr. le montant des prétentions avancées par le demandeur.

 

Par
acte déposé au greffe de la Chambre patrimoniale cantonale le 21 mars 2012, P.________ a introduit
une action contre Z.________, réclamant à cette dernière, en capital, la somme de 127'652
fr. 50, sous déduction des charges sociales, ainsi que la remise d'un certificat de travail.

 

Dans
sa réponse à la demande, Z.________ a contesté la validité de l'autorisation de procéder.

 

b)
Par prononcé du 19 septembre 2012, la Juge déléguée de la Chambre patrimoniale cantonale,
statuant par voie incidente, a dit que la demande déposée le 21 mars 2012 par P.________ à
l'encontre de Z.________ était recevable (I), que les frais judiciaires de la décision, arrêtés
à 900 fr., étaient mis à la charge de la requérante Z.________ (II) et que celle-ci
versera des dépens à l'intimé P.________, arrêtés à 1'050 francs (III).

 

S'agissant
des frais – comprenant les frais judiciaires et les dépens (art. 95 al. 1 CPC [Code de procédure
civile du 19 décembre 2008 ; RS 272]) – la Juge déléguée les a mis à la
charge de la requérante à l'incident en application de l'art. 106 al. 1 CPC.

 

B.             
              Z.________
a interjeté appel contre le prononcé précité, en concluant, sous suite de frais et
dépens,  à sa réforme en ce sens que la demande déposée par P.________
est irrecevable.

 

             
              L'intimé n'a été
invité à se déterminer.

 

             
              Par arrêt du 7 décembre
2012, la Cour d'appel civile, statuant en application de l'art. 312 al. 1 CPC, a rejeté l'appel
(I), confirmé le prononcé (II) et mis les frais judiciaires, arrêtés à 2'276
fr., à la charge de l'appelante Z.________ (III).

 

             
              Le montant des frais a
été fixé en application de l'art. 62 al. 1 TFJC [Tarif des frais judiciaires civils du
28 septembre 2010; RSV 270.11.5]) et mis à la charge de l'appelante vu l'issue du litige. 

 

C.             
              a) Le
17 janvier 2013, Z.________ a déposé un recours en matière civile auprès du Tribunal
fédéral à l'encontre de l'arrêt de la Cour d'appel civile du 7 décembre 2012,
en concluant, sous suite de frais et dépens, à sa réforme en ce sens que la demande déposée
par P.________ devant la Chambre patrimoniale est irrecevable, celui-ci étant éconduit d'instance
avec pleins dépens de première, de seconde et de troisième instance.

 

             
              Invité
à se déterminer, l'intimé a conclu au rejet du recours. 

 

             
              Par arrêt du 3 juin
2013, la Ire
Cour de droit civil du Tribunal fédéral a admis le recours, annulé l'arrêt attaqué,
prononcé que la demande formée par l'intimé P.________ et dirigée contre Z.________
était irrecevable (1) et mis les frais judiciaires, arrêtés à 4'000 fr., ainsi que
les dépens, arrêtés à 5'000 fr., à la charge de l'intimé P.________ (2
et 3). 

 

             
              b)
Par lettre du 19 juin 2013, la Cour de céans a signalé au Tribunal fédéral que le
dispositif de l'arrêt précité paraissait incomplet, au sens de l'art. 129 LTF, en ce sens
qu'il ne statuait pas ni ne renvoyait la cause à la Cour cantonale  pour qu'elle se prononce
sur les frais et dépens de la procédure cantonale. 

 

             
              Après avoir invité
les parties à se déterminer, la Ire
Cour de droit civil du Tribunal fédéral a statué sur la demande d'interprétation
par arrêt du 17 juillet 2013 et a complété le dispositif de l'arrêt rendu entre les
parties le 3 juin 2013 (cause 4A_28/2013) par le chiffre suivant :

 

"3
bis. La cause est renvoyée à l'autorité précédente pour statuer à nouveau
sur les frais et dépens de la procédure cantonale"

 

             
              En bref, le Tribunal fédéral
a considéré qu'il résultait de ce qui avait été décidé par arrêt
du 3 juin 2013 que la cause devait être renvoyée à la Cour d'appel civile pour statuer
à nouveau sur les frais et dépens de la procédure de première et de deuxième
instance.

 

D.             
              Les
parties ont été invitées par la Cour de céans à se déterminer sur la question
des frais et dépens de la procédure cantonale à la suite des arrêts rendus les 3
juin et 17 juillet 2013.

 

             
             
Par courrier du 22 août 2013, Z.________ a fait valoir que l'ensemble des frais et dépens mis
à sa charge en première instance et en deuxième instance devait être mis à la
charge de sa partie adverse, en sus de ceux relatifs à la décision à intervenir, dès
lors que celle-ci avait succombé devant le Tribunal fédéral. 

 

             
              P.________ s'en est quant
à lui remis à justice.

 

En
droit :

 

 

1.             
              La
LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral; RS 173.110) ne connaît pas de disposition
équivalente à l'art. 66 al. 1 OJ (loi fédérale d'organisation judiciaire du 16 décembre
1943, aujourd'hui abrogée), qui prévoyait que l'autorité cantonale était tenue de
fonder sa nouvelle décision sur les considérants de droit de l'arrêt du Tribunal fédéral.
Cette règle demeure toutefois valable sous le nouveau droit (TF 4A_138/2007 du 19 juin 2007 c. 1.5).
Elle signifie que le tribunal auquel la cause est renvoyée voit sa cognition limitée par les
motifs de l'arrêt de renvoi, en ce sens qu'il est lié par ce qui a déjà été
jugé définitivement par le Tribunal fédéral (ATF 133 III 201 c. 4.2; ATF 131 III
91 c. 5.2 et les arrêts cités). La juridiction cantonale n'est libre de sa décision que
sur les points qui n'ont pas été tranchés par l'arrêt de renvoi ou dans la mesure
où elle se fonde sur des faits complémentaires établis postérieurement à cet
arrêt (TF 5A_336/2008 du 28 août 2008 c. 1.3 avec réf.).

 

Le
renvoi porte en l'occurrence uniquement sur la question des frais et dépens de la procédure
cantonale.

 

2.             
              Aux termes de l'art. 405
al. 1 CPC, les recours sont régis par le droit en vigueur au moment de la communication de la décision
aux parties. La décision attaquée ayant été rendue le 3 février 2011, les dispositions
du CPC sont applicables en relation avec les frais et dépens de la procédure cantonale. Selon
l'art. 106 al. 1 CPC, les frais sont mis à la charge de la partie succombante : la partie succombante
est le demandeur lorsque le tribunal n'entre pas en matière et en cas de désistement d'action;
elle est le défendeur en cas d'acquiescement. Par partie succombante, il faut entendre la partie
qui perd le procès au sens courant, soit le demandeur dont les prétentions sont rejetées
ou écartées, ou le défendeur qui est condamné dans le sens demandé par son adversaire
(Tappy, CPC commenté, 2011, n. 12 ad art. 106 CPC, p. 412).

 

En
l'espèce, le Tribunal fédéral a entièrement accueilli les conclusions de la recourante
Z.________, de sorte que la totalité des frais de justice de l'instance fédérale ont été
mis à la charge de l'intimé, qui a succombé.  

 

Il
y a lieu de se fonder sur la répartition des frais et dépens  retenue par le Tribunal
fédéral pour statuer sur le sort des frais et dépens de la procédure cantonale.

 

En
l'occurrence, devant la Juge déléguée de la Chambre patrimoniale, les frais de la procédure
ont été mis par 900 fr. à la charge de Z.________, partie succombante, qui a en outre
été condamnée à verser à P.________ la somme de 1'050 fr. à titre de dépens.
Compte tenu de la décision du Tribunal fédéral, il y a lieu de mettre les frais de la
procédure incidente à la charge de l'intimé à l'incident, à savoirP.________,
celui-ci devant la somme de 1'950 fr. (900 fr. + 1'050 fr.) à la requérante à l'incident
Z.________, à titre de dépens et de restitution d'avance de frais de première instance
(art. 111 al. 2 CPC). 

 

 

En
application des art. 106 al. 1 CPC et 62 al. 1 TFJC, les frais judiciaires de deuxième instance,
arrêtés à 2'276 fr., doivent être mis à la charge de l'intimé à l'appel
P.________, lequel succombe. Celui-ci devra donc rembourser à l'appelante l'avance de frais qu'elle
a effectué.

 

Obtenant
entièrement gain de cause, l'appelante Z.________ a droit à de pleins dépens fixés
à 1'200 fr. (art. 2, 3 et 7 TDC [Tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre 2010; RSV 270.11.5]),
correspondant à la somme qui avait été allouée à ce titre à l'intimé
dans le cadre de l'arrêt de la Cour d'appel civile du 7 décembre 2012 réformé par
la suite par le Tribunal fédéral. Il n'y a pas lieu de s'écarter de ce montant dans la
mesure où chacune des parties a dû faire face à des frais équivalents pour faire
valoir ses droits en justice et qu'il apparaît adéquat compte tenu de la nature et de la complexité
de la cause. 

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour d’appel civile du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

prononce
:

 

             
I.             
Les frais de la procédure de première instance, arrêtés à 1'050 fr. (mille cinquante
francs), sont mis à la charge de l'intimé P.________.  

 

             
II.             
L'intimé P.________ versera à l'appelante Z.________ le montant de 1'950 fr. (mille neuf cent
cinquante francs) à titre de dépens et de restitution d'avance de frais de première instance.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 2'276 fr. (deux mille deux
cent septante-six francs), sont mis à la charge de l'intimé P.________. 

 

             
IV.             
L'intimé P.________ doit payer à l'appelante Z.________ la somme de 3'476 fr. (trois mille
quatre cent septante-six francs) à titre de dépens et de restitution d'avance de frais de deuxième
instance.   

 

             
V.             
L'arrêt est exécutoire. 

 

Le
président :               Le greffier
:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

‑             
Me Christophe Misteli (pour Z.________),

‑             
Me Olivier Subilia (pour P.________).

 

             
La Cour d’appel civile considère que la valeur litigieuse est supérieure à 30'000 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme la Juge déléguée de la Chambre patrimoniale cantonale.

 

             
Le greffier :