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**Case Identifier:** dc2bc5d6-3da8-5715-a6ca-e152bc1dc5be
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-10-03
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 03.10.2017 C/17655/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-17655-2016_2017-10-03.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 6 octobre 2017. 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/17655/2016 ACJC/1262/2017 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU MARDI 3 OCTOBRE 2017 

 

Entre 

A______, née B______, domiciliée ______ (GE), appelante d'un jugement rendu par la 
1ère Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 22 août 2017, 

comparant par Me Magda Kulik, avocate, 14, rue De-Candolle, 1205 Genève, en l'étude 

de laquelle elle fait élection de domicile, 

et 

C______, domicilié ______ (GE), intimé, comparant par Me Lorella Bertani, avocate, 
5, rue Saint-Ours, case postale 187, 1211 Genève 4, en l'étude de laquelle il fait élection 

de domicile. 

 

- 2/5 - 

 

C/17655/2016 

Attendu, EN FAIT, que, par jugement du 22 août 2017, le Tribunal de première 
instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a, notamment, autorisé 

les époux A______ et C______ à vivre séparés (ch. 1 du dispositif), instauré et aménagé 

une garde parentale partagée sur leur enfant commun D______, âgé de 13 ans  

(ch. 2 et 3), dit que le domicile officiel de l'enfant serait chez son père (ch. 4), attribué à 

ce dernier la jouissance exclusive du domicile conjugal et du mobilier le garnissant, 

A______ étant condamnée à le libérer d'ici au 31 décembre 2017 (ch. 5 et 6), fixé à 

3'605 fr. le montant nécessaire pour assurer l'entretien convenable de D______ et donné 

acte à C______ de son engagement de prendre en charge les divers frais le concernant, 

les allocations familiales lui revenant (ch. 8 à 11), condamné C______ à verser à 

A______ un montant de 5'060 fr. par mois au titre de contribution à l'entretien de 

D______ (ch. 12) ainsi qu'un montant de 1'000 fr. à son propre entretien (ch. 13) et 

donné acte à C______ de son engagement de verser à A______ un montant de 3'000 fr. 

au titre de provisio ad litem; 

Que, s'agissant de l'attribution de la jouissance exclusive du logement conjugal, le 

Tribunal a considéré qu'aucun des époux ne pouvait se prévaloir d'une plus grande 

utilité, ou d'un intérêt particulier, à ce dernier, qui devait dès lors être attribué à l'époux 

du fait qu'il disposait des moyens financiers nécessaires pour en assumer les coûts et en 

était l'unique propriétaire; 

Que, pour fixer les contributions d'entretien dues à l'épouse, le Tribunal a retenu que 

celle-ci réalisait un revenu de 2'937 fr. pour des charges hors logement de 4'786 fr. par 

mois, alors que l'époux, administrateur d'une société dont il possédait 80% des actions, 

retirait de son activité professionnelle, tous postes confondus, un revenu mensuel de 

24'962 fr. pour des charges hors logement de 4'292 fr., les charges de D______ s'élevant 

pour leur part à 3'605 fr. 50 par mois; 

Qu'après avoir tranché en faveur de l'époux la question de l'attribution de la jouissance 

exclusive du domicile conjugal, dont le coût a été fixé à 5'435 fr. par mois, le Tribunal a 

arrêté à 7'486 fr. par mois, hors vacances et dépenses personnelles, les charges de 

l'épouse, compte tenu de frais de logement estimés à 3'500 fr. par mois, et à 9'727 fr. par 

mois celles de l'époux, lequel prenait en outre en charge, à hauteur de 2'285 fr. par mois, 

les frais directs liés à l’enfant commun; 

Que la contribution fixée pour l'entretien de D______ comprend ainsi un montant de 

510 fr. au titre de couverture des besoins de l'enfant lorsqu'il est sous la garde de sa 

mère et un montant de 4'550 fr., correspondant au déficit mensuel de celle-ci, au titre de 

contribution de prise en charge; 

Que, par acte adressé le 4 septembre 2017 à la Cour, A______ a formé appel du 

jugement du 22 août 2017, concluant à l'annulation des chiffres 4, 5, 6, 12, 13 et 14 de 

son dispositif; 

- 3/5 - 

 

C/17655/2016 

Qu'elle a préalablement conclu à l'octroi de l'effet suspensif concernant les  

chiffres 5 et 6 du dispositif ainsi qu'à l'octroi d'une provisio ad litem  de 6'000 fr. aux 

fins de couvrir les frais de la présente procédure d'appel; 

Qu'invité à se déterminer à cet égard, C______ s'est opposé à l'octroi de l'effet suspensif 

et, pour le cas où il serait néanmoins accordé, a conclu à ce qu'il le soit également en ce 

qui concerne les chiffres 12 et 13 du dispositif du jugement attaqué, lesquels étaient 

selon lui indissolublement liés aux chiffres 5 et 6 du même dispositif; 

Qu'il a en outre requis, toujours à titre préalable, la suspension de la procédure d'appel 

jusqu'à droit jugé sur la demande de rectification qu'il avait déposée le 22 septembre 

2017; 

Considérant, EN DROIT, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC; 

Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet 

suspensif ex lege (art. 315 al. 4 let. b CPC); 

Que les mesures protectrices de l'union conjugale constituent des mesures 

provisionnelles au sens de l'art. 315 al. 4 let. b et al. 5 CPC (ATF 137 III 478 consid. 4.1 

et les nombreuses références); 

Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut 

exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice 

difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de 

fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure 

ordinaire, qui en serait compromise (ATF 138 III 378 consid. 6.3; arrêt du Tribunal 

fédéral 4P.5/2002 du 8 avril 2002 consid. 3a); 

Que, saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité 

cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux 

préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas 

exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette 

mesure (ATF 138 III 378 consid. 6.3 et les références citées; 137 III 475 consid. 4.1; 

arrêt du Tribunal fédéral 5A_514/2012 du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2); 

Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de 

première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large 

pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas 

d'espèce (ATF 137 III 475 consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral 5A_403/2015 du 

28 août 2015 consid. 5); 

Qu'à teneur de la jurisprudence du Tribunal fédéral, la simple exécution de créances 

d'argent n'emporte pas en soi un dommage difficilement réparable dans la mesure où le 

poursuivi peut en obtenir la restitution s'il obtient finalement gain de cause (ATF 138 III 

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- 4/5 - 

 

C/17655/2016 

333 consid. 1.3.1; arrêts du Tribunal fédéral 5A_143/2012 du 9 mai 2012 consid. 2.2.1; 

5D_52/2010 du 10 mai 2010 consid. 1.1.1 in SJ 2011 I p. 134); 

Qu'il appartient donc à la partie recourante de démontrer qu'à défaut d'effet suspensif, 

elle est exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne pourra pas obtenir le 

remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain de cause au fond (arrêt 

du Tribunal fédéral 5A_708/2013 du 14 mai 2014 consid. 1.1); 

Qu'en l'espèce le maintien du caractère exécutoire des chiffres 5 et 6 du jugement 

contesté contraindrait l'appelante à entreprendre des démarches (signature d'un nouveau 

contrat de bail, déménagement) qui ne seraient que difficilement réversibles dans 

l'hypothèse, qui ne peut être d'emblée exclue, où elle obtiendrait gain de cause sur ce 

point; 

Qu'à l'inverse l'intimé ne subira aucun préjudice durable du maintien, pour quelques 

mois supplémentaires, de la situation actuelle, qui dure depuis environ une année; 

Que la requête de suspension de la force exécutoire des chiffres 5 et 6 du dispositif sera 

donc admise; 

Que, compte tenu des contributions mises à sa charge par le Tribunal, les dépenses de 

l'intimé s'élèvent à un total de 18'582 fr. (9'727 fr. [charges, y compris celles relatives au 

logement conjugal] + 2'285 fr. [charges effectives concernant l'enfant D______] +  

510 fr. [moitié des vacances et de l'entretien de base pour l'enfant D______] + 5'060 fr. 

[contribution à l'entretien de D______] + 1'000 fr. [contribution à l'entretien de 

l'épouse]), qui demeure très inférieur aux revenus admis par le Tribunal, soit environ 

25'000 fr.; 

Que pour le surplus l'intimé n'a ni allégué ni rendu vraisemblable ne pas pouvoir obtenir 

le remboursement des sommes qu'il pourrait être amené à verser à tort à l'appelante; 

Qu'il ne sera donc pas fait droit à sa requête de suspension de l'effet exécutoire des 

chiffres 12 et 13 du dispositif du jugement attaqué; 

Qu'il n'y a pour le surplus pas lieu de suspendre la procédure d'appel, comme le voudrait 

l'intimé, dès lors qu'une éventuelle admission de la demande de rectification qu'elle a 

formée devant le Tribunal demeurerait sans influence sur l'objet de l'appel, tel que défini 

par les conclusions prises par l'appelante; 

Que la demande de provisio ad litem formée par l'appelante sera pour sa part examinée 

avec le fond, celle-ci étant dispensée du versement d'une avance de frais (art. 98 CPC) 

et ayant pu faire valoir ses droits par le dépôt d'un acte d'appel; 

Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec la décision au 

fond (art. 104 al. 3 CPC). 

* * * * * * 

- 5/5 - 

 

C/17655/2016 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

Statuant sur requête de suspension du caractère exécutoire du jugement entrepris : 

Admet la requête de A______ tendant à suspendre le caractère exécutoire des  

chiffres 5 et 6 du dispositif du jugement JTPI/10463/2017 rendu le 22 août 2017 par le 

Tribunal de première instance dans la cause C/17655/2016-1. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Dit qu'il sera statué sur les frais et dépens de la présente décision avec la décision sur le 

fond. 

Siégeant : 

Monsieur Patrick CHENAUX, président; Madame Audrey MARASCO, greffière. 

 

Le président : 

Patrick CHENAUX 

 La greffière : 

Audrey MARASCO 

 

 

 

 

 

 

Indications des voies de recours : 

La présente décision, incidente et de nature provisionnelle (ATF 137 III 475 consid. 1 et 

2), est susceptible d'un recours en matière civile (art. 72 ss de la loi fédérale sur le 

Tribunal fédéral du 17 juin 2005; LTF – RS 173.110), les griefs pouvant être invoqués 
étant toutefois limités (art. 93/98 LTF), respectivement d'un recours constitutionnel 

subsidiaire (art. 113 ss LTF). Dans les deux cas, le recours motivé doit être formé dans 

les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète de la décision 

attaquée. 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

https://intrapj/perl/decis/137%20III%20475
https://intrapj/perl/JmpLex/RS%20173.110