# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** d101031a-903e-53fa-9198-1193fe8699ac
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2011-08-29
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 29.08.2011 D-7082/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-7082-2010_2011-08-29.pdf

## Full Text

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t

T r i buna l   adm in i s t r a t i f   f édé ra l

T r i buna l e   ammin i s t r a t i vo   f ede ra l e

T r i buna l   adm in i s t r a t i v   f ede ra l

Cour IV
D­7082/2010

A r r ê t   d u   2 9   a oû t   2 0 1 1

Composition Gérald Bovier (président du collège), 
François Badoud, Daniele Cattaneo, juges,
Mathieu Ourny, greffier.

Parties A._______, née le (…),
B._______, née le (…),
Kosovo,   
représentées par (…),
recourantes, 

contre

Office fédéral des migrations (ODM), 
Quellenweg 6, 3003 Berne,  
autorité inférieure. 

Objet Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 31 août 2010 / 
N (…).

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Faits :

A. 
En date du  (…), A._______, accompagnée de son ex­mari, C._______, 
et  de  leurs  quatre  enfants,  D._______,  E._______,  F._______  et 
B._______,  a  déposé  une  demande  d'asile  au  Centre  d'enregistrement 
des  requérants d'asile  (CERA),  actuellement Centre d'enregistrement  et 
de procédure (CEP) de G._______.

Entendue  une  première  fois  le  16  novembre  2004  (audition  sommaire), 
l'intéressée a déclaré être originaire du village de H._______ au Kosovo 
et  appartenir  à  la  communauté  rom.  En  (…),  après  un  long  séjour  en 
Allemagne, la requérante et sa famille seraient retournés au Kosovo. Leur 
ancienne  maison  ayant  été  incendiée,  la  famille  se  serait  établie  à 
H._______, dans la maison appartenant aux parents de l'intéressée, eux­
mêmes  installés  en  Allemagne.  La  requérante  a  précisé  qu'au  Kosovo, 
les membres de la famille n'auraient pas été acceptés par les Albanais et 
qu'ils  auraient  été  entravés  dans  leur  liberté  de mouvement,  elle­même 
étant  restée continuellement enfermée dans  la maison. Par ailleurs, son 
oncle  et  son  cousin  auraient  été  tués  par  des  Albanais,  alors  que  la 
famille (…) séjournait en Allemagne. Lasse de la situation à laquelle elle 
était confrontée dans son pays,  la  famille aurait quitté  le Kosovo  le (…), 
pour gagner la Suisse deux jours plus tard, dans un fourgon conduit par 
deux passeurs.

Egalement entendu le même jour, l'ex­mari de la requérante, C._______, 
a  en  substance  fait  valoir  les  mêmes  motifs  que  son  ex­femme.  Il  a 
précisé  que  la  famille  avait  quitté  le  Kosovo  en  (…),  pour  rejoindre 
l'Allemagne,  où  elle  serait  demeurée  jusqu'en  (…),  au  bénéfice  d'une 
autorisation de séjour provisoire ("Duldung"). Au Kosovo, il aurait été pris 
pour  cible  par  des  Albanais,  qui  l'auraient  insulté  et  battu  à  plusieurs 
reprises. Ceux­ci auraient en outre exigé qu'il  leur donnât une partie de 
l'argent gagné en Allemagne.

Selon  leurs  propos,  A._______  et  C._______  auraient  divorcé  en  (…), 
mais ils auraient repris la vie commune depuis.

Les  enfants  D._______  et  E._______  ont  pour  leur  part  également  été 
entendus le même jour.

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B. 

B.a. 
Le  (…), au cours d'une patrouille,  des agents de sécurité du CERA ont 
surpris  C._______  dans  un  véhicule  immatriculé  en  Allemagne.  Une 
fouille du véhicule a mis au  jour  certains documents, parmi  lesquels un 
ticket de caisse allemand daté du (…).

B.b. 
Le  22  novembre  2004,  la  requérante  a  fait  l'objet  d'une  audition 
complémentaire, au cours de laquelle elle a confirmé que la famille était 
bien rentrée au Kosovo en (…) et en était repartie le (…) pour rejoindre la 
Suisse. Concernant la voiture dans laquelle son ex­mari a été intercepté, 
elle a affirmé qu'elle appartenait au frère de celui­ci, qui  l'avait  lui­même 
amenée  depuis  l'Allemagne,  ce  qui  expliquait  la  présence  du  ticket  de 
caisse.

Egalement  auditionnés  le même  jour, C._______,  ainsi  que  les  enfants 
D._______ et E._______, ont tenu un discours identique.

C. 
Sollicitées  par  l'ancien  Office  fédéral  des  réfugiés  (ODR,  actuellement 
ODM),  les autorités allemandes compétentes  l'ont  informé par  télécopie 
du 26 novembre 2004 que  la demande d'asile déposée par  l'intéressée 
en Allemagne avait été rejetée le (…), les demandes des autres membres 
de  la  famille ayant  connu  le même sort,  et  que  la  famille  avait  quitté  le 
domicile qu'elle occupait à I._______ pour un lieu inconnu à fin (…).

D. 

D.a. 
Par  déclaration  signée  du  26  novembre  2004,  C._______  a  retiré  les 
demandes d'asile déposées par  lui et sa famille. Le même jour,  l'ODR a 
rayé du rôle les demandes d'asile.

D.b. 
Par  courrier  du  29  novembre  2004,  la  famille  (…)  a  demandé  à  l'ODR 
d'annuler  la  décision  du  26  novembre  2004,  expliquant  que C._______ 
s'était emporté et qu'il regrettait d'avoir signé la déclaration de retrait.

E. 
La requête du 29 novembre 2004 ayant été accueillie favorablement par 

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l'ODR,  A._______,  C._______,  ainsi  que  les  enfants  D._______  et 
E._______,  ont  été  entendus  sur  leurs  motifs,  en  date  du  9  décembre 
2004.

Concernant  le  séjour  de  la  famille  au  Kosovo  en  (…),  l'intéressée  a 
précisé que  la  famille avait vécu chez  l'un de ses frères, J._______, qui 
vivait  lui­même  avec  son  épouse  et  ses  trois  enfants.  Durant  cette 
période,  son  frère  aurait  entretenu  la  famille,  grâce  notamment  à  l'aide 
financière reçue par ses parents installés en Allemagne. A propos de son 
ex­mari,  elle  a  ajouté  que  la  vie  de  celui­ci  était  en  danger,  en  raison 
d'une faida lancée contre lui, consécutive à des meurtres commis par son 
oncle dans le passé. Interrogée sur les raisons du départ d'Allemagne en 
(…),  elle  a  expliqué que  son  fils  aîné, E._______,  y  faisait  l'objet  d'une 
plainte pénale et que pour lui éviter la prison, il aurait été décidé de partir 
du  pays.  Par  ailleurs,  une  décision  des  autorités  allemandes  aurait 
contraint la famille à quitter le pays. Concernant son état de santé, elle a 
expliqué  souffrir  de  problèmes  oculaires,  pour  lesquels  elle  aurait  été 
opérée  en  Allemagne,  sans  que  cela  ne  fasse  disparaître  pour  autant 
complètement les douleurs.

C._______  a  confirmé  pour  l'essentiel  les  propos  tenus  par  son  ex­
femme. Il a précisé que la maison dans laquelle la famille aurait vécu au 
Kosovo en compagnie de son ex­beau­frère, appartenait en réalité à ses 
ex­beaux­parents. En ce qui concerne la faida (vengeance) lancée à son 
encontre, elle aurait pour origine un triple meurtre commis par son oncle 
(…) ans plus tôt.

Brièvement  entendus,  D._______  et  E._______  n'ont  pas  allégué  de 
motifs supplémentaires à ceux invoqués par leurs parents.

F. 
Le 15 décembre 2004,  la  radiation du  rôle du 26 novembre 2004 a été 
formellement annulée par l'ODR, la procédure d'asile étant reprise.

G. 
Par  décision  du même  jour,  l'ODR  a  rejeté  les  demandes  d'asile  de  la 
requérante et des autres membres de sa famille, prononcé leur renvoi de 
Suisse  et  ordonné  l'exécution  de  cette  mesure.  L'office  a  relevé  en 
substance  que  les  motifs  présentés  étaient  invraisemblables  et  non 
pertinents  en matière  d'asile,  et  que  l'exécution  du  renvoi  en Serbie­et­
Monténégro (Kosovo) était licite, raisonnablement exigible et possible.

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H. 
En date du 13 janvier 2005, les intéressés ont interjeté recours contre la 
décision précitée auprès de l'ancienne Commission suisse de recours en 
matière d'asile  (CRA),  concluant à  la  reconnaissance de  leur qualité de 
réfugiés et à l'octroi de l'asile, subsidiairement au prononcé d'admissions 
provisoires.

I. 
Par  arrêt  du  14  novembre  2008,  le  Tribunal  administratif  fédéral  (le 
Tribunal) a admis le recours du 13 janvier 2005, a annulé la décision du 
15 décembre  2004  et  renvoyé  la  cause  à  l'ODM  pour  instruction  et 
nouvelle décision.

J. 

J.a. 
En  réponse  à  une  demande  de  renseignements  de  l'ODM  du  23 mars 
2010,  l'Ambassade de Suisse au Kosovo a transmis à l'office un rapport 
sur  la  requérante  et  sa  famille  en  date  du  4  mai  2010.  Il  en  ressort 
essentiellement les éléments suivants : 

Le village de K._______, situé dans la municipalité de L._______, est un 
petit  village  rural,  où  vivent  quelques  familles  appartenant  aux 
communautés  rom,  ashkalie  et  égyptienne.  Plusieurs  maisons  ont  été 
détruites,  parmi  lesquelles  celle  de  la  famille  (…).  Selon  un  habitant 
consulté  sur place,  le  terrain  sur  lequel  se  trouvait  la maison appartient 
toujours à la famille. Le village de H._______, où se situe la maison dans 
laquelle l'intéressée et sa famille auraient vécu quelque temps en (…), se 
trouve pour sa part dans la municipalité de M._______. Cette maison est 
habitée par les deux frères de la requérante, J._______ et N._______, et 
leur  famille  respective.  Jugée  en  bon  état,  elle  est  bien  entretenue  et 
d'une  superficie  de  120  m²,  répartis  sur  deux  étages.  Une  petite 
maisonnette de 50 m² se dresse à l'extrémité du jardin. Selon J._______, 
qui  travaille  à  M._______  comme  poseur  d'antennes  de  télévision,  sa 
sœur aurait  quitté  le Kosovo avec sa  famille dans  les années  (…) pour 
l'Allemagne, ne  revenant plus  jamais au Kosovo depuis  lors.  J._______ 
n'aurait  jamais  revu  sa  sœur,  mais  il  serait  toujours  en  contact 
téléphonique  avec  elle.  Par  ailleurs,  la  famille  se  serait  directement 
rendue en Suisse après avoir quitté  l'Allemagne. Dans  la maison vivent 
12 personnes, à savoir J._______, sa  femme et  leurs quatre  filles, ainsi 
que N._______, son épouse, leurs deux filles et leurs deux fils. Toujours 

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selon  J._______,  il  y  aurait  comme eux une douzaine de  familles  roms 
dans  le  quartier,  les  relations  avec  la  majorité  albanaise  étant  jugées 
bonnes.  En  cas  de  retour  de  la  famille  (…),  J._______  et  son  frère 
n'auraient pas les moyens de les prendre en charge.

J.b. 
Le  11  mai  2010,  l'ODM  a  transmis  à  la  famille  (…)  l'essentiel  des 
informations contenues dans  le  rapport de  l'Ambassade du 4 mai 2010, 
lui octroyant un délai au 25 mai 2010 pour se prononcer à ce sujet.

J.c. 
Le  8  juin  2010,  l'ODM  a  fait  parvenir  au mandataire  de  l'époque  de  la 
famille (…) (…) un courrier identique à celui du 11 mai 2010, qui avait été 
précédemment adressé directement aux requérants, avec un délai au 23 
juin 2010 pour se déterminer.

J.d. 
En date du 21 juin 2010, (…) a répondu à l'office, soulignant notamment 
que  les  frères de A._______ ne pourraient pas  la prendre en charge au 
Kosovo  en  cas  de  renvoi,  leurs  parents  vivant  en  Allemagne  ne  leur 
venant  en  aide  que  ponctuellement.  Au  vu  des  discriminations  à 
l'encontre  des  Roms  au  Kosovo,  un  retour  dans  ce  pays  ne  serait  en 
outre pas envisageable.

K. 
Par  décision  du  31  août  2010,  l'ODM a  rejeté  les  demandes  d'asile  de 
A._______, de C._______ et de leur fille B._______, prononcé leur renvoi 
de Suisse et ordonné  l'exécution de cette mesure. L'office a notamment 
considéré  que  le  récit  présenté  était  invraisemblable.  Il  a  notamment 
estimé  que  l'intéressée  et  sa  famille  n'avaient  pas  rendu  crédible  leur 
retour  au  Kosovo  en  (…),  et  qu'au  vu  notamment  des  résultats  des 
mesures  d'instructions  ordonnées  sur  place,  aucun  élément  ne  faisait 
obstacle à l'exécution du renvoi.

L. 

L.a. 
En date du 29 septembre 2010, A._______ et B._______ ont interjeté un 
premier  recours  contre  la  décision  précitée,  par  l'entremise  du  (…), 
concluant à la reconnaissance de leur qualité de réfugiées et à l'octroi de 
l'asile,  subsidiairement  au  prononcé  d'admissions  provisoires.  Elles  ont 
également  demandé  à  pouvoir  bénéficier  de  l'assistance  judiciaire 

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partielle. Dans leur recours, elles ont notamment relevé la vraisemblance 
de leur récit et ont mis en avant les discriminations subies par les Roms 
au Kosovo. 

A._______ a en outre fait valoir des motifs médicaux, produisant à ce titre 
un  rapport médical  daté  du  17  septembre  2010  et  établi  par  la  Dresse 
O._______ et  la psychologue P._______, de Q._______.  Il  ressort dudit 
rapport  que  l'intéressée  souffre  d'un  épisode  dépressif  sévère  sans 
symptômes psychotiques et d'anxiété généralisée. Elle montre des signes 
de tristesse, avec pleurs et idées noires, et se plaint de crises d'angoisse, 
de maux de tête, de nervosité, de difficultés d'endormissement, de perte 
d'appétit  avec  perte  de  poids,  de  crises  de  colère  et  d'un  important 
sentiment  d'impuissance. Elle  craint  par  ailleurs d'être  agressée ou que 
ses enfants soient maltraités. Elle est suivie depuis  le 26 octobre 2005, 
bénéficiant  d'un  suivi  psychothérapeutique,  psychiatrique  et 
médicamenteux.  En  cas  de  renvoi  au  Kosovo,  les  médecins  craignent 
une aggravation de son état par décompensation psychique.

D'autres documents ont été produits à l'appui du recours, à savoir :

­  une  lettre  rédigée  par  R._______,  pasteur,  dans  laquelle  celui­ci 
recommande de ne pas  renvoyer au Kosovo  la  famille  (…), au vu de  la 
situation personnelle de ses membres ;

­  une  lettre  notariée  du  père  de  la  recourante,  par  laquelle  celui­ci 
explique  notamment  que  deux  de  ses  fils,  ainsi  que  leur  famille 
respective,  vivent  dans  sa maison  au  Kosovo,  qu'il  leur  envoie  chaque 
mois de l'argent, et qu'il n'est par contre pas en mesure de subvenir aux 
besoins de sa fille A._______ et de ses enfants ;

­ un document émanant de l' "Amtsgericht S._______", présenté comme 
un acte de divorce entre C._______ et A._______ et signé  le  (…), dont 
une page manque ;

­  une  attestation  de  réussite  d'un  cours  de  préformation  décernée  à 
A._______ le (…), ainsi qu'un récapitulatif de notes et d'appréciations.

Quant  aux  autres  pièces,  elles  sont  constituées  d'articles  relatifs  à  la 
situation générale des Roms au Kosovo.

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L.b. 
Le  30  septembre  2010,  les  intéressées  ont  déposé  un  second  recours 
contre la décision de l'ODM du 31 août 2010, par l'intermédiaire de (…). 

M. 
Par  ordonnance  du  7  octobre  2010,  le  juge  instructeur  a  demandé  aux 
recourantes  de  lui  indiquer  par  quel  mandataire  elles  souhaitaient  être 
représentées dans le cadre de la procédure de recours.

Par  courrier  du 14 octobre 2010,  (…) a  communiqué qu'il  était  toujours 
mandataire des intéressées.

Par  lettre  du  20  octobre  2010,  (…)  a  fait  parvenir  au  Tribunal  une 
procuration  signée  par  les  recourantes,  le  9  octobre  2010,  par  laquelle 
elles  déclarent  que  leur  mandataire  dans  la  présente  procédure  est 
exclusivement (…).

N. 
Par  décision  incidente  du  18  novembre  2010,  le  juge  chargé  de 
l'instruction  a  disjoint  les  causes  de  C._______  d'une  part  (ce  dernier 
ayant  également  recouru  contre  la  décision  du  31  août  2010),  et  de 
A._______  et  B._______  d'autre  part,  C._______  et  A._______  étant 
divorcés et ne vivant plus ensemble.  Il  a par ailleurs  rejeté  la demande 
d'assistance  judiciaire  partielle,  au  vu  du  caractère  d'emblée  voué  à 
l'échec des conclusions des  recourantes. Un délai au 3 décembre 2010 
leur  a  été  imparti  pour  verser  un  montant  de  Fr. 600.­  au  titre  d'une 
avance de frais.

O. 
En date du 3 décembre 2010, l'avance de frais requise a été payée.

P. 
Par courrier du 12  janvier 2011,  les  intéressées, par  l'entremise du (…), 
ont complété leurs mémoires de recours déposés les 29 et 30 septembre 
2010, produisant un article relatif au retour forcé des Roms au Kosovo et 
aux difficultés qui en résultent.

Q. 
Dans  sa détermination  du 21  février  2011,  l'ODM a proposé  le  rejet  du 
recours,  estimant  en  particulier  que  les  problèmes  de  santé  de 
A.________ ne s'opposaient pas à l'exécution du renvoi.

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R. 
Le 14 mars 2011, les recourantes ont fait usage de leur droit de réponse, 
par l'intermédiaire du (…).

Le même jour, elles ont fait de même par l'entremise de (…).

S. 
Depuis  leur arrivée en Suisse,  les  intéressées ont eu affaire à plusieurs 
reprises  à  la  police  et  à  la  justice.  B._______  a  notamment  fait  l'objet 
d'une  condamnation  pour  voies  de  fait  par  le  Tribunal  des  mineurs  du 
canton  de  (…),  en  date  du  17  décembre  2008,  écopant  de  six  demi­
journées  de  prestations  personnelles  à  subir  sous  forme  de  travail 
d'intérêt  général,  un  sursis  accordé  par  jugement  du  9  avril  2008  étant 
révoqué  et  l'exécution  de  quatre  demi­journées  de  prestations 
personnelles supplémentaires ordonnée. Par ailleurs, les recourantes ont 
toutes deux fait  l'objet d'un rapport de police le 26 novembre 2009, pour 
agression et  usage d'un  spray au poivre,  suite à une bagarre opposant 
certains membres de la famille (…), parmi lesquels les intéressées, à un 
couple kosovar, dans un centre commercial.

T. 
Les  autres  faits  de  la  cause  seront  examinés,  si  nécessaire,  dans  les 
considérants en droit qui suivent.

Droit :

1. 

1.1.  Le  Tribunal,  en  vertu  de  l'art. 31  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le 
Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32),  connaît  des  recours 
contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 
1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS  172.021)  prises  par  les 
autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF.

En particulier, les décisions rendues par l'ODM concernant l'asile peuvent 
être contestées, par renvoi de l'art. 105 de la loi du 26 juin 1998 sur l'asile 
(LAsi, RS 142.31), devant  le Tribunal,  lequel statue alors définitivement, 
sauf demande d'extradition déposée par  l'Etat dont  le requérant cherche 
à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal 
fédéral [LTF, RS 173.110]).

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1.2. Les recourantes ont qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA). Présenté 
dans la forme (art. 52 PA) et dans les délais (art. 108 al. 1 LAsi) prescrits 
par la loi, le recours est recevable.

2. 

2.1.  Le  Tribunal  examine  librement  en  la  matière  l'application  du  droit 
public  fédéral,  la constatation des  faits et  l'opportunité,  sans être  lié par 
les  arguments  invoqués  à  l'appui  du  recours  (art. 106  al. 1 LAsi  et  62 
al. 4 PA  par  renvoi  des  art. 6 LAsi  et  37 LTAF)  ni  par  la  motivation 
retenue par  l'ODM (ATAF 2009/57 consid. 1.2 p. 798 ; cf. dans  le même 
sens Jurisprudence et  informations de  la Commission suisse de recours 
en matière d'asile  [JICRA] 2002 n° 1 consid. 1a p. 5,  JICRA 1994 n° 29 
consid. 3 p. 206s.).  Il peut ainsi admettre un recours pour un autre motif 
que  ceux  invoqués  devant  lui  ou  rejeter  un  recours  en  adoptant  une 
argumentation  différente  de  celle  de  l'autorité  intimée  (ATAF 2007/41 
consid. 2 p. 529s.)

2.2. A l'instar de  l'ODM,  il s'appuie sur  la situation prévalant au moment 
de  l'arrêt  s'agissant  de  la  crainte  de  persécution  future  ou  de  motifs 
d'empêchement  à  l'exécution  du  renvoi,  que  ceux­ci  soient  d'ordre 
juridique  ou  pratique  (ATAF 2009/29  consid. 5.1  p. 376,  ATAF 2008/12 
consid. 5.2 p. 154s., ATAF 2008/4 consid. 5.4 p. 38s. ; arrêts du Tribunal 
administratif  fédéral  D­7561/2008  consid. 1.4  [p. 8]  du  15 avril 2010, 
D­7558/2008 consid. 1.4 [p. 7] du 15 avril 2010, D­3753/2006 consid. 1.5 
du  2 novembre 2009,  D­7040/2006  consid. 1.5  du  28 juillet 2009  et 
D­6607/2006  consid. 1.5  [et  réf. JICRA cit.]  du  27 avril 2009).  Il  prend 
ainsi  en  considération  l'évolution  de  la  situation  intervenue  depuis  le 
dépôt de la demande d'asile

3. 

3.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans 
le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 
ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion, 
de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou 
de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de 
sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou 
de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression 
psychique  insupportable.  Il  y  a  lieu  de  tenir  compte  des motifs  de  fuite 
spécifiques aux femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi).

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3.1.1. La  crainte  face  à  des  persécutions  à  venir,  telle  que  comprise  à 
l'art. 3 LAsi, contient un élément objectif, au regard d'une situation ancrée 
dans  les  faits,  et  intègre  également  dans  sa  définition  un  élément 
subjectif.  Sera  reconnu  comme  réfugié  celui  qui  a  de  bonnes  raisons, 
c'est­à­dire  des  raisons  objectivement  reconnaissables  pour  un  tiers 
(élément  objectif),  de  craindre  (élément  subjectif)  d'avoir  à  subir  selon 
toute  vraisemblance  et  dans  un  avenir  prochain  une  persécution  (cf. 
JICRA 2000 n° 9 consid. 5a p. 78 et JICRA 1997 n° 10 consid. 6 p. 73). 
Sur  le  plan  subjectif,  il  doit  être  tenu  compte  des  antécédents  de 
l'intéressé,  notamment  de  l'existence  de  persécutions  antérieures,  ainsi 
que  de  son  appartenance  à  un  groupe  ethnique,  religieux,  social  ou 
politique l'exposant plus particulièrement à des mesures de persécution ; 
en particulier, celui qui a déjà été victime de telles mesures a des raisons 
objectives d'avoir une crainte (subjective) plus prononcée que celui qui en 
est  l'objet  pour  la  première  fois  (cf. JICRA  2004  n°  1  consid.  6a  p.  9, 
JICRA 1994 n°  24 p.  171ss et  JICRA 1993 n°  11 p.  67ss). Sur  le  plan 
objectif,  cette  crainte  doit  être  fondée  sur  des  indices  concrets  qui 
peuvent  laisser présager  l'avènement, dans un avenir prochain et  selon 
une haute probabilité, de mesures déterminantes selon l'art. 3 LAsi. Il ne 
suffit  pas,  dans  cette  optique,  de  se  référer  à  des  menaces 
hypothétiques, qui pourraient  se produire dans un avenir plus ou moins 
lointain (cf. JICRA 2005 n° 21 consid. 7 p. 193, JICRA 2004 n° 1 consid. 
6a p. 9, JICRA 1993 n° 21 p. 134ss et JICRA 1993 n° 11 p. 67ss ; MINH 
SON NGUYEN, Droit public des étrangers : présence, activité économique 
et statut politique, Berne 2003, p. 447ss ; MARIO GATTIKER, La procédure 
d'asile  et  de  renvoi,  Berne  1999,  p.  69 s.  ;  ALBERTO  ACHERMANN  / 
CHRISTINA HAUSAMMANN, Les notions d'asile et de réfugié en droit suisse, 
in : Walter Kälin [éd.], Droit des réfugiés, enseignement de 3ème cycle de 
droit  1990,  Fribourg  1991,  p. 23ss,  spéc.  44  ;  ALBERTO  ACHERMANN  / 
CHRISTINA  HAUSAMMANN,  Handbuch  des  Asylrechts,  2ème  éd., 
Berne/Stuttgart  1991,  p.  108ss  ;  WALTER  KÄLIN,  Grundriss  des 
Asylverfahrens,  Bâle/Francfort­sur­le­Main  1990,  p.  126  et  143ss ; 
SAMUEL  WERENFELS,  Der  Begriff  des  Flüchtlings  im  schweizerischen 
Asylrecht, Berne 1987, p. 287ss).

3.1.2.  Les  préjudices  infligés  par  des  tierces  personnes  ne  revêtent  un 
caractère déterminant pour la reconnaissance de la qualité de réfugié que 
si l'Etat n'accorde pas la protection nécessaire, comme il en a la capacité 
et l'obligation. Il  incombe au requérant de s'adresser en premier lieu aux 
autorités  en  place  dans  son  pays  d'origine,  dans  la  mesure  où  la 
protection  internationale ne revêt qu'un caractère subsidiaire par rapport 

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à la protection nationale, lorsque celle­ci existe, qu'elle s'avère efficace et 
qu'elle  peut  être  requise  (cf. JICRA 2006 n°  18 p. 181  ss,  en particulier 
consid. 10.3.2).

3.2.  Quiconque  demande  l'asile  (requérant)  doit  prouver  ou  du  moins 
rendre  vraisemblable  qu'il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est 
vraisemblable  lorsque  l'autorité  estime  que  celle­ci  est  hautement 
probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur 
des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont 
contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de 
manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 
LAsi).

4. 

4.1. En  l'espèce, A._______  invoque essentiellement des motifs en  lien 
avec son séjour au Kosovo en (…), à savoir le fait qu'en tant que Roms, 
elle­même et les autres membres de sa famille auraient été menacés par 
des Albanais,  au  point  de  devoir  rester  enfermés  dans  la maison  qu'ils 
occupaient.  Or  force  est  de  constater  que  les  recourantes,  comme  les 
autres  membres  de  leur  famille,  n'ont  pas  établi  être  retournées  au 
Kosovo en (…).

4.1.1. En effet, selon  les propos de J._______, chez qui  les  intéressées 
et leur famille se seraient réfugiés en (…), ceux­ci n'auraient jamais vécu 
chez lui, lui­même ne les ayant pas revus depuis leur départ du pays en 
(…)  (cf. rapport  de  l'Ambassade  suisse  au  Kosovo  du  4 mai  2010).  En 
revanche, J._______, au moment de ses déclarations au représentant de 
l'Ambassade le 29 avril 2010, aurait toujours été en contact téléphonique 
avec sa sœur, A._______, et  il aurait appris que  la famille (…) se serait 
rendue directement en Suisse depuis l'Allemagne en (…).

Au vu de ces informations, délivrées par le frère de A._______, la réalité 
du retour de la famillle (…) auprès de leurs proches en (…) est douteuse, 
ce d'autant plus qu'aucun élément du dossier ne pourrait  laisser penser 
que J._______ aurait eu un quelconque intérêt à mentir.

4.1.2. Ce constat est  renforcé par  le  fait que C._______ a été surpris à 
G._______ au volant d'une voiture immatriculée en Allemagne le (…), soit 
quelques jours après l'entrée en Suisse de la famille le (…), un ticket de 
caisse allemand du (…) ayant par ailleurs été retrouvé dans le véhicule. 
Cet élément ne concorde manifestement pas avec  les circonstances de 

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l'arrivée en Suisse avancées par la recourante et les autres membres de 
sa  famille,  selon  lesquelles  ils  auraient  voyagé  dans  le  véhicule  des 
passeurs qui les accompagnaient. En outre, les explications données par 
les  membres  de  la  famille  interrogés  à  ce  sujet,  plus  particulièrement 
celles  de  l'intéressée,  ne  convainquent  pas.  Il  apparaît  en  effet 
invraisemblable  qu'une  fois  la  famille  arrivée  en  Suisse,  le  frère  de 
C._______  ait  pris  l'initiative  d'apporter  à  ce  dernier  sa  propre  voiture 
depuis  l'Allemagne,  afin  de  lui  permettre  de  se  déplacer  en  Suisse,  le 
frère en question habitant de surcroît au nord de l'Allemagne (T._______, 
à proximité de I._______), selon les documents retrouvés dans la voiture 
(permis de circulation du véhicule). En tenant compte des affirmations de 
J._______,  il  semble  plus  probable  que  la  famille  (…)  a  emprunté  le 
véhicule du frère de C._______ pour se rendre en Suisse.

4.1.3. En outre,  les déclarations des membres de la famille entendus au 
sujet  du  voyage  qu'ils  auraient  effectué  depuis  le  Kosovo  confortent 
l'impression  selon  laquelle  ils  ne  l'ont  pas  fait.  Les  différents  récits 
présentés sont en effet pauvres et dénués de détails. Ainsi, la description 
des conducteurs du fourgon ou celle du parcours emprunté est indigente 
(cf. procès­verbal de l'audition de C._______ du 9 décembre 2004, p. 7 et 
8 ; procès­verbal de l'audition de A._______ du 9 décembre 2004, p. 6 et 
7 ; procès­verbal de l'audition de E._______ du 9 décembre 2004, p. 3 et 
4 ; procès­verbal de l'audition de D._______ du 9 décembre 2004, p. 4). 
Par ailleurs, les récits divergent les uns par rapport aux autres, bien qu'ils 
semblent entendus sur certains points. Ainsi, les conducteurs du fourgon 
parlaient  tantôt  uniquement  le  serbe  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de 
C._______  du  9  décembre  2004,  p. 8),  tantôt  le  gabel,  l'allemand  et 
l'albanais  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de  A._______  du  9  décembre 
2004, p. 6). L'arrière du véhicule, où les requérants auraient pris place, ne 
disposait pas de sièges selon C._______  (cf. procès­verbal de  l'audition 
de  C._______  du  9  décembre  2004,  p. 7),  alors  que  selon  d'autres 
membres de  la  famille,  ils étaient bien assis  sur des sièges  (cf. procès­
verbal  de  l'audition  de  E._______  du  9  décembre  2004,  p. 4 ;  procès­
verbal de l'audition de D._______ du 9 décembre 2004, p. 4). C._______ 
aurait effectué selon lui  l'intégralité du trajet à l'arrière, en compagnie du 
reste  de  la  famille  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de  C._______  du  9 
décembre 2004, p. 8), tandis que d'après la recourante, il se serait parfois 
installé à  l'avant avec  les conducteurs  (cf. procès­verbal de  l'audition de 
A._______  du  9  décembre  2004,  p. 6).  C._______  s'est  pour  sa  part 
contredit  de  manière  flagrante,  affirmant  dans  un  premier  temps  avoir 
parlé avec  les conducteurs pendant  le  trajet pour  les  tenir en  forme  (cf. 

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procès­verbal  de  l'audition  de  C._______  du  9  décembre  2004,  p. 7, 
réponse ad question n° 58), avant de dire peu après ne pas avoir parlé 
avec eux en raison du fait qu'ils ne parlaient que le serbe (cf. ibidem, p. 8, 
réponse ad question n° 61).

L'indigence des propos et les divergences constatées permettent ainsi de 
tenir pour  invraisemblables  les circonstances de  l'arrivée en Suisse des 
recourantes  et  de  leur  famille,  telles  qu'elles  ont  été  rapportées.  Le 
Tribunal  en  conclut  que  la  famille  (…)  n'a  pas  séjourné  auprès  de  ses 
proches au Kosovo en (…).

4.2. Au vu de ce qui précède,  les actes de discrimination prétendument 
subis  au  Kosovo  de  la  part  de  la  communauté  albanaise  en  (…),  dont 
l'intéressée s'est plainte, apparaissent clairement invraisemblables.

4.3. La recourante a également fait valoir le fait que certains membres de 
sa famille avaient été tués, tandis qu'elle­même et sa famille résidaient en 
Allemagne. Or  ses  propos  sont  vagues et  indigents,  l'intéressée  n'étant 
notamment pas capable de situer les meurtres dans le temps (cf. procès­
verbal  de  l'audition  de  A._______  du  9  décembre  2004,  p. 7).  Ses 
affirmations sont par ailleurs  inconstantes, quand elle parle d'abord d'un 
oncle et d'un cousin tués (cf. procès­verbal de l'audition de A._______ du 
16 novembre 2004, p. 5), puis de deux oncles et d'un cousin (cf. procès­
verbal  de  l'audition  de A._______  du  9  décembre  2004,  p. 7),  de  sorte 
que la réalité de ces événements peut être mise en doute.

Enfin,  les explications  relatives aux conditions dans  lesquelles  la  famille 
(…)  aurait  vécu  au  Kosovo  entre  (…)  et  (…)  s'avèrent  extrêmement 
pauvres  et  dénuées  de  tout  détail  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de 
A._______  du  9  décembre  2004,  p. 5).  En  outre,  ses  affirmations  ne 
correspondent  pas  à  celles  de  son  ex­mari  sur  certains  points.  Par 
exemple, elle a dit avoir  toujours dormi dans une chambre au deuxième 
étage avec C._______, celui­ci allant parfois dormir ailleurs  lorsqu'ils se 
disputaient  (cf. procès­verbal de  l'audition de A._______ du 9 décembre 
2004, p. 3), alors que son ex­époux a prétendu le contraire, à savoir qu'il 
aurait  dormi  dans  la  chambre  en  question,  son  ex­femme  se  déplaçant 
parfois  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de  C._______  du  9  décembre 
2004, p. 7). 

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4.4.  Au  demeurant,  indépendamment  de  la  question  de  leur 
vraisemblance,  les  motifs  avancés  ne  sont  pas  pertinents  en  matière 
d'asile. 

4.4.1. Les problèmes invoqués par A._______ sont  le fait de tiers (qu'ils 
s'agissent des membres de  la communauté albanaise ou des meurtriers 
des membres de sa  famille). Or, selon  les propos de celle­ci, elle ne se 
serait  jamais  adressée  aux  autorités  compétentes  pour  dénoncer  les 
actes commis à son encontre ou les menaces qui auraient pesé sur elle 
et sa famille (cf. procès­verbal de l'audition de A._______ du 9 décembre 
2004, p. 6), de telle manière que les intéressées ne sauraient se prévaloir 
de  l'inefficacité des autorités kosovares pour  requérir  la protection de  la 
Suisse, qui est  subsidiaire. D'ailleurs,  la  recourante n'a  jamais prétendu 
que  les  instances  kosovares  étaient  inaptes  à  lui  porter  assistance, 
reconnaissant au contraire n'avoir jamais connu de problèmes avec elles 
(cf. procès­verbal  de  l'audition  de   A._______  du  16  novembre  2004, 
p. 7).

Par ailleurs, selon  la  jurisprudence du Tribunal, qui a repris sur ce point 
celle de la Commission,  la MINUK et  la Force de maintien de la paix au 
Kosovo  (KFOR)  ont  la  volonté  et  la  capacité  de  protéger  les  minorités 
ethniques  au Kosovo  et  il  n'existe  aucune  persécution  systématique  de 
celles­ci (cf. notamment  arrêts  du  Tribunal  administratif  fédéral  D­
6827/2010  du  2  mai  2011  consid. 4.7,  D­4618/2007  du  13  juillet  2007 
consid. 5.3 et D­3844/2006 du 27 août 2007 consid. 5.2, qui renvoient à 
la  JICRA  2002  n°  22  consid.  4d/aa  p. 180).  Cette  jurisprudence  est 
toujours  d'actualité,  même  après  la  déclaration  unilatérale 
d'indépendance  du  Kosovo  du  17 février 2008  (cf. arrêts  du  Tribunal 
administratif  fédéral D­4220/2008 du 24 octobre 2008 p. 5, D­3694/2006 
du 18 novembre 2008 consid. 3.2 et D­3685/2009 du 20 août 2009 p. 5 et 
6), les autorités de la nouvelle République ne renonçant pas à poursuivre 
les  auteurs  d'actes  pénalement  répréhensibles  et  offrent  donc,  en 
principe, une protection appropriée pour empêcher la perpétration d'actes 
illicites,  quelle  que  soit  l'appartenance  ethnique  des  auteurs  et  des 
victimes  de  ces  atteintes  (cf.  notamment  UK  Home  Office,  Operational 
Guidance Note : Kosovo, 22 juillet 2008, spéc. par. 3.11.10 à 3.11.12 et 
sources citées).

4.4.2. Enfin, au cours de l'audition sur les motifs, A._______ a affirmé que 
le fait que la maison de la famille avait brûlé était son premier motif d'asile 
(cf. procès­verbal de l'audition de A._______ du 9 décembre 2004, p. 5). 

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Force  est  cependant  de  constater  qu'on  ignore  dans  quelles  conditions 
l'incendie a eu  lieu. Au vu de  l'indigence des propos  tenus sur ce point, 
on peut douter qu'un risque existe aujourd'hui pour les intéressées d'être 
victimes  de  préjudices  ciblés  pour  l'un  des  motifs  exhaustivement 
énumérés  par  l'art. 3  LAsi  (cf. aussi  le  rapport  d'Ambassade  qui  décrit 
une cohabitation globalement pacifique dans la région).

4.5. Au vu de l'ensemble des arguments qui précèdent, le recours, en tant 
qu'il  porte  sur  la  reconnaissance  de  la  qualité  de  réfugié  et  l'octroi  de 
l'asile, doit être rejeté.

5. 

5.1. Lorsqu'il rejette la demande d'asile ou qu'il refuse d'entrer en matière 
à ce sujet, l'ODM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en 
ordonne  l'exécution;  il  tient  compte  du  principe  de  l'unité  de  la  famille 
(art. 44  al. 1  LAsi).  Le  renvoi  ne  peut  être  prononcé,  selon l'art. 32  de 
l'ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l'asile relative à la procédure (OA 1, 
RS  142.311),  lorsque  le  requérant  d'asile  dispose  d'une  autorisation  de 
séjour ou d'établissement, ou qu'il  fait  l'objet d'une décision d'extradition 
ou  d'une  décision  de  renvoi  conformément  à  l'art. 121  al. 2  de  la 
Constitution fédérale du 18 avril 1999 (Cst., RS 101).

5.2.  Aucune  exception  à  la  règle  générale  du  renvoi  n'étant  en 
l'occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette 
mesure.

6. 
L'exécution  du  renvoi  est  ordonnée  si  elle  est  licite,  raisonnablement 
exigible et possible (art. 44 al. 2 LAsi). En cas contraire,  l'ODM règle  les 
conditions de résidence conformément aux dispositions de la loi fédérale 
sur  les  étrangers  du  16  décembre  2005  (LEtr,  RS  142.20)  concernant 
l'admission provisoire (art. 44 al. 2 LAsi).

7. 

7.1. L'exécution du renvoi est  illicite,  lorsque la Suisse, pour des raisons 
de droit  international public, ne peut contraindre un étranger à se rendre 
dans  un  pays  donné  ou  qu'aucun  autre  Etat,  respectant  le  principe  du 
non­refoulement,  ne  se  déclare  prêt  à  l'accueillir  ;  il  s'agit  d'abord  de 
l'étranger  reconnu  réfugié,  mais  soumis  à  une  clause  d'exclusion  de 
l'asile, et ensuite de l'étranger pouvant démontrer qu'il serait exposé à un 

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traitement prohibé par  l'art.  3 CEDH ou encore  l'art. 3 de  la Convention 
du  10  décembre  1984  contre  la  torture  et  autres  peines  ou  traitements 
cruels,  inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105) (Message du 
Conseil fédéral à l'appui d'un arrêté fédéral sur la procédure d'asile [APA], 
du 25 avril 1990, in : FF 1990 II 624).

7.2. In casu, l'exécution du renvoi ne contrevient pas au principe de non­
refoulement  de  l'art. 5  LAsi,  les  intéressées  n'ayant  pas  la  qualité  de 
réfugiées.

7.3. En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant du 
droit international, il sied d'examiner particulièrement si l'art. 3 CEDH, qui 
interdit  la  torture,  les  peines  et  traitements  inhumains  ou  dégrandants, 
trouve  application  dans  le  cas  d'espèce.  Si  cette  disposition  s'applique 
indépendamment de  la  reconnaissance de  la qualité de  réfugié, cela ne 
signifie pas encore qu'un renvoi ou une extradition serait prohibée par le 
seul  fait  que  dans  le  pays  concerné  des  violations  de  l'art.  3  CEDH 
devraient  être  constatées  ;  une  simple  possibilité  de  subir  des mauvais 
traitements ne suffit pas. Il faut au contraire que la personne qui invoque 
cette disposition démontre à satisfaction qu'il existe pour elle un véritable 
risque  concret  et  sérieux,  au­delà  de  tout  doute  raisonnable,  d'être 
victime de tortures, ou de traitements inhumains ou dégradants en cas de 
renvoi dans son pays. Il en ressort qu'une situation de guerre, de guerre 
civile, de troubles intérieurs graves ou de tension grave accompagnée de 
violations des droits de l'homme ne suffit pas à justifier la mise en oeuvre 
de la protection  issue de  l'art. 3 CEDH,  tant que  la personne concernée 
ne peut rendre hautement probable qu'elle serait visée personnellement ­ 
et non pas simplement du fait d'un hasard malheureux ­ par des mesures 
incompatibles  avec  la  disposition  en  question  (cf.  JICRA  1996  n°  18 
consid. 14b let. ee p. 186 s.).

7.4. En l'occurrence, les recourantes n'ont pas rendu hautement probable 
qu'elles seraient personnellement visées, en cas de retour dans leur pays 
d'origine, par des mesures  incompatibles avec  l'art. 3 CEDH ou d'autres 
dispositions contraignantes de droit international (cf. supra consid. 4).

7.5.  Dès  lors,  l'exécution  du  renvoi  des  intéressées  sous  forme  de 
refoulement ne transgresse aucun engagement de la Suisse relevant du 
droit  international,  de  sorte  qu'elle  s'avère  licite  (art. 44  al. 2  LAsi  et  83 
al. 3 LEtr).

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8. 

8.1. Selon l'art. 83 al. 4 LEtr,  l'exécution de la décision peut ne pas être 
raisonnablement exigée si le renvoi ou l'expulsion de l'étranger dans son 
pays  d'origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par 
exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou 
de nécessité médicale.

8.2.  Cette  disposition  s'applique  en  premier  lieu  aux  "réfugiés  de  la 
violence", soit aux étrangers qui ne remplissent pas  les conditions de  la 
qualité de  réfugié parce qu'ils  ne sont pas personnellement persécutés, 
mais qui  fuient des situations de guerre, de guerre civile ou de violence 
généralisée.  Elle  vaut  aussi  pour  les  personnes  pour  qui  un  retour 
reviendrait  à  les  mettre  concrètement  en  danger,  notamment  parce 
qu'elles  ne  pourraient  plus  recevoir  les  soins  dont  elles  ont  besoin  ou 
qu'elles  seraient,  selon  toute  probabilité,  condamnées  à  devoir  vivre 
durablement  et  irrémédiablement  dans  un  dénuement  complet,  et  ainsi 
exposées à  la  famine, à une dégradation grave de  leur état de santé, à 
l'invalidité, voire à la mort. En revanche, les difficultés socio­économiques 
qui sont le lot habituel de la population locale, en particulier des pénuries 
de soins, de logement, d'emplois, et de moyens de formation, ne suffisent 
pas en soi à réaliser une telle mise en danger. L'autorité à qui incombe la 
décision doit donc dans chaque cas confronter  les aspects humanitaires 
liés à la situation dans laquelle se trouverait l'étranger concerné dans son 
pays après l'exécution du renvoi à l'intérêt public militant en faveur de son 
éloignement  de  Suisse  (voir  notamment  à  ce  propos  ATAF  2007/10 
consid. 5.1 p. 111;  JICRA 2005 n° 24 consid. 10.1 p. 215 et  jurisp.  cit., 
JICRA 2003 n° 24 consid. 5 p. 157 s.).

Ceci étant,  il  convient, dans  le cadre de  l'examen des cas d'espèce, de 
faire appel à des critères aussi divers que les attaches avec la région de 
réinstallation,  notamment  les  relations  familiales  et  sociales,  les  séjours 
antérieurs, les emplois qu'on y a exercés, les connaissances linguistiques 
et professionnelles acquises, le sexe, l'âge, l'état de santé, l'état civil, les 
charges  de  famille.  L'autorité  à  qui  incombe  la  décision  doit  donc  dans 
chaque  cas  confronter  les  aspects  humanitaires  liés  à  la  situation  dans 
laquelle se trouverait l'étranger concerné dans son pays après l'exécution 
du  renvoi  à  l'intérêt  public  militant  en  faveur  de  son  éloignement  de 
Suisse  (cf.  la  jurisprudence  rendue  à  propos  de  l'ancien  art.  14a  al.  4 
LSEE,  qu'il  n'y  a  pas  lieu  de  remettre  en  question  :  JICRA 2005  n°  24 

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consid.  10.1.  p.  215  et  jurisp.  citée,  JICRA  2003  n°  24  consid.  5  p. 
157 ss).

8.3. En l'espèce, s'agissant de la situation générale régnant actuellement 
au  Kosovo,  il  est  notoire  que  ce  pays,  dont  l'indépendance  a  été 
reconnue par  la Suisse,  le 27 février 2008, ne connaît pas une situation 
de guerre, de guerre civile ou de violence généralisée sur l'ensemble de 
son  territoire,  laquelle  permettrait  d’emblée  ­  et  indépendamment  des 
circonstances  du  cas  d’espèce  ­  de  présumer,  à  propos  de  tous  les 
ressortissants  du  pays,  l’existence  d’une  mise  en  danger  concrète  au 
sens de l’art. 83 al. 4 LEtr.

8.4.  Il sied donc d'examiner si, en raison de  la situation personnelle des 
recourantes,  l'exécution  du  renvoi  impliquerait  une  mise  en  danger 
concrète de celles­ci.

8.4.1.  Elles  appartiennent  à  la  minorité  rom  du  Kosovo.  Dans  sa 
jurisprudence publiée dans ATAF 2007/10 (consid. 5.3, p. 111s.), qui est 
toujours  d'actualité,  compte  tenu  du  climat  régnant  entre  les  différentes 
communautés ethniques au Kosovo (cf. p. ex. : COMITÉ CONSULTATIF DE LA 
CONVENTION­CADRE  POUR  LA  PROTECTION  DES  MINORITÉS  NATIONALES, 
Deuxième  Avis  sur  le  Kosovo,  31  mai  2010, 
doc n° ACFC/OP/II(2009)004, ad art. 4, spéc. par. 73 ss), le Tribunal a eu 
l'occasion  de  préciser  que  l'exécution  du  renvoi  des  Roms,  Ashkalis  et 
Egyptiens  albanophones  au  Kosovo  est,  en  règle  générale, 
raisonnablement  exigible,  pour autant  qu'un  examen  individualisé, 
prenant  en  considération  un  certain  nombre  de  critères  (état  de  santé, 
âge, formation professionnelle, possibilité concrète de réinstallation dans 
des  conditions économiques décentes,  réseau social  et  familial),  ait  été 
effectué sur place, au Kosovo. 

8.4.2. A._______ est originaire du village de H._______, situé à quelques 
kilomètres de la ville de M._______. Selon les informations à disposition 
du  Tribunal  (cf. notamment  Community  Profile  Kosovo  Roma, 
Organization for Security and Cooperation in Europe, Mission in Kosovo, 
février 2011), la sécurité des Roms au sein de la collectivité est garantie 
dans cette région, une seule agression à caractère a priori gratuit contre 
un  membre  de  la  communauté  en  question  ayant  été  répertoriée  pour 
toute l'année 2010. Par ailleurs, les Roms bénéficient d'une totale liberté 
de  mouvement  et  ont  sans  difficulté  accès  aux  transports  publics. 
Certains  de  leurs  représentants  siègent  au  conseil  municipal  de  la 

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commune  de  M._______,  et  d'autres  font  partie  des  forces  de  police. 
Malgré certaines entraves persistantes, notamment en cas d'absence de 
documents  d'identité,  les  Roms  ont  en  principe  accès  aux  services 
publics,  à  l'aide  sociale,  à  l'éducation,  à  la propriété,  à  la  justice et  aux 
soins médicaux. La pratique de leur religion et de leurs traditions leur est 
en  outre  garanti.  L'accès  au marché  du  travail  reste  néanmoins  difficile 
pour  les  Roms,  essentiellement  en  raison  de  déficits  en  matière 
d'éducation et de formation.

En ce qui concerne le retour des Kosovars émigrés, qu'ils soient Roms ou 
qu'ils  appartiennent  à  d'autres  communautés,  les  conditions  d'accueil 
dans  leur  pays  d'origine  sont  en  constante  amélioration  (cf. notamment 
Municipal responses to displacement and returns in Kosovo, Organization 
for  Security  and  Cooperation  in  Europe,  Mission  in  Kosovo,  novembre 
2010). La loi kosovare garantit ainsi à toute personne déplacée le droit de 
se réinstaller dans son pays et de récupérer ses biens. Afin de rendre cet 
objectif  possible,  des  groupes  de  travail  locaux  ont  été  constitués, 
soutenus par un ministère spécialement affecté à cette tâche (Ministry of 
Communities  and  Returns).  Des  directives  ont  également  été  édictées, 
afin notamment de définir  les rôles et  les responsabilités des différentes 
entités  amenées à œuvrer  pour  faciliter  le  retour  des anciens migrants. 
L'une  d'entre  elles  concerne  spécifiquement  les  Roms,  ainsi  que  les 
Ashkalis  et  les Egyptiens  (Strategy  for  the  Integration  of Roma, Ashkali 
and  Egyptian  Communities  in  the  Republic  of  Kosovo  [2009­2015], 
décembre  2008).  Il  va  de  soi  que  la  mise  en œuvre  des  programmes 
adoptés prend du temps et s'avère difficile, chaque district  / municipalité 
avançant à son  rythme et avec plus ou moins de moyens et de volonté 
politique.  De  fait,  malgré  ces  avancées,  les  conditions  de  retour  des 
Kosovars émigrés dans leur pays sont encore loin d'être optimales. Dans 
le  district  de M._______,  trois municipalités  sur  six  avaient  déjà mis  en 
place  un  programme  d'aide  au  retour  en  2009  (à  savoir  M._______, 
U._______  et  L._______),  à  travers  par  exemple  l'organisation  de 
séances  d'information  et  de  visites  des  lieux  appelés  à  accueillir  les 
arrivants,  le  soutien  plus  concret  de  cas  particuliers,  la  promotion  du 
dialogue  interethnique,  ou  encore  la  mise  en  place  d'une  base  de 
données  des  personnes  concernées.  Les  municipalités  en  question 
coopèrent  par  ailleurs  directement  avec  des  organisations  non 
gouvernementales actives sur place.

8.4.3. Le système de santé publique du Kosovo est toujours en phase de 
reconstruction  depuis  la  fin  de  la  guerre.  Selon  les  informations  à 

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disposition du Tribunal  (cf. notamment Kosovo : Etat des soins de santé 
[mise  à  jour],  Organisation  suisse  d'aide  aux  réfugiés,  Berne,  1er 
septembre  2010),  le  pays  n'a  pas  à  l'heure  actuelle  de  système 
d'assurance­maladie  publique,  de  sorte  que  seuls  des  contrats  privés 
peuvent  assurer  l'accès  à  l'ensemble  des  prestations  hospitalières  et 
ambulatoires.  Cela  étant,  les  services  de  santé  sont  théoriquement 
fournis  gratuitement  par  les  institutions  de  santé  publique  à  certains 
groupes spécifiques, comme par exemple les enfants jusqu'à 15 ans, les 
élèves et étudiants jusqu'à la fin de leur formation de base, ou encore les 
bénéficiaires de l'assistance sociale et leur famille proche. Dans les faits, 
en  raison  des  contraintes  financières  et  matérielles  ne  permettant  pas 
toujours de faire face à la demande, les patients concernés sont toutefois 
parfois amenés à payer une partie des frais générés, voire leur intégralité. 

Le système kosovar des soins de santé comprend trois niveaux : primaire 
(centres  médicaux  situés  dans  chaque  municipalité),  secondaire 
(hôpitaux au niveau régional) et tertiaire (Centre Clinique Universitaire et 
institutions  spécialisées  à  Pristina).  De manière  générale,  les  Kosovars 
peuvent se faire soigner dans des cabinets et cliniques publics et privés, 
les prix étant plus élevés dans le secteur privé. Les pharmacies sont elles 
aussi  publiques  ou  privées.  L'Agence  des Médicaments  du  Kosovo,  en 
charge  des  activités  liées  aux  produits  pharmaceutiques  et  appareils 
médicaux,  a  établi  une  liste  de  médicaments  de  base  distribués 
gratuitement  dans  les  pharmacies.  Celles­ci  proposent  essentiellement 
des  médicaments  utiles  pour  des  maux  communs,  les  pharmacies 
privées  s'avérant  mieux  approvisionnées  à  cet  égard.  Une  partie  des 
médicaments  non  disponibles  peut  par  ailleurs  être  commandée  à 
l'étranger, les prix et l'approvisionnement variant néanmoins fortement.

De  manière  générale,  les  Roms  ont  accès  aux  niveaux  primaires  et 
secondaires offerts dans  le secteur public kosovar, certains préférant se 
faire  soigner  auprès  d'institutions  serbes,  auxquelles  ils  ont  en  principe 
également  accès  (cf. à  ce  propos  Kosovo  Communities  profiles, 
Organization for Security and Cooperation  in Europe [OSCE], Mission  in 
Kosovo,  Kosovo  Roma,  02/2011,  p. 18).  Les  difficultés  inhérentes  à 
l'accès effectif aux soins restent néanmoins les mêmes que pour le reste 
de la population (gratuité des soins limitée à certains groupes déterminés, 
difficultés d'accès aux soins pour les personnes les plus démunies). Les 
habitants Roms de la région de M._______, quant à eux, ont accès aux 
hôpitaux  régionaux  les  plus  proches  (M._______  et  V._______),  ainsi 
qu'aux centres médicaux de certains villages (cf. ibidem, p. 19). 

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En ce qui concerne  les soins psychiatriques,  leur  réhabilitation est  l'une 
des priorités du Ministère de la santé. Les besoins en la matière sont en 
effet  importants,  de  nombreux  Kosovars  souffrant  de  troubles  d'origine 
psychique, et  les moyens pour y  faire  face étant encore  insuffisants. Le 
pays  manque  de  professionnels  qualifiés,  et  le  système  actuel  de 
formation est  sous­développé, particulièrement en dehors de  la  capitale 
Pristina. Ainsi, en 2009,  il n'y avait encore qu'un psychiatre pour 90'000 
habitants,  un  employé  du  secteur  de  la  santé  mentale  pour  40'000 
habitants,  cinq  psychologues  cliniciens  et  un  faible  nombre  d'assistants 
sociaux.  Dès  lors,  les  moyens  les  plus  utilisés  pour  faire  face  à  la 
demande  sont  l'administration  de  médicaments  et  l'hospitalisation, 
lorsque  le  manque  de  lits  ne  s'y  oppose  pas.  Cela  étant,  il  existe  au 
Kosovo  sept  centres  de  traitement  ambulatoire  pour  les  maladies 
psychiques  (Centres  Communautaires  de  Santé  Mentale),  dont  un  à 
M._______.  En  outre,  certains  hôpitaux  généraux  disposent  d'espaces 
réservés à  la neuropsychiatrie pour  le  traitement des cas de psychiatrie 
aiguë, ce qui est  le cas également à M._______. Finalement, grâce à la 
coopération internationale, de nouvelles structures appelées "Maisons de 
l'intégration"  ont  vu  le  jour  dans  certaines  villes,  dont  V._______,  ville 
proche  de  M._______.  Ces  établissements  logent  des  personnes 
atteintes de troubles mineurs de la santé mentale dans des appartements 
protégés  et  leur  proposent  un  soutien  thérapeutique  et  socio­
psychologique  (cf. notamment Kosovo : Etat des soins de santé  [mise à 
jour], op. cit. p. 12ss).

8.4.4. In casu, conformément à la jurisprudence précitée (ATAF 2007/10), 
l'ODM a effectué une enquête sur place, en date du 4 mai 2010, dont les 
résultats  ont  déjà  été  évoqués  (cf. J.a.).  Les  intéressées  ne  disposent 
plus  sur place de maison ou de  locaux d'habitation  leur appartenant,  la 
maison  familiale  ayant  brûlé.  Néanmoins,  elles  devraient  pouvoir  être 
accueillies,  au  moins  temporairement,  dans  la  maison  des  parents  de 
A._______,  déjà  occupée  par  les  deux  frères  de  celle­ci  et  leur  famille 
respective. Même si  déjà 12 personnes  y  vivent,  force est  de  constater 
que  la  maison  est  relativement  grande  (120  m²,  deux  étages)  et  bien 
entretenue, et qu'une dépendance est à disposition (50 m²), de sorte que 
les  recourantes  devraient  être  en  mesure  de  s'y  faire  une  place. 
L'opposition exprimée par J._______ à  l'encontre d'une telle perspective 
peut être relativisée. En effet, ce dernier a admis être en contact régulier 
avec sa sœur. Le sort de celle­ci et du reste de sa famille ne lui est donc 
pas  indifférent.  Dans  ces  conditions,  on  peut  partir  du  principe  que  les 
recourantes pourront compter, en cas de retour au Kosovo, sur le soutien 

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des  frères  de  A._______,  en  particulier  pour  se  loger.  Certes,  les 
perspectives  professionnelles  n'apparaissent  pas  très  encourageantes 
pour  cette  dernière.  Mère  au  foyer,  elle  ne  bénéficie  pas  de  véritable 
formation.  Au  vu  des  difficultés  socio­économiques  prévalant  dans  le 
pays, en particulier pour  les Roms,  il ne  lui sera pas aisé de  trouver un 
travail  lui permettant de subvenir à ses propres moyens et à ceux de sa 
fille. Cela étant, outre l'aide de ses frères, elle devrait pouvoir compter sur 
le soutien financier des membres de sa famille installés à l'étranger (ses 
parents  et  un  frère  en  Allemagne,  ainsi  qu'une  sœur  en  Italie).  A  cet 
égard, la portée de la déclaration du père de la requérante, selon laquelle 
il ne serait pas en mesure de venir en aide à sa fille, doit être tempérée. Il 
ressort  en  effet  des  pièces  du  dossier  que  les  parents  (…)  ont  financé 
depuis l'étranger la construction de plusieurs maisons pour leurs enfants, 
et  qu'ils  continuent  à  verser  de  l'argent  aux  frères  de  l'intéressée. 
A._______  pourra  également  profiter  du  soutien  de  sa  fille  B._______, 
mais également de celui de ses enfants E._______ et D._______, dont 
les  recours  en matière  d'asile  et  d'exécution  du  renvoi  sont  rejetés  par 
arrêts  séparés  de  ce  jour  (D­7074/2010  et  D­7076/2010).  Concernant 
B._______,  si  celle­ci n'a  jamais vécu au Kosovo,  sa  langue maternelle 
reste  l'albanais, et elle a été élevée au sein d'une famille kosovare. Son 
adaptation  ne  sera  évidemment  pas  aisée,  mais  de  telles  difficultés 
n'apparaissent pas insurmontables. En terme d'intégration, il sied encore 
de noter qu'Irena a pu récemment se procurer un certificat de naissance 
serbe  (daté  du  19  octobre  2010).  Les  intéressées  paraissent  ainsi  en 
mesure  de  bénéficier  des  avantages  qui  en  découlent,  notamment 
concernant  l'accès aux services publics et aux programmes d'accueil en 
vigueur dans le district de M._______, mis spécifiquement en place dans 
le but d'encourager et de  faciliter  le  retour des émigrés. Concernant  les 
autres  facteurs  d'intégration,  la  communauté  rom  est  présente  dans  la 
région,  notamment  dans  le  village  de  H._______,  et  ne  subit  pas  de 
discriminations  particulières,  de  telle  sorte  que  la  réinsertion  des 
recourantes devrait en être facilitée. A l'opposé, ces dernières ne peuvent 
se  targuer  d'une  intégration  particulièrement  réussie  en  Suisse. 
A._______ ne travaille pas, et B._______, à la connaissance du Tribunal, 
ne  suit  pas  de  formation  pouvant  aboutir  à  un  quelconque  diplôme  (en 
juin  2010,  elle  effectuait  un  stage  de  cuisine  sous  la  supervision  du 
Service […] de la Jeunesse). Par ailleurs, la mère et la fille ont eu affaire 
à plusieurs reprises à la police et à la justice, B._______ ayant même été 
condamnée pour voies de fait le 17 décembre 2008 avec révocation d'un 
sursis  prononcé  lors  d'une  condamnation  antérieure  le  9  avril  2008. 
A._______ fait valoir en outre sa crainte d'être séparée de ses enfants en 

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cas de renvoi au Kosovo. Or cette crainte n'a pas lieu d'être, trois de ses 
quatre  enfants  étant  également  déboutés  en  matière  d'exécution  du 
renvoi  par  arrêts  de  ce  jour.  Quant  à  la  lettre  rédigée  par  le  pasteur 
R._______,  elle  n'apporte  aucun  élément  nouveau  susceptible  d'être 
décisif en la matière. 

Dans ce contexte, il y a lieu de rappeler que l'intérêt supérieur de l'enfant, 
tel que consacré à l'art. 3 de la Convention du 20 novembre 1989 relative 
aux droits de l'enfant (CDE, RS 0.107) ne fonde pas en soi un droit à une 
autorisation  de  séjour,  respectivement  à  une  admission  provisoire 
déductible  en  justice,  mais  représente  un  des  éléments  à  prendre  en 
compte dans la pesée des intérêts à effectuer en matière d'exigibilité du 
renvoi  (cf.  arrêt  du  Tribunal  administratif  D­3105/2008  du  30 mai  2011 
consid. 6.1).  In  casu,  le  constat  d'absence  d'intégration  en  Suisse 
l'emporte  sur  les années passées dans ce pays. B._______ a d'ailleurs 
été à nouveau dénoncée le 10 septembre 2009 pour voies de fait, lésions 
corporelles simples, menaces et vol d'un téléphone portable. 

En  ce  qui  concerne  les  problèmes  médicaux  de  A._______,  celle­ci 
souffre  essentiellement  de  troubles  de  nature  psychique  (épisode 
dépressif  sévère sans symptômes psychotiques et anxiété généralisée), 
qui  se  manifestent  notamment  par  des  symptômes  d'ordre 
psychosomatique.  Ces  maux  ne  nécessitent  qu'un  traitement 
ambulatoire,  l'intéressée  n'ayant  pas  subi  d'hospitalisation.  Le  suivi 
consiste en la prise de médicaments et en séances de psychothérapie et 
de  psychiatrie. Au  vu  des  informations  précitées  sur  l'état  des  soins  de 
santé  au  Kosovo,  les  médicaments  et  autres  soins  de  base  sont 
disponibles  dans  ce  pays,  également  pour  les membres  de  la minorité 
rom,  à  laquelle  appartient  l'intéressée.  La  ville  de M._______,  située  à 
proximité  immédiate  du  village  de  H._______,  dispose  de  plusieurs 
établissements  proposant  des  soins  en  matière  de  santé  mentale, 
auxquels les Roms ont en principe accès. Certes,  la poursuite d'un suivi 
psychothérapique régulier et adéquat ne saurait être garanti, le traitement 
des  maladies  psychiques  se  limitant  souvent  à  l'administration  de 
médicaments au Kosovo. Toutefois, dès le moment où la prise en charge 
médicamenteuse semble assurée, tout risque d'aggravation de l'état de la 
recourante,  conduisant  à  une  mise  en  danger  concrète  au  sens  de  la 
jurisprudence,  semble  pouvoir  être  écarté.  La  requérante  a  également 
mentionné  l'existence d'un cousin médecin au Kosovo  (cf. procés­verbal 
de  l'audition du 9 décembre 2004, p. 8,  réponse ad question n° 64). Au 
demeurant, l'amélioration des soins en matière de santé mentale est l'une 

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des priorités des autorités kosovares, de sorte qu'à terme, les troubles de 
l'intéressée  ne  peuvent  qu'être  mieux  pris  en  charge.  Quant  au  risque 
d'aggravation de son état, souligné par ses médecins en cas de renvoi, il 
pourra en tout état de cause être atténué, voire évité, par une préparation 
au retour adéquate de la part de ses thérapeutes et, le cas échéant, une 
aide médicale  au  retour.  S'il  est  compréhensible  que  la  perspective  de 
devoir  renoncer  à mener  une  existence  en Suisse  puisse  exacerber  un 
sentiment d'anxiété chez la recourante, ce motif n'est en soi pas suffisant 
pour  renoncer  à  l'exécution  du  renvoi,  au  vu  des  considérations  qui 
précèdent. Concernant les problèmes oculaires allégués, ceux­ci n'ont fait 
l'objet d'aucune précision de la part de A._______. En tout état de cause, 
ils  ne  sont  pas  d'une  gravité  telle  qu'ils  pourraient  faire  obstacle  à 
l'exécution  du  renvoi.  Au  demeurant,  l'intéressée  a  déjà  subi  une 
opération pour soigner cette affection. 

Le  Tribunal  a  conscience  des  difficultés  engendrées  par  un  retour  des 
intéressées dans leur pays d'origine. Sans vouloir les minimiser et au vu 
de  ce qui précède, il note  cependant que les chances de réinsertion sont 
réelles et qu'en tout état de cause, les recourantes ne seraient nullement 
exposées  à  une mise  en  danger  concrète  au  sens  de  la  jurisprudence 
précitée,  en  cas  de  renvoi  dans  leur  pays.  Dans  ce  contexte,  il  sied 
encore  de  relever  que  les motifs  résultant  de  difficultés  consécutives  à 
une crise  socio­économique  (pauvreté,  conditions d'existence précaires, 
difficultés  à  trouver  un  emploi  et  un  logement,  revenus  insuffisants, 
absence  de  toute  perspective  d'avenir)  ou  à  la  désorganisation,  à  la 
destruction des  infrastructures ou à des problèmes analogues auxquels, 
dans  le pays concerné, chacun peut être confronté, ne suffisent pas, en 
soi,  à  réaliser  une mise  en  danger  concrète  (cf.  dans  ce  sens  arrêt  du 
Tribunal  administratif  fédéral  D­5182/2008  du  1er  décembre  2008  p. 7, 
JICRA  2005  n° 24  consid. 10.1.  p. 215,  JICRA 2003  n° 24  consid. 5e 
p. 159).

A  ce  propos,  les  autorités  d'asile  peuvent  exiger  un  certain  effort  de  la 
part de personnes dont l'âge et l'état de santé doivent leur permettre, en 
cas  de  retour,  de  surmonter  les  difficultés  initiales  pour  se  trouver  un 
logement  et  un  travail  qui  leur  assure  un minimum  vital  (cf. notamment 
arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral   D­5511/2006  du  29  juin  2010 
consid. 6.4.1 et juris. cit. ; cf. également dans ce sens JICRA 1994 n° 18 
consid. 4e p. 143).

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8.5. Ainsi, l'exécution du renvoi des recourantes dans leur pays d'origine 
est raisonnablement exigible.

9. 

9.1. L'exécution n'est pas possible  lorsque  l'étranger ne peut pas quitter 
la Suisse pour son Etat d'origine, son Etat de provenance ou un Etat tiers, 
ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr).

9.2.  En  l'occurrence,  les  intéressées  sont  tenues  d'entreprendre,  en 
collaboration  avec  les  autorités  cantonales  d'exécution  du  renvoi,  toute 
démarche nécessaire auprès de  la  représentation de son pays d'origine 
en vue de l'obtention de documents de voyage leur permettant de quitter 
la Suisse (art. 8 al. 4 LAsi).

9.3.  Ainsi,  l'exécution  du  renvoi  ne  se  heurte  pas  à  des  obstacles 
insurmontables d'ordre technique et s'avère également possible au sens 
de l'art. 83 al. 2 LEtr.

10. 
Il s'ensuit que le recours, en tant qu'il conteste la décision d'exécution du 
renvoi, doit être également rejeté.

11. 
Au vu de l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure, 
s'élevant à Fr. 600.­, à la charge des recourantes, conformément aux art. 
63 al. 1 PA et 2 e 3 let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les 
frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral 
(FITAF, RS 173.320.2).

(dispositif page suivante)

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Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce :

1. 
Le recours est rejeté.

2. 
Les  frais de procédure, d’un montant de Fr. 600.­,  sont mis à  la charge 
des  recourantes.  Ils  sont  compensés  avec  l'avance  de  frais  de  même 
montant versée le 3 décembre 2010.

3. 
Le présent arrêt est adressé au mandataire des recourantes, à l’ODM et 
à l’autorité cantonale compétente.

Le président du collège : Le greffier :

Gérald Bovier Mathieu Ourny

Expédition :