# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 05f99cda-b2d3-5702-a3eb-849154391591
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-11-13
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 13.11.2008 A/3055/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-3055-2008_2008-11-13.pdf

## Full Text

Siégeant : Karine STECK, Présidente; Violaine LANDRY-ORSAT et Christine 

LUZZATTO, Juges assesseurs 

  

 

 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/3055/2008 ATAS/1272/2008 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 

ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 3 

du 13 novembre 2008 

 

En la cause 

Madame M__________, domiciliée à GENEVE, représentée par 

son fils, Monsieur MA__________  

recourante 

contre 

SERVICE DES PRESTATIONS COMPLEMENTAIRES, sis route 

de Chêne 54, GENEVE 

intimé 

 

 

 

 

 

A/3055/2008 

- 2/7 - 

EN FAIT 

1. Madame M__________ et son époux, Monsieur M__________, ont bénéficié des 

prestations complémentaires. 

2. Monsieur M__________ est décédé en 2007. 

3. Par courrier du 23 avril 2008, l'Office cantonal des personnes âgées (OCPA, 

devenu depuis lors le Service des prestations complémentaires; ci-après SPC) a 

informé Monsieur M__________, fils des époux M__________, qu'il comptait 

reprendre le calcul des prestations fédérales et cantonales complémentaires à 

compter du 1
er

 aout 2002 en tenant compte du revenu du fermage d'un bien 

immobilier sis sur la commune de Peron, dans l'Ain. Il a été précisé qu'il ne serait 

pas tenu compte de la valeur vénale de ce bien immobilier mais du produit de la 

valeur locative ressortant des déclarations fiscales des bénéficiaires, soit 6'606 fr. 

De nouvelles décisions seraient ensuite établies et le montant à restituer 

communiqué. 

4. Les décisions annoncées ont été rendues en date du 15 mai 2008. La somme de 

4'290 fr. a été réclamée à Madame M__________ à titre de prestations indument 

versées pour la période du 1
er

 août 2007 au 31 mai 2008. Comme annoncé, un 

produit de bien immobilier d'un montant de 6'606 fr. a été pris en compte. 

5. Par courrier réceptionné par l'OCPA en date du 29 mai 2008, le fils de l'intéressée a 

formé opposition à cette décision. Il a expliqué que le remboursement de cette 

somme mettrait sa mère dans une situation difficile, d'autant que ces prestations 

avaient été reçues de bonne foi.  

6. Par décision sur opposition du 30 juillet 2008, l'OCPA a expliqué que le montant de 

6'606 fr. retenu à titre de produit de la fortune immobilière ressortait des 

déclarations fiscales des époux M__________ de 2002 à 2006. Ces déclarations 

faisaient en effet état d’un rendement de 8'257 fr. dont avait été déduit le montant 

des charges et frais d'entretien, soit 1'651 fr.  

7. Par courrier du 26 août 2008, Monsieur M__________, fils de la bénéficiaire, a 

interjeté recours au nom de sa mère contre cette décision. Il allègue que c'est la 

fiduciaire de ses parents qui s'est occupée de remplir les déclarations fiscales de ces 

derniers. Il indique ne pas comprendre pourquoi la fiduciaire a déduit du fermage 

touché par ses parents des frais forfaitaires et non les frais réels dont il fait 

remarquer qu'ils sont bien plus élevés, de sorte que le loyer perçu se réduit en 

définitive à environ 1'000 fr. par an et non à 6'606 fr. Il produit à l'appui de ses dires 

une attestation du notaire qui s'occupait du fermage établissant le loyer touché et le 

montant des frais (taxe foncière, impôts et assurances). 

 

 

 

 

A/3055/2008 

- 3/7 - 

8. Invité à se déterminer, l'intimé, dans sa réponse du 19 septembre 2008, a conclu au 

rejet du recours. Il se réfère aux dispositions légales et explique qu'aux termes de 

celles-ci, seule la déduction forfaitaire applicable pour l'impôt cantonal direct dans 

le canton de domicile est valable pour les frais d'entretien des immeubles, de sorte 

qu'il n'est pas possible de se fonder sur les frais effectifs.  

9. Une audience s'est tenue en date du 13 novembre 2008. 

Le fils de la bénéficiaire a expliqué contester principalement le fait que ce soit un 

montant forfaitaire de frais qui soit déduit du produit du bien immobilier et non les 

frais réels.  

Il a fait remarquer par ailleurs que son père avait produit à l'appui de sa demande de 

prestations tous les documents qui lui avaient été réclamés, au nombre desquelles 

les déclarations fiscales, lesquelles faisaient mention du bien immobilier. Il s'est 

étonné de ce que les calculs de l'intimé aient fait apparaître une modification des 

prestations, alléguant qu'il n'y avait eu aucun changement dans les revenus de ses 

parents.  

Monsieur N__________, représentant l'intimé a fait remarquer pour sa part que la 

situation avait évolué puisque les déclarations fiscales faisaient état, depuis 2002, 

de loyers s'élevant à 8'257 fr.  

Monsieur M__________ a contesté ce montant et s'est référé à la déclaration fiscale 

de 1989 dont il ressort que les loyers encaissés s'élevaient cette année-là à 1'215 fr. , 

ce à quoi Monsieur N__________ a rétorqué que cela démontrait bien une 

évolution de la situation entre 1989 et 2002.  

Monsieur M__________ a alors fait valoir qu'il s'agissait-là d'éléments comptables 

et fiscaux mais qu'en réalité, en "monnaie sonnante et trébuchante", aucune 

augmentation de loyer n'était intervenue.  

L’intimé a encore expliqué que ce n’est qu’au moment du décès de Monsiseur 

M__________ que le SPC s’est rendu compte de la modification fiscale qui était 

intervenue; les déclarations fiscales ne sont en effet pas réclamées 

systématiquement chaque année aux bénéficiaires; ceux-ci sont simplement invités 

à informer le SPC de toute modification dans leur situation. 

Monsieur M__________ a alors réaffirmé que, concrètement, aucune modification 

n’était intervenue puisque les loyers perçus n’avaient pas augmenté; ils ont 

simplement été pris en compte différemment par l’administration fiscale mais cela 

ne s’était pas répercuté sur le montant des impôts, de sorte que cette modification 

est passée inaperçue.  

 

 

 

 

A/3055/2008 

- 4/7 - 

Monsieur M__________ a souligné que ses parents n’avaient jamais eu l’intention 

de dissimuler quoi que ce soit à l'administration. 

L’intimé a indiqué par ailleurs que la demande de remise de l'obligation de restituer 

était toujours pendante et que ce serait dans ce cadre que seraient examinées la 

bonne foi et la situation financière des bénéficiaires.  

A l’issue de l’audience, Monsieur M__________ a maintenu son recours au motif 

qu’il lui parait injuste de baser le calcul des prestations dues sur des montants qui 

ne correspondent pas à la réalité. 

EN DROIT 

1. La loi genevoise du 22 novembre 1941 sur l’organisation judiciaire (LOJ ; E 2 O5) 

a été modifiée et a institué, dès le 1er août 2003, un Tribunal cantonal des 

assurances sociales, lequel, conformément à l'art. 56 V LOJ, le TCAS connaît en 

instance unique des contestations prévues à l’art. 56 LPGA relatives à la loi 

fédérale sur les prestations complémentaires à l’assurance-vieillesse, survivants et 

invalidité du 19 mars 1965 (art. 56 V al. 1 let. a ch. 3 LOJ) et à l’art. 43 de la loi 

cantonale du 25 octobre 1968 sur les prestations cantonales complémentaires à 

l’assurance-vieillesse et survivants et à l’assurance-invalidité (art. 56 V al. 2 let. a 

LOJ). Sa compétence pour juger du cas d’espèce est donc établie. 

2. Sur le plan matériel, le point de savoir quel droit s'applique doit être tranché à la 

lumière du principe selon lequel les règles applicables sont celles en vigueur au 

moment où les faits juridiquement déterminants se sont produits (ATF 127 V 467 

consid. 1, 126 V 136 consid. 4b et les références). 

En l'espèce, la décision sur opposition a été rendue après l'entrée en vigueur de la 

LPGA et concerne la restitution de prestations allouées en 2007 et 2008.  

En ce qui concerne la procédure, et à défaut de règles transitoires contraires, le 

nouveau droit s'applique sans réserve dès le jour de son entrée en vigueur (ATF 117 

V 93 consid. 6b, 112 V 360 consid. 4a; RAMA 1998 KV 37 p. 316 consid. 3b). 

En ce qui concerne cependant plus précisément les prestations cantonales, il y a lieu 

de relever que les règles de procédure de la LPGA ne sont pas applicables, cette loi 

ne s'appliquant qu'au droit fédéral (art. 1 LPGA). Seules demeurent donc 

applicables les règles de procédure prévues par la législation cantonale ainsi que les 

principes généraux.  

Pour le surplus et en cas de silence de la loi, la LPC et ses dispositions d'exécution 

fédérales et cantonales, ainsi que la LPGA et ses dispositions d'exécution sont 

applicables (art. 1A LPCC). 

 

 

 

 

A/3055/2008 

- 5/7 - 

3. a) En matière de prestations complémentaires fédérales, les décisions sur opposition 

sont sujettes à recours dans un délai de 30 jours (art. 56 al. 1 et 60 al. 1er LPGA ; 

cf. également art. 9 de la loi cantonale du 14 octobre 1965 sur les prestations 

fédérales complémentaires à l’assurance-vieillesse et survivants et à l’assurance-

invalidité [LPCF]) auprès du tribunal des assurances du canton de domicile de 

l’assuré (art. 58 al. 1 LPGA).  

b) S’agissant des prestations complémentaires cantonales, l’art 43 de la loi du 

25 octobre 1968 sur les prestations cantonales complémentaires à l’assurance-

vieillesse et survivants et à l’assurance-invalidité (ci-après : LPCC) ouvre les 

mêmes voies de droit. 

c) En l’espèce, le recours a été déposé dans les forme et délai imposés par la loi, de 

sorte qu’il est recevable. 

4. Aux termes des art. 25 al. 1 LPGA (s’agissant des prestations fédérales) et 24 al. 1 

LPCC (s’agissant des prestations cantonales), les prestations indûment touchées 

doivent être restituées. La restitution peut être demandée dans un délai d’une année 

à compter de la connaissance du fait qui ouvre le droit à la restitution, mais au plus 

tard cinq ans après le versement de la prestation (art. 28 LPGA). 

L’administration est ainsi tenue d’exiger de l’assuré la restitution des indemnités 

auxquelles il n’avait pas droit. Il s’agit là d’une obligation légale à laquelle il est 

impossible de déroger sauf cas expressément prévu par la loi. Celle-ci permet à 

l’administration de renoncer à exiger la restitution lorsque le bénéficiaire des 

prestations indûment reçues était de bonne foi et que la restitution n’entraînerait 

pour lui des rigueurs financières particulières. 

5. En l’espèce, la demande de remise faisant l’objet d’une procédure actuellement 

encore pendante devant l’intimé, le litige ne porte que sur la question de savoir si 

c’est à juste titre que l’intimé a considéré que des prestations ont été versées de 

manière indues et, en particulier, sur la question de savoir quel est le montant qui 

doit être retenu à titre de produit du bien immobilier dont les bénéficiaires sont 

propriétaires. 

6. Au niveau fédéral, l’art. 2a let. a aLPC (applicable en 2007) prévoit qu’ont droit 

aux prestations les personnes âges qui perçoivent une rente de vieillesse. (cf. art. 4 

al. 1 let. a LPC applicable depuis le 1
er

 janvier 2008). Le montant de la prestation 

complémentaire annuelle correspond alors à la part des dépenses reconnues qui 

excède les revenus déterminants (art. 3a al. 1 aLPC, art. 9 al. 1 LPC). 

Selon l’art. 3c al. 1 aLPC, les revenus déterminants comprennent notamment le 

produit de la fortune mobilière et immobilière (let. b ; art. 11 al. 1 let. b LPC). 

 

 

 

 

A/3055/2008 

- 6/7 - 

7. En ce qui concerne les prestations cantonales, l’art. 4 LPCC prévoit qu’ont droit 

aux prestations les personnes dont le revenu annuel déterminant n’atteint pas le 

revenu minimum cantonal d’aide sociale applicable. 

 Le revenu déterminant au sens de l’art. 5 al. 1 LPCC est calculé conformément aux 

règles fixées dans la loi fédérale et ses dispositions d’exécution.  

8. Or, en matière fédérale, ainsi que le relève l’intimé, l’art. 16 al. 1 et 2 de 

l’ordonnance sur les prestations complémentaires à l’assurance-vieillesse, 

survivants et invalidité (OPC-AVS/AI) prévoit que la déduction forfaitaire prévue 

pour l'impôt cantonal direct dans le canton de domicile s'applique aux frais 

d'entretien des bâtiments et que lorsque la législation fiscale cantonale ne prévoit 

pas de déduction forfaitaire, c’est celle de l'impôt fédéral direct qui est 

déterminante.  

Les directives de l’Office fédéral des assurances sociales concernant les prestations 

complémentaires à l'AVS et à l'AI (DPC) précisent également en leur chiffre 3006 

que seule la déduction forfaitaire applicable pour l'impôt cantonal direct dans le 

canton de domicile est valable pour les frais d'entretien des immeubles et qu'il n'est 

par conséquent pas possible de se fonder sur les frais effectifs d'entretien des 

immeubles. D'autres frais éventuels ne peuvent ainsi pas être pris en compte comme 

dépenses reconnues.  

9. En l’espèce, il n’est pas contesté que depuis 2002, est mentionné dans la rubrique 

"IFD / Charges et frais d'entretien", un montant de 1'651 fr. Ce montant est correct 

puisqu’il correspond à 20 % du rendement brut des loyers, ce qui est le montant 

accepté à titre de déduction forfaitaire pour l'impôt fédéral direct en ce qui concerne 

les immeubles âgés de plus de dix ans (art. 2 al. 2 let. b de l'ordonnance sur la 

déduction des frais relatifs aux immeubles privés dans le cadre de l'impôt fédéral 

direct ; RS 642.116).  

C’est par conséquent à juste titre que l’intimé a procédé au calcul des prestations en 

tenant compte d’un montant de 6'606 fr., correspondant au montant du rendement 

fiscal (8'257 fr.) déduction faite de la déduction forfaitaire (1'651 fr.).  

Eu égard aux considérations qui précèdent, le recours est rejeté, étant précisé que 

les arguments de la recourante relatifs à sa bonne foi et à sa situation financière 

difficile seront examinés dans le cadre de la demande de remise encore pendante 

devant l’intimé.  

 

 

 

 

 

 

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- 7/7 - 

PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable.  

Au fond : 

2. Le rejette.  

3. Dit que la procédure est gratuite. 

4. Dit que pour ce qui a trait aux prestations complémentaires fédérales, les parties 

peuvent former recours contre le présent arrêt dans un délai de 30 jours dès sa 

notification auprès du Tribunal fédéral (Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par 

la voie du recours en matière de droit public, conformément aux art. 82 ss de la loi 

fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF); le mémoire de recours doit 

indiquer les conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du 

recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie 

postale ou par voie électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et 

les pièces en possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent 

être joints à l'envoi. 

 

La greffière 

 

 

 

 

Yaël BENZ 

 La présidente 

 

 

 

 

Karine STECK 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 

des assurances sociales par le greffe le