# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b8fc83d6-b11a-5a97-a1b8-afbdf1694fd3
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-08-28
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 28.08.2008 A/335/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-335-2008_2008-08-28.pdf

## Full Text

Siégeant : Karine STECK, Présidente; Olivier LEVY et Maria GOMEZ, Juges 

assesseurs 

  

 
 

R E P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/335/2008 ATAS/950/2008 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 

ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 3 

du 28 août 2008 

 

En la cause 

Madame S_________, domiciliée à COLOGNY, représentée par 
Association suisse des assurés (ASSUAS) 

recourante 

contre 

ASSURANCE MUTUELLE CONTRE LA MALADIE ET LES 
ACCIDENTS DU PERSONNEL DES NATIONS UNIES  
c/o MISSION PERMANENTE DE LA SUISSE AUPRÈS DE 
L'OFFICE DES NATIONS UNIES ET DES AUTRES 
ORGANISATIONS INTERNATIONALES, rue de Varembé 9-11, 
case postale 194, 1211 GENEVE 20 

intimée 

 

 
 
 

 

A/335/2008 

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EN FAIT 

1. Madame S_________-T_________ a soumis à son assureur maladie, 
l'ASSURANCE MUTUELLE CONTRE LA MALADIE ET LES ACCIDENTS 
DU PERSONNEL DES NATIONS UNIES (ci-après : l'assurance) les factures 
relatives au séjour qu'elle avait effectué dans le service gériatrique des Hôpitaux 
Universitaires de Genève (HUG) du 14 juin au 24 août 2006.  

2. Par courrier du 3 octobre 2006, l'assurée a contesté les avis de remboursement 
concernant ces factures. 

3. Le 9 novembre, 2006, le secrétaire exécutif de l'assurance lui a expliqué qu'après 
consultation du médecin-conseil, l'assurance acceptait de prendre en charge les 
trente premiers jours à 80 % à titre de convalescence, les jours suivants étant 
assimilés à un séjour en attente de placement dans un EMS et remboursables au 
maximum à raison de 90 fr. par jour.  

4. L'assurée ayant demandé des éclaircissements supplémentaires, le secrétaire 
exécutif de l'assurance lui a précisé, dans un courrier daté du 4 décembre 2006, que 
les remboursements avaient été effectués conformément aux recommandations de 
leur médecin-conseil, lequel s'était basé sur les rapports médicaux qui lui avaient 
été fournis, et que, selon l'art. IX 5 du règlement, "si un sociétaire conteste une 
décision du secrétaire exécutif ou du médecin-conseil, il doit soumettre sa 

réclamation au comité exécutif qui statue. Les réclamations doivent être présentées 

dans les six mois qui suivent la date à laquelle le montant ou la décision contestée a 

été notifiée au sociétaire". 

5. Le 7 décembre 2006, l'assurée a contesté formellement les décisions de 
remboursement auprès du comité exécutif de l'assurance et demandé un réexamen 
de son dossier. 

6. Le 1er mars 2007, le secrétaire exécutif de l'assurance l'a informée que le comité, 
lors de ses réunions des 9 et 23 février 2007, avait dûment considéré sa requête et 
son dossier et décidé, après délibération, de confirmer la prise en charge par 
l'assurance selon les modalités communiquées par lettre du 9 novembre 2006. 

7. Par courrier du 24 octobre 2007, l'assurance a encore rappelé au conseil de l'assurée 
que toute contestation d'une décision du secrétaire exécutif, du médecin-conseil ou 
du comité exécutif devait être introduite selon les règles édictées par le règlement 
de l'assurance.  

8. Par courrier du 4  février 2008, Madame S_________-T_________, représentée par 
l'Association suisse des assurés (ASSUAS), a saisi le Tribunal de céans d'un 
"recours" dirigé contre la prise de position adoptée par l'assurance dans ce dernier 

 
 
 

 

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courrier et concluant à ce que l'assurance soit condamnée à prendre en charge ses 
frais à hauteur de 15'996 fr. 

L'assurée a admis que le courrier du 27 octobre 2007 ne constituait pas une décision 
formelle, mais a allégué qu'aucune décision formelle ne lui ayant jamais été notifiée 
par l'assurance, on pouvait considérer qu'il y avait eu déni de justice caractérisé, 
susceptible d'être porté en tout temps à la cognition du Tribunal.  

9. Par courrier du 5 février 2008, le Tribunal de céans a communiqué à l'assurance 
l'écriture de Madame S_________ en lui demandant de se déterminer. 

10. Par courrier du 7 mars 2008, la MISSION PERMANENTE DE LA SUISSE 
AUPRÈS DE L'ORGANISATION DES NATIONS UNIES ET DES AUTRES 
ORGANISATIONS INTERNATIONALES À GENÈVE (ci-après : la Mission 
permanente) a transmis au Tribunal de céans le courrier que lui avait adressé 
l'OFFICE DES NATIONS UNIES à Genève (ONUG) en date du 28 février 2008. 
Ce dernier, après avoir rappelé l'immunité dont jouit l'assurance au même titre que 
l'ONU, y précisait néanmoins à toutes fins utiles que l'accusation de déni de justice 
portée par l'ASSUAS était manifestement mal fondée eu égard aux règles internes 
de l'assurance mutuelle et plus particulièrement de l'art. IX du règlement relatif aux 
voies de recours que l'assurée avait d'ailleurs partiellement utilisées. 

11. Par courrier du 31 mars 2008, le Tribunal de céans a formellement demandé à la 
Mission permanente la levée de l'immunité de l'assurance afin que cette dernière 
puisse se déterminer. 

12. La Mission permanente a transmis cette demande au chef du service juridique de 
l'ONUG, qui l'a soumise au service juridique du siège de l'ONU à New-York. Ce 
dernier a constaté que, bien que la voie d'une procédure interne de recours en 
matière contentieuse soit clairement établie par l'art. IX des statuts de l'assurance, 
l'assurée ne s'en était malheureusement pas prévalue, de sorte que l'on ne pouvait 
conclure à un déni de justice caractérisé et qu'il n'y avait donc pas lieu de lever 
l'immunité. Toutefois, dans un souci de transparence, le chef du service juridique de 
l'ONUG a indiqué avoir demandé au comité exécutif de l'assurance de bien vouloir 
examiner la possibilité d'une réouverture exceptionnelle du délai de recours ouvrant 
la voie à une éventuelle procédure arbitrale (cf. courrier du 31 juillet 2008 transmis 
au Tribunal de céans par la Mission permanente en date du 5 août 2008). 

EN DROIT 

1. L'ASSURANCE MUTUELLE CONTRE LA MALADIE ET LES ACCIDENTS 
DU PERSONNEL DES NATIONS UNIES bénéficie du même statut que l'ONU, 
organisation internationale au bénéfice d'un accord de siège conclu avec le Conseil 
fédéral. Or, en vertu de l'Accord sur les privilèges et immunités de l’Organisation 
des Nations Unies conclu entre le Conseil fédéral suisse et le Secrétaire général de 

 
 
 

 

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l’Organisation des Nations Unies les 11 juin et 1er juillet 1946 (RS 0.192.120.1), 
cette organisation ne peut être traduite devant les tribunaux suisses sans son 
consentement exprès (art. I), les différends en matière de contrats ou autres 
différends de droit privé dans lesquels l’Organisation serait partie étant soumis au 
mode de règlement prévu par l'ONU (art. VIII, section 26 de l'accord).  

Il s'ensuit qu'à moins que l'ASSURANCE MUTUELLE CONTRE LA MALADIE 
ET LES ACCIDENTS DU PERSONNEL DES NATIONS UNIES ne renonce à 
son immunité de juridiction, elle ne peut être attraite devant le Tribunal de céans.  

2. En l'espèce, le service juridique du siège de l'ONU a expressément refusé de lever 
l'immunité de l'assurance, de sorte que le Tribunal de céans ne peut que se déclarer 
incompétent et renvoyer la recourante à agir selon les voies de droit ressortant des 
statuts de l'ASSURANCE MUTUELLE CONTRE LA MALADIE ET LES 
ACCIDENTS DU PERSONNEL DES NATIONS UNIES.  

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

1. Refuse d'entrer en matière.  

2. Raye la cause du rôle.  

3. Dit que la procédure est gratuite. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 
17 juin 2005 (LTF); le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 
moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit 
être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du 
recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l'envoi. 

 

 
La greffière 

 
 
 
 

Yaël BENZ 

 La Présidente 
 
 
 
 

Karine STECK 
 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 
de la santé publique par le greffe le