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**Case Identifier:** b104516d-40b3-5619-b071-13855fb8dfd7
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2020-05-15
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 15.05.2020 BB.2019.103
**Docket/Reference:** BB.2019.103
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_BB-2019-103_2020-05-15

## Full Text

Disjonction de procédures (art. 30 CPP). Effet suspensif (art. 387 CPP).
;;Disjonction de procédures (art. 30 CPP). Effet suspensif (art. 387 CPP).
;;Disjonction de procédures (art. 30 CPP). Effet suspensif (art. 387 CPP).
;;Disjonction de procédures (art. 30 CPP). Effet suspensif (art. 387 CPP).

Décision du 15 mai 2020 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux 
Roy Garré, président, 
Cornelia Cova et Patrick Robert-Nicoud, 
la greffière Julienne Borel 
 

   
Parties  A., représentée par Me Alec Reymond, avocat, 

recourante 
 

 contre 
   
  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION, 

intimé 
  

   
Objet  Disjonction de procédures (art. 30 CPP) 

Effet suspensif (art. 387 CPP) 
  

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

Numéro de dossier: BB.2019.103 
Procédure secondaire: BP.2019.41 
 
 
 

- 2 - 
 
 

Faits: 
 

A. Le Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC) a ouvert en 2009 
une instruction pénale n° SV.09.0135 contre B., C. et consorts. 
 
 

B. C. est notamment soupçonné d’avoir blanchi USD 55'000’000.-- qui 
proviendraient entre autres d’actes d’escroquerie commis par B. dans le 
cadre de son activité de Chief Investment Officer au sein de la société de 
gestion de fonds D. Ltd, au préjudice des fonds de placement (ci-après: 
Fonds E.) gérés par D. Ltd (in act. 1, p. 6; in décision du Tribunal pénal 
fédéral BB.2018.188 du 5 février 2020, let. B). Les Fonds E. sont admis en 
qualité de parties plaignantes dans la procédure SV.09.0135. 
 
 

C. Dans ce contexte, le MPC a rendu, le 13 janvier 2012, une ordonnance de 
séquestre et obligation de dépôt concernant le compte n° 200049 au nom de 
A., ex-épouse de B., auprès de la banque F. Selon le MPC, les fonds 
présents sur ledit compte sont présumés avoir pour origine les activités 
criminelles commises par B. (in décision du Tribunal pénal fédéral BB.2012.9 
du 24 juillet 2012, let. B). 
 
 

D. Par un acte d’accusation daté du 19 mai 2015, le MPC a engagé la procédure 
auprès de la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal fédéral (ci-après: 
CAP-TPF). Ledit acte d’accusation a été renvoyé au MPC le 31 août 2015 
pour complément d’instruction (in décision du Tribunal pénal fédéral 
SK.2015.20 du 31 août 2015). 
 
 

E. Le 26 mai 2015, les Fonds E. ont déposé une dénonciation pénale intitulée 
« Plainte pénale contre A. et inconnus pour blanchiment d’argent aggravé et 
faux dans les titres notamment » (in act. 1, p. 7). 
 
 

F. Le 18 février 2019, le MPC a versé au dossier une note dont le contenu est 
le suivant: 
 
« Les originaux de la dénonciation pénale déposée par les Fonds E. le 
26 mai 2015 ainsi que des courriers de compléments des 10 mai, 30 août 
2017 et 5 décembre 2018, sont versés dans la procédure SV.18.1255 
ouverte ce jour à l’encontre d’inconnus pour blanchiment d’argent aggravé 
(art. 305bis ch. 1 et 2 CP). 
 

- 3 - 
 
 

Dite procédure est suspendue jusqu’à droit connu de la procédure pénale 
SV.09.0135 » (act. 1.1). 
 
 

G. Le 20 février 2019, le MPC a transmis à la CAP-TPF l’accusation contre B., 
C., G. et H. pour des faits susceptibles de remplir les qualifications 
d’escroquerie par métier (art. 146 al. 1 et 2 CP), gestion déloyale avec 
dessein d’enrichissement illégitime (art. 158 ch. 1, 3e phrase et ch. 2 CP), 
abus de confiance (art. 138 ch. 1 et 2 CP), blanchiment d’argent aggravé 
(art. 305bis ch. 1 et 2 CP), faux dans les titres (art. 251 ch. 1 CP), banqueroute 
frauduleuse (art. 163 ch. 1 CP), obtention frauduleuse d’une constatation 
fausse (art. 253 CP) et violation de l’obligation de communiquer (art. 37 de 
la loi fédérale concernant la lutte contre le blanchiment d'argent et le 
financement du terrorisme [LBA; RS 955.0]; in décision du Tribunal pénal 
fédéral BB.2019.213 + 215 du 17 décembre 2019, let. A). La procédure 
auprès de la CAP-TPF est référencée SK.2019.12. 
 
 

H. Le 24 avril 2019, la CAP-TPF a transmis au conseil de A. un support 
électronique contenant la copie du dossier ainsi que des annexes et pièces 
y relatives du MPC (in act. 1, p. 13). 
 
 

I. Le 6 mai 2019, A. a interjeté recours auprès de la Cour des plaintes du 
Tribunal pénal fédéral contre la « décision de disjonction informelle de la 
procédure SV.09.135 du Ministère public de la Confédération du 18 février 
2019 » (act. 1). Elle conclut, en substance, préalablement à l’octroi de l’effet 
suspensif, à la suspension de la procédure SV.09.0135 / SK.2019.12 et 
principalement à la constatation de la nullité de la décision entreprise ou, 
subsidiairement, à son annulation ainsi qu’au constat de l’existence d’une 
ordonnance de non-entrée en matière implicite, subsidiairement, un 
classement implicite, prononcée en faveur de A. le 20 février 2019 (act. 1, 
p. 4). 
 
 

J. Invités à répondre, la CAP-TPF s’en remet à justice le 8 mai 2019 (act. 3) et 
le MPC, le 27 mai 2019, conclut principalement à l’irrecevabilité du recours 
et subsidiairement à son rejet (act. 5). 
 
 

K. Dans sa réplique du 12 juin 2019, A. persiste dans ses conclusions (act. 7). 
 
 

L. Invités à dupliquer, la CAP-TPF renonce à se déterminer (act. 9) et le MPC 
persiste dans ses conclusions (act. 10). 

- 4 - 
 
 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris, 
si nécessaire, dans les considérants en droit. 
 
 
 
La Cour considère en droit: 
 

1. En tant qu’autorité de recours, la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral 
examine avec plein pouvoir de cognition en fait et en droit les recours qui lui 
sont soumis (Message du 21 décembre 2005 relatif à l’unification du droit de 
la procédure pénale, FF 2006 1057, 1296; JdT 2012 IV 5 n° 199). 
 

1.1 Les décisions du MPC peuvent faire l’objet d’un recours devant la Cour de 
céans (art. 393 al. 1 let. a CPP et 37 al. 1 de la loi sur l'organisation des 
autorités pénales de la Confédération [LOAP; RS 173.71]). 
 

1.2 Le recours contre les décisions notifiées par écrit ou oralement est motivé et 
adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l'autorité de recours (art. 396 
al. 1 CPP). Aux termes de l'art. 393 al. 2 CPP, le recours peut être formé 
pour violation du droit, y compris l'excès et l'abus du pouvoir d'appréciation, 
le déni de justice et le retard injustifié (let. a), la constatation incomplète ou 
erronée des faits (let. b) ou l'inopportunité (let. c). 
 

 
2.  
2.1 Le MPC considère que le recours est irrecevable. En substance, il soutient 

que sa note au dossier du 18 février 2019 n’est pas une « disjonction 
informelle », puisqu’aucune extension de la procédure SV.09.0135 contre 
A. n’a été ordonnée suite aux dépôts des dénonciations pénales des Fonds 
E. En outre, il argue que le recours doit être examiné sous l’angle des articles 
309 CPP et 314 al. 5 CPP en relation avec les articles 322 al. 2 CPP et 382 
al. 1 CPP. Le MPC relève que selon l’art. 309 al. 3 CPP, l’ordonnance 
d’ouverture n’est pas sujette à recours. Il estime que, contrairement à ce que 
prétend la recourante, le Tribunal fédéral n’a pas « consacré la possibilité 
d’un classement “implicite” ». Notre Haute Cour a reconnu, pour respecter le 
droit de recours institué à l’art. 322 al. 2 CPP, qu’un classement, qui aurait 
normalement dû être prononcé formellement, pouvait être soumis à l’autorité 
de recours. En l’espèce, le MPC relève que la recourante ne se plaint pas 
d’un classement implicite mais tente de se prévaloir d’un tel classement qui, 
en réalité, n’existe pas. Le recours doit être déclaré irrecevable sur ce point 
selon le MPC (act. 5, p. 4). L’autorité intimée fait de surcroît valoir que 
s’agissant de la suspension de la procédure SV.18.1255, la recourante n’y 
étant pas partie, elle ne peut attaquer l’ordonnance de suspension. À 

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supposer que la note au dossier entreprise devrait être considérée comme 
une décision de « disjonction informelle », le MPC est d’avis que la 
recourante ne dispose pas d’un intérêt juridiquement protégé la légitimant à 
la contester au sens de l’art 382 al. 1 CPP (act. 5, p. 5). 

 
2.2 La recourante quant à elle estime être directement touchée par la décision 

entreprise. Elle rappelle qu’elle a qualité d’« autre participant à la 
procédure » au sens de l’art. 105 al. 1 let. f CPP dans la procédure 
SV.09.135 et dans laquelle la décision de disjonction a été prononcée. Elle 
relève qu’elle est nommément et directement visée par la dénonciation des 
Fonds E. du 26 mai 2015 ainsi que par les écrits des 10 mai 2017, 30 août 
2017 et 5 décembre 2018, faisant l’objet de la disjonction informelle. Ainsi, 
la procédure pénale nouvellement ouverte ne peut que viser la recourante et 
l’indication « ouverte à l’encontre d’inconnus » que donne le MPC procède, 
selon elle, de l’artifice. Elle estime que le MPC, en agissant de la sorte, se 
comporte de manière contraire aux principes de la bonne foi et de 
l’interdiction de l’abus de droit. La recourante soutient que les faits que lui 
reprochent les Fonds E. sont étroitement liés aux comportements reprochés 
à B., C. et consorts dans la procédure SV.09.0135. Pour ces raisons, elle 
disposerait de la qualité pour agir (act. 1, p. 14). Par ailleurs, la recourante 
précise que son recours n’est pas dirigé contre la suspension de la 
procédure SV.18.1255 (act.1, p. 12) et postule qu’il faut considérer a 
posteriori que la procédure SV.09.0135 était également dirigée contre elle, 
la notion de prévenu étant matérielle (act. 7, p. 9). Elle considère également 
que le risque de jugement contradictoire est très élevé. Elle donne comme 
exemple à cet égard qu’en tant que tiers saisi, ses avoirs pourraient être 
confisqués dans la procédure SV.09.0135 puis, dans un second temps et 
dans la procédure artificiellement disjointe puis reprise, sa bonne foi pourrait 
être reconnue et son acquittement prononcé (act. 1, p. 14). La recourante 
allègue que l’existence même de la procédure SV.18.1255 lui cause un 
préjudice personnel, actuel et concret, dès lors qu’elle doit participer à une 
audience de jugement dans la cause SV.09.0135 en qualité de tiers saisi, en 
l’absence de notification des charges sur les faits qui lui sont reprochés par 
le MPC, ce qui l’empêcherait de définir en toute connaissance sa stratégie 
de défense. De plus, le MPC aurait l’intention d’utiliser le jugement de la Cour 
des affaires pénales à venir dans la procédure SK.2019.12 dans le but de 
l’opposer au(x) prévenu(s) de la procédure nouvellement ouverte, dont elle 
ferait partie, alors même que ses droits sont limités à ceux d’un tiers saisi 
dans le cadre de la procédure principale renvoyée en jugement (act. 1, 
p. 15). En outre, la recourante est d’avis que si le MPC a « sorti » du dossier 
les originaux de la dénonciation pénale déposée par les Fonds E. le 26 mai 
2015 et ses compléments, deux ou cinq jours avant le renvoi en jugement 
des prévenus, c’est indubitablement dans le but d’éviter que la recourante 

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puisse se prévaloir d’un classement implicite au sens de la jurisprudence du 
Tribunal fédéral (ATF 138 IV 241; act. 1, p. 11). 
 
 

3. Dispose de la qualité pour recourir toute partie qui a un intérêt juridiquement 
protégé à l'annulation ou à la modification d'une décision (art. 382 al. 1 CPP). 
À teneur de l’art. 104 CPP, ont qualité de parties le prévenu (al. 1 let. a), la 
partie plaignante (al. 1 let. b) et le ministère public lors de débat ou de la 
procédure de recours (al. 1 let. c). Participent également à la procédure les 
tiers touchés par des actes de procédure (art. 105 al. 1 let. f CPP). Lorsque 
les participants à la procédure visés à l’al. 1 sont directement touchés dans 
leurs droits, la qualité de partie leur est reconnue dans la mesure nécessaire 
à la sauvegarde de leurs intérêts (art. 105 al. 2 CPP). En effet, d’autres 
personnes, physiques ou morales, que le prévenu et le lésé peuvent être 
directement touchées par les actes de procédure tels que des perquisitions, 
des mises sous scellés, des mesures de saisie, des séquestres ou des 
confiscations, une fouille, une analyse ADN, une surveillance de la 
correspondance par poste ou télécommunication, une surveillance bancaire 
etc. Au nombre de ces personnes comptent également celles qui font valoir 
des prétentions en lien avec la procédure pénale (SCHMID, Schweizerische 
Strafprozessordnung (StPO), Praxiskommentar, 3e éd. 2017, no 9 
ad. art. 105 CPP et références citées; MOREILLON/PAREIN-REYMOND, Petit 
Commentaire, Code de procédure pénale, 2e éd. 2016, no 9 ad art. 105 CPP). 
Pour que le participant à la procédure se voie reconnaître la qualité de partie 
en application de l’art. 105 al. 2 CPP, il faut que l’atteinte à ses droits soit 
directe, immédiate et personnelle, une atteinte de fait ou indirecte étant 
insuffisante. Sont des atteintes directes celles portées aux droits et libertés 
fondamentales, l’obligation de se soumettre à une expertise, la contestation 
du droit de se taire, le rejet d’une demande d’indemnité, la condamnation 
aux frais ou encore le refus d’une mesure de protection (arrêt du Tribunal 
fédéral 1B_238/2011 du 13 septembre 2011 consid. 2.2.1). 
 

3.1 Pour pouvoir être légitimé à recourir, le recourant doit avoir subi une lésion, 
soit un préjudice causé par l’acte qu’il attaque et doit avoir un intérêt à 
l’élimination de ce préjudice (décision du Tribunal pénal fédéral BB.2012.148 
du 10 avril 2013 consid. 1.3). Cet intérêt doit être actuel (décisions du 
Tribunal pénal fédéral BB.2013.89 du 24 octobre 2013 consid. 1.3; 
BB.2013.88 du 13 septembre 2013 consid. 1.4 et références citées). 
 
 

4. La Cour de céans relève que l’objet de la présente procédure est uniquement 
la « disjonction informelle » contestée par la recourante. Quoique cette 
dernière affirme ne pas s’en prendre à l’« ordonnance d’ouverture de 
l’instruction et de suspension » de la procédure SV.18.1255 du MPC du 

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15 février 2019, il sied de préciser que tous les griefs de la recourante 
afférents audit prononcé sont irrecevables. L’ordonnance d’ouverture n’est 
pas sujette à recours (art. 309 al. 3 CPP) et la recourante n’étant pas partie 
à la procédure SV.18.1255, elle ne peut donc pas s’opposer à sa 
suspension. 
 
 

5. Dans un grief d’ordre formel, la recourante se plaint d’une violation de son 
droit d’être entendue (act. 1, p 17 s.). Elle fait valoir que la disjonction doit 
nécessairement prendre la forme d’une ordonnance motivée. Le MPC n’a 
pas rendu de décision formelle et n’a pas exposé en quoi la disjonction de la 
procédure est justifiée par des raisons objectives (art. 30 CPP). Dès lors, elle 
n’a pas pu se rendre compte de la portée de la décision entreprise et 
l’attaquer en toute connaissance de cause. De surcroît, le prononcé entrepris 
n’a pas été notifié aux parties (act. 1, p. 18). 
 

5.1.1 Une violation du droit d’être entendu peut être réparée dans le cadre de la 
procédure de recours lorsque l’irrégularité n’est pas particulièrement grave 
et pour autant que la partie concernée ait la possibilité de s’exprimer et de 
recevoir une décision motivée de la part de l’autorité de recours disposant 
d’un pouvoir d’examen complet en fait et en droit. Une réparation du vice 
procédural est également possible lorsque le renvoi à l’autorité inférieure 
constitue une vaine formalité, provoquant un allongement inutile de la 
procédure, incompatible avec l’intérêt de la partie concernée à ce que sa 
cause soit tranchée dans un délai raisonnable (ATF 137 I 195 consid. 2.3.2; 
133 I 201 consid. 2.2; ordonnance du Tribunal pénal fédéral BB.2017.94 du 
4 juillet 2017 consid. 4.1). 
 

5.1.2 Les parties à la procédure ont amplement pu s’exprimer sur la note au 
dossier du MPC attaquée. Elles se sont également vu octroyer la possibilité 
de répliquer et dupliquer (act. 7, 9 et 10). Ainsi, dans l’hypothèse où le MPC 
aurait dû rendre une décision formelle et motivée, le prétendu vice serait 
réparé en instance de recours, la Cour de céans disposant d’un plein pouvoir 
de cognition en fait et en droit en vertu de l’art. 393 al. 2 CPP (supra 
consid. 1). Ce grief, mal fondé, est rejeté. 
 
 

6. Il convient d’entrée de cause de considérer que la conclusion de la 
recourante tendant à la suspension de la procédure SV.09.0135 et 
SK.2019.12 est irrecevable puisque le « prononcé » querellé ne porte pas 
sur cette question et qu’il n’appartient pas à la Cour de céans, en tant 
qu’autorité de recours, de rendre des décisions allant au-delà de l’objet 
attaqué (décision du Tribunal pénal fédéral BB.2016.364 du 19 octobre 

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2016). 
 
 

7. La recourante invoque une violation du principe d’unité de la procédure 
(art. 29 et 30 CPP). Les faits reprochés par les Fonds E. à la recourante sont, 
selon celle-ci, intrinsèquement liés aux comportements reprochés à B., C. et 
consorts dans la procédure SV.09.0135. Ils seraient même identiques 
(act. 1, p. 21). Elle argue que de ne pas traiter les faits qui lui sont reprochés 
par les Fonds E. – ordonnance de non entrée en matière, classement, 
ordonnance pénale ou renvoi en accusation – puis de « parquer » dans une 
procédure séparée avant le renvoi en accusation des autres prévenus ne se 
conforme en aucun cas au principe de l’unité de la procédure (act. 1, p. 24). 
Elle en déduit également une violation du droit à un procès équitable (art. 6 
CEDH, art. 29 Cst. et art. 3 al. 1 CPP). La recourante fait également grief au 
MPC d’avoir violé les principes de la bonne foi et de l’interdiction de l’abus 
de droit (art. 3 al. 1 et 2 let. a et b CPP). Elle lui reproche notamment d’avoir 
dissimulé la note au dossier litigieuse (act. 1, p. 27). De surcroît, la 
recourante considère que les fautes procédurales commises par le MPC 
sont telles, que la « décision » du 18 février 2019 serait nulle (act, 1, p. 26). 
 

7.1 Aux termes de l'art. 29 al. 1 let. b CPP, les infractions sont notamment 
poursuivies et jugées conjointement lorsqu'il y a plusieurs coauteurs ou 
participation. Le principe de l'unité de la procédure tend à éviter les 
jugements contradictoires et sert l'économie de la procédure. Selon l'art. 30 
CPP, la disjonction peut être ordonnée si des raisons objectives le justifient. 
Elle doit rester l'exception. Elle doit avant tout servir à garantir la rapidité de 
la procédure et à éviter un retard inutile. Des procédures pourront être 
disjointes, par exemple, lorsque plusieurs faits sont reprochés à un auteur et 
que seule une partie de ceux-ci sont en état d'être jugés, la prescription 
s'approchant. Des raisons d'organisation des autorités de poursuite pénale 
ne suffisent pas (arrêt du Tribunal fédéral 6B_467/2019 du 19 juillet 2019 
consid. 5.1 et références citées). 
 

7.2 Il ressort du dossier que la recourante est tiers saisie dans la procédure 
SV.09.135. En outre, bien qu’elle allègue le contraire, il appert que, suite au 
dépôt de la dénonciation des Fonds E., le MPC a procédé à divers actes 
d’instruction à cet égard, notamment a demandé l’entraide à plusieurs pays 
(in act. 5, p. 2 s.). Les éléments recueillis par l’autorité d’instruction n’ont pas 
permis d’étendre l’instruction contre la recourante, ni d’ouvrir une nouvelle 
instruction dirigée contre elle. En effet, c’est à l’autorité d’enquête qu’il 
appartient d’apprécier les soupçons dirigés contre une personne (décision 
du Tribunal pénal fédéral BB.2016.290 du 14 mars 2017 consid. 3.6 in fine). 
Le MPC relève par ailleurs que la recourante ne lui a jamais fait part de son 

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intérêt à se voir reconnaître la qualité de prévenue dans la procédure 
SV.09.135, avec les droits de procédure qui en découlent, alors qu’elle avait 
connaissance de ladite dénonciation (act. 10, p. 2). Ainsi, le procédé de la 
recourante, à ce stade de la procédure, tendant à ce que la qualité de 
prévenue lui soit octroyée a posteriori apparaît dans le cas d’espèce abusif 
et dilatoire. Elle ne saurait dès lors se prévaloir dans ces circonstances de la 
violation du principe de l’unité de la procédure, celle-ci n’étant pas dirigée 
contre elle. Il s’ensuit également que la procédure n’ayant jamais été 
étendue aux faits visés par la dénonciation pénale des Fonds E., le 
traitement de cette dernière dans une nouvelle procédure ne peut pas être 
apparenté à une disjonction. En outre, les allégués de la recourante selon 
lesquels la nouvelle procédure sera ensuite dirigée contre elle, ne sont que 
purement spéculatifs et ne sauraient fonder un quelconque intérêt à recourir. 
 

7.3 Même dans l’hypothèse où une « disjonction informelle » serait intervenue 
et la nouvelle procédure étendue à la recourante, il sied de rappeler que 
ladite disjonction n’enlèverait pas à celle-là son droit d'être confrontée, dans 
le cadre d'éventuels débats concernant sa cause, aux déclarations de ses 
coaccusés et, le cas échéant, de les faire interroger (art. 6 n° 3 let. d CEDH). 
Par ailleurs, le Tribunal, même en cas de disjonction de causes, est tenu au 
respect du principe de l'égalité de traitement entre les coaccusés, 
notamment en ce qui concerne la fixation de la peine (v. décision du Tribunal 
fédéral 1B_200/2013 du 17 juin 2013 consid. 1.4.3 et jurisprudence citée; 
décision du Tribunal pénal fédéral BB.2018.99 du 31 juillet 2018). 
 
 

8. En tout état de cause et par surabondance, les motifs invoqués par le MPC 
ne sauraient prêter le flanc à la critique. En effet, le MPC fait valoir, à raison, 
que la nouvelle procédure SV.18.1255 a été ouverte, entre autres, en 
application du principe de célérité. Dès lors que les faits visés par la 
dénonciation des Fonds E. portent sur des actes qui auraient servi à 
entraver, en Suisse notamment, la confiscation de valeurs patrimoniales 
provenant des activités criminelles reprochées à B. dans la procédure 
SV.09.0135 et que cette procédure était sur le point d’être clôturée, il se 
justifiait, en vertu dudit principe, d’instruire les faits en question dans une 
procédure distincte (SV.18.1255). Une « disjonction informelle » respecterait 
en l’occurrence les conditions de l’art. 30 CPP. 
 
 

9. Il s’ensuit que le recours, mal fondé, est rejeté dans la mesure dans sa 
recevabilité. 
 
 

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10. Au vu de ce qui précède, la requête d’effet suspensif est devenue sans objet. 
 
 

11. Les frais de procédure, comprenant l’émolument d’arrêté, les émoluments 
de chancellerie et les débours, sont mis à la charge de la partie qui 
succombe (art. 63 al. 1 PA, applicable par renvoi de l’art. 39 al. 2 let. b 
LOAP). Le montant de l’émolument est calculé en fonction de l’ampleur et la 
difficulté de la cause, de la façon de procéder des parties, de leur situation 
financière et des frais de chancellerie (art. 73 al. 2 LOAP). La recourante 
supportera ainsi les frais du présent arrêt, fixés à CHF 2'000.-- (v. art. 73 
al. 2 LOAP, art. 8 al. 3 du règlement du Tribunal pénal fédéral sur les frais, 
émoluments, dépens et indemnités de la procédure pénale fédérale du 
31 août 2010 [RFPPF; RS 173.713.162] et art. 63 al. 5 PA). 
 
 

- 11 - 
 
 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 
 
1. Le recours est rejeté dans la mesure de sa recevabilité. 
 
2. La requête d’effet suspensif est devenue sans objet. 

 
3. Un émolument de CHF 2’000.-- est mis à charge de la recourante. 

 
 

Bellinzone, le 15 mai 2020 
 
Au nom de la Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
Le président: La greffière: 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Distribution 
 
- Me Alec Reymond 
- Ministère public de la Confédération 

 
 

Copie pour information 
 

- Tribunal pénal fédéral, Cour des affaires pénales 
 
 

Indication des voies de recours 

Il n'existe pas de voie de recours ordinaire contre la présente décision.