# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 2b4c6d2a-ce7a-5500-aafb-c1b65d444d73
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2025-02-25
**Language:** fr
**Title:** Genf Tribunal administratif de première instance en matière fiscale 25.02.2025 A/563/2025
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_TAPI_001_A-563-2025_2025-02-25.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/563/2025 MC JTAPI/208/2025 

 

JUGEMENT 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

DE PREMIÈRE INSTANCE 

du 25 février 2025 

 

dans la cause 

 

Monsieur A______, représenté par Me Philippe CURRAT, avocat 

 

contre 

OFFICE CANTONAL DE LA POPULATION ET DES MIGRATIONS 

 

 

  

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A/563/2025 

EN FAIT 

1. Monsieur A______ (alias B______),  né le ______ 1999 et originaire du Maroc, 
mais démuni de tout document d'identité, a déposé en Suisse, le 26 janvier 2017, 
une demande d'asile, laquelle a fait l'objet d'une décision de rejet et de renvoi par 
décision du secrétariat d'État aux migrations (ci-après : SEM) du 27 juin 2017. Dans 
le cadre de cette procédure, l'intéressé avait été attribué au canton du Valais. Par 
deux fois (les 7 avril 2022 et 17 septembre 2024), l'intéressé a été transféré des 
Pays-Bas vers la Suisse dans le cadre des Accords Dublin. 

2. Entre le 1er juin 2017 et le 3 mai 2023, M. A______ a été condamné à douze 
reprises, en particulier pour délit contre la loi fédérale sur les stupéfiants et les 
substances psychotropes du 3 octobre 1951 (LStup - RS 812.121), opposition aux 
actes de l'autorité, non-respect d'une assignation à un lieu de résidence ou d'une 
interdiction de pénétrer dans une région déterminée (pour avoir violé la mesure 
prise à son encontre par le commissaire de police le 8 mai 2021 et prolongée le 5 
mai 2022 par le Tribunal administratif de première instance), vol (au sens de l'art. 
139 ch. 1 du code pénal suisse du 21 décembre 1937 ; CP - RS 311.0), recel (au 
sens de l'art. 160 ch. 1 al. 1 CP) et rupture de ban. Il a par ailleurs fait l'objet de 
deux mesures d'expulsion judiciaire prononcées, respectivement, par le canton de 
Berne le 22 mai 2018, puis par le canton de Genève, l'autorité administrative 
compétente genevoise ayant décidé de ne pas reporter la mesure d'expulsion 
ordonnée par le Tribunal de police le 31 octobre 2018 pour une durée de cinq ans. 

3. La demande de soutien à l'exécution du renvoi initiée auprès du SEM en mars 2018 
a abouti à l'identification de l'intéressé par les autorités marocaines en février 2021, 
étant précisé qu'en raison de l'état d'urgence sanitaire qui avait été décrété par les 
autorités marocaines, le rapatriement de l'intéressé n'était alors pas possible. 

4. Selon communication du SEM du 3 mai 2023, un laissez-passer pouvait désormais 
être délivré moyennant un délai de trois semaines à compter de l'émission du billet 
d'avion.  

5. Le 17 septembre 2024, M. A______ a entamé une détention pénale en exécution de 
plusieurs peines privatives de liberté de substitution relatives à des peines 
pécuniaires prononcées en raison des infractions pénales mentionnées ci-dessus 

6. Par ordonnance du 18 octobre 2024, le Tribunal d'application des peines et des 
mesures (TAPEM) a refusé d'accorder la libération conditionnelle à M. A______. 
À cet égard, l'autorité précitée a retenu notamment ce qui suit: « S'agissant du 
pronostic, il se présente sous un jour fort défavorable au vu des nombreux 
antécédents du cité. Il n'a pas su tirer profit des premières condamnations 
prononcées avec sursis, et les courtes peines privatives de liberté successives 
prononcées à son encontre ne l'ont pas dissuadé de récidiver. Il a par ailleurs 
récidivé après l'octroi d'une libération conditionnelle le 8 janvier 2019. Sa situation 
personnelle demeure inchangée et on ne perçoit aucun effort du cité pour modifier 
la situation, étant rappelé qu'il fait l'objet d'une mesure d'expulsion de Suisse. 

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Aucun projet concret et étayé n'est présenté, de sorte qu'il se retrouvera à sa sortie 
de prison dans la même situation personnelle que celle ayant mené à ses dernières 
condamnations, à savoir en situation illégale en Suisse, sans travail, ni logement. Il 
indique en outre expressément vouloir rester en Suisse, où il n'a aucune garantie de 
pouvoir séjourner légalement. En l'état, rien n'indique que le cité saurait mettre à 
profit une nouvelle libération conditionnelle et le risque qu'il commette de nouvelles 
infractions apparaît très élevé, étant précisé qu'à teneur des dernières 
condamnations figurant à son casier judiciaire, ce risque ne se limite pas à des 
infractions à la LEI ». 

7. Le 28 novembre 2024, la libération de l'intéressé – initialement fixée au 25 
décembre 2024 et ensuite au 6 décembre 2024 – a été annoncée pour le 1er 
décembre 2024. 

8. Durant la détention pénale de M. A______, la Brigade Migration et Retour a 
procédé, en faveur de l'intéressé, à la réservation d'une place sur un vol DEPA (avec 
escorte policière) à destination de Marrakech, place confirmée pour le 15 janvier 
2025, au départ de Genève.  

9. À sa sortie de prison, le 1er décembre 2024, l'intéressé a été remis entre les mains 
des services de police en vue de son refoulement. 

10. Le 1er décembre 2024 toujours, le commissaire de police a émis un ordre de mise 
en détention administrative à l'encontre de M. A______ pour une durée de quatre 
mois, en application de l'art. 76 al. 1 let. b ch. 1 LEI, renvoyant à l’art. 75 al. 1 let. 
b, c et h LEI. 

Il ressortait du dossier que l'intéressé n'avait aucun lieu de résidence fixe en Suisse, 
ni aucun lien particulier avec ce pays, ni non plus aucune source légale de revenu. 

Lors de son audition, le précité a déclaré qu’il n’était pas d’accord de retourner au 
Maroc. Il n’était pas en bonne santé et prenait des médicaments. 

11. Par courriel du 2 décembre 2024, le commissaire de police a informé le tribunal que 
M. A______ avait été acheminé la veille dans l’après-midi à Belle-Idée, où il avait 
passé la nuit sous dispositif de surveillance et demeurait ce jour encore. 

12. Toujours le 2 décembre 2024, le conseil de M. A______ a transmis au tribunal un 
certificat médical du même jour des Hôpitaux universitaires de Genève (ci-après : 
HUG) – service des mesures institutionnelles, duquel il ressort que l’intéressé 
n’était pas en état de comparaitre à l’audience du tribunal prévue le 3 décembre 
2024, en raison de son état de santé.  

13. Par courriel du 2 décembre 2024, le tribunal a informé les parties du report de 
l’audience au mercredi 4 décembre 2024, afin que le conseil de M. A______ ait le 
temps de s’entretenir avec ce dernier si son impossibilité de comparaitre devait être 
confirmée.  

14. Lors de l’audience du 4 décembre 2024 devant le tribunal, M. A______ a été 
représenté par son conseil. Celui-ci a confirmé que ce dernier était toujours opposé 

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à son renvoi au Maroc, en raison de sa situation médicale, notamment psychiatrique, 
et de sa blessure au genou. Il souffrait d’une déchirure ligamentaire datant de 2018, 
non soignée, qui l’empêchait de marcher correctement et lui causait des douleurs. 
Il ne pouvait pas envisager un retour au Maroc dans cette situation car il savait qu’il 
ne pourrait pas y être soigné. L’actuelle hospitalisation de M. A______ était en lien 
avec ses pensées suicidaires, qu’il avait clairement verbalisées. Ces dernières 
étaient exclusivement liées à son renvoi au Maroc. Afin de remédier au problème 
de genou de M. A______, une restructuration ligamentaire pourrait être envisagée 
comme cela avait été évoqué à l’époque. Un rapport médical de 2021 y relatif a été 
versé à la procédure, ainsi qu'une lettre de M. A______ du 28 novembre 2024 dans 
laquelle il faisait état de ses pensées suicidaires. Le précité avait été informé du vol 
DEPA réservé pour lui le 15 janvier 2025. A l’heure actuelle, son état de santé 
s’opposait à son renvoi dans les prochaines semaines à venir.  

La représentante du commissaire de police a confirmé que le vol du 15 janvier 2025 
était toujours d’actualité. Vu la situation de M. A______, une évaluation médicale 
quant à son aptitude au vol devrait être demandée. A ce stade, le commissaire de 
police restait dans l’attente du laissez-passer des autorités marocaines. L’état de 
santé de M. A______ ne saurait s’opposer à l’exécution de son renvoi. Dite 
exécution pourrait tout au plus être reportée si l’aptitude au vol ne devait pas être 
immédiatement confirmée. 

Le conseil de l’intéressé a plaidé et conclu à ce que soit constatée l’inexigibilité du 
renvoi de M. A______ pour raison de nécessité médicale ainsi qu’à sa mise en 
liberté immédiate. 

15. Par jugement du 4 décembre 2024 (JTAPI/1190/2024), le tribunal a confirmé l'ordre 
de mise en détention pris par le commissaire de police le 1er décembre 2024 à 
l'encontre de M. A______ pour une durée de quatre mois, soit jusqu'au 31 mars 
2025. 

16. Par arrêt du 26 décembre 2024 (ATA/1503/2024), la chambre administrative de la 
Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) a rejeté le recours interjeté le 
16 décembre 2024 par le conseil de l'intéressé contre le jugement du tribunal. 

Examinant les problèmes de santé physique de M. A______, de même que ses 
intentions suicidaires, la chambre administrative a rappelé de manière générale la 
jurisprudence relative aux situations dans lesquelles des troubles physiologiques ou 
psychiques étaient susceptibles de faire obstacle au renvoi d'une personne, et plus 
spécifiquement la jurisprudence selon laquelle ni une tentative de suicide, ni des 
tendances suicidaires ne constituaient en soi un obstacle rédhibitoire à l'exécution 
du renvoi. À cet égard, seule une mise en danger présentant des formes concrètes 
devait être pris en considération. Dans le cas de M. A______, le seul diagnostic 
psychiatrique médicalement déterminé résultait d'un rapport médical établi le 12 
avril 2021, portant sur un trouble de la personnalité antisocial et impulsif. Il résultait 
également de ce rapport qu'à trois reprises en 2019, le précité avait tenté d'obtenir 
des autorités ce qu'il estimait alors lui être dû (augmentation du dosage de certains 

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médicaments ou opération du genou) en commettant ou en menaçant de commettre 
des actes auto agressifs. Ni le nombre, ni le dosage des médicaments prescrits en 
décembre 2024 ne permettait non plus de conclure à l'existence d'un trouble 
dépressif d'une certaine gravité. Le dossier ne comptait ainsi aucune mention de 
comportement auto agressif, hormis les épisodes relatés dans le rapport médical du 
12 avril 2021, et, dans la mesure où leur réalité serait confirmée, les tentatives de 
suicide décembre 2024. Quand bien même il n'y avait pas lieu de mettre en doute 
la sincérité ni la réalité de la grande détresse dans laquelle la perspective de son 
retour au Maroc plongeait M. A______, cet état ne pouvait cependant être assimilé 
sans autre à un état pathologique durable. L'expression d'idées suicidaires était 
intervenue dans le contexte de l'accélération de la procédure de renvoi forcé au 
Maroc. Dans ces circonstances, tant cette expression d'intention que son éventuelle 
mise à exécution par les tentatives de suicide alléguées n'étaient pas incompatibles 
avec le comportement déjà adopté par M. A______ en 2019, visant à infléchir par 
des actes ou des menaces d'actes auto agressifs les décisions prises à son égard par 
l'autorité. Il ne pouvait donc être retenu qu'il souffrirait d'une pathologie 
psychiatrique qui l'exposerait, en cas de retour dans son pays d'origine, à un risque 
pour sa vie. Les mêmes considérations valaient a fortiori pour la lésion du genou 
droit dont il souffrait. 

Sous l'angle de la proportionnalité, M. A______ avait démontré à de multiples 
reprises, que ce soit par la commission répétée d'infractions ou le non-respect des 
décisions rendues à son encontre en matière de droit des étrangers, qu'il faisait peu 
de cas des instructions reçues des autorités. Il existait donc un risque important qu'il 
ne défère pas à une convocation en vue de son départ et qu'il tente de disparaître 
dans la clandestinité, de sorte que sa mise en détention constituait le seul moyen 
pour assurer sa présence le moment venu. Par ailleurs, l'intérêt public à l'exécution 
de son renvoi, au vu notamment des nombreux actes délictuels commis en Suisse, 
l'emportait sur son propre intérêt à demeurer en liberté. 

17. Par requête du 10 janvier 2025 envoyée par courriel au tribunal de céans, M. 
A______, sous la plume de son conseil, a déposé une demande de mise en liberté. 

Lors de son bref passage en détention à la prison de Sion, M. A______ avait fait 
une première tentative de suicide par strangulation le 20 décembre 2024, en se 
suspendant à la fenêtre de sa cellule avec un lacet. Sa tentative n'avait pas abouti, 
le lacet ayant cédé sous son poids. En chutant, il avait subi un traumatisme cranio-
cervical en se cognant contre une table, avec courte perte de connaissance. Il avait 
également pris trois comprimés de Valium 10 mg en une prise, en vue de se suicider 
par une surdose de médicaments. 

Après avoir été ramené en prison et placé au cachot, il avait réitéré une tentative de 
suicide par strangulation dans la nuit du 20 au 21 décembre 2024, se servant d'une 
couverture. À l'arrivée des secours, il présentait des traces de salive et de sang 
autour de la bouche, mais sa tentative n'avait pas abouti. 

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Il avait ensuite été transféré au centre de détention administrative de Favra, avant 
d'être à nouveau transféré au centre de Frambois. 

Le 3 janvier 2025, il avait écrit à son conseil qu'il préférait mourir plutôt que de 
retourner dans la misère. Il était prêt à faire n'importe quoi, le renvoi signifiant pour 
lui une fin de vie. 

Le 9 janvier 2025, il avait entamé une grève de la faim et de la soif, au motif de sa 
situation personnelle et de l'état de son genou depuis 2018. Il trouvait injuste de se 
retrouver en prison et ne voulait pas retourner dans la misère. Il considérait qu'il 
était chez lui en Europe. 

Il existait ainsi une mise en danger qui résultait de ses tentatives de suicide, ainsi 
que de sa grève de la soif et de la faim. Comme aucune expertise psychiatrique 
n'avait été réalisée, ses tentatives de suicide étaient les seuls éléments permettant de 
démontrer sa volonté concrète de mettre fin séjour. Cela impliquait la levée 
immédiate de sa détention administrative, toute autre solution ayant 
vraisemblablement à court terme des conséquences dévastatrices sur la santé de 
M. A______, pouvant aller concrètement jusqu'à la mort dans les prochains jours. 

18. Les tentatives de suicide mentionné ci-dessus sont attestées par un rapport médical 
établi le 21 décembre 2024 par l'hôpital du Valais. La grève de la faim et de la soif 
entamée le 9 janvier 2025 résulte d'une déclaration signée à cette date par l'intéressé 
sur une formule préimprimée de l'établissement de détention de Frambois. 

19. Le 21 janvier 2025, en vue de l'audience devant le tribunal, M. A______ a encore 
fait parvenir à ce dernier divers documents, à savoir : 

- un rapport médical établi le 20 décembre 2024 par l'hôpital du Valais après un 
scanner « neuro crâne et cou vasculaire » effectué le même jour ; 

- un rapport médical établi par l'hôpital du Valais le 21 décembre 2024 suite à un 
scanner du cou effectué le même jour ; 

- un rapport médical établi par l'hôpital du Valais le 21 décembre 2024 suite à une 
consultation aux urgences le 20 décembre 2024 ; 

- un rapport médical établi le 23 décembre 2024 par l'hôpital du Valais suite à des 
radiographies de l'épaule gauche et du genou droit effectuées le 20 décembre 
2024 ; 

- un courrier adressé le 30 décembre 2024 par le service de l'application des peines 
et mesures du canton du Valais au conseil de M. A______ , indiquant notamment 
que suite aux tentatives de suicide de ce dernier, des mesures adaptées avaient 
été immédiatement prises, dont le transfert dans une cellule de sûreté particulière 
; 

- une demande de consultation d'orthopédie signée par un médecin de 
l'établissement de Frambois le 3 janvier 2025 ; 

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- une note du service de médecine pénitentiaire du canton du Valais en date du 15 
janvier 2025, accompagnant le dossier médical de M. A______, lequel contient 
notamment un journal heure par heure des événements survenus entre le 20 et le 
23 décembre 2024 dans le cadre de la détention du précité ; 

- une déclaration d'annonce de grève de la faim et de la soif signée par M. 
A______ le 20 janvier 2025 sur une formule préimprimée de l'établissement de 
détention de Frambois, le début de la grève étant fixé au jour même. 

20. Lors de sa comparution devant le tribunal le 21 janvier 2025, M. A______ a déclaré 
qu’il était issu d’une famille de trois enfants dans laquelle il occupait la place du 
milieu. Ils vivaient à C______. Son père était mécanicien en imprimerie et sa mère 
était mère au foyer. Il avait grandi dans la misère, ce qui signifiait qu’il n’y avait 
parfois rien à manger à la maison. Il avait suivi sa scolarité jusqu’à l’âge de 14 ans. 
Actuellement son père souffrait d’un cancer et avait encore d’autres atteintes à sa 
santé. Sa mère était également malade. De 14 à 16 ans, il était resté au Maroc, mais 
sans occupation, avec le seul rêve de pouvoir venir en Europe. Il avait exercé en 
Europe différents métiers, par exemple dans l’agriculture ou en tant que sauveteur 
maritime en Italie. Durant les quatre ou cinq dernières années de son séjour en 
Europe, il avait eu différents métiers. Il avait assisté des requérants d’asile dans des 
démarches de traduction ou bien en travaillant en cuisine. Il avait également été 
laveur de vitres ou employé agricole. Son refus de retourner au Maroc était 
également lié au fait que l’on n'y jouissait d’aucune liberté ; le pays était dirigé par 
un dictateur qui écrasait le peuple. Il était révolté également de voir quelle était la 
destinée de son père qui avait tout donné à ce pays et auquel ce pays n’apportait 
aujourd’hui aucune aide dans sa maladie. Son père en était réduit à louer son propre 
lit et c’était tout ce qu’il lui restait, il n’avait plus de logement propre. Quant à sa 
mère, elle avait la chance d’avoir quand même une chambre issue d’un héritage 
maternel, mais qu’elle partageait avec deux autres femmes. Sur question de son 
avocat, il a évoqué Madame C______ qui était son amie intime avec laquelle il 
vivait depuis quatre ans, ressortissante néerlandaise, avec laquelle il avait 
aujourd’hui un projet de mariage. C’était une femme forte qui l’avait beaucoup aidé 
et tiré de ses ennuis.  

Sur question de son avocat concernant ce qu’il pouvait exprimer sur ses tentatives 
de suicide, il a dit qu’il ne supportait pas la détention administrative. C’était un lieu 
destiné au renvoi. Il n’avait jamais fait de mal à personne et il préférait finalement 
mourir que de retourner au Maroc. Malgré la peine qu’il causerait à son ami, ainsi 
qu'à son père et à sa mère, s'il se suicidait, sa situation en détention était trop terrible 
et il en était arrivé là. Sur question de son avocat, s’il avait la possibilité aujourd’hui 
de rejoindre son amie aux Pays-Bas, il le ferait immédiatement, et si on lui 
présentait comme seule autre perspective celle d’être renvoyé au Maroc, il préférait 
mourir. Il a confirmé son annonce de grève de la faim et de la soif datée de la veille. 

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La représentante de l'OCPM a produit à l'audience des documents relatifs au fait 
que la grève de la faim et de la soif entamée par M. A______ le 9 janvier 2025 avait 
été interrompue le 12 janvier 2025. 

M. A______ a déclaré que cette fois-ci il comptait poursuivre sa grève de la faim 
et de la soif jusqu’à ce qu’une décision juste soit rendue. Il voulait également 
mentionner ses séquelles d’un accident au genou subi quelques années auparavant 
pendant une détention à la prison de Champ-Dollon. Ses séquelles devaient être 
prises en charge et opérées en Suisse. 

La représentante de l'OCPM a produit également un courriel du 21 janvier 2025 en 
provenance du SEM, portant la mention « Concerne Monsieur A______», faisant 
état du classement sans décision formelle, selon l'art. 111c al. 2 LAsi, de la demande 
multiple de la personne concernée. 

Le conseil de l’intéressé a relevé que ce mail, hormis les initiales A______, ne 
fournissait aucune information permettant un rattachement à M. A______. 

Le conseil de M. A______ a conclu à la levée de la détention de ce dernier.  

La représentante de l’OCPM a conclu au rejet de la demande de mise en liberté de 
M. A______ et à la confirmation de sa détention. 

21. Par jugement du 21 janvier 2025 (JTAPI/72/2025), le tribunal a rejeté la demande 
de mise en liberté formée par M. A______ et a confirmé en tant que de besoin sa 
détention jusqu'au 31 mars 2025. 

22. Le 5 février 2025, M. A______ a de nouveau saisi le tribunal d'une demande de 
mise en liberté, par voie électronique. 

23. Par courriel du même jour, le greffe du tribunal a répondu qu'il ne serait pas donné 
suite à ce courriel dans la mesure où la communication par voie électronique d'un 
recours ou de tout acte n'était pas autorisée. 

24. Par courriel du 5 février 2025 toujours, M. A______ a exposé que la communication 
électronique était admise et qu'à défaut de voir la cause appointée à la prochaine 
audience du tribunal, il saisirait l'autorité de recours. 

25. Par acte du 6 février 2025, M. A______ a interjeté recours auprès de la chambre 
administrative de la Cour de justice pour refus de statuer, concluant à la constatation 
qu'un déni de justice avait été commis par le refus du tribunal de se prononcer sur 
la demande de levée de la détention administrative du 5 février 2025. 

26. Par arrêt du 17 février 2025 (ATA/170/2025), la chambre administrative de la Cour 
de justice a rejeté le recours de M. A______. 

27. Par requête du 18 février 2025, M. A______ a déposé auprès du tribunal une 
nouvelle demande de mise en liberté. 

Par courriel du 23 janvier 2025 adressé à son conseil, il avait réaffirmé sa volonté 
et sa détermination à poursuivre sa grève de la faim et de la soif. Le 24 janvier 2025, 
il avait consulté un physiothérapeute aux Hôpitaux universitaires de Genève. Après 

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une tentative de drainage sur son genou, la douleur n'avait pas diminué, selon 
rapport médical du même jour. Le 28 janvier, il avait été admis au service des 
urgences des Hôpitaux universitaires de Genève pour un traumatisme crânien à la 
suite d'une chute causée par un malaise, alors qu'il était en détention administrative. 
À son réveil, il avait constaté une lésion importante au thorax, dont la cause 
probable était le massage cardiaque qui avait dû lui être prodigué pour le ranimer 
et dont il produisait une photographie. Selon rapport médical du 29 janvier 2025, 
indiquant que le motif d'admission était un traumatisme crânien sans perte de 
connaissance ni amnésie, il s'agissait d'un patient connu pour des troubles de la 
personnalité de type antisociale, des dépendances multiples, qui consultait ce jour 
pour une grève de la faim depuis huit jours à but suicidaire. Il disait ne pas boire ni 
manger, avec une revendication d'une opération de son genou déjà abordée dans le 
passé. Il expliquait préférer mourir que de ne pas se faire opérer de son genou. Le 
patient ne signalait pas de douleur thoracique. Par nouvelle décision du 29 janvier 
2025, sur intervention de son conseil, le SEM avait annulé sa décision du 21 janvier 
2025 et avait réouvert la procédure d'asile. Le 16 février 2025, sur formule 
préimprimée de l'établissement de Frambois, il avait annoncé avoir entamé une 
nouvelle grève de la faim et de la soif, expliquant qu'il ne pouvait pas rester enfermé 
sans recevoir des soins pour son genou et ses mains. 

Sous la plume de son conseil, il soulignait qu'il existait un risque suicidaire, qui 
avait encore été démontré à l'occasion du traumatisme crânien dont il avait souffert 
à la suite d'une perte de connaissance le 28 janvier 2025, causée elle-même par sa 
grève de la faim et de la soif et qui avait justifié un massage cardiaque pour le 
ranimer. Alors que sa vie était en grand danger en raison de sa volonté claire de 
mettre fin à ses jours, son renvoi n'était pas exigible. Un tel renvoi aurait pour lui 
des conséquences dramatiques sur son état psychique, notamment en raison de sa 
relation et de ses projets avec Mme C______, qu'il lui serait impossible de mener à 
bien. À cet égard, il produisait encore plusieurs échanges de courriels adressés par 
cette dernière au conseil de M. A______, prenant des nouvelles de ce dernier, ainsi 
qu'une déclaration écrite de Mme C______, dans lequel elle expliquait les 
circonstances de leur rencontre, l'évolution de leur relation et leur volonté de 
construire leur avenir ensemble. 

28. Lors de sa comparution, ce jour, devant le tribunal, M. A______ confirmé que sa 
nouvelle grève de la faim et de la soif entamée le 16 février 2025 était toujours en 
cours et qu’il était allé la veille à l’hôpital pour des examens cardiaques liés à cette 
grève. Sur question du tribunal de savoir si Mme C______ et lui-même avaient 
entamé des démarches en vue de célébrer un mariage aux Pays-Bas, ils en avaient 
effectivement parlé depuis environ une année, mais pour l’instant ils n’avaient 
encore rien entamé officiellement, car dans l’intervalle elle avait eu quelques petits 
soucis du côté de ses parents. Sur question du tribunal de savoir s’il avait une idée 
concernant le caractère réaliste ou non de ce mariage, en particulier sous l’angle 
d’un éventuel regroupement familial aux Pays-Bas, il a affirmé que c’était tout à 
fait réaliste. Sur question du tribunal de savoir s’il ne pourrait pas envisager un 

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retour provisoire au Maroc en attendant la poursuite des démarches en vue du 
mariage avec Mme C______, il ne pouvait vraiment pas envisager un retour dans 
son pays d’origine, où il ne parviendrait pas à rester même une semaine. Il n'avait 
au Maroc aucun endroit pour vivre ou dormir. Il a produit un certificat médical 
établi le 19 février 2025 par le D______, spécialiste FMH en médecine interne 
générale, duquel il découle que M. A______ est suivi pour une rupture complète du 
ligament croisé antérieur et déchirure du ménisque interne du genou droit. Une IRM 
du genou et un suivi orthopédique sont prévus. Il se plaint également de douleurs 
atypiques avec tuméfaction des mains et des poignets pour lesquelles un syndrome 
du canal carpien bilatéral est suspecté et un électro-neuro-myogramme est en 
attente. Enfin, il est suivi régulièrement dans le cadre de la grève de la faim et de la 
soif entamé le 16 février [2025]. 

Son conseil a ajouté que, sans que l’information soit encore officielle, ses échanges 
avec le SEM indiquaient que l’audition de M. A______ dans le cadre de sa demande 
d’asile pourrait avoir lieu le 7 mars 2025.  

Le conseil de M. A______ a conclu à la levée de la détention de ce dernier.  

La représentante de l'OCPM a conclu au rejet de la demande de mise en liberté de 
M. A______ et à la confirmation de sa détention. 

 

 

EN DROIT 

1. Le Tribunal administratif de première instance (ci-après le tribunal) est compétent 
pour examiner les demandes de levée de détention faites par l'étranger (art. 115 al. 
1 et 116 al. 1 de la loi sur l’organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -  E 
2 05 ; art. 7 al. 4 let. g de la loi d'application de la loi fédérale sur les étrangers du 
16 juin 1988 - LaLEtr - F 2 10). 

2. Selon l'art. 80 al. 5 de la loi fédérale sur les étrangers et l’intégration du 16 décembre 
2005 (LEI - RS 142.20), l’étranger en détention peut déposer une demande de levée 
de détention un mois après que la légalité de cette dernière a été examinée. 
L’autorité judiciaire se prononce dans un délai de huit jours ouvrables, au terme 
d’une procédure orale.  

Cela étant, l'art. 7 al. 4 let. g LaLEtr prévoit que la personne détenue peut déposer 
en tout temps une demande de levée de détention. 

Sur ce point, il a été jugé que le droit cantonal peut déroger au droit fédéral, dans la 
mesure où il étend les droits de la personne détenue (DCCR du 27 mars 2008 en la 
cause MC/023/2008 et du 24 avril 2008 en la cause MC/026/2008). 

 Le tribunal statue alors dans les huit jours ouvrables qui suivent sa saisine sur la 
demande de levée de détention (art. 9 al. 4 LaLEtr). 

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3. En l'espèce, la demande de levée de la détention administrative formée par M. 
A______ le 18 février 2025 est recevable et la décision du tribunal intervient dans 
le respect du délai légal susmentionné.  

4. Selon l'art. 80 al. 7 de la loi fédérale sur les étrangers et l'intégration du 16 décembre 
2005 (LEI - RS 142.20), La détention est levée dans les cas suivants: 

a. le motif de la détention n’existe plus ou l’exécution du renvoi ou de l’expulsion 
s’avère impossible pour des raisons juridiques ou matérielles; 

b. la demande de levée de la détention est admise; 

c. la personne détenue doit subir une peine ou une mesure privative de liberté. 

5. En l'espèce, M. A______ soutient que la levée de sa détention avec effet immédiat 
découlerait de la mise en danger pour sa vie que comporterait la poursuite de sa 
détention administrative. Pour démontrer ce risque, il indique qu'aux tentatives de 
suicide et aux grèves de la faim et de la soif qui ont été prises en considération par 
le tribunal dans son jugement du 21 janvier 2025 (JTAPI/72/2025), se sont ajoutés 
depuis lors une nouvelle grève de la faim et de la soif, entamée le 16 février 2025 
et toujours en cours actuellement, ainsi qu'un malaise avec perte de connaissance, 
qui aurait conduit à un traumatisme crânien et à une réanimation par massage 
thoracique. Il s'appuie sur l'ensemble de ces éléments pour affirmer que l'on ne peut 
le laisser continuer à détruire sa santé et que les autorités ne peuvent ainsi faire 
pression sur sa propre vie. Il ajoute, par la bouche de son conseil, qu'il est détruit 
par le poids des procédures administratives et que s'il retourne au Maroc, il n'aura 
jamais de visa pour revenir en Europe. 

6. Les considérations théoriques sur lesquelles le tribunal a fondé son jugement du 21 
janvier 2025 (JTAPI/72/2025 consid. 7 et 8), en reprenant celles de l'arrêt rendu par 
la chambre administrative le 26 décembre 2024 (ATA/1503/2024), demeurent 
valables, de sorte qu'il suffit d'y renvoyer M. A______, à qui il était destiné. Il en 
va de même des éléments déjà relevés au sujet du fait qu'il s'agissait selon les 
médecins d'un patient revendicateur avec des gestes auto agressifs et des menaces 
hétéros agressives, avec d'éventuels traits de personnalité antisociale 

S'agissant de l'appréciation de la situation de ce dernier, ce jugement retenait par 
ailleurs, en substance, que M. A______ n'avait pas démontré souffrir d'une 
pathologie psychiatrique l'exposant à un danger vital en cas de retour dans son pays. 

Tel est toujours le cas actuellement, les nouveaux éléments médicaux versés au 
dossier n'abordant pas cette question. 

Toujours dans son jugement du 21 janvier 2025, le tribunal avait également relevé 
que la grève de la faim et de la soif entamée le 9 janvier 2025 s'était achevée trois 
jours plus tard et qu'ainsi, M. A______ continuait par son comportement à tenter de 
mettre les autorités sous pression aux fins d'obtenir ce à quoi il estimait avoir droit. 
Dans l'intervalle, le précité avait entamé une nouvelle grève de la faim et de la soif, 
annoncée dès le 20 janvier 2025. 

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Depuis lors, M. A______ a manifestement également cessé cette grève, puisqu'il en 
a à nouveau annoncé une à partir du 16 février 2025. Contrairement à ce qu'il plaide 
désormais, on ne saurait y voir une nouvelle péjoration de son état de santé, mais 
un exemple supplémentaire des pressions qu'il entend exercer pour tenter d'obtenir 
ce à quoi il estime avoir droit. 

Enfin, quant au malaise dont il a souffert le 28 janvier 2025, il prétend avoir dû 
bénéficier d'un massage cardiaque afin de le réanimer, mais aucun élément objectif 
ne valide cette affirmation. En particulier, le rapport médical établi le 29 janvier 
2025 à la suite de cet épisode indique qu'il n'y a pas eu de perte de connaissance ni 
amnésie, et ne fait aucune mention d'un arrêt ou même d'un malaise cardiaque, ni 
du fait qu'il aurait été nécessaire de réanimer l'intéresser par massages thoracique. 
La photographie produite par M. A______, qui montre une sorte d'hématome très 
localisé sur le sternum, ne saurait prouver dans ces conditions qu'il aurait bénéficié 
d'un massage de réanimation. 

7. La situation de M. A______ n'a dès lors pas évolué dans un sens qui conduirait, 
pour protéger sa vie, à ordonner sa mise en liberté.  

8. Au vu de ce qui précède, la demande de mise en liberté sera rejetée. En tant que de 
besoin, la détention administrative sera confirmée jusqu'au 31 mars 2025, date 
jusqu'à laquelle elle a été prolongée selon jugement du tribunal du 21 janvier 2025. 

9. Conformément à l'art. 9 al. 6 LaLEtr, le présent jugement sera communiqué à M. 
A______, à son avocat et à l’OCPM. En vertu des art. 89 al. 2 et 111 al. 2 de la loi 
sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), il sera en outre 
communiqué au secrétariat d'État aux migrations. 

- 13/13 - 

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PAR CES MOTIFS 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

DE PREMIÈRE INSTANCE 

1. déclare recevable la demande de mise en liberté formée le 18 février 2025 par 
Monsieur A______ ; 

2. la rejette et confirme en tant que de besoin la détention jusqu'au 31 mars 2025 ; 

3. dit que, conformément aux art. 132 LOJ, 10 al. 1 LaLEtr et 65 LPA, le présent 
jugement est susceptible de faire l'objet d'un recours auprès de la chambre 
administrative de la Cour de justice (10 rue de Saint-Léger, case postale 1956, 1211 
Genève 1) dans les 10 jours à compter de sa notification. L'acte de recours doit être 
dûment motivé et contenir, sous peine d'irrecevabilité, la désignation du jugement 
attaqué et les conclusions du recourant. Il doit être accompagné du présent jugement 
et des autres pièces dont dispose le recourant. 

Au nom du Tribunal : 

Le président 

Olivier BINDSCHEDLER TORNARE 

 

Copie conforme de ce jugement est communiquée à Monsieur A______, à son avocat, à 
l’office cantonal de la population et des migrations et au secrétariat d'État aux migrations. 
Genève, le  Le greffier