# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** acaa4acf-d8ee-5d41-a0c5-45fe6b1cdd8f
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2016-06-14
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 14.06.2016 A-3629/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_A-3629-2015_2016-06-14.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour I 

A-3629/2015 

 

 
 

  A r r ê t  d u  1 4  j u i n  2 0 1 6  

Composition 
 Pascal Mollard (président du collège),  

Daniel Riedo, Salome Zimmermann, juges, 

Cédric Ballenegger, greffier. 
 

 
 

Parties 
 A._______, 

représentée par Monsieur Alain Vuithier, avocat, 

recourante,  

 
 

 
contre 

 
 Administration fédérale des contributions AFC, 

Division principale de la taxe sur la valeur ajoutée, 

autorité inférieure.  

 
 

 
 

Objet 
 Taxe sur la valeur ajoutée, 1

er semestre 2008 au 

2e semestre 2009 (aLTVA) ; protection de la bonne foi. 

  
 

 

 

 

A-3629/2015 

Page 2 

Vu 

la confirmation d’inscription au registre des assujettis adressée par l’Admi-

nistration fédérale des contributions (ci-après : l’AFC ou l’autorité infé-

rieure) à dame X._______ (ci-après : la recourante) le 5 juillet 2010, par 

laquelle celle-ci est avisée qu’elle est assujettie à la TVA avec effet au 

1er janvier 2009, 

la notification d’estimation n° … du 13 septembre 2013, par laquelle l’AFC 

a, ensuite d’un contrôle mené sur place, effectué une reprise d’impôt de 

Fr. 24'327.—, plus intérêt, pour les périodes fiscales 2008 et 2009, notifi-

cation qui a également été qualifiée de décision, 

la réclamation du 14 octobre 2013 par laquelle la recourante s’est opposée 

à cette décision, 

la décision sur réclamation du 6 mai 2015 par laquelle l’AFC a rejeté la 

réclamation de la recourante, 

le recours déposé le 8 juin 2015 contre cette décision, par lequel la recou-

rante conclut à l’annulation de celle-ci en tant qu’elle porte sur l’année 2008 

uniquement, 

la réponse de l’AFC du 11 septembre 2016 par laquelle celle-ci conclut au 

rejet du recours, 

et considérant 

1.  

que le Tribunal administratif fédéral est compétent ratione materiae pour 

traiter du recours (cf. art. 32 s., 37 LTAF ; art. 5 PA), 

que, en matière de TVA, la procédure distingue normalement la notification 

d’estimation, la décision et la décision sur réclamation, qui constituent trois 

étapes distinctes de la taxation, 

qu’il n’est normalement pas possible d’attribuer à une notification d’estima-

tion la qualité de décision (cf. art. 43 al. 1 let. a, 78 al. 5, 82 s. LTVA ; ATF 

140 II 202; arrêt du TAF A-707/2013 du 25 juillet 2013 consid. 4), 

que, en revanche, l’AFC et l’assujetti peuvent d’un commun accord renon-

cer à passer par une procédure de réclamation, ce qui ouvre la voie d’un 

A-3629/2015 

Page 3 

recours omisso medio devant le Tribunal administratif fédéral (cf. art. 83 

al. 4 LTVA), 

que, en l’occurrence, l’AFC a couplé sa notification d’estimation n° … à une 

décision, 

que, la recourante ayant contesté le bien-fondé de la reprise d’impôt, l’AFC 

a alors rendu une décision sur réclamation, 

que la recourante n’a pas contesté cette manière de faire, 

que, dès lors, même si la première décision n’en était peut-être pas une et 

que la décision sur réclamation constitue alors une simple décision, les 

parties ont admis qu’il n’y ait pas d’autre examen de la cause par l’AFC, 

que la procédure peut donc être soumise au Tribunal administratif fédéral 

à titre de recours omisso medio dans la mesure où la décision attaquée est 

motivée suffisamment en détail (cf. arrêts du TAF A-707/2013 du 25 juillet 

2013 consid. 1.2.3, A-1017/2012 du 18 septembre 2012 consid. 1.2.3, 

A-6740/2011 du 6 juin 2012 consid. 1.1.4, A-5798/2011 du 29 mai 2012 

consid. 1.3, A-4506/2011 du 30 avril 2012 consid. 1.2.3), 

qu’il n’est donc pas nécessaire de se demander si un motif particulier per-

mettait ici à l’AFC de coupler à titre exceptionnel la notification d’estimation 

n° … à une décision, 

que la compétence fonctionnelle du Tribunal administratif fédéral est don-

née, 

2.  

que le recours répond clairement aux exigences de forme et de fond de la 

procédure administrative (cf. art. 50 al. 1, 52 PA), 

que la recourante jouit sans conteste de la qualité pour recourir (cf.  art. 48 

PA), 

qu'il y a lieu d'entrer en matière, 

que le Tribunal jouit d'un plein pouvoir de cognition (cf. art. 49, 62 al. 4 PA), 

qu’il limite toutefois son examen aux griefs soulevés, sauf exception 

(cf. ATF 122 V 157 consid. 1a, 121 V 204 consid. 6c; arrêts du TAF 

A-3629/2015 

Page 4 

A-2516/2014 du 15 décembre 2014 consid. 2.2, A-4659/2010 du 14 juin 

2011 consid. 1.2), 

3.  

que la LTVA est entrée en vigueur le 1er janvier 2010, 

que, toutefois, les dispositions de l’ancien droit ainsi que leurs dispositions 

d’exécution demeurent applicables à tous les faits et rapports juridiques 

ayant pris naissance avant leur abrogation (art. 112 al. 1 LTVA), 

que le litige porte ici sur la période 2008, 

que la présente cause tombe matériellement sous le coup de l’ancienne loi 

fédérale régissant la taxe sur la valeur ajoutée (aLTVA ; RS 641.20), et de 

son ordonnance du 29 mars 2000 (aOLTVA, RO 2000 1347 et les modifi-

cations ultérieures), 

que, en revanche, le nouveau droit de procédure est applicable (cf. art. 113 

al. 3 LTVA), 

4.  

que le litige porte sur un seul grief, soit l’éventuelle violation du principe de 

la bonne foi par l’AFC en raison du fait qu’elle a décidé d’assujettir la re-

courante à la TVA pour l’année 2008, alors qu’elle lui avait signalé par son 

avis du 5 juillet 2010 qu’elle ne serait assujettie qu’à compter de la période 

2009, 

qu’il convient dès lors de présenter les règles applicables en matière de 

protection de la bonne foi puis de voir comment elles trouvent à s’appliquer 

ici, 

5.  

que le principe de la bonne foi découle des art. 5 al. 3 et 9 Cst., ainsi que 

de l'art. 2 CC, 

qu’il confère à chacun le droit à la protection de la confiance légitimement 

placée dans un renseignement donné par une autorité, lorsqu’une série de 

conditions sont remplies (cf. ATF 137 I 69 consid. 2.5.1, 131 II 627 con-

sid. 6.1, 129 I 161 consid. 4.1 ; arrêts du TAF A-4321/2015 du 9 mai 2016 

consid. 3.2.1, A-4673/2014 du 21 mai 2015 consid. 6 ; AUER ET AL., Droit 

constitutionnel suisse, vol. II, 3e éd., 2013, n. 1173 ss ; THIERRY TANQUE-

REL, Manuel de droit administratif, 2011, n. 578), 

A-3629/2015 

Page 5 

qu’il faut ainsi (1) que l'autorité ait agi dans un cas concret et vis-à-vis d'une 

personne déterminée, (2) qu’elle ait été compétente ou qu’elle ait paru 

l’être, (3) que la personne concernée n’ait pas pu se rendre immédiatement 

compte de l'inexactitude ou de l'illégalité de l'assurance qui lui était fournie 

et (4) qu’elle ait pris sur cette base des mesures dont la modification lui 

serait préjudiciable, 

qu’il faut encore que la législation applicable n’ait pas été modifiée entre le 

moment où l'information en cause a été donnée et celui où le principe de 

la bonne foi a été invoqué, 

6.  

qu’en l’espèce, la recourante se plaint du fait que l’AFC l’a assujettie d’of-

fice à la TVA pour l’année 2008, alors qu’elle lui avait indiqué par son avis 

du 5 juillet 2010 que son assujettissement avait débuté en 2009, 

que, comme la recourante l’indique elle-même, le renseignement dont elle 

se prévaut ne lui a été donné que postérieurement à l’année en cause, 

que, autrement dit, elle ne saurait avoir adopté un comportement en 2008 

sur la base d’un renseignement qui lui a été donné en 2010, 

que la quatrième condition mise à la protection de la bonne foi (cf. consid. 5 

ci-dessus), soit le lien entre le renseignement donné et le comportement 

adopté par la personne concernée, n’est en aucun cas remplie, 

qu’il ne saurait par conséquent y avoir aucun problème lié à la protection 

de la bonne foi de la recourante relativement à l’année 2008 sur la base du 

courrier du 5 juillet 2010, 

que, contrairement à ce qu’explique la recourante, le fait que l’indication 

donnée par l’AFC ait été reçue avant le contrôle auquel elle a été soumis 

n’est pas déterminant, 

qu’est à l’inverse déterminant le fait que cette indication a été donnée après 

l’année à laquelle elle se rapporte (renseignement donné en 2010 au sujet 

de l’année 2008), 

que peu importe dès lors que l’AFC ait modifié sa position sur la base des 

faits constatés lors du contrôle, 

qu’il appartenait à la recourante de contrôler d’elle-même en 2008 si elle 

était assujettie à la TVA ou non (cf. art. 56 al. 1 aLTVA), 

A-3629/2015 

Page 6 

7.  

que la recourante explique qu’elle devra payer des intérêts plus élevés que 

si elle avait su d’emblée dès l’année 2010 qu’elle serait assujettie à la TVA 

pour la période 2008, 

qu’en effet, elle aurait alors pu payer plus tôt le montant qui lui est réclamé, 

que, à ce jour toutefois, ou du moins au moment où la décision attaquée a 

été rendue, la recourante n’avait toujours pas versé la somme requise par 

l’AFC, 

qu’elle savait pourtant depuis septembre 2013 au moins, lorsque la notifi-

cation d’estimation lui a été remise, que l’AFC lui réclamait un arriéré d’im-

pôt pour la période 2008, 

qu’elle laisse donc les intérêts courir depuis lors de son propre chef, 

que, si ces intérêts courent, cela tient uniquement au fait qu’elle ne paie 

pas, même avec réserve, et non à l’indication qui lui a été donnée par l’AFC 

en l’an 2010, 

que, en ne payant pas le montant en question tout en prétendant qu’elle 

aurait voulu le payer plus tôt, elle adopte elle-même une position contra-

dictoire, 

que son explication est ainsi dénuée de tout fondement, 

8.  

que la recourante, assistée d’un avocat, n’a soulevé aucun autre grief, 

que, en particulier, elle ne conteste pas son assujettissement pour l’année 

2008 sur le fond, 

qu’elle ne remet pas non plus en cause les taux de TVA appliqués par 

l’AFC, contrairement à ce qui vaut pour le recours qu’elle a déposé au sujet 

des années 2010 et suivantes (cf. affaire parallèle A-3640/2015), 

que le Tribunal ne voit aucun autre point de la décision attaquée qui mérite 

d’être examiné, 

9.  

que vu ce qui précède, le recours doit être rejeté, 

A-3629/2015 

Page 7 

que, par conséquent, la recourante doit supporter les frais de la procédure, 

que ceux-ci seront fixés à 2'500 francs, 

que, conformément à l’issue du litige, il n’y a pas lieu de procéder à l’allo-

cation de dépens, 

  

A-3629/2015 

Page 8 

 

le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

le recours est rejeté. 

2.  

Les frais de procédure, par Fr. 2'500.— (deux mille cinq cents francs) sont 

mis à la charge de la recourante et imputés sur l’avance de frais du même 

montant déjà versée par elle. 

3.  

Il n’est pas alloué de dépens. 

4.  

Le présent arrêt est adressé : 

– à la recourante (Acte judiciaire) 

– à l'autorité inférieure (n° de réf. … ; Acte judiciaire) 

 

Le président du collège : Le greffier : 

  

Pascal Mollard Cédric Ballenegger 

 

Indication des voies de droit : 

La présente décision peut être attaquée devant le Tribunal fédéral, 

1000 Lausanne 14, par la voie du recours en matière de droit public, dans 

les trente jours qui suivent la notification (art. 82 ss, 90 ss et 100 LTF). Le 

mémoire doit être rédigé dans une langue officielle, indiquer les 

conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. La décision 

attaquée et les moyens de preuve doivent être joints au mémoire, pour 

autant qu'ils soient entre les mains du recourant (art. 42 LTF). 

 

Expédition :