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**Case Identifier:** 59ec1d73-c851-52b9-b2fd-a51e867e5dc1
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-04-09
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 09.04.2013 A/3215/2012
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-3215-2012_2013-04-09.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/3215/2012-FORMA ATA/222/2013  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 9 avril 2013 

1ère section 

   dans la cause 

 

Monsieur C______ 
représenté par Me Uzma Khamis Vannini, avocate  

contre 

DÉPARTEMENT DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE, DE LA CULTURE ET DU 
SPORT 
 

 

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A/3215/2012 

EN FAIT 

1.  Monsieur C______, né le ______ 1992, est ressortissant de Colombie. 

2.  Il est arrivé en Suisse et à Genève en septembre 2008. 

3.  Durant l'année scolaire 2008-2009, il a fréquenté une classe d'accueil du 
service des classes d'accueil et d'insertion (ci-après : SCAI). 

  Il a ensuite étudié en classe de transition professionnelle pour 
non-francophones, toujours au SCAI durant l'année scolaire 2009-2010.  

4.  En août 2010, il a entamé un apprentissage de serrurier - constructeur au 
centre de formation professionnelle de la construction (ci-après : CFPC). 

5.  Le vendredi 23 décembre 2011 vers 15h00, M. C______ a eu une 
altercation avec un autre élève du CFPC, Monsieur B______. Le doyen a entendu 
les deux élèves le jour même et leur a demandé de mettre par écrit leur version des 
faits pour la rentrée scolaire, soit le lundi 9 janvier 2012. 

6.  Le 10 janvier 2012 vers 12h00, M. C______ a agressé M. B______, dans les 
vestiaires de l'atelier de construction métallique de la Jonction. M. C______, 
tenant un couteau de 25 cm à la main, a provoqué verbalement M. B______, lui a 
donné un coup de tête, puis un coup de poing, et a remis le couteau qu'il tenait à 
M. V______, autre élève du CFPC, lequel a porté à M. B______ un coup sur 
l'arrière de la tête avec le couteau - qu'il tenait cependant par la lame, si bien qu'il 
s'est lui-même sectionné un doigt dans l'opération. 

  La blessure à la tête de M. B______ a nécessité six points de suture. 

7.  Le 30 janvier 2012, M. C______ a reçu son bulletin scolaire pour le premier 
semestre. 

  La moyenne de ses branches théoriques s'élevait à 4,6, celle de ses branches 
pratiques à 3,2. Sur 15 notes (hors note de comportement, cette dernière étant de 
1/6), 4 étaient inférieures à la moyenne. 

  M. C______ comptait en outre pour le semestre 15 heures d'absence 
excusées, 121 heures d'absence non excusées et 5 arrivées tardives. 

8.  Par décision du 29 février 2012, le conseil de discipline de l'école publique 
(ci-après : le conseil de discipline), saisi par la secrétaire générale du département 
de l'instruction publique, de la culture et du sport (ci-après : DIP), a prononcé 
l'exclusion de M. C______ du CFPC jusqu'au terme de l'année scolaire 
2011-2012, et a invité les autorités scolaires à organiser un traitement ambulatoire 

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en faveur de M. C______ auprès de l'Association « Face à face » (ci-après : 
l’association). 

  Aucun recours n’ayant été interjeté, cette décision est devenue définitive. 

9.  Le 18 avril 2012, le centre de formation professionnelle nature et 
environnement (ci-après : CFPne) de Lullier a informé M. C______ que, suite au 
concours d'entrée, il était admis en 1ère année au CFPne pour l'année scolaire 
2012-2013, sous réserve de l'autorisation du service de la scolarité obligatoire. 

10.  Le 5 septembre 2012, Madame G______, pour l'association, a établi un 
document intitulé « bilan de cheminement final ». 

  La présence de l'intéressé, qui avait suivi le programme « Face à face 
ADOS » depuis le 3 avril 2012, avait été régulière à l'exception d'une absence de 
deux heures. M. C______ disait pouvoir se contrôler « à 8/10, les 2/10 restants 
concernent l'incertitude s'il doit sauver sa peau ». Il était conscient des 
conséquences de ses actes. 

  Mme G______ notait que M. C______ s'était très bien impliqué dans le 
groupe et s'était montré constant dans sa motivation de changement. Il semblait 
avoir suffisamment d'outils pour contrôler sa violence. Il s'était ouvert 
progressivement et s'était montré franc et honnête. Il savait nuancer ses ressentis 
et y répondre. 

  Il était important que M. C______ ait la possibilité de poursuivre le travail 
commencé. Une thérapie individuelle était ainsi recommandée, qu'il pouvait 
éventuellement continuer au sein de l'association. 

11.  Le 24 septembre 2012, le Conseiller d'Etat en charge du DIP a évoqué 
l'affaire et décidé de ne pas accorder à M. C______ l'autorisation de fréquenter à 
nouveau un établissement du degré postobligatoire. La décision était exécutoire 
nonobstant recours. Une reconsidération était néanmoins envisageable à l'issue de 
la procédure pénale. 

  Les conditions d'une réintégration réussie n'étaient pas remplies. Il n'était 
pas possible de certifier que l'intéressé n'adopterait plus de comportement violent. 
L'élève agressé et sa famille manifestaient une grande crainte quant au retour de 
M. C______ au CFPC. Il était de la responsabilité de l'autorité scolaire de veiller à 
la protection de l'intégrité et de la personnalité des membres de la communauté 
scolaire et de faire en sorte qu'un climat serein règne au sein des divers 
établissements scolaires. La procédure pénale était par ailleurs encore en cours. 

12.  Par acte posté le 25 octobre 2012, M. C______ a interjeté recours auprès de 
la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre 
administrative) contre la décision précitée, concluant à titre principal à la 

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constatation de sa nullité, et à la condamnation du DIP « en tous les dépens et 
frais ». 

  La décision du conseil de discipline avait déjà été exécutée. Il avait 
prononcé une exclusion du CFPC pour la fin de l'année scolaire en cours. Il n'y 
avait ainsi pas de place pour une nouvelle décision rendue par le département sous 
la plume de son magistrat et dépourvue de base légale. Cette décision devait donc 
être déclarée nulle, subsidiairement annulée. 

  De plus, il avait pris toutes les dispositions pour qu'un tel événement ne se 
reproduise plus. Il avait en effet présenté ses excuses, fait les démarches 
nécessaires pour changer d'établissement scolaire, et il s'était soumis à un suivi 
thérapeutique, qu'il poursuivait avec le Docteur K______. 

13.  Le 30 novembre 2012, le DIP a conclu au rejet du recours. 

  Les faits survenus le 10 janvier 2012 avaient provoqué un traumatisme 
important au sein du CFPC. On ne pouvait exclure un risque de récidive même en 
cas de changement d'établissement. En effet, les élèves du CFPne travaillaient 
avec un outillage qui pouvait être dangereux et tranchant. Il n'était pas 
envisageable de prendre le risque qu'un nouvel incident se produise. 

  En outre, la sanction pénale prononcée était considérable, l'intéressé ayant 
été condamné par le Tribunal de police pour agression à une peine privative de 
liberté de quatorze mois avec sursis pendant trois ans. 

  La réintégration de M. C______ dans une formation professionnelle, tout 
particulièrement au CFPC, ne pouvait en conséquence être envisagée dès lors 
qu'elle menaçait les intérêts de la communauté scolaire que le DIP se devait de 
garantir. L'intéressé pouvait se former professionnellement en dehors de l'école 
publique genevoise. 

14.  Le 6 décembre 2012, le juge délégué a accordé aux parties un délai au 
11 janvier 2013 pour formuler toutes requêtes ou observations complémentaires, 
après quoi la cause serait gardée à juger. 

15.  Le DIP ne s'est pas manifesté dans ce délai. 

16.  Le 9 janvier 2013, M. C______ a persisté dans ses conclusions. Dans la 
mesure où son exclusion avait déjà été prononcée pour une durée déterminée, il 
n'y avait pas lieu de prononcer d'autres sanctions. 

17.  Sur ce, la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

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1.   Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 
- LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2.  La législation fédérale sur la formation professionnelle (loi fédérale sur la 
formation professionnelle, du 13 décembre 2002 - LFPr - RS 412.10 ; ordonnance 
sur la formation professionnelle, du 19 novembre 2003 - OFPr - RS 412.101) ne 
réglemente pas l'admission et la discipline dans les écoles professionnelles (voir 
not. les art. 2 et 21 LFPr, et 17 OFPr). Ces écoles professionnelles intermédiaires 
sont régies par le droit cantonal (M. BUCHSER, Berufsbildungsabschlüsse in der 
Schweiz, 2009, p. 73). 

3.  Selon l'art. 7 de la loi sur l’instruction publique du 6 novembre 1940 
(LIP - C 1 10), l'instruction publique comprend deux degrés de scolarité 
obligatoire (degré primaire et degré secondaire I) et deux degrés d'enseignement 
postobligatoire (degré secondaire II et degré tertiaire). 

  Le CFPC relève du degré secondaire II (art. 44 al. 1 let. b ch. 2 et 67 LIP). 

4.  Les conditions d'admission, de promotion et, aux degrés secondaire II et 
tertiaire, d’obtention des titres, sont fixées ou précisées par voie règlementaire 
(art. 47 al. 1 LIP). 

  Ni le règlement de l'enseignement secondaire, du 14 octobre 1998 
(RES - C 1 10.24), ni le règlement d'application de la loi sur la formation 
professionnelle, du 17 mars 2008 (RFP - C 2 05.01) ne prévoient la possibilité 
pour le DIP de refuser d'accepter un élève en début d'année pour des motifs 
disciplinaires ou de sûreté. 

5.  La LIP et le RES prévoient par ailleurs un régime de sanctions disciplinaires 
pour les élèves du degré secondaire II. 

6.  Ainsi, à teneur de l'art. 20B al. 1 LIP, l'élève qui ne se conforme pas aux 
instructions des membres du personnel de l'établissement ou des autorités 
scolaires, qui perturbe l'enseignement ou toute autre activité organisée ou placée 
sous la responsabilité de l'école, qui viole de toute autre manière des dispositions 
légales ou réglementaires, notamment en agressant physiquement ou verbalement 
une personne appartenant à la communauté scolaire et/ou en portant atteinte à ses 
biens ou à ceux de l'établissement, fait l'objet d'interventions pédagogiques et/ou 
de sanctions disciplinaires proportionnées à la faute commise. 

   De même, une agression contre un membre de la communauté scolaire ou 
une atteinte à ses biens, commise hors périmètre d’un établissement scolaire et en 
dehors d'une activité organisée par ou placée sous la responsabilité de l'école, peut 
également fonder une sanction disciplinaire (ATA/99/2011 du 15 février 2011). 

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7.  Le plafond des sanctions disciplinaires les plus graves est fixé dans la LIP. 
L’élève contrevenant aux règles de comportement est passible du renvoi à 
plein-temps pour trois ans ou plus et/ou de l’exclusion pour une année au plus de 
toute filière à plein-temps d’une école ou d’un centre de formation professionnelle 
(art. 20B al. 3 LIP). Pour le reste, c’est au Conseil d’Etat qu’appartient la 
compétence d’arrêter les différents types de sanctions possibles (art. 20B al. 4 
LIP). 

  Ainsi, l’art. 34B al. 1 RES prévoit que l’élève fautif peut être sanctionné 
par : 

 « 1. Une retenue dans l’établissement ou l’école, mais d’une durée maximale de 
quatre heures ; 

 2. Une activité d’intérêt général hors du temps scolaire et dans le cadre de 
l’établissement ou de l’école d’une durée maximale de deux semaines ; 

 3. L’exclusion d’un ou plusieurs cours d’une durée d’une demi-journée à un 
maximum de trente jours scolaires d’affilée ; 

 4. L’exclusion de l’école ou de l’établissement jusqu’à trente jours scolaires 
d’affilée, sans compter les mesures d’exclusion de toute filière à plein-temps 
d’une école ou d’un centre de formation professionnelle ou l’exclusion d’une 
filière à plein-temps pour trois ans ou plus ». 

  En cas d’exclusion d’un élève, celle-ci peut être au besoin assortie d’une 
mesure d’accompagnement éducatif ou de soutien psychologique avec 
intervention de différents services dépendant du DIP (art. 34D al. 6 RES). 

8. a. Un conseil de discipline est instauré pour prononcer les sanctions les plus 
graves. Il est compétent dès que le renvoi excède vingt jours scolaires d'affilée 
dans l'enseignement secondaire I et trente jours scolaires d'affilée dans 
l'enseignement postobligatoire (art. 20C al. 1 LIP et 34B al. 5 RES). Il est saisi par 
le secrétariat général du département (art. 20C al. 7 LIP).  

 b. La procédure devant le conseil de discipline est réglée par le règlement 
interne du conseil de discipline (ci-après : RECD ; art. 20C al. 8 LIP), ainsi que 
par les dispositions de la LPA comme le rappelle l'art. 16 RECD ; ce qui signifie 
qu'elle est en principe écrite, sauf si le règlement et la nature de l'affaire le 
requièrent (art. 18 LPA) et qu'elle est régie par la maxime d'office (art. 19 LPA). 

9. a. Le droit est la base et la limite de l'activité de l'Etat (art. 5 al. 1 de la 
Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 - Cst. - RS 101). 
L'administration ne peut ainsi agir que si une base légale - au sens matériel - le lui 
permet (T. TANQUEREL, Manuel de droit administratif, 2011, n. 448). La 
disposition constitutionnelle précitée est le fondement du principe de la légalité, 

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qui s'applique également dans le cadre des sanctions disciplinaires scolaires, 
quand bien même les élèves sont dans un rapport de droit spécial avec l'Etat 
(R. ROHR, Der disziplinarische Schulausschluss, 2010, pp. 61 ss et 121 ss ; 
G. KELLER, Die Wahrung der Schuldisziplin im neuen Volksschulgesetz des 
Kantons Zürich, in T. GÄCHTER/T. JAAG [éd.], Das neue Zürcher 
Volsschulrecht, 2007, 131-146, p. 133 ; H. PLOTKE, Schweizerisches Schulrecht, 
2e éd., 2003, p. 410).  

 b. Dans la mesure néanmoins où le CFPC relève de l'enseignement 
postobligatoire et où M. C______ avait plus de 18 ans en 2012, un certain nombre 
de garanties conventionnelles ou constitutionnelles ne trouve pas application en 
l'espèce (not. la Convention relative aux droits de l'enfant, du 20 novembre 1989 - 
CDE - RS 0.107, ainsi que l'art. 19 Cst. garantissant le droit à un enseignement de 
base suffisant et gratuit). 

10. a. En l'espèce, le conseil de discipline a été saisi par le DIP du cas du 
recourant. Le 29 février 2012, il a prononcé l'exclusion de M. C______ du CFPC 
jusqu'au terme de l'année scolaire 2011-2012, et a invité les autorités scolaires à 
organiser un traitement ambulatoire en sa faveur auprès de l'association. Cette 
décision est entrée en force et a été exécutée dans tous ses aspects. 

 b. Par ailleurs, aucune base légale ou réglementaire n'autorise le DIP, son chef 
ou l'un de ses représentants à exclure un élève d'une des ses institutions scolaires à 
titre préventif. Que ce soit dans la décision attaquée ou dans ses écritures, le DIP 
n'invoque du reste aucune base légale matérielle. 

11.  Il convient donc d'examiner si l'autorité intimée pouvait agir en l'espèce sans 
base légale. 

12. a. L'art. 10 al. 2 Cst. protège l'intégrité physique et psychique de tout individu. 
Par ailleurs, selon l'art. 11 al. 1 Cst., les enfants et les jeunes ont droit à une 
protection particulière de leur intégrité et à l'encouragement de leur 
développement (sur cette disposition, voir not. ATF 129 I 12 consid. 10.5.3 ; 126 
II 377 consid. 5 ; J. WYTTENBACH, Grund- und Menschenrechtskonflikte 
zwischen Eltern, Kind und Staat, 2006, pp. 272-326). 

 b. Selon la jurisprudence, les droits fondamentaux n'ont plus seulement une 
fonction de défense contre les atteintes dues à l'état, mais ils fondent aussi un 
devoir étatique de protection (Schutzpflicht) contre les atteintes que des tiers 
provoquent. Le devoir de protéger les droits fondamentaux ne peut toutefois 
conférer une protection absolue contre n'importe quels risques et atteintes ; c'est 
pourquoi, même si l'on admet un tel devoir, une pesée des différents intérêts en 
présence n'en demeure pas moins nécessaire. Telle est en priorité la tâche de la 
législation pertinente ; en fixant quelles sont les activités autorisées ou non, elle 
détermine la limite entre une mise en danger inadmissible et un risque résiduel 

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acceptable (ATF 126 II 300 consid. 5 = JdT 2001 I 674, 688 s.). La doctrine 
insiste également sur le fait que la mise en œuvre des droits fondamentaux, au 
sens de l'art. 35 Cst., et celle de prévoir les obligations de l'Etat permettant de 
protéger ceux-ci, est en premier chef du ressort du législateur (E. M. BELSER/ 
B. WALDMANN/E. MOLINARI, Grundrechte I, 2012, p. 122 ; R. KIENER/ 
W. KÄLIN, Grundrechte, 2007, p. 34). La protection des intérêts et droits d'autrui 
au titre des droits fondamentaux ne peut ainsi qu'exceptionnellement pallier un 
défaut de base légale (Arrêt du Tribunal fédéral 2C_158/2012 du 20 avril 2012 
consid. 4.3). 

 c. Le droit à la vie et à l'intégrité corporelle, en particulier celle des jeunes au 
sens de l'art. 11 al. 1 Cst., est certes susceptible d'entraîner des obligations 
positives à charge de l'Etat (Arrêt du Tribunal fédéral 2C_450/2010 du 
15 décembre 2010 consid. 6.2 non publié aux ATF 137 I 120 ; ATF 126 II 300 
consid. 5 précité ; J.P. MÜLLER/M. SCHEFER, Grundrechte in der Schweiz, 
4e éd., 2008, pp. 74 ss ; S. HÖRDEGEN, Chancengleichheit und Schulverfassung, 
2005, p. 132). 

 d. Néanmoins, selon la jurisprudence européenne en la matière, toute menace 
présumée contre la vie - et a fortiori contre l'intégrité corporelle - n’oblige pas les 
autorités à prendre des mesures concrètes pour en prévenir la réalisation. Pour 
qu'il y ait violation de l’obligation positive de protéger la vie, il doit être établi que 
les autorités savaient ou auraient dû savoir sur le moment qu’un ou plusieurs 
individus étaient menacés de manière réelle et immédiate dans leur vie du fait des 
actes criminels d’un tiers, et qu’elles n’ont pas pris, dans le cadre de leurs 
pouvoirs, les mesures qui, d’un point de vue raisonnable, auraient sans doute 
pallié ce risque (ACEDH Salakhov et Islyamova c. Ukraine, req. n° 28005/08, du 
14 mars 2013, § 165 ; Rantsev c. Chypre et Russie, req. n° 25965/04, du 7 janvier 
2010, § 219 ; Osman c. Royaume-Uni, Rec. 1998-VIII, § 116). 

13.  En l'espèce, le souci de veiller à la protection de l'intégrité et de la 
personnalité des membres de la communauté scolaire n'est pas fondé sur une 
menace concrète et immédiate au sens de la jurisprudence qui précède, et qui 
permettrait au DIP d'agir sans base légale, comme des menaces précises faites à 
l'encontre d'une personne particulière, mais sur un souci général lié à la possibilité 
d'une récidive du recourant. Le devoir de protéger l'intégrité corporelle d'autrui ne 
permettait dès lors pas au DIP de prendre la décision attaquée. 

14.  Le gouvernement ou l'administration peuvent enfin agir sans base légale en 
se fondant sur la clause générale de police, lorsqu'il s'agit de prendre des mesures 
urgentes pour rétablir ou préserver l'ordre public en cas de menace imminente, ou 
lorsqu'il s'agit de mettre fin sans délai à une situation contraire à la Cst. 
(ATF 134 I 322 consid. 2.4). La clause générale de police vise la protection de 
biens juridiques fondamentaux, et ne s'applique que dans les cas où ceux-ci sont 
menacés de manière grave, concrète et immédiate par un danger ne pouvant être 

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écarté dans le laps de temps qu'exige l'adoption d'une législation adaptée 
(ATF 137 II 431 consid. 3.3.2). 

15.  En l'espèce, comme déjà exposé, aucun danger concret et immédiat ne 
menaçait la communauté scolaire, ce d'autant plus que la décision attaquée n'est 
pas limitée au CFPC, mais à tout établissement de l'enseignement postobligatoire. 
De plus, rien n'indique qu'une base légale, en particulier de niveau réglementaire, 
n'ait pu être adoptée avant la rentrée scolaire 2012. Le DIP ne pouvait donc pas 
non plus s'appuyer sur la clause générale de police pour adopter la décision 
querellée. 

16.  Ce qui précède conduit à l'admission du recours. La décision attaquée sera 
ainsi annulée. 

17.  Vu l'issue du litige, il ne sera pas perçu d'émolument (art. 87 al. 1 LPA). Le 
recourant y ayant conclu, et ayant engagé des frais d'avocat pour sa défense, une 
indemnité de procédure de CHF 1'000.- lui sera en outre octroyée (art. 87 al. 2 
LPA). 

 
* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 25 octobre 2012 par Monsieur C______ contre 
la décision du département de l'instruction publique, de la culture et du sport du 24 
septembre 2012 ; 

au fond : 

l'admet ; 

annule la décision du département de l'instruction publique, de la culture et du sport du 
24 septembre 2012 ; 

dit qu'il n'est pas perçu d'émolument ; 

alloue à Monsieur C______ une indemnité de procédure de CHF 1'000.-, à la charge de 
l'Etat de Genève ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 

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suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Me Uzma Khamis Vannini, avocate du recourant ainsi 
qu'au département de l'instruction publique, de la culture et du sport. 

Siégeants : M. Thélin, président, Mme Junod, M. Verniory, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

S. Hüsler Enz 

 le président siégeant : 
 
 

Ph. Thélin 
 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :