# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** fb402945-684a-55ae-a5ee-1fbe000a9aef
**Source:** Valais/Wallis (VS)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-02-15
**Language:** fr
**Title:** Wallis Sonstiges Gericht Sonstige Kammer 15.02.2024 F1 24 71
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VS_Gerichte/VS_BZG_999_F1-24-71_2024-02-15.pdf

## Full Text

RVJ / ZWR 2025 75 

ATC (Cour de droit fiscal) du 15 février 2024 - F1 24 71 

Impôt sur les successions 

- Répudiation d’un legs ; conséquences fiscales (consid. 2). 

Erbschaftssteuer 

- Ausschlagung eines Vermächtnisses, steuerliche Folgen (E. 2.).  

 

Faits (extraits) 
 

A.  […] Par testament olographe du 1er février 2020, ouvert le 25 mai 
2022 par le juge de commune de B., feu A. a […] attribué à sa 
compagne X. un droit d’habitation sur un appartement et une place de 
parc sis à B. Selon un certificat d’héritier établi le 25 mai 2022, l’héritière 
légale de feu A. est sa fille C., domiciliée à D. 

B.  Par courrier du 1er septembre 2022, X. a requis le Service cantonal 
des contributions (SCC) de lui indiquer le montant de l’impôt qui serait 
dû sur le legs octroyé par feu A. Le SCC lui a répondu le 6 septembre 
2022 que cet impôt se monterait à 41’902 francs. 

Par décision de taxation du 10 octobre 2022, le SCC a procédé à 
l’imposition de la succession. Il a retenu que la créance en délivrance 
du legs avait une valeur capitalisée de 167’608 fr. et l’a imposée au 
taux de 25 %. L’impôt sur le legs a ainsi été arrêté à 41’902 francs. 

Par courrier du 19 octobre 2022, X. a informé l’héritière légale qu’elle 
renonçait à son legs.  

Le 21 novembre 2022, le SCC a adressé à X. un rappel concernant la 
facture relative à l’impôt sur les successions. Le 29 novembre 2022, 
celle-ci lui a adressé une copie de sa lettre du 19 octobre 2022, 
consécutivement à un échange téléphonique lors duquel elle lui avait 
indiqué lui avoir déjà transmis ce courrier à la date précitée.  

Par courrier du 28 décembre 2022, le SCC a confirmé à X. qu’aucune 
lettre ne lui était parvenue au mois d’octobre 2022. Il a traité son 
courrier du 29 novembre 2022 comme une réclamation, en lui indiquant 
que sa créance en délivrance du legs était devenue exigible au plus 
tard à l’issue du délai de répudiation applicable à l’héritière, soit trois 

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mois après la délivrance du certificat d’héritier du 25 mai 2022. Ainsi, 
au moment où X. avait renoncé à son legs, le 19 octobre 2022, elle 
disposait d’un droit ferme sur sa créance à l’encontre de l’héritière. 
L’imposition du legs était donc maintenue et la réclamation serait 
considérée comme retirée sans autre réaction de sa part d’ici au 
30 janvier 2023. 

Le 30 janvier 2023, X. a répondu au SCC qu’elle maintenait sa 
réclamation. La renonciation à un legs n’était soumise à aucun délai. 
En outre, ce droit n’avait jamais pris naissance, car il n’avait pas été 
inscrit au registre foncier. X. expliquait s’être renseignée sur les 
conséquences fiscales de l’acceptation ou non de ce legs avant de 
décider d’y renoncer, compte tenu également de son âge et de son état 
de santé fragile. Elle a également allégué que, lors de l’échange avec 
le SCC consécutif au rappel du 21 novembre 2023, celui-ci lui aurait 
indiqué que « tout était en ordre » et qu’elle n’aurait pas à payer d’impôt 
sur le legs.  

Par décision du 3 avril 2023, le SCC a rejeté la réclamation. Il a 
considéré que la créance en délivrance du legs avait pris naissance de 
plein droit à l’ouverture de la succession. Elle était devenue exigible 
trois mois après l’établissement du certificat d’héritier, le 25 mai 2022. 
Ainsi, au moment où X. avait renoncé à son legs, le 19 octobre 2022, 
elle disposait d’un droit ferme à l’encontre de l’héritière légale. Son 
patrimoine était donc enrichi d’un avantage patrimonial soumis à l’impôt 
sur les successions. Partant, l’imposition du droit d’habitation sur 
l’appartement sis à B. au taux de 25 % était maintenue. 

C.  Par mémoire du 2 mai 2023, X. a recouru contre cette décision 
devant la Commission cantonale de recours en matière fiscale (CCR), 
concluant à l’annulation de la décision de taxation. A l’appui de cette 
conclusion, elle maintient que le legs ne pouvait pas être soumis à 
l’impôt sur les successions, dans la mesure où elle y avait renoncé et 
qu’il n’avait jamais été inscrit au registre foncier. Elle invoque 
également une violation du principe de la bonne foi (art. 9 Cst.), au motif 
que sa renonciation était consécutive à des renseignements obtenus 
du SCC selon lesquels elle ne serait pas soumise à l’impôt.  

Le SCC a conclu au rejet du recours, le 14 août 2023. 

 

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Considérants (extraits) 
 

2.  Dans un premier grief, la recourante conteste être soumise à l’impôt 
sur les successions au motif qu’elle a renoncé au legs octroyé par le 
défunt.  

2.1 La créance d’impôt naît sitôt que les faits générateurs prévus par la 
loi sont réalisés. Elle prend naissance ex lege, sans aucune autre 
intervention extérieure. Son existence et son contenu sont fixés par la 
loi, raison pour laquelle cette créance est en principe irrévocable : dès 
l’instant où une créance fiscale est née, elle ne peut être réduite à néant 
par une opération destinée à effacer les faits générateurs lui ayant 
donné naissance (arrêt du Tribunal fédéral 2C_710/2017 du 29 octobre 
2018 consid. 5.2 et les références ; BEUSCH, in Zweifel/Beusch/ 
Hunziker [édit.], Kommentar zum Schweizerischen Steuerrecht, 
Erbschafts- und Schenkungssteuerrecht, 2019, § 12 n° 13).  

2.2  Selon l’art. 111 al. 1 LF, l’impôt sur les successions a pour objet 
tout ce qui est attribué en vertu du droit successoral (art. 457-640 CC). 
Il vise ainsi tous les transferts de propriété aux héritiers, légaux ou 
institués, ou aux légataires (OBERSON, Droit fiscal suisse, 5ème éd. 2021, 
§ 18 no 8). La dette d’impôt prend en principe naissance à l’ouverture 
de la succession (art. 117 al. 1 LF ; ATF 105 Ia 58 consid. 2 ; 
Conférence suisse des impôts, Informations fiscales, Impôts sur les 
successions et les donations, septembre 2020, ch. 7.1.1). A cet égard, 
la date à partir de laquelle il est possible de disposer de l’héritage n’est 
pas décisive (BEUSCH, op. cit., § 12 no 7 ; RICHNER/FREI, Kommentar 
zum Zürcher Erbschafts- und Schenkungssteuergesetz, 1996, § 7 
no 6). Une répudiation de l’héritier au sens des art. 566 ss CC entraîne 
cependant l’extinction de la dette d’impôt avec effet rétroactif, au jour du 
décès, sous réserve des cas constitutifs d’une évasion fiscale (AMMAN/ 
IMTHURN, in Klöti-Weber/Schudel/Schwarb [édit.], Kommentar zum 
Aargauer Steuergesetz, 5ème éd. 2023, § 143 no 8 ; RAMP/FISCHER/ 
BUCHMANN, in Zweifel/Beusch/Hunziker [édit.], Kommentar zum 
Schweizerischen Steuerrecht, Erbschafts- und Schenkungssteuerrecht, 
2019, § 11 nos 33 et 26 ; MUSTER, Erbschafts- und Schenkungssteuerrecht, 
Das bernische Gesetz über die Erbschafts- und Schenkungssteuer, 1990, 
p. 286 ; SIEVEKING, La nature et l’objet de l’impôt sur les successions en 
Suisse, thèse, 1970, p. 78 s. ; LGVE 1974 II Nr. 49, p. 83 ss). 

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2.3  Selon l’art. 562 al. 1 CC, les légataires ont une action personnelle 
contre les débiteurs des legs ou, faute de débiteurs spécialement 
désignés, contre les héritiers légaux ou institués. Cette action leur 
appartient, si une intention contraire ne résulte pas du testament, dès 
que les débiteurs des legs ont accepté la succession ou ne peuvent 
plus la répudier (art. 562 al. 2 CC). Le legs, en tant que disposition pour 
cause de mort, fait naître ipso iure, à la mort du testateur, dans le 
patrimoine du légataire, une créance contre le grevé pour l’obtention de 
l’avantage qui lui a été attribué (arrêt du Tribunal fédéral 2C_821/2010 
et 2C_822/2010 du 4 avril 2011 consid. 4.4.1 ; BADDELEY, Commentaire 
romand, Code civil II, Bâle 2016, n° 55 ad art. 484 CC). A l’instar de 
l’héritier, le légataire peut répudier le legs, sans être tenu au respect 
d’une forme ou d’un délai (cf. art. 577 CC ; TUOR/PICENONI, Berner 
Kommentar, Kommentar zum Schweizerischen Privatrecht, 
2ème éd. 1964, no 5 ad art. 577 CC ; ESCHER, Zürcher Kommentar zum 
Schweizerischen Zivilgesetzbuch, 3ème éd. 1960, no 3 ad art. 577 CC). 
La répudiation éteint la créance du légataire avec effet rétroactif 
(TUOR/PICENONI, op. cit., n° 5 ad art. 577 CC ; ESCHER, op. cit., no 1 
ad art. 577 CC [«Durch die Ausschlagung geht der Bedachte der 
Forderung verlustig, es wird so gehalten, wie wenn der Anfall gar nicht 
erfolgt wäre.»] ; PORCHET, Le legs et son objet, thèse, 2021, p. 37 
no 87). 

2.4 De la même manière, c’est également au jour de l’ouverture de la 
succession, soit au décès du de cujus, que naît la créance fiscale à 
l’encontre du légataire (arrêt du Tribunal fédéral 2C_821/2010 et 
2C_822/2010 précité consid. 4.4.1 ; RIVIER, Droit fiscal suisse, 
L’imposition du revenu et de la fortune, 2ème éd. 1998, p. 528). La dette 
d’impôt n’est toutefois exigible qu’au moment où le légataire peut 
exercer son droit contre l’héritier grevé (SIEVEKING, op. cit., p. 40 ; 
cf. également arrêt du Tribunal fédéral 2C_821/2010 et 2C_822/2010 
précité consid. 4.4.1). Cependant, à l’instar de l’héritier, le légataire qui 
répudie le legs n’est pas soumis à l’impôt sur les successions, dans la 
mesure où la répudiation annule l’attribution avec effet rétroactif, au jour 
de l’ouverture de la succession (RAMP/FISCHER/BUCHMANN, op. cit., 
§ 11 nos 33 et 26 ; RICHNER/FREI, op. cit., § 8 n° 9 ; MUSTER, op. cit., 
p. 286 ; GUENG, Zum neuen sanktgallischen Erbschafts- und 
Schenkungssteuerrecht, RF 1971 p. 139 ss, p. 144). L’attribution 
successorale doit alors être imposée auprès des héritiers auxquels 
profite la répudiation (RICHNER/FREI, op. cit., § 4 n° 99). Lorsque le 
légataire a déjà été imposé par une décision entrée en force, celle-ci 

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doit être annulée au moyen d’une procédure de révision (RICHNER/FREI, 
op. cit., § 8 n° 9 ; MUSTER, op. cit., p. 287).  

2.5 En l’espèce, la recourante était légataire d’un droit d’habitation sur 
un appartement et une place de parc sis à B., en vertu du testament du 
1er février 2020. Elle disposait d’une créance à ce titre à l’encontre de 
l’héritière légale à partir [de la] date du décès de feu A. Sa créance est 
devenue exigible au plus tard trois mois après la délivrance du certificat 
d’héritier, le 25 août 2022, au moment où l’héritière ne pouvait plus 
répudier la succession. Cela étant, la recourante n’a jamais réclamé la 
délivrance du legs et le droit d’habitation concerné n’a pas été inscrit 
au registre foncier. Elle a au contraire renoncé à son legs par 
déclaration écrite du 19 octobre 2022 adressée à l’héritière légale. 
Cette répudiation a eu pour conséquence que sa créance en délivrance 
du legs s’est éteinte avec effet rétroactif au jour du décès de feu A., de 
même que sa dette fiscale, comme on l’a vu plus haut. L’état de fait ne 
contient au demeurant aucun élément susceptible de soupçonner 
l’existence d’une évasion fiscale. Par conséquent, la recourante n’est 
pas soumise à l’impôt sur les successions s’agissant du legs attribué 
par feu A., contrairement à ce qu’a retenu l’autorité intimée. Le grief lié 
à l’absence d’attribution successorale doit donc être admis. 

3. 
3.1  Les considérants qui précèdent conduisent à l’admission du 
recours, sans qu’il soit nécessaire de statuer sur le second grief formulé 
par la recourante, tiré d’une violation du principe de la bonne foi. La 
décision sur réclamation du SCC du 3 avril 2023 et la décision de 
taxation du 10 octobre 2022 doivent en conséquence être annulées 
(art. 150 al. 3 LF, 80 al. 1 let. e et 60 al. 1 LPJA).