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**Case Identifier:** 0863ec8d-56de-549d-a38c-7d42f0f1c293
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-03-04
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 04.03.2010 C/29642/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-29642-2008_2010-03-04.pdf

## Full Text

_____________________________________________________________________________________ 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/29642/2008 ACJC/223/2010 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

1ère Section 

AUDIENCE DU JEUDI 4 MARS 2010 

 

Entre 

 

Madame X______, domiciliée xx, chemin de A______, à C______ (GE), recourante 
contre une ordonnance du Président du Tribunal de première instance de ce canton le 31 

août 2009, comparant par Me Marc Bonnant, avocat, 12, rue Saint-Victor, case postale 

473, 1211 Genève 12, en l'étude duquel elle fait élection de domicile, 

et 

Monsieur Y______, domicilié x, chemin B______, à C______ (GE), intimé, comparant 
par Me Anne Reiser, avocate, 2, rue Saint-Léger, 1205 Genève, en l'étude de laquelle il 

fait élection de domicile, 

 

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 05.03.2010. 

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C/29642/2008 

EN FAIT 

A. a. Les époux, Y______, né le ______ 1966 à D______ (Russie), et X______, née 
Z______ le ______ 1966 à D______, tous deux de nationalité russe, se sont 

mariés le 24 juillet 1987 à D______. 

Ils n'ont pas conclu de contrat de mariage. 

Ils sont domiciliés à Genève depuis 1995. 

b. Le 22 décembre 2008, X______ a ouvert action en divorce devant le Tribunal 
de première instance en concluant notamment à la liquidation du régime 

matrimonial, mais en renonçant à solliciter une contribution d'entretien 

postdivorce. 

A l'appui de ses conclusions en liquidation du régime matrimonial, elle a allégué 

que son mari, étudiant à leur mariage, s'était constitué ultérieurement, par son 

activité professionnelle, une fortune considérable qu'elle estimait supérieure à dix 

milliards de dollars américains. 

c. Elle a également sollicité, sur mesures provisoires, le versement d'une 
contribution à son entretien. 

L'accord auquel les époux sont parvenus a été ratifié par le juge du divorce par 

jugement du 12 mars 2009 (JTPI/3467/2009). 

Y______ s'est ainsi engagé, sur le plan financier, à verser à son épouse, par 

trimestre et d'avance, la somme de 700'000 fr. pour solde de tous comptes, au titre 

de contribution à l'entretien de la famille, dès le 1er avril 2009, ainsi qu'à prendre 

en charge les intérêts hypothécaires liés à la propriété sise au chemin de A______ 

à C______ et les impôts du couple afférents à la vie commune. 

d.a. Le 22 décembre 2008 toujours, X______ a sollicité que son époux soit 
astreint, sur la base de l'art. 170 CC, à lui communiquer l'inventaire du mobilier et 

des œuvres d'art, les titres de propriété des biens immobiliers, avions et bateaux et 

les relevés de comptes bancaires qu'il possédait directement ou indirectement ainsi 

que tous les renseignements utiles concernant les sociétés, trusts et autres entités 

qu'il détenait directement ou indirectement. 

d.b. Y______ a conclu, dans ses notes de plaidoiries du 18 mai 2009, au 
déboutement de la requérante; reconnaissant devoir la renseigner sur la 

composition des acquêts, il estimait avoir satisfait à cette demande en 

communiquant à celle-ci, en particulier, la liste des biens qu'il avait aliénés en 

faveur de deux trusts, qu'il avait constitués le 2 juin  2005, E______ TRUST et 

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F______ TRUST, dont il demeurait le bénéficiaire discrétionnaire. Il s'agissait de 

trusts irrévocables soumis au droit chypriote. 

Il a relevé en outre avoir tenté, sans succès, d'obtenir des trustees des 

renseignements sur la fortune et les revenus actuels desdits trusts, les trustees 

s'étant refusés à donner suite à sa demande en invoquant les dispositions légales 

du droit chypriote gouvernant ces trusts. 

Enfin, il s'est abstenu d'indiquer s'il avait ou non des intérêts dans les différentes 

sociétés énumérées dans la requête, relevant qu'il aurait appartenu à son épouse de 

prouver qu'elles lui avaient appartenu et qu'il les avait aliénées aux trusts 

constitués en juin 2005. Il admettait cependant que ces trusts n'avaient recueilli 

qu'une partie de son patrimoine. Il n'a pas communiqué la liste des biens cédés 

aux trusts. 

d.c. Statuant par ordonnance OTPI/531/2009 rendue le 18 juin 2009 et 
communiquée aux parties le 23 juin 2009, le Tribunal de première instance a 

ordonné à Y______, sous la menace de la peine prévue par l'art. 292 CP (ch. 6), 

de communiquer à X______ l'intégralité des relevés bancaires de décembre 2003 

au 31 décembre 2008 (ch. 1), l'acte de propriété de l'immeuble de Palm Beach (ch. 

2), tous les renseignements (actes constitutifs, certificats d'actions, noms des 

administrateurs, trustees, etc.) ainsi que les bilans et la comptabilité du 1er janvier 

2006 au dépôt de la requête, relatifs aux 16 sociétés mentionnées par la requérante 

(ch. 3), les documents sociaux, bilans et comptabilité du 1er janvier 2006 au jour 

du dépôt de la requête concernant 4 autres sociétés, dont G______  TRADING SA 

à Genève, et 26 de ses filiales, dont H______ HOLDING LIMITED déjà visée 

dans les 16 sociétés citées précédemment (ch. 4), et enfin, l'état de ses revenus et 

les dividendes qu'il encaissait par le biais des sociétés dont il était le bénéficiaire 

(ch. 5). 

d.d. Recourant le 6 juillet 2009 contre cette décision, Y______ a fait valoir qu'à 
l'exception de la société I______ SA dont il reconnaissait être l'actionnaire unique 

et dont son épouse était l'administratrice, aucune des autres sociétés visées par 

l'ordonnance du Tribunal ne lui appartenait directement ou indirectement. 

Se référant cependant à une réponse reçue le même jour du conseil des trustees de 

E______ TRUST (E______ TRUSTEES LTD) et de F______ TRUST (F______ 

TRUSTEES LTD), Y______ admettait ceci : 

E______ TRUSTEES LTD, en qualité de trustee de E______ TRUST, détient 

100% de J______ LTD BVI laquelle détient à son tour 100% de K______ INC 

BVI. 

F______ TRUSTEES LTD, en qualité de trustee de F______ TRUST, détient 

75% de H______ HOLDING LTD CHYPRE, laquelle possède 65% de O______ 

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G______, société russe cotée en bourse. Cette dernière détient 100% de G______  

TRADING SA GENEVE ainsi que, directement ou indirectement un certain 

nombre d'autres sociétés, non citées, mais dont les raisons sociales sont 

accessibles au public.  

En outre, F______ TRUSTEES LTD, toujours comme trustees de F______ 

TRUST, détient : 

 100% de L______ LTD CHYPRE 

 100% de M______ SA PANAMA 

 100% de N______ SA PANAMA 

   90% de P______ B______ SA GENEVE 

par le biais de P______ Luxembourg Sàrl et Q______ Luxembourg Sàrl 

  90% de R______ SA GENEVE 

Y______ a contesté être actionnaire ou administrateur des sociétés E______ 

TRUSTEES LTD et F______ TRUSTEES LTD. 

Enfin, s'agissant de la propriété immobilière acquise 95'000'000 US$ à Palm 

Beach (Floride/USA) en juillet 2008, Y______ conteste les articles de presse, 

produits par son épouse, qui lui prêtent avoir reconnu être l'acquéreur de cette 

propriété. Pour accréditer son allégation, il se fonde sur divers documents qui 

mentionnent que cet achat a été opéré par la société S______ LLC mais il ne se 

prononce pas au sujet de l'ayant droit économique de cette société et n'affirme pas 

qu'elle lui serait étrangère. 

d.e. Statuant par arrêt ACJC/1116/2009 du 24 septembre 2009, la Cour de justice 
a annulé partiellement la décision attaquée et a ordonné à Y______ de fournir tous 

les renseignements relatifs, en particulier, aux sociétés : 

 J______ LTD (Britisch Virgin Islands , BVI) 

 K______ INC (BVI) 

 H______ HOLDING LTD (CHYPRE) 

 L______ LTD (CHYPRE) 

 M______ SA (PANAMA) 

 N______ SA (PANAMA) 

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 O______ G______ (RUSSIE) 

 I______ SA (GENEVE) 

 S______ LTD (NEW-YORK) 

e. Par requête déposée le 29 décembre 2008 auprès du Tribunal de première 
instance de Genève, X______ a ouvert action, à l'encontre  de son mari, en 

sollicitant, avant audition des parties déjà, la saisie provisionnelle : 

e.a. des tableaux détenus par Y______, directement ou indirectement notamment 
par le biais de J______ LTD (BVI), en particulier : 

 (……liste de 14 tableaux) 

e.b. des meubles suivants détenus par Y______, directement ou indirectement, 
notamment par le biais de J______ LTD (BVI) : 

 (…. liste de vases, tables, canapés, etc.) 

e.c. du yacht "T______" détenu directement ou indirectement par Y______, 
notamment par le biais de K______ INC (BVI) 

e.d. du bien immobilier dont Y______ est propriétaire à ST______ (BE) à savoir 
la parcelle no xxxx inscrite au Registre foncier du canton de Berne, Commune de 

AN______, à l'adresse ______ 

e.e des comptes bancaires dont Y______ est titulaire et/ou ayant droit économique 
auprès des établissements bancaires suivants : 

 - BANQUE A______, ______, Chypre 

 - BANQUE B______, ______, Chypre 

 - BANQUE C______, ______, Singapour 

 - BANQUE D______ ou BANQUE DD______, ______, Grande Bretagne 

 - BANQUE E______, ______, Grande Bretagne, en particulier le compte no 

x/xxxxxx/xx1 dont Y______ est titulaire auprès de cet établissement 

e.f. des actions ou parts sociales de 48 sociétés désignées dans la requête parmi 
lesquelles figuraient les 9 sociétés visées supra (d.e.). 

X______ invitait en outre le Tribunal à : 

 Faire interdiction à Y______, jusqu'à décision définitive et exécutoire au fond 

sur la liquidation du régime matrimonial, de disposer de quelque manière que 

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ce soit, directement ou par organe(s) interposé(s), des actifs visés sous points I 

à VI des présentes conclusions, détenus en nom propre ou indirectement, ladite 

interdiction étant étendue aux sociétés elles-mêmes et à leurs organes; 

 Ordonner l'annotation au Registre foncier du canton de Berne commune de 

AN______, de l'interdiction d'aliéner la parcelle no xxxx, sise à ______, 3780 

ST______; 

 Prononcer ces ordres et interdictions sous la menace des sanctions prévues par 

l'article 292 CP, dont la teneur est la suivante : "celui qui ne se sera pas 

conformé à une décision à lui signifiée, sous la menace de la peine prévue au 

présent article, par une autorité ou un fonctionnaire compétents sera puni d'une 

amende"; 

 Dispenser X______ de fournir des sûretés; 

 Donner acte à X______ de ce que la demande en divorce déposée le 22 

décembre 2008 valide d'ores et déjà au fond les mesures provisionnelles 

présentement sollicitées; 

 Condamner Y______ aux dépens de procédure sur mesures provisionnelles et 

aux frais d'exécution de l'ordonnance; 

 Débouter tout opposant de toutes autres, plus amples ou contraires conclusions. 

e.g. Par ordonnance OTPI/126/2009 du 4 février 2009, le Président du Tribunal a 
rejeté la requête. 

Il a considéré, en résumé, que X______ n'avait pas rendu suffisamment 

vraisemblable que son mari faisait disparaître ses acquêts ou s'apprêtait à le faire; 

il a relevé qu'il n'y avait pas d'urgence dès lors que Y______ pourvoyait toujours à 

l'entretien de son épouse; il a observé qu'il ne disposait pas de la compétence 

nécessaire, s'agissant des biens sis à l'étranger et a enfin constaté que la saisie des 

actions et parts sociales constituerait un séquestre déguisé, en violation de l'art. 

271 LP. 

e.h. Statuant sur recours de X______ par arrêt ACJC/732/2009 rendu le 18 juin 
2009, la Cour de justice a annulé l'ordonnance du 4 février 2009 en raison de 

l'incompétence ratione materiae du Président du Tribunal, la requête devant être 

soumise au juge saisi de l'action en divorce, en l'occurrence la 18ème Chambre du 

Tribunal de première instance, à laquelle la cause fut renvoyée pour nouvelle 

décision. 

e.i. Par ordonnance OTPI/677/2009 du 31 août 2009, communiquée aux parties 
par pli du 7 septembre 2009, la 18ème Chambre du Tribunal a rejeté la requête de 

saisie provisionnelle et compensé les dépens. 

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En substance, le Tribunal a estimé à nouveau que la requérante n'avait pas établi 

l'existence d'un risque sérieux et imminent de disparition des actifs matrimoniaux. 

Il a ajouté que les œuvres d'art et le mobilier précieux n'apparaissaient pas 

appartenir à Y______ mais à la société J______ LTD (BVI) et que ces biens 

avaient de surcroît fait l'objet, de la part de X______, de demandes de saisie 

devant les autorités des lieux de situation à l'étranger, procédures dont il n'était 

pas démontré que leur sort soit lié au résultat de la procédure provisionnelle suisse 

de saisie. 

Il en était de même des trusts chypriotes E______ TRUST et F______ TRUST à 

l'encontre desquels une procédure de saisie, engagée par la requérante, était 

pendante devant les tribunaux de Chypre. 

B. a. Par acte déposé le 21 septembre 2009 auprès du greffe de la Cour, X______ 
recourt contre l'ordonnance du 31 août 2009 dont elle sollicite l'annulation et 

reprend, pour l'essentiel, les conclusions qu'elle avait formulées devant le premier 

juge, précisant au vu des renseignements obtenus depuis le dépôt de la requête que 

la détention des tableaux, des meubles et du yacht "T______" intervenait non 

seulement par le truchement de la société J______ LTD mais aussi par celui du 

trust E______ TRUST dont les trustees sont E______ TRUSTEES LTD 

(CHYPRE). 

S'agissant de la saisie des actions et parts sociales, X______ a réduit la liste des 

sociétés concernées à neuf d'entre elles (cf. d.e.), ajoutant que Y______ les 
détenait directement ou indirectement par le biais des trusts E______ TRUST et 

F______ TRUST. 

b. Y______ a conclu au déboutement de la recourante avec suite de dépens. 

Subsidiairement, il s'est engagé à garder la contrevaleur, au 31 décembre 2008, 

des sommes suivantes sur l'un des comptes suivants dont il était titulaire, cela 

jusqu'à droit jugé sur le divorce ou accord avec son épouse : 

- Compte BANQUE B______ no xxx-xx-xxxxx2 : CHF 833,25 

- Compte BANQUE B______ no xxx-xx-xxxxx3 : EUR 22'266,16 

- Compte BANQUE B______ no xxx-xx-xxxxx4 : US$ 10'468,20 

- Compte BANQUE E______ no x/xxxxxx/xx1 : GBP 500'640,60 

- Compte BANQUE F______ MOSCOU : US$ 67'413,95 

Il sied de préciser que ces chiffres représentent la moitié des montants en compte. 

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Toujours, à titre subsidiaire, il s'est engagé à ne pas aliéner la parcelle no xxxx de 

la Commune de AN______ (Berne), dont il est propriétaire, jusqu'à droit jugé sur 

le divorce ou accord avec son épouse. 

C. Les faits suivants ressortent du dossier soumis à la Cour: 

a. Le 26 avril 2005, Y______ a présenté à son épouse un projet d'acte de mariage 
se fondant sur le régime légal suisse de la participation aux acquêts mais 

comportant, au préjudice de l'épouse, diverses dérogations, permises par la loi 

mais soumises à accord des conjoints. 

Ainsi, il était stipulé, conformément à la faculté prévue par l'art. 199 CC, que tous 

les biens d'acquêts affectés à l'exercice de la profession et/ou à l'exploitation de 

l'entreprise de Y______, à savoir sa participation dans la société chypriote 

H______ HOLDING LTD ainsi que dans les sociétés de droits luxembourgeois 

Q______ SARL et P______ LUXEMBOURG SARL, y compris les actifs 

remplaçant ces biens en cas de vente, feraient partie des biens propres de 

Y______. 

En outre, il était prévu que les revenus des biens propres ne formeraient pas 

d'acquêts (art. 199 al. 2 CC). 

La répartition légale du bénéfice, à parts égales (art. 215 CC), était également 

modifiée. 

En cas de divorce sollicité par X______, sa participation au bénéfice serait de cent 

millions de francs suisses, quel que soit l'état du compte d'acquêts de son mari, ce 

dernier renonçant à toute participation au bénéfice de son épouse. 

Dans les autres cas de divorce, X______ devait recevoir un minimum cent 

millions de francs suisses, voire plus, à concurrence de la moitié des acquêts de 

son mari, celui-ci ayant alors droit aussi à la moitié de ceux de son épouse. 

b. Il est admis que Y______ dispose d'une fortune considérable, calculée en 
milliards de francs, qui fait de l'intéressé l'un des hommes les plus riches au 

monde. 

Cette fortune, produit de son activité professionnelle, a été acquise 

postérieurement au mariage. 

c. X______ a refusé de signer le projet de contrat de mariage du 26 avril 2005, 
l'estimant "lésionnaire", dès lors que le patrimoine de son mari était alors déjà 

évalué à US$ 1 milliard. 

d. Le 2 juin 2005, Y______ a constitué deux trusts de droit chypriote E______ 
TRUST et F______ TRUST auxquels il a cédé le même jour, sans contrepartie, 

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non seulement les participations qu'il détenait dans les trois sociétés mentionnées 

dans le projet de contrat de mariage mais encore celles qu'il possédait dans quatre 

autres sociétés dont K______ INC et J______ LTD. 

Y______ était également le "protecteur" de ces trusts irrévocables et le principal 

bénéficiaire avec ses filles, à l'exclusion de son épouse. 

Dans ses lettres de souhaits adressées aux trustees lors de la création des trusts, 

Y______ expliquait que si sa femme n'était pas bénéficiaire potentielle, c'était 

parce qu'elle serait une bénéficiaire substantielle selon son testament. 

e. Le seul testament connu, rédigé par Y______ le 20 décembre 2002 en la forme 
olographe, désignait X______ comme héritière de 5/8ème de son patrimoine et ses 

deux filles, à parts égales, pour 3/8ème. 

f. Au sujet des deux trusts précités, Y______ indiquait, dans la présente procédure 
(conclusions du 30.1.2009 p. 9, 10), les avoir créés afin de mettre certains actifs à 

l'abri de toute mainmise étrangère; il s'agissait d'un moyen de protéger les actifs 

en les transférant à une entité tierce, tout en conservant certaines facultés de 

participer à la gestion de ceux-ci. 

Il ajoutait que s'il n'avait pas élevé son épouse au rang de bénéficiaire, la raison 

était à chercher dans l'espoir qu'il avait "d'éviter que son épouse prenne les 

largesses dont il l'a inondée comme des droits acquis". 

Il relevait encore que cette mesure n'empêcherait pas sa femme de réunir au 

compte d'acquêts, sur la base de l'art. 208 CC, les actifs qu'il avait aliénés en 

faveur de sociétés ou autres structures. 

Il ressort des actes constitutifs des deux trusts précités que Y______ conserve le 

pouvoir de nommer ou révoquer les trustees (art. 12c), d'ajouter ou exclure des 

bénéficiaires (art. 5-6), d'ajouter ou exclure une "special company". La société 

désignée comme spéciale, qui est détenue directement ou indirectement par le 

trust, doit alors être gérée par les trustees uniquement selon les instructions écrites 

du "protecteur", les trustees ne pouvant interférer dans les affaires de cette société 

et devant garantir au besoin, au moyen des autres fonds du trust, les engagements 

pris par la société "spéciale" (art. 19). 

Au moins deux sociétés, J______ LTD et K______ INC ont été désignées comme 

"special company" par Y______. 

g. Y______ a toutefois aussi fait inscrire son épouse comme copropriétaire (pour 
moitié) de trois parcelles acquises en 2002 et décembre 2005 sur la Commune de 

C______ (nos xxxx, xxxx, xxxx) pour le prix de 25'875'000 fr. sur lesquelles les 

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époux avaient le projet d'édifier une somptueuse demeure, devisée à 60'000'000 

fr., dont les travaux ont du reste été engagés depuis. 

Il a également fait inscrire son épouse comme copropriétaire d'une autre parcelle 

acquise le 15 août 2008 sur la Commune de U______ (GE) (no xxxx) pour le prix 

de 17'000'000 fr. 

En février 2008, il lui a accordé la qualité d'associée et gérante de la SCI 

V______, propriétaire d'un immeuble, xx, rue ______ à Paris acquise pour euros 

18'250'000. 

En 2008 toujours, il lui a "remis", par trois fois, des bijoux pour une valeur totale 

de euros 28'801'448. 

h. Le 9 mai 2008, Y______ a acquis à son nom, sur la parcelle no xxxx de la 
Commune de AN______, un complexe hôtelier pour le prix de 103'000'000 fr. sur 

lequel il n'a versé à ce jour qu'un acompte de 34'000'000 fr. 

i. Y______ admet être actionnaire unique de la société suisse I______ SA, qui a 
vocation à gérer les affaires relevant de la vie courante du couple. 

j. En 2008, M______ SA et N______ SA ont, semble-t-il, acquis un appartement 
à Monaco pour un prix de l'ordre de euros 100'000'000, appartement qu'elles 

"louent" à Y______ pour un loyer annuel de euros 600'000. Cet achat a été réalisé 

notamment à l'aide d'un prêt de euros 37'500'000 consenti par BANQUE 

E______, succursale de Londres, aux deux sociétés précitées, prêt que Y______ a 

cautionné à hauteur de euros 45'000'000. 

k. En juillet 2008, la société S______ LLC a acheté une propriété à Palm Beach 
(Floride/USA) pour le prix de US$ 95'000'000. 

Selon divers articles de presse américains, Y______ serait l'acquéreur de ce bien 

immobilier, ce que le prénommé conteste, sans se prononcer sur ces rapports 

supposés avec S______ LLC dont il n'affirme pas qu'elle lui serait étrangère. 

l. En novembre 2008, J______ LTD a fait transférer à l'étranger la collection de 
tableaux de maîtres et de meubles précieux qu'elle détenait jusqu'alors aux Ports 

Francs de Genève. Ainsi, douze tableaux ont été entreposés à Singapour, tandis 

que deux autres tableaux et l'ensemble des meubles ont été envoyés à Londres (cf. 

supra A.e.a. et A.e.b.). 

Ces biens sont estimés par X______ à quelque euros 450 millions. 

m. X______ soutient que tous ces objets de collection, destinés selon elle à garnir 
la future demeure du couple à C______, dont le chantier s'était ouvert en juillet 

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2008, ont été déplacés à l'étranger, sur instruction de son mari (J______ LTD 

étant une "special company"), dans l'intention de les soustraire à son emprise. 

n. Y______ allègue de son côté que s'il a effectivement pris la décision de faire 
transférer lesdites œuvres d'art à l'étranger, il l'a fait, non à l'insu de son épouse et 

pour la léser, mais avec sa participation au demeurant établie, et pour mettre ces 

biens à l'abri des convoitises de l'Etat russe. 

Y______ relève qu'en octobre 2008, le gouvernement russe a rouvert l'enquête 

relative à un accident écologique survenu en 2006 dans une mine de la société 

O______ G______ - qu'il détient indirectement - dans le but d'obtenir de celle-ci 

un dédommagement d'une ampleur telle qu'il pourrait compromettre la survie de 

la société. Aucun accord n'a encore été trouvé à ce jour selon Y______, qui 

dément l'allégation de son épouse qui faisait état d'un arrangement intervenu au 

début de l'année 2009 pour un montant de US$ 71,8 millions. 

Il ressort en tout cas d'un courrier du 2 octobre 2009 émanant de O______ 

G______ (pce 102 int.) et des documents annexés que le montant précité ne 

représentait qu'une indemnité partielle et que d'autres prétentions en 

dédommagement sont et seront encore formulées par les différentes autorités 

russes. 

Y______ n'a cependant pas expliqué en quoi les biens déplacés seraient mieux 

protégés de "ses" créanciers (en fait les créanciers de O______ G______) à 

Singapour et Londres qu'à Genève. 

o. Le 19 décembre 2008, F______ TRUSTEES LTD, trustee d'F______ TRUST, 
ont vendu 25% du capital actions de H______ HOLDING LTD (qui détient la 

majorité des actions de O______ G______) à la société panaméenne W______ 

CORP dont l'ayant droit économique n'est pas connu à ce jour. 

Cette transaction a été inscrite le 13 janvier 2009 au registre chypriote des 

sociétés. 

X______ y voit une manœuvre de son époux visant à nouveau à dissimuler son 

patrimoine, ce que Y______ conteste, observant qu'à mi-décembre 2008, il 

ignorait que son épouse allait demander le divorce et la saisie de ses biens. 

p. Dans le contexte de la construction de la demeure des époux à C______, 
devisée à 60 millions de francs, il est avéré que les mandataires et les entreprises, 

dont la société EN______ SA, n'ont plus été payés à partir de la fin de l'année 

2008, si bien que les encours se sont élevés à 7,8 millions au 15 mai 2009. 

Y______ a finalement accepté de verser 4 millions de francs aux mandataires, 

mais EN______ SA a obtenu l'inscription d'une hypothèque légale provisoire à 

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concurrence de 3,4 millions de francs grevant les parcelles dont les époux sont 

copropriétaires. 

X______ y voit la volonté de son mari de réduire la valeur de ses biens, désormais 

hypothéqués. 

q. En septembre 2009, en sa qualité "d'actionnaire ultime" de O______ G______, 
Y______ a obtenu de cette société l'octroi d'un prêt de euros 50 millions, cela sans 

garantie de sa part. 

Y______ conteste en conséquence que cette opération financière ait pu 

contrevenir à l'interdiction faite à lui-même par ordonnance du Tribunal de 

Limassol (Chypre) le 30 décembre 2008 de porter atteinte de quelque manière que 

ce soit à la participation de H______ HOLDING SA au capital social de O______ 

G______. 

r. Entre le 29 et le 31 décembre 2008, X______, par le biais de ses avocats, a 
ouvert cinq actions en justice, respectivement aux Iles Vierges Britanniques 

(BVI), à Londres, à Singapour, à Chypre et aux USA, à l'effet de faire saisir des 

biens appartenant, directement ou indirectement, à son mari. 

r.a. Le 30 décembre 2008, la Cour suprême des Caraïbes orientales (BVI) a rendu 
une ordonnance de blocage (freezing injunction) à l'encontre de Y______, 

J______ LTD, RI______ FINANCE SA et K______ INC leur interdisant de 

déplacer leurs biens hors du territoire des BVI, d'en disposer ou d'en diminuer la 

valeur. 

Le 9 juin 2009, la Cour suprême précitée a levé la mesure, qui n'avait au 

demeurant porté sur aucun bien saisissable. La Cour a cependant relevé que la 

requérante avait présenté dans sa requête un état de fait incorrect, en relation avec 

le déplacement des tableaux à Singapour. 

r.b. Le 29 décembre 2008, la High Court of justice de Londres, family division, a 
rendu à l'encontre de Y______ une ordonnance lui faisant défense de déplacer ses 

biens hors du territoire, d'en disposer ou d'en diminuer la valeur, cette défense 

s'appliquant en particulier aux deux tableaux et aux meubles entreposés auprès de 

la société CT______ LTD à Londres ainsi qu'aux avoirs déposés chez BANQUE 

D_______ ou BANQUE DD______ ou encore BANQUE E______ à Londres. 

Après audition des parties, cette mesure a été maintenue selon nouvelle décision 

du 22 janvier 2009 et subsiste encore actuellement. 

r.c. Par décision du 31 décembre 2008, la High Court de la République de 
Singapour a fait interdiction à Y______ et à J______ LTD de déplacer hors de 

- 13/29 - 
 

C/29642/2008 

Singapour les douze tableaux qui s'y trouvaient entreposés, d'en disposer ou d'en 

diminuer la valeur. 

Le 17 septembre 2009, X______ a retiré sa demande de blocage, ce que la Cour 

de Singapour a constaté par décision du 29 septembre 2009.  

X______ a exposé s'être résolue à retirer sa demande pour éviter qu'elle ne soit 

rejetée, ce qui paraissait probable en l'absence d'une décision de saisie du juge 

suisse du divorce; or, une décision de rejet l'aurait empêchée d'obtenir 

ultérieurement l'exequatur d'une décision de saisie conservatoire suisse. 

Y______ conteste cette explication et relève au surplus que la High Court de 

Singapour, dans sa décision du 29 septembre 2009, a enregistré le retrait de 

l'action avec désistement, ce qui interdirait son renouvellement. 

r.d. Par décision du 31 décembre 2008, le Tribunal départemental de Limassol 
(Chypre), dans la procédure opposant X______ à son mari ainsi qu'aux sociétés 

H______ HOLDING LTD, L______ LTD, EO______ LTD et F______ 

TRUSTEES LTD, a fait interdiction à Y______ et F______ TRUSTEES LTD, 

moyennant dépôt par la requérante d'une garantie de euro 1 million, de modifier 

par n'importe quel moyen la structure directoriale et l'actionnariat de H______ 

HOLDING LTD et L______ LTD, de transmettre, grever ou aliéner de quelque 

manière que ce soit les actions et/ou les intérêts dont ils sont les ayants droit en 

qualité de propriétaires de ces sociétés; il leur était également fait défense de 

modifier, transmettre, grever ou aliéner la participation au capital social de 

H______ HOLDING LTD à la société russe G______; enfin, il était fait 

interdiction à H______ HOLDING LTD et L______ LTD, aux actionnaires, 

employés, administrateurs et/ou représentants de transmettre, grever, aliéner toute 

fortune mobilière et/ou immobilière appartenant à celles-ci. 

Cette ordonnance, qui concerne des sociétés détenues par F______ TRUST, a été 

confirmée ultérieurement mais fait encore l'objet d'un appel de Y______, 

actuellement pendant, auprès de la Cour supérieure de Chypre. 

X______ a sollicité des juges chypriotes une extension de cette injonction au 

E______ TRUST et aux sociétés qui en dépendent, extension procédurale à 

laquelle Y______ indique ne pas s'opposer afin que la justice chypriote se 

prononce sur l'ensemble des avoirs soumis aux deux trusts F______ TRUST et 

E______ TRUST. 

r.e. X______ a enfin déposé par devant la CIRCUIT COURT OF THE 
FIFTEENTH JUDICIAL CIRCUIT, IN AND FOR PALM BEACH COUNTY 

(Floride/USA) une action à l'encontre de Y______ et S______ LLC visant à 

obtenir un "constructive trust" sur la société précitée et le bien-fonds qu'elle a 

acquis le 16 juillet 2008 pour US$ 95'000'000 à Palm Beach. 

- 14/29 - 
 

C/29642/2008 

Cette procédure est actuellement suspendue. 

EN DROIT 

1. La décision entreprise est fondée sur les art. 178 CC, 4B al. 1 et 2 LACC et 361 
al. 4 LPC, cette dernière disposition renvoyant aux art. 326 et 327 LPC concernant 

les mesures provisionnelles. 

La forme et le délai du recours sont ainsi définis par l'art. 331 al. 2 LPC; le 

recours est soumis à la forme de la requête et doit être exercé dans les 10 jours dès 

la notification de l'ordonnance. 

Le recours présentement soumis à la Cour, qui satisfait à ces conditions, est 

recevable. 

2. Le recours est instruit en procédure sommaire (art. 331 al. 3 LPC). La Cour statue 
avec un plein pouvoir d'examen quel que soit le montant litigieux 

(BERTOSSA/GAILLARD/GUYET/SCHMIDT, Commentaire de la loi de 

procédure civile genevoise, n. 7 ad. art. 331 LPC; SJ 1985 p. 478). 

3. Les parties, de nationalité russe, sont domiciliées à Genève où elles plaident en 
divorce, à l'initiative de la recourante. 

Bien qu'il soit considéré comme une mesure protectrice de l'union conjugale, 

l'art. 178 CC s'applique aussi aux époux en instance de divorce (ATF 120 II 67; 

118 II 380; ATF n.p. 5P.360/2004 du 10.01.2005; HASENBÖHLER/OPEL, 

Basler Kommentar, 2006, n. 3 ad art. 178 CC). 

En raison du domicile genevois des époux, les tribunaux de ce canton sont 

compétents, tant pour statuer sur le divorce et en particulier la liquidation du 

régime matrimonial que pour ordonner les mesures relatives aux effets du mariage 

(art. 59; 51 lit. b et 46 LDIP). Au nombre de celles-ci figurent notamment les 

mesures provisionnelles conservatoires prises en application de l'art. 178 CC. 

Le droit applicable au divorce, au régime matrimonial et à sa liquidation, enfin 

aux effets du mariage, n'est autre que le droit suisse, droit du domicile actuel des 

époux (art. 61 al. 1, 54 al. 1 lit. a et 48 al. 1 LDIP). 

4. Les mesures provisionnelles sont prises dans le cadre d’une procédure rapide et 
sommaire, selon la vraisemblance des faits, afin de protéger les droits des parties 

ou de régler la situation entre elles jusqu’à décision définitive. Elles ont pour but 

de prévenir le risque que les droits allégués au fond ne puissent plus être reconnus 

en raison de la lenteur de la procédure, en sauvegardant sur le champ l’existence 

ou l’objet du droit. Les mesures provisionnelles au sens étroit sont toujours 

ordonnées dans la perspective d’un jugement à venir dont elles sont une instance 

accessoire; elles doivent donc être une préfiguration de la décision qui pourra être 

- 15/29 - 
 

C/29642/2008 

rendue à l’issue de la procédure au fond, soit qu’elles sauvegardent le droit 

prétendu, soit qu’elles anticipent le jugement présumé (PELET, Mesures 

provisionnelles: droit fédéral ou cantonal ? p. 7; BERTOSSA/GAILLARD/ 

GUYET/SCHMIDT, op. cit., n. 13 ad art. 320 LPC; SJ 1980 p. 345-346). 

Le requérant doit justifier d’un intérêt juridique actuel. L’octroi de mesures 

provisionnelles est en outre soumis aux quatre conditions suivantes: 

vraisemblance des faits allégués dont découle le droit prétendu, apparence du droit 

invoqué, vraisemblance d’un préjudice difficilement réparable à défaut d’octroi de 

la mesure et urgence. La mesure ordonnée doit également être proportionnée aux 

besoins du requérant et aux intérêts légitimes des tiers; elle doit être adaptée aux 

circonstances de l’espèce et ne pas aller au-delà de ce qu’exige le but poursuivi 

(SJ 1977 p. 60 et p. 588-589; BERTOSSA/GAILLARD/GUYET/SCHMIDT, op. 

cit., n. 10 ad art. 320 LPC). 

Le terme «urgence» est parfois impropre, en évoquant une idée de proximité 

temporelle qui n’est en définitive pas centrale en matière de mesure 

provisionnelle. Ainsi, une saisie-revendication provisionnelle peut se justifier non 

pas parce que le détenteur actuel de l’objet entend s’en défaire ou le celer dans les 

jours prochains (urgence absolue) mais parce que, dans un avenir indéterminé, qui 

peut le cas échéant se compter en mois, voire en années, ce détenteur rendra 

impossible l’exécution du jugement présumé (urgence relative). L’urgence n’est 

ainsi pas nécessairement une immédiateté temporelle (BERTOSSA/GAILLARD/ 

GUYET/SCHMIDT, op. cit., n. 14 ad art. 320 LPC). 

5. 5.1.1 Selon l'art. 178 CC, le juge peut, à la requête de l'un des époux, restreindre 
le pouvoir de l'autre de disposer de certains de ses biens sans le consentement de 

son conjoint, cela dans la mesure nécessaire pour assurer les conditions 

matérielles de la famille ou l'obligation d'exécutions pécuniaires découlant du 

mariage (art. 178 al. 1 CC). 

A cette fin, le juge ordonne les mesures de sûretés appropriées (art. 178 al. 2 CC). 

Cette disposition tend à éviter qu'un époux, en procédant à des actes de disposition 

volontaire, se mette dans l'impossibilité de faire face à ses obligations pécuniaires 

envers son conjoint, que celles-ci découlent des effets généraux du mariage 

(devoir d'entretien) ou du régime matrimonial (participation au bénéfice, 

acquittement de récompenses). 

La nécessité d'une telle mesure peut se faire sentir en particulier en cas de tensions 

graves dans le couple, en raison du risque non négligeable d'actes malveillants 

envisagés par l'un des époux. Cette mesure vise en particulier à éviter des actes de 

disposition d'un des époux destinés à amoindrir son patrimoine en vue d'une 

dissolution du mariage (DESCHENAUX/STEINAUER/BADDELEY, Les effets 

du mariage, 2000, p. 305; SJ 1995 p. 61). 

- 16/29 - 
 

C/29642/2008 

La mesure peut être requise non seulement pour garantir des créances mais encore 

de simples expectatives, telles que la prétention à une participation au bénéfice 

dans le régime de la participation aux acquêts; il faut cependant, dans ce dernier 

cas que l'expectative apparaisse suffisamment concrète, par exemple, parce que la 

procédure de divorce a été introduite (HAUSHEER/REUSSER/GEISER, Berner 

Kommentar, 1999, n. 7 ad art. 178 CC; HASENBÖHLER/OPEL, op. cit., n. 10 ad 

art. 178 CC; BRÄM, Zurcher Kommentar, 1998, n. 7, 16, 22 ad art. 178 CC; 

LEUENBERGER, Scheidungsrecht, 2000, n. 44 ad art. 137 CC). 

5.1.2 Il appartient à l'époux requérant la mesure de rendre vraisemblable 
l'existence d'une mise en danger sérieuse et actuelle, soit le fait que son conjoint 

dilapide ou tente de dissimuler ses biens. 

Le juge ne doit pas exiger de preuves strictes mais doit se contenter de la simple 

vraisemblance d'une mise en danger qui doit paraître vraisemblable au vu 

d'indices objectifs et dans un avenir proche (ATF 118 II 378; 

HAUSHEER/REUSSER/GEISER, op. cit., n. 8 ad art. 178 CC; BRÄM, op. cit., 

n. 11 ad art. 178 CC; HASENBÖHLER/OPEL, op. cit., n. 11 ad art. 178 CC; 

LEUENBERGER, op. cit., n. 44 ad art. 137 CC). 

Peuvent constituer de tels indices, la disparition soudaine et inexpliquée de 

valeurs patrimoniales, le refus de renseigner contrairement au devoir imposé par 

l'art. 170 CC ou la communication de fausses données au sujet des rapports 

patrimoniaux (HAUSHEER/REUSSER/GEISER, op. cit., n. 8a ad art. 178 CC) ou 

encore la conclusion d'actes telles que promesses de donner, reprises de dettes, 

cession d'éléments de fortune sans motifs reconnaissables (BRÄM, op. cit., n. 11 

et 11A ad art. 178 CC). 

Si des sûretés suffisantes sont constituées, la mise en danger cesse (BRÄM, op. 

cit., n. 19 ad art. 178 CC; HASENBÖHLER/OPEL, op. cit., n. 11 ad art. 178 CC). 

5.1.3 Les mesures ordonnées doivent satisfaire au principe de la proportionnalité. 
La décision de restreindre le pouvoir d'un époux de disposer de ses biens ne peut 

être prise que dans la mesure nécessaire pour sauvegarder les intérêts protégés. 

Elle doit ainsi être conforme au but recherché. 

Le juge ne peut pas supprimer, de façon générale, le droit d'un époux de disposer 

de sa fortune; la restriction ne doit s'appliquer qu'à certains biens déterminés et 

viser des actes spécifiques; elle peut, voire doit être limitée dans le temps 

(DESCHENAUX/STEINAUER/BADDELEY, op. cit., n. 737 p.306, 307; 

HASENBÖHLER/OPEL, op. cit., n. 16, 17 et 22, ad art. 178 CC). 

Le juge doit procéder à une pesée d'intérêts entre celui des conjoints dont la 

prétention est mise en péril à obtenir une protection aussi rapide que possible de 

ses intérêts financiers et celui de l'autre conjoint qui entend que sa faculté de 

- 17/29 - 
 

C/29642/2008 

disposer soit épargnée le plus possible (HASENBÖHLER/OPEL, op. cit., n. 22 ad 

art. 178 CC). 

5.1.4 L'éventail des mesures à disposition comprend en particulier le blocage 
d'avoirs auprès de banques, compagnies d'assurance, autres établissements 

financiers ou tiers, le dépôt de certaines valeurs en mains tierces, voire leur saisie 

directe; s'agissant d'immeubles, le juge fera inscrire au Registre foncier 

l'interdiction de disposer frappant le conjoint concerné conformément à l'art. 178 

al. 3 CC, inscription qui n'a qu'une portée déclarative (BRÄM, op. cit., n. 22 ad 

art. 178 CC; HASENBÖHLER/OPEL, op. cit., n. 23 et 24 ad art. 178 CC; 

HAUSHEER/REUSSER/GEISER, op. cit., n. 20b, 25, 26 ad art. 178 CC; 

LEUENBERGER, op. cit., n. 49 ad art. 137 CC). 

Afin de renforcer l'efficacité desdites mesures, le juge peut les assortir de la 

menace de la peine pour insoumission à une décision de l'autorité, infraction visée 

par l'art. 292 CP (DESCHENAUX/STEINAUER/BADDELEY, op. cit., n. 744 

p. 308, 309; HASENBÖHLER/OPEL, op. cit., n. 23 ad art. 178 CC). 

5.2 En l'espèce, il est établi et, de surcroît, non contesté que les parties sont 
soumises au régime matrimonial suisse de la participation aux acquêts 

(art. 196 ss CC) et que la recourante a droit, par conséquent, à la moitié du 

bénéfice du compte d'acquêts de l'intimé. Compte tenu de la fortune considérable 

acquise à titre onéreux pendant le régime par celui-ci, la créance de participation 

de l'épouse pourrait se compter en centaines de millions de francs. 

C'est du reste la raison pour laquelle la recourante a refusé le projet de contrat de 

mariage que l'intimé lui avait soumis en avril 2005, projet qui plafonnait sa 

participation au bénéfice à cent millions de francs et privait la masse des acquêts 

des actifs les plus importants, transférés au compte des biens propres. 

5.3 Bien que l'intimé s'en défende, il faut admettre, comme le soutient la 
recourante, que la constitution des deux trusts chypriotes un mois plus tard et la 

cession gratuite à ceux-ci des principales sociétés entrant dans les acquêts de 

l'intimé constituait, selon toute vraisemblance, un moyen d'atteindre, par une autre 

voie, le résultat qui aurait dû être obtenu par la conclusion du contrat de mariage. 

L'intention de l'intimé de soustraire ces actifs à son épouse était d'autant plus 

crédible que celle-ci était expressément exclue du cercle restreint des bénéficiaires 

des trusts formé de l'intimé et de ses deux filles. 

L'allégation selon laquelle la recourante serait privilégiée sur le plan successoral 

n'a pas été démontrée par l'intimé. 

La seule copie d'un testament rédigé en 2002 qui attribuait à l'épouse la totalité de 

la quotité disponible (5/8ème) en concours avec les descendantes n'est à cet égard 

- 18/29 - 
 

C/29642/2008 

pas convaincante, eu égard au caractère révocable du testament. Si l'intimé avait 

choisi l'instrument du pacte successoral, son argument eût été plus crédible, étant 

encore relevé que l'expectative successorale, a priori lointaine, était très incertaine 

et en rien comparable avec l'expectative fondée sur un régime matrimonial, 

susceptible d'être dissous en tout temps, en cas de divorce par exemple. 

5.4 C'est en vain aussi que l'intimé cherche à justifier la création des trusts par le 
souci de mettre son patrimoine à l'abri de manœuvres hostiles de la part de 

concurrents, voire de l'Etat russe. 

En effet, ce risque ne semble s'être concrétisé qu'à l'automne 2008, après la 

décision gouvernementale de rouvrir l'enquête concernant l'accident survenu en 

2006 au sein de la société G______. Aucun document, contemporain de la 

création des trusts, ne fait référence à l'intention de l'intimé de protéger ses biens 

du phénomène de "corporate raiding" qu'il décrit dans ses écritures. 

Au demeurant, si tel avait été le cas, cela n'aurait pas justifié que la recourante soit 

exclue des bénéficiaires des trusts. 

L'intimé s'est en revanche référé spécialement aux événements de l'automne 2008 

pour déplacer rapidement à Londres et Singapour les collections de meubles et de 

tableaux qu'il détenait au travers de la société J______ LTD et du trust F______ 

TRUST. Il n'a toutefois pas expliqué en quoi ce transfert devait assurer auxdits 

biens une meilleure protection en ces lieux, eu égard au risque invoqué, qu'à 

Genève où ils étaient jusque-là déposés. En revanche, leur déplacement rendait 

certainement leur saisie plus difficile pour la recourante, obligée de mandater des 

avocats étrangers et d'ouvrir plusieurs procédures aux différents endroits où se 

trouvaient les biens. Le fait que la recourante ait eu connaissance de ces transferts 

de biens ne lève pas entièrement le doute quant à la véritable raison de cette 

opération. Elle illustre en tous les cas le risque dont la recourante entend se 

prémunir par sa présente action. En effet, la plupart des actifs matrimoniaux sont 

essentiellement liquides et sont donc non seulement très mobiles, mais encore 

aisément transférables à des tiers, qu'il s'agisse des biens meubles, des avoirs en 

compte ou des titres des diverses sociétés dont certaines détiennent des 

immeubles. 

Ce risque est particulièrement actuel, dès lors que les conjoints sont en instance de 

divorce et parties à de multiples procédures, tant à Genève qu'à l'étranger. 

Les prétentions de la recourante, qui réclame la moitié de la fortune de son mari, 

excèdent largement ce qu'il envisageait de lui concéder, de sorte que l'intimé 

pourrait être tenté de placer une partie au moins de ses biens hors de la portée de 

son épouse. 

- 19/29 - 
 

C/29642/2008 

5.5 L'intimé soutient que toute démarche en ce sens serait vaine car la recourante 
pourrait se prévaloir de l'art. 208 CC et obtenir que ces biens, y compris ceux 

d'ores et déjà cédés aux trusts F______ TRUST et E______ TRUST, soient réunis 

aux acquêts. 

Comme l'a relevé la recourante avec pertinence, cette réunion théorique et 

comptable ne lui sera d'aucun secours si les biens qui demeurent à sa disposition 

sont insuffisants pour couvrir sa créance de participation. Or, à cet égard, les biens 

que l'intimé offre, à titre subsidiaire, de conserver à cette fin, sont très nettement 

inférieurs à cent millions de francs, étant rappelé que la parcelle de ST______ n'a 

été payée qu'à hauteur de 34'000'000 fr. 

5.6 La recourante relève encore que l'opacité et la complexité des structures 
juridiques mises en place par son mari non seulement rendent à terme plus 

difficiles l'identification et le recouvrement des biens qui seraient nécessaires au 

règlement de sa créance matrimoniale, mais encore compliquent la reddition 

préalable de renseignements, comme l'illustre la procédure parallèle qu'elle a 

engagée contre son mari et qui s'est achevée par un arrêt de la Cour de céans 

ordonnant à ce dernier de communiquer à son épouse de nombreux documents et 

renseignements complémentaires concernant en particulier les sociétés qui 

s'avèrent comprises dans les trusts F______ TRUST et E______ TRUST. 

La rétention d'informations est un élément supplémentaire en faveur de la mesure 

requise par la recourante. 

5.7 Les éléments qui précèdent suffisent à justifier que soient ordonnées des 
mesures conservatoires de saisie, sans qu'il importe de se prononcer sur les autres 

opérations et faits présentés par la recourante comme indices de la volonté de son 

mari de celer ses biens (cession de 25% du capital actions de H______, prêt de 50 

millions d'euros concédé par G______ et interruption des paiements dus aux 

entreprises ayant œuvré sur la propriété du couple à C______). 

6. Il reste à examiner si les saisies requises, qui visent des biens localisés à l'étranger, 
à la seule exception de l'immeuble sis à ST______ (AN______/Berne), et dont la 

plupart ne sont détenus qu'indirectement par l'intimé, peuvent être l'objet de la 

mesure prévue par l'art. 178 CC. 

6.1 En ce qui concerne l'immeuble précité, les juridictions genevoises sont 
compétentes pour ordonner, à titre provisionnel, le blocage du Registre foncier de 

l'immeuble sis sur la Commune de AN______, en application de l'art. 33 LFors, 

dès lors qu'elles sont compétentes pour connaître de l'action au fond en divorce 

(STEINAUER, Les droits réels, 1997, n. 650 p. 184). 

6.2 Concernant les biens localisés à l'étranger, la situation apparaît plus complexe. 

- 20/29 - 
 

C/29642/2008 

L'intimé soutient que le juge suisse serait incompétent car sa décision ne serait pas 

immédiatement exécutable, les biens visés n'étant pas situés dans son ressort. 

6.2.1 Dans un arrêt de principe, déjà ancien (SJ 1990 p. 196), la Cour de céans 
avait été saisie d'une requête visant à faire interdiction à des sociétés sises aux îles 

Cayman et aux Antilles néerlandaises, notamment, de se dessaisir d'actifs et de 

participations qu'elles détenaient; la partie requérante n'avait pas non plus son 

siège en Suisse mais agissait à Genève sur la base d'une prorogation de for. 

Dans ce contexte, la Cour s'était estimée incompétente pour ordonner la mesure 

requise, dès lors que ni les parties intéressées, ni les biens à protéger n'avaient un 

quelconque lien avec Genève. 

Selon la Cour, le juge compétent pour ordonner des mesures provisionnelles était 

celui dont la décision était directement exécutoire, soit le juge du lieu où un 

incident exige la prise d'une mesure, où se trouvent les intérêts litigieux, où la 

mesure doit être appliquée, lieu qui serait tantôt le lieu de domicile de la partie 

citée à laquelle sera faite l'injonction de faire ou de s'abstenir, tantôt le lieu où se 

trouve l'objet litigieux, soit toujours le lieu où la mesure doit déployer ses effets 

(SJ 1990 p. 200). 

La Cour a rappelé que la mesure provisionnelle se rattachait à l'exécution forcée, 

que les autorités d'exécution d'un pays ne pouvaient accomplir d'actes de 

contrainte à l'étranger, de sorte qu'elles ne pourraient agir qu'à l'égard des biens, 

droits et personnes se trouvant dans le pays, cela même si le fond devait être 

tranché par un tribunal étranger; cette dernière hypothèse était exactement celle 

envisagée par l'art. 10 LDIP. 

Partant du constat que la mesure provisionnelle ordonnée à l'étranger ne pouvait 

être, en principe, reconnue et exécutée en Suisse, elle a relevé qu'une telle mesure 

prise en Suisse ne pourrait pas non plus être exécutée à l'étranger et elle en a 

déduit que les sociétés requérantes n'avaient donc pas d'intérêt à agir à Genève 

pour obtenir des mesures qui seraient inexécutables (SJ 1990 p. 198, 199, 200; 

consid. 3 et 6). 

6.2.2 Cet arrêt a été critiqué en doctrine. Un premier auteur a relevé qu'il était 
insatisfaisant de reconnaître à une autorité le pouvoir de juger sur le fond et de lui 

dénier le pouvoir de statuer sur mesures provisoires; l'autorité saisie ne pouvait 

décliner sa mission de juger pour la raison que son "imperium" ne s'étendrait pas 

au lieu vraisemblable de l'exécution de la décision, cet auteur observant que le 

juge saisi ne pouvait d'ailleurs pas présumer de l'accueil que connaîtrait sa 

décision dans l'Etat où l'exécution serait sollicitée. Il proposait ainsi que le juge 

ordinairement compétent ne soit pas privé de son pouvoir de prononcer une 

mesure provisionnelle qui, si elle revêt une incidence internationale, devra faire 

l'objet dans le pays concerné, à l'initiative du requérant, d'une demande 

- 21/29 - 
 

C/29642/2008 

d'exequatur (L. GAILLARD, Les mesures provisionnelles en droit international 

privé, in SJ 1993 p. 151 n. 20, p. 153 n. 24; dans le même sens, TUNIK, 

l'exécution en Suisse de mesures provisionnelles étrangères in SJ 2005 II p. 282 

n. 19 tient cet arrêt pour dépassé; VOLKEN, Zürcher Kommentar zum IPRG, 

2004, n. 7 et 8 ad art. 10 LDIP p. 132, 133 et n. 30 p. 137; DUTOIT, Droit 

international privé suisse, 2005, n. 2 ad art. 10 LDIP). 

En matière de mesures protectrices, BRÄM tient également pour possible et 

admissible le prononcé d'une mesure d'interdiction de disposer à l'égard d'un 

conjoint domicilié en Suisse pour des biens sis à l'étranger, l'exécution de cette 

décision étant naturellement soumise à la reconnaissance de celle-ci par l'autorité 

étrangère compétente (BRÄM, op. cit., n. 38, 39 ad art. 178 CC). 

6.2.3 Il est d'autant plus légitime de permettre au juge du fond de rendre une 
décision provisionnelle alors même qu'elle devra être exécutée à l'étranger que le 

principe qui veut que le juge de la mesure provisionnelle soit aussi celui de 

l'exécution est battu en brèche, tant sur le plan interne (cf. art. 33 LFors) que sur le 

plan international, puisque dans le cadre de la Convention de Lugano, tant la Cour 

de justice des communautés européennes que le Tribunal fédéral admettent en 

principe la reconnaissance et l'exécution de décisions provisoires de nature 

conservatoire, le Tribunal fédéral ayant ainsi confirmé l'exequatur accordé par le 

Tribunal supérieur du canton de Zurich à une "freezing injunction" prononcée par 

un juge anglais, soit à une mesure provisoire de protection qui vise l'interdiction 

faite à une personne de disposer de certains éléments de fortune, que ces biens 

soient situés dans le pays ou à l'étranger (ATF 129 III 626 résumé dans SJ 2004 I 

29; TUNIK, op. cit., p. 284 ss not. 292 ss; CJCE, arrêt Van Uden du 17.11.1998, 

cité par GAUDEMET TALLON, Compétence et exécution des jugements en 

Europe, 2002, p. 247). 

Une semblable décision pourrait aussi être prise, en dehors du champ d'application 

de ladite convention, sur la base de l'art. 25 LDIP, mais cette solution demeure 

cependant controversée (TUNIK, op. cit., p. 289, 290 et réf. citées). 

6.2.4 Aussi, la Cour, après décision prise par l'ensemble de ses chambres civiles 
(art. 33 LOJ), considère que sa jurisprudence publiée dans SJ 1990 196 doit être 

abandonnée au vu des critiques dont elle a fait l'objet et de l'évolution 

jurisprudentielle rappelée supra. Si la motivation pragmatique qui a conduit, en 

1990, à privilégier une solution dictée par l'efficacité et les circonstances du cas 

d'espèce, conserve sa valeur, il n'empêche qu'elle s'écartait du principe 

fondamental, consacré en Suisse comme à l'étranger, voulant que le juge saisi de 

l'action au fond soit aussi compétent pour prononcer les mesures conservatoires 

(VOLKEN, op. cit., n. 6 ad art.10 LDIP), cela même lorsque celles-ci doivent être 

exécutées dans un lieu qui échappe à sa compétence territoriale. 

- 22/29 - 
 

C/29642/2008 

Les règles de compétence instaurées par l'art. 10 LDIP et 24 de la Convention de 

Lugano offrent, dans un souci de célérité, la possibilité de requérir la mesure 

provisoire ou conservatoire directement auprès du juge du lieu où elle sera 

exécutable, alors même qu'il ne serait pas compétent pour connaître du fond de la 

contestation. 

Il ne s'agit cependant pas là d'un for exclusif et la mesure urgente peut toujours 

être ordonnée par le juge du fond, à charge pour le requérant d'en obtenir 

l'exequatur au lieu de l'exécution. 

En décider autrement pourrait aboutir à des cas de déni de justice, lorsque l'Etat 

du lieu où la mesure conservatoire devrait être exécutée serait incompétente pour 

statuer sur le fond et n'aurait pas prévu dans sa législation de disposition analogue 

à celle de l'art. 10 LDIP. 

Il convient par conséquent de donner suite aux conclusions de la recourante en 

tant qu'elles visent la saisie conservatoire de biens sis à l'étranger et font de 

surcroît interdiction à l'intimé, domicilié à Genève, d'en disposer sous la mesure 

de la peine prévue par l'art. 292 CP. 

7. Il reste à statuer sur l'étendue de cette mesure qui devrait frapper essentiellement 
des biens dont l'intimé n'est pas le propriétaire, au sens juridique, mais plutôt 

l'ayant droit économique. 

L'intimé conteste que les conditions requises pour qu'il soit fait application du 

principe du "Durchgriff" (transparence ou levée du voile) soient réunies. Il ajoute 

que ce principe serait de surcroît inapplicable aux trusts qui ne sont pas des 

personnes morales mais des patrimoines qui sont la propriété fiduciaire des 

trustees, eux-mêmes actionnaires des sociétés comprises dans les trusts. 

7.1 Selon la jurisprudence, il y a lieu en principe de respecter l'indépendance 
juridique d'une personne morale, à moins que cette indépendance ne soit invoquée 

abusivement dans le cas particulier. Pour faire abstraction de l'indépendance 

juridique de la personne morale, il faut que l'on soit en présence d'un véritable 

abus de droit, d'une utilisation de la personne morale qui soit manifestement 

contraire au but de celle-ci et abusive ou qui ait pour effet une atteinte manifeste à 

des intérêts légitimes de tiers (TF, SJ 2001 I p. 165, consid. 2 et réf. citées, ATF 

n.p. 5P.179/2002 du 1.7.2002 consid. 3.1). 

7.2 Dans le cadre de l'art. 178 CC, comme en matière de séquestre (art. 272 al. 1 
ch. 3 LP), la mesure doit frapper en principe des biens qui appartiennent au 

conjoint, respectivement au débiteur. 

En matière de séquestre, il est admis que le créancier puisse appréhender des biens 

qui paraissent appartenir à des tiers en raison de leur possession, de l'inscription 

- 23/29 - 
 

C/29642/2008 

dans le Registre foncier, du contenu du titre ou de l'intitulé du compte bancaire, 

pour autant qu'il rende vraisemblable que ces biens appartiennent en réalité à son 

débiteur. 

Cette faculté n'est pas réservée aux seuls cas où le débiteur serait l'ayant droit 

économique de la personne morale et où les circonstances justifieraient la levée du 

voile, mais elle s'étend encore aux tiers qui agiraient comme des hommes de paille 

ou à des mandataires professionnels qui disposeraient de dépôts collectifs, lorsque 

le créancier rend vraisemblable, par des indices, que la situation est frauduleuse 

(TF, JT 2000 II 35 consid. 4a). Autrement dit, le séquestre peut aussi s'appliquer 

aux biens détenus à titre fiduciaire, quand bien même le titulaire fiduciaire est 

considéré comme propriétaire à part entière des biens (STOFFEL/CHABLOZ, 

Commentaire romand LP, 2005, n. 27 ad art. 272 ? LP p. 1287). 

Rien ne s'oppose à l'application, par analogie, de ces principes aux mesures de 

l'art. 178 CC. 

7.3 Selon l'art. 149a LDIP, on entend par trusts les trusts constitués par acte 
juridique au sens de la Convention de La Haye du 1er juillet 1985 relative à la loi 

applicable au trust et à sa reconnaissance (ci-après : la Convention). 

L'art. 2 de la Convention définit par "trust" les relations juridiques créées par une 

personne, le constituant - par acte entre vif ou à cause de mort - lorsque des biens 

ont été placés sous le contrôle d'un trustee dans l'intérêt d'un bénéficiaire ou dans 

un but déterminé. Les biens du trust constituent une masse distincte et ne font pas 

partie du patrimoine du trustee (a), le titre relatif aux biens du trust est établi au 

nom du trustee ou d'une autre personne pour le compte du trustee (b) et le trustee 

est investi du pouvoir et chargé de l'obligation, dont il doit rendre compte, 

d'administrer, de gérer ou de disposer des biens selon les termes du trust et les 

règles particulières imposées au trustee par la loi. 

Le trust est régi par la loi choisie par le constituant et à défaut par celle avec 

laquelle il présente les liens les plus étroits (art. 6 et 7 de la Convention). 

7.4 Dans le cas présent, les deux trusts constitués par l'intimé ont été soumis au 
droit chypriote. 

Comme l'évoque l'avis de droit rédigé par un avocat chypriote à la requête de 

l'intimé, si le trustee est légalement propriétaire du patrimoine du trust, celui-ci ne 

lui appartient cependant pas et revient en fait aux bénéficiaires. Le trust est ainsi 

un fonds indépendant détenu par les trustees et administré par ceux-ci en accord 

avec les souhaits du constituant et en faveur des bénéficiaires désignés par le 

constituant. L'administration et la gestion du trust incombe soit aux trustees 

directement, soit à des sociétés possédées par les trustees, par exemple des 

"special companies", toujours en accord avec la volonté du constituant et la teneur 

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C/29642/2008 

de l'acte constitutif. Il est parfaitement légal que le constituant gère et administre 

le patrimoine transféré au trust parce qu'il est en général le plus qualifié pour ce 

faire étant donné que ce patrimoine lui appartenait avant la création du trust. 

Il a été vu en l'espèce que l'art. 19 des actes constitutifs des deux trusts conférait à 

l'intimé des pouvoirs de gestion et d'administration étendus, par le biais des 

sociétés spéciales, telles que J______ LTD et K______ INC. 

7.5 L'intimé, qui a cédé sans contrepartie l'essentiel de son patrimoine 
professionnel aux trusts et n'a pas fait mystère de son intention de soustraire de la 

sorte celui-ci à une possible mainmise de ses créanciers, au nombre desquels il 

comptait son épouse, admet lui-même que les biens ainsi transférés tombent sous 

le coup de l'art. 208 CC et pourraient être comptabilisés dans ses acquêts. 

Dans ces circonstances, il faut admettre que la recourante a rendu vraisemblable 

que les biens transférés aux trusts continuaient à appartenir économiquement à 

son époux qui les gérait et qui était le principal bénéficiaire. 

7.6 Il est dès lors possible de faire abstraction du fait que les patrimoines soumis 
aux trusts n'appartiennent pas formellement à l'intimé mais aux trustees et 

d'ordonner néanmoins la saisie conservatoire des biens dépendant des trusts. 

L'avis contraire de PERRIN, auquel l'intimé se réfère, ne peut être suivi 

(J. PERRIN, Trusts et droit matrimonial suisse, in FamPra 2009 p. 312, 

notamment p. 330). Si la jurisprudence fédérale autorise le séquestre de biens 

détenus à titre fiduciaire, il n'y a aucune raison de ne pas y associer les 

patrimoines détenus sous forme de trusts. 

Au demeurant, l'art. 15 de la Convention réserve l'application des dispositions 

impératives désignées par les règles de conflit de la lex fori, notamment en 

matière d'effets personnels et patrimoniaux du mariage ainsi qu'en matière de 

protection des tiers de bonne foi. 

L'interdiction de l'abus de droit est considérée comme une disposition faisant 

partie de l'ordre public positif réservé part. l'art. 18 LDIP (TF, SJ 2002 I 293). 

Or, le transfert d'acquêts à un trust qu'un conjoint exécute dans des conditions 

permettant l'application de l'art. 208 CC et celle, ultérieure de l'art. 220 CC, action 

assimilable à l'action en réduction de droit successoral, constitue une situation qui 

consacrerait un abus de droit si l'on refusait au conjoint lésé la faculté de saisir 

conservatoirement les biens devant garantir sa créance de participation. 

7.7 L'on relèvera, enfin, que les freezing injunctions rendues en particulier par le 
Tribunal de Limassol, pays d'incorporation des trusts, et par la Haute Cour de 

Londres où ont été saisis la plupart des tableaux, œuvres d'art et comptes 

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C/29642/2008 

bancaires portent non seulement sur les biens appartenant nommément à l'intimé 

mais s'appliquent encore à tous ceux qu'il détient par le truchement de tiers, 

notamment les trustees eux-mêmes. 

L'ordonnance de la Haute Cour de Londres vise même expressément tous les 

biens sur lesquels l'intimé a le pouvoir de disposer, directement ou indirectement, 

comme s'ils étaient siens, libellé qui semble pouvoir s'appliquer aux trusts. 

8. En conclusion, la mesure requise par l'appelante répond aux différentes exigences 
précédemment rappelées. Elle ne vise que des biens spécifiquement désignés et 

localisés. Le critère de la proportionnalité impose toutefois de limiter les effets de 

l'interdiction de disposer, en ce sens que les actes de gestion courante, tels que 

paiement des loyers, intérêts hypothécaires, salaires usuels, primes d'assurance, 

honoraires de fiduciaire, seront autorisés, de même que, pour la société O______ 

G______, les actes de gestion nécessaires à son activité commerciale ordinaire. 

La mesure sera prononcée pour une durée limitée, à savoir jusqu'à droit jugé au 

fond sur les prétentions matrimoniales formées par la requérante devant le juge 

suisse du divorce ou jusqu'à la conclusion d'un accord par lequel les parties 

conviendraient de lever, entièrement ou partiellement la mesure ordonnée. 

Il sera encore relevé que l'existence d'autres mesures de blocage pendantes à 

l'étranger ne constituent pas un obstacle à la reddition de la saisie conservatoire 

sollicitée. Il n'y a en effet pas de litispendance internationale en matière de 

mesures provisionnelles, le requérant pouvant agir parallèlement devant le 

Tribunal compétent au fond et en tous lieux où des décisions d'exécution 

immédiate s'imposent (dans ce sens, GAILLARD, op. cit., p. 152 ch. 21). 

9. L'appelante ne sera pas astreinte au dépôt de sûretés. D'une part, l'art. 178 CC ne 
le prévoit pas expressément (à la différence de l'art. 273 al. 1 LP) et l'intimé n'en a 

pas sollicitées. 

D'autre part, l'appelante a déjà été astreinte au dépôt d'une garantie par le Tribunal 

de Limassol, laquelle paraît en tout état suffisante, étant rappelé que l'intimé 

pourrait éviter la mesure de blocage et les préjudices éventuels qui pourraient en 

résulter en fournissant à l'appelante des sûretés d'un montant correspondant à sa 

créance prévisible. 

10. Au vu de l'importance des intérêts en jeu et du travail accompli, un émolument 
complémentaire de 15'000 fr. sera mis à la charge de l'intimé, qui succombe à 

l'appel, conformément aux articles 3, 24 et 25 du règlement sur le tarif des greffes 

en matière civile. 

11. L'intimé sera condamné également aux dépens de première instance et d'appel 
lesquels comprendront une participation aux honoraires d'avocat de l'appelante, 

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C/29642/2008 

participation qui tiendra compte notamment de l'important travail accompli, de la 

relative complexité de la cause, du montant considérable en jeu et de la 

responsabilité encourue par l'avocat. 

12. La valeur litigieuse est supérieure à 30'000 fr. 

Le présent arrêt, rendu sur mesures provisionnelles, est susceptible d'un recours 

civil, les moyens étant cependant limités conformément à l'art. 98 LTF. 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté par X______ contre l'ordonnance OTPI/677/2009 

rendue le 31 août 2009 par le Tribunal de première instance dans la cause 

C/29642/2008-18 SP. 

Au fond : 

Annule ladite ordonnance. 

Et statuant à nouveau : 

I. Ordonne la saisie provisionnelle des tableaux détenus par Y______, directement ou 

indirectement, notamment par le biais de la société J______ LTD dont le siège est sis à 

______ (BVI) et du trust chypriote E______ TRUST, dont les trustees sont E______ 

TRUSTEES LTD, ______, Cyprus soit : 

 (…. liste des tableaux) 

Lesdites œuvres étant entreposées à Singapour à l'adresse suivante : ______. 

 (liste des tableaux) 

Lesdites œuvres étant entreposées à Londres à l'adresse suivante : ______. 

II. Ordonne la saisie provisionnelle des meubles suivants, détenus par Y______ et/ou 

X______, directement ou indirectement, notamment par le biais de la société J______ 

LTD dont le siège est sis ______ (BVI) et du trust chypriote E______ TRUST, dont les 

trustees sont E______ TRUSTEES LTD, ______, Cyprus soit : 

 (liste des meubles) 

- 27/29 - 
 

C/29642/2008 

Lesdits meubles étant entreposés à Londres à l'adresse suivante : ______. 

III. Ordonne la saisie provisionnelle du yacht "T______" détenu directement ou 

indirectement par Y______, notamment par le biais de K______ INC et J______ LTD 

dont le siège est sis ______ (BVI) et du trust chypriote E______ TRUST, dont les 

trustees sont E______ TRUSTEES LTD, ______, Cyprus. 

IV. Ordonne la saisie provisionnelle du bien immobilier dont Y______ est propriétaire 

en nom à ST______ (BE) à savoir la parcelle no xxxx inscrite au Registre foncier du 

Canton de Berne, Commune de AN______, à l'adresse ______. 

V. Ordonne la saisie provisionnelle des comptes bancaires dont Y______ est titulaire 

et/ou ayant droit économique auprès des établissements bancaires suivants : 

 - BANQUE A______, ______, Chypre 

 - BANQUE B______, ______, Chypre 

 - BANQUE C______, ______, Singapour 

 - BANQUE D______, ______, Grande Bretagne 

 - BANQUE E______, ______, Grande Bretagne, en particulier le compte no 

x/xxxxxx/xx1 dont Y______ est titulaire auprès de cet établissement. 

VI. Ordonne la saisie provisionnelle des actions ou parts sociales et des actifs des entités 

suivantes détenues directement ou indirectement par Y______, notamment par le biais 

des trusts E______ TRUST et F______ TRUST dont les trustees sont respectivement 

E______ TRUSTEES LTD et F______ TRUSTEES LTD, tous deux domiciliés 

______, Cyprus. 

K______ INC 

Dont le siège est sis ______ British Virgin Islands 

J______ LTD (BVI) 

Dont le siège est sis ______ British Virgin Islands 

H______ HOLDING LTD 

Dont le siège est ______ Cyprus 

L______ LTD 

Dont le siège est sis ______ Cyprus. 

M______ SA 

Dont le siège est sis ______ Panama 

Inscrite au no xxxxxx du registre des sociétés 

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C/29642/2008 

N______ SA 

Dont le siège est sis ______ Panama 

Inscrite au no xxxxxx du registre des sociétés 

I______ SA 

Dont le siège est sis ______ 1213 Petit-Lancy 

S______ LLC, Floride, USA 

O______ G______ 

Dont le siège est sis ______ Russia 

VII. Fait interdiction à Y______, jusqu'à décision définitive et exécutoire au fond sur la 

liquidation du régime matrimonial ou accord entre les parties, de disposer directement 

ou par organe(s) interposé(s), des actifs visés sous points I à VI du présent dispositif, 

détenus en nom propre ou indirectement, ladite interdiction étant étendue aux sociétés 

elles-mêmes, à leurs organes, aux trusts et à leurs trustees. 

Dit que cette interdiction de disposer ne s'applique ni aux actes de gestion courante tels 

que définis dans les considérants (ch. 8) ni à l'activité commerciale ordinaire de la 

société O______ G______. 

VIII. Ordonne la mention au Registre foncier du canton de Berne, commune de 

AN______, de l'interdiction d'aliéner la parcelle no xxxx, sise à ______. 

IX. Prononce ces ordres et interdictions sous la menace des sanctions prévues par 

l'article 292 CP, dont la teneur est la suivante : "celui qui ne sera pas conformé à une 

décision à lui signifiée, sous la menace de la peine prévue au présent article, par une 

autorité ou un fonctionnaire compétents sera puni d'une amende". 

X. Dispense X______ de fournir des sûretés. 

XI. Donne acte à X______ de ce que la demande en divorce déposée le 22 décembre 

2008 valide d'ores et déjà au fond les mesures provisionnelles présentement sollicitées. 

XII. Condamne X______ à verser à l'Etat de Genève un émolument complémentaire de 

15'000 fr. 

XIII. Condamne Y______ aux dépens de première instance et d'appel, qui 

comprendront une indemnité de procédure de 15'000 fr. pour la première instance et de 

10'000 fr. en appel, et aux frais d'exécution de l'ordonnance. 

XIV. Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Siégeant : 

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C/29642/2008 

Madame Marguerite JACOT-DES-COMBES, présidente; Madame Florence 

KRAUSKOPF et Monsieur Pierre CURTIN, juges; Madame Fatina SCHAERER, 

greffier. 

 

La présidente : 

Marguerite JACOT-DES-COMBES 

 Le greffier : 

Fatina SCHAERER 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par devant le Tribunal fédéral 

par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 

30'000 fr.