# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1f28b831-5e80-537b-bf98-f180d0dcf465
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2011-11-29
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 29.11.2011 A/3362/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-3362-2011_2011-11-29.pdf

## Full Text

Siégeant : Doris GALEAZZI, Présidente; Evelyne BOUCHAARA et Christine 

TARRIT-DESHUSSES, Juges assesseurs 

  

 

 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/3362/2011 ATAS/1163/2011 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 29 novembre 2011 

1
ère

 Chambre 

 

En la cause 

Madame R__________, domiciliée à La Roche-sur-Foron, France recourante 

 

contre 

 

CSS ASSURANCES, agence de Genève, sise rue du Marché 11, 

1204 Genève 

intimée 

 

 

 

 

 

A/3362/2011 

- 2/6 - 

EN FAIT 

1. Madame R__________, née en 1949, était assurée auprès d'AUXILIA 

ASSURANCES MALADIE SA pour l'assurance-maladie obligatoire des soins.  

Le 5 janvier 2007, l'intéressée a informé AUXILIA du fait qu'elle s'était mariée et a 

communiqué sa nouvelle adresse à La Roche-sur-Foron en France. 

Le 27 décembre 2007, AUXILIA lui a signalé que son contrat allait être résilié au 

31 décembre 2006, du fait qu'elle avait quitté le territoire suisse.  

Le 20 février 2008, l'intéressée ayant déclaré qu'elle souhaitait rester assurée, 

AUXILIA lui a expliqué qu'elle devait transmettre le dossier à l'agence CSS de 

Genève, elle-même ne pratiquant pas l'assurance-maladie pour les personnes 

résidant à l'étranger. Elle constate par ailleurs que l'intéressée ne s'est pas acquittée 

de toutes ses primes d'assurance-maladie, en particulier pour l'année 2006, et 

l'invite à se mettre à jour dans les plus brefs délais. 

La CSS a transmis à l'intéressée une proposition d'assurance rétroactive au 1
er

 

janvier 2008, conformément aux accords de libre-circulation. Les primes prévues, 

compte tenu d'une franchise de 300 fr., sont de 540 fr. par mois pour l'année 2008, 

570 fr. par mois pour l'année 2009, 630 fr. par mois pour l'année 2010 et 720 fr. par 

mois pour l'année 2011. 

2. Le 14 mars 2008, AUXILIA a confirmé qu'elle mettait un terme à sa couverture 

d'assurance au 31 décembre 2007 et a à nouveau attiré son attention sur un solde de 

primes resté impayé. 

3. Par courrier du 14 novembre 2010, l'intéressée a informé la CSS qu'elle entendait 

résilier l'assurance obligatoire des soins au 31 décembre 2010. 

4. Le 15 février 2011, la CSS lui a rappelé qu'une résiliation ne pouvait être admise 

que lorsque les primes ou participations aux coûts arriérées seraient acquittées. 

5. Le 20 novembre 2008, Madame S__________, juriste à la PERMANENCE 

JURIDIQUE DE L'ASSURANCE-MALADIE / ACCIDENTS, mandatée par 

l'intéressée, a rappelé à AUXILIA que l'intéressée avait effectué les paiements 

suivants auprès d'elle, soit 400 fr. 40 le 7 janvier 2008, 396 fr. 60 les 30 janvier, 10 

mars et 7 avril 2008, et 39 fr. 85 le 7 avril 2008. 

6. Le 18 octobre 2010, Monsieur R__________, fils de l'intéressée, s'est adressé à la 

CSS, indiquant que 

"l'intéressée vous a envoyé de nombreux courriers relatifs à son dossier qui restent 

à ce jour sans réponse ou auxquels les réponses ne correspondent pas aux questions. 

 

 

 

 

A/3362/2011 

- 3/6 - 

Vous avez fait l'intéressée changer de caisse-maladie (de votre groupe) à plusieurs 

reprises et pour des raisons qui restent très floues. Depuis, nous soupçonnons votre 

comptabilité de ne pas avoir suivi ces divers changements, puisque vous réclamez 

des sommes de plusieurs milliers de francs. Vous avez également bloqué la carte 

d'assurée de l'intéressée et avez bloqué tous les remboursements qui lui sont dus, et 

ce malgré des paiements réguliers. (…) Je vous somme donc de prendre contact 

avec moi-même dans les plus brefs délais, afin de prendre un rendez-vous dans les 

trente jours avec l'intéressée et moi-même, afin de trouver une solution à ce 

problème. (…) Si aucune solution n'est trouvée dans les trente jours, je m'occuperai 

personnellement et au nom de l'intéressée de déposer des plaintes à l'encontre du 

groupe CSS, ainsi que de diffuser les communiqués de presse complets aux divers 

médias." 

7. En réponse à ce courrier, la CSS a rappelé que le contrat de l'intéressée avait été 

adapté selon les accords bilatéraux et sous l'assurance CSS, en lieu et place 

d'AUXILIA ne pouvant pas proposer ce genre de contrat, de sorte qu'aucun autre 

changement de caisse n'est intervenu, seule la prime a été adaptée en fonction de 

l'évolution des coûts. 

8. Dans sa réponse du 17 novembre 2010, la CSS a constaté qu'aucune décision 

formelle n'a été réclamée par l'intéressée, conformément à l'art. 49 LPGA. Sur le 

fond, elle relève que dans la mesure où l'intéressée est domiciliée en France et 

qu'elle souhaite rester assurée dans l'assurance obligatoire des soins, elle n'a d'autre 

choix que d'être placée dans le contrat "bilatéral France" du groupe CSS. Enfin, si 

elle souhaite résilier son contrat d'assurance, elle peut le faire pour autant que 

l'intégralité des primes ait été versée. 

9. Le 16 décembre 2010, la CSS accuse réception de sa lettre de résiliation du 20 

novembre 2010 et attire son attention sur le fait que l'assurée qui n'a pas payé 

intégralement les primes ou les participations aux coûts arriérés, ainsi que les 

intérêts moratoires et les frais de poursuite à l'échéance du délai de résiliation, ne 

peut pas changer d'assureur avant le prochain terme légal possible. 

10. Le 15 février 2011, la caisse-maladie, constatant que l'intéressée avait encore des 

arriérés de paiement au 31 décembre 2010 pour la CSS, a indiqué que l'assurance 

obligatoire des soins ne pouvait pas être résiliée. 

11. Le 28 février 2011, le fils de l'intéressée a demandé à la CSS de lui faire parvenir 

un décompte des sommes dues, avec une explication détaillée permettant de 

comprendre sur quelles primes elles portaient et un décompte des sommes à 

rembourser par la CSS, avec une explication détaillée permettant de comprendre 

quelles factures étaient visées, et d'accepter la résiliation avec effet rétroactif au 31 

décembre 2010. 

 

 

 

 

A/3362/2011 

- 4/6 - 

12. Le 24 mai 2011, la CSS a répété que l'intéressée était titulaire d'un contrat 

d'assurance-maladie de base dit "bilatéral" depuis le 1
er

 janvier 2008, au bénéfice de 

l'accord sur la libre circulation des personnes, vu son domicile en France, que la 

résiliation du 14 novembre 2010 ne pouvait être acceptée au motif qu'elle était en 

retard dans l'acquittement des primes et quotes-parts, enfin qu'aucune facture n'était 

dans l'attente d'un remboursement. 

13. Le 13 juin 2011, l'intéressée a annoncé qu'elle s'opposerait à cette prise de position 

auprès des tribunaux et qu'elle entendait invoquer notamment le déni de justice. 

14. L'intéressée a saisi la Cour de céans le 20 octobre 2011. Elle explique en substance 

que plusieurs des courriers écrits à la CSS sont restés sans réponse, qu'il appert que 

les primes qu'elle a versées à AUXILIA ne sont pas parvenues à la CSS, ce qui 

expliquerait que cette dernière lui réclame encore le paiement de primes. Elle 

conclut à ce que la résiliation de son assurance au 31 décembre 2010 soit validée, à 

ce qu'il soit ordonné à la CSS de lui verser toutes les sommes d'argent qui lui sont 

dues, et de lui faire parvenir le détail des sommes réclamées afin qu'elle puisse soit 

payer, soit fournir un justificatif de paiement. 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 4 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 

26 septembre 2010 (LOJ; RS E 2 05) en vigueur depuis le 1
er

 janvier 2011, la 

Chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît en instance unique 

des contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit 

des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA; RS 830.1) relatives à la loi 

fédérale sur l'assurance-maladie, du 18 mars 1994 (LAMal; RS 832.10). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Selon l'art. 1 al. 1 de la LAMal, les dispositions de la LPGA, entrée en vigueur le 

1
er

 janvier 2003, sont applicables à l'assurance-maladie, à l’exception de certains 

domaines (art. 1 al. 2 LAMal).  

3. Selon l’art. 49 LPGA, l’assureur doit rendre par écrit les décisions qui portent sur 

des prestations, créances ou injonctions importantes ou avec lesquelles l’intéressé 

n’est pas d’accord. Ces décisions doivent être dûment motivées si elles ne font pas 

entièrement droit aux demandes des parties et indiquer les voies de droit (art. 49 al. 

3 LPGA) ; 

Aux termes de l'art. 56 al. 1 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des 

assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA ; RS 830.1), la voie de recours est 

ouverte contre les décisions sur opposition et celles qui ne peuvent pas être 

contestées par la voie d'opposition. 

 

 

 

 

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- 5/6 - 

4. Force est de constater qu'en l'espèce, la CSS n'a rendu aucune décision. Un 

"recours", tel que celui déposé par l'intéressée le 20 octobre 2011, ne peut dès lors 

être déclaré qu'irrecevable. 

5. Il appartient cependant à la CSS de rendre sans tarder une décision formelle à 

l'intéressée, décision que celle-ci pourra alors le cas échéant contester par la voie de 

l'opposition. 

 

 

 

 

 

 

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- 6/6 - 

PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

 

1. Déclare le recours irrecevable. 

2. Invite l’intimée à rendre sans tarder une décision formelle sujette à opposition. 

3. Dit que la procédure est gratuite. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 

dans un délai de 30 jours dès sa notification par la voie du recours en matière de 

droit public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal 

fédéral, du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110), auprès du Tribunal fédéral 

(Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne) ; le mémoire de recours doit indiquer les 

conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de 

son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie 

électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 

possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 

l'envoi. 

 

La greffière 

 

 

 

 

Nathalie LOCHER 

 La présidente 

 

 

 

 

Doris GALEAZZI 

 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 

de la santé publique par le greffe le