# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 24dd6ca2-e4b8-53c7-b7f5-f57fa3077038
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-04-02
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 02.04.2015 P/12038/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-12038-2011_2015-04-02.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par pli(s) recommandé(s) du 7 juillet 2015 et à 
l'autorité inférieure. 

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/12038/2011 AARP/287/2015

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 2 avril 2015 

 

Entre 

A______, actuellement détenu à la prison de Champ-Dollon, chemin de Champ-Dollon 22, 

1241 Puplinge, comparant par Me B______, avocat, ______, 

C______, D______ et E______, domiciliés ______, comparant par Me F______, avocat, 

_______, 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

tous appelants, 

 

contre le jugement JTCR/4/2014 rendu le 26 septembre 2014 par le Tribunal criminel. 

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EN FAIT : 

A. a. Par jugement du 26 septembre 2014, dont les motifs ont été notifiés aux parties le 
17 octobre 2014, le Tribunal criminel a reconnu A______ coupable d'assassinat (art. 
111 et 112 du Code pénal suisse du 21 décembre 1937 [CP ; RS 311.0]), de tentative 
d'assassinat (art. 22 al. 1 cum 111 et 112 CP) et de tentative de lésions corporelles 
graves (art. 22 al. 1 cum 122 CP), l'a condamné à une peine privative de liberté de 13 
ans, sous déduction de 1’131 jours de détention subie avant jugement, aux frais de la 
procédure ainsi qu’à payer, à titre de réparation morale, les montants de CHF 
60'000.- et de CHF 40'000.- respectivement à la veuve et à chacun des deux enfants 
de la victime, plus intérêts à 5 % dès le 4______ août 2011, et à leur verser la somme 
de CHF 81'352.-, à titre de participation à leurs frais d’avocat. 

 Le Tribunal criminel a ordonné, par décision séparée, le maintien de A______ en 
détention pour motif de sûreté ainsi que diverses mesures de 
confiscation/destruction/restitution/dévolution des objets et valeurs saisis.  

 b.a. Par déclaration d'appel du 6 novembre 2014, A______ conclut, d'une part, à son 
acquittement du chef d'assassinat pour les faits visés sous chiffre I.1 de l’acte 
d’accusation, ces charges devant être déqualifiées en meurtre, et au bénéfice de la 
circonstance atténuante du repentir sincère pour cette infraction. Il conclut, d'autre 
part, à son acquittement des chefs de tentative d’assassinat et de tentative de lésions 
corporelles graves pour les faits visés sous ch. II.2 et II.3 de l’acte d’accusation. Il 
requiert le prononcé d’une peine privative de liberté adaptée à ses conclusions. 

 b.b. Aux termes de sa déclaration d'appel du 31 octobre 2014, le Ministère public 
conclut à ce que A______ ne soit pas mis au bénéfice de la circonstance atténuante 
du repentir sincère pour les faits visés sous chiffre II de l’acte d’accusation et 
requiert le prononcé d'une peine privative de liberté de 17 ans.  

 b.c. Dans leur déclaration d'appel du 30 octobre 2014, C______, D______ et 
E______ concluent à ce que les montants mis à la charge du prévenu, au titre de 
réparation du tort moral, soient portés à CHF 100'000.- pour l'épouse et à  
CHF 80'000.- pour chacun des deux enfants de la victime, et à ce que A______ soit 
en outre condamné à payer tous les frais et honoraires de leur conseil pour l’activité 
déployée du 27 septembre 2014 jusqu’au prononcé de l’arrêt par la juridiction 
d'appel. 

 c.a. Par acte d'accusation du 8 avril 2014, il est reproché à A______, d'avoir, à 
Genève, le 4______ août 2011 vers 09h47, intentionnellement tiré avec un pistolet 
deux balles sur F______, dans son bureau sis au dépôt des G______ (ci-après : 
G______), lui causant des lésions ayant entrainé son décès sur place, environ une 
heure plus tard.  

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 D'avoir agi avec une absence particulière de scrupules, après avoir préparé 
longuement et minutieusement son acte criminel, pendant plusieurs mois, notamment 
en effectuant des démarches pour se procurer un pistolet, en achetant une cagoule de 
motard et une moto, dans le but de fuir rapidement s'il venait à tuer F______, 
H______ et I______, en achetant une nouvelle veste, un nouveau casque de moto et 
un nouveau sac à dos et en remplissant les deux chargeurs de son pistolet, à un 
moment indéterminé avant le 21 août 2011. De s'être, le jour des faits, rendu sur 
plusieurs chantiers des G______ afin de trouver ses trois cibles, en vain, d'avoir 
atteint un collègue par téléphone, arguant de faux prétextes afin de se renseigner sur 
la position de ses trois collègues, de s'être alors dirigé vers le dépôt des G______ du 
J______ où il a franchi le portail d'entrée à 09h43, d'avoir observé F______ pendant 
environ 2½ minutes, en attendant le moment le plus propice pour agir, d'être ensuite 
entré dans la halle des G______, monté dans le bureau d'F______ et fait feu à deux 
reprises sur ce dernier, qui était assis à côté de K______. Il est ensuite reparti 
rapidement du site des G______ pour s'enfuir au guidon de sa moto en Italie. D'avoir 
ainsi agi avec détermination, rapidité et avec une efficacité redoutable et sans faille, 
ne laissant à sa victime aucune chance de s'en sortir, au seul motif qu'il avait 
rencontré des problèmes relationnels avec celle-ci dans le cadre de son travail, dont 
les méthodes managériales ne lui plaisaient pas.  

 c.b. Il lui est également reproché d'avoir, le 4______ août 2011 entre 08h00 et 
09h47, tout mis en œuvre pour volontairement tirer une ou plusieurs balles avec un 
pistolet sur H______ et I______. 

 D'avoir, ce faisant, agi avec une absence particulière de scrupules, en préparant 
longuement et minutieusement son acte criminel, notamment en recherchant en vain 
H______ et I______ le 4______ août 2011 sur les chantiers de L______, M______, 
centre-ville, N______ et au dépôt des G______ du J______, étant précisé qu'il a, 
dans ce dernier lieu, tiré à deux reprises sur F______ en le tuant, puis s'est enfui sans 
achever ses agissements à l'encontre d'H______ et I______. D'avoir agi avec 
détermination, rapidité et avec une efficacité redoutable, ses victimes n'ayant eu que 
la chance de ne pas s'être trouvées là où le prévenu les avait cherchées, et au seul 
motif qu'il avait nourri du ressentiment pendant des années à l'égard de ces deux 
collègues, considérés comme étant un suppôt de la direction dont les méthodes 
managériales ne lui convenaient pas. 

B. Il ressort du dossier les faits pertinents suivants : 

i. De l'investigation policière 

 a.a. Le lundi 4______ août 2011 à 10h03, la police a été avisée qu'un homme venait 
d'être blessé par balles sur son lieu de travail au dépôt des G______ du J______. 
Plusieurs patrouilles de police sont intervenues sur les lieux. Malgré les soins portés 

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par les secours à la victime, identifiée comme étant F______, son décès a été 
constaté à 10h55.  

 a.b. Grâce aux images de vidéosurveillance des G______, la brigade criminelle 
(BCrim) a pu établir qu'un homme avait pénétré en moto dans l'enceinte du dépôt 
G______ du J______ par la route O______ à 09h53mn15s. F______ était, quant à 
lui, arrivé à 09h53mn24s dans la halle d'entrée des G______ où se situait son bureau 
au 1er étage, et avait ensuite été en contact avec plusieurs employés, notamment 
K______ et P______. A 09h55mn59s, F______ s'était rendu à son bureau 
accompagné de K______ en empruntant les escaliers. Au même moment, l'homme 
arrivé en moto avait pénétré dans la halle d'entrée avec son casque sur la tête, portant 
dans sa main gauche un sac à dos. Il avait emprunté les escaliers menant au bureau 
d'F______ et s'était arrêté environ cinq secondes sur la plateforme intermédiaire, hors 
du champ de la caméra. L'homme avait disparu du champ de la caméra en haut des 
escaliers pendant seize secondes (entre 09h56mn27s et 09h56mn43s: heure à laquelle 
il réapparaît sur la vidéo). Dans cet intervalle, l'individu était entré dans le bureau 
d'F______, avait tiré à deux reprises sur lui et était ressorti. Il avait ensuite quitté la 
halle d'entrée à 09h56mn55s et était reparti du site des G______ en moto à 
09h57mn46s par la route O______ en direction de ______. Toute cette séquence 
s'était déroulée en 4 minutes et 30 secondes.  

 a.c. Les premiers actes d'enquête ont permis d'établir qu'F______ faisait face à des 
problèmes avec l'un de ses subordonnés, A______, en congé maladie depuis 
quelques mois et qui avait rendez-vous ce jour-là avec des membres de la direction. 
L'intéressé possédait en outre une moto pouvant correspondre à celle visible sur les 
images de vidéosurveillance et avait acquis, en juin 2011, un pistolet du même 
calibre (9 mm) que les douilles retrouvées dans le bureau de la victime. 

 La police a ainsi cherché à localiser A______, lequel, selon les informations 
transmises par sa mère, possédait une maison en Italie, à Q______, dans laquelle il 
aurait pu se réfugier.  

 a.d. Le 23 août 2011, sur mandat du Ministère public de Genève, la police italienne a 
interpellé A______, alors qu'il cheminait en direction de la gare de Q______, et a 
procédé à la perquisition de sa maison. Elle a ainsi trouvé, sur la table de la cuisine, 
plusieurs pages manuscrites et des petits mots rédigés par A______ pour son épouse 
et son fils, ainsi que les sommes de EUR 2'000.- et CHF 6'000.-. Dans le garage, se 
trouvaient une moto sans plaques, avec les câbles de batterie détachés, un casque de 
moto gris et noir et une paire de gants en cuir. Les policiers italiens ont découvert, 
dans une benne à ordures longeant la route du village, une veste bleue en jean et un 
sac à dos brun clair et beige. Une quittance d'un magasin militaire concernant l'achat 
d'une cagoule, le 13 juillet 2011, a été retrouvée dans les effets personnels de 
A______ mais pas l'arme du crime.  

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 a.e. A______ a été extradé le 18 octobre 2011.  

 b.a. Les investigations conduites par la police ont permis d'établir que A______ a 
effectué dans le canton de Vaud toutes les démarches en vue d'acquérir le pistolet 
utilisé par lui le 4______ août 2011, en commençant par l'obtention d'un extrait de 
son casier judiciaire le 1er juin 2011. Il a déposé une demande de permis 
d'acquisition d'arme le 4 juin 2011 et, le 22 juin 2011, s'est inscrit à l'Office cantonal 
de la population du canton de Vaud. A cette même date, il a envoyé l'attestation de 
cet office au Bureau des armes pour compléter sa requête. Il a récupéré son permis le 
28 juin 2011 puis, le même jour, s'est rendu au magasin R______ pour y acquérir son 
arme à 15h16 (heure figurant sur le ticket d'achat).  

 S______, armurier à T______, a confirmé devant le Ministère public que A______, 
identifié à l'audience, avait acquis un CZ 75 B, soit un pistolet semi-automatique qui 
ne nécessitait pas d'explications ni de démonstration. Il avait montré à A______ 
comment sécuriser l'arme en fin de tir en enlevant le chargeur et en retirant deux fois 
de suite la culasse en arrière et n'avait rien noté de particulier dans le comportement 
du client.  

 b.b. L'enquête a aussi révélé que le 19 juillet 2011, A______ a payé une taxe de CHF 
237.20 au Service des automobiles et de la navigation de T______ liée à l'acquisition 
d'une moto, qu'il a finalement achetée le 4 août 2011 à ______. Le 8 août 2011, il a 
annoncé la perte de sa plaque de moto 1______, laquelle a été réimmatriculée 
2______ le même jour. 

 b.c. A______ a franchi le tunnel du Mont-Blanc, en direction de l'Italie, le 4______ 
août 2011 à 11h48, au guidon de son motocycle. 

 b.d. Il ressort de l'extrait de son compte auprès de U______ (3______) afférent à la 
période entre le 1er janvier et le 23 août 2011, que A______ a opéré des retraits en 
EUR et CHF respectivement à T______ et à Martigny le 4 avril 2011, soit le jour où 
il a quitté son travail et s'est porté malade. Le 27 avril 2011, il a utilisé sa V______ à 
T______ et le lendemain à T______, à Martigny et à Sembrancher (VS). Aucun débit 
n'a été enregistré entre le 29 avril et le 23 mai 2011. Le 24 mai 2011, il a utilisé sa 
V______ dans une station de service à Martigny, ainsi que dans des commerces 
vaudois. Les 3 et 4 juin 2011, il a effectué des achats à Sembrancher et à T______. 
Le 14 juin 2011, il a utilisé sa V______ à Sembrancher et à Martigny et, le 
lendemain, à T______. Le 16 juin 2011, il procède à des achats à Genève. De 
l'essence a été achetée à Martigny les 16 et 22 juin et à Sembrancher les 19, 25 et 30 
juin ainsi que 2, 7 et 9 juillet 2011. Entre le 11 et le 29 juillet 2011, des achats et des 
retraits ont été effectués dans les cantons de Vaud et de Genève. Les 29 juillet et 2 
août 2011, de l'essence a été achetée à Sembrancher. La V______ est utilisée dans la 
région de T______ entre le 3 et le 10 août 2011. Le dernier achat d'essence à 

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Sembrancher, avant les faits, est intervenu le 12 août 2011. La V______ a été utilisée 
le 14 août à T______ et le 17 août à T______ et à Genève. 

 c. L'analyse rétroactive du téléphone portable de A______ a permis d'établir qu'il 
avait activé son appareil le 4______ août 2011 à 06h50, heure à laquelle il avait reçu 
un SMS de son épouse. Il avait, sans succès, tenté de joindre à deux reprises 
W______ à 08h40 et 08h44, puis avait atteint P______ à 08h45, avec lequel il avait 
discuté durant 3mn30s. A______ avait par ailleurs parlé avec son épouse à 08h49 
pendant environ 4 minutes et, finalement, tenté sans succès de joindre X______ à 
10h59.  

 d. Selon les analyses effectuées par la Brigade de police technique et scientifique 
(BPTS), le projectile tiré vraisemblablement en premier était entré au niveau du cou 
d'F______ à gauche et était ressorti au niveau de son bras droit. La seconde 
trajectoire avait provoqué trois orifices dans le corps de la victime : le projectile était 
entré au niveau de la hanche d'F______, était ressorti du côté droit de sa cage 
thoracique, et s'était fiché dans son bras droit.  

 L'analyse balistique a montré que les deux projectiles retrouvés sur les lieux (dont 
l'un s'était fiché dans le bras de la victime) ainsi que les douilles avaient été tirés par 
la même arme et présentaient des caractéristiques compatibles avec le pistolet acheté 
par A______. 

 Des particules caractéristiques de résidus de tir ont en outre été retrouvées sur la 
paume d'un gant en cuir noir (main droite) ainsi qu'à l'intérieur d'un sac à dos 
récupérés dans le village de Q______. 

 e. Selon le rapport d'autopsie, le décès d'F______ était la conséquence d'une 
hémorragie externe et interne sévère, provoquée par des lésions d'armes à feu, les 
projectiles ayant atteint le corps de la victime au niveau du cou d'une part et, d'autre 
part, au niveau du dos. 

 f. Il ressort du rapport de la BPTS du 29 février 2012 en relation avec la 
reconstitution des faits, qu'outre deux dérangements du pistolet liés pour l'un à une 
manipulation trop lente et, pour l'autre, à l'oubli de remettre le magasin dans la 
crosse, A______ n'avait pas hésité sur les manipulations qui lui ont été demandées. 
Le prévenu ayant dit avoir procédé à un déchargement de l'arme après avoir tiré sur 
F______, la BPTS relevait que cette mesure de sécurité importante contrastait avec la 
simple manipulation du levier de sécurité qui était également possible dans ce cas. 
Un temps de 16 secondes s'était écoulé lors de la dernière séance de reconstitution, 
soit le temps mesuré sur les images de vidéosurveillance. Ces images ne permettaient 
en outre pas d'affirmer que le sac à dos du prévenu était fermé lorsqu'il était reparti 
du site des G______. 

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ii.  Auditions des parties 

 g.a. Le 18 octobre 2011, A______ a été entendu par le Ministère public et mis en 
prévention pour l'assassinat d'F______. Il n'était pas en conflit avec la victime et ne 
se souvenait pas des faits car il avait pris des médicaments la veille et le jour du 
meurtre en raison de calculs rénaux dont il souffrait. Il avait été en arrêt maladie 
pendant plusieurs mois et suivi psychiatriquement par des médecins du Y______ (ci-
après : Y______), qu'il avait consultés pour la dernière fois la semaine avant le 
meurtre d'F______. Il était terrifié à l'idée de penser qu'il avait pu ôter la vie à 
quelqu'un et qu'il n'était probablement pas conscient de la portée de ses actes.   

 g.b. Entendu par la police le 19 octobre 2011, A______ a reconnu avoir tué F______ 
par balles dans le bureau de ce dernier le 4______ août 2011.  

 Il avait débuté sa carrière au sein des G______ comme monteur en Z______ et avait 
été nommé chef d'équipe en 2004. Tout s'était bien passé jusqu'à la fin de l'année 
2009, quand F______ l'avait convoqué dans son bureau pour lui indiquer qu'un 
employé s'était plaint de lui en raison du fait qu'il serait intervenu lors d'un piquet 
(l'enquête a pu établir qu'il s'agissait du 17 novembre 2009), sous l'emprise de 
l'alcool. F______ avait exigé qu'il se rende, le jour-même, chez le Dr AA______, 
médecin-conseil des G______, pour y faire une prise de sang afin de vérifier son 
alcoolémie. Le résultat était négatif et il n'avait pas d'alcool dans le sang. Suite à ces 
faits, il s’était adressé à la AB______, son assurance juridique, estimant être victime 
de diffamation. Le même jour, I______, membre de son équipe, lui avait avoué que 
c'était lui qui l'avait dénoncé auprès du responsable des ressources humaines et 
A______ lui avait répondu qu'il était "un grand minable".  

 Le lundi suivant, soit le 23 novembre 2009, F______ avait convoqué les dix 
employés du secteur de la Z______ dans le but de "crever l'abcès" et d'apaiser les 
tensions du groupe. A cette réunion, H______ et I______, tous deux membres de son 
équipe, avaient pris la parole en expliquant que A______ était raciste et qu'il avait 
tenu des propos inadéquats. A______ avait pris "une grande claque car tant H______ 
que I______ [avaient] dit [qu'il] ne [gérait] pas du tout [son] équipe". Il avait reçu 
"une avalanche de reproches énoncés avec un fond de méchanceté et pour faire du 
mal". Il avait essayé de répondre à ces accusations mais cela avait été très difficile 
car F______, leur supérieur, ne dirigeait pas la séance. Il avait eu le sentiment d'avoir 
été tout seul et accusé de tous les torts. Il avait été profondément blessé par les 
propos tenus par H______ et I______ et avait ressenti de la rancœur tant à leur égard 
qu'à celui d'F______, qui n'avait pas su gérer la situation. Après cette séance, il avait 
été sous le choc pendant deux mois mais avait toutefois continué son travail.  

 Pendant l'année 2010, F______ et AC______, ses supérieurs, lui avaient fixé des 
objectifs et l'avaient mis à l'épreuve, ce en accord avec le directeur technique, 

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AD______, qui avait demandé que des points de situation soient effectués chaque 
trimestre avec lui-même ou avec les deux précités. Il n'avait toutefois jamais vu 
F______ sur l'un de ses chantiers. Il avait vu, à une reprise seulement, AC______ en 
septembre 2010 pour l'ouverture d'______. Il n'avait en outre pas revu AD______ et 
n'avait reçu aucun reproche sur son travail durant l'année 2010.  

 En mars 2011 (l'enquête a pu déterminer qu'il s'agissait en réalité du 4 avril 2011), 
une réunion avait été organisée afin d'aplanir des tensions survenues entre H______ 
et certains collaborateurs de son équipe soit, en particulier, AE______. Lui-même 
avait encadré cette réunion avec AC______. Il était ressorti de cette séance 
qu'H______ tentait de saboter le travail de certains chantiers dont il était responsable 
afin qu'il en endosse la responsabilité. Cette réunion avait été le déclencheur de sa 
dépression puisque, dès le lendemain, il n'était plus retourné travailler. Epuisé 
physiquement et psychiquement, il était parti se reposer aux environs de Gletsch, en 
campant en zone forêt pendant deux semaines. Dès le mois de mai 2011, il était allé 
habiter chez sa mère à T______, ne souhaitant pas que son fils ressente son état 
dépressif. Pendant son arrêt de travail, un sentiment d'injustice s'était développé en 
lui, essentiellement à l'encontre d'H______, I______ et F______.  

 Au mois de juin 2011, il était parti deux semaines dans sa maison de Q______ et, 
durant ses réflexions, avait conclu qu'F______ aurait dû agir par rapport à H______ 
et I______ ou, du moins, le soutenir un peu.  

 A son retour d'Italie, durant la deuxième partie du mois de juin, il s'était enquis de la 
procédure à suivre pour acquérir une arme. Il avait en effet décidé de "[s]'occuper du 
trio F______, H______ et I______". Il voulait "leur faire du mal physiquement mais 
sans idée précise de les tuer ou pas". Il s'était dit qu'il allait procéder par étapes afin 
d'obtenir une arme de poing. Il avait ainsi effectué toutes les démarches nécessaires 
et acheté un pistolet, y compris deux boîtes de munitions. Après deux mois environ, 
il s'était dit qu'il fallait qu'il entreprenne quelque chose avec l'arme, nourrissant 
toujours la même haine et la même incompréhension à l'égard du "trio H______, 
I______ et F______", ces sentiments étant renforcés par la nouvelle que I______ 
occupait désormais temporairement sa place de responsable des Z______.  

 Le 13 juillet 2011, il avait acheté la cagoule qu'il portait le jour des faits non pas dans 
le but de dissimuler son visage lors du meurtre d'F______ mais de se protéger du 
froid en moto. Au début du mois d'août 2011, il avait acheté sa moto -retrouvée à 
Q______ - pour CHF 4'500.-, pensant déjà qu'elle lui permettrait "de [s]'échapper 
rapidement au cas où [il] en [venait] à tuer [ses] collègues avec lesquels [il avait] des 
problèmes". 

 Une semaine avant les faits, il avait vraiment décidé de "passer à l'action et de tirer 
sur F______, I______ et H______, dans la mesure où [il] pouvai[t] les trouver les 

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trois en même temps, sinon [il] aurai[t] tiré sur le premier venu des trois. Pour 
H______, comme il a[vait] une fille en bas âge, [il] pensai[t] lui tirer qu'une balle 
dans le genou. Quant aux deux autres, [il] pensai[t] leur tirer dessus en prenant le 
risque de les tuer". Il ne s'était pas entraîné avec l'arme et ne l'avait utilisée que le 
4______ août 2011. 

 Souhaitant être seul, il avait passé la nuit du 21 au 4______ août 2011 à l'hôtel 
AF______ de AG______. Il ne se sentait pas très bien, avait eu des idées suicidaires 
ainsi que l'envie de s'occuper dudit "trio". Il avait consommé des médicaments à 
l'hôtel afin de diminuer ses douleurs, ayant été hospitalisé deux semaines auparavant 
en raison de cailloux dans le rein gauche. Il se souvenait avoir pris le pistolet dans sa 
chambre et l'avoir pointé sur lui, sans tirer toutefois, ayant trop peur de mourir.  

 Le lundi matin 4______ août 2011, il s'était réveillé aux environs de 07h00 afin de 
rejoindre Genève avec son arme. Il s'était tout d'abord rendu sur le chantier des 
G______ de M______ pour vérifier s'il y trouvait ses collègues du secteur Z______, 
H______ et I______, mais aussi F______, qui pouvait également passer sur les 
chantiers. Depuis M______, il avait emprunté le pont ______ et avait roulé jusqu'au 
L______, toujours dans le même but. Il souhaitait leur expliquer sa manière de voir 
les choses. Il avait de la rancœur à leur égard et, concrètement, voulait leur tirer 
dessus mais était encore indécis à ce moment-là sur un passage à l'acte. Ne les ayant 
pas vus, il s'était rendu au centre-ville sur d'autres chantiers des G______. Comme il 
ne savait pas si ces collègues travaillaient en cette période estivale, il avait contacté 
P______ "afin de [se] renseigner sur la position des trois employés précités", lequel 
lui avait indiqué qu'H______ et I______ étaient entre AH______ et la place 
AI______. Il s'y était rendu et, ne trouvant personne, s'était décidé à se rendre au 
centre des G______ du J______.  

 Il avait garé sa moto à l'intérieur du site. Comme sa veste et sa moto étaient toutes 
deux récentes, il pensait qu'il ne serait pas reconnu par les autres employés. Il avait 
regardé à l'intérieur du hangar vitré et y avait vu F______ qui discutait avec 
P______. Il ne voulait pas passer à l'action en présence de ce dernier car il s'agissait 
d'un "gars bien". Il avait attendu deux minutes afin qu'F______ remonte l'escalier, 
accompagné de K______ puis les avait suivis. Lorsqu'il était arrivé dans le couloir 
menant au bureau de sa victime, il avait "encrossé" son arme qu'il avait prise dans 
son sac à dos. Il avait chargé l'arme dans le couloir, soit deux mètres avant de rentrer 
dans le bureau. Il avait par réflexe mis la sécurité sur l'arme en la bloquant. Il était 
entré dans le bureau d'F______ qui était assis sur une chaise juste à côté de K______. 
Il s'était dirigé vers sa victime et avait fait feu à deux reprises sur elle, après avoir 
enlevé la sécurité de son arme avec son pouce. Le premier coup de feu avait atteint le 
flanc gauche d'F______. Après deux secondes environ, il avait tiré le deuxième coup, 
toujours dans le corps de sa victime. Il avait été conscient de pouvoir tuer F______ 
en le visant et en tirant au niveau de son thorax. Lors de son acte, il portait des gants, 
une cagoule et son casque de moto et n'avait pas dit un mot. Il était resté une dizaine 

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de secondes dans le bureau et il lui semblait qu'il avait tout de suite déchargé son 
arme qu'il avait remise dans son sac. Il a déclaré que : "A ce moment-là, si j'avais 
croisé H______ ou I______, je pense que je leur aurais également tiré dessus".  

 Il avait ensuite quitté le site des G______ et regagné sa moto en marchant vite. Il 
avait quitté la Suisse et pris l'autoroute en direction du tunnel du Mont-Blanc. Il 
s'était arrêté après un péage pour téléphoner à son épouse et, "excité et nerveux", lui 
avait avoué avoir tiré sur un collègue. Il avait également appelé P______, prétextant 
vouloir savoir pour quelle raison celui-ci ne s'était pas présenté à leur rendez-vous de 
midi, afin de se renseigner sur les conséquences de son acte.  

 Lorsqu'il était arrivé au péage de Turin, le guichetier lui avait indiqué que son sac à 
dos était ouvert. Il avait roulé 20 à 30 mètres et s'était arrêté au bord de l'autoroute 
pour vérifier son sac à dos, remarquant alors que le pistolet ne s'y trouvait plus. Il 
n'avait pas voulu s'en débarrasser car il lui avait coûté CHF 1'000.-. A ce moment-là, 
son état d'esprit était "mitigé" dans la mesure où il avait, d'un côté, peur par rapport à 
l'acte qu'il avait commis mais, en même temps, était soulagé d'avoir tiré sur F______.  

 Il s'était réfugié dans sa maison de Q______ et avait rédigé un mot à son épouse, 
pensant qu'il mettrait fin à ses jours. Il lui avait laissé les sommes d'argent qu'il avait 
amenées "petit à petit". Au moment de son interpellation, il s'apprêtait à prendre le 
train pour fuir quelque part, éventuellement au bord de la mer. Juste avant d'être 
arrêté, il avait jeté, dans le container du village, la veste en jean et le sac à dos beige 
qu'il portait lors de l'homicide d'F______, ne souhaitant pas que la police fasse le lien 
entre lui et le meurtre de ce dernier.  

 Le 4______ août 2011, il devait effectivement se rendre à 14h à un entretien avec 
AM______ et AC______, dont il avait toutefois oublié l'existence, le fait qu'il ait agi 
le même jour étant une coïncidence. Il n'avait pas rendez-vous avec F______ ce jour-
là. 

 Questionné sur son état d'esprit, notamment par rapport à la victime et à sa famille, 
A______ a déclaré : "J'aimerais téléphoner à ma femme et souhaiter un bon 
anniversaire à mon fils AJ______. En ce qui concerne F______, je n'ai rien de 
spécial à dire. Je pense qu'il doit manquer à sa famille, à sa femme et à ses enfants. 
Ceci dit, mon fils ne me verra plus pour quelques années aussi". 

 A la question de savoir s'il éprouvait des regrets pour avoir abattu F______, il a 
répondu : "Non. C'était une personne sans aucun sentiment envers moi. Je ne peux 
pas dire que je regrette de l'avoir abattu. Par contre, je suis extrêmement désolé pour 
sa famille".  

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 Au sujet de sa situation personnelle, A______ a précisé qu'il avait perdu son père en 
août 2008. Son épouse avait donné naissance, le ______ 2008, à deux garçons, 
AJ______ et AK______, lequel était décédé 44 jours après sa naissance en raison 
d'un problème de sang, ce qui l'avait fortement affecté. Ces deux décès l'avaient 
énormément fatigué, parallèlement aux soucis qu'il rencontrait dans le cadre de son 
travail.  

 g.c. Suite à ses déclarations à la police, A______ a été mis en prévention 
complémentaire le 10 novembre 2011 pour avoir tenté d'assassiner H______ et 
I______ le 4______ août 2011.  

 g.d. Lors de ses différentes auditions par le Ministère public, A______ a reconnu 
avoir eu des problèmes d'alcool au travail et en avoir beaucoup consommé au 
moment du décès de son père et de l'un de ses fils car il n'allait pas bien. 

 Il avait effectivement apposé des affiches AL______contre les frontaliers en octobre 
2008 dans l'atelier des G______. Il avait agi ainsi pour exprimer son désaccord et 
avait même écrit à la main, dans la marge d'une des affiches, "bêtise". Il n'était pas 
raciste et n'avait rien contre les frontaliers ou les étrangers.  

 Il avait mal vécu le déménagement de son équipe au J______ lors de l'été 2009 car il 
s'était senti trahi par F______ et AD______, pensant qu'ils n'avaient pas confiance en 
lui. Il avait aussi mal pris le fait que I______ fût chargé de gérer le déménagement et 
avait traité son collègue de "collabo". 

 S'agissant de ses rapports avec I______, il n'avait pas eu de problèmes avec lui de 
novembre 2009 à mars 2011 et ils s'étaient même rapprochés. Il ne se souvenait pas 
s'il avait, à un moment ou à un autre, en mars 2011, ressenti de la colère à l'encontre 
de I______ et d'H______. Il gardait le sentiment que les deux avaient "mis de 
l'acharnement et de la méchanceté contre [lui]".  

 Il avait eu un entretien avec AC______ en septembre 2010, qui l'avait informé que sa 
mise à l'épreuve était terminée et satisfaisante et qu'il était par conséquent maintenu 
dans son poste de chef d'équipe. Interrogé sur un éventuel soulagement qu'il aurait 
ressenti, A______ a indiqué que, pour lui, F______ et AC______, ses deux 
supérieurs directs, auraient dû venir le voir travailler, ce qui n'avait pas été le cas. Il 
avait pris cela comme un manque de considération et ne voyait pas comment ces 
derniers pouvaient l'évaluer correctement s'ils ne l'avaient pas observé. Durant sa 
mise à l'épreuve, il avait continué à ressentir de l'animosité envers F______, 
H______ et I______ mais avait toutefois été content d'avoir mené à bien les 
différentes missions qui lui avaient été confiées. Son ressentiment envers F______ 
avait perduré et il pensait que ce dernier aurait dû venir vers lui. La victime était 
toujours pressée et il n'y avait pas le temps de discuter. 

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 Il était resté une dizaine de secondes dans le bureau d'F______ et, en partant, avait 
enlevé le chargeur de son arme qui était tombé dans son sac. Il avait ensuite fait un 
mouvement avec ses deux mains afin d'enlever la balle qui était montée 
automatiquement dans le pistolet. Il avait enfin lâché son arme dans son sac et était 
parti. Il avait effectué ces opérations en marchant.  

 Concernant son état d'esprit, A______ a exposé en cours d'instruction qu'il ne savait 
pas trop pour quelle raison il avait acheté une arme et ce qu'il voulait en faire. Il avait 
tiré sur F______ pour lui faire du mal mais sans avoir l'intention de tuer. Il regrettait 
de l'avoir tué, ainsi que le mal qu'il avait fait à la famille de ce dernier. Il avait été 
confus au moment d'agir car il était enfermé dans une bulle depuis plusieurs 
semaines et ne se rendait pas compte de ce qu'il faisait. Il avait réalisé l'horreur de 
son acte après son arrivée en Suisse, en particulier le jour de l'audition d'C______ et 
de son fils au Ministère public. Il souhaitait vendre la part de sa maison de Q______ 
et donner ce qui lui reviendrait à C______, économisant pour le surplus une partie de 
son pécule afin de dédommager la famille F______.  

 A______ a présenté ses excuses à H______ et I______ et a exprimé des regrets pour 
avoir eu l'intention de leur "faire du mal". 

 h. H______ et I______ se sont constitués parties plaignantes au pénal et au civil le 
1er décembre 2011 puis se sont retirés de la procédure le 18 octobre 2012.  

 Ils ont été entendus à plusieurs reprises par le Ministère public. 

 h.a. H______ avait été engagé aux G______ en 2003 dans l'équipe des Z______. En 
octobre 2008, A______ avait collé des affiches du AL______contre les frontaliers 
dans les armoires des ateliers, alors que I______ était frontalier. A______ savait en 
outre qu'F______ était frontalier et ne se gênait pas pour le traiter de "frontalier de 
merde". En 2009, A______ allait de moins en moins bien et s'était mis à boire de 
plus en plus au travail suite à des souffrances personnelles. Il avait commencé à 
adopter un comportement exécrable et était en colère, en particulier contre ses 
supérieurs et les employés qui allaient dans le sens de la direction, pensant qu'un 
complot avait été monté contre lui. Les mois avaient passé et, un jour, alors qu'ils 
travaillaient de nuit, A______ et I______ avaient dû intervenir sur une ligne. Ils 
s'étaient ainsi retrouvés tous les trois au J______ vers les 23h00. Lui et I______ 
avaient pensé que A______ avait bu en raison de son comportement étrange et 
I______ en avait avisé la direction.  

 Suite à cette dénonciation, une séance extraordinaire avait été organisée en novembre 
2009. Toute l'équipe des Z______ était présente, ainsi qu'un médiateur. H______ 
avait expliqué que A______ ne répondait pas à ses demandes et avait dénoncé, non 
sans difficulté, ses agissements racistes. Il considérait en outre que A______ était 

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trop colérique et s'énervait contre les membres de l'équipe jour après jour sans raison, 
ce qu'il avait également exprimé. 

 Suite à cette séance, il y avait eu une sorte de cassure. A______ avait dû se sentir 
trahi. Il avait plusieurs fois tenté de discuter avec lui, en particulier afin qu'il n'y ait 
pas d'injustice au sein de l'équipe, mais le prévenu ne l'avait jamais écouté. Dans la 
mesure où I______ avait déjà subi du mobbing de la part de A______, il n'avait pas 
envisagé d'évoquer ces problèmes avec la direction. Il avait par ailleurs constaté que 
le prévenu nourrissait de la colère envers F______ depuis la séance du 23 novembre 
2009 et ce jusqu'au jour du drame. 

 En février 2011, leur équipe avait suivi un cours d'auto-défense durant lequel 
F______ et A______ avaient effectué des prises de karaté ensemble. Ils s'étaient 
regardés dans les yeux et s'étaient souri, raison pour laquelle il ne comprenait pas ce 
qui s'était passé après une telle journée. 

 Le 4 avril 2011, une séance avait été organisée suite à un malentendu qu'H______ 
avait eu avec AE______. Il en avait profité pour dire à A______ et AC______, ses 
deux chefs, qu'il y avait toujours des problèmes de "copinage" dans leur équipe et 
s'était plaint du fait qu'il travaillait davantage que d'autres. A______ lui avait dit qu'il 
effectuait correctement son travail et que les autres n'assumaient effectivement pas 
leurs responsabilités. 

 Le 4______ août 2011, de retour au dépôt des G______, il avait vu une ambulance et 
deux véhicules de police à l'entrée. Il avait dit à son collègue que A______ était peut-
être revenu pour faire un malheur et qu'il était même éventuellement revenu pour lui. 
La police lui avait indiqué que quelqu'un avait tiré sur F______. Il avait eu la peur de 
sa vie et était sorti du site des G______ pour se cacher.  

 h.b. I______ avait été engagé aux G______ en novembre 2004 et avait intégré 
l'équipe des Z______. Tout s'était bien passé au début, notamment avec son chef 
d'équipe, A______, avec lequel il entretenait de bonnes relations. En octobre 2008, le 
prévenu avait placardé des affiches du AL______concernant les frontaliers dans leur 
atelier et il s'était alors senti directement visé. Il avait pensé que son supérieur avait 
des problèmes avec les frontaliers, ce qu'il avait aussi compris par des discussions 
indirectes avec d'autres collègues. 

 Pendant plusieurs années, comme A______ avait eu tendance à boire de l'alcool 
durant les heures de travail, il ne s'était plus senti en sécurité avec lui. Il avait tenté de 
lui en parler mais cela n'avait rien donné. Il avait décidé de le dénoncer à son chef et 
à AM______, responsable des ressources humaines, et avait évoqué les problèmes 
d'alcool et d'agressivité de A______. Suite à sa dénonciation, F______ avait eu un 
entretien avec le prévenu et lui-même lui avait avoué qu'il l'avait dénoncé aux 

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ressources humaines. A______ avait ainsi commencé à s'en prendre à F______ et à 
lui-même en le traitant de "collabo". 

 Lors de l'été 2009, leur équipe avait déménagé au J______. F______ l'avait chargé 
de s'occuper de ce déménagement, ce que A______ avait pris pour une haute 
trahison, considérant qu'il était passé du côté de la direction. Après ce 
déménagement, A______ n'avait plus consommé de bière au travail.  

 I______ avait organisé lui-même la réunion du 23 novembre 2009. Il y avait eu des 
règlements de comptes entre d'autres collègues de l'équipe et, finalement, la réunion 
avait tourné en procès de A______. Cette séance avait dérapé et n'avait pas été 
positive. F______ n'avait rien dit et était resté simple spectateur.  

 Certains membres de l'équipe avaient par la suite commencé à le traiter, lui et 
H______, de "balance". Le directeur, AD______, était venu les informer que 
A______ était mis à l'essai durant un an. A partir de ce moment-là, il s'était obligé à 
saluer chaque matin son chef et, au fil des mois, les choses s'étaient améliorées.  

 Lors de la séance d'avril 2011, I______ avait exprimé son plaisir de retravailler avec 
le prévenu. Le lendemain de cet entretien, celui-ci avait "disparu de la circulation". 
On l'avait ensuite informé que A______ avait "pété un plomb" et il avait alors été 
chargé d'assurer l'intérim de son poste.  

 Le 4 mai 2011, il lui avait envoyé le SMS suivant : "Salut A______ j'ignore 
complètement ce qui t'arrive, je ne suis peut-être pas la bonne personne à qui tu veux 
parler Mais les RH n'ont toujours rien reçu et l'heure est grave car ils ont bloqué ton 
prochain salaire !!!!Stp penses-y!!! Rien n'est jamais trop tard !!On m'a nommé 
comme ton remplaçant mais ce n'est pas ma place !!! C'est la tienne … Voici mon 
numéro fixe si tu veux parler. …". Le prévenu ne lui avait pas répondu. Le 12 juin 
2011, il lui avait souhaité bon anniversaire par SMS. 

 Le jour du drame, il avait appris qu'on avait tiré sur F______ alors qu'il se trouvait 
sur un chantier en ville. Tous les membres de l'équipe avaient tout de suite pensé que 
A______ était l'auteur des coups de feu, ce qui leur avait été confirmé quelques jours 
après. Il n'avait pas eu peur pour lui et s'était immédiatement rendu au J______.  

 Les relations entre A______ et F______ étaient assez tendues. Elles l'étaient 
également entre F______ et toute l'équipe, ce dernier ne communiquant pas bien et 
ayant une façon de s'exprimer qui agaçait certaines personnes. La victime n'était pas 
un mauvais dirigeant, mais venait du privé et avait d'autres méthodes. Il dérangeait 
les habitudes des anciens collaborateurs et débarquait parfois à l'improviste, ce que 
certains n'appréciaient pas. Il tentait de rétablir une hiérarchie alors que pendant 
longtemps les employés avaient fait la pluie et le beau temps. Il n'écoutait pas, était 

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borné et n’en faisait qu'à sa tête. Cela ne l'empêchait pas d'être humain et de savoir 
écouter par moments. Il rendait service si on lui rendait service et c'était quelqu'un 
que I______ respectait énormément. Il savait prendre des décisions et les assumer. 
Le vendredi avant son décès, F______ lui avait d'ailleurs dit regretter ce qui arrivait à 
A______.  

 I______ savait que A______ avait été en colère contre lui après la réunion de 
novembre 2009, ce qu'il comprenait. Il n'avait toutefois pas ressenti une animosité 
particulière par la suite.  

 i.a. C______ a rappelé que la victime était un mari et un père formidable, généreux 
et dont elle partageait les valeurs. Il avait été content de travailler pour les G______, 
qu'il décrivait comme un bon employeur, et lui avait confié que les collaborateurs ne 
s'en rendaient pas compte. F______ lui parlait de son travail et de ses collègues, sans 
citer des noms, et avait évoqué le cas d'un collaborateur qui avait disparu. Son mari 
s'était fait du souci pour lui. 

 Son époux était un grand travailleur, très investi dans la construction de leur maison. 
Leur mariage avait été harmonieux et ils étaient unis par un attachement profond. 
Depuis le décès de son mari, sa vie était une horreur. Ils avaient de très nombreux 
projets et tout cela avait pris fin, de manière si brutale et injuste. Sur le plan 
financier, elle travaillait désormais à 80% et percevait une rente de veuve.  

 i.b. D______ a exprimé la souffrance que lui-même, la famille de son père et celle de 
sa mère éprouvaient depuis le décès d'F______. Son père avait été un modèle pour 
lui et il en était très fier. Sa douleur était indescriptible et leur vie n'était plus la 
même. Il avait été très choqué par les propos de certains collaborateurs des G______ 
et penser que son père était mort dans de telles circonstances lui était insupportable. 
L'importance accordée à la réunion du mois de novembre 2009 pour justifier 
l'homicide de son père était indécente.  

iii. Auditions des employés des G______ 

 j.a. K______, cadre supérieur dans le secteur technique, était assis le jour du drame 
dans le bureau d'F______. Ils avaient discuté moins d'une minute lorsqu'une 
personne avait surgi dans le bureau. Il avait d'abord vu une arme puis un homme 
avec un casque de moto sur la tête qui avait immédiatement tiré deux coups de feu 
sur son collègue, ce qui avait provoqué un bruit de tonnerre. Les coups de feu avaient 
été presque instantanés. Il avait vu F______ chuter en arrière et tomber à terre. 
L'agresseur n'avait pas prononcé le moindre mot et, comme il portait un casque de 
moto qui devait être fermé, il n'avait pas vu son visage. Il avait un "air décidé", 
n'avait pas traîné mais n'était pas non plus parti au pas de course. 

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 Il connaissait bien F______ et le côtoyait dans toutes les séances des cadres 
supérieurs, mais également en dehors du travail. Professionnellement, F______ avait 
choisi un management plutôt directif et disait les choses franchement, ce qui pouvait 
déplaire. Lui-même entretenait de bonnes relations avec la victime, qu'il considérait 
être un cadre juste. Quant à A______, il avait travaillé avec lui et l'avait toujours 
trouvé agréable.  

 j.b. AM______, responsable des ressources humaines des G______ pour les 
employés du secteur technique, savait que A______ avait vécu des événements 
tragiques dans sa vie privée en 2008, notamment la perte de l'un de ses deux jumeaux 
au mois de décembre. Une suspicion de consommation d'alcool de la part de 
A______ était apparue déjà en juillet 2008. Certains collaborateurs avaient signalé 
des problèmes de fonctionnement du prévenu, qui était hésitant dans ses décisions. 

 En janvier 2010, la direction des G______ avait adressé au prévenu un courrier 
mentionnant des insuffisances de management et une mise à l'épreuve pour une 
année avec des objectifs fixés par sa hiérarchie. A la fin de la période probatoire, une 
réunion s'était tenue avec F______ et AC______ pour faire un bilan de de la 
situation, en présence de A______. Ensuite, le prévenu avait suivi une formation 
pour cadres entre février et mars 2011. Le 4 avril 2011, AC______ avait réuni les 
collaborateurs de Z______ et il en était ressorti un bilan positif de l'activité de 
A______ en tant que cadre. 

 Suite à la séance du 4 avril 2011, il n'avait plus eu de nouvelles de A______. Lui-
même et d'autres collègues s'étaient inquiétés et s'étaient demandés s'il ne s'agissait 
pas d'un abandon de poste ou si quelque chose de grave lui était arrivé. Ils avaient par 
la suite réussi à entrer en contact avec lui grâce à son frère. Malgré le fait qu'il n'avait 
pas envoyé de certificat médical pendant 40 jours, les G______ n'avaient pas licencié 
A______ ni n'avaient suspendu le versement de son salaire, car ils avaient compris 
qu'il traversait une mauvaise passe. 

 Le 28 juin 2011, lui et AC______ avaient eu un entretien avec A______, lors duquel 
ils avaient discuté de la seule question du suivi médical. Il leur avait clairement dit 
que "sa vie s'était éclatée", qu'il était complètement débordé et qu'il avait "perdu 
espoir en tout". Il s'était réfugié seul à la montagne en Valais. Il allait toutefois mieux 
par rapport à la période qui avait précédé et avait commencé un suivi médical. 

 Le 15 août 2011, A______ s'était rendu chez le médecin-conseil et une reprise à 
temps partiel avait été évoquée pour le 1er septembre 2011. A______ avait alors été 
convoqué le 4______ août 2011 à 14h00 en leurs bureaux pour discuter des 
conditions de sa reprise. Concrètement, il pensait que A______ devait se douter qu'à 
ce rendez-vous, on souhaitait lui retirer ses responsabilités de cadre. 

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 Pour ce témoin, F______ avait un type de management assez carré et exigeant qui 
donnait entièrement satisfaction à la direction. Il avait été confronté à des résistances 
de certains employés de l'équipe des Z______, qui avaient été perturbés par des 
changements d'habitudes de travail, mais avait justement été choisi pour sa capacité à 
se positionner face à de telles difficultés et avait été à l'origine de certaines décisions 
de transfert ou de licenciement, notamment s'agissant de AN______ ou AO______. 
F______ était "humain, drôle et juste" même s'il était "un peu trop direct et dur". Il 
pratiquait un management "de chantier" lié aux conditions de travail particulières et 
parfois dures: les engueulades étaient fréquentes et la culture bien différente de celle 
de l'administration.  

 j.c. AD______, directeur depuis 2005, savait que A______ avait eu des problèmes de 
comportement et de management avec d'autres collaborateurs. Il y avait eu 
notamment une suspicion de consommation d'alcool au travail. A______ avait en 
outre collé des affiches à contenu xénophobe, ce qui avait déclenché des réactions 
assez vives de certains collaborateurs. L'intéressé avait toutefois minimisé ces 
problèmes, ce qui avait conduit à la tenue de la réunion du 23 novembre 2009. Le 
retour qu'il en avait eu d'F______ et AC______ était mitigé dans la mesure où seuls 
H______ et I______ s'étaient exprimés, A______ restant muet et passif.  

 Après cette réunion, A______ avait adressé un courrier, intitulé "J'accuse", à 
plusieurs personnes dont lui-même. Suite à cette lettre, le témoin avait organisé une 
séance avec F______ et AP______ lors de laquelle il avait dit au prévenu que les 
problèmes ne pouvaient pas se régler de la sorte. A______ avait minimisé les 
reproches qui lui avaient été faits pendant la séance du 23 novembre 2009 et avait dit 
qu'il avait écrit le courrier sous le coup de l'impulsion car il s'était senti accusé. 
AD______ avait demandé au prévenu d'adopter désormais un comportement 
exemplaire.  

 En 2010, un plan d'améliorations avait été mis en place pour A______ et des 
objectifs lui avaient été fixés. Fin 2010 – début 2011, le prévenu avait pu bénéficier 
de cours de management et une amélioration avait été ressentie. Les collaborateurs, 
dans leur ensemble, avaient reconnu que les choses avaient bien évolué. Le 4______ 
août 2011, lui-même et AM______ avaient rendez-vous avec A______ pour discuter 
de sa reprise de travail à 50 % et de ses modalités. Pour AD______, qui avait vu 
F______ agoniser juste après les coups de feu, une telle issue était vraiment 
incompréhensible, après tellement d'efforts pour que les choses aillent dans le bon 
sens et s'améliorent.  

 S'agissant d'F______, celui-ci était quelqu'un d'humain, de direct et de jovial. 
Professionnellement, il était sérieux, carré et un homme sur lequel on pouvait 
compter. Il avait entretenu d'excellents rapports avec lui. C'était quelqu'un qui 
avançait dans un esprit de travail et de respect. Il avait des équipes qui n'étaient pas 

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faciles à gérer et il avait besoin de la confiance de ses collaborateurs. Il ne perdait pas 
de temps avec ceux qui discutaient tout le temps et voulaient faire toujours autrement 
et aimait que le travail soit fait et bien fait.  

 j.d. AC______, responsable de l'équipe des Z______ depuis 2009, avait eu à 
s'occuper du déménagement de AH______ au J______, dont la responsabilité avait 
été confiée à I______ et à une autre personne. Le témoin n'avait jamais considéré 
cette décision comme étant une source de tensions. 

 F______ était son responsable et il avait apprécié de travailler avec lui car il était 
franc et direct. Le déménagement devait servir en partie à régler certains problèmes. 
Il fallait remettre certaines personnes au travail. F______ avait notamment découvert 
un bar et des alcools forts dans les locaux de AH______ et avait vidé le container 
rempli de bouteilles d'alcool vides. 

 A______ était un homme assez nerveux qui pouvait avoir de la peine à se concentrer.  

 Le témoin avait participé à la réunion du 23 novembre 2009 et n'avait rien noté de 
particulier. Il avait toutefois entendu dire que des collègues avaient été choqués que 
personne n'ait pris la défense de A______.  

 AC______ avait effectivement été chargé d'assurer le suivi de A______ durant 
l'année de mise à l'épreuve. Il ne s'était pas rendu souvent sur les chantiers pour 
l'évaluer, dès lors qu'il n'avait pas les connaissances suffisantes pour apprécier ses 
compétences techniques, lesquelles n'étaient au demeurant pas remises en cause. Il 
avait fondé son appréciation sur les retours des collaborateurs et sur le suivi 
administratif des chantiers. L'évolution était positive et tant I______ qu'H______ 
étaient satisfaits de l'amélioration de leurs relations avec A______. De manière 
générale, il n'avait jamais constaté de tensions entre I______ et le prévenu. Il y en 
avait en revanche eues avec H______, dont le caractère était plus difficile. 

 Le 4 avril 2011, il avait décidé de recevoir A______ et, tour à tour, chacun des 
membres de l'équipe, qui n'avaient exprimé que des choses positives à l'égard du 
prévenu qui, lui, n'avait pas dit grand-chose. Le soir-même, A______ s'était annoncé 
comme malade en partant des G______. Il n'en avait pas compris la raison après un 
après-midi aussi positif. Par la suite, il s'était fait du souci car A______ n'avait pas 
donné de nouvelles, ni transmis de certificat médical alors qu'il était très 
consciencieux. Il avait tenté de le contacter à plusieurs reprises, était passé chez lui 
puis avait finalement réussi à le joindre par téléphone, par l'intermédiaire de son 
frère.  

 Il avait rencontré A______ avec AM______ le 28 juin 2011. Le prévenu était très 
calme et amaigri. Il leur avait indiqué qu'il avait eu des soucis familiaux liés au décès 

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de son père et de son fils mais qu'il allait un peu mieux, qu'il vivait chez sa mère à 
T______ et qu'il était suivi médicalement au Y______. Il ne s'était plus occupé de 
A______ par la suite.  

 Le jour du drame, il avait craint que A______ ne soit l'auteur du meurtre d'F______. 
Tout le monde savait en effet qu'F______ n'était pas son copain. En outre, A______ 
avait disparu bizarrement au mois d'avril et avait rendez-vous ce jour-là avec la 
direction. Le meurtre avait eu lieu dans les bureaux des G______, ce qui suggérait 
qu'il s'agissait d'une affaire interne.  

 j.e. P______ connaissait A______ depuis que celui-ci avait rejoint le service des 
Z______. Ils étaient tous deux responsables de l'équipe, tour à tour un an chacun.  

 Il avait participé à la séance du 23 novembre 2009, qui avait été mal gérée. Il y avait 
eu un effet de groupe et les membres de l'équipe avaient fait des reproches à 
A______. Il regrettait de ne pas avoir pris sa défense. Il se souvenait que ce dernier 
avait placardé des affiches du AL______dans les locaux des Z______ et y avait 
apposé une annotation, dont il avait oublié la teneur. Il pensait que A______ voulait 
aller contre ces affiches et qu'il n'était pas animé par des sentiments anti-frontaliers.  

 Le 4______ août 2011, A______ l'avait appelé à deux reprises. La première fois, 
avant le meurtre d'F______, il lui avait notamment demandé où se trouvaient les 
collègues de façon générale. P______ lui avait répondu que W______ était à 
Confignon. Le prévenu lui avait demandé où étaient les autres et le témoin avait 
indiqué qu'ils devaient être au centre-ville. La seconde fois, A______ l'avait appelé 
dans l'après-midi pour lui demander pourquoi il ne s'était pas rendu au rendez-vous 
fixé le jour-même à midi. Il lui avait répondu qu'F______ avait été assassiné et 
A______ avait raccroché sans dire un mot.  

 Le témoin connaissait très bien les G______ et compte tenu de ses trente ans 
d'expérience dans le service, il discutait souvent avec F______ de questions 
techniques et exprimait son point de vue. Même s'il était son supérieur, F______ 
suivait son avis et ne lui tenait pas rigueur du fait qu'il avait souvent raison. Le 
travail était en effet bien fait. La victime était tout le temps pressée et communiquait 
de manière directe, sans y mettre trop les formes. P______ n'avait pas remarqué des 
problèmes entre A______ et F______. La seule erreur qu'avait faite la victime était 
d'avoir mal géré la séance de novembre 2009. P______ n'avait pas le souvenir que 
I______ et H______ s'étaient plaints de A______, et inversement.  

 j.f. AE______ avait rejoint l'équipe des Z______ en 2007. A______ avait placardé 
des affiches AL______dans leur atelier et certains collègues étaient connus pour ne 
pas apprécier les frontaliers. Lui-même l'était, tout comme I______.  

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 Il pensait que certaines critiques dirigées contre A______ lors de la réunion de 
novembre 2009 étaient justifiées, particulièrement concernant sa consommation 
d'alcool et la sécurité des membres de l'équipe pendant le travail. Lui-même avait 
mal vécu cette séance. H______ et I______ avaient essentiellement pris la parole et 
il n’avait pas l'impression que quelqu'un ait pris la défense de A______.  

 Il avait pu constater, après cette séance, qu'H______ essayait de mettre les bâtons 
dans les roues de A______, mais agissait dans l'intérêt de l'équipe en général, dans le 
but de faire travailler ceux qui d'habitude en faisaient moins que les autres. Cette 
façon d'agir n'était pas correcte et le témoin avait décidé d'en parler à A______. Il 
regrettait de l'avoir fait et se demandait si cela n'avait pas été la cause de son congé-
maladie.  

 F______ était quelqu'un de franc, direct et à l'écoute lorsqu'on venait lui parler, mais 
son côté un peu rapide l'avait peut-être fait passer à côté de certaines choses. Il avait 
notamment décidé de faire déménager le service car certains bénéficiaient de 
privilèges et ne travaillaient quasiment pas. X______, par exemple, faisait un peu la 
pluie et le beau temps avant le déménagement et en voulait à F______. A______ 
avait aussi mal supporté le déménagement. Il était capable de s'énerver et de venir 
cinq minutes après taper sur votre épaule et s'excuser.  

 j.g. W______ travaillait dans l'équipe des Z______ des G______ depuis 12 ans. 
F______ avait été engagé pour optimiser le service et pour "faire le ménage". Pour le 
témoin, le fait que l'équipe buvait de l'alcool au travail n'était pas un problème, alors 
qu'F______ était opposé à cette pratique. Avant son arrivée, les employés pouvaient 
faire quelques courses pendant les heures de travail pour autant que le travail fût fait, 
puis les choses avaient bien changé. F______ était partout, tout le temps présent, et 
faisait des reproches pour des cafés ou des consultations de messagerie. Il n'était pas 
son supérieur direct et ses rapports avec lui se limitaient au "bonjour". 

 Le témoin s'entendait bien avec A______ qui était un homme assez impulsif et 
impatient mais jovial.  

 Lors de la séance de novembre 2009, il y avait eu une "mise à nu" de A______ par 
I______, H______ et les responsables du service qui avaient "tapé" sur lui et jeté 
"leur venin", ce qui l'avait choqué. Lui-même n'était pas intervenu, considérant qu'il 
n'avait rien à faire là. Pendant la réunion, A______ était resté impassible mais avait 
toutefois été remonté après cette séance. Les thèmes abordés avaient été 
l'incompréhension concernant les affiches AL______ainsi que les problèmes d'alcool 
et de gestion.   

 j.h. AN______ avait été engagé par les G______ en 1976 et avait intégré l'équipe des 
Z______ en 1985. Il y était resté jusqu'en 2009 puis avait été "mis à pied" par 

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F______, qui ne le voulait pas dans le service. Le témoin n'appréciait pas la manière 
d'être et de diriger d'F______, qui n'était qu'un exécutant de la direction des 
G______. Suite à l'arrivée de ce dernier, le climat au sein de l'équipe avait 
radicalement changé et ses membres avaient commencé à se méfier les uns des 
autres. La victime était un Français domicilié en France qui avait été engagé pour 
"dégager les Suisses", dans une entreprise largement subventionnée par les 
contribuables genevois. AN______, même s'il admettait ses lacunes en tant que chef 
d'équipe, ne s'était jamais remis d'avoir été "viré" du service par un frontalier. A 
l'exception de I______ et H______, qui semblaient adhérer au style d'F______, les 
autres collaborateurs de l'équipe, dont A______, étaient fâchés contre lui. 

 Le témoin était l'auteur du courrier adressé en prison à A______ le 10 janvier 2012 et 
avait aussi ajouté sur la carte de vœux qu’il lui avait adressée l'annotation "Merci 
pour le ménage", car F______ avait ruiné sa carrière. 

 Il avait eu connaissance de la réunion du 23 novembre 2009 qui avait été "un grand 
lavage de linge sale" au sein de l'équipe des Z______. 

 Il n'appréciait pas la manière d'être et de diriger de la victime. A______ était un ami 
avec lequel il n'avait jamais eu de problèmes au travail. Il était toutefois un peu 
colérique.  

 j.i. X______ travaillait aux G______ depuis 1985 et dans le service des Z______ 
depuis 1987. L'ambiance au sein de leur équipe avait commencé à se dégrader peu 
avant le déménagement au J______. A son sens, F______ en était responsable. Avant 
son arrivée, il leur arrivait de boire une ou deux bières à la fin du travail ou lorsqu'ils 
mangeaient tous ensemble et faisaient des grillades. F______ n'appréciait pas du tout 
ça et les surveillait. Le témoin admettait qu'avec le recul, ce comportement était 
logique. La victime était un homme très nerveux qui pouvait être très dur. 
Personnellement, il n'avait toutefois jamais eu de problèmes avec lui et il s'agissait 
d'un homme courtois avec l'équipe.  

 A______ était un collègue et un ami auquel il arrivait d'avoir des "coups de sang" ou 
de hausser la voix. Il n'était toutefois pas raciste et avait un avis plutôt positif à 
l'égard des frontaliers. Lorsqu'ils étaient encore à AH______, le témoin s'était 
inquiété au sujet de la consommation d'alcool de A______, lequel buvait jusqu'à trois 
bières par jour et était parfois "bourré" et donc joyeux en fin de journée. 

 Il avait vécu la séance du 23 novembre 2009 qui était "le procès de A______" et 
avait été scandalisé par la manière dont elle s'était déroulée. Elle avait été très mal 
gérée par F______ qui n'avait pas été impartial en ne prenant pas la défense de 
A______. Hormis cet épisode, le témoin n'avait pas remarqué de tensions entre 
A______ et les collaborateurs I______ et H______.  

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 Quelques jours avant le drame, il avait parlé à A______ au téléphone, lequel lui avait 
dit qu'il allait mieux et qu'il souhaitait les rencontrer avec d'autres collègues pour leur 
expliquer ce qui lui était arrivé. Avec P______ et W______, ils avaient pris rendez-
vous pour le 4______ août 2011 vers les 11h30 dans un café.  

 j.j. AQ______ travaillait aux G______ depuis 1976. F______ était son chef direct et 
ils partageaient le même bureau. Il n'était pas présent le jour des faits. Ses relations 
avec F______ n'étaient pas bonnes car il avait été engagé pour "semer la zizanie" et 
faire éclater les groupes. A titre d'exemple, F______ lui avait demandé à quelques 
reprises de ne plus parquer sa voiture dans l'enceinte du dépôt et de la stationner 
ailleurs comme tout le monde, puis, voyant qu'il n'avait pas obtempéré, il s'en était 
plaint auprès de la Direction. Le témoin avait été convoqué trois fois, alors qu'il y 
avait des choses plus importantes à régler que "[d']emmerder pour des peccadilles". Il 
estimait en outre que la Direction aurait pu venir le lui demander directement. La 
victime avait aussi fait venir des techniciens allemands pour opérer des comparaisons 
sur le temps nécessaire à l'entretien du système d'aiguillage, ce qui montrait qu'il 
n'avait pas confiance en ses collaborateurs. Il n'avait d'ailleurs engagé que des 
frontaliers, qu'il pouvait "mettre à sa botte", car "un Suisse n'aurait pas accepté de se 
mettre à sa botte". Le témoin trouvait "insupportable que ces deux hommes 
frontaliers [AD______ et F______] soient contre [lui]." A part cela, la victime lui 
avait toujours dit que son travail était très bien fait mais qu'il avait mauvais caractère 
et qu'il était trop gentil avec ses ouvriers. F______ n'était jamais en colère et ne criait 
pas mais disait ce qu'il voulait. Toute l'équipe avait une dent contre lui car il leur 
mettait la pression. Cela s'était toujours fait de boire l'apéro au travail vers 11h30 
tous les jours et personne n'avait rien dit car tout le monde faisait la même chose.  

 H______ était un type un peu particulier qui ne disait pas bonjour le matin tandis que 
I______ était un gentil collaborateur. Il ne savait pas pourquoi A______ leur en 
voulait. 

 A______ était un bon chef d'équipe. Il l'avait croisé quelques semaines avant les 
faits, alors qu'il sortait d'une réunion avec les chefs pendant son arrêt maladie. Il avait 
l'air d'un "zombie" et était tout bouffi.  

 j.k. AR______, employé des G______ depuis 1985, avait été nommé chef d'équipe 
en 2003. Il avait renoncé à ce poste en 2010, dès lors qu'il ne voulait pas suivre une 
formation de management et qu'il ne supportait plus qu'F______ s'occupe de tout. 
Avant son arrivée, le travail était accompli de manière plus décontractée, alors que la 
victime venait du privé et avait une autre façon de parler. Il l'avait stressé et son 
équipe avait été mise sous pression. Ses collègues et lui craignaient F______, qui 
n'avait cependant jamais été rabaissant ou impoli à son égard. C'était quelqu'un qui 
connaissait bien les chantiers. Sous l'ère F______, il n'y avait plus eu du tout de 

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possibilité de consommer de l'alcool sur les lieux de travail et certains anciens 
avaient pris leur retraite anticipée à cause de cela.  

 A______ était "un super gars" et il avait été surpris d'apprendre qu'il était l'auteur du 
drame.  

 j.l. AO______ avait commencé à travailler aux G______ en 1996 et avait rejoint 
l'équipe Z______ en 2009, dans la perspective qu'il devienne chef d'équipe ou 
contremaître. N'ayant pas réussi à tisser des liens avec F______ qui était son chef, il 
avait changé de service au cours de l'été 2011. Ce dernier lui demandait de 
"colporter" ce qui se passait dans le service et de contrôler qui faisait quoi, par 
exemple combien d'aiguillages avaient été nettoyés ou contrôlés en une journée. Il lui 
avait répondu qu'il n'était pas chef et que ce n'était pas son rôle. En sa qualité 
d'ancien délégué syndical, il trouvait cette façon de faire inadmissible. Il s'était senti 
menacé par la victime qui l'appelait sur son téléphone portable privé, étant précisé 
qu'il n'avait pas de natel professionnel. Il s'était d'ailleurs plaint auprès de la 
Direction de G______ du comportement d'F______, lequel lui avait reproché de ne 
pas avoir "choisi le bon bateau". Il avait ressenti de la haine contre la victime. Il se 
souvenait d'ailleurs qu'une fois, de nuit, il avait rencontré un problème avec un 
camion et s'était blessé au pied. F______ lui avait dit qu'il se chargerait de ramener le 
véhicule au dépôt, ce qui était inadmissible vu qu'il n'avait pas de permis pour ce 
type de véhicule. Le témoin avait d'ailleurs écrit au Ministère public pour être 
entendu dans la procédure, même s'il n'avait pas reçu de convocation, car il pensait 
qu'il avait des choses à dire. AO______ avait toujours eu de bonnes relations avec 
A______. 

 k. Les documents suivants ont été versés à la procédure en relation avec les 
témoignages des collaborateurs des G______ : 

 - Un courrier de A______ du 25 novembre 2009 rédigé suite à la séance du 23 
novembre 2009, adressé notamment à AD______ et F______. Dans cette lettre, 
dénommée dans la procédure "J'accuse", l'appelant indique que cette séance avait été 
une "parodie de procès" à son encontre. Il accuse notamment F______ de ne pas 
l'avoir écouté, ni laissé s'exprimer, de lui avoir manqué de respect et de ne l'avoir pas 
soutenu. Il admettait avoir affiché à deux endroits un article du AL______concernant 
la problématique des frontaliers. Il contestait toutefois le caractère raciste de cette 
publication. Il reconnaissait avoir fait preuve d'indélicatesse et ne pas avoir tenu 
compte de la "grande sensibilité de [ses] collègues lignards". 

 - Une lettre de A______ à la direction des ressources humaines des G______ du 4 
janvier 2010, à teneur de laquelle il accuse H______ et I______ d'avoir tenu des 
propos attentatoires à son honneur en prétendant qu'il avait été sous l'influence de 

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l'alcool et qu'il avait tenu des propos racistes. Il souhaitait obtenir de leur part une 
lettre d'excuses, afin de pouvoir "clore cette affaire". 

 - La réponse des G______ au prévenu du 8 janvier 2010 suite aux deux lettres 
précitées, dans laquelle la direction admet que la séance du 23 novembre 2009 ne lui 
avait pas permis de s'exprimer équitablement et constate que le rapport du médecin-
conseil confirmait qu'il n'était pas dépendant de l'alcool. La direction prenait acte du 
fait que A______ avait affirmé que depuis août 2009, il avait pris la résolution de ne 
plus consommer d'alcool, grâce notamment à l'appui d'F______. Il était aussi indiqué 
que compte tenu de ses lacunes en management avérées et de son comportement, le 
contenu de son envoi du 25 novembre 2009 étant inacceptable et très 
disproportionné, A______ était mis à l'épreuve pour l'année 2010. 

 - Un compte-rendu des entretiens individuels des collaborateurs de A______ qui se 
sont tenus le 4 avril 2011, en présence de l'intéressé et de AC______. 

 - Un courrier du 30 juin 2011 de AC______ et AM______ au prévenu suite au 
rendez-vous du 28 juin 2011, lequel rappelait à A______ qu'il s'était dorénavant 
engagé à agir en pleine conformité avec le Statut des G______ s'agissant de son 
absence. 

 - Une carte de vœux adressée par des collègues des G______ à A______ en prison, 
dans laquelle AN______ a écrit "Merci pour le ménage". 

 - Un courrier du 10 février 2012 de AN______ à A______ en prison, opérant une 
comparaison entre le conflit ayant opposé en 1602 les Genevois aux Savoyards, 
commémoré chaque année par la fête de l'Escalade ("2000 parasites 100 morts soit 
5%) et l'homicide d'F______ en août 2011 ("50'000 parasites 1 mort soit 0,0025%"), 
avec la remarque "Pour respecter les proportions et avoir des chances de composer 
des chants populaires il aurait fallu en trucider …". 

iv. Membres du corps médical 

 k.a. Le Dr Oliver AA______, médecin-conseil des G______, avait vu A______ pour 
la première fois en juillet 2008, au motif qu'il avait été surpris sur son lieu de travail 
en train de consommer de la bière. Lorsqu'il l'avait revu en décembre 2008, il avait 
stoppé toute consommation d'alcool. Le 20 novembre 2009, à la demande de 
AM______, il lui avait fait une prise de sang. A______ lui avait dit qu'il ne 
consommait plus d'alcool mais certains paramètres s'étaient modifiés et suggéraient 
le contraire. Le 23 novembre 2009, l'intéressé l'avait consulté après une réunion du 
même jour avec ses collègues. D'après ses notes, il lui avait dit qu'il était sous le choc 
et qu'on lui avait dit qu'il était un mauvais chef. Il avait trouvé A______ tendu et 
anxieux. Il avait demandé aux ressources humaines de le revoir durant le premier 

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trimestre de 2010, mais ne l'avait finalement revu que le 16 juin 2011. A cette 
occasion, A______ lui avait dit qu'il avait quitté son poste du jour au lendemain, à 
cause de problèmes familiaux et professionnels qui remontaient à 2009, et qu'il était 
allé camper à Gletsch en Valais. Il était très anxieux mais collaborant et cohérent. Le 
15 août 2011, ils avaient discuté de la reprise du travail. A______ ne lui avait pas 
paru particulièrement anxieux. Le Dr AA______ avait annoncé à A______ que les 
G______ avaient l'intention de ne pas le reprendre, dans un premier temps, comme 
chef d'équipe, ce dont l'intéressé avait paru un peu étonné, sans plus. Les résultats 
des analyses démontraient une probable reprise régulière de la consommation 
d'alcool. 

 k.b. Le Dr AS______ avait reçu le 5 avril 2011 un appel de l'épouse du prévenu, 
dont il était le médecin traitant, laquelle souhaitait obtenir un certificat d'arrêt de 
travail pour son mari. Il avait accepté à la condition que A______ vienne le voir pour 
une consultation, ce qu'il avait fait deux mois plus tard, soit le 16 juin 2011. Lors de 
la consultation, A______ lui avait expliqué qu'il avait des soucis au travail et qu'il ne 
se sentait pas très bien, ce qu'il avait lui-même pu observer. Il avait établi quatre 
certificats médicaux couvrant toute la période de son absence au travail.  

 k.c. AT______, infirmière en psychiatrie au Y______, avait rencontré A______ pour 
la première fois à la consultation des urgences psychiatriques le 15 juin 2011. Elle 
l'avait reçu avec la Dresse AU______. Il ne se sentait pas bien et avait besoin d'un 
certificat médical, précisant qu'il avait quitté son travail pour se mettre au vert dans 
un village dans le Haut-Valais, en raison d'un conflit professionnel. Au début, 
A______ était très anxieux à l'idée de reprendre son travail mais était en même temps 
ambivalent, dans la mesure où il disait entretenir de bons contacts avec ses collègues. 
Il y avait par ailleurs chez lui un grand sentiment d'injustice. Il lui avait également 
parlé de la souffrance qu'il avait ressentie suite au décès de son père et de l'un de ses 
fils.  

 A______ était d'accord de reprendre son travail à 50% et d'être parallèlement suivi 
psychiatriquement. Il ne s'était pas présenté au dernier rendez-vous qu'ils avaient fixé 
ensemble et n'avait plus donné de nouvelles.  

v. Membres de la famille de A______ 

 l.a. AV______ avait rencontré A______ en 1997, à T______, et ils s'étaient mariés 
une année plus tard. Elle avait accouché de jumeaux, AJ______ et AK______, le 
______ 2008. AK______ était décédé un mois et demi après sa naissance. Son époux 
avait en outre perdu son père un ou deux mois auparavant et avait très mal vécu ces 
deux décès. Il s'était réfugié dans le travail et revenait le soir exténué. 

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 Elle savait que A______ avait des problèmes et un certain "mal-être" qui le rendait 
triste et le fatiguait beaucoup. Le climat au travail avait beaucoup changé, il y avait 
des problèmes d'organisation et davantage de travail. En outre, son époux avait 
moins de liberté dans ses horaires. Alors qu'il lui arrivait de prendre parfois des 
après-midis pour aller voir des matchs de hockey, cela ne lui était plus possible et il 
rentrait à la maison très fatigué et se couchait immédiatement. Il ne s'occupait pas de 
leur fils.  

 Elle se souvenait qu'à fin 2009, son mari était rentré bouleversé d'une réunion de 
travail. Elle avait appris de X______ que des collègues "s'étaient acharnés" contre 
lui. Les amis de son mari, dont W______, X______ et P______, étaient tous mal à 
l'aise et se plaignaient de l'ambiance au travail. Son époux avait dû suivre des cours 
de management et avait dû prendre de la distance. Au début de l'année 2011, son 
mari lui avait dit qu'il avait eu une évaluation qui avait été très positive pour lui et 
qu'il en était vraiment content. Elle savait que le 4 avril 2011, son mari devait passer 
sa journée à faire des entretiens avec les membres de son équipe en raison d'un 
conflit entre deux collaborateurs. Il était rentré à la maison vers 18h00, exténué. Ils 
s'étaient disputés et il avait quitté le domicile conjugal en claquant la porte. Elle 
ignorait où il était allé. Pendant la période d'avril à juin 2011, elle n'avait revu son 
mari qu'à une seule reprise lorsqu'elle l'avait accompagné chez le médecin-conseil 
des G______. A cette occasion, son époux avait l'air "très mal", était tout tendu et 
"on voyait son visage fixé". 

 Le jour des faits, elle avait rendez-vous le matin vers 09h00 chez un avocat pour 
signer sa demande de divorce. Elle avait téléphoné peu après à son époux pour l'en 
informer. Il lui avait dit qu'il avait ou qu'il allait tuer quelqu'un et elle l'avait supplié 
de ne rien faire.  

 l.b. AW______ habitait à ______ depuis 1997 et entretenait des contacts sporadiques 
avec son frère A______ depuis des années. Au début de l'année 2011, il avait été 
contacté par les G______, qui étaient à la recherche de son frère, et il s'était rendu en 
Italie dans leur maison de famille où il l'avait trouvé "fatigué, exténué, sans énergie". 
Au mois de juin, il avait revu son frère à Q______ et constaté qu'il était de meilleure 
humeur, même si celle-ci était changeante. Il ne l'avait plus revu après ce séjour mais 
avaient tous deux eu plusieurs contacts téléphoniques lui laissant l'impression que 
son frère allait de mieux en mieux. Le 18 août 2011, A______ lui avait dit qu'il avait 
rendez-vous avec les G______ pour envisager une reprise du travail et définir les 
modalités et l'environnement de ce retour. 

 Son frère était de deux ans son aîné et, en tant que tel, une personne de référence 
pour lui. Il le voyait comme quelqu'un de calme, introverti, qui rendait volontiers 
service. Il n'avait jamais vu son frère violent physiquement et n'arrivait pas à 
l'imaginer commettre un meurtre. 

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vi. Expertise psychiatrique  

 m.a. Dans son rapport du 15 mai 2012, le Dr AX______, expert psychiatre, a retenu 
que la responsabilité du prévenu était entière au moment des faits et que l'acte 
punissable qui lui était reproché n'était pas en rapport avec un état mental 
pathologique ni avec une intoxication aiguë. 

 L'expertisé souffrait d'un épisode dépressif moyen en forte rémission au moment des 
faits, lequel était assimilable à un grave trouble mental, dont la sévérité était peu 
élevée. Il n'y avait aucun symptôme de la lignée psychotique. Il présentait en 
revanche des traits psychorigides et une certaine sensibilité narcissique. Le risque de 
commission de nouvelles infractions du même type était très faible. 

 Il ressortait du dossier que l'état de l'expertisé était perturbé du point de vue 
émotionnel depuis plusieurs années. La réunion professionnelle de fin novembre 
2009 avait constitué un choc émotionnel considérable, d'autant plus pathogène qu'il 
était survenu sur un terrain déjà fragilisé. L'humiliation ressentie s'était ensuite 
traduite en un sentiment de colère et d'injustice avec troubles dépressifs et anxieux.  

 A______ n'avait fourni à l'expert aucune précision sur son fonctionnement psychique 
et sur l'élaboration de son projet tout au long de la période allant d'avril 2011 
jusqu'au jour des faits. Les propos de l'expertisé concernant les actes s'étaient avérés 
de plus en plus flous au fur et à mesure des entretiens. Il affirmait avoir été très fâché 
contre les trois personnes en question et a reconnu avoir eu la ferme intention de leur 
faire du mal. Dans les semaines qui avaient suivi le drame, A______ avait 
pleinement assumé son acte et n'avait manifesté aucun regret. Ce n'était qu'à partir 
d'octobre-novembre 2011 que son état psychique s'était modifié et qu'il avait 
manifesté une symptomatologie anxieuse et dépressive importante. 

 La seule compréhension que l'on pouvait avoir de cet acte criminel, était 
l'accumulation d'événements défavorables survenus sur un terrain fragilisé par des 
événements personnels douloureux. Ces évènements (décès du père, décès d'un 
enfant, maladie de la mère) avaient favorisé une réaction disproportionnée de 
l'expertisé en avril 2011, sous la forme d'une rupture professionnelle et familiale. 
Lors de la réunion du 28 juin 2011 avec sa hiérarchie, il avait exagérément interprété 
les discussions comme négatives à son égard et l'achat de l'arme qui avait suivi n'y 
était probablement pas étranger. Les conflits professionnels avaient acquis, dans son 
esprit, une proportion extrême et l'expertisé n'avait plus pris autre chose en 
considération que sa volonté de vengeance. L'annonce, le matin des faits, de 
l'imminence d'un divorce, avait pu jouer un rôle de facteur déclencheur, "libérant" 
l'expertisé de ses dernières attaches socio-affectives, même si l'expertisé lui-même ne 
faisait pas de lien entre ces événements. D'après le dossier du Y______, son état 
s'était amélioré dans les mois qui avaient suivi le 4 avril 2011. Toutefois, il était 

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également noté que l'expertisé restait très atteint par un sentiment de colère et 
d'injustice.  

 m.b. Au Ministère public, l'expert a précisé que A______ avait de la colère en lui 
depuis novembre 2009, qui s’était intensifiée à partir de la séance d'avril 2011. Il 
avait fait montre d'ambivalence en s'astreignant à un suivi psychologique auprès du 
Y______ sans s'y investir toutefois, dès lors qu'il n'avait pas dit aux médecins qui le 
traitaient tout ce qu'il faisait.  

 A______ expliquait son passage à l'acte comme étant l'extériorisation de sa volonté 
de vengeance pour les mauvais traitements professionnels qu'il avait subis. Pour 
l'expert, il s'agissait d'une réponse superficielle qui n'éclairait pas sur la disproportion 
de ces agissements. Lors de l'expertise, A______ était dans un certain déni et refusait 
de prendre conscience de la motivation de ses actes. Il considérait d'ailleurs toujours 
avoir été maltraité, voire trahi, par H______ et I______. L'expert avait en outre 
évoqué, dans son rapport, un épisode dépressif du prévenu de quelques semaines lors 
duquel il avait fait un séjour à l'unité carcérale psychiatrique de Champ-Dollon. A 
son sens, cet épisode était lié à une prise de conscience des faits par le prévenu. Par 
ailleurs, dans le cadre des entretiens qu'il avait eus avec A______, il n'avait pas perçu 
chez celui-ci de regrets directement par rapport à la victime. Il avait toutefois 
exprimé des regrets par rapport à la famille d'F______. 

vii.  Des débats de première instance 

 n. A______ a reconnu les faits visés dans l'acte d'accusation, tout en contestant leur 
qualification juridique. Il a confirmé en substance ses précédentes déclarations, 
notamment au sujet des événements ayant marqué sa vie privée et professionnelle 
depuis 2008. Il a admis avoir consommé de l'alcool sur son lieu de travail dès 2008, 
même avant le décès de son père.  

 Il estimait que le déménagement du service Z______ de AH______ au J______ 
révélait l'état d'esprit de la direction, qui ne leur faisait pas confiance et voulait les 
surveiller, même s'il admettait qu'il y avait un certain laisser-aller. Il n'avait pas 
apprécié qu'F______, lors de la réunion du mois de novembre 2009, le désigne 
d'emblée comme un alcoolique. A la question de savoir s'il avait un problème 
personnel ou professionnel avec F______ avant la séance du 23 novembre 2009, il a 
répondu qu'il ressentait de la rancœur vis-à-vis de lui à cause du déménagement et 
qu'il voyait qu'il ne lui faisait pas toujours confiance dans l'exécution de son travail, 
vu qu'il allait parfois demander des conseils à P______. Il avait voulu parler de son 
ressenti avec lui mais "c'était un homme toujours très pressé".  

 En 2010, ses relations avec F______ avaient été assez tendues. Il faisait son possible 
pour répondre à ses attentes mais son supérieur se reposait davantage sur P______ 

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que sur lui. D'ailleurs, F______ avait appuyé la demande d'augmentation de salaire 
de son collègue mais pas la sienne.  

 Pendant toute l'année 2011, il n'avait pratiquement eu aucun contact avec F______, 
ce dernier n'ayant pas participé à la séance du 4 avril 2011, qui avait déclenché sa 
dépression. Malgré le fait qu'il s'y était dit "des choses positives" à son égard, cela lui 
avait fait un plaisir "réservé". Il avait essentiellement retenu les dires de AE______ 
selon lesquels H______ essayait de saboter le travail sur les chantiers dont il était 
responsable pour lui en faire endosser la responsabilité. Cela l'avait détruit, de même 
que le fait que I______ avait été désigné pour le remplacer durant son absence. 

 La première idée de s'en prendre au trio F______, H______ et I______ avait germé 
dans sa tête au mois de juin 2011. Elle était venue petit à petit, sans qu'il n'y ait de 
déclic particulier. Il avait de la peine à situer le moment où il avait véritablement 
décidé de passer à l'acte et son intention avait fluctué dans le temps. Il avait eu 
l'intention de "faire du mal à une de ces personnes mais pas de les tuer". L'arme avait 
été achetée dans le seul but de faire du mal à ces trois personnes, même s'il ne savait 
pas s'il allait l'utiliser et comment.  

 Le jour des faits, il était "perdu", "disjoncté". Sa possible dégradation avait été un 
élément de plus dans sa colère et il pensait qu'il ne serait pas passé à l'acte s'il n'avait 
pas entendu parler de cette dégradation. Il avait eu des contacts téléphoniques avec sa 
femme qui lui avait fait part de sa demande de divorce, ce qui l'avait "encore plus 
perturbé". Il avait appelé P______ pour lui demander où se trouvaient certains de ses 
collègues.  

 A son arrivée au J______, il n'avait pas d'intention précise. Il ne savait pas vraiment 
pourquoi il avait suivi la victime dans les escaliers. Il était perturbé et dans un "flou 
total". L'intention de tirer était arrivée "instinctivement au moment où [il] lui [a] tiré 
dessus". Il n'avait rien dit lorsqu'il avait tiré et ne savait pas pourquoi il avait tiré 
deux fois.  

 Sur question, il a affirmé que s'il avait rencontré H______ ou I______ après avoir 
tiré sur F______, il serait "quand même parti" car il avait déjà déchargé son arme et 
avait "pris peur". Il avait appelé P______ dans l'après-midi du 4______ août pour 
avoir des informations sur l'état de santé d'F______. Il avait ensuite fui en Italie, 
ajoutant qu'il avait acheté une carte SIM afin de pouvoir téléphoner pour moins cher. 

 Enfin, il avait pris conscience de la gravité de son acte "petit à petit" et avait réalisé 
pleinement l'horreur de ce qu'il avait fait à l'épouse de la victime lorsqu'il l'avait vue 
au Ministère public. Il avait vendu à son frère sa part de la maison de Q______, pour 
CHF 30'000.-, et entendait verser cette somme aux parties plaignantes. Il avait aussi 

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économisé sur son pécule. Il a exprimé ses excuses et ses regrets à la famille de la 
victime. 

 o. C______, E______ et D______ ont confirmé leur plainte et leurs déclarations. 

 o.a. C______ avait vécu "un mariage sans nuage, avec un grand soleil". F______ 
avait toutes les qualités d'un bon mari, était toujours affectueux, toujours présent. Il 
attendait sa retraite pour profiter de son temps. Il avait toujours été un grand bosseur, 
y compris à la maison, mais il avait toujours du temps pour sa famille. 

 Son mari avait changé de travail pour être plus disponible pour sa famille et avoir 
plus de temps. Il avait parfois exprimé des difficultés par rapport au problème de 
l'alcool au travail dans une unité. Il avait essayé de résoudre ce problème par les 
voies normales. Il lui avait également parlé de difficultés rencontrées au sein des 
G______, de l'ambiance qui y régnait, et lui avait fait part de l'hostilité qu'il ressentait 
à son travail à l'égard des frontaliers, car certaines personnes "ne supportaient pas 
d'avoir comme chef un frontalier".  

 Elle avait appris au poste de police que son mari s'était fait tirer dessus et s'était dit 
que cela était impossible, "qu'ils s'étaient trompés" et avait pensé "qu'il y avait eu une 
erreur sur la personne".  

 Elle était toujours dans l'incompréhension et suivie sur le plan psychologique. Elle 
avait l'impression de ne pas pouvoir faire ce deuil. Elle ne pensait pas à l'avenir et 
vivait au jour le jour. Avant, elle et son mari parlaient de tout ce qu'ils allaient faire et 
ils voulaient "explorer pas mal de choses à l'avenir" mais "maintenant, tout cela 
[était] anéanti par une personne". Son assassin avait commis "le pire acte possible". 

 o.b. E______ n'arrivait pas à croire qu'on ait pu tirer sur son père, que tout le monde 
adorait car "c'était quelqu'un d'extraordinaire, d'exceptionnel et de drôle" qui n'avait 
pas d'ennemis. Elle avait géré son deuil en se consacrant à ses études et en se 
réfugiant "dans les chevaux". 

 o.c. D______ était en déplacement à l'étranger lorsque sa sœur lui avait appris qu'il 
s'était passé un drame, puis que son père avait été assassiné. Il avait fait le nécessaire 
pour rejoindre immédiatement sa famille. Il ne se remettrait jamais de ce qui s'était 
passé ce jour-là et se réfugiait dans son travail. Il se faisait beaucoup de souci pour sa 
mère. 

 p.a. AM______ a confirmé ses précédentes déclarations, ajoutant qu'il n'avait jamais 
été question de rétrograder A______, même en août 2011. 

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 p.b. AC______ a confirmé, s'agissant de la réunion du mois de novembre 2009, qu'il 
n'avait "pas trouvé cela violent". Il avait assisté à d'autres réunions avant et après 
celle-ci et les choses s'étaient passées de la même manière. S'agissant de la période 
de mise à l'épreuve de A______, la personne qui devait s'occuper de ce suivi était 
P______, à qui la hiérarchie, soit F______ et lui-même, avait confié cette tâche. 
A______ avait été validé dans son poste lors d'un entretien qui avait eu lieu en 
décembre 2010 ou janvier 2011. Le bilan était positif sans être enthousiaste. Les avis 
exprimés par les collaborateurs de A______ le 4 avril 2011 avaient été positifs.  

 p.c. W______ a confirmé ses déclarations au Ministère public. F______ "était 
partout" et "faisait des reproches pour des histoires de café ou de consultation 
d'internet".  

 q.a. Pour AY______, amie de longue date d'C______, cette dernière formait avec 
son mari "un couple fusionnel"; il n'y avait que de l'amour entre eux. C'était un 
couple exemplaire. Elle et son mari avaient fait des activités communes, des week-
ends et des sorties avec le couple F______. F______ voulait avoir plus de temps pour 
profiter de sa famille et être plus proche d'eux. Les deux couples imaginaient 
partager des plaisirs à leur retraite mais "maintenant, il n'y [avait] plus rien". 
C______ était "un bon petit soldat" qui luttait mais elle n'avait plus de repères. Elle 
s'était ouverte à elle s'agissant de sa souffrance et était allée consulter récemment 
après avoir pensé pouvoir s'en sortir toute seule. 

 Elle connaissait également les enfants F______. Ils étaient tous très forts, très dignes 
mais la vie n'était plus la même depuis que la famille vivait sans F______.  

 q.b. AZ______, amie intime d'D______ à l'époque des faits, était présente lorsqu'il 
avait appris la nouvelle du décès de son père. Lorsqu'il avait reçu le téléphone lui 
annonçant le drame, il ne parlait plus. Elle avait également été complètement 
bouleversée. Sa colocataire avait géré la situation car ils n'étaient plus capables de le 
faire. D______ était très proche de son père. C'était une famille très soudée. Dans les 
semaines qui avaient suivi, elle avait constaté de la tristesse chez D______, mais 
aussi de la colère et des regrets de ne pas avoir pu passer le temps suffisant avec son 
père. Elle était également proche d'E______ et avait constaté un changement dans 
son comportement : elle n'avait plus de joie de vivre et ne faisait que survivre. Les 
chevaux avaient été sa thérapie.  

 F______ était un père et un mari formidable, que tout le monde aurait aimé avoir. 
C'était également un ami formidable, un homme exemplaire. Sa disparition avait 
brisé "énormément de choses". 

C. a. Par ordonnance du 3 janvier 2015, A______ a été autorisé à exécuter de manière 
anticipée sa peine. 

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 b. Le 12 janvier 2015, la CPAR a ordonné la procédure orale. 

 c.a. Lors des débats d'appel, AAA______, psychothérapeute, a été entendu. Il était le 
thérapeute d'C______ depuis le mois d'août 2014, laquelle avait ressenti la nécessité 
d'être soutenue à l'approche du procès. Il l'avait vue à quatorze reprises. Les séances 
ne suivaient pas un rythme préétabli mais intervenaient en fonction des besoins de la 
patiente. Il ne s'agissait pas d'une psychothérapie mais plutôt d'un accompagnement. 
C______ était préoccupée par la procédure. Elle était animée par un sentiment 
d'injustice et ruminait beaucoup. Elle ne comprenait pas comment certains témoins 
avaient pu affirmer de telles contrevérités sur son mari, dont la description ne 
correspondait pas à la représentation qu'elle avait de lui. Elle se devait de le défendre. 
D'une manière générale, le procès était très important pour les victimes qui espéraient 
obtenir une forme de soulagement durable, même si pour la majorité d'entre elles, il 
était difficile d'avoir l'impression que la justice fût rendue. C______ souffrait 
d'angoisse et de tristesse. Le chagrin et les ruminations, tenus sous contrôle durant la 
journée par le fait de vaquer aux occupations quotidiennes, prenaient le dessus la nuit 
et perturbaient son sommeil. Elle ne comprenait pas pour quelle raison son mari avait 
été tué, ce qui rendait son deuil encore plus difficile. 

 c.b. C______ n'avait pas de mots pour décrire sa souffrance et combien son mari lui 
manquait. Chaque année était pire. Elle était perdue et avait mal. Elle avait eu de la 
chance de connaître un tel bonheur et ne comprenait pas pour quelle raison tout cela 
avait été détruit. On leur avait volé leurs projets et leurs rêves. Son mari avait 
toujours soutenu A______ qui était un homme égoïste et dangereux. 

 d. A______ travaillait en prison et suivait une psychothérapie, qu'il souhaitait 
poursuivre en intégrant l'unité de sociothérapie de Curabilis. Il voyait son fils deux 
fois par mois, avec l'aide d'une association. Confronté au fait qu'il avait écrit au 
SAPEM à deux reprises afin d'être transféré à la prison de LA STAMPA au Tessin, 
"pour permettre à sa famille en Italie d'être plus proche pour les visites", il a expliqué 
que c'était parce que Curabilis n'était pas encore ouvert. Son frère et son épouse 
l'appuyaient dans sa démarche, le fait d'être au Tessin ne compromettant pas selon lui 
le suivi de ses relations avec son fils.  

 Il avait commencé à nourrir du ressentiment à l'égard du trio "F______, H______ et 
I______" lorsque le dernier nommé l'avait dénoncé pour une suspicion de 
consommation d'alcool à l'occasion d'un piquet en novembre 2009. Il avait déjà 
ressenti de la rancune à l'égard de sa hiérarchie lors du déménagement de son service 
durant l'été 2009. Il a confirmé que la séance du 23 novembre 2009 avait été très 
traumatisante et qu'il avait mal vécu le fait qu'en 2010 aucun membre de la hiérarchie 
n'était venu le voir sur les chantiers. Les entretiens trimestriels qui avaient été 
préconisés n'avaient pas eu lieu et il avait dû lui-même en demander un avec 
AC______ en septembre 2010. Les retours positifs de ses subordonnés qu'il avait 

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entendus lors de la séance d'avril 2011 ne l'avaient pas convaincu car il doutait de la 
sincérité notamment d'H______, qui lui avait mis les bâtons dans les roues. 
Confronté au fait que les relevés de son compte postal mentionnaient plusieurs 
opérations, entre avril et août 2011, dans la région de Martigny et Sembrancher, soit 
sur la route qui conduit au col du Grand St-Bernard, A______ a indiqué que le 4 avril 
2011, après s'être disputé avec sa femme, il avait pris sa voiture et s'était rendu 
directement dans sa maison en Italie, en passant par le Valais. Il avait ensuite 
séjourné tantôt à T______ chez sa mère tantôt à Q______ et avait fait des aller-
retour. Il n'avait été qu'une seule fois à Gletsch, pendant trois ou quatre jours, très 
vraisemblablement en mai ou juin 2011. Il ne savait pas pourquoi il n'avait pas 
évoqué son séjour dans sa maison en Italie aux médecins du Y______ et au Dr 
AA______, auxquels il avait dit qu'il s'était mis au vert dans le Haut-Valais. Il a 
contesté avoir voulu cacher l'existence de l'endroit censé lui servir de base de repli. 
Après le drame, il s'était rendu en Italie en empruntant le tunnel du Mont-Blanc et 
non pas son itinéraire habituel car il voulait fuir la justice. Il n'avait pas réfléchi au 
parcours qu'il allait suivre, dès lors qu'il était dans un brouillard. Il avait décidé de 
faire feu sur F______ lorsqu'il s'était trouvé en face de lui. Il ne savait pas pourquoi il 
avait tué la victime, si ce n'est qu'il avait accumulé au fil du temps de la haine et de la 
colère à son égard et à l'égard de ses deux collègues I______ et H______. Il n'avait 
pas réalisé la portée de son acte. Il admettait qu'il avait surinterprété les différents 
événements qui étaient intervenus durant son travail.  

 e.a. Lors des plaidoiries, le Ministère public a souligné que A______ n'assumait rien 
et n'avait eu de cesse de rejeter la faute sur les G______. Il avait monté en épingle 
des événements professionnels ordinaires, comme le déménagement du service, qu'il 
avait vécu comme un manque de confiance de la part de sa hiérarchie. L'importance 
accordée à la séance du mois de novembre 2009 était totalement disproportionnée, ce 
d'autant que la direction avait admis ses torts dans son courrier du 8 janvier 2010. 
L'appelant avait réussi l'année de mise à l'épreuve et reçu des compliments lors de la 
séance du mois d'avril 2011. Il avait néanmoins trouvé prétexte dans les déclarations 
d'un subordonné pour considérer que la séance s'était mal passée. Il avait abandonné 
son poste sans donner de nouvelles et n'avait pas fourni de certificat médical pendant 
40 jours. Il avait toutefois continué à bénéficier du soutien de son employeur et de sa 
famille et n'avait pas été abandonné. Il avait planifié son forfait pendant trois mois, 
en commençant par demander l'extrait de son casier judiciaire en vue de l'achat d'une 
arme, mais en occultant soigneusement son plan et l'ampleur de sa haine à son 
entourage et aux médecins qu'il avait consultés. Le jour des faits, armé, il avait 
activement cherché ses cibles, en appelant même ses collègues W______ et P______ 
pour connaître leur position. Une fois au dépôt des G______, il avait agi avec sang-
froid et exécuté sa victime avec détermination, de deux balles, à la manière d'un 
tueur professionnel. Il ne s'était pas effondré après l'acte mais avait calmement éjecté 
la douille et déchargé l'arme, puis s'était enfui en Italie.  

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 Il avait tué sa victime qui l'avait selon lui humilié par haine, soit pour un motif futile 
et odieux, des sentiments anti-frontaliers, qu'il avait notamment exprimés en 
placardant des affiches du AL______ sur son lieu de travail, ayant contribué à 
alimenter son ressentiment.  

 Les conditions pour admettre le repentir sincère n'étaient pas réunies, dès lors que 
l'appelant, après avoir admis à la police ses intentions homicides, n'avait ensuite pas 
cessé de revenir sur ses premières déclarations et atténuer la portée de ses propos, en 
se prévalant notamment d'un état d'esprit confus. La réparation financière consentie 
n'était pas suffisante, faute de prise de conscience sincère. Le fait de rejeter la faute 
sur la victime ne plaidait pas non plus en faveur d'un repentir.  

 e.b. Le conseil des parties plaignantes a souligné que la victime était morte pour rien, 
A______ ayant admis en appel qu'il ne savait pas pour quelle raison il était passé à 
l'acte. Il avait traversé la halle d'entrée du dépôt des G______ d'un pas décidé, avait 
suivi la victime jusqu'à son bureau et l'avait tuée de deux balles dans le corps, puis 
était reparti sans dire un mot, ce qui témoignait de sa détermination. A______ n'était 
pas crédible lorsqu'il disait qu'il n'avait pas l'intention de tuer. Il n'avait cessé de 
rejeter la faute sur son employeur et la victime, se prévalant d'un encadrement 
défaillant et en avait fait le procès des G______, au mépris des parties plaignantes. 
C'était F______ qui avait promu A______ chef d'équipe et qui l'avait soutenu 
lorsqu'il avait des problèmes d'alcool. Les reproches formulés à l'encontre de la 
victime étaient de circonstance. La décision de confier l'organisation du 
déménagement à un collaborateur qui n'y était pas opposé était compréhensible et 
I______ l'avait dénoncé en croyant de bonne foi que A______ avait bu lors d'une 
intervention. Il n'y avait donc pas de complot. Le seul reproche de l'appelant à l'égard 
de la victime était celui d'avoir mal géré la séance du mois de novembre 2009. Les 
montants alloués par les premiers juges au titre d'indemnité pour tort moral étaient 
insuffisants, eu égard aux souffrances endurées par l'épouse de la victime, dont la vie 
s'était arrêtée en même temps que celle de son époux, et compte tenu des liens très 
étroits qui liaient tous les membres de cette famille. Les circonstances dans lesquelles 
la victime avait été tuée et les souffrances qu'elle avait endurées aggravaient la 
situation et étaient pour les proches une source d'amertume qui s'ajoutait à la douleur.  

 e.c. Le conseil de A______ a soutenu que l'acte homicide était intervenu après une 
succession de drames familiaux et d'incidents professionnels, gérés de manière 
calamiteuse par les G______. Ces événements, qu'il ne fallait pas "saucissonner", 
avaient poussé le prévenu à bout. A______ était quelqu'un de sensible et de 
renfermé. Il n'était pas xénophobe, étant lui-même d'origine italienne et marié à une 
mexicaine et ses rapports avec H______, I______ et F______ avaient été bons au 
départ. Ses collègues X______, AE______ et P______ avaient confirmé qu'il n'était 
pas raciste et A______ n'était pas responsable des propos anti-frontaliers tenus par 
certains collègues. En outre, plusieurs collaborateurs des G______ avaient émis des 
critiques concernant le style de management de la victime, notamment les témoins 

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AR______, AQ______ et AO______, qui n'étaient pas des "copains" de A______. 
L'année 2010 avait é