# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 2eab5bd3-6a0d-5f2e-b33b-b5b3faf51b06
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2019-08-26
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des assurances sociales 26.08.2019 (publié) ACH 104/16 - 125/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_004_ACH-104-16---125-201_2019-08-26.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

ACH
104/16 - 125/2019 

 

ZQ16.020840

 

 

 

 

 

COUR
DES ASSURANCES SOCIALES

_____________________________________________

Arrêt du
22 juillet 2019 

__________________

Composition
:               Mme             
Dessaux,
juge unique

Greffière
:              Mme             
Mestre Carvalho

*****

Cause
pendante entre :

	
A.________,
à […], recourant,
représenté par Me Jean-Michel Duc, avocat à Lausanne,

 

et

	
Servce
de l'emploi, Instance juridique chômage,
à Lausanne, intimé.

_______________

 

Art.
17 al. 1, 28 al. 1, 30 al. 1 let. e LACI, art. 41 OACI, art. 9 Cst.

             
E n  f a i t  :

 

A.             
A.________ (ci-après : l’assuré ou le recourant), né en 1982, au bénéfice
d’un CFC de mécanicien en motocycles, était employé en qualité de mécanicien
conducteur de machines pour la société [...]. En raison d’une maladie de longue durée
ayant débuté au mois de juillet 2013, et au terme de la prise en charge par l’assurance-maladie
perte de gain de l’employeur, il a été licencié avec effet au 31 juillet 2015.

 

             
L’assuré s’est inscrit au chômage auprès de l’Office régional de
placement de [...] (ci-après : l’ORP) le 22 juillet 2015, sollicitant des prestations
à compter du 1er
août 2015. Il a eu un premier entretien avec sa conseillère ORP le 24 juillet 2015. Il
ressort du procès-verbal de cet entretien que l’assuré souffrait d’une maladie
de longue durée, avait déposé une demande de prestations relevant de l’assurance-invalidité
et était toujours sous certificat médical d’incapacité de travail à 100 %,
à réévaluer au 31 juillet 2015. Il a été informé du fait que son aptitude
au placement serait en conséquence examinée et qu’il était dispensé de faire
des recherches d’emploi. Le procès-verbal d’entretien précise également que
l’assuré a été informé de la nécessité d’effectuer des recherches
d’emploi dès qu’une capacité de travail, même partielle, était recouvrée.

 

             
Par courrier du 28 juillet 2015, le Service de l’emploi, Instance juridique chômage, Division
juridique des ORP (ci-après : le SDE ou l’intimé) a remis à l’assuré
un questionnaire d’examen de l’aptitude au placement, auquel l’assuré était
prié de répondre dans un délai de dix jours dès réception.

 

             
Par courrier du 7 août 2015 adressé au SDE, l’assuré a répondu au questionnaire
précité, précisant être en incapacité de travail à 100 % sur le plan psychique
et qu’il ferait suivre les certificats médicaux de ses médecins dès réception.

 

             
Par courrier du 20 août 2015, le SDE a imparti à l’assuré un délai au 10 septembre
2015 pour lui faire parvenir les documents relatifs à son état de santé. 

 

             
Ensuite d’un courrier du 3 septembre 2015 du mandataire du recourant concernant l’aptitude
au placement, le SDE a, le 14 septembre 2015, imparti à l’assuré un délai au 4 octobre
2015 pour lui transmettre un certificat médical qui mentionne sa capacité de travail ou son
incapacité de travail partielle ou totale à compter du 1er
août 2015. 

 

             
Par courrier du 23 septembre 2015, l’assuré a, par l’intermédiaire de son mandataire,
transmis au SDE les certificats médicaux demandés pour les mois d’août, septembre
et octobre 2015. 

 

             
Par décision du 23 septembre 2015, le SDE a prononcé l’inaptitude au placement de l’assuré
dès le 1er
août 2015.

 

             
L’assuré a remis à sa conseillère ORP les certificats médicaux précités
à l’occasion du deuxième entretien de conseil, le 24 septembre 2015. Il a expliqué
ne pas les avoir remis à sa conseillère avant, car il les avait envoyés à l’Instance
juridique et pensait que cela suffisait. 

 

             
Par décision du 22 décembre 2015, l’ORP a suspendu l’assuré dans son droit
à l’indemnité de chômage pour une durée de cinq jours à compter du 8 août
2015, au motif qu’il avait violé son obligation de renseigner en n’informant pas l’ORP
de son incapacité de travail dans le délai d’une semaine à compter du début
de  celle-ci. 

 

             
L’assuré s’est opposé à la décision précitée le 14 janvier
2016, invoquant sa bonne foi, sur la base de l’entretien du 24 juillet 2015, durant lequel sa conseillère
ORP lui aurait indiqué qu’il n’avait pas à faire de recherches d’emploi compte
tenu de son incapacité de travail à 100 %, que la situation serait réévaluée
lors de leur prochaine entrevue le 24 septembre 2015, et que d’ici là, il n’avait rien
besoin de faire.   

 

             
Par décision sur opposition du 5 avril 2016, le SDE a rejeté l’opposition de l’assuré.
Il a considéré que ce dernier n’avait pas reçu d’information erronée
de la part de sa conseillère ORP, la dispense mentionnée par cette dernière concernant
uniquement les recherches d’emploi et non les autres obligations de l’assuré. Il ressortait
du procès-verbal de l’entretien du 24 juillet 2015 qu’elle avait expliqué ses droits
et devoirs à l’assuré, notamment au sujet de l’examen de l’aptitude au placement,
pour lequel l’assuré devait répondre à un certain nombre de questions. Elle lui
avait par ailleurs conseillé de contacter le CSR au vu de sa situation, ainsi que la Caisse de chômage.
Au vu de ces éléments, l’assuré ne pouvait de bonne foi croire qu’il n’avait
rien besoin de faire. De plus, l’assuré avait assisté à la séance d’information
centralisée pour demandeurs d’emploi le 22 juillet 2015, au cours de laquelle les assurés
étaient informés de l’obligation d’annoncer leur incapacité de travail à
l’ORP dans le délai d’une semaine, obligation par ailleurs mentionnée dans une
brochure distribuée aux assurés. Enfin, aucun élément au dossier ne permettait de
retenir que l’assuré était dans un état de santé tel qu’il lui était
objectivement ou subjectivement impossible d’annoncer son incapacité de travail dans le délai
légal d’une semaine. Partant, il n’existait aucun juste motif permettant d’accorder
à l’assuré une restitution du délai.

 

B.             
A.________ a recouru contre la décision précitée par l’intermédiaire de son
mandataire le 6 mai 2016 auprès de la Cour des assurances sociales du Tribunal cantonal, contestant
également la décision d’inaptitude au placement et concluant à l’annulation
de la décision attaquée et au renvoi de la cause à l’intimé pour nouvelle décision
à rendre dans le sens des considérants. Il a invoqué pour l’essentiel avoir toujours
adressé à l’intimé les certificats médicaux dans le délai imparti. Il
a par ailleurs requis la tenue d’une audience publique ainsi que l’assistance judiciaire.

 

             
Par décision du 22 juillet 2016, la juge instructrice a accordé au recourant le bénéfice
de l’assistance judiciaire avec effet au 5 avril 2016, dans le sens de l’assistance d’un
avocat. 

 

             
Une audience d’instruction et de jugement a été tenue le 27 septembre 2016. A cette occasion,
l’intimé a renoncé à un droit de réponse écrit. Le recourant a fait les
déclarations suivantes : 

 

             
« Lors de mon premier entretien avec
ma conseillère ORP, je lui ai expliqué que j’avais pour habitude, avec mon employeur,
de remettre le certificat médical d’incapacité de travail à la fin du mois pour
le mois écoulé. Par ailleurs, à l’époque de l’entretien, mon médecin
traitant était en vacances. Elle m’a expliqué que les certificats médicaux devaient
être produits dans le même délai que le formulaire de recherches d’emploi. J’ai
ensuite reçu le questionnaire à remplir pour l’aptitude au placement. Pour moi il y a
eu une confusion les premiers temps, car le rapport médical auprès de la Caisse doit être
produit à la fin du mois avec le formulaire « indications de la personne assurée ».
Il est exact que j’ai annoncé mon incapacité de travail à la conseillère ORP
lors du premier entretien. Par le passé, j’ai bénéficié du chômage en
2002. Je n’avais pas d’incapacité de travail à cette époque. » 

 

 

             
E n  d r o i t  :

 

1.             
a)
La LPGA (loi fédérale du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances
sociales ; RS 830.1) est, sauf dérogation expresse, applicable en matière d’assurance-chômage
(art. 1 al. 1 LACI [loi fédérale du 25 juin 1982 sur l’assurance-chômage obligatoire
et l’indemnité en cas d’insolvabilité ; RS 837.0]). Les décisions sur opposition
et celles contre lesquelles la voie de l'opposition n'est pas ouverte peuvent faire l’objet d’un
recours auprès du tribunal des assurances compétent (art. 56 al. 1 LPGA, 100 al. 3 LACI, 128
al. 1 et 119 al. 1 OACI [ordonnance du 31 août 1983 sur l’assurance-chômage obligatoire
et l’indemnité en cas d’insolvabilité ; RS 837.02]), dans les trente jours suivant
leur notification (art. 60 al. 1 LPGA).

 

             
b)
En l’occurrence, déposé en temps utile auprès du tribunal compétent (art. 93
let. a LPA-VD [loi cantonale vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative ; BLV 173.36])
et respectant les autres conditions formelles prévues par la loi (art. 61 let. b LPGA notamment),
le recours est recevable.

 

             
c)
Vu la valeur litigieuse inférieure à 30'000 fr., la cause est de la compétence du juge
unique (art. 94 al. 1 let. a LPA-VD).

 

2.             
a)
En procédure juridictionnelle administrative, ne peuvent être examinés et jugés que
les rapports juridiques à propos desquels l’autorité administrative compétente s’est
prononcée préalablement d’une manière qui la lie, sous la forme d’une décision.
La décision détermine ainsi l’objet de la contestation qui peut être déféré
en justice par voie de recours. Si aucune décision n’a été rendue, la contestation
n’a pas d’objet et un jugement sur le fond ne peut pas être prononcé (ATF 134 V
418 consid. 5.2.1). Dans le même sens, les conclusions qui vont au-delà de l’objet de
la contestation, tel que défini par la décision litigieuse, sont en principe irrecevables (ATF
142 I 155 consid. 4.4.2 ; 134 V 418 consid. 5.2.1).

 

             
b)
Le litige porte sur la suspension du droit du recourant à l'indemnité de chômage pour
une durée de cinq jours dès le 8 août 2015, sanctionnant une violation de l’obligation
de renseigner relative à une incapacité de travail. Les griefs du recourant quant à l’inaptitude
au placement ne sont en l’occurrence pas litigieux. 

 

3.             
a)
Le droit à l'indemnité de chômage a pour corollaire un certain nombre de devoirs qui découlent
de l'obligation générale des assurés de réduire le dommage (ATF 123 V 88 consid.
4c et les références). 

 

             
En vertu de l'art. 30 al. 1 let. e LACI, le droit de l'assuré est suspendu lorsqu'il est établi
que celui-ci a donné des indications fausses ou incomplètes ou a enfreint, de quelque autre
manière, l'obligation de fournir des renseignements spontanément ou sur demande et d'aviser.

 

              b)
L'art. 28 al. 1 phr. 1 LACI précise que les assurés qui, passagèrement, ne sont aptes
ni à travailler ni à être placés ou ne le sont que partiellement en raison d'une
maladie (art. 3 LPGA), d'un accident (art. 4 LPGA) ou d'une grossesse et qui, de ce fait, ne peuvent
satisfaire aux prescriptions de contrôle, ont droit à la pleine indemnité journalière
s'ils remplissent les autres conditions dont dépend le droit à l'indemnité. L'art. 28
al. 5 phr. 1 LACI énonce que le chômeur doit apporter la preuve de son incapacité ou de
sa capacité de travail en produisant un certificat médical. 

 

             
Faisant usage de la délégation de compétence figurant à l'art. 28 al. 3 LACI, le
Conseil fédéral a édicté l'art. 42 OACI dont le Tribunal fédéral des assurances
a reconnu la légalité (ATF 117 V 244 consid. 3c). Aux termes de l'art. 42 al. 1 OACI, les assurés
qui entendent faire valoir leur droit à l'indemnité journalière en cas d'incapacité
passagère totale ou partielle de travail sont tenus d'annoncer leur incapacité de travail à
l'ORP, dans un délai d'une semaine à compter du début de celle-ci. L'annonce peut avoir
lieu par téléphone, par envoi d'un certificat médical ou par l'intermédiaire d'une
tierce personne si l'assuré n'est pas en mesure de se rendre à l'office compétent (Boris
Rubin, Commentaire de la loi sur l’assurance-chômage, Genève/Zurich/Bâle 2014, n°
20 et 23 ad. art. 28 LACI). 

 

             
c)
Le délai d'une semaine pour annoncer l'incapacité de travail en raison de maladie, d'accident
ou de maternité prévu à l’art. 42 OACI est un délai de déchéance
: le chômeur qui s'annonce tardivement – et sans excuse valable – perd son droit à
l'indemnité journalière pour les jours précédant la communication (ATF 117 V
244 consid. 3c ; TFA C 256/00 du 27 octobre 2000 consid. 1). Un tel délai ne peut être ni prolongé
ni interrompu, mais il peut faire l'objet d'une restitution s'il existe une excuse valable pour justifier
le retard (TF 8C_433/2014 du 16 juillet 2015 consid. 2.1). En cas de maladie grave empêchant une
personne de prendre le téléphone, d’écrire ou de charger une autre personne de le
faire à sa place, une restitution se justifie. En cas de maladie moins grave, la restitution n’est
en principe pas justifiée (Rubin, op.
cit., n° 20 ad art. 28 p. 285). 

 

             
L'obligation d'annoncer à l'ORP est prioritaire sur le plan chronologique, pour des impératifs
d'intégration sur le marché du travail. Pour les caisses de chômage, il n'y a pas d'urgence
à connaître l'état de santé des assurés. Il suffit que l'annonce soit faite
dans le formulaire IPA («  Indications de la personne assurée ») rendu
en fin de période de contrôle (Rubin, op.
cit., n° 9 ad art. 28 p. 283 ; TF 8C_253/2015
du 14 septembre 2015 consid. 5.1). 

 

             
Les règles d'annonce et les conséquences en cas d'inobservation sont relativement strictes,
afin de prévenir les abus. En effet, en cas d'omission d'annoncer une incapacité de travail,
il existe un risque de contournement de la règle relative à la durée maximale de couverture
perte de gain maladie par l'assurance-chômage. Par ailleurs, lorsque l'ORP n'est pas informé
rapidement d'une incapacité, les démarches que cet office peut entreprendre pour intégrer
l'assuré sur le marché du travail peuvent être retardées. Enfin, lorsque l'incapacité
n'est pas annoncée à temps, l'assuré compromet un éventuel examen par un médecin-conseil
(Rubin, op. cit.,
n° 9 ad art. 28 p. 283).

 

             
Le Bulletin LACI IC édicté par le Secrétariat d’Etat à l’économie
(SECO) énumère les situations dans lesquelles l’autorité compétente renoncera
à la preuve des efforts entrepris en matière de recherches d’emplois et parmi celles-ci
figure l’incapacité de travail due à une maladie ou à un accident (Bulletin LACI
IC, éd. janvier 2016, ch. B320 [état : octobre 2012]). Il dispose par ailleurs que l’assuré
doit  présenter un certificat médical à partir du 4e
jour d'incapacité de travail (Bulletin LACI IC, éd. janvier 2016, ch. C170 [état : janvier
2013]). 

 

             
Selon l'art. 41 LPGA, si le requérant ou son mandataire a été empêché, sans
sa faute, d'agir dans le délai fixé, celui-ci est restitué pour autant que, dans les 30
jours à compter de celui où l'empêchement a cessé, le requérant ou son mandataire
ait déposé une demande motivée de restitution et ait accompli l'acte omis. Une erreur
est excusable, en particulier, lorsqu’elle découle d’un renseignement erroné sur
lequel l’administré pouvait se fonder au regard des circonstances, conformément au droit
à la protection de la bonne foi (ATF 112 la 305 consid. 3 ; 111 la 355 et les références).

 

             
d)
Ancré à l'art. 9 Cst. (Constitution fédérale de la Confédération suisse
du 18 avril 1999 ; RS 101) et valant pour l'ensemble de l'activité étatique, le principe de
la bonne foi exige que l'administration et les administrés se comportent réciproquement de
manière loyale. En particulier, l'administration doit s'abstenir de tout comportement propre à
tromper l'administré et elle ne saurait tirer aucun avantage des conséquences d'une incorrection
ou insuffisance de sa part. A certaines conditions, le citoyen peut ainsi exiger de l'autorité qu'elle
se conforme aux promesses ou assurances qu'elle lui a faites et ne trompe pas la confiance qu'il a légitimement
placée dans celles-ci. De la même façon, le droit à la protection de la bonne foi
peut aussi être invoqué en présence, simplement, d'un comportement de l'administration
susceptible d'éveiller chez l'administré une attente ou espérance légitime (ATF 131
II 627 consid. 6.1 et 129 II 361 consid. 7.1). Selon la jurisprudence, un renseignement ou une décision
erronés de l'administration peuvent obliger celle-ci à consentir à un administré
un avantage contraire à la réglementation en vigueur, à condition que l'autorité
soit intervenue dans une situation concrète à l'égard de personnes déterminées,
qu'elle ait agi ou soit censée avoir agi dans les limites de ses compétences et que l'administré
n'ait pas pu se rendre compte immédiatement de l'inexactitude du renseignement obtenu. Il faut encore
qu'il se soit fondé sur les assurances ou le comportement dont il se prévaut pour prendre des
dispositions auxquelles il ne saurait renoncer sans subir de préjudice et que la réglementation
n'ait pas changé depuis le moment où l'assurance a été donnée (ATF 141
V 530 consid. 6.2 ; 131 II 627 consid. 6.1 et les références). Ces principes s'appliquent par
analogie au défaut de renseignement, la condition relative à l’impossibilité de
reconnaître immédiatement l’inexactitude du renseignement présentant une formulation
différente, soit que l'administré n'ait pas eu connaissance du contenu du renseignement omis
ou que ce contenu était tellement évident qu'il n'avait pas à s'attendre à une autre
information (ATF 131 V 472 consid. 5). Plus largement, le principe de la bonne foi s'applique lorsque
l'administration crée une apparence de droit, sur laquelle l'administré se fonde pour adopter
un comportement qu'il considère dès lors comme conforme au droit (TF 6B_659/2013 du 4 novembre
2013 consid. 3.1 et la référence).

 

4.             
Etant rappelé que le devoir d’information imposé par l’art. 42 al. 1 OACI concerne
le début, et non la continuation, de l’incapacité de travail, il apparaît en l’espèce
que lors de l’entretien du 24 juillet 2015, la conseillère ORP a été informée
de l’incapacité de travail déjà existante du recourant, avec réévaluation
à la date du 31 juillet 2015. La dispense de recherches d’emploi et l’annonce de l’examen
de l’aptitude au placement par sa conseillère ORP pouvait légitimer le recourant à
considérer que celle-ci avait pris implicitement acte de son incapacité de travail    
au-delà du 31 juillet 2015, d’autant plus qu’elle lui avait rappelé la nécessité
de telles recherches dès une capacité de travail, même partielle, recouvrée. 

 

             
L’intimé retient dans sa décision sur opposition que le recourant n’a pas annoncé
son incapacité de travail du mois d’août 2015 dans le délai de l’art. 42 al.
1 OACI, respectivement qu’il avait jusqu’au 10 août 2015 pour annoncer son incapacité
de travail à l’ORP puisque son incapacité a été prolongée du 1er
août au 31 août 2015.

 

             
Or, le recourant a annoncé son incapacité de travail, et de la lettre de l’art. 42 al.
1 OACI, il ne saurait être déduit que l’annonce de l’incapacité de travail
doit être renouvelée à l’ouverture du droit à l’indemnité lorsque
dite incapacité est préexistante. Une telle interprétation de l’art. 42 al. 1 OACI
commanderait à tout le moins de renseigner l’assuré sur la nécessité d’informer
expressément l’ORP de la persistance de l’incapacité de travail à la date
de l’ouverture du droit à l’indemnité. Ce renseignement n’a pas été
fourni au recourant et son contenu lui était inconnu puisqu’il s’agit d’une interprétation
par l’intimé du texte de l’art. 42 al. 1 OACI. A l’aune de la règle de la
vraisemblance prépondérante, il apparaît que si l’assuré avait été
informé d’une telle obligation, il aurait pu sans difficulté annoncer dans le délai
légal la persistance de son incapacité de travail à la date du 1er
août 2015 et aurait ainsi évité
le préjudice inhérent à la suspension de l’indemnité. Les autres conditions
fixées par la jurisprudence quant à l’application du principe de la bonne foi entre administration
et administré étant réalisées, il doit être admis qu’il profiterait au
recourant, dans l’hypothèse où l’interprétation de l’art. 42 al. 1 OACI
par l’intimé devait être suivie. Le grief d’une violation de l’obligation
de renseigner par le recourant se révèle ainsi infondé. 

 

5.
              L’intimé retient
que l’incapacité de travail a été annoncée à l’ORP le 24 septembre
2015. Or, cette date coïncide non pas avec l’annonce de l’incapacité de travail
mais avec la production du certificat médical attestant de la prolongation de cette incapacité
au mois d’août 2015. L’obligation de renseigner de l’art. 42 al. 1 OACI n’est
pas assortie de l’obligation de produire dans le même délai un certificat médical
attestant de l’incapacité de travail. 

 

             
Le Bulletin LACI IC, en son chiffre C170, impose qu’une incapacité de travail soit attestée
par certificat médical dès son 4e
jour. En l’espèce, l’ORP n’a pas imparti de délai au recourant pour produire
le certificat médical attestant de la continuation de l’incapacité de travail. De son
côté, l’intimé a accordé plusieurs prolongations au recourant directement ou
par l’intermédiaire de son mandataire, octroyant le 20 août 2015, consécutivement
au retour du questionnaire du 7 août 2015, un délai supplémentaire au 10 septembre 2015,
puis suite au courrier du mandataire du recourant du 3 septembre 2015, un délai au 4 octobre 2015
pour « transmettre, comme indiqué lors de nos précédents courriers, un certificat
médical qui mentionne la capacité de travail ou l’incapacité de travail partielle
ou totale de Monsieur A.________ et ce à compter du 1er
août 2015 ». Ce faisant, l’autorité
administrative, en l’occurrence qui a toujours été le Service de l’emploi, Instance
juridique chômage, Division juridique des ORP, et pour le recourant toujours la même interlocutrice
en la personne de Mme [...], a créé une apparence de droit, soit de l’octroi de prolongations
de délai pour la production du certificat médical pour le mois d’août 2015, sur
laquelle le recourant était légitimé à se fonder pour se croire autorisé à
ne produire le certificat médical litigieux auprès de l’ORP qu’à la faveur
du deuxième entretien du 24 septembre 2015, d’autant que cet office ne lui avait imparti aucun
délai en vue d’une telle production. Ainsi, il ne saurait être fait grief au recourant
d’avoir tardé à produire le certificat médical attestant de l’incapacité
de travail.

 

6.             
a)
Au vu de ce qui précède, il convient d’admettre le recours et d’annuler la décision
attaquée.

 

             
b)
Il n’y a pas lieu de percevoir de frais judiciaires, la procédure étant gratuite (art.
61 let. a LPGA).

 

             
Obtenant gain de cause, le recourant, assisté d’une mandataire professionnelle, a droit à
des dépens (art. 55 LPA-VD, applicable sur renvoi de l’art. 99 al. 1 LPA-VD). Leur montant
doit être déterminé, sans égard à la valeur litigieuse, d’après l’importance
et la complexité du litige (art. 61 let. g LPGA et art. 11 TFJDA [tarif du 28 avril 2015 des frais
judiciaires et des dépens en matière administrative ; BLV 173.36.5.1]). En l’espèce,
il convient d’arrêter le montant des dépens à 1’000 fr. et de les mettre à
la charge de l’intimé, qui succombe (art. 55 al. 2 LPA-VD).

 

             
Le montant des dépens correspondant au moins à ce qui aurait été alloué au titre
de l’assistance judiciaire selon le tarif (art. 2 al. 1 let. a RAJ [règlement cantonal vaudois
du 7 décembre 2010 sur l'assistance judiciaire civile ; BLV 211.02.3]), vu la liste de opérations
produite par Me Duc le 18 juillet 2019, il n’y a pas lieu de fixer plus précisément l’indemnité
d’office.

 

Par
ces motifs,

la
juge unique

prononce :

 

             
I.             
Le recours est admis.

 

             
II.             
La décision sur opposition rendue le 5 avril 2016 par le Service de l’emploi, Instance juridique
chômage, est annulée.

 

             
III.             
Le Service de l’emploi, Instance juridique chômage, versera à A.________ la somme de
1'000 fr. (mille francs) à titre de dépens.

 

             
IV.             
Il n’est pas perçu de frais judiciaires.

 

La
juge unique :               La
greffière :

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède est notifié à :

 

‑             
Me Jean-Michel Duc (pour A.________),

‑             
Service de l’emploi, Instance juridique chômage,

-             
Secrétariat d’Etat à l’économie,

 

par
l'envoi de photocopies.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière de droit public devant le
Tribunal fédéral au sens des art. 82 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral ;
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral (Schweizerhofquai
6, 6004 Lucerne) dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

 

 

             
La greffière :