# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 967d9514-d8d3-50f6-89d4-f525d25e2c6d
**Source:** Bern Gerichte (BE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-11-16
**Language:** fr
**Title:** Bern Obergericht Beschwerdekammer in Strafsachen 16.11.2022 BK 2022 452
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/BE_ZivilStraf/BE_OG_008_BK-2022-452_2022-11-16.pdf

## Full Text

Cour suprême
du canton de Berne

Chambre de recours pénale 

Obergericht
des Kantons Bern

Beschwerdekammer in 
Strafsachen

Décision
BK 22 452

Hochschulstrasse 17
Case postale
3001 Berne
Téléphone +41 31 635 48 13
Fax +41 31 634 50 55
coursupreme-penal.berne@justice.be.ch
www.justice.be.ch/coursupreme Berne, le 16 novembre 2022

Composition Juges d’appel J. Bähler (Président), Schmid et Bratschi
Greffière Rubin-Fügi

Participants à la procédure A.________
représenté d'office par Me B.________
prévenu/recourant

Parquet général du canton de Berne, Nordring 8, 3001 Berne
représenté par le Procureur C.________, Ministère public Jura 
bernois-Seeland, Agence du Jura bernois, Rue du Château 13, 
Case postale 1053, 2740 Moutier

Objet placement immédiat en détention pour motifs de sûreté

procédure pénale pour lésion corporelle simple, évtl. tentative, 
évtl. agression, tentative de lésions corporelles graves et évtl. 
agression etc. 

recours contre l’ordonnance dans le jugement du Tribunal 
régional Jura bernois-Seeland, Agence du Jura bernois, du 
24 octobre 2022 (PEN 22 213+451)

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Considérants:

I. En procédure 

1. Le 24 octobre 2022, le Tribunal régional Jura bernois-Seeland, Agence du Jura 
bernois (ci-après : Tribunal régional) a reconnu A.________ (ci-après: recourant) 
coupable de lésions corporelles simples, tentative de lésions corporelles graves, 
obtention frauduleuse d'une prestation d'importance mineure, infraction à la Loi sur 
le transport de voyageurs (LTV ; RS 745.1), empêchements d'accomplir un acte 
officiel, tentative de menace, injure et contraventions à la Loi fédéral sur les 
stupéfiants et les substances psychotropes (LStup ; RS 812.121). Le recourant a 
été condamné à 36 mois de peine privative de liberté ferme sous déduction de 39 
jours de détention provisoire ainsi qu’à une peine pécuniaire de 50 jours-amende à 
CHF 10.00 et à une amende contraventionnelle de CHF 500.00. Le recourant a été 
condamné au paiement des frais de procédures. L’expulsion du recourant, pour 
une durée de 6 ans au sens de l’art 66a let. b CP a également été prononcée. Le 
Tribunal régional a ordonné le placement immédiat du recourant en détention pour 
des motifs de sûreté pour une durée de 3 mois, soit jusqu’au 24 janvier 2023. 

2. Le recourant, par son défenseur d’office, a recouru par courrier daté du « 2 
novembre 2022 » (posté le 1er novembre 2022) contre le prononcé de la détention 
pour des motifs de sûreté en retenant les conclusions suivantes :

1. Annuler la Décision de mise en détention immédiate du prévenu / recourant pour motifs de 
sûreté du 24 octobre 2022.

2. Ordonner la remise en liberté immédiate du prévenu / recourant. 

3. Joindre les frais et dépens au fond.  

3. Par ordonnance du 2 novembre 2022, le Président de la Chambre de recours 
pénale a ouvert une procédure de recours et imparti un délai de 5 jours au Parquet 
général ainsi qu’au Tribunal régional pour prendre position. 

4. Par courrier du 3 novembre 2022, le Tribunal régional a renoncé à prendre position 
et a fait parvenir au Président de la Chambre de recours pénale le dossier de la 
procédure. 

5. Le 2 novembre 2022, le Parquet général a délégué la compétence de prendre 
position au Ministère public qui s’est déterminé par courrier daté du 8 novembre 
2022.

6. Par ordonnance du 8 novembre 2022, le Président de la Chambre de recours 
pénale a pris et donné acte des courriers du Ministère public et du Tribunal 
régional. Il a renoncé à un second échange d’écritures et a informé les parties que 
d’éventuelles remarques finales étaient à déposer immédiatement, soit dans un 
délai de 5 jours. 

7. Par courrier du 11 novembre 2022, le recourant, par son défenseur d’office, a 
déclaré ne pas avoir de remarques finales à formuler et a remis un document de 

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son employeur daté du 9 novembre 2022.

8. Il a été pris et donné acte de ce courrier par ordonnance du 14 novembre 2022. 

II. Arguments des parties 

9. Le Tribunal régional a ordonné la mise en détention immédiate du prévenu pour 
des motifs de sûreté jusqu'à l'entrée en force du jugement afin de garantir 
l'exécution de la peine privative de liberté prononcée à son encontre et la mesure 
d'expulsion qui suivra (art. 231 al. 1 let. a CPP), ainsi que sa présence en cas 
d'une éventuelle procédure d'appel (art. 231 al. 1 let. b CPP). Il a en substance 
motivé qu’au vu de la peine privative de liberté ferme prononcée et la mesure 
d’expulsion ordonnée, un risque de fuite du recourant, qui est originaire du 
K.________ (pays), n’était plus seulement théorique, mais désormais concret. Si le 
Tribunal régional a tenu compte du fait que le recourant était certes né et avait 
grandi en Suisse, il a relevé que vu la peine prononcée suivie d'une expulsion du 
territoire, son avenir en Suisse apparaissait dorénavant compromis, ce dont le 
recourant se rendait nécessairement compte. Il a ajouté que le recourant parlait 
couramment l’M.________(langue) depuis son enfance et qu’il conservait des liens 
avec son pays d'origine, notamment un oncle qui y détient une maison ainsi qu’une 
grand-mère chez laquelle il s’est déjà rendu en vacances. De même, le Tribunal 
régional a retenu qu’un risque de fuite en J.________ (pays) ne pouvait être exclu 
du fait que le recourant y détenait également de la famille et pourrait être tenté de 
s’y réfugier pour échapper à sa condamnation en Suisse. Le Tribunal régional a 
encore estimé que le recourant n'avait que très peu de perspectives d'avenir en 
Suisse, n'étant actuellement employé à son poste de stagiaire actuel que depuis un 
peu plus d'un mois, pour une durée déterminée et qu’un éventuel engagement 
devait être évalué par l'employeur vers la fin de l'année. Enfin, le Tribunal régional 
a indiqué qu’au vu des infractions commises le 16 août 2020 malgré la règle 
d’accompagnement mise en place suite au jugement du Tribunal des mineures du 
10 septembre 2019, le recourant ne respectait que bien peu les injonctions des 
autorités et qu’il ne s’était pas rendu aux rendez-vous prévus la majeure partie du 
temps. Au vu de ce qui précède, le Tribunal régional en a conclu qu’il y avait des 
raisons sérieuses de redouter que le prononcé du jugement, assorti d'une mesure 
d’expulsion, n'incite définitivement le prévenu à quitter la Suisse avant de devoir 
exécuter sa peine privative de liberté, rendant ainsi l'exécution de cette dernière 
bien plus compliquée. S’agissant du respect de la proportionnalité, le Tribunal 
régional a argumenté qu’une mise en détention pour trois mois y était conforme, vu 
la peine prononcée. Il a souligné qu’aucune mesure de substitution ne permettait 
de palier le risque de fuite concret du recourant. 

10. À l’appui de ses conclusions, le recourant, par son mandataire, a pour l’essentiel 
fermement contesté l’existence du risque de fuite, mais n’a pas remis en cause 
l’existence des forts et graves soupçons de commission d’infractions, relevant 
toutefois qu’il contestait la réalisation de certaines des infractions retenues et la 
qualification juridique de certains des faits admis. S’agissant du risque de fuite, le 

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recourant a tout d’abord rappelé que durant toute l’instruction, le Ministère public 
n’avait pas estimé nécessaire de demander sa mise en détention, relevant qu’il 
était né en Suisse et n’avait que très peu d’attaches avec l’étranger, en particulier 
son pays d'origine. Il précise qu’à aucun moment de la procédure, il n’avait été 
question d’un risque de fuite afin de se soustraire durablement à la justice suisse. 
Aussi, pour le recourant, rien ne permettrait de considérer qu’un éventuel risque de 
fuite serait plus concret aujourd'hui qu'à l'époque, nonobstant le verdict de 
culpabilité rendu qui n’est d’ailleurs pas définitif vu l’appel interjeté. En effet, le 
recourant relève qu’il avait parfaitement conscience de la sanction encourue ainsi 
que d’une éventuelle expulsion du territoire suisse, dont les conclusions du 
Ministère public étaient d’ailleurs connues depuis le 18 octobre 2022, mais que 
cela ne l’avait pas pour autant incité à fuir, bien qu’il aurait eu tout le temps de le 
faire depuis l’ouverture de l’instruction. Ensuite, il a indiqué qu’il était bien intégré 
en Suisse où il avait vécu jusqu’à ce jour et disposait de toutes ses attaches 
familiales ainsi que parlait parfaitement le français. Au contraire, il ne connaissait 
que peu l’L.________ ou le K.________(pays), ne parlait pas l’M.________ 
(langue) et n’avait aucune perspective de vivre chez un parent dans son pays 
d’origine ainsi qu’ailleurs à l’étranger, où il ne disposait d’aucun réseau de 
connaissance. Le recourant a souligné qu’il n’avait pas l’intention de demander 
l’exécution anticipée de sa peine, car il tenait à conserver son emploi dans un 
magasin, notamment afin de pouvoir réparer le dommage causé à ses victimes. 
Enfin, il a relevé que le prononcé de mesures de substitution tendant à lui 
confisquer ses titres de voyage et/ou à lui imposer de se présenter de manière 
régulière auprès d’un poste de police, serait suffisant en l’espèce pour parer au 
risque de fuite retenu et qu’il ne s’y opposerait pas si elles venaient à être 
ordonnées. 

11. Dans sa prise de position du 8 novembre 2022, le Ministère public a conclu au rejet 
du recours, sous suite de frais. Il a fait valoir que le risque de fuite du recourant 
était omniprésent, tant en raison de sa situation personnelle que procédurale et 
que celui-ci ne pouvait être écarté que par une mise en détention, aucune mesure 
de substitution n’étant susceptible d’y faire face de manière efficace. Il s’est pour le 
surplus rallié à l’appréciation et à la motivation du Tribunal régional qu’il a fait 
siennes. 

III. En droit 

12. Au moment du jugement, le tribunal de première instance détermine si le prévenu 
qui a été condamné doit être placé ou maintenu en détention pour des motifs de 
sûreté (art. 231 al. 1 CPP). La décision ordonnant le maintien ou le placement en 
détention peut être attaquée par la voie du recours (art. 393 al 1 let. b CPP en 
corrélation avec l’article 222 CPP; arrêt du Tribunal fédéral 1B_178/2017 du 24 mai 
2017 consid. 2.1 et les références citées). Le recours est la voie de recours 
appropriée tant que le tribunal de première instance reste compétent pour la 
procédure. Dès que l’autorité d’appel se saisit de la cause, c’est elle qui statue sur 
la détention (art. 232 CPP) et sur les demandes de mise en liberté (art. 233 CPP). 

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L’autorité d’appel reprend la direction de la procédure dès la transmission du 
jugement motivé et de l'annonce d'appel à la juridiction d'appel (arrêts du Tribunal 
fédéral 1B_178/2017 du 24 mai 2017 consid. 2.1 et les références citées). 

En l’espèce, la voie du recours est la voie procédurale utile pour contester l’ordre 
de détention ordonné par le Tribunal régional. La juridiction d’appel ne s’est en effet 
pas encore saisie de la cause et la motivation du jugement n’a pas encore été 
rendue. 

13. Les intérêts juridiquement protégés du recourant sont directement affectés par 
l’ordre de détention pour des motifs de sûreté et il est donc légitimé à recourir 
(art. 382 CPP). Il y a dès lors lieu d’entrer en matière sur le recours déposé dans 
les formes et délais prescrits par la loi (art. 396 al. 1 CPP).

14. Selon l'art. 231 al. 1 CPP, au moment du jugement, le tribunal de première 
instance détermine si le prévenu qui a été condamné doit être placé ou maintenu 
en détention pour des motifs de sûreté pour garantir l'exécution de la peine ou de 
la mesure prononcée (let. a) ou en prévision de la procédure d'appel (let. b). Ces 
cas de figure ne constituent pas des motifs de détention proprement dit au sens de 
l’art. 31 al. 1 Cst., mais apportent des précisions d’ordre procédural en relation 
avec les motifs de détention légaux de l’art. 221 CPP (arrêt du Tribunal fédéral 
1B_244/2013 du 6 août 2013 consid. 3.1). L’art. 231 al. 1 CPP vise avant tout le 
risque de fuite (ANDRÉ KUHN/JEANNERET YVAN/CAMILLE PERRIER DEPEURSINGE 
(éds), Commentaire romand : Code de procédure pénale suisse, Bâle 2019, n°7 ad 
art. 231), mais on pensera aussi au risque de récidive comme au risque de 
collusion (LAURENT MOREILLON/AUDE PAREIN-REYMOND, Petit commentaire CPP, 
Bâle 2013, n°4 ad art. 231).

15. Il convient de rappeler que selon le Tribunal fédéral (arrêts du Tribunal fédéral 
1B_78/2015 du 25 mars 2015 consid. 3, 1B_102/2015 du 29 avril 2015 
consid. 3.1), une mesure de détention pour des motifs de sureté n'est compatible 
avec la liberté personnelle garantie aux art. 10 al. 2 Cst. et 5 CEDH que si elle 
repose sur une base légale (art. 31 al. 1 et art. 36 al. 1 Cst.), soit en l'espèce 
l'art. 221 CPP. En outre, elle doit correspondre à un intérêt public et respecter le 
principe de la proportionnalité (art. 36 al. 2 et 3 Cst.).

16. Forts soupçons

16.1 Préalablement à ces conditions, il doit exister des charges suffisantes, soit de 
sérieux soupçons de culpabilité, à l'égard de l'intéressé (art. 221 al. 1 CPP; 
art. 5 par. 1 let. c CEDH), c'est-à-dire des raisons plausibles de le soupçonner 
d'avoir commis une infraction. S'il existe déjà un jugement du tribunal de première 
instance, cela constitue une indication très importante de l'existence de forts 
soupçons d’avoir commis un crime ou un délit (ATF 139 IV 186 consid. 2.2.3 ; 
arrêts du Tribunal fédéral 1B_176/2018 du 2 mai 2018 consid. 3.2 ; 1B_55/2020 du 
21 février 2020 consid. 3.4).

16.2 En l’espèce, le recourant a admis que de graves soupçons d’infractions pénales 
pesaient sur lui et il ne conteste pas la réalisation de cette condition préalable dans 

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son recours. S’il fait certes valoir que certains des verdicts de culpabilité ainsi que 
certaines qualifications juridiques sont contestés, cela n’est pas relevant dans la 
mesure où, par jugement du Tribunal régional du 24 octobre 2022 non entré en 
force, le recourant a été condamné pour une série d’infractions, à savoir lésions 
corporelles simples, tentative de lésions corporelles graves, obtention frauduleuse 
d'une prestation d'importance mineure, infraction à la LTV, empêchements 
d'accomplir un acte officiel, tentative de menace, injure et contraventions à la 
LStup, ce qui constitue une indication très importante de l’existence de forts 
soupçons de commission d’infractions pénales. Au vu de ce qui précède, cette 
première condition est donc manifestement donnée.

17. Risque de fuite

17.1 Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral (arrêt du Tribunal fédéral 1B_155/2017 
du 16 mai 2017), le risque de fuite au sens de l'art. 221 al. 1 let. a CPP doit 
s'analyser en fonction de critères tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, 
ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses contacts à 
l'étranger, qui font apparaître le risque de fuite non seulement possible, mais 
également probable (ATF 117 Ia 69 consid. 4a). La gravité de l'infraction ne peut 
pas, à elle seule, justifier la prolongation de la détention, même si elle permet 
souvent de présumer un danger de fuite en raison de l'importance de la peine dont 
le prévenu est menacé (ATF 125 I 60 consid. 3a, 117 Ia 69 consid. 4a, 108 Ia 64 
consid. 3). Lorsque le détenu a déjà été jugé en première instance, ce prononcé 
constitue un indice important quant à la peine susceptible de devoir être finalement 
exécutée. Afin d'éviter d'empiéter sur les compétences du juge du fond, le juge de 
la détention ne tient en principe pas compte de la possibilité éventuelle de l'octroi, 
par l'autorité de jugement, d'un sursis, d'un sursis partiel (ATF 139 IV 270 
consid. 3.1) ou d'une libération conditionnelle (arrêt 1B_82/2013 du 27 mars 2013 
consid. 3.2). Il est en outre sans importance que l'extradition du prévenu puisse 
être obtenue (ATF 123 I 31 consid. 3d p. 36 s.).

17.2 La défense conteste l’existence d‘un risque concret de fuite. Certes, le recourant 
est resté à disposition des autorités de poursuite pénale durant la procédure et a 
comparu devant le Tribunal régional pour l’audience des débats, alors qu’il était en 
liberté et aurait tout aussi bien pu prendre la fuite. Cela étant, sa situation s'est 
grandement péjorée dès lors que le jugement de première instance le condamne 
notamment à une peine privative de liberté ferme de 36 mois, sous déduction de 39 
jours de détention provisoire, soit plus de 34 mois à exécuter, suivie d’une 
expulsion de 6 ans du territoire Suisse. Quand bien même le recourant a annoncé 
vouloir faire appel dudit jugement, il a été condamné à une peine privative de 
liberté importante, ce qui intensifie fortement le risque de fuite quoiqu’en dise la 
défense. Contrairement à ce que soutient cette dernière, la situation dans laquelle 
se trouvait le recourant avant le jugement de première instance n’est donc pas 
comparable à celle dans laquelle il se trouve actuellement, même s’il avait 
connaissance des sanctions encourues et de ce que comptait requérir le Ministère 
public. Cela est d’autant plus vrai que le recourant conteste en partie la prévention 
de tentative de lésions corporelles graves (ch. I. 2 du dispositif du jugement du 24 
octobre 2022) ainsi que cette qualification juridique, soulignant que celle-ci a 

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d’ailleurs revêtu une importance prépondérante dans sa condamnation. Or, force 
est de relever que c’est de cette prévention uniquement que découle son expulsion 
obligatoire du territoire suisse (art. 66a al. 1 let. b CP) et qu’il n’avait ainsi pas de 
raison de se soustraire à l’action de la justice jusqu’à ce que le verdict tombe. Le 
recourant est désormais confronté à la perspective très concrète de passer une 
longue période en détention, presque trois ans, et à sa sortie de ne pas pouvoir 
rester en Suisse. Même si le recourant entend contester certains verdicts de 
culpabilité et la mesure d’expulsion, soit notamment la tentative de lésions 
corporelles graves, son sort demeurera incertain durant toute la procédure d’appel. 

17.3 L’examen des autres critères à prendre en compte vient entériner l’existence d’un 
risque concret de fuite.

D’une part, le recourant, qui est né en Suisse et détient le permis C, est originaire 
du K.________(pays) et détient des liens avec ce pays, son oncle y possédant une 
maison de vacances et la sœur de sa grand-mère maternelle y résidant, étant 
souligné que le recourant s’est plusieurs fois rendu en vacances au 
K.________(pays), séjournant soit chez cette dernière, soit chez son oncle. Il a 
également de bonnes connaissances de la langue albanaise que ses parents lui 
ont appris et possède en outre également de la famille en J.________(pays), à 
savoir certains de ses cousins (cf. PV d’audience des débats du 18 octobre 2022). 
A l’instar de ce qu’a retenu le Tribunal régional, il apparait ainsi facile pour le 
recourant de rejoindre un autre pays et d’y être logé par un membre de sa famille. 
D’autre part, le recourant n’a que très peu de perspectives d’avenir en Suisse. Les 
liens qu’il entretient avec ce pays ne parviennent pas à diminuer le risque de fuite 
concret, même s’il y est né et y a toujours vécu avec ses parents ainsi que ses 
frères et sœurs. En effet, force est de constater que les perspectives de continuer à 
y vivre librement sont déjà fortement compromises par la peine privative de liberté 
et l’expulsion prononcée. Puis, on ne peut pas dire que sa situation financière, 
personnelle, sociale et professionnelle soit bonne. Le recourant, qui n’a pas de 
CFC et n’exerçait aucune activité professionnelle régulière jusque-là, vient de 
débuter comme stagiaire vendeur-caissier auprès de D.________ et se trouve 
encore en période d’essai jusqu’à la fin de l’année. Si un éventuel engagement 
définitif n’apparaît pas exclu au vu du courrier de son employeur du 9 novembre 
2022, lequel se dit content de son travail, force est de constater qu’il n’a pas été 
confirmé et qu’il ne constituerait de toute manière pas une incitation suffisante pour 
pouvoir nier le risque de fuite. Il a par ailleurs des actes de défaut de biens à 
hauteur de CHF 2'489.15 (cf. PEN 22 213/451, D. 265). La Chambre de céans tient 
certes compte des liens qu’entretient le recourant avec la Suisse, en particulier le 
fait qu’il s’agit du seul pays dans lequel il a toujours vécu et qu’il y détient ses 
parents ainsi qu’un cercle social, comme l’allègue la défense. Toutefois, ces 
éléments ne parviennent pas à diminuer le risque de fuite retenu en l’espèce. Le 
recourant, qui est jeune et n’a pas fondé de famille, n’aurait finalement pas grand-
chose à perdre en quittant la Suisse, si ce n’est de s’épargner une peine privative 
de liberté suivie d’une expulsion.

17.4 Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, on peut aisément concevoir qu’une 
fuite, même dans des conditions inconfortables, serait préférable à une peine 

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privative de liberté suivie d’une expulsion. Dans ces circonstances, le recourant 
présente un risque concret de fuite. Seule la mise en détention du recourant 
permet de pallier ce risque et ainsi garantir l’exécution de la peine prononcée (art. 
231 al. 1 let. a CPP) ainsi que sa présence durant la procédure d’appel 
(art. 231 al. 1 let. b CPP).

18. Proportionnalité/mesures de substitution

18.1 La défense ne conteste pas que le placement en détention pour des motifs de 
sûreté pour une durée de 3 mois respecte le principe de proportionnalité. Pour 
rappel, le recourant a été condamné à une peine privative de liberté ferme de 
36 mois, sous déduction de 39 jours de détention provisoire. Le principe de 
proportionnalité est donc manifestement respecté. 

18.2 Conformément au principe de la proportionnalité (art. 36 al. 3 Cst.), il convient 
d'examiner les possibilités de mettre en œuvre d'autres solutions moins 
dommageables que la détention (règle de la nécessité). Cette exigence est 
concrétisée par l'art. 237 al. 1 CPP, qui prévoit que le tribunal compétent ordonne 
une ou plusieurs mesures moins sévères en lieu et place de la détention si ces 
mesures permettent d'atteindre le même but que la détention. Selon 
l'art. 237 al. 2 CPP, font notamment partie des mesures de substitution la fourniture 
de sûretés (let. a), la saisie des documents d'identité (let. b), l'assignation à 
résidence ou l'interdiction de se rendre dans un certain lieu ou un certain immeuble 
(let. c), l'obligation de se présenter régulièrement à un service administratif (let. d), 
l'obligation d'avoir un travail régulier (let. e), l'obligation de se soumettre à un 
traitement médical ou à des contrôles (let. f) et l'interdiction d'entretenir des 
relations avec certaines personnes (let. g). Cette liste est exemplative et le juge de 
la détention peut également, le cas échéant, assortir les mesures de substitution de 
toute condition propre à en garantir l'efficacité (ATF 142 IV 367 consid. 2.1).

18.3 En l’espèce, la défense fait valoir que des mesures de substitution seraient 
suffisantes pour pallier le risque de fuite retenu, notamment la saisie de tous les 
documents de voyage et l’obligation de se présenter régulièrement au poste de 
police. Or, il convient tout d’abord de souligner que le prévenu, qui a été condamné 
par le Tribunal des mineurs du canton de Berne à une peine privative de liberté de 
7 mois et demi avec sursis, assortie d’un délai d’épreuve de 18 mois auquel a été 
fixé un accompagnement, n’a pas respecté la règle de conduite imposée et ne s’est 
pas présenté à plusieurs rendez-vous fixés par l’assistant social du Ministère public 
des mineurs, dans le cadre de l’accompagnement qui avait été ordonné. Partant, 
celui-ci a démontré qu’il avait de la difficulté à respecter les injonctions de l’autorité. 
A cela s’ajoute qu’en l’absence de contrôle d'identité aux frontières dans l'espace 
Schengen, rien n'empêcherait le recourant de quitter facilement la Suisse. Le 
Tribunal fédéral a relevé que cette constatation était pertinente pour ce qui 
concerne le dépôt des documents d'identité, une assignation à résidence ainsi que 
l'obligation de se présenter, même quotidiennement, à un poste de police. Compte 
tenu de l'exiguïté du territoire suisse, il suffit en effet de très peu de temps pour 
rejoindre et passer sans contrôle une frontière (arrêt du Tribunal fédéral 
1B_362/2019 du 17 septembre 2019, consid. 3.2). Tout au plus, un manquement à 

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l’obligation de se présenter au poste de police, hypothèse qui ne doit pas être 
négligée vu le comportement antérieur du recourant, permettrait de constater la 
fuite mais pas de la prévenir. C’est donc à juste titre que le Tribunal régional a 
retenu qu’aucune mesure de substitution n’était apte à pallier le risque de fuite 
concret que présente le recourant. 

19. Au vu de ce qui précède, le recours est rejeté.

IV. Frais et indemnité 

20. Les frais de la procédure de recours, comprenant un émolument global de 
CHF 1'500.00, doivent être supportés par le recourant qui succombe, en 
application de l’art. 428 al. 1 CPP.

21. L’indemnisation du défenseur d’office pour la procédure de recours sera fixée à la 
fin de la procédure d’appel en application de l’art. 135 al. 2 CPP.

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La Chambre de recours pénale décide:

1. Le recours est rejeté.

2. Les frais de la procédure de recours, comprenant un émolument global de 
CHF 1'500.00, doivent être supportés par le recourant qui succombe.

3. L’indemnisation du défenseur d’office pour la procédure de recours sera fixée à la fin 
de la procédure d’appel.

4. A notifier :
- au prévenu/recourant, par Me B.________ (par courrier recommandé)
- au Procureur C.________, Ministère public Jura bernois-Seeland, Agence du 

Jura bernois (par courrier recommandé)
- au Tribunal régional Jura bernois-Seeland, Agence du Jura bernois, Président 

E.________ (avec le dossier – par colis recommandé)

A communiquer :
- au Parquet général (par coursier)
- à F.________ (par courrier A)
- à G.________ (par courrier A)
- à H.________ (par courrier A)
- à la I.________ (par courrier A)

Berne, le 16 novembre 2022 Au nom de la Chambre de recours 
pénale
Le Président :

J. Bähler, Juge d'appel
e.r. Schmid, Juge d’appel

La Greffière :

Rubin-Fügi

Voies de recours :
Un recours en matière pénale selon les art. 39 ss, 78 ss et 90 ss de la loi du 17 juin 1995 sur le Tribunal 
fédéral (LTF; RS 173.110) peut être déposé auprès du Tribunal fédéral (Av. du Tribunal fédéral 29, Case 
postale, 1000 Lausanne 14) contre la présente décision dans les 30 jours qui suivent sa notification. Le 
recours doit respecter les exigences de l’art. 42 LTF.

Remarques :
Les envois par fax et par e-mail ordinaire ne sont pas valables et ne sauvegardent pas les délais.
Les envois peuvent se faire à certaines conditions par voie électronique. Vous trouverez des précisions à ce 
propos sur le site internet de la Cour suprême (www.justice.be.ch/coursupreme).
Le numéro du dossier doit figurer sur les envois (BK 22 452).