# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 2f2b2958-086b-5c7c-8bd9-8290037459b6
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2015-11-02
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 02.11.2015 A-6282/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_A-6282-2014_2015-11-02.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 

Décision annulée par le TF, 29.03.2017 

(2C_1024/2015) 

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour I 

A-6282/2014 

 

 
 

  A r r ê t  d u  2  n o v e m b r e  2 0 1 5  

Composition 
 Marie-Chantal May Canellas (présidente du collège),  

Pascal Mollard, Daniel Riedo, juges, 

Sara Friedli, greffière. 
 

 
 

Parties 
 1. A._______,  

2. B._______,  

les deux représentés par Maître (…),  

recourants,  

 
 

 
contre 

 
 Administration fédérale des contributions AFC,  

Service d'échange d'informations en matière fiscale SEI, 

Eigerstrasse 65, 3003 Bern,    

autorité inférieure.  

 
 

 
 

Objet 
 entraide administrative (CDI-F). 

 

 

 

A-6282/2014 

Page 2 

Vu 

la demande d'assistance administrative en matière fiscale déposée le 

23 décembre 2013 par la Direction générale des finances publiques fran-

çaise (ci-après : autorité requérante française) auprès de l'Administration 

fédérale des contributions (ci-après : l'AFC ou l'autorité inférieure) – faisant 

référence à une première demande d'assistance administrative du 

21 décembre 2012 – à l'encontre des contribuables mentionnés dans les 

listes 1, 2 et 3 y annexées, sujets d'une enquête en France en rapport avec 

l'impôt sur le revenu 2010 et 2011, l'impôt sur les bénéfices 2010 et 2011, 

ainsi qu'avec l'impôt sur la fortune 2010, 2011 et 2012 – parmi lesquels 

A._______ (ci-après : le recourant) – et requérant les renseignements 

suivants :  

"(a)  les références de tous les comptes bancaires dont les contribuables listés 

dans les annexes 1, 2 et 3 (y compris leur conjoint et leurs ayants-droit le 

cas échéant) sont directement ou indirectement titulaires, quelles que soient 

les structures interposées, ou ayants-droit économiques au sein de la 

banque UBS ainsi que ceux pour lesquels ils disposent d'une procuration. 

Veuillez communiquer la copie du formulaire A concernant ces comptes; 

(b)  les relevés de fortune des comptes désignés ci-dessous au 01/01/2010, au 

01/01/2011 et au 01/01/2012 ainsi que les relevés de comptes faisant 

apparaitre les apports, les prélèvements et les gains (intérêts, dividendes, 

plus-values…) pour la période du 01/01/2010 au 31/12/2011; 

(c)  s'agissant des personnes non-résidentes fiscales de France sur la période 

visée dans la présente demande, la communication des informations 

bancaires pourra être limitée aux seuls flux de source française (versements 

de toute nature, intérêts, dividendes, plus-values…)", 

l'ordonnance de production du 16 janvier 2014 par laquelle l'AFC a enjoint 

à la banque UBS SA (ci-après : la banque) de lui communiquer la référence 

de tous les comptes dont le recourant était titulaire, ayant-droit économique 

ou titulaire d'une procuration du 1er janvier 2010 au 1er janvier 2012, leur 

état de fortune au 1er janvier 2010, 2011 et 2012 ainsi que les extraits de 

comptes incluant les versements, retraits et revenus pour la période du 1er 

janvier 2010 au 31 décembre 2011, 

le courrier du 3 février 2014, par lequel le recourant et la fondation 

dénommée "B._______" (ci-après : la recourante) ont fait savoir à l'AFC 

qu'ils avaient mandaté un avocat pour la défense de leurs intérêts, en 

sollicitant l'accès au dossier et un délai pour prendre position, 

la lettre du 4 février 2014, par laquelle la banque a donné suite à l'ordon-

nance de production précitée, transmis à l'AFC différents renseignements 

et indiqué avoir informé le recourant le 29 janvier précédent, 

A-6282/2014 

Page 3 

le courrier de l'AFC au mandataire des recourants du 19 février 2014, aux 

termes duquel elle leur a indiqué qu'elle envisageait de donner suite à la 

demande d'assistance administrative et de communiquer à l'autorité 

requérante française une série d'informations et de documents joints, tout 

en leur indiquant que l'autorité requérante française avait demandé que la 

requête soit traitée de manière confidentielle, raison pour laquelle seul un 

résumé de ce document était communiqué, ainsi qu'en leur octroyant la 

possibilité de s'exprimer, 

les deux courriers du nouveau mandataire des recourants du 27 février 

2014, déclarant s'opposer à la transmission de quelque information que ce 

soit concernant ces derniers, 

l'ordonnance de production complémentaire adressée par l'AFC à la 

banque le 19 mars 2014, aux termes de laquelle elle lui a demandé de lui 

transmettre des renseignements complémentaires, 

la lettre du 17 mars 2014, par laquelle la banque a transmis à l'AFC des 

informations complémentaires, 

les courriers du mandataire des recourants du 24 avril 2014 et du 15 mai 

2014 adressés à l'AFC, donnant quelques explications quant aux comptes 

bancaires, 

le courrier de l'AFC au mandataire des recourants du 19 mai 2014, aux 

termes duquel elle leur a indiqué qu'elle envisageait de donner suite à la 

demande d'assistance administrative et de communiquer à l'autorité 

requérante française une série d'informations et de documents joints, tout 

en leur indiquant à nouveau que l'autorité requérante française avait 

demandé que la requête soit traitée de manière confidentielle, raison pour 

laquelle seul un résumé de ce document était communiqué, ainsi qu'en leur 

octroyant la possibilité de s'exprimer, 

la prise de position des recourants du 4 juin 2014, déclarant s'opposer à la 

transmission de quelque information que ce soit les concernant aux 

autorités fiscales françaises, en soulevant la violation du droit d'être 

entendu n'ayant pas eu accès au dossier, 

le courrier du mandataire des recourants du 18 juin 2014, par lequel il a 

transmis des documents à l'appui de l'opposition à la transmission des 

informations bancaires à la France, 

A-6282/2014 

Page 4 

le courrier de l'AFC du 10 juillet 2014, par lequel cette dernière a transmis 

aux recourants une copie caviardée de la demande d'assistance admini-

strative française du 23 décembre 2013, 

le courrier du mandataire des recourants du 11 juillet 2014, confirmant 

l'opposition à la transmission des informations bancaires à la France, ainsi 

que ses courriers du 19 septembre 2014 et du 22 septembre 2014 à l'appui 

de ladite opposition, 

la décision finale de l'AFC du 24 septembre 2014 par laquelle l'AFC a 

résolu d'accorder l'assistance administrative à la France s'agissant des 

recourants et de transmettre à l'autorité requérante française les informa-

tions suivantes, étant précisé que des caviardages sont effectués pour 

couvrir des informations non couvertes par la demande ou portant exclu-

sivement sur des données relatives à des tiers non concernés : 

"–  Durant la période concernée, [le recourant] a été titulaire et ayant droit 

économique de la relation bancaire n° (…) auprès de [la banque]. Ce 

compte a été clôturé le 12 janvier 2010;  

–  Durant la période concernée, [le recourant] a été ayant droit économique de 

la relation bancaire n° (…) dont le titulaire était [la recourante]. Ce compte 

a été clôturé le 6 janvier 2010; 

– Les copies des formulaires A relatifs aux relations bancaires n° (…) et 

n° (…). 

– Les relevés de compte relatifs aux relations bancaires n° (…) et n° (…) pour 

la période du 1er janvier 2010 jusqu'à la clôture des comptes concernés". 

le recours déposé par les recourants le 27 octobre 2014 devant le Tribunal 

administratif fédéral, par lequel ils concluent à l'annulation de la décision 

attaquée, 

la réponse de l'autorité inférieure du 16 janvier 2015 aux termes de laquelle 

elle conclut au rejet du recours, 

la demande des recourants tendant à pouvoir déposer une réplique, datée 

du 26 janvier 2015, l'accord du Tribunal en ce sens et la réplique des 

recourants du 3 février 2015 aux termes de laquelle ils déclarent persister 

dans leurs conclusions, 

le courrier de l'autorité inférieure du 11 février 2015, communiquée aux 

recourants en date du 13 février suivant, par lequel dite autorité déclare 

s'en tenir à ses précédentes conclusions, en renonçant à dupliquer, 

A-6282/2014 

Page 5 

les observations spontanées des recourants du 24 septembre 2015, par 

lesquelles ils indiquent que la demande d'assistance administrative devrait 

être rejetée au motif qu'elle serait basée sur des données volées, 

la demande de suspension de toutes les procédures pendantes fondées 

sur les demandes d'assistances administratives du 23 décembre 2013 – 

parmi lesquelles la présente procédure –, jusqu'à droit connu sur l'arrêt du 

TAF A-6848/2015 du 15 septembre 2015 attaqué devant le Tribunal 

fédéral, déposée par l'autorité inférieure le 7 octobre 2015, 

 
et considérant 

1. 

que l'assistance administrative en matière fiscale internationale est 

actuellement régie, pour ce qui concerne le droit interne, par la loi fédérale 

du 28 septembre 2012 sur l'assistance administrative internationale en 

matière fiscale (LAAF, RS 651.1) entrée en vigueur le 1er février 2013, 

que la demande d'entraide litigieuse, datée du 23 décembre 2013, entre 

ainsi dans le champ d'application de cette loi, 

que le fait qu'une première demande a été déposée par la France sur le 

même sujet le 21 décembre 2012, soit avant l'entrée en vigueur de la LAAF, 

ne change rien à ce qui précède, 

que la seconde demande, du 23 décembre 2013, remplace manifestement 

la première, puisqu'elle pose les mêmes questions, mais en donnant des 

informations supplémentaires (cf. arrêt du TAF A-6843/2014 du 

15 septembre 2015 consid. 3.4 [non définitif]), 

que, selon la jurisprudence du Tribunal fédéral et du Tribunal administratif 

fédéral, ce procédé est parfaitement admissible (cf. ATF 121 II 93 

consid. 3b; arrêt du TAF A-4232/2013 du 17 décembre 2013 consid. 2.4), 

qu'il n'y a donc pas lieu de tenir compte de la première demande d'entraide, 

que, par ailleurs, le Tribunal administratif fédéral est compétent pour 

statuer sur le présent recours (cf. art. 32 LTAF),  

que la présente procédure est soumise aux règles générales de procédure, 

sous réserve des dispositions spécifiques de la LAAF (cf. art. 19 al. 5 

LAAF),  

A-6282/2014 

Page 6 

que le recours répond manifestement aux exigences de forme et de fond 

de la procédure administrative (cf. art. 50 al. 1 et art. 52 PA),  

que les recourants, lesquels sont visés par la demande d'assistance 

administrative et spécialement atteints par la décision attaquée, bénéficient 

sans conteste de la qualité pour recourir (cf. art. 14 al. 1 et 2, art. 19 al. 2 

LAAF; art. 48 PA), 

qu'il y a lieu d'entrer en matière, 

que le Tribunal jouit d'un plein pouvoir de cognition (cf. art. 49 et art. 62 

al. 4 PA), 

2. 

que, cela étant, il sied avant tout d'examiner la demande de l'autorité 

inférieure du 7 octobre 2015 tendant à la suspension de la présente 

procédure jusqu'à droit connu sur l'arrêt du TAF A-6848/2015 du 

15 septembre 2015 attaqué devant le Tribunal fédéral,  

qu'une suspension de la procédure doit être justifiée par des motifs 

suffisants (cf. arrêt du TAF A-7509/2006 du 2 juillet 2007 consid. 5.1 et les 

réf. cit.; ANDRÉ MOSER/MICHAEL BUESCH/LORENZ KNEUBÜHLER, Prozes-

sieren vor dem Bundesverwaltungsgericht, 2e éd. 2013, n°3.14 ss),  

qu'elle peut être envisagée lorsqu'il ne se justifie pas, sous l'angle de 

l'économie de la procédure, de prendre une décision dans l'immédiat, 

notamment lorsque le jugement prononcé dans un autre litige peut in-

fluencer l'issue du procès (cf. art. 6 de la loi fédérale du 4 décembre 1947 

de procédure civile fédérale [PCF, RS 273]; ATF 123 II 1 consid. 2b; 122 II 

211 consid. 3e; arrêt du TAF A-4379/2007 du 29 août 2007 consid. 4.2), 

que la suspension est également admise lorsqu'elle paraît opportune pour 

d'autres raisons importantes; qu'elle ne doit toutefois pas s'opposer à des 

intérêts publics et privés prépondérants (cf. arrêts du TAF B-5168/2007 du 

18 octobre 2007 consid. 2.2.1 et les réf. cit.; A-7509/2006 du 2 juillet 2007 

consid. 5.1 et les réf. cit.), 

qu'elle doit même rester l'exception (cf. ATF 130 V 90 consid. 5; 119 II 389 

consid. 1b et les réf. cit.; arrêt du TF 8C_982/2009 du 5 juillet 2010 

consid. 2.2; arrêt du TAF B-5482/2009 du 19 avril 2011 consid. 2.2), 

A-6282/2014 

Page 7 

qu'en particulier, le principe de célérité qui découle de l'art. 29 Cst. et de 

l'art. 4 al. 2 LAAF pose des limites à la suspension d'une procédure jusqu'à 

droit connu sur le sort d'une procédure parallèle, 

que, de manière générale, la décision de suspension relève du pouvoir 

d'appréciation de l'autorité saisie; que cette dernière procédera à la pesée 

des intérêts des parties, l'exigence de célérité l'emportant dans les cas 

limites (cf. ATF 119 II 386 consid. 1b; arrêt du TF 1P.99/2002 du 25 mars 

2002 consid. 4.1; arrêt du TAF B-8243/2007 du 20 mai 2008 consid. 3), 

qu'il appartient à l'autorité saisie de mettre en balance, d'une part, la 

nécessité de statuer dans un délai raisonnable et, d'autre part, le risque de 

décisions contradictoires; que le caractère raisonnable du délai s'apprécie 

au regard de la nature de l'affaire et l'ensemble des circonstances (cf. arrêt 

du TF 1P.99/2002 du 25 mars 2002 consid. 4.1 et et les réf. cit.; ATAF 

2009/42 consid. 2.2 et et les réf. cit.), 

qu'en l'occurrence, l'autorité inférieure motive sa demande de suspension 

par le fait que l'issue de la procédure introduite devant le Tribunal fédéral 

aura une influence sur toute une série d'affaires pendantes devant le 

Tribunal de céans, dont la présente, en invoquant ainsi le principe de 

l'économie de procédure, 

qu'en effet, l'état de fait contenu dans la demande d'assistance 

administrative du 23 décembre 2013 est le même que dans une série 

d'autres procédures pendantes devant le Tribunal de céans – dont la 

présente – et que l'issue de l'affaire introduite devant le Tribunal fédéral 

aura sans nul doute une incidence sur les autres procédures, 

que, pour autant, le Tribunal de céans ne saurait suivre le raisonnement de 

l'autorité inférieure, 

qu'en premier lieu, le présent arrêt était déjà prêt à être rendu au moment 

où l'autorité inférieure a déposé sa requête, de sorte qu'il n'y a, pour le 

Tribunal de céans, nulle économie de procédure à ce que la cause soit 

suspendue, 

qu'en second lieu, il faut rappeler que le principe de célérité dans le cadre 

de l'assistance administrative en matière fiscale impose à l'Etat requis de 

traiter les requêtes d'assistance dans les meilleurs délais, afin de pouvoir 

respecter les engagements internationaux pris à l'égard de l'Etat requérant, 

A-6282/2014 

Page 8 

que dans ce contexte, il s'agit de considérer que la présente procédure a 

déjà duré plus d'une année et qu'une suspension heurterait vraisembla-

blement le principe de célérité, 

que cet intérêt public prévaut sur l'intérêt de l'autorité inférieure à ne pas 

devoir recourir contre le présent arrêt – et d'autres similaires – compte tenu 

également du nombre limité de ces procédures pendantes devant le 

Tribunal de céans et touchant la même problématique,  

qu'en troisième et dernier lieu, il n'est pas forcément opportun que seul un 

dossier soit soumis au Tribunal fédéral, en particulier au cas où les aléas 

de la procédure ou d'autres circonstances auraient pour effet de la rendre 

caduque, 

qu'en outre, la diversité du débat servira également à ce que plusieurs 

parties aient l'occasion de faire valoir leurs arguments devant la dernière 

instance, 

que dans ces circonstances, le principe de l'économie de procédure ne 

saurait justifier une suspension de la présente procédure, 

que, partant, la requête de suspension doit être rejetée, 

3. 

que, cela constaté, avant d'examiner le recours sur le fond, il convient au 

préalable de rappeler les principes applicables à la présente procédure, 

notamment le droit applicable (cf. consid. 3.1 ci-après), les conditions à la 

base de l'assistance administrative (cf. consid. 3.2 ci-après) et, plus 

particulièrement, l'exigence du respect du principe de la bonne foi 

(cf. consid. 3.3 ci-après), 

3.1. 

que l'échange de renseignements en matière fiscale entre la Suisse et la 

France est régi par la Convention du 9 septembre 1966 entre la Suisse et 

la France en vue d'éliminer les doubles impositions en matière d'impôts sur 

le revenu et sur la fortune et de prévenir la fraude et l'évasion fiscales (RS 

0.672.934.91; ci-après : CDI-F), ainsi que par le chiffre XI du Protocole 

additionnel de cette même convention, 

que ces dispositions ont été modifiées par un Avenant du 27 août 2009 (ci-

après : l'Avenant du 27 août 2009, RO 2010 5683), 

A-6282/2014 

Page 9 

que ces modifications s'appliquent aux demandes d'assistance admini-

strative qui portent sur des renseignements concernant l'année 2010 et les 

années suivantes (cf. art. 11 al. 3 de l'Avenant du 27 août 2009), 

que les renseignements demandés ici par la France, qui concernent les 

années 2010, 2011, 2012 et 2013, entrent dans le champ d'application 

temporel de l'art. 28 CDI-F et du ch. XI du Protocole additionnel dans leur 

nouvelle teneur (cf. arrêt du TAF A-3294/2014 du 8 décembre 2014 

consid. 2.1 [non définitif]), 

3.2. 

que, selon l'art. 28 par. 1 CDI-F, l'assistance administrative doit être 

accordée à condition qu'elle porte sur des renseignements vraisembla-

blement pertinents pour l'application de la législation fiscale interne des 

Etats contractants (cf. arrêt du TAF A-3294/2014 du 8 décembre 2014 

consid. 2.3.2), 

qu'en particulier, elle ne doit pas être déposée uniquement à des fins de 

recherche de preuves (interdiction de la pêche aux renseignements ; 

cf. arrêt du TAF A-3294/2014 du 8 décembre 2014 consid. 2.3.2), 

qu'elle doit respecter le principe de subsidiarité (ch. XI par. 1 du Protocole 

additionnel), 

que, conformément aux principes du droit international, la demande doit en 

outre respecter le principe de la bonne foi (cf. art. 7 LAAF ; arrêt du TAF A-

3294/2014 du 8 décembre 2014 consid. 2.3.4), 

qu'à la forme, la requête doit indiquer les coordonnées des personnes 

concernées, la période visée, les renseignements recherchés, le but fiscal 

poursuivi et, dans la mesure du possible, les coordonnées du détenteur 

d'information (ch. XI par. 3 du Protocole additionnel ; cf. arrêt du TAF A-

3294/2014 du 8 décembre 2014 consid. 2.3.3), 

3.3. 

que, pour ce qui est du principe de la bonne foi (cf. consid. 3.2 ci-dessus), 

celui-ci implique en particulier que l'Etat requérant ne doit pas demander 

l'entraide sur la base de renseignements obtenus par des actes punissa-

bles au regard du droit suisse (cf. art. 7 let. c LAAF), 

que cette règle se trouve certes dans le droit interne, mais qu'elle résulte 

également du droit des gens (cf. arrêt du TAF A-6843/2014 du 

15 septembre 2015 consid. 7.4.3), 

A-6282/2014 

Page 10 

que, selon la jurisprudence du Tribunal administratif fédéral, lorsque la 

demande ne précise pas d'où proviennent les données sur lesquelles elle 

se fonde, l'AFC doit, en cas de doute lié aux réquisits de l'art. 7 let. c LAAF, 

s'enquérir de leur origine auprès de l'Etat requérant (cf. arrêt du TAF A-

6843/2014 du 15 septembre 2015 consid. 7.7), 

que, si l'Etat requérant déclare de manière expresse que les données en 

question ne sont pas le fruit d'un acte illicite, il y a lieu de s'en tenir à cette 

assertion, sauf à ce que des indices clairs la remettent en cause (cf. arrêt 

du TAF A-6843/2014 du 15 septembre 2015 consid. 7.7), 

que les indices en question peuvent résulter de la demande elle-même, de 

faits notoires ou des preuves fournies par les parties à la procédure elles-

mêmes (cf. arrêt du TAF A-6843/2014 du 15 septembre 2015 consid. 7.7), 

qu'en l'absence de déclaration de l'Etat requérant sur l'origine des 

données, le Tribunal effectue une appréciation des faits en fonction des 

éléments à disposition, 

que dans ce cas, la personne concernée n'a pas à apporter la preuve 

stricte de l'origine illicite des données sur laquelle se fonde la demande, 

qu'il suffit qu'elle produise des documents ou se réfère à des faits notoires 

susceptibles d'emporter la conviction du Tribunal (cf. arrêt du TAF A-

6843/2014 du 15 septembre 2015 consid. 7.7), 

que, si le Tribunal est convaincu du fait que la demande se fonde sur des 

renseignements obtenus par des actes punissables au regard du droit 

suisse, l'assistance administrative sera refusée, 

4. 

qu'en l'espèce le Tribunal se doit de déterminer si la demande d'assistance 

administrative du 23 décembre 2013 de l'autorité requérante française est 

recevable,  

que, pour ce faire, l'examen du Tribunal doit porter sur la forme 

(cf. consid. 4.1 ci-après) et le contenu de ladite demande, et, plus 

particulièrement, sur le respect du principe de la bonne foi, condition 

préalable à l'entrée en matière (cf. consid. 4.2 ci-après), 

4.1.  

que, pour ce qui a trait à la forme de la demande, l'autorité requérante 

française a expliqué que le recourant faisait l'objet d'un contrôle fiscal 

A-6282/2014 

Page 11 

entrepris sur la base d'informations transmises par les autorités judiciaires 

françaises, qu'il avait été en relation d'affaires avec la banque UBS et qu'un 

transfert de sommes d'argent sur un compte non déclaré en Suisse avait 

pu être identifié, 

que l'autorité requérante française a précisé que la demande reposait sur 

l'art. 28 CDI-F, 

qu'elle a indiqué le nom de la personne concernée, soit le recourant, sa 

date de naissance et son adresse en France, ce qui a permis de l'identifier 

clairement (cf. pièce 1 du dossier de l'AFC), 

que la demande porte sur un grand nombre de personnes qui seraient 

toutes concernées par le même type de situation, 

que, toutefois, il ne s'agit pas d'une demande groupée au sens de l'art. 3 

let. c LAAF, mais bien d'une série de demandes individuelles semblables, 

qu'en effet, les noms des personnes concernées sont connus, 

qu'il ne s'agit donc pas, pour l'autorité suisse, d'identifier des personnes 

sur la base d'un comportement déterminé, 

qu'il n'y a donc pas besoin de se demander si les conditions de l'art. 3 let. c 

LAAF sont remplies, 

que l'autorité requérante française a encore mentionné que la requête 

concernait les années 2010, 2011 et 2012, 

qu'elle a demandé, en substance, la transmission des relevés de fortune 

aux 1er janvier 2010, 2011 et 2012 relatifs aux comptes dont le recourant 

serait titulaire, directement ou indirectement, auprès de la banque UBS, 

ainsi que les relevés de ces comptes sur la période du 1er janvier 2010 au 

31 décembre 2012 et une copie du formulaire A y relatif, 

qu'elle a également précisé que le but de sa requête était la perception 

correcte de l'impôt sur le revenu pour les années 2010 et 2011, de l'impôt 

sur la fortune pour les années 2010, 2011 et 2012, 

que le détenteur d'informations était connu, à savoir la banque UBS, 

que la France a dès lors fourni toutes les informations nécessaires 

(cf. ch. XI du Protocole additionnel), 

A-6282/2014 

Page 12 

qu'en revanche, il n'est nulle part mentionné dans la demande que celle-ci 

porte sur des renseignements qui, s'ils étaient disponibles en France, 

pourraient être obtenus par le fisc français, 

que, selon l'art. 6 al. 2 LAAF, la demande doit contenir une telle déclaration, 

que, toutefois, on ne trouve pas la même exigence dans le ch. XI par. 3 du 

Protocole additionnel, 

que, parfois, l'autorité requérante française déclare de manière plus 

générale que la demande est conforme aux termes de la convention 

applicable, 

qu'une telle déclaration générale ne se trouve pas ici, 

que, vu l'issue de la cause, il n'est pas nécessaire de décider si une 

déclaration conforme à l'art. 6 al. 2 LAAF aurait dû être réclamée au fisc 

français par l'autorité inférieure (cf. art. 6 al. 3 LAAF), 

que, sous cette réserve, la demande d'entraide paraît correcte quant à la 

forme, 

4.2. 

que, pour ce qui a trait au contenu de la demande – soit la motivation à la 

base de la requête de transmission des informations bancaires –, il sied de 

relever ce qui suit, 

que la demande d'entraide donne très peu d'explications sur la manière 

dont l'autorité requérante française a obtenu la liste de noms parmi 

lesquels l'on trouve celui du recourant, 

que, saisi du cas d'une autre personne figurant également sur cette liste, 

le Tribunal administratif fédéral a considéré que l'autorité requérante fran-

çaise s'est basée sur des données qui lui ont été fournies à la suite d'un 

acte illicite au sens du droit suisse (cf. arrêt du TAF A-6843/2014 du 

15 septembre 2015 consid. 8.4), 

que, en effet, il est vraisemblable que la liste sur laquelle se fonde la 

demande provient d'employés d'UBS France SA, voire d'UBS AG (cf. arrêt 

du TAF A-6843/2014 du 15 septembre 2015 consid. 8.4), 

qu'il est notoire que la liste de noms trouve son origine dans une lettre (ou 

note) anonyme qui a été adressée à la fin de l'année 2010 à l'Autorité de 

A-6282/2014 

Page 13 

contrôle prudentiel française (ACP; désormais autorité de contrôle 

prudentiel et de résolution [ACPR]) par lesdits employés d'UBS (cf. arrêt 

du TAF A-6843/2014 du 15 septembre 2015 consid. 8.4),  

que c'est d'ailleurs ce que les médias – qui disent avoir pu consulter ce 

document – relatent (cf. arrêt du TAF A-6843/2014 du 15 septembre 2015 

consid. 8.4), 

qu'il est également notoire que l'ACP – qui a ouvert une procédure 

disciplinaire à l'encontre d'UBS France SA – a envoyé cette note et la liste 

corrélative au Parquet de Paris qui a ouvert une information judiciaire le 

12 juin 2012 pour "démarchage illicite commis en bande organisée" 

(cf. arrêt du TAF A-6843/2014 du 15 septembre 2015 consid. 8.4),  

que la demande d'assistance administrative à la base de la présence 

procédure se réfère précisément à cette information judiciaire et à la liste 

en question (cf. arrêt du TAF A-6843/2014 du 15 septembre 2015 con-

sid. 8.4), 

qu'il faut donc en conclure que la liste qui figure en annexe à la demande 

d'assistance administrative est bien celle qui a été jointe à la lettre (ou note) 

adressée à l'ACP par des employés d'UBS France SA ou d'UBS AG à la 

fin de l'année 2010 (cf. arrêt du TAF A-6843/2014 du 15 septembre 2015 

consid. 8.4), 

que la soustraction à UBS France SA, voire à UBS AG, d'une liste de clients 

par l'un de ses employés s'apparente à un acte punissable au regard du 

droit suisse (cf. arrêt du TAF A-6843/2014 du 15 septembre 2015 

consid. 8.4), 

que, dès lors, en application de l'art. 7 let. c LAAF, le Tribunal a considéré 

que l'entraide ne peut pas être accordée à la France (cf. arrêt du TAF A-

6843/2014 du 15 septembre 2015 consid. 8.5), 

qu'il n'y a pas de raison qu'il en aille différemment ici, le nom du recourant 

figurant sur la liste jointe à la même demande d'entraide, 

qu'ainsi, il faut considérer que cette demande est fondée sur des 

renseignements obtenus par des actes punissables selon le droit suisse, 

qu'elle est donc irrecevable au regard de l'art. 7 let. c LAAF, raison pour 

laquelle l'autorité inférieure n'aurait pas dû entrer en matière sur ladite 

demande d'assistance (cf. consid. 3.2 et 3.3 ci-dessus), 

A-6282/2014 

Page 14 

que le recours doit donc être admis,  

que la décision attaquée doit être ainsi annulée, 

que, dans de telles circonstances, les questions soulevées par les 

recourants dans leur recours – notamment la violation de l'interdiction de 

la pêche aux renseignements et l'arbitraire, le formalisme excessif, le fait 

que les comptes bancaires en question auraient été clôturés au début 

2010, la violation du principe de proportionnalité et l'abus du pouvoir 

d'appréciation de la part de l'autorité inférieure, etc. – peuvent en 

l'occurrence ainsi demeurer ouvertes, 

5. 

5.1. 

que les frais de procédure, qui comprennent l'émolument d'arrêté, les 

émoluments de chancellerie et les débours, sont, en règle générale, mis à 

la charge de la partie qui succombe (art. 63 al. 1 PA), 

qu'en l'espèce, les frais de procédure sont fixés, sur la base du dossier, à 

Fr. 8'000.--, 

que, cela étant, les recourants obtenant gain de cause et l'autorité 

inférieure n'en supportant pas (cf. art. 63 al. 2 PA), les frais de procédure 

seront laissés à la charge de l'Etat,  

que l'avance de frais versée par les recourants de Fr. 10'000.-- leur sera 

donc restituée une fois le présent arrêt définitif et exécutoire,  

5.2. 

que l'art. 64 al. 1 PA prévoit que l'autorité de recours peut allouer, d'office 

ou sur requête, à la partie ayant entièrement ou partiellement obtenu gain 

de cause, une indemnité pour les frais indispensables et relativement 

élevés qui lui ont été occasionnés par le litige (cf. également art. 7 ss du 

règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités 

fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]), 

que, selon l'art. 14 al. 2 FITAF, le Tribunal fixe les dépens sur la base de 

l'éventuel décompte remis par la partie concernée, 

qu'à défaut, l'indemnité est fixée sur la base du dossier, 

qu'en l'occurrence, les recourants, qui obtiennent gain de cause et sont 

représentés par un avocat, ont droit à des dépens, 

A-6282/2014 

Page 15 

qu'en l'absence de note d'honoraires, compte tenu de la nature de la cause 

et de son degré de complexité, ceux-ci sont fixés à Fr. 12'000.-- (sans 

TVA), 

(le dispositif est indiqué à la page suivante) 

  

A-6282/2014 

Page 16 

le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

La requête de suspension de la procédure du 7 octobre 2015 de l'autorité 

inférieure est rejetée. 

2.  

Le recours est admis et la décision finale de l'autorité inférieure du 

24 septembre 2014 est annulée. 

3.  

Il n'est pas entré en matière sur la demande d'assistance administrative de 

la Direction Générale des finances Publiques française du 23 décembre 

2013 dirigée à l'encontre des recourants. 

4.  

Il n'est pas perçu de frais de procédure, l'avance de frais de Fr. 10'000.-- 

versée par les recourants leur étant restituée dès le présent arrêt définitif 

et exécutoire. 

5.  

Il est octroyé aux recourants une indemnité de Fr. 12'000.-- à titre de 

dépens, à la charge de l'autorité inférieure. 

6.  

Le présent arrêt est adressé : 

– aux recourants (Acte judiciaire) 

– à l'autorité inférieure (n° de réf. ***; Acte judiciaire) 

 

L'indication des voies de droit se trouve à la page suivante. 

 

La présidente du collège : La greffière : 

  

Marie-Chantal May Canellas Sara Friedli 

 

A-6282/2014 

Page 17 

Indication des voies de droit : 

La présente décision, qui concerne un cas d'assistance administrative 

internationale en matière fiscale, peut être attaquée devant le Tribunal 

fédéral, 1000 Lausanne 14, par la voie du recours en matière de droit 

public, dans les dix jours qui suivent la notification. Le recours n'est 

recevable que lorsqu'une question juridique de principe se pose ou qu'il 

s'agit pour d'autres motifs d'un cas particulièrement important au sens de 

l'art. 84 al. 2 LTF (art. 82, art. 83 let. h, art. 84a, art. 90 ss et art. 100 al. 2 

let. b LTF). Le mémoire de recours doit exposer en quoi l'affaire remplit la 

condition exigée. En outre, le mémoire doit être rédigé dans une langue 

officielle et doit indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de 

preuve, et être signé. La décision attaquée et les moyens de preuve 

doivent être joints au mémoire, pour autant qu'ils soient entre les mains du 

recourant (art. 42 LTF). 

Expédition :