# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** bde68ec1-0f26-5406-8354-e79c276bf9ef
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-04-30
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 30.04.2021 P/3743/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-3743-2019_2021-04-30.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/3743/2019 ACPR/285/2021 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du vendredi 30 avril 2021 

 

Entre 

 

A______ JSC, sise ______, République du Kazakhstan, comparant par Me Urs SAAL, 

avocat, Budin & Associés, rue De-Candolle 17, case postale 166, 1211 Genève 12, 

recourante, 

 

contre l'ordonnance de refus de reprise de la procédure préliminaire rendue le 4 janvier 2021 

par le Ministère public, 

 

et 

 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimé. 

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EN FAIT : 

A. a. Par acte expédié au greffe de la Chambre de céans le 18 janvier 2021, 
A______ JSC recourt contre l'ordonnance du 4 janvier 2021, expédiée par pli simple, 
par laquelle le Ministère public a rejeté sa demande tendant à la reprise de la 
procédure préliminaire (art. 323 CPP). 

La recourante conclut, sous suite de frais et dépens, à l'annulation de l'ordonnance 
précitée et au renvoi de la cause au Ministère public pour qu'il ouvre une instruction 
contre les mis en cause visés par sa plainte pénale du 4 décembre 2018 et ses 
compléments des 29 mai et 1er novembre 2019, ainsi que par sa nouvelle plainte du 
21 novembre 2019, laquelle n'avait pas été traitée à ce jour. Subsidiairement, elle 
conclut au renvoi de la cause au Ministère public pour qu'il examine "au fond" les 
faits exposés dans sa requête.  

b. La recourante a versé les sûretés en CHF 1'500.- qui lui étaient réclamées par la 
Direction de la procédure. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier : 

a. Le 6 décembre 2018, A______ JSC a déposé plainte pénale auprès du Ministère 
public de la Confédération (ci-après : MPC). Le 7 mars 2019, le Ministère public du 
canton de Genève a accepté de se charger de la procédure, à la demande du MPC. 
A______ JSC a par la suite complété sa plainte, les 29 mai et 1er novembre 2019. 

b.A______ JSC se présente comme une banque kazakhe en mains privées depuis 
2014. 

En page 5 de sa première plainte, elle explique qu'"entre 1998 et 2008", elle avait 
appartenu à B______, ressortissant kazakh au lieu de résidence actuellement 
inconnu, et qu'en 2008, en raison de pertes financières causées par le précité à 
hauteur de "milliards" (sans autre précision), un fonds souverain kazakh l'avait 
temporairement reprise. 

En page 12, elle prétend toutefois que le prénommé avait été son actionnaire 
majoritaire et dirigeant de fait "entre 2005 et 2009", période pendant laquelle il se 
serait enrichi à son détriment d'environ USD 10 milliards, avant de prendre la fuite 
pour la Grande-Bretagne. Elle affirme que ces faits auraient valu à l'intéressé une 
condamnation au Kazakhstan à vingt ans de prison, en 2017 (p. 13), et à dix-sept ans, 
en 2018 (p. 20). 

c. En substance, A______ JSC reproche à des personnes physiques ou morales 
domiciliées à Genève, notamment C______, d'avoir participé au blanchiment de 
l'argent détourné à son préjudice au Kazakhstan et d'avoir fait obstacle aux 
démarches "des pouvoirs publics" visant à confisquer des fonds à son profit. 

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Se prévalant d'un jugement rendu en Grande-Bretagne le 21 juin 2018, qui condamne 
C______ à lui payer plus de USD 500'000'000.- à titre de dommages et intérêts, elle 
affirme qu'il existe "de sérieux soupçons" que les auteurs présumés des activités de 
blanchiment ont agi en Suisse pendant les années 2012 et 2013. 

À teneur de la procuration transmise au Ministère public, son défenseur a pour 
mandat exprès la reconnaissance et l'exécution de ce jugement. Le 4 septembre 2019, 
elle a, d'ailleurs, informé le Ministère public qu'elle venait d'obtenir en première 
instance, à Genève, un prononcé de mainlevée définitive à l'encontre de C______. 

d. L'essentiel, si ce n'est l'exclusivité, des griefs de la plainte s'articule sur des 
témoignages recueillis dans des procédures civiles menées à l'étranger, ainsi que sur 
des pièces y relatives. 

A______ JSC affirme, ainsi, que D______, conseiller financier de B______, aurait 
convaincu la justice anglaise, par ses déclarations – sous la forme d'un affidavit 
(pièce 102) – et par les pièces qu'il avait présentées à ce sujet (notamment des 
schémas), de l'existence de manœuvres de dissimulation criminelles. Son témoignage 
aurait livré les "bases décisives" du jugement britannique de 2018, qui constitueraient 
autant de soupçons sérieux à l'appui de la plainte déposée, et notamment d'actes de 
blanchiment entrepris sur instructions de C______. 

e. Dans son complément de plainte du 29 mai 2019, A______ JSC estime (p. 36) 
qu'un compte chypriote de E______ SA, société panaméenne dont C______ serait 
l'ayant droit économique, requérait l'attention "prioritaire" des autorités pénales. 
Selon la plaignante, les prêts dont les remboursements apparaissaient au crédit du 
compte, qui provenaient de la société F______ INC, avaient pour but "probable" de 
faire échec à toute confiscation. 

f. Dans son complément de plainte du 1er novembre 2019, A______ JSC s'attache 
à clarifier l'origine des fonds ressortant de l'un des schémas de D______, soit ceux 
ayant été transférés par les sociétés G______ LTD et H______ LTD à F______ INC.  

Elle produit à cet effet notamment le témoignage (par-devant une juridiction 
anglaise) de I______, présenté – ce qu'il conteste – comme un ancien "nominee" de 
B______ dans une société titulaire de droits pétrolifères au Kazakhstan, 
J______ LTD (pièce 91).  

Sur la base de nouveaux documents, il existait des soupçons sérieux selon lesquels 
B______, avec l'aide de C______, se serait illégalement approprié les droits sur un 
champ pétrolier qu'elle avait initialement financés et qui lui revenait directement. 
B______ avait fait assassiner K______, soit celui qui l'avait précédé dans ses 
fonctions de président du conseil d'administration. Après s'être approprié les droits 
sur le champ pétrolier, il avait transféré le profit résultant de leur vente, soit au moins 
USD 438 millions, à diverses sociétés, afin de le cacher. Il s'agissait de faire croire 
aux personnes extérieures que les profits générés par la vente avaient été réalisés par 

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I______ ou ses sociétés G______ LTD et H______ LTD, alors qu'en réalité, seul le 
mis en cause s'était enrichi de manière illicite. Ainsi, les actifs transférés sur ces deux 
sociétés étaient d'origine criminelle et avaient donné lieu à des transferts successifs 
constitutifs de blanchiment d'argent. 

g. Par ordonnance du 21 novembre 2019, le Ministère public a refusé d'entrer en 
matière sur les plaintes pénales des 6 décembre 2018, 29 mai 2019 et 1er novembre 
2019.  

La plaignante prétendait avoir identifié 780 sociétés sous le contrôle indirect de 
B______, mais ne produisait pas le jugement ayant condamné celui-ci au 
Kazakhstan. Faute d'en connaître la teneur, l'identification d'un crime préalable 
n'était pas possible. La question pouvait néanmoins rester ouverte, car le dossier ne 
permettait pas d'établir l'origine criminelle des actifs se trouvant en Suisse.  

En ce qui concernait les USD 69 millions versés sur différents comptes en Suisse 
depuis le compte de E______ SA à Chypre – transferts qui n'étaient pas représentés 
sur les schémas de D______ –, s'il ressortait de la documentation bancaire produite 
que cet argent trouvait son origine dans des versements des sociétés H______ LTD et 
G______ LTD, aucun élément au dossier ne permettait toutefois de relier ces 
virements à une quelconque activité criminelle de B______. Ces virements 
correspondaient à des paiements de parts dans J______ LTD, société d'exploration et 
de production pétrolière et gazière opérant au Kazakhstan. Les "opens sources" et 
l'affidavit de L______ (pièce 67) confirmaient par ailleurs qu'il y avait bien eu deux 
ventes de parts par H______ LTD en 2009 et 2011, ventes qui justifiaient ces 
virements. Que le contrat de vente mentionné dans les documents d'ouverture de 
F______ INC n'y figure pas était certes regrettable, mais ne permettait pas de déduire 
que les virements de H______ LTD et G______ LTD étaient étrangers à la vente de 
parts de J______ LTD. 

Quant aux déclarations de I______, elles étaient claires et confirmaient que l'argent 
viré par H______ LTD et G______ LTD provenait d'un contrat de prêt, à priori en 
lien avec J______ LTD. Les interprétations faites par A______ JSC des déclarations 
de I______, notamment celle consistant à faire de ce dernier l'homme de paille de 
B______, ne pouvaient ainsi être suivies. I______ le contestait et aucun élément 
objectif au dossier ne permettait de conclure le contraire. Si A______ JSC 
"décortiquait" le témoignage du prénommé pour l'interpréter, elle s'était toutefois 
abstenue, de façon peu compréhensible, de fournir certains documents pourtant 
essentiels à l'établissement des faits, dont des documents produits par I______ lors 
de sa déposition du 15 mai 2017. Même si les virements ne correspondaient pas à ce 
qui avait été décrit, la plaignante n'apportait de toute manière aucun élément qui 
permettait de les relier à des activités criminelles que B______ aurait commises à son 
encontre. 

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Enfin, les sociétés mentionnées dans les schémas de A______ JSC, notamment 
M______ INC, G______ LTD et H______ LTD, ne faisaient pas partie des 
780 sociétés qu'elle avait identifiées comme étant sous le contrôle indirect de 
B______ et qui auraient servi à détourner les fonds de la banque. La plaignante se 
livrait à des conjectures sur les liens entre les sociétés citées, les mouvements de 
fonds et les activités criminelles imputées à celui-ci, et son préjudice à elle. Les 
éléments constitutifs d'actes de blanchiment d'argent n'étaient donc pas réunis. 

h. A______ JSC a recouru le 2 décembre 2019 contre cette ordonnance auprès de la 
Chambre de céans.  

Dans son recours, elle relève (ch. 3.2 p. 16 s.) que le jugement rendu par les autorités 
kazakhes tenait sur 1'329 pages et était écrit en russe. Il contenait des conclusions sur 
"un grand nombre" des quelques 780 sociétés attribuées à B______ jusqu'en 2018, 
qui avaient été utilisées pour ses actes frauduleux. Le nom "M______ INC" y 
apparaissait à plusieurs reprises, mais il n'y avait "pas de lien évident" (sic) avec les 
transactions décrites dans la plainte pénale. Il avait donc été jugé "plus opportun" de 
ne pas produire cet arrêt à ce stade. Elle avait "commandé" d'autres analyses, 
principalement sur la base des documents recueillis sur l'île de Man par le biais de 
l'entraide et qui avaient été mis à sa disposition. Elle aurait toutefois été en mesure, 
sur demande du Ministère public, de fournir tout autre document nécessaire. Enfin, 
en retenant que les sociétés G______ LTD et H______ LTD ne faisaient pas partie 
des 780 sociétés identifiées à ce jour comme étant sous le contrôle de B______, le 
Ministère public méconnaissait que le contrôle des actifs des deux sociétés 
susmentionnées par le prénommé n'avait été découvert qu'avec les documents remis 
aux autorités kazakhes en janvier 2019 dans le cadre de l'entraide pénale, et dont elle 
n'avait pu prendre connaissance qu'au printemps 2019. Dans ces circonstances, il ne 
pouvait lui être reproché que ces deux sociétés ne figurent pas (encore) sur la liste 
des 780 sociétés (ch. 3.5.2 p. 18 s.).  

i. Par arrêt du 21 janvier 2020 (ACPR/54/2020), la Chambre de céans a rejeté le 
recours.  

Les allégations et pièces de la plaignante étaient dénuées du moindre indice à l'appui 
d'un crime préalable au blanchiment d'argent qu'elle dénonçait. À elles seules, les 
innombrables transactions financières dont ses plaintes ou compléments étaient lestés 
ne disait rien de la provenance criminelle des fonds concernés. A______ JSC 
concédait elle-même, dans l'acte de recours, que le jugement pénal rendu au 
Kazakhstan en 2017 ne montrait pas de lien évident avec l'une ou l'autre des 
multiples sociétés dont elle déroulait les noms. Ainsi, l'une des conditions 
d'application de l'art. 305bis CP faisait d'emblée défaut. La recourante se montrait 
d'ailleurs imprécise et confuse à cet égard, puisqu'elle n'invoquait pas toujours des 
périodes pénales identiques, mentionnait un second jugement, de 2018, dont elle ne 
montrait pas le lien avec les faits, et affirmait que l'entrée d'un fonds souverain 

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kazakh dans son capital, dès 2009, l'avait, quoi qu'il en soit, assainie, suscitant ainsi 
un fort doute sur l'existence de son préjudice patrimonial actuel. 

L'acte de recours ne suggérait aucune preuve dont l'administration pouvait renverser 
la décision du Ministère public – le jugement kazakh susmentionné n'apparaissant 
même plus déterminant aux yeux de la recourante –. Les investigations longuement 
énumérées sous pièces 2 et 61 visaient davantage à étayer ou à confirmer des 
mouvements de fonds présentés comme suspects (si ce n'était à séquestrer la totalité 
du patrimoine des personnes dénoncées, sic "Untersuchungsmassnahme" n° 4) qu'à 
mettre en lumière quelle infraction concrète, génératrice de valeurs patrimoniales, 
avaient pu commettre ces personnes. Sous cet angle, on ne pouvait s'empêcher de 
faire un rapprochement avec le mandat – explicite – de recouvrement qu'elle avait 
conféré à son défenseur genevois, et qu'elle avait, au demeurant, tenu à illustrer, en 
produisant un jugement de mainlevée obtenu sur le fondement du jugement 
britannique rendu le 21 juin 2018. On ne discernait dans ce jugement ni dans 
l'affidavit de D______ aucun lien avec des malversations pénalement qualifiées dont 
la recourante aurait été victime au Kazakhstan, et encore moins de lien avec la 
Suisse. 

Il en allait de même des dépositions de I______ – en qui la recourante voulait voir 
l'homme de paille de B______ (mais par l'interposition supplémentaire d'un ancien 
haut fonctionnaire russe, cf. plainte du 4 décembre 2018 p. 27 s.) – devant d'autres 
juridictions civiles étrangères. Il n'était explicitement cité qu'en lien avec 
l'appropriation de droits pétrolifères au Kazakhstan. Dans ce contexte, la recourante 
expliquait tout au plus avoir passé un accord avec la société du témoin, dont elle 
avait reçu des actions (ibid.), et renvoyait à une coupure de presse (pièce 38) 
évoquant la levée d'un "freezing order" qu'elle avait, là encore, obtenu de la justice 
civile britannique, en 2017, aux fins de recouvrer une créance contre B______. On 
ne voyait pas quelles valeurs patrimoniales avaient été blanchies à cette occasion ni 
quel rattachement existait avec la Suisse. Pour le surplus, il n'appartenait pas à 
l'autorité de recours de se plonger dans les très longues déclarations du témoin par-
devant la justice britannique (pièces 90 et 91), si la recourante elle-même n'y voyait 
pas d'autre indice à l'appui de ses accusations. 

Dans son complément du 29 mai 2019, A______ JSC suggérait que le Ministère 
public se consacrât en priorité au compte chypriote de la société panaméenne 
E______ SA. Dans l'ordonnance attaquée (p. 3 s.), le Ministère public s'était déclaré 
convaincu de la réalité économique des prêts concernés par les mouvements sur ce 
compte, qu'il avait dûment analysés. La recourante, qui ne voyait dans l'utilisation 
des prêts qu'un but "probable" de blanchiment, échouait à rendre vraisemblable une 
infraction pénale préalable. Dans sa plainte, elle se livrait à des conjectures, qu'elle 
n'étoffait pas dans son recours. Elle n'expliquait pas en quoi l'analyse financière du 
Ministère public violait le droit. Dans ces circonstances, que des animateurs de 
E______ SA fussent domiciliés à Genève et eussent donné depuis ce canton les 

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ordres de transfert suspectés ne pouvait constituer un soupçon suffisant pour ouvrir 
une instruction. 

j. Par arrêt du 10 juin 2020 (6B_232/2020), le Tribunal fédéral a rejeté, dans la 
mesure de sa recevabilité, le recours déposé par A______ JSC contre cet arrêt. 

k. Par requête du 17 décembre 2020, A______ JSC a demandé la reprise de la 
procédure préliminaire.  

Elle affirme apporter de nouveaux moyens de preuve venant "combler les lacunes" 
relevées par le Ministère public dans l'ordonnance du 21 novembre 2019, qui 
considérait insuffisamment étayés les soupçons portant sur l'origine criminelle des 
fonds transférés par l'intermédiaire des sociétés H______ LTD et G______ LTD, sur 
ses propres prétentions correspondantes et sur l'implication des prévenus B______ et 
C______ dans ces activités criminelles. 

Le jugement du 7 juillet 2017 condamnant B______ et les autres membres de son 
groupe criminel est produit et résumé (ch. 1 p. 7 ss). Toutefois, selon elle, ce 
jugement ne fournissait pas la preuve d'un crime préalable à l'infraction de 
blanchiment d'argent dénoncée, qui se fondait sur des documents obtenus de l'île de 
Man par voie d'entraide judiciaire en janvier 2019 seulement (ch. 1.9 p. 10). 
Cependant, il restait pertinent, puisqu'il décrivait un circuit criminel également mis 
en œuvre pour les faits concernés en l'espèce. Ce circuit ressortait également de ses 
propres analyses, qui s'appuyaient sur des dizaines de relations bancaires et des 
centaines de transactions, qu'elle renonçait à produire à ce stade. Elle remettait 
toutefois des schémas, sur lesquels apparaissait la plupart des sociétés offshore visées 
par les procédures anglaises et par le jugement du 7 juillet 2017.  

Son exposé vise à démontrer que les fonds transférés des sociétés H______ LTD et 
G______ LTD vers la société F______ INC provenaient de la vente de droits 
pétrolifères au Kazakhstan, acquis de manière criminelle. Les opérations 
subséquentes de F______ INC, qui ressortaient des schémas de D______, étaient 
donc bien constitutives d'actes de blanchiment. Elle présente successivement : les 
opérations d'acquisition et de financement du champ pétrolier kazakh par l'ancien 
président de son conseil d'administration, K______ (ch. 2 p. 13 ss) ; son rôle de 
propriétaire effective dudit champ pétrolier (ch. 3 p. 19 ss) ; l'appropriation illicite de 
ses droits sur le champ pétrolier par K______, ses héritiers et enfin B______ (ch. 4 
p. 21 ss) ; la pseudo cession des créances de B______ au profit de I______ et d'un 
ancien haut fonctionnaire russe (ch. 5 et 6 p. 23 ss) ; la vente des droits pétrolifères 
(ch. 7 p. 27 ss) ; et le rôle joué par C______ dans ce cadre (ch. 8 p. 30 s.).  

C. Dans son ordonnance querellée, le Ministère public relève que la plaignante a 
produit, au titre de nouvelles pièces, d'une part des extraits du jugement kazakh de 
juillet 2017 et d'articles du code pénal kazakh, dont elle disposait déjà au moment de 
sa première plainte, et d'autre part des pièces qui, bien que ne figurant pas dans la 

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première plainte et ses compléments, avaient toutefois déjà été mentionnées, en 
particulier des contrats de prêts. Il ne voyait pas pourquoi A______ JSC n'avait pas 
été en mesure de produire ceux qui la concernaient aux prémices de la procédure 
déjà. Par ailleurs, la plaignante disait avoir reçu une partie des pièces qu'elle 
considérait comme nouvelles quelques mois après le dépôt de sa plainte du 4 
décembre 2018, sans toutefois mentionner de date, ni préciser de quelles pièces il 
s'agissait. Elle admettait par conséquent avoir déjà été en possession de l'autre partie 
des documents au moment du dépôt de la plainte. Elle aurait ainsi été à même de 
déposer les pièces à tout le moins en cours de procédure, laquelle n'avait pris fin 
qu'en juin 2020. Les éléments dont elle faisait état étaient connus, puisqu'à tout le 
moins déjà cités dans le cadre de la procédure initiale. Le jugement kazakh ne 
montrait en outre pas de lien évident entre l'une ou l'autre des sociétés mentionnées.  

 Quoi qu'il en soit, même s'il s'agissait de pièces véritablement inédites, elles n'étaient 
dans tous les cas pas susceptibles d'établir de nouveaux indices à l'appui d'une 
responsabilité pénale des mis en cause. A______ JSC admettait elle-même ne pas 
avoir été en mesure d'identifier l'origine des fonds introduits dans le circuit de 
blanchiment et ne donnait aucune information sur l'infraction préalable qui serait à 
l'origine du blanchiment d'argent.  

D. a. À l'appui de son recours, A______ JSC cite certains passages de l'ordonnance de 
non-entrée en matière du 21 novembre 2019, qui était "essentiellement" motivée par 
l'absence de preuve de l'origine criminelle des fonds transférés, mais avait cependant 
expressément "suggéré et tracé la possibilité d'une reprise de la procédure".  

 En parallèle à son recours contre ladite ordonnance, elle avait intensifié ses propres 
analyses de l'immense masse (plusieurs gigabits) de nouveaux documents transmis le 
21 janvier 2019 par les autorités kazakhes, lesquelles les avaient obtenus au travers 
de l'entraide. Partant du principe que l'établissement des faits et l'analyse des moyens 
de preuve étaient du ressort des autorités de poursuites pénales, elle n'avait toutefois 
procédé à leur analyse qu'après avoir pris connaissance de l'ordonnance de non-
entrée en matière. Ce travail avait exigé de nombreux mois et s'était terminé fin 2020 
seulement, ce qui justifiait le dépôt de sa requête de reprise de la procédure 
préliminaire du 17 décembre 2020.  

 Le Ministère public ne pouvait mettre en doute sa bonne foi ni lui reprocher de ne 
pas avoir annoncé quand elle avait eu connaissance des nouveaux moyens de preuve. 
Elle n'avait commis aucun abus manifeste, au sens exigé par la jurisprudence, mais 
avait seulement voulu, en tant que lésée, "alléger le fardeau" des autorités pénales en 
leur permettant de se concentrer sur le volet pertinent de cet immense scandale 
d'escroquerie dont les documents d'enquête étaient de l'ordre de plusieurs centaines 
de milliers de pages. En éludant l'examen de ses nouveaux moyens de preuve, le 
Ministère public avait violé son droit d'être entendu et commis un déni de justice. Il 
s'était également imposé une retenue qui n'était envisagée ni par la doctrine, ni par la 
jurisprudence et avait ainsi violé l'art. 323 CPP. 

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 Elle avait fourni deux des quatre documents que le Ministère public lui avait 
reproché de ne pas avoir produits auparavant et qui étaient "effectivement tout à fait 
pertinents", soit le contrat entre les sociétés N______ LTD et M______ INC pour un 
financement de USD 103 millions (pièce 167) et les documents signés en novembre 
2011, mais datés d'avril 2009, qui réglaient définitivement le partage des avoirs de 
B______ avec I______ et qui justifiaient les mouvements de fonds entre les sociétés 
G______ LTD/H______ LTD et F______ INC (pièce 184). Elle avait "pris la peine" 
d'expliquer de manière détaillée les conclusions qui découlaient de ces deux 
documents. 

 Les 54 pièces produites à l'appui de sa requête en reprise de la procédure (pièces 142 
à 196) étaient nouvelles au sens de l'art. 323 CPP. Aucun de ces documents ne se 
trouvait au dossier au moment de l'ordonnance de non-entrée en matière, ni même ne 
pouvait y être versé. La pertinence de ces nouveaux moyens de preuve avait été 
étayée dans sa requête du 17 décembre 2020, sur plus de 30 pages, sans que le 
Ministère public ne se prononce concrètement sur un seul d'entre eux.  

 A______ JSC cite ensuite plusieurs passages de l'ordonnance de non-entrée en 
matière et montre en quoi les explications fournies à l'appui de sa requête en reprise 
de la procédure préliminaire – qu'elle cite à nouveau dans ses écritures de recours – 
parvenaient selon elle à renverser les conclusions initiales du Ministère public (ch. 12 
p. 10 ss). Grâce aux nouveaux moyens de preuve, elle avait été en mesure de combler 
les lacunes identifiées dans l'ordonnance de non-entrée en matière. Elle était aussi 
parvenue à montrer l'existence de soupçons concrets d'actes d'appropriation de 
J______ LTD commis par les mis en cause à son détriment. Ces actes devaient être 
qualifiés en droit suisse d'abus de confiance ou de gestion déloyale, tous deux sous 
leur forme aggravée. 

 Enfin, de nombreux pays – notamment l'île de Man, Dubaï, la Lettonie et le 
Luxembourg – avaient exécuté des demandes d'entraide provenant du Kazakhstan 
dans ce même contexte et confirmé ainsi l'existence de soupçons suffisants. Selon 
des informations publiques, B______ avait été condamné en Russie et faisait l'objet 
d'une instruction en France du chef d'abus de confiance aggravé et blanchiment 
d'argent aggravé. "Selon la pratique usuelle", de telles annonces fondaient des 
soupçons suffisants de blanchiment d'argent et conduisaient à l'ouverture de 
procédures pénales. 

b. À réception des sûretés, la cause a été gardée à juger, sans échange d'écritures ni 
débats. 

  

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EN DROIT : 

1. Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et – faute de 
notification conforme à l'art. 85 al. 2 CPP – dans le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 
396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de 
céans (art. 393 al. 1 let. a CPP) et émaner de la plaignante qui, partie à la procédure 
(art. 104 al. 1 let. b CPP), a qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé 
à la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP). 

2. La Chambre pénale de recours peut décider d'emblée de traiter sans échange 
d'écritures ni débats les recours manifestement mal fondés (art. 390 al. 2 et 5 a 
contrario CPP). Tel est le cas en l'occurrence, au vu des considérations qui suivent. 

3. La recourante reproche au Ministère public d'avoir violé l'art. 323 CPP.  

3.1. Selon l'art. 323 al. 1 CPP, le ministère public ordonne la reprise d'une 
procédure préliminaire close par une ordonnance de classement entrée en force s'il a 
connaissance de nouveaux moyens de preuves ou de faits nouveaux qui remplissent 
les conditions suivantes : ils révèlent une responsabilité pénale du prévenu (let. a) ; 
ils ne ressortent pas du dossier antérieur (let. b).  

L'art. 323 al. 1 CPP énonce deux conditions cumulatives (ATF 141 IV 194 
consid. 2.3 p. 197) qui restreignent le champ d'application de cette forme de révision. 
Ces deux conditions sont cependant moins sévères après une non-entrée en matière 
qu'après un classement (ATF 141 IV 194 consid. 2.3 p. 199). Par conséquent, 
l'ordonnance de non-entrée en matière bénéficie d'une autorité de chose jugée plus 
limitée encore que celle, déjà réputée restreinte, de l'ordonnance de classement (ATF 
144 IV 81 consid. 2.3.5 p. 88). 

3.2. Le fait est nouveau si l'autorité n'a pas pu en avoir eu connaissance. L'art. 323 
al. 1 CPP assimile à la connaissance concrète les situations dans lesquelles il existait 
déjà dans le dossier des éléments se référant au fait (A. KUHN/ Y. JEANNERET/ 
C. PERRIER DEPEURSINGE (éds), Commentaire romand : Code de procédure 
pénale suisse, 2e éd., Bâle 2019, n. 20 ad art. 323). Ainsi, des moyens de preuves qui 
ont été cités voire administrés dans le cadre de la procédure antérieure sans être 
toutefois complètement exploités, ne peuvent pas être considérés comme étant 
nouveaux (ATF 141 IV 194 consid. 2.3. p. 197). Par faits, l'on entend toute 
circonstance susceptible d'influer sur l'état de fait qui fonde le jugement. Quant aux 
moyens de preuve, ils apportent la preuve d'un fait qui peut déjà avoir été allégué. 
Une opinion, une appréciation personnelle ou une conception juridique nouvelles ne 
peuvent pas justifier une révision (ATF 141 IV 93 consid. 2.3 ; 137 IV 59 consid. 
5.1.1). 

3.3. On ne saurait exiger qu'un fait ou un moyen de preuve ne soit considéré 
comme nouveau que dans la mesure où le ministère public ne pouvait pas en avoir 
connaissance, dans le cadre de la procédure antérieure, même en ayant fait montre de 

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P/3743/2019 

la plus grande diligence. Concevoir les choses ainsi serait trop strict puisqu'en raison 
du grand nombre d'affaires pénales qu'elles ont à traiter, les autorités d'instruction 
sont naturellement enclines à classer les procédures, ce qui donne à penser que l'on 
ne saurait se monter par trop exigeant s'agissant du respect du devoir de diligence 
(Message du Conseil fédéral relatif à l'unification du droit de la procédure pénale du 
21 décembre 2005, FF 2006 1057, p. 1257). Les exigences quant à la diligence de 
l'autorité de poursuite doivent être raisonnables. Le législateur a visé un compromis 
entre l'impossibilité absolue pour l'autorité de poursuite de revenir sur sa propre 
absence de diligence et une possibilité d'y remédier en tout temps par opportunité, 
cette dernière solution étant manifestement proscrite par le texte même de l'art. 323 
al 1 CPP (A. KUHN / Y. JEANNERET / C. PERRIER DEPEURSINGE (éds), op. 
cit., n. 20 ad art. 323). Les faits ou moyens de preuve nouveaux doivent remettre en 
cause les certitudes que le ministère public devait être à même d'afficher pour rendre 
une telle décision et, dans le même temps, fonder des soupçons suffisants laissant 
présumer qu'une infraction a été commise (arrêt du Tribunal fédéral 6B_1153/2016 
du 23 janvier 2018 consid. 3.2 in fine, non publié aux ATF 144 IV 81). 

Il est concevable que, dans un premier temps, le ministère public ou une partie 
(notamment la partie plaignante) ait eu connaissance d'un moyen de preuve ou d'un 
fait important dont ils n'ont toutefois pas, volontairement, pour une raison 
quelconque, fait état en procédure. En pareil cas, le principe de la bonne foi ou 
l'interdiction de l'abus de droit (art. 3 al. 2 let. a et b CPP) devraient, en règle 
générale, faire obstacle à la reprise, respectivement à l'ouverture de la procédure. Il 
faut toutefois un abus manifeste (cf. art. 2 al. 2 CC) et une violation grave du 
principe de la bonne foi pour que le ministère public puisse s'interdire de rouvrir la 
procédure sur la base d'éléments provenant de la partie plaignante. L'existence d'un 
abus de droit ne doit être admise qu'avec retenue (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_1153/2016 précité consid. 3.2 et les références citées, non publié aux ATF  
144 IV 81).   

3.4. En l'espèce, la recourante a produit, à l'appui de sa requête du 17 décembre 
2020, une cinquantaine de pièces qu'elle considère comme nouvelles au sens de 
l'art. 323 al. 1 let. b CPP. Il faut toutefois relever, avec le Ministère public, que la 
réalisation des conditions de cette disposition paraît pour le moins douteuse.  

Tel est notamment le cas du jugement kazakh (et des autres pièces qui y sont liées), 
dont la recourante disposait déjà au moment de déposer sa première plainte ; elle 
avait d'ailleurs jugé "plus opportun" de ne pas le produire auparavant, au motif qu'il 
ne démontrait pas de lien évident avec les transactions dénoncées (cf. son recours du 
2 décembre 2019 à la Chambre de céans). À l'appui de sa requête du 17 décembre 
2020, la recourante affirme à nouveau que ce jugement ne fournit pas la preuve du 
crime préalable au blanchiment d'argent dont elle se plaint. Dès lors qu'elle a décidé, 
pour une raison ou une autre, de ne pas produire cet élément précédemment, le 
Ministère public pouvait à juste titre nier son caractère nouveau. Il doit en aller de 
même des contrats de prêts conclus en 2004 par la recourante.   

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Les autres pièces nouvelles proviennent, selon les écritures de recours, de l'entraide 
demandée par le Kazakhstan à l'île de Man. La recourante les aurait obtenues des 
autorités kazakhes en janvier 2019 seulement et n'aurait procédé à leur analyse 
qu'après avoir pris connaissance de l'ordonnance de non-entrée en matière du 
21 novembre 2019, analyse qui aurait duré jusqu'à fin 2020.  

Plusieurs éléments viennent toutefois contredire cette affirmation.  

La requête du 17 décembre 2020 est présentée comme ayant pour but de démontrer 
l'origine criminelle des fonds transférés depuis les sociétés H______ LTD et 
G______ LTD vers la société F______ INC (ch. 6, 7 et 9 p. 3 ss). La recourante 
précise se fonder sur des pièces obtenues par voie d'entraide non seulement de l'île de 
Man, mais aussi de Dubaï, de Chypre, de Lettonie et de Russie, dont "la plupart" 
n'auraient été mises à sa disposition que "plusieurs mois" après sa plainte du 
4 décembre 2018 (ch. 10 p. 5). 

Au-delà de ces imprécisions par rapport à ce qui est désormais affirmé 
péremptoirement au stade recours, on notera que la plainte complémentaire du 
1er novembre 2019 avait déjà pour objet de clarifier l'origine des fonds transférés par 
H______ LTD et G______ LTD à F______ INC et, surtout, que la recourante s'était 
déjà vu accorder l'accès aux pièces qu'elle qualifie de nouvelles, puisqu'elle affirmait 
ceci (ch. 1.4.1 p. 6) : "Les autorités kazakhes chargées de l'enquête ont fait exécuter 
des mesures d'instruction sur l'île de Man […] par le biais de l'entraide judiciaire. 
Les documents correspondants ont été reçus récemment par ces autorités. La 

plaignante/partie civile a eu accès à ces documents en tant que partie à la procédure 

d'instruction kazakhe et est donc en mesure de les produire ici dans la mesure 

nécessaire." Dans son recours contre l'ordonnance de non-entrée en matière 
(ch. 3.5.2 p. 18 s.), la recourante affirmait encore que le contrôle de H______ LTD et 
G______ LTD par le mis en cause n'avait été découvert qu'avec les documents remis 
aux autorités kazakhes en janvier 2019, dont elle-même n'avait pu "prendre 
connaissance" qu'au printemps 2019. La recourante était donc non seulement déjà en 
possession, au moment du dépôt de son complément de plainte du 1er novembre 
2019, des pièces qu'elle considère aujourd'hui comme nouvelles, mais elle en avait 
une connaissance effective et complète et s'était abstenue de les produire dans leur 
intégralité. Dans ces conditions, l'allégation selon laquelle elle aurait commencé à les 
analyser seulement après le prononcé de l'ordonnance de non-entrée en matière, et 
que cette analyse lui aurait pris plus d'un an – nonobstant les ressources qui sont les 
siennes et les moyens techniques permettant aujourd'hui de trier une masse même 
importante de documents informatiques –, n'est pas vraisemblable. 

Les autres arguments que la recourante invoque dans ce cadre sont dénués de 
pertinence. Ainsi, la maxime de l'instruction d'office par les autorités de poursuite 
pénales (art. 6 CPP) ne la dispensait pas de fournir auxdites autorités tous les 
éléments pertinents dont elle disposait déjà et qui auraient selon elle permis de fonder 
les soupçons justifiant l'ouverture d'une instruction pénale. Par ailleurs, en disant 

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avoir voulu "alléger le fardeau" du Ministère public en lui permettant de se 
concentrer sur le volet pertinent de l'escroquerie alléguée, la recourante semble 
surtout admettre que les moyens de preuve prétendument nouveaux n'avaient en 
réalité et jusqu'alors pas été considérés par elle comme décisifs, ce qui affaiblit la 
portée de son argument.  

Il résulte de ce qui précède que le Ministère public pouvait à juste titre considérer 
que la recourante aurait pu produire les pièces prétendument nouvelles au cours de la 
procédure. Dans ces conditions, le principe de la bonne foi fait obstacle à une reprise 
de cette procédure sur la base desdites pièces. 

3.5.  Au demeurant, on peut observer – avec le Ministère public – que les moyens 
de preuve nouveaux sur lesquels se fonde la recourante ont pour l'essentiel déjà été 
cités au cours de la procédure initiale, et étaient donc déjà connus de l'autorité 
pénale. Tel est en particulier le cas des documents auxquels I______ faisait référence 
dans son témoignage par-devant la justice britannique, lequel a été produit et 
longuement discuté par la recourante dans son complément de plainte du 
1er novembre 2019. Ce témoignage a surtout déjà fait l'objet d'une analyse détaillée 
de la part du Ministère public dans son ordonnance de non-entrée en matière (p. 3 s. 
et 6 s.), qui s'est déclaré convaincu par les déclarations du témoin sur l'arrière-plan 
économique des fonds ayant transité sur les comptes des sociétés H______ LTD et 
G______ LTD. En tant que ces moyens de preuve ne viennent que conforter les 
déclarations du témoin en question, ils sont manifestement impropres à remettre en 
question le bien-fondé de la décision du Ministère public et à révéler une 
responsabilité pénale des mis en cause.  

Dans ses écritures, la recourante revient sur certains passages de sa requête en reprise 
de la procédure préliminaire et sur les pièces produites à leur appui, lesquels 
permettraient, selon elle, d'infirmer les déclarations de I______ et de démontrer qu'il 
n'était en réalité que l'homme de paille de B______. Même à admettre le caractère 
nouveau des pièces en question, il faudrait constater que plusieurs d'entre elles ont 
fait l'objet d'explications circonstanciées de la part de I______ (pièces 177 et 178 : 
ch. 64 ss du témoignage ; pièce 184 : ch. 133 ss du témoignage), que la recourante ne 
discute pas. Quant aux autres pièces mentionnées dans le recours (pièces 172, 173, 
174, 175 [recte : 176] et 186), elles laissent effectivement supposer que l'achat initial 
des parts dans le champ pétrolier se faisait certes au nom de I______ (ou d'une 
société affiliée), mais pour le compte (personnel) de l'ancien président du conseil 
d'administration de la recourante, K______, présenté comme le "benefical owner" 
(BO). Cependant, I______ renseigne ici aussi sur les circonstances précises de 
l'accord passé avec K______ : le rôle assumé par ce dernier était uniquement celui de 
bailleur de fonds, le propriétaire final des droits sur le champ pétrolier restant 
I______ (ch. 37 ss, spéc. 51, qui fait état d'un contrat de prêt signé par le dernier 
nommé uniquement, mais couchant les termes de leur accord oral, contrat que la 
recourante a d'ailleurs produit en pièce 167 de sa requête).  

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Si les pièces précitées montrent également qu'après la mort de K______, B______ a 
pris sa place comme ayant droit économique des droits sur le champ pétrolier, il 
ressort toujours du témoignage de I______ qu'il est lui-même resté dans les faits le 
propriétaire et dirigeant effectif dudit champ pétrolier (ch. 75), et qu'il est ensuite 
parvenu à régulariser sa situation, au travers d'un "deed of settlement" du 16 juillet 
2007, aux termes duquel une société contrôlée par lui reprenait la propriété des droits 
pétrolifères, en échange de quoi elle s'engageait à reverser 90% du produit de la 
vente desdits droits à une société appartenant à B______, en remboursement du prêt 
initial (ch. 89 ss). Cet accord a par la suite été remplacé par un autre, aux termes 
similaires, daté du 21 décembre 2009 (ch. 121). La recourante ne produit pas ces 
documents – dont l'absence avait déjà été remarquée par le Ministère public dans son 
ordonnance de non-entrée en matière (ch. 7) –, pas plus qu'elle n'explique en quoi les 
explications de I______ à ce sujet, sur lequel le Ministère public a fondé sa première 
analyse, ne pourraient désormais plus être suivies. On notera du reste que certaines 
des pièces nouvelles se fondent expressément sur les accords en question pour retenir 
que la propriété des droits pétrolifères avait bien été transférée à I______ (cf. par ex. 
la pièce 186).  

Ainsi, ces moyens de preuve ne permettent pas de revenir sur la conclusion initiale 
du Ministère public dans son ordonnance du 21 novembre 2019, à savoir que les 
fonds ayant été versés sur les comptes de H______ LTD et G______ LTD 
provenaient de la vente des parts dans un champ pétrolier kazakh et qu'ils avaient été 
ensuite transférés à F______ INC en exécution d'un contrat de prêt. Ces éléments de 
preuve ne permettent pas non plus de considérer que I______ ne serait que l'homme 
de paille de B______, étant précisé que le témoignage de ce témoin atteste bien de 
son rôle de dirigeant effectif de la société propriétaire des droits sur le champ 
pétrolier. 

3.6. Enfin, et malgré ce qu'elle prétend, aucune des pièces nouvellement produites 
par la recourante ne permet de renverser l'appréciation du Ministère public – à 
laquelle la Chambre de céans s'est ralliée dans son arrêt du 21 janvier 2020 – sur 
l'absence d'indices permettant de relier les fonds ayant transité par H______ LTD et 
G______ LTD à des agissements criminels commis par B______ notamment.  

Dans ses écritures de recours, la recourante affirme que le prénommé se serait 
approprié les actions de la société détentrice du champ pétrolier, ce qui serait 
constitutif, en droit suisse, d'abus de confiance et de gestion déloyale aggravés ; elle 
renvoie pour le surplus à sa requête du 17 décembre 2020 (ch. 12.3.2.2 p. 17).  

Or, dans cette dernière, elle se plaint de l'acquisition illicite de parts dans un champ 
pétrolier avec ses propres fonds, commise non pas par B______, mais par son 
prédécesseur au sein de son propre conseil d'administration, K______. Ce dernier 
aurait agi en 2004 mais, en raison de son décès, n'aurait pas pu être traduit en justice. 
La recourante admet toutefois elle-même que le jugement kazakh de 2017 ne traitait 
pas de ces faits et qu'il ne serait aujourd'hui pas possible de déterminer avec certitude 

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les implications de B______ dans l'acquisition criminelle de ces parts (p. 13 s.). Ces 
éléments sont manifestement insuffisants pour fonder l'existence d'un crime préalable 
au blanchiment d'argent.  

Cela étant, la recourante affirme également que le jugement kazakh de 2017 
contiendrait de précieux éléments sur le modus operandi de l'organisation criminelle 
menée par B______, qui agissait au travers d'un système pyramidal de prêts à des 
centaines de sociétés offshore, ayant permis de la spolier de millions de dollars. Elle 
admet toutefois que les prêts qu'elle avait octroyés pour l'achat des parts dans le 
champ pétrolier lui ont bien été remboursés, au travers de nouveaux prêts que le 
groupe criminel se serait frauduleusement procurés auprès d'elle (p. 11). Dès lors, on 
peine à la suivre quand elle affirme, plus loin dans sa requête (p. 19 ss), qu'elle aurait 
non seulement financé l'acquisition des parts du champ pétrolier, mais qu'elle serait 
elle-même devenue l'ayant droit économique de la société détenant lesdites parts. Si 
elle n'a fait qu'octroyer des prêts, qui lui ont finalement été remboursés – cas échéant 
au travers de nouveaux actes frauduleux –, elle ne peut valablement soutenir qu'elle 
serait en réalité devenue propriétaire des droits pétrolifères. Ces affirmations 
contradictoires ne permettent pas d'étayer la thèse d'agissements criminels de la part 
des mis en cause. Pour le surplus, la recourante ne fait que lister à nouveau des 
sociétés de domicile identifiées par les autorités judiciaires britanniques et kazakhes, 
parmi lesquelles les noms H______ LTD et G______ LTD ne figurent toujours pas. 
Quant à la société ayant servi à l'achat des parts dans le champ pétrolier 
(M______ INC), la recourante reconnaît que, si elle est abordée dans le jugement 
kazakh, c'est seulement en lien avec d'autres prêts (p. 12), et donc manifestement 
avec un autre complexe de faits. 

Même à suivre la recourante quant au fait qu'elle serait devenue propriétaire des 
droits pétrolifères, ses allégations ne permettent pas de retenir que K______ puis, à 
son décès, B______, se seraient appropriés lesdits droits de façon illicite. À l'appui 
de ses accusations à l'encontre du premier nommé, la recourante se contente de 
présenter un Client Agreement datant d'octobre 2004 avec une société de conseil en 
matière de trusts, sur lequel il figure comme "client principal" pour la société 
détenant les parts dans le champ pétrolier. Elle ajoute que "[r]ien n'indique que 
K______, en tant que personne privée, ait acquis les parts de la J______ LTD à titre 
onéreux, et cette éventualité doit être exclue au vu de ce qui figure au dossier de 

l'affaire" (p. 21). Cette simple affirmation, sans autre preuve ni référence, n'est 
toutefois pas suffisante pour fonder des soupçons d'abus de confiance ou de gestion 
déloyale à l'encontre du prénommé, d'autant plus que la recourante ne revient pas sur 
les explications de I______ à cet égard (cf. ch. 40 [acquisition par K______ pour son 
propre compte] et 53 [Client Agreement] de son témoignage).  

Surtout, pour expliquer le rôle joué dans ce cadre par B______, la recourante affirme 
d'abord qu'il aurait commandité l'assassinat de K______ – dont la mort aurait été 
initialement présentée comme un accident de chasse, avant que le tireur n'avoue des 
années plus tard avoir en réalité agi sur ordre de B______ – et qu'il aurait été 

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condamné en novembre 2018 à la prison à vie. Elle ne produit toutefois pas ce 
jugement et n'explique pas en quoi elle n'aurait pas été capable de le faire non plus au 
moment de sa première plainte et de ses compléments déjà. Elle prétend ensuite que 
B______ aurait revendiqué les droits de propriété sur le champ pétrolier auprès des 
héritiers de K______ et soutient qu'il "ressort de nombreux témoignages qu'il a 
exercé une forte pression sur l'ensemble des parties prenantes afin qu'il soit fait droit 

à ses prétentions" (p. 22), sans toutefois fournir la moindre preuve à cet appui. Elle 
produit encore un autre Client Agreement sur lequel B______ figure désormais 
comme "client principal" et soutient qu'il aurait acquis les parts des héritiers de 
K______ sans leur verser de contrepartie significative. Toutefois, la pièce qu'elle cite 
à cet appui (pièce 172) démontre que la transaction n'impliquait certes pas 
d'importantes sommes d'argent liquide, mais une reprise de dettes, ce qui équivaut 
également à une contreprestation. Enfin, la recourante ne dit toujours rien sur les 
explications fournies par I______ à ce sujet (cf. ch. 69 ss de son témoignage). Ici 
aussi, par ses affirmations, elle ne parvient pas démontrer l'existence de soupçons à 
l'encontre du mis en cause, qui plus est pour des infractions commises non pas au 
préjudice de K______ et/ou de ses héritiers, mais d'elle-même. 

Enfin, on peut relever que la recourante ne consacre aucune ligne de ses écritures (ou 
de sa requête du 17 décembre 2020) sur le caractère actuel de son préjudice, qui avait 
déjà été mis en doute par la Chambre de céans dans son arrêt du 21 janvier 2020 
(consid. 6.6), au vu de l'entrée d'un fonds souverain kazakh dans son capital en 2009 
et de l'assainissement qui s'en serait suivi.  

3.7. Au vu des considérations qui précèdent, le Ministère public pouvait à juste titre 
considérer que les conditions de l'art. 323 CPP n'étaient pas réalisées et refuser dès 
lors de reprendre la procédure préliminaire. Il importe peu, dans ce contexte, que de 
nombreux autres pays aient exécuté des demandes d'entraide judiciaire en 
provenance du Kazakhstan sur la base du même complexe de faits, ni que la 
"pratique usuelle" commanderait d'ouvrir une procédure pénale pour blanchiment 
d'argent.  

4. Justifiée l'ordonnance querellée sera donc confirmée. 

5. La recourante, qui succombe, supportera les frais envers l'État, arrêtés à CHF 1'500.- 
(art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, 
RTFMP ; E 4 10.03). 

* * * * * 

  

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P/3743/2019 

PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

 
Rejette le recours. 

Condamne A______ JSC aux frais de la procédure de recours, fixés en totalité à 
CHF 1'500.-. 

Dit que ce montant sera prélevé sur les sûretés versées. 

Notifie le présent arrêt ce jour, en copie, à A______ JSC, soit pour elle son conseil, ainsi 
qu'au Ministère public. 

Siégeant : 

Madame Corinne CHAPPUIS BUGNON, présidente; Monsieur Christian COQUOZ et 
Madame Alix FRANCOTTE CONUS, juges; Monsieur Xavier VALDES, greffier. 

 

Le greffier : 

Xavier VALDES 

 La présidente : 

Corinne CHAPPUIS BUGNON 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110); la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les trente jours qui 

suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent 

être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention 

de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse 

(art. 48 al. 1 LTF). 

  

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P/3743/2019 

P/3743/2019 ÉTAT DE FRAIS   

 
 

 
COUR DE JUSTICE 

 

 
 
 
Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais en matière pénale 
(E 4 10.03). 
 

Débours (art. 2) 

- frais postaux CHF 10.00 

Émoluments généraux (art. 4)  

- délivrance de copies (let. a) CHF      

- délivrance de copies (let. b) CHF      

- état de frais (let. h) CHF 75.00 

Émoluments de la Chambre pénale de recours (art. 13)   

- décision sur recours (let. c) CHF 1'415.00 

-  CHF      

Total  CHF   1'500.00