# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** cc372c4f-ec3d-5cde-bb5e-c1627f8fdfa1
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2024-01-17
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 17.01.2024 E-7169/2023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-7169-2023_2024-01-17.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour V 

E-7169/2023 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  1 7  j a n v i e r  2 0 2 4  

Composition 
 William Waeber, juge unique, 

avec l'approbation de Regina Derrer, juge ; 

Nadine Send, greffière. 

   

Parties 
 A._______, née le (…), 

Somalie, 

(…), 

recourante, 

  
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile ; 

décision du SEM du 15 décembre 2023 / N (…). 

 

 

 

E-7169/2023 

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Vu 

la demande d'asile déposée en Suisse par A._______ (ci-après : 

l’intéressée, la recourante ou la requérante), le 15 novembre 2023, en 

qualité de requérante mineure non accompagnée (RMNA), 

les procès-verbaux des auditions du 7 décembre 2023 (première audition 

RMNA et audition sur les motifs d’asile), 

le projet de décision soumis par le SEM à l’intéressée, le 13 décembre 

2023, 

la prise de position de cette dernière (par le biais de sa représentation 

juridique) du lendemain, 

la décision du 15 décembre 2023, notifiée le même jour, par laquelle le 

SEM a dénié la qualité de réfugiée à l’intéressée, rejeté sa demande 

d'asile, prononcé son renvoi de Suisse, mais a renoncé à l'exécution de 

cette mesure, lui substituant une admission provisoire en raison de son 

inexigibilité, 

le recours déposé le 22 décembre 2023 contre cette décision, dans lequel 

l’intéressée a conclu, principalement, à la reconnaissance de la qualité de 

réfugiée et à l'octroi de l'asile, subsidiairement, à l’annulation de la décision 

sur ces points et au renvoi de la cause au SEM, 

les demandes de dispense de l’avance des frais de procédure et 

d’assistance judiciaire totale dont le recours est assorti, 

 

et considérant 

que le Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal), en vertu de 

l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 

PA prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF, 

qu'en particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile 

peuvent être contestées devant le Tribunal (art. 33 let. d LTAF, applicable 

par renvoi de l'art. 105 LAsi [RS 142.31]), lequel statue alors 

définitivement, sauf exception visée à l’art. 83 let. d ch. 1 LTF, non réalisée 

en l’espèce, 

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que le Tribunal est donc compétent pour connaître du présent litige et 

statuer définitivement, 

que la recourante a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA, applicable par 

renvoi de l’art. 37 LTAF), 

que, présenté dans la forme (art. 52 al. 1 PA, applicable par renvoi de 

l’art. 6 LAsi) et le délai (art. 108 al. 1 LAsi) prescrits par la loi, le recours est 

recevable, 

que sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans 

le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 

ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion, de 

leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou de 

leurs opinions politiques (art. 3 al. 1 LAsi ; cf. ATAF 2007/31 consid. 5.2–

5.6), 

que sont notamment considérées comme de sérieux préjudices la mise en 

danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou de la liberté, de même que les 

mesures qui entraînent une pression psychique insupportable (art. 3 al. 2 

LAsi), 

qu'il y a lieu de tenir compte des motifs de fuite spécifiques aux femmes, 

que quiconque demande l'asile doit prouver ou du moins rendre 

vraisemblable qu'il est un réfugié (art. 7 al. 1 LAsi), 

que ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur des 

points essentiels, ne sont pas suffisamment fondées, qui sont 

contradictoires, qui ne correspondent pas aux faits ou qui reposent de 

manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 

al. 3 LAsi), 

que lors de ses auditions, la recourante a déclaré en substance être 

originaire de B._______, village situé dans la région de C._______ et dans 

lequel elle aurait grandi avec ses parents et ses cinq frères et sœurs, 

que ceux-ci y vivraient toujours, à l’exception d’une sœur mariée en Suisse, 

que parmi ses proches, elle aurait aussi un oncle maternel et un oncle 

paternel au village, ainsi qu’une tante maternelle à D._______, 

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qu’elle viendrait d’une famille très pauvre, n’ayant été scolarisée qu’une 

année et n’ayant jamais travaillé, 

que peu de temps avant de quitter le pays, son père lui aurait annoncé qu’il 

l’avait mariée religieusement sans son consentement, 

que son mari, un homme bien plus âgé qu’elle, dont elle ne savait rien, 

serait venu la chercher trois jours après l’annonce, lui offrant des bijoux en 

or et des vêtements, 

que, préparant son départ pour D._______, sa mère lui aurait secrètement 

donné un vieux téléphone portable sans carte SIM,  

que son mari lui aurait remis une carte SIM et son numéro de téléphone en 

cours de route, 

qu’à leur arrivée, son mari, déjà marié à deux femmes et père de plusieurs 

enfants, l’aurait hébergée chez son fils, en attendant que leur maison soit 

prête, 

que le soir même, trois filles de son mari auraient fait irruption dans la 

demeure et l’auraient battue, l’accusant de convoiter l’héritage de leur père, 

que l’épouse du fils serait intervenue, protégeant l’intéressée en 

l’enfermant dans une chambre, 

que dans sa détresse, celle-ci aurait appelé sa mère à l’aide, laquelle aurait 

à son tour contacté la tante maternelle résidant à D._______, 

que cette tante se serait manifestée dès le lendemain par téléphone, 

l’assurant de sa volonté de trouver une solution, 

qu’en raison de la présence constante des autres membres de la famille 

dans la demeure, y compris des filles de son mari, la recourante aurait été 

confinée dans une pièce servant au stockage de sacs de riz, subsistant 

avec peu de nourriture et d’eau, 

qu’au soir du troisième jour, sa tante maternelle l’aurait appelée pour 

l’informer qu’elle venait la chercher, 

que profitant d’un instant où l’intéressée aurait été seule avec l’épouse de 

son logeur et son enfant, elle aurait prétexté aller aux toilettes et se serait 

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échappée pour retrouver sa tante qui l’attendait dans une voiture devant la 

maison, 

qu’elle aurait éteint son téléphone portable pour éviter que son mari, lequel 

avait déjà tenté de la joindre plusieurs fois, ne la localise, 

que sa tante, connaissant bien le mari de l’intéressée, l’aurait conduite 

chez une amie, 

qu’avant de prendre congé d’elle, l’intéressée lui aurait donné ses bijoux, 

que sa tante serait revenue la chercher après plusieurs jours, avec un 

homme chargé de l’emmener dans un pays sûr, 

qu’ils auraient pris l’avion pour l’Italie, faisant escale en Ethiopie, avant 

d’atteindre finalement la Suisse en train, 

que son voyage aurait probablement été payé par sa tante, 

que dans sa décision, le SEM a estimé que les déclarations de l’intéressée 

ne satisfaisaient pas aux exigences de vraisemblance de l’art. 7 LAsi, 

qu’elle n’avait notamment pas été en mesure de donner de 

renseignements précis sur son époux et les circonstances de leur mariage, 

se contentant de réponses évasives et stéréotypées, 

que la description donnée de la maison et de la pièce où elle aurait été 

détenue manquait de réalisme, l’intéressée se bornant à mentionner une 

structure de tuiles et de béton, sans autres précisions, et d’une pièce 

destinée au stockage du riz, 

que les contradictions et les illogismes relatifs à la remise et à l’utilisation 

du téléphone portable jetaient également le doute sur son récit, 

que la facilité à laquelle elle aurait réussi à s’évader de la maison du fils de 

son mari, sans être remarquée, n’était pas crédible, 

que dans son mémoire de recours, l’intéressée conteste l’appréciation du 

SEM en rappelant les événements à l’origine de sa demande d’asile, 

qu’elle reproche au SEM de ne pas avoir pris en compte sa situation 

personnelle dans son examen, 

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qu’elle serait en effet encore profondément traumatisée par les 

évènements vécus dans son pays, 

que lors de ses auditions, elle aurait été particulièrement stressée en raison 

du nombre d’adultes présents et de la durée prolongée des interrogatoires, 

que son faible niveau d’éducation l’aurait empêchée de comprendre les 

questions posées et d’y répondre correctement, 

qu’elle reproche aussi au SEM d’avoir enfreint l’art. 3 LAsi, en négligeant 

le fait qu’en cas de renvoi en Somalie, elle risquait d’être retrouvée par son 

mari, sans aucune échappatoire possible, 

qu’en l’occurrence, le SEM a retenu à raison que les allégations de la 

recourante ne satisfaisaient pas aux exigences de vraisemblance 

énoncées à l’art. 7 LAsi, 

qu’il peut être renvoyé aux considérants explicites de la décision querellée, 

qu’il sera souligné ici que les allégations de l’intéressée, très peu logiques 

et circonstanciées, hormis celles de son récit libre, ne reflètent pas un vécu, 

qu’il est notamment difficile de comprendre pourquoi sa mère lui aurait 

secrètement donné un téléphone portable, sans carte SIM, sachant qu’elle 

ne pourrait pas l’utiliser, 

qu’il est plus illogique encore que son mari lui ait remis une carte SIM, sans 

qu’elle ne dispose de téléphone, 

qu’il est d’ailleurs peu probable que le téléphone portable reçu par 

l’intéressée, déjà ancien, ait pu fonctionner pendant trois jours sans 

nécessiter une recharge de sa batterie, 

que ses allégations selon lesquelles elle l’aurait gardé éteint, ne l’activant 

que deux fois, ne sont aucunement crédibles dans le contexte exposé, 

qu’en effet, ne sachant pas quand elle serait contactée, elle devait être 

joignable à tout moment, 

que les appels de son mari, alors qu’elle n’était pas censée disposer de 

téléphone, ne sont en rien crédibles non plus, 

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qu’il appert clairement que les propos de la recourante relatifs à son 

téléphone ont été inventés pour les besoins de la cause, 

qu’au stade du recours, aucun argument n’a été avancé ni aucun moyen 

de preuve n’a été présenté qui pourrait modifier l’appréciation du SEM, 

que ni le stress ressenti lors des auditions, ni le jeune âge, ni le faible 

niveau d’éducation de l’intéressée, soit autant d’éléments qui ne sont pas 

mis en doute, ne suffisent à expliquer les nombreuses et importantes 

invraisemblances présentes dans le récit, en particulier les illogismes 

flagrants, 

que les motifs d’asile étant invraisemblables, le SEM n’avait pas encore à 

en examiner la pertinence au regard de l’art. 3 LAsi, 

que le SEM a tenu compte de la vulnérabilité de la recourante en lui 

accordant l’admission provisoire, 

qu’il s’ensuit que le recours, qui ne porte que sur la reconnaissance de la 

qualité de réfugié et l’octroi de l’asile, doit être rejeté, 

que s'avérant manifestement infondé, il l’est dans une procédure à juge 

unique, avec l'approbation d'un second juge (art. 111 let. e LAsi), 

qu'il est dès lors renoncé à un échange d'écritures, le présent arrêt n'étant 

motivé que sommairement (art. 111a al. 1 et 2 LAsi), 

que le présent arrêt rend sans objet la demande de dispense du versement 

d’une avance de frais, 

qu’au vu de ce qui précède, les conclusions du recours étaient d’emblée 

vouées à l’échec, de sorte que la demande d’assistance judiciaire totale 

est rejetée, l’une des conditions cumulatives prévue par les art. 65 al. 1 PA 

et 102m al. 1 LAsi n’étant pas réunie, indépendamment de l’indigence de 

la recourante, 

que, vu l'issue de la cause, il y aurait ainsi lieu de mettre les frais de 

procédure à la charge de celle-ci, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 

art. 2 et 3 let. a du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, 

dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, 

RS 173.320.2), 

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que compte tenu de la particularité du cas, il est cependant renoncé à leur 

perception (art. 6 let. b FITAF), 

 

(dispositif page suivante)  

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le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Il n’est pas perçu de frais de procédure. 

3.  

Le présent arrêt est adressé à la recourante, au SEM et à l'autorité 

cantonale. 

 

Le juge unique : La greffière : 

  

William Waeber Nadine Send 

 

 

Expédition :