# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a2d54cb5-4f74-5322-a14e-621018ac2a8b
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-03-17
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 17.03.2022 P/1596/2021
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-1596-2021_2022-03-17.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/1596/2021 ACPR/188/2022 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du jeudi 17 mars 2022 

 

Entre 

 

FONDATION A______, domiciliée c/o B______, ______ [FR], comparant en personne, 

requérante, 

et 

 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565, 1211 Genève 3, 

cité. 

- 2/4 - 

P/1596/2021 

Vu : 

- la P/1596/2021 instruite à l'encontre de C______ pour abus de confiance et 
gestion déloyale; 

- le séquestre ordonné par le Ministère public le 1er février 2021 de la relation 
d'affaire de la Fondation A______ (ci-après : la Fondation), sur laquelle le 
prénommé dispose d'une signature/procuration, auprès de [la banque] D______, 
avec obligation pour cette dernière de garder le silence pendant une durée de trois 
mois, renouvelable, sous la menace de la peine de l'art. 292 CP; 

- le courrier non daté adressé par la Fondation au Ministère public, qui l’a reçu le 
8 septembre 2021, s'interrogeant sur son statut procédural, auquel était joint un 
courrier de D______ du 29 juillet 2021 l'informant avoir dû fournir certains 
renseignements sur son compte dans le cadre de la P/1596/2021; 

- le pli du Ministère public du 9 septembre 2021 lui communiquant l'ordonnance 
de séquestre relative à sa relation d'affaire auprès de D______, l'informant qu'elle 
revêtait la qualité de tiers à la procédure et lui demandant quelles fonctions 
éventuelles étaient en l'état assumées par C______ en son sein; 

- le courrier non daté de la Fondation reçu le 23 septembre 2021 par le Ministère 
public, lui indiquant que C______ était membre du conseil de fondation et 
sollicitant la levée du séquestre au motif que les fonds ne provenaient pas des 
"éventuelles activités" de ce dernier; 

- l'annotation "refusé" apposée manuscritement par le Ministère public le 
18 décembre 2021 sur ce même courrier; 

- le courrier du 7 janvier 2022 de la Fondation au Conseil supérieur de la 
magistrature; 

- la transmission de ce pli à la Chambre de céans, comme possible objet de sa 
compétence. 

Attendu que : 

- dans son courrier du 7 janvier 2022, la Fondation indique avoir reçu le 
21 décembre 2021 la réponse du Ministère public à sa demande de levée de 
séquestre; cette décision n'était pas motivée ni notamment ne mentionnait les 
voies de droit; elle demandait l'intervention du Conseil supérieur de la 

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P/1596/2021 

magistrature pour "une gestion de ce dossier qui soit plus conforme aux 
exigences du CPP". 

Considérant que : 

- il est admis que le Ministère public a refusé de lever le séquestre sollicité par la 
Fondation, par la simple annotation manuscrite "refusé"; 

- bien que la Fondation, qui revêt la qualité de tiers saisi (art. 105 al. 1 let. f CPP), 
ne prenne aucune conclusion, elle reproche à cette autorité de ne lui avoir pas 
notifié une décision motivée et indiquant la voie de droit pour la contester; 

- on peut donc inférer qu'elle entend recourir contre le refus de levée de séquestre; 

- à teneur de l'art. 396 al. 1 CPP, le recours contre les décisions notifiées par écrit 
ou oralement est motivé et adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l'autorité 
de recours; 

- en l'espèce, même si la Fondation indique avoir reçu la décision critiquée le 
21 décembre 2021, on ne saurait considérer son recours comme étant tardif en 
tant qu'il a été expédié le 7 janvier 2022, soit au-delà du délai légal précité, et de 
surcroît à une autorité incompétente, dès lors que la décision de refus querellée 
ne comportait l'indication ni du délai de recours ni de l'autorité auprès de qui agir; 

- la décision attaquée ne comportant au demeurant aucune motivation, elle 
contrevient non seulement à l'art. 80 al. 2 CPP mais consacre encore une grave 
violation du droit d'être entendu; 

- partant, elle sera annulée et la cause renvoyée au Ministère public pour nouvelle 
décision (art. 397 al. 2 CPP); 

- compte tenu de la nature procédurale du vice constaté, il n'était pas nécessaire 
d'inviter préalablement le Ministère public à se prononcer, la Chambre de céans 
n'ayant pas traité la cause sur le fond et ne préjugeant, ainsi, pas de l'issue de la 
cause (cf. ATF 133 IV 293 consid. 3.4.2; arrêt du Tribunal fédéral 6B_1212/2020 
du 9 février 2021 consid. 2); 

- les frais de l'instance seront laissés à la charge de l'État; 

- aucune indemnité n'est due. 

* * * * *  

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/133%20IV%20293
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/6B_1212/2020

- 4/4 - 

P/1596/2021 

 
PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

 
Admet le recours. 

Annule la décision de refus de levée de séquestre du 18 décembre 2021. 

Laisse les frais de recours à la charge de l'État. 

Notifie le présent arrêt ce jour, en copie, à la Fondation A______ et au Ministère public. 

Siégeant : 

Madame Corinne CHAPPUIS BUGNON, présidente; Monsieur Christian COQUOZ et 
Madame Alix FRANCOTTE CONUS, juges; Monsieur Xavier VALDES, greffier. 

 

Le greffier : 

Xavier VALDES 

 La présidente : 

Corinne CHAPPUIS BUGNON 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110); la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les trente jours qui 

suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent 

être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention 

de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse 

(art. 48 al. 1 LTF).