# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 4e8e5a5d-53d5-5296-837a-daca385865a5
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2026-01-15
**Language:** fr
**Title:** 5A_692/2025 15.01.2026
**Docket/Reference:** 5A_692/2025
**URL:** https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&type=show_document&highlight_docid=aza%3A%2F%2F15-01-2026-5A_692-2025&print=yes&zoom=

## Full Text

Bundesgericht
Tribunal fdral
Tribunale federale
Tribunal federal
5A_692/2025
Arrt du 15 janvier 2026
IIe Cour de droit civil
Composition
MM. et Mme les Juges fdraux Bovey, Prsident, Hartmann et De Rossa.
Greffire : Mme Dolivo-Bonvin.
Participants la procdure
A.________,
reprsent par Me Patrick Fontana, avocat,
recourant,
contre
B.________,
reprsente par Me Lise-Marie Gonzalez Pennec, avocate,
intime.
Objet
effet suspensif (mesures protectrices de l'union conjugale; contributions d'entretien en faveur du conjoint),
recours contre l'ordonnance de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 23 juillet 2025 (JS24.042537-250790 ES70).
Faits :
A.
A.________ (1963) et B.________ (1972) se sont maris en 1996. Ils ont eu trois enfants, dsormais majeurs.
Statuant par ordonnance de mesures protectrices de l'union conjugale du 15 mai 2025 sur la requte introduite le 23 septembre 2024 par l'pouse, le Prsident du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois a notamment astreint l'poux contribuer l'entretien de son pouse par le versement mensuel de 4'300 fr. pour la priode du 1er septembre 2024 au 31 aot 2025, puis de 3'130 fr. ds le 1er septembre 2025.
L'poux a fait appel de cette dcision le 18 juin 2025. Le 16 juillet 2025, il a requis que son appel soit assorti de l'effet suspensif " concernant les arrirs de contribution d'entretien " (
i.e. celles dues " de septembre 2024 mai 2025"), requte qui a t rejete le 23 juillet 2025 par ordonnance du Juge dlgu de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud (ci-aprs: le Juge dlgu).
B.
Le 25 aot 2025, A.________ exerce un recours en matire civile et un recours constitutionnel subsidiaire au Tribunal fdral contre l'ordonnance du Juge dlgu, dont il conclut la rforme, en ce sens que son appel est assorti de l'effet suspensif. Il n'a pas t demand d'observations sur le fond du recours.
La requte d'effet suspensif assortissant le recours fdral a t admise, faute d'objection, par ordonnance prsidentielle du 15 septembre 2025.
Considrant en droit :
1.
1.1. La dcision entreprise, relative l'octroi de l'effet suspensif, constitue une dcision incidente au sens de l'art. 93 al. 1 LTF (ATF 137 III 475 consid. 1; 134 II 192 consid. 1.3 et 1.4; arrt 5A_605/2025 du 29 septembre 2025 consid. 1.1) susceptible de recours au Tribunal fdral, bien qu'manant d'une autorit cantonale de dernire instance n'ayant pas statu sur recours, mais en qualit d'instance cantonale unique (art. 75 al. 2 LTF; ATF 143 III 140 consid. 1.2 et les rfrences). Le recours contre une dcision incidente est soumis la mme voie de droit que celle qui est ouverte contre la dcision principale (ATF 147 III 451 consid. 1.3; 138 III 555 consid. 1; 137 III 380 consid. 1.1). En l'espce, il s'agit d'une cause en matire civile (art. 72 al. 1 LTF) dans laquelle seule la question de la contribution l'entretien de l'pouse est conteste, savoir une affaire pcuniaire, dont la valeur litigieuse (art. 51 al. 1 let. c et al. 4 LTF) atteint le seuil requis (art. 74 al. 1 let. b LTF) pour que le recours en matire civile soit ouvert.
Sous rserve de la ralisation des conditions de l'art. 93 al. 1 LTF, le recours en matire civile, interjet en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) et en la forme prvue par la loi (art. 42 al. 1 LTF), par une partie qui a succomb dans ses conclusions en instance cantonale (art. 76 al. 1 LTF), est donc en principe recevable. Il s'ensuit que le recours constitutionnel subsidiaire est irrecevable (art. 113 LTF).
1.2. Selon l'art. 93 al. 1 let. a LTF, une dcision incidente ne peut faire l'objet d'un recours immdiat au Tribunal fdral que si elle est susceptible de causer un prjudice irrparable, l'hypothse prvue par l'art. 93 al. 1 let. b LTF tant ici exclue. Un tel prjudice n'est ralis que si l'inconvnient est de nature juridique et ne peut tre rpar ou entirement rpar par une dcision finale favorable au recourant; un dommage conomique ou de pur fait n'est pas considr comme irrparable (ATF 150 III 248 consid. 1.2; 149 II 170 consid. 1.3; 147 III 159 consid. 4.1). Ainsi, le fait d'tre expos au paiement d'une somme d'argent n'entrane, en principe, aucun prjudice au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (ATF 138 III 333 consid. 1.3.1; 137 III 637 consid. 1.2; arrt 5A_466/2024 du 13 fvrier 2025 consid. 3.1). Il n'y a d'exception que si le paiement de la somme litigieuse expose la partie recourante d'importantes difficults financires ou si, en cas d'admission du recours, le recouvrement du montant acquitt parat alatoire (arrt 5A_285/2025 du 5 juin 2025 consid. 1.2 et les nombreuses rfrences). L'exception doit tre interprte de manire restrictive (ATF 144 III 475 consid 1.2; 138 III 94 consid. 2.2; 134 III 188 consid. 2.2). Il appartient la partie recourante d'allguer et d'tablir la possibilit que la dcision incidente lui cause un tel dommage (ATF 134 III 426 consid. 1.2), moins que celui-ci ne fasse d'emble aucun doute (art. 42 al. 2 LTF; ATF 150 III 248 consid. 1.2; 149 II 476 consid. 1.2.1; 148 IV 155 consid. 1.1 in fine; 147 III 159 consid. 4.1; 144 III 475 consid 1.2).
En l'espce, le recourant soutient que s'il obtient gain de cause, l'intime ne sera pas en mesure de restituer les montants verss (puisqu'elle est rentire AI 50%, que sa seule source de revenu consiste en la demi-rente mensuelle de 1'011 fr. 50 qu'elle peroit et qu'elle ne dispose d'aucune fortune), ce qui le placerait dans une situation prcaire; en outre, ds lors que les parties sont soumises au rgime de la sparation de biens, le divorce ne donnera lieu aucune liquidation du rgime matrimonial lui permettant de recouvrer lesdits montants. Le point de savoir s'il existe, en l'espce, un inconvnient de nature juridique qui ne puisse pas tre rpar ou entirement rpar ultrieurement peut toutefois demeurer indcis, le recours tant de toute manire mal fond pour les motifs exposs ci-aprs.
2.
Des mesures probatoires devant le Tribunal fdral (art. 55 LTF) ne sont qu'exceptionnellement ordonnes dans une procdure de recours, ds lors qu'il statue et conduit en principe son raisonnement sur la base des faits tablis par l'autorit prcdente (art. 105 al. 1 LTF; ATF 136 II 101 consid. 2; 133 III 545 consid. 4.3; arrt 5A_545/2024 du 3 fvrier 2025 consid. 1.2). L'ventualit de mesures probatoires sur le litige au fond, conduites directement devant le Tribunal fdral, relve de l'exception, pour ne pas dire de la thorie. Des mesures probatoires seraient la rigueur envisageables en prsence de nova exceptionnellement admissibles au regard de l'art. 99 LTF (arrt 5A_740/2024 du 21 novembre 2025 consid. 1.2 et la rfrence). En l'espce, en tant que le recourant mentionne dans son chapitre intitul "moyens de preuve", l'existence de pices " dposer" et le fait que "[T]out autre moyen de preuve demeure expressment rserv", il ne fait valoir aucune circonstance exceptionnelle susceptible de justifier une mesure d'instruction devant le Tribunal fdral. Pour le surplus le dossier de la cause, dont il demande l'dition, a t transmis au Tribunal fdral conformment aux exigences prvues l'art. 102 al. 2 LTF.
3.
3.1. La dcision portant sur l'effet suspensif est une mesure provisionnelle au sens de l'art. 98 LTF (ATF 137 III 475 prcit consid. 2). Seule peut donc tre invoque la violation des droits constitutionnels. Le Tribunal fdral n'examine de tels griefs que s'ils ont t invoqus et motivs par le recourant ("principe d'allgation"; art. 106 al. 2 LTF), c'est--dire s'ils ont t expressment soulevs et exposs de manire claire et dtaille (ATF 146 III 303 consid. 2; 142 III 364 consid. 2.4). Une dcision ne peut tre qualifie d'arbitraire (art. 9 Cst.) que si elle est manifestement insoutenable, mconnat gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut, heurte de manire choquante le sentiment de la justice et de l'quit, ou s'carte de la jurisprudence du Tribunal fdral sans motif pertinent. En outre, il ne suffit pas qu'une autre solution paraisse concevable, voire prfrable; pour que cette dcision soit annule, encore faut-il qu'elle se rvle arbitraire non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son rsultat (ATF 148 III 95 consid. 4.1; 147 I 241 consid. 6.2.1; 145 II 32 consid. 5.1).
3.2. Le Tribunal fdral statue sur la base des faits tablis par l'autorit prcdente (art. 105 al. 1 LTF). Dans l'hypothse d'un recours soumis l'art. 98 LTF, le recourant qui entend faire valoir que les faits ont t tablis de manire manifestement inexacte ne peut obtenir la rectification ou le compltement des constatations de fait de l'arrt cantonal que s'il dmontre la violation de droits constitutionnels, conformment au principe d'allgation susmentionn (cf. supra consid. 3.1). Le recourant ne peut se limiter contredire les constatations litigieuses par ses propres allgations ou par l'expos de sa propre apprciation des preuves; il doit indiquer de faon prcise en quoi ces constatations sont arbitraires au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 147 I 73 consid. 2.2; 133 II 249 consid. 1.4.3). Une critique des faits qui ne satisfait pas cette exigence est irrecevable (art. 106 al. 2 LTF; ATF 145 IV 154 consid. 1.1; 140 III 264 consid. 2.3). En matire d'apprciation des preuves et d'tablissement des faits, il y a arbitraire lorsque l'autorit ne prend pas en compte, sans aucune raison srieuse, un lment de preuve propre modifier la dcision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur son sens et sa porte, ou encore lorsque, en se fondant sur les lments recueillis, elle en tire des constatations insoutenables (ATF 147 V 35 consid. 4.2; 143 IV 500 consid. 1.1; 140 III 264 consid. 2.3). Au surplus, il appartient au recourant de dsigner avec prcision les lments de preuve auxquels il se rfre l'appui de son argumentation, sous peine d'irrecevabilit de sa critique: il n'appartient pas au Tribunal fdral de fouiller le dossier cantonal pour vrifier la vracit des allgations des parties (arrts 5A_686/2024 du 31 mars 2025 consid. 2.3; 5A_325/2022 du 8 juin 2023 consid. 6.2.2 et les rfrences; 5A_508/2021 du 19 janvier 2023 consid. 8.2.2).
4.
Le recours a pour objet le refus du Juge dlgu d'assortir de l'effet suspensif l'appel form par l'poux contre l'ordonnance de mesures protectrices de l'union conjugale du 15 mai 2025, en tant que celle-ci porte sur les arrirs de contributions d'entretien dus pour la priode de septembre 2024 mai 2025.
5.
Le Juge dlgu a constat qu' l'appui de sa requte d'effet suspensif, l'poux faisait valoir que les arrirs des contributions d'entretien pour les mois de septembre 2024 mai 2025 totalisaient un montant dont il ne pouvait s'acquitter sans mettre en pril son quilibre financier et le plonger dans l'indigence. Il exposait en particulier percevoir des indemnits de l'assurance-chmage et prsenter une incapacit de travail de 30%, ajoutant qu'en cas de rforme de l'ordonnance de mesures protectrices de l'union conjugale, son pouse ne serait vraisemblablement pas en mesure de lui rembourser les montants dj verss. Considrant que la fortune disponible de l'poux s'levait environ 1'675'000 fr. (ce que celui-ci ne remettait en cause ni dans son appel, ni dans sa requte d'effet suspensif), le Juge dlgu a retenu que le paiement des arrirs des contributions d'entretien, qui s'levaient au total 38'700 fr. sous dduction des montants dj verss, n'tait manifestement pas de nature l'exposer des difficults financires. L'poux disposait en outre de la facult de se voir restituer, au besoin, l'ventuel trop-pay dans le cadre de la liquidation du rgime matrimonial. Le requrant chouant ainsi rendre vraisemblable l'existence d'un prjudice difficilement rparable au sens restrictif de l'art. 315 al. 5 [recte: al. 4 let. b] CPC, sa requte d'effet suspensif devait tre rejete.
6.
Dans un grief de nature formelle qu'il se justifie d'examiner en premier lieu, le recourant reproche au Juge dlgu d'avoir statu sur sa requte d'effet suspensif en violation de son droit d'tre entendu (art. 29 al. 2 Cst. et 6 1 CEDH), faute de lui avoir notifi au pralable les dterminations y relatives de son pouse. Il avait ainsi t priv de faire valoir ses observations sur celles-ci.
Ce faisant, le recourant mconnat que selon la jurisprudence relative aux art. 29 al. 2 Cst. et 6 CEDH, il n'y a en principe pas de second change d'critures dans la procdure tendant l'octroi de l'effet suspensif, celle-ci supposant, par nature, qu'une dcision soit rendue rapidement et sans de longues investigations complmentaires; dans une telle procdure le droit d'tre entendu de la partie requrante est dj assur par le dpt de la requte d'effet suspensif (ATF 139 I 189 consid. 3.3 et 3.5 et les rfrences; arrt 5A_867/2023 du 18 janvier 2024 consid. 2.2 in fine; ordonnance 5A_418/2022 du 20 septembre 2022 consid. 4.1). De surcrot, moins qu'il soit d'emble perceptible que la violation du droit d'tre entendu a pu avoir une influence sur la procdure (arrt 5A_389/2025 du 20 novembre 2025 consid. 4.1.2 et les rfrences), ce qui n'est pas le cas en l'espce, le droit inconditionnel de rplique ne dispense pas l'intress d'exposer, tout le moins et de manire suffisante, en quoi l'criture de la partie adverse aurait entran une prise de position (parmi plusieurs: arrts 5A_389/2025 du 20 novembre 2025 consid. 4.1.2; 5A_867/2023 du 18 janvier 2024 consid. 2.2; 5A_804/2022 du 24 fvrier 2023 consid. 3.1.2 et les rfrences). En l'occurrence, le recourant ne satisfait nullement cette exigence. Autant que recevable, le grief doit ainsi tre rejet.
Dans la mesure o le recourant ne se prvaut par ailleurs pas d'une application arbitraire (art. 9 Cst.) de l'art. 53 al. 3 CPC, rien n'impose d'examiner si cette nouvelle disposition, entre en vigueur le 1er janvier 2025, tait en l'occurrence applicable en seconde instance cantonale ni, le cas chant, d'en dterminer la porte s'agissant d'une procdure relative l'effet suspensif.
7.
Le recourant qualifie l'ordonnance querelle d'"arbitraire" dans ses motifs comme dans son rsultat, en tant qu'elle se fonde sur le fait qu'il pourra rcuprer les montants verss son pouse dans le cadre de la liquidation du rgime matrimonial: il n'tait "ni contest, ni contestable" que les parties s'taient maries sous le rgime matrimonial de la sparation de biens, de sorte qu'aucune liquidation du rgime n'allait intervenir. Il ne ressortait par ailleurs ( juste titre) pas de dite ordonnance que l'intime disposerait de ressources financires, le recourant affirmant en outre avoir mis en vidence, dans sa requte d'effet suspensif du 16 juillet 2025, l'impossibilit qu'aurait son pouse de rembourser l'ventuel trop-peru "eu gard sa situation personnelle (demi-rente AI de Fr. 915.- + rente LPP de Fr. 96.50, soit Fr. 1'011.50 par mois) et l'absence de fortune". En dfinitive, il tait clair que l'intime, qui n'avait ni fortune, ni revenu suffisant, ne pourrait pas remplir ses obligations de restitution s'il obtenait gain de cause. Le refus d'assortir son appel de l'effet suspensif relevait donc de l'arbitraire.
7.1. L'appel n'a en principe pas d'effet suspensif lorsqu'il a pour objet des dcisions portant sur des mesures provisionnelles (art. 315 al. 2 let. b CPC). L'art. 315 al. 4 let. b CPC permet toutefois de suspendre exceptionnellement l'excution des mesures provisionnelles, si la partie concerne risque de subir un prjudice difficilement rparable. Les mesures protectrices de l'union conjugale constituent des mesures provisionnelles au sens de ces dispositions (ATF 138 III 565 consid. 4.3.1; 137 III 475 consid. 4.1 et les rfrences; arrts 5A_755/2025 du 22 octobre 2025 consid. 4; 5A_474/2024 du 23 aot 2024 consid. 5).
7.1.1. Le prjudice difficilement rparable peut tre de nature factuelle; il concerne tout prjudice, patrimonial ou immatriel, et peut mme rsulter du seul coulement du temps pendant le procs. Le dommage est constitu, pour celui qui requiert les mesures provisionnelles, par le fait que, sans celles-ci, il serait ls dans sa position juridique de fond et, pour celui qui recourt contre le prononc de telles mesures, par les consquences matrielles qu'elles engendrent. Saisie d'une demande d'effet suspensif, l'autorit d'appel doit ainsi procder une pese des intrts entre les deux prjudices difficilement rparables, celui du demandeur l'action si la mesure n'tait pas excute immdiatement et celui qu'entranerait pour le dfendeur l'excution de cette mesure (ATF 138 III 378 consid. 6.3 et les rfrences; arrt 5A_285/2025 du 5 juin 2025 consid. 3.1 et les rfrences). Elle doit faire preuve de retenue et ne suspendre le caractre excutoire de la dcision de premire instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'apprciation lui permettant de tenir compte de l'ensemble des circonstances concrtes du cas d'espce (ATF 138 III 565 consid. 4.3.1; 137 III 475 consid. 4.1; arrts 5A_624/2025 du 3 septembre 2025 consid. 3.1.1; 5A_285/2025 du 5 juin 2025 consid. 3.1 et les rfrences).
Dans le cadre de cette pese des intrts, l'autorit d'appel peut se rfrer la jurisprudence rendue en application de l'art. 103 al. 3 LTF (arrts 5A_285/2025 du 5 juin 2025 consid. 3.2; 5A_661/2015 du 2 dcembre 2015 consid. 5.2), selon laquelle la suspension de l'excution d'une dcision condamnant le recourant au paiement d'une somme d'argent peut se justifier si ce paiement expose le dbiteur des difficults financires ou si le recouvrement du montant pay, en cas d'admission du recours, apparat alatoire en raison, gnralement, de la solvabilit douteuse du crancier (ATF 107 Ia 269 consid. 2; arrt 5A_285/2025 du 5 juin 2025 consid. 3.2; ordonnances 6B_369/2025 du 23 mai 2025 consid. 2; 4A_129/2025 du 2 mai 2025 consid. 2; 5A_130/2025 du 29 avril 2025 consid. 4; 6B_349/2025 du 28 avril 2025 consid. 3). Dans le cas d'une crance d'entretien, il faut cependant tenir compte du fait que les mesures provisionnelles prises par le juge de premire instance ne doivent pas tre rendues inoprantes la lgre, ainsi que des consquences qu'une suspension de l'excution des pensions alimentaires peut avoir pour le crancier concern (arrt 5A_285/2025 du 5 juin 2025 consid. 3.2). Le Tribunal fdral accorde une importance particulire cette circonstance dans la mesure o il refuse l'effet suspensif pour les contributions courantes et ne l'accorde, le cas chant, que pour les arrirs de contributions d'entretien, savoir dues jusqu' la fin du mois prcdant la requte (cf. par ex. ordonnances 5A_59/2024 du 20 fvrier 2024 consid. 3; 5A_971/2020 du 8 dcembre 2020 consid. 3).
7.1.2. Lorsque l'autorit cantonale jouit d'un pouvoir d'apprciation (art. 4 CC), le Tribunal fdral ne revoit en principe qu'avec rserve sa dcision prise en quit. Il n'intervient que lorsque celle-ci s'carte sans raison des rgles tablies par la jurisprudence en matire de libre apprciation, ou lorsqu'elle s'appuie sur des faits qui, dans le cas particulier, ne devaient jouer aucun rle, ou encore lorsqu'elle ignore des lments qui auraient absolument d tre pris en considration; en outre, le Tribunal fdral redresse les dcisions rendues en vertu d'un pouvoir d'apprciation lorsqu'elles aboutissent un rsultat manifestement injuste ou une iniquit choquante (ATF 145 III 49 consid. 3.3; 142 III 336 consid. 5.3.2 et les rfrences; arrt 5A_285/2025 du 5 juin 2025 consid. 3.1).
7.2. En l'espce, en tant que le recourant affirme que les parties ont adopt le rgime matrimonial de la sparation de biens, il se fonde sur un fait irrecevable puisqu'il n'a pas t constat par l'autorit prcdente, sans que le recourant fasse valoir, ni a fortiori dmontre, que l'ordonnance attaque serait entache d'arbitraire cet gard (cf. supra consid. 3.2). Il ne renvoie au demeurant aucune pice du dossier pour tayer sa critique, se limitant se rfrer celui-ci dans son ensemble, omettant par l qu'il n'appartient pas au Tribunal fdral de fouiller le dossier cantonal pour vrifier la vracit des allgations des parties (cf. supra consid. 3.2 in fine).
Cela tant, mme indpendamment du point de savoir si une liquidation du rgime matrimonial des parties devrait intervenir, la pese des intrts laquelle a procd le Juge dlgu chappe en l'espce au grief d'arbitraire. Il ne ressort en effet pas de l'ordonnance attaque que le recourant aurait formul, dans sa requte d'effet suspensif cantonale, des allgations concrtes concernant la situation financire de son pouse, situation dont il se prvaut pourtant dsormais pour exposer qu'il risque de ne pas pouvoir recouvrer auprs d'elle les montants verss. S'il affirme avoir fait tat des faibles revenus et de l'absence de toute fortune de son pouse dans dite requte - sans renvoyer de manire claire et dtaille un passage prcis de cet acte ni au demeurant qualifier d'arbitraire l'tat de fait cantonal concernant les constatations relatives son contenu (cf. supra consid. 3.2) -, force est de constater qu'on ne trouve de toute manire aucune trace de ces lments dans sa requte d'effet suspensif, l'poux s'y tant limit souligner sur ce point, sans plus de prcision, que l'intime " (...) ne serait vraisemblablement pas en mesure de rembourser le montant de sorte que l encore la condition du prjudice difficilement rparable est ralise ". Il n'y a donc aucun arbitraire considrer qu'il n'a pas rendu vraisemblable dans sa requte, ainsi qu'il lui incombait, les difficults de recouvrement auxquelles il prtendait tre expos.
Dans ces circonstances et au vu de l'importante fortune disponible (non conteste) dont dispose par ailleurs le recourant (
i.e. 1'675'000 fr.), le Juge dlgu pouvait en dfinitive considrer que l'intrt de l'pouse la perception immdiate des 38'700 fr. d'arrirs de contributions d'entretien prvalait sur celui de l'poux ne pas s'en acquitter tant que la procdure d'appel n'tait pas close, sans que l'on puisse lui reprocher d'avoir manifestement abus du pouvoir d'apprciation dont il disposait dans l'application de l'art. 315 al. 4 let. b CPC.
8.
En conclusion, le recours constitutionnel subsidiaire est irrecevable. Le recours en matire civile est rejet, dans la mesure de sa recevabilit. Le recourant, qui succombe, doit s'acquitter des frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF). Il n'y a pas lieu de l'astreindre au versement d'une indemnit de dpens l'intime pour son criture sur la requte d'effet suspensif, puisque celle-ci s'en est remise justice cet gard, de sorte qu'elle est rpute avoir succomb (parmi plusieurs: arrts 5A_1065/2020 du 2 dcembre 2021 consid. 9; 5A_583/2018 du 18 janvier 2019 consid. 6).
Par ces motifs, le Tribunal fdral prononce :
1.
Le recours constitutionnel subsidiaire est irrecevable.
2.
Le recours en matire civile est rejet, dans la mesure o il est recevable.
3.
Les frais judiciaires, arrts 2'000 fr., sont mis la charge du recourant.
4.
Le prsent arrt est communiqu aux parties et la Cour d'appel civile au Tribunal cantonal du canton de Vaud.
Lausanne, le 15 janvier 2026
Au nom de la IIe Cour de droit civil
du Tribunal fdral suisse
Le Prsident : Bovey
La Greffire : Dolivo-Bonvin