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**Case Identifier:** 97ad26f2-1be5-5ed9-b37c-5f245718bbb6
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-12-06
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 06.12.2018 P/22773/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-22773-2017_2018-12-06.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/22773/2017 AARP/392/2018 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 6 décembre 2018 

 

Entre 

A______, domicilié ______, comparant par Me B______, avocate,  

appelant, 

 

contre le jugement JTDP/840/2018 rendu le 27 juin 2018 par le Tribunal de police, 

 

et 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimé.

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EN FAIT : 

A. a. Par courrier expédié le 29 juin 2018, A______ a annoncé appeler du jugement du 
27 juin précédent, dont les motifs lui seront notifiés le 27 août 2018, par lequel le 
tribunal de première instance l'a reconnu coupable de violation intentionnelle des 
règles fondamentales de la circulation routière (art. 90 al. 3 et 4 let. b de la loi 
fédérale sur la circulation routière du 19 décembre 1958 [LCR - RS 741.01]), 
conduite sans autorisation (art. 95 al. 1 let. b LCR), violation simple des règles de la 
circulation routière (art. 90 al. 1 cum 31 al. 1 LCR) ainsi que consommation de 
stupéfiants (art. 19a ch. 1 de la loi fédérale sur les stupéfiants et les substances 
psychotropes du 3 octobre 1951 [LStup - RS 812.121]) et l'a condamné à une peine 
privative de liberté de 16 mois plus une amende de CHF 1'000.- (peine privative de 
liberté de substitution : 10 jours), renonçant à révoquer le sursis octroyé le 11 mai 
2016, frais de la procédure à la charge du condamné. 

 b. A teneur de son acte du 17 septembre 2018, A______ déclare contester 
uniquement le prononcé de la peine privative de liberté de 16 mois ferme et requiert 
l'audition de deux témoins de moralité. 

 c. Selon l'acte d'accusation du 9 avril 2018, il est reproché ce qui suit à A______ : 

 - le 18 octobre 2017 à 19h32, sur la route de Saint-Julien à la hauteur du n° 36, en 
direction de l'avenue des Communes-Réunies, il a circulé au guidon de son 
motocycle de marque C______, immatriculé 1______, à la vitesse de 115 km/h, alors 
que la vitesse maximale autorisée sur ce tronçon est de 50 km/h, commettant ainsi un 
dépassement de vitesse de 59 km/h, après déduction d'une marge de sécurité de  
6 km/h ; de surcroit il conduisait de la sorte alors qu'il fait l'objet d'une mesure de 
retrait du permis de conduire depuis le 12 juin 2014 pour une durée indéterminée ; 

- le 13 août 2017 aux environs de 21h25, sur le boulevard de la Tour, à la hauteur du 
n°6 en direction du boulevard des Philosophes, circulant derechef à motocycle 
nonobstant la mesure de retrait de permis précitée, A______ a freiné brusquement 
pour une raison indéterminée et a perdu la maîtrise de son engin. Il a lourdement 
chuté, se fracturant des côtes et une clavicule, et se perforant un poumon ; 

- durant l'année 2017, A______ a régulièrement consommé de la cocaïne à Genève.  

B. Les éléments suivants, encore pertinents à ce stade de la procédure, ressortent du 
dossier : 

 a. Les faits tels que décrit dans l'acte d'accusation étant reconnus, il n'est pas 
nécessaire d'en reprendre la description détaillée. 

 b. Lors de son audition, en octobre 2017, sur l'accident du 13 août 2017, A______ a 
reconnu une consommation très occasionnelle de cocaïne, étant précisé que le 
rapport toxicologique avait mis en exergue la présence de cette substance dans son 

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sang, dont l'absorption datait de plusieurs heures, voire jours. Il a également admis 
qu'il utilisait régulièrement son motocycle pour se rendre à son travail nonobstant la 
mesure de retrait qui le frappait mais a affirmé avoir désormais "compris la leçon". 

 Devant le Ministère public (MP), A______ a par la suite expliqué qu'il avait déposé 
les plaques de son motocycle une semaine avant l'audience, soit le 14 février 2018, 
ce que confirmera le Service cantonal des véhicules de Genève. Il avait pris 
conscience de ses actes et cessé de conduire suite à sa condamnation du 26 octobre 
2017 (cf. infra D.b).  

 c. Devant le premier juge, reconnaissant les faits reprochés, le prévenu a exposé qu'il 
empruntait désormais les transports publics pour se déplacer et essayait de vendre 
son motocycle. La récidive nonobstant son accident du mois d'août 2017 s'expliquait 
par une prise de conscience imparfaite. Il avait traversé une période difficile, vivant 
une séparation et ayant perdu son emploi. Il faisait des "conneries" pour fuir la 
réalité. Il avait désormais une nouvelle amie et une vie stable ; il ne sortait plus, ne 
consommait plus de cocaïne et cherchait activement du travail. Il souhaitait être un 
bon modèle pour son fils, dont il avait la garde un week-end sur deux et durant une 
partie des vacances.  

 Il a notamment produit un courrier de son ex-épouse faisant état d'un changement 
constaté chez lui suite aux faits commis au mois d'octobre 2017, et justifié de ses 
recherches d'emploi ainsi que de négociations relatives à la vente du véhicule. 

C. a. Lors des débats d'appel, A______ a reconnu que le prononcé d'une peine ferme par 
le Tribunal de police avait été un choc effrayant mais salutaire. Il était confronté à la 
peur de devoir aller en prison, pensant que cela détruirait ce qu'il venait de mettre en 
place. En revanche, il était tout à fait prêt à affronter une mise à l'épreuve, même 
particulièrement longue.  

Il avait évolué au plan professionnel et personnel. En effet, constatant qu'il 
n'aboutissait pas dans ses démarches en vue de retrouver du travail dans ______, il 
s'était reconverti dans le domaine où il avait un début de formation et travaillait 
depuis le mois de juillet 2018 comme ______ pour une entreprise de placement. Il 
avait ainsi découvert qu'il aimait ce métier et avait probablement commis une erreur 
en ne poursuivant pas dans cette voie. Il réalisait un salaire mensuel net de l'ordre de 
CHF 4'300.-, de sorte qu'il n'émargeait plus à l'aide sociale, et espérait pouvoir, à 
terme, obtenir un CFC en passant par une validation des acquis.  

Il n'avait pas recherché un soutien psychologique, ne voulant pas se livrer à une 
démarche opportuniste, mais, par l'intermédiaire de son amie, qui possédait deux 
chevaux, il avait renoué avec le monde de l'équitation. Cette pratique était sa 
thérapie, qui l'apaisait et lui avait permis de se déconnecter totalement du monde 
malsain qu'il fréquentait précédemment, voué à faire la fête. Sa vie était désormais 
rangée, il ne consommait plus de cocaïne et avait vendu sa moto, ne circulant plus 

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qu'en bus ou en voiture, conduit par son amie. Il voyait son fils régulièrement, soit 
davantage que le minimum garanti par son droit de visite, usuel. Il se consacrait ainsi 
totalement à son fils, à sa relation et à l'équitation. 

Il était vrai que l'accident du mois d'août 2017 avait été un choc, mais pas suffisant. Il 
avait fallu l'expérience de l'arrestation pour qu'il comprenne qu'il devait changer de 
vie. 

b. Les deux témoins de moralité évoqués par l'appelant ont été entendus : 

b.a. D______ a confirmé que le prévenu et elle formaient un couple depuis 18 mois 
et que, ayant cessé de fréquenter le monde de la nuit, celui-là se montrait comme une 
personne responsable, posée, au mode de vie sain. Il l'aidait beaucoup à s'occuper de 
ses chevaux et ils faisaient des promenades ensemble, le tout prenant énormément de 
temps. L'équitation était pour A______ une passion qu'il avait pu retrouver. Ils se 
rendaient ensemble au manège après la journée de travail, y emmenant son fils lors 
des weekends de droit de visite, puis passaient la soirée ensemble. La moto avait bien 
été vendue. Son ami avait peur à l'idée d'une peine ferme, craignant de perde le cadre 
de vie sain qu'il avait mis en place, étant précisé qu'il buvait raisonnablement et ne 
consommait pas du tout de drogue. Ce cadre s'était en quelque sorte mis en place tout 
seul, le travail et l'équitation entraînant le reste, notamment le fait qu'il s'était mis à 
voir davantage son fils et un apaisement dans ses relations avec son ex-épouse. 

 b.b. E______ connaissait le prévenu depuis qu'ils avaient tous deux 12 ans et ils 
étaient restés amis, même si leurs chemins avaient été différents et leur fréquentation 
variable. A______ avait eu un parcours scolaire tourmenté, puis s'était lancé dans le 
monde de la nuit, traversant une "période noire". Toutefois, depuis plusieurs mois, il 
avait une autre vie, un cadre fixe, un emploi qui nécessitait des efforts soutenus, 
notamment d'être à pied d'œuvre tous les matins à 7h30, ce qui était incompatible 
avec une consommation de stupéfiants ou des sorties nocturnes. Le changement avait 
été tel que le témoin lui avait proposé, huit mois plus tôt, d'être le parrain de son 
second enfant, alors qu'il ne l'avait pas fait à la naissance du premier, considérant 
qu'il ne pourrait pas assumer pareil rôle. Le prévenu avait très peur d'une peine 
ferme, tout particulièrement eu égard aux conséquences que cela pourrait avoir sur 
ses liens avec son fils. 

 c.a. L'avocate de A______ persiste dans les conclusions de la déclaration d'appel, 
précisant qu'en définitive, seul le refus du sursis était contesté et que l'appelant 
adhérait au principe d'un délai d'épreuve maximal.  

 Le premier juge s'était exclusivement fondé sur le passé, sur les antécédents, pour 
fonder un pronostic défavorable. Paradoxalement, le jugement entrepris avait pour 
lui le mérite d'avoir participé au déclic dont le prévenu avait besoin, ni les 
antécédents, ni même l'accident aux conséquences sérieuses pour lui-même, n'ayant 
suffi. Désormais, A______ était un homme nouveau, grâce au cadre personnel et 
professionnel dont il bénéficiait. Il aurait aussi fallu davantage compter à son actif sa 

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bonne collaboration, plutôt que d'en minimiser la portée au regard de la nature du 
dossier. Il y avait aussi la vente de la moto. En définitive, le prévenu pouvait 
désormais se prévaloir d'une stabilité affective, professionnelle, de père, d’absence de 
consommation, tous éléments devant être pris en considération au moment de faire 
un pronostic, et non seulement ses antécédents. Sans minimiser la faute, il fallait par 
ailleurs souligner que l'excès de vitesse avait été ponctuel et bref. Il ne s'était pas agi 
d'un rodéo routier, par exemple. A______ était dos au mur et savait qu'il risquait de 
tout perdre. Il fallait utiliser cette épée de Damoclès aux fins de réinsertion, ce qui 
était aussi dans l'intérêt public. 

 c.b. Le MP, insistant sur les éléments défavorables, notamment le fait que le prévenu 
avait commis plusieurs infractions, dont un délit de chauffard à une heure de pointe, 
sur une route fortement fréquentée à la fin d'une journée de travail, le mobile égoïste 
et les antécédents, considère que le risque de récidive est élevé. Néanmoins, il y avait 
eu une évolution depuis l'audience de jugement. L'ébauche de prise de conscience 
présente en première instance et traduite notamment par ce qui était à l'époque une 
tentative de vendre la moto, s'était concrétisée par le changement de mode de vie de 
l'appelant, tel que décrit lors des débats d'appel. Aussi le MP ne s'opposait pas à un 
sursis partiel, assorti d'un délai d'épreuve d'une durée maximale, estimant que 
l'amélioration n'était pas telle que l'on pût envisager un sursis pur et simple.  

D. A______, né le ______ 1984, est de nationalité suisse, divorcé et père d'un  
enfant, étant précisé qu'il pourrait être le père d'une seconde fillette, née peu après sa 
rupture d'avec sa mère, qui a affirmé qu'elle était de lui mais a, dit-il, refusé un test 
de paternité.  

Pour le surplus, son parcours et sa situation personnelle ont été décrits 
précédemment. 

Il a été condamné à neuf reprises depuis le 1er juillet 2008, notamment : 

- le 5 mars 2010, par le MP, à une peine pécuniaire de 23 jours-amende et une 
amende de CHF 300.-, pour violation des règles de la circulation routière et conduite 
en état d'incapacité de le faire ; 

- le 4 novembre 2013, par le MP de l'arrondissement de F______ [VD], à une peine 
pécuniaire 30 jours-amende pour conduite d'un véhicule automobile sans le permis 
de conduire ;  

- le 9 mai 2014, par le MP de l'arrondissement de F______ [VD], à une peine 
pécuniaire 120 jours-amende pour violation grave des règles de la circulation 
routière ;  

- le 11 mai 2016, par le MP de l'arrondissement de F______ [VD], à une peine 
pécuniaire de 130 jours-amende, avec sursis durant quatre ans, pour violation d'une 
obligation d'entretien ;  

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- le 6 octobre 2016, par le MP, à un travail d'intérêt général de 320 heures et à une 
amende de CHF 240.-, pour conduite d'un véhicule automobile malgré le refus, le 
retrait ou l'interdiction de l'usage du permis et violation des règles de la circulation 
routière ;  

- le 26 octobre 2017, par le MP, à une peine pécuniaire de 90 jours-amende, pour 
conduite d'un véhicule automobile malgré le refus, le retrait ou l'interdiction de 
l'usage du permis.  

E. Me B______, défenseure d'office de A______, dépose un état de frais pour la 
procédure d'appel, facturant, sous des libellés divers, 6 heures et 45 minutes, de 
présence à l'audience comprise, d'activité déployée par elle-même, et 45 minutes 
consacrées par une collaboratrice et une stagiaire à la rédaction de l'annonce et de la 
déclaration d'appel, étant précisé que les opérations taxées en première instance 
avaient nécessité près de 11 heures de travail. 

EN DROIT : 

1. L'appel est recevable pour avoir été interjeté et motivé selon la forme et dans les 
délais prescrits (art. 398 et 399 du Code de procédure pénale, du 5 octobre 2007 
[CPP ; RS 312.0]). 

 La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel (art. 404 
al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP). 

2. 2.1. Dans le cas d'espèce, eu égard à la portée limitée de l'appel, le nouveau droit des 
sanctions entré en vigueur le 1er janvier 2018 n'est pas plus favorable à l'appelant que 
celui en vigueur lors des faits, de sorte qu'il convient d'appliquer ce dernier (art. 2 
CP). 

 2.2.1. Aux termes de l'art. 42 al. 1 aCP, le juge suspend en règle générale l'exécution 
d'une peine privative de liberté de six mois au moins et de deux ans au plus 
lorsqu'une peine ferme ne paraît pas nécessaire pour détourner l'auteur d'autres 
crimes ou délits. 

Sur le plan subjectif, le juge doit poser, pour l'octroi du sursis – ou du sursis partiel –, 
un pronostic quant au comportement futur de l'auteur. En l'absence de pronostic 
défavorable, il doit prononcer le sursis. Celui-ci est ainsi la règle dont le juge  
ne peut s'écarter qu'en présence d'un pronostic défavorable ou hautement incertain  
(ATF 135 IV 180 consid. 2.1 p. 185 s. ; ATF 134 IV 1 consid. 4.2.2 p. 5). 

La question de savoir si le sursis serait de nature à détourner le prévenu de 
commettre de nouvelles infractions doit être tranchée sur la base d'une appréciation 
d'ensemble, tenant compte des circonstances de l'infraction, des antécédents de 
l'auteur, de sa réputation et de sa situation personnelle au moment du jugement, 
notamment de l'état d'esprit qu'il manifeste. Le pronostic doit être posé sur la base de 

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tous les éléments propres à éclairer l'ensemble du caractère du prévenu et ses chances 
d'amendement. Il n'est pas admissible d'accorder un poids particulier à certains 
critères et d'en négliger d'autres qui sont pertinents (ATF 135 IV 180 consid. 2.1 p. 
185 s.). Auparavant, il fallait que le pronostic soit favorable. Le sursis est désormais 
la règle dont on ne peut s'écarter qu'en présence d'un pronostic défavorable. Il prime 
en cas d'incertitude (ATF 135 IV 180 consid. 2.1 p. 185 s. et les références ;  
ATF 134 IV 140 consid. 4.2 p. 143 ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_1339/2016 du  
23 mars 2017 consid. 1.1.1 ; 6B_372/2016 du 22 mars 2017 consid. 4). 

2.2.2. Dans ce contexte, les antécédents pénaux ne constituent qu'un élément parmi 
d'autres. Ils ne l'emportent pas nécessairement sur les autres considérations 
pertinentes (arrêt 6B_569/2008 du 24 mars 2009 consid. 2.3 ; R. SCHNEIDER / R. 
GARRÉ, Basler Kommentar, Strafrecht I, 2e éd., 2007, n. 59 ad art. 42). Pour autant, 
on ne saurait en déduire qu'ils ne suffisent jamais à fonder un pronostic défavorable. 
Comme sous l'ancien droit (cf. ATF 98 IV 313 consid. 3 p. 313 s.), ils ne permettent 
certes pas à eux seuls de refuser le sursis si les peines prononcées dans les cinq ans 
qui précèdent l'infraction n'équivalent pas au moins à trois mois de privation de 
liberté au total (R. SCHNEIDER / R. GARRÉ, op. cit., n. 59 ad art. 42 CP), alors que 
des antécédents plus graves peuvent suffire à fonder un pronostic défavorable si le 
très mauvais signe qu'ils donnent n'est corrigé par aucun élément favorable. 

2.2.3. Lorsque la durée de la peine privative de liberté se situe entre un et deux ans, 
permettant donc le choix entre le sursis complet et le sursis partiel, l'octroi du sursis 
est la règle et le sursis partiel l'exception. Celui-ci ne doit être prononcé que si, sous 
l'angle de la prévention spéciale, l'octroi du sursis pour une partie de la peine ne peut 
se concevoir que moyennant exécution de l'autre partie. La situation est comparable à 
celle où il s'agit d'évaluer les perspectives d'amendement en cas de révocation du 
sursis (ATF 116 IV 97). Lorsqu'il existe, notamment en raison de condamnations 
antérieures, de sérieux doutes sur les perspectives d'amendement de l'auteur, qui ne 
justifient cependant pas encore, à l'issue de l'appréciation de l'ensemble des 
circonstances, un pronostic concrètement défavorable, le tribunal peut accorder un 
sursis partiel au lieu du sursis total. On évite de la sorte, dans les cas de pronostics 
très incertains, le dilemme du "tout ou rien". Un pronostic défavorable, en revanche, 
exclut tant le sursis partiel que le sursis total (ATF 134 IV 1 consid. 5.3.1 p. 10). 

2.2.4. Aux termes de l'art. 44 al. 1 aCP, si le juge suspend totalement ou 
partiellement l'exécution d'une peine, il impartit au condamné un délai d'épreuve de 
deux à cinq ans. Dans le cadre ainsi fixé par la loi, la durée du délai d'épreuve est à 
déterminer en fonction des circonstances du cas, en particulier selon la personnalité 
et le caractère du condamné, ainsi que du risque de récidive. Plus celui-ci est 
important plus long doit être le délai d'épreuve et la pression qu'il exerce sur le 
condamné pour qu'il renonce à commettre de nouvelles infractions (arrêt du Tribunal 
fédéral 6B_1339/2016 du 23 mars 2017 consid. 1.1.2 et les références). 

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2.2.5. Selon l'art. 44 al. 2 aCP, le juge qui suspend l'exécution de la peine peut 
ordonner une assistance de probation et imposer des règles de conduite pour la durée 
du délai d'épreuve.  

2.3. En l'occurrence, il est vrai que les antécédents de l'appelant sont très 
préoccupants. Ils sont en effet nombreux, spécifiques, plusieurs d'entre eux relevant 
de violation des règles de la circulation routière et, à une reprise, d'un excès de 
vitesse suffisamment important pour avoir entrainé une peine pécuniaire de 130 
jours. A cela s'ajoute le fait que l'appelant est jugé pour avoir commis deux 
ensembles d'infractions en l'espace de trois mois, entre lesquels est venue s'inscrire 
une troisième, déjà jugée, de circulation sans permis. Le premier complexe de faits a 
eu de graves conséquences pour lui et, le dernier est marqué par une aggravation, vu 
le délit de chauffard. Aussi, en octobre 2017 encore, rien n'était susceptible de 
réfréner la désinvolture de l'appelant sur la route, à commencer par le simple fait de 
conduire, vu le retrait de permis. 

Les débats d'appel ont apporté un éclairage différent, l'appelant ayant apparemment 
beaucoup évolué et pris conscience de ce qu'il devait en l'état totalement s'abstenir de 
conduire. 

L'appelant explique lui-même ses agissements et son changement par son mode de 
vie, tant personnel que professionnel mais admet qu'un élément déterminant a été le 
prononcé d'une peine ferme en première instance. Lorsqu'il adoptait un 
comportement irresponsable et délinquant, il était sans travail, avait des rapports 
difficiles avec son ex-épouse et fréquentait ce qu'il appelle le "monde de la nuit", 
consommation festive de cocaïne à la clef. Désormais, il redémarre dans une activité 
professionnelle qui lui convient mieux et espère obtenir un CFC ; il est dans une 
relation stable, qui lui a ouvert ou ré-ouvert les portes de l'équitation, soit une activité 
nécessitant beaucoup de temps et d'énergie, d'où moins d'opportunités pour des excès 
festifs, et dialogue avec son ex-épouse ce qui lui permet de mieux remplir son rôle de 
père. Parallèlement, il réalise qu'il est véritablement confronté à la perspective de 
devoir purger une relativement longue peine privative de liberté, ce qui mettrait en 
péril certains éléments de cette stabilité nouvelle. Le MP concède que cette évolution 
est de nature à autoriser un pronostic compatible avec un sursis au moins partiel. 

De fait, le sujet de préoccupation qui subsiste est que la reprise en main salutaire de 
l'appelant est fort récente et parait, en grande partie, liée à sa relation avec son amie. 
Il suffirait ainsi d'une rupture, ce qui est dans le domaine du possible selon 
l'expérience de la vie, pour que l'appelant perde le bénéfice de l'équitation, qui lui 
tient lieu de thérapie ainsi que d'ancrage pour son temps libre. Au plan professionnel, 
cela ne fait guère que quelques mois qu'il se réoriente vers un métier difficile lequel, 
lors d'une première tentative, ne lui avait pas convenu. Autrement dit, le nouvel 
équilibre de l'appelant est fragile. 

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Dans ces circonstances, il appert que la meilleure protection de la société et de 
l'appelant lui-même consiste à renforcer le cadre sur lequel il peut s'appuyer, en lui 
octroyant le bénéfice du sursis mais assorti, outre du délai d'épreuve d'une durée 
maximale sur laquelle les parties s'entendent, d'une assistance de probation. Il est 
ainsi permis d'espérer que même en cas de difficulté professionnelle ou personnelle, 
l'appelant pourra, grâce à l'encadrement fourni par le Service de probation et 
d'insertion, éviter de retomber dans ses travers passés, l'épée de Damoclès du risque 
de révocation du sursis étant une autre incitation forte d'éviter la récidive. 

Un tel aménagement parait plus efficace et proportionné qu'un sursis partiel, étant 
observé aussi qu'aucune des précédentes condamnations de l'appelant n'a conduit au 
prononcé d'une peine privative de liberté. C'est donc la première fois qu'il est 
concrètement confronté à une telle issue. 

L'appel est en définitive admis, dans cette mesure. 

4. L'appelant obtient gain de cause en grande partie. Toutefois, il se trouve dans 
l'hypothèse où les conditions qui ont permis d'aboutir à ce résultat n'ont été réalisées 
qu'au cours de la procédure d'appel, de sorte que les frais de la procédure seront 
néanmoins mis à sa charge (art. 428 al. 2 let. a CPP).  Il n'y a par ailleurs pas lieu de 
revoir la répartition des frais de première instance, la culpabilité demeurant intacte 
(art. 428 al. 3 CPP). 

5. L'activité déployée par l'avocate de l'appelant elle-même est en adéquation avec les 
principes applicables en matière d'assistance judiciaire, à l'exclusion de celle 
effectuée par sa collaboratrice et sa stagiaire, la rédaction de l'annonce et de la 
déclaration d'appel étant couverte, de jurisprudence constante, par le forfait afférent 
aux activités diverses (en l'occurrence : 20% le temps consacré à l'ensemble du 
dossier ne dépassant pas les 30 heures). 

 Ladite avocate sera donc rémunérée par CHF 1'852.45 pour 6 heures et 45 minutes 
d'activité au tarif de CHF 200.-/heure, la majoration forfaitaire de 20% (CHF 270.-), 
une vacation forfaitaire (CHF 100.-) et la TVA au taux de 7.7% (CHF 132.45). 

* * * * *  

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PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

 

Reçoit l'appel formé par A______ contre le jugement JTDP/840/2018 rendu par le Tribunal 
de police dans la procédure P/22773/2017. 

L'admet. 

Annule ce jugement dans la mesure où la peine privative de liberté infligée à A______  
n'a pas été assortie du sursis. 

Et statuant à nouveau : 

Met A______ au bénéfice du sursis et fixe le délai d'épreuve à cinq ans.  

Le soumet à une assistance de probation pendant la durée du délai d'épreuve. 

L'avertit que s'il devait commettre de nouvelles infractions ou se soustraire à l'assistance de 
probation, le sursis pourrait être révoqué et la peine suspendue exécutée, cela sans 
préjudice d'une nouvelle peine. 

Confirme pour le surplus le jugement entrepris. 

Condamne A______ aux frais de la procédure d'appel, qui comprennent un émolument de 
CHF 1'500.-. 

Arrête à CHF 1'852.45, TVA comprise, le montant des frais et honoraires de Me B______, 
défenseure d'office de l'appelant. 

Notifie le présent arrêt aux parties. 

Le communique, pour information, au Tribunal de police, au Service des contraventions et 
au Service cantonal des véhicules et au Service de probation et d'insertion. 

 

Siégeant : 

Madame Alessandra CAMBI FAVRE-BULLE, présidente; Monsieur Pierre MARQUIS, 
juge ; Monsieur Louis PEILA, juge suppléant ; Madame Lorena HENRY, greffière-juriste. 

 

La greffière : 

Andreia GRAÇA BOUÇA 

 La présidente : 

Alessandra CAMBI FAVRE-
BULLE 

 

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P/22773/2017 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 78 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF), par-devant le Tribunal fédéral 

(1000 Lausanne 14), par la voie du recours en matière pénale, sous la réserve qui suit. 

 

Dans la mesure où il a trait à l'indemnité de l'avocat désigné d'office ou du conseil 

juridique gratuit pour la procédure d'appel, et conformément aux art. 135 al. 3 let. b CPP 

et 37 al. 1 de la loi fédérale sur l'organisation des autorités pénales de la Confédération 

du 19 mars 2010 (LOAP; RS 173.71), le présent arrêt peut être porté dans les dix jours qui 

suivent sa notification avec expédition complète (art. 39 al. 1 LOAP, art. 396 al. 1 CPP) 

par-devant la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral (6501 Bellinzone). 

  

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P/22773/2017 

 

P/22773/2017 ÉTAT DE FRAIS AARP/392/2018 

 

 COUR DE JUSTICE  

 

Selon les art. 4 et 14 du règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais et dépens 
en matière pénale (E 4 10.03). 

 

 

Total des frais de procédure du Tribunal de police : CHF 2'812.80 

Bordereau de frais de la Chambre pénale d'appel et de révision   

Délivrance de copies et photocopies (let. a, b et c) CHF 00.00 

Mandats de comparution, avis d'audience et divers (let. i) CHF 120.00 

Procès-verbal (let. f) CHF 90.00 

État de frais CHF 75.00 

Émolument de décision CHF 1'500.00 

Total des frais de la procédure d'appel :  CHF 1'785.00 

Total général (première instance + appel) :  CHF 4'597.80