# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a65e334c-ffd8-5c90-a8b5-69842af89d66
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-07-02
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 02.07.2020 PS/43/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_PS-43-2020_2020-07-02.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

PS/43/2020 ACPR/465/2020 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du jeudi 2 juillet 2020 

 

Entre 

A______, comparant par Mes Grégoire MANGEAT et Fanny MARGAIRAZ, avocats,  

c/o Me Grégoire MANGEAT, Mangeat Avocats Sàrl, passage des Lions 6, case postale 

5653, 1211 Genève 11, 

requérant, 

et 

B______, Procureur, p.a. LE MINISTERE PUBLIC, route de Chancy 6B, case  

postale 3565, 1211 Genève 3, 

cité. 

- 2/6 - 

PS/43/2020 

EN FAIT : 

A. a. Par acte expédié au Ministère public le 9 juin 2020, A______ demande au 
Procureur B______, chargé de la procédure pénale P/1______/2020, de se récuser. 

 b. B______ a transmis cette requête à la Chambre de céans le 11 juin 2020, 
proposant de la rejeter. 

B. Les faits pertinents pour l'issue du litige sont les suivants : 

a. Le 5 mars 2020, C______ a déposé plainte pénale auprès du Procureur général 
contre le Sergent-chef D______ et inconnus pour abus d'autorité, induction de la 
justice en erreur, violation du secret de fonction et dénonciation calomnieuse dans le 
contexte de son interpellation du 13 décembre 2019 au matin, des circonstances 
l'ayant entourée ainsi que des mesures de contrainte jugées vexatoires et illicites dont 
il avait fait l'objet. 

Il y expose également que, préalablement, il avait été entendu le 6 juin 2019 par la 
police comme personne appelée à donner des renseignements dans le cadre de la 
plainte pénale déposée le 13 décembre 2018 par le Conseil administratif de la 
Commune de E______ [GE] qui le soupçonnait d'avoir transmis à la presse le 
contenu d'un rapport d'audit du contrôle financier de la Commune de E______ en 
lien avec les frais professionnels du personnel de la Commune. 

b. Le Procureur général est en charge de l'instruction de la plainte pénale du 
13 décembre 2018, référencée sous P/2______/2018, dirigée contre C______ pour 
violation du secret de fonction. Dans cette procédure, en cours, A______ revêt le 
statut de personne appelée à donner des renseignements. 

c. La plainte de C______ du 5 mars 2020 fait l'objet de la P/1______/2020. Son 
instruction a été confiée au Procureur B______ le 5 mai 2020. À cette même date, 
celui-ci l'a transmise à l'Inspection Générale des Services (ci-après : IGS) pour 
complément d'enquête. 

d. Par lettre du 13 mai 2020 adressée au Ministère public, A______ s'est constitué 
partie plaignante dans le cadre de la P/1______/2020. Les mesures de contrainte 
inutilement humiliantes et disproportionnées dénoncées par C______ dans sa plainte 
semblaient n'avoir eu pour réel but que de l'atteindre, lui. Il s'estimait ainsi lésé 
directement dans ses droits. 

Dès lors que la police agissait sous la surveillance et sur les instructions du Ministère 
public, l'ensemble de cette autorité n'était pas à même d'instruire cette affaire, qui 
devait être confiée à une "autre autorité d'instruction". 

e. Dans sa réponse du 29 mai 2020, B______ a informé A______ qu'il serait statué 
sur sa qualité de partie à la procédure à l'issue du complément d'enquête actuellement 
en cours auprès de l'IGS. 

- 3/6 - 

PS/43/2020 

C. a. À l'appui de sa requête, A______ expose que si des instructions ont été données 
aux membres de la police de "trouver quelque chose" sur lui, il était probable qu'elles 
provinssent des procureurs en charge de la P/3______/2017 dirigée à son endroit. 
Dans la mesure où l'instruction des faits dénoncés par C______ pourrait ainsi 
concerner B______, il existait un conflit d'intérêts évident. La simple possibilité de 
l'implication de ce procureur suffisait à le rendre suspect de prévention au sens de 
l'art. 56 let. f CPP. Même si sa qualité de partie plaignante n'était pas encore 
tranchée, il avait droit à ce que sa demande soit traitée par un magistrat impartial. 

 b. B______ s'en rapporte sur la recevabilité de la demande de récusation dès lors 
que l'intervention policière concernait C______. Il ajoute que les procureurs du 
Ministère public sont indépendants et qu'il n'existe dès lors, dans le traitement des 
procédures, aucun lien de subordination. Il n'était pas en charge de la 
P/2______/2018 et n'avait donc donné aucune instruction dans cette procédure. 
Aucune des circonstances exposées par le requérant n'était de nature à faire naître un 
soupçon de partialité au sens de l'art. 56 let. f CPP. 

 c. A______ réplique que B______ était en charge de la P/3______/2017 dirigée 
contre lui. Or, les policiers dénoncés par C______ semblaient avoir voulu créer un 
lien entre les procédures P/2______/2018 et P/3______/2017. Si le "quelque chose" 
sur lui que les policiers voulaient trouver avait été trouvé, il aurait été exploité dans 
la P/3______/2017 par les procureurs en charge de l'affaire. Cette évidence s'était du 
reste concrétisée par la découverte, possiblement dans le cadre de la perquisition 
effectuée dans la P/2______/2018, d'une conversation F______ [réseau de 
communication] entre lui et C______, laquelle lui avait été soumise alors qu'il avait 
été entendu le 23 juin 2020 dans la P/3______/2017 [par le Procureur G______, à 
teneur du procès-verbal produit] le visant. Il n'était dès lors pas exclu que si les 
policiers concernés par la plainte de C______ avaient reçu pour instruction du 
Ministère public de "trouver quelque chose sur A______", dite instruction ne pouvait 
provenir que des procureurs en charge de la P/3______/2017, dont notamment 
B______. 

EN DROIT : 

1. 1.1. La Chambre de céans est compétente pour connaître d'une requête en récusation 
dirigée contre un membre du ministère public (art. 59 al. 1 let. b CPP et 128 al. 2  
let. a LOJ). 

1.2. Le requérant, qui s'estime lésé dans le cadre de la P/1______/2020, a déclaré 
vouloir se constituer partie plaignante. Quand bien même il n'a pas encore été statué 
sur sa qualité de partie à la procédure, sa qualité pour agir ici (art. 58 al. 1 CPP) peut 
rester ouverte, vu l'issue de la requête au fond. 

2. 2.1.  Un magistrat est récusable pour l'un des motifs prévus aux art. 56 let. a à e CPP. 
Il l'est également, selon l'art. 56 let. f CPP, lorsque d'autres motifs, notamment un 
rapport d'amitié étroit ou d'inimitié avec une partie ou son conseil, sont de nature à le 

- 4/6 - 

PS/43/2020 

rendre suspect de prévention. Cette disposition a la portée d'une clause générale 
recouvrant tous les motifs de récusation non expressément prévus aux lettres 
précédentes. Elle correspond à la garantie d'un tribunal indépendant et impartial 
instituée par les art. 30 Cst. et 6 CEDH. Elle n'impose pas la récusation seulement 
lorsqu'une prévention effective du magistrat est établie, car une disposition interne de 
sa part ne peut guère être prouvée. Il suffit que les circonstances donnent l'apparence 
de la prévention et fassent redouter une activité partiale du magistrat. Seules les 
circonstances constatées objectivement doivent être prises en considération. Les 
impressions purement individuelles de l'une des parties au procès ne sont pas 
décisives (ATF 141 IV 178 consid. 3.2.1 p. 179; 139 I 121 consid. 5.1 p. 125). 
L'impartialité subjective d'un magistrat se présume jusqu'à preuve du contraire (ATF 
136 III 605 consid. 3.2.1 p. 609; arrêt du Tribunal fédéral 6B_621/2011 du  
19 décembre 2011; arrêt de la CourEDH LINDON, § 76; N. SCHMID / 
D. JOSITSCH, Schweizerische Strafprozessordnung : Praxiskommentar, 3e éd., 
Zurich 2017, n. 14 ad art. 56). 

2.2. En l'espèce, le requérant estime que la simple éventualité que B______ soit à 
l'origine des instructions données à des membres de la police de "trouver quelque 
chose" sur lui dans le cadre des investigations menées dans la P/2______/2018 
suffirait à le rendre partial pour traiter la plainte de C______ contre ces mêmes 
policiers, dite procédure devant précisément déterminer qui a donné quel ordre et à 
qui. 

Autrement dit, B______ ne pourrait pas enquêter sur lui-même. 

Or, B______ n'instruit pas la P/2______/2018 dans laquelle les instructions décriées 
par C______ dans sa plainte, et sur lesquelles il s'agit d'enquêter, auraient été 
données. Partant, on ne saurait présumer que le magistrat précité y serait intervenu de 
quelque manière que ce soit. 

Quant à l'exploitation d'éléments de preuve résultant de la P/2______/2018 dans la 
P/3______/2017 à l'occasion de l'audition du requérant du 23 juin dernier – soit une 
conversation F______ entre lui et C______ –, on ne voit pas en quoi cet acte 
d'instruction, qui n'a du reste pas été conduit par B______, dénoterait une prévention 
de ce dernier à l'égard du requérant. 

 Partant, il n'y a pas lieu de mettre en cause l'indépendance et l'impartialité de 
B______ dans l'instruction de la P/1______/2020. 

3. La requête, mal fondée, sera donc rejetée. 

4. Vu l'issue de la cause, les frais de la procédure, fixés en totalité à CHF 1'000.- 
(art. 13 al. 1 let. b. du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP; 
E 4 10.03), seront mis à la charge du requérant (art. 59 al. 4, 2e phrase, CPP). 

* * * * *  

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https://intrapj/perl/decis/136%20III%20605
https://intrapj/perl/decis/6B_621/2011
https://intrapj/perl/JmpLex/E%204%2010.03

- 5/6 - 

PS/43/2020 

 

PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

 

Rejette la requête. 

Condamne A______ aux frais de la procédure de récusation, arrêtés à CHF 1'000.-. 

Notifie le présent arrêt ce jour, en copie, au requérant, soit pour lui ses défenseurs, et à 
B______. 

 

Siégeant : 

Madame Corinne CHAPPUIS BUGNON, présidente; Mesdames Daniela CHIABUDINI et 
Alix FRANCOTTE CONUS, juges; Monsieur Sandro COLUNI, greffier. 

 

Le greffier : 

Sandro COLUNI 

 La présidente : 

Corinne CHAPPUIS BUGNON 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110); la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les trente jours qui 

suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent 

être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention 

de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse 

(art. 48 al. 1 LTF). 

  

- 6/6 - 

PS/43/2020 

PS/43/2020 ÉTAT DE FRAIS 

 
 

 
COUR DE JUSTICE 

 

 
 
 
Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais en matière pénale 
(E 4 10.03). 
 

Débours (art. 2) 

- frais postaux CHF 10.00 

Émoluments généraux (art. 4)  

- délivrance de copies (let. a) CHF       

- délivrance de copies (let. b) CHF       

- état de frais (let. h) CHF 75.00 

Émoluments de la Chambre pénale de recours (art. 13)   

- décision sur récusation (let. b) CHF 915.00 

-  CHF       

Total  CHF 1'000.00