# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 608632ed-14f0-5b1a-831e-2e2eafb2b1e1
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-06-22
**Language:** fr
**Title:** Genf Tribunal pénal 22.06.2023 P/12087/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_TP_001_P-12087-2018_2023-06-22.pdf

## Full Text

Siégeant : Mme Sabina MASCOTTO, présidente, Mme Fanny HOSTETTLER, 
greffière-juriste délibérante, Mme Soraya COLONNA, greffière  

P/12087/2018  

RÉPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E   
 

JUGEMENT  

DU TRIBUNAL DE POLICE  

 

Chambre 18 

 
22 juin 2023  

 

MINISTÈRE PUBLIC  

A______, partie plaignante, assistée de Me B______ 
 
C______, partie plaignante, assistée de Me D______ 
 
E______, partie plaignante, assistée de Me F______ 
 
G______, partie plaignante, assisté de Me H______ 

contre  
 
W______, née le ______ 1977, domiciliée ______[VS], prévenue, assistée de Me 
I______ 

X______, né le ______ 1965, domicilié ______[GE], prévenu, assisté de Me J______ 

Y______, née le ______ 1981, domiciliée ______[GE], prévenue, assistée de Me 
K______ 

Z______, née le ______ 1968, domiciliée ______[GE], prévenue, assistée de Me 
L______ 

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 P/12087/2018   

CONCLUSIONS FINALES DES PARTIES : 

Le Ministère public conclut : 

- S'agissant de W______, à un verdict de culpabilité des chefs d'usure par métier, 
de contrainte et de tentative de contrainte, au prononcé d'une peine privative de 
liberté de 18 mois, avec sursis et un délai d'épreuve de 3 ans, d'une amende de 
CHF 1'500.- à titre de sanction immédiate avec une peine privative de liberté de 
substitution de 37 jours; 

- S'agissant d'X______, à un verdict de culpabilité des chefs de contrainte et de 
tentative de contrainte, au prononcé d'une peine pécuniaire de 180 jours-amende 
à CHF 90.- le jour avec sursis et un délai d'épreuve de 3 ans, d'une amende de 
CHF 2'000.- à titre de sanction immédiate avec une peine privative de liberté de 
substitution de 22 jours; 

- S'agissant d'Z______, à un verdict de culpabilité des chefs d'usure par métier, de 
voies de fait, de contrainte, de tentative de contrainte et d'incitation au séjour 
illégal, au prononcé d'une peine privative de liberté de 15 mois, avec sursis et un 
délai d'épreuve de 3 ans, d'une amende de CHF 2'500.- à titre de sanction 
immédiate avec une peine privative de liberté de substitution de 35 jours et d'une 
amende de CHF 500.- avec une peine privative de liberté de substitution de 5 
jours;  

- S'agissant de Y______, à un verdict de culpabilité des chefs d'usure, de contrainte 
et de tentative de contrainte, au prononcé d'une peine pécuniaire de 180 jours-
amende à CHF 50.- le jour, avec sursis et un délai d'épreuve de 3 ans, d'une 
amende de CHF 1'800.- à titre de sanction immédiate avec une peine privative de 
liberté de substitution de 36 jours et de son expulsion de Suisse pour une durée de 
3 ans, avec inscription au SIS. 

Il conclut à la condamnation des prévenus à la totalité des frais de la procédure et s'en 
réfère à son acte d'accusation s'agissant du sort des objets saisis. 

G______ conclut à un verdict de culpabilité des chefs d'usure par métier, de voies de fait 
ainsi que de contrainte d'Z______ et persiste dans ses conclusions civiles. 

A______ conclut à un verdict de culpabilité des chefs d'usure par métier de W______ et 
Z______, respectivement d'usure de Y______ ainsi que de contrainte de ces trois 
prévenues et persiste dans ses conclusions civiles.  

E______ conclut à un verdict de culpabilité des chefs d'usure par métier de W______, de 
complicité d'usure par métier d'X______ ainsi que de contrainte de W______ et 
d'X______ et persiste dans ses conclusions civiles. 

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C______ conclut à un verdict de culpabilité des chefs d'usure par métier de W______, de 
complicité d'usure par métier d'X______ ainsi que de contrainte de W______ et 
d'X______ et persiste dans ses conclusions civiles. 

Y______ conclut à son acquittement de tous les chefs d'infraction visés par l'acte 
d'accusation, au rejet des conclusions civiles de la partie plaignante et s'oppose à toute 
mesure d'expulsion.  

Z______ conclut à son acquittement de tous les chefs d'infraction visés par l'acte 
d'accusation, au rejet des conclusions civiles et persiste dans ses conclusions en 
indemnisation.   

X______ conclut à son acquittement de tous les chefs d'infraction visés par l'acte 
d'accusation, au déboutement des parties plaignantes, à ce que les frais de la procédure 
soient laissés à la charge de l'Etat et renonce à faire valoir des conclusions en 
indemnisation (art. 429 CPP).   

W______ conclut à son acquittement de tous les chefs d'infraction visés par l'acte 
d'accusation, au rejet des conclusions civiles et persiste dans ses conclusions en 
indemnisation.  

 

EN FAIT 

A.a.a. Par acte d'accusation du 15 septembre 2022, il est tout d'abord reproché à 
W______ des faits qualifiés d'usure par métier au sens de l'art. 157 ch. 1 et 2 CP (ch. 
1.1.1. de l'acte d'accusation) pour avoir, à Genève, entre une date indéterminée en 2015 
et fin 2018, exploité intentionnellement la gêne, la situation de faiblesse et la dépendance 
de ressortissants étrangers, principalement originaires des Philippines, qui étaient 
démunis des autorisations nécessaires de séjour et de travail, ce qu'elle savait, qui ne 
parlaient pas ou peu le français, qui étaient inexpérimentés, qui se trouvaient dans une 
situation financière précaire et qui n'avaient que des possibilités extrêmement limitées de 
se maintenir en Suisse, de subvenir à leurs besoins ainsi qu'à ceux de leurs familles 
autrement, qui ne remplissaient pas les conditions imposées par les organismes de crédit, 
voire avaient besoin urgemment d'argent, pour se faire accorder des avantages pécuniaires 
en disproportion évidente avec la contrepartie qu'elle leur fournissait, en pratiquant des 
taux d'intérêt sur des prêts ainsi que des pénalités en cas de retard de remboursement 
gravement disproportionnés par rapport aux montants prêtés, et d'avoir agi de la sorte à 
réitérées reprises, avec un nombre indéterminé de personnes, pratiquant par exemple des 
taux d'intérêt de 20% sur un mois, et en prêtant en outre à ces personnes des sommes 
d'argent sous la forme de prêts d'urgence nommés "SOS", avec un taux d'intérêt de 10% 
sur un mois, et des pénalités de CHF 50.- par jour de retard dès le premier jour de retard, 
exerçant son activité coupable à la manière d'une profession, et d'avoir en particulier agi 
de la sorte au préjudice d'E______, de C______ et de A______. 

a.a.a. S'agissant d'E______, il est reproché à W______ d'avoir: 

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- en mars 2017, prêté CHF 10'000.- en échange d'un remboursement en plusieurs 
mensualités comprenant un intérêt gravement disproportionné, soit en dix mensualités 
de CHF 1'250.-, représentant un taux d'intérêt de 25% sur 10 mois, soit en douze 
mensualité de CHF 1'350.-, représentant un taux d'intérêt annuel de 62%; 

- en novembre 2017, prêté CHF 8'250.-, en convenant à ce sujet d'un prêt à hauteur de 
CHF 15'000.-, comprenant un montant de CHF 6'750.- non-payé relatif au premier 
prêt, étant précisé que ledit montant (5 mensualités de CHF 1'350.-) comprenait des 
intérêts en disproportion évidente avec la contrepartie accordée; 

- le 25 novembre 2017, fait signer une reconnaissance de dette d'un montant de CHF 
45'000.- à payer au 15 avril 2018, montant comprenant d'une part des montants en 
capital prêtés par elle (soit CHF 8'250.- remis en novembre 2017) ainsi que des intérêts 
en disproportion évidente avec la contrepartie accordée, et d'autre part des 
remboursements de prêts avec intérêts dépassant ce qui est admissible, contractés par 
d'autres personnes en situation de gêne et de dépendance, pour lesquels E______ était 
garante, étant précisé que sur le montant figurant sur la reconnaissance de dette de 
CHF 45'000.-, la somme de CHF 20'000.- représentait des intérêts en disproportion 
évidente avec la contrepartie accordée; 

- de s'être fait accorder et promettre des pénalités de CHF 50.- par jour de retard lorsque 
les dates des remboursements mensuels n'étaient pas respectées. 

a.a.b. S'agissant de C______, il est reproché à W______ de lui avoir prêté les montants 
suivants: 

- à une date indéterminée, probablement en février 2016, CHF 2'000.- en échange d'un 
remboursement en quatre mensualités de CHF 600.- soit un taux d'intérêt de 20% sur 
quatre mois; 

- à une date indéterminée, probablement en avril 2016, CHF 8'000.- en échange d'un 
remboursement en huit mensualités de CHF 1'750.-, ces mensualités englobant 
également le remboursement du prêt de CHF 2'000.- précité, représentant un taux 
d'intérêt de 40% sur huit mois; 

- le 15 août 2016, CHF 2'000.- en échange d'un remboursement de CHF 2'200.- le mois 
suivant, représentant un taux d'intérêt de 10% sur un mois; 

- le 16 août 2016, CHF 500.- en échange d'un remboursement de CHF 550.- le mois 
suivant, représentant un taux d'intérêt de 10% sur un mois; 

- le 20 août 2016, CHF 2'000.- en échange d'un remboursement de CHF 2'200.- le mois 
suivant, représentant un taux d'intérêt de 10% sur un mois; 

- le 2 septembre 2016, CHF 7'000.- en échange d'un remboursement total de 
CHF 8'400.- sur quatre mois, représentant un taux d'intérêt de 20% sur quatre mois; 

- le 2 septembre 2016, CHF 1'000.- en échange d'un remboursement de CHF 1'100.- le 
mois suivant, représentant un taux d'intérêt de 10% sur un mois; 

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- le 15 septembre 2016, CHF 2'000.- en échange d'un remboursement en quatre 
mensualités de CHF 600.-, représentant un taux d'intérêt de 20% sur quatre mois; 

- le 15 septembre 2016, CHF 4'000.- en échange d'un remboursement de CHF 4'400.- le 
mois suivant, représentant un taux d'intérêt de 20% sur un mois; 

- le 20 septembre 2016, CHF 2'000.- en échange d'un remboursement de CHF 2'200.- le 
mois suivant, représentant un taux d'intérêt de 20% sur un mois, 

et de s'être fait accorder et promettre, dans le cadre des prêts susmentionnés, des pénalités 
de retard équivalant au montant de l'intérêt, à payer chaque mois lorsque les dates des 
remboursements mensuels n'étaient pas respectées, jusqu'au remboursement intégral.  

a.a.c. S'agissant de A______, il est reproché à W______ de lui avoir prêté les montants 
suivants: 

- à une date indéterminée, probablement en 2015 ou 2016, CHF 2'000.- en échange d'un 
remboursement en quatre mensualités de CHF 600.-, représentant un taux d'intérêt de 
20% sur quatre mois; 

- à une date indéterminée, probablement en 2015 ou 2016, une seconde somme d'argent 
dont le montant est indéterminé, en échange d'un remboursement avec un taux d'intérêt 
comparable à celui susvisé; 

- à une date indéterminée, probablement en 2015 ou 2016, CHF 9'000.- en échange d'un 
remboursement avec des intérêts en disproportion évidente avec la contrepartie 
accordée, prévoyant en particulier un remboursement en quatre mensualités de CHF 
2'700.-, soit un taux d'intérêt de 20% sur quatre mois; 

- à une date indéterminée, probablement en 2015 ou 2016, par l'intermédiaire d'un tiers, 
CHF 3'000.- en échange d'un remboursement en quatre mensualités de CHF 900.-, soit 
un taux d'intérêt de 20% sur quatre mois; 

et de s'être fait accorder et promettre, dans le cadre des prêts susmentionnés, une pénalité 
de CHF 900.- lorsqu'elle ne pouvait pas rembourser les mensualités, ainsi que des 
pénalités de CHF 50.- par jour de retard lorsque les dates des remboursements mensuels 
n'étaient pas respectées. 

a.b. Il est également reproché à W______ des faits qualifiés de contrainte et de 
tentative de contrainte à réitérées reprises au sens des art. 181 et 181 cum 22 CP (ch. 
1.1.2.) au préjudice d'E______, C______ et A______, faits parfois commis en coactivité 
avec son époux X______. 

a.b.a. S'agissant d'E______, il lui est reproché: 

- d'avoir, à Genève, entre 2017 et 2018, après s'être fait accorder des taux d'intérêt en 
disproportion évidente avec les montants prêtés, à partir du moment où elle n'arrivait 
pas à respecter les remboursements mensuels exigés et en connaissant sa situation en 
Suisse, menacé l'intéressée de la faire renvoyer aux Philippines, de la dénoncer auprès 
des autorités, de contacter ses employeurs et ses régies ou bailleurs et de venir chez 
elle, l'effrayant de la sorte et lui faisant notamment craindre pour son avenir et son 

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emploi, afin de l'obliger ou de tenter de la contraindre à rembourser les différentes 
sommes d'argent qu'elle lui réclamait; 

- de s'être présentée à son domicile à réitérées reprises, notamment tôt le matin, frappant 
à la porte, l'insultant, lui criant dessus et lui disant qu'elle n'avait pas de "papiers" si 
bien qu'elle pouvait faire ce qu'elle voulait avec elle, la menaçant d'appeler ses 
employeurs, l'effrayant de la sorte, agissant de cette manière le 23 juin 2018 
notamment en lui disant que faute de paiement d'ici au 30 juin 2018, elle prendrait 
contact avec ses employeurs et avec l'Office cantonal de la population et des 
migrations (ci-après: OCPM),  

étant précisé que le résultat ne s'est pas produit entièrement dans la mesure où E______ 
ne s'est pas acquittée de l'entier des sommes réclamées. 

a.b.b. S'agissant de C______, il lui est reproché d'avoir: 

- à Genève, entre 2016 et 2018, après s'être fait accorder des taux d'intérêt en 
disproportion évidente avec les montants prêtés, à partir du moment où elle n'arrivait 
pas à respecter les remboursements mensuels exigés et en connaissant sa situation en 
Suisse, menacé l'intéressée de prendre contact avec les autorités afin de la renvoyer 
aux Philippines, de la dénoncer auprès des autorités, de contacter ses employeurs ainsi 
que les personnes la logeant, l'effrayant de la sorte et lui faisant notamment craindre 
pour son avenir et son emploi, afin de l'obliger ou de tenter de la contraindre à 
rembourser les différentes sommes d'argent qu'elle lui réclamait; 

- dans ce but et sachant que C______ avait peur d'X______, indiqué à l'intéressée que 
son mari allait la retrouver, et lui avoir fait subir des pressions, notamment en parlant 
d'elle à de nombreuses connaissances de la communauté philippine pour trouver son 
adresse, l'effrayant de la sorte; 

- en mai 2017, dit par message à C______ qu'elles devaient se rendre à la Mission des 
Philippines, et en juin 2017, dit par message qu'elle devait lui donner les coordonnées 
complètes de son employeur, et qu'à défaut X______ allait tout faire pour la retrouver, 
qu'ils ne prendraient plus de "pincettes" avec elle et qu'ils allaient lui "mettre la honte", 
et peu importe si elle perdait son travail, mais également en lui envoyant, par messages 
du 25 juin 2017, l'adresse de son employeur et en lui indiquant qu'X______ avait 
facilement trouvé cette adresse et qu'il connaissait l'école M______; 

- menacé C______, oralement et par écrit, l'effrayant de la sorte, afin de l'obliger ou de 
tenter de la contraindre à rembourser les différentes sommes d'argent qu'elle lui 
réclamait, étant précisé qu'X______ a notamment adressé des messages à C______ en 
février 2017, lui impartissant d'être à l'heure au rendez-vous afin d'éviter des problèmes 
pour elle-même et la famille de "BF______", se montrant autoritaire et lui reprochant 
d'essayer de "fuir", en se présentant chez elle à réitérées reprises et en dénonçant son 
comportement prétendument incorrect à sa colocataire ou logeuse, en se renseignant 
sur elle auprès de diverses personnes et en recherchant ses nouvelles coordonnées, 
l'effrayant de la sorte, étant précisé qu'X______ a également, dès le mois de juin 2016, 
recherché le lieu de travail de C______ auprès de diverses personnes, et lui a envoyé 

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une photo de la boîte aux lettres de son employeur, lui faisant subir des pressions et 
l'effrayant de la sorte, et qu'il s'est en outre présenté à plusieurs reprises, notamment 
peu avant le 2 octobre 2017 et le 2 janvier 2017, chez l'employeur de C______, sur 
son lieu de travail, ou a appelé ledit employeur, dénonçant le comportement 
prétendument incorrect ou "honteux" de C______, l'effrayant de la sorte; 

- de concert avec X______, fait déposer à l'Office des poursuites du canton de Genève 
(ci-après: OP) une réquisition de poursuite, et ainsi intentionnellement fait notifier en 
septembre 2017 à C______ un commandement de payer pour un montant de CHF 
48'500.-, à l'adresse de son employeuse (c/o Mme AI______, av. AK_____ 25, 
______), le motif de la poursuite étant "Aide financière de CHF 54'000.- apportée fin 
2016 à Madame C______, connaissance et compatriote philippine de mon épouse 

W______ afin d'aider la famille en grande difficulté à Manille. Remboursement 

mensuel de CHF 1'500.- convenu par écrit et signé de sa part. aucun montant 

remboursé depuis plus de 3 mois malgré de nombreux rappels téléphoniques et sms", 
X______ figurant en qualité de créancier dudit commandement de payer alors qu'il 
n'était pas créancier et que le montant du capital mentionné ne correspondait pas au 
capital emprunté par C______, tentant intentionnellement de la contraindre en faisant 
pression sur elle et en lui faisant craindre que son employeur soit informé et qu'il la 
licencie sur la base de ces informations, l'effrayant afin qu'elle verse cet argent et 
l'entravant ainsi dans sa liberté d'action, 

étant précisé que le résultat ne s'est pas produit entièrement dans la mesure où C______ 
ne s'est pas acquittée de l'entier des sommes réclamées. 

a.b.c. S'agissant de A______, il lui est reproché d'avoir: 

- à Genève, entre 2015 et 2018, après s'être fait accorder des taux d'intérêt en 
disproportion évidente avec les montants prêtés, à partir du moment où elle n'arrivait 
pas à respecter les remboursements mensuels exigés, connaissant sa situation en Suisse 
et disposant d'une copie de son passeport, menacé A______ de lui créer des problèmes 
liés à son statut illégal en Suisse, soit in fine de la faire renvoyer aux Philippines, de la 
dénoncer auprès d'autorités et de ses régies ou bailleurs, l'effrayant de la sorte et lui 
faisant notamment craindre pour son avenir et son emploi, afin de l'obliger ou de tenter 
de la contraindre à rembourser les différentes sommes d'argent qu'elle lui réclamait; 

- alors que l'intéressée n'arrivait plus à rembourser au moins CHF 1'200.- chaque mois 
dès septembre 2017, obtenu les coordonnées et le numéro de téléphone de son 
employeur, en prenant contact à réitérées reprises avec elle et en lui indiquant que son 
"mari serait fâché", et en lui disant qu'elle était déjà allée, par le passé, demander le 
paiement à un employeur dans le cas d'une personne qui ne la remboursait pas, 
l'effrayant de la sorte, 

étant précisé que le résultat ne s'est pas produit entièrement dans la mesure où A______ 
ne s'est pas acquittée de l'entier des sommes réclamées. 

b. Par le même acte d'accusation, il est reproché à X______ des faits qualifiés de 
contrainte et de tentative de contrainte à réitérées reprises au sens des art. 181 et 181 cum 

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22 CP (ch. 1.2.1.), au préjudice d'E______ et de C______, agissant parfois en coactivité 
avec son épouse W______. 

b.a. S'agissant d'E______, il lui est reproché d'avoir, à Genève, entre 2017 et 2018, 
après que son épouse W______ se soit fait accorder des taux d'intérêt en disproportion 
évidente avec les montants prêtés, à partir du moment où elle n'arrivait pas à respecter les 
remboursements mensuels exigés et en connaissant sa situation en Suisse, menacé 
E______ de la renvoyer aux Philippines, de la dénoncer auprès des autorités, de ses 
employeurs et de ses régies ou bailleurs et de venir chez elle, l'effrayant de la sorte, afin 
de l'obliger ou de tenter de la contraindre à rembourser les différentes sommes d'argent 
réclamées, agissant notamment de la sorte en se présentant au domicile d'E______ à 
plusieurs reprises, à tout le moins le 9 juillet 2018, tôt le matin, en criant sur cette dernière 
devant sa fille et en lui disant sur un ton menaçant, qu'elle devait payer, qu'il savait qui 
était le propriétaire de l'appartement et qu'il allait parler à la régie, l'effrayant de la sorte.  

b.b. S'agissant de C______, il lui est reproché: 

- d'avoir, à Genève, entre 2016 et 2018, après que son épouse W______ se soit fait 
accorder des taux d'intérêt en disproportion évidente avec les montants prêtés, à partir 
du moment où elle n'arrivait pas à respecter les remboursements mensuels qui étaient 
exigés d'elles et en connaissant  sa situation en Suisse, menacé C______ de la renvoyer 
aux Philippines, de la dénoncer auprès des autorités, de ses employeurs et de ses régies 
ou bailleurs, l'effrayant de la sorte et lui faisant notamment craindre pour son avenir et 
son emploi, afin de l'obliger ou de tenter de la contraindre à rembourser les différentes 
sommes d'argent qui leur étaient réclamées; 

- de lui avoir adressé des messages en février 2017, lui disant notamment d'être à l'heure 
au rendez-vous afin d'éviter des problèmes pour elle-même et la famille de 
"BF______", se montrant autoritaire, lui donnant des ultimatums et lui reprochant 
d'essayer de "fuir", en se présentant chez elle ou en bas de chez elle et en dénonçant 
son comportement prétendument incorrect à sa colocataire ou logeuse, l'effrayant de 
la sorte; 

- d'avoir recherché le lieu de travail de C______ et cette dernière dès le mois de juin 
2016, auprès de diverses personnes, et de lui avoir envoyé par message une photo de 
la boîte aux lettres de son employeur, lui faisant subir des pressions et l'effrayant de la 
sorte;  

- de s'être présenté à plusieurs reprises chez l'employeur de C______, notamment peu 
avant le 2 octobre 2017 et le 2 janvier 2017, ou d'avoir appelé ce dernier et dénoncé 
auprès de lui le comportement prétendument incorrect ou "honteux" de C______, 
faisant ainsi craindre à cette dernière de perdre son emploi; 

- d'avoir agi de concert avec W______ dans les circonstances décrites au point a.b. ii) 
dernier tiret supra,  

étant précisé que le résultat ne s'est pas produit entièrement, dans la mesure où C______ 
ne s'est pas acquittée de l'entier des sommes réclamées. 

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c.a. Par le même acte d'accusation, il est reproché à Y______ d'avoir, entre 2016 et le 
mois de mai 2018, à Genève, intentionnellement exploité la gêne, la situation de faiblesse 
et la dépendance de A______, ressortissante philippine, laquelle était démunie 
d'autorisation de séjour et de travail, ne parlait pas ou peu le français, était inexpérimentée, 
se trouvait dans une situation personnelle et financière précaire, avec des dettes, des 
obligations familiales aux Philippines, des revenus peu élevés et aucune stabilité, n'avait 
que des possibilités extrêmement limitées de se maintenir en Suisse et de subvenir à ses 
besoins ainsi qu'à ceux de sa famille, ne remplissait pas les conditions imposées par les 
organismes de crédit, voire avait besoin urgemment d'argent, pour se faire accorder par 
A______, dans le cadre de prêts d'argent, des avantages pécuniaires gravement 
disproportionnés par rapport aux montants prêtés, en pratiquant des taux d'intérêt ainsi 
que des pénalités en disproportion évidente avec les contreparties qu'elle lui avait 
accordées, soit le montant en capital prêté, et en particulier d'avoir: 

- prêté à A______, à une date indéterminée, probablement en août 2017, CHF 4'000.- 
en échange d'un remboursement en quatre mensualités de CHF 1'200.-, représentant 
un taux d'intérêt de 20% sur quatre mois, et de s'être fait accorder et promettre le 
paiement de pénalités en cas de non-paiement aux échéances fixée par elle; 

- octroyé à A______ deux autres prêts de CHF 2'000.- et CHF 3'000.-, à des dates 
indéterminées, en échange de remboursements avec des taux d'intérêt de 20% sur 
quatre mois. 

faits qualifiés d'usure au sens de l'art. 157 ch.1 CP (ch. 1.3.1.). 

c.b. Il lui est également reproché d'avoir, à Genève, en 2017, après s'être fait accorder 
par A______ des taux d'intérêt en disproportion évidente avec les montants prêtés et alors 
que celle-ci n'arrivait pas à respecter les remboursements mensuels exigés et connaissant 
sa situation en Suisse, menacé A______ de la dénoncer à la police et à l'ambassade des 
Philippines afin de la faire expulser – étant précisé qu'elle s'était fait remettre une copie 
du passeport de A______ – mais également de téléphoner à son employeur, de créer des 
problèmes à son employeur et d'envoyer quelqu'un aux Philippines pour tuer sa famille, 
l'effrayant de la sorte et lui faisant notamment craindre pour son avenir et de perdre son 
emploi, afin de l'obliger ou de tenter de la contraindre à lui verser les sommes d'argent 
qu'elle lui réclamait, étant précisé que le résultat ne s'est pas produit entièrement dans la 
mesure où A______ ne s'est pas acquittée de l'entier des sommes réclamées, 

et d'avoir, à Genève, le 3 novembre 2017, en présence d'Z______, fait venir A______ à 
leur domicile, puis de l'avoir menacée en criant et d'avoir exercé des pressions sur elle, 
l'effrayant de la sorte, afin de lui faire signer une reconnaissance de dette à hauteur d'un 
montant de CHF 4'000.- en faveur de Y______ ou N______, montant qui ne 
correspondait pas au montant dû, étant précisé que A______ avait effectué des 
remboursements et que le montant en question comprend des intérêts en disproportion 
évidente avec le montant prêté, 

faits qualifiés de contrainte et de tentative de contrainte au sens des art. 181 et 181 cum 
22 CP (ch. 1.3.2.). 

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d.a. Par le même acte d'accusation, il est reproché à Z______ des faits qualifiés d'usure 
par métier au sens de l'art. 157 ch. 1 et 2 CP (ch. 1.4.1.) pour avoir, entre 2015 et 2021, à 
Genève, intentionnellement exploité la gêne, la situation de faiblesse et la dépendance de 
ressortissants étrangers, principalement originaires des Philippines, lesquels étaient 
démunis des autorisations nécessaires de séjour et de travail, ce qu'elle savait, ne parlaient 
pas ou peu le français, ne connaissaient personne en Suisse, étaient inexpérimentés, se 
trouvaient dans une situation financière précaire et n'avaient que des possibilités 
extrêmement limitées de se maintenir en Suisse, subvenir à leurs besoins ainsi qu'à ceux 
de leurs familles autrement, ne remplissaient pas les conditions imposées par les 
organismes de crédit, voire avaient besoin urgemment d'argent, pour se faire accorder des 
avantages pécuniaires en disproportion évidente avec la contrepartie qu'elle leur 
fournissait, en pratiquant des taux d'intérêt sur des prêts ainsi que des pénalités en cas de 
retard de remboursement, gravement disproportionnés par rapport aux montants prêtés, 
et d'avoir agi de la sorte à réitérées reprises, avec un nombre indéterminé de ressortissants 
de la communauté philippine se trouvant dans la situation précitée, soit à tout le moins 
plus de dix personnes, pratiquant par exemple des taux d'intérêt de 20% sur un mois et 
des pénalités de retard, et prêtant en outre des sommes d'argent sous la forme de prêts 
d'urgence nommés "SOS", à rembourser le mois suivant avec un intérêt de 15%, en 
exerçant son activité coupable à la manière d'une profession, et d'avoir en particulier agi 
de la sorte au préjudice de sa nièce G______ et de A______. 

d.a.a. S'agissant de G______, il lui est reproché d'avoir (ch. 1.4.1.2.): 

- en 2013, à Genève, versé 600'000.- pesos (environ CHF 11'000.-) en tant que frais de 
voyage et frais administratifs liés à sa venue en Suisse, puis, après avoir réclamé dès 
février 2015 et obtenu, en 2016, le remboursement de cette somme, en connaissant la 
situation financière et administrative très précaire de G______, notamment ses 
obligations familiales aux Philippines, ses revenus bas, sa situation personnelle, 
n'ayant que très peu de soutien en Suisse, sans autorisation de séjour ni de travail stable 
et déclaré, et sachant qu'elle ne pouvait pas obtenir de prêt auprès d'établissements 
bancaires, d'avoir réclamé à G______, probablement en 2020, 100'000.- pesos 
supplémentaires en tant qu'intérêt sur le montant de 600'000.- pesos, représentant un 
taux d'intérêt de 16,66%, soit des intérêts en disproportion évidente avec la contrepartie 
accordée; 

- en décembre 2016, à Genève, connaissant la situation de G______, prêté à cette 
dernière 1'600'000.- pesos (environ CHF 29'159.-) en contrepartie du paiement par 
l'intéressée de 90'000.- pesos par mois (environ CHF 1'800.-) pendant deux ans au titre 
de remboursement et intérêts, représentant un taux d'intérêt annuel de 17.5%, étant 
précisé qu'elle a obtenu jusqu'en mars 2021 le versement de mensualités de la part de 
G______ et a continué à lui réclamer par la suite des intérêts en disproportion évidente 
avec le montant prêté.  

d.a.b. S'agissant de A______, il lui est reproché (ch. 1.4.1.3.): 

- de s'être, au mois d'août ou septembre 2017, à Genève, connaissant sa situation 
financière et administrative très précaire, notamment ses obligations familiales aux 

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Philippines, ses dettes, les factures et frais importants qu'elle devait payer, ses revenus 
bas, sa situation personnelle, le fait qu'elle n'avait que très peu de soutien en Suisse, 
pas d'autorisation de séjour ni de travail stable et déclaré et qu'elle ne pouvait pas 
obtenir de prêt auprès d'établissements bancaires, fait accorder par A______, dans le 
cadre de prêts d'argent, des avantages pécuniaires gravement disproportionnés par 
rapport aux montants prêtés, en pratiquant des taux d'intérêt en disproportion évidente 
avec les contreparties qu'elle lui avait accordées; 

- de lui avoir prêté, probablement le 9 septembre 2017, CHF 4'000.- (prêt "SOS") en 
échange d'un remboursement le mois suivant d'un montant de CHF 4'600.-, 
représentant un taux d'intérêt de 15% sur un mois; 

- d'avoir prêté, probablement le 9 septembre 2017, à une emprunteuse non-identifiée 
ayant une situation financière et administrative très précaire, avec A______ comme 
garante, CHF 3'000.- (prêt "SOS") en échange d'un remboursement le mois suivant de 
CHF 3'450.-, représentant un taux d'intérêt de 15% sur un mois; 

- d'avoir prêté, probablement le 9 septembre 2017, à une emprunteuse non-identifiée 
ayant une situation financière et administrative très précaire, avec A______ comme 
garante, CHF 2'000.- (prêt "SOS") en échange d'un remboursement le mois suivant de 
CHF 2'300.-, représentant un taux d'intérêt de 15% sur un mois; 

- de s'être, dans le cadre des prêts précités, fait accorder et promettre par A______ des 
pénalités de CHF 50.- par jour de retard lorsque les dates des remboursements 
mensuels n'étaient pas respectées. 

d.b. Il lui est encore reproché de s'en être prise physiquement à G______, à Genève, 
le 16 août 2021, vers 19h00, à l'arrêt du bus 1 devant la gare de Cornavin, notamment en 
la serrant au niveau de la mâchoire et de la bouche avec sa main, lui causant un érythème 
au visage, des douleurs au visage et aux lèvres et une légère tuméfaction sur la lèvre 
supérieure, et la mettant de la sorte dans un état d'angoisse, 

faits qualifiés de voies de fait au sens de l'art. 126 ch. 1 CP (ch. 1.4.2.). 

d.c. Il lui est aussi reproché des faits qualifiés de contrainte et de tentative de contrainte 
à réitérées reprises au sens des art. 181 et 181 cum 22 CP (ch. 1.4.3.) au préjudice de 
G______ et de A______. 

d.c.a. S'agissant de G______, il lui est reproché à d'avoir, à Genève, après s'être fait 
accorder par l'intéressée des taux d'intérêt en disproportion évidente avec les montants 
prêtés (cf. A.d.a.a. supra), alors que G______ n'arrivait pas à respecter les 
remboursements mensuels exigés dès le début de l'année 2018 environ, menacé oralement 
et par écrit l'intéressée de lui faire payer des intérêts supplémentaires si elle n'arrivait pas 
à payer la somme de 90'000 pesos (soit CHF 1'800.- environ) par mois, mais également 
de la faire "attraper par les autorités" ou de la dénoncer, en lien avec sa situation 
irrégulière en Suisse, effrayant de la sorte G______ et l'entravant dans sa liberté d'action 
afin de l'obliger ou de tenter de la contraindre à lui payer les sommes d'argent qu'elle lui 
réclamait, étant précisé que le résultat ne s'est pas produit entièrement dans la mesure où 
G______ ne s'est pas acquittée de l'entier des sommes réclamées. 

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d.c.b. S'agissant de A______, il lui est reproché d'avoir, à Genève, en 2017, après s'être 
fait accorder par l'intéressée des taux d'intérêt en disproportion évidente avec les montants 
prêtés et alors que celle-ci n'arrivait pas à respecter les remboursements mensuels exigés 
et en connaissant sa situation en Suisse, menacé l'intéressée de la dénoncer aux autorités 
et à l'ambassade des Philippines afin de la faire expulser car elle n'avait pas de permis de 
séjour, étant précisé qu'elle détenait une copie de son passeport, mais également de parler 
à ses employeurs, l'effrayant de la sorte, lui faisant notamment craindre pour son avenir 
et son emploi, et l'entravant dans sa liberté d'action afin de l'obliger ou de tenter de la 
contraindre à lui payer les sommes d'argent qu'elle lui réclamait, étant précisé que le 
résultat ne s'est pas produit entièrement dans la mesure où A______ ne s'est pas acquittée 
de l'entier des sommes réclamées. 

d.d. Enfin, il lui est reproché d'avoir, à Genève, entre le mois d'avril ou mai 2018 et 
jusqu'au 4 septembre 2019, intentionnellement facilité le séjour en Suisse de O______, 
ressortissante des Philippines dépourvue d'autorisation de séjour, ce qu'elle savait, en la 
logeant et en mettant à sa disposition son appartement sis ______ à Genève, en échange 
de CHF 400.- par mois, faits qualifiés d'incitation au séjour illégal au sens de l'article 116 
al. 1 let. a de la Loi fédérale sur les étrangers et l'intégration du 16 décembre 2005 (LEI; 
RS 142.20) (ch. 1.4.4.). 

B. Les éléments pertinents suivants ressortent de la procédure: 

Des faits concernant W______ et X______ 

i) Plaintes et déclarations des parties plaignantes 

a.a. Le 15 mai 2018, A______ a déposé plainte à la police contre Z______ et Y______ 
(cf. B.g.a. infra), P______ (cf. B.l.a. infra) ainsi que W______.  

Elle a expliqué être arrivée à Genève en 2007 et avoir travaillé comme femme de ménage 
ou nounou dans divers foyers. Au fil des années, elle avait emprunté les montants suivants 
à W______ dans le but de rembourser de précédents créanciers: CHF 9'000.- en 2015 ou 
2016, remboursable en quatre mensualités de CHF 2'700.-, soit un total de CHF 10'800.- 
intérêts inclus, auquel s'ajoutait une pénalité de CHF 900.- en cas de non-paiement ainsi 
qu'une pénalité de CHF 50.- par jour de retard. Une amie avait également emprunté pour 
son compte CHF 3'000.- auprès de W______, avec les mêmes modalités. Elle avait 
remboursé CHF 25'200.- en un an et neuf mois à W______, alors qu'elle ne lui avait 
emprunté que CHF 12'000.-, et estimait donc l'avoir remboursée intégralement, mais 
l'intéressée affirmait qu'elle n'avait payé que les intérêts et non le capital. Elle ne détenait 
que deux quittances de CHF 500.- datées des 15 novembre et 13 décembre 2017. Elle 
avait laissé à W______ une montre et un collier en guise de garantie. Cette dernière 
détenait une copie de son passeport et l'avait menacée de la dénoncer à la police et à 
l'ambassade des Philippines en cas de non-paiement. W______, tout comme ses autres 
créancières (cf. B.g.a. et B.l.a. infra), était connue pour prêter de l'argent. Elle avait 
l'intention de rembourser ses dettes, mais souhaitait que ses créancières cessent de la 
menacer et de réclamer des intérêts et des pénalités. Elle avait peur que son employeur 

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ait connaissance de ses dettes et qu'il la licencie. Elle avait déjà perdu un travail car 
quelqu'un avait parlé d'elle en mal. 

a.b. Au Ministère public, A______ a ajouté avoir envoyé une partie de l'argent 
emprunté à sa sœur aux Philippines. C'était devenu un cercle vicieux, notamment en 
raison des pénalités, et elle avait continué à emprunter malgré le fait qu'elle ne pouvait 
pas rembourser. 

Elle a modifié ses précédentes déclarations, indiquant avoir d'abord emprunté 
CHF 2'000.- à W______, qu'elle avait remboursé en quatre mois par tranches de CHF 
600.-, s'acquittant de pénalités de CHF 50.- par jour de retard. Elle lui avait ensuite 
emprunté un second montant, avec les mêmes intérêts, également remboursé. Enfin, elle 
lui avait emprunté CHF 9'000.- qu'elle devait rembourser en quatre mois, à raison de CHF 
2'700.- par mois. Plus tard lors de la même audience, elle a rectifié ses déclarations, 
indiquant avoir emprunté d'abord CHF 9'000.-, puis CHF 3'000.- et CHF 2'000.- sous 
forme de prêts "SOS". Une amie avait encore emprunté CHF 3'000.- pour son compte. 
Elle avait remboursé le montant convenu, soit CHF 900.- par mois pendant quatre mois. 
Elle gagnait environ CHF 3'000.- par mois au moment de ces emprunts, ce que W______ 
savait. Elle avait payé CHF 1'200.- par mois pendant deux ou trois ans, jusqu'en 
septembre ou décembre 2017; elle s'est contredite sur le point de savoir à quoi cela 
correspondait, indiquant d'abord qu'il s'agissait uniquement du remboursement des 
intérêts, puis que cela comprenait les intérêts et les pénalités. Après cela, elle n'avait réussi 
à payer que CHF 500.- par mois. Le montant de CHF 25'200.- mentionné dans sa plainte 
correspondait à la somme de tous les montants de CHF 1'200.- par mois. Elle estimait 
avoir remboursé intégralement W______. Elle était en possession de trois reçus de CHF 
500.-, datant de novembre et décembre 2017. 

Lors des remises d'argent, X______ était parfois présent. A une reprise, il était venu seul. 
W______ l'avait menacée de venir chez elle en cas de non remboursement et lui avait dit 
s'être rendue un jour chez l'employeur d'un débiteur qui ne payait pas. Elle avait perdu un 
emploi en 2017 ainsi qu'un autre en janvier 2018, suite à des appels de certaines de ses 
créancières à ses employeurs. 

a.c. A l'audience de jugement, A______ a contesté avoir déposé plainte pour obtenir 
un titre de séjour en Suisse. Elle était désormais au bénéfice d'un permis B, obtenu via le 
programme PAPYRUS, et s'était mariée en Suisse en 2020. Le montant total de CHF 
25'200.- qu'elle avait remboursé ne comprenait que les intérêts. A cause des agissements 
de ses créancières, elle avait perdu son emploi ainsi que son logement, se retrouvant sans 
domicile en plein hiver. Elle était stressée, n'arrivait pas à dormir et avait peur de croiser 
ses créancières. Elle souhaitait qu'elles cessent de la menacer, pouvoir rembourser les 
montants dus et trouver un nouvel emploi. Revenant sur ses précédentes déclarations, elle 
a indiqué n'avoir perdu qu'un seul de ses trois emplois, en août ou septembre 2017. 

b.a. C______ a déposé plainte à la police le 28 juin 2018.  

Elle était arrivée en Suisse en 2013, sans titre de séjour, travaillant pour un salaire de 
CHF 2'500.- par mois au maximum. En 2016, elle avait fait la rencontre de W______ et 

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X______ (ci-après également: les époux W______/X______), connus dans la 
communauté philippine pour octroyer des prêts. Elle avait obtenu de leur part un prêt de 
CHF 2'000.- en 2016, remboursable en quatre mensualités de CHF 600.-, soit CHF 2'400.- 
au total, pour lequel elle avait remboursé une fois CHF 600.-. Elle avait ensuite sollicité 
un deuxième prêt de CHF 10'000.-. W______ avait accepté de lui prêter CHF 8'000.- 
s'ajoutant aux CHF 2'000.- déjà prêtés, le tout remboursable en huit mensualités de 
CHF 1'750.-, soit CHF 14'000.- intérêts inclus, le premier versement de CHF 600.- n'étant 
pas pris en compte dans ce calcul. Par la suite, elle avait effectué de nombreux emprunts 
successifs auprès des époux W______/X______, qu'elle avait recensés sur une liste se 
basant sur des reconnaissances de dette mentionnant la date à laquelle l'argent lui avait 
été remis, le montant à rembourser – incluant les intérêts – et la date à laquelle l'argent 
devait être remboursé.  

Elle n'avait pas réussi à rembourser dans les temps et les époux W______/X______ 
l'avaient menacée de contacter ses employeurs et les autorités pour la faire renvoyer de 
Suisse. X______ s'était rendu plusieurs fois sur son lieu de travail et en bas de son 
domicile. Au vu des pressions exercées, elle avait continué de payer chaque mois, en 
espèces, sans recevoir de justificatif en échange, de sorte qu'elle ne savait pas ce qu'elle 
avait remboursé au total.  

A un certain moment, elle avait sollicité un arrangement de paiement. Les époux 
W______/X______ lui avaient répondu qu'elle leur devait environ CHF 30'000.- et lui 
avaient proposé de payer CHF 1'500.- par mois pour rembourser, ce qu'elle n'avait réussi 
à faire que pendant un ou deux mois. Ils lui avaient ensuite dit que sa dette s'élevait à 
CHF 54'000.- en raison des retards de paiement. Elle avait alors réussi à rembourser CHF 
1'500.- par mois pendant quatre ou cinq mois. Pendant tout ce temps, ils lui envoyaient 
des messages pour l'inciter à payer. En septembre 2017, elle avait reçu un commandement 
de payer pour CHF 54'000.-, et en octobre 2017, un courrier du conseil de W______ 
indiquant qu'à défaut de réponse de sa part, sa cliente avertirait son employeur, l'Office 
cantonal de l'inspection et des relations du travail (ci-après: OCIRT) et l'OCPM. Elle leur 
avait encore versé CHF 300.- en septembre 2017, CHF 500.- en novembre 2017, CHF 
500.- en janvier 2018, CHF 500.- en février 2018 et CHF 500.- en mars 2018. 

b.b. Au Ministère public, C______ a précisé que s'agissant du premier prêt, elle n'avait 
rien signé. S'agissant du second prêt, elle avait demandé CHF 10'000.- mais n'avait reçu 
que CHF 7'200.-, vraisemblablement en avril 2016. Elle n'avait pas gardé de trace écrite 
des remboursements effectués. Elle n'avait en sa possession que les papiers remis par 
W______. Afin d'obtenir les prêts, elle avait dit à cette dernière qu'elle avait besoin 
d'argent pour sa maison aux Philippines, ce qui était partiellement vrai. En réalité, elle 
avait emprunté pour rembourser d'autres dettes et envoyer de l'argent à sa famille aux 
Philippines. En outre, elle avait effectué deux de ces emprunts pour des amies. Elle avait 
sollicité des prêts normaux et des prêts "SOS", lesquels devaient être remboursés en un 
mois, avec, pour un emprunt de CHF 1'000.- par exemple, un intérêt de CHF 100.- et des 
pénalités de CHF 50.- par jour de retard.  

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Elle estimait avoir emprunté environ CHF 20'000.- à CHF 22'000.- aux époux 
W______/X______, que ce soit pour elle ou pour des amis, total qui comprenait les 
intérêts. 

A la demande des époux W______/X______ et pour qu'ils cessent de la harceler, elle 
avait signé une reconnaissance de dette de CHF 54'000.- (C-3'012), sans toutefois 
comprendre comment ils étaient parvenus à ce total. Sa sœur, Q______, était présente; 
elle lui avait dit qu'elle ne devait qu'environ CHF 20'000.- mais qu'elle devait signer pour 
qu'ils la laissent tranquille. En outre, X______ l'avait menacée de parler à sa logeuse si 
elle ne signait pas, de sorte qu'elle craignait de perdre son logement. Un jour, X______ 
lui avait envoyé par message une photo de la boîte aux lettres de son employeur. Il lui 
envoyait également des messages quand elle ne pouvait pas payer et était venu la voir à 
de nombreuses reprises chez elle ou sur son lieu de travail. Elle avait reçu un second 
commandement de payer à son nouveau travail, ce qui lui avait fait perdre son emploi.  

b.c. A l'audience de jugement, C______ a indiqué ne toujours pas avoir obtenu de 
permis de séjour en Suisse. Elle n'avait pas déposé plainte dans ce but, ni pour ne pas 
avoir à rembourser ce qu'elle devait à W______. 

Elle ne se souvenait plus de tous les montants empruntés mais admettait les avoir utilisés 
pour ses propres besoins, même ceux dont elle avait prétexté qu'ils étaient destinés à des 
amis. S'agissant des documents produits (A-1'049 à A-1'057), le montant indiqué 
représentait parfois le capital du prêt uniquement, et parfois également les intérêts. Elle 
ne savait pas quel montant exactement elle devait encore à W______, faute d'avoir 
comptabilisé tous les montants remboursés. 

A une reprise, X______ était venu près du parc où elle emmenait les enfants dont elle 
avait la garde et elle était partie en courant. Elle avait parfois dû reporter ou annuler des 
activités avec les enfants car elle était trop préoccupée par les menaces des époux 
W______/X______. Un jour, X______ s'était rendu près de chez elle, alors qu'elle se 
trouvait avec une amie, et lui avait ordonné de monter dans sa voiture. Elle s'était 
exécutée, craignant d'avoir des ennuis. Il lui avait demandé ce qu'elle pouvait faire pour 
le "rendre heureux" et elle avait répondu qu'elle allait le payer. Suite aux menaces, elle 
n'avait pas pu payer tout de suite, mais dès qu'elle avait reçu les poursuites, elle avait 
demandé un arrangement de paiement. Elle avait demandé de l'aide à son employeur, qui 
avait accepté de lui prêter de l'argent, avant de changer d'avis en apprenant que des intérêts 
étaient réclamés.  

c.a.a. E______ a déposé plainte le 25 juin 2018 par le biais de son conseil. Elle vivait à 
Genève depuis 2003 et une procédure de régularisation de son statut dans le cadre du 
programme PAPYRUS était en cours. Elle travaillait dans le domaine du nettoyage et 
percevait environ CHF 3'000.- par mois. 

Elle avait emprunté CHF 10'000.- à W______ en mars 2017, remboursable en douze 
mensualités de CHF 1'350.-, soit un total de CHF 16'200.-, mensualités dont elle s'est 
acquittée à sept reprises, en espèces ou par virements. Elle lui avait ensuite emprunté CHF 
15'000.- en novembre 2017, soit en réalité CHF 8'250.- s'ajoutant au montant de 

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CHF 6'750.- encore dû pour le précédent emprunt. Par la suite, elle avait encore conclu 
d'autres prêts avec W______ en agissant comme intermédiaire pour des tiers. W______ 
lui imposait une pénalité de CHF 50.- par jour de retard de paiement. Elle l'avait 
également menacée, par SMS et oralement, notamment le 23 juin 2018 à son domicile, 
de contacter ses employeurs et de la dénoncer à l'OCPM. Elle savait que W______ 
procédait de la même manière avec d'autres Philippins en situation précaire. 

c.a.b. Le 9 juillet 2018, E______ a déposé une plainte complémentaire au motif que le 
jour même, à 8h00, X______ s'était présenté à son domicile en la menaçant de la dénoncer 
à sa régie et à son bailleur si elle ne payait pas rapidement ce qu'elle devait à W______.  

c.a.c. Elle a déposé une nouvelle plainte complémentaire le 17 août 2020 visant la 
poursuite (C-3'619) intentée à son encontre, en mars 2019, par R______, tante de 
W______, le motif de la poursuite étant un prêt non-remboursé de CHF 42'000.- 
prétendument consenti par R______ à E______. 

c.b. Au Ministère public, E______ a confirmé avoir emprunté CHF 25'000.- à 
W______ au total, que ce soit pour elle-même ou en se portant garante pour des amies. 
Elle avait remboursé en tout CHF 19'750.-, par versements sur le compte bancaire de 
W______ ou en espèces. Elle avait produit en annexe de sa plainte des quittances de la 
BCGE attestant des remboursements effectués par elle ou par l'intermédiaire d'amies, 
pour son compte, quand elle ne pouvait pas le faire elle-même, raison pour laquelle son 
nom ne figurait pas sur toutes les quittances. Elle avait dû payer beaucoup de pénalités de 
CHF 50.- par jour de retard. 

Dès le début des emprunts en mars 2017, elle avait établi un document faisant état des 
sommes empruntées et restituées (C-3'011). Elle n'avait plus rien remboursé depuis le 
mois d'août 2019 car elle n'en avait pas les moyens.  

Elle avait menti à W______ sur les motifs de ces emprunts, prétendant que l'argent était 
destiné à payer les frais médicaux de son père, car elle pensait ne pas pouvoir les obtenir 
si elle disait la vérité, à savoir qu'il devait servir à couvrir ses propres besoins et à 
rembourser d'autres créanciers. Elle reconnaissait devoir rembourser la somme empruntée 
initialement. 

Confrontée à une reconnaissance de dette datée du 25 novembre 2017, attestant de ce 
qu'elle devait CHF 45'000.- à W______ (B-2'070), elle a expliqué que cette dernière 
l'avait forcée à signer ce document. Le montant de CHF 45'000.- comprenait également 
les intérêts réclamés. Elle avait perdu l'un de ses emplois en octobre 2017, mais pensait 
pouvoir continuer à rembourser malgré cela, grâce à ses autres emplois. Confrontée à une 
copie de ladite reconnaissance de dette comprenant un ajout ("for 36 months") et produite 
par R______ dans le cadre de la poursuite intentée contre elle (C-3'629), elle a dit ne pas 
se souvenir de cette mention.  

Les époux W______/X______ venaient souvent à son domicile tôt le matin ou durant le 
week-end pour lui réclamer l'argent en lui criant dessus et lui faisaient peur, ainsi qu'à sa 
fille mineure. W______ l'insultait, lui disait qu'elle pouvait faire ce qu'elle voulait avec 

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elle et l'avait menacée de téléphoner à ses employeurs. X______ s'était parfois fâché et 
avait crié devant sa fille jusqu'à la faire pleurer.  

c.c. A l'audience de jugement, E______ a indiqué avoir obtenu un permis B en août 
2020, contestant avoir déposé plainte dans le but d'obtenir ce permis de séjour. 

Depuis son arrivée en Suisse, elle avait emprunté de l'argent à plusieurs personnes. Les 
conditions des prêts étaient toujours les mêmes, soit pour un montant de CHF 2'000.-, un 
remboursement de CHF 600.- par mois durant quatre mois. Elle a confirmé avoir 
emprunté à W______ CHF 10'000.- en mars 2017, puis avoir demandé CHF 15'000.- mais 
n'avoir reçu que CHF 8'250.- en novembre 2017, déduction faite de ce qu'elle devait 
encore sur le premier emprunt. Elle avait effectué les remboursements en espèces, 
lorsqu'elle avait le temps de se rendre en personne chez W______, et quand ce n'était pas 
le cas, elle avait fait des virements bancaires. Elle avait aussi effectué quelques 
remboursements par le biais de son amie S______. Elle ne savait pas quelle somme elle 
avait remboursé exactement, mais estimait ne plus rien devoir à W______, vu les intérêts 
élevés perçus par cette dernière. 

Les pressions et menaces subies de la part de W______ et X______ l'avaient beaucoup 
stressée. Cela avait rendu sa situation, déjà difficile du fait qu'elle vivait seule à Genève 
avec sa fille qu'elle devait entretenir, encore plus compliquée.  

ii) Pièces et autres éléments du dossier 

d.a. Les relevés des comptes bancaires de W______ (comptes BCGE 1______, 
CREDIT SUISSE 2______ et 3______) et d'X______ (comptes CREDIT SUISSE 
4______ et 5______) ont permis de mettre en évidence les éléments suivants (cf. annexes 
1 à 7): 

- de très nombreux et fréquents versements en espèces ont été effectués sur les comptes 
de W______, soit pour plus de CHF 132'000.- entre janvier 2016 et décembre 2018, à 
l'exclusion des transferts de compte à compte; 

- durant cette même période, T______, U______, V______, AA_____, AB_____, 
AC_____, AD_____, AE_____, E______ et C______ ont effectués des virements sur 
les comptes de W______; 

- les comptes d'X______ ont été crédités de plus de CHF 20'000.- de versements en 
espèces en 2017 et la même chose en 2018; 

- AA_____, AF_____ et AB_____ ont effectué des versements en espèces ou des 
virements sur les comptes d'X______; 

- AF_____ a versé CHF 2'700.- à W______ en 2017 et plus de CHF 7'000.- en 2018, 
ainsi qu'environ CHF 14'500.- à X______; 

- entre janvier 2016 et décembre 2018, AA_____ a versé CHF 9'350.-, respectivement 
CHF 2'000.- sur les comptes des époux W______/X______; 

- 18 -  

 P/12087/2018   

- Les 12 et 15 octobre 2018, X______ a versé CHF 1'000.- et CHF 6'000.- sur ses 
comptes, en espèces. Le 15 octobre 2018, il a transféré CHF 7'000.- sur l'un des 
comptes de W______.  

d.b. Une perquisition menée au domicile des époux W______/X______ a permis la 
découverte d'un carnet rose comportant plusieurs noms (C______, AB______, V______, 
AA_____, T______ et E______) suivis de divers montants et dates (C-3'394ss).  

Sous "C______" figuraient en particulier les annotations suivantes (C-3'394): "2200 
15.08.2016; 550 16.08.2016; 2400 16.08.2016; 2200 20.8.2016; 1000 02.9.2016; 7000 

02.9.2016; 4400 15.9.2016; 2400 15.9.2016; 2200 20.9.2016; 1550 25 Sept 2016; 10000 

Q______ (sister) House 5.10.2016; 12000 Demolition of the house (C______) 

15.11.2016; 5000 02.12.2016; she pay: 1000 Feb 6 2017; 500 Feb 10 2017; 500 March 

3 2017; 500 March 5 2017; 1500 9.4.2017; 1500 13.5.2017; Lawyer: 300 3.11.20…; 500 
9.1.20…; 500 13.4.20…". 

Sous "E______" figuraient les annotations suivantes (C-3'399): "1335 15.05.2017; 1200 
03.8.2017; 1200 04.9.2017; 1500 07.11.2017; 1300 06.12.2017; 1500 07.12.2017; 700 

18.04.2018; 600 09.05.2018; 1200 05.06.2018; 10535 BCG 4465". 

Sous "AA_____" figuraient notamment les annotations suivantes (C-3'397): CHF 8'000.- 
avec la date d'avril 2015; divers montants totalisant CHF 7'600.-, auquel était ajouté un 
montant de CHF 400.- le 12 décembre 2018, soit un total de CHF 8'000.- accompagné de 
la mention "Done!". 

d.c. Pièces et éléments concernant A______: 

- document en anglais attestant du paiement par A______ à W______ d'un montant de 
CHF 500.- le 15 novembre 2017, CHF 500.- le 13 décembre 2017 et CHF 500.- le 30 
janvier 2017 (recte: 2018) (A-1'010); 

- message de W______ à A______ du 25 décembre 2017, traduction libre: "A______, 
j'aimerais simplement savoir si tu es en train de chercher une solution pour l'argent 

que tu me dois, car j'en ai vraiment besoin. On a diagnostiqué un cancer à mon frère 

hier. Il en a urgemment besoin afin de pouvoir payer les médicaments et l'hôpital, je 

t'en supplie. Merci" (C-3'930); 

- message reçu par W______ de la part d'AG_____ le 26 octobre 2017, en anglais 
(traduction libre): "Je suis l'employeur de A______. J'ai besoin de vous parler à propos 
de la situation de A______. Pouvez-vous me rappeler (…)" (C-3'877); 

- à la fin de l'audience au Ministère public du 28 mai 2021, W______ a restitué à 
A______ trois boîtes à bijoux contenant deux montres, des boucles d'oreilles et un 
collier (C-3'963). 

d.d. Pièces et éléments concernant C______: 

- documents/reconnaissances de dette, en anglais, attestant que C______ a reçu de 
W______ les montants suivants: CHF 2'200.- le 15 août 2016 et CHF 550.- le 16 août 
2016, à rembourser le 15 septembre 2016 (A-1'049); CHF 2'400.- le 16 août 2016, à 
rembourser entre- le 15 septembre et le 15 décembre 2016 (A-1'050); CHF 2'200.- le 

- 19 -  

 P/12087/2018   

20 août 2016, à rembourser le 20 septembre 2016 (A-1'051); CHF 7'000.- le 2 
septembre 2016, à rembourser entre le 1er octobre 2016 et le 1er janvier 2017 (A-1'052); 
CHF 1'000.- en septembre 2016, à rembourser le 1er octobre 2016 (A-1'053); CHF 
2'400.- le 15 septembre 2016, à rembourser entre le 15 octobre 2016 et le 15 janvier 
2017 (A-1'054); CHF 1'100.- le 15 septembre 2016, à rembourser le 15 octobre 2016 
(A-1'055); CHF 4'400.- le 15 septembre 2016, à rembourser le 15 octobre 2016 (A-
1'056); CHF 2'200.- le 20 septembre 2016, à rembourser le 20 octobre 2016 (A-1'057); 

- captures d'écran des messages échangés en tagalog entre W______ et C______ entre 
juin 2016 et juillet 2017 (C-3'546ss), en particulier une capture d'écran montrant une 
photo de la boîte aux lettres de AH_____ (C-3'550); 

- traduction française certifiée conforme (C-3'560ss) des messages susmentionnés, 
produite par C______, comportant notamment les extraits suivants (messages envoyé 
par W______ à C______): "Mère: AI_____, Père: AJ_____, 35 Avenue AK_____ 
1206 Genève, 022 347 62 46 4ème étage"; "Mon mari a facilement trouvé cette adresse 
et il connait l'école M______"; "si tu ne paies pas, mon mari te retrouvera"; "nous 
allons te mettre la honte, et peu importe si tu perds ton boulot"; "Pute! Tu nous fais 
passer pour des abrutis"; "Donne-moi l'adresse de ton employeur, sinon mon mari va 
tout faire pour te trouver"; "si tu ne veux pas discuter à la maison, nous pouvons nous 
rencontrer à la mission des Philippines"; "C______, en ce qui concerne les emprunts 
de tes amis, il y a trois versements à faire aujourd'hui: un de 600, un de 1000 et 4000 

pour sos"; "C______, merci d'informer tes amis que le paiement doit être versé à la 
même date où ils reçoivent l'argent (…) Sinon, ils se verront pénalisé de 50 CHF par 
jour de retard"; "des pénalités de 50 CHF par jour de retard seront appliquées"; "le 
paiement du sos est dû le 20", et les extraits suivants (messages envoyés par C______ 
à W______): "je lui ai versé les intérêts hier"; "j'étais en train de chercher une solution 
pour (…) pouvoir te verser les 600 et 1000 pour le sos"; "J'ai peur d'être face à lui, 
honnêtement"; "des intérêts porteront sur l'argent prêté par mon frère (ou ma sœur)"; 
"plus tard, je dois récupérer deux fois 2000 de sos"; "Le sos n'a pas suffisamment de 
fonds pour le moment pour assurer la procédure de ma sœur"; 

- traduction libre, en français, des messages échangés entre W______ et C______ entre 
août 2016 et novembre 2017 (C-3'938ss), produite par W______, étant précisé que par 
rapport à la traduction en français certifiée conforme produite par C______ (C-
3'560ss), cette traduction est incomplète, voire tronquée, certains messages importants 
manquant et d'autres n'étant pas correctement traduits. Par exemple, dans les messages 
produits par W______ datant de juin 2017 (C-3'943 et C-3'944) ne figure pas le 
message dans lequel elle donne à C______ l'adresse de son employeur, message qui a 
pourtant été envoyé par W______ le 25 juin 2017, comme cela ressort des captures 
d'écran produites par C______ (C-3'546); figure uniquement, dans la liste de messages 
traduits par W______, un message de C______ lui disant, le 25 juin 2017: "De toute 
façon il n'y a aucun problème car je vais te donner l'adresse" (C-3'944); 

- messages échangés entre X______ et C______ entre février et octobre 2017, en anglais 
(A-1'058ss), notamment les suivants, envoyés par X______: "Be there on time in order 

- 20 -  

 P/12087/2018   

to avoid any trouble for you and BF______'s family!"; "You have to give the money to 
me and not to W______"; "(…) Don't upset me with any non sense reason again (...) 
that is my ultimatum", et les suivants, envoyés par C______: "You know its a business, 
youdid not help me for just giving money without any interest. Everyone kows that. 

Especially one friend of mine was kickout fromher work. She can testify that is a 

business"; "(…) i dont want to move to other place to work. Iwanted to stay here 
because my employer is willing me to stay, but I dont want them to get in trouble"; 

- commandement de payer notifié le 14 septembre 2017 à C______ c/o AI_____, 35, 
avenue AK_____, à Genève, le débiteur étant C______ et le créancier X______, 
portant sur un montant de CHF 48'500.- avec la mention suivante: "Aide financière de 
CHF 54'000.- apportée fin 2016 à Madame C______, connaissance et compatriote 

philippine de mon épouse W______ afin d'aider la famille en grande difficulté à 

Manille. Remboursement mensuel de CHF 1'500.- convenu par écrit et signé de sa 

part. Aucun montant remboursé depuis plus de 3 mois malgré de nombreux rappels 

téléphoniques et sms" (A-1'060); 

- document daté du 7 janvier 2017 attestant que C______ et Q______ avaient emprunté 
CHF 54'000.- à W______ ce jour-là, qu'elles devaient rembourser à hauteur de CHF 
1'500.- par mois durant trois ans (C-3'012); 

- courrier de Me I______ à C______ du 4 octobre 2017, indiquant notamment: "(…) 
vous vous étiez engagée à verser un montant de CHF 1'500.- par mois afin de résorber 

votre dette de CHF 54'000.- (…) A ce jour, seul un montant de CHF 4'500.- a été 
remboursé (…) Madame W______ vous propose l'arrangement de paiement suivant: 
Le versement immédiat d'un montant de CHF 1'500.- d'ici le 10 octobre 2017 sur le 

compte bancaire de l'Etude (…) Puis le versement d'un montant de CHF 1'500.- tous 
les 4 du mois à compter du mois de novembre 2017 (…) Si par impossible, vous ne 
deviez pas donner suite au présent courrier (…) un courrier expliquant vos 
agissements et votre comportement sera adressé à votre employeur, Madame AI_____. 

Ma mandante n'hésitera également pas à aller de l'avant dans la procédure en 

saisissant toutes les autorités compétentes, y compris l'Office cantonal de la 

population (OCP) et l'Office cantonal de l'inspection et des relations du travail 

(OCIRT) (…)" (A-1'061ss); 

- commandement de payer notifié le 22 mai 2019 à C______ c/o Famille AL_____, 41 
route AM_____, à AN_____, le débiteur étant C______ et le créancier W______, 
représentée par Me I______, portant sur un montant de CHF 48'200.- avec intérêts à 
5% dès le 31 janvier 2017, la cause étant la suivante: "prêt non remboursé d'un montant 
total de CHF 48000.- consenti par Madame W______ en faveur de Madame C______" 
(C-3'113); 

- récépissés de trois paiements de CHF 500.- effectués par C______ sur le compte 
bancaire de Me I______ les 23 décembre 2017, 28 février 2018 et 20 mars 2018 (C-
3'112); 

- 21 -  

 P/12087/2018   

- en février 2018, W______ a déposé plainte pénale contre C______ pour abus de 
confiance et escroquerie, subsidiairement appropriation illégitime (C-3'114ss). 
C______ a ensuite été convoquée par courrier du 3 mai 2018 pour être entendue par la 
police, initialement le 27 juin 2018, cette audition ayant toutefois été reportée au 18 
juillet 2018. 

d.e. Pièces et éléments concernant E______: 

- treize justificatifs de versements sur le compte BCGE de W______ pour un total de 
CHF 14'685.-, produits par E______, étant précisé que huit d'entre eux comportent 
l'indication que le paiement a été effectué par E______, que l'un mentionne comme 
auteur du versement "AO_____" et que les quatre restants n'en mentionnent pas 
l'auteur (A-1'026ss); 

- document établi par E______ faisant état des sommes empruntées et remboursées à 
W______ (C-3'011); 

- deux copies de la même reconnaissance de dette du 25 novembre 2017, en anglais, 
attestant d'un montant de CHF 45'000.- dû par E______ à W______, indiquant que 
l'argent devait être remboursé le 15 avril 2018, la seconde comportant l'ajout "for 36 
months" (B-2'070 et C-3'629); 

- commandement de payer notifié le 15 avril 2019 à E______, le créancier étant 
"R______", représentée par Me I______, concernant un montant de CHF 42'000.- avec 
intérêts à 5% dès le 1er janvier 2019, avec comme motif "Prêt non remboursé d'un 
montant total de CHF 42'000.- consenti par Madame R______ en faveur de Madame 

E______" (C-3'631); 

- document manuscrit signé par R______, dans lequel elle atteste avoir prêté CHF 
45'000.- le 25 novembre 2017 à E______ pour payer les frais médicaux de son père 
aux Philippines, le remboursement mensuel devant être effectué en mains de 
W______, cette dernière vivant à Genève tout comme E______ (B-2'071); 

- messages échangés entre W______, X______ et E______ entre fin 2017 et début 2018, 
avec traduction française certifiée conforme (C-3'836ss), ayant pour objet des 
demandes de remboursement formulées par les époux W______/X______ à l'égard 
d'E______, que ce soit pour son compte ou qu'il s'agisse de montants qu'elle devait 
récolter auprès d'autres femmes, en particulier les dénommées AP_____, AQ_____, 
AR_____, AS_____, AT_____, AU_____, en particulier les extraits suivants: 

- E______ à X______: "(…) je viens de parler avec AR_____. Elle n'a pas encore 
son salaire pour le moment" et X______ à E______: "Pourriez-vous me donner son 
numéro de téléphone svp?" (C-3'838); 

- E______ à X______: "Bonsoir, j'ai oublié de vous envoyer la copie du reçu 
bancaire pour AS_____" et X______ à E______: "Bonjour, j'ai vérifié aujourd'hui 
et c'est déjà dans le compte de ma femme." Puis encore E______ à X______: 
"désolée, je n'ai plus le temps d'amener l'argent pour AT_____…" (C-3'839); 

- 22 -  

 P/12087/2018   

- E______ à W______: "elle demande si c'est possible de faire que les intérêts. Elle 
essaie d'en trouver (…) Elle n'a vraiment pas assez d'argent (C-3'840); 

- W______ à E______: "l'intérêt est 200 et elle a déjà 5 jours de retard" (C-3'841); 

- W______ à E______: "Tu peux me donner les adresses des employeurs de 
AU_____ et AR_____ que je demande" (C-3'843); 

- W______ à E______: "on s'est mis d'accord avant pour l'adresse et le numéro de 
téléphone de l'employeur et l'adresse où elle habite" (C-3'844). 

d.f. AV_____, membre du Collectif de soutien aux sans-papiers, entendu comme 
témoin au Ministère public, a indiqué avoir reçu C______ à plusieurs reprises, mais pas 
dans le cadre de l'opération PAPYRUS dont elle ne remplissait pas les critères. Il avait 
déjà entendu parler des époux W______/X______ par le biais d'autres Philippins de 
Genève, ainsi que de la problématique de dettes privées. C______ lui avait dit avoir fait 
l'objet de pressions et craindre pour son emploi, et lui avait montré des messages dans 
lesquels elle disait ne pas pouvoir payer et où on lui répondait qu'il le fallait. 

d.g. Plusieurs membres de la communauté philippine de Genève ont été entendus au 
Ministère public. 

d.g.a. AW_____, AX_____, AB_____, AA_____, AY_____ et AZ_____, amies 
proches ou collègues de W______, de nationalité suisse ou au bénéfice d'un titre de 
séjour, ainsi que d'un emploi régulier et d'un salaire, ont déclaré avoir emprunté de l'argent 
à l'intéressée et avoir pu la rembourser à leur rythme, sans intérêt ni pénalité en cas de 
retard, sans jamais établir aucun document écrit et sans subir aucune pression. En 
particulier: 

- AW_____ lui avait emprunté CHF 2'000.- à trois reprises en 2016; 

- AX_____ lui avait emprunté CHF 2'000.- en 2016 ou 2017 et CHF 500.- en 2018; 

- AB_____ lui avait emprunté deux fois CHF 5'000.- en 2017; 

- AA_____ lui avait emprunté CHF 2'900.- en 2013, puis CHF 7'900.- en plusieurs fois 
dès 2015; 

- AY_____ lui avait emprunté CHF 3'000.- puis plusieurs montants allant de CHF 200.- 
à CHF 300.-, en 2008; 

- AZ_____ lui avait emprunté CHF 3'000.- en 2013. 

d.g.b. BA_____ et V______, qui n'étaient pas des amies de W______, ont fait les 
déclarations suivantes, étant précisé qu'elles ont parlé avec C______ avant d'être 
entendues au Ministère public:  

BA_____ avait emprunté CHF 3'000.- à W______ en janvier 2017 et lui avait remboursé 
CHF 900.- à quatre reprises, soit un total de CHF 3'600.-. Elle lui avait ensuite emprunté 
CHF 5'000.- en mai 2017 et n'avait remboursé que deux fois CHF 1'500.-. Elle avait 
encore emprunté CHF 5'000.- au nom de son mari en juin 2017. Elle n'avait pas réussi à 
tout rembourser et avait donc eu des ennuis avec "eux". En août 2017, elle avait dû payer 

- 23 -  

 P/12087/2018   

CHF 300.- pour six jours de retard dans le remboursement d'une échéance. X______ 
venait à chaque fin de mois à son domicile pour réclamer l'argent dû et l'avait menacée 
par message de la dénoncer à l'OCPM. W______ avait établi un document indiquant 
qu'elle lui devait CHF 16'000.-. Elle avait signé ledit document mais n'en avait pas reçu 
copie. Elle avait encore payé CHF 1'200.- à deux reprises, CHF 1'000.- à une reprise et 
CHF 500.- à quatre reprises. Les époux W______/X______ lui avaient dit qu'elle leur 
devait encore CHF 7'000.- et son mari CHF 3'000.-.  

V______ avait emprunté CHF 5'000.- à W______ en 2017 en demandant à pouvoir 
rembourser CHF 1'200.- en cinq mensualités, ce que l'intéressée avait accepté. Elle s'était 
ensuite portée garante pour d'autres emprunteuses. Ces personnes ne remboursant pas, les 
époux W______/X______ n'avaient cessé de l'appeler sur son lieu de travail ou de venir 
à son domicile tôt le dimanche matin, de sorte qu'elle avait fini par couper tout contact 
avec eux. La règle avec W______ était que pour un prêt de CHF 1'000.-, l'emprunteur 
devait rembourser CHF 300.- à quatre reprises.  

iii) Déclarations de W______  

e.a. Entendue par la police en août 2018, W______ a contesté les faits reprochés. 

Elle connaissait A______ depuis 2014 ou 2015. Cette dernière lui avait emprunté CHF 
14'000.- en quatre fois, soit CHF 3'000.- le 9 novembre 2016 pour aider ses sœurs aux 
Philippines, CHF 6'000.- le 11 novembre 2016 pour ses propres besoins à Genève, CHF 
3'000.- le 4 janvier 2017 pour un tiers et CHF 2'000.- le 11 septembre 2017 pour des frais 
d'avocat dans une procédure d'obtention de permis. Aucun document n'avait été signé et 
les sommes avaient été prêtées en espèces. Elles n'avaient prévu ni intérêt, ni pénalité, et 
elle avait laissé A______ la rembourser quand elle le pouvait. L'intéressée ne lui avait 
remboursé que CHF 1'500.- entre novembre 2017 et janvier 2018. En octobre 2017, 
l'employeur de A______ l'avait contactée pour lui dire qu'il ne lui appartenait pas de payer 
les dettes de son employée et qu'il savait qu'elle avait emprunté de l'argent à plusieurs 
personnes. En février 2018, A______ lui avait dit avoir perdu cet emploi suite à l'appel 
d'une personne ayant dit du mal d'elle. Elle n'avait quant à elle aucun problème avec 
A______ et était disposée à attendre qu'elle retrouve un emploi pour être remboursée. 
Elle ne se souvenait pas qu'elle lui ait remis des bijoux. Elle n'avait jamais fait de copie 
de son passeport, pas plus qu'elle ne l'avait menacée de la dénoncer à l'OCPM. Elle était 
déçue de A______ et pensait qu'elle avait déposé plainte parce qu'elle ne voulait plus la 
rembourser. 

C______ lui avait emprunté au total CHF 54'000.- en capital et lui devait encore CHF 
47'200.-. Elle ne lui avait réclamé ni intérêts, ni pénalités. L'intéressée lui avait indiqué 
que la somme prêtée était destinée aux travaux de construction ou de rénovation d'une 
maison aux Philippines ainsi qu'à sa famille. Elle avait elle-même déposé plainte contre 
C______ en février 2018 pour les CHF 47'200.- encore dus. C______ avait signé une 
reconnaissance de dette le 7 janvier 2017 pour CHF 54'000.-, en présence de sa sœur. Elle 
a contesté avoir proféré des menaces à son encontre. Elle n'avait plus aucun contact avec 
elle depuis août 2018. 

- 24 -  

 P/12087/2018   

S'agissant d'E______, elle a expliqué avoir fait sa connaissance en 2016. Elle lui avait 
d'abord prêté CHF 15'000.- pour aider son père malade. Elle avait elle-même besoin de 
cet argent pour acheter un terrain aux Philippines et avait dû demander à sa tante de le 
payer à sa place. Elles n'avaient convenu d'aucun intérêt, ni pénalité, et E______ avait 
remboursé peu à peu selon ses possibilités, parfois CHF 1'350.- et parfois moins. Elles 
n'avaient signé aucun document. Après avoir remboursé ce premier montant, E______ lui 
avait emprunté CHF 45'000.- en plusieurs fois, soit CHF 15'000.-, CHF 10'000.-, CHF 
10'000.-, CHF 5'000.- et CHF 5'000.- entre juillet et novembre 2017, pour payer une 
opération de son père. Elles s'étaient vues le 25 novembre 2017 pour faire le point sur les 
sommes dues. Une amie d'E______ lui avait remboursé CHF 3'000.- pour le compte de 
cette dernière entre juillet et septembre 2018. E______ lui devait donc encore CHF 
42'000.-. Tout l'argent qu'elle lui avait prêté appartenait initialement à sa tante, R______, 
et elle se chargeait du recouvrement. Elle n'avait jamais menacé de contacter l'employeur 
d'E______ ni de la dénoncer à l'OCPM. Elle s'était effectivement rendue à son domicile 
le 23 juin 2018 car elle ne parvenait plus à la contacter, et lui avait demandé, en pleurant, 
de lui rendre son argent car elle devait rembourser sa tante; elle ne l'avait pas menacée. 
Quant à son mari, il était allé voir E______ le 9 juillet 2018 à sa place car elle était alitée, 
sans jamais la menacer.  

e.b. Au Ministère public, W______ a ajouté avoir également prêté deux fois CHF 
1'000.- à A______ en avril 2017 et en août 2017, montants remboursés à la fin du mois, 
comme convenu. En octobre 2017, A______ avait promis de lui payer CHF 14'000.- et 
lui avait remis deux montres, un collier et des boucles d'oreilles. Elle ne l'avait jamais 
menacée, mais lui avait téléphoné en décembre 2017 pour lui demander de la rembourser, 
car son frère souffrait d'un cancer et elle avait besoin de récupérer l'argent prêté. Lorsque 
le patron de A______ l'avait contactée, elle lui avait demandé si c'était vrai qu'il allait 
payer les CHF 14'000.-, ce à quoi il avait répondu par la négative. Il avait proposé que 
A______ verse CHF 500.- par mois. Cette dernière avait en effet payé ce montant à trois 
reprises, soit en novembre 2017, en décembre 2017 et en janvier 2018, avant de perdre 
son emploi.  

S'agissant de C______, elle a précisé lui avoir octroyé un premier prêt de CHF 2'000.- en 
juin 2016 pour régler une urgence aux Philippines. L'intéressée l'avait remboursé en un 
mois. Elle avait gagné sa confiance et elles étaient devenues amies. En août ou en 
septembre 2016, elle avait déjà prêté CHF 24'450.- à C______. Elle lui avait ensuite prêté 
CHF 1'550.- le 25 septembre 2016, CHF 10'000.- en octobre 2016, CHF 12'000.- le 15 
novembre 2016 et CHF 5'000.- en décembre 2016. C______ lui avait dit que son patron 
allait demander un prêt de CHF 50'000.- auprès d'une banque pour l'aider à rembourser 
ses dettes. Elle lui avait dit avoir besoin d'argent pour aider ses proches aux Philippines, 
mais avait fini par lui avouer qu'elle utilisait en réalité cet argent pour payer d'autres 
créanciers. Le 15 décembre 2016, C______ lui avait également avoué que son patron 
n'allait rien lui prêter et qu'elle avait dit cela pour la calmer; elle avait abusé de sa 
générosité et s'était montrée malhonnête. A partir de ce moment-là, elle avait parlé de 
cette affaire à son mari et ils avaient consulté un avocat pour entamer des poursuites. Le 
7 janvier 2017, C______ et elle avaient reconstitué ensemble la somme totale de CHF 

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54'000.-, intégralement versée en 2016, et C______ avait signé la reconnaissance de dette, 
s'engageant à lui rembourser CHF 1'500.- par mois. Elle avait remboursé CHF 5'500.- en 
espèces entre février et mai 2017, puis n'avait plus donné de nouvelles. Les montants 
figurant sur les documents produits par C______ (A-1'049ss) ne comprenaient pas 
d'intérêts. S'agissant du carnet rose (C-3'394ss), dont elle était l'auteure, sur la première 
page (C-3'394) figuraient les montants empruntés par C______ et ce qu'elle avait 
remboursé, en ses mains ou auprès de son avocate. 

A un moment donné, elle s'était sentie "très mal", raison pour laquelle son mari avait 
effectué les démarches à sa place et que le commandement de payer était au nom de ce 
dernier. Elle avait fait notifier un nouveau commandement de payer à C______ en mai 
2019 puisque le premier n'était pas valable, s'agissant de l'identité du créancier. La 
différence de montant des deux commandements de payer s'expliquait par les paiements 
effectués par C______ entretemps, en les mains de Me I______. Ni son mari, ni elle-
même n'avaient jamais forcé C______ à rembourser. Elle s'était certes renseignée pour 
obtenir ses nouvelles coordonnées, car elle ne parvenait plus à la contacter, mais ne l'avait 
jamais menacée de la dénoncer à l'OCPM, à son employeur ou à l'OCIRT. Confrontée 
aux messages échangés avec C______ (C-3'544ss), elle a contesté leur caractère 
menaçant. Elle ne se souvenait pas d'avoir parlé d'intérêts; par "traites", elle parlait du 
capital, pas des intérêts; elle ne savait pas de quoi C______ parlait quand elle utilisait le 
terme "SOS". C'était C______ qui avait insisté pour qu'elle écrive un message 
mentionnant des pénalités, qu'elle avait ensuite forwardé à ses amies qui ne remboursaient 
pas. 

En ce qui concerne E______, W______ a précisé lui avoir prêté le premier montant de 
CHF 15'000.- en mars 2017. E______ avait mis plus d'un an à rembourser, puis, en fin 
d'année 2017, elle lui avait prêté CHF 45'000.- en plusieurs fois. L'argent provenait de 
son compte BCGE. Elle ne percevait aucun intérêt sur ces prêts et faisait entièrement 
confiance à E______ qui lui avait dit, en guise de garantie, qu'elle percevait un salaire 
mensuel total de CHF 3'800.-et qu'elle allait vendre un terrain aux Philippines. Elle a fait 
par la suite des déclarations différentes au sujet de ces garanties, indiquant qu'E______ 
lui avait assuré qu'elle allait récupérer des allocations familiales non perçues durant dix 
ans, qu'elle avait une tante aux Etats-Unis qui pouvait l'aider et qu'elle percevait un salaire 
de CHF 4'500.- par mois. Plus tard, elle a également indiqué qu'E______ lui avait 
emprunté de l'argent au nom de tiers, mais qu'elle avait fini par lui avouer, en mars 2018, 
l'avoir gardé pour elle. E______ lui avait alors proposé de signer une reconnaissance de 
dette, et W______ lui avait demandé de la dater de novembre 2017. E______ avait 
commencé à rembourser le 15 mai 2018; elle avait au total remboursé CHF 10'535.- sur 
son compte BCGE – et pas CHF 14'685.- – et CHF 4'465.- en espèces. L'ajout "for 36 
months" sur la reconnaissance de dette avait été effectué hors la présence d'E______, qui 
ne lui répondait plus, mais qui lui avait dit que son amie S______ allait la rembourser à 
sa place à hauteur de CHF 1'500.- par mois. En réalité, cette dernière ne lui avait versé 
que CHF 3'000.- en tout. Confrontée aux messages mentionnant des intérêts (C-3'840, C-
3'841), elle a déclaré les avoir écrits sur demande de d'E______ qui l'avait ensuite 
forwardé à d'autres personnes. Elle a admis connaitre AR_____, AQ_____, AS_____ et 

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AU_____. Elle avait notamment prêté CHF 4'000.- à la première, sur demande 
d'E______. 

A la question de savoir quel était l'intérêt pour elle de prêter tout cet argent, elle a répondu 
qu'aider les gens faisait partie de la tradition aux Philippines, et que les Philippins installés 
à l'étranger étaient encore plus sollicités.  

e.c.a. A l'audience de jugement, W______ a confirmé qu'elle contestait l'intégralité des 
faits reprochés. Elle pensait que les emprunteuses avaient agi contre elle car elles ne 
voulaient pas la rembourser, se concertant pour ce faire. Elles lui avaient menti sur les 
motifs de leur besoin d'argent et l'avaient trahie, ce qui l'avait énormément blessée. Elle 
trouvait honteux qu'elles osent lui réclamer de l'argent alors qu'elles lui en devaient 
beaucoup. Elles disaient la considérer comme leur sœur, mais elles avaient en réalité 
profité de sa confiance. Elle était encore affectée moralement et psychiquement, 
notamment par la perquisition, et avait presque mis fin à ses jours en raison de la 
procédure. Depuis le début de la procédure, elle n'avait reçu aucun remboursement, même 
symbolique, d'une partie du capital non contesté par les emprunteuses. En outre, c'était 
ces dernières qui lui avaient demander d'établir des reconnaissances de dette lorsqu'elles 
ne parvenaient plus à payer. L'idée n'était pas venue d'elle. X______ n'avait rien à voir 
avec cette affaire; elle lui avait parlé des prêts uniquement au moment où elle lui avait 
demandé de l'aide. Il s'était rendu chez E______ à sa demande mais n'avait jamais menacé 
personne.  

e.c.b. Interrogée sur les éléments ressortant de ses comptes bancaires, du carnet rose et 
des messages, elle a fait les déclarations suivantes: 

Certaines débitrices lui versaient des montants en espèces, qu'elle gardait chez elle ou 
reversait parfois sur son compte BCGE. Elle retirait également des sommes de ce compte. 
Elle avait reconstitué les versements de ses diverses débitrices dans le carnet rose à la fin 
du mois d'août 2019, pour se préparer aux audiences. Elle avait pris en compte les 
virements bancaires ainsi que certains versements en espèces.  

La plupart de l'argent prêté provenait des liquidités qu'elle gardait chez elle, soit environ 
CHF 70'000.-. Dès que ce montant avait été épuisé, elle avait commencé à retirer de 
l'argent de son compte auprès de la BCGE. 

Tous les versements en espèces sur ses comptes bancaires correspondaient à des 
remboursements effectués par ses emprunteuses. Elle estimait avoir prêté de l'argent, au 
total, à quinze personnes environ entre 2015 et 2018. S'agissant des montants, elle avait 
prêté CHF 10'000.- à AB_____, CHF 16'000.- à A______, CHF 60'000.- à E______ et 
CHF 54'000.- à C______. Elle ne se souvenait pas avoir dit à la police qu'à l'exception de 
ces deux dernières, elle n'avait prêté que des petites sommes. 

Elle a contesté avoir prêté de l'argent aux personnes suivantes, dont les noms ressortaient 
pourtant de messages, de ses comptes bancaires et du carnet rose: AP_____, AQ_____, 
AR_____, AS_____, AT_____, AU_____, AE______, AC______, BE______, 
AD______ et AF_____. Même confrontée au fait que AF_____ avait versé sur son 

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compte bancaire CHF 2'700.- en 2017 et CHF 7'000.- en 2018, ainsi que CHF 14'500.- 
sur le compte de son mari, elle a dit ne pas savoir de qui il s'agissait. 

Elle n'a pas répondu à la question de savoir comment elle pouvait expliquer que AA_____ 
avait déclaré lui avoir emprunté CHF 7'900.- dès 2015 en plusieurs fois, sans intérêt (voire 
CHF 8'000.- selon ce qui ressortait du carnet rose), alors qu'il ressortait des relevés 
bancaires qu'elle leur avait remboursés, à son mari et à elle, CHF 11'350.- entre janvier 
2016 et décembre 2018, sans compter les éventuels versements faits avant cette période 
ni ceux effectués en espèces. Elle a fini par affirmer que AA_____ lui avait encore 
emprunté de l'argent par la suite, ce qui expliquait cette différence, assurant qu'il ne 
s'agissait en aucun cas d'intérêts perçus sur ces prêts. 

Elle a d'abord affirmé que son mari n'avait pas encaissé de montants dû par les 
emprunteuses, avant de revenir sur ses déclarations et d'admettre qu'il l'avait fait et qu'il 
lui avait reversé l'argent après coup. Elle ne se souvenait pas si les montants ainsi 
encaissés figuraient dans le carnet rose. S'agissant de C______, il avait encaissé CHF 
500.- les 10 février, 3 mars et 5 mars 2017, mais elle ne se souvenait pas de ce qu'il en 
était s'agissant des autres emprunteuses. 

e.c.c. S'agissant de A______ en particulier, elle a répété lui avoir prêté CHF 16'000.- au 
total. L'intéressée lui avait remboursé CHF 2'000.-puis trois fois CHF 500.- entre 
novembre 2017 et janvier 2018, de sorte que le solde dû était de CHF 12'500.-. Elle avait 
accepté de lui prêter ce montant entre le 9 novembre 2016 et le 11 septembre 2017, alors 
même qu'elle n'avait encore reçu aucun remboursement, car l'intéressée lui avait garanti 
qu'elle allait emprunter de l'argent à son patron et qu'elle était sur le point de recevoir son 
permis B et de pouvoir ainsi obtenir un emploi mieux rémunéré. Le montant total prêté 
de CHF 14'000.- ne figurait pas dans le carnet rose, car aucun versement ne ressortait de 
ses comptes bancaires. Confrontée au message envoyé à A______ le 25 décembre 2017 
selon lequel elle avait urgemment besoin qu'elle la rembourse pour payer les frais 
médicaux de son frère (C-3'930), alors même qu'elle disposait à cette époque de plus de 
CHF 70'000.- sur ses comptes bancaires, elle a répondu que l'argent prêté était dû et 
qu'elle avait ainsi une bonne raison de le lui réclamer. 

e.c.d. C______ lui devait en réalité encore CHF 48'500.-. A la question de savoir 
pourquoi elle lui avait prêté CHF 54'000.- entre mi-août et décembre 2016, en plusieurs 
fois, alors qu'elle ne lui avait encore rien remboursé, elle a répondu que C______ lui avait 
dit, en août 2016 déjà, que son patron avait l'intention d'emprunter CHF 50'000.- auprès 
d'une banque et de lui prêter cette somme afin qu'elle rembourse ses dettes. Confrontée 
au fait qu'avec ce prêt de CHF 54'000.- ainsi que les prêts faits à d'autres personnes, le 
total de ses économies de CHF 70'000.- avait dû rapidement s'épuiser, elle a répondu que 
lorsque ses amies lui demandaient de l'argent pour aider leurs proches, elle demandait à 
sa famille de verser de l'argent aux Philippines, que ses amies lui remboursaient par la 
suite à Genève. Elle n'avait pas établi de reconnaissances de dette avec C______ pour les 
prêts postérieurs au 20 septembre 2016, soit, selon elle, CHF 1'550.- le 25 septembre 
2016, CHF 10'000.- le 5 octobre 2016, CHF 12'000.- le 15 novembre 2016 et CHF 5'000.- 
le 2 décembre 2016, car l'intéressée avait promis de la rembourser avec l'emprunt effectué 

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par son employeur. Confrontée au fait qu'elle venait de dire que C______ lui avait parlé 
de l'emprunt de son employeur bien avant octobre 2016, de sorte qu'il ne faisait pas de 
sens d'établir des reconnaissances de dette au début puis plus à partir d'une certaine date, 
elle n'a pas donné de réponse claire, ajoutant que C______ lui avait finalement avoué que 
son patron n'allait pas du tout faire un tel emprunt à la banque. S'agissant des 
remboursements effectués, elle ne se souvenait que de ce qu'elle avait noté dans son carnet 
rose (C-3'394). Confrontée aux messages échangés avec C______ mentionnant des 
intérêts, des "SOS" et des pénalités, elle a expliqué les avoir écrits à la demande de la 
précitée, laquelle voulait les transférer à ses propres débitrices pour les inciter à la 
rembourser. Au final, C______ lui avait avoué avoir menti en disant avoir prêté l'argent 
à d'autres personnes, admettant que tout l'argent emprunté l'avait été entièrement pour 
elle. X______ ne s'était pas rendu à ______ pour trouver l'adresse d'un employeur de 
C______, dont il était question dans un message; c'était une de ses compatriotes qui lui 
avait donné cette adresse. Elle contestait le caractère menaçant de certains messages 
envoyés à C______. Son mari avait envoyé une photo de la boîte aux lettres de AH_____ 
dans un message car C______ se cachait; il avait simplement demandé à AH_____ si 
l'intéressée habitait toujours chez elle, ce qui n'était pas le cas.  

e.c.e. Elle avait prêté CHF 60'000.- à E______, laquelle lui devait encore CHF 42'000.-
. Confrontée au fait qu'il n'y avait pas trace, dans ses comptes bancaires, de retraits de 
CHF 10'000.- le 12 octobre 2017 et de CHF 15'000.- fin novembre 2017, qu'elle aurait 
prêtés à E______, elle a répondu – revenant ainsi sur ses déclarations au Ministère public 
– que l'argent ne provenait pas forcément toujours de ses comptes et qu'il était possible 
qu'au moment de ces prêts, il lui restait des économies à son domicile.  

iv) Déclarations d'X______  

f.a. A la police, X______ a affirmé que C______ avait emprunté à sa femme environ 
CHF 40'000.- en 2017 et qu'il n'avait jamais été question de lui faire payer des intérêts. 
C______ avait remboursé quelques milliers de francs mais avait rapidement cessé ses 
paiements, prétextant plusieurs excuses. Son épouse et lui avaient intenté des poursuites, 
le prêt ayant fait l'objet d'un document écrit. Il a contesté avoir menacé C______ mais a 
admis l'avoir contactée et rencontrée à plusieurs reprises, dans des lieux qu'elle 
choisissait, pour lui demander de payer ses dettes.  

S'agissant d'E______, il a confirmé que son épouse lui avait prêté CHF 15'000.- en 2017, 
montant qu'elle avait remboursé comme prévu. Il n'y avait ni intérêt, ni pénalité. Il ignorait 
tout du deuxième prêt. Durant l'été 2018, son épouse, alitée en raison de sa grossesse, lui 
avait dit qu'E______ ne répondait plus à ses appels et lui avait demandé de se rendre chez 
elle afin de lui demander de la contacter, ce qu'il avait fait. Il n'avait pas parlé du prêt avec 
E______ puisqu'il avait été entièrement remboursé. La fille d'E______ était présente. Il 
n'était ensuite plus intervenu auprès d'elle. Ni son épouse, ni lui-même n'avaient menacé 
E______. Il pensait que C______ et E______, qui se connaissaient bien, s'étaient 
concertées pour nuire à son épouse.  

f.b. Au Ministère public, X______ a ajouté que le commandement de payer dirigé 
contre C______ avait été émis en son nom car il s'était chargé des poursuites, voyant le 

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désarroi occasionné chez son épouse. Aucune discussion n'était possible avec C______, 
qui ne faisait que de mentir. Il ne l'avait jamais menacée ni harcelée, se contentant de lui 
demander qu'elle respecte ses engagements. Confronté aux messages échangés entre 
W______ et C______ le mentionnant (C-3'560ss), il a répondu qu'il ne voyait pas en quoi 
ils étaient menaçants.  

S'agissant d'E______, il a répété ne l'avoir jamais menacée et lui avoir simplement 
demandé de remplir ses engagements envers son épouse. Il ne s'était rendu chez elle que 
le 9 juillet 2018 vers 10h00. La fille de l'intéressée était présente mais ne pleurait pas. Il 
n'avait jamais évoqué un renvoi aux Philippines ni une dénonciation à l'OCPM. 

f.c.a. A l'audience de jugement, X______ a répété qu'il contestait les faits reprochés et 
que son épouse ne prélevait pas d'intérêts sur les prêts consentis. Il avait appris l'existence 
des prêts octroyés par son épouse en 2017, lorsque cette dernière lui avait demandé de 
l'aide s'agissant de C______, qui ne lui répondait plus. La situation la stressait beaucoup 
et elle faisait des insomnies. Elle lui avait indiqué le montant figurant sur la 
reconnaissance de dette (C-3'012) sans lui donner de détails sur les montants versés ni 
leur date. Elle ne lui avait pas dit qu'elle avait d'autres débitrices. Il avait appris 
ultérieurement qu'E______ lui devait également de l'argent. Il n'avait pas eu connaissance 
d'autres débitrices jusqu'à fin 2018. Le fait que son épouse prête des montants aussi 
conséquents en capital, sans intérêt, ne l'avait pas étonné. Ces montants provenaient des 
économies tirées de son précédent emploi. Elle connaissait la situation de ses 
compatriotes et voulait les aider. Elle avait été fortement impactée par la procédure, tout 
comme leur famille. Elle s'était sentie trahie et manipulée par les mensonges de ses 
compatriotes. 

f.c.b. Interrogé sur les éléments ressortant de ses comptes bancaires, il n'a pas répondu 
à la question de savoir d'où provenaient les nombreux versements en espèces, soit plus de 
CHF 20'000.- en 2017 et plus de CHF 20'000.- en 2018, se contentant de répondre qu'il 
avait le droit de verser des espèces sur son compte et qu'il gérait son argent de la manière 
dont il le souhaitait. Il a ajouté qu'il lui arrivait de retirer de l'argent en espèces, de faire 
des paiements puis de reverser le solde sur son compte bancaire. Confronté au fait que 
ces retraits antérieurs aux versements ne ressortaient pas des extraits de ses comptes, il a 
modifié ses déclarations, indiquant que cela provenait d'argent reçu en espèces, mais pas 
de la part des débitrices de son épouse. Interrogé sur les versements effectués par 
AA_____, AF_____ et AB_____ sur ses comptes, il s'est contenté de dire que cela n'avait 
rien à voir avec la procédure, mais qu'il avait bien prêté de l'argent à ces femmes. Il n'avait 
pas d'explication s'agissant des versements en espèces faits par son épouse sur son propre 
compte BCGE. Elle gérait son argent elle-même et il n'avait aucun accès à ses comptes. 
Confronté au fait que certains messages (notamment C-3'839) semblaient indiquer le 
contraire, il a affirmé que c'était W______ qui lui indiquait si elle avait reçu ou pas tel ou 
tel montant. Interrogé sur le montant de CHF 7'000.- transféré le 15 octobre 2018 sur le 
compte de son épouse, suite à deux versements en espèces de CHF 1'000.- et CHF 6'000.- 
sur son compte, il a répondu ne pas se souvenir de la raison, précisant qu'il ne s'agissait 
pas de montants versés par les débitrices de cette dernière et qu'il lui arrivait par ailleurs 
de reverser des primes et allocations familiales à son épouse.  

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f.c.c. S'agissant de C______, confronté à certains messages échangés avec cette 
dernière (A-1'058ss), il s'est déterminé de la manière suivante: 

- "Be there on time in order to avoid any trouble for you and BF______'s family": 
BF______ était garante dans le cadre d'un prêt accordé à C______; comme cette 
dernière se défilait, il l'avait avertie qu'il allait s'adresser à BF______ pour lui rappeler 
ses engagements. Il ne s'agissait pas d'une menace; 

- "You have to give the money to me and not to W______": il avait écrit ce message à la 
demande de son épouse, lui-même n'étant avant cela pas au courant des prêts. Elle lui 
avait demandé de l'aide car elle n'arrivait plus à joindre C______; 

- "Don't upset me with any non sense reason again...thats my ultimatum": C______ 
manquait de respect à son épouse en ne respectant pas ses engagements, de sorte qu'il 
avait dû trouver une solution pour qu'elle se présente; 

- "You know its a busines, you didnt help me for just giving money without any interest. 
Everybody knows that…one of my friend was kicked out from her job She can testify 
its a business": le fait que C______ parle de "business" ne signifiait pas que des intérêts 
étaient perçus; 

- "I dont want to move from place to work…my employer is willing me to stay, but I dont 
want them to get in trouble": il contestait avoir menacé C______ de contacter ses 
employeurs, dont il ne connaissait d'ailleurs pas le nom à ce moment-là. 

Confronté au fait que W______ avait écrit à C______ qu'il avait trouvé l'adresse de ses 
employeurs et connaissait l'école M______, il a répondu que c'était elle qui avait obtenu 
ces informations et qui avait écrit ces messages. S'agissant du libellé du commandement 
de payer notifié en septembre 2017 à l'adresse de l'employeur de C______ (A-1'060), il a 
affirmé ne pas avoir pensé que cela risquait de déplaire à ce dernier. Il avait donné ces 
indications pour expliquer la situation et n'avait pas connaissance d'autre adresse que 
celle-ci. Les menaces contenues dans le courrier de Me I______ du 4 octobre 2017 
n'avaient pas été mises à exécution. Confronté au fait que BA_____ avait aussi fait état 
de menaces de sa part, il a répondu qu'il ne la connaissait même pas. C______ fixait elle-
même les rendez-vous mais ne venait que très rarement. Elle lui remettait alors de l'argent, 
mais cela ne correspondait souvent pas à ce qui avait été convenu avec son épouse. Il ne 
versait pas l'argent remis par C______ sur son propre compte bancaire. A la question de 
savoir pourquoi il avait dit à la police, en 2018, que C______ devait CHF 40'000.- à son 
épouse alors que le commandement de payer de septembre 2017 (A-1'060) mentionnait 
un prêt de CHF 54'000.-, il a répondu qu'il ne connaissait pas le montant exact et qu'entre 
la notification du commandement de payer, qui se basait sur la reconnaissance de dette 
signée par C______ (C-3'012), et cette audition à la police, C______ avait remboursé 
quelques montants. Il avait donc donné un montant approximatif à la police.  

f.c.d. S'agissant d'E______, il a répété qu'il contestait les faits reprochés. Il était 
intervenu auprès d'elle à une seule reprise. Il a toutefois admis que c'était bien pour lui 
rappeler qu'elle avait des montants à rembourser, et pas juste pour lui demander de 
reprendre contact avec son épouse, contrairement à ce qu'il avait affirmé durant la 

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procédure. Il ne connaissait pas la situation financière d'E______ et ne savait pas qu'elle 
n'avait pas de titre de séjour. Confronté aux messages échangés avec E______ (C-3'838 
et C-3'839), notamment ceux faisant référence à AS_____ et AR_____, il a répété qu'il 
ignorait que son épouse avait d'autres débitrices. Il avait obtenu ces informations 
d'E______ et n'était qu'un simple intermédiaire. 

Des faits concernant Z______ et Y______  

i) Plaintes et déclarations des parties plaignantes 

g.a. Le 15 mai 2018, A______ a également déposé plainte contre Z______ et 
Y______.  

Elle avait emprunté CHF 4'000.- à Y______ en août 2017, remboursables en quatre 
mensualités de CHF 1'200.-, soit un total de CHF 4'800.- intérêts inclus. Elle n'avait réussi 
à payer que CHF 500.- à deux reprises. S'agissant d'Z______, qui était la compagne de 
Y______, elle lui avait emprunté CHF 4'000.-, CHF 3'000.- et CHF 2'000.-, montants 
remboursables avec CHF 200.- d'intérêts par mois. Elle ne lui avait remboursé que CHF 
500.-, à une reprise. 

Tout comme W______, Y______ et Z______ détenaient une copie de son passeport. 
Y______ l'avait également menacée de la dénoncer à la police et à l'ambassade des 
Philippines en cas de non-paiement, afin qu'elle se fasse expulser de Suisse. Les 
intéressées l'avaient forcée à signer une reconnaissance de dette en novembre 2017 pour 
un montant de CHF 4'000.-, alors qu'elle ne leur devait plus que CHF 2'800.-. A cette 
occasion, Y______ lui avait crié dessus et l'avait menacée; Z______ n'avait rien dit. En 
décembre 2017, Y______ l'avait menacée d'envoyer des gens tuer sa famille aux 
Philippines si elle ne la remboursait pas comme convenu.  

g.b. Au Ministère public, A______ a ajouté avoir commencé à emprunter dès 2016 des 
montants de CHF 2'000.- ou CHF 3'000.- à Y______, qu'elle avait toujours réussi à 
rembourser. Elle lui avait ensuite emprunté CHF 4'000.- en 2017 qu'elle n'avait pas réussi 
à rembourser car elle avait perdu son travail. Modifiant ses déclarations à la police, elle a 
affirmé lui avoir remboursé une fois CHF 1'200.- et deux fois CHF 500.-. Elle n'avait pas 
de reçu pour le remboursement de CHF 1'200.-. Lors de chaque emprunt, elle avait signé 
un document, mais n'en avait jamais obtenu copie. La reconnaissance de dette que 
Y______ et Z______ l'avaient forcée à signer concernait uniquement le prêt octroyé par 
Y______. Elle n'était pas d'accord avec ce montant, qu'elle avait déjà partiellement 
remboursé, mais avait signé tout de même car elle avait peur. Y______ lui avait dit que 
l'argent prêté appartenait à sa tante, N______. Quand elle n'avait plus pu rembourser, 
Y______ l'avait menacée en disant qu'elle allait en informer son employeur. Un jour, elles 
s'étaient vues à Rive et Y______ l'avait menacée de faire tuer sa famille aux Philippines 
si elle ne payait pas. Elle avait été effrayée et était allée déposer plainte à la police. Elle 
estimait ne plus rien devoir à Y______, vu tous les intérêts payés. 

Elle avait connu Z______ par le biais de Y______. Elle lui avait d'abord demandé un prêt 
"SOS" de CHF 4'000.- le 9 septembre 2017 pour lequel elle devait rembourser 
CHF 4'600.- à la fin du mois. Elle trouvait les intérêts trop élevés mais avait besoin de cet 

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argent. Elle s'était également portée garante, pour une connaissance, de deux emprunts 
"SOS" de CHF 3'000.- et CHF 2'000.-, conclus le 9 septembre 2017 également, pour 
lesquels elle devait rembourser CHF 3'450.-, respectivement CHF 2'300.- à la fin du mois. 
Le jour où Y______ lui avait fait signer la reconnaissance de dette de CHF 4'000.-, 
Z______ lui avait fait signer un document mentionnant un prêt de CHF 12'700.-. Elle ne 
savait pas comment elle était arrivée à ce total, qui comprenait visiblement les intérêts. A 
nouveau, elle avait signé car elle avait peur. Lors de cette rencontre, Y______ était la plus 
menaçante des deux. Z______ savait qu'elle avait un travail, qu'elle était en situation 
illégale, qu'elle avait d'autres dettes et qu'elle avait besoin d'argent pour payer ces dettes 
ainsi que pour aider sa famille aux Philippines. Elle n'avait pu lui rembourser que CHF 
500.- car elle avait perdu son travail. Après cela, Z______ n'avait cessé de la contacter 
par téléphone, ce qui l'avait beaucoup stressée. Elle lui avait également dit qu'elle allait 
contacter son employeur. Elle pensait qu'elle l'avait fait, puisqu'elle s'était faite licencier. 
Elle estimait d