# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b86edf8a-89bb-5fac-8eaa-180a29938eb7
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2009-07-28
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 28.07.2009 A/781/2009
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-781-2009_2009-07-28.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/781/2009-PE ATA/356/2009  

ARRÊT 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 28 juillet 2009 

 

dans la cause 

Madame  R______  
  

contre 

OFFICE CANTONAL DE LA POPULATION 

_________ 

Recours contre la décision de la commission cantonale de recours en matière 
administrative du 29 avril 2009 (DCCR/352/2009) 

- 2/8 - 

A/781/2009 

EN FAIT 

1.  Le 6 février 2009, l’office cantonal de la population (ci-après  : OCP) a 
refusé de renouveler l’autorisation de séjour pour études de Madame R______, 
ressortissante du Pérou. 

2.  Le 6 mars 2009, Mme R______ a déposé au greffe de la commission 
cantonale de recours en matière administrative (ci-après  : CCRA) un recours 
contre la décision de l’OCP du 6 février 2009. 

3.  Le 9 mars 2009, la CCRA a écrit par courrier recommandé no 
98.32.108142.00823126, à Mme R______. Le greffe accusait réception du recours 
formé le 6 mars 2009 et communiquait le no de cause sous lequel il avait été 
enregistré. Mme R______ était en outre invitée à s’acquitter  : « dans le délai 
fixé  (mentionné sous "conditions de paiement" de la facture remise en annexe) de 
l’avance de frais au moyen du bulletin de versement (ci-après  : BVR) ci-joint, 
sous peine d’irrecevabilité du recours ». 

  A ce courrier était annexée une facture établie par le greffe de la CCRA, qui 
se présentait ainsi  :  

Commission cantonale de recours en matière administrative 

Police des étrangers 

Rue Ami-Lullin 

Case postale 3888     Madame R______  

1211 Genève 3      c/o Mme G_____ 

       Rue ______ 

       CH-1207 GENEVE 

 

Invitation à payer No 200-390000290-296242   Date invitation à payer  : 09.MAR-09                              Page 1 

Service Prestataire  : 14011300 CCRA                                                                                 Condition de paiement  :30 

Référence  : A/781/09-CCR-1-PE                                                                                          jours net à compter du 

                                                                                                                                                09-MAR-09 

Dossier R______ contre OFFICE CANTONAL DE LA POPULATION 

Concerne  : votre recours interjeté en date du 06.03.2009 

                  Description                    Qt           Unité               PU HT         Montant HT                     TVA 

1      Avance de frais (LPA)            1                                     500.00             500.00 
                              Total HT  : 500.00                                                                                             Total  : 500.00 CHF 

                                                                                                                                                Net à payer  : 500.00 CHF 

Faute de paiement intégral dans le délai imparti, la demande précitée sera déclarée irrecevable. Utiliser 

exclusivement le BVR ci-dessous. 

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4.  Le 9 mars 2009, une copie du recours a été transmise à l’OCP avec un délai 
au 8 mai 2009 pour communiquer son dossier accompagné de ses observations. 

5.  Mme R______ a payé le 16 avril 2009 l’avance de CHF 500,- demandée. 

6.  Le 29 avril 2009, la CCRA a rendu une décision dont le dispositif était le 
suivant: 

  "La commission cantonale de recours en matière administrative: 

  1) déclare le recours irrecevable  ; 

  2) renonce à percevoir un émolument  ; 

 3) ordonne la restitution de l’avance de frais de CHF 500.- versée par la 
recourante. " 

  Par courrier recommandé du 9 mars 2009, elle avait imparti à 
Mme R______ un délai de 30 jours à compter de cette date, soit jusqu'au 8 avril 
2009, pour effectuer une avance de frais de CHF 500.- sous peine d’irrecevabilité. 
L’avance de frais avait été effectuée le 16 avril 2009, soit en dehors du délai 
imparti. En vertu de l’art. 86 de la loi sur la procédure administrative du 12 
septembre 1985 (LPA - E 5 10), le recours devait être déclaré irrecevable, la 
recourante n’ayant pas prouvé ni allégué qu’elle aurait été victime d’un 
empêchement non fautif de s’acquitter en temps utile du montant réclamé.  

7.  Par acte du 11 juin 2009, Mme R______ a recouru contre la décision 
précitée, qu'elle avait reçue le 13 mai 2009. 

  La CCRA avait considéré de manière erronée qu’elle n’avait pas payé dans 
le délai de 30 jours. Le courrier et la facture du 9 mars 2009 ne lui avaient été 
notifiés que le 17 mars 2009, si bien que le délai de 30 jours échéait le 16 avril 
2009, date à laquelle le montant de CHF 500.- avait été versé, comme elle 
l’établissait par la production de la photocopie du récépissé. Le recours était 
recevable et la décision de la CCRA devait être annulée. 

8.  La consultation du site internet de La Poste suisse (www.poste.ch) a permis 
de contrôler que le pli recommandé No 98.32.108142.00823126 avait été remis le 
17 mars 2009 à sa destinataire au guichet de la poste des Eaux-Vives. 

9.  Le 23 juin 2009, la CCRA a transmis son dossier. 

10.  Le 2 juillet 2009, l’OCP a indiqué ne pas avoir d’observations à formuler à 
propos du recours de Mme R______. 

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A/781/2009 

11.  Par courrier du 14 juillet 2009, les parties ont été informées que la cause 
était gardée à juger.  

EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 56A de la loi sur l’organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 63 al. 1 let. a LPA).  

2. a. Devant la CCRA et devant le Tribunal administratif, la procédure de recours 
est payante, sauf dans les domaines visés aux art. 10 et 11 du règlement sur les 
frais, émoluments et indemnités en procédure administrative du 30 juillet 1986 
(RFPA - E 5 10. 03). La juridiction saisie fixe au recourant un "délai suffisant" 
pour payer une avance ou fournir des sûretés destinées à couvrir les frais de 
procédure et les émoluments présumables, et en fait dépendre l'examen du recours 
(art. 86 al. 1 LPA). 

 b Si l'avance de frais n'est pas faite dans le délai imparti, le recours est déclaré 
irrecevable (art.  86 al. 2 LPA). 

 c. S'agissant d'un délai accordé par le juge, il peut être prolongé ou restitué 
(art. 16 al. 2 et 3 LPA). Il est au surplus computé conformément à l'art. 17 LPA.  

3. a. La teneur actuelle de l'art. 86 LPA résulte d'un amendement adopté le 18 
septembre 2008 lors des débats au Grand-Conseil sur la novelle modifiant la LOJ. 
Elle n'a donc pas fait l'objet de travaux préparatoires, la volonté de la députée 
ayant proposé l'amendement étant de donner une signification à l'acte de recourir 
auprès d'une juridiction administrative, en soumettant la recevabilité de celui-ci au 
paiement d'une avance de frais, à l'instar des règles prévalant devant d'autres 
juridictions (MGC 2008/XI, séance n°63 du 18 septembre 2008). 

 b. La législation genevoise ne comportant pas de règle plus précise quant à la 
procédure à suivre pour la fixation du montant de l'émolument et du délai de 
paiement, les juridictions administratives sont a priori libres de s'organiser pour la 
mise en pratique de cette disposition légale, dans le respect cependant des 
garanties constitutionnelles de nature procédurale qui sont rappelées ci-après. 

4. a. Le principe de la bonne foi entre administration et administré, exprimé 
aujourd’hui aux art. 9 et 5 al. 3 de la Constitution fédérale de la Confédération 
Suisse du 18 avril 1999 (Cst - RS 101), exige que l’une et l’autre se comportent 
réciproquement de manière loyale. C'est l'émanation d'un principe plus général, 
soit celui de la confiance, en vertu duquel l'Etat doit notamment respecter la 
sécurité juridique et l'administré n'est tenu de faire quelque chose ou n'en n'est 
dispensé que dans la mesure où il pouvait ou devait le comprendre (B. KNAPP, 

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Précis de droit administratif, 4ème éd., 1991, n°498, p. 105, 
AUER/MALINVERNI/HOTTELIER, Droit constitutionnel suisse, 2ème éd., vol. 
II, n°1159, p. 543). En particulier, l’administration doit s’abstenir de toute attitude 
propre à tromper l’administré et elle ne saurait tirer aucun avantage des 
conséquences d’une incorrection ou insuffisance de sa part (ATF 129 I 161 
consid. 4 p. 170 ; 129 II 361 consid. 7.1 p. 381 ; Arrêt du Tribunal fédéral 
9C.115/2007 du 22 janvier 2008 consid. 4.2). 

 b. La jurisprudence a tiré de l’art. 29 al. 1 Cst. et de l’obligation d’agir de 
bonne foi à l’égard des justiciables (art. 5 et 9 Cst.), le principe de l’interdiction 
du déni de justice formel qui comprend la prohibition de tout formalisme excessif. 
Un tel formalisme existe lorsque la stricte application des règles de procédure ne 
se justifie par aucun intérêt digne de protection, devient une fin en soi, complique 
sans raison objective la réalisation du droit matériel ou entrave de manière 
inadmissible l’accès aux tribunaux (Arrêt du Tribunal fédéral 1C 218/2007 du 16 
octobre 2007 consid. 5.1  ; ATA/617/2008 du 9 décembre 2008 consid. 2). 
L'excès de formalisme peut résider soit dans la règle de comportement imposée au 
justiciable, soit dans la sanction qui lui est attachée (ATF 132 I 249 consid. 5 p. 
253 ; 130 V 177 consid. 5.4.1 p. 183 ; 128 II 139 consid. 2a p. 142 et les arrêts 
cités). Ainsi en va-t-il lorsque la violation d’une règle de forme de peu 
d’importance entraîne une sanction grave ou disproportionnée, telle par exemple 
une décision d’irrecevabilité (ATA/473/2004 du 25 mai 2004 consid. 3 ; 
ATA/561/2003 du 23 juillet 2003 consid. 6 ; P. MOOR, Droit administratif, vol. 
2, 2e éd., Berne 2002 , p. 230 ss n. 2.2.4.6 et les références citées). 

 c. Dans les procédures mises en place pour l'application de l'art. 86 LPA les 
principes constitutionnels précités doivent être d'autant plus respectés que 
l'absence de paiement de l'avance de frais dans les délais est lourd de conséquence 
pour le justiciable puisqu'il peut conduire à l'irrecevabilité de son recours. Les 
juridictions administratives doivent donc communiquer d'une manière claire quel 
est le montant de l'avance à payer, le délai dans lequel cela doit être fait et les 
conséquences d'un défaut de paiement ou d'un paiement hors-délai. De même, la 
possibilité de requérir l'assistance juridique en cas d'impossibilité de payer le 
montant réclamé doit être rappelée.  

5.  La recourante a compris du courrier du 9 mars 2009 et de la facture annexée 
qu'elle disposait d'un délai de trente jours pour payer l'avance de frais réclamée 
depuis la réception du pli recommandé contenant ces documents, alors que pour la 
CCRA, le dies a quo était le 9 mars 2009, cette date figurant comme date de 
référence sur la facture. Vu cette divergence, le tribunal de céans doit examiner si 
la communication faite par la CCRA à la justiciable pour obtenir le versement de 
l'avance de frais et si le refus de prendre en considération le versement effectué le 
16 avril 2009 respectent les principes rappelés ci-dessus.  

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  En l'espèce, le libellé du courrier du 9 mars 2009, permet à la recourante de 
comprendre qu'elle doit payer à titre d'avance de frais, dans un certain délai sous 
peine d'irrecevabilité, le montant figurant sur la facture annexée. En revanche, la 
date à laquelle doit intervenir le paiement ne lui est pas expressément 
communiquée. Pour la déterminer, la recourante est renvoyée à la facture annexée, 
avec la précision que le délai pour y procéder est mentionné sous la rubrique 
"conditions de paiement". Sur ladite facture, celui-ci n'apparaît pas expressément 
mais il doit être calculé par la justiciable qui doit comprendre qu'elle doit 
appliquer la formule "30 jours net à compter du 09-MAR-09". A ce sujet, le 
tribunal de céans relève que la facture annexée au courrier d'invitation à payer, au 
vu de son libellé et de sa présentation, est une reprise adaptée d'un modèle de 
facture commerciale tiré d'un logiciel comptable, ce qui explique l'utilisation des 
termes "30 jours nets", la référence à des quantités (QT) et à de la TVA, et 
l'utilisation d'une abréviation anglophone et inusuelle de la date de référence 
donnée pour calculer le délai. Si un justiciable averti peut ne pas être déconcerté 
par la façon dont la CCRA lui communique le délai de paiement, les risques sont 
plus grands pour le justiciable profane, et notamment pour le justiciable de langue 
maternelle étrangère, pour lequel ce procédé est susceptible d'être source de 
confusion ou d'erreur. 

6.  Que la CCRA fixe le délai d'avance de frais en fonction de la date d'envoi de 
la lettre d'invitation à payer, n'est en soi pas contraire à l'art. 86 LPA. Il en va de 
même de l'utilisation, pour des impératifs de gestion comptable ou découlant des 
exigences de l'informatique, de factures adaptées de modèles-type. En revanche, 
pour qu'il puisse être admis que l'avance de frais requise par la loi a été sollicitée 
valablement, vu les conséquences du non-respect du délai sur le sort de la 
procédure, il importe que cette juridiction communique - au moins une fois dans 
l'un ou l'autre des courriers qu'elle adresse à la recourante - la date limite de 
paiement à la personne qui recourt, sans que celle-ci doive l'établir par elle-même 
en fonction du libellé incertain de la facture qui lui a été adressée. Cette exigence 
s'impose d'autant plus si la CCRA entend fixer des délais de paiement de l’avance 
de frais selon un mode de computation recourant à un dies a quo constitué par une 
date fixé a priori par l'autorité qui s'écarte du mode pratiqué traditionnellement en 
procédure administrative où le dies a quo est déterminé par la date de réception, 
par l'administré, de la communication de l'autorité (cf art. 17 al. 1 ou 63 al. 3 
LPA). En omettant d'agir de la sorte et en refusant de considérer que l'avance de 
frais avait valablement été payée, la CCRA a violé les garanties conférées par les 
art. 5 al. 3 et 9 de la Cst. Le recours sera admis et le dossier retourné à cette 
juridiction pour qu'elle reçoive le recours et statue sur le fond.  

7.  Vu l'admission du recours pour les raisons précitées, le Tribunal 
administratif renoncera à examiner si la CCRA a, en sus de cela, fait preuve de 
formalisme excessif, en refusant de prendre en considération le versement de 

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l'avance de frais intervenue le 16 avril 2009, alors que, par courrier du 9 mars 
2009, elle avait déjà accordé à l'OCP un délai au 8 mai 2009 pour répondre.  

8.  Aucun émolument ne sera perçu (art. 87 LPA). Il ne sera pas alloué 
d'indemnité de procédure à la recourante, celle-ci agissant en personne et n'y ayant 
au demeurant pas conclu (art. 87 al. 2 LPA).  

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 6 mars 2009 par Madame R______ contre la 
décision DCCR/352/2009 de la commission de cantonale de recours en matière 
administrative du 29 avril 2009 ; 

au fond : 

l'admet ; 

annule la décision DCCR/352/2009 de la commission cantonale de recours en matière 
administrative du 29 avril 2009 ; 

retourne la cause à la commission cantonale de recours en matière administrative pour 
qu'elle statue sur le fond  ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument, ni alloué d'indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux articles 82 et suivants de la loi fédérale sur le Tribunal 
fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les 
trente jours qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du 
recours en matière de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, 
motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il 
doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l’article 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l’envoi ; 

communique le présent arrêt à Madame R______, à la commission cantonale de recours 
en matière administrative ainsi qu'à office cantonal de la population. 

Siégeants : Mme Bovy, présidente, M. Thélin, Mmes Hurni et Junod, M. Dumartheray, 
juges. 

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Au nom du Tribunal administratif : 

la greffière-juriste adj : 
 
 

M. Tonossi 

 la présidente : 
 
 

L. Bovy  
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :