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**Case Identifier:** 3688a2b3-6195-5c1a-96f3-d1f65e9ca86a
**Source:** Jura (JU)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-05-02
**Language:** fr
**Title:** Jura Tribunal Cantonal Juge unique 02.05.2024 CPR 2024 18
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/JU_Gerichte/JU_TC_001_CPR-2024-18_2024-05-02.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DU JURA

TRIBUNAL CANTONAL

CHAMBRE PÉNALE DES RECOURS

CPR 18 / 2024
AJ 20 / 2024

Président :  Daniel Logos
Juges :  Sylviane Liniger Odiet et Charles Freléchoux
Greffière :  Lisiane Poupon 

DÉCISION DU 2 MAI 2024

dans la procédure de recours introduite par

A.________, domicilié U.________,
 - représenté par Me André Gossin, avocat à Moutier,

recourant,
contre

la décision du 21 mars 2024 de la juge pénale - mesures de substitution.

_______

Vu le jugement du 21 mars 2024 de la juge pénale par lequel elle a déclaré A.________ (ci-
après : le recourant ou le prévenu) coupable de voies de fait, lésions corporelles simples et 
menaces commises en juin 2014, respectivement entre juillet 2019 et mars 2022, l’a 
condamné notamment à une peine de 180 jours-amende à CHF 30.- chacun, avec sursis 
pendant 2 ans, sous déduction de 151 jours de détention subie avant jugement, a fixé comme 
règle de conduite à l’octroi du sursis que le prévenu devra respecter et se soumettre à toutes 
les décisions et injonctions de l’Autorité de protection de l’adulte et de l’enfant (APEA) en lien 
avec les enfants B.________ et C.________ et a ordonné sa mise sous probation durant le 
délai d’épreuve du sursis ;

Vu la décision postérieure au jugement précité, rendue le même jour, par la juge pénale, 
décision par laquelle elle a ordonné le maintien des mesures de substitution imposées au 
prévenu jusqu'à l'entrée en force du jugement prononcé le 21 mars 2024, à savoir :
1. Ne pas commettre d’infractions de quelque nature que ce soit, en particulier à l’encontre de 

Mme D.________ et de ses deux enfants, B.________ et C.________ ;
2. Ne pas contraindre D.________ à adopter un comportement souhaité et la laisser à tout 

moment entièrement libre de ses faits et gestes ;

2

3. Respecter et se soumettre à toutes les décisions et injonctions de l’Autorité de protection 
de l’adulte et de l’enfant (APEA) et se présenter à toutes les convocations et rendez-vous 
fixés par celle-ci ;

4. Déposer ses documents d’identité (passeports et titres de séjours à l’exception de la carte 
d’identité suisse) auprès de la direction de la procédure ;

5. Interdiction de se rendre à l’étranger durant le temps de la procédure, à l’exception de la 
France et de l’Allemagne voisines, pour s’y rendre au maximum 2 jours consécutifs en 
compagnie de son épouse et de ses enfants, pour autant qu’il avertisse l’autorité pénale en 
charge du dossier de la cause, au plus tard 3 jours avant et annonce son retour à la police ;

6. Obligation de garder un emploi ou d’en retrouver un immédiatement s’il se retrouve sans 
emploi ;

7. Se soumettre à un suivi auprès de la Probation - Service juridique dans les locaux de la 
Probation à V.________ ;

8. Dire qu’en cas de non-respect des mesures, la mise en détention du prévenu sera 
immédiatement ordonnée (dossier TPI 108/2023, rubrique Juge pénale, p. 145 ss ; les 
références citées ci-après renvoient à ce dossier, sauf indication contraire) ;

Vu que, dans les motifs de cette dernière décision, la juge pénale renvoie à celle du juge des 
mesures de contrainte du 4 janvier 2024 ordonnant lesdites mesures de substitution jusqu’au 
27 mars 2024, étant précisé que les conditions des mesures de substitution persistent et qu'il 
convient de les prolonger jusqu'à l'entrée en force du jugement, ce que le recourant a admis 
aux débats ; 

Vu l’annonce d’appel du 30 mars 2024 faite par le recourant à l’encontre du jugement du 21 
mars 2024 (Juge pénale, p. 161) ;

Vu le recours déposé le 30 mars 2024 par le recourant à l’encontre de la décision de la juge 
pénale du 21 mars 2024, concluant, à titre préjudiciel, à l’octroi de l’effet suspensif au recours ; 
à titre principal, à l’annulation de la décision du 21 mars 2024 prononçant le maintien des 
mesures de substitution et à ce qu’il soit mis au bénéfice de la défense d’office pleine et entière 
dans la présente procédure de recours, frais et dépens laissés à la charge de l’Etat ;

Vu les motifs exposés par le recourant à l’appui de ses conclusions ; en substance, il se 
prévaut de la violation de son droit d’être entendu résultant d’un défaut de motivation de la 
décision attaquée, la juge pénale n’ayant pas examiné et discuté dans ses motifs en quoi les 
mesures de substitution prolongées respecteraient les conditions de l’art. 231 CPP ; dite 
décision viole par ailleurs le principe de la limitation dans le temps desdites mesures de 
substitution ordonnées « jusqu’à l’entrée en force du jugement prononcé le 21 mars 2024 » ; 
enfin, la décision en cause viole les art. 231 CPP et 5 §1 let. a CEDH, dans la mesure où ces 
dispositions impliquent un examen restrictif des conditions d’une éventuelle détention et par 
conséquent, également des conditions posées au prononcé de mesures de substitution ; or, il 
a toujours strictement respecté les conditions imposées par les mesures de substitution, ainsi 
que le relève le Service de probation dans son rapport du 30 janvier 2024, dont il n’a 
aucunement été fait état dans la décision attaquée, si bien que le risque de réitération ne 
saurait être considéré comme suffisamment concret et déterminé ; le risque de fuite n’est pas 
non plus réalisé au vu de la peine prononcée et du fait que le Ministère public n’a jamais requis 
une sanction impliquant une peine privative de liberté ferme ; enfin, dite décision viole le 
principe de la proportionnalité au vu de la peine prononcée ;

3

Vu la prise de position de la juge pénale du 4 avril 2024 par laquelle elle renvoie aux motifs de 
la décision attaquée et s’en remet à la décision de la Chambre de céans ;

Vu la détermination du recourant du même jour développant les motifs de sa conclusion en 
restitution de l’effet suspensif au recours ;

Vu la décision de la direction de la procédure de l’autorité de recours du 9 avril 2024 rejetant 
la conclusion du recourant tendant à la restitution de l’effet suspensif au recours ;

Attendu que la décision du 21 mars 2024 est sujette à recours au sens des art. 222 et 393 al. 
1 let. b CPP (TF 1B_250/2014 du 4 août 2014 consid. 2.1) devant la Chambre de céans (art. 
23 let a LiCPP) ; 

Attendu que le recours a été introduit dans les forme et délai légaux (art. 396 al. 1 CPP) et le 
recourant a manifestement qualité pour recourir (art. 222, 237 al. 4 CPP) ; 

Attendu, conformément à l'art. 231 al. 1 CPP, qu’au moment du jugement, le tribunal de 
première instance détermine si le prévenu qui a été condamné doit être placé ou maintenu en 
détention pour des motifs de sûretés pour garantir l'exécution de la peine ou de la mesure 
prononcée (let. a) ou en prévision de la procédure d'appel (let. b) ; 

Attendu, par ailleurs, conformément au principe de proportionnalité (art. 36 al. 3 Cst.), que l'art. 
237 al. 1 CPP prévoit que le tribunal compétent ordonne une ou plusieurs mesures moins 
sévères en lieu et place de la détention si celles-ci permettent d'atteindre le même but ; 
conformément à l'art. 237 al. 5 CPP, le tribunal peut en tout temps révoquer les mesures de 
substitution, en ordonner d'autres ou prononcer la détention provisoire si des faits nouveaux 
l'exigent ou si le prévenu ne respecte pas les obligations qui lui ont été imposées ;  

Attendu, en l’espèce, que la culpabilité du recourant relative aux infractions dont il a été déclaré 
coupable présente un degré de gravité relatif au regard de la peine de 180 jours-amende avec 
sursis pendant 2 ans, assortie d’une amende contraventionnelle de CHF 300.-, prononcée par 
la juge pénale, si bien que les exigences à poser au regard du principe de la proportionnalité 
sont d’autant plus élevées au cas présent ; 

Attendu que la décision attaquée ne se prononce pas de manière circonstanciée sur les 
conditions posées par l’art. 231 al. 1 CPP, se limitant à renvoyer à la décision précédemment 
rendue par le juge des mesures de contrainte, le 4 janvier 2024 ; or, cette dernière décision 
renvoie elle-même aux motifs des précédentes décisions s’agissant de l’existence tant des 
charges suffisantes que des risques de fuite et de réitération, précisant qu’aucun élément 
nouveau pertinent n’étant intervenu, depuis lors, de nature à remettre en cause les mesures 
de substitution imposées au recourant (F.1.256 ss) ;

Attendu qu’il ressort du dossier que le Ministère public a requis dans son acte d’accusation du 
15 mai 2023 une peine privative de liberté de 12 mois, avec sursis pendant 2 ans, sous 
déduction de la détention avant jugement subie, assortie d’une amende de CHF 300.- et les 
règles de conduite suivantes : respecter et se soumettre à toutes décisions et injonctions de 
l’APEA en lien avec les enfants B.________ et C.________ et à ce qu’une assistance de 
probation soit ordonnée (L.139 s.), règles de conduites que la juge pénale a prononcées ;

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Attendu, selon le casier judiciaire du recourant, que ce dernier n’a jamais fait l’objet d’une 
condamnation au préalable (Juge pénale, p. 126) ;

Attendu qu’il ressort du rapport de probation du 30 janvier 2024 que le recourant a respecté 
les mesures de substitution ordonnées à son encontre et a collaboré adéquatement (Juge 
pénale, p. 113 ss) ;

Attendu que la décision précédente du 4 janvier 2024 à laquelle renvoie la décision attaquée 
retient, outre l’existence de charges suffisantes, celle des risques de fuite et de réitération ; or, 
la détention pour des motifs de sûreté, respectivement des mesures de substitution ne 
sauraient plus être prononcées, à ce stade de la procédure, pour des tels motifs ; 

Attendu, au vu de ces motifs, qu’un risque de réitération suffisant à la réalisation des conditions 
légales en cause n’est manifestement pas réalisé pour justifier les mesures de substitution 
ordonnées, étant rappelé que quand bien même l’admission de la réalisation du risque de 
réitération est, selon la jurisprudence, soumis à des exigences moins élevées pour les 
mesures de substitution que pour la détention (TF 1B_384/2022 du 18 août 2022 consid. 2.2 
et réf.), il n’en demeure pas moins que la condition de l’existence d’un risque de récidive exige 
une retenue particulière et est subordonnée à des conditions spécifiques précises, à 
interpréter de manière restrictive (Message concernant la modification du code de procédure 
pénale du 28 août 2019, FF 2019 6394) ; ce risque ne saurait en conséquence plus être retenu 
à ce stade de la procédure, ceci d’autant plus qu’il persistera, par le biais de l’intervention de 
l’APEA, une surveillance de l’évolution de la situation des enfants en particulier au sein de la 
famille du recourant (cf. not., Juge pénale, p. 118 s.) ;

Attendu que la même conclusion s’impose s’agissant du risque de fuite retenu à l’appui de la 
décision attaquée, par renvoi à celle du 4 janvier 2024 ; à ce stade de la procédure, la situation 
se présente en effet différemment de celle qui prévalait lors des précédentes décisions du juge 
des mesures de contrainte, aucune déclaration de culpabilité ni aucune peine n’ayant alors 
été prononcées ; or, au vu du jugement de la juge pénale et des réquisitions du Ministère 
public, la peine à laquelle est exposée le recourant, en cas de déclaration de culpabilité en 
appel, soit une peine pécuniaire ou privative de liberté avec sursis, en cas d’appel joint du 
Ministère public, ne permet raisonnablement pas de fonder l’existence d’un risque de fuite, 
étant rappelé que le recourant est afghan et suisse et vit depuis 2004 en Suisse, avec sa 
famille (not. F.3.92) ; 

Attendu que les mesures de substitution en cause ne se justifient en conséquence pas pour 
garantir l'exécution de la peine prononcée ou en prévision de la procédure d'appel au sens de 
l’art. 231 CPP ; le fait que la peine prononcée soit assortie de règles de conduite ne permet 
pas d’aboutir à une autre conclusion, ces dernières étant réglementées par des dispositions 
légales spéciales du Code pénal ;

Attendu que le recourant a certes déclaré, au cours des débats du 21 mars 2024, qu’il lui était 
« égal » que les mesures de substitution soient prolongées jusqu’à l’entrée en force du 
jugement ; toutefois, une telle déclaration importe peu, dans la mesure où la réalisation, 
respectivement la persistance des conditions légales posées à la mise en œuvre de mesures 
de substitution doit être examinée d’office ;

5

Attendu, au vu de ces motifs, que le recours doit dès lors être admis, les mesures de 
substitution litigeuses levées, sans qu’il soit en outre nécessaire de se prononcer sur les autres 
motifs soulevés par le recourant à l’appui de ses conclusions ; 

Attendu qu’au vu de l’admission du recours, les frais de la procédure de recours sont laissés 
à la charge de l’Etat (art. 428 al. 1 CPP) ; une indemnité, taxée au vu du dossier, conformément 
à l’ordonnance fixant le tarif des honoraires d’avocat (RSJU 188.61), doit être allouée à Me 
André Gossin, qui est désigné mandataire d’office pour la présente procédure de recours, les 
conditions légales étant réalisées ; il est précisé à cet égard que, conformément à la 
jurisprudence, le mandat de défense d'office conféré à l'avocat du recourant pour la procédure 
principale ne s'étend pas aux procédures de recours contre les décisions prises par la direction 
de la procédure en matière de détention avant jugement, dans la mesure où l'exigence des 
chances de succès de telles démarches peut être opposée au détenu dans ce cadre, même 
si cette question ne peut être examinée qu'avec une certaine retenue ; ceci vaut également 
lorsque le ministère public a, dans le cadre de la procédure principale, désigné un défenseur 
d'office au prévenu qui se trouve dans un cas de défense obligatoire (TF 7B_198/2024 du 9 
avril 2024 consid. 4.2 ; 1B_516/2020 du 3 novembre 2020 consid. 5.1 et réf ; 7B_419/2023 du 
28 août 2023 consid. 4) ;

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE PÉNALE DES RECOURS

désigne

Me André Gossin en qualité de défenseur d’office du recourant pour la présente procédure de 
recours ; pour le surplus,

admet

le recours ; partant,

annule

la décision de la juge pénale du 21 mars 2024 ; 

laisse

les frais de la procédure de recours à la charge de l’Etat ;

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taxe

à CHF 1’026.95 (dont débours : CHF 50.- et TVA : CHF 76.95) les honoraires que Me André 
Gossin pourra réclamer à l'Etat en sa qualité de défenseur d'office du recourant pour la 
présente procédure de recours ;

informe

les parties des voie et délai de recours selon avis ci-après ; 

ordonne

la notification de la présente décision :
- au recourant, par son mandataire, Me André Gossin, avocat à Moutier ;
- à la juge pénale, Mme Marjorie Noirat, à Porrentruy ;
- au Ministère public, Mme la procureure Vanesa Hamzaj, à Porrentruy. 

Copie pour information :
- au Service juridique, Office de probation, à Delémont.

Porrentruy, le 2 mai 2024

AU NOM DE LA CHAMBRE PENALE DES RECOURS:
Le président : La greffière :

Daniel Logos Lisiane Poupon

Communication concernant les moyens de recours :

Un recours en matière pénale peut être déposé contre la présente décision auprès du Tribunal fédéral, 
conformément aux dispositions de la loi sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), en particulier aux art. 42 ss, 78 
ss et 90 ss LTF, dans un délai de 30 jours dès la notification du jugement. Ce délai ne peut pas être prolongé 
(art. 47 al. 1 LTF). Le mémoire de recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Il doit être 
rédigé dans une langue officielle, indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. Les 
motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit. Un exemplaire de la décision attaquée 
doit par ailleurs être joint au recours.

Les mémoires doivent être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral, soit, à l’attention de 
ce dernier, à la Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF).

Lorsque le destinataire de la notification est domicilié à l'étranger, le mémoire de recours doit être remis, au plus 
tard le dernier jour du délai, à la Poste suisse ou peut être déposé, dans le même délai, auprès d'une représentation 
consulaire ou diplomatique suisse (art. 91 al. 2 CPP).