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**Case Identifier:** a509b443-41eb-57b2-b66e-61c8902847c3
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2017-09-20
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 20.09.2017 RR.2017.93
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG/CH_BSTG_001_RR-2017-93_2017-09-20.pdf

## Full Text

Arrêt du 20 septembre 2017 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Andreas J. Keller, juge 

président, Tito Ponti et Giorgio Bomio,  

la greffière Manuela Carzaniga 

  

   

Parties  A., représenté par Me Grégoire Mangeat, avocat,  

recourant 

  

 contre 

   

  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,  

partie adverse 

 

   

Objet  Entraide judiciaire internationale en matière pénale à 

l'Espagne 

 

Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP); 

saisie conservatoire (art. 18 EIMP et 33a OEIMP)  

 

 

  

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

Numéro de dossier: RR.2017.93 

 

 

 

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Faits: 

 

A. Par commission rogatoire du 5 mars 2015, le Magistrat-Juge B. du Tribunal 

central d’instruction n° 6 de l’Audience nationale à Madrid, Espagne  

(ci-après: l’autorité requérante), a informé les autorités suisses de l’existence 

d’une procédure pénale ouverte notamment à l’encontre de C., entrepreneur 

dans le secteur du bâtiment, de D., membre du monde politique de la localité 

de Z. (E) entre 1999 et 2014 et d’autres personnes, soupçonnées d’avoir 

commis des actes de corruption, de blanchiment d’argent, de détournement 

de deniers publics, de fraude contre l’administration publique, de falsification 

d’actes sous seing privé et de documents officiels, ainsi que d’autres infrac-

tions au code pénal espagnol (act. 9.1). La demande d’entraide espagnole 

s’insère dans le cadre de la vaste enquête pénale appelée "Operación 

Púnica" ouverte à l’encontre de nombreux politiciens, fonctionnaires et chefs 

d’entreprises espagnols suspectés d’implication dans un vaste système de 

corruption.  

 

 

B. Il ressort en substance de la requête du 5 mars 2015 que C., secondé 

notamment par A., principal associé du premier dans son activité 

immobilière, aurait, de connivence avec des entrepreneurs du secteur du 

bâtiment et avec l’aide de D., corrompu des fonctionnaires étatiques et des 

hommes politiques de la région de Z. (E). A partir de 2000, C. aurait acquis, 

au travers de ses entreprises, des terrains ruraux qui auraient été aussitôt 

requalifiés comme urbains dans le Plan d’aménagement de Z., cela 

notamment grâce à l’aide de D., à des informations privilégiées obtenues de 

la mairie de Z. et à l’entremise de fonctionnaires corrompus. Le montage 

criminel mis en place par le précité et ses complices lui aurait également 

permis d’obtenir des gains illicites importants puisque les terrains étaient 

ensuite vendus à des prix largement supérieurs au prix d’achat initial à cause 

de fausses factures établies par ses entreprises de promotion et de 

construction immobilière. Une partie des bénéfices illicites réalisés par le 

précité et ses complices aurait été transférée sur des relations bancaires 

dans des établissements financiers en Suisse. Les fonds litigieux auraient 

par la suite été rapatriés et réintégrés dans le patrimoine de C. et de ses 

complices via la constitution et l’utilisation de sociétés off-shore, l’ouverture 

de plusieurs relations bancaires auprès de différents instituts bancaires en 

Suisse, ainsi que la mise en place d’un système de transfert de fonds entre 

l’Espagne et la Suisse. L’autorité requérante estime que le bénéfice tiré des 

activités sous enquête s’élèverait à environ 25 millions d’euros. Pour les 

besoins de l’enquête, l’autorité requérante demande la production de la 

documentation bancaire relative à plusieurs comptes ouverts en Suisse au 

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nom de personnes et sociétés identifiées au cours de l’instruction et le gel 

des avoirs y déposés (act. 9.1). 

 

 

C. Par décision d’entrée en matière du 17 juin 2015, le Ministère public de la 

Confédération (ci-après: MPC), chargé de l’exécution de la demande espa-

gnole par l’Office fédéral de la justice (ci-après: OFJ) le 1er avril 2015, a dé-

claré recevable la demande et a ordonné les mesures requises par ordon-

nances séparées (act. 9.3).  

 

 

D. Par ordonnance du 6 juillet 2015, le MPC a ordonné à la banque E. la saisie 

de la documentation bancaire ainsi que des fonds déposés sur le compte 

n° 1 ouvert dans les livres de ladite banque au nom de A. (act. 9.7).  

 

 

E. Par courrier recommandé du 27 octobre 2016 (act. 9.4), transmis le 10 jan-

vier 2017 (act. 9.5), le MPC a demandé des clarifications à l’autorité requé-

rante quant aux relations bancaires visées par la demande. Dans ce courrier, 

le MPC a expliqué qu’un compte avait été identifié auprès de la banque E. 

au nom A. et que celui-ci avait été crédité du solde d’un compte, désormais 

fermé, dont C. et A. avaient été co-titulaires. Le MPC a également précisé 

que les informations transmises étaient réservées uniquement à l’interpréta-

tion de la demande d’entraide espagnole et qu’elles ne pouvaient pas être 

utilisées à d’autres fins aussi longtemps que la procédure d’entraide ne 

s’était pas terminée par une décision définitive. 

 

 

F. En réponse à la requête d’information du MPC, par requête d’entraide com-

plémentaire du 23 janvier 2017, l’autorité requérante a réitéré sa demande 

initiale (act. 9.2).  

 

 

G. Par ordonnance de clôture du 15 mars 2017, le MPC a ordonné la transmis-

sion à l’autorité requérante des documents produits par la banque E. con-

cernant le compte bancaire n° 1 précité, ainsi que le maintien du séquestre 

sur les valeurs y déposées (act. 1.1).  

 

 

H. Par mémoire du 19 avril 2017, A. a recouru contre ledit prononcé, ainsi que 

contre l’ordonnance de séquestre du 6 juillet 2015 (cf. supra, let. D; act. 1). 

Il conclut en substance à l’annulation desdits prononcés (act. 1). 

 

 

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I. Dans leur réponses respectives, l’OFJ et le MPC concluent au rejet du re-

cours dans la mesure de sa recevabilité (act. 7 et 8). 

 

 

J. Par réplique du 1er juin 2017, A. persiste dans les conclusions prises dans 

son recours (act. 11). 

 

 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris, 

si nécessaire, dans les considérants en droit. 

 

 

 

La Cour considère en droit: 

 

1.  

1.1 La Confédération suisse et le Royaume d'Espagne sont tous deux parties à 

la Convention européenne d'entraide judiciaire en matière pénale (CEEJ; 

RS 0.351.1). Les art. 48 ss de la Convention d'application de l'Accord Schen-

gen du 14 juin 1985 (CAAS; n° CELEX 42000A0922(02); Journal officiel de 

l'Union européenne L 239 du 22 septembre 2000, p. 19 à 62) s'appliquent 

également à l'entraide pénale entre ces deux Etats. Peut également s'appli-

quer en l'occurrence la Convention du Conseil de l'Europe relative au blan-

chiment, au dépistage, à la saisie et à la confiscation des produits du crime 

(CBl; RS 0.311.53). Les dispositions de ces traités l'emportent sur le droit 

autonome qui régit la matière, soit la loi fédérale sur l'entraide internationale 

en matière pénale (EIMP; RS 351.1) et son ordonnance d'exécution (OEIMP; 

RS 351.11). Le droit interne reste toutefois applicable aux questions non ré-

glées, explicitement ou implicitement, par le traité et lorsqu'il est plus favo-

rable à l'entraide (ATF 142 IV 250 consid. 3; 140 IV 123 consid. 2, 137 IV 33, 

consid. 2.2.2; 136 IV 82, consid. 3.1; arrêt du Tribunal pénal fédéral 

RR.2010.9 du 15 avril 2010, consid. 1.3), ce qui est valable aussi dans le 

rapport entre elles des normes internationales (v. art. 48 ch. 2 CAAS et 39 

ch. 2 CBl). L'application de la norme la plus favorable doit avoir lieu dans le 

respect des droits fondamentaux (ATF 135 IV 212, consid. 2.3; 123 II 595, 

consid. 7c). 

 

1.2 La Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral est compétente pour con-

naître des recours dirigés contre les décisions de clôture de la procédure 

d'entraide rendues par les autorités cantonales ou fédérales d'exécution et, 

conjointement, contre les décisions incidentes (art. 25 al. 1 et 80e al. 1 EIMP, 

mis en relation avec l'art. 37 al. 2 let. a ch. 1 de la loi fédérale sur l'organisa-

tion des autorités pénales de la Confédération [LOAP; RS 173.71]). 

 

http://links.weblaw.ch/BSTGER-RR.2010.9
http://links.weblaw.ch/ATF-123-II-595

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1.3 Le délai de recours contre la décision de clôture est de 30 jours dès la com-

munication écrite de celle-ci (art. 80k EIMP). Déposé à un bureau de poste 

suisse le 19 avril 2017, le recours contre la décision notifiée le 20 mars 2017 

a été déposé en temps utile. 

 

1.4 Selon l'art. 80h let. b EIMP, la qualité pour recourir contre une mesure d'en-

traide judiciaire est reconnue à celui qui est personnellement et directement 

touché par la mesure d'entraide. La personne visée par la procédure pénale 

étrangère peut recourir aux mêmes conditions (art. 21 al. 3 EIMP). Aux 

termes de l'art. 9a let. a OEIMP, est notamment réputé personnellement et 

directement touché au sens des art. 21 al. 3 et 80h EIMP, en cas d'informa-

tions sur un compte, le titulaire du compte dont les documents font l'objet de 

la décision de clôture. En tant que titulaire du compte visé par la décision 

querellée, A. est légitimé à recourir contre la décision de clôture querellée, 

ainsi que contre l’ordonnance du 6 juillet 2015 (cf. supra, let. D).  

 

1.5 Sur ce vu, il y a lieu d’entrer en matière sur le recours.  

 

 

2. Le recourant fait valoir la violation de son droit d’entre entendu. Selon lui, le 

MPC aurait dû lui soumettre la commission rogatoire complémentaire du 

23 janvier 2017 avant d’émettre la  décision de clôture relative à son compte 

bancaire n° 1.   

 

2.1 Le droit d'être entendu, ancré à l'art. 29 al. 2 Cst., garantit au particulier le 

droit de s'expliquer avant qu'une décision ne soit prise à son détriment, de 

fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur la décision, de 

participer à l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de 

se déterminer à leur propos (ATF 138 V 125, consid. 2.1; 129 I 85 con-

sid. 4.1; 129 II 497 consid. 2.2; 127 I 54 consid. 2b; arrêt du Tribunal pénal 

fédéral RR.2011.29 du 9 août 2011, consid. 3.1). Dans le domaine de la 

petite entraide, le droit d'être entendu est notamment mis en œuvre par l'art. 

80b EIMP qui permet à l'ayant droit de participer à la procédure et de con-

sulter le dossier si la sauvegarde de ses intérêts l'exige. Cet article consacre 

ainsi le droit d'être entendu de l'intéressé quant à la consultation des pièces 

du dossier le concernant. Il lui permet, à moins que certains intérêts ne s'y 

opposent, de consulter le dossier de la procédure, soit essentiellement la 

demande d'entraide et les pièces annexées, puisque c'est sur la base de ces 

documents que se déterminent l'admissibilité et la mesure de l'entraide re-

quise (arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2015.154 du 23 décembre 2015, 

consid. 2.3.1 et les références citées). Ainsi, après avoir saisi les documents 

qu'elle juge utiles pour l'exécution de la demande, l'autorité d'exécution trie 

les pièces susceptibles d'être remises, en vue du prononcé de la décision de 

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clôture de la procédure. Avant de statuer à ce sujet, elle doit impartir un délai 

à l’intéressé, pour qu'il fasse valoir les arguments qui s'opposeraient selon 

lui à la transmission, de manière à respecter son droit de consulter le dossier 

découlant du droit d'être entendu (arrêt du Tribunal pénal fédéral 

RR.2013.58-60 du 28 juin 2013, consid. 2.3 et les références citées). La con-

sultation ne s'étend en tout cas qu'aux pièces pertinentes pour l'issue de la 

cause, soit toutes celles que l'autorité prend en considération pour fonder sa 

décision (ATF 121 I 225 consid. 2a; arrêt du Tribunal pénal fédéral 

RR.2015.154 du 23 décembre 2015, consid. 2.3.1). Lorsqu'une violation du 

droit d'être entendu est commise par l'autorité d'exécution, la procédure de 

recours devant la Cour des plaintes en permet en principe la réparation. En 

matière d'entraide internationale une telle réparation entre en ligne de 

compte afin de respecter les principes de célérité et d'économie procédurale. 

La jurisprudence a toutefois fixé des limites au-delà desquelles la violation 

du droit d'être entendu ne peut plus être réparée. Tel est le cas lorsque l'auto-

rité méconnaît systématiquement la portée du droit d'être entendu, se dé-

faussant par là même sur l'autorité de recours (arrêt du Tribunal fédéral 

1C_168/2016 du 22 avril 2016, consid. 1.3.2; arrêt du Tribunal pénal fédéral 

RR.2015.278 du 16 décembre 2015, consid. 2.1.3 et les références citées). 

 

2.2 Par commission rogatoire du 5 mars 2015, l’autorité requérante a demandé 

la saisie de documents et le blocage de "n’importe quel compte (…) ayant 

un rapport avec le reste des mouvements de fonds objet des enquêtes soit 

en raison de leur origine soit en raison de leur destination associé aux auto-

rités publiques, sociétés et administrateurs susmentionnés". Sur la base de 

cette demande, le MPC avait ordonné, dans un premier temps, l’édition de 

la documentation bancaire et le séquestre des fonds déposés auprès de la 

banque E. sur toute relation bancaire liée aux personnes physiques et mo-

rales visées par l’enquête espagnole (act. 1 p. 3; act. 1.1 p. 3). Après la ré-

ception de ladite ordonnance, la banque E. a informé le MROS qui, à son 

tour a informé le MPC, de l’existence de la relation bancaire n° 1 ouverte au 

nom A. après de la banque E.. Cette relation bancaire bien que ne figurant 

pas expressément dans la requête espagnole, a attiré l’attention de l’établis-

sement bancaire car elle avait été créditée, en trois tranches, du solde du 

compte n° 2 ouvert au nom de A. et du prévenu C.. Ce dernier compte avait 

été clôturé le 15 août 2013 (act. 9.6). Vu le lien évident entre les deux 

comptes ainsi qu’entre les titulaires, tous deux par ailleurs déjà mentionnés 

dans la requête d’entraide du 5 mars 2015 (act. 9.1), il était raisonnable de 

conclure qu’également le compte n° 1 intéresserait l’autorité requérante. De 

ce fait, en faisant preuve d’une précaution méticuleuse nonobstant le libellé 

clair de la requête, le MPC, a considéré opportun de demander à l’autorité si 

le compte n° 1 intéresserait l’enquête (act. 9.4 et 9.5). Par son complément 

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rogatoire du 23 janvier 2017, l'autorité requérante a évidemment confirmé 

son intérêt (9.2). 

 

2.3 Cela étant, le MPC n’a fait qu’exécuter la commission rogatoire du 5 mars 

2015. Ce texte indiquait clairement la nécessité de bloquer les fonds liés aux 

personnes visées par l’enquête espagnole. Or, ainsi qu’on vient de le voir, il 

existe un rapport évident entre le compte litigieux, les faits exposés dans la 

demande espagnole ainsi qu’entre A. et C. car, faut-il le rappeler, le compte 

litigieux détenu par le recourant a reçu le solde d’un compte soldé détenu 

par lui-même et C.. Il est manifeste que dans de pareilles circonstances le 

compte bancaire litigieux peut avoir reçu des fonds d’origine suspecte. L’écrit 

complémentaire de l’autorité requérante du 23 janvier 2017 n’était partant 

pas nécessaire au recourant pour faire valoir ses arguments et préparer son 

recours. Les éléments ayant conduit le MPC à s’intéresser au compte n° 1 

étant déjà présents dans la demande du 5 mars 2015. Même en voulant 

admettre une violation du droit d’être entendu, celle-ci aurait en tous les cas 

pu être réparée dans le cadre de la présente procédure. Au vu de ce qui 

précède, ce premier grief tombe à faux.  

 

 

3. Le recourant se plaint de la violation de l’art. 80a EIMP. Les mesures exécu-

tées sur son compte se fonderaient sur la commission rogatoire complémen-

taire du 23 janvier 2017, sans que le MPC ait toutefois d’abord statué sur 

l’admissibilité de ladite demande complémentaire.  

  

3.1 À la présentation d’une demande d’entraide, l’autorité d’exécution procède à 

l’examen préliminaire de sa validité. Si elle la considère recevable, elle rend 

une décision d’entrée en matière sommairement motivée (art. 80a al. 1 

EIMP). L’autorité étrangère peut être amenée à compléter sa demande ini-

tiale au fur et à mesure de la découverte de faits nouveaux. Chaque complé-

ment est traité séparément, comme s’il s’agissait d’une nouvelle demande 

(ZIMMERMANN, La coopération internationale en matière pénale, 4e éd., 

Berne 2014, n° 302). Un tel examen de la recevabilité peut cependant être 

omis lorsque dans le complément, l’autorité requérante ne présente pas de 

faits nouveaux décisifs (ATF 117 Ib 330 consid. 4 et ZIMMERMANN, op. cit., 

n° 511).  

 

3.2 Comme il l’a été constaté ci-dessus (cf. supra, consid. 2.3), les mesures tou-

chant le compte du recourant se fondent sur la commission rogatoire du 

5 mars 2015 et non sur la commission complémentaire du 23 janvier 2017. 

Malgré la qualification que l’autorité requérante a donné à sa réponse du 

23 janvier 2016, ce document n’apporte aucune information nouvelle. Celle-

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ci servait uniquement à réitérer le contenu de la demande originaire. N’ex-

posant du reste aucun fait nouveau par rapport à la requête du 5 mars 2015, 

le MPC était exonéré d’examiner les conditions d’admissibilité de cette pré-

tendue demande complémentaire, conformément à la jurisprudence préci-

tée. Exiger dans ces conditions une décision intermédiaire supplémentaire 

ressortirait du formalisme excessif. Sur ce vu, il n’y a pas eu de violation de 

l’art. 80a EIMP de la part du MPC. Ce deuxième grief doit également être 

rejeté.  

 

 

4. Enfin, le recourant soutient que le séquestre serait injustifié, car l’autorité 

requérante n’aurait pas requis l’exécution d’une telle mesure.  

 

4.1 A teneur de l'art. 18 al. 1 EIMP, si un Etat étranger le demande expressément 

et que l'entraide ne semble pas manifestement inadmissible ou inopportune, 

l'autorité compétente peut ordonner des mesures provisoires - tel que le gel 

de comptes bancaires - en vue de maintenir une situation existante, de pro-

téger des intérêts juridiques menacés ou de préserver des moyens de 

preuve. L'autorité compétente pour ordonner de telles mesures est généra-

lement le ministère public en charge de l'exécution de la demande (arrêt du 

Tribunal pénal fédéral RR.2011.253 du 28 novembre 2011, consid. 3.2; 

AEPLI, Commentaire bâlois, Internationales Strafrecht, Bâle 2015, n° 25 ad 

art. 18 EIMP et les références citées). Le fait que l'autorité requérante n'ait 

pas expressément requis une telle mesure n'empêche pas l'autorité d'exé-

cution d'y procéder, en particulier, si la demande d'entraide judiciaire se rap-

porte à des fonds potentiellement détournés, dès lors que l'Etat requérant 

est susceptible de demander la remise desdites valeurs, conformément à 

l'art. 74a EIMP (arrêt du Tribunal fédéral 1C_562/2011 du 22 décembre 

2011, consid. 1.3; arrêts du Tribunal pénal fédéral RR.2013.356 du 21 février 

2014, consid. 5; RR.2013.73-76 du 6 août 2013, consid. 3; RR.2010.39 du 

28 avril 2010, consid. 5.1; RR.2008.213 du 3 avril 2009, consid. 4.4; 

RR.2008.287 du 9 avril 2009, consid. 3.2). Cependant, lorsque le séquestre 

n'est pas expressément demandé, ou lorsque la demande d'entraide n'est 

pas claire sur ce point, il incombe à l'autorité d'exécution d'interpeller l'auto-

rité requérante afin que la lumière soit faite sur ce point. Le maintien d'une 

mesure provisoire ordonnée sur la base de l'art. 18 EIMP ne peut pas être 

ordonné dans le cadre d'une ordonnance de clôture, tant que l'Etat requérant 

n'a pas expressément répondu à cette question. 

 

4.2 Le but ultime de la saisie d'objets ou de valeurs dans une procédure d'en-

traide étant leur remise à l'Etat requérant, lequel peut, dans le cadre d'une 

procédure en cours devant ses propres autorités, prononcer soit la confisca-

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tion, soit la restitution des biens saisis (MOREILLON [Edit.], Entraide interna-

tionale en matière pénale, Bâle 2004, n° 13 ad art. 74a EIMP), la question à 

résoudre à ce stade de la procédure est celle de savoir s'il y a lieu de main-

tenir la saisie ou s'il apparaît d'emblée impossible que les valeurs séques-

trées puissent être remises au terme de la procédure d'entraide. Si tel devait 

être le cas, la saisie provisoire devrait être levée (ATF 123 II 268 consid. 

4b/dd; arrêts du Tribunal fédéral 1A.89/2004 du 10 juin 2004, consid. 7; 

1A.218/2000 du 6 novembre 2000, consid. 2c; TPF 2007 70 consid. 5).  

 

4.3 Le séquestre du compte du recourant consiste en une mesure provisoire au 

sens de l'art. 18 EIMP. La requête d’entraide demandait expressément le 

blocage des comptes bancaires en lien avec les faits et les personnes faisant 

l’objet de l’enquête pénale espagnole. Le compte du recourant tombe dans 

ces catégories (cf. supra, consid. 2.2 et 2.3), motif pour lequel le MPC a pro-

cédé au séquestre de ses fonds. La nécessité de maintenir le séquestre a 

par ailleurs été confirmée par l'autorité requérante sur interpellation du MPC 

(act. 9.2). Quant à une future demande de remise en vue de confiscation de 

l'autorité requérante au sens de l'art. 74a EIMP, celle-ci ne peut pas être 

d’ores et déjà manifestement exclue à ce stade de la procédure. L’origine 

des fonds bloqués paraît à première vue en lien avec les fais criminels décrits 

dans la commission rogatoire. En particulier, l’autorité requérante n’exclut 

pas que A. pourrait avoir participé, en tant que partenaire d’affaires de C. et 

administrateur solidaire d’un réseau de sociétés, aux infractions décrites 

dans la requête (act. 9.2). L'un des objectifs de l'entraide pénale internatio-

nale étant de permettre la confiscation des produits tirés des infractions pé-

nales, de leur valeur de remplacement et des avantages illicites (art. 74a 

al. 2 let. b EIMP). Ce n'est qu'après que l'autorité requérante aura clarifié 

l'état de faits sous enquête et établi si les fonds bloqués résultent des infrac-

tions présumées qu'elle en demandera, le cas échéant, la remise. Jusqu'à 

droit connu sur le fond, les avoirs litigieux demeurent saisis (cf. art. 33a 

OEIMP). Ce dernier grief doit également être rejeté. 

 

 

5. Sur ce vu le recours doit être rejeté. 

 

 

6. En règle générale, les frais de procédure comprenant l'émolument d'arrêté, 

les émoluments de chancellerie et les débours sont mis à la charge de la partie 

qui succombe (art. 63 al. 1 de la loi fédérale sur la procédure administrative 

[PA; RS 172.021]). Le montant de l'émolument est calculé en fonction de 

l'ampleur et de la difficulté de la cause, de la façon de procéder des parties, 

de leur situation financière et des frais de chancellerie (art. 73 al. 2 LOAP). Ce 

dernier supportera dès lors des frais fixés à CHF 5'000.-- (art. 73 al. 2 LOAP 

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et art. 8 al. 3 du règlement du Tribunal pénal fédéral sur les frais, émoluments, 

dépens et indemnités de la procédure pénale fédérale [RFPPF; 

RS 173.713.162] et art. 63 al. 5 PA). Le recourant ayant versé CHF 5'000.-- à 

titre d'avance de frais, l'émolument du présent arrêt est dès lors entièrement 

couvert par celle-ci. 

 

 

 

  

- 11 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Le recours est rejeté. 

 

2. Un émolument de CHF 5'000.--, entièrement couvert par l'avance de frais 

déjà versée, est mis à la charge du recourant.  

 

Bellinzone, le 21 septembre 2017 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le juge président: La greffière:  

 

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Me Grégoire Mangeat 

- Ministère public de la Confédération 

- Office fédéral de la justice, Unité Entraide judiciaire 

 

 

 

Indication des voies de recours 

Le recours contre une décision en matière d’entraide pénale internationale doit être déposé devant 
le Tribunal fédéral dans les 10 jours qui suivent la notification de l’expédition complète (art. 100 al. 1 
et 2 let. b LTF). 
 
Le recours n’est recevable contre une décision rendue en matière d’entraide pénale internationale 
que s’il a pour objet une extradition, une saisie, le transfert d’objets ou de valeurs ou la transmission 
de renseignements concernant le domaine secret et s’il concerne un cas particulièrement important 
(art. 84 al. 1 LTF). Un cas est particulièrement important notamment lorsqu’il y a des raisons de 
supposer que la procédure à l’étranger viole des principes fondamentaux ou comporte d’autres vices 
graves (art. 84 al. 2 LTF).