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**Case Identifier:** c8c631fd-ec3e-5283-940c-a963737af541
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-02-24
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 24.02.2015 A/3952/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-3952-2013_2015-02-24.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/3952/2013-ICCIFD ATA/207/2015 

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 24 février 2015 

4ème section 

   dans la cause 

 

Madame A______ 
représentée par Berney & Associés SA, société fiduciaire, mandataire 

contre 

ADMINISTRATION FISCALE CANTONALE 

et 

ADMINISTRATION FÉDÉRALE DES CONTRIBUTIONS 

_________ 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 
26 mai 2014 (JTAPI/585/2014) 

- 2/11 - 

A/3952/2013 

EN FAIT 

1)  Madame A______ est une contribuable domiciliée à Genève. 

2)  En 2009, année fiscale concernée par la présente procédure, elle était 

détentrice du capital social de la société B______ SA, devenue depuis le 1er juillet 

2013 la société C______ SA (ci-après : la société), dont elle est également 

l’administratrice unique. 

3)  Le 22 août 2011, l’administration fiscale cantonale (ci-après : AFC-GE) a 
notifié à Mme A______ des bordereaux d’impôts 2009 dont le montant s’élevait à 
CHF 84'651.50 pour l’impôt fédéral direct (ci-après : IFD), fondé sur un revenu 
de CHF 736'100.-, et à CHF 245'914.75 pour l’impôt cantonal et communal 
(ci-après : ICC), fondé sur un revenu imposable de CHF 731'397.- et une fortune 

de CHF 2'700'324.-. 

4)  Par bordereaux rectificatifs du 29 août 2011, l’AFC-GE a ramené le montant 
d’impôts dû pour l’IFD à CHF 74'598.95, en fonction d’un revenu imposable de 
CHF 656'900.-, et pour l’ICC à CHF 199'938.70, en fonction d’un revenu 
imposable de CHF 652'149.-. 

5)  Suite à une réclamation du 27 septembre 2011 formée par Mme A______ 

contre les deux bordereaux précités admise par l’AFC-GE, celle-ci a notifié à la 
contribuable deux nouveaux bordereaux rectificatifs datés du 11 septembre 2012. 

L’imposition relative à l’IFD diminuait à CHF 71'510.15 en fonction d’un revenu 
imposable de CHF 633'500.- et celle relative à l’ICC à CHF 192'538.- en fonction 
d’un revenu imposable de CHF 629'210.- et d’une fortune de CHF 541'959.-. 

  L’objet du contentieux déclenché par la réclamation précitée ne concernait 
pas le montant à prendre en compte comme revenu dans le traitement de la 

taxation de la contribuable. 

  Les bordereaux du 11 septembre 2012 n’ont pas fait l’objet d’un recours. 

6)  Le 7 février 2013, l’AFC-GE a notifié à la société, pour l’exercice fiscal 
2009, deux bordereaux d’impôts pour l’IFD et l’ICC. Le bénéfice de celle-ci était 
augmenté d’un montant de CHF 196'373.- par l’admission d’une prestation 
appréciable en argent accordée à l’actionnaire en raison d’un salaire excessif versé 
à la contribuable et actionnaire de cette personne morale. La reprise résultait de 

l’application de la méthode valaisanne fondée sur une comparaison du salaire de 
CHF 750'000.- versé à l’actionnaire au regard de différentes données de la société 
dont un chiffre d’affaire de CHF 968'345.- et un bénéfice comptable de 
CHF 15'346.-. 

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A/3952/2013 

7)  Le 10 avril 2013, l’AFC-GE a rejeté les réclamations de la société contre les 
décisions de taxation précitées. Les états financiers qui accompagnaient sa 

déclaration fiscale pouvaient être considérés comme définitifs et ne pouvaient en 

aucun cas être modifiés ultérieurement. L’admission d’une rémunération de 
l’actionnaire salariée revue « à la baisse » après application de la « méthode 
valaisanne » n’était donc pas possible. 

  La société n’a pas contesté ces décisions sur réclamations qui sont entrées 
en force en mai 2013, à l’échéance du délai de recours. 

8)  Le 11 juillet 2013, Mme A______ a formé auprès de l’AFC-GE, une 
demande de révision des décisions de taxation ICC et IFD du 11 septembre 2012 

la concernant pour l’exercice 2009. La part de salaire excessif retenue par le 
service des personnes morales de l’AFC-GE, soit CHF 196'373.- devait être 
assimilé à une distribution de dividende et n’être imposée qu’à hauteur de 60 % en 
vertu de l’art. 22 al. 2 de la loi sur l'imposition des personnes physiques du 
27 septembre 2009 (LIPP - D 3 08). Son salaire brut s’établissait dès lors à 
CHF 553'627.- et son salaire net, imposable à 100 %, devait être de 

CHF 520'925.- en lieu et place de CHF 707'012.-. 

9)  Le 23 septembre 2013, par deux décisions séparées, l’une visant l’ICC et 
l’autre l’IFD, l’AFC-GE a rejeté la demande de révision. Celle-ci était exclue 
lorsque le requérant invoquait des motifs qu’il aurait déjà pu faire valoir au cours 
de la procédure ordinaire s’il avait fait preuve de toute la diligence qui pouvait 
être raisonnablement exigée de lui. 

10)  Le 25 octobre 2013, par un acte unique, la contribuable a formé auprès de 

l’AFC-GE une réclamation contre les deux décisions précitées, concluant à leur 
annulation. La voie de la révision était la seule à sa disposition pour procéder au 

réexamen de sa taxation personnelle. Tant la société que la contribuable étaient 

domiciliées dans le canton de Genève. Il aurait été judicieux que le service des 

personnes morales communique au service des personnes physiques le montant de 

la reprise pour salaire excessif afin que la prestation appréciable en argent soit 

imposée en tant que dividende. C’est cette absence de communication qui avait 
obligé le service des personnes physiques à devoir examiner la question par le 

biais d’une demande de révision. Avant que la réclamation déposée par la société 
n’ait été tranchée définitivement, la contribuable ne pouvait demander la révision 
de sa taxation personnelle. L’AFC-GE aurait dû entrer en matière sur le fond de sa 
demande de révision et admettre d’imposer la part de salaire excessif aux 
conditions privilégiées prévues par le droit cantonal ou fédéral pour le versement 

des dividendes aux détenteurs de participations importantes dans le capital des 

sociétés anonymes de droit suisse et réduire en conséquence la part de salaire 

imposable à 100 %. 

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11)  Par deux décisions séparées du 31 octobre 2013, l’AFC-GE a décidé de 
maintenir les taxations de la contribuable, qu’il s’agisse de l’ICC ou de l’IFD, 
pour les motifs qu’elle avait retenus pour écarter la demande de révision  

12)  Par acte posté le 6 décembre 2013, Mme A______ a recouru auprès du 

Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) contre les deux 

décisions sur réclamation de l’AFC-GE précitées, reçues le 7 novembre 2013. Elle 
a conclu à leur annulation et à l’admission de ses demandes de révision. 

  Elle a repris l’argumentation développée à l’appui desdites réclamations. 
Elle était privée de tout moyen d’obtenir la modification de ses taxations 2009, ce 
qui empêchait qu’elle soit imposée correctement, avec pour conséquence une 
imposition disproportionnée et manifestement inexacte. La détermination du 

salaire excessif par le service des personnes morales constituait un fait nouveau 

susceptible de déclencher une procédure de révision pour une décision entrée en 

force. En juger autrement, signifierait qu’une fois les taxations entrées en force, il 
n’existait plus aucun moyen pour le contribuable d’obtenir la rectification justifiée 
de son imposition. L’existence même de la demande de révision était de ce fait 
remise en cause. 

13)  Le 13 mars 2014, l’AFC-GE a conclu au rejet du recours. La décision sur 
réclamation du 12 avril 2013 qui avait été notifiée à la société était postérieure à 

celle, définitive, relative à l’imposition de la recourante dont la révision était 
demandée, qui datait du 11 septembre 2012. Il ne s’agissait donc pas d’un fait 
survenu antérieurement à cette dernière et qui serait, après coup, parvenu à la 

connaissance de la recourante. Il n’y avait pas de fait nouveau, comme l’avait 
d’ailleurs relevé récemment la chambre administrative dans une autre espèce. 

14)  Par jugement du 26 mai 2014, le TAPI a rejeté le recours de Mme A______. 

Les faits invoqués par la recourante, à savoir les taxations de la société du 

10 avril 2013, bien que postérieures aux bordereaux dont la révision était 

demandée, ne constituaient pas des faits nouveaux fondant l’ouverture d’une 
procédure de révision. En effet, étant actionnaire unique de la société, la 

recourante ne pouvait ignorer les éléments sur lesquels sa société allait être 

imposée. Elle se méprenait en demandant que, compte tenu de la reprise effectuée 

auprès de la société, son revenu imposable comme tel soit diminué à 

CHF 553'627.- et qu’elle puisse bénéficier d’un abattement sur les rendements liés 
à sa fortune. En effet, le point déterminant était de savoir si elle avait bel et bien 

perçu un salaire de CHF 750'000.-. Tel était le cas en l’espèce, d’une part elle 
l’admettait et d’autre part ne prétendait pas en avoir remboursé une partie à la 
société.  

15)  Par acte posté le 3 juillet 2014, Mme A______ a saisi la chambre 

administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) d’un 
recours contre le jugement du TAPI précité, reçu le 3 juin 2014. Elle a conclu à 

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son annulation et à l’admission de la demande de révision. La part de salaire 
excessif reprise dans la taxation de la société devait être requalifiée en prestation 

appréciable en argent, puis imposée de manière privilégiée. 

  Le fait, pour l’AFC-GE de retenir lors de la taxation d’une société anonyme 
qu’une part du salaire versé à l’actionnaire représentait un salaire excessif et de le 
réintégrer au bénéfice de ladite société constituait, pour l’actionnaire bénéficiaire 
du salaire, un fait nouveau au sens des dispositions légales ouvrant la porte à une 

révision, qu’il s’agisse de l’ICC ou de l’IFD. Partant, les décisions de taxation 
2009 qui lui avaient été notifiées devaient être annulées par l’AFC-GE et 
remplacées par de nouveaux bordereaux d’impôts prenant en compte l’imposition 
d’un salaire réduit et le versement d’un dividende, soumis à une imposition 
réduite. 

16)  Le 24 juillet 2014, le TAPI a transmis son dossier sans formuler 

d’observations. 

17)  Le 1er septembre 2014, l’AFC-GE a conclu au rejet du recours. Les faits 
invoqués par Mme A______ ne constituaient pas des éléments nouveaux 

permettant de former valablement une demande de révision. Les décisions sur 

réclamation du 10 avril 2013 étaient postérieures à la taxation 2009 et cela 

interdisait la réalisation d’une circonstance fondant un cas de révision. Il y avait 
lieu de tenir compte de ce que la société concernée par les décisions sur 

réclamation et la recourante constituaient deux contribuables différents. 

Contrairement à ce que celle-ci affirmait, elle n’avait jamais demandé, dans le 
cadre de la procédure de taxation 2009, la modification du salaire qu’elle avait 
déclaré. Les contestations qui étaient intervenues à l’époque concernaient un autre 
aspect des bases de taxation. 

18)  Le 2 septembre 2014, le juge délégué a informé les parties que la cause était 

gardée à juger. 

EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 

recevable (art. 132 de la loi sur l’organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 53 de la loi de procédure fiscale du 4 octobre 2001 - LPFisc - 

D 3 17 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 

12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2)  Il s’agit de déterminer si la décision de l’AFC-GE du 7 février 2013 
concernant l’IFD et l’ICC à acquitter par la société, devenue définitive après le 
rejet le 13 avril 2013 de la réclamation de cette dernière, qui a conduit à 

réintégrer, au titre d’un salaire excessif, un montant de CHF 196'373.- dans son 

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bénéfice imposable pour l’exercice 2009, constitue un motif de révision qui devait 
contraindre l’autorité fiscale à réexaminer les décisions définitives de taxation de 
la recourante pour l’IFD et l’ICC de l’année 2009.  

3) a. Concernant l’IFD, les conditions de la révision d’une décision de taxation 
entrée en force sont réglées à l’art. 147 de la loi fédérale sur l’impôt fédéral direct 
du 14 décembre 1990 (LIFD - RS 642.11). 

  Selon l'art. 147 al. 1 LIFD, une décision ou un prononcé entré en force peut 

être révisé en faveur du contribuable, à sa demande, ou d'office : lorsque des faits 

importants ou des preuves concluantes sont découverts (let. a) ; lorsque l'autorité 

qui a statué n'a pas tenu compte de faits importants ou de preuves concluantes 

qu'elle connaissait ou devait connaître, ou qu'elle a violé de quelque autre manière 

l'une des règles essentielles de la procédure (let.b) ; lorsqu'un crime ou un délit a 

influé sur la décision ou le prononcé (let.c). 

  La révision est exclue lorsque le requérant a invoqué des motifs qu'il aurait 

déjà pu faire valoir au cours de la procédure ordinaire s'il avait fait preuve de toute 

la diligence qui pouvait raisonnablement être exigée de lui (art. 147 al. 2 LPFisc). 

 b. En matière d’ICC conformément à l’art. 51 de la loi fédérale sur 
l’harmonisation des impôts directs des cantons et des communes du 
14 décembre 1990 (LHID - RS 642.14), une demande de révision d’une décision 
fiscale définitive n’est admissible qu’aux conditions de l’art. 55 al. 1 et 2 LPFisc 
dont la teneur est identique à celle de l’art, 147 al. 1 et 2 LIFD.  

4)  Tant pour l’ICC que pour l’IFD, la demande de révision doit être déposée 
dans les nonante jours qui suivent la découverte du motif de révision, mais au plus 

tard dans les dix ans qui suivent la notification de la décision ou du prononcé 

(art. 147 al. 3 LIFD ; art. 56 LPFisc). 

  En l’occurrence, la demande de révision, qui a été formée auprès de l’AFC-
GE par la recourante dans les trois mois qui ont suivi l’entrée en force de la 
décision ordonnant la reprise du bénéfice de sa société, qui constitue le motif de 

révision allégué, respecte le délai précité. 

5)  La décision prise par l’AFC-GE vis-à-vis de la société le 7 février 2013, de 
réintégrer une part du salaire versé à l’actionnaire dans son bénéfice est 
postérieure à la décision de taxation de cet actionnaire, dont la révision est 

demandée. En l’absence de tout contexte lié à une infraction qui aurait influencé 
la taxation de la recourante, le motif invoqué ne peut constituer qu’un motif de 
révision au sens de l’art. 147 al. 1 let. a LIFD ou de l’art. 55 al. 1 let. a LPFisc, lié 
à la découverte ultérieure d’un fait important, autrement dit, selon la doctrine à 
l’apparition d’un fait nouveau important au sens de ces dispositions. 

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6)  La problématique de la révision d’une décision de taxation pour fait 
nouveau est réglée de manière similaire pour l’imposition fédérale et cantonale.  

 a. Constituent des faits nouveaux susceptibles d’entraîner une révision d’une 
décision selon les dispositions légales précitées, des faits qui n’étaient pas connus 
mais existaient déjà au moment de la décision, plus précisément à la date à 

laquelle ils pouvaient encore être allégués en procédure, mais dont l'auteur de la 

demande a été empêché, sans sa faute, de faire état dans la procédure précédente. 

  Cependant, des faits postérieurs à celle-ci peuvent également en constituer 

s’ils rétroagissent au jour où la décision a été prise et font apparaître l’appréciation 
des faits effectuée à cette époque comme inexacte (Hugo CASANOVA, in 

Danielle YERSIN/Yves NOËL, Impôt fédéral direct, commentaire de la loi sur 

l'impôt fédéral direct, 2008, ad art. 147 p 1343, n. 6 et références citées). Une 

nouvelle pratique ou un changement de jurisprudence ne constitue pas un tel fait 

nouveau et n’ouvre pas la voie de la révision, (arrêt du Tribunal fédéral 
2C_134/2007 du 20 septembre 2007). De même, l'erreur dans l'application du 

droit ne constitue pas un motif de révision (arrêt du Tribunal fédéral 2A.617/2006 

du 17 avril 2007). 

  Les faits nouveaux ne peuvent entraîner la révision que s'ils sont importants, 

c'est-à-dire de nature à influer sur l'issue de la contestation, à savoir s'ils ont pour 

effet qu'à la lumière de l'état de fait modifié, l'appréciation juridique doit 

intervenir différemment que dans le cas de la précédente décision.  

 b. Vu la nature de la procédure de révision, qui oblige à reprendre une taxation 

entrée en force, le fait nouveau invoqué doit par essence toucher directement les 

éléments de taxation du contribuable qui en forme la demande. 

7)  Qu’il s’agisse de l’IFD ou de l’ICC, les conséquences fiscales rattachées aux 
décisions de reprise sur bénéfice consécutives à l’admission d’une situation de 
salaire excessif n’avaient aucune incidence pour les bénéficiaires de ce dernier 
jusqu’au 1er janvier 2009 dans la mesure où jusqu’à cette date-là, le montant reçu 
était imposé chez ces derniers de manière identique, qu’il s’agisse d’un salaire ou 
d’un dividende dissimulé (Émily MELLER/Jessica SALOM, le salaire excessif en 
droit fiscal Suisse, in RDAF 2011, p. 121). Toutefois la situation a changé pour 

les bénéficiaires de telles prestations depuis l’entrée en vigueur de la réforme de 
l’imposition des entreprises II, suite à l’adoption par le peuple de la loi fédérale 
sur l’amélioration des conditions fiscales applicables aux activités 
entrepreneuriales et aux investissements du 23 mars 2007 (FF 2005, p. 4611). 

  Au plan fédéral, depuis l’exercice fiscal 2009, pour les actionnaires détenant 
plus de 10 % du capital action d’une société, les dividendes qui leur sont servis ne 
sont plus imposés qu’à concurrence du 60 % de leur montant (art. 20 al. 1 bis 
LIFD). 

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  Pour l’imposition cantonale, l’art. 7 al. 1 LHID permet aux cantons 
d’atténuer la double imposition économique des sociétés et des détenteurs de 
participation lorsque celles-ci équivalent à 10 % au moins du capital-actions ou du 

capital social d'une société de capitaux ou d'une société coopérative. Dans le 

canton de Genève, le législateur a fait usage de cette faculté, et a modifié avec 

effet au 1er janvier 2009 la loi sur l’imposition des personnes physiques - Impôt 
sur le revenu (revenu imposable) du 22 septembre 2000 (aLIPP-IV - D 3 14), 

remplacée depuis le 1er janvier 2010 par la loi sur l'imposition des personnes 

physiques du 27 septembre 2009 (LIPP - D 3 08). Un nouvel art. 6 al. 2 aLIPP - 

IV stipule que, notamment pour les actionnaires, les dividendes et les prestations 

appréciables en argent provenant d'actions, étaient imposables, après déduction 

des charges imputables, à hauteur de 60 %, lorsque ces droits de participation 

équivalent à 10 % au moins du capital actions, ou du capital social d'une société 

de capitaux ou d'une société coopérative. 

  Ainsi, s’il est exact, comme le rappelle l’AFC-GE, que la décision de reprise 
dont la société a fait l’objet, n’a pas remis en cause le fait que la recourante a 
effectivement perçu un montant de CHF 750'000.- de la société, le fait qu’une 
partie de ce montant soit qualifié de dividende versé à l’actionnaire dans le cadre 
de l’imposition de celle-là peut, pour l’exercice fiscal considéré, avoir une 
incidence importante sur la détermination du revenu taxable auprès de la 

recourante et, partant, sur le montant de l’imposition dû par celle-ci au titre de 
l’IFD ou de l’ICC.  

8)  Il reste à déterminer si la décision du 7 février 2013 devenue définitive après 

le rejet de la réclamation formée par la société, constituait un fait nouveau 

obligeant les intimés à revoir la taxation également entrée en force de la 

recourante. 

  En l’occurrence, la recourante a reçu de la société un montant de 
CHF 750 000.- à titre de salaire, ainsi que cela ressort du certificat qu’elle a 
annexé à sa déclaration fiscale du 2 juillet 2010. Ce montant correspond à ce que 

la société a comptabilisé dans ses livres au titre de charges salariales. Le fait est 

que l’AFC-GE, ainsi qu’elle est légitimée à le faire, a considéré qu’une part de ce 
salaire constituait une prestation appréciable en argent à l’actionnaire, au sens des 
art. 58 al. 1 let. b LIFD s’agissant de l’IFD ou 12 let. h de la loi sur l’imposition 
des personnes morales du 23 septembre 1994 (LIPM - D 3 15). Toutefois, cette 

décision concerne une société tierce, soit un autre contribuable que la recourante 

même si celle-ci en était l’administratrice et l’actionnaire unique. En outre, il 
n’apparaît pas que les charges salariales comptabilisées par la société l’aient été, 
dans le cas d’espèce, en violation des principes comptables découlant du droit 
commercial. Dans ces circonstances, le recours par l’autorité fiscale à des règles 
correctrices légales dans la détermination du bénéfice imposable de ladite société 

n’a pas eu d’autres effets que sur la situation fiscale de celle-ci (Pierre-Marie 

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GLAUSER, Apports et impôt sur le bénéfice - le principe de déterminance dans le 

contexte des apports et des autres contributions de tiers, 2005, p. 98, n.3.2.3.1, et 

p. 108, n. 3.2.3.1.2 ; Robert DANON in Danielle YERSIN/Yves. NOËL, Impôt 

fédéral direct, Commentaire de la loi sur l'impôt fédéral direct, 2008, ad art. 57-58 

LIFD, p. 763/764 n. 170). 

  Ainsi, la décision de l’AFC-GE du 7 février 2013, qui ne remet pas en 
question la présentation des comptes sociaux que la société a établis et adoptés 

pour l’exercice 2009, ni n’interfère dans les décisions de gestion prises par son 
administration et qui ont été avalisées par l’assemblée des actionnaires, au travers 
de l’adoption de ses comptes (art. 698 al.2 ch. 4 de la loi fédérale complétant le 
Code civil suisse du 30 mars 1911 - Livre cinquième : Droit des obligations - CO 

- RS 220), ne constitue pas un fait nouveau au sens des art. 147 al. 1 let. aLIFD ou 

55 al. 1 let. aLPFisc. 

  Au demeurant, c’est la contribuable, en tant que dirigeante et propriétaire 
unique de la société, qui est à l’origine de la décision de comptabiliser comme 
charge salariale le montant de CHF 750'000.- qu’elle a reçu. Compte tenu de 
l’importance de ce montant au regard du chiffre d’affaires et des caractéristiques 
de sa société, elle ne pouvait exclure qu’une reprise sur bénéfice intervienne lors 
de la taxation de celle-ci. La survenance d’une telle occurrence, même 
postérieurement à sa taxation personnelle, ne peut être considérée comme un 

événement qu’elle ne pouvait prévoir qui obligerait l’autorité fiscale à revoir sa 
décision. 

  C’est donc à juste titre que l’AFC-GE a refusé d’entrer en matière sur la 
demande de révision de la taxation 2009 de la contribuable, qu’elle soit relative à 
l’IFD ou à l’ICC.  

9)  Le recours sera rejeté et le jugement du TAPI du 26 mai 2014 confirmé. Vu 

l’issue du recours, un émolument de CHF 1500.- sera mis à la charge de la 
recourante. De même, aucune indemnité ne lui sera allouée (art. 87 al. 1 et 

2 LPA). 

 

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PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 3 juillet 2014 par Madame A______ contre le 

jugement du Tribunal administratif de première instance du 26 mai 2014 ; 

au fond : 

le rejette ; 

met un émolument de procédure de CHF 1500.- à la charge de Madame A______ ; 

dit qu’il n’est pas alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 

17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours 

qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en 

matière de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 

moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être 

adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie 

électronique aux conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession 
du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Berney & Associés SA, mandataire de la recourante, à 

l'administration fiscale cantonale, au Tribunal administratif de première instance, ainsi 

qu'à l’administration fédérale des contributions. 

Siégeants : M. Verniory, président, Mme Junod, M. Dumartheray, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

S. Hüsler Enz 

 Le président siégeant : 
 
 

J.-M. Verniory 

 

  

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Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :