# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** d7327962-a205-587a-90c1-b8370eed12ed
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2012-08-02
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 02.08.2012 BP.2012.40
**Docket/Reference:** BP.2012.40
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_BP-2012-40_2012-08-02

## Full Text

Assistance judiciaire (art. 29 al. 3 Cst.).;;Assistance judiciaire (art. 29 al. 3 Cst.).;;Assistance judiciaire (art. 29 al. 3 Cst.).;;Assistance judiciaire (art. 29 al. 3 Cst.).

Décision du 2 août 2012 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Stephan Blättler, président, 

Giorgio Bomio et Nathalie Zufferey Franciolli,  

le greffier Aurélien Stettler  

   

Parties  A., représentée par Mes Florian Wick et Marcel Bo-

sonnet, 

requérante 

 

  

   

   

   

Objet  Assistance judiciaire (art. 29 al. 3 Cst.) 

 
 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

 

Numéro de dossier: BP.2012.40 

(Procédure principale: BG.2012.25)  

 

 

- 2 - 

 

 

 

Faits: 

 

A. Le 5 mars 2012, A. citoyenne colombienne domiciliée en Colombie, a, par 

l'intermédiaire de Mes Florian Wick et Marcel Bosonnet, avocats à Z., 

adressé une plainte pénale aux autorités de poursuite du canton de Zoug. 

La plainte visait plusieurs personnes physiques, ainsi que, subsidiairement 

B. SA.  

 

 

B. Au terme d’une procédure de fixation de for intercantonal entre les autorités 

compétentes du canton de Zoug et celles du canton de Vaud, ces derniè-

res ont accepté, par décision du 12 juin 2012, de se saisir de la cause ou-

verte ensuite de la plainte pénale susmentionnée. 

 

 

C. A., par l’intermédiaire de ses conseils, a, par expédition du 25 juin 2012, 

attaqué la décision en question devant la Cour des plaintes du Tribunal pé-

nal fédéral (procédure principale BG.2012.25). Elle requiert d’être mise au 

bénéfice de l’assistance judiciaire (act. 1, p. 2). Les conseils de la requé-

rante ont, dans le délai prolongé pour ce faire, retourné à l’autorité de 

céans le formulaire ad hoc, en y joignant neuf pièces. 

 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par la requérante seront re-

pris, si nécessaire, dans les considérants en droit. 

  

  

  

  

La Cour considère en droit: 

 

1. La requérante a demandé à être mise au bénéfice de l’assistance judiciaire 

fondée sur l’art. 29 al. 3 Cst. et a renvoyé à la Cour de céans, dans le délai 

imparti par cette dernière, le formulaire d’assistance judiciaire complété 

ainsi qu’un certain nombre de pièces. Les conditions formelles d’une telle 

requête étant remplies, il y a lieu de la déclarer recevable en la forme. 

 

 

2.  

2.1 Si une partie ne dispose pas de ressources suffisantes et si ses conclu-

sions ne paraissent pas vouées à l’échec, le Tribunal la dispense, à sa de-

mande, de payer les frais judiciaires et de fournir des sûretés en garantie 

des dépens (art. 29 al. 3 Cst.). 

- 3 - 

 

 

Doctrine et jurisprudence s’accordent à considérer que la partie qui requiert 

l’assistance judiciaire a le devoir de fournir toutes les indications nécessai-

res, preuves à l’appui, à la détermination de ses revenus, ainsi que sa for-

tune, et que celles-ci doivent donner une image fidèle et complète de tou-

tes les obligations financières, des revenus et de la fortune du requérant 

(ATF 125 IV 161 consid. 4a). Si les données transmises par ce dernier ne 

sont pas en mesure de donner une image complète et cohérente de sa si-

tuation financière, la requête d’assistance judiciaire peut être rejetée en rai-

son du fait qu’il n’a pas été en mesure de démontrer son indigence (ATF 

125 IV 161 consid. 4a; arrêt du Tribunal pénal fédéral BH.2006.6 du 

18 avril 2006, consid. 6.1; cf. également BÜHLER, Die Prozessarmut, in 

SCHÖBI (éd.), Gerichtskosten, Parteikosten, Prozesskaution, unentgeltliche 

Prozessführung, Berne 2001, p. 189 ss). 

 

2.2 Il ressort en l’espèce du formulaire d’assistance judiciaire rempli par les 

conseils de la requérante que cette dernière devrait assumer des dépenses 

mensuelles pour un montant de CHF 247.25 (act. 4.1). Quant aux revenus 

mensuels annoncés, ils s’élèvent à un total de CHF 1'021.-- (soit 

CHF 195.8 de salaire, et CHF 825.2 de rente). La requérante fait par ail-

leurs état d'une fortune se montant à CHF 33'093.-- (maison), et de dettes 

à hauteur de CHF 1'264.--. 

 

2.3 En dépit des chiffres avancés par la requérante dans les divers postes des 

dépenses mensuelles, il apparaît à la Cour de céans que les données 

transmises par cette dernière ne sont pas de nature à donner une image 

complète et cohérente de sa situation financière, et ce pour les raisons qui 

suivent: 

 

En premier lieu, et s'agissant du revenu que la requérante annonce tirer de 

son activité d'indépendante, la Cour peine à saisir que ladite requérante 

soit en mesure d'indiquer gagner "approximativement 195,80 Francs 

Suisses par mois", sans pour autant étayer ses dires par quelques preuves 

documentées permettant de parvenir à ce chiffre (comptabilité, même suc-

cincte). 

 

Ensuite, et concernant la détermination de la fortune de la requérante, 

celle-ci indique percevoir un montant mensuel de CHF 825.20 à titre de 

pension. Ce montant est versé par la sécurité sociale colombienne sur un 

compte de la banque "C." (act. 4.6). Or aucun relevé détaillé de l'état dudit 

compte n'a été produit par la requérante à l'appui de sa demande d'assis-

tance judiciaire et ce alors même qu'il s'agit là d'un élément expressément 

- 4 - 

 

 

requis (act. 4.1, p. 2) pour permettre à l'autorité de céans de statuer en 

toute connaissance de cause. 

 

Toujours concernant la détermination exacte des revenus et de la fortune 

de la requérante, il apparaît que le dossier produit par cette dernière ne re-

cèle pas deux parmi les pièces les plus importantes en pareille situation, 

soit la dernière déclaration d'impôt personnelle, d'une part, et la décision de 

taxation y relative, d'autre part. A cet égard, la Cour ne saurait se contenter 

des explications fournies, à savoir l'inexistence d'un tel document dans le 

cas présent ("[c]omme en Colombie on ne taxe que les revenus des gens 

très riches il n'existe pas de confirmation des déclarations d'impôts ou simi-

laire", act. 4, p. 1). Si tel est réellement le cas, et au vu de l'importance ca-

pitale de ces deux documents, l'assertion de la requérante devait à tout le 

moins être corroborée par une attestation émanant de l'autorité fiscale 

compétente confirmant cette réalité (v. arrêt du Tribunal pénal fédéral 

BB.2009.67 + BB.2009.68 du 10 décembre 2009, consid. 3.4). En omettant 

de ce faire, la requérante n'a pas satisfait à son devoir d'exhaustivité en 

matière de preuve à fournir à l'appui de sa demande d'assistance judiciaire, 

devoir expressément rappelé en page 2 du formulaire d'assistance judi-

ciaire rempli par la requérante (act. 4.1). 

 

 

3. Sur le vu de ce qui précède, force est de constater que les données trans-

mises par la requérante à l’appui de sa requête d’assistance judiciaire ne 

sont pas de nature à donner une image complète et cohérente de sa situa-

tion financière, et à démontrer son indigence. Pareille constatation conduit 

au rejet de la demande d’assistance judiciaire formulée par la requérante et 

à la fixation d’un délai à cette dernière pour s’acquitter de l’avance de frais 

dans la procédure principale BG.2012.25 (art. 383 al. 1 CPP). 

 

 

4. Un délai au 15 août 2012 est imparti à A. pour s’acquitter de l’avance de 

frais requise de CHF 1'500.--. 

 

 

5. Les frais suivent le sort de la cause au fond. 

 

 

 

- 5 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. La demande d’assistance judiciaire est rejetée. 

 

2. Un délai au 15 août 2012 est imparti à la requérante pour s’acquitter de 

l’avance de frais requise de CHF 1'500.--. 

 

3. Les frais suivent le sort de la cause au fond. 

 

 

Bellinzone, le 2 août 2012 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le président:       Le greffier:  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Mes Florian Wick et Marcel Bosonnet, avocats 

 

 

 

 

Indication des voies de recours 

Il n’existe pas de voie de recours ordinaire contre cette décision.