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**Case Identifier:** 62495a36-cbff-5584-8dc4-c53f890a64ee
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-10-16
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 16.10.2020 C/14008/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-14008-2019_2020-10-16.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 13 novembre 

2020. 

 

 

 R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/14008/2019 ACJC/1591/2020 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 16 OCTOBRE 2020 

 

Entre 

A______ SARL, sise ______, appelante d'un jugement rendu par la 3ème Chambre du 
Tribunal de première instance de ce canton le 10 décembre 2019, comparant par 

Me Gustavo Da Silva, avocat, rue de la Fontaine 13, case postale 3186, 1211 Genève 3, 

en l'étude duquel elle fait élection de domicile, 

et 

CAISSE DE COMPENSATION B______, sise ______, intimée, comparant en 
personne. 

 

 

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C/14008/2019 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/17598/2019 du 10 décembre 2019, le Tribunal de première 
instance (ci-après : le Tribunal), statuant par voie de procédure ordinaire, a déclaré 

la demande formée par A______ SARL irrecevable (chiffre 1 du dispositif), mis 

les frais à la charge de A______ SARL (ch. 2), arrêté ceux-ci à 1'200 fr., 

compensés avec l’avance fournie par celle-ci et ordonné la restitution de 800 fr. à 
A______ SARL (ch. 3), dit qu’il n’y avait pas lieu à des dépens (ch. 4) et a 
débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 5).  

B. a. Par acte expédié à la Cour de justice le 27 janvier 2020, A______ SARL a 
formé appel de ce jugement, qu'elle a reçu le 12 décembre 2019, concluant à son 

annulation et, cela fait, au renvoi de la cause au Tribunal pour examen de la 

demande, les frais judiciaires devant être répartis par moitié entre les parties et 

aucun dépens alloué. 

 b. Par courrier du 30 avril 2020, la CAISSE DE COMPENSATION B______ a 
conclu au rejet de l'appel, sous suite de frais judiciaires. 

 c. Le 2 juillet 2020, A______ SARL a persisté dans ses conclusions. 

 d. Les parties ont été informées par courrier du greffe de la Cour du 18 septembre 
2020 de ce que la cause était gardée à juger. 

C. L'appelante ne remet pas en cause les faits tels que retenus par le Tribunal, 
lesquels peuvent être résumés de la manière suivante: 

 a. A______ SARL a pour but tous les travaux dans le domaine du bâtiment 
concernant en particulier le nettoyage et la démolition. 

 b. Suite à un contrôle employeur effectué au sein de A______ SARL, la CAISSE 
DE COMPENSATION B______ a émis, le 24 novembre 2015, des décisions de 

cotisations salariales rectificatives pour les années 2011 à 2013. 

Elle avait en effet constaté que deux sociétés, C______ SA et D______ SARL, lui 

avaient facturé des honoraires pour les années 2011 à 2013. Or, après vérification, 

il s'avérait que ces deux sociétés n'avaient eu aucun employé pendant ces trois 

années, sauf D______ SARL, qui en avait eu trois en 2011 seulement. La CAISSE 

DE COMPENSATION B______ n'admettait donc pas la réalité de leurs factures. 

Les décomptes rectificatifs étaient transmis en annexe. 

 c. Les oppositions formées par A______ SARL contre les décisions du 
24 novembre 2015 ont été rejetées par la CAISSE DE COMPENSATION 

B______ le 8 novembre 2016, rejet confirmé par arrêt du 28 juin 2017 de la 

Chambre des assurances sociale de la Cour de justice.  

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C/14008/2019 

d. En date du 27 octobre 2017 trois commandements de payer, poursuite 
n° 1______, 2______ et 3______, portant sur les cotisations salariales dues pour 

les années 2011 à 2013, résultant des décisions du 24 novembre 2015, ont été 

notifiés à A______ SARL à la requête de CAISSE DE COMPENSATION 

B______.  

Oppositions y ont été formées. Par jugements du 1
er

 juin 2018, le Tribunal a 

prononcé la mainlevée définitive des oppositions dans les trois poursuites 

précitées. 

Ces poursuites ont abouti à la remise à la CAISSE DE COMPENSATION 

B______, le 28 août 2019, de trois procès-verbaux de saisie valant actes de 

défauts de biens définitifs au sens des art. 115 al.1 et 149 LP. 

e. Par acte déposé le 27 juin 2019, A______ SARL a formé une action en 
constatation de l’inexistence de dettes, en annulation de poursuites et en radiation 
d’inscriptions, concluant à ce que soit constatée l’inexistence des dettes en capital 
de 17'977 fr. 90 (cotisations salariales de 2011), de 16'504 fr. 45 (cotisations 

salariales 2012) et de 23'587 fr. 20 (cotisations salariales 2013), et à ce que les 

poursuites n° 1______, 2______ et 3______ soient annulées et radiées. 

 f. Par ordonnance du 30 septembre 2019, le Tribunal a limité la procédure à la 
question de la recevabilité de la demande et à sa compétence. 

g. Le même jour, CAISSE DE COMPENSATION B______ a conclu au rejet de 
la demande et à la condamnation de A______ SARL au paiement d'une amende 

disciplinaire et des frais de la procédure. 

D. Dans le jugement entrepris, le Tribunal a retenu que les décisions de reprises 
rendues par la CAISSE DE COMPENSATION B______ le 25 novembre 2015 

avaient fait l’objet d’un arrêt de la Chambre des assurances sociales de la Cour de 
justice du 28 juin 2017, lequel avait rejeté l’opposition de A______ SARL et était 
définitif et exécutoire faute de recours au Tribunal fédéral. Il n'était pas compétent 

à raison de la matière pour examiner le bien-fondé des créances constatées par les 

décisions du 25 novembre 2015, de sorte que la demande devait être déclarée 

irrecevable. De plus, l'action fondée sur l'art. 85a LP n'était ouverte que si la 

poursuite était pendante. Or, des procès-verbaux de saisie valant actes de défaut 

de biens définitifs au sens des articles 115 a.1 et 149 LP avaient été délivrés le 

28 août 2019, de sorte que les poursuites en cause n'étaient plus pendantes. La 

demande devait être déclarée irrecevable pour ce motif également. 

  

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C/14008/2019 

EN DROIT 

1. 1.1 L'appel est recevable dans les causes non patrimoniales ou dont la valeur 
litigieuse au dernier état des conclusions est supérieure à 10'000 fr. (art. 308 al. 1 

let. a et al. 2 CPC).  

La valeur litigieuse est supérieure à 10'000 fr. de sorte que la voie de l'appel est 

ouverte. 

L'appel doit être motivé (art. 311 al. 1 CPC). 

Il incombe à cet égard à l'appelant de démontrer le caractère erroné de la décision 

attaquée. La motivation du recours doit être suffisamment explicite pour que 

l'instance d'appel puisse la comprendre aisément, ce qui suppose une désignation 

précise des passages de la décision que le recourant attaque et des pièces du 

dossier sur lesquelles repose sa critique (ATF 138 III 374 consid. 4.3.1), cette 

obligation s'appliquant tant aux griefs de violation du droit que de constatation 

inexacte des faits (arrêt du Tribunal fédéral 4A_290/2014 du 1er septembre 2014 

consid. 5; ACJC/1313/2011 du 17 octobre 2011 consid. 3). La motivation est une 

condition de recevabilité de l'appel prévue par la loi, qui doit être examinée 

d'office (arrêts du Tribunal fédéral 5A_438/2012 du 27 août 2012 consid. 2.2 et 

2.4; 4A_651/2012 du 7 février 2013 consid. 4.2; 4A_659/2011 du 7 décembre 

2011 consid. 3). L'acte d'appel doit en outre contenir des conclusions (arrêt du 

Tribunal fédéral 4A_659/2011 du 7 décembre 2011, consid. 4). 

1.2 L'appel a été déposé dans le délai de 30 jours dès la notification de la décision 
querellée de sorte qu'il est recevable sous cet angle (art. 311 al. 1 CPC). 

En revanche, il ne remplit pas les conditions de motivation telles que définies ci-

dessus. En effet, dans son appel, l'appelante se limite à soutenir qu'elle a payé les 

factures et notes d'honoraires qui lui ont été adressées et expose qu'elle "ignorait 

l'organisation interne" des sociétés C______ SA et D______ SA, "lesquelles ont 

exercé les activités en question en leur propre nom et pour leur propre compte 

(…) et qu'elles ont pris en charge leur propre risque économique". Ce faisant, pour 
autant qu'on la comprenne, l'appelante remet en cause le fondement des décisions 

du 24 novembre 2015, sans critiquer le jugement entrepris. En particulier, elle ne 

fait pas grief au Tribunal de s'être déclaré incompétent à raison de la matière ni 

d'avoir retenu que la condition de l'existence d'une poursuite en cours, posée par 

l'art. 85a LP, n'était pas donnée. Le recours est irrecevable. 

2. Eut-il été recevable que l'appel serait en tout état infondé. 

 En effet, comme l'a retenu à juste titre le Tribunal, lorsque la mainlevée définitive 

a été accordée sur la base d'un jugement (art. 80 al. 1 LP) ou d'une décision 

administrative assimilée à un jugement (art. 80 al. 2 ch. 2 LP), le poursuivi qui 

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C/14008/2019 

agit sur la base de l'art. 85a LP ne peut, compte tenu de la force de chose jugée du 

jugement, se prévaloir - en dehors d'exceptions très limitées découlant du 

jugement lui-même (p. ex. condamnation à une exécution trait pour trait, 

conditionnelle, ou préalable du créancier poursuivant) - que des faits survenus 

après l'entrée en force de celui-ci, à savoir des nova proprement dits (arrêts 

5A_591/2007 du 10 avril 2008 consid. 3.2.2, publié in SJ 2008 I p. 353; 

5C_234/2000 du 22 février 2001 consid. 2b et les références, publié in SJ 2001 I 

p. 443). Le poursuivi ne peut remettre en cause l'existence de la créance établie 

par un jugement (ou une décision administrative) que par les voies de droit 

ordinaires ou extraordinaires prévues par la loi. Le magistrat saisi de l'action de 

l'art. 85a LP ne peut que tenir compte, cas échéant, d'un fait nouveau, à savoir 

l'existence d'une nouvelle décision rendue au terme d'une telle procédure de 

recours ordinaire ou extraordinaire, et examiner s'il en résulte que la créance 

déduite en poursuite n'existe pas (arrêt du Tribunal fédéral 5A_271/2013 du 

26 juillet 2013 consid. 5.1.2). 

 Ainsi, dans la mesure où l'appelant fait valoir des arguments en lien avec le 

fondement de la créance en poursuite, telle qu'elle résulte des décisions du 

24 novembre 2015, confirmées par l'arrêt du 28 juin 2017 de la Chambre des 

assurances sociale de la Cour de justice, ceux-ci, qui ne constituent pas des novas, 

ne sont pas recevables dans le cadre de l'action fondée sur l'art. 85a LP. 

3. L'appelante, qui succombe, sera condamnée aux frais de l'appel, arrêtés à 2'500 fr., 
compensés avec l'avance fournie, acquise à l'Etat de Genève. 

 Il ne sera pas alloué de dépens à l'intimée, qui plaide en personne et qui n'en a pas 

sollicité. 

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C/14008/2019 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare irrecevable l'appel interjeté par A______ SARL contre le jugement 

JTPI/17598/2019 rendu le 10 décembre 2020 par le Tribunal de première instance dans 

la cause C/14008/2019-3. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires d'appel à 2'500 fr. et les met à la charge de A______ SARL, 

dit qu'ils sont compensés avec l'avance fournie, acquise à l'Etat de Genève.  

Dit qu'il n'y a pas lieu à l'allocation de dépens. 

Siégeant : 

Monsieur Cédric-Laurent MICHEL, président; Mesdames Pauline ERARD et  

Paola CAMPOMAGNANI, juges; Madame Christel HENZELIN, greffière. 

 

Le président : 

Cédric-Laurent MICHEL 

 
La greffière : 

Christel HENZELIN 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 

30'000 fr. 

http://intrapj/perl/JmpLex/RS%20173.110