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**Case Identifier:** 6d408642-f71a-5001-9e26-75436a3a6ae5
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours civile HC / 2022 / 696
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_010_HC---2022---696_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

JJ18.044680-220850

182 

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS CIVILE

_________________________________________

Arrêt du
8 août 2022

__________________

Composition
:               M.             
Pellet,
président

             
              M.             
Sauterel et Mme Crittin Dayen, juges

Greffière
:              Mme             
Laurenczy

 

 

*****

 

 

Art.
319 let. b CPC

 

 

             
Statuant à huis clos sur le recours interjeté par B.________,
à [...], contre la décision rendue le 13 juin 2022 par la Juge de paix du district de Morges
dans la cause divisant le recourant d’avec D.________,
à [...], la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal considère :

 

             
En fait et en droit :

 

1.

1.1             
B.________ (ci-après : le recourant) est propriétaire depuis le 17 mai 2017 de la parcelle
n° [...] de la Commune de O.________, sur laquelle se trouve un bâtiment d’habitation.

 

             
D.________ (ci-après : l’intimée) est propriétaire depuis les années 1990
de la parcelle n° [...] de la Commune de O.________, laquelle supporte également un bâtiment
d’habitation. Cette parcelle borde sur son côté nord-ouest la parcelle n° [...]
du recourant.

 

             
Ces parcelles sont comprises dans le périmètre du plan d’extension partiel « A.________ »,
lequel est régi par un règlement d’application du 23 avril 1979 (RPEP) approuvé
par le Conseil d’Etat le 6 février 1980.

 

1.2             
Une servitude de restriction de planter est inscrite au Registre foncier de chacune des parcelles depuis
le 16 novembre 1971, sous la référence « Plantations, clôtures : restriction
de plantation, ID [...] ». Selon l’extrait du registre des droits concernant la servitude,
les parcelles comprises dans le périmètre du plan d’extension partiel « A.________ »,
dont en particulier les parcelles nos [...]
et [...], sont tant fonds dominants que fonds servants par rapport à la servitude. 

 

             
L’exercice de la servitude est libellé comme il suit : « Les plantations ne
devront pas dépasser sept mètres cinquante centimètres de hauteur. Seul un arbre par 500m2
pour[ra] dépasser cette hauteur, étant précisé que les plantations existantes lors
de la constitution de la présente servitude peuvent subsister sans limitation de hauteur, tout comme
la haie entourant les parcelles [...] et [...]. Tous rideaux d’arbres sont interdits à l’exception
de ceux en bordure des limites nord-est des parcelles [...] et [...] et nord-ouest des parcelles [...],
[...], [...], [...] et [...] ». 

 

             
En bordure nord-ouest des parcelles des parties, se trouvent plusieurs conifères et quatre arbres
feuillus, que le recourant estime avoir vu pousser depuis plusieurs années et lui couper désormais
la vue sur le lac.

 

1.3             
Ensuite de l’échec de la procédure de conciliation introduite par le recourant le 29
juin 2018 contre l’intimée tendant notamment à l’écimage de certains arbres
et à l’abattage d’arbres feuillus, le recourant a déposé le 15 octobre 2018,
devant la Juge de paix du district de Morges (ci-après : la juge de paix), une demande au fond
contre l’intimée en prenant, sous suite de frais et dépens, les conclusions suivantes :

 

« I.
              Ordre est donné à
D.________, sous la menace de la peine d’amende prévue par l’art. 292 CP qui réprime
l’insoumission à une décision de l’autorité, d’écimer deux des
trois conifères, soit les conifères aux angles gauche et droite, sis en bordure nord-ouest
(côté [...]) sur sa parcelle [...] de la commune de O.________, pour en réduire la hauteur
à 7m50 au maximum.

 

II.             
Ordre est donné à D.________, sous la menace de la peine d’amende prévue par l’art.
292 CP qui réprime l’insoumission à une décision de l’autorité, de maintenir
en permanence les deux conifères susmentionnés à la hauteur maximale de 7m50. 

 

III.             
Ordre est donné à D.________, sous la menace de la peine d’amende prévue par l’art.
292 CP qui réprime l’insoumission à une décision de l’autorité, d’abattre
tous les arbres feuillus qui se trouvent en bordure nord-ouest (coté [...]), sur sa parcelle [...]
de la commune de O.________.

 

IV.             
Dire que faute d’exécution dans les dix jours dès l’entrée en force de la
décision, D.________ sera condamnée à une amende d’ordre de CHF 200 pour chaque
jour d’inexécution (art. 343 al. 1 let. a CPC) ».

 

             
Dans sa réponse du 30 novembre 2018, l’intimée a conclu au rejet de la demande du recourant.

 

1.4             
Lors de l’audience d’instruction du 13 mai 2019, il a été convenu que le dossier
de la cause serait soumis à la Municipalité de O.________ pour décision conformément
aux règles du droit foncier rural, puis qu’à réception de la décision, une
ordonnance sur preuves serait rendue.

 

1.5             
Fondée sur le rapport du garde-forestier chargé de constater l’état des arbres litigieux,
la Municipalité de O.________ a rendu la décision suivante le 5 août 2019 :

 

« Suite
au passage de M. [...], Garde forestier, la Municipalité vous confirme que les 2 conifères
sont protégés et qu’un étêtage affecterait la structure naturelle des arbres
et créerait une cicatrice importante favorisant les maladies cryptogamiques. 

Les
feuillus en bordure nord-ouest sont également protégés. M. [...] précise que ces
arbres sont donc dans un bon état sanitaire. 

De
plus, aucune des conditions émises à l’art. 6 de la LPNMS ou dans ses dispositions d’application
n’est réalisée pour en autoriser l’abattage ».

 

1.6             
Statuant sur le recours interjeté le 12 septembre 2019 par le recourant contre la décision
précitée, la Cour de droit administratif et public (ci-après : la CDAP) a rejeté
le recours et confirmé la décision entreprise le 17 décembre 2020 (AC.2019.0263). Elle
a notamment retenu ce qui suit :

 

« la
Cour et les parties se rendent sur la parcelle n°[...] pour constater la hauteur des arbres litigieux
depuis la terrasse du bâtiment d'habitation du recourant. Me Leuba indique qu'une taille des arbres
offrirait au recourant un dégagement sur le lac. Me Tscheulin fait observer l'existence à l'Ouest
de la parcelle du recourant d'une très importante arborisation. 

 

Il
est constaté que le lac n'est pratiquement pas visible depuis la terrasse en raison des arbres sis
sur différentes parcelles en aval, le lac étant toutefois visible depuis d'autres endroits
de la parcelle du recourant.

 

[…]

 

b)
En l'occurrence, les conclusions et motifs du recours déposé le 12 septembre 2019 portent
uniquement sur le caractère protégé des arbres. Il n'y a dès lors pas lieu d'examiner
si, pour le surplus, la taille de ces arbres (élagage ou étêtage) aurait dû être
autorisée par la municipalité, cette question ne faisant pas l'objet des conclusions et des
motifs du recours ». 

 

1.7             
Par courrier du 11 janvier 2021, le recourant a produit l’arrêt précité devant la
juge de paix en indiquant qu’aucun recours ne serait déposé par son mandant. Il a par
ailleurs relevé que l’arrêt ne statuait pas sur les possibilités d’étêter
ou d’élaguer les feuillus situés en bordure nord-ouest de la parcelle n° [...],
de sorte qu’il a requis qu’une décision complémentaire soit rendue sur ce point
par la Municipalité de O.________. 

 

             
Par courrier du 15 mars 2021, la juge de paix a répondu au recourant que la Municipalité de
O.________ ne s’était pas prononcée sur la possibilité d’étêter
ou d’élaguer les feuillus situés en bordure nord-ouest de la parcelle car cela ne faisait
pas l’objet d’une conclusion et qu’il n’était pas possible d’étendre
l’objet du litige, dès lors que l’échange d’écritures était clos.
Un délai au 12 avril 2021 a été imparti au recourant pour indiquer s’il maintenait
ou non ses conclusions.

 

             
Par courrier du 12 avril 2021, le recourant a principalement confirmé ses précédentes
conclusions, estimant que l’autorité saisie d’une conclusion tendant à ce que des
arbres soient abattus pour respecter une servitude de plantation avait le pouvoir de l’admettre
totalement ou partiellement et partant, d’ordonner soit l’abattage des arbres, soit leur
étêtage ou élagage. Subsidiairement, le recourant a réduit la conclusion III de sa
demande du 15 octobre 2018 en ces termes : 

 

« Ordre
est donné à D.________, sous la menace de la peine d’amende prévue par l’art.
292 CP qui réprime l’insoumission à une décision de l’autorité, de réduire
la hauteur des feuillus sis en bordure nord-ouest de la parcelle n°[...] de la Commune de O.________
et de les maintenir de façon à ce que les arbres cessent en permanence de former un écran
végétal bouchant la vue depuis la parcelle n°[...], au sens de la servitude ID [...] du
16 novembre 1971 ». 

 

             
Le recourant a en outre réitéré sa requête, tendant à solliciter une décision
complémentaire de la Municipalité de O.________ sur la question de l’étêtage
ou de l’élagage des feuillus implantés en bordure nord-ouest de la parcelle n° [...].

 

             
Par déterminations du 3 mai 2021, l’intimée a conclu au rejet des conclusions précitées,
qu’il s’agisse d’un potentiel octroi partiel des conclusions du recourant ou d’une
modification de la demande au sens de l’art. 227 al. 3 CPC. 

 

1.8             
Par ordonnance de preuves du 17 août 2021, la juge de paix a notamment renoncé à solliciter
une nouvelle décision de la Municipalité de O.________ sur la question de l’étêtage
ou de l’élagage des feuillus implantés en bordure nord-ouest de la parcelle n° [...],
dès lors qu’aucun allégué du double échange d’écritures ne portait
sur cette question et que la modification des conclusions était tardive.

 

1.9             
Lors de l’audience de jugement du 29 novembre 2021, le conseil du recourant, d’entrée
de cause, a réitéré sa requête en interpellation de la Municipalité de O.________
pour obtenir une décision complémentaire sur la question de la taille et/ou de l’écimage
des feuillus, objet de la conclusion III de sa demande du 15 octobre 2018. Le conseil de l’intimée
a conclu au rejet de cette requête. Il a été convenu qu’une décision serait
rendue sur ce point et que selon l’issue, une instruction complémentaire serait réalisée
ou les parties invitées à déposer des plaidoiries écrites sur le fond de la cause.

 

2.             
Par décision du 13 juin 2022, motivée le 27 juin 2022, la juge de paix a déclaré
irrecevable la conclusion III subsidiaire nouvelle prise par le recourant dans son courrier du 12 avril
2022 (I), a rejeté la requête du recourant tendant à l'interpellation de la Municipalité
de O.________ pour obtenir une décision complémentaire sur la question de la taille et de l'écimage
des feuillus se trouvant en bordure nord-ouest (côté [...]) de la parcelle n° [...]
de la Commune de O.________ (II), a dit que les frais et les dépens suivaient le sort de la cause
au fond (III).

 

3.             
Par acte du 8 juillet 2022, B.________ a recouru contre cette décision en concluant, avec suite
de frais et dépens, à sa réforme en ce sens que la conclusion en écimage de tous
les feuillus sis en bordure nord-ouest de la parcelle n° [...], le long du chemin A.________, que
le recourant a prise le 12 avril 2021, soit recevable et, en ce sens, qu'ordre soit donné à
la Justice de paix du district de Morges d'interpeller immédiatement la Municipalité de O.________
aux fins de décision sur la faisabilité de l'écimage susmentionné.

 

4.

4.1             
Le recourant fait valoir en premier lieu que le refus du premier juge d'admettre sa conclusion nouvelle
subsidiaire, soit le chiffre I du dispositif de la décision entreprise prononçant l’irrecevabilité
de ladite conclusion, serait une décision partielle dans le cadre de la demande, dès lors que
le procès se poursuivrait. Cette décision ne pourrait faire l'objet que d’un recours
au sens de l'art. 319 al. 1 let. a CPC au vu de la valeur litigieuse inférieure à 10'000
francs.

 

4.2

4.2.1             
Selon l'art. 319 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS 272), le recours
est recevable contre les décisions finales, incidentes et provisionnelles de première instance
qui ne peuvent faire l’objet d’un appel (let. a), les ordonnances d'instruction et les décisions
autres que finales, incidentes ou provisionnelles de première instance, dans les cas prévus
par la loi (let. b ch. 1) ou lorsqu'elles peuvent causer un préjudice difficilement réparable
(let. b ch. 2 ; Jeandin, Commentaire romand, Code de procédure civile, Bâle 2019, 2e
éd., n. 11 ad art. 319 CPC).

 

             
Le recours, écrit et motivé, est introduit auprès de l'instance de recours dans un délai
de dix jours pour les décisions prises en procédure sommaire et les ordonnances d'instruction,
à moins que la loi n'en dispose autrement (art. 321 al. 1 et 2 CPC ; ATF 141 III 270 consid. 3.3).

 

4.2.2             
Le recours déposé contre une décision statuant sur une requête d’introduction
de faits et moyens de preuve nouveaux est recevable uniquement si cette décision est susceptible
de causer un préjudice difficilement réparable, une telle décision constituant une « autre
décision » au sens de l’art. 319 let. b CPC (CREC 4 août 2021/211 ; CREC
9 avril 2020/92 ; CREC 30 mai 2017/188 ; JdT 2014 III 121). Il en va de même du recours
dirigé contre une décision statuant sur l’admission de conclusions modifiées (art.
227 et 230 CPC ; Jeandin, op.
cit., n. 15 ad art. 319 CPC ; Colombini,
Code de procédure civile, Condensé de la jurisprudence fédérale et vaudoise, Lausanne
2018, n. 1.4.2 ad art. 227 CPC et n. 4.4.18 ad art. 319 CPC ; sur le tout : CREC 17 septembre
2021/253 et les réf. citées).

 

4.2.3             
La notion de préjudice difficilement réparable de l'art. 319 let. b ch. 2 CPC est plus large
que celle de dommage irréparable de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (loi sur le Tribunal fédéral
du 17 juin 2005 ; RS 173.110 ; TF 5A_92/2015 du 2 mars 2015 consid. 3.2.2 et les réf.
citées), puisqu'elle vise non seulement un inconvénient de nature juridique, mais aussi les
désavantages de fait (JdT 2014 III 121 consid. 1.2 et les réf. citées, dont JdT 2011 III
86 consid. 3). La question de savoir s'il existe un préjudice difficilement réparable s'apprécie
par rapport aux effets de la décision incidente sur la cause principale, respectivement la procédure
principale (ATF 137 III 380 consid. 1.2.2 ; TF 5A_554/2019 du 21 novembre 2019 consid. 1.1.1 et les réf.
citées). Ainsi, l'art. 319 let. b ch. 2 CPC ne vise pas seulement un inconvénient de nature
juridique, imminent, mais également toute incidence dommageable, y compris financière ou temporelle,
pourvu qu'elle soit difficilement réparable. Il y a toutefois lieu de se montrer exigeant, voire
restrictif, avant d'admettre la réalisation de cette condition, sous peine d'ouvrir le recours à
toute décision ou ordonnance d'instruction, ce que le législateur a clairement exclu (CREC
7 octobre 2020/250 consid. 6.1 ; Jeandin, op.
cit., n. 22 ad art. 319 CPC et les réf. citées).
En outre, un préjudice irréparable de nature juridique ne doit pas pouvoir être ultérieurement
réparé ou entièrement réparé par une décision finale favorable au recourant
(ATF 134 III 188 consid. 2.1 et 2.2).

 

             
Une décision admettant ou rejetant une modification de conclusions ne crée en principe pas
de dommage difficilement réparable. Le recourant conserve en effet la possibilité de remettre
en cause la décision finale en invoquant une violation de l'art. 227 CPC. Dans ce cas, l'autorité
compétente aura la possibilité de réparer une éventuelle mauvaise application de
cette disposition légale par une décision favorable au recourant, ce qui permettra à celui-ci
d'augmenter ses conclusions (cf. CREC 30 septembre 2019/266 consid. 3).

 

4.3             
En l’occurrence, le recourant ne propose pas de démonstration d'un préjudice difficilement
réparable pour contester le chiffre I du dispositif de la décision querellée, puisqu'il
se borne à considérer, à tort, que ladite décision serait finale sur ce point, donc
susceptible d'appel ou de recours immédiat. Tel n'est pas le cas, puisqu'il s'agit d'une « autre
décision » conformément à la jurisprudence précitée (consid. 4.2.2
supra),
si bien que cette conclusion s'avère d’emblée irrecevable, faute pour le recourant d’avoir
démontrer un préjudice difficilement réparable.

 

5.

5.1             
S'agissant de la seconde conclusion du recourant dirigée contre le refus du premier juge d'interpeller
la Municipalité de O.________ pour obtenir une décision complémentaire sur la question
de la taille et de l'écimage des feuillus, comme préjudice difficilement réparable, le
recourant soutient que la décision attaquée constituerait une décision finale « déguisée »,
soit l'annonce du rejet pur et simple de sa demande. Pour le surplus, compte tenu des quatre ans de procédure
déjà écoulés, il invoque, toujours à titre de préjudice difficilement réparable,
la violation des principes de la célérité, de l'interdiction du formalisme excessif et
de l'économie de la procédure. Il ajoute que la violation de sa servitude de vue durant ces
années de procédure lui causerait « un préjudice qui ne pourra jamais être
réparé ».

 

5.2             
Concernant le premier argument du recourant relatif au fait qu’il s’agirait d’une décision
finale « déguisée », il ne peut être suivi. En effet, les parties
ont expressément convenu lors de l’audience de jugement du 29 novembre 2021 que la juge de
paix statue au préalable sur la question d’une décision complémentaire de la Municipalité
de O.________. Le recourant n’a pas contesté cette manière de faire lors de ladite audience
et il ne saurait en faire le reproche à ce stade à l’autorité précédente.
Au demeurant, le recourant aura la possibilité, dans l’hypothèse d’un rejet de
sa demande, de contester la décision finale une fois rendue, conformément aux voies de droit
applicables, notamment sur cette question. On ne décèle dès lors pas de préjudice
difficilement réparable.

 

             
Quant aux griefs temporels, s’agissant notamment d’une violation du principe de célérité,
ils ne sont pas non plus constitutifs d'un préjudice difficilement réparable. Le recourant
invoque en effet l’absence de dégagement pendant des années. Or, il ne suffit pas de
subir une incidence dommageable, telle que financière ou temporelle, mais il faut encore que cette
incidence soit difficilement réparable. Le recourant n'apporte aucune explication suffisante à
cet égard. On relève en particulier qu’il dispose d’une vue sur le lac depuis d’autres
endroits de sa propriété, comme cela ressort de l’arrêt de la CDAP du 12 septembre
2019 précité. Il en va de même des prétendues violations du principe d’économie
de procédure et de l’interdiction du formalisme excessif, le recourant n’indiquant pas
en quoi consisterait son préjudice et en quoi il serait difficilement réparable. 

 

             
Au vu de ce qui précède, il n’y a pas lieu d’examiner plus avant les autres griefs
invoqués par le recourant. 

 

6.

6.1             
En définitive, le recours doit être déclaré irrecevable au sens de l’art. 322
al. 1 in fine
CPC.

 

6.2             
Vu l’issue du recours, les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à
200 fr. (art. 69 et 70 al. 2 TFJC [tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre 2010 ; BLV
270.11.5]), sont mis à la charge du recourant, qui succombe (art. 106 al. 1 CPC).

 

             
Il n’y a pas lieu à l’allocation de dépens de deuxième instance, dès
lors que l’intimée n’a pas été invitée à déposer de réponse
(art. 322 al. 1 in fine
CPC).

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours civile du Tribunal cantonal,

en
application de l'art. 322 al. 1 CPC,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est irrecevable.

 

             
II.             
Les frais judiciaires de deuxième instance,
arrêtés à 200 fr. (deux cents francs), sont mis à la charge du recourant B.________.

 

             
III.             
L’arrêt est exécutoire.

 

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

‑             
Me Jean-Samuel Leuba (pour B.________),

‑             
Me Marc-Etienne Favre (pour D.________).

 

             
La Chambre des recours civile considère que la valeur litigieuse est inférieure à 30'000
francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral ;
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Madame la Juge de paix du district de Morges.

 

             
La greffière :