# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** cab79555-e049-546c-bce7-00353dfc88ed
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-02-02
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 02.02.2018 C/13536/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-13536-2017_2018-02-02.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 14.02.2018. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/13536/2017 ACJC/149/2018 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 2 FEVRIER 2018 

 

Entre 

A______ AG, ayant son siège ______ Zurich, recourante contre un jugement rendu par 
la 24ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 30 octobre 2017, 

comparant par Me Bruno Megevand, avocat, avenue de la Roseraie 76A, 1205 Genève, 

en l'étude duquel elle fait élection de domicile, 

et 

Monsieur B______, domicilié ______, intimé, comparant en personne. 

 

- 2/6 - 

 

C/13536/2017 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/13868/2017 du 30 octobre 2017 notifié à A______ AG le 13 
novembre 2017, le Tribunal de première instance, statuant par voie de procédure 

sommaire, a débouté A______ AG de ses conclusions en mainlevée provisoire 

prises à l'encontre de B______ (ch. 1 du dispositif), et a laissé à sa charge les frais 

judiciaires, arrêtés à 750 fr. et compensés avec l'avance effectuée (ch. 2 et 3). 

B. a. Le 23 novembre 2017, A______ AG a formé recours contre cette décision dont 
elle a sollicité l'annulation, concluant à ce que la Cour prononce la mainlevée 

provisoire de l'opposition formée par B______ au commandement de payer 

poursuite n° 1______, avec suite de frais et dépens. 

 b. Le 6 décembre 2017, B______ a conclu au rejet du recours. 

 c. Les parties ont été informées le 9 janvier 2018 de ce que la cause était gardée à 
juger, A______ AG n'ayant pas fait usage de son droit de répliquer. 

C. Les faits pertinents suivants résultent du dossier : 

 a. Le 3 mai 2016, A______ AG a requis la poursuite de B______ pour un montant 
de 117'861 fr. 55. La créance résultait d'un acte de défaut de biens après saisie 

délivré pour ce montant le 23 avril 1993. 

 b. Cette réquisition de poursuite a donné lieu à la notification, le 27 octobre 2016, 
d'un commandement de payer poursuite n° 1______ auquel B______ a fait 

opposition. 

 c. Le 13 juin 2017, A______ AG a requis du Tribunal de première instance la 
mainlevée provisoire de cette opposition. 

 d. Le 5 octobre 2017, B______ a conclu au rejet de la requête, avec suite de frais 
et dépens, au motif que l'acte de défaut de biens du 23 avril 1993 était prescrit. 

 e. La cause a été gardée à juger par le Tribunal à l'issue de l'audience du 
30 octobre 2017 à laquelle aucune des parties ne s'est présentée. 

D. Les arguments soulevés par les parties devant la Cour seront examinés ci-après en 
tant que de besoin. 

  

- 3/6 - 

 

C/13536/2017 

EN DROIT 

1. 1.1 S'agissant d'une procédure de mainlevée, seule la voie du recours est ouverte 
(art. 319 let. a et 309 let. b ch. 3 CPC). La procédure sommaire s'applique 

(art. 251 let. a CPC). 

 Aux termes de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC, le recours, écrit et motivé, doit être 

introduit auprès de l'instance de recours dans les dix jours à compter de la 

notification de la décision motivée, pour les décisions prises en procédure 

sommaire. 

 En l'espèce le recours a été interjeté dans le délai et selon les formes prévus par la 

loi, de sorte qu'il est recevable.  

1.2 Dans le cadre d'un recours, le pouvoir d'examen de la Cour est limité à la 
violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits  

(art. 320 CPC). L'autorité de recours a un plein pouvoir d'examen en droit, mais 

un pouvoir limité à l'arbitraire en fait, n'examinant par ailleurs que les griefs 

formulés et motivés par la partie recourante (HOHL, Procédure civile, Tome II, 

2
ème

 édition, Berne, 2010, n° 2307). 

Les maximes des débats et de disposition s'appliquent (art. 55 al. 1, 255 lit. a 

a contrario et 58 al. 1 CPC). 

1.3 Les conclusions, allégations de fait et preuves nouvelles sont irrecevables 
(art. 326 al. 1 CPC).  

2. Le Tribunal a retenu que le délai de prescription de la créance litigieuse, qui était 
de 20 ans avait commencé à courir dès le 1

er
 janvier 1997. La requête de 

mainlevée de l'opposition ayant été déposée après cette date, la créance était 

prescrite, ce qui entraînait le rejet de la requête. 

La recourante fait valoir que la prescription a été interrompue par le dépôt de la 

réquisition de poursuite, intervenue le 3 mai 2016, de sorte que la créance n'est 

pas prescrite. L'acte de défaut de biens constituant par ailleurs un titre de 

mainlevée provisoire, celle-ci devait être prononcée. 

2.1 Selon l'art. 82 al. 1 LP, le créancier dont la poursuite se fonde sur une 
reconnaissance de dette constatée par acte authentique ou sous seing privé peut 

requérir la mainlevée provisoire. 

L'acte de défaut de biens après saisie vaut reconnaissance de dette au sens de 

l'art. 82 LP (art. 149 al. 2 LP). 

La créance constatée par un acte de défaut de biens se prescrit par 20 ans à 

compter de la délivrance de l'acte de défaut de biens (art. 149a al. 1 LP). 

- 4/6 - 

 

C/13536/2017 

En vertu des dispositions transitoires de la LP, la prescription commence à courir 

dès le 1
er

 janvier 1997 lorsque l'acte de défaut de biens a été délivré avant l'entrée 

en vigueur de la loi fédérale du 16 décembre 1994 (art. 2 al. 5 des dispositions 

finales de la modification du 16 décembre 1994 de la loi fédérale sur la poursuite 

pour dettes et la faillite). Le délai de 20 ans peut être interrompu par l'un des 

moyens indiqués à l'art. 135 CO, un nouveau délai de 20 ans commençant à courir 

dès l'interruption (REY-MERMET, Commentaire romand, 2005, n. 2 et 5 ad 

art. 149a LP). 

Selon l'art. 135 ch. 2 CO, la prescription est interrompue lorsque le créancier fait 

valoir ses droits par des poursuites. La réquisition de poursuite interrompt la 

prescription dès sa remise à la poste (ATF 104 III 20 consid. 2). 

2.2 En l'espèce, la date déterminante pour trancher la question de la prescription 
est celle du dépôt de la réquisition de poursuite et non celle du dépôt de la requête 

de mainlevée de l'opposition. 

L'intimé n'a pas contesté l'allégation de la recourante selon laquelle la réquisition 

de poursuite a été déposée le 3 mai 2016. A cette date, la prescription n'était pas 

encore acquise puisque le délai de 20 ans arrivait à échéance le 1
er

 janvier 2017. 

Un nouveau délai de 20 ans a ainsi commencé à courir dès le 3 mai 2016. 

C'est par conséquent à tort que le Tribunal a rejeté la requête de mainlevée au 

motif que la créance était prescrite. 

L'acte de défaut de bien du 23 avril 1993 constitue par ailleurs bien une 

reconnaissance de dette au sens de l'art. 82 LP, laquelle porte sur le montant de 

117'861 fr. 55. 

Le jugement querellé doit par conséquent être annulé.  

La mainlevée de l'opposition formée au commandement de payer litigieux sera 

prononcée. 

3. L'intimé, qui succombe, sera condamnée aux frais judiciaires des deux instances 
(art. 106 al. 1 CPC). 

Les frais judiciaires seront arrêtés à 750 fr. pour la première instance et à 1'125 fr. 

pour le recours (art. 48 et 61 OELP) et compensés avec les avances versées par la 

recourante, lesquelles resteront acquises à l'Etat de Genève. 

L'intimé sera condamné à verser l'875 fr. à la recourante à titre de frais judiciaires. 

- 5/6 - 

 

C/13536/2017 

Aucun dépens ne sera alloué pour la procédure de première instance, puisque la 

recourante a procédé en personne et que les démarches qu'elle a effectuées ne 

justifient pas l'allocation de dépens (art. 95 al. 3 let. c CPC). 

L'intimé sera par contre condamné à verser à la recourante, représentée par un 

avocat dans le cadre de la procédure de recours, 1'500 fr. au titre des dépens de 

recours, débours et TVA compris (art. 85, 88, 89 et 90 RTFMC). 

* * * * * 

- 6/6 - 

 

C/13536/2017 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté par A______ AG contre le jugement 

JTPI/13868/2017 rendu le 30 octobre 2017 par le Tribunal de première instance dans la 

cause C/13536/2017-24 SML. 

Au fond : 

Annule le jugement précité et, statuant à nouveau : 

Prononce la mainlevée provisoire de l'opposition formée par B______ au 

commandement de payer poursuite n° 1______ portant sur 117'861 fr. 55. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête à 1'875 fr. les frais judiciaires de première instance et de recours, les met à 

charge de B______ et les compense avec les avances effectuées par A______ AG qui 

restent acquises à l'Etat de Genève. 

Condamne B______ à verser 1'875 fr. à A______ AG au titre des frais judiciaires de 

première instance et de recours. 

Condamne B______ à verser 1'500 fr. à A______ AG à titre de dépens de recours. 

Siégeant : 

Madame Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ, présidente; Monsieur Laurent RIEBEN 

et Madame Eleanor McGREGOR, juges; Madame Céline FERREIRA, greffière. 

 

La présidente : 

Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ 

 La greffière : 

Céline FERREIRA 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 

173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec 

expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du recours 

en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 30'000 fr. 

http://intrapj/perl/JmpLex/RS%20173.110
http://intrapj/perl/JmpLex/RS%20173.110