# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 6335d8ec-0bbc-5160-bb61-a7b0c2734ce4
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-09-20
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Strafkammer 20.09.2021 502 2021 184
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_005_502-2021-184_2021-09-20.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00
tribunalcantonal@fr.ch
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

502 2021 184

Arrêt du 20 septembre 2021

Chambre pénale

Composition Président : Laurent Schneuwly
Juges : Jérôme Delabays, Sandra Wohlhauser
Greffière-rapporteure : Catherine Faller

Parties A.________, prévenu et recourant, représenté par Me Elmar 
Wohlhauser, avocat

contre

MINISTÈRE PUBLIC, intimé

Objet Détention provisoire; risque de passage à l’acte; mesures de 
substitution

Recours du 6 septembre 2021 contre l'ordonnance du Tribunal des 
mesures de contrainte du 27 août 2021

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considérant en fait

A.

A.a. Le 20 juin 2020, un incendie s’est déclaré à B.________ dans l’appartement de C.________, 
alors que celui-ci était absent. Arrêté le 24 juin 2020, A.________ a reconnu s’être introduit dans cet 
appartement la nuit en question afin d’y dérober quelques affaires pour nuire à C.________. Il est 
en effet en conflit avec celui-ci depuis plusieurs mois principalement en raison du fait que 
C.________ entretient une relation avec son ancienne amie D.________. Selon ce que A.________ 
a alors déclaré à la police, l’incendie, dont il avait reconnu dans un premier temps la responsabilité, 
a été allumé par son comparse E.________ avant qu’ils ne quittent les lieux. Entendu à son tour, 
E.________ a rejeté sur A.________ la responsabilité de l’incendie. Ils ont tous deux été placés en 
détention provisoire par le Tribunal des mesures de contrainte (Tmc). Ils ont été libérés le 31 juillet 
2020.

A.b. Le 2 avril 2021, A.________ a été à nouveau arrêté car, dans la nuit précédente, il avait 
adressé de nombreux messages écrits et vocaux à C.________ contenant des menaces de mort. 
Le 2 décembre 2020, il avait déjà déposé plainte pénale après avoir retrouvé dans l’habitacle de son 
véhicule stationné près de son domicile un livre et une lettre de A.________. Lors de son audition 
du 2 avril 2021, A.________ a alors déclaré que C.________ était la personne qu’il détestait le plus 
au monde et qu’il voulait le tuer, envie qui s’était accentuée depuis que D.________, manipulée par 
C.________, avait également déposé plainte pénale à son encontre. Entendu à nouveau le 
lendemain 3 avril 2021, il a relativisé ses précédents propos, niant tout intention meurtrière et mettant 
ses déclarations sur le compte de l’alcool et de la colère.

A.c. Le 5 avril 2021, le Tmc a ordonné la détention provisoire de A.________ jusqu’au 1er juin 
2021, retenant un risque de passage à l’acte. Cette détention a été prolongée jusqu’au 1er juillet 
2021. Le 9 juin 2021, A.________ a demandé sa mise en liberté moyennant le prononcé de mesures 
de substitution, requête rejetée par le Tmc le 18 juin 2021. Le 7 juillet 2021, le Tmc a prolongé la 
détention provisoire jusqu’au 1er septembre 2021, toujours en raison d’un risque de passage à l’acte 
envers C.________.

A.d. A.________ a présenté le 16 août 2021 au Ministère public une nouvelle demande de 
libération moyennant le prononcé de mesures de substitution (interdiction d’entrer en contact avec 
C.________ et D.________ et de s’approcher de leurs domiciles et lieux de travail; obligation de se 
soumettre à un suivi psychiatrique; obligation d’une abstinence totale à l’alcool et à toutes 
substances psychoactives, abstinence qui doit être vérifiée; soumission à une assistance de 
probation). Le Ministère public s’y est opposé le 18 août 2021 et a transmis le dossier au Tmc qui, 
après avoir entendu A.________ le 27 août 2021, a rejeté la demande de libération par décision du 
même jour.

B. A.________ a déposé le 6 septembre 2021 un recours auprès de la Chambre pénale du 
Tribunal cantonal (ci-après: la Chambre pénale) contre cette décision. Il conclut à sa libération 
immédiate moyennant la mise en place des mesures de substitution proposées.

Sans plus ample détermination, tant le Ministère public que le Tmc ont conclu au rejet du recours le 
8 septembre 2021. A.________ n’a pas exposé de détermination supplémentaire dans son écrit du 
15 septembre 2021.

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La détention provisoire de A.________ a été prolongée par le Tmc le 13 septembre 2021 jusqu’au 
1er novembre 2021.

en droit

1.

1.1. Aux termes de l’art. 393 al. 1 let. c CPP, le recours est recevable contre les décisions du 
Tribunal des mesures de contrainte dans les cas prévus par le code. L’art. 222 CPP, qui prévoit que 
le détenu peut attaquer devant l’autorité de recours les décisions ordonnant une mise en détention 
provisoire ou une mise en détention pour des motifs de sûreté, ou encore la prolongation ou le terme 
de cette détention, autorise également le détenu, malgré une formulation peu claire, à attaquer 
devant l’autorité de recours une décision refusant la libération de la détention (arrêt TC FR 
502 2018 225 du 2 octobre 2018). Le recours doit être adressé par écrit, dans un délai de dix jours 
dès la notification de la décision attaquée (art. 384 let. b CPP), à l’autorité de recours (art. 396 al. 1 
CPP) qui, dans le canton de Fribourg, est la Chambre pénale du Tribunal cantonal (art. 85 al. 2 LJ 
[loi du 31 mai 2010 sur la justice ; RSF 130.1]).

En l’espèce, le recours motivé et doté de conclusions a été interjeté en temps utile devant l’autorité 
compétente, par le prévenu détenu qui a en principe qualité pour recourir (cf. art. 382 al. 1 CPP), et 
dans les formes prescrites (cf. art. 385 al. 1 CPP). 

1.2. Le recours contre un refus de libération conserve son intérêt même si la détention actuelle 
repose sur un autre titre de détention (arrêt TC FR 502 2020 223+224 du 7 décembre 2020 
consid. 1.3 in RFJ 2021 p. 289). Ainsi, en l’espèce, même si la détention provisoire de A.________ 
a été prolongée jusqu’au 1er novembre 2021 par une décision en l’état non contestée, l’éventuelle 
admission de son recours du 6 septembre 2021 aboutirait à sa libération, de sorte que ce pourvoi 
doit être tranché.

1.3. Le recours fait l’objet d’une procédure écrite (art. 397 al. 1 CPP).

2.

La question à trancher est celle de savoir si A.________ peut être privé de sa liberté en raison d’un 
risque de passage à l’acte que des mesures de substitution ne sauraient efficacement éviter.

2.1. Selon l’art. 221 al. 2 CPP, la détention peut être ordonnée s’il y a sérieusement lieu de 
craindre qu’une personne passe à l’acte après avoir menacé de commettre un crime grave.

Dans l’ATF 140 IV 19 (consid. 2.1.1), le Tribunal fédéral a relevé que le risque de passage à l’acte 
ne constitue un motif de détention provisoire qu’en cas de pronostic très défavorable. Il suffit cela 
étant que la vraisemblance de passage à l'acte apparaisse comme très élevée en considération 
d'une appréciation d'ensemble des relations personnelles ainsi que des circonstances. En particulier 
en cas de menace d'infractions violentes, il doit également être pris en considération l'état psychique 
de la personne soupçonnée, respectivement son imprévisibilité ou son agressivité. Plus grave est 
l'infraction redoutée, plus facilement la mise en détention se justifie-t-elle lorsque les éléments 
disponibles ne permettent pas une évaluation précise du risque.

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2.2. Le Tmc a considéré que le risque de passage à l’acte était en l’état très élevé. Il a fondé son 
avis sur l’expertise du 17 mai 2021 du docteur F.________ et la psychologue G.________ (DO 4016 
ss) et sur une évaluation globale de la situation du recourant, en particulier le contenu des menaces 
proférées, ses antécédents, et le fait qu’il s’était déjà engagé précédemment à ne pas contacter 
D.________ et C.________, promesse qu’il n’avait pas tenue, ces personnes vivant dans la peur du 
recourant. Il a noté que la réactualisation de la procédure pénale par D.________ risquait de le 
déstabiliser encore plus. Estimant que le recourant est encore fragile comme l’a démontré son 
alcoolisation massive du 14 juin 2021 (2.75 g °/oo) qui a nécessité son hospitalisation, et qu’il est 
toujours dans une situation personnelle difficile (pas de travail; domicile chez ses parents), le premier 
juge a considéré qu’il était nécessaire d’attendre notamment le complément d’expertise en cours 
avant d’envisager une libération, même si A.________ paraît aujourd'hui assumer ses actes et ne 
plus s'en décharger sur les autres, notamment sur C.________.

2.3. Dans son pourvoi, A.________ considère que le Tmc n’a pas établi un pronostic très 
défavorable s’agissant du passage à l’acte. Il reproche au premier juge de n’avoir retenu que les 
éléments du dossier qui lui sont défavorables, sans examiner sérieusement la mise en place de 
mesures de substitution. Il relève que le Centre de psychiatrie forensique, dans son rapport du 
20 juillet 2021, a noté que son état clinique est jugé apaisé et en cours de stabilisation après sa prise 
d’alcool du 14 juin 2021, qu’il a exprimé sa volonté de ne pas réitérer des actes délictuels, qu’il 
souhaite poursuivre la thérapie initiée et qu’il a partagé son intérêt quant à une possible intégration 
du programme Ex-pressions s’agissant de la problématique ayant trait à la violence. Il expose 
également que le docteur H.________, psychologue, qui l’a vu à trois reprises, a préconisé la levée 
immédiate de la détention avec mise en place de mesures de substitution le 22 août 2021, qu’il 
estime le risque de récidive très faible, des mesures tendant à garantir l’abstinence à l’alcool et à 
toutes substances psychoactives étant suffisantes.

2.4. La Chambre pénale n’est pas convaincue par l’argumentation de A.________.

Tout d’abord, il faut constater que le Tmc s’est penché sur l’ensemble des circonstances du cas pour 
se forger sa conviction, comme l’exige la jurisprudence. C’est dès lors en vain que le recourant lui 
reproche d’avoir cru nécessaire de fonder sa décision sur une « avalanche d’éléments ».

Ensuite, l’appréciation que le Tmc a faite de ces éléments n’est pas critiquable.

L’infraction redoutée est extrêmement grave, puisqu’il s’agit d’éviter que le recourant s’en prenne à 
la vie de C.________. Une telle perspective implique la plus grande des prudences avant de mettre 
fin à la privation de liberté. Doit ensuite être pris en considération le fait que le recourant, par le 
passé, n’a pas hésité de se rendre dans l’appartement de l’intéressé à son insu; on peut du reste 
craindre les conséquences qu’aurait eues un retour de C.________ à son domicile à ce moment-là; 
mais surtout, le recourant a très clairement fait part de son intention de tuer C.________, tout d’abord 
par messages écrits et oraux, mais aussi lors de son audition par la police, où il a tenu des propos 
dépourvus d’équivoque: « Je vais être honnête avec vous, je vais le tuer un de ces jours de toute 
façon et quand j'aurai l'occasion de le faire ça sera très violent. Si j'étais lui je déménagerais le plus 
loin possible car sinon il mourra. Je vais le faire de toute façon. Ça va être très très violent. Il va 
mourir. En fait c'est la personne que je déteste la plus au monde. J'ai honnêtement envie de le tuer. 
Je lui ai envoyé un message vocal par téléphone ce matin vers 0300 heures. Avant ce fait, j'avais 
consommé une dizaine de bières mais pas de stupéfiants. J'étais clairement alcoolisé mais malgré 
ceci j'ai toujours envie de le tuer même étant sobre. » (DO 6036). De telles déclarations ne relèvent 
pas en l’espèce d’une navrante fanfaronnade, mais reflètent bien une véritable et puissante haine 

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de A.________ envers C.________, sentiment ancré dans la durée, près de dix mois séparant 
l’intrusion dans l’appartement qui a débouché sur un incendie des menaces précitées.

L’expert a du reste noté que le risque de récidive était « élevé pour des faits similaires à ceux pour 
lesquels il a été jugé par le passé et accusé dans la présente procédure, ceci dans le cas où 
A.________ ne maintiendrait pas son abstinence à l’alcool au vu de l’effet désinhibiteur de cette 
substance et donc potentiellement facilitateur du passage à l’acte. Concernant la mise en œuvre 
des menaces de mort que A.________ a tenues à l’égard de C.________, nous estimons également 
que le risque de passage à l’acte est non négligeable. Comme susmentionné, l’expertisé reste à ce 
jour très envahi par la rupture avec son ex-compagne ainsi que par le fait qu’elle soit en couple avec 
un homme qu’il juge mauvais pour elle. » (DO 4033).

Il y a ainsi bien eu des menaces claires, précises et répétées, de A.________ de tuer C.________. 
Il existait un risque important que A.________ les mette à exécution, en particulier lorsqu’il était ivre, 
étant précisé qu’il consommait chaque jour des quantités importantes d’alcool.

2.5. Le recourant, qui dans un premier temps n’avait pas contesté auprès de la Chambre pénale 
les décisions du Tmc le privant de sa liberté, invoque cela étant l’évolution positive de sa situation, 
constatée par le Centre de psychiatrie forensique et le Dr H.________. Il considère que désormais, 
il n’est plus conforme au principe de la proportionnalité de continuer à le maintenir en détention, le 
pronostic n’étant plus « très » défavorable compte tenu des mesures de substitution à mettre en 
place.

Il est indéniable qu’il existe chez le recourant une amorce de prise de conscience; il a cherché à en 
convaincre le Tmc lors de son audition du 27 août 2021, où il a exprimé ses regrets envers 
C.________. Il est également clair que la thérapie qu’il a entreprise avec le Dr H.________ lui est 
bénéfique. Mais il faut objecter que, il y a encore quelques semaines, A.________ a consommé du 
produit de nettoyage qui était fortement alcoolisé. C’est dire que ses problèmes d’alcool, s’ils sont 
moins aigus du fait de sa détention, ne sont pas encore résolus et la Chambre pénale retient comme 
très important le risque qu’il en consomme à nouveau rapidement après sa sortie de prison, étant 
rappelé que les contrôles proposés à titre de mesures de substitution ne peuvent que constater une 
alcoolisation, non l’empêcher. En outre, même s’il dit avoir évolué quant à son ressentiment envers 
C.________, il s’était déjà engagé par le passé à ne plus le contacter, ce qu’il a fait malgré tout; cela 
relativise évidemment la portée de l’interdiction de contact proposée à titre de mesures de 
substitution. Il est juste en outre de noter que les procédures pénales engagées à son encontre par 
C.________ et D.________ risquent de ranimer son courroux, pour autant que celui-ci soit 
véritablement apaisé, ce qui ne saurait être admis du seul fait que le recourant le prétend vu ses 
précédents comportements et affirmations.

Le pronostic demeure dès lors très défavorable et le Ministère public a agi correctement en abordant 
l’expert pour qu’il donne son avis sur l’évolution de la situation du recourant, étant rappelé qu’est 
possiblement en jeu la vie d’une personne. Au moins jusqu’à ce que l’expert se prononce, une 
libération du recourant apparaît prématurée. Il s’ensuit le rejet du recours.

3.

3.1. La Chambre pénale arrête elle-même l’indemnité du défenseur d’office pour la procédure de 
recours selon l’art. 57 al. 1 et 2 RJ (RFJ 2015 73). En l’espèce, pour la rédaction du recours et des 
observations, l’examen des déterminations puis du présent arrêt, et leur explication au client, avec 

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quelques autres petites opérations, l’indemnité sera fixée à CHF 600.-, débours compris, mais TVA 
(7.7 %) par CHF 46.20 en sus (cf. art. 56 ss RJ).

3.2. Au vu de l’issue du recours, les frais de la procédure de recours, arrêtés à CHF 1'246.20 
(émolument: CHF 500.-; débours: CHF 100.-; frais de défense d’office: CHF 646.20), sont mis à la 
charge de A.________ (art. 428 al. 1 CPP). Le remboursement à l'Etat de l'indemnité allouée au 
mandataire d’office ne sera exigible que lorsque la situation économique de A.________ le 
permettra.

la Chambre arrête :

I. Le recours est rejeté.

Partant, l’ordonnance du Tmc du 27 août 2021 rejetant la demande de libération de 
A.________ est confirmée.

II. L'indemnité due pour la procédure de recours à Me Elmar Wohlhauser en sa qualité d’avocat 
d’office est fixée à CHF 646.20, TVA par CHF 46.20 incluse.

III. Les frais de la procédure de recours par CHF 1'246.20 (émolument: CHF 500.-; débours: 
CHF 100.-; frais de défense d’office: CHF 646.20) sont mis à la charge de A.________.

Le remboursement à l'Etat de l'indemnité allouée au chiffre II ci-dessus sera exigible dès que 
la situation économique de A.________ le permettra.

IV. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours 
dès la notification de l’arrêt rédigé. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). L'acte 
de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 20 septembre 2021/jde

Le Président : La Greffière-rapporteure :