# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 4d05fb90-a365-53ec-9952-0cb22bf8bf1c
**Source:** Valais/Wallis (VS)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-11-20
**Language:** fr
**Title:** Wallis Sonstiges Gericht Sonstige Kammer 20.11.2018 P1 16 85
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VS_Gerichte/VS_BZG_999_P1-16-85_2018-11-20.pdf

## Full Text

RVJ / ZWR 2019 295 

Procédure pénale 
Strafprozessrecht 

Nullité d’une décision - ATC (Juge de la Cour pénale II) du 
20 novembre 2018, Service de protection des travailleurs et des 
relations du travail c. X. SA - TCV P1 16 85 

Nullité absolue d’une décision rendue par une autorité matériellement 
incompétente ; poursuite pénale contre une entreprise 

- Une décision rendue par une autorité matériellement incompétente est frappée de 
nullité absolue qui peut être invoquée, ou être constatée d’office, en tout temps et 
devant toute autorité (consid. 2.2). 

- En Valais, le Service de protection des travailleurs et des relations du travail est l’auto-
rité chargée de la poursuite pénale, avec les attributions du ministère public, des 
contraventions réprimées par la loi fédérale sur le travail au noir (consid. 3.3 et 3.4). 

- Les dispositions concernant la responsabilité pénale de l’entreprise ne s’appliquent 
pas en cas de contravention (art. 105 al. 1 CP ; consid. 3.5.1 et 3.5.2). 

- En l’espèce, nullité de l’ordonnance pénale du Service de protection des travailleurs 
et des relations du travail condamnant une entreprise pour contravention à la loi 
fédérale sur le travail au noir, tout comme du jugement du tribunal de district auquel la 
cause a été renvoyée par ce service ; une entreprise ne peut être poursuivie que par 
le Ministère public (consid. 3.6.1 et 3.6.2). 

Absolute Nichtigkeit einer von einer materiell unzuständigen Behörde 
erlassenen Verfügung; Strafverfolgung gegen ein Unternehmen 

- Die Verfügung einer materiell unzuständigen Behörde ist absolut nichtig. Die absolute 
Nichtigkeit kann jederzeit und vor jeder Behörde geltend gemacht oder von dieser von 
Amtes wegen festgestellt werden (E. 2.2). 

- Im Kanton Wallis ist die Dienststelle für Arbeitnehmerschutz und Arbeitsverhältnisse 
für die Strafverfolgung von Übertretungen des Bundesgesetzes gegen die Schwarz-
arbeit zuständig, wobei ihr die Befugnisse der Staatsanwaltschaft zukommen (E. 3.3 
und 3.4). 

- Die Bestimmungen über die strafrechtliche Verantwortlichkeit des Unternehmens sind 
auf Übertretungen nicht anwendbar (Art. 105 Abs. 1 StGB; E. 3.5.1 und 3.5.2). 

- In casu Nichtigkeit des Strafbefehls der Dienststelle für Arbeitnehmerschutz und Ar-
beitsverhältnisse gegen ein Unternehmen wegen einer Übertretung des Bundesge-
setzes gegen die Schwarzarbeit sowie des Entscheids des Bezirksgerichts, an wel-
ches die Dienststelle den Fall weitergeleitet hat. Nur die Staatsanwaltschaft kann ein 
Unternehmen strafrechtlich verfolgen (E. 3.6.1 und 3.6.2). 

 

  

296 RVJ / ZWR 2019 

Faits (résumé) 
 

A.  Le 28 mai 2014, le Service de protection des travailleurs et des 
relations du travail (ci-après : le SPT), a condamné par ordonnance 
pénale la société X. SA au paiement d’une amende de 1500 fr., ainsi 
qu’aux frais de contrôle, par 624 fr., et de procédure. 

B.  Le 10 juin 2014, X. SA s’est opposée à cette condamnation.  

C.  Après avoir complété l’instruction, le SPT a transmis son dossier au 
Tribunal du district de Sierre, le 20 avril 2016. 

D.  Par jugement du 27 juillet 2016, le juge de district a reconnu X. SA 
coupable de violation de l’art. 8 de loi fédérale du 17 juin 2005 concer-
nant des mesures en matière de lutte contre le travail au noir (LTN). Il 
a condamné cette société au paiement d’une amende de 1500 fr. 
(art. 18 LTN) et d’un montant de 624 fr. pour les frais de contrôle (art. 16 
LTN et 7 OTN). Il a mis à la charge de X. SA les frais liés à la procédure 
devant le SPT et le tribunal de district. 

E.  X. SA forme appel au Tribunal cantonal contre ce jugement. 

 

Considérants (extraits) 
 

2.2  Une décision rendue par une autorité matériellement incompétente 
est frappée de nullité absolue. Cette dernière peut être invoquée, ou 
être constatée d’office, en tout temps et devant toute autorité. « En tout 
temps » signifie qu’alors même qu’une décision est entrée en force, une 
décision postérieure qui trouve son fondement dans la première peut 
faire l’objet d’un recours en vue de constater la nullité de celle-ci. La 
nullité peut être relevée « par toute autorité » dans la mesure où une 
décision peut influer sur la validité de décisions postérieures dans les 
situations les plus diverses, de telle sorte qu’il est impossible de définir 
par avance les autorités compétentes. Dès lors, et en particulier, la 
nullité d’une ordonnance pénale frappée d’opposition peut très bien être 
constatée par les autorités judiciaires qui sont ensuite saisies de la 
cause (cf. arrêts 6B_667/2017-6B_668/2017 du 15 décembre 2017 
consid. 2.3-2.4 et 3.1 ainsi que 6B_339/2012 du 11 octobre 2012 
consid. 1.2.1 de même que les références citées ; Piquerez/Macaluso, 

RVJ / ZWR 2019 297 

Procédure pénale suisse, 2011, nos 786 [en particulier la note de bas 
de page n. 460] et 2042 ; Hauser/Schweri/Hartmann, Schweizerisches 
Strafprozessrecht, 2005, nos 23 et 31 ad § 101).  

3.1  Les personnes et entreprises contrôlées dans le cadre de la lutte 
contre le travail au noir sont tenues de fournir aux personnes chargées 
des contrôles les documents et renseignements nécessaires ; elles doi-
vent également leur permettre de pénétrer librement dans l’entreprise 
ou dans tout autre lieu de travail pendant les heures de travail des 
personnes qui y sont employées (cf. art. 8 LTN). 

3.2  Aux termes de l’art. 18 LTN, est puni de l’amende quiconque, inten-
tionnellement, enfreint l’obligation de collaborer visée à l’art. 8 LTN, la 
poursuite pénale incombant aux cantons. Cette disposition réprime une 
contravention de droit fédéral (cf. son titre marginal ainsi que l'art. 333 
al. 3 CP). 

3.3  En Valais, le SPT est l’organe de contrôle et de sanctions au sens 
de la LTN. En particulier, il réprime les contraventions qui y sont pré-
vues, les dispositions du CPP étant pour le surplus applicables (cf. 
art. 17 al. 1 CPP ; art. 38 al. 1 LACPP ; art. 8 al. 1 let. a et al. 3 de la loi 
cantonale du 14 mars 2007 d’application de la loi fédérale sur les condi-
tions minimales de travail et de salaire applicables aux travailleurs déta-
chés en Suisse et sur les mesures d’accompagnement et de la loi fédé-
rale concernant les mesures en matière de lutte contre le travail au noir, 
abrogée avec effet au 1er octobre 2016 ; art. 4 al. 1 ainsi que 15 al. 1 
let. a et al. 3 de la loi cantonale du 12 mai 2016 d’application de la loi 
fédérale sur les travailleurs détachés et de la loi fédérale sur le travail 
au noir, entrée en vigueur le 1er octobre 2016 ; art. 68 al. 1 et al. 2 let. a 
de la loi cantonale du 12 mai 2016 sur le travail, entrée en vigueur le 
1er octobre 2016 ; art. 34i al. 1 de la loi cantonale du 6 octobre 1976 sur 
la procédure et la juridiction administratives, entré en vigueur le 
1er janvier 2011).  

3.4  Ledit service a les attributions du Ministère public (cf. art. 357 al. 1 
CPP) et la compétence de statuer par ordonnance pénale (cf. art. 357 
al. 2 CPP), puis, en cas d’opposition, et après, le cas échéant, complé-
ment d’instruction, celle de saisir la juridiction de première instance 
(cf.  art. 355 et 356 CPP ; Jeanneret/Kuhn, Précis de procédure pénale, 
2018, nos 17039b à 17046 et les références citées). 

298 RVJ / ZWR 2019 

3.5.1  L’art. 102 CP prévoit que l’entreprise est un sujet de droit pénal 
et consacre une nouvelle forme de faute pénale à sa charge, à savoir 
le défaut d’organisation. Cette disposition ne crée pas, pour autant, une 
nouvelle infraction liée à la mauvaise organisation de l’entreprise 
concernée, mais prescrit que cette dernière ne répond en raison du fait 
qu’elle est mal organisée qu’à l’occasion de la commission d’un crime 
ou d’un délit prévu spécifiquement par la partie spéciale du Code pénal 
ou par une autre loi spéciale, l’art. 105 al. 1 CP excluant en effet 
expressément qu’elle puisse être recherchée pour une contravention 
(cf. Dupuis et Al., Petit commentaire du CP, 2017, n. 9 ad art. 102 CP et 
n. 4 ad art. 105 CP ; Trechsel/Jean-Richard, in Trechsel/Pieth, Schwei-
zerisches Strafgesetzbuch, 2013, n. 7 ad art. 102 CP ; Niggli/ Gfeller, 
Commentaire bâlois, 2013, n. 42 et 55 ad art. 102 CP ; Garbarski, 
L’entreprise dans le viseur du droit pénal administratif, in RPS 2012 
p. 425 ; Macaluso, Commentaire romand, 2009, n. 1-2, 61, 64 et 79 ad 
art. 102 CP).  

3.5.2  Ainsi, la procédure en matière de contraventions, notamment de 
droit fédéral, de la compétence d’une autorité administrative en vertu 
des art. 17 al. 1 et 357 CPP n’est pas applicable à une entreprise au 
sens de l’art. 102 CP. En effet, comme on vient de le voir (cf. consid. 
3.5.1), l’amende qu’il est possible de lui infliger sur la base de cette 
dernière disposition ne peut sanctionner qu’un crime ou un délit et non 
une contravention, si bien que seule une procédure conduite par le 
Ministère public est possible à son encontre (cf. également à ce sujet : 
Schmid/Jositsch, StPO Praxiskommentar, 2018, n. 5 ad art. 357 CPP ; 
Moreillon/Parein-Reymond, PC CPP, 2016, n. 2-3 ad Remarques 
préliminaires à l’art. 357 CPP ; Riklin, Commentaire bâlois, 2014, n. 2 
ad art. 357 CPP ; Schwarzenegger, in Donatsch/Hansjakob/Lieber, 
Kommentar zur StPO, 2014, n. 5 ad art. 357 CPP ainsi que n. 7 et 7a 
ad art. 352 CPP ; Pitteloud, Code de procédure pénale suisse, Com-
mentaire à l’usage des praticiens, 2012, no 1003).  

3.6.1  En l’espèce, dans la mesure où une entreprise au sens de l’art. 
102 CP ne peut être poursuivie pénalement que par le Ministère public 
(cf. consid. 3.5.2), il est manifeste que le SPT n’avait aucune compé-
tence matérielle pour poursuivre, puis sanctionner, l’entreprise X. SA 
(cf. art. 102 al. 4 let. a CP), dans le cadre d’une procédure, au sens de 
l’art. 357 CPP, concernant une contravention réprimée par l’art. 18 LTN 
(cf. consid. 3.2).  

RVJ / ZWR 2019 299 

3.6.2  En conséquence, l’ordonnance pénale que ledit service a pro-
noncée à l’encontre de cette société, le 28 mai 2014, doit être, d’office 
(cf. consid. 2.2), considérée comme frappée de nullité absolue, tout 
comme d’ailleurs le jugement rendu, le 27 juillet 2016, par le Tribunal 
du district de Sierre auquel la cause avait été renvoyée par le service 
précitée après l’opposition soulevée à l’encontre de ladite ordonnance 
par l’entreprise prévenue.