# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f994f5ba-600d-553f-8fd6-76bfe502c105
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-02-12
**Language:** fr
**Title:** Genf Tribunal pénal 12.02.2021 P/24058/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_TP_001_P-24058-2017_2021-02-12.pdf

## Full Text

Siégeant : M. Christian ALBRECHT, président, Mme Anne JUNG BOURQUIN et 
Mme Françoise SAILLEN AGAD, juges, M. Patrick MUTZENBERG,            Mme 
Monique CAHANNES, M. Daniel GLASNER et Mme Nelly HARTLIEB, juges 
assesseurs, Mme Aurélie MARTIN-ACHARD, greffière-juriste délibérante, Mme 
Carole PERRIERE, greffière  

P/24058/2017  

RÉPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E   
 

JUGEMENT  

DU TRIBUNAL CRIMINEL  

 

Chambre 21 

 
12 février 2021  

 

Madame A______, domiciliée ______, France, partie plaignante, assistée de Me 
B______ 
 
Monsieur C______, domicilié ______, France, partie plaignante, assisté de Me 
B______ 
 
Madame D______, domiciliée ______, France, partie plaignante, assistée de Me 
E______ 
 
Monsieur F______, domicilié ______, France, partie plaignante, assisté de Me 
E______ 
 
Monsieur G______, domicilié ______, France, partie plaignante, assisté de Me 
E______ 

contre  

Monsieur H______, né le ______ 1977, actuellement en exécution anticipée de peine à 
la Prison de la Brenaz, prévenu, assisté de Me I______ 

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CONCLUSIONS FINALES DES PARTIES : 

Le Ministère public conclut à un verdict de culpabilité pour tous les faits visés dans 
l'acte d'accusation, au prononcé d'une peine privative de liberté de 18 ans, d'un 
traitement ambulatoire au sens de l'art. 63 CP, à ce qu'il soit fait droit aux conclusions 
civiles des parties plaignantes, à la condamnation de H______ au paiement des frais de 
la procédure et se réfère à son acte d'accusation s'agissant des biens figurant aux 
inventaires de la procédure.  

A______ et C______, par la voix de leur Conseil, concluent à un verdict de culpabilité 
pour assassinat. 

D______, G______ et F______, par la voix de leur Conseil, concluent à un verdict de 
culpabilité pour assassinat. 

H______, par la voix de ses Conseils, conclut à un verdict de culpabilité pour meurtre 
avec la circonstance atténuante du repentir sincère, s'en rapporte à justice pour les autres 
infractions, conclut au prononcé d'une peine juste, au prononcé d'un traitement 
ambulatoire, acquiesce aux conclusions civiles ainsi qu'aux conclusions figurant à l'acte 
d'accusation s'agissant des biens figurant aux inventaires de la procédure. 

EN FAIT 

A.a. Par acte d'accusation du 2 octobre 2020, il est reproché à H______ d'avoir, à 
Genève, le 22 novembre 2017, à minuit passé de quelques minutes, à l'angle de la rue 
J______ et de la rue K______, fait usage de son pistolet GLOCK 19 en tirant sur 
L______ à quatre reprises, soit un premier coup à bout portant à l'abdomen, lui causant 
notamment une perforation du péritoine, du côlon, de l'urètre (sic) droit, de la veine 
iliaque droite, des artères iliaques commune et externe droites et une fracture de l'os 
iliaque droit, lui provoquant une hémorragie interne, la balle ayant été se loger dans la 
fesse droite de L______, et un second coup dans la base du thorax, en région mammaire 
gauche, la balle causant sur sa trajectoire la dilacération du diaphragme, du lobe gauche 
du foie et des viscères de la victime, de même que le déchirement de l'artère 
mésentérique supérieure, pour finalement perforer la paroi abdominale et ressortir du 
corps par un troisième orifice, puis deux coups de feu supplémentaires, dont un à tout le 
moins alors que L______ était déjà à terre, entre la vie et la mort, ces deux derniers 
coups de feux n'atteignant pas L______, étant précisé que cette dernière est décédée aux 
HUG la même nuit à 02h53; 

Dans ce contexte, il est reproché à H______ d'avoir agi avec une absence particulière de 
scrupules:  

- en préméditant froidement son acte, soit en rentrant chez lui, après une première 
rencontre avec L______, très énervé, pour chercher son arme à feu, afin de 
l'utiliser contre elle, 

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- en ressortant de chez lui peu avant minuit, déterminé à faire du mal à L______ et 
en la traitant verbalement de "pute";  

- puis, à peine l'avait-il retrouvée, en sortant son arme à feu, visant sa victime et 
lui tirant dans le ventre deux coups de feu à bout portant; 

- et alors qu'il l'avait déjà touchée à deux reprises, une fois à l'abdomen et une fois 
au thorax, en tirant encore deux coups de feu, dont un au moins alors que 
L______ était déjà touchée mortellement par ses balles et gisait à terre; 

et pour un mobile futile et égoïste, dans la mesure où il a tiré de sang-froid sur L______, 
dont il savait de plus que c'était la soirée d'anniversaire, sans motif sérieux, dans le 
cadre d'une mésentente triviale en lien avec une prétendue dette de CHF 20.- dont elle 
aurait été débitrice, 

faits qualifiés de meurtre, avec la circonstance aggravante de l'assassinat au sens des 
art. 111 cum 112 du Code pénal. 

b. Par ce même acte d'accusation, il est également reproché à H______ d'avoir, le 6 
novembre 2017, à la gare de Cornavin, à Genève, alors qu'il avait voyagé en train 
depuis Nice, été en possession d'un faux permis de conduire, à la date d'émission du 6 
mai 2008, qu'il avait acheté en Thaïlande en 2013 pour le montant de CHF 50.-, étant 
précisé qu'il faisait l'objet d'une interdiction de circuler en voiture en Suisse et au 
Liechtenstein, faits qualifiés de faux dans les certificats étrangers (art. 252 cum 255 CP).  

c. Il est enfin reproché à H______ d'avoir, le 6 novembre 2017, lors de son passage de 
la douane entre la France et la Suisse, été porteur d'une arme interdite en Suisse, soit 
d'un dispositif de visée laser ou de visée nocturne, qu'il avait acheté précédemment en 
Espagne, dans le but de l'actionner sur un arc à poulie et sur du matériel airsoft, alors 
qu'il savait que ce matériel était interdit en Suisse, faits qualifiés de délit contre la loi 
fédérale sur les armes (art. 33 al. 1 let. a LArm).  

B. Les éléments pertinents suivants ressortent de la procédure: 

Des évènements du 22 novembre 2017 

Arrestation 

a. Selon les rapports de police du 22 novembre 2017, le même jour, peu avant 00h20, la 
police a été requise à l'angle de la rue J______ et de la rue K______, à la suite d'appels 
faisant état d'une femme blessée par balles. Selon des témoins, un individu s'était 
tranquillement éloigné des lieux avec une arme de poing à la main et était entré dans 
l'allée M______.  

Les premières patrouilles arrivées sur les lieux se sont rendues dans l'allée en question 
et ont progressé jusqu'au 8ème étage, où elles ont entendu une porte claquer. Après que 

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les policiers ont manifesté leur présence, une femme, soit N______, est sortie de son 
appartement. Informée qu'un homme avait tiré sur une femme et qu'il pouvait s'agir de 
son fils, N______ a indiqué que ce dernier, soit H______, se trouvait effectivement chez 
elle. Elle n'avait toutefois pas connaissance d'une agression. Les patrouilles de police 
ont alors commencé à interpeller verbalement H______, à proximité du palier du 8ème 
étage. Ce dernier leur a répondu calmement, au travers de la porte, qu'il souhaitait 
encore fumer une cigarette avant de sortir de son logement. Après deux ou trois 
minutes, H______ est effectivement sorti et a obtempéré aux injonctions de la police. 
Son interpellation a été effectuée à 01h25. Questionné sur la présence d'une arme, 
H______ a désigné un sac poubelle disposé juste derrière la porte palière, à l'intérieur de 
l'appartement. Dans le sac se trouvait un GLOCK 19, disposé au sommet des ordures. 
H______ a également déclaré, spontanément, avoir tiré sur une femme car "elle lui avait 
tapé dessus".  

La police a constaté, à la suite de l'interpellation de H______, que ce dernier se montrait 
courtois et collaborant. Il paraissait très lucide quand bien même son alcoolémie avait 
été mesurée à 0.9 mg/l d'air expiré à 02h53. Juste avant d'être conduit en cellule, il avait 
demandé des nouvelles de la femme sur laquelle il avait tiré, sans pour autant démontrer 
d'émotion particulière. Selon le rapport de police, H______ était resté très calme, 
presque sans expression, dans le contrôle et la retenue.  

Parallèlement, des agents de police, tout comme une ambulance, se sont rapidement 
rendus sur les lieux des coups de feu. La victime de ces derniers a été identifiée, sur la 
base de ses documents d'identité, comme étant L______, ressortissante française, née le 
______ 1981. Elle était alors allongée, inconsciente, en position dorsale au milieu de la 
chaussée. Son pronostic vital était fortement engagé. Après stabilisation de son état par 
les médecins urgentistes, elle a été prise en charge et conduite aux Hôpitaux 
Universitaires de Genève (ci-après: "HUG"), où elle est décédée à 02h53, en cours 
d'opération. A priori, la précitée présentait trois impacts de balles sur le corps, soit un au 
thorax et deux à l'abdomen. 

Perquisitions 

b. Selon les rapports des 22 et 28 novembre 2017, ainsi que du 19 mars 2018, la police a 
effectué plusieurs perquisitions dans l'appartement de H______, lequel était 
communiquant avec celui de sa mère.  

Dans le studio de H______, la police a découvert plusieurs armes et munitions, soit un 
fusil à pompe REMINGTON 870, un pistolet ERMA (n° série 1______), calibre 22, un 
chargeur de pistolet compatible avec le GLOCK 19 pourvu de neuf cartouches de 
calibre 9x19 mm – sept de marque REMINGTON et deux de marque SELLIER & 
BELLOT – dans un meuble situé dans la chambre, et une boîte de munitions contenant 
vingt cartouches de calibre 9x19 mm – dix-sept de marque REMINGTON et trois de 
marque SELLIER & BELLOT –. La police a également découvert un second chargeur 

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vide, compatible avec le GLOCK 19, ainsi qu'un grand nombre d'armes airsoft. 
S'agissant du fusil à pompe et du GLOCK 19, H______ les avait acquis auprès d'une 
armurerie en date du 14 septembre 2007. S'agissant du GLOCK 19 retrouvé la nuit des 
faits, la chambre à cartouche était vide et l'arme ne contenait pas de chargeur. L'arme 
était entretenue et graissée, en parfait état de fonctionnement. Sur le balcon de 
l'appartement, la police a également constaté la présence d'impacts sur les parois de la 
terrasse, pouvant être compatibles avec des impacts de balles. La veste portée par 
H______ au moment des faits se trouvait sur une chaise située dans la pièce principale 
de l'appartement, tout comme ses chaussures qui étaient placées au pied de celle-là.  

Des photographies de l'appartement, des armes et des munitions se trouvent à la 
procédure. 

Balistique  

c.a. Selon le rapport de la Brigade de Police Technique et Scientifique (ci-après: 
"BPTS") du 19 mars 2018, quatre douilles de calibre 9x19 mm – deux de marque 
REMINGTON et deux de marque SELLIER & BELLOT – ont été retrouvées dans la 
zone des coups de feu. La police a également mis en évidence quatre impacts potentiels 
sur le sol et un mur de ladite zone.  

Un morceau de chemisage de projectile (P013) a également été découvert sur les lieux, 
tout comme un projectile chemisé, très fortement déformé (P011). Selon un rapport du 
Centre Universitaire Romand de Médecine légale (ci-après: "CURML") du 9 juillet 
2018, l'analyse d'un prélèvement biologique effectué sur le chemisage de ce dernier 
projectile (P011_T001) a mis en évidence un profil ADN correspondant à celui de 
L______. Un autre projectile chemisé, partiellement déformé (P021), compatible avec 
du calibre 9x19 mm, a été extrait du corps de L______, au niveau de la fesse droite, lors 
de l'autopsie. 

Les quatre douilles, les projectiles (P011 et P021), ainsi que le morceau de chemisage 
(P013), tout comme le matériel provenant de six tirs effectués par la BPTS avec le 
GLOCK 19 appartenant à H______, ont été transmis au Forensisches Institut Zürich 
(ci-après: "FOR"), en vue d'une expertise de comparaison visant à établir si les éléments 
de munition découverts avaient été tirés avec le pistolet GLOCK 19 de H______. 

c.b. Le FOR a rendu une expertise balistique le 2 mars 2018, dont les principales 
conclusions ont été reprises, en français, par la BPTS dans un rapport du 17 août 2018. 

A teneur de ces dernières, l'examen comparatif des caractéristiques observées sur les 
douilles indiciaires avec celles observées sur les douilles de comparaison permettait de 
soutenir fortement l'hypothèse selon laquelle les douilles indiciaires, retrouvées sur les 
lieux des faits, avaient été tirées par la même arme, plus précisément par le pistolet 
GLOCK 19 appartenant à H______. En outre, l'examen comparatif permettait de 
soutenir modérément l'hypothèse selon laquelle les projectiles et les éléments de 

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projectiles indiciaires retrouvés sur les lieux des faits avaient été tirés par ce même 
pistolet.  

c.c. Entendu en qualité de témoin par le Ministère public le 18 septembre 2019, 
O______, inspecteur de police à la BPTS, a expliqué avoir travaillé sur l'enquête depuis 
son ouverture et avoir participé à la rédaction de tous les rapports de la BPTS. Selon lui, 
compte tenu du nombre de douilles retrouvées sur les lieux, quatre coups de feu avaient 
nécessairement été tirés. Il a précisé qu'au cours de sa carrière et de celles de ses 
collègues, il ne leur était jamais arrivé de trouver plus d'éléments indiciaires que de 
coups de feu effectivement tirés. Entre ses propres constatations techniques et celles du 
CURML, il pouvait être retenu que deux de ces tirs avaient touché la victime et que les 
deux autres étaient "partis dans la nature". 

Constats médicaux relatifs à H______ 

d.a. Selon le rapport d'analyse toxicologique du 21 décembre 2017, les échantillons de 
sang, de sérum et d'urine prélevés sur H______ la nuit des faits entre 03h47 et 03h53 
ont révélé la présence de benzodiazépines (228 µg/l), suggérant une consommation de 
clobazam dans la fourchette des valeurs thérapeutiques, et d'éthanol (1.80 g/l).  

d.b. A teneur du constat de lésions traumatiques du 2 mars 2018, établi par le CURML, 
H______ a été examiné par un médecin légiste le 22 novembre 2017 dès 03h30.  

A cette occasion, H______ a expliqué avoir rencontré, la veille vers 23h00 ou minuit, 
une femme dont il ignorait le nom mais qu'il connaissait de vue. Il s'agissait d'une 
"dealeuse" du quartier, qui était agressive avec lui lorsqu'elle le voyait. H______ l'avait 
saluée et lui avait demandé de lui rendre les CHF 20.- qu'elle lui devait. A ce moment, 
la femme s'était approchée de lui, lui avait asséné une claque sur la joue gauche, puis 
l'avait saisi par le pull, raison pour laquelle il l'avait repoussée. Il n'avait pas souhaité 
s'exprimer sur la suite des évènements. 

L'examen pratiqué sur H______ a permis de mettre en évidence plusieurs lésions 
pouvant entrer chronologiquement en lien avec les évènements, en particulier une 
ecchymose au niveau de la face interne du coude droit et des dermabrasions au niveau 
des membres supérieurs (avant-bras, bras et main gauches, avant-bras et mains droites), 
qui étaient la conséquence de traumatismes contondants mineurs (heurt/s du corps 
contre un/des objet/s contondant/s, coup/s reçu/s par un/des objet/s contondant/s, 
pression locale ferme) avec une composante tangentielle pour les dermabrasions, mais 
étaient toutefois trop peu spécifiques pour pouvoir en préciser l'origine.  

Eléments médicaux et rapport d'autopsie relatifs à L______ 

e.a. Selon le rapport d'analyse toxicologique du 4 janvier 2018, un échantillon de sang 
ante-mortem prélevé sur L______ le 22 novembre 2017 à 02h30 a révélé un taux 
d'alcool éthylique de 1.35 g/kg. 

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e.b. L'autopsie médico-légale du corps de L______ a été effectuée en date du 22 
novembre 2017 par les Dresses P______ et Q______.  

Selon le rapport du 2 juillet 2018, à teneur des renseignements cliniques obtenus dans le 
dossier de médical de L______, une alarme avait été lancée le 21 novembre 2017 à 
00h21 pour une hémorragie traumatique sur la voie publique à Genève (plaies par 
balle). Selon les témoins, une femme de 36 ans, apparemment alcoolisée, s'était fait tirer 
dessus. A l'arrivée des ambulanciers, la patiente était inconsciente, en Glasgow Coma 
Scale de 3/5 et présentait une respiration agonale avec un pouls central présent. A 
l'arrivée des secours médicaux, la patiente ne respirait plus, elle était ventilée par ballon 
et présentait un pouls carotidien filant. Trois minutes plus tard, le pouls n'était plus 
détectable. A l'arrivée aux urgences, L______ se trouvait en activité électrique sans 
pouls, sous massage cardiaque. Elle a été transférée en extrême urgence au bloc 
opératoire où son décès a été constaté le 22 novembre 2017 à 02h53. 

Les constatations faites lors de l'examen radiologique réalisé post-mortem, lors de 
l'autopsie et via les examens histologiques permettaient d'établir que le corps de 
L______ avait été atteint par deux projectiles d'arme à feu. Sans préjuger de l'ordre des 
tirs, un coup de feu avait atteint le thorax à proximité du sein gauche pour fracturer le 
bord inférieur de la 7ème côte gauche et pénétrer à travers le diaphragme dans l'abdomen. 
Sur sa trajectoire, le projectile avait déchiré le foie, la vésicule biliaire, l'estomac, le 
duodénum, la racine du mésentère atteignant l'artère mésentérique supérieure, le côlon 
transverse, le rétro-péritoine et l'iléon distal, pour perforer la paroi abdominale et sortir 
du corps au niveau du bas de l'abdomen à droite. Sur sa trajectoire, le projectile avait 
donc suivi un trajet de haut en bas, de gauche à droite, dans un plan presque coronal (ou 
frontal). Il existait un second coup de feu intra-abdominal, dont l'orifice d'entrée se 
trouvait situé en région abdominale gauche. Sur sa trajectoire, le projectile avait déchiré 
notamment la musculature abdominale, perforé des anses digestives, pour dilacérer les 
structures vasculaires au niveau du promontoire (artères iliaques commune et externe 
droites, iliaque interne droite), l'uretère droit, pour s'impacter contre le bord de l'aile 
iliaque droite, créant une fracture embarrée à ce niveau et impliquant un ricochet, avec 
une trajectoire se poursuivant ensuite postérieurement vers le bas en direction de la 
fesse droite – où un projectile avait été retrouvé –. Le projectile avait donc suivi une 
trajectoire de haut en bas, de gauche à droite et d'avant vers l'arrière. Sa trajectoire avait 
été légèrement déviée suite à la percussion du projectile au niveau de l'os iliaque droit 
provoquant une fracture impaction.  

Les deux trajectoires avaient touché des structures vitales et étaient mortelles à brève 
échéance. Elles étaient en mesure de provoquer une hémorragie massive mais n'étaient 
pas de nature à entraîner une incapacité d'agir immédiate. Aucune lésion typique de 
défense n'avait été constatée. L'ensemble des données réunies permettait de rapporter le 
décès à deux coups de feu au niveau thoraco-abdominal. 

Auditions à la police 

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f. Plusieurs personnes ont été entendues par la police à la suite des évènements survenus 
dans la nuit du 21 au 22 novembre 2017. 

f.a.a. R______ a relaté que la veille de son audition vers 22h00, il s'était rendu à 
S______, sise rue J______. Vers 22h15, il avait salué L______, qui fumait une 
cigarette, seule, sur la terrasse de T______. Il la connaissait depuis deux ou trois ans, 
sans que cela ne soit une amie proche. Elle était calme et sympa, mais il lui arrivait de 
"s'embrouiller" avec des gens. Il ne s'était personnellement jamais disputé avec elle.  

Vers 23h45, il s'était fait servir son dernier verre, puis était sorti de l'établissement qui 
fermait ses portes. A ce moment, il avait vu L______ se disputer avec un individu, qu'il 
avait aperçu durant la soirée à S______. L______ "s'engueulait" avec cet homme, pour 
ce qu'il pensait être une "histoire de CHF 20.-". Malgré la situation, il était allé 
souhaiter un joyeux anniversaire à L______ et s'était ainsi arrêté pour parler avec elle. 
L'individu avec lequel elle s'était "embrouillée" était alors parti en direction de la rue 
U______. L______ lui avait dit que cet homme n'avait rien de mieux à faire que de lui 
"prendre la tête" le jour de son anniversaire. Elle n'avait pas précisé le motif de leur 
mésentente et il n'avait pas posé de question à ce sujet. 

Aux alentours de 00h15, après avoir dit au revoir à L______, il était parti à pieds en 
direction des arrêts de tram situés à la rue U______. A ce moment, qu'il situait dix à 
quinze minutes après le départ de l'individu, il avait vu ce dernier revenir dans sa 
direction depuis le bas de la rue U______. Il avait levé le bras pour le saluer et lui avait 
demandé si cela allait. L'individu lui avait répondu, sans élever la voix, "elle est où cette 
pute ?!". L'homme lui avait semblé énervé, mais pas hors de lui. Il avait tenté de le 
calmer en lui disant qu'il ne fallait pas qu'il prenne mal sa dispute avec L______. Il avait 
vu l'individu continuer son chemin, traverser les voies de tram et s'engouffrer dans la 
rue J______, en direction du bar où ils se trouvaient précédemment. Il avait ensuite 
tourné la tête.  

Quelques secondes plus tard, il avait entendu une détonation venant de la rue J______. 
Lorsqu'il s'était retourné, il avait vu L______ pliée en deux, se tenant le ventre, et l'avait 
entendue pousser un râle. Elle était en face d'un homme à la hauteur de la rue K______. 
Assez rapidement après la première détonation, il en avait entendu une seconde. Dans la 
mesure où il avait vu une flamme sortir du canon, il pouvait affirmer que l'individu 
tenait alors une arme à feu pointée sur le buste de L______, à bout portant, laquelle était 
en train de tomber. Une fois L______ au sol, sur le dos, l'individu avait tiré une 
troisième fois, toujours en direction du buste de la femme. Selon lui, les tirs s'étaient 
enchaînés les uns après les autres, sans pause. Le tireur était ensuite venu dans sa 
direction. A cet instant, il avait réalisé qu'il s'agissait de l'homme avec lequel L______ 
s'était disputée un peu plus tôt. L'individu marchait tranquillement, arme de poing à la 
main, avec le bras le long de son corps. Lorsque le tireur était arrivé à sa hauteur, il lui 
avait demandé "qu'est-ce que t'as fait ?!", mais il n'avait obtenu aucune réponse. 
L'homme avait continué à marcher en direction de la rue V______. Il s'était lui-même 

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rendu au contact de L______. Elle était alors à terre et ne parlait pas. Il avait appelé les 
secours à 00h17.  

R______ a indiqué qu'au cours de la soirée, il avait bu quatre bières et fumé quatre 
joints de marijuana. Selon le rapport de police du 22 novembre 2017, il présentait un 
taux d'alcool de 0.5 mg/l d'air expiré à 02h58. 

f.a.b. Selon le rapport de renseignements du 8 janvier 2018, il ressort des bandes audio 
relatives aux appels d'urgence passés à la suite des faits que, le 22 novembre 2017 à 
00h17m47s, R______ a composé le 117 pour informer la police du fait que L______ 
avait reçu au moins deux ou trois "shots". 

f.b. W______ a expliqué qu'il était gérant de l'arcade associative T______, située à la 
rue J______. Le soir du 21 novembre 2017, il avait réservé l'arcade pour l'anniversaire 
de son amie L______, qu'il avait rencontrée une année et demi ou deux ans plus tôt. 
Dans la mesure où elle ne voulait pas de fête, ils avaient passé la soirée à deux. Elle était 
arrivée seule vers 21h00. 

Durant la soirée, ils avaient mangé un gâteau et bu une bouteille de vin. Son amie était 
un peu triste, car cela faisait un moment qu'elle cherchait un travail, sans succès. Il avait 
essayé de lui remonter le moral et lui avait donné des conseils pour son avenir. Vers 
minuit, elle avait pensé partir. Elle lui avait toutefois proposé un dernier verre et avait 
servi deux verres de vin. Pendant ce temps, il était allé aux toilettes. Lorsqu'il était 
revenu, L______ ne se trouvait plus dans la salle. Toutefois, le temps qu'il s'installe à la 
table, elle était déjà de retour, en provenance de la rue. Elle était alors dans son état 
normal, mais s'était plainte d'un fou qui l'avait importunée à l'extérieur. Elle avait 
précisé que c'était la deuxième fois que l'individu agissait de la sorte cette année. 
L'homme l'accusait de lui avoir volé CHF 20.- une année auparavant. Toutefois, elle ne 
savait pas de quoi l'individu parlait et ne comprenait pourquoi il adoptait un tel 
comportement. L______ ne semblait toutefois pas affectée par cette altercation. Ils 
avaient donc continué à parler de leurs histoires, "comme si de rien n'était". Elle avait 
rapidement bu son verre afin de ne pas rater son tram, puis elle était sortie, aux alentours 
de minuit.  

Quelques secondes après que son amie fut sortie de l'arcade, il avait entendu plusieurs 
gros "boum". Il y avait eu au moins trois détonations, irrégulières, dont deux coups 
consécutifs. Il était sorti immédiatement sur la terrasse de l'arcade et avait vu une 
personne allongée sur le sol. Un homme se trouvait au même niveau et quittait les lieux, 
sans regarder la personne au sol. Il s'était alors mis à poursuivre l'homme en direction de 
la rue U______, étant précisé que lui-même se déplaçait à cloche-pied, ayant oublié ses 
béquilles. Il avait vu l'homme, qui marchait vite mais sans courir, traverser la route et se 
rendre dans l'allée M______. Il avait immédiatement pensé que la personne à terre était 
L______, car le temps s'étant écoulé entre son départ du local et les détonations avait 
été très court, de l'ordre de quelques secondes. 

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f.c. X______ a indiqué que, la nuit des faits, il avait quitté, à vélo, son travail situé au 
Y______ à 00h05. Arrivé devant son immeuble, sis rue U______, il avait été interpellé 
par une voix grave, vraisemblablement celle d'un homme, qui disait, sur un ton de défi, 
"mets-la-moi cette balle" ou "tire-la-moi cette balle". Il ne s'agissait pas d'un cri, mais 
cela avait été dit assez fort pour qu'il l'entende. Dans les secondes suivantes, il avait 
entendu une détonation et des gémissements, provenant de la rue J______. Environ dix 
secondes plus tard, il avait entendu deux autres détonations rapprochées. Par la suite, il 
avait vu un homme de dos, venant de la rue J______, traversant la rue U______ à la 
hauteur de l'arrêt de tram, de manière calme, en direction du côté impair de cette même 
rue. L'homme n'avait pas l'air affolé.  

f.d. Z______ a expliqué travailler au kiosque-tabac sis rue U______. Le soir des faits, 
vers minuit, alors qu'il se trouvait dans son magasin, il avait entendu trois coups de feu 
se suivre rapidement, presque en face du kiosque. Il avait ensuite vu un homme 
traverser, précipitamment, la rue U______ depuis la rue J______. Il avait vu un objet 
dans le prolongement de sa veste, probablement un pistolet de couleur sombre. 
L'individu était entré normalement dans l'immeuble rue M______. 

f.e. N______, mère de H______, a indiqué que, le soir du 21 novembre 2017, elle était 
rentrée du travail vers 18h30. Son fils se trouvait au domicile. Ils avaient discuté des 
soucis de celui-ci, de son psychologue, de son médecin et des possibilités de fêter Noël 
avec sa fille. Son fils avait été "très sympa" durant la discussion. Ils avaient bu de 
l'alcool, sans dîner. Elle-même avait bu une demi-bouteille de rosé et son fils avait bu de 
la bière. Vers 23h00 ou 23h30, elle était allée se coucher et son fils était allé dans sa 
chambre. Puis, vers 01h00 ou 01h30, elle s'était levée pour aller aux toilettes et avait 
entendu énormément de bruit provenant de l'allée. En sortant de son logement, elle était 
tombée nez-à-nez avec les policiers.  

Son fils n'avait jamais travaillé. Il avait débuté diverses études mais ne les avait jamais 
terminées. Tous deux vivaient dans le même logement depuis quarante ans. Elle 
entretenait son fils, en payant ses factures et son assurance maladie. Lorsqu'elle le 
pouvait, elle lui donnait de l'argent. Il ne touchait aucune aide sociale. H______ avait de 
la peine financièrement, mais il ne lui réclamait jamais d'argent. Il regardait beaucoup la 
télévision. Il ne fréquentait personne et il était très rare qu'il sorte le soir. H______ 
n'allait pas bien. Il était dépressif et sous antidépresseur. Il était suivi par un 
psychologue, qu'il avait revu la veille ou l'avant-veille, après un moment sans 
consultation. Son fils avait toutefois l'envie de s'en sortir, notamment motivé par le fait 
d'être père. Il avait en effet une fille de 9 ans, prénommée AA______, laquelle vivait 
avec sa mère, AB______. L'enfant venait presque tous les weekends chez eux. Lorsque 
son fils était absent, ce qui était régulier, elle s'occupait elle-même de sa petite-fille. Il 
s'absentait parfois pendant plusieurs mois, puis il revenait à Genève. A cet égard, 
N______ a indiqué que H______ était rentré de la région de Marseille environ quinze 
jours avant son audition. 

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Informée que son fils avait été vu dans la rue en train de tirer sur une femme, elle a 
indiqué que cela était impossible. Elle n'y croyait pas. H______ était dépressif et 
alcoolique, mais il n'était pas fou au point de tirer sur quelqu'un. Il n'avait jamais eu de 
comportement violent et n'était pas une personne violente, même s'il pouvait parfois être 
agressif verbalement. Questionnée sur les armes saisies dans le logement de son fils, 
elle a déclaré qu'il détenait des armes airsoft depuis peut-être deux ou trois ans, sans 
pour autant s'en servir. Il s'agissait plutôt d'une collection pour paraître viril. Elle n'avait 
pas connaissance du fait qu'il détenait de véritables armes. 

Audition de H______ par la police 

g. H______ a été entendu par la police, en qualité de prévenu, le 22 novembre 2017.  

A cette occasion, il a tout d'abord indiqué être choqué, car la police l'avait 
précédemment informé que L______ était décédée des suites de ses blessures. Il a 
demandé à la police de répéter son nom de famille, car il ne la connaissait pas, pas 
même son prénom. Il ne l'avait croisée qu'à quatre reprises environ et essayait 
systématiquement de l'éviter, car elle était très agressive. Il ignorait les raisons de cette 
agressivité. Parfois, elle était toutefois cordiale et le saluait correctement. Lorsqu'elle 
était agressive, elle était un peu "allumée", et lui paraissait droguée. Elle l'avait déjà 
agressé, mais ce n'était rien d'important, étant précisé qu'elle était agressive avec tout le 
monde. Invité à illustrer cette agressivité, il a indiqué qu'un jour, environ trois ans plus 
tôt, il lui avait demandé, sans être vraiment sérieux, si elle pouvait lui rendre son 
parapluie. Elle lui avait alors répondu, de manière vexée, "quoi ton parapluie?" en se 
mettant très près de lui et cherchant la confrontation. La situation n'en était jamais venue 
aux mains. A cet égard, il a précisé que si tel avait été le cas, il ne pensait pas qu'il aurait 
"gagné", car L______ était "assez balaise" et très nerveuse. Il ne se souvenait pas 
spécialement avoir échangé des insultes avec elle – ou alors cela n'avait pas été très 
grave –. Il n'y avait jamais eu de menaces. Cela étant, L______ lui avait toujours fait 
peur, raison pour laquelle il cherchait à l'éviter. Il ne la connaissait pas et ne cherchait 
pas à la connaître. Il l'avait croisée, pour la dernière fois, environ une année avant la 
soirée du 21 novembre 2017. A cette occasion, elle avait été cordiale et l'avait salué 
gentiment.  

Durant la journée du 21 novembre 2017, il était allé consulter son médecin-généraliste, 
le Dr AC______, pour un check-up général. Une fois le rendez-vous terminé, vers 
16h00, il était passé chez APPLE chercher un clavier et était rentré chez lui. Il avait 
regardé une série. Vers 17h00 ou 18h00, il avait pris de l'Urbanyl, un anxiolytique. Puis 
sa mère était rentrée du travail vers 18h00 ou 19h00. Il ne pensait pas avoir mangé, mais 
il avait déjà bu deux bières de 50 cl à 8%. Il avait ensuite partagé une bouteille de rosé 
avec sa mère. Il ne savait plus s'il s'était disputé avec celle-ci ce soir-là, étant précisé 
que cela arrivait régulièrement. Il avait ensuite décidé de se rendre seul au bar S______, 
en face de chez lui, où il avait pour habitude de se rendre lorsqu'il avait envie de sortir. 
Il avait pris, avec lui, son pistolet GLOCK 19. C'était l'erreur de sa vie. Il n'avait pas de 

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raison particulière de sortir avec une arme à feu, il pensait avoir eu un moment de 
paranoïa, étant précisé qu'il lui était déjà arrivé, par le passé, de sortir avec un couteau – 
le quartier était dangereux –. Son pistolet se trouvait dans la poche droite de sa veste ou 
de son pantalon. L'arme était chargée – le magasin devait contenir une quinzaine de 
balles – mais aucune balle n'était engagée dans le canon. Arrivé sur place, il avait bu 
une, voire deux bières, probablement de 33 cl. Il avait passé 30 à 45 minutes dans 
l'établissement, période durant laquelle il était resté seul et n'avait parlé avec personne.  

Dans un premier temps, il a expliqué qu'en repartant du bar pour rentrer chez lui, il avait 
croisé, dans la ruelle à la hauteur du croisement avec la rue K______, L______. C'était 
elle qui était venue vers lui. H______ a déclaré qu'elle lui avait "sauté dessus" avant de 
préciser que l'expression était imagée. Il ne savait pas ce qu'elle lui avait dit, mais elle 
paraissait énervée. Elle lui avait asséné une "énorme baffe" sur la joue gauche. En 
réalité, la gifle ne devait pas être si forte, car elle ne lui avait pas laissé de marque. Sur 
le moment, il avait néanmoins été choqué, étant précisé qu'il ne l'avait pas reconnue. 
Elle avait mentionné quelque chose en lien avec son anniversaire, puis elle l'avait saisi 
par les bras. L______ était alors très proche de lui. Selon ses souvenirs, alors qu'elle 
l'agrippait, il l'avait repoussée. Au même moment, pour éviter de se faire "casser la 
gueule" et mettre fin à cette confrontation, il avait sorti son arme à feu et effectué un 
mouvement de charge, avec l'arme dans sa main droite en direction du thorax de 
L______. Le canon de l'arme se trouvait approximativement à 30 ou 40 cm de cette 
dernière. L______, qui avait paru surprise, l'avait alors lâché et avait eu un mouvement 
de recul, ce qui lui avait laissé penser que l'histoire s'arrêterait là. Cependant, pour des 
raisons qui lui échappaient, elle s'était à nouveau avancée dans sa direction. Il avait été 
surpris par sa réaction – il ne connaissait pas beaucoup de personnes qui se jetteraient 
comme ça sur une arme, à moins de s'y connaitre –. Il n'avait pas compris ce qu'elle 
avait voulu faire en agissant de la sorte. Il lui semblait que deux coups de feu étaient 
partis, peut-être trois, dans un même mouvement, par réflexe. Il avait tiré car elle lui 
avait sauté dessus. Compte tenu de la rapidité de l'action, il n'avait pas eu le temps de 
réfléchir. Il n'avait pas visé un endroit en particulier, mais il savait qu'il l'avait touchée 
dans l'abdomen en bas à gauche car il l'avait vue se tenir à cet endroit. Il l'avait entendue 
dire "aïe" et l'avait vue chuter. Elle était tombée sur le dos, légèrement sur le flanc.  

Informé par la police du fait que certains témoins l'avaient vu partir en direction de son 
domicile puis revenir sur les lieux avant les coups de feu, H______ a indiqué que cela 
était possible, qu'il ne savait plus. En fait, l'altercation s'était bien déroulée en deux 
phases, même s'il s'agissait pour lui du même évènement. Il avait effectivement quitté 
les lieux, mais n'était pas rentré chez lui. Il avait traversé la route et s'était arrêté dans 
l'allée de son immeuble. Il avait ensuite fait demi-tour pour se rendre, à nouveau, vers la 
rue K______. Il ignorait les raisons de cet aller-retour. Les agents lui ayant fait 
remarquer qu'il paraissait contradictoire de retourner au contact de L______ (alors qu'il 
soutenait avoir peur d'elle) et qu'il cherchait à l'éviter. Il a répondu qu'il avait peur 
jusqu'à un certain point. Il avait peut-être voulu la confronter, il avait fait une 
"connerie". Il a précisé qu'après la première altercation, il avait été "hors de lui". Il 

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pensait avoir été en colère, sans toutefois se rappeler de ce qu'elle lui avait dit, excepté 
la référence à son anniversaire – qu'il lui avait d'ailleurs souhaité –. Alors qu'il se 
trouvait dans son hall, il "fulminait". Il était comme bloqué par l'altercation. Il a précisé 
que l'"on" avait peur jusqu'à un certain point et, qu'à un moment donné, l'"on" se mettait 
en colère. Peut-être que le fait d'avoir eu une arme sur lui l'avait rassuré. En retournant 
sur les lieux de l'altercation, compte tenu de son état, il était possible qu'il ait demandé à 
un individu, croisé au niveau de l'arrêt de tram, "elle est où cette pute?". Dans la mesure 
où L______ était toujours sur place lors de son retour, peu de temps avait dû s'écouler 
durant son aller-retour. 

Il ne se rappelait pas ce que L______ et lui-même s'étaient dit lors de la première phase 
de l'altercation, hormis la référence faite à l'anniversaire de la précitée. C'était lors de la 
seconde phase, dont il ignorait la durée si ce n'est qu'elle s'était déroulée assez vite, 
qu'elle l'avait agrippé. Il lui semblait que c'était elle qui était venue vers lui. Il a 
néanmoins précisé qu'il était probable, dans l'hypothèse où il l'avait effectivement traitée 
de "pute", qu'il serait lui-même allé à sa rencontre si elle n'était pas venue vers lui. Les 
choses s'étaient ensuite déroulées très rapidement. Elle l'avait agrippé et lui avait asséné 
une gifle, puis les coups de feu étaient partis. Informé que l'homme croisé à l'arrêt de 
tram faisait état de trois coups de feu, il a déclaré qu'il se doutait que tel était bien le cas, 
mais n'en était pas sûr. Il était possible que le troisième coup de feu ait eu lieu alors que 
L______ se trouvait déjà à terre, mais il ne s'en rappelait pas, compte tenu de la vitesse 
à laquelle les choses s'étaient passées.  

Après les coups de feu, il était rentré chez lui à pied, alors qu'il n'était plus dans son état 
normal. Il était en état de panique. Il n'avait pas prodigué les premiers soins à L______ 
et n'avait pas prévenu les secours, car il savait que la police allait arriver et parce qu'il 
entendait des sirènes. De plus, plusieurs personnes étaient déjà présentes sur les lieux. Il 
avait espéré que L______ s'en sorte, que l'affaire ne "tourne pas" en meurtre. Une fois 
chez lui, il avait tourné en rond. Il avait retiré le magasin qui se trouvait dans l'arme. Il 
avait ensuite jeté cette dernière dans l'évier, puis l'avait mise dans la poubelle qui se 
trouvait à l'entrée – son but n'avait toutefois pas été de la dissimuler –. Il avait fumé une 
cigarette dans le couloir, puis s'était assis dans le canapé, en attendant l'arrivée de la 
police. 

H______ a soutenu s'être senti, dès le départ, en danger au contact de L______ ce soir-
là. Selon lui, il ne l'avait pas tuée volontairement. En effet, si elle ne lui avait pas sauté 
dessus, "etc.", cela ne serait pas arrivé. Il avait quarante ans, une fille, il n'allait pas tuer 
quelqu'un dans la rue. Paradoxalement, il a également déclaré avoir su, dès le moment 
où il avait entendu le premier coup de feu, que sa vie était "foutue". Il avait foutu en l'air 
plusieurs vies, dont celles de la famille de L______ et celle de sa propre fille. Il 
"assumait pleinement" le fait d'être fautif et avait conscience du fait qu'il n'y avait pas 
d'excuse à son geste. Ce dernier n'était pas "proportionnel". 

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En ce qui concernait la dette de CHF 20.- évoquée par les témoins, il s'agissait d'une 
vieille histoire, comme celle du parapluie. Il avait dû lui lancer une petite pique, telle 
que "t'aurais pas mes CHF 20.-", pour la "taquiner". A cet égard, il a expliqué que, 
environ trois ou quatre ans auparavant, il avait vu L______ dans l'établissement 
"AD______". Il lui avait alors remis CHF 20.- pour qu'elle lui procure de la marijuana. 
Elle avait pris son argent mais ne lui avait jamais rapporté la drogue. Il a précisé que le 
soir des faits, il avait renoncé de longue date à cette somme. Aussi, cette dette n'était pas 
à l'origine des coups de feu. Il a précisé qu'une autre personne lui devait plusieurs 
dizaines de milliers de francs, ce qui ne l'empêchait pas de vivre.  

S'agissant des armes et accessoires liés à ces dernières dont il était détenteur, H______ a 
indiqué qu'il possédait deux chargeurs pour son GLOCK 19. Il possédait également un 
fusil à pompe REMINGTON et un pistolet P38. Toutes les autres armes saisies à son 
domicile étaient des airsoft. Il les possédait depuis plusieurs années, pour le côté 
esthétique et décoratif. Il avait également acquis divers équipements vestimentaires liés 
aux armes. Son intérêt pour ces dernières remontait à l'Australie, époque à laquelle il 
possédait des fusils à son domicile. Il ne se considérait pas comme fanatique d'armes, 
même si les apparences pouvaient le laisser penser. Il pensait s'être rendu à deux 
reprises dans un stand pour pratiquer le tir, dont une fois probablement avec son 
GLOCK 19. Il lui était également arrivé, environ cinq ans plus tôt, de tirer deux coups 
de feu sur la palissade de son balcon, dans le but de se défouler, de réduire sa nervosité. 
Il était très stressé depuis longtemps.  

Depuis l'âge de 21 ans, soit depuis la mort de son père, il était dépendant à l'alcool. A 
l'époque de son audition, il avait toutefois commencé à réduire sa consommation, car 
son médecin lui avait dit que la situation était grave. Il devait d'ailleurs effectuer un 
fibroscan chez un hépatologue. Il souffrait également d'un état dépressif général. Il était 
suivi par le Dr AE______, avec lequel il venait de reprendre contact, spontanément, 
après une interruption de cinq ou six ans. Ce médecin lui avait, à l'époque, prescrit de la 
Paroxétine, un antidépresseur, qu'il avait pris pendant trois ou quatre ans. Son psychiatre 
lui avait également prescrit de l'Urbanyl, soit un anxiolytique. Il en prenait encore à 
l'époque de son audition. 

Depuis fin mai 2017, jusqu'au mois de novembre 2017, H______ avait vécu sur son 
bateau, qui se trouvait à La Ciotat, dans le Sud de la France. Il avait souhaité rentrer à 
Genève afin de s'occuper de sa santé, de sa situation financière et de sa fille de 9 ans. Il 
faisait constamment des aller-retours entre l'étranger et Genève, pour voir sa fille. Dans 
cette ville, il n'avait que deux amis d'enfance, dont AF______. Il était solitaire et n'avait 
que peu de vie sociale. Il se disputait de manière récurrente avec sa mère, car il vivait 
chez elle et elle l'entretenait encore alors qu'il avait 40 ans. Sa situation financière et 
personnelle étaient catastrophiques. Il n'avait pas de salaire, pas de logement et plus de 
permis de conduire.  

Images de vidéosurveillance 

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h. Selon le rapport de renseignements du 30 décembre 2017, la police a obtenu les 
images de vidéosurveillance d'une caméra disposée à l'angle de la rue U______ et de la 
rue V______, filmant, avec une image de qualité peu élevée, le segment de la rue 
U______ reliant le domicile de H______ à la rue J______.  

S'agissant du trajet possiblement effectué par H______ en direction de son domicile 
après une première dispute avec L______, les agents ont notamment identifié qu'à 
00h09m19s, un individu en provenance de la rue J______ traversait seul la rue en 
direction du M______. Entre 00h15 et 00h16, un individu traversait dans l'autre sens la 
rue U______, avec une allure assez lente, atteignant l'arrêt de tram situé du côté des 
numéros pairs de la rue U______ à 00h15m54s. L'individu semblait marquer un temps 
d'arrêt à cet endroit. Un mouvement était ensuite perceptible entre l'arrêt de tram et la 
rue J______, vers 00h16m19s. A 00h17m36s, un mouvement était perceptible à hauteur 
de la rue J______ en direction de l'arrêt de tram, coté numéros pairs de la rue U______. 
Entre 00h17m40s et 00h17m45s, une silhouette traversait la rue U______ entre les deux 
arrêts de tram, puis le dernier segment entre le second arrêt de tram et le côté des 
numéros impairs de la rue U______. La silhouette disparaissait ensuite à hauteur du 
M______. De manière générale, l'allure de l'individu était rapide, sans pouvoir être 
qualifiée de course. Aucune autre silhouette n'avait effectué ce même déplacement au 
cours des minutes précédentes ou suivantes. 

Analyses informatiques et rétroactifs téléphoniques 

i. Le 19 mars 2018, la police a rendu un rapport de renseignements en lien avec 
l'analyse des supports informatiques et des téléphones portables appartenant à H______, 
respectivement à L______.  

Il en ressort que les précités n'ont jamais entretenu de contact téléphonique et qu'ils 
n'avaient aucun correspondant commun. Le téléphone portable de H______ n'avait été 
localisé à Genève qu'à partir du 6 novembre 2017. L'analyse du contenu du téléphone de 
H______ révélait qu'il avait envoyé, le 18 janvier 2017 à 00h41, un message à son ami 
AF______, évoquant le fait qu'il ne pouvait plus supporter sa mère et dans lequel il 
indiquait, à propos de cette dernière: "faut que je me casse! suis homicidal". La police a 
cependant relevé qu'un défaut de maturité évident ressortait de l'ensemble des messages 
échangés entre les deux amis. 

Par ailleurs, la police a constaté que, le soir du 21 novembre 2017, dans l'appartement 
de H______, un épisode de la série "SEAL TEAM", diffusé sur un ordinateur APPLE 
appartenant au précité, avait été mis en pause à 22h34, soit à un moment où apparait, sur 
l'écran, un homme tenant une arme de type fusil mitrailleur dans les mains. Cette image 
était toujours affichée au moment de la perquisition effectuée par la police en date du 22 
novembre 2017. Dans l'ordinateur de H______, la police a encore découvert un 
document intitulé "Testement Nov.2017". Ce dernier avait été créé le 16 novembre 2017 
et constituait, en substance, un testament et les dernières volontés de H______.  

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Dans les conclusions de son rapport, la police relevait que les recherches effectuées 
n'avaient pas mis en évidence, chez H______, de références obsessionnelles ou de 
consommation anormale de la violence, des armes ou de la pornographie de quelque 
nature que ce soit.  

Auditions des parties devant le Ministère public 

j.a. Entendu à plusieurs reprises devant le Ministère public, H______ a, en substance, 
confirmé les déclarations qu'il avait faites devant la police. Les choses demeuraient 
toutefois très floues dans son esprit. Dès la première audience, il a indiqué que, face à 
l'"énormité de la situation", tout ce qu'il pourrait dire lui semblait dérisoire. Il était 
navré pour L______ et pour sa famille.  

Durant la journée du 21 novembre 2017, il avait reçu de mauvaises nouvelles de son 
médecin à la suite d'analyses sanguines. Les résultats étaient mauvais – ils confirmaient 
l'existence d'un problème au niveau de sa santé –. Cela l'avait perturbé, il ne s'était pas 
senti bien. Il était rentré chez lui un peu avant 17h00, après s'être rendu dans un magasin 
d'informatique et avoir acheté des bières. Il avait bu de la bière en regardant la 
télévision sur son ordinateur. Par la suite, il avait discuté avec sa mère. Dans son 
souvenir, ils s'étaient alors disputés, mais sa mère l'avait informé plus tard que tel n'était 
en réalité pas le cas. Il avait continué à regarder la télévision en continuant à boire. Il 
regardait les séries de manière un peu compulsive, sans réel intérêt pour leur contenu, 
étant précisé que cela représentait une manière de passer le temps.  

Il n'avait pas prévu de sortir ce soir-là et n'avait pas de rendez-vous. Vers 23h00, il en 
avait eu assez d'être dans sa chambre et avait voulu prendre l'air, sur un coup de tête. Il 
avait décidé, pour la première fois, de sortir avec son arme à feu, comme il avait parfois 
pu le faire précédemment avec un couteau. Il n'avait pas d'explication à ce sujet, si ce 
n'est qu'il pensait se trouver dans un état d'esprit paranoïaque depuis son séjour à La 
Ciotat. L'arme, qu'il n'avait pas manipulée depuis un certain temps, se trouvait dans le 
tiroir d'une armoire. Il avait constaté, déjà au poids de l'arme, que cette dernière était 
chargée. Aucune balle n'était toutefois engagée dans le canon. Il avait mis l'arme dans la 
poche de sa veste ou de son pantalon et s'était rendu à S______. Il ne se rappelait pas s'il 
avait gardé sa veste sur lui à l'intérieur de l'établissement compte tenu de son état 
d'alcoolisation à ce moment. 

Lorsqu'il avait rencontré L______ pour la première fois au moment de rentrer chez lui, 
il ne l'avait pas tout de suite reconnue. Il avait simplement constaté qu'une personne 
marchait rapidement et avait perçu chez celle-ci une certaine agressivité, en raison de sa 
démarche et de son attitude. Lorsqu'elle s'était approchée de lui, il avait réalisé qu'il 
s'agissait d'une femme qu'il avait déjà croisée à quelques reprises et qu'il essayait en 
général d'éviter. Il avait ressenti de la peur dès cet instant. Il ne se rappelait pas des 
propos qu'ils avaient échangés, hormis le fait qu'elle avait mentionné que c'était le jour 
de son anniversaire, car il se souvenait lui avoir souhaité un joyeux anniversaire. Il avait 

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ensuite continué sa route en direction de son domicile. Sans se rappeler des termes 
exacts qu'il avait pu employer, il pensait avoir pu évoquer la dette de CHF 20.- qu'elle 
avait envers lui, dans une volonté de faire "un trait d'humour d'une façon un peu 
ironique". L______ s'était alors emportée. Une altercation avait eu lieu, au cours de 
laquelle tous deux s'étaient empoignés. L'attitude de L______ lui avait donné 
l'impression qu'elle comptait lui asséner un coup de tête. Dans ses souvenirs, elle lui 
avait également donné une claque, mais il ne se rappelait pas si cela était arrivé au cours 
de leur première rencontre, respectivement lors de la seconde. Il ne se rappelait pas 
comment cette première altercation et l'empoignade survenue lors de celle-ci avaient 
pris fin. Il n'avait jamais vécu un tel déferlement de haine. 

Il avait pris la direction de son domicile, alors qu'il ressentait de la peur. Une fois 
parvenu dans l'allée de son immeuble, il y avait fait les cent pas puis s'était assis un 
moment sur les marches des escaliers. Il avait hésité à remonter chez lui ou à ressortir 
afin de se calmer, tout en sachant que L______ serait peut-être encore dans la rue. Alors 
qu'il se trouvait dans le hall de son immeuble, il avait ressenti un "drôle de mélange" 
d'énervement et de peur – cette dernière n'étant pas liée à un risque imminent mais 
plutôt à un état général de panique –. Il avait toutefois beaucoup bu et n'était pas dans 
un état normal. A la question de savoir comment il pouvait avoir eu peur d'une femme 
désarmée alors qu'il était lui-même en possession d'un pistolet, il a répondu qu'il 
ignorait si L______ était armée ou non. Il n'avait jamais eu la preuve qu'elle était 
désarmée. 

Pour des raisons qu'il ignorait, il était finalement ressorti de son immeuble pour se 
rendre dans la rue où l'altercation était survenue, alors même qu'il était en proie à un 
sentiment de peur. Tel était toujours le cas lorsqu'il avait ensuite croisé dans la rue 
R______, rencontre dont il se souvenait vaguement. De retour dans la rue J______, il 
avait constaté, avec surprise, que L______ se trouvait au même endroit que lors de 
l'altercation qui avait précédé. Un deuxième conflit, respectivement une nouvelle 
tension entre eux, avait alors eu lieu. H______ a d'abord indiqué qu'elle l'avait une 
nouvelle fois empoigné au niveau de sa veste ou de son bras, comportement auquel il 
avait répondu en sortant "bêtement" son arme, dans l'espoir que ce geste aurait un effet 
dissuasif et que L______ quitterait les lieux. Plus tard au cours de la procédure, il a 
toutefois déclaré avoir sorti son arme après qu'elle lui avait asséné une gifle, étant 
précisé qu'il avait conscience du fait que sa réaction, qu'il regrettait, était "totalement 
disproportionnée et injustifiée". L______ avait eu un petit mouvement de recul puis, à 
sa grande surprise, elle avait à nouveau avancé dans sa direction. A ce moment, alors 
qu'elle se trouvait très près de lui, soit à une distance à peine plus grande que la 
longueur de son bras tenant son arme, il avait tiré. Il ne se rappelait pas du nombre de 
coups de feu qu'il avait alors tirés. Il regrettait ses actes. 

S'agissant de sa situation personnelle, H______ a indiqué être rentré à Genève environ 
trois semaines avant les faits qui lui étaient reprochés. Dans ses souvenirs, il avait passé 
du mois de mai au courant du mois de juillet 2017 en Espagne, à bord de son bateau. Il 

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avait ensuite séjourné dans la région de Marseille et de La Ciotat, étant précisé que ce 
dernier séjour l'avait beaucoup stressé. Au moment de son départ pour l'Espagne, il 
n'allait pas bien – il se sentait mal depuis des années –. A l'issue de son séjour à La 
Ciotat, les choses avaient encore empiré. Il était alors rentré à Genève dans le but de 
reprendre sa vie en main, notamment s'agissant de son état de santé en lien avec sa 
consommation d'alcool, et de se rapprocher de sa fille. Il avait voulu trouver des 
solutions qui fonctionneraient à long terme. Il avait rapidement vu son médecin 
généraliste, le Dr AC______, ainsi que son psychiatre, le Dr AE______. Son médecin 
généraliste l'avait toutefois informé qu'il ne pouvait plus faire grand-chose pour lui dans 
la mesure où son état de santé relevait désormais de l'hépatologie. Au niveau psychique, 
outre son addiction à l'alcool, il souhaitait clarifier les choses pour être en mesure de 
voir sa fille. Il avait réalisé qu'il ne s'éloignait jamais trop de Genève dans le but de 
rester à proximité de cette dernière, ce qui l'empêchait de faire sa vie ailleurs. Il avait 
rédigé un testament au mois de novembre 2017 après avoir revu ses médecins, en 
particulier le Dr AC______. En effet, compte tenu de la gravité de son état de santé, il 
avait réalisé que, malgré toute sa bonne volonté pour remettre de l'ordre dans sa vie, il 
n'était pas certain d'y parvenir. Ce document ne constituait toutefois qu'un brouillon. De 
nature hypocondriaque, ce n'était pas la première fois qu'il rédigeait un testament. 

S'agissant d'un message envoyé à AF______ le 18 janvier 2017, dans lequel il 
mentionnait être "homicidal", H______ a déclaré ne pas s'en souvenir. Il s'agissait d'un 
terme anglais qui n'avait absolument rien à voir avec l'existence d'une quelconque 
intention homicide, mais qui constituait une expression devant être comprise comme "je 
pète les plombs". Interrogé sur les propos tenus à AF______ après son retour en Suisse 
en novembre 2017, à teneur desquels il aurait été prêt à faire usage de son arme à feu 
contre la police ou des tiers, il a répondu qu'ils étaient en lien avec son interpellation du 
6 novembre 2017 par les gardes-frontière. Il avait en effet été choqué par l'attitude de 
certains agents et par le fait qu'il avait été privé de liberté pendant quatre heures. Il avait 
tenu ces propos sous le coup de l'émotion, sans aucune intention de passer à l'acte.  

H______ a encore indiqué être disposé à vendre son bateau, de même que d'autres biens 
qu'il possédait, dans le but d'indemniser la famille de L______. Il était prêt à faire tout 
ce qu'il pourrait pour atténuer la peine causée aux proches de cette dernière.  

j.b. H______ a envoyé au Ministère public un courrier, daté du 7 décembre 2017, 
destiné à la famille et aux amis de L______. Dans cette lettre, le précité présentait ses 
excuses et son profond regret. Il ne pouvait expliquer son geste, lequel avait détruit 
plusieurs vies. Il espérait qu'ils trouveraient la force du pardon.  

k. Lors de l'audience du 7 mars 2018 tenue devant le Ministère public: 

k.a. A______, mère de L______, a déclaré que cette dernière n'avait, à sa connaissance, 
jamais eu de problème. Personne ne s'était jamais plaint d'elle. Sa fille détestait la 
violence, y compris verbale, et elle se montrait calme en permanence. Elle était toujours 

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prête à tendre la main. Elle l'avait vue pour la dernière fois le dimanche 19 novembre 
2017, lors d'un dîner à la maison. A cette occasion, L______ lui avait dit qu'elle 
passerait sa soirée d'anniversaire avec des amis et qu'ils le fêteraient en famille le jour 
suivant. Sa fille lui avait alors paru joyeuse. L______ aimait énormément ses frères et 
sœur, en particulier les jumeaux, nés alors qu'elle avait déjà 18 ans. 

k.b. C______, frère de L______, a expliqué que ses parents étaient abattus. Aucun mot 
ne pouvait exprimer la souffrance de leur famille, leurs pleurs, insomnies et perte 
d'appétit. Sa sœur était sa meilleure amie. Elle était gentille, humaine, discrète et naïve, 
aimant tout le monde. Elle ne voyait que le bien chez les autres et ne se rendait pas 
compte du danger. Petite et menue, elle paraissait inoffensive. Il ne lui connaissait 
aucune dispute. Il l'avait vue pour la dernière fois un dimanche, peu avant le drame. 
Leur rituel familial était de se retrouver chaque dimanche chez leur mère, rencontre lors 
de laquelle L______ cuisinait. Les dimanches étaient désormais horribles. En apprenant 
le décès de L______, leur père avait fait une crise cardiaque dans les locaux de la police 
et avait été hospitalisé. Toute sa famille avait été brisée et était détruite par ce drame. 

k.c. AG______, père de L______, a déclaré que "tout avait été dit" par A______ et 
C______. Sa fille était la plus calme de tous ses enfants. Elle était calme et 
respectueuse, et ne parlait pas spontanément avec les autres. A la suite de l'annonce de 
la mort de sa fille, il avait été hospitalisé pendant huit jours et avait subi une opération 
du cœur. Depuis lors, il restait muré dans le silence. Ce drame les avait tous retranchés 
dans un isolement. Sa famille et lui-même souhaitaient comprendre ce qu'il s'était passé 
et les raisons pour lesquelles sa fille avait été abattue de la sorte.  

l. Lors de l'audience du 20 mai 2020 tenue devant le Ministère public:  

l.a. D______, sœur de L______, a indiqué que sa sœur était très appréciée de tous, très à 
l'écoute et sensible. Elle était une personne douce, aimant aider les gens et ne jugeant 
pas les autres. Elle n'avait jamais eu d'histoire avec personne. Son frère G______ et elle-
même étaient très proches de leur sœur. Le décès de cette dernière avait constitué une 
véritable descente aux enfers pour toute la famille. Rien ne justifiait ce qui était arrivé. 
Sa famille restait soudée mais devait désormais vivre avec un poids sur le cœur et de la 
haine envers l'homme qui avait ôté la vie de sa sœur. H______ n'obtiendrait jamais leur 
pardon. Sa famille et elle-même espéraient que justice serait rendue pour L______. 

l.b. G______, frère de L______ a expliqué que sa sœur était comme une deuxième mère 
pour lui. Ils étaient très souvent ensemble. Il vivait encore très difficilement son absence 
et ne comprenait pas les raisons de sa mort. Sa sœur ne le méritait pas – personne ne 
méritait cela –. Elle était très douce. 

l.c. F______, frère de L______, a indiqué qu'il s'entendait bien avec cette dernière. 
C'était une bonne personne, avec un grand cœur. Ils passaient de bons moments 
ensemble, en famille. Elle s'était également occupée de garder son fils. Il avait encore 

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une grande douleur en lui, raison pour laquelle il avait consulté un thérapeute. Une 
partie d'eux-mêmes leur avait été enlevée, il s'agissait d'une plaie qui ne se refermerait 
jamais. 

Audition de témoins 

m. Plusieurs personnes susceptibles d'apporter des éléments à l'enquête ont été 
entendues par le Ministère public, respectivement par la police sur délégation de ce 
dernier, entre le 30 novembre 2017 et le 30 août 2018. 

m.a. Le 30 novembre 2017, AH______ a expliqué être le président de l'arcade 
associative à l'enseigne S______ située au 2______ rue J______. L______ était 
régulièrement présente dans les locaux, soit environ deux fois par semaine au cours des 
quatre années précédentes. Un incident, auquel il n'avait pas personnellement assisté, 
s'était produit en septembre 2017, alors que L______ était en état d'ébriété. Elle s'était 
montrée désagréable envers les bénévoles de l'association, via des insultes et des 
provocations. Une décision d'exclusion du bar, pour une durée de trois mois, lui avait 
été signifiée à la suite de cet évènement. Elle avait accepté cette décision et avait 
présenté des excuses pour son comportement. 

L______ avait un caractère déterminé, fort, très affirmé. Elle avait un certain vécu. Elle 
ne manquait pas de répondre, parfois de manière véhémente, lorsqu'on lui faisait une 
remarque. Elle pouvait se retourner et insulter la personne à l'origine de cette dernière. 
Parfois, face à des hommes qui avaient des propos sexistes voire agressifs, elle refusait 
de "laisser couler". Cela donnait lieu à des discours qui pouvaient être virulents. Elle 
savait comment se défendre. Il ne l'avait toutefois jamais vue aller au contact physique. 

m.b. Le 4 décembre 2017, AI______ a relaté qu'elle travaillait en tant que bénévole 
pour S______ depuis trois ans. Le 21 novembre 2017, un peu avant 19h00, elle avait 
croisé L______, avec qui elle entretenait des liens amicaux sans pour autant être très 
proches, à l'arrêt de tram "AO______". La précitée lui avait fait part du fait qu'elle allait 
boire quelques verres chez W______ pour fêter son anniversaire, tout en précisant 
qu'elle voulait faire "tranquille" et ne pas finir tard. L______ avait l'air bien, sans pour 
autant être particulièrement démonstrative. Son amie ne semblait pas préoccupée, ni 
sous l'effet de l'alcool ou d'autres substances. Si tel avait été le cas, elle s'en serait 
aperçue dans la mesure où elle connaissait l'intéressée. L______ s'était ensuite rendue 
chez W______, dans l'arcade jouxtant S______.  

H______, dont on lui avait indiqué après coup qu'il s'agissait de l'auteur des coups de 
feu, était arrivé seul à S______ entre 21h00 et 22h00, où il était resté jusqu'à la 
fermeture. A un certain moment, elle était sortie fumer une cigarette. L'homme l'avait 
spontanément abordée, en lui parlant du froid et en lui indiquant qu'il était rentré du Sud 
de la France une semaine auparavant. Il était calme et ne semblait pas particulièrement 
alcoolisé, même s'il avait consommé quelques bières. H______ lui avait fait l'effet d'une 

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personne normale, plutôt discrète, et ne paraissait pas se trouver dans un état émotionnel 
intense. Peu avant la fermeture, H______ et R______ avaient discuté ensemble au bar 
pendant un moment. Les précités semblaient bien s'entendre. Au moment de la 
fermeture, elle avait dit aux derniers clients, dont H______, de quitter les lieux. Le 
précité, qui se trouvait encore avec R______, lui avait demandé de lui servir une 
dernière bière, ce qu'elle avait refusé, malgré son insistance. Il avait accepté ce refus et 
était sorti calmement.  

Peu après, sur la terrasse, elle avait remarqué la présence de L______ à environ deux 
mètres d'elle. Elle avait vu son amie se déplacer en direction de H______ et aborder ce 
dernier. L______ s'était approchée de lui et lui avait tapoté sur l'épaule pour lui 
demander quelque chose. Elle présumait qu'ils avaient discuté dans la foulée mais elle 
n'en savait pas plus. Dans sa manière d'aborder H______, L______ avait été calme. Elle 
paraissait toutefois sérieuse. Cela se voyait qu'elle avait quelque chose à lui demander – 
elle ne l'a pas abordé "en mode grand sourire" –. Par la suite, elle-même était rentrée 
dans le bar. Elle avait alors entendu de légers éclats de voix provenant de l'extérieur. 
Cela ne l'avait pas particulièrement marquée – le volume sonore n'était pas assez fort 
pour qu'on s'en mêle –, de sorte qu'elle n'était pas sortie du bar. Environ dix ou quinze 
minutes après la fermeture, elle avait entendu des coups de feu. Elle était persuadée qu'il 
y avait eu, au moins, trois coups de feu, peut-être même quatre.  Elle s'était rendue sur la 
terrasse et avait vu une masse au sol. Il n'y avait alors personne d'autre dans la rue. En 
s'approchant, elle avait reconnu L______, allongée sur le dos, et avait entendu des râles. 
Son amie n'était pas en état de parler. Les secours avaient ensuite été contactés par un 
tiers.  

L______ était très "garçon manqué". Elle avait du caractère et ne s'en cachait pas. Elle 
était assez intense. Avec elle, c'était "blanc ou noir", soit "je t'adore", soit "je ne t'aime 
pas". Si elle n'aimait pas quelqu'un, elle pouvait le lui dire de manière frontale. L______ 
n'hésitait pas à se faire entendre et à dire les choses qui ne lui convenaient pas. Elle 
n'était pas "avec des pincettes", c'était "le petit chien qui aboyait fort". Sous l'effet de 
l'alcool, elle pouvait se montrer agressive verbalement, en utilisant notamment des 
insultes telles que "ta gueule" ou "va te faire foutre". Elle se montrait agressive plutôt à 
l'encontre des hommes, mais elle l'avait déjà vue insulter des femmes. Quand L______ 
passait "en mode un peu agressive", elle pouvait également proférer des menaces, telles 
que "je vais te péter la gueule", mais cela n'arrivait que dans des contextes 
d'alcoolisation avancée. Son amie pouvait boire beaucoup pour son gabarit mais elle ne 
pensait pas qu'elle avait une addiction à l'alcool. 

En septembre 2017, après que L______ avait bu toute la journée, elle avait, sans aucune 
raison, giflé un bénévole de l'association. Elle avait également insulté des gens dans le 
vide, sans s'adresser à quelqu'un en particulier. L______ ne comprenait plus rien à la 
situation au vu de son état d'alcoolisation avancé. Elle avait elle-même mis son amie 
dehors, en la saisissant et en la trainant. A la suite de cet événement, le comité avait pris 
la décision d'exclure L______ du bar pendant trois mois, ce que l'intéressée avait 

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accepté. L______ s'était excusée auprès d'elle et lui avait expliqué n'avoir aucun 
souvenir des évènements. AI______ a précisé que le soir du 21 novembre 2017, 
L______ ne se trouvait pas du tout dans le même état d'alcoolisation que lors de cette 
soirée de septembre 2017.  

Selon AI______, L______ n'était, de manière générale, pas très heureuse dans sa vie. 
Elle avait vécu des choses assez rudes et était assez fataliste. Elle avait du mal à se voir 
de manière positive et manquait de confiance en elle. Son amie se mettait facilement en 
colère contre elle-même, par rapport à ses choix professionnels, sa famille, sa vie 
amoureuse. Elle ne lui avait jamais dit se sentir menacée mais avait fait état de craintes 
en lien avec l'un de ses frères, dont elle avait peur, lequel l'avait frappée par le passé.  

m.c. Le 22 janvier 2018, AJ______, membre du comité de S______, a expliqué ne pas 
avoir été présent le soir des faits.  

Il entretenait, depuis deux ou trois ans, une relation amicale avec L______. Tous deux 
se voyaient principalement en soirées. Ils buvaient passablement d'alcool et il leur 
arrivait de prendre de l'ecstasy. Il appréciait le caractère de son amie mais, en certaines 
occasions, L______ pouvait se montrer de mauvaise humeur. Lorsque cela arrivait, il 
évitait sa compagnie, dans la mesure où elle pouvait se montrer agressive verbalement, 
attitude dont il déduisait qu'elle souhaitait rester seule. Ce comportement, qui était 
plutôt rare, faisait partie de son caractère. La plupart du temps, elle était "bonnard".  

En soirée, cela se passait toujours bien, sauf lorsqu'un homme venait "l'emmerder". 
L______ se défendait très bien, elle ne se laissait pas faire et était loin d'être timide. Elle 
répondait aux personnes qui s'en prenaient à elle, parfois par des insultes, parfois par 
des propos tels que "arrête de m'emmerder, passe ton chemin, rentre chez toi". Cela 
n'était pas agressif, même si elle pouvait parfois se lever face à certaines personnes. Elle 
ne cherchait pas à maintenir le conflit. Il n'avait connaissance que d'un seul épisode lors 
duquel L______ avait fait preuve d'agressivité, soit lorsqu'elle avait giflé sans raison un 
bénévole de l'association. De manière générale, elle avait une consommation d'alcool 
relativement maîtrisée, qui n'était pas excessive. 

AJ______ a indiqué que, lors d'une soirée en mai 2015 ou 2016, alors que L______ et 
lui-même étaient assis sur la terrasse de S______, H______ s'était approché de son amie 
et l'avait apostrophée. Il lui avait alors demandé "Quand est-ce que tu me rends les CHF 
20.-, voleuse ?". L______ avait été très surprise. Elle avait formellement nié en 
répondant "Non, qu'est-ce que tu me racontes", en ajoutant probablement "vas-y, dégage 
!". Le ton n'était pas monté et H______ était finalement parti après avoir un peu insisté, 
mais pas longuement. L______ lui avait affirmé qu'elle ne connaissait pas cet homme et 
qu'elle ne comprenait pas pourquoi il lui réclamait CHF 20.-. Par la suite, L______ et 
H______ s'étaient recroisés à plusieurs reprises – peut-être quatre fois – en sa présence, 
à S______ ou à la rue J______. Cette histoire de CHF 20.- revenait à chaque fois. Lors 
de ces autres épisodes, H______ était venu vers L______ et lui avait demandé, sans 

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agressivité, "Et puis, les CHF 20.-?". Lui-même considérait les propos de H______ 
comme un "gag de répétition". Il ne les avait jamais interprétés comme quelque chose 
d'inquiétant. A l'époque, H______ ne lui avait pas paru agressif, mais plutôt détendu.  

Deux semaines avant le soir du 21 novembre 2017, AJ______ avait eu l'occasion de 
discuter avec H______ sur la terrasse de S______. La discussion avait été assez 
spéciale, dans la mesure où le précité avait insulté des policiers français en expliquant 
avoir été placé 48 heures en garde-à-vue. Il avait trouvé le discours de H______ assez 
étrange. Ce dernier lui était apparu comme une personne très flegmatique, calme, un peu 
détachée. Toutefois, de manière générale, son comportement n'avait rien eu de suspect.  

m.d. Le 31 janvier 2018, AK______ a déclaré que, le 22 novembre 2017 vers 01h00, à 
la rue J______, elle avait vu, à environ dix ou quinze mètres face à elle, deux individus. 
Ces derniers se tenaient l'un en face de l'autre, à moins d'un mètre, de profil par rapport 
à sa position. Une première voix avait dit "t'as une arme?". L'autre personne avait alors 
répondu "c'est à ma mère". Elle avait compris qu'il s'agissait d'un homme et d'une 
femme. Elle n'avait pas eu l'impression que ces propos étaient tenus avec méchanceté, 
mais plutôt avec surprise ou étonnement. Elle avait également eu l'impression que les 
deux personnes se connaissaient, et qu'elles étaient en train de se rapprocher l'une de 
l'autre, sans pouvoir préciser si l'une ou les deux personnes étaient à l'origine de ce 
rapprochement. Moins d'une seconde après cet échange de paroles, un coup de feu avait 
été tiré, avec un éclat de lumière à hauteur de l'estomac, étant précisé que la lumière se 
trouvait à environ 40 cm du corps de la victime. AK______ s'était alors baissée, contre 
un muret. Lorsqu'elle s'était relevée, elle avait encore entendu deux coups de feu, 
enchaînés avec un espace d'une fraction de seconde, alors que les deux personnes se 
trouvaient très près l'une de l'autre – elle avait eu l'impression que les deux coups étaient 
tirés directement "dans" la personne –. Après ces deux coups de feu, une personne était 
tombée sur le côté gauche et s'était recroquevillée en "chien de fusil". Elle avait entendu 
un cri ou un râle provenant de la victime au moment de la chute. Presque simultanément 
à cette dernière, l'autre individu était parti en courant dans la rue perpendiculaire à la rue 
J______. Selon AK______, plus d'une seconde mais bien moins de dix secondes 
s'étaient écoulées entre le premier coup de feu et les deux suivants.  

m.e. Le 16 janvier 2018, AE______, psychiatre, a expliqué que H______ était venu le 
consulter pour la première fois le 14 janvier 2013. Le précité avait effectué onze 
séances, au terme desquelles il avait unilatéralement décidé d'arrêter son suivi, lequel 
avait pris fin en juin 2013. Lors de ces séances, H______ s'était montré stressé et 
angoissé. Il avait une légère agoraphobie et avait des difficultés à éprouver des 
émotions. Il ne pouvait pas mobiliser de motivation. En outre, il avait des pensées 
négatives, suicidaires, et était incapable de se projeter dans l'avenir. Il avait peur de la 
réussite et avait une vision négative de lui-même. H______ n'avait pas de solution 
envisageable sur ce qu'il allait faire et se sentait déconnecté des choses. Il avait 
beaucoup de tristesse, de colère et un sentiment de culpabilité. Il lui avait dit vivre dans 
un studio de 16 m2, ne jamais avoir travaillé de sa vie et regarder la télévision entre 16 

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et 20 heures par jour. Ses projets étaient source d'angoisses. H______ était très solitaire 
et n'avait que deux ou trois amis d'école. Son patient lui avait dit que seule la présence 
de sa fille et de sa mère le retenait de mettre fin à ses jours. Au terme de ces séances, il 
avait retenu que H______ présentait une intoxication à l'alcool ainsi qu'une dépression 
sans symptôme psychotique. A l'époque, il lui avait prescrit des antidépresseurs, soit de 
la paroxétine.  

En novembre 2017, H______ l'avait recontacté afin d'organiser une séance. Lors de 
celle-ci, il lui avait expliqué être dans une situation financière très difficile, avoir des 
dettes et être allé en Espagne pour gérer son bateau. Son patient continuait à vivre de 
manière isolée dans son studio, avait arrêté les antidépresseurs mais continuait à boire 
de l'alcool. Il avait alors proposé à H______ de venir, accompagné de sa mère, à une 
séance prévue le 24 novembre 2017. L'intéressé avait réagi de manière positive. En 
comparaison avec l'année 2013, H______ avait l'air plus désespéré, sans toutefois être 
déconnecté de la réalité. Il avait donc interprété le désespoir de son patient comme étant 
lié à ses dettes et ses difficultés financières. De manière générale, H______ avait un 
alcoolisme si prononcé qu'il fallait un sevrage préalable avant de pouvoir préciser un 
diagnostic. En novembre 2017, il n'avait pas prescrit d'antidépresseurs à H______, en 
raison de la chronicité de l'alcoolisme.  

AE______ a indiqué que lors des séances qu'il avait eues avec H______ en 2013, 
respectivement en 2017, son patient n'avait jamais fait part d'une volonté de blesser ou 
de tuer un tiers. 

m.f. Le 22 janvier 2018, AC______, médecin généraliste, a déclaré avoir vu H______ à 
cinq reprises depuis le 1er mars 2016, pour la dernière fois le 21 novembre 2017. Dès sa 
première consultation, H______ lui avait parlé de sa consommation abusive d'alcool. 
Dès 2016, il avait lui-même constaté que son patient souffrait d'une atteinte au foie 
relativement grave, avec une perturbation des tests hépatiques très grave, en relation 
avec cette consommation d'alcool et de cannabis. Courant mars 2016, il lui avait 
proposé un traitement en ambulatoire. H______ avait réagi de manière positive. Son 
patient avait toutefois disparu par la suite. H______ était spontanément revenu le voir le 
14 novembre 2017. Le précité lui avait parlé d'un état de stress important. Il était très 
angoissé, nerveux et tendu. H______ lui avait déclaré avoir diminué sa consommation 
d'alcool. Ils avaient alors effectué des examens investigatoires. Le 21 novembre 2017, il 
avait discuté avec son patient des résultats, en lui indiquant que ceux-ci étaient très 
graves et qu'il risquait une cirrhose hépatique, laquelle pouvait évoluer en cancer du 
foie. Lors de ces discussions, H______ s'était montré très réservé, parlait doucement et 
lentement et avait montré peu d'émotions. Son patient ne lui avait pas parlé d'idées 
suicidaires. 

m.g. Le 27 février 2018, AL______ a indiqué avoir rencontré H______ durant 
l'adolescence. Ils étaient toujours restés en contact, mais n'étaient pas très proches. Tous 
deux partageaient la même passion pour l'aviation. Il avait d'ailleurs encouragé 

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H______ à passer son brevet de pilote. Son diplôme obtenu, son ami avait voulu devenir 
pilote professionnel d'hélicoptère et était parti en Australie, pour obtenir une licence 
commerciale de pilote. Lorsque H______ était revenu en Suisse, il lui avait proposé de 
l'aider à trouver un travail en tant que pilote d'hélicoptère. H______ n'avait cependant 
jamais donné suite à cette proposition. Son ami n'était pas très stable émotionnellement 
et ne savait pas ce qu'il voulait faire. Il était toujours très calme, renfermé et nonchalant, 
avec un côté artiste. Il était également très discret sur sa vie. H______ n'avait jamais été 
violent, ni agressif. Pour lui, les faits reprochés à ce dernier étaient totalement 
incompréhensibles et inexplicables. Il ne pensait pas que son ami avait agi en raison 
d'une dette de CHF 20.-, comme cela avait été mentionné par la presse. H______ n'avait 
jamais été à CHF 20.-, CHF 200.- ou même CHF 1'000.- près. Il y avait probablement 
une autre raison. Il avait toujours pensé que H______ avait un mal-être dans sa vie mais 
il n'avait jamais imaginé qu'il puisse s'en prendre à un tiers. Il aurait davantage pu 
imaginer qu'il s'en prenne à lui-même. 

m.h. Le 8 mars 2018, N______ a confirmé ses précédentes déclarations. Elle était 
rentrée à 19h30 chez elle. Alors que son fils lui faisait parfois des reproches, dont 
certains étaient justifiés, en lien avec leur passé, il s'était montré très positif le soir du 21 
novembre 2017. Il lui avait par ailleurs confié qu'il souhaitait se ressaisir et aller voir un 
psychiatre, ce qu'il avait déjà fait à son retour de France. Il avait également vu son 
médecin traitant. Le soir en question, H______ n'avait pas mentionné son alcoolisme ou 
sa dépression.  

Au début, elle était passée à côté de la dépression de son fils, malgré le fait qu'il en 
parlait souvent. Elle pensait davantage à un manque de motivation, dans la mesure où 
son fils n'avait pas de métier, malgré ses capacités. Son fils lui avait confié que son 
alcoolisme avait commencé vers l'âge de 17 ans, au moment où elle s'était remariée, 
n'ayant pas une bonne relation avec son mari. H______ lui avait souvent reproché cette 
situation, qu'il liait au début de son alcoolisme. 

m.i. Le 24 avril 2018, AF______ a rapporté avoir connu H______ dans les années 
nonante, à AM______. H______ était une personne drôle, introvertie, timide et 
réservée. Il n'était ni violent, ni bagarreur et encore moins provocateur. L'intéressé avait 
développé au fil des années un alcoolisme qui s'était aggravé, jusqu'à passer l'entièreté 
de ses journées à boire, sans sortir de chez lui. Son état de santé, autant physique que 
psychique, s'était dégradé de manière progressive. Son ami était très déprimé et négatif 
par rapport à ce qui l'entourait. Malgré des études d'architecture et un talent pour le 
dessin et le graphisme, il avait de la peine à faire des projets. H______ était dépendant 
de sa mère, car elle s'occupait des courses et de la maison. Sa mère avait également des 
problèmes d'alcool, ce qui n'engendrait pas un climat sain pour son ami.  

H______ était particulièrement intéressé par les armes airsoft et les répliques. Il avait 
déjà vu ces armes factices chez son ami, ainsi que de véritables armes et des munitions. 
Par le passé, il avait été faire une initiation au tir avec H______ au stand de Plainpalais. 

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Lui-même n'avait pas trouvé cela inquiétant. Après que son ami était rentré de France, 
en 2017, ce dernier avait mentionné, lors d'une conversation téléphonique, qu'il pouvait 
faire usage d'une arme contre la police. Ces propos avaient été tenus dans un contexte 
de tristesse et de dépression, sans agressivité. A cet égard, H______ lui avait rapporté 
s'être fait arrêter à la gare pour un faux permis de conduire. Par ailleurs, son ami avait 
effectué des analyses médicales dont les résultats indiquaient qu'il avait un niveau trop 
élevé de "Gamma GT", ce qui l'avait également rendu très anxieux. H______ lui avait 
dit que son médecin lui avait annoncé qu'il lui restait trois mois à vivre. H______ lui 
disait que sa vie était "de la merde" et qu'il avait de nombreux soucis. Pour lui, son ami 
aurait été plus enclin à faire usage d'une arme à feu contre lui-même que contre un tiers. 
Ce qui s'était passé constituait un choc imprévisible. Avant le drame, H______ était 
devenu craintif mais il n'était pas impulsif.  

AF______ a encore relaté que H______ lui avait raconté, par téléphone, être allé dans 
un bar dans le quartier AU______ et avoir chargé une femme de lui acheter du cannabis 
pour un montant de CHF 20.-. Elle n'était toutefois jamais revenue. Son ami ne lui avait 
pas paru particulièrement fâché par la situation. Il n'avait pas eu l'impression que 
H______ éprouvait du ressentiment. Pour lui, il s'agissait d'une situation banale.  

m.j. Entendu le 30 août 2018, AN______ a indiqué avoir connu H______ par 
l'intermédiaire de l'ex-femme de celui-ci, AB______. Ayant appris que le précité avait 
des problèmes avec son bateau et après une rencontre durant les fêtes de fin d'années 
2016, il l'avait rejoint en Espagne au mois de juin 2017. Après avoir réparé son bateau, 
les deux hommes avaient pris la mer. Durant cette période, il avait remarqué que 
H______ avait besoin d'aide en raison de son alcoolisme.  

Arrivés à Marseille, à la suite d'une altercation, ils s'étaient fait agresser par deux 
individus qui s'étaient rendus sur leur bateau. Il avait lui-même pris des coups de poing 
au visage, mais H______ ne s'était pas fait frapper. Celui-ci n'avait rien fait, il était resté 
en retrait et s'était laissé faire. H______ avait été très choqué par cette altercation, ne 
parlant plus que de cela. Les deux semaines suivantes, leur relation s'était dégradée. 
H______ s'était renfermé sur lui-même. Sous l'effet de l'alcool, H______ avait pu se 
montrer agressif avec lui et lui avait fait peur. Il sentait que le précité se retenait 
physiquement. Tous deux n'en étaient toutefois jamais venus aux mains. Cela étant, il 
considérait que H______ était une personne foncièrement gentille, trop gentille, qui 
n'aurait "pas fait de mal à une mouche". Selon lui, le précité se serait plutôt fait du mal à 
lui-même plutôt que de s'en prendre à un tiers. 

De la reconstitution 

n. Une reconstitution des faits s'est déroulée sur les lieux des faits le 5 novembre 2018. 
Cet acte d'enquête a fait l'objet d'un enregistrement vidéo et sonore, lequel a été résumé 
dans un procès-verbal. Il ressort dudit enregistrement les éléments suivants: 

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n.a. AK______ a confirmé, en substance, les déclarations qu'elle avait faites devant la 
police. Elle avançait d'un pas rapide le long de S______. Elle avait entendu une femme 
dire "t'as une arme", puis une voix d'homme répondre "c'est à ma mère". Elle n'avait 
rien constaté de particulier avant d'entendre cet échange, lequel lui avait paru normal, 
étant précisé que la rue était sombre. Elle n'avait pas entendu de cri ou de bruits de 
coups et elle n'avait pas eu l'impression qu'une altercation avait lieu. Puis, un coup de 
feu avait été tiré. Elle avait vu nettement un éclair et avait constaté que les deux 
personnes n'étaient alors pas "tout près" l'une de l'autre – il y avait eu la place du "flash" 
–. Elle s'était accroupie, par réflexe, pour se cacher. Lorsqu'elle s'était relevée, deux 
coups de feu avaient encore été tirés "l'un dans l'autre", sans éclat de lumière. Elle avait 
eu le sentiment que les deux personnes étaient alors collées l'une à l'autre et que les 
deux coups de feu avaient été tirés "à même la personne". Le temps écoulé entre le 
premier coup de feu et les deux suivants avait été très court, soit le temps d'une 
respiration, de s'accroupir et de se relever. La silhouette de droite s'était effondrée et, 
simultanément, l'autre personne s'était retournée et avait quitté les lieux, sans attendre 
que le corps n'atteigne le sol. En s'approchant de ce dernier, elle avait entendu un râle. 
La femme au sol était alors allongée sur le côté.  

n.b. R______ a également confirmé, en substance, ses précédentes déclarations. Il était 
sorti vers 22h30 ou 23h00. Il avait croisé H______ dans le bar. Il avait essayé de 
discuter avec celui-ci, sans trop de succès. Lorsqu'il était sorti de l'établissement il avait 
constaté que H______ était en train de "s'embrouiller" avec L______. Cette dispute était 
liée, selon ce qu'il avait compris, à une dette de CHF 20.- que la précitée n'avait pas 
honorée, étant précisé que lui-même n'était arrivé qu'à la fin de la discussion.  

Selon ses souvenirs, L______ avait dit à H______ qu'il "l'emmerdait", que cette 
"histoire de CHF 20.-, c'était passé". Alors qu'elle l'insultait un peu et "parlait un peu 
avec les mains", H______ ne bougeait pas beaucoup et ne répondait pas vraiment. Le 
précité avait une attitude passive. Il pensait que L______ avait dit à H______ de partir 
et ce dernier avait quitté les lieux. Lui-même avait ensuite continué à discuter avec 
L______ pendant un moment – plus proche de quinze minutes que de deux minutes –. 
Elle lui avait dit que H______ l'énervait, puis ils avaient discuté d'autre chose et rigolé. 
Il avait ensuite raccompagné un ami à l'arrêt des TPG "AO______". Après le départ de 
cet ami, il avait lui-même attendu son tram.  

Alors qu'il patientait, il avait vu H______ traverser la rue, en diagonale, dans sa 
direction. L'homme marchait d'un pas soutenu, la tête un peu baissée, "un poil énervé". 
Il lui avait demandé si cela allait et H______, en passant à côté de lui, lui avait répondu 
"elle est où cette pute?". Lui-même avait alors dit à H______ de se calmer, que 
L______ était un peu agressive, mais que cela n'était pas contre lui. R______ a précisé 
que L______ faisait "un peu de rap" qu'elle aimait bien "balancer des choses". Elle 
avait eu, "pas mal de fois", quelques "embrouilles" à cause de cela. Elle était parfois 
assez agressive avec les gens. C'était la raison pour laquelle il avait dit à H______ de ne 

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pas le prendre contre lui, pour qu'il se calme. L'intéressé ne lui avait pas répondu et 
avait continué à marcher dans la ruelle.  

Alors qu'il s'était retourné en direction des rails, il avait entendu un échange de paroles 
entre L______ et H______, étant précisé que seulement une phrase de trois ou quatre 
mots avait été prononcée par chacun des intervenants. Il n'avait pas compris ce qu'ils 
s'étaient dit. Il avait ensuite entendu un énorme "bang". Il s'était retourné et avait 
entendu L______ dire "salaud" ou "enculé". Elle était alors penchée en avant et se tenait 
le ventre. Tandis qu'elle était toujours prostrée, en train de tomber, H______ avait 
encore tiré deux coups de feu sur L______, au niveau du torse. Alors qu'elle était au sol, 
couchée sur le côté, recroquevillée, l'homme avait tiré une quatrième fois sur L______, 
à hauteur du ventre. Celle-ci avait levé la tête et les jambes en disant "Ah". H______ 
s'était ensuite retourné et avait quitté les lieux. L'homme était passé à côté de lui, le 
pistolet toujours à la main. Il lui avait dit "mais qu'est-ce que tu as foutu?". H______ 
l'avait un peu regardé et avait continué son chemin en marchant tranquillement. Lui-
même s'était alors rendu au contact de L______. 

Selon R______, tout au plus une minute s'était écoulée entre le moment où H______ lui 
avait demandé où se trouvait L______ et celui du premier coup de feu. Les quatre coups 
de feu avaient été tirés à intervalles réguliers, espacés peut-être d'une ou deux secondes. 
Il pensait n'avoir bu qu'une seule bière au cours de la soirée. Il n'avait rien consommé 
d'autre. 

n.c. H______ a expliqué qu'avant de voir L______, il était resté à S______ durant 
environ une heure. Il avait bu trois bières, en se déplaçant entre l'intérieur de 
l'établissement et la terrasse de celui-ci. Il pensait avoir gardé sa veste sur lui en 
permanence. Il avait peut-être pris son arme à feu ce soir-là parce qu'il sortait pour la 
première fois depuis son retour de La Ciotat. Avoir eu son arme sur lui pendant la soirée 
ne l'avait toutefois pas mis dans un état particulier.  

Il était sorti de S______ pour rentrer chez lui, alors qu'il faisait sombre dans la rue. 
L______ l'avait salué et était venue dans sa direction. Il l'avait "plus ou moins" reconnue 
à ce moment. Elle avait mentionné le fait qu'elle fêtait son anniversaire. Il lui avait alors 
possiblement lancé une pique, en lui disant "tu peux garder les CHF 20.-", "tu pourras 
t'acheter un truc" ou "tu me les rends pas et ça fera ton cadeau". Elle était alors 
devenue "assez furax" et s'était rapprochée de lui. Alors qu'elle était près de lui, elle lui 
avait crié "des choses". Il n'avait pas très bien compris ce qu'elle voulait. Elle s'était 
placée contre lui et lui avait presque mis un "coup de boule". Elle lui avait peut-être 
asséné une baffe à ce moment, étant précisé que cette gifle avait possiblement été 
donnée lors de leur seconde rencontre. Elle l'avait également insulté mais il n'avait pas 
de souvenir des propos qu'elle avait tenus. Les choses s'étaient ensuite calmées, mais il 
ne se rappelait pas des raisons de cette accalmie. Il était alors parti en direction de son 
domicile, en éprouvant un sentiment de colère et de peur. Une fois dans l'allée de son 
immeuble, il avait tourné en rond durant deux minutes, ce qui l'avait un peu calmé. Il 

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n'avait pas eu envie de rejoindre son logement. Il savait que s'il retournait dans la rue, il 
existait un risque qu'il soit à nouveau confronté à L______. Il avait décidé de ressortir, 
en se disant que s'il revoyait L______, ils pourraient s'expliquer. Son but était de faire le 
point sur leur dispute. Il avait voulu la revoir tout en appréhendant cette nouvelle 
rencontre. Lorsqu'il avait quitté son allée, trois ou quatre minutes après son retour, il 
éprouvait toujours un mélange de peur et de colère.   

Il avait traversé à nouveau la rue et avait effectivement demandé "elle est où cette 
pute?" à un individu qui se trouvait à l'arrêt de tram. Il était revenu dans la rue J______ 
et avait, une nouvelle fois, croisé L______. Cette dernière s'était alors montrée plus 
agressive que lors de leur première rencontre. Elle s'était placée très près de lui et lui 
avait peut-être asséné, à ce moment, la baffe précédemment évoquée. Elle lui avait 
également hurlé dessus, l'avait insulté. Il avait alors eu un "effet tunnel", l'avait 
repoussée et avait sorti son arme. En voyant l'arme, elle avait peut-être effectué un 
mouvement de recul mais elle était ensuite revenue vers lui. Elle ne l'avait pas pris au 
sérieux et lui avait dit "c'est quoi cette arme?" ou "c'est à qui?". Constatant qu'elle 
continuait à venir vers lui, étant précisé qu'elle avait peut-être également posé sa main 
sur son bras, il avait effectué un mouvement de charge avec l'arme, ce qui n'avait eu 
aucun effet sur L______. Celle-ci lui avait dit "vas-y, tire-moi une balle" ou "mets-moi 
une balle dans la tête". A ce moment-là, un coup de feu était parti. Il pensait que 
L______, qui était encore debout, s'était alors penchée en avant. Très rapidement, il 
avait encore fait feu, mais il ignorait précisément combien de fois. L______ était 
tombée en arrière, assez lentement. Elle avait également émis un petit cri. Il était certain 
de ne pas avoir fait feu par la suite, alors qu'elle se trouvait au sol. Il avait rangé son 
arme et était parti. Selon lui, toute la scène, soit du moment où L______ et lui-même 
s'étaient croisés pour la deuxième fois à celui des coups de feu, n'avait pas duré plus de 
quatre secondes. 

Au moment où il avait tiré avec l'arme, il n'avait rien visé. Cela étant, lors du premier 
coup de feu, il avait "plutôt cherché à éviter". Il n'avait pas eu de but en tirant avec son 
pistolet. Quand bien même c'était L______ qui était venue sur lui, il ne considérait pas 
pour autant que son comportement était défensif. Ce dernier avait été trop 
disproportionné. H______ n'avait pas sorti son arme lors de la première phase de 
l'altercation car celle-ci avait été plus verbale et moins physique. 

Des séquestres 

o.a. Le Ministère public a tenté, en vain, de procéder au séquestre du bateau de 
H______ se trouvant à La Ciotat. H______, par l'intermédiaire de son conseil, a précisé 
vouloir collaborer pour permettre la vente dudit bateau, afin de reverser une importante 
partie de la somme ainsi obtenue à la famille de L______. Dite vente n'a pu intervenir à 
ce jour. 

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o.b. Le 26 juin 2020, le Ministère public a ordonné le séquestre de l'intégralité du 
contenu du box enregistré au nom de N______ au Ports Francs de Genève, dans lequel 
se trouvaient des œuvres peintes par feu AP______, père de H______. 

De l'expertise psychiatrique et des rapports de suivi psychothérapeutique 

p.a.a. H______ a fait l'objet d'une expertise psychiatrique diligentée par les Dr 
AQ______ et AR______, auteurs du rapport du 31 janvier 2019. Un complément 
d'expertise a également été établi le 9 décembre 2019. 

Il ressort de l'anamnèse par rapport aux faits reprochés que H______ a expliqué aux 
experts que, le soir des faits, il avait pris son arme et des munitions sur un "coup de 
tête", sans réfléchir. Il l'avait prise comme il avait pu prendre, précédemment, un 
couteau pour se défendre en cas d'agression, quand bien même il ne faisait alors pas 
l'objet de menaces. Il s'agissait plutôt d'un sentiment diffus de ne pas être en sécurité. A 
l'issue de la première phase de l'altercation avec L______, il avait ressenti une colère 
intense, un énervement. Il était resté très en colère après avoir rejoint l'allée de son 
immeuble. Il était ensuite "tombé sur elle" et, lors de cette seconde phase, L______ 
l'avait terrifié, de sorte qu'il "voulait mettre un terme à ce conflit". H______ avait 
également indiqué aux experts s'être senti "extrêmement en colère", "en furie, "enragé". 
Il avait sorti son arme pour faire peur à L______, pour "ajouter de la crédibilité", mais 
cela n'avait pas eu l'effet escompté. Il avait alors armé son pistolet mais elle n'avait pas 
été plus impressionnée. Elle avait tenté de lui saisir la main et il avait tiré plusieurs 
coups de feu d'affilée, en tremblant. Il avait indiqué qu'à la suite des faits, il s'était 
trouvé dans un état de "sidération" et de panique. Il était rentré chez lui et aurait jeté son 
arme dans l'évier, avant de l'essuyer. 

Aux termes des conclusions du rapport d'expertise, au moment des faits, H______ 
souffrait d'un trouble mixte de la personnalité associant des traits paranoïaques, 
narcissiques et antisociaux. Il présentait en outre une dépendance à l'alcool, une 
intoxication alcoolique aigüe et un trouble dépressif récurrent, épisode léger. Durant la 
période entourant les faits, H______ se trouvait déstabilisé par l'annonce que son 
médecin lui avait faite sur l'état de santé dégradé de son foie et la nécessité pour lui 
d'arrêter l'alcool. Il disait également s'être senti incompris par sa mère et pas 
suffisamment soutenu dans son désir de changer sa façon de vivre et de s'autonomiser. Il 
se sentait également acculé financièrement. Il comparait les faits à un geste auto-
agressif, voire suicidaire, et considérait la prison comme une sorte d'alibi à sa sensation 
d'échec. Sur le plan des affects, les experts ont constaté chez H______ un émoussement 
affectif, en dehors des sujets concernant sa fille, qui semblaient les seuls susceptibles 
d'entraîner une manifestation émotionnelle.  

Au moment des faits, H______ possédait pleinement la faculté d'apprécier le caractère 
illicite de ses actes. Toutefois, sa capacité à se déterminer d'après cette appréciation était 
légèrement altérée. En effet, l'intoxication alcoolique aigüe importante qu'il présentait 

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exacerbait les traits dépressifs dont il souffrait de façon chronique ainsi que les traits 
paranoïaques, narcissiques et antisociaux qui constituaient sa personnalité. Ses capacités 
de raisonnement étaient de ce fait légèrement altérées. Dès lors, l'environnement était 
perçu comme plus menaçant qu'il ne l'était vraiment, à la fois du fait du trouble de la 
personnalité mais d'autant plus du fait de l'intoxication alcoolique aigüe. Par ailleurs, du 
fait de l'action de l'alcool, les capacités d'inhibition étaient diminuées. Les experts ont 
ainsi retenu qu'au moment des faits, la responsabilité de H______ était légèrement 
restreinte. 

Il existait un risque moyen de récidive violente. La présence d'une dépendance à l'alcool 
avec des consommations chroniques importantes, d'un trouble dépressif récurrent et d'un 
trouble mixte de la personnalité avec des traits paranoïaques, narcissiques et antisociaux 
ainsi que le caractère imprévisible et inexpliqué par l'expertisé lui-même de l'acte qui lui 
est reproché amenaient à considérer un risque de récidive non négligeable. S'agissant 
des mesures thérapeutiques à même de diminuer ce risque de récidive, les experts ont 
retenu qu'une prise en charge psychothérapeutique et psychiatrique ambulatoire était à 
préconiser. 

p.a.b. Devant le Ministère public, les experts ont confirmé le contenu et les conclusions 
de leur rapport du 31 janvier 2019, ainsi que de son complément.   

Deux facteurs pouvaient expliquer l'absence de souvenirs précis, chez H______, quant 
au déroulement des faits. Premièrement, l'intoxication aigüe à l'alcool avait pu jouer un 
rôle. A cet égard, son accoutumance à l'alcool était contrebalancée par son état 
hépatique, étant précisé qu'il présentait une stéatose hépatique. En second lieu, un 
phénomène de dissociation pouvait se réaliser lors de la survenance d'un évènement 
particulièrement marquant émotionnellement. Les éventuelles contradictions existant 
entre le récit des faits effectué par H______ et les éléments du dossier pourraient 
s'expliquer par une reconstitution des souvenirs par l'expertisé, par un mécanisme de 
défense paranoïaque ou par le mensonge. La part du comportement de H______ à 
mettre sur le compte de sa condition psychiatrique était assez faible, raison pour laquelle 
il avait été considéré que sa responsabilité au moment des faits était légèrement 
restreinte. 

Le sentiment d'insécurité évoqué par H______, en lien avec le fait qu'il était sorti avec 
une arme à feu, pouvait être lié à son trouble de la personnalité chronique, étant précisé 
que l'intoxication alcoolique aigüe exacerbait les traits paranoïaques.  

p.b. Le 29 janvier 2021, H______ a notamment transmis au Tribunal, par 
l'intermédiaire de son Conseil, deux rapports de suivi psychothérapeutique établis les 2 
mai 2019 et 15 janvier 2021 par AS______, psychologue auprès du Service de 
médecine pénitentiaire des HUG.  

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Selon ces rapports, H______ avait débuté un suivi psychothérapeutique dès le 29 
novembre 2017. Il s'était présenté aux entretiens hebdomadaires puis bimensuels de 
manière régulière, diligente, en investissant bien l'espace thérapeutique. Il avait exprimé 
des regrets et une culpabili