# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** aa9edcce-7087-568f-a78b-8e732afbc2b5
**Source:** Valais/Wallis (VS)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-02-05
**Language:** fr
**Title:** Wallis Sonstiges Gericht Sonstige Kammer 05.02.2024 A1 23 210
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VS_Gerichte/VS_BZG_999_A1-23-210_2024-02-05.pdf

## Full Text

A1 23 210 

 

 

Tribunal cantonal 

Cour de droit public 

 

ARRÊT DU 5 FEVRIER 2024 

rendu par 

 

Le soussigné, statuant ce jour en qualité de juge unique au Palais de justice (article 26 

LACP), à Sion; 

 

en la cause 

 

X _________, actuellement incarcéré à la Colonie Pénitentiaire de Crêtelongue à 

Granges, recourant,  

 

contre 

 

DIRECTION DE L’ETABLISSEMENT PENITENTIAIRE DE CRETELONGUE (EPCL), 

3977 Granges, autorité attaquée  

 

 

(sanction disciplinaire) 

recours de droit administratif contre la décision du 28 novembre 2023 

  

- 2 - 

Faits 

 

A. X _________ a été condamné à 11 reprises entre le 26 février 2021 et le 27 juillet 

2023. Selon sa fiche de détention, il exécute actuellement plusieurs peines privatives de 

liberté de 388 jours au total, les 2/3 de sa peine étant fixés au 30 juillet 2024 et la fin de 

sa peine au 7 décembre 2024. Il est incarcéré à l’Etablissement pénitentiaire de 

Crêtelongue (EPCL) depuis le 15 novembre 2021. 

Le 27 novembre 2023, X _________, de son point de vue, ne « s’est pas senti bien » et 

ne pouvait pas se rendre au travail en atelier. Il a consulté le Service médical 

pénitentiaire (SMP). Une infirmière lui a prescrit du NeoCitran et du Dafalgan sans lui 

délivrer de certificat médical. Ne partageant pas ce point de vue, X _________ a toutefois 

refusé de se rendre au travail. 

B. Par décision du 28 novembre 2023, le Remplaçant de la Responsable EPCL a, en 

se fondant sur les articles 91 CP, 54 à 58 ODDD, infligé à X _________ une « sanction 

pécuniaire de 50.- frs ». La motivation de ce prononcé indiquait ceci : « Le fait de refuser 

de se rendre sur sa place de travail est contraire au comportement que l’on est en droit 

d’attendre du détenu. Par ces agissements, X _________ a manqué ses devoirs de 

détenu et a troublé l’ordre et la sécurité de l’établissement. Ces faits constituent une 

infraction disciplinaire au sens de l’article 54 ODDD ». 

Le rapport dressé le 28 novembre 2023 par le Chef Secteur Sécurité, annexé à la 

sanction disciplinaire, mentionnait : « En date du 27.11.2023, vous avez refusé de vous 

rendre sur votre place de travail malgré les demandes répétées des collaborateurs. 

Veuillez donner vos explications à ce sujet », ce à quoi X _________ a répondu : « Ce 

n’était pas un refus de ma part. J’étais vraiment pas bien et l’infirmière n’en a pas tenu 

compte ». 

C. Le 28 novembre 2023, X _________ a déposé auprès de l’EPCL un recours de droit 

administratif, lequel l’a transmis le 12 décembre 2023 au Tribunal cantonal. Il a exposé 

que le rendez-vous avec l’infirmière avait duré 5 mn, qu’il aurait souhaité que cette 

dernière le mette en arrêt de travail car il ne se sentait pas bien et n’était pas en état de 

travailler, qu’il « contestait catégoriquement le refus de travail » et qu’il n’avait pas les 

moyens de payer 50 fr., ce qui représentait 2 jours de travail et « était énorme ». Il a 

ajouté : « A quoi bon prendre du NeoCitran si c’est pour aller travailler au froid ? ». 

 

- 3 - 

Le 24 janvier 2024, la Responsable EPCL a, via le Chef de l’OSAMA, déposé son dossier 

complet (comprenant un bordereau de 8 pièces) et a proposé le rejet du recours sous 

suite de frais. Elle a rappelé que chaque détenu avait l’obligation de travailler sauf 

dispense. Or, le SMP n’avait pas délivré de certificat d’incapacité de travail à  

X _________ le jugeant apte à se rendre à l’atelier. 

Par ordonnance du 25 janvier 2024, le juge de céans a fixé à X _________ un délai pour 

formuler d’éventuelles remarques complémentaires. Cette ordonnance judiciaire est 

restée lettre morte. 

 

Considérant en droit 

 

1. Sans vouloir faire preuve de trop de formalisme, notamment quant aux exigences à 

remplir en matière de motivation, le juge de céans admet la recevabilité du recours du 28 

novembre 2023, déposé en temps utile (art. 72, 78 let. a, 80 al. 1 let. b-c, 46 et 48 LPJA ; 

art. 26 al. 3 LACP et 58 al. 5 ODDD). 

2. Dans un unique grief, le recourant invoque implicitement une violation des articles 54 

et 62 ODDD et trouve la sanction injustifiée.  

2.1.1 Selon l’article 81 al. 1 CP, le détenu qui doit exécuter une peine privative de 

liberté est astreint au travail. Pendant le travail, le détenu reste soumis au régime 

d’exécution et au pouvoir disciplinaire de l’établissement pénitentiaire (DAMIAN K. GRAF, 

StGB, Annotierter Kommentar, Berne 2020, n. 2 ad art. 81 CP; 

DUPUIS/MOREILLON/PIGUET/BERGER/MAZOU/RODIGARI, Petit commentaire, Code pénal, 

2ème éd. 2017, n. 4 ad art. 81 CP). Le travail carcéral est obligatoire pour autant que le 

détenu en soit apte physiquement et psychiquement (BAPTISTE VIREDAZ, in Commentaire 

romand, Art. 1-110 CP, 2ème éd. 2021, n. 5 ad art. 81 CP). 

2.1.2 L’article 62 al. 1 ODDD prévoit que chaque détenu est astreint au travail qui lui 

est assigné. Il doit toutefois bénéficier d’au moins une journée de repos hebdomadaire 

et de suffisamment de temps pour s’instruire et s’adonner à d’autres activités. Une 

dispense ne peut être accordée que pour des raisons exceptionnelles admises par le 

service, ou pour des raisons de santé sur certificat du SMP (al. 2). 

 

- 4 - 

Constitue une infraction disciplinaire, notamment, le refus de travailler et toute autre 

manifestation de mauvaise volonté évidente dans le travail (art. 54 al. 1 let. e ODDD). 

Lorsqu’elle a été commise de manière fautive, une infraction disciplinaire peut entraîner 

notamment l’amende jusqu’à 1000 fr. (art. 55 al. 1 let. c ODDD ; cf. ég. art. 91 al. 2 let. C 

CP). La sanction disciplinaire tient compte de la nature et de la gravité de l’infraction, de la 

culpabilité de son auteur ainsi que de ses antécédents disciplinaires et de sa situation 

personnelle (art. 55 al. 4 ODDD). L’amende disciplinaire ne doit pas mettre en danger la 

réinsertion de l’auteur en le privant du fonds de réserve constitué, du moins en partie, par la 

rémunération du détenu (DUPUIS/MOREILLON/PIGUET/BERGER/MAZOU/RODIGARI, op. cit., n. 4 

ad art. 91 CP). 

2.2 En l’occurrence, le recourant se sentait malade le 27 novembre 2023 et estimait ne 

pas être ne mesure de travailler à l’atelier. Il est allé consulter le SMP qui, après l’avoir 

ausculté, a considéré qu’il était apte au travail et qu’il ne fallait donc pas lui délivrer une 

dispense. Dans la mesure où le recourant, déménageur de profession, ne dispose 

d’aucune connaissance médicale, à la différence du médecin et des infirmières qui sont 

des professionnels en la matière, l’on ne peut que se fier à l’avis de ces spécialistes. Si 

ces derniers ont posé comme diagnostic un simple refroidissement ou un virus passager, 

qu’il était possible de traiter par une prescription de NeoCitran et du Dafalgan, aucun 

élément objectif ne permettait de remettre en cause cette opinion. Il est d’ailleurs de la 

responsabilité du corps médical de ne pas accéder à tous les desideratas des détenus 

mais de délivrer une dispense de travail seulement en cas de souci de santé d’une 

certaine importance. Même si l’on peut comprendre que le ressenti du détenu, qui était 

légèrement souffrant - cet état fébrile a bien été reconnu puisque des médicaments ont 

été prescrits -, était différent, il n’en demeure pas moins qu’il devait respecter l’avis 

médical et se rendre au travail. Le NeoCitran et le Dafalgan sont d’ailleurs notoirement 

les médicaments basiques susceptibles de traiter un léger refroidissement sans entraver 

une activité professionnelle. Or, le recourant a, par sa faute, malgré l’insistance des 

employés de la prison, catégoriquement refusé d’aller à l’atelier. Ce faisant, il a 

effectivement commis l’infraction disciplinaire réprimée par les dispositions légales 

mentionnées plus haut. 

Pour le reste, il n’a pas prouvé que le montant de la sanction (50 fr.) - comprise dans les 

limites de l’article art. 55 al. 1 let. c ODDD - le mettait dans une situation financière 

délicate. 

Partant, mal fondé, le grief est rejeté. 

- 5 - 

3. En définitive, le recours est rejeté (art. 80 al. 1 let. e et 60 al. 1 LPJA). 

4. Vu l'issue du litige, des frais de la cause devraient en principe être mis à la charge 

du recourant (art. 89 al. 1 LPJA), qui n’a pas droit à des dépens (art. 91 al. 1 a contrario 

LPJA). Néanmoins, pour tenir compte du caractère particulier de la présente affaire et de 

son enjeu limité, le juge de céans renonce exceptionnellement à percevoir un émolument 

(art. 89 al. 2 LPJA et 14 al. 2 LPJA). 

 

 

 

 

 

Par ces motifs, le Tribunal cantonal prononce : 

 

1. Le recours est rejeté. 

2. Il est renoncé à percevoir des frais. 

3. Le présent arrêt est communiqué à X _________, à la Direction de L’EPCL et à 

l’OSAMA, à Sion. 

 
 
Sion, le 5 février 2024