# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c9d37898-2331-5e20-9909-b57d87676779
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2011-10-18
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 18.10.2011 E-2822/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-2822-2011_2011-10-18.pdf

## Full Text

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t

T r i buna l   adm in i s t r a t i f   f édé ra l

T r i buna l e   ammin i s t r a t i vo   f ede ra l e

T r i buna l   adm in i s t r a t i v   f ede ra l

Cour V
E­2822/2011

A r r ê t   d u   1 8   o c t o b r e   2 0 1 1

Composition François Badoud (président du collège), 
Gérald Bovier, Muriel Beck Kadima, juges,
Chrystel Tornare Villanueva, greffière.

Parties A._______, née le (…),
B._______, né le (…),
C._______, né le (…),
Macédoine,  
représentés par le Service d'Aide Juridique aux 
Exilé­e­s (SAJE), en la personne de (…),
recourants, 

contre

Office fédéral des migrations (ODM), 
Quellenweg 6, 3003 Berne,   
autorité inférieure.

Objet Exécution du renvoi ; 
décision de l'ODM du 15 avril 2011 / N (…).

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Faits :

A. 
Le  19  janvier  2011,  A._______  et  ses  deux  enfants,  B._______  et 
C._______,  ainsi  que  son  mari,  D._______,  et  les  deux  enfants  de 
celui­ci issus d'un premier mariage, E._______ et F._______, ont déposé 
une demande d'asile au Centre de (…).

B. 
Entendue  sommairement  lors  de  l'audition  audit  centre,  le  1er  février 
2011, et plus particulièrement sur ses motifs d'asile,  lors de l'audition du 
9 février  2011,  elle  a  déclaré  être  d'ethnie  rom  et  avoir  vécu,  avec  son 
mari et  leurs enfants, à  (...). Elle a  indiqué être mariée avec D._______ 
depuis le 27 janvier 2010.

Son  époux  aurait  participé  à  des  manifestations  contre  le  pouvoir  en 
place,  le 21 octobre 2010, à (...), et  le 5 décembre 2010, à (...).  Il aurait 
été battu lors de la deuxième manifestation. Par ailleurs, il aurait travaillé 
comme  (...)  sur  le  marché  de  (...),  mais  la  police  aurait  saisi  sa 
marchandise. De  plus,  il  aurait  constamment  eu  des  disputes  avec  ses 
voisins. Pour ces raisons, l'intéressée et son époux auraient envisagé de 
quitter la Macédoine. Lorsque leur enfant, C._______ est tombé malade, 
l'intéressée et son mari ont décidé de quitter définitivement le pays. 

Quelque  temps  avant  le  départ,  A._______  aurait  été  violée  par  son 
ex­mari.  N'osant  pas  en  parler  à  son  mari  de  crainte  qu'il  réagisse  de 
façon disproportionnée, elle aurait renoncé à déposer plainte à la police. 

Le  12  janvier  2011,  l'intéressée  a  quitté  (...)  avec  sa  famille.  Les 
intéressés sont entrés légalement en Suisse, le 13 janvier 2011, munis de 
leurs passeports. Ils sont restés six jours chez de la parenté à (...), avant 
de déposer leurs demandes d'asile.

L'intéressée  a  produit  son  passeport  et  sa  carte  d'identité  ainsi  que  les 
passeports  de  ses  enfants.  Elle  a  également  remis  à  l'ODM  différents 
documents  médicaux  et  un  livret  de  santé  concernant  son  fils, 
C._______.

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C. 

Par  décision  du  15  avril  2011,  l'ODM  a  rejeté  la  demande  d'asile  de 
A._______,  a prononcé  son  renvoi  de Suisse et  ordonné  l'exécution de 
cette mesure. 

L'ODM a estimé que les allégations de l'intéressée concernant la difficulté 
de recevoir des soins pour son fils, en raison de son origine rom, n'étaient 
pas déterminantes en matière d'asile, dans la mesure où ses déclarations 
et  les  documents  versés  au  dossier  permettaient  de  conclure  que 
l'intéressée  et  son  fils  avaient  eu  accès  à  des  structures  médicales  et 
avaient  été  soignés  en  Macédoine.  Il  a  précisé  que  le  fait  qu'ils  aient 
parfois dû patienter longuement avant d'être pris en charge ne permettait 
pas de conclure à une persécution au sens de la loi sur l'asile. 

S'agissant du viol allégué par l'intéressée, l'ODM a considéré que celui­ci, 
à  supposer  qu'il  soit  avéré,  n'était  pas  déterminant  en  matière  d'asile, 
dans  la mesure où  l'intéressée avait  renoncé à déposer plainte et  avait 
ainsi  empêché  les  autorités  macédoniennes  de  la  protéger  et  de 
condamner  son  ex­mari.  Il  a  également  souligné  qu'aucun  indice  ne 
permettait  de  conclure  que  l'Etat  macédonien  refuserait  d'intervenir  et 
d'offrir sa protection.

Enfin,  il  a  considéré  que  l'exécution  du  renvoi  était  licite,  possible  et 
raisonnablement  exigible.  Il  a  précisé  à  ce  sujet,  que  du  point  de  vue 
médical,  aucun  élément  ne  faisait  échec  à  l'exécution  du  renvoi,  étant 
donné qu'une prise en charge médicale était assurée et que l'intéressée 
ainsi que son enfant y avaient accès.

D. 

Par une décision distincte du 15 avril 2011, l'ODM, se fondant sur l'art. 32 
al. 2 let. e de la loi du 26 juin 1998 sur l’asile (LAsi, RS 142.31), n'est pas 
entré en matière sur  la demande d'asile de D._______, a prononcé son 
renvoi de Suisse et ordonné l'exécution de cette mesure.

E. 

Par acte du 28 avril 2011, D._______ et sa famille ont recouru contre la 
décision précitée.  Ils  ont  conclu  à  l'octroi  d'une admission provisoire  en 
raison du caractère inexigible de l'exécution de leur renvoi. Ils ont requis 
le bénéfice de l'assistance judiciaire partielle.

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Ils ont fait valoir que l'ODM n'avait pas pris en compte les problèmes de 
santé  abordés  lors  de  leurs  auditions,  dans  le  cadre  de  l'examen  de 
l'exigibilité de leur renvoi. Ils ont reproché à cet office de ne pas avoir fait 
de recherches spécifiques sur leurs problèmes de santé, déduisant du fait 
qu'ils  avaient  eu  accès  aux  structures  médicales  qu'un  suivi 
thérapeutique leur serait assuré en cas de renvoi. Ils ont souligné que le 
fait  d'être  roms  augmentait  encore  les  difficultés  pour  obtenir  les  soins 
dont  leurs enfants avaient  impérativement besoin.  Ils  ont  soutenu qu'un 
renvoi  en  Macédoine  serait  également  contraire  aux  obligations 
internationales relatives aux droits de l'enfant. Ils ont précisé que, compte 
tenu  des  pathologies  dont  souffraient  les  enfants,  C._______  et 
E._______,  leur  intérêt  particulier  à  pouvoir  demeurer  en  Suisse  devait 
l'emporter  sur  l'intérêt  public  militant  en  faveur  de  leur  éloignement  de 
Suisse.

A  l'appui  de  leur  recours,  ils  ont  produit  un  rapport  du  "Country 
Information  Research  Centre"  (CIREC)  du  28  avril  2011  concernant  la 
situation  des  enfants  roms  handicapés  en  Macédoine,  une  fiche  de 
liaison  médicale  concernant  D._______,  deux  billets  pour  des 
rendez­vous  chez  le  médecin  et  une  lettre  d'un  pédiatre  concernant 
C._______ et B._______ indiquant qu'"il serait souhaitable que ces deux 
enfants  et  leurs  parents  puissent  résider  en plaine  pour  des  raisons de 
commodité".

F. 

Par  ordonnance  du  4  mai  2011,  le  Tribunal  administratif  fédéral  (le 
Tribunal)  a  suspendu  la procédure de  recours  introduite  par D._______ 
jusqu'à  droit  connu  sur  le  sort  réservé  à  la  décision  concernant 
A._______.

G. 

Par acte séparé du 17 mai 2011, A._______ a recouru contre la décision 
de l'ODM la concernant. Elle a conclu à l'octroi d'une admission provisoire 
en raison du caractère  inexigible de son renvoi. Elle a également requis 
le bénéfice de l'assistance judiciaire partielle.

L'intéressée a tout d'abord indiqué être dépressive et nécessiter un suivi 
psychiatrique  à  long  terme. Elle  a  ensuite  reproché à  l'ODM de ne pas 
avoir  pris  en  compte  la  gravité  qu'a  constitué  le  viol  qu'elle  avait  subi, 
ainsi que le traumatisme relatif à celui­ci, dans l'examen de l'exigibilité du 

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renvoi.  Elle  a  précisé  que  cet  office  n'avait  pas  fait  de  recherches 
spécifiques  permettant  de  conclure  qu'elle  aurait  pu  obtenir  justice  en 
s'adressant à la police. Elle a soutenu que l'Etat macédonien n'avait pas 
eu  la  volonté de  lui  venir  en aide. Elle a  souligné que  le  fait  d'être  rom 
augmentait  considérablement  les  difficultés  pour  obtenir  une  protection 
policière et les soins psychologiques dont elle avait besoin. Elle a, pour le 
reste, renvoyé à l'argumentation développée dans le recours interjeté par 
son mari.

H. 

Par  deux  ordonnances  distinctes  du  24  mai  2011,  le  Tribunal  a  invité 
l'ODM à indiquer quels enfants étaient inclus dans la décision concernant 
A._______,  respectivement  D._______,  ceux­ci  n'ayant  été  cités  dans 
aucune des deux décisions.  Le Tribunal  a  également  invité  l'ODM à  se 
déterminer  sur  l'existence  d'éventuels  obstacles  à  l'exécution  du  renvoi 
les concernant.

I. 

Par détermination du 10  juin 2011,  l'ODM a  indiqué qu'il avait pris deux 
décisions  distinctes  en  raison  des  motifs  personnels  invoqués  par 
A._______.  Il  a  précisé  que  les  enfants,  F._______  et  E._______, 
devaient être inclus dans la décision concernant D._______, alors que les 
enfants  B._______  et  C._______,  devaient  l'être  dans  celle  concernant 
A._______.  Il  a  également  informé  que  deux  nouvelles  décisions  allant 
dans ce sens seraient prises. Il a rappelé que la Macédoine disposait de 
structures médicales  à même  de  prendre  en  charge  l'intéressée  et  son 
fils,  C._______.  S'agissant  des  frais  médicaux,  l'ODM  a  souligné  qu'il 
existait  en Macédoine  un  système  d'assurance maladie  qui  assurait  un 
accès général aux soins standards.

J. 

Selon  le  dossier  de  l'ODM,  dit  office  a  rendu  deux  nouvelles  décisions 
datées  du  10  juin  2011,  portant,  en  entête,  la  mention  "Remplaçant  la 
décision  du  15  avril  2011".  Une  décision  de  rejet  d'asile  concerne 
A._______ et  les enfants, B._______ et C._______, et  une décision de 
non­entrée en matière concerne D._______ et les enfants, F._______ et 
E._______.  Ces  décisions  sont  adressées  à  la  mandataire  des 
recourants  par  courrier  recommandé  avec  avis  de  réception.  Elles 
contiennent  les  mêmes  dispositifs  et  les  mêmes  considérants  que  les 

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premières  décisions,  exceptions  faites  de  la  citation  des  noms  des 
enfants concernés par les décisions et de la mention d'une ultime date de 
départ fixée au 5 août 2011 dans la décision relative à A._______.

K. 

Invitée à prendre position sur la détermination de l'ODM, le 4 juillet 2011, 
la recourante a soutenu que les nouvelles décisions de l'ODM du 10 juin 
2011 devaient être considérées comme nulles. Elle a souligné que bien 
que  juridiquement  le  système  de  santé  public  macédonien  assure  un 
accès aux soins égal pour tous les citoyens, il ne pouvait être déduit que 
ce soit le cas dans la réalité. Elle a reconnu que son fils, C._______, avait 
eu accès à un spécialiste, mais a indiqué qu'un suivi médical régulier ne 
lui avait pas été assuré, notamment pour des raisons  financières. Elle a 
estimé  que  la  discrimination  raciale  envers  les  Roms  constituait 
également un problème limitant leur accès à des soins adéquats.

L. 

Le 5 juillet 2011, l'intéressée a produit une attestation médicale, établie le 
21  juin  2011,  par  le  Centre  d'accueil  et  de  traitement  psychiatrique  de 
(…).  Il  ressort de ce document que  la  recourante est en  traitement à  la 
consultation de (…) depuis le 10 mai 2011.

M. 

Conformément à la requête du Tribunal, A._______ a produit,  le 10 août 
2011, un certificat médical établi le 9 août 2011, par un psychiatre, selon 
lequel  elle  souffre  de  schizophrénie  paranoïde  continue  (F20.0),  de 
séquelles  de  trouble  envahissant  du  développement  infantile  (psychose 
infantile)  et  de  difficultés  avec  le  conjoint  (Z63).  Lors  de  son  entretien, 
l'intéressée  a  indiqué  à  son  médecin  qu'elle  souffrait  de  problèmes 
psychiatriques depuis  l'âge de onze ans environ. Elle a mentionné avoir 
été hospitalisée durant près d'un mois, à l'âge de treize ans, en raison de 
ces  problèmes.  Elle  aurait  ensuite  bénéficié  de  soins  ambulatoires 
réguliers pendant deux ans  jusqu'à ce qu'elle aille mieux. L'intéressée a 
également  précisé  à  son  médecin  qu'elle  vivait  un  important  conflit  de 
couple en  raison de  la violence physique dont son mari  faisait preuve à 
son égard. 

Le traitement prévu par le médecin consiste dans la prise de Risperdal à 
raison  d'un  comprimé  de  1mg  deux  fois  par  jour  et  d'entretiens 

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psychiatriques  mensuels.  Le  médecin  préconise  également  la  mise  en 
place d'un suivi par un  infirmier psychiatrique sur une base régulière au 
minimum hebdomadaire,  des entretiens psychiatriques mensuels et  des 
entretiens trimestriels de réseau soignant. Grâce au traitement actuel,  la 
patiente  a  présenté  une  rémission  partielle  de  sa  symptomatologie 
psychotique  sous  traitement  neuroleptique  laissant  place  à  un  tableau 
d'anxio­dépression réactionnelle massive mais fluctuante et partiellement 
améliorable  par  l'encadrement  et  les  entretiens.  Le  pronostic  sans 
traitement  est  défavorable  avec  risque  majeur  de  nouvelle 
décompensation psychotique et risque suicidaire ou meurtrier élevé.

S'agissant de C._______, un spécialiste en pédiatrie a  indiqué, dans un 
rapport  établi  le  26 juillet  2011,  que  celui­ci  avait  eu  des  otites 
récidivantes  ayant  nécessité  une  pose  de  drains  transtympaniques 
bilatérale, le 4 juillet 2011, et qu'il présentait un retard staturo­pondéral.

N. 

Par arrêt de ce jour, le Tribunal a rejeté le recours interjeté par l'époux de 
la  recourante  contre  la  décision de non­entrée en matière  de  l'ODM du 
15 avril 2011.

O. 

Les autres faits et arguments de la cause seront examinés, si nécessaire, 
dans les considérants en droit ci­dessous.

Droit :

1. 

1.1.  Le  Tribunal,  en  vertu  de  l’art.  31  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le 
Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32),  connaît  des  recours 
contre les décisions au sens de l’art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 
1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS  172.021)  prises  par  les 
autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF.

En particulier, les décisions rendues par l’ODM concernant l’asile peuvent 
être contestées, par renvoi de l’art. 105 de la loi du 26 juin 1998 sur l’asile 
(LAsi, RS 142.31), devant  le Tribunal,  lequel statue alors définitivement, 

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sauf demande d’extradition déposée par l’Etat dont le requérant cherche 
à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal 
fédéral [LTF, RS 173.110]).

1.2. Les  intéressés ont  qualité  pour  recourir. Présenté dans  la  forme et 
dans le délai prescrits par la loi, le recours est recevable (art. 48 et 52 PA 
et 108 al. 1 LAsi).

1.3.  Le  Tribunal  constate  que  les  motifs  d'asile  de  A._______  et  de 
D._______  ne  sont  pas  en  tout  point  identiques  et  que  les  décisions 
prises pour chacun d'eux par l'autorité de première instance ne sont pas 
de  même  nature.  En  effet,  la  décision  concernant  A._______  est  une 
décision  de  rejet  d'asile  et  de  renvoi,  alors  que  celle  ayant  trait  à 
D._______  est  une  décision  de  non­entrée  en  matière.  Dans  ces 
conditions, les causes ne peuvent pas être jointes.

2. 

2.1. En l'espèce, il y a lieu de relever que deux décisions successives ont 
été  prises  dans  la  présente  cause,  mais  qu'elles  comportent  le  même 
dispositif  et  les  mêmes  considérants.  Il  s'agit  donc  de  déterminer 
l'incidence  de  la  seconde  décision,  puisque  par  celle­ci  l'ODM  entend 
annuler et remplacer sa première décision.

2.2. En  vertu  de  l'effet  dévolutif  du  recours  consacré  à  l'art.  54  PA,  le 
pouvoir  de  traiter  de  la  cause  passe  de  l'autorité  intimée à  l'autorité  de 
recours  dès  le  dépôt  du  recours.  Cet  effet  a  pour  conséquence  que 
l'autorité de première instance se voit retirer la compétence de connaître 
de l'objet du litige, de sorte qu'elle ne peut en principe plus revenir sur la 
décision attaquée. L'art. 58 al. 1 PA prévoit, cependant, une exception à 
ce principe, en disposant que  l'autorité  inférieure  conserve  la possibilité 
de procéder à un nouvel examen de  la décision attaquée  jusqu'à  l'envoi 
de sa réponse. Cette exception doit être appliquée de manière restrictive 
et ne se justifie que par économie de procédure, soit dans le seul intérêt 
d'un règlement rapide du litige. Si l'autorité intimée procède de la sorte, le 
Tribunal  continue  à  traiter  le  recours,  dans  la  mesure  où  sa  nouvelle 
décision  ne  l'a  pas  rendu  sans  objet  (cf.  art.  58  al.  3  PA).  En  d'autres 
termes,  la  procédure  de  recours  pendante  subsiste  tant  et  pour  autant 
que  l'autorité  intimée  ne  fait  pas  droit  à  toutes  les  conclusions  du 
recourant. L'autorité de recours doit alors entrer en matière sur celles qui 
demeurent  litigieuses, sans que  l'intéressé doive auparavant attaquer  la 

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nouvelle décision (cf. ATF 113 V 237ss, ATF 107 V 250ss ; PIERRE MOOR, 
Droit  administratif,  vol.  II,  2ème  éd.,  Berne  2002,  pt  5.7.3.2,  p.  678 ; 
ANDREA  PLEIDERER,  in  Praxiskommentar  zum  Bundesgesetz  über  das 
Verwaltungsverfahren [VwVG], Zurich/St­Gall 2008, ad art. 58 PA, n° 1 à 
3 et 48 à 52, p. 1557 et 1171 ss).

2.3. Cela étant, par sa décision du 10 juin 2011, l'ODM n'a pas procédé à 
un nouvel examen de celle qu'il a initialement rendue, le 15 avril 2011. En 
effet,  la  seconde  décision  contient  le  même  dispositif  et  la  même 
motivation  que  celle  du  15  avril  2011,  exception  faite  de  la mention  du 
nom des deux enfants compris également dans la décision et d'un ultime 
délai  de  départ.  Tout  au  plus,  la  décision  du  10  juin  2011  doit  être 
comprise  comme  une  précision  quant  à  la  portée  de  la  décision 
entreprise,  notamment  concernant  les enfants mineurs. Ainsi,  l'omission 
de la mention explicite des enfants dans la première décision a de toute 
manière été corrigée à l'occasion de la détermination et de la décision du 
10  juin  2011  (cf. lettre I). Dans  ces  conditions,  en  prenant  formellement 
une  nouvelle  décision,  l'office  intimé  est  sorti  du  cadre  autorisé  par 
l'art. 58  al.  3 PA.  Le Tribunal  se  doit,  dès  lors,  de  continuer  à  traiter  le 
recours interjeté contre la décision du 15 avril 2011, dans la mesure où la 
seconde  décision  ne  l'a  pas  rendu  sans  objet.  Autrement  dit,  laissant 
litigieuses toutes les conclusions du recours du 17 mai 2011, la décision 
du 10 juin 2011 doit être annulée.

3. 
Dans  la  mesure  où  les  recourants  n'ont  pas  contesté  la  décision 
prononcée  par  l'ODM  en  tant  qu'elle  rejette  leur  demande  d'asile  et 
prononce  leur  renvoi  de  Suisse,  ces  points  ont  acquis  force  de  chose 
décidée.  L'objet  du  litige  porte  donc  exclusivement  sur  la  question  de 
l'exécution de leur renvoi.

4. 
A  titre  préliminaire,  les  recourants  reprochent  à  l'ODM  de  ne  pas  avoir 
instruit davantage sur  les problèmes de santé qu'ils ont allégués  lors de 
leurs  auditions,  en  particulier  s'agissant  de  C._______.  Force  est 
toutefois de constater que les intéressés ont été entendus sur leurs motifs 
d'asile et qu'ils ont pu produire les preuves qu'ils estimaient nécessaires. 
En  outre,  il  ressortait  des  déclarations  des  parents  ainsi  que  des 
certificats médicaux  produits  que C._______  avait  été  suivi  et  traité  en 
Macédoine  pour  ses  problèmes  de  santé  et  que  ceux­ci  étaient 
suffisamment établis pour que l'ODM puisse statuer en connaissance de 

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cause. De plus, dans sa décision, l'ODM a considéré que l'état de santé 
des recourants n'empêchait pas l'exécution du renvoi, la prise en charge 
médicale étant assurée et la recourante et son enfant y ayant accès. Dès 
lors,  il  ne  peut  lui  être  reproché  de  ne  pas  en  avoir  tenu  compte. 
S'agissant  de  A._______,  il  y  a  lieu  de  relever  qu'elle  n'a  invoqué  ses 
troubles  psychiques  qu'au  stade  du  recours.  Lors  des  auditions,  elle  a 
uniquement  fait  état  de  problèmes  de  santé  sans  gravité  pour  lesquels 
elle a reconnu qu'elle aurait pu être soignée dans son pays, mais qu'elle 
n'avait pas eu  le  temps de se rendre chez  le médecin (cf. p­v d'audition 
du 9 février 2011 p. 11s.). Partant, il ne pouvait pas être attendu de l'ODM 
qu'il s'exprimât de manière particulière sur des éléments qu'il ne pouvait 
pas connaître. Au vu de ce qui précède, il y a lieu de considérer que l'état 
de fait était suffisamment établi et il ne saurait être reproché à l'ODM de 
ne  pas  avoir  entrepris  des  mesures  d'instruction  complémentaires 
relatives à  l'état  de santé des  recourants. Au demeurant,  dans  le  cadre 
d'un  échange  d'écritures  lors  de  la  procédure  de  recours,  l'ODM  s'est 
encore  déterminé  à  ce  sujet.  En  conséquence,  le  grief  portant  sur  ce 
point doit être rejeté.

5. 

5.1. L’exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement 
exigible  et  possible  (art.  44  al.  2  LAsi).  Si  ces  conditions  ne  sont  pas 
réunies, l’admission provisoire doit être prononcée. Celle­ci est réglée par 
l’art. 83 de  la  loi  fédérale sur  les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr, 
RS  142.20),  entrée  en  vigueur  le  1er  janvier  2008.  Cette  disposition  a 
remplacé  l’art.  14a  de  l’ancienne  loi  fédérale  du  26  mars  1931  sur  le 
séjour et l’établissement des étrangers (LSEE).

5.2. L’exécution n’est pas  licite  lorsque  le  renvoi de  l’étranger dans son 
Etat d’origine ou de provenance ou dans un Etat  tiers est  contraire aux 
engagements  de  la  Suisse  relevant  du  droit  international  (art.  83  al. 3 
LEtr). Aucune personne ne peut être contrainte, de quelque manière que 
ce soit, à se rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa 
liberté  serait  menacée  pour  l’un  des  motifs  mentionnés  à  l’art.  3  al. 1 
LAsi, ou encore d’où elle  risquerait d’être astreinte à se  rendre dans un 
tel pays (art. 5 al. 1 LAsi). Nul ne peut être soumis à  la  torture ni à des 
peines ou  traitements  inhumains ou dégradants  (art. 3 de  la convention 
du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés 
fondamentales [CEDH, RS 0.101]).

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5.3. L’exécution de  la décision peut ne pas être raisonnablement exigée 
si  le  renvoi  ou  l’expulsion  de  l’étranger  dans  son  pays  d’origine  ou  de 
provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple  en  cas  de 
guerre,  de  guerre  civile,  de  violence  généralisée  ou  de  nécessité 
médicale (art. 83 al. 4 LEtr).

5.4. L’exécution n’est pas possible  lorsque l’étranger ne peut pas quitter 
la  Suisse  pour  son  Etat  d’origine,  son  Etat  de  provenance  ou  un  Etat 
tiers, ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr).

6. 

6.1. L’exécution du renvoi est illicite,  lorsque la Suisse, pour des raisons 
de droit  international public, ne peut contraindre un étranger à se rendre 
dans  un  pays  donné  ou  qu’aucun  autre  Etat,  respectant  le  principe  du 
non­refoulement,  ne  se  déclare  prêt  à  l’accueillir ;  il  s’agit  d’abord  de 
l’étranger  reconnu  réfugié,  mais  soumis  à  une  clause  d’exclusion  de 
l’asile, et ensuite de l’étranger pouvant démontrer qu’il serait exposé à un 
traitement prohibé par l’art. 3 CEDH ou encore l’art. 3 de la convention du 
10  décembre  1984  contre  la  torture  et  autres  peines  ou  traitements 
cruels,  inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105) (Message du 
Conseil  fédéral  à  l’appui  d’un  arrêté  fédéral  sur  la  procédure  d’asile 
[APA], du 25 avril 1990, in : FF 1990 II 624).

6.2. En l'occurrence, l’exécution du renvoi ne contrevient pas au principe 
de  non­refoulement  de  l’art.  5  LAsi.  Comme  exposé  plus  haut               
(cf.  let.  C  et  G),  l'ODM  n'a  pas  reconnu  la  qualité  de  réfugié  aux 
recourants et ceux­ci n'ont pas contesté la décision sur ce point. 

6.3. En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant du 
droit international, il sied d’examiner particulièrement si l’art. 3 CEDH, qui 
interdit la torture, les peines ou traitements inhumains, trouve application 
dans le présent cas.

6.3.1.  En  l'espèce,  la  recourante  craint  d'être  exposée  à  de  sérieux 
préjudices en cas de  renvoi en Macédoine en  raison de  la présence de 
son  ex­mari,  auteur  de  l'agression  dont  elle  aurait  été  victime.  Elle  fait 
également valoir les difficultés rencontrées, en particulier concernant son 
fils  C._______,  pour  accéder  aux  soins  médicaux  en  raison  de  leur 
origine rom.

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Le  Tribunal  observe  que  même  s'il  fallait  par  hypothèse  admettre  la 
véracité  des  causes  qui  ont  incité  les  recourants  à  quitter  leur  pays,  il 
n'existe aucun motif sérieux et avéré de conclure à la réalité d'un risque 
réel de traitements illicites, ne serait­ce qu'en raison de la possibilité, pour 
les intéressés, de s'adresser aux autorités de leur pays pour obtenir une 
protection  adéquate  contre  la  survenance  d'éventuels  préjudices  de  la 
part  de  tiers  et  particulièrement  de  son  ex­mari  en  ce  qui  concerne 
A._______. En effet, depuis le 1er août 2003, le Conseil fédéral n'a jamais 
cessé de considérer la Macédoine comme un pays sûr (safe country), ce 
qui  laisse  supposer  qu'il  prête  aux  autorités  de  ce  pays  la  volonté  de 
garantir à tous ses habitants, y compris ceux issus d'ethnies minoritaires, 
leur sécurité. C'est pourquoi les éventuelles difficultés liées notamment à 
l'origine  rom  des  recourants  ne  sauraient  faire  obstacle  à  leur  renvoi. 
S'agissant de  l'accès aux soins de santé,  force est de constater que  les 
déclarations  de  la  recourante  et  les  documents  produits  permettent  de 
conclure  qu'elle  et  son  fils  ont  eu  accès  à  des  structures médicales  en 
Macédoine et ont été soignés.

A cela s'ajoute que  le récit de  la recourante, en particulier s'agissant du 
viol  dont  elle  aurait  été  victime  comporte  des  divergences,  concernant 
notamment le moment où cet événement aurait eu lieu, qui permettent de 
mettre  en  doute  la  vraisemblance  des  faits  qu'elle  rapporte  (cf.  p­v 
d'audition  du 1er  février  2011 p.  7  et  p­v  d'audition  du 9  février  2011 p. 
16). De  plus,  il  y  a  lieu  de  relever  que  l'intéressée  n'a  aucunement  fait 
mention  de  cette  agression  lors  des  entretiens  avec  son  psychiatre, 
comme cela peut être constaté à la lecture du rapport médical du 9 août 
2011  très  détaillé  en  ce  qui  concerne  l'anamnèse  personnelle  de  la 
patiente,  alors  que,  dans  son  recours,  elle  a  pourtant  invoqué  le 
traumatisme consécutif à ce viol.

Dans  ces  conditions,  contrairement  à  ce  que  soutient  l'intéressée,  il 
n'appartenait pas à l'ODM d'instruire davantage sur le viol allégué par la 
recourante.

6.3.2. Cela dit, s'agissant des personnes en  traitement médical,  la Cour 
européenne des Droits de l'Homme (Cour EDH) a certes appliqué l'art. 3 
CEDH,  compte  tenu  de  son  importance  fondamentale,  dans  des 
situations  qui  n'engageaient  pas,  directement  ou  indirectement,  la 
responsabilité des autorités publiques du pays de destination ou qui pris 
isolément, n'enfreignaient pas par eux­mêmes les normes de cet article. 
Cependant, dans ce type de contexte, la Cour EDH soumet à un examen 

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rigoureux  toutes  les  circonstances  de  l'affaire.  Elle  a  en  particulier  jugé 
que lorsque l'état de santé du requérant menacé d'expulsion était grave, 
le  seuil  pour  admettre  un  risque  suffisamment  réel  d'un  traitement 
contraire à l'art. 3 CEDH était élevé. Les étrangers qui sont sous le coup 
d'une  décision  de  renvoi  ne  peuvent  en  principe  revendiquer  un  droit  à 
rester sur  le territoire d'un Etat contractant afin de continuer à bénéficier 
de  l'assistance et des services médicaux,  sociaux ou autres  fournis par 
cet  Etat.  Le  fait  qu'en  cas  de  renvoi  de  l'Etat  contractant  l'étranger 
concerné  connaîtrait  une  dégradation  importante  de  sa  situation, 
notamment une réduction significative de son espérance de vie, n'est pas 
en soi suffisant pour emporter violation de l'art. 3 CEDH. La décision de 
renvoyer  un  étranger  atteint  d'une  maladie  physique  ou  mentale  grave 
vers un pays où les moyens de traiter cette maladie sont inférieurs à ceux 
disponibles  dans  l'Etat  contractant  est  susceptible  de  soulever  une 
question sous l'angle de cette disposition, mais seulement dans des cas 
très exceptionnels, lorsque les considérations humanitaires militant contre 
l'expulsion  sont  impérieuses.  Dans  l'affaire  D.  c/  Royaume­Uni,  les 
circonstances  très exceptionnelles  tenaient au  fait que  le  requérant était 
très  gravement malade  et  paraissait  proche  de  la mort,  qu'il  n'était  pas 
certain qu'il pût bénéficier de soins médicaux ou infirmiers dans son pays 
d'origine  et  qu'il  n'avait  là­bas  aucun  parent  désireux  ou  en mesure  de 
s'occuper de  lui ou de  lui  fournir ne  fût­ce qu'un  toit ou un minimum de 
nourriture ou de soutien social.  La Cour EDH n'a pas exclu qu'il  puisse 
exister d'autres cas très exceptionnels où les considérations humanitaires 
seraient  tout  aussi  impérieuses.  Toutefois,  elle  a  estimé  qu'elle  devait 
conserver  le seuil élevé  fixé dans  l'arrêt du 2 mai 1997 dans  l'affaire D.    
c/ Royaume­Uni (requête n° 30240/96) et appliqué dans sa jurisprudence 
postérieure, étant donné que, dans ces affaires, le préjudice futur allégué 
proviendrait  non  pas  d'actes  ou  d'omissions  intentionnels  des  autorités 
publiques ou d'organes  indépendants de  l'Etat, mais bien d'une maladie 
survenant naturellement et de l'absence de ressources suffisantes pour y 
faire  face  dans  le  pays  de  destination.  Ainsi,  l'art.  3  CEDH  ne  fait  pas 
obligation à l'Etat contractant de pallier les disparités socio­économiques 
entre  Etats,  en  particulier  dans  les  niveaux  de  traitements  médicaux 
disponibles, en fournissant des soins de santé gratuits et  illimités à tous 
les étrangers dépourvus du droit de demeurer sur son territoire ; conclure 
le contraire ferait peser une charge trop lourde sur les Etats contractants 
(arrêt  du  27  mai  2008  en  l'affaire  N.  c/ Royaume­Uni ;  cf.  aussi  arrêt      
du  6 février  2001  en  l'affaire  Benasaid  c/ Royaume­Uni,  requête 
n° 44599/98). 

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6.3.3.  Dans  ces  conditions,  le  fait  notamment  qu'une  personne  dont 
l'éloignement  a  été  ordonné  présente  des  risques  suicidaires  n'astreint 
pas  l'Etat  contractant  à  s'abstenir  d'exécuter  la  mesure  envisagée  s'il 
prend des mesures concrètes pour en prévenir la réalisation (décision de 
la  Cour  EDH  du  7  octobre  2004  en  l'affaire  Dragan  et  autres 
c/ Allemagne,  requête n° 33743/03 ;  Jurisprudence et  informations de  la 
Commission  suisse  de  recours  en  matière  d'asile  [JICRA]  2005  n° 23 
consid. 5.1 p. 212).

En  l'espèce,  il ne ressort pas des documents médicaux produits que  les 
recourants se trouvent dans un cas si exceptionnel, où les considérations 
humanitaires militant contre l'expulsion seraient impérieuses. 

6.4. Il ressort de ce qui précède que les intéressés n'ont pas démontré à 
satisfaction de droit  qu'il  existait  pour eux un véritable  risque concret et 
sérieux  d'être  victimes,  en  cas  de  retour  dans  leur  pays  d'origine,  de 
traitements cruels, inhumains ou dégradants contraires aux engagements 
internationaux contractés par la Suisse, en particulier à l'art. 3 CEDH. 

6.5. De  plus, même  en  admettant  que  l'art.  8 CEDH  soit  applicable  en 
l'espèce,  le principe de  l'unité de  la  famille est en  l'occurrence respecté. 
En effet, par arrêt de ce jour,  le Tribunal a rejeté le recours introduit par 
D._______ et ses enfants contre  la décision de  l'ODM du 15 avril 2011 
n'entrant pas en matière sur leur demande d'asile, prononçant leur renvoi 
de Suisse ainsi que l'exécution de cette mesure. Cette décision est ainsi 
entrée  en  force  de  chose  jugée.  Le  départ  des  recourants  pourra  donc 
être coordonné avec celui de D._______ et des deux enfants, E._______ 
et F._______.

6.6. Au vu de ce qui précède,  l'exécution du renvoi des recourants sous 
forme  de  refoulement  ne  transgresse  aucun  engagement  de  la  Suisse 
relevant du droit  international, de sorte qu'elle s'avère  licite (art. 44 al. 2 
LAsi et art. 83 al. 3 LEtr). Le Tribunal s'attachera toutefois à examiner de 
plus  près,  sous  l'angle  de  l'exigibilité,  les  risques  que  de  l'avis  des 
recourants serait susceptible d'entraîner l'exécution du renvoi.

7. 

7.1. Selon l’art. 83 al. 4 LEtr,  l’exécution de la décision peut ne pas être 
raisonnablement exigée si le renvoi ou l’expulsion de l’étranger dans son 
pays  d’origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par 
exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou 

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de  nécessité médicale. Cette  disposition  s’applique  en  premier  lieu  aux 
"réfugiés  de  la  violence",  soit  aux  étrangers  qui  ne  remplissent  pas  les 
conditions  de  la  qualité  de  réfugié  parce  qu’ils  ne  sont  pas 
personnellement persécutés, mais qui fuient des situations de guerre, de 
guerre civile ou de violence généralisée, et ensuite aux personnes pour 
qui  un  retour  reviendrait  à  les  mettre  concrètement  en  danger, 
notamment parce qu’elles ne pourraient plus recevoir les soins dont elles 
ont  besoin.  L’autorité  à  qui  incombe  la  décision  doit  donc  dans  chaque 
cas confronter  les aspects humanitaires  liés à  la situation dans  laquelle 
se  trouverait  l’étranger  concerné  dans  son  pays  après  l’exécution  du 
renvoi à  l’intérêt public militant en  faveur de son éloignement de Suisse 
(ATAF  2009/52  consid.  10.1,  ATAF  2008/34  consid.  11.2.2  et  ATAF 
2007/10 consid. 5.1).

7.2. S'agissant plus spécifiquement des personnes en traitement médical 
en Suisse,  l'exécution  du  renvoi  ne  devient  inexigible,  en  cas  de  retour 
dans leur pays d'origine ou de provenance, que dans la mesure où elles 
pourraient  ne  plus  recevoir  les  soins  essentiels  garantissant  des 
conditions minimales d'existence. Par soins essentiels, il faut entendre les 
soins  de médecine  générale  et  d'urgence  absolument  nécessaires  à  la 
garantie  de  la  dignité  humaine  (GABRIELLE STEFFEN,  Droit  aux  soins  et 
rationnement, Berne 2002, p. 81s. et 87). L'art. 83 al. 4 LEtr, disposition 
exceptionnelle  tenant  en  échec  une  décision  d'exécution  du  renvoi,  ne 
saurait en  revanche être  interprété comme une norme qui comprendrait 
un droit de séjour lui­même induit par un droit général d'accès en Suisse 
à des mesures médicales visant à recouvrer la santé ou la maintenir, au 
simple  motif  que  l'infrastructure  hospitalière  et  le  savoir­faire  médical 
dans  le  pays  d'origine  ou  de  destination  de  l'intéressé  n'atteint  pas  le 
standard élevé qu'on trouve en Suisse (JICRA 1993 n° 38 p. 274s.).

Ainsi,  il ne suffit pas en soi de constater, pour admettre  l'inexigibilité de 
l'exécution  du  renvoi,  qu'un  traitement  prescrit  sur  la  base  de  normes 
suisses ne pourrait être poursuivi dans le pays de l'étranger. On peut citer 
ici  les  cas  de  traitements  visant  à  atténuer  ou  guérir  des  troubles 
psychiques ou physiques qui ne peuvent être qualifiés de graves.

Si  les  soins  essentiels  nécessaires  peuvent  être  assurés  dans  le  pays 
d'origine  ou  de  provenance  de  l'étranger  concerné,  cas  échéant  avec 
d'autres  médications  que  celles  prescrites  en  Suisse,  l'exécution  du 
renvoi  dans  l'un  ou  l'autre  de  ces  pays  sera  raisonnablement  exigible. 
Elle  ne  le  sera  plus,  au  sens  de  l'art.  83  al.  4  LEtr  si,  en  raison  de 

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l'absence  de  possibilités  de  traitement  adéquat,  l'état  de  santé  de 
l'intéressé  se  dégraderait  très  rapidement  au  point  de  conduire  d'une 
manière certaine à la mise en danger concrète de sa vie ou à une atteinte 
sérieuse,  durable  et  notablement  plus  grave  de  son  intégrité  physique 
(cf. JICRA 2003 n° 24 p. 154 ss).

7.3. En l'occurrence,  il est notoire que la Macédoine ne connaît pas une 
situation  de  guerre,  de  guerre  civile  ou  de  violence  généralisée  qui 
permettrait  d’emblée  –  et  indépendamment  des  circonstances  du  cas 
d’espèce  –  de  présumer,  à  propos  de  tous  les  ressortissants  du  pays, 
l’existence d’une mise en danger concrète au sens de l’art. 83 al. 4 LEtr. 
Au demeurant, comme indiqué plus haut, ce pays a été désigné comme 
exempt  de  persécutions  par  ordonnance  du Conseil  fédéral  du  1er  août 
2003  pris  en  application  de  l'art.  34  aLAsi  (aujourd'hui  art.  6a  LAsi ; 
cf. FF 2002 p. 6391s.). L'exécution du renvoi des intéressés est, sous cet 
angle, raisonnablement exigible.

7.4.  Il  reste  dès  lors  à  déterminer  si  le  retour  des  recourants  dans  leur 
pays équivaudrait à les mettre concrètement en danger en raison de leur 
situation personnelle.

7.5.  En  l'espèce,  A._______  et  C._______  font  valoir  des  problèmes 
médicaux qui, selon eux, devraient s'opposer à l'exécution de leur renvoi.

7.5.1. Il ressort du certificat médical établi le 9 août 2011 que A._______ 
souffre  de  schizophrénie  paranoïde  continue et  de  séquelles  de  trouble 
envahissant  du  développement  infantile  (psychose  infantile)  nécessitant 
un traitement médicamenteux ainsi qu'un suivi psychiatrique à raison d'un 
entretien  une  fois  par mois.  Il  n'apparaît  toutefois  pas  que  les  troubles 
psychiques actuels de l'intéressée soient de nature à mettre sa vie ou sa 
santé  concrètement et  gravement en danger à brève échéance, en cas 
de retour en Macédoine, ceux­ci n'ayant d'ailleurs jamais impliqué la mise 
en place d'un traitement lourd en milieu hospitalier.

Par  ailleurs,  selon  les  informations  à  disposition  du  Tribunal,  les 
traitements  psychothérapeutiques  sont  accessibles  en  Macédoine.  En 
effet,  le  système  de  santé  de  ce  pays  permet  un  accès  aux  soins 
psychiatriques, au travers de plusieurs centres communautaires de santé 
mentale,  ainsi  que  dans  les  départements  de  neuropsychiatrie  des 
hôpitaux  généraux  du  pays.  De  plus,  plusieurs  organisations  non­
gouvernementales sont également actives dans ce domaine. Quand bien 

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même le niveau de qualité des soins dans ce domaine ne correspond pas 
à celui assuré en Suisse, un effort de développement a été entrepris dans 
le sens d'une amélioration et une prise en charge des frais est possible, 
selon certaines modalités, par le biais de l'assurance­maladie obligatoire, 
à laquelle la quasi­totalité de la population est affiliée (cf. notamment à ce 
sujet Republic of Macedonia, Ministry of Health Strategy of  the Republic 
of Macedonia, 2020, Safe Efficient and Just Health Care System, Skopje, 
février 2007). En outre,  les prestations offertes par cette assurance sont 
relativement  généreuses,  celle­ci  prenant  notamment  en  charge  toutes 
les prestations médicales de base. Une participation des assurés à leurs 
frais  de  santé  est  avant  tout  requise  pour  des  soins  spécialisés, 
notamment dans  le domaine psychiatrique.  Il est  toutefois  renoncé à de 
tels  versements  des  patients  lors  de  soins  d'urgence  ainsi  que  pour 
certaines  catégories  de  personnes  particulièrement  défavorisées  (p.  ex. 
personnes  au  bénéfice  de  prestations  sociales  ou  séjournant  dans  des 
hôpitaux  psychiatriques)  (cf.  notamment  arrêt  du  Tribunal  administratif 
fédéral  E­3378/2006  du  14  septembre  2009).  Il  peut  dès  lors  être 
raisonnablement  supposé  qu'un  encadrement  technique  suffisant  est 
disponible  en  Macédoine,  que  le  personnel  médical  dispose  des 
connaissances  professionnelles  nécessaires  et  que  les  médicaments 
prescrits, ou des substituts, peuvent être obtenus.

Au  vu  de  ce  qui  précède,  le  Tribunal  constate  que  l'intéressée  pourra 
bénéficier d'un suivi médical suffisant en Macédoine, même si  les soins 
donnés  et  les  médicaments  prescrits  ne  correspondent  pas 
nécessairement aux standards élevés de qualité prévalant en Suisse. Du 
reste,  force est de constater que  la recourante a déjà pu bénéficier d'un 
traitement  en  Macédoine.  En  effet,  ses  premiers  troubles  psychiques 
seraient apparus dès l'âge de onze ans, elle aurait été hospitalisée durant 
environ un mois à l'âge de treize ans et aurait ensuite bénéficié de soins 
ambulatoires  pendant  deux  ans  jusqu'à  ce  qu'elle  aille  mieux 
(cf. anamnèse personnelle du rapport médical du 9 août 2011 p. 3).

Certes,  le  médecin  en  charge  de  l'intéressée  craint  qu'un  retour  en 
Macédoine ne péjore son état de santé, voire favorise un risque suicidaire 
ou meurtrier en cas d'arrêt du  traitement. Quand bien même  le Tribunal 
est  conscient  de  l'impact  qu'est  susceptible  d'engendrer  une  décision 
négative relative à l'exécution du renvoi sur l'état de santé de l'intéressée, 
il  considère  cependant  qu'il  appartient  à  son  thérapeute  de  prendre  les 
mesures adéquates pour  la préparer à  la perspective d'un  retour et aux 
autorités  d'exécution  de  vérifier  le  besoin  de mesures  particulières  que 

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requerrait son état lors de l'organisation du renvoi. En effet, on ne saurait, 
d'une manière générale, prolonger indéfiniment le séjour d'une personne 
en  Suisse  au  seul  motif  que  la  perspective  d'un  retour  serait 
hypothétiquement  susceptible  d'avoir  des  conséquences  sur  le  plan 
psychique.  Le  Tribunal  relève  encore  que  le  médecin  a  mentionné  un 
risque de nouvelle  décompensation  psychotique ainsi  qu'un  risque auto 
ou hétéro­agressif en cas d'arrêt du traitement. Toutefois, comme indiqué 
plus  haut,  le  Tribunal  considère  que  l'intéressée  pourra  poursuivre  son 
traitement  en  Macédoine.  En  outre,  les  médicaments  nécessaires  à 
l'intéressée  pour  surmonter  en  particulier  la  période  critique  jusqu'à  sa 
réintégration  effective  dans  les  structures  socio­médicales 
macédoniennes  pourront  lui  être  fournis,  si  besoin  est,  dans  le  cadre 
d'une aide au retour approprié. A cela s'ajoute qu'elle pourra compter en 
Macédoine  sur  le  soutien  d'un  important  réseau  familial.  Enfin,  aucun 
élément ressortant du dossier n'indique que l'état de santé de l'intéressée 
l'empêcherait de voyager.

Dans ces conditions, le Tribunal considère que les problèmes psychiques 
de la recourante, bien que non négligeables, ne sont pas graves au point 
de devoir renoncer à l'exécution de son renvoi, ce d'autant moins que la 
Macédoine dispose de structures médicales susceptibles de prendre en 
charge les problèmes de santé évoqués.

7.5.2.  S'agissant  de  C._______,  un  spécialiste  en  pédiatrie  a  indiqué, 
dans  le  rapport  établi  le  26  juillet  2011,  que  celui­ci  avait  eu  des  otites 
récidivantes  ayant  nécessité  la  pose  de  drains  transtympaniques 
bilatérale, le 4 juillet 2011, et qu'il présentait un retard staturo­pondéral.

Au  vu  de  ces  éléments,  force  est  de  constater  que  les  affections 
diagnostiquées ne sont pas d'une gravité telle qu'elles mettraient la vie ou 
l'intégrité  physique  ou  psychique  de  C._______  en  danger  au  point  de 
constituer de ce fait un obstacle à l'exécution de son renvoi au sens de la 
jurisprudence citée plus haut. De plus, comme déjà  indiqué,  le système 
de santé publique de la Macédoine est en mesure d'offrir à ses affiliés de 
bonnes  prestations  médicales  et  la  Macédoine  dispose  d'un  système 
d'assurance maladie qui assure un accès général aux soins standards. 

Le Tribunal  relève encore qu'il ne  ressort pas des documents médicaux 
établis  en  Suisse  que  C._______  souffre  de  problèmes  hormonaux, 
contrairement à ce qui a été allégué lors des auditions et dans le recours. 
En tout état de cause, aucun élément au dossier ne permet d'affirmer que 

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de tels problèmes ne pourraient être suivis en Macédoine. Au contraire, la 
recourante  a  expressément  déclaré  que  C._______  avait  bénéficié  de 
soins  et  était  suivi  en  Macédoine  (cf.  p­v  d'audition  du  9  février  2011 
p. 4ss).  Cela  ressort  également  des  nombreux  documents  médicaux 
macédoniens qui ont été produits. Dans ce sens, les recourants n'ont pas 
établi que le retour de C._______ en Macédoine aurait pour conséquence 
de provoquer une dégradation rapide de son état de santé ou de mettre 
en danger sa vie, compte tenu des structures médicales dont dispose la 
Macédoine, même si celles­ci ne correspondent pas nécessairement au 
standard de qualité existant en Suisse.

7.5.3.  L'argument  avancé  par  les  recourants  quant  au  manque  de 
moyens  financiers  qui  les  empêcheraient  d'accéder  aux  soins 
nécessaires  n'est  en  outre  pas  pertinent.  En  effet,  comme  indiqué  plus 
haut, il existe en Macédoine un système d'assurance maladie qui assure 
un accès général aux soins standards. En principe, une participation aux 
frais  médicaux  est  demandée  jusqu'à  un  plafond  de  20%  (ticket 
modérateur). Une limite annuelle à la participation aux frais est fixée pour 
les  consultations  et  soins  hospitaliers  spécialisés  et  celle­ci  est  plus 
basse  pour  les  familles  à  faible  revenu.  Enfin,  le  principe  du  "ticket 
modérateur" n'est pas applicable aux enfants dont  la situation engendre 
des  besoins  particuliers.  Au  vu  de  ces  éléments  et  compte  tenu 
notamment du fait que C._______ a déjà pu bénéficier d'un suivi médical 
en Macédoine, il ne peut être considéré qu'en cas de retour, des raisons 
financières ou l'origine rom des intéressés leur empêcheraient l'accès aux 
soins de base. 

7.5.4.  Dans  ces  conditions,  le  Tribunal  considère  que  les  problèmes 
médicaux des recourants ne s'opposent pas à l'exécution de leur renvoi.

7.6. S'agissant  des  problèmes  familiaux  et  du  comportement  violent  de 
D._______ allégués par la recourante devant son psychiatre, force est de 
constater que celle­ci n'a donné au Tribunal aucune précision à leur sujet. 
Par  ailleurs,  elle  n'a  à  aucun  moment  indiqué  expressément  vouloir 
suspendre la vie commune avec son époux. En tout état de cause, pour 
autant que ce comportement soit avéré, le risque que la recourante, voire 
ses enfants, soient victimes de violences domestiques en cas d'exécution 
du  renvoi  n'est  pertinent  que  dans  une  mesure  limitée,  dès  lors  qu'il 
existe également en Suisse et qu'il est inhérent au défaut de suspension 
de la vie commune.

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7.7.  S'agissant  de  l'intérêt  supérieur  des  enfants,  B._______  et 
C._______,  le  Tribunal  constate  que  ceux­ci  sont  encore  très  jeunes, 
l'aîné  étant  âgé  de  (…)  ans  et  qu'ils  ne  sont  en  Suisse  que  depuis 
quelques  mois.  De  plus,  en  cas  de  retour,  les  enfants  ne  seront  pas 
exposés à une précarité particulière et pourront s'appuyer sur  le  réseau 
familial de leurs parents.

Le Tribunal tient encore à souligner que le principe de l'intérêt supérieur 
de l'enfant, tel que découlant de l'art. 3 al. 1 de la Conv. enfants, ne fonde 
pas  en  soi  un  droit  à  une  autorisation  de  séjour  déductible  en  justice 
(cf. notamment  ATF  126  II  377,  ATF  124  II  361).  L'intérêt  supérieur  de 
l'enfant représente un des éléments à prendre en compte dans la pesée 
des  intérêts  à  effectuer  (arrêt  du  Tribunal  fédéral  2C_487/2007  du 
28 janvier  2008  consid.  4).  Les  difficultés  de  réintégration  dans  le  pays 
d'origine (si elles existent, ce qui ne semble pas le cas ici au vu de ce qui 
précède)  peuvent  constituer  un  facteur  parmi  d'autres  à  prendre  en 
considération dans  le cadre de  la balance des  intérêts  lors de  l'examen 
de  l'exigibilité  de  l'exécution  du  renvoi  (cf.  dans  ce  sens  JICRA  2006 
n° 13 consid. 3.5 p. 143, JICRA 1998 n° 31 consid. 8c/ff/bbb p. 259s.).

7.8. En  outre,  il  ne  ressort  du  dossier  aucun  élément  dont  on  pourrait 
inférer  que  l’exécution  du  renvoi  impliquerait  une  mise  en  danger 
concrète des recourants. A cet égard, le Tribunal relève que la recourante 
est  jeune  et  n'a  quitté  la  Macédoine  que  depuis  quelques  mois.  Au 
demeurant,  comme  déjà  indiqué,  elle  dispose  d’un  réseau  familial  et 
social  dans  son  pays,  sur  lequel  elle  pourra  compter  à  son  retour.  De 
plus,  les  intéressés pourront très probablement bénéficier de prestations 
sociales  (ils  percevaient  déjà  une  aide  sociale  mensuelle  avant  leur 
départ).  Par  ailleurs,  ils  pourront  également  compter  sur  le  soutien  des 
membres de la famille de D._______ résidant en Suisse et en Allemagne. 
Dans ces conditions,  il y a tout  lieu de penser qu'ils pourront mener une 
existence conforme à la dignité humaine en cas de réinstallation, malgré 
les difficultés qu'ils pourront rencontrer dans un premier temps.

7.9.  Enfin,  le  Tribunal  rappelle  que  les  motifs  résultant  de  difficultés 
consécutives  à  une  crise  socio­économique  (pauvreté,  conditions 
d'existence  précaires,  difficultés  à  trouver  un  emploi  et  un  logement, 
revenus  insuffisants,  absence  de  toute  perspective  d'avenir)  ou  à  la 
désorganisation,  la  destruction  des  infrastructures  ou  des  problèmes 
analogues auxquels, dans le pays concerné, chacun peut être confronté, 
ne  sont  pas  en  tant  que  tels  déterminants  en  la  matière  (cf.  ATAF 

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2009/52  consid.  10.1  p.  757 ;  cf.  également  arrêt  du  Tribunal  D­
7561/2008 précité consid. 8.3.6 ; JICRA 2005 n° 24 consid. 10.1 p. 215, 
JICRA 2003 n° 24 consid. 5e p. 159).

Au  besoin,  les  recourants  ont  la  possibilité  de  présenter  à  l'ODM  une 
demande  d'aide  au  retour  au  sens  des  art.  93  LAsi  et  73ss  de 
l'ordonnance 2 du 11 août 1999 sur l'asile relative au financement (AO 2, 
RS 142.312), en vue notamment de faciliter leur réinstallation.  

7.10. En définitive, et après pesée de tous les éléments du cas d'espèce, 
l'exécution du renvoi s'avère raisonnablement exigible.

8. 
Enfin,  l'exécution du  renvoi est possible  (cf. art. 83 al. 2 LEtr ; cf. ATAF 
2008/34  consid.  12  p.  513­515),  les  recourants  étant  en  possession  de 
documents  de  voyage  leur  permettant  de  retourner  dans  leur  pays 
d'origine (cf. art. 8 al. 4 LAsi).

9. 

9.1.  Cela  étant,  l’exécution  du  renvoi  doit  être  déclarée  conforme  aux 
dispositions légales.

9.2. Il s’ensuit que le recours, en tant qu’il conteste la décision de renvoi 
et son exécution, doit être rejeté.

10. 
Au  vu  de  l’issue  de  la  cause,  il  y  aurait  lieu  de  mettre  les  frais  de 
procédure à la charge des recourants, conformément aux art. 63 al. 1 PA 
et  2  e  3  let.  b  du  règlement  du  21  février  2008  concernant  les  frais, 
dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  (FITAF, 
RS 173.320.2).

Toutefois, vu les circonstances particulières de l'espèce, il est renoncé à 
titre exceptionnel à  leur perception. Ainsi,  leur demande de dispense du 
paiement des  frais de procédure (cf. art. 65 al. 1 PA) est devenue sans 
objet.

(dispositif : page suivante)

 

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Page 22

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce :

1. 
La décision de l'ODM du 10 juin 2011 est annulée.

2. 
Le recours contre la décision de l'ODM du 15 avril 2011 est rejeté.

3. 
Il n'est pas perçu de frais.

4. 
La demande de dispense du paiement des  frais  de procédure est  sans 
objet.

5. 
Le présent arrêt est adressé à la mandataire des recourants, à l’ODM et à 
l’autorité cantonale compétente.

Le président du collège : La greffière :

François Badoud Chrystel Tornare Villanueva

Expédition :