# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b1fa97f6-9250-556d-af3c-640da52aa38d
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-11-06
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 06.11.2018 P/11420/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-11420-2017_2018-11-06.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/11420/2017 ACPR/643/2018 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du mardi 6 novembre 2018 

 

Entre 

 

A______, domicilié ______, comparant par Me Laura SANTONINO, avocate, SWDS 

Avocats, rue du Conseil-Général 4, case postale 5422, 1211 Genève 11, 

recourant, 

 

contre l'ordonnance rendue le 22 janvier 2018 par le Ministère public, 

 

et 

 

B______, comparant par Me  Yves MAGNIN, avocat, rue de la Rôtisserie 2, case postale 

3809, 1211 Genève 3, 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimés. 

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EN FAIT : 

A. Par acte expédié au greffe de la Chambre de céans le 5 février 2018, A______ 
recourt contre l'ordonnance du 22 janvier 2018, notifiée le 25 suivant, par laquelle le 
Ministère public a refusé l'audition de C______ et de D______ et a ordonné le 
classement de la procédure à l'égard de B______. 

Le recourant conclut, sous suite de dépens, à l'annulation de l'ordonnance de 
classement et de refus de réquisition de preuve, à ce qu'il soit enjoint au Ministère 
public de reprendre la procédure en procédant à l'audition des témoins et de rendre 
une ordonnance pénale à l'encontre de B______ pour injure et lésions corporelles 
graves, subsidiairement simples. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier : 

a. À teneur du rapport de renseignements du 29 mai 2017, B______ a déposé 
plainte, le 25 avril 2017, contre son mari A______.  

Elle s'était présentée, une première fois, à la police, le 3 avril 2017, déclarant avoir 
quitté le domicile conjugal début mars 2017 ne se sentant plus en sécurité chez elle, 
son mari ayant complétement perdu la tête depuis quelques mois, et sur conseil du 
Dr E______, médecin psychiatre de son époux, qui lui avait expliqué que A______ 
traversait une crise de décompensation psychotique qui l’empêchait d’avoir un 
comportement rationnel. La police, accompagnée d'un médecin, s'était alors rendue à 
l'appartement de A______. Le médecin avait décidé de procéder à l'internement non 
volontaire du précité à F______.  

Elle a déclaré être victime, de la part de son mari, de violence d'ordre psychique 
(intimidation, calomnie et menaces) précisant n'avoir jamais été agressée 
physiquement, mis à part quelques frappes sur les fesses et la menace du poing.  

Elle disait également être victime de calomnie de la part de son mari. Elle a expliqué 
qu'à la suite d'une dispute à la mi-janvier 2017, A______ l’avait saisie par les épaules 
afin de la contraindre dans la position assise sur le canapé. Ne supportant pas cette 
situation, elle l'avait repoussé pour se dégager et il était tombé en arrière. Il n'avait 
pas réagi sur le coup, mais quelques jours plus tard, il avait consulté son médecin 
généraliste. Depuis lors, il se plaignait de douleurs sur tout le corps et était en arrêt 
de travail. Il l'accusait d’être responsable de ses maux et de sa "demi-quadriplégie" 
imaginaire et adressait des sms en ce sens à ses proches.  

Il savait qu'elle ne tolérait pas qu'il la tienne quand ils avaient des disputes. Ainsi, 
mis à part lorsqu'elle devait le repousser alors qu'il la tenait, lors de leurs disputes, 

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elle n'avait jamais été violente avec lui. Elle lui avait signifié qu'il était un adolescent 
ou un malade mental mais ne l'avait jamais injurié "en tant que tel".  

b. Entendu par la police le 19 mai 2017, A______ a expliqué n'avoir jamais usé de 
violences physiques contre sa femme; il avait pu arriver, lors de disputes verbales, 
qu'il la saisisse par les manches afin de la raisonner ou la calmer voire pour ne pas 
tomber lorsqu'elle le poussait. Il l'avait injuriée lorsqu'au mois de février 2017, alors 
qu'il ne pouvait pas tenir en place en raison de ses problèmes physiques, elle lui avait 
dit "tu ne sers à rien, c'est tout dans sa tête, tu ne vaux rien, tu n'es pas un bon père, 
vis ta vie de célibataire". Il l'avait traitée de "conne, connasse et pute", et il lui avait 
ensuite demandé pardon. 

Lors de cette audition, il a porté plainte contre sa femme expliquant qu'à la mi-
janvier 2017, ils avaient eu une dispute lors de laquelle B______ avait beaucoup 
hurlé contre lui et l'avait poussé à plusieurs reprises. Lorsque la situation s'était 
calmée, elle s'était assise sur le canapé. Il était, ensuite, allé vers elle pour lui faire un 
bisou et avait posé le bras sur un des reposoirs du canapé. Lorsqu'il avait approché 
son visage pour l'embrasser, elle l'avait repoussé. Il avait tendu les bras pour qu'elle 
le rattrape, en vain, et était tombé heurtant le dos contre le sol. Sur le moment, il 
n'avait pas ressenti de douleurs. Le lendemain, il en avait senti dans le dos et les 
jambes. Son généraliste lui avait délivré un arrêt de travail. Le 18 janvier 2017, il 
avait expliqué à sa femme qu'à la suite de leur dernier conflit il avait des séquelles au 
niveau du dos. Elle lui avait alors donné une gifle le blessant et aggravant ses 
douleurs dorsales. Les mêmes faits s'étaient reproduits le 21 janvier 2017. En outre, 
sa femme le rabaissait beaucoup devant les enfants; elle le traitait de "connard", lui 
disant qu'il était "nul à chier", qu'il ne servait à rien, qu'il était complètement fou et 
qu'il devait voir un docteur. Il se sentait dénigré. Il faisait également l'objet de 
calomnie de la part de son épouse, laquelle relatait des faits inexacts auprès de sa 
famille, des docteurs et de la police, en prétendant notamment qu'il inventait ses 
douleurs, faisait des "crises psychologiques" et n'avait aucune souffrance physique. 

À l’appui de sa plainte, A______ a produit des certificats médicaux attestant de son 
arrêt de travail à 100% depuis le 18 janvier 2017. 

c. Entendue par la police le 29 mai 2017, B______ a confirmé ses déclarations du 
25 avril 2017. Elle se souvenait que, lors de la dispute du 15 janvier 2017, durant 
laquelle son mari hurlait et l'injuriait, elle était terrorisée. Ensuite, alors qu'elle était 
assise sur le canapé, A______ était venu vers elle avec des gestes brusques pour la 
tenir. Elle avait dû le repousser. Elle ne l'avait pas injurié, c'était le contraire. Elle ne 
l'avait pas calomnié auprès de sa famille. Elle ne se souvenait pas précisément de 
l'événement du 18 janvier 2017 mais bien d'une occasion où elle avait dévié la main 
de son mari qui la pointait vers elle et qu'il lui avait dit "tu viens de m'arracher 
l'épaule".  

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d. Les 30 juin et 7 juillet 2017, A______ a transmis respectivement deux 
lettres de B______ de 2013 et 2014, dans lesquelles elle s'excusait de son 
comportement, expliquant qu'elle perdait parfois patience et parlait sur un ton 
désagréable, précisant que le couple se blessait mutuellement dans la violence de 
leurs disputes, et une lettre du 11 octobre 2016 dans laquelle elle lui souhaitait un 
bon anniversaire, lui demandait pardon pour les mots insensés et les attitudes qui 
l'avaient blessé et le remerciait pour sa tendresse et son "immense amour" pour eux 
trois. 

e. Il a produit, également, une attestation médicale du 29 juin 2017, à teneur de 
laquelle il était suivi par le Dr G______ pour les suites d'un traumatisme avec chute 
sur le dos de la hauteur d'un canapé, ayant entraîné un mouvement d’hyperextension 
de la nuque et du rachis lombaires. "L'IRM lombaire du 20 juin 2017 a confirmé une 
très importante discopathie L4 L5, dans une moindre mesure L5 S1, avec un aspect 

de contrainte des plateaux vertébraux en regard de L4 et L5 tout à fait net, une 

spondylolyse de L5 associée à un discret listhésis de L5 sur S1. Il s'agit sans l'ombre 

d'un doute de lésions qui préexistaient avant l'accident, mais qui ont été clairement 

décompensées par ce dernier, Monsieur A______ n'ayant jamais auparavant souffert 

de son dos. Il exerçait même une profession relativement lourde de ______ que pour 

l'instant il a mise entre parenthèses." 

f. Lors de l'audience du 4 juillet 2017, A______ a été prévenu de voies de fait, 
d'injures, menaces, calomnie et violation d'une obligation d'entretien. Il a, en 
particulier, répondu que les insultes ("pute, conne, connasse, pourriture, criminelle") 
qu'il avait proférées l'avaient toujours été en réaction à des agressions verbales, voire 
physiques de sa femme. Il la tenait pour responsable des douleurs qu'il ressentait 
depuis la mi-janvier. Il n'avait dit les circonstances de sa chute qu'à une voisine et à 
sa famille. Depuis novembre 2016, son épouse avait des périodes d'extrême 
agressivité; il lui avait demandé de comprendre qu'il ne voulait plus supporter cette 
agressivité. 

g.  À teneur du rapport médical du 27 juillet 2017 du Dr G______, les examens 
radiologiques de A______ montraient notamment "au niveau du rachis cervical, une 
discopathie de caractère inflammatoire en C5-C6 avec protrusion discale latéralisée 

du côté gauche, entraînant un rétrécissement du trou de conjugaison à ce niveau". 

Selon le rapport du 10 août 2017 du Pr H______ à l'attention du médecin conseil de 
l'assurance, A______ souffrait de troubles posturaux et présentait des crépitations 
scapulo-thoraciques ainsi que des douleurs au niveau des épineuses dorso-cervicales. 
L'accentuation des troubles posturaux et des douleurs ostéo-articulaires pouvait être 
mis en relation avec la chute du 15 janvier 2017. 

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h. Lors de l'audience du 4 septembre 2017, B______ a contesté que son mari l'ait 
insultée, respectivement menacée, en réaction à des insultes et des dénigrements de 
sa part. Elle ne lui avait pas dit " tu ne sers à rien … " ni qu'il était "nul à chier…  (cf. 
B.b), elle ne parlait pas comme cela; elle lui avait par contre dit que c'était un 
adolescent parce qu'il fumait tout le temps et d'aller voir un médecin, s'étant 
effectivement énervée contre lui.  

Le Dr E______ a déclaré avoir vu A______ lors d'un unique rendez-vous en 2014 et 
le revoir depuis le 6 février 2017 pour un épisode de trouble psychotique chronique 
apparu à la suite de la dispute du 15 janvier 2017, à sa chute et à ses douleurs, en 
raison d'une consommation de cannabis augmentée pour diminuer ses douleurs. Ce 
dernier lui avait expliqué s'être "disputé avec son épouse, qu'elle était assise sur le 
fauteuil, qu'il s'était approché d'elle pour l'embrasser, qu'elle l'avait repoussé et qu'il 

était tombé sur le dos". 

i. Le 10 octobre 2017, B______ a été prévenue de lésions corporelles simples, 
d'injures et de calomnie. Elle a déclaré, s'agissant de la chute, que son mari était 
extrêmement agité; il était allé fumer une cigarette; il l'avait beaucoup tenue avec ses 
mains en parlant très fort; elle s'était assise sur le canapé et ne voulait plus qu'il la 
touche; elle lui avait demandé de la laisser tranquille et de ne pas la toucher quand il 
était dans cet état; il était revenu vers elle et c'était alors qu'elle l'avait repoussé; il ne 
venait pas lui faire un bisou; elle avait vu qu'il était surpris; il était tombé après avoir 
fait quelque pas en arrière. Il s'était plaint de douleurs le lendemain ou le 
surlendemain, l'accusant de tout. Selon elle, il n'avait jamais eu mal au dos. Elle 
n'avait pas le souvenir de l'événement du 18 janvier 2017; elle ne l'avait pas giflé; à 
une reprise, elle lui avait frôlé l'épaule et il lui avait dit qu'elle la lui arrachait; il 
portait constamment des écouteurs sur les oreilles. 

A______ a déclaré que sa femme n'arrêtait pas de "l'engueuler" et ne comprenait pas 
pourquoi il n'était pas au travail. Elle l'avait giflé en tapant sur ses écouteurs 
provoquant des blocages au niveau des cervicales; elle ne comprenait la relation de 
cause à effet et l'intensité et la gravité de ses douleurs. 

j. Par avis de prochaine clôture du 11 décembre 2017, le Ministère public a 
informé les parties qu'il allait rendre une ordonnance pénale contre A______ pour les 
infractions de voies de fait (art. 126 CP), d'injure (art. 177 CP) et de menaces (art. 
180 CP) et une ordonnance de classement partiel pour celles de diffamation, 
calomnie et violation de l'obligation d'entretien. S'agissant de B______, il entendait 
prononcer une ordonnance de classement. 

k. Par courrier du 3 janvier 2018, A______ a notamment requis l'audition de son 
frère et de l'ex-compagne de ce dernier, auxquels il avait fait part de la situation 
conflictuelle qu'il vivait avec son épouse et des évènements du 15 janvier 2017. Il a 

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également produit une attestation du Dr I______ confirmant le suivre depuis le  
18 janvier 2017 à la suite de la chute après avoir été poussé par sa femme. 

l. Le 22 janvier 2018, le Procureur a condamné A______ pour injure, menace et 
voies de fait.  

Le 8 février 2018, faisant suite à l'opposition de A______, le Ministère public a 
maintenu son ordonnance pénale et la transmise au Tribunal de police où la 
procédure est toujours en cours.  

C. Dans la décision querellée, le Ministère public a refusé de donner suite aux actes 
d'enquête sollicités considérant que les témoignages sollicités ne seraient pas aptes à 
établir avec certitude les faits aux motifs que les témoins n'avaient pas assisté 
personnellement aux faits, leur connaissance de la situation conflictuelle entre les 
parties se limitant à ce que leur avait rapporté A______. 

Le Procureur a constaté que les déclarations des parties étaient contradictoires, 
B______ contestant avoir insulté le plaignant. Les faits s'étaient déroulés dans 
l’intimité du couple, en l’absence de tiers. Il ne ressortait pas des lettres de la 
prévenue à son époux, s’excusant de son comportement violent et de son ton 
désagréable, qu'elle disait avoir été insultante à son égard. Aucun élément de preuve 
objectif ne permettait de corroborer les accusations du plaignant. Il a en outre retenu 
que si le fait que B______ ait poussé son mari avait déclenché les douleurs dont il se 
plaignait, les lésions ne lui étaient pas imputables puisqu’elles préexistaient à cet 
événement. 

D. a. À l'appui de son recours, A______ fait grief au Ministère public d'avoir classé sa 
plainte pour injure et lésions corporelles simples, mais ne remet pas en question le 
classement pour calomnie. Il s'était plaint, hors toute procédure, auprès de son frère 
et de la compagne de celui-ci au fur et à mesure des évènements, notamment, des 
injures proférées par son épouse et de l'aggravation de ses douleurs à la suite de sa 
chute du 15 janvier 2017. Ces témoins avaient également des contacts avec son 
épouse. Il reproche au Procureur d'avoir considéré que les lésions ne pouvaient être 
imputées à la prévenue dans la mesure où elles préexistaient à la chute du 15 janvier 
2017. Il aurait dû retenir que la péjoration de son état de santé était due à la chute 
causée par le fait que son épouse l'avait poussé. 

b. Le Ministère public persiste dans les termes de son ordonnance sans autres 
observations. 

c. B______ soutient que les douleurs du recourant n'étaient pas dues à la chute du 
15 janvier 2017; les maux dont il souffrait préexistaient à leur dispute. En toute 
hypothèse, elle n'avait fait que réagir en état de légitime défense vu la crise que 

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traversait son époux ainsi que le comportement irrationnel, violent et menaçant de ce 
dernier. Elle n'avait jamais tenu les propos allégués par son mari. Les témoins 
n'apporteraient que leur témoignage indirect. Elle a produit l'expertise du 2 juillet 
2018 que le Dr J______ avait rendue sur demande du Tribunal de première instance. 

d. A______ réplique qu'il était établi que la chute de janvier 2017 avait aggravé son 
état de santé au point de l'empêcher de travailler. B______ ne pouvait invoquer la 
légitime défense, n'ayant jamais prétendu qu'il aurait été violent avec elle ou l'aurait 
frappée, mais uniquement qu'elle ne souhaitait pas qu'il la touche, raison pour 
laquelle elle l'avait repoussé. 

EN DROIT : 

1. Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai 
prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours 
auprès de la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP) et émaner du plaignant qui, 
partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. b CPP), a qualité pour agir, ayant un intérêt 
juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision querellée 
(art. 382 al. 1 CPP). 

2. Le recourant fait grief au Ministère public d'avoir classé sa plainte pour lésions 
corporelles et injures.  

2.1. Aux termes de l'art. 319 al. 1 let. d CPP, le classement de la procédure doit 
être ordonné s'il est établi que certaines conditions à l'ouverture de l'action pénale ne 
peuvent pas être remplies – par exemple, l'absence de dépôt de plainte lorsqu'un tel 
acte est requis (A. KUHN / Y. JEANNERET (éds), Commentaire romand : 
Procédure pénale suisse, Bâle 2011, n. 10 ad art. 319) – ou que des empêchements 
de procéder sont apparus – tels que le retrait d'une plainte, lequel, une fois qu'il 
intervient, est définitif (art. 33 al. 2 CP) – ou la prescription de l'action pénale (L. 
MOREILLON / A. PAREIN-REYMOND, Code de procédure pénale - Petit 
commentaire, 2e éd., Bâle 2016, n. 17 ad art. 319).  

Le classement doit également être prononcé lorsqu'aucun soupçon justifiant une mise 
en accusation n'est établi (art. 319 al. 1 let. a CPP). Cette condition doit être 
interprétée à la lumière de la maxime "in dubio pro duriore", selon laquelle un 
classement ne peut généralement être prononcé que lorsqu'il apparaît clairement que 
les faits ne sont pas punissables ou que les conditions à la poursuite pénale ne sont 
pas remplies. Le ministère public et l'autorité de recours disposent, dans ce cadre, 
d'un pouvoir d'appréciation. La procédure doit se poursuivre lorsqu'une 
condamnation apparaît plus vraisemblable qu'un acquittement ou lorsque les 
probabilités d'acquittement et de condamnation semblent équivalentes, en particulier 
en présence d'infractions graves. En effet, en cas de doute s'agissant de la situation 

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factuelle ou juridique, ce n'est pas à l'autorité d'instruction ou d'accusation mais au 
juge matériellement compétent qu'il appartient de se prononcer (ATF 143 IV 241 
consid. 2.2.1; arrêt du Tribunal fédéral 6B_1177/2017 du 16 avril 2018 consid. 2.1).  

2.2. L'art. 123 CP réprime les lésions du corps humain ou de la santé qui ne 
peuvent être qualifiées de graves au sens de l'art. 122 CP. Cette disposition protège 
l'intégrité corporelle et la santé tant physique que psychique; ces objets de la 
protection pénale sont lésés par des atteintes importantes à l'intégrité corporelle, 
comme l'administration d'injections ou la tonsure totale; sont en outre interdits la 
provocation ou l'aggravation d'un état maladif, ou le retard de la guérison; ces états 
peuvent être provoqués par des blessures ou par des dommages internes ou externes, 
comme une fracture sans complication guérissant complètement, comme une 
commotion cérébrale, des meurtrissures, des écorchures, des griffures provoquées 
par des coups, des heurts ou d'autres causes du même genre, sauf si ces lésions n'ont 
pas d'autres conséquences qu'un trouble passager et sans importance du sentiment de 
bien-être; en revanche, lorsque le trouble, même passager, équivaut à un état maladif, 
il y a lésion corporelle simple (ATF 107 IV 42 consid. c, ATF 103 IV 70 consid. c et 
les références citées).  Provoquer un infarctus ou une dépression peut être qualifié de 
lésions corporelles (ATF 134 IV 189 consid. 1.1.; 119 IV 25 consid. 2a; 107 IV 40 
consid. 5c p. 42; 103 IV 65 consid. 2c p. 70; B. CORBOZ, Les infractions en droit 
suisse, vol. I, 3e éd., Berne 2010, n. 14 ad art. 123 CP).  

2.3. Le rapport de causalité est qualifié d'adéquat lorsque, d'après le cours 
ordinaire des choses et l'expérience de la vie, le comportement était propre à 
entraîner un résultat du genre de celui qui s'est produit (ATF 138 IV 57 consid. 4.1.3 
p. 61 et l'arrêt cité). La causalité adéquate sera admise même si le comportement de 
l'auteur n'est pas la cause directe ou unique du résultat. Peu importe que le résultat 
soit dû à d'autres causes, notamment à l'état de la victime, à son comportement ou à 
celui de tiers (ATF 131 IV 145 consid. 5.2 p. 148). La causalité adéquate peut 
toutefois être exclue si une autre cause concomitante, par exemple une force 
naturelle, le comportement de la victime ou d'un tiers, constitue une circonstance tout 
à fait exceptionnelle ou apparaît si extraordinaire que l'on ne pouvait s'y attendre. 
L'imprévisibilité d'un acte concurrent ne suffit pas en soi à interrompre le rapport de 
causalité adéquate. Il faut encore que cet acte ait une importance telle qu'il s'impose 
comme la cause la plus probable et la plus immédiate de l'événement considéré, 
reléguant à l'arrière-plan tous les autres facteurs qui ont contribué à l'amener et 
notamment le comportement de l'auteur (ATF 134 IV 255 consid. 4.4.2 p. 265 s. et 
les arrêts cités).  

2.3.1. En l'espèce, il n'est pas contesté que la prévenue a poussé son mari qui est 
tombé au sol. Le recourant s'est toujours plaint des douleurs consécutives à cette 
chute et a été mis en arrêt de travail. Quand bien même la prévenue les a toujours 
considérées comme imaginaires, les médecins les ont objectivées à la suite d'IRM. Il 
convient ainsi de reconnaître l'existence de lésions corporelles simples – rien ne 

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permettant en l'état du dossier de retenir une atteinte durable et irréversible d'un 
membre ou d'un organe au sens de l'art. 122 CP– en lien de causalité naturelle avec le 
geste de la prévenue qui a fait chuter son mari.  

Le Dr G______ a affirmé que les lésions préexistaient à l'accident, mais qu'elles 
avaient été clairement décompensées par ce dernier, le recourant n'ayant jamais 
auparavant souffert du dos malgré sa profession. La décompensation est, selon la 
définition du Centre national de ressources textuelles et lexicales, une "Rupture de 
l'équilibre physiologique d'un organisme due à la faillite des mécanismes de 

compensation qui empêchaient l'apparition de troubles fonctionnels ou 

métaboliques" (http://www.cnrtl.fr/definition/decompensation). 

Ainsi, contrairement à ce que retient le Procureur, si les lésions, soit la discopathie, 
préexistaient à la chute, celle-ci a provoqué, aux dires des médecins, une aggravation 
de l'état de santé du recourant, cas de figure visé par l'art. 123 al. 1 CP, sans rupture 
du lien de causalité adéquate.  

C'est donc a tort que le Procureur a classé l'infraction de lésions corporelles simples. 

Le grief est fondé. 

3. Le recourant se plaint également du classement de sa plainte pour injure.  

3.1. Se rend coupable d'injure – infraction poursuivie sur plainte – celui qui aura, 
notamment par la parole, attaqué autrui dans son honneur (art. 177 al. 1 CP).  

L'honneur que protège l'art. 177 CP est le sentiment et la réputation d'être une 
personne honnête et respectable, c'est-à-dire le droit de ne pas être méprisé en tant 
qu'être humain (ATF 132 IV 112 consid. 2.1 p. 115; arrêt 6B_512/2017 du 12 février 
2018 consid. 3.1).   

3.2. Dans les procédures où l'accusation repose essentiellement sur les 
déclarations de la victime, auxquelles s'opposent celles du prévenu et lorsqu'il n'est 
pas possible d'estimer que certaines dépositions sont plus crédibles que d'autres, le 
principe " in dubio pro duriore " impose en règle générale, au stade de la clôture de 
l'instruction, que le prévenu soit mis en accusation (ATF 143 IV 241 consid. 2.2.2 p. 
243 et les arrêts cités; arrêts 6B_193/2018 du 3 juillet 2018 consid. 2.1; 
6B_1177/2017 du 16 avril 2018 consid. 2.1). Cela vaut en particulier lorsqu'il s'agit 
de délits commis typiquement " entre quatre yeux " pour lesquels il n'existe souvent 
aucune preuve objective. Il peut toutefois être renoncé à une mise en accusation 
lorsque la partie plaignante fait des dépositions contradictoires, rendant ses 
accusations moins crédibles ou encore lorsqu'une condamnation apparaît au vu de 
l'ensemble des circonstances a priori improbable pour d'autres motifs (ATF 143 IV 

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241 consid. 2.2.2 p. 243; arrêt du Tribunal fédéral 6B_179/2018 du 27 juillet 2018 
consid. 3.1; 6B_874/2017 du 18 avril 2018 consid. 5.1).  

3.3. En l'espèce, le Procureur a prévenu B______ d'injure pour avoir 
régulièrement injurié son mari en le traitant de "connard" et lui disant qu'il était "nul 
à chier", qu'il ne valait rien, qu'il était complètement fou et qu'il n'était pas un bon 
père. À juste titre, personne ne remet en question le caractère injurieux de ces 
expressions. Le classement a été ordonné au regard des dénégations de la prévenue et 
de l'absence de témoin.  

Ces injures, si elles ont été proférées, l'ont été "entre quatre yeux". Cependant, le 
recourant n'a pas fait de dépositions contradictoires, rendant ses accusations moins 
crédibles que celles de la prévenue. Au vu de la jurisprudence du Tribunal fédéral, 
l'application du principe in dubio pro duriore impose, au stade de la clôture de 
l'instruction, que la prévenue soit mise en accusation et ce d'autant plus que le 
recourant est lui-même renvoyé devant le Tribunal de police, notamment pour injure 
à l'encontre de sa femme, proférées dans le même contexte, selon ses dires, de sorte 
qu'il pourrait plaider l'application de l'art. 177 al. 2 et 3 CP.  

Le grief est fondé.  

3.4. La procédure sur opposition à l'ordonnance pénale rendue contre le 
recourant étant pendante devant cette autorité, il convient que le Ministère public 
renvoie la prévenue devant le Tribunal de police pour y être jugée simultanément 
pour les infractions de lésions corporelles et d'injures.  

4. Vu le sort du recours, point n'est besoin de se prononcer sur les réquisitions de 
preuves.  

5. Fondé, le recours doit être admis ; partant, l'ordonnance querellée sera annulée. 

6. L'admission du recours ne donne pas lieu à la perception de frais (art. 428 al. 1 CPP). 

 

* * * * * 

  

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PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

 
Admet le recours.  

Annule la décision et renvoie la cause au Ministère public pour qu'il statue dans le sens des 
considérants. 

Laisse les frais de la procédure de recours à la charge de l'État. 

Notifie le présent arrêt ce jour, en copie, aux parties, soit pour elles leur conseil, et au 
Ministère public. 

Communique pour information au Tribunal de police. 

Siégeant : 

Madame Corinne CHAPPUIS BUGNON, présidente; Monsieur Christian COQUOZ et 
Madame Alix FRANCOTTE CONUS, juges; Monsieur Xavier VALDES, greffier. 

 

Le greffier : 

Xavier VALDES 

 La présidente : 

Corinne CHAPPUIS BUGNON 

   

 

 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110); la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les trente jours qui 

suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent 

être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention 

de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse 

(art. 48 al. 1 LTF).