# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** d7cc9054-e9de-5b43-85ab-0e2e3216120c
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2020-07-29
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 29.07.2020 E-4297/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-4297-2018_2020-07-29.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour V 

E-4297/2018 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  2 9  j u i l l e t  2 0 2 0  

Composition 
 Sylvie Cossy (présidente du collège),  

Gérard Scherrer, Muriel Beck Kadima, juges, 

Beata Jastrzebska, greffière. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

Erythrée,   

représenté par MLaw Michèle Künzi,  

Berner Rechtsberatungsstelle für Menschen in Not,  

(…),  

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile et renvoi;  

décision du SEM du 25 juin 2018 / N (…). 

 

 

 

E-4297/2018 

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Faits : 

A.  

Le 6 juin 2016, A._______ a déposé une demande d’asile au Centre d’en-

registrement et de procédure (CEP) de Bâle, où il a été entendu sur ses 

données personnelles le 28 juin 2016. Le 4 août 2017 a eu lieu son audition 

sur ses motifs d’asile. 

B.  

A._______ a déclaré être célibataire, orthodoxe, né à B._______ 

(nuszoba : C._______, zoba : D._______), où il aurait vécu avec ses pa-

rents et ses frère et sœurs jusqu’à son départ du pays. Il aurait effectué 

12 années de scolarité tout en achevant une formation d’ébéniste à l’école 

technique d’Asmara en juin 2014. 

A l’appui de sa demande d’asile, A._______ a mentionné l’absence de dé-

mocratie et la violation systématique des droits humains dans son pays. 

Lors de son incorporation, il n’aurait pas pu exercer son métier, malgré une 

demande faite en ce sens, mais aurait dû servir en qualité de soldat. Il 

aurait vu son rêve se briser et voulu avoir un meilleur avenir.  

Il aurait commencé sa formation militaire en août 20(…) à E._______, dans 

la 22ème volée, avant d’être déployé à F._______, d’où il aurait réussi, un 

soir d’août 2015, à s’enfuir à pieds en direction de G._______, alors que la 

majorité des gens dormaient, ou, selon une autre version, que les gardes 

étaient en train de manger. Il se serait ensuite rendu en véhicule à 

H._______ puis à I._______, avant d’embarquer pour l’Italie et de prendre 

un train pour la Suisse. 

Il n’aurait pas obtenu de passeport ni de carte d’identité en raison de sa 

minorité. A._______ a déposé son certificat de baptême et des copies de 

photographies et d’une « Admission card » auprès de l’« Eritrean secon-

dary education certificate examinations (ESECE) 2014 ». 

C.  

Par décision du 25 juin 2018, notifiée le surlendemain, le SEM n’a pas re-

connu la qualité de réfugié du recourant, a rejeté sa demande d’asile, pro-

noncé son renvoi de Suisse et ordonné l’exécution de cette mesure. 

Le SEM a considéré que le recourant n’avait pas rendu ses motifs d’asile 

vraisemblables. Celui-ci n’aurait produit aucun document attestant de sa 

formation d’ébéniste. Ses déclarations sur ce point seraient contradic-

toires, car il aurait d’abord dit que la photographie avait été prise le jour de 

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la remise du diplôme, puis qu’il ne s’agissait pas d’un diplôme mais d’un 

certificat et, finalement, qu’on ne lui aurait pas remis de document. Les 

autres photographies produites n’étayeraient en rien ses déclarations sur 

sa formation. Le recourant n’aurait pas davantage été en mesure de fournir 

la moindre information sur les raisons pour lesquelles il n’aurait pas pu 

exercer la profession qu’il aurait apprise et il serait surprenant qu’aucun de 

ses supérieurs ne lui ait dit le moindre mot à ce sujet. En outre, l’intéressé 

aurait tenu des propos inconsistants sur les démarches entreprises auprès 

des autorités à ce sujet, alors même qu’il aurait été expressément interrogé 

sur ce point. Ses propos sur la sortie du camp de F._______ seraient tout 

aussi inconsistants et, malgré les questions posées, il n’aurait pas pu don-

ner d’indication précise. Il se serait encore contredit sur la raison pour la-

quelle il aurait décidé, avec ses quatre comparses, de partir le soir (les 

gens dormaient ou les gardes mangeaient). Finalement, il n’aurait pas con-

naissance d’une quelconque démarche de la part des autorités éry-

thréennes pour le retrouver, alors même qu’il serait en contact avec sa fa-

mille restée au pays.  

Le seul fait que le recourant ait quitté illégalement l’Erythrée, pour autant 

que vraisemblable, ne serait pas non plus pertinent pour lui reconnaître la 

qualité de réfugié, car il n’y aurait aucun autre motif qui le ferait apparaître 

comme une persona non grata aux yeux des autorités érythréennes.  

Finalement, l’exécution de son renvoi serait licite, raisonnablement exigible 

et possible. 

D.  

Le 25 juillet 2018, le recourant a interjeté recours auprès du Tribunal admi-

nistratif fédéral (ci-après : le Tribunal) et a conclu à l’annulation de la déci-

sion du 25 juin 2018, principalement, à la reconnaissance de la qualité de 

réfugié et à l’octroi de l’asile, subsidiairement, à la reconnaissance de la 

qualité de réfugié et au prononcé d’une admission provisoire, plus subsi-

diairement, au prononcé d’une admission provisoire en raison de l’inexigi-

bilité de l’exécution du renvoi. Il a également requis le bénéfice de l’assis-

tance judiciaire totale. 

Le recourant a contesté l’appréciation du SEM quant à l’invraisemblance 

de ses propos. Le fait qu’il ait parlé de diplôme ou de certificat ne serait 

pas déterminant et il ne pourrait pas apporter la preuve de sa formation, vu 

qu’il aurait dû attendre deux ans avant de l’obtenir. Pour le reste, il aurait 

donné des indications précises sur sa formation. Il aurait également fourni 

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suffisamment de détails sur les démarches entreprises pour pouvoir exer-

cer sa profession et il ne devait pas s’attendre à ce que les réponses faites 

lors de son audition ne suffisent pas. En outre, trois questions plus tôt, il 

aurait dit être fatigué, ce qui aurait dû pousser l’auditeur à faire une pause. 

Le recourant ne se serait pas contredit sur les circonstances de sa fuite. 

Lors de ses deux auditions, il aurait dit être parti le soir et il ne pourrait être 

exclu que les gardes mangeaient pendant que les gens dormaient. L’inté-

ressé aurait encore expliqué que le camp de F._______ n’était pas fermé 

et qu’il était fréquent que des soldats sortent boire un café au village. Etant 

lui-même de garde de temps à autre, il aurait connu les personnes qui gar-

daient le camp ce soir-là. Le SEM aurait aussi méconnu le fait que le re-

courant n’aurait de contacts avec sa famille que de manière indirecte, soit 

par l’intermédiaire de sa cousine, que les communications seraient de 

mauvaise qualité et que sa famille ne voudrait pas qu’il se fasse du souci. 

Ainsi, il aurait donné beaucoup de détails faisant apparaître son récit 

comme vraisemblable. En outre, vu que l’audition n’aurait duré qu’une 

après-midi, on ne pourrait pas lui reprocher sa concision. Le SEM n’aurait 

pas tenu compte de toutes ses déclarations, mais uniquement de celles 

parlant en sa défaveur, ni du degré de preuve moindre en procédure 

d’asile. Ainsi, l’intéressé aurait rendu vraisemblable avoir effectué son ser-

vice militaire à E._______ en janvier 20(…) (sic), avoir été affecté à 

F._______ au service civil et avoir déserté en août 20(…). Ayant déserté 

avant de quitter illégalement l’Erythrée, il aurait une crainte fondée de per-

sécution au sens de l’art. 3 LAsi en cas de retour. Si le Tribunal devait, 

contre toute attente, considérer sa désertion comme invraisemblable, il fau-

drait reconnaître qu’il n’aurait pas été libéré et qu’il serait encore en âge de 

servir, de sorte qu’il serait quand même considéré comme un déserteur.  

E.  

Par décision incidente du 6 août 2018, la juge en charge du dossier a admis 

la demande d’assistance judiciaire totale et nommé Michèle Künzi, agis-

sant pour le J._______, en qualité de mandataire d’office. 

F.  

Dans sa réponse du 16 août 2018, envoyée pour information au recourant, 

le SEM a proposé le rejet du recours. 

G.  

Le 27 septembre 2018, le recourant a transmis des copies de photogra-

phies le montrant en train de manifester.  

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H.  

Le 27 juin 2019, le recourant a informé le Tribunal de la naissance de sa 

fille, le (…), et de son intention de la reconnaître, ainsi que de la tenue de 

son mariage religieux, le (…) avec une compatriote, réfugiée reconnue au 

bénéfice de l’asile. Les démarches en vue du mariage civil seraient en 

cours. 

I.  

Suite à l’ordonnance du 29 janvier 2020, le recourant a, le 13 février 2020, 

informé le Tribunal des difficultés administratives rencontrées pour célébrer 

le mariage civil et reconnaître sa fille. Il a transmis des copies de photogra-

phies. 

J.  

Le 21 avril 2020, l’intéressé a informé le Tribunal de l’avancement de la 

procédure, soulignant que la procédure de mariage était suspendue en rai-

son de la pandémie du COVID 19. 

K.  

Le lendemain, il a transmis un formulaire de « Reconnaissance après la 

naissance », daté du même jour.  

L.  

Le 9 juin 2020, il a informé le Tribunal que le mariage civil avec K._______ 

avait eu lieu le (…)  et a produit le certificat de famille, attestant ce fait. 

M.  

Invité par ordonnance du 17 juin 2020 à se déterminer, le SEM a, le 2 juillet 

2020, reconsidéré sa décision du 25 juin 2018, constaté que l’intéressé n’a 

pas la qualité de réfugié au sens de l’art. 3 al. 1 et 2 LAsi, mais l’a reconnu 

réfugié au sens de l’art. 51 al. 1 LAsi et lui a octroyé l’asile. 

N.  

Invité par ordonnance du 6 juillet 2020 à indiquer s’il entendait maintenir 

son recours en ce qu’il porte sur la reconnaissance de la qualité de réfugié 

et l’octroi de l’asile à titre originaire, le recourant a, le 15 juillet 2020, main-

tenu son recours. 

O.  

Les autres éléments de la cause seront examinés, si nécessaire, dans les 

considérants qui suivent. 

 

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Droit : 

1.  

1.1  

Le Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les déci-

sions au sens de l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 

LTAF. 

En particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile peuvent 

être contestées devant le Tribunal (art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi 

de l'art. 105 LAsi [RS 142.31]), lequel statue alors définitivement, sauf de-

mande d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à se pro-

téger (art. 83 let. d ch. 1 LTF), exception non réalisée en l’espèce. 

1.2 La présente procédure est soumise à l’ancien droit (Dispositions tran-

sitoires de la modification du 25 septembre 2015 de la LAsi, al. 1).  

1.3 Le recourant a qualité pour recourir. Présenté dans la forme et le délai 

prescrits par la loi, le recours est recevable (art. 48 al. 1 et 52 al. 1 PA et 

anc. art. 108 al. 1 LAsi).  

1.4 Saisi d’un recours contre une décision du SEM rendue en matière 

d’asile, le Tribunal tient compte de la situation et des éléments tels qu’ils 

se présentent au moment où il se prononce (ATAF 2012/21 consid. 5 ; 

2010/57 consid. 2.6 ; 2009/29 consid. 5.1). Ce faisant, il prend en considé-

ration l’évolution de la situation, tant sur le plan factuel que juridique, inter-

venue depuis le dépôt de la demande d’asile. 

1.5 Par décision du 2 juillet 2020, le SEM a reconsidéré sa décision du 

25 juin 2018 et a reconnu la qualité de réfugié au recourant et lui a octroyé 

l’asile, sur la base de l’art. 51 al.  1 LAsi, en raison de son mariage avec 

une compatriote au bénéfice de l’asile. Pour cette raison, l’intéressé a ob-

tenu une autorisation de séjour. Partant, le recours, en tant qu’il porte sur 

la reconnaissance de la qualité de réfugié et l’octroi de l’asile à titre dérivé, 

le principe du renvoi et son exécution est devenu sans objet, seule la ques-

tion de la qualité de réfugié et de l’octroi de l’asile à titre originaire faisant 

encore l’objet de la présente procédure. 

2.  

2.1 Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans 

le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 

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ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion, de 

leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou de 

leurs opinions politiques. Sont notamment considérées comme de sérieux 

préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou de la 

liberté, de même que les mesures qui entraînent une pression psychique 

insupportable. Il y a lieu de tenir compte des motifs de fuite spécifiques aux 

femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi ; également ATAF 2007/31 consid. 5.2‒5.6). 

2.2 Quiconque demande l'asile (requérant) doit prouver ou du moins 

rendre vraisemblable qu'il est un réfugié. La qualité de réfugié est vraisem-

blable lorsque l'autorité estime que celle-ci est hautement probable. Ne 

sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur des points es-

sentiels, ne sont pas suffisamment fondées, qui sont contradictoires, qui 

ne correspondent pas aux faits ou qui reposent de manière déterminante 

sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 LAsi). 

3.  

3.1 En l'occurrence, le Tribunal fait sienne l’appréciation du SEM et renvoie 

à la motivation de la décision du 25 juin 2018. Le recourant n’a pas réussi 

à rendre vraisemblables les motifs à l’origine de sa fuite, les arguments 

présentés au stade du recours n’étant pas convaincants. 

3.2 De manière générale, et contrairement à l’avis de l’intéressé, ses pro-

pos sont dénués de tout élément permettant de penser qu’il a réellement 

vécu les événements relatés et se limitent à de vagues généralités. Sur ce 

point, il fait grief au SEM d’avoir procédé à une audition relativement 

courte, mais il ne précise pas quels éléments supplémentaires il aurait 

voulu ajouter, pour le cas où elle aurait duré plus longtemps. Il a en outre 

clairement indiqué, à la fin de son audition, avoir dit tout ce qui lui paraissait 

essentiel pour sa demande d’asile (procès-verbal [ci-après : PV] du 4 août 

2017, R185). L’intéressé fait également grief au SEM de ne pas avoir tenu 

compte du fait qu’il avait indiqué être fatigué (PV de l’audition du 4 août 

2017, R164). Or, n’ayant pas immédiatement compris une question qui lui 

était posée, il a demandé qu’on la lui répète (en français), soulignant qu’il 

pensait que c’était la fatigue. Il ne ressort pas du procès-verbal de l’audition 

que le recourant était dans un tel état de fatigue - ou autre état émotionnel 

particulier - qu’il n’était pas en état de répondre aux questions qui lui étaient 

posées. Le représentant d’une œuvre d’entraide (ROE) n’a d’ailleurs fait 

aucune remarque à ce sujet. Partant, le recourant ne peut pas imputer au 

SEM le fait d’avoir tenu des propos généraux et peu détaillés sur ses motifs 

d’asile. 

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Il en est ainsi de sa fuite du camp militaire de F._______, événement sur 

lequel l’intéressé n’a pas été en mesure de donner des explications con-

crètes et détaillées, alors même que le chargé d’audition lui a posé des 

questions pour tenter de clarifier son récit (PV du 4 août 2017, R 103 à 

115). Malgré ses dénégations et une tentative de concilier deux versions 

différentes – ajoutant de surcroît une nouvelle explication au stade du re-

cours, soit qu’il connaissait les gardes de faction ce soir-là – le recourant 

s’est contredit sur les raisons pour lesquelles lui et ses comparses ont dé-

cidé de fuir le soir et n’ont pas rencontré de problèmes (les gens dormaient 

[PV d’audition du 28 juin 2016, R7.01] ou les gardes mangeaient [PV d’au-

dition du 4 août 2017, R 103]). Il est en outre surprenant que le recourant 

ait relevé que « Si on est familier dans la région, il n’y a aucun problème. 

Sinon, si on est nouveau, ça peut être compliqué » (PV d’audition du 4 août 

2017 R104), alors qu’il reconnaît lui-même qu’il n’avait passé que très peu 

de temps à F._______ « quelques jours, je ne me rappelle pas exactement 

combien » (idem, R161). Le recourant n’a donc pas rendu sa désertion du 

camp de F._______ vraisemblable. 

3.3 Quant à sa formation, si, certes, la différence entre la notion de certifi-

cat et de diplôme n’est pas déterminante, le recourant a produit une copie 

d’une photo de lui le jour de la remise des diplômes (PV d’audition du 

4 août 2017, R23), alors même qu’il affirme ne pas pouvoir déposer ledit 

diplôme car il ne l’aurait pas reçu, étant obligé de servir deux ans (PV de 

l’audition du 4 août 2017, R28 et 29, ainsi que mémoire de recours p. 4). 

Sur ce point également, son récit n’est pas vraisemblable et permet de 

douter de sa formation-même d’ébéniste, ce qui ne serait d’ailleurs pas non 

plus pertinent pour la reconnaissance de la qualité de réfugié.  

3.4 Le Tribunal note encore que le recourant a d’emblée souligné qu’il était 

parti de son pays car la démocratie et les droits humains n’y étaient pas 

garantis et qu’il voulait un meilleur avenir, ce qui n’est pas pertinent pour la 

reconnaissance de la qualité de réfugié. 

Pour toutes ces raisons, le recourant n’a pas réussi à rendre vraisemblable 

avoir quitté son pays, dans les circonstances et pour les motifs décrits, no-

tamment en raison de sa désertion. Contrairement à ce qu’il soutient dans 

son recours, le Tribunal ne peut pas, sans élément aucun au dossier, cons-

tater qu’il n’aurait pas été libéré et qu’il serait encore en âge de servir, de 

sorte qu’il devrait quand même être considéré comme un déserteur. 

 

E-4297/2018 

Page 9 

4.  

4.1 Selon l’arrêt de référence D-7898/2015 du 30 janvier 2017, la sortie 

illégale d’Erythrée ne suffit plus en soi à justifier la reconnaissance de la 

qualité de réfugié (consid. 5.1). Un risque majeur de sanction en cas de 

retour ne peut désormais être admis qu’en présence de facteurs supplé-

mentaires qui font apparaître le requérant comme une personne indési-

rable aux yeux des autorités érythréennes. Tel est le cas notamment de 

circonstances permettant d’admettre que la personne a été identifiée 

comme un opposant au régime ou a occupé une fonction en vue avant sa 

fuite du pays (consid. 5.1 et 5.2).  

4.2 En l’espèce, aucune de ces circonstances n’est réalisée. Le recourant 

n’a pas rendu ses motifs d’asile vraisemblables et il ne ressort du dossier 

aucun élément permettant de penser qu’il serait dans le collimateur des 

autorités ; il a lui-même reconnu n’avoir jamais rencontré de problèmes 

avec les autorités érythréennes, ni avec des tiers, ni avoir mené de quel-

conques activités politiques en Erythrée (PV d’audition du 4 août 2017, 

R173 à 175). Les copies des photographies déposées le 27 septembre 

2018 ne permettent pas d’arriver à une autre conclusion. Outre qu’aucune 

indication n’est donnée sur l’endroit et la date de cette manifestation, elles 

montrent le recourant au milieu d’autres manifestants sans qu’il en ressorte 

qu’il y joue un rôle prépondérant. Il n’a d’ailleurs donné aucune information 

sur son véritable engagement politique à l’étranger.  

La question de savoir si le recourant a rendu vraisemblable sa sortie illé-

gale du pays n’a pas à être tranchée puisque ce fait, même à l’admettre, 

n’est pas suffisant pour justifier la reconnaissance de la qualité de réfugié 

pour des motifs subjectifs postérieurs à la fuite (art. 54 et 3 LAsi). 

5. Il s’ensuit que le recours, en tant qu’il porte sur la reconnaissance de la 

qualité de réfugié et l’octroi de l’asile à titre originaire doit être rejeté. 

6.  

6.1 Au vu de l’issue de la cause, une partie des frais devraient être mise à 

la charge du recourant. En outre, lorsqu’une procédure devient sans objet, 

les frais sont, en règle générale, mis à la charge de la partie dont le com-

portement a occasionné cette issue (art. 5 1ère phrase du règlement du 

21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tri-

bunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]). Dans le cas d’espèce, 

la décision du 25 juin 2018 est partiellement devenue sans objet, suite à la 

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décision du SEM du 2 juillet 2020 de reconnaître la qualité de réfugié au 

recourant et de lui octroyer l’asile à titre dérivé en raison de son mariage 

avec une compatriote. Or, ledit mariage est un événement intervenu après 

que le SEM a rendu sa décision et qui ne pouvait donc pas être pris en 

considération en juin 2018. Ainsi, on ne peut pas imputer au SEM le fait 

d’avoir rendu une nouvelle décision en juillet 2020. Selon l’art. 5 

2ème phrase FITAF, si la procédure est devenue dans objet, sans que cela 

ne soit imputable aux parties, les frais de procédure sont fixés au vu de 

l’état des faits avant la survenance du motif de liquidation. Dans le cas 

d’espèce, la question peut rester indécise, dans la mesure où l’intéressé a 

été mis au bénéfice de l’assistance judiciaire totale par décision incidente 

du 6 août 2018, et qu’il n’est pas perçu de frais de la part des autorités 

inférieures (art. 63 al. 2 PA). 

6.2 Pour la même raison, la mandataire du recourant a droit à une indem-

nité pour les frais indispensables liés à la défense des intérêts du recourant 

(art. 8 à 12 FITAF). En cas de représentation d’office en matière d’asile, le 

tarif horaire est, selon la pratique du Tribunal, de 100 à 150 francs pour les 

mandataires non titulaires d’un brevet d’avocat, seuls les frais nécessaires 

étant indemnisés. 

Le 25 juillet 2018, la mandataire a fourni une note d’honoraire d’un montant 

de 1'503.95 représentant 7,5 heures à 180 francs (+TVA) et un montant 

forfaitaire de 50 francs. En tenant compte de ce qui précède et des écri-

tures subséquentes, une indemnité de 1'200 (toute taxe comprise) est al-

louée à la mandataire. 

(dispositif page suivante) 

  

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Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté dans la mesure où il n’est pas devenu sans objet. 

2.  

Il n’est pas perçu de frais de procédure. 

3.  

Une indemnité de 1'200 francs est allouée à Michèle Künzi, mandataire 

d’office, à payer par la caisse du Tribunal. 

4.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité cantonale. 

 

La présidente du collège : La greffière : 

  

Sylvie Cossy Beata Jastrzebska