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**Case Identifier:** 35fadb94-94ca-5e26-9f52-987cc3b34047
**Source:** Jura (JU)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-10-03
**Language:** fr
**Title:** Jura Tribunal Cantonal Cour administrative 03.10.2017 ADM 2016 151
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/JU_Gerichte/JU_TC_005_ADM-2016-151_2017-10-03.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DU JURA

TRIBUNAL CANTONAL

COUR ADMINISTRATIVE

ADM 151 / 2016

Présidente :  Sylviane Liniger Odiet
Juges :  Daniel Logos et Philippe Guélat 
Greffière e.r. :  Anne Kohler

ARRET DU 3 OCTOBRE 2017

en la cause liée entre

Epoux A.,
Epoux B.,
Epoux C.,
D., 
Epoux E.,
- représentés par Me Hubert Theurillat, avocat à Porrentruy,

recourants,

et

le Service du développement territorial, Rue des Moulins 2, 2800 Delémont,
intimé,

relative à la décision d'approbation no 6783.1.052 de l'intimé du 21 octobre 2016.

Appelées en cause : 
- Commune mixte de U. ;
- Commune municipale de V. ;
- F. ;
- G. ;
- H. SA,

représentée par Me Martine Lang, avocate, 2900 Porrentruy ;
- I.

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Vu la décision du Service du développement territorial du 21 octobre 2016 qui approuve la 
modification du plan de zones de U., "parcelle X1", adoptée par l'assemblée communale du 
21 janvier 2016, et rejette l'opposition formée par Epoux A., Epoux B., Epoux C., D., Epoux E. 
(ci-après : les opposants ou les recourants), et modifie l'article 34bis du règlement communal 
sur les constructions ; en substance, la parcelle X1, d'une surface de 6'240 m2, jusque-là 
colloquée en zone agricole, est attribuée à la zone d'activités ZAa pour permettre à l'entreprise 
H. SA, active dans le terrassement et le génie civil, d'y implanter une place de recyclage de 
déchets de chantier ; différentes parcelles jusque-là constructibles sont affectées à la zone 
agricole afin de permettre la compensation prévue par les dispositions transitoires de la LAT ;

Vu le recours formé contre cette décision par les opposants le 22 novembre 2016, concluant 
à son annulation, sous suite de frais et dépens ; pour l'essentiel, ils invoquent recourir tant à 
la fois en qualité de citoyens que de voisins de la parcelle X1 ; sur le fond, ils considèrent qu'il 
est nécessaire que la surface en question soit mentionnée dans le plan directeur cantonal et 
dans le plan cantonal de gestion des déchets, actuellement en révision, et qu'une simple 
modification du plan de zones n'est pas suffisante ; la clause du besoin par rapport aux 
décharges et autres centres de tri n'a pas non plus été examinée ; les parcelles déclassées, 
si elles sont formellement attribuées à la zone agricole, ne remplissent toutefois pas les critères 
pour être utilisées en tant que telles ; au contraire, elles provoquent un mitage du territoire et 
ne peuvent dès lors pas servir de mesures de compensation ; le projet va provoquer des 
nuisances importantes, à la fois par rapport aux eaux, d'autant que la parcelle est déjà inscrite 
au cadastre cantonal des sites potentiellement pollués, et par rapport au bruit et à la 
poussière ; il ne peut pas trouver place à cet endroit ; 

Vu les réponses des 9 et 10 janvier 2017 de I., F. et G., propriétaires de parcelles déclassées, 
dont il découle qu'elles renoncent à participer activement à la procédure ; 

Vu l'ordonnance du 12 janvier 2017, qui constate que la Commune mixte de U. et la 
Municipalité de V. sont considérées comme renonçant participer à la procédure, n'ayant pas 
donné suite au courrier de la juge instructrice les interpellant à ce sujet ;

Vu la réponse au recours du SDT du 31 mars 2017, qui conclut à son rejet et à la confirmation 
de la décision attaquée, sous suite de frais et dépens ; il expose notamment que contrairement 
à ce que prétendent les recourants, le projet envisagé est d'une ampleur moindre et son impact 
sur le sol n'est pas tel qu'il nécessite d'être inscrit dans le plan directeur cantonal ; le projet ne 
sera par ailleurs pas une décharge au sens du droit fédéral et de ce fait il ne doit pas figurer 
dans le plan cantonal des déchets ; il s'agit au contraire de déchets de chantier, pour lesquels 
le droit fédéral n'exige ni planification ni évaluation des besoins en installations d'élimination ; 
en outre, le site en question aura un caractère strictement privé et ne sera pas ouvert aux 
autres entreprises ou particuliers ; les parcelles déclassées forment deux ensembles 
compacts, en bordure de zone à bâtir, et n'engendrent pas de brèche dans la zone à bâtir ; 
même si elles ne seront pas nécessairement directement exploitées par des agriculteurs 
notamment en raison des haies qui s'y trouvent, on doit considérer qu'elles favorisent la 
biodiversité et à ce titre peuvent servir de parcelles compensantes ; les propriétaires des 
parcelles X1 et X2 se sont par ailleurs engagés conventionnellement à déconstruire tous les 

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aménagements qui donnent à ces terrains l'aspect d'un jardin d'agrément ; il importe peu que 
les parcelles déclassées n'aient pas toute une surface minimale de 25 ares, d'autant qu'elles 
sont en pente et qu'au vu du surdimensionnement de la zone à bâtir dans la commune, de 
plus de 5 hectares, il est manifeste qu'elles ne serviront pas à la construction dans les quinze 
années à venir ; les craintes des recourants par rapport aux nuisances n'ont pas lieu d'être ; 
en tout état de cause, il sera possible de coordonner l'activité de l'installation avec les jours de 
fermeture du restaurant exploité par deux des recourants ; s'agissant de la pollution des eaux, 
les dernières analyses effectuées ont démontré que la pollution découlant de l'exploitation 
d'une ancienne décharge sur le site de la parcelle X1 a drastiquement diminué ; par rapport 
au nouveau projet, aucun captage d'eau potable n'est défini dans le périmètre d'influence de 
la future place de recyclage et aucun raccordement des installations au réseau d'eau potable 
n'est prévu ; différentes mesures seront prises par rapport aux eaux issues de la place de 
concassage et de stockage des granulats bitumineux ; l'Office de l'environnement a ainsi 
classé le site comme ne nécessitant ni surveillance ni assainissement, de sorte qu'il peut être 
transformé ; en résumé, le principe de précaution a été pleinement respecté et ne fait pas 
obstacle au projet ;

Vu la prise de position de l'entreprise H. SA (ci-après : l'appelée en cause) du 12 avril 2017, 
qui conclut à titre préjudiciel à l'irrecevabilité du recours, faute de qualité pour agir, et au fond 
à son rejet, sous suite des frais et dépens ; sur la forme, elle relève que les recourants se 
fondent sur des prescriptions protégeant l'intérêt général et ne justifient aucun intérêt privé ; 
vu leur éloignement, ils ne retireraient aucun avantage pratique de l'admission de leur recours ; 
les nuisances qu'ils invoquent pourraient leur conférer la qualité pour recourir mais les 
différentes études réalisées et les mesures prévues excluent toutes nuisances, si bien que les 
recourants ne sont pas atteints de manière plus importante que tout autre citoyen ; ils doivent 
de ce fait se voir dénier la qualité pour recourir ; sur le fond, l'appelée en cause se réfère à la 
réponse de l'intimé, qu'elle confirme ; elle ajoute que le projet doit lui permettre de recycler les 
matériaux de chantier provenant de son activité, pour éviter leur élimination par d'autres 
filières ; il s'agit d'une activité accessoire, et non pas d'un grand projet à incidence spatiale qui 
aurait des effets considérables sur le territoire et l'environnement ; il n'est pas davantage 
nécessaire de mentionner le site en question dans le plan de gestion des déchets ni 
d'examiner la clause du besoin ; les surfaces déclassées sont actuellement formellement en 
zone à bâtir ; ce seul élément suffit pour admettre que les surfaces sont valablement 
compensées ; les parcelles qui deviendront inconstructibles, si elles ne seront pas exploitables 
du point de vue agricole, constitueront néanmoins des surfaces forestières et des surfaces de 
compensation écologique qui contribuent à la biodiversité ; le projet ne générera pas de 
nuisances et a du reste été autorisé par l'Office de l'environnement, en dépit du fait que le site 
était initialement contaminé ; finalement, le projet est d'intérêt public puisqu'il contribue de 
manière écologique à l'élimination des déchets de chantier en vue de leur réutilisation 
ultérieure et à la préservation de la nature ;

Vu la détermination spontanée des recourants du 10 juillet 2017 qui concluent à titre préjudiciel 
au rejet des conclusions de H. SA, sous suite de frais et dépens, et à titre principal à la 
confirmation des conclusions du recours du 22 novembre 2016 ; ils exposent qu'ils ont 
manifestement qualité pour recourir, dès lors qu'ils sont tous propriétaires de parcelles se 
trouvant à proximité immédiate du projet, lequel engendrera des nuisances importantes ; sur 

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le fond, ils rappellent que le projet doit faire l'objet d'une planification ; à cet égard, le plan 
directeur cantonal est obsolète puisqu'il se réfère à des bases légales qui ne sont plus en 
vigueur ;

Vu la détermination spontanée de l'intimé du 31 août 2017 et celle des recourants du 18 
septembre 2017 ;

Attendu que la compétence de la Cour administrative découle de l'article 160 let. b Cpa ;

Attendu qu'on doit admettre qu'une partie au moins des recourants, en tant que voisins de la 
parcelle X1, ont qualité pour recourir ; ainsi, l'une des parcelles de A., la parcelle X3, est 
attenante à la parcelle X1 ; les autres recourants sont pour l'essentiel propriétaires de parcelles 
ou habitent à W., à une distance d'environ 500 mètres du site ; ils invoquent expressément 
leur qualité de voisins et les nuisances qu'ils encourent à ce titre, en particulier le bruit, pour 
s'opposer au projet ; les éléments sur lesquels ils se fondent sont suffisamment vraisemblables 
pour leur reconnaître la qualité pour recourir, leur pertinence quant au fond faisant l'objet d'un 
examen ultérieur (théorie des faits de double pertinence; cf. BROGLIN/WINKLER DOCOURT, 
Procédure administrative, Principes généraux et procédure jurassienne, 2015, n° 417 et note 
520) ; en outre, dès lors que les dispositions invoquées dans le recours pourraient déboucher 
sur l'annulation de la décision attaquée, on doit admettre qu'ils peuvent s'en prévaloir, quand 
bien même elles ne visent pas directement la protection des particuliers (cf. BROGLIN/WINKLER 
DOCOURT, op. cit., n° 428ss et les références) ; il y a ainsi lieu d'entrer en matière sur le 
recours, sans qu'il soit nécessaire d'examiner si tous les recourants ont qualité pour agir ;

Attendu que le dimensionnement d'une nouvelle zone à bâtir, comme c'est le cas ici, doit se 
faire sur la base de l'article 15 LAT, dont la teneur a été modifiée le 1er mai 2014 ; l'alinéa 1 
prévoit que les zones à bâtir sont définies de telle manière qu'elles répondent aux besoins 
prévisibles pour les quinze années suivantes ; (al. 2) les zones à bâtir surdimensionnées 
doivent être réduites ; (al. 3) l'emplacement et la dimension des zones à bâtir doivent être 
coordonnés par-delà les frontières communales en respectant les buts et les principes de 
l'aménagement du territoire ; en particulier, il faut maintenir les surfaces d'assolement et 
préserver la nature et le paysage ; (al. 4) de nouveaux terrains peuvent être classés en zone 
à bâtir si les conditions suivantes sont réunies: (let. a) ils sont propres à la construction ; (let. 
b) ils seront probablement nécessaires à la construction dans les quinze prochaines années 
même si toutes les possibilités d'utilisation des zones à bâtir réservées ont été épuisées et ils 
seront équipés et construits à cette échéance ; (let. c) les terres cultivables ne sont pas 
morcelées ; (let. d) leur disponibilité est garantie sur le plan juridique ; (let. e) ils permettent de 
mettre en œuvre le plan directeur ; 

Attendu qu'avec cette révision de la LAT, le législateur a entendu durcir la législation 
préexistante, jugée lacunaire, en établissant de manière précise les conditions permettant de 
classer des nouveaux terrains en zone à bâtir, ce pour mieux dimensionner ces zones ; si le 
nouvel article 15 LAT a essentiellement codifié la jurisprudence et la pratique, il apporte 
certaines innovations telles que l'exigence de plans directeurs contenant les stratégies de 
répartition des zones à bâtir et le calcul supposé plus précis des surfaces en fonction des 
besoins (ATF 141 II 393 consid. 2 ; TF 1C_378/2016 du 4 janvier 2017 consid. 3.3) ; 

http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=01.01.2016&to_date=31.12.2017&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=suv&query_words=%2215%22+%22LAT%22&rank=0&azaclir=aza&highlight_docid=atf%3A%2F%2F141-II-393%3Afr&number_of_ranks=0#page393

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Attendu qu'une approche régionale lors du dimensionnement de la zone à bâtir était déjà 
exigée selon l'ancien droit ; la doctrine est également unanime sur le fait que le calcul du 
besoin en zones à bâtir ne peut pas se limiter uniquement aux besoins d’une commune en 
particulier, mais que les capacités des zones à bâtir des autres communes de la région doivent 
aussi être prises en considération (AEMISEGGER/KISSLING, Commentaire pratique LAT, 
Planifier l'affectation, 2016, n° 70 ad art. 15) ;

Attendu qu'en l'espèce, il ne ressort pas du dossier qu'une coordination par-delà les frontières 
communales ait véritablement été réalisée, contrairement à ce que prévoit l'article 15 al. 3 ; à 
cet égard, la fiche 1.07 du plan directeur cantonal mentionne que les zones d’activités 
communales ne seront plus, en principe, étendues jusqu’à ce que le total des réserves 
représente moins de 10 % de la surface des terrains affectés (soit 50 ha au 01.01.2011) ; des 
dérogations sont possibles dans certaines hypothèses, notamment si le développement d’une 
entreprise déjà établie sur le territoire de la commune nécessite l’extension ou la création d’une 
nouvelle zone d’activités ; si l’extension ou la création de la nouvelle zone d’activités est 
compensée par une réduction équivalente de la surface d’une zone d’activités existante située 
sur le territoire de la commune ou dans la région ; si des communes ont convenu d’aménager 
une zone d’activités intercommunale ; ou encore si les réserves que l’on trouve dans la 
commune concernée et dans sa région sont insuffisantes pour couvrir les besoins des PME et 
artisans locaux ;

Attendu que la décision attaquée considère que la mise en zone est conforme à la fiche 1.07 
du plan directeur, dès lors que le développement de H. SA la rend nécessaire ; il ne ressort 
toutefois pas du dossier que le projet doit obligatoirement prendre place sur la commune de 
U. ; au contraire, il n'est pas du tout contigu au site où l'entreprise se trouve actuellement et 
mène ses activités principales que sont le génie civil et le terrassement ; le propriétaire de 
l'entreprise a du reste déclaré lors de la séance de conciliation qu'il réaliserait son projet quoi 
qu'il en soit, le cas échéant ailleurs qu'à U. (dossier SDT, p. 37) ; or, selon le rapport d'examen 
préalable, plusieurs communes ajoulotes disposent de réserves de terrains libres en zones 
d'activités (dossier SDT, p. 15) ; aucun site ne semble toutefois avoir été examiné ; 

Attendu qu'il y a lieu de rappeler que la zone à bâtir de U. est largement surdimensionnée, 
ainsi que cela ressort de la matrice de surdimensionnement établie par l'intimé, qui fait état 
d'une capacité d'accueil totale de 563 habitants et EPT, alors que les perspectives totales 
2030 sont de 335 (PJ intimé n° 3) ;

Attendu qu'il faut également rappeler que le PAL de U. date de 1983 et à ce titre a 
manifestement perdu toute pertinence, puisqu'un plan d'affectation a une durée de validité 
d'une quinzaine d'années (cf. art. 21 al. 2 LAT ; voir également TANQUEREL, Commentaire 
pratique LAT, Planifier l'affectation, 2016, n° 39 ad art. 21) ; il va de soi que les circonstances 
qui prévalaient à l'époque se sont significativement modifiées ; on peut ainsi douter que la 
procédure suivie ici, le classement en zone à bâtir d'une seule parcelle, permette de réaliser 
la pesée des intérêts requise par l'alinéa 3 de l'article 15 ; une pesée globale de tous les 
aspects et intérêts territoriaux importants s'impose (AEMISEGGER/KISSLING, op. cit., n° 74ss ad 
art. 15 ; cf. également ATF 140 II 25 consid. 6 mutatis mutandis, qui prévoit un examen global 

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de la réduction d'une zone à bâtir ; voir aussi TF 2C_238/2016 du 2 décembre 2016 consid. 
6.3.4, publié in ZBI 118/2017 p. 324, qui rappelle que le dimensionnement correct de la zone 
à bâtir nécessite une vision globale de toutes les zones à bâtir dans une commune) ; il faut ici 
relever que la révision partielle 2012 de la LAT a justement pour objectif d’enrayer l’utilisation 
du sol et de mieux protéger les terres cultivables ainsi que la nature et le paysage, afin de 
réaliser le mandat constitutionnel du développement durable (AEMISEGGER/KISSLING, op. cit., 
n° 75 ad art. 16) ;

Attendu que cette appréciation est confirmée par le fait que lors de la séance de conciliation, 
H. SA a indiqué que le site en question était le seul endroit proposé par la commune (dossier 
SDT, p. 37) ; certes, d'autres sites sur la commune ont semble-t-il été considérés, mais ont 
manifestement été écartés par les autorités communales pour différentes raisons ; celles-ci ne 
sont pas explicitées dans un document formel mais ressortent du procès-verbal de l'audience 
de conciliation (dossier SDT, p. 37) ainsi que du procès-verbal de l'assemblée communale 
extraordinaire du 21 janvier 2016, lors de laquelle la modification du PAL a été adoptée 
(dossier SDT, p. 40) ; les autorités communales ont également succinctement motivé leur 
choix dans une prise de position à l'attention du SDT (dossier SDT, p. 41) ; il apparaît toutefois 
difficile d'évaluer la pertinence de leurs motifs sur cette seule base ; 

Attendu qu'il apparaît également que la parcelle X1 se trouve à l'écart du village de W. ; la 
nouvelle zone d'activités doit certes s'inscrire en prolongement de la zone d'activités créée en 
2011 ; celle-ci est toutefois d'une surface moindre, de 3'233 m2, et on peut se demander si 
elle ne constitue pas une mini-zone à bâtir à l'écart du territoire urbanisé, ce qui est prohibé 
par le droit fédéral (RJJ 2015, p. 103 consid. 4.2, 7.3 et 9 et les références) ; en tout état de 
cause, il n'apparaît pas opportun d'étendre cette zone sans examiner si ailleurs dans la région, 
respectivement sur le territoire communal, des zones déjà véritablement urbanisées se 
prêteraient à l'activité envisagée ; 

Attendu qu'au vu de l'ensemble de ces éléments, l'affectation à la zone à bâtir de la parcelle 
X1, même compensée, n'est pas conforme au droit ; il y a ainsi lieu d'admettre le recours et 
d'annuler la décision attaquée ;

Attendu que les frais de la procédure doivent être laissés pour moitié à charge de l'Etat, 
puisque la décision attaquée est annulée, et mis pour moitié à charge de H. SA, compte tenu 
de son intérêt à la procédure (cf. BROGLIN/WINKLER DOCOURT, op. cit., n° 616) ; pour les 
mêmes motifs, l'indemnité de dépens à laquelle ont droit les recourants doit être versée par 
moitié par l'intimé et par moitié par H. SA ; la note d'honoraires de Me Theurillat apparaît 
toutefois excessive, puisqu'elle fait état de 26.5 heures pour la seule procédure de recours, 
qui était uniquement écrite ; vingt heures apparaissent suffisantes pour la rédaction du 
mémoire de recours de 8 pages et d'une prise de position de 5 pages, la prise de connaissance 
et l'étude du mémoire de réponse de l'intimé, qui compte 17 pages, et celui de l'appelée en 
cause, de 11 pages ; 

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PAR CES MOTIFS 

LA COUR ADMINISTRATIVE

admet

le recours ;

annule

la décision attaquée ;

met

les frais de la procédure, par CHF 1'500.-, pour moitié à charge de H. SA, soit CHF 750.-, à 
prélever sur l'avance des recourants, auxquels l'appelée en cause les remboursera, le solde 
étant laissé à la charge de l'Etat ;

ordonne

la restitution aux recourants du solde de leur avance de frais, par CHF 1'750.- (CHF 2'500.- - 
CHF 750.-);

alloue

aux recourants une indemnité de dépens de CHF 6'184.30, (honoraires : CHF 5'400.- ; 
débours : CHF 326.20 ; TVA : 458.10), à verser pour moitié par H. SA et pour moitié par le 
SDT ;

informe

les parties des voie et délai de recours selon avis ci-après ;

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ordonne

la notification du présent arrêt :
 aux recourants, par leur mandataire, Me Hubert Theurillat, avocat à Porrentruy ;
 à l'intimé, le Service du développement territorial, Rue des Moulins 2, 2800 Delémont ;

 aux appelées en cause :
 Commune mixte de U. 
 Commune municipale de V. ;
 F. ;
 G. ;
 H. SA, par sa mandataire, Me Martine Lang, avocate à Porrentruy ;
 I. ;

 à l'Office fédéral du développement territorial, Case postale, 3003 Berne.

Porrentruy, le 3 octobre 2017 

AU NOM DE LA COUR ADMINISTRATIVE
La présidente : La greffière e.r.:

Sylviane Liniger Odiet Anne Kohler

Communication concernant les moyens de recours :

Le présent arrêt peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le 
recours en matière de droit public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal 
fédéral (LTF - RS 173.110), le recours constitutionnel subsidiaire aux conditions des articles 113 ss LTF. Le 
mémoire de recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14 ; il doit être rédigé dans une langue 
officielle, indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. Les motifs doivent exposer 
succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit. Si le recours n'est recevable que s'il soulève une question 
juridique de principe, il faut exposer en quoi l'affaire remplit cette condition. Les pièces invoquées comme moyens 
de preuve doivent être jointes au mémoire, pour autant qu’elles soient en mains de la partie ; il en va de même de 
la décision attaquée.