# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** cd52e3d3-889e-526d-a07e-625fe3316c8b
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-01-22
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 22.01.2014 P/17806/2009
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-17806-2009_2014-01-22.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par pli(s) recommandé(s) du 28 mars 2014 et à 
l'autorité inférieure. 

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/17806/2009 AARP/138/2014

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du mercredi 22 janvier 2014 

 

Entre 

A______, domiciliée ______, actuellement détenue à la prison ______ comparant par  

Me Pierre BAYENET, avocat, rue Verdaine 6, case postale 3215, 1211 Genève 3, 

appelante, 

intimée sur appel joint, 

 

contre le jugement JTCO/90/2013 rendu le 11 juin 2013 par le Tribunal correctionnel, 

 

et 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6b, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565 - 1211 Genève 3, 

appelant joint, 

intimé sur appel principal. 

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EN FAIT : 

A. a. Par acte du 12 juin 2013, A______ a annoncé appeler du jugement JTCO/90/2013 
rendu par le Tribunal correctionnel la veille, dont les motifs ont été notifiés le 30 
août 2013, par lequel les premiers juges l’ont reconnue coupable d’infraction à l’art. 
19 ch. 1 et 2 de la loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes du 3 
octobre 1951 dans son ancienne teneur (aLStup ; RS 812.121), l’ont condamnée à 
une peine privative de liberté de 7 ans, sous déduction de 1'234 jours de détention 
avant jugement, et au paiement des frais de la procédure, par CHF 111'355.35, y 
compris un émolument de jugement de CHF 3'000.-, ordonnant au surplus son 
maintien en détention de sûreté. 

b.a. Par courrier recommandé du 19 septembre 2013, A______ a formé la 
déclaration d’appel prévue à l’art. 399 al. 3 du code de procédure pénale suisse du 5 
octobre 2007 (CPP ; RS 312.0). 

b.b. Le 14 octobre 2013, le Ministère public a déclaré former un appel joint. 

c. Selon l’acte d’accusation du Ministère public du 19 mars 2013, il est reproché à 
A______ d’avoir, entre le 30 septembre 2009 et le 25 janvier 2010, agissant avec les 
circonstances aggravantes de la quantité, de la bande et du métier, participé, 
conjointement avec B______, C______ et D______, à un trafic de stupéfiants portant 
sur 2.638 kg et 1.639 kg de cocaïne, d’un taux de pureté oscillant entre 70 % et 80 %, 
acquis auprès de E______ en Equateur, en organisant et finançant la venue depuis la 
Lituanie et le séjour en Equateur des mules F______ et G______, acquérant des 
billets pour leur retour en Suisse, organisant la préparation de leurs bagages 
contenant la cocaïne ainsi que leur acheminement à l’aéroport de Guayaquil et leur 
accueil à Genève, leur retour en Suisse n’étant jamais intervenu suite à leur 
arrestation en Equateur. 

B. Les faits pertinents pour l’issue du litige sont les suivants : 

a.a. De sources confidentielles, la police a appris qu’un réseau de trafiquants de 
drogue d’origine africaine, dont une dénommée H______ qui en gérait la 
coordination, faisait appel à des ressortissants de pays de l’Est pour effectuer des 
transports de cocaïne. D’importantes quantités de drogue étaient exportées dans des 
valises depuis l’Amérique latine jusqu’en Espagne, où des « doigts » étaient 
confectionnés et ingérés par ces mules en vue de leur livraison en Suisse. 

Le 7 novembre 2009, la police a interpellé I______ et J______, ressortissants 
lituaniens, à leur arrivée à l’aéroport de Genève en provenance de Madrid, lesquels 

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avaient ingéré une soixantaine de doigts de cocaïne, représentant plus de 550 g, d’un 
taux de pureté oscillant entre 35 % et 40 %. 

a.b. Entendu par la police, I______ a indiqué travailler depuis cinq mois pour la 
dénommée H______, domiciliée à Zurich, atteignable notamment aux numéros 
1______ et 2______, laquelle lui avait envoyé de l’argent par l’intermédiaire de 
WESTERN UNION. Pour son compte, il avait recruté trois mules, dont deux avaient 
voyagé depuis l’Equateur jusqu’à Genève, via Madrid, emportant dans leur valise de 
la cocaïne, la troisième se trouvant encore en attente au Brésil. J______ a en 
substance tenu les mêmes propos. 

Réentendus aux différentes étapes de la procédure, ils se sont rétractés, I______ se 
prévalant de la nullité de ses aveux en raison de plusieurs vices de forme. 

b.a.a. Statuant suite à une décision du Juge d’instruction rendue la veille, la Chambre 
d’accusation a autorisé, le 10 décembre 2009, la surveillance des raccordements 
1______ et 2______ utilisés par H______. 

Le 22 décembre 2009, le Juge d’instruction a ordonné le contrôle du raccordement 
3______ utilisé par une femme d’origine ghanéenne, séjournant en Equateur, qui 
avait des contacts quotidiens avec H______, et qui était apparue devoir remettre de la 
cocaïne à deux mules, ce que les contrôles effectués sur les numéros de téléphone 
utilisés par H______ avaient mis en évidence, et du 4______ utilisé par H______. 
Par ordonnance du même jour, la Chambre d’accusation a autorisé ce contrôle, 
faisant siens les motifs invoqués par le Juge d’instruction dans sa décision 
susmentionnée. 

La Chambre d’accusation a également autorisé le contrôle du raccordement 5______ 
le 14 décembre 2009 utilisé par deux mules lituaniennes, du 6______ le 4 janvier 
2010 utilisé par la ghanéenne séjournant en Equateur, des 7______ et 8______ le 20 
janvier 2010 utilisés par H______ et son comparse à Zurich, du 9______ le 21 
janvier 2010 utilisé par H______ et des 10______ et 11______ utilisés par la 
ressortissante ghanéenne séjournant en Equateur. 

b.a.b. Le 6 octobre 2011, le Ministère public a requis du Tribunal des mesures de 
contrainte (ci-après : TMC) qu’il autorise, conformément à l’art. 278 al. 3 CPP, 
l’extension des mesures de surveillance ordonnées sur les raccordements 1______, 
2______, 4______, 7______, 9______, 5______, 12______, 8______ afin qu’elles 
puissent être exploitées à l’égard de la femme d’origine ghanéenne séjournant en 
Equateur, identifiée comme étant A______. 

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Par ordonnance du 10 octobre 2011, le TMC a accepté cette extension afin que le 
résultat des mesures de surveillance puisse être exploité à l’égard de la personne 
susnommée. 

b.a.c. Le 14 octobre 2011, le Ministère public a informé le conseil de A______ que 
la totalité des écoutes téléphoniques opérées dans le cadre de l’instruction de l’affaire 
la concernant avait été versée à la procédure. Le dossier était à sa disposition en vue 
de consultation. Le 29 novembre 2011, il l’a encore informé que les raccordements 
utilisés par sa mandante (3______, 6______, 10______ et 11______) avaient fait 
l’objet d’une mesure de surveillance au sens des art. 269ss CPP et que le résultat des 
écoutes, notamment les rapports de police des 7 et 25 janvier 2010, étaient versés à la 
procédure ; ce courrier mentionnait les voies et délais de recours. 

b.b. Les investigations menées par la police sont retranscrites dans les rapports des 7 
et 25 janvier 2010, dont il résulte les éléments suivants : 

b.b.a. Le contrôle effectué sur les divers raccordements a permis d’identifier 
H______, également appelée K______, comme étant B______, laquelle était aidée 
dans son trafic par D______ et C______, tous trois domiciliés à Zurich, et par 
A______, séjournant à Quito, en Equateur, depuis le 30 septembre 2009, aux fins 
d’assurer le contact avec le fournisseur de la drogue, E______, pasteur et président 
d’une fondation venant en aide aux ressortissants africains, ainsi que sa femme, 
L______. Au Ghana, B______ comptait sur le soutien du dénommé M______ ou 
N______, dont la tâche consistait à transmettre des messages entre les protagonistes. 
Son petit ami, O______, s’occupait de recruter des mules d’origine lituanienne, dont 
F______ et G______, pour le transport de stupéfiants entre l’Equateur et la Suisse. 

b.b.b. La police avait observé la présence de O______ à Zurich le 11 décembre 
2009, où il avait été rejoint par deux compatriotes, F______ et G______, tous deux 
nés en ______, lesquels avaient quitté la Suisse à destination de l’Equateur quatre 
jours plus tard, après avoir été accompagnés à l’aéroport par C______. Le 26 
décembre 2009, la police avait observé B______ et C______ se rendre à l’aéroport 
de Genève, au niveau des arrivées, où ils avaient attendu en vain pendant plusieurs 
heures, montrant une certaine nervosité, avant de repartir seuls à Zurich. 

b.b.c.a. Durant la période de surveillance des raccordements susmentionnés, 
A______ et B______ étaient quotidiennement en contact, parfois plusieurs fois par 
jour, se parlant en krobo, un dialecte ghanéen. Lors de leurs conversations, B______ 
se trouvait souvent en compagnie de D______ ou de C______, lesquels intervenaient 
dans leurs discussions. Les divers interlocuteurs utilisaient des codes, désignant les 
mules par les termes P______, Q______ ou encore le R______ pour F______. 
L’S______ faisait référence à E______, la T______ à son épouse, L______, et 
U______ à C______. Le terme V______ était utilisé pour l’Espagne, tandis que 

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d’autres dénominations, comme W______, X______ ou Y______, servaient à 
désigner différents lieux. 

b.b.c.b. Le 11 décembre 2009, A______ demande à B______ si les personnes « sont 
venues » et explique être « stressée par le temps », les « choses devant se faire avant 
Nöel ». Son interlocutrice lui répond que les choses devaient « bouger » dès la 
semaine suivante. 

Le lendemain, B______ indique à A______ avoir « donné les instructions aux deux 
garçons », qui seront « capables de le faire », le départ étant fixé le 15 décembre 
2009. Son interlocutrice lui dit alors d’acheter des draps et du papier aluminium afin 
de partager et emballer « une chose ». 

Le 13 décembre 2009, A______ et B______ se disent que des personnes en Suisse 
avaient remis « 30 pierres à H______ pour faire les choses pour eux » mais que la 
prochaine fois, il faudra « faire moins pour se concentrer sur nos affaires ». 

Le lendemain, elles parlent de la sécurité à l’aéroport et des « machines à rayon X », 
A______ rassurant son interlocutrice en lui indiquant que la « marchandise a été 
conditionnée de manière à ne pas pouvoir être détectée » et que « les gens qui 
voyageront devront prier et être prudents » ; elle suggère que « la prochaine fois, la 
marchandise pourrait être cachée dans des affaires d’enfants ». 

Les 15 et 16 décembre 2009, A______ demande à B______ « où se trouve V_____», 
laquelle lui répond qu’il a fait « tout le travail » et qu’il a fait du « bon travail », 
ajoutant vouloir l’« utiliser encore longtemps ». En parlant des « garçons qui 
voyagent », A______ dit qu’il s’agit d’un long voyage et qu’il faudra choisir d’autres 
vols la prochaine fois, les P______ pouvant être « réutilisés plusieurs fois car ils sont 
beaucoup moins contrôlés » ; elle suggère à son interlocutrice de « conserver » son 
ami O______, qui les aidait précieusement. A______ confirme ensuite à B______ 
que « le travail est en train d’être fait ». 

Les 18 et 19 décembre 2009, A______ demande à B______ l’envoi d’un montant de 
« 3'000.- » au nom T______, désignant ce dernier comme étant « celui qui organise 
la chose » et précisant qu’il « a désormais sa confiance ». 

Lors de l’une de leurs conversations du 20 décembre 2009, B______ et A______ se 
congratulent, tout semblant « fonctionner comme prévu ». Cette dernière précise 
encore qu’elle a la confiance des personnes se trouvant en Equateur et passe le 
combiné à L______, qui dit à B______ de « rester prudente ». 

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Le lendemain, A______ explique à B______ que celle-ci devait être « de retour 
vendredi », dès lors que la « chose » était « emballée » et que le plan restait 
inchangé. 

Le 22 décembre 2009, A______ informe B______ qu’elle a vu les « deux 
personnes », estimant « qu’elles feront un bon travail », ce qui ne l’empêche pas de 
« prier pour qu’elles aient du succès la semaine prochaine ». Les deux femmes 
parlent ensuite d’argent et A______ indique qu’il n’y a pas 30 (i.e. 30'000.-), mais 20 
(i.e. 20'000.-), U______ devant « arranger » l’envoi du solde, mais « pas à son 
nom ». 

Le lendemain, A______ indique à son interlocutrice que les deux garçons ne 
suffiront pas et qu’il faut en trouver d’autres, suggérant à B______ d’en « toucher 
quelques mots à son petit ami ». Elles parlent ensuite des « deux garçons », A______ 
précisant qu’il ne restait que trois jours pour Q______, qui a l’air stupide. 

Lors de l’une de leurs conversations du 25 décembre 2009, A______ est en larmes, 
l’S______ ayant « dépensé l’argent », sans s’être « occupé de la chose » et 
demandait encore plus d’argent ; elle ne voulait plus rester en Equateur, où elle 
n’était pas bien traitée, son interlocutrice devant dire à U______ de trouver un autre 
fournisseur. C______ intervient alors dans la conversation et demande à A______ de 
se montrer patiente, lui indiquant qu’il passera des « coups de fil pour trouver 
quelqu’un ». B______ reprend la parole et explique à son interlocutrice qu’il faut 
« laisser le premier venir avec la chose » et qu’ils aviseront « en fonction » ; 
U______ devait contacter Z______ ou AA______ pour élaborer un « plan B » et 
éventuellement trouver « quelqu’un d’autre pour faire le travail ». A______ explique 
à B______ qu’elle parle souvent avec Q______ et que son voyage « n’a pas 
changé ». Les deux femmes plaisantent et rigolent ensuite sur le fait que B______ 
soit occupée le lendemain à « aller à l’Eglise ». Le même jour, A______ contacte en 
vain, à deux reprises, le raccordement d’F______. 

Le 26 décembre 2009, A______ parle à B______ le matin et le soir, à six reprises. 
Elle lui fait part de son inquiétude, n’arrivant pas à joindre R______, son 
interlocutrice lui disant qu’elle contactera son petit ami afin qu’il recrute d’autre 
personnes, celui-ci étant « trop nul ». A______ lui demande si U______ pense 
qu’elle doit rentrer en Suisse et lui explique que « tout le monde est confus en 
Equateur » car le R______ ne répond plus ; il avait dû être « pris ». C______ 
intervient et explique que cela lui paraît « étrange ». Le même jour, D______ entre 
en contact avec A______, de même qu’avec B______, qui lui dit qu’elle la tiendra 
informée de l’évolution de la situation. 

Le 27 décembre 2009, A______ et B______ se disent qu’elles doivent penser « à ce 
qu’elles vont faire », cette dernière étant d’avis que l’autre « garçon » ne devrait 

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« pas venir ». A______ répond qu’il faut savoir où le « garçon », qui était trop 
stupide et n’aurait pas dû être « utilisé », a été arrêté pour redéfinir une stratégie. Les 
deux femmes pleurent ensuite à tour de rôle. A______ demande à son interlocutrice 
de requérir l’aide de O______ pour changer le billet d’avion de G______. Le même 
jour, D______ appelle A______ pour la réconforter, son interlocutrice n’ayant fait 
aucune erreur mais que le « business » était difficile en ce moment. Elle devait à 
présent encore rester en Equateur pour tenter de faire venir quelque chose, même si 
« c’était moins ». 

Le lendemain, A______ se confie à B______, indiquant que le « garçon » avait pu 
voler la « chose ». Il leur fallait trouver de l’argent pour modifier l’itinéraire du billet 
de l’autre « garçon ». 

Le 29 décembre 2009, D______ tente de calmer A______, lui enjoignant de se 
montrer patiente. A l’avenir, elles choisiraient mieux les personnes en charge du 
transport. 

Le 31 décembre 2009, B______ informe A______ qu’elle a fait envoyer « 300.- » en 
faveur de G______, toutes étant inquiètes au sujet du retour en Suisse de ce dernier, 
n’arrivant pas à changer la date du vol, faute d’argent. 

Le 1er janvier 2010, A______ explique à B______ être allée avec « l’homme 
chercher quelque chose d’autre », une « chose très belle », « indétectable » et 
« meilleure ». Si elle avait disposé de cette « chose » dès le début, le garçon n’aurait 
pas été arrêté. Cette « chose » avait toutefois un prix, qui était de « 30 » (i.e. 
« 30'000.- »), ce dont B______ devait parler à U______. 

Le lendemain, A______ explique à B______ être allée chercher la marchandise, 
qu’elle avait sous les yeux, avec la T______. Son interlocutrice devait à présent se 
concerter avec U______ pour trouver CHF 10'000.- afin de payer cette marchandise, 
qui était « très bonne et indétectable ». D______ intervient dans la conversation et 
suggère que G______ revienne « à vide », B______ et A______ n’adhérant toutefois 
pas à cette idée. 

Le 3 janvier 2010, A______ explique à B______ qu’il ne faut pas se contenter de 
modifier le billet d’avion du « garçon », mais lui en acheter un nouveau. Elle lui 
demande d’insister auprès de U______ pour qu’il obtienne « 10 » (i.e.  
CHF 10'000.-), la sécurité du transport étant primordiale. 

Le lendemain, B______ informe A______ avoir trouvé CHF 10'400.- d’un homme 
connaissant U______. A______ lui suggère de demander à cet homme de se joindre 
à leur « business ». Le même jour, C______ contacte A______ pour lui proposer 
l’achat d’un billet via les Pays-Bas, son interlocutrice l’informant que le « garçon » 

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était à ______ car il souffrait de ______. A______ indique ensuite à son 
interlocuteur n’avoir pas effectué de réservation pour « le vol », ce qui suscite 
l’énervement de C______, qui lui demande de faire une réservation. 

Le 5 janvier 2010, A______ informe B______ que « l’homme » est parti hier et que 
la « chose » sera prête le lendemain. Elle avait acheté un billet d’avion en compagnie 
de la T______. 

Lors de leurs conversations du 6 janvier 2010, A______ et B______ semblent 
positives, se disant que tout allait « bien fonctionner ». N’arrivant pas à joindre 
U______, B______ devait envoyer seule l’argent, A______ lui demandant de ne pas 
oublier d’y joindre quelque chose ______, soit CHF 300.-. Celle-ci conseille en outre 
à son interlocutrice d’envoyer le solde à la T______. B______ avait parlé à 
O______, lequel l’avait informée qu’F______ avait été interpellé en Equateur, de 
sorte qu’elle en avait déduit que l’S______ n’avait rien « donné » à l’agent de 
l’aéroport. Suite à leur conversation, A______ prend contact avec C______ et 
l’informe de la situation, la même erreur ne devant pas être commise pour l’autre 
« garçon ». C______ lui dit alors qu’ils devaient le faire par V______. 

Le lendemain, B______ informe A______ du contenu de sa discussion avec 
O______, qui est lui-même entré en contact avec F______, lequel a demandé à 
obtenir « 8'000.- » en monnaie équatorienne. Les deux femmes éclatent alors de rire. 
A______ indique à son interlocutrice qu’ils iront « chercher la chose » et qu’il faudra 
penser à donner « 500.- » au personnel de l’aéroport. Le même jour, A______ entre 
en contact avec C______ et D______ pour les informer de la situation, cette dernière 
conseillant à son interlocutrice de passer par V______. 

Les 8 et 9 janvier 2010, A______ se plaint auprès de B______ de l’S______, qui 
n’arrête pas de changer de plan et en qui elle n’a plus confiance. Toutes deux 
s’accordent sur le fait qu’il s’agit d’un menteur. A______ détaille alors sa rencontre 
avec le nouveau fournisseur qui lui inspire un sentiment « très positif » et qui a l’air 
expérimenté, vu son séjour en prison. Les deux femmes s’entendent toutefois sur le 
fait qu’il leur fallait « terminer l’affaire en cours », pour « commencer » avec le 
nouveau fournisseur une fois G______ de retour. 

Le 12 janvier 2010, B______ reproche à A______ de ne pas avoir voulu suivre le 
plan initialement prévu en changeant le billet de G______ et en confiant pour ce faire 
de l’argent à E______, son interlocutrice se légitimant par la prudence dont elle 
devait faire preuve en raison de l’arrestation du premier « garçon ». 

Le 18 janvier 2010, A______ informe B______ que la date reste à définir et que 
l’S______ se trouve dans le même hôtel que G______. Une fois le voyage réussi, 
elle projetait de revenir en Suisse, l’« endroit » étant trop dangereux. 

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Le 22 janvier 2010, A______ indique à B______ avoir demandé à C______ de se 
rendre chez elle afin de « parler de tout ça ensemble ». Une fois ce dernier présent, 
tous trois se disent qu’ils doivent « aller de l’avant et commencer à prier ». Lors 
d’une conversation ultérieure, A______ fait part à B______ de son affolement, 
G______ ne l’ayant pas contactée une fois les contrôles de l’aéroport passés. Son 
interlocutrice tente de la rassurer et lui dit d’être patiente. Le même jour, O______ 
envoie un message à B______ dont la teneur est la suivante : « Salut bébé. Comment 
vas-tu ? Tu veux des hommes ? Je regarde pour le visa au ______ ». 

Durant la nuit du 23 janvier 2010, A______ informe B______ que G______ a été 
interpellé, ce qu’elle a appris par l’intermédiaire de l’S______ et de sa femme. 
D______ parle en arrière fond, disant que A______ devait immédiatement rentrer en 
Suisse. Cette dernière lui explique toutefois vouloir rencontrer le nouveau 
fournisseur. Ses interlocutrices tentent de l’en dissuader, dès lors qu’une fois 
A______ de retour, elles pourront trouver un nouvel endroit pour recommencer le 
« business ». A______ informe également C______ de la situation et pleure lors de 
leur conversation. 

c.a. F______ et G______ ont été interpellés par les autorités équatoriennes 
respectivement les 25 décembre 2009 et 22 janvier 2010 à l’aéroport de ______ alors 
qu’ils s’apprêtaient à prendre un avion à destination de Genève, via ______. Tous 
deux étaient porteurs de cocaïne dans leurs bagages, d’un poids de 2.638 kg pour le 
premier et de 1.639 kg pour le deuxième. Le taux de pureté de la drogue, qui n’a pas 
été analysée, était estimé entre 70 % et 80 % de substance pure, ce qui correspondait 
à la moyenne de celle habituellement importée d’Amérique du Sud, la cocaïne 
n’étant coupée qu’une fois arrivée en Europe. F______ et G______ ont été 
condamnés par les autorités judiciaires équatoriennes à des peines privatives de 
liberté de respectivement 8 et 4 ans. 

c.b. Entendus en Equateur sur commission rogatoire internationale, F______ et 
G______ ont tous les deux reconnu la voix de A______ comme étant celle de 
BB______ à l’écoute d’une conversation téléphonique. 

c.b.a. F______ avait été contacté par O______ en décembre 2009 pour effectuer un 
« travail » en Amérique latine, moyennant un gain important, lequel lui avait montré 
une photographie représentant une plage. Il en avait parlé à G______ et tous deux 
s’étaient rendus à Zurich, où ils avaient été accueillis par O______ et avaient 
rencontré C______ et B______, laquelle leur avait remis de l’argent pour les billets 
d’avions et couvrir leurs dépenses en Espagne. Elle leur avait également acheté des 
habits élégants pour « passer inaperçus ». Arrivé à Guayaquil, il avait composé le 
numéro de BB______ , précédemment donné par O______. Son interlocutrice l’avait 
fait patienter, tout en lui donnant pour instruction de remettre ses valises à un 
individu qui passerait à son hôtel. Elle l’avait ultérieurement contacté pour l’informer 

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de ce qu’une femme lui remettrait une nouvelle valise, avec laquelle il devait se 
rendre à l’aéroport, où il avait finalement été interpellé. Lors de son séjour en 
Equateur, BB______ le contactait une à deux fois par jour, tous les deux jours. 

c.b.b. G______ avait été mis en contact avec O______ par l’intermédiaire 
d’F______ au début du mois de décembre 2009 pour effectuer un transport pour son 
compte, moyennant une rétribution importante. A Zurich, B______ lui avait acheté 
un billet d’avion pour l’Equateur et lui avait remis de l’argent pour payer l’hôtel. 
Arrivé à Guayaquil, il était entré en contact avec la dénommée BB______ , qui lui 
avait donné des instructions pendant la durée de son séjour, mais qu’il n’avait jamais 
rencontrée. 

d.a. Le 25 janvier 2010, la police a interpellé B______, C______ et D______ à 
Zurich. 

La perquisition du domicile de B______ a révélé la présence de plusieurs téléphones 
portables aux numéros d’appel 9______, 4______, 7______, ainsi qu’un emballage 
de la carte « sim » du numéro 2______. Plusieurs récépissés de la société WESTERN 
UNION ont également été trouvés, pour des transferts d’argent en faveur de L______ 
et de E______ pour CHF 10'000.- transféré en deux fois le 4 janvier 2010, de 
G______ pour CHF 339.02 le 6 janvier 2010, de E______ et L______ pour 
CHF 1'114.60 et CHF 222.92 le 13 janvier 2010, de E______ pour CHF 1'040.03 le 
18 janvier 2010. 

d.b. B______, C______ et D______ ont successivement été entendus par la police, 
devant le Juge d’instruction et le Tribunal criminel, devant lequel ils ont été renvoyés 
en jugement en compagnie de I______ et J______. Ils ont également été entendus 
devant le Ministère public, en qualité de personnes appelées à donner des 
renseignements dans le cadre de la procédure ouverte contre A______. 

Leurs déclarations sont en substance les suivantes : 

d.b.a. B______ a reconnu être impliquée dans un trafic international de cocaïne, 
dans lequel elle avait été introduite par E______. S’étant initialement rendue en 
Equateur pour les vacances, A______, dont elle ignorait le rôle exact, s’était chargée 
du contact avec le fournisseur de cocaïne, pendant qu’elle-même s’était contentée de 
prendre en charge les mules à leur arrivée en Suisse. Elle avait néanmoins envoyé 
O______ en Equateur au mois de décembre 2009, d’où il avait importé 300 g de 
cocaïne, qu’elle avait revendus au prix de CHF 15'000.-. Elle avait ensuite envoyé un 
montant de CHF 10'000.- à E______ pour qu’il acquière un autre « lot » de drogue et 
avait demandé à O______ de lui trouver de nouveaux transporteurs. Après que celui-
ci eut fait appel à deux compatriotes, F______ et G______, elle avait organisé leur 
voyage, leur expliquant ce qu’ils devaient faire une fois arrivés à Guayaquil et 

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qu’elle les attendrait à l’aéroport à leur retour en Suisse avec la marchandise, 
conformément aux instructions de E______. Les mules n’étaient toutefois jamais 
revenues. C______ et D______ étaient également impliqués dans ce trafic. Cette 
dernière donnait d’ailleurs des conseils et des instructions à A______ s’agissant de 
l’itinéraire devant être emprunté par G______ et avait envoyé, de son propre chef, de 
l’argent à sa compatriote en Equateur. Les choses ne se passant pas très bien dans ce 
pays, A______ parlait de recourir à un autre fournisseur rencontré par l’intermédiaire 
de Z______ pour leur prochain trafic. Les divers récépissés de transferts d’argent via 
WESTERN UNION ne lui appartenaient pas et le bénéfice généré par ce trafic s’était 
limité à CHF 1'000.-. 

d.b.b. C______ a admis être impliqué dans un trafic de stupéfiants, tout comme ses 
amies A______, B______ et D______. A la demande de A______, il avait accueilli 
O______ à son arrivée à l’aéroport de Genève en décembre 2009 et en avait fait de 
même pour les deux mules, qu’il avait également emmenées à l’aéroport lors de leur 
départ pour l’Equateur et leur avait remis des chemises. Par la suite, A______ lui 
avait encore demandé de prendre en charge les transporteurs à leur retour en Suisse, 
mais ils n’étaient jamais arrivés à destination, ayant été interpellés dans l’intervalle. 
Elle avait également insisté pour qu’il lui envoie un montant de CHF 10'000.- en 
Equateur, ce qu’il n’avait toutefois pas pu faire à défaut d’avoir trouvé les fonds 
nécessaires, lesquels étaient destinés à payer le fournisseur en vue de l’achat d’un 
nouveau billet d’avion ; l’argent avait finalement été avancé par B______. Il avait 
rendu ces services à A______ à contrecœur, n’ayant jamais été rétribué de sa part, et 
n’avait compris que plus tard qu’ils étaient en lien avec un trafic de stupéfiants. Il 
s’était senti utilisé dans cette affaire, dans le cadre de laquelle son rôle était celui 
d’un subalterne, ce d’autant que les conversations téléphoniques entre A______ et 
B______ s’effectuaient en krobo, langue qu’il ne maîtrisait pas. Il avait tout de même 
compris de leurs échanges que A______, qui prenait seule les décisions et s’était 
rendue en Equateur de sa propre initiative, donnait des instructions à B______, 
raisons pour lesquelles il la considérait comme la « boss ». 

d.b.c. Feu D______, décédée le 7 novembre 2012, était étrangère à tout trafic de 
stupéfiants. B______ et A______ étaient ses amies, de sorte qu’elle avait effectué 
des transferts d’argent pour leur compte, sans en connaître la raison. En été 2009, 
A______ lui avait parlé de ses projets qui consistaient à se rendre en Equateur pour y 
faire du « business », un homme étant disposé à lui remettre « quelque chose ». Elle 
ne savait toutefois rien de plus de ses projets. A plusieurs reprises, elle avait tenté de 
réconforter A______, qui n’était pas heureuse en Equateur, lui conseillant de revenir 
en Suisse. Comme elle se trouvait souvent chez B______, elle avait entendu 
certaines de ses conversations, auxquelles elle n’avait pas pris part. 

d.c.a. Par jugement JTCR______ du ______ 2012, le Tribunal criminel a reconnu 
I______, J______, B______, C______ et D______ coupables d’infraction à l’art. 19 

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ch. 1 et 2 LStup et les a condamnés à des peines privatives de liberté de 
respectivement 7 ans et demi, 4 ans, 7 ans, 4 ans et demi et 18 mois, ainsi qu’au 
paiement d’un cinquième chacun des frais de la procédure par CHF 77'353.75, y 
compris un émolument de jugement de CHF 8'000.-. 

d.c.b. Après avoir formé appel contre ce jugement, I______, C______ et B______ 
ont été condamnés à des peines privatives de liberté de respectivement 5 ans et demi, 
4 ans et 6 ans et demi par arrêt du ______ 2012 de la Chambre pénale d’appel et de 
révision (AARP______). 

S’agissant de la peine infligée à C______, la Chambre de céans a considéré qu’une 
telle sanction, tenant compte de la violation du principe de célérité, se justifiait par 
son rôle dans le trafic, qui pouvait être qualifié d’inférieur à celui tenu par les autres 
participants, en particulier B______, sans que l’intéressé ne puisse être considéré 
comme un exécutant subalterne. Au contraire, il avait bénéficié d’une certaine 
indépendance dans l’exécution de ses tâches, qui étaient diversifiées et avaient 
consisté à accueillir les mules à leur arrivée en Suisse ainsi qu’à effectuer divers 
transferts d’argent au nom de tiers. Sans avoir été exceptionnelle, sa collaboration 
avait été bonne. 

d.c.c. B______ a recouru au Tribunal fédéral contre cet arrêt, auprès duquel elle a 
obtenu gain de cause (arrêt ______). 

d.c.d. Statuant suite au renvoi du Tribunal fédéral, la Chambre pénale d’appel et de 
révision, par arrêt du ______ 2013 (AARP______), entré en force à défaut d’avoir 
été contesté par l’intéressée, a condamné B______ à une peine privative de liberté de 
5 ans. La Chambre de céans a en substance considéré qu’une telle sanction, qui tenait 
compte de la violation du principe de célérité, était adéquate au regard du rôle 
prépondérant dans l’organisation du trafic tenu par B______, dont elle était le pivot 
en Suisse, contrôlant le recrutement des mules, leur accueil, l’organisation des 
transports, la prise en charge de la cocaïne transportée, le financement des 
opérations, les contacts directs avec les commanditaires en Amérique du Sud et en 
Europe. Sa culpabilité portait sur plus de 4.5 kg de cocaïne, d’un taux de pureté 
supérieur à 10 %, cette quantité ne résultant pas d’un acte unique, mais d’une action 
s’inscrivant dans la durée, ce qui représentait un facteur aggravant. De plus, sa 
collaboration pendant la procédure avait été médiocre et elle avait, par le passé, été 
condamnée pour une infraction de même nature, ce qui témoignait de son ancrage 
dans la délinquance. 

e.a. A______ a été interpellée par la police équatorienne le _____ 2010, après qu’un 
mandat d’amener international, valant requête formelle d’extradition, eut été décerné 
à son encontre le ______ 2010 par le Juge d’instruction. Aux termes de celui-ci, il 
était reproché à l’intéressée d’avoir, dès juin 2009, en Suisse et en Equateur, pris des 

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mesures aux fins d’exportation, puis d’importation de cocaïne en Suisse, assumant la 
position de personne de contact avec tous les fournisseurs dans le pays d’exportation, 
agissant à son profit et à celui de B______, étant précisé que, pour ce faire, elle s’est 
rendue à Quito le ______ 2009, a rencontré des trafiquants de drogue pour faciliter 
l’envoi de stupéfiants à destination de la Suisse, facilité les séjours en Equateur des 
mules O______, F______ et G______, les mettant en contact avec les fournisseurs 
de drogue, notamment E______, afin qu’ils acheminent la drogue en Suisse via 
Madrid, et organisé avec B______ le financement de la cocaïne, ainsi que l’achat des 
billets d’avion fournis aux mules et leur séjour en Equateur au moyen de transferts 
d’argent. 

e.b. Par courriel du 8 août 2011, les autorités équatoriennes ont informé l’Office 
fédéral de la justice que l’extradition à la Suisse de A______ avait été accordée. 

Un document était attaché à ce courriel émanant du Ministre des affaires étrangères, 
du commerce et de l’intégration daté du 29 juillet 2011. Aux termes de celui-ci, 
l’extradition de A______ était autorisée pour autant qu’elle soit jugée en Suisse pour 
les infractions figurant dans la requête des autorités helvétiques et que le temps passé 
en détention en Equateur soit imputé sur sa future condamnation. Une première 
décision accordant l’extradition de A______ avait été rendue le 30 juin 2010, contre 
laquelle l’intéressée avait fait recours, qui avait été rejeté par la Deuxième Chambre 
pénale de la Cour nationale de justice le 29 avril 2011. 

e.c. En exécution de cette décision, A______ est arrivée en Suisse le ______ 2011. 
Une instruction pénale a été ouverte à son encontre par le Ministère public le même 
jour. 

f.a. Auditionnée en Equateur, A______ a expliqué être étrangère à tout trafic de 
stupéfiants, même si, par le passé, elle avait été condamnée en 1995 en Suisse et en 
2004 à Londres pour des faits similaires, ayant été interpellée respectivement en 
possession de plus d’un kilo et de 7 kg de cocaïne ; dans ce dernier cas, elle avait 
d’ailleurs été détenue pendant 2 ans et 8 mois, ayant obtenu une réduction de peine 
de 9 mois. Elle s’était rendue en Equateur pour effectuer une insémination artificielle 
et pour subir une intervention chirurgicale, ces actes s’effectuant à moindre coût dans 
ce pays. Elle avait d’abord logé dans différents hôtels, puis E______ l’avait 
accueillie à son domicile. Son amie B______ lui avait envoyé un peu d’argent pour 
qu’elle puisse se nourrir et payer un modeste loyer à son hôte. Elle avait des contacts 
réguliers avec celle-ci, ainsi qu’avec D______, qui était sa confidente. 

f.b. Entendue par la police à son arrivée en Suisse, elle a précisé avoir parlé au 
téléphone à B______, D______ et C______ car ils étaient ses amis. Elle ne suivait 
aucun traitement médical, consommait occasionnellement de la cocaïne et se sentait 
déprimée. 

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g.a. Devant le Ministère public, A______ a persisté dans ses précédentes 
déclarations. Elle ne se souvenait d’aucun transfert d’argent effectué par B______ ou 
C______. Son petit ami, qui vivait au Ghana, l’avait mise dans l’embarras en 
l’envoyant en Equateur, et avait joué sur sa vulnérabilité, puisqu’elle était dépressive 
depuis qu’elle avait été violée par ______ à l’âge ______. Alors qu’elle souhaitait 
subir une opération de chirurgie esthétique ______, son petit ami l’avait mise en 
contact avec E______, qui l’avait contrainte à se livrer à un trafic de drogue en y 
impliquant ses amis en Suisse et demandé à ce que de l’argent lui soit régulièrement 
envoyé. Elle n’avait jamais rencontré les mules, pas davantage qu’elle n’avait vu la 
drogue. Elle s’était limitée à exécuter les instructions de E______ et à les répéter lors 
de ses conversations téléphoniques, celui-ci ayant d’ailleurs confisqué son passeport. 
Il avait également pris son argent, soit environ USD 15'000.-, raison pour laquelle 
elle l’avait qualifié de voleur. 

Elle a versé à la procédure : 

- plusieurs certificats médicaux établis les ______ 2012 par les unités médicales 
pénitentiaires aux termes desquels elle avait été diagnostiquée porteuse du virus HIV 
lors de son séjour en détention. Elle se rendait régulièrement aux consultations 
médicales et souffrait également d’hypertension artérielle. Elle faisait l’objet d’un 
suivi régulier auprès de la consultation de psychiatrie, ayant fait des tentatives de 
suicide par strangulation les 27 et 29 septembre 2012. Elle souffrait d’un état 
dépressif sévère et un trouble de la personnalité émotionnellement labile, de type 
borderline ; 

- plusieurs certificats établis en langue allemande par la Clinique psychiatrique 
universitaire de Zurich, adressés à Me Sararard ARQUINT, avocat, datés des ______ 
faisant état d’un stress post-traumatique, d’une personnalité de type « borderline », 
d’une consommation sporadique de cannabis et de cocaïne, ainsi que d’un épisode 
dépressif de sévérité moyenne dès 2008. Ces pathologies avaient conduit A______ à 
s’automutiler, motivant, lors d’un séjour en détention en 2000, son transfert en milieu 
psychiatrique. Ces documents mentionnent également qu’un séjour en milieu 
carcéral était de nature à péjorer son état. Elle ne venait qu’irrégulièrement en 
consultation et refusait de prendre les médicaments qui lui étaient prescrits ; 

- deux rapports de l’hôpital de Pantang, au Ghana, des ______ 2008, indiquant 
qu’elle souffrait d’insomnies, de schizophrénie, d’un stress post-traumatique, d’une 
personnalité de type borderline et qu’elle s’était automutilée. 

g.b. Durant l’instruction, A______ a demandé l’audition des conversations 
téléphoniques en audience contradictoire. 

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g.b.a. Le 16 mars 2012, le Ministère public a requis du TMC, qui a approuvé sa 
requête le jour-même, une demande de garantie d’anonymat de l’interprète en langue 
krobo, identifiée par le code « Fiche D », ayant déjà fonctionné en cette qualité lors 
de l’enquête de police dans le cadre de la même procédure. Il était à craindre que des 
mesures de rétorsion et d’intimidation vis-à-vis de l’interprète et de son entourage 
aient lieu, au regard de la dangerosité du réseau de trafiquants surveillé et du fait que 
la communauté ghanéenne en Suisse, en particulier l’ethnie parlant la langue krobo, 
était peu importante. 

g.b.b. Il ressort du procès-verbal d’audience contradictoire du 17 avril 2012, à 
laquelle « Fiche D » a pris part, que celle-ci a été rendue attentive à l’art. 307 CP, 
dont la teneur lui a préalablement été rappelée. 

Lors de cette audience, au cours de laquelle une sélection de conversations en langue 
krobo a été écoutée, « Fiche D » a fonctionné en qualité d’interprète du krobo vers 
l’anglais, un deuxième interprète effectuant la traduction simultanée de l’anglais vers 
le français. 

Face à cette méthode de double traduction simultanée, laquelle s’est révélée longue 
et fastidieuse, le conseil de A______ a suggéré au Procureur que « Fiche D » procède 
aux retranscriptions mot à mot d’une sélection de conversations à son domicile, en 
anglais, à verser à la procédure, elle-même souhaitant spécifiquement voir figurer au 
dossier celles des 25 décembre 2009 et 8 janvier 2010. 

Le Procureur a fait droit à cette requête, mentionnant au procès-verbal d’audience 
qu’il informerait rapidement le conseil de A______ des « méthodes de traduction 
futures ». 

g.b.c. La retranscription des traductions en anglais des conversations téléphoniques 
en langue krobo dès le 25 décembre 2009 a été progressivement versée au dossier 
(pièces 29'500ss) entre les mois de mai et septembre 2012, étant précisé que les 
versions originales de ces conversations figurent à la procédure sous forme de CD 
audio. 

g.c. A______ a également requis plusieurs mesures d’instruction, comme l’audition 
des agents de police ayant procédé à l’interrogatoire de I______, ce dernier 
invoquant divers vices de procédure dans ce cadre, et une nouvelle audition 
d’F______ et de G______ en Equateur. Elle a aussi sollicité la traduction en français 
de toutes ses déclarations, ainsi que celles de tiers dont le Ministère public entendait 
se prévaloir pour soutenir l’accusation, de même que celle des certificats médicaux 
qu’elle a versés au dossier. Elle a encore requis l’établissement d’un index de l’entier 
des pièces de la procédure. 

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g.d. Le 30 janvier 2012, A______ a écrit au Ministère public, sollicitant le retrait du 
dossier des écoutes téléphoniques, lesquelles avaient été ordonnées suite à 
l’arrestation de I______, dont les premières déclarations avaient été faites hors la 
présence d’un interprète dans une langue qu’il comprenait. Elle invoquait également 
l’absence de double punissabilité des « mesures prises » aux fins d’un transport de 
drogue entre l’Equateur et la Suisse, la loi équatorienne ne réprimant pas un tel 
comportement. Elle se montrait toutefois disposée à renoncer à sa requête en cas 
d’ouverture d’une procédure simplifiée, à laquelle le Ministère public n’a toutefois 
pas fait droit. 

g.e. En date du 10 juillet 2012, A______ a recouru auprès de la Chambre pénale de 
recours contre l’absence de décision du Ministère public concernant sa requête en 
exécution anticipée de la peine, qui a partiellement admis son recours. 

h.a. Le 19 mars 2013, le Ministère public a renvoyé A______ en jugement devant le 
Tribunal correctionnel, dont les débats se sont tenus du 10 au 11 juin 2013. 

h.b. L’avocat d’office de A______, qui assurait sa défense depuis le début de la 
procédure, a demandé à être relevé de son mandat au profit de Me Pierre BAYENET. 
Le Tribunal correctionnel a fait droit à sa requête par ordonnance du 7 mai 2013. 

h.c.a. Devant le Tribunal correctionnel, A______ a fait incident, concluant 
préalablement au classement de la procédure pour cause de défaut de compétence 
territoriale de l’autorité de jugement, subsidiairement à ce qu’il soit constaté que son 
extradition était contraire au droit, notamment du fait de l’absence, au dossier, de la 
décision équatorienne d’extradition. Elle a également conclu à la limitation du cadre 
des débats aux actes préparatoires pour l’infraction à la LStup et à ce que l’audition 
initiale de I______, de même que les écoutes téléphoniques, dont l’exploitation 
rétroactive n’avait pas été valablement autorisée, ainsi que toutes les pièces en 
découlant, soient ôtées de la procédure. 

Après délibération, les premiers juges ont rejeté les questions préjudicielles posées 
par A______. 

h.c.b. Sur le fond, A______ a contesté les actes qui lui étaient reprochés. Bien que 
bénéficiant d’une assurance-maladie en Suisse, elle s’était rendue en Equateur pour 
soigner son bras, qu’elle avait entaillé en raison d’un état dépressif constant. A cette 
fin, C______ lui avait conseillé de se rendre chez E______, lequel pouvait 
l’héberger. Elle avait remis à ce dernier CHF 4'000.- afin qu’il organise son 
hospitalisation. Elle n’avait jamais revu son argent, ni n’avait vu de médecin, 
E______ exigeant encore une avance de CHF 10'000.-. Elle avait alors demandé à 
B______ de lui envoyer un montant correspondant, ce qu’elle avait fait. Elle avait 
également fait part à celle-ci de ses soucis, traitant son hôte de voleur et ne pouvant 

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plus le supporter. Au cours de son séjour, elle avait remarqué que E______ se livrait 
à un trafic de stupéfiants et avait entendu parler des garçons lituaniens, mais ne les 
avait jamais vus, ni ne leur avait remis de la drogue. Son hôte l’avait mise sous 
pression et avait confisqué son passeport, l’empêchant de s’enfuir. Une fois arrêtée 
en Equateur, elle avait voulu retourner en Suisse, mais en avait été empêchée par 
E______, qui voulait qu’elle « se taise ». Elle admettait avoir été condamnée en 
______ pour trafic de stupéfiants. 

h.c.c. Entendu devant les premiers juges, l’inspecteur CC______ a expliqué s’être 
rendu en Equateur dans le cadre de cette affaire et avoir auditionné A______, qui 
n’avait pas collaboré en contestant son implication et en refusant de donner toute 
explication plausible. Il lui avait été difficile d’établir une relation avec son 
interlocutrice, qui se trouvait dans le déni le plus complet. L’enquête menée par la 
police avait mis en évidence que E______ était un fournisseur de cocaïne et que 
A______ était entrée en tractation avec lui pour son obtention et son 
conditionnement. Après l’arrestation de la première mule, E______ avait exigé le 
versement d’un montant important, en vue de la modification du billet d’avion de la 
deuxième mule et de l’achat d’une marchandise de meilleure qualité. Les relations 
entre E______ et A______ s’étaient dégradées, celle-ci envisageant même de 
recourir à un autre fournisseur. Après l’arrestation de A______, la sœur de L______ 
lui avait rendu visite en prison pour la menacer si elle avait le malheur de parler. 

C. a.a. Dans sa déclaration d’appel, A______ déclare attaquer le jugement dans son 
ensemble, concluant à titre préjudiciel au retrait du dossier des écoutes téléphoniques 
et, principalement, à son acquittement et à son indemnisation pour détention 
injustifiée, les frais de la procédure devant être laissés à la charge de l’Etat. Elle ne 
formule aucune réquisition de preuves. 

a.b. Par acte du 14 octobre 2013, le Ministère public conclut au rejet des questions 
préjudicielles et de l’appel de A______. 

Il déclare former un appel joint, concluant à la condamnation de A______ à une 
peine privative de liberté de 8 ans. Au titre des réquisitions de preuves, il sollicite 
l’audition de l’inspectrice DD______. 

Il a versé à la procédure un échange de courriels avec « Fiche D » entre les mois de 
février et octobre 2012 en lien avec les traductions du krobo vers l’anglais effectuées 
par celle-ci. 

a.c. Dans ses observations du 29 octobre 2013, A______ s’oppose à l’audition du 
témoin précité. 

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b. Le 7 novembre 2013, la Chambre pénale d’appel et de révision a décidé d’une 
procédure orale, rejetant la réquisition de preuves du Ministère public pour les motifs 
figurant dans l’ordonnance OARP/353/2013 et renvoyant A______ à plaider 
l’incident relatif aux écoutes téléphoniques lors des débats d’appel. 

c.a. A la demande de la Direction de la procédure, un rapport de comportement établi 
par la direction de la prison ______ le 7 janvier 2014 a été versé au dossier. Aux 
termes de ce document, A______ respectait les règles de l’établissement et n’avait 
jamais fait l’objet d’une procédure disciplinaire. Elle adoptait un comportement 
correct à l’atelier et exécutait les tâches qui lui étaient confiées. A sa demande, elle 
suivait des cours d’anglais, à raison de deux heures par semaine, et était en attente de 
participer à des cours de français. Elle rencontrait régulièrement son assistante 
sociale pour bénéficier d’un soutien moral. 

c.b. A______ a également versé à la procédure un bordereau de pièces comportant 
notamment : 

- un courrier de la direction de la prison de ______ du ______ 2013 attestant qu’elle 
avait été occupée aux ateliers créatifs de l’unité des femmes du ______ lors de son 
séjour au sein de l’établissement. Son attitude et son comportement avaient été 
conformes aux dispositions réglementaires en vigueur ; 

- un extrait du registre de l’office des poursuites du canton de Zurich mentionnant 
une dizaine de poursuites en cours ouvertes entre ______ 2009 et le ______ 2010 
pour un montant total de CHF 12'658.-, ainsi que six actes de défaut de biens pour 
des poursuites ouvertes le ______ 2010 pour un montant total de CHF 4'493.- ; 

- un courrier du EE______ du ______ 2013 (recte : 2014) attestant de son suivi à la 
prison de ______ depuis le mois d’août 2013 pour des difficultés d’adaptation et une 
symptomatologie anxio-dépressive. Elle bénéficiait d’entretiens psychiatriques 
ponctuels et de séances de psychothérapie régulières. La prise en charge avait un 
effet bénéfique sur sa symptomatologie. Au plan somatique, elle était suivie par le 
médecin généraliste de la prison, son infection au VIH s’étant stabilisée depuis 
qu’elle était sous trithérapie. 

d.a.a. Devant la Chambre pénale d’appel et de révision, A______ fait incident, 
concluant à ce que les retranscriptions téléphoniques soient ôtées de la procédure et à 
ce que la violation de l’ancien art. 9 al. 2 de la loi sur la surveillance de la 
correspondance par poste et télécommunication du 6 octobre 2000 (LSCPT ; 
RS 780.1) et de l’art. 278 al. 3 CPP soit constatée, rendant nulle la mise sous écoute 
de son téléphone et entachant la procédure d’un vice rédhibitoire, dont était 
également frappée son extradition, étant donné l’absence de décision l’ordonnant au 
dossier. 

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d.a.b. Le Ministère public conclut au rejet de l’incident de A______. 

d.a.c. Après délibération, la Chambre de céans a rejeté les questions préjudicielles de 
A______ moyennant une brève motivation. 

d.b.a. Sur le fond, A______ conclut à être mise au bénéfice des circonstances 
atténuantes de la détresse profonde et du profond désarroi, voire d’une responsabilité 
restreinte, à la constatation de la violation du principe de célérité et à sa 
condamnation à une peine privative de liberté de quatre ans au plus, ainsi qu’à la 
levée de la détention pour motifs de sûreté et au paiement d’un septième des frais de 
la procédure. 

Suite au décès de son époux, dont elle avait oublié la date mais qu’elle situait avant 
sa première condamnation en Suisse, qui était liée à un trafic de cocaïne, elle 
souffrait de dépression et avait commencé à consommer des stupéfiants, de sorte 
qu’elle n’arrivait plus à honorer ses factures. Les poursuites s’étaient accumulées, ce 
qui lui avait occasionné des idées suicidaires. B______ et C______, qui ne pouvaient 
voyager du fait qu’ils n’avaient pas la nationalité suisse, avaient requis son aide pour 
qu’elle se rende en Equateur, ce qu’elle avait accepté vu ses problèmes financiers, 
tout en refusant d’être impliquée dans un trafic de drogue, à tout le moins d’en 
transporter. Après avoir été rassurée par ses amis et encouragée par D______, elle 
avait accepté cette proposition et C______, qui lui avait promis que ses dettes, par 
CHF 15'000.-, seraient soldées si elle lui rendait ce service, lui avait acheté un billet 
d’avion, l’avait emmenée à l’aéroport et lui avait remis CHF 4'000.- pour l’achat de 
stupéfiants, montant qu’elle avait donné à E______ à son arrivée en Equateur. Ce 
dernier avait toutefois acheté une voiture au moyen de cette somme, de sorte qu’elle 
avait fait savoir à C______ qu’il n’était pas un « homme bien », ce d’autant qu’au 
cours de son séjour, il n’avait cessé de lui demander davantage d’argent. C______ 
avait finalement envoyé CHF 10'000.- supplémentaires ainsi que deux mules, dont 
l’une était surnommée Q______, qu’elle n’avait jamais rencontrées, pour la réception 
de la cocaïne et son transport en Suisse. En Equateur, son rôle s’était limité à suivre 
les instructions qui lui étaient données afin que la drogue arrive à destination et de 
veiller à ce que E______ fasse correctement son travail ; elle n’avait jamais vu la 
drogue. Le voyage des mules, qui devaient passer par l’Espagne, avait été organisé 
depuis Zurich par B______ et C______, E______ les ayant rencontrées à Guayaquil 
pour leur donner des instructions. Ne souhaitant pas apparaître dans les conversations 
téléphoniques, celui-ci ne voulait pas les appeler, ce dont elle s’était chargée. Bien 
qu’ayant appris l’arrestation des mules, elle n’avait pu prendre de leurs nouvelles, ne 
parlant pas l’espagnol. Après son arrestation, elle avait voulu retourner en Suisse, 
mais en avait été dissuadée par L______, qui lui avait dit qu’elle serait condamnée à 
une peine plus lourde et qu’elle ne devait pas impliquer son mari. Les 
retranscriptions figurant au dossier étaient conformes aux conversations 
téléphoniques avec ses différents interlocuteurs. Souffrant de dépression et craignant 

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des mesures de rétorsion de la part de E______, elle avait été dans l’incapacité de 
dire la vérité jusqu’à ce jour, ce qu’elle regrettait. Elle avait beaucoup appris de son 
séjour en détention et avait honte de ses agissements. 

d.b.b. Le Ministère public requiert le prononcé d’une peine privative de liberté de 
huit ans et le maintien de la détention pour motifs de sûreté. 

d.c. A l’issue des débats, le dispositif de l’arrêt, comportant une brève motivation 
orale, a été notifié à A______. 

D. a. De nationalité suisse, A______ est née ______ 1955 au ______et est arrivée en 
Suisse à l’âge de ______, où elle a connu son époux. Elle est à présent veuve et mère 
______qui vit à ______, dont l’épouse doit prochainement donner naissance à son 
premier enfant. A sa sortie de prison, elle souhaite pouvoir s’occuper de sa famille 
proche, laquelle envisage de la rejoindre en Suisse pour vivre à ses côtés. Elle a 
également adopté ______, l’un de ______, l’autre ______, tous deux ______, qui 
vivent au ______ et avec lesquels elle entretient des contacts réguliers. Du vivant de 
son époux, elle a travaillé sporadiquement pour une entreprise de nettoyage et 
perçoit, depuis le décès de celui-ci, une rente de veuve de l’ordre de CHF 3'000.- par 
mois. Elle a appris à lire et à écrire au cours d’un précédent séjour carcéral à Londres 
et suit actuellement des cours de langue en détention. 

b. Selon l’extrait de son casier judiciaire suisse, état au 17 janvier 2014, elle a été 
condamnée le ______ 2001 par l’Obergericht du canton de Zurich à une peine 
d’emprisonnement de 12 mois pour délit et contravention à la loi sur les stupéfiants 
commis à réitérées reprises entre le ______ 1998 et le ______ 2000. 

L’extrait de son casier judiciaire suisse, état au 6 juin 2013, dont elle a reconnu la 
teneur en audience de jugement, mentionne en outre qu’elle a été condamnée le 
______ 1995 à une peine de réclusion de 2 ans et 9 mois pour infraction grave à la 
loi sur les stupéfiants ; elle a bénéficié d’une libération conditionnelle le ______ 
1997, laquelle a été révoquée le ______ 2003. 

Aucun extrait de son casier judiciaire anglais ne figure à la procédure. 

EN DROIT : 

1) L’appel est recevable pour avoir été interjeté et motivé selon la forme et dans les 
délais prescrits (art. 398 et 399 CPP). 

Il en va de même de l’appel joint (art. 400 al. 3 let. b et 401 CPP). 

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La partie qui attaque seulement certaines parties du jugement est tenue d’indiquer 
dans la déclaration d’appel, de manière définitive, sur quelles parties porte l’appel, à 
savoir (art. 399 al. 4 CPP) : la question de la culpabilité, le cas échéant en rapport 
avec chacun des actes (let. a) ; la quotité de la peine (let. b) ; les mesures qui ont été 
ordonnées (let. c) ; les prétentions civiles ou certaines d’entre elles (let. d) ; les 
conséquences accessoires du jugement (let. e) ; les frais, les indemnités et la 
réparation du tort moral (let. f) ; les décisions judiciaires ultérieures (let. g). 

La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l’acte d’appel (art. 404 
al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP). 

2) L’appelante soulève préalablement deux questions préjudicielles, l’une en lien avec 
les écoutes téléphoniques figurant au dossier, l’autre avec son extradition. 

2.1.1. L’art. 5 al. 3 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 
1999 (Cst. ; RS 101) impose aux parties au procès pénal de se comporter 
conformément aux règles de la bonne foi (ATF 138 I 97 consid. 4.1.5 p. 101 ; arrêt 
du Tribunal fédéral 1C_461/2010 du 31 janvier 2011 consid. 3.2). Ainsi, la partie qui 
s’aperçoit qu’une règle de procédure a été violée à son détriment ne saurait laisser la 
procédure suivre son cours sans réagir, les manœuvres dilatoires n’étant pas 
admissibles. La partie qui renonce sciemment à faire valoir la violation d’une règle 
de procédure devant un juge qui serait en mesure d’en réparer les conséquences est 
en principe déchue du droit de se prévaloir de cette violation dans la suite de la 
procédure (ATF 138 I 97 consid. 4.1.5 p. 101 ; ATF 135 III 334 consid. 2.2 p. 336 ; 
arrêt du Tribunal fédéral 6B_672/2012 du 19 mars 2013 consid. 4). 

2.1.2. Selon l’art. 68 CPP, la direction de la procédure fait appel à un traducteur ou 
un interprète lorsqu’une personne participant à la procédure ne comprend pas la 
langue de la procédure ou n’est pas en mesure de s’exprimer suffisamment bien dans 
cette langue (al. 1) ; le contenu essentiel des actes de procédure les plus importants 
est porté à la connaissance du prévenu oralement ou par écrit dans une langue qu’il 
comprend, nul ne pouvant se prévaloir d’un droit à la traduction intégrale de tous les 
actes de procédure et des pièces du dossier (al. 2) ; les pièces qui ne sont pas 
traduites par les parties sont, si nécessaire, traduites par écrit ou oralement et sont 
consignées au procès-verbal dans ce dernier cas (al. 3) ; les dispositions relatives aux 
experts, en particulier les art. 182 à 191 CPP, sont applicables par analogie aux 
traducteurs et interprètes (al. 5). 

Aux termes de l’art. 184 CPP, en désignant l’expert (al. 1), la direction de la 
procédure établit un mandat écrit contenant notamment (al. 2) le nom de l’expert 
désigné (let. a), éventuellement la mention autorisant l’expert à faire appel à d’autres 
personnes travaillant sous sa responsabilité pour la réalisation de l’expertise (let. b), 
une définition précise de la question à élucider (let. c), le délai à respecter pour la 

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remise du rapport d’expertise (let. d), la mention de l’obligation de garder le secret à 
laquelle sont soumis l’expert ainsi que ses auxiliaires éventuels (let. e), la référence 
aux conséquences pénales d’un faux rapport d’expertise au sens de l’art. 307 CP 
(let. f) ; la direction de la procédure remet à l’expert avec le mandat les pièces et les 
objets nécessaires à l’établissement de l’expertise (al. 4). L’expert dépose un rapport 
écrit (art. 187 al. 1 CPP), que la direction de la procédure porte à la connaissance des 
parties, leur fixant un délai pour formuler des observations (art. 188 CPP). 

En matière d’écoutes téléphoniques en langue étrangère, le respect du droit d’être 
entendu, garanti par l’art. 29 al. 2 Cst., implique que les modalités de leur 
établissement soient décrites dans le dossier afin que le prévenu soit en mesure de 
constater qu’elles ne présentent pas de vices de forme. Il convient en particulier de 
mentionner qui a procédé à leur traduction et si ces personnes ont été rendues 
attentives aux sanctions pénales de l’art. 307 CP en cas de faux rapport ou de fausse 
traduction (ATF 129 I 85 consid. 4.2 p. 89s ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_125/2013 
du 23 septembre 2013 consid. 2.1 et 6B_80/2012 du 14 août 2012 consid. 1.1). 

2.1.3. Selon l’ancien art. 9 LSCPT, dont la teneur est en substance reprise à 
l’art. 278 CPP suite à l’entrée en vigueur de ce code le 1er janvier 2011, si, lors d’une 
surveillance, d’autres actes punissables que ceux qui ont fait l’objet de l’autorisation 
de surveillance sont découverts, les informations recueillies peuvent être utilisées à 
l’encontre de la personne soupçonnée lorsque ces actes ont été commis en plus des 
actes punissables soupçonnés ou qu’ils remplissent les conditions requises pour une 
surveillance au sens de la loi (al. 1) ; si les information concernent un acte punissable 
dont l’auteur soupçonné ne figure pas dans l’autorisation, une autorisation de 
l’autorité compétente doit être obtenue avant toute nouvelle enquête, l’autorisation 
pouvant être accordée si les conditions pour une surveillance au sens de la présente 
loi sont remplies (al. 2) ; si les conditions prévues aux alinéas précédents pour 
l’utilisation des informations recueillies fortuitement ne sont pas réunies, les 
informations ne peuvent pas être utilisées, les supports de données et les documents 
en question devant être détruits immédiatement (al. 3). Ainsi lorsqu’au cours d’une 
surveillance téléphonique, autorisée conformément à la loi, apparaît le nom d’un 
tiers, susceptible d’avoir participé à l’infraction à raison de laquelle la surveillance a 
été ordonnée, le ministère public doit engager contre cette personne la procédure 
d’autorisation prévue par la loi s’il veut exploiter les informations recueillies à son 
propos (arrêt du Tribunal fédéral 1B_211/2012 du 2 mai 2012 consid. 2, in SJ 2012 I 
467ss). 

Aux termes de l’art. 279 CPP, au plus tard lors de la clôture de la procédure 
préliminaire, le ministère public communique au prévenu ainsi qu’au tiers qui ont fait 
l’objet d’une surveillance les motifs et le mode et la durée de la surveillance (al. 1) ; 
les personnes dont le raccordement de télécommunication ou l’adresse postale ont été 
surveillés ou celles qui ont utilisé le même raccordement ou la même adresse postale 

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peuvent interjeter recours conformément aux art. 393 à 397 CPP, le délai de recours 
commençant à courir dès la réception de la communication (al. 3). 

2.1.4. Les relations extraditionnelles entre la Suisse et l’Equateur sont régies 
exclusivement par le droit interne, en l’occurrence la loi fédérale sur l’entraide 
internationale en matière pénale du 20 mars 1981 (EIMP ; RS 351.1), à défaut de 
convention conclue entre les deux Etats à ce sujet (cf. arrêt du Tribunal fédéral 
1A.277/2004 du 3 décembre 2004). La règle dite de la spécialité est un principe 
général du droit de l’extradition, concrétisé aux art. 38 et 39 EIMP, qui exprime 
l’idée que l’Etat requérant ne peut poursuivre la personne extradée pour des faits 
autres que ceux ayant motivé la demande d’extradition, à moins que l’Etat requis, 
saisi d’une demande formelle d’extension de l’extradition, ne consente à celle-ci. 

2.2.1. En l’espèce, il ressort du dossier que l’appelante a sollicité que les 
conversations téléphoniques soient écoutées en sa présence devant le Ministère 
public. Celui-ci a fait droit à cette requête en organisant l’audience du 17 avril 2012 
et en recourant aux services d’une interprète en langue krobo, laquelle avait 
précédemment obtenu son anonymisation, craignant pour sa sécurité et celle de ses 
proches au regard du cercle fermé des membres de l’ethnie parlant cette langue en 
Suisse. 

A teneur du procès-verbal de l’audience précitée, l’interprète a été rendue attentive 
au contenu de l’art. 307 CP régissant notamment les fausses traductions en justice, 
dont la teneur lui a été rappelée, ce que l’appelante ne conteste d’ailleurs pas. La 
méthode de traduction simultanée des conversations téléphoniques du krobo vers 
l’anglais, puis de l’anglais vers le français, ainsi que leur retranscription au procès-
verbal d’audience s’étant révélée fastidieuse, l’appelante a suggéré au Procureur que 
« Fiche D » effectue les traductions d’une sélection de conversations par écrit, à son 
domicile, lesquelles devaient être versées au dossier à mesure de leur établissement, 
ce qui ressort du procès-verbal susmentionné. Pour ce faire, il n’y avait ainsi pas lieu 
de rappeler une nouvelle fois la teneur de l’art. 307 CP à l’interprète, pas davantage 
que de lui transmettre un mandat séparé, le procès-verbal du 17 avril 2012 
remplissant les réquisits de l’art. 184 CPP, applicable par analogie seulement aux 
traducteurs et interprètes. L’appelante n’a d’ailleurs jamais émis de réserve au sujet 
de cette manière de procéder, qu’elle a elle-même proposée, de sorte qu’il apparaît à 
présent mal venu de sa part de la contester, qui plus est en appel seulement. 

Il en va de même de l’argument selon lequel « Fiche D » ne serait pas la même 
personne qui aurait fonctionné en audience et effectué les traductions versées au 
dossier. L’appelante perd ainsi de vue qu’elle a elle-même cautionné cette méthode, 
signant le procès-verbal d’audience correspondant, et que ces traductions ont été 
effectuées sous le contrôle du magistrat instructeur, comme l’attestent les courriels 
versés à la procédure, le seul procureur ayant connaissance de l’identité de 

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l’interprète, qui avait déjà fonctionné en cette qualité lors de l’enquête de police, ce 
que l’appelante n’a jamais contesté. Aucun indice ne permet ainsi d’affirmer qu’une 
autre personne que l’interprète en question, qui s’est vue conférer la dénomination 
« Fiche D » permettant de l’individualiser, serait intervenue pour fonctionner à sa 
place, ce d’autant que les interprètes en langue krobo en Suisse sont relativement 
difficiles à trouver. Il importe également peu que les traductions aient été versées à la 
procédure en anglais, langue officielle du ______, que l’appelante parle et comprend, 
d’autant que cela a été fait à la demande expresse de celle-ci. 

Le Ministère public n’avait pas non plus à communiquer à l’appelante les « méthodes 
de traduction futures », dès lors qu’elles sont restées inchangées, le Procureur ayant 
fait verser les traductions à la procédure et en a informé l’intéressée. 

2.2.2. Le contrôle des raccordements utilisés par la dénommée H______, soit 
B______, suite à l’interpellation de I______ et J______, autorisé le 10 décembre 
2009 par la Chambre d’accusation, a mis en évidence que l’intéressée était 
quotidiennement en contact avec une femme d’origine ______, séjournant en 
Equateur, identifiée par la suite comme étant l’appelante, et soupçonnée d’être 
impliquée à ses côtés dans le trafic de stupéfiants auquel elle se livrait. Sur cette 
base, le Juge d’instruction a ordonné, le 22 décembre 2009, le contrôle du 
raccordement 3______ utilisé par cette dernière, se référant expressément au fait que 
son existence avait été découverte dans le cadre de la surveillance des raccordements 
de B______. En autorisant ce nouveau contrôle le jour-même et en faisant siens les 
motifs invoqués par le Juge d’instruction, la Chambre d’accusation a non seulement 
autorisé le contrôle du raccordement utilisé par l’appelante, mais également, à tout le 
moins implicitement, l’exploitation de la découverte fortuite recueillie lors de la 
surveillance téléphonique de B______. Le Juge d’instruction, puis la Chambre 
d’accusation ont ainsi fait une correcte application de l’ancien art. 9 al. 2 LSCPT, 
étant précisé que les actes de procédure accomplis sous l’ancien droit conservent leur 
validité (cf. art. 448 al. 2 CPP). De plus, le contrôle ultérieur des autres 
raccordements utilisés par l’appelante a aussi fait l’objet d’autorisations spécifiques. 
Dans ce contexte, la requête du Ministère public au TMC du 6 octobre 2011 pour 
qu’il autorise l’extension des mesures de surveillance effectuées à l’égard de 
l’appelante s’avère superflue et se justifie uniquement pour clarifier la situation suite 
à l’entrée en vigueur du CPP et permettre aux intéressés, le cas échéant, de contester 
ces mesures, ce que l’appelante n’a toutefois pas fait. 

2.2.3. Il ressort du courriel adressé le 8 août 2011 par les autorités équatoriennes à 
l’Office fédéral de la justice, autorité compétente en matière d’entraide judiciaire 
internationale (cf. art. 17 al. 2 EIMP), que l’extradition de l’appelante a été accordée 
à la Suisse, ce qui découle également du document attaché à cet envoi, soit un décret 
du Ministre des affaires étrangères, du commerce et de l’intégration daté du 29 juillet 
2011, faisant droit à la demande de l’Etat requérant, pour autant que l’appelante soit 

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jugée en Suisse pour les infractions figurant dans le mandat d’amener délivré par le 
Juge d’instruction valant requête d’extradition. L’acte d’accusation du Ministère 
public reprenant la teneur de ce mandat, ce que l’appelante ne conteste plus au stade 
de l’appel, le principe de spécialité a été respecté par les autorités suisses. 

C’est en vain que l’appelante invoque, devant les autorités de jugement, un vice 
rédhibitoire frappant la procédure d’extradition au motif que la décision des autorités 
équatoriennes accordant son extradition ne lui aurait pas été notifiée, dès lors qu’elle 
ne figure pas à la procédure. L’appelante perd ainsi de vue que la décision relative à 
l’octroi ou au refus de l’extradition relève du seul droit interne de l’Etat requis et 
qu’une fois accordée, il n’appartient pas à l’Etat requérant de la remettre en cause. Il 
ressort d’ailleurs du décret susmentionné que l’appelante a contesté la décision du 30 
juin 2010 accordant son extradition devant la Deuxième Chambre pénale de la Cour 
nationale de justice, laquelle a rejeté son recours par arrêt du 29 avril 2011, de sorte 
qu’elle avait connaissance de la décision à la base de son extradition. Que l’Equateur 
se soit contenté d’informer les autorités suisses du résultat de celle-ci avant son 
exécution n’y change rien, dès lors que l’Etat requérant n’était pas partie à la 
procédure interne d’extradition et que l’absence de notification formelle de la 
décision d’extradition à la Suisse ne figure pas au nombre des conditions de sa 
validité, que l’appelante a eu tout loisir de contester devant les autorités compétentes. 

2.2.4. A ces éléments s’ajoute le fait que l’appelante n’a soulevé ces questions 
préjudicielles que devant les autorités de jugement. Ainsi, il ressort du dossier que 
l’appelante n’a saisi la Chambre pénale de recours qu’en lien avec sa demande 
d’exécution anticipée de la peine. En particulier, elle n’a pas saisi cette autorité pour 
se plaindre du fait que les traductions ont été versées au dossier, pas davantage 
qu’elle n’a fait valoir d’irrégularité s’agissant des mesures de surveillances de ses 
raccordements, le Ministère public ayant même sollicité l’extension à son égard de la 
surveillance effectuée et informé à deux reprises son conseil de la situation, par 
courrier des 14 octobre et 29 novembre 2011, indiquant encore, dans le cadre de ce 
dernier, les voies et délais de recours. L’appelante n’a pas non plus fait valoir devant 
les autorités suisses une prétendue irrégularité de la procédure d’extradition, se 
limitant à évoquer le principe de spécialité, sans pour autant contester judiciairement 
sa réalisation. Même si un autre conseil que celui précédemment constitué a assisté 
l’appelante durant les débats de première instance et d’appel, il n’en demeure pas 
moins que, soulevées à ce stade de la procédure seulement, les questions 
préjudicielles posées par l’appelante apparaissent en tout état tardives, de sorte 
qu’elles seront rejetées. 

3) Devant la Chambre de céans, l’appelante ne conteste plus s’être livrée à un trafic de 
stupéfiants, reconnaissant s’être rendue coupable d’infraction à l’art. 19 ch. 1 et 2 
aLStup, dont la réalisation résulte des éléments figurant au dossier. Le jugement 
entrepris sera dès lors confirmé sur ce point. 

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4) L’appelante conclut à une réduction de la peine, demandant à être mise au bénéfice 
des circonstances atténuantes de la détresse profonde et du profond désarroi, voire 
d’une responsabilité restreinte, et faisant valoir une violation du principe de la 
célérité, tandis que le Ministère public sollicite une augmentation de la sanction 
prononcée à son encontre. 

4.1.1. Aux termes de l’art. 48 CP, le juge atténue la peine notamment si l’auteur a agi 
dans une détresse profonde (let. a ch. 2), en proie à une émotion violente que les 
circonstances rendaient excusables ou dans un état de profond désarroi (let. c). 

Il y a détresse profonde lorsque l’auteur est poussé à transgresser la loi pénale par 
une situation proche de l’état de nécessité, c’est-à-dire que, sous la pression d’une 
détresse particulièrement grave, il croit ne pouvoir trouver d’autre issue que la 
commission de l’infraction, la détresse pouvant être de nature matérielle ou morale 
(ATF 107 IV 94 consid. 4a p. 95 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_107/2012 du 25 avril 
2012 consid. 2.1). En outre, le bénéfice de cette circonstance atténuante ne peut être 
accordé que si l’auteur a respecté une certaine proportionnalité entre les motifs qui le 
poussent à agir et l’importance du bien qu’il lèse (ATF 110 IV 9 consid. 2 p. 10 ; 
arrêt du Tribunal fédéral 6B_13/2009 du 9 février 2009 consid. 4.1). Autrement dit, 
l’auteur doit s’être comporté d’une façon que la morale ne réprouve pas totalement. 
En revanche, l’absence de faute antérieure n’est pas requise (ATF 110 IV 9 consid. 2 
p. 10). 

L’émotion violente suppose que l’auteur réagisse de façon plus ou moins immédiate 
à un sentiment soudain qui le submerge (ATF 119 IV 202 consid. 2a p. 203 ; ATF 
118 IV 233 consid. 2a p. 236). Le profond désarroi vise en revanche un état 
d’émotion qui mûrit progressivement pendant une longue période, qui couve pendant 
longtemps jusqu’à ce que l’auteur soit complètement désespéré et ne voie d’autre 
issue que d’agir comme il le fait (ATF 119 IV 202 consid. 2a p. 204 ; ATF 118 IV 
233 consid. 2a p. 236). L’état d’émotion violente ou de profond désarroi doit être 
rendu excusable par les circonstances (ATF 119 IV 203 consid. 2a p. 204 ; ATF 118 
IV 233 consid. 2a p. 236). N’importe quelles circonstances ne suffisent pas. Il doit 
s’agir de circonstances dramatiques, dues principalement à des causes échappant à la 
volonté de l’auteur et qui s’imposent à lui (ATF 119 IV 202 consid. 2a p. 205), 
lequel ne doit pas être responsable ou principalement responsable de la situation 
conflictuelle qui le provoque (ATF 118 IV 233 consid. 2b p. 238 ; ATF 107 IV 103 
consid. 2b/bb p. 106). Il doit par ailleurs s’agir de circonstances objectives, de sorte 
qu’il faut se demander si un tiers raisonnable, placé dans la même situation que 
l’auteur, se serait trouvé dans le même état (ATF 108 IV 99 consid. 3b p. 102 ; ATF 
107 IV 103 consid. 2b/bb p. 106). Enfin, il faut qu’il existe une certaine 
proportionnalité entre la provocation, d’une part, et la réaction de l’auteur, d’autre 
part (arrêts du Tribunal fédéral 6B_246/2012 du 10 juillet 2012 consid. 2.4.1 et 
6B_622/2008 du 13 janvier 2009 consid. 8.1). 

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L’art. 20 CP prescrit au juge d’ordonner une expertise s’il existe une raison sérieuse 
de douter de la responsabilité de l’auteur, soit non seulement lorsqu’il éprouve 
effectivement des doutes quant à sa responsabilité, mais aussi lorsque, d’après les 
circonstances du cas particulier, il aurait dû en éprouver, c’est-à-dire lorsqu’il se 
trouve en présence d’indices sérieux propres à faire douter de sa responsabilité pleine 
et entière (ATF 133 IV 145 consid. 3.3 p. 147). Il en va ainsi notamment en cas de 
contradiction manifeste entre l’acte et la personnalité de l’auteur, le comportement 
aberrant de celui-ci, un séjour antérieur dans un hôpital psychiatrique, la dépendance 
aux stupéfiants, la possibilité que la culpabilité ait été influencée par un état affectif 
particulier ou encore l’existence de signes d’une faiblesse d’esprit ou d’un retard 
mental (ATF 133 IV 145 consid. 3.3 p. 147 ; ATF 116 IV 273 consid. 4a p. 274 ; 
ATF 102 IV 74 consid. 1b p. 75s). Une capacité délictuelle diminuée ne doit 
cependant pas être admise en présence de toute insuffisance du développement 
mental, mais seulement lorsque l’accusé se situe nettement en dehors des normes et 
que sa constitution mentale se distingue de façon essentielle non seulement de celle 
des personnes normales, mais aussi de celle des délinquants comparables (ATF 116 
IV 273 consid. 4b p. 276). 

4.1.2. L’art. 5 CPP et l’art. 29 al. 1 Cst. garantissent notamment à toute personne le 
droit à ce que sa cause soit traitée dans un délai raisonnable, consacrant le principe 
de la célérité et prohibant le retard injustifié à statuer. 

Cette garantie est violée lorsque l’autorité ne rend pas une décision dans le délai 
prescrit par la loi ou que la nature de l’affaire et les circonstances font apparaître 
comme raisonnable (ATF 130 I 312 consid. 5.1 p. 331). Le caractère raisonnable du 
délai s’apprécie selon les circonstances particulières de la cause, eu égard notamment 
à la complexité de l’affaire, à l’enjeu du litige pour l’intéressé, à son comportement 
ainsi qu’à celui des autorités compétentes (ATF 135 I 265 consid. 4.4 p. 277 ; ATF 
130 I 312 consid. 5.1 p. 331). On ne saurait reprocher à l’autorité quelques temps 
morts, qui sont inévitables dans une procédure. Lorsqu’aucun d’eux n’est d’une 
durée vraiment choquante, c’est l’appréciation d’ensemble qui prévaut. Des périodes 
d’activité intense peuvent donc compenser le fait que le dossier a été laissé 
momentanément de côté en raison d’autres affaires (ATF 130 IV 54 consid. 3.3.3 p. 
56s ; ATF 130 I 312 consid. 5.2 p. 332). Il appartient au justiciable d’entreprendre ce 
qui est en son pouvoir pour que l’autorité fasse diligence, que ce soit en l’invitant à 
accélérer la procédure ou en recourant, le cas échéant, pour retard injustifié (ATF 
130 I 312 consid. 5.2 p. 332). Cette règle découle du principe de la bonne foi (art. 5 
al. 3 Cst.), qui doit présider aux relations entre les organes de l’Etat et les 
particuliers. Il serait en effet contraire à ce principe qu’un justiciable puisse 
valablement soulever ce grief devant l’autorité de recours, alors qu’il n’a entrepris 
aucune démarche auprès de l’autorité précédente afin de remédier à cette situation 
(arrêts du Tribunal fédéral 6B_675/2013 du 9 janvier 2014 consid. 8.1 et 
2A.588/2006 du 19 avril 2007 consid. 2). L’appréciation d’ensemble du caractère 

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raisonnable de la procédure doit être faite par le juge du fond, qui pourra tenir 
compte d’une éventuelle violation du principe de la célérité dans le cadre de la 
fixation de la peine (ATF 128 I 149 consid. 2.2.2 p. 152 ; ATF 124 I 139 consid. 2c 
p. 141 ; arrêt du Tribunal fédéral 1B_125/2013 du 3 juin 2013 consid. 1). 

4.1.3. Selon l’art. 47 CP, le juge fixe la peine d’après la culpabilité de l’auteur. Il 
prend en considération les antécédents et la situation personnelle de ce dernier ainsi 
que l’effet de la peine sur son avenir (al. 1). La culpabilité est déterminée par la 
gravité de la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, par le 
caractère répréhensible de l’acte, par les motivations et les buts de l’auteur et par la 
mesure dans laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, compte 
tenu de sa situation personnelle et des circonstances extérieures (al. 2). 

La culpabilité de l’auteur doit être évaluée en fonction de tous les éléments objectifs 
pertinents, qui ont trait à l’acte lui-même, à savoir notamment la gravité de la lésion, 
le caractère répréhensible de l’acte et son mode d’exécution (objektive 
Tatkomponente). Du point de vue subjectif, sont pris en compte l’intensité de la 
volonté délictuelle ainsi que les motivations et les buts de l’auteur (subjektive 
Tatkomponente). A ces composantes de la culpabilité, il faut ajouter les facteurs liés 
à l’auteur lui-même (Täterkomponente), à savoir les antécédents, la réputation, la 
situation personnelle (état de santé, âge, obligations familiales, situation 
professionnelle, risque de récidive, etc.), la vulnérabilité face à la peine, de même 
que le comportement après l’acte et au cours de la procédure pénale (ATF 134 IV 17 
consid. 2.1 p. 19s ; ATF 129 IV 6 consid. 6.1 p. 20 ; arrêts du Tribunal fédéral 
6B_660/2013 du 19 novembre 2013 consid. 2.2 et 6B_198/2013 du 3 juin 2013 
consid. 1.1.1). 

Bien que la récidive ne constitue plus un motif d’aggravation obligatoire de la peine, 
les antécédents continuent de jouer un rôle très important dans la fixation de celle-ci 
(arrêts du Tribunal fédéral 6B_335/2012 du 13 août 2012 consid. 1.3.2 et 
6B_49/2012 du 5 juillet 2012 consid. 1.2). En général, la culpabilité de l’auteur est 
amplifiée du fait qu’il n’a pas tenu compte de l’avertissement constitué par la 
précédente condamnation, et sa rechute témoigne d’une énergie criminelle accrue 
(R. ROTH / L. MOREILLON (éd.), Code pénal I : art. 1-100 CP, Bâle 2009, n. 55 
ad art. 47 CP). Il en va de même des antécédents étrangers (ATF 105 IV 225 
consid. 2 p. 226s). Une série d’infractions semblables pèse plus lourd que des actes 
de nature différente. En outre, les condamnations passées perdent de leur importance 
avec l’écoulement du temps. Les condamnations qui ont été éliminées du casier 
judiciaire ne peuvent plus être utilisées pour l’appréciation de la peine ou l’octroi du 
sursis dans le cadre d’une nouvelle procédure pénale (ATF 135 IV 87 consid. 2 p. 
89ss). Les antécédents judiciaires ne sauraient toutefois conduire à une augmentation 
massive de la peine, parce que cela reviendrait à condamner une deuxième fois pour 
des actes déjà jugés (ATF 120 IV 136 consid. 3b p. 145). 

- 29/39 - 

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L’âge et l’état de santé du délinquant font partie des éléments susceptibles de le 
rendre plus vulnérable face à la peine. Comme tels, ils doivent être pris en compte 
lors de la fixation de cette dernière. Antérieurement considérés comme des 
composantes de la situation personnelle du délinquant, ils doivent désormais être 
examinés en référence avec le critère de « l’effet de la peine sur son avenir ». La 
vulnérabilité du délinquant face à la peine ne doit toutefois être retenue comme 
circonstance atténuante que si elle rend la sanction considérablement plus dure pour 
lui que pour la moyenne des autres condamnés, par exemple en présence de maladies 
graves (arrêts du Tribunal fédéral 6B_533/2011 du 10 novembre 2011 consid. 7.1 et 
6B_14/2007 consid. 6.4) 

Dans l’exercice de son pouvoir d’appréciation, le juge doit respecter, en particulier, 
le principe d’égalité de traitement garanti par l’art. 8 al. 1 Cst. (ATF 120 IV 136 
consid. 3a p. 144). S’il est appelé à juger les coauteurs d’une même infraction ou 
deux coaccusés ayant participé ensemble au même complexe de faits délictueux, il 
est tenu de veiller à ce que la différence des peines infligées aux deux intéressés soit 
justifiée par une différence dans les circonstances personnelles en fonction 
desquelles, conformément à l’art. 47 CP, la peine doit être individualisée (cf. ATF 
135 IV 191 consid. 3.2 p. 193ss ; ATF 121 IV 202 consid. 2d p. 204ss). A défaut de 
motifs pertinents, il ne faut pas créer un écart trop important entre deux co-prévenus 
qui ont participé ensemble au même complexe de faits délictueux (arrêt du Tribunal 
fédéral 6B_233/2011 du 7 juillet 2011 consid. 2.2.1). La juste proportion des peines 
pour des coauteurs doit être prise en compte comme élément dans l’appréciation de 
la peine (ATF 135 IV 191 consid. 3.2 ; ATF 123 IV 150 consid. 2a p. 152s ; arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_754/2013 du 26 novembre 2013 consid 3.4.1). 

4.1.4. En matière de trafic de stupéfiants, il y a lieu de tenir compte plus 
spécifiquement des éléments suivants. Même si la quantité de drogue ne joue pas un 
rôle prépondérant, elle constitue néanmoins un élément important. Elle perd 
cependant de l’importance au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la limite, pour la 
cocaïne, de 18 grammes (cf. ATF 138 IV 100 consid. 3.2 p. 103 ; ATF 120 IV 334 
consid. 2a p. 338 ; ATF 109 IV 143 consid. 3b p. 145) à partir de laquelle le cas doit 
être considéré comme grave au sens de l’ancien art. 19 ch. 2 let. a LStup, applicable 
en l’espèce dans la mesure où les nouvelles dispositions entrées en vigueur le 1er 
juillet 2011 ne sont pas plus favorables (art. 2 al. 2 CP ; cf. ATF 138 IV 100 consid. 
3.2 p. 102 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_595/2012 du 11 juillet 2013 consid. 1.2.2). 
Le type de drogue et sa pureté doivent aussi être pris en considération. Si l’auteur sait 
que la drogue est particulièrement pure, sa culpabilité sera plus grande, et, au 
contraire, sera moindre s’il sait qu’elle est diluée plus que normalement (ATF 122 IV 
299 consid. 2c p. 301s ; ATF 121 IV 193 consid. 2b/aa p. 196). Le type et la nature 
du trafic en cause sont également déterminants. L’appréciation est ainsi différente 
selon que l’auteur a agi de manière autonome ou comme membre d’une organisation. 
Dans ce dernier cas, il importera de déterminer la nature de sa participation et sa 

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position au sein de l’organisation. L’étendue du trafic entrera aussi en considération. 
Un trafic purement local sera en règle générale considéré comme moins grave qu’un 
trafic avec des ramifications internationales. Enfin, le nombre d’opérations constitue 
un indice pour mesurer l’intensité du comportement délictueux, dans la mesure où 
celui qui écoule une fois un kilo d’héroïne sera en principe moins sévèrement puni 
que celui qui vend cent grammes à dix reprises. S’agissant d’apprécier les mobiles 
qui ont poussé l’auteur à agir, le juge doit distinguer le cas de celui qui est lui-même 
toxicomane et agit pour financer sa propre consommation de celui qui participe à un 
trafic uniquement poussé par l’appât du gain (arrêts du Tribunal fédéral 
6B_107/2013 du 15 mai 2013 consid. 2.1.1 et 6B_567/2012 du 18 décembre 2012 
consid. 3.2). 

4.2.1. En l’espèce, l’appelante allègue souffrir de dépression et a versé à la procédure 
divers certificats médicaux établis entre 2003 et 2012 par plusieurs médecins, 
mettant en évidence une telle pathologie dont la sévérité est toutefois fluctuante, au 
vu des diverses indications y figurant, étant précisé que ces documents mentionnent 
également un suivi thérapeutique et médicamenteux irréguliers. Ils font aussi 
mention de ce qu’un séjour de l’appelante en milieu carcéral est de nature à péjorer 
son état, leur établissement correspondant à ses divers séjours en détention. 

Bien que l’appelante ait indiqué à plusieurs reprises souffrir de dépression, elle n’en 
a pas moins varié dans ses déclarations au sujet des raisons l’ayant menée à cet état, 
alléguant tantôt qu’il était dû à un viol subi durant son adolescence, tantôt au décès 
de son époux, étant dans l’incapacité de se souvenir de la date de sa mort. Même si 
l’appelante a expliqué qu’elle s’était sentie déprimée en Equateur, rien ne l’obligeait 
à se rendre dans ce pays, ce d’autant qu’il résulte des déclarations concordantes des 
autres prévenus, même prises en compte avec circonspection, qu’elle y a voyagé de 
son plein gré. S’il ressort de l’enregistrement de certaines de ses conversations 
téléphoniques avec ses comparses, en particulier des 25 et 27 décembre 2009 et du 
23 janvier 2010, qu’elle s’est mise à pleurer, ces discussions doivent être replacées 
dans leur contexte, en particulier un dépaysement en un lieu inconnu, la peur que le 
plan mis en œuvre échoue ou encore l’interpellation des mules en Equateur en 
possession de la drogue. Il lui arrivait d’ailleurs également de rigoler avec ses 
interlocuteurs, en faisant notamment des blagues au sujet de leur trafic ou en se 
moquant des mules, et de se montrer positive au sujet de ses activités et de l’avenir, 
ce qui met en évidence la relativité de son état dépressif, qu’elle ne mentionne 
d’ailleurs dans aucune de ses conversations téléphoniques. 

Pour ces motifs déjà, il ne saurait résulter de l’état psychique de l’appelante, pour 
fluctuant qu’il soit, que celle-ci se serait trouvée dans une détresse grave ou aurait été 
désespérée au point de devoir se livrer à un trafic international de stupéfiants. Il ne 
ressort pas davantage du dossier que l’appelante a agi alors que ses capacités 
délictuelles auraient été diminuées en raison d’une consommation de stupéfiants, 

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l’appelante n’alléguant au demeurant pas avoir été consommatrice de cocaïne à 
l’époque des faits qui lui sont reprochés, de sorte qu’il ne se justifie pas non plus 
d’ordonner une expertise psychiatrique. 

Il en va de même de l’existence d’une prétendue contrainte exercée sur elle par 
E______. Même si elle a plusieurs fois fait état de son désaccord avec ce dernier 
auprès de ses interlocuteurs, elle n’a jamais mentionné qu’il l’empêchait de rentrer en 
Suisse ou qu’il exerçait une quelconque contrainte à son égard. Au contraire, il 
résulte des discussions avec ses comparses que, suite à l’arrestation de la deuxième 
mule, malgré les recommandations de B______ et D______, elle souhaitait encore 
rester en Equateur et ne pas rentrer immédiatement en Suisse pour rencontrer une 
nouvelle fois l’autre fournisseur. 

La situation financière de l’appelante ne saurait davantage conduire à retenir la 
réalisation des circonstances atténuantes plaidées. Bien qu’étant endettée pour près 
de CHF 20'000.-, la plupart des poursuites et actes de défaut de biens dont elle fait 
l’objet, comme l’atteste l’extrait du registre de l’office des poursuites du canton de 
Zurich, sont postérieures à son départ pour l’Equateur. Au bénéfice d’une rente de 
veuve, même modeste, celle-ci lui permettait néanmoins de régulièrement payer ses 
factures, sans risquer de s’endetter comme elle l’a fait. 

Il résulte de l’ensemble de ces éléments qu’il ne peut être retenu que l’appelante 
aurait agi dans un état de détresse profonde ou de profond désarroi au sens de l’art. 
48 let. a ch. 2 et let. c, voire de responsabilité restreinte, les conditions n’étant pas 
réalisées. 

4.2.2. L’appelante soutient que la durée des procédures d’extradition en Equateur et 
d’instruction devant le Ministère public était excessive, les autorités ayant, dans ce 
cadre, contrevenu au principe de la célérité. 

Après avoir identifié l’appelante, le Juge d’instruction a délivré un mandat d’amener 
international valant requête d’extradition le 8 janvier 2010, sur la base duquel elle a 
été interpellée par les autorités équatoriennes une quinzaine de jours plus tard, pour 
être placée en détention jusqu’à son arrivée en Suisse le 2 septembre 2011. Bien que 
l’appelante soit restée détenue en Equateur en attente de son extradition plus d’un an 
et demi, il n’en demeure pas moins que les autorités équatoriennes ont accordé son 
extradition par décision du 30 juin 2010, de sorte que son voyage à destination de la 
Suisse aurait pu être organisé à ce moment-là déjà. Elle a toutefois contesté cette 
décision en saisissant la Deuxième Chambre pénale de la Cour nationale de justice 
équatorienne, qui a rejeté son recours par arrêt du 29 avril 2011. Outre le fait que la 
durée de la procédure équatorienne ne saurait être imputée aux autorités suisses, 
l’appelante perd de vue, même en ayant fait état à plusieurs reprises de sa volonté de 

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rentrer en Suisse, qu’elle a elle-même contribué à prolonger sa détention dans ce 
pays, en s’opposant à son extradition. 

La procédure dirigée contre l’appelante, ouverte le 2 septembre 2011 lors de son 
arrivée en Suisse, a été instruite par le Ministère public jusqu’à son renvoi en 
jugement le 19 mars 2013. Durant celle-ci, l’appelante a sollicité diverses mesures 
d’instruction, en particulier la retranscription des conversations téléphoniques, une 
nouvelle audition en Equateur, par les autorités suisses, des mules F______ et 
G______, ainsi que la traduction des certificats médicaux qu’elle a versés au dossier 
et un index complet de la procédure. Par ailleurs, différentes audiences de 
confrontations ont été organisées avec les autres protagonistes du trafic, entendus en 
qualité de personnes appelées à donner des renseignements, ce qui a également 
contribué à prolonger la procédure. 

Par la suite, les débats devant le Tribunal correctionnel se sont déroulés en juin 2013, 
cette autorité ayant rendu son jugement motivé fin août 2013. Quant à la Chambre de 
céans, elle a été saisie en septembre de la même année suite à la déclaration d’appel 
de l’appelante, les débats ayant eu lieu au mois de janvier 2014, étant précisé que 
l’appelante n’invoque aucune violation du principe de la célérité devant les autorités 
de jugement. 

Il résulte de l’ensemble de ces éléments, auxquels s’ajoutent la complexité de 
l’affaire, qui a donné lieu à des actes d’enquêtes dans plusieurs pays, et le volume du 
dossier, comportant plus de quinze classeurs, que la durée de la procédure peut être 
considérée comme raisonnable. 

4.2.3. La faute de l’appelante est très lourde. Agissant par appât du gain, alors qu’elle 
bénéficiait d’une rente de veuve, certes modeste mais suffisante pour couvrir ses 
besoins personnels, et qu’elle disposait d’une couverture des soins médicaux 
nécessités par son état, elle a pris part à un trafic de stupéfiants aux ramifications 
internationales, portant respectivement sur 2.638 kg et 1.639 kg de cocaïne, d’un 
taux de pureté oscillant entre 70 % et 80 %, espérant en retirer un bénéfice 
conséquent, largement supérieur à celui allégué de CHF 15'000.- et n’ignorant pas 
que cette quantité était de nature à mettre en danger la santé de nombreuses 
personnes. 

A cette fin, elle s’est rendue en Equateur, directement auprès du fournisseur de 
stupéfiants, logeant à son domicile, auprès duquel elle a acquis, à deux reprises, les 
quantités de cocaïne susmentionnées, organisant leur remise à F______ et G______, 
deux mules à peine âgées d’une vingtaine d’années au moment des faits. Même si 
elle ne les a jamais rencontrés étant donné leurs lieux de vie différents, ce qui ressort 
de ses déclarations et de celles des deux transporteurs, ces derniers ont indiqué avoir 
constamment été en communication avec l’appelante durant leur séjour en Equateur, 

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laquelle leur donnait les instructions nécessaires, raison pour laquelle ils ont été en 
mesure d’identifier sa voix. Une fois les mules interpellées, l’appelante ne s’est 
d’aucune manière souciée de leur sort, n’ayant de cesse de qualifier F______ de 
R______ lors de ses conversations avec B______, le soupçonnant d’avoir volé la 
drogue et éclatant même de rire en apprenant de la bouche de son amie qu’il avait 
demandé à recevoir un peu d’argent, au vu de ses conditions de détention difficiles, 
ce dont elle ne s’est d’ailleurs jamais inquiétée, pas davantage que de celles de 
G______, dans la même situation que lui et ayant souffert de ______ lors de son 
séjour. 

Le rôle de l’appelante dans le cadre du trafic litigieux était loin de n’être que 
secondaire, comme elle l’a affirmé devant la Chambre de céans. Au contraire, il 
consistait à veiller au bon acheminement de la drogue jusqu’en Suisse, notamment en 
contrôlant dans une certaine mesure l’activité du fournisseur, chez qui elle logeait à 
cette fin, ainsi qu’au financement et à la coordination des opérations, s’occupant 
également des mules en Equateur jusqu’à leur départ, notamment en arrangeant leur 
voyage de retour et en demandant à ses comparses que de l’argent leur soit envoyé 
pour leur hébergement, dans l’attente de leur retour en Suisse. Il ressort en particulier 
de ses conversations qu’elle se souciait du conditionnement de la drogue, en 
indiquant à B______ d’acheter des draps et du papier aluminium (13 décembre 2009) 
et la rassurant sur le fait que la marchandise avait été conditionnée de manière à ne 
pouvoir être détectée ou encore en lui faisant part de l’idée de la cacher dans des 
affaires d’enfants (14 décembre 2009). Elle s’est aussi occupée des mules, en 
indiquant qu’elles pouvaient être utilisées plusieurs fois étant donné leur jeune âge, 
ce qui minimisait le risque qu’elles soient arrêtées, tout en renseignant son 
interlocutrice sur l’état du « travail », qui était « en train d’être fait » (15 et 16 
décembre 2009) et que la chose était « emballée » (21 décembre 2009). Elle lui a 
encore parlé de la qualité de la drogue, « très belle », « très bonne » et 
« indétectable », qu’elle avait eue sous les yeux (1er et 2 janvier 2010). Elle a 
demandé que l’argent soit envoyé pour l’achat de cette marchandise, qui avait « un 
prix », étant donné sa bonne qualité, la sécurité du transport étant primordiale (2 et 3 
janvier 2010). Après l’arrestation de la première mule, elle s’est chargée d’organiser 
le voyage de retour de G______, en modifiant son itinéraire, puis la date du vol, 
demandant l’envoi d’argent à cette fin (27 et 31 décembre 2009, 3, 4 et 5 janvier 
2010). Elle a, de plus, suggéré à B______ d’ouvrir le trafic à d’autres participants, en 
demandant à un tiers de se joindre à leur « business » (15 et 16 décembre 2009). 

Il ressort également des écoutes téléphoniques que le rôle hiérarchique de l’appelante 
au sein du trafic était comparable à celui de B______, avec laquelle elle conversait 
d’égale à égale, aucune ne donnant d’instruction à l’autre, chacune s’informant 
mutuellement de la situation et effectuant des suggestions réciproques. Ainsi, après 
l’arrestation d’F______, les deux femmes ont examiné ensemble l’opportunité 
d’annuler le voyage de G______ ou seulement de modifier son billet d’avion, tant 

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s’agissant des dates du vol que de l’itinéraire choisi, hésitant à le faire transiter par 
V______, et ont tenté de redéfinir une stratégie (27 décembre 2009). L’appelante a 
également suggéré à son interlocutrice de rester en de bons termes avec O______, 
qui pouvait encore les aider en leur procurant d’autres mules (15 et 16 décembre 
2009). Elles sont aussi convenues qu’il fallait terminer leur trafic avant de changer de 
fournisseur (25 décembre 2009 et 8 et 9 janvier 2010) et qu’elles trouveraient un 
nouvel endroit pour recommencer leur « business » (23 janvier 2010). 

Contrairement à ses affirmations, l’appelante ne se limitait pas à exécuter les 
instructions qui lui étaient fournies par d’autres membres du trafic, en particulier par 
C______, ce dernier ayant d’ailleurs déclaré avoir agi sur les ordres de l’appelante, 
ce qui est également corroboré dans une certaine mesure par les enregistrements des 
conversations téléphoniques. Il en ressort que l’appelante et C______ n’ont été qu’à 
quelques reprises en contact direct, la plupart du temps celui-ci intervenant dans le 
cadre de ses discussions avec B______. C’est en particulier l’appelante qui a 
demandé à ce que C______ trouve un autre fournisseur en Equateur auprès duquel 
elle pouvait s’approvisionner (25 décembre 2009), qu’elle a rencontré (8 et 9 janvier 
2010), et qu’il lève les fonds nécessaires pour le paiement de la nouvelle 
marchandise suite à l’arrestation de la première mule et trouve l’argent pour le billet 
d’avion de la deuxième (1er, 2, 3 et 4 janvier 2010). 

Le mode de procéder de l’appelante dénote également un certain professionnalisme, 
dès lors qu’elle s’est rendue en Equateur, directement chez le fournisseur de la 
drogue, aux fins d’en contrôler l’exportation pour qu’elle arrive à destination du 
réseau en Suisse. Elle seule était en contact direct avec E______ et avec B______ en 
Suisse, de même qu’avec les mules, qui étaient choisies pour leur jeune âge et 
devaient être vêtues d’habits élégants afin de ne pas susciter l’attention des forces de 
l’ordre lors de leur passage en douane. 

Le trafic auquel s’est livrée l’appelante n’a pris fin que grâce à l’interpellation des 
mules en possession de la drogue, ainsi que de sa propre arrestation et celle de ses 
comparses. En effet, elle projetait de continuer son « business » avec un autre 
fournisseur, raison pour laquelle elle ne voulait pas immédiatement rentrer en Suisse, 
comme le lui conseillaient pourtant ses amis, ce qui ressort des écoutes téléphoniques 
du 23 janvier