# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b601d38d-5766-5c0b-a87c-c0a3644e7f1a
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2005-12-13
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 13.12.2005 BH.2005.42
**Docket/Reference:** BH.2005.42
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_BH-2005-42_2005-12-13

## Full Text

Refus de mise en liberté (art. 52 al. 2 PPF);;Refus de mise en liberté (art. 52 al. 2 PPF);;Refus de mise en liberté (art. 52 al. 2 PPF);;Refus de mise en liberté (art. 52 al. 2 PPF)

Arrêt du 13 décembre 2005  
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Emanuel Hochstrasser, 
président, Barbara OttetTito Ponti, 
La greffière Claude-Fabienne Husson Albertoni  

   
 
Parties 

  
A., 
 
représenté par Me Jean-Luc Addor, avocat 

recourant 
 

 Contre 
   

MINISTERE PUBLIC DE LA CONFEDERATION,  
partie adverse 

 
Juridiction inférieure 
 

 OFFICE DES JUGES D'INSTRUCTION FEDERAUX,  
 

Objet  Refus de mise en liberté (art. 52 al. 2 PPF) 

 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéro de dossier:  BH.2005.42 
 
 
 

 

 

- 2 - 

 

 

 
Faits: 
 

A. Le 15 octobre 2004, le Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC) 
a ouvert une enquête de police judiciaire contre B. que C. et A. pour blan-
chiment d'argent. Il est reproché aux précités d'avoir reçu et écoulé des va-
leurs patrimoniales provenant de détournements de fonds publics commis 
en Russie dès 1995 par D. qui, en sa qualité de directeur général de la so-
ciété E., s'était vu confier d'importants travaux de construction en relation 
avec l'aménagement de la ceinture autoroutière de la ville de Z.. Ce dernier 
aurait détourné un montant de l'ordre de 103 milliards de roubles, équiva-
lant à quelque 20 millions de US$, qui ont dans un premier temps été dé-
posés sur le compte d'une société F. Inc. auprès d'une banque moscovite, 
avant d'être transférés, en partie tout au moins, sur des comptes dont les 
frères A et C. et. B. avaient la maîtrise, notamment auprès de la banque G. 
à Y.. D. a été inculpé en Russie et détenu préventivement pendant près de 
deux ans. Il serait en attente de jugement. Dans le cadre de leur enquête, 
les autorités russes ont adressé à la Suisse en 2000, puis en 2002, des 
commissions rogatoires qui ont été exécutées en 2004. 
 
 

B. A. vit en Suisse depuis 1992 avec sa femme et son fils. Titulaire d'un per-
mis B, il possède un chalet à X. (Valais), où il a rejoint la famille de son 
frère, C., qui s'y était précédemment installée. En 2000, il a participé à 
l'augmentation du capital de la société H. SA à concurrence de 
Fr. 1'000'000.-- et il travaille dans la société I. SA dont le siège est à W. 
(Vaud) et qui appartient à son frère. Il dispose aussi d'un appartement à 
Omsk (Russie). 

 
Le 16 novembre 2004, le MPC a procédé à une perquisition des résidences 
valaisannes des frères A. et C. et de B., ainsi que des locaux occupés par 
la société I. SA. Le même jour, les frères A. et C. ont été entendus par la 
police en qualité de prévenus. Divers actes d'enquête ont été effectués de-
puis lors. 
 
 

C. Le 8 juin 2005, A. a été arrêté sur mandat du MPC et inculpé de blanchi-
ment d'argent au sens de l'art. 305bis CP. L'arrestation a été confirmée le 
lendemain par l'Office du juge d'instruction cantonal du Valais. 

 
Par requête du 4 juillet 2005, A. a sollicité sa mise en liberté provisoire qui 
lui a été refusée le 8 juillet 2005 par le MPC. Le Tribunal pénal fédéral a 
confirmé cette décision le 24 août 2005 (BH.2005.20). Le 12 octobre 2005, 

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le Tribunal fédéral a partiellement admis le recours de l'inculpé et annulé 
l'arrêt du Tribunal pénal fédéral, rejetant la demande de libération immé-
diate et transmettant la cause au Juge d'instruction fédéral (ci-après: JIF) 
comme objet de sa compétence (1S.37/2005). 
 
 

D. Le 15 novembre 2005, le JIF a rejeté la demande de mise en liberté du 
4 juillet 2005 (act. 1.2). Par acte du 21 novembre 2005, A. se plaint de cette 
décision. Il conclut à l'annulation de cette dernière et à sa libération immé-
diate, le cas échéant assortie de sûretés. 

 
 
E. Le JIF a renoncé à prendre position au sujet du recours (act. 3). Le MPC 

conclut à son rejet (act. 4). 
 

Dans sa réplique du 5 décembre 2005, A. persiste dans ses conclusions. 
 
Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris 
si nécessaires dans les considérants en droit. 
 
 
 
 
La Cour considère en droit: 
 

1.  
1.1 La Cour des plaintes examine d'office et en toute cognition la recevabilité 

des plaintes et recours qui lui sont adressés (ATF 122 IV 188, 190 consid. 
1 et arrêts cités). 
 

1.2 L'inculpé peut demander en tout temps d'être mis en liberté (art. 52 al. 1 
PPF). En cas de refus du juge d'instruction ou du procureur général, la dé-
cision peut faire l'objet d'un recours à la Cour des plaintes dans un délai de 
cinq jours, de même que l'inculpé peut se plaindre dans le même délai de 
toute opération ou omission du procureur général (art. 52 al. 2, 105bis al. 2 
et 217 PPF). La décision querellée a été notifiée le 15 novembre 2005 au 
conseil du recourant, auquel elle est parvenue le lendemain. Posté le 
21 novembre 2005, le recours a été fait en temps utile. 

 

 

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2. 
2.1 Selon l’art. 44 PPF, la détention préventive présuppose l’existence de gra-

ves présomptions de culpabilité. Il faut en outre que la fuite de l’inculpé soit 
présumée imminente ou que des circonstances déterminées fassent pré-
sumer qu’il veut détruire les traces de l’infraction ou induire des témoins ou 
coïnculpés à faire de fausses déclarations ou compromettre de quelque au-
tre façon le résultat de l’instruction. La détention préventive doit ainsi ré-
pondre aux exigences de légalité, d’intérêt public et de proportionnalité qui 
découlent de la liberté personnelle (art. 10 al. 2, 31 al. 1 et 36 Cst) et de 
l’art. 5 CEDH (arrêt du Tribunal pénal fédéral BH.2005.18 du 2 août 2005 
consid. 4.1). 

L’intensité des charges justifiant une détention n’est pas la même aux di-
vers stades de l’instruction pénale. Des soupçons encore peu précis peu-
vent être considérés comme suffisants dans les premiers temps de 
l’enquête, mais la perspective d’une condamnation doit paraître vraisem-
blable après l’accomplissement de tous les actes d’instruction envisagea-
bles (arrêt du Tribunal pénal fédéral BH.2005.14 du 22 juin 2005 consid. 5; 
ATF 116 Ia 143, 146 consid. 3c; arrêt du Tribunal fédéral 1S.3/2004 et 
1S.4/2004 du 13 août 2004 consid. 3.1). 

2.2 Le recourant conteste l'existence de charges suffisantes, de même que les 
risques de fuite ou de collusion. Il reproche au JIF de n'avoir pas examiné 
la possibilité de subordonner sa mise en liberté provisoire à la fourniture de 
sûretés. Le MPC considère en revanche que toutes les conditions sont ré-
unies pour légitimer le maintien de la détention. Telle est également l'ap-
préciation du JIF ainsi qu'en témoigne la décision querellée. 

2.3 Il ressort des demandes d'entraide adressées à la Suisse par les autorités 
russes et des pièces saisies auprès de la banque G. que D. a détourné, à 
son profit ou au profit de tiers, des fonds publics à hauteur de quelque 20 
millions de US$ qui lui avaient été confiés pour réaliser des travaux auto-
routiers, en usant de fausses factures de sous-traitance et de réceptions 
fictives de travaux inexistants. Un tel comportement est punissable en Rus-
sie et est susceptible de tomber sous le coup de plusieurs dispositions du 
code pénal suisse réprimant des crimes. Après avoir transité par les comp-
tes de la société F. Inc., les fonds ont été versés en tout ou partie, essen-
tiellement en 1996 et 1997, sur les comptes de diverses sociétés, notam-
ment J. Ltd (compte n° aa. à la banque G. à Y.) et K. Ltd (compte n° bb. à 
la banque G. à Y.) qui, à leur tour, les ont reversés sur des comptes dont 
les frères A. et C. et B. sont titulaires à la banque G. à Y. (BH.2005.20 act. 
5.1 p. 2-5, 5.8 p. 12-13). L'analyse de ces derniers comptes révèle par ail-
leurs que, à la même époque, plusieurs millions de US$ ont transité par les 
comptes ouverts les 07.05.96 et 28.04.97 par C. (comptes n° cc. et dd.) 

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avant d'être reversés à I. Ltd ou à d'autres sociétés, ainsi qu'à A. à hauteur 
de Fr. 1'500'000.-- au moins, et par les comptes ouverts les 06.09.96 et 
19.11.97 par ce dernier (comptes n° ee. et ff.), sans que les activités pro-
fessionnelles avouées des inculpés permettent de justifier de tels mouve-
ments (BH.2005.20 act. 5.6, 5.7). Les déclarations pour le moins vagues du 
recourant selon lesquelles les fonds investis dans H. SA proviendraient de 
prêts consentis par des amis russes sans qu'il lui soit possible de préciser 
de qui, ni comment l'argent est arrivé, et qu'il aurait acquis son chalet avec 
son argent, transféré de Russie d'une manière indéterminée, alors que sa 
seule activité serait celle qu'il exerce dans le cadre de I. SA, manquent de 
crédibilité. Elles sont par ailleurs contredites par le dossier et n'expliquent 
pas, notamment, la provenance des sommes considérables qui ont transité 
par ses comptes, respectivement par ceux de son frère auquel il semble 
étroitement lié. Les indices d'actes de blanchiment en Suisse de valeurs 
patrimoniales issues d'activités délictueuses commises à l'étranger sont 
dès lors amplement suffisants pour fonder le maintien de la détention pré-
ventive à ce stade de l'enquête. 

2.4 Le risque de fuite existe si, compte tenu de la situation personnelle de l'in-
culpé et de l'ensemble des circonstances, il est vraisemblable que ce der-
nier se soustraira à la poursuite de la procédure ou à l'exécution de la 
peine, s'il est libéré (arrêt du Tribunal fédéral 1P.430/2005 du 29 juillet 
2005 consid. 5.1 et arrêts cités, notamment ATF 117 Ia 69, 70 consid. 4a). 
Bien que domicilié en Suisse avec sa femme, le recourant est de nationali-
té russe. Il possède un appartement à Omsk. Il fait valoir qu'il réside en 
Suisse depuis 1992 où il est au bénéfice d'un permis B, et que le centre de 
ses activités professionnelles est dans le canton du Valais. Il aurait pu s'en-
fuir à l'issue de son audition par la police fédérale le 16 novembre 2004, 
mais n'en a rien fait. Le MPC, de son côté, se réfère aux enjeux financiers 
de l'affaire et aux moyens dont pourrait disposer le recourant pour asseoir 
le risque de fuite.  

Les éléments invoqués par le recourant doivent être relativisés. Le permis 
B constitue une autorisation renouvelable à intervalle régulier. Toutefois, s'il 
se confirme qu'il a été obtenu par le biais d'un investissement qui consti-
tuait une opération de blanchiment, son renouvellement est loin d'être as-
suré, comme le confirme d'ailleurs le fait que le service des étrangers du 
canton du Valais réserve sa décision de renouvellement du permis de sé-
jour de l'inculpé jusqu'à sa mise en liberté (pièce MPC, rubrique 7, lettre du 
service de l'état civil et des étrangers du canton du Valais). Selon ses pro-
pres dires, le recourant ne parle pas le français (BH.2005.20 act. 5.12 p. 2), 
de sorte que son intégration dans notre pays paraît pour le moins aléatoire. 
Ses revenus se limitent à Fr. 5'000.-- par mois, ce qui n'est certainement 
pas de nature à constituer une motivation importante pour rester en Suisse 

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(BH.2005.20 act. 5.6 p. 2). La situation financière de la société que son 
frère exploite en Valais – on se réfère notamment aux déclarations d'une 
personne proche des recourants qui, entendue le 19 août 2005 aux fins de 
renseignements, aurait fait état de difficultés financières chroniques de 
I. SA, laquelle devait être régulièrement renflouée par les apports privés du 
frère du recourant (dossier OJIF, prise de position du MPC du 25.10.05 
p. 4) - ne paraît pas non plus être de nature à inciter l'inculpé à rester en 
Suisse. La femme de ce dernier ne parle pas non plus le français et 
n'exerce aucune activité lucrative. Quant aux actes d'enquête effectués en 
novembre 2004, le recourant avait d'autant moins de raison d'être inquiet 
qu'il n'a pas été arrêté à l'issue de son audition et pouvait dès lors se sentir 
en sécurité en Suisse. Compte tenu du risque de condamnation et de 
confiscation de ses biens en Suisse, le danger que l'inculpé prenne la fuite 
est loin d'être négligeable. L'appréciation de son frère, selon laquelle B., qui 
est impliqué dans la même affaire, a peu de chances de réapparaître en 
Suisse alors qu'il y possède lui aussi des biens immobiliers, conduit à 
prendre ce risque avec d'autant plus de sérieux. 

2.5 Le risque de collusion est réalisé si des circonstances déterminées font 
craindre que l'inculpé ne détruise les traces de l'infraction ou n'induise des 
témoins ou coïnculpés à faire de fausses déclarations. Ce risque doit être 
concret et étayé par des faits précis (arrêt du Tribunal fédéral 1S.3/2005 du 
7 février 2005 consid. 3.1.1; PIQUEREZ, Procédure pénale suisse, Zurich 
2000, p. 500 no 2349). Le recourant reproche au MPC de ne prendre ce 
risque en compte que de manière abstraite et de ne pas indiquer en quoi il 
serait réalisé. Il relève qu'il aurait eu tout le temps de compromettre le ré-
sultat de l'enquête au cours des six mois qui ont précédé son arrestation et 
plus encore depuis la commission des infractions présumées, qui remon-
tent à plus de sept ans. Le MPC se réfère aux développements de l'en-
quête qui a permis de relier les complexes de faits russe et suisse grâce 
aux éléments recueillis lors des perquisitions de novembre 2004, ce qui 
nécessite l'exploitation desdits éléments sans qu'il soit possible aux per-
sonnes concernées d'harmoniser leurs versions. Une nouvelle commission 
rogatoire adressée aux autorités russes le 7 novembre 2005 a par ailleurs 
pour but de procéder à l'audition d'autres personnes d'origine russe ayant 
elles aussi reçu des fonds provenant de la société F. Inc. et, partant, de vé-
rifier les dires des recourants au sujet de la provenance de l'argent transfé-
ré en Suisse. 

De fait, un risque concret de collusion existe bel et bien. Les deux frères A. 
et C. sont impliqués dans la même affaire et refusent de s'expliquer. Il est 
nécessaire qu'ils ne puissent pas harmoniser leurs déclarations, ni influen-
cer des tiers susceptibles de fournir des informations utiles à l'enquête, en 
Suisse et à l'étranger. Le troisième inculpé, B., n'est plus apparu dans notre 

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pays depuis des mois. L'auteur principal des crimes présumés avoir généré 
les valeurs patrimoniales ultimement transférées en Suisse est, après y 
avoir été détenu pendant deux ans, en liberté provisoire en Russie, où le 
recourant se rend régulièrement. La longueur de la détention préventive 
subie en Russie par D. tend à accréditer la gravité des faits lui sont repro-
chés dans son pays. Il reste que le fait que l'enquête arrive à son terme en 
Russie et que D., dont le frère Igor serait associé au frère du recourant 
dans le cadre des sociétés K. Ltd et J. Ltd, par lesquelles les fonds litigieux 
auraient transité, ait été libéré ne diminue en rien le danger de collusion 
puisque la procédure russe porte sur le crime préalable, à savoir les dé-
tournements de fonds présumés, tandis que les autorités suisses enquê-
tent sur les opérations de blanchiment de l'argent qui en serait issu. Le re-
courant semble, certes, avoir joué un rôle secondaire par rapport à son 
frère C. dans l'écoulement des fonds qu'il est reproché à D. d'avoir détour-
nés, mais le risque n'en demeure pas moins qu'il soit associé à la stratégie 
de défense que C. et D. pourraient être tentés d'élaborer pour faire obsta-
cle à la découverte de la vérité. L'octroi des autorisations de visite perma-
nente hors la présence d'un enquêteur à des proches du recourant doit être 
relativisé notamment au vu de l'ignorance dans laquelle la femme de l'in-
culpé a été tenue des affaires traitées par son mari (BH.2005.20 act. 5.19). 
Par ailleurs, l'enquête a véritablement débuté en Suisse avec les perquisi-
tions de novembre 2004, puis avec l'arrestation des frères A. et C. en juin 
2005. Les personnes susceptibles de fournir des informations sur l'origine 
des fonds et les multiples transactions effectuées depuis une dizaine d'an-
nées - notamment les récipiendaires en Suisse des fonds dont l'origine est 
présumée illicite - doivent pouvoir s'expliquer sans être soumises à des 
pressions, respectivement sans pouvoir se mettre d'accord entre elles sur 
la version des faits à présenter aux représentants des autorités de pour-
suite pénale helvétiques. 

2.6 La détention préventive est ainsi justifiée par l'existence de charges suffi-
santes, le risque de fuite et le danger de collusion. La durée n'est en l'état 
pas disproportionnée au regard de la peine qui attend l'intéressé si les faits 
qui lui sont reprochés se confirment. L'autorité en charge de l'enquête a agi 
avec diligence et la commission rogatoire internationale adressée aux auto-
rités russes, en particulier, a été exécutée rapidement. Il reste que l'en-
quête devra se poursuivre avec la célérité requise par la détention préven-
tive des frères A., C. et les témoins potentiels entendus sans retard. La si-
tuation pourra notamment être réévaluée lorsque ces actes d'enquête au-
ront été accomplis et que la documentation issue de la procédure russe au-
ra été traduite et analysée. Lorsqu'il apparaîtra que le risque de collusion 
ne fait plus obstacle à la mise en liberté de l'inculpé, il appartiendra à l'auto-
rité saisie de la cause de se prononcer sur la possibilité d'envisager une li-

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bération provisoire moyennant le respect de mesures de sûreté propres à 
garantir la comparution du plaignant à tous les stades de la procédure. Une 
telle évaluation est, en l'état, prématurée. 

2.7 Le recours est dès lors mal fondé sur ce premier point. 

 

3.  
3.1 Sans prendre de conclusion à ce sujet, le recourant se plaint des restric-

tions imposées à son droit de consulter le dossier qui violent son droit 
d'être entendu et la garantie d'un procès équitable. Il estime que le contrôle 
judiciaire de la détention n'a pas pu être exercé par le JIF, faute pour ce 
dernier d'avoir pris connaissance du dossier complet. Il requiert l'édition de 
l'intégralité du dossier. 

3.2 Le droit de consulter le dossier est une composante élémentaire du droit 
d'être entendu (arrêt du Tribunal pénal fédéral BB.2005.10 du 1er juin 2005 
consid. 2.3; PIQUEREZ, op. cit. p. 179 no 774). Il n'est pas limité à l'instruc-
tion préparatoire, mais s'étend également à la procédure d'investigation 
(BÄNZIGER/ LEIMGRUBER, Le nouvel engagement de la Confédération dans 
la poursuite pénale, Berne 2001, p. 193 no 254). Sans être expressément 
prévu par l'art. 103 PPF, il est régi par un renvoi à l'art. 116 PPF qui pres-
crit le droit pour le défenseur et l'inculpé de consulter le dossier "dans la 
mesure où le résultat de l'instruction n'en est pas compromis". Il s'ensuit 
que le droit de consulter le dossier n'est pas absolu, mais qu'il peut com-
porter des exceptions ou des restrictions commandées par la protection 
d'intérêts légitimes contraires, publics ou privés, par exemple, si un risque 
de collusion est susceptible de faire obstacle à la manifestation de la vérité. 
La portée du droit de consulter le dossier doit ainsi être appréciée de cas 
en cas, en fonction des intérêts en présence et des circonstances particu-
lières du cas (HAUSER/SCHWERI/HARTMANN, Schweizerisches Strafprozes-
srecht, Bâle 2002, p. 238 no 18; SCHMID, Strafprozessrecht, 4è éd., Zurich - 
Bâle - Genève 2004, p. 89 no 266). La jurisprudence a déjà consacré le fait 
qu'une limitation du droit d'accéder à l'ensemble du dossier avant la clôture 
de l'instruction formelle ne constitue pas une violation de l'art. 29 al. 2 Cst 
ni de l'art. 6 CEDH (ATF 120 IV 242; 245 consid. 2c/bb et les arrêts cités). 
La consultation peut ainsi être limitée aux pièces dont dispose l'autorité de 
recours pour rendre sa décision (PIQUEREZ, op. cit, ibidem et arrêts cités). 

3.3 Depuis le début de l'enquête, le recourant a reçu copie des demandes 
d'entraide des autorités russes qui indiquent avec précision les mécanis-
mes utilisés par D. pour détourner les fonds qui lui ont été confiés pour ef-
fectuer des travaux autoroutiers en Russie (BH.2005.20 act. 5.1). Il a éga-
lement disposé d'extraits du rapport de la police judiciaire fédérale qui ana-

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lysent les comptes de son frère C. et mentionnent notamment les entrées 
provenant des sociétés J. Inc et K. Ltd, désignées, entre autres, par les au-
torités russes comme destinataires des fonds détournés (BH.2005.20 act. 
5.8). Quant aux liens entre les comptes du recourant et ceux de son frère, 
ils résultent de la documentation remise par la banque G. s'agissant des 
deux comptes dont le recourant est titulaire dans cet établissement, docu-
mentation qui lui est à l'évidence connue. Il s'en suit que le recourant dis-
pose d'un accès suffisant au dossier de l'enquête pour pouvoir comprendre 
sur quoi reposent les griefs qui lui sont faits et qui légitiment sa détention 
préventive. Par contre, compte tenu du risque de collusion entre les frères 
A. et C. et d'autres personnes qui devront être entendues en Suisse ou en 
Russie, il se justifie qu'une partie des pièces soit soustraite à la connais-
sance de l'inculpé, pour le moment tout au moins. Le recours est donc éga-
lement mal fondé sur ce point. 

3.4 Quant à la violation du droit d'être entendu et à un procès équitable allé-
guée par le recourant du fait que le contrôle judiciaire de sa détention pré-
ventive ne s'est pas fait sur la base du dossier complet, cet argument est 
également mal fondé. Certes, dans une jurisprudence récente, le Tribunal 
fédéral a précisé que, pour rendre une décision relevant de mesures de 
contrainte, l'autorité saisie doit être en possession du dossier complet. Il a 
toutefois ajouté que, si le MPC ne souhaite pas dévoiler certains éléments 
pour ne pas nuire à la stratégie de l'enquête, il suffit qu'il donne à l'inculpé 
connaissance du contenu essentiel des pièces qui s'y rapportent et lui per-
mette de se prononcer à ce sujet pour qu'il soit satisfait aux exigences dé-
coulant du droit d'être entendu (arrêt du Tribunal fédéral 1S.1/2004 du 
9 juillet 2004 consid. 3). En l'espèce, le dossier remis par le MPC contient 
des éléments suffisants pour maintenir la détention préventive en toute 
connaissance de cause. En plus des pièces dont il a autorisé la consulta-
tion sans réserve (notamment les procès-verbaux d'interrogatoire des in-
culpés et d'audition de leurs proches), il a produit des extraits de rapports 
de police et résumé le contenu de certaines auditions. Il s'en suit que le re-
courant est ainsi parfaitement au courant des éléments retenus par le MPC 
pour requérir son maintien en détention préventive et a été mis en situation 
de se prononcer à ce sujet. Exiger que l'autorité de recours examine le 
dossier dans son intégralité conduirait à rendre des décisions qui pour-
raient par définition être biaisées puisqu'il ne serait pas possible, en raison 
d'un risque de collusion, de se référer à tous les éléments du dossier. En 
vertu du principe de l'égalité des armes, et pour respecter l'impartialité qui 
doit être la sienne lorsqu'elle est appelée à statuer sur des mesures de 
contrainte, la Cour des plaintes s'est toujours interdit de prendre connais-
sance de pièces auxquelles l'inculpé n'avait pas accès. Il appartient au 
MPC d'adapter sa stratégie à la situation, soit d'ouvrir plus largement le 

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dossier à la consultation de manière à produire suffisamment d'éléments 
pour convaincre l'autorité chargée d'examiner sa décision, ou alors de 
prendre le risque de ne pas être suivi si les éléments allégués ne sont pas 
établis avec assez de vraisemblance. En l'espèce, le dossier remis par le 
MPC était suffisant et c'est à juste titre que le JIF n'a pas souhaité exami-
ner les éléments auxquels l'inculpé et son défenseur n'ont pas accès. Le 
recours est donc également mal fondé sur ce point. 

 

4.  Le recourant ayant succombé, il supportera les frais de la cause (art. 156 
OJ applicable par renvoi de l'art. 245 PPF), lesquels, selon l'art. 3 du rè-
glement du 11 février 2004 fixant les émoluments judiciaires perçus par le 
Tribunal pénal fédéral (RS 173.711.32), seront fixés à Fr. 1'500.--. 

 

- 11 - 

 

 

 
Par ces motifs, la Cour prononce: 
 
1. Le recours est rejeté. 
 
2. Un émolument de Fr. 1'500.-- est mis à la charge du recourant. 
 

 
 

Bellinzone, le 14 décembre 2005 
 
Au nom de la Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
Le président:   la greffière:  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Distribution 
 
- Me Jean-Luc Addor, avocat,  
- Ministère public de la Confédération,  
- Office des juges d'instruction fédéraux,  
 
 
 

 

Indication des voies de recours 

Dans les 30 jours qui suivent leur notification, les arrêts de la Cour des plaintes relatifs aux mesu-
res de contrainte sont sujet à recours devant le Tribunal fédéral pour violation du droit fédéral ; la 
procédure est réglée par les art. 214 à 216, 218 et 219 de la loi fédérale du 15 juin 1934 sur la pro-
cédure pénale, qui sont applicables par analogie (art. 33 al. 3 let. a LTPF). 

Le recours ne suspend l’exécution de l’arrêt attaqué que si l’autorité de recours ou son président 
l’ordonne.