# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f129f7ad-17ac-5ed0-965b-512b232b2dd0
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-10-17
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 17.10.2022 P/8063/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-8063-2020_2022-10-17.pdf

## Full Text

Siégeant : Monsieur Vincent FOURNIER, président ; Madame Karine STECK, 
juge, et Monsieur Jacques DELIEUTRAZ, juge suppléant ; Madame My-
Linh POMBO-SCHIFFERLI, greffière-juriste délibérante. 

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/8063/2020 AARP/318/2022 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 17 octobre 2022 

 

Entre 

A______, sans domicile connu, comparant par Me B______, avocat,  

appelant et intimé sur appel joint, 

 

contre le jugement JTCO/131/2021 rendu le 16 novembre 2021 par le Tribunal 

correctionnel, 

 

et 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimé et appelant joint.

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EN FAIT : 

A. a.a. En temps utile, A______ appelle du jugement du 16 novembre 2021, par lequel 
le Tribunal correctionnel (TCO) l'a acquitté de traite d'êtres humains (art. 182 du 
Code pénal suisse [CP]), de blanchiment d'argent (art. 305bis al. 1 CP) et de lésions 
corporelles simples (art. 123 ch. 2 par. 5 CP) mais déclaré coupable d'encouragement 
à la prostitution (art. 195 let. c CP), de pornographie (art. 197 al. 4 2ème phrase CP), 
d'entrée illégale (art. 115 al. 1 let. a de la loi fédérale sur les étrangers et l'intégration 
[LEI]), de séjour illégal (art. 115 al. 1 let. b LEI) et de contravention à la loi fédérale 
sur les stupéfiants (art. 19a ch. 1 de la loi fédérale sur les stupéfiants [LStup]). Le 
TCO a condamné A______ à une peine privative de liberté de 36 mois, sous 
déduction de 526 jours de détention avant jugement, et assorti cette peine du sursis 
partiel, la partie ferme ayant été fixée à 18 mois. Il l'a également condamné à une 
peine pécuniaire de 30 jours-amende à CHF 30.- l'unité, avec sursis et délai 
d'épreuve de trois ans, ainsi qu'à une amende de CHF 100.- (peine privative de liberté 
de substitution d'un jour). Le TCO a ordonné l'expulsion de Suisse de A______ pour 
une durée de sept ans ainsi que la confiscation et la destruction des objets figurant 
sous chiffres 3 à 6 de l'inventaire n° 1______ (art. 69 CP), de même que la 
confiscation et la dévolution à l'État des sommes de EUR 53.40 et CHF 1.- figurant 
sous chiffres 1 et 2 de l'inventaire (art. 70 CP). Il a rejeté les conclusions en 
indemnisation de A______ et l'a condamné à l'intégralité des frais de la procédure 
préliminaire et de première instance.  

 a.b. A______ entreprend ce jugement, concluant, sous suite de frais de première 
instance et d'appel, à son acquittement du chef d'encouragement à la prostitution et 
de séjour illégal, ainsi qu'au prononcé d'une peine d'ensemble clémente, assortie du 
sursis. Il conclut également à une indemnisation à hauteur de CHF 200.- par jour de 
détention injustifiée au sens de l'art. 429 al. 1 let. c du Code de procédure pénale 
(CPP), à une indemnisation pour ses frais de défense pour la procédure préliminaire à 
hauteur de CHF 18'361.20 (ndr : 47 heures et 30 minutes à un taux horaire de 
CHF 300.- ou CHF 350.-, débours et TVA compris) ainsi qu'à la restitution des 
objets et valeurs susévoqués. 

 a.c. Le Ministère public (MP) forme appel joint, également en temps utile. Il conclut 
à ce que A______ soit déclaré coupable de traite d'êtres humains par métier en 
concours avec l'encouragement à la prostitution, de blanchiment d'argent et de 
lésions corporelles simples, subsidiairement de voies de fait commises à réitérées 
reprises sur un partenaire (art. 126 al. 2 let. c CP). Il requiert une peine privative de 
liberté de six ans, sous déduction de la détention subie, une peine pécuniaire de 
30 jours-amende à CHF 30.- l'unité conformément à l'art. 182 al. 3 CP, l'expulsion 
pour une durée de dix ans et la confirmation du jugement entrepris pour le surplus. 

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 b. Selon l'acte d'accusation du 11 août 2021, rectifié le 5 novembre 2021 ainsi qu'à 
l'audience de jugement, il est encore reproché à A______ les faits suivants : 

 b.a. En rapport avec la prostitution :  

 il a entamé une relation de couple avec C______, qu'il a rencontrée sur les 
réseaux sociaux alors qu'elle travaillait comme coiffeuse en Roumanie en 
gagnant moins de EUR 1'000.- par mois. Il a ensuite profité de ses sentiments 
amoureux en lui faisant croire qu'ils étaient réciproques et en lui faisant 
miroiter des projets d'avenir communs, tout comme profité de la situation 
financièrement difficile de C______ en Roumanie afin de l'emmener en 
Suisse et la pousser à s'y prostituer du 12 août 2015 au 9 juin 2020, dans le 
seul but d'exploiter son activité sexuelle et de s'en enrichir, dès lors qu'il 
vivait majoritairement, si ce n'était exclusivement, du revenu ainsi perçu par 
elle. Il avait commencé à appliquer cette méthode avec son ex-épouse 
D______, avec laquelle il était en couple depuis les 14 ans de celle-ci, en 
l'amenant à plusieurs reprises à se prostituer en Allemagne, au rythme de 
plusieurs séjours par an dans ce pays entre 2014 et 2018 à tout le moins, ainsi 
qu'à Lausanne en 2014 et à Zürich en avril 2017, pour ensuite utiliser tout 
l'argent qu'elle gagnait pour ses propres besoins et ceux de sa famille ; 

 surveillé l'activité de C______ afin de l'amener à faire le plus d'argent 
possible, notamment en l'instruisant sur les tarifs, le choix des clients, son lieu 
et ses horaires de travail, le contenu des annonces érotiques et en la filmant 
lors de son activité avec à tout le moins un client le 21 décembre 2019 ; 

 déplacé C______ d'un pays à un autre en fonction des opportunités du marché 
de la prostitution, soit en France, entre mai et juin 2020, alors que la 
prostitution était interdite et strictement contrôlée en Suisse en raison de la 
pandémie liée à la COVID-19, et en envisageant de l'emmener au Canada 
durant cette même période ou en Angleterre, en décembre 2019, pour la 
prostituer dans ces pays ; 

 renforcé son emprise psychologique sur C______ en alternant des 
comportements bienveillants et prétendument amoureux et des attitudes 
violentes et rabaissantes, la frappant à tout le moins à une reprise le 24 avril 
2020, la traitant notamment de "pute" et de "moche", la menaçant par des 
messages ayant comme contenu, par exemple, "je te nique tes morts et ta 
mère, Je vais t'envoyer à l'hôpital cette année je te jure et moi j'irai en prison 

nique ta race" ainsi qu'en entretenant des relations avec d'autres femmes ; 

 utilisé les gains obtenus par C______ pour ses dépenses personnelles, en 
instruisant la précitée sur les dépenses à faire, notamment des transferts 

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d'argent à effectuer vers l'étranger et des dépenses qu'elle ne souhaitait pas 
entreprendre, notamment pour acheter des stupéfiants, et nullement pour les 
prétendus projets communs qu'il lui faisait miroiter. 

b.b. Il a utilisé les gains provenant de l'activité de prostituée de C______ en les 
conservant en liquide ou en donnant pour instructions à celle-ci d'effectuer des 
dépenses en sa faveur, de manière à empêcher leur découverte, l'identification de leur 
origine et leur confiscation, en finançant directement son train de vie à Genève, par 
des dépenses en liquide, et en envoyant des sommes d'argent à l'étranger par le biais 
notamment d'agences de transfert.  

b.c. Il a fait usage de violence à l'égard de C______, à tout le moins au mois d'avril 
2020 à Genève, en causant à cette dernière une marque rouge en bas du dos. 

b.d. Il a, à des dates indéterminées, mais à tout le moins après le 6 juin 2020, détenu 
et envoyé à des tiers depuis son téléphone portable deux vidéos pornographiques 
mettant en scène des actes sexuels effectifs entre de jeunes garçons mineurs.  

b.e. Il a, à plusieurs reprises depuis 2014 et à des dates indéterminées, les dernières 
fois en décembre 2019 et juin 2020, pénétré et séjourné sur le territoire suisse alors 
qu'il ne disposait pas de moyens de subsistance légaux ou, à tout le moins entre mars 
2020, soit à l'expiration de la durée de séjour autorisée en Suisse pour les 
ressortissants roumains, et en mai 2020, séjourné en Suisse sans les autorisations de 
séjour nécessaires. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure :  

I. C______ 

Rencontre en Roumanie et début de la prostitution 

 a. A______ et C______ se sont rencontrés à E______ en Roumanie et se sont mis en 
couple en 2015 (E-78 ; procès-verbal de l'audience de jugement, p. 5 ; D-200'343ss ; 
D-200'296ss et D-200'279ss).  

Alors déjà en relation avec A______, C______ s'est rendue à Genève, s'y inscrivant 
pour la première fois, le 12 août 2015, comme travailleuse du sexe auprès de la 
Brigade genevoise de lutte contre la traite d'êtres humains et la prostitution illicite 
(BTPI). Jusqu'en 2020, C______ s'est ainsi prostituée à Genève, par périodes, 
retournant en Roumanie le reste du temps (D-7'015).  

b.a. A______ et C______, qui ont d'abord expliqué que celle-ci était coiffeuse au 
moment de leur rencontre, ont ensuite affirmé qu'en fait, elle se prostituait déjà en 

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Roumanie depuis 2012. En tout état, c'était elle qui avait initialement contacté 
A______ par Facebook en 2015 et qui avait ensuite décidé de se prostituer en Suisse, 
après en avoir discuté avec sa copine "F______" qui l'avait renseignée sur les tarifs 
et les pratiques de la prostitution en Suisse. Sur place, elle s'était adressée à un 
dénommé "G______" auprès duquel elle avait effectué les démarches pour obtenir 
les autorisations de travail nécessaires.  

b.b. Aux mois de juillet et août 2015, soit aussitôt avant son départ pour la Suisse, 
C______ a perçu un salaire de RON 554.- respectivement RON 577.-, soit environ 
CHF 100.-, de l'entreprise H______, à I______ [Roumanie]. Il s'agit des dernières 
entrées sur son compte, ouvert en juin 2015 et clôturé en janvier 2019 (D-200'046ss). 

Activités professionnelles de A______ 

c.a. C______ et A______ ont varié au sujet des activités professionnelles de ce 
dernier durant la période pénale, expliquant successivement qu'il était sans emploi 
mais cherchait du travail comme mécanicien, qu'il était barman ou actif dans le 
commerce de cigarettes ou encore qu'il avait débuté un service de catering. A______ 
a ajouté qu'il gagnait également de l'argent au casino.  

c.b. Les témoignages suivants ont été recueillis :  

c.b.a. D______ a expliqué que durant sa relation avec A______, c'était elle qui 
subvenait à leurs besoins ainsi qu'à ceux de leur enfant commun. Auparavant 
barman, son conjoint avait cessé de travailler lorsqu'elle avait commencé à se 
prostituer. Elle avait également financé la rénovation de la maison de ses beaux-
parents en Roumanie grâce aux gains issus de son activité de prostituée. En 2018, 
elle avait appris que C______ était la maîtresse de son mari depuis plusieurs années 
déjà et l'avait quitté. Cela ne l'interpellait pas qu'il vive des gains issus de l'activité de 
prostituée de C______ comme il l'avait fait avec elle ; beaucoup d'hommes vivaient 
de la sorte en Roumanie. A______ ne lui avait rien versé pour l'entretien de leur 
enfant qu'il n'avait pas vu depuis deux ans (D-200'384ss).  

c.b.b. J______, mère de A______, avait un second enfant prénommé K______. Ce 
dernier vivait en Allemagne et lui versait EUR 200.- à 300.- par mois pour la 
rénovation de sa maison. A______ ne lui avait jamais envoyé d'argent à ce titre, ni 
pour l'entretien de son fils, dont elle s'occupait. A______ n'avait pas un emploi 
stable. Il avait travaillé comme barman et occasionnellement dans la construction. 
Elle ne connaissait pas C______ mais uniquement son père (D-200'312ss). 

c.b.c. L______, ancien ami d'enfance de A______, ne savait pas ce que ce dernier 
faisait actuellement, mais avait entendu dire qu'il s'occupait de prostitution. Plus 
précisément, C______ se prostituait en Suisse pour lui (D-200'145ss). 

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c.b.d. M______ a expliqué que A______ avait travaillé dans l'agriculture en Espagne 
il y avait une quinzaine d'années et également en tant que barman en Roumanie. Il 
n'avait pas été actif dans la contrebande de cigarettes, contrairement à lui-même, 
mais l'avait seulement accompagné quelques fois sur des marchés. A______ avait 
d'importantes dettes liées à ses pertes au casino (D-200'343ss). 

Envois d'argent vers la Roumanie par le biais d'agences de transfert 

d.a.a. C______ a envoyé de l'argent à A______ de la Suisse vers la Roumanie sur 
l'ensemble de la période pénale, la première fois le 21 septembre 2015 (D-200'086 ; 
D-200'212 48ss ; D-6'129ss).  

d.a.b. D______ a également régulièrement envoyé, et cela jusqu'en 2018, des 
sommes d'argent à A______ depuis la Suisse et l'Allemagne (D-13 ; D-200'212 
48ss). 

d.b.a. Outre les transferts directs à A______, C______ a effectué de nombreux 
versements à destination des proches ou connaissances de A______, soit les 
dénommés L______, N______, O______, P______ ou encore Q______ (D-1ss ; D-
200'212 48ss).  

d.b.b. L______ a expliqué avoir reçu en 2016 CHF 5'872.- de C______, via 
R______ [transferts d'argent internationaux], pour A______, lequel avait son compte 
bloqué. Celui-ci lui avait dit qu'il s'agissait du remboursement d'une dette. Il savait 
que A______ s'était également adressé à d'autres personnes pour recevoir des 
transferts bancaires, mais il n'en connaissait pas le détail. En 2020, suite à 
l'arrestation de A______, C______ l'avait contacté sur Facebook pour lui demander 
d'indiquer aux autorités qu'il avait reçu la somme précitée pour le traitement médical 
de sa femme. Il avait refusé (D-200'145ss). 

d.b.c. N______ avait travaillé comme coiffeur pendant sept ans dans un salon détenu 
par O______ en Roumanie. A______ était son client et venait toutes les semaines. Il 
voulait la même coupe que  ______ (ndr : célèbre chanteur roumain dont la chanson 
ELVETIA fait l'éloge des "loverboys" et de la traite d'êtres humains en Suisse). Ils 
n'étaient pas devenus amis. Il ne connaissait pas C______. À une reprise, A______ 
lui avait demandé sa carte d'identité ainsi que de l'accompagner à un bureau de 
change afin de retirer EUR 4'000 à 5'000.-. Il avait accepté et n'avait pas souhaité en 
savoir davantage. Il ne savait pas que C______ lui avait transféré cet argent (D-
200'300ss).  

d.b.d. Q______ a déclaré que son surnom était "Q______". Il était ami avec 
A______. Il l'avait rencontré en 2017. Il faisait la fête avec lui et allait voir des 
femmes pour avoir des relations sexuelles. Il ne savait pas de quoi son ami vivait. 

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C______ était sa copine. Il ne se souvenait pas pourquoi elle lui avait envoyé de 
l'argent. Il ne connaissait pas la sœur de cette dernière (D-7'004ss). 

d.c. C______ et A______ ont, pour chaque récipiendaire de fonds, fourni une 
explication divergente, par ailleurs en contradiction avec les témoignages recueillis 
susmentionnés (D-6'129ss). 

Biens immobiliers en Roumanie 

e.a.a. C______ a indiqué avoir acheté, grâce à ses gains issus de la prostitution en 
Suisse, un appartement à E______ pour la somme de EUR 54'000.- en septembre 
2019, une maison à S______ [Roumanie], dans la périphérie de E______, de 
EUR 30'000.-, une [voiture de la marque, modèle] T______/2______ de 
EUR 12'000.- ainsi qu'une [voiture de la marque, modèle] U______/3______ de 
EUR 9'000.-. Elle avait inscrit ces biens au nom de son père, V______.  

e.a.b. A______ a fait des déclarations similaires mentionnant toutefois une maison à 
W______ [Roumanie], non à S______ [Roumanie].  

e.a.c. Les parents de C______ ont confirmé avoir mis l'appartement sis à E______ au 
nom de V______ à la demande de leur fille. Ils avaient eux-mêmes pu acheter une 
maison en Roumanie grâce aux sommes d'argent que leur envoyait leur fille tous les 
mois (D-200'343ss ; D-200'296ss). 

e.a.d. Tous ont toutefois varié sur les raisons les ayant amenés à enregistrer 
l'appartement sis à E______ au nom de V______. A______ a déclaré en ignorer les 
raisons ; il leur faisait confiance. C______ a affirmé qu'elle s'était mise d'accord avec 
son père et A______. Les parents de C______ ont quant à eux expliqué avoir 
procédé de la sorte parce que leur fille ne possédait pas de carte d'identité ou (autre 
version) parce que A______ était encore marié (D-200'343ss ; D-200'296ss). 

e.b.a. La documentation officielle roumaine obtenue par voie de commission 
rogatoire a révélé que C______ détenait effectivement une voiture [de la marque, 
modèle] T______/2______ en Roumanie et V______ une [voiture de la marque, 
modèle] U______/3______. Ce dernier ne figurait en revanche pas au registre 
foncier. Seul feu le père de A______ y était inscrit pour trois immeubles d'habitation 
sis à E______, obtenus respectivement en 2004, 2007 et 2016 (D-6'134ss). 

e.b.b. Interrogé à ce propos, A______ a expliqué que les propriétés au nom de feu 
son père au registre foncier étaient la maison de ses grands-parents, la maison 
familiale dans laquelle il avait toujours vécu et la maison de son frère. Il ne s'agissait 
donc pas de celles qui avaient été mises au nom du père de C______. Il ignorait 
pourquoi ce dernier ne figurait pas au registre foncier.  

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e.c.a. Lors de conversations téléphoniques avec ses parents depuis la prison au début 
du mois de décembre 2020, A______ a évoqué le fait de prendre un avocat "qui 
s'occupe des terrains" et demandé si "elle" avait "fait la déclaration déjà". Il a 
demandé s'ils étaient allés chez le notaire et expliqué que "Q______" saurait quoi 
dire et faire (H-3'006 et 3'007). 

e.c.b. Devant le MP, le 15 décembre 2020, A______ a versé une promesse de vente, 
non signée, datant du 26 mars 2019 entre V______ et un tiers vendeur s'agissant d'un 
bien immobilier à E______ pour la somme totale de EUR 54'000.-, avec une entrée 
en propriété au 1er septembre 2019. Il a également produit un contrat de vente, non 
signé, datant du 7 septembre 2018 au nom de V______ concernant un bien 
immobilier à W______ [Roumanie] pour un prix total de EUR 5'500.- (E-52ss). 

Séjour en Suisse et en France : décembre 2019 à juin 2020 

f.a. Au mois de décembre 2019, C______ et A______ se sont rendus à Genève. 
C______ y a exercé la prostitution durant quelques mois dans un petit appartement, 
sis rue 4______no.______, qu'elle louait à un dénommé X______, actif dans la 
location d'appartements et de vitrines aux travailleuses du sexe. Ce dernier s'était 
occupé d'enregistrer C______ à la police et avait effectué les démarches pour lui 
obtenir son permis de séjour.  

f.b. Entendu comme témoin, X______ a confirmé ce qui précède et précisé que 
durant cette période, il n'avait vu A______, lequel était connu dans le quartier pour 
être le maquereau de C______, que deux ou trois fois sur la terrasse d'un bar "d'où on 
pouvait surveiller les filles" (D-7'023ss). 

f.c. Suite à l'interdiction de s'adonner à la prostitution liée à la COVID-19 au mois de 
mars 2020, A______ et C______ ont discuté de l'éventualité de rentrer en Roumanie 
ou de se rendre ailleurs, ainsi qu'en témoignent les messages suivants (B-1 ss). 

Le 12 mars 2020 à 20h36, C______ et A______ ont évoqué le fait que les saunas 
allaient fermer en Suisse en raison du virus. "[A______] dit qu'il ne faut plus rien 
payer à X______ [et] qu'il est en train de négocier une voiture." 

Le 16 mars 2020 à 17h40, "les deux discutent au sujet du confinement et pensent 
rentrer car cela risque de durer plus d'une semaine. [A______] dit qu'il doit discuter 

avec Q______." 

f.d. Cela étant, C______ a continué encore quelques temps à vendre ses charmes 
dans l'appartement précité, ainsi qu'en atteste son interpellation du 24 avril 2020 (B-
1ss).  

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f.e. Au mois de mai 2020, C______ et A______ se sont rendus dans plusieurs villes 
de France, dont Y______ et Z_____, avec les dénommés AA_____ – "AA______ 
[petit nom]" enregistrée comme travailleuse du sexe – et son compagnon AB_____. 
Celles-ci s'y sont adonnées à la prostitution (D-2'017ss). 

Il ressort des messages échangés entre C______ et AA_____ que, sur place, ces 
dernières organisaient leur temps libre comme de travail. Elles communiquaient 
directement avec les clients, fixaient elles-mêmes les rendez-vous, s'occupaient de 
payer les frais de leur séjour, pendant que leurs compagnons jouaient sur leur 
téléphone ou regardaient des films (D-2'017ss). 

Ainsi, le 16 mai 2020, à 10h33, C______ a proposé à son amie de sortir manger 
toutes les deux et, le 17 mai 2020 à 16h20, de venir regarder la télévision.  

Le 18 mai 2020 à 10h15, " AA______" a écrit : "t'attends un blaireau là? Parce que 
moi aussi j'en ai un et c'est un peu bizarre parce que je lui ai indiqué la chambre 

mais il n'est toujours pas là, ça finit par 3020". C______ lui a répondu qu'elle aussi 
avait un client qui était sur le point d'arriver mais il ne s'agissait pas du même 
numéro de téléphone.  

Le 2 juin 2020 à 21h43, " AA______" a écrit ce qui suit : "on pourrait leur laisser 
une chambre pour eux (ndr : pour A______ et AB_____), comme ça nous pouvons 

travailler, t'en penses quoi?".  

f.g. Au début du mois de juin 2020, C______ et A______ sont revenus en Suisse. Ce 
dernier a été interpellé le 9 juin 2020. 

f.h.a. C______ a expliqué que A______ était venu avec elle en Suisse en décembre 
2019 et l'avait ensuite accompagnée en France afin de ne pas la laisser seule. Il ne se 
mêlait pas de son activité de prostituée. Elle avait subvenu à ses besoins durant cette 
période. Ils étaient une équipe et c'était normal de s'entraider. 

f.h.b. A______ a confirmé être venu en Suisse en décembre 2019 pour y passer les 
fêtes. Il savait qu'il ne pouvait séjourner plus de trois mois dans le pays. Il comptait 
rentrer en Roumanie en février 2020 mais n'avait pas pu en raison de la pandémie. Il 
était ensuite parti un mois en France avec C______ car il n'y avait pas de contrôle, 
puis ils étaient revenus à Genève en attendant de pouvoir rentrer en Roumanie. En 
fait, durant cette période, il avait fait des allers-retours avec la France pour le service 
de catering qu'il avait lancé en janvier 2020. Il n'aimait pas que C______ se prostitue 
et ne l'avait jamais aidée dans son domaine d'activité. 

Conversations entre A______ et C______ 

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 g.a. Durant les quelques mois passés en Suisse et en France, A______, qui utilisait le 
pseudonyme "A______" en référence à ______, un célèbre trafiquant d'êtres humains 
en Roumanie, a régulièrement échangé avec C______ sur son activité de prostituée, 
tel que cela ressort des conversations extraites de l'application Messenger de son 
téléphone. Ces discussions en langue roumaine figurent intégralement au dossier 
sous pièce 6______, ont été traduites en français par une interprète assermentée et 
certains des passages traduits ont été reproduits dans le rapport du 6 mai 2020 (B-
1ss) avec la précision que "les autres conversations n'apportent rien de particulier 
au moment de l'établissement dudit rapport".  

Les messages suivants ont été mis en évidence par les enquêteurs : 

Le 7 mars 2020 

"[C______] dit à [A______] de ne pas faire des dettes à cause de la drogue et 

qu'elle ira probablement chez "le vieux" auquel elle a demandé  

CHF 2'000.-. [C______] dit à [A______] que "celui-là" ne lui donne que CHF 

1'000.-. A______ lui dit de voir si elle peut quand-même en tirer plus et demande s'il 

s'agit d'euros ou de francs suisses." 

Le 13 mars 2020 

"[C______] dit que le client n'a plus d'argent sur la carte. [A______] lui dit de le 

mettre à la porte". 

"[C______] dit qu'elle a un client mais il ne lui paie que 250.-. [A______] pense que 

c'est bien. Il pense qu'il changera de toute façon d'avis "en cours de route". Pour 

finir, [C______] lui dit que le client n'a pas envie de gaspiller trop d'argent. 

[A______] lui dit de le mettre à la porte". 

Le 15 mars 2020 

"[C______] dit à [A______] qu'elle ne veut pas prendre de drogue car cela veut dire 

puiser dans les économies". 

Le 20 mars 2020 

"[A______] envoie un texte de présentation en français, comme suit : Bonjour, je 

suis C______ [surnom], nouvelle dans votre ville, vous souhaitez vous détendre dans 

un environnement agréable avec moi, faites appel à mes services de qualité et vous 

serez entièrement satisfait. Permissif, mais sélectif à la fois, valable pour les 

messieurs généreux et gentils." 

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Le 23 mars 2020 

"[A______] demande si le client est arrivé, [C______] répond que oui. Plus tard, 

sur question, [C______] dit que le client est parti et qu'elle n'en a eu qu'un et précise 

"100 ch" (…)." 

Le 26 mars 2020 

"[A______] envoie un texte de présentation en français, comme suit : De la vraie 

photographie! Ce que vous voyez sur les photos vous ouvrira la porte : Bonjour je 

m'appelle C______ [surnom], je vous offre une compagnie intime de messieurs 

généreux j'aime les fantasmes et les hommes ouverts aux défis, j'offre du plaisir et 

des services de qualité, je vous attends de manière intime et très discrète, mon 

entreprise se sentira merveilleusement bien, je vous garantis retour. Les photos sont 

à moi à 100%. Kiss." 

Le 5 avril 2020 

"[A______]: Ça sonne tes téléphones?" 

Le même jour 

"[A______]: Ecoute aujourd'hui tu fais 700. 

[A______]: Fais quoi 

[C______]: Rien 

[A______]: Personne n'appelle nique leurs morts 

[C______]: Non […] Il aurait dû y avoir de l'activité dimanche aussi 

[A______]: Putain au moins 200 tu fais on ira acheter de la bouffe 

[C______]: OK." 

Le 6 avril 2020 

"[A______]: Ça sonne les téléphones ? 

[C______]: Non 

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[A______]: ok (…) T'as changé 

[C______]: Oui seulement l'adresse 

[A______]: Le titre aussi ou bien t'en penses quoi ils vont l'effacer ? Va là où [c]'est 

marqué 2.90 pour mettre sur la première page". 

Le 8 avril 2020 

"[C______]: Ecoute 

[A______]: Oui 

[C______]: Qu'il/elle prenne un taxi pour venir à la rue 5______no.______ 

[A______]: Je passe une commande chez AC_____ [service de taxis privés gérés via 

internet]? 

[C______]: Et que AD______ descende dans 10 min 

[A______]: J'appelle AC_____" 

Le 9 avril 2020 

"[A______]: Il/elle t'a donné combien 

[C______]: Je dois voir s'il/elle la veut toujours car je ne sais pas s'il/elle avait 

l'argent 

[A______]: Jusqu'ici 

[C______]: A moi, 900 y compris la marchandise. Tu prends 300. 

[A______]: Ça joue pas. Tu es arrivée à 22h37 (…) 

[C______]: 600 plus 2 grammes A______ mais il/elle devait te payer. Bah j'ai 

calculé une heure de plus depuis qu'il/elle est arrivée (…) Ecoute nous restons 
encore une heure 

[A______]: Ok. Tu veux appeler calo pour nous en apporter davantage ?  

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[C______]: Je vais voir maintenant s'il veut encore rester sinon nous rentrons à la 

maison. Il est en train de chercher son argent. Il doit regarder s'il lui en reste dans 

l'autre chambre. L'enculé. On reste encore une heure [...] Nous sommes arrivé(e)s. 

[A______]: J'ai vu sur AC_____ (…) que t'es arrivée." 

Le 9 avril 2020 

"[A______]: Il t'a filé du fric (…) 

[C______]: 300 et 100 pour la marchandise [...] Dis-lui de venir à celle-là car mon 

heure est finie 

[A______]: T'as besoin de marchandise ou autre chose ? 

[C______]: Non 

[A______]: Ok (…) Dis-lui de vous donner 1000 pour chacune pour dormir avec lui. 
A-t-il jamais dormi avec deux blondes ? 

[C______]: Je vais voir à la fin 

[A______]: Ok [...] Il a pas de cash ce blaireau ou quoi. Tu peux pas voir un peu ? 

[C______]: Il en a dans le tiroir mais je ne veux pas le voler A______ parce qu'il 

n'en a pas beaucoup. Ce serait dommage de le perdre parce qu'il a dit qu'il veut 

plus". 

 

Le 13 avril 2020 

"[A______]: Mets cette annonce de merde. Tu paies 2.40 pour la remettre parce que 

nous n'avons plus un sou." 

Le 19 avril 2020 

"[C______]: Fini 

[A______]: T'es restée combien de temps 

[C______]: 30 minutes. Il a pris une douche et m'a donné 150  

- 14/55 - 

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[A______]: Ok." 

g.b. C______ et A______ se disputaient également ainsi qu'en témoigne l'analyse de 
leurs messages via les applications Facebook Messenger Chat, WhatsApp et les SMS 
retrouvés dans leurs téléphones. Il la traitait souvent de "pute" ou de "moche" ou 
encore de "torchon" (D-3'002ss).  

Les conversations suivantes ont été mises en évidence :  

Le 5 octobre 2019 

"[A______]: Alors si tu sors aujourd'hui... Je te jure ça sera pire et tu regretteras 

d'avoir fait ma connaissance...tu me bloques parce que t'as du taf aujourd'hui. Je te 

pisse dessus espèce de torchon…t'es comme ta mère…des putes pitoyables". 

Le 9 décembre 2019 

"[A______]:"Ecoute… je ne veux plus rester ici. 

[C______]: ok nous plions bagages et nous partons! Mais tu changes de sujet là 

parce que je connais la vérité!! Toute cette histoire d'Angleterre c'est une de tes 

combines parce qu'en fait tu veux m'emmener là-bas pour pouvoir faire venir cette 

pétasse ici!!" 

 

 

Le 21 décembre 2019 

"[A______]: Mais tu fais quoi là je te nique tes morts et ta mère. Je vais t'envoyer à 

l'hôpital à Noël cette année je te jure et moi j'irai en prison nique ta race".  

Le 24 avril 2020 

"[C______]: "t'as besoin d'argent pour renvoyer à cette pétasse!!! C'est ça ton 

problème ça fait 10 jours que je me plie en quatre pour payer la banque mais tu t'en 

fous complètement c'est pas toi qui bosse!!! Mais t'inquiète cette salope ne va rien 

toucher de ma part!! rien ne te convient A______!! mais vas-y toi bosser et faire du 

fric et moi je reste à la maison!!! Là t'as encore trouvé une occasion pour m'humilier 

devant tes potes!! Mais c'est pas grave A______. 

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[C______]: Tu as changé depuis que cette pute est venue à la maison. Avant que 

cette salope ne soit à la maison tu ne m'avais encore jamais fait ça tu voulais lui 

faire une démonstration. Tu es avec moi pour le fric A______. Tu me fous tout le 

temps dehors pour pouvoir rappeler et parler avec elle A______. Tu fais exprès de 

me frapper et de me tuer pour pouvoir aller voir sa chatte. 

[A______]: Tu vas rentrer. Tu verras bien." 

Le 28 avril 2020 

"[C______]: je t'ai fait confiance pendant 6 ans et j'ai considéré que tu étais mon 

homme mais pour toi je ne suis qu'une pute A______ tu m'as bloquée pour montrer à 

cette pétasse tu me frappes parce que le social est fermé pour 150 francs alors que je 

t'ai apporté des milliers (…) t'as gâché 1000 pour de la bouffe t'as récupéré et 
maintenant tu me fais des histoires pour 100 francs… 

[A______]: Il ne s'agit pas de quelqu'un d'autre… il s'agit de nous deux! Cherche 
pas de coupables… mais je dois remarquer que tu préfères niquer plutôt que d'aller 
chercher de l'aide… il ne s'agit pas de 150 mais de la façon dont tu t'y prends dans 
la vie… 

[C______]: j'y vais pour rien putain (note: CHF 150.-). Pourquoi tu insistes que j'y 

aille ???, je n'ai plus de paix avec toi. Je n'en peux plus". 

Le 7 juin 2020  

"[C______]: Ce n'est pas la première fois qu'on se dispute mais tu ne les as pas 

effacées. Tu m'as écrasée de nouveau A______. 

[A______]: écoute pétasse 

[C______]: Pourquoi tu me fais ça 

[A______]: Tu aimes vraiment me faire chier et puis c'est bon tu me prends dans tes 

bras et tu me calmes ou bien t'es en train de faire quoi maintenant je te pisse sur ta 

gueule espèce de torchon 

[C______]: Je connais la raison (…)  

[A______]: viens ici la bouffe est prête [ndlr: plusieurs messages effacés] 

[C______]: c'est prêt ? 

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[A______]: oui apportez du pain 

[C______]: Ok. T'avais écrit quoi ? 

[A______]: Des insultes parce que tu ne rép pas (…)." 

g.c.a. Interrogée par la police sur l'ensemble des échanges susmentionnés, C______ a 
expliqué qu'elle consultait parfois son compagnon mais qu'il ne lui donnait pas 
d'instructions. Il était une personne "normale" avec laquelle elle s'était habituée à 
vivre. Il était gentil et la traitait bien. Il ne l'avait jamais frappée. Il leur arrivait de se 
disputer car elle était très jalouse et se faisait des films. Elle lui avait dit qu'il était 
avec elle pour le "fric" pour l'énerver. Ils n'avaient pour l'instant pas de projet 
d'avenir mais il était "ok" d'avoir un enfant avec elle. 

g.c.b. A______ a répété qu'il ne se mêlait pas de l'activité de prostituée de C______. 
Les messages où il semblait lui donner des instructions sur les tarifs à appliquer 
n'étaient que des blagues formulées dans un contexte pas forcément négatif. Parfois, 
C______ utilisait son téléphone. Elle l'avait notamment fait pour rechercher des 
annonces érotiques dans un journal qu'elle avait traduites et qu'elle s'était envoyées 
sur son propre téléphone. Dans d'autres messages, il lui avait dit de se rendre chez 
AF_____ demander de l'aide ou encore lui avait dit de publier des annoncées liées à 
son activité de restauration. Ils aimaient bien se disputer et s'insultaient 
réciproquement à ces occasions. Les propos tenus dans le cadre des disputes ne 
s'étaient jamais concrétisés. Il ne l'avait jamais frappée. Il l'aimait et souhaitait fonder 
une famille avec elle. 

g.c.c. Réentendue, C______ a confirmé l'ensemble des déclarations de A______. Elle 
s'est jetée dans ses bras, en pleurs, à chacune de ses auditions. 

Photographie d'une tâche rouge dans le bas du dos de C______  

h.a. La police a extrait une photographie du téléphone de C______ du 24 avril 2020 
qui laisse apercevoir des marques rouges en bas de son dos, étant relevé que cette 
image a été prise le même jour que le message évoqué supra dans lequel elle lui 
reproche de l'avoir frappée.  

h.b. A______ et C______ ont répété qu'il ne l'avait jamais frappée. Cette 
photographie était destinée à une dermatologue pour une tache qu'elle avait sur le dos 
depuis de nombreuses années et n'avait rien à voir avec leurs disputes. Elle était 
excessivement jalouse et se faisait des films.  

h.c. Les parents de C______ ont déclaré que A______ n'avait jamais été violent avec 
leur fille. AE______ a ajouté que sa fille, à qui elle téléphonait tous les jours, ne 

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s'était jamais plainte de violences. Celle-ci avait des taches sur la peau lorsqu'elle 
mangeait certains aliments (D-200'296ss ; D-200'279ss). 

h.d. X______ a affirmé qu'il n'avait jamais constaté de problèmes entre C______ et 
A______, et D______ que son ex-époux ne s'était jamais montré agressif ou violent 
avec elle (D-7'023ss ; D-200'384ss). 

Photographies de cartes d'identité d'autres travailleuses du sexe 

i.a. Une photographie d'une carte d'identité roumaine au nom de AD_____ a été 
retrouvée dans le téléphone de A______. 

i.b. Ce dernier a expliqué que C______ y avait introduit la carte d'identité de la 
précitée. Il détenait pour sa part les photographies des cartes d'identité de deux 
prostituées d'origine bulgare, pour les "aider à travailler chez AG_____". Il 
connaissait les compagnons des deux femmes en question qu'il avait rencontrés en 
Allemagne en 2014 ou 2015. À la demande de ces derniers, il les avait 
accompagnées chez "AG_____" pour qu'elles obtiennent leurs autorisations de 
travail. C______, qui parlait le français, devait s'en occuper. Il n'avait plus eu de 
contacts avec eux par la suite. 

i.c. C______ a confirmé les déclarations de A______ sur ce qui précède. 

Vidéos de C______  

j.a. Les vidéos suivantes ont été retrouvées dans le téléphone de A______ : 

- la première, datée du 20 avril 2020, laisse apercevoir C______ qui dort et A______ 
qui s'assied, les fesses nues, sur le visage de cette dernière ; 

- dans la seconde vidéo datée du 21 décembre 2019, C______ est filmée lors de 
rapports sexuels avec un autre homme. 

j.b. A______ a indiqué au sujet de la première vidéo qu'il s'agissait d'un fantasme. 
C______ ne dormait pas. Celle montrant les prestations de celle-ci avec un client 
faisait partie de leurs jeux ; ils étaient un couple échangiste.  

j.c. C______ a confirmé les déclarations qui précèdent. 

Conversations entre A______ et "AH_____" 

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k.a. Entre les mois d'avril et de juin 2020, A______ a échangé avec un dénommé 
"AH_____" sur les possibilités de se rendre au Canada avec C______ afin qu'elle y 
exerce la prostitution : 

Le 14 avril 2020  

"AH_____: (…) tu peux venir chez ton frère au Canada en vacances quand tu veux. 
On peut aller aux USA aussi  

A______: si tu m'invites je te jure mec que je vais venir et si tu me trouves du travail 

aussi ça sera top  

AH_____: mon travail alors (…) ira très bien pour toi aussi  

A______: du travail pour la femme je veux dire… séparément (…) 

AH_____: tu t'en mettras plein [les poches] je te jure. Je vais t'envoyer quelque 

chose comme ça tu vois  

A______: ils parlent français là-bas n'est-ce pas?  

AH_____: Anglais. Attend je t'ai mis la traduction [ndlr: Envoi d'une image] si tu 

voyais comme elles sont moches tu t'en mettras plein [les poches] je te jure  

A______: Pfff 2000 en combien de temps?  

AH_____: 4 heures  

A______:  donc c'est 600 l'heure? pfff  

AH_____: oui  

A______: c'est le double d'ici dans un appartement ou bien?  

AH_____: Nooon. [Elle] va à l'hôtel. Chez eux. [Elle] va les massacrer. Plus les 

bonus etc. elle pourra faire 3 mille en une nuit. Voire plus le weekend. J'ai donné 

900 à une moche j'avais envie de prendre la fuite (…) elle m'a dit [que c'était] 1400 
l'hôtel compris 2 heures  

A______: bah aide-moi alors  

AH_____: Et puis les Chinoises bossent pour 150 mais elles sont trop moches  

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A______: et je fais un super cadeau (…)  

AH_____: bah tu peux venir quand tu veux  

A______: alors quand tu pars… tu me fais signe et je viendrai sans hésiter (…) 

AH_____: dès qu'ils ouvrent [les frontières] je pars (…) Y a que les costauds qui 
parlent français qui font des affaires  

A______: bah C______ parle le français  

AH_____: et elle va apprendre l'anglais rapidement (…) 

A______: alors regarde un peu pour moi bizo si ça peut aller on se fera des beaux 

repas (…)." 

Le 2 mai 2020 

"AH_____: dès qu'ils ouvrent les frontières je te rend peut-être visite (…)  

A______: quand tu veux mec choppe ton billet lundi et viens. Ton frère te filera un 

appartement pour toi seul. 

AH_____: j'achète un billet AI_____ [Suisse]-AJ_____ [Canda] et je passe une 

journée chez toi!!!  

A______: des meufs… y en a pas elles sont parties. Sinon je t'en enverrais. Viens jte 
jure." 

k.b. A______ a expliqué qu'il se trouvait avec C______ lors de ces échanges. C'était 
une discussion. Il n'avait pas pour projet d'aller s'installer dans ce pays avec 
C______.  

k.c. Selon C______, c'était elle qui avait conversé avec "AH_____" et qui avait le 
projet de se rendre au Canada. Elle n'en avait pas parlé avec A______. 

Conversations entre A______ et M______ 

l.a. A______ a également échangé avec M______ évoquant son séjour en Suisse et 
en France ainsi que les possibilités de "faire venir" une certaine "AK_____" et/ou 
"AL_____", étant relevé que le terme "combini" a été employé et qu'il ressort du 

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dossier que ce mot peut être compris dans le sens de "embobiner" (E-83), soit dans le 
sens d'"intégrer une personne" sans impliquer de tromperie (E-30) : 

Le 28 mai 2020 

"A______: J'ai été à Z______ voir [le monument] AM_____ 

M______: Sympa la balade" 

Le 29 mai 2020 

"M______: Tu fais quoi Bela? 

A______: (…) Je vais voir comment ça évolue jusqu'au 6 juin. Je vais retourner en 
Suisse. N'importe quoi. L'hôtel c'est une prise de tête (…)  

M______: ça marche pas là-bas  

A______: Mais si. Mais c'est compliqué. Mais je la pose à Genève et je rentre à la 

maison car si ça continue comme ça je ne rentre plus (…) Je n'ai jamais passé autant 
de temps à l'étranger de ma vie. 6 mois (…) mais je vais tenir encore quelques mois 

M______: ça fait beaucoup moi aussi je suis resté un an et demi  

A______: Je vais aller à Genève mec… là je peux aller à la salle…c'est différent. Ici 
t'es toujours dehors. Tous les deux jours. Il faut partir. Les bagages. Le stress. Les 

réservations à l'hôtel. Les cartes (…) Je vais tenir encore une semaine et je m'en vais 
(…) A 20 ans ça aurait pu être cool. Mais comme ça. Mec je n'ai plus d'énergie pour 
ceux de I______ [Roumanie]  

M______: Je vois tout à fait (…) C'est pour ça que je n'ai plus envie de ces voyages  

A______: Aucun souci. Moi je me donne de la peine et je ne reviens plus jamais." 

Le 31 mai 2020 

"M______: Tu fais quoi mec 

A______: Je dormais. Rien. Je me suis disputé avec cette pétasse. Cette meuf. Toi? 

(…) Putain. Ça commence à me gaver cette pétasse. Dis-moi quelque chose car je 
vais péter un câble 

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M______: T'as déjà marre d'être à l'étranger. J'étais moi aussi en train de discuter 

avec AN_____ car j'ai entendu dire que la Suisse rouvre le 6 les boîtes de nuit (…) 
Tu fais quoi tu reviens en Suisse 

A______: Le 6 et je vous appelle pour venir faire un tour oui. Je retourne  

M______: Bah nous viendrons aussi s'il y a de la place (…) ça pourrait marcher 
mec?  

A______: Bah mec. Attend que j'y aille moi pour voir comment ça se passe et je vous 

donnerai tous les détails (…) Vers la fin de la semaine prochaine je pars  

M______: et si ça va je viens aussi et nous louons un appartement  

A______: en Suisse ce n'est pas possible. Mais nous avons un logement. Pas de 

souci. Q______ a une maison de 5 pièces 800 par mois mec la chambre. Y a un 

grand salon avec cuisine. 2 salles de bain. C'est à son nom." 

Le 1er juin 2020 

"A______: Tu peux venir avec moi partout (…) 

M______: Je comprends mec honnêtement j'aurais envie de venir mais il faut voir 

comment ça se passe aux frontières  

A______: Ben trouve une solution et on verra si tu viens je viens aussi en Suisse. Je 

retourne. Parce que comme y a plus de femmes en ce moment ça devrait bien 

marcher (…) 

M______: Je vais chercher AK_____  

A______: AK_____ m'a écrit (…) Je voulais justement te dire (…) 

M______: T'arriverais à embobiner [combini] AL_____ pour la faire venir (…) Tu 
lui dis que ça marche bien (…) et qu'il y a tout ce qu'il faut (…) je vais la chercher 
moi  

A______: ok (…) je lui ai écrit j'attends qu'elle réponde (…) pas de réponse (…) 
nique ses morts  

M______: Bof laisse tomber mec (…) ils sont ici avec AO_____ peut-être il l'amène 
lui (…)" 

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Le 2 juin 2020 

"M______: on ne peut pas s'amuser avec elles [eux] (…) elles sont bonnes pour la 
ferme  

A______: c'est qui (…) t'as fait venir lesquelles des pétasses?  

M______: AK_____. Je me la suite faite avec AP_____. Et j'ai envie de me casser  

A______: Faut pas la lui passer à lui qu'ils aillent se faire foutre". 

l.b.a. A______ a expliqué qu'il pratiquait l'échangisme avec M______. Ils n'avaient 
pas le projet de faire venir des filles en Suisse pour se prostituer. Il y avait eu un 
grand rassemblement d'échangistes à E______ le 1er juin 2020 et les dénommées 
"AL_____" et "AK_____" faisaient partie de leur groupe d'échangistes.  

l.b.b. C______ a d'abord contesté pratiquer l'échangisme, avant de revenir sur ses 
déclarations et confirmer celles de A______. 

l.c. M______ a confirmé avoir pratiqué l'échangisme par le passé avec A______. 
C______ en revanche ne participait pas à leurs soirées.  Il ne savait pas s'il y avait eu 
un rassemblement échangiste à E______ le 1er juin 2020. Il ignorait qui étaient les 
dénommées "AK_____" et "AL_____". Il avait évoqué le fait "d'amener" des filles 
dans des clubs afin d'avoir des relations sexuelles avec elles.  

 

AQ_____ 

m.a. Entre les 7 et 9 juin 2020, A______ a conversé avec une dénommée AQ_____ 
en ces termes : 

"J'ai envie de voir ton joli visage" "je te remercie pour tout ce que tu m'as dit 

aujourd'hui (…) ça m'a fait du bien de parler avec toi! Que Dieu te bénisse et que tu 
sois heureuse à côté de celui que tu tiens dans ton cœur… MOI! (…) je peux 
t'appeler pour que tu me montres ton pied" (…) tout me manque de toi (…) tu me 
manque énormément (…) j'ai envie de t'embêter puis de t'embrasser partout pour me 
faire pardonner et voir ton sourire en cachette". 

m.b. La police a découvert plusieurs photographies de A______ et AQ_____ dans le 
téléphone de ce dernier, ce qui a permis aux enquêteurs de conclure que la précitée 
était sa maîtresse depuis plusieurs mois. La police a en outre découvert une vidéo 

- 23/55 - 

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dans laquelle on les voit entretenir une relation sexuelle, sans toutefois avoir pu 
établir quand cette vidéo avait été enregistrée (D-3'002).  

m.c.a. A______ a contesté avoir eu une relation amoureuse avec AQ_____. Elle 
faisait partie de leur groupe échangiste. 

m.c.b. C______ a expliqué que A______ avait eu une aventure avec AQ_____, 
laquelle faisait en vérité partie de leur groupe échangiste. 

II. Vidéos pédopornographiques  

a. La police a récupéré deux vidéos pornographiques lors de l'extraction du téléphone 
de A______, lesquelles avaient été effacées, mettant en scène des relations sexuelles 
effectives entre jeunes garçons. 

La première vidéo avait été enregistrée le 6 juin 2020 à 00h05 par le biais de 
l'application Whatsapp. Elle n'a pas été retrouvée dans les messages de cette 
application. 

La seconde vidéo avait été modifiée le 5 juin 2020 à 23h46 puis placée dans la 
poubelle de la carte mémoire du téléphone. La police ignorait la provenance de cette 
vidéo et si elle avait été transférée à d'autres contacts. 

b. A______ a expliqué qu'il avait des tendances bisexuelles, mais il n'était pas du 
tout attiré par les enfants. Les deux vidéos pornographiques mettant en scène de 
jeunes garçons s'étaient chargées automatiquement d'une page Facebook "AR_____" 
dans ses "favoris", sur laquelle "ils" partageaient des vidéos hors du commun. Il se 
souvenait d'avoir vu les deux vidéos litigieuses et de les avoir effacées. Il ne les avait 
pas transférées à des tiers.  

C. a.a. Requise par le conseil de l'appelant de procéder à un tirage papier et à une 
traduction de l'intégralité de la conversation Messenger contenue dans le CD-Rom 
6______, et dont certains passages ont été reproduits dans le rapport de police du 6 
mai 2020, la direction de la procédure a rappelé au précité, par courrier du 3 juin 
2022, que dite conversation et dit rapport avaient été mis à sa disposition depuis la 
mise en prévention de son mandant. Il était relevé que la police judiciaire, dont 
l'appelant n'avait pas demandé l'audition, avait indiqué dans le rapport évoqué que 
"les autres conversations n'apport[ai]ent rien de particulier au dossier au moment 

de l'établissement dudit rapport", si bien qu'il ne serait procédé à aucun tirage papier 
ni traduction de l'ensemble de la conversation en cause, dont la pertinence n'était pas 
démontrée.  

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Le 15 juin 2022, le conseil de l'appelant a requis un tirage numérique de l'intégralité 
de la conversation litigieuse afin que son mandant "puisse finalement en prendre 
connaissance". 

Le 16 juin 2022, la direction de la procédure a mis à disposition du conseil de 
l'appelant une clé USB comprenant le contenu du CD-Rom 6______ et, après que le 
précité eut relevé que le rapport du 6 mai 2020 mentionnait un fichier de traduction 
mis en page par l'interprète et que "le fichier signé par l'interprète" devait être joint 
audit rapport (cf. B-4), lui a confirmé, par courrier du 29 juin 2022, que le dossier ne 
comprenait pas d'autres documents que ceux ayant toujours été à sa disposition. 

a.b. Le 29 juin 2022, soit la veille de l'audience d'appel, l'appelant a, sous la plume 
de son conseil, informé la direction de la procédure qu'il ne serait pas en mesure de 
comparaître personnellement, étant atteint de la COVID-19. Il a produit une copie de 
la décision d'isolement des autorités roumaines qu'il avait reçue par SMS. Le conseil 
de l'appelant a indiqué qu'il représenterait son client.  

b.a. Aux débats d'appel, la Cour a attiré l'attention du conseil de l'appelant sur le fait 
que le rapport de police du 6 mai 2020 comprenait, comme précisé au pied du 
document, plusieurs annexes signées par la traductrice, à savoir le procès-verbal 
d'audition de C______ du 24 avril 2020, l'autorisation de fouille de son téléphone 
portable, le formulaire de ses droits, le formulaire de sa situation personnelle et 
financière ainsi que le formulaire relatif au droit d'être entendu en cas de mesures 
d'éloignement (B-16ss).  

b.b. A______, représenté par son conseil, a conclu à titre de question préjudicielle, à 
ce que le rapport de police du 6 mai 2020 soit écarté du dossier et les faits, établis sur 
cette base, annulés. Ce rapport faisait référence à un fichier de traduction des 
conversations retrouvées dans le téléphone de C______, supposé avoir été mis en 
page et signé par la traductrice de même que joint audit rapport. Or, ce document ne 
figurait pas au dossier et A______ n'avait pas pu s'exprimer dessus. Ses droits 
avaient par conséquent été violés. 

La défense n'avait par ailleurs eu accès aux conversations en langue originale 
roumaine que très tardivement, soit deux semaines avant les débats d'appel, le lien 
contenu dans le CD-Rom 6______ figurant au dossier ne fonctionnant pas. La 
défense n'avait ainsi pas été en mesure de faire son travail correctement.  

 b.c. Le MP a conclu au rejet de la question préjudicielle. Les conversations 
litigieuses avaient toujours figuré à la procédure et le lien contenu dans le CD-Rom 
fonctionnait parfaitement. La prise de connaissance tardive de ces éléments était 
imputable à la défense. A______ était par ailleurs l'auteur, respectivement le 
destinataire des messages litigieux, si bien qu'il en connaissait parfaitement le 

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contenu. La défense avait ainsi largement eu les moyens de relever les éventuels 
éléments pertinents.  

b.d. Après avoir ouï les parties présentes, la Cour a rejeté la question préjudicielle au 
bénéfice d'une brève motivation orale renvoyant pour le surplus aux développements 
du présent arrêt (cf. infra consid. 2). 

c.a. Sur le fond, le MP a persisté dans ses conclusions. Les éléments du dossier mis 
bout à bout démontraient que A______ avait agi avec C______ à la façon d'un 
"loverboy", cela quand bien même elle ne s'était pas constituée partie plaignante. Il 
était notoire que les victimes de traite d'êtres humains ne se percevaient pas comme 
telles et assistaient au contraire leur bourreau durant le procès. 

Au moment de se mettre en couple avec C______, A______ avait compris les 
avantages de la prostitution puisqu'il avait déjà vécu des gains issus de l'activité de 
prostituée de son ex-épouse, D______. C______ était coiffeuse et gagnait un salaire 
d'environ CHF 100.- par mois avant de le rencontrer, de rejoindre la Suisse et de se 
prostituer. Il avait ainsi profité de sa vulnérabilité, lui avait dit qu'il l'aimait et fait 
miroiter des projets d'avenir, dans le but de la recruter aux fins de l'exploiter 
sexuellement, suivant ainsi ses idoles ______ ou encore ______. Ils avaient tous 
deux menti sur la date de leur rencontre précisément pour tenter de dissimuler que 
c'était lui qui l'avait poussée dans la prostitution. Au cours de leur relation, A______ 
avait ensuite alterné mots doux et insultes, la traitant de pute ou de moche, et avait 
formulé des menaces, les mettant à exécution à tout le moins à une reprise, ainsi 
qu'en attestait la tache rouge dans le dos de C______. Celle-ci avait indiqué dans un 
message : "tu me frappes", utilisant le temps présent, ce qui démontrait qu'elle se 
référait à une activité continue. A______ avait tourné une vidéo où il s'asseyait sur le 
visage de C______ alors qu'elle était en train de dormir, ce qui démontrait le peu de 
considération qu'il lui portait. Il allait en soirée et échangeait des messages d'amour 
avec d'autres femmes. Il avait envisagé d'envoyer C______ au Canada et en 
Angleterre afin qu'elle s'y adonne à la prostitution, le terme "combini", employé dans 
ce contexte, devant être compris dans le sens de tromper ou embobiner, et il avait 
dans son téléphone des photographies des cartes d'identité de plusieurs autres 
travailleuses du sexe.  

C______ subvenait à ses besoins et effectuait des paiements sur ses instructions. 
L'essentiel des sommes d'argent qu'elle avait envoyées en Roumanie l'avait été en 
faveur des proches de A______, tous inconnus de la famille de C______. Elle avait 
d'ailleurs demandé à L______ de faire un faux témoignage à ce propos. 
L'appartement à E______ qu'elle avait acheté et supposément mis au nom de son 
père, ne figurait pas dans les registres officiels et l'authenticité des documents 
produits à ce propos, non signés, était douteuse.  

- 26/55 - 

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A______ avait ainsi trompé C______ afin qu'elle se prostitue pour lui, subvienne à 
ses besoins et finance son train de vie, la traitant comme un simple outil de travail. 
Par ce comportement, il s'était rendu coupable de traite d'êtres humains par métier, 
étant précisé qu'il avait agi sur une période de cinq ans et que rien ne démontrait qu'il 
aurait cessé ses agissements s'il n'avait pas été arrêté. 

A______ avait en outre activement surveillé C______ dans son activité de prostituée. 
Il avait menti sur son business de cigarettes afin de faire croire qu'il gagnait sa vie et 
prétendu, en contradiction manifeste avec les éléments au dossier, qu'il ne savait rien 
de l'activité de prostituée de sa compagne. Il était au contraire directement et 
activement impliqué. Il lui indiquait combien elle devait gagner par jour. Il décidait 
si les tarifs proposés par les clients étaient suffisants ou non, précisant s'il fallait les 
mettre à la porte. Il la surveillait de façon très consciencieuse ; il savait quand le 
client arrivait et quand il partait.  Il savait quand elle rentrait, notamment en suivant 
ses déplacements AC_____, et si les recettes du jour étaient compatibles avec les 
horaires effectués. Il l'avait filmée, à tout le moins à une reprise, avec un client. Il 
gérait les annonces érotiques qu'elle devait publier. Il lui indiquait également quand 
elle ne devait pas aller travailler. Il avait réfléchi à d'autres solutions pour continuer à 
gagner de l'argent issu de la prostitution pendant la COVID et avait organisé leur 
séjour en France, indiquant à C______ de ne plus rien payer à X______ durant cette 
période, car il était en train de négocier une voiture. Ce dernier avait d'ailleurs 
affirmé l'avoir vu sur la terrasse d'un établissement aux AS_____ [GE] d'où l'on 
pouvait surveiller "les filles".  

En décidant des conditions concrètes de l'activité de prostituée de C______, 
A______ s'était rendu coupable d'encouragement à la prostitution, en concours avec 
la traite d'êtres humains.  

En utilisant les gains issus de l'activité de prostituée de C______ pour ses besoins 
courants, sa consommation de cocaïne, de même qu'en transférant ces sommes en 
liquide en Roumanie, A______ s'était rendu coupable de blanchiment d'argent, ayant 
de la sorte entravé l'identification de l'origine de ces fonds.  

Enfin, il avait envoyé des vidéos à caractère pédopornographique à des contacts 
inconnus tel que cela ressortait du dossier. 

Une peine privative de liberté d'ensemble de six ans s'imposait au vu de la gravité de 
ses actes, étant relevé que sa collaboration et sa prise de conscience avaient été 
médiocres compte tenu de ses dénégations en contradiction manifeste avec les 
éléments recueillis dans la présente procédure, alors que rien ne justifiait ses actes, sa 
famille travaillant honnêtement en Roumanie.  

 c.b. Par la voix de son conseil, A______ a persisté dans ses conclusions.  

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 Rien au dossier ne permettait de retenir que la liberté de C______ de s'adonner à la 
prostitution comme elle le souhaitait eût été entravée. Elle était en possession de ses 
documents d'identité, effectuait des allers-retours entre la Suisse et la Roumanie, 
avec un séjour en France, sans qu'il n'eût été établi qu'elle y aurait été forcée. Il ne 
ressortait pas non plus du dossier qu'elle se serait trouvée dans un état de 
vulnérabilité particulier ; elle avait des amis et de la famille ainsi qu'un métier. Elle 
parlait français et organisait elle-même ses séjours en Suisse, notamment avec 
X______, avec qui elle avait d'ailleurs directement géré la location de l'appartement 
ainsi que l'obtention de son permis de séjour. A______ ne disposait ainsi pas de 
levier particulier pour exercer une pression sur elle, ou du moins cela n'avait pas été 
démontré par l'accusation.  

 Il ne ressortait pas non plus du dossier qu'il la frappait. Les témoignages recueillis 
plaidaient en sens contraire.  

Les quelques messages d'insultes ou de menaces figurant au dossier ne permettaient 
pas de retenir que A______ exerçait une pression sur C______ dans le cadre de son 
activité de prostituée. Outre le fait qu'il fallait examiner avec retenue ces 
conversations, traduites et sorties de leur contexte, il convenait de relever qu'il était 
habituel de parler de façon crue dans ce milieu et que ce type d'échanges faisait partie 
de la vie de couple. Si certains autres messages s'intéressaient en effet à l'activité de 
prostituée de C______, ils ne permettaient pas de retenir que A______ avait un 
ascendant particulier sur sa compagne et que celle-ci aurait été empêchée de s'y 
soustraire. Les échanges en cause relevaient au contraire de la simple communication 
et coordination, puisqu'ils habitaient ensemble dans l'appartement où elle recevait ses 
clients. C______ avait par ailleurs expliqué qu'il leur arrivait de converser au sujet de 
son activité mais qu'il ne lui donnait pas d'ordres ou d'instructions. Les annonces 
qu'elle avait publiées comportaient son propre numéro de téléphone, ce qui 
démontrait qu'elle organisait seule ses rendez-vous. Il en allait de même de son 
séjour en France. Les discussions avec " AA______" permettaient de voir qu'elles 
s'organisaient entre elles, reléguant leurs compagnons à de simples présences à leur 
côté.  

A______ bénéficiait de sources propres de revenus en Roumanie et C______ 
disposait librement de son argent ainsi qu'elle l'avait expliqué. Elle gérait ses 
finances et s'enrichissait grâce à son activité. Elle s'était notamment acheté des biens 
immobiliers en Roumanie qu'elle avait inscrits au nom de son père. Elle avait 
d'ailleurs continué à se prostituer et à lui envoyer de l'argent après l'arrestation de 
A______. Elle avait peut-être subvenu aux besoins essentiels de ce dernier durant 
son séjour à Genève et en France entre novembre 2019 et son arrestation, mais pas 
contre sa volonté.  

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Les vidéos à caractère pédopornographiques avaient été envoyées à A______ à des 
dates inconnues. L'une avait été enregistrée le 6 juin 2020 sur son téléphone et l'autre 
modifiée le 5 juin 2020. On ne savait rien d'autre, notamment s'il avait effectivement 
visionné ces vidéos ou s'il les avait transférées à des tiers. Ainsi, seule une 
consommation à des fins personnelles pouvait éventuellement être retenue à son 
encontre. Or, il se trouvait en France aux dates susévoquées, si bien que les 
juridictions suisses n'étaient pas compétentes. 

D. A______ est né le ______ 1989 à E______, en Roumanie, pays dont il est originaire. 
L'ensemble de sa famille vit à E______, à l'exception de son frère, qui habite en 
Allemagne, à AT_____. Son père est décédé. Il est séparé de D______ depuis 2018, 
avec laquelle il a eu un enfant, AU_____, âgé de dix ans et dont il ne pourvoit pas 
aux besoins depuis plusieurs années. Une procédure de divorce était en cours à 
l'époque des débats de première instance. Il a suivi huit années d'école obligatoire. 
Sans formation, il a travaillé de 2009 à 2013 ou 2014 comme barman dans une 
discothèque, un bar et des soirées privées à E______. Il a également travaillé durant 
une période en Allemagne, à AV_____, en 2015, comme agent de sécurité dans un 
bar "avec des clients normaux" et non dans un bar de prostitution. Il n'avait toutefois 
pas de revenu fixe. Selon ses explications, il a commencé un service de restauration à 
Genève au début de l'année 2020, qu'il a interrompu pendant un mois pour se rendre 
en France, avant de se faire interpeller le 9 juin 2020. Sa situation actuelle en 
Roumanie est précaire. Il n'a ni fortune ni bien immobilier et a une dette de 
EUR 3'000.-, plus intérêts, envers des usuriers, suite à un emprunt total de 
EUR 6'000.- à un taux de 50%. Il est actuellement à la recherche d'un emploi en 
Roumanie mais, vu son absence de formation, il peut tout au plus prétendre à un 
salaire mensuel oscillant entre EUR 814.- et 915.-. Il déclare être désormais marié 
avec C______, avec laquelle il souhaite fonder une famille.  

Selon l'extrait du casier judiciaire italien, A______ a été condamné le 7 septembre 
2010 par le Tribunal de AW______, à une peine privative de liberté de six mois ainsi 
qu'à une amende de EUR 150.-, avec sursis, pour tentative de vol. Il a également un 
antécédent inscrit au casier judiciaire roumain daté du 8 mars 2016.  

E. Me B______, défenseur d'office de A______, a déposé un état de frais pour la 
procédure d'appel, facturant, sous des libellés divers, 26 heures et 35 minutes 
d'activité de collaborateur, hors débats d'appel, lesquels ont duré deux heures et 30 
minutes, dont deux heures et 45 minutes pour l'"examen" du jugement motivé, du 
procès-verbal d'audience, de l'ordonnance de mise en détention ainsi que pour la 
rédaction de la déclaration d'appel, et 11 heures pour la préparation de l'audience 
d'appel. Il a également facturé CHF 220.- à titre de débours correspondant aux frais 
d'interprète. 

 

- 29/55 - 

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EN DROIT : 

1. L'appel est recevable pour avoir été interjeté et motivé selon la forme et dans les 
délais prescrits (art. 398 et 399 CPP). 

 La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel (art. 404 
al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP). 

2. 2.1. Toutes les pièces d'une cause, à savoir celles réunies par les autorités, celles 
versées par les parties ainsi que les procès-verbaux de procédure et des auditions, 
doivent être réunies au dossier (art. 100 al. 1 CPP). Celui-ci doit être complet et 
unique. L'autorité n'a pas le droit de choisir certains documents à communiquer et 
d'en soustraire d'autres à la consultation. De plus, il ne doit pas exister de dossier 
officiel parallèle, par hypothèse épuré d'un certain nombre de pièces gênantes pour 
les autorités (Y. JEANNERET / A. KUHN / C. PERRIER DEPEURSINGE (éds), 
Commentaire romand : Code de procédure pénale suisse, 2ème éd., Bâle 2019, n. 11 
ad art. 107). 

 2.2. Dans la mesure où le rapport de police du 6 mai 2020 précise qu'il existe un 
document de traduction mis en page par l'interprète et que "le fichier signé par la 
traductrice" y est annexé, cette mention prête, il est vrai, à confusion. Cela étant, 
comme indiqué au pied du rapport, ce document de traduction intégrale n'y a en fait 
pas été annexé. Seuls les messages traduits pertinents ont été reproduits dans le 
rapport, les autres conversations n'apportant rien selon les enquêteurs, ce dont il n'y a 
pas lieu de douter. Seuls ces éléments ont ensuite servi de base au jugement querellé. 
Aucun dossier parallèle n'a, partant, été constitué ni aucun document soustrait à la 
consultation. La Cour ne décèle dès lors aucune entrave aux droits de la défense. 

Il n'est du reste pas critiquable de ne faire figurer au dossier que les éléments 
pertinents pour les besoins de la cause. Les conversations litigieuses n'ont ainsi 
nullement été reproduites de façon illicite dans le rapport de police évoqué.   

L'appelant, lui-même auteur ou destinataire des messages en cause en langue 
roumaine, lesquels ont toujours figuré au dossier, en connaissait le contenu et aurait 
ainsi eu tout le loisir de faire valoir les éléments qu'il estimait à décharge. Il pouvait 
en requérir la consultation en tout temps si nécessaire. Il ne peut dès lors de bonne foi 
se plaindre de n'avoir eu accès à ceux-ci que tardivement, ni n'avoir eu l'occasion de 
se prononcer à cet égard. Il a quoi qu'il en soit pu valablement exercer sa défense aux 
débats d'appel et n'a du reste nullement relevé l'existence de messages pertinents à 
décharge qui auraient été occultés. 

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La Cour considère par ailleurs que l'appelant a renoncé à s'exprimer personnellement 
sur ces éléments, puisqu'il a indiqué, la veille de l'audience, qu'il ne pourrait pas être 
présent, tout en acceptant d'être représenté par son conseil. 

Les droits de la défense ont dès lors toujours été respectés, sans quelque entrave.  

Les conclusions de l'appelant à ce que le rapport de police du 6 mai 2020 ainsi que 
les messages litigieux soient écartés du dossier seront donc rejetées.  

3.  3.1. Le principe in dubio pro reo, qui découle de la présomption d'innocence, 
garantie par l'art. 6 ch. 2 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et 
des libertés fondamentales (CEDH) et, sur le plan interne, par les art. 32 al. 1 de la 
Constitution fédérale de la Confédération suisse (Cst.) et 10 al. 3 CPP, concerne tant 
le fardeau de la preuve que l'appréciation des preuves au sens large (ATF 144 IV 345 
consid. 2.2.3.1 ; ATF 127 I 28 consid. 2a). 

En tant que règle sur le fardeau de la preuve, la présomption d'innocence signifie, au 
stade du jugement, que ce fardeau incombe à l'accusation et que le doute doit profiter 
au prévenu (ATF 144 IV 345 consid. 2.2.3.3). 

Comme règle d'appréciation des preuves, la présomption d'innocence signifie que le 
juge ne doit pas se déclarer convaincu de l'existence d'un fait défavorable à l'accusé 
si, d'un point de vue objectif, il existe des doutes quant à l'existence de ce fait. Il 
importe peu qu'il subsiste des doutes seulement abstraits et théoriques, qui sont 
toujours possibles, une certitude absolue ne pouvant être exigée. Il doit s'agir de 
doutes sérieux et irréductibles, c'est-à-dire de doutes qui s'imposent à l'esprit en 
fonction de la situation objective (ATF 144 IV 345 consid. 2.2.3.3). 

3.2.1. Selon l'art. 182 CP, celui qui, en qualité d'offreur, d'intermédiaire ou 
d'acquéreur, se livre à la traite d'un être humain à des fins d'exploitation sexuelle, 
d'exploitation de son travail ou en vue du prélèvement d'un organe, est puni d'une 
peine privative de liberté ou d'une peine pécuniaire. Le fait de recruter une personne 
à ces fins est assimilé à la traite (al. 1). Si la victime est mineure ou si l'auteur fait 
métier de la traite d'êtres humains, la peine est une peine privative de liberté d'un an 
au moins (al. 2). Dans tous les cas, l'auteur est aussi puni d'une peine pécuniaire 
(al. 3). Est également punissable celui qui commet l'infraction à l'étranger (al. 4). 

La traite est définie comme le fait de "disposer d'autres êtres humains comme s'il 
s'agissait d'objets [...] ou de marchandise vivante" (arrêt du Tribunal fédéral 
1B_450/2017 du 29 mars 2017 consid. 4.3.1) et s'opère notamment par le fait 
d'acquérir et de recruter des personnes à des fins d'exploitation (Bertrand PERRIN, 
La répression de la traite d'êtres humains en droit suisse, 2020, p. 296 ; Nadia 
MERIBOUTE, La traite d'êtres humains à des fins d'exploitation du travail, Genève 

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- Zurich - Bâle 2020, p. 189), étant précisé qu'il n'est pas nécessaire qu'une 
transaction commerciale stricto sensu soit réalisée entre le trafiquant et le tiers 
exploitant. Ainsi le recrutement pour sa propre entreprise est assimilé à la traite 
(ATF 128 IV 117 consid. 6/d/cc p. 131 ; ATF 126 IV 225 consid. 1 p. 227).  

La traite se concrétise également par le fait "d'offrir, de procurer, de fournir, de 
vendre, de recevoir des personnes mais également par l'acheminement, le transport 

ou la livraison [...]" (Message du Conseil fédéral du 26 octobre 2005 concernant 
l'approbation de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale 
organisée, FF 2005 6269 p. 6324 ; Message du Conseil fédéral du 11 mars 2005 
portant approbation du Protocole facultatif relatif aux droits de l'enfant, FF 2005 
2639 p. 2665 ; arrêt de l'Obergericht de Zurich SB110601 du 19 juillet 2012  
consid. 4.2.1). 

3.2.2. La plupart des sources s'accordent pour affirmer que l'élément central est 
l'atteinte au droit à l'autodétermination de la victime (ATF 126 IV 225 consid. 1, 
p. 227 ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_81/2010 du 29 avril 2010 consid. 4.1 ; 
6B_469/2014 du 4 décembre 2014 consid. 3.3 et 6B_128/2013 du 7 novembre 2013 
consid. 1.1 ; Message FF 2005 6269, p. 6324 ; Message FF 2005 2639 p. 2665 ; 
B. CORBOZ, Les infractions en droit suisse, 3ème éd. 2010, n. 4 ad art. 182 ; 
V. DELNON / B. RÜDY, Basler Kommentar, Strafrecht II, 3ème éd. 2013, n. 6 ad 
art. 182 ; G. STOUDMANN, Commentaire romand, Code pénal II, Bâle 2017, n. 15 
ad art. 182 ; S. TRECHSEL / M. PIETH [éds], Schweizerisches Strafgesetzbuch, 
Praxiskommentar, 3ème éd., Zurich 2018, n. 2 ad art. 182 ; A. DONATSCH, 
Strafrecht III, 9ème édition, Zurich/Bâle/Genève 2008, p. 468 ; B. PERRIN, op.cit., 
p. 296). 

Une victime est privée de sa liberté d'autodétermination lorsqu'elle est contrainte par 
la force, par la menace, par toute forme de pression, par un enlèvement, une fraude, 
une tromperie, un abus d'autorité ou en achetant la personne ayant autorité sur la 
victime ; il suffit que cette dernière soit dans une situation particulière de 
vulnérabilité, par exemple en étant isolée ou sans ressources dans un pays qui lui est 
étranger (arrêt du Tribunal fédéral 1B_450/2017 du 29 mars 2018 consid. 4.3.1). 

Dans les cas de traite d'êtres humains à des fins d'exploitation sexuelle, les éléments 
constitutifs de la traite sont en général réalisés lorsque des jeunes femmes venant de 
l'étranger sont engagées en Suisse pour exercer la prostitution par des personnes 
exploitant une position de vulnérabilité. Une telle situation peut être donnée lorsque 
l'auteur profite des conditions économiques ou sociales précaires de la victime ou 
d'un lien de dépendance. Dans ces situations, l'accord de la victime est nul et sans 
effet. La personne concernée est en effet privée de son droit à l'autodétermination 
(ATF 129 IV 81 consid. 3.1 ; ATF 128 IV 117 consid. 4 ; ATF 126 IV 225  

https://www.swisslex.ch/doc/unknown/23445064-0b44-4b9c-9d48-acf3f8cc231c/citeddoc/ae65f67b-ec82-452c-92a8-64ee2296f8d6/source/document-link
https://www.swisslex.ch/doc/unknown/e0a98e6f-b85a-4c12-a6dd-55b4eda254a4/citeddoc/0200ebac-19ef-41c4-9b29-ae8b446a9d80/source/document-link
https://www.swisslex.ch/doc/unknown/4803e2a4-5eea-4781-a922-06a659de7fe2/citeddoc/6ef7c2ee-a090-478f-a8aa-e4c72c370d7f/source/document-link
https://www.swisslex.ch/doc/unknown/b4f6a63d-2b40-4e01-8e3a-51a8fb875266/citeddoc/2ca8fb81-c4bd-4d22-b398-5077f8ad6f9b/source/document-link
https://www.swisslex.ch/doc/unknown/9efbe70a-8ec3-4f07-bb68-5a1d9615c1bb/citeddoc/a7e047d2-b17e-47f6-ba6d-724879fb2a25/source/document-link
https://www.swisslex.ch/doc/unknown/9efbe70a-8ec3-4f07-bb68-5a1d9615c1bb/citeddoc/a7e047d2-b17e-47f6-ba6d-724879fb2a25/source/document-link
https://www.swisslex.ch/doc/unknown/b546818d-d514-4fea-b3a4-8ed7e1df7f0e/citeddoc/8bacb449-2221-4579-8e49-ef317ff7ad63/source/document-link

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consid. 1d, JdT 2002 IV 113 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_1006/2009 du 26 mars 
2010 consid. 4.2.2). 

Cette interprétation est conforme aux textes internationaux en matière de traite d'êtres 
humains, en particulier l'art. 3 du Protocole de Palerme (ratifié par la Suisse et entré 
en vigueur le 26 novembre 2006) qui fait référence "au recrutement, au transport, au 
transfert, à l'hébergement ou à l'accueil d'une personne par le biais de la menace de 

recours ou le recours à la force, d'autres formes de contrainte, de l'enlèvement, de la 

fraude, de la tromperie, de l'abus d'autorité ou d'une situation de vulnérabilité, de 

l'offre ou de l'acceptation de paiements ou d'avantages pour obtenir le consentement 

d'une personne ayant autorité sur une autre, dans le but d'exploitation, celle-ci 

devant comprendre au moins celle de la prostitution ou d'autres formes 

d'exploitation sexuelle, le travail ou les services forcés, l'esclavage ou les pratiques 

analogues à l'esclavage, la servitude ou le prélèvement d'organes" (arrêt de 
l'Obergericht de Zurich SB110601 du 19 juillet 2012 consid. 4.2.1). 

3.2.3. Le site Internet FEDPOL illustre des cas de traite d'êtres humains aux fins 
d'exploitation sexuelle et précise notamment "les cas d'exploitation sexuelle frappent 
surtout des jeunes femmes à qui l'on fait croire qu'elles pourraient gagner 

suffisamment d'argent en travaillant comme aides ménagères, nounous ou coiffeuses 

et ainsi soutenir leur famille restée au pays. Une autre approche bien connue est la 

méthode dite du "loverboy", dans laquelle des hommes généralement jeunes simulent 

à de jeunes femmes une relation d'amour, les plaçant ainsi dans une situation de 

dépendance émotionnelle leur permettant ensuite de les manipuler et de les exploiter 

sexuellement. Les loverboys accompagnent les femmes depuis leur pays jusqu'en 

Suisse, où ils se révèlent alors être des proxénètes, jusqu'à ce qu'ils finissent par 

revendre leurs victimes à un moment où à un autre. Le loverboy peut aussi trouver sa 

victime en Suisse". 

3.2.4. Dans tous les cas, c'est toujours à la lumière des circonstances concrètes que 
l'on doit déterminer si, dans un cas particulier, les personnes concernées ont agi 
librement (ATF 129 IV 81 consid. 3.1 ; ATF 128 IV 117 consid. 4 ; ATF 126 IV 225 
consid. 1d, JdT 2002 IV 113). 

Ainsi, la traite d'êtres humains a été retenue dans le cas de trois prévenus, deux frères 
et une sœur, dont il était établi qu'ils avaient échafaudé un système consistant à 
recruter des jeunes femmes vulnérables, isolées et ne parlant pas le français, les 
amener à se prostituer pour leur compte en Suisse en simulant une relation 
amoureuse et en leur faisant croire à un avenir ensemble, puis les insultant, les 
menaçant et les frappant régulièrement pour les maintenir sous leur coupe, s'emparer 
de l'intégralité de leurs gains et ainsi financer la rénovation de leur maison familiale. 
Leur plan consistait également à se débarrasser rapidement des différentes jeunes 
femmes, en simulant une fin de relation, et ainsi en recruter d'autres. Ils avaient agi 

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selon la méthode dite du "loverboy" et privé chacune des jeunes femmes concernées 
de leur auto-détermination par la tromperie puis par la peur et la violence. Ils les 
avaient réduites au rang d'objets et de sources interchangeables de revenus, bafouant 
ainsi leur dignité humaine (arrêt de la Chambre pénale d'appel et de révision, 
AARP/228/2021 du 28 juillet 2021 consid. 2.2 ss et 3.2.1 ss). 

À l'inverse, le Tribunal fédéral a considéré que dans le cas d'une jeune femme venant 
de Thaïlande pour s'adonner à la prostitution, qui avait été valablement informée par 
le prévenu des tarifs, des pratiques et de ses conditions de travail en Suisse, et avait 
donné son consentement en connaissance de cause et correspondant à sa volonté 
réelle, la traite des êtres humains était exclue (arrêt du Tribunal fédéral 6B_469/2014 
du 4 décembre 2014 consid. 3.2 et 3.4). 

3.2.6. L'art. 195 CP réprime, au titre de l'exploitation de l'activité sexuelle et de 
l'encouragement à la prostitution, le comportement de celui qui porte atteinte à la 
liberté d'action d'une personne qui se prostitue en la surveillant dans ses activités ou 
en lui imposant l'endroit, l'heure, la fréquence ou d'autres conditions (let. c).  

Dans l'hypothèse de l'art. 195 let. c CP, la victime est nécessairement une personne 
s'adonnant à la prostitution et le comportement typique consiste à porter atteinte à la 
liberté d'action de celle-ci (M. DUPUIS / L. MOREILLON / C. PIGUET / 
S. BERGER / M. MAZOU / V. RODIGARI, Petit commentaire du Code pénal,  
2ème éd., 2017, n. 23-24 ad art. 195).  

L'art. 195 al. 1 let. c CP suppose qu'une certaine pression soit exercée sur la victime, 
pression à laquelle elle ne peut sans autre se soustraire, de sorte qu'elle n'est plus 
entièrement libre de décider si et comment elle veut s'adonner à la prostitution. La 
pression exercée sur la victime implique parfois une certaine dépendance vis-à-vis de 
l'auteur, mais il ne sera pas nécessaire de prouver cette dépendance (M. DUPUIS et 
al., op. cit., n. 27 ad art. 195).  

Il y a atteinte à la liberté de la prostituée lorsque l'auteur fait pression sur elle pour 
qu'elle continue cette activité alors qu'elle souhaiterait provisoirement l'interrompre 
ou la limiter, ne pas rechercher ou servir de nouveaux clients ou encore lorsqu'il 
exige qu'elle se livre à des actes d'ordre sexuel qu'elle réprouve (B. CORBOZ, op. 
cit., n. 48 ad art. 195). 

Se rend coupable de surveillance d'une personne prostituée celui qui contrôle si, 
comment et dans quelle mesure une prostituée se livre à ses activités, ou même celui 
qui exige déjà régulièrement qu'elle lui rende compte de son activité. Il s'agit des cas 
dans lesquels la personne prostituée, compte tenu de la surveillance, est limitée dans 
sa liberté d'action et ne peut plus exercer son activité selon sa propre volonté 
(M. DUPUIS et al., op. cit., n. 25 ad art. 195).  

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Tombe également sous le coup de cette disposition l'auteur qui a une position 
dominante par rapport à la prostituée et qui lui impose la manière dont elle devra 
exercer son activité : fixation du montant que le client doit payer, détermination de la 
part qui revient à l'auteur, genre de pratiques sexuelles offertes, choix du client, lieu 
de l'activité, revenu journalier à réaliser, etc. (M. DUPUIS et al., op. cit., n. 26 ad 
art. 195).  

Il ne suffit en revanche pas que l'accusé vive aux crochets de la prostituée, si celle-ci 
est libre dans son activité. Il faut que l'auteur exerce une certaine pression sur la 
liberté de la personne, en la surveillant ou en l'influençant (B. CORBOZ, op. cit., 
n. 49 ad art. 195). La simple possibilité de pouvoir contrôler, par le biais des 
montants à reverser, l'étendue de l'activité sexuelle rétribuée, ne suffit pas non plus 
pour que l'infraction soit réalisée (ATF 126 IV 76, JdT 2002 IV 106). 

Le Tribunal fédéral a ainsi confirmé la condamnation d'un titulaire de service 
d'escorte dans la mesure où les femmes qui y travaillaient devaient pratiquement se 
tenir à disposition 24 heures sur 24, sept jours sur sept, ne pouvaient pas s'opposer à 
d'éventuels désirs sexuels de leurs clients et étaient en outre surveillées en 
permanence par les chauffeurs de la société qui les accompagnaient à chacun de leurs 
rendez-vous et auxquels elles devaient remettre immédiatement l'argent encaissé 
(ATF 125 IV 269 consid. 2). 

Il a en revanche été jugé que le gérant d'un sauna club, qui se limitait à faire payer 
aux prostituées une taxe d'entrée journalière et à prélever une commission de 40% 
sur le gain qu'elles réalisaient n'avait pas commis d'infraction à l'art. 195 let. c CP 
dans la mesure où les prostituées avaient conservé leurs documents d'identité, étaient 
libres de leurs mouvements, ne faisaient l'objet d'aucun contrôle et ne devaient pas 
atteindre un montant minimum par jour. Il ne leur était pas non plus imposé des 
pratiques sexuelles ou des actes qu'elles devaient accomplir. Le fait qu'une liste de 
prix était établie par l'établissement et que les prostituées remettent tous leurs 
revenus à l'exploitant qui leur reversait leur part (60%) en fin de journées ne suffisait 
pas pour admettre que les conditions de l'art. 195 al. 1 let. c CP étaient réunies (ATF 
126 IV 76 consid. 3). 

3.2.7. D'après l'art. 305bis ch. 1 CP, celui qui aura commis un acte propre à entraver 
l'identification de l'origine, la découverte ou la confiscation de valeurs patrimoniales 
dont il savait ou devait présumer qu'elles provenaient d'un crime, sera puni d'une 
peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire. 

La valeur patrimoniale doit provenir d'un crime. La notion de crime doit être 
comprise au sens de l'art. 10 al. 2 CP (ATF 122 IV 215 consid. 2 ; ATF 119 IV 243 
consid. 1b). Il s'agit donc de toute infraction passible d'une peine privative de liberté 
de plus de trois ans (art. 10 al. 2 CP). 

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3.2.8. Selon l'art. 123 ch. 1 al. 1 CP, celui qui, intentionnellement, aura fait subir à 
une personne une autre atteinte à l'intégrité corporelle ou à la santé sera, sur plainte, 
puni d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire.  

L'art. 123 CP réprime les lésions du corps humain ou de la santé qui ne peuvent être 
qualifiées de graves au sens de l'art. 122 CP. Cette disposition protège l'intégrité 
corporelle et la santé tant physique que psychique. Les lésions corporelles sont une 
infraction de résultat qui implique une atteinte importante aux biens juridiques ainsi 
protégés. 

Sont concernées en premier lieu les blessures ou les lésions internes. La 
jurisprudence évoque le cas de fractures sans complication et guérissant 
complètement, de contusions, de commotions cérébrales, de meurtrissures, 
d'écorchures, dans la mesure où il y a véritablement lésion et que ces dernières 
représentent davantage qu'un trouble passager et sans importance, en terme de bien-
être (M. DUPUIS et al., op. cit., n. 5 ad art. 123 et les références citées). 

La poursuite aura lieu d'office si l'auteur est le partenaire hétérosexuel ou 
homosexuel de la victime pour autant qu'ils fassent ménage commun pour une durée 
indéterminée et que l'atteinte ait été commise durant cette période ou dans l'année qui 
a suivi la séparation (art. 123 ch. 2 al. 5 CP). 

3.3.1. En l'espèce, il est établi que C______ a commencé à se prostituer en Suisse en 
2015 alors qu'elle était déjà en couple avec l'appelant. Elle a fait, durant la période 
pénale, des allers-retours avec la Roumanie, seule ou parfois accompagnée de 
l'appelant, comme en décembre 2019.  

De 2015 à 2020, le prévenu n'avait pas de sources de revenus réguliers et a vécu 
essentiellement des gains issus de l'activité de prostituée de C______, ainsi que cela 
ressort des témoignages concordants recueillis dans la procédure. Les versements 
effectués par C______ en sa faveur ou par le biais de tiers sur l'ensemble de la 
période pénale, de même que l'achat d'un appartement en Roumanie qu'elle a 
entièrement financé, peu important en définitive à quel nom celui-ci a été enregistré, 
plaident aussi en ce sens. La Cour n'accorde en effet aucune force probante aux 
documents non signés produits par l'appelant, ni aucun crédit à ses déclarations 
contradictoires et inconsistantes au sujet de ses supposés apports dans le financement 
d'un quelconque bien immobilier en Roumanie, lesquelles sont au demeurant en 
totale contradiction avec les éléments objectifs du dossier. 

Cela étant, rien ne permet de retenir que l'appelant aurait poussé C______ dans la 
prostitution, par le biais d'une tromperie, d'une contrainte ou d'une éventuelle 
emprise qu'il aurait eue sur elle.  

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L'enquête ne permet en premier lieu pas de retenir qu'il aurait profité de la situation 
sociale et économique précaire, le cas échéant, de C______ pour la persuader de se 
rendre en Suisse et se prostituer. L'on ignore en effet quelle était la réelle situation 
professionnelle de cette dernière au moment de sa rencontre avec l'appelant, si elle 
était bien coiffeuse indépendante pour un revenu de EUR 1'000.- par mois, salariée 
de l'entreprise H______ pour EUR 100.- par mois, ou si elle exerçait déjà la 
prostitution en Roumanie. Il résulte en tout état du dossier qu'elle n'était pas isolée 
mais au contraire socialement intégrée, avait des amis et de la famille, ce qui ne 
permet pas de retenir que l'appelant aurait jeté son dévolu sur elle la contraignant 
d'une quelconque façon à se rendre en Suisse, car particulièrement vulnérable.  

Il n'apparaît pas non plus, à teneur du dossier, que l'appelant aurait agi en "loverboy" 
pour tromper C______ sur ses sentiments aux fins de la persuader de se prostituer en 
Suisse. C______ a au contraire affirmé que c'était elle qui avait eu l'idée de se 
prostituer en Suisse, en en discutant avec sa copine "F______", laquelle l'avait 
renseignée sur les tarifs et les pratiques de la prostitution en Suisse. Sur place, elle 
avait directement effectué les démarches à Genève auprès d'un dénommé "G______" 
et, en décembre 2019, auprès de X______, ce que ce dernier a confirmé. Il résulte par 
ailleurs du dossier que les intéressés forment un véritable couple depuis plusieurs 
années – quelle que soit la nature réelle de leurs sentiments – ce qui n'est pas 
particulièrement typique des "loverboys", ceux-ci se débarrassant en principe assez 
rapidement de leurs victimes, le leurre ne pouvant pas durer éternellement. C______ 
a d'ailleurs déclaré que l'appelant était une personne "normale", qui la traitait bien et 
avec lequel elle s'était habituée à vivre, elle-même ne souhaitant pas se sentir seule, 
et qu'ils étaient "ok" de faire un enfant ensemble. C______ était par ailleurs au 
courant de l'aventure de l'appelant avec AQ_____, tous deux ayant expliqué que ce 
n'était pas sérieux. C______ n'hésitait d'ailleurs pas à exprimer son mécontentement 
à son compagnon par messages évoquant d'autres femmes qu'elle qualifiait de 
"pétasses" ou de "salopes". Il n'apparaît ainsi pas que l'appelant lui aurait 
particulièrement vendu du rêve ou l'aurait bercée d'illusions sur la nature de leur 
relation. Le seul fait qu'il avait au préalable été marié avec une femme qui exerçait 
déjà la prostitution et donc qu'il avait probablement compris les avantages de ce 
mode de vie au moment de rencontrer C______, ne permet toujours pas de retenir 
qu'il l'aurait recrutée, trompée ou contrainte d'une quelconque façon à se prostituer. 
D______ a au demeurant également déclaré que c'était elle qui avait pris la décision 
de se prostituer, que l'appelant ne s'était jamais mal comporté avec elle, ne l'avait pas 
contrainte ou poussée d'une quelconque manière dans cette voie, ce qui constitue 
plutôt un élément à décharge. À cela s'ajoute encore que si C______ subvenait 
effectivement aux besoins de l'appelant, elle a également pu profiter de ses gains 
puisqu'à teneur du dossier, elle a acheté un appartement à E______ dans lequel elle 
vivait, avec l'appelant, lorsqu'ils s'y trouvaient. Elle a également enregistré une 
[voiture de la marque] T______ à son nom et aidé ses parents financièrement, leur 
permettant notamment d'acheter une maison en Roumanie. Enfin, C______ a 
continué à se prostituer à Genève après l'arrestation de l'appelant et est venue 

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témoigner en sa faveur lors de plusieurs audiences, en l'embrassant et le prenant dans 
ses bras à chaque fois. Ils ont allégué tous deux être sur le point de se marier, le 
prévenu ayant précisé en appel qu'ils l'étaient désormais. L'ensemble des éléments 
qui précèdent plaide ainsi plutôt en faveur d'un choix de vie commun.  

L'instruction n'a pas non plus permis de mettre en évidence d'épisodes de violences 
physiques ou psychologiques qu'aurait subis C______ entre 2015 et 2019. Les 
messages d'insultes, de même que l'unique message de menaces formulés par 
l'appelant entre les mois de novembre 2019 et juin 2020, bien qu'extrêmement 
dénigrants, ne permettent pas non plus de retenir qu'il aurait, par ce biais, maintenu 
C______ sous son emprise durant leur relation, en exerçant sur elle une pression 
psychologique constante. Dans ces échantillons de conversations, il apparaît que 
C______ n'hésitait elle-même pas à faire valoir son mécontentement et à utiliser un 
langage peu châtié. S'il découle d'un message du 24 avril 2020 que l'appelant a eu un 
geste envers C______, il s'agissait d'un acte isolé puisque celle-ci indique également 
qu'il ne l'avait jamais frappée auparavant. Les éléments du dossier ne permettent au 
demeurant pas d'établir l'intensité du geste en cause. La seule photographie d'une 
tache rouge dans le dos de C______, dont il n'est pas établi qu'elle serait du fait de 
l'appelant, n'est en effet pas suffisamment probante. Plusieurs personnes ont par 
ailleurs témoigné que l'intéressé n'était pas une personne violente. Ainsi, la Cour ne 
saurait retenir que l'appelant usait de violence pour maintenir C______ sous son 
joug, malgré ce geste brutal isolé. 

Les vidéos trouvées dans le téléphone de l'appelant, où l'on aperçoit ce dernier 
s'assoir sur le visage de C______ ainsi que celle où on la voit à l'œuvre avec un 
client, bien que peu reluisantes, ne sont pas incriminantes pour autant. Il en va de 
même des quelques messages échangés avec le dénommé "AH_____" au sujet des 
possibilités de se rendre au Canada avec C______ dans la mesure où il ne s'agit que 
de discussions, et qu'il ne ressort pas du dossier qu'il aurait effectivement cherché à 
envoyer sa compagne au Canada ou en Angleterre, contre sa volonté ou en usant de 
tromperie. Il en va de même des messages échangés avec M______. Ils ne permettent 
pas en soi de retenir qu'il aurait véritablement cherché à "embobiner" et faire venir en 
Suisse les dénommés "AK_____" ou "AL_____" afin qu'elles se prostituent pour son 
compte, quand bien même les déclarations de l'appelant au sujet de ses pratiques 
échangistes n'emportent aucune conviction. Le fait qu'il était en possession de 
photographies de cartes d'identité d'autres travailleuses du sexe, qu'il utilisait le 
pseudonyme A______ ou encore qu'il cherchait à ressembler physiquement à 
______, sont également sans pertinence in casu.  

Au vu de l'ensemble de ces éléments, il sera retenu que C______ a, en se rendant en 
Suisse pour se prostituer en 2015, en faisant des allers-retours avec la Roumanie sur 
l'ensemble de la période pénale, seule ou avec l'appelant, agi de manière 
autodéterminée et avec la liberté de décision nécessaire, sans tromperie, contrainte ou 
exploitation de la part de l'appelant d'une quelconque situation de dépendance 

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personnelle ou financière. Elle n'a pas été réduite au statut de chose ou de 
marchandise vivante.  

L'appelant ne s'est ainsi pas rendu coupable de traite d'êtres humains. Le verdict 
d'acquittement de ce chef d'infraction sera confirmé, l'appel joint du MP étant rejeté.  

3.3.2. Il résulte également du dossier que C______ avait gardé une certaine liberté 
dans l'exercice de la prostitution.  

Comme retenu supra, C______ faisait des allers-retours entre la Suisse et la 
Roumanie, parfois seule. Or, rien au dossier ne permet de retenir qu'elle n'avait pas, à 
ces occasions, le loisir de choisir ses clients, ses tarifs, ses pratiques ainsi que ses 
horaires, cela quand bien même elle envoyait à l'appelant une grande partie de ses 
gains. 

Pour la période s'étendant du mois de novembre 2019 au mois de juin 2020, il est 
établi que l'appelant se trouvait aux côtés de C______ et qu'ils ont échangé par 
messages sur l'activité de celle-ci durant cette période.  Les quelques messages dans 
lesquels l'appelant lui dit : "putain aujourd'hui tu fais 700" et "tu fais 200" ne 
suffisent toutefois pas pour retenir qu'il lui donnait des ordres ou surveillait son 
activité au point de la priver de sa liberté. Il ressort du contexte général des 
conversations en cause qu'il exprime plutôt un mécontentement du fait qu'il y ait peu 
de clients. C______ répondait d'ailleurs par de simples "ok" ou encore : "je verrai à 
la fin" ou "je vais voir s'il [le client] veut rester". D'autres échanges révèlent qu'il ne 
la poussait pas à se prostituer à n'importe quel prix, lui indiquant à diverses reprises 
de rester à la maison, de mettre le client à la porte, le tarif proposé étant trop bas, ou 
encore d'aller à l'aide sociale plutôt que de "niquer". À une occasion, c'est elle qui 
l'informe qu'elle va probablement aller voir "le vieux" espérant gagner "2000" et à 
une autre, elle lui demande de faire venir "AD_____" et d'appeler un taxi en précisant 
l'heure et l'adresse. Elle l'informe, dans une autre discussion, que "son heure est 
finie" et lui indique qu'il faut faire venir "celle-là". L'appelant se contente 
d'acquiescer, lui demande en retour de regarder si elle peut obtenir plus d'argent du 
client ou encore si elle a besoin de "marchandise". Ces discussions tendent à 
démontrer que C______ organisait elle-même son activité, ses tarifs, son emploi du 
temps, l'appelant émettant parfois son avis sur les prix à appliquer mais ne les 
imposant pas, son rôle étant plutôt de l'assister. À aucun moment, il n'exige qu'elle se 
livre à des pratiques qu'elle réprouve ou la pousse à travailler alors qu'elle n'en a pas 
envie. S'il se renseigne effectivement sur les montants encaissés par C______, il 
n'apparaît pas non plus qu'elle devait les lui remettre. Le fait que X______ a indiqué 
qu'il n'avait vu l'appelant qu'à deux ou trois reprises sur une terrasse d'où il était 
possible de "surveiller les filles" constitue d'ailleurs plutôt un élément à décharge.  

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Il ne résulte pas non plus du dossier que l'appelant aurait décidé de se rendre en 
France durant la pandémie afin que C______ y exerçât la prostitution sans la 
consulter. Au contraire, les messages démontrent que les intéressés ont discuté 
ensemble de ce qu'il convenait de faire et l'appelant la tenait au courant de ses 
discussions avec "Q______" à ce propos. Les échanges subséquents entre C______ 
et " AA______" durant leur séjour dans ce pays vont également dans ce sens, leurs 
compagnons semblant n'avoir, à leurs côtés, qu'occupé leurs journées à dormir ou 
jouer sur leur téléphone. 

La menace, les insultes et le geste brutal isolé évoqués supra ne semblent d'ailleurs 
pas avoir pris place dans un contexte où l'appelant se serait plaint de la façon dont 
C______ gérait son activité de prostituée, si bien qu'il ne peut être retenu qu'il 
exerçait une pression sur elle par ce biais. La vidéo trouvée sur le téléphone de 
l'appelant la montrant à l'œuvre avec un client ne permet pas non plus, à elle seule, de 
conclure qu'il la surveillait.  

Ainsi, s'il est établi que l'appelant vivait aux crochets de C______, qu'ils ont discuté, 
entre les mois de novembre 2019 et juin 2020, de son activité et de ses recettes ou 
encore qu'il a pris une part active dans la décision de se rendre en France, cela ne 
suffit pas pour retenir qu'il régissait son activité au point de la priver de sa liberté 
d'exercer la prostitution comme elle le souhaitait. 

L'appelant sera dès lors acquitté du chef d'encouragement à la prostitution, l'appel 
étant admis sur ce point.  

3.3.3. Au vu de ce qui précède, l'acquittement du chef de blanchiment d'argent 
(art. 305bis al.1 CP) sera également confirmé, étant précisé que l'envoi d'argent à 
l'étranger de l'activité de la prostitution n'est pas en soi constitutif de blanchiment 
d'argent.  

3.3.4. Comme évoqué, le message du 24 avril 2020 dans lequel C______ reproche à 
l'appelant de l'avoir frappée, de même que la photographie de la tache rouge en bas 
de son dos, non établie par pièce médicale, ne suffisent pas pour conclure que cette 
marque a été causée par l'appelant, étant relevé que les intéressés ont toujours 
contesté qu'elle était en lien avec leurs disputes. Quand bien même elle aurait été 
provoquée par un geste de l'appelant, la photographie ne permet de constater qu'une 
rougeur et non un hématome persistant. Il n'est ainsi pas possible d'établir la 
réalisation des éléments constitutifs de l'infraction de lésions corporelles simples (art. 
123 ch. 2 par. 5 CP).  

L'enquête n'a pas davantage permis de retenir que l'appelant se montrait 
régulièrement violent envers C______ – cette dernière semble au contraire parler 
d'un acte isolé – ni a fortiori que l'infraction de voies de fait, commises à réitérées 

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reprises (art. 126 al. 2 let. c CP), serait réalisée comme plaidé subsidiairement par le 
MP.  

Par conséquent, le verdict d'acquittement de lésions corporelles simples sera 
confirmé (art. 123 ch. 2 par. 5 CP) et l'appel joint rejeté. 

3.4.1. Selon l'art. 197 al. 1 CP, quiconque offre, montre, rend accessibles à une 
personne de moins de 16 ans ou met à sa disposition des écrits, enregistrements 
sonores ou visuels, images ou autres objets pornographiques ou des représentations 
pornographiques, ou les diffuse à la radio ou à la télévision, est passible des peines 
de droit. 

3.4.2. L'art. 197 al. 4 CP prévoit que quiconque fabrique, importe, prend en dépôt, 
met en circulation, promeut, expose, offre, montre, rend accessible, met à 
disposition, acquiert, obtient par voie électronique ou d'une autre manière ou possède 
des objets ou représentations visés à l'al. 1, ayant comme contenu des actes d'ordre 
sexuel avec des animaux, des actes de violence entre adultes ou des actes d'ordre 
sexuel non effectifs avec des mineurs, est punissable. Si les objets ou représentations 
ont pour contenu des actes d'ordre sexuel effectifs avec des mineurs, la sanction est 
aggravée. 

3.4.3. L'art. 197 al. 5 CP punit quiconque consomme ou, pour sa propre 
consommation, fabrique, importe, prend en dépôt, acquiert, obtient par voie 
électronique ou d'une autre manière ou possède des objets ou représentations visés à 
l'art. 197 al. 1 CP, soit des écrits, enregistrements sonores ou visuels, images ou 
autres objets pornographiques ou des représentations pornographiques, ayant comme 
contenu des actes d'ordre sexuel avec des animaux, des actes de violence entre 
adultes ou des actes d'ordre sexuel non effectifs avec des mineurs. Si les objets ou 
représentations ont pour contenu des actes d'ordre sexuel effectifs avec des mineurs, 
la sanction est aggravée. 

3.4.4. Le critère de distinction entre les alinéas 4 et 5 est le dessein de diffusion. 
Ainsi, les mêmes comportements tombent sous le coup de l'alinéa 5 CP (cas atténué) 
s'ils sont commis aux fins de consommation propre, ou de l'aliné 4 CP dans les autres 
cas. En application du principe in dubio pro reo, il faudra retenir le cas atténué toutes 
les fois que le dessein de diffusion ne pourra être établi (A. MACALUSO / 
L. MOREILLON / N. QUELOZ [éds], Commentaire romand, Code pénal II, 
2ème éd., Bâle 2017, n. 66 ad art. 197). 

Le Message du Conseil fédéral concernant l'adoption de l'art. 197 al. 5 CP précise 
qu'il s'agissait de mettre en oeuvre la convention du Conseil de l'Europe sur la 
protection des enfants contre l'exploitation et les abus sexuels [convention de 
Lanzarote] et de combler une lacune du droit pénal suisse qui ne punissait pas la 

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consommation sans possession de pornographie dure, ni donc de pédopornographie. 
Le nouvel art. 197 al. 5 CP devait ainsi permettre de punir également les personnes 
qui visionnaient de la pornographie en ligne, sans télécharger de contenu (FF 2012, 
p. 7096 ss). L'art. 20, par. 1, let. f, de la convention de Lanzarote prévoyait en effet 
l'instauration par les États signataires d'une sanction pénale à l'encontre des 
personnes qui se procuraient en toute connaissance de cause de la pornographie 
enfantine au moyen des technologies de communication et d'information et précisait 
que les États étaient libres de ne pas appliquer cet article. La Suisse n'a a