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**Case Identifier:** 3f3fbe35-b4b4-5d8a-9f02-78196272a957
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2023-03-17
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 17.03.2023 SK.2023.1
**Docket/Reference:** SK.2023.1
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_SK-2023-1_2023-03-17

## Full Text

Escroquerie par métier (art. 146 al. 2 CP), blanchiment d'argent (art. 305bis ch. 1 CP), importation, acquisition et prise en dépôt de fausse monnaie en grande quantité (art. 244 al. 2 CP), mise en circulation de fausse monnaie (art. 242 al. 1 CP), fabrication de fausse monnaie, cas de très peu de gravité (art. 240 al. 2 CP), vol simple (art. 139 ch. 1 CP), faux dans les certificats (art. 252 CP);;Escroquerie par métier (art. 146 al. 2 CP), blanchiment d'argent (art. 305bis ch. 1 CP), importation, acquisition et prise en dépôt de fausse monnaie en grande quantité (art. 244 al. 2 CP), mise en circulation de fausse monnaie (art. 242 al. 1 CP), fabrication de fausse monnaie, cas de très peu de gravité (art. 240 al. 2 CP), vol simple (art. 139 ch. 1 CP), faux dans les certificats (art. 252 CP);;Escroquerie par métier (art. 146 al. 2 CP), blanchiment d'argent (art. 305bis ch. 1 CP), importation, acquisition et prise en dépôt de fausse monnaie en grande quantité (art. 244 al. 2 CP), mise en circulation de fausse monnaie (art. 242 al. 1 CP), fabrication de fausse monnaie, cas de très peu de gravité (art. 240 al. 2 CP), vol simple (art. 139 ch. 1 CP), faux dans les certificats (art. 252 CP);;Escroquerie par métier (art. 146 al. 2 CP), blanchiment d'argent (art. 305bis ch. 1 CP), importation, acquisition et prise en dépôt de fausse monnaie en grande quantité (art. 244 al. 2 CP), mise en circulation de fausse monnaie (art. 242 al. 1 CP), fabrication de fausse monnaie, cas de très peu de gravité (art. 240 al. 2 CP), vol simple (art. 139 ch. 1 CP), faux dans les certificats (art. 252 CP)

Jugement du 17 mars 2023 
Cour des affaires pénales 

Composition  Les juges pénaux fédéraux  

David Bouverat, juge président, 

Stephan Zenger et Alberto Fabbri     

la greffière Sarah Biayi  

Parties  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,  

représenté par Caterina Aeberli, Procureure fédérale  

 

et 

 

les parties plaignantes: 

 

1. B.,    

2. C., représenté par Maître Alessandro Brenci,   

3. D., représenté par Maître Blaise Marmy,   

4. E.,  

5. F.,  

6. G. SÀRL, H. et I.,    

7. H.,  

8. I.,  

9. J. SA, K., représentée par Maître Martin 

Ahlström,  

10. L.,   

11. M.,  

12. N.,  

13. O., 

 
contre 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t  

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

Numéro du dossier: SK.2023.1 

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SK.2023.1 

  
A., de nationalité camerounaise, actuellement en 

exécution anticipée de la peine, défendu d’office par 

Maître Jacques Emery 

 

Objet  
Escroquerie par métier (art. 146 al. 2 CP), blanchiment 

d'argent (art. 305bis ch. 1 CP), importation, acquisition 

et prise en dépôt de fausse monnaie en grande 

quantité (art. 244 al. 2 CP), mise en circulation de 

fausse monnaie (art. 242 al. 1 CP), fabrication de 

fausse monnaie, cas de très peu de gravité (art. 240 

al. 2 CP), vol simple (art. 139 ch. 1 CP), faux dans les 

certificats (art. 252 CP) 

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SK.2023.1 

Conclusions du Ministère public de la Confédération: 

Le Ministère public de la Confédération conclut à ce qu’il plaise à la Cour des affaires 

pénales du Tribunal pénal fédéral de prononcer: 

1.1. A. est acquitté de: 

− Vol simple (art. 139 ch. 1 CP) s’agissant des faits visés sous chiffres 1.1.c) et 1.8. 

de l’acte d’accusation concernant le vol du téléphone portable iPhone 12 MAX de 

F. (cas PJF n° 2). 

− Escroquerie (art. 146 al. 1 CP), blanchiment d’argent (art. 305bis ch. 1 CP) et mise 

en circulation de fausse monnaie (art. 242 al. 1 CP) s’agissant des faits visés sous 

chiffre 1.1.i), respectivement 1.4. et 1.6. de l’acte d’accusation uniquement en ce 

qui concerne le cas PJF n° 13 au préjudice d’O. 

1.2. A. est reconnu coupable de: 

− Escroquerie par métier (art. 146 al. 1 et 2 CP), à l’exception des faits pour lesquels 

le prévenu doit être acquitté selon le chiffre 1.1. des présentes conclusions. 

− Blanchiment d’argent (art. 305bis ch. 1 CP), à l’exception des faits pour lesquels le 

prévenu doit être acquitté selon le chiffre 1.1. des présentes conclusions. 

− lmportation, acquisition et prise en dépôt de fausse monnaie, grandes quantités 

(art. 244 al. 1 et 2 CP). 

− Mise en circulation de fausse monnaie (art. 242 al. 1 CP), à l’exception des faits 

pour lesquels le prévenu doit être acquitté selon le chiffre 1.1. des présentes 

conclusions. 

− Fabrication de fausse monnaie, cas de très peu de gravité (art. 240 al. 1 et 2 CP). 

− Faux dans les certificats (art. 252 al. 2 CP). 

1.3. A. est condamné à une peine privative de liberté ferme de 40 mois (art. 40, 47, 49 

al. 1 et 51 CP) sous déduction de la détention avant jugement subie à partir du 30 avril 

2021. 

1.4. En application de l’art. 66a al. 2 CP, il est renoncé à prononcer l’expulsion judiciaire 

du territoire suisse d’A. ainsi que l’inscription de la mesure dans le Système 

d’information Schengen (SIS). 

1.5. Les autorités du canton de Genève sont chargées de l’exécution de la peine (art. 74 

al. 2 LOAP en relation avec l’art. 31 al. 2 CPP). 

  

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SK.2023.1 

1.6.1.  Les objets suivants, séquestrés par le Ministère public de la Confédération par 

ordonnance du 20 juillet 2022, sont confisqués et détruits (art. 263 al. 1 let. d CPP en 

lien avec l’art. 69 al. 1 CP): 

N° N° AMS Description 

5 26349 Emballage composé de papier d’aluminium et de scotch brun 

7 26339 Bouteille brune contenant un liquide incolore 

8 26364 3 feuilles d’aluminium ainsi que 1 rouleau utilisé 

9 26336 Liasse de papier teinté d’encre 

13 26332 
1 pochette en papier CFF contenant une quittance de change datée du 30.04.2021, à 
10h24 

16 26335 Porte document noir contenant 4 brochures immobilières 

 

1.6.2.  Les contrefaçons suivantes, séquestrées par le Ministère public de la Confédération 

par ordonnance du 20 juillet 2022, sont confisquées et transmises au Commissariat 

SK 2/Fausse monnaie pour mise hors d’usage ou destruction (249 CP): 

N° N° AMS Description 

1 26361 3 faux billets de CHF 1’000.- (n° de série 1) 

2 26360 
4 faux billets de CHF 100.- (sans no de série) 
33 faux billets de CHF 200.- (sans n° de série) 
1 faux billet de CHF 1’000.- (n° de série 1) 

3 26363 51 faux billets de CHF 1’000.- (n° de série 1) 

4 26348 75 faux billets (n° de série 2) entièrement recouverts d’encre 

9 26336 13 faux billets de CHF 1’000.- (n° de série 1) 

17 13083 20 faux billets de CHF 100.- (sans n° de série) 

18 13084 23 faux billets de CHF 100.- (sans no de série) 

 

1.6.3. Les valeurs pécuniaires suivantes, séquestrées par le Ministère public de la 

Confédération par ordonnance du 20 juillet 2022, appartenant à A., sont confisquées 

et leur valeur, respectivement la contre-valeur en Francs suisses, est portée en 

déduction des frais de procédure mis à la charge de ce dernier (art. 268 CPP): 

N° N° AMS Description 

6 100375 CHF 100.- 

14 26334 CHF 1266.70 

15 26333 EUR 1505.00 

 

1.6.4. Les objets suivants, séquestrés par le Ministère public de la Confédération par 

ordonnance du 20 juillet 2022, appartenant à A., sont confisqués, leur contenu effacé, 

vendus et le montant de la vente porté en déduction des frais de procédure mis à la 

charge de ce dernier (art. 268 CPP): 

N° N° AMS Description 

10 26331 lPhone 12 Pro Max, IMEI: 3 

11 263294 lPhone SE, IMEI: 4 

12 26330 Apple Watch 

 

1.7.1.  A. est condamné à payer les prétentions civiles suivantes (art. 126 al. 1 let. a CPP): 

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− CHF 30’000.- à titre de dommages-intérêts et CHF 5’000.- à titre de tort moral à 

C. 

− CHF 50’480.- à titre de dommages-intérêts et CHF 5’000.- à titre de tort moral à F. 

− CHF 35’000.- à titre de dommages-intérêts à E. 

− CHF 50’000.- à titre de dommages-intérêts à D. 

− CHF 1’000.- à titre de dommages-intérêts et CHF 1’000.- à titre de tort moral à I. 

− CHF 1’000.- à titre de dommages-intérêts et CHF 1’000.- à titre de tort moral à H. 

− CHF 2’000.- à titre de dommages-intérêts et CHF 2’000.- à titre de tort moral à G. 

Sàrl, par l’intermédiaire de ses représentants I. et H. 

− CHF 10’800.- à titre de dommages-intérêts à L. 

− CHF 55’000.- à titre de dommages-intérêts et CHF 10’000.- à titre de tort moral à 

M. 

− CHF 106’000.- à titre de dommages-intérêts à J. SA, par l’intermédiaire de son 

représentant K. 

1.7.2. Les prétentions civiles avancées à titre de dommages-intérêts d’un montant de 

CHF  25’000.- d’O. sont rejetées (art. 126 al. 1 let. b CPP). 

1.8.1.  A. est condamné à payer une indemnité de CHF 2’310.40 à D. à titre de juste 

indemnité pour les dépenses obligatoires occasionnées par la procédure (art. 433 

al. 1 CPP). 

1.8.2.  A. est condamné à payer une indemnité, dont le montant sera fixé par le Tribunal, à 

C., à titre de juste indemnité pour les dépenses obligatoires occasionnées par la 

procédure (art. 433 al. 1 CPP). 

1.9.  Les frais de la procédure préliminaire imputables à A., d’un montant de 

CHF 38’606.50, auxquels s’ajoutent les émoluments de première instance du 

Ministère public de la Confédération d’un montant de CHF 2’000.- et les émoluments 

devant être chiffrés par le Tribunal, sont mis à la charge d’A. (art. 426 al. 1 CPP). 

1.10.1. La Confédération suisse versera à Maître Jacques Emery une indemnité, dont le 

montant sera fixé par le Tribunal, pour son activité de défenseur d’office d’A. depuis 

le 10 novembre 2022 (art. 135 al. 1 CPP). 

Dès que sa situation financière le lui permettra, A. est tenu de rembourser à la 

Confédération suisse les frais d’honoraires du défenseur d’office Maître Jacques 

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Emery ainsi que la différence entre l’indemnité en tant que défenseur désigné et les 

honoraires qu’il aurait touchés comme défenseur privé (art. 135 al. 4 let. a et b CPP). 

1.10.2. Dès que sa situation financière le lui permettra, A. est tenu de rembourser à la 

Confédération suisse les frais d’honoraires des défenseurs d’office Maîtres Igor 

Zacharia et Anne Liblin, d’un montant total de CHF 11’924.55, ainsi que la différence 

entre l’indemnité en tant que défenseurs désignés et les honoraires qu’ils auraient 

touchés comme défenseurs privés (art. 135 al. 4 let. a et b CPP). 

Conclusions de la défense: 

I. CONCLUSIONS 

Monsieur A. a l’honneur de conclure à ce qu’il: 

PLAISE AU TRIBUNAL PENAL FEDERAL 

A LA FORME 

1. Déclarer les présentes conclusions recevables. 

AU FOND 

Principalement 

2. Acquitter Monsieur A. pour les chefs d’accusation d’escroquerie par métier (article 

146 al. 2 CP), tentative d’escroquerie par métier (article 22 al. 1 CP) et de mise en 

circulation de fausse monnaie (article 242 al. 1 CP); 

3. Condamner Monsieur A. à une peine privative de liberté assortie du sursis complet 

pour les chefs d’accusation de blanchiment d’argent (article 305bis ch.1 CP), 

importation, acquisition et prise en dépôt de fausse monnaie (article 244 al. 2 CP); 

4. Renoncer à prononcer l’expulsion judiciaire; 

5. Renoncer à l’inscription de l’expulsion au registre du SIS; 

6. Débouter les parties de toutes autres ou contraires conclusions. 

Subsidiairement 

7. Acquitter Monsieur A. pour les chefs d’accusation d’escroquerie par métier (article 

146 al. 2 CP), tentative d’escroquerie par métier (article 22 al. 1 CP) et de mise en 

circulation de fausse monnaie (article 242 al. 1 CP). 

8. Condamner Monsieur A. à une peine privative de liberté compatible avec sa mise 

en liberté immédiate pour les chefs d’accusation de blanchiment d’argent (article 

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305bis ch.1 CP), importation, acquisition et prise en dépôt de fausse monnaie (article 

244 al. 2 CP). 

9. Renoncer à prononcer l’expulsion judiciaire; 

10. Renoncer à l’inscription de l’expulsion au registre du SIS; 

11. Débouter les parties de toutes autres ou contraires conclusions. 

Plus subsidiairement 

12. Condamner Monsieur A. à une peine privative de liberté compatible avec sa mise 

en liberté immédiate pour les chefs d’accusation de blanchiment d’argent (article 

305bis ch.1 CP), importation, acquisition et prise en dépôt de fausse monnaie (article 

244 al. 2 CP), d’escroquerie par métier (article 146 al. 2 CP), tentative d’escroquerie 

par métier (article 22 al. 1 CP) et de mise en circulation de fausse monnaie (article 

242 al. 1 CP); 

13. Renoncer à prononcer l’expulsion judiciaire; 

14. Renoncer à l’inscription de l’expulsion au registre du SIS; 

15. Réduire le montant des conclusions civiles des parties plaignantes; 

16. Condamner Monsieur A. à indemniser les parties plaignantes; 

17. Débouter les parties de toutes autres ou contraires conclusions. 

S’agissant des prétentions civiles, durant les débats du 3 mars 2023, Maître Jacques 

Emery a déclaré dans le cadre de sa plaidoirie que «le prévenu ne les conteste pas, sous 

réserve de celles d’O., qui sont contestées.» […]. «Concernant les montants réclamés à 

titre de tort moral et à titre de dépens, tout comme pour les frais de procédure, Monsieur 

A. s’en remet à l’appréciation de la Cour.» 

Procédure: 

A.1. Le 10 février 2021, le Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC) a 

constaté l’ouverture de l’instruction contre P. par le Ministère public de Zurich 

pour mise en circulation de fausse monnaie. A cette même date, l’instruction a 

été étendue à inconnu pour mise en circulation de fausse monnaie (art. 242 al. 1 

CP) et importation, acquisition et prise en dépôt de fausse monnaie (art. 244 al. 

1 CP; MPC 01-00-00-0001 s). 

A.2. En date du 30 avril 2021, A. a été interpellé et arrêté provisoirement par la police 

cantonale genevoise. Le Tribunal des mesures de contrainte du canton de Berne 

(ci-après : Tmc) a ordonné sa mise en détention provisoire en date du 3 mai 2021 

sur demande du MPC. La détention a par la suite été prolongée successivement 

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jusqu’au 29 octobre 2021 et 29 janvier 2022. Suite à la demande du 7 décembre 

2021 de son défenseur, A. a été placé sous le régime de l’exécution anticipée de 

peine par ordonnance du MPC du 9 décembre 2021 (MPC 06-02-05-0023). 

A.3. Le 1er mai 2021, l’extension de la procédure a été ordonnée oralement par le 

MPC à l’encontre d’A. et en date du 3 mai 2021, l’extension a été confirmée par 

écrit, concernant le prénommé pour les infractions de vol par métier (art. 139 

ch. 2 CP), subsidiairement escroquerie par métier (art. 146 al. 2 CP) acquisition 

et prise en dépôt de fausse monnaie en grandes quantités (art. 244 al. 2 CP). 

A.4. Le 6 octobre 2021, la procédure a en partie été étendue à l’encontre de Q. (MPC 

01-00-00-0005). 

A.5. En date du 7 décembre 2021, la procédure a également été étendue par 

ordonnance du MPC à R. pour complicité de vol (art. 25 et art. 139 ch. 1 CP), 

complicité de mise en circulation de fausse monnaie (art. 25 et art. 242 al. 1 CP) 

et complicité de tentative d'escroquerie (art. 22, 25 et art. 146 al. 1 CP), ainsi qu’à 

S. pour complicité de vol (art. 25 et art. 139 ch. 1 CP), complicité de mise en 

circulation de fausse monnaie (art. 25 et art. 242 al. 1 CP) et escroquerie (art. 146 

al. 1 CP; MPC 01-00-00-0006). 

A.6. Le 8 mars 2022, le MPC a rendu une ordonnance pénale par laquelle S. a été 

reconnu coupable de complicité de vol (art. 25 et art. 139 ch. 1 CP), de complicité 

de mise en circulation de fausse monnaie (art. 25 et art. 242 al. 1 CP) et 

d'escroquerie (art. 146 al. 1 CP; MPC 03-04-01-0001). 

Par ordonnance pénale également datée du 8 mars 2023 du MPC, R. a été 

reconnu coupable de complicité de vol (art. 25 cum art. 139 ch. 1 CP), de 

complicité de tentative d'escroquerie (art. 22 al. 1 et art. 25 cum art. 146 al. 1 CP) 

et de complicité de mise en circulation de fausse monnaie (art. 25 cum art. 242 

al. 1 CP; MPC 03-05-01-0001). 

A.7. Par ordonnance du MPC datée du 24 mars 2022, la procédure ouverte à 

l’encontre de P. a été classée (MPC 03-03-01-0011). 

A.8. Le 1er juin 2022, le MPC a rendu une ordonnance pénale par laquelle Q. a été 

reconnu coupable de fabrication de fausse monnaie, cas de peu de gravité 

(art. 240 al. 1 en lien avec l'al. 2 CP), de faux dans les titres (art. 251 ch. 1 CP) 

et d'usage abusif de permis et de plaques (art. 97 al. 1 let. a et g LCR; MPC 03-

06-01-0001). 

A.9. Le 3 janvier 2023, le MPC a transmis à la Cour des affaires pénales du Tribunal 

pénal fédéral (ci-après: la Cour ou la Cour de céans) l’acte d’accusation du 

3 janvier 2023 dressé à l’encontre d’A., ainsi que le dossier de la cause, laquelle 

a été enregistrée sous le numéro SK.2023.1. Aux termes de l’acte d’accusation, 

le prévenu doit répondre des chefs d’accusation d’escroquerie par métier 

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SK.2023.1 

(art. 146 al. 2 CP), blanchiment d’argent (art. 305bis ch. 1 CP), importation, 

acquisition et prise en dépôt de fausse monnaie en grande quantité (art. 244 al. 2 

CP), mise en circulation de fausse monnaie (art. 242 al. 1 CP), fabrication de 

fausse monnaie, cas de très peu de gravité (art. 240 al. 2 CP), vol simple (art. 139 

ch. 1 CP) et faux dans les certificats (art. 252 CP).  

A.10. En date du 30 janvier 2023, la Cour a invité les parties à formuler leurs offres de 

preuve, tout en indiquant qu’elle entendait requérir l’administration d’office des 

preuves suivantes: l’extrait des casiers judiciaires suisse et français du prévenu, 

son extrait du registre des poursuites, son interrogatoire aux débats sur sa 

situation personnelle et les faits de l’accusation, ainsi que le formulaire relatif à 

sa situation personnelle (TPF 15.400.001). 

De même, la Cour a avisé les parties qu’elle entendait requérir aux débats 

l’audition en qualité de personnes appelées à donner des renseignements de C., 

F., B., D., E., O., K., M., ainsi que l’audition en qualité de témoin de T. 

 

Le même jour, les parties ont été citées à comparaître aux débats du 1er et 3 mars 

2023.  

A.11. Le 10 février 2023, Maître Alessandro Brenci a transmis à la Cour une procuration 

en qualité de défenseur de C. Il a également requis de la Cour qu’elle administre 

les moyens de preuve suivants: l’audition d’AA. en qualité de témoin, ainsi que le 

versement au dossier du nom de l’employé de l’hôtel no 1 à Lausanne en service 

le jour des faits reprochés au prévenu (TPF 15.550.2.001).  

A.12. En date du 13 février 2023, Maître Jacques Emery a transmis à la Cour de céans 

le formulaire de situation personnelle et patrimoniale du prévenu dûment rempli. 

Il a requis à titre d’administration des preuves l’audition de Madame BB., 

compagne du prévenu, en qualité de témoin de moralité (TPF 15.521.002).  

A.13. Le 15 février 2023, la Cour a interrogé par écrit l’hôtel no 2 concernant les 

modalités de réservation et de paiement des chambres d’hôtel et du séjour dans 

leur établissement en date du 28 avril 2021 de «A._1», «HHHH.», «A._3» ou 

«A._4» (TPF 15.661.001). 

Dans son courrier réponse du 20 février 2023, l’hôtel no 2 a indiqué les dates des 

séjours du prévenu, les différents alias utilisés par celui-ci, ainsi que le mode de 

règlement des chambres d’hôtel (TPF 15.661.001). 

A.14. Le 20 février 2023, la Cour a rendu une ordonnance concernant les moyens de 

preuve, par laquelle elle a ordonné l’audition en qualité de témoin aux débats 

d’AA., ainsi que le versement au dossier de la réponse de l’hôtel no 2 à son 

courrier du 15 février 2023 (supra consid. A.13). Elle a rejeté au surplus les autres 

offres de preuve et réquisitions (TPF 15.250.001).  

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SK.2023.1 

A.15. Par courriers des 30 janvier 2023, 7 février 2023 et 23 février 2023, la Cour a 

avisé les parties des réserves qu’elle entendait formuler au sens de l’art. 344 

CPP, quant aux art. 66a ss CP et à l’inscription au Système d’information 

Schengen (SIS). Elle a précisé qu’elle entendait examiner les faits de la cause 

également sous l’angle du vol par métier (art. 139 ch. 2 CP), de l’appropriation 

illégitime (art. 137 CP), de l’abus de confiance (art. 138 CP), de la tentative 

d’escroquerie (art. 22 et 146 CP) et de la tentative de fabrication de fausse 

monnaie (art. 22 et 240 al. 1 et 2 CP).  

A.16. En date du 24 février 2023, Maître Jacques Emery a déposé ses conclusions 

écrites (cf. supra rubrique «conclusions de la défense»). 

A.17. Les débats se sont déroulés les 1er et 3 mars 2023 en présence du MPC, 

représenté par la Procureure fédérale Caterina Aeberli et le Procureur fédéral 

assistant Cédric Ducry, du prévenu A., assisté de son défenseur d’office, Maître 

Jacques Emery, ainsi que de Monsieur Jean-Bell Tiagou Azambou, juriste, et de 

Maître Alessandro Brenci, représentant de la partie plaignante C. La Cour a 

procédé à des communications d’ordre formel. Les parties n’ont soulevé aucune 

question préjudicielle. Par la suite, la Cour a rappelé les réserves qu’elle avait 

formulées au sens de l’art. 344 CPP et a invité les parties à se prononcer dans 

le cadre des plaidoiries. Il a ensuite été procédé à l’interrogatoire du prévenu, 

suivi de l’interrogatoire de C., AA., D., E., K., M. et O. 

T., B. et F. n’ont pas été entendus, n’ayant pas donné suite à leur convocation 

par la Cour. Celle-ci a renoncé à les convoquer ultérieurement.  

Après la clôture de l'administration des preuves, le MPC, Maître Alessandro 

Brenci, défenseur privé de C., et Maître Jacques Emery, défenseur d’office d’A., 

ont plaidé à tour de rôle, le dernier jour des débats. 

Faits: 

B. Les faits décrits au chiffre 1.1 de l'acte d'accusation 

B.1. A titre préliminaire, il ressort de l’acte d’accusation qu’il est reproché à A. d’avoir, 

dans le dessein de se procurer un enrichissement illégitime, à 13 reprises (cas 

PJF n° 10, 1, 2, 3, 5, 7, 6, 4, 13, 11, 8, 14, 15), intentionnellement et 

astucieusement induit en erreur des personnes par des affirmations fallacieuses 

et ainsi déterminé les personnes lésées à des actes préjudiciables à leurs intérêts 

pécuniaires, en adoptant toujours le même mode opératoire, à savoir: 

- après la recherche sur Internet de petits entrepreneurs avec un nom de 

famille à consonance étrangère, A., sous une fausse identité, prenait un 

premier contact téléphonique en prétextant fallacieusement être une 

personne aisée et faisant miroiter aux potentiels lésés des possibles 

relations d’affaires dans le domaine de l’immobilier ou du bâtiment, 

- 11 - 

SK.2023.1 

- ce contact était suivi par une première rencontre, qui avait presque 

systématiquement lieu dans des hôtels de haut standing, lors de laquelle le 

prévenu amenait progressivement les potentiels lésés, au fil de discussions 

visant à les mettre en confiance, à lui prêter de l’argent ou à investir dans 

ses prétendus projets immobiliers, tout en expliquant avoir besoin de 

véritables billets de banques afin de «désécuriser» des billets de banque 

noircis lui appartenant (opération de «lavage d’argent», ci-après: opération 

dite de «wash wash» ou wash wash), ce qui offrait la possibilité aux 

potentiels lésés d’obtenir des gains faciles, ces derniers pouvant récupérer 

le montant mis à disposition ainsi qu’un pourcentage de la somme 

«désécurisée», 

- à l’occasion de rencontres successives, qui avaient aussi presque 

systématiquement lieu dans des hôtels de haut standing, A. parvenait à 

mettre en confiance les personnes ciblées et effectuait une démonstration 

physique de l’opération dite de «wash wash», consistant en substance à 

emballer de vraies coupures au contact de billets noircis, dans une 

enveloppe ou un sac en plastique, en y ajoutant divers produits/liquides, de 

sorte qu’à l’issue de l’opération, les billets noircis redevenaient utilisables, 

convaincant ainsi, grâce à l’édifice de mensonges créé, les personnes 

rencontrées d’apporter d’importantes sommes d’argent au rendez-vous 

suivant, 

- lors de la dernière rencontre, A. effectuait l’opération dite de «wash wash» 

avec l’argent remis par les lésés, en leur subtilisant les vraies coupures grâce 

à un tour de passe-passe lui permettant de soustraire l’argent et parfois de 

le remplacer avec un autre emballage identique, préalablement préparé, 

contenant de fausses coupures (presque toujours des fausses coupures de 

CHF 1'000.-), avant d’inventer un prétexte pour quitter les lieux en emportant 

l’argent des lésés et ce, dans le but de se l’approprier et de se procurer un 

enrichissement illégitime. 

B.1.1 Cas PJF 10  

B.1.1.1 Reproches de l’acte d’accusation  

Le MPC reproche à A., sous l’identité de «A.» (son prénom uniquement), d’avoir, 

à YY., dans le garage sis […], le 3 juillet 2016 vers 10h00, intentionnellement et 

astucieusement commis une escroquerie portant sur la somme de CHF 10'000.- 

au préjudice de N., qu’il rencontrait pour la troisième ou quatrième fois. 

Le prévenu aurait contacté téléphoniquement N., courtier en assurances, suite à 

l’annonce par ce dernier dans le journal GHI relative à la vente de son 

appartement au Portugal, puis aurait rencontré N. à tout le moins à deux reprises, 

à savoir à l’hôtel no 3 à Genève le 16 juin 2016 et à l’hôtel no 4 à Genève le 30 juin 

- 12 - 

SK.2023.1 

2016, et lors du deuxième rendez-vous, le 30 juin 2016, à l’hôtel no 4 à Genève, 

d’avoir fait une démonstration d’une opération dite de «wash wash». Il s’agirait là 

d’un édifice de mensonges et d’une démonstration qui ont poussé N. à lui 

remettre CHF 10'000.- lors d’une rencontre ayant eu lieu dans le garage du 

domicile de N. à YY. le 3 juillet 2016. 

Ce jour-là, A. aurait profité des circonstances pour effectuer une opération dite 

de «wash wash» et subtiliser la somme fournie par N. en la remplaçant par 

CHF 20'000.- en fausses coupures de CHF 1'000.-, avant de quitter les lieux sous 

le prétexte qu’il fallait attendre trois heures pour que le «lavage» soit terminé, 

sans jamais revenir, en emportant l'argent de N. dans le but de se l'approprier et 

de se procurer ainsi un enrichissement illégitime. 

Ce n’est que trois heures après, au moment de l’ouverture du sac dans lequel se 

trouvait l’argent, que N. aurait remarqué que les coupures, dont certaines étaient 

noircies, grises ou marron, étaient fausses, raison pour laquelle N. aurait jeté les 

billets en mauvais état et remis le reste à la police. 

A l’occasion de l’une des rencontres entre le prévenu et N., une personne s’étant 

présentée comme le soi-disant frère de «A.» était également présente, personne 

qu’A. a affirmé s’appeler «CC.», alors qu’à l’occasion d’une autre rencontre, une 

troisième personne s’étant présentée comme étant un «technicien» était 

présente. 

B.1.1.2 Déclarations du prévenu 

Lors de son audition du 13 octobre 2021 par la PJF (MPC 13-02-01-0091, 

0094s.), A. a admis les faits. Il avait en effet agi avec un dénommé «CC.» durant 

l’escroquerie. Il a reconnu que les déclarations du lésé du 5 juillet 2016 étaient 

correctes, à cela près que, contrairement à ce qu’affirmait ce dernier, ils n’étaient 

pas trois, mais seulement deux comparses, à avoir agi de concert dans ce cas 

PJF. 

Lors de son audition finale du 30 novembre 2022 par le MPC (MPC 13-02-01-

0209), le MPC a présenté à A. l’état de fait relatif au présent cas PJF, tel qu’il 

ressort en substance de l’acte d’accusation. L’intéressé a reconnu les faits. 

L’infraction lui avait en l’espèce rapporté CHF 10'000.-. Il s’agissait du premier 

cas de wash wash qu’il avait commis. Il avait agi après avoir revu, par hasard, la 

personne qui avait autrefois commis à son encontre une escroquerie de type 

«wash wash» et lui avait demandé comment procéder. Le dénommé «CC.» 

n’avait rien à voir avec cette affaire, il s’agissait uniquement d’une personne qu’il 

connaissait de vue, raison pour laquelle il s’était joint à lui. 

Lors des débats du 1er mars 2023 (TPF 15.731.012), le prévenu a confirmé les 

déclarations qu’il a faites lors de son audition finale du 30 novembre 2022. 

- 13 - 

SK.2023.1 

Concernant la somme de CHF 10'000.- qu’il avait prise au lésé, il a indiqué l’avoir 

utilisée à des fins personnelles. 

B.1.1.3 Déclarations de N. 

Lors de son audition du 5 juillet 2016 par la police cantonale genevoise (MPC 12-

23-01-0001s.), N. a déclaré en substance ce qui suit.  

Plus d’un mois auparavant, il avait fait paraître une annonce dans un journal 

concernant la vente de son appartement au Portugal, pour un montant de 

EUR 100'000.-. Quelques jours plus tard, un dénommé «A.» lui avait fait savoir 

qu’il était intéressé et avait voulu le rencontrer pour voir des photographies de 

l’appartement.  

Le 16 juin 2016 à 18h00, il avait rencontré «A.» à l’hôtel no 3 à Genève. Après 

avoir vu les photographies dudit bien immobilier, «A.» s’était dit très intéressé, 

précisant qu’il devait encore discuter avec son frère.  

Le 21 juin 2016 à 18h00 avait eu lieu une nouvelle rencontre à l’hôtel no 3, cette 

fois en présence également du frère de «A.». Les deux frères lui avaient dit qu’ils 

avaient «des millions» à investir mais que leur argent était doté d’un système de 

sécurité car il avait été envoyé par l’ONU pour les pays africains. Ils ont indiqué 

à N. qu’ils allaient lui montrer comment «enlever la sécurité» pour récupérer la 

totalité des billets. 

Le 1er juillet 2016, à l’hôtel no 4 à Genève, avait eu lieu une rencontre lors de 

laquelle «A.» avait montré à N. comment «enlever le système de sécurité». A 

cette fin, il avait utilisé un billet de CHF 100.-, argent appartenant au prénommé. 

Un tiers était présent, désigné comme «le technicien». Ce dernier avait pris ledit 

billet, qu’il avait déposé entre deux billets de CHF 100.-, lesquels étaient couverts 

de poudre et étaient illisibles. Il avait ensuite déposé le tas de billets sur une 

feuille en aluminium qui contenait du liquide de couleur jaune. Il avait refermé le 

papier d’aluminium sur les billets, déposé le tout au sol et lui avait dit de garder 

le pied dessus pendant dix à quinze minutes. Parallèlement, «A.» lui avait 

présenté une valise remplie de billets de CHF 100.- et de CHF 1'000.-, pour lui 

prouver que lui et son frère avaient beaucoup d’argent. Sur le moment, N. avait 

cru qu’il s’agissait de vrais billets. Après quinze minutes, le technicien avait pris 

le paquet, l’avait ouvert, avait mis un autre liquide pour nettoyer les billets et lui 

avait ensuite montré les trois billets (soit les deux billets de CHF 100.- jusque-là 

«tachés» et celui du lésé placé entre ceux-ci). «A.» lui avait dit que lui et son frère 

voulaient acheter son bien immobilier, mais qu’ils avaient besoin de billets 

«propres», sans sécurité, afin de pouvoir les mélanger aux billets dotés du 

système de sécurité et ainsi appliquer leur technique pour «nettoyer» les billets. 

Dans le contexte, «A.» lui avait expliqué avoir besoin de CHF 10'000.- pour 

- 14 - 

SK.2023.1 

débloquer les CHF 100'000.- correspondant au prix de son appartement, 

précisant qu’il devait s’agir de coupures soit de CHF 100.-, soit de CHF 1'000.-. 

Dès lors que N. ne voulait pas remettre son argent à «A.» à l’hôtel, ce dernier lui 

avait proposé une rencontre dans son garage (celui de N.), pour appliquer la 

technique destinée à «enlever la sécurité des billets». Celle-ci s’était tenue un 

dimanche matin vers 10h00. N. avait pris note des cinq derniers numéros de série 

des billets qu’il avait remis à «A.». Ce dernier avait pris lesdites coupures, qu’il 

avait soi-disant mélangées avec les autres. Il avait appliqué le même système 

que celui du 1er juillet 2016 mais lui avait dit que, dès lors qu’il y avait cette fois-

ci beaucoup plus de billets, il fallait attendre trois heures. N. avait alors ramené 

«A.» à son hôtel. «A.» l’avait appelé dix à quinze minutes plus tard pour lui dire 

qu’on avait fouillé sa chambre mais qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter; il allait 

soit le rappeler, soit prendre un taxi pour se rendre à son garage. A partir du 

moment où N. avait reçu cet appel téléphonique, il avait commencé à avoir des 

doutes et, après que les trois heures fussent écoulées, il avait ouvert le paquet, 

découvrant ainsi que tous les billets s’y trouvant étaient des contrefaçons. C’est 

à ce moment qu’il avait réalisé que «A.» avait réussi à subtiliser les vrais billets 

qu’il lui avait remis. 

Lors de son audition du 7 octobre 2021 par la PJF (MPC 12-23-02-0001s.), N. a 

confirmé ses déclarations du 5 juillet 2016. Il a déclaré que si «A.» était parvenu 

à nettoyer ses billets tachés, il aurait acheté son appartement au Portugal, mais 

ne lui aurait payé aucun pourcentage sur la somme des billets nettoyés. 

Dans le sac que «A.» lui avait remis dans son garage, il y avait sauf erreur vingt 

faux billets de CHF 1'000.-. Il avait remarqué que ceux-ci n’avaient pas la même 

qualité que de vrais billets; certains étaient un peu «détruits»; parfois, il manquait 

un peu de couleur; certains étaient noircis et gris et d’autres marron. 

Le lésé a ajouté que «A.» et son frère avaient besoin de son argent, qui était 

«désécurisé», afin de «débloquer» leur argent. Si le lésé devait leur amener cette 

somme, c’était parce qu’ils n’avaient pas d’argent «désécurisé». Ceci ne lui avait 

pas semblé étrange car ce qu’ils avaient fait «paraissait tellement vrai». Par 

ailleurs, il avait entendu d’une connaissance portugaise que les Etats-Unis 

d’Amérique envoyaient de l’argent sécurisé à des pays qui avaient besoin d’aide. 

B.1.1.4 Autres éléments du dossier 

Il ressort des images de vidéosurveillance transmises par l’hôtel no 3 que le lésé 

et le prévenu quittent ensemble l’hôtel en date du 16 juin 2016 à 17h52. L’hôtel 

no 4 a également transmis des images de vidéosurveillance sur lesquelles on peut 

constater l’arrivée du prévenu et du lésé le 30 juin 2016 à 18h41. Le lésé est 

ensuite raccompagné à l’extérieur de l’hôtel par A. et tous deux quittent le secteur 

à 19h23. On voit ensuite le prévenu quitter l’hôtel avec le «technicien» à 19h52 

- 15 - 

SK.2023.1 

(MPC 10-08-00-0001s.). Une chambre a été réservée à l’hôtel no 4 au nom de 

DD. en date du 30 juin 2016 (MPC 10-00-00-0173). 

Sur présentation d’une planche photographique, le lésé a reconnu A. sur la 

planche photo numéro 6 (MPC 12-23-02-0003; 10-00-00-0135). 

B.1.1.5 Faits retenus 

Sur la base des déclarations de N., dont il n’y a aucune raison de douter de la 

crédibilité, et des images de vidéosurveillance de l’hôtel no 3 du 16 juin 2016 et 

de l’hôtel no 4 du 30 juin 2016, la Cour retient les faits tels qu’ils ont été décrits au 

ch. 1.1 let. a) de l’acte d’accusation (cf. supra consid. B.1.1.1). 

B.1.2 Cas PJF 1 

B.1.2.1 Reproches de l’acte d’accusation 

Le MPC reproche au prévenu d’avoir, le 5 décembre 2019 vers 20h00 à 

Lausanne, dans la chambre n° 224 de l’hôtel no 1, réservée au nom de «A._3», 

sous l’identité de «A._3», intentionnellement et astucieusement commis une 

escroquerie portant sur la somme totale de CHF 30’000.- au préjudice de C., qu’il 

rencontrait pour la quatrième fois et qui était accompagné par sa compagne AA., 

par le fait d’avoir, environ un mois auparavant, contacté téléphoniquement C., 

maçon de profession et directeur de l’entreprise EE. Sàrl, lui donnant rendez-

vous dans l’hôtel no 5 à Lausanne. L’appel d’A. aurait eu lieu le lendemain d’un 

appel d’une personne inconnue, que l’enquête n’a pas permis d’identifier, qui 

avait contacté C. en prétextant vouloir investir dans l’immobilier et être à la 

recherche d’une entreprise pour effectuer des travaux de rénovation; A. se serait 

présenté au téléphone comme étant «A._3», le soi-disant frère de cette personne 

inconnue, puis aurait rencontré à trois reprises C., à savoir: 

- le 20 novembre 2019 vers 19h00 à l’hôtel no 5 à Lausanne, rencontre lors de 

laquelle «A._3» aurait été accompagné par l’un de ses amis diplomates, se 

prénommant «FF.», aurait affirmé appartenir à une famille riche de Côte-

d’Ivoire et prétendu que lui-même et «FF.» cherchaient à investir leur fortune 

en Suisse Romande, notamment à U., raison pour laquelle ils auraient 

demandé à C. d’effectuer des recherches de biens immobiliers, en lui 

promettant qu’il serait engagé pour les travaux de rénovation, 

- le 27 novembre 2019 entre 19h00 et 19h30 à l’hôtel no 1 à Lausanne, rendez-

vous lors duquel auraient été discutées les diverses recherches effectuées, et 

- le 4 décembre 2019 entre 19h00 et 19h30 à l’hôtel no 5 à Lausanne, rendez-

vous lors duquel auraient également été discutées diverses recherches 

effectuées. 

- 16 - 

SK.2023.1 

Ce procédé constituerait un édifice de mensonges qui aurait convaincu C. de 

remettre au prévenu, lors d’une quatrième rencontre, le 5 décembre 2019 à l’hôtel 

no 1 à Lausanne, la somme de CHF 30'000.- – sa fortune personnelle n’ayant pas 

encore été rapatriée de Côte d’Ivoire – afin de l’investir dans le projet immobilier 

susmentionné, ce qui aurait dû rapporter à C. une plus-value de 20% en plus du 

coût des travaux de rénovation. Lors de cette rencontre, A. aurait profité des 

circonstances pour effectuer une opération dite de «wash wash» avec l’argent 

remis par C. et subtiliser ladite somme de CHF 30'000.- en billets de CHF 100.-, 

CHF 200.- et CHF 1'000.-, contenue dans une enveloppe, avant de quitter les 

lieux, sans jamais revenir, en prétextant l’achat de boissons à la réception de 

l’hôtel. Le prévenu aurait emporté l'argent de C. dans le but de se l'approprier et 

de se procurer ainsi un enrichissement illégitime. A. aurait également convaincu 

C. et AA. d’apporter à la rencontre une bassine en plastique. 

C. et AA. auraient constaté, une fois rentrés à la maison, que ladite bassine 

contenait un linge taché avec de la teinture brune et des billets tachés du format 

de billets de banque. 

B.1.2.2 Déclarations du prévenu 

Lors de son audition du 21 juillet 2021 par la PJF (MPC 13-02-01-0047), le 

prévenu a déclaré qu’il avait contacté C., en lien avec des investissements. Il 

l’avait ensuite rencontré à plusieurs reprises. A une occasion, il avait procédé à 

une démonstration de wash wash. Lors du troisième rendez-vous, C. et AA. 

s’étaient rendus à l’hôtel no 5 avec onze billets de CHF 1'000.-. Il leur avait alors 

dit qu’il n’était pas possible d’accomplir ce jour-là une opération de wash wash, 

faute pour lui d’avoir à sa disposition le matériel nécessaire. Peu après, AA. l’avait 

contacté pour l’informer qu’elle-même et C. souhaitaient lui remettre une somme 

plus importante, soit CHF 30'000.-. Il leur avait pris cette somme alors qu’il 

effectuait une opération de wash wash. Il avait agi seul et ne contestait pas s’être 

approprié le montant de CHF 30'000.-. 

Lors de son audition finale du 30 novembre 2022 par le MPC (MPC 13-02-01-

0195), le MPC a présenté au prévenu l’état de fait relatif au présent cas PJF, tel 

qu’il ressort de l’acte d’accusation, à l’exception du fait qu’il était reproché au 

prévenu d’avoir soustrait la somme au lésé. Le prévenu a admis les faits. Il a 

reconnu avoir soustrait CHF 30'000.-, en précisant qu’il l’avait fait en procédant 

à une opération de wash wash, et non en subtilisant l’argent alors que ce dernier 

se serait trouvé dans le sac d’AA. 

Lors des débats du 1er mars 2023 (TPF 15.731.013s.), le prévenu a confirmé les 

déclarations qu’il avait faites durant l’instruction. Il avait bien pris l’argent de C. à 

l’issue d’une opération de wash wash, qui s’était déroulée selon le modus 

operandi habituel. Le prénommé et sa compagne étaient venus tous les deux à 

l’hôtel, pour une démonstration de wash wash. Ils étaient par la suite revenus et 

- 17 - 

SK.2023.1 

avaient déclaré au prévenu qu’ils avaient CHF 11'000.- à mettre à sa disposition, 

et que l’opération de wash wash pouvait être réalisée tout de suite. Le prévenu 

avait répondu que cela n’était pas possible dans l’immédiat, car il n’avait pas le 

matériel nécessaire sur place. Dans la foulée, C. et sa compagne, AA. avaient 

dit qu’ils pouvaient lui remettre plus d’argent, pour obtenir un bénéfice plus 

important. Ils étaient repartis et lui avaient envoyé un message texte, par lequel 

ils avaient confirmé pouvoir lui apporter CHF 30'000.-. Au sujet de l’argent à 

nettoyer, le prévenu avait dit aux intéressés ce qu’il avait affirmé dans tous les 

autres cas, à savoir qu’il s’agissait d’argent provenant des aides fournies à des 

pays en détresse, qui revenait en Suisse par valise diplomatique pour y être 

utilisé «en privé». Avant l’opération, le prévenu avait affirmé au lésé qu’il 

toucherait entre 10 et 20% du montant mis à disposition, en contrepartie. 

Le prévenu a précisé qu’il était prévu que les lésés prennent note des numéros 

de série de leurs billets, ceci pour éviter la confusion lorsqu’ils mélangeraient les 

billets lors de l’opération de wash wash. De cette façon, ils sauraient quels billets 

étaient les leurs et lesquels étaient ceux du prévenu. Ils avaient ainsi effectué 

des photocopies des billets remis, de leur propre initiative (TPF 15.731.042). 

Concernant la somme de CHF 30'000.- remise par le lésé, le prévenu a indiqué 

qu’il l’avait utilisée à «toute fin».  

B.1.2.3 Déclarations de C. 

Lors de son audition par la Police cantonale vaudoise, du 5 décembre 2019 (MPC 

12-03-01-0002), C. a déclaré qu’une personne avec un numéro de téléphone 

français, disant vivre à Monaco, l’avait contacté. Celle-ci lui avait affirmé qu’elle 

voulait faire des investissements immobiliers en Suisse et cherchait une 

entreprise de construction dans la région; elle avait trouvé son numéro dans le 

registre du commerce et son frère, qui se trouvait en Suisse romande, allait la 

contacter pour un rendez-vous. 

Le surlendemain, un rendez-vous avait été planifié à 18h30 à l’hôtel no 5 de 

Lausanne. Le lésé s’y était rendu accompagné de sa compagne, AA. 

Son interlocuteur, qui se prénommait «A._3», avait prétendu être issu d’une 

famille riche de Côte d’Ivoire; lui et un de ses amis diplomate, «FF.», cherchaient 

à extraire leur fortune de leur pays et à l’investir en Suisse romande, car la 

politique de leur pays était instable. «A._3» lui avait demandé d’effectuer des 

recherches de biens immobiliers (maisons, locaux commerciaux) afin que lui et 

son ami puissent ainsi investir dans ce domaine. Il avait promis d’utiliser 

l’entreprise de C. pour les rénovations, une fois les biens immobiliers acquis. S’en 

sont suivies trois autres rencontres, le 27 novembre 2019 à l’hôtel no 1 à 

Lausanne, le 4 décembre 2019 à l’hôtel no 5 et le 5 décembre 2019 à l’hôtel no 1 

précité. Lors du dernier rendez-vous, «A._3» lui avait demandé d’amener 

- 18 - 

SK.2023.1 

CHF 30'000.-, car il avait trouvé un bien immobilier à U. Il avait besoin de l’argent 

de C. car sa fortune n’avait pas encore été rapatriée de Côte d’Ivoire. Il avait 

également parlé de désécuriser l’argent, ce que le lésé n’avait pas bien compris. 

Les CHF 30'000.- sous forme de billets de CHF 100.-, CHF 200.- et CHF 1'000.- 

se trouvaient dans une enveloppe placée dans le sac à main de sa compagne. 

Une fois dans la chambre, AA. avait déposé sa veste et son sac à main sur le 

porte-manteau à l’entrée de la chambre, puis il y avait eu une discussion 

concernant l’achat du bien immobilier d’U. A un moment donné, «A._3» avait 

appelé la réception de l’hôtel pour commander de l’eau gazeuse. Le personnel 

de l’hôtel lui aurait alors indiqué qu’il y avait un problème avec sa carte de crédit. 

Le prénommé avait alors affirmé qu’il descendait à la réception pour le régler. C. 

et sa compagne avaient donc attendu une heure, mais «A._3» n’était pas revenu. 

C’est à ce moment-là que sa compagne avait vérifié le contenu de son sac à 

main et avait constaté que l’enveloppe renfermant l’argent avait disparu. Lorsque 

«A._3» était dans la chambre, il y avait eu des moments où AA. n’avait plus en 

vue son sac à main. En effet, le prénommé avait plusieurs fois ouvert la porte 

d’une armoire qui cachait le porte-manteau sur lequel se trouvait celui-ci. 

Lors de son audition par la PJF, du 4 juin 2021 (MPC 12-03-02-0003s.), C. a 

déclaré qu’au premier rendez-vous, «A._3» était venu avec un ami, «FF.» à 

l’hôtel no 1. «A._3» avait demandé, avant le dernier rendez-vous, à la compagne 

du lésé, qui est pédicure, de lui faire un soin car il avait des douleurs. Celle-ci 

avait ainsi apporté son matériel, dont une bassine. Arrivée à l’hôtel, sa compagne 

avait déposé ce matériel, qui se trouvait dans un sac, à proximité de ses affaires, 

près du porte-manteau où était suspendu son sac à main; une fois qu’ils étaient 

repartis de la chambre d’hôtel, ils avaient repris leurs affaires. Ce n’était que 

quelques jours plus tard qu’ils avaient découvert ce qui se trouvait dans le sac, 

en plus du matériel qu’ils y avaient déposé, à savoir du papier en aluminium qui 

enveloppait quelque chose ressemblant à du papier coloré noir ou violet. Ils n’y 

avaient pas touché et n’avaient pas cherché à savoir ce qu’il contenait. 

Informé durant l’audition de ce qu’est une escroquerie de type wash wash, C. a 

affirmé ne pas avoir été victime d’un tel procédé. Lui et sa compagne ne s’étaient 

jamais rendus à l’hôtel en emportant CHF 11'000.-. Ils avaient discuté les termes 

de l’accord à conclure avec le prévenu: ce dernier proposait une rémunération 

de 10% de l’argent mis à disposition, tandis qu’eux souhaitaient un rendement 

plus élevé. Ils n’avaient jamais été témoins d’une démonstration de wash wash 

par «A._3». Ce dernier avait parlé de «désécuriser de l’argent» mais il n’avait pas 

compris de quoi il s’agissait. C’est lors de la troisième rencontre à l’hôtel no 5 

qu’ils avaient discuté du montant qu’ils allaient amener et du rendement; sur un 

investissement de CHF 30'000.-, ils devaient recevoir en retour le 20%, en plus 

de la somme investie. Leur apport devait servir à garantir que le prévenu leur 

donne du travail et à l’aider à investir. A la question de savoir ce qui l’avait poussé, 

malgré l’absence de document ou de contrat signé avec «A._3», à venir à l’hôtel 

en emmenant CHF 30'000.-, C. a répondu qu’il y avait eu un accord oral mais 

- 19 - 

SK.2023.1 

que, tant qu’un document n’aurait pas été signé, ils n’auraient pas remis l’argent 

à «A._3». Ce dernier avait même proposé, pour sécuriser l’argent, de le placer 

dans le coffre de l’hôtel. Il ne l’avait pas fait car il leur avait finalement volé leur 

argent.  

Lors des débats du 1er mars 2023 (TPF 15.750.2.003), le lésé a confirmé dans 

l’ensemble les déclarations qu’il a tenues lors de la procédure préliminaire.  

Il a précisé qu’un ou deux jours après la dernière rencontre avec le prévenu, sa 

compagne avait été chercher dans la voiture les affaires qui y étaient restées 

depuis lors. Elle avait amené le sac à la maison et avait constaté qu’il y avait un 

linge avec «quelque chose» à l’intérieur de la bassine (TPF 15.750.2.007). Elle 

avait tout de suite appelé un inspecteur de police à Lausanne, en expliquant ce 

qu’ils avaient trouvé. Selon lui, ce qui se trouvait dans la bassine n’était pas 

reconnaissable. Il ne pouvait pas garantir que c’était de la fausse monnaie 

(TPF 15.750.2.008). Suite à la dernière rencontre avec le prévenu, juste après 

avoir contacté la police, C. avait reçu un message de l’intéressé lui indiquant qu’il 

ne devait pas appeler la police, sans quoi il aurait «des problèmes». Le plaignant 

n’a pas fait part de ce message à la police (TPF 15.750.2.010, 15.750.2.012).  

B.1.2.4 Déclarations d’AA. aux débats 

AA. a été interrogée lors des débats du 1er mars 2023 en qualité de témoin 

(TPF 15.762.002s.). Elle a, dans l’ensemble, confirmé les déclarations de C. Elle 

a précisé que le prévenu lui avait dit être issu d’une famille très riche de Côte 

d’Ivoire. Lors de leurs rencontres, il portait une belle bague à son doigt, des 

vêtements «très classe». Il avait indiqué que sa famille faisait de la politique, que 

sa sœur était avocate et qu’il avait un frère à Monaco. Il avait en outre également 

étudié à Monaco. En l’occurrence, la témoin avait aussi vécu à Monaco et trouvait 

que le prévenu paraissait assez sûr de ce qu’il disait à propos de cet endroit. Il 

avait également mentionné avoir un ami diplomate. 

Sur question, elle a indiqué que le prévenu avait parlé d’argent à «décodifier» ou 

à «désécuriser», mais elle ne s’en souvenait pas bien. 

Le 5 décembre 2019, elle-même et C. devaient remettre CHF 30'000.- au 

prévenu, en lien avec l’achat d’un immeuble par celui-ci. Les travaux 

subséquents seraient confiés à C. Il était prévu que le prévenu signe des 

documents correspondants. 

A la demande du prévenu, elle avait emmené une bassine au rendez-vous du 

5 décembre 2019. Celui-ci avait déclaré en avoir besoin, sans fournir plus de 

précisions. Elle n’avait pas posé de questions, même si cela lui avait semblé 

étrange. Elle ne savait pas à quoi la bassine allait servir. Sur question, elle a 

précisé que le prévenu n’avait pas demandé qu’elle lui fasse un soin de pédicure. 

Elle avait dit cela à C., car il avait vu la bassine dans le sac, et lui avait demandé 

- 20 - 

SK.2023.1 

ce qu’elle voulait en faire. Pour plaisanter, elle lui avait répondu que c’était pour 

faire une pédicure. Elle avait fait cette plaisanterie, car elle est esthéticienne, 

technicienne en esthétique et cosmétologie – ce qu’elle avait dit au prévenu – et 

aussi parce qu’elle n’avait pas eu le temps d’expliquer à C. à quoi servait la 

bassine. Si elle avait dû expliquer à ce dernier pourquoi elle avait pris la bassine, 

elle lui aurait affirmé ne pas savoir pourquoi.  

Avant de remettre l’argent au prévenu, elle avait décidé d’en faire des 

photocopies. En effet, lorsque celui-ci l’avait contactée en lui disant qu’il n’avait 

pas de compte bancaire, et qu’il lui fallait de l’argent liquide, il lui avait demandé 

de grosses coupures. Cela lui avait paru étrange. Dès lors qu’elle-même et son 

compagnon n’avaient pas le montant nécessaire, elle avait fait un prélèvement 

de CHF 2'000.- au bancomat; c’est alors qu’elle s’était dit que quelque chose 

«clochait». 

Lorsque le prévenu était descendu à la réception, après son appel, elle-même et 

son compagnon l’avaient attendu. Comme il ne revenait pas, ils l’avaient appelé 

par téléphone, mais il ne répondait pas. Ils avaient donc rappelé le frère du 

prévenu, qui leur avait dit que celui-ci allait arriver. AA. lui avait alors répondu 

que si cela continuait ainsi, elle appellerait la police. Il lui avait alors dit: «Non 

n’appelez pas la police. Il arrive». Elle avait tenté de recontacter le prévenu mais 

sans jamais obtenir de réponse. Elle avait appelé la réception qui lui avait indiqué 

que le dénommé «A._3» avait payé la chambre d’hôtel et qu’il était parti. C’était 

à ce moment qu’elle avait constaté que l’argent n’était plus dans son sac.  

Le message menaçant reçu par C. avait été envoyé avec le numéro de téléphone 

du «frère» qui leur disait de ne pas appeler la police, sans quoi ils auraient «des 

soucis à l’avenir». Toutefois, ils avaient déjà appelé la police. 

Le lendemain du dernier rendez-vous, AA. s’était souvenue de la bassine dans 

le coffre de la voiture. Elle était donc allée la chercher. Dans la bassine, il y avait 

une serviette de l’hôtel, blanche avec une tache d’un produit de couleur foncée, 

marron. Il y avait comme un paquet à l’intérieur. Elle en a informé son 

compagnon, puis la police. 

B.1.2.5 Autres éléments du dossier 

Le lésé a reconnu le prévenu sur une planche photographique, présentée lors de 

son audition par la PJF du 4 juin 2021 (MPC 12-03-02-0003s.). Il ressort du 

rapport PJF du 2 décembre 2021 qu’une chambre d’hôtel a été réservée au nom 

d’A._3 à l’hôtel no 1 pour un séjour entre le 5 et le 6 décembre 2019 (MPC 10-00-

00-0309; 10-03-00-0006; 10-00-00-0173).  

  

- 21 - 

SK.2023.1 

B.1.2.6 Faits retenus 

Au vu de ce qui précède, la Cour est forcée de constater que la version du 

prévenu est plus crédible que celle du plaignant et de sa compagne. Ainsi : 

Si le prévenu avait volé l’argent de C. en dehors de tout schéma de wash wash, 

il n’aurait selon toute vraisemblance pas placé de grossières fausses coupures 

(du papier coloré noir ou violet de format de billets de banque) dans la bassine. 

Il est en effet insolite de voler de l’argent, tout en le remplaçant par de la fausse 

monnaie. On ne comprend d’ailleurs ni quand, ni comment le prévenu aurait 

placé les faux billets dans la bassine, si ce n’est dans le cadre d’une opération 

de wash wash. 

Dans la procédure préliminaire, C. a déclaré que le prévenu avait demandé, juste 

avant le dernier rendez-vous, à sa compagne, qui est pédicure, de lui faire un 

soin, car il avait des douleurs. Celle-ci avait ainsi apporté son matériel, 

notamment une bassine. Ces propos sont en contradiction avec ceux tenus 

pendant les débats par le plaignant, selon lequel sa compagne n’aurait emmené 

que la bassine, et pas le reste du matériel de pédicure, et selon lequel l’usage de 

la bassine pour faire des soins aurait été seulement une plaisanterie faite lui-

même par sa compagne, juste avant d’entrer à l’hôtel. 

En outre, lorsque la question de savoir pourquoi elle avait emmené une bassine 

a été posée à AA. durant les débats, elle a répondu, contrairement à ce qu’a 

affirmé son compagnon, l’avoir fait sur demande du prévenu mais sans savoir 

quel usage il comptait en faire. Cette contradiction est à mettre en lien avec 

l’affirmation du prévenu, durant la procédure préliminaire, selon lequel il 

demandait régulièrement à ses victimes d’amener du matériel pour effectuer 

l’opération de wash wash, cette manière de procéder étant propre à motiver les 

victimes à s’investir dans la machination (MPC 13-02-01-0027). Par ailleurs, les 

chambres standards de l’hôtel no 1 ont une surface relativement modeste. Dès 

lors qu’il n’y avait pas que C. qui était présent dans la chambre au moment des 

faits, mais également sa compagne, il n’est pas vraisemblable que ni l’un ni 

l’autre ne se soient rendus compte de ce que le prévenu s’affairait dans un 

emplacement proche de celui où ils avaient laissé leurs effets personnels. Il est 

peu vraisemblable que C. et AA., qui avaient pris la peine de photocopier les 

billets de banque remis au prévenu, trouvant suspecte la remise d’autant d’argent 

en espèces – ce qui dénote une certaine méfiance de leur part – aient laissé dans 

la chambre d’hôtel leur argent sans surveillance, respectivement n’aient pas réagi 

lorsqu’ils ont vu le prévenu s’affairer, sans distinguer ce qu’il faisait, près de 

l’endroit où ils avaient déposé l’argent. 

Le fait d’avoir au préalable photocopié les billets de banque n’est pas non plus 

un geste anodin. Il semblerait qu’AA. l’ait fait pour pouvoir retrouver les billets 

leur appartenant, probablement suite à l’opération de wash wash, comme cela a 

- 22 - 

SK.2023.1 

été suggéré par le prévenu durant les débats. A cet égard, le plaignant et la 

témoin reconnaissent que le prévenu leur a parlé d’argent à désécuriser. Du 

reste, la Cour ne retient pas l’existence d’un message de menaces de la part du 

prévenu (ou de son complice). En effet, cette attitude aurait été contre-productive 

puisqu’elle aurait augmenté la probabilité que le lésé ne le dénonce à la police.  

Partant, sur la base des déclarations du prévenu, du plaignant, de la témoin AA. 

et du rapport de la PJF, la Cour estime que les faits tels que décrits au ch. 1.1 

let. b) de l’acte d’accusation (cf. supra consid. B.1.2.1) sont établis. 

B.1.3 Cas PJF 2 

B.1.3.1 Reproches de l’acte d’accusation 

Le MPC reproche au prévenu d’avoir, le 28 novembre 2020 vers 9h45 à Genève, 

dans la chambre 210 de l’hôtel no 6, réservée au nom de «A._1», sous l’identité 

de «A._1», intentionnellement et astucieusement commis une escroquerie 

portant sur la somme de CHF 50'000.- au préjudice de F., qu’il rencontrait pour 

la troisième fois. 

Le prévenu aurait contacté téléphoniquement et rencontré à deux reprises le 

prénommé, agent immobilier indépendant, dans les semaines précédant les faits, 

en se présentant comme étant «A._1», suite à la publication par l’intéressé d’une 

annonce sur Internet concernant la vente de deux appartements à Lausanne. 

Plus précisément, F. aurait été contacté téléphoniquement par une personne 

intéressée par les appartements en vente, le prévenu s’étant présenté par la suite 

comme étant «A._1», le soi-disant frère du premier interlocuteur du lésé.  

«A._1» et F. auraient par la suite visité l’appartement ayant fait l’objet de 

l’annonce précitée. A cette occasion, le prévenu aurait proposé au prénommé de 

lui vendre une montre Rolex Daytona (d’une valeur estimée à CHF 80'000.-) au 

prix de CHF 50'000.-. 

Ces agissements constitueraient un édifice de mensonges ayant poussé F. à 

amener CHF 50'000.- lors du rendez-vous du 28 novembre 2020 à l’hôtel no 6 à 

Genève. A cette occasion, A. aurait profité des circonstances pour effectuer une 

opération dite de «wash wash» avec l’argent remis par F. et subtiliser la somme 

de CHF 50'000.-, avant de quitter la pièce en prétextant devoir se rendre dans 

une autre chambre, sans jamais revenir. Le prévenu aurait emporté l'argent de 

F. dans le but de se l'approprier et de se procurer ainsi un enrichissement 

illégitime. A. aurait ajouté ne plus avoir de batterie dans son téléphone portable 

et avoir besoin d’une connexion Internet, raison pour laquelle F. lui aurait remis 

son téléphone portable, de marque iPhone 12 MAX 260 Go (dont le prix d’achat 

se monterait à CHF 480.-) qu’A. aurait ainsi intentionnellement soustrait dans le 

but de se l’approprier et pour se procurer un enrichissement illégitime, sans 

jamais revenir. 

- 23 - 

SK.2023.1 

B.1.3.2 Déclarations du prévenu 

Lors de son audition du 21 juillet 2021 par la PJF (MPC 13-02-01-0048), le 

prévenu a déclaré que c’est lui-même qui avait appelé F., au sujet d’une annonce 

relative à la vente d’appartements. Il lui avait parlé de ses projets 

d’investissements. Au deuxième rendez-vous, le lésé était venu avec une autre 

personne et ils avaient ouvertement parlé de blanchiment d’argent. Ensuite, F. 

l’avait rappelé pour lui dire qu’il souhaitait conclure une affaire, avec lui seul, sans 

son ami. Au troisième rendez-vous, il avait effectué une démonstration de wash 

wash. Au quatrième rendez-vous, il avait accompli à nouveau une démonstration 

de wash wash et F. lui avait remis CHF 5'000.-. Lui-même avait remis 

CHF 50'000.- de fausses coupures à ce dernier, qui pensait qu’il s’agissait là du 

gain de la transaction. A aucun moment il n’avait été question de la vente d’une 

montre et il n’avait pas volé le téléphone portable de F. Il ne comprenait pas 

pourquoi celui-ci évoquait un dommage de CHF 50'000.-. 

Lors de son audition finale le 30 novembre 2022 par le MPC (MPC 13-02-01-

0197), le MPC a présenté au prévenu l’état de fait relatif au présent cas PJF, tel 

qu’il ressort en substance de l’acte d’accusation à l’exception du fait qu’il était 

reproché au prévenu d’avoir soustrait de l’argent au lésé. Le prévenu a admis les 

faits. Il a toutefois précisé avoir commis une escroquerie, sous la forme d’une 

opération de wash wash, par laquelle il s’était enrichi de CHF 50'000.-. Il a de 

nouveau indiqué qu’à aucun moment, il n’avait été question de la vente d’une 

montre Rolex et qu’il n’avait pas volé le téléphone portable de F. 

Lors des débats du 1er mars 2023 (TPF 15.731.015), le prévenu a en substance 

confirmé ses déclarations précédentes. Il a indiqué que lors du deuxième rendez-

vous, il s’agissait bien de nettoyage de billets et qu’alors, seuls lui-même et le 

lésé étaient présents. Lors d’une rencontre précédente, le lésé était venu avec 

un ami, afin de l’informer que cet ami faisait des montages financiers et que si le 

prévenu avait de l’argent, il pouvait le blanchir facilement en ouvrant des sociétés, 

car lui-même possédait déjà des sociétés. Cet argent pouvait ensuite être utilisé 

afin d’ouvrir d’autres sociétés. Il était ainsi possible de «faire tourner» l’argent et 

de le blanchir. Il s’agissait bien de blanchiment d’argent au sens classique du 

terme et non de wash wash. Après l’opération de wash wash, le lésé aurait dû 

recevoir un pourcentage de 10 à 20%. Concernant le montant de CHF 50'000.-, 

il l’avait dépensé. Toutefois, il n'avait pas subtilisé le téléphone portable. 

B.1.3.3 Déclarations de F. 

Lors de son audition du 28 novembre 2020 par la Police cantonale de Genève 

(MPC 12-11-01-0003), F. a déclaré ce qui suit: Lors d’une rencontre avec «A._1», 

dans une chambre de l’hôtel no 6, à Genève, ce dernier lui avait proposé de lui 

vendre une montre de marque Rolex au prix de CHF 50'000.-. Le jour du rendez-

vous, ils avaient conclu un contrat oral en ce sens et le lésé avait remis 

- 24 - 

SK.2023.1 

CHF 50'000.- à «A._1». Il avait ensuite demandé au prénommé une quittance. 

Ce dernier avait prétexté devoir quitter la chambre afin d’aller établir le document 

demandé. Avant de quitter la pièce, «A._1» avait ajouté ne plus avoir de batterie 

sur son téléphone portable et avoir besoin d’une connexion Internet pour 

récupérer des informations inhérentes à la montre. F. lui avait alors remis son 

téléphone portable. Le prévenu avait ainsi quitté la chambre d’hôtel avec les 

CHF 50'000.- qu’il lui avait remis, la montre, ainsi que son téléphone portable, et 

n’était plus jamais revenu. 

F., qui ne se souvenait plus du modèle de la montre en question, l’a identifié en 

visionnant diverses images tirées d’Internet qui lui ont été présentées par la 

police durant son audition, comme la Rolex «cosmograph Daytona», sans 

toutefois en être certain. «A._1» lui avait expliqué qu’il avait acquis la montre pour 

investir et qu’il avait besoin de trésorerie pour un achat immobilier, raison pour 

laquelle il était d’accord de la lui vendre. Il lui avait présenté une facture d’achat 

sur laquelle on pouvait voir un montant avoisinant les CHF 80'000.-. F. n’avait 

pas fait attention au nom qui était mentionné sur la facture. Il s’agissait d’un 

document portant le logo de Rolex. 

Lors de son audition par la PJF du 4 juin 2021 (MPC 12-11-02-0003s.), F. a 

déclaré ce qui suit, concernant la rencontre du 28 novembre 2020. Cette année, 

c’était une situation de crise; ainsi l’achat de la montre constituait une occasion 

de se faire un peu d’argent. Il s’agissait d’une bonne affaire, dès lors qu’en 

revendant cet objet, il aurait pu obtenir une plus-value de CHF 30'000.-. 

Le premier contact avec «A._1» avait eu lieu par l’intermédiaire du frère de celui-

ci, qui l’avait appelé en lui disant avoir vu une annonce publiée sur Internet 

concernant deux appartements à vendre à Lausanne. Cette personne lui avait dit 

qu’elle était à Monaco et que son frère, A._1, qui se trouvait en Suisse, allait le 

contacter pour la visite de ces appartements. Lors de la visite de celui-ci à 

Lausanne, le prévenu lui avait indiqué qu’il était intéressé par ce bien immobilier 

car il avait de l’argent à placer. Si le prévenu n’avait pas acquis le bien immobilier 

visité, c’est qu’il avait un autre bien en vue à V. Concernant les CHF 50'000.-, 

soit le prix d’achat de la montre, cela représentait pour F. une année de salaire 

environ.  

Le prévenu ne lui avait pas dit qu’il avait des problèmes de liquidités, il voulait 

toutefois vendre sa montre Rolex Daytona à ce prix, car il avait besoin de cet 

argent. Il n’avait pas été victime d’une escroquerie de type wash wash – propos 

qu’il a maintenus après avoir été informé que telle était la version du prévenu. Il 

s’agissait donc bien d’une transaction liée à une montre. Il se considérait 

d’ailleurs lui-même comme un amateur de belles montres.  

  

- 25 - 

SK.2023.1 

B.1.3.4 Autres éléments du dossier 

Le lésé a reconnu le prévenu sur une planche photographique (MPC 10-00-00-

0140; 12-11-02-003). Des images vidéosurveillance de l’hôtel no 6 ont permis 

d’identifier le prévenu et le lésé (MPC 10-04-00-0004). Une réservation de 

chambre d’hôtel a été effectuée au nom de A._1 à l’hôtel no 6 pour un séjour entre 

le 27 et le 28 novembre 2020 (MPC 10-00-00-0173).  

B.1.3.5 Faits retenus 

La Cour estime que les déclarations contraires de F. sont dénuées de crédibilité, 

pour plusieurs raisons. Ainsi, tout d’abord, ce dernier n’a pas été en mesure 

d’indiquer quel modèle de montre Rolex le prévenu lui avait proposé d’acheter. 

Après que la police lui a présenté divers modèles, celui-ci a déclaré qu’il s’agissait 

de la Rolex Daytona, en précisant qu’il n’en était pas certain; il n’était pas non 

plus sûr que la montre en question possédait trois cadrans (chronographe). Or, 

une telle méconnaissance n’est pas concevable de la part d’une personne se 

décrivant comme un amateur de belles montres, telle F. De plus, ce dernier ne 

s’est pas étonné de ce que cette montre lui était vendue à un prix très inférieur à 

celui du marché, soit pour CHF 50'000.-, alors que, selon ses dires, elle en valait 

CHF 80'000.- à CHF 90'000.-. Qui plus est, il ne s’est pas demandé pourquoi une 

personne aussi riche que semblait être le prévenu aurait eu intérêt à une telle 

transaction, ni pourquoi il aurait eu besoin du montant de CHF 50'000.-. En outre, 

ce montant représentait alors environ une année de salaire pour le lésé, selon 

ses dires (cf. supra consid. B.1.3.3); il est donc peu vraisemblable qu’il ait disposé 

d’une telle somme avec autant de légèreté. Enfin, dans le cas de la vente d’un 

objet mobilier portant sur une somme importante et dont le paiement est prévu 

au comptant, entre deux parties qui ne se connaissent pas – comme il en va en 

l’espèce –, il n’est pas imaginable que l’acheteur remette l’argent sans recevoir 

simultanément la chose achetée. Dans ces conditions, il n’est pas vraisemblable 

que F. ait, comme il l’affirme, remis l’argent au prévenu, lequel aurait quitté la 

chambre d’hôtel sans lui avoir remis la montre. 

B.1.3.6 Partant, sur la base des déclarations du prévenu, ainsi que des autres éléments 

au dossier, la Cour estime que les faits décrits au ch. 1.1 let. c) de l’acte 

d’accusation (cf. supra consid. B.1.3.1) sont établis.  

B.1.4 Cas PJF 3 

B.1.4.1 Reproches de l’acte d’accusation 

Le MPC reproche à A. d’avoir, le 6 décembre 2020 entre 12h30 et 13h30, à 

Fribourg, sous l’identité de «A._1», intentionnellement et astucieusement commis 

une escroquerie portant sur CHF 7’300.-, commise au préjudice de B., qu’il 

rencontrait pour la deuxième fois.  

- 26 - 

SK.2023.1 

Le prévenu aurait prétexté vouloir créer une relation d’affaires pour des travaux 

de rénovation avec B., maçon de profession. Il aurait contacté téléphoniquement 

ce dernier dans le courant du mois de novembre 2020, puis l’aurait rencontré une 

première fois à l’hôtel no 7 à Lausanne, le 1er ou le 2 décembre 2020, pour 

discuter de la rénovation de bâtiments. Lors du second rendez-vous, le 

6 décembre 2020, au domicile du lésé à Fribourg, le prévenu aurait accompli une 

démonstration d’une opération dite de «wash wash».  

Ces agissements constitueraient un édifice de mensonges ayant poussé B. à 

remettre au prévenu, le même jour, CHF 7'300.- avec la promesse d’un bénéfice 

de 20%. A. aurait profité des circonstances pour effectuer une opération dite de 

«wash wash» et subtiliser la somme fournie par B. en la remplaçant par un faux 

billet de CHF 1'000.- (n° de série 1), 33 faux billets de CHF 200.- (sans numéro 

de série) et quatre faux billets de CHF 100.- (sans numéro de série), pour une 

valeur nominale totale de CHF 8’000.-. Il aurait emporté l'argent de B. dans le but 

de se l'approprier et de se procurer ainsi un enrichissement illégitime. B. n’aurait 

constaté l’échange qu’après le départ d’A. 

B.1.4.2 Déclarations du prévenu 

Lors de son audition du 1er mai 2021 par le MPC (MPC 13-02-01-0028), le 

prévenu a déclaré avoir rencontré B. à deux reprises, à Lausanne, dans un hôtel, 

vraisemblablement l’hôtel no 7. Le prénommé l’avait rappelé pour lui dire qu’il 

avait «quelques billets»; il voulait qu’une rencontre ait lieu à son domicile, à 

Fribourg. A. s’est donc rendu sur place, où il a accompli la même opération de 

wash wash que dans les autres cas. 

Lors de son audition finale le 30 novembre 2022 par le MPC (MPC 13-02-01-

0209), le MPC a présenté au prévenu l’état de fait relatif au présent cas PJF, tel 

qu’il ressort en substance de l’acte d’accusation. A. a admis les faits, y compris 

le montant du dommage de CHF 7'300.- allégué par le lésé. 

Lors des débats du 1er mars 2023 (TPF 15.731.015s.), le prévenu a confirmé ses 

déclarations précédentes sans autre précision. Il a indiqué avoir utilisé la somme 

qu’il a prise au lésé.  

B.1.4.3 Déclarations de B. 

Lors de son audition du 18 février 2021 par la Police cantonale de Fribourg (MPC 

12-02-01-0002), B. a déclaré ce qui suit: 

En novembre 2020, B., qui travaille pour sa propre société, GG. Sàrl, avait reçu 

un appel d’un certain A._1, qui avait trouvé son contact sur son site Interne. Il lui 

avait expliqué vouloir effectuer des travaux de rénovation d’immeubles et de villas 

et a évoqué des projets à Genève, Lausanne et éventuellement Fribourg. Un 

premier rendez-vous avait eu lieu dans un hôtel à Lausanne, probablement l’hôtel 

- 27 - 

SK.2023.1 

no 7, le 1er ou le 2 décembre 2020. Lors de ce rendez-vous, A._1 avait affirmé 

avoir oublié les plans de ses projets et ne les avait donc pas sur lui. Il lui avait 

cependant expliqué en quoi consistaient les travaux et demandé s’il pouvait 

régler en argent liquide. Suite à cela, le lésé n’avait pas été mis en possession 

de documents comportant des indications sur l’identité de son futur client.  

Après quelques discussions, B. et A._1 avaient convenu de se revoir, cette fois-

ci à Fribourg au domicile de B., qui faisait également office de bureau. Le rendez-

vous avait été agendé pour quelques jours plus tard, le 7 décembre 2020. A cette 

occasion, le prévenu et lui-même avaient discuté dans le bureau, pièce dans 

laquelle se trouvait le coffre-fort contenant de l’argent. A un moment donné, la 

compagne du lésé était venue lui demander de l’argent pour aller acheter de la 

nourriture. Il avait donc ouvert le coffre et était ensuite sorti de son bureau pour 

aller remettre de l’argent à sa compagne, laissant le prévenu seul dans la pièce. 

Il n’avait pas refermé le coffre. Il s’était absenté pour aller boire un verre d’eau, 

alors qu’A._1 se trouvait toujours seul dans le bureau. C’était probablement à ce 

moment que le prénommé avait profité pour dérober la somme de CHF 7'300.- 

qui se trouvait dans le coffre, la remplaçant par une somme de CHF 8'000.- de 

faux billets. 

Lors de son audition par la PJF du 21 juin 2021 (MPC 12-02-02-0003), B. a 

déclaré ce qui suit, concernant le second rendez-vous, modifiant ainsi sa version 

des faits: 

Chez le lésé, A._1 avait fait une présentation de «lavage de billets», ce qui n’était 

alors pas prévu. Une fois arrivé dans son bureau, il avait commencé à parler de 

«blanchir de l’argent» ou de quelque chose de ce genre. Il n’avait pas bien 

compris ce qu’A._1 allait faire. Comme il avait un peu d’argent, soit CHF 7'300.-, 

il n’avait pas refusé la proposition d’A._1 d’obtenir un bénéfice de 20%. Ce 

dernier devait faire une manipulation avec son argent dans un sac et, à l’aide 

d’un «truc blanc», devait «prendre la couleur» des billets. Il avait placé les billets 

dans un sac transparent qui se refermait, peut-être un sac de congélation. Après 

avoir mis ses billets dans le sac, B. était allé boire un verre d’eau à la cuisine, 

tandis qu’A._1 était resté dans le bureau avec son agent contenu dans le sac; le 

prénommé était resté seul environ trois minutes. Lorsque B. était allé à la cuisine, 

A._1 lui avait demandé de lui amener de l’eau gazeuse. Il ne savait pas si l’eau 

était «pour lui ou pour ce qu’il était en train de faire». Au final, A._1 n’avait pas 

touché au verre. Lorsque B. était retourné dans son bureau, A._1 était toujours 

assis et le sac se trouvait sur la table. A._1 lui avait dit que tout était en ordre, il 

fallait «que ça sèche». 

A ce moment-là, A._1 avait reçu un appel. En tous les cas, son téléphone avait 

vibré. Il avait pris son téléphone et le lésé l’avait entendu dire qu’il était avec un 

client et qu’il avait bientôt terminé. B. pensait que les 20% qu’il devait recevoir 

étaient dans le sac, avec le reste de l’argent. Après avoir emmené A._1 à la gare, 

- 28 - 

SK.2023.1 

B. était allé voir ce qui se trouvait dans le sac resté sur la table. Il avait constaté 

que celui-ci contenait de fausses coupures. Le lendemain, il s’était rendu à la 

police et n’avait pas osé dire toute la vérité, car il avait peur.  

B.1.4.4 Autres éléments du dossier 

Le lésé a reconnu le prévenu sous présentation d’une planche photographique 

(MPC 10-00-00-0141; 12-02-02-0003 et 0008).  

B.1.4.5 Faits retenus 

Sur la base des déclarations du prévenu et de B., la Cour estime que les faits, 

tels que décrits au ch. 1.1 let. d) de l’acte d’accusation (cf. supra consid. B.1.4.1) 

sont établis. 

B.1.5 Cas PJF 5 

B.1.5.1 Reproches de l’acte d’accusation 

Le MPC reproche à A. d’avoir, sous l’identité de «A._1», le 15 janvier 2021 vers 

09h00 à Genève, dans la chambre 6646 de l’hôtel no 2, réservée au nom de 

«A._1», intentionnellement et astucieusement commis une escroquerie portant 

sur la somme de CHF 10’000.- au préjudice de P., qu’il rencontrait pour la 

deuxième fois. Le prévenu aurait fait la connaissance du prénommé courant 

décembre 2020 à l’hôtel no 2 à Genève et l’aurait revu le 15 janvier 2021, dans 

ce même hôtel. Ces entretiens auraient fait suite à une entrevue qu’avait eue P. 

avec un certain «HH.» à l’hôtel no 8 à Genève en novembre ou décembre 2020; 

celui-ci, qui venait d’Afrique, aurait cherché à s’installer en Suisse et à y investir. 

P. aurait été mis en contact avec «HH.» par l’intermédiaire d’une amie se 

prénommant «II.». Le dénommé «HH.» aurait demandé à P., qui était actif dans 

le domaine de la banque et de la finance, de rencontrer le dénommé «A._1». 

Ces agissements constitueraient un édifice de mensonges ayant poussé P. à 

apporter CHF 10'000.- lors de la deuxième rencontre précitée, le 15 janvier 2021 

à l’hôtel no 2 à Genève. A cette occasion, A. aurait profité des circonstances pour 

effectuer une opération dite de «wash wash» et subtiliser la somme de 

CHF 10'000.- en coupures de CHF 1'000.- apportée par P. en la remplaçant par 

trois faux billets de CHF 1'000.- (n° de série 1), avant de quitter la chambre sous 

un faux prétexte, sans jamais revenir. Le prévenu aurait emporté l'argent de P. 

dans le but de se l'approprier et de se procurer ainsi un enrichissement illégitime, 

étant précisé que c’est seulement le 17 janvier 2021 que P. aurait remarqué que, 

dans le sac remis par A., il n’y avait que CHF 3'000.- recouverts de poudre 

blanche. Ceux-ci se seraient par la suite avérés être des contrefaçons. 

  

- 29 - 

SK.2023.1 

B.1.5.2 Déclarations du prévenu 

Lors de son audition du 1er mai 2021 par la PJF (MPC 13-02-01-0027), le prévenu 

a déclaré ce qui suit. Le cas de l’hôtel no 2 avec P. était «un cas de wash wash»; 

si ce dernier prétendait le contraire, c’était peut-être qu’il n’osait pas dire ce qui 

s’était réellement passé. P. avait ramené des seaux dans un sac, respectivement 

du matériel dans une valise, pour effectuer la procédure de wash wash. Il arrivait 

que ce soit la personne avec laquelle le prévenu faisait l’opération qui ramène 

elle-même le matériel nécessaire pour accomplir le wash wash. C’était une façon 

de «bien ficeler le truc»: s’il demandait à une personne de ramener du matériel, 

par exemple de l’eau gazeuse, celle-ci «se proje[tait] sur l’opération». Il avait 

remis à P. CHF 10'000.- en fausses coupures, tandis que ce dernier lui avait 

ramené des billets authentiques pour un montant de CHF 10'000.-.  

Lors de son audition du 21 juillet 2021 par la PJF (MPC 13-02-01-0050s.), le 

prévenu a déclaré ce qui suit. Il ne connaissait aucune personne dénommée II. 

HH. était un homme qu’il avait rencontré à Paris en été 2020 et qui l’avait mis en 

contact avec P. La seule raison pour laquelle le prévenu avait escroqué le lésé 

était qu’il avait «eu des ouvertures». P. «semblait intéressé à recevoir de l’argent, 

même en provenance de pays en guerre» et avait fait des plans d’investissement. 

Lors de l’opération de wash wash, les billets originaux avaient été «collés» à ceux 

«sécurisés»; l’idée était de frotter les billets originaux à ceux teintés, pour faire 

croire à P. que cela «allait effacer la couleur». 

Lors de son audition finale le 30 novembre 2022 (MPC13-02-01-0210s.), le MPC 

a présenté au prévenu l’état de fait relatif au présent cas PJF, tel qu’il ressort en 

substance de l’acte d’accusation. Le prévenu a reconnu les faits, y compris le 

montant de CHF 10’000.- remis par P.  

Lors des débats du 1er mars 2023 (TPF 15.731.016), le prévenu a confirmé en 

substance les déclarations qu’il avait faites lors des auditions précédentes. Il a 

précisé que P. avait apporté les ustensiles pour effectuer l’opération, dont un 

seau d’eau. Il avait en revanche apporté lui-même les produits chimiques 

nécessaires à l’opération de wash-wash.  

B.1.5.3 Déclarations de P.  

Lors de son audition du 8 février 2021 par la Police municipale de Zurich 

(MPC 13-01-01-0004s.), P. a déclaré ce qui suit. Il avait retiré de son compte 

salaire de l’argent, sous forme de billets de CHF 200.-, en plusieurs fois. Puis, le 

jeudi précédent, il avait changé ceux-ci en coupures de CHF 1'000.- à la banque, 

pour un total de CHF 10'000.-. Avec cet argent, il avait payé des factures pour 

environ CHF 7'000.-. Il lui restait CHF 3'000.- en coupures de CHF 1'000.-. Avec 

une de celles-ci, il avait voulu payer une facture ce jour à la Poste. A sa grande 

surprise, l’employé postal lui avait affirmé que ce billet de CHF 1’000.- était une 

- 30 - 

SK.2023.1 

contrefaçon. Interrogé quant au fait qu’avaient été retrouvées sur lui deux autres 

fausses coupures de CHF 1'000.-, toutes deux pourvues du même numéro de 

série que le faux billet avec lequel il avait tenté d’effectuer un paiement à la Poste, 

il a affirmé qu’une personne, qui n’avait rien à voir avec la banque, lui avait 

demandé d’échanger des billets de CHF 200.- contre des billets de CHF 1'000.-, 

ce qu’il avait accepté de faire. Il n’avait rien remarqué de particulier concernant 

ces billets. L’argent s’était alors mélangé avec celui que lui avait remis la banque. 

En tout cas, lui étaient restés à la fin trois billets de CHF 1'000.-, ceux que la 

Police avait saisis. La personne qui lui avait proposé l’échange de ses billets de 

CHF 200.- contre des coupures de CHF 1'000.- s’appelait «A._1». Il l’avait 

rencontré lors d’un séminaire à Genève sur le thème des cyberattaques et de la 

protection des données. Le prénommé était actif dans l’import/export avec 

l’Afrique du Sud et travaillait à Genève, comme indépendant. Ils avaient discuté 

de plusieurs projets en lien avec l’import/export (matières premières, produits 

agricoles) et il avait sollicité l’aide du prévenu dans ce domaine. C’est lors d’une 

rencontre à l’hôtel no 2 à Genève que le prévenu lui avait demandé s’il voulait lui 

échanger de l’argent. Plus précisément, «A._1» lui avait indiqué qu’il avait dans 

son porte-monnaie beaucoup de billets de CHF 200.-, et qu’il n’aimait guère 

emporter «autant de papier». Ensuite, le prévenu lui avait dit qu’il devait 

rapidement aller chercher quelque chose et qu’il reviendrait. Il avait attendu 

environ une demi-heure. Puis, comme le dénommé «A._1» ne revenait pas, il 

avait quitté l’hôtel. Ils avaient eu quatre contacts téléphoniques et s’étaient 

rencontrés deux fois. Le dernier contact téléphonique avait été initié par «A._1». 

Lors de son audition par la PJF du 21 juin 2021 (MPC 13-01-02-0003s.), P. a 

déclaré qu’une de ses connaissances, prénommée II., lui avait parlé d’un certain 

HH., qui venait d’Afrique et qui cherchait à s’installer en Suisse et à y investir. 

Celui-ci avait orienté le lésé vers A._1. Il avait vu HH. une première fois à l’hôtel 

no 2 (recte: à l’hôtel no 8, MPC 13-01-02-0003), en novembre ou décembre 2020. 

Celui-ci avait déclaré qu’il voulait s’installer en Suisse et acheter un bien 

immobilier. HH. ou A._1 avait dit à P. que HH. était le fils d’un ministre. Il avait 

posé plusieurs fois la question de savoir quelle somme HH. voulait investir, mais 

celui-ci n’avait jamais avancé de montant précis. HH. avait dit à P. qu’il avait une 

connaissance à Genève et que celle-ci le contacterait. Deux à trois jours plus 

tard, A._1 l’avait appelé. P. et A._1 s’étaient ainsi rencontrés, en décembre 2020 

à l’hôtel no 2 à Genève. HH. voulait vivre en Suisse et investir dans l’achat d’un 

bien immobilier, ce que A._1 avait confirmé. Il avait de l’argent qui provenait de 

son père, qui avait été ministre d’un pays du centre de l’Afrique. Le montant de 

l’investissement n’avait alors toujours pas été précisé. HH. avait parlé d’Euros, 

alors qu’A._1 avait parlé aussi bien d’Euros que de Francs suisses.  

Début 2021, il avait été contacté par A._1 par téléphone et ils avaient convenu 

d’un rendez-vous le 15 janvier à l’hôtel no 2. Lors du premier ou du deuxième 

rendez-vous avec A._1, celui-ci lui avait dit que les fonds devaient arriver par 

valise diplomatique. A._1 lui avait indiqué que les billets avaient été traités, pour 

- 31 - 

SK.2023.1 

des raisons de «sécurisation». P. n’avait pas bien saisi de quoi il s’agissait. Il 

avait dit à A._1 que, s’il souhaitait investir des Euros en Suisse, des commissions 

bancaires seraient perçues, alors que tel ne serait pas le cas avec des Francs 

suisses. C’est alors qu’il lui avait affirmé qu’il avait aussi des Francs suisses: des 

fonds, que lui aurait confiés HH., lesquels devaient faire l’objet d’un traitement de 

«désécurisation». Cette opération consistait à prendre une molécule d’encre qui 

se trouvait sur les billets, processus que le lésé n’avait pas bien compris. Il avait 

toutefois amené CHF 10'000.- à A._1, après que celui-ci lui eut demandé, lors du 

premier rendez-vous, en décembre, de lui apporter cette somme, dans le but d’en 

extraire l’encre pour procéder au traitement de «désécurisation». Il lui avait 

expliqué que le gouvernement américain procédait souvent ainsi pour sécuriser 

les billets. A._1 avait placé le tout dans un sac transparent, qui ressemblait à un 

sac de congélation. Il avait placé les billets dans le sac, avant d’y ajouter de la 

poudre blanche. Il avait ajouté un liquide dans le sac, qu’il avait laissé à proximité 

du lavabo de la salle de bain, précisant qu’il fallait que cela reste un certain temps 

dans un milieu humide. Prétextant aller chercher les billets sécurisés dans une 

autre chambre de l’hôtel, A._1 n’était jamais revenu.  

Le dimanche suivant, sauf erreur, P. avait ressorti les billets du sac. Il pensait 

qu’il s’agissait des billets d’origine. Il les avait comptés, puis avait constaté qu’il 

n’y avait pas la même somme: le sac ne comportait que CHF 3'000.-, soit trois 

coupures de CHF 1'000.-, couvertes de poudre blanche. Pour lui, il s’agissait de 

billets authentiques. Les CHF 10'000.- qu’il avait apportés à A._1 étaient 

constitués de coupures de CHF 1'000.-. Il avait retiré cet argent sous forme de 

billets de CHF 200.-, mais A._1 lui avait dit qu’il avait besoin de billets de 

CHF 1'000.-. Il avait donc changé ses billets en coupures de CHF 1'000.-. Après 

avoir été informé de ce qu’est le wash wash, P. a reconnu qu’il avait été victime 

d’une escroquerie de ce type. Il n’avait pas apporté de matériel en lien avec le 

wash wash. S’il n’avait pas dit toute la vérité à la police de Zurich, c’est qu’il avait 

honte, se sentait mal à l’aise et fautif. Il avait remis de l’argent à A._1 au motif 

que, ce faisant, il devait toucher un pourcentage sur les futurs investissements 

de HH. en Suisse. Les CHF 10'000.- étaient censés permettre de débuter le 

projet, soit de «désécuriser» une somme d’argent, avec un ratio de 5 ou 10. Il 

était prévu qu’il quitte la chambre d’hôtel avec son argent, soit ses CHF 10'000.- . 

B.1.5.4 Autres éléments du dossier 

Lors de son audition auprès de la PJF du 21 juin 2021, le lésé a reconnu le 

prévenu sur la photo n° 7, mais a hésité avec la photo n° 5 (MPC 13-01-02-0005). 

Une chambre d’hôtel a été réservée au nom d’A._1 à l’hôtel no 2 pour un séjour 

le 15 janvier 2021 (MPC 10-01-00-0024; 10-03-00-0051 et 0173). Les faits sont 

également relatés dans le rapport PJF du 2 décembre 2021 (MPC 10-00-00-

0143). 

  

- 32 - 

SK.2023.1 

B.1.5.5 Faits retenus 

Sur la base des déclarations du prévenu et du lésé, ainsi que des autres éléments 

du dossier, la Cour estime que faits tels que décrits au ch. 1.1 let. e (cf. supra 

consid. B.1.5.1) sont établis.  

B.1.6 Cas PJF 7 

B.1.6.1 Reproches de l’acte d’accusation 

Le MPC reproche à A. d’avoir, sous l’identité de «A._1», le 29 janvier 2021 entre 

13h26 et 13h50, à Lausanne dans une chambre du troisième étage de l’hôtel 

no 5, réservée au nom de «A._1», intentionnellement et astucieusement commis 

une escroquerie portant sur la somme de CHF 20'000.- au préjudice de 

l’entreprise G. Sàrl, ainsi que de ses représentants I. et H., qu’il rencontrait pour 

la troisième fois, par le fait d’avoir contacté téléphoniquement l’entreprise de 

construction G. Sàrl le 18 janvier 2021, en se présentant sous l’identité de «A._1» 

et en prétextant vouloir rénover des appartements. Le prévenu aurait rencontré 

I. et H. à l’hôtel no 5 à Lausanne le 20 janvier 2021, puis une semaine plus tard, 

rendez-vous lors duquel il aurait fait la démonstration d’une opération dite de 

«wash wash»; ces agissements constitueraient un édifice de mensonges ayant 

poussé I. et H. à lui remettre, lors de la troisième rencontre le 29 janvier 2021 

dans le même hôtel, la somme de CHF 20'000.-, devant servir à «laver» l’argent 

que «A._1» avait et comptait investir dans l’immobilier, offrant ainsi du travail aux 

lésés. Lors de cette rencontre, A. aurait profité des circonstances pour effectuer 

une opération dite de «wash wash» et subtiliser la somme fournie en la 

remplaçant par un montant indéterminé de fausses coupures, avant de quitter la 

chambre sous un faux prétexte, sans jamais revenir, en emportant l'argent de 

l’entreprise G. Sàrl, ainsi que de ses représentants I. et H., dans le but de se 

l'approprier et de se procurer ainsi un enrichissement illégitime. 

B.1.6.2 Déclarations du prévenu 

Lors de son de son audition du 21 juillet 2021 par la PJF (MPC 13-02-01-0051s.), 

le prévenu a affirmé qu’I. et H. connaissaient déjà le procédé du wash wash et 

savaient qu’il s’agissait d’une «arnaque»; par conséquent, les prénommés ne 

s’étaient pas laissés convaincre de lui amener de l’argent. 

Lors de son audition finale par le MPC le 30 novembre 2022 (MPC 13-02-01-

0211), le MPC a présenté au prévenu l’état de fait relatif au présent cas PJF, en 

substance tel qu’il ressort de l’acte d’accusation. Le prévenu a admis les faits, en 

précisant qu’il reconnaissait le montant de CHF 20'000.- au titre de son 

enrichissement.  

Lors des débats du 1er mars 2023 (TPF 15.731 .017), le prévenu a confirmé ses 

déclarations du 30 novembre 2022. 

- 33 - 

SK.2023.1 

B.1.6.3 Déclarations d’I. et H. 

Lors de son audition par la PJF, du 7 juin 2021 (MPC 12-13-01-0001ss), I. a 

déclaré dans un premier temps ce qui suit. 

Le 18 janvier 2021, il avait été appelé sur son téléphone portable par une 

personne prétendant s’appeler «A._1» et vivre à Monaco; l’intéressé se disait à 

la recherche d’une entreprise à qui il confierait la rénovation d’appartements qu’il 

comptait acheter en Suisse. A la suite d’un rendez-vous fixé par SMS, il s’était 

rendu, sauf erreur le 13 janvier 2021, à l’hôtel no 5, accompagné de son associé 

H., pour rencontrer A._1. Celui-ci leur avait alors parlé de projets 

d’investissement dans l’immobilier en Suisse. Il leur avait montré des 

photographies de l’endroit où il vivait à Monaco. Il avait aussi présenté des 

photographies de ses amis, à Paris, avec de belles voitures et de beaux hôtels. 

Il leur avait fait comprendre qu’il avait de l’argent. Il s’exprimait bien et était bien 

habillé. Il leur avait demandé conseil sur des endroits où il pourrait investir. Il avait 

pris des notes, et leur avait donné l’impression d’être une personne importante 

et très occupée. Il leur avait affirmé qu’il devait partir au Luxembourg pour affaire 

et qu’ils allaient se revoir.  

Environ une semaine plus tard, les trois précités s’étaient revus à l’hôtel no 5. Ce 

rendez-vous avait été initié par A._1, qui avait reparlé de ses idées 

d’investissements. Au cours de la discussion, le prénommé leur avait demandé 

de lui remettre la somme de CHF 10'000.-, qui devait servir au paiement des 

fournitures pour les travaux de rénovation. Il avait expliqué qu’il ne pouvait pas 

obtenir lui-même ce montant immédiatement et que leur apport permettrait de 

commencer les travaux de suite.  

Le 27 janvier 2021, I. avait écrit à A._1 en lui disant que lui-même et H. avaient 

l’argent demandé. A la suite de cette information, a eu lieu une troisième 

rencontre, le 29 janvier 2021 à l’hôtel no 5, entre les trois intéressés. I. et H. 

avaient emmené CHF 10'000.-, en coupures mélangées. 

Lors de cette même audition par la PJF, du 7 juin 2021 (MPC 12-13-01-0005s.), 

I. est par la suite revenu sur une partie de ses propos et a déclaré ce qui suit, en 

exposant que c’est en raison d’un sentiment de honte qu’il avait tenu ceux-ci. 

De manière générale, il s’agissait d’une période difficile au niveau professionnel 

et financier. Durant deux mois, ils avaient dû cesser de travailler et la crise du 

Covid n’avait «pas aidé». Lors de la deuxième rencontre, A._1 avait demandé 

qu’ils lui remettent entre CHF 50'000.- et CHF 60'000.-, mais lui-même et H. 

n’avaient pas autant d’argent, raison pour laquelle ils avaient emmené 

CHF 20'000.-. A._1 avait alors annoncé qu’il possédait de l’argent «sécurisé». A 

l’appui de cette affirmation, il leur avait montré une vidéo sur laquelle on voyait, 

sauf erreur, des Dollars et des Euros, ainsi qu’une personne qui appliquait sur 

- 34 - 

SK.2023.1 

ceux-ci un produit noir au moyen d’un spray. Cela avait pour effet de sécuriser 

les billets, afin de pouvoir les transporter via une valise diplomatique. Leur apport 

d’argent devait permettre de désécuriser l’argent d’A._1. Avec CHF 20'000.-, il 

pouvait «désécuriser» CHF 50'000.- à CHF 60'000.-. Lors de cette deuxième 

rencontre, A._1 leur avait fait une démonstration avec des billets de CHF 100.-. 

Pour prouver que cela fonctionnait, il leur avait remis à chacun un billet de 

CHF 100.- à l’issue de ce processus. Sauf erreur, I. était directement allé faire 

les courses avec ce billet et avait pu constater qu’il avait été accepté et donc que 

c’était un vrai billet. A._1 avait exposé qu’avec l’argent désécurisé, il allait acheter 

des biens immobiliers dans la région et qu’I. et H. allaient obtenir les travaux de 

rénovation. 

Lors de la troisième rencontre, lui-même et H. avaient emmené la somme de 

CHF 20'000.-. Dans la chambre, A._1 avait commencé à «désécuriser» les 

billets, le but étant qu’après l’opération, ils repartent avec leur somme de 

CHF 20'000.-. A._1 avait pris leur argent et l’avait placé dans un sac transparent, 

du type d’un sac de congélation, en sa présence. A._1, qui tremblait un peu, avait 

secoué le sac contenant les billets et de la poudre blanche. Ceci avait eu pour 

conséquence que les billets étaient «tout blancs» et qu’il y avait «comme de la 

fumée blanche» dans le sac. A._1 était ensuite très vite allé dans la salle de bain 

et en était aussi vite ressorti. A son retour de la salle de bain, le sac était 

identique. De ce fait, I. n’avait pas pu y voir les billets qu’il avait précédemment 

remis. Après réflexion, il pensait que A._1 avait profité d’aller dans la salle de 

bain pour échanger les billets par des photocopies. Pendant sa discussion avec 

A._1, ce dernier avait demandé à H. de mélanger un liquide qui se trouvait dans 

une tasse avec un autre liquide transparent, probablement de l’eau. La tasse était 

déjà prête à leur arrivée dans la chambre. En leur présence, A._1 avait ajouté 

quelques gouttes d’un liquide qu’I. ne connaissait pas, contenu dans un flacon, 

du genre de ceux qu’on reçoit en pharmacie. La poudre blanche était censée 

«prendre les molécules» des vrais billets. Par la suite, avec la poudre et le liquide 

que H. avait mélangés, A._1 était censé désécuriser l’argent teinté. Après être 

ressorti de la salle de bain, A._1 lui avait redonné le sac. Il avait affirmé qu’il 

devait aller chercher les billets sécurisés et qu’il allait revenir. Il avait toutefois 

quitté la chambre sans jamais revenir. Cinq minutes plus tard, A._1 leur avait 

annoncé dans un SMS qu’il était poursuivi par la police. Lorsque lui-même et H. 

avaient quitté l’hôtel, ils savaient qu’ils s’étaient fait gruger. Dans la chambre 

d’hôtel, lorsqu’il avait ouvert le sac, I. avait tout de suite vu que celui-ci contenait 

des copies de billets de CHF 1'000.-.  

Lors de son audition par la PJF, du 15 juin 2021 (MPC 12-14-01-0003s.), H. a 

déclaré ce qui suit. 

Le 29 janvier 2021, il s’était rendu avec I. à l’hôtel pour rencontrer A._1, dans un 

contexte professionnel. A._1 devait leur proposer du travail, à savoir la rénovation 

d’un immeuble qui se trouvait du côté de Lausanne, à U.  

- 35 - 

SK.2023.1 

Lors d’une deuxième rencontre entre lui-même, I. et A._1, ce dernier leur avait 

montré des vidéos dans lesquelles on voyait de l’argent. Il avait expliqué qu’il 

avait besoin de vrai argent pour nettoyer des billets de banque suisses recouverts 

de couleur. A._1 leur avait proposé d’apporter CHF 50'000.- pour nettoyer les 

billets colorés. Une fois cela fait, il leur redonnerait les CHF 50'000.- et, une fois 

son argent nettoyé, il l’utiliserait pour investir dans l’immobilier et leur donner du 

travail dans la rénovation. Avant de partir, il leur avait fait une démonstration «de 

comment enlever la couleur» sur deux billets de CHF 100.-. Il avait pris les billets 

et les avait frottés avec de la poudre blanche. Il les avait mis dans un produit 

liquide, vraisemblablement de l’eau. Les billets n’avaient alors plus de couleur et, 

pour prouver qu’il était «une bonne personne», A._1 leur avait remis deux billets 

de CHF 100.- «nettoyés». H. avait utilisé ce billet pour faire ses courses et I. en 

avait fait de même. 

Lors de la troisième rencontre entre les précités, lui-même et H. avaient apporté 

CHF 20'000.- (20 fois CHF 1'000.-); ils n’avaient pas pu emmener CHF 50'000.- 

car ils ne disposaient pas de cette somme. Lorsqu’ils étaient dans la chambre, 

A._1 lui avait demandé de remuer, avec une cuillère, un liquide transparent dans 

un verre. Ce liquide devait être utilisé pour nettoyer l’argent coloré. I. était dans 

les toilettes avec A._1 pour l’aider à nettoyer les billets. A._1 lui avait remis un 

petit sac transparent, comme un sac de congélation refermable par sa partie 

supérieure, rempli de poudre blanche, et qui devait contenir leur argent. A._1 lui 

avait demandé de s’asseoir sur le sac en question, rempli de poudre et des billets, 

et de rester immobile vingt minutes. Rapidement, A._1 s’était absenté, leur 

affirmant revenir dans les deux minutes qui suivraient. Après vingt minutes, 

comme A._1 ne revenait pas, ils avaient regardé dans le sac et constaté la 

présence de poudre et de copies de billets de CHF 1'000.-. I. avait téléphoné à 

A._1, sans obtenir de réponse. A._1 avait envoyé un SMS dans lequel il leur 

disait de partir et mentionnait la police.  

Aucune estimation n’avait été faite des retombées financières des 

investissements proposés par A._1. Ils auraient fait un devis lorsqu’A._1 

achèterait une maison. A la question de savoir pourquoi A._1 avait besoin 

d’argent véritable pour nettoyer l’argent coloré, H. a répondu que selon A._1, il y 

avait «quelque chose» dans le vrai argent pour nettoyer les billets colorés. Il 

n’avait pas essayé de se renseigner à ce sujet. Lui-même et I. avaient fait 

confiance à A._1. Le but de l’opération, lorsqu’ils avaient remis les CHF 20'000.- , 

était qu’A._1 leur rende leur argent tout de suite après avoir décoloré les billets. 

Par la suite, il leur aurait confié des travaux. A son propos, A._1 leur avait dit qu’il 

avait beaucoup d’argent et qu’il possédait une entreprise à Monaco. 

B.1.6.4 Autres éléments du dossier 

I. et H. ont reconnu le prévenu sur présentation de l’impression d’écran d’une 

caméra de vidéosurveillance de l’hôtel no 5, entrée et couloir au troisième étage, 

- 36 - 

SK.2023.1 

du 29 janvier 2021 (MPC 12-13-01-0007; 12-14-01-0004). Les lésés ont 

également identifié le prévenu sur présentation d’une planche photographique 

(MPC 12-13-01-0008; 12-14-01-0005; 10-00-00-0145). Une chambre d’hôtel a 

été réservée à l’hôtel no 5 au nom d’A._1 en date du 27 janvier 2021 pour un 

séjour le 29 janvier 2021 (MPC 10-03-00-0051 et 10-00-00-0173).  

B.1.6.5 Faits retenus 

Sur la base des déclarations du prévenu, ainsi que de celles d’I. et H., la Cour 

estime que les faits, tels que décrits au ch. 1.1 let. f) de l’acte d’accusation 

(cf. supra consid. B.1.6.1) sont établis.  

B.1.7 Cas PJF 6 

B.1.7.1 Reproches de l’acte d’accusation 

Le MPC reproche à A. d’avoir, sous l’identité de «A._1», le 29 janvier 2021 vers 

13h45 à Lausanne, dans la chambre 607 de l’hôtel no 5, réservée au nom de 

«A._1», intentionnellement et astucieusement commis une escroquerie portant 

sur la somme de CHF 50'000.- au préjudice de D., qu’il rencontrait pour la 

troisième fois. Le prévenu aurait, aux alentours du 26 janvier 2021, contacté 

téléphoniquement D., étancheur indépendant, en se présentant comme étant 

«A._1», soi-disant frère d’une personne inconnue ayant contacté le prénommé à 

la mi-janvier; «A._1» aurait indiqué être le fils d’un ambassadeur de Côte d’Ivoire, 

qui cherchait à investir en Suisse et en particulier dans des appartements se 

trouvant à W. Par la suite, le prévenu aurait rencontré une première fois D. à la 

gare de Sion le 26 ou le 27 janvier 2021 et une deuxième fois à l’hôtel no 5 à 

Lausanne le 28 janvier 2021. 

Ce comportement constituerait un édifice de mensonges ayant poussé D. à 

apporter, lors de la troisième rencontre, le 29 janvier 2021 à l’hôtel no 5 à 

Lausanne, la somme de CHF 50'000.- en billets de CHF 1'000.- se trouvant dans 

une enveloppe. Le prévenu lui aurait promis une plus-value de 25% sur cette 

somme, dans le cadre d’un possible investissement dans l’immobilier en plus des 

travaux de rénovation à entreprendre. Lors de cette troisième rencontre, A. aurait 

profité des circonstances pour effectuer une opération dite de «wash wash» et 

subtiliser la somme fournie en la remplaçant par CHF 52'000.- de faux billets de 

CHF 1'000.- (dont le numéro de série est inconnu). Il aurait ensuite quitté la 

chambre de l’hôtel sous un quelconque prétexte, sans jamais revenir, en 

emportant l'argent de D. dans le but de se l'approprier et de se procurer ainsi un 

enrichissement illégitime. Le prénommé se serait par la suite rendu compte du 

caractère faux des 52 coupures de CHF 1'000.-, qu’il aurait brûlées en craignant 

pour sa sécurité. 

  

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SK.2023.1 

B.1.7.2 Déclarations du prévenu 

Lors de son audition du 21 juillet 2021 par la PJF (MPC 13-02-01-0051), le 

prévenu a déclaré que D. avait bien été victime d’une escroquerie de type wash 

wash. L’escroquerie avait toutefois porté sur CHF 5'000.-, et non pas sur 

CHF 50'000.-. Le prénommé lui avait fait cadeau de CHF 200.- car il était content 

du résultat. Il n’y avait jamais eu de frère qui avait appelé D.; c’était, selon toute 

vraisemblance, lui-même qui avait appelé le lésé, directement. 

Lors de son audition finale le 30 novembre 2022 par le MPC (MPC 13-02-01-

0198), le MPC a présenté au prévenu l’état de fait relatif au présent cas PJF, tel 

qu’il ressort en substance de l’acte d’accusation, à l’exception du fait qu’il y était 

reproché au prévenu d’avoir soustrait la somme au lésé. Le prévenu a admis les 

faits, en précisant que D. avait bien été victime d’une escroquerie de type wash 

wash, qui avait porté sur la somme de CHF 50'000.- et non d’un vol.  

Le prévenu a ensuite expliqué son modus operandi: la dupe amenait l’argent 

authentique, en principe dans une enveloppe. Lui-même plaçait celui-ci au 

contact de l’argent noirci en sa