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**Case Identifier:** 2cdbcfc2-9e15-5e7d-ba02-7d8e4a246303
**Source:** Bern Gerichte (BE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-12-13
**Language:** fr
**Title:** Bern Verwaltungsgericht 13.12.2022 200 2022 154
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/BE_Verwaltungsgericht/BE_VG_001_200-2022-154_2022-12-13.pdf

## Full Text

200.2022.154.AI
N° AVS 
BEP/EGC

Tribunal administratif du canton de Berne
Cour des affaires de langue française

Jugement du 13 décembre 2022

Droit des assurances sociales

C. Tissot, président
A.-F. Boillat et M. Moeckli, juges
Ph. Berberat, greffier

A.________
représentée par Me B.________
recourante

contre

Office AI Berne 
Scheibenstrasse 70, case postale, 3001 Berne
intimé

relatif à une décision de ce dernier du 8 février 2022

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 2

En fait:

A.

A.________, née en 1961, est divorcée et mère de deux enfants majeurs. 
Elle est au bénéfice d'un certificat fédéral de capacité de gestionnaire de 
vente et a travaillé durant plusieurs années comme vendeuse en 
boulangerie. Le 15 novembre 1999, l'assurée a déposé une demande de 
prestations de l'assurance-invalidité (AI) en raison notamment d'une 
suspicion de sclérose en plaque, de pertes d'équilibre et de faiblesses 
musculaires. Cette demande a été rejetée par l'Office AI Berne, par décision 
du 18 avril 2002, décision qui a été confirmée par le Tribunal administratif du 
canton de Berne, dans un jugement du 31 janvier 2003 (JTA AI/2002/5586).

B.

Le 7 février 2011, l'assurée, qui a exercé une activité indépendante de 
gérante de salle de sport de février 2007 à août 2010, a déposé une nouvelle 
demande de prestations auprès de l'Office AI Berne. Elle a indiqué se trouver 
en incapacité de travail totale depuis le mois d'août 2010 en raison d'un 
burn-out et de dépressions. L'Office AI Berne est entré en matière sur cette 
nouvelle demande, a recueilli des rapports des médecins ayant traité 
l'assurée et a consulté son Service médical régional Berne/Fribourg/Soleure 
(SMR). Dès le mois de mai 2012, il a alloué à l'assurée un entraînement au 
travail dans l'économie libre sous la forme d'un stage de longue durée dans 
un établissement médico-social (EMS), puis pris en charge les coûts d'un 
cours d'auxiliaire de santé et finalement organisé un reclassement dans cette 
dernière profession. Du 1er avril au 30 juin 2014, l'Office AI Berne a encore 
accordé un placement à l'essai en tant qu'entraînement au travail dans un 
autre EMS. Cette mesure de réadaptation a dû être interrompue en mai 2014 
en raison d'une blessure au pouce droit. L'assurée n'a plus exercé d'activité 
professionnelle depuis lors. Par décision du 9 juin 2015, l'Office AI Berne a 
prononcé la fin de l'aide au placement.

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 3

L'Office AI Berne a ensuite repris l'instruction médicale du dossier de 
l'assurée, afin d'examiner le droit à une rente d'invalidité. Il a ainsi organisé 
une expertise pluridisciplinaire regroupant les disciplines médicales de la 
médecine interne générale, de la psychiatrie, de l'orthopédie/chirurgie de la 
main et de la neurologie. Les experts ont produit leur rapport en date du 
18 août 2016. Sur demande de l'Office AI Berne, une spécialiste en 
psychiatrie et psychothérapie du SMR a recommandé, dans un rapport du 
22 mars 2017, d'effectuer une nouvelle expertise psychiatrique, les 
conclusions des experts n'étant, selon elle, pas probantes. L'Office AI Berne 
a alors organisé une expertise médicale psychiatrique. L'expert psychiatre 
mandaté a remis son rapport le 28 novembre 2017. Le 6 mai 2019, le SMR, 
notamment par un spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie, a 
préconisé une expertise orthopédique supplémentaire. Après que l'assurée 
a subi une opération de décompression et neurolyse de hernie discale L4/L5 
le 29 septembre 2019, l'Office AI Berne a mandaté une autre institution 
d'expertises médicales, afin d'entreprendre une nouvelle expertise 
pluridisciplinaire réunissant les disciplines de la médecine interne, de la 
psychiatrie, de l'orthopédie et de la rhumatologie. Le rapport d'expertise a 
été produit en date du 30 avril 2020. A la suite de l'obtention d'un complément 
du 10 août 2020 à ce rapport d'expertise et l'organisation d'une enquête 
d'activité professionnelle indépendante, effectuée au domicile de l'assurée 
le 6 octobre 2020 et dont le rapport est daté du 16 décembre 2020, l'Office 
AI Berne a informé celle-ci par préavis du 29 décembre 2020 qu'il entendait 
lui allouer une rente entière rétroactive et limitée dans le temps pour les 
périodes respectives du 1er mai au 31 décembre 2013, du 1er août au 
31 octobre 2014 et du 1er décembre 2019 au 30 avril 2020. Nonobstant les 
objections présentées le 1er février 2021 par la représentante de l'assurée, 
l'Office AI Berne a confirmé son préavis du 29 décembre 2020 par une 
décision formelle rendue le 8 février 2022.

C.

Par acte du 11 mars 2022, l'assurée, représentée par un avocat, a recouru 
auprès du Tribunal administratif du canton de Berne (TA) contre la décision 
précitée et requis le bénéfice de l'assistance judiciaire limitée aux frais de 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 4

justice. Sous suite des frais et dépens, elle a conclu à l'annulation de la 
décision de l'Office AI Berne du 8 février 2022, principalement à l'octroi d'une 
rente entière d'invalidité du 1er mai au 31 décembre 2013, du 1er août au 
31 octobre 2014 et depuis le 1er décembre 2019, et subsidiairement au 
renvoi de la cause à l'intimé pour instruction complémentaire et nouvelle 
décision. Dans son mémoire de réponse du 3 mai 2022, l'Office AI Berne a 
conclu au rejet du recours. Le mandataire de la recourante a produit sa note 
d'honoraires le 12 mai 2022.

En droit:

1.

1.1 La décision de l'Office AI Berne du 8 février 2022 représente l'objet 
de la contestation. Elle ressortit au droit des assurances sociales et alloue 
rétroactivement à la recourante une rente entière d'invalidité limitée dans le 
temps pour trois périodes successives, c'est-à-dire du 1er mai au 
31 décembre 2013, du 1er août au 31 octobre 2014 et du 1er décembre 2019 
au 30 avril 2020. L'objet du litige porte sur l'annulation de cette décision dans 
la mesure où elle limite la troisième période au 30 avril 2020, principalement 
sur la poursuite du droit à une rente entière pour une durée indéterminée au-
delà de cette date et, subsidiairement, sur le renvoi de la cause à l'intimé 
pour instruction complémentaire et nouvelle décision. Sont particulièrement 
critiqués par la recourante l'appréciation de sa capacité de travail par l'intimé, 
fondée sur la seconde expertise pluridisciplinaire du 30 avril 2020 et son 
complément du 10 août 2020, ainsi que le profil d'exigibilité posé par les 
experts.

Il faut préciser à ce stade que la décision d'octroi d'une rente entière du 
1er mai au 31 décembre 2013, du 1er août au 31 octobre 2014 et du 
1er décembre 2019 au 30 avril 2020, même si elle n'est pas contestée, n'est 
pas formellement entrée en force. En effet, l'octroi rétroactif d'une rente 
d'invalidité dégressive ou temporaire règle un rapport juridique sous l'angle 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 5

de l'objet de la contestation et de l'objet du litige. Lorsque seule la réduction 
ou la suppression des prestations est contestée, le pouvoir d'examen du juge 
n'est pas limité au point qu'il doive s'abstenir de se prononcer quant aux 
périodes à propos desquelles l'octroi de prestations n'est pas remis en cause 
(ATF 125 V 413; SVR 2019 IV n° 32 c. 3.2; VSI 2001 p. 274 c. 1a).

1.2 Interjeté en temps utile et dans les formes prescrites, par une partie 
disposant de la qualité pour recourir, représentée par un mandataire dûment 
légitimé, le recours est recevable (art. 56 ss de la loi fédérale du 
6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales 
[LPGA, RS 830.1], art. 69 al. 1 let. a de la loi fédérale du 19 juin 1959 sur 
l'assurance-invalidité [LAI, RS 831.20] et art. 15 et 74 ss de la loi cantonale 
du 23 mai 1989 sur la procédure et la juridiction administratives [LPJA, RSB 
155.21]).

1.3 Le jugement de la cause incombe à la Cour des affaires de langue 
française du TA dans sa composition ordinaire de trois juges (art. 54 al. 1 let. 
c et 56 al. 1 de la loi cantonale du 11 juin 2009 sur l'organisation des autorités 
judiciaires et du Ministère public (LOJM, RSB 161.1]).

1.4 Le TA examine librement la décision contestée et n'est pas lié par les 
conclusions des parties (art. 61 let. c et d LPGA, art. 80 let. c ch. 1 et 84 al. 
3 LPJA).

2.

2.1 La modification du 19 juin 2020 de la LAI (Développement continu de 
l'AI, RO 2021 705) est entrée en vigueur le 1er janvier 2022. Sur le plan 
temporel, sont en principe applicables – sous réserve d'une règle contraire 
de droit transitoire – les dispositions en vigueur au moment où les faits 
juridiquement déterminants se sont produits ou à l'époque de l'état de fait 
ayant des conséquences juridiques (ATF 146 V 364 c. 7.1, 144 V 210 
c. 4.3.1). En l'occurrence, si la décision entreprise est certes postérieure au 
1er janvier 2022, le droit potentiel à la rente de la recourante est pour sa part 
antérieur à cette date, si bien qu'il doit être examiné selon les normes en 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 6

vigueur jusqu'au 31 décembre 2021 (voir parmi d'autres VGE IV/2022/309 
du 21 octobre 2022 c. 3).

2.2 Est réputée invalidité l'incapacité de gain totale ou partielle qui est 
présumée permanente ou de longue durée (art. 8 al. 1 LPGA). Est réputée 
incapacité de gain toute diminution de l'ensemble ou d'une partie des 
possibilités de gain de l'assuré sur un marché du travail équilibré qui entre 
en considération, si cette diminution résulte d'une atteinte à sa santé 
physique, mentale ou psychique et qu'elle persiste après les traitements et 
les mesures de réadaptation exigibles (art. 7 LPGA). Contrairement à 
l'incapacité de travail, est déterminante ici, non pas l'aptitude de la personne 
assurée à accomplir un travail dans son domaine professionnel, mais la 
capacité de gain qui, après l'application des mesures de traitement et de 
réadaptation, subsiste, pour elle, dans une profession quelconque entrant en 
ligne de compte sur un marché équilibré du travail. La perte ou la réduction 
de cette capacité est considérée comme une incapacité de gain (ATF 130 V 
343 c. 3.2.1). Seules les conséquences de l'atteinte à la santé sont prises en 
compte pour juger de la présence d'une incapacité de gain. De plus, il n'y a 
incapacité de gain que si celle-ci n'est pas objectivement surmontable (art. 7 
al. 2 LPGA).

2.3 Hormis les atteintes à la santé mentale et physique, les atteintes à la 
santé psychique peuvent également entraîner une invalidité (art. 8 en 
relation avec l'art. 7 LPGA). Le point de départ de l'examen du droit aux 
prestations selon l'art. 4 al. 1 LAI, ainsi que les art. 6 ss LPGA, et en 
particulier 7 al. 2 LPGA, est l'ensemble des éléments et constatations 
médicales. Une limitation de la capacité d'exécuter une tâche ou une action 
ne peut fonder le droit à une prestation que si elle est la conséquence d'une 
atteinte à la santé qui a été diagnostiquée de manière indiscutable par un 
médecin spécialiste de la discipline concernée (ATF 145 V 215 c. 5.1). Le 
seul diagnostic d'une atteinte à la santé ne suffit toutefois pas pour admettre 
que celle-ci a un caractère invalidant. Selon le texte clair de la loi, c'est 
l'influence de l'atteinte à la santé sur la capacité de travail et de gain qui est 
déterminante. La question cruciale réside dans le fait de savoir si l'on peut 
exiger de la personne assurée, compte tenu de la souffrance éprouvée, 
qu'elle travaille à temps plein ou à temps partiel (ATF 142 V 106 c. 4.4). Les 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 7

experts médicaux doivent motiver le diagnostic de telle manière que l'organe 
d'application du droit puisse comprendre si les critères de classification sont 
effectivement remplis (ATF 143 V 124 c. 2.2.2, 141 V 281 c. 2.1.1). Selon la 
jurisprudence du Tribunal fédéral (TF), le point de savoir si une atteinte à la 
santé psychique entraîne une invalidité ouvrant le droit à une rente se 
détermine au moyen d'une grille d'évaluation normative et structurée (ATF 
143 V 418 c. 7, 141 V 281 c. 4.1). Cela vaut pour l'ensemble des troubles 
psychiques (ATF 143 V 418 c. 7.2).

2.4 Selon l'art. 28 al. 1 LAI, a droit à une rente l'assuré dont la capacité 
de gain ou la capacité d'accomplir ses travaux habituels ne peut pas être 
rétablie, maintenue ou améliorée par des mesures de réadaptation 
raisonnablement exigibles (let. a), qui a présenté une incapacité de travail 
(art. 6 LPGA) d'au moins 40% en moyenne durant une année sans 
interruption notable et qui, au terme de cette année est invalide (art. 8 LPGA) 
à 40% au moins (let. b et c). Selon l'ancien art. 28 al. 2 LAI (dans sa teneur 
en vigueur jusqu'au 31 décembre 2021, RO 2007 5129), l'assuré a droit à 
une rente entière s'il est invalide à 70% au moins et à trois quarts de rente 
s'il est invalide à 60%. Pour un degré d'invalidité de 50% au moins, l'assuré 
a droit à une demi-rente et pour un degré d'invalidité de 40% au moins, il a 
droit à un quart de rente.

2.5 Lors d'une nouvelle demande, l'assuré doit rendre plausible une 
modification des circonstances. Le principe inquisitoire, selon lequel les faits 
pertinents de la cause doivent être constatés d'office par l'autorité, n'est pas 
applicable à ce stade de la procédure. Si l'administration accepte d'entrer en 
matière sur la nouvelle demande, elle doit examiner la cause quant au fond 
(examen matériel) et vérifier si la modification du degré d'invalidité alléguée 
par l'assuré s'est réellement produite; elle procédera alors d'une manière 
analogue à celle qui est applicable à un cas de révision selon l'ancien art. 17 
al. 1 LPGA (RO 2002 3371; SVR 2011 IV n° 2 c. 3.2). Si elle constate que le 
degré d'invalidité ne s'est pas modifié depuis la décision précédente entrée 
en force, elle rejette la nouvelle demande. Sinon, elle examine d'abord si la 
modification constatée suffit pour admettre, cette fois, une invalidité ouvrant 
le droit à une rente et rend une décision en conséquence. En cas de recours, 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 8

la même obligation d'examiner l'affaire quant au fond incombe aussi au juge 
(ATF 117 V 198 c. 3a; SVR 2008 IV n° 35 c. 2.1).

2.6 Lors de l'octroi rétroactif d'une rente d'invalidité échelonnée ou limitée 
dans le temps, les dispositions relatives à la révision s'appliquent par 
analogie, car dans un tel cas, une modification notable de la situation 
influençant le droit à la rente est intervenue encore avant le prononcé de la 
décision de rente et doit conséquemment être prise en considération dans 
celle-ci. Si le taux d'invalidité du bénéficiaire de la rente subit une 
modification notable, la rente est, d'office ou sur demande, révisée pour 
l'avenir, à savoir augmentée ou réduite en conséquence, ou encore 
supprimée (ancien art. 17 al. 1 LPGA [RO 2002 3371]). Constitue un motif 
de révision tout changement sensible de la situation réelle propre à 
influencer le degré d'invalidité, donc le droit à la rente. La rente d'invalidité 
peut ainsi être révisée non seulement en cas de modification sensible de 
l'état de santé, mais également lorsque celui-ci est resté en soi le même, 
mais que ses conséquences sur la capacité de gain (ou l'accomplissement 
des travaux habituels) ont subi un changement notable. C'est notamment le 
cas d'une amélioration de la capacité de travail en raison de l'accoutumance 
ou de l'adaptation au handicap. Un motif de révision est, selon les 
circonstances, également donné lorsqu'une autre manière d'évaluer 
l'invalidité trouve application ou en cas d'évolution dans les travaux habituels 
(ATF 144 I 103 c. 2.1, 141 V 9 c. 2.3; SVR 2018 UV n° 22 c. 2.2.1). En cas 
d'octroi rétroactif d'une rente échelonnée ou limitée dans le temps, les bases 
temporelles déterminantes pour la comparaison sont, d'une part, le moment 
du début du droit à la rente et, d'autre part, le moment de la modification du 
droit, à fixer en fonction du délai de trois mois au sens de l'art. 88a du 
règlement fédéral du 17 janvier 1961 sur l'AI (RAI, RS 831.201; ATF 133 V 
263 c. 6.1). Si la capacité de gain ou la capacité d'accomplir les travaux 
habituels d'un assuré s'améliore, il y a lieu de considérer que ce changement 
supprime, le cas échéant, tout ou partie de son droit aux prestations dès 
qu'on peut s'attendre à ce que l'amélioration constatée se maintienne durant 
une assez longue période. Il en va de même lorsqu'un tel changement 
déterminant a duré trois mois déjà sans interruption notable et sans qu'une 
complication prochaine soit à craindre (art. 88a al. 1 RAI). Si l'incapacité de 
gain ou l'incapacité d'accomplir les travaux habituels d'un assuré s'aggrave, 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 9

il y a lieu de considérer que ce changement accroît, le cas échéant, son droit 
aux prestations dès qu'il a duré trois mois sans interruption notable (art. 88a 
al. 2 RAI).

2.7 Pour pouvoir évaluer le degré d'invalidité, l'administration (ou le juge, 
en cas de recours) a besoin de documents que le médecin, et 
éventuellement aussi d'autres spécialistes, doivent lui fournir. La tâche du 
médecin consiste à porter un jugement sur l'état de santé et à indiquer dans 
quelle mesure et pour quelles activités l'assuré est incapable de travailler. 
En outre, les données fournies par le médecin constituent un élément utile 
pour déterminer quels travaux on peut encore exiger de l'assuré (ATF 140 V 
193 c. 3.2, 132 V 93 c. 4; SVR 2020 IV n° 54 c. 2.3).

2.8 Selon le principe de la libre appréciation des preuves, le juge des 
assurances sociales doit, quelle que soit leur provenance, examiner 
l'ensemble des moyens de preuve de manière objective et décider s'ils 
permettent de trancher la question des droits litigieux de manière sûre. En 
particulier, le juge ne saurait statuer, en présence de rapports médicaux 
contradictoires, sans avoir examiné l'ensemble des moyens de preuve 
disponibles et sans indiquer les motifs qui le conduisent à retenir un avis 
médical plutôt qu'un autre (ATF 143 V 124 c. 2.2.2, 125 V 351 c. 3a).

2.9 L'administration, en tant qu'autorité de décision, et le juge, en cas de 
recours, ne peuvent considérer un fait comme établi que lorsqu'ils sont 
convaincus de son existence. En droit des assurances sociales, pour autant 
que la loi n'en dispose pas autrement, le juge doit fonder sa décision sur les 
faits qui présentent un degré de vraisemblance prépondérante. La simple 
possibilité de l'existence d'un fait ne suffit pas. Le juge doit bien plus retenir 
les éléments qui, parmi les faits possibles, lui paraissent les plus probables 
(ATF 144 V 427 c. 3.2).

3.

3.1 Dans la décision contestée, l'intimé s'est essentiellement fondé sur le 
rapport d'expertise pluridisciplinaire du 30 avril 2020 et son complément du 
10 août 2020, sur le rapport d'enquête du 16 décembre 2020, ainsi que sur 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 10

deux prises de position du SMR des 28 et 29 septembre 2021. Il a ainsi 
retenu que du point de vue psychiatrique, médico-théoriquement, l'assurée 
avait toujours disposé d'une capacité de travail de 100% dans une activité 
adaptée, sauf lors des périodes d'épisodes dépressifs ayant conduit à des 
réductions transitoires de la capacité de travail à 0% du 2 septembre 2010 
au 1er juin 2011, à 50% du 2 juin 2011 au 31 janvier 2012, à 0% du 1er janvier 
au 2 avril 2015 et à 50% du 3 au 29 avril 2015. L'intimé a estimé au surplus 
que, même pour les périodes pour lesquelles l'expertise du 30 avril 2020 
avait constaté une incapacité de travail du point de vue psychiatrique, 
l'analyse des indicateurs applicables selon la jurisprudence (voir ci-dessus 
c. 2.3) à l'appréciation de l'invalidité en cas d'atteinte psychique plaidait en 
faveur du caractère non invalidant de l'atteinte psychiatrique. Du point de vue 
rhumatologique, l'intimé a considéré que la recourante était tout à fait 
capable de reprendre une activité adaptée à 100%. Sur la base des éléments 
disponibles au dossier, la capacité de travail de la recourante était de 0% du 
22 mai au 15 septembre 2013 et du 29 septembre au 29 décembre 2019, 
ainsi que de 50% du 30 décembre 2019 au 31 janvier 2019 en raison de 
deux opérations de hernies discales. Quant au point de vue orthopédique, 
l'Office AI Berne a admis que dans une activité adaptée, la capacité de travail 
avait toujours été de 100%, sauf de manière transitoire. En lien avec les deux 
opérations précitées, il a reconnu 100% d'incapacité de travail du 22 mai au 
15 septembre 2013 et du 29 septembre au 29 décembre 2019, puis 50% du 
30 décembre 2019 au 31 janvier 2020. Il a également pris en considération 
une incapacité totale de travail durant trois mois à la suite d'une entorse au 
pouce droit en 2014, traitée conservativement. Enfin, du point de vue de la 
médecine interne, l'intimé a considéré que la capacité de travail dans une 
activité adaptée avait toujours été de 100%. S'agissant du profil d'exigibilité, 
il a retenu, sur les plans rhumatologique et orthopédique, que la recourante 
était capable de reprendre une activité sédentaire adaptée. Pour la période 
dès le 1er février 2020, à partir duquel la reprise du travail est considérée 
comme exigible à 100% par l'intimé, celui-ci a comparé des revenus 
d'invalide et de valide calculés tous deux sur une base statistique en tenant 
compte d'un abattement de 10% pour le revenu d'invalide. Il est ainsi 
parvenu à un degré d'invalidité de 24%, insuffisant pour ouvrir le droit à une 
rente. Il a procédé de la même manière pour les périodes antérieures et a 
abouti à un degré d'invalidité de 100% du 22 mai au 15 septembre 2013, du 

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1er mai au 31 juillet 2014 et du 29 septembre au 29 décembre 2019, ouvrant 
le droit à une rente entière.

3.2 La recourante, quant à elle, conteste être en mesure de mettre en 
valeur une quelconque capacité de travail sur un marché du travail équilibré, 
compte tenu de son âge et des nombreuses limitations fonctionnelles liées 
à son handicap. En outre, elle invoque l'incohérence de l'intimé qui lui a 
octroyé un reclassement professionnel d'auxiliaire de santé, profession qui 
est maintenant considérée comme inadaptée par les experts médicaux, 
ceux-ci estimant que son activité de gérante de fitness antérieure au 
reclassement est dorénavant exigible. Elle fait dès lors valoir que les 
conclusions de la seconde expertise médicale pluridisciplinaire du 
30 avril 2020 concernant le caractère exigible de l'activité de gérante de 
fitness ne peuvent pas être suivies.

4.

Le dossier permet de constater les faits médicaux principaux suivants:

4.1 Le rapport de la première expertise pluridisciplinaire (psychiatrie, 
médecine interne générale, orthopédie/traumatologie, neurologie) organisée 
par l'intimé date du 18 août 2016. Les experts y ont posé les diagnostics 
suivants avec incidence sur la capacité de travail de la recourante dans sa 
dernière activité d'auxiliaire de santé:

• cervicobrachialgies sur spondylarthrose avec atteinte discale C6/C7 à droite 
avec points trigger du muscle scalène moyen à droite;

• récidives de lombosciatalgies droites avec dysbalance musculaire au niveau 
de la hanche droite;

• dysfonctionnement du pouce droit, suite à un probable claquage du muscle 
extenseur long du pouce droit en 2014;

• trouble dépressif récurrent, dernier épisode actuel de sévérité moyenne, 
sans symptôme psychotique, en rémission partielle actuellement (ch. 
F33.25 de la Classification statistique internationale des maladies et des 
problèmes de santé connexes [CIM-10] de l'Organisation mondiale de la 
santé [OMS]);

• somatisations (ch. F45 CIM-10).

Les experts ont conclu, dans leur évaluation interdisciplinaire, à une capacité 
de travail de 80% de l'assurée dans la dernière activité d'aide-soignante, ce 

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avant l'incident survenu au pouce droit, et à 50% de capacité depuis cet 
événement, avec un potentiel d'amélioration pouvant aller jusqu'à 80%. 
Cette évaluation synthétisait les conclusions des différents experts: 
l'expertise partielle orthopédique a retenu une capacité de travail dans 
l'activité d'aide-soignante de 0% et une capacité de travail de 50% dans une 
activité adaptée; l'expertise partielle de médecine interne générale a conclu 
à une capacité de travail actuelle certaine de 50% dans une activité adaptée, 
avec un potentiel d'amélioration; l'expertise partielle psychiatrique a évalué 
la capacité de travail actuelle à 50-60% dans le marché économique libre et 
dans une activité adaptée; quant à l'expertise partielle neurologique, elle a 
constaté qu'il n'y avait pas d'incapacité de travail justifiée par un problème 
neurologique et qu'il n'y avait pas de nécessité d'envisager une activité 
adaptée sur ce plan, que ce soit rétrospectivement ou prospectivement.

4.2 L'intimé a invité le SMR à prendre position sur le cas de la recourante 
au vu des documents médicaux précités. Le 6 janvier 2017, une spécialiste 
en orthopédie et traumatologie a confirmé le profil d'exigibilité posé dans 
l'expertise du 18 août 2016 du point de vue orthopédique, que ce soit dans 
l'activité habituelle ou dans une activité adaptée. Le 23 janvier 2017, une 
spécialiste en psychiatrie et psychothérapie a toutefois estimé que l'expertise 
n'était absolument pas concluante du point de vue psychiatrique, en ce qui 
concerne la dépression diagnostiquée. 

4.3 L'Office AI Berne a donné suite à la recommandation de son SMR et 
mis sur pied une nouvelle expertise psychiatrique. L'expert mandaté à cet 
effet a rendu son rapport en date du 28 novembre 2017. Il n'a constaté aucun 
diagnostic ayant des répercussions sur la capacité de travail de l'assurée. 
Sans influence sur celle-ci, il a diagnostiqué un trouble dépressif récurrent, 
actuellement en rémission (ch. F33.4 CIM-10), existant depuis 2000, ainsi 
qu'une majoration de symptômes physiques pour des raisons 
psychologiques (ch. F68.0 CIM-10), présente depuis 2016. 

4.4 Après réception de l'expertise psychiatrique du 28 novembre 2017, 
l'Office AI Berne a invité son SMR à se prononcer de nouveau sur le cas de 
la recourante. Dans un rapport du 20 mars 2018, une spécialiste en 
orthopédie et traumatologie a estimé que, du point de vue de sa discipline 
médicale, l'expertise pluridisciplinaire du 18 août 2016 avait à bon droit 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 13

conclu à une incapacité de travail totale de l'assurée dans l'activité d'aide-
soignante et à une capacité de travail de 50% dans une activité adaptée, qui 
pourrait encore être améliorée. Elle a aussi fait remarquer qu'aucune 
limitation fonctionnelle importante découlant de l'opération de discectomie 
L3/L4 effectuée en mai 2013 n'avait été relevée. La spécialiste en psychiatrie 
et psychothérapie du SMR en charge du dossier de la recourante a elle aussi 
conclu, dans une brève prise de position du 21 mars 2018, que celle-ci 
disposait d'une capacité de travail réduite de 50% dans une activité adaptée, 
due aux limitations d'ordre orthopédique retenues par l'expertise du 
18 août 2016. Le 18 avril 2019, l'Office AI Berne a une nouvelle fois prié son 
SMR de s'exprimer sur la plausibilité d'un point de vue orthopédique de 
l'incapacité de travail de 50% de l'assurée et de préciser combien de temps 
l'incapacité de travail avait duré après l'opération du dos subie en mai 2013. 
Dans sa réponse du 6 mai 2019, un spécialiste du SMR en chirurgie 
orthopédique et traumatologie a mis en doute la capacité de travail de 50% 
postulée par les experts dans une activité adaptée, estimant que l'expertise 
pluridisciplinaire du 18 août 2016 ne satisfaisait pas aux exigences en la 
matière à plusieurs points de vue.

4.5 Après avoir encore recueilli un rapport du 24 mai 2019 du psychiatre 
traitant la recourante, posant un pronostic très réservé étant donné la 
chronicisation des troubles psychiques et leur lien avec les douleurs 
chroniques multiples constatées, et consulté derechef son SMR, l'Office AI 
Berne a décidé d'organiser une nouvelle expertise pluridisciplinaire auprès 
d'une autre institution spécialisée, réunissant les disciplines médicales de la 
médecine interne, de la rhumatologie, de la chirurgie orthopédique et 
traumatologique de l'appareil locomoteur ainsi que de la psychiatrie.

4.6 Le 29 septembre 2019, la recourante a dû subir en urgence une 
nouvelle opération de hernie discale, ce qui a retardé l'expertise 
pluridisciplinaire prévue. Le 16 décembre 2019, le spécialiste en chirurgie du 
dos ayant opéré l'assurée a adressé son rapport à l'intimé. Il a diagnostiqué 
une lomboischialgie à droite avec une grande hernie discale centrale L4/L5 
et un status après décompression et neurolyse de celle-ci le 29 septembre 
2019, et attesté à sa patiente une capacité de travail de 50% dès le 
1er février 2020 dans une activité corporelle légère permettant des positions 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 14

variées. Il a aussi précisé ne pas pouvoir évaluer l'influence de la dépression 
de la patiente sur la situation générale de celle-ci.

4.7 Le rapport de la nouvelle expertise pluridisciplinaire a été adressé à 
l'intimé en date du 30 avril 2020. Dans leur appréciation générale 
interdisciplinaire, les experts ont posé les diagnostics ayant une incidence 
sur la capacité de travail suivants:

1. trouble dépressif récurrent, actuellement en rémission (ch. F33.4 CIM-10);
2. syndrome de dysbalance musculaire;
3. status post-chirurgie pour hernie discale L4/L5 droite opérée le 30 

septembre 2019 et pour hernie discale L3/L4 droite opérée le 27 mai 2013.

4.7.1 Du point de vue psychiatrique, l'experte a estimé que le diagnostic de 
trouble dépressif récurrent était certes en rémission, mais avait tout de même 
un impact sur la capacité de travail de l'assurée du fait de l'effondrement des 
ressources à chaque nouvel épisode dépressif; l'experte a également posé 
les diagnostics sans impact sur la capacité de travail de trouble spécifique 
de la personnalité (personnalité de type immature; ch. F60.8 CIM-10) et de 
somatisation (ch. F45.0 CIM-10). Dans son évaluation de la capacité de 
travail de l'assurée, l'experte a indiqué que médico-théoriquement, elle s'était 
toujours montée à 100%, tant dans la dernière activité d'aide-soignante que 
dans une activité adaptée, sauf lors des épisodes dépressifs ayant conduit 
à des réductions transitoires de la capacité de travail survenues comme suit 
selon les éléments figurant au dossier:

• 0% du 2 septembre 2010 au 1er juin 2011 lors d'une hospitalisation en milieu 
psychiatrique;

• 50% du 2 juin 2011 au 31 janvier 2012, d'après les rapports du psychiatre 
traitant de l'époque, selon qui une reprise progressive de l'activité était 
nécessaire compte tenu de la fragilité psychique de l'assurée;

• 0% du 1er janvier au 2 avril 2015, date de la fin du suivi semi-hospitalier 
d'après un rapport du 27 mars 2015 du psychiatre traitant;

• 50% du 3 au 29 avril 2015, date du dernier contrôle du psychiatre traitant de 
l'époque, d'après son rapport du 15 juin 2015.

L'experte psychiatre a estimé en outre que la capacité de travail de l'assurée 
demeurerait à 100% d'un point de vue psychiatrique médico-théorique, avec 
la poursuite du traitement actuel et sans la survenue d'événements de vie 
adverses.

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 15

4.7.2 Du point de vue rhumatologique, l'expert a déclaré être en présence 
d'un syndrome de dysbalance musculaire dans un contexte de status post-
chirurgie lombaire, contre-indiquant ou compromettant la reprise d'une 
activité d'auxiliaire de santé, mais avec un examen rhumatologique et 
lombaire très satisfaisant. Il n'a retenu aucune limitation au niveau cervical 
ni au niveau des amplitudes des autres articulations, notamment des 
épaules, des mains, des poignets, des hanches et des genoux. Il a indiqué 
une capacité de travail médico-théorique nulle depuis mai 2013 dans 
l'activité d'auxiliaire de santé, mais de 100% dans une activité adaptée 
depuis le 16 septembre 2013, date de reprise effective après l'intervention 
lombaire de mai 2013, une nouvelle incapacité de travail transitoire dans le 
cadre de la seconde intervention lombaire de hernie discale survenue en 
septembre 2019, puis une capacité de travail à nouveau de 100% dès le 
1er février 2020 selon le rapport du chirurgien orthopédique ayant opéré 
l'assurée. Pour ce qui concerne le profil d'effort exigible de la part de 
l'assurée, l'expert a estimé que celle-ci est en mesure de reprendre une 
activité qui lui permette des changements de position assise/debout, selon 
les besoins, avec un port de charges limité à 5-10 kg, en évitant les activités 
à genoux ou accroupies et les activités demandant une sécurité augmentée 
telle que monter sur des échafaudages et/ou des échelles, ainsi que toute 
activité avec une posture forcée ou nécessitant de se pencher en avant ou 
surchargeant le rachis. Enfin, il a considéré que ce profil d'effort ne 
changerait pas et que le pronostic est favorable.

4.7.3 Du point de vue orthopédique, l'expert a relevé que l'examen effectué 
par ses soins était satisfaisant dans sa globalité et qu'il a retrouvé un status 
post-chirurgie lombaire pour lequel des limitations fonctionnelles étaient à 
respecter, tout en précisant que la mobilité était satisfaisante. Il a précisé à 
cet égard qu'au niveau des membres supérieurs, l'examen avait mis en 
évidence une petite instabilité du ligament latéral cubital, sans altération de 
la mobilité et des capacités fonctionnelles de la main droite et sans impact 
sur la capacité de travail; au niveau des membres inférieurs, il n'a pas trouvé 
d'argument pour une quelconque atteinte pouvant avoir un impact sur la 
capacité de travail. L'expert a par ailleurs déclaré qu'il ne partageait pas 
l'appréciation de la capacité de travail faite par l'expertise du 18 août 2016. 
Selon celle-ci, l'assurée ne disposerait que d'une capacité de 50% dans une 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 16

activité adaptée avec un potentiel d'augmentation à 80%, sans amélioration 
orthopédique à prévoir. Or, l'expert a indiqué que son examen clinique n'avait 
mis en évidence que des troubles tout à fait compatibles avec l'exercice 
d'une activité adaptée. D'après lui, dans une activité adaptée, la capacité de 
travail a toujours été de 100% sauf de manière transitoire, lorsque la patiente 
a connu trois périodes d'incapacité de travail totale. Il s'agit tout d'abord du 
22 mai au 15 septembre 2013 suite à la première opération lombaire, avec 
reprise à 100% dès le 16 septembre 2013 dans le cadre de mesures de 
réinsertion professionnelle de l'AI, puis pendant trois mois à la suite d'une 
entorse du pouce droit, traitée conservativement, et du 29 septembre au 
29 décembre 2019 suite à la seconde opération de hernie discale, avec 
ensuite une période à 50% du 30 décembre 2019 au 31 janvier 2020, pour 
retrouver un taux de capacité de 100% dès le 1er février 2020, selon le 
rapport du 16 décembre 2019 du spécialiste ayant procédé à l'opération. 
S'agissant du profil d'effort exigible, l'expert orthopédiste a estimé que 
l'assurée pouvait effectuer un travail sédentaire lui permettant de changer de 
position, idéalement en étant assise sur une chaise mobile en hauteur, et en 
évitant les porte-à-faux et les flexions antérieures de manière itérative, le port 
de charges axial étant limité à 5 kg. Il a indiqué qu'il n'y avait pas de limitation 
au niveau des membres supérieurs, ni au niveau de la marche, les seules 
limitations provenant encore des lombalgies basses.

4.7.4 Du point de vue de la médecine interne, l'experte a indiqué n'avoir 
observé aucun diagnostic ayant une incidence sur la capacité de travail, ni 
aucune limitation fonctionnelle. Selon elle, la capacité de travail de l'assurée 
a toujours été de 100%, que ce soit en tant que gérante de fitness ou 
d'auxiliaire de santé, les deux activités professionnelles exercées en dernier 
lieu; elle n'évoluera pas et se maintiendra à 100% tant que les atteintes à la 
santé seront non incapacitantes. En ce qui concerne les caractéristiques 
d'une activité adaptée de manière optimale au handicap de l'assurée, 
l'experte a estimé qu'une activité qui tient compte des ressources 
mobilisables et des limitations fonctionnelles énoncées dans le profil d'effort 
interdisciplinaire présentait les caractéristiques d'une activité adaptée de 
manière optimale au handicap de la personne assurée.

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 17

4.7.5 Répondant, dans un complément daté du 10 août 2020, à la question 
complémentaire posée par l'Office AI Berne le 29 juin 2020, les experts ont 
encore déclaré que, tant du point de vue rhumatologique qu'orthopédique, 
l'assurée disposait d'une capacité de travail de 100% en tant que 
gestionnaire d'un centre de fitness. D'après eux, cette activité apparaissait 
tout à fait compatible avec le profil d'effort, dans la mesure où les tâches de 
nettoyage et le rangement du matériel (poids, machines, vélos, etc.) 
pouvaient être déléguées.

4.8 Dans son bref rapport du 12 février 2021, la généraliste traitant 
l'assurée a déclaré que les conclusions de l'expertise du 30 avril 2020 
n'étaient pas réalistes, car il ne lui semblait pas possible que sa patiente 
puisse travailler à 100%, ne serait-ce que parce qu'une position assise 
pendant huit heures lui occasionnerait sans aucun doute des douleurs 
lombaires. Par ailleurs, la praticienne a précisé qu'elle craignait chez sa 
patiente l'apparition d'un nouvel épisode dépressif, du fait qu'elle était fragile 
psychiquement.

4.9 Dans son rapport du 25 février 2021, le psychiatre traitant a 
diagnostiqué un trouble dépressif récurrent, épisode actuel sévère sans 
symptômes psychotiques (ch. F33.2 CIM-10), un trouble panique (ch. F41.0 
CIM-10) et un trouble de la personnalité émotionnellement labile, type 
borderline (ch. F60.31 CIM-10). Le psychiatre a souligné que, bien qu'il n'ait 
pas attesté d'incapacité de travail par certificat, il estimait que l'incapacité de 
travail de sa patiente était totale depuis de nombreuses années.

4.10 Dans une appréciation du 27 septembre 2021, un psychologue du 
SMR a estimé que du point de vue psychiatrique, il convenait de s'appuyer 
sur les conclusions de l'expertise polydisciplinaire du 30 avril 2020, car 
aucun signe ne laissait entendre que l'état de santé de l'assurée se serait 
modifié depuis lors. Après une discussion détaillée préalable et un examen 
du dossier ultérieur, un spécialiste en médecine psychosomatique et 
psychothérapie du SMR a confirmé ce point de vue en date du 
29 septembre 2021. Dans un rapport du 28 septembre 2021, un spécialiste 
du SMR en médecine du travail, médecine de l'environnement, médecine 
générale et médecine du sport a lui aussi confirmé les conclusions de 
l'expertise pluridisciplinaire du 30 avril 2020, déclarant que les rapports les 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 18

plus récents des médecins traitants ne décrivaient pas de nouveaux 
diagnostics ni de restrictions fonctionnelles plausibles et suffisamment 
prononcées pour justifier d'autres conclusions.

5.

La recourante critique en premier lieu le fait que l'Office AI Berne a ordonné 
la tenue d'une expertise pluridisciplinaire en 2020, alors que celui-ci disposait 
déjà de deux expertises des 18 août 2016 et 28 novembre 2017.

5.1 La valeur probante d'un rapport médical dépend du fait que les points 
litigieux importants aient fait l'objet d'une étude fouillée, que le rapport se 
fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération 
les plaintes exprimées, qu'il ait été établi en pleine connaissance du dossier 
(anamnèse), que la description du contexte médical soit claire et enfin que 
les conclusions de l'expert soient bien motivées. Ainsi, ni la provenance du 
moyen de preuve, ni l'appellation du mandat confié au médecin (rapport ou 
expertise) ne sont déterminantes pour la force probante d'un tel document 
(ATF 143 V 124 c. 2.2.2, 134 V 231 c. 5.1, 125 V 351 c. 3a).

5.2 Il convient donc en premier lieu de déterminer si c'est à juste titre que 
l'intimé n'a pas tenu compte de l'expertise pluridisciplinaire de 2016 dans la 
décision entreprise.

5.2.1 Comme on l'a vu précédemment, une spécialiste en psychiatrie et 
psychothérapie du SMR a estimé que l'expertise pluridisciplinaire du 
18 août 2016 n'était absolument pas concluante du point de vue 
psychiatrique. D'après elle, le volet psychiatrique de l'expertise comprend 
des contradictions, dans la mesure où l'assurée, si elle était atteinte d'une 
dépression sévère, ne serait plus en mesure d'exercer les activités de loisir 
(tricot de manière intensive) indiquées dans l'anamnèse, ni ne montrerait 
d'envie, d'intérêt et de plaisir à effectuer des activités précises. Au surplus, 
elle est d'avis que le status psychiatrique mentionné ne montre aucun 
élément susceptible de rendre plausible une dépression, quel que soit son 
degré de gravité. En outre, le 6 mai 2019, le spécialiste du SMR en chirurgie 
orthopédique et traumatologie a en particulier souligné que l'expertise 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 19

orthopédique partielle était extrêmement laconique. Il a fait remarquer qu'elle 
renvoyait aux expertises partielles neurologique et psychiatrique pour ce qui 
concernait les diagnostics influençant la capacité de travail, qu'elle 
mentionnait aussi une brachialgie somatoforme à droite, mais qu'elle se 
limitait sur ce point à indiquer que l'assurée semblait souffrir d'une 
problématique difficilement objectivable du membre supérieur droit et a 
relevé que le dossier médical était incomplet. Il s'est aussi étonné que 
l'expert orthopédiste se contentait d'indiquer que l'assurée avait déclaré 
qu'elle ne pouvait plus travailler en tant qu'aide-soignante, sans exposer lui-
même un quelconque avis sur cette assertion, ni sur la capacité de travail 
résiduelle de 50% dans une activité adaptée. Quant à l'expertise partielle en 
médecine interne, le spécialiste du SMR a également estimé qu'elle était très 
peu informative, l'expert se contentant d'exposer sur trois lignes et demie ses 
constatations relatives à l'appareil locomoteur, puis de mentionner les 
diagnostics avec répercussions sur la capacité de travail de 
cervicobrachialgies à droite, de lomboischialgies récidivantes à droite et d'un 
trouble du pouce droit, sans établir de profil d'exigibilité ni justifier son 
appréciation d'une capacité de travail restreinte. Par ailleurs, le spécialiste 
du SMR s'est étonné qu'aucun rapport détaillé concernant les opérations de 
la colonne lombaire entreprises en mai 2013 ne figure au dossier, ce qui 
avait aussi été constaté dans l'expertise du 18 août 2016, alors même que 
l'expert orthopédiste avait indiqué que l'assurée était très satisfaite du 
résultat de ces opérations. Le spécialiste du SMR a aussi souligné qu'un 
rapport du 15 juin 2016 du Centre suisse des paraplégiques avait évoqué 
des plaintes de l'assurée concernant des douleurs au coccyx et aux jambes 
persistantes depuis septembre 2015. Sur la base de ces constatations, le 
spécialiste du SMR a conclu qu'un profil d'exigibilité ne pouvait être établi en 
l'état du dossier et qu'il convenait de procéder à des examens 
complémentaires en effectuant une expertise orthopédique supplémentaire. 
Il a enfin souligné que la durée de l'incapacité de travail de l'assurée après 
l'opération du dos en mai 2013 ne ressortait pas du dossier. Il a précisé à cet 
égard qu'en présence d'une évolution post-opératoire sans complication, 
l'incapacité de travail à la suite d'une telle opération durait tout au plus trois 
mois et qu'en l'espèce, rien n'indiquait que tel n'avait pas été le cas.

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 20

5.2.2 Sur le vu des avis pertinents du SMR, force est de constater que c'est 
à raison que l'intimé a écarté l'expertise de 2016, aussi bien sur le plan 
psychiatrique que sur le plan somatique. Il y a effectivement lieu de 
reconnaître que cette expertise comporte différentes lacunes, exposées de 
manière convaincante par les spécialistes du SMR. Elle ne pose en 
particulier pas de profil d'exigibilité détaillé permettant d'évaluer la capacité 
de travail résiduelle de l'assurée dans une activité adaptée concrète. Des 
investigations plus poussées s'avéraient donc indispensables afin d'éclaircir 
la situation médicale et d'élucider les prémisses du droit à la rente de la 
recourante.

5.3 Quant à l'expertise psychiatrique du 28 novembre 2017, on ne saurait 
faire grief à l'intimé d'avoir ordonné en 2020 une nouvelle expertise 
pluridisciplinaire comprenant cette spécialisation. En effet, dans son rapport 
du 28 novembre 2017, l'expert psychiatre nie tout diagnostic actuel ayant 
une incidence sur la capacité de travail de la recourante, mais admet un 
trouble dépressif récurrent, certes en rémission, existant néanmoins depuis 
2000, et pose un pronostic qu'il qualifie d'incertain, voire de plutôt 
défavorable. Or, le 24 mai 2019, le psychiatre traitant a posé un pronostic 
très réservé quant à l'état de santé de la recourante. Il a diagnostiqué, avec 
incidence sur la capacité de travail, un trouble dépressif récurrent, épisode 
actuel sévère (ch. F33.2 CIM-10), un trouble panique sans agoraphobie (ch. 
F41.0 CIM-10) et des traits de personnalité émotionnellement labile de type 
borderline. Il a souligné que sa patiente avait des difficultés à gérer le 
quotidien et qu'elle bénéficiait d'un suivi psychiatrique à domicile par une 
infirmière spécialisée, ainsi que d'un traitement médicamenteux et 
psychothérapeutique. Il s'ensuit qu'une péjoration de l'état de santé 
psychique de la recourante postérieurement à l'expertise du 
28 novembre 2017 n'était pas à exclure. C'est donc à juste titre que l'Office 
AI Berne a annulé, en date du 4 juillet 2019, l'expertise monodisciplinaire 
somatique pour laquelle il avait déjà mandaté un spécialiste en orthopédie 
et traumatologie, et a organisé une nouvelle expertise pluridisciplinaire, afin 
d'éclaircir l'état de santé de l'assurée d'une manière globale, tant du point de 
vue rétrospectif, qu'actuel et prospectif.

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 21

6.

Il sied donc d'examiner la valeur probante de l'expertise du 30 avril 2020 et 
de son complément du 10 août 2020.

6.1 D'un point de vue formel, l'expertise du 30 avril 2020 avec son 
complément du 10 août 2020 répond aux exigences posées par la 
jurisprudence, s'agissant de la valeur probante des documents médicaux. 
Les experts, dont les qualifications ne sauraient être mises en doute, ont 
procédé à un examen personnel de la recourante, ont pris en compte ses 
plaintes subjectives, son anamnèse détaillée (familiale, personnelle, 
professionnelle et sociale), ainsi que les pièces produites. Les avis médicaux 
antérieurs figurant au dossier ont été énumérés et pris en considération par 
les experts. En particulier, ils ont pris position en détail face aux conclusions 
divergentes de l'expertise pluridisciplinaire antérieure du 18 août 2016 et de 
l'expertise psychiatrique du 28 novembre 2017. Les résultats ont donc été 
arrêtés en pleine connaissance du dossier médical de l'assurée. Les 
conclusions des experts sont par ailleurs détaillées, étayées (y compris par 
les éléments nécessaires à l'évaluation structurée selon l'ATF 141 V 281) et 
ne laissent pas apparaître d'élément permettant de soupçonner des lacunes 
lors de la genèse de l'expertise.

6.2

6.2.1 D'un point de vue matériel, les conclusions retenues sur le plan 
somatique par les experts (médecine interne, rhumatologie et orthopédie) 
s'avèrent logiques et cohérentes, compte tenu des rapports médicaux au 
dossier. Au vu des diagnostics posés, en particulier des atteintes vertébrales 
lombaires, il convient de retenir, au degré de la vraisemblance 
prépondérante, que la dernière activité exercée d'auxiliaire de santé n'est 
plus exigible, ainsi que les experts l'ont reconnu. Le profil d'effort établi par 
ceux-ci dans une activité adaptée ne prête quant à lui pas flanc à la critique. 
On en veut pour preuve que le chirurgien orthopédique qui a procédé à la 
dernière opération de hernie discale le 29 septembre 2019 a lui-même 
estimé, dans son rapport du 16 décembre 2019, que sa patiente disposerait 
depuis le 1er février 2020 d'une capacité de travail de 50%, qui augmenterait 
par la suite à 100%, dans une activité légère permettant des positions 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 22

variées, qui correspond précisément au profil d'exigibilité posé par les 
experts. En outre, la réserve émise par la généraliste traitante dans sa brève 
prise de position du 12 février 2021, selon laquelle une position assise 
pendant huit heures occasionnerait sans aucun doute à sa patiente des 
douleurs lombaires, s'avère bien prise en considération tant par les experts 
que par le chirurgien orthopédique dans son avis précité. En effet, ces 
spécialistes ont expressément préconisé une activité en position variée, qui 
tienne compte des limitations fonctionnelles établies en détail dans 
l'expertise après les examens cliniques effectués et sur la base du dossier. 
On ajoutera que les experts ont valablement motivé leurs positions. Ainsi, 
l'expert rhumatologue a notamment clairement expliqué que son 
appréciation ne rejoignait pas les évaluations antérieures, notamment celle 
réalisée dans le cadre de l'expertise pluridisciplinaire d'août 2016, qui 
décrivait une capacité de travail de 50% dans une activité adaptée, car son 
examen ne retrouvait pas, en 2020, les éléments qui avaient été retenus en 
août 2016 sur le plan clinique. Il a relevé de manière pleinement 
convaincante que l'assurée était tout à fait capable de reprendre une activité 
professionnelle adaptée à son état de santé, en respectant les limitations 
fonctionnelles, et remarqué qu'il existait manifestement des divergences 
entre les symptômes décrits par la personne assurée et son comportement 
durant l'examen, où elle était restée assise plus d'une heure sans demander 
à se lever et sans qu'il soit constaté une douleur. Poursuivant son 
appréciation, l'expert rhumatologue a remarqué que lorsqu'il était allé 
chercher la patiente à la salle d'attente, il l'avait trouvée en train de faire du 
crochet sans difficulté, qu'elle était restée assise en gardant le sourire, puis 
s'était levée en déclarant toute souriante qu'il fallait qu'elle s'occupe. L'expert 
a ajouté qu'elle conduisait, se déplaçait régulièrement en voiture et 
s'occupait de son intérieur; il a aussi souligné qu'elle lui avait déclaré qu'elle 
était une très bonne skieuse et faisait du ski tous les hivers, même du hors-
piste, sauf cette année en raison de l'opération de septembre 2019. Il peut 
ainsi être suivi lorsqu'il affirme que la recourante disposait de toutes les 
ressources possibles, et qu'il n'y avait pas d'élément d'autolimitation, 
d'exagération ou de simulation lors de son examen. 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 23

6.2.2

6.2.2.1 Quant à la fiabilité matérielle du volet psychiatrique de l'expertise 
pluridisciplinaire du 30 avril 2020, le rapport de l'experte psychiatre permet 
aisément de comprendre pourquoi celle-ci a admis la présence d'un trouble 
dépressif récurrent, actuellement en rémission (ch. F33.4 CIM-10), en tant 
que diagnostic ayant une incidence sur la capacité de travail, et a rejeté un 
épisode dépressif actuel sévère. Elle a aussi exposé de manière 
convaincante les raisons pour lesquelles elle a indiqué deux autres 
diagnostics sans incidence sur la capacité de travail, à savoir une 
personnalité de type immature et une somatisation (ch. F60.8 et F45.0 CIM-
10). Selon elle, l'assurée présente un fonctionnement de personnalité de 
type immature qui a entraîné, lors de graves difficultés dans son mariage en 
relation avec les enfants d'un premier mariage de son mari, des tensions qui 
se sont exprimées surtout à travers des douleurs somatiques à la nuque. 
L'experte a déclaré que la difficulté rencontrée par les médecins à poser un 
diagnostic rassurant et l'absence d'un suivi psychiatrique avait entraîné une 
fixation des symptômes somatiques chez l'assurée. Cette situation avait 
provoqué notamment la suspicion d'une sclérose en plaque, une grosse 
frayeur et un énorme sentiment d'impuissance; cette constellation a abouti à 
un état dépressif qui, de façon répétitive, s'était réexprimé pour devenir un 
trouble dépressif chronique. D'après l'experte, dans ce contexte, les 
somatisations avaient représenté pour l'assurée le moyen d'expression de 
sa détresse, avec un phénomène amplificateur, à savoir que plus elle 
rencontrait des difficultés, plus les symptômes devenaient intenses dans leur 
perception. L'experte a notamment souligné que des états dépressifs 
s'installaient à chaque fois que l'assurée se trouvait dans des situations de 
difficultés. Elle a précisé que ces situations provoquaient un effondrement 
des ressources, et que cet effondrement des ressources représentait le 
principal problème dans la gestion d'une vie adaptée chez l'assurée, ce qui 
impactait sa capacité de travail. Pour le surplus, dans son rapport, l'experte 
a exposé en détail l'anamnèse de la patiente et ses constatations 
personnelles faites lors de l'entretien avec celle-ci. Elle a aussi pris position 
face aux avis médicaux antérieurs relevant de son domaine de compétence, 
en particulier l'aspect psychiatrique de l'expertise pluridisciplinaire du 
18 août 2016 et l'expertise psychiatrique du 28 novembre 2017. S'agissant 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 24

du volet psychiatrique de l'expertise du 18 août 2016, elle a relevé que bien 
que cette expertise ait été jugée non probante par l'Office AI Berne, quelques 
éléments anamnestiques importants y figuraient, notamment que l'expert 
psychiatre n'évoquait à cette époque aucun trouble de la personnalité ou 
traits de personnalité pathologiques, mais qu'il indiquait que l'assurée 
possédait quelques ressources personnelles qu'elle n'utilisait pas assez. 
L'experte a souligné que le diagnostic de somatisation (ch. F45.0 CIM-10) 
était mentionné pour la première fois dans cette expertise. En ce qui 
concerne l'expertise psychiatrique du 28 novembre 2017, elle a remarqué 
que le diagnostic de somatisation n'était pas retenu par l'expert. Or sur ce 
point, dans sa propre expertise, l'experte avait observé que la patiente 
présentait, depuis le moment de sa faillite en 2010, un trouble dépressif 
chronique de même qu'une altération de son fonctionnement social, 
interpersonnel et familial, et que les antécédents de plaintes somatiques 
variables et récurrentes ne pouvaient être expliqués par un trouble 
somatique identifiable. Elle a exposé que les symptômes présentés 
actuellement par l'assurée (repli social, hostilité, passivité) 
s'accompagnaient d'une perturbation du comportement et conduisaient à 
une altération des comportements interpersonnels et sociaux notamment 
dans ses rapports avec ses propres filles. Elle en a conclu que le critère pour 
retenir un diagnostic de somatisation exclu par l'expert en 2017 était 
désormais bien rempli à ce jour. L'évaluation de la cohérence et de la 
plausibilité effectuée par l'experte a abouti à conclure que l'assurée était 
limitée selon le profil d'effort et qu'il n'y avait pas lieu de constater de 
divergences entre les symptômes décrits et le comportement de l'assurée en 
situation d'examen. Elle a encore précisé que l'examen personnel avait mis 
en évidence des éléments d'autolimitation sous forme d'une amplification 
des limitations en lien avec les douleurs et les atteintes somatiques 
ressenties.

6.2.2.2 Le dernier rapport du psychiatre traitant du 25 février 2021, outre le 
fait qu'il pose un diagnostic de trouble dépressif récurrent, épisode actuel 
sévère (ch. F.33.2 CIM-10), retient certes aussi des diagnostics 
supplémentaires quelque peu différents, dans le sens d'un trouble panique 
et d'un trouble de la personnalité de type borderline (ch. F41.0 et F60.31 
CIM-10). Il conclut à une incapacité de travail totale actuelle de sa patiente 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 25

en raison d'une rechute dépressive sévère. Quant à l'évolution dans le temps 
de cette incapacité de travail, il se limite à déclarer qu'elle est totale depuis 
de nombreuses années. Or, au vu de l'ensemble du dossier, une telle 
généralisation ne convainc pas. La description détaillée de l'évolution des 
atteintes de l'assurée et de leurs répercussions sur sa capacité de travail qui 
ressort de l'expertise du 30 avril 2020, tant dans les conclusions 
interdisciplinaires que dans le volet psychiatrique, ne permet pas d'admettre, 
au sens de la vraisemblance prépondérante, que l'assurée aurait connu une 
incapacité de travail totale ininterrompue depuis de longues années. Au 
demeurant, la recourante ne le revendique pas, car elle ne conclut à l'octroi 
d'une rente entière que pour des périodes précises, du 1er mai au 
31 décembre 2013, du 1er août au 31 octobre 2014 et depuis le 
1er décembre 2019. Au surplus, s'agissant des avis du médecin traitant, le 
juge peut et doit tenir compte du fait qu'eu égard à la relation de confiance 
établie avec son patient, le médecin traitant aura plutôt tendance, dans le 
doute, à favoriser celui-ci (ATF 125 V 351 c. 3b/cc; SVR 2015 IV n° 26 
c. 5.3.3.3). Il n'en va pas seulement ainsi du médecin de famille praticien 
généraliste, mais également du spécialiste traitant (TF I 655/05 du 
20 mars 2006 c. 5.4). Cela étant, le rapport du psychiatre traitant du 
25 février 2021 n'est pas de nature à mettre en doute la valeur probante de 
l'expertise du 30 avril 2020.

6.2.2.3 Finalement, il y a lieu de constater qu'on ne saurait non plus critiquer 
les conclusions de l'experte psychiatre du point de vue juridique. En effet, 
d'après la jurisprudence du Tribunal fédéral (TF), une atteinte à la santé 
psychique importante et pertinente en droit de l'AI n'existe que si le 
diagnostic, lors d'un examen sur un premier niveau, résiste aussi aux motifs 
d'exclusion selon l'ATF 131 V 49. Il n'existe en effet généralement pas 
d'atteinte à la santé assurée lorsque la limitation de la capacité d'exécuter 
une tâche ou une action repose sur une exagération ou une manifestation 
analogue (ATF 141 V 281 c. 2.2.1 et les références). Si une atteinte à la 
santé psychique assurée doit toutefois être reconnue même sous l'angle des 
motifs d'exclusion, il y a lieu alors de procéder sur un second niveau, à l'aide 
d'une grille d'évaluation normative et structurée fondée sur un catalogue 
d'indicateurs, à une évaluation symétrique sans résultat prédéfini de la 
capacité de travail raisonnablement exigible de la personne assurée, en 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 26

tenant compte d'une part des facteurs de contrainte restreignant la capacité 
de travail et du potentiel de compensation (ressources) d'autre part (ATF 141 
V 281 c. 3.6). En règle générale, il convient de prendre en considération des 
indicateurs standards classés selon leurs caractéristiques communes (c. 
4.1.3), qui sont répartis dans les catégories "degré de gravité fonctionnel" (c. 
4.3) et "cohérence" (c. 4.4). La grille d'évaluation présentée est de nature 
juridique (c. 5). La reconnaissance d'un taux d'invalidité fondant le droit à une 
rente ne sera admise que si, dans le cas d'espèce, les répercussions 
fonctionnelles de l'atteinte à la santé médicalement constatée sont établies 
de manière concluante et exempte de contradictions, et avec (au moins) un 
degré de vraisemblance prépondérante, à l'aide des indicateurs standard. Si 
tel n'est pas le cas, c'est à la personne assurée de supporter les 
conséquences de l'absence de preuve (c. 6).

6.2.2.4 En l'occurrence, le volet psychiatrique de l'expertise du 30 avril 2020 
répond aux questions spécifiques au modèle du catalogue structuré posées 
par l'Office AI Berne (que l'experte a reçues de l'intimé dans le cadre de son 
mandat). Il permet ainsi d'identifier les différents aspects couverts par les 
indicateurs. Tout d'abord, l'experte psychiatre a déclaré ne pas avoir 
constaté de divergences entre les symptômes décrits et le comportement de 
la personne assurée. Elle a certes indiqué des éléments d'autolimitation sous 
forme d'une amplification des limitations en lien avec les douleurs et les 
atteintes somatiques ressenties par l'assurée, mais n'a pas retenu 
d'exagération en tant que telle, ni de simulation ou de dissimulation. Elle a 
aussi mentionné que l'assurée adhérait au traitement médicamenteux ainsi 
qu'au suivi psychiatrique/psychothérapeutique demandés par ses médecins 
et qu'elle s'était pleinement investie dans les mesures de réadaptation dont 
elle avait bénéficié, démontrant de réelles ressources personnelles. Elle a 
ajouté que ces ressources avaient cependant trouvé leur limite à la suite 
d'une blessure au pouce en mai 2014, qui avait conduit à une rechute 
dépressive.

Quant à l'analyse au deuxième niveau, celle-ci ne justifie pas de s'écarter de 
l'évaluation figurant dans l'expertise, contrairement à ce qu'a estimé l'intimé 
(voir dos. AI 226/3). En effet, l'experte a étayé la catégorie du degré de 
gravité fonctionnel, en particulier de l'atteinte à la santé (ATF 141 V 281 c. 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 27

4.3 et 4.3.1). Elle a décrit les diagnostics retenus, tant celui ayant une 
incidence sur la capacité de travail (trouble dépressif récurrent, actuellement 
en rémission; ch. F33.4 CIM-10) que ceux n'en ayant pas (autres troubles 
spécifiques de la personnalité, personnalité de type immature, somatisation; 
ch. F60.8 et F45.0 CIM-10). Elle a ensuite exposé avec précision les 
interactions des diagnostics, ainsi que les limitations qu'ils induisent et 
l'évolution dans le temps de ces limitations, en prenant pleinement en 
considération les atteintes somatiques dont souffre l'assurée et les douleurs 
que celles-ci provoquent. Elle a analysé les ressources de la recourante, 
indiquant que son comportement face à la maladie consiste en l'acceptation 
et que son système de défense est l'adaptation. L'experte a également 
relevé que la capacité relationnelle de la recourante, l'aptitude à nouer des 
contacts, la gestion de l'affect et la faculté à contrôler ses impulsions sont 
diminuées, mais que son sens des réalités, sa capacité de jugement, son 
estime de soi et sa capacité de régression sont dans la norme, ainsi que son 
intentionnalité et son dynamisme, en l'absence de contrainte. Il convient 
donc d'admettre que les limitations antérieures temporaires de la capacité 
de travail auxquelles a conclu l'experte psychiatre sont pertinentes 
également sous l'angle juridique, de même que son évaluation actuelle de la 
capacité de travail de la recourante à 100% dans une activité adaptée.

6.3 Sur le vu de ce qui précède, aucun élément ne justifie dès lors de 
s'écarter des conclusions de l'expertise pluridisciplinaire du 30 avril 2020 et 
de son complément du 10 août 2020, qui revêtent une force probante entière, 
tant sur le plan médical que juridique. La Cour de céans se rallie donc aux 
conclusions des experts et retient que la recourante dispose d'une pleine 
capacité de travail dans une activité adaptée selon le profil d'effort défini par 
les experts, et ce depuis le 1er février 2020. Pour l'évaluation de l'invalidité 
relative aux périodes antérieures, d'après les conclusions de l'experte 
psychiatre et contrairement à l'intimé, il convient de reconnaître une 
incapacité de travail totale de la recourante du 2 septembre 2010 au 
1er juin 2011 et à 50% du 2 juin 2011 au 31 janvier 2012, puis à nouveau une 
incapacité totale du 1er janvier au 2 avril 2015 et à 50% du 3 au 29 avril 2015. 
Par ailleurs, toujours selon l'expertise du 30 avril 2020, et à l'instar de l'intimé 
sur ce point, il y a lieu de retenir une incapacité de travail totale pour des 
raisons somatiques du 22 mai au 15 septembre 2013, à la suite de la 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 28

première opération lombaire, puis du mois de mai à fin juillet 2014, en raison 
de l'entorse au pouce droit qu'elle a subie, et enfin du 29 septembre au 
29 décembre 2019, à la suite de la seconde intervention lombaire, suivie 
d'une période d'incapacité de travail à 50% du 30 décembre 2019 au 
31 janvier 2020. Toute nouvelle mesure d'instruction s'avère ainsi superflue 
et la conclusion subsidiaire de la recourante tendant au renvoi du dossier à 
l'intimé à cette fin doit être rejetée.

6.4

6.4.1 Cela étant, il faut retenir en outre que la recourante ne peut être suivie 
dans la mesure où elle prétend que le profil d'exigibilité qui lui a été reconnu 
par les experts, avec ses restrictions, l'empêcherait de mettre en valeur une 
quelconque capacité de travail, compte tenu de l'ensemble des 
circonstances de son dossier. La notion théorique de marché équilibré du 
travail au sens de l'art. 16 LPGA, qui sert de référence (critère de distinction 
entre les cas tombant sous le coup de l'assurance-chômage et ceux qui 
relèvent de l'AI; voir ATF 110 V 273 c. 4b), implique qu'il n'y a pas lieu 
d'examiner la question de savoir si une personne invalide peut être placée 
eu égard aux conditions concrètes du marché du travail, mais uniquement 
de se demander si elle pourrait encore exploiter économiquement sa 
capacité de travail résiduelle lorsque les places de travail disponibles 
correspondent à l'offre de la main d'œuvre (SVR 2016 IV n° 2 c. 4.4). En 
l'espèce, le profil d'exigibilité défini par l'intimé d'après l'avis des experts 
médicaux suppose, il est vrai, un certain nombre de restrictions physiques. 
Cependant, ce genre de limitations sont relativement communes, par 
exemple chez les travailleurs souffrant de troubles rachidiens neurologiques 
ou d'atteintes articulaires répandus dans la population, surtout à partir d'un 
certain âge. On ne peut à l'évidence pas parler d'activités n'existant que sous 
une forme tellement restreinte que le marché du travail équilibré ne les 
connaît pas ou qu'elles nécessiteraient des concessions irréalistes de la part 
d'un employeur moyen (SVR 2019 IV n° 21 c. 4.2). Il faut au contraire 
admettre, avec une vraisemblance prépondérante, que du point de vue du 
droit de l'AI, la capacité de travail résiduelle de la recourante est exploitable 
sur le marché du travail équilibré, qui comporte aussi un éventail d'activités 
les plus diverses, y compris des emplois dits de niche, accessibles à des 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 29

personnes handicapées qui peuvent compter sur une bienveillance sociale 
de la part de l'employeur. Selon la jurisprudence, il ne faut pas subordonner 
la concrétisation des possibilités de travail et des perspectives de gain à des 
exigences excessives (ATF 138 V 457 c. 3.1).

6.4.2 La recourante conteste aussi le fait que l'expertise du 30 avril 2020 
et son complément du 10 août 2020 considèrent comme exigible l'activité de 
gérante de fitness qu'elle avait exercée jusqu'en 2010, alors qu'elle avait dû 
l'abandonner pour des raisons de santé et avait bénéficié ensuite d'un 
reclassement en tant qu'auxiliaire de santé alloué par l'intimé. Elle s'étonne 
que les experts estiment que cette dernière activité n'est plus exigible pour 
retenir que la première l'est à nouveau. Au vu du dossier et des 
considérations des experts, cette évaluation n'apparaît toutefois nullement 
paradoxale. En effet, l'incapacité de travail totale survenue en août 2010, à 
l'origine de la demande de prestations de la recourante du 7 février 2011, 
était due à une atteinte à la santé uniquement d'ordre psychique, à savoir un 
burnout et une dépression. C'est en raison de cette atteinte que l'intimé lui a 
tout d'abord accordé un stage d'entraînement au travail du 1er juin 2012 au 
31 juillet 2013, puis un reclassement professionnel consistant en une 
formation d'auxiliaire de santé du 29 janvier au 17 juin 2013 (communications 
de l'Office AI Berne des 16 mai 2012 et 18 décembre 2012). Après avoir 
terminé cette formation avec succès, elle a obtenu un placement à l'essai 
dans un établissement médico-social du 1er avril au 30 juin 2014. Elle a dû 
interrompre cette activité en mai 2014 en raison d'une nouvelle atteinte à la 
santé, cette fois-ci somatique, à savoir une entorse au pouce droit, qui a 
ensuite évolué en tant que neuropathie (voir le rapport du 4 août 2014 du 
spécialiste en chirurgie de la main ayant traité la recourante). 
Précédemment, la recourante avait déjà subi en mai 2013 une opération de 
discectomie L3/L4; par la suite, elle a de nouveau ressenti une importante 
hernie discale L4/L5 à droite, prise en charge chirurgicalement le 
29 septembre 2019, avec une persistance des douleurs lombaires et 
sciatalgiques droites itératives (p. 55 de l'expertise du 30 avril 2020). Compte 
tenu de l'évolution de l'état de santé de la recourante du point de vue 
somatique et tout particulièrement lombaire, c'est donc en toute logique que 
les experts orthopédiste et rhumatologue ont tous deux estimés que sa 
capacité de travail résiduelle dans sa dernière activité d'auxiliaire de santé 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 30

était nulle, cette activité, qui n'est à l'évidence nullement légère du point de 
vue physique, n'étant plus recommandée. A l'inverse, eu égard à l'évolution 
de l'état de santé psychique de l'intéressée, l'experte psychiatre a retenu de 
manière convaincante que celle-ci disposait d'une pleine capacité de travail 
du point de vue psychique, à l'exception des périodes d'incapacité qu'elle a 
décrites (voir ci-dessus c. 6.4). En conclusion, force est de se rallier au profil 
d'exigibilité posé par l'expertise du 30 avril 2020 et son complément du 
10 août 2020.

6.4.3 Enfin, l'argument de la recourante, selon lequel il s'avérerait irréaliste 
pour elle de retrouver un emploi adapté en raison de son âge, n'est pas non 
plus susceptible d'influer en sa faveur sur le sort du présent litige. Certes, 
dans sa jurisprudence, le TF a admis qu'un âge avancé, bien qu'il s'agisse 
en soi d'un facteur étranger à l'invalidité, constitue un critère qui, en relation 
avec d'autres circonstances personnelles et professionnelles, est à même 
de justifier qu'un assuré ne puisse plus mettre à profit sa capacité de travail 
résiduelle sur un marché du travail équilibré, dans la mesure où il n'apparaît 
pas réaliste qu'un employeur potentiel fasse appel à ses services; dans un 
tel cas, même en vertu de son devoir de diminution du dommage, il convient 
de reconnaître que la mise en valeur de sa capacité de travail résiduelle n'est 
plus exigible de la part de l'assuré concerné. Le moment où la question de 
la mise en valeur de la capacité (résiduelle) de travail pour un assuré proche 
de l'âge de la retraite sur le marché de l'emploi doit être examinée 
correspond à celui auquel il a été constaté que l'exercice d'une activité 
lucrative était médicalement exigible (ATF 138 V 457 c. 3.3 et 3.4), soit en 
l'occurrence lorsque les experts médicaux ont produit l'expertise 
pluridisciplinaire déterminante du 30 avril 2020. A ce moment-là, la 
recourante était âgée de 59 ans. Elle n'avait dès lors pas encore atteint l'âge 
à partir duquel le TF admet qu'il peut être plus difficile de se réinsérer sur le 
marché du travail (ATF 143 V 431 c. 4.5.2; TF 9C_188/2019 du 
10 septembre 2019 c. 7.3, 9C_638/2018 du 7 février 2019 c. 4.2). En outre, 
compte tenu de sa formation et de ses diverses expériences 
professionnelles, il n'est à tout le moins pas irréaliste de considérer que, 
malgré son âge, la recourante est en mesure de trouver un emploi adapté à 
son état de santé sur le marché équilibré du travail.

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 31

7.

7.1 Il reste à examiner le taux d'invalidité de la recourante en fonction des 
différentes périodes d'incapacité de travail reconnues par l'expertise du 
30 avril 2020. En l'espèce, l'octroi d'une rente pourrait prendre effet au plus 
tôt en septembre 2011, compte tenu de l'incapacité de travail totale reconnue 
par l'experte psychiatre à partir du 2 septembre 2010 et des délais d'attente 
d'une année au sens de l'art. 28 al. 1 let. b LAI (voir ci-dessus c. 2.4) et de 
six mois à compter de la demande de prestations déposée en février 2011 
(voir art. 29 al. 1 LAI).

7.2

7.2.1 Pour évaluer le taux d'invalidité, le revenu que l'assuré aurait pu 
obtenir s'il n'était pas invalide est comparé avec celui qu'il pourrait obtenir en 
exerçant l'activité qui peut raisonnablement être exigée de lui après les 
traitements et les mesures de réadaptation, sur un marché du travail 
équilibré (art. 16 LPGA). La comparaison des revenus s'effectue, en règle 
générale, en chiffrant aussi exactement que possible les montants de ces 
deux revenus et en les confrontant l'un avec l'autre, la différence permettant 
de calculer le taux d'invalidité. Dans la mesure où ces revenus ne peuvent 
être chiffrés exactement, ils doivent être estimés d'après les éléments 
connus dans le cas particulier, après quoi l'on compare entre elles les valeurs 
approximatives ainsi obtenues (méthode générale de comparaison des 
revenus; ATF 128 V 29 c. 1, 104 V 135 c. 2b; SVR 2019 BVG n° 16 c. 4.4.2). 
Pour procéder à la comparaison des revenus, il convient de se placer au 
moment (hypothétique) de la naissance du droit à la rente; les revenus avec 
et sans invalidité doivent être déterminés par rapport à une même période et 
les modifications de ces revenus susceptibles d'influencer le droit à la rente 
survenues jusqu'à la date de la décision être pris en compte (ATF 143 295 
c. 4.1.3, 129 V 222).

7.2.2 Pour déterminer le revenu sans invalidité (revenu de valide; art. 16 
LPGA), il faut se fonder sur le revenu que la personne assurée aurait 
effectivement pu réaliser selon un degré de vraisemblance prépondérante 
sans atteinte à la santé, au moment du début potentiel du droit à la rente 
(ATF 134 V 322 c. 4.1). Il y a lieu de prendre pour base le dernier salaire 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 32

effectivement réalisé par la personne assurée avant la survenance de 
l'invalidité. Si le revenu réalisé au cours des dernières années précédant la 
survenance de l'invalidité a subi de fortes variations, il convient de se fonder 
sur un revenu moyen équitable (art. 26 al. 1 RAI). Si le revenu effectivement 
réalisé ne peut pas être déterminé ou ne peut pas l'être avec suffisamment 
de précision, le revenu sans invalidité est déterminé sur la base des valeurs 
statistiques visées à l'art. 25 al. 3 RAI pour une personne ayant la même 
formation et une situation professionnelle correspondante (art. 26 al. 4 RAI).

7.2.3 Le revenu d'invalide doit être évalué quant à lui avant tout en fonction 
de la situation professionnelle concrète de la personne intéressée (ATF 143 
V 295 c. 2.2). Lorsque, depuis la survenance de l'atteinte à la santé, la 
personne assurée n'a plus exercé d'activité lucrative, ou du moins plus 
d'activité exigible adaptée à son état, l'évaluation du revenu d'invalide peut 
se fonder, selon la jurisprudence, sur l'Enquête suisse sur la structure des 
salaires (ESS), publiée par l'Office fédéral de la statistique (OFS; ATF 143 V 
295 c. 2.2; SVR 2021 IV n° 51 c. 3.2). Comme les salaires bruts standardisés 
de l'ESS sont fondés sur un horaire de travail hebdomadaire de 40 heures, 
ils doivent être réévalués en fonction de la durée de travail hebdomadaire 
moyenne usuelle dans les entreprises (ATF 126 V 75 c. 3b/bb). Si les 
revenus déterminants sont fixés sur la base de valeurs statistiques, les 
valeurs médianes de l'ESS font foi (art. 25 al. 3 RAI).

7.2.4 Lorsqu'on procède à une évaluation de l'invalidité, celle-ci ne doit pas 
nécessairement consister à chiffrer des valeurs approximatives. Une 
comparaison de valeurs exprimées simplement en pour-cent peut aussi 
suffire. Le revenu hypothétique réalisable sans invalidité équivaut alors à 
100%, tandis que le revenu d'invalide est estimé à un pourcentage plus bas, 
la différence en pour-cent entre les deux valeurs exprimant le taux d'invalidité 
(comparaison en pour-cent; ATF 114 V 310 c. 3a, 107 V 17 c. 2d, 104 V 135 
c. 2b; SVR 2019 BVG n° 16 c. 4.4.2, 2017 IV n° 70 c. 2.2). Lorsque les 
revenus de valide et d'invalide doivent être calculés à partir du même salaire 
statistique, le degré d'invalidité correspond alors au degré de l'incapacité de 
travail sous réserve d'un éventuel abattement sur le salaire statistique (SVR 
2018 UV n° 29 c. 5.2).

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 33

7.3

7.3.1 En l'espèce, la première période d'incapacité de travail reconnue par 
l'expertise du 30 avril 2020 pour des motifs psychiques court du 
2 septembre 2010 au 1er juin 2011 (100% d'incapacité en raison d'une 
hospitalisation de la recourante), puis du 2 juin 2011 au 31 janvier 2012 (50% 
d'incapacité due à la nécessité médicalement attestée d'une reprise 
progressive de l'activité lucrative, compte tenu de la fragilité psychique de 
l'intéressée et du besoin de consolidation des bénéfices du séjour 
hospitalier; p. 17 du rapport de l'experte psychiatre). La recourante peut dès 
lors faire valoir un droit à une rente dès septembre 2011 (voir ci-dessus c. 
7.1), et ce jusqu'au 30 avril 2012 (trois mois après l'amélioration de la 
capacité de gain, art. 88a al. 1 RAI; voir ci-dessus c. 2.6). Par ailleurs, ce 
n'est qu'en date du 18 décembre 2012 que l'intimé lui a alloué, en tant que 
reclassement professionnel, la prise en charge d'un cours d'auxiliaire de 
santé, si bien qu'il y a lieu de considérer que l'incapacité de travail de 50% 
médicalement attestée du 2 juin 2011 au 31 janvier 2012 se rapportait à son 
activité habituelle antérieure de gérante de fitness. Il s'ensuit qu'il n'y a pas 
lieu de procéder à une comparaison de revenus chiffrés pour la fixation du 
degré d'invalidité pour cette période de rente, une comparaison de valeurs 
exprimées simplement en pour-cent s'avérant suffisante, s'agissant de la 
même activité exercée avec et sans invalidité; le pourcentage à prendre en 
considération pour le revenu d'invalide correspond dans ce cas au taux de 
l'incapacité de travail de 50% appréciée par les experts (voir ci-dessus c. 
7.2.4). Une demi-rente d'invalidité est par conséquent allouée à la recourante 
du 1er septembre 2011 au 30 avril 2012.

7.3.2 Les experts ont ensuite retenu de manière probante que la 
recourante était totalement incapable de travailler dans toute activité du 
22 mai au 15 septembre 2013. Cette incapacité était due à une atteinte 
somatique, consistant en une hernie discale L3/L4 survenue au cours des 
mesures de réadaptation accordées par l'AI (stage d'entraînement au travail 
du 1er juin 2012 au 31 juillet 2013 et cours d'auxiliaire de santé du 
29 janvier au 17 août 2013), qui a nécessité une opération subie en date du 
27 mai 2013. Pour cette période également, le revenu avec invalidité est 
donc nul et la comparaison des revenus mène à un degré d'invalidité de 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 34

100%, donnant droit à une rente entière, ainsi que l'intimé l'a admis dans la 
décision contestée. Toutefois, la recourante pouvant désormais faire valoir 
un droit à la rente pour une période antérieure, du 1er septembre 2011 au 
30 avril 2012, il s'agit non pas d'une première ouverture du droit à la rente, 
mais bien d'une nouvelle dégradation de sa capacité de gain et, partant, d'un 
changement déterminant pour l'accroissement du droit aux prestations, au 
sens de l'art. 88a al. 2 RAI. En application des al. 1 et 2 de cette disposition, 
une rente entière doit donc être allouée à la recourante, non pas déjà à partir 
de mai 2013, mais dès le mois d'août 2013. En effet, l'incapacité de travail 
et de gain déterminante a débuté le 23 mai 2013 et le versement de la rente 
prend effet dès le début du mois au cours duquel le droit prend naissance, 
soit trois mois plus tard, le 23 août 2013 (art. 29 al. 3 LAI), et ce jusqu'à fin 
décembre 2013. La décision contestée est par conséquent modifiée en ce 
sens qu'une rente entière d'invalidité est accordée à la recourante du 
1er août au 31 décembre 2013.

7.3.3 Pour des motifs somatiques également, les experts ont reconnu une 
nouvelle incapacité de travail totale de la recourante pendant trois mois dès 
mai 2014, à la suite d'une entorse au pouce droit subie au cours de son 
travail dans un EMS, où elle bénéficiait d'un placement à l'essai organisé par 
l'AI du 1er avril au 30 juin 2014. Cette incapacité a aussi été admise par 
l'Office AI Berne, qui a alloué une rente entière à l'intéressée du 1er août au 
31 octobre 2014, compte tenu de l'art. 88a al. 1 et 2 RAI. La décision 
entreprise peut être confirmée sur ce point, le degré d'invalidité étant de 
100%, compte tenu d'un revenu d'invalide nul.

7.3.4 La période d'incapacité de travail totale suivante retenue par l'experte 
psychiatre s'étend du 1er janvier au 2 avril 2015, puis à 50% du 3 au 
29 avril 2015, en raison d'une semi-hospitalisation en hôpital de jour due à 
un épisode dépressif sévère. Là aussi, le degré d'invalidité équivaut au taux 
d'incapacité de travail, celle-ci s'appliquant à toutes les activités. En 
application de l'art. 88a al. 1 et 2 RAI, il convient donc d'accorder à la 
recourante une rente entière du 1er avril au 31 juillet 2015, l'intéressée ayant 
recouvré une pleine capacité de travail dès le 30 avril 2015 et l'amélioration 
à 50%, qui n'a duré que pendant une courte période de 26 jours, ne justifiant 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 35

pas une diminution de la rente entière à une demi-rente (art. 88a al. 1 phr. 1 
RAI).

7.3.5 Enfin, une incapacité de travail totale est attestée par les experts du 
29 septembre au 29 décembre 2019, suivie d'une incapacité de 50% du 
30 décembre 2019 au 31 janvier 2020. Ces incapacités étaient dues à une 
exacerbation de douleurs lombaires en août 2019, provoquées par une 
importante hernie discale L4/L5 à droite, prise en charge chirurgicalement le 
29 septembre 2019. En raison de cette atteinte, l'intimé a accordé à la 
recourante une rente entière du 1er décembre 2019 au 30 avril 2020, tenant 
compte à juste titre de l'art. 88a al. 1 et 2 RAI, en particulier du fait que 
l'amélioration à 50% de la capacité de travail n'a duré qu'un mois et ne fonde 
dès lors pas une diminution de la rente entière à une demi-rente (art. 88a 
al. 1 phr. 1 RAI). La décision contestée peut également être confirmée sur 
ce point.

7.4

7.4.1 Dès le 1er février 2020, les experts reconnaissent à la recourante une 
pleine capacité de travail dans une activité adaptée. Il convient dès lors de 
procéder à une nouvelle comparaison des revenus en fonction de l'année de 
référence 2020 (voir ci-dessus c. 7.2.1), en prenant en principe en compte la 
version la plus récente des tabelles de l'ESS au moment de la décision en 
cause (ATF 143 V 295 c. 2.3; TF 8C_64/2019 du 27 novembre 2019 c. 6.2.1). 
Dans la mesure où l'édition 2020 de l'ESS n'était pas encore disponible au 
moment de la décision litigieuse du 8 février 2022, on ne saurait reprocher à 
l'intimé d'avoir pris pour base les données de l'ESS 2018; il convient toutefois 
de les indexer à l'évolution des salaires en 2020 (indice d'indexation de la 
table T39 de l'OFS publiée le 30 avril 2021, "Evolution des salaires 
nominaux, des prix à la consommation et des salaires réels", 2010-2020, 
colonne "Femmes", indices [base 1939=100] 2018: 2'732 et 2020: 2'784) et 
ensuite de les adapter à un horaire de travail hebdomadaire habituel en 2020 
(selon la table T03.02.03.01.04.01 de l'OFS "Durée normale du travail dans 
les entreprises selon la division économique").

7.4.2 S'agissant du revenu de valide, dans la mesure où la recourante n'a 
pas fourni de comptabilité fiable de son activité indépendante (art. 26 al. 4 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 36

RAI; voir ci-dessus c. 7.2.2), c'est à juste titre que l'intimé a pris pour base le 
salaire mensuel brut (valeur centrale) dans la branche économique "arts, 
spectacles et activités récréatives" (ESS table TA1_tirage_skill_level, 
secteur privé, ch. 90-93), niveau 2 (comprenant notamment les tâches 
pratiques telles que la vente/les soins/le traitement de données et les tâches 
administratives), femmes, correspondant le mieux à l'activité de gérante de 
fitness exercée par l'assurée avant la survenance initiale de son atteinte à la 
santé. Ce faisant, en se basant sur l'ESS 2018, on obtient un revenu sans 
invalidité de Fr. 65'780.25 (Fr. 5'160.- x 12 = Fr. 61'920.-, adapté selon la 
table T39 à l'année 2020 et à un horaire de travail hebdomadaire moyen de 
41,7 heures durant cette année, d'après les statistiques idoines de l'OFS 
disponibles à la date de la décision contestée).

7.4.3 Quant au revenu d'invalide, l'intimé l'a déterminé sur la base du 
salaire mensuel moyen de l'ESS 2018, table TA1, total, niveau 1 (tâches 
physiques ou manuelles simples), femmes: Fr. 4'371.- x 12 = Fr. 52'452.-, 
adapté à un horaire de travail habituel moyen de 41,7 heures et à l'année 
2020; il est ainsi parvenu à un montant de Fr. 55'722.-. Conformément au 
profil d'activité défini par l'expertise du 30 avril 2020 et son complément du 
18 août 2020, il apparaît cependant bien plus justifié de se fonder sur le 
même salaire statistique que celui pris en compte comme revenu sans 
invalidité. En effet, les experts, dans le complément d'expertise du 
18 août 2020, ont précisé que l'activité de gestionnaire d'un centre de fitness 
apparaissait tout à fait compatible avec le profil d'effort établi par leurs soins, 
dans la mesure où les tâches de nettoyage et de rangement de matériel 
pouvaient être déléguées. En conséquence, la Cour de céans considère qu'il 
y a lieu de se baser sur le même salaire statistique pour le revenu d'invalide 
que celui défini plus haut comme revenu sans invalidité. Au vu des limitations 
décrites par les experts dans l'activité de gérante de centre de fitness, il se 
justifie toutefois d'en déduire un abattement de 20%. D'après la 
jurisprudence, un tel abattement sur le salaire statistique (qui résulte d'une 
évaluation dans les limites du pouvoir d'appréciation de l'autorité et peut aller 
au maximum jusqu'à 25% de ce salaire) permet de tenir compte des 
différents éléments qui peuvent influencer le revenu d'une activité lucrative, 
comme les limitations liées au handicap de la personne assurée (ATF 135 V 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 37

297 c. 5.2, 134 V 322 c. 5.2; SVR 2018 IV n° 46 c. 3.3). En procédant de la 
sorte, on obtient un revenu d'invalide à prendre en compte de Fr. 52'624.20.

7.4.4 Il résulte de ce qui précède qu'en comparant le revenu de valide de 
Fr. 65'780.25 avec le revenu d'invalide de Fr. 52'624.20, on obtient une perte 
de gain de Fr. 13'156.05, ce qui représente un degré d'invalidité de 20%, 
inférieur au taux minimal de 40% requis par l'ancien art. 28 al. 2 LAI pour 
ouvrir le droit à une rente. Partant, compte tenu de l'art. 88a al. 1 RAI, c'est 
à bon droit que l'intimé a mis fin au 30 avril 2020 à la rente entière d'invalidité 
allouée à la recourante à partir du 1er décembre 2019.

8.

8.1 En conclusion, la recourante a droit à une demi-rente d'invalidité du 
1er septembre 2011 au 30 avril 2012, ainsi qu'à une rente entière du 
1er août au 31 décembre 2013, du 1er août au 31 octobre 2014, du 1er avril au 
31 juillet 2015, puis du 1er décembre 2019 au 30 avril 2020. Le recours doit 
ainsi être partiellement admis et la décision contestée annulée, dans la 
mesure où elle accorde à la recourante une rente entière d'invalidité du 
1er mai au 31 juillet 2013, puis ne lui accorde pas de rente pour les périodes 
du 1er septembre 2011 au 30 avril 2012 et du 1er avril au 31 juillet 2015. Il 
s'ensuit que, malgré la réforme de la décision en cause aboutissant à la 
suppression de la rente entière relative aux trois mois de mai, juin et juillet 
2013, la recourante obtient notablement plus de prestations que ce que 
l'intimé lui avait accordé pour l'ensemble de la période litigieuse, de sorte 
qu'il ne saurait être question en l'occurrence d'une reformatio in peius de la 
décision contestée, prise dans sa globalité (voir UELI KIESER, Kommentar 
zum Bundesgesetz über den Allgemeinen Teil des 
Sozialversicherungsrechts, 2e éd. 2020, ad art. 61 n. 167). La recourante 
succombe en revanche en ce qui concerne sa conclusion visant l'octroi d'une 
rente entière au-delà du 30 avril 2020; dans cette mesure, le recours doit 
être rejeté. L'intimé fera procéder au calcul du montant des rentes 
supplémentaires dues.

8.2 La procédure de recours en matière de contestations portant sur 
l'octroi ou le refus de prestations de l'AI devant le tribunal cantonal des 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 38

assurances est soumise à des frais de justice (art. 61 let. fbis LPGA et 69 al. 
1bis LAI). Compte tenu de l'issue de la procédure, ceux-ci doivent par 
conséquent être répartis entre les parties, à raison de 50% chacune (la 
recourante ayant obtenu dans l'ensemble neuf mois supplémentaires de 
rente). Les frais de la procédure, fixés forfaitairement à Fr. 800.-, sont ainsi 
mis par Fr. 400.- à la charge de la recourante et par Fr. 400.- à la charge de 
l'intimé (art. 69 al. 1bis LAI et 108 al. 1 LPJA; JAB 2009 p. 186 c. 4).

8.3 La recourante a toutefois requis le bénéfice de l'assistance judiciaire 
limitée aux frais de justice.

8.3.1 Sur requête, l'autorité administrative ou de justice administrative 
dispense notamment du paiement des frais de procédure et de l'obligation 
éventuelle de fournir des avances ou des sûretés la partie qui ne dispose 
pas de ressources suffisantes et dont la cause ne paraît pas dépourvue de 
toute chance de succès (art. 61 let. f LPGA et art. 111 al. 1 et 2 LPJA; SVR 
2011 IV n° 22 c. 2, 2011 UV n° 6 c. 6.1).

8.3.2 En l’occurrence, la condition financière est manifestement remplie, 
l'assurée bénéficiant des prestations de l'aide sociale (ATF 128 I 225 
c. 2.5.1). De plus, les chances de succès du recours ne pouvaient être 
d'emblée niées (ATF 129 I 129 c. 2.3.1, 122 I 267 c. 2b et les références 
citées). La requête doit donc être admise, dans la mesure où elle n'est pas 
sans objet, et la recourante mise au bénéfice de l'assistance judiciaire limitée 
aux frais de procédure pour la moitié des frais judiciaires.

8.3.3 La recourante doit néanmoins être rendue attentive à son obligation 
de remboursement si elle devait disposer, dans les dix ans dès l'entrée en 
force du présent jugement, d'un revenu ou d'une fortune suffisante (art. 112 
al. 2 LPJA en lien avec l’art. 123 du code de procédure civile suisse du 
19 décembre 2008 [CPC, RS 272]).

8.4 Obtenant partiellement gain de cause et assistée d'un avocat 
agissant à titre professionnel, la recourante a droit au remboursement de la 
moitié de ses dépens, en fonction de la proportion de son gain de cause. 
Après examen de la note d'honoraires du 12 mai 2022, qui ne prête pas à 
discussion compte tenu de l'importance et de la complexité objectives de la 
procédure judiciaire, ainsi que de la pratique du TA dans des cas 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 39

semblables, les dépens à rembourser sont fixés à Fr. 631.40 (honoraires de 
Fr. 1'066.- x 50%, débours de Fr. 53.30 et TVA de Fr. 45.10 [taux de 7.7%]; 
le tarif horaire de Fr. 130.-, tel que facturé par le mandataire de la recourante, 
est appliqué en cas de représentation par un avocat ou une avocate 
travaillant pour un organisme reconnu d'utilité publique [voir la Circulaire du 
16 décembre 2009 sur la fixation des honoraires et des dépens dans les 
litiges en matière d'assurances sociales, consultable sur le site internet du 
TA]).

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 13 décembre 2022, 200.2022.154.AI, p. 40

Par ces motifs:

1. Le recours est partiellement admis et la décision de l'Office AI Berne du 
8 février 2022 est reformée en ce sens que sont accordées à la 
recourante une demi-rente d'invalidité du 1er septembre 2011 au 
30 avril 2012, ainsi qu'une rente entière du 1er août au 31 décembre 2013, 
du 1er août au 31 octobre 2014, du 1er avril au 31 juillet 2015 et du 
1er décembre 2019 au 30 avril 2020. L'intimé procédera au calcul du 
montant encore dû et à son versement. Le recours est rejeté pour le 
surplus.

2. La requête d'assistance judiciaire, limitée aux frais de procédure, est 
admise, dans la mesure où elle n'est pas sans objet.

3. Les frais de la procédure, fixés forfaitairement à Fr. 800.-, sont mis par 
Fr. 400.- à la charge de la recourante. Il est renoncé à leur perception au 
vu de l'octroi de l'assistance judiciaire. L'obligation de restituer prévue par 
l'art. 123 CPC est réservée. Le solde des frais de procédure est mis à la 
charge de l'intimé, par Fr. 400.-.

4. L'Office AI Berne versera à la recourante la somme de Fr. 631.40 
(débours et TVA compris) au titre de participation à ses dépens pour la 
présente procédure. Pour le surplus, il n'est pas alloué de dépens.

5. Le présent jugement est notifié (R):
- au mandataire de la recourante,
- à l'intimé,
- à l'Office fédéral des assurances sociales.

Le président: Le greffier:

Voie de recours
Dans les 30 jours dès la notification de ses considérants, le présent jugement peut 
faire l'objet d'un recours en matière de droit public auprès du Tribunal fédéral, 
Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne, au sens des art. 39 ss, 82 ss et 90 ss de la loi 
fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF, RS 173.110).