# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** eb27b561-04b9-59a3-9da7-ec1e915ad332
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2012 / 127
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2012---127_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC11.011785-111962

 160

 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
20 avril 2012

__________________

Présidence
de               M.             
H A C K, président

Juges             
:              Mme              
Carlsson et M. Muller

Greffier
              :             
M.               Berthoud, greffier
ad hoc

 

 

*****

 

 

Art.
80 LP

 

             
La Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal, statuant à huis clos en sa qualité
d'autorité de recours en matière sommaire de poursuites, s'occupe du recours exercé par
Y.________,
à Lausanne, contre le prononcé rendu le 28 juin 2011 par le Juge de paix du district
de Lausanne, dans la cause opposant le recourant à l'ETAT
DU VALAIS, représenté par l’Office
cantonal du contentieux financier, à Sion.

 

             
Vu les pièces au dossier, la cour considère :

 

 

 

             
En fait :

 

 

1.             
a) Le 31 décembre 2008, l’Etat du Valais
a notifié à Y.________ une facture no
40 141150 relative au remboursement
du prêt d'honneur n° 0159913, dont il résulte que le total des prêts s'est élevé
à 43'200 fr., que le montant échu au 31 décembre 2008 s'élevait à 34'800
fr., dont 30'000 fr. étaient facturés séparément, le montant en retard, par 4'800
fr., devant être versé dans les 30 jours. Cette facture comporte la mention suivante :
« Les réclamations à l’encontre de cette facture sont à adresser au Service
administratif du Département de l’éducation, de la culture et du sport, section des prêts
d’honneur. »

 

             
Il ressort d’une mention apposée sur la facture précitée qu’elle n’a
pas fait l’objet d’une réclamation. Cette mention porte la date manuscrite du 16 juin
2009, le timbre de l'Etat du Valais, ainsi qu'une signature.

 

             
Le 5 novembre 2010, le chef de section du service des prêts d’honneur a attesté à
l'attention de l'Office cantonal du contentieux financier que les conditions « posées
par l'art. 3 et 4 du concordat d'entraide judiciaire pour l'exécution des prétentions de droit
public sont remplies. »

 

             
b)
Par commandement de payer notifié le 11 janvier 2011 dans le cadre de la poursuite no
5'628'243 de l'Office des poursuites du district de Lausanne-Ouest, l’Etat du Valais, représenté
par l’Office cantonal du contentieux financier, a requis d’Y.________
le paiement des sommes de 1) 4'800 fr. plus intérêt
à 5 % l’an dès le 2 décembre 2010, 2) 50 fr. sans intérêt, et 3)
423 fr. 55 sans intérêt, plus 70 fr. de frais de commandement de payer, 26 fr. 75 de frais
d'encaissement et 28 fr. de frais de nouvelle notification, indiquant comme cause de l'obligation : « 1)
Facture 40 141150 du 31.12.2008
éducation, culture et sport 1951 Sion. Remboursement de votre prêt d’honneur no 0159913.
Total des prêts : Fr. 43200.00. 2) Frais de sommation, émolument de poursuite. 3) Intérêts
au 01.12.2010. » Le poursuivi a formé
opposition totale.

             

 

2.             
Par prononcé du 28 juin 2011 notifié
aux parties le 30 juin 2011, le Juge de paix du district de Lausanne, statuant
à la suite d'une interpellation écrite selon l’art. 253 CPC, a prononcé la mainlevée
définitive de l'opposition à concurrence de 4'800 fr. plus intérêt à 5% l'an
dès le 1er
mars 2009 (I), arrêté à 180 fr. les frais judiciaires, compensés avec l'avance de
frais du poursuivant (II), mis les frais à la charge du poursuivi (III) et dit que celui-ci devait
rembourser au poursuivant l'avance de frais de 180 fr. sans allocation de dépens pour le surplus
(IV) et rayé la cause du rôle (V).

 

             
Par acte du 8 juillet 2011,
le poursuivi a déclaré recourir contre ce prononcé, concluant au maintien de l'opposition.
Les motifs du prononcé ont alors été adressés aux parties le 20 septembre 2011. En
bref, le premier juge a retenu que la facture du 31 décembre 2008, entrée en force, valait
titre à la mainlevée définitive de l’opposition.

 

             
Le recourant a produit le 17 octobre 2011 une
copie de son acte de recours.

 

             
L’intimé n’a pas procédé.

 

 

             

             
En droit
:

 

 

I.         
Formé en temps utile (art.
321 al. 2 CPC [Code de procédure civile du
19 décembre 2008, entré en vigueur le 1er
janvier 2011; RS 272]), motivé
et comportant des conclusions valablement formulées (art. 321 al. 1 et 326 al. 1 a contrario CPC),
le recours est recevable.

 

 

II.             
a) Selon l'art. 80 LP (loi
fédérale du 11 avril 1889 sur la poursuite pour dettes et la faillite, RS 281.1),
le créancier au bénéfice d'un jugement exécutoire peut requérir du juge la mainlevée
définitive de l'opposition formée à la poursuite. Le second alinéa de cette disposition
prévoit que sont assimilées à des jugements notamment les transactions ou reconnaissances
passées en justice (ch. 1), les titres authentiques exécutoires au sens des art. 347 à
352 CPC (ch. 1bis), et les décisions des autorités administratives suisses (ch. 2). L’art.
81 al. 1 LP permet toutefois au débiteur de se libérer en prouvant par titre que la dette est
éteinte ou qu’il a obtenu un sursis postérieurement au jugement, ou en se prévalant
de la prescription.

 

             
Une décision administrative
peut justifier la mainlevée définitive de l'opposition, si elle émane d'une autorité
compétente et astreint le poursuivi à payer une somme d'argent échue à la corporation
publique, à titre d'amende, de frais, impôts et taxes ou d'autres contributions publiques (Panchaud/Caprez,
La mainlevée d'opposition, p. 327). Selon le Tribunal fédéral (TF 5P.113/2002 du 1er
mai 2002 et les références citées), par décision de l'autorité administrative,
on entend de façon large tout acte administratif imposant péremptoirement au contribuable la
prestation d'une somme d'argent à la corporation publique (ATF 47 I 222 cons. 1; cf. Rivier, Droit
fiscal suisse, 2e
éd. 1998, p. 162 ch. I, Knapp/Hertig, L'exécution forcée des actes cantonaux pécuniaires
de droit public [art. 80 al. 2 LP], in : BISchK 1986 p. 128 ch. 3; Rigot, Le recouvrement forcé
des créances de droit public selon le droit de poursuite pour dettes et la faillite, thèse
Lausanne 1991, p. 136-137, n° 123; RJN 1953 p. 50). Une simple disposition prise par un organe administratif,
revêtue de l'autorité administrative et donnant naissance à une créance de droit
public suffit; il n'est pas nécessaire qu'un débat ait précédé la décision.
Il importe en revanche que l'administré puisse voir, sans doute possible, dans la notification qui
lui est faite, une décision entrant en force, faute d'opposition ou de recours. A cette condition,
la sommation de payer peut être considérée comme une décision (TF 5P.350/2006 et
5P.351/2006 du 16 novembre 2006; TF 5P.113/2002 du 1er
mai 2002 et réf. cit.).

 

             
Il appartient au juge de la mainlevée d'examiner d'office l'existence du titre de mainlevée
définitive dans la poursuite pendante, notamment son existence légale et le caractère
exécutoire de la décision invoquée (Gilliéron, Commentaire de la loi fédérale
sur la poursuite pour dettes et la faillite, nn. 11 et 12 ad art. 81 LP). Si le juge examine d'office
la question de l'existence du titre de mainlevée définitive, il ne procède toutefois pas
à une instruction d'office, mais statue sur la base des pièces produites en première instance
(CPF, 10 novembre 2005/390).

 

             
En l’espèce, le titre de mainlevée est une facture. D’après la jurisprudence
de la cour de céans, une facture vaut titre à la mainlevée définitive, si elle contient
l’indication des voies de droit (CPF, 6 juillet 2006/406; CPF, 2 novembre 2006/254). La facture
du 31 décembre 2008 indique les voies de droit, certes d'une manière minimale, mais suffisante
: le recourant - qui ne le conteste au demeurant pas - pouvait comprendre que ce document, par lequel
l'intimé lui réclamait le remboursement du prêt pour la somme indiquée, pouvait faire
l'objet d'une réclamation auprès de l'autorité mentionnée. 

 

             
La décision mentionne l'absence de réclamation, avec un timbre de l'autorité concernée
et une signature. Elle atteste suffisamment du caractère exécutoire de cet acte administratif.
Elle est réputée avoir été notifiée, puisque le recourant ne conteste pas l’avoir
reçue (JT 2011 III 58). Elle vaut dès lors titre à la mainlevée définitive.

 

             
b)
Depuis l'entrée en vigueur du CPC, l'intégralité des règles de procédure qui
régissent l'exécution des jugements (ou des titres assimilés) résulte du droit fédéral
: celles de la LP lorsque la décision porte sur le paiement d'une somme d'argent ou la constitution
de sûretés, celles du CPC lorsqu'il s'agit d'exécuter une autre décision (art. 335
al. 1 et 2 LP). Il en résulte notamment que le Concordat intercantonal du 20 décembre 1971
sur l'entraide judiciaire pour l'exécution des prétentions de droit public (C-EJP) n'a plus
de portée, en vertu de la primauté du droit fédéral (art. 49 Cst. [Constitution fédérale
de la Confédération suisse du 18 avril 1999]) ou, pour reprendre les termes de la doctrine,
qu'il est devenu « sans objet » (Jeandin, CPC commenté, n. 3 ad art. 335 CPC).
C’est pourquoi l’art. 80 LP a été modifié lors de l’entrée en vigueur
du CPC pour assimiler à des jugements non plus les décisions des autorités administratives
de la Confédération ordonnant le paiement d'une somme d'argent ou la constitution de sûretés
(art. 80 al. 2 ch. 2 aLP) et, dans les limites du territoire cantonal, les décisions des autorités
administratives cantonales relatives aux obligations de droit public (impôts, etc.), en tant que
le droit cantonal prévoyait cette assimilation (ch. 3 de la même disposition), mais les décisions
des autorités administratives suisses (art. 80 al. 2 ch. 2 LP). Par conséquent, le concordat
n'a pas à être appliqué à des requêtes de mainlevée émises après
le 1er
janvier 2011.

 

             
c)
L'art. 4 de l'ordonnance valaisanne concernant les procédures d'encaissement et de recouvrement
du 28 juin 2006 (RS-VS 611.104) prévoit qu'en cas de non-paiement dans un délai de 30 jours,
un intérêt moratoire de 5 % est dû dès l'échéance de ce délai. Cela
constitue une base légale suffisante à la perception d'un tel intérêt.

 

 

III.             
Le recours doit en conséquence être
rejeté et le prononcé confirmé.

 

             
Les frais judiciaires de deuxième instance sont arrêtés à 360 fr. et mis à la
charge du recourant. 

 

             

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
Le prononcé est confirmé.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième
instance, arrêtés à 360 fr. (trois cent soixante francs) sont mis à la charge du
recourant Y.________.

 

             
IV.             
Il n’est pas alloué
de dépens de deuxième instance.

 

             
V.             
L’arrêt est exécutoire.

 

Le
président :               Le greffier
:

 

 

 

Du
20 avril 2012

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, prend date de ce jour.

 

             
Il est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. Y.________,

‑             
l’Etat du Valais, Office cantonal du contentieux financier.

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 4'800 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés
devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification
(art. 100 al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme le Juge de paix du district de Lausanne.

 

             
Le greffier :