# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 2d4c1149-272b-5851-9877-1c5dc13ae7c2
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2006-08-22
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 22.08.2006 A/1872/2006
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-1872-2006_2006-08-22.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET 

 

CANTON DE GENÈVE 

 
POUVOIR JUDICIAIRE 

 

 

DCSO/515/06 

Tout recours à la Chambre des poursuites et faillites du Tribunal fédéral doit être formé par 
écrit, déposé en trois exemplaires à la Commission de surveillance des offices des poursuites et 
des faillites (Rue Ami-Lullin 4, case postale 3840, 1211 Genève 3), accompagné d'une 
expédition de la décision attaquée, dans les dix jours dès la notification de la présente décision 
(art. 19 al. 1 LP) ou cinq jours en matière de poursuite pour effets de change (art. 20 LP). Le 
recours doit indiquer les points sur lesquels une modification de la décision attaquée est 
demandée et mentionner brièvement les règles de droit fédéral qui sont violées par la décision et 
en quoi consiste la violation. 

 

DÉCISION 

DE LA COMMISSION DE SURVEILLANCE 
DES OFFICES DES POURSUITES ET DES FAILLITES 

SIÉGEANT EN SECTION 

DU MARDI 22 AOÛT 2006 

Cause A/1872/2006, plainte 17 LP formée le 19 mai 2006 par C______ SA contre la 
commination de faillite qui lui a été notifiée le 11 mai 2006 sur réquisition de la 
Fondation institution supplétive LPP dans la poursuite n° 05 xxxx74 L et l’acceptation 
par l’Office des poursuites de donner suite à la réquisition de continuer cette poursuite.  

Décision communiquée à :  

- C______ SA 
 

- Fondation institution supplétive LPP 
Agence régionale de la Suisse romande 
Avenue du Théâtre 1 
Case postale 675 
1001  Lausanne 

 
- Office des poursuites 
 Rue du Stand 46 
 Case postale 208 
 1211  Genève 8 
 
- Office fédéral des assurances sociales 
 Section juridique et haute surveillance PP 
 Effingerstrasse 20 
 3003  Berne 
 

 

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E N   F A I T  

A. Le 26 septembre 2005, dans le cadre de la poursuite n° 05 xxxx74 L requise par la 
Fondation institution supplétive LPP (ci-après : l’institution supplétive), l’Office 
des poursuites (ci-après : l’Office) a notifié un commandement de payer à 
C______ SA, ayant son siège à Genève (rue C______), affiliée d’office à 
l’institution supplétive par une décision du 7 mai 2004. C______ SA a aussitôt 
formé opposition.  

Par une lettre-signature du 11 octobre 2005 reçue le 12 octobre 2005, l’institution 
supplétive a imparti un délai au 24 octobre 2005 à C______ SA pour justifier par 
écrit son opposition audit commandement de payer ou pour la retirer ; elle a 
précisé que si l’opposition n’était pas justifiée dans ce délai, elle rendrait une 
décision assimilable à un jugement exécutoire au sens de l’art. 80 LP.  

C______ SA a écrit à l’institution supplétive, en date du 17 octobre 2005, que sa 
décision du 7 mai 2005 la condamnait alors que son administrateur depuis le 
22 octobre 2005, M. E______, l’avait rachetée en août 2005 sans les passifs et 
n’avait jamais reçu de correspondance de la part de l’institution supplétive, 
ajoutant qu’il avait payé de bonne foi des cotisations LPP pour du personnel 
inconnu ayant travaillé avant ladite reprise.  

L’institution supplétive a répondu le 20 octobre 2005 à C______ SA que sa 
décision d’affiliation précitée du 7 mai 2004 concernait la société en tant que telle 
et non son administrateur.  

B. Par une décision du 13 janvier 2006, adressée par lettre-signature à C______ SA 
au Y, rue C______, rendue en application de l’art. 60 al. 2bis de la loi fédérale sur 
la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité (RS 831.40 - 
LPP), l’institution supplétive a décidé que C______ SA est débitrice à son égard 
de la somme de 1'898 fr., avec intérêts à 6% l’an dès le 5 juin 2005, et de 100 fr. 
de frais de contentieux (dont à déduire un acompte de 948 fr. payé le 9 juin 2005), 
a prononcé la levée de l’opposition formée au commandement de payer 
n° 05 xxxx74 L à concurrence de ces sommes, et a mis 525 fr. de frais à la charge 
de C______ SA. Elle a précisé qu’une voie de recours auprès de la Commission 
fédérale de recours LPP était ouverte dans un délai de trente jours.  

 Cette lettre-signature a été retournée à l’institution supplétive avec la mention 
« Non réclamé ».  

C. Suite à la réquisition de continuer la poursuite n° 05 xxxx74 L déposée le 15 mars 
2006 par l’institution supplétive, l’Office a notifié une commination de faillite à 
C______ SA le 11 mai 2006.  

D. Par un courrier du 19 mai 2006 adressé à l’Office des poursuites et transmis à la 
Commission de céans pour raison de compétence, C______ SA, sous la plume de 

 

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son administrateur, M. E______, a formé plainte contre la Fondation institution 
supplétive LPP. Elle a affirmé s’être acquittée du montant de ses cotisations et a 
indiqué ne pas être d’accord de payer des amendes pour retard de paiement. Elle a 
ajouté que la demande de l’institution supplétive n’était pas justifiée car les 
courriers n’avaient pas été expédiés à la bonne adresse.  

Par un courrier recommandé du 24 mai 2006 adressé à C______ SA, la 
Commission de céans a informé cette dernière que la teneur de son courrier ne 
permettait pas de déterminer l’acte contre lequel elle entendait former plainte et 
qu’il ne contenait pas de conclusions. Un délai au 7 juin 2006 lui a été imparti 
pour produire l’acte attaqué et compléter sa plainte, sous peine d’irrecevabilité.  

Par un courrier recommandé du 6 juin 2006, C______ SA a indiqué à la 
Commission de céans qu’elle formait plainte contre l’institution supplétive et 
l’Office. Elle a exposé en substance avoir formé opposition au commandement de 
payer parce que des sanctions non justifiées étaient incluses dans les montants 
réclamés et ne jamais avoir reçu la convocation à l’audience de mainlevée par-
devant le Tribunal de première instance, de sorte qu’elle ne pouvait pas être mise 
en faillite.  

E. Dans son rapport du 15 juin 2006, l’Office a constaté que les motifs de la plainte 
de C______ SA ne concernaient pas des mesures qu’il aurait prises en violation 
de la loi. Il a indiqué avoir enregistré l’opposition formée par C______ SA puis 
l’avoir communiquée à l’institution supplétive. Il ressortait en outre des 
recherches qu’il avait effectuées que « le jugement de mainlevée de 
l’opposition », qui portait la mention « lettre-signature », avait bien été joint à la 
réquisition de continuer la poursuite. L’Office a considéré que dès lors que 
C______ SA alléguait ne pas avoir reçu la décision de mainlevée, il appartenait à 
l’institution supplétive de prouver que cette dernière lui était parvenue et qu’elle 
contenait les justifications des montants réclamés ainsi que les mentions prévues 
par la loi.  

F. Par un courrier recommandé du 28 juin 2006, l’institution supplétive a indiqué 
que C______ SA n’allait pas chercher les envois recommandés qu’elle lui 
adressait et qu’il était téméraire de sa part de prétendre ne pas les avoirs reçus, 
ajoutant que, selon la jurisprudence, ces envois étaient réputés notifiés le dernier 
jour du délai de garde. Or, son courrier recommandé du 11 octobre 2005 avait 
bien été délivré, dès lors que La Poste ne le lui avait pas retourné. S’agissant de la 
validité de la commination de faillite, l’institution supplétive s’en est remis à la 
décision de la Commission de céans. Elle a joint à ses observations la preuve de la 
remise de son courrier recommandé du 11 octobre 2005 à La Poste.  

 Après avoir pris connaissance du rapport de l’Office, l’institution supplétive a 
produit, en date du 13 juillet 2006, la preuve que son envoi du 13 janvier 2006 

 

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contenant la décision de levée de l’opposition avait été retourné par la Poste avec 
la mention « non réclamé ».  

G. Suite à la consultation du dossier auprès du greffe de la Commission de céans, 
C______ SA a indiqué, par un courrier du 22 juillet 2006 signé par son 
administrateur M. E______, que celui-ci avait acheté la société C______ SA sans 
les passifs, que les décomptes de l’institution supplétive n’étaient pas clairs et que 
les courriers recommandés qu’elle lui adressait étaient retournés car il était 
souvent absent pendant plusieurs semaines et ne relevait pas son courrier. 
M. E______ a également indiqué avoir payé de bonne foi des cotisations qui ne le 
concernaient pas. Il a reproché à l’institution supplétive de ne pas avoir accepté sa 
démission. C______ SA a produit diverses pièces en annexe à son courrier, 
notamment des relevés de compte établis par l’institution supplétive.  

H. Par un recommandé du 31 juillet 2006, la Commission de céans a invité 
l’institution supplétive à lui communiquer, en complément aux pièces déjà versées 
au dossier, une copie du courrier que C______ SA lui avait adressé le 17 octobre 
2005 et de se déterminer sur sa légitimité à lever elle-même une opposition à un 
commandement de payer tendant au recouvrement de cotisations et frais.  

 Le 11 août 2006, l’institution supplétive a communiqué à la Commission de céans 
une copie du courrier de C______ SA et la preuve de la distribution de sa lettre 
signature du 11 octobre 2005 à C______ SA, et elle lui a fait savoir qu’elle était 
réputée autorité fédérale habilitée, depuis le 1er janvier 2005, à rendre des 
décisions assimilables à des jugements exécutoires, ajoutant qu’elle avait rendu 
durant quelques mois des décisions similaires à sa décision du 13 janvier 2006 
mais avait été informée par le Tribunal cantonal valaisan qu’elle ne pouvait pas 
lever elle-même l’opposition formée au commandement de payer. Elle a estimé 
que si la partie de sa décision du 13 janvier 2006 concernant la mainlevée 
définitive de l’opposition était nulle, l’autre partie de cette décision reconnaissant 
C______ SA débitrice du montant considéré gardait toute sa validité.  

E N   D R O I T  

1. La Commission de céans est compétente pour connaître des plaintes dirigées 
contre des mesures prises par des organes de l’exécution forcée qui ne sont pas 
attaquables par la voie judiciaire ou des plaintes fondées sur un prétendu déni de 
justice ou retard injustifié (art. 17 LP ; art. 10 al. 1 et art. 11 al. 2 LaLP ; art. 56R 
al. 3 LOJ). Il lui faut par ailleurs constater spontanément, indépendamment de 
toute plainte, la nullité de mesures contraires à des dispositions édictées dans 
l’intérêt public ou dans l’intérêt de personnes qui ne sont pas parties à la 
procédure (art. 22 al. 1 LP).  

Il ressort de la teneur de la plainte et de son complément qu’elle est dirigée contre 
une commination de faillite et même à la décision de l’Office, se situant juste en 

 

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amont d’une telle mesure, de donner suite à la réquisition de continuer la 
poursuite considérée. Il s’agit de mesures sujettes à plainte.  

En tant que débitrice poursuivie, la plaignante a qualité pour porter plainte contre 
la commination de faillite qui lui a été notifiée le 11 mai 2006 et l’acceptation de 
l’Office qu’elle implique de donner suite à la réquisition de continuer cette 
poursuite.  

La plainte a été formée en temps utile (art. 17 al. 2 LP) et satisfait aux exigences 
de forme et de contenu prescrites par la loi (art. 13 al. 1 et 2 LaLP).  

Elle est donc recevable.  

2.a. La mise en œuvre du droit public implique que les autorités administratives qui en 
sont chargées prennent des décisions conformément aux règles de procédure 
applicables, dont des décisions portant obligation de payer une somme d’argent ou 
de fournir des sûretés. Ces décisions-ci sont assimilées à des jugements et 
constituent donc des titres de mainlevée définitive, en vertu du privilège du 
préalable qui est reconnu aux autorités administratives eu égard au pouvoir de 
puissance publique qu’elles détiennent, ainsi que le précisent l’art. 80 al. 2 ch. 2 
s’agissant des décisions des autorités administratives de la Confédération et les 
art. 80 al. 2 ch. 3 et 55 al. 1 phr. 2 LPA s’agissant des décisions des autorités 
administratives visées par la LPA (DCSO/164/2005 consid. 2.a du 22 mars 2005 ; 
Pierre-Robert Gilliéron, Commentaire, ad art. 79 n° 28 ss ; Daniel Staehelin, in 
SchKG I, ad art. 80 n° 102 ss ; André Schmidt, in CR-LP, ad art. 80 n° 10 ; Benoît 
Bovay, Procédure administrative, Berne 2000, p. 295 s. ; Xavier Oberson, Droit 
fiscal suisse, 2ème éd. 2002, p. 485).  

Sous réserve de dispositions spéciales d’exécution forcée (art. 30 al. 2 LP), 
l’exécution des décisions de nature pécuniaire a cependant lieu conformément à la 
LP, comme le rappellent souvent les lois de procédure administrative (art. 40 de la 
loi fédérale sur la procédure administrative – RS 172.021 ; art. 55 al. 1 phr. 1 
LPA). Une poursuite qu’une autorité intente à cette fin se trouve donc suspendue 
en cas d’opposition formée au commandement de payer (art. 78 al. 1 LP) ; elle ne 
peut alors être continuée que si le poursuivant fonde sa réquisition sur une 
décision passée en force qui écarte expressément l’opposition (art. 79 al. 1 phr. 2 
LP).  

2.b. Les créanciers faisant valoir des prétentions de droit public et les créanciers 
faisant valoir des prétentions de droit privé sont en règle générale placés sur un 
pied d’égalité en matière d’exécution forcée (Pierre-Robert Gilliéron, La 
mainlevée administrative, « eine lächerliche Farce » ?, in Théorie du droit, Pierre 
MOOR, Berne 2005, p. 277 ss, 279 s.). Cette règle se traduit notamment par le fait 
que les charges fiscales ne doivent pas être prises en considération dans le calcul 
du minimum vital d’un poursuivi, sous réserve, en raison de leur mode de 
perception et non de leur nature, des impôts prélevés à la source (ATF 

 

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7B.221/2003 du 17 novembre 2003, in BlSchk 2004 p. 85 ; Michel Ochsner, in 
CR-LP, ad art. 90 n° 149 ss). Le privilège du préalable, qui confère à des autorités 
administratives le pouvoir de créer des titres de mainlevée définitive, ne 
représente pas à proprement parler une exception à ce principe d’égalité, car il est 
en lui-même exorbitant à la procédure d’exécution forcée. En revanche, l’art. 43 
LP, qui exclut la voie de la faillite pour le recouvrement d’impôts, contributions, 
émoluments, droits, amendes ou autres prestations de droit public dues à une 
caisse publique ou à un fonctionnaire, déroge à ce principe, en faveur des 
« caisses publiques » et des « fonctionnaires » créanciers de telles prétentions en 
tant que la continuation des poursuites que ces institutions de droit public et 
agents publics requièrent pour lesdites prétentions ne les met pas en concours avec 
l’ensemble des créanciers des débiteurs de ces dernières en dépit de leur qualité 
les exposant normalement à la faillite (art. 39 LP) ; cette disposition légale institue 
le privilège dit « du prince », qui revient à des autorités dont certaines ont déjà le 
privilège du préalable (Pierre-Robert Gilliéron, La mainlevée administrative, 
« eine lächerliche Farce » ?, déjà cité, p. 280 ; note de Pierre-Robert Gilliéron, in 
JdT 1994 II 42 ss, sur l’ATF 118 III 13 = JdT 1994 II 38 déniant à l’institution 
supplétive de prévoyance en faveur du personnel constituée sous forme de 
fondation la qualité de caisse publique au sens de l’art. 43 LP).  

 Au privilège du préalable (doublé ou non du privilège « du prince ») peut 
s’ajouter un autre avantage, celui de pouvoir lever des oppositions formées aux 
commandements de payer notifiés en vue de recouvrer des prétentions (Benoît 
Bovay, op. cit., p. 296 s.). Dans ces cas, la levée expresse de l’opposition exigée 
pour que la poursuite puisse être continuée intervient non par la voie de la 
procédure ordinaire au sens de l’art. 79 al. 1 phr. 1 LP, soit celle se déroulant 
devant le juge ordinaire - civil - de la mainlevée [à Genève le Tribunal de 
première instance (art. 20 al. 1 let. b LaLP)], mais par la voie de la procédure 
administrative, que ledit art. 79 al. 1 phr. 1 LP mentionne explicitement depuis la 
révision de la LP du 16 décembre 1994 entrée en vigueur le 1er juillet 1997. Cet 
art. 79 LP consacre la solution admise déjà antérieurement que la mainlevée des 
oppositions à des commandements de payer n’est pas du ressort exclusif du juge 
ordinaire de la mainlevée, mais qu’elle peut, pour des prétentions pécuniaires de 
droit public, être prononcée par la voie de la procédure administrative 
(ATF 128 III 38 consid. 2 = JdT 2001 II 81, rés. in SJ 2002 I 158; ATF 119 V 
329 ; 107 III 60).  

2.c. D’après André Schmidt (in CR-LP, ad art. 79 n° 22), seule une autorité 
administrative expressément habilitée à cette fin en vertu de la loi peut lever 
l’opposition, si bien que, sous-entendu faute de disposition l’y habilitant, 
l’institution supplétive LPP ne peut pas lever elle-même l’opposition formée par 
l’employeur. Daniel Staehelin (in SchKG-Ergänzungsband 2005, ad art. 79 n° 15 
in fine) exprime le même avis. Benoît Bovay (op. cit., p. 297) indique lui aussi 
que cette faculté est exclue pour les caisses de prévoyance professionnelle et 

 

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l’institution supplétive en cette matière, en faisant référence aux ATF 115 III 95, 
115 V 375 et 118 III 13.  

 Alors que - comme déjà indiqué (consid. 2.b) - ce dernier arrêt traite en réalité 
d’une autre question (soit celle de la qualité, déniée à ladite institution, de caisse 
publique au sens de l’art. 43 LP), l’ATF 115 III 95 conclut que l’institution 
supplétive au sens de l’art. 60 LPP ne peut pas, contrairement aux caisses-
maladie, lever elle-même l’opposition formée par l’employeur à la poursuite 
tendant au paiement des cotisations, en indiquant cependant que tel « pourrait être 
le cas si l’institution supplétive disposait d’un pouvoir de décision relatif non 
seulement à l’affiliation des employeurs, mais aussi aux cotisation » (consid. 2, 
p. 96 in fine) ; et l’ATF 115 V 375 retient que l’institution supplétive n’a pas le 
pouvoir de rendre des décisions de cotisations à l’encontre des employeurs affiliés 
d’office.  

 Depuis le 1er janvier 2005, date d’entrée en vigueur de la première révision de la 
LPP (RO 2004 1677), l’institution supplétive, réputée autorité administrative au 
sens de l’art. 1 al. 2 let. e PA (art. 54 al. 4 LPP), peut rendre des décisions afin de 
remplir les obligations prévues à l’al. 2 let. a et b et à l’art. 12 al. 2 LPP, et ces 
décisions-là sont assimilables à des jugements exécutoires au sens de l’art. 80 LP 
(art. 60 al. 2bis LPP). Le nouvel art. 60 al. 2bis LPP devait permettre à 
l’institution supplétive de « réclamer les contributions arriérées par voie de 
décision et si nécessaire requérir une mainlevée définitive », une telle décision 
devant « pouvoir constituer un titre de mainlevée définitive (…), ce qui facilite le 
recouvrement de la créance », y compris « pour la restitution de prestations indues 
et d’éventuelles prétentions en dommages-intérêts au sens de l’art. 12 LPP », étant 
ajouté que le « privilège ainsi conféré à l’institution supplétive se justifie par le 
fait que l’obligation d’affilier est imposée à cette institution supplétive par la loi » 
(FF 2000 2526 ; cf. aussi p. 2556). S’ils visent sans conteste le privilège du 
préalable, les travaux préparatoires ne font pas mention du privilège de lever des 
oppositions à des commandements de payer, que ne mentionne pas non plus un 
récent commentaire de la LPP (Hans-Ulrich Stauffer, Berufliche Vorsorge, 
Zurich/Bâle/Genève 2005, n° 1596 ; Hans-Ulrich Stauffer, Rechtsprechung des 
Bundesgerichts zur beruflichen Vorsorge, Zurich/Bâle/Genève 2006, p. 149).  

2.d. La question est dès lors de savoir si la faculté de lever l’opposition au 
commandement de payer se déduit du pouvoir de créer un titre de mainlevée 
définitive.  

 Juste avant d’affirmer la nécessité d’une habilitation légale expresse, André 
Schmidt (in CR-LP, ad art. 79 n° 21 in fine) dit que le privilège conféré à une 
administration de lever l’opposition « a été entériné par le législateur non 
seulement lors de la révision de la LP (adjonction à l’art. 79 al. 1 1re phrase de la 
voie « administrative »), mais également dans la promulgation de dispositions 
spécifiques d’autres lois, comme par ex. l’art. 40 PA, l’art. 57 al. 4 OTVA, 

 

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l’art. 48 ORTV (…) et l’art. 88 al. 2 LAMal ». Or, ces dispositions se bornent soit 
à conférer aux autorités visées le pouvoir précité du préalable stricto sensu (art. 40 
PA - RS 172.021), soit à instituer une procédure comportant le prononcé de 
décisions relatives à la perception, qui sont sujettes à recours auprès d’une 
instance supérieure (art. 48 al. 2 let. c et art. 50 al. 3 ORTV - RS 784.401), ou 
elles ont été abrogées (art. 88 al. 2 LAMal - RS 832.10 ; RO 1995 1328 - abrogé 
dès le 1er janvier 2003 par la loi fédérale sur la partie générale du droit des 
assurances sociales - LPGA - RS 830.1; art. 57 al. 4 OTVA, in RO 1994 II 1464, 
abrogée dès l’entrée en vigueur de la LTVA, sous réserve des cas où l’ancien droit 
doit encore s’appliquer en vertu de l’art. 93 LTVA - RS 631.20). A l’instar de 
l’art. 40 PA, l’art. 88 al. 2 LAMal se limitait à consacrer le principe du préalable 
stricto sensu, comme le fait actuellement l’art. 54 al. 2 LPGA, de même d’ailleurs 
que l’art. 57 al. 4 OTVA. En revanche, l’art. 57 al. 3 OTVA prévoyait que 
l’Administration fédérale des contributions était compétente pour la mainlevée de 
l’opposition. Actuellement, en matière de taxe sur la valeur ajoutée, la LTVA (RS 
641.20) prévoit, en faveur de l’Administration fédérale des contributions, tant le 
privilège du préalable stricto sensu (art. 69 al. 4 LTVA) que le privilège de lever 
les oppositions aux commandements de payer (art. 69 al. 3 phr. 1 LTVA), mais 
elle restreint la portée de ce privilège-ci en précisant que lorsqu’une décision 
valant titre de mainlevée au sens de l’art. 80 LP est entrée en force, c’est le juge 
de la  mainlevée du canton où a lieu la poursuite qui est compétent (art. 69 al. 3 
phr. 2 LTVA).  

 Dans un arrêt du 2 juillet 1981 qui précisait sa jurisprudence maintes fois 
confirmée que la caisse-maladie reconnue qui, sur opposition à la poursuite, avait 
fait reconnaître ses droits selon la voie prévue à l’art. 79 LP pouvait requérir la 
continuation de la poursuite sans avoir à passer par la procédure spéciale de 
mainlevée prévue à l’art. 80 LP, le Tribunal fédéral a exigé que le prononcé 
administratif se réfère désormais avec précision à la poursuite en cours et lève 
formellement l’opposition, totalement ou à concurrence d’un montant déterminé 
(ATF 107 III 60, dont la solution a été ancrée à l’art. 79 al. 1 phr. 2 LP ; cf. 
Message du Conseil fédéral concernant la révision de la LP, du 8 mai 1991, 
p. 75). Si cet arrêt a été rendu en matière d’assurance-maladie, le Tribunal fédéral 
n’y a pas moins raisonné en termes généraux, en disant notamment qu’aux 
prononcés civils sont assimilés les décisions et les jugements administratifs des 
autorités fédérales et des autorités du canton où se déroule la poursuite, que si ces 
actes ont été portés à la suite de l’opposition et satisfont aux conditions des art. 80 
al. 2 LP, ils permettent au créancier d’obtenir directement la continuation de la 
poursuite sans passer par la procédure de mainlevée et sans que le débiteur ne 
puisse lui opposer aucune des exceptions prévues par l’art. 81 LP (consid. 2a in 
fine). Après avoir apporté la précision évoquée ci-dessus, le Tribunal fédéral a 
ajouté que le législateur avait distingué et opposé deux voies ouvertes au créancier 
dont la poursuite est frappée d’opposition, celle de la procédure ordinaire, en 
principe l’action en reconnaissance de dette, et celle de la procédure sommaire et 

 

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incidente de mainlevée, pour indiquer qu’on voyait mal quels seraient le sens et la 
portée pratique de l’art. 79 LP si le créancier qui, sur opposition à sa poursuite, 
agit par la voie ordinaire devait toujours procéder ultérieurement selon l’art. 80 
LP ; il a dit explicitement que la compétence reconnue au juge civil saisi de 
l’action en reconnaissance de dette de prononcer la mainlevée de l’opposition 
devait aussi être reconnue aux autorités et tribunaux administratifs de la 
Confédération ou du canton du for de la poursuite « dans la mesure où le droit 
fédéral ou cantonal attribue force exécutoire à leurs décisions portant sur le 
paiement d’une somme d’argent » (consid. 3 ; cf. ATF 119 V 329 sur la manière 
de procéder, relativement aux exceptions conférées au débiteur par l’art. 81 al. 2 
LP, lorsque la continuation de la poursuite est requise après la décision de 
l’administration ou d’une autorité de recours d’un autre canton).  

 Dans un arrêt du 5 novembre 2001 (ATF 128 III 39 = JdT 2001 II 81 et rés. in 
SJ 2002 I 158 ; cf. aussi ATF 130 III 524), le Tribunal fédéral a reconnu à Billag 
SA, soit l’organe suisse d’encaissement des redevances de réception des 
programmes de radio et de télévision pour le compte de la Confédération suisse, la 
compétence non seulement de rendre une décision portant condamnation à payer 
une somme d’argent, mais aussi de lever elle-même l’opposition formée à une 
poursuite qu’elle a intentée en vue de recouvrer une telle somme (DCSO/164/05 
consid. 4.a du 22 mars 2005 ; DCSO/584/04 consid. 2 du 29 novembre 2004 ; 
DCSO/298/04 consid. 2 du 27 mai 2004 ; Walter A. Stoffel, Voies d’exécution, 
§ 4 n° 132 note 55). Or, Billag SA est une personne morale de droit privé ayant 
qualité d’autorité administrative, dotée d’un pouvoir décisionnaire par des 
dispositions (au surplus du rang d’ordonnance) qui ne prévoient pas explicitement 
cette déduction ou extension du privilège du préalable stricto sensu qu’est le 
pouvoir de prononcer la mainlevée de l’opposition au commandement de payer.  

 Pour les décisions portant obligation de payer une somme d’argent que 
l’institution supplétive peut prendre en vertu de l’art. 60 al. 2bis LPP, la procédure 
comporte ensuite un recours à une Commission fédérale de recours (art. 74 al. 2 
let. c LPP), puis un recours de droit administratif au Tribunal fédéral (art. 74 al. 4 
LPP). Il s’agit d’une procédure très semblable à celle qui est prévue pour les 
redevances de réception des programmes de radio et de télévision (DCSO/164/05 
consid. 4.b du 22 mars 2005).  

2.e. Il est vrai que le pouvoir conféré à une administration de lever l’opposition au 
commandement de payer dans la poursuite qu’elle a requise contre un particulier 
est critiqué par plusieurs auteurs au regard des art. 29 al. 1 et 30 al. 1 Cst. féd. - et, 
depuis le 1er janvier 2007, de l’art. 29a Cst. féd. - ainsi que de l’art. 6 § 1 CEDH, 
qui veulent que nul ne puisse être à la fois juge et partie (cf. not. André Schmidt, 
in CR-LP, ad art. 79 n° 21 ; Daniel Staehelin, in SchKG I, ad art. 79 n° 14, et 
SchKG-Ergänzungsband 2005, ad art. 79 n° 14 ; Kurt Amonn / Fridolin Walther, 
Grundriss, 7ème éd. 2003, § 19 n° 15a ;  Pierre-Robert Gilliéron, Commentaire, ad 
art. 79 n° 34 ss ; Pierre-Robert Gilliéron, La mainlevée administrative, « eine 

 

 - 10 - 

lächerliche Farce » ?, déjà cité, p. 277 ss ; Pierre-Robert Gilliéron, Les garanties 
de procédure dans l’exécution  forcée ayant pour objet une somme d’argent ou des 
sûretés à fournir. Le cas des prétentions de droit public, in SJ 2003 II 361). Le 
Tribunal fédéral a cependant jugé, en dépit de ces critiques, que lorsque les 
obligations pécuniaires considérées ont un caractère civil au sens large où l’entend 
l’art. 6 § 1 CEDH, le fait que ces autorités-ci soient juge et partie ne rend pas le 
système incompatible avec cette norme de rang constitutionnel, dans la mesure où 
les exigences d’impartialité et d’indépendance que pose cette dernière sont 
respectées, tant pour les décisions sur le fond que pour la levée des oppositions, 
par l’organisation d’une procédure adéquate comportant des possibilités de 
contestation auprès d’au moins une instance judiciaire statuant avec un plein 
pouvoir d’examen (ATF 121 V 109 consid. 3c en matière de cotisations aux 
régimes d’assurances sociales). L’exercice d’un pouvoir décisionnaire est à vrai 
dire le propre d’une procédure administrative, sous réserve du contentieux sur 
action ; la garantie de voir sa cause jugée par une autorité judiciaire se traduit par 
l’ouverture de voies de recours permettant de soumettre le litige à un tribunal 
indépendant et impartial.  

 De son côté, dans une décision précisant ce qu’est « l’introduction de la procédure 
(…) administrative » suspendant le délai de péremption du droit de requérir la 
continuation de la poursuite au sens de l’art. 88 al. 2 LP (DCSO/164/05 
consid. 2.e du 22 mars 2005 ; cf. consid. 3.c), la Commission de céans a relevé 
incidemment que le pouvoir décisionnaire que détient l’autorité administrative 
porte premièrement sur le fond de la prétention et ne naît pas seulement au 
moment où une opposition serait formée au commandement de payer que ladite 
autorité fait notifier pour recouvrer le montant dû, si bien qu’en principe, 
lorsqu’elle entame une poursuite (autre est la situation en matière de faillite), 
l’autorité administrative a ou devrait avoir déjà pris une décision sur le fond de la 
prétention, et ainsi est ou devrait être déjà titulaire d’un titre de mainlevée 
définitive, car si le droit de l’exécution forcée permet d’intenter des poursuites 
sans que la prétention à recouvrer ne soit établie, on voit mal qu’une autorité 
administrative entame une procédure d’exécution forcée à l’encontre d’un 
administré auquel elle n’aurait pas fait préalablement obligation de payer la 
somme d’argent considérée en application des normes qu’elle est chargée de 
mettre en œuvre. Cela reviendrait à admettre - a-t-elle ajouté - que l’autorité 
administrative essaie en quelque sorte d’encaisser des sommes d’argent de la part 
d’administrés en leur envoyant des factures et des rappels et en leur faisant 
notifier des commandements de payer, mais ne se prononce sur le bien-fondé de 
ses prétentions qu’en cas d’opposition à une poursuite entamée, soit bien après 
l’envoi de la facture et seulement si le poursuivi fait opposition, procédé qui, pour 
tous les administrés qui payeraient la prétention émise à réception de la facture ou 
de rappels ou qui ne feraient pas opposition à un commandement de payer, ferait 
peu cas de l’importance des exigences de motivation et d’indication des délai et 
voie de recours en tant qu’éléments propres à leur permettre de contester les 

 

 - 11 - 

décisions les concernant. Cette remarque conserve sa valeur, mais elle ne 
constitue pas en elle-même une objection suffisante à l’octroi du privilège de 
prononcer la mainlevée de l’opposition aux administrations détenant le privilège 
du préalable stricto sensu [cf. dans ce contexte les ATF 121 V 109 consid. 3c et 
ATF 119 V 329 consid. 2b in fine = JdT 1997 II 2, où le Tribunal fédéral n’a 
évoqué que l’hypothèse d’une décision simultanée sur le fond et la levée de 
l’opposition, et l’ATF 109 V 46, où il a indiqué qu’une « voie couramment 
utilisée dans la pratique est celle de la poursuite préalable à la décision, cette 
dernière étant la conséquence de l’opposition au commandement de payer », ce 
qui « conduit la caisse à rendre une décision qui sera définitive et exécutoire soit 
parce qu’elle n’est pas contestée, soit parce qu’elle aura été confirmée en tout ou 
partie par le juge des assurances sociales » (ATF 109 V 46 consid. 3c), ajoutant 
qu’en cas de décision précédant la poursuite, il incombe « à la caisse poursuivante 
de solliciter du juge un prononcé de mainlevée définitive avant qu’elle ne puisse 
requérir la continuation de la poursuite », ledit juge ordinaire pouvant être non le 
juge civil mais le juge des assurances sociales ; cf. Daniel Staehelin, in SchKG I, 
ad art. 79 n° 16 s. et ad art. 80 n° 101 in fine, qui précise que si l’autorité 
administrative a déjà rendu une décision avant l’introduction de la poursuite, elle 
ne saurait prononcer elle-même la mainlevée mais doit s’adresser à cette fin au 
juge de la mainlevée ; André Schmidt, in CR-LP, ad art. 79 n° 23)].  

2.f. Dans un jugement du 24 avril 2006 déniant à l’institution supplétive le pouvoir de 
prononcer elle-même la mainlevée de l’opposition - jugement que l’institution 
supplétive a communiqué à la Commission de céans à la suite de l’invitation que 
celle-ci lui avait faite de se déterminer sur son habilitation à lever elle-même 
l’opposition au commandement de payer -, l’autorité supérieure de surveillance en 
matière de LP du canton du Valais a relevé que « le législateur a clairement voulu, 
s’agissant des cotisations, mettre les institutions supplétives sur le même pied 
(art. 60 al. 3 LPP), et notamment en instituant la même voie de recours contre 
leurs décisions en cette matière (art. 73 al. 1 LPP ; ATF 115 III 95) », et elle a 
jugé que la décision de mainlevée définitive rendue par l’institution supplétive, 
ayant servi à l’établissement de la commination de faillite, ne satisfaisait pas aux 
exigences des art. 6 § 1 CEDH et des art. 29 et 30 Cst. féd.  

 Une spécificité propre à la prévoyance professionnelle est certes que l’institution 
supplétive ne doit bénéficier d’aucun privilège pouvant entraîner des distorsions 
de la concurrence (art. 60 al. 3 LPP). Insérée dès l’origine dans la LPP, 
contrairement à l’art. 60 al. 2bis LPP entré en vigueur quant à lui le 1er janvier 
2005, cette disposition répond à la préoccupation que l’institution supplétive ne 
soit pas plus attractive que les institutions de prévoyance et ne les concurrence pas 
indûment grâce à une position privilégiée d’un point de vue économique, en 
particulier qu’elle fournisse les mêmes prestations et garanties que les institutions 
de prévoyance et ne reçoive aucune contribution des pouvoirs publics (cf. 
Message du Conseil fédéral à l’appui du projet de LPP, du 19 décembre 1975 ; 
Hans-Ulrich Stauffer, Berufliche Vorsorge, déjà cité, n° 1588 ss). La connotation 

 

 - 12 - 

économique de la ratio legis de cette disposition, dans sa version allemande, 
s’exprime par les mots « wettbewerbsverzerrenden Vergünstigungen ».  

 Au surplus, l’argument que la mise sur pied d’égalité de l’institution supplétive 
avec les institutions de prévoyance professionnelle s’est faite « notamment en 
instituant la même voie de recours contre leurs décisions en cette matière » ne 
convainc pas, puisque ce sont au contraire des voies de recours différentes qui 
sont ouvertes pour contester les décisions ou prétentions respectivement de 
l’institution supplétive et des institutions de prévoyance. Alors que les décisions 
que l’institution supplétive prend notamment en application de l’art. 60 al. 2bis 
LPP sont sujettes à recours auprès de la Commission de recours indépendante de 
l’administration instituée en vertu de l’art. 74 LPP, dont la décision sur recours 
peut ensuite être déférée au Tribunal fédéral par la voie du recours de droit 
administratif (art. 74 al. 4 LPP), le contentieux opposant une institution de 
prévoyance à un employeur par exemple à propos de cotisations relève du tribunal 
que les cantons doivent désigner en application de l’art. 73 al. 1 LPP - soit à 
Genève le Tribunal cantonal des assurances sociales (art. 56V al. 1 let. b LOJ) - , 
tribunal dont les décisions peuvent ensuite faire l’objet d’un recours de droit 
administratif au Tribunal fédéral des assurances (art. 73 al. 4 LPP). Il semble au 
surplus que la décision valaisanne précitée ait compris l’art. 60 al. 3 LPP comme 
mettant « les institutions supplétives » (au pluriel) sur un pied d’égalité (sous-
entendu « entre elles »), alors qu’il n’y a qu’une institution supplétive (organisée 
en plusieurs agences) et que cette disposition légale interdit de la faire bénéficier 
de privilèges par rapport aux institutions de prévoyance.  

 On ne saurait déduire de l’art. 60 al. 3 LPP que le privilège du préalable stricto 
sensu que l’art. 60 al. 2bis LPP confère à l’institution supplétive depuis le 1er 
janvier 2005 ne s’étend pas au pouvoir de prononcer la mainlevée d’opposition.  

2.f. En conclusion, depuis le 1er janvier 2005, donc postérieurement aux ATF 
115 III 95 et 115 V 375 précités (consid. 2.c), la situation de l’institution 
supplétive apparaît si semblable à celle de Billag SA dans la perspective 
considérée ici et les arrêts précités du Tribunal fédéral ont une portée si générale, 
excédant le cercle des caisses-maladie, qu’il ne paraît pas y avoir de raison de 
dénier à l’institution supplétive la compétence de prononcer elle-même la 
mainlevée de l’opposition en même temps que, à la suite d’une opposition formée 
à un commandement de payer notifié pour en obtenir le paiement, elle statue dans 
les limites du pouvoir décisionnaire que lui reconnaît l’art. 60 al. 2bis LPP sur des 
contributions qui lui sont dues, sauf - ce que la Commission de céans ne voit pas 
de motifs suffisants de faire - à s’arrêter aux considérations dogmatiques 
rappelées ci-dessus (consid. 2.e), écartées par le Tribunal fédéral.  

3.a. En l’espèce, c’est donc à bon droit que l’institution supplétive, par sa décision du 
13 janvier 2006, a levé elle-même l’opposition formée au commandement de 
payer n° 05 xxxx74 L  dès lors qu’elle décidait simultanément que la plaignante 

 

 - 13 - 

était débitrice de la somme considérée et donc que ladite opposition n’était pas 
fondée (à concurrence de la somme admise).  

 La plaignante fait toutefois valoir que les courriers de l’institution supplétive ne 
lui ont pas été expédiés à la bonne adresse. Elle n’a pas retiré la lettre signature 
par laquelle ladite institution lui a expédié cette décision du 13 janvier 2006, qui a 
donc été retournée à l’institution supplétive.  

3.b. L’opposition à un commandement de payer arrête la poursuite, qui s’éteint si elle 
n’est pas réactivée dans un certain délai, soit plus précisément si une procédure de 
mainlevée n’est pas introduite à temps. La procédure de mainlevée représente une 
nouvelle procédure, à l’ouverture de laquelle le poursuivi ayant formé opposition 
n’est pas tenu de s’attendre avec suffisamment de vraisemblance pour être tenu, 
en vertu de son devoir de se comporter de bonne foi, de faire en sorte que l’acte 
ouvrant la procédure de mainlevée puisse lui être notifié. La fiction de la 
notification à l’échéance du délai de garde ne vaut pas à l’égard d’un tel acte ; 
cette fiction n’est en effet pas applicable à la notification d’un acte ouvrant une 
procédure, mais seulement aux notifications consécutives intervenant dans le 
cours de la procédure officiellement ouverte, donc connue de la partie en cause, le 
devoir procédural de s’attendre à recevoir la notification d’actes officiels naissant 
avec l’ouverture d’une procédure et valant pendant toute la durée de la procédure 
(cf. la jurisprudence citée in ATF 130 III 396 consid. 1.2.3 : ATF 2A.429/2002 du 
8 octobre 2002 consid. 1 ; ATF 123 III 492 consid. 1 p. 493 ; ATF 120 III 3 
consid. 1d ; ATF 119 V 89 consid. 4b/aa p. 94).  

 Dans un arrêt du 3 juin 2004, le Tribunal fédéral a jugé que le prononcé de la 
mainlevée d’opposition par l’administration elle-même (dans ce cas une caisse-
maladie) ouvrait une nouvelle procédure. Tel était le cas dans l’affaire considérée, 
dans laquelle, d’après les faits de la cause, la caisse-maladie avait levé elle-même 
l’opposition à un commandement de payer par une décision notifiée par une lettre 
signature non retirée n’ayant pas été précédée d’un acte ouvrant la procédure de 
mainlevée d’opposition (ATF 130 III 396 = JdT 2005 II 87).  

3.c. Toutefois, en vertu du droit constitutionnel d’être entendu (art. 29 al. 2 Cst), une 
procédure en matière de mainlevée d’opposition comporte nécessairement l’offre 
au poursuivi de la faculté de faire valoir ses moyens de défense, dans les limites 
compatibles avec une procédure sommaire (art. 25 ch. 2 let. a LP ; art. 20 al. 1 
let. b LaLP ; art. 347 LPC ; Pierre-Robert Gilliéron, Commentaire, ad art. 25 
n° 23 ; Urs Engler, in SchKG I, ad art. 25 n° 11). C’est vrai aussi, le cas échéant, 
pour une procédure administrative de levée d’opposition. Mais lorsque c’est 
l’autorité administrative qui lève l’opposition, il n’est pas nécessaire que le 
poursuivi soit convoqué à une audience ; la procédure administrative est en règle 
générale écrite (art. 18 LPA). L’autorité poursuivante doit en revanche ouvrir la 
procédure par une démarche formelle, qui ne saurait n’être qu’interne mais doit 
s’extérioriser à l’égard du poursuivi, surtout si celui-ci, comme c’est son droit, n’a 

 

 - 14 - 

pas motivé son opposition ; cette démarche doit comporter, en termes 
suffisamment clairs, une invitation au poursuivi à faire valoir ses moyens de 
défense, dans un délai déterminé, qui peut être assez bref. Cet envoi introduit la 
procédure administrative conduisant le cas échéant à la mainlevée de 
l’opposition ; c’est lui qui suspend le délai d’une année de péremption du 
commandement de payer (art. 88 al. 2 phr. 2 LP ; DCSO/164/05 consid. 3 du 
22 mars 2005).  

 Or, en l’espèce, l’institution supplétive a suivi une procédure correcte. Par une 
lettre signature du 11 octobre 2005, que la plaignante a bien reçue (comme cela 
est attesté tant par la feuille de distribution de cette lettre signature produite par 
l’institution supplétive que par le fait que la plaignante a répondu à ce courrier le 
17 octobre 2005), elle a sommé la plaignante de justifier par écrit son opposition 
au commandement de payer ou de la retirer, en lui précisant que si l’opposition 
n’était pas justifiée dans le délai imparti à cette fin, elle rendrait une décision 
assimilable à un jugement exécutoire au sens de l’art. 80 LP. C’est ce courrier qui 
a ouvert la procédure administrative d’opposition, et, notamment, mis la 
plaignante dans la situation d’avoir à s’attendre à la notification d’une décision de 
mainlevée de l’opposition de la part de l’institution supplétive.  

 La plaignante ne saurait donc se prévaloir avec succès de la jurisprudence 
susmentionnée. Officiellement au courant de l’ouverture de la procédure 
administrative de mainlevée de l’opposition qu’elle avait formée, elle était tenue 
de prendre les mesures nécessaires à la bonne réception des courriers et décisions 
qui lui seraient adressés dans le cours de cette procédure. Elle ne pouvait se 
permettre ainsi, à sa guise, de ne pas chercher les lettres que lui adressait 
l’institution supplétive, en particulier la lettre signature du 13 janvier 2006. Il 
n’était pas acceptable que, comme elle l’a écrit le 22 juillet 2006 à la Commission 
de céans, la plaignante ne relève pas son courrier et s’absente pendant plusieurs 
semaines sans prendre de mesures propres à garantir une bonne réception des 
courriers et décisions de l’institution supplétive.  

3.d. Les courriers que l’institution supplétive a adressés à la plaignante, dont la 
décision du 13 janvier 2006 comportant le prononcé de la mainlevée de 
l’opposition au commandement de payer considéré, ont été expédiés à la bonne 
adresse, soit à celle qui figure au registre du commerce (rue C______ à Genève). 
Plusieurs courriers expédiés à cette adresse tant par l’institution supplétive que par 
la Commission de céans sont d’ailleurs effectivement parvenus à la plaignante, 
dont la lettre signature précitée du 11 octobre 2005 ouvrant la procédure 
administrative de mainlevée d’opposition. C’est enfin bien la plaignante, et non 
son administrateur personnellement, que ladite procédure concernait, au même 
titre que la présente procédure de plainte.  

3.e. La décision de mainlevée de l’opposition du 13 janvier 2006 doit donc être 
réputée avoir été notifiée valablement à la plaignante à l’échéance du délai de 

 

 - 15 - 

garde. Il est par ailleurs constant qu’elle n’a pas fait l’objet d’un recours et est 
devenue définitive et exécutoire.  

 L’Office devait donc considérer, ainsi qu’il l’a fait, que l’opposition formée au 
commandement de payer avait été levée par une décision définitive et exécutoire, 
et, partant, donner suite à la réquisition de continuer la poursuite considérée, en 
l’espèce par la notification d’une commination de faillite dès lors que la 
plaignante est une société anonyme, sujette en tant que telle à la faillite (art. 39 
al. 1 ch. 8 LP), et que l’institution supplétive n’est pas une caisse publique au sens 
de l’art. 43 ch. 1 LP en dépit de sa qualité d’autorité administrative habilité à 
prendre des décisions (consid. 2.b ; ATF 118 III 13 = JdT 1994 II 38 ; 
DCSO/733/05 consid. 4 du 30 novembre 2005 ; Pierre-Robert Gilliéron, 
Commentaire, ad art. 43 n° 48 s. ; Dominique Rigot, in CR-LP, ad art. 43 n° 18).  

4. La présente plainte est mal fondée. Elle sera rejetée.  

 La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 1 phr. 1 LP ; art. 61 al. 2 let. a 
OELP). Il ne peut être alloué aucun dépens (art. 62 al. 2 OELP).  

5. Il se justifie de notifier la présente décision aussi à l’Office fédéral des assurances 
sociales.  

*  *  *  *   

 

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P A R   C E S   M O T I F S ,  

L A   C O M M I S S I O N   D E   S U R V E I L L A N C E    

S I É G E A N T   E N   S E C T I O N   :  

A la forme : 

1. Déclare recevable la plainte A/1872/2006 formée le 19 mai 2006 par C______ SA 
contre la commination de faillite qui lui a été notifiée le 11 mai 2006 sur 
réquisition de la Fondation institution supplétive LPP dans la poursuite 
n° 05 xxxx74 L et l’acceptation par l’Office des poursuites de donner suite à la 
réquisition de continuer cette poursuite.  

Au fond : 

2. La rejette.  

 

Siégeant : M. Raphaël MARTIN, président ; MM. Didier BROSSET et Philipp 
GANZONI, juges assesseurs.  

 

Au nom de la Commission de surveillance : 

 

 Cendy RENAUD Raphaël MARTIN 

 Commise-greffière :   Président : 

 
 

 
 
 
 
 
 
 
La présente décision est communiquée par courrier A à l’Office concerné et par lettre 
signature aux autres parties par la greffière le