# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** da440bff-d551-520e-9e8e-23ac252b921a
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2008-12-18
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 18.12.2008 RR.2008.98
**Docket/Reference:** RR.2008.98
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_RR-2008-98_2008-12-18

## Full Text

Entraide judiciaire internationale en matière pénale à la France
Remise de moyens de preuves (art. 74 EIMP);;Entraide judiciaire internationale en matière pénale à la France
Remise de moyens de preuves (art. 74 EIMP);;Entraide judiciaire internationale en matière pénale à la France
Remise de moyens de preuves (art. 74 EIMP);;Entraide judiciaire internationale en matière pénale à la France
Remise de moyens de preuves (art. 74 EIMP)

Arrêt du 18 décembre 2008 
IIe Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Cornelia Cova, prési-
dente, Giorgio Bomio et Jean-Luc Bacher,  
le greffier David Glassey  

   

Parties  1. A., 
 
2. B.,  
 
tous deux représentés par Me Fabio Spirgi, avocat,  

recourants 
 

 contre 
   
  JUGE D'INSTRUCTION DU CANTON DE GENÈVE,  

partie adverse 
 

   

Objet  Entraide judiciaire internationale en matière pénale à 
la France 
 
Remise de moyens de preuves (art. 74 EIMP) 

 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéro de dossier:  RR.2008.98-99 
 
 
 

 

 

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Faits: 
 

A. Le 3 août 2005, le Juge d’instruction près le Tribunal de Grande Instance 
de Paris a adressé une commission rogatoire aux autorités suisses, dans le 
cadre d’une enquête ouverte contre plusieurs personnes – notamment 
contre des dirigeants de la société C. – soupçonnées d’avoir commis des 
délits d’initiés en relation avec le titre la société D.. 

 
 
B. A l’origine active dans la fourniture de cartes téléphoniques prépayées, la 

société D. a été introduite sur le Nouveau Marché de la Bourse de Paris le 
29 mars 1999. Son activité s’est élargie le 7 février 2000, après la signature 
d’un accord avec la société E. concernant la commercialisation de packs 
de téléphones mobiles. Le 21 décembre 2000, la Commission des Opéra-
tions de Bourse (ci-après: COB) a ouvert une enquête sur le marché du ti-
tre de la société D., après avoir constaté d’importants achats d’actions 
avant le 10 février 2000, date de l’annonce de la signature du contrat entre 
la société E. et la société D.. Les investigations de la COB ont fait apparaî-
tre que plusieurs personnes liées aux dirigeants de la société D. – notam-
ment des membres de la famille du directeur de cette société – sont inter-
venues sur le titre dans les jours précédant le 10 février 2000. Les autorités 
françaises ont par ailleurs des raisons de croire qu’une information privilé-
giée a été utilisée par un groupe d’investisseurs liés à la société C. et à la 
banque suisse F., devenue par la suite G.. La banque précitée est en effet 
intervenue massivement dans l’achat du titre de la société D. à partir du 
7 février 2000, notamment par l’intermédiaire de la société C.. Elle aurait 
ainsi acquis près de 40'000 titres entre le 7 et le 10 février 2000, puis réali-
sé un bénéfice supérieur à € 800'000.-- à l’occasion de leur revente entre le 
14 et le 15 février 2000. La demande d’entraide du 3 août 2005 tendait no-
tamment à l’identification des clients de la banque F. bénéficiaires des opé-
rations réalisées durant cette période, plus particulièrement ceux suivis par 
H., gérant de la société C.. 

 
 
C. Le 11 octobre 2007, le Juge d’instruction du canton de Genève (ci-après: le 

juge d’instruction) a transmis au mandataire des époux A. et B. un courrier 
de la banque G. caviardé du 7 août 2006 contenant la liste des comptes 
bénéficiaires des actions de la société D. – au rang desquels le compte 
n° 1  «I.» – dont il envisageait de transmettre la documentation bancaire 
pertinente aux autorités françaises. Dans le même courrier, le juge 
d’instruction lui impartissait un délai pour se déterminer à ce sujet (act. 1.7). 
A. et B. ont transmis leur détermination le 13 novembre 2007 (act. 1.8). 

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D. Le 1er avril 2008, le juge d’instruction a ordonné la transmission à l’autorité 
requérante du courrier du 7 août 2006 précité, des avis d’achat y relatifs et 
d’un procès-verbal d’audition de H. du 5 juillet 2005. 

 
 
E. A. et son épouse B. ont formé recours contre cette décision par acte unique 

daté du 30 avril 2008, concluant au refus de l’entraide (act. 1). L’Office fé-
déral de la justice et le juge d’instruction concluent au rejet du recours (act. 
7 et 8). 

 
Les arguments et moyens de preuves invoqués par les parties seront repris 
si nécessaire dans les considérants en droit.  
 
 
 
La Cour considère en droit: 
 

1.  
1.1 En vertu de l’art. 28 al. 1 let. e ch. 1 LTPF, mis en relation avec les art. 80e 

al. 1 EIMP et 9 al. 3 du Règlement du Tribunal pénal fédéral du 20 juin 
2006 (RS 173.710), la IIe Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral est 
compétente pour connaître des recours dirigés contre les décisions de clô-
ture de la procédure d’entraide rendues par l’autorité cantonale 
d’exécution. 

 
1.2 L'entraide judiciaire entre la République française et la Confédération est 

régie par la Convention européenne d’entraide judiciaire en matière pénale 
(CEEJ; 0.351.1), entrée en vigueur pour la Suisse le 20 mars 1967 et pour 
la France le 21 août 1967, ainsi que par l'accord bilatéral complétant cette 
convention (RS 0.351.934.92; ci-après: l’accord bilatéral), conclu le 28 oc-
tobre 1996 et entré en vigueur le 1er mai 2000.  

 
1.3 Le 27 novembre 2008, le Conseil de l’Union européenne a décidé la mise 

en œuvre de la totalité des accords bilatéraux d’association de la Suisse à 
l’Espace Schengen et à l’Espace Dublin à compter du 12 décembre 2008 
(Journal officiel de l’Union européenne L 327 du 5 décembre 2008, p. 15 à 
17). Selon la jurisprudence constante, le droit applicable à l’entraide inter-
nationale est celui en vigueur au moment de la décision. Le caractère ad-
ministratif de la procédure d’entraide exclut l’application du principe de la 
non-rétroactivité (ATF 122 II 422 consid. 2a; 112 Ib 576 consid. 2; 109 Ib 
62 consid. 2a, 157 consid. 3b; arrêt du Tribunal fédéral 1A.96/2003 du 
25 juin 2003, consid. 2.2; TPF RR.2007.178 du 29 novembre 2007, consid. 

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4.3). Il en découle qu’en vertu des art. 2 ch. 1 et 15 ch. 1 de l’Accord du 
26 octobre 2004 entre la Confédération suisse, l’Union européenne et la 
Communauté européenne sur l’association de la Suisse à la mise en œu-
vre, à l’application et au développement de l’acquis Schengen 
(RS 0.360.268.1; ci-après: l’Accord Schengen), en matière d’entraide, sont 
également applicables les art. 48 ss de la Convention d’application de 
l’Accord Schengen du 14 juin 1985 (ci-après: CAAS) entre les gouverne-
ments des Etats de l’Union économique Benelux, de la République fédérale 
d’Allemagne et de la République française relatif à la suppression graduelle 
des contrôles aux frontières communes (n° CELEX 42000A0922(02); Jour-
nal officiel de l’Union européenne L 239 du 22 septembre 2000, p. 19 à 62). 

 
1.4 Dans la mesure où l’entrée en vigueur des dispositions pertinentes de la  

CAAS ne comporte guère, en l’espèce, de changement substantiel des 
conditions d’octroi de l’entraide à l’Etat requérant par rapport au droit 
conventionnel (cf. consid. 1.2), un échange d’écriture supplémentaire affé-
rent au droit applicable n’a pas été nécessaire. 

 

1.5 Pour le surplus, l'EIMP et son ordonnance d'exécution (OEIMP; RS 351.11) 
règlent les questions qui ne sont pas régies, explicitement ou implicitement, 
par les traités (ATF 130 II 337 consid. 1 p. 339; 128 II 355 consid. 1 p. 357 
et la jurisprudence citée). Le droit interne s'applique en outre lorsqu'il est 
plus favorable à l'octroi de l’extradition que la Convention (ATF 122 II 140 
consid. 2 et les arrêts cités). Le respect des droits fondamentaux est réser-
vé (ATF 123 II 595 consid. 7c p. 617).  

 
1.6 En leur qualité de co-titulaires du compte n° 1 (act. 1.7, dernière page), les 

recourants ont la qualité pour recourir contre la transmission à l’autorité 
française de la documentation bancaire relative à ce compte (art. 80h EIMP 
et art. 9a let. a OEIMP; ATF 126 II 258 consid. 2d/aa p. 260; 125 II 356 
consid. 3b/bb p. 362; 123 II 161 consid. 1d/aa p. 164; 122 II 130 consid. 2a 
p. 132/133).  

 
1.7 Les recourants prétendent être habilités à recourir contre la transmission 

du procès-verbal d'audition de H.. Une telle faculté est reconnue au titulaire 
du compte uniquement si la transmission du procès-verbal équivaut maté-
riellement à la remise de la documentation bancaire (ATF 124 II 180 
consid. 2b p. 182). En l'occurrence, H. a déclaré avoir présenté A. à la ban-
que F.; il a également fait état d’un ordre écrit de transfert par le débit du 
compte «I.» qu’il aurait donné, vraisemblablement, après avoir obtenu télé-
phoniquement l’aval de A. (loc. cit., p. 456). De telles indications qui ne pré-
cisent pas les références du compte des recourants, ni le détail des opéra-

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tions, ne paraissent pas utilisables directement comme le seraient les do-
cuments d'ouverture, les extraits de compte et les justificatifs (v. Arrêt du 
Tribunal fédéral 1A.243/2002 du 15 janvier 2003, consid. 1). La question 
peut toutefois rester indécise en l’espèce. Il est en effet constant que la 
qualité pour recourir contre la transmission équivalant à la remise de la do-
cumentation bancaire du procès-verbal d'audition d’un tiers témoin n’est 
pas reconnue au titulaire de ce compte bancaire, lorsque la documentation 
y relative est transmise à l'Etat requérant au terme de la procédure d'en-
traide (Arrêt du Tribunal fédéral 1A.59/2005 du 26 avril 2005, consid. 3.3 et 
les références citées). En l'occurrence, la documentation relative au 
compte au sujet duquel le témoin a fait des déclarations a été transmise à 
l'Etat requérant selon la décision de clôture du 1er avril 2008. Les griefs di-
rigés contre celle-ci devant être rejetés (ci-dessous consid. 2 à 4), les re-
courants ne disposent plus d'un intérêt digne de protection à s'opposer à la 
transmission du procès-verbal consignant ces déclarations. Les recourants 
n'étant pas habilités à s'opposer à la remise du procès-verbal d’audition de 
H., ils n'ont partant pas qualité pour se plaindre du fait que le juge 
d’instruction ait omis de mentionner ledit procès-verbal dans sa lettre du 11 
octobre 2007 (cf. supra let. C). 

 
2. Les recourants se plaignent d’une violation du principe de la double incri-

mination. Selon eux, la signature d’un contrat entre la société E. et la socié-
té D. ne saurait être qualifiée de «fait confidentiel» au sens de l’art. 161 al. 
3 CP.  

 
2.1 La remise de documents bancaires est une mesure de contrainte au sens 

de l’art. 63 al. 2 let. c EIMP, qui ne peut être ordonnée, selon l’art. 64 al. 1 
EIMP mis en relation avec la réserve faite par la Suisse à l’art. 5 ch. 1 let. a 
CEEJ, que si l’état de faits exposé dans la demande correspond aux élé-
ments objectifs d’une infraction réprimée par le droit suisse. De même, à 
teneur de l’art. VIII let. a de l’accord bilatéral, l’entraide judiciaire consistant 
en une mesure coercitive quelconque peut être refusée si le fait qui a don-
né lieu à la commission rogatoire n’est pas punissable selon le droit des 
deux Etats. L’examen de la punissabilité selon le droit suisse comprend, 
par analogie avec l’art. 35 al. 2 EIMP applicable en matière d’extradition, 
les éléments constitutifs objectifs de l’infraction, à l’exclusion des conditions 
particulières du droit suisse en matière de culpabilité et de répression (ATF 
124 II 184 consid. 4b p. 186-188; 122 II 422 consid. 2a p. 424; 118 Ib 448 
consid. 3a p. 451 et les arrêts cités). Il n’est ainsi pas nécessaire que les 
faits incriminés revêtent, dans les deux législations concernées, la même 
qualification juridique, qu’ils soient soumis aux mêmes conditions de punis-
sabilité ou passibles de peines équivalentes; il suffit qu’ils soient réprimés, 

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dans les deux Etats, comme des délits donnant lieu ordinairement à la 
coopération internationale (ATF 124 II 184 consid. 4b/cc p. 188; 117 Ib 337 
consid. 4a p. 342; 112 Ib 225 consid. 3c p. 230 et les arrêts cités). 
 

2.2 Selon l'art. 161 ch. 1 CP, est punissable d’une peine privative de liberté de 
trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire celui qui, notamment en qualité 
de membre du conseil d'administration ou de la direction d'une société 
anonyme, aura obtenu pour lui-même ou pour un tiers un avantage pécu-
niaire en exploitant la connaissance qu'il a d'un fait confidentiel dont il est 
prévisible que la divulgation exerce une influence notable sur le cours de 
l'action négociée en bourse ou avant bourse.  

 
2.2.1 A teneur du ch. 3 de cette disposition, abrogé le 1er octobre 2008, étaient  

considérés comme faits, au sens du ch. 1, «l'émission imminente de nou-
veaux droits de participation, un regroupement d'entreprises ou tout fait 
analogue d'importance comparable». Selon la jurisprudence, cette dernière 
notion devait être interprétée restrictivement, en ce sens que l'adoption 
d'une formulation tenant compte de faits non seulement «d'importance 
comparable», mais aussi «analogues» aux deux exemples retenus impli-
quait une ressemblance non seulement quantitative, mais aussi qualitative 
(ATF 118 Ib 547 consid. 4). Sous l’empire de l’ancien droit, l'analogie ne 
pouvait donc porter que sur les deux types d'opérations mentionnées à titre 
d'exemples; les faits confidentiels devaient dès lors concerner des modifi-
cations structurelles internes (actionnariat) ou externes de la société, 
comme par exemple des divisions d'entreprises, des prises majoritaires de 
participations ou des assainissements par diminution de capital. Tel n'était  
pas le cas, en revanche des pertes ou des bénéfices importants (arrêt du 
Tribunal fédéral 1A.325/2000 du 5 mars 2001, consid. 2b). Le Tribunal fé-
déral a eu l’occasion de préciser dans l’arrêt du 5 mars 2001 précité 
(consid. 2d), qu’il était regrettable que la Suisse, qui s’est dotée d'une 
norme applicable aux délits d'initiés surtout pour pouvoir donner suite aux 
demandes d'entraide étrangères, en ait circonscrit la portée de manière si 
étroite, mais que ces considérations téléologiques ne sauraient l'emporter 
sur le texte de la loi. 
 
Le chiffre 3 de l’art. 161 CP a été abrogé par le ch. I de la LF du 20 mars 
2008, avec effet au 1er octobre 2008 (RO 2008 4501 4502; FF 2007 413). 
Dans son Message du 8 décembre 2006 concernant la modification du Co-
de pénal suisse (suppression de l’art. 161, ch. 3, CP), le Conseil fédéral 
expose que «l’extension de la norme pénale sur le délit d’initié à tous les 
faits susceptibles d’influencer les cours est incontestée. La nécessité d’une 
telle mesure est reconnue tant par la doctrine et la jurisprudence que par 

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les milieux économiques» (FF 2007 417). A teneur du Message, «il n’est 
guère possible de justifier objectivement la restriction de la norme pénale 
sur le délit d’initié à des faits tels que l’émission imminente de nouveaux 
droits de participation, le regroupement attendu d’entreprises ou tout autre 
fait analogue modifiant la structure de l’entreprise. L’exploitation de la con-
naissance d’une fusion imminente ou d’un mauvais résultat d’activités 
compromet dans tous les cas l’égalité des chances entre investisseurs. 
(…). La suppression complète et définitive de l’actuel ch. 3 permettra non 
seulement d’inclure les avertissements sur pertes et bénéfices dans le 
champ d’application de la norme pénale sur le délit d’initié, (…), mais aussi 
d’étendre celui-ci à tous les faits confidentiels dont la publication est sus-
ceptible d’exercer une influence notable sur le cours des titres concernés. 
Cette mesure apportera donc un très net élargissement du champ 
d’application de la norme pénale par rapport au droit actuel». 
 

2.2.2 La condition de la double incrimination s'examine au regard du droit en 
vigueur au moment où il est statué sur la demande d'entraide judiciaire, et 
non au moment de la commission du délit (ATF 122 II 422 consid. 2a p. 
424; 112 Ib 576 consid. 2 p. 584; 109 Ib 60 consid. 2a p. 62). Le caractère 
administratif de la procédure d'entraide exclut l'application des principes du 
droit pénal matériel, tels que ceux de la «lex mitior» ou de la non-
rétroactivité de la loi pénale (arrêt du Tribunal fédéral 1A.96/2003 du 25 juin 
2003, consid. 2.2). En l’espèce, il ne semble prima facie pas exclu que le 
contrat conclu entre la société C. et la société D. dont il est fait état dans la 
demande d’entraide du 3 août 2005 puisse être qualifié de fait confidentiel 
au sens de l’art. 161 CP. Au demeurant, pour les motifs qui suivent, 
l’entraide doit être accordée même si une telle qualification ne devait pas 
être possible.  

 
2.3 
2.3.1 A teneur de l’art. 162 CP, celui qui aura révélé un secret de fabrication ou 

un secret commercial qu’il était tenu de garder en vertu d’une obligation lé-
gale ou contractuelle et celui qui aura utilisé cette révélation à son profit ou 
à celui d’un tiers sera, sur plainte, puni d’une peine privative de liberté de 
trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire. Constitue un secret au sens de 
cette disposition toute connaissance particulière qui n'est ni de notoriété 
publique ni facilement accessible et que son détenteur a un intérêt légitime 
à garder secrète. Par secrets commerciaux, on entend des informations qui 
peuvent avoir une incidence sur le résultat commercial; il peut s'agir no-
tamment de connaissances relatives à l'organisation, au calcul des prix, à 
la publicité et à la production (arrêt du Tribunal fédéral 6B_496/2007 du 
9 avril 2008, consid. 5.1). Le comportement punissable au sens de 

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l’art. 162 CP comporte deux variantes. Dans la première, la personne tenue 
au secret rend le secret accessible à une personne non autorisée; dans la 
seconde, un tiers exploite cette révélation illicite, pour lui-même ou pour au-
trui, étant entendu que la personne astreinte au secret ne peut pas être le 
tiers au sens de la seconde variante (ATF 109 Ib 57 consid. 5b). 

 
2.3.2 En l’espèce, la signature du contrat entre la société C. et la société D. a 

conduit à un élargissement notable du secteur d’activité de la société D.. Il 
ressort par ailleurs du rapport d’enquête de la COB annexé à la demande 
d’entraide que l’action de la société D. a «explosé» suite à l’annonce de la 
signature du contrat précité, sa valeur ayant augmenté de 136,7 % en neuf 
séances, avant d’atteindre son plafond historique de € 143,9 le 10 mars 
2000, le cours ayant triplé en cinq semaines. Dans ces conditions, il y a 
lieu d’admettre que la signature du contrat entre la société C. et la société 
D. constitue à première vue un «secret commercial» au sens de l’art. 162 
CP. Les autorités françaises soupçonnent certains dirigeants de la société 
D. d’avoir révélé à des tiers des informations sur la signature d’un accord 
entre cette société et la société C. concernant la commercialisation de 
packs de téléphones mobiles. Cet état de faits réalise prima facie les élé-
ments constitutifs de l’infraction de violation du secret commercial au sens 
de l’art. 162 al. 1 CP. Le fait pour des tiers d’avoir utilisé ces informations à 
leur profit ou au profit d’autres personnes (en l’occurrence A. et B.) est éga-
lement susceptible de tomber en droit suisse sous le coup de l’art. 162 al. 2 
CP. En conséquence, l’entraide ne saurait être refusée dans le cas 
d’espèce pour cause de violation du principe de la double incrimination. Il 
n’est point nécessaire de vérifier si l’exposé des faits de la demande réalise 
également les éléments constitutifs d’autres infractions pénales selon le 
droit suisse. En effet, à l’inverse de  ce qui prévaut en matière d’extradition, 
la réunion des éléments constitutifs d’une seule infraction suffit pour l’octroi 
de l’entraide régie par la CEEJ (ATF 125 II 569 consid. 6 p. 575, arrêt du 
Tribunal fédéral 1C_138/2007 du 17 juillet 2007, consid. 2.3.2). La trans-
mission des documents litigieux à l’autorité requérante ayant au surplus été 
ordonnée sous réserve du principe de la spécialité, ceux-ci ne pourront pas 
être utilisés par les autorités françaises dans le cadre d’une éventuelle pro-
cédure visant une infraction fiscale au sens de l’art. 3 al. 3 EIMP. 

 
3. Les recourants reprochent au juge d’instruction de s’être abstenu de se 

prononcer sur les arguments développés dans leur détermination du 
13 novembre 2007 (v. supra let. C), ce qui justifierait selon eux l’annulation 
de la décision querellée, pour défaut de motivation.  

 

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3.1 Il découle du droit d’être entendu, garanti par l'art. 29 al. 2 Cst., l'obligation 
pour l'autorité d'indiquer dans son prononcé les motifs qui la conduisent à 
sa décision (arrêt du Tribunal fédéral 1A.95/2002 du 16 juillet 2002, 
consid. 3.1; cf. pour la jurisprudence relative à l'art. 4 aCst., ATF 123 I 31 
consid 2c p. 34). Cette garantie tend à donner à la personne touchée les 
moyens d'apprécier la portée du prononcé et de le contester efficacement, 
s'il y a lieu, devant une instance supérieure (arrêt du Tribunal fédéral 
1A.58/2006 du 12 avril 2006, consid. 2.2). L'objet et la précision des indica-
tions à fournir dépendent de la nature de l'affaire et des circonstances par-
ticulières du cas; néanmoins, en règle générale, il suffit que l'autorité men-
tionne au moins brièvement les motifs qui l'ont guidée, sans qu'elle soit te-
nue de discuter de manière détaillée tous les arguments soulevés par les 
parties (ATF 112 Ia 107 consid. 2b p. 109; voir aussi ATF 126 I 97 
consid. 2b p. 102, 125 II 369 consid. 2c p. 372, 124 II 146 consid. 2a 
p. 149); l’autorité n'est pas davantage astreinte à statuer séparément sur 
chacune des conclusions qui lui sont présentées (arrêt du Tribunal fédéral 
1A.95/2002 du 16 juillet 2002, consid. 3.1). Elle peut se limiter à l'examen 
des questions décisives pour l'issue du litige; il suffit que le justiciable 
puisse apprécier correctement la portée de la décision et l'attaquer à bon 
escient (ATF 126 I 15 consid. 2a/aa; 125 II 369 consid. 2c; 124 II 146 
consid. 2a; 124 v 180 consid. 1a et les arrêts cités). En tant que parties à la 
procédure de recours, les recourants sont habilités à soulever ce grief 
(art. 80i let. a EIMP). 

 
3.2 En l’espèce, les recourants ont fait valoir dans leur détermination du 

13 novembre 2007 le même grief que celui avancé à l’appui de leur recours 
auprès de la Cour de céans, à savoir une violation du principe de double 
incrimination (act. 1.8). Dans la décision querellée, le juge d’instruction 
s’est limité à considérer «que, transposés en droit pénal suisse, les faits 
visés par l’information étrangère peuvent, prima facie, être constitutifs 
d’exploitation de la connaissance de faits confidentiels». Un tel considérant 
ne satisfait manifestement pas aux exigences de motivation posées par la 
jurisprudence précitée, s’agissant d’un point expressément contesté par les 
personnes touchées par la procédure d’entraide. Cela étant, cette violation 
du droit d’être entendu a pu être réparée dans le cadre du présent recours, 
la Cour de céans disposant d’un plein pouvoir d’examen s’agissant du grief 
tiré de la violation du droit fédéral (art. 49 let. a PA, applicable par renvoi de 
l’art. 30 let. b LTPF; arrêt du Tribunal fédéral 1A.228/2006 du 11 décembre 
2006, consid. 3.3; ROBERT ZIMMERMANN, La coopération judiciaire 
internationale en matière pénale, 2e éd., Berne 2004, n° 273-1, p. 320 et les 
arrêts cités). 

 

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4. Par ces motifs, le recours doit être rejeté. 
 
5. Au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté et les frais de procédure 

mis à la charge solidaire des recourants (art. 63 al. 1 PA, applicable par 
renvoi de l’art. 30 let. b LTPF). Pour le calcul de l’émolument judiciaire, se-
lon l’art. 3 du règlement du 11 février 2004 fixant les émoluments judiciaires 
perçus par le Tribunal pénal fédéral (RS 173.711.32; TPF RR.2007.26 du 
9 juillet 2007, consid. 9.1), il sera tenu compte du fait que le grief tiré du dé-
faut de motivation n’était pas infondé, mais que la violation du droit d'être 
entendu a pu être réparée par la Cour de céans, compte tenu de son pou-
voir d’examen (v. supra consid. 3.2). Il se justifie par conséquent de mettre 
à la charge solidaire des recourants un émolument réduit, fixé en l’espèce 
à Fr. 5'000.--, la différence de Fr. 1'000.-- par rapport à l’avance de frais 
leur étant restituée. 

 

- 11 - 

 

 

Par ces motifs, la IIe Cour des plaintes prononce: 

1. Le recours est rejeté. 
 
2. Un émolument réduit de Fr. 5'000.--, à déduire de l’avance de frais acquittée, 

est mis à la charge solidaire des recourants. Le solde, par Fr. 1'000.--, leur 
est restitué par la caisse du Tribunal pénal fédéral.  

 
 

Bellinzone, le 19 décembre 2008 
 
Au nom de la IIe Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
La présidente:     Le greffier:  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Distribution 
 
- Me Fabio Spirgi, avocat,  
- Juge d'instruction du canton de Genève,  
- Office fédéral de la justice, Unité Entraide judiciaire,  
 
Indication des voies de recours 

Le recours contre une décision en matière d’entraide pénale internationale doit être déposé devant 
le Tribunal fédéral dans les 10 jours qui suivent la notification de l’expédition complète (art. 100 al. 
1 et 2 let. b LTF). 
 
Le recours n’est recevable contre une décision rendue en matière d’entraide pénale internationale 
que s’il a pour objet une extradition, une saisie, le transfert d’objets ou de valeurs ou la 
transmission de renseignements concernant le domaine secret et s’il concerne un cas 
particulièrement important (art. 84 al. 1 LTF). Un cas est particulièrement important notamment 
lorsqu’il y a des raisons de supposer que la procédure à l’étranger viole des principes 
fondamentaux ou comporte d’autres vices graves (art.84 al. 2 LTF).