# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 6fb13c8c-6814-5614-ab4a-b484157658e1
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-05-20
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 20.05.2020 PM/380/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_PM-380-2020_2020-05-20.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

PM/380/2020 ACPR/336/2020 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du mercredi 20 mai 2020 

 

Entre 

 

A_____, actuellement détenu à la prison B_____, _____ (GE), comparant en personne 

recourant, 

 

contre le jugement rendu le 20 avril 2020 par le Tribunal d'application des peines et des 

mesures, 

 

et 

 

LE TRIBUNAL D'APPLICATION DES PEINES ET DES MESURES, rue des 

Chaudronniers 9, 1204 Genève - case postale 3715, 1211 Genève 3, 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimés. 

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PM/380/2020 

EN FAIT : 

A. Par acte expédié le 28 avril 2020, A_____ recourt contre le jugement du 20 avril 
2020, notifié le même jour, par lequel le Tribunal d'application des peines et des 
mesures (ci-après, TAPEM) a refusé sa demande de libération conditionnelle. 

Le recourant conclut à sa libération conditionnelle.  

Par lettre séparée, son conseil demande à être nommé d'office en sa faveur. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier : 

a. A_____, né le _____ 1990, ressortissant guinéen, a été 
condamné : 

 - à 180 jours de peine privative de liberté, sous déduction de 4 jours de détention 
avant jugement, par ordonnance pénale du Ministère public du 10 avril 2017, pour 
violations de domicile (à C_____) et infractions à la loi fédérale sur les étrangers 
(aLEtr, désormais LEI),  

-  à 150 jours de peine privative de liberté, sous déduction d'un jour de détention 
avant jugement, par ordonnance pénale du Ministère public du 20 mars 2018, pour 
vol (d'un téléphone portable dans un train) et infraction à la LEI. 

b. Incarcéré à la prison de B_____ (GE) le 17 septembre 2019, les deux tiers des 
peines qu'il exécute actuellement sont intervenus le 19 avril 2020, la fin étant fixée 
au 7 août 2020. 

c. Selon l'extrait du casier judiciaire suisse, A_____ a été condamné à huit autres 
reprises, entre 2013 et 2016, pour des infractions à la LEI, ainsi que, une fois, le 11 
décembre 2013, pour appropriation illégitime.  

Il n'a jamais bénéficié de la libération conditionnelle. 

d. Dans le formulaire qu'il a rempli en vue de l'examen de sa libération 
conditionnelle, A_____ expose être célibataire et sans enfant. À sa libération, il 
souhaitait rester à Genève car "c'est dans cette ville [qu'il] réside depuis longtemps". 
Il dit réaliser un revenu mensuel de CHF 3'400.-. Il compte trouver un emploi en tant 
qu'aide de cuisine ou agent d'entretien. Il fournit le nom d'une femme chez qui il 
pourrait loger et d'un homme pouvant l'aider à sa libération.  

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Selon les informations qu'il a fournies lors de son incarcération, ses parents seraient 
domiciliés en Italie. 

e. La direction de la prison de B_____ a émis un préavis favorable, le 
comportement de A_____ en détention étant jugé bon, à l'exception d'une sanction 
prononcée le 19 janvier 2020 pour violence physique exercée sur un détenu. Il était 
dans l'attente d'une place de travail depuis le 8 janvier 2020. Il n'avait pas été suivi 
par le secteur socio-éducatif du Service de probation et d'insertion. Son compte 
réservé présentait un crédit de CHF 16.- et son compte bloqué, CHF 12.-. Il n'avait 
reçu aucune visite durant sa détention. 

f. Selon le Plan d'exécution de la sanction (PES), validé par le Service de 
l'application des peines et mesures (ci-après, SAPEM) le 13 janvier 2020, l'intéressé 
n'avait pas souhaité collaborer à l'élaboration du plan, qui prévoit un éventuel 
passage en milieu ouvert en cas de refus de libération conditionnelle. Compte tenu 
des nombreuses condamnations pour infraction à la LEI, il présentait un risque de 
récidive pour ce type d'infractions. 

g. Le préavis du SAPEM est défavorable. Bien que A_____ n'eût encore jamais 
bénéficié d'une libération conditionnelle et que son comportement en détention ne 
s'opposait pas à sa libération, son intention de récidiver était établie, au vu de ses 
antécédents et du fait qu'il avait exprimé clairement le souhait de demeurer, sans 
droit, sur le territoire suisse à sa libération.  

h. Par requête du 31 mars 2020, le Ministère public a conclu au refus de la 
libération conditionnelle, se référant expressément au préavis du SAPEM. 

i. Selon le courriel de l'Office cantonal de la population et des migrations (ci-après, 
OCPM) du 23 mars 2020, A_____ a été refoulé dans son pays d'origine le 7 juin 
2018. Il ne fait, actuellement, pas l'objet d'une décision de renvoi exécutoire. Il était, 
jusqu'au 2 mars 2020, sous le coup d'une mesure d'interdiction d'entrée en Suisse, 
une nouvelle demande allant être adressée au Secrétariat d'État aux migrations (ci-
après, SEM). 

j. Son passeport guinéen, valable jusqu'au 7 juin 2023, ainsi que sa carte d'identité 
italienne, ont été déposés au greffe de l'établissement de détention. 

k. Invité à s'exprimer par écrit devant le TAPEM, A_____ a exposé que son 
passeport guinéen et sa carte d'identité italienne lui donnaient le droit de résider en 
Suisse. De plus, l'interdiction d'entrée était arrivée à échéance, de sorte que, selon lui, 
rien ne s'opposait plus à son séjour en Suisse. 

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C. Dans la décision querellée, le TAPEM conclut à un pronostic fort défavorable, au 
vu des nombreux antécédents de A_____, qui n'avait pas su tirer profit des 
premières condamnations prononcées avec sursis. Les courtes peines privatives de 
liberté subséquentes ne l'avaient pas dissuadé de récidiver. Sa situation 
personnelle demeurait inchangée et on ne percevait aucun effort de l'intéressé 
pour modifier celle-ci, étant rappelé qu'il ne disposait d'aucune autorisation de 
séjourner en Suisse (le fait que son interdiction d'entrée en Suisse fût arrivée à 
échéance n'avait pas pour corollaire l'octroi d'un permis de séjour, ce d'autant 
moins que, selon l'OCPM, une nouvelle décision d'interdiction d'entrée en Suisse 
serait demandée sans tarder au SEM). Aucun projet concret et étayé n'était 
présenté par A_____, sauf à vouloir rester en Suisse, de sorte qu'il se retrouverait 
à sa sortie dans la même situation personnelle que celle ayant mené à ses dernières 
condamnations, c'est-à-dire, en situation illégale en Suisse, sans travail, ni 
logement. En l’état, rien n’indiquait qu'il saurait mettre à profit une libération 
conditionnelle et le risque qu'il commette de nouvelles infractions apparaissait très 
élevé, étant précisé "qu'à teneur des dernières condamnations figurant à son 
casier judiciaire, ce risque ne se limite pas à des infractions à la LEI". 

D. a. À l'appui de son recours, A_____ estime que son droit à être défendu par un 
avocat a été "bafoué" par le TAPEM, bien qu'il en eût fait la demande. L'autorité 
avait, de surcroît, tardé à se prononcer sur sa demande. Il n'avait jamais bénéficié 
d'une libération conditionnelle par le passé, ni n'avait rencontré de problème en 
prison. Il n'était nullement sans papiers ni n'était interdit d'entrer en Suisse, où il 
bénéficiait d'une carte AVS. D'ailleurs, avant son arrestation, il travaillait et payait 
des charges sociales. Il n'avait jamais émargé à l'assistance sociale ni ne représentait 
une menace pour la Suisse ou ses habitants. Il bénéficiait, en outre, d'une carte de 
séjour italienne, de durée de validité indéterminée. Le 7 juin 2018, il n'avait pas été 
refoulé en Guinée, mais y était parti spontanément, en vacances.  

b. Le TAPEM maintient les termes de son jugement, sans formuler d'observations. 

c. Le Ministère public conclut au rejet du recours. Il fait sienne la motivation du 
jugement querellé. 

d. Le recourant a répliqué. 

EN DROIT : 

1. Déposé devant l'autorité compétente contre une décision judiciaire ultérieure 
indépendante (cf. arrêt du Tribunal fédéral 1B_158/2013 du 25 avril 2013 consid. 
2.1. ; A. KUHN / Y. JEANNERET (éds), Commentaire romand : Code de procédure 
pénale suisse, Bâle 2019, n. 30 ad art. 363) sujette à recours, dans les délai et forme 
requis (art. 384 let. b, 385 al. 1, 390 al. 1 et 396 al. 1 CPP) et par le condamné, 

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disposant d'un intérêt juridiquement protégé à l'annulation ou à la modification de la 
décision attaquée (art. 382 al. 1 CPP), le recours est recevable. 

2. Le recourant, qui se plaint du délai mis par l'autorité précédente à statuer sur sa 
demande de libération conditionnelle, n'en tire aucun grief. Au demeurant, la 
libération conditionnelle ne peut intervenir, à teneur de l'art. 86 CP, au plus tôt que 
lorsque les deux tiers de la peine ont été purgés – et non la moitié comme semble le 
croire, à tort, le recourant –. En l'occurrence, le jugement querellé ayant été rendu le 
20 avril 2020, soit le lendemain de l'exécution des deux tiers de la peine par le 
recourant, aucun retard ne saurait être constaté.  

3. Le recourant conteste le refus de sa demande de libération conditionnelle. 

3.1. Aux termes de l'art. 86 al. 1 CP, l'autorité compétente libère 
conditionnellement le détenu qui a subi les deux tiers de sa peine, mais au moins 
trois mois de détention, si son comportement durant l'exécution de la peine ne s'y 
oppose pas et s'il n'y a pas lieu de craindre qu'il ne commette de nouveaux crimes ou 
de nouveaux délits. La libération conditionnelle constitue la dernière étape de 
l'exécution de la sanction pénale. Elle est la règle et son refus l'exception, dans la 
mesure où il n'est plus exigé qu'il soit à prévoir que le condamné se conduira bien en 
liberté (cf. art. 38 ch. 1 al. 1 aCP), mais seulement qu'il ne soit pas à craindre qu'il 
commette de nouveaux crimes ou délits. Autrement dit, il n'est plus nécessaire pour 
l'octroi de la libération conditionnelle qu'un pronostic favorable puisse être posé. Il 
suffit que le pronostic ne soit pas défavorable (ATF 133 IV 201 consid. 2.2 p. 203). 
Le pronostic à émettre doit être posé sur la base d'une appréciation globale, prenant 
en considération les antécédents de l'intéressé, sa personnalité, son comportement en 
général et dans le cadre des délits qui sont à l'origine de sa condamnation, le degré de 
son éventuel amendement, ainsi que les conditions dans lesquelles il est à prévoir 
qu'il vivra (ATF 133 IV 201 consid. 2.3 p. 203 s. et les références citées). Par sa 
nature même, le pronostic ne saurait être tout à fait sûr; force est de se contenter 
d'une certaine probabilité; un risque de récidive est inhérent à toute libération, 
conditionnelle ou définitive (ATF 119 IV 5 consid. 1b p. 7). 

Pour déterminer si l'on peut courir le risque de récidive, il faut non seulement prendre 
en considération le degré de probabilité qu'une nouvelle infraction soit commise, 
mais également l'importance du bien qui serait alors menacé. Ainsi, le risque de 
récidive que l'on peut admettre est moindre si l'auteur s'en est pris à la vie ou à 
l'intégrité corporelle de ses victimes que s'il a commis, par exemple, des infractions 
contre le patrimoine (ATF 133 IV 201 consid. 2.3 p. 203 et les références citées). Il y 
a également lieu de rechercher si la libération conditionnelle, éventuellement assortie 
de règles de conduite et d'un patronage, ne favoriserait pas mieux la resocialisation 
de l'auteur que l'exécution complète de la peine (ATF 124 IV 193 consid. 4d/aa/bb 
p. 198 ss). 

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3.2. En l'espèce, l'appréciation du risque de récidive doit se fonder sur le constat que 
le recourant purge actuellement deux peines privatives de liberté pour des infractions 
à la LEI, des violations de domicile commises en 2017 à C_____ et un vol de 
téléphone portable dans un train, en 2017 également, commis sous une forme 
exempte de violence. Il n'a jamais bénéficié de la libération conditionnelle.  

S'il n'est pas contesté que le recourant a aussi été condamné une fois, en 2013, pour 
une appropriation illégitime et à sept autres reprises pour infraction à la LEI, 
dénotant par là un refus répété de se soumettre aux interdictions de séjourner en 
Suisse, on ne saurait retenir que son comportement révèle un ancrage dans la 
délinquance. En outre, même si sa situation en Suisse paraît précaire, le recourant ne 
fait plus l'objet d'une décision de renvoi exécutoire et son refoulement n'est pas 
demandé par le SAPEM. 

Dans ces conditions, on peut encore estimer que le pronostic n'est pas défavorable, au 
sens des principes sus-évoqués, et que la libération conditionnelle du recourant peut 
être ordonnée. 

4. Fondé, le recours doit être admis ; partant, le jugement querellé sera annulé et la 
libération conditionnelle de A_____ ordonnée avec effet immédiat. 

5. Le recourant ayant été à même de motiver son recours, qui plus est avec succès, point 
n'était besoin de le mettre au bénéfice d'un avocat d'office, au sens de l'art. 29 al. 3 
Cst. 

6. L'admission du recours ne donne pas lieu à la perception de frais (art. 428 al. 1 CPP). 

* * * * * 

  

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PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

 
Admet le recours et annule le jugement entrepris. 

Ordonne, avec effet immédiat, la libération conditionnelle de A_____. 

Dit que le solde non exécuté de la peine est de 2 mois et 19 jours. 

Fixe à A_____ un délai d'épreuve d'une année, en l'avertissant que s'il devait, durant 
ce délai, commettre un nouveau crime ou un délit, sa réincarcération pour le solde de 
sa peine pourra être ordonnée, nonobstant une nouvelle peine ou mesure (art. 89 CP). 

Laisse les frais de la procédure de recours à la charge de l'État. 

Notifie le présent arrêt ce jour, préalablement par courriel, en copie, au recourant, au 
Ministère public et au Tribunal d'application des peines et des mesures. 

Le communique au Service de l'application des peines et mesures, à la prison de B_____ 
(GE) et à son conseil, Me D______. 

Siégeant : 

Monsieur Christian COQUOZ, président ; Mesdames Daniela CHIABUDINI et Alix 
FRANCOTTE, juges; Monsieur Sandro COLUNI, greffier. 

 

Le greffier : 

Sandro COLUNI 

 Le président : 

Christian COQUOZ 

 

 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en matière pénale au sens 

de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110); la qualité et les autres 

conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être 

formé dans les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent être remis au plus 

tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention de ce dernier, à La Poste Suisse ou à 

une représentation diplomatique ou consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF).