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**Case Identifier:** b43f4b19-f140-5f18-b66c-ba48f091090b
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-09-26
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 26.09.2016 C/16065/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-16065-2016_2016-09-26.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/16065/2016 ACJC/1279/2016 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU LUNDI 26 SEPTEMBRE 2016 

 

 

Madame A______, domiciliée ______ (Maroc), recourante contre une ordonnance de 
refus de séquestre rendue par la 17ème Chambre du Tribunal de première instance de ce 

canton le 18 août 2016, comparant par Me Christian Canela, avocat, Les Vergers de la 

Gottaz 24, 1110 Morges, en l'étude duquel elle fait élection de domicile, 

  

Le présent arrêt est communiqué à la partie recourante par pli recommandé du 30.09.2016. 

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C/16065/2016 

EN FAIT 

A. Par ordonnance du 15 août 2015, expédiée pour notification à A______ le 
lendemain, le Tribunal de première instance a déclaré la requête de celle-ci 

irrecevable, a arrêté à 300 fr. le montant des frais judiciaires, compensés avec 

l'avance déjà opérée, et les a mis à la charge de la précitée. 

Le Tribunal a retenu que la vraisemblance de la quotité de la créance n'était pas 

suffisante pour permettre le prononcé du séquestre. Il a en outre procédé à des 

constatations supplémentaires, fondées sur des procédures ouvertes à la suite de 

précédentes requêtes de séquestre déposées par A______, qui l'on conduit à 

considérer que celle-ci procédait de manière abusive, par le dépôt d'actes à 

caractère abscons, ce qui violait en outre l'art. 132 CPC.  

B. Par acte du 2 septembre 2016, A______ a formé recours contre cette décision, 
concluant à l'annulation de celle-ci, cela fait a repris ses conclusions de première 

instance. 

Le 13 septembre 2016, elle a été informée de ce que la cause était gardée à juger. 

C. Il résulte du dossier les faits pertinents suivants : 

a. Par jugement de divorce du 11 avril 2006, exécutoire, B______ a été condamné 
à verser 2'000 fr. par mois jusqu'à l'âge de quinze ans, puis 2'500 fr. par mois à 

titre de contribution à l'entretien de l'enfant C______, né le ______ 1999. 

A______ allègue que les contributions d'entretien ne sont pas versées. 

b. A______ a requis, en 2015, et obtenu à la suite de plusieurs procédures 
(1______, 2______, 3______) le séquestre de biens de B______, en raison de 

créances fondées sur le jugement précité.  

c. Le 18 août 2016, elle a déposé au Tribunal une requête de séquestre dirigée 
contre B______, fondée sur l'art. 271 al. 1 ch. 6 LP, portant sur les avoirs soumis 

à la mainmise de l'Office des poursuites en exécution du procès-verbal de 

séquestre (caduc mais non encore levé) n° 4______à concurrence de 11'650 fr. 

avec intérêts moratoires à 5% l'an dès le 1
er

 mai 2015, 733 fr. et 200 fr. 

Elle allègue qu'à tout le moins 12'383 fr. seraient en mains de l'Office des 

poursuites, dans le cadre de la procédure du séquestre autorisé le 22 décembre 

2015 (5______), non validé à temps mais non encore levé. 

Elle produit notamment un courrier de l'Office des poursuites du 9 août 2016, 

lequel annonçait que le séquestre précité paraissait caduc, sans justification par 

elle "d'un autre motif d'interruption des délais" au 20 août 2016. 

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C/16065/2016 

Elle ne donne aucune explication ni ne dépose aucun décompte relatifs aux 

montants énoncés à titre de créance. 

EN DROIT 

1. 1.1 En matière de séquestre, la procédure sommaire est applicable (art. 251  
let. a CPC). 

 Contre une décision refusant un séquestre, qui est une décision finale en tant 

qu'elle met fin à l'instance d’un point de vue procédural, seul le recours est ouvert 

(art. 309 let. b ch. 6 et 319 let. a CPC; arrêt du Tribunal fédéral 5A_508/2012 du 

28 août 2012 consid. 3.2; HOHL, Procédure civile, tome II, 2ème éd., 2010, 

n. 1646, cf. consid.2.1).  

1.2 Le recours, écrit et motivé, doit être formé dans un délai de dix jours à 
compter de la notification de la décision (art. 321 al. 1 et 2 CPC).  

Déposé selon la forme et dans le délai prescrits, le recours est recevable. 

2. 2.1 Le recours est recevable pour violation du droit et pour constatation 
manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC). L'instance de recours examine 

les questions de droit avec le même pouvoir d'examen que l'instance précédente, y 

compris en ce qui concerne l'appréciation des preuves administrées (art. 157 CPC) 

et l'application du degré de preuve (cf. JEANDIN, in CPC, Code de procédure 

civile commenté, 2011, n° 2 ad art. 321 CPC; Message du Conseil fédéral du 

28 juin 2006 relatif au code de procédure civile suisse (CPC), FF 2006 6841, 

p. 6984). 

2.2 La procédure de séquestre est soumise dans toutes ses phases à la maxime de 
disposition et à la maxime des débats (art. 58 al. 2 CPC; art. 255 CPC a contrario). 

2.3 Au stade de la requête et de l'ordonnance de séquestre, la procédure est 
unilatérale et le débiteur n'est pas entendu (art. 272 LP; ATF 133 III 589 consid.1; 

HOHL, op. cit., n. 1637 p. 299). 

 Dans le cadre du recours contre l'ordonnance de refus de séquestre, la procédure 

conserve ce caractère unilatéral, car, pour assurer son efficacité, le séquestre doit 

être exécuté à l'improviste; partant, il n'y a pas lieu d'inviter B______ à présenter 

ses observations, ce qui ne constitue pas une violation de son droit d'être entendu 

(ATF 107 III 29 consid. 2 et 3; arrêt du Tribunal fédéral 5A_344/2010 du 8 juin 

2010 consid. 5, in RSPC 2010 p. 400, et 5A_279/2010 du 24 juin 2010 consid. 4). 

 L'art. 322 CPC est par conséquent inapplicable dans un tel cas. 

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3. Dans le cadre d'un recours contre une ordonnance de rejet de séquestre, les 
conclusions, les allégations de fait et les preuves nouvelles sont irrecevables 

(art. 326 CPC). La juridiction de recours doit statuer sur l'état de fait identique à 

celui soumis au premier juge (CHAIX, Introduction au recours de la nouvelle 

procédure civile fédérale in SJ 2009 II p. 267; HOFMANN/LUSCHER, Le Code de 

procédure civile, 2015 p. 304). 

4. La recourante reproche au premier juge d'avoir procédé à une constatation 
manifestement inexacte des faits et d'avoir violé son droit d'être entendue en 

retenant des faits qu'elle n'alléguait pas dans sa requête.  

4.1 Le créancier d'une dette échue et non garantie par gage peut requérir le 
séquestre des biens du débiteur qui se trouvent en Suisse, lorsqu'il possède contre 

celui-ci un titre de mainlevée définitive (art. 271 al. 1 ch. 6 LP). 

Le séquestre est autorisé à condition que le créancier rende vraisemblable que sa 

créance existe, qu'on est en présence d'un cas de séquestre et qu'il existe des biens 

appartenant au débiteur (art. 272 al. 1 ch. 1 à 3 LP). 

 Le séquestre est une mesure conservatoire urgente, qui a pour but d'éviter que le 

débiteur ne dispose de ses biens pour les soustraire à la poursuite pendante ou 

future de son créancier (ATF 133 III 589 consid. 1; 116 III 111 consid. 3a; 107 III 

33 consid. 2). Le juge du séquestre statue en procédure sommaire (art. 251  

let. a CPC), sans entendre préalablement le débiteur (ATF 133 III 589 consid. 1; 

107 III 29 consid. 2), en se basant sur la simple vraisemblance des faits (ATF 138 

III 232 consid. 4.1.1; arrêt du Tribunal fédéral 5A_870/2010 du 15 mars 2011 

consid. 3.2; sur la simple vraisemblance en général, cf. ATF 130 III 321 

consid. 3.3) et après un examen sommaire du droit (ATF 138 III 232 

consid. 4.1.1; arrêt du Tribunal fédéral 5A_508/2012 28 août 2012 consid. 3.1). 

Pour admettre la simple vraisemblance des faits, il suffit que, se fondant sur des 

éléments objectifs, le juge ait l'impression que les faits pertinents se sont produits, 

mais sans qu'il doive exclure pour autant la possibilité qu'ils se soient déroulés 

autrement (ATF 132 III 715 consid. 3.1; 130 III 321 consid. 3.3; arrêts du 

Tribunal fédéral 5A_877/2011 du 5 mars 2012 consid. 2.1; 5A_870/2010 du 

15 mars 2011 consid. 3.2).  

En relation avec la vraisemblance de l'existence d'une créance, le Tribunal fédéral 

a eu l'occasion de relever que si les conditions posées au degré de vraisemblance 

ne doivent pas être trop élevées, un début de preuve doit cependant exister. Le 

créancier séquestrant doit alléguer les faits et, pratiquement, produire une pièce ou 

un ensemble de pièces qui permettent au juge du séquestre d'acquérir, sur le plan 

de la simple vraisemblance, la conviction que la prétention existe pour le montant 

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énoncé et qu'elle est exigible (arrêt du Tribunal fédéral 5A_877/2011 du 5 mars 

2012 consid. 2.1). 

4.2 En l'espèce, il est constant que la recourante est au bénéfice d'un titre de 
mainlevée définitive, relatif à une prestation périodique.  

Dans sa requête, elle ne consacre pas une ligne au montant énoncé dont elle 

allègue être créancière, ni ne fournit le moindre décompte de nature à rendre 

vraisemblable la quotité de sa créance. 

 Le Tribunal a procédé à bon droit à un raisonnement identique à celui qui précède, 

lequel emporte le rejet de la requête de séquestre.  

Il a cependant encore relevé certains autres éléments, fondés sur son apparente 

connaissance des précédentes requêtes de séquestre déposées par la recourante sur 

la base du même titre de mainlevée définitive, et des décisions judiciaires dans ce 

cadre; sur la foi de cet examen, il a retenu que la recourante procédait de façon 

abusive et en violation de l'art. 132 CPC, ce qui l'a conduit à ne pas entrer en 

matière sur la requête de la recourante. 

Le dossier soumis au Tribunal dans la présente procédure, indépendamment de 

toute autre, ne comportait toutefois pas d'éléments suffisants pour parvenir à 

pareille conclusion. 

Il s'ensuit que la décision sera annulée. La cause étant en état d'être jugée, il sera 

statué dans le sens de ce qui a été développé plus haut, à savoir que la requête de 

la recourante sera rejetée. 

5. Les frais judiciaires du recours seront arrêtés à 600 fr. (art. 48 et 61 OELP), et 
compensés avec l'avance déjà effectuée, acquise à l'Etat de Genève (art. 111  

al. 1 CPC). Ils seront supportés par la recourante, qui succombe (art. 106  

al. 1 CPC). 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours formé le 2 septembre 2016 par A______ contre 

l'ordonnance SQ/540/2016 rendue le 18 août 2016 par le Tribunal de première instance 

dans la cause C/16065/2016-17 SQP. 

Au fond : 

Annule ce jugement, et statuant à nouveau : 

Rejette la requête de séquestre déposée par A______ le 11 août 2016. 

Déboute A______ de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires du recours à 600 fr., les met à la charge de A______, et les 

compense avec l'avance déjà opérée, acquise à l'Etat de Genève. 

Siégeant : 

Madame Sylvie DROIN, présidente; Madame Nathalie LANDRY-BARTHE et 

Monsieur Ivo BUETTI, juges; Madame Céline FERREIRA, greffière. 

 

La présidente : 

Sylvie DROIN 

 La greffière : 

Céline FERREIRA 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 113 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral 

par la voie du recours constitutionnel subsidiaire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 30'000 fr.