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**Case Identifier:** 67626a79-4a00-5d99-a415-816e2e93f42e
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2022-11-18
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 18.11.2022 A-5707/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_A-5707-2020_2022-11-18.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour I 

A-5707/2020 

 

 
 

  A r r ê t  d u  1 8  n o v e m b r e  2 0 2 2  

Composition 
 Raphaël Gani (président du collège),  

Iris Widmer, Annie Rochat Pauchard, juges, 

Alice Fadda, greffière. 
 

 
 

Parties 
 Hoirie de feue A._______, formée par :   

1. B._______,  

2. C._______,  

3. D._______,  

4. E._______,  

5. F._______, 

tous représentés par  

Maître Martin Ahlström,  

recourants,  

 
 

 
contre 

 
 Administration fédérale des contributions AFC,  

Service d'échange d'informations en matière fiscale SEI,    

autorité inférieure.  

 
 

 
 

Objet 
 Assistance administrative (CDI CH-FR). 

 

A-5707/2020 

Page 2 

Faits : 

A.  

A.a Le 28 mars 2018, la Direction générale des finances publiques fran-

çaise (ci-après : la DGFP, l’autorité requérante ou l’autorité française) 

adressa une demande d’assistance administrative à l’Administration fédé-

rale des contributions (ci-après : l’AFC ou l’autorité inférieure). Dite de-

mande était fondée sur l’art. 28 de la Convention du 9 septembre 1966 

entre la Suisse et la France en vue d'éliminer les doubles impositions en 

matière d'impôts sur le revenu et sur la fortune et de prévenir la fraude et 

l'évasion fiscales (ci-après : CDI CH-FR ; RS 0.672.934.91) ainsi que sur 

l’Accord du 25 juin 2014 modifiant le protocole additionnel à la Convention 

entre la Suisse et la France du 9 septembre 1966 modifiée, en vue d’élimi-

ner les doubles impositions en matière d’impôts sur le revenu et sur la for-

tune et de prévenir la fraude et l’évasion fiscales (ci-après : l’Accord 2014 ; 

RO 2016 1195). 

 

A.b A la demande était annexé un tableau au format Excel désignant, no-

tamment par leur nom, les contribuables visés. II est précisé que les per-

sonnes venant aux droits de l'une des personnes listées en cas de décès 

constaté en cours de procédure seraient considérées comme personnes 

concernées. 

A.c Dans le cas présent, la demande concernait A._______, née le […], 

résidant [adresse 1], France [adresse 2, France], n° de compte [1] (ci-

après : personne concernée). Les impôts concernés par la demande, sont 

l’impôt sur le revenu pour les années 2010 à 2016 et l'impôt de solidarité 

sur la fortune pour les années 2010 à 2017. L'objet fiscal de la demande 

est le contrôle et le recouvrement des impôts. Le détenteur des renseigne-

ments mentionné dans la demande est la banque G._______ AG (ci-

après : la banque).  

B.  

B.a Dans sa demande, la DGFP exposa ce qui suit :  

L’administration fiscale française procède au contrôle de la situation fiscale 

des personnes physiques visées dans le tableau en annexe « DEMANDE 
GENERALE ». Toutes ces personnes sont résidentes fiscales en France sur 

la période concernée par la demande.  

Les informations obtenues par l'administration fiscale française auprès de 

l’autorité judiciaire française ont révélé que ces contribuables français seraient 

titulaires ou bénéficiaires économiques ou disposeraient d’une procuration sur 

un compte bancaire auprès de la banque G._______ AG en Suisse. Ces 

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comptes, dont les références figurent dans tableau en annexe « DEMANDE 

GENERALE » n’ont pas été déclarés auprès de l’administration française. 

Dans un premier temps, l'administration fiscale française s'est assurée que 

ces personnes n'avaient pas procédé à la régularisation de leurs avoirs déte-

nus à l’étranger. Aucune des personnes mentionnées dans le tableau en an-

nexe « DEMANDE GENERALE » n'a régularisé sa situation fiscale dans ce 

cadre. Par ailleurs, ces contribuables n'ont pas déjà fait l'objet d’une demande 

d'assistance adressée à la Suisse sur ces comptes.  

Ensuite, chaque contribuable a été interrogé dans le cadre de contrôles, sur 

la détention du compte concerné. En réponse il a été constaté que les contri-

buables : 

 soit n’ont pas répondu (absence de réponse) ; 

 soit n’ont pas reconnu l’existence du compte concerné (dénégation) ;  

 soit en ont reconnu l’existence mais partiellement ou n’ont pas fourni les 

documents justificatifs (reconnaissance partielle ou sans fournir de justifi-

catifs suffisants). 

Les réponses des contribuables sont indiquées dans le tableau en annexe 

« DEMANDE GENERALE ». 

Ces comptes n'ont pas été déclarés auprès de l'administration fiscale fran-

çaise par les contribuables figurant dans le tableau en annexe « DEMANDE 

GENERALE ». Or, en tant que résidents fiscaux français, ces contribuables 

doivent déclarer, en même temps que leur déclaration de revenus ou de ré-

sultats, les références des comptes ouverts, utilisés ou clos à l'étranger au 

cours de l'année de déclaration. La déclaration concerne tout compte ouvert, 

clôturé ou utilisé à l'étranger en qualité de titulaire, de bénéficiaire économique 

ou bénéficiaire d'une procuration. De même, ils doivent déclarer l'ensemble de 

leurs revenus de sources française et étrangère ainsi que l’ensemble de leur 

patrimoine situé en France et à l'étranger. 

Le contribuable dispose d'une simple faculté de produire la totalité des relevés 

des comptes financiers de toute nature et des comptes courants utilisés par 

lui-même et les membres de son foyer fiscal pour des opérations privées pen-

dant la période vérifiée. Il peut choisir de ne pas coopérer, auquel cas l'Admi-

nistration se trouve dans l'obligation d'exercer son droit de communication ou 

l'assistance administrative internationale pour obtenir ces relevés. Au cas pré-

sent, les contribuables n'ont pas usé de leur faculté de produire les relevés 

des comptes financiers. La présente demande vise donc à obtenir les relevés 

par l'assistance administrative internationale afin de connaître le montant des 

avoirs et des revenus éventuellement non déclarés à l'administration fiscale 

française. En France, la législation fiscale permet de prolonger de trois à dix 

ans le délai de reprise en cas de de non déclaration d'avoirs détenus à l'étran-

ger ou de revenus provenant de l’étranger.  

Les renseignements ci-dessous sont nécessaires à l'administration fiscale 

française pour établir le montant des impôts éludés.  

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B.b Dans sa demande, la DGFP précisa également que : 

En formulant la demande, l'autorité compétente requérante déclare que :  

(a) tous les renseignements reçus concernant cette demande resteront con-

fidentiels et ne seront utilisés qu'aux fins autorisées dans l'accord qui sert 

de base à cette demande ;  

(b) la demande est conforme à sa législation et à ses pratiques administra-

tives et elle est en outre conforme à l’accord sur la base duquel elle est 

formulée ; 

(c) les renseignements pourraient être obtenus en vertu de sa législation et 

du cours normal de ses pratiques administratives dans des circonstances 

similaires ; 

(d) elle a utilisé tous les moyens disponibles sur son propre territoire pour 

obtenir les renseignements, excepté ceux qui donneraient lieu à des diffi-

cultés disproportionnées. 

B.c Sur la base des faits précités, l’autorité française adressa à l’AFC les 

questions suivantes, portant sur la période allant du 1er janvier 2010 au 

1er janvier 2017. 

 

a) Pour chaque compte détenu à la banque G._______ AG et mentionné 

dans le tableau en annexe « DEMANDE GENERALE », veuillez commu-

niquer : 

1. Le nom du titulaire du compte ; 

2. La qualité du contribuable : titulaire, bénéficiaire économique ou pro-

curé ; 

3. Les états de fortune au 1er janvier des années 2010 à 2017 ; 

4. Les relevés sur la période du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2016, 

précisant les apports et les prélèvements enregistrés sur cette pé-

riode ainsi que les gains financiers générés. Veuillez indiquer la date, 

le montant et la nature des revenus perçus (intérêts, dividendes, plus-

values) ; 

5. La copie du formulaire A, I, S, T ou tout document analogue ; 

6. En cas de clôture du compte, la date du transfert des avoirs ainsi que 

la banque, le compte de destination et le territoire concerné. 

b) Veuillez indiquer les références des autres comptes bancaires dont le con-

tribuable serait directement ou indirectement titulaire, quelles que soient 

les structures interposées, ou ayant-droit économique au sein de cette 

banque ainsi que ceux pour lesquels il disposerait d'une procuration. 

c) Veuillez communiquer les éléments demandés au point a) pour les 

comptes visés au point b). 

 

C.  

C.a Par ordonnance du 25 mai 2018, l’AFC requit la banque de fournir les 

documents et renseignements demandés. Elle fut également priée d’infor-

mer les personnes concernées et habilitées à recourir ainsi que les éven-

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tuels autres titulaires des comptes visés, résidant à l’étranger, de l’ouver-

ture de la procédure d'assistance administrative. Par courrier du 8 août 

2018, la banque transmit à l’AFC les informations demandées.  

C.b   

C.b.a  G._______ AG indiqua avoir informé la personne concernée de l'ou-

verture de la procédure d'assistance administrative.  

C.b.b Par courrier du 30 novembre 2018, le mandataire de la personne 

concernée indiqua avoir été mandaté pour représenter cette dernière dans 

le cadre de la présente procédure et demanda la consultation des pièces 

du dossier. 

C.b.c Par courrier du 17 décembre 2018, l’AFC remit l’intégralité des 

pièces du dossier au mandataire de la personne concernée et lui notifia les 

informations telles qu'elle envisageait de les transmettre à la DGFP, en im-

partissant un délai de 10 jours pour prendre position par écrit. 

C.b.d Par courrier du 14 janvier 2019, le mandataire de la personne con-

cernée remit ses observations à l'AFC. 

C.c Par décision finale du 26 septembre 2019, notifiée le 13 octobre 2020, 

adressée à A._______, en tant que personne concernée, l’AFC accorda 

l’assistance administrative à l’autorité française.  

C.d A._______ décéda le […] 2020, laissant pour héritiers B._______, 

C._______, D._______, E._______ et F._______. 

D.  

D.a Par acte du 12 novembre 2020, B._______, C._______, D._______, 

E._______ et F._______ (ci-après : les recourants) ont déposé un recours 

par-devant le TAF à l’encontre de la décision finale de l’AFC du 26 sep-

tembre 2019. Ils concluent, sous suite de frais et dépens, à l’annulation de 

la décision entreprise et, principalement, à ce qu’il soit statué à nouveau 

en ce sens que l’AFC soit autorisée à transmettre aux autorités compé-

tentes étrangères les renseignements requis relatifs au compte [1] (titu-

laire : Mme A.________) mais à ce qu’il lui soit interdit de leur transmettre 

les renseignements requis relatifs au compte [2] (titulaire : H._______ 

Corp.). Les recourants concluent également à ce que l’AFC soit invitée à 

caviarder les informations non couvertes par la demande des autorités 

françaises quant à la période concernée et/ou quant à des tiers non con-

cernés dans les documents qui seront transmis et à ce qu’elle soit invitée 

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à informer dites autorités que les renseignements transmis sont soumis 

dans l'Etat requérant aux restrictions d'utilisation et obligations de confi-

dentialité prévues par la Convention. Les recourant concluent subsidiaire-

ment au renvoi de la procédure à l'AFC afin qu'il soit statué dans le sens 

des considérants. 

D.b Par réponse du 23 juin 2022, l’AFC conclut au rejet du recours. 

Pour autant que de besoin, les autres faits et les arguments des parties 

seront repris dans les considérants en droit ci-après. 

Droit : 

1.  

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 de la loi fédérale du 

17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32) – non 

réalisées en l'espèce – ledit Tribunal connaît, selon l’art. 31 LTAF, des 

recours contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 

20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021), 

prises par l'AFC (cf. art. 33 let. d LTAF, ainsi que les art. 5 al. 1 et 17 al. 3 

de la loi fédérale du 28 septembre 2012 sur l’assistance administrative 

internationale en matière fiscale [Loi sur l’assistance administrative 

fiscale, LAAF, RS 651.1]). 

 

Pour ce qui concerne le droit interne, l'assistance administrative 

internationale en matière fiscale est actuellement régie par la LAAF, entrée 

en vigueur le 1er février 2013 (RO 2013 231, 239). Les dispositions 

dérogatoires de la convention applicable dans les cas d’espèces sont 

réservées (art. 1 al. 2 LAAF). Déposée le 28 mars 2018, la demande 

d’assistance litigieuse entre dans le champ d'application de cette loi 

(art. 24 LAAF a contrario). La procédure de recours est au demeurant 

soumise aux règles générales de la procédure fédérale, sous réserve de 

dispositions spécifiques de la LAAF (art. 19 al. 5 LAAF et 37 LTAF). 

1.2 Le recours déposé répond aux exigences de forme et de fond de la 

procédure administrative (art. 50 al. 1 et 52 al. 1 PA). L’art. 19 al. 2 LAAF 

confère la qualité pour recourir dans le cadre des procédures d’assistance 

administrative aux personnes qui remplissent les conditions de l’art. 48 PA. 

La qualité pour recourir des personnes qui ne sont pas des personnes con-

cernées au sens de l’art. 3 let. a LAAF suppose l’existence d’un intérêt 

digne de protection qui n’existe que dans des situations très particulières 

(ATF 146 I 172 consid. 7.1.2 et 7.1.3). Par ailleurs, selon l’art. 18a LAAF, 

l’assistance administrative peut être exécutée concernant des personnes 

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décédées. Leurs successeurs en droit se voient conférer le statut de partie 

(arrêt du TAF F-954/2021 du 1er avril 2022 consid. 1.2). 

1.3 Le recours a un effet suspensif ex lege (art. 19 al. 3 LAAF). L’éventuelle 

transmission de renseignements par l’AFC ne doit donc avoir lieu qu'une 

fois l'entrée en force de la décision de rejet du recours (cf. FF 2010 241, 

248 ; arrêt du TAF A-6266/2017 du 24 août 2018 consid. 1.3). 

Cela étant précisé, il y a lieu d’entrer en matière sur le recours. 

2.  

2.1  

2.1.1 L'assistance administrative avec la France est régie par 

l’art. 28 CDI CH-FR, largement calqué sur le Modèle de convention fiscale 

de l'OCDE concernant le revenu et la fortune (ci-après : MC OCDE ; 

ATF 142 II 69 consid. 2), et par le ch. XI du Protocole additionnel de cette 

même convention (ci-après : le Protocole additionnel ; publié également au 

RS 0.672.934.91). Ces dispositions, résultant de l’Avenant du 27 août 

2009, s'appliquent à la présente demande (art. 11 par. 3 de l'Avenant ; ar-

rêts du TAF A-6266/2017 du 24 août 2018 consid. 2.1.1 ; A-5066/2016 du 

17 mai 2018 consid. 2.1 et A-7496/2016 du 27 avril 2018 consid. 4.1). 

L’art. 28 CDI CH-FR, dans sa nouvelle teneur, est ainsi applicable aux 

demandes d’échange de renseignements concernant toute année civile ou 

tout exercice commençant à compter du 1er janvier 2010 (art. 11 par. 3 de 

l’Avenant ; arrêts du TAF A-6266/2017 du 24 août 2018 consid. 2.1.1 et 

A-4353/2016 du 27 février 2017 consid. 1.1.1). La jurisprudence admet à 

ce titre que l’état de fortune d’un compte au dernier jour d’une année fiscale 

doit être traité de la même manière que le premier jour de l’année fiscale 

qui suit directement (cf. arrêt du TF 2C_1087/2016 du 31 mars 2017 

consid. 3.4 [en lien avec la CDI CH-FR] ; cf. arrêts du TAF A-6266/2017 du 

24 août 2018 consid. 2.1.1 et A-6399/2014 du 4 janvier 2016 consid. 6). 

2.1.2 Le ch. XI du Protocole additionnel a été modifié le 25 juin 2014 par 

l’Accord 2014 modifiant le Protocole additionnel, entré en vigueur le 

30 mars 2016 (ci-après : Protocole 2014 ; FF 2011 3519 ; arrêt du TAF 

A-2321/2017 du 20 décembre 2017 consid. 3.1). Ces modifications con-

cernent uniquement les cas dans lesquels les noms des personnes impli-

quées ne sont pas connus de l’Etat requérant (cf. arrêt du TAF 

A-5066/2016 du 17 mai 2018 consid. 4.1). Parmi les modifications interve-

nues, le ch. XI par. 3 du Protocole additionnel – relatif à l’identification de 

la personne concernée – a été modifié par l’art. 1 par. 1 du Protocole 2014. 

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Avant sa modification, cette disposition exigeait de l’Etat requérant qu’il 

fournisse le nom et une adresse de la personne faisant l’objet du contrôle 

ou d’une enquête et, si disponible, tout autre élément de nature à faciliter 

son identification tel que par exemple sa date de naissance ou son état 

civil. La version actuelle du ch. XI par. 3 let. a du Protocole additionnel, tel 

que modifié par l’art. 1 par. 1 du Protocole 2014, prévoit désormais que 

l’identification de la personne faisant l’objet d’un contrôle ou d’une enquête 

peut résulter du nom de cette personne ou de tout autre élément de nature 

à en permettre l’identification (sur les développements du contexte de la 

modification du ch. XI du Protocole additionnel, cf. ATF 146 II 150 con-

sid. 5.2.3 ; cf. arrêts du TAF A-1534/2018 ; A-1555/2018 ; A-1562/2018 et 

A-1563/2018 du 3 août 2020 consid. 2.3).  

L’art. 2 par. 2 de l’Accord 2014 prévoit que celui-ci est applicable aux de-

mandes d’échange de renseignements concernant toute année civile ou 

tout exercice commençant à compter du 1er janvier 2010. L’art. 2 par. 3 de 

l’Accord 2014 stipule quant à lui que, nonobstant les dispositions du par. 2, 

l’art. 1 par. 1 dudit Accord est applicable aux demandes d’échange de ren-

seignements relatives à des faits survenus pour toute période commençant 

à compter du 1er février 2013. Dans l’ATF 146 II 150, le Tribunal fédéral a 

considéré que l’interprétation de l’art. 2 par. 3 de l’Accord 2014 – à la lu-

mière de son objet, de son contexte et des circonstances de sa conclu-

sion – ne rendait admissible les demandes groupées que pour obtenir des 

renseignements relatifs à des périodes à compter du 1er février 2013 

(cf. ATF 146 II 150 consid. 5.3 ss et 5.6).  

 

2.2 La requête doit indiquer les éléments qui figurent au ch. XI par. 3 du 

Protocole additionnel, à savoir (a) l’identité de la personne faisant l’objet 

d’un contrôle ou d’une enquête, cette information pouvant résulter de la 

fourniture du nom de cette personne ou de tout autre élément de nature à 

en permettre l’identification ; (b) la période visée ; (c) une description des 

renseignements demandés ; (d) le but fiscal poursuivi et, (e) dans la 

mesure où ils sont connus, les nom et adresse de toute personne dont il y 

a lieu de penser qu’elle est en possession des renseignements demandés 

(le détenteur d’informations ; arrêts du TAF A-6366/2017 du 24 août 2018 

consid. 2.2 ; A-5066/2016 du 17 mai 2018 consid. 2.2 ; A-4977/2016 du 

13 février 2018 consid. 3.2 et A-4545/2016 du 8 février 2018 consid. 4.2). 

  

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Page 9 

2.3  

2.3.1 Exprimée à l’art. 28 par. 1 CDI CH-FR, la condition de la pertinence 

vraisemblable des informations pour l’application de la Convention ou la 

législation fiscale interne des Etats contractants est la clé de voûte de 

l’échange de renseignements (voir entre autres, ATF 144 II 206 

consid. 4.2). Elle a pour but d'assurer un échange de renseignements le 

plus large possible, mais ne permet pas aux Etats d'aller à la pêche aux 

renseignements ou de demander des renseignements dont il est peu 

probable qu'ils soient pertinents pour élucider les affaires d'un contribuable 

déterminé. Cette condition est réputée réalisée si, au moment où la 

demande d'assistance administrative est formulée, il existe une possibilité 

raisonnable que les renseignements demandés se révéleront pertinents. 

En revanche, peu importe qu'une fois fournis, il s'avère que l'information 

demandée soit finalement non pertinente (arrêt du TF 2C_764/2018 du 7 

juin 2019 consid. 5.1). Il n'incombe pas à l'Etat requis de refuser une 

demande ou la transmission d'informations parce que cet Etat serait d'avis 

qu'elles manqueraient de pertinence pour l'enquête ou le contrôle sous-

jacents. Il en découle que l'appréciation de la pertinence vraisemblable des 

informations demandées est en premier lieu du ressort de l'Etat requérant 

et que le rôle de l'Etat requis est assez restreint, puisqu'il se limite à un 

contrôle de la plausibilité (voir ATF 145 II 112 consid. 2.2.1 ; 144 II 206 

consid. 4.2 et 4.3 et 142 II 161 consid. 2.1.1 ; arrêt du TAF A-4591/2018 du 

9 mars 2020 consid. 4.2.1). 

2.3.2 Une demande d'assistance vise normalement à obtenir des 

informations sur la personne identifiée comme contribuable par l'Etat 

requérant. Toutefois, dans certaines constellations spécifiques, des 

informations peuvent également être transmises au sujet de personnes 

dont l'assujettissement n'est pas invoqué par l'Etat requérant (arrêts du 

TAF A-4025/2016 du 2 mai 2017 consid. 3.4 ; A-2838/2016 du 8 mars 2017 

consid. 3.6.2.3 et A-2468/2016 du 19 octobre 2016 consid. 3.2.1). La 

transmission d'informations vraisemblablement pertinentes concernant 

des tiers est ainsi en principe également possible (cf. ATF 142 II 161 

consid. 4.6.1 ; arrêts du TAF A-4025/2016 du 2 mai 2017 consid. 3.4 et 

A-4353/2016 du 27 février 2017 consid. 5.1). En droit interne, l'art. 4 al. 3 

LAAF prévoit que la transmission de renseignements concernant des 

personnes qui ne sont pas des personnes concernées est exclue lorsque 

ces renseignements ne sont pas vraisemblablement pertinents pour 

l'évaluation de la situation fiscale de la personne concernée ou lorsque les 

intérêts légitimes de personnes qui ne sont pas des personnes concernées 

prévalent sur l'intérêt de la partie requérante à la transmission des 

renseignements.  

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Page 10 

Selon la jurisprudence, et eu égard au principe de la primauté du droit 

international qui implique que la LAAF ne sert qu'à concrétiser les 

engagements découlant des CDI (cf. art. 24 LAAF ; ATF 143 II 628 

consid. 4.3 et 139 II 404 consid. 1.1), la transmission de noms de tiers n'est 

admise que si elle est vraisemblablement pertinente par rapport à l'objectif 

fiscal visé par l'Etat requérant et que leur remise est partant proportionnée, 

de sorte que leur caviardage rendrait vide de sens la demande d'assistance 

administrative (cf. ATF 144 II 29 consid. 4.2.3 ; 143 II 506 consid. 5.2.1 ; 

142 II 161 consid. 4.6.1 et 141 II 436 consid. 4.5 et 4.6). Le Tribunal fédéral 

a précisé que l'art. 4 al. 3 LAAF avait pour but de protéger les personnes 

n'ayant rien à voir avec les faits décrits dans la demande d'assistance 

administrative et dont les noms apparaissaient par pur hasard dans la 

documentation destinée à être transmise (arrêts du TF 2C_703/2020 du 15 

mars 2021 consid. 4.2.3 et 2C_619/2018 du 21 décembre 2018 

consid. 3.1). Le nom d'un tiers peut donc figurer dans la documentation à 

transmettre s'il est de nature à contribuer à élucider la situation fiscale du 

contribuable visé (ATF 144 II 29 consid. 4.2.3). 

2.4   

2.4.1 Le principe de la bonne foi s’applique (cf. art. 7 al. 1 let. c LAAF) en 

tant que principe d'interprétation et d'exécution des traités dans le domaine 

de l'échange de renseignements des CDI (ATF 143 II 202 consid. 8.3 ; ar-

rêts du TAF A-2321/2017 du 20 décembre 2017 consid. 3.4.1 ; 

A-4669/2016 du 8 décembre 2017 consid. 2.3 et A-4025/2016 du 2 mai 

2017 consid. 3.2.3.1). L'Etat requis est ainsi lié par l'état de fait et les dé-

clarations présentés dans la demande, dans la mesure où ceux-ci ne peu-

vent pas être immédiatement réfutés (sofort entkräftet) en raison de fautes, 

lacunes ou de contradictions manifestes (arrêts du TAF A-6266/2017 du 

24 août 2018 consid. 2.4.1 et A-5066/2016 du 17 mai 2018 consid. 2.4.1).  

 

2.4.2 La bonne foi d'un Etat est toujours présumée dans les relations 

internationales, ce qui implique, dans le présent contexte, que l'Etat requis 

ne saurait en principe mettre en doute les allégations de l'Etat requérant 

(ATF 142 II 161 consid. 2.1.3 ; arrêt du TAF A-4434/2016 du 18 janvier 

2018 consid. 3.4.2), sauf s'il existe un doute sérieux, cas dans lequel le 

principe de la confiance ne s’oppose alors pas à ce qu'un éclaircissement 

soit demandé à l'Etat requérant ; le renversement de la présomption de 

bonne foi d'un Etat doit en tout cas reposer sur des éléments établis et 

concrets (ATF 143 II 202 consid. 8.7.1 avec les réf. citées ; arrêt du 

TAF A-6266/2017 du 24 août 2018 consid. 2.4.2). 

A-5707/2020 

Page 11 

2.5 La demande ne doit pas être déposée uniquement à des fins de 

recherche de preuves au hasard (interdiction de la pêche aux 

renseignements [« fishing expedition »] ; ATF 144 II 206 consid. 4.2 ; 143 

II 136 consid. 6 ; arrêt du TF 2C_1162/2016 du 4 octobre 2017 consid. 9.1 ; 

arrêt du TAF A-4545/2016 du 8 février 2018 consid. 4.3.2). L’interdiction 

des « fishing expeditions » correspond au principe de proportionnalité 

(art. 5 al. 2 Cst.), auquel doit se conformer chaque demande d'assistance 

administrative (arrêt du TAF A-3320/2017 du 15 août 2018 consid. 3.3.2). 

Il n’est, cela dit, pas attendu de l'Etat requérant que chacune de ses 

questions conduise nécessairement à une recherche fructueuse 

correspondante (arrêts du TAF A-6266/2017 du 24 août 2018 consid. 2.5 

et A-5066/2016 du 17 mai 2018 consid. 2.5).  

 

2.6 Le principe de spécialité veut que l'Etat requérant n'utilise les 

informations reçues de l'Etat requis qu'à l'égard des personnes et des 

agissements pour lesquels il les a demandées et pour lesquels elles lui ont 

été transmises (cf. art. 28 CDI CH-FR ; arrêts du TAF A-4434/2016 du 

18 janvier 2018 consid. 3.9.1 et A-2321/2017 du 20 décembre 2017 

consid. 3.9.1). La jurisprudence a rappelé le caractère personnel du 

principe précité, en ce sens que l'Etat requérant ne peut pas utiliser, à 

l'encontre de tiers, les renseignements qu'il a reçus par la voie de 

l'assistance administrative, sauf si cette possibilité résulte des lois des 

deux Etats et que l'autorité compétente de l'Etat qui fournit les 

renseignements autorise cette utilisation (voir ATF 147 II 13 consid. 3.4 ; 

146 I 172 consid. 7.1.3 ; arrêts du TAF A-6573/2018 du 11 septembre 2020 

consid. 9.2 et A-5522/2019 du 18 août 2020 consid. 3.4.3). Sur la base du 

principe de la confiance, la Suisse peut considérer que l'Etat requérant, 

avec lequel elle est liée par un accord d'assistance administrative, 

respectera le principe de spécialité (cf. parmi d’autres, arrêts du TAF 

A-769/2017 du 23 avril 2019 consid. 2.6 et A-6266/2017 du 24 août 2018 

consid. 2.6). 

3.  

En l’espèce, le litige porte en substance sur la transmission à la DGFP des 

renseignements requis relatifs au compte [2] dont la société H._______ 

Corp était titulaire. Les recourants acceptent en revanche que l'AFC com-

munique aux autorités françaises les renseignements requis relatifs au 

compte [1] dont A._______ était titulaire.  

A-5707/2020 

Page 12 

Dans ce cadre, la Cour de céans examinera la forme de la demande 

(cf. consid. 3.1 ci-après), avant de traiter successivement des autres con-

ditions de l’assistance administrative au regard des griefs matériels invo-

qués par les recourants (cf. consid. 3.2 ci-après).  

3.1 Sur le plan formel, le Tribunal constate que la demande d'assistance 

contient la liste des informations nécessaires à sa recevabilité. Elle men-

tionne en effet, le nom de la personne concernée, sa date de naissance 

ainsi que son adresse en France (ch. 4 de la demande et Annexe) ; la pé-

riode visée par la demande (ch. 7), soit les années 2010 à 2017 ; la des-

cription des renseignements demandés (ch. 10) ; l'objectif fiscal fondant la 

demande (ch. 7 et 8), soit l'impôt sur le revenu et l'impôt de solidarité sur 

sur la fortune (ch. 7) ainsi que le nom de la banque détentrice des docu-

ments demandés (ch. 5). La demande remplit dès lors toutes les conditions 

de forme prévues par le ch. XI par. 3 du Protocole additionnel. 

 

3.2   

3.2.1  

Pour ce qui est des conditions de fond, les recourants arguent en premier 

lieu que Madame A._______ ne serait pas concernée par la période allant 

du 1er janvier 2010 au 8 novembre 2012 car cette période se rapporterait à 

son conjoint prédécédé, lequel ne serait pas visé par la procédure (cf. con-

sid. 3.3 ci-dessous). Ils font valoir ensuite que les informations requises par 

l’Etat requérant ne répondraient pas à la condition de la pertinence vrai-

semblable (cf. consid. 3.4 ci-dessous). Enfin, les questions relatives au 

principe de la bonne foi et aux caviardages requis seront examinées 

(cf. consid. 3.5 et 3.6 ci-dessous). 

3.3  

3.3.1 Dans un premier grief matériel, les recourants exposent que feu Mon-

sieur I._______ aurait été l'ayant droit économique et premier bénéficiaire 

de la société H._______ laquelle était titulaire d'un compte banque ban-

caire ouvert dans les livres de G._______ AG sous le numéro [2]. Il aurait 

revêtu cette qualité jusqu'à son décès intervenu le […] 2012. Par la suite, 

son épouse, Madame A._______, serait devenue la première bénéficiaire 

et G._______ AG aurait enregistré un nouveau formulaire A en date du 8 

novembre 2012. Dans ce formulaire, seule Madame A._______ serait indi-

quée comme ayant droit économique. 

De l’avis des recourants, Madame A._______ n'aurait eu jusqu’au 8 no-

vembre 2012 qu'une simple expectative et n’aurait ainsi, pour la période 

allant du 1er janvier 2010 au 8 novembre 2012, pas rempli les conditions 

A-5707/2020 

Page 13 

fixées par la loi. Les recourants avancent également que la demande 

d'assistance de la DGFP ne concernerait pas Monsieur I._______ et qu’au-

cun renseignement n’aurait été demandé concernant les comptes dont il 

était le titulaire, l'ayant droit économique ou le procuré. Il en découlerait 

selon eux que Madame A._______ ne serait pas concernée par la période 

allant du 1er janvier 2010 au 8 novembre 2012 dans la mesure où cette 

période se rapporterait à son conjoint, lequel n'est pas visé par la procé-

dure.  

Partant, les recourants avancent que les informations en rapport avec le 

compte de H._______ Corp, du moins pour la période du 1er janvier 2010 

au 8 novembre 2012, ne seraient pas pertinentes. D’après les recourants, 

s'il existe un lien entre les avoirs bancaires de H._______ Corp entre la 

période 2010 à 2012 et la période de 2010 à 2017, celui-ci serait unique-

ment successoral, Madame A._______ ayant hérité des avoirs et droits de 

son conjoint. Les recourants considèrent donc que d'un point de vue fiscal, 

cet aspect devrait s'analyser sous l'angle de l'impôt sur les successions et 

rappellent que la demande d'assistance de la DGFP porte exclusivement 

sur l'impôt sur le revenu et l'impôt sur la fortune.  

3.3.2 En l’occurrence, la Cour constate que le raisonnement des recou-

rants ne saurait être suivi.  

Premièrement, les recourants n'apportent aucune preuve à l'appui de leurs 

allégations. Deuxièmement, les informations fournies par la banque révè-

lent que la personne concernée, Madame A._______, est bien enregistrée 

comme ayant droit économique du compte n° [2] pour toute la période con-

cernée par la demande. Cela ressort du formulaire A daté du 24 octobre 

2005, d'après lequel Monsieur I._______ et Madame A._______ sont tous 

les deux enregistrés comme ayants droit économiques du compte visé. Il 

ressort également des pièces du dossier qu’un nouveau formulaire A, daté 

du 8 novembre 2012, identifie ensuite Madame A._______ comme seule 

ayant droit économique. Le fait que Madame A._______ n'ait pas été la 

seule ayant droit économique du compte visé pour la période du 1er janvier 

2010 au 8 novembre 2012 ne permet pas de nier la pertinence vraisem-

blable des renseignements en l'espèce. Au surplus, les allégations des re-

courants selon lesquels Madame A._______ n’aurait pas été concernée 

avant le décès de son mari sont directement contredites par les pièces au 

dossier. Or, comme le relève à juste titre l’autorité inférieure dans sa ré-

ponse du 23 juin 2022, en l'absence d'éléments de nature à démontrer une 

erreur, les informations fournies par la banque détentrice des informations 

ne sauraient ici être remises en question et l’on peut partir du principe que 

A-5707/2020 

Page 14 

les renseignements donnés par cette dernière ont été vérifiés et corres-

pondent à la réalité. Cela est d'autant plus manifeste que la banque 

G._______ AG est une banque agréée qui est soumise à la surveillance 

de l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers et qui doit of-

frir des garanties de bonne activité commerciale.  

3.3.3 Ensuite, les renseignements dont il est question ici sont indéniable-

ment vraisemblablement pertinents (cf. consid. 2.3 ci-avant). A cet égard, 

le Tribunal rappelle d'abord que l’autorité requérante a demandé la trans-

mission d'informations afin de pouvoir vérifier le revenu et la fortune au 

niveau mondial de la personne concernée par la demande en vue d'effec-

tuer une correcte taxation sur son territoire de cette personne qu'elle con-

sidère comme un résident. Pour ce faire, elle a spécifiquement demandé 

de pouvoir connaître les renseignements demandés au chiffre 10 de sa 

demande et retranscrits au consid. B.c ci-dessus. Or, le Tribunal constate 

qu'il existe indéniablement un rapport entre l'état de fait décrit dans la de-

mande et les documents requis. Ensuite, il observe que les informations 

demandées sont propres à permettre l'imposition en France de la personne 

concernée puisqu'elles permettent de connaître le montant des avoirs et 

des revenus éventuellement non déclarés à l'administration fiscale fran-

çaise. Au demeurant, les renseignements à transmettre sont vraisembla-

blement pertinents en vue de la procédure de taxation de la personne con-

cernée, respectivement de ses héritiers. Ils doivent en effet permettre d'éta-

blir les différentes sources de leurs revenus et si ceux-ci peuvent ou non 

être imposés dans l’Etat requérant en vertu de sa législation. Par consé-

quent, la requête des autorités compétentes françaises ne saurait consti-

tuer une pêche aux renseignements proscrite. La transmission de ces ren-

seignements est donc conforme au principe de proportionnalité (cf. con-

sid. 2.5 ci-avant).  

Partant, les motifs avancés par les recourants tendant à remettre en cause 

la qualité d’ayant droit économique de A._______ ne sauraient être retenus 

et les informations relatives au compte visé doivent être transmises aux 

autorités compétentes françaises. 

3.4  

3.4.1 Dans un deuxième grief, les recourants estiment que les informations 

sollicitées par le DGFP auraient perdu leur pertinence en raison du décès 

de Madame A._______ le […] 2020 (cf. consid. C.d ci-avant). Il convien-

drait donc ici, selon eux, d’exiger de l’AFC qu’elle interpelle la DGFP pour 

savoir dans quelle mesure et à quelles conditions une éventuelle créance 

fiscale contre un contribuable décédé passe aux héritiers en droit fiscal 

A-5707/2020 

Page 15 

français car si la créance fiscale s'éteint au décès du contribuable, les do-

cuments requis dans la procédure d'assistance devraient être considérés 

comme dénués de pertinence. 

3.4.2 En l’occurrence, la Cour constate que la décision entreprise a été 

notifiée postérieurement au décès de Madame A._______.  

Dans sa réponse, l’autorité inférieure explique avoir attendu que le Tribunal 

fédéral se prononce dans la procédure TF 2C_ 417/2019 (arrêt du 13 juillet 

2020, qui concernait également la présente demande d'assistance) pour 

procéder à la notification de la décision finale ici en cause, raison pour la-

quelle dite décision a été notifiée au mandataire de Madame A._______ le 

13 octobre 2020. L'AFC poursuit en exposant qu’elle n’a pas été informée 

et ignorait que Madame A._______ était décédée dans l'intervalle et n’avoir 

appris le décès qu'à la lecture du recours du 12 novembre 2020. A cet 

égard le Tribunal relève que le dossier ne contient aucune pièce attestant 

que les recourants auraient informé l’autorité inférieure du décès de Ma-

dame A._______. Dans ces circonstances, les recourants ne sauraient se 

prévaloir du fait que l'AFC ignorait le décès de la personne concernée et 

qu’elle aurait de ce fait rendu une décision à son encontre, et non à l'en-

contre de ses héritiers, alors qu'ils sont pleinement responsables de ne pas 

l’avoir informée. Aucun vice de procédure ne peut donc être retenu ici.  

Ensuite, l’autorité inférieure relève à juste titre dans sa réponse que, même 

à considérer que la situation doive être réexaminée après le prononcé de 

la décision finale en raison du décès de Madame A._______, il ressort de 

l’art. 18a LAAF que l'assistance administrative peut être accordée concer-

nant des personnes décédées (cf. consid. 1.2 ci-avant). Leurs successeurs 

en droit se voient conférer le statut de partie. Ainsi, la procédure peut être 

conduite à l'encontre de personnes décédées. Cette disposition, entrée en 

vigueur le 1er novembre 2019, est d'application immédiate. En effet, selon 

la jurisprudence du Tribunal fédéral, les dispositions de la LAAF sont de 

nature procédurale et, en tant que telles, applicables immédiatement après 

leur entrée en vigueur. Cette applicabilité directe s'étend également aux 

demandes d'assistance relatives aux années fiscales précédant cette en-

trée en vigueur (cf. entre autres, arrêts du TF 2C_653/2018 du 26 juillet 

2019 consid. 5.4 et TF 2C_643/2016 du 1er septembre 2017 consid. 4.3 ; 

voir également l'arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme du 22 

décembre 2015 dans l'affaire G.S.B. contre Suisse [n° 28601/11 ch. 39 et 

75-80] et le par. 10.3 ad art. 26 du MC OCDE du 21 novembre 2017). 

A-5707/2020 

Page 16 

Enfin, et toujours à raison, l’AFC expose dans sa réponse que nonobstant 

le décès de Madame A._______, la demande d'assistance remplit toujours 

la condition de la pertinence vraisemblable. En effet, les droits et obliga-

tions résultant des avoirs bancaires détenus par les personnes concernées 

décédées ne s'éteignent pas avec leur décès, mais passent à leurs héri-

tiers. Dès lors, il reste pertinent de solliciter des informations bancaires sur 

les comptes des personnes concernées décédées, étant donné que leurs 

héritiers devront régulariser et déclarer le compte vis-à-vis des autorités 

fiscales françaises. 

Ce grief étant mal fondé, il s'agit ici de le rejeter. 

3.5 Dans un troisième grief relatif à l’origine des données ayant conduit à 

l’ouverture de la procédure d’enquête, les recourants arguent qu’il convien-

drait de retourner le dossier à l'AFC pour complément d'instruction. 

3.5.1 A cet égard, ils avancent que le dossier ne contient, hormis l’indica-

tion que les informations proviennent des autorités judiciaires françaises, 

aucun renseignement sur la provenance de la liste de détenteurs de 

compte bancaires. Les recourants poursuivent en indiquant qu’il leur est 

impossible d'amener des éléments permettant d'établir l'origine illicite des 

données obtenues. Cela dit, ils considèrent que l'obtention d'une liste com-

plète de détenteurs de compte, ouverts dans une banque suisse, par une 

autorité judiciaire française aurait dû imposer une vigilance accrue. Selon 

eux, il existerait de nombreux cas de données bancaires volées en Suisse 

puis remises ou monnayées à des autorités judiciaires étrangères. Les re-

courants estiment ainsi nécessaire, lorsque des autorités étrangères dis-

posent de listes complètes de clients et de numéros de relations bancaires, 

que les autorités suisses s'assurent qu’il n'y a pas eu de vol ou d'acquisition 

illégale de données sous-jacentes.  

Les recourants considèrent que dans de pareilles circonstances, il serait 

logique et raisonnable d'admettre que l'AFC doivent interroger la DGFP sur 

la provenance initiale des données. Selon eux, il ne serait pas dispropor-

tionné de prier la DGFP d'obtenir des éclaircissements de la part de l'auto-

rité judiciaire qui lui a transmis les données. Une telle approche ne serait 

pas contraire à la présomption de bonne foi et ne saurait être interprétée 

comme un acte de défiance vis-à-vis de l'autorité requérante, et cela même 

si la procédure d'assistance doit être considérée comme une procédure 

d'exécution. De l’avis des recourants, il serait également conforme au prin-

cipe de la bonne foi que l'AFC interroge G._______ AG quant à la prove-

A-5707/2020 

Page 17 

nance exacte la liste. La banque devrait selon eux être en position de con-

firmer si une telle liste a été remise de façon légale ou illégale à une autorité 

judiciaire française. Enfin, les recourants avancent que le principe de célé-

rité ne s'y opposerait pas, « surtout lorsque l'on sait que la procédure est 

pendante depuis 2018 ». 

3.5.2 En l’occurrence, il est certes vrai que l’art. 7 let. c LAAF prévoit qu'il 

n'est pas entré en matière lorsque la demande viole le principe de la bonne 

foi, notamment lorsqu'elle se fonde sur des renseignements obtenus par 

des actes punissables au regard du droit suisse (cf. consid. 2.4.1 ci-avant). 

Certes encore, la CDI CH-FR consacre à son art. 28 par. 3 let. b le principe 

selon lequel un Etat contractant n'est pas tenu de fournir des renseigne-

ments qui ne pourraient être obtenus sur la base de sa législation ou dans 

le cadre de sa pratique administrative normale ou de celle de l'autre Etat 

contractant. Cela étant, la bonne foi est toujours présumée dans les rela-

tions internationales (cf. consid. 2.4.2 ci-avant) et les recourants n'appor-

tent aucun élément établi et concret susceptible de renverser cette pré-

somption. En effet, il ne suffit pas de faire des suppositions pour considérer 

que la demande est contraire à la bonne foi ou qu'elle se fonde sur des 

données volées. Sous cet angle déjà, il apparaît que les recourants ne par-

viennent pas à démontrer l’existence d’une infraction pénale qui aurait pour 

conséquence de renverser la présomption de bonne foi de l’Etat requérant. 

A toutes fins utiles, le Tribunal fédéral a déjà eu l'occasion de préciser que, 

dans la mesure où l'Etat requérant n'a pas fourni de garantie sur l'origine 

des données en application de la jurisprudence du Tribunal fédéral (cf. ATF 

143 II 224), le fait de fonder une demande d'assistance sur des données 

volées, soit des données acquises par des actes effectivement punissables 

au regard du droit suisse dans le sens très restrictif que lui a donné la ju-

risprudence (cf. ATF 143 II 202 consid. 8.5.1), ne constitue pas en soi une 

violation du principe de la bonne foi reconnue en droit international public 

(cf. arrêts du TAF A-3665/2020 consid. 5.5, confirmé par le TF 

2C_893/2021 du 11 novembre 2021 ; A-6391/2016 du 17 janvier 2018 con-

sid. 5.2.1.2, confirmé par le TF dans l'arrêt 2C_88/2018 du 7 décembre 

2018). 

Par voie de conséquence, quand bien même les recourants auraient 

prouvé l’existence d’un acte illicite, ce qui n’est pas le cas en l’espèce, cela 

n’aurait de toute manière pas ipso facto pour effet de rendre la requête de 

l’Etat français contraire au principe de la bonne foi. La jurisprudence préci-

tée a en effet clairement établi que le fait d'exploiter des renseignements 

issus de données volées n'était pas intrinsèquement contraire au principe 

A-5707/2020 

Page 18 

de la bonne foi mais dépendait au contraire d’un engagement éventuelle-

ment pris par l’autorité requérante de ne pas utiliser des données volées 

spécifiques. Or, il n’y a dans le cas d’espèce aucun engagement corres-

pondant de la part de l’autorité française, et la requête d’assistance à l’ori-

gine de la présente procédure se distingue ainsi fondamentalement de 

celle dans laquelle (ATF 143 II 224 précité) le Tribunal fédéral avait admis 

que la France s’est engagée vis-à-vis de la Suisse à ne pas utiliser les 

données Falciani.  

Le grief étant mal fondé, il s'agit ici de le rejeter. 

3.6 S’agissant des caviardages requis par les recourants (cf. consid. D.a 

ci-avant), la Cour observe que la conclusion des recourants tendant à ce 

que l’AFC soit invitée à caviarder les informations non couvertes par la de-

mande des autorités françaises quant à la période concernée et/ou quant 

à des tiers non concernés dans les documents qui seront transmis n’est 

suivie d’aucune autre forme de motivation. Or, ce grief ne satisfait claire-

ment pas aux exigences de motivation de l'art. 52 PA et pourrait déjà être 

écarté pour cette seule raison. 

Cela dit, et par abondance de motivation, le Tribunal de céans rappelle que 

les recourants doivent désigner chaque donnée à caviarder relative à un 

tiers non concerné, de sorte qu'ils ne sauraient se contenter de solliciter un 

caviardage de manière toute générale (cf. arrêts du TAF A-3810/2018 du 

20 avril 2021 consid. 5.1.1 ; A-3734/2017 du 31 août 2020 consid. 3.11 ; 

A-3703/2017 du 23 avril 2020 consid. 5.3.3 et A-1538/2018 du 11 sep-

tembre 2019 consid. 4.5.2). En l’occurrence, les recourants n'ont fourni au-

cune liste détaillée des données à retrancher et ne se sont pas attardés à 

mentionner les annexes visées par ces caviardages. Compte tenu de la 

formulation trop générale de ce grief, la Cour de céans ne procédera pas 

elle-même à un examen des données dont le caviardage est requis. En 

outre, un renvoi à l’autorité inférieure n’est ici pas envisageable dès lors 

que l’analyse du dossier révèle que l’AFC a déjà procédé aux caviardages 

nécessaires et que les informations contenues dans la documentation à 

transmettre remplissent la condition de la pertinence vraisemblable 

(cf. consid. 3.3.2 et 3.4.2 ci-avant).  

Compte tenu des éléments qui précèdent, le grief est rejeté. 

3.7 Enfin, il est précisé que les personnes dont l’identité apparaîtrait dans 

la documentation bancaire sont protégées par le principe de spécialité qui 

veut que l'Etat requérant n'utilise les informations reçues de l'Etat requis 

A-5707/2020 

Page 19 

qu'à l'égard des personnes et des agissements pour lesquels il les a de-

mandées et pour lesquels elles lui ont été transmises (cf. consid. 2.6 ci-

avant ; art. 28 par. 2 CDI CH-FR ; ATF 142 II 13 consid. 3.4 et 146 I 172 

consid. 7.1.3 ; arrêt du TAF A-5522/2019 du 18 août 2020 consid. 3.4.3). 

La Cour de céans observe d’ailleurs qu’au ch. 5 du dispositif de la décision 

finale notifiée au recourant, l’autorité inférieure appelle spécifiquement 

l’autorité française au respect dudit principe (« d’informer la DGFP que les 

renseignements transmis sont soumis dans l’Etat requérant aux restric-

tions d’utilisation et obligations de confidentialité prévues par la Convention 

(art. 28 par. 2 CDI CH-FR) »). Il n’est toutefois pas mentionné dans le dis-

positif que les informations transmises ne pourront être utilisées dans l’Etat 

requérant que dans le cadre de la procédure relative à la/aux personne/s 

concernée/s pour l’état de fait décrit dans la demande d’assistance admi-

nistrative du 28 mars 2018 de sorte qu’il convient, au vu des avis divergents 

tant au niveau international que national quant à la portée du principe pré-

cité et, en particulier, sur sa composante personnelle, que l'AFC informe 

précisément l'autorité requérante de l'étendue de la restriction d'utilisation 

lors de la transmission des informations requises (cf. ATF 142 II 13 con-

sid. 3.7 ; arrêt du TF 2C_545/2019 du 13 juillet 2020 consid. 4 ; arrêt du 

TAF A-5522/2019 précité consid. 3.4.3). 

4.  

4.1 Vu les considérants qui précèdent, le recours est rejeté. Les recou-

rants, qui succombent, doivent supporter les frais de procédure, lesquels 

se montent, compte tenu de la charge de travail liée à la procédure, à 

Fr. 5’000.- (cf. l'art. 63 al. 1 PA et art. 4 du règlement du 21 février 2008 

concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le TAF [FITAF, RS 

173.320.2]). Ils seront prélevés sur l'avance de frais déjà versée d'un 

même montant.  

 

4.2 Vu l'issue de la cause, il n'est pas alloué de dépens (art. 64 al. 1 PA a 

contrario et art. 7 al. 1 FITAF a contrario).  

 

5.  

La présente décision rendue dans le domaine de l'assistance administra-

tive internationale en matière fiscale peut faire l'objet d'un recours en ma-

tière de droit public auprès du Tribunal fédéral (art. 83 let. h LTF). Le délai 

de recours est de dix jours (art. 100 al. 2 let. b LTF). Le recours n'est rece-

vable que lorsqu'une question juridique de principe se pose ou qu'il s'agit 

pour d'autres motifs d'un cas particulièrement important au sens de l'art. 84 

al. 2 LTF (art. 84a LTF). Le Tribunal fédéral est seul habilité à décider du 

respect de ces conditions. 

A-5707/2020 

Page 20 

(Le dispositif de l’arrêt se trouve à la page suivante.) 

  

A-5707/2020 

Page 21 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté.  

2.  

L’autorité inférieure doit informer l’autorité requérante que les informations 

transmises dans le cadre de l’assistance administrative ne peuvent être 

utilisées, conformément à l’art. 28 par. 2 CDI CH-FR, que dans une procé-

dure concernant la personne mentionnée au ch. 1 du dispositif de la déci-

sion finale du 26 septembre 2019. 

3.  

Les frais de procédure, d’un montant de Fr. 5'000.- (cinq mille francs), sont 

mis à la charge des recourants. Ce montant est prélevé sur l’avance de 

frais déjà versée, d’un montant équivalent. 

4.  

Il n’est pas alloué de dépens.  

5.  

Le présent arrêt est adressé aux recourants et à l'autorité inférieure. 

 

L'indication des voies de droit se trouve à la page suivante. 

 

Le président du collège : La greffière : 

  

Raphaël Gani Alice Fadda 

 

  

A-5707/2020 

Page 22 

Indication des voies de droit : 

La présente décision, qui concerne un cas d'assistance administrative 

internationale en matière fiscale, peut être attaquée devant le Tribunal 

fédéral, 1000 Lausanne 14, par la voie du recours en matière de droit 

public, dans les dix jours qui suivent la notification. Le recours n'est 

recevable que lorsqu'une question juridique de principe se pose ou qu'il 

s'agit pour d'autres motifs d'un cas particulièrement important au sens de 

l'art. 84 al. 2 LTF (art. 82, art. 83 let. h, art. 84a, art. 90 ss et art. 100 al. 2 

let. b LTF). Ce délai est réputé observé si les mémoires sont remis au plus 

tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention de ce 

dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou 

consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF). Le mémoire de recours doit exposer 

en quoi l'affaire remplit la condition exigée. En outre, le mémoire doit être 

rédigé dans une langue officielle et doit indiquer les conclusions, les motifs 

et les moyens de preuve, et être signé. La décision attaquée et les moyens 

de preuve doivent être joints au mémoire, pour autant qu'ils soient entre 

les mains de la partie recourante (art. 42 LTF). 

 

Expédition : 

  

A-5707/2020 

Page 23 

Le présent arrêt est adressé : 

– aux recourants (Acte judiciaire) 

– à l'autorité inférieure (n° de réf. […] ; Acte judiciaire)