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**Case Identifier:** 90e28a04-1415-575c-929f-bf97e95a3e1c
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2024-05-13
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 13.05.2024 A-476/2023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_A-476-2023_2024-05-13.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour I 

A-476/2023 

 

 
 

  A r r ê t  d u  1 3  m a i  2 0 2 4  

Composition 
 Jérôme Candrian (président du collège),  

Jürg Marcel Tiefenthal, Maurizio Greppi, juges, 

Loucy Weil, greffière. 
 

 
 

Parties 
 Chemins de fer fédéraux suisses CFF Infrastructure,  

représentée par  

Maître Benoît Carron, Bonnard Lawson,  

recourante 1 / intimée 2,  

  
 

 
contre 

 
 A._______Sàrl,  

représentée par  

Maître Pascal Pétroz, Perréard de Boccard SA,  

intimée 1 / recourante 2,  

 

Commission fédérale d'estimation du 

1er arrondissement,    

autorité inférieure.  

  
 

 
 

Objet 
 Expropriation ; indemnités pour servitudes. 

 

 

 

A-476/2023 

Page 2 

Faits : 

A.  

A._______Sàrl (ci-après par simplification : l’intimée ou l’expropriée) est 

propriétaire de la parcelle n° (…) de la commune de Genève (…), sise (…). 

D’une surface totale de 622 m2, elle est sise en zone d’affectation 2 de 

construction. Elle supporte un immeuble d’habitation d’une surface au sol 

de 308 m2 avec neuf niveaux, soit un rez inférieur contenant locaux 

techniques, caves et garages à vélos, un rez-de-chaussée et sept étages.        

B.  

B.a Le 6 mars 2006, les Chemins de fer fédéraux suisses CFF SA (ci-après 

par simplification : la recourante, l’expropriante ou les CFF) et l’Etat de 

Genève ont déposé une demande d’approbation des plans auprès de 

l’Office fédéral des transports (ci-après : l’OFT) pour le projet ferroviaire 

Cornavin-Eaux Vives-Annemasse (ci-après : le CEVA). Ce projet 

présentait sur 77 % de son tracé des installations en sous-sol et, à 

l’exception de deux ponts à construire, des aménagements des lignes 

existantes.  

B.b Par décision du 5 mai 2008, l’OFT a approuvé les plans du projet 

CEVA, accordé aux CFF et à l’Etat de Genève le droit d’exproprier les 

propriétaires concernés – parmi lesquels figure l’intimée pour la parcelle 

susmentionnée – selon les plans d’emprise et les tableaux des droits à 

exproprier, et prescrit que les demandes en indemnités déposées lors de 

la mise à l’enquête soient transmises à la Commission fédérale 

d’estimation du 1er arrondissement (ci-après : la CFE ou l’autorité 

inférieure). Cette décision a été confirmée par le Tribunal administratif 

fédéral (ci-après : le TAF ou le Tribunal ; cf. arrêt du TAF A-3713/2008 du 

15 juin 2011 in : ATAF 2012/23), puis par le Tribunal fédéral (ci-après : le 

TF ; arrêts du TF 1C_342/2011, 1C_343/2011, 1C_344/2011 et 

1C_348/2011 du 15 mars 2012).       

B.c Le 31 mai 2012, la CFE a autorisé l’expropriante à prendre possession 

anticipée des droits sur l’immeuble n° (…). Le CEVA a été mis en service 

fin 2019.  

C.  

C.a Le 24 mai 2019, les CFF ont saisi l’autorité inférieure d’une requête en 

estimation du montant de l’indemnité à verser à l’expropriée pour la 

constitution d’une servitude de tolérance d’exploitation ferroviaire sur 

l’entier de la parcelle n° (…), ainsi que d’une servitude de superficie pour 

tunnel ferroviaire et d’une servitude de restriction au droit de bâtir sur une 

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surface de 308 m2 sous la parcelle, à une profondeur de 4.08 m à 5.44 m 

sous la surface du terrain. Ces servitudes se sont imposées du fait que la 

parcelle en cause est traversée par le tunnel principal du projet CEVA dans 

lequel s’effectue la circulation des trains.    

C.b Le 9 octobre 2019, la CFE a tenu une audience au cours de laquelle 

l’expropriée a demandé à pouvoir actualiser les prétentions qu’elle avait 

fait valoir en son temps auprès de l’OFT. Elle a également formulé le 

souhait que soient tranchées dans la procédure aussi bien la question de 

la moins-value, que celle de la perte locative et des nuisances dues au 

chantier.     

C.c Sous pli du 2 décembre 2019, l’expropriée a conclu à ce que les CFF 

soient condamnés à l’indemniser à hauteur de 27'212.80 francs 

(remboursement de frais), de 49'650 francs (perte due au report ou à 

l’annulation d’échelonnements de loyers), de 45'003.60 francs (perte 

locative liée à des habitations restées vacantes), de 285'168 francs (perte 

locative liée à des habitations relouées moins cher) et de 1'240'800 francs 

(perte de valeur de rendement de l’immeuble), soit un total de 

1'647'834.40 francs. Elle a également conclu à ce que la question des 

dommages et nuisances liées aux bruits solidiens soit réservée.   

C.d Par détermination du 30 janvier 2020, l’expropriante a demandé qu’il 

soit retenu que les conditions nécessaires à l’octroi d’une indemnisation 

n’étaient pas réunies ; elle a relevé que l’intimée n’avait pas formulé de 

prétention relative aux servitudes, mais uniquement en lien à des pertes 

locatives ou des procédures de droit du bail. Elle a également conclu à ce 

que les droits demandés soient inscrits au registre foncier genevois et au 

rejet des prétentions de l’expropriée.  

C.e L’autorité inférieure a tenu une seconde audience le 3 juin 2020. A cette 

occasion, les parties ont constaté que la problématique était double, dans 

la mesure où se posaient la question de l’indemnisation de l’imposition des 

servitudes et celle des nuisances causées par le chantier. Les parties sont 

convenues de n’aller de l’avant qu’en ce qui concernait la première 

question et de suspendre le traitement de la seconde.   

C.f Dans des déterminations du 10 juillet 2020, l’expropriée a modifié ses 

conclusions, soit requis l’octroi d’une indemnité, du chef de la perte de 

valeur de l’immeuble suite à l’imposition des servitudes, de 

1'348'659 francs. Elle a en outre demandé à ce que les questions des 

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dommages liés aux bruits solidiens et aux travaux du CEVA soient 

réservées.     

C.g Par détermination du 30 octobre 2020, les CFF ont conclu au rejet des 

prétentions de l’expropriée, faute de dommage.  

C.h L’intimée a déposé une réplique spontanée sous pli du 16 novembre 

2020.  

C.i Par ordonnance du 25 février 2021, la CFE a prié les parties de lui 

transmettre des pièces utiles à son estimation. Elle les a également 

avisées qu’elle déléguerait ensuite l’un de ses membres pour effectuer une 

visite des lieux. L’expropriée a donné suite à sa demande sous pli du 

31 mars 2021.  

C.j Les 9 août et 1er septembre 2021, l’architecte B._______, membre de 

la CFE, a visité l’immeuble. Dans son rapport d’expertise daté du 

30 septembre 2021, il a estimé la valeur vénale du bien à 8'695'000 francs.    

D.  

Par décision du 12 décembre 2022, l’autorité inférieure a fixé l’indemnité 

pour la constitution par expropriation d’une servitude de superficie pour 

tunnel ferroviaire, d’une servitude de restriction au droit de bâtir et d’une 

servitude de tolérance d’exploitation ferroviaire à 63'140 francs (ch. 1). Elle 

a en outre réservé, en tant que de besoin, les prétentions de l’expropriée 

relatives aux éventuels dommages subis en lien avec les nuisances dues 

aux travaux de construction du CEVA (ch. 2). La CFE a enfin astreint les 

CFF à s’acquitter des frais de procédure (ch. 3), ainsi que de dépens à 

hauteur de 2'000 francs en faveur de l’expropriée (ch. 4). Elle a retenu, en 

substance, que la construction d’un potentiel second sous-sol sur la 

parcelle était rendue impossible par les servitudes imposées, ce qui 

justifiait une indemnité de 5 % calculée sur la surface affectée par les 

servitudes de superficie et de restriction au droit de bâtir.         

E.  

E.a Le 26 janvier 2023, les CFF ont déféré l’acte précité au Tribunal de 

céans. Ils ont conclu à l’annulation du chiffre 1 de la décision attaquée et à 

ce qu’il soit dit que la constitution des servitudes en cause ne donne droit 

à aucune indemnisation. Subsidiairement, ils ont requis le renvoi de la 

cause à la CFE pour nouvelle décision dans le sens des considérants.  

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E.b Sous pli du 16 février 2023, l’expropriée a déposé une réponse 

cumulée d’un recours joint. Ainsi, elle a conclu au rejet du recours introduit 

par l’expropriante. En outre, elle a requis l’annulation du chiffre 1 de la 

décision entreprise et à ce que l’indemnisation liée à la constitution des 

servitudes litigieuses soit fixée à 189'420 francs. A titre subsidiaire, elle a 

conclu au renvoi de la cause à l’autorité inférieure.  

E.c La recourante a maintenu ses conclusions au pied de son mémoire de 

réplique du 30 mars 2023.  

E.d Par duplique du 8 mai 2023, l’intimée a de même confirmé ses 

conclusions.  

E.e Dans des observations du 12 juin 2023, les CFF ont confirmé leurs 

précédentes écritures.  

E.f En date du 21 juin 2023, le Tribunal a signalé que la cause était gardée 

à juger. 

Les autres faits et arguments des parties seront repris, en tant que de 

besoin, dans les considérants en droit ci-après.      

 

Droit : 

1.  

1.1 Sous réserve des exceptions – non réalisées en l’espèce – prévues à 

l’art. 32 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral 

(LTAF, RS 173.32), le Tribunal connaît, en vertu de l’art. 31 LTAF, des 

recours interjetés contre les décisions au sens de l’art. 5 de la loi fédérale 

du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021), 

prises par les autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF, dont la CFE (cf. art. 33 

let. f LTAF ; cf. également l’art. 77 al. 1 de la loi fédérale du 20 juin 1930 

sur l’expropriation [LEx, RS 711]).      

1.2 La procédure de recours est régie par la PA, à moins que la LTAF ou la 

LEx n’en disposent autrement (art. 37 LTAF et art. 77 al. 2 LEx).  

1.3 Déposé en temps utile (cf. art. 50 al. 1 PA) et en la forme requise 

(art. 52 PA) par l’expropriante, soit l’une des parties principales à la 

procédure (cf. art. 78 al. 1 LEx ; cf. également l’art. 48 PA), le recours des 

CFF du 26 janvier 2023 est recevable.  

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1.4 A teneur de l’art. 78 al. 2 LEx, la partie adverse peut, dans le délai de 

dix jours à compter de la réception du recours par le Tribunal, se joindre à 

ce recours et prendre des conclusions comme si elle avait formé un recours 

indépendant. Ces conclusions doivent être motivées.  

En l’occurrence, le Tribunal a accusé réception du recours de l’expropriante 

par décision incidente du 3 février 2023, notifiée le 6 février suivant. Il 

s’ensuit que le recours joint de l’expropriée du 16 février 2023 a été formé 

en temps utile.  

2.  

L’objet du litige porte sur la question de savoir si c’est à juste titre que 

l’autorité inférieure a fixé l’indemnité pour la constitution par expropriation 

des servitudes litigieuses à 63’140 francs, ou si elle aurait au contraire dû 

ne fixer aucune indemnité (comme le réclame la recourante), ou encore 

fixer l’indemnité à un montant supérieur (comme le réclame l’intimée). Pour 

répondre à cette question, il conviendra, après avoir déterminé le droit 

applicable (cf. consid. 3 ci-après), d’examiner si la CFE a correctement 

estimé la valeur vénale du bien-fonds avant l’inscription des servitudes à 

4'100 francs le m2 (cf. consid. 4 infra). Le Tribunal déterminera ensuite si 

c’est à bon droit qu’il a été retenu que la partie de la parcelle affectée par 

les servitudes de superficie pour tunnel et de restriction au droit de bâtir a 

subi une dépréciation de 5 % (cf. consid. 5 infra).    

2.1 Le Tribunal vérifie d’office les faits constatés par l’autorité inférieure 

(art. 12 PA), sous réserve du devoir de collaborer des parties (art. 13 PA). 

Il applique le droit d’office, sans être lié par les motifs invoqués (art. 62 al. 4 

PA), ni par l’argumentation juridique développée dans la décision 

entreprise (cf. ATAF 2015/23 consid. 2 ; arrêt du TAF A-953/2016 du 

30 août 2017 consid. 1.4.2). Il se limite en principe aux griefs soulevés et 

n’examine les questions de droit non invoquées que dans la mesure où les 

arguments des parties ou le dossier l’y incitent (cf. ATF 135 I 91 

consid. 2.1 ; ATAF 2016/18 consid. 3 et les réf. cit.).  

2.2 En sa qualité d’autorité de recours, le Tribunal dispose d’une pleine 

cognition (art. 49 PA). Il fait cependant preuve d’une certaine retenue dans 

l’exercice de son pouvoir d’examen lorsque la nature des questions qui lui 

sont soumises l’exige, singulièrement lorsque leur analyse nécessite des 

connaissances spéciales, notamment techniques, que l’autorité inférieure, 

dotée d’un large pouvoir d’appréciation, est mieux à même de mettre en 

œuvre et d’apprécier (cf. ATF 135 II 296 consid. 4.4.3 et 133 II 35 

consid. 3 ; ATAF 2012/23 consid. 4). En principe, les éléments techniques 

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retenus par les instances spécialisées ne sont vérifiés quant à leur contenu 

– et l’autorité judiciaire ne s’en écarte – qu’en présence de sérieux motifs 

(cf. arrêts du TAF A-552/2016 du 3 juillet 2018 consid. 3 et A-4998/2015 du 

17 novembre 2016 consid. 1.6.2).      

En l’occurrence, on se trouve bien dans un tel cas de figure. L’autorité 

inférieure dispose d’un important pouvoir d’appréciation pour fixer le 

montant de l’indemnité d’expropriation. Elle est d’ailleurs composée – 

hormis son président et ses suppléants – de membres appartenant à 

différents groupes de professions et disposant des connaissances 

techniques, linguistiques et locales nécessaires à l’estimation (cf. art. 59 

al. 6 LEx ; ATF 138 II 77 consid. 3.1 ; arrêt du TAF A-4923/2017 du 3 juillet 

2018 consid. 3). La loi part du principe que la Commission d’estimation 

consulte en premier lieu ses propres membres spécialisés pour 

comprendre les questions techniques et locales. Une expertise n’est 

nécessaire que si la commission ne dispose pas elle-même d’experts dans 

ses membres (cf. ATF 138 II 77 consid. 3.1 ; arrêt du TAF A-5931/2022 du 

3 octobre 2023 consid. 2.3 et les réf. cit.).       

3.  

La révision de la LEx du 19 juin 2020 est entrée en vigueur le 1er janvier 

2021 (RO 2020 4085 ; FF 2018 4817). Conformément à l’al. 1 des 

dispositions transitoires de la modification du 19 juin 2020, les procédures 

d’expropriation ouvertes avant l’entrée en vigueur de cette modification 

sont terminées sous le régime de l’ancien droit, sous réserve de 

modifications du règlement des émoluments pour la période suivant 

l’entrée en vigueur de la modification. La présente procédure a été ouverte 

avant le 1er janvier 2021, de sorte que la LEx dans sa version avant l’entrée 

en vigueur de la modification du 19 juin 2020 est applicable en l’espèce (cf. 

arrêt du TF 1C_103/2022 du 20 octobre 2022 consid. 4.1).  

4.       

Il s’agit tout d’abord d’examiner si l’autorité inférieure a correctement arrêté 

la valeur vénale de la parcelle de l’expropriée. 

4.1 Tenant compte de la très bonne situation de la parcelle à proximité du 

centre de Genève, du quartier historiquement recherché, esthétiquement 

abouti et constitué de bâtiments élégants et de belle facture (en particulier 

celui érigé sur la parcelle dont il est question), à l’abri relatif des nuisances, 

à proximité d’un vaste parc, des commerces et des transports publics, dont 

la nouvelle gare CFF de (…), la CFE a estimé la valeur du terrain avant 

inscription des servitudes à 4'100 francs le m2. Elle a calculé cette valeur 

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sur la base de la densité retenue de 4.1 (2’554 m2 de droits à bâtir [surface 

brute de plancher] en 2e zone / 622 m2 de surface de terrain ; cf. dossier 

CFE pce 21). Cela étant, elle a arrêté la valeur vénale du bien à 8'695'000 

francs. L’autorité inférieure a par ailleurs exclu de prendre en compte la 

possibilité d’une meilleure utilisation de la parcelle, trop théorique.    

4.2 Les CFF font grief à la CFE d’avoir arrêté la valeur vénale de la parcelle 

en cause sans se fonder sur une méthode objective et clairement exposée. 

L’autorité inférieure n’aurait en effet pas exposé la méthode retenue, ni 

fourni d’explication à l’appui de son estimation. Elle aurait de surcroît tenu 

compte à tort de la proximité du bien-fonds avec la nouvelle gare de (…). 

Cela étant, la recourante a relevé que le Tribunal avait appliqué la méthode 

comparative dans une affaire concernant une parcelle sise à proximité et 

s’est référée à l’estimation retenue dans cet arrêt (cf. arrêt du TAF 

A-2600/2018 du 1er mai 2021 consid. 5.3.3.1). Les CFF contestent ainsi la 

valeur de la parcelle retenue par la CFE et ont conclu, à titre subsidiaire, à 

ce que l’affaire lui soit renvoyée pour qu’elle détermine cette valeur en la 

motivant.          

4.3 L’expropriée estime, pour sa part, que l’autorité inférieure a clairement 

exposé les facteurs considérés. Elle a ainsi accepté la valeur retenue par 

la CFE et conclu au rejet de la conclusion idoine de l’expropriante.  

4.4  

4.4.1 La valeur vénale d’un bien est la valeur qui lui est attribuée dans des 

circonstances normales, à une époque déterminée et à l’occasion d’un 

échange d’ordre économique (cf. arrêt du TF 1C_141/2013 du 5 septembre 

2013 consid. 5). Pour déterminer la valeur vénale d’un immeuble, les 

circonstances objectives au jour de l’estimation sont déterminantes, telles 

que le lieu de situation, l’utilisation, l’état de la parcelle et l’existence de 

servitudes ou d’autres droits de tiers (cf. arrêt du TF 1C_322/2017 du 

25 avril 2018 consid. 3.3). Il s’agit de la valeur objective de l’objet, soit celle 

qui correspond au prix d’aliénation. Les prix spéculatifs, ou au contraire de 

bradage, ne doivent pas être pris en compte (cf. ZEN-RUFFINEN/GUY-

ECABERT, Aménagement du territoire, construction, expropriation, Berne 

2001, n° 1169). Pour ce qui concerne les éléments de nature juridique à 

retenir dans l’évaluation, ceux-ci relèvent des réglementations de droit 

public qui définissent les utilisations légales possibles du bien exproprié 

(cf. MOOR, Droit administratif, Vol. III, Berne, 2e éd., 2018, n° 9.2.5.1).   

4.4.2 Plusieurs méthodes sont possibles, telles que la méthode 

comparative (ou statistique) qui fixe la valeur des immeubles sur la base 

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des prix effectivement payés pour des fonds semblables ; la méthode 

fondée sur la valeur de rendement qui détermine le capital correspondant 

au revenu actuel de l’objet exproprié ; la méthode régressive (ou 

rétrospective ou déductive) qui détermine la valeur d’un terrain en fonction 

du rendement qui pourra être obtenu après que des bâtiments auront été 

édifiés ou encore la méthode fondée sur la situation de l’immeuble 

(méthode hédoniste).  

L’utilisation de la méthode statistique est prescrite lorsqu’elle peut être 

pratiquée car elle permet d’établir le plus sûrement le prix que serait prêt à 

payer un nombre indéterminé d’acheteurs intéressés sur le marché libre, 

dans des conditions ordinaires, pour le bien-fonds en question (cf. ATF 

122 I 168 consid. 3a). Cette méthode donne un résultat correct pour autant 

que l’on dispose d’un nombre suffisant d’objets – sans qu’il ne soit 

nécessaire que ce nombre soit important – présentant des caractéristiques 

analogues ; la comparaison n’exige néanmoins pas que les objets soient 

complètement identiques quant à leur situation, leur surface, l’état des 

équipements et les possibilités d’utilisation. En effet, les différences 

peuvent être pondérées, le cas échéant, par des réductions ou des 

majorations. A défaut, les autres méthodes seront utilisées, étant précisé 

que le résultat de l’application d’une méthode peut être vérifié par une autre 

méthode, ou que plusieurs méthodes peuvent être combinées (cf. arrêt du 

TAF A-5931/2022 du 3 octobre 2023 consid. 4.4.2 et les réf. cit.).     

La CFE, composée d’experts bénéficiant de compétences spécialisées, 

dispose d’un large pouvoir d’appréciation dans le choix de la méthode. Elle 

peut même développer sa propre méthode, pour autant qu’elle respecte le 

droit fédéral (cf. ATF 138 II 77 consid. 3.1 et 6) ; est déterminant le fait qu’il 

soit recouru à un moyen objectif et adéquat par rapport à l’objet en question 

pour calculer la valeur vénale. Cela étant, la latitude de jugement dont 

dispose l’autorité ne la dispense pas de motiver son appréciation. Bien au 

contraire, pour se prémunir de tout arbitraire, le devoir de motivation doit 

être proportionnel à la marge de manœuvre conférée à l’autorité 

administrative (cf. arrêts du TAF A-5931/2022 du 3 octobre 2023 

consid. 4.4.2 et A-3820/2022 du 18 avril 2023 consid. 4.8).    

4.4.3 L’estimation de la valeur vénale doit tenir compte dans une juste 

mesure de la possibilité de mieux utiliser l’immeuble (art. 20 al. 1 LEx). La 

possibilité d’une meilleure utilisation du bien exproprié doit être retenue 

lorsqu’elle paraît non seulement plausible, mais hautement vraisemblable 

dans un proche avenir ; des possibilités purement théoriques ou de vagues 

projets de meilleure utilisation ne suffisent pas (cf. ATF 134 II 49 

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consid. 13.3 ; arrêt du TF 1C_195/2022 du 20 février 2023 consid. 4.2.2). 

D’hypothétiques projets suffisent pour reconnaître la propriété jusqu’à une 

certaine profondeur en sous-sol, mais pas pour augmenter la valeur vénale 

lors de l’estimation d’un bien exproprié (cf. arrêt du TAF A-4923/2017 du 

3 juillet 2018 consid. 7.1.1).      

4.5  

4.5.1 En l’occurrence, le Tribunal observe, avec l’expropriante, que 

l’autorité inférieure n’a pas expliqué quelle méthode (statistique, fondée sur 

la valeur de rendement, régressive ou hédoniste) elle avait choisi 

d’appliquer pour effectuer son estimation du bien. Les facteurs retenus 

pour calculer la valeur de la parcelle ressortent certes de l’expertise ; il y 

est en effet fait état d’une pondération entre la valeur intrinsèque et la 

valeur de rendement du bien, amenant au résultat de 8’695'000 francs 

(dossier de la CFE pce 21). Cette manière de procéder n’est toutefois pas 

convaincante en l’espèce. Est en effet pertinent dans le cas concret – où 

l’assiette des servitudes litigieuses est essentiellement souterraine – le prix 

du sol en tant que terrain à bâtir, à l’exclusion de la valeur de rendement 

ou de la valeur intrinsèque des constructions (cf. ATF 122 II 246 

consid. 4a ; cf. également l’arrêt du TAF A-5931/2022 du 3 octobre 2023 

consid. 4.4.4 et 4.5.1). La CFE a d’ailleurs procédé au calcul de l’indemnité 

sur la base de la valeur intrinsèque du terrain en tant que terrain à bâtir 

uniquement (cf. décision attaquée c. 2.b.a). Le montant de 

8’695'000 francs articulé par l’expert, à titre de valeur vénale du bien, ne 

peut ainsi être confirmé.        

4.5.2 La valeur du terrain à 4'100 francs le m2 ne peut pas davantage être 

vérifiée par le Tribunal, faute de clarté. L’autorité inférieure s’est en effet 

limitée à énumérer certains facteurs (tels que la situation de la parcelle ou 

son niveau d’exposition aux nuisances), sans faire état d’une méthode plus 

précise. Il est de surcroît peu compréhensible de savoir comment, 

respectivement pourquoi la CFE a retenu 2'554 m2 de droits à bâtir et une 

densité de 4.1. Elle n’a pas non plus expliqué comment elle était passée 

de l’indice de densité (sur cette notion, cf. l’arrêt du TAF A-5931/2022 du 

3 octobre 2023 consid. 4.5.3) au prix du m2.   

4.5.3 Le Tribunal observe en outre que l’expert délégué par la CFE a 

précisé, dans ses réserves, que son estimation n’était valable qu’à la date 

de son édition, le 30 septembre 2021. Or, la date déterminante pour la 

valeur vénale est celle de l’audience de conciliation (cf. art. 19bis al. 1 LEx 

[abrogé au 1er janvier 2021 : RO 2020 4085]), le 9 octobre 2019 (cf. 

consid. C.b supra). Cela étant, il est enfin relevé, pour être complet, que 

A-476/2023 

Page 11 

c’est à bon droit que l’autorité inférieure n’a pas retenu la possibilité d’une 

meilleure utilisation du bien exproprié. Une telle utilisation n’apparaissait 

en effet ni plausible, ni hautement vraisemblable au jour de l’audience. 

L’expropriée elle-même ne s’en est pas prévalue ; elle avait au contraire 

relevé qu’un projet de parking souterrain n’était pour l’heure pas en 

discussion (cf. dossier CFE pce 13 p. 9).   

4.6 En ces circonstances, le Tribunal n’est pas en mesure de contrôler la 

manière dont l’autorité inférieure a procédé, celle-ci n’ayant pas satisfait à 

son devoir de motivation. Il ne peut pas non plus fixer lui-même la valeur 

du terrain. La cause doit en conséquence être renvoyée à la CFE aux fins 

qu’elle détermine le prix au m2 du terrain à bâtir sur une base claire, dans 

la mesure du possible à l’aide de la méthode statistique.        

5.  

Cela étant, il sied encore d’examiner si c’est à juste titre que l’autorité 

inférieure a retenu que la partie affectée par les servitudes de superficie 

pour tunnel ferroviaire et de restriction au droit de bâtir subissait une 

dépréciation de 5%.  

5.1 La CFE a rappelé que, selon sa pratique, la perte de la possibilité de 

construire plus profondément que deux sous-sols, respectivement par-delà 

6.50 m de profondeur, ne donnait en principe pas lieu à indemnisation. 

Dans le cas particulier, la parcelle, bâtie en hauteur, disposait d’un semi 

sous-sol (rez inférieur). La surface du terrain naturel de la parcelle se 

trouvait à 4.76 m (en moyenne) au-dessus de l’assiette des servitudes 

litigieuses. Il s’ensuivait que la construction d’un potentiel second sous-sol 

était entravée par les servitudes imposées, ce qui dépréciait la partie 

impactée de la parcelle. Le solde du bien-fonds n’était quant à lui pas 

impacté par la constitution des servitudes. Evoquant les contraintes de la 

parcelle (bâtiment protégé, rentabilité aléatoire d’une construction en sous-

œuvre, etc.), la CFE a estimé qu’une indemnité de 5 % de la valeur 

(4'100 francs/m2) de la partie affectée (308 m2), soit 63'140 francs, était 

justifiée.       

5.2 Dans leurs écritures, les CFF ont tout d’abord argué que l’impossibilité 

de construire un éventuel second sous-sol ne pouvait être confirmée en 

l’état, faute pour la décision attaquée d’indiquer l’altitude à laquelle se 

situaient les fondations du semi sous-sol existant. En effet, considérant que 

l’assiette des servitudes se trouvait à 4.76 m sous la surface de la parcelle 

et qu’une hauteur de 3 m était requise pour un niveau de sous-sol, la 

construction d’un second sous-sol (sous le rez inférieur) était peut-être 

A-476/2023 

Page 12 

possible. Cela étant, ils ont également fait grief à l’autorité inférieure de 

n’avoir étudié ni la faisabilité technique et juridique, ni la rentabilité 

économique d’un deuxième sous-sol, et nié que l’intimée ait apporté la 

preuve d’un quelconque dommage. A cet égard, la recourante a en 

particulier relevé qu’aucune explication n’avait été fournie s’agissant de 

l’accès à l’hypothétique second sous-sol sur la parcelle, sur le vu du faible 

espace disponible autour du bâtiment existant. Elle s’est ainsi opposée à 

l’approche suivant laquelle une indemnité serait automatiquement due en 

cas d’entrave à la construction d’un potentiel second sous-sol.  

5.3 L’expropriée a plaidé que la constitution des servitudes la privait sans 

nul doute de la possibilité d’élaborer des projets en sous-sol, par exemple 

un parking souterrain. Elle a remarqué que la réalisation d’un tel projet à 

terme était d’autant plus probable que l’immeuble se situait en plein centre 

urbain et que la ville de Genève menait une politique hostile au 

stationnement en surface. L’intimée a par ailleurs rappelé qu’elle n’avait 

pas à faire état d’un projet concret de meilleure utilisation ; selon la 

jurisprudence, une atteinte au droit de construire jusqu’à une profondeur 

atteignant deux niveaux de sous-sol donnait en principe droit à une 

indemnisation. Elle a de surcroît fait valoir que la constitution des 

servitudes lui imposait d’autres désavantages certains, dont un risque 

d’affaissement du terrain, de dégradations sur l’immeuble et de nuisances 

acoustiques, respectivement de problèmes vibratoires de l’air (sons 

solidiens) ; elle s’est prévalue, à cet égard, d’une expertise privée réalisée 

en 2006. Citant en particulier l’ATF 129 II 246, elle a requis que 

l’indemnisation soit augmentée à 15 % de la partie affectée de la parcelle, 

soit à concurrence de 189'420 francs.   

5.4  

5.4.1 L’expropriation ne peut avoir lieu que moyennant indemnité pleine et 

entière (art. 16 LEx). Le versement d’une indemnité est soumis à trois 

conditions cumulatives : l’atteinte à un droit, la réalisation d’un dommage 

et l’existence d’un rapport de causalité adéquate entre les deux (cf. arrêts 

du TAF A-3816/2022 du 18 avril 2023 consid. 4.4 et A-4923/2017 du 3 juillet 

2018 consid. 5.1.1 ; cf. ZEN-RUFFINEN/GUY-ECABERT, op. cit., n° 1129). 

L’imposition forcée d’une servitude sur un fonds constitue une 

expropriation partielle (cf. ATF 141 I 113 consid. 6.2). Suivant l’art. 19 LEx, 

pour la fixation de l’indemnité, doivent être pris en considération tous les 

préjudices subis par l’exproprié du chef de la suppression ou de la 

diminution de ses droits. L’indemnité comprend la pleine valeur vénale du 

droit exproprié lui-même (let. a) ; en cas d’expropriation partielle d’un 

immeuble, le montant dont est réduite la valeur vénale de la partie restante 

A-476/2023 

Page 13 

de la parcelle (let. b) ; et le montant de tous les autres préjudices subis par 

l’exproprié, en tant qu’ils peuvent être prévus, dans le cours normal des 

choses, comme une conséquence de l’expropriation (let. c). L’indemnité 

peut ainsi, selon les cas, se décomposer en trois postes de dommage 

distincts (cf. ATF 141 I 113 consid. 6.2 et la réf. cit.).         

5.4.2 En cas de constitution d’une servitude, l’indemnité se calcule selon 

la méthode dite de la différence, laquelle consiste à déduire de la valeur 

vénale du fonds libre de servitude celle du fonds grevé de la servitude. 

L’indemnité à verser au propriétaire du fonds grevé correspond ainsi à la 

dépréciation de la parcelle, soit au montant dont est réduite la valeur vénale 

de la partie restante (cf. ATF 141 I 113 consid. 6.5.1). Elle couvre la moins-

value que la parcelle subit, comme terrain constructible, en raison des 

restrictions à son utilisation (cf. ATF 122 II 246 consid. 4a ; arrêt du TAF 

A-2600/2018 du 1er mai 2021 consid. 5.2.3 ; cf. ZEN-RUFFINEN/GUY-

ECABERT, op. cit., n° 1183).  

5.4.3 Il ressort de la jurisprudence qu’une atteinte au droit de construire 

jusqu’à une profondeur atteignant deux niveaux de sous-sol donne en 

principe droit à une indemnisation, même si l’exproprié ne peut faire état 

d’un projet concret de meilleure utilisation de son bien (cf. ATF 122 II 246 

consid. 4b et 4c ; arrêts du TAF A-5931/2022 du 3 octobre 2023 

consid. 5.4.3 et A-3816/2022 du 18 avril 2023 consid. 4.7 et les réf. cit.). 

En revanche, une entrave à la construction d’un troisième niveau de sous-

sol sur une parcelle déjà bâtie ne donne en principe pas droit à une 

indemnité lorsque l’exproprié ne peut démontrer l’existence d’un projet 

concret et avancé de meilleure exploitation de sa parcelle (cf. arrêt du TAF 

A-2600/2018 du 1er mai 2021 consid. 5.3.4.1). Dans tous les cas, un 

examen individualisé tenant compte de l’ensemble des particularités du 

cas d’espèce est nécessaire. 

5.5  

5.5.1 En l’espèce, l’assiette verticale des servitudes de superficie et de 

restriction du droit de bâtir est formée, en coupe, d’un rectangle de 32 m 

de côté sur 30 m de profondeur, dont le sommet se trouve à une altitude 

de 407.22 m. La surface du terrain naturel de la parcelle évolue, dans 

l’emprise, à une altitude entre 411.30 m et 412.66 m (cf. extrait du plan 

d’emprise du 6 avril 2006 [pce TAF 1 annexe 7]). Les droits demandés sont 

donc situés à une profondeur de 4.08 m à 5.44 m sous la surface du terrain, 

étant précisé que le bâtiment existant comporte déjà un semi sous-sol, dont 

la profondeur est inconnue.   

A-476/2023 

Page 14 

5.5.2 Sans la constitution des servitudes litigieuses, la construction d’un 

second sous-sol aurait été possible d’un point de vue juridique. La police 

des constructions ne limite en effet pas l’exploitation souterraine de la 

parcelle (cf. art. 231 al. 1 let. c du règlement d’application de la loi cantonale 

genevoise sur les constructions et les installations diverses du 27 février 

1978 [RCI, RS GE L 05.01] ; cf. arrêt du TAF A-4111/2020 du 16 septembre 

2021 consid. 7.2.5.1 [confirmé par l’arrêt du TF 1C_662/2021 du 17 février 

2023]). Rien ne permet en outre de supposer – et les CFF ne soutiennent 

pas le contraire – qu’une telle construction en sous-œuvre n’aurait pas été 

possible sur le plan technique. Cela étant, il a déjà été tranché qu’une 

rentabilité aléatoire de la construction d’un deuxième sous-sol n’empêchait 

pas l’allocation d’une indemnité, dans le cas où l’expropriation partielle 

empêcherait la construction dudit second niveau de sous-sol (cf. ATF 

122 II 246 consid. 3 ; arrêt du TAF A-5931/2022 du 3 octobre 2023 

consid. 5.5.4.2). Or, la construction d’un deuxième sous-sol apparaît 

clairement empêchée en l’espèce, les servitudes ne laissant disponible 

qu’une profondeur moyenne de 4.76 m, respectivement une profondeur 

minimale de 4.08 m, en partie occupée par le rez inférieur. L’allocation 

d’une indemnité à l’intimée du chef des servitudes imposées, qui diminuent 

la valeur vénale de sa parcelle à concurrence de l’impossibilité d’y 

construire un éventuel second sous-sol, est ainsi justifiée en son principe.     

5.5.3 Les autres désavantages évoqués par l’expropriée – à forme de 

risques d’affaissement du terrain, de dégradations sur l’immeuble, de 

nuisances acoustiques et de sons solidiens – ne justifient en revanche pas 

l’allocation d’une indemnité dans le cadre de la présente procédure. 

L’intimée n’a en effet offert aucune preuve à l’appui de son moyen, qui 

semble ainsi reposer sur la seule expertise privée réalisée en 2006 (cf. 

dossier CFE pce 5 annexe 2), aucun dépassement des valeurs limites 

s’agissant des bruits solidiens n’ayant de surcroît été mis en évidence. Il 

ne saurait dès lors être admis que les « désavantages de fait » avancés 

déprécient la parcelle.         

5.5.4 Il reste à se prononcer sur la hauteur de la moins-value, 

respectivement sur le pourcentage de dépréciation de la valeur des 

surfaces impactées par l’assiette des servitudes. A cet égard, le Tribunal 

observe que l’autorité inférieure n’a pas véritablement expliqué le 

pourcentage de 5 % retenu. Elle s’est en effet limitée à mentionner, au 

chapitre des « contraintes » affectant la parcelle : « bâtiment protégé, 

rentabilité aléatoire d’une construction en sous-œuvre, etc. » (cf. décision 

attaquée, c. 2.b.a). Elle n’a en revanche pas discuté ce pourcentage au 

regard de la jurisprudence rendue en la matière (cf. notamment l’ATF 

A-476/2023 

Page 15 

122 II 246 [dépréciation retenue de 15 %] ; l’arrêt du TAF A-4111/2020 du 

16 septembre 2021 [dépréciation retenue de 10 % ; confirmé par l’arrêt du 

TF 1C_662/2021 du 17 février 2023]). Le Tribunal retient ainsi que la CFE 

n’a pas motivé la moins-value de 5 % à satisfaction (à l’instar des arrêts du 

TAF A-3816/2022, A-3820/2022 et A-3823/2022 du 18 avril 2023 et 

A-5931/2022 du 3 octobre 2023).  

5.5.5 Cela étant, le Tribunal ne saurait non plus admettre, sans autre 

analyse, les conclusions de l’intimée tendant à ce qu’une dépréciation de 

15 % soit retenue. En effet, l’ATF 122 II 246 – invoqué par la précitée – 

portait sur des servitudes empêchant la construction d’un second sous-sol 

et limitant de surcroît la charge de construction à 1.5 kg/cm2. Dans cette 

affaire, la Haute Cour avait fixé la moins-value à 15 % de la valeur de la 

parcelle, pour tenir compte non seulement de l’empêchement de construire 

en sous-œuvre, mais aussi des frais de construction supplémentaires liés 

à la limitation imposée à la charge. Dans la présente cause, aucune 

limitation imposée à la charge ou frais de construction supplémentaires ne 

sont établis. L’analogie plaidée par l’expropriée, à l’appui de ses 

conclusions, ne peut dès lors être acceptée.        

5.5.6 Il s’ensuit que le pourcentage de dépréciation n’a pas été 

suffisamment motivé dans la décision attaquée. Il ne peut pas davantage 

être arrêté par le Tribunal. La cause est ainsi renvoyée à la CFE pour 

qu’elle réexamine et motive ce pourcentage, à la lumière des circonstances 

du cas et de la jurisprudence rendue en la matière.  

6.  

Ainsi, c’est à bon droit que l’autorité inférieure a retenu que l’expropriée 

devait être indemnisée pour la constitution des servitudes de superficie 

pour tunnel ferroviaire et de restriction au droit de bâtir sur sa parcelle (cf. 

consid. 5.5.2 supra). Le montant de l’indemnisation ne peut toutefois être 

confirmé par le Tribunal. Aussi, la cause est renvoyée à la CFE pour qu’elle 

détermine à nouveau la valeur vénale du terrain à bâtir, en expliquant 

clairement la méthode appliquée (cf. consid. 4.5 s. supra), et qu’elle motive 

davantage le pourcentage de dépréciation de 5 % retenu (cf. 

consid. 5.5.4 ss supra).    

Partant, les recours des CFF et de l’expropriée sont partiellement admis, 

dans le sens de ce qui précède. La décision de la CFE du 12 décembre 

2022 est annulée et la cause renvoyée à cette autorité pour instruction 

complémentaire et nouvelle décision au sens des considérants.  

A-476/2023 

Page 16 

7.  

Demeure à trancher la question des frais et dépens.  

7.1 A teneur de l’art. 116 al. 1 LEx, les frais causés par la procédure 

d’expropriation devant le Tribunal, y compris les dépens alloués à 

l’exproprié, sont supportés par l’expropriant. Lorsque les conclusions de 

l’exproprié sont rejetées intégralement ou en majeure partie, les frais 

peuvent être répartis autrement (cf. arrêt du TAF A-5931/2022 du 3 octobre 

2023 consid. 7.1.2 et les réf. cit.). Les frais causés inutilement seront 

supportés dans chaque cas par celui qui les a occasionnés.  

7.2 En l’occurrence, il n’y a pas lieu de déroger au principe énoncé à 

l’art. 116 al. 1 LEx suivant lequel il appartient à l’expropriante de supporter 

les frais de procédure. Aussi, les frais, arrêtés à 1'500 francs, sont mis à la 

charge des CFF. Ils sont prélevés sur l’avance de frais déjà versée, d’un 

montant équivalent. Une indemnité de dépens, d’un montant de 

1'500 francs, est allouée à l’expropriée, à la charge de la recourante.  

 

(Le dispositif est porté à la page suivante.)  

 

 

 

 

 

 

 

     

 

A-476/2023 

Page 17 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Les recours de l’expropriante et de l’expropriée sont partiellement admis 

au sens des considérants.     

2.  

Le chiffre 1 de la décision (…) du 12 décembre 2022 de la Commission 

fédérale d’estimation du 1er arrondissement est annulé et la cause est 

renvoyée à cette autorité pour instruction complémentaire et nouvelle 

décision dans le sens des considérants.  

3.  

Les frais de procédure de 1'500 francs sont mis à la charge de 

l’expropriante. Ils sont prélevés sur l’avance de frais déjà versée d’un 

montant équivalent.  

4.  

Une indemnité de dépens de 1'500 francs est allouée à l’expropriée, à la 

charge de l’expropriante.  

5.  

Le présent arrêt est adressé à l’expropriante, à l’expropriée et à l'autorité 

inférieure. 

 

L'indication des voies de droit se trouve à la page suivante. 

 

Le président du collège : La greffière : 

  

Jérôme Candrian Loucy Weil 

 

A-476/2023 

Page 18 

Indication des voies de droit : 

La présente décision peut être attaquée devant le Tribunal fédéral, 

1000 Lausanne 14, par la voie du recours en matière de droit public, dans 

les trente jours qui suivent la notification (art. 82 ss, 90 ss et 100 LTF). Ce 

délai est réputé observé si les mémoires sont remis au plus tard le dernier 

jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention de ce dernier, à La 

Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse 

(art. 48 al. 1 LTF). Le mémoire doit être rédigé dans une langue officielle, 

indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. 

La décision attaquée et les moyens de preuve doivent être joints au 

mémoire, pour autant qu'ils soient en mains de la partie recourante (art. 42 

LTF). 

 

Expédition :