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**Case Identifier:** 9d901ca8-f91a-5efb-b480-f9e37d269c9c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-11-18
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 18.11.2014 A/4418/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-4418-2010_2014-11-18.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/4418/2010-EXP ATA/894/2014  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 18 novembre 2014 

 

dans la cause 

Madame Réjane STROHHEKER 
représentée par Me Jean-Daniel Borgeaud, avocat  

contre 

AÉROPORT INTERNATIONAL DE GENEVE 
représenté par Me Nicolas Wisard, avocat 

et 

ÉTAT DE GENÈVE 
représenté par Me David Lachat, avocat 

_________ 

Recours contre la décision du Tribunal administratif de première instance du 
23 décembre 2013 (DITAI/300/2013) 

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A/4418/2010 

EN FAIT 

1)  Madame Réjane STROHHEKER, est propriétaire des parcelles nos 4'229 et 
4'230 de la commune de Vernier, à l'adresse 2B, chemin du Sorbier. Ces parcelles 
sont situées en zone à bâtir ; toutefois, vu la proximité avec l'Aéroport 
international de Genève (ci-après : AIG), les valeurs limites d'immission en 
matière de bruit prévues depuis le 1er juin 2001 par la législation fédérale y sont 
dépassées, si bien qu'aucune autorisation de construire ne peut plus être délivrée 
en ce qui les concerne. 

2)  Le 24 décembre 2010, avec d'autres riverains de l'AIG, 
Mme STROHHEKER a saisi la commission cantonale de conciliation et 
d'estimation (ci-après : CCCE) d'une requête en indemnisation pour expropriation 
matérielle en raison de cette impossibilité d'obtenir la délivrance d'une quelconque 
autorisation de construire. Cette procédure a été ouverte sous numéro de cause 
A/4418/2010. 

3)  Le 28 septembre 2011, le Tribunal administratif de première instance 
(ci-après : TAPI) a informé le conseil de Mme STROHHEKER qu'il reprenait la 
cause la concernant, suite à une modification législative (loi 10'761, entrée en 
vigueur le 27 septembre 2011). 

4)  Par décision du 23 décembre 2013, commune aux sept causes mais 
enregistrée par la suite sous un numéro séparé (DITAI/300/2013 concernant 
Mme STROHHEKER), le TAPI a suspendu l'instruction de la cause A/4418/2010 
(et de six autres) en application de l'art. 14 de la loi sur la procédure 
administrative du 12 septembre 1985 (LPA - E 5 10). 

  Le jour même, soit le 23 décembre 2013, s'était tenue une audience de 
comparution des mandataires dans la quarantaine de causes ouvertes en 2011, et 
déjà suspendues en février 2013. Les mandataires avaient donné leur accord pour 
une nouvelle suspension de ces procédures, et une décision de suspension avait été 
rendue sur la base de l'art. 78 LPA. 

  Par ailleurs, le TAPI avait rendu le 16 septembre 2013 un jugement dans la 
cause A/2292/2012 LEX, qui concernait une problématique commune à tous les 
dossiers, et tranchait des questions de principe. Ledit jugement faisait l'objet d'un 
recours pendant auprès de la chambre administrative de la Cour de justice 
(ci-après : la chambre administrative). 

  La suspension de la procédure A/4418/2010 et de six autres procédures 
connexes se justifiait d'une part car ces dossiers ne pouvaient être tranchés sans 
délai vu l'état actuel des procédures, et d'autre part car les motifs des recours se 

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recoupaient avec ceux invoqués dans la procédure A/2292/2012 LEX, le jugement 
rendu dans cette dernière procédure tranchant des questions de principe 
fondamentales. 

  Il se justifiait dès lors d'attendre que cette procédure soit définitivement 
tranchée. 

  La décision indiquait qu'un recours était ouvert auprès de la chambre 
administrative, et devait être déposé dans les dix jours suivant la réception. 

5)  La décision précitée a été envoyée aux parties par pli recommandé le 
23 décembre 2013. 

6)  Par acte daté du 13 janvier 2014, Mme STROHHEKER a interjeté recours 
auprès de la chambre administrative contre la décision de suspension précitée, 
concluant principalement à son annulation et, « compte tenu de l'effet dévolutif du 
recours », à ce que la chambre administrative, après un échange d'écritures portant 
sur leur définition, rende un jugement limité aux questions juridiques de principe 
fondamentales ne nécessitant pas une instruction des spécificités factuelles de 
chaque cause. 

  Le conseil de Mme STROHHEKER avait réceptionné le pli recommandé au 
guichet postal le vendredi 3 janvier 2014. La suspension des délais ne jouait donc 
pas de rôle en l'espèce. Le délai de recours de dix jours arrivait à échéance le lundi 
13 janvier 2014 ; l'acte de recours ayant été envoyé ce jour-là avant minuit, le 
délai était respecté. 

  La décision de suspension de la procédure pouvait être attaquée directement, 
car selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, la recevabilité d'un recours contre 
une décision de suspension ne dépendait pas de l'exigence d'un préjudice 
irréparable lorsque le recourant se plaignait, comme en l'espèce, d'une violation du 
principe de célérité et en particulier d'une suspension équivalant à un déni de 
justice formel. 

  Sur le fond, les conditions de l'art. 14 LPA n'étaient pas remplies. Les 
questions à trancher devaient l'être par le TAPI et non par une autre autorité. 
L'art. 14 al. 2 LPA prévoyait de plus que la décision de l’autorité tierce liait la 
juridiction administrative, ce qui ne pouvait être le cas en l'espèce. La condition 
de la nécessité de trancher la question préjudicielle n'était pas non plus donnée. 
Les différents précédents faisaient application de l'art. 14 LPA uniquement 
lorsque le sort de la procédure dépendait d'une juridiction non administrative. Le 
TAPI avait commis un déni de justice formel, qui pouvait intervenir à teneur de la 
jurisprudence lorsqu'une autorité décidait à tort de suspendre une procédure ; en 
effet, suspendre l'instruction des dossiers pendant des années revenait à priver les 

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intéressés du droit d'être jugé dans un délai raisonnable. La suspension des 
procédures relevait dès lors de l'excès et (sic) de l'abus du pouvoir d'appréciation. 

  Il sied de préciser que le conseil de Mme STROHHEKER et des recourants 
dans les six autres causes a rédigé un seul acte de recours pour les sept causes. Il 
l'a expédié dans une boîte aux lettres le 13 janvier 2014 avant minuit, un témoin 
ayant apposé sa signature sur l'enveloppe, qui a été réceptionnée par la chambre 
administrative le 16 janvier 2014. Il a par ailleurs déposé au guichet de la chambre 
administrative le 15 janvier 2014 des actes de recours et des pièces en exemplaires 
suffisants pour l'ensemble des sept causes. 

7)  Le 21 mars 2014, l'AIG et l'État de Genève, par une écriture conjointe, s'en 
sont rapportés à justice sur le recours, tout en concluant au déboutement de 
Mme STROHHEKER de ses conclusions en instruction des questions de fond. 

  La suspension suggérée (recte : ordonnée) par le TAPI paraissait conforme 
au principe d'économie de procédure, même si elle soulevait des questions de 
compatibilité avec l'art. 14 LPA. Pour le surplus, l'effet dévolutif du recours ne 
permettait pas de statuer sur des questions de principe indépendamment du reste 
de l'affaire. 

  L'AIG et l'État de Genève s'en rapportaient par ailleurs à l'appréciation de la 
chambre administrative s'agissant de la recevabilité du recours. 

8)  Le 1er avril 2014, le juge délégué a fixé aux parties un délai au 9 mai 2014 
pour formuler toutes requêtes ou observations complémentaires, après quoi la 
cause serait gardée à juger. Ce délai a par la suite été prolongé au 6 juin 2014. 

9)  Le 29 avril 2014, l'AIG et l'État de Genève ont indiqué ne pas avoir de 
requêtes ou d'observations à formuler. 

10)  Le 6 juin 2014, Mme STROHHEKER a persisté dans ses conclusions. 

  Sa requête d'appel en cause dans la procédure A/2292/2012 LEX avait été 
rejetée. L'effet dévolutif du recours impliquait que l'autorité de recours pouvait se 
déterminer sur l'ensemble du dossier. Il était nécessaire, et conforme au principe 
d'économie de procédure, que la chambre administrative tranche les questions 
juridiques de principe à cette occasion. 

11)  Le 19 août 2014, la chambre administrative a rendu son arrêt de fond dans la 
cause A/2292/2012 (ATA/641/2014). Un recours en matière de droit public a été 
déposé le 26 septembre 2014 contre ce dernier auprès du Tribunal fédéral, qui a 
enregistré la procédure sous numéro 1C_460/2014. 

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12)  Le 29 septembre 2014, le juge délégué a fixé aux parties un délai au 
10 octobre 2014 pour se prononcer sur le maintien de l'objet du litige vu le 
prononcé de l'ATA/641/2014. 

13)  Le 9 octobre 2014, l'AIG et l'État de Genève ont persisté dans leurs 
précédentes conclusions. Au surplus, dans la mesure où l'administrée avait 
interjeté recours au Tribunal fédéral, l'ATA/641/2014 n'était pas définitif. 

14)  Le 10 octobre 2014, Mme STROHHEKER a également persisté dans ses 
conclusions. Non seulement l'ATA/641/2014 n'était pas définitif, mais sa 
demande de trancher les questions de principe conservait toute sa pertinence. 

15)  Sur ce, la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1)  Interjeté devant la juridiction compétente, le recours est recevable de ce 
point de vue (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - 
LOJ - E 2 05). 

2)  Selon l'art. 62 al. 1 let. a et b LPA, le délai de recours est de trente jours s’il 
s’agit d’une décision finale ou d’une décision en matière de compétence, et de dix 
jours s'il s'agit d'une autre décision. 

3) a. Les délais de réclamation et de recours fixés par la loi sont des dispositions 
impératives de droit public. Ils ne sont, en principe, pas susceptibles d’être 
prolongés (art. 16 al. 1 LPA), restitués ou suspendus, si ce n’est par le législateur 
lui-même. Celui qui n’agit pas dans le délai prescrit est forclos et la décision en 
cause acquiert force obligatoire (ATA/606/2014 du 29 juillet 2014 consid. 3a ; 
ATA/105/2014 du 18 février 2014 consid. 3a ; ATA/347/2012 du 5 juin 2012 
consid. 4a ; ATA/284/2012 du 8 mai 2012 consid. 4 ; ATA/50/2009 du 27 janvier 
2009 consid. 2 et les références citées). 

 b. S’agissant d’un acte soumis à réception, telle une décision ou une 
communication de procédure, la notification est réputée faite au moment où 
l’envoi entre dans la sphère de pouvoir de son destinataire (Pierre MOOR, 
Droit administratif, vol. 2, 3ème éd., 2011, Droit administratif, pp. 302-303, 
n. 2.2.8.3). Il suffit que celui-ci puisse en prendre connaissance (ATF 118 II 42 
consid. 3b p. 44 ; 115 Ia 12 consid. 3b p. 17 ; arrêts du Tribunal fédéral 
2P.259/2006 du 18 avril 2007 consid. 3.1 ; 2A.54/2000 du 23 juin 2000 
consid. 2a, et les références citées). Un envoi est réputé notifié à la date à laquelle 
son destinataire le reçoit effectivement. 

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 c. Selon l'art. 16 al. 3 LPA, la restitution pour inobservation d’un délai imparti 
par l’autorité peut être accordée si le requérant ou son mandataire a été empêché 
sans sa faute d’agir dans le délai fixé. La demande motivée doit être présentée 
dans les dix jours à compter de celui où l’empêchement a cessé. Comme cela 
ressort expressément du texte légal, cette disposition ne s'applique toutefois 
qu'aux délais fixés par l'autorité, et non aux délais légaux comme dans la présente 
espèce. 

4)  L’autorité peut, d’office ou sur requête, joindre en une même procédure des 
affaires qui se rapportent à une situation identique ou à une cause juridique 
commune (art. 70 al. 1 LPA). 

5)  Le formalisme excessif est un aspect particulier du déni de justice prohibé 
par l’art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 
1999 (Cst. - RS 101). Il est réalisé lorsque la stricte application des règles de 
procédure ne se justifie par aucun intérêt digne de protection, devient une fin en 
soi, complique de manière insoutenable la réalisation du droit matériel ou entrave 
de manière inadmissible l’accès aux tribunaux (ATF 130 V 177 consid. 5.4.1 
p. 183 ; 128 II 139 consid. 2a p. 142 ; 127 I 31 consid. 2a/bb p. 34 ; arrêt du 
Tribunal fédéral 2P.343/2006 du 26 mars 2007 consid. 3.1 ; ATA/745/2014 du 
23 septembre 2014 consid. 2 ; ATA/594/2014 du 29 juillet 2014 consid. 9b). 

6)  En l'espèce, la décision attaquée concerne la suspension de l'instruction 
d'une cause administrative au sens de l'art. 14 LPA. Il s'agit donc d'une décision 
incidente, qui doit faire l'objet d'un recours dans les dix jours dès sa réception. 

  Le conseil de la recourante a reçu la décision attaquée le vendredi 3 janvier 
2014, ainsi qu'il l'indique lui-même dans son acte de recours. Le délai pour 
recourir a donc commencé à courir le lendemain, soit le 4 janvier 2014, pour 
échoir le lundi 13 janvier 2014, ce que l'acte de recours rappelle du reste 
expressément. 

  Un seul acte de recours a été posté dans ce délai pour les sept causes, qui 
n'étaient pas jointes. En principe, un tel mode de faire devrait conduire à 
l'irrecevabilité des recours pour au moins six des procédures, la jonction étant une 
décision qui appartient selon le stade de la procédure à l'autorité ou au juge, mais 
non aux parties, et six des actes de recours étant parvenus à la chambre de céans 
tardivement, soit le 15 janvier 2014. Cela étant, dans la mesure où le TAPI, sans 
avoir joint les procédures, a pris une seule décision pour les sept causes – en 
attribuant seulement par la suite, informatiquement, des numéros de décisions 
différents –, déclarer irrecevables les recours pour cause de tardiveté serait 
constitutif de formalisme excessif. 

7) a. Les décisions incidentes sont susceptibles de recours si elles peuvent causer 
un préjudice irréparable ou si l'admission du recours peut conduire 

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immédiatement à une décision finale qui permet d'éviter une procédure probatoire 
longue et coûteuse (art. 57 let. c LPA).  

 b. Cette disposition légale a la même teneur que l’art. 93 al. 1 let. a et b de la 
loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110). Un 
préjudice est irréparable au sens de cette disposition lorsqu’il ne peut être 
ultérieurement réparé par une décision finale entièrement favorable au recourant 
(ATF 138 III 46 consid. 1.2 et les références citées). La jurisprudence rendue sous 
l’ancien droit, applicable à l’art. 93 LTF, estimait qu’un intérêt économique ou un 
intérêt tiré du principe de l’économie de la procédure pouvait constituer un 
préjudice irréparable (ATF 127 II 132 consid. 2a et les références citées ; arrêt du 
Tribunal fédéral 4A_100/2009 consid. 1.3). Le simple fait d’avoir à subir une 
procédure et les inconvénients qui y sont liés ne constitue toutefois pas en soi un 
préjudice irréparable. Un dommage de pur fait, tel que la prolongation de la 
procédure ou un accroissement des frais de celle-ci, n’est notamment pas 
considéré comme un dommage irréparable de ce point de vue (ATF 138 III 190 
consid. 6 et les références citées ; arrêt du Tribunal fédéral 1C_493/2008 du 
10 février 2009 consid. 1.3). 

 c. S'agissant plus spécifiquement d'une décision de suspension de la procédure 
au sens de l'art. 14 LPA, la chambre de céans a déjà eu l'occasion de déclarer 
irrecevables, faute de dommage irréparable, plusieurs recours visant à contester 
immédiatement de telles décisions (ATA/454/2014 du 17 juin 2014 consid. 2b ; 
ATA/406/2013 du 2 juillet 2013 consid. 5). Elle rejoint en cela la pratique d'autres 
cantons (pour Berne, la pratique est relevée dans l'arrêt du Tribunal fédéral 
1C_86/2014 du 10 juin 2014 consid. 5 ; pour Lucerne, cf. LGVE 2013 IV n. 4 
consid. 5b). 

 d. La jurisprudence du Tribunal fédéral retient à cet égard que le refus 
d'ordonner la suspension d'une procédure ne constitue pas un dommage 
irréparable (arrêt du Tribunal fédéral 1C_331/2008 du 1er septembre 2008 
consid. 4) ; quant à la décision – comme en l'espèce – d'ordonner une telle 
suspension, elle n'est en principe pas non plus susceptible de causer un dommage 
irréparable (ATF 131 V 362 consid. 3.2 = RDAF 2006 I 617 [r.] ; arrêt du 
Tribunal fédéral 2C_314/2008 du 17 septembre 2008 consid. 3.2). Toutefois, dans 
un arrêt rendu en matière pénale quelques mois avant le dernier cité, le Tribunal 
fédéral a jugé que dans le cas où la partie, estimant que sa cause n'a pas été jugée 
dans un délai raisonnable, se plaint d'une violation de l'art. 29 al. 1 Cst. ou d'une 
autre garantie correspondante, il y a lieu de renoncer à l'exigence du préjudice 
irréparable et d'entrer en matière sur le recours (ATF 134 IV 43 consid. 2.3 ; arrêt 
du Tribunal fédéral 2C_81/2013 du 30 janvier 2013 consid. 2.1) ; toutefois, il 
incombe à la partie recourante, si la suspension est critiquée parce que la durée de 
la procédure à ce stade est déjà excessive, ou parce que cette mesure entraînera 
nécessairement la violation du principe de la célérité, d’exposer cette 

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argumentation de manière précise (ATF 134 IV 43 consid. 2.5), et dans le cas 
d'espèce le Tribunal fédéral a déclaré le recours irrecevable (ATF 134 IV 43 
consid. 2.6). 

8)  Enfin, en lien avec la seconde hypothèse de l'art. 57 LPA, pour qu’une 
procédure soit « longue et coûteuse », il faut que la procédure probatoire, par sa 
durée et son coût, s'écarte notablement des procès habituels (arrêt du Tribunal 
fédéral 9C_850/2012 consid. 3 et les références citées). Tel peut être le cas 
lorsqu’il faut envisager une expertise complexe ou plusieurs expertises, l’audition 
de très nombreux témoins, ou encore l’envoi de commissions rogatoires dans des 
pays lointains (ATA/639/2014 du 19 août 2014 et les références citées). 

9)  En l'espèce, l'acte de recours mentionne à propos de la recevabilité 
l'ATF 134 IV 43 et le caractère recevable des recours contre des décisions de 
suspension lorsqu'ils visent un déni de justice formel. Toutefois, dans l'examen du 
fond, la recourante, et dans le cadre de son grief relatif à l'abus du pouvoir 
d'appréciation, se contente, en une seule phrase, d'invoquer que suspendre 
l'instruction des dossiers pendant des années reviendrait à la priver du droit d'être 
jugée dans un délai raisonnable. Or il ressort du reste de ses écritures qu'elle ne 
redoute pas tant un retard indu de la procédure – laquelle est, doit-on le rappeler, 
complexe et connexe à de nombreux autres dossiers similaires – que 
l'impossibilité de faire valoir directement ses droits dans la procédure au profit de 
laquelle l'instruction est suspendue, et à laquelle elle n'est pas partie. De même, 
elle se plaint avec nettement plus d'acuité de ce que les conditions de l'art. 14 LPA 
ne seraient pas réunies. 

  On doit dès lors considérer que le recours ne s'attaque pas réellement à un 
déni de justice formel sous forme d'un retard à statuer consécutif à la suspension. 
Dès lors, le principe général posé par la jurisprudence précitée, selon lequel un 
allongement de la procédure ne constitue pas un préjudice irréparable, doit trouver 
application en l'espèce. 

10)  Par ailleurs, il n'est pas allégué que l'admission du recours pourrait conduire 
immédiatement à une décision finale permettant d'éviter une procédure probatoire 
longue et coûteuse au sens de l'art. 57 let. c LPA, et rien dans le dossier ne permet 
de suggérer que tel soit le cas ; à cet égard, une longueur certaine de la procédure 
apparaît au contraire inéluctable au vu de son objet et de sa complexité. 

11)  Le recours sera donc déclaré irrecevable. 

12)  Vu l'issue du litige, un émolument de CHF 250.- sera mis à la charge de la 
recourante (art. 87 al. 1 LPA), et aucune indemnité de procédure ne lui sera 
allouée (art. 87 al. 2 LPA). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

déclare irrecevable le recours interjeté le 15 janvier 2014 par Madame Réjane 
STROHHEKER contre la décision du Tribunal administratif de première instance du 
23 décembre 2013 ; 

met à la charge de Madame Réjane STROHHEKER un émolument de CHF 250.- ; 

dit qu’il n’est pas alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ; 

communique le présent arrêt à Me Jean-Daniel Borgeaud, avocat de la recourante, à 
Me Nicolas Wisard, avocat de l'Aéroport international de Genève, à Me David Lachat, 
avocat de l'État de Genève, ainsi qu'au Tribunal administratif de première instance. 

Siégeants : M. Verniory, président, Mme Junod, Mme Payot Zen-Ruffinen, M. Pagan, 
Mme Zehetbauer Ghavami, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

S. Hüsler Enz 

 le président siégeant : 
 
 

J.-M. Verniory 
 
 

 

 

 

 

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Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le   la greffière :