# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 816250d7-6b01-593b-aac5-baa7f1ec59ce
**Source:** Bern Gerichte (BE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2019-05-22
**Language:** fr
**Title:** Bern Obergericht Beschwerdekammer in Strafsachen 22.05.2019 BK 2019 202
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/BE_ZivilStraf/BE_OG_008_BK-2019-202_2019-05-22.pdf

## Full Text

Cour suprême
du canton de Berne

Chambre de recours pénale 

Obergericht
des Kantons Bern

Beschwerdekammer in 
Strafsachen

Décision
BK 19 202

Hochschulstrasse 17
Case postale
3001 Berne
Téléphone +41 31 635 48 13
Fax +41 31 634 50 55
coursupreme-penal.berne@justice.be.ch
www.justice.be.ch/coursupreme Berne, le 22 mai 2019

Composition Juges d’appel Schnell (Présidente), Geiser et Falkner
Greffière Vogt

Participants à la procédure A.________
représenté d'office par Me B.________
prévenu/recourant

Ministère public du canton de Berne, Région Jura 
bernois-Seeland, Agence du Jura bernois
intimé

Objet demande de mise en liberté

procédure pénale pour tentative de lésions corporelles, violences 
ou menaces contre les autorités et les fonctionnaires et infraction 
à la loi sur les stupéfiants

recours contre la décision du Tribunal régional des mesures de 
contrainte Jura bernois-Seeland du 18 avril 2019

2

Considérants :

1.

1.1 A.________ a été mis en accusation le 11 octobre 2018 devant le Tribunal 
cantonal des mineurs notamment pour tentative de meurtre, tentative de lésions 
corporelles graves, agression, rixe, menaces, brigandage, extorsion et chantage, 
violence et menace contre les fonctionnaires.

Le 12 avril 2019, le Ministère public, Région Jura bernois-Seeland, Agence du Jura 
bernois (ci-après : Ministère public ordinaire), a ouvert une instruction contre 
A.________ pour tentative de lésions corporelles commise le 
28 octobre 2018, violences et menaces contre les fonctionnaires commises le 
7 avril 2019 et infraction à la loi sur les stupéfiants commise en avril 2018 (recte : 
2019).

Le 16 avril 2019, il a fait parvenir au Tribunal régional des mesures de contrainte 
Jura bernois-Seeland (ci-après : TMC) une proposition d’ordonner la mise en 
détention provisoire de A.________ pour une durée de trois mois.

1.2 Par ordonnance du même jour, le TMC a invité le défenseur du prévenu à prendre 
position, ce qu’il a fait par courrier du 17 avril 2019 en demandant le rejet de la 
proposition du Ministère public ordinaire, faute de compétence de ce dernier de la 
requérir.

1.3 Par décision du 18 avril 2019, le TMC a ordonné le placement de A.________ en 
détention provisoire pour une durée de trois mois, soit jusqu’au 
15 juillet 2019.

1.4 Le 30 avril 2019, le défenseur d’office du prévenu a recouru contre ladite décision. 
Il a notamment conclu à l’illicéité de la détention provisoire de A.________ au motif 
que ce dernier devait être soumis à la justice des mineurs.

1.5 Par ordonnance du 1er mai 2019, la Présidente de la Chambre de recours pénale a 
ouvert une procédure de recours et imparti un délai de 5 jours au Parquet général 
ainsi qu’au TMC pour prendre position.

1.6 Le Parquet général a délégué sa compétence de prendre position au Ministère 
public, Région Jura bernois-Seeland, Agence du Jura bernois qui s’est prononcé 
par courrier du 1er mai 2019. 

1.7 Le TMC s’est référé aux motifs développés dans la décision querellée.

1.8 Par courrier du 24 avril 2019, le Ministère public ordinaire s’est adressé au 
Ministère public des mineurs, Antenne du Jura bernois, pour l’informer que 
A.________ avait été appréhendé et mis en détention pour des faits de violences, 
mais qu’au vu du dossier, il semblait que la justice des mineurs soit toujours 
compétente pour instruire ce dossier. 

1.9 Le 3 mai 2019, le TMC a fait parvenir à la Chambre de recours pénale une copie 
de la décision qu’il a prise le même jour, par laquelle il a rejeté la demande de 
prolongation de la détention provisoire qui a été présentée le 1er mai 2019 par le 

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Ministère public des mineurs Jura bernois-Seeland et ordonné des mesures de 
substitution. Il a chargé le Ministère public des mineurs de procéder dans les 
meilleurs délais à la mise en liberté du prévenu. Les motifs à la base de cette 
décision ont été communiqués à la Chambre de recours pénale en date du 
8 mai 2019. Il en ressort que le transfert de compétence au Ministère public des 
mineurs s’est fait le 1er mai 2019 et que ce dernier a demandé la prolongation de la 
détention provisoire après l’expiration du délai de sept jours prévu à l’art. 27 al. 2 
PPMin. Le TMC a considéré que le dépassement de ce délai d’ordre ne pouvait 
conduire à lui seul à une libération et est entré en matière sur la requête du 
Ministère public des mineurs qu’il a rejetée sur le fond. S’agissant de la question de 
la légalité de la mise en détention ordonnée par le TMC suite à la proposition du 
Ministère public ordinaire du 16 avril 2019, le TMC a précisé qu’elle devait être 
tranchée par la Chambre de recours pénale. 

1.10 Par ordonnance du 6 mai 2019, la Présidente de la Chambre de recours pénale a 
constaté qu’au vu de la décision du TMC du 3 mai 2019, la procédure de recours 
paraissait être devenue sans objet et a fixé un délai de 5 jours au recourant pour 
prendre position notamment sur le sort des frais dans la procédure de recours.

1.11 Le défenseur de A.________ a expliqué que postérieurement au dépôt de son 
recours contre la décision du TMC du 18 avril 2019, le Ministère public des mineurs 
a admis sa compétence pour les nouvelles infractions reprochées au prévenu. Ce 
dernier est en liberté et séjourne auprès de sa sœur à Fribourg depuis le 3 mai 
2019 au soir à la suite de la décision du TMC rendue le même jour. La question de 
la légalité de la détention du 15 au 30 avril 2019 demeure cependant à examiner.

La défense explique qu’en l’espèce, on se trouve dans la situation d’un mineur 
renvoyé devant le Tribunal des mineurs qui est prévenu d’une infraction survenue 
après sa majorité, mais avant le jugement par le Tribunal des mineurs. La défense 
relève que l’art. 3 al. 2 PPMin est clair et prévoit que dans cette situation, la 
procédure des mineurs reste applicable, précisant que si la doctrine exprimait 
parfois l’avis que la procédure et le Ministère public des adultes devraient 
s’imposer, c’est avant tout pour des motifs pragmatiques, afin d’éviter que la justice 
des mineurs saisie d’une infraction modeste commise avant la majorité demeure 
compétente pour instruire et juger des actes très graves. Or, en l’espèce, on se 
trouve dans une situation inverse. 

En conséquence, seul le procureur des mineurs pouvait requérir la mise en 
détention provisoire du prévenu aux conditions de l’art. 27 PPMin. Le TMC ne 
pouvait dès lors accepter une demande de détention formée par une autorité non 
compétente et un droit non applicable. Le principe de la légalité a été enfreint et 
partant, la détention est illicite, point qui doit être constaté par la Chambre de 
recours pénale.

En ce qui concerne les frais et dépens, ils ne sauraient être renvoyés au fond, étant 
donné que le non respect de la loi entache toute la procédure, et cela de manière 
définitive. Seuls les frais et dépens de la procédure régulièrement menée 
peuvent être joints au fond. Les frais doivent donc être laissés à la charge de l’Etat 

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et les dépens indemnisés. Me B.________ a joint sa note d’honoraires pour 
l’activité qu’il a déployée depuis le 15 avril 2019.

1.12 Par ordonnance du 10 mai 2019, la Présidente de la Chambre de recours pénale a 
transmis pour information la prise de position du défenseur du recourant au 
Parquet général.

2.

2.1 Aux termes de l’art. 393 al. 1 let. c du Code de procédure pénale suisse 
(CPP ; RS 312.0) en corrélation avec l’art. 222 CPP, un recours peut être formé 
contre une décision du TMC ordonnant une mise en détention provisoire.

2.2 Il convient de rappeler que le Ministère public ordinaire a formulé sa proposition de 
détention provisoire en date du 16 avril 2019 que le défenseur du prévenu a reçue 
en copie. Dans sa prise de position du 17 avril 2019, la défense a conclu au rejet 
de la proposition de détention du Ministère public ordinaire faute de compétence 
pour la requérir. Il a invoqué le dessaisissement du Ministère public ordinaire en 
faveur de la juridiction des mineurs pour les faits commis postérieurement à la 
majorité du prévenu.   

Dans sa décision du 18 avril 2019 (consid. 5 à 7) ordonnant la détention provisoire 
de A.________ pour une durée de 3 mois, le TMC a statué sur la question de la 
compétence du Ministère public en admettant que les faits commis 
postérieurement à la majorité du prévenu devaient être poursuivis selon le CPP. 

Force est de constater qu’en mettant en cause la compétence du Ministère public 
ordinaire, la défense a fait valoir un conflit de compétence matérielle. Or, selon la 
jurisprudence, les règles relatives à la compétence et au déroulement de la 
procédure de contestation d'un for s'appliquent également en cas de conflit de 
compétence matérielle (ATF 138 IV 214 consid. 3.1, arrêts du Tribunal fédéral 
1B_206/2017 du 12 juillet 2017 consid. 1.2; 1B_433/2013 du 23 avril 2014 consid. 
3.2; 1B_30/2013 du 3 avril 2013 consid. 1). Aux termes de l’art. 41 CPP, lorsqu'une 
partie entend contester la compétence de l'autorité en charge de la procédure 
pénale, elle doit immédiatement demander à cette dernière de transmettre l'affaire 
à l'autorité pénale compétente. Devant le refus du Ministère public ordinaire de se 
dessaisir de l’affaire en faveur de la juridiction des mineurs, elle peut, en 
application de l’art. 40 CPP, recourir auprès du Parquet général, dans les cantons 
où il est institué (arrêt du Tribunal fédéral 1B_517/2018 du 4 mars 2019, consid. 
2.2). 

Au lieu de statuer lui-même sur la question de la compétence matérielle du 
Ministère public, il eût dès lors appartenu au TMC de transférer sans délai au 
Ministère public ordinaire la contestation de compétence alléguée par la défense, 
avant de se prononcer sur le bien-fondé de la détention provisoire, étant précisé 
que les conflits de fors intracantonaux entre plusieurs ministères publics sont, dans 
le canton de Berne, tranchés par le Parquet général institué à cet effet en 
application de l’art 24 let. c LiCPM. 

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S’agissant plus précisément du bien-fondé de la détention provisoire, il convient de 
rappeler que l’art. 27 PPMin prévoit certes que les art. 225 et 226 CCP s’appliquent 
en cas de détention provisoire prolongée au-delà de sept jours, mais précise à son 
alinéa 1 que la détention provisoire ne doit être ordonnée qu’à titre exceptionnel et 
seulement si aucune mesure de substitution n’est envisageable. A cela s’ajoute 
que l’art. 3 al. 3 PPMin stipule que lorsque le CPP s’applique, ses dispositions 
doivent être interprétées à la lumière des principes définis à l’art. 4 PPMin. Sur la 
base de ces dispositions, qui prescrivent en substance que la détention provisoire 
ne doit être prononcée dans la procédure des mineurs qu'à titre exceptionnel, 
comme mesure d'ultima ratio, donc pour des cas particulièrement graves, il appert 
que la détention provisoire est examinée sous un aspect plus souple dans la justice 
des mineurs.

Au vu de ce qui précède, il y a lieu de constater que la détention provisoire subie 
par le prévenu durant la période allant du 15 au 30 avril 2019 est illicite. Le recours 
est dès lors admis.

3.

3.1 Les frais de la procédure de recours, comprenant un émolument global de 
CHF 1'200.00, sont mis à la charge du canton, conformément à l’art. 428 al. 1 CPP 
pour le recourant qui obtient gain de cause. Les frais afférents à la procédure en 
première instance, qui ont été fixés à CHF 400.00 dans la décision du TMC du 
18 avril 2019, doivent être supportés par le canton également. 

3.2 L’indemnisation du défenseur d’office pour la procédure de recours sera fixée à la 
fin de la procédure conformément à l’art. 135 al. 2 CPP. Il y aura lieu de tenir 
compte du fait que A.________ sera dispensé de l’obligation de remboursement au 
sens de l’art. 135 al. 4 CPP pour l’indemnisation de son défenseur d’office afférente 
à la présente procédure de recours. Il en est de même pour l’indemnisation des 
frais de défense relatifs aux activités du défenseur déployées à partir de la 
proposition de détention provisoire du Ministère public ordinaire du 16 avril 2019 
jusqu’à la prise de connaissance de la décision du TMC du 18 avril 2019.

3.3 Il appartiendra au juge du fond de statuer, dans son jugement, sur la réparation du 
tort moral subi par A.________ en raison de la détention illicite, en application de 
l’art. 431 CPP. 

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La Chambre de recours pénale décide :

1. Le recours est admis.

2. Il est constaté que la détention provisoire subie par A.________ du 15 au 
30 avril 2019 est illicite.

3. Les frais de la procédure de détention provisoire fixés à CHF 400.00 par le Tribunal 
régional des mesures de contrainte Jura bernois-Seeland, sont mis à la charge du 
canton.

4. Les frais de la procédure de recours, comprenant un émolument global de 
CHF 1'200.00, sont mis à la charge du canton. 

5. L’indemnisation du défenseur d’office pour la présente procédure et celle afférente à 
la première instance se feront à la fin de la procédure, sans obligation de 
remboursement  au sens de l’art. 135 al. 4 CPP.

6. A notifier :
- au Tribunal régional des mesures de contrainte Jura bernois-Seeland, avec le 

dossier 
- à A.________, par Me B.________
- au Ministère public du canton de Berne, Région Jura bernois-Seeland, Agence du 

Jura bernois, avec le dossier 

A communiquer :
- au Parquet général du canton de Berne

Berne, le 22 mai 2019 Au nom de la Chambre de recours 
pénale
La Présidente :

Schnell, Juge d'appel

La Greffière :

Vogt

7

Voies de recours :
Un recours en matière pénale selon les art. 39 ss, 78 ss et 90 ss de la loi du 17 juin 1995 sur le Tribunal 
fédéral (LTF; RS 173.110) peut être déposé auprès du Tribunal fédéral (Av. du Tribunal fédéral 29, Case 
postale, 1000 Lausanne 14) contre la présente décision dans les 30 jours qui suivent sa notification. Le 
recours doit respecter les exigences de l’art. 42 LTF.

Remarques :
Les envois par fax et par e-mail ordinaire ne sont pas valables et ne sauvegardent pas les délais.
Le numéro du dossier doit figurer sur les envois (BK 19 202).