# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** dd5e7aef-ec08-5f6d-a702-1b03e99859bb
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2007-07-12
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 12.07.2007 RR.2007.101
**Docket/Reference:** RR.2007.101
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_RR-2007-101_2007-07-12

## Full Text

Entraide internationale en matière pénale au Royaume-Uni
Décision de clôture partielle en exécution simplifiée (art. 80c EIMP);;Entraide internationale en matière pénale au Royaume-Uni
Décision de clôture partielle en exécution simplifiée (art. 80c EIMP);;Entraide internationale en matière pénale au Royaume-Uni
Décision de clôture partielle en exécution simplifiée (art. 80c EIMP);;Entraide internationale en matière pénale au Royaume-Uni
Décision de clôture partielle en exécution simplifiée (art. 80c EIMP)

Arrêt du 12 juillet 2007   
IIe Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Bernard Bertossa, prési-
dent, Giorgio Bomio et Roy Garré,  
le greffier David Glassey  

   

Parties  A. LTD, représentée par Me Robert Assael, avocat,  
recourante 

 

 contre 
   
  JUGE D'INSTRUCTION DU CANTON DE GENÈVE,  

intimé 
 

   

Objet  Entraide internationale en matière pénale au 
Royaume-Uni 
 
Décision de clôture partielle en exécution simplifiée 
(art. 80c EIMP) 

 
 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéro de dossier:  RR.2007.101 
 
 
 

 

 

- 2 - 

 

 

Faits: 
 

A. Le 5 juin 2007, le Juge d’instruction du canton de Genève (ci-après: le juge 
d’instruction) est entré en matière sur une demande d’entraide formée par 
le Crown Prosecution Service (ci-après: CPS), dans le cadre d’une enquête 
ouverte pour des délits de blanchiment d’argent. 
 
 

B. Le 21 février 2006, un cambriolage a été perpétré dans l’un des centres de 
sécurité régionaux où sont entreposés les billets de la banque d’Angleterre. 
A cette occasion, près de GBP 53 millions en billets de banque ont été 
dérobés. Le 23 juin 2006, B. été interpellé sur l’autoroute périphérique de 
Londres au volant d’une berline dont le coffre contenait des billets de 
banque – pour une valeur totale d’environ un million de GBP – qui 
proviendraient du cambriolage du 21 février 2006. B. a été arrêté pour 
présomption de blanchiment d’argent. Il a expliqué que les fonds retrouvés 
constituaient un versement initial reçu dans le cadre de la vente d’un bien 
immobilier sis à Z. (Espagne) dont il était le propriétaire. B. n’a pas été en 
mesure de nommer l’acquéreur, expliquant que l’acquisition était gérée par 
C. SA, une agence basée à Genève, et que l’encaissement des fonds avait 
été organisé par D., son associé à Dubaï. Une carte de visite au nom de E., 
account executive of C. SA, a été trouvée parmi les effets de B.. D. a 
confirmé que son bureau de Dubaï avait négocié la vente de la propriété. 
Selon les informations des enquêteurs étrangers, la vente du bien 
immobilier en question est toutefois gérée par une agence immobilière de 
Z. qui fait visiter la propriété aux acquéreurs potentiels depuis environ un 
an. D. et F. sont les associés de B. à Dubaï. Ces personnes détenaient 
deux sociétés actives à partir de Dubaï, G. Inc et A. Ltd. Contacté par 
téléphone, E. n’a pas pu confirmer l’existence de relations contractuelles 
entre C. SA et B.. Il s’est toutefois déclaré disposé à mettre ses dossiers à 
la disposition des enquêteurs, après obtention de l’autorisation des 
autorités suisses compétentes (act. 1.2).  

 
 
C. Afin de vérifier l’alibi fourni par B., les autorités requérantes sollicitent 

notamment la recherche et la transmission de tous dossiers ou données 
informatiques de C. SA concernant, entre autres, B., D. et F..  

 
 
D. Une perquisition a eu lieu dans les locaux de C. SA le 6 juin 2007, en 

présence des deux directeurs de cette société, E. et H.. Divers documents 
sur support papier et informatique ont été saisis à cette occasion, 
notamment les documents relatifs aux mandats de C. SA pour A. Ltd.  

- 3 - 

 

 

E. Par décision de clôture partielle en exécution simplifiée du 8 juin 2007, le 
juge d’instruction a pris acte de l’accord de E. et H. à la transmission 
simplifiée de certains des documents saisis au sens de l’art. 80c EIMP et 
ordonné la transmission à l’autorité requérante de la documentation en 
question. A. Ltd recourt contre cette ordonnance par acte daté du 22 juin 
2007, arguant qu’un vice affecterait le consentement donné par E. et H. à 
la transmission simplifiée. La société conclut à ce que les pièces la 
concernant («n° 1 à 10, 12 et 15 à 21 du dossier informatique portant le 
n° 2176») ne soient pas transmises à l’autorité requérante jusqu’à droit 
jugé dans la procédure d’entraide.  

 
 
F. La Cour de céans a renoncé à procéder à un échange d’écriture.  

 
 
 
La Cour considère en droit: 
 

1. La Confédération suisse et le Royaume-Uni sont tous deux parties à la 
Convention européenne d'entraide judiciaire du 20 avril 1959 (CEEJ; 
RS 0.351.1), entrée en vigueur pour la Suisse le 20 mars 1967 et le 27 no-
vembre 1991 pour le Royaume-Uni, ainsi qu’à la Convention n° 141 du 
Conseil de l’Europe relative au blanchiment, au dépistage, à la saisie et à 
la confiscation des produits du crime (RS 0.311.53), conclue à Strasbourg 
le 8 novembre 1990, entrée en vigueur le 1er septembre 1993 pour la 
Suisse et le Royaume-Uni. L’EIMP et son ordonnance d’exécution (OEIMP; 
RS 351.11), restent applicables aux questions qui ne sont pas réglées, ex-
plicitement ou implicitement, par les dispositions conventionnelles, ainsi 
que lorsqu'elles permettent l’octroi de l’entraide à des conditions plus favo-
rables (ATF 130 II 337 consid. 1; 124 II 180 consid. 1a). 

 
2. Par analogie avec la pratique du Tribunal fédéral, le Tribunal pénal fédéral 

examine d’office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis 
(ATF 132 I 140 consid. 1.1; 132 III 291 consid. 1; 131 II 571 consid. 1). 

 
2.1 La qualité pour agir contre une mesure d'entraide judiciaire est reconnue à 

celui qui est touché personnellement et directement et a un intérêt digne de 
protection à ce qu’elle soit annulée ou modifiée (art. 80h let. b EIMP). La 
personne visée par la procédure pénale étrangère peut recourir aux mê-
mes conditions (art. 21 al. 3 EIMP). Aux termes de l’art. 9a OIMP, est no-
tamment réputé personnellement et directement touché au sens de ces 
dispositions le titulaire d'un compte bancaire dont les pièces sont saisies 

- 4 - 

 

 

(let. a), le propriétaire ou le locataire qui doit se soumettre personnellement 
à une perquisition ou à une saisie (let. b; ATF 118 Ib 442 consid. 2c – con-
cernant la saisie de documents en main d'une banque –; ATF 121 II 38 – 
concernant la remise du dossier d'une procédure civile à laquelle l'intéressé 
est partie –) et le détenteur en cas de mesures concernant un véhicule à 
moteur (let. c). La jurisprudence constante dénie en revanche cette qualité 
au détenteur économique d'un compte bancaire visé par la demande, ou à 
l'auteur de documents saisis en main d'un tiers (ATF 116 Ib 106 
consid. 2a), même si la transmission des renseignements requis entraîne la 
révélation de son identité (ATF 115 Ib 156 consid. 2a et les arrêts cités), 
ainsi qu'au témoin, dans la mesure où il n'est pas amené à fournir des in-
formations sur sa propre personne (ATF 126 II 258 consid. 2d/bb p. 261; 
pour un résumé de la jurisprudence relative à la qualité pour recourir, 
cf. ATF 122 II 130).  

Dans l'ATF 128 II 211 consid. 2.2 p. 216-217, le Tribunal fédéral a jugé que 
l'établissement bancaire n'a pas qualité pour recourir contre la transmission 
de documents relatifs à un compte détenu par un client, dans la mesure où 
ces documents ne contiennent rien sur la gestion des propres affaires de la 
banque. Plus récemment, la Haute Cour fédérale a précisé que le cas des 
avocats et des fiduciaires devait en principe être réglé différemment de ce-
lui des banques. Ces dernières mettent en effet à disposition de leurs 
clients certaines prestations liées à l'ouverture et à l'utilisation de comptes, 
sans forcément intervenir activement dans la gestion de ces derniers; en 
revanche, lorsque des avocats ou des fiduciaires détiennent des docu-
ments bancaires, ils le font généralement en raison d'un mandat qui les lie 
à leur client, pour lequel ils déploient une activité propre; par conséquent, si 
la jurisprudence présume généralement que les documents saisis auprès 
d'une banque ne concernent pas sa propre gestion, il faut partir de la pré-
misse inverse à l'égard des fiduciaires et des avocats; ces derniers sont 
donc seuls habilités à recourir en tant que personnes soumises à une me-
sure de perquisition (art. 9a let. b OEIMP; arrêt du Tribunal fédéral 
1A.293/2004 du 18 mars 2005, consid. 2.3). Cette jurisprudence s'attache à 
ne pas étendre exagérément le cercle des personnes admises à s'opposer 
aux mesures d'entraide, et à simplifier autant que possible la tâche de l'au-
torité d'exécution au moment de notifier ses décisions (arrêt du Tribunal fé-
déral 1A.293/2004 du 18 mars 2005, consid. 2.3).  
 

2.2 En l’espèce, rien ne justifie de s’écarter des principes dégagés par la juris-
prudence constante, selon laquelle la personne concernée par des docu-
ments saisis en mains tierces n'a pas qualité pour agir, quand bien même 
ces documents contiennent des informations à son sujet (ATF 130 II 162 
consid. 1.1 p. 164 et la jurisprudence citée). En sa qualité de mandante de 

- 5 - 

 

 

la société fiduciaire saisie, A. Ltd n’est par conséquent pas habilitée à re-
courir. Le recours doit donc être déclaré irrecevable, sans qu’il y ait lieu 
d’examiner l’argumentation soulevée au fond. 

 
 
3. Le recours étant d’emblée infondé, la Cour de céans a renoncé à procéder 

à un échange d’écriture (art. 57 al. 1 PA a contrario, applicable par renvoi 
de l’art. 30 let. b LTPF).  

 
 
4. Les frais de procédure sont mis à la charge de la partie qui succombe 

(art. 63 al. 1 PA, applicable par renvoi de l’art. 30 let. b LTPF). L’émolument 
judiciaire calculé conformément à l’art. 3 du Règlement du 11 février 2004 
fixant les émoluments judiciaires perçus par le Tribunal pénal fédéral 
(RS 173.711.32) est fixé en l’espèce à Fr. 5'000.--, couvert par l’avance de 
frais déjà versée. La compétence du Tribunal pénal fédéral d’établir un tarif 
relatif à la détermination des émoluments judiciaires, bien que n’étant pas 
explicitement réservée à l’art. 63 al. 5 PA, se fonde sur l’art. 15 al. 1 let. a 
LTPF. Dans son Message du 28 février 2001 concernant la révision totale 
de l’organisation judiciaire fédérale, le Conseil fédéral reconnaît en effet 
l’autonomie administrative de l’autorité judiciaire fédérale s’agissant du 
calcul des émoluments judiciaires, des dépens alloués aux parties ainsi 
que de la détermination de l’indemnité en cas d’assistance judiciaire 
(cf. FF 2001, p. 4208 sv.). Il ne résulte par ailleurs aucunement des débats 
parlementaires que le législateur ait voulu s’écarter du principe de 
l’autonomie de l’autorité judiciaire au moment d’attribuer la compétence 
pour statuer dans le domaine de l’EIMP au Tribunal pénal fédéral plutôt 
qu’au Tribunal administratif fédéral comme initialement prévu par le Conseil 
fédéral (cf. BO 2004 CN p. 1570 ss; 2005 CE p. 117 ss; CN p. 643 ss). Il 
s’ensuit que la réserve figurant à l’art. 63 al. 5 PA doit être interprétée par 
analogie comme valant également en faveur de l’art. 15 al. 1 let. a LTPF. 

- 6 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour prononce: 
 
1. Le recours est irrecevable.  
 
2. Un émolument judiciaire de Fr. 5'000.--, couvert par l’avance de frais déjà 

versée, est mis à la charge de la société recourante. 
 
 

Bellinzone, le 12 juillet 2007 
 
Au nom de la IIe Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
Le président:     Le greffier:  
 
 
 
 
 
 
 
Distribution 
 
- Me Robert Assael, avocat 
- Juge d'instruction du canton de Genève  
- Office fédéral de la justice, Assist. judiciaire internationale,  
 

Indication des voies de recours 

Le recours contre une décision en matière d’entraide pénale internationale doit être déposé devant le Tri-
bunal fédéral dans les 10 jours qui suivent la notification de l’expédition complète (art. 100 al. 2 let. b LTF).  

Le recours n’est recevable contre une décision rendue en matière d’entraide pénale internationale que s’il 
a pour objet une extradition, une saisie, le transfert d’objets ou de valeurs ou la transmission de rensei-
gnements concernant le domaine secret et s’il concerne un cas particulièrement important. Un cas est par-
ticulièrement important notamment lorsqu’il y a des raisons de supposer que la procédure à l’étranger viole 
des principes fondamentaux ou comporte d’autres vices graves (art. 84 LTF).