# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e300e4a3-fda8-55ef-8582-f9aa255dcf6f
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2024 / 39
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2024---39_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC22.045124-231670

23 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
5 mars 2024

__________________

Composition
:              M.             
Hack,
président

             
              M.             
Maillard et Mme Giroud Walther, juges

Greffier
              :             
Mme              Joye

 

 

*****

 

 

Art.
80 al. 2 ch. 2 LP

 

 

 

 

             
              La Cour des poursuites
et faillites du Tribunal cantonal, statuant à huis clos en sa qualité d'autorité de recours
en matière sommaire de poursuites, s'occupe du recours exercé par N.________,
à Jongny, contre le prononcé rendu le 10 juillet 2023 par le Juge de paix du district de la
Riviera-Pays-d’Enhaut, dans la poursuite n° 10'341’629
de l’Office des poursuites du même district, introduite par l’ETAT
DE VAUD, représenté par
l’Office
d’impôt des districts de la Riviera-Pays-d’Enhaut, Lavaux-Oron et Aigle,
à Vevey.

 

             
              Vu les pièces au
dossier, la cour considère :

 

             
En fait
:

 

 

1.             
a) Le 2 mars 2022, l'Office des poursuites
du district de la Riviera-Pays-d’Enhaut a notifié à N.________, à la réquisition
de l'Etat de Vaud, représenté par l’Office d’impôt des districts de la Riviera-Pays-d’Enhaut,
Lavaux-Oron et Aigle (ci-après : l’Office d’impôt), un commandement de payer
dans la poursuite n° 10'341’629 portant sur le montant de 50
fr. plus intérêt à 4% dès le 
5
janvier 2022 et indiquant comme titre de la créance ou cause de l'obligation : « Emolument
sommation 2018 (Etat de Vaud) selon sommation de déposer la déclaration d’impôt
du 23.07.2019 et du décompte final du 01.12.2021 ; sommation adressée le 27.01.2022. ».

 

             
Le poursuivi a formé opposition totale.

 

                           
b) Le
3 novembre 2022, le poursuivant a requis du Juge de paix du district de la Riviera-Pays-d’Enhaut
qu’il prononce la mainlevée définitive de l'opposition à concurrence du montant
réclamé en poursuite, en capital et intérêt. A l’appui de sa requête,
il a produit, outre l’original du commandement de payer précité, les pièces suivantes :

 

–
              une copie conforme à
l’original d’une sommation pour déposer la déclaration              
d’impôt de l’année 2019 adressé le 23 juillet 2019 par l’Administration
cantonale               des impôts
au poursuivi, percevant un émolument de 50 fr. et fixant un délai non              
prolongeable de trente jours pour déposer ladite déclaration d’impôt ;

 

–
              une copie conforme à
l’original d’un décompte final relatif à l’impôt sur le revenu              
et la fortune (ICC) 2018 et l’impôt fédéral direct (IFD) 2018 établi par l’Office
              d’impôt le
1er
décembre 2021, adressé à N.________, portant sur une              
somme totale de 123'969 fr. 65 comprenant notamment l’émolument de 50 fr.              
selon la sommation du 23 juillet 2019 susmentionnée ; ce décompte porte l’indica-             
tion de la voie de la réclamation et la mention selon laquelle la décision est passée
              en force ;

 

–
              un rappel du 27 janvier
2022 invitant N.________ à payer, dans les 
             
dix jours, le montant de 50 fr. dû au titre d’émolument
de sommation concernant la              
déclaration d’impôt 2018, à défaut de quoi une procédure de poursuite
serait               introduite, et
précisant que ce rappel valait sommation au sens de l’art. 228 LI (loi
              sur les impôts directs
cantonaux ; RSV 642.11) ;

 

–             
un relevé de compte du 3 novembre 2022 concernant l’émolument de somma-             
tion pour 2018 et faisant état d’un solde dû par N.________, à cette date,
              70 fr. 30, dont 20 fr.
30 de frais de commandement de payer.

 

                           
c) Le
poursuivi, sous la plume de son avocat, s’est déterminé sur la requête de mainlevée
le 21 février 2023, concluant à son rejet, avec suite de frais et dépens. Il faisait valoir,
en résumé, que l’autorité fiscale n’avait pas établi que les décisions
et avis dont elle se prévalait auraient été notifiées à leur destinataire et
qu’il avait déposé sa déclaration d’impôt concernant l’année
2018. A l’appui de son écriture, le poursuivi a produit notamment les pièces suivantes
:

 

–
              une « Invitation
à retirer une opposition de poursuite » adressée par l’Office              
d’impôt au poursuivi le 7 mars 2022, qui porte la mention suivante : « Contribu-             
tion : Emolument
sommation 2018, selon la sommation de déposer la déclaration              
d’impôt du 23.07.2019 et décompte final du 01.12.2021 ; sommation adressée
le               27.01.2022 » ;

 

–             
un courrier du poursuivi du 10 avril 2022 adressé à l’Office d’impôt dans
lequel               l’intéressé
s’excuse de ne pas avoir répondu au courrier du 25 mars 2022 dans le              
délai du 4 avril 2022 en raison d’une hospitalisation et indique que
« La raison des              
oppositions faites sur vos commandements de payer sont que les montants de              
taxation sont largement supérieurs aux déclarations d’impôts que vous avez en              
votre possession. Je vous prierai de bien vouloir les rectifier ou m’aviser pour que              
je puisse vous retransmettre ces déclarations. » ;

 

–             
la réponse du 4 mai 2022 de l’Office d’impôt au courrier précité informant
le pour-              suivi que sa réclamation
du 10 avril 2022 a été formée après le délai de trente              
jours à compter de la notification de la décision du 1er
décembre 2021 « concer-             
nant la période fiscale 2020 » et constatant que « la déclaration d’impôt
2020 »               n’avait
pas été déposée auprès de l’autorité fiscale ;

 

–
              un certificat de salaire
de l’année 2018 concernant N.________;

–
              une déclaration d’impôt
2018 concernant N.________ et [...].

 

                           
d) L’Office
d’impôt s’est déterminé sur cette écriture le 7 mars 2023, confirmant
les conclusions qu’il avait prises dans sa requête de mainlevée. Il a notamment fait
valoir qu’à part la sommation du 23 juillet 2019 et le décompte final du 1er
décembre 2021, certes adressés sous pli simple, il a également adressé au poursuivi
un rappel/sommation avant poursuite le 27 janvier 2022, qui se rapportait explicitement au décompte
final du 1er
décembre 2021, ainsi qu’une invitation à retirer l’opposition au commandement de
payer du 7 mars 2022. 

 

             
e)
Dans une écriture du 17 mars 2023, le poursuivi a confirmé ses conclusions en rejet de la requête
de mainlevée.

 

 

2.                           
Par prononcé du 10 juillet 2023, le Juge de paix du district de la Riviera-Pays-d’Enhaut a
prononcé la mainlevée définitive de l’opposition (I), a arrêté à
90 fr. les frais judiciaires, compensés avec l'avance de frais du poursuivant (II), a mis les frais
à la charge du poursuivi (III) et a dit qu’en conséquence, celui-ci devait rembour-ser
au poursuivant son avance de frais à concurrence de 90 fr., sans allocation de dépens pour
le surplus (IV).

 

             
              La motivation du prononcé,
requise par le poursuivi le 18 juillet 2023, a été adressée aux parties le 29 novembre
2023 et notifiée à N.________ le lendemain. 

 

             
Le juge de paix a considéré, en substance, que si la preuve formelle de la notification au
poursuivi du décompte final du 1er
décembre 2021 n’avait pas été rapportée, sa réception par l’intéressé
pouvait être admise sur la base des éléments figurant au dossier ; il a en particulier
relevé que l’interpellation du 7 mars 2022 se référait expressément à
« l’émolument sommation 2018 » ainsi qu’à la sommation du 23 juillet
2019 et au décompte final du 1er
décembre 2021 ; que dans son courrier du 10 avril 2022, le poursuivi ne soutenait nullement
qu’il n’aurait pas reçu de décision de taxation pour l’année 2018 ni
ne demandait que celle-ci lui soit à nouveau communiquée ; que ce n’est que dans
ses déterminations du 21 février 2023, soit près d’une année plus tard, qu’il
a soutenu, pour la première fois, qu’il n’aurait pas eu connaissance du décompte
final du 1er
décembre 2021 ; qu’il appartenait à l’inté-ressé de contester ledit
décompte au plus tard à la réception du courrier du 7 mars 2022, ce qu’il n’a
pas fait ; que faute de réclamation déposée en temps utile, le décompte final
du 1er
décembre 2021 était entré en force et constituait dès lors un titre de mainlevée
définitive pour le montant réclamé en poursuite. 

 

 

3.             
              Par acte déposé
le 11 décembre 2023, le poursuivant a recouru contre ce prononcé, concluant :

 

–
              préalablement, à
l’octroi de l’effet suspensif et à la suspension de l’instruction de              
la cause jusqu’à droit connu sur la demande de révision de la décision de taxation
              du 1er
décembre 2021 qu’il a déposée le 11 décembre 2023 auprès de l’Office
              d’impôt ;

 

–
              principalement à
la réforme du prononcé en ce sens que la requête de mainlevée              
définitive est rejetée et la poursuivante condamnée au paiement de 100 fr. au              
moins à titre de dépens ;

 

–             
subsidiairement à l’annulation du prononcé et au renvoi de la cause au premier              
juge pour nouvelle instruction et nouvelle décision dans le sens des considérants.

 

             
A l’appui de son acte, le recourant a produit les deux pièces nouvelles suivantes : 

 

–
              un courrier du 2 novembre
2023 de l’Administration cantonale des impôts, Division              
de l’inspection fiscale, adressé à N.________ et [...],              
relative à des procédures de rappel et soustraction d’impôt pour les périodes
              fiscales 2017, 2018 et
2019, et 

 

–
              une demande de révision
déposée le 11 décembre 2023 par le poursuivi auprès              
de l’Office d’impôt, dirigée contre la décision de taxation définitive
du 1er
décembre               2021, relative
à l’année 2018.  

 

             
              Par décision du 12
décembre 2023, le Président de la cour de céans a rejeté la requête d’effet
suspensif contenue dans le recours.

             
L’intimé n’a pas été invité à se déterminer.

 

 

             
En droit
:

 

 

I.                          
a)
Le recours, écrit et motivé, a été déposé dans les formes requises (art.
321 al. 1 CPC [Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS 272]) et en temps utile,
dans le délai de dix jours suivant la notification de la décision motivée (art. 321 al.
2 CPC), arrivé à échéance le dimanche 10 décembre 2023 et reporté au
lundi 11 décembre 2023 (art. 142 al. 3 CPC). Il est ainsi recevable, sous réserve des considérations
figurant sous lettre b) ci-dessous. 

 

             
ba)
Les conclusions, les allégations de fait et les preuves nouvelles sont irrecevables en procédure
de recours (art. 326 al. 1 CPC). Le tribunal de deuxième instance doit statuer sur un état
de fait identique à celui examiné par le premier juge. Cette règle, stricte, s'explique
par le fait que l'instance de recours a pour mission de contrôler la conformité au droit de
la décision entreprise, mais non de poursuivre la procédure de première instance ; à
l'instar du Tribunal fédéral, l'instance de recours doit contrôler la juste application
du droit à un état de fait arrêté définitivement (CPF 13 octobre 2023/172 ;
CPF 17 mars 2022/25 ; CPF 14 octobre 2019/209 ; Chaix, Introduction au recours de la nouvelle procédure
civile fédérale, in
SJ 2009 II 257 ss, n. 17, p. 267). 

 

             
Des nova sont recevables lorsqu'ils
résultent de la décision de l'autorité précédente (cf. art. 99 LTF [loi du 17
juin 2005 sur le Tribunal fédéral ; RS 173.110] ; ATF 139 III 466 consid. 3.4, JdT 2015 II
439 : in casu motif de récusation). Il peut s’agir notamment de faits et moyens de preuve
qui se rapportent à la procédure con-duite devant l’autorité précédente,
telle une prétendue irrégularité affectant la compo-sition de l’autorité ayant
rendu la décision querellée. En revanche, il ne peut être tenu compte de faits ou moyens
de preuve nouveaux survenus postérieurement au prononcé de la décision entreprise, c’est-à-dire
de véritables nova (ATF 139 III 120 consid. 5.1.2 ad art. 99 LTF). Sont toutefois admissibles les vrais
nova déterminant la recevabilité
du recours (ATF 136 II 497 consid. 3.3 ; ATF 136 III 123 consid. 4.4.3 ; TF 2C_743/2016 du 30 septembre
2016 consid. 3), par exemple la pièce nouvelle établissant que l’avocat qui a signé
le recours est au bénéfice d’une procuration (Corboz, in Corboz et alii (éd.), Commentaire
de la LTF, 2e
éd., n. 20 ad art. 99 LTF), ou celle qui établit que le recours est sans objet (transaction
mettant fin au litige, décision de révision ou de reconsidération en procédure administrative,
pièce établis-sant le décès du conjoint en procédure de divorce) (Corboz, op.
cit., n. 22 ad art. 99 LTF).

 

             
bb)
En l’espèce, les deux pièces nouvelles produites à l’appui du recours, postérieures
à la reddition du prononcé attaqué, sont
irrecevables dès lors qu’elles ne sont pas destinées à établir la recevabilité
du recours ou que celui-ci serait devenu sans objet, mais tendent à remettre en cause le bien-fondé
du décompte final produit par le poursuivant. Les griefs invoqués à l’appui de ces
pièces sont également irrecevables.

 

 

II.             
              Le
recourant conclut, à tire préalable, à la suspension de l’instruction de la présente
cause jusqu’à droit connu sur la demande de révision de la décision de taxation
du 1er
décembre 2021 qu’il a déposée le 11 décembre 2023.

 

             
Outre le fait que le dépôt d’une telle demande n’est pas établi par des pièces
recevables, on rappelle que selon la jurisprudence constante de la cour de céans, une procédure
de mainlevée ne dépend jamais, de par sa nature, du sort d’un autre procès, puisque
la question est uniquement de savoir si le poursuivant dispose ou non d’un titre de mainlevée
d’opposition, point qui doit être examiné sur la base des pièces disponibles (cf.
pour la mainlevée définitive : CPF 29 décembre 2017/ 338 ; CPF 29 août 2016/266
; CPF 31 décembre 2014/425). La présente procédure ne saurait dès lors être
suspendue jusqu’à droit connu sur la demande de révision alléguée.  

 

 

III.             
              a) Le
créancier qui est au bénéfice d'un jugement exécutoire peut requérir du juge
la mainlevée définitive de l'opposition (art. 80 al. 1 LP [loi fédérale du sur la
poursuite pour dettes et la faillite ; RS 281.1]). Les décisions des autorités administratives
suisses sont assimilées à des jugements (art. 80 al. 2 ch. 2 LP).

 

             
              Par décision de l'autorité
administrative, on entend, de façon large, tout acte administratif imposant péremptoirement
au contribuable le paiement d'une somme d'argent à la corporation publique. Une simple disposition
prise par un organe administratif, revêtue de l'autorité administrative et donnant naissance
à une créance de droit public suffit ; il n'est pas nécessaire qu'un débat ait précédé
la déci-sion. Il importe en revanche que l'administré puisse voir, sans doute possible, dans
la notification qui lui est faite, une décision entrant en force, faute d'opposition ou de recours
(TF 5P.113/2002 du 1er
mai 2002 ; Staehelin, in Staehelin/Bauer/ Staehelin (éd.), Basler Kommentar, SchKG I, 3e éd.,
2021, n. 120 ad art. 80 LP ; Rigot, Le recouvrement forcé des créances de droit
public selon le droit de poursuite pour dettes et la faillite, thèse Lausanne, 1991, p. 30 et p.
136/137, n. 123). Selon l’art.
229 al. 2 LI, les décisions des autorités d'application de la loi, qui sont entrées en
force, ont force exécutoire au sens de l'art. 80 LP.

 

             
              Le juge de la mainlevée
doit vérifier d’office, sur la base des pièces qu’il appartient à la partie
poursuivante de produire, que la décision invoquée comme titre de mainlevée définitive
est assimilée par la loi à un jugement exécutoire au sens de l’art. 80 al. 2 ch.
2 LP, ce qui suppose qu’elle ait été notifiée au poursuivi, avec indication des
voie et délai de recours, et que le poursuivi n’ait pas fait usage de son droit de recours
ou que son recours ait été définitivement écarté ou rejeté (Staehelin, op.
cit., n. 124 ad art. 80 LP).

 

             
              En règle générale,
une décision devient exécutoire au moment où elle entre en force de chose jugée formelle
(formelle Rechtskraft), ce qui se produit lorsqu'elle ne peut plus être attaquée par une voie
de recours ordinaire. En particulier, une décision de taxation n'entre en force qu'à l'échéance
du délai – non utilisé – de réclamation, de recours à l'autorité
cantonale de recours, ou au terme du délai de recours au Tribunal fédéral – si cette
voie de droit ordinaire n'est pas utilisée – et, dans le cas contraire, lors du prononcé
de l'arrêt du Tribunal fédéral. La preuve du caractère exécutoire doit être
apportée par le poursuivant au moyen de pièces (TF 5A_38/2018 du 14 mai 2018 consid. 3.4.2
; TF 5A_838/2017 du 19 mars 2018 consid. 3.1 et la doctrine citée).

 

             
              Pour qu'une décision
fiscale entre en force, il faut que la notification ait eu lieu, ce qu'il appartient à l'administration
fiscale de prouver (ATF 105 III 43 consid. 2a). De jurisprudence constante, le fardeau de la preuve de
la notification et de la date de celle-ci incombe en principe à l'autorité qui entend en tirer
une conséquence juridique (ATF 142 IV 125 consid. 4.3 ; ATF 136 V 295 consid. 5.9 et les nombreuses
références citées). En ce qui concerne plus particulièrement la notification d'une
décision ou d'une communication de l'administration, elle doit au moins être établie au
degré de la vraisemblance prépondérante requis en matière d'assurance sociale (ATF
136 V 295 consid. 5.9 ; ATF 121 V 5 consid. 3b ; TF 5A_454/2012 du 22 août 2012 consid.
4.2.2). L'autorité supporte donc les conséquences de l'absence de preuve en ce sens que si
la notification ou sa date sont contestées et qu'il existe effectivement un doute à ce sujet,
il y a lieu de se fonder sur les déclarations du destinataire de l'envoi (ATF 142 IV 125 consid.
4.3 ; ATF 129 I 8 consid. 2.2 ; ATF 124 V 400 consid. 2a). Les décisions qui n’ont pas été
communiquées à la personne concernée ne déploient en principe aucun effet juridique
(ATF 141 III 97 consid. 7.1).

 

                          
 Selon la jurisprudence bien établie du Tribunal fédéral – et, dans son sillage,
celle de la cour de céans (CPF 4 juillet 2023/82 entre les mêmes parties ; CPF 25 mai
2020/127 ; CPF 10 août 2018/168 ; CPF 5 juillet 2013/276 ; JdT 2011 Ill 58) –, en
l'absence d'un envoi recommandé, la preuve de la notification d'un acte peut résulter de l'ensemble
des circonstances, en particulier de la correspondance échangée ou de l'absence de protestation
à une mise en demeure ou à un rappel (ATF 141 I 97 consid. 7.1 ; ATF 136 V 295 consid.
5.9 ; ATF 105 III 43 consid. 3 ; TF 5A_38/2018 consid. 3.4.3 ; TF 5A_838/2017 consid. 3.2.2 ;
TF 5D_190/2017 du 31 janvier 2018 consid. 6.1). 

 

             
En application du principe de la bonne foi
(art. 5 al. 3 Cst. [Constitution fédérale du 18 avril 1999 ; RS 101]), celui
qui connaît ou doit connaître l’existence d’un prononcé le concernant mais
qui n’entreprend aucune démarche pour en obtenir la communication agit de manière contraire
à la bonne foi ;
il doit en effet faire preuve de diligence et est tenu de se
renseigner sur l’existence
et le contenu de la décision (Abbet, Le principe de la bonne foi en procédure civile, SJ 2010
II 221 ss, spéc. pp. 231-232 et les références ; CPF 14 septembre 2023/167).

 

                          
 b) En
l'espèce, le recourant se prévaut, comme titre de mainlevée défi-nitive, d’un
décompte final du 1er
décembre 2021 - relatif (notamment) à l’émolument fixé dans la sommation pour
déposer la déclaration d’impôt de l’année 2018 adressé le 23 juillet
2019 au poursuivi - qui comporte l’indication des voies de droit à la dispo-sition du justiciable
pour le contester ainsi que la mention de son caractère exécu-toire. 

 

             
              Il y a lieu de considérer
que le recourant a eu connaissance de l’exis-tence du décompte final invoqué au plus
tard le 2 mars 2022, jour de la notification du commandement de payer, acte qui comportait l’indication
du titre de la créance ou cause de l'obligation suivante : « Emolument sommation
2018 (Etat de Vaud) selon sommation de déposer la déclaration d’impôt du 23.07.2019
et du décompte final du 01.12.2021 ; sommation adressée le 27.01.2022. ». A réception
de cet acte, le pour-suivi devait : soit, s’il n’en avait pas eu connaissance avant,
demander à l’autorité fiscale que le décompte lui soit notifié à nouveau,
ce que l’intéressé ne soutient pas avoir fait, soit contester le décompte dans le
délai de trente jours de réclamation. A cet égard, le recourant fait valoir que sa lettre
du 10 avril 2022 doit être considérée comme une réclamation déposée en
temps utile contre le décompte du 21 décembre 2021. Tel n’est pas le cas. En effet, le
délai de réclamation de trente jours, qui a commencé à courir le 3 mars 2022 au plus
tard (lendemain de la notification du commandement de payer, faute pour le recourant d’avoir demandé
une nouvelle notification du décompte litigieux), est arrivé à échéance le 1er
avril 2022 ; ce courrier ne mentionne par ailleurs pas la décision qu’il était censé
contester et on comprend à la lecture de la réponse de l’Office d’impôt
du 4 mai 2022 que la lettre du 10 avril 2022 concernait en réalité la période fiscale
2020 et non 2018. C’est donc en vain que le recourant soutient avoir valablement contesté
le décompte final invoqué comme titre à la mainlevée. Il échoue ainsi à
renverser la présomption du caractère exécutoire qui découle de l’attestation
qui figure sur ledit document (Staehelin, op.
cit., n. 137 ad art. 80 LP).

 

             
Il s’ensuit que le décompte final du 1er
décembre 2021 – dont le pour-suivi a eu connaissance au plus tard le 2 mars 2022, qui mentionne
les voies de droit à sa disposition, que le recourant n’établit pas avoir contesté
à temps et qui est attesté exécutoire – constitue un titre de mainlevée définitive
pour le montant en poursuite.

 

 

III.                           
En conclusion, le recours, manifestement mal fondé, doit être rejeté dans la mesure où
il est recevable et le prononcé du juge de paix confirmé.

 

             
              Les frais judiciaires
de deuxième instance, arrêtés à 135 fr., doivent être mis à la charge du
recourant, qui succombe (art. 106 al. 1 CPC). 

 

             
L’intimé n’étant pas assisté, il n’y a pas lieu à allocation de
dépens.

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
La requête de suspension de cause est rejetée.

 

             
II.             
Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable.

 

             
III.             
Le prononcé est confirmé.

 

             
IV.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 135 fr. (cent trente-cinq francs),
sont mis à la charge du recourant N.________.

 

             
V.             
L'arrêt est exécutoire.

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Me Arnaud Thièry, avocat (pour N.________),

‑             
Office d’impôt des districts
de la Riviera-Pays-d’Enhaut, Lavaux-Oron et Aigle
(pour l’Etat de Vaud).

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 50 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés
devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification
(art. 100 al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
M. le Juge de paix du district de la
Riviera-Pays-d’Enhaut.

 

             
La greffière :