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**Case Identifier:** e4bdb125-6364-5d30-8aad-fc05f4245ca6
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2006-09-15
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 15.09.2006 C/27701/2003
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-27701-2003_2006-09-15.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 21.09.2006. 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/27701/2003 ACJC/      

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 
statuant par voie de procédure ordinaire 

AUDIENCE DU VENDREDI 15 SEPTEMBRE 2006 

 

Entre 

Madame Y______ et Monsieur Y______, domiciliés ______ Genève, appelants d'un 
jugement rendu par la 10e Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 12 

mai 2005, comparant par Me Mike Hornung, avocat,  en l’étude duquel ils font élection 

de domicile, 

et 

BANQUE X______, sise ______ Genève, intimée, comparant par Me Peter Pirkl, 
avocat, en l’étude duquel elle fait élection de domicile. 

 

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EN FAIT 

Par jugement rendu le 12 mai 2005, notifié aux parties le 17 mai 2005 et reçu le 18 du 

même mois, le Tribunal de première instance a débouté, avec suite de dépens, les époux 

Y______ de l’action en paiement intentée à la Banque X______(ci-après :  X______ ou 

la Banque). 

Par acte déposé au greffe de la Cour de justice le 17 juin 2005, les époux Y______ 

appellent de ce jugement, sollicitant préalablement une expertise financière, 

principalement, la condamnation de X______ à leur verser 145'505 fr. 85 avec intérêts à 
5% dès le 7 décembre 2000 et subsidiairement, le renvoi de la cause au Tribunal pour 

expertise et nouvelle décision.  

 X______ conclut à la confirmation du jugement attaqué avec suite de dépens. 

A l’audience de plaidoiries du 25 octobre 2005, les parties ont persisté dans leurs 

conclusions. 

La Cour retient les faits suivants : 

A. Les époux Y______ sont actuellement à la retraite. 

Pendant sa vie active, Monsieur Y______ exerçait la profession de carreleur, alors 

que son épouse était femme au foyer. 

B. Jusqu’en décembre 2000, les avoirs des époux Y______ étaient déposés auprès de 
la Banque Z ______ SA (ci-après : Z ______).  

Selon les dires non contestés des époux Y______, leurs avoirs déposés auprès de 

la Banque Z ______, provenaient des économies réalisées grâce à l’activité 

professionnelle de Monsieur Y______, et A______, qui travaillait dans cet 

établissement, en assumait la gestion. 

C. En décembre 2000, A______ a quitté la Banque Z ______ pour travailler pour  
X______.  

Auprès de cet établissement, il n’était toutefois pas chargé de la gestion de for-

tune, mais travaillait au département des produits comme assistant dans la vente 

de produits de X______ en Suisse romande et au Tessin.  

D. En raison du départ de A______ de la Banque Z ______, les époux Y______ ont, 
en décembre 2000, décidé de transférer leurs avoirs bancaires de la Banque 

Z______ à  X______. 

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Sur le sujet, ils ont expliqué que ce transfert leur avait été suggéré par A______, 

lequel leur avait assuré qu’ils pourraient ainsi réaliser un revenu accessoire à leurs 

rentes de retraite de l’ordre de 1'000 fr. à 1'500 fr. par mois. Il avait ainsi été 

convenu que A______ continuerait à gérer leurs avoirs comme par le passé, sans 

toutefois prélever de commission.  

A______ a, le 7 décembre 2000, présenté les époux Y______ à B ______, alors 

gestionnaire au département «Private Banking» de X______. 

Les époux Y______ ont à cette occasion ouvert un compte auprès de X______, 

lequel compte a ensuite été rattaché à un groupe de PME marché suisse au 

département «Private Banking». 

Le 7 décembre 2000, les époux Y______ ont ainsi signé une convention d’ouver-

ture de compte, les conditions générales et le règlement de dépôt de X______, le 

formulaire «A» d’identification de l’ayant droit économique, une convention de 

compte joint, un mandat fiduciaire permanent, une déclaration pour les ordres 

transmis par téléphone, enfin deux déclarations relatives aux avoirs et aux revenus 

soumis à la source à l’impôt américain. 

Entendu par le premier juge en qualité de témoin, B ______ a déclaré que les 

époux Y______ n’avaient alors pas souhaité conclure de contrat de gestion et que 

rien ne leur avait rien promis qui ne soit contenu dans les documents signés (tém. 

B______). 

E. A teneur de l’article 10, lettre b du règlement de dépôt, la banque accomplit les 
services usuels d’administration, tels que l’encaissement de coupons et le rem-

boursement des titres, l’obtention des nouvelles feuilles de coupons et l’échange 

de titres, sans toutefois supporter une responsabilité en cas d’erreur ou 

d’omission. 

L’article 14 du règlement fixe un délai d’un mois au déposant pour contester les 

relevés des titres, faute de quoi ceux-ci sont considérés comme acceptés. 

Les conditions générales signées par les parties ne font état d’aucune obligation de 

gestion du compte par la banque.  

L’article 3 et l’article 11 des conditions générales de X______ prévoient que toute 

réclamation d’un client relative à l’exécution ou l’inexécution d’un ordre quelcon-

que ou de contestation d’un extrait de compte ou d’un dépôt doit être présentée 

immédiatement après la réception de l’avis correspondant, mais au plus tard dans 

un certain délai. 

F. Le 13 décembre 2000, Y______ a ordonné à la Banque Z ______ de transférer 
l’ensemble de ses titres sur son compte auprès de X______. 

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LA BANQUE Z ______ SA a exécuté le transfert des titres suivants : 260 actions 

UBAM SICAV SWISS EQUITY; 1000 actions TELEFONICA SA; 1600 actions 

UBAM SICAV EUROPEAN FINANCIAL EQUITY; 50 actions 

NOMINATIVES SWISSCOM SA ITTIGEN; 500 actions APPLE COMPUTER 

INC.; 50000 obligations 6 3/8% AHOLD FINANCE USA INC.; 50000 

obligations 6¼% DANAHER CORP. 200-26.7.05 et 200 actions VIVENDI 

UNIVERSAL. 

Ces avoirs, d’une valeur totale de 639'360 fr., étaient alors répartis comme suit : 

obligations, placements privés, fonds obligataires, 25,2%; actions, fonds actions, 

43,5%; comptes courants et autres : 31,3%. 

F. Le portefeuille des époux Y______ a par la suite évolué de la manière suivante : 

Au 31 mars 2001, les obligations, placements privés, fonds obligataires repré-

sentaient 51,1%, les actions, fonds actions 41,6% et les comptes courants et autres 

7,3%, pour un total de 621'870 fr. Au 30 juin 2001, les obligations, placements 

privés, fonds obligataires représentaient 49,3%, les actions, fonds actions 45,4% 

et les comptes courants et autres 5.3%, pour un total de  637'141 fr. Au 30 

septembre 2001, les obligations, placements privés, fonds obligataires 

représentaient 54,4%, les actions, fonds actions 34,6%, les comptes courants et 

autres 11.0%, pour un total de 558'287 fr. Au 31 décembre 2001, les obligations, 

placements privés, fonds obligataires représentaient 51,6%, les actions, fonds 

actions 35,9%, les fonds marché monétaire 9,7% et les comptes courants et autres 

2,8%, pour un total de 594'584 fr. Au 31 mars 2002, les obligations, placements 

privés, fonds obligataires représentaient 52,5%, les actions, fonds actions 33,1%, 

les fonds marché monétaire 13.4% et les comptes courants et autres 1.0%, pour un 

total de 578'425 fr. Au 30 juin 2002, les obligations, placements privés, fonds 

obligataires représentaient 58,5%, les actions, fonds actions 24.6%, les fonds 

marché monétaire 14.7% et les comptes courants et autres 2.2%, pour un total de 

518'072 fr. 

Plus particulièrement, en date du 4 mars 2002, 1000 actions VIVENDI 

UNIVERSAL ont été acquises au prix de 43 fr. 95 par action; celles-ci venaient 

s’ajouter aux 200 actions VIVENDI UNIVERSAL déjà présentes dans le porte-

feuille en décembre 2000. Au 31 mars 2002, la valeur des 1200 actions était de 

78'492 fr. Elle était de 38'593 fr. au 30 juin 2002. 

Par ailleurs, le 27 juin 2001, 400 actions «JUNIPER NETWORKS 

INCORPORATION» ont été acquises au cours de USD 29,44. Le 30 avril 2002,  

X______ a envoyé aux époux Y______ une lettre circulaire proposant de vendre 

ces actions au cours de 10 USD, soit au-dessus du cours réel, courrier auquel les 

époux Y______ n’ont pas réagi à ce courrier. En définitive, ces actions ont été 

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revendues au cours de USD 9,11 après la signature, le 18 juillet 2002, du contrat 

de gestion dont il sera question ci-après. 

D’éventuels ordres d’achat et de vente émanant des clients n’ont pas été produits à 

la procédure. 

G. Selon le témoin B ______, le compte était «suivi et géré» jusqu’en juillet 2002 par 
A______, lequel avait des contacts réguliers avec Y______ (tém. B ______). 

Les époux Y______ ont reçu depuis l’ouverture de leur compte des relevés de 

comptes trimestriels; ces documents d’une part indiquaient l’estimation des avoirs 

à la fin du trimestre et, d’autre part, présentaient la répartition sectorielle en 

actions et un tableau des positions reflétant la valeur des titres, leurs quantités et 

leurs cours moyens, ainsi que le pourcentage de titres que cela représentait au re-

gard du portefeuille total. Enfin, ils comprenaient un relevé de compte permettant 

de suivre les achats et les ventes de valeurs ainsi que les montants débités et 

crédités de ce fait. 

Les époux Y______ n’ont jamais protesté par écrit au reçu de ces documents. 

Y______ affirme avoir téléphoniquement questionné A______ lorsqu’il a constaté 

que ses avoirs baissaient; cet allégué n’est pas confirmé par des éléments de 

preuves. 

H. En été 2002, A______ a expliqué à B ______ qu’il avait des difficultés avec les 
époux Y______, lesquels n’étaient pas contents de l’évolution de leur compte. B 

______ a alors rencontré Y______, qui lui a expliqué qu’il souhaitait reconstituer 

son patrimoine par le biais d’opérations en bourse. B ______ affirme lui avoir 

alors conseillé de rester conservateur, s’il l’avait été précédemment, et lui avoir 

expliqué qu’il ne pouvait s’occuper de son compte que moyennant la signature 

d’un contrat de gestion (tém. B ______).  

C’est ainsi que, le 10 juillet 2002, les époux Y______ ont signé un mandat de ges-

tion ainsi qu’un mandat de gestion spécifique en faveur de X ______.  

A teneur du document intitulé «profil d’investissement», les époux Y______ ont 

demandé un type de gestion «modérée», soit contenant 35% au maximum 

d’actions et/ou de véhicules d’investissements collectifs en actions. Le mandat de 

gestion a été confié par  X______ à sa collaboratrice C ______. 

Cette dernière a alors sans attendre commencé à modifier l’allocation des actifs.  

Dès cette date, les relevés de compte ont porté la mention «géré», ce qui n’était 

pas le cas précédemment.  

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L’évolution du portefeuille a ensuite été la suivante : Au 15 août 2002,  les 

obligations, placements privés et fonds obligataires représentaient 79,8%, les in-

vestissements alternatifs 15%, les fonds marché monétaires 15,1%, les comptes 

courants ou autres -9.8% et les opérations à terme -0,1%, pour un total de 

503'502 fr. Au 30 septembre 2002, les obligations, placements privés et fonds 

obligataires représentaient 57,2%, les options, future, métaux exclus -0,2%, les 

investissements alternatifs 14,6%, les comptes courants ou autres -28,2% et les 

opérations à terme -0,2%, pour un total de 503'853 fr. Enfin, au 30 octobre 2002, 

les obligations et fonds obligataires représentaient 75,9%, les actions et fonds 

d’actions 2,2%, les investissements alternatifs 14,8% et les fonds du marché 

monétaires 9,2%, pour un total de 499'750 fr  

I. Par courrier du 30 octobre 2002, les époux Y______ ont mis fin à leur relation 
contractuelle avec  X______. Ce courrier porte la mention manuscrite : «vendre 

toute le position et le convertir en francs suisses» (sic).  

Le 6 novembre 2002, Y______ a retiré en espèces la somme de 434'929 fr. 20. 

Par courrier du 4 février 2003, le conseil des époux Y______, invoquant la 

«gestion hasardeuse» du dossier par la Banque, a mis celle-ci en demeure de 

verser le montant de 64'820 fr. 80, soit la différence entre le montant figurant sur 

le relevé des avoirs du 30 octobre 2002 (499'750 fr.) et le montant retiré en 

espèces le 6 novembre 2002 (434'929 fr. 20). 

Le 10 février 2003,  X______ SA a indiqué tenir à disposition des époux 

Y______ 58'924 fr. 95, résultant de la vente de produit alternatifs, encaissée après 

la résiliation du mandat et a contesté tout manquement à ses obligations 

contractuelles. 

J. Les époux Y______ ont demandé à D ______SA de procéder à une expertise 
privée de leur portefeuille de titres, étant précisé que le rapport de cette société se 

fonde uniquement sur les documents bancaires et les notes manuscrites remis par 

les époux Y______ (tém. E ______). 

Partant du postulat que les clients voulaient un profil de risques modérés, l’expert 

privé a considéré que le seuil de 35% en actions ne devait pas être dépassé. Or, le 

pourcentage d’actions se situait entre le 31 décembre 2000 et le 31 décembre 2001 

dans une fourchette allant de 34,6 à 43,5%. Le dossier titres faisait apparaître une 

concentration excessive sur une seule valeur (VIVENDI UNIVERSAL), laquelle 

avait entraîné de très lourdes pertes. Le portefeuille n’a jamais été géré en 

fonction de risques «modérés». 

Se fondant sur ces constatations, les époux Y______ ont reproché à  X______ une 

gestion fautive du portefeuille, contraire à leur désir d’avoir une gestion 

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conservatrice et lui ont réclamé le paiement de 145'000 fr. correspondant à la 

différence entre le montant récupéré après la résiliation des relations 

contractuelles et celui déposé à l’ouverture du compte en décembre 2000. 

X______ a contesté l’existence d’un mandat de gestion avant le 10 juillet 2002, de 

même que l’existence de tout mandat de conseil en placement. Les opérations 

litigieuses en relation avec les positions VIVENDI UNIVERSAL et JUNIPER 

NETWORKS INC. étaient le fait des clients, qui n’avaient en outre pas suivi leur 

proposition du 30 avril 2002 de réaliser ces derniers titres au prix de USD 10 

l’action. Dès la signature du contrat de gestion le 18 juillet 2002, elle s’était 

employée à restructurer le portefeuille, vendant en particulier les actions 

VIVENDI UNIVERSAL, ceci en vue de respecter le profil des investissements 

désirés par le client. 

K. Le 6 août 2003, les époux Y______ ont fait notifier à  X______ un 
commandement de payer (poursuite 03 183754 x) la somme de 150’000 fr. avec 

intérêts à 5% dès le 7 décembre 2000. 

Il n’est pas contesté que, contrairement à ce qui figure sur l’exemplaire du com-

mandement de payer produit par les époux Y______, X______ a formé opposition 

totale à cet acte de poursuite par courrier du 6 août 2003.  

M. Par acte déposé en vue de conciliation le 19 décembre 2003, les époux Y______ 
ont requis la condamnation de X ______ à leur verser 145'105 fr. 85 avec intérêts 

à 5% dès le 5 octobre 2000. A l’appui de leurs conclusions, ils ont fait valoir 

qu’ils avaient conclu avec  X______ un contrat de mandat de gestion et de conseil 

en placement de manière orale ou tacite. La gestion de leurs avoirs (en particulier 

l’acquisition de titres VIVENDI UNIVERSAL et JUNIPER NETWORKS) faite 

par A______ (qui s’était engagé à gérer leur compte auprès de son nouvel 

employeur sans prélever de commissions) engageait la responsabilité de X______ 

au sens de l’article 101 CO. Selon eux, X______ avait violé son obligation de 

fidélité en ne leur donnant pas des informations appropriées sur les placements et 

sur la situation du marché. De manière partiellement contradictoire, ils reprochent 

par ailleurs à X______ d’avoir laissé Y______ agir à sa guise, alors qu’elle 

connaissait son ignorance des marchés financiers. A leurs yeux, la perte de valeur 

de leur portefeuille de 145'105 fr. 85 est la conséquence de la violation du contrat 

de mandat par la Banque. 

 X______ a conclu au déboutement des époux Y______, contestant l’existence de 

tout mandat de gestion ou de conseil en placement avant le 18 juillet 2002, de tout 

manquement à ses obligations contractuelles et de tout dommage établi. Avant 

juillet 2002, les époux Y______ avaient librement géré leur compte, ce qu’ils 

avaient d’ailleurs admis au chiffre 23 de leur demande et n’avaient jamais émis de 

protestation au reçu des relevés trimestriels. Après cette date, elle s’est appliquée 

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à restructurer le dossier pour qu’il corresponde au profil d’investissement 

souhaité. Sur le sujet, elle relève que le dossier n’a jamais eu un profil de «risques 

modérés», même avant de lui être transmis. Plus spécifiquement, s’agissant les 

opérations relatives aux titres VIVENDI UNIVERSAL et JUNIPER 

NETWORKS, la Banque fait valoir que l’acquisition de ces titres a été décidée 

par les clients, que le 27 février 2002, A______ a déconseillé à Y______ 

l’acquisition des titres VIVENDI UNIVERSAL, enfin que les époux Y______ 

n’ont pas donné suite à une proposition qu’elle leur avait faite à fin avril 2002, de 

vendre les actions JUNIPER NETWORKS, ce qui aurait permis de les réaliser à 

USD 10 l’unité.  

Le premier juge a procédé à l’instruction écrite de la cause, à l’audition des parties 

et à des enquêtes par témoins, étant précisé qu’aucune des parties n’a sollicité 

l’audition de A______. Il a enfin rejeté la demande des époux Y______ tendant à 

établir son dommage par expertise, considérant que ledit dommage pouvait être 

établi par pièces. 

N. Le jugement attaqué, rendu le 23 mai 2005, déboute les époux Y______ de toutes 
leurs conclusions avec suite de dépens. 

En substance, le premier juge a retenu que les époux Y______ avaient échoué à 

prouver qu’il serait usuel qu’une gérant renonce à ses commissions et qu’ 

X______ aurait acquis des titres elle-même et non sur leur ordre. Il avaient échoué 

à rapporter la preuve d’un contrat de gestion ou d’un contrat de conseil en 

placement pour la période antérieure à juillet 2002; dès lors, les obligations de 

X______ se fondaient sur l’article 11 chiffre 1 lettre a de la Loi fédérale sur les 

bourses et commerces de valeurs immobilières du 24 mars 1995.  X______ 

n’avait en outre pas violé son devoir d’information, même dans les opérations 

contestées d’achat et de vente de titres VIVENDI UNIVERSAL et JUNIPER 

NETWORKS. Enfin, concernant la période allant du 10 juillet 2002 à la 

résiliation du contrat, X______ avait respecté ses obligations envers les 

demandeurs.  

Les arguments des parties en appel seront repris ci-après dans la mesure utile. 

EN DROIT 

1. Le jugement du Tribunal de première instance a été notifié aux parties le 18 mai 
2005. L’appel ayant été déposé au Greffe de la Cour de justice le 17 juin 2005, il 

respecte le délai de l’art. 296 LPC et les formes prévus par l’art. 300 LPC. Il est 

en conséquence recevable. 

Compte tenu de la valeur litigieuse, supérieur à 8'000 fr., le jugement entrepris a 

été rendu en premier ressort et la cognition de la Cour est complète. 

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2. Les appelants soutiennent avoir été liés avec l’intimée par un mandat de gestion 
de fortune oral, voire tacite, dès le transfert de leurs avoirs en décembre 2000. Ce 

contrat aurait pris la forme écrite dès le 10 juillet 2002, date de la signature du 

mandat de gestion. Les appelants en veulent pour preuve le fait que la banque a 

procédé pour eux à diverses transactions, sans recevoir d’instructions à cet effet, 

notamment à l’acquisition des actions VIVENDI UNIVERSAL et JUNIPER 

NETWORKS, puis à la revente de ces titres.  

Le contrat de gestion de fortune est un contrat mixte qui comporte un mandat du 

client de gérer le dépôt au mieux de ses intérêts. Contrairement à la gestion ordi-

naire et extraordinaire, la banque a le droit de procéder à tous les actes de dis-

position sur le dépôt pour atteindre le but proposé. Elle peut donc modifier la na-

ture et la composition du dépôt. Un tel contrat est soumis aux règles sur le mandat 

(art. 394 ss CO).  

La doctrine précise que la banque doit obtenir dans ce sens un contrat de mandat. 

Le mandat étant un contrat consensuel, il est théoriquement possible que celui-ci 

soit donné oralement, bien que ce ne soit pas la pratique des banques; ainsi, selon 

les directives de l’Association Suisse des banquiers, le mandat de gestion conféré 

à une banque doit revêtir la forme écrite (GUGGENHEIM, Les contrats de la pra-

tique bancaire suisse, 2
ème

 édition p. 91; LOMBARDINI, Droit bancaire suisse, 

p. 504, n. 11).  

En l’espèce, la preuve de l’existence d’un tel contrat incombe aux appelants, qui 

s’en prévalent, conformément à l’art. 8 CC.  

Il est établi que les époux Y______ ont transféré leurs biens à l’intimée en 

décembre 2000 suivant A______ qui quittait son ancien employeur pour travailler 

auprès de celle-ci. En revanche, les appelants échouent à démontrer que A______ 

se serait engagé à gérer leurs avoirs placés auprès de l’intimée en qualité de gérant 

de fortune.  

Il est établi que A______, qui travaillait comme assistant de vente auprès de 

l’intimée, a présenté les époux Y______ à B ______, lequel travaillait comme 

gestionnaire de fortune dans un autre département de cette dernière. Au jour de 

l’ouverture des comptes, en décembre 2000, les parties n’ont signé aucun contrat 

de gestion de fortune formel et aucun des documents signés ce jour ne fait état 

d’un tel contrat. Un tel contrat n’a été établi et signé qu’en juillet 2002, ce que les 

appelants ne contestent d’ailleurs pas.  

Les appelants n’ont pas davantage établi que la conclusion orale ou tacite d’un 

contrat de gestion de fortune avant le 10 juillet 2002. A______ n’a en effet pas été 

entendu comme témoin et, partant, rien ne vient étayer l’allégué les appelants, à 

teneur duquel il se serait engagé, en décembre 2002, à gérer leurs avoirs, sans 

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prélever de commission, de manière à leur procurer un revenu mensuel de 1'000 

fr. à 1'500 fr. Au contraire, B ______, entendu sous serment, a déclaré que, lors de 

l’ouverture du compte en décembre 2002, rien n’avait été promis aux appelants 

qui ne figurât déjà dans les documents signés et a précisé que les appelants ne 

souhaitaient alors conclure aucun contrat de gestion. 

Certes, B ______ a déclaré, lors des enquêtes, que le compte des appelants était 

«suivi et géré» par A______. Une telle formulation ne permet toutefois pas de 

retenir l’existence d’un contrat de gestion, mais peut tout aussi bien se rapporter 

aux entrevues régulières que les appelants avaient avec A______ au sujet de leur 

avoirs, et qui pouvaient également s’inscrire dans le cadre d’un contrat de dépôt 

non assorti d’un contrat de gestion. Si B ______ a également déclaré que 

A______ lui avait affirmé en juillet 2002 que Y______ n’était pas satisfait des 

services rendus, il n’a toutefois pas précisé la nature desdits services. Ces faits 

démontrent l’insatisfaction de Y______, mais ne permettent pas de donner une 

qualification particulière au contrat. Enfin, B ______ a, en juillet 2002, refusé 

Y______ de s’occuper de la gestion de son compte avant qu’un contrat de mandat 

de gestion soit signé, ce que ce dernier a fait le même jour. 

Enfin, à teneur des directives de l’Association suisse des banquiers, le contrat de 

gestion de fortune est conclu par écrit et donne droit à des commissions en faveur 

de la banque. L’existence d’un usage contraire, consistant à renoncer à un contrat 

écrit et au prélèvement de commission durant un certain temps n’a pas été établie. 

La Cour ne conçoit d’ailleurs pas les raisons pour lesquelles l’intimée aurait 

renoncé à un contrat de gestion de fortune écrit et autorisé un membre nouveau de 

son personnel, n’appartenant de plus au service de gestion de fortune, à s’engager 

à gérer les avoirs des appelants, qui plus est gratuitement.  

Il s’ensuit que le premier juge a retenu avec raison que les appelants n’avaient pas 

rapporté la preuve de l’existence d’un contrat de gestion antérieurement au 10 

juillet 2002. En revanche, les parties ont effectivement conclu un contrat de ges-

tion écrit le 10 juillet 2002 qui couvre la période courant de cette date à la fin des 

rapports contractuels. C’est le lieu de préciser que les appelants n’ont jamais con-

testé que leur portefeuille avait été géré dans les règles de l’art pendant la période 

courant du 10 juillet 2002 à la fin des rapports contractuels.  

3. Pour la période antérieure, à teneur des documents signés le 7 décembre 2000, les 
appelants étaient liés à l’intimée par un contrat de dépôt ouvert de titres et docu-

ments. 

Ce contrat doit être qualifié de contrat mixte de dépôt et de mandat soit un rapport 

de dépôt selon les art. 472 ss CO et un mandat au sens des art. 394 ss CO 

(BARBEY, in Commentaire romand, ad. art. 472, n. 21 A; BIZZOZERO, Le 

contrat de gérance de fortune, th. Fribourg 1992, p. 15 ss; GUGGENHEIM, op. 

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cit., p. 84; TERCIER, Les contrats spéciaux, 2
ème

 édit., n. 4827). Ce contrat est en 

outre réglé par les conditions générales signées par les parties. 

Selon la jurisprudence et la doctrine, la banque qui, sans être au bénéfice d’un 

mandat de gestion, s’engage uniquement à exécuter des ordres en bourse confiés 

sporadiquement, n’est pas tenue à une sauvegarde générale des intérêts du man-

dant. Un devoir général d’information n’existe pas en pareille hypothèse. En prin-

cipe, la banque ne doit renseigner le client que s’il le demande; s’il apparaît qu’il 

n’a aucune idée des risques qu’il court, la banque doit toutefois l’y rendre attentif. 

Elle n’a pas à intervenir, par exemple pour éviter une diminution de la valeur 

économique des avoirs confiés ou mettre en garde le titulaire contre le risque 

financier qu’il encourt à raison du caractère spéculatif des avoirs, sauf si elle 

remarque ou doit remarquer l’inexpérience du déposant. Le devoir de fidélité 

n’impose pas non plus à la banque chargée d’exécuter des ordres déterminés et de 

conseiller spontanément le client sur les développements probables des investis-

sements choisis et sur les mesures à prendre pour limiter les risques (ATF 119 II 

333 et jurisprudences citées; SJ 2002 I 274 et réf. citées;Arrêt du Tribunal fédéral 

4C.366/2004; BARBEY, op. cit. n. 15 ad. art. 472). 

Ainsi, le banquier n’est pas le tuteur de son client et doit en principe exécuter les 

ordres licites qui lui sont donnés (PRA 2003 no 51 p. 244; SJ 1994 I 284 Arrêts du 

Tribunal fédéral 4C.366/2004; 4C.108/2002; 4C.24/1993 du 13.12.1993). 

Il n’y a de devoir d’information que dans des situations exceptionnelles, soit 

lorsque la banque, en faisant preuve de l’attention requise, a reconnu ou aurait dû 

reconnaître que le client n’a pas identifié un danger lié au placement, ou lorsqu’un 

rapport particulier de confiance s’est développé dans le cadre d’une relation 

d’affaire durable entre le client et la banque, en vertu duquel le premier peut, sur 

la base des règles de la bonne foi, attendre conseils et mise en garde même s’il n’a 

rien demandé (ATF 131 III 377; 124 III 155; SJ 1999 I 205; Arrêt du Tribunal 

fédéral 4C.366/2004 consid. 3.1; WEBER, Commentaire bâlois, no 29 ad. art. 398 

CO; WERRO, Commentaire romand no 13, 17 et 19 ad. art. 398 CO). 

Ce devoir d'information peut être fondé sur l’art. 398 al. 2 CO dans le cadre d'un 

contrat de gestion, voire sur l’art. 11 al. 1 let. B LBVM (ATF 4C.45/2001 = JT 

2005 p. 612 et ss; BERGER, Die Informationspflicht des Effektenhändlers nach 

der Richtlinieder Schweizer Bankiervereinigung in RSDA 2/2001 p. 69) ou 

encore être considéré comme un cas d'application de la responsabilité fondée sur 

la confiance (WIEGANG, Zur rechtssystematischen Einordnung von art 11 

BEHG, in RJB 135/1999 p. 713 ss). 

Le comportement adopté par un auxiliaire de la banque au sens de l’art. 101 CO 

engage la responsabilité de celle-ci. 

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4. En l’espèce, l’intimée n’a certes pas produit à la procédure de documents démon-
trant que les opérations de vente ou d’achat de titres effectuées entre décembre 

2000 et le 10 juillet 2002 auraient été donnés par  les appelants. Le témoignage de 

B ______ permet toutefois de retenir que les appelants avaient des discussions 

régulières avec A______, collaborateur de l’intimée, qui «suivait» leur dossier. Ils 

n’ont en outre jamais protesté au reçu des relevés trimestriels qui lui ont été 

régulièrement transmis par l’intimée. Il y a partant lieu d’admettre qu’ils ont à tout 

le moins ratifié les opérations effectuées antérieurement à la signature du mandat 

de gestion le 10 juillet 2002. La responsabilité de l’appelante ne saurait ainsi être 

engagée, du fait qu’elle aurait procédé à des opérations non autorisées par ses 

clients. Ont ainsi en particulier été ratifiées tant la répartition sectorielle des titres 

que l’acquisition des actions VIVENDI UNIVERSAL et JUNIPET NETWORKS. 

A cela s’ajoute, comme le relève l’intimée, que le dossier titres des appelants 

présentait déjà, au moment de son transfert en décembre 2000, une répartition des 

avoirs plus spéculative que celle correspondant à une gestion de conservation du 

capital. Les actions et fonds actions représentaient en effet 43,5% du portefeuille, 

pour une part obligations, placements privés et fonds obligataires de 25,2% 

seulement. 

En revanche, il n’est pas contesté que les appelants ont, en décembre 2000, 

transféré leurs avoirs à l’intimée pour suivre A______, avec lequel ils avaient une 

relation de confiance, et que ce dernier, après les avoir présentés à B ______ et 

bien qu’il ne travaillât pas au département de gestion de fortune de l’intimée, les a 

régulièrement rencontrés pour discuter de l’évolution de leur dossier, ce au su de 

B ______. A______ savait que les appelants n’avaient aucune formation dans le 

domaine bancaire et n’avaient pas conscience des risques encourus. Ainsi, par son 

comportement, A______ a créé une situation exceptionnelle en discutant de leur 

dossier avec les appelants, malgré le fait qu’il ne travaillait pas au département de 

gestion de fortune et qu’il ne fût formellement pas en charge de leur dossier.  

Les appelants étaient ainsi en droit d’attendre de lui des conseils diligents. 

Compte tenu de ce lien de confiance particulier, l’intimée avait à l’encontre des 

appelants un devoir de conseil et devait les mettre en garde dans le cadre de 

transactions qu’elle jugeait risquées. 

5. Plus spécifiquement, les appelants contestent l’acquisition de 400 actions 
JUNIPER NETWORKS effectuée le 27 juin 2001. Comme indiqué ci-dessus, 

cette acquisition d’achat a été à tout le moins ratifiée par les appelants, qui n’ont 

pas contesté le relevé trimestriel au 30 juin 2001 qui leur a régulièrement été 

adressé. Les appelants ont en outre donné aucune suite à la proposition de 

l’intimée, faite le 30 avril 2002, de vendre ces titres au prix de USD 10, ce qui 

aurait permis d’éviter d’aggraver la perte sur ces titres. Il est ainsi établi, en rela-

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C/27701/2003 

tion avec ces titres, que lorsque la banque leur a donné des informations, les 

appelants n’y ont pas donné suite.  

La banque ne porte dès lors aucune responsabilité dans cette transaction.  

Les appelants contestent encore l’acquisition de 1000 actions VIVENDI 

UNIVERSAL, estimant que leurs avoirs ont alors été concentrés de manière trop 

importante sur cette position. L’intimée, quant à elle, allègue que A______ a 

déconseillé aux appelants de procéder à cette acquisition, lors d’un entretien du 27 

février 2002. Cet allégué n’est toutefois pas étayé de preuves : A______ n’a pas 

été entendu comme témoin et l’intimée n’a produit aucun courrier ou note interne 

écrite dont il résulterait que A______ aurait déconseillé aux appelants de renoncer 

à cette transaction.  

Faute pour la banque d’avoir apporté la preuve qu’elle avait, dans ce cas spéci-

fique, rempli son devoir d’information, la Cour retiendra une violation par l’inti-

mée de ses devoirs contractuels en relation avec l’acquisition de 1000 actions 

VIVENDI UNIVERSAL.  

L’état des titres du 31 mars 2002 fait apparaître une valeur de 78'492 fr. pour 1200 

titres VIVENDI UNIVERSAL, soit de 65'410 fr. pour les 1000 actions nouvelles. 

Ces 1200 titres ont été vendues le 17 juillet 2002 pour le prix de 20'100 fr. brut, 

moins commission et frais, soit un montant net de 19’811 fr. 82 ou 16'509 fr. 85 

pour 1000 actions. Il en résulte une perte de  valeur de 48'900 fr. 15 correspondant 

au dommage qu’ils ont subi dans le cadre de cette transaction. 

Ils peuvent ainsi prétendre au remboursement de ce montant, étant précisé que 

l’expertise sollicitée par les appelants pour déterminer leur dommage est inutile, 

dès lors que celui-ci peut être établi sur la base des pièces du dossier.  

6. L’appel est très partiellement fondé.  

Vu l’issue du litige, les dépens des deux instances seront compensés.  

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PAR CES MOTIFS 

LA COUR : 

A la forme : 

Déclare recevable l’appel interjeté par les époux Y______ contre le jugement 

JTPI/6156/2005, rendu le jeudi 12 mai 2005 par le Tribunal de première instance dans 

la cause C/27701/2003-10. 

Au fond: 

Annule ce jugement. 

Statuant à nouveau : 

Condamne la BANQUE X______ à payer époux Y______, la somme de 48'900 fr. 15 

avec intérêts à 5% l'an dès le 27 février 2002.  

Compense les dépens des deux instances.  

Déboute les parties de toutes autres ou contraires conclusions.  

Siégeant : 

Madame Marguerite JACOT-DES-COMBES, présidente; Monsieur DEVAUD, juge; 

Madame Elisabeth GABUS-THORENS, juge suppléant; Monsieur Jean-Daniel PAULI, 

greffier. 

 

La présidente : 

Marguerite JACOT-DES-COMBES 

 Le greffier : 

Jean-Daniel PAULI