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**Case Identifier:** 6280ac57-17f6-5c25-904f-ac11a46c3879
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2012 / 294
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2012---294_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC11.030765-121260

444 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
3 décembre 2012

_____________________

Présidence
de               M.             
Hack,
président

Juges             
:              MM.             
Muller et Bosshard 

Greffier
              :             
Mme              Nüssli

 

 

*****

 

 

Art.
80 LP

 

 

             
La Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal, statuant à huis clos en sa qualité
d'autorité de recours en matière sommaire de poursuites, s'occupe du recours exercé par
l'ETAT DE VAUD, représenté
par le Service de prévoyance
et d'aide sociales, à Lausanne, contre le
prononcé rendu le 14 février 2012 par le Juge de paix du district du Gros-de-Vaud, dans la
cause opposant le recourant à 
K.________,
à Bercher.

 

             
Vu les pièces au dossier, la cour considère :

 

 

 

             
En fait :

 

 

1.             
A la réquisition de l'Etat de Vaud, l'Office des poursuites du district du Gros-de-Vaud a notifié
le 30 mars 2011 à K.________ un commandement de payer, dans la poursuite n° 5'742'360, portant
sur la somme de 14'425 fr., avec intérêt à 5 % l'an dès le 15 janvier 2010, mentionnant
comme titre de la créance ou cause de l'obligation :

 

"Pensions
alimentaires dues en faveur de vos filles X.________ et T.________, en vertu du jugement de divorce rendu
le 27 janvier 2005 par le Président du Tribunal civil d'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois.
Contributions d'entretien dues pour la période du 1er
septembre 2009 au 31 mai 2010 selon relevé de compte".

 

             
Le poursuivi a formé opposition totale.

 

             
Par acte du 8 avril 2011, le poursuivant a requis, avec suite de frais et dépens, la mainlevée
définitive de l'opposition. A l'appui de sa requête, il a produit les pièces suivantes
:

 

-
l'original du commandement de payer;

 

-
une copie du jugement rendu le 27 janvier 2005 par le Président du Tribunal d'arrondissement de
la Broye et du Nord vaudois, attesté définitif et exécutoire dès le 11 février
2005, prononçant le divorce de K.________ et D.________ et ratifiant pour faire partie intégrante
du jugement une convention partielle sur les effets du divorce signée par les parties et prévoyant
que le poursuivi contribuerait à l'entretien de ses filles X.________, née le 23 décembre
1994, et T.________, née le 24 juillet 1996, par le versement d'une pension, en mains de leur mère,
de 800 fr., jusqu'à l'âge de dix ans, de 850 fr., dès lors et jusqu'à l'âge
de quinze ans, et de 900 fr., dès lors et jusqu'à la majorité ou la fin de la formation
professionnelle;

 

-
un acte de cession signé le 26 octobre 2009 par D.________ en faveur de l'Etat de Vaud, portant
sur les pensions alimentaires futures dues par le poursuivi ainsi que sur les pensions échues dans
les six mois antérieurs à l'intervention de l'Etat de Vaud;

 

             
Par écriture du 11 octobre 2011, le poursuivi a conclu, avec dépens, au rejet de la requête
de mainlevée. Il a produit en particulier les pièces suivantes :

 

-
une demande en modification de jugement de divorce qu'il a déposée le 3 février 2010,
concluant à la modification du jugement de divorce du 27 janvier 2005 en ce sens qu'il est libéré
de toute contribution à l'entretien de ses filles tant qu'il reçoit le revenu d'insertion et
que la pension est supprimée dès et y compris le 1er
septembre 2009;

 

-
un prononcé rendu le 13 juillet 2011 par la Présidente du Tribunal d'arrondissement de la Broye
et du Nord vaudois constatant la péremption de l'instance ouverte par la demande en modification
de jugement de divorce du 3 février 2010 et rayant la cause du rôle;

 

-
une nouvelle demande en modification de jugement de divorce déposée le 28 juin 2011 par le
poursuivi, reprenant les conclusions de la demande du 3 février 2010;

 

-
un courrier du 9 septembre 2011 du Président du Tribunal d'arrondissement de la Broye et du Nord
vaudois constatant que l'audience de conciliation n'a pas permis de trouver un accord entre les parties
et impartissant au demandeur un délai au 14 octobre 2011 pour déposer une motivation écrite;

 

-
une écriture déposée le 20 septembre 2011 par le poursuivi, ainsi que les pièces
produites à son appui.

 

             
En date du 17 octobre 2011, le poursuivant a encore produit un courrier qu'il a adressé le même
jour au conseil du poursuivi l'informant qu'il maintenait la demande de mainlevée mais qu'il était
disposé à suspendre la procédure de poursuite jusqu'à l'issue de la demande en modification
de jugement de divorce déposée le 28 juin 2011.

 

 

2.             
Par prononcé du 14 février 2012, le
Juge de paix du district du Gros-de-Vaud a levé définitivement l'opposition à concurrence
de 11'900 fr., plus intérêt au taux de 5 % l'an dès le 15 février 2010 (I); il a
arrêté les frais judiciaires à 360 fr., 
compensés
avec l'avance de frais du poursuivant (II), mis ces frais à la charge du poursuivi (III) et dit
que celui-ci devait en conséquence rembourser au poursuivant son avance de frais à concurrence
de 360 fr., sans allocation de dépens pour le surplus (IV).

 

             
Le prononcé motivé a été adressé pour notification aux parties le 4 juillet
2012.

 

             
Le premier juge a retenu en substance que le jugement de divorce du 27 janvier 2005 constituait un titre
de mainlevée définitive et que le poursuivi n'avait pas justifié par titre de sa libération.
Il a considéré que la cession signée le 26 octobre 2009 par D.________ n'étant pas
rétroactive, la mainlevée définitive ne pouvait être prononcée que pour la période
du 1er
novembre 2009 au 31 mai 2010, et non depuis le mois de septembre 2009. Enfin, le premier juge a rappelé
que le jugement en modification de divorce n'avait en principe pas d'effet rétroactif et qu'au demeurant
la seule ouverture d'une action ne suffisait pas à établir une modification des obligations
du poursuivi.

 

 

3.             
Le poursuivant a recouru par acte du 11 juillet
2012, concluant à la réforme du prononcé en ce sens que l'opposition est définitivement
levée à concurrence du montant en poursuite.

 

             
L'intimé ne s'est pas déterminé.

 

 

 

             
En droit
:

 

 

I.             
Le recours a été formé en temps
utile, dans le délai de dix jours de l'art. 321 al. 2 CPC (Code de procédure civile du
19 décembre 2008; RS 272). Ecrit et motivé, il est recevable à la forme (art. 321 al.
1 CPC).

 

 

II.
              a) Aux
termes de l'art. 80 al. 1 LP (loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite du 11
avril 1889, RS 281.1), le créancier au bénéfice d'un jugement exécutoire peut requérir
du juge la mainlevée définitive de l'opposition, la transaction ou reconnaissance passée
en justice étant assimilée à un tel jugement (art. 80 al. 2 LP). 

 

             
Est exécutoire au sens de cette disposition le jugement qui a non seulement force exécutoire,
mais également force de chose jugée, c'est-à-dire qui est devenu définitif, parce
qu'il ne peut plus être attaqué par une voie de recours ordinaire qui, par la loi, a un effet
suspensif (Staehelin, Basler Kommentar, n. 7 ad art. 80 LP; ATF 131 III 87, c. 3.2).

 

             
Le jugement rendu par le juge civil sur une créance en argent est le titre exemplaire de la mainlevée
définitive (Panchaud/Caprez, La mainlevée d'opposition, § 99 ch. II).

 

 

             
b) En
l'espèce, le jugement de divorce du 27 janvier 2005, attesté définitif et exécutoire,
vaut titre de mainlevée définitive pour les contributions d'entretien dues par le poursuivi
en faveur de ses enfants. 

 

             
La validité de la cession de créance du 26 octobre 2009 de l'ex-épouse de l'intimé
au recourant n'est pas contestée et satisfait aux prescriptions légales (art. 164 et 165 CO).
Toutefois, contrairement à ce qu'a retenu le premier juge, cette cession ne vise pas seulement les
créances futures mais également les pensions échues dans les six mois précédant
l'intervention du recourant. Il s'ensuit que l'opposition doit être levée pour les pensions
dues pour la totalité de la période réclamée, soit du 1er
septembre 2009 au 31 mai 2010. Les pensions dues pour cette période s'élèvent, selon le
jugement de divorce, à 15'550 fr. (1'700 fr. x 4 pour les mois de septembre à décembre
2009 et 1'750 fr. x 5 pour les mois de janvier à mai 2010), de sorte que l'opposition doit être
levée pour le montant réclamé de 14'425 francs, avec intérêt à 5 % dès
le 15 janvier 2010, échéance moyenne.

 

             
Il s'ensuit que le prononcé doit être réformé sur ce point.

 

 

III.             
Le recours doit dès lors être admis
et le prononcé réformé en ce sens que l’opposition formée par l'intimé
au commandement de payer n° 5'742'360 de l’Office des poursuites du district du Gros-de-Vaud
est définitivement levée.

 

             
Le prononcé peut être confirmé pour le surplus, dès lors que les frais judiciaires
de première instance, arrêtés à 360 fr., doivent être mis à la charge du
poursuivi, qui doit restituer ce montant au poursuivant qui en a fait l'avance.

 

             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 315 fr., sont mis à la
charge de l’intimé, qui devra verser ce montant au recourant à titre de restitution d’avance
de frais de deuxième instance.

 

             

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est admis.

 

             
II.             
Le prononcé est réformé en ce sens que l'opposition formée par K.________ au commandement
de payer n° 5'742'360 de l'Office des poursuites du district du Gros-de-Vaud, notifié à
la réquisition de l'Etat de Vaud, est définitivement levée.

 

             
              Le prononcé est confirmé
pour le surplus.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à              
315 fr. (trois cent quinze francs), sont mis à la charge de l'intimé.

             
IV.             
L'intimé K.________ doit verser à l'Etat de Vaud la somme de 315 fr. (trois cent quinze francs)
à titre de restitution d'avance de frais de deuxième instance.

 

             
V.             
L'arrêt est exécutoire.

 

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du
3 décembre 2012

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, prend date de ce jour.

 

             
Il est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Service de prévoyance et d'aides sociales (pour l'Etat de Vaud),

‑             
Me Yves Hofstetter, avocat (pour K.________).

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 2'525  francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés
devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification
(art. 100  al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
M. le Juge de paix du district du Gros-de-Vaud.

 

             
La greffière :