# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 3fbf5a79-906e-5f3c-a4f9-b3372f0ef6e8
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2014-04-09
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 09.04.2014 D-1221/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-1221-2014_2014-04-09.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour IV 

D-1221/2014 

 

 

 

 A r r ê t  d u  9  a v r i l  2 0 1 4  

Composition 

 
Gérald Bovier (président du collège),  

Jean-Pierre Monnet, Daniele Cattaneo, juges, 

Alain Romy, greffier. 

 

 
 

Parties 

 
A._______, né le (…), se disant de nationalité érythréenne,   

représenté par (…), 

recourant,  

 
 

 
contre 

 

 
Office fédéral des migrations (ODM),  

Quellenweg 6, 3003 Berne,    

autorité inférieure.  

 

Objet 

 
Asile et renvoi ; déni de justice (retard injustifié) / N (…). 

 

 

D-1221/2014 

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Vu 

la demande d'asile déposée en Suisse par l'intéressé en date du 

2 janvier 2012, 

les procès-verbaux des auditions des 12 janvier 2012 (audition 

sommaire) et 30 mai 2012 (audition sur les motifs), 

le courrier du 21 juin 2012, par lequel l'intéressé a déposé divers 

documents le concernant, (…), 

la lettre du 22 mars 2013, par laquelle l'intéressé a demandé à l'ODM de 

l'informer quant aux mesures d'instruction qui avaient été prises et sur les 

possibilités d'une décision à court terme, 

la lettre datée du 27 septembre 2012, reçue par l'ODM le 

30 octobre 2013, disant reprendre le contenu d'un précédent courrier du 

27 septembre 2012, lequel ne figure toutefois pas au dossier, par lequel 

l'intéressé a demandé l'octroi d'une autorisation d'entrée en Suisse pour 

(…) et l'inclusion de ce dernier dans sa procédure d'asile, 

la lettre du 25 novembre 2013, par laquelle l'intéressé a relevé la durée 

de sa procédure et a imparti à l'ODM un délai de quinze jours pour 

statuer, faute de quoi il envisagerait de procéder par la voie judiciaire 

pour déni de justice formel, respectivement pour l'informer sur l'état de la 

procédure et pour lui communiquer un index des actes d'instruction 

accomplis depuis le dépôt de sa demande d'asile, 

la lettre datée du 25 novembre 2013, reçue par l'ODM le 17 janvier 2014 

(télécopie), respectivement le 20 janvier 2014 (envoi postal), par laquelle 

l'intéressé a constaté que son précédent courrier était resté sans 

réponse, a rappelé que sa demande d'asile datait de trois ans et a prié 

l'ODM de rendre une décision dans un délai d'une semaine, à défaut de 

quoi il procéderait par la voie judiciaire pour déni de justice formel, 

la réponse de l'ODM datée du 20 janvier 2014, expédiée le lendemain, 

relevant que la demande d'asile de l'intéressé avait été déposée il y a 

deux ans et non pas trois comme indiqué par ce dernier et l'informant qu'il 

s'efforcerait de traiter son dossier dans les meilleurs délais, compte tenu 

des priorités qui étaient les siennes, 

la lettre du 27 janvier 2014, par laquelle l'intéressé, d'une part, a fait valoir 

que, nonobstant l'erreur sur la date du dépôt de sa demande d'asile, le 

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délai de traitement, soit en l'occurrence plus de 24 mois, était excessif, ce 

d'autant plus qu'aucun acte de procédure ne lui avait été communiqué, et, 

d'autre part, a prié l'ODM de statuer sur sa demande d'asile dans un délai 

de quinze jours, faute de quoi il procéderait par la voie judiciaire pour déni 

de justice formel, 

le recours interjeté le 10 mars 2014 auprès du Tribunal administratif 

fédéral (ci-après : le Tribunal), par lequel le recourant, se prévalant des 

garanties procédurales de l'art. 29 al. 1 de la Constitution fédérale de la 

Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst., RS 101), a conclu à ce que 

l'ODM soit invité à statuer sans délai sur sa demande d'asile, 

la demande d'assistance judiciaire assortie au recours, 

 

et considérant 

qu'en vertu de l’art. 31 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal 

administratif fédéral (LTAF, RS 173.32), le Tribunal connaît des recours 

contre les décisions au sens de l’art. 5 de la loi fédérale du 

20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021), 

prises par les autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF, 

qu'en particulier, les décisions rendues par l'ODM concernant l'asile 

peuvent être contestées, par renvoi de l'art. 105 de la loi du 26 juin 1998 

sur l’asile (LAsi, RS 142.31) devant le Tribunal, lequel statue alors en 

principe définitivement (art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le 

Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]), 

qu'en l'espèce, le recourant ne conteste pas une décision, mais se plaint 

d'un déni de justice formel, en raison d'un retard injustifié de l'ODM à 

statuer sur sa demande d'asile déposée le 2 janvier 2012, 

qu'un tel recours pour déni de justice ou retard injustifié, prévu à 

l'art. 46a PA, est de la compétence de l'autorité qui aurait été habilitée à 

statuer sur un recours contre la décision attendue (cf. MARKUS MÜLLER, 

in : Auer/Müller/Schindler [éd.], Kommentar zum Bundesgesetz über das 

Verwaltungsverfahren [VwVG], Zurich/St Gall 2008, art. 46a, no 3), 

que le Tribunal est donc compétent pour connaître du présent recours,  

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que, selon l'art. 46a PA, le recours pour déni de justice ou retard injustifié 

est recevable si, sans en avoir le droit, l'autorité saisie s'abstient de 

rendre une décision sujette à recours ou tarde à le faire, 

que le dépôt d'un tel recours suppose que l'intéressé ait non seulement 

requis de l'autorité compétente qu'elle rende une décision, mais ait 

également un droit à se voir notifier une telle décision, 

qu'un tel droit existe lorsqu'une autorité est tenue, de par le droit 

applicable, d'agir en rendant une décision, et que l'intéressé qui s'en 

prévaut a la qualité de partie, selon l'art. 6 PA en relation avec 

l'art. 48 al. 1 PA (cf. ATAF 2009/1 consid. 3 p .6 et ATAF 2008/15 

consid. 3.2 p. 193 s. ; cf. également ANDRÉ MOSER/MICHAEL 

BEUSCH/LORENZ KNEUBÜHLER, Prozessieren vor dem Bundes-

verwaltungsgericht, 2
ème

 éd., Bâle 2013, n° 5.18 p. 294), 

que ces conditions sont manifestement remplies dans le cas d'espèce,  

que déposé dans la forme prescrite par la loi (cf. art. 52 PA), le recours 

est recevable, 

que le recourant fait valoir une violation de l'art. 29 al. 1 Cst., selon lequel 

toute personne a droit, dans une procédure judiciaire ou administrative, à 

ce que sa cause soit traitée équitablement et jugée dans un délai 

raisonnable, 

que cette disposition consacre le principe de célérité ou, en d'autres 

termes, prohibe le retard injustifié à statuer, 

que l'autorité viole cette garantie constitutionnelle lorsqu'elle ne rend pas 

la décision qu'il lui incombe de prendre dans le délai prescrit par la loi ou 

dans un délai que la nature de l'affaire, ainsi que toutes les autres 

circonstances, font apparaître comme raisonnable, 

que le caractère raisonnable de la durée de la procédure s'apprécie sur la 

base d'éléments objectifs, tels que le degré de complexité de l'affaire, le 

temps qu'exige l'instruction de la procédure, l'enjeu que revêt le litige pour 

l'intéressé, ou encore le comportement de ce dernier et celui des 

autorités compétentes (JÉRÔME CANDRIAN, Introduction à la procédure 

administrative fédérale, Bâle 2013, p. 74), 

qu'il n'est pas important de savoir si l'autorité a, ou non, commis une 

faute, 

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qu'est déterminant uniquement le fait que l'autorité agit ou non dans les 

délais légaux ou, du moins, dans des délais raisonnables, 

qu'il faut examiner si les circonstances concrètes qui ont conduit à la 

prolongation de la procédure sont objectivement justifiées (cf. arrêt du 

Tribunal D-4563/2012 du 6 décembre 2012 consid. 2.2.2 et réf. cit.), 

qu'il appartient à l'intéressé d'entreprendre ce qui est en son pouvoir pour 

que l'autorité fasse diligence, que ce soit en l'invitant à accélérer la 

procédure ou en recourant, le cas échéant, pour retard injustifié, 

qu'en ce qui concerne l'autorité, on ne saurait lui reprocher quelques 

"temps morts", qui sont inévitables dans une procédure, 

qu'ainsi, pour autant qu'aucun de ces temps morts ne soit d'une durée 

vraiment choquante, c'est l'appréciation d'ensemble qui prévaut 

(cf. JÉRÔME CANDRIAN, ibid.), 

que des périodes d'intense activité peuvent donc compenser le fait que le 

dossier ait été momentanément laissé de côté en raison d'autres affaires 

(cf. arrêt du Tribunal D-4563/2012 précité consid. 2.2.1 et réf. cit.), 

qu'en revanche, une organisation déficiente, un manque de personnel ou 

une surcharge structurelle ne peuvent justifier la lenteur excessive d'une 

procédure, dans la mesure où il appartient à l'Etat d'organiser ses 

juridictions de manière à garantir aux citoyens une administration de la 

justice conforme aux règles (cf. arrêts du Tribunal D-4253/2013 du 

15 août 2013 p. 4 et réf. cit. et D-4563/2012 précité consid. 2.2.1 et 

réf. cit.),  

que selon la jurisprudence concernant la procédure pénale (cf. art. 6 

par. 1 CEDH), apparaissent en particulier comme des carences 

choquantes une inactivité de treize ou quatorze mois au stade de 

l'instruction (cf. ATF 130 IV 54 consid. 3.3.3 p. 56 s. et réf. cit.), 

que les décisions prises en vertu des art. 38 à 40 LAsi (dans leur teneur 

d'avant l'entrée en vigueur, le 1
er
 février 2014, de la modification 

législative du 14 décembre 2012) doivent, en règle générale, être 

rendues dans les vingt jours ouvrables qui suivent le dépôt de la 

demande (art. 37 al. 2 LAsi, selon sa teneur antérieure), 

que, lorsque d'autres mesures d'instruction s'imposent conformément à 

l'art. 41 LAsi (selon sa teneur antérieure), la décision doit, en règle 

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générale, être prise dans les trois mois qui suivent le dépôt de la 

demande (art. 37 al. 3 LAsi, selon sa teneur antérieure), 

qu'en l'occurrence, le recourant a déposé sa demande d'asile en Suisse 

le 2 janvier 2012 et a été entendu les 12 janvier 2012 (audition sommaire) 

et 30 mai 2012 (audition sur les motifs), 

que, depuis lors, le recourant s'est adressé à réitérées reprises à l'ODM 

pour lui demander de statuer sur sa demande,  

qu'il a ainsi manifestement entrepris ce qui était en son pouvoir pour que 

l'autorité fasse diligence, 

que, dans sa réponse du 20 janvier 2014, l'ODM a communiqué au 

recourant qu'il allait statuer "dans les meilleurs délais", compte tenu des 

priorités qui étaient les siennes, 

qu'il n'a néanmoins, à ce jour, pas rendu de décision,  

que, dans son dernier courrier du 27 janvier 2014, le recourant a prié une 

ultime fois l'ODM de statuer sur sa demande dans les quinze jours, 

qu'aucune suite n'a été donnée à ce courrier,  

que le Tribunal ne méconnaît pas la surcharge de l'ODM ni le fait qu'il est 

inévitable que les délais de traitement prévus par la loi ne puissent être 

scrupuleusement respectés dans chaque cas,  

qu'il n'en demeure pas moins que, dans le cas concret, l'ODM n'a 

entrepris aucune mesure d'instruction reconnaissable depuis l'audition du 

30 mai 2012, soit depuis 22 mois, 

qu'excepté la correspondance précitée, il ne s'est pas expressément 

manifesté, ne répondant notamment pas aux demandes de l'intéressé 

relatives à (…), 

qu'il n'a fourni aucune raison concrète, liée au cas particulier du recourant 

et ne tenant pas à des questions d'organisation de l'office, de nature à 

justifier une inaction d'une si longue durée,  

qu'ainsi, l'affaire n'a connu aucun développement significatif pendant près 

de deux ans, 

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qu'une telle période d'inactivité est manifestement excessive, en ce sens 

qu'elle n'est objectivement pas proportionnée au déroulement ordinaire 

d'une affaire, 

qu'elle ne correspond pas non plus à des délais que la nature du cas 

d'espèce feraient apparaître comme raisonnables, aucun élément objectif 

ne permettant de justifier la durée de la procédure,  

qu'en particulier, la procédure (…) entamée par l'intéressé (cf. échanges 

de correspondance avec l'intéressé et l'état civil de Lausanne) ne saurait 

expliquer le retard de l'ODM à statuer ; que ce dernier ne l'a d'ailleurs pas 

invoqué dans sa réponse du 20 janvier 2014, 

qu'au vu de ce qui précède, force est de reconnaître que la procédure n'a 

manifestement pas été menée dans un délai raisonnable au sens de 

l'art. 29 al. 1 Cst.,  

que, par conséquent, le recours pour déni de justice doit être admis, 

que la cause est ainsi renvoyée à l'ODM et ce dernier est enjoint de se 

prononcer sans délai sur la demande d'asile déposée le 2 janvier 2012 

par l'intéressé, sous réserve d'actes d'instruction encore nécessaires, 

qu'il est renoncé à un échange d'écritures (cf. art. 111a al. 1 LAsi), 

que, vu l'issue de la procédure, il n'est pas perçu de frais de procédure 

(cf. art. 63 al. 1 et 2 PA), 

que la demande d'assistance judiciaire, en tant qu'elle porte sur la 

dispense de ces frais, est, par conséquent, sans objet, 

que par ailleurs, ayant eu gain de cause, le recourant peut prétendre à 

l'allocation de dépens aux conditions de l'art. 64 al. 1 PA et des art. 7 ss 

du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et 

indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, 

RS 173.320.2), 

que selon le décompte de prestations du 10 mars 2014 (cf. 

art. 14 al. 1 et 2 FITAF), les frais engagés s'élèvent à un montant de 

550 francs, 

que l'ODM est invité à verser l'intégralité de cette somme au recourant à 

titre de dépens, 

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que ce montant couvre l'indemnité pour l'activité déployée en tant que 

mandataire dans la présente procédure de recours, 

que, partant, la demande d'assistance judiciaire, en tant qu'elle porte sur 

la nomination d'un mandataire d'office, devient également sans objet, 

 

 

(dispositif page suivante) 

  

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le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours pour déni de justice est admis. 

2.  

Il est enjoint à l'ODM de statuer dans les meilleurs délais sur la demande 

d'asile du recourant, sous réserve d'actes d'instruction encore 

nécessaires. 

3.  

Il n'est pas perçu de frais de procédure. 

4.  

L'ODM versera au recourant le montant de 550 francs à titre de dépens. 

5.  

La demande d'assistance judiciaire est sans objet. 

6.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, à l'ODM et à l'autorité 

cantonale. 

 

Le président du collège : Le greffier : 

  

Gérald Bovier Alain Romy 

 

 

Expédition :