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**Case Identifier:** e3a27f6d-0360-5503-ad1b-196d1c60f25a
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2024-02-12
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 12.02.2024 BB.2023.201
**Docket/Reference:** BB.2023.201
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_BB-2023-201_2024-02-12

## Full Text

Mise sous scellés (art. 248 al. 1 CPP); effet suspensif (art. 387 CPP);;Mise sous scellés (art. 248 al. 1 CPP); effet suspensif (art. 387 CPP);;Mise sous scellés (art. 248 al. 1 CPP); effet suspensif (art. 387 CPP);;Mise sous scellés (art. 248 al. 1 CPP); effet suspensif (art. 387 CPP)

Décision du 12 février 2024 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux 

Roy Garré, président, 

Patrick Robert-Nicoud et Nathalie Zufferey,  

la greffière Joëlle Fontana  

   

Parties  A.,  

B. SA, et 

C. SA,  

 

représentés par Me Simon Ntah, avocat,  

recourants 

  

 contre 

   

  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,  

intimé 

   

Objet  Mise sous scellés (art. 248 al. 1 CPP); 

effet suspensif (art. 387 CPP) 

 

 

 

 

 

 

 

Faits: 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

Numéros de dossiers:  BB.2023.201-203 

Procédures secondaires:  BP.2023.102-104  

 

 

 

- 2 - 

 

 

 

A. Depuis le 15 janvier 2020, le Ministère public de la Confédération (ci-

après: MPC) mène une instruction à l’encontre de deux prévenus pour 

soupçons de blanchiment d’argent aggravé (art. 305bis ch. 1 et 2 CP) et de 

corruption d’agents publics étrangers (art. 322septies CP), pour avoir, 

notamment, dans le cadre de leur activité professionnelle, promis et octroyé 

des commissions de nature présumée corruptive versées en faveur de 

l’agent public D., afin de l’amener à placer des deniers publics auprès ou par 

l’intermédiaire de la banque E. ou à recourir aux services de cette banque. 

Les investissements effectués généraient, pour ses contreparties, des gains, 

généralement sous forme de commissions, dont une partie était ensuite 

rétrocédée à des apporteurs d’affaires, certains desquels en rétrocédant à 

leur tour tout ou partie à D. Dans ce contexte, des investissements auraient 

été effectués, notamment, via C. SA – fonctionnant comme family office de 

A. et famille – et/ou B. SA, lesquelles auraient reversé, directement ou par le 

biais d’une structure offshore, des rétrocommissions, en lien avec lesdits 

investissements, en faveur d’une ou plusieurs sociétés offshores mises en 

place dans ce but par l’un des prévenus. Une partie de ces 

rétrocommissions, dont le bénéficiaire final serait D., aurait ensuite été 

reversée sur un compte aux Bahamas, dont l’ayant-droit économique serait 

un homme de paille du précité (act. 4). 

 

 

B. Le 10 novembre 2023, le MPC a chargé la Police judiciaire fédérale (ci-

après: PJF) de perquisitionner, en parallèle, les locaux professionnels des 

sociétés C. SA et B. SA. Les mandats de perquisition ont été notifiés, le 14 

novembre 2023, à l’assistante de F., directeur, administrateur secrétaire et 

directeur juridique des deux sociétés, après information et accord préalable 

de ce dernier, puis à F., à son arrivée dans les locaux de C. SA (act. 4.1 et 

4.2). 

 

 

C. Le procès-verbal de perquisition des archives délocalisées des deux 

sociétés avec l’inventaire des objets mis en sûreté, a été remis, pour prise 

de connaissance et signature, à F., à l’issue de la mesure, le 14 novembre 

2023 (act. 4.5). Ceux des locaux de C. SA et B. SA, avec les inventaires 

d’objets mis en sûreté, l’ont été le 15 novembre 2023 (act. 4.3 et 4.4). 

 

 

D. Le procès-verbal de perquisition du 21 novembre 2023 avec l’inventaire des 

objets mis en sûreté a été remis le jour-même à F. et au conseil de la famille 

de A. et des sociétés C. SA et B. SA, lequel a demandé la mise sous scellés 

desdits objets, ainsi que de ceux saisis les 14 et 15 novembre 2023, au motif 

- 3 - 

 

 

qu’ils contenaient des secrets protégés (act. 4.6 et 4.7).  

 

 

E. Le 22 novembre 2023, le MPC a procédé à la mise sous scellés des objets 

saisis le 21 novembre 2023 (act. 4.7).  

 

 

F. Le 24 novembre 2023, par leur conseil, A. et les sociétés C. SA et B. SA ont 

requis la mise sous scellés de l’ensemble des données matérielles et 

immatérielles saisies lors des perquisitions des 14, 15 et 21 novembre 2023 

(act. 4.8). 

 

 

G. Le 1er décembre 2023, le MPC a refusé la mise sous scellés des pièces 

physiques et données électroniques saisies au cours des perquisitions des 

14 et 15 novembre 2023 (act. 1.1). 

 

 

H. Le 14 décembre 2023, A. et les sociétés C. SA et B. SA (ci-après: les 

recourants) ont interjeté recours devant la Cour des plaintes du Tribunal 

pénal fédéral (ci-après: la Cour de céans) contre le prononcé précité, 

concluant, en substance, principalement, à son annulation et, pour les deux 

sociétés, à ce qu’il soit ordonné au MPC de mettre sous scellés les données 

saisies sous inventaire n. 46587 à 46590, 46592 à 46594, 46596 et 46597 

le 14 novembre 2023, et n. 47162 à 47168, 47170 à 47175, 47177, 25245 à 

25258 le 15 novembre 2023, ainsi que, pour le recourant, celles 

immatérielles n. 25249 à 25250 saisies le 15 novembre 2023. 

Subsidiairement, ils concluent à l’annulation du prononcé et au renvoi de la 

cause au MPC, pour nouvelle décision dans le sens des considérants, le tout 

sous suite de frais et, s’agissant de A., dépens. Préalablement, les 

recourants concluent à l’octroi de l’effet suspensif au recours (act. 1). 

 

 

I. Invité à se prononcer sur la requête d’effet suspensif, le MPC s’en est remis 

à justice, par acte du 28 décembre 2023, transmis aux recourants le 

3 janvier 2024 (BP.2023.102-104, act. 3 et 4) et, dans sa réponse du 

15 janvier 2024, a conclu au rejet du recours, dans la mesure de sa 

recevabilité, sous suite de frais (act. 4). 

 

 

J. La réplique des recourants du 29 janvier 2024, par laquelle ils persistent 

dans leurs conclusions, a été transmise, pour information, au MPC, le 

lendemain (act. 6 et 7). 

- 4 - 

 

 

 

  

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris, 

si nécessaire, dans les considérants en droit. 

 

 

 

La Cour considère en droit: 

 

1.  

1.1 En tant qu'autorité de recours, la Cour de céans examine avec plein pouvoir 

de cognition en fait et en droit les recours qui lui sont soumis (v. notamment 

TPF 2021 97 consid. 1.1 et référence citée).  

1.2 Les décisions et actes de procédure du MPC peuvent faire l'objet d'un 

recours devant la Cour de céans (art. 393 al. 1 let. a du Code de procédure 

pénale du 5 octobre 2007 [CPP; RS 312.0] et 37 al. 1 de la loi fédérale du 

19 mars 2010 sur l’organisation des autorités pénales de la Confédération 

[LOAP; 173.71]).  

1.3  

1.3.1 Toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la 

modification d’une décision dispose de la qualité pour recourir contre  

celle-ci (art. 382 al. 1 CPP). Il existe un intérêt juridiquement protégé lorsque 

le recourant est touché directement et immédiatement dans ses droits 

propres, ce qui n'est pas le cas lorsqu'il est touché par un simple effet réflexe 

(ATF 145 IV 161 consid. 3.1 et la référence citée). L'intérêt juridiquement 

protégé se distingue de l'intérêt digne de protection, qui n'est pas 

nécessairement un intérêt juridique, mais peut être un intérêt de fait. Un 

simple intérêt de fait ne suffit pas à conférer la qualité pour recourir (ATF 136 

I 274 consid. 1.3; 133 IV 121 consid. 1.2; arrêt du Tribunal fédéral 

6B_601/2017 du 26 février 2018 consid. 2). Le recourant doit ainsi établir 

que la décision attaquée viole une règle de droit qui a pour but de protéger 

ses intérêts et qu'il peut en conséquence en déduire un droit subjectif. La 

violation d'un intérêt relevant d'un autre sujet de droit est insuffisante pour 

créer la qualité pour recourir (ATF 131 IV 191 consid. 1.2.1 p. 193 et 

références citées). La notion de partie – énoncée à l'art. 382 CPP – doit 

notamment être comprise au sens de l'art. 105 CPP (ATF 139 IV 78 

consid. 3.1 p. 80). Selon l'al. 1 let. f de cette disposition, participent à la 

procédure les tiers touchés par des actes de procédure. Lorsque des 

participants à la procédure visés à l'al. 1 sont directement touchés dans leurs 

droits, la qualité de partie leur est reconnue dans la mesure nécessaire à la 

sauvegarde de leurs intérêts (art. 105 al. 2 CPP). Pour que le participant à 

la procédure se voie reconnaître la qualité de partie en application de 

- 5 - 

 

 

l'art. 105 al. 2 CPP, il faut que l'atteinte à ses droits soit directe, immédiate 

et personnelle, une atteinte de fait ou indirecte étant insuffisante. L'atteinte 

est par exemple directe lorsqu'elle entraîne une violation des droits 

fondamentaux ou des libertés fondamentales, en particulier lorsque des 

mesures de contrainte sont ordonnées (ATF 145 IV 161 consid. 3.1; 143 IV 

40 consid. 3.6; 137 IV 280 consid. 2.2.1; arrêt du Tribunal fédéral 

1B_370/2019 du 4 octobre 2019 consid. 2.1.1).  

1.3.2 La qualité pour recourir des sociétés recourantes, détentrices des pièces 

pour lesquelles l’existence de secrets protégés est alléguée et dont la mise 

sous scellés a été refusée, doit être admise, en tant que directement 

touchées dans leurs droits par le prononcé entrepris. Il en va de même pour 

le recourant, concernant le refus du MPC de placer sous scellés le contenu 

de ses boîtes de courrier électronique personnelles, répertoriées sous cotes 

n. 25249 et 25250, conformément à ses conclusions (v. supra Faits, let. H).   

1.4 Déposé le 14 décembre 2023, contre une décision notifiée le 

4 décembre 2023, le recours l’a été en temps utile (art. 396 al. 1 CPP). 

1.5 Il y a donc lieu d’entrer en matière. 

 

 

2. Les recourants contestent la tardiveté de leur demande de mise sous scellés. 

De leur point de vue, la perquisition a été effectuée sur une durée de trois 

jours, le 14, 15 et 21 novembre 2023. Le procès-verbal de perquisition du 

21 novembre mentionne « [s]uite de la perquisition des 14 et 15.11.2023 ». 

Cette durée serait due à des motifs techniques: du 14 au 15 novembre 2023, 

pour la poursuite du tri informatique, et du 15 au 21 novembre 2023, en 

raison du fait que la PJF a indiqué devoir arrêter les recherches concernant 

sept boîtes de courrier électronique vu la durée et l’incertitude des données. 

D’entente avec F., il a été convenu que les données en question seraient 

transmises par le prénommé au MPC, dès qu’elles seraient disponibles, d’ici 

au 22 novembre 2023. La perquisition ayant pris fin le 21 novembre 2023, la 

requête de mise sous scellés formulée à l’issue de la perquisition, le dernier 

jour de celle-ci, l’aurait été à temps. La demande ne serait pas non plus 

tardive, même à admettre que la perquisition avait pris fin le 15 novembre 

2023, les quelques jours ouvrables s’étant écoulés entre le 15 et le 21 

novembre 2023 ayant permis de trouver un mandataire, ce qui ne fut pas 

chose aisée, vu la particularité du cas, et se justifiant, au regard de la 

complexité de la cause. Enfin, les recourants se plaignent de n’avoir été 

valablement informés ni de leurs droits en matière de mise sous scellés, ni 

des conséquences résultant de l’absence d’une demande immédiate de 

mise sous scellés (act. 1 et 6).  

2.1  

- 6 - 

 

 

2.1.1 A teneur de l’art. 248 al. 1 CPP, en vigueur jusqu’au 31 décembre 2023, 

applicable, en l’espèce, vu que le prononcé entrepris a été rendu avant cette 

date (v. art. 453 al. 1 CPP et ATF 137 IV 219 consid. 1.1), les documents, 

enregistrements et autres objets qui ne peuvent être ni perquisitionnés, ni 

séquestrés parce que l’intéressé fait valoir son droit de refuser de déposer 

ou de témoigner ou pour d’autres motifs sont mis sous scellés et ne peuvent 

être ni examinés, ni exploités par les autorités pénales. 

2.1.2 Selon la jurisprudence, la requête de mise sous scellés, après que l'ayant 

droit a été informé de cette possibilité, doit être formulée immédiatement, soit 

en relation temporelle directe avec la mesure coercitive; cette demande 

coïncide donc en principe avec l'exécution de la perquisition, respectivement 

la production des documents requis (arrêts du Tribunal fédéral 1B_612/2022 

du 15 mai 2023 consid. 3.1; 1B_564/2022 du 14 février 2023 consid. 3.1 et 

les références citées). L'exigence d'immédiateté tend à empêcher que la 

police ou le ministère public ne prenne connaissance du contenu des 

documents avant leur mise sous scellés; elle vise également à éviter tout 

retard dans le déroulement de la procédure pénale conformément au 

principe de célérité qui prévaut en matière pénale (art. 5 CPP), répondant 

ainsi à un intérêt public évident (arrêts du Tribunal fédéral 1B_47/2023 du 

21 septembre 2023 consid. 3.1.1; 1B_564/2022 du 14 février 2023 

consid. 3.1; 1B_24/2019 du 27 février 2019 consid. 2.2).  

2.1.3 Cependant, afin de garantir une protection effective des droits de l'intéressé, 

celui-ci doit pouvoir se faire conseiller par un avocat et ainsi, l'opposition à 

un séquestre devrait pouvoir encore être déposée quelques heures après 

que la mesure a été mise en œuvre, voire exceptionnellement quelques jours 

plus tard lorsque la procédure est particulièrement complexe. En revanche, 

une requête déposée plusieurs semaines ou mois après la perquisition est 

en principe tardive (arrêts du Tribunal fédéral 1B_47/2023 du 21 septembre 

2023 consid. 3.1.1; 1B_277/2021 du 17 août 2021 consid. 2.3; 1B_30/2020 

du 27 mai 2020 consid. 2.3; 1B_474/2019 du 6 mai 2020 consid. 1.3.2 et les 

arrêts cités). Cette appréciation dépend avant tout des circonstances du cas 

d'espèce (arrêts du Tribunal fédéral 1B_564/2022 du 14 février 2023 

consid. 3.1; 1B_381/2022 du 3 novembre 2022 consid. 2; 1B_277/2021 du 

17 août 2021 consid. 2.3).  

2.2 En l’espèce, ainsi que cela ressort des pièces en mains de la Cour de céans, 

sur la base des mandats du 10 novembre 2023, le 14 novembre 2023, trois 

perquisitions des locaux des recourantes ont eu lieu, au terme de chacune 

desquelles des pièces ont été saisies. La perquisition des archives 

délocalisées des recourantes s’est terminée le 14 novembre 2023, alors que 

les deux autres ont pris fin le lendemain, en raison de la durée nécessaire 

au tri informatique des documents (act. 4.3, 4.4 et 4.5 et v. supra Faits, 

- 7 - 

 

 

let. C). Une quatrième perquisition a eu lieu le 21 novembre 2023, afin de 

procéder à la remise à l’autorité des extractions de quatre boîtes de courrier 

électronique de la recourante C. SA que F. s’était engagé à obtenir auprès 

de la société externe qui les détenait, ainsi que cela ressort du procès-verbal 

de perquisition y relatif (act. 4.6). Dans chaque cas, un procès-verbal, auquel 

est annexé un inventaire des pièces saisies, a été établi et signé par les 

personnes présentes lors de la mesure (act. 4.3, 4.4, 4.5 et 4.6).  

2.3 Comme le relèvent à juste titre les recourants, les perquisitions des locaux 

des recourantes ont duré deux jours, les 14 et 15 novembre 2023. Le tri 

informatique n’étant pas terminé le 14 novembre 2023, la mesure a été 

suspendue, pour reprendre et se terminer le 15 novembre 2023 (act. 4.3 et 

4.4, p. 5 s.). Ces dates (et heures) de début et de fin de perquisition figurent 

sur les documents concernés (« 14.11.2023 09:00 jusqu’à 15.11.2023 

15:30 »; act. 4.3 et 4.4, p. 1). Il n’en va pas de même s’agissant de 

l’extraction des boîtes de courrier électronique remise lors la perquisition du 

21 novembre 2023. Ainsi que cela ressort clairement des procès-verbaux de 

perquisition, la PJF a arrêté les recherches de ces pièces, de sorte que la 

mesure y relative a été interrompue, le 15 novembre 2023; une solution a 

été trouvée pour procéder à la remise ultérieure de ces pièces, lesquelles 

devaient être obtenues auprès d’une société externe (act. 4.3 et 4.4, p. 6; 

act. 4.6, p. 3). En outre, la date de début, comme celle de fin mentionnée sur 

le procès-verbal de la dernière perquisition est le « 21.11.2023 » (act. 4.6, 

p. 1). Chacune des quatre perquisitions constitue bien une mesure distincte, 

pleinement exécutée, ayant chacune donné lieu à une saisie de pièces.  

2.4 La présente affaire diffère ainsi de celle à laquelle se réfèrent les recourants. 

Dans le cas en question, la Cour de céans a admis que la demande de mise 

sous scellés formulée le premier jour d’une perquisition s’étant finalement 

déroulée, pour des raisons techniques, sur plusieurs jours, déployait ses 

effets également pour les pièces saisies les jours suivants celui de la 

demande (décision du Tribunal pénal fédéral BB.2013.171 du 16 avril 2014 

consid. 3.2). Cette jurisprudence n’est pas transposable au cas d’espèce, 

aucune mise sous scellés n’ayant été requise avant le 21 novembre 2023, 

jour de la dernière des quatre perquisitions distinctes. 

2.5 F., directeur des sociétés recourantes, présent lors des perquisitions des 14 

et 15 novembre 2023 a été informé de la possibilité de requérir la mise sous 

scellés des pièces saisies, de l’immédiateté et des conséquences résultant 

de l’absence d’une telle requête, au terme de chaque perquisition, ainsi que 

cela ressort de chacun des trois procès-verbaux de perquisition des 14 et 15 

novembre 2023. En page 6 de chacun des trois documents relatifs aux 

perquisitions des 14 et 15 novembre 2023, il est expressément mentionné 

que F. a été avisé de la possibilité de demander des scellés et qu’ « aucune 

- 8 - 

 

 

demande de mise sous scellés n’a été formulée ». Quelques lignes en 

dessous, sur la même page, au regard de l’intitulé « Indication des voies de 

droit concernant le mise sous scellés », il est écrit: « La personne détentrice 

de documents, enregistrements et autres objets mis en sûreté peut exiger la 

mise sous scellés s’il / elle fait valoir son droit de refuser de déposer ou de 

témoigner ou pour d’autres motifs qui s’opposent à une perquisition / 

obligation de dépôt (art. 248 CPP). Ce droit doit être revendiqué 

immédiatement. [...] Si la personne détentrice renonce à la mise sous 

scellés, les documents, enregistrements et autres objets peuvent être utilisés 

immédiatement comme moyens de preuve (à charge et à décharge). Suit, 

au regard de l’intitulé « Prise de connaissance », l’indication:  « La personne 

détentrice prend connaissance de l’ordonnance du Ministère public de la 

Confédération et confirme qu’elle a été informée des moyens de droit 

(recours) et de la possibilité de mise sous scellés » (act. 4.3, 4.4 et 4.5). Les 

informations fournies à ces occasions sont au demeurant identiques à celles 

données au terme de la perquisition du 21 novembre 2023, à l’occasion de 

laquelle la mise sous scellé a été demandée (act. 4.6).  

2.6 Partant, pour chacune des mesures coercitives des 14 et 15 novembre 2023, 

F., pour les sociétés détentrices, a été dûment informé de ses droits et 

devoirs, en particulier s’agissant de l’immédiateté tant de la demande de 

mise sous scellés des pièces saisies que des conséquences en cas de 

renonciation. Selon les recourants, F. s’est mis en quête d’un avocat suite à 

la première journée de perquisition, le 14 novembre 2023 (act. 1, p. 7), ce 

qui confirme qu’il avait, à ce moment-là, compris l’immédiateté de la situation 

et les informations données, lesquelles lui ont, au surplus, été exposées une 

nouvelle fois lors des perquisitions ayant pris fin le lendemain. Quant à A., 

les recourants précisent que F. l’a informé de la perquisition et de son objet 

le 15 novembre 2023 (act. 1, p. 5), soit au terme de la perquisition ayant 

mené à la saisie de ses boîtes de courrier électronique (act. 4.3). 

2.7 Les difficultés alléguées pour trouver un conseil auraient, tout au plus, dû 

inciter les recourants à demander immédiatement la mise sous scellés, au 

plus tard au terme des perquisitions du 15 novembre 2023, ainsi, au besoin, 

qu’un délai pour la motiver, après examen de la situation avec l’avocat 

mandaté. Cela permet également d’écarter l’argument relatif à la complexité 

de la procédure, dont l’examen avec le mandataire aurait pris plusieurs jours, 

justifiant d’admettre exceptionnellement une demande de mise sous scellés, 

quelques jours après la mise en œuvre de la mesure (v. supra consid. 2.1.3). 

Ce d’autant que, selon les recourants, le conseil « finalement trouvé » le 

20 novembre 2023 a requis l’apposition de scellés le lendemain (act. 1, p. 9). 

2.8 Au vu des circonstances du cas d’espèce, le MPC n'a pas violé le droit 

fédéral en considérant comme tardive la demande de mise sous scellés 

- 9 - 

 

 

formée le 21 novembre 2022, soit six, respectivement sept jours après les 

trois perquisitions des 14 et 15 novembre 2023, ayant mené à la saisie des 

pièces répertoriées par les recourants, indépendamment d'éventuels jours 

non ouvrables (v. arrêts du Tribunal fédéral 1B_47/2023 du 21 septembre 

2023 consid. 3.1.1, dans lequel la requête formulée après six jours a été 

considérée comme tardive et 1B_564/2022 du 14 février 2023 consid. 3.3, 

dans lequel la requête formulée après sept, respectivement neuf jours a été 

considérée comme tardive).  

 

 

3. Au vu de ce qui précède, le recours est rejeté. 

 

 

4. Partant, la requête d’effet suspensif – à considérer, vu la mesure concernée, 

soit le traitement des données objet du refus de mise sous scellés, comme 

une requête de mesures provisionnelles – est devenue, à admettre qu’elle 

en ait eu un, sans objet, le MPC s’étant engagé, dans le prononcé entrepris, 

à ne pas exploiter les données saisies les 14 et 15 novembre 2023, avant 

l’entrée en force dudit prononcé (act. 1.1, p. 4), ainsi qu’il l’a rappelé le 

28 décembre 2023 (BP.2023.102-104, act. 3).  

 

5. Compte tenu du sort de la cause et en tant que parties qui succombent, les 

recourants supporteront solidairement les frais de la procédure (v. art. 428 

al. 1 CPP). Ceux-ci se limitent en l'espèce à un émolument qui sera fixé à 

CHF 2'000.-- en application des art. 5 et 8 al. 1 du règlement du Tribunal 

pénal fédéral sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la 

procédure pénale fédérale (RFPPF; RS 173.713.162). 

 

 

- 10 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Le recours est rejeté.  

 

2. La demande d’effet suspensif/mesures provisionnelles (BP.2023.102-104) 

est devenue sans objet.  

 

3. Un émolument de CHF 2'000.-- est mis à la charge solidaire des recourants. 

 

 

 

Bellinzone, le 13 février 2024 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le président: La greffière:  

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Me Simon Ntah, avocat 

- Ministère public de la Confédération 

 

 

Indication des voies de recours 

Dans les 30 jours qui suivent leur notification, les arrêts de la Cour des plaintes relatifs aux mesures 
de contrainte sont sujets à recours devant le Tribunal fédéral (art. 79 et 100 al. 1 de la loi fédérale du 
17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral; LTF). Les mémoires doivent être remis au plus tard le dernier 
jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l’attention de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une 
représentation diplomatique ou consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF). En cas de transmission 
électronique, le moment déterminant pour l’observation d’un délai est celui où est établi l’accusé de 
réception qui confirme que la partie a accompli toutes les étapes nécessaires à la transmission 
(art. 48 al. 2 LTF). 

La procédure est réglée par les art. 90 ss LTF.  

Le recours ne suspend l’exécution de l’arrêt attaqué que si le juge instructeur l’ordonne (art. 103 
LTF).