# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 0b1ca893-0b3f-511b-8006-ea94c439172a
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites Plainte / 2014 / 21
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_Plainte---2014---21_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

FA14.001851-140519

             
23 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
12 mai 2014

__________________

Présidence
de               M.             
Sauterel,
président

Juges             
:              Mme             
Carlsson et M. Hack 

Greffier
              :             
Mme              Debétaz Ponnaz

 

 

*****

 

 

Art.
17, 18 al. 1, 89 et 90 LP

 

 

             
La Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal prend séance à huis clos, en sa qualité
d'autorité cantonale supérieure de surveillance, pour statuer sur le recours interjeté
par R.________,
à Epalinges, contre la décision rendue le 7 mars 2014, à la suite de l’audience
du 13 février 2014, par le Président du Tribunal d’arrondissement de Lausanne, autorité
inférieure de surveillance, rejetant la plainte déposée par le recourant le 15 janvier
2014 contre l'avis de saisie établi par l'Office
des poursuites du district de Lausanne.

 

             
Vu les pièces du dossier, la cour considère :

 

 

 

             
En fait :

 

 

1.             
a) Par
décision du 9 octobre 2013, Billag AG, autorité administrative représentant la Confédération
suisse, a rendu une décision levant définitivement  l'opposition formée par R.________
à la poursuite n° 6'640'915 de l'Office des poursuites du district de Lausanne (ci-après
: l'Office), en paiement de 497 fr. 40, sans intérêt, de redevances de réception de programmes
de radio et de télévision. Adressée au poursuivi le 10 octobre 2013, cette décision
lui a été notifiée le 15 octobre 2013. Elle est entrée en force le 15 novembre
2013.

 

             
Le 16 décembre 2013, Billag SA a requis de l'Office la continuation de la poursuite en cause. 

 

             
Le 6 janvier 2014, l'Office a adressé à R.________ un avis de saisie l'informant qu'il serait
procédé à la saisie de ses biens le 14 janvier 2014 l'après-midi, dans les bureaux
de l'Office, pour un montant de 601 fr. 40, frais et intérêts compris.

 

             
b) Le
15 janvier 2014, R.________ a saisi le Président du Tribunal d'arrondissement de Lausanne d'une
plainte dirigée en substance contre l'avis de saisie précité et contre le principe même
de la saisie, concluant à ce que les procédures de poursuites dirigées contre lui soient
jointes à sa procédure de divorce, au motif que cette dernière procédure serait à
l'origine de sa ruine et de ses dettes, et à ce qu'il soit traité justement et équitablement.

 

             
c) Le
16 janvier 2014, l'Office a établi en présence de R.________, qui l'a signé, un procès-verbal
des opérations de la saisie, dont il ressort que l'intéressé est séparé de son
épouse et en instance de divorce, que ses enfants vivent chez leur mère, qu'il exerce la profession
d'informaticien indépendant et réalise un revenu mensuel de 2'000 fr., insaisissable dès
lors que son minimum d'existence est de 2'107 fr., que ses meubles sont également insaisissables
et que sont dès lors saisis, ce dont il a été avisé, ses droits, soit la part lui
revenant, dans la société simple qu'il forme avec son épouse, dont les actifs se composent
d'un appartement à Lausanne – occupé par l'épouse – en copropriété
chacun pour une demie, d'une valeur estimée à 1'200'000 fr., sous déduction d'une dette
hypothécaire de 200'000 francs. 

             
d) L'Office
s'est déterminé le 6 février 2014, préavisant en faveur du rejet de la plainte. Il
a précisé que le plaignant était également copropriétaire avec son épouse,
chacun pour une demie, de la villa qu'il occupe à Epalinges, d'une valeur estimée à 1'400'000
fr., sous déduction d'une dette hypothécaire de 670'000 francs, que ses droits sur l'appartement
de Lausanne avaient déjà été saisis en faveur des créanciers de séries
antérieures à concurrence de, respectivement, 34'465 fr. 55 et 106'994 fr. 75 et que la saisie
des mêmes droits dans la poursuite en cause permettait de couvrir largement la créance réclamée.

 

             
A l'audience de plainte tenue le 13 février 2014, l'Office a encore produit des pièces, dont
un extrait des poursuites exercées à cette date contre le plaignant, pour un montant total
de plus de 860'000 fr., et des avis de participation d'autres créanciers à la saisie litigieuse.

 

 

2.             
Par décision du 7 mars 2014, le Président du Tribunal d'arrondissement de Lausanne, autorité
inférieure de surveillance, a rejeté la plainte, sans frais ni dépens. Il a jugé
que l'avis de saisie adressé au plaignant le 6 janvier 2014 ne prêtait le flanc à aucune
critique, l'Office ayant procédé conformément aux art. 89 et suivants LP [loi fédérale
sur la poursuite pour dettes et la faillite; RS 281.1]; qu'en outre, dans la mesure où l'on pouvait
considérer que le plaignant s'opposait à la continuation de la poursuite et que la plainte
tendait à l'annulation de la saisie, il s'agissait là de trancher des questions de droit matériel,
relatives à l'existence de la prétention litigieuse, qui ne pouvaient pas être examinées
par voie de plainte LP; qu'enfin, on ne pouvait pas reprocher à l'Office d'avoir donné suite
à la réquisition de continuer la poursuite même si le but de la saisie, voulu par le législateur,
de permettre au créancier de faire placer sous main de justice et réaliser tout ou partie du
patrimoine du débiteur afin d'être désintéressé, paraissait inique aux yeux
du plaignant en raison de sa situation financière obérée, selon lui, par sa procédure
de divorce.

 

 

3.             
R.________ a recouru par acte daté du 18
et posté le 19 mars 2014, contre la décision qui lui avait été notifiée le 10
mars 2014, concluant à nouveau à la jonction des procédures de poursuites et de divorce
et, en outre, au "remboursement de la pension alimentaire séquestrée" par son précédent
conseil. 

 

             
Par lettre du 28 mars 2014, l'Office a déclaré maintenir ses déterminations de première
instance et préavisé pour le rejet du recours.

 

 

 

             
En droit :

 

 

I.             
a) Le
recours a été formé en temps utile, dans les dix jours suivant la notification de la décision
de l'autorité inférieure de surveillance (art. 18 al. 1 LP et 28 al. 1 LVLP [loi vaudoise d'application
de la LP; RSV 280.05]). Il comporte des conclusions et l'énoncé de moyens (art. 28 al. 3 LVLP),
bien qu'il soit difficile de discerner en quoi ces conclusions et moyens concernent la décision
attaquée, comme il était difficile de comprendre contre quelle décision ou mesure de l'Office
la plainte était dirigée. Ce nonobstant, le recours peut être considéré comme
recevable formellement. 

 

             
Matériellement, toutefois, il n'est recevable que dans la mesure où l'on peut considérer
que la plainte était dirigée contre l'avis de saisie et que le recours tend – implicitement
– à l'admission de cette plainte et à l'annulation dudit avis, toutes autres conclusions,
notamment celles tendant à la jonction des causes de poursuites et de divorce et au remboursement
de pensions alimentaires prétendument séquestrées, étant irrecevables devant la cour
de céans.

             

             
Les déterminations de l'Office sont également recevables (31 al. 1 LVLP). 

 

             
b) Selon
l'art. 17 al. 1 LP, la voie de la plainte est ouverte lorsqu'une mesure de l'office est contraire à
la loi ou ne paraît pas justifiée en fait. Par mesure au sens de cette disposition, il faut
entendre tout acte d'autorité accompli par l'office ou un organe de la poursuite en exécution
d'une mission officielle dans une affaire concrète. L'acte de poursuite doit être de nature
à créer, modifier ou supprimer une situation de droit de l'exécution forcée dans
l'affaire en question et il peut se manifester de toutes sortes de façons (ATF 129 III 400 c. 1.1,
JT 2004 II 51; Gilliéron, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes
et la faillite, nn. 11-12 ad art. 17 LP). 

 

             
Acte matériel ayant pour objet la continuation de la procédure forcée et produisant des
effets externes, l'avis de saisie peut faire l'objet d'une plainte (CPF, 18 janvier 2011/1 et réf.
cit.; CPF, 15 décembre 2009/46 et réf. cit.). 

 

             
En l'espèce, le recourant avait qualité pour porter plainte contre l'avis de saisie qui lui
avait été adressé par l'Office et il a qualité pour recourir contre la décision
rejetant sa plainte. 

 

 

II.             
a)
Le créancier à la poursuite duquel il est fait opposition ne peut requérir la continuation
de la poursuite qu'en se fondant sur une décision exécutoire qui écarte expressément
l'opposition (art. 79 LP). Lorsque le poursuivi est sujet à la poursuite par voie de saisie, l'office,
après réception de la réquisition de continuer la poursuite, procède sans retard
à la saisie ou y fait procéder par l'office du lieu où se trouvent les biens à saisir
(art. 89 LP). Le débiteur doit être avisé de la saisie la veille au plus tard, par un
avis rappelant les dispositions de l'art. 91 LP sur les devoirs du débiteur et des tiers (art. 90
LP). 

 

             
Saisi d’une réquisition de continuer la poursuite contre un débiteur sujet à la
poursuite par voie de saisie, l’office procède donc conformément aux art. 89 ss LP. Il
doit vérifier sa compétence ratione loci, la qualité pour agir du poursuivant, le droit
de celui-ci de requérir la continuation de la poursuite; il doit également s'assurer que le
poursuivant n'est pas forclos et, à l'inverse, que les délais d'atermoiement ne sont pas échus;
il doit ensuite déterminer le mode de continuation de la poursuite (Gilliéron, op. cit., nn. 25
ss ad art. 89 LP). Ces vérifications terminées et ces conditions satisfaites, l'Office adresse
au débiteur l'avis prévu par l'art. 90 LP. Il n'a pas à vérifier l'existence ou le
bien-fondé de la créance en poursuite, questions de droit matériel ne relevant pas de
sa compétence ni de celle des autorités de surveillance. 

 

             
b) En
l'espèce, l'avis de saisie litigieux échappe à toute critique. L'Office était compétent
à raison du lieu, la poursuivante avait qualité pour agir, elle était au bénéfice
d'une décision entrée en force de chose jugée levant l'opposition à la poursuite
en cause et les délais de l'art. 88 LP avaient été respectés. En outre, bien
que le poursuivi fût inscrit au registre du commerce, la poursuite par voie de faillite était
exclue, s'agissant du recouvrement de redevances de droit public (art. 43 ch. 1 LP). L'Office était
ainsi tenu de donner suite à la réquisition de continuer la poursuite en cause en établissant
un avis de saisie conformément à la loi et il n'a en aucune manière failli à ses
obligations. 

 

 

III.             
Vu ce qui précède, le recours doit être rejeté et le prononcé de l'autorité
inférieure de surveillance confirmé.

 

             
Le présent arrêt est rendu sans frais ni dépens (art. 61 al. 2 let. a et 62 al. 2 OELP
[ordonnance sur les émoluments perçus en application de la LP; RS 281.35]).

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité cantonale

supérieure
de surveillance,

p
r o n o n c e :

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
Le prononcé est confirmé.

 

             
III.             
L’arrêt, rendu sans frais ni dépens, est exécutoire.

 

 

Le
président :              La greffière
:

 

 

 

 

Du
12 mai 2014

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, prend date de ce jour.

 

             
Il est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. R.________,

-             
M. le Préposé à l’Office des poursuites du district de Lausanne.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110). Ce recours doit être déposé devant le Tribunal fédéral dans les
dix jours – cinq jours dans la poursuite pour effets de change – qui suivent la présente
notification (art. 100 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
M. le Président du Tribunal d'arrondissement de Lausanne, autorité inférieure de surveillance.

 

             
La greffière :