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**Case Identifier:** 26de4193-de9b-5143-8822-6ca18f719496
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2025-10-30
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 30.10.2025 BB.2025.32
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG/CH_BSTG_001_BB-2025-32_2025-10-30.pdf

## Full Text

Décision du 30 octobre 2025 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux 

Roy Garré, président, 

Patrick Robert-Nicoud et Nathalie Zufferey,  

la greffière Yasmine Dellagana-Sabry  

   

Parties  LA BANQUE A., représentée par Mes Daniel Tunik, 

Hikmat Maleh et Pierre-Damien Eggly,  

recourante 

    

 contre 

   

  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,   

intimé 

 

   

Objet  Participation à l’administration des preuves (art. 107 

al. 1 let. b et 147 CPP); effet suspensif (art. 387 CPP); 

mesures provisionnelles (art. 388 CPP) 

  

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

Numéro de dossier: BB.2025.32 

Procédures secondaires:  BP.2025.38, BP.2025.39  

 

 

 

- 2 - 

 

 

Faits: 

 

A. Depuis le 22 janvier 2025, le Ministère public de la Confédération (ci-

après: MPC) mène une instruction, référencée SV.25.0057, à l’encontre de 

B., la banque A. et inconnus du chef de blanchiment d’argent aggravé 

(art. 305bis ch. 1 et 2 CP) en lien avec l’art. 102 al. 2 CP (v. act. 4, p. 2). 

 

 

B. Dans le cadre de l’instruction précitée, le MPC a ordonné la mise en œuvre 

de divers actes d’enquête, parmi lesquels la perquisition des locaux de la 

banque A., entre les 18 et 21 mars 2025 (act. 4.1 à 4.3). 

 

 

C. Par mandats des 12 et 18 mars 2025, le MPC a en outre notifié à B. des 

citations à comparaître en vue de son interrogatoire en qualité de prévenu. 

A ces occasions, l’intéressé a été rendu attentif quant à son obligation de 

garder le silence sur la procédure et les personnes impliquées pour éviter 

tout risque de collusion et dans un souci d’efficacité de la poursuite et de la 

manifestation de la vérité (act. 4.4 s.). 

 

 

D. B. a été interrogé par le MPC, en qualité de prévenu et en l’absence de la 

banque A., les 27 et 28 mars ainsi que le 2 avril 2025 (v. act. 4, p. 3; v. ég. 

act. 4.5). 

 

 

E. L’interrogatoire précité n’ayant pu être clôturé à l’issue des trois jours 

initialement prévus, le MPC a, en date du 3 avril 2025, notifié à B. un nouveau 

mandat de comparution, pour le 2 mai 2025. A cette occasion, l’obligation de 

garder le silence sur la procédure et les personnes impliquées a été rappelée 

à l’intéressé (act. 4.6). 

 

 

F. Par courrier du 15 avril 2025 adressé au MPC, la banque A. a notamment 

requis de pouvoir participer au prochain interrogatoire de B. (act. 1.5 et 4.24). 

 

 

G. En date du 22 avril 2025, le MPC a, en substance, refusé à la banque 

prévenue sa participation, ainsi que celle de ses mandataires, audit 

interrogatoire (act. 1.6 et 4.25). 

 

 

H. Le 28 avril 2025, la banque A. a, sous la plume de ses conseils, interjeté 

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recours auprès de la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral (ci-après: 

la Cour) à l’encontre de l’ordonnance précitée, concluant, à titre préalable, à 

l’octroi de l’effet suspensif ainsi qu’à ce qu’il soit fait interdiction au MPC « de 

poursuivre le premier interrogatoire de […] B. dans la cause n° SV.25.0057 

hors présence de la banque A. […] et de ses défenseurs jusqu’à droit jugé 

sur le présent recours » (act. 1, p. 3). Sur le fond, la banque recourante prend 

les conclusions suivantes, sous suite de frais et dépens (idem, p. 3 s.): 

 

« Principalement 

4. Annuler la décision du [MPC] du 22 avril 2025 dans la cause n° SV.25.0057; 

5. Ordonner au [MPC] d’autoriser la banque A. […] et ses défenseurs à participer 

à la suite du premier interrogatoire de […] B. par le [MPC]. 

 

Subsidiairement 

6. Annuler la décision du [MPC] du 22 avril 2025 dans la cause n° SV.25.0057; 

7. Renvoyer la cause au [MPC] pour nouvelle décision. 

 

En tout état 

8. Donner acte à la banque A. […] de ce qu’elle se réserve le droit, une fois 

qu’elle y aura eu accès, de demander le retranchement du dossier de la 

procédure de tout ou partie du procès-verbal du premier interrogatoire de […] 

B. dans la mesure où elle s’est vu [sic] privée [sic] du droit d’y participer; 

[…] ». 

 

 

I. En date du 30 avril 2025, faisant suite au recours précité, le MPC a, tout en 

considérant celui-ci « sans fondement », informé B. de sa décision de 

surseoir à la journée d’audition du 2 mai 2025 et a, partant, annulé le mandat 

de comparution du 3 avril 2025. L’obligation de garder le silence sur la 

procédure et les personnes impliquées a, à cette occasion, une nouvelle fois 

été rappelée au prévenu (act. 4.7). 

 

 

J. Par réponse du 19 mai 2025, le MPC a conclu, « sous suite de frais et 

dépens, au rejet, dans la mesure de sa recevabilité, du recours du 28 avril 

2025, tant sur l’effet suspensif et les mesures provisionnelles requis que sur 

le fond » (act. 4). 

 

Par courrier du 23 mai 2025, B. a informé la Cour de céans ne pas avoir 

d’observations à formuler et s’en rapporter à justice quant au recours précité 

(act. 6). 

 

 

- 4 - 

 

 

K. La banque A. a répliqué en date du 6 juin 2025, persistant, en substance, 

dans les conclusions prises dans son recours du 28 avril 2025 (act. 9). 

 

 

L. Par courrier du 16 juin 2025, B. a, se rapportant un nouvelle fois à justice, 

renoncé à dupliquer (act. 11). 

 

Quant au MPC, tout en se référant à son ordonnance du 22 avril 2025 ainsi 

qu’à sa précédente écriture, celui-ci a dupliqué en date du 23 juin 2025 

(act. 12). 

 

 

M. Le 2 juillet 2025, la banque A. a déposé des observations spontanées quant 

à la duplique précitée du MPC (act. 14). 

 

 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris, 

si nécessaire, dans les considérants en droit. 

 

 

 

La Cour considère en droit: 

 

1.  

1.1 En tant qu’autorité de recours, la Cour de céans examine avec plein pouvoir 

de cognition en fait et en droit les recours qui lui sont soumis (TPF 2021 97 

consid. 1.1; Message du 21 décembre 2005 relatif à l’unification du droit de 

la procédure pénale [ci-après: Message CPP], FF 2006 1057, 1296 in fine; 

MOREILLON/DUPUIS/MAZOU, La pratique judiciaire du Tribunal pénal fédéral 

en 2011, in JdT 2012 IV 5 n. 199; v. ég. KELLER, Zürcher Kommentar, 

3e éd. 2020, n. 39 ad art. 393 CPP; GUIDON, Basler Kommentar, 3e éd. 2023, 

n. 15 ad art. 393 CPP; MOREILLON/PAREIN-REYMOND, Petit commentaire 

CPP, 3e éd. 2025, n. 3 ad art. 393 CPP). 

1.2 Les décisions et actes de procédure du MPC peuvent faire l’objet d’un 

recours devant la Cour de céans (art. 393 al. 1 let. a du Code de procédure 

pénale [CPP; RS 312.0] et 37 al. 1 de la loi fédérale sur l’organisation des 

autorités pénales de la Confédération [LOAP; 173.71]). 

1.3 Aux termes de l’art. 393 al. 2 CPP, le recours peut être formé pour violation 

du droit, y compris l’excès et l’abus du pouvoir d’appréciation, le déni de 

justice et le retard injustifié (let. a), la constatation incomplète ou erronée des 

faits (let. b) ou l’inopportunité (let. c). 

- 5 - 

 

 

1.4 Le recours est irrecevable, notamment, lorsque le ministère public rejette une 

réquisition de preuves qui peut être réitérée sans préjudice devant le tribunal 

de première instance (art. 394 let. b CPP). 

 

1.5 Le recours contre les décisions notifiées par écrit ou oralement est motivé et 

adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l’autorité de recours (art. 396 

al. 1 CPP). 

 

1.6 Dispose de la qualité pour recourir toute partie (art. 104 et 105 CPP) qui a 

un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification d’une 

décision (art. 382 al. 1 CPP). Cet intérêt doit être actuel et pratique, dès lors 

qu’un intérêt de pur fait ou la simple perspective d’un intérêt juridique futur 

n’est pas suffisant (ATF 144 IV 81 consid. 2.3.1 et les réf. citées). Le 

recourant doit avoir subi une lésion, soit un préjudice causé par l’acte qu’il 

attaque et doit avoir un intérêt à l’élimination de ce préjudice (CALAME, 

Commentaire romand, 2e éd. 2019, n. 2 ad art. 382 CPP). 

 

1.7 En l’espèce, l’ordonnance querellée ne tend pas au rejet d’une réquisition de 

preuves, mais ordonne qu’une mesure d’instruction, en l’occurrence le 

premier interrogatoire d’un co-prévenu, soit administrée selon des modalités 

dont la recourante prétend qu’elles violeraient ses droits de procédure.    

1.8 Interjeté en temps utile et dans les formes prescrites par la loi, contre une 

ordonnance sujette à recours (v. supra, consid. 1.7), par une partie disposant 

de la qualité pour recourir, le recours du 28 avril 2025 est recevable et il y a, 

partant, lieu d’entrer en matière. 

 

 

2. A la lumière du courrier 30 avril 2025, par lequel le MPC a annulé la journée 

d’audition du 2 mai 2025 (v. supra, let. I.; act. 4.7), la Cour de céans constate 

à titre liminaire que la requête d’effet suspensif est devenue sans objet 

(BP.2025.38).  

 

 

3. La présente décision rend également sans objet la requête de mesures 

provisionnelles (BP.2025.39), par laquelle la recourante conclut à ce qu’il soit 

fait « interdiction au [MPC] de poursuivre le premier interrogatoire de […] B. 

dans la cause n° SV.25.0057 hors présence de la banque A. […] et de ses 

défenseurs jusqu’à droit jugé sur le présent recours » (act. 1, p. 3). Force est 

au surplus de souligner que telle que formulée la conclusion précitée est 

irrecevable, dès lors qu’il s’agirait pour la Cour de céans de décider à futur 

(v. décision du Tribunal pénal fédéral BB.2021.221 du 13 février 2023 

consid. 4).  

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4. Dans un premier grief, de nature formel, la recourante se plaint d’une 

violation de son droit d’être entendu, sous l’angle du droit à une décision 

motivée (act. 1, p. 10). A l’appui de son argumentation, elle fait valoir que la 

motivation du MPC ne permettrait pas « de comprendre si la restriction de 

son droit de participer à l’audition de […] B. est fondée sur le fait qu’il s’agit 

de la première audition de celui-ci ou […] sur le fait que la Banque elle-même 

n’a pas encore été entendue une première fois en qualité de prévenue ». En 

outre, l’autorité intimée n’aurait pas démontré « en quoi il existerait des 

risques concrets, notamment de collusion, dans le cas où la Banque était 

amenée à participer à l’audition [du co-prévenu] » (ibidem). 

 

4.1  

4.1.1 Le droit d’être entendu, garanti par l’art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale 

de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst.; RS 101) et découlant du 

droit à un procès équitable (art. 6 par. 1 de la Convention de sauvegarde des 

droits de l’homme et des libertés fondamentales en vigueur pour la Suisse 

depuis le 28 novembre 1974 [CEDH; RS 0.101]), comprend le devoir pour 

l’autorité de motiver sa décision (ATF 147 IV 409 consid. 5.3.4). 

Selon la jurisprudence, la motivation d’une décision est suffisante lorsque 

l’autorité mentionne, au moins brièvement, les motifs qui l’ont guidée et sur 

lesquels elle a fondé sa décision (ATF 147 IV 409 consid. 5.3.4; 146 II 335 

consid. 5.1; 141 IV 249 consid. 1.3.1), de manière à ce que l’intéressé puisse 

se rendre compte de la portée de celle-ci et l’attaquer en connaissance de 

cause (ATF 143 IV 40 consid. 3.4.3; 141 IV 249 consid. 1.3.1; 139 IV 179 

consid. 2.2). L’autorité n’est toutefois pas astreinte à discuter de manière 

détaillée tous les faits, moyens de preuve et arguments soulevés par les 

parties ni même de statuer séparément sur chacune des conclusions qui lui 

sont présentées (ATF 143 III 65 consid. 5.2 et les réf. citées; 138 IV 81 

consid. 2.2 et les réf. citées). Elle peut ainsi se limiter à l’examen des 

questions décisives pour l’issue du litige; il suffit que le justiciable puisse 

apprécier correctement la portée de la décision et l’attaquer à bon escient 

(ATF 147 IV 249 consid. 2.4; 142 II 154 consid. 4.2; 141 IV 249 consid. 1.3.1 

et les réf. citées; 139 IV 179 consid. 2.2). L’objet et la précision des 

indications à fournir dépendent de la nature de l’affaire et des circonstances 

particulières du cas (ATF 134 I 83 consid. 4.1; 126 I 97 consid. 2b). Dès lors 

que l’on peut discerner les motifs qui ont guidé la décision de l’autorité, le 

droit à une décision motivée est respecté même si la motivation présentée 

est erronée (ATF 141 V 557 consid. 3.2.1). La motivation peut par ailleurs 

être implicite et résulter de la décision prise dans son ensemble (ATF 141 V 

557 consid. 3.2.1; arrêts du Tribunal fédéral 7B_1298/2024 du 16 juin 2025 

consid. 2.2.2; 6B_362/2019 du 21 mai 2019 consid. 2.1 et les réf. citées).  

4.1.2 Conformément à la jurisprudence, la violation du droit d’être entendu peut 

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être réparée lorsque la partie lésée a la possibilité de s’exprimer devant une 

autorité de recours jouissant d’un plein pouvoir d’examen. Toutefois, une 

telle réparation doit rester l’exception et n’est admissible, en principe, que 

dans l’hypothèse d’une atteinte qui n’est pas particulièrement grave aux 

droits procéduraux de la partie lésée. Cela étant, une réparation de la 

violation du droit d’être entendu peut également se justifier, même en 

présence d’un vice grave, lorsque le renvoi constituerait une vaine formalité 

et aboutirait à un allongement inutile de la procédure, ce qui serait 

incompatible avec l’intérêt de la partie concernée à ce que sa cause soit 

tranchée dans un délai raisonnable (ATF 145 I 167 consid. 4.4; 142 II 218 

consid. 2.8.1 et les réf. citées; arrêt du Tribunal fédéral 6B_240/2022 du 

16 mars 2023 consid. 1.1.3). 

 

4.2 Bien que succincte, la motivation de l’autorité intimée s’avère suffisante au 

regard des exigences rappelées supra (v. consid. 2.1.1). La Cour de céans 

constate en effet à la lecture de l’ordonnance querellée que le refus quant à 

la participation de la banque prévenue, et ses défenseurs, à l’interrogatoire 

du co-prévenu est motivé par le fait qu’il s’agit de la première audition de ce 

dernier; cet acte d’enquête devant être conduit hors présence de l’intéressée 

et ses mandataires « afin de faciliter la manifestation de la vérité » (act. 1.6 

et 4.25). L’intéressée a ainsi amplement pu se rendre compte de la portée 

de la décision entreprise qu’elle a attaquée en connaissance de cause sur la 

base de développements précis et argumentés (v. act. 1, p. 11 ss; v. ég. 

infra, consid. 5). Force est enfin de relever que les griefs formulés par la 

banque recourante, notamment, à l’égard du risque collusion de nature à 

mettre en péril l’établissement de la vérité, ont fait l’objet de développements 

complémentaires de la part du MPC à l’occasion de l’échange d’écritures 

intervenu dans le cadre de la présente procédure de recours (v. act. 4 et 12). 

La recourante a en outre eu la possibilité, dont elle a fait usage en dates des 

6 juin et 2 juillet 2025, de prendre position quant aux observations formulées 

dans ce cadre par l’autorité intimée (act. 9 et 14; v. supra, consid. 2.1.2).  

 

4.3 Mal fondé, le grief tiré de la violation du droit d’être entendu est, par 

conséquent, rejeté. 

 

 

5. Dans un second et ultime moyen, la recourante dénonce une violation de 

l’art. 147 CPP (act. 1, p. 11 ss). Elle estime en substance que l’ordonnance 

querellée restreindrait indûment son droit de participer à l’administration des 

preuves, dès lors que, d’une part, « la réduction téléologique de l’art. 147 

al. 1 CPP sur laquelle le MPC se fonde ne p[ourrait] être maintenue après la 

révision du CPP de 2024 ». D’autre part, « les conditions de cette restriction 

ne s[eraient en tout état] pas remplies en l’espèce, étant précisé qu’elle 

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n’a[urait] jamais été pensée pour les cas de responsabilité pénale de 

l’entreprise fondés sur l’art. 102 al. 2 CP » (idem, p. 11) et qu’il n’existerait 

« aucun risque concret de collusion ou d’adaptation des déclarations » 

(idem, 16). 

5.1  

5.1.1 L’art. 147 al. 1, 1re phr. CPP consacre le principe de l’administration des 

preuves en présence des parties durant la procédure d’instruction et les 

débats. Il en ressort que les parties, à l’image des prévenus – ou co-

prévenus – (art. 104 al. 1 let. a CPP) ont le droit d’assister à l’administration 

des preuves par le ministère public et les tribunaux et de poser des questions 

aux comparants. Ce droit spécifique de participer et de collaborer découle 

du droit d’être entendu (art. 107 al. 1 let. b CPP). Il ne peut être restreint 

qu’aux conditions prévues par la loi (v. art. 108, 146 al. 4 et 149 al. 2 let. b 

CPP; v. ég. art. 101 al. 1 CPP; ATF 150 IV 345 consid. 1.6.3.1; 143 IV 397 

consid. 3.3.1; arrêts du Tribunal fédéral 6B_315/2025 du 3 septembre 2025 

consid. 1.2.2; 7B_614/2024 du 5 novembre 2024 consid. 3.2). Les preuves 

administrées en violation de l’art. 147 al. 1 CPP ne sont pas exploitables à 

la charge de la partie qui n’était pas présente (art. 147 al. 4 CPP; v. ATF 150 

IV 345 consid. 1.6.3.1; 143 IV 397 consid. 3.3.1; 143 IV 457 consid. 1.6.1; 

arrêt du Tribunal fédéral 7B_614/2024 précité consid. 3.2).   

5.1.2 L’administration des preuves ne sert pas uniquement au respect du droit 

d’être entendu des parties, mais garantit avant tout la recherche de la vérité 

matérielle (ATF 139 IV 25 consid. 5.4.1). Il découle de ce qui précède que 

durant la phase initiale de l’instruction, soit jusqu’à la première audition du 

ou des prévenu(s), une cohérence doit être recherchée lors de l’application 

des dispositions concernant la consultation du dossier et celles relatives à la 

participation à l’administration des preuves. Conformément à la 

jurisprudence, qui, n’en déplaise à la recourante, applique encore 

aujourd’hui une « réduction téléologique » de l’art. 147 CPP sur le modèle 

de l’art. 101 CPP (v. p. ex. arrêts du Tribunal fédéral 6B_315/2025 précité 

consid. 1.2.2; 6B_1356/2023 du 10 juillet 2025 consid. 2.3; v. ég. JEAN-

RICHARD-DIT-BRESSEL, Das Teilnahmerecht bei Einvernahmen, Analyse der 

Rechtsprechung zu Art. 147 StPO, RPS 143/2025, p. 62 ss; KINZLER/HOHL-

CHIRAZI, 147 CPP: Le droit de participer à l’administration des preuves sort 

renforcé de l’épreuve parlementaire, Revue de l’avocat 2022, p. 327; 

MOREILLON/PAREIN-REYMOND, op. cit., n. 7 et 7a ad art. 147 CPP), le 

Ministère public peut ainsi examiner de cas en cas, à l’image de la 

consultation du dossier selon l’al. 1 de cette dernière disposition, s’il existe 

des motifs objectifs pour restreindre momentanément la présence des 

parties à l’administration des preuves. De tels motifs sont en particulier 

donnés lorsqu’un risque concret de collusion existe (ATF 139 IV 25 

consid. 5.5.4.1; v. ég. ATF 143 IV 457 consid. 1.6.2 s.; v. ég. arrêts du 

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Tribunal fédéral 6B_315/2025 précité consid. 1.2.2; 6B_1356/2023 précité 

consid. 2.3). Le prévenu, qui n’a pas encore été interrogé, peut, par exemple, 

être exclu de l’audition d’un co-prévenu si ladite mesure porte sur des faits 

objet de l’enquête qui le concernent également et pour lesquels il n’a pas 

encore été entendu (ibidem). En revanche, la simple éventualité que les 

intérêts de la procédure soient abstraitement mis en péril par un 

comportement relevant de la tactique procédurale ne suffit pas à justifier une 

exclusion des auditions (ATF 139 IV 25 consid. 5.5.4.1 et les réf. citées). 

Force est enfin de rappeler que l’autorité d’enquête dispose d’une importante 

marge d’appréciation – qu’il convient de respecter – lorsqu’il s’agit du choix 

de la stratégie à adopter afin de permettre à l’enquête d’aboutir à la vérité 

matérielle (décision du Tribunal pénal fédéral BV.2024.22 du 17 octobre 

2024 consid. 3.3.2.2 et 3.4). 

5.2 En l’espèce, le premier interrogatoire du co-prévenu s’est tenu sur trois jours 

et une ultime convocation lui a été notifiée aux fins de terminer son audition, 

dès lors que le MPC n’avait pas eu le temps de lui poser la totalité des 

questions prévues (v. act. 4, p. 3). Il convient par conséquent de considérer 

que la quatrième audition, qui est suspendue jusqu’à droit jugé dans la 

présente procédure, a été ordonnée en continuation des trois premières et 

qu’ensemble elles constituent le premier interrogatoire du co-prévenu (v. not. 

arrêt du Tribunal fédéral 6B_1356/2023 précité consid. 2.3). En outre, 

lesdites auditions ont eu lieu et, s’agissant de la dernière, est prévue alors 

que la banque recourante co-prévenue, respectivement son représentant, 

n’a pas encore été entendue sur les faits qui lui sont reprochés. Il ressort en 

outre des pièces au dossier que le MPC entend interroger cette dernière sur 

« le même état de fait que celui visé par les questions posées et à poser au 

coprévenu […] B. », de sorte que les co-prévenus seront confrontés à des 

questions similaires, voire identiques (act. 4, p. 7). Comme le relève à juste 

titre l’autorité intimée, la recourante se voit en effet reprocher une infraction 

concurrente (responsabilité de l’entreprise au sens de l’art. 102 al. 2 CP) à 

celle imputée au co-prévenu (art. 305bis ch. 1 et 2 CP), lequel a au demeurant 

été employé de ladite banque. C’est ainsi que le MPC a abordé et abordera 

lors de l’audition des co-prévenus notamment des questions relatives à 

l’organisation de la banque recourante, ainsi qu’à ses éventuels défauts. Il 

apparaît ainsi important de conserver la spontanéité des déclarations des 

co-prévenus et éviter qu’ils soient tentés de modifier ou coordonner leurs 

déclarations. Au vu de ce qui précède, la Cour de céans constate l’existence, 

à ce stade de l’enquête qui n’est qu’à ses débuts, d’un risque concret de 

collusion de nature à compromettre la manifestation de la vérité.  

Par ailleurs, le refus de participer à l’audition du co-prévenu, couplée à 

l’obligation ordonnée à l’endroit de ce dernier de garder le secret sur la 

procédure et les personnes impliquées, respecte le principe de la 

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proportionnalité dès lors qu’il est nécessaire à la manifestation de la vérité et 

limité à un acte de procédure déterminé. C’est partant à bon droit que le MPC 

a refusé à la recourante d’assister au premier interrogatoire de son co-

prévenu. Une fois celui-ci conclu, il conviendra toutefois à l’autorité intimée 

de ne pas tarder à entendre la banque co-prévenue, au titre de son premier 

interrogatoire. 

5.3 Mal fondé, le grief est par conséquent rejeté.   

 

 

6. Les considérations qui précèdent mènent au rejet du recours. 

 

 

7.  

7.1 A teneur de l’art. 428 al. 1 CPP, les frais de la procédure de recours sont mis 

à la charge des parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de cause ou 

succombé (1re phr.), étant précisé que la partie dont le recours est 

irrecevable ou qui retire le recours est également considérée avoir succombé 

(2e phr.). 

 Le montant de l’émolument est calculé en fonction de l’ampleur et de la 

difficulté de la cause, de la façon de procéder des parties, de leur situation 

financière et des frais de chancellerie (art. 73 al. 2 LOAP). 

7.2 En tant que partie qui succombe, la recourante supportera les frais de la 

présente procédure de recours. Ceux-ci prendront, en l’espèce, la forme d’un 

émolument ascendant à CHF 2'000.-- (v. art. 5 et 8 du règlement du 31 août 

2010 du Tribunal pénal fédéral sur les frais, émoluments, dépens et 

indemnités de la procédure pénale fédérale [RFPPF; RS 173.713.162]). 

 

 

- 11 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Le recours est rejeté. 

 

2. La requête d’effet suspensif est sans objet (BP.2025.38). 

 

3. La requête de mesures provisionnelles est sans objet (BP.2025.39). 

 

4. Un émolument de CHF 2'000.-- est mis à la charge de la recourante. 

 

 

Bellinzone, le 30 octobre 2025 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le président: La greffière:  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Mes Daniel Tunik, Hikmat Maleh et Pierre-Damien Eggly  

- Ministère public de la Confédération 

 

 

Indication des voies de recours 

Il n’existe pas de voie de droit ordinaire contre la présente décision.