# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b7a7f236-7b3a-5f59-b4fb-0fa098e365a7
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des curatelles Arrêt / 2017 / 889
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_008_Arr-t---2017---889_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

LR09.000070-171633

201 

 

 

CHAMBRE
DES CURATELLES 

___________________________________

Arrêt
du 24 octobre 2017 

__________________

Composition
:               Mme             
Kühnlein,
présidente

             
              M.             
Krieger et Mme Bendani, juges

Greffier
              :             
Mme              Bourckholzer

 

 

*****

 

 

Art.
29 al. Cst ; 273 ss, 307ss CC

 

 

             
La Chambre des curatelles du Tribunal cantonal prend séance pour statuer sur le recours interjeté
par V.________,
à Strömsad (Suède), contre la décision rendue le 14 juin 2017 par la Justice de paix
du district du Gros-de-Vaud dans la cause concernant l'enfant  A.Q.________.

 

             
Délibérant à huis clos, la Chambre voit :  

 

             
En fait :

 

 

A.             
Par décision du 14 juin 2017, motivée le 18 août 2017 et notifiée à V.________
le 21 août 2017, la Justice de paix du district du Gros-de-Vaud (ci-après : la justice de paix)
a mis fin à l’enquête en modification du droit de visite ouverte en faveur de l’enfant
A.Q.________, né le [...] 2004, domicilié à Penthéréaz, sous l’autorité
parentale et la garde de son père (I), a rapporté les mesures provisionnelles du 13 janvier
2016 (II), a rejeté la demande en élargissement du droit de visite déposée par V.________
(III), a suspendu, pour une durée indéterminée, le droit de visite de la mère sur
son fils (IV), a dit que V.________ pourrait avoir des contacts téléphoniques avec l'enfant,
tous les mercredis entre 19 heures 30 et 20 heures 30 au plus tard, pendant 15 minutes, excepté
si A.Q.________ souhaite prolonger le contact, l’enfant pouvant, pendant ces appels, disposer d’une
tablette ou de tout autre support permettant de visualiser des photos (V), a rejeté la demande déposée
par V.________ tendant à l’institution d’un suivi pédopsychiatrique en faveur de
A.Q.________ (VI), a renoncé à prononcer une mesure de protection de l’enfant au sens
de l’art. 307 CC (Code civil suisse du 10 décembre 1907 ; RS 210) (VII),
a rejeté la demande déposée par V.________ tendant à la communication par B.Q.________
des coordonnées du pédopsychiatre de l’enfant A.Q.________, de l’établissement
dans lequel l'enfant est scolarisé ou de tout autre intervenant (VIII), a rappelé à B.Q.________
son devoir de communiquer les informations importantes concernant A.Q.________ à V.________ et l’a
enjoint de lui transmettre semestriellement un bilan scolaire concernant cet enfant, précisant son
évolution, les suivis mis en place durant la période écoulée et ceux à mettre
en place, la première fois pour la fin de l’année scolaire 2016-2017 (IX), et a mis les
frais de la cause, arrêtés à 1'350 fr., à la charge de V.________ (X).  

 

             
En droit, la justice de paix a considéré que V.________ bénéficiait actuellement
d'un droit de visite surveillé, d'une durée de deux heures, à l'intérieur des locaux
de Point Rencontre, l'expert psychiatre qui avait été consulté dans le cadre de la procédure
pénale dont elle avait fait l'objet en 2010 pour enlèvement d'enfant ayant estimé que
le risque qu'elle enlève à nouveau A.Q.________ était élevé. En outre, V.________
avait fait échec à l'expertise psychiatrique mise en œuvre en 2016 dans  le  cadre  de
 la  procédure  de  la  justice  de  paix  et,  faute  d'éléments nouveaux - rien
ne permettant par ailleurs de penser que l'expertisée ne souffrait plus du trouble de la personnalité
diagnostiqué en 2010 -, l'experte psychiatre qui avait été mandatée avait considéré
que seul un droit de visite surveillé pouvait être envisagé. De même, selon la justice
de paix, la durée des visites ne pouvait être portée à trois heures comme le demandait
V.________, faute d'institution permettant d'organiser les rencontres entre la mère et l'enfant
et aucun membre de l'entourage des parents n'étant suffisamment neutre pour surveiller celles-ci.
Cela étant, la justice de paix a relevé que, quand bien même V.________ réclamait
un élargissement du droit de visite, elle ne l'avait plus exercé depuis le 21 décembre 2014
et que l'enfant souffrait de ne pas la voir tout en pâtissant des incertitudes qui entouraient leurs
rencontres et des promesses de visites non tenues. Sur ce dernier point, la justice de paix a noté
que, d'après le rapport du 10 avril 2017 de l'école de A.Q.________, l'état
de stress de l'enfant augmentait particulièrement lorsqu'il attendait la venue de sa mère biologique
et que, selon l'expertise psychiatrique du 9 janvier 2017, V.________ présentait une pathologie
paranoïaque qui la conduirait immanquablement à demander encore des modifications du droit
de visite de sorte que A.Q.________ continuerait à souffrir d'être régulièrement
dans l'attente de sa mère et de ne pas la voir. Considérant que l'enfant ne pouvait être
davantage exposé à cette situation, la justice de paix a suspendu le droit de visite. Quant
aux contacts téléphoniques entre la mère et l'enfant, la justice de paix a fait les mêmes
constatations. Elle a relevé qu'une demi-heure de contact téléphonique hebdomadaire était
excessive pour l'enfant et qu'elle devait être réduite à quinze minutes, à moins
que l'enfant souhaite rester en ligne. Par ailleurs, la justice de paix a observé que de nombreuses
mesures avaient déjà été prises pour aider l'enfant dans son développement et
qu'il n'était pas nécessaire d'instituer une mesure de protection en sa faveur. Enfin, elle
a considéré que le père devrait veiller à renseigner régulièrement V.________
sur la situation de leur fils. 

 

 

B.             
 Par acte du 20 septembre 2017, V.________ a recouru contre cette décision, formulant les conclusions
suivantes :

 

Principalement

 

I. La 
décision  de la Justice de Paix des districts du Jura – Nord vaudois et  du Gros-

  
de-Vaud du 18 août 2017 est modifiée comme il suit :

              "
I et II.                            
              Inchangés

 

             
III.                           
              admet la demande d’élargissement
du droit de visite de V.________,
en ce sens que celle-ci pourra voir son fils A.Q.________, né le [...] 2004, un weekend par mois,
durant 6 heures, à charge pour elle de le chercher et de le ramener là où il se trouve.

 

             
                           
Ledit exercice du droit de visite sera précédé par le dépôt de tous les documents
d’identité et de voyage de V.________,
auprès d’une institution à désigner à dire de Justice, documents qui seront
restitués à sa titulaire à l’issue de chaque exercice du droit de visite. 

 

IIIbis.             
                           
Le droit de visite sera élargi, six mois après l’exercice du droit de visite selon chiffre
III. ci-dessus, à un week-end par mois, soit le 2e
week-end de chaque mois, du vendredi à 18 heures au dimanche à 18 heures, sous réserve
d’un accord différent entre les parties ou encore de la transmission des justificatifs par
V.________
à B.Q.________,
un mois à l’avance au minimum, du déroulement de ses examens lors de ce 2e 
week-end, auquel cas le droit de visite se déroulera le 3e
week-end du mois. 

 

Le
droit de visite sera aussi élargi en ce sens que A.Q.________ sera aux côtés de sa mère,
en sus du 2e
weekend de chaque mois, durant la moitié des vacances scolaires, étant précisé que
A.Q.________ sera, alternativement une année sur deux, auprès de chacun de ses parents pour
les fêtes de Noël et de fin d’année, de Pâques et pour son anniversaire.

 

             
IV.                           
              tombe.

 

V.             
                           
dit que V.________
pourra avoir des contacts par téléphone avec A.Q.________
une fois par semaine au minimum, à la meilleure convenance de A.Q.________
qui se chargera de lui transmettre ses disponibilités au préalable par SMS. Pendant ces appels,
une tablette ou tout autre support pouvant permettre à A.Q.________
de visualiser des photographies sera remise, en état de marche, à ce dernier.

 

VI.             
                           
admet  la  demande  de  V.________
tendant  à l’institution d’un suivi pédopsychiatrique en faveur de l'enfant A.Q.________,
en particulier pour lui donner l’occasion de travailler ses relations avec ses parents respectifs.

 

VII.             
                           
inchangé.

 

VII.
                           
              admet la demande déposée
par V.________
tendant à la communication par B.Q.________
des coordonnées du pédopsychiatre de l’enfant A.Q.________, ainsi que de l’établissement
dans lequel il est scolarisé ou de tout autre intervenant.

 

IX.             
                           
rappelle à B.Q.________
son devoir de communiquer les informations importantes concernant A.Q.________
à V.________
et l’enjoint à lui transmettre semestriellement un bilan scolaire concernant cet enfant, précisant
son évolution, les suivis mis en place durant la période écoulée et ceux à mettre
en place, la première fois pour la fin de l’année 2016-2017, sous la menace de la peine
prévue à l’art. 292 CP en cas d’insoumission à une décision de l’autorité.

 

X.             
                           
Met les frais de la présente cause, arrêtés à 1'350 fr. (mille trois cent cinquante
francs), à la charge de A.Q.________,
et alloue des dépens de première et de deuxième instances à V.________.

 

 

Subsidiairement

 

II.  
La décision de la Justice de paix des districts du Jura – Nord vaudois et du Gros-

     
de-Vaud du 18 août 2017 est annulée et renvoyée pour nouvelle décision dans le

     
sens des considérants." 

 

             
La recourante a produit un bordereau de pièces.

 

 

C.             
La Chambre retient les faits suivants :

 

1.             
              A.Q.________,
né le [...] 2004, est le fils né hors mariage de V.________ et de B.Q.________, qui l'a reconnu
par acte du 2 septembre 2004. Depuis la séparation de ses parents, en décembre 2004,
et jusqu'en mai 2008, A.Q.________ a vécu avec sa mère, d'abord en Suisse, puis en Suède.
Il a ensuite séjourné dans une institution spécialisée puis dans une famille d'accueil
en Suède jusqu'en août 2008. Depuis, il habite avec son père, à ...]Penthéréaz.

 

             
              Par jugement du 6 novembre
2008, le Tribunal de première instance du [...], en Suède, a attribué à B.Q.________
la garde exclusive de son fils et a accordé à V.________ un droit de visite d'une semaine par
mois, du premier lundi du mois jusqu'au lundi suivant, ainsi qu'un contact téléphonique tous
les lundis, mercredis et vendredis ainsi qu'un dimanche sur deux, à 17 heures 30. V.________ a fait
appel de cette décision. 

 

             
              Le 2 décembre 2008,
V.________ est allée chercher A.Q.________ à la sortie de la garderie et l'a emmené avec
elle jusqu'en Suède. B.Q.________ a déposé plainte pénale pour enlèvement d'enfant.
Après négociations avec le Département de justice et police et le Département suédois
des affaires étrangères, B.Q.________  est allé rechercher l'enfant le 9 décembre
suivant.

        
               

             
              A la suite de cet enlèvement
et afin d'éviter les difficultés susceptibles de découler de l'organisation du droit de
visite tel qu'il avait été prévu par la décision du 6 novembre 2008, le Juge de paix
du district du Gros-de-Vaud (ci-après : le juge de paix) a restreint les modalités de rencontre
entre la mère et l'enfant et notamment prévu que le droit de visite s'exercerait exclusivement
en Suisse, par ordonnance de mesures provisionnelles du 11 mars 2009. B.Q.________ a formé
recours contre cette décision.

 

             
              Le 26 avril 2009, V.________
n'a pas ramené A.Q.________ à son père à l'issue de son droit de visite. B.Q.________
a déposé une nouvelle plainte pénale pour enlèvement d'enfant.

            
              

             
              Par arrêt du 26 juin
2009, la Chambre des tutelles a partiellement admis le recours interjeté par B.Q.________ contre
l'ordonnance de mesures provisionnelles précitée, prononçant en particulier que V.________
exercerait son droit de visite sur son fils par l'intermédiaire du Point Rencontre, une fois par
mois, pour une durée maximale de deux heures, à l'intérieur des locaux exclusivement,
et que B.Q.________ n'entraverait pas les contacts téléphoniques fixés par le jugement
suédois du 6 novembre 2008.

              
                           
              

2.             
              Dans le cadre de l'instruction
pénale ouverte du chef d'enlèvement d'enfant, V.________ a fait l'objet d'une expertise psychiatrique.

 

             
              Dans son rapport du 29
janvier 2010, l'expert désigné, le Dr  [...], médecin associé au Secteur psychiatrique
Nord des Hospices cantonaux, à Yverdon-les-Bains, a posé le diagnostic de trouble de la personnalité
de type paranoïaque, précisant que cette pathologie était grave, chronique et en voie
d'aggravation. L'expert a expliqué que cette maladie se manifestait par un caractère soupçonneux,
une tendance envahissante à déformer les événements pour leur donner une coloration
hostile ou méprisante, par un sens tenace et combatif de ses propres droits, hors de proportion
avec la réalité, une tendance à surévaluer sa propre importance se traduisant par
des attitudes de perpétuelle référence à soi-même ainsi que par une préoccupation
par des explications à type de conspiration concernant les événements extérieurs.
Le trouble altérait l’organisation de la pensée comme le fonctionnement des personnes
qui en étaient atteintes. Ainsi, l’expertisée était en proie à un tel délire,
lequel datait probablement de l'accouchement - une psychose post-partum qui se serait chronicisée
n'étant pas à exclure – délire qui organisait son existence autour de deux ou trois
idées interdépendantes : la malveillance de son ex-compagnon, la maladie de son fils et ses
aptitudes à s’occuper de son fils malade qu'elle seule détenait. Pour l'expert, le fait
que l'expertisée ne reconnaisse pas sa maladie était constitutif de sa pathologie. En outre,
V.________ présentait une alexithymie, c'est-à-dire n'était pas capable d'accéder
aux émotions d'autrui ainsi qu'aux siennes propres. Par ailleurs, selon l’expert, les enlèvements
qui étaient reprochés à l’expertisée s’apparentaient à des attitudes
masochistes qui anéantissaient ses efforts pour récupérer la garde de son fils. Au demeurant,
son attitude pouvait être à l'origine des troubles comportementaux de l’enfant. L'expert
a également émis l’hypothèse que, dans la représentation psychotique du monde
par l’expertisée, la relation fusionnelle avec l’enfant devait paraître à
celle-ci préférable à toute autre. Ainsi, le risque de récidive était élevé,
la substitution de son propre système de valeurs par V.________ l'empêchant de reconnaître
toute décision de justice qui n'allait pas dans son sens et, même si, compte tenu de l’anosognosie
de l’expertisée, il n’y avait pas lieu d’ordonner une mesure quelconque, le mineur
devait être protégé d'un risque de récidive par un encadrement adéquat du droit
de visite (lieu de rencontre neutre et présence d’un tiers pour veiller à la sécurité
de l’enfant).

 

3.             
              Le 28 avril 2010, le juge
de paix a procédé à l'audition du conseil de V.________ et de B.Q.________. Ce dernier
a exposé que V.________ n'avait plus exercé son droit de visite depuis le début de l'année 2010,
qu'en particulier, elle s'était décommandée à deux reprises, en janvier et en mars
2010, la veille de la date prévue, et que ses défections avaient considérablement déçu
leur fils, qui peinait à en comprendre les raisons. Le conseil a déclaré ne pas connaître
les motifs des absences de sa mandante, ajoutant qu'elle vivait en Suède.

 

             
              Par ordonnance de mesures
provisionnelles du même jour, confirmée par arrêt de la Chambre des tutelles du 16 août 2010,
le juge de paix a suspendu provisoirement le droit de visite de V.________ sur son fils (I), a invité
B.Q.________ à favoriser les contacts téléphoniques et la correspondance écrite entre
l'enfant et sa mère (II) et a invité cette dernière à maintenir un contact régulier
avec son fils par courrier et/ou par téléphone (III).

 

4.             
              Par jugement du 24 juin
2010, statuant sur l'appel de V.________, le Tribunal de deuxième instance suédois a attribué
l'autorité parentale et la garde de A.Q.________ à son père et a laissé aux autorités
suisses le soin d'organiser le droit de visite surveillé de la mère.  

 

             
              Par requête du 18
novembre 2011, V.________ a requis un droit de visite sur son fils selon certaines modalités. 

 

             
              Le 25 avril 2012, l'autorité
de protection a procédé à l'audition des parents de l'enfant. V.________ a notamment reconnu
qu'elle n'avait plus eu de contacts avec son fils depuis fin 2009. Le même jour, les deux comparants
ont convenu par écrit que V.________ pourrait téléphoner une fois par semaine à l'enfant.

 

             
Par décision des 25 avril et 26 septembre 2012, la justice de paix a notamment dit que le droit
de visite de V.________ sur son fils s’exercerait par l’intermédiaire du Point Rencontre
une fois par mois, pour une durée maximale de deux heures, à l’intérieur des locaux
exclusivement, et a ratifié la convention précitée pour faire partie intégrante de
la décision. 

 

5.             
Par requête du 28 février 2013, B.Q.________ a exposé à la juge de paix que les contacts
téléphoniques entre la mère et l'enfant n'étaient pas satisfaisants, la mère
tenant des propos inappropriés à son sujet, montrant une irrégularité dans ses appels
ou promettant à leur fils de l'emmener chez elle. Il a conclu à la mise en œuvre d'un
droit de visite par le biais d'Espace Contact ainsi qu'à la cessation des contacts téléphoniques
entre V.________ et A.Q.________.

 

             
Par courrier du 15 mars 2013, confirmé par correspondance du 17 avril 2013, V.________
a requis que son droit de visite ainsi que les contacts téléphoniques avec son fils soient
maintenus tels qu'ils avaient été prévus dans la décision de la justice de paix des
25 avril et 26 septembre 2012.  

 

             
Le 19 juin 2013, la juge de paix a procédé à l'audition des parents de l'enfant. Une suspension
de cause a été décidée.

 

6.             
Durant les mois suivants, l'autorité de protection a été saisie de plusieurs requêtes
et déterminations des parties ayant pour objet un possible élargissement du droit de visite
ainsi que le souhait de la mère d'obtenir des informations sur son fils, notamment les coordonnées
de son école et de son pédopsychiatre, ce que le père refusait de lui donner.  

 

             
Le 24 août 2015, la juge de paix a procédé à l'audition de A.Q.________, qui a notamment
expliqué que cela faisait très longtemps qu’il n’avait pas vu sa mère, qu’elle
lui manquait beaucoup et qu'il souhaitait la revoir. Toutefois, il souffrait aussi des incertitudes qui
entouraient les visites de sa mère ainsi que des attentes déçues qui en découlaient,
notamment des promesses de visite qu'elle lui avait faites en janvier et août 2016 et qu'elle n'avait
pas tenues.   

 

7.             
Bien que réclamant un élargissement de son droit de visite, V.________ n'a plus vu son fils
à partir du 21 décembre 2014, invoquant des problèmes financiers. 

 

8.             
             
Dans des courriers subséquents, les parents de l'enfant ont continué à faire part de difficultés
à la juge de paix, notamment à propos des contacts téléphoniques entre l'enfant et
sa mère, celle-ci se plaignant en particulier de ne pas avoir des entretiens de qualité avec
son fils, assertion contestée par le père. V.________ a également maintenu sa requête
en élargissement du droit de visite, réaffirmant que des difficultés financières
l'avaient empêchée de se rendre en Suisse pour voir son fils. 

 

9.             
             
Le 13 janvier 2016, la justice de paix a procédé à l'audition des parents de l'enfant,
la mère étant assistée de son conseil. Lors de cette audience, les parties sont convenues
par écrit qu'en particulier, V.________ se soumettrait à une expertise psychiatrique en Suisse
(I), qu'elle exercerait son droit de visite, par l'intermédiaire de Trait d'Union, à raison
de trois heures une fois par mois, selon les modalités et le calendrier de cette structure, à
la condition de prévoir un lieu de visite dans un rayon de 50 km du domicile de A.Q.________ et
en-dehors de celui-ci (II), que, jusqu'à la mise en œuvre du droit de visite tel que précisé
ci-dessus, il s'exercerait par l'intermédiaire de Point Rencontre, pendant deux heures à l'intérieur
des locaux exclusivement, une fois par mois, selon les modalités et le calendrier de cet établissement
(III), que V.________ pourrait téléphoner à son fils, en principe, le mercredi soir à
19 heures 30, et qu'en cas d'indisponibilité de l'un ou l'autre des parents, le contact téléphonique
serait reporté à un autre jour de la même semaine, à la même heure (IV).

 

             
Par courrier du 15 janvier 2016, Point Rencontre a informé la juge de paix que le droit de visite
de la mère de l'enfant n'avait pu être organisé lors de sa venue en Suisse à l'occasion
de l'audience du 13 janvier 2016. 

             

10.             
             
Selon le certificat médical du 25 janvier 2016 de la Dresse F.________, pédiatre à Etagnières,
A.Q.________ est suivi par un pédopsychiatre, tous les un à trois mois selon ses besoins. Le
pédopsychiatre concerné n'a pas souhaité que ses coordonnées soient transmises à
l'autorité de protection afin de préserver la relation thérapeutique avec l'enfant et
éviter toute interférence avec la mère, par courriel, téléphone ou autre.

             

11.             
              Le 21 juin 2016, un bilan
de l'année scolaire de A.Q.________ a été effectué. Le procès-verbal dressé
à cette occasion indique notamment ce qui suit : 

 

"Au niveau
émotionnel, nous travaillons sur le fait de mettre des mots sur ce qui est vécu. A.Q.________
peut donc maintenant utiliser cet espace pour se décharger émotionnellement et physiquement
mais aussi pour évoquer ce qu’il vit et ses difficultés avec sa maman biologique, notamment
avec la ½ heure de tél. par semaine qui est beaucoup trop pour lui. »    

 

12.             
             
Par requête du 2 août 2016, B.Q.________ a conclu notamment à ce que V.________ confirme
ou infirme sa visite à Point Rencontre le 7 août suivant et à la suspension
de l'expertise jusqu'à ce que son ex-compagne démontre sa capacité à venir régulièrement
en Suisse pour voir son fils.

             

             
Par courrier du 4 août 2016, V.________ a informé la juge de paix qu'elle ne se présenterait
pas à la visite du 7 août suivant faute de financement. 

 

13.             
Dans un rapport du 9 janvier 2017, la Dresse G.________, médecin adjointe du Service de psychiatrie
pour enfants et adolescents du Département de psychiatrie du CHUV, désignée comme experte,
a exposé à la juge de paix qu'alors que l'expertisée avait sollicité la modification
d’un rendez-vous, elle avait fait défaut aux rendez-vous qui avaient été fixés
les 17 et 18 octobre 2016 et n'était pas non plus venue aux rencontres organisées pour
qu'elle voit son fils. Vu ces circonstances, V.________ n’avait pu être examinée et le
questionnaire d'expertise n'avait pas été rempli. Cela étant, il était manifeste,
selon l'experte, qu'au vu du contexte, en particulier la non présentation aux rendez-vous, V.________
souffrait d'une pathologie paranoïaque. L'expertisée présentait une auto-référence
permanente qui lui donnait l’illusion d’un fonctionnement logique, cohérent et adapté
dans son système de valeur propre, dans lequel, néanmoins, l’extérieur, qui venait
poser la moindre limite, était au mieux inexistant et devenait facilement persécutant ; elle
ne percevait pas non plus l’incohérence de son propre fonctionnement auto-centré, ni
les mouvements émotionnels d’autrui, ni les conséquences de ses actions. Son absence
aux visites depuis plus de deux ans témoignait aussi de son incapacité à pouvoir imaginer
ou ressentir l’impact de ses absences sur son fils, sans cesse balloté entre l’espoir
et la désillusion. Selon l'experte, la pathologie qui affectait l'expertisée évoluait
très rarement favorablement, quasiment jamais sans suivi psychiatrique, et la personnalité
paranoïaque de l'expertisée la conduirait encore à maintenir ses demandes de modifications
du droit de visite, alimentées par le délire de persécution d’être non entendue
et donc disqualifiée dans sa fonction maternelle. Ainsi, pour l'experte, le diagnostic restait inchangé
et le risque pour A.Q.________ toujours au premier plan. De son avis, il était prioritaire d’assurer
la sécurité de l'enfant, y compris sur le plan affectif, et de prévoir un cadre d’exercice
du droit de visite le plus réduit possible afin de permettre à A.Q.________ de ne plus attendre
l’impossible de la part d’une mère malade qui ne pouvait pas tenir ses promesses. 

 

14.             
              Le
10 avril 2017, la direction de l'école fréquentée par A.Q.________ a adressé 
à la juge de paix un rapport relatif à la situation de l'enfant. Ce rapport précise l'accompagnement
dont l'enfant bénéficie dans le cadre scolaire (un enseignement spécialisé, une participation
hebdomadaire à un groupe de psychomotricité, une prise en charge individuelle hebdomadaire
en psychomotricité, un suivi psychologique hebdomadaire), atteste du suivi pédopsychiatrique
qui lui est dispensé et mentionne que l'environnement scolaire dans lequel l'enfant évolue
semble très profitable et que la collaboration optimale avec la famille favorise son intégration
au sein de l'école. Le rapport indique aussi que l'enfant s'exprime davantage et que l'on peut 
mieux  s'appuyer  sur  ses  dires  pour  construire  avec  lui  son accompagnement et ses envies de lien.
Sur ce dernier point, le rapport indique ce qui suit : 

 

« (…)

A.Q.________
se questionne beaucoup sur ses liens et il en parle régulièrement dans les séances thérapeutiques.

L’adulte
doit encore l’étayer afin qu’il puisse comprendre les intentions des autres et qu’il
puisse exprimer ses ressentis de façon plus nuancée. 

A.Q.________
se montre la plupart du temps respectueux de l’adulte et avec le temps, la confiance se met en
place et devient porteuse pour lui. 

Les
relations de A.Q.________ sont mises à mal lorsqu’il est confronté à l’erreur
ou lorsqu’il perd à un jeu (école), mais surtout lorsque l’adulte ne tient pas
ses promesses ou si son discours n’est pas cohérent. A.Q.________ est également sensible
à la triangulation et peut en être l’auteur. Le réseau autour de lui doit donc communiquer
de façon régulière afin de lui offrir un contenant sécurisant et fiable. 

5.
                           
L’état de stress de A.Q.________ diminue globalement. Cependant, son stress est réactivé
de façon cyclique ; particulièrement dans les périodes proches de son anniversaire,
de Noël, lorsqu’il attend la venue de sa mère biologique, lors de séparation avec
ses personnes de références (ses parents surtout, mais aussi enseignants, thérapeutes
ou copains) ou lorsqu’il ne peut pas compter sur la fiabilité des adultes. Dans ces moments-là,
A.Q.________ teste le cadre et le lien avec ses référents. Il peut d’ailleurs couper
le lien de manière assez forte et l’adulte doit l’aider à le reconstruire ou à
le maintenir ainsi que le rassurer sur ce lien existant. 

             
              (…)

             
              A.Q.________ évolue
favorablement dans un environnement stable et sécurisant. Il reste sensible à la qualité
et à la fiabilité des liens et se montre déstabilisé lorsqu’il ne peut pas
compter sur les adultes (promesse non tenue, par exemple). Nous observons que l’expression de ses
besoins et la participation aux choix et décisons (sic) qui le concernent constituent des facteurs
de réassurance pour A.Q.________." 

 

15.             
              Par jugement de la Cour
d'appel pénale du Tribunal cantonal du 31 mars 2014, réformant le jugement rendu le 24
mai 2012 par le Tribunal de police de la Broye et du Nord vaudois, V.________ a été condamnée
pour enlèvement de mineur à une peine pécuniaire de 45 jours-amende à 10 fr. le jour,
sous déduction de 42 jours de détention préventive subie, avec délai d'épreuve
de trois ans.  

 

 

             
En droit :

 

1.             
              

             
Le recours est dirigé contre une décision de la justice de paix prononçant notamment le
rejet de la demande d’élargissement du droit de visite d'une mère sur son fils ainsi
que la suspension de ce droit, pour une durée indéterminée. 

 

1.1             
Contre une telle décision, le recours de l'art. 450 CC est ouvert à la Chambre des curatelles
(art. 8 LVPAE [Loi du 29 mai 2012 d'application du droit fédéral de la protection de l'adulte
et de l'enfant ; RSV 211.255] et 76 al. 2 LOJV [Loi d'organisation judiciaire du 12 décembre
1979 ; RSV 173.01]) dans les trente jours dès la notification de la décision (art. 450b
CC). Les personnes parties à la procédure ont qualité pour recourir (art. 450 al. 2 CC).
Le recours doit être dûment motivé et interjeté par écrit (art. 450 al. 3 CC).

 

             
L’art. 446 al. 1 CC, applicable par renvoi de l’art. 314 al. 1 CC, prévoit que l'autorité
de protection établit les faits d'office. Compte tenu du renvoi de l’art. 450f CC
aux règles du CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS 272), l’art.
229 al. 3 CPC est applicable devant cette autorité, de sorte que les faits et moyens de preuve nouveaux
sont admis jusqu’aux délibérations. Cela vaut aussi en deuxième instance (Steck,
Basler Kommentar, ZGB I, 5e éd., 2014, n. 7 ad art. 450a CC, p. 2626 et les auteurs
cités). En matière de protection de l'adulte et de l'enfant, la maxime inquisitoire illimitée
est applicable, de sorte que les restrictions posées par l'art. 317 CPC pour l'introduction de faits
ou moyens de preuve nouveaux sont inapplicables (cf. JdT 2011 III 43 ; CCUR 28 février 2013/56).

  

             
La Chambre des curatelles doit procéder à un examen complet de la décision attaquée,
en fait, en droit et en opportunité (art. 450a CC), conformément à la maxime d'office
et à la maxime inquisitoire, puisque ces principes de la procédure de première instance
s'appliquent aussi devant l'instance judiciaire de recours (Droit de la protection de l'adulte,
Guide pratique COPMA [cité : Guide pratique COPMA], n. 12.34, p. 289). Elle peut confirmer ou modifier
la décision attaquée devant elle. Dans des circonstances exceptionnelles, elle peut aussi l'annuler
et renvoyer l'affaire à l'autorité de protection, par exemple pour compléter l'état
de fait sur des points essentiels (art. 450f CC et 318 al. 1 let. c ch. 2 CPC). 

 

             
Conformément à l'art. 450d CC, la Chambre des curatelles donne à la justice de paix (art.
4 al. 1 LVPAE) l'occasion de prendre position (al. 1), cette autorité pouvant, au lieu de prendre
position, reconsidérer sa décision (al. 2).    

 

1.2             
Motivé et interjeté en temps utile par
la mère du mineur concerné, partie à la procédure, le recours est recevable. Les
pièces qui y sont jointes le sont également si tant est qu'elles ne figurent pas déjà
au dossier.

  

             
              Le recours étant
manifestement mal fondé, au vu des considérations qui seront développées ci-après,
il a été renoncé à consulter l'autorité de protection.

 

 

2.

2.1             
La procédure devant l’autorité de protection est régie par les art. 443 ss CC.
Les personnes concernées doivent être entendues personnelle-ment, à moins que l’audition
ne paraisse disproportionnée (art. 447 al. 1 CC). 

  

             
En outre, aux termes de l’art. 314a al. 1 CC, l’enfant est entendu personnellement, de manière
appropriée, par l’autorité de protection de l’enfant ou le tiers qui en a été
chargé, à moins que son âge ou d’autres justes motifs ne s’y opposent. Lorsqu'il
y a péril en la demeure, il peut être justifié de ne pas procéder à une audition
personnelle, mais de procéder à celle-ci dès que possible (Steinauer/ Fountoulakis, Droit
des personnes physiques et de la protection de l'adulte, 2014, nn. 1108 et 1116, pp. 494 et 498).

 

2.2             
La justice de paix a procédé à
l'audition des parents de A.Q.________, les 19 juin 2013 et 13 janvier 2016, ainsi qu'à
celle de l'enfant le 24 août 2015. Le droit d'être entendu de chacun a donc été
respecté.

 

 

3.

             
La recourante conteste la suspension de son droit de visite pour une durée indéterminée,
considérant que cette décision va clairement à l’encontre du bien et de la volonté
de l’enfant. Elle relève aussi qu’il existe des mesures moins restrictives.

 

3.1             

3.1.1             
L’art. 273 al. 1 CC prévoit que le
père ou la mère qui ne détient pas l’autorité parentale ou la garde ainsi que
l’enfant mineur ont réciproquement le droit d’entretenir les relations personnelles
indiquées par les circonstances. Le droit aux relations personnelles vise à sauvegarder le
lien existant entre parents et enfants (Hegnauer, Droit suisse de la filiation et de la famille, 4e éd.,
Berne 1998, adaptation française par Meier, n. 19.20, p. 116). Autrefois considéré comme
un droit naturel des parents, le droit aux relations personnelles est désormais conçu à
la fois comme un droit et un devoir de ceux-ci (cf. art. 273 al. 2 CC) ; il est cependant également
considéré comme un droit de la personnalité de l’enfant qui doit servir en premier
lieu l’intérêt de celui-ci (TF 5A_756/2013 du 9 janvier 2014 consid. 5.1.). Le rapport
de l’enfant avec ses deux parents est essentiel et peut jouer un rôle décisif dans le
processus de recherche d’identité de l’enfant (TF 5A_586/2012 du 12 décembre 2012
consid. 4.2 ; ATF 127 III 295 consid. 4a et la jurisprudence citée). Le maintien et le développement
de ce lien étant évidemment bénéfiques pour l’enfant, les relations personnelles
doivent donc être privilégiées, sauf si le bien de l’enfant est mis en danger.

 

             
L'importance et le mode d'exercice des relations personnelles doivent être appropriés à
la situation, autrement dit tenir équitablement compte des circonstances particulières du cas.
Le bien de l'enfant est le facteur d'appréciation le plus important (ATF 127 III 295 consid. 4a).
Il faut en outre prendre en considération la situation et les intérêts de l'ayant droit :
sa relation avec l'enfant, sa personnalité, son lieu d'habitation, son temps libre et son environnement.
Enfin, il faut tenir compte de la situation des personnes chez qui l'enfant vit (Hegnauer, op. cit.,
n. 19.09, p. 111). Des conditions particulières pour l'exercice du droit de visite peuvent
être imposées (Hegnauer, op. cit., n. 19.16, p. 114).

 

             
Le droit aux relations personnelles n’est pas absolu. Si les relations personnelles compromettent
le développement de l’enfant, si les père et mère qui les entretiennent violent
leurs obligations, s’ils ne se sont pas souciés sérieusement de l’enfant ou s’il
existe d’autres justes motifs, le droit d’entretenir ces relations peut leur être refusé
ou retiré (art. 274 al. 2 CC). Le refus ou le retrait des relations personnelles ne peut être
demandé que si le bien de l’enfant l’exige impérieusement et qu’il est impossible
de trouver une réglementation du droit de visite qui sauvegarde ses intérêts : la disposition
a pour objet de protéger l’enfant, et non de punir les parents. Ainsi, la violation par eux
de leurs obligations et le fait de ne pas se soucier sérieusement de l’enfant ne sont pas
en soi des comportements qui justifient le refus ou le retrait des relations personnelles, ils ne le
sont que lorsqu’ils ont pour conséquence que ces relations portent atteinte au bien de l’enfant
(TF 5A_756/2013 du 9 janvier 2014 consid. 5.1.2 ; TF 5A_663/2012 du 12 mars 2013 consid. 4.1). Conformément
au principe de proportionnalité, il importe en outre que cette menace ne puisse être écartée
par d’autres mesures appropriées (TF 5A_877/2013 du 10 février 2014 consid. 6.1 ;
TF 5A_448/2008 du 2 octobre 2008 consid. 4.1 ; ATF 131 III 209 consid. 5, JdT 2005 I 201).

 

3.2             

3.2.1             
              Le père de A.Q.________
a déposé deux plaintes pénales pour enlèvement à l’encontre de la recourante,
en décembre 2008, puis en avril 2009. Au cours de l'instruction pénale, V.________ a été
soumise à une expertise psychiatrique. 

 

             
Dans son rapport du 29 janvier 2010, l'expert psychiatre [...] a indiqué que la recourante souffrait
d'un trouble de la personnalité de type paranoïaque grave, chronique et probablement en voie
d'aggravation, se manifestant par un caractère soupçonneux, une tendance envahissante à
déformer les événements pour leur donner une coloration hostile ou méprisante, par
un sens tenace et combatif des propres droits de la personne atteinte, hors de proportion avec la réalité,
une tendance à surévaluer sa propre importance, se traduisant par des attitudes de perpétuelle
référence à soi-même, ainsi que par des explications à type de conspiration
concernant les événements extérieurs. L'expert a relevé que le trouble altérait
l’organisation de la pensée comme le fonctionnement des personnes qui en étaient affectées
et que la recourante souffrait de ce délire probablement depuis son accouchement, une psychose post-partum
qui se serait chronicisée n'étant pas à exclure. Le délire organisait l'existence
de la recourante autour de deux ou trois idées interdépendantes, à savoir la malveillance
de son ex-compagnon, la maladie de son fils et l’exclusivité des aptitudes à s’occuper
de son fils malade, qu’elle détenait seule. En outre, le fait que la recourante ne reconnaissait
pas sa maladie (anosognosie) était constitutif de sa pathologie et l'expertisée présentait
une alexithymie, c'est-à-dire une incapacité à accéder aux émotions d'autrui
ainsi qu'aux siennes propres. Selon l'expert, les enlèvements reprochés à la recourante
s’apparentaient à des attitudes masochistes qui anéantissaient ses efforts pour récupérer
la garde de son fils et son comportement pouvait être à l'origine des troubles comportementaux
de l'enfant. En outre, il était possible que, dans sa représentation psychotique du monde,
la relation fusionnelle de la recourante avec l’enfant paraisse à celle-ci préférable
à toute autre. Enfin, selon l’expert, le risque de récidive était élevé,
la substitution de son propre système de valeurs par la recourante l'empêchant de reconnaître
toute décision de justice qui n’allait pas dans son sens et, compte tenu de l’anosognosie
de la personne concernée, il n’y avait pas lieu d’ordonner une quelconque mesure, mais
de protéger le mineur de tout risque de récidive par un encadrement adéquat du droit de
visite (lieu de rencontre neutre et présence d’un tiers pour veiller à la sécurité
de l’enfant).  

 

             
Par décision des 25 avril et 26 septembre 2012, la justice de paix a dit que le droit de visite
de la recourante s’exercerait par l’intermédiaire de Point Rencontre une fois par mois
pour une durée maximale de deux heures, à l’intérieur des locaux exclusivement.
Depuis cette date, la recourante a bénéficié d’un droit de visite surveillé.
Tout en réclamant son élargissement, elle ne l’a toutefois plus exercé à partir
du 21 décembre 2014. 

 

             
Au regard de ces éléments, et plus particulièrement du risque d’enlèvement
– aucun élément ne permettant de penser qu’il n’existerait plus - et de l’absence
de contacts personnels entre la mère et son fils depuis bientôt trois ans, il est évident
que seul un droit de visite surveillé est envisageable. Reste à examiner si celui-ci est toujours
dans l’intérêt de l’enfant. 

 

3.2.2             
Il ressort notamment ce qui suit du procès-verbal de la séance de la fin d’année
scolaire 2016 établi par l'établissement scolaire de l'enfant : 

 

"Au niveau
émotionnel, nous travaillons sur le fait de mettre des mots sur ce qui est vécu. A.Q.________
peut donc maintenant utiliser cet espace pour se décharger émotionnellement et physiquement
mais aussi pour évoquer ce qu’il vit et ses difficultés avec sa maman biologique, notamment
avec la ½ heure de tél. par semaine qui est beaucoup trop pour lui. »   

 

 

             
              Le rapport scolaire de
A.Q.________ du 10 avril 2017 indique également ce qui suit : 

« (…)

A.Q.________
se questionne beaucoup sur ses liens et il en parle régulièrement dans les séances thérapeutiques.

L’adulte
doit encore l’étayer afin qu’il puisse comprendre les intentions des autres et qu’il
puisse exprimer ses ressentis de façon plus nuancée. 

A.Q.________
se montre la plupart du temps respectueux de l’adulte et avec le temps, la confiance se met en
place et devient porteuse pour lui. 

Les
relations de A.Q.________ sont mises à mal lorsqu’il est confronté à l’erreur
ou lorsqu’il perd à un jeu (école), mais surtout lorsque l’adulte ne tient pas
ses promesses ou si son discours n’est pas cohérent. A.Q.________ est également sensible
à la triangulation et peut en être l’auteur. Le réseau autour de lui doit donc communiquer
de façon régulière afin de lui offrir un contenant sécurisant et fiable. 

5.
                           
L’état de stress de A.Q.________ diminue globalement. Cependant, son stress est réactivé
de façon cyclique ; particulièrement dans les périodes proches de son anniversaire,
de Noël, lorsqu’il attend la venue de sa mère biologique, lors de séparation avec
ses personnes de références (ses parents surtout, mais aussi enseignants, thérapeutes
ou copains) ou lorsqu’il ne peut pas compter sur la fiabilité des adultes. Dans ces moments-là,
A.Q.________ teste le cadre et le lien avec ses référents. Il peut d’ailleurs couper
le lien de manière assez forte et l’adulte doit l’aider à le reconstruire ou à
le maintenir ainsi que le rassurer sur ce lien existant. 

             
              (…)

             
              A.Q.________ évolue
favorablement dans un environnement stable et sécurisant. Il reste sensible à la qualité
et à la fiabilité des liens et se montre déstabilisé lorsqu’il ne peut pas
compter sur les adultes (promesse non tenue, par exemple). Nous observons que l’expression de ses
besoins et la participation aux choix et décisons (sic) qui le concernent constituent des facteurs
de réassurance pour A.Q.________." 

 

 

             
Dans son rapport du 9 janvier 2017, la Dresse G.________ a indiqué que la recourante avait sollicité
la modification d’un rendez-vous, mais qu’elle ne s’était pas présentée
aux rendez-vous qui avaient été fixés ni à aucune des rencontres que l'on avait organisées
pour qu'elle voit son fils. L'examen de la recourante n'avait donc pas été possible et le questionnaire
d'expertise n'avait pu être rempli. Toutefois, le contexte, dont le défaut de la recourante
aux rendez-vous qui avaient été modifiés à sa demande, témoignait de sa pathologie
paranoïaque. A cet égard, l'experte a précisé que la recourante présentait une
autoréférence permanente qui lui donnait l’illusion d’un fonctionnement logique,
mais dans lequel l’extérieur, qui venait poser la moindre limite, était au mieux inexistant
et devenait facilement persécutant ; elle ne percevait pas l’incohérence de son propre
fonctionnement autocentré, les mouvements émotionnels d’autrui, ni les conséquences
de ses actions, son absence aux visites depuis plus de deux ans témoignant de son incapacité
à pouvoir imaginer ou ressentir l’impact de ses absences pour son fils, sans cesse balloté
entre l’espoir et la désillusion. L'experte a relevé que le type de pathologie dont souffrait
la recourante n’évoluait favorablement que très rarement et quasiment jamais sans suivi
psychiatrique, que la personnalité paranoïaque de la recourante la conduirait à maintenir
ses demandes de modifications du droit de visite, alimentées par le délire de persécution
d’être non entendue et donc disqualifiée dans sa fonction maternelle, que le diagnostic
restait inchangé et que le risque pour l'enfant était toujours au premier plan. Pour l'experte,
il était donc prioritaire d’assurer la sécurité de A.Q.________, y compris sur le
plan affectif, en proposant un cadre d’exercice du droit de visite le plus réduit possible
afin de permettre à l'enfant de ne plus attendre l’impossible de la part d’une mère
malade qui n'était pas en mesure de tenir ses promesses. 

 

             
              Au vu des circonstances,
aucun motif ne justifie de s’écarter du rapport de l'experte, qui est clair et convainquant.
Certes, la Dresse G.________ n’a jamais rencontré la recourante. Toutefois, elle a pu fonder
son analyse sur son comportement ainsi que sur la précédente expertise, ce qui n’est
aucunement critiquable. 

 

             
Lors de son audition du 24 août 2015, A.Q.________ a certes expliqué que cela faisait très
longtemps qu’il n’avait pas vu sa mère et qu’elle lui manquait beaucoup. Toutefois,
la recourante n’exerce plus son droit de visite depuis le 21 décembre 2014 en dépit
des attentes de son fils. Cette situation est tout à fait préjudiciable à l’enfant
qui pâtît des incertitudes qui entourent les visites de sa mère et des attentes déçues.
On ne saurait le maintenir dans une telle situation, sa confiance dans les adultes s'en trouvant amoindrie.
Partant, la seule mesure envisageable est bel et bien la suspension du droit de visite de la recourante.
On ne voit pas quelle autre solution praticable pourrait être envisagée, pour sauvegarder les
intérêts de l'enfant. 

 

 

4.

             
L’appelante conteste la réduction de la durée des échanges téléphoniques
avec son fils. 

 

4.1             
Le droit d’entretenir des contacts téléphoniques est un droit compris dans le droit aux
relations personnelles prévu à l’art. 273 CC et peut faire l’objet d’une
réglementation particulière afin de limiter l’intrusion dans la vie privée du parent
gardien (Meier/Stettler, Droit de la filiation, 5e éd., Bâle 2014, n. 764).

 

4.2             
Il résulte du bilan scolaire 2016 que la demi-heure de téléphone avec sa mère est
de trop longue durée pour l’enfant. Par ailleurs, le père a également mentionné
que la mère pouvait tenir des propos inadéquats et qu’elle n’était pas constante
dans ses appels. On sait également que A.Q.________ souffre de l’irrégularité de
sa mère. 

 

             
Au regard de ces éléments, il est judicieux de réduire le temps de conversation d’une
demi-heure à un quart d’heure, tout en laissant à l’enfant la possibilité
de prolonger le contact s’il le souhaite. Les relations minimales sont ainsi conservées tout
en préservant au mieux les intérêts de A.Q.________.

 

 

5.

             
La recourante requiert, dans le cadre de ses conclusions, l’institution d’un suivi pédopsychiatrique
en faveur de A.Q.________, en particulier pour lui donner l’occasion de travailler ses relations
avec ses parents respectifs et demande la communication des coordonnées du pédopsychiatre de
son fils, ainsi que de l’établissement dans lequel il est scolarisé ou de tout autre
intervenant. Dans le cadre de sa motivation, elle reproche à l’autorité de protection
de ne pas avoir contrôlé le suivi entrepris, en particulier son objectif, sa fréquence
et la qualité des intervenants.

 

5.1             

5.1.1             
Parmi l’éventail des mesures qui peuvent être prises en application des art. 307
ss CC, figurent notamment l’obligation d’envoyer l’enfant chez le médecin pour
se soumettre à un examen ou à une thérapie (TF 5A_457/2009 du 9 décembre 2009
c. 4.3 ; Breitschmid, Basler Kommentar, op. cit., n. 22 ad art. 307 CC, p. 1609).

 

5.1.2             
Tel qu'il est garanti par les art. 29 al. 2 Cst.
et 6 CEDH, le droit d'être entendu comprend notamment le droit pour l'intéressé de prendre
connaissance du dossier, de s'exprimer sur les éléments pertinents avant qu'une décision
touchant sa situation juridique ne soit prise, de produire des preuves pertinentes, d'obtenir qu'il soit
donné suite à ses offres de preuves pertinentes, de participer à l'administration des
preuves essentielles ou à tout le moins de s'exprimer sur son résultat, lorsque cela est de
nature à influer sur la décision à rendre (ATF 129 I 497 consid. 2.2 p. 504 s.
; ATF 127 III 576 consid. 2c p. 578). Selon la nature de l'affaire, le contenu et l'étendue du droit
d'être entendu peuvent varier. Il n'implique en général pas le droit de s'exprimer oralement
(ATF 125 I 209 consid. 9b p. 219 ; ATF 122 II 464), ni celui d'obtenir l'audition de témoins (ATF
130 II 425 consid. 2.1 p. 428 s.). Quant au droit à la preuve, il ne s'oppose pas à ce que
l'autorité mette un terme à l'instruction lorsque les preuves administrées lui ont permis
de forger sa conviction et que, procédant d'une manière non arbitraire à une appréciation
anticipée des preuves qui lui sont encore proposées, elle a la certitude que ces dernières
ne pourraient l'amener à modifier son opinion (ATF 138 III 374 consid. 4.3.2 p. 376 ; ATF 136 I
229 consid. 5.3 p. 236 s. ; ATF 134 I 140 consid. 5.3 p. 148 ; ATF 115 Ia 97 consid. 5b p. 101). Ce principe
vaut même lorsque la maxime inquisitoire s'applique (ATF 130 III 734  consid. 2.2.3 p. 735
et les arrêts cités). 

 

             
Dans les affaires relatives à la protection de l'enfant, le juge est lié à la maxime inquisitoire
en ce qui concerne l'établissement des faits et l'appréciation des preuves (art. 446 CC applicable
par renvoi de l'art. 314 al. 1 CC). Le tribunal, qui a le devoir d'administrer les preuves, n'est cependant
pas lié par les offres de preuves des parties, il décide au contraire, selon sa conviction,
quels faits doivent encore être établis et quels sont les moyens de preuves pertinents pour
démontrer ces faits (TF 5A_877/2013 du 10 février 2014 consid. 4.1.1).  Abstraction
faite d'exceptions qui ne sont pas réalisées dans le cas présent (cf. à ce sujet
: Hohl, Procédure civile, t. I, 2001, n° 1045 p. 197), l'expertise n'est ainsi qu'une mesure
probatoire parmi d'autres. Le juge doit l'ordonner lorsqu'elle apparaît comme le seul moyen de preuve
idoine, en particulier lorsqu'il ne bénéficie pas de connaissances personnelles suffisantes
pour se prononcer sur le bien de l'enfant, par exemple lorsque celui-ci souffre d'une maladie ou présente
un comportement pathologique, ou encore lorsque le juge ne dispose d'aucun élément de preuve
sur des faits pertinents pour la décision; il jouit à cet égard d'un large pouvoir d'appréciation
(TF 5A_798/2009 du 4 mars 2010 consid. 3.1 et les arrêts cités, non publié aux 
ATF 136 I 178), qui trouve sa limite dans l'interdiction de l'arbitraire (ATF 127 I 38 consid. 2a p.
41 ; ATF 124 IV 86 consid. 2a p. 88). 

 

5.2             
Il résulte de divers éléments du dossier que A.Q.________ bénéficie bel et bien
d’un suivi pédopsychiatrique. Ainsi, la pédiatre de l’enfant a produit une attestation
datée du 25 janvier 2016 certifiant que son patient était suivi par un pédopsychiatre
chaque un à trois mois, lequel lui avait confirmé que la fréquence de ce suivi correspondait
bien aux besoins de l'enfant. Le rapport scolaire du 10 avril 2017 indique également que A.Q.________
profite d’un accompagnement pédopsychiatrique à l’extérieur. En outre, iI
est au bénéfice d’un enseignement spécialisé, d’une prise en charge hebdomadaire
par un groupe de psychomotricité, d’une prise en charge hebdomadaire individuelle en psychomotricité
et d’un suivi hebdomadaire psychologique.  

 

             
Il résulte ainsi de ces pièces que l’enfant est valablement accompagné et qu’aucune
protection supplémentaire n’est nécessaire, le père ayant, de manière tout
à fait adéquate, pris toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection et le
bien-être de son fils. Pour le reste, l’autorité dispose de suffisamment d’éléments
pour statuer sur la présente requête tendant à l’élargissement du droit de
visite, sans devoir procéder à une expertise pédopsychiatrique. 

 

 

6.

             
              La recourante requiert
la transmission des coordonnées de divers intervenants, soit du pédopsychiatre et de l’établissement
scolaire de A.Q.________ et demande à ce que l’injonction faite au père à cet égard
soit assortie d’une sanction pénale. 

 

6.1             
L'art. 275a CC prévoit que le père ou
la mère qui ne détient pas l'autorité parentale doit être informé des événements
particuliers survenant dans la vie de l'enfant et être entendu avant la prise de décisions
importantes pour le développement de celui-ci (al. 1) ; il peut, tout comme le détenteur de
l'autorité parentale, recueillir auprès des tiers qui participent à la prise en charge
de l'enfant, notamment auprès de ses enseignants ou de son médecin, des renseignements sur
son état et son développement (al. 2) ; les dispositions limitant le droit aux relations personnelles
avec l'enfant et la compétence en la matière s'appliquent par analogie (al. 3).  

 

             
L'obligation faite au parent titulaire de l'autorité parentale d'informer l'autre parent au sens
de l'art. 275a CC n'est pas impérative. Elle ne s'impose pas lorsque le parent privé de l'autorité
parentale ne se préoccupe pas du bien-être de l'enfant, notamment s'il n'exerce pas, ou exerce
peu, son droit de visite. Dans certains cas, en particulier lorsqu'un conflit grave et durable oppose
les parents, cette obligation ne peut être imposée au titulaire de l'autorité parentale.
L'art. 275a al. 2 CC réserve toutefois au parent non titulaire le droit de s'informer
directement auprès des tiers qui participent à la prise en charge de l'enfant et d'obtenir
d'eux les renseignements qui sont dus au titulaire de l'autorité parentale (ATF 140 III 343 consid.
2.1 et les références). En vertu de l'art. 275a al. 3 CC, le bien de l'enfant peut exiger,
suivant les circonstances, que le droit du parent non gardien soit limité ou supprimé ; les
dispositions limitant les relations personnelles sont alors applicables par analogie au droit du parent
non gardien, que ce soit son droit envers l'autre parent ou celui à l'égard des tiers (TF 5A_638/2014
du 3 février 2015). 

 

6.2             
Il résulte de l’attestation produite par la pédiatre de A.Q.________ en date du 25 janvier
2016 que le pédopsychiatre ne souhaite pas que son nom soit transmis, ce afin de préserver
la relation thérapeutique, en évitant toute interférence de la mère, comme cela aurait
été le cas par le passé avec d’autres thérapeutes. 

 

             
Le motif indiqué, à savoir la préservation des liens entre thérapeute et patient,
est tout à fait pertinent. Ce motif vaut également pour l’établissement scolaire.
Par conséquent, on ne saurait communiquer les noms de ces intervenants à la recourante. En
revanche, il incombe au père de transmettre à la recourante le bilan scolaire semestriel de
leur enfant ainsi que toutes les informations essentielles relatives à A.Q.________. A ce sujet,
il n’y a pas lieu d’assortir l’injonction faite au père de la menace de la peine
prévue à l’art. 292 CP, puisque rien ne permet de penser que ce dernier ne procédera
pas aux transmissions des données précitées.

 

 

7.

             

             
En conclusion, le recours est rejeté et la décision confirmée.

 

             
Les frais judiciaires de deuxième instance, fixés à 300 fr. (art. 74a al. 1 TFJC
[tarif du 28 septembre 2010 des frais judiciaires civils ; RSV 270.11.5]), sont mis à
la charge de la recourante, qui succombe (art. 106 al. 1 CPC). 

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des curatelles du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

prononce
:

 

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
La décision est confirmée.

 

             
III.             
Les frais judiciaires, fixés à 300 fr. (trois cents francs), sont mis à la charge de la
recourante.

 

             
IV.             
L'arrêt est exécutoire.

 

La
présidente :              La greffière
:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

‑             
Me Claire Charton (pour V.________),

‑             
B.Q.________,

-    
Service de protection de la jeunesse, ORPM du Nord,

 

et
communiqué à :

 

‑             
Justice de paix du district du Gros-de-Vaud,

-    
Service de protection de la jeunesse – Unité d'appui juridique,

 

par
l'envoi de photocopies.      

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente
jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

 

             
La greffière :