# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 2ffeeacf-2417-5acd-b3d1-2dcb5d5ab71f
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-06-13
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 13.06.2024 P/12279/2023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-12279-2023_2024-06-13.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/12279/2023 ACPR/451/2024 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du jeudi 13 juin 2024 

 

Entre 

A______, représentée par Me Mathieu JACQUERIOZ, avocat, Benoît & Arnold Avocats, 

rue Du-Roveray 16, case postale, 1211 Genève 6, 

recourante, 

 

contre l'ordonnance de non-entrée en matière rendue le 26 mars 2024 par le Ministère 

public, 

et 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimé. 

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EN FAIT : 

A. a. Par acte expédié le 5 avril 2024, A______ recourt contre l'ordonnance du 26 mars 
2024, notifiée le lendemain, par laquelle le Ministère public a décidé de ne pas entrer 
en matière sur sa plainte pénale pour lésions corporelles graves à la suite d'un 
accident de la circulation. 

La recourante conclut à l'annulation de l'ordonnance querellée et au renvoi de la 
cause au Ministère public pour suite d'instruction, sous suite de frais judiciaires et 
dépens. 

b. La recourante a versé les sûretés en CHF 1'000.- qui lui étaient réclamées par la 
Direction de la procédure. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier : 

a. Un accident de la circulation est survenu le 6 mars 2024 à la rue des Eaux-Vives 
no. 1______ à Genève, impliquant B______, automobiliste né en 1928, et A______, 
scootériste née en 1963. 

B______ a roulé sur le pied gauche de A______, qui a souffert de "fractures des 
bases des métatarsiens 1 à 4 et fracture arrachement du cunéiforme médial, réalisant 

un tableau de fracture de l'articulation du Lisfranc", selon le rapport des HUG. 

b. Selon le rapport de police du 18 mars 2023, l'accident avait eu lieu à 10:08. Les 
conditions de circulation étaient optimales : route sèche, beau temps et visibilité 
normale. 

À l'arrivée des policiers, A______ recevait des soins et B______ attendait à 
proximité. Les policiers ont souligné que le point de choc avait été situé 
"approximativement d'après les indications fournies par les parties en cause et 
compte tenu des éléments recueillis sur place". Des photographies et un croquis, 
disponibles sur demande, mais ne figurant pas au dossier, avaient été établis. 

Il résulte des faits constatés par la police que A______ circulait sur la rue des Eaux-
Vives en direction de la place homonyme. Peu avant le n° 1______, elle avait 
emprunté la voie de bus, afin de dépasser par la droite une file de véhicules attendant 
à un feu rouge, puis s'était arrêtée à côté du premier véhicule, conduit par B______. 
Elle n'avait pas respecté une distance latérale suffisante, plaçant son pied entre les 
roues avant et arrière droites de l'automobile. Lorsque le feu était passé au vert, 
A______ n'avait pas immédiatement démarré; B______, plus prompt, avait avancé, 
sans remarquer la présence d'un scooter à sa droite. Il avait alors roulé sur le pied 

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gauche de A______, qui n'était pas tombée car elle avait trouvé appui sur l'autobus 
survenu à côté d'elle. Aucun heurt n'était intervenu entre les véhicules. Le rétroviseur 
droit du véhicule de B______ était défectueux et avait réduit sa visibilité latérale. 

La police a annexé les images filmées par les caméras installées dans le bus des 
Transports publics genevois précité. L'accident n'est pas visible, mais les images 
montrent le bus arrivant à côté des protagonistes, ce alors que la voiture de B______ 
s'était déjà déplacée et se dirigeait légèrement vers la gauche. Le scooter est alors 
arrêté, parallèlement à la voiture, sur un passage pour piétons se trouvant devant la 
ligne d'arrêt du feu de circulation et se déplace légèrement vers l'arrière. La distance 
entre la voiture et le scooter est supérieure à un mètre. En se penchant à gauche, 
A______ touche la voiture, puis prend appui sur l'autobus à droite. La voiture quitte 
ensuite les lieux et A______ est prise en charge par des passants.  

Entendu par la police en présence de son avocat, B______ a contesté avoir commis la 
moindre faute. Lorsqu'il avait démarré au feu vert, il avait l'intention de tourner à 
gauche et avait entendu un cri : il s'agissait d'une dame qui s'était "faufilée" entre un 
bus et son véhicule. Il n'avait aucune raison de penser qu'elle se trouvait à sa droite, 
puisqu'elle n'était pas à sa hauteur. Il n'avait pas remarqué que son rétroviseur était 
cassé avant l'accident. Il était possible que cela soit survenu après l'accident, ce alors 
qu'il était stationné en bord de chaussée. 

c. Le 5 juin 2023, A______ a déposé plainte pénale contre B______ pour lésions 
corporelles graves. 

Elle a reproché à la police de n'avoir pas pris en compte sa version des faits, 
affirmant que B______ avait ultérieurement reconnu sa responsabilité oralement. 

Elle a exposé que, ce matin-là, elle était en retard pour un rendez-vous et avait pris la 
ligne de bus pour positionner son scooter devant le véhicule de B______, tout en 
"respectant la distance entre [les] véhicules". L'automobiliste avait démarré sans 
regarder devant lui, la poussant à droite et roulant sur son pied gauche qui touchait le 
sol. Son rétroviseur avait cogné son bras droit [sic]. Elle avait alors frappé sur la 
voiture pour qu'elle s'arrête. Un autobus était arrivé et elle avait pu prendre appui sur 
celui-ci, se retrouvant coincée entre la voiture et le véhicule des transports publics.  

Elle allègue, en sus des blessures susmentionnées, des souffrances psychologiques 
attestées par son médecin psychiatre.  

C. Dans la décision querellée, le Ministère public a considéré que les faits démontraient 
que A______ avait emprunté une ligne de bus pour dépasser une file de véhicules à 
l'arrêt, puis s'était placée à côté du véhicule de B______ à une distance latérale 
insuffisante, plaçant son pied gauche entre les roues de celui-ci. Le conducteur de 

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l'automobile ne pouvait ni la voir, ni s'attendre à lui rouler sur le pied, étant donné 
qu'elle s'était faufilée entre lui et un bus à l'arrêt. B______ n'avait ainsi violé aucune 
règle de prudence. 

D. a. À l'appui de son recours, A______ reprend sa version des faits et souligne les 
divergences existant avec les faits retenus par le Ministère public. 

 Elle produit une photographie non datée montrant une légère rougeur à son coude, 
ainsi qu'une attestation d'une esthéticienne travaillant à proximité qui a déclaré ne pas 
avoir assisté à l'accident. 

b. À réception des sûretés, la cause a été gardée à juger sans échange d'écritures, ni 
débats. 

EN DROIT : 

1. 1.1. Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai 
prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours 
auprès de la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP) et émaner de la plaignante 
qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. b CPP), a qualité pour agir, ayant un 
intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision 
querellée (art. 382 al. 1 CPP). 

1.2. Les pièces nouvelles produites par la recourante sont recevables, la 
jurisprudence admettant leur production en deuxième instance (arrêt du Tribunal 
fédéral 1B_550/2022 du 17 novembre 2022 consid. 2.1). 

2. La Chambre pénale de recours peut décider d'emblée de traiter sans échange 
d'écritures ni débats les recours manifestement irrecevables ou mal fondés (art. 390 
al. 2 et 5 a contrario CPP). Tel est le cas en l'occurrence, au vu des considérations 
qui suivent. 

3. La recourante reproche au Ministère public d'avoir refusé d'entrer en matière sur les 
faits qu'elle avait dénoncés, constitutifs, selon elle, de lésions corporelles par 
négligence. 

3.1. Le ministère public rend immédiatement une ordonnance de non-entrée en 
matière s'il ressort de la dénonciation ou du rapport de police que les éléments 
constitutifs de l'infraction ou les conditions à l'ouverture de l'action pénale ne sont 
manifestement pas réunis (art. 310 al. 1 let. a CPP). 

Conformément à cette disposition, la non-entrée en matière est justifiée lorsque la 
situation est claire sur le plan factuel et juridique. Tel est le cas lorsque les faits visés 

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ne sont manifestement pas punissables, faute, de manière certaine, de réaliser les 
éléments constitutifs d'une infraction, ou encore lorsque les conditions à l'ouverture 
de l'action pénale font clairement défaut. Au stade de la non-entrée en matière, on ne 
peut admettre que les éléments constitutifs d'une infraction ne sont manifestement 
pas réalisés que lorsqu'il n'existe pas de soupçon suffisant conduisant à considérer un 
comportement punissable ou lorsqu'un éventuel soupçon initial s'est entièrement 
dissipé. En revanche, si le rapport de police, la dénonciation ou les propres 
constatations du ministère public amènent à retenir l'existence d'un soupçon 
suffisant, il incombe en principe à ce dernier d'ouvrir une instruction (art. 309 al. 1 
let. a CPP). Cela implique que les indices de la commission d'une infraction soient 
importants et de nature concrète, ce qui n'est pas le cas de rumeurs ou de 
suppositions. Le soupçon initial doit reposer sur une base factuelle plausible, laissant 
apparaître la possibilité concrète qu'une infraction ait été commise (ATF 141 IV 87 
consid. 1.3.1). Dans le doute, lorsque les conditions d'une non-entrée en matière ne 
sont pas réalisées avec une certitude absolue, l'instruction doit être ouverte (ATF 
143 IV 241 consid. 2.2.1 ; ATF 138 IV 86 consid. 4.1 ; ATF 137 IV 219 consid. 7). 

3.2. L'art. 125 al. 1 CP réprime, sur plainte, le comportement de celui qui, par 
négligence, aura fait subir à une personne une atteinte à l'intégrité corporelle ou à la 
santé. La réalisation de l'infraction réprimée par l'art. 125 CP suppose la réunion de 
trois éléments constitutifs, à savoir une négligence imputable à l'auteur, des lésions 
corporelles subies par la victime, ainsi qu'un lien de causalité naturelle et adéquate 
entre la négligence et les lésions (arrêt du Tribunal fédéral 6B_976/2023 du 
29 novembre 2023 consid. 1.2). Si la lésion est grave, l'auteur est poursuivi d'office 
(art. 125 al. 2 CP). 

Conformément à l'art. 12 al. 3 CP, il y a négligence si, par une imprévoyance 
coupable, l'auteur a agi sans se rendre compte ou sans tenir compte des conséquences 
de son acte. Il faut que l'auteur ait, d'une part, violé les règles de prudence que les 
circonstances lui imposaient pour ne pas excéder les limites du risque admissible et 
que, d'autre part, il n'ait pas déployé l'attention et les efforts que l'on pouvait attendre 
de lui pour se conformer à son devoir (ATF 143 IV 138 consid. 2.1; 135 IV 56 
consid. 2.1 et les références citées). Pour déterminer plus précisément les devoirs 
imposés par la prudence, on peut se référer à des normes édictées par l'ordre 
juridique pour assurer la sécurité et éviter des accidents (ATF 143 IV 138 consid. 2.1 
p. 140). S'agissant d'un accident de la route, il convient de se référer aux règles de la 
circulation routière (ATF 122 IV 133 consid. 2a; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_976/2023 du 29 novembre 2023 consid. 1.2).  

Il faut en outre qu'il existe un rapport de causalité entre la violation fautive du devoir 
de prudence et les lésions de la victime. Le rapport de causalité est qualifié d'adéquat 
lorsque, d'après le cours ordinaire des choses et l'expérience de la vie, le 
comportement était propre à entraîner un résultat du genre de celui qui s'est produit 
(ATF 138 IV 57 consid. 4.1.3). La causalité adéquate sera admise même si le 

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comportement de l'auteur n'est pas la cause directe ou unique du résultat. Peu importe 
que le résultat soit dû à d'autres causes, notamment à l'état de la victime, à son 
comportement ou à celui de tiers (ATF 131 IV 145 consid. 5.2). La causalité 
adéquate peut être exclue si une autre cause concomitante, par exemple une force 
naturelle, le comportement de la victime ou d'un tiers, constitue une circonstance tout 
à fait exceptionnelle ou apparaît si extraordinaire que l'on ne pouvait s'y attendre. 
L'imprévisibilité d'un acte concurrent ne suffit pas en soi à interrompre le rapport de 
causalité adéquate. Il faut encore que cet acte ait une importance telle qu'il s'impose 
comme la cause la plus probable et la plus immédiate de l'événement considéré, 
reléguant à l'arrière-plan tous les autres facteurs qui ont contribué à l'amener et 
notamment le comportement de l'auteur (ATF 143 III 242 consid. 3.7; 134 IV 255 
consid. 4.4.2; 133 IV 158 consid. 6.1; 131 IV 145 consid. 5.2). La question de la 
causalité adéquate constitue une question de droit que le Tribunal fédéral revoit 
librement (ATF 142 IV 237 consid. 1.5.1 et 1.5.2; 139 V 176 consid 8.4.1 à 8.4.3; 
138 IV 57 consid. 4.1.3 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_976/2023 du 29 novembre 
2023 consid. 1.2). 

3.3. L'art. 26 al. 1 LCR prescrit que chacun doit se comporter, dans la circulation, de 
manière à ne pas gêner ni mettre en danger ceux qui utilisent la route conformément 
aux règles établies (al. 1). La jurisprudence a déduit de cette règle le principe de la 
confiance, qui permet à l'usager qui se comporte réglementairement d'attendre des 
autres usagers, aussi longtemps que des circonstances particulières ne doivent pas 
l'en dissuader, qu'ils se comportent également de manière conforme aux règles de la 
circulation, c'est-à-dire ne le gênent ni ne le mettent en danger (ATF 143 IV 500 
consid. 1.2.4; 143 IV 138 consid. 2.1; 125 IV 83 consid. 2b et les références citées). 
Seul celui qui s'est comporté réglementairement peut invoquer le principe de la 
confiance (ATF 143 IV 500 consid. 1.2.4; 129 IV 282 consid. 2.2.1; arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_976/2023 du 29 novembre 2023 consid. 1.2).   

À teneur de l'art. 31 al. 1 LCR, le conducteur devra rester constamment maître de son 
véhicule de façon à pouvoir se conformer aux devoirs de la prudence. L'art. 3 al. 1 
OCR précise que le conducteur vouera son attention à la route et à la circulation. Le 
degré de l'attention requise par l'art. 3 al. 1 OCR s'apprécie au regard des 
circonstances d'espèce, telles que la densité du trafic, la configuration des lieux, 
l'heure, la visibilité et les sources de danger prévisibles (ATF 137 IV 290 consid. 3.6 
et les références citées ; arrêt du Tribunal fédéral 1C_179/2023 du 3 août 2023 
consid. 3.1). Lorsqu'un conducteur doit prêter son attention visuelle principalement 
dans une direction déterminée, on peut admettre que son attention soit moindre dans 
les autres (ATF 122 IV 225 consid. 2b). Le conducteur doit avant tout porter son 
attention, outre sur sa propre voie de circulation, sur les dangers auxquels on doit 
s'attendre et peut ne prêter qu'une attention secondaire à d'éventuels comportements 
inhabituels ou aberrants (ATF 122 IV 225 consid. 2c ; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_33/2021 du 12 juillet 2021 consid. 3.2.2). 

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3.4. Le droit d'être entendu, garanti par l'art. 3 al. 2 let. c CPP et 29 al. 2 Cst., 
comprend notamment le droit pour le justiciable de s'exprimer sur les éléments 
pertinents avant qu'une décision ne soit prise touchant sa situation juridique, d'obtenir 
l'administration des preuves pertinentes et valablement offertes, de participer à 
l'administration des preuves essentielles et de se déterminer sur son résultat lorsque 
cela est de nature à influer sur la décision à rendre (ATF 142 II 218 consid. 2.3 ; 
140 I 285 consid. 6.3.1). 

3.5. En l'espèce, il est établi que, le jour de l'accident, la recourante au guidon de son 
scooter, pressée, a remonté par la droite une file de véhicules à l'arrêt, en empruntant 
une voie de bus. En tête de cette file, se trouvait l'automobile du mis en cause. Il est 
aussi incontesté que celui-ci a roulé sur le pied de la recourante lui occasionnant une 
blessure qui pourrait, en l'état, être qualifiée de grave. 

Par contre, le déroulement des faits entre ces deux événements est contesté. Ainsi, 
l'emplacement exact de l'endroit où s'est arrêtée la recourante, notamment par rapport 
au véhicule du mis en cause, est litigieux. Les parties sont unanimes sur le fait que le 
scooter s'est arrêté sur la droite par rapport à la marche de l'automobile, mais la 
question de savoir s'il était plutôt devant ou sur le côté de celle-ci est discutée. Le mis 
en cause a affirmé que la recourante s'était positionnée à côté de son véhicule, ce qui 
ressort aussi du rapport de police. Selon celui-ci, la recourante avait placé son pied 
entre les roues avant et arrière droites de la voiture. Elle soutient s'être positionnée à 
l'avant droit de l'automobile, en respectant une distance suffisante. 

Contrairement à son opinion, il n'existe pas de moyens de preuves permettant de 
fonder un soupçon de violation par l'automobiliste de son devoir de prudence. En 
effet, tant les policiers que l'esthéticienne dont elle a produit une attestation écrite 
n'ont pas été témoins de l'accident, mais seulement de ses suites. Ainsi, les éventuels 
croquis et photographies des policiers ne sont d'aucune aide. Il en va de même de 
l'enregistrement vidéo provenant de l'autobus. Celui-ci est arrivé sur les lieux alors 
que l'accident s'était déjà produit, contrairement à ce qu'a retenu le Ministère public, 
mais cela implique de facto que les images recueillies ne permettent pas d'établir le 
positionnement des protagonistes avant l'accident. Il apparaît sur ces images que le 
scooter était arrêté sur un passage pour piétons et se trouvait positionné parallèlement 
à quelque distance de la voiture, celle-ci se dirigeant légèrement vers la gauche. La 
distance entre les deux véhicules est trop importante pour retenir que leur position 
serait la même qu'au moment de l'accident, car il est impossible, dans cette 
configuration, que la voiture ait pu rouler sur le pied de la recourante. De plus, celle-
ci n'a pas mentionné s'être arrêtée si en avant de l'automobile du mis en cause qu'elle 
se serait placée plusieurs mètres devant la ligne d'arrêt et sur un passage pour piétons. 
Il s'ensuit que les images ne permettent pas de renseigner sur le positionnement des 
véhicules au moment de l'accident. 

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La recourante affirme avoir été heurtée par le rétroviseur droit de l'automobile. Il est 
établi que le rétroviseur était cassé après l'accident, mais il s'est avéré impossible de 
déterminer à quel moment ce dommage est survenu et s'il est en lien avec un éventuel 
choc avec le coude de la recourante. Ici encore, un tel choc ne ressort ni des images 
du bus, ni ne peut être établi par un autre moyen de preuve. La photographie du 
coude de la recourante que la recourante a produite devant la Chambre de céans n'est 
pas suffisamment probante pour établir que cette rougeur aurait été causée en 
heurtant ledit rétroviseur. 

Il découle de ce qui précède qu'une quelconque violation du devoir de prudence du 
mis en cause ne peut être retenue. Celui-ci, bifurquant à gauche, ne devait pas prêter 
une attention soutenue au positionnement de la recourante qui avait remonté la file de 
voitures en empruntant la voie du bus, sur sa droite. De surcroît, pour que le véhicule 
se dirigeant vers la gauche roule sur le pied de la recourante positionnée en avant de 
la voiture – selon ses déclarations – à droite, il aurait fallu que la recourante place 
son pied pratiquement sous la roue de la voiture à l'arrêt, soit un comportement 
tellement imprévisible qu'il ne pourrait être reproché au mis en cause de ne pas 
l'avoir anticipé. 

Il s'ensuit que l'autorité précédente a, à bon droit, refusé d'administrer des preuves 
supplémentaires et impropres à prouver des faits pertinents. Il ne saurait donc être 
question d'une violation du droit d'être entendue de la recourante, plus précisément 
de son droit à la preuve. 

Les griefs de la recourante seront donc écartés. 

4. Justifiée, l'ordonnance querellée sera donc confirmée. 

5. La recourante, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui seront fixés en 
totalité à CHF 1'000.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des 
frais en matière pénale, RTFMP ; E 4 10.03). 

* * * * * 

  

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PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

 
Rejette le recours. 

Condamne A______ aux frais de la procédure de recours, qui seront arrêtés à CHF 1'000.-. 

Dit que ce montant sera prélevé sur les sûretés versées. 

Notifie le présent arrêt, en copie, à la recourante, soit pour elle son conseil, et au Ministère 
public. 

Siégeant : 

Madame Daniela CHIABUDINI, présidente; Monsieur Christian COQUOZ et Madame 
Corinne CHAPPUIS BUGNON, juges; Madame Olivia SOBRINO, greffière. 

 

La greffière : 

Olivia SOBRINO 

 La présidente : 

Daniela CHIABUDINI 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110); la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les trente jours qui 

suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent 

être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention 

de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse 

(art. 48 al. 1 LTF). 

  

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P/12279/2023 ÉTAT DE FRAIS   

 
 

 
COUR DE JUSTICE 

 

 
 
 
Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais en matière pénale 
(E 4 10.03). 
 

Débours (art. 2) 

- frais postaux CHF 10.00 

Émoluments généraux (art. 4)  

- délivrance de copies (let. a) CHF      

- délivrance de copies (let. b) CHF      

- état de frais (let. h) CHF 75.00 

Émoluments de la Chambre pénale de recours (art. 13)  

- décision sur recours (let. c) CHF 915.00 

- demande sur récusation (let. b) CHF      

Total  CHF   1'000.00