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**Case Identifier:** 29865161-b200-5d27-9a8e-0f67e1123bf5
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-05-24
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance 24.05.2016 C/19082/1998
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_006_C-19082-1998_2016-05-24.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/19082/1998-CS DAS/132/2016

DECISION 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre de surveillance 

DU MARDI 24 MAI 2016 

 

Recours (C/19082/1998-CS) formés en date du 15 février 2016 par Madame A______, 

domiciliée ______ (GE), comparant par Me Samir DJAZIRI, avocat, en l'Etude duquel 

elle élit domicile, d'une part, et par Monsieur B______, domicilié ______ (GE), 

comparant par Me Razi ABDERRAHIM, avocat, en l'Etude duquel il élit domicile, 

d'autre part. 

* * * * * 

Décision communiquée par plis recommandés du greffier 

du    25 mai 2016 à : 

- Madame A______ 

c/o Me Samir DJAZIRI, avocat 

Rue Leschot 2, 1205 Genève. 

- Monsieur B______ 

c/o Me Razi ABDERRAHIM, avocat 

Rond-Point de plainpalais 2, 1205 Genève. 

- Madame ______ 

Monsieur ______ 

SERVICE DE PROTECTION DES MINEURS 
Case postale 75, 1211 Genève 8. 

- TRIBUNAL DE PROTECTION DE L'ADULTE 

ET DE L'ENFANT.   

- 2/7 - 

 

 

C/19082/1998-CS 

 Vu la procédure; 

Vu EN FAIT l’ordonnance DTAE/5632/2015 du Tribunal de protection de 

l’adulte et de l’enfant (ci-après : le Tribunal de protection) datée du 

17 novembre 2015, mais notifiée le 13 janvier 2016 (sic) relative aux mineurs 

C______, D______, E______, F______ et G______, nés respectivement les 

______ 1998, ______ 2002, ______ 2006, ______ 2010 et ______2014, par 

laquelle le Tribunal de protection a notamment instauré une curatelle d’assistance 

éducative en faveur des mineurs (ch. 1 du dispositif), désigné trois employés du 

Service de protection des mineurs (ci-après : SPMi) en qualité de curateurs, 

respectivement suppléants, des mineurs concernés (ch. 2) (…); 

Attendu que le Tribunal de protection a considéré qu’une curatelle d’assistance 

éducative était nécessaire en faveur des mineurs, la mère de ceux-ci ayant elle-

même saisi le Tribunal de protection au vu de diverses difficultés rencontrées 

notamment avec ses filles aînées; 

Que le Tribunal de protection a retenu également que la mère des enfants était 

sous l’emprise de son compagnon, B______ celui-ci représentant un élément 

d’instabilité dans le bon développement des mineurs; 

Qu’il a estimé que le renforcement des compétences parentales de la mère des 

enfants, ainsi que l’intervention d’un tiers, nécessaire dans le suivi scolaire de 

ceux-ci et leur prise en charge thérapeutique, ne pourrait être effectif que 

moyennant la prise de la mesure concernée; 

Qu’il ressort de la procédure pour le surplus que A______ a donné naissance à ses 

cinq enfants hors mariage; 

Que B______ a reconnu les cinq enfants; 

Que les autorités tutélaires connaissent la situation de ce groupe familial depuis 

peu après la naissance du premier enfant; 

Qu’une curatelle d’assistance éducative avait déjà été envisagée à l’époque 

s’agissant de la première des enfants; 

Que malgré certains éléments de danger, notamment au niveau de l’hygiène des 

enfants et du lieu de vie, aucune mesure de protection n’a été prise du fait de la 

bonne collaboration de la mère avec le SPMi; 

Que A______ s’est adressée au Tribunal de protection en juin 2015 suite à sa 

séparation d’avec B______, sa fille aînée ayant été hospitalisée en avril 2015 et 

ayant elle-même fait appel au SPMi, les deux filles aînées ne souhaitant plus voir 

leur père; 

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C/19082/1998-CS 

Que B______ était sans domicile fixe depuis la séparation; 

Qu’en septembre 2015, le SPMi a dénoncé B______ au Ministère public pour 

mise en danger du développement des mineurs exerçant à leur encontre des 

violences psychologiques, les insultants, notamment sur leur physique, les 

rabaissant, leur écrivant des sms menaçants, leur donnant des claques et des 

fessées, parfois avec une télécommande, et se masturbant devant des vidéos 

pornographiques en leur présence; 

Qu’une instruction pénale est en cours, B______ ayant été entendu le 14 avril 

2016 par le Ministère public; 

Que parallèlement, soit en date du 5 octobre 2015, le SPMi a préavisé 

l’instauration d’une mesure de curatelle d’assistance éducative considérant que la 

mère des enfants était sous l’emprise de son ancien compagnon, père de ceux-ci, 

celui-ci étant submergé par ses difficultés personnelles; 

Que le SPMi relève en outre que les enfants ont assisté à des scènes de violences 

physiques et verbales, voire d’exposition à des scènes sexuelles par leur père; 

Qu’il conclut qu’une curatelle d’assistance éducative permettrait un 

accompagnement auprès de la mère tout en veillant au bon développement des 

enfants; 

Que la mère s’était déclarée d’accord avec le prononcé de cette mesure; 

Que toutefois, par acte du 15 février 2016, elle a recouru contre l’ordonnance 

rendue par le Tribunal de protection et conclu à son annulation et au renvoi de la 

procédure pour complément d’instruction, concluant subsidiairement à 

l’instauration d’une mesure de droit de regard et d’information en faveur des 

enfants; 

Qu’en substance, elle fait grief au Tribunal de protection, sans contester 

principalement le prononcé de la mesure, de ne pas avoir complété l’instruction 

par des auditions qu’elle estime opportunes; 

Que subsidiairement elle estime que la mesure prononcée est disproportionnée, 

une mesure de l’art. 307 al. 1 CC lui apparaissant suffisante; 

Que par recours du même jour, B______ a conclu à l’annulation de l’ordonnance 

rendue par le Tribunal de protection et de même que la première recourante, au 

renvoi de la cause au Tribunal de protection pour complément d’instruction; 

Que subsidiairement, de même que la recourante, il conclut au prononcé, le cas 

échéant d’un droit de regard et d’information en lieu et place de la mesure 

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C/19082/1998-CS 

ordonnée, mandat devant être confié à d’autres intervenants sociaux que ceux 

désignés par le Tribunal de protection; 

Qu’il soutient en substance qu’il n’existe pas de menace pour le développement 

des enfants ceux-ci étant parfaitement intégrés dans le système scolaire;  

Qu’il estime en outre que la mère de ceux-ci n’est pas incapable de gérer ses 

propres affaires; 

Que le Tribunal de protection n’a pas souhaité revoir sa décision, disant 

s’interroger pour le surplus sur la qualité pour recourir de B______; 

Que le SPMi a confirmé par courrier du 17 mars 2016 à l’adresse de la Cour que 

l’instauration d’une curatelle d’assistance éducative répondait au mieux aux 

carences constatées, celle-ci étant nécessaire afin de soutenir les enfants et afin 

d’agir au mieux dans leur intérêt, un droit de regard et d’information ne suffisant 

pas, une prise en charge éducative et thérapeutique active auprès des parents et 

des enfants semblant aujourd’hui extrêmement importante; 

Que par mémoires réponses respectifs du 21 mars 2016, les parties ont persisté 

dans les conclusions de leurs recours respectifs; 

Considérant EN DROIT que les dispositions de la procédure devant l’autorité de 

protection de l’adulte sont applicables par analogie pour les mesures de protection 

de l’enfant (art. 314 al. 1 CC); 

Que les décisions de l’autorité de protection peuvent faire l’objet d’un recours 

auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 450 al. 1 CC et 

53 al. 1 LaCC), par les personnes qui ont qualité pour recourir, par écrit et dans un 

délai de trente jours à compter de la notification de la décision (art. 450 al. 2 et 3 

et 450b al. 1 CC); 

Que sont notamment des personnes parties à la procédure les père et mère des 

mineurs (art. 35 lit. b LaCC); 

Qu’en l’espèce, les deux recours ont été déposés dans le délai prévu par la loi, par 

des personnes parties à la procédure, par-devant l’autorité compétente, de sorte 

qu’ils sont recevables; 

Que compte tenu de la matière, soumise aux maximes inquisitoire et d’office 

illimitée, la cognition de la Chambre de surveillance est complète, celle-ci n’étant 

pas liée par les conclusions des parties (art. 446 CC); 

Que selon l’art. 53 al. 5 LaCC, il n’y a en principe pas de débats devant la 

Chambre de surveillance de la Cour; 

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C/19082/1998-CS 

Que lorsque les circonstances l’exigent, l’autorité de protection de l’enfant 

nomme un curateur qui assiste les père et mère de ses conseils et de son appui 

dans la prise en charge de l’enfant (art. 308 al. 1 CC); 

Que la curatelle éducative pourra notamment prendre tout son sens lorsque les 

titulaires de l’autorité parentale sont (momentanément) dépassés par la prise en 

charge d’un enfant en raison de difficultés personnelles (maladies, dépression, 

handicap ou de problèmes médicaux et/ou éducatifs de l’enfant lui-même). A la 

différence du droit de regard et d’information de l’art. 307 al. 3 CC, la curatelle 

éducative comprend une composante contraignante : tous les intéressés (en 

particulier les père et mère ainsi que l’enfant) ont l’obligation de coopérer avec le 

curateur, de lui donner les informations demandées et de se positionner par 

rapport aux propositions faites (MEIER, Commentaire romand CC I, ad art. 308 

n° 7 et 9); 

Que dans le cas d’espèce, il s’agit tout d’abord de retenir que le dossier est 

suffisamment instruit pour examiner la question de l’instauration d’une éventuelle 

mesure; 

Que non seulement les rapports du SPMi sont circonstanciés et complets mais en 

outre, le Tribunal de protection a procédé aux auditions indispensables; 

Que la Cour relève par ailleurs que la situation de la fratrie considérée est connue 

et suivie de longue date par les autorités, de sorte que des mesures d’instruction 

complémentaires n’avaient pas à être ordonnées; 

Qu’il ressort d’autre part sans équivoque du dernier rapport du SPMi, ainsi que de 

l’audition de ses rédacteurs par le Tribunal de protection que la situation de la 

fratrie est inquiétante, la recourante A______ ayant par ailleurs sollicité elle-

même le SPMi pour l’aider à réorganiser sa vie de famille suite à la séparation 

d’avec le père des enfants; 

Que les représentants du SPMi, ainsi que les autres intervenants notamment 

scolaires, avaient constaté des éléments inquiétants dans la prise en charge des 

enfants comme des manques d’hygiène de ceux-ci et de leur lieu de vie ainsi 

qu’une désorganisation complète de leur vie quotidienne; 

Que les professionnels suivant les mineurs F______ et E______ ont relevé que 

ceux-ci avaient besoin d’une scolarité spécialisée, l’enfant C______ présentant en 

outre des absences scolaires injustifiées; 

Qu’il ressort en plus du dossier que les enfants sont en grande souffrance du fait 

des comportements de B______ à leur égard et que la recourante A______ est 

sous son emprise et incapable à elle seule de sauvegarder l’intérêt des mineurs; 

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C/19082/1998-CS 

Que par conséquent, la mesure proposée par le SPMi et instaurée par le Tribunal 

de protection était parfaitement justifiée respectant les principes de subsidiarité et 

de proportionnalité, aucune autre mesure moins incisive ne permettant de 

sauvegarder l’intérêt de la fratrie; 

Qu'en effet, et conformément à son but, la curatelle éducative comprend une 

composante contraignante absolument indispensable en l'espèce;  

Que les recours seront donc rejetés et l’ordonnance attaquée confirmée; 

Que la procédure est gratuite (art. 81 al. 1 LaCC). 

* * * * * 

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C/19082/1998-CS 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre de surveillance : 

A la forme : 

Déclare recevables les recours formés le 15 février 2016 par A______ et B______ contre 

l’ordonnance DTAE/5632/2015 rendue le 17 novembre 2015 par le Tribunal de 

protection de l’adulte et de l’enfant dans la cause C/19082/1998-6. 

Au fond : 

Les rejette et confirme l’ordonnance attaquée. 

Dit que la procédure est gratuite. 

Siégeant : 

Monsieur Cédric-Laurent MICHEL, président; Monsieur Jean-Marc STRUBIN et 

Madame Paola CAMPOMAGNANI, juges; Madame Carmen FRAGA, greffière. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), la présente décision peut être portée dans les trente jours qui 

suivent sa notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par devant le 

Tribunal fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral - 1000 Lausanne 14.