# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 326f49a9-8cba-525b-af10-2948f39f87f1
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-05-20
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 20.05.2010 A/734/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-734-2010_2010-05-20.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET 

 

CANTON DE GENEVE 

 

POUVOIR JUDICIAIRE 
 

 

DCSO/234/10 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 

17 juin 2005 (LTF ; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Commission de 

surveillance des Offices des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance 

en matière de poursuite pour dettes et faillite (art. 56R al. 3 LOJ). Il doit être déposé devant le 

Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les dix jours qui suivent la notification de l'expédition 

complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2 let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière 

de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). Le recours doit être rédigé dans 

une langue officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens 

de preuve, et être signé (art. 42 LTF). 

 

DÉCISION 

DE LA COMMISSION DE SURVEILLANCE 
DES OFFICES DES POURSUITES ET DES FAILLITES 

SIÉGEANT EN SECTION 

DU JEUDI 20 MAI 2010 

Cause A/734/2010, plainte 17 LP formée le 1
er

 mars 2010 par Me B______, élisant 
domicile en l'étude de Me Mario-Dominique TORELLO, avocat, à Genève. 

 

Décision communiquée à : 

- Me B______, avocat 

domicile élu : Etude de Me Mario-Dominique TORELLO, avocat 
Rue Monnier 1 

 Case postale 205 
 1211 Genève 12 
 
 

- M. M______ 

 
 

- Office des poursuites  

 

 - 2 - 

 

E N   F A I T  

A. Dans le cadre d'une poursuite n° 09 xxxx34 U dirigée par Me B______ contre M. 

M______, l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) a dressé, le 1
er

 février 2010, 

un procès-verbal de saisie valant acte de défaut de biens qu'il a communiqué aux 

précités en date du 17 février 2010. 

 Il ressort de cet acte que M. M______ - divorcé et dont le fils K______, né le xx 

1990, vit auprès de sa mère - est sans emploi, qu'il a pour seul revenu une rente du 

2
ème

 pilier (CEH, Caisse de prévoyance du personnel des établissements publics 

médicaux du Canton de Genève) de 2'448 fr. 35 par mois, qu'une demande de 

rente AVS est en cours et que ses charges représentent 1'661 fr. (loyer : 1'150 fr. ; 

prime d'assurance maladie : 441 fr. ; frais de transport : 70 fr.). Il est, par ailleurs, 

indiqué que le poursuivi n'a pas de véhicule, selon contrôle auprès de l'office 

compétent du 23 décembre 2009. L'Office fait référence à un constat du 23 

décembre 2009, date à laquelle le poursuivi lui a annoncé un changement de 

situation. 

B. Par acte déposé auprès du greffe de la Commission de céans le 1
er

 mars 2010, Me 

B______ a porté plainte contre ce procès-verbal de saisie qu'il a reçu le 18 février 

2010. Il conclut, préalablement, à ce qu'il soit ordonné à l'Office de procéder à des 

investigations complètes, sérieuses et poussées afin de déterminer la fortune et la 

totalité des revenus de M. M______, ainsi que tout ses biens, et d'exiger, sous les 

menaces des peines prévues à l'art. 292 CP, que le précité produise ses 

déclarations d'impôts et toutes autres pièces attestant du montant de ses revenus 

du 1
er

 janvier 2005 à ce jour. Sur le fond, il conclut à l'annulation de l'acte 

querellé, à la saisie des biens et de la quotité saisissable des revenus du précité. 

Me B______ reproche à l'Office de ne pas avoir mené des investigations 

suffisantes. Il lui fait grief, en particulier, de ne pas s'être interrogé sur la question 

de savoir comment le poursuivi, avec ses revenus déclarés, pouvait s'acquitter de 

ses prétendues charges, et de conclure que ce dernier dispose nécessairement 

d'autres revenus ou qu'il ne paye pas ses charges. Il relève, par ailleurs, que, dans 

le cadre d'une précédente poursuite ayant abouti à la délivrance d'un procès-verbal 

de saisie (série n° 09 xxxx17 B), l'Office avait retenu que M. M______ disposait 

d'un revenu de 7'270 fr. 45, somme largement supérieure à celle déclarée le 17 

février 2010. Me B______ produit notamment un tirage du procès-verbal de saisie 

susmentionné dont il ressort que l'Office a retenu que le poursuivi percevait une 

rente de sa caisse de pension (CEH) de 6'108 fr. 35 et que ses charges étaient de 

2'963 fr. (quotité saisissable : 3'240 fr.). 

 Dans son rapport, l'Office explique que M. M______, contre lequel une saisie de 

rente a été exécutée le 6 août 2009 dans le cade des poursuites formant la série    

n° 09 xxxx17 B, a annoncé, le 23 décembre 2009, un changement de situation. 

Ayant atteint l'âge de la retraite, la rente qui lui était versée au titre de la retraite 

 

 - 3 - 

anticipée par sa caisse de pension (CEH) était supprimée et remplacée, à compter 

du 1
er

 décembre 2009, par une pension de retraite de 1'834 fr. 40, son fils 

K______ ayant droit à une rente de 613 fr. 95. M. M______ a produit copie du 

certificat de pension relatif à ces prestations qui lui a été adressé par sa caisse le 

14 décembre 2009. Au vu des ces faits nouveaux, l'Office a informé le tiers saisi 

de la levée de la saisie (série n° 09 xxxx17 B) et délivré à Me B______, qui avait 

requis la continuation de la poursuite n° 09 xxxx34 U le 19 janvier 2010, un 

procès-verbal de saisie valant acte de défaut de biens. L'Office produit un procès-

verbal des opérations de la saisie établi et signé le 23 décembre 2009, dont il 

ressort notamment que le loyer, la prime d'assurance maladie du poursuivi et les 

frais de déplacement sont, respectivement, de 1'150 fr., 441 fr. et 70 fr., et  qu'une 

demande est en cours en vue de l'obtention d'une rente AVS. Il conclut au rejet de 

la plainte et à la confirmation de l'acte querellé, le revenu du poursuivi étant, 

compte tenu de ses charges, insaisissable. 

 Invité à se déterminer, M. M______ a produit les pièces    suivantes : 

 -  un courrier de la Caisse cantonale genevoise de compensation daté du 10 mars 

2010 attestant que l'intéressé est bénéficiaire d'une rente simple AVS de    

1'762 fr. par mois en 2010 ;   

 -  une décision de la Caisse cantonale genevoise de compensation datée du          

26 mars 2010 l'informant que sa créance de 10'152 fr. 95, représentant des 

cotisations AVS arriérées, serait compensée avec la rente qui lui est versée à 

hauteur de 250 fr. de mai 2010 à août 2013, puis de 153 fr. en septembre 2013. 

 

E N   D R O I T  

1. La Commission de céans est compétente pour connaître des plaintes dirigées 

contre des mesures prises par des organes de l’exécution forcée qui ne sont pas 

attaquables par la voie judiciaire (art. 17 al. 1 LP ; art. 10 al. 1 et art. 11 al. 2 

LaLP ; art. 56R al. 3 LOJ). 

 Un procès-verbal de saisie valant acte de défaut de biens est un acte sujet à 

plainte.  

 Le plaignant, en tant que poursuivant, a qualité pour agir par cette voie. 

 Sa plainte a été déposée dans le délai (art. 17 al. 2 LP ; art. 31 al. 3 LP) et les 

formes prescrites (art. 13 al. 1, 2 et  5 LaLP ; art. 65 LPA). 

 Elle est donc recevable. 

 

 - 4 - 

2. Sur plainte d’un créancier, l’autorité de surveillance doit se limiter à statuer sur les 

points faisant l'objet de celle-ci, sans faire porter sa décision sur les montants, 

même erronés, retenus par l’Office pour d’autres rubriques (SJ 2000 II 211). Si 

l'autorité de surveillance modifie la part saisissable au détriment du débiteur, 

respectivement, annule un procès-verbal de saisie valant acte de défaut de biens et 

fixe la quotité saisissable, sa décision ne peut prendre effet qu’à partir de sa 

notification (ATF 116 III 15 consid. 3.a.), à moins que des mesures 

provisionnelles anticipant ce résultat aient été ordonnées. 

 Dans le cas particulier, le plaignant conteste le montant du revenu retenu par 

l'Office. 

3.a. D'après l'art. 93 al. 1 LP, les pensions et prestations de toutes sortes qui sont 

destinées à couvrir une perte de gain, en particulier les rentes et indemnités en 

capital qui ne sont pas insaisissables en vertu de l'art. 92 LP, peuvent notamment 

être saisies, déduction faite de ce que le préposé estime indispensable au débiteur 

et à sa famille. Sont ainsi relativement saisissables les rentes servies par les 

institutions de prévoyance professionnelle une fois l’âge de la retraite atteint, le 

décès ou l’invalidité survenu (ATF non publié 7B.253/2003 du 23 décembre 2003 

consid. 3.1 ; ATF 7B.234/2003 du 17 novembre 2003 consid. 3 ; ATF 128 III 467 

consid. 2.3 (non publié aux ATF), JdT 2003 II 29 ; ATF 121 III 285 consid. 1b et 

3, JdT 1998 II 15 ; ATF 120 III 71 consid. 2 et 3, JdT 1997 II 18 ; Michel 

Ochsner, in CR-LP, ad art. 93 n° 51). 

3.b. Selon l’art. 92 al. 1 ch. 9a LP, sont insaisissables les rentes au sens de l’art. 20 de 

la loi fédérale sur l’assurance-vieillesse et survivants, ou de l’art. 50 de la loi 

fédérale sur l’assurance invalidité, ainsi que les prestations au sens de l’art. 12 de 

la loi fédérale sur les prestations complémentaires à l’assurance-vieillesse, 

survivants et invalidité et les prestations des caisses de compensation pour 

allocations familiales. 

4. Il est constant que le poursuivi, qui a atteint l'âge de 65 révolus le 3 novembre 

2009, perçoit, depuis le 1
er

 décembre 2009, une rente de sa caisse de pension de 

1'834 fr. 40, étant rappelé que la rente en faveur de son fils, né le xx 1990, qui doit 

être affectée exclusivement aux besoins de ce dernier, ne doit pas être ajoutée à ce 

revenu (art. 276 CC ss, en particulier art. 276 al. 2 et 285 CC).  

 Il ressort, par ailleurs, de l'instruction de la cause que le poursuivi, contre lequel 

une saisie de rente à hauteur de 3'240 fr. avait été exécutée le 6 août 2009 - selon 

le procès-verbal de saisie, série n° 09 xxxx17 B, la rente qui lui était versée par la 

CEH au titre de la retraite anticipée s'élevait à 6'108 fr. 35 - a annoncé à l'Office 

ce fait nouveau et lui a indiqué qu'une demande auprès de la Caisse cantonale 

genevoise de compensation était en cours (cf. procès-verbal des opérations de la 

saisie du 23 décembre 2009).  

 

 - 5 - 

 L'Office, qui a enregistré la réquisition de continuer la poursuite n° 09 xxxx34 U 

formée par le plaignant le 21 janvier 2010, devait donc interpeller le poursuivi 

afin de connaître le montant de sa rente AVS, laquelle prend naissance le premier 

jour du mois suivant celui où a été atteint l'âge de 65 ans révolus, soit en l'espèce, 

le 1
er

 décembre 2009 (art. 21 LAVS ; RS 831.10). 

 En effet, selon la jurisprudence constante, lorsqu'un débiteur bénéficie d'une rente 

insaisissable au sens de l'art. 92 al. 1 ch. 9a LP et d'une rente relativement 

saisissable, la première entre néanmoins en ligne de compte dans le calcul du 

minimum vital et doit être ajoutée au revenu relativement saisissable. Le débiteur 

peut en effet subvenir à une partie de son entretien au moyen de la rente 

insaisissable et n'a plus besoin, le cas échéant, de toute la rente relativement 

insaisissable. L'insaisissabilité de la rente au sens de l'art. 92 al. 1 ch. 9a LP a 

donc seulement pour effet que cette rente ne peut être elle-même saisie ; elle ne 

permet pas au débiteur d'exiger, en plus de cette dernière, une part de la rente 

relativement insaisissable qui correspond à son minimum vital (ATF du              

18 décembre 2007 5A_631/2007 consid. 5. ; ATF du 14 mai 2007 5A_14/2007 

consid. 3.1). 

 En l'occurrence, il appert que le montant de cette rente, à compter du 1
er

 janvier 

2010, est de 1'762 fr. par mois, ce montant étant toutefois réduit à 1'512 fr. de mai 

2010 à août 2013 compte tenu de la compensation mensuelle de 250 fr., selon 

décision de la Caisse de Caisse cantonale genevoise de compensation du 26 mars 

2010. 

5. Le minimum vital du poursuivi (cf. Normes d'insaisissabilité 2010, ch. I.1., II.1) 

devant être fixé à 2'861 fr. (entretien pour un débiteur vivant seul : 1'200 fr. ;  

loyer : 1'150 fr. ; prime d'assurance maladie : 441 fr. ; frais de déplacement :       

70 fr., étant relevé que le poursuivi n'exerce pas d'activité lucrative - cf. ch. II.4. d) 

des Normes - mais que ce poste n'est pas contesté par le plaignant), le calcul de la  

quotité saisissable se détermine comme suit : 

 - 2'861 fr. (minimum vital) - 1'512 fr. (revenu insaisissable) = 1'349 fr. 

 - 1'834 fr. 40 (revenu saisissable) - 1'349 fr. = 485 fr. 40, arrondis à 485 fr. 

6. La plainte doit en conséquence être admise, le procès-verbal de saisie valant acte 

de défaut de biens annulé et la quotité saisissable fixée à 485 fr.  

 Le montant de la poursuite n° 09 xxxx34 U étant, au 2 février 2010, date à 

laquelle le procès-verbal querellé a été établi, de 582 fr. 85, la saisie de la rente 

due par la CEH au poursuivi sera toutefois limitée dans le temps. Il appartiendra à 

l'Office de saisir, en mains de la CEH, la rente due au poursuivi, à hauteur de   

485 fr. pour le premier mois suivant la notification de la présente décision, puis, 

pour le second mois, à concurrence du solde, en capital, plus intérêts et frais de 

poursuite (art. 97 al. 2 LP). 

 

 - 6 - 

 

P A R   C E S   M O T I F S ,  

L A   C O M M I S S I O N   D E   S U R V E I L L A N C E    

S I É G E A N T   E N   S E C T I O N   :  

A la forme : 

Déclare recevable la plainte formée le 1
er

 février 2010 par M. B______ contre le procès-

verbal de saisie valant acte de défaut de biens, poursuite n° 09 xxxx34 U.  

Au fond : 

1. L'admet.  

2. Fixe la quotité saisissable à 485 fr.  

3. Invite l'Office des poursuites à procéder conformément au consid. 6.  

4. Déboute les parties de toutes autres conclusions.  

 

 

Siégeant : Mme Ariane WEYENETH, présidente ; Mme Florence CASTELLA,               
juge assesseure, et M. Yves DE COULON, juge assesseur suppléant.  

 

 

Au nom de la Commission de surveillance : 

 

Véronique PISCETTA      Ariane WEYENETH 

           Greffière :                         Présidente : 

 

 

 

La présente décision est communiquée par courrier A à l’Office concerné et par courrier 

recommandé aux autres parties par la greffière le