# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 6f812ba2-0c1f-518a-bacc-4ba7549db23e
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2023-11-28
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 28.11.2023 E-2413/2023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-2413-2023_2023-11-28.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour V 

E-2413/2023 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  2 8  n o v e m b r e  2 0 2 3  

Composition 
 Deborah D'Aveni (présidente du collège),  

Chrystel Tornare Villanueva, Esther Marti, juges, 

Alessandra Stevanin, greffière. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

Afghanistan,   

représenté par Mourad Appraoui, Caritas Suisse, 

(…),  

recourant,  

  
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile (sans exécution du renvoi ; procédure accélérée) ;  

décision du SEM du 29 mars 2023 / N (…). 

 

 

 

E-2413/2023 

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Faits : 

A.  

Le 18 décembre 2022, A._______ (ci-après : l’intéressé, le requérant ou le 

recourant) a déposé une demande d’asile en Suisse, en tant que requérant 

d’asile mineur non accompagné (RMNA). 

Le même jour, ses cousins B._______ et C._______ ont chacun déposé 

une demande d’asile. Ces demandes ont fait l’objet de procédures 

distinctes (respectivement N […] et N […]) à l’issue desquelles le premier 

a obtenu l’asile et le second s’est vu notifier une décision négative sous cet 

angle mais assortie d’une admission provisoire. 

B.  

Le 21 décembre 2022, le requérant a signé un mandat de représentation 

en faveur des juristes de Caritas Suisse. 

C.  

Entendu le 17 mars 2023 (première audition RMNA et audition sur les 

motifs d’asile), l’intéressé a exposé être ressortissant afghan, d’ethnie 

pachtoune, originaire du village de D._______, dans la province de 

E._______, où il aurait vécu avec sa famille. Il aurait été scolarisé durant 

huit ans avant d’arrêter l’école en raison des combats et du climat 

d’insécurité qui sévissaient dans sa région d’origine.  

Environ un an avant la chute du gouvernement afghan, les combats se 

seraient intensifiés et un poste militaire de l’armée aurait été placé juste à 

côté de chez lui. Souhaitant prendre le contrôle du village, les soldats 

auraient occupé deux chambres de sa maison. Son père aurait tenté de s’y 

opposer, en vain. Accusé par les talibans de soutenir le gouvernement et 

menacé de mort, celui-ci aurait rapidement été contraint de quitter le pays 

pour rejoindre l’Iran, tandis que le reste de la famille aurait trouvé refuge 

chez un oncle, puis chez une tante à F._______. L’intéressé, quant à lui, 

serait resté au village pour surveiller la maison et s’occuper du bétail. 

Craignant de se retrouver seul la nuit en raison des combats, il aurait dormi 

chez les deux cousins précités (cf. let. A.) vivant dans la maison d’à côté. 

Une nuit, les talibans seraient parvenus à prendre le contrôle du poste de 

l’armée installé chez lui et les soldats de l’armée afghane ayant survécu à 

l’attaque se seraient réfugiés chez ses cousins, où il se trouvait également. 

Le lendemain matin, constatant qu’ils avaient tous les trois hébergé des 

soldats, les villageois les auraient dénoncés aux talibans. Ils auraient par 

la suite fait l’objet de menaces de mort de la part de ces derniers, dont il 

aurait lui-même pris connaissance par l’intermédiaire de villageois ainsi 

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qu’à la mosquée. De peur, ils auraient alors passé les nuits qui ont suivi 

chez un voisin. A la reprise des combats quelques jours plus tard, les 

talibans à leur recherche se seraient rendus chez eux et, ne les trouvant 

pas, auraient incendié leurs maisons respectives. N’ayant alors d’autre 

choix que de prendre la fuite, ils auraient rejoint G._______ en voiture, puis 

F._______, d’où ils auraient appris par des habitants de leur village que les 

talibans les avaient localisés. Ils auraient continué leur voyage pour l’Iran, 

où ils auraient séjourné un an avant d’être expulsé vers l’Afghanistan. De 

retour en Iran deux semaines plus tard, ils auraient ensuite rejoint la 

Turquie et divers pays d’Europe avant d’arriver en Suisse. 

Le requérant a par ailleurs indiqué que son père avait travaillé pour les 

Allemands et les Américains, notamment en construisant des postes de 

surveillance et des logements pour ces derniers, et qu’il avait reçu des 

menaces par téléphone en lien avec cette activité, de même que d’autres 

membres de sa famille. 

A l’appui de sa demande d’asile, il a produit une copie de sa carte d’identité, 

des carnets de notes scolaires, un lot de photographies ainsi qu’une clé 

USB contenant trois vidéos. 

D.  

Le 27 mars 2023, le Secrétariat d’Etat aux migrations (ci-après : SEM ou 

autorité inférieure) a transmis un projet de décision à l’intéressé. 

Ce dernier a pris position le lendemain. 

E.  

Par décision du 29 mars 2023, notifiée le jour même, le SEM a refusé de 

reconnaître la qualité de réfugié au requérant, a rejeté sa demande d’asile, 

a prononcé son renvoi de Suisse et, considérant inexigible l’exécution de 

son renvoi, l’a mis au bénéfice d’une admission provisoire. 

En substance, le SEM a retenu que les déclarations de l’intéressé ne 

remplissaient pas les conditions requises pour la reconnaissance de la 

qualité de réfugié et l'octroi de l'asile inscrites à l’art. 3 LAsi, ni aux 

exigences de vraisemblance énoncées à l’art. 7 LAsi. Il a retenu en 

particulier que celui-ci n’avait pas rencontré de problème direct et 

personnel avec les talibans, mais avait tout au plus eu vent de menaces le 

concernant par l’intermédiaire de villageois, rappelant que, d’après la 

jurisprudence du Tribunal, de simples ouï-dire étaient insuffisants pour 

retenir l’existence d’une crainte fondée de persécution et précisant que les 

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menaces dirigées contre son cousin B._______ étaient liées à son métier 

de (…). S’agissant de ce dernier point, il a ajouté que celui-ci avait obtenu 

l’asile en raison de son profil particulier, tout en rappelant que chaque 

demande d’asile était traitée de manière distincte et personnelle et que les 

événements qu’ils avaient vécus conjointement ne représentaient qu’un 

facteur cumulatif pris en considération. Il a par ailleurs considéré que 

l’attitude du requérant consistant à rester vivre seul dans son village malgré 

les menaces des talibans ne correspondait pas à celle d’une personne qui 

se sentait menacée et a relevé que sa famille n’avait pas rencontré 

d’ennuis à F._______, de sorte qu’il aurait pu la rejoindre s’il avait 

réellement dû fuir un danger. Le SEM a enfin écarté toute crainte de 

persécution liée aux activités de son père pour les Allemands et les 

Américains dès lors que l’intéressé n’avait, de ses propres dires, jamais 

été en contact avec les talibans à cet égard. Il a ainsi conclu qu’il ne 

présentait pas un profil à risque susceptible d'intéresser les talibans en cas 

de retour en Afghanistan. 

F.  

Le 28 avril 2023, l’intéressé a interjeté recours contre la décision précitée 

auprès du Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal), par lequel il 

a conclu à son annulation et, à titre principal, à la reconnaissance de la 

qualité de réfugié ainsi qu’à l’octroi de l’asile ou, à titre subsidiaire, au 

renvoi de la cause à l’autorité inférieure pour instruction complémentaire. 

Sur le plan procédural, il a requis l’assistance judiciaire partielle et la 

jonction de sa cause avec celle concernant C._______ (N […]).  

Sous le grief tiré d’une violation de son droit d’être entendu pour défaut de 

motivation, l’intéressé reproche au SEM de ne pas avoir examiné ses 

déclarations à l'aune de sa minorité et de son faible niveau d’éducation, 

ainsi que d’avoir exclu toute crainte de persécutions futures sur la base de 

considérations générales, sans analyse individuelle « au vu de son profil 

comportant de multiples facettes de risques ». Sur le fond, il allègue que 

son récit ne contient aucun indice d’invraisemblance, dès lors qu’il est 

spontané, fluide, précis et exempt de contradictions. Réitérant les 

événements l’ayant conduit à l’exil, il expose au surplus que deux mois 

après la prise de pouvoir des talibans sur l’ensemble du territoire afghan, 

ceux-ci ont retrouvé l’adresse de sa famille et pris en otage un de ses 

oncles maternels ainsi qu’un de ses cousins durant une semaine. Ceux-ci 

auraient été libérés grâce à l’intervention des anciens, après avoir indiqué 

aux talibans qu’ils s’étaient trompés de cible. Il expose en outre qu’au début 

du mois de février, les talibans se sont enquis de sa localisation auprès 

d’un proche resté en Afghanistan ainsi qu’auprès des villageois et fait valoir 

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que les menaces proférées contre son cousin n’ont pas porté uniquement 

sur son activité journalistique mais également sur la question de 

l’hébergement des soldats, de sorte qu’elles lui étaient aussi destinées 

(« ils [les talibans] disaient qu’ils allaient nous trouver tous les trois, qu’ils 

allaient nous tuer »). Il conteste par ailleurs leur caractère abstrait fondé 

sur de simples ouï-dire, affirmant au contraire que les talibans les avaient 

mises à exécution en incendiant sa maison, tel qu’attesté par les 

photographies produites. Compte tenu de tous ces éléments, il estime 

encourir un risque de persécutions directes par les talibans en guise de 

représailles pour avoir collaboré avec les forces armées afghanes. D’autre 

part, il se prévaut d’un risque de persécution réfléchie, en raison du profil 

particulier des membres de sa famille, notamment de son cousin (…), 

invoquant que chacun d’entre eux court des risques concrets de 

persécution. Il fait également valoir que son père a été personnellement 

inquiété dans le passé par les talibans en raison de ses activités avec les 

Allemands et les Américains, raison pour laquelle il encourt un risque 

supplémentaire. 

G.  

Par décision incidente du 19 juillet 2023, la juge instructeur a admis la 

demande d’assistance judiciaire partielle, a rejeté la demande de jonction 

des causes E-2413/2023 et E-2416/2023 et a invité le SEM à déposer sa 

réponse jusqu’au 31 juillet 2023. 

Le 31 juillet 2023, le délai précité a été prolongé jusqu’au 17 août suivant. 

H.  

Dans sa réponse du 17 août 2023, considérant que le recours ne contenait 

aucun élément ou moyen de preuve susceptible de modifier son point de 

vue, le SEM a proposé son rejet.  

Il considère en substance que malgré son âge, le recourant a été tout à fait 

à même de s’exprimer sur ses motifs d’asile et n’a jamais exprimé de 

difficulté à cet égard durant son audition, rappelant que celui-ci avait quitté 

son pays sans ses parents et était resté à la maison seul pour s’occuper 

du bétail, ce qui atteste un certain degré de maturité. Pour le reste, il 

maintient que l’intéressé n’a jamais été directement confronté aux talibans 

et exclut toute crainte actuelle de persécution réfléchie dans la mesure où 

celui-ci n’a pas rencontré d’ennuis en raison de l’activité de son cousin. 

 

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I.  

Dans sa réplique du 31 août 2023, le recourant soutient que compte tenu 

de son âge au moment des faits ([…] ans) et du traumatisme subi, il n’est 

pas en mesure de reconstituer l’ensemble des événements qu’il a vécus 

comme le ferait une personne majeure. Il relève par ailleurs avoir été 

personnellement inquiété en raison de l’activité de son cousin (…), tout en 

indiquant que les talibans ne font aucune distinction basée sur cette 

activité, raison pour laquelle il présente lui-même un profil à risque tout 

aussi important.  

J.  

Par courrier du 27 octobre 2023 (date du sceau postal), Mourad Appraoui, 

juriste auprès de Caritas Suisse, a informé le Tribunal qu’il représentait 

désormais le recourant, compte tenu du changement d’activité d’Arthur 

Vuillème.  

 

K.  

Les autres faits et arguments de la cause seront examinés, pour autant 

que de besoin, dans les considérants en droit. 

 

Droit : 

1.  

1.1 Le Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les 

décisions au sens de l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à 

l'art. 33 LTAF. 

En particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile peuvent 

être contestées devant le Tribunal (art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi 

de l'art. 105 LAsi), lequel statue alors définitivement, sauf demande 

d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à se protéger 

(art. 83 let. d ch. 1 LTF), exception non réalisée en l’espèce. 

Le Tribunal est donc compétent pour statuer sur la présente cause. 

1.2 L’intéressé a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA). Interjeté dans la 

forme (cf. art. 52 al. 1 PA) et le délai (cf. art. 108 al. 1 LAsi et art. 10 de 

l'ordonnance du 1er avril 2020 sur les mesures prises dans le domaine de 

l'asile en raison du coronavirus [RS 142.318]) prescrits par la loi, le recours 

est recevable. 

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2.  

Le recourant se plaint d’abord d’une violation de son droit d’être entendu, 

laquelle s’avère toutefois infondée. En effet, l’on peine à comprendre quel 

argument le recourant entend tirer de sa minorité, de son faible niveau 

d’éducation et du caractère constant de ses déclarations, dans la mesure 

où il n’expose ni avoir été empêché de s’exprimer sur l’intégralité de ses 

motifs d’asile, ni que l’état de fait retenu par le SEM serait incomplet ou 

inexact. Contrairement à ce qu’il semble soutenir dans son recours, son 

récit a été clair et relativement précis, de sorte qu’il n’a subi aucun 

inconvénient lié à son jeune âge. Il apparaît au surplus exhaustif, dans la 

mesure où le recourant s’est exprimé non seulement sur les événements 

qui l’ont conduit à l’exil mais également sur les craintes de persécution qu’il 

redoute en raison des activités de son cousin et de son père, allégations 

qu’il a encore eu l’occasion de compléter dans le cadre de la procédure de 

recours. Le recourant perd de vue que son récit n’est pas contesté dans sa 

globalité mais que seule demeure litigieuse la question de savoir si les 

menaces invoquées sont vraisemblables, cas échéant si elles sont ciblées, 

concrètes et suffisamment intenses pour se révéler déterminantes. Aussi, 

son récit n’apparaît ni lacunaire ni de qualité inférieure à celui d’une 

personne majeure, que ce soit pour des motifs liés à son âge, à son faible 

degré de formation ou encore à son vécu traumatique. Dans ces 

conditions, aucun reproche ne saurait être retenu à l’encontre du SEM, 

étant encore précisé que dite autorité a mené la procédure en tenant 

précisément compte de la minorité du recourant. 

Partant, les griefs d'ordre formel avancés dans le recours doivent être 

écartés. 

3.  

3.1 Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans 

le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 

ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion, de 

leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou de 

leurs opinions politiques. Sont notamment considérées comme de sérieux 

préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou de la 

liberté, de même que les mesures qui entraînent une pression psychique 

insupportable (art. 3 al. 1 et 2 LAsi ; cf. ATAF 2007/31 consid. 5.2-5.6). 

3.2 Quiconque demande l'asile doit prouver ou du moins rendre 

vraisemblable qu'il est un réfugié. La qualité de réfugié est vraisemblable 

lorsque l'autorité estime que celle-ci est hautement probable. Ne sont pas 

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vraisemblables notamment les allégations qui, sur des points essentiels, 

ne sont pas suffisamment fondées, qui sont contradictoires, qui ne 

correspondent pas aux faits ou qui reposent de manière déterminante sur 

des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 LAsi). 

3.3 La crainte face à de sérieux préjudices à venir, telle que comprise à 

l'art. 3 LAsi, contient un élément objectif, au regard d'une situation ancrée 

dans les faits, et intègre également dans sa définition un élément subjectif. 

Sera reconnu comme réfugié, celui qui a de bonnes raisons, c'est-à-dire 

des raisons objectivement reconnaissables pour un tiers (élément objectif), 

de craindre (élément subjectif) d'avoir à subir selon toute vraisemblance et 

dans un avenir prochain une persécution. 

Sur le plan subjectif, il doit être tenu compte des antécédents de l'intéressé, 

notamment de l'existence de persécutions antérieures et de son 

appartenance à un groupe ethnique, religieux, social ou politique 

l'exposant plus particulièrement à de telles mesures ; en particulier, celui 

qui a déjà été victime de mesures de persécution a des raisons objectives 

d'avoir une crainte (subjective) plus prononcée que celui qui en est l'objet 

pour la première fois.  

Sur le plan objectif, cette crainte doit être fondée sur des indices concrets 

qui peuvent laisser présager l'avènement, dans un avenir peu éloigné et 

selon une haute probabilité, de mesures déterminantes selon l'art. 3 LAsi. 

Il ne suffit pas, dans cette optique, de se référer à des menaces 

hypothétiques, qui pourraient se produire dans un avenir plus ou moins 

lointain. En ce sens, doivent être prises en considération les conditions 

existant dans le pays d'origine au moment de la décision sur la demande 

d'asile, respectivement sur le recours interjeté contre un refus d'asile, mais 

non les déductions ou les intentions du candidat à l'asile (cf. ATAF 2010/57 

consid. 2.5 ; 2010/44 consid. 3.3 et 3.4). 

4.  

4.1  

4.1.1 En l’espèce, il sied d’emblée de relever que l’enchaînement 

d’événements décrits par le recourant, découlant de la situation précaire 

vécue dans sa région d’origine et ayant conduit à son départ du pays n’est 

pas contesté en tant que tel. Cela étant, après un examen attentif du 

dossier, le Tribunal retient, à l’instar du SEM, que les craintes exprimées 

par le recourant ne se distinguent pas de celles d’autres personnes 

confrontées à une situation de conflit, de sorte qu’en l’absence d’un profil 

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de risque particulier, celui-ci ne peut se voir reconnaître une crainte de 

persécution en cas de retour, malgré son vécu douloureux. 

En effet, le Tribunal considère que le recourant n’a pas fait l’objet de 

menaces concrètes et ciblées par le mouvement taliban. Contrairement à 

ce qu’il semble soutenir dans son recours, il a constamment allégué lors 

de son audition que les menaces avaient été directement adressées à son 

cousin (…) (cf. procès-verbal [PV] d’audition, R2, p. 3, dernier par.) et qu’il 

en avait lui-même pris connaissance que par l’intermédiaire des villageois 

et à la mosquée (cf. PV d’audition, R9), soit sur la base de simples rumeurs. 

A ce sujet, c’est à juste titre que le SEM a considéré que les 

renseignements reçus par les villageois et les membres de sa famille ainsi 

que les rumeurs circulant à son sujet à la mosquée ne suffisaient pas, à 

eux seuls, à retenir l’existence d’une crainte fondée de persécution selon 

le droit d’asile. Certes, le recourant a indiqué que les menaces lui étaient 

destinées au même titre que ses deux cousins. Toutefois, aucun indice ne 

permet de prouver que tel serait le cas. Invité par le SEM à s’exprimer 

davantage sur lesdites menaces, il a d’abord vaguement répondu que son 

père était visé et que les talibans avaient dit à celui-ci qu’il méritait la mort 

car il était un traitre et un mécréant (cf. PV d’audition, R6). En ce qui le 

concerne, il a indiqué avoir entendu que les talibans le recherchaient et 

qu’ils allaient les [ses cousins et lui] tuer. Force est ici de constater que de 

telles réponses sont stéréotypées et que le recourant n’a pas été en 

mesure de démontrer qu’il avait été visé personnellement de manière 

suffisamment intense au point de susciter une réelle appréhension d’un 

point de vue objectif. S’il a certes allégué que les talibans étaient passés à 

l’action en incendiant sa maison, rien n’indique que tel a véritablement été 

le cas, les images et les vidéos produites dans ce sens ne permettant pas 

de prouver que les faits se sont déroulés dans les circonstances décrites.   

4.1.2 A noter encore que, de ses propres aveux, l’intéressé a déclaré 

n’avoir jamais été importuné par les talibans jusqu’alors, ses précédentes 

interactions avec ces derniers portant exclusivement sur quelques discours 

moralisateurs véhiculés à la mosquée (cf. PV d’audition, R15). Pour sa 

part, l’argument nouveau formulé au stade du recours, à teneur duquel des 

membres de sa famille auraient été interpelés et retenus par les talibans 

après les événements, semble avoir été avancé pour les besoins de la 

cause et, surtout, n’est étayé par aucun élément concret. A tenir cette 

allégation pour vraie, il semble peu plausible que l’intéressé ait omis de la 

mentionner lors de son audition.  

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Page 10 

4.1.3 Partant, c’est à raison que le SEM a exclu l’existence de menaces 

suffisamment concrètes, intenses et personnelles à l’encontre du recourant 

et écarté la haute vraisemblance d’un risque de persécution future à titre 

personnel. 

4.2 Le recourant ne saurait non plus se prévaloir d’une crainte de 

persécution réfléchie au motif que son cousin (…) aurait obtenu l’asile ou 

que son père aurait collaboré à l’époque avec les Allemands et les 

Américains.  

4.2.1 Selon la jurisprudence du Tribunal, une persécution réfléchie est 

admise lorsque des proches d'une personne persécutée sont exposés à 

des représailles en vue d'exercer des pressions sur cette personne 

(cf. ATAF 2010/57 consid. 4.1.3 et réf. cit.). Il y a lieu d'apprécier l'intensité 

du risque de persécution réfléchie en fonction des circonstances du cas 

d'espèce. Il convient de prendre en compte que ces mesures n'ont pas 

nécessairement pour but l'obtention de renseignements, mais qu'elles 

peuvent également viser des personnes qui s'engagent ouvertement en 

faveur de leurs proches ou encore être prises en guise de représailles, pour 

punir tous les membres d'une même famille pour les agissements de l'un 

d'entre eux, soit parce qu'ils sont soupçonnés de partager ses opinions et 

ses buts, soit pour les intimider ou pour tenter de faire taire l'activiste en 

question. Il incombe à celui qui se prévaut d’une persécution réfléchie 

d'expliquer les risques encourus du fait des agissements de ses proches 

et leur impact sur sa situation personnelle. 

4.2.2 En l’espèce, il ne ressort pas du dossier que le recourant aurait été 

importuné par les autorités en raison des activités de son cousin et de son 

père. S’agissant du premier, il sied de relever que l’asile a été octroyé à 

B._______ essentiellement en lien avec les activités qu’il a menées en sa 

qualité de (…) engagé en faveur des droits humains et de son profil 

particulièrement exposé. Il a en effet (…) sur des thèmes de société 

particulièrement hostiles à l’idéologie talibane et promouvant les valeurs 

occidentales. Comme précisé par le SEM dans sa réponse, les explications 

portant sur l’hébergement des soldats de l’armée afghane ne constituent 

qu’un facteur supplémentaire plaidant en faveur de l’octroi de l’asile, sans 

se révéler déterminant en tant que tel. Dans ces circonstances, il importe 

peu qu’une partie des motifs d’asile invoqués par B._______ porte sur des 

faits identiques à ceux avancés par le recourant. Tout laisse en effet à 

croire que B._______ se trouvait déjà dans le collimateur des talibans 

avant même d’avoir hébergé des soldats de l’armée afghane chez lui.  

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Page 11 

Aucun indice concret ne permet toutefois de tirer des conclusions similaires 

à l’égard du recourant, ni de retenir que le profil de son cousin aurait un 

impact concret sur sa situation personnelle. Contrairement à ce qu’il 

soutient et bien qu’il affirme dans sa réplique avoir été personnellement 

inquiété par les talibans du fait de l’activité de son cousin (…), il n’a pas été 

en mesure d’en indiquer les circonstances. L’on peine en outre à 

comprendre son argument contradictoire tendant à affirmer que les talibans 

ne feraient aucune distinction basée sur l’activité de (…) de son cousin, 

dès lors qu’une telle allégation va à l’encontre d’un risque de persécution 

réfléchie.  

Enfin, rien n’indique non plus que les activités passées de son père 

auraient une influence quelconque sur sa situation, le recourant n’avançant 

pas même le début d’un indice dans ce sens.  

4.3 Il convient encore de rappeler que le fait de provenir d'une région où 

sévit une guerre, une guerre civile ou des événements analogues, soit le 

fait d'être touché par les conséquences d'un conflit, au même titre que tous 

les habitants de la région affectée par ce conflit, ne suffit pas en soi pour 

être reconnu comme réfugié, ce malgré le risque élevé d'y subir de graves 

préjudices (cf., parmi d'autres, arrêt du Tribunal D-624/2022 du 15 mars 

2022 p. 8). 

4.4 En définitive, le Tribunal retient, à l'instar du SEM, que l'intéressé ne 

peut se prévaloir d'une crainte fondée de persécution en cas de retour en 

Afghanistan, que ce soit à titre personnel ou réfléchi. 

5.  

Il s'ensuit que le recours doit être rejeté, en tant qu'il conteste le refus de 

reconnaissance de la qualité de réfugié et d'octroi de l'asile. 

6.  

Lorsqu'il rejette la demande d'asile ou qu'il refuse d'entrer en matière à ce 

sujet, le SEM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en 

ordonne l'exécution (art. 44 LAsi). 

Aucune exception à la règle générale du renvoi, énoncée à l'art. 32 al. 1 de 

l'ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l'asile relative à la procédure (OA 1, 

RS 142.311), n'étant en l'occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par 

la loi, de confirmer cette mesure. 

 

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Page 12 

7.  

Dans la mesure où le recourant a été admis provisoirement, il n'y a pas lieu 

d'examiner les questions liées à l'exécution de son renvoi en Afghanistan.  

8.  

En définitive, la décision attaquée est conforme au droit fédéral, le SEM 

ayant par ailleurs établi de manière exacte et complète l'état de fait 

pertinent (art. 106 al. 1 LAsi). En conséquence, le recours est rejeté et la 

décision querellée confirmée dans son entier. 

9.  

Compte tenu de l'issue de la cause, il y aurait lieu de mettre les frais de la 

procédure à la charge du recourant, conformément à l'art. 63 al. 1 PA et 

aux art. 2 et 3 let. a du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, 

dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF ; 

RS 173.320.2). 

Dans la mesure toutefois où la demande d'assistance judiciaire partielle a 

été admise par décision incidente du 19 juillet 2023, il est statué sans frais. 

 

(dispositif : page suivante) 

  

E-2413/2023 

Page 13 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Il n’est pas perçu de frais. 

3.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité cantonale. 

 

La présidente du collège : La greffière : 

  

Deborah D'Aveni Alessandra Stevanin 

 

 

Expédition :