# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 63b6bf56-8ba3-55e7-a428-a0275ac070f3
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-05-02
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Strafappellationshof 02.05.2017 501 2017 50
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_006_501-2017-50_2017-05-02.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

501 2017 50

Arrêt du 2 mai 2017

Cour d'appel pénal

Composition Vice-Présidente: Dina Beti
Juges: Adrian Urwyler, Catherine Overney
Greffière: Silvia Aguirre

Parties A.________, prévenu et requérant, 

contre

B.________, Juge cantonal, intimé

Objet Récusation (art. 56 CPP)

Requête du 10 mars 2017 dans le cadre l'appel du 26 janvier 2017 
contre le jugement de la Juge de police de l'arrondissement du Lac 
du 18 mai 2016

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considérant en fait

A. Par jugement du 18 mai 2016, la Juge de police de l'arrondissement du Lac a reconnu 
A.________ coupable de diffamation, d'injures, de menaces, de tentative de contrainte et de 
violation de domicile. Elle a condamné le prévenu à une peine pécuniaire de 300 jours-amende, 
dont 150 jours-amende avec sursis durant 5 ans, et ordonné la mise en place d'un traitement 
psychothérapeutique, érigé en règle de conduite. Elle a en outre interdit à A.________ d'entretenir 
tout contact avec l'ensemble des plaignants et a admis les conclusions civiles de ces derniers.

B. Par acte du 26 janvier 2017, le mandataire de A.________ a fait appel du jugement précité. Il 
concluait à l'acquittement du prévenu et au rejet des prétentions civiles des plaignants.

Par mémoire de 60 pages du 28 janvier 2017, le prévenu a par ailleurs déposé sa propre 
"déclaration d'appel, demandes de récusation et motivation sur le cadre formel (principes et 
notions) du jugement". Par courrier du 21 février 2017, le Président de la Cour d'appel pénal a 
retourné au mandataire du prévenu ledit mémoire, car considéré non seulement comme prolixe, 
mais également en partie pour certains termes, comme inconvenant, et lui a imparti un délai au 
10 mars 2017 pour le corriger. Par courrier du 1er mars 2017, A.________ a déposé une nouvelle 
fois son mémoire, fait valoir que celui-ci n'avait aucun caractère objectivement prolixe et demandé 
au Président de la Cour de lui expliquer "sur quelle base précise" il tirait sa définition du terme 
prolixe. Il ajoutait qu'il en allait de même du terme "vague et sans contour objectif précis" 
d'inconvenant. Il précisait que si le Président de la Cour en était incapable, il demandait sa 
récusation immédiate pour "incompétence et tendance partiale […] à refuser toute instruction des 
dossiers délicats et à commettre des dénis de justice en fabriquant des prétextes d'irrecevabilité 
purement formels basés sur des concepts qui ouvrent la porte à tous les arbitraires et abus de 
pouvoir et d'autorité".

Par courrier du 6 mars 2017 adressé au mandataire du prévenu, le Président de la Cour d'appel 
pénal, a pris acte du fait que A.________ n'entendait pas donner suite à l'injonction qui lui avait été 
communiquée.

C. Par courrier du 10 mars 2017, A.________ a contesté avoir refusé une injonction du 
Président de la Cour, et expliqué qu'il avait "demandé de préciser les termes – sans contenu 
compréhensible objectif – des mots prolixes et inconvenants, […] la jurisprudence de ces 
concepts, les critères qu'ils recouvrent, ainsi que les termes précis que vous jugeriez inconvenants 
dans ma déclaration et pour quelles raisons; et en quoi mon analyse juridique détaillée (quel 
passage, quel chapitre), issue de 35 ans d'expériences des tribunaux, pourrait être qualifiée de 
prolixe et pour quelles raisons". A.________ a ainsi confirmé le contenu de sa lettre du 1er mars 
2017 et sommé le Président de la Cour d'y donner suite matériellement ou de se récuser "pour les 
motifs qui précèdent, notamment l'incapacité à justifier et définir vos exigences, l'ignorance du 
dossier et la fausse compréhension de ma dernière lettre et de ma déclaration d'appel".

Par courrier du 15 mars 2017, le Président de la Cour d'appel pénal a informé la Cour de céans 
qu'il n'entendait pas donner suite aux exigences de l'appelant, raison pour laquelle il transmettait à 
la Cour la demande de récusation comme objet de sa compétence. Il concluait en outre au rejet de 
la demande, aucun des motifs prévus par le Code de procédure pénale n'étant donnés et ceux 
invoqués par le requérant étant dénués de tout fondement.

Invités à se déterminer, les parties plaignantes, par courrier de leur mandataire du 17 mars 2017, 
et le Procureur, par courrier du 20 mars 2017, ont conclu au rejet de la demande de récusation. 

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Quant au mandataire de A.________, il s'en est remis à justice par courrier du 27 mars 2017. Le 
25 mars 2017, le requérant a en outre déposé une détermination spontanée, relevant en particulier 
que "sans savoir quel sens et limite ce juge donne aux concepts formels – très commodes – et 
nouveaux de prolixité et d'inconvenance, qui en soi n'ont aucune limite ni contenu précis, il m'est 
impossible d'analyser mes textes juridiques à l'aulne des critères non précisés de ce président", et 
"j'ai constaté depuis trois ans que les nouvelles conditions [de récusation] étaient tellement 
restrictives (fautes graves à réitérée reprise) qu'elles ne sont jamais réalisées concrètement aux 
yeux des juges. Ce motif est donc devenu un leurre. En l'espèce, le fait de fermer d'emblée tout 
dialogue et d'imposer d'autorité de telles exigences en refusant de répondre à mes questions 
juridiques élémentaires est une preuve, sinon d'incompétence juridique, du moins d'un profond 
mépris et de préjugés à mon égard, que rien ne justifie objectivement".

en droit

1. La requête de récusation a été déposée en temps utile (art. 58 al. 1 CPP) et la Cour d'appel 
pénal est compétente pour en connaître (art. 59 al. 1 let. c CPP).

2. Le requérant invoque implicitement la prévention apparente (art. 56 let. f CPP) du juge 
cantonal B.________, Président de la Cour d'appel pénal.

a) Selon l’art. 56 let. f CPP, toute personne exerçant une fonction au sein d’une autorité 
pénale est tenue de se récuser lorsque d’autres motifs, notamment un rapport d’amitié étroit ou 
d’inimitié avec une partie ou son conseil juridique, sont de nature à la rendre suspecte de 
prévention. Cette disposition est une clause générale qui regroupe tous les motifs de récusation 
qui ne sont pas expressément prévus aux lettres a à e de l’art. 56 CPP. Elle reprend les art. 30 
al. 1 Cst. et 6 § 1 CEDH, selon lesquels toute personne a droit à ce que sa cause soit jugée par un 
juge impartial, sans prévention et indépendant qui n’est pas influencé par des circonstances 
étrangères à l’affaire. La jurisprudence retient une partialité et une prévention lorsqu’il existe des 
circonstances constatées objectivement qui sont de nature à susciter un doute quant à 
l’impartialité du juge. De telles circonstances peuvent notamment être fondées sur un 
comportement déterminé du juge. A cet égard, il ne faut pas se fonder sur les impressions 
subjectives d’une partie. Bien plutôt, le doute quant à l’impartialité du juge doit apparaître 
objectivement fondé. Il suffit que les circonstances constatées objectivement donnent l’apparence 
de la prévention et fassent redouter une partialité du juge. Il n’est pas nécessaire pour obtenir la 
récusation que le juge ait effectivement agi avec prévention (cf. ATF 141 IV 178 consid. 3.2.1).

b) En l'espèce, le requérant reproche au Président de la Cour d'appel pénal d'avoir retenu 
que son mémoire de déclaration d'appel était prolixe et contenait des propos inconvenants et de lui 
avoir demandé de le rectifier. Or, ce faisant, le Président de la Cour d'appel pénal n'a fait 
qu'appliquer la loi en examinant, en sa qualité de direction de la procédure, la déclaration d'appel 
qui lui était soumise (cf. art. 110 al. 4 CPP). Le fait que l'opinion du magistrat sur ces points n'ait 
pas été partagée par le requérant n'est pas un motif de récusation. Si la décision est erronée, elle 
peut, si elle fait perdre un droit à l'appelant par exemple en aboutissant à un constat d'irrecevabilité 
de l'appel, faire l'objet d'un recours auprès de l'instance supérieure. Tel n'a cependant pas été le 
cas en l'espèce dès lors que le mandataire de l'appelant avait, en temps utile, déposé une 
déclaration d'appel parfaitement recevable.

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Au vu de ce qui précède, la requête de récusation du Président de la Cour d'appel pénal doit être 
rejetée.

3. La requête de récusation étant rejetée, les frais de la procédure de récusation seront mis à la 
charge du requérant qui succombe (cf. art. 59 al. 4 CPP). Ils sont fixés à CHF 500.-.

Il n'y a par ailleurs pas matière à se prononcer sur l'indemnité du défenseur d'office de l'appelant, 
l'intéressé ayant agi sous sa propre plume.

la Cour arrête:

I. La requête de récusation du Président de la Cour d'appel pénal dans la procédure 
501 2017 21 est rejetée.

II. Les frais de procédure dus à l’Etat sont mis à la charge de A.________. Ils sont fixés à
 CHF 500.-.

III. Communication.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours 
dès la notification de l’arrêt rédigé. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). 
L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 2 mai 2017/dbe

La Vice-Présidente La Greffière