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**Case Identifier:** ac39ad7c-b906-5673-a397-0b2468eb82e2
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-12-05
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 05.12.2023 A/3382/2022
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-3382-2022_2023-12-05.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/3382/2022-LCI ATA/1305/2023  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 5 décembre 2023 

3ème section 

    dans la cause  

 

A______, B______, C______ et D______, E______ et F______ recourants 
représentés par Me Nathalie BÜRGISSER SCHEURLEN, avocate 

contre 

DÉPARTEMENT DU TERRITOIRE-OAC intimé 
 

_________ 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 
17 août 2023 (JTAPI/856/2023) 

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EN FAIT 

A.     a. A______, B______, C______ et D______, E______ et F______ (ci-après : les 
copropriétaires), membres de l’hoirie de feue G______, sont copropriétaires de la 
parcelle n° 7’383 de la commune de H______, sise en zone agricole, d’une 
surface de 3’772 m2. 

b. Le 28 juin 2022, par le biais d’une notaire, ils ont sollicité que ladite parcelle 
soit désassujettie à la loi fédérale sur le droit foncier rural du 4 octobre 1991 

(LDFR - RS 211.412.11). 

c. Le 7 juillet 2022, la commission foncière agricole (ci-après : CFA) a transmis 
son ordonnance préparatoire du 5 juillet 2022 au département du territoire 

(ci-après : le département) pour décision au sens de l’art. 4a de l’ordonnance sur le 
droit foncier rural du 4 octobre 1993 (ODFR - RS 211.412.110). 

Aucun transport sur place n’a été effectué par la CFA. 

d. Le 13 juillet 2022, le département a informé la notaire précitée qu’il allait 
procéder aux vérifications d’usage, établir un constat des constructions et 
installations existantes et vérifier les informations recueillies en relation avec ses 

archives. Au terme de l’instruction, lors de laquelle les copropriétaires pourraient, 
cas échéant, être entendus, une décision serait rendue sur la légalité de la situation 

constatée. S’il devait être constaté que des constructions ou installations étaient 
illégales, des mesures visant à rétablir une situation conforme au droit pourraient 

être prises. 

e. Le 18 août 2022, une collaboratrice du département a effectué un constat sur 
place en présence de E______, documenté par six photographies. 

f. Par décision du 9 septembre 2022, le département s’est déterminé au sens de 
l’art. 4a ODFR et a ouvert la procédure d’infraction I-8’266. 

Il résultait du dossier établi par la CFA, de ses propres archives, du compte-rendu 

du procès-verbal constatatoire du 5 juillet 2022 et de la visite sur place du 18 août 

2022 la présence de dix constructions ou installations sur la parcelle. Certaines 

avaient été construites avant toute législation en matière d’aménagement du 
territoire (objets A et C), une avait été autorisée (objet F) et d’autres ne pouvaient 
être définies comme relevant d’une situation non conforme, au vu du dossier 
DD 2______, détruit, et étaient par conséquent tolérées (objets B, D, G, H, I et J).  

En revanche, l’abri n° 1______, l’annexe et le couvert (objet E) situés au centre, 
le long de la limite sud de la parcelle, d’une surface totale d’environ 45 m2, 
n’avaient pas été autorisés et dataient des années 1960 selon E______. L’abri était 

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visible sur la photo aérienne dès 1972, tandis que l’annexe et le couvert avaient 
été réalisés, selon les photos aériennes, entre 1983 et 2001. 

Dans la mesure où le dépôt d’une demande d’autorisation de construire en vue de 
les régulariser serait superfétatoire, le département a ordonné aux copropriétaires 

de rétablir, d’ici au 4 novembre 2022, une situation conforme au droit en 
procédant à la suppression et l’évacuation des constructions répertoriées sous la 
lettre E, ainsi qu’à la remise en état du terrain naturel, reportage photographique 
ou tout autre élément attestant de manière univoque de la remise en état à l’appui. 
Une sanction administrative était réservée.  

Au cas où ils considéraient que leur droit d’être entendus n’avait pas été 
totalement respecté, il leur était loisible de lui communiquer par écrit, dans un 

délai de dix jours, tout complément d’explication et/ou d’observations quant aux 
faits relevés. 

Le département a joint à sa décision des photographies de la parcelle situant les 

objets répertoriés, dont une aérienne. Les constructions répertoriées sous la lettre 

E apparaissaient sur les photographies nos 4 et 17 et étaient localisées au moyen de 

la lettre E sur la photographie aérienne de la parcelle. 

B.     a. Le 21 septembre 2022, les copropriétaires ont contesté cette décision, laquelle 
violait leur droit d’être entendus et était incompréhensible. Ils ont conclu à son 
annulation et requis des compléments d’informations. 

b. Le 10 octobre 2022, le département a informé les copropriétaires qu’il 
maintenait les termes de sa décision dans leur intégralité. Au vu de son contenu et 

pour raison de compétence, leur lettre était communiquée au Tribunal 

administratif de première instance (ci-après : TAPI). 

C.     a. Par acte du 11 octobre 2022, les copropriétaires ont interjeté recours auprès du 
TAPI contre la décision du 9 septembre 2022, concluant à son annulation. 

Selon une phrase manifestement « type », le département leur avait fait savoir 

qu’ils disposaient d’un délai de dix jours pour lui adresser des observations 
écrites. Dans la mesure où la décision indiquait que les constructions à supprimer 

avaient une surface totale d’environ 45 m2 et que celle-ci était sans commune 
mesure avec les constructions qui semblaient visées, ils avaient sollicité des 

éclaircissements, mais leur courrier du 21 septembre 2022 était resté lettre morte. 

Ils n’avaient pas été interpellés avant que la décision querellée ne soit prise. De 
telles violations de leur droit d’être entendus ne pouvaient être réparées devant le 
TAPI. 

De plus, la décision présentait un défaut de motivation, dès lors qu’il était 
impossible de discerner non seulement les attentes du département, mais 

également les motifs ayant guidé sa décision. 

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b. Le 14 décembre 2022, les copropriétaires ont fait valoir devant le TAPI que le 
courrier du département du 10 octobre 2022, reçu alors qu’ils avaient déjà déposé 
leur recours, ne répondait nullement à leur demande d’éclaircissement. 

c. Le département a conclu au rejet du recours. 

Les copropriétaires avaient pu s’exprimer avant que la décision litigieuse ne leur 
soit adressée, tant dans le cadre de la requête en désasujettissement à la LDFR – 
étant rappelé que dans une procédure initiée sur requête d’un administré, celui-ci 
était censé motiver sa requête en apportant tous les éléments pertinents et qu’il 
n’avait pas un droit à être encore entendu par l’autorité avant que celle-ci ne 
prenne sa décision – que lors de la visite sur place du 18 août 2022 à l’occasion de 
laquelle E______ avait pu faire valoir des observations, particulièrement quant à 

la date de construction des bâtiments présents. En outre, ils avaient eu la 

possibilité, dans un délai de dix jours, de faire valoir d’éventuelles observations 
supplémentaires s’ils estimaient devoir le faire, ce qu’ils avaient d’ailleurs fait le 
21 septembre 2022. En tout état, même à considérer qu’il y aurait eu un vice en 
matière du droit d’être entendu, celui-ci s’avérerait avoir été valablement réparé 
par le biais du recours déposé devant le TAPI. 

Il ressortait de l’acte de recours que les recourants savaient pertinemment sur 
quels éléments l’ordre de remise en état portait, puisqu’ils citaient l’abri en cause 
et avançaient des précisions quant à son année de construction. La décision 

indiquait que lesdites installations concernées avaient été construites et/ou 

modifiées sans autorisation, soit en infraction à la loi sur les constructions et les 

installations diverses du 14 avril 1988 (LCI - L 5 05) et faisait référence aux art. 

129 ss LCI. 

En tout état, la remise en état s’avérait pleinement fondée. La question essentielle 
n’était pas de savoir si les objets litigieux existaient avant le 1er juillet 1972, ce qui 
n’était au demeurant pas le cas du couvert et de l’annexe, mais de déterminer s’ils 
avaient été construits ou modifiés conformément au droit matériel en vigueur à 

l’époque, à savoir avant que les parcelles ne soient attribuées à un territoire 
inconstructible. Or, tel n’était pas le cas. Aucune autorisation de construire n’avait 
été délivrée pour les objets litigieux alors que la LCI exigeait, tant dans sa teneur 

du 27 avril 1940 que dans celle du 25 mars 1961, qu’aucun travail ne soit 
entrepris avant l’octroi d’une autorisation. Dès lors, il ne saurait être retenu une 
quelconque situation acquise au sens de l’art. 24c de la loi fédérale sur 
l’aménagement du territoire du 22 juin 1979 (LAT - RS 700) qui justifierait leur 
maintien. Enfin, la prescription trentenaire ne trouvait pas application pour les 

constructions illégales situées hors de la zone à bâtir. 

d. Par réplique du 6 février 2023, les copropriétaires ont formé des conclusions 
« très subsidiaires ». 

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Ils n’avaient pas pu faire valoir leur droit d’être entendus dans le cadre de la 
requête en désassujettissement à la LDFR, puisqu’un ordre de démolition n’était 
alors pas même envisagé. Lors de la visite sur place du 18 août 2022, E______ 

avait répondu à certaines questions s’agissant de la date de construction des 
installations présentes, mais n’avait pas pu faire valoir des arguments sur le fond. 
Le procès-verbal de cette visite attestait qu’elle n’avait pas été interrogée au sujet 
de la légalité des installations édifiées sur la parcelle. Elle n’avait pas non plus été 
informée que le département se heurtait à un dossier d’autorisation détruit dans 
l’intervalle.  

L’autorité intimée leur avait adressé un courrier type la veille du délai de recours 
pour exposer, sans autre, qu’elle persistait intégralement dans sa décision. 

Le couvert litigieux avait été démoli en octobre 2022, de sorte que l’ordre de 
remise en état y relatif n’avait plus d’objet. L’abri n° 1______, de 6 m2, avait été 
érigé avant le 1er juillet 1972, plus précisément dans la deuxième moitié des 

années 1960, en même temps que les autres constructions/installations listées. Le 

département ne démontrait pas que cet abri n’aurait pas été autorisé. Alors qu’il 
considérait qu’au vu de la destruction du dossier DD 2______, les objets B, D, G, 
H, I et J, construits, de 1967 à 1969, ne pouvaient pas être définis comme relevant 

d’une situation non conforme au droit, il excluait de ce raisonnement, 
arbitrairement et sans aucune explication, l’abri litigieux. En outre, la parcelle 
n’ayant plus aucun usage agricole dans les années 1960, la question se posait de 
savoir s’il était certain que l’abri litigieux devait impérativement, en 1967, faire 
l’objet d’une autorisation, notamment au regard de sa surface de quelques mètres 
carrés. Enfin, il fallait tenir compte du fait que le Parlement fédéral avait adopté 

une motion visant à introduire un délai de prescription de trente ans pour les 

bâtiments construits illégalement hors des zones à bâtir. Cet ordre de remise en 

état violait aussi le principe de proportionnalité. 

Par souci de pragmatisme, attendu qu’ils avaient un besoin impérieux de vendre 
leur bien et que la présente procédure leur portait préjudice, puisqu’elle retardait 
la procédure indispensable de désassujettisement pour de mauvaises raisons, ils ne 

verraient pas d’inconvénient à ce que l’ordre de remise en état de l’abri litigieux 
soit simplement suspendu dans l’attente du résultat inhérent à la motion 
parlementaire d’ores et déjà actée, le cas échéant sous la garantie d’une mention 
au registre foncier afin d’être opposable à un tiers acheteur, à la condition que la 
procédure de désassujettisement puisse suivre son cours. 

e. Dans sa duplique, le département a relevé que les copropriétaires, vu son 
courrier du 13 juillet 2022, étaient informés que la visite sur place viserait à 

vérifier la légalité des constructions existantes et que des mesures pourraient être 

prises à sa suite. Le droit d’être entendu ne conférait pas celui de se prononcer au 
préalable sur les mesures administratives que l’autorité prévoyait d’ordonner, 
mais uniquement d’être entendu sur la situation du cas d’espèce. 

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Aucune autorisation de construire n’avait été délivrée pour l’abri ; il n’en avait 
aucune trace et la preuve en incombait aux copropriétaires.  

S’agissant des objets B, D, G, H, I et J, il avait fait preuve d’une certaine 
souplesse au regard de la destruction de l’autorisation de construire DD 2______ 
et du fait que les six objets en question dataient, selon explications et 

photographies apportées par E______, de la même période (1967 et 1969). En 

revanche, l’abri litigieux n’y figurait pas et E______ avait indiqué que sa 
construction ne datait pas de ces années. Partant, il se justifiait de considérer qu’il 
n’était pas en lien avec les autres constructions et de ne pas le mettre au profit de 
la DD 2______. 

S’agissant de la motion parlementaire, il n’y avait pas lieu d’appliquer de manière 
anticipée une disposition légale dont l’adoption n’était au demeurant pas sûre. 
L’ordre de remise en état se justifiait vu le principe de la séparation de l’espace 
bâti et non bâti, étant relevé que même si la parcelle n’était pas exploitée à des 
fins agricoles et si une procédure de désassujettissement à la LDFR avait été 

initiée, il n’en demeurait pas moins qu’elle conservait son affectation agricole. Le 
principe de proportionnalité était respecté. 

f. Les copropriétaires ont ajouté qu’il résultait de la décision entreprise que 
E______ avait indiqué que l’abri n° 1______ datait des années 1960 et les 
photographies aériennes historiques attestaient qu’il avait été érigé entre 1968 et 
1972. 

g. Le TAPI a, par jugement du 17 août 2023, rejeté le recours. 

Les conclusions « très subsidiaires » formées dans la réplique du 6 février 2023 

étaient tardives et partant irrecevables. 

Les copropriétaires n’avaient pas sollicité la régularisation des 
constructions/installations sises sur leur parcelle, mais requis leur 

désassujettissement à la LDFR. Dès lors, il ne pouvait être retenu qu’ils étaient 
censés apporter tous les éléments pertinents et qu’ils n’avaient pas un droit à être 
entendus avant la prise de décision. Ils n’avaient nullement besoin de se 
prononcer sur la légalité desdites constructions/installations dans le cadre de leur 

demande de désassujettissement. 

Il n’en découlait toutefois pas que leur droit d’être entendus avait été violé. En 
effet, ils avaient été informés, par courrier du 13 juillet 2022, de la suite de la 

procédure initiée par-devant la CFA, et en particulier du fait que le département 

allait se prononcer sur la légalité de la situation qui serait constatée et que si des 

constructions ou des installations étaient illégales, des mesures visant à rétablir 

une situation conforme au droit seraient prises. Ainsi, assistés par une notaire, 

selon leurs propres termes, expérimentée, ils savaient que le département se 

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prononcerait sur ce point et devaient se préparer à fournir des explications en la 

matière. Ils avaient d’ailleurs eu l’occasion sur place, le 18 août 2022, de se 
prononcer à ce sujet, en particulier sur la date de construction de l’abri litigieux. 
Certes, ils ignoraient à cette date que le département retiendrait que ledit abri 

devrait être supprimé, mais cela n’avait pas pour effet que leur droit d’être 
entendus avait été violé puisqu’ils ne devaient pas être informés du contenu 
effectif de la future décision et qu’ils savaient que celle-ci concernerait la licéité 
ou l’illicéité des constructions/ installations sises sur leur parcelle. 

En tout état, une éventuelle violation de leur droit d’être entendus avait pu être 
réparée devant le TAPI. 

La décision querellée mentionnait les dispositions légales applicables et le motif 

sur lesquelles elle se fondait, à savoir la réalisation de diverses 

constructions/installations sans autorisation, qu’elle listait avec suffisamment de 
détails pour qu’elles soient identifiables. Au demeurant, la simple lecture du 
recours suffisait à démontrer que les copropriétaires avaient saisi le sens et la 

portée de la décision, ce qui leur avait permis d’exercer leur droit de recours à bon 
escient. Ils avaient de plus eu l’occasion de prendre connaissance des arguments 
développés par le département dans sa réponse au recours et de répliquer, de sorte 

qu’une éventuelle violation de leur droit d’être entendus sous l’angle d’une 
absence de motivation aurait amplement été réparée dans le cadre de la présente 

procédure. 

D.     a. Les copropriétaires ont formé recours auprès de la chambre administrative de la 
Cour de justice (ci-après : chambre administrative) contre le jugement du TAPI 

par acte déposé le 20 septembre 2023. Ils ont conclu à l’annulation dudit jugement 
et partant de la décision du département du 9 septembre 2022.  

Ils ont notamment développé leur argumentation en lien avec la violation de leur 

droit d’être entendus et fait référence à l’arrêt ATA/1000/2023 du 12 septembre 
2023 traitant selon eux une situation similaire. 

b. Le département a conclu au rejet du recours. 

S’agissant de l’arrêt ATA/1000/2023 précité, non seulement il ne partageait pas la 
position de la chambre administrative qui allait à l’encontre de la jurisprudence 
constante en matière de droit d’être entendu et de réparation d’un éventuel vice, 
mais il s’avérait surtout que la situation présente n’était pas strictement similaire 
au cas tranché dans ledit arrêt. Dans la présente procédure, les copropriétaires, par 

le biais de l’une d’entre eux présente sur les lieux lors du transport sur place avait 
sans aucun doute possible pu se préparer sur la question de la légalité des 

constructions et se déterminer à ce propos en produisant même des photographies. 

 

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EN DROIT 

1. Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable 
(art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ - E 2 

05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 

1985 - LPA - E 5 10). 

2. Dans un premier grief, les recourants se plaignent d’une violation de leur droit 
d’être entendus. 

2.1 Le droit d’être entendu est une garantie de nature formelle dont la violation 
entraîne, lorsque sa réparation par l'autorité de recours n'est pas possible, 

l'annulation de la décision attaquée sans égard aux chances de succès du recours 

sur le fond (ATF 144 I 11 consid. 5.3 ; arrêt du Tribunal fédéral 8C_485/2022 du 

24 mars 2023 consid. 4.2). Ce moyen doit par conséquent être examiné en premier 

lieu (ATF 141 V 495 consid. 2.2). Sa portée est déterminée d'abord par le droit 

cantonal (art. 41 ss LPA) et le droit administratif spécial (ATF 126 I 15 consid. 2 ; 

125 I 257 consid. 3a et les références). Si la protection prévue par ces lois est 

insuffisante, ce sont les règles minimales déduites de la Constitution qui 

s’appliquent (art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 
18 avril 1999 - Cst. - RS 101 ; arrêt du Tribunal fédéral 4A_15/2010 du 15 mars 

2010 consid. 3.1 ; Thierry TANQUEREL, Manuel de droit administratif, 2e éd., 

2018, pp. 518-519 n. 1526). Quant à l'art. 6 § 1 de la Convention de sauvegarde 

des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 (CEDH 
- RS 0.101), il n'accorde pas au justiciable de garanties plus étendues que celles 

découlant de l'art. 29 al. 2 Cst. (arrêt du Tribunal fédéral 4P.206/2005 du 

11 novembre 2005 consid. 2.1 et les références). 

2.2 Tel qu’il est garanti par cette dernière disposition, le droit d’être entendu 
comprend le droit pour les parties de faire valoir leur point de vue avant qu’une 
décision ne soit prise, de fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur 

la décision, d’avoir accès au dossier, de participer à l’administration des preuves, 
d’en prendre connaissance et de se déterminer à leur propos (ATF 148 II 73 
consid. 7.3.1 ; arrêt du Tribunal fédéral 2C_700/2022 du 28 novembre 2022  

consid. 3 et les références ; ATA/949/2021 du 14 septembre 2021 consid. 5a et les 

références). 

2.3  Une décision entreprise pour violation du droit d’être entendu n’est pas nulle 
mais annulable (ATF 143 IV 380 consid. 1.4.1 ; arrêt du Tribunal fédéral 

1C_31/2021 du 16 juillet 2021 consid. 2.1 ; ATA/547/2021 du 25 mai 2021 

consid. 6a et les références). En effet, selon un principe général, la nullité d'un 

acte commis en violation de la loi doit résulter ou bien d'une disposition légale 

expresse, ou bien du sens et du but de la norme en question (ATF 122 I 97 consid. 

3a ; 119 II 147 consid. 4a et les références). En d'autres termes, il n'y a lieu 

d'admettre la nullité, hormis les cas expressément prévus par la loi, qu'à titre 

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exceptionnel, lorsque les circonstances sont telles que le système d'annulabilité 

n'offre manifestement pas la protection nécessaire (ATF 138 III 49 consid. 4.4.3 ; 

arrêt du Tribunal fédéral 1C_160/2017 du 3 octobre 2017 consid. 5.1 ; 

ATA/547/2021 du 9 juillet 2021 consid. 6a et les références). Ainsi, d'après la 

jurisprudence, la nullité d'une décision n'est admise que si le vice dont elle est 

entachée est particulièrement grave, est manifeste ou du moins facilement 

décelable et si, en outre, la constatation de la nullité ne met pas sérieusement en 

danger la sécurité du droit. Des vices de fond n'entraînent qu'à de rares exceptions 

la nullité d'une décision ; en revanche, de graves vices de procédure, ainsi que 

l'incompétence qualifiée de l'autorité qui a rendu la décision sont des motifs de 

nullité (ATF 144 IV 362 consid. 1.4.3 ; 139 II 243 consid. 11.2). 

2.4 La réparation d'un vice de procédure en instance de recours et, notamment, du 
droit d'être entendu, n'est possible que lorsque l'autorité dispose du même pouvoir 

d'examen que l'autorité inférieure (ATF 145 I 167 consid. 4.4 ; arrêt du Tribunal 

fédéral 1C_31/2021 du 16 juillet 2021 consid. 2.1 ; ATA/949/2021 du 14 

septembre 2021 consid. 5b et les arrêts cités ; Pierre MOOR/Etienne POLTIER, 

Droit administratif, vol. 2, 3e éd., 2011, p. 322 ch. 2.2.7.4 et p. 362 ch. 2.3.3.1; 

Thierry TANQUEREL, Manuel de droit administratif, 2e éd., 2018, p. 526 s. n. 

1553 s.). Elle dépend toutefois de la gravité et de l'étendue de l'atteinte portée au 

droit d'être entendu et doit rester l'exception (ATF 142 II 218 consid. 2.8.1 ; arrêt 

du Tribunal fédéral 2C_66/2022 du 8 décembre 2022 consid. 3.2) ; elle peut 

cependant se justifier en présence d'un vice grave lorsque le renvoi constituerait 

une vaine formalité et aboutirait à un allongement inutile de la procédure (ATF 

142 II 218 consid. 2.8.1 ; arrêt du Tribunal fédéral 1C_31/2021 du 16 juillet 2021 

consid. 2.1 ; ATA/949/2021 du 14 septembre 2021 consid. 5b et les références). 

En outre, la possibilité de recourir doit être propre à effacer les conséquences de 

cette violation. Autrement dit, la partie lésée doit avoir le loisir de faire valoir ses 

arguments en cours de procédure contentieuse aussi efficacement qu’elle aurait dû 
pouvoir le faire avant le prononcé de la décision litigieuse (ATA/949/2021 du 

14 septembre 2021 consid. 5b et les références). 

2.5 En l’espèce, le département a prononcé la décision querellée le 9 septembre 
2022, a dûment mentionné la voie et le délai de recours, tout en offrant, dans le 

même document, la possibilité de transmettre un complément d’explications et/ou 
d’observations quant aux faits dans un délai de dix jours « si vous estimez que 
votre droit d’être entendu n’a pas été totalement respecté. » 

Le département considère que le droit d’être entendu du propriétaire a été respecté 
par la visite effectuée sur place le 18 août 2022. Aucune pièce au dossier 

n’indique le contenu de cette visite, notamment ce qui s’y est dit, en présence 
d’une seule des copropriétaires de la parcelle concernée. Aucun procès-verbal n’a 
été versé à la procédure, voire peut-être même établi. La visite a servi à réaliser 

six photographies de petite taille tenant sur une page de format A4, jointe au 

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dossier. Il ressort par ailleurs de la décision querellée que les copropriétaires ont 

transmis des informations sur les dates de construction de certains des objets 

concernés.  

La décision litigieuse constate que sur les dix installations présentes sur la 

parcelle, seul l’objet E, à savoir l’abri n° 1______, une annexe et un couvert, n’a 
pas été autorisé. Aucun élément de la procédure ne permet de déterminer si ce 

constat a été communiqué aux copropriétaires avant la décision du 9 septembre 

2022. Cette dernière fait d’ailleurs état de « recherches effectuées dans les 
archives du département », sans qu’il ne soit non plus indiqué si leur résultat a été 
transmis aux copropriétaires, si oui quand et si ces derniers ont eu la possibilité de 

se déterminer sur leur contenu. Il ne peut dès lors être retenu que la réunion du 18 

août 2022 offrait aux copropriétaire la possibilité de faire valablement valoir leur 

droit d’être entendus, ni que ceux-ci ont pu s’exprimer sur l’ordre de remise en 
état de l’objet prétendument non autorisé, dont il ne subsiste au demeurant plus 
que l’abri à ce jour, avant que ne soit rendue la décision litigieuse. 

Les courriers des 21 septembre 2022, des recourants, et la fin de non-recevoir du 

département du 10 octobre 2022, sont pour leur part postérieurs à la décision 

querellée. 

Or, la définition du droit d’être entendu comprend précisément, notamment, le 
droit pour les parties de faire valoir leur point de vue avant qu’une décision ne soit 
prise et celui de fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur la 

décision. 

La façon de procéder du département, par laquelle la notification d’une décision 
vaut dies a quo tout à la fois des délais de recours et d’exercice du droit d’être 
entendu viole gravement la définition même dudit droit, ce que la chambre de 

céans a récemment constaté dans l’arrêt ATA/1000/2023. Le département ne 
saurait être suivi dans sa critique dudit arrêt. Si certes une violations du droit 

d’être entendu peut dans certains cas être réparée dans la procédure judiciaire, tel 
n’est pas le cas lorsque la violation est grave, comme en l’espèce, et que le renvoi 
ne constituerait pas une vaine formalité avec pour conséquence un allongement 

inutile de la procédure. 

Conformément à cet arrêt, au vu de la gravité de la violation, du fait que l’autorité 
de recours ne dispose pas de la compétence d’apprécier l’opportunité de la 
décision attaquée, celle-ci sera annulée et le dossier retourné au département afin 

qu’il examine notamment l’opportunité d’éviter une procédure en justice par une 
discussion entre les parties, s’agissant désormais de la présence d’un abri de 6 m 2, 
certes en zone agricole, voire qu’il octroie au propriétaire un délai pour que celui-
ci puisse exercer son droit d’être entendu avant qu’une décision ne soit prise. 
Dans ces conditions, ce renvoi n’apparait pas une vaine formalité. 

- 11/12 - 

A/3382/2022 

Le recours sera en conséquence admis et la décision annulée.  

3. Vu l’issue du litige, il ne sera pas perçu d’émolument (art. 87 al. 1 LPA). Une 
indemnité de procédure de CHF 1'000.- sera allouée solidairement aux recourants, 

à la charge de l’État de Genève, département du territoire (art. 87 al. 2 LPA). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 20 septembre 2023 par A______, B______, 

C______ et D______, E______ et F______  contre le jugement du Tribunal 

administratif de première instance du 17 août 2023 ; 

au fond : 

l’admet ; 

annule le jugement du Tribunal administratif de première instance du 17 août 2023 ; 

annule la décision du département du territoire du 9 septembre 2022 ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument ; 

alloue à A______, B______, C______ et D______, E______ et F______, pris 

solidairement, une indemnité de procédure de CHF 1'000.- à la charge de l’État de 
Genève, département du territoire ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 

2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 

suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 

de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 

de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 

au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 

conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ; 

communique le présent arrêt à Me Nathalie BÜRGISSER SCHEURLEN, avocate des 

recourants, au département du territoire-OAC, ainsi qu’au Tribunal administratif de 
première instance. 

- 12/12 - 

A/3382/2022 

Siégeant : Francine PAYOT ZEN-RUFFINEN, présidente, Verena PEDRAZZINI 

RIZZI, Valérie LAUBER, juges 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

D. WERFFELI BASTIANELLI 
 

 la présidente siégeant : 
 
 

F. PAYOT ZEN-RUFFINEN 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :