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**Case Identifier:** 81f15342-19e5-5ec3-91c9-edbb9788238a
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour d'appel civile HC / 2014 / 272
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_002_HC---2014---272_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

JS12.020925-140242

  

 

 

JUGE
DELEGUEE DE LA cour d’appel CIVILE

__________________________________________________________

Arrêt du
27 mars 2014

__________________

Présidence
de:               Mme             
Kühnlein,
juge déléguée

Greffière
:              Mme             
Meier

 

 

*****

 

 

Art.
176 al. 1 ch. 1 et 179 al. 1 CC

 

 

             
Statuant à huis clos sur l’appel interjeté par
A.H.________, à Poliez-le-Grand, contre l’ordonnance
rendue le 22 janvier 2014 par la Présidente du Tribunal de l’arrondissement de la Broye et
du Nord vaudois dans la cause divisant l’appelante d’avec
B.H.________, à Penthalaz, la juge déléguée
de la Cour d’appel civile du Tribunal cantonal voit :

             
En fait :

 

 

A.             
Par ordonnance du 22 janvier 2014, la Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement de
la Broye et du Nord vaudois a modifié le chiffre VII de la convention sur mesures protectrices de
l’union conjugale signée par A.H.________ et  B.H.________ à l’audience du 5 juillet
2012, en ce sens que la contribution due par ce dernier pour l’entretien des siens a été
arrêtée à 1'000 fr. dès le 1er
septembre 2013 (I), rappelé la convention signée par les parties à l’audience du
19 décembre 2013, aux termes de laquelle à compter du 10 janvier 2014, le droit de visite de
B.H.________ sur ses enfants [...] et [...] s’exerce selon les modalités suivantes :
un week-end sur deux, du vendredi à 18h au dimanche à 18h30, chaque mardi dès 16h et jusqu’à
19h30, la moitié des vacances scolaires, moyennant un préavis de deux mois, alternativement
à Pâques ou Pentecôte, Noël ou Nouvel An, étant précisé que les parents
entreprennent les démarches nécessaires pour que chacun d’eux puisse, le cas échéant,
voyager à l’étranger avec ses enfants et avec les papiers d’identité utiles
et autorisations idoines, chacune des parties s’engageant à s’informer mutuellement
du lieu de séjour exact durant les vacances ainsi qu’à communiquer un numéro de
téléphone où elles sont joignables en cas de besoin (II), maintenu pour le surplus la
convention signée par les parties à l’audience du 5 juillet 2012 (III), rejeté toutes
autres ou plus amples conclusions (IV) et déclaré l’ordonnance, rendue sans frais ni
dépens, immédiatement exécutoire nonobstant appel (V).

 

             
En droit, s’agissant de la question encore litigieuse, le premier juge a considéré que
la situation financière du requérant B.H.________ s’était péjorée de manière
significative depuis la signature de la convention à l’audience du 5 juillet 2012, dans
la mesure où suite à son changement d’emploi, il avait subi une baisse de salaire et
une augmentation de ses charges, notamment d’acquisition du revenu. Au moment de la convention
de 2012, il travaillait pour l’entreprise [...] et gagnait 5'471 fr. par mois, contre 4'690 fr.
75 depuis le mois de juillet 2013, versé douze fois l’an. Il devait en outre faire face à
des frais de transport, alors que ceux-ci étaient jusque-là pris en charge par son ancien employeur,
ce qui justifiait qu’il soit entré en matière sur sa demande de modification. 

 

             
Sur la question du revenu réalisé par le débirentier, le premier juge a retenu que celui-ci
n’avait pas volontairement quitté son emploi chez [...], mais signé une convention de
résiliation au motif qu’il ne donnait pas satisfaction. Cela ressortait du témoignage
de son ancien supérieur hiérarchique, [...], selon lequel [...] avait de toute façon pris
la décision de rompre les rapports de travail, que l’employé signe ou non ladite convention
de résiliation. Il n’y avait dès lors pas lieu à imputation d’un revenu hypothétique.

 

             
Les revenus mensuels du requérant depuis le 1er juillet
2013 auprès de [...] étant de 4'690 fr. 75, pour un minimum vital de 3'973 fr. 80, (à
savoir 1'200 fr. au titre de montant de base, 150 fr. au titre de droit de visite, 1'675 fr. au titre
de loyer, 285 fr. 05 au titre de prime d’assurance-maladie (LAMal), 182 fr. 30 au titre de frais
de transport, 250 fr. 45 au titre de leasing, et 195 fr. au titre de frais de repas), celui-ci disposait
d’un solde disponible de 752 fr. 95, qui correspondait au maximum auquel il pouvait contribuer.
Le requérant ayant toutefois pleinement consenti à verser 1'000 fr., c’était
ce dernier montant qu’il convenait de prendre en considération.

 

 

B.             
Par acte du 7 février 2014, A.H.________
a fait appel de l’ordonnance précitée, en concluant principalement à la modification
du chiffre I de l’ordonnance précitée, en ce sens que l’intimé B.H.________
soit astreint au paiement d’une contribution mensuelle à l’entretien des siens de 1'370
fr., voire 2'000 fr. en fonction des pièces requises sur sa situation financière, dès
et y compris le 1er
septembre 2013. A titre subsidiaire, l’appelante a conclu à l’annulation de l’ordonnance
du 22 janvier 2014 et au renvoi de la cause à l’autorité de première instance pour
nouvelle décision. A l’appui de son appel, A.H.________ a produit un bordereau de dix-huit
pièces et requis la production, en mains du nouvel employeur de l’intimé, de toutes pièces
établissant les revenus de ce dernier de juillet 2013 à janvier 2014, ainsi que la production
par l’intimé de toutes pièces relatives aux subsides d’assurance maladie obtenus
pour la période du 1er
janvier 2013 au 30 janvier 2014.

 

             
Par décisions des 14 février et 14 mars 2014, la Juge déléguée de la Cour de
céans a accordé à A.H.________, respectivement à B.H.________, le bénéfice
de l'assistance judiciaire avec effet au 28 janvier 2014, respectivement au 7 février 2014, sous
forme d'exonération d'avances et des frais judiciaires et de l'assistance d’un avocat d'office
en la personne de Me Xavier Diserens pour l’appelante, et de Me Frank-Olivier Karlen pour
l’intimé. Les deux parties ont été astreintes à payer une franchise mensuelle
de 50 fr., dès et y compris le 1er
mars 2014, respectivement le 1er
avril 2014, à verser auprès du Service juridique et législatif, à Lausanne.

 

             
Par ordonnance du 3 mars 2014, la Juge déléguée de la Cour de céans a requis la production
par [...] de toutes pièces établissant les revenus perçus par B.H.________ de juillet
2013 à janvier 2014. Dans une ordonnance du même jour adressée à l’intimée,
la Juge déléguée a requis la production de toutes pièces établissant les subsides
obtenus par ce dernier en réduction de ses primes d’assurance maladie du 1er
janvier 2013 au 30 janvier 2014.

 

             
Dans sa réponse du 25 mars 2014, B.H.________ a conclu au rejet de l’appel de A.H.________.

 

             

C.             
La juge déléguée retient les faits suivants, sur la base de l’ordonnance  complétée
par les pièces du dossier :

 

 

1.             
A.H.________, née [...] le [...]1977, et B.H.________, né le [...] 1978, se sont mariés
à [...] le [...] 2004. 

 

             
Deux enfants sont issus de cette union, soit [...], né le [...] 2006, et [...], née le [...]
 2011.

 

             
Les époux vivent séparés depuis le mois de mars 2012.

 

 

2.             
Le 31 mai 2012, A.H.________ a déposé une première requête de mesures protectrices
de l’union conjugale.

 

             
Lors de l’audience de mesures protectrices de l’union conjugale du 5 juillet 2012, les
parties ont signé une convention, ratifiée séance tenante pour valoir ordonnance de mesures
protectrices de l’union conjugale et dont le contenu est le suivant :

 

             
« I. Parties conviennent de vivre séparées pour une durée indéterminée
(sic).

 

             
Il. La jouissance de l’immeuble conjugal, sis rue [...], à [...] copropriété des
parties, est attribuée à A.H.________, qui en payera les intérêts hypothécaires,
les charges courantes ainsi que les primes d’assurance-vie liées.

 

             
III. La garde des enfants [...], né le [...] 2006, et [...], née le [...] 2011, est confiée
à A.H.________.

 

             
IV. B.H.________ bénéficiera d’un libre et large droit de visite sur ses enfants, à
exercer d’entente avec A.H.________. A défaut d’entente, il les aura auprès de
lui, à charge pour lui d’aller les chercher et de les ramener là où ils se trouvent:

 

             
- un week-end sur deux, du vendredi à 18 heures au dimanche à 18 heures ;

             
- la moitié des vacances scolaires, moyennant préavis de deux mois, étant précisé
que B.H.________ aura ses enfants auprès de lui du mercredi 8 août 2012 au samedi 25 août
2012 ;

             
- chaque mardi dès 16 heures et jusqu’au mercredi matin à la

             
rentrée de l’école de l’aîné ;

             
- alternativement à Pâques ou Pentecôte, Noël ou Nouvel-an.

 

             
Les parents entreprendront les démarches nécessaires pour que chacun d’eux puisse, le
cas échéant, voyager à l’étranger avec ses enfants et avec les papiers d’identité
utiles et autorisations idoines.

 

             
V. Les époux s’informeront mutuellement de toutes questions concernant leurs enfants, notamment
leur scolarité et leur santé, et ainsi que toutes questions concernant la copropriété.

 

             
VI. A.H.________ aura la jouissance du véhicule [...], immatriculé [...], et s’acquittera
du leasing concernant ledit véhicule.

 

             
VII. B.H.________ contribuera à l’entretien des siens par le versement d’une pension
mensuelle de 2’000 francs, allocations familiales en sus, payable d’avance le premier de
chaque mois, dès le 1er
avril 2012, sur le compte de A.H.________ auprès de la [...], agence d’ [...], [...]

 

             
B.H.________ est reconnu débiteur d’une somme de 2000 francs, plus allocations familiales,
correspondant à la pension du mois de juillet 2012, ainsi que des primes d’assurance-maladie
de ses deux enfants et de son épouse pour le mois de juin 2012. »

 

 

3.             
a) Par requête du 29 août 2013, B.H.________
a conclu à ce qu’il soit ajouté au chiffre IV de l’ordonnance du 5 juillet 2012
qu’un planning du droit de visite doit être établi au moins cinq semaines avant le début
de la période planifiée, et à ce que la contribution à l’entretien des siens
(chiffre VII) soit fixée à 1'000 fr. dès le 1er août 2013.

 

             
b)
Le 5 septembre 2013, B.H.________ a déposé une requête de mesures superprovisionnelles,
en concluant notamment à ce que la contribution d’entretien soit ramenée à 1'000
fr. dès le 1er
août 2013, et à ce que les modalités d’exercice du droit de visite durant les mois
de septembre et octobre 2013 soient précisément fixées.

 

             
c) Par
ordonnance de mesures superprovisionnelles du 10 septembre 2013, l’autorité de première
instance a notamment astreint le requérant à contribuer à l’entretien des siens
par le versement d’une pension mensuelle de 1'200 fr. dès le 1er
septembre 2013 et réglé le droit de visite pour la période allant du 19 septembre au 17
novembre 2013.

 

             
d) Dans son écriture du 13 septembre 2013,
A.H.________, qui s’était vu restituer un délai de 48 heures pour se déterminer
sur mesures superprovisionnelles, a notamment conclu au versement d’une pension mensuelle de 2'500
fr. et pris des conclusions détaillées concernant l’exercice du droit de visite aux mois
de septembre et octobre 2013.

 

             
e) Par
ordonnance du 13 septembre 2013,
le Président du Tribunal de la Broye et du
Nord vaudois a modifié le chiffre II de son ordonnance du 10 septembre 2013 réglant le
droit de visite du requérant sur les enfants, d’une part, et maintenu sa décision s’agissant
de la contribution d’entretien arrêtée à 1'200 fr., d’autre part.

 

             
f) Lors
de l’audience du 1er
novembre 2013, A.H.________ a déposé un procédé écrit en concluant en particulier
au versement par B.H.________ d’une pension mensuelle de 3'500 fr., ramenée à 2'000 fr.
en cours d’audience.

 

             
g) Par
ordonnance de mesures superprovisionnelles du 7 novembre 2013, la Présidente du Tribunal de la Broye
et du Nord vaudois a rejeté la requête de A.H.________ du 1er
novembre 2013 et maintenu sa décision du 13 septembre 2013.

 

 

4.             
a) Entendu lors de l’audience de mesures
protectrices de l’union conjugale du 19 décembre 2013, le témoin [...], ancien supérieur
hiérarchique du requérant auprès de [...], a déclaré que celui-ci avait été
licencié en raison de ses mauvais résultats. La convention de résiliation signée
visait à le libérer de son obligation de travailler durant le délai de congé ;
si le requérant ne l’avait pas signée, il aurait reçu une lettre de licenciement
non assortie de la libération de l’obligation de travailler durant le préavis légal.
Sur le plan financier, la différence tenait au fait que le requérant avait touché l’intégralité
du salaire qui lui était dû à son départ, le 17 avril 2013, alors qu’il
aurait perçu son salaire au fur et à mesure des trois mois de préavis en cas de licenciement.

 

             
b)
Lors de cette même audience, la conciliation a été tentée et a partiellement abouti
s’agissant des modalités de l’exercice du droit de visite du requérant, fixées
en ces termes :

 

             
« I. Le chiffre IV de la convention
du 5 juillet 2012 est modifié en ce sens que le droit de visite de B.H.________ sur ses enfants
s’exercera, à défaut de meilleure entente, à compter du 10 janvier 2014 :

             
- un week-end sur deux, du vendredi à 18 heures au dimanche à 18h 30 ;

             
- chaque mardi dès 16 heures et jusqu’à 19h30 ;

             
- la moitié des vacances scolaires, moyennant préavis de deux mois ;

             
- alternativement à Pâques ou Pentecôte, Noël ou Nouvel An.

 

             
Les parents entreprendront les démarches nécessaires pour que chacun d’eux puisse, le
cas échéant, voyager à l’étranger avec ses enfants et avec les papiers d’identité
utiles et autorisations idoines. Les parties s’engagent à s’informer mutuellement du
lieu de séjour exact durant les vacances ainsi qu’à communiquer un numéro de téléphone
où elles sont joignables en cas de besoin. »

 

 

 

5.             
La situation financière des parties se présente comme suit :

 

             
a)
En juillet 2012, le requérant travaillait à plein temps pour la société [...]  en
qualité de commercial. Son salaire était de 5'471 francs.  

 

             
Les rapports de travail entre le requérant et la société [...] ont pris fin par convention
de résiliation du 17 avril 2013.  

 

             
Par contrat du 26 juin 2013, le requérant a été engagé en qualité de conseiller
technico-commercial par l’entreprise [...] dès le 1er juillet
2013. 

 

             
Selon le chiffre 4 de ce contrat, son salaire mensuel brut s’élève à 5'200 fr.,
payé douze fois l’an, étant précisé que « l’année de son
entrée en fonction, l’employé ne bénéficie pas du pourcentage d’augmentation
générale ni du versement unique décidé par la direction de l’entreprise ».

 

             
Au titre de prestations sociales volontaires, la convention de travail [...] précise ce qui suit :

 

             
« 2.1 Indemnité de congés

Chaque
employé touche une indemnité à hauteur de 100% d’un salaire brut mensuel valide
durant la période de paiement. Le paiement est toujours effectué au mois de juin de l’année
en cours (…) Le premier versement de l’indemnité de congés intervient le septième
mois d’ancienneté et au plus tard en décembre de l’année d’entrée.

 

(…)

 

2.2
Prime de Noël

Après
12 mois plein d’ancienneté, les employés touchent une prime de Noël égale au
salaire mensuel du mois de paiement. Le paiement est effectuée avec le décompte de novembre.
Une prime de Noël ne peut être accordée qu’après six mois d’ancienneté.
Si un employé arrive en cours d’année, sa prime est payée en proportion (salaire
brut divisé par 12 mois fois le nombre de mois de présence pleins). Pour les employés
totalisant moins de six mois de présence dans l’année d’arrivée, la première
prime de Noël est payée au mois de décembre (…) ».

 

             
Sous chiffre 5 de cette convention, il est fait mention, de manière séparée, d’un
« versement unique », décrit comme une prestation volontaire dont le versement
répété et inconditionnel ne constitue pas un droit exigible à l’avenir.

 

             
Des pièces produites par l’employeur, il ressort que le requérant a perçu un salaire
mensuel brut de 5'354 fr., soit 4'690 fr. 75 net, aux mois de juillet, août, septembre, octobre
et novembre 2013. 

 

             
Le montant précité comprend un salaire brut de 5'200 fr. et un montant brut de 154 fr.
à titre d’indemnité de repas (« Mittagsentschädigung »).

 

             
Au mois de décembre 2013, B.H.________ a perçu un montant brut de 10'554 fr., à savoir
5'200 fr. au titre de salaire mensuel, 2'600 fr. au titre d’indemnité de congés (« Ferienentschädigung »)
2'600 fr. au titre de prime de Noël (« Weihnachtsgeld »)
et 154 fr. au titre d’indemnité de repas («Mittagsentschädigung »),
soit un salaire mensuel net de 9'473 francs.

 

             
Fin janvier 2014, le requérant a perçu, en plus du salaire mensuel brut de 5'354 fr. (5'200
fr. + 154 fr.), une prime d’absence de 620 fr., soit au total un salaire mensuel net de 5'160 fr.
75.

 

             
b)
Selon l’ordonnance du 22 janvier 2014, les charges mensuelles incompressibles du requérant
sont les suivantes :

 

             
fr.

base
mensuelle              1'200.00

droit
de visite              150.00

loyer             
1'675.00

prime
d’assurance-maladie obligatoire             
285.05

frais
de transport              182.30

leasing
véhicule              250.45

frais
de repas                  
195.00

Total             
3'937.80

 

             
En date du 14 mars 2014, l’intimé a produit une décision de l’Office vaudois d’assurance-maladie
du 19 décembre 2013, au terme de laquelle il bénéficie d’un subside relatif à
l’assurance obligatoire des soins d’un montant de 284 fr. par mois à compter du 1er
janvier 2014.

 

             
c) La
situation financière de A.H.________ n’a guère évolué depuis juillet 2012.

 

             
Cette dernière travaille à 50% en tant que professeur d’éducation physique, pour
un salaire mensuel net de 2'426 fr. 10 versé 13 fois l’an, soit 2'620 fr. net par mois.

 

             
En première instance, A.H.________ a fait valoir qu’elle assumait des charges incompressibles
à hauteur de 5'875 fr. par mois (à savoir : base mensuelle : 1'350.00 ; base
mensuelle enfants : 800 fr. ; charges du logement : 2'300 fr. ; primes d’assurance-maladie :
255 fr. pour Madame et 170 fr. pour les enfants ; leasing : 300 fr. ; frais de transport :
500 fr. ; imprévus : 150 fr. ; assistance judiciaire : 50 fr.).

 

             
Dans son ordonnance du 7 novembre 2013, le premier juge a retenu que les revenus de A.H.________ étaient
de 3'028 fr., allocations familiales comprises, pour des charges mensuelles incompressibles de 5'227 francs.

 

             
Sa situation est ainsi largement déficitaire.

 

             

6.             
Lors de l’audience de la Cour d’appel civile du 25 mars 2014, l’intimé B.H.________
a produit des pièces supplémentaires relatives à ses charges. Il a indiqué que sa
prime d’assurance-maladie était de 321 fr. 20, assurance complémentaire non comprise,
et qu’il bénéficiait actuellement de subsides à hauteur de 284 fr., étant précisé
que sa situation devrait être réexaminée.

 

             
L’appelante A.H.________ a déclaré modifier ses conclusions d’appel en ce sens
que la contribution d’entretien soit fixée à 2'250 fr. par mois, allocations familiales
en sus, dès le 1er
septembre 2013.

 

 

 

             
En droit
:

 

 

1.             
 L’appel est recevable contre les ordonnances
de mesures protectrices de l’union conjugale, lesquelles sont assimilées aux mesures provisionnelles
au sens de l’art. 308 al. 1 let. b CPC (Code de procédure civile du 19 décembre
2008 ; RS 272) (Colombini, JT 2013 III 131 n. 6a et les réf.), dans les causes non patrimoniales
ou dans les affaires patrimoniales dont la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est
de 10’000 fr. au moins (art. 308 al. 2 CPC). Les ordonnances de mesures protectrices de l'union
conjugale étant régies par la procédure sommaire selon l’art. 271 CPC, le délai
pour l’introduction de l’appel est de dix jours (art. 314 al. 1 CPC). L’appel
est de la compétence du juge unique (art. 84 al. 2 LOJV [loi d’organisation judiciaire du
12 décembre 1979 ; RSV 173.01]).

 

             
En l'espèce, formé en temps utile par une partie qui a un intérêt digne de protection
(art. 59 al. 2 let. a CPC) et portant sur des conclusions qui, capitalisées selon l'art. 92 al.
2 CPC, sont supérieures à 10'000 fr., l'appel est recevable.

 

 

2.             
a) L'appel peut être formé pour violation
du droit ou pour constatation inexacte des faits (art. 310 CPC). L'autorité d'appel peut revoir
l'ensemble du droit applicable, y compris les questions d'opportunité ou d'appréciation laissées
par la loi à la décision du juge, et doit le cas échéant appliquer le droit d'office
conformément au principe général de l'art. 57 CPC. Elle peut revoir librement l'appréciation
des faits sur la base des preuves administrées en première instance. Le large pouvoir d'examen
en fait et en droit ainsi défini s'applique même si la décision attaquée est de nature
provisionnelle (JT 2011 III 43 c. 2 et les réf.).

 

             
b)
Les faits et moyens de preuve nouveaux ne sont pris en compte que s’ils sont invoqués ou produits
sans retard et ne pouvaient être invoqués ou produits devant la première instance bien
que la partie qui s’en prévaut ait fait preuve de la diligence requise, ces deux conditions
étant cumulatives (art. 317 al. 1 CPC). Il appartient à la partie concernée de démontrer
que ces conditions sont réalisées, en indiquant spécialement de tels faits et preuves
nouveaux et en motivant les raisons qui les rendent admissibles selon elle (TF 5A_695/2012 du 20
mars 2013 c. 4.2.1 ; TF 4A_334/2012 du 16 octobre 2012 c. 3.1, SJ 2013 I 311 ; JT 2011 III
43 c. 2 et les références citées). La doctrine est divisée sur le point de savoir
si la maxime inquisitoire, applicable en mesures protectrices de l’union conjugale (art. 272 CPC),
est applicable également en appel et si des faits et moyens de preuve nouveaux son dès lors
admissibles en deuxième instance même si les conditions restrictives de l’art. 317 al.
1 CPC ne sont pas réalisées. Certains auteurs considèrent que l’art. 229 al. 3 CPC
devrait s’applique par analogie (Hofmann/Lüscher, Le Code de procédure civile, 2009,
p. 197 ; Spühler, Basler Kommentar, 2010, n. 7 ad art. 317 CPC ; Reetz/Hilber, in ZPO-Komm.,
nn. 14 et 16 ad art. 317 CPC). Cette opinion se fonde essentiellement sur le Message du Conseil fédéral,
qui affirme que la maxime inquisitoire, lorsqu’elle est prévue notamment dans certains cas
de procédure simplifiée ou sommaire, doit s’applique aussi en appel (FF 2006 p. 6982).
Comme le relève à juste titre Tappy, le Message se réfère à des règles
sur les novas en deuxième instance très différentes de celles retenues par les Chambres.
L’art. 317 al. 1 CPC finalement adopté ne contient pas de règles élargissant
la possibilité d’invoquer des faits ou preuves nouveaux dans les cas soumis à la maxime
inquisitoire, contrairement à la règle résultant en première instance de l’art. 229
al. 3 CPC. On ne saurait y voir une lacune de la loi et l’on doit bien plutôt admettre qu’il
s’agit d’un silence qualifié impliquant qu’en appel les novas seront soumis au
régime ordinaire (en ce sens Tappy, JT 2010 III 115 ; Hohl, Procédure civile, Tomme II,
2e éd.,
2010, n 2410, p. 437). Les parties peuvent toutefois faire valoir que le juge de première instance
a violé la maxime inquisitoire en ne prenant pas en considération certains faits (Hohl, op.
cit., n 2414, p. 438). Des novas peuvent par ailleurs être en principe librement introduits en appel
dans les causes régies par la maxime d’office, par exemple sur la situation des enfants mineurs
en droit matrimonial (Tappy, JT 2010 III 115, p. 139), à tout le moins lorsque le juge de première
instance a violé la maxime inquisitoire illimitée (Hohl, op. cit., n 2415 p. 438 ; sur
le tout, JT 2011 III 43). 

 

             
c)
En l’espèce, les pièces produites par l’appelante figurent déjà au dossier
de première instance.

 

             
d)
Lors de l’audience du 25 mars 2014, l’intimé a produit certaines pièces relatives
à ses charges figurant déjà au dossier de première instance (leasing et assurance
de son véhicule).             

 

             
Les autres pièces produites par l’intimé, soit diverses factures datées d’avril
à novembre 2013 (assurance-ménage, assurance-incendie, électricité), sont également
recevables eu égard aux principes exposés ci-dessus.

 

             

3.             
 a)
Le premier juge a retenu que la situation financière de l’intimé s’était modifiée
depuis la signature de la convention du 5 juillet 2012, dans la mesure où il avait subi une
baisse de revenus après avoir été contraint de quitter son emploi chez [...], d’une
part, et que ses charges – notamment à titre de frais de transport – avaient augmenté,
d’autre part. Dans ses écritures, l’appelante ne conteste pas qu’il y ait des
faits nouveaux justifiant, à tout le moins, un réexamen de la situation financière des
parties, mais conteste les montants retenus par l’autorité de première instance pour
établir la capacité contributive de l’intimé. 

 

             
b)
Aux termes de l’art. 179 al. 1 CC (Code civil suisse du 10 décembre 1907 ; RS 210),
à la requête d’un époux, le juge ordonne les modifications commandées par les
faits nouveaux et rapporte les mesures prises lorsque les causes qui les ont déterminées n’existent
plus.

 

             
Une fois que des mesures protectrices de l'union conjugale ou des mesures provisionnelles dans la procédure
en divorce ont été ordonnées, elles ne peuvent être modifiées qu'aux conditions
de l'art. 179 CC, applicable directement pour les premières, par renvoi de l'art. 276 al. 1 CPC
pour les secondes. Aux termes de l'art. 179 al. 1, 1re
phr. CC, le juge ordonne les modifications commandées par les faits nouveaux et rapporte les mesures
prises lorsque les causes qui les ont déterminées n'existent plus. Cette disposition s'applique
également à la requête de mesures provisionnelles tendant à modifier les mesures
protectrices prononcées auparavant (TF 5A_562/2013 du 24 octobre 2013 c. 3.1 ; TF 5A_502/2010
du 25 juillet 2011 c. 3.2.2, publié in La Pratique de la famille [FamPra.ch] 2011 p. 993 ;
TF 5A_183/2010 du 19 avril 2010 c. 3.3.1). Ces mesures ne peuvent être modifiées que si, depuis
leur prononcé, les circonstances de fait ont changé d'une manière essentielle et durable,
notamment en matière de revenus, à savoir si un changement significatif et non temporaire est
survenu postérieurement à la date à laquelle la décision a été rendue,
si les faits qui ont fondé le choix des mesures provisoires dont la modification est sollicitée
se sont révélés faux ou ne se sont par la suite pas réalisés comme prévus.
Une modification peut également être demandée si la décision de mesures provisoires
s'est révélée par la suite injustifiée parce que le juge appelé à statuer
n'a pas eu connaissance de faits importants (ATF 129 III 60 c. 2 ; TF 5A_720/2011 du 8 mars 2012
c. 4.1.2 et réf. ; TF 5A_811/2012 du 18 février 2013 c.3.2 et références ;
TF 5A_400/2012 du 25 février 213 c. 4.1 et les arrêts cités). 

 

             
En revanche, les parties ne peuvent pas invoquer, pour fonder leur requête en modification, une
mauvaise appréciation des circonstances initiales, que le motif relève du droit ou de l'établissement
des faits allégués sur la base des preuves déjà offertes (TF 5A_245/2013 du 24 septembre
2013 c. 3.1 ; TF 5A_618/2009 du 14 décembre 2009 c. 3.2.2). Pour faire valoir de tels motifs,
seules les voies de recours sont ouvertes (TF 5A_324/2012 du 15 août 2012 c. 5 ; TF 5A_ 400/2012
du 25 février 2013 c. 4.1 et références; sur le tout : TF 5A_153/2013 du 24 juillet
2013 c. 2.1 et TF 5A_245/2013 du 24 septembre 2013 c. 3.1). Une modification est exclue lorsque les circonstances
nouvelles ont été provoquées par le comportement illicite ou constitutif d’abus
de droit du requérant (TF 5P.473/2006 du 19 décembre 2006, FamPra.ch 2007 p. 373 ; TF
5A_101/2013 du 25 juillet 2013 c. 3.1). Le moment déterminant pour apprécier si des circonstances
nouvelles se sont produites est la date du dépôt de la demande de modification des mesures
protectrices. C'est donc à ce moment-là qu'il y a lieu de se placer pour déterminer le
revenu et son évolution prévisible (TF 5A_218/2012 du 29 juin 2012 c. 3.3.2, in FamPra.ch 2012
p. 1099 ; ATF 137 III 604 c. 4.1.1). Lorsqu’il admet que les circonstances ayant prévalu
lors du prononcé de mesures provisoires ou protectrices se sont modifiées durablement et de
manière significative, le juge doit alors fixer à nouveau la contribution d’entretien,
après avoir actualisé tous les éléments pris en compte pour le calcul dans le jugement
précédent et litigieux devant lui (TF 5A_140/2013 du 28 mai 2013 c. 4.1 ; cf. ATF 138
III 289 c. 11.1.1). 

 

             
c) En l’espèce, il n’est pas
contesté que l’ancien employeur de l’intimé a mis un terme à son contrat de
travail, de sorte que celui-ci a changé d’emploi dans le courant de l’été
2013. S’il s’avère, compte tenu des pièces produites, que l’intimé réalise
à peu près le même revenu qu’avant (cf. c. 3.3 ci-dessous), ses charges doivent
être réexaminées, puisque son nouvel employeur n’assume plus ses frais de transport
et que la distance qui le sépare de son lieu de travail a changé.

 

 

3.2             
a) D’après l’art. 176 al. 1 ch.
1 CC, le juge fixe la contribution pécuniaire qui est à verser par l’une des parties
à l’autre. Selon la jurisprudence, le montant des aliments se détermine en fonction des
facultés économiques et des besoins respectifs des époux ; tant que dure le mariage,
chacun des conjoints a le droit de participer de la même manière au train de vie antérieur
(ATF 119 II 314 c. 4b/aa ; TF SA_453/2009 du 9 novembre 2009 c. 5.2 ), la fixation de la contribution
d’entretien ne devant pas anticiper sur la liquidation du régime matrimonial.

 

             
b/aa)
Lorsque les parties sont dans une situation matérielle favorable (sur celle notion : TF 5A_288/2008
du 27 août 2008 c. 5.4), il convient ainsi de se fonder sur les dépenses indispensables au
maintien des conditions de vie antérieures, qui constitue la limite supérieure du droit à
l’entretien (ATF 121 I 97 c. 3b et les arrêts cités ; TF 5A_453/2009 du 9 novembre
2009 c. 5.2 ; TF 5A_515/2008 du 1er 
décembre 2008 c. 2.1 ; TF 5A_732/2007 du 4 avril 2008 c. 2.2 ; TF 5P.138/2001 du 10 juillet
2001 c.2a/bb, publié in FamPra.ch 2002 p. 333).

 

             
bb)
Dans les autres cas, le juge peut appliquer la méthode dite du minimum vital avec répartition
de l’excédent, qui consiste à évaluer les ressources respectives des conjoints,
puis à calculer leurs charges en se fondant sur le minimum vital du droit des poursuites (art. 93
LP), élargi des dépenses incompressibles, enfin à répartir le solde disponible, après
couverture de leurs charges respectives, de manière égale entre eux (TF 5P.50412006 du 22 février
2007 c. 2.2.1; TF SC.180/2002 du 20 décembre 2002 c. 5.2.2, in FamPra.ch 2003 pp. 428 ss, 430 et
les citations).

 

             
c)
En l’espèce, c’est à bon droit que le premier juge a appliqué la méthode
du minimum vital avec répartition de l’excédent. Cela n’est d’ailleurs pas
contesté en appel.

 

             

3.3             
a) L’appelante estime que les revenus et
charges pris en considération en faveur de l’intimé par la décision entreprise sont
erronés. En particulier, elle fait valoir que si le salaire net de l’intimé depuis le
1er
juillet 2013 est bien de 4'690 fr. 75, c’est à tort que le premier juge n’a pas pris
en considération le « versement unique » et la « prime de Noël »
prévues dans la convention de travail applicable au contrat de l’intimé, d’une
part, et n’a pas tenu compte du subside d’assurance-maladie de ce dernier, d’autre
part. Au vu des pièces relatives aux revenus de l’intimé entre juillet 2013 et janvier
2014, versés à la procédure entre le dépôt de l’appel et l’audience
du 25 mars 2014, lors de ladite audience, l’appelante a augmenté ses conclusions à 2'250
fr. par mois, allocations familiales en sus, dès le 1er
septembre 2013.

             
 

             
b/aa) Le
revenu du travail à prendre en considération pour fixer la contribution d’entretien comprend
les indemnités pour les vacances, le treizième mois, les heures extraordinaires, la gratification
versée régulièrement, le bonus, et les indemnités forfaitaires qui dépassent
le remboursement des frais (Epiney-Colombo, Aide-mémoire pour le calcul de la contribution d'entretien
(méthode tessinoise), in FamPra.ch 2005 p. 271 et les références citées ; Bastons
Bulletti, L’entretien après divorce : méthodes de calcul, montant, durée et
limites, in SJ 2007 II p. 77, 80 et les références citées ; TF 5P.172/2002 du
6 juin 2002, c. 2.2 ; TF 5C.99/2004 du 7 juin 2004 c. 3.1 ; TF 5A_899/2012
du 18 février 2013 c. 2.2.3).

 

             
bb)
Dans les charges incompressibles des époux, il y a lieu de prendre en compte notamment le montant
de base mensuel fixé dans les lignes directrices pour le calcul du minimum d’existence en
matière de poursuite (minimum vital) selon l’art. 93 LP élaborées par la Conférence
des préposés aux poursuites et faillite de Suisse, les frais de logement, les coûts de
santé (avant tout les primes d’assurance-maladie obligatoire) et les frais de déplacement,
s’ils sont indispensables à l’exercice de la profession (François Chaix, in : Pichonnaz/Foëx
(éd.), Commentaire romand, Code civil  I, 2010, n. 9 ad art. 176 CC et les références
citées). Le montant de base mensuel selon les Lignes directrices du 1er
juillet 2009 pour le calcul du minimum d’existence en matière de poursuite (minimum vital)
selon l’art. 93 LP comprend les frais pour l’alimentation, les vêtements et le linge
y compris leur entretien, les soins corporels et de santé, l’entretien du logement, les assurances
privées, les frais culturels, ainsi que les dépenses pour l’éclairage, le courant
électrique ou le gaz pour cuisiner.

 

             
Lorsque le revenu du conjoint auquel une contribution d’entretien est réclamée ne suffit
pas pour couvrir ses dépenses incompressibles, aucune contribution d’entretien ne peut être
mise à sa charge. En effet, selon un principe général du droit de la famille, le minimum
vital du débiteur de l’entretien ne doit pas être entamé (ATF 133 III 57 c. 3).

 

             
c) En
l’espèce, compte tenu des pièces versées au dossier, il y lieu de tenir compte des
revenus et charges suivantes :

 

             
i)
Selon le contrat de travail de l’intimé et les chiffres 2.1 et 2.2 de la convention de travail
de l’entreprise  [...], l’intimé reçoit en versement unique une gratification
sociale en supplément de son salaire – soit une indemnité de congés (« Urlaubsgeld »)
–, ainsi qu’une prime de Noël (« Weihnachtsgeld »),
toutes deux étant équivalentes à un salaire mensuel brut. Selon la convention transmise
par l’entreprise, ces prestations entrent en vigueur six mois après l’entrée en
fonction et sont versées en proportion du nombre de mois travaillés au cours de l’année.
Bien qu’il s’agisse d’indemnités dites « volontaires », si
l’on s’en tient aux dispositions contractuelles ainsi qu’aux fiches de salaire produites,
rien ne permet en l’espèce de douter de la régularité de ces prestations supplémentaires
à l’avenir. Il ressort en effet du bulletin de salaire de décembre 2013 – et cela
n’est nullement contesté – que l’intimé a effectivement perçu, après
6 mois d’activité et en plus de son salaire mensuel de 5'200 fr., une indemnité de congés
de 2'600 fr. ainsi qu’une prime de Noël de 2'600 francs, soit exactement ce qui était
convenu contractuellement. Il en va différemment du « versement unique », dont
le contrat (chiffre 4) précisait qu’il ne serait pas versé durant la première année
d’engagement, et qui n’apparaît effectivement pas dans les revenus de l’intimé.

 

             
Conformément à la jurisprudence précitée, il y a dès lors lieu de tenir compte
d’un salaire net de l’intimé de 5'606 fr. 60, (soit 5'200 fr. brut – 7,6
% x 14 / 12), étant rappelé le débirentier conserve la possibilité de demander une
révision de la contribution d’entretien si ces primes ne devaient plus lui être versées
à l’avenir. Pour le surplus, le montant de 154 fr. versé 12 fois l’an au titre
de « Mittagsentschädigung »
a été déduit du salaire pris en considération (cf. iii) ci-dessous).

 

             
ii)
S’agissant de sa prime d’assurance-maladie obligatoire, l’intimé a déclaré
lors de l’audience du 25 mars 2014 qu’elle était de 321 fr. 40 en 2014, étant précisé
que selon lui, le subside qui lui était alloué (284 fr.) serait prochainement réexaminé.
Des pièces produites, il ressort que l’intimé est au bénéfice d’une décision
de l’Office vaudois d’assurance-maladie datée du 19 décembre 2013 – soit
après son changement d’emploi – et fixant un subside de 284 fr. à compter du 1er janvier
2014. Rien ne permettant, contrairement à ce que soutient l’intimé, de considérer
que ce subside va être supprimé, il convient dès lors de tenir compte d’un montant
mensuel de 37 fr. à sa charge.

 

             
iii)
L’intimé, dont le lieu de travail se trouve à 6 kilomètres de son domicile, n’a
jamais allégué ni démontré qu’il assumerait des frais relatifs à des repas
pris à l’extérieur, qui plus est d’un montant de 195 fr. par mois ainsi que l’a
retenu le premier juge. En outre, ainsi que cela ressort de ses fiches de salaire, il bénéficie
déjà d’un montant de 154 fr. brut versé par [...] à cette fin. Partant, il
n’y a pas lieu de tenir compte de frais de repas supplémentaires.

 

             
iv) En audience, l’intimé a attiré
l’attention du juge sur le fait que ses frais de transport n’étaient plus pris en charge
par l’employeur, contrairement à ce qui prévalait au moment de la signature de la convention
précédente. A cet égard, le calcul du premier juge, lequel a tenu compte de deux trajets
par jour entre [...] et [...] de 6 kilomètres par jour ouvré, au tarif de 70 centimes le kilomètre,
soit 182 fr. 30 par mois, ne prête pas le flanc à la critique et peut dès lors être
retenu.

 

             
v) Enfin,
les autres charges de l’intimé telles que retenues par le premier juge (base mensuelle 1'200
fr., droit de visite 150 fr., loyer 1'675 fr., leasing 250 fr. 45) sont inchangées. Il n’y
a pas lieu de tenir compte des charges supplémentaires de l’intimé (assurance-ménage ;
assurance incendie, électricité) qui sont comprises dans le montant de base.

 

             
vi)
Il en va de même de la situation financière de l’appelante, dont les parties admettent
qu’avec des revenus de quelque 3’080 fr., allocations familiales comprises (soit 2'620 fr.
plus 460 fr. d’allocations familiales), pour des charges incompressibles (non discutées par
les parties) de quelque 5'375 fr. par mois (à savoir : base mensuelle : 1'350.00 ;
base mensuelle enfants : 800 fr. ; charges du logement : 2'300 fr. ; primes d’assurance-maladie :
255 fr. pour l’appelante personnellement et 170 fr. pour les enfants ; leasing : 300
fr. ; imprévus : 150 fr.), celle-ci est largement déficitaire (- 2'295 fr.). 

 

             
L’excédent de l’intimé étant de 2'110 fr. 86 (soit 5'606 fr. 60 – 3'494
fr. 75) il ne suffit à couvrir le manco
de l’appelante. Partant, le solde disponible
lui est entièrement dû.

 

             
Au vu de ce qui précède, c’est donc un montant de 2'110 fr., arrondi à 2'100 fr.,
qui est dû à  l’appelante dès le 1er
septembre 2013.

 

 

4.             
a) Il
s’ensuit que l’appel doit être partiellement admis et l’ordonnance du 22 janvier
2014 annulée.

 

             
b) Les frais comprennent les frais judiciaires
et les dépens (art. 95 al. 1 CPC). Ils sont fixés d'office (art. 105 CPC) selon le tarif (art.
96 CPC) des dépens en matière civile (TDC [Tarif des dépens en matière civile du
23 novembre 2010, RSV 270.11.6]). En principe, la partie succombante (art. 106 al. 1 CPC) doit verser
à la partie victorieuse tous les frais nécessaires causés par le litige (art. 37 al. 2
CDPJ [Code de droit privé judiciaire vaudois du 12 janvier 2010, RSV 211.02]).

 

             
En l’espèce, l’appelante obtient gain de cause, bien que, formellement, elle ait 
perdu dans une très moindre mesure sur les conclusions augmentées lors de l’audience
du 25 mars 2014. 

 

             
Partant, les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 600 fr. (art. 65 al.
2 TFJC [tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre 2010, RSV 270.11.5]), sont mis à
la charge de l’intimé, qui succombe (art. 106 al. 2 CPC).

 

             
L’appelante a droit à des dépens d'appel, qui sont fixés d'office (art. 105 CPC)
selon le tarif des dépens en matière civile. En l'espèce, l’intimé versera
à l’appelante le montant de 2’400 fr. à titre de dépens et de 600 fr.
à titre de restitution d’avance de frais de deuxième instance.

 

             
Pour le cas où cette somme ne pourrait pas être recouvrée, l’indemnité de Me
Xavier Diserens, conseil d’office de A.H.________ pour la procédure de deuxième instance,
est arrêtée à 2'127 fr. 60, comprenant un défraiement de 1'800 fr., des débours
de 170 fr. et la TVA sur ces montants par 144 fr. et 13 fr. 60 (art. 2 al. 1 RAJ [règlement du 7
décembre 2010 sur l'assistance judiciaire en matière civile ; RSV 211.02.3])

 

             
L’indemnité de Me Frank Olivier Karlen, conseil d’office de B.H.________ pour la procédure
de deuxième instance, est arrêtée à 1'735 fr. 80, comprenant un défraiement
de 1’440 fr., des débours de 170 fr. et la TVA sur ces montants par 115 fr. 20 et 13 fr. 60.

 

             
Les bénéficiaires de l'assistance judiciaire sont tenus, dans la mesure de l’art. 123
CPC, au remboursement des frais judiciaires et de l’indemnité à leur conseil d’office
mis à la charge de l’Etat.

 

 

 

Par
ces motifs,

le
juge délégué de la Cour d’appel civile du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

prononce
:

 

             
I.             
L’appel est partiellement admis.

 

             
II.             
L’ordonnance est réformée comme suit au chiffre I de son dispositif :

 

             
              I. dit que B.H.________
contribuera à l’entretien des siens par le régulier versement d’une pension mensuelle
de 2'100 fr. (deux mille cent francs), allocations familiales éventuelles en sus, payable d’avance
le premier de chaque mois en mains de A.H.________, dès et y compris le 1er
septembre 2013.

 

             
              L’ordonnance est
confirmée pour le surplus.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 600 fr. (six cents francs)
pour l’appelante, sont laissés à la charge de l’Etat.

 

             
IV.             
L’indemnité d’office de Me Xavier
Diserens, conseil d’office de l’appelante, est arrêtée à 2'127 fr. 60 (deux
mille cent vingt-sept francs et soixante centimes), TVA et débours compris, et celle de Me Frank-Olivier
Karlen, conseil de l’intimé, à 1'735 fr. 80 (mille sept cent trente-cinq francs et huitante
centimes), TVA et débours compris.

 

             
V.             
L’intimé B.H.________ doit verser à
l’appelante A.H.________ une indemnité de 3'000 fr. (trois mille francs) à titre de dépens
et de restitution d’avance de frais de deuxième instance. 

 

             
VI.             
Les bénéficiaires de l’assistance judiciaire sont tenus, dans la mesure de l’art.
123 CPC, au remboursement des frais judiciaires et de l’indemnité à leur conseil d’office
mis à la charge de l’Etat.

 

             
VII.             
L'arrêt est exécutoire.

 

La
juge déléguée :              
La greffière :

 

 

 

 

Du
27 mars 2014

 

             
Le dispositif de l'arrêt qui précède est communiqué par écrit aux intéressés.

 

             
La greffière :

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié en expédition complète, par l'envoi de photocopies à :

 

‑             
Me Xavier Diserens (pour A.H.________),

‑             
Me Frank-Olivier Karlen (pour B.H.________).

 

             
Le juge délégué de la Cour d’appel civile considère que la valeur litigieuse
est supérieure à 30'000 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme la Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement de la Broye et du Nord vaudois.

 

             
La greffière :