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**Case Identifier:** 0440c01d-6bdf-58e5-8308-36da5b85d60e
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-05-11
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 11.05.2010 A/1925/2009
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1925-2009_2010-05-11.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/1925/2009-FPUBL ATA/320/2010  

ARRÊT 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 11 mai 2010 

 

dans la cause 

 

Monsieur X______ 
représenté par Me Jean-Marie Crettaz, avocat  

contre 

DÉPARTEMENT DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE, DE LA CULTURE ET DU 
SPORT 
 

 

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A/1925/2009 

EN FAIT 

1. a. Engagé dès le 15 avril 2002 à l'école d'ingénieurs de Lullier (ci-après : 
l'école ou EIL), Monsieur X______ exerce en tant que professeur dans la filière 
agronomie depuis le 1er août 2002. Il a été nommé fonctionnaire le 1er mars 2006. 

  M. X______ dirige une équipe de trois employés parmi lesquels 
Monsieur Y______, adjoint scientifique. 

 b. L'EIL appartient à la Haute école spécialisée de Genève (HES-SO Genève) 
et s'est unie avec la Haute école d'ingénieurs de Genève pour donner naissance à 
la Haute école du paysage, d'ingénierie et d'architecture de Genève (HEPIA). 

2.  Par mail du 23 mai 2008, Monsieur Z______, responsable de la filière 
d'agronomie horticole, a avisé M. X______ que Monsieur V______, alors 
directeur de l'école, et lui-même avaient reçu des messages préoccupants le 
concernant. Des collègues de la filière s'étaient plaints de problèmes relationnels. 
Un rendez-vous était fixé au 30 mai 2008 pour discuter de la situation. 

3.  Dans un courriel du 11 juin 2008 adressé à M. X______, M. Z______ s'est 
référé à l'entretien qui avait eu lieu avec M. V______ et Monsieur W______, 
chargé d'enseignement. A cette occasion, M. X______ avait évoqué des 
problèmes posés par M. Y______. Depuis, M. Z______ avait appris de plusieurs 
personnes que M. X______ soupçonnait M. Y______ de malversations et 
effectuait des contrôles à ce sujet. Il demandait à M. X______ de l'informer au 
plus vite de la nature exacte des soupçons et d'éviter toute propagation de 
rumeurs. 

4.  Le jour même, M. X______ a répondu que le terme de malversations n'était 
pas approprié. Il avait des suspicions, suggérées pour certaines, par des collègues 
de son groupe. Il avait ainsi découvert des commandes passées à son insu pour des 
travaux qui n'étaient pas nécessaires. Il avait tenté d'obtenir des réponses, sans 
succès. Les relations entre M. Y______ et certains collaborateurs se dégradaient 
également. Cette situation le mettait, depuis plusieurs mois, dans un état de stress 
immense. 

5.  Le 16 juin 2008, M. V______ a indiqué à M. X______ que, même si, en 
tant que professeur de la HES-SO Genève, celui-ci avait une responsabilité sur les 
activités de M. Y______, les démarches visant à "contrôler - vérifier" des 
soupçons de malversations relevaient clairement de la responsabilité de la 
direction de l'EIL et de la direction générale de la HES-SO Genève. Une rencontre 
avec Monsieur U______, adjoint à la direction de la HES-SO Genève, était fixée 
au 18 juin 2008. 

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6.  Le 23 juin 2008, M. V______ a confirmé par écrit à M. X______ certains 
points évoqués lors de l'entretien du 18 juin 2008. 

  M. X______ avait entrepris une démarche auprès du secrétariat de la filière 
et de certains collaborateurs du service sans en informer le responsable, ni la 
direction de l'école en vue de rechercher des informations qui permettraient de 
confirmer des soupçons qu'il avait quant à la disparition de produits de 
laboratoire. Il avait expliqué que son objectif était que M. Y______ rembourse les 
produits. 

  La direction de l'école et le service des ressources humaines de la HES-SO 
Genève se chargeraient des suites relatives aux informations communiquées sur la 
disparition de ces produits et sur leur éventuel envoi en Tunisie. Elles s'étaient 
toutefois étonnées de la manière de procéder de M. X______, n'informant pas la 
hiérarchie du problème et souhaitant dissimuler des actes potentiellement 
délictueux. Les actions entreprises à l'insu de la hiérarchie, ayant pour but de 
garder ce problème au niveau de l'équipe, n'étaient pas acceptables. Cette situation 
était très problématique puisqu'elle mettait en évidence un dysfonctionnement 
important dans la gestion d'équipe et dans les relations professionnelles que 
M. X______ avait avec ses collaborateurs et ses collègues. Il n'était plus 
acceptable qu'une telle situation se reproduise. 

7.  Le 4 juillet 2008, M. X______, représenté par son conseil, a invité 
M. V______ à retirer l'accusation d'avoir agi avec la volonté de "dissimuler des 
actes potentiellement délictueux", soit de tenir une conduite contraire à la loi. Ces 
propos le faisait apparaître comme un homme méprisable et portait atteinte à son 
honneur. 

8.  Le 19 août 2008, par l'intermédiaire de Monsieur T______, directeur 
général de la HES-SO Genève, une nouvelle version du courrier du 23 juin 2008 a 
été adressée à M. X______ où le passage incriminé était supprimé. 

9.  Le 26 août 2008, M. X______ a demandé à M. T______ de le tenir au 
courant des résultats de l'enquête menée par la direction de l'école et le service des 
ressources humaines de la HES-SO Genève. 

10.  Le 18 septembre 2008, M. U______ a informé M. X______ que plusieurs 
membres de l'équipe avaient été auditionnés et que des investigations avaient été 
effectuées auprès des services susceptibles de détenir des informations utiles. Afin 
de clore le dossier, il lui demandait de lui adresser, d'ici au 15 octobre 2008, tous 
les éléments en sa possession permettant d'apporter un éclairage plus précis sur la 
situation dénoncée. Passé ce délai, l'enquête serait close.  

11.  Le 14 octobre 2008, M. X______ a transmis un rapport circonstancié 
accompagné de diverses pièces.  

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  Selon ce rapport, le 30 mai 2008, il disposait d'informations de ses assistants 
selon lesquelles des produits chimiques avaient été commandés, notamment par 
M. Y______, sans rapport avec les activités de recherche. Les vérifications faites 
par ses assistants entre le 19 et le 26 juin 2008 relevaient que ces produits avaient 
été livrés et payés mais n'avaient pas été inventoriés. Toujours selon le 
témoignage des deux assistants, ces produits avaient dû être envoyés en Tunisie. Il 
avait fait établir, en juillet 2008, une mise à jour de l'inventaire et il apparaissait 
que vingt-trois produits avaient disparu sur une période d'un an. Il avait également 
découvert, concernant le dossier A______, avoir payé pour des puces ADN qui, 
en fait, n'existaient pas. Concernant le dossier M______, plusieurs fiches de 
commandes ne correspondaient pas aux factures. M. Y______ n'avait pas respecté 
les procédures de commandes applicables et ne l'avait pas informé ou l'avait 
informé de manière inexacte sur ses activités. De plus, en une année, M. Y______ 
avait créé un climat délétère dans le groupe. 

  M. X______ sollicitait l'audition de différents collaborateurs, en particulier, 
celle de Monsieur R______. 

12. a. Le 4 novembre 2008, M. U______ a informé M. X______ qu'un rendez-
vous pour clôturer l'enquête était fixé pour le lendemain avec Madame Q______, 
directrice ad intérim de l'EIL, et M. Z______. 

 b.  M. X______ s'est opposé à la présence de M. Z______. Celui-ci n'était pas 
son chef hiérarchique dans la matière de la recherche et avait fait preuve de 
partialité dans cette affaire. 

13. a. Lors de la rencontre avec M. U______ le 5 novembre 2008, M. X______ a 
donné certaines précisions sur les documents précédemment remis. 

 b. Selon les notes d'entretien transmises le 6 novembre 2008 par M. U______, 
des produits indiqués comme manquants avaient été retrouvés dans le laboratoire 
de macroscopie, dont le produit qui aurait été envoyé en Tunisie. Pour 
M. U______, les soupçons énoncés à l'encontre de M. Y______ se révélaient dès 
lors infondés. Par ailleurs, un inventaire complet ne permettrait pas de prouver 
que ces produits auraient été pris par M. Y______. Il n'était pas possible de 
procéder à une vérifications des expériences et activités de M. Y______ sans 
analyser celles des autres collaborateurs qui intervenaient au laboratoire. Or, ce 
travail ajouté à celui qui avait déjà été effectué pour l'enquête, représentait un 
investissement en temps et en argent complètement démesuré par rapport aux 
pertes éventuelles non-vérifiées, les vingt-trois produits supposés manquants au 
stock représentant une somme d'environ CHF 1'600.-. Par ailleurs, s'agissant de la 
facture d'A______, il existait des divergences entre M. X______ et M. Y______. 
Toutefois, il n'y avait pas eu d'enrichissement personnel de part et d'autre. Enfin, 
les factures de M______t portaient sur un mois. Elles n'étaient dès lors pas 

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suffisantes pour affirmer qu'il existait un problème entre les factures et les 
commandes. 

 c.  Entre le 6 et le 13 novembre 2008, un échange de mails a eu lieu entre 
MM. U______ et X______ sur le compte-rendu de l'entretien. 

  M. X______ a apporté des remarques à ce document. En particulier, il 
n'était pas d'accord avec la conclusion émise par M. U______. Les soupçons 
restaient fondés tant que les explications sur le comportement de M. Y______ 
n'étaient pas données et que les travaux prétextés, ayant nécessité les produits, 
n'avaient pas été démontrés. Il n'était nul besoin de vérifier l'ensemble des 
collaborateurs mais seulement les activités de M. Y______ qui étaient inconnues 
de lui-même et des membres du laboratoire. De plus, il était anormal que des 
produits soient commandés par M. Y______ pour des activités inconnues du 
responsable de celui-ci, inexistantes au laboratoire et sur des fonds de recherche 
obtenus par le responsable. M. U______ désirait ainsi clore l'enquête sans vérifier 
certains éléments. La conclusion proposée niait les témoignages des assistants et 
les éléments qu'il avait apportés. 

14.  Par mail du 14 novembre 2008, Mme Q______ s'est adressée aux 
collaborateurs de la filière d'agronomie.  

  Suite aux rumeurs mettant en cause M. Y______, la direction générale de la 
HES-SO Genève et la direction de l'école avaient mené une enquête. Cette 
dernière concluait que les soupçons qui avaient entraîné ces rumeurs étaient 
totalement infondés. Par conséquent, M. Y______ continuait de bénéficier de 
l'entière confiance de la direction de l'école et de la direction générale de la 
HES-SO Genève. 

15.  L'enquête a fait l'objet d'un rapport daté du 15 novembre 2008. Au terme de 
celui-ci, il n'existait aucune preuve de l'envoi de produits en Tunisie par 
M. Y______. S'agissant des puces ADN, M. X______ avait fait une erreur. Il 
existait également un problème de gestion de stock, certains produits ayant été 
retrouvés alors qu'ils ne figuraient pas sur l'inventaire. Enfin, pour les factures 
M______, il était inutile de procéder à des vérifications car tous les collaborateurs 
de l'équipe de M. Y______ commandaient sous le nom de ce dernier. Une 
confrontation entre M. Y______ et les assistants ne mènerait vraisemblablement à 
rien.  

  Au vu des éléments ainsi recueillis, le rapport recommandait d'adresser un 
message à l'équipe de M. X______ et aux responsables des filières pour les 
informer qu'une enquête avait été menée, que les rumeurs qui avaient circulé sur 
M. Y______ étaient complètement infondées et que ce dernier avait l'entière 
confiance de la direction de l'école sur son intégrité professionnelle. M. R______ 
avait entrepris des vérifications, sous le couvert de M. X______, sans en informer 

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le responsable de la filière ou la direction de l'école alors que M. X______ avait 
reçu un courriel de M. Z______ lui demandant de ne pas faire d'enquête. Il était 
proposé que la direction de l'école rencontre MM. R______ et X______ car cette 
manière de procéder n'était pas acceptable et avait fortement porté préjudice à 
M. Y______. Il convenait d'informer officiellement M. Y______ que les soupçons 
lancés à son encontre étaient infondés. Enfin, un entretien de service devait être 
organisé avec M. X______ pour l'entendre notamment sur les actions qu'il avait 
menées contre son collaborateur. 

16. a. Le 17 novembre 2008, M. X______, par l'intermédiaire de son conseil, s'est 
adressé à Mme Q______. Il avait été stupéfait de lire le mail annonçant à chacun 
le résultat de l'enquête alors que l'enquêteur attendait encore ses observations sur 
le procès-verbal de son audition. Des divergences existaient entre ses allégations 
et celles de M. Y______. Les conclusions étaient dès lors irrecevables en l'état 
sauf à admettre que les responsables de l'enquête interne auraient choisi de retenir 
la thèse de l'un contestée par l'autre, sans tout mettre en œuvre pour faire surgir la 
vérité. Le message, largement diffusé, laissait entendre que lui-même ou ses 
collaborateurs aurait diffusé des rumeurs avec malveillance alors qu'il n'avait fait 
que son devoir et qu'il désirait que la lumière soit faite. M. X______ invitait 
Mme Q______ à retirer ce message et à procéder à la confrontation qui s'imposait.  

 b. Par courriel du même jour, M. X______ a transmis la lettre de son avocat 
aux différents collaborateurs du service. 

17.  Le 18 novembre 2008, M. T______ a confirmé à M. X______ que l'enquête 
était désormais close. Les documents remis par M. X______ ainsi que les 
nombreux entretiens menés permettaient de conclure que les soupçons portés par 
celui-ci à l'encontre de M. Y______ n'étaient pas fondés. Par ailleurs, au regard 
des sommes concernées, la direction générale de la HES-SO Genève ne 
procèderait pas à des investigations supplémentaires. M. X______ pouvait ne pas 
partager ce point de vue mais qu'il en fasse état au sein de la filière à laquelle il 
appartenait, en diffusant publiquement le courrier du 16 [recte : 17] novembre 
2008, était inadmissible. Il en assumerait l'entière responsabilité. Ce faisant, 
M. X______ outrepassait gravement son devoir de réserve ainsi que celui qu'il 
avait de respecter sa hiérarchie et violait les devoirs de sa fonction. Il serait 
convoqué très prochainement pour être entendu dans le cadre d'un entretien de 
service au sens de l'art. 63 du règlement fixant le statut du corps enseignant HES 
du 10 octobre 2001 (RStHES - B 5 10.16).  

18.  Un entretien de service, dirigé par M. T______, a eu lieu le 11 décembre 
2008 avec Mme Q______, M. U______ et M. X______, accompagné de son 
avocat. Ce dernier s'est opposé à la présence de M. U______. 

  A cette occasion, il a été reproché à M. X______ d'avoir, avec le courriel du 
17 novembre 2008, intentionnellement remis en cause publiquement les 

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conclusions de l'enquête. Par cet acte, il avait gravement outrepassé son devoir de 
réserve, le devoir de fidélité et celui de respect de sa hiérarchie. M. X______ a 
expliqué qu'il avait envoyé ce courriel, sur conseil de son avocat, en réponse à 
celui du 14 novembre 2008 de Mme Q______. Il n'avait pas été averti de la 
clôture de l'enquête. Le message du 14 novembre 2008 avait atteint son honneur et 
avait surpris certains collaborateurs de la filière qui n'étaient pas au courant de 
l'affaire. Les seules personnes informées étaient les assistants, MM. P______ et 
R______, ainsi que la direction. 

  M. X______ avait entrepris ces derniers mois de nombreuses actions qui 
portaient atteinte à la réputation de son collaborateur, M. Y______, et qui mettait 
ce dernier sous une pression psychologique importante. Entendu sur ce point, 
M. X______ a déclaré être surpris par ces accusations qu'il découvrait. Il pensait 
que M. Y______ était un ami jusqu'au jour où les assistants lui avaient rapporté 
certaines choses. 

  Enfin, des problèmes de comportement similaires de la part de M. X______ 
envers des collaborateurs de l'équipe avaient été observés par la direction de 
l'école et la hiérarchie. Malgré différentes mesures mises en place par la direction 
de l'école, les problèmes de comportement, principalement envers M. Y______, 
persistaient. M. U______ a précisé que, sur plusieurs années, environ une dizaine 
de personnes s'étaient plaintes de problèmes relationnels avec M. X______ et 
certaines avaient demandé un transfert. M. X______ s'est étonné qu'on prenne en 
compte ce que disaient certaines personnes, mais jamais d'autres.  

  Au terme de cet entretien, la hiérarchie a exigé que, avant le 15 décembre 
2008, M. X______ retire son message adressé le 17 novembre 2008 et qu'il 
prenne acte des décisions de la direction de l'école, des conclusions de l'enquête et 
qu'il valide la clôture de l'enquête. 

19.  Le 18 décembre 2008, M. X______ a informé qu'il ne signerait pas le 
procès-verbal, considéré comme nul. Il s'était opposé à la présence de M. 
U______ à l'entretien de service. Les représentants de la hiérarchie siégeaient dès 
lors dans une composition irrégulière. Par ailleurs, il soumettait le texte qu'il 
entendait expédier aux destinataires de son message électronique du 17 novembre 
2008, dont les termes étaient "suite à mon message du lundi 17 novembre, j'ai eu 
un entretien avec la hiérarchie. Il m'a été indiqué que, nonobstant les indications 
que j'avais pu donner, l'enquête a été considérée comme close. J'en prends acte.". 

20.  Le 19 décembre 2008, M. T______ a indiqué que la proposition de courriel 
ne correspondait pas à sa demande et présentait un contenu ambigu. Il attendait 
une nouvelle proposition d'ici au 6 janvier 2009.  

21.  Le 24 décembre 2008, le conseil de M. X______ a confirmé que lui-même 
et son mandant ne pouvaient pas signer le procès-verbal. La procédure ne pouvait 

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être clôturée tant que les pièces appuyant les dernières accusations dirigées contre 
M. X______ demeuraient cachées en violation des règles essentielles de la 
procédure administrative qui garantissaient à chacun le droit d'être entendu. 
S'agissant du projet de courriel, il répondait pleinement à la demande de 
M. T______. 

22.  Le 19 janvier 2009, M. T______ a pris acte que M. X______ n'avait pas 
répondu à la demande de la direction générale HES-SO Genève en ce qui 
concernait le courriel qui devait être proposé d'ici au 6 janvier 2009. Il invitait 
M. X______ à présenter ses observations d'ici le 4 février 2009 avant de se 
prononcer sur une sanction qui serait prise à son encontre. 

23.  Le 13 février 2009, le conseil de M. X______ a indiqué que l'accès au 
dossier n'avait pu que les conforter dans le constat que l'enquête menée par 
M. U______ n'était pas complète. Il n'y avait que les compte-rendus des entretiens 
avec M. Y______, M. X______ et Monsieur S______. Les demandes d'audition 
n'avaient donc pas été suivies et la recherche de la vérité n'avait guère animé le 
préposé à l'enquête. Le dernier entretien s'était transformé en un réquisitoire 
ajoutant des charges nouvelles à celles l'ayant motivé. M. X______ avait été privé 
de la possibilité de faire entendre des témoins et d'être confronté à ses accusateurs 
en vue de faire la lumière sur ce qui s'était réellement passé. L'enquête s'était 
limitée à recueillir les allégations de certains et n'avait pas établi l'existence ou la 
non-existence des dysfonctionnement dénoncés. 

24.  Par décision du 19 février 2009, M. L______, directeur de l'HEPIA et M. 
T______ ont prononcé un blâme à l'encontre de M. X______ pour avoir adressé le 
courriel le 17 novembre 2008 en dépit de son devoir de réserve envers sa 
hiérarchie, et pour son attitude envers son collaborateur, M. Y______. Ils se 
référaient à l'entretien de service du 11 décembre 2008, lors duquel des objectifs 
avaient été fixés à l'intéressé qui avait été entendu sur différents points.  

  Par ailleurs, M. X______ n'ayant pas répondu à la demande de modification 
du contenu de sa proposition de courriel, il subsistait un problème de loyauté et de 
devoir de réserve envers son employeur. 

  Une organisation serait mise en place afin que M. X______ n'ait plus de lien 
hiérarchique direct avec M. Y______.  

  L'enquête avait relevé des dysfonctionnements dans le suivi des 
commandes, des livraisons et des factures dont l'intéressé avait la responsabilité. 
Des actions seraient entreprises pour corriger et améliorer les procédures en place. 

25.  M. X______ a recouru contre cette sanction le 19 mars 2009 auprès du 
Conseiller d'Etat en charge du département de l'instruction publique, devenu 

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depuis le 7 décembre 2009, le département de l’instruction publique, de la culture 
et du sport (ci-après : le département ou DIP). 

  La procédure dite disciplinaire conduite par la hiérarchie n'avait pas été 
équitable. Son droit d'être entendu avait été violé. La décision attaquée se référait 
à l'entretien de service du 11 décembre 2008 et à son audition sur les différents 
points qui en étaient l'objet sans indiquer quels étaient les éléments retenus à 
l'appui de la sanction disciplinaire. Elle ne faisait pas le choix entre les positions 
contradictoires des différentes personnes impliquées et écartait ses explications 
sans motivation. Le dossier auquel il avait eu accès ne comprenait pas les procès-
verbaux de ses assistants. Cette situation consacrait une violation du droit d'être 
entendu garanti par l'art. 29 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse 
du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101).  

  Ses demandes réitérées d'auditions et de confrontations pour lui permettre 
de se défendre avaient été écartées sans explication. Au surplus, il n'avait pas été 
invité à participer à l'audition des témoins.  

  En raison du défaut de motivation de la décision déférée, il était malaisé de 
comprendre en quoi il aurait violé son devoir de réserve envers la hiérarchie 
puisque celui-ci était imposé aux fonctionnaires pour que soit préservée l'image de 
l'Etat à l'égard du public. La fidélité était due à l'Etat en général et non à une 
autorité ou à un supérieur en particulier. En s'adressant aux très nombreux 
destinataires du courriel de la directrice, il avait exercé le droit de se défendre en 
rétablissant la vérité, atteint qu'il était dans sa personnalité et dans son honneur par 
la diffusion du communiqué de la direction. Il n'avait en rien violé son devoir de 
réserve.  

26.  Le 30 avril 2009, le Conseiller d'Etat en charge du DIP a confirmé la 
sanction. 

  Le recourant confondait les investigations menées dans le cadre des vols 
supposés de produits et la procédure dirigée contre lui-même pour violation de ses 
devoirs de fonction. Les investigations devant élucider les circonstances de la 
disparition des produits avaient été menées dans l'intérêt public, à savoir le bon 
fonctionnement de l'Etat, et non dans l'intérêt du recourant. Ce dernier ne disposait 
pas de la qualité de partie dans ce cadre mais occupait une position analogue à 
celle de dénonciateur. Dans ces conditions, il ne saurait faire grief à l'autorité de 
ne pas avoir fait le choix entre les positions contradictoires. De même, il ne saurait 
reprocher à l'autorité de ne pas avoir donné suite à ses demandes d'auditions et de 
confrontations. La procédure ayant mené au prononcé d'un blâme contre le 
recourant devait déterminer si, par son courriel du 17 novembre 2008 et son 
attitude envers M. Y______, le recourant avait enfreint ses devoirs de fonction. La 
réalité des vols et l'identité de leur auteur étaient dès lors sans incidence et le 

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recourant ne saurait reprocher à l'autorité de ne pas avoir versé au dossier les 
procès-verbaux des auditions intervenues dans le cadre de l'enquête interne. 

  Le blâme infligé au recourant était motivé d'une part par le courriel du 
17 novembre 2008 et, d'autre part, par l'attitude de l'intéressé envers son 
collaborateur. La décision attaquée faisant suite à l'entretien de service auquel elle 
se référait expressément, elle pouvait, en tant que besoin, être étudiée à la lumière 
de son compte-rendu. Les faits justifiant le blâme étaient clairement identifiés. La 
décision attaquée était ainsi suffisamment motivée sur ce point. 

  Par son courriel du 17 novembre 2008, M. X______ avait manifesté son 
désaccord avec la direction de l'école quant aux conclusions de l'enquête. Il avait 
tenté de jeter le doute sur la probité de la direction de l'école en l'accusant de ne 
pas vouloir faire toute la lumière sur les prétendus vols et de se montrer partiale. 
Le recourant ne pouvait critiquer ainsi les décisions de l'école sans violer son 
devoir de fidélité. Par ce même envoi, M. X______ accusait implicitement son 
collaborateur de s'être rendu coupable de vols alors même qu'il devait protéger la 
personnalité de ses collaborateurs. Le recourant n'avait pas respecté les consignes 
données par sa hiérarchie d'abandonner toutes actions de contrôles et vérifications. 
Ceci constituait aussi une violation de ses devoirs de fonction. Le recourant ne 
pouvait se réfugier derrière la légitime défense car le courriel adressé le 14 
novembre par l'école ne le mettait nullement en cause. 

27.  M. X______ a recouru contre cette décision le 29 mai 2009 auprès du 
Tribunal administratif. Il conclut à son annulation. Il s'est référé à l'argumentation 
développée dans son recours auprès du Conseiller d'Etat en charge du département 
et demandait l'audition des personnes concernées. 

  Pour le surplus, les deux procédures, à savoir la procédure disciplinaire et 
l'enquête menée suite aux dysfonctionnements présumés, s'étaient déroulées en 
parallèle et c'était le même contexte de faits qui les avait engendrées. L'enquête 
n'avait pas seulement pour but de déterminer s'il y avait eu un comportement 
adéquat de la part de M. Y______, mais encore, et surtout, de déterminer si les 
rumeurs qu'il était accusé d'avoir propagées étaient fondées ou non. Dans ces 
circonstances, lui donner la seule qualité de dénonciateur sans aucun droit de 
procédure quelconque revenait à le diffamer et à lui ôter toute possibilité de 
défense. La décision de clore l'enquête prématurément touchait directement ses 
droits et intérêts. La réalité des vols et des dysfonctionnements ainsi que l'identité 
de leur auteur apparaissaient comme des éléments indispensables pour déterminer 
s'il avait lui-même violé ses devoirs de fonction. 

  Il ne suffisait pas de mentionner le fait reproché pour satisfaire aux 
exigences d'une motivation adéquate. La direction générale de l'école, après un 
examen attentif des positions contradictoires qui lui était présentées, devait 
expliquer en quoi telle position plutôt que telle autre avait emporté sa conviction. 

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Le compte-rendu d'entretien de service ne saurait en aucun cas être considéré 
comme satisfaisant aux exigences minimales de motivation, tant il était vrai que, 
par sa nature même, cet entretien avait pour vocation de recueillir des avis 
contraires. La présentation d'un courriel non conforme aux exigences posées 
n'apparaissait pas comme faisant partie des éléments retenus à charge. Dans ces 
conditions, la mention de cet élément dans le corps de la décision n'était pas de 
mise. 

  Le courriel du 17 novembre 2008 apparaissait comme l'unique solution 
propre et adéquate à protéger son honneur mis en péril. La direction l'accusait 
d'attenter à la personnalité de M. Y______. Or, pour ce faire, les rumeurs devaient 
concerner des faits faux et être diffusées avec malveillance. Ainsi, ce n'était pas le 
simple non-respect des consignes qui avaient motivé le blâme, mais les contrôles 
et vérifications qu'il avait opérés. 

28.  Le 16 juillet 2009, le département s'est opposé au recours. Le courriel du 
14 novembre 2008 n'était nullement attentatoire à l'honneur du recourant. Il avait 
pour but de faire taire la rumeur dont M. Y______ était victime et avait 
naturellement pour effet de "désavouer" publiquement ceux qui avaient participé à 
sa propagation. La décision d'interrompre les investigations était tout à fait 
opportune. Sur un plan général, l'existence de problèmes de gestion du stock avait 
été constatée de même qu'en matière de commandes et factures. A cela s'ajoutait 
que les vols n'étaient pas avérés puisqu'un tiers des produits prétendument volés 
avait été facilement retrouvé dans un local auquel M. Y______ n'avait pas accès, 
faute d'en posséder la clé. Enfin, les montants en jeu étaient de peu d'importance. 
La poursuite des investigations viendrait ainsi en contradiction avec les principes 
de proportionnalité, d'efficacité et de rationalisation que l'Etat devait respecter 
dans son activité.  

  Le blâme trouvait sa source dans le fait que le recourant avait continué à 
procéder à des contrôles et vérifications en dépit des ordres qui lui avaient été faits 
de cesser immédiatement de telles opérations et qu'il avait adressé un courriel 
dans lequel il jetait le doute sur la probité de la direction de l'EIL et sur l'honnêteté 
de son collaborateur. Le recourant n'exposait pas en quoi ses droits ou obligations 
seraient directement touchés par la clôture des investigations. Il ne pouvait exiger 
qu'il soit procédé à des auditions ou à des confrontations ou requérir la production 
du dossier des investigations. M. X______ n'avait à aucun moment été présenté 
comme malhonnête. De plus, les actes d'enquête proposés n'étaient pas de nature à 
faire la lumière sur les prétendus vols, étant rappelé que cette question était sans 
incidence sur la procédure disciplinaire. 

29.  Le tribunal de céans a procédé à l'audition des parties le 3 septembre 2009.  

 a. M. X______ a expliqué que la diffusion du courrier du 17 novembre 2008 
devait laver son honneur suite à celui de la direction de l'école du 14 novembre 

- 12/23 - 

A/1925/2009 

2008. Le reproche que celle-ci lui faisait n'était que la pointe de l'iceberg et 
s'inscrivait dans le contexte d'une campagne de dénigrement dont il était victime 
depuis plusieurs mois. Une procédure était en cours devant le groupe de confiance 
de l'Etat.  

 b. Le représentant de la HES-SO a contesté le caractère attentatoire à l'honneur 
du courriel du 14 novembre 2008 ainsi que l'existence d'une campagne de 
dénigrement à l'encontre de M. X______. Ce dernier n'avait pas une attitude 
neutre, il orchestrait une campagne de dénigrement face à son collaborateur. Le 
groupe de confiance avait été saisi dans le cadre de difficultés rencontrées par 
plusieurs collaborateurs avec M. X______.  

  Les conclusions de l’enquête concernant la disparition des produits de 
laboratoire avaient été communiquées oralement à M. X______ avant même 
l’établissement du rapport du 15 novembre 2008. Il lui avait été demandé s’il avait 
des compléments ou des remarques à faire, ce qu'il avait fait. 

  Dans le cadre de la procédure qui avait conduit au prononcé du blâme, 
aucun témoin n'avait été entendu. 

30.  Le 14 janvier 2010, le tribunal de céans a procédé à des enquêtes. Au cours 
de cette audience, M. X______ s'est opposé à la présence de M. U______. Ce 
dernier a accepté de se retirer.  

 a.  M. R______ avait été assistant de recherche de M. X______ pendant les 
deux dernières années d'assistanat, soit jusqu'au 31 août 2009. Dans le courant de 
l'année 2008, son collègue, M. P______, avait constaté, à l'occasion d'une 
commande de produits chimiques, qu'il recevait des produits qu'il n'avait pas 
commandés. Il lui en avait parlé. Le bon de commande devant être signé par deux 
personnes, ils en avaient déduit que le produit avait été commandé par 
M. Y______. Les commandes étaient préparées par les assistants qui soumettaient 
le bon, en l'espèce, à M. X______. A la suite de cet événement, il avait vérifié les 
commandes qui arrivaient dans le service et il avait observé qu'il manquait des 
produits. Il avait donné la liste des produits manquants à M. X______. Au 
printemps 2008, il avait constaté qu'un carton se trouvait sur une fenêtre et qu'il 
contenait des produits chimiques. M. Y______ lui avait dit qu'ils étaient destinés à 
des recherches en Tunisie et qu'il hésitait à les envoyer par la poste. M. Y______ 
avait demandé au chef de filière de les prendre avec lui à l'occasion d'un voyage 
en Tunisie. Le voyage n'avait pas eu lieu et par la suite le carton avait disparu. 

  Les produits manquant aux commandes livrées n'auraient pas pu être utilisés 
à l'intérieur de l'école car ils n'étaient pas employés par le laboratoire. Par la suite, 
il avait vu que ces produits étaient dans le carton préparé par M. Y______. 

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  M. R______ s'était senti mal à l'aise à la lecture du mail du 14 novembre 
2008 car il pouvait passer pour un menteur. Plusieurs destinataires du courriel 
n'étaient au courant de rien. 

  Il avait été entendu dans le cadre de l'enquête interne les 23 octobre et 
19 décembre 2008. Lors du premier entretien, M. U______ avait voulu lui faire 
dire qu'il était manipulé par M. X______. Il lui avait ainsi demandé à plusieurs 
reprises si c'était bien lui qui avait constaté la disparition de certains produits 
commandés. Un mois après la diffusion du mail, son collègue et lui avaient été 
convoqués par la direction. A cette occasion, M. U______ avait indiqué que 
l'enquête était close et qu'il n'y avait pas de preuve que les produits qui avaient 
disparu avaient été envoyés en Tunisie. Lorsqu'il avait voulu réagir, M. U______ 
lui avait dit qu'il ne devait pas l'interrompre et que c'était lui qui faisait la justice. 
Lors de cet entretien, M. U______ avait clairement dit qu'ils étaient manipulés par 
M. X______. M. R______ a versé les deux procès-verbaux émis à ces occasions. 

 Jusqu'au printemps 2008, l'ambiance de travail au laboratoire était normale. 
A la suite des événements, il avait dû par exemple superviser un travail de 
diplôme, tâche qui incombait à M. Y______ car ce dernier ne travaillait quasiment 
plus. M. Y______ lui avait également proposé de travailler pour une société en 
Tunisie, à côté de son travail à l'école. Il avait refusé. 

  A la fin de son contrat, M. U______ lui avait dit qu'il ne pourrait plus jamais 
travailler à la HES-SO s'il entamait une procédure juridique à l'encontre de cette 
dernière, notamment en raison d'un problème de vacances. 

 b. Monsieur P______ était l'assistant de M. X______ depuis quatre ans et avait 
été celui de M. Y______ pendant ses trois premières années d'assistanat. 

  En qualité d’assistants, ils avaient le droit de remplir des bons de commande 
qui devaient par la suite être signés par leur supérieur, soit M. X______, voire 
M. Y______. Ce dernier s'était toujours permis de signer les bons de commande. 
Il avait appris par la suite que seul M. X______, en sa qualité de responsable du 
laboratoire, avait le droit de le faire. 

  Au début 2008, alors qu'il avait commandé deux produits chimiques, il en 
avait reçu six ou sept. Il avait demandé à M. Y______, avec lequel il partageait le 
bureau, ce qu’il en était. Celui-ci avait complété sa commande et lui avait dit que 
les produits étaient destinés à une stagiaire de l’école. Dans les semaines qui 
avaient suivi, il avait constaté que les produits commandés étaient destinés à la 
Tunisie et que M. Y______ ne savait pas comment les faire parvenir dans ce pays. 
M. Y______ faisait cela de manière tout à fait ouverte. Parallèlement, M. 
Y______ lui avait demandé s'il n’avait pas du matériel en trop, toujours destiné à 
être envoyé en Tunisie. Il lui avait semblé que quelque chose ne tournait pas rond 
et il s'en était ouvert à M. X______. Il ne pouvait pas admettre que des produits 

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qui ne lui étaient pas destinés soient commandés à son nom. Il s'était également 
renseigné auprès de la stagiaire pour savoir si elle avait commandé les produits en 
question et elle lui avait répondu par la négative.  

  Interrogé par M. X______, M. Y______ avait mentionné son nom alors que 
les produits ne lui étaient pas destinés. 

  Par la suite, il avait été convoqué par la direction, notamment M. U______. 
Il avait confirmé les faits relatés ci-dessus. N’ayant pas reçu de procès-verbal, il 
en avait demandé un à M. U______. Il avait fini par recevoir un courriel de M. 
U______ qui confirmait la teneur de l’entretien. Lors de celui-ci, M. U______ lui 
avait mis la pression en lui disant qu'il venait de voir M. Y______ et que celui-ci 
niait toute cette affaire. Il relevait une incohérence dans les propos de M. 
U______ qui, ce jour-là, avait déclaré que M. Y______ niait tout et qui, lors du 
second entretien, avait dit que M. Y______ avait retrouvé les produits. 

  Il avait reçu les courriels des 14 et 17 novembre 2008. Il avait été stupéfait 
par la teneur du premier mail, diffusé à tout l’établissement car il n’avait plus eu 
de nouvelles de cette affaire alors qu'il était personnellement impliqué. Il se 
sentait visé par les termes de ce courriel, tout comme M. X______ d’ailleurs. Il 
n’avait pas réagi car il arrivait en fin de contrat et il craignait des représailles. Il 
estimait avoir été honnête lors du premier entretien avec M. U______. Les termes 
du courriel du 17 novembre 2008 ne l'avaient pas particulièrement choqué. Pour 
lui, ce dernier était moins grave que celui qui avait été envoyé le 14 novembre 
2008. 

  Il avait pu constater à plusieurs reprises que M. Y______ ne respectait pas 
les règles de l’établissement. Ainsi, à titre d’exemple, celui-ci faisait travailler les 
assistants sur des projets personnels, sans en informer M. X______.  

  Jusqu’aux événements du printemps 2008, l’ambiance était bonne. Depuis 
lors, MM. X______ et Y______ ne se parlaient plus et lui-même ne travaillait 
plus que pour M. X______ avec lequel il entretenait d'excellentes relations. 

  Il déplorait la manière dont la hiérarchie avait traité cette affaire. Il avait été 
affecté dans sa santé. Après avoir été la cible de vindictes de M. Y______ durant 
plusieurs mois, il s'en était ouvert à son chef de filière et c'était lui qui avait dû 
changer de bureau, ce qu'il ne trouvait pas normal. 

 c. Monsieur S______, inspecteur à l’office cantonal de l'inspection et des 
relations du travail, avait été amené, dans le cadre de son activité, à faire une 
visite dans le laboratoire de M. X______ à la demande de l’office fédéral de 
l’environnement. Cet office avait reçu une notification de la part du laboratoire 
concernant des terres en provenance du Burkina Faso susceptibles de contenir des 
organismes pathogènes. Il fallait vérifier si ces activités étaient toujours en cours 

- 15/23 - 

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ou non. M. X______ lui avait montré les échantillons de terre stockés dans le 
laboratoire en lui disant que c’était M. Y______ qui s’occupait de cette recherche. 
Apparemment la notification envoyée à Berne n’était pas complète et ne 
comportait pas la signature de M. Y______. A la suite de cette rencontre, il avait 
écrit à M. Y______ pour que celui-ci se mette en conformité. Il avait par la suite 
reçu une lettre de M. Z______ lui indiquant que des recherches avaient été faites 
et que les échantillons ne contenaient pas de germes pathogènes. Ce courrier avait 
été transmis à l’office fédéral de l'environnement qui jugeait de la suite à donner. 
Il n’avait pas eu de nouvelles et n'avait rien eu d’autre à faire avec le laboratoire 
de M. X______. 

31.  Les enquêtes se sont poursuivies le 21 janvier 2010. 

 a. Madame C______ avait travaillé à l’école en qualité de stagiaire de février à 
fin septembre 2008, sous la responsabilité de M. X______, puis en qualité 
d’assistante du mois de janvier à fin mai 2009. 

  Elle n’était plus à l’école de Lullier le 14 novembre 2008 et n'avait donc pas 
reçu personnellement le message de M. X______. Elle en avait demandé toutefois 
un exemplaire à ses ex-collègues. Elle savait qu’il existait un différend entre 
MM. X______ et Y______. Elle avait effectué son travail de master sous la 
direction de ce dernier. A cette époque, MM. P______ et R______ lui avaient 
demandé si elle avait utilisé certains produits qui avaient été commandés 
apparemment pour ce travail, ce qui n'était pas le cas. 

  Au départ, ses relations avec M. Y______ étaient bonnes. Par la suite, elles 
avaient fluctué, puis s'étaient nettement péjorées lorsqu'elle avait refusé le résultat 
de recherches effectuées par celui-ci à l’extérieur (Tunisie). Finalement, 
M. Y______ avait mal, voire pas, relu son travail de master ce qui avait eu pour 
conséquence qu’il n’avait pas vu que certains résultats étaient faux. Elle avait 
néanmoins obtenu son master. 

  Elle n’avait pas été entendue dans le cadre de l’enquête interne relative à la 
disparition des produits. 

  Elle n'avait pas eu de problèmes relationnels avec M. X______. 

 b. Monsieur Ch______ avait été apprenti à l’école de septembre 2006 à août 
2009. Il avait travaillé dans le laboratoire de M. X______ et sous la responsabilité 
de ce dernier. 

  Il avait été étonné de recevoir le courriel du 14 novembre 2008. Il avait 
estimé que cela ne le regardait pas et il n’avait pas réagi. Il avait également reçu 
une copie du mail du 17 novembre 2008. Pour lui, c'était la réponse au message 
précédent. 

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  Il avait travaillé pour M. Y______ sans rendre compte de son activité à 
M. X______ et cela à la demande du premier. Il s’agissait de travaux de 
laboratoire entrant dans le cadre de son apprentissage mais pour des projets qui 
apparemment ne concernaient pas M. X______. A priori, il n’avait pas de raisons 
de ne pas faire ce que M. Y______ lui demandait car cela rentrait dans le cadre de 
son travail. 

  Il avait toujours eu de bonnes relations avec M. Y______ et avec 
M. X______. 

  Il n'avait pas été auditionné dans le cadre de l'enquête interne concernant le 
laboratoire. Il avait entendu qu’une telle enquête était en cours. 

 c. Le témoignage écrit de Monsieur G______ qui se trouvait à l'étranger a été 
versé à la procédure en accord avec les parties. 

  M. G______ avait travaillé sur plusieurs projet pour M. Y______ qui lui 
avait demandé de ne pas en parler à M. X______. Il avait également régulièrement 
dû servir de chauffeur à M. Y______ pendant ses heures de travail.  

32.  Le 24 février 2010, le département a déposé ses conclusions après enquêtes. 
Il persiste dans ses précédentes conclusions. 

  Les enquêtes menées par le tribunal de céans n'étaient pas de nature à 
modifier les résultats de l'enquête interne. S'agissant des propos relatifs à la 
disparition des produits, ceux-ci n'étaient corroborés par aucun élément matériel. 
Quant aux allégués relatifs à des comportements inadéquats dont M. Y______ 
aurait fait preuve, ceux-ci n'étaient pas pertinents car ils étaient sans lien avec les 
agissements ayant valu à M. X______ un blâme. M. Y______ avait quitté 
l'HEPIA le 31 décembre 2009. 

33.  M. X______ a déposé ses conclusions après enquêtes le 2 mars 2010. Il 
maintient sa position. 

  L'audition des témoins avait permis de confirmer que l'enquête interne s'était 
faite unilatéralement et partialement, sans que les demandes d'auditions et de 
confrontations qu'il avait formulées ne soient suivies. Certaines pièces essentielles 
du dossier n'avaient pas été portées à sa connaissance. Ainsi, l'enquête interne 
avait été déclarée close en laissant clairement entendre que lui-même et d'autres 
collaborateurs auraient diffusé des rumeurs avec malveillance alors qu'il n'avait 
fait que son devoir et demandé que la vérité soit recherchée et trouvée. C'était 
pour protester contre cette façon de présenter les choses et d'annoncer 
prématurément la fin de l'enquête que le message litigieux avait été adressé et 
diffusé. 

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34.  Le tribunal retiendra encore des pièces remises par les parties les éléments 
suivants : 

 a. Selon les notes de séance du 23 octobre 2008 de M. U______, M. R______ 
a expliqué que M. Y______ lui avait dit souhaiter envoyer des produits chimiques 
en Tunisie. Il avait vu ceux-ci dans un carton qui se trouvait sur le bureau de 
M. Y______. Ce dernier mettait un flacon de Guaiacol dans la boîte qui contenait 
déjà des produits Sigma. A cette époque, soit en mars 2008, M. Z______ devait se 
rendre en Tunisie et M. Y______ souhaitait lui demander d'acheminer le carton 
vers la Tunisie. Ce voyage n'avait finalement pas eu lieu. Pendant l'enquête, il 
avait été surpris qu'aucune démarche n'ait été effectuée auprès du fournisseur des 
produits chimiques pour comparer la liste des produits commandés avec celle des 
produits en stock. Il avait donc demandé, de son propre chef, au fournisseur une 
liste des produits commandés et avait fait,35. avec M. P______, un inventaire des 
produits qui étaient en stock en été 2008. Il avait ensuite remis ce document à son 
supérieur hiérarchique, M. X______. M. R______ était au courant que M. 
Y______ avait un projet privé en Tunisie. Ce dernier l'avait informé avoir des 
bases juridiques d'une société en Tunisie et lui avait proposé de travailler pour 
celle-ci, dans son domaine de compétence moyennant rémunération, en utilisant 
les facilités du laboratoire de Lullier. Il n'avait pas accepté. M. Y______ lui avait 
également proposé de travailler sur des communautés bactériennes spécifiques de 
Tunisie, pendant ses heures de travail. Il n'avait pas le temps et n'avait donc pas 
accepté. 

 b. Dans un compte-rendu de l'entretien du 19 décembre 2008, M. R______ a 
indiqué que M. U______ avait annoncé la fin de l'enquête et l'issue de celle-ci. 
Aucune preuve matérielle contre M. Y______ n'avait été recueillie. M. U______ 
avait dit "et même si R______ l'a vu mettre le Guaiacol dans un carton, une partie 
des produits ayant été retrouvée, n'ayant aucune preuve de l'envoi des produits en 
Tunisie et ne l'ayant pas pris la main dans le sac, faute de preuves matérielles, 
l'enquête se conclut par l'innocence de M. Y______". Il n'était pas question de 
procéder à des investigations notamment sur les activités professionnelles de M. 
Y______. Au vu de la modique somme en jeu, l'énergie dépensée était largement 
dépassée. Face à la réaction de M. P______ pour qui peu importait la somme en 
jeu, M. U______ avait répondu sèchement et en haussant le ton de le laisser 
terminer et qu'il n'y avait pas de commentaires à apporter. La justice consistait à 
protéger l'innocence des personnes alors "laissez-nous faire la justice". 
M. U______ avait encore expliqué que l'enquête s'était très bien déroulée. Il avait 
ensuite prié les assistants de ne plus faire de recherches, d'allusions et de ne plus 
propager des rumeurs concernant M. Y______. Il estimait qu'ils avaient été 
manipulés, consciemment ou non. 

 c. Le 19 décembre 2008, M. U______ a adressé un mail à MM. P______ et 
R______ par lequel il communiquait le résumé des informations et demandes qui 

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avaient été faites lors de l'entretien du même jour. Il leur avait donné les 
conclusions de l'enquête et leur avait demandé de cesser toutes investigations qui 
pourraient nuire à la personnalité de M. Y______ ou aux relations 
professionnelles. Il les avait également prié de cesser les actions qui pouvaient 
générer des tensions dans l'équipe, créer de la surcharge inutile pour la hiérarchie 
ou contribuer à la relance des problèmes relationnels observés ces derniers mois. 

35.  Sur quoi, la cause a été gardée à juger. 

 

EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 67 al. 4 RStCE-HES ; art. 56A de la loi sur l’organisation judiciaire 
du 22 novembre 1941 - LOJ - E 2 05 ; art. 63 al. 1 let. a de la loi sur la procédure 
administrative du 12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2.  Dans la présente affaire, il convient de distinguer la procédure suivie dans le 
cadre de l'enquête menée par la direction de l'école et la direction de la HES-SO 
Genève de celle ayant abouti au prononcé d'une sanction à l'encontre du recourant. 

  Il ressort des courriels de M. V______ des 16 et 23 juin 2008, du mail du 14 
novembre 2008 et des conclusions de l'enquête du 15 novembre 2008 que 
l'enquête interne a consisté à vérifier la réalité des soupçons émis par le recourant 
à l'encontre de son collaborateur. Le rôle du recourant correspond à celui d'un 
dénonciateur. Il n'a dès lors aucun droit de partie et c'est à tort qu'il se plaint de ne 
pas avoir pu exercer les droits réservés aux parties dans le cadre de cette enquête. 

3.  Le droit d'être entendu, garanti par l’art. 29 al. 2 Cst., implique notamment 
pour l'autorité l'obligation de motiver sa décision. Il ne lui impose cependant pas 
d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les 
parties ; l'autorité peut, au contraire, se limiter à ceux qui, sans arbitraire, lui 
paraissent pertinents. Dès lors que l'on peut discerner les motifs qui ont guidé la 
décision de l'autorité, le droit à une décision motivée est respecté. Pour le reste, la 
motivation peut être implicite et résulter des différents considérants de la décision 
(Arrêt du Tribunal fédéral 2C_514/2009 du 25 mars 2010 consid. 3.1). Il suffit 
que le justiciable puisse apprécier correctement la portée de la décision et 
l'attaquer à bon escient (Arrêt du Tribunal fédéral 8C_639/2009 du 9 octobre 
2009, consid. 4.2 ; ATF 134 I 83 consid. 4.1 p. 88). 

4.  En l'espèce, selon la décision du 19 février 2009, le blâme infligé est motivé 
par l'envoi du mail du 17 novembre 2008 et par l'attitude du recourant envers son 
collaborateur. Lors de l'entretien de service du 11 décembre 2008, auquel la 

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décision se réfère expressément, il a été reproché au recourant d'avoir remis en 
cause intentionnellement et publiquement les conclusions de l'enquête et d'avoir 
entrepris de nombreuses actions qui portaient atteinte à la réputation de son 
collaborateur. L'intéressé avait ainsi gravement outrepassé son devoir de réserve, 
de fidélité et de respect de sa hiérarchie. La motivation de la sanction est ainsi 
suffisante pour permettre au recourant d'en comprendre la portée et de la contester 
en connaissance de cause. Le grief tiré du défaut de motivation sera dès lors 
rejeté. 

5.  Le recourant conteste la sanction qui lui a été infligée. 

6.  Professeur à l'EIL, le recourant est soumis notamment à la loi cantonale sur 
les Hautes écoles spécialisées du 19 mars 1998 (LHES-GE - C 1 26), au RStCE-
HES et, par renvoi, à certaines dispositions de la loi sur l’instruction publique du 6 
novembre 1940 (LIP - C 1 10 ; art. 21 LHES, 23A LHES). 

7. a.  Le corps enseignant des écoles HES est soumis au statut de droit public des 
fonctionnaires de l'instruction publique genevoise (art. 21 LHES-GE). 

  Il se compose des membres du corps professoral et des membres du corps 
intermédiaire (art. 22 LHES-GE ; art. 1 al. 1 RStCE-HES). Les professeurs HES 
font partie des membres du corps professoral alors que les adjoints scientifiques 
HES appartiennent au corps intermédiaire (art. 1 al. 2 let a et al. 3 let. a RStCE-
HES). 

  L'adjoint scientifique HES exerce sa charge sous la responsabilité d'une ou 
d'un professeur HES (art. 92 al. 3 RStCE-HES). 

 b. Le 31 mai 2007 est entrée en vigueur une révision de la loi générale relative 
au personnel de l’administration cantonale et des établissements publics médicaux 
du 4 décembre 1997 (LPAC - B 5 05) et de plusieurs lois dont la LIP. Selon 
l'exposé des motifs présenté à l'appui de cette modification, les principes qui ont 
conduit aux modifications légales concernant la LPAC ont été transposés dans les 
lois spécifiques, notamment concernant le personnel enseignant. Ils s'appliquent 
de manière identique. Cette démarche d'unification des législations de droit de la 
fonction publique est indispensable. Elle permet de garantir une application 
cohérente, dans l'ensemble de la fonction publique, de la politique des ressources 
humaines de l'Etat employeur […]. Dans le cadre de la LIP, il est rappelé que les 
devoirs de service du corps enseignant sont en règle générale de même contenu 
que ceux prévus pour les membres du personnel régis par la LPAC, par exemple : 

 - devoir de donner suite aux instructions des supérieurs ; 

 - devoir de respecter les collègues, les membres de la hiérarchie (MGC [en 
ligne] séance du 23 mars 2007 à 17h00, rapport PL 9904-A, disponible sur 

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http://www.ge.ch/grandconseil/memorial/data/560206/29/560206_29_partie4.asp 
[consulté le 27 avril 2010]). 

8. a. Les membres du corps enseignant qui enfreignent leurs devoirs de fonction, 
soit intentionnellement, soit par négligence, peuvent faire l'objet d'une sanction 
disciplinaire (Art. 25 RStCE-HES ; art. 130 al. 1 LIP).  

 b. Les sanctions disciplinaires sont dans l'ordre croissant de gravité : 

a) prononcé par le supérieur ou la supérieure hiérarchique, en accord avec sa 
hiérarchie : 

1° le blâme ; 

b) prononcées par le conseiller ou la conseillère d'Etat en charge du 
département : 

2° la suspension d'augmentation de traitement pendant une durée déterminée, 

3° la réduction du traitement à l'intérieur de la classe de fonction ; 

c) prononcés par le Conseil d'Etat à l'encontre d'un membre du corps 
professoral HES nommé : 

4° le transfert dans un autre emploi avec le traitement afférent à la nouvelle 
fonction, pour autant que le membre du personnel dispose des qualifications 
professionnelles et personnelles requises pour occuper le nouveau poste, 

5° la révocation, notamment en cas de violations incompatibles avec la mission 
d'enseignante ou d'enseignant (art. 48 RStCE-HES ; art. 130 al. 1 let. a à c 
LIP). 

9. a. Selon la jurisprudence, les sanctions disciplinaires sont régies par les 
principes généraux du droit pénal, de sorte qu'elles ne sauraient être prononcées 
en l'absence d'une faute. La notion de faute est admise de manière très large en 
droit disciplinaire et celle-ci peut être commise consciemment, par négligence ou 
par inconscience, la négligence n'ayant pas à être prévue dans une disposition 
expresse pour entraîner la punissabilité de l'auteur (ATA/21/2010 du 19 janvier 
2010 ; ATA/662/2006 du 12 décembre 2006, consid. 4 et les références citées ; 
voir aussi Arrêt du Tribunal fédéral 1P.133/2003 du 8 février 2005, consid. 6.1). 

 b. L’autorité qui inflige une sanction disciplinaire doit respecter le principe de 
la proportionnalité (V. MONTANI, C. BARDE, La jurisprudence du Tribunal 
administratif relative au droit disciplinaire, RDAF 1996, p. 347). Le choix de la 
nature et de la quotité de la sanction doit être approprié au genre et à la gravité de 
la violation des devoirs professionnels et ne pas aller au-delà de ce qui est 
nécessaire pour assurer les buts d'intérêt public recherchés. A cet égard, l'autorité 

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doit tenir compte en premier lieu d'éléments objectifs, à savoir des conséquences 
que la faute a entraînées pour le bon fonctionnement de la profession en cause et 
de facteurs subjectifs, tels que la gravité de la faute, ainsi que les mobiles et les 
antécédents de l'intéressé (ATF 108 Ia 230 consid. 2b p. 232 ; ATF 106 Ia 100 
consid. 13c p. 121 ; ATF 98 Ib 301 consid. 2b p. 306 ; ATF 97 I 831 consid. 2a 
p. 835 ; RDAF 2001 II 9 35 consid. 3c/bb ; SJ 1993 221 consid. 4 et les références 
doctrinales citées ; Arrêt du Tribunal fédéral 2P.133/2003 du 28 juillet 2003 ; 
ATA/140/2006 du 14 mars 2006 ; ATA/648/2004 du 24 août 2004).  

 c.  En matière de sanctions disciplinaires, l’autorité dispose d’un large pouvoir 
d’appréciation ; le pouvoir d’examen du tribunal de céans se limite à l’excès ou 
l’abus du pouvoir d’appréciation (art. 61 al. 2 LPA ; ATA/395/2004 du 18 mai 
2004 ; ATA/102/2002 du 19 février 2002). Alors même que l'autorité resterait 
dans le cadre de ses pouvoirs, quelques principes juridiques les restreignent, dont 
la violation constitue un abus de pouvoir : elle doit exercer sa liberté 
conformément au droit. Elle doit respecter le but dans lequel un tel pouvoir lui a 
été conféré, procéder à un examen complet de toutes les circonstances pertinentes, 
user de critères transparents et objectifs, ne pas commettre d'inégalité de 
traitement et appliquer le principe de proportionnalité (ATA/22/2010 du 19 
janvier 2010 ; P. MOOR, Droit administratif, vol. 1, 2ème éd., 1994, p. 376 ss. et 
les réf. citées). 

  En l'espèce, le recourant n'était pas partie dans le cadre de l'enquête interne. 
Il n'était dès lors pas habilité à exiger certains actes de procédure. De même, il ne 
pouvait pas contester les résultats de l'enquête interne. De plus, son opposition 
laissait sous-entendre que son collaborateur n'était pas exempt de toute critique. 
Toutefois, le recourant a expliqué qu'il avait adressé le mail du 17 en réponse à 
celui du 14 novembre 2008 de Mme Q______ et sur conseil de son avocat. Il 
n'avait ainsi pas l'intention de nuire à quiconque mais de se défendre car il s'était 
senti atteint dans son honneur.  

  En diffusant le courrier de son avocat par mail, le recourant s’est servi du 
même outil que celui employé par la direction. Il appartenait à cette dernière 
d'utiliser un moyen de communication plus approprié pour transmettre les 
résultats de l'enquête, le courrier électronique étant facilement source de 
malentendus. Face au conflit existant entre le recourant et son collaborateur, il eût 
été plus adéquat d'informer les intéressés de la clôture de l'enquête et de leur 
communiquer en primeur les conclusions de celle-ci avant de les diffuser plus 
largement. Cela était d'autant plus nécessaire vis-à-vis du recourant que les 
soupçons émis ont été confirmés par les assistants tant dans le cadre de l'enquête 
interne que devant le tribunal de céans. La direction qui voulait veiller à la 
protection de la personnalité du collaborateur mis en cause devait également rester 
attentive aux conséquences qui pouvaient résulter de l'enquête interne pour le 
recourant. 

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  Compte tenu de l'ensemble des circonstances, le tribunal considère que, 
dans le contexte qui prévalait alors, le recourant n'a pas, par son comportement, 
contrevenu à ses devoirs de fonctions. Le blâme infligé par décision du 19 février 
2009 sera dès lors annulé.  

10.  Au vu de ce qui précède, le recours sera admis et la décision du département 
annulée. Un émolument de CHF 1'000.- sera mis à la charge du département. Une 
indemnité de procédure de CHF 1'500.- sera accordée au recourant à la charge de 
l'Etat de Genève (art. 87 LPA). 

  Certains éléments contenus dans le dossier pouvant avoir un caractère pénal, 
une copie du présent arrêt sera transmise au Procureur général. 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 29 mai 2009 par Monsieur X______ contre la 
décision du département de l'instruction publique du 30 avril 2009 ; 

au fond : 

l'admet ; 

annule la décision du département du 30 avril 2009 ; 

met à la charge du département un émolument de CHF 1'000.- ; 

alloue au recourant une indemnité de procédure de CHF 1'500.- à la charge de l'Etat de 
Genève ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral ; 

- par la voie du recours en matière de droit public, s’il porte sur les rapports de travail 
entre les parties et que la valeur litigieuse n’est pas inférieure à CHF 15'000.- ; 

- par la voie du recours en matière de droit public, si la valeur litigieuse est inférieure à 
CHF 15'000.- et que la contestation porte sur une question juridique de principe ; 

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- par la voie du recours constitutionnel subsidiaire, aux conditions posées par les articles 
113 et suivants LTF, si la valeur litigieuse est inférieure à CHF 15'000.- ; 

le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de preuve et 
porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au Tribunal 
fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux conditions de 
l’article 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, invoquées 
comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Me Jean-Marie Crettaz, avocat du recourant ainsi qu'au 
département de l'instruction publique, de la culture et du sport et, pour information, au 
Procureur général. 

Siégeants : Mme Bovy, présidente, M. Thélin, Mmes Hurni et Junod, M. Dumartheray, 
juges. 

Au nom du Tribunal administratif : 

la greffière-juriste : 
 
 

M. Tonossi 

 la présidente : 
 
 

L. Bovy 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :