# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** cceec67d-d4e2-5b74-be90-255fbda574ce
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2019-06-28
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 28.06.2019 E-2883/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-2883-2019_2019-06-28.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour V 

E-2883/2019 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  2 8  j u i n  2 0 1 9   

Composition 
 William Waeber, (président du collège), 

Jean-Pierre Monnet, David Wenger, juges, 

Jean-Claude Barras, greffier. 

   

Parties 
 A._______, née le (…), 

et ses enfants, B._______, né le (…), 

et C._______, née le (…), 

Macédoine du Nord,   

représentés par Anny Mak, 

Caritas Suisse, Centre fédéral asile Boudry,  

recourants,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile et renvoi ; 

décision du SEM du 31 mai 2019 / N (…). 

 

 

 

E-2883/2019 

Page 2 

Faits : 

A.  

Le 25 avril 2019, A._______ et ses enfants B._______ et C._______ ont 

déposé une demande d’asile au Centre fédéral pour requérants d’asile de 

la région Suisse romande. 

B.  

Le 1er mai suivant, il a été procédé à l’enregistrement des données 

personnelles de la recourante et de son fils. Le même jour, la recourante 

et ses enfants ont chacun donné procuration à Caritas Suisse pour qu’il les 

représente dans la procédure d’asile en cours.  

C.  

Le 21 mai 2019, la mère et son fils ont été entendus sur leurs motifs d’asile. 

Lors de son audition, la recourante a dit être née à D._______, au Kosovo 

où vit encore sa mère, employée au Ministère de (…) de cet Etat. En 1995, 

elle aurait terminé son gymnase puis, à cause de la guerre dans son pays, 

elle serait partie chez des parents, à E._______, pour y travailler dans leur 

commerce de confection. Elle y aurait alors connu son mari, un 

Macédonien du Nord, d’ethnie bosniaque. Les deux seraient ensuite 

repartis en Macédoine du Nord pour s’y marier, en (…), et s’installer à 

F._______, un village de la commune de Skopje. Après la naissance de 

leur fils, en (…), elle aurait travaillé dans l’industrie pharmaceutique jusqu’à 

son départ en Suisse. Vers (…), elle aurait obtenu la nationalité 

macédonienne, tout en conservant sa nationalité kosovare. 

A partir de 2015, l’orientation scolaire de leur fils aurait été la cause de 

frictions entre elle et son mari, celui-ci se montrant de plus en plus souvent 

agressif envers leur enfant, dont il n’appréciait pas le mode de vie. En 

février 2019, la recourante aurait découvert que son mari entretenait une 

liaison extraconjugale. Celui-ci aurait d’abord nié cette relation, puis il aurait 

tenté d’en justifier la poursuite en prétendant que sa maîtresse avait été 

délaissée par son époux à cause de lui de sorte qu’il devait l’aider. Comme 

elle n’aurait pas accepté cette situation, son époux se serait mis à la 

maltraiter, car il aurait craint qu’elle ne révélât sa liaison à ses beaux-

parents et entache sa réputation. Il s’en serait aussi régulièrement pris à 

leur fils, pensant peut-être, selon la recourante, qu’il l’avait vu avec sa 

maîtresse. Elle aurait renoncé à solliciter l’intervention de la police parce 

que celle-ci serait notoirement corrompue et parce que dans une société 

patriarcale comme celle de la Macédoine, les femmes ne sont guère 

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protégées contre les violences conjugales. Elle ne se serait pas non plus 

tournée vers des associations de défense des droits des femmes, pensant 

qu’elles ne pourraient rien faire pour elle et ses enfants. En avril suivant, 

fuyant un époux toujours plus violent, elle aurait profité d’un séjour chez sa 

mère pour partir avec ses enfants en Suisse, où vit son frère. Rapidement, 

son mari aurait su où elle était allée. N’ayant pu la joindre au téléphone, 

car elle avait entretemps fait bloquer son numéro, il serait allé au Kosovo 

menacer sa belle-mère. Il aurait aussi essayé d’obtenir des informations 

par le biais d’amis de la recourante qui ne lui auraient toutefois rien dit. Par 

le biais d’une messagerie informatique, sa maîtresse aurait aussi reproché 

à la recourante de colporter des ragots. Elle l’aurait aussi menacée. A 

l’heure actuelle son mari la rechercherait toujours. Au final, elle a déclaré 

qu’un retour en Macédoine lui serait fatal. 

Quant au fils de la recourante, il a dit avoir suivi sa mère pour échapper à 

son père qui le battait constamment, parfois jusqu’à cinq fois par jour, 

menaçant de le tuer dans son sommeil. Leurs relations auraient toujours 

été exécrables. Tyrannique, son père l’aurait obligé à s’inscrire dans une 

école dont le niveau aurait été bien en dessous de ses aptitudes parce qu’il 

ne le croyait pas capable de mieux. Il l’aurait aussi forcé à travailler sans 

cesse dans sa menuiserie, au point de l’empêcher d’étudier. Sa mère, à 

laquelle il se confiait, s’efforçait bien de le consoler en lui disant que « ça 

allait s’améliorer », mais la situation n’avait fait qu’empirer. Il a aussi qualifié 

de froides les relations de son père avec sa sœur, « comme s’il n’était pas 

son père ». Lui aussi aurait renoncé à solliciter une aide extérieure parce 

qu’ « il n’y a pas de droits de l’Homme en Macédoine » et pas de loi et que 

rien n’aurait été entrepris. 

D.  

Le 23 mai 2019, se référant à plusieurs arrêts récents du Tribunal 

administratif fédéral (ci-après : le Tribunal), les recourants, ont requis du 

SEM une instruction sur leur état de santé conformément à la maxime 

inquisitoire. 

E.  

Le 28 mai 2019, le SEM a notifié aux recourants son projet de décision. 

Dans leur prise de position du même jour, les recourants ont dit maintenir 

leurs déclarations. Ils ont également réitéré leur demande visant à ce qu’il 

soit instruit sur leur état de santé. 

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F.  

Par décision du 31 mai 2019, le SEM a rejeté la demande d'asile des 

recourants, a prononcé leur renvoi de Suisse et a ordonné l'exécution de 

cette mesure. Le SEM a retenu que les persécutions infligées par des tiers 

ou la crainte d’être victime de tels actes étaient pertinents pour l’octroi de 

l’asile seulement si l’Etat refusait ou n’était pas en mesure d’offrir une 

protection adéquate. Il a ensuite relevé qu’en ce qui concernait la 

Macédoine (du Nord), une disposition du code pénal de cet Etat réprimait, 

depuis 2004, les violences conjugales en en définissant les différents 

types. La Macédoine (du Nord) avait aussi ratifié la Convention de l’ONU 

sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des 

femmes (CEDEF) et son protocole additionnel. En outre, les victimes de 

violences conjugales pouvaient s’adresser à des centres étatiques de 

travail social auxquels s’ajoutaient des organisations non 

gouvernementales de défense des droits des femmes. Ayant renoncé à 

saisir la justice de son pays ou à se tourner vers les structures de soutien 

à sa disposition, la recourante ne pouvait dès lors se prévaloir de la 

passivité des autorités en ce qui concernait sa situation. Elle-même et son 

fils n’avaient ainsi pas renversé la présomption d'absence de persécutions 

attachée au classement de la Macédoine du Nord, depuis le 1er janvier 

2018, dans la liste des pays sûrs, au sens de l’art. 6a al. 2 let. a LAsi, par 

le Conseil fédéral. Le SEM a aussi estimé applicable, en l’espèce, le 

principe de subsidiarité en vertu duquel celui qui peut attendre une 

protection des autorités de son pays ne peut solliciter celle de la Suisse. 

La recourante ayant aussi la nationalité kosovare, elle avait donc la 

possibilité de solliciter la protection des autorités du Kosovo. 

Enfin, les soins requis par la recourante en raison de son mauvais état 

psychique étaient disponibles à Skopje, d’où elle venait, de sorte que 

l’exécution de son renvoi apparaissait raisonnablement exigible en plus 

d’être licite et possible. 

G.  

Dans leur recours interjeté le 11 juin 2019, A._______ et son fils font 

préalablement grief au SEM d’une violation de la maxime inquisitoire et de 

son obligation de motivation pour n’avoir pas instruit des faits déterminants 

de leur cause, en particulier ceux ayant trait à leur état psychique et au 

caractère fondé de leurs craintes d’être persécutés dans leur pays. Ce 

faisant, le SEM se serait livré à une appréciation incorrecte de leur 

situation, rendant ainsi une décision erronée. 

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Sur le fond, les recourants renvoient le Tribunal à deux rapports de 

l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR), l’un de juillet 2016 sur 

les violences conjugales en Macédoine, l’autre, d’octobre 2015, intitulé 

« Kosovo : violences contre les femmes et retour des femmes seules ». Il 

ressort de ces documents que les femmes battues sont peu entendues, les 

autorités, policières ou judiciaires, de ces deux Etats se montrant souvent 

partiales et favorables aux agresseurs. Quant aux structures à disposition 

pour la protection des victimes, elles sont largement insuffisantes, faute de 

moyens financiers. Enfin, les intéressés estiment que leur renvoi 

reviendrait à violer l’art. 3 de la Convention du 20 novembre 1989 relative 

aux droits de l’enfant (CDE, RS 0.107) en ce qui concerne la cadette des 

enfants. Celle-ci a en effet régulièrement vu son père battre sa mère et son 

frère. Elle a donc aujourd’hui impérativement besoin d’un environnement 

stable. 

Les recourants concluent à la reconnaissance de la qualité de réfugié et à 

l’octroi de l’asile, subsidiairement à l'annulation des chiffres 4 à 5 de la 

décision du SEM et au prononcé d'une admission provisoire, très 

subsidiairement à l'annulation de la décision et au renvoi de la cause au 

SEM pour instruction complémentaire. Ils demandent aussi à être 

dispensés du paiement d’une avance de frais de procédure et requièrent 

l’octroi de l'assistance judiciaire partielle et de mesures provisionnelles au 

sens de l’art. 107a al. 2 LAsi. 

H.  

Le 20 juin 2019, la recourante et son fils ont chacun produit un « document 

remis à des fins de clarifications médicales », établi le 14 juin précédent 

par une doctoresse (médecin assistant) du Centre médical de (…) à 

G._______. Celle-ci y fait état d’un examen clinique ayant révélé chez la 

recourante un probable trouble de stress post-traumatique pour le 

traitement duquel la praticienne a prescrit un traitement médicamenteux 

(Redormin). Elle a posé le même diagnostic en ce qui concerne le fils de 

la recourante, cette fois, sans examen clinique semble-t-il, et elle lui 

également prescrit un traitement médicamenteux (Seresta). Le document 

mentionne aussi un rendez-vous chez une consoeur pour une consultation, 

respectivement une évaluation. 

 

 

 

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Droit : 

1.  

1.1 Le Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les 

décisions au sens de l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à 

l'art. 33 LTAF. 

En particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile peuvent 

être contestées devant le Tribunal (art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi 

de l'art. 105 LAsi [RS 142.31]), lequel statue alors définitivement, sauf 

demande d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à se 

protéger (art. 83 let. d ch. 1 LTF). 

1.2 Les recourants ont qualité pour recourir (cf. art. 48 PA, applicable par 

renvoi de l'art. 37 LTAF). Présenté dans la forme (cf. art. 52 PA par renvoi 

de l’art. 6 LAsi) et dans le délai prescrit par la loi (cf. art. 108 al. 1 LAsi), le 

recours est recevable. 

2.  

2.1 Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans 

le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 

ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion, de 

leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou de 

leurs opinions politiques. Sont notamment considérées comme de sérieux 

préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou de la 

liberté, de même que les mesures qui entraînent une pression psychique 

insupportable. Il y a lieu de tenir compte des motifs de fuite spécifiques aux 

femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi ; cf. également ATAF 2007/31 consid. 5.2‒

5.6). 

2.2 Quiconque demande l'asile (requérant) doit prouver ou du moins 

rendre vraisemblable qu'il est un réfugié. La qualité de réfugié est 

vraisemblable lorsque l'autorité estime que celle-ci est hautement 

probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur 

des points essentiels, ne sont pas suffisamment fondées, qui sont 

contradictoires, qui ne correspondent pas aux faits ou qui reposent de 

manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 

LAsi). 

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3.  

Dans le point 1.b. de leur mémoire, les recourants font en substance grief 

au SEM d’une violation de la maxime inquisitoire pour n’avoir pas pris en 

compte et instruit les faits pertinents concernant leurs craintes de 

persécutions de même que, dans ce contexte, leur « état de santé 

psychologique fragile ». Ils lui reprochent également de n’avoir pas motivé 

sa décision à satisfaction de droit sur ces points et d’avoir ainsi violé leur 

droit d’être entendu. A la lecture de la décision, il apparaît que le SEM a 

dûment pris en compte les craintes alléguées et motivé sa décision à ce 

sujet, retenant que les intéressés avaient la possibilité d’obtenir une 

protection dans leur pays et, en cas de besoin, des soins. En réalité, les 

recourants contestent la motivation retenue pour rejeter la demande d’asile 

et non l’instruction de l’affaire telle qu’elle a été menée. Leur grief tombe 

ainsi à faux. 

4.  

4.1 L‘autorité de première instance ne s’est pas prononcée sur la 

vraisemblance des déclarations des recourants. Le Tribunal ne voit 

cependant pas de motifs péremptoires de remettre en cause leurs récits 

même si, sur des points déterminants, celui du fils de la recourante n’a pas 

toujours correspondu avec celui de sa mère. Il peut dès lors être admis que 

la mère a été victime de mauvais traitements de la part de son mari, comme 

le fils de la part de son père. 

4.2 La persécution par une personne privée est pertinente en matière 

d'asile et par conséquent justiciable d’une la protection internationale si elle 

trouve sa cause dans l’un des motifs exhaustivement énumérés à l’art 3 

LAsi et si celui qui s’en prévaut ne peut trouver, dans son pays d'origine, 

une protection adéquate. La protection nationale sera considérée comme 

adéquate lorsque la personne concernée bénéficie sur place d'un accès 

concret à des structures en pratique efficaces de protection et qu'il peut 

être raisonnablement exigé d'elle qu'elle fasse appel à ce système de 

protection interne (notamment ATAF 2008/12 consid. 5.3 p. 155, ATAF 

2008/5 consid. 4.1 p. 60, ATAF 2008/4 consid. 5.2 p. 37). 

4.3 En l’occurrence, ni la recourante ni son aîné n’ont jamais attribué les 

mauvais traitements qu’ils disent avoir subis à l’un des motifs inscrits à 

l’art. 3 al. 1 LAsi. Notamment, l’origine kosovare de la recourante n’est pas 

la cause des brutalités qu’elle dit avoir subies. La recourante et ses enfants 

n’appartiennent pas non plus à un groupe social spécifique, soit un groupe 

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clairement circonscrit, déterminé par une caractéristique commune, ou des 

qualité propres et immuables, antérieures à la survenance de la 

persécution et exposé à la discrimination et à la persécution en raison de 

cette caractéristique commune qui le distinguerait du reste de la population 

(cf. à ce sujet SAMAH POSSE-OUSMANE, SARAH PROGIN-THEUERKAUF, Code 

annoté en droit des migrations, vol IV, Loi sur l’asile, 2015, art. 3 p. 26 n° 

54 et réf. citées ; WALTER KÄLIN, Grundriss des Asylverfahrens, 

Bâle/Francfort-sur-le-Main 1990, p. 95 ss). 

4.4 A l’instar du SEM, le Tribunal retient également que les recourants 

peuvent avoir accès à une protection effective dans leur pays.  

4.4.1 Certes, comme justement souligné dans le recours, les sociétés 

balkaniques sont encore très patriarcales et les violences conjugales et 

domestiques souvent admises socialement. En Macédoine, une femme sur 

six est victime de violences physiques 

(https://www.courrierdesbalkans.fr/Les-violences-faites-aux-femmes-un-

probleme-aussi-balkanique). De même, selon une étude de la Haute école 

zurichoise des sciences appliquées, en Suisse, les jeunes qui subissent le 

plus de violence de leurs parents viennent du Kosovo, de Serbie et de 

Macédoine du Nord (https://www.rfj.ch/rfj/Actualite/Suisse/Un-jeune-sur-

cinq-est-victime-de-violences-graves-a-la-maison.html#). Dans ce dernier 

pays, il existe bien un cadre législatif destinés à régler ces problèmes 

sociétaux, mais la loi est encore peu appliquée. Face au manque 

d’engagement des pouvoirs publics, les ONG doivent prendre ce problème 

à bras le corps. Cela dit, on ne saurait pas non plus passer sous silence 

les importantes avancées ayant récemment eu lieu. En décembre 2017, 

l’ex-République yougoslave de Macédoine a ainsi ratifié la Convention du 

Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard 

des femmes et la violence domestique (Convention d’Istanbul), entrée en 

vigueur le 1er juillet 2018. Cette ratification a été suivie de l’adoption, en 

octobre suivant, d’un plan d’application valable jusqu’en 2023. La première 

mesure prise dans ce cadre fut la préparation, avec l’aide du Haut-

Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (UNHCR), d’une 

nouvelle loi sur la violence domestique, qui devrait être adoptée cette 

année encore, et l’ouverture d’une ligne téléphonique d’urgence également 

prévue pour 2019 

(https://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsI

D=23816&LangID=F). 

https://www.coe.int/fr/web/conventions/full-list/-/conventions/rms/0900001680084840

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4.4.2 In casu, le Tribunal n’entend pas nier l’insuffisance des structures à 

disposition des victimes de violences conjugales en Macédoine ni leurs 

capacités d’intervention réduites en raison de moyens limités. La seule 

invocation de ces carences par les recourants ne saurait toutefois 

présumer, dans leur cas, l’absence de toute protection étatique et de tout 

soutien public ou privé. De fait, comme cela a été dit plus haut, il incombe 

au requérant qui se prétend victime de violences domestiques non 

seulement d'illustrer de façon concrète le caractère systématique de la 

maltraitance et les pressions psychiques qui en ont résulté, non contestées 

dans la présente affaire, mais encore de démontrer qu’il s’est en vain 

efforcer d’y parer en sollicitant l’intervention des autorités (policières et 

judiciaires) ou la protection de structures prévues à cet effet. Les mêmes 

devoirs s'appliquent à la personne qui se prévaut, en lien avec l'oppression 

domestique alléguée, de difficultés de réintégration sociale insurmontables 

dans son Etat d'origine. Des affirmations d'ordre général sont insuffisantes. 

En l’occurrence, les recourants viennent des environs de Skopje. Or, 

comme souligné à bon escient par le SEM, il existe dans cette ville une 

structure engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes : 

l’Organisation des femmes de la ville de Skopje dont l’action a été saluée 

et récompensée par l’Ambassade de France l’année dernière 

(https://mk.ambafrance.org/Reception-pour-l-Organisation-des-femmes-

de-la-ville-de-Skopje-a-la-residence). La ville de Skopje a également mis 

sur pied un centre d'accueil pour les familles, qui encadre et conseille les 

victimes de violences domestiques (https://www.eda.admin.ch/deza/fr/ 

home/laender/mazedonien.html/content/dezaprojects/SDC/fr/2014/7F089

06/phase1.html?oldPagePath=). Les recourants ont ainsi la possibilité de 

s’adresser à des structures d’aide suffisantes, sans devoir réintégrer le 

domicile conjugal, respectivement familial. La recourante peut aussi 

entamer des démarches en vue d’une séparation judiciaire ou d’un divorce 

et solliciter des autorités compétentes la garde de ses enfants. En outre, 

elle n’est socialement pas dénuée de moyens (cf. consid. 8.6 ci-dessous) 

et pourra avoir accès à une protection dont rien ne permet, en l’état, de 

conclure qu’elle lui serait refusée par les autorités compétentes, dûment 

saisies d’une plainte ou d’une dénonciation. Il n’est pas dit non plus que 

les autorités kosovares seraient moins enclines à protéger une 

ressortissante de leur Etat que son époux étranger. 

4.5 Il s'ensuit que le recours, en tant qu'il conteste le refus de l'asile, doit 

être rejeté. 

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5.  

Lorsqu'il rejette la demande d'asile ou qu'il refuse d'entrer en matière à ce 

sujet, le SEM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en 

ordonne l'exécution ; il tient compte du principe de l'unité de la famille 

(art. 44 LAsi). 

Aucune exception à la règle générale du renvoi, énoncée à l'art. 32 al. 1 de 

l'ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l'asile relative à la procédure (OA 1, 

RS 142.311), n'étant en l'occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par 

la loi, de confirmer cette mesure. 

6.  

6.1 L'exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement 

exigible et possible. Si ces conditions ne sont pas réunies, l'admission 

provisoire doit être prononcée. Celle-ci est réglée par l'art. 83 LEI 

(RS 142.20). 

6.2 L'exécution n'est pas licite lorsque le renvoi de l'étranger dans son Etat 

d'origine ou de provenance ou dans un Etat tiers est contraire aux 

engagements de la Suisse relevant du droit international (art. 83 al. 3 LEI). 

Aucune personne ne peut être contrainte, de quelque manière que ce soit, 

à se rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa liberté 

serait menacée pour l'un des motifs mentionnés à l'art. 3 al. 1 LAsi, ou 

encore d'où elle risquerait d'être astreinte à se rendre dans un tel pays 

(art. 5 al. 1 LAsi). Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou 

traitements inhumains ou dégradants (art. 3 CEDH). 

6.3 L'exécution du renvoi ne peut pas être raisonnablement exigée si le 

renvoi ou l'expulsion de l'étranger dans son pays d'origine ou de 

provenance le met concrètement en danger, par exemple en cas de guerre, 

de guerre civile, de violence généralisée ou de nécessité médicale (art. 83 

al. 4 LEI). 

6.4 L'exécution n'est pas possible lorsque l'étranger ne peut pas quitter la 

Suisse pour son Etat d'origine, son Etat de provenance ou un Etat tiers, ni 

être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEI). 

7.  

7.1 L'exécution du renvoi est illicite, lorsque la Suisse, pour des raisons de 

droit international public, ne peut contraindre un étranger à se rendre dans 

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un pays donné ou qu'aucun autre Etat, respectant le principe du non-

refoulement, ne se déclare prêt à l'accueillir; il s'agit d'abord de l'étranger 

reconnu réfugié, mais soumis à une clause d'exclusion de l'asile, et ensuite 

de l'étranger pouvant démontrer qu'il serait exposé à un traitement prohibé 

par l'art. 3 CEDH ou encore l'art. 3 de la convention du 10 décembre 1984 

contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou 

dégradants (Conv. torture, RS 0.105). 

7.2 L'exécution du renvoi ne contrevient pas au principe de non-

refoulement de l'art. 5 LAsi. Comme dit plus haut, les recourants n'ont pas 

rendu vraisemblable qu'en cas de retour dans leur pays d'origine, ils 

seraient exposés à de sérieux préjudices au sens de l'art. 3 LAsi. 

7.3 En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant du 

droit international, il sied d'examiner particulièrement si l'art. 3 CEDH, qui 

interdit la torture, les peines ou traitements inhumains, trouve application 

dans le présent cas d'espèce.  

7.3.1 Selon la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, 

l'expulsion d'un étranger peut soulever un problème sous l'angle de l'art. 3 

CEDH, à la teneur duquel nul ne peut être soumis à la torture ni à des 

peines ou traitements inhumains ou dégradants. Tel est le cas lorsqu'il 

existe des motifs sérieux et avérés de croire que l'intéressé, s'il est expulsé 

vers le pays de destination, y courra un risque réel d'être soumis à un 

mauvais traitement, atteignant un minimum de gravité, prohibé par l'art. 3 

CEDH. S'agissant des mauvais traitements qui pourraient être infligés par 

des tiers, la jurisprudence européenne insiste sur la nécessité de 

démontrer que le risque existe réellement (real risk) et qu'il n'y a aucun 

moyen d'y parer, soit parce que le risque existe de la même manière sur 

l'ensemble du territoire de l'Etat de destination, soit encore parce que les 

autorités de cet Etat sont empêchées d'adopter des mesures de protection 

élémentaires. 

7.3.2 Comme exposé au consid. 4.4 ci-dessus, auquel il est renvoyé, la 

recourante et ses enfants peuvent obtenir dans leur pays une protection 

effective contre les préjudices qu’ils disent craindre. 

7.4 Dès lors, l'exécution du renvoi des recourants sous forme de 

refoulement ne transgresse aucun engagement de la Suisse relevant du 

droit international, de sorte qu'elle s'avère licite (art. 44 LAsi et art. 83 al. 3 

LEI). 

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8.  

8.1 Selon l'art. 83 al. 4 LEI, l'exécution de la décision peut ne pas être 

raisonnablement exigée si le renvoi ou l'expulsion de l'étranger dans son 

pays d'origine ou de provenance le met concrètement en danger, par 

exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou de 

nécessité médicale. Cette disposition s'applique en premier lieu aux 

« réfugiés de la violence », soit aux étrangers qui ne remplissent pas les 

conditions de la qualité de réfugié parce qu'ils ne sont pas personnellement 

persécutés, mais qui fuient des situations de guerre, de guerre civile ou de 

violence généralisée, et ensuite aux personnes pour qui un retour 

reviendrait à les mettre concrètement en danger, notamment parce qu'elles 

ne pourraient plus recevoir les soins dont elles ont besoin. (ATAF 2014/26 

consid. 7.3-7.10 ; ATAF 2011/50 consid. 8.1‒8.3). 

8.2  

8.2.1 Dans le point 1.a. de leur mémoire, se référant à des jurisprudences 

topiques en la matière, les intéressés reprochent à l’autorité intimée d’avoir 

statué sur les questions liées à l’exécution de leur renvoi sans instruire leur 

état de santé. Il y a donc lieu de se demander, sur ce point également, si 

le SEM s’est effectivement dispensé de mener l’instruction nécessaire, 

étant rappelé qu’en procédure administrative fédérale (cf. notamment art. 

12 PA), l'autorité constate les faits d'office et peut ordonner la production 

de moyens destinés à établir ces faits. Elle peut aussi mettre un terme à 

l'instruction lorsque les preuves administrées lui ont permis de former sa 

conviction. 

8.2.2 Dans le présent cas, le Tribunal constate que, lors de leur audition 

respective du 21 mai 2019, à la question de savoir ce qu’il en était de leur 

état de santé, la recourante a répondu : « Ca va…juste que je suis un peu 

émue. Mais sinon, ç’est bon. », et son fils : « Je vais bien, je suis sain et 

j’ai une immunité forte. Lui (son père) ne me permettait pas de sortir 

souvent et je ne faisais que m’entraîner à la maison ». Ni l’un ni l’autre n’a 

émis le souhait de pouvoir consulter un médecin. Dans ces conditions, au 

vu de la situation en Macédoine du Nord (cf. consid. 8.3.2 ci-dessous), le 

SEM était en droit de considérer comme suffisamment établis les faits 

déterminants de la cause au moment de statuer, cela en dépit de la requête 

des recourants du surlendemain, dans laquelle ceux-ci affirmaient 

E-2883/2019 

Page 13 

soudainement se sentir très mal en raison des violences domestiques qu’ils 

avaient subies. Leur grief est dès lors mal fondé. 

8.3  

8.3.1 Concernant les affections des recourants telles qu’elles ressortent 

des certificat médicaux produits en cause, le Tribunal rappellera que 

l'exécution du renvoi de personnes nécessitant des soins médicaux ne 

devient inexigible qu’à la double condition que leurs affections puissent être 

qualifiées de graves et que ces personnes ne pourraient ne plus recevoir 

les soins essentiels garantissant des conditions minimales d'existence. Par 

soins essentiels, il faut entendre les soins de médecine générale et 

d'urgence absolument nécessaires à la garantie de la dignité humaine 

(GABRIELLE STEFFEN, Droit aux soins et rationnement, 2002, pp. 81 s. et 

87). 

8.3.2 La Santé publique de la Macédoine est en mesure d’offrir à ses 

affiliés de bonnes prestations médicales en général, y compris des 

traitements psychothérapeutiques. Le pays n'est pas dépourvu de moyens 

en hôpitaux psychiatriques, psychiatres, infirmiers en soins psychiatriques, 

psychologues et travailleurs sociaux (cf. arrêt du TF 2C_972/2011 du 8 mai 

2012 et les références citées). Les principales villes de Macédoine 

disposent en outre d’infrastructures en mesure d’offrir à ceux qui en ont 

besoin des soins psychiatriques, disponibles dans les départements de 

neuropsychiatrie des hôpitaux généraux du pays. La ville de Skopje 

compte également un centre communautaire de santé disposant de 

structures de soins stationnaires spécialisées. De plus, plusieurs 

organisations non-gouvernementales sont également actives dans ce 

domaine. Quand bien même le niveau de qualité des soins dans ce 

domaine ne correspond pas à celui assuré en Suisse, un effort de 

développement a été entrepris dans le sens d'une amélioration et une prise 

en charge des frais est possible, selon certaines modalités, par le biais de 

l'assurance-maladie obligatoire, à laquelle la quasi-totalité de la population 

est affiliée (voir, sur ces questions, arrêt du Tribunal E-3161/2014 du 21 

juin 2017 et les références citées). 

8.4 Au vu de ce qui précède, le Tribunal constate qu'en cas de besoin, les 

intéressés pourront bénéficier d'un suivi médical satisfaisant en 

Macédoine, même si les soins donnés et les médicaments prescrits ne 

correspondent pas nécessairement aux standards élevés de qualité 

E-2883/2019 

Page 14 

prévalant en Suisse. Il n’y a en outre pas d’indices au dossier que les 

intéressés, ou l’un deux, soient intransportables en ce moment. 

8.5 Il est notoire que la Macédoine ne connaît pas une situation de guerre, 

de guerre civile ou de violence généralisée qui permettrait d'emblée – et 

indépendamment des circonstances du cas d'espèce – de présumer, à 

propos de tous les ressortissants du pays, l'existence d'une mise en danger 

concrète au sens de l'art. 83 al. 4 LEI. 

8.6 En outre, il ne ressort du dossier aucun élément dont on pourrait inférer 

une mise en danger concrète des recourants en matière d'exécution du 

renvoi. A cet égard, le Tribunal relève que la recourante bénéficie d’une 

longue expérience professionnelle dans un secteur de pointe. Elle n’a en 

effet jamais cessé de travailler depuis 2001. Elle s’y entend aussi bien en 

informatique. Il n’est donc pas interdit de penser qu’elle a les moyens 

d’accéder à une indépendance financière et partant de se réinstaller à 

l’endroit de son choix dans son pays d’origine, sans pour cela devoir faire 

face à des obstacles insurmontables. Eventuellement, elle pourra compter 

d’ici peu sur le soutien de son fils, désormais majeur, dont il semble qu’il 

est proche du terme de sa formation professionnelle. Si besoin, elle pourra 

également solliciter son frère en Suisse. Par ailleurs, elle n’a pas rompu 

avec sa belle-famille, notamment avec sa belle-sœur. A son départ, les 

deux étaient toujours en bons termes. 

8.7 Enfin, son retour en Macédoine ne lésera pas les intérêts de la cadette, 

encore mineure, de la recourante et ne se fera pas en violation de la CDE. 

La recourante n’est en Suisse, avec ses enfants, que depuis quelques 

semaines. Lors de son audition du 21 mai 2019, elle a laissé entendre 

qu’avant leur départ, elle s’était assurée que sa fille avait « déjà toutes 

notes ». Elle a aussi dit avoir parlé à son maître de classe qui lui aurait, à 

son tour, dit qu’il parlerait au directeur de l’école et au Ministre de 

l’Education pour qu’ils fassent en sorte que l’adolescente n’ait pas à 

redoubler son année en cas de retour au pays. Sa réintégration dans le 

système scolaire de son pays ne devrait ainsi pas être trop difficile. D’une 

façon générale, le Tribunal estime aussi que, de retour dans leur pays, les 

enfants de la recourante n’y seront pas exposés à une précarité 

particulière. Ils peuvent en effet s’appuyer sur leur mère, apte à poursuivre 

leur éducation, ainsi que sur leur réseau familial.  

8.8 Pour ces motifs, l'exécution du renvoi doit être considérée comme 

raisonnablement exigible. 

E-2883/2019 

Page 15 

9.  

Enfin, les recourants sont en possession de documents suffisants pour 

rentrer dans leur pays ou, à tout le moins, sont en mesure d'entreprendre 

toute démarche nécessaire auprès de la représentation de leur pays 

d'origine en vue de l'obtention de documents de voyage leur permettant de 

quitter la Suisse. L'exécution du renvoi ne se heurte donc pas à des 

obstacles insurmontables d'ordre technique et s'avère également possible 

(cf. ATAF 2008/34 consid. 12). 

10.  

En définitive, c'est à juste titre que le SEM a ordonné l'exécution du renvoi 

de l’intéressé, de sorte que sur cette question également, la décision 

querellée doit être confirmée. 

11.  

Vu ce qui précède, le recours est intégralement rejeté, sans échange 

d'écritures (art. 111 a al. 1 LAsi).  

12.  

Dès lors qu'il est statué immédiatement au fond, la demande de dispense 

de l'avance des frais de procédure est sans objet ; celle concernant l’octroi 

de mesures provisionnelles, irrecevable car mal fondée, l’art. 107a al. 2 

étant inapplicable en l’espèce. 

13.  

Au vu de l'issue de la cause, il y aurait lieu de mettre les frais de procédure 

à la charge des recourants, conformément aux art. 63 al. 1 PA et art. 2 et 

3 let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et 

indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2). 

Toutefois, l'assistance judiciaire partielle à l'octroi de laquelle ils ont conclu 

doit leur être accordée dans la mesure où leurs conclusions n'étaient pas 

d'emblée vouées à l'échec et que les intéressés sont indigents (cf. art. 65 

PA). 

 

(dispositif : page suivante)  

E-2883/2019 

Page 16 

 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Il n’est pas perçu de frais.  

3.  

Le présent arrêt est adressé à la mandataire des recourants, au SEM et à 

l'autorité cantonale. 

 

Le président du collège : Le greffier : 

  

William Waeber Jean-Claude Barras