# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a370fa89-88b0-555f-a6d9-b5d0d8dbb505
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-09-25
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 25.09.2015 PS.2015.0082
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_PS-2015-0082_2015-09-25.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 25 septembre 2015 

  
	
  Composition

  	
  M. Eric Kaltenrieder, président; Mme Isabelle Perrin et M.
  Marcel-David Yersin, assesseurs; M. Christophe Baeriswyl, greffier.

  

 

	
  Recourant

  	
   

  	
  X.________, à 1********, 

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Service de l'emploi,  

  

   

	
  Autorités concernées

  	
  1.

  	
  Office régional de placement
  d'Yverdon-les-Bains,  

  

 

	
   

  	
  2.

  	
  Centre social régional Jura-Nord-Vaudois,
   

  

   

 

	
  Objet

  	
          Aide sociale  

  
	
   

  	
  Recours X.________ c/ décision du Service de l'emploi,
  Instance juridique chômage, du 25 juin 2015 réduction de 25% du forfait
  mensuel d'entretien du RI pour une durée de quatre mois

  

 

Vu les faits suivants

A.                               
Au bénéfice du revenu d'insertion (RI), X.________, sans emploi depuis
2010, est assisté par l'Office régional de placement d'Yverdon-les-Bains
(ci-après: l'ORP) dans ses démarches pour retrouver du travail.

B.                              
Le 10 mars 2015, lors d'un entretien de conseil, l'ORP a assigné à X.________
le programme d'emploi temporaire "Transition-Emploi" auprès de
l'organisme "Association Développement 21", à Orbe.
L'intéressé devait contacter dans les 24 heures l'organisateur de la mesure afin
de convenir d'un entretien préalable.

Interpellé, "Association Développement 21"
a informé l'ORP le 17 mars 2015 que X.________ ne l'avait toujours pas
contacté.

Invité à s'expliquer sur son refus de participer au
programme d'emploi temporaire "Transition-Emploi", X.________ a
affirmé, dans une lettre du 23 mars 2015, qu'il avait pris contact avec
l'organisateur "par le natel", mais que le responsable était
absent.

Le 24 mars 2015, l'ORP a demandé à X.________ de produire une copie du relevé téléphonique de ses appels. L'intéressé n'a pas donné
suite à cette réquisition.

C.                              
Par décision du 22 avril 2015, l'ORP a sanctionné X.________ d'une
réduction de son forfait d'entretien mensuel de 25% pendant quatre mois, au
motif qu'il avait refusé sans excuse valable une mesure de réinsertion
professionnelle.

Le 26 mai 2015, X.________ a recouru devant le
Service de l'emploi (SDE) contre cette décision, dont il demandait
l'annulation.

Par décision du 25 juin 2015, le SDE a rejeté le
recours et confirmé la sanction prononcée par l'ORP. Il a retenu que X.________
n'avait pas apporté la preuve qu'il avait contacté, comme il le prétendait,
l'organisateur du programme d'emploi temporaire "Transition-Emploi"
dans le délai de 24 heures imparti.

D.                              
Le 7 juillet 2015, X.________ a recouru contre cette décision devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP), en concluant à
l'annulation de toute sanction. Il a répété sa version des faits, selon
laquelle il avait appelé l'organisateur dans le délai imparti, mais que le
responsable était absent. Il a ajouté qu'il suffisait de vérifier ses
allégations auprès de l'opérateur téléphonique.

Dans sa réponse du 19 août 2015, l'autorité intimée
a conclu au rejet du recours. L'ORP et le Centre social régional
Jura-Nord-Vaudois n'ont pas procédé.

La cour a statué par voie de circulation.

Considérant en droit

1.                               
Déposé dans le délai de trente jours fixé par l’art. 95 de la loi
vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; RSV
173.36), le recours est intervenu en temps utile. Il respecte au surplus les
conditions formelles énoncées à l’art. 79 LPA-VD.

2.                               
a) Entrée en vigueur le 1er janvier 2006, la loi vaudoise
du 5 juillet 2005 sur l'emploi (LEmp; RSV 822.11) a notamment pour but de
prévenir et combattre le chômage et d'encourager l'insertion des demandeurs
d'emploi (art. 1 al. 2 let. b et c LEmp). Les ORP assurent la
prise en charge des demandeurs d'emploi au bénéfice du RI et, dans ce cadre,
rendent les décisions sanctionnant les bénéficiaires qui ne respectent pas
leurs devoirs (art. 13 al. 3 let. b LEmp). 

Aux termes de l'art. 23a al. 1 LEmp, les demandeurs
d'emploi au bénéfice du RI doivent, avec l'assistance de leur ORP, tout mettre
en oeuvre pour favoriser leur retour à l'emploi. En leur qualité de demandeurs
d'emploi, ils sont soumis aux mêmes devoirs que les demandeurs d'emploi pris en
charge par la loi fédérale du 25 juin 1982 sur l’assurance-chômage
obligatoire et l’indemnité en cas d’insolvabilité (loi sur l’assurance-chômage,
LACI; RS 837.0). En particulier, il leur incombe d'effectuer des
recherches d'emploi et d'en apporter la preuve. Ils sont tenus d'accepter tout
emploi convenable qui leur est proposé et, lorsque l'ORP les enjoint, ils ont
l'obligation de participer aux mesures d'insertion professionnelle qui leur
sont octroyées (art. 23a al. 2  let. a LEmp), de participer aux entretiens
de conseil et de contrôle, ainsi qu'aux réunions d'information (art. 23a al. 2
let. b LEmp), de fournir les renseignements et documents permettant de juger
s'ils sont aptes au placement ou si le travail proposé est convenable (art. 23a
al. 2 let. c LEmp). 

Le non-respect par les bénéficiaires de leurs
devoirs dans le cadre de leur prise en charge par l'ORP est sanctionné par une
réduction des prestations financières au sens de la LASV (art. 23b LEmp).
L'art. 12b al. 1 du règlement du 7 décembre 2005 d'application de la
LEmp  (RLEmp; RSV 822.11.1) dispose: 

"Art. 12b   Manquements et réduction des
prestations (Art. 23b LEmp)

1 Les
prestations financières du RI sont réduites sans procédure d'avertissement
préalable en cas de:

a.   rendez-vous non respecté (y compris la
séance d'information);

b.  absence ou insuffisance de recherches de
travail;

c.   refus, abandon ou renvoi d'une mesure
d'insertion professionnelle;

d.   refus d'un emploi convenable;

e.   violation de l'obligation de renseigner.

2 Le refus
d'observer d'autres instructions entraîne une diminution des prestations
financières après un avertissement. 

3 Le montant
et la durée de la réduction, fixés en fonction du type, de la gravité et de la
répétition du manquement, sont de 15% ou de 25% du forfait, pour une durée de 2
à 12 mois. La réduction du forfait ne touche pas la part affectée aux enfants à
charge.

4 La
décision de réduction des prestations est appliquée sans délai. L'exécution de
la réduction est caduque si elle n'a pas pu débuter dans les 24 mois suivant la
date de la décision."

Le noyau intangible, qualifié de minimum vital
absolu, peut être déterminé à hauteur de 75% du forfait pour l'entretien (arrêts
PS.2014.0090 du 14 novembre 2014 consid. 4a, PS.2014.0035 du 11 juin 2014
consid. 2, ainsi que les références citées). 

b) En l'espèce, le recourant a été assigné à
participer à une mesure de réinsertion professionnelle. Il devait dans un délai
de 24 heures prendre contact avec l'organisateur. Interpellé quelques jours
plus tard, ce dernier a indiqué à l'ORP que l'intéressé ne l'avait toujours pas
contacté. Le recourant le conteste. Il affirme qu'il a téléphoné à
l'organisateur, mais que le responsable était absent.

Ni dans la procédure devant le SDE, ni dans la
présente procédure, le recourant n'a apporté la preuve de l'existence de ce
prétendu appel. Il n'a en particulier pas produit – comme le lui avait demandé
l'ORP – un relevé téléphonique de ses appels, ce qui aurait permis de vérifier sa
version des faits. Une telle démarche était pourtant facilement réalisable. Il
n'appartient pas à l'autorité de céans de suppléer au manque de collaboration
de l'intéressé en interpellant directement l'opérateur téléphonique. On
relèvera par ailleurs que, même si on retenait la version des faits du
recourant, on pourrait lui reprocher un attentisme et un manque de motivation
patents. Au lieu de rester purement passif, l'intéressé aurait en effet pu
essayer de téléphoner plusieurs fois à l'organisateur, de laisser un message ou
d'avertir l'ORP.

Au regard de ces éléments, c'est à juste titre que
l'ORP et le SPAS ont retenu que le recourant avait refusé sans excuse valable
une mesure de réinsertion professionnelle. La sanction est ainsi justifiée
quant à son principe. Elle l'est également quant à sa quotité. Selon la
jurisprudence, le refus de participer à une mesure de réinsertion
professionnelle constitue en effet une faute qui est en principe qualifiée de
grave, sauf circonstances particulières non réalisées en l'espèce (arrêt
PS.2014.0093 du 14 avril 2015 consid. 3). Or, selon la Directive du SPAS du 1er
novembre 2008 sur les sanctions du RI, en pareil cas, la diminution du forfait
RI correspond à 25% pendant six à douze mois. En fixant la réduction à 25% du
forfait RI pour une durée de quatre mois, l'ORP est ainsi resté en deçà même de
cette fourchette. La sanction litigieuse ne prête dès lors pas le flanc à la
critique et doit être confirmée.

3.                               
Les considérants qui précèdent conduisent au rejet du recours et à la
confirmation de la décision attaquée. L'arrêt est rendu sans frais, la
procédure dans les affaires de prestations sociales étant gratuite (art. 4 al.
3 du tarif du 28 avril 2015 des frais judiciaires et des dépens en matière
administrative [TFJDA; RSV 173.36.5.1]). Il n'est par ailleurs pas alloué de
dépens (art. 55 al. 1, art. 91 et 99 LPA-VD). 

Par
ces motifs

la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

 

I.                                  
Le recours est rejeté.

II.                                
La décision du Service de l'emploi, Instance juridique chômage, du 25
juin 2015 est confirmée.

III.                               
L'arrêt est rendu sans frais ni allocation de dépens.

 

Lausanne, le 25 septembre 2015 

 

Le président:                                                                                             Le
greffier:

 

 

 

                                                                                                                  

Le présent arrêt est
communiqué aux destinataires de l'avis d'envoi ci-joint.

 

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa
notification, d'un recours au Tribunal fédéral (Cour de droit social,
Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne). Le recours s'exerce conformément aux
articles 40 ss et 95 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF
- RS 173.110). Il doit être rédigé dans une langue officielle, indiquer les
conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. Les motifs
doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit. Les pièces
invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire, pour autant
qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la décision
attaquée.