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**Case Identifier:** 6ab3fa26-05cd-5f60-9140-55d25f50b653
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2012-04-12
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 12.04.2012 SK.2011.24A
**Docket/Reference:** SK.2011.24A
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_SK-2011-24A_2012-04-12

## Full Text

Blanchiment d'argent, gestion déloyale, escroquerie, faux dans les titres;;Blanchiment d'argent, gestion déloyale, escroquerie, faux dans les titres;;Blanchiment d'argent, gestion déloyale, escroquerie, faux dans les titres;;Blanchiment d'argent, gestion déloyale, escroquerie, faux dans les titres

Décision du 12 avril 2012 
Cour des affaires pénales 

Composition  Les Juges pénaux fédéraux 
Jean-Luc Bacher, juge président 
Peter Popp et  David Glassey     
la greffière Joëlle Chapuis  

Parties  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION, 
représenté par Graziella de Falco Haldemann, Procu-
reure fédérale,  

et 

Partie plaignante: 

Société K. C/O LEGIS RECHTSANWÄLTE 

 contre 

 
 1. E., défendu par son avocat de choix Me Reza 

Vafadar,    

2. F., défendu par son avocat de choix Me An-
dré Clerc,  

3. G., défendu par son avocat de choix Me Mi-
chael Mráz,  

4. H., défendu par son avocat de choix Me 
Georg Friedli,  

5. I., défendu d'office par Me Pierre-Henry Ga-

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéro du dossier:  SK.2011.24 
 

 

- 2 - 

pany, 

6. J., défendu par son avocat de choix Me Jean-
Luc Maradan,  

7. A., défendu par son avocat de choix Me 
Jean-Christophe Diserens,  

 

Objet 
 

Blanchiment d'argent (art. 305bis CP), gestion déloyale 
(art. 158 CP), escroquerie (art. 146 CP), faux dans les 
titres (art. 251 CP) 

 

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La Cour considère: 

- que le 20 octobre 2011 le Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC) 
a transmis à la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal fédéral (ci-après: la 
Cour) un acte d’accusation dirigé contre MM. E., F., G., H., I., J. et A., pour des 
infractions de blanchiment d’argent (art. 305bis CP), de gestion déloyale       
(art. 158 CP), d’escroquerie (art. 146 CP) et de faux dans les titres               
(art. 251 CP); 

- qu’à réception de l’acte d’accusation la direction de la procédure examine no-
tamment si celui-ci et le dossier sont établis régulièrement, c’est-à-dire si l’acte 
d’accusation remplit les exigences de l’art. 325 CPP (art. 329 al. 1 let. a CPP); 
que s’il apparaît lors de cet examen ou plus tard durant la procédure qu’un ju-
gement au fond ne peut encore être rendu, le tribunal suspend la procédure; 
qu’au besoin il renvoie l’accusation au ministère public pour qu’il la complète 
ou la corrige et décide, si une affaire est suspendue, si elle reste pendante de-
vant lui (art. 329 al. 2 et 3 CPP); 

- que, selon l’art. 329 CPP, sur invitation de la direction de la procédure, la Cour 
examine la régularité de l’acte d’accusation avant de fixer les débats, procé-
dant à un examen sommaire de l’acte d’accusation (Message du Conseil fédé-
ral relatif à l’unification du droit de la procédure pénale, FF 2006 1057, p. 1261; 
JEREMY STEPHENSON/ROBERTO ZALUNARDO-WALSER, in Basler Kommentar, 
Schweizerische Strafprozessordnung, Bâle 2011 [ci-après: Basler Kommentar 
StPO], n. 1 ad art. 329 CPP); que le but de cet examen est d'éviter qu'une ac-
cusation clairement insuffisante ne conduise à des débats inutiles, ce qui serait 
contraire tant à l'économie de procédure qu'au principe de célérité (arrêt du 
Tribunal fédéral 1B_304/2011 du 26 juillet 2011, consid. 3.2.2); que comme ce-
la ressort du texte légal, il n’est pas rendu de décision formelle d’admettre ou 
de rejeter l’acte d’accusation; qu’il en découle que l’acte d’accusation sera im-
plicitement admis par la direction de la procédure lorsqu’elle fixera les débats 
et que le «rejet» de l’acte d’accusation n’existe pas, le tribunal pouvant tout au 
plus suspendre la procédure et renvoyer l’accusation au ministère public pour 
qu’il la complète ou la corrige (art. 329 al. 2 CPP; PIERRE-HENRI WINZAP, in 
Commentaire romand CPP, n. 12 ad art. 329 CPP); 

- que, concrétisant les exigences conventionnelles et constitutionnelles en pro-
cédure pénale garanties au prévenu par les art. 6 par. 3 let. b CEDH,  
29 al. 2 Cst, 32 al. 2 Cst et 9 CPP (droit d’être entendu et principe de 
l’accusation), l’art. 325 CPP définit le contenu de l’acte d’accusation (GÉRARD 
PIQUEREZ/ALAIN MACALUSO, Traité de procédure pénale suisse, 3ème éd., Zurich 
2011, n. 1746 ss, p. 590 ss; STEFAN HEIMGARTNER/MARCEL ALEXANDER NIGGLI, 

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in Basler Kommentar, n. 1 ad art. 325 CPP); que l’al. 1 let. f de cet  
art. 325 CPP, qui prévoit que l’acte d’accusation désigne le plus brièvement 
possible, mais avec précision, les actes reprochés au prévenu, le lieu, la date 
et l’heure de leur commission ainsi que les conséquences et le mode de pro-
céder de l’auteur, constitue à cet égard le cœur de l’acte d’accusation (Mes-
sage, p. 1258); qu’il est essentiel que l’acte d’accusation décrive la manière 
d’agir de l’auteur, afin de faire ressortir tous les éléments objectifs et subjectifs 
qui donnent au ministère public à penser que l’infraction a été réalisée; que 
dès lors, si l’acte d’accusation porte sur des formes particulières de responsa-
bilité pénale, telles que la tentative, la commission de l’acte en qualité de coau-
teur ou encore la participation, il y a lieu d’exposer en quoi le comportement 
(action ou omission) de tel ou tel prévenu permet de retenir contre lui l’une des 
formes de responsabilité pénale évoquée ci-dessus (Message, p. 1259); qu’un 
exposé clair et concis des actes reprochés au prévenu n’est pas seulement 
utile aux parties, puisqu’il permet aussi au tribunal de se faire tout de suite une 
idée précise des infractions qui font l’objet de l’acte d’accusation (Message,  
p. 1259); 

- qu’en l’espèce la formulation de l’acte d’accusation concernant les opérations 
de blanchiment d’argent (ch. 1.2 des lettres A à G du titre I) ne permet pas de 
saisir précisément dans tous les cas quelle est l’action ou l’omission individuel-
lement reprochée à chaque prévenu, et, le cas échéant, la qualité en laquelle 
chacun d’eux a agi (en son nom propre, au nom d’une société, en tant que ga-
rant, avec les devoirs que cela implique, en tant que titulaire ou ayant droit 
économique d’un compte, en tant que participant principal ou accessoire), ni 
de situer ce comportement dans le temps et l’espace;  

- qu’en outre, aux chapitres «1.2.5» et/ou «1.2.6» (selon le prévenu dont il 
s’agit), de même qu’au titre II de l’acte d’accusation, auquel les chapitres préci-
tés renvoient (titre qui, lui-même, définit des comportements qui ne sont pas 
érigés en infractions précises), d’autres éléments constitutifs du blanchiment 
d’argent font défaut, notamment concernant la désignation: 

- des avoirs de la société L. et des sociétés liées visés; 

- du prétendu lien entre l’acquisition d’actions et d’actifs de sociétés du 
groupe L. et le(s) crime(s) préalable(s); 

- des produits tirés de ces actions ou actifs (aux dépens de la société M., 
par exemple); 

- de la manière dont ces produits auraient été obtenus; 

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- du lien entre le(s) crime(s) préalable(s) et les valeurs provenant de certai-
nes sociétés (par exemple concernant le titre II. A, des onze sociétés du 
groupe L. citées, dont un total de EUR 8'161'716 et  
CZK 1'895'285'664 auraient été versés à la société N.); 

- que la désignation des opérations de blanchiment d’argent reprochées aux 
prévenus aux chiffres 1.2 de l’acte d’accusation n’apparaît ainsi pas entière-
ment conforme aux exigences posées à l’art. 325 al. 1 let. f CPP; 

- que, partant, il convient de renvoyer l’accusation au MPC pour qu’il la com-
plète, un jugement au fond ne pouvant encore être rendu quant aux chiffres 
précités de l’acte d’accusation (art. 329 al. 2 CPP); 

- que compte tenu du fait que ces compléments ne concernent qu’une partie de 
l’acte d’accusation, elles devraient pouvoir intervenir à relativement brève 
échéance, raison pour laquelle un délai au 12 juin 2012 est imparti au MPC 
pour ce faire; 

- que la présente décision est rendue sans frais (art. 421 al. 2 let. a CPP). 

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La Cour prononce: 

1. La procédure SK.2011.24 est suspendue. 

2.  L’accusation est renvoyée au Ministère public de la Confédération pour com-
pléments au sens des considérants. 

3.  Il est imparti au Ministère public de la Confédération un délai au 12 juin 2012 
pour procéder aux modifications requises.  

4.  L’affaire suspendue reste pendante devant la Cour.  

5.  La présente décision est rendue sans frais. 

 

Au nom de la Cour des affaires pénales 
du Tribunal pénal fédéral 

Le Juge président   La greffière 

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Distribution (acte judiciaire): 
-   Ministère public de la Confédération, Graziella de Falco Haldemann,  
- Czech Coal Services A.S. c/o Legis Rechtsanwälte AG 
-  Me Reza Vafadar 
- Me André Clerc 
- Me Michael Mráz 
- Me Georg Friedli 
- Me Pierre-Henri Gapany 
- Me Jean-Luc Maradan 
- Me Jean-Christophe Diserens 
 

 

 

 

Recours à la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral 

Les ordonnances, les décisions et les actes de procédure de la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal 
fédéral, comme autorité de première instance (à l’exception de ceux concernant la direction de la procé-
dure), peuvent faire l’objet d’un recours motivé et adressé par écrit dans le délai de 10 jours à la Cour des 
plaintes du Tribunal pénal fédéral (art. 393 al. 1 let. b et art. 394 ss CPP; art. 37 al. 1 LOAP).  

Le recours peut être formé pour les motifs suivants: a. violation du droit, y compris l’excès et l’abus du pou-
voir d’appréciation, le déni de justice et le retard injustifié; b. constatation incomplète ou erronée de faits; 
c. inopportunité (art. 393 al. 2 CPP).