# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c3a62c2c-71bf-53c4-8006-7d3f6b6c8480
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Waadt Tribunal cantonal Cour administrative 11
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_001_11-----------_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

XA23.005751

11 

 

 

 

COUR
ADMINISTRATIVE

______________________________

RECUSATION
CIVILE

Séance
du 13 mars 2023

__________________

Présidence
de               Mme             
Bernel,
présidente

Juges             
:              M.             
Maillard et  Mme Di Ferro Demierre

Greffière             
:              Mme             
Juillerat Riedi

 

 

*****

Art.
47 al. 1 let. e et f et 48 CPC ; 8a al. 3 et 8b al. 4 CDPJ

 

 

             
Vu la demande adressée au Tribunal des baux le 9 février 2023 par M.________ contre Z.________,

 

             
              vu le courrier du 14 février
2023 par lequel la première présidente du Tribunal des baux a requis spontanément la récusation
en corps de son office, au motif que M.________ exerce l’activité de greffier au sein de cet
office,

 

             
              vu les pièces au
dossier ;

 

             
              attendu que la Cour de
céans est compétente pour statuer sur cette demande de récusation spontanée en vertu
des art. 8a al. 3 et 4 CDPJ (Code de droit judiciaire privé vaudois du 12 janvier 2010 ; BLV 211.02)
et 6 al. 1 let. a ROTC (règlement organique du Tribunal cantonal du 13 novembre 2007 ; BLV 173.31.1),

 

             
              que la demande de récusation
est ainsi recevable ;

 

             
              attendu que le juge d’une
cause civile est récusable dans les cas énumérés à l’art. 47 al. 1 let.
a à e CPC [Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS 272]), ainsi que selon l’art.
47 al. 1 let. f CPC, s’il est « de toute autre manière » suspect de partialité,
notamment en raison d’un rapport d’amitié ou d’inimitié avec une partie ou
son représentant (TF 4A_172/2019 du 4 juin 2019 consid. 4.1.2),

 

             
              que selon la jurisprudence,
cette disposition doit être appliquée dans le respect des principes de la garantie d’un
tribunal indépendant et impartial instituée par les art. 6 par. 1 CEDH (Convention de sauvegarde
des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ; RS 0.101) et 30 al.
1 Cst. (Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 ; RS 101)
(ATF 140 III 221 consid. 4.2 ; ATF 139 III 433 consid. 2.2 in
fine),

 

             
              que cette garantie permet
au plaideur d’exiger la récusation d’un juge dont la situation ou le comportement est
de nature à faire naître un doute sur son impartialité et tend notamment à éviter
que des circonstances extérieures à la cause puissent influencer le jugement en faveur ou au
détriment d’une partie,

 

              
              qu’elle n’impose
pas la récusation seulement lorsqu’une prévention effective du juge est établie,
car une disposition interne de sa part ne peut guère être prouvée, mais il suffit que
les circonstances donnent l’apparence de la prévention et fassent redouter une activité
partiale du magistrat,

 

             
              que seules des circonstances
constatées objectivement doivent être prises en considération, les impressions purement
individuelles d’une des parties au procès n’étant pas décisives (ATF 144 I
159 consid. 4.3 et les réf. citées ; TF 5A_738/2017 du 25 octobre 2018 consid. 3.1),

 

              
              que le risque de prévention
ne doit pas être admis trop facilement, sous peine de compromettre le fonctionnement normal des
tribunaux (ATF 144 I 159 précité consid. 4.4 ; TF 5A_843/2019 du 8 avril 2020 consid. 4.2.1
; TF 5A_98/2018 du 10 septembre 2018 consid. 4.2 et les réf. citées),

 

             
              qu’à teneur
de l’art. 48 CPC, le magistrat ou le fonctionnaire judiciaire concerné fait état en temps
utile d’un motif de récusation possible et se récuse lorsqu’il considère que
ce motif est réalisé ;

 

              
              attendu qu’en l’espèce,
M.________ travaille en qualité de greffier au sein du tribunal qu’il a lui-même saisi
d’une demande déposée contre Z.________,

 

             
              qu’il collabore
ainsi quotidiennement avec les magistrats de cet office, 

 

             
              qu’il n’est
pas impossible que des rapports d’amitié ou d’inimitié aient pu naître de
ces contacts réguliers,

 

             
              qu’il pourrait ainsi
résulter de ces relations une apparence de prévention, 

 

             
              qu’ainsi, la demande
de récusation du 14 février 2023 doit être admise ;

 

             
              que, dans un tel cas,
la cause doit être déléguée à une autre juridiction ayant les mêmes compétences
(art. 8b al. 4 CDPJ),

 

             
qu’il convient dès lors de désigner un président du Tribunal d'arrondissement de
Lausanne et deux assesseurs du Tribunal des baux rattachés à cet arrondissement en qualité
de Tribunal des baux ad hoc ;

 

             
attendu que la présente décision sera rendue sans frais judiciaires, ni dépens (Tappy,
Commentaire romand, Code de procédure civile, 2019, 2e
éd., n. 28 ad art. 48 CPC).

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour administrative du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos

prononce
:

 

             
I.             
La demande de récusation présentée le 14 février 2023 par la première présidente
du Tribunal des baux est admise.

 

             
II.             
La cause est transmise dans l’état où elle se trouve à un président du Tribunal
d'arrondissement de Lausanne, désigné en qualité de président du Tribunal des baux
ad hoc, lequel siégera, le cas échéant, aux côtés de deux assesseurs du Tribunal
des baux rattachés à l’arrondissement de Lausanne.

 

             
III.             
L'arrêt, rendu sans frais, est exécutoire.

 

La
présidente :               La greffière
:

 

 

 

Du

 

             
L’arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à
huis clos, est notifié en expédition complète, par l’envoi de photocopies, à
:

 

‑             
Me Jean-Christophe Oberson (pour M.________),

-             
[...] (pour Z.________).

 

             
Un recours au sens des art. 319 ss CPC peut être formé dans un délai de 10 jours, la décision
étant rendue en procédure sommaire, dès la notification de la présente décision
en déposant au greffe du Tribunal cantonal un mémoire écrit et motivé. La décision
objet du recours doit être jointe.

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l’envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme la première présidente du Tribunal des baux, 

-             
Mme la première présidente du Tribunal civil de l’arrondissement de l’Est vaudois,
avec le dossier.

 

             
La greffière :