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**Case Identifier:** a8da2eff-cdcb-5ffa-a886-90ba44641c38
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-08-26
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 26.08.2014 A/1389/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1389-2013_2014-08-26.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/1389/2013-FPUBL ATA/660/2014  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 26 août 2014 

 

   dans la cause 

 

Madame A______ 
représentée par Me Didier Bottge, avocat  

contre 

DÉPARTEMENT DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE, DE LA CULTURE ET DU 
SPORT 
 

 

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EN FAIT 

1)  Madame A______, née en 1963, a postulé le 25 août 2008 en qualité de 
préposée aux successions au service de protection des mineurs (ci-après : SPMi) 
pour un taux d’activité à 50 %. Selon le bulletin des places vacantes (ci-après : 
BPV), la classe de traitement maximum était 14. Le candidat devait bénéficier 
d’une formation de : « clerc de notaire, complétée par une formation commerciale. 
Éventuellement juriste avec expérience commerciale et administrative. Expérience 
professionnelle d’au moins trois ans dans le domaine juridique ».  

2)  Par courrier du 28 octobre 2008, la direction générale de l’office de la 
jeunesse (ci-après : DGOJ) a engagé Mme A______ au poste de préposée aux 
successions, en qualité d’employée, en classe 14 position 10 de l’échelle des 
traitements. 

3)  Par courriel du 27 janvier 2009, Monsieur B______, juriste 3 au sein du 
SPMi, a interpellé Madame C______, responsable des ressources humaines dudit 
service. La classe de fonction de Mme A______ devait être adaptée, compte tenu 
de la formation de l’intéressée et des responsabilités qu’entraînait ce poste. Ce 
problème avait déjà été évoqué avec Madame D______, directrice du SPMi, 
laquelle partageait cet avis. Il souhaitait savoir comment procéder pour que cette 
réévaluation se fasse dans les meilleurs délais. 

4)  Par courriel du même jour, Mme C______ lui a proposé un entretien. 

5)  Le 23 avril 2009, M. B______ a développé les raisons qui fondaient une 
reconnaissance du poste de Mme A______ au titre de juriste 2. Mme C______ 
était déjà en possession du cahier des charges dûment corrigé et complété. 

6)  M. B______ s’est enquis des suites de sa démarche les 1er et 16 juillet, 12 
août et 16 décembre 2009, 29 janvier et 12 février 2010. 

  Par courriel du 22 février 2010, Mme D______ a proposé de rencontrer 
M. B______. 

7)  Le 23 mars 2010, Madame E______, juriste 3 au SPMi, et M. B______ ont 
interpellé Mme D______. Ils avaient adressé aux ressources humaines une 
demande de réévaluation de la classe de fonction du poste « préposé aux 
successions », le 23 avril 2009. Depuis lors, la directrice leur avait indiqué que 
cette demande ne pouvait pas être transmise au département de l’instruction 
publique, de la culture et du sport (ci-après : le département), au motif que le 
cahier des charges était toujours le même. Avant la mise au concours du poste, la 
section juridique avait confirmé la nécessité d’engager un juriste dans la mesure 
où les recrutements effectués par le passé avaient engendré des erreurs 

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dommageables et une surcharge de travail importante pour les juristes titulaires de 
mandats. Cette nécessité d’embaucher un juriste avait d’ailleurs été réaffirmée et 
même, sauf erreur de leur part, imposée par M. F______, directeur adjoint à 
l’office de la jeunesse (ci-après : OJ). C’est ainsi que l’annonce parue le 28 (sic) 
août 2008 dans le BPV mentionnait que les personnes intéressées devaient avoir 
une formation juridique. Cette nécessité figurait désormais dans la dénomination 
du poste (juriste). Il ne pouvait être contesté que le travail accompli correspondait 
effectivement à celui d’un juriste, du moins dans le domaine successoral, avec 
également des interventions qui relevaient du droit tutélaire. Peu après 
l’engagement de la préposée aux successions, Mme D______ avait, lors d’un 
colloque du SPMi, d’une part rappelé l’urgence qu’il y avait eu de repourvoir ce 
poste et, d’autre part, confirmé que la réévaluation de la classe de fonction se 
ferait dans une seconde étape afin de la faire coïncider avec celle d’un juriste. 

  Les deux signataires priaient la directrice de bien vouloir transmettre dans 
les meilleurs délais la demande de réévaluation du poste afin que celui-ci 
corresponde à la classe de juriste 2 dès la date d’entrée en fonction de 
Mme A______.  

8)  Par réponse du 26 mars 2010, Mmes D______ et C______ ont confirmé que 
lors de l’engagement de la première préposée aux successions, en 2007, le secteur 
juridique avait préconisé l’engagement d’une candidate ayant le profil d’une 
secrétaire possédant des connaissances juridiques. Lors de l’engagement de 
Mme A______ en 2008, le secteur juridique avait mis en évidence la nécessité, 
pour le candidat, d’être en possession d’un solide bagage en connaissances 
juridiques. La direction prenait note d’une évolution constatée par les juristes en 
lien avec l’exercice de la fonction de préposée aux successions. La direction 
souhaitait obtenir un projet de cahier des charges reflétant l’évolution de cette 
fonction.  

9)  Un nouveau cahier des charges a été transmis à Mme C______ par 
M. B______ le 11 mai 2010.  

10)  Par courriel du 1er février 2011, Mme C______ a confirmé à Mme A______ 
qu’elle la tiendrait informée de ses discussions avec la direction générale de l’OJ. 
S’agissant effectivement d’une demande qui n’était pas sectorielle ou collective, 
elle devait pouvoir être traitée.  

11)  Le 15 février 2011, Mme C______ a indiqué avoir vu Madame G______, 
responsable des ressources humaines. Selon celle-ci, la demande de réévaluation 
de fonction ne pouvait se faire avant que la réflexion sur la réorganisation de l’OJ 
n’ait abouti. Dès lors qu’il s’agissait d’une demande individuelle, elle n’était pas 
bloquée par le gel des réévaluations qui ne s’appliquait qu’aux demandes 
collectives mais elle était néanmoins en suspens au vu de la réorganisation.  

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12)  Des courriels de Mme D______ du 16 février 2011, de Mme C______ du 
14 mars 2011, de Monsieur H______, directeur adjoint au SPMi, du 26 avril 
2011, ont confirmé que la réévaluation de sa fonction ne se ferait pas 
immédiatement, compte tenu des « réformes en cours actuellement au sein des 
services de l’OJ ». 

13)  Par courrier du 28 avril 2011, Mme A______ a interpellé 
Monsieur  I______, conseiller d’État en charge du département. 

14)  Un entretien s’est tenu le 11 mai 2011 entre l’intéressée, Monsieur J______, 
directeur du SPMi et Mme G______.  

  Une note de service du 16 mai 2011, rédigée par M. J______ et transmise à 
Mme A______, résumait la teneur de l’entrevue. Ni le SPMi ni la DGOJ n’étaient 
en possession d’écrits indiquant qu’une réévaluation du poste de préposé aux 
successions avait été envisagée avant son engagement. Le contrat d’engagement et 
le cahier des charges dûment signés à l’époque par l’intéressée faisaient foi. Il 
confirmait que la fonction était unique dans le service. À l’examen du dossier il 
pouvait soutenir une classification de juriste 1. La demande ne pouvait pas faire 
l’objet d’un traitement immédiat. Les processus de réorganisation en cours, tant 
dans le cadre de la DGOJ qu’au sein du SPMi, avaient une implication au moins 
indirecte sur le contenu de son cahier des charges. La redéfinition de sa 
classification n’étant pas acquise, une décision à fin 2011 semblait réaliste. Une 
classification provisoire par le biais d’un code n’était pas envisageable. En cas de 
nouvelle classification de la fonction, un rétroactif de salaire ne pouvait pas être 
octroyé, à l’instar de toutes les demandes de réévaluation. 

15)  Par réponse du 31 mai 2011, M. I______ a exposé que le cahier des charges 
de Mme A______ serait actualisé d’ici septembre 2011 et qu’une demande de 
réévaluation de fonction visant une classification de juriste 1 serait adressée à 
l’office du personnel de l’État. Il relevait que ces éléments avaient été 
communiqués à l’intéressée le 11 mai 2011 lors d’un entretien qu’elle avait eu 
avec M. J______, directeur du SPMi et Mme G______. « À l’issue de l’entretien, 
vous avez exprimé votre accord avec cette planification ». 

16)  Par correspondance du 1er juin 2011 à M. J______, le syndicat des services 
publics SSP/VPOD (ci-après : SSP/VPOD) a contesté la classification annoncée le 
11 mai 2011 et conclu à une reconnaissance de la fonction de juriste 2. 

17)  Par courrier du 9 novembre 2011, le conseiller d’État a confirmé à 
Mme A______ les modifications de son statut. À compter du 1er novembre 2011, 
suite à « l’évaluation de sa fonction », celle-ci occupait un poste de juriste 1 à 50 
% en classe 18, position 5.  

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  En octobre 2011, Mme A______ percevait CHF 3'917.40 de traitement brut 
(classe 14, position 12 pour un taux d’activité à 50 %). À compter de novembre 
2011, elle a perçu CHF 4'041.- mensuels bruts (classe 18 position 5 pour le même 
taux). 

18)  Par courrier du 29 novembre 2011, le SSP/VPOD s’est étonné que 
Mme A______ n’ait pas conservé les mêmes annuités que précédemment, soit 11, 
puisqu’il ne s’agissait pas d’une promotion mais de la mise en concordance de la 
classe de fonction avec les tâches demandées dès l’engagement. 

  Par ailleurs, depuis novembre 2008, soit depuis trois ans, Mme A______ 
avait accompli, en classe 14, des tâches de classe 18. Elle devait bénéficier de la 
classe 18 position 11, rétroactivement au 1er novembre 2008.  

19)  Par correspondance du 23 décembre 2011, M. J______ a refusé d’entrer en 
matière. L’engagement pris par M. I______ le 31 mai 2011 avait été respecté. 
Dans une note de service qu’il avait adressée le 16 mai 2011 à Mme A______, le 
directeur du SPMi avait attiré expressément son attention sur le fait qu’un 
rétroactif de salaire, en cas d’une nouvelle classification de fonction, ne pouvait 
pas être octroyé, à l’instar de toutes les demandes de réévaluation. Le 
coulissement avait été effectué de façon correcte. 

20)  Le 12 mars 2012, M. J______ a informé Mme A______ que Madame 
K______, directrice générale de l’OJ, venait de lui transmettre une réponse 
négative s’agissant de la classification et du nombre d’annuités de Mme A______. 
Selon la direction des ressources humaines du département, il s’agissait bien 
d’une réévaluation de fonction d’une tâche que Mme A______ effectuait déjà, 
dans une classification qui n’était pas idoine. Il regrettait et déplorait « que l’on 
vous ait fait des promesses à votre engagement qui ont mis tant de temps à se 
concrétiser ». 

21)  Par courrier du 14 mai 2012, le SSP/VPOD a réitéré sa demande. Il a par 
ailleurs contesté le rattrapage de la caisse de pension imposé à Mme A______. Il 
appartenait à l’État de l’assumer compte tenu de la durée anormalement longue de 
la procédure qui avait conduit à la mise en concordance de la classe de fonction. Il 
sollicitait formellement une décision afin de pouvoir, le cas échéant, recourir. 

22)  Le 21 décembre 2012, sous la plume d’un avocat, Mme A______ a sollicité 
une réévaluation de son poste de travail en classe 21, position 12, avec effet au 1er 
novembre 2008 et en classe 23, position 12 avec effet au 1er janvier 2013.  

23)  Par courrier du 28 mars 2013, Monsieur L______, responsable de secteur à 
la direction des ressources humaines du département, a rappelé que 
Mme A______ avait accepté, lors de son engagement, un poste en classe 14 en 
pleine connaissance de cause.  

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  La demande de réévaluation sectorielle du SPMi n’avait pas pu aboutir 
conformément à la décision du Conseil d’État du 7 décembre 2010 stipulant de ne 
procéder à aucune réévaluation collective ou sectorielle au sein de l’État et gelant 
toutes les évaluations en cours. S’agissant d’une mesure officielle, appliquée à 
l’ensemble de l’administration publique du canton et toujours en cours, il n’était 
pas envisageable de revenir sur cette décision. 

  La promotion de Mme A______ dans la nouvelle classification, en 
novembre 2011, avait été effectuée conformément au cadre légal en vigueur. 

  Il n’existait pas, dans le catalogue des fonctions de l’État, un niveau de 
juriste colloqué en classe 21. 

  Le rappel de cotisations de la caisse de prévoyance du personnel enseignant 
de l’instruction publique et des fonctionnaires de l’administration du canton de 
Genève (ci-après : CIA), devenue depuis lors la caisse de prévoyance de l’État de 
Genève, garantissant la primauté des prestations au moment de la retraite, avait 
été décidé par le législateur. Il était appliqué à l’ensemble du personnel de l’État. 
Fondé sur des conditions particulièrement avantageuses pour le personnel, il ne 
pouvait porter préjudice aux seuls intérêts économiques de Mme A______. 

  La modification du cahier des charges de Mme A______, suite à l’entrée en 
vigueur du nouveau droit de la protection de l’adulte et de l’enfant au 1er janvier 
2013, n’impliquait pas de colloquer celle-ci en classe 23 dès cette date. 

24)  Mme A______ a interjeté recours le 3 mai 2013 contre la décision rendue le 
28 mars 2013 par la direction du département, auprès de la chambre 
administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative).  

  Elle concluait à l’annulation de cette décision et, cela fait, à ce qu’il soit dit 
que son poste de travail serait réévalué en juriste 2 classe 21, position 12 du 
1er novembre 2008 au 31 décembre 2012 et en juriste 3 classe 23 position 12 dès 
le 1er janvier 2013. L’État devait être condamné à payer la différence entre le 
salaire versé et celui qui aurait dû l’être, avec intérêts à 5 % dès le 
21 décembre 2012, ainsi qu’à payer à la CIA la totalité du montant du rappel de 
cotisations sociales afférent à la réévaluation susmentionnée. Les conclusions 
étaient prises sous suite de frais et dépens. Subsidiairement, la décision devait être 
annulée et la cause renvoyée à l’autorité précédente pour nouvelle décision. 

  Le recours était recevable, le courrier litigieux devant être qualifié de 
décision. Le département avait été mis en demeure de rendre une décision motivée 
en fait et en droit avec l’indication des voies de recours, le 14 mai 2012, puis le 
21 décembre 2012. Le département n’avait jamais rendu de décision. Cette 
attitude devait être assimilée à un déni de justice contre lequel il était possible de 
recourir en tout temps. 

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  Au fond, elle alléguait une violation du principe de la bonne foi en se 
référant aux promesses qui lui avaient été faites dès son entrée en fonction. Elle 
faisait grief au département d’avoir violé le principe d’égalité de traitement et 
d’interdiction de l’arbitraire au vu de la situation de ses collègues dont les 
attributions étaient identiques mais qui étaient colloqués en classe 23. 

  L’État avait abusé de son droit en ne tenant pas dûment compte des 
aptitudes, des efforts et des responsabilités dévolues à Mme A______ 
conformément aux différentes échelles de cotation de la méthode d’évaluation des 
fonctions élaborées le 6 mai 2010. Les annuités lui étaient dues dès lors qu’il ne 
s’agissait pas d’une promotion mais d’une mise en concordance de la classe de 
fonction avec les tâches demandées dès l’engagement. S’agissant du rappel des 
cotisations sociales, Mme A______ subissait un rattrapage qu’il appartenait à 
l’État d’assumer. 

25)  Par réponse du 27 juin 2013, le département a conclu à l’irrecevabilité du 
recours, subsidiairement à son rejet. La recourante sollicitait de la chambre 
administrative de revoir tant la procédure relative à la création de ses rapports de 
service que celle afférente aux promotions, domaines exclus de la compétence de 
la chambre de céans eu égard à l’art. 2 let. d de la loi sur la procédure 
administrative du 12 septembre 1985 (LPA - E 5 10). 

  Au fond, aucun renseignement erroné n’avait été donné à la recourante de la 
part des personnes compétentes dans le domaine des ressources humaines. Aucune 
assurance ou promesse n’avait été faite quant à la possible réévaluation de son 
poste en tant que juriste 2. Le principe de la bonne foi n’avait pas été violé. 

  Les tâches décrites dans le cahier des charges initial correspondaient bien à 
une classe 14 standard. Dès que la recourante avait passé sous le libellé de 
juriste 1, la classe 18 lui avait été dûment allouée. Son poste avait évolué. Une 
simple lecture du cahier des charges des juristes 3 au sein du SPMi et de celui de 
la recourante mettait en évidence que leurs attributions n’étaient pas similaires. De 
surcroît, la fonction de juriste 3 exigeait le brevet d’avocat, ce qui était le cas de 
l’ensemble des juristes, à l’exception de M. B______. Celui-ci ayant été en 
fonction en qualité de tuteur adjoint en classe 23, il ne pouvait se voir rétrograder 
en juriste 2 classe 20. Non titulaire du brevet d’avocate, Mme A______ ne pouvait 
prétendre à la classe 23. L’entrée en vigueur du nouveau droit de protection de 
l’adulte et de l’enfant au 1er janvier 2013 n’avait pas modifié la fonction de la 
recourante au point que celle-ci doive être évaluée en juriste 3, dans la mesure où 
contrairement à un juriste 3, l’intéressée n’avait pas de rôle d’appui, de conseil et 
d’orientation et que le nouveau droit ne lui attribuait nullement une telle mission. 
Le grief d’abus de droit était infondé.  

  La méthode d’évaluation des fonctions ne devait pas se faire par rapport à 
une personne mais bien en relation avec ce qui était attendu de la fonction. Le 

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raisonnement de la recourante n’était pas pertinent, puisqu’elle évaluait la 
fonction par rapport à sa propre situation. 

  La loi prévoyait trois types de modifications du traitement, respectivement 
le changement de fonction sans promotion, avec promotion et avec rétrogradation. 
L’État avait dûment appliqué l’article relatif à la première situation. La recourante 
n’avait pas droit à des annuités. Le rappel des cotisations était lié au statut de la 
CIA et ne pouvait par conséquent pas être mis à l’unique charge de l’État. 

26)  Une audience s’est tenue le 25 septembre 2013. 

 a. Le département a confirmé que les ressources humaines du SPMi n’avaient 
pas jugé utile, « jusqu’à une certaine date », de lui soumettre un nouveau cahier 
des charges pour la fonction de Mme A______, ce qui expliquait que le 
département ne soit pas intervenu pendant de nombreux mois. 

 b. Entendu en qualité de témoin, M. B______ a confirmé qu’une réévaluation 
devait intervenir dès la date de l’entrée en fonction de Mme A______, 
conformément à ce qu’il avait écrit le 23 mars 2010. Il était juriste 3 au bénéfice 
d’une licence en droit mais non titulaire du brevet d’avocat. Il se souvenait avoir 
été présent à un entretien, peu après l’engagement de Mme A______, entre celle-
ci et Mme D______, alors directrice du SPMi. À cette occasion, la réévaluation du 
poste de Mme A______ vers une fonction de juriste avait été évoquée. Il n’y avait 
pas eu de modification fondamentale du poste entre le 31 octobre 2011 et le 1er 
novembre 2011 (sic), mais une évolution graduelle depuis l’entrée en fonction de 
Mme A______ au poste de juriste 1, notamment par la formation d’un apprenti ou 
la dispense de cours aux assistants sociaux du SPMi. Depuis le 1er janvier 2013, la 
tâche des juristes avait changé. Ils effectuaient davantage de conseil juridique et 
géraient les mandats en leur nom. Mme A______ menait des mandats à son nom 
depuis le 1er janvier 2013. C’était notamment à elle qu’étaient confiées, 
nommément, les curatelles et tutelles de successions. Elle en répondait, seule, 
devant le Tribunal de protection de l’adulte et de l’enfant (ci-après : TPAE). 
L’intéressée jouissait d’une autorité formelle plus grande qu’auparavant. 

 c. Le département a fait référence à un possible reclassement des assistants 
sociaux du SPMi en classe 16 au lieu de 15, compte tenu de leur nouvelle 
responsabilité de gestion de mandats. La décision devait être prise le jour même 
par le Conseil d’État. 

 d. Entendue en qualité de témoin, Madame E______ a indiqué être juriste 3 au 
SPMi. Elle travaillait à l’État depuis seize ans et était titulaire du brevet d’avocat. 
En 2006, il y avait eu fusion entre le service de la protection de la jeunesse (ci-
après : PDJ) et le service du tuteur général (ci-après : STG), au sein du nouveau 
SPMi. Elle avait été titulaire de mandats et reclassée en classe 23. À l’époque 
précédant la fusion, les juristes s’occupaient aussi de successions. Il avait été 

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décidé au sein du nouveau SPMi d’avoir un préposé aux successions. La première 
titulaire du poste avait un début de formation de clerc de notaire, mais elle n’avait 
pas donné satisfaction. Le service juridique en avait conclu que ce poste devait 
être repourvu par une personne avec formation juridique, au bénéfice d’un brevet 
de clerc ou d’une licence en droit. Mme D______ avait été d’accord avec ce point 
de vue. Le poste de préposé aux successions n’exigeait pas une formation 
juridique complète dès lors qu’il était colloqué en classe 14. Mme D______ avait 
indiqué qu’elle n’avait pas le temps de procéder à une réévaluation avant 
l’engagement d’un nouveau préposé et avait dit que cela se ferait postérieurement. 
Mme A______ avait été engagée, car elle possédait une licence en droit et une 
bonne connaissance des successions. Il lui avait été dit, lors du processus 
d’engagement, que son poste serait réévalué.  

  Une année avait passé, avec des relances du service juridique auprès de 
Mme C______. Celle-ci avait répondu que l’affaire était en cours de traitement. 
Après un an, le service s’était rendu compte que rien n’avait bougé et que la 
situation était bloquée au niveau de la direction. Mme A______ avait donc décidé 
d’agir seule. Son référent hiérarchique était M. B______, mais l’ensemble des 
juristes partageait sa démarche et la soutenait. 

  Le poste de préposé aux successions existait déjà au sein du STG, en classe 
14. Il n’avait jamais été occupé par un juriste. Au moment de la fusion, certains 
juristes du STG et les tuteurs adjoints, étaient en classe 23, mais Madame 
M______ était en classe 20, tout comme Mme E______ qui venait de la PDJ. 

  Depuis deux ans, le rôle des juristes au sein du SPMi s’était modifié. Les 
tâches de soutien à la direction avaient diminué. Une réévaluation vers le bas 
pouvait être effectuée. Les personnes qui allaient remplacer, tant M. B______ que 
Mme E______, n’auraient probablement pas la classe 23.  

27)  Une seconde audience s’est tenue le 13 novembre 2013. 

 a. Entendue en qualité de témoin, Mme D______ a indiqué qu’elle n’avait pas 
participé à l’entretien d’engagement de Mme A______. Elle s’était toujours dite 
ouverte à présenter un dossier au département concernant la réévaluation du poste 
de la préposée aux successions. Elle confirmait que la personne qui avait occupé 
le poste avant Mme A______ n’avait pas donné satisfaction mais sans se souvenir 
des détails et des raisons de cet état de fait. Connaissant les méthodes de travail de 
Mme C______, elle était presque certaine que celle-ci ne se serait pas engagée sur 
un quelconque résultat de la procédure de réévaluation lors de l’entretien 
d’embauche mais qu’elle aurait seulement indiqué qu’une telle procédure pouvait 
être engagée. 

 b. Lors de la même audience, le département a indiqué que la direction 
générale de l’OJ avait retenu le dossier à son niveau car elle entendait geler les 

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réévaluations jusqu’à la réorganisation liée à l’entrée en vigueur du nouveau droit 
de la protection de l’adulte et de l’enfant. La réévaluation de fonction en 2011 
s’était fondée sur le cahier des charges de 2010. Du point de vue administratif, la 
réévaluation de fonction équivalait à une promotion. 

 c. Mme A______ a rappelé que toutes ses évaluations avaient toujours été 
positives. Lors de son engagement, elle ne savait pas à quoi correspondait la 
classe maximum 14.    

28)  La recourante a produit, le 20 décembre 2013, des observations finales après 
enquêtes. Elle a persisté dans ses conclusions. 

29)  Sur ce, la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1)  L’intimé conclut à l’incompétence de la chambre administrative en 
application de l’art. 2 let d LPA. 

  Selon cette disposition, en matière de fonction publique, les règles de 
procédure contenues dans la LPA ne sont pas applicables aux procédures relatives 
à la création initiale des rapports de service et aux promotions. 

  Mme A______ réclamant une classification supérieure de sa fonction et, par 
conséquent, une juste rémunération pour les tâches qu'elle a effectivement 
exercées dès son engagement, il ne s’agit pas d’un litige relatif à une promotion, 
ni à la création initiale des rapports de travail (ATA/60/2011 du 1er février 2011 ; 
ATA/412/2006 du 26 juillet 2006). Partant, les règles de procédure prévues par la 
LPA sont applicables et la chambre de céans est compétente, conformément à 
l’art. 132 de la loi sur l’organisation judiciaire du 26 septembre 2010 (LOJ - 
E 2 05). 

2)  Le recours a été formé contre la correspondance du département du 
28 mars 2013. 

 a. À teneur de l’art. 29 al. 1 de la Constitution fédérale de la Confédération 
suisse du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101), toute personne a droit à ce que sa cause 
soit traitée équitablement. Une autorité est tenue de traiter une requête qui lui est 
adressée et ne saurait garder le silence à propos d’une demande qui exige une 
décision. Le principe vaut pour toutes les requêtes, même celles qui ne revêtent 
pas la forme prescrite. Il existe donc un droit d’obtenir une décision par lequel 
l’autorité explique qu’elle justifie la position qu’elle entend adopter 
(Andreas AUER/Giorgio MALINVERNI/Michel HOTTELIER, Droit 
constitutionnel suisse, vol. 2, 2ème éd., 2006, n. 1220 et 1221, p. 570). La décision 

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doit, de plus, intervenir dans un délai raisonnable. Celui-ci s’apprécie dans chaque 
cas suivant les circonstances de la cause (ATA/527/2007 du 16 octobre 2007), en 
particulier en fonction de la complexité de la procédure, du temps qu’exige son 
instruction, du comportement de l’intéressé et des autorités, ainsi que de l’urgence 
de l’affaire (Jean-François AUBERT/Pascal MAHON, Petit commentaire de la 
Constitution fédérale de la Confédération suisse, 2003, p. 265). 

  Lorsqu’une autorité, mise en demeure préalablement, refuse sans droit de 
statuer ou tarde à se prononcer, son silence est assimilé à une décision au sens de 
la LPA, ce qui ouvre la voie à un recours. 

 b. En l'espèce, invité par deux fois, les 14 mai et 21 décembre 2012, à rendre 
une décision formelle sujette à recours, le département n’y a pas donné suite. La 
réponse du 28 mars 2013, sous forme de courrier, n’est pas intitulée « décision » 
et n’indique pas de voie de recours. Conformément à l’art. 4 al. 4 LPA, cette 
correspondance doit toutefois être considérée comme telle, dès lors qu’elle 
comporte la détermination du département sur la demande de la recourante. 

3)  Le recours a été interjeté dans le délai de trente jours dès réception de la 
correspondance et dans les formes prescrites. Il est recevable. 

4)  La recourante conteste sa classe de traitement 18, une attribution 
insuffisante de positions d’annuités, le dies a quo de son augmentation 
(1er novembre 2011) et la retenue, sur son traitement, du rattrapage de ses 
cotisations de prévoyance professionnelle. 

5)  La recourante et certains de ses supérieurs hiérarchiques sont intervenus 
rapidement après l’engagement de l’intéressée aux fins de lui obtenir une 
augmentation de sa classe de traitement. 

  Ces démarches ont abouti à une modification de sa fonction, dès le 
1er novembre 2011, la faisant passer de la classe 14 à 18, correspondant au poste 
de juriste 1. Cette modification a été annoncée à l’intéressée lors d’un entretien du 
11 mai 2011 en présence de M. J______ et de Mme G______. Cette évolution a 
été confirmée par courrier du 31 mai 2011 de M. I______, puis par 
correspondance du 9 novembre 2011 du même expéditeur.  

  Or, l'acte par lequel une administration se prononce sur des prétentions 
salariales d'un employé en relation avec la classification d'une fonction répond à la 
notion de décision (SJ 2013 I 19 consid. 4.1.2). 

  En l’espèce, la correspondance du 9 novembre 2011 ne s’intitule pas 
décision et ne comporte aucune voie de droit. 

  On peut et doit attendre d’un justiciable en désaccord avec une décision 
dépourvue de l’indication des voies de droit qu’il se renseigne sur ses possibilités 

- 12/19 - 

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de recours auprès d’un avocat ou de l’autorité qui a statué, conformément aux 
règles de la bonne foi. À défaut, la décision entre en force passé un certain délai, 
même si une disposition légale prévoyait expressément l’obligation de porter la 
mention des voies de droit (ATF 121 II 72 consid. 2a ; ATF 119 IV 330 ; arrêt du 
Tribunal fédéral 2P.83/2006 du 5 septembre 2006 et la jurisprudence citée). Il y a 
donc lieu d’examiner, d’après les circonstances du cas concret, si la partie 
intéressée a réellement été induite en erreur par l’irrégularité de la notification et 
a, de ce fait, subi un préjudice ou si elle a agi dans un délai raisonnable 
(ATA/436/2014 du 17 juin 2014 consid. 2b et les références citées). 

  Mme A______, en juriste, a dûment contesté cette décision dans le délai de 
trente jours. Elle n’a toutefois critiqué que les questions d’annuités, de dies a quo, 
et la retenue des cotisations de prévoyance professionnelle. N’ayant pas contesté 
la collocation de sa fonction, en 2011, en classe 18, dans les délais impartis, et 
ayant même confirmé, par le biais de son syndicat, son accord avec ladite 
collocation, cette question est définitive et exécutoire pour la période courant 
jusqu’au 31 décembre 2012.  

  La revalorisation de la fonction de Mme A______ constituait une 
problématique individuelle pour la période de novembre 2008 au 
31 décembre 2012, ce qu’ont confirmé tant Mme C______ que Mme G______ en 
février 2011. À compter du 1er janvier 2013, la question s’inscrit dans le contexte 
lié à l’entrée en vigueur du nouveau droit de la protection de l’adulte et de 
l’enfant, qui a eu des incidences sur tout le SPMi. À ce titre, la situation de 
Mme A______ ne peut plus être traitée individuellement. La chambre de céans 
ignore l’état des démarches entreprises par le secteur concerné. La requête de la 
recourante doit donc être transmise à l’autorité administrative compétente, à 
savoir celle actuellement en charge du dossier, à défaut au service des ressources 
humaines de l’office du personnel de l’État, afin que la situation de rémunération 
de l’intéressée soit analysée dans le contexte du service (art. 69 al. 3 LPA). 

6)  Selon la recourante, le premier entretien d’embauche s’est déroulé avec les 
juristes du SPMi soit Mesdames E______, N______ et M. B______. Dès celui-ci, 
la perspective d’une réévaluation du poste a été évoquée.  

  Il ressort des enquêtes et des pièces produites, notamment de l’audition de 
Mme E______, de M. B______, ainsi que des courriels échangés dès le 27 janvier 
2009 et le 23 mars 2010, qu’un juriste était nécessaire à ce poste, ce qui avait été 
ouvertement réclamé par le service juridique concerné, admis par les supérieurs, 
voire exigé par l’un d’entre eux. Les enquêtes démontrent que le processus de 
réévaluation du poste a été annoncé non seulement lors de l’entretien d’embauche 
à Mme A______, mais aussi lors de colloques du service juridique. Seule la 
nécessité de trouver rapidement un candidat pour assumer cette fonction a entravé 
la possibilité de la voir réévaluée avant la prise de fonction de la recourante.  

- 13/19 - 

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  L’assurance d’une démarche en vue d’une revalorisation qui a été donnée à 
la recourante est corroborée par l’historique du poste, à savoir le fait que celui-ci 
n’ait jamais été, avant la fusion de la PDJ et du STG, tenu par un juriste et le fait 
que dès 2007, la personne en charge de ce poste, qui n’était pas au bénéfice d’une 
formation juridique, n’ait pas pu répondre aux attentes. 

  Toutefois, aucune pièce ni aucun témoignage n’établissent qu’une garantie 
aurait été donnée à la recourante que la réévaluation se ferait avec effet dès son 
entrée en fonction, même si Mme E______ et M. B______ ont soutenu, 
notamment par correspondance du 23 mars 2010, que la réévaluation devait, à leur 
avis, intervenir dès novembre 2008. L’acte de recours de Mme A______ indique 
d’ailleurs que lors de son engagement, il lui a été indiqué qu’une réévaluation de 
sa fonction allait intervenir « prochainement ».  

  Ainsi, seul le fait d’entreprendre une procédure de revalorisation de la 
fonction a été garanti à Mme A______.  

7)  La recourante critique le dies a quo à compter duquel la revalorisation de sa 
fonction est intervenue, soit le 1er novembre 2011, trois ans après son entrée en 
fonction.  

  En l’espèce, la durée de la procédure de réévaluation de la fonction a été 
anormalement longue, ce que M. I______ a regretté dans sa correspondance du 
31 mai 2011. M J______ l’a aussi déploré dans sa missive du 12 mars 2012. Le 
département a expliqué en audience que la DGOJ avait retenu le dossier au motif 
qu’elle entendait geler les réévaluations jusqu’à la réorganisation liée à l’entrée en 
vigueur du nouveau droit de la protection de l’adulte et de l’enfant. Le 
département n’était pas responsable du retard pris. Cependant, la raison du 
blocage du dossier à la DGOJ était infondée, s’agissant d’une demande de 
réévaluation individuelle et non sectorielle, ce que tant Mme C______ que 
Mme G______ ont reconnu en février 2011. 

  Le département a indiqué, en mai 2011, que la réévaluation de la fonction de 
la recourante dépendait des processus de réorganisation en cours, tant dans le 
cadre de la DGOJ qu’au sein du SPMi, lesquels avaient une implication au moins 
indirecte sur le contenu de son cahier des charges. Outre le fait qu’il n’ait jamais 
démontré le bien-fondé de cette allégation, le département a indiqué en audience 
que la réévaluation du poste de Mme A______ s’était faite en fonction du cahier 
des charges daté de mai 2010.  

  Le retard, indûment pris, dans le traitement du dossier de Mme A______ a 
eu pour conséquence que la modification de la classe et du traitement de la 
recourante n’est intervenue qu’en novembre 2011.  

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  À ce titre, le refus d’entrée en matière sur une modification de la situation 
de l’intéressée avant novembre 2011, viole le principe de la bonne foi entre 
administration et administré, exprimé aujourd’hui aux art. 9 et 5 al. 3 Cst., lequel 
exige que l’une et l’autre se comportent réciproquement de manière loyale. En 
particulier, l’administration doit s’abstenir de toute attitude propre à tromper 
l’administré et elle ne saurait tirer aucun avantage des conséquences d’une 
incorrection ou insuffisance de sa part (ATF 129 I 161 consid. 4 p. 170 ; 
129 II 361 consid. 7.1 p. 381 ; arrêts du Tribunal fédéral 1C_534/2009 du 2 juin 
2010 et 9C_115/2007 du 22 janvier 2008 consid. 4.2 ; ATA/141/2012 du 13 mars 
2012 ; Thierry TANQUEREL, Manuel de droit administratif, 2011, p. 193 
n. 568). 

  Le principe de la bonne foi protège le citoyen dans la confiance légitime 
qu’il met dans les assurances reçues des autorités lorsqu'il a réglé sa conduite 
d'après des décisions, des déclarations ou un comportement déterminé de 
l'administration (ATF 137 II 182 consid. 3.6.2 p. 193 ; 137 I 69 consid. 2.5.1 
p. 72 s ; 131 II 627 consid. 6.1 p. 637 et les arrêts cités ; arrêts du Tribunal fédéral 
1C_151/2012 du 5 juillet 2012 consid. 4.2.1 et 2C_1023/2011 du 10 mai 2012 
consid. 5). Conformément au principe de la confiance, qui s’applique aux 
procédures administratives, les décisions, les déclarations et comportements de 
l’administration doivent recevoir le sens que l’administré pouvait raisonnablement 
leur attribuer en fonction des circonstances qu’il connaissait ou aurait dû connaître 
(arrêt du Tribunal fédéral du 14 octobre 2004 in RDAF 2005 I 71 ; 
Thierry TANQUEREL, op. cit., p. 193 n. 569 s). Le principe de la confiance est 
toutefois un élément à prendre en considération et non un facteur donnant en tant 
que tel naissance à un droit (Thierry TANQUEREL, op. cit., p. 193 n. 569 et les 
références citées). La protection de la bonne foi ne s’applique pas si l’intéressé 
connaissait l’inexactitude de l’indication ou aurait pu la connaître en consultant 
simplement les dispositions légales pertinentes (ATF 135 III 489 consid. 4.4 ; 
134 I 199 consid. 1.3.1 ; Thierry TANQUEREL, op. cit., p. 193 s n. 571). 

  Selon la jurisprudence, les assurances ou les renseignements erronés donnés 
par les autorités confèrent des droits aux justiciables lorsque les cinq conditions 
cumulatives suivantes sont remplies. Tout d’abord, on doit être en présence d’une 
promesse concrète effectuée à l’égard d’une personne déterminée. Il faut 
également que l’autorité ait agi dans le cadre et dans les limites de sa compétence, 
que la personne concernée n’ait pas été en mesure de se rendre compte 
immédiatement de l’inexactitude du renseignement fourni, qu’elle se soit fondée 
sur ce renseignement pour prendre des dispositions qu’elle ne peut ensuite 
modifier sans subir de préjudice et, enfin, que la loi n’ait pas subi de changement 
depuis le moment où la promesse a été faite (ATA/811/2012 du 27 novembre 
2012 consid. 2a ; ATA/398/2012 du 26 juin 2012 consid. 8 ; Pierre MOOR/ 
Alexandre FLÜCKIGER/Vincent MARTENET, Droit administratif, vol. 1, 
3ème éd., 2012, p. 922 ss n. 6.4.1.2 et 6.4.2.1 ; Thierry TANQUEREL, op. cit., 

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p. 196 s n. 578 s ; Ulrich HÄFELIN/Georg MÜLLER/Félix UHLMANN, 
Allgemeines Verwaltungsrecht, 6ème éd., 2010, p. 140 ss et p. 157 n. 696 ; 
Andreas AUER/Giorgio MALINVERNI/Michel HOTTELIER, Droit 
constitutionnel suisse, Vol. 2, 3ème éd., 2013, n. 1173 ss). 

  En l’espèce, il ressort du dossier et des témoignages qu’il a été promis par 
l’autorité compétente à l’intéressée que son poste ferait l’objet d’une procédure de 
réévaluation, ce qui a finalement été le cas et a abouti à une classification 
supérieure de sa fonction. Seul le dies a quo est litigieux et doit être fixé en 
application du principe de la bonne foi. 

8)  La nomination en qualité de fonctionnaire intervient au terme d'une période 
probatoire de deux ans, sous réserve de prolongation de cette dernière (art. 47 
al. 1 du règlement d’application de la loi générale relative au personnel de 
l’administration cantonale, du pouvoir judiciaire et des établissements publics 
médicaux du 24 février 1999 - RPAC - B 5 05.01).  

  Durant une période probatoire, le traitement initial peut se situer au-dessous 
de celui fixé pour la fonction (art. 11 al. 1 de la loi concernant le traitement et les 
diverses prestations alloués aux membres du personnel de l’État, du pouvoir 
judiciaire et des établissements hospitaliers du 21 décembre 1973 - 
LTrait - RS B 5 15). À l’échéance de la période probatoire et s’il donne 
satisfaction, le membre du personnel accède à sa classe de fonction. Les 
conséquences de l’absence de qualification professionnelle sont réservées (art. 11 
al. 3 LTrait). Le fait de posséder un niveau de formation professionnelle supérieur 
à celui qui est requis pour la fonction exercée ne donne droit ni à une 
classification particulière ni à une promotion automatique (art. 11 al. 2 du 
règlement d’application de la LTrait du 17 octobre 1979 - RTrait - B 5 15.01). 

  En application de l’art. 11 al. 3 LTrait, la recourante doit bénéficier de la 
classe 18 dès le 1er novembre 2010. Cette date coïncide avec la fin de la période 
probatoire de deux ans de l’intéressée tout en tenant compte du fait que de 
nombreuses relances ont été faites en vue d’accélérer le processus de réévaluation, 
qu’elles sont intervenues très rapidement suite à l’engagement de Mme A______, 
qu’elles ont été entreprises non seulement par celle-ci mais par plusieurs de ses 
supérieurs, et que l’intéressée, bien qu’elle ait ignoré, selon ses dires, ce que 
signifiait la classe 14 à son engagement, pouvait espérer qu’à la fin de sa période 
probatoire sa juste classe de fonction lui soit reconnue, grâce aux efforts entrepris 
par le service au sein duquel elle officiait. De surcroît, la lettre de Mme A______ 
du 28 avril 2011 au conseiller d’État en charge du département a manifestement 
contribué à l’accélération du processus lequel a toutefois pris encore cinq mois. La 
réévaluation intervenue en novembre 2011 se fondant sur le cahier des charges 
d’ores et déjà établi en mai 2010, selon ce qu’a indiqué le département à 
l’audience du 13 novembre 2013, une réévaluation à compter du 1er novembre 
2010 est cohérente. 

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9) a. Concernant le maintien, en classe 18, des annuités acquises en classe 14, le 
département s’y oppose en appliquant l’art. 8 al. 4 RTrait relatif au changement de 
fonction avec promotion. 

  Toutefois, la promotion est définie comme la mutation à une nouvelle 
fonction de classe supérieure à celle exercée jusqu’alors (art. 13 al. 1 LTrait). Tel 
n’est pas le cas de la recourante, laquelle se limite à réclamer la rémunération due 
pour la fonction qu’elle a exercée et les responsabilités qu’elle a assumées à son 
engagement. L’art. 8 al. 4 RTrait ne trouve pas application. De même, il ne peut 
être soutenu que le poste de préposé aux successions a progressivement évolué 
entre novembre 2008 et novembre 2010. En effet, il ressort clairement des 
enquêtes que les compétences de juriste étaient nécessaires dès l’entrée en 
fonction de la recourante, que le temps a manqué avant son engagement pour faire 
réévaluer le poste mais que Mme A______ y a immédiatement assumé des 
fonctions de juriste 1.  

 b. Selon l’art. 3 al. 1 RTrait, le traitement initial correspond à la classe prévue 
pour la fonction, annuité 0. La personne candidate ayant acquis antérieurement à 
son engagement une expérience utile au poste qu’il doit occuper peut bénéficier 
d’une majoration du traitement initial correspondant à une annuité de la classe 
d’engagement par année d’expérience reconnue. Les années d’expérience sont 
prises en considération à partir de l’âge de 18 ans ; les fractions d’année n’entrent 
pas en ligne de compte (art. 3 al. 2 RTrait). Le calcul du droit à une annuité 
supplémentaire s'établit au 1er janvier de chaque année à l'exception du corps 
enseignant primaire, secondaire et tertiaire (calcul au 1er septembre de chaque 
année dès 2010) et du corps enseignant universitaire (1er août de chaque année). 
Les fractions d'année ne sont pas prises en compte dans le calcul du droit à une 
annuité supplémentaire (art 3 al. 4 LTrait). 

  En l’espèce, pour fixer les annuités dues à Mme A______ à compter du 1er 
novembre 2010, il convient de déterminer quelle était l’expérience utile au poste 
de juriste 1 acquise par la recourante avant le 1er novembre 2008 et d’augmenter le 
nombre des annuités en application de l’art. 3 al. 4 LTrait pour la période entre le 
1er novembre 2008 et le 1er novembre 2010. 

  Cette question ne pouvant pas être tranchée par la chambre de céans sur la 
base du dossier, la cause sera renvoyée à l’intimé pour examen de ce point, au 
sens des considérants. 

10)  La recourante conteste le rattrapage des cotisations de prévoyance 
professionnelle qui lui est imposé. 

  La prévoyance professionnelle doit permettre, avec les prestations de 
l'assurance vieillesse, survivants et invalidité fédérale (ci-après : AVS/AI), de 
maintenir le niveau de vie de manière appropriée, lors de la réalisation d'un cas 

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d'assurance vieillesse, décès ou invalidité (art 1 al. 1 de la loi fédérale sur la 
prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité du 25 juin 1982 
(LPP - RS 831.40). À ce titre, la recourante n’encoure aucun dommage en 
s’acquittant de cotisations de prévoyance professionnelle, puisque la charge 
financière assumée aujourd’hui lui permettra de bénéficier de l’entier des 
prestations auxquelles elle pourra prétendre. 

  À juste titre, elle ne critique ni son affiliation à la prévoyance 
professionnelle, ni le fait que les rattrapages de traitement sont du salaire 
déterminant, soumis à cotisations (art. 5 al. 2 LPP et 7 al. 2 loi fédérale sur 
l’assurance-vieillesse et survivants du 20 décembre 1946 - LAVS - RS 831.10). 
Elle s’élève contre la répartition des cotisations entre l’employeur et elle-même.  

  Or, ladite répartition est fixée par l'institution de prévoyance, dans ses 
dispositions réglementaires. La somme des cotisations (contribution) de 
l'employeur doit être au moins égale à la somme des cotisations de tous les 
salariés. La contribution de l'employeur ne peut être fixée plus haut qu'avec son 
assentiment (art 66 al. 1 LPP). 

  En l’espèce, le rattrapage litigieux est conforme au statut de la caisse de 
pension. Aucune disposition, ni légale, ni règlementaire, ni aucun accord 
particulier ne prévoit de déroger, en cas de rattrapage de traitement, à la 
répartition habituelle entre les parties. Il est de surcroît rappelé que la contribution 
de l’employeur est déjà largement plus favorable que le minimum imposé par 
l’art. 66 al. 1 LPP puisqu’elle prévoit que l’État de Genève prend à sa charge les 
deux tiers de la cotisation, ne laissant qu’un tiers à charge du collaborateur (art. 54 
et 56 du statut de la CIA, art. 30 à 32 LCPEG - B 5 22, entrée en vigueur le 23 
mars 2013). Mal fondé ce grief sera rejeté. 

11)  En conséquence, le recours de Mme A______ est partiellement admis. 

  L’affaire est renvoyée au département avec comme instructions de rendre 
une décision reconnaissant à Mme A______ la classe de traitement 18, juriste 1, à 
compter du 1er novembre 2010. Le nombre des annuités acquises à cette date doit 
faire l’objet d’un examen à l’aune des compétences exigées au poste de juriste 1.  

  Une éventuelle réévaluation de la classe de traitement au 1er janvier 2013 est 
réservée. Le dossier de la recourante doit être transmis rapidement à l’autorité 
administrative en charge de l’évaluation des fonctions des juristes du SPMi suite à 
l’entrée en vigueur du nouveau droit de la protection de l’adulte et de l’enfant, à 
défaut au service des ressources humaines de l’office du personnel de l’État. 

  Pour le surplus, le recours sera rejeté.  

12)  Vu l'issue du litige, un émolument de procédure de CHF 300.- sera mis à la 
charge de la recourante, qui succombe partiellement (art. 87 al. 1 LPA). 

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  Obtenant partiellement gain de cause, une indemnité de procédure de 
CHF 1'500.- lui sera allouée, à charge de l’État de Genève (art. 87 al. 2 LPA).  

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours déposé le 3 mai 2013 par Madame A______ ; 

au fond : 

l’admet partiellement ; 

annule la décision du département de l’instruction publique, de la culture et du sport du 
28 mars 2013 ; 

renvoie le dossier au département de l’instruction publique, de la culture et du sport 
pour décision dans le sens des considérants ; 

alloue à Madame A______ une indemnité de procédure de CHF 1'500.- à charge de 
l’État de Genève ; 

met à la charge de Madame A______ un émolument de CHF 300.- ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours 
qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral ; 

- par la voie du recours en matière de droit public, s’il porte sur les rapports de travail 
entre les parties et que la valeur litigieuse n’est pas inférieure à CHF 15'000.- ; 

- par la voie du recours en matière de droit public, si la valeur litigieuse est inférieure à 
CHF 15'000.- et que la contestation porte sur une question juridique de principe ; 

- par la voie du recours constitutionnel subsidiaire, aux conditions posées par les 
art. 113 ss LTF, si la valeur litigieuse est inférieure à CHF 15'000.- ; 

le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de preuve et 
porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au Tribunal 
fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux conditions de 
l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, invoquées 
comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ; 

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communique le présent arrêt à Me Didier Bottge, avocat de la recourante, ainsi qu'au 
département de l'instruction publique, de la culture et du sport. 

Siégeants : M. Verniory, président, Mme Junod, M. Dumartheray, 
Mme Payot Zen-Ruffinen et M. Pagan, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

F. Délèze Constantin 

 le président siégeant : 
 
 

J.-M. Verniory 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 

 la greffière :