# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 9e62e73b-d5cd-5d46-89f9-9b8741d6bc2b
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2012-02-28
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 28.02.2012 E-7627/2009
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-7627-2009_2012-02-28.pdf

## Full Text

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t

T r i buna l   adm in i s t r a t i f   f édé ra l

T r i buna l e   ammin i s t r a t i vo   f ede ra l e

T r i buna l   adm in i s t r a t i v   f ede ra l

Cour V
E­7627/2009

A r r ê t   d u   2 8   f é v r i e r   2 0 1 2

Composition Jean­Pierre Monnet (président du collège), 
Gérard Scherrer, Kurt Gysi, juges,
Anne­Laure Sautaux, greffière.

Parties A._______, née le (…),
Congo (Kinshasa),   
représentée par 
Berner Rechtsberatungsstelle für Menschen in Not, 
(…),
recourante, 

contre

Office fédéral des migrations (ODM), 
Quellenweg 6, 3003 Berne,  
autorité inférieure.

Objet Asile et renvoi ; 
décision de l'ODM du 9 novembre 2009 / N (…).

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Faits :

A. 
Le  (…)  2008,  la  recourante  a  déposé  une  demande  d'asile  en  Suisse.

A cette occasion, elle a versé une attestation  tenant  lieu de certificat de 
nationalité congolaise délivrée, le (…) 2002, sa carte d'électeur, ainsi que 
deux  copies  d'une  convocation  de  la  Direction  des  renseignements 
généraux et services spéciaux (ci­après : DRGS) datée du (…) 2008 pour 
le motif "renseignement à fournir".

B. 
Lors de son audition sommaire,  le (…) 2008, et  lors de son audition sur 
ses  motifs  d'asile,  le  5 janvier  2009,  la  recourante  a  déclaré,  en 
substance,  être  kinoise,  célibataire,  d'ethnie  yanzi  et  de  religion 
pentecôtiste. 

Elle  serait  issue  d'une  famille  de  notables.  Son  père,  (…),  aurait  été 
assassiné  en  (…)  par  les  services  de  l'ex­président Mobutu  parce  qu'il 
était un militant actif (…).  

Après avoir achevé une formation à (…), elle aurait suivi une formation de 
secrétaire de direction.

Le  1er septembre  1999,  elle  aurait  été  engagée  par  B._______,  (…), 
comme  secrétaire  chargée  des  relations  publiques  au  service  de  la 
société  Z._______,  appartenant  au  groupe  Y._______.  Cette  société 
aurait  compris une vingtaine d'employés.  Les actionnaires de  la  société 
Y._______ seraient (…).

(…)

C._______,  au  courant  de  l'intervention  de  D._______,  aurait  alors 
reproché  à  B._______  d'avoir  dépensé  de  l'argent  inutilement  pour 
construire E._______. B._______ aurait négocié avec le ministère de (…) 
pour  qu'il  lui  cédât  une  parcelle  près  du  siège  de  Z._______  afin  d'y 
installer  E._______  contre  une  aide  pour  achever  la  construction  d'un 
bâtiment  ministériel  ailleurs  dans  la  commune.  F._______,  un  ami  très 
proche de D._______, aurait  été nommé président  directeur  général  de 
X._______.  B._______  lui  aurait  disputé  ce  poste,  car  il  avait  pris  des 
engagements dans le cadre de son projet de construction de E._______. 

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Toutefois, G._______ lui aurait ordonné de continuer (…) afin d'être prêt 
pour  les  prochaines  élections.  Fin  2005,  G._______  aurait  suspendu 
F._______  et  chargé  B._______  de  coordonner  (…).  F._______  aurait 
toutefois été par  la suite autorisé à  reprendre son équipe. Des  rumeurs 
mettant B._______ en cause auraient circulé. La recourante, connue pour 
sa  fidélité  à  B._______,  aurait  alors  commencé  à  recevoir  des  appels 
téléphoniques  anonymes  de  menaces  et  à  être  interrogée  par  la 
hiérarchie  au  sujet  des  activités  de  B._______.  H._______,  (…),  aurait 
été nommé directeur  administratif  et  financier  du bureau de Z._______, 
selon elle pour surveiller  les employés censés être  fidèles à B._______.

En (…) 2007,  la  recourante aurait démissionné. B._______  l'aurait alors 
engagée  comme  secrétaire  personnelle.  Elle  aurait  eu  pour mission  de 
créer  un  bureau  de  facilitation  avec  le  carnet  d'adresses  dont  elle 
disposait grâce à son travail au sein de Z._______. Elle aurait également 
acquis un minibus et vécu du transport de personnes. Quand bien même 
elle n'aurait plus travaillé pour Z._______, elle aurait continué de recevoir 
les  téléphones  pour  cette  société ;  le  numéro  de  téléphone  affiché  sur 
Internet  n'aurait  pas  été  modifié  et  B._______  lui  aurait  demandé  de 
continuer  d'assumer  cette  tâche.  Elle  aurait  également  continué 
d'encaisser les chèques de la société pour B._______ et de gérer l'argent 
lorsque celui­ci était en voyage. A côté de ces activités pour Z._______, 
elle  aurait  été  chargée  de  travailler  sur  d'autres  affaires  gérées  par 
B._______. 

La  recourante  aurait  reçu,  le  (…) 2008,  une  convocation  de  la  DRGS 
l'invitant à se présenter dans ses locaux de la commune (…) pour donner 
des  renseignements,  comme  en  attesteraient  les  deux  copies  de  cette 
convocation versées au dossier. A réception de ce document, elle aurait 
cru  qu'elle  était  à  nouveau  convoquée  pour  une  ancienne  affaire  de 
disparition de pneus en  lien avec  l'achat  de  son minibus. Elle  s'y  serait 
rendue le lundi matin (…) 2008 et aurait dû patienter jusque vers 13h­14h 
avant  d'être  reçue.  Elle  aurait  alors  été  interrogée  au  sujet  de  son 
employeur, B._______, des activités de celui­ci et du fonctionnement de 
la  société  Z._______.  Elle  aurait  également  été  interrogée  sur  les 
collaborateurs  de  cette  société,  sur  les  gens  qu'elle  allait  chercher  et 
qu'elle  accompagnait  à  l'aéroport  ainsi  que  sur  leur  fortune.  Vers  17h­
18h, elle aurait été autorisée à quitter les locaux. Elle se serait rendue au 
domicile familial, sis (…), où elle vivait avec sa mère et une partie de sa 
fratrie. Sur les conseils de sa famille, elle serait ensuite allée habiter chez 
sa sœur (…), dans le quartier (…). Elle serait passée occasionnellement 

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au  domicile  familial  après  le  culte  à  l'église  (…)  située  dans  le  même 
quartier.  Lors  d'une  visite  au  domicile  familial,  elle  aurait  appris  qu'une 
nouvelle  convocation  à  la  DRGS  y  avait  été  déposée  à  son  attention.

Dans  la soirée du (…) 2008, après  le culte, elle aurait été appréhendée 
dans  la  rue  et  conduite  aux  locaux  des  services  spéciaux.  Des  agents 
auraient saisi ses effets personnels, lui auraient laissé sa bible et l'aurait 
placée  dans  une  cellule  plongée  dans  l'obscurité.  Le  matin  venu,  elle 
aurait  constaté  qu'elle  était  enfermée  avec  sept  autres  femmes  et  un 
bébé.  Le  lundi,  l'arrivée  de  deux  codétenues  supplémentaires  aurait 
conduit  à  une  bagarre  en  raison  de  l'exiguïté  de  la  cellule.  Mardi,  en 
début d'après­midi,  elle aurait  été appelée et  conduite dans  la pièce où 
elle  avait  été  interrogée  le  (…)  précédent,  puis  dans  la  cellule  des 
hommes, où était enfermé son frère cadet, I._______. Celui­ci aurait été 
suspendu de son poste de secrétaire dans  le cabinet  (…), puis  replacé, 
en  2007,  dans  une  commission  (…).  Elle  se  serait  vu  ordonner  de 
produire des documents appartenant à B._______ portant  sur  les biens 
de  la  société  Z._______,  documents  dont  elle  ignorait  pourtant 
l'existence. Elle se serait vu reprocher à tort d'avoir fourni ces documents 
à son frère. On  lui aurait ainsi demandé comment son  frère avait appris 
que (…) et comment il était entré en possession des documents probants 
à  cet  égard.  Son  frère  aurait  répondu  qu'en  tant  que  secrétaire  de  la 
commission ministérielle, il réceptionnait les documents et s'occupait des 
archives, mais n'avait pas pour tâche de collecter des documents, tâche 
qui  était  confiée  à  des  enquêteurs.  Les  agents  auraient  reproché  à  la 
recourante  et  à  son  frère  de  vouloir  anéantir  la  famille  présidentielle  et 
seraient  devenus  violents.  Ils  auraient  frappé  la  recourante  et  l'auraient 
fait chuter. Ils auraient ensuite ordonné à son frère de coucher avec elle 
et, devant son refus, leur auraient infligé des brûlures. Ils auraient violé la 
recourante  devant  son  frère  et  ses  codétenus  en  pleurs  avant  de  la 
ramener inconsciente dans sa cellule. Le lendemain, mercredi, elle aurait 
reçu  la  visite  de  membres  de  sa  fratrie,  qui  lui  auraient  apporté  de  la 
nourriture.  Ils  auraient  été  informés  de  sa  détention  par  I._______, 
entretemps  libéré.  Ils  lui  auraient  dit  qu'elle  ne  devait  pas  s'inquiéter 
même s'ils ne  lui  rendaient pas visite  les prochains  jours, car  le chef de 
poste s'était déclaré prêt à les aider à la libérer. Dans la soirée, ledit chef 
lui  aurait  remis  un  sac  contenant  des  affaires  personnelles.  Les  deux 
jours suivants, elle aurait été longuement interrogée, toujours à propos de 
B._______ et de la société Z._______. Le lundi suivant, le (…) 2008, vers 
19h00,  le  chef  de  poste  l'aurait  amenée  à  l'extérieur  du  bâtiment  et  lui 
aurait enjoint de partir. A sa demande, il serait retourné à l'intérieur de la 

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prison  et  lui  aurait  rapporté  sa  bible.  Rongée  par  la  honte,  elle  n'aurait 
pas pu se résoudre à retourner chez elle, de crainte d'y croiser I._______. 
Elle  se  serait  alors  rendue  en  taxi  à  (…)  chez  son  amie  J._______, 
laquelle aurait défrayé  le chauffeur à son arrivée. Le  lendemain, elle se 
serait  confiée  à  son  amie.  Dès  le  vendredi  suivant,  elle  aurait  été 
hébergée  par  des membres  de  la  famille  élargie  de  son  amie  habitant 
dans  la  commune  de  Kibenseke  sur  une  parcelle  appartenant  à  cette 
dernière.

Le  (…)  2008,  elle  aurait  pris  un  vol  direct  Kinshasa  –  Paris  avec  Air 
France.  Peu  avant  son  départ,  elle  aurait  reçu  les  deux  copies  des 
convocations versées au dossier, des mains de son amie J._______, qui 
les aurait obtenues dans les locaux des services spéciaux. A l'aéroport de 
Kinshasa,  le  passeur  aurait  présenté  pour  elle  un  passeport  d'emprunt, 
un  ancien  passeport  congolais  de  couleur  bleue,  à  un  nom  d'emprunt, 
lequel  comportait  un  visa.  Ils  seraient  ensuite  passés  ensemble  par  la 
sortie  des  passagers,  en  profitant  de  la  cohue,  et  auraient  rejoint  le 
tarmac.  Elle  serait  montée  à  bord  de  l'appareil  sans  subir 
personnellement  aucun  contrôle.  Elle  aurait  restitué  son  billet  d'avion 
ainsi  que  son  passeport  d'emprunt  au  passeur  à  leur  arrivée  à  Paris 
après  les  avoir  elle­même  présentés  au  contrôle.  Elle  serait  ensuite 
entrée  clandestinement  en  Suisse.  Elle  a  dit  ignorer  l'identité  de  la 
personne  ayant  pris  en  charge  ses  frais  de  voyage.  Il  s'agirait 
probablement  de  quelques  membres  de  sa  famille  et  de  son  amie 
J._______,  laquelle  l'avait  mise  en  contact  avec  le  passeur.  Elle  aurait 
appris  en  Suisse  que  son  minibus  avait  été  vendu,  peut­être  pour 
rembourser les frais de son voyage.

Elle  a  ajouté  qu'elle  craignait  également  en  cas  de  retour  d'être 
persécutée par  la  famille présidentielle pour avoir  travaillé au service de 
B._______,  (qui  était  peut­être  en  train  de  faire  du  chantage  à  cette 
famille) et avoir en particulier participé à la traduction d'un documentaire 
composé de témoignages au sujet de  la naissance du président Joseph 
Kabila.

En 2006, elle aurait déposé une demande de visa pour la Suisse, laquelle 
lui  aurait  été  refusée.  La  même  année,  (…),  elle  aurait  passé  des 
vacances en Espagne.

Elle aurait égaré son passeport depuis qu'elle avait quitté son domicile.

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C. 
Par  courrier  du  24 avril  2009,  la  recourante  a  produit  l'original  de  la 
convocation datée du (…) 2008 ainsi qu'une copie d'un avis de recherche 
de sa personne, daté du  (…) 2008, émis par  la DRGS, comportant son 
identité et sa photographie, de pied en cap. Elle a également transmis un 
double de sa  lettre de démission du (…) 2007 de son poste de chargée 
des  relations  publiques  chez  Y._______,  dans  laquelle  elle  a  sollicité 
l'indulgence de B._______ pour les "quelques manquements" de sa part, 
une copie d'une  lettre de Y._______, en  la personne de B._______, du 
(…) 2007  accusant  réception  de  sa  lettre  de  démission  et  confirmant 
qu'elle était libre de tout engagement à la fin du mois afin que son poste 
puisse  être  repourvu  dans  l'intervalle  sans  nuire  à  la  continuité  du 
fonctionnement de l'entreprise, une copie d'un certificat de fin de service 
daté du (…) 2007 de Y._______, en la personne de B._______, attestant 
de  sa  qualité  de  (…).  Elle  a  également  remis  l'enveloppe  d'expédition, 
affranchie le (…) février 2009 à Kinshasa. 

D. 
Dans sa demande de visa pour la Suisse du 9 juillet 2006, la recourante a 
indiqué  qu'elle  souhaitait  séjourner  en  Suisse  du  16 juillet  2006  au 
25 juillet 2006 afin de participer à un séminaire sur les droits de l'homme 
et  qu'elle  travaillait  comme  chargée  des  relations  publiques  pour 
Y._______.

E. 
Par décision du 9 novembre 2009, l'ODM a rejeté la demande d'asile de 
la  recourante, prononcé son  renvoi de Suisse et ordonné  l'exécution de 
cette  mesure.  Par  même  décision,  il  a  prononcé  la  confiscation  de  la 
convocation du (…) 2008.

L'ODM  a  considéré  que  le  récit  de  la  recourante  comportait  des 
contradictions  sur  des  points  essentiels.  Ainsi  en  irait­il  de  la 
concomitance ou non de  la date de  sa mise en détention,  le  (…) 2008, 
avec celle de sa confrontation avec son frère. Ainsi en irait­t­il également 
des circonstances dans lesquelles elle serait parvenue à sortir de prison. 
Son  récit  serait  également  contraire  à  la  logique  ou  à  l'expérience 
générale sur des points essentiels. Ainsi, il serait illogique qu'elle ait subi 
des préjudices en lieu et place de B._______. De plus, B._______ serait 
toujours  au  conseil  d'administration  de Y._______  et  de  Z._______,  de 
sorte qu'il serait impossible qu'il ait été la cible des accusations alléguées. 
En outre, il serait impensable qu'elle ait pu monter à bord d'un avion d'Air 

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France sans subir de contrôle d'identité à l'aéroport de Kinshasa. A cela 
s'ajouterait qu'il serait illogique qu'une personne recherchée choisisse de 
quitter  le  pays  par  la  voie  la  plus  surveillée  (l'aéroport)  en  prenant  par 
conséquent  le  risque d'être  repérée. La convocation datée du  (…) 2008 
serait de toute évidence un faux document. En effet, le texte pré­imprimé 
comporterait  des erreurs de  frappe et  la date d'établissement aurait  été 
grossièrement corrigée à  la main. L'avis de  recherche serait quant à  lui 
démuni de valeur probante, dès  lors qu'il s'agirait d'une copie et que de 
tels  documents  pourraient  notoirement  être  acquis  moyennement 
paiement  au  Congo.  Les  documents  relatifs  à  l'emploi  exercé  par  la 
recourante  pour  Z._______  n'auraient  pas  de  valeur  déterminante  pour 
l'octroi  de  l'asile.  En  définitive,  les  déclarations  de  la  recourante  ne 
satisferaient  pas  aux  exigences  de  vraisemblance  énoncées  à  l'art. 7 
LAsi. L'exécution de son renvoi serait raisonnablement exigible, dès lors 
qu'elle proviendrait de Kinshasa, où elle disposerait d'un  réseau  familial 
et d'une expérience professionnelle.

F. 
Par acte du 7 décembre 2009, la recourante a interjeté recours contre la 
décision précitée. Elle a conclu à l'annulation de la décision attaquée, à la 
reconnaissance  de  la  qualité  de  réfugié  et  à  l'octroi  de  l'asile, 
subsidiairement  à  l'admission  provisoire  et,  plus  subsidiairement,  au 
renvoi de la cause à l'ODM pour complément d'instruction, sous suite de 
dépens. Elle a sollicité l'assistance judiciaire partielle.

Elle a soutenu qu'il était  logique que  les autorités s'en soient pris à elle 
plutôt  qu'à  B._______,  lequel  disposait  d'un  réseau  apte  à  lui  apporter 
protection.  En  outre,  son  départ  par  l'aéroport  de Kinshasa,  avec  l'aide 
d'un  passeur  ayant  versé  des  pots­de­vin,  serait  conforme  à  la  réalité. 
Son récit ne comporterait pas de contradiction sur des points essentiels. Il 
serait  évident  que  les  contraintes  et  humiliations  n'auraient  pas  eu  lieu 
immédiatement après son appréhension. L'argument de  l'ODM serait en 
cela  incompatible  avec  les  descriptions  détaillées  qu'elle  aurait  fournies 
lors de l'audition sur ses motifs d'asile. En outre, elle n'aurait pas décrit sa 
sortie de prison de manière divergente d'une audition à l'autre ; elle aurait 
simplement  fourni  plus  de  détails  lors  de  la  seconde  audition.  La 
convocation  serait  authentique.  Si  elle  avait  fabriqué  cette  convocation 
pour  les besoins de  la cause, elle n'aurait pas commis d'erreurs compte 
tenu de son degré de formation. Par ailleurs, la possibilité d'acquérir des 
faux  au  Congo  ne  saurait  plaider  en  sa  défaveur  compte  tenu  du 
caractère  circonstancié  de  son  récit.  Elle  aurait  obtenu  l'avis  de 

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recherche, un document interne aux services spéciaux, par l'intermédiaire 
de connaissances de la famille "introduites dans les milieux des services 
de sécurité". Son  frère,  I._______ se serait  vu  reconnaître  la qualité de 
réfugié  au Royaume­Uni ;  elle  serait mû  par  un  sentiment  de  honte  qui 
l'empêcherait encore actuellement de reprendre contact avec lui.

G. 
Par  ordonnance  du  17 décembre  2009,  le  juge  instructeur  a  invité  la 
recourante à produire tout moyen de preuve relatif à la similitude alléguée 
entre ses motifs d'asile et ceux de son frère ainsi qu'à l'issue favorable de 
la procédure d'asile de son frère au Royaume­Uni.

H. 
Le 27 janvier 2010, la recourante a produit, sous forme de photocopies, la 
carte d'électeur de son frère, I._______, ainsi que le permis de résidence 
et  le  document  attestant  du  statut  de  réfugié  ("Immigration  Status 
Document") délivrés par les autorités du Royaume­Uni. Elle a également 
déposé  un  courriel  que  lui  aurait  adressé  son  frère,  le  15 septembre 
2009.  Elle  a  affirmé  que  son  frère  refusait  de  lui  donner  accès  à  son 
dossier  d'asile,  en  raison  des  données  confidentielles  qu'il  comportait, 
mais  qu'il  ne  s'opposerait  pas  à  une  demande  d'entraide  judiciaire 
tendant à la consultation dudit dossier.

I. 
Dans sa réponse du 11 février 2010, l'ODM a proposé le rejet du recours. 
Il a mis en évidence le fait que la recourante n'avait pas prouvé que son 
frère  s'était  vu  reconnaître  l'asile  au  Royaume­Uni  pour  des  motifs 
similaires aux siens.

J. 
Par  ordonnance  du  17 février  2010,  le  juge  instructeur  a  invité  la 
recourante  à  déposer  jusqu'au  1er mars  2010  ses  observations  sur  la 
réponse de l'ODM. Celle­ci n'y a pas donné suite.

K. 
Par ordonnance du 21 avril 2011, le juge instructeur a déclaré irrecevable 
la  demande  d'entraide  judiciaire  de  la  recourante  et  l'a  invitée  une 
nouvelle  fois  à  produire  des  moyens  de  preuve  relatifs  à  la  similitude 
alléguée  entre  ses motifs  d'asile  et  ceux  de  son  frère ;  il  l'a  également 
invitée  à  fournir  tout  moyen  de  preuve  portant  sur  l'exercice  de  son 
activité  salariée  en  faveur  de  B._______  depuis  (…)  2007  jusqu'à  son 

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départ  du  pays ;  il  l'a  enfin  invitée  à  se  déterminer  sur  l'article  intitulé 
"(…)"  publié,  le  (…)  2006,  sur  (…),  dont  il  ressortait  qu'elle  avait  été 
accusée  d'abus  de  confiance  dans  une  affaire  d'import  de  pneus 
d'occasion conclue à son insu, qu'elle avait été arrêtée et amenée à (…) 
pour cette affaire de droit commun et que son travail était perturbé du fait 
de nombreux déplacements vers les instances judiciaires.

L. 
Par  courrier  du  25 mai  2011,  la  recourante  a  transmis  une  copie  d'une 
décision incomplète, non datée et non signée, par laquelle le Tribunal de 
l'asile et de l'immigration du Royaume­Uni a admis un recours en matière 
de reconnaissance de la qualité de réfugié et d'octroi de l'asile, et précisé 
qu'il  s'agissait  d'un  extrait  de  jugement  qu'avait  consenti  son  frère  à  lui 
transmettre. Selon ce  jugement,  l'appelant a déclaré, en substance, qu'il 
avait  eu  accès  à  des  informations  compromettantes  pour  le  régime  en 
place  dans  l'exercice  de  sa  fonction  de  secrétaire  au  sein  d'une 
commission ministérielle  (…)  et  qu'il  les  avait  transmises  à  K._______, 
(…). Le président Kabila aurait ordonné une enquête sur les informations 
détenues par K._______. Celui­ci aurait été assassiné le (…) 2008 dans 
des  circons­tances  restées  indéterminées.  L'appelant  aurait  été  arrêté, 
(…) 2008, sa maison fouillée et des documents compromettants saisis. Il 
aurait  été  placé  en  détention.  Lors  de  celle­ci,  il  aurait  été  interrogé  et 
battu. Une semaine plus tard, il aurait été libéré grâce au versement d'un 
pot­de­vin par son partenaire.  Il aurait ensuite pris ses dispositions pour 
quitter son pays, ce qu'il aurait fait, le (…) 2008. La recourante a indiqué 
qu'elle  avait  été  confrontée  au  refus  de  son  frère  de  lui  procurer  son 
dossier d'asile qu'il n'avait, en tout état de cause, pas conservé dans son 
intégralité.  Elle  a  pour  le  reste  souligné  ses  efforts  d'intégration  en 
Suisse.

Par même courrier, elle a également produit des attestations de paiement 
de salaire délivrées par  le service  financier de Y._______ pour  les mois 
de (…) 2006 et (…) 2007 ainsi qu'une copie de la carte de service de son 
frère.

M. 
Les  autres  faits  déterminants  ressortant  du  dossier  seront  évoqués,  si 
nécessaire, dans les considérants qui suivent.

Droit :

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1. 

1.1. Selon  l’art. 31 de  la  loi  du 17 juin 2005 sur  le Tribunal administratif 
fédéral  (LTAF, RS 173.32),  le Tribunal administratif  fédéral  (ci­après :  le 
Tribunal) connaît des recours contre les décisions au sens de l’art. 5 de la 
loi  fédérale  du  20 décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA, 
RS 172.021). En particulier,  les décisions rendues par  l’ODM en matière 
d'asile et de  renvoi  ­ lesquelles n'entrent pas dans  le champ d'exclusion 
de  l'art. 32  LTAF ­  peuvent  être  contestées  devant  le  Tribunal 
conformément  à  l'art. 33  let. d  LTAF  (disposition  applicable  en  vertu  du 
renvoi de l’art. 105 de la loi du 26 juin 1998 sur l’asile [LAsi, RS 142.31]). 
Le Tribunal est donc compétent pour connaître du présent litige. Il statue 
de manière définitive (cf. art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le 
Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]).

1.2. La  recourante a qualité pour  recourir  (cf. art. 48 al. 1 PA). Présenté 
dans  la  forme  (cf. art. 52 PA) et  le délai  (cf. art. 108 al. 1 LAsi) prescrits 
par la loi, le recours est recevable.

2. 

2.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d’origine ou dans 
le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 
ou craignent à juste titre de l’être en raison de leur race, de leur religion, 
de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou 
de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de 
sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l’intégrité corporelle ou 
de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression 
psychique  insupportable.  Il  y  a  lieu  de  tenir  compte  des motifs  de  fuite 
spécifiques aux femmes (art. 3 al. 1 et al. 2 LAsi).

2.2.  Quiconque  demande  l’asile  (requérant)  doit  prouver  ou  du  moins 
rendre  vraisemblable  qu’il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est 
vraisemblable  lorsque  l’autorité  estime  que  celle­ci  est  hautement 
probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur 
des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont 
contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de 
manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 
LAsi).

2.2.1.  Des  allégations  sont  vraisemblables,  lorsque,  sur  les  points 
essentiels,  elles  sont  suffisamment  fondées  (ou :  consistantes), 

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concluantes  (ou :  constantes  et  cohérentes)  et  plausibles  et  que  le 
requérant est personnellement crédible (cf. art. 7 al. 3 LAsi).

2.2.2.  Les  allégations  sont  fondées,  lorsqu'elles  reposent  sur  des 
descriptions détaillées, précises et concrètes, la vraisemblance de propos 
généraux,  voire  stéréotypés  étant  généralement  écartée.  Elles  sont 
concluantes,  lorsqu'elles  sont  exemptes  de  contradictions  entre  elles, 
d'une audition à  l'autre ou avec  les déclarations d'un tiers (par exemple, 
proche  parent)  sur  les  mêmes  faits.  Elles  sont  plausibles,  lorsqu'elles 
correspondent  à  des  faits  démontrés  (en  particulier  aux  circonstances 
générales régnant dans le pays d'origine) et sont conformes à la réalité et 
à  l'expérience  générale  de  la  vie.  La  crédibilité  du  requérant  d'asile  fait 
défaut non seulement lorsque celui­ci s'appuie sur des moyens de preuve 
faux ou falsifiés, mais encore s'il dissimule des faits importants, en donne 
sciemment une description erronée, modifie ses allégations en cours de 
procédure ou en rajoute de façon tardive et sans raison apparente ou s'il 
enfreint son obligation de collaborer (cf. art. 8 LAsi).

2.2.3. Quand bien même la vraisemblance autorise l'objection et le doute, 
ceux­ci  doivent  toutefois  paraître  d'un  point  de  vue  objectif  moins 
importants  que  les  éléments  parlant  en  faveur  de  la  probabilité  des 
allégations. Lors de l'examen de la vraisemblance des allégations de fait 
d'un  requérant  d'asile,  il  s'agit  pour  l'autorité  de  pondérer  les  signes 
d'invraisemblance  en  dégageant  une  impression  d'ensemble  et  en 
déterminant,  parmi  les  éléments  militant  en  faveur  ou  en  défaveur  de 
cette  vraisemblance,  ceux  qui  l'emportent  (cf. Jurisprudence  et 
informations  de  la  Commission  suisse  de  recours  en  matière  d’asile 
[JICRA] 2005 n° 21 consid. 6.1 p. 190 s., JICRA 1996 n° 28 consid. 3a 
p. 270, JICRA 1994 n° 5 consid. 3c p. 43 s. ; Organisation suisse d'aide 
aux  réfugiés  [éd.],  Manuel  de  la  procédure  d'asile  et  de  renvoi,  Berne 
2009, p. 162 ss ; MINH SON NGUYEN, op. cit., p. 507 ss ; MARIO GATTIKER, 
La procédure d'asile et de renvoi, Organisation suisse d'aide aux réfugiés 
[édit.],  Berne  1999,  p. 54 ss ;  WALTER  KÄLIN,  Grundriss  des 
Asylverfahrens, Bâle/Francfort­sur­le­Main 1990, p. 302 ss).

2.2.4. Lors de l'examen des motifs d'asile,  la maxime d'office, applicable 
en  procédure  administrative,  trouve  sa  limite  dans  l'obligation  qu'a  la 
partie de collaborer à l'établissement des faits qu'elle est le mieux placée 
pour  connaître  (cf.  JICRA  1995  no  18  p.  183  ss  et  Message  APA, 
FF 1990 II 579 s.).  Cette  obligation  de  collaborer  est  expressément 
ancrée  à  l'art. 13  PA  et  à  l'art.  8  LAsi.  Lorsque  la  partie  attend  un 

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avantage  de  la  décision  qui  doit  être  prise,  il  lui  incombe,  lorsque  les 
preuves font défaut ou si l'on ne peut raisonnablement exiger de l'autorité 
qu'elle les recueille, de fournir, en vertu du principe général du droit sur la 
répartition du fardeau de la preuve qui trouve notamment son expression 
à  l'art. 8 du  titre préliminaire du code civil  suisse du 10 décembre 1907 
(CC, RS 210),  les preuves des  faits dont elle entend déduire un droit, à 
défaut  de  quoi  elle  en  supporte  les  conséquences  (cf. ATF 125  V  193 
consid. 2, ATF 122 II 385 consid. 4c/cc, ATF 114 Ia 1 consid. 8c ; JAAC 
60.52 consid. 3.2). Lorsque l'autorité, malgré la coopération de la partie et 
les mesures compensatoires prises, n'est pas en mesure d'établir les faits 
pertinents à satisfaction de droit, elle n'a pas d'autre choix que de statuer 
en  l'état du dossier. Par conséquent,  si  la partie  requérante ne parvient 
pas  à  prouver  un  fait  à  son  avantage  ou,  du  moins,  à  en  rendre 
l'existence  vraisemblable,  elle  doit  en  supporter  les  conséquences ;  la 
maxime inquisitoire ne modifie pas la répartition du fardeau de la preuve 
(cf. CHRISTOPH AUER,  no 16 ad art.  12 PA  in  : Auer  / Müller  / Schindler 
[éd.],  VwVG,  Kommentar  zum  Bundesgesetz  über  das 
Verwaltungsverfahren, Zurich / Saint­Gall 2008, p. 197, et doctrine citée ; 
CLÉMENCE  GRISEL,  L'obligation  de  collaborer  des  parties  en  procédure 
administrative, Zurich/Bâle/Genève 2008, p. 288­292).

3. 

3.1.  En  l'occurrence,  il  y  a  lieu  d'examiner  si  la  recourante  a  rendu 
vraisemblables, au sens de l'art. 7 LAsi,  les motifs qui  l'auraient amenée 
à quitter  la République démocratique du Congo (ci­après : RDC),  le (…) 
2008.

3.2. La recourante a prouvé par pièces avoir travaillé du (…) au (…) 2007 
comme  secrétaire  chargée  des  relations  publiques  au  service  de  la 
société Z._______ appartenant au groupe Y._______. Par contre, et en 
dépit de l'ordonnance du 21 avril 2011 l'y invitant, elle n'a nullement étayé 
par  pièces  ses  déclarations  selon  lesquelles  elle  aurait  exercé  une 
activité salariée en faveur de B._______ depuis le (…) 2007 jusqu'à (…) 
2008.  De  plus,  ses  déclarations,  selon  lesquelles  elle  aurait  continué  à 
exercer  en  tant  que  secrétaire  personnelle  de  B._______  certaines 
tâches  qu'elle  effectuait  auparavant  en  tant  que  secrétaire  chargée  des 
relations  publiques  de  Z._______,  ne  concordent  pas  avec  les 
informations qui  lui ont été communiquées par B._______, par  lettre du 
(…) 2007 qu'elle a produite en la cause, selon lesquelles il prenait acte de 
sa  démission  et  avait  l'intention  de  pourvoir  le  poste  de  secrétaire 

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chargée  des  relations  publiques  durant  le  délai  de  congé.  La  mention, 
dans sa lettre de démission du (…) 2007, de la commission de sa part de 
quelques manquements audit poste, ne parle pas non plus en faveur de 
la  vraisemblance  d'un  nouvel  engagement  par  B._______  à  l'issue  du 
délai de congé. De surcroît,  lorsqu'elle a été  interrogée sur ces activités 
professionnelles  lors de  l'audition sommaire,  la recourante n'a nullement 
indiqué  qu'elle  avait  été  engagée  par  B._______  comme  secrétaire 
personnelle après sa démission en (…) 2007, alors qu'il se serait agi d'un 
fait essentiel. Pour ces motifs,  la recourante n'a ni établi ni même rendu 
vraisemblable  avoir  encore  travaillé  pour  B._______  à  compter  du  (…) 
2007.

3.3.  Il  est  notoire  que  I._______  a  été  nommé,  (…),  secrétaire  de  la 
Commission  (…).  La  recourante  a  rendu  vraisemblable  que  ledit 
I._______ était son frère et qu'il avait été reconnu réfugié par les autorités 
du  Royaume­Uni.  Toutefois,  n'ayant  ni  établi  ni  même  rendu 
vraisemblable  qu'elle  travaillait  encore  pour  B._______  au  moment  où 
son  frère exerçait  la  fonction précitée,  soit  à  compter du  (…) 2007, elle 
n'a pas non plus rendu vraisemblables ses déclarations, selon lesquelles 
elle  aurait  été  interrogée,  le  (…)  2008,  à  propos  de  son  employeur, 
B._______,  des  activités  de  celui­ci  et  du  fonctionnement  de  la  société 
Z._______,  puis placée en détention du  (…) au  (…) 2008 en  raison de 
soupçons  infondés  de  transmission  à  son  frère  de  documents 
confidentiels subversifs ayant appartenu à B._______. D'ailleurs,  l'extrait 
de  jugement  des  autorités  du  Royaume­Uni  qu'elle  a  fourni  plaide  non 
pas en faveur de la vraisemblance de sa détention alléguée en (…) 2008 
comme elle a tenté de le faire accroire, mais en sa défaveur. En effet, s'il 
ressort  du  résumé  des  déclarations  de  I._______  contenu  dans  ce 
jugement  qu'il  aurait  été  placé  en  détention  (…)  2008  durant  une 
semaine,  il  n'en  ressort  ni  qu'il  aurait  été  placé  en  détention  plusieurs 
mois  auparavant,  en  (…)  2008,  ni  qu'il  aurait  alors  été  confronté  à  sa 
sœur  lors  d'un  interrogatoire  ni  qu'il  aurait  alors  été  témoin  du  viol  de 
celle­ci.  Il  ne  ressort  pas  non  plus  dudit  résumé  que  les  documents 
compromettants en raison desquels son frère aurait été emprisonné aient 
appartenu  au  groupe  Y._______  ou  à  B._______.  Le  fait  que  la 
recourante ne soit pas parvenue à établir le lien allégué entre ses motifs 
d'asile et ceux de son frère, alors qu'il pouvait être raisonnablement exigé 
d'elle qu'elle se procure des moyens de preuve à cet égard auprès de ce 
dernier  reconnu  réfugié  au  Royaume­Uni,  constitue  également  un 
élément  important en défaveur de  la vraisemblance de son  récit. A cela 
s'ajoute que les déclarations de la recourante portant sur  les documents 

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dont  la production aurait été exigée d'elle  lors des  interrogatoires durant 
sa détention de (…) 2008 sont vagues et même évasives ; elles sont de 
surcroît contradictoires d'une audition à l'autre, puisqu'elle a fait référence 
à une liste de documents appartenant tantôt à "la patronne", G._______, 
tantôt au "patron", B._______. De même, ses déclarations sur l'existence 
d'un conflit d'intérêts entre les actionnaires de Y._______ ou même d'un 
chantage  opposant  B._______  à  G._______  sont  inconsistantes  et 
purement  hypothétiques.  Le  récit  relativement  détaillé  de  la  recourante 
sur  sa  vie  en  cellule  contraste  avec  l'imprécision,  l'inconstance  et 
l'absence  de  preuve  de  son  récit  sur  les  motifs  de  son  placement  en 
détention.  Aussi,  elle  n'a  pas  rendu  vraisemblable  avoir  été  placée  en 
détention dans  les circonstances et pour  les raisons qu'elle a alléguées, 
ce d'autant moins qu'une procédure pénale a été ouverte contre elle en 
RDC (…) 2006 pour abus de confiance.

3.4.  Selon  les  informations  à  disposition  du  Tribunal  (cf. Child  Focus, 
L'aéroport,  un  lieu  sûr  pour  les  mineurs  voyageant  seuls ?,  Recherche 
exploratoire du risque de victimisation à Brussels Airport, novembre 2007, 
p. 159­161 ; Sénat de Belgique, Document législatif no 2­1018/2, session 
de 2002­2003, 27 janvier 2003, La  traite des êtres humains et  la  fraude 
de  visas, Rapport  fait  au nom de  la Sous­commission  "Traite  des êtres 
humains"  [intérieur  et  des  affaires  administratives]  par Mme  Lizin  et M. 
Galand,  chap. IV  ch. 2.6.2),  à  l'aéroport  international  de  Kinshasa,  la 
compagnie Air  France non  seulement  fait  effectuer  les  contrôles  usuels 
par  une  firme  privée,  la  Société  française  des  services  de  protection 
(Sofrasep), mais  exige  en  plus  un  contrôle  à  la  porte  de  l'appareil.  Les 
déclarations de la recourante, selon lesquelles elle serait montée à bord 
d'un avion d'Air France sans avoir au préalable présenté personnellement 
de document de voyage, ne correspondent donc pas aux usages de cette 
compagnie.  D'autres  indices  amènent  à  penser  que  la  recourante  a  en 
réalité voyagé sous sa véritable identité ; un visa Schengen lui a déjà été 
délivré  en  (…)  2006  pour  des  vacances  en  Espagne  et,  surtout,  ses 
déclarations,  selon  lesquelles  elle  ignorait  où  se  trouvait  son  passeport 
depuis  qu'elle  avait  quitté  le  domicile  familial  sont  inconsistantes  et 
dénuées de crédibilité ;  il en va de même de celles selon  lesquelles elle 
ignorait qui avait pris en charge les frais de son voyage.

3.5.  Le  Tribunal  partage  l'appréciation  de  l'ODM  sur  le  défaut 
d'authenticité de la convocation du (…) 2008 à la DRGS. Aux indices de 
falsification mis en évidence par l'ODM (cf. état de faits, let. E), il y a lieu 
d'ajouter  l'absence de mention de  l'heure à  laquelle  la recourante devait 

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se présenter à  l'agent de  la DRGS,  l'impression en noir et blanc (et non 
en  couleur)  de  l'emblème  national  figurant  en  en­tête,  ainsi  que  les 
ratures  s'agissant  du motif  de  la  convocation.  Partant,  c'est  à  bon  droit 
que  l'ODM  a  prononcé  sa  confiscation  (cf. art. 10  al. 4  LAsi).  Du  reste, 
même si cette convocation était authentique, elle ne permettrait pas à elle 
seule de rendre vraisemblables les motifs d'asile  invoqués. En effet, elle 
n'indique pas de motif plus précis que "renseignement à fournir". De plus, 
on  pourrait  déduire  des  déclarations  de  la  recourante,  selon  lesquelles, 
peu  avant  son  départ  du  pays,  son  amie,  qui  l'avait  accueillie  sur  sa 
parcelle,  se  serait  rendue  auprès  des  services  spéciaux  pour  réclamer 
une copie de cette convocation, qu'elle n'était pas recherchée par lesdits 
services au moment de son départ du pays. Enfin, la recourante n'a pas 
fourni  la seconde convocation qui aurait été déposée à son  intention au 
domicile familial. Or, ce serait après son arrestation consécutive au non­
respect  de  cette  seconde  convocation  qu'elle  aurait  subi  de  sérieux 
préjudices.

3.6. Le Tribunal partage également l'appréciation de l'ODM sur le défaut 
de valeur probante de l'avis de recherche daté du (…) 2008 produit sous 
la  forme d'une copie de  très mauvaise qualité. En effet,  les photocopies 
sont  en  soi  dénuées  de  valeur  probante,  vu  les  possibilités  de 
manipulation envisageables et les difficultés que pose la détection de ces 
manipulations. Le fait qu'un avis de recherche n'est pas censé se trouver 
en  original  en  possession  de  la  personne  recherchée  ne  change,  en 
l'espèce,  rien  à  cette  appréciation.  En  effet,  la  copie  produite  comporte 
plusieurs indices de falsification. En particulier, l'impression de l'emblème 
congolais présente des irrégularités et le nom de l'agent public qui a établi 
l'avis  n'est  pas  écrit  en  caractères  lisibles.  En  outre,  le  sceau  est 
partiellement illisible et diffère de celui figurant sur la convocation. A cela 
s'ajoute  que  le  récit  de  la  recourante  sur  les  circonstances  dans 
lesquelles  elle  se  serait  procurée  ce  document  interne  aux  services 
spéciaux par  l'entremise de  "connaissances  introduites dans  les milieux 
des services de sécurité" est trop vague pour être crédible. 

3.7. Dans son écrit du 23 mai 2011, la recourante a déclaré avoir produit 
en  la cause une  lettre, dans  laquelle un dénommé L._______ confirmait 
le  "danger auquel  [elle] avait été confrontée en son  temps en  raison de 
[ses] activités au sein de la société [et manifestait] ses craintes pour [sa] 
vie  en  cas  de  retour  dans  [son]  pays  d'origine".  Il  est  constaté  que, 
contrairement  à  son  affirmation,  une  telle  lettre  n'a  pas  été  versée  au 
dossier. Il n'y a du reste pas lieu de lui impartir un délai pour la produire, 

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dès  lors  que,  par  appréciation  anticipée,  la  lettre  mentionnée  ne  peut 
amener  le  Tribunal  à  modifier  son  opinion  (cf. art. 33  PA ;  voir  aussi 
ATF 130 II 425 consid. 2.1). En effet, une appréciation générale d'un tiers 
mandaté par la recourante sur les dangers encourus par celle­ci n'a pas 
de valeur probante.

3.8. Au vu des nombreux éléments d'invraisemblance précités, le Tribunal 
estime que la recourante n'a pas rendu vraisemblable, au sens de l'art. 7 
LAsi, les motifs qui l'auraient amenée à quitter la RDC, le (…) 2008.

3.9. Au vu de ce qui précède, le recours, en tant qu'il conteste le refus de 
la reconnaissance de la qualité de réfugié et le refus de l'asile ainsi que le 
prononcé  de  la  confiscation  de  la  convocation,  doit  être  rejeté  et  la 
décision attaquée confirmée sur ces points.

4. 

4.1. Aux termes de l'art. 44 al. 1 LAsi, lorsqu’il rejette la demande d’asile 
ou qu’il refuse d’entrer en matière, l’office prononce, en règle générale, le 
renvoi de Suisse et en ordonne l’exécution ; il tient compte du principe de 
l’unité de la famille.

4.2. En l'occurrence, aucune des conditions de l'art. 32 de l’ordonnance 1 
du  11 août  1999  sur  l’asile  (OA 1,  RS 142.311)  n’étant  réalisée,  en 
l'absence  notamment  d'un  droit  de  la  recourante  à  une  autorisation  de 
séjour ou d'établissement, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer 
le renvoi.

5. Si  l’exécution du  renvoi n’est pas possible, est  illicite ou ne peut être 
raisonnablement  exigée,  l’office  règle  les  conditions  de  résidence 
conformément  aux  dispositions  de  la  loi  fédérale  du  16 décembre  2005 
sur  les  étrangers  (LEtr,  RS 142.20)  concernant  l’admission  provisoire 
(art. 44  al. 2  LAsi).  A  contrario,  l'exécution  du  renvoi  est  ordonnée 
lorsqu'elle est licite, raisonnablement exigible et possible.

6. 

6.1. L'exécution n'est  pas  licite  lorsque  le  renvoi  de  l'étranger dans son 
Etat d'origine ou de provenance ou dans un Etat  tiers est  contraire aux 
engagements  de  la  Suisse  relevant  du  droit  international  (art. 83  al. 3 
LEtr). Aucune personne ne peut être contrainte, de quelque manière que 
ce soit, à se rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa 

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liberté serait menacée pour l'un des motifs mentionnés à l'art. 3 al. 1 LAsi, 
ou encore d'où elle risquerait d'être astreinte à se rendre dans un tel pays 
(art. 5 al. 1 LAsi). Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou 
traitements  inhumains  ou  dégradants  (art. 3  de  la  Convention  du 
4 novembre  1950  de  sauvegarde  des  droits  de  l’homme et  des  libertés 
fondamentales  [CEDH,  RS 0.101]).  Aucun  Etat  partie  n'expulsera,  ne 
refoulera,  ni  n'extradera  une  personne  vers  un  autre  Etat  où  il  y  a  des 
motifs sérieux de croire qu'elle risque d'être soumise à la torture (art. 3 de 
la Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou 
traitements cruels, inhumains ou dégradants [Conv. torture, RS 0.105]).

6.2. L'exécution du renvoi est  illicite,  lorsque la Suisse, pour des raisons 
de droit  international public, ne peut contraindre un étranger à se rendre 
dans  un  pays  donné  ou  qu'aucun  autre  Etat,  respectant  le  principe  du 
non­refoulement,  ne  se  déclare  prêt  à  l'accueillir ;  il  s'agit  d'abord  de 
l'étranger  reconnu  réfugié,  mais  soumis  à  une  clause  d'exclusion  de 
l'asile, et ensuite de l'étranger pouvant démontrer qu'il serait exposé à un 
traitement  prohibé  par  l'art. 3  CEDH  ou  encore  l'art. 3  Conv. torture 
(cf. Message 90.025 du 25 avril 1990 à  l'appui d'un arrêté  fédéral  sur  la 
procédure  d'asile  [APA]  et  d'une  loi  fédérale  instituant  un Office  fédéral 
pour les réfugiés, FF 1990 II 537 spéc. p. 624).

6.3. En l'occurrence, l’exécution du renvoi ne contrevient pas au principe 
de  non­refoulement  de  l’art. 5  LAsi.  Comme  exposé  plus  haut,  la 
recourante  n'a  pas  rendu  vraisemblable  qu’en  cas  de  retour  dans  son 
pays  d’origine,  elle  serait  exposée  à  de  sérieux  préjudices  au  sens  de 
l’art. 3 LAsi.

6.4. En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant du 
droit international, il sied d'examiner particulièrement si l'art. 3 CEDH, qui 
interdit la torture, les peines ou traitements inhumains, trouve application 
dans le présent cas d'espèce. 

Si  l'interdiction  de  la  torture,  des  peines  et  traitements  inhumains  (ou 
dégradants)  s'applique  indépendamment  de  la  reconnaissance  de  la 
qualité  de  réfugié,  cela  ne  signifie  pas  encore  qu'un  renvoi  ou  une 
extradition serait prohibée par le seul fait que dans le pays concerné des 
violations  de  l'art. 3  CEDH  devraient  être  constatées ;  une  simple 
possibilité  de  subir  des  mauvais  traitements  ne  suffit  pas.  Il  faut  au 
contraire  que  la  personne  qui  invoque  cette  disposition  démontre  à 
satisfaction  qu'il  existe  pour  elle  un  risque  réel,  fondé  sur  des  motifs 

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sérieux  et  avérés,  d'être  victime  de  tortures  ou  encore  de  traitements 
inhumains ou dégradants en cas de  renvoi dans son pays.  Il en  ressort 
qu'une situation de guerre, de guerre civile, de troubles intérieurs graves 
ou de tension grave accompagnée de violations des droits de l'homme ne 
suffit  en  principe  pas  (hormis  des  cas  exceptionnels  de  violence  d'une 
extrême  intensité) à  justifier  la mise en œuvre de  la protection  issue de 
l'art. 3 CEDH, tant que la personne concernée ne peut rendre hautement 
probable qu'elle serait visée personnellement ­ et non pas simplement du 
fait  d'un  hasard  malheureux ­  par  des  mesures  incompatibles  avec  la 
disposition  en  question  (cf. JICRA  1996  n° 18  consid. 14b  let. ee 
p. 186 s. ; Cour européenne des droits de l'homme [ci­après : CourEDH], 
arrêt F.H. c. Suède, n° 32621/06, 20 janvier 2009, CourEDH, arrêt Saadi 
c. Italie, n° 37201/06, 28 février 2008).

6.5.  En  l’occurrence,  la  recourante  n'a  pas  démontré  à  satisfaction  de 
droit qu'il existait pour elle un risque réel, fondé sur des motifs sérieux et 
avérés,  d'être  victime  de  torture  ou  encore  d'un  traitement  inhumain  ou 
dégradant  au  sens  de  l'art. 3 CEDH en  cas  d'exécution  du  renvoi  dans 
son pays d'origine.

6.6. Il ne ressort pas non plus de l'examen du dossier que l'exécution du 
renvoi  de  la  recourante  pourrait  l'exposer  à  un  traitement  contraire  à 
l'art. 3 Conv. torture précité.

6.7.  Dès  lors,  l’exécution  du  renvoi  de  la  recourante  sous  forme  de 
refoulement ne transgresse aucun engagement de la Suisse relevant du 
droit  international,  de  sorte  qu’elle  s’avère  licite  (cf. art.  44 al.  2  LAsi  et 
art. 83 al. 3 LEtr).

7. 

7.1. L’exécution de  la décision peut ne pas être raisonnablement exigée 
si  le  renvoi  ou  l’expulsion  de  l’étranger  dans  son  pays  d’origine  ou  de 
provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple  en  cas  de 
guerre,  de  guerre  civile,  de  violence  généralisée  ou  de  nécessité 
médicale (art. 83 al. 4 LEtr).

7.2.  Cette  disposition  s'applique  en  premier  lieu  aux  "réfugiés  de  la 
violence", soit aux étrangers qui ne remplissent pas  les conditions de  la 
qualité de  réfugié parce qu'ils  ne sont pas personnellement persécutés, 

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mais qui  fuient des situations de guerre, de guerre civile ou de violence 
généralisée, et ensuite aux personnes pour qui un retour reviendrait à les 
mettre  concrètement  en  danger,  notamment  parce  qu'objectivement,  au 
regard des circonstances d'espèce, elles seraient, selon toute probabilité, 
conduites  irrémédiablement  à  un  dénuement  complet,  exposées  à  la 
famine,  et  ainsi  à  une  dégradation  grave  de  leur  état  de  santé,  à 
l'invalidité, voire à la mort (cf. ATAF 2009/52 consid. 10.1, ATAF 2007/10 
consid. 5.1 ;  JICRA  2003  no 24).  En  revanche,  les  difficultés  socio­
économiques qui sont le lot habituel de la population locale, en particulier 
en matière de pénurie de logements et d'emplois, ne suffisent pas en soi 
à  réaliser  une  telle  mise  en  danger  (cf. ATAF 2010/41  consid. 8.3.6, 
ATAF 2009/52  consid. 10.1,  ATAF 2008/34  consid. 11.2.2).  L'autorité  à 
qui incombe la décision doit donc dans chaque cas confronter les aspects 
humanitaires  liés  à  la  situation  dans  laquelle  se  trouverait  l'étranger 
concerné  dans  son  pays  après  l'exécution  du  renvoi  à  l'intérêt  public 
militant  en  faveur  de  son  éloignement  de  Suisse  (cf. ATAF 2009/52 
consid. 10.1).

7.3.  Il  est  notoire  que  la  RDC  ne  connaît  pas,  sur  l'ensemble  de  son 
territoire,  une  situation  de  guerre,  de  guerre  civile  ou  de  violence 
généralisée  qui  permettrait  d’emblée  –  et  indépendamment  des 
circonstances  du  cas  d’espèce  –  de  présumer,  à  propos  de  tous  les 
ressortissants  du  pays,  l’existence  d’une  mise  en  danger  concrète  au 
sens  de  l’art. 83  al. 4  LEtr.  En  particulier,  la  situation  politique  dans  la 
capitale est calme quoique tendue.

7.4.  Dans  sa  jurisprudence,  qui  conserve  encore  son  caractère 
d'actualité,  l'ancienne Commission  suisse  de  recours  en matière  d'asile 
(CRA)  a  considéré  que  l'exécution  du  renvoi  était,  en  principe, 
raisonnablement exigible pour  les requérants dont  le dernier domicile se 
trouvait à Kinshasa ou dans l'une des villes de l'ouest du pays disposant 
d'un  aéroport,  ou  pour  ceux  qui  y  disposaient  de  solides  attaches. Des 
réserves  ont  cependant  été  émises,  s'agissant  de  personnes 
accompagnées de  jeunes enfants, ou ayant plusieurs enfants à charge, 
ou  étant  âgées  ou  de  santé  déficiente,  ou  encore,  dans  les  cas  de 
femmes  célibataires  ne  disposant  pas  d'un  réseau  familial  ou  social 
(cf. JICRA 2004 n° 33 consid. 8.3). 

7.5. En l'espèce, il ne ressort du dossier aucun élément dont on pourrait 
inférer  que  l’exécution  du  renvoi  impliquerait  une  mise  en  danger 
concrète  de  la  recourante.  En  effet,  celle­ci  n'a  ni  allégué  ni  a  fortiori 

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établi  souffrir  de  graves  problèmes  de  santé  susceptibles  de  la  mettre 
concrètement en danger en cas de  retour en RDC. En outre, avant son 
départ de RDC, le (…) 2008, elle a essentiellement vécu dans la capitale, 
où elle a accumulé une expérience professionnelle et où elle dispose d'un 
réseau  familial  et  social,  autant  d'atouts  à  sa  réinsertion  sur  place.  Elle 
pourra de plus solliciter auprès des autorités cantonales compétentes une 
aide  au  retour  individuelle  pour  faciliter,  s'il  y  a  lieu,  sa  réinstallation  à 
Kinshasa  (cf. art. 93  LAsi  et  art. 73  à  78  de  l'ordonnance  2  du  11 août 
1999 sur l'asile [OA 2, RS 142.312] ; voir aussi art. 5 de la Convention du 
27 janvier  2011  entre  la  Confédération  suisse  et  la  République 
démocratique  du  Congo  sur  la  gestion  concertée  des  migrations 
irrégulières  [RS 0.142.112.739]). Enfin,  les efforts qu'elle a déclaré avoir 
consenti en vue de son  intégration en Suisse ne sont pas pertinents,  le 
degré  d'intégration  ne  constituant  pas  en  soi  un  critère  d'octroi  de 
l'admission  provisoire  au  sens  de  l'art. 83  al. 4  LEtr  (cf. ATAF  2009/52 
consid. 10.3 ; JICRA 2006 no 13 consid. 3.5).

7.6. Pour  ces motifs,  l’exécution  du  renvoi  doit  être  considérée  comme 
raisonnablement exigible (cf. art. 44 al. 2 LAsi et art. 83 al. 4 LEtr).

8. 

8.1. L’exécution n’est pas possible  lorsque l’étranger ne peut pas quitter 
la  Suisse  pour  son  Etat  d’origine,  son  Etat  de  provenance  ou  un  Etat 
tiers, ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr).

8.2. En l'espèce, l'exécution du renvoi est possible (cf. art. 44 al. 2 LAsi et 
art. 83  al. 2  LEtr ;  voir  aussi  ATAF  2008/34  consid. 12  et  jurisp. cit.),  la 
recourante étant en possession d'une attestation  tenant  lieu de certificat 
de  nationalité  congolaise  et  étant,  au  demeurant,  tenue  de  collaborer  à 
l’obtention de documents de voyage lui permettant de retourner dans son 
pays d’origine (cf. art. 8 al. 4 LAsi).

8.3. Au  vu  de  ce  qui  précède,  l’exécution  du  renvoi  doit  être  déclarée 
conforme aux dispositions légales.

9. Il s’ensuit que le recours, en tant qu’il conteste la décision de renvoi et 
son  exécution,  doit  être  également  rejeté  et  la  décision  attaquée 
confirmée sur ces points.

9.1. 
Au  vu  de  l’issue  de  la  cause,  il  y  aurait  lieu  de  mettre  les  frais  de 

http://links.weblaw.ch/BVGE-2009/52
http://links.weblaw.ch/BVGE-2009/52
http://links.weblaw.ch/BVGE-2009/52

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procédure à la charge de la recourante, conformément à l'art. 63 al. 1 PA 
et aux art. 2 et 3  let.  b du  règlement du 21  février 2008 concernant  les 
frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral 
(FITAF,  RS 173.320.2).  La  demande  d'assistance  judiciaire  partielle 
devant  toutefois  être  admise,  il  n'est  pas  perçu  de  frais  de  procédure 
(cf. art. 65 al. 1 PA).

Ayant succombé, la recourante n'a pas droit à des dépens (cf. art. 64 al. 1 
PA).

(dispositif : page suivante)

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Page 23

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce :

1. 
Le recours est rejeté.

2. 
Il n'est pas perçu de frais de procédure.

3. 
Il n'est pas alloué de dépens.

4. 
Le présent arrêt est adressé au mandataire de la recourante, à l’ODM et 
à l’autorité cantonale compétente.

Le président du collège : La greffière :

Jean­Pierre Monnet Anne­Laure Sautaux

Expédition :