# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 69d97149-69e2-5eb3-9985-6cbba760887d
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2021-04-28
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 28.04.2021 E-4227/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-4227-2019_2021-04-28.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour V 

E-4227/2019 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  2 8  a v r i l  2 0 2 1  

Composition 
 Camilla Mariéthoz Wyssen (présidente du collège),  

Déborah D'Aveni, Roswitha Petry, juges, 

Sophie Berset, greffière. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

alias A._______, né le (…), 

Iran,   

représenté par Marie-Claire Kunz,  

Centre Social Protestant (CSP),  

(…),  

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Qualité de réfugié (sans exécution du renvoi) ;  

décision du SEM du 19 juillet 2019 / N (…). 

 

 

 

E-4227/2019 

Page 2 

Faits : 

A.  

A._______, accompagné de son épouse, B._______, et de leur fils alors 

mineur, a déposé une demande d’asile en Suisse, le 7 juillet 2016. 

B.  

Entendu les 13 juillet et 5 septembre 2016, il a déclaré être d’ethnie perse 

et provenir de C._______. Marié depuis le (…) 1998 à B._______, il aurait 

entretenu des relations difficiles avec l’oncle maternel de celle-ci, 

D._______, un colonel haut-gradé (« sartip ») des E._______. Après avoir 

travaillé durant de nombreuses années en qualité de directeur des 

livraisons et des commandes étrangères dans une usine (…), l’intéressé 

aurait enseigné les mathématiques, puis aurait été employé parmi les 

membres dirigeants d’une entreprise de sa ville d’origine jusqu’en avril 

2016. 

Au printemps 2016, il aurait participé à trois ou quatre réunions privées, en 

compagnie d’un ami et d’une connaissance, au cours desquelles un 

dénommé F._______ leur parlait de la religion chrétienne. Le matin du 

8 juin 2016, le recourant aurait appris par des voisins que son ami et 

l’épouse de celui-ci avaient été arrêtés par des personnes en tenue civile. 

Soupçonnant la découverte par les autorités de leur intérêt pour le 

christianisme, il aurait craint, d’une part, que son ami ne livre son nom s’il 

était torturé et, d’autre part, des représailles de la part de l’oncle de sa 

femme. Avec son épouse et leur enfant, ils se seraient cachés pendant 

près de quatre semaines à G._______, dans un verger appartenant à un 

ami de son beau-frère, le temps d’organiser leur fuite. Le (…) 2016, ils 

auraient décollé de C._______ pour rejoindre Téhéran, puis auraient 

voyagé le lendemain par la voie aérienne jusqu’en Suisse via l’Italie, munis 

de leur passeport et de visas falsifiés. 

A l’appui de sa demande d’asile, A._______ a déposé, en copie, sa carte 

d’identité, son certificat de mariage, ses diplômes ainsi que des certificats 

de travail. 

C.  

Le 21 novembre 2016, le SEM a adressé une demande de 

renseignements à l’Ambassade de Suisse à Téhéran, complétée les 1er et 

2 mars 2017, portant notamment sur l’identité et les activités de l’oncle de 

B._______.  

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Le rapport d’ambassade du 29 mars 2017 confirme l’identité de l’oncle de 

B._______, mais révèle en particulier qu’il n’est pas établi que celui-ci 

occuperait un poste haut placé dans la hiérarchie des E._______ et qu’il 

jouirait d’une certaine notoriété. 

D.  

Le 18 avril 2017, le SEM a transmis au recourant et à B._______ (dont il 

était alors séparé) des copies de la demande de renseignements 

susmentionnée ainsi que du rapport d’ambassade (caviardé) y afférant, en 

leur impartissant un délai au 3 mai suivant pour exercer leur droit d’être 

entendu. 

B._______ a pris position par courrier daté du 15 mai 2017. Quant au 

recourant, il ne s’est pas déterminé dans le délai imparti.  

E.  

Le (…) février 2019, le Tribunal civil de première instance du canton de (…) 

a prononcé la dissolution du mariage du recourant et de B._______. 

L’autorité parentale sur l’enfant leur a été confiée conjointement et le droit 

de garde a été attribué à la mère.  

Celle-ci a été reconnue réfugiée et a obtenu l’asile par décision du SEM du 

21 juin 2019. Le fils du couple a bénéficié du même statut par 

regroupement familial, en application de l’art. 51 al. 1 LAsi (RS 142.31). 

F.  

Par décision du 19 juillet 2019, notifiée le 23 juillet suivant, le SEM a rejeté 

la demande d’asile de A._______. Il a en particulier retenu que sa crainte 

d’être victime de persécutions étatiques en raison de son intérêt pour le 

christianisme était infondée et que ses déclarations concernant la menace 

que représenterait l’oncle de son ex-femme étaient invraisemblables. Il a 

prononcé le renvoi de Suisse du recourant, mais l’a mis au bénéfice d’une 

admission provisoire en raison de l’inexigibilité de l’exécution de cette 

mesure, au vu notamment de la constellation familiale. 

G.  

Interjetant recours par acte du 21 août 2019, complété cinq jours plus tard, 

A._______ a conclu à l’annulation de la décision précitée en tant qu’elle lui 

déniait la qualité de réfugié. Il a fait valoir que sa conversion à la religion 

chrétienne en Suisse, le (…) mai 2018, constituait un motif subjectif 

postérieur à la fuite devant conduire à la reconnaissance de la qualité de 

réfugié en application de l’art. 54 LAsi. Il a documenté cet événement et 

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son engagement envers la foi chrétienne par le dépôt d’une attestation de 

catéchuménat du (…) février 2018, ainsi que de ses certificats de baptême 

et de confirmation du (…) mai 2018. Selon lui, il serait victime, en cas de 

retour en Iran, de sérieux préjudices de la part des autorités en raison de 

sa conversion religieuse. Il a précisé que l’oncle de son ex-femme − qui, 

de par sa fonction et son grade, faisait partie de l’appareil étatique − avait 

appris sa conversion, après que sa nièce (la sœur de son ex-épouse) ait 

publié, sur son compte Facebook, des photographies le montrant assister 

à des cérémonies religieuses.  

H.  

Par décision incidente du 15 octobre 2019, la juge précédemment en 

charge de l’instruction a admis la demande d’assistance judiciaire partielle 

jointe au recours. 

I.  

Invité à se déterminer sur celui-ci, le SEM en a préconisé le rejet dans sa 

réponse du 30 octobre 2019. Il a estimé que la conversion de l’intéressé à 

la religion catholique ne fondait pas, à elle seule, une crainte de sérieux 

préjudices donnant droit à la qualité de réfugié, retenant qu’il n’était pas 

prouvé que les photographies de lui, publiées par son ex-belle-sœur sur 

Facebook, seraient parvenues à la connaissance des autorités iraniennes. 

J.  

Dans sa réplique du 5 décembre 2019, le recourant a contesté 

l’appréciation du SEM. Il a maintenu que l’oncle de son ex-femme était 

informé de sa conversion religieuse et que, vu la position hiérarchique de 

celui-ci au sein des E._______, les autorités iraniennes étaient 

certainement au courant de sa conversion. Il a ajouté que son divorce, 

auquel cet oncle était opposé, augmentait le risque de représailles à son 

encontre. 

K.  

Les autres faits et arguments de la cause seront évoqués, pour autant que 

besoin, dans les considérants en droit. 

L.  

Pour des raisons d’organisation, la juge signataire du présent arrêt a repris 

la charge de la procédure. 

 

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Page 5 

Droit : 

1.  

1.1 Le Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal), en vertu de 

l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de 

l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. 

En particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile peuvent 

être contestées devant le Tribunal (art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi 

de l'art. 105 LAsi), lequel statue alors définitivement, sauf demande 

d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à se protéger 

(art. 83 let. d ch. 1 LTF), exception non réalisée en l’espèce. 

1.2 La présente procédure est soumise à la LAsi dans son ancienne teneur 

(cf. dispositions transitoires de la modification du 25 septembre 2015, 

al. 1). 

1.3 Le recourant a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA). Présenté dans la 

forme (art. 52 al. 1 PA) et dans le délai (anc. art. 108 al. 1 LAsi) prescrits 

par la loi, le recours est recevable. 

2.  

2.1 Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans 

le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 

ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion, de 

leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou de 

leurs opinions politiques. Sont notamment considérées comme de sérieux 

préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou de la 

liberté, de même que les mesures qui entraînent une pression psychique 

insupportable (art. 3 al. 1 et 2 LAsi ; cf. ATAF 2007/31 consid. 5.2 à 5.6). 

2.2 La crainte face à des persécutions à venir, au sens de l'art. 3 LAsi, 

contient un élément objectif, au regard d'une situation ancrée dans les faits, 

et intègre également dans sa définition un élément subjectif. Sera reconnu 

comme réfugié, celui qui a de bonnes raisons, c'est-à-dire des raisons 

objectivement reconnaissables pour un tiers (élément objectif), de craindre 

(élément subjectif) d'avoir à subir selon toute vraisemblance et dans un 

avenir prochain une persécution. Sur le plan subjectif, il doit être tenu 

compte des antécédents de l'intéressé, notamment de l'existence de 

persécutions antérieures, et de son appartenance à un groupe ethnique, 

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religieux, social ou politique l'exposant plus particulièrement à de telles 

mesures ; en particulier, celui qui a déjà été victime de mesures de 

persécution a des raisons objectives d'avoir une crainte (subjective) plus 

prononcée que celui qui en est l'objet pour la première fois. Sur le plan 

objectif, cette crainte doit être fondée sur des indices concrets qui peuvent 

laisser présager l'avènement, dans un avenir peu éloigné et selon une 

haute probabilité, de mesures déterminantes selon l'art. 3 LAsi. Il ne suffit 

pas, dans cette optique, de se référer à des menaces hypothétiques, qui 

pourraient se produire dans un avenir plus ou moins lointain (cf. ATAF 

2013/11 consid. 5.1 et réf. cit. ; 2011/50 consid. 3.1.1 p. 996 s. et les réf. 

cit.). 

2.3 Celui qui se prévaut d'un risque de persécution dans son Etat d'origine 

ou de provenance, engendré uniquement par son départ de ce pays ou par 

son comportement postérieur audit départ, fait valoir des motifs subjectifs 

survenus après la fuite, au sens de l'art. 54 LAsi. L’asile n’est pas accordé 

à la personne qui n’est devenue un réfugié au sens de l’art. 3 LAsi qu’en 

quittant son Etat d’origine ou de provenance ou en raison de son 

comportement ultérieur (art. 54 LAsi). 

2.4 Quiconque demande l'asile (requérant) doit prouver ou du moins 

rendre vraisemblable qu'il est un réfugié. La qualité de réfugié est 

vraisemblable lorsque l'autorité estime que celle-ci est hautement 

probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur 

des points essentiels, ne sont pas suffisamment fondées, qui sont 

contradictoires, qui ne correspondent pas aux faits ou qui reposent de 

manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 

LAsi). 

Quand bien même la vraisemblance autorise l'objection et le doute, ceux-

ci doivent toutefois paraître d'un point de vue objectif moins importants que 

les éléments parlant en faveur de la probabilité des allégations. Lors de 

l'examen de la vraisemblance des allégations de fait d'un requérant d'asile, 

il s'agit pour l'autorité de pondérer les signes d'invraisemblance en 

dégageant une impression d'ensemble et en déterminant, parmi les 

éléments militant en faveur ou en défaveur de cette vraisemblance, ceux 

qui l'emportent (cf. ATAF 2012/5 consid. 2.2 ; 2010/57 consid. 2.3 et réf. 

cit.). 

 

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3.  

3.1 En l'occurrence, la qualité de réfugié et l’octroi de l’asile ont été refusés 

à A._______. Le SEM a estimé que sa crainte d’être victime de 

persécutions étatiques était infondée, car il s’était contenté de participer à 

trois ou quatre séances entre particuliers et n’était pas converti au moment 

de son départ d’Iran. Au surplus, dans l’hypothèse où les autorités 

l’auraient considéré comme un chrétien converti, il n’aurait encouru qu’une 

arrestation de courte durée sans poursuites judiciaires ultérieures, qui 

aurait été d’une intensité insuffisante pour être pertinente en matière 

d’asile. Quant au risque de représailles de la part de D._______, le SEM 

l’a jugé invraisemblable. Il a retenu qu’il y avait lieu de considérer que cet 

homme était inconnu du public, compte tenu des doutes exprimés dans 

l’enquête menée par l’Ambassade de Suisse à Téhéran au sujet de sa 

notoriété ainsi que de l’absence d’indice établissant qu’il occuperait un 

poste haut placé et serait une personnalité locale connue. Il a en outre 

relevé des divergences dans le récit du recourant, qui avait déclaré, d’un 

côté, que les E._______ ne lui accordaient aucune importance particulière, 

et, de l’autre, que D._______, colonel au sein de cette faction, lui portait un 

intérêt spécifique. Le SEM a ajouté que les déclarations de l’intéressé au 

sujet de l’organisation de son départ n’étaient pas plausibles relevant que 

s’il était menacé par D._______, il n’aurait pas demandé au mari de la 

nièce de celui-ci de lui trouver un refuge, n’aurait pas pris le risque que son 

épouse requiert auprès des autorités la délivrance d’un permis de conduire 

international, n’aurait pas transité par la ville qu’il fuyait ni passé une nuit 

dans la ville où vivait le prénommé. 

3.2 Dans son recours, A._______ retient que le SEM n’a pas mis en doute 

la vraisemblance des événements antérieurs à son départ du pays (son 

engagement religieux progressif, l’arrestation de son ami et sa situation 

familiale), les jugeant uniquement insuffisants pour la reconnaissance de 

la qualité de réfugié. Désormais converti au christianisme, il pourrait, selon 

lui, légitimement craindre de sérieux préjudices de la part des autorités 

iraniennes et de l’oncle de son ex-femme en cas de retour en Iran. Cet 

oncle ainsi que les autorités iraniennes seraient informés de sa conversion 

à la religion chrétienne en Suisse, à cause des photographies publiées par 

la nièce de celui-ci sur Facebook, le montrant assister à des cérémonies 

religieuses.  

3.3 Vu les conclusions et arguments du recours, seule se pose 

concrètement en l’espèce la question de savoir si la conversion religieuse 

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du recourant en Suisse peut fonder une crainte d'être exposé à de sérieux 

préjudices en cas de retour en Iran, pour un motif subjectif postérieur à la 

fuite au sens de l'art. 54 LAsi, disposition qui ne peut conduire qu'à la 

reconnaissance de la qualité de réfugié à l'exclusion de l'asile. 

3.3.1 Dans sa décision du 19 juillet 2019, le SEM, sans prendre clairement 

position sur la vraisemblance de la conversion du recourant en Suisse, n’a 

pas mis en doute son intérêt pour la religion chrétienne et sa participation 

à quelques séances discrètes à ce sujet en Iran. A cet égard, le Tribunal 

relève que A._______ a invoqué de manière tardive sa conversion en 

Suisse, puisque les sacrements du baptême et de la confirmation 

remontraient, à teneur des documents déposés au stade du recours, à 

mai 2018. Il pouvait être attendu de lui qu’il invoque ces événements, qui 

datent de plus d’une année avant que ne soit rendue la décision querellée, 

plus tôt, d’autant plus que ses motifs d’asile sont uniquement d’ordre 

religieux. Quoi qu’il en soit, le Tribunal n’a pas à trancher en l’espèce la 

question de la vraisemblance de la conversion du recourant au 

catholicisme, étant donné que, ainsi qu’il sera démontré ci-après, ce seul 

élément ne fonde pas en soi une crainte pour lui d’être victime de mesures 

étatiques ou individuelles pertinentes sous l’angle du droit d’asile. 

3.3.2 Conformément à la jurisprudence, pour déterminer s’il convient de 

reconnaître l’existence de motifs subjectifs postérieurs à la fuite dans le 

cas de la conversion au christianisme d’un ressortissant iranien, impliquant 

de fait un certain exercice de sa foi par celui-ci, il sied en particulier 

d’examiner – autant que possible – le degré de conviction de cette 

personne (cf. arrêt de référence du Tribunal E-3923/2016 du 24 mai 2018 

consid. 4 et jurisp. cit.). De manière générale, la qualité de réfugié est 

reconnue si le requérant a rendu vraisemblable, au sens de l'art. 7 LAsi, 

que ses activités sont arrivées à la connaissance des autorités du pays 

d'origine et qu'elles entraîneraient son exposition à de sérieux préjudices 

au sens de l'art. 3 LAsi, en cas de retour (cf. ATAF 2010/44 consid. 3.5 et 

réf. cit. ; 2009/29 consid. 5.1 ; 2009/28 consid. 7.1). 

3.3.3 En l’occurrence, aucun indice concret n’est susceptible de rendre 

vraisemblable que la conversion religieuse de A._______ en Suisse serait 

parvenue à la connaissance des autorités iraniennes. 

En effet, aucun élément au dossier ne permet de conclure que le recourant 

serait un chrétien particulièrement exposé. Il n’exerce pas d’activité de 

missionnaire ni ne prend, d’une autre manière, la parole en public pour 

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parler de christianisme ou prêcher, de sorte à attirer sur lui l’attention des 

autorités (cf. arrêt de référence du Tribunal E-3923/2016 précité). Dès lors, 

en l’absence de fonction dirigeante ou profilée au sein de sa paroisse 

et à défaut d’actes prosélytes postérieurs à son départ d’Iran, force est de 

constater que la pratique en Suisse de sa foi chrétienne se trouve 

circonscrite à un cadre essentiellement privé et n’est ainsi pas de nature à 

attirer sur lui l’attention des autorités iraniennes. 

Le simple fait d’avoir produit des captures d’écran montrant la publication, 

sur le compte Facebook de la sœur de son ex-épouse, de photographies 

de réunions religieuses auxquelles il a assisté ne suffit pas à établir un 

risque d’être victime de mesures étatiques ou individuelles déterminantes 

au sens de l’art. 3 al. 2 LAsi à son retour. Il convient de préciser que ces 

photographies montrent le recourant, portant un pan de tissu violet autour 

du cou, assis sur une rangée de chaises en compagnie de quelques 

personnes ; une autre le montre posant à côté d’un homme d’église. Il 

apparaît que ces photographies ont été publiés sur Facebook, le 

(…) février 2018, de sorte qu’elles ne peuvent pas démontrer ni attester 

formellement la conversion religieuse du recourant, qui aurait eu lieu, selon 

les moyens de preuve déposés, environ trois mois plus tard à l’occasion 

de son baptême et de sa confirmation. Ces clichés établissent tout au plus 

qu’il aurait assisté passivement à une cérémonie à caractère religieux, 

entouré d’un petit groupe de personnes. Il sied encore de relever qu’en 

raison de leur publicité limitée et au vu des contenus véhiculés, ces 

photographies ne sont guère susceptibles d’attirer défavorablement 

l’attention des autorités iraniennes sur la personne du recourant – étant 

rappelé de surcroît que la seule conversion au christianisme ne suffit pas, 

en soi, pour fonder un risque de sérieux préjudices en cas de retour 

(cf. arrêt du Tribunal D-5256/2020 et D-5261/2020 du 9 février 2021 

consid. 6.3). 

3.3.4 Le recourant invoque encore un risque de représailles en lien avec 

l’oncle de son ex-épouse, D._______. Plus précisément, il craint que le 

prénommé dénonce sa conversion religieuse aux autorités iraniennes et 

qu’il s’en prenne à lui pour avoir divorcé de sa nièce. 

A titre préliminaire, même s’il est concevable que D._______ soit une 

personne influente au sein de la famille de l’ex-épouse du recourant, des 

doutes importants persistent quant à la notoriété dont celui-ci jouirait au 

sein des E._______. En effet, le rapport établi par les avocats de confiance 

de l’Ambassade de Suisse à Téhéran n’a pas permis de confirmer que tel 

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serait effectivement le cas et l’intéressé. Le fait que le recourant n’ait pas 

fait usage de son droit d’être entendu en lien avec ce rapport en raison d’un 

prétendu malentendu avec son ex-femme (cf. p. 4 du mémoire de recours), 

n’est pas déterminant, l’intéressé ayant pu faire valoir ses arguments à ce 

propos au stade du recours. Par ailleurs, sa supposition selon laquelle les 

déclarations de son ex-épouse au sujet de son oncle seraient 

vraisemblables, étant donné qu’elle a été reconnue réfugiée et a obtenu 

l’asile par décision du SEM du 21 juin 2019, est erronée. En effet, il ne 

ressort nullement du dossier de B._______, qui a obtenu l’asile pour des 

motifs qui lui sont propres, que la fonction de son oncle aurait été 

considérée comme établie. Le recourant n’apporte en outre aucun 

argument ou élément susceptible de démontrer la notoriété de D._______. 

Compte tenu de ce qui précède, le Tribunal retient que le prénommé n’est 

pas un homme de notoriété publique ni un haut gradé parmi les E._______, 

bénéficiant d’une influence au sein des autorités iraniennes. 

Ensuite, il n’est pas établi que D._______, qui, à suivre le récit du 

recourant, ignorait tout de l’intérêt de ce dernier pour le christianisme alors 

qu’il se trouvait encore en Iran, aurait appris sa conversion ultérieure en 

Suisse. Il en va de même s’agissant des allégations selon lesquelles le 

prénommé aurait l’intention de punir le recourant en raison de son divorce. 

En effet, aucun début de preuve ne vient corroborer l’allégué selon lequel 

celui-ci aurait menacé le recourant ou aurait réagi dans ce sens, par 

exemple en se manifestant auprès de sa famille en Iran. Il est aussi peu 

crédible que D._______ s’intéresse à lui alors qu’il a quitté le pays depuis 

plus de quatre ans et demi. En conclusion, il ne ressort du dossier aucun 

élément concret permettant de conclure, au-delà de tout doute 

raisonnable, que la conversion en Suisse de A._______ aurait été portée 

à la connaissance des autorités de son pays, directement ou par 

l’intermédiaire de l’oncle de son ex-femme. 

3.3.5 Il convient enfin de rappeler que le christianisme est une religion 

minoritaire officiellement reconnue en Iran et que sa pratique discrète y est 

tolérée. Les convertis ne subissent pas de persécutions systématiques, 

mais peuvent subir diverses tracasseries, telles que des contrôles à 

l'entrée des églises et des interpellations, sans qu'il y ait cependant 

d'emprisonnements de longue durée ou des condamnations. Seules en 

général les personnes exerçant une activité importante au sein de leur 

Eglise ou qui se livrent au prosélytisme, font face à un risque accru de 

persécution. En revanche, les Chrétiens, qui se contentent d’exercer leur 

foi en Iran de manière discrète et paisible, ne font pas l’objet de 

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persécutions déterminantes au sens de l’art. 3 LAsi (cf. ATAF 2009/28 

consid. 7.3.3 et 7.3.4 ; arrêts du Tribunal D-4390/2019 du 

19 septembre 2019 consid. 6.3.1 ; D-4641/2015 et D-4643/2015 du 

29 avril 2019 consid. 6). La seule conversion religieuse d’un ressortissant 

iranien ne fonde donc en principe pas un risque de persécutions étatiques, 

s’il respecte le pouvoir en place et ne s’adonne pas à une activité 

missionnaire. Lors de conversions à l'étranger, l'examen du cas d'espèce 

doit tenir compte du degré de notoriété dont jouit la personne considérée. 

En particulier, lorsque des membres fanatiques Musulmans de la famille 

d'un requérant sont informés de sa conversion, il faut tenir compte du fait 

qu'il encourt un risque de dénonciation aux services de sécurité de son 

pays et d'être considéré comme ayant commis un crime de haute trahison 

(pour une analyse détaillée de la situation des membres de religions 

minoritaires et des convertis en Iran, ATAF 2009/28 consid. 7, spéc. 

consid. 7.3.2.1 et 7.3.3 à 7.3.5). 

Dès lors, même en admettant que la conversion du recourant serait connue 

des autorités iraniennes – ce qui n’est en l’occurrence pas établi à 

satisfaction de droit – son affiliation religieuse ne serait pas de nature à 

l’exposer à un risque de persécution hautement probable en cas de retour. 

En effet, les autorités iraniennes ne s’en prennent pas systématiquement 

aux personnes converties au christianisme. Ainsi, n’ayant pas démontré 

exercer une activité importante au sein de l’Eglise ni se livrer au 

prosélytisme, la crainte du recourant d’être victime de traitements 

contraires à l’art. 3 LAsi en cas de retour en Iran s’avère infondée, étant 

rappelé qu’une pratique discrète et paisible de la religion chrétienne est 

tolérée (cf. arrêts du Tribunal D-4390/2019 précité consid. 6.3.1 et réf. cit. ; 

E-2878/2019 du 27 juin 2019 consid. 3.4 et réf. cit. ; ATAF 2009/28 

consid. 7.3.3 et 7.3.4). 

3.4 Au vu de ce qui précède, il n'y a pas lieu d'admettre que  

A._______ présente, du fait de sa seule conversion au christianisme en 

Suisse, un profil tel qu’il serait susceptible, en cas de renvoi dans son pays, 

d'attirer l'attention des autorités iraniennes et d'engendrer de leur part un 

comportement tombant sous le coup de l'art. 3 LAsi. 

3.5 Les rapports d’organismes internationaux cités dans le mémoire de 

recours, évoquant les persécutions des chrétiens en Iran, ne sont pas 

déterminants dans le cas particulier, puisqu’ils sont de portée générale et 

ne concernent pas directement et personnellement le recourant ni 

n’établissent qu’il serait la cible de mesures de représailles. 

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3.6 Dès lors, en l’absence de tout motif subjectif pertinent postérieur au 

départ, il n’y a pas lieu d’admettre la qualité de réfugié du recourant.  

Il s'ensuit que le recours, limité à la question de la non-reconnaissance de 

la qualité de réfugié, doit être rejeté. 

4.  

Lorsqu'il rejette la demande d'asile ou qu'il refuse d'entrer en matière à ce 

sujet, le SEM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en 

ordonne l'exécution ; il tient compte du principe de l'unité de la famille 

(art. 44 LAsi). 

En l'occurrence, aucune des conditions de l'art. 32 de l'ordonnance 1 du 

11 août 1999 sur l'asile relative à la procédure (OA 1, RS 142.311) n'étant 

réalisée, en l'absence notamment d'un droit du recourant à une autorisation 

de séjour ou d'établissement, le Tribunal est tenu de confirmer le renvoi. 

5.  

S’agissant de l’exécution du renvoi, le Tribunal constate que, dans sa 

décision du 19 juillet 2019, le SEM a considéré que cette mesure n’était 

pas raisonnablement exigible et l’a remplacée par une admission provisoire 

(art. 83 al. 1 LEI [RS 142.20]). Il n'a dès lors pas à se prononcer sur ce 

point, les conditions posées par l'art. 83 al. 2 à 4 LEI empêchant l’exécution 

du renvoi (illicéité, inexigibilité ou impossibilité) étant de nature alternative 

(cf. ATAF 2009/51 consid. 5.4). 

6.  

Compte tenu de l'issue de la cause, il y aurait lieu de mettre les frais de 

procédure à la charge du recourant, conformément à l’art. 63 al. 1 PA et 

aux art. 2 et 3 let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, 

dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, 

RS 173.320.2). Toutefois, dans la mesure où celui-ci bénéficie de 

l’assistance judiciaire partielle, octroyée par décision incidente du 

15 octobre 2019, il n’est pas perçu de frais de procédure (art. 65 al. 1 et 

art. 63 al. 2 PA), d’autant plus qu’il ne ressort pas du dossier qu’il ne serait 

plus indigent. 

 

(dispositif : page suivante) 

  

E-4227/2019 

Page 13 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Il n’est pas perçu de frais de procédure. 

3.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité cantonale. 

 

La présidente du collège : La greffière : 

  

Camilla Mariéthoz Wyssen Sophie Berset 

 

 

Expédition :