# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** bcf2f532-3e1e-5247-bfa5-a9cd490a0e50
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-10-25
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 25.10.2016 A/1335/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1335-2016_2016-10-25.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/1335/2016-FORMA ATA/905/2016  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 25 octobre 2016 

1ère section 

   dans la cause 

 

Monsieur A______ 
  

contre 

 SERVICE DES BOURSES ET PRÊTS D'ÉTUDES 
 

- 2/6 - 

A/1335/2016 

EN FAIT 

1.  Monsieur A______, né en 1995 et domicilié dans le canton de Genève, était 
inscrit durant l'année scolaire 2015-2016 en année de maturité spécialisée santé de 
l'école de culture générale Ella-Maillart (ci-après : ECG).  

2.  Le 3 mars 2016, M. A______ a remis au service des bourses et des prêts 
d'études (ci-après : le service)  une demande de bourse et de prêt concernant l'année 
scolaire en question. 

3.  Le 4 mars 2016, le service a rejeté cette demande. L'année scolaire 2015-2016 
avait débuté le 24 août 2015. La requête avait été déposée plus de six mois après le 
début de l'année scolaire.  

4.  Le 20 mars 2016, M. A______ a écrit au service. Son stage d'été, nécessaire à 
l'admission en année de maturité spécialisée santé, avait été validé le 31 août 2015. 
Les formalités administratives avaient été réglées le 7 septembre et la rentrée avait eu 
lieu le 14 septembre 2015.  

  Il avait remis la demande de bourse, en courrier A à la poste, le 
26 février 2016, afin que cette dernière arrive à son destinataire le 29.  

  Il n'avait pas saisi le service d'une demande auparavant car il espérait que son 
père reprenne le versement de la pension. 

5.  Le 6 avril 2016, le service a rejeté la réclamation. Selon l'attestation scolaire, 
l'année scolaire 2015-2016 avait commencé le 24 août 2015 pour toutes les 
formations de niveau secondaire II.  

6.   Le 25 avril 2016, M. A______ a saisi la chambre administrative de la 
Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) d'un recours contre la décision 
précitée, reprenant et développant les éléments figurant dans son opposition. La 
formation qu'il suivait était organisée par la Haute école de santé, sous la 
responsabilité administrative de l'ECG.  

7.  Le 19  mai 2016, le département a conclu au rejet du recours. La date du dépôt 
de la demande retenue par le service était celle mentionnée sur l'enveloppe utilisée 
pour expédier cette dernière, soit le 1er mars 2016. La formule de demande d'aide 
financière avait été signée après la fin du délai légal pour le dépôt de la demande. Le 
fait que la rentrée administrative ait été fixée au lundi 7 septembre 2015 et que les 
cours aient concrètement commencé le 14 septembre 2015 ne donnait pas 
d'information sur la date de la rentrée scolaire. 

- 3/6 - 

A/1335/2016 

8.  Exerçant son droit à la réplique, M. A______ a maintenu ses conclusions. Il y 
avait deux timbres humides sur l'enveloppe produite par le service, l'un, tout à fait 
lisible indiquant le 1er mars 2016 alors que l'autre, peu lisible, semblait indiquer 
« ??.2.?? ». 

EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2.  Les demandes de bourses et prêts d’études doivent être déposées au plus 
tard six mois après le début de l’année scolaire ou académique. Les aides 
financières ne sont octroyées que pour l’année de formation en cours (art. 13 de la 
loi sur les bourses et prêts d'études du 17 décembre 2009  - LBPE - C 1 20).  

3.  Les délais commencent à courir le lendemain de leur communication ou de 
l’événement qui les déclenche (art. 17 al. 1 LPA).  

4.  Un délai fixé par la loi ne peut être prolongé. Les cas de force majeure sont 
réservés (art. 16 al. 1 LPA). Entrent dans la notion de cas de force majeure les 
événements extraordinaires et imprévisibles qui surviennent en dehors de la 
sphère d’activité de l’intéressé et qui s’imposent à lui de l’extérieur de façon 
irrésistible (ATA/630/2002 du 29 octobre 2002, consid. 2.b. et références citées).  

5.  La jurisprudence a tiré de l’art. 29 al. 1 de la Constitution fédérale de la 
Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101), et de l’obligation d’agir de 
bonne foi à l’égard des justiciables (art. 5 et 9 Cst.), le principe de l’interdiction 
du déni de justice formel qui comprend la prohibition de tout formalisme excessif. 
Un tel formalisme existe lorsque la stricte application des règles de procédure ne 
se justifie par aucun intérêt digne de protection, devient une fin en soi, complique 
sans raison objective la réalisation du droit matériel ou entrave de manière 
inadmissible l’accès aux tribunaux (ATF 135 I 6 consid. 2.1 ; arrêts du Tribunal 
fédéral 2C_824/2014 du 22 mai 2015 consid. 6 ; 1C_39/2013 du 11 mars 2013 
consid. 2.1 ; 2C_343/2012 du 19 avril 2012 consid. 4.1). L'excès de formalisme 
peut résider soit dans la règle de comportement imposée au justiciable, soit dans la 
sanction qui lui est attachée (ATF 132 I 249 consid. 5 p. 253 ; 130 V 177 consid. 
5.4.1 p. 183 ; 128 II 139 consid. 2a p. 142 et les arrêts cités; arrêt du Tribunal 
fédéral 2C_382/2015 du 21 mai 2015 consid. 5.1 ; ATA/417/2015 du 5 mai 2015 
consid. 7). Ainsi en va-t-il lorsque la violation d’une règle de forme de peu 
d’importance entraîne une sanction grave et disproportionnée, telle par exemple 
une décision d’irrecevabilité (ATF 133 V 402 consid. 3.3 ; arrêts du Tribunal 
fédéral 2C_328/2014 du 8 mai 2014 consid. 4.1 ; 8C_411/2013 du 26 mars 2014 

- 4/6 - 

A/1335/2016 

consid. 3.2 ; Pierre MOOR/Etienne POLTIER, Droit administratif, vol. 2, 3ème éd., 
2011, p. 261, n. 2.2.4.6 et les références citées). 

  De manière générale, la sanction du non-respect d'un délai de procédure 
n'est pas constitutive de formalisme excessif, une stricte application des règles 
relatives aux délais étant justifiée par des motifs d'égalité de traitement et par un 
intérêt public lié à une bonne administration de la justice et à la sécurité du droit 
(arrêts du Tribunal fédéral 1B_251/2012 du 3 juillet 2012 consid. 2 ; 2C_26/2010 
du 16 août 2010 consid. 5.1 ; ATA/564/2012 du 21 août 2012 consid. 2). 

6.  En l’espèce, et ainsi que le relève l’autorité intimée, l’attestation de scolarité 
délivrée par l’ECG indique que l’année scolaire a débuté le 24 août 2015. 
Toutefois, le recourant démontre par pièce que ce n’est que le 31 août 2015 que 
l’attestation de validation de son stage préalable avait été émise, le 1er septembre 
2015 que son admission à la maturité spécialisée avait été confirmée, le 
7 septembre 2015 que la rentrée administrative obligatoire avait eu lieu et que les 
cours théoriques avaient commencé le 14 septembre 2015. 

  Cette situation est liée au fait que cette formation, dépendante de l’ECG, est 
composée de stages ainsi que d’une formation dispensée par la Haute école de 
santé d’une durée de trente-deux semaines (cf. art. 30 al. 5 des dispositions 
transitoires relatives à l’école de culture générale valable pour l’année scolaire 
2015-2016, téléchargeable à l’adresse https://edu.ge.ch/site/ellamaillart/wp-
content/uploads/sites/17/2015/08/Dispositions-transitoires-ECG-2015-2016.pdf 
dont la teneur a été depuis lors reprise par l’art. 46 al. 6 du règlement relatif à 
l’école de culture générale du 29 juin 2016 - RECG - C 1 10.70). 

  Dans ces circonstances, il est excessivement formaliste de considérer que le 
début de l’année scolaire 2015-2016 était le 24 août 2015. Sans qu’il soit 
nécessaire de déterminer s’il faut retenir – en tant que point de départ du délai 
pour déposer une demande de bourse d’études – la date de la rentrée 
administrative ou celle du début des cours, la chambre administrative retiendra 
que celle déposée par l’intéressé moins de six mois après l’une ou l’autre de ces 
dates, n’était pas tardive. 

7.  Au vu de ce qui précède, le recours sera admis et, tant la décision sur 
opposition que la décision initiale, seront annulées. La cause sera renvoyée à 
l’autorité intimée afin que cette dernière traite le fond de la requête. 

  Aucun émolument ne sera perçu et aucune indemnité de procédure ne sera 
allouée au recourant, qui a agi en personne et n’a pas exposé de frais (art. 87 al. 1 
et 1l. 2 LPA). 

     

* * * * * 

- 5/6 - 

A/1335/2016 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 25 avril 2016 par Monsieur A______ contre la 
décision sur réclamation du service des bourses et prêts d'études du 6 avril 2016 ; 

au fond : 

l’admet ; 

annule la décision sur réclamation du 6 avril 2016 ainsi que la décision du 4 mars 2016 ; 

renvoie le dossier au service des bourses et prêts d’études au sens des considérants ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument, ni alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Monsieur A______, ainsi qu'au service des bourses et 
prêts d'études. 

Siégeants : M. Verniory, président, M. Thélin, Mme Payot Zen-Ruffinen, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

S. Hüsler Enz 
 

 le président siégeant : 
 
 

J.-M. Verniory 
 
 

 

- 6/6 - 

A/1335/2016 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :