# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c3788e73-a686-5c2d-b47c-4dc71cb84dc6
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours civile HC / 2015 / 480
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_010_HC---2015---480_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

XZ15.005491-150717

216 

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS CIVILE

_________________________________________

Arrêt du
8 juin 2015

__________________

Composition
:               M.             
Winzap,
président

             
              Mme              
Charif Feller et M. Pellet, juges

Greffière             
:              Mme              
Boryszewski

 

 

*****

 

 

Art.
266a al. 1, 267 al. 1 CO et 257 CPC

 

 

             
Statuant à huis clos sur le recours interjeté par G.________,
à Vevey, locataire, contre le jugement rendu le 9 mars 2015 par la Présidente du Tribunal des
baux dans la cause divisant la recourante d’avec 
Q.________,
à Lausanne, bailleresse, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal considère :

             
En fait :

 

 

A.             
Par jugement du 9 mars 2015, dont la motivation a été envoyée aux parties le 29 avril
2015, la Présidente du Tribunal des baux a ordonné à G.________ de quitter et rendre libres
les locaux occupés dans l'immeuble à la rue du [...] à [...] dans les 30 jours dès
jugement exécutoire (I), dit qu'à défaut pour la partie locataire de quitter volontairement
ces locaux dans le délai fixé au chiffre I, l'huissier du Tribunal des baux est chargé
sous la responsabilité de la Présidente du Tribunal des baux de procéder à l'exécution
forcée de la décision sur requête de la partie bailleresse, avec au besoin l'ouverture
forcée des locaux (II), ordonné aux agents de la force publique de concourir à l'exécution
forcée de la décision, s'ils en sont requis par l'huissier du Tribunal des baux (III), rendu
le jugement sans frais judiciaires ni dépens (IV) et déclaré irrecevables toutes autres
ou plus amples conclusions (V). 

 

             
En droit, le premier juge a considéré que la bailleresse avait notifié à l'intimée
une résiliation avec effet au 30 septembre 2014, respectant tant le préavis légal minimum
de trois mois que le préavis contractuel de quatre mois. La locataire, défaillante à l'audience
de conciliation, n'avait pas valablement contesté le congé ni demandé la prolongation
du bail dans le délai péremptoire de l'art. 273 al. 1 et 2 let. a CO (Code des obligations,
loi fédérale du 20 mars 1911 complétant le Code civil suisse, RS 220), de sorte que le
bail litigieux avait pris fin le 30 septembre 2014. La locataire, également défaillante dans
le cadre de la procédure de première instance, n'avait fait valoir aucune objection s'opposant
à la réalisation des conditions d'application de la procédure pour cas clairs, de sorte
qu'il y avait lieu d'entrer en matière sur la requête déposée par la bailleresse.
La locataire occupant l'appartement sans droit, ordre devait lui être donné de le quitter et
de le rendre libre de tout objet et tout occupant. 

 

 

B.             
Par acte déposé le 4 mai 2015, G.________
a interjeté recours contre le jugement précité, en concluant implicitement à la prolongation
de son bail à loyer. 

 

             
Par télécopie du 5 mai 2015, G.________ a en substance réitéré ses conclusions.

 

             
L'intimée n'a pas été invitée à se déterminer. 

 

 

C.             
La Chambre des recours civile fait sien dans son entier l'état de fait du jugement, complété
par les pièces du dossier, dont il ressort notamment ce qui suit :

 

             
La bailleresse Q.________ et [...] pour G.________ ont été liées par un contrat de bail
portant sur des locaux d'habitation sis à [...], rue du [...], soit un appartement de 4 pièces
au 5e
étage et une cave. Ce contrat a initialement été conclu pour une année, du 1er
septembre 2002 au 1er
octobre 2003, puis d'année en année sauf avis de résiliation de l'une ou l'autre des parties
donné et reçu au mois quatre mois à l'avance pour la prochaine échéance et ainsi
de suite d'année en année.  

 

             
Par formule officielle du 26 mars 2014, la bailleresse a résilié le contrat de bail précité
pour le 30 septembre 2014. Le courrier accompagnant l'avis de résiliation indique notamment ce qui
suit : 

 

"(…)
malgré nos dernières correspondances du 23 juillet 2013 et du 10 janvier 2014, ainsi que de
notre mise en demeure du 10 janvier 2014, la situation ne s'est pas améliorée. 

 

Par
conséquent et afin de préserver la tranquillité dans l'immeuble, nous somme contraints
de résilier votre contrat de bail à loyer pour le 30 septembre 2014." 

 

             
Le 28 mai 2014, la Commission de conciliation en matière de baux à loyer Préfecture Riviera-Pays
d'Enhaut a constaté que la requête déposée par G.________ en date du 10 avril
2014 n'était pas signée et qu'elle ne s'était pas présentée à l'audience
du 22 mai 2014 (I), que [...], locataire principale et présente à l'audience, ne s'opposait
pas à la résiliation du bail (II) et que la requête du 10 avril 2014 déposée
par G.________ était irrecevable (III).

 

             
Le 25 septembre 2014, le président de la commission de conciliation a accusé réception
du courrier de G.________ du 24 septembre 2014, pris acte de son souhait d'obtenir une nouvelle
prolongation de bail et indiqué que, ne s'étant pas présentée à l'audience du
22 mai 2014 ni opposée au procès-verbal du 28 mai 2014, la commission de conciliation ne pouvait
plus intervenir dans ce dossier. 

 

             
Le 30 octobre 2014, le Tribunal des baux a attesté qu'à ce jour aucune procédure n'avait
été déposée devant lui par G.________ et [...], suite à l'autorisation de procéder
délivrée le 28 mai 2014 par la commission de conciliation. 

 

             
Par requête du 10 février 2015, Q.________ a conclu, avec suite de frais et dépens, comme
suit : 

 

"I.
              La requête est admise.

 

II.
              Ordre est donné à
G.________ et [...], sous menace des peines d'arrêts ou d'amende de l'art. 292 CP pour insoumission
à une décision de l'autorité, de quitter et de rendre libre de tous occupants et de tous
biens leur appartenant ou appartenant à des tiers, l'appartement de 4 pièces sis au 5ème
étage de l'immeuble rue du [...] à [...], ainsi que la dépendance réservée au
locataire, soit une cave, ceci dans un délai de grâce de vingt jours à compter de la notification
de la décision à intervenir. 

 

III.
              Fixe d'ores et déjà
les opérations d'exécution forcée à la date et à l'heure que justice dira pour
le cas ou l'intimée-défenderesse ne s'exécuterait pas. 

 

IV.
              L'huissier du Tribunal
des baux ou de la Justice de paix du district de Vevey est chargé de procéder à l'exécution
forcée de cette décision, sous la présidence de Madame ou Monsieur le Président du
tribunal des baux du Canton de Vaud. 

 

V.
              Dit que l'huissier du
Tribunal des baux ou de la Justice de paix du district de Vevey peut requérir tous agents de la
force publique de concourir à l'exécution forcée de la présente ordonnance. 

 

VI.
              Dit qu'il sera, au besoin,
procédé à l'ouverture forcée." 

 

             
Lors de l'audience du 9 mars 2015, G.________ bien que régulièrement convoquée, ne s'est
pas présentée ni personne en son nom. Quant à [...], présente à l'audience,
elle a confirmé ne jamais avoir occupé l'appartement litigieux et ne pas s'opposer à l'évacuation
de celui-ci. Dès lors, la bailleresse a déclaré libérer [...] de ses obligations
découlant du contrat de bail du 17 juillet 2002 et cette dernière a été mise
hors de cause. 

 

             
Le 13 mars 2015, le dispositif du jugement entrepris a été envoyé aux parties. 

 

             
Par courrier du 23 mars 2015 adressé à la présidente du Tribunal des baux, G.________
a requis qu'elle revienne sur sa décision, invoquant notamment des problèmes de santé.

 

             
Le 25 mars 2015, la présidente du tribunal des baux a indiqué à G.________ que la décision
ne pouvait être remise en cause que par un recours et qu'un délai au 30 mars 2015 lui était
imparti pour lui indiquer si ce courrier devait être interprété comme une demande de motivation
en vue du dépôt d'un tel recours. 

 

             
Par courrier non daté, reçu par la présidente du tribunal des baux le 30 mars 2015,
G.________ a indiqué qu'elle n'avait pu se présenter à l'audience du 22 mai 2014
en raison de problèmes de santé, qu'il serait difficile pour elle et ses filles de déménager
et qu'elles étaient souvent accusées de bruit qu'elles ne causaient pas. 

 

 

             
En droit
:

 

 

1.             
La valeur litigieuse étant inférieure
à 10'000 fr., seule la voie du recours au sens de l'art. 319 CPC (Code de procédure civile
du 19 décembre 2008, RS 272) est ouverte (art. 308 al. 2 a contrario et 319 let. a CPC).

 

             
La procédure de cas clair étant sommaire (art. 248 let. b CPC), le délai de recours est
de dix jours (art. 321 al. 2 CPC).

 

             
Déposé en temps utile par une partie qui y a intérêt (art. 59 al. 2 let. a CPC),
le recours est recevable en la forme.

 

 

2.             
              Le recours est recevable
pour violation du droit et constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC). L'autorité
de recours dispose d'un plein pouvoir d'examen s’agissant de la violation du droit (Spühler,
Basler Kommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung, 2e
éd., 2013, n. 1 ad art. 320 CPC, p. 1504). Elle revoit librement les questions de droit soulevées
par le recourant et peut substituer ses propres motifs à ceux de l'autorité précédente
ou du recourant (Hohl, Procédure civile, tome II, 2e
éd., Berne 2010, n. 2508, p. 452). Comme pour l'art. 97 al. 1 LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal
fédéral, RS 173.110), le grief de la constatation manifestement inexacte des faits ne permet
que de corriger une erreur évidente, la notion se recoupant en définitive avec l'appréciation
arbitraire des preuves (Corboz et alii, Commentaire de la LTF, Berne 2009, n. 19, p. 941 ad art. 97).

 

3.             
a) La recourante fait valoir qu'elle est sans
emploi, qu'elle a des problèmes de santé, qu'elle fait l'objet de poursuites et qu'une expulsion
compromettrait l'avenir de ses trois enfants qui sont en apprentissage et aux études. 

 

             
b) En l'espèce, le contrat de bail de la
recourante a été résilié pour le 30 septembre 2014 pour cause de nuisances occasionnées
par ses trois filles. La recourante se contente d'invoquer des motifs humanitaires pour contester le
jugement d'expulsion. Or, ces griefs ne peuvent être invoqués qu'au stade de l'exécution
forcée et en rapport avec l'art. 257d CO, soit la demeure du locataire et non au stade de l'expulsion.
Au surplus, quand bien même, ils étaient admissibles, ces griefs devraient être rejetés,
dès lors que la recourante, défaillante tout au long de la procédure, n'a pas établi
les différents éléments qu'elle invoque à l'appui de son recours. Ainsi, les moyens
de la recourante, manifestement infondés, doivent être rejetés. 

 

4.             
a) En conclusion, le recours doit être rejeté,
en application de l’art. 322 al. 1 CPC, et le jugement confirmé.

             

             
b)
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 100 fr. (art. 69 al. 1 et 6
al. 3 TFJC [tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre 2010, RSV 270.11.5]), sont mis à
la charge de la recourante qui succombe (art. 106 al. 1 CPC).

 

             
c) Il
n’est pas alloué de dépens de deuxième instance, l’intimée n’ayant
pas été invitée à se déterminer.

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours civile du Tribunal cantonal,

en
application de l'art. 322 al. 1 CPC

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté. 

 

             
II.             
Le jugement est confirmé.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 100 fr. (cent francs), sont
mis à la charge de la recourante G.________. 

 

             
IV.             
L'arrêt motivé est exécutoire. 

 

Le
président :               La greffière
:

 

Du
9 juin 2015

 

             
Le dispositif de l'arrêt qui précède est communiqué par écrit aux intéressés.

 

             
La greffière :

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

-          
Mme G.________ personnellement,

-          
M. Jean-Marc Schlaeppi, agent d'affaires breveté
(pour Q.________).

 

             
La Chambre des recours civile considère que la valeur litigieuse est inférieure à 15’000 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral,
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme la Présidente du Tribunal des baux.

 

             
La greffière :