# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b0e82ee0-8f79-5932-8d83-f14e244fcba8
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-08-10
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Zivilappellationshöfe 10.08.2015 101 2015 137
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_001_101-2015-137_2015-08-10.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

101 2015 137

Arrêt du 10 août 2015

Ie Cour d’appel civil   

Composition Président: Hubert Bugnon
Juges: Roland Henninger, Jérôme Delabays
Greffière: Aleksandra Bjedov

Parties A.________ SA EN LIQUIDATION, défenderesse et recourante, 
représentée par Me Alexander Troller, avocat

contre

SERVICE DU REGISTRE DU COMMERCE, demandeur et intimé,     

Objet Dissolution de société (art. 731b al. 1 ch. 3 CO) – notification par 
voie édictale – nullité de jugement

Appel du 24 juin 2015 contre la décision du Président du Tribunal 
civil de l'arrondissement de la Sarine du 28 avril 2015

Tribunal cantonal TC
Page 2 de 5

considérant en fait

A. Le 2 mars 2015, le Service du registre du commerce du canton de Fribourg (ci-après SRC), 
qui avait constaté que la société A.________ SA présentait des carences dans l'organisation 
impérativement prescrite par la loi – l'absence d'un organe de révision agréé, respectivement de 
l'inscription de la renonciation à celui-ci – et qui l'avait vainement sommée de régulariser sa 
situation par acte du 19 janvier 2015, a requis le juge de prendre les mesures nécessaires. Par 
acte publié dans la Feuille officielle du canton de Fribourg du 13 mars 2015, le Président du 
Tribunal civil de la Sarine a fixé à cette société un nouveau délai de 30 jours pour régulariser la 
situation en l'avisant que, à ce défaut, la société sera dissoute et liquidée. 

Constatant que cette sommation était elle aussi restée vaine, le Président a, par décision du 28 
avril 2015, prononcé la dissolution de la société et confié sa liquidation à l'Office cantonal des 
faillites. 

Cette décision, qui avait déjà été communiquée le 30 avril 2015 au SRC, à l'Office des faillites, à 
l'Office des poursuites de la Sarine et au Registre foncier de la Sarine, a été publiée, à titre de 
notification à la défenderesse, dans la Feuille officielle du canton de Fribourg du 8 mai 2015. 

B. Par mémoire de son mandataire du 24 juin 2015, la société A.________ SA en liquidation a 
interjeté appel contre cette décision, concluant à la recevabilité de son acte, principalement au 
constat de la nullité de la décision attaquée, subsidiairement à son annulation, en tout état de 
cause à la révocation de la dissolution, à ce qu'ordre soit donné au Registre du commerce de 
radier de ses registres toute mention de la dissolution de la société, à ce qu'il soit constaté que la 
société a son siège à B.________, à ce qu'ordre soit donné au Registre du commerce du canton 
de Fribourg de procéder à l'inscription dudit siège dans son registre, à ce qu'il soit constaté que 
C.________ SA à D.________, est son nouvel organe de révision, à ce qu'ordre soit donné au 
Registre du commerce du canton de Fribourg de procéder à l'inscription de C.________ SA en 
cette qualité dans son registre et à condamner le Registre du commerce du canton de Fribourg en 
tous les dépens comprenant une indemnité équitable de participation aux honoraires du conseil. 

Dans sa détermination du 16 juillet 2015, le SRC expose les motifs qui l'amènent à considérer qu'il 
n'a fait qu'appliquer la loi. 

en droit

1. a) Comme indiqué dans la décision attaquée et dès lors que celle-ci est une décision finale 
rendue en procédure sommaire (cf. ATF 138 III 166), la voie de recours est celle de l'appel et le 
délai pour interjeter appel est de 10 jours (art. 308 et 314 CPC). 

En l'espèce, la recourante n'ignore pas que ce délai n'est pas respecté mais elle soutient que se 
prévalant de la nullité de la décision, elle peut agir en tout temps et qu'au demeurant elle l'a fait 
sitôt après en avoir eu connaissance. La recevabilité sous cet angle dépendra ainsi du constat ou 
non de la nullité de la décision critiquée. 

Tribunal cantonal TC
Page 3 de 5

b) La cognition de la Cour d'appel est pleine et entière, en fait comme en droit (art. 310 
CPC). 

c) Selon l'art. 316 al. 1 CPC, la Cour d'appel peut ordonner des débats ou statuer sur pièces. 
En l'espèce, il n'est pas nécessaire d'assigner les parties à une audience. 

2. Quoi qu'il en soit de la nullité de la décision attaquée, les chefs de conclusions portant sur le 
siège de la société, sur l'existence d'un organe de révision et sur les ordres d'inscription y relatifs 
sont manifestement irrecevables. Ils ne faisaient pas l'objet de la décision attaquée et leur 
nouveauté en appel n'est ni justifiée ni justifiable. Au demeurant leur objet se règle par réquisitions 
d'inscription en bonne et due forme auprès du registre compétent. 

3. a) La recourante critique la décision attaquée en faisant valoir que la sommation préalable 
du registre du commerce n'était pas valable car elle a été communiquée à l'ancienne adresse de 
domiciliation, chez l'ancien organe de révision qui avait démissionné et qui n'a pas fait suivre le 
courrier chez les administrateurs, que le premier juge a fait notifier sa nouvelle sommation dans la 
Feuille officielle du canton de Fribourg alors qu'il aurait dû le faire en cherchant l'adresse des 
administrateurs, respectivement par publication dans la Feuille officielle suisse du commerce 
(FOSC).   

b) S'agissant de la sommation préalable du SRC, ce dernier relève avec raison qu'elle a 
été faite au siège et à l'adresse en vigueur lorsqu'elle a eu lieu. Contrairement à ce qu'indique la 
recourante, la démission de E.________ SA en tant qu'organe de révision de la recourante n'avait 
que cet objet selon les lettres de cette société du 12 janvier 2015 adressées d'une part à 
l'administrateur F.________ et d'autre part au SRC. Concernant la domiciliation, cette société a 
informé l'administrateur précité par lettre du 13 janvier 2015 de la dénonciation de la domiciliation 
pour le 31 janvier 2015, en l'invitant à faire le nécessaire pour le transfert du siège. La 
communication de cette dénonciation auprès du SRC n'est intervenue que par acte du 5 février 
2015, soit postérieurement à la sommation du 19 janvier 2015. Portant pour adresse "Au Conseil 
d'administration de / A.________ SA / c/o Fiduciaire E.________ SA, succursale de / Fribourg / 
Route des Pilettes 3 / 1700 Fribourg", cette sommation a ainsi été notifiée correctement.  

c) S'agissant de la critique concernant le choix de l'organe de publication par le premier 
juge, soit la Feuille officielle du canton de Fribourg au lieu de la FOSC, elle est également vaine. 
Contrairement à ce qu'indique la recourante, l'art. 154 al. 2bis ORC ne s'applique qu'aux 
publications des offices du registre du commerce. En procédure civile, la notification par voie 
édictale est régie par l'art. 141 CPC qui dispose que celle-ci est effectuée par publication dans la 
feuille officielle cantonale ou dans la FOSC. Il est certes souhaitable que pour les causes de 
nature commerciale le choix se porte sur cette dernière (CPC-BOHNET, art. 141 N 11; 
GSCHWEND/BORNATICO, in BSK ZPO, 2e éd. 2013, Art. 141 N 6). Il reste que le choix relève de la 
libre appréciation du juge et que le destinataire ne peut se plaindre du choix qui a été fait (IDEM. 
Voir aussi Nina J. FREI, in BK ZPO, 2012, Art. 141 N 5).  

d) La question topique est en réalité celle de l'admissibilité de la notification par voie 
édictale, ce dont se plaint aussi la recourante. La notification par publication a eu lieu à la fois pour 
communication de la requête à la défenderesse avec délai pour remise en conformité et pour la 
décision de dissolution.  

Tribunal cantonal TC
Page 4 de 5

aa) Selon l'art. 141 CPC précité, ce mode de notification est effectué "a. lorsque le lieu de séjour 
du destinataire est inconnu et n'a pas pu être déterminé en dépit des recherches qui peuvent 
raisonnablement être exigées; b. lorsqu'une notification n'est pas possible ou présente des 
difficultés insurmontables; c. lorsque la partie domiciliée à l'étranger n'a pas élu de domicile de 
notification en Suisse malgré l'injonction du tribunal". En l'occurrence, seule la première hypothèse 
est envisageable. 

La jurisprudence et la doctrine retiennent qu'il incombe en premier lieu à la partie qui saisit le juge 
de fournir les indications relatives à l'adresse de notification et donc d'effectuer les recherches 
nécessaires, et que le tribunal se doit d'accomplir d'office les vérifications adéquates (TF arrêt 
5A_456/2012 du 16 août 2012 consid. 3.2.2.2; CPC-BOHNET, art. 141 N 4; Nina J. FREI, in BK 
ZPO, 2012, Art. 141 N 8; GSCHWEND/BORNATICO, in BSK ZPO, 2e éd. 2013, Art. 141 N 2). 

bb) En l'espèce, le SRC, dans son acte d'avis au juge du 2 mars 2015, a uniquement signalé 
"qu'entretemps, l'adresse de la société a également été radiée suite à la résiliation du contrat de 
domiciliation par le domiciliataire" (DO 2). Il a produit en tout et pour tout un extrait du registre et 
copie de sa lettre de sommation et n'a donc pas remis au juge copie des lettres de démission du 
12 janvier 2015 et de dénonciation du 13 janvier 2015, dont E.________ SA lui avait adressé des 
copies et qui mentionnaient l'adresse de l'administrateur F.________. 

Quant au tribunal saisi, le dossier ne révèle aucune intervention du juge auprès du SRC pour 
connaître l'adresse d'un ou des administrateurs, ni du reste une autre démarche à cette fin. Il en 
découle que ne sont établies ni des démarches suffisantes de la part de la partie qui a saisi le 
juge, ni des vérifications suffisantes de la part de ce dernier. Il en découle aussi que l'on ne saurait 
partir de l'idée que toute démarche à ce sujet aurait été vaine à coup sûr puisqu'au contraire le 
SRC connaissait, par des actes très récents, l'adresse d'un administrateur, lequel disposait au 
demeurant de la signature individuelle. Une adresse de notification était dès lors aisée à découvrir. 
Par ailleurs, l'enjeu était de taille puisque la procédure pouvait conduire à la dissolution de la 
société défenderesse, respectivement puisque la décision notifiée prononçait cette dissolution.  

cc) Selon la jurisprudence et la doctrine, une notification effectuée de cette manière sans que la 
situation le justifie, respectivement un jugement qui a été rendu sans que le défendeur ait eu 
connaissance de la procédure et ait pu y prendre part, est nul (ATF 136 III 571 consid. 4-6; 129 I 
361 consid. 2; arrêt 5A_456/2012 consid. 3.2.2.2; Nina J. FREI, in BK ZPO, 2012, Art. 141 N 3). 

Cette conséquence s'applique dès lors en l'espèce de sorte qu'il y a lieu de constater que la 
communication de l'avis est restée sans effet et que la décision de dissolution qui y a fait suite est 
nulle, outre qu'elle a été notifiée de manière irrégulière. L'appel sera donc admis sur ce point. 

4. S'agissant des frais, selon l'art. 106 al. 2 CPC, lorsqu'aucune des parties n'obtient 
entièrement gain de cause, les frais sont répartis selon le sort de la cause. Par ailleurs, selon 
l'art. 154 al. 3 ORC, l'office du registre du commerce n'est tenu de supporter aucun frais de 
procédure. 

En l'espèce, plusieurs chefs de conclusions de l'appel sont irrecevables mais la recourante obtient 
gain de cause sur le principal. Au vu des principes précités, il convient de répartir les frais 
judicaires à raison d'un tiers à charge de la recourante et de deux tiers à la charge de l'Etat, sans 
allocation de dépens. 

Tribunal cantonal TC
Page 5 de 5

la Cour arrête:

I. L’appel est partiellement admis, dans la mesure où il est recevable. 

Partant, il est constaté que la décision du Président du Tribunal civil de l’arrondissement de 
la Sarine du 28 avril 2015 portant dissolution de la société A.________ SA est nulle. 

II. Les frais judiciaires sont fixés à CHF 900.-. Ils seront acquittés à raison de CHF 300.- par
A.________ SA, par prélèvement sur son avance, le solde de CHF 600.- étant laissé à la 
charge de l’Etat. 

III. Il n’est pas alloué de dépens. 

IV. Communication.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral dans les trente jours 
qui suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral (LTF). L'acte de recours 
motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

Fribourg, le 10 août 2015

Président Greffière