# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 85f57ac2-8edf-5ff2-a07f-62ca85ea40c8
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 1999-11-08
**Language:** fr
**Title:** Verwaltungspraxis der Bundesbehörden (1987-2017) Eidgenössische Personalrekurskommission 08.11.1999 JAAC 64.34
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_VB/CH_VB_012_JAAC-64-34--_1999-11-08.pdf

## Full Text

JAAC 64.34

Décision de la Commission fédérale de recours en
matière de personnel fédéral du 8 novembre 1999 en
la cause Y. [CRP 1999-011]

Personnel fédéral. Rémunération de prestations de travail fournies
par un agent après la fin des rapports de service. Application par
analogie du code des obligations. Report du délai de congé en raison
d’une incapacité de travail.

- Des prestations de travail fournies par un agent de la Confédération
et acceptées par le département après la fin des rapports de service
de droit public doivent être rémunérées. En l’absence de dispositions
topiques de droit public, il est admis de faire appel à des règles
similaires du droit privé, applicables par analogie et à titre de droit
supplétif (consid. 2b). En l’espèce, les parties ont conclu un contrat de
travail tacite au sens de l’art. 320 al. 2 CO (consid. 2c).

- Le contrat de travail conclu tacitement doit être soumis aux
dispositions ordinaires régissant les délais de congé, soit les art. 335 ss
CO (consid. 4a).

- Conformément à l’art. 336c CO, si le congé a été donné avant une
période d’incapacité et si le délai de congé n’a pas expiré avant cette
période, ce délai est suspendu et ne continue à courir qu’après la fin de
la période d’incapacité. Lorsque les rapports de travail doivent cesser à
un terme, tel que la fin d’un mois ou d’une semaine de travail, et que ce
terme ne coïncide pas avec la fin du délai de congé qui a recommencé à
courir, ce délai est prolongé jusqu’au prochain terme (consid. 4b).

Bundespersonal. Vergütungen für Arbeitsleistungen eines Beamten
nach Beendigung des Dienstverhältnisses. Analoge Anwendung
des Obligationenrechts. Aufschub der Kündigungsfrist wegen
Arbeitsunfähigkeit.

1

- Arbeitsleistungen, welche durch einen Bundesbeamten mit
Zustimmung des Departements nach Ende des öffentlichen
Dienstverhältnisses ausgeführt werden, müssen vergütet werden.
Beim Fehlen sachdienlicher Bestimmungen im öffentlichen Recht, ist
die Berufung auf ähnliche Regeln des Privatrechts, welche analog
und als ergänzendes Recht angewendet werden, zulässig (E. 2b).
Im vorliegenden Fall haben die Parteien einen stillschweigenden
Arbeitsvertrag im Sinne von Art. 320 Abs. 2 OR abgeschlossen (E. 2c).

- Der stillschweigend abgeschlossene Arbeitsvertrag unterliegt
den üblichen Bestimmungen betreffend Kündigungsfristen gemäss
Art. 335 ff. OR (E. 4a).

- Wenn eine Kündigung vor Eintritt einer Arbeitsunfähigkeit
ausgesprochen wurde, wird die Kündigungsfrist gemäss Art. 336c
OR während der Verhinderung ausgesetzt und läuft erst nach der
Arbeitsunfähigkeit weiter. Da das Arbeitsverhältniss auf bestimmte
Zeitpunkte wie das Ende einer Woche oder eines Monats hin enden
muss und dieser Zeitpunkt nicht mit dem Ende der Kündigungsfrist
übereinstimmt, wird die Kündigungsfrist bis zum nächsten solchen
Zeitpunkt verlängert (E. 4b).

Personale federale. Rimunerazione di prestazioni di lavoro fornite
da un agente dopo la cessazione del rapporto d’impiego. Applicazione
per analogia del Codice delle obbligazioni. Differimento del termine di
disdetta a causa di un impedimento al lavoro.

- Le prestazioni lavorative fornite da un agente della Confederazione e
accettate dal dipartimento dopo la cessazione del rapporto d’impiego di
diritto pubblico devono essere rimunerate. In mancanza di disposizioni
modello di diritto pubblico è ammesso ricorrere a disposizioni
simili di diritto privato applicabili per analogia e a titolo di diritto
complementare (consid. 2b). Nella fattispecie le parti hanno conchiuso
un contratto di lavoro tacito ai sensi dell’art. 320 cpv. 2 CO (consid. 2c).

- Il contratto di lavoro conchiuso tacitamente deve essere assoggettato
alle disposizioni ordinarie che disciplinano i termini di disdetta, ossia
l’art. 335 segg. CO (consid. 4a).

- Giusta l’art. 336c CO, se la disdetta è data prima dell’inizio
dell’impedimento al lavoro, il termine di disdetta è sospeso e riprende
a decorrere soltanto dopo la fine del periodo di impedimento. Se per la
cessazione di un rapporto di lavoro vale un giorno fisso, come la fine di
un mese o di una settimana lavorativa che non coincide con la scadenza
del termine prorogato di disdetta, questo è protratto fino al giorno fisso
immediatamente successivo (consid. 4b).

2

(...)

B. En date du (...), le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE)
rendit à l’encontre de Y. une décision de non-réélection pour la période
administrative 1997-2000. L’intéressé recourut contre ce prononcé auprès de la
Commission fédérale de recours en matière de personnel fédéral (ci-après: la
Commission de recours ou de céans).

Par décision incidente, le président de cette commission ordonna, à titre de
mesure provisionnelle, que Y. restât occupé à partir du 1er janvier 1997 en
qualité d’employé non permanent et ce, jusqu’au moment où la Commission de
recours aurait rendu sa décision sur le fond.

Par décision du 31 juillet 1997, la Commission de céans rejeta le recours de Y.,
dans la mesure où il était recevable, et confirma la décision attaquée. Dans ses
considérants, la Commission de recours releva notamment que le jugement au
fond rendait sans objet la mesure provisionnelle ordonnée par son président
le 5 décembre 1996 (voir JAAC 63.62). Ce prononcé fut notifié aux parties le
4 août 1997.

C. Agissant par la voie du recours de droit administratif, Y. demanda
principalement au Tribunal fédéral d’annuler la décision entreprise (...). Il
fut débouté en date du 21 décembre 1998.

D. Suite à la décision de la Commission fédérale de recours, Y. poursuivit son
activité pour le DFAE sans changement. En effet, ce n’est que le 27 août 1997
que le département lui communiqua que ses rapports de service avaient pris
fin le jour où avait été prise la décision de la Commission de recours, à savoir
le 31 juillet 1997.

Y. continua néanmoins à travailler jusqu’au 9 septembre 1997. Le
10 septembre, il prit congé, puis il bénéficia de trois jours de vacances, les
11, 12 et 15 septembre 1997, date à laquelle il fut victime d’un accident. Y. fut
alors placé en arrêt maladie jusqu’à la fin du mois, selon un certificat médical
qu’il transmit au département le 17 septembre 1997.

Par courrier du 23 septembre 1997, le DFAE - se référant à la lettre précitée du
27 août 1997 - communiqua à Y. que ses rapports de service avaient pris fin le
31 juillet 1997, avec la décision de la Commission de recours, et que, dans ces
conditions, une reprise du travail au DFAE n’entrait plus en ligne de compte.

E. Le 28 octobre 1997, le service des Ressources du Secrétariat général du DFAE
soumit à Y. un décompte final, arrêté au 31 juillet 1997, qui faisait état d’une
différence de Fr. 11 372.95 en faveur du département. (...)

Le 10 décembre 1997, Y. réagit à ce décompte en présentant une
contre-créance de Fr. 34 742.25. Il fit valoir que, contrairement à l’allégué du
Secrétariat général, il avait encore travaillé pour le DFAE en août et jusqu’au
15 septembre 1997, date à laquelle il avait bénéficié d’un arrêt de travail pour
cause d’accident, jusqu’à la fin de ce même mois. Par conséquent, il avait
encore droit à son salaire jusqu’à fin septembre 1997, au paiement d’une

3

https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc/150004331.pdf?ID=150004331

indemnité pour six jours et demi de vacances qui n’avaient pas été pris, au
paiement d’une indemnité pour 97.7 heures supplémentaires, ainsi qu’à une
part au 13ème salaire jusqu’au 30 septembre 1997. (...)

F. Le 23 février 1998, Y. demanda au DFAE de rendre une décision formelle,
susceptible de recours. Cette décision intervint en date du 30 avril 1998.
Elle confirma que Y. devait rembourser à la Confédération la somme de
Fr. 15 653.25.

G. Contre cette décision, Y. interjeta un recours auprès du DFAE et de la
Commission fédérale de recours en matière de personnel fédéral en date
du 8 juin 1998. Cette dernière, se tenant pour incompétente, transmit l’affaire
au département conformément à l’art. 8 al. 1 de la loi fédérale du 20 décembre
1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021).

Y. conclut à ce que la décision attaquée fût annulée, sous suite de frais et
de dépens, et à ce que le département fût condamné à lui verser la somme
de Fr. 34 742.25, avec un intérêt de 5% à compter du 30 septembre 1997.
Il fit valoir en substance que le travail fourni par lui-même et accepté
par le département après le 31 juillet 1997 devait être rétribué et cela en
application du principe de la bonne foi et des dispositions topiques du Code
des obligations du 30 mars 1911 (CO, RS 220) applicable à titre supplétif.

H. Par décision du 22 mars 1999, le Chef du DFAE admit partiellement le
recours et décida que Y. devait rembourser au département un montant de
Fr. 778.55, lui allouant en outre une indemnité de Fr. 1500.- à titre de dépens.
Le Chef du DFAE considéra en substance que les rapports de service de Y.
- qui s’étaient achevés le 31 décembre 1996 par la décision de non-réélection -
avaient été prolongés jusqu’au 31 juillet 1997, sous la forme de rapports de
service en qualité d’employé non permanent, par la mesure provisionnelle
adoptée par le président de la Commission de recours. Or, à partir de cette
date, un contrat de travail tacite (art. 320 al. 2 CO) avait lié les parties et ce
jusqu’au 9 septembre 1997. (...)

I. Contre la décision du Chef du DFAE, Y. (ci-après: le recourant) a formé, le
21 avril 1999, un recours auprès de la Commission fédérale de recours en
matière de personnel fédéral. Il conclut à l’annulation de la décision attaquée
et demande que le DFAE soit condamné à lui payer le montant de Fr. 35 709.70,
avec intérêts à 5% dès le 30 septembre 1997. Il réclame également une
indemnité à titre de dépens. (...)

L. Le DFAE a déposé sa réponse en date du 28 mai 1999, concluant au rejet du
recours avec suite de frais. (...)

Extraits des considérants:

1. (...)

2.a. En l’espèce, il n’est pas, ou il n’est plus contesté que les rapports de service
du recourant, en tant que fonctionnaire (...), ont pris fin le 31 décembre 1996,
avec la décision de non-réélection pour la période administrative 1997-2000.
Il est également incontesté que ces rapports ont été prolongés jusqu’au
31 juillet 1997, sous la forme de rapports de service en qualité d’employé non
permanent, en raison de la mesure provisionnelle adoptée par le président
de la Commission de recours. Il est donc évident que le recourant n’était plus
lié au DFAE par des rapports de service de droit public à partir du 1er août

4

1997 ou, en tout cas, à partir du 4 août 1997, date à laquelle la décision de la
Commission de recours a été notifiée aux parties. Dans cette décision, il était
en effet précisé sans ambiguïté que la mesure provisionnelle du 5 décembre
1996, relative à l’occupation du recourant au titre d’employé non permanent,
devenait sans objet avec ce même prononcé (cf. consid. 11 de la décision du
31 juillet 1997 publiée dans la JAAC 63.62)).

Il est vrai que le recourant avait interjeté, en date du 12 septembre 1997,
un recours de droit administratif au Tribunal fédéral contre la décision de
la Commission de céans et qu’il avait déposé en même temps une requête
d’effet suspensif. Cette dernière, traitée comme une demande de mesures
provisionnelles, a toutefois été rejetée et le recours au Tribunal fédéral n’a
même pas bénéficié de l’effet suspensif dit superprovisionnel, qui interdit de
prendre des mesures d’exécution jusqu’à décision du président sur ladite
requête: cela résulte sans équivoque de l’ordonnance du président de la
deuxième Cour de droit public invitant le DFAE et la Commission de recours à
se déterminer sur la demande d’effet suspensif.

b. Même si la situation juridique était ou devait être parfaitement claire au
31 juillet 1997, le recourant a continué à travailler par la suite sans que ses
supérieurs ou le département ne réagissent et lui ordonnent en particulier
de cesser immédiatement son activité. Ce n’est que le 27 août 1997 que le
DFAE a signalé au recourant et à son mandataire que les rapports de service
avaient pris fin le 31 juillet 1997. Or, il est évident que les prestations de
travail fournies par le recourant et acceptées par le département après la
fin des rapports de service de droit public devaient être rémunérées et qu’en
l’absence de dispositions topiques de droit public, on pouvait faire appel
à des règles similaires du droit privé, applicables par analogie et à titre de
droit supplétif (cf. Ulrich Häfelin / Georg Müller, Grundriss des Allgemeinen
Verwaltungsrechts, 3ème éd., Zurich 1998, ch. 245; André Grisel, Traité de droit
administratif, Neuchâtel 1984, vol. I, p. 120). Le département a d’ailleurs admis
à juste titre qu’à partir du mois d’août 1997, les relations entre le recourant et
l’état ne pouvaient plus être régies par le droit public, puisque la conclusion
de rapports de service de droit public est soumise au respect de certaines
formes juridiques et ne peut pas intervenir de manière tacite ou par actes
concluants (cf. Blaise Knapp, Précis de droit administratif, 4ème éd., Bâle et
Francfort-sur-le-Main 1991, n° 3112 ss).

c. Dans ces conditions, le DFAE a retenu à bon droit que les parties avaient
conclu un contrat de travail tacite, au début du mois d’août 1997, en
application de l’art. 320 al. 2 CO. Ce fait n’est d’ailleurs pas contesté et il suffit
de rappeler à cet égard que le DFAE, en tant qu’employeur, a manifestement
accepté pour un temps donné l’exécution d’un travail de la part du recourant
qui, d’après les circonstances, ne devait être fourni que contre un salaire.

d. Le DFAE a considéré la lettre du 27 août 1997 - par laquelle il constatait
que les rapports de service du recourant avaient pris fin le 31 juillet 1997 -
comme une résiliation du contrat de travail conclu tacitement et sans respecter
de forme particulière, en se fondant sur une application par analogie des
dispositions du CO. Or, le recourant ne prétend pas que le courrier du 27 août
1997 ne puisse pas être interprété comme une lettre de congé et semble
admettre en substance que la résiliation des rapports de travail avec le
DFAE a été notifiée par ce même courrier. Certes, cette lettre ne disait pas

5

https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc/150004331.pdf?ID=150004331

expressément que le recourant devait suspendre son travail. Mais, au vu des
circonstances, cette missive ne pouvait que signifier pour le recourant - qui
avait reçu entre-temps une copie des explications complémentaires fournies
au département par la Commission de recours (18 août 1997) - que l’autorité en
question ne souhaitait plus faire appel à ses services et que les prestations de
travail devaient également cesser. A bon droit, on devait donc en déduire que
le DFAE avait clairement exprimé sa volonté de mettre un terme aux rapports
de service effectifs du recourant et avait détruit de cette façon le sentiment de
confiance que pouvait nourrir ce dernier quant à la possibilité de poursuivre
son activité et d’être rétribué pour son travail.

e. Enfin, il résulte du dossier et il n’est d’ailleurs pas contesté que le recourant
a accompli son dernier jour de travail effectif pour le DFAE le 9 septembre
1997 et que, à partir du 16 septembre 1997, il a été incapable de travailler,
suite à un accident, jusqu’au 30 septembre 1997 y compris.

3. Au vu de ce qui précède, il reste à fixer le terme exact de la résiliation du
contrat conclu tacitement et sans respecter de forme particulière par les
parties au mois d’août 1997 et, le cas échéant, à déterminer le droit au salaire
du recourant pour le travail qu’il a fourni.

a. Le recourant prétend en substance que la mesure provisionnelle adoptée
par le président de la Commission de recours le 5 décembre 1996 a créé de
nouveaux rapports de travail de durée déterminée, dont la fin est intervenue
le jour du prononcé de la décision quant au fond, soit le 31 juillet 1997: dès
le 1er janvier 1997, le recourant était ainsi au bénéfice d’un contrat de travail
de durée déterminée au sens de l’art. 334 al. 1 CO. Or, en vertu de l’art. 334
al. 2 CO, si après l’expiration de la période convenue, le contrat de durée
déterminée est reconduit tacitement, il est réputé alors être un contrat de
durée indéterminée. En août 1997, le recourant ne se trouvait donc pas
dans le temps d’essai au sens de l’art. 335b al. 1 CO, mais bénéficiait bel et
bien des dispositions de l’art. 335c al. 1 CO, dont il résulte que le contrat de
travail peut être résilié, pendant la première année de service, pour la fin d’un
mois moyennant un délai de congé d’un mois. Comme cela va ressortir des
considérations qui suivent, l’opinion du recourant n’est que partiellement
fondée.

b. En effet, c’est à tort que le recourant prétend que la décision incidente du
président de la Commission de recours aurait créé de nouveaux rapports
de travail de nature contractuelle avec l’autorité inférieure pour une durée
déterminée. Ces rapports de travail ne résultaient pas d’un accord entre les
parties au sens de l’art. 1 CO, mais ont été imposés par l’autorité judiciaire à
titre de mesure provisionnelle et se fondaient directement sur le règlement
des employés (cf. art. 3 du Règlement des employés du 10 novembre 1959
[RE], RS 172.221.104). En fait, la mesure provisionnelle du 5 décembre 1996
a prolongé, sous une autre forme, les rapports de droit public préexistants
jusqu’au 31 juillet 1997, date à laquelle la Commission de recours a confirmé la
décision de non-réélection.

Certes, le recourant a continué par la suite à travailler sans que ses supérieurs
ou le DFAE ne réagissent et il a même perçu, comme auparavant, son salaire
du mois d’août 1997. Toutefois, ces rapports de travail nés entre les parties
par actes concluants au début du mois d’août ne pouvaient pas résulter d’une
reconduction tacite des rapports antérieurs, après expiration de la période

6

convenue, au sens de l’art. 334 al. 2 CO: il s’agissait au contraire de nouveaux
rapports de travail de durée indéterminée, conclus par les parties de manière
tacite et sans respecter de forme particulière, au sens de l’art. 319 al. 1 et de
l’art. 320 al. 2 CO.

4.a. Le DFAE reconnaît à juste titre qu’un contrat de travail conclu tacitement
pour une durée indéterminée ne peut pas être résilié avec effet immédiat,
mais est soumis aux dispositions ordinaires régissant les délais de congé
(art. 335 ss CO). Il est évident en effet que les règles du CO appliquées par
analogie aux rapports de travail convenus par les parties au mois d’août 1997
sont également valables pour le calcul des délais de congé. Or, dans le cas
d’espèce, le DFAE a fait appel aux dispositions applicables aux travailleurs
en période d’essai et a soumis le contrat au délai de congé de 7 jours prévu
à l’art. 335b al. 1 CO: dans ces conditions, la résiliation du contrat de travail,
qui a été notifiée au recourant le 27 août 1997, serait devenue effective le
9 septembre 1997. Cette manière de voir ne saurait cependant être partagée.

Il est vrai que, pendant le temps d’essai, c’est-à-dire pendant le premier
mois de travail, chacune des parties peut résilier le contrat à tout moment
moyennant un délai de congé de sept jours (art. 335b al. 1 CO). Il doit
s’agir toutefois d’un nouveau contrat de travail liant des parties qui ne se
connaissent pas et qui ont ainsi besoin d’un certain temps pour se rendre
compte si les prestations promises leur conviennent, ainsi que pour établir
entre elles un rapport de confiance réciproque. Dès lors que les parties se
connaissent déjà, il n’y a pas de place pour un temps d’essai, lorsqu’un contrat
de travail succède par exemple à un contrat d’apprentissage ou si le travailleur
change de fonction au sein de l’entreprise. Il en va de même lorsque deux
contrats se suivent, même après une brève interruption, pour la même activité
(Christiane Brunner / Jean-Michel Bühler / Jean-Bernard Weber, Kommentar
zum Arbeitsvertragsrecht, 2ème éd., Bâle 1997, n° 1 ad art. 335b CO; Adrian
Staehlin / Frank Vischer, Obligationenrecht, Teilband V 2c, Der Arbeitsvertrag,
Zurich 1996, n° 3 ad art. 335b CO; Frank Vischer, Der Arbeitsvertrag, 2ème éd.,
Bâle et Francfort-sur-le-Main 1994, p. 164/165).

(Genre et durée des fonctions assumées par le recourant au sein du
Département). Il est donc évident dans ces conditions qu’au mois d’août 1997,
lorsque le contrat de travail tacite a été conclu, les parties se connaissaient
parfaitement et qu’il n’y avait pas ou plus de place pour une période d’essai.

Eu égard à ce qui précède, il faut en conclure que l’instauration d’un temps
d’essai et l’application d’un délai de congé de 7 jours ne sont pas compatibles
avec le droit privé fédéral et que le contrat du mois d’août 1997 doit être
soumis au délai ordinaire de congé, valable après la période d’essai, prévu à
l’art. 335c al. 1 CO.

b. En vertu de la disposition précitée, le contrat de travail de durée
indéterminée peut être résilié pour la fin d’un mois moyennant un délai
de congé d’un mois pendant la première année de service, de deux mois de
la deuxième à la neuvième année de service, de trois mois ultérieurement.
Or, dans le cas d’espèce, les rapports de travail convenus tacitement ont
commencé au mois d’août 1997 et ont été résiliés par le courrier du DFAE
du 27 août 1997: le délai de congé d’un mois est donc venu à échéance, par
principe, le 30 septembre 1997.

7

Il n’est toutefois pas contesté que le recourant s’est trouvé en incapacité totale
de travail, par suite d’accident, à compter du 16 septembre 1997. Cet accident a
d’ailleurs été correctement signalé au département par lettre du 17 septembre
1997, accompagnée d’un certificat médical. Or, en vertu de l’art. 336c CO,
l’employeur ne peut pas résilier le contrat après le temps d’essai pendant
une incapacité de travail totale ou partielle résultant d’une maladie ou d’un
accident non imputables à la faute du travailleur et cela, durant 30 jours au
cours de la première année de service, durant 90 jours de la deuxième à la
cinquième année de service et durant 180 jours à partir de la sixième année
de service (al. 1 let. b). Le congé donné pendant une de ces périodes est nul.
Si le congé a été donné avant l’une de ces périodes et si le délai de congé n’a
pas expiré avant cette période, ce délai est suspendu et ne continue à courir
qu’après la fin de la période (al. 2). Lorsque les rapports de travail doivent
cesser à un terme, tel que la fin d’un mois ou d’une semaine de travail, et que
ce terme ne coïncide pas avec la fin du délai de congé qui a recommencé à
courir, ce délai est prolongé jusqu’au prochain terme (al. 3).

c. Dans le cas d’espèce, le licenciement a été notifié le 27 août 1997 pour fin
septembre 1997 (art. 335c al. 1 CO). La période de protection - qui correspond
ici à la durée de l’incapacité de travail - a commencé le 16 septembre 1997,
soit pendant le délai de congé, et a pris fin de manière non contestée le
30 septembre 1997. Pendant cette période, le délai de congé a été suspendu
et la fin des rapports de travail a donc été reportée d’une durée équivalente à
celle de la protection. Toutefois, comme les rapports de travail ne peuvent
s’éteindre que pour la fin d’un mois, le délai de congé doit être prolongé
jusqu’à la fin de mois la plus proche, conformément à l’art. 336c al. 3 CO (ATF
121 III 108 s. consid. 2a; cf. Brunner/Bühler/Weber, op. cit., n° 12 et n° 13 ad
art. 336c CO).

Il s’ensuit qu’en l’espèce, le terme de résiliation a été effectivement reporté au
31 octobre 1997. Il reste donc à examiner si le recourant est également fondé à
recevoir un salaire jusqu’à cette même date.

5.a. Selon la jurisprudence récente du Tribunal fédéral, la prolongation des
rapports de travail sur la base de l’art. 336c al. 2 CO ne modifie pas les droits
et les obligations des parties. Le travailleur doit fournir sa prestation dès qu’il
a recouvré sa capacité de travail, alors que l’employeur reste tenu de payer le
salaire (art. 319 al. 1 CO). S’il n’exécute pas sa prestation de travail sans être
empêché par un motif reconnu, le travailleur est en demeure (art. 102 ss CO) et
l’employeur

peut alors refuser de payer le salaire (art. 82 CO). De même, les règles sur la
demeure de l’employeur sont applicables. S’il empêche par sa faute l’exécution
du travail ou se trouve en demeure de l’accepter pour d’autres motifs,
l’employeur doit payer le salaire sans que le travailleur doive encore fournir sa
prestation (art. 324 al. 1 CO). La demeure de l’employeur suppose en principe
que le travailleur ait clairement offert ses services. Cela signifie, en d’autres
termes, que s’il entend faire valoir une prétention de salaire pour la période
correspondante, le travailleur est tenu d’offrir ses services à l’employeur pour
la durée prolongée des rapports de travail selon l’art. 336c al. 2 CO (ATF 115
V 444 et 445 consid. 5a et 6a; Semaine judiciaire [SJ] 1993 p. 367 consid. 3c;
Brunner/Bühler/Weber, op. cit., n° 15 ad art. 336c CO; Staehlin/Vischer, op. cit.,
n° 19 ad art. 336c CO).

8

http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE_121_III_108&resolve=1
http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE_121_III_108&resolve=1
http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE_115_V_444&resolve=1
http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE_115_V_444&resolve=1

Or, le recourant - qui était à nouveau capable de travailler le 1er octobre
1997 - n’a manifestement pas offert ses services dès son rétablissement,
conformément à la jurisprudence précitée. Toutefois, dans le cas d’espèce,
on ne saurait lui reprocher d’avoir été en demeure de fournir sa prestation.
Par courrier du 23 septembre 1997, le DFAE a en effet clairement signifié au
recourant - qui avait signalé aussitôt son accident et produit un certificat
médical - qu’une reprise du travail au mois d’octobre n’entrait pas en ligne
de compte. Dans ces conditions, le recourant a été objectivement empêché
d’exécuter son travail pendant la durée prolongée des rapports de service et le
DFAE doit, par conséquent, lui payer son salaire.

b. Il en résulte que le recourant a droit, en principe, à toutes les prestations
salariales et annexes jusqu’au 31 octobre 1997. Sur ce point, le recours s’avère
donc fondé et la décision attaquée doit être annulée.

(...)

9

Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften

Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées

Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali

JAAC 64.34 - Décision de la Commission fédérale de recours en matière de personnel

fédéral du 8 novembre 1999 en la cause Y. [CRP 1999-011]

In Verwaltungspraxis der Bundesbehörden
Dans Jurisprudence des autorités administratives de la Confédération
In Giurisprudenza delle autorità amministrative della Confederazione

Jahr 2000
Année

Anno

Band 64
Volume

Volume

Seite ---
Page

Pagina

Ref. No 150 004 715

Das Dokument wurde durch das Schweizerische Bundesarchiv und die Bundeskanzlei konvertiert.

Le document a été digitalisé par les Archives Fédérales Suisses et la Chancellerie fédérale.

Il documento è stato convertito dall'Archivio federale svizzero e della Cancelleria federale.

	Décision de la Commission fédérale de recours en matière de personnel fédéral du 8 novembre 1999 en la cause Y. [CRP 1999-011]