# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 45e3412b-7bc7-5bc4-abcd-b74f2fa71b8e
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-08-31
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Kindes- und Erwachsenenschutzhof 31.08.2018 106 2018 82
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_004_106-2018-82_2018-08-31.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00
tribunalcantonal@fr.ch
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

106 2018 82

Arrêt du 31 août 2018

Cour de protection de l’enfant et de l’adulte

Composition Vice-Président: Jérôme Delabays
Juges suppléants: Yann Hofmann, Jean-Luc Mooser
Greffière-rapporteure: Catherine Faller

Parties A.________ et B.________, recourants

Objet Placement à des fins d'assistance

Recours du 20 août 2018 contre la décision de la Justice de paix de 
l'arrondissement de la Sarine du 13 août 2018

Tribunal cantonal TC
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considérant en fait

A. Le 20 juillet 2018, B.________ a voulu mettre fin à ses jours. Elle a tenté de sauter du pont 
C.________, saut dont l’issue ne pouvait être que fatale. Mais alors qu’elle enjambait la rambarde 
du pont, l’intervention providentielle d’un cycliste l’a sauvée.

Elle a expliqué qu’elle était déterminée à se suicider car, depuis l’été 2017, elle fait des crises 
d’hyperventilation. Son état de santé a continuellement empiré et avait déjà provoqué, avant le 
20 juillet 2018, deux séjours (décembre 2017 et mai 2018) à l’Hôpital psychiatrique de Marsens (ci-
après: l’Hôpital); son traitement médicamenteux (anxiolytique, antidépresseur, antipsychotique) 
n’apporte toutefois aucun progrès; les nombreuses analyses n’ont pu déterminer la cause de ses 
graves problèmes respiratoires. Alors qu’elle était en route pour une troisième hospitalisation 
volontaire à l’Hôpital, elle a profité du fait que son mari avait arrêté la voiture pour aller chercher de 
l’argent à la banque pour s’enfuir et se rendre sur le pont précité, ne supportant plus sa situation.

B. Un placement à des fins d’assistance a été ordonné le jour-même par un médecin. Le 8 août 
2018, l’Hôpital a sollicité un prolongement du placement. Les recourants, qui se sont opposés à 
cette mesure par lettre du 9 août 2018, ont été entendus, de même qu’une représentante du corps 
médical, le 13 août 2018 par la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: la 
Justice de paix).

Par décision du même jour, cette autorité a maintenu le placement pour une durée indéterminée, 
relevant que celui-ci durerait jusqu’à ce que les résultats des derniers examens médicaux seront 
portés à sa connaissance et qu’elle aura pu réévaluer la situation sur la base de ces résultats. Elle 
a enjoint A.________ à préparer un projet de sortie clair et précis pour son épouse et à fournir les 
preuves à la Justice de paix des mesures mises en place afin que l’intéressée soit en sécurité en 
cas de retour au domicile, ce projet de sortie portant également sur le suivi médical de son 
épouse, en collaboration avec les médecins de l’Hôpital.

C. A.________ et B.________ ont interjeté recours le 20 août 2018. Ils ont sollicité qu’une 
contre-expertise soit confiée à la Dresse psychiatre D.________, et à ce que le placement ne soit 
pas maintenu pour une durée indéterminée mais qu’une date de sortie soit d’ores et déjà prévue.

Une expertise ordonnée par la Cour a été rendue par le Dr psychiatre E.________ le 30 août 
2018.

La Cour a entendu A.________ et B.________ ce jour, de même que le Dr F.________. Les 
recourants ont demandé la levée immédiate du placement.

en droit

1.

1.1. Aux termes de l'art. 450 al. 1 du Code civil (CC), les décisions de l'autorité de protection 
peuvent faire l'objet d'un recours devant le juge compétent, soit le Tribunal cantonal (art. 8 de la loi 
du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte [LPEA, RSF 212.5.1]), plus 

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précisément la Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du 
Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]).

La décision du 20 août 2018 maintenant pour une durée indéterminée le placement à des fins 
d’assistance de B.________ est par conséquent sujette à recours auprès de la Cour.

1.2. Tant B.________ que son époux ont manifestement qualité pour recourir (art. 450 al. 2 ch. 1 
et 2 CC).

1.3. Le recours, qui n'a pas à être motivé (art. 450e al. 1 CC), doit être déposé dans un délai de 
dix jours (art. 450b al. 2 CC), délai que les époux A.________ et B.________ ont respecté. Le 
recours est par conséquent recevable.

1.4. La Cour doit procéder à un examen complet de la décision attaquée, en fait, en droit et en 
opportunité (art. 450a CC), conformément à la maxime d’office et à la maxime inquisitoire, puisque 
ces principes de la procédure de première instance s’appliquent aussi devant l’instance judiciaire 
de recours (Guide pratique COPMA, p. 289 N 12.34). Elle peut confirmer ou modifier la décision 
attaquée devant elle. Dans des circonstances exceptionnelles, elle peut aussi l’annuler et renvoyer 
l’affaire à l’autorité de protection, par exemple pour compléter l’état de fait sur des points essentiels 
(art. 450f CC et 318 al. 1 let. c ch. 2 CPC [Code de procédure civile suisse du 19 décembre 2008]).

1.5. La Cour réunie en collège a procédé à l’audition des recourants conformément au prescrit de 
l’art. 450e al. 4 CC. L’expertise exigée par l’art. 450e al. 3 CC a été établie le 30 août 2018.

2.

A.________ et B.________ ont sollicité qu’une contre-expertise soit confiée à un médecin 
psychiatre extérieur à l’Hôpital. Dans la mesure où une expertise indépendante a été établie par le 
Dr psychiatre E.________, contre lequel les recourants n’ont pas émis la moindre critique, il y a 
lieu de considérer que ce grief est sans objet désormais.

2.1. Selon l'art. 426 al. 1 CC, une personne peut être placée dans une institution appropriée 
lorsque, en raison de troubles psychiques, d'une déficience mentale ou d'un grave état d'abandon, 
l'assistance ou le traitement nécessaires ne peuvent lui être fournis d'une autre manière.

La loi exige ainsi la réalisation de trois conditions cumulatives, à savoir une cause de placement 
(troubles psychiques, respectivement alcoolisme, déficience mentale ou grave état d'abandon), un 
besoin d'assistance ou de traitement ne pouvant être fourni autrement et l'existence d'une 
institution appropriée permettant de satisfaire les besoins d'assistance de la personne placée ou 
de lui apporter le traitement nécessaire (STEINAUER/FOUNTOULAKIS, Droit des personnes physiques 
et de la protection de l’adulte, 2014, p. 594 ss n. 1358 ss).

2.2. S’agissant de la cause du placement, la notion de « trouble psychique » est de nature 
juridique, et non médicale, mais les juristes dépendent en pratique des psychiatres pour la 
constatation d’un tel trouble (GUILLOD, in CommFam, Protection de l’adulte, 2013, art. 426 n. 36). 
Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, la notion de « trouble psychique » englobe toutes les 
pathologies mentales reconnues en psychiatrie, à savoir les psychoses et les psychopathies ayant 
des causes physiques ou non, les démences, ainsi que les dépendances, notamment l'alcoolisme, 
la toxicomanie ou la pharmacodépendance (ATF 137 III 289 consid. 4.2). Les problèmes 
psychiques nécessitant le plus souvent un séjour en établissement hospitalier sont pour les 
femmes la dépression grave, les troubles névrotiques, les troubles de la personnalité et la 
schizophrénie; pour les hommes, la schizophrénie, l'abus d'alcool, la dépression grave et la 

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toxicomanie (GUILLOD, art. 426 n. 51). En cas de troubles psychiques, la décision de placement à 
des fins d'assistance doit être prise sur la base d'un rapport d'expertise (art. 450e al. 3 CC), dans 
lequel l'expert doit notamment se prononcer sur l'état de santé de l'intéressé (ATF 140 III 101 
consid. 6.2.2 p. 102; 140 III 105 consid. 2.4).

En l’occurrence, l’expert a diagnostiqué que B.________ souffre de dysfonctionnement 
neurovégétatif somatoforme de type respiratoire avec comme diagnostic différentiel le trouble 
panique et de trouble mixte de la personnalité à traits dépendants et histrioniques. Le 
Dr F.________ s’est dit d’accord avec ce diagnostic lors de l’audience de ce jour. B.________ 
souffre ainsi bien d’un trouble psychique au sens de l’art. 426 al. 1 CC.

Certes, les recourants contestent fermement l’existence d’un trouble psychique. Le mari a 
cependant reconnu lors de l’audition de ce jour du bout des lèvres un épisode dépressif chez sa 
femme lié à l’accumulation de souffrances depuis près d’une année. Pour les recourants toutefois, 
B.________ souffre d’un problème somatique, qui engendre des douleurs impitoyables, et qui 
évidemment l’abat complètement jusqu’à n’envisager comme délivrance que l’issue fatale.

Les nombreuses analyses effectuées par divers médecins n’ont strictement pas étayé la thèse 
d’une origine somatique aux problèmes de santé de la recourante. En revanche, les psychiatres 
sont unanimes au vu du dossier sur l’origine psychique de ces problèmes, même s’ils n’ont à ce 
jour pas à coup sûr trouvé le traitement qui permet de les soigner vraiment efficacement. Cette 
situation d’échec temporaire conforte les recourants dans leur conviction que seule une origine 
somatique entre en considération. Ils n’en démordent pas. Même le fait qu’un psychiatre 
indépendant de l’Hôpital confirme l’existence d’une maladie psychique dans l’expertise du 30 août 
2018 n’effleure en rien leur certitude. A l’audience de ce jour, A.________ a ainsi indiqué 
suspecter désormais que les problèmes de son épouse sont les conséquences d’un « nerf 
coincé », sans que cela ne repose sur aucune observation ni avis médicaux, et que cette 
hypothèse semble pour la Cour incompatible avec le fait que, lorsque son épouse dort, ses 
problèmes respiratoires s’apaisent et disparaissent temporairement.

Cela étant, la Cour n’a manifestement aucun motif de ne pas suivre l’avis autorisé de l’expert.

2.3. Eu égard au principe de la proportionnalité, le fait que l'assistance ou le traitement 
nécessaires ne puissent pas être fournis d'une autre façon que par le biais d'un internement ou 
d'une rétention dans un établissement constitue l'une des conditions légales au placement. Tel 
peut notamment être le cas lorsque l'intéressé n'a pas conscience de sa maladie et de son besoin 
de traitement (ATF 140 III 101 consid. 6.2.3). L'établissement doit par ailleurs être « approprié », 
ce qui est le cas lorsque l'organisation et le personnel dont il dispose normalement lui permettent 
de satisfaire les besoins essentiels de la personne placée (ATF 114 II 213 consid. 7; 112 II 486 
consid. 4c p. 490; arrêt TF 5A_614/2013 du 22 novembre 2013 consid. 4.2).

Interrogé sur la nécessité de maintenir le placement, l’expert a là encore répondu de façon claire: 
en cas de levée de la mesure, B.________ risque de mettre fin à ses jours car « le risque d’une 
rapide péjoration de l’état psychique de l’expertisée avec réapparition des idées suicidaires serait 
élevé dans ce cas de figure aussi ».

La Cour a pu constater aujourd’hui la souffrance énorme dont la recourante est victime. Elle a 
aussi pu constater la détresse qu’une telle souffrance génère auprès de son mari. La situation leur 
est insupportable et leur désespoir est poignant.

Mais il n’en demeure pas moins qu’une alternative raisonnable au placement n’existe pas. Si 
B.________ quitte l’Hôpital sans que sa situation respiratoire se soit améliorée, le risque est 

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considérable pour que l’idée de suicide germe à nouveau en elle car, manifestement, elle ne peut 
plus endurer sa situation douloureuse. Un tel risque ne peut être pris.

Pour y pallier, A.________ propose de conduire chaque jour son épouse à l’Hôpital cantonal de 
Fribourg où elle y demeurerait la journée sous perfusion d’antidouleur; un médecin lui ferait faire 
des exercices respiratoires. Le soir, elle regagnerait le domicile conjugal, entouré par les siens. 
Interrogés sur cette proposition, tant l’expert à qui elle a été soumise par courriel (cf. expertise p. 5 
§ 2) que le Dr F.________ n’y ont pas adhéré. La Cour ne peut dès lors faire sienne une 
proposition qui, même si elle est formulée avec bienveillance par le mari, relève plus d’une 
aventure expérimentale que d’une proposition de traitement sérieuse et scientifiquement étayée 
faite avec l’accord des médecins de l’Hôpital cantonal.

2.4. Il ne fait enfin aucun doute que l’Hôpital est un établissement approprié pour y soigner les 
problèmes psychiques de B.________, ce que confirme l’expert.

2.5. Il s’ensuit que les conditions d’un placement demeurent à ce jour réunies. Le recours est par 
conséquent rejeté. Aucune date réaliste ne pouvant être avancée par le corps médical pour la fin 
du traitement (cf. déclaration de ce jour du Dr F.________, PV p. 5), il n’y a pas lieu de limiter la 
durée du placement, étant rappelé que l’intéressée ou l’un de ses proches peut en tout temps 
demander sa libération (art. 426 al. 4 CC).

3. Selon l’art. 6 al. 1 LPEA, les frais de procédure sont mis à la charge de la personne 
concernée, sous réserve de l'art. 108 CPC.

En l’espèce, le recours du 20 août 2018 est rejeté. B.________ et A.________ doivent ainsi 
supporter solidairement les frais judiciaires par CHF 1'400.-, soit l’émolument (CHF 400.-) et les 
frais d’expertise (CHF 1'000.-).

(dispositif en page suivante)

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la Cour arrête:

I. Le recours est rejeté.

Partant, la décision de la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine du 13 août 2018 
est confirmée.

II. Les frais judiciaires de la procédure de recours, par CHF 1’400.-, sont mis à la charge de 
B.________ et A.________ solidairement.

III. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral dans les trente jours 
qui suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral (LTF). L'acte de recours 
motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 31 août 2018/jde

Le Vice-Président: La Greffière-rapporteure: