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**Case Identifier:** 346e675b-8013-55f5-863a-28668629fff0
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-06-04
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 04.06.2013 A/1008/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1008-2013_2013-06-04.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/1008/2013-FORMA ATA/347/2013  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 4 juin 2013 

2ème section 

   dans la cause 

 

Madame X______ 
  

contre 

UNIVERSITÉ DE GENÈVE 
 

 

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A/1008/2013 

EN FAIT 

1)  Madame X______ a été immatriculée à l’Université de Genève (ci-après : 
l’université) dès la rentrée académique 2009/2010. Elle était inscrite à la faculté 
des sciences économiques et sociales (ci-après : la faculté), en vue d’obtenir un 
baccalauréat en gestion d’entreprise. 

2)  Durant l’année académique 2011/2012, Mme X______ a poursuivi son 
cursus de deuxième partie du baccalauréat précité. 

3)  Le 17 septembre 2012, le doyen de la faculté a établi son relevé de notation 

à la suite de la session d’examens d’août-septembre 2012 à laquelle elle s’était 
présentée. Elle était éliminée de la faculté n’ayant pas obtenu le nombre de crédits 
exigés. 

4)  Le 27 septembre 2012, Mme X______ a écrit au doyen de la faculté pour lui 

faire part de sa situation difficile sur le plan financier. Devant travailler, elle avait 

eu moins de temps que voulu pour réviser. Elle avait rencontré des problèmes de 

logement pendant sa période d’examens, ce qui avait conduit à des résultats 
décevants. Elle avait également rencontré des problèmes de santé qui avaient 

affecté son état psychologique. Elle demandait que la décision d’exclusion de la 
faculté soit revue et qu’elle ait la possibilité de refaire ses examens.  

5)  Le 11 octobre 2012, le doyen de la faculté a répondu à Mme X______. Il ne 

pouvait donner suite à sa demande. La décision d’élimination de la faculté était 
conforme au règlement d’études. 

 6)  Par courrier du 16 novembre 2012, Mme X______ a formellement fait 

opposition. Elle développait à nouveau les circonstances personnelles liées à son 

manque de ressources financières, qui l’avait entravée dans sa préparation aux 
examens. Elle demandait l’octroi d’une dérogation pour pouvoir réintégrer la 
faculté.  

7)  Le 29 novembre 2012, le doyen de la faculté a écrit à Mme X______. Il 

donnait suite à son opposition et transmettait le dossier à l’organe compétent. Il lui 
communiquerait la décision de celui-ci dès qu’elle serait prise. 

  Pour que la procédure d’opposition puisse suivre régulièrement son cours, 
elle devait s’acquitter des taxes universitaires pour le semestre de l’année scolaire 
2012/2013. 

8)  Le 18 février 2013, le doyen de la faculté a déclaré irrecevable l’opposition 
formée le 16 novembre 2012 par Mme X______ en vertu de l’art. 20 du règlement 
relatif à la procédure d’opposition au sein de l’Université de Genève du 16 mars 

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2009 (RIO-UNIGE). Au moment où elle avait formé son opposition, elle n’était 
pas immatriculée à l’université et ne s’était pas acquittée du paiement de ses taxes 
universitaires. Pourtant, elle avait été rendue attentive à cette exigence dans son 

courrier du 29 novembre 2012. 

9)  Par acte posté le 19 mars 2013, Mme X______ a interjeté recours auprès du 

Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) contre la décision 

précitée. Le 27 septembre 2012, elle avait adressé une lettre au doyen pour lui 

expliquer sa situation, puis, le 16 novembre 2012, elle avait fait opposition. Elle 

avait échoué à ses examens, et se trouvait éliminée de la faculté en raison de 

problèmes financiers qui l’avaient contrainte à travailler au préjudice de ses 
études. Ces circonstances avaient affaibli son état psychologique. A réception de 

la lettre du doyen du 29 novembre 2012, elle se trouvait sans ressources 

financières et n’avait aucune possibilité de solliciter un emprunt. Elle s’était 
trouvée  dès lors dans l’incapacité de s’acquitter des taxes universitaires. 

10)  Le 26 mars 2013, le TAPI a transmis le recours de Mme X______ à la 

chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre 

administrative) pour raison de compétence. 

11)  Le 26 avril 2013, l’université a conclu au rejet du recours. Mme X______ 
avait été éliminée de l’enseignement à la suite de cinq échecs définitifs à des 
examens obligatoires. Selon l’art. 20 RIO-UNIGE, les étudiants qui suivaient une 
formation de base ou approfondie devaient, au moment où ils formaient 

opposition, d’une part, être immatriculés au sein de l’université et d’autre part, 
s’être acquittés de la taxe universitaire leur incombant. S’ils ne remplissaient pas 
cette condition, leur opposition devait être déclarée irrecevable. Or, la recourante, 

le 16 novembre 2012, ne s’était pas acquittée de la taxe universitaire. C’était la 
raison pour laquelle le doyen de la faculté l’avait interpellée à ce sujet dans son 
courrier du 29 novembre 2012. Elle n’avait toujours pas payé ladite taxe. Il était 
donc conforme au RIO-UNIGE de déclarer son opposition irrecevable. Au 

demeurant, la situation personnelle de la recourante et les problèmes auxquels elle 

avait dû faire face ne permettaient pas de faire une exception, au risque de 

contrevenir, au principe d’égalité de traitement envers les autres étudiants qui se 
trouvaient dans une même situation.  

12)  Le 2 mai 2013, le juge délégué a accordé un délai aux parties pour formuler 

toute requête complémentaire. 

13)  Le 13 mai 2013, la recourante a apporté des précisions sur les problèmes de 

santé qu’elle avait rencontrés, qui s’étaient aggravés en mars 2011, de l’avis de 
son médecin traitant, le Docteur  B______. Elle avait consulté deux chirurgiens en 

septembre 2011 et janvier 2012. Ceux-ci avaient préconisé une opération. Malgré 

cela, elle avait ignoré l’ampleur de son mal-être et s’était présentée aux examens 
de la session de rattrapage, subissant des échecs. Les mois d’août à novembre 

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2012 avaient été les plus durs de sa vie car elle était exclue de l’université. Elle 
avait dû retourner dans le canton de Berne faute de ressources financières, elle 

n’avait pas prêté attention à la nécessité de s’acquitter des taxes universitaires, 
rappelée par le doyen de la faculté, qu’elle avait payées le 6 mars 2013. 

14)  Sur quoi, la cause a été gardée à juger.  

EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 

recevable (art. 132 de la loi sur l‘organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 

12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

  A titre liminaire, il sera rappelé que le doyen aurait dû considérer comme 

une opposition le courrier de Mme X______ du 27 septembre 2012. 

2)  Selon l’art. 43 al. 2 de la loi sur l’université du 13 juin 2008 (LU - C 1 30), 
l’université met en place une procédure d’opposition interne à l’égard de toute 
décision au sens de l’art. 4 LPA, avant le recours à la chambre administrative. 
Cette disposition est reprise à l’art. 90 du statut de l’université du 22 juin 2011, 
approuvé par le Conseil d’Etat le 27 septembre 2011. Sur cette base, la procédure 
d’opposition est réglée depuis le 16 mars 2009 au travers du RIO-UNIGE. 

3)  Selon l’art. 20 RIO-UNIGE, les étudiants suivant une formation de base ou 
approfondie, doivent être immatriculés au sein de l’université au moment où ils 
forment leur opposition et s’être acquittés de la taxe universitaire leur incombant 
(al. 1), sous peine d’irrecevabilité (al. 2). 

4)  L’étudiant qui est éliminé d’une unité principale d’enseignement et de 
recherche en vertu de l’art. 58 du statut est exmatriculé d’office, sauf s’il s’est 
inscrit pour un autre titre universitaire ou s’il a fait opposition à son élimination 
(art. 59 al. 4 du statut).  

5)  Selon l’art. 16 al. 2 LU, une loi spéciale fixe le montant maximum des taxes 
universitaires en s’assurant qu’il se situe dans le cadre du montant des taxes des 
Hautes écoles suisses. Jusqu’à l’adoption d’une telle loi, l’art. 48 LU prévoyait 
que l’ancien art. 63 al. 1 de la loi sur l’université du 26 mai 1973 (aLU - C 1 30) 
reste applicable. Selon celui-ci, sous réserve des dispositions de la loi sur 

l’encouragement aux études du 4 octobre 1989 (LEE – C 1 20), les taxes 
universitaires, dont le montant supérieur ne peut excéder CHF 500.- par semestre 

et par étudiant, est fixé par le département de l’instruction publique sur 
proposition du rectorat. 

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  En 2012, le montant de la taxe universitaire était de CHF 500.- par semestre, 

selon l’art. 76 al. 1 du statut, aucune loi spéciale n’ayant été adoptée. 

6)  Selon le doyen, après préavis de la commission instaurée par le 

RIO-UNIGE, l’opposition de l’étudiante est irrecevable parce que celle-ci n’avait 
pas payé les taxes universitaires du semestre scolaire 2012/2013 au moment où 

elle a formé opposition. Il s’agit de déterminer au paiement de quelle taxe l’art. 20 
RIO-UNIGE se réfère. 

7)  Selon une jurisprudence constante du Tribunal fédéral, la loi s’interprète en 
premier lieu d’après sa lettre (interprétation littérale). Si le texte légal n’est pas 
absolument clair, si plusieurs interprétations de celui-ci sont possibles, le juge 

recherchera la véritable portée de la norme en la dégageant de sa relation avec 

d’autres dispositions légales, de son contexte (interprétation systématique), du but 
poursuivi, singulièrement de l’intérêt protégé (interprétation téléologique), ainsi 
que de la volonté du législateur telle qu’elle ressort notamment des travaux 
préparatoires (interprétation historique ; ATF 132 V 321 consid. 6 p. 326 ; 129 V 

258 consid. 5.1 p. 263/264 et les références citées). Le Tribunal fédéral utilise les 

diverses méthodes d’interprétation de manière pragmatique, sans établir entre 
elles un ordre de priorité hiérarchique (ATF 133 III 175 consid. 3.3.1 p. 178 ; 125 

II 206 consid. 4a p. 208/209 ; ATA/422/2008 du 26 août 2008 consid. 7). Enfin, si 

plusieurs interprétations sont admissibles, il faut choisir celle qui est conforme à 

la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 

(Cst. - RS 101 ; ATF 119 Ia 241 consid. 7a p. 248 et les arrêts cités). 

8)  En l’espèce, le contentieux concerne une décision de l’université qui 
prononce l’élimination de la recourante à l’issue de la dernière session d’examens 
de l’année universitaire 2011/2012. Selon l’art. 59. al. 4 du statut, la recourante est 
restée immatriculée à l’université. Elle remplit donc la première des deux 
conditions de recevabilité de son opposition posées par l’art. 20 RIO-UNIGE. 
Concernant la seconde condition, soit celle du paiement des taxes universitaires 

également, l’interprétation téléologique de cette disposition statutaire conduit à 
retenir que les taxes universitaires qu‘elle doit avoir acquittées pour pouvoir 
exercer son droit d’opposition à son élimination sont celles de l’année 
universitaire à l’issue de laquelle cette décision est prise, soit celles dues pour 
2011/2012. L’université ne peut pas conditionner le traitement de cette opposition 
au paiement de taxes universitaires pour un nouveau semestre d’études alors que 
par la décision prise elle l’en a écarté. Une telle interprétation de l’art. 20 RIO-
UNIGE est non seulement contradictoire mais ne repose sur aucune base légale et 

conduit à restreindre arbitrairement le droit d’opposition de la recourante. 

9)  Le doyen a ainsi déclaré à tort irrecevable l’opposition de la recourante pour 
défaut de paiement de la taxe universitaire du premier semestre 2012/2013. Le 

recours sera admis et sa décision sur opposition annulée. La cause lui sera 

retournée pour nouvelle décision au sens des considérants. 

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10)  Aucun émolument ne sera perçu. Aucune indemnité de procédure ne sera 

allouée (art. 87 LPA).  

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 19 mars 2013 par Madame X______ contre la 

décision sur opposition du doyen de la faculté des sciences économiques et sociales de 

l’Université de Genève du 18 février 2013 ; 

au fond : 

l’admet ; 

annule la décision sur opposition ; 

retourne la cause à l’autorité décisionnaire pour nouvelle décision ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument ni alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 

2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 

suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 

de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 

de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 

au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 

conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Madame X______, ainsi qu’à l‘Université de Genève. 

Siégeants : Mme Hurni, présidente, MM. Thélin et Dumartheray, juges. 

 

 

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Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 

 

 

D. Werffeli Bastianelli 

 la présidente siégeant : 

 

 

E. Hurni 

 

 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  

 

 

 

 

 

 la greffière :