# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c150ed53-cb1f-50d9-9d76-855bb33f58f9
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours civile HC / 2013 / 361
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_010_HC---2013---361_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

JX13.002274-130685

186 

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS CIVILE

_________________________________________

Arrêt du
4 juin 2013

__________________

Présidence
de               M.             
Creux,
président

Juges             
:              M.             
Giroud et Mme Crittin Dayen 

Greffière             
:              Mme             
Egger Rochat

 

 

*****

 

 

Art.
107 al. 1, 110, 319 let. b ch. 1 et 322 al. 1 CPC

 

 

             
Statuant à huis clos sur le recours interjeté par
D.________
et M.________,
à [...], intimés, contre le prononcé rendu le 21 mars 2013 par le Juge de paix dans la
cause divisant les recourants d’avec
A.R.________,
B.R.________
et C.R.________,
à [...], requérants, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal voit :

             
En fait :

 

 

A.             
Par prononcé du 21 mars 2013, reçu le 26 mars 2013 par les locataires, le Juge de
paix du district de la Riviera – Pays-d’Enhaut a arrêté à 529 fr. 80
les frais judiciaires des parties bailleresses, comprenant 207 fr. de frais de justice, 86 fr. 40
de frais de serrurier, 86 fr. 40 de frais de déménagement et 150 fr. de frais
de dépannage (I), mis les frais à la charge des parties locataires, solidairement entre elles
(II), dit que les parties locataires rembourseront aux parties bailleresses leurs frais judiciaires par
529 fr. 80 et leur verseront la somme de 300 fr. à titre de dépens, en défraiement
de leur représentant professionnel (III) et a rayé la cause du rôle (IV).

 

             
En droit, le premier juge a considéré que l’expulsion des locataires s’étant
déroulée le 21 février 2013 en vertu de la procédure d’exécution
des art. 338 ss CPC, ces derniers avaient succombé. Ils devaient dès lors supporter
les frais judiciaires des bailleurs et verser à ceux-ci des dépens.

 

 

B.             
Le 4 avril 2013, les locataires ont recouru contre
ce prononcé, en contestant « la prise en charge des frais décidé dans l’affaire ».

 

             
Les intimés n’ont pas été invités à se déterminer.

 

 

C.             
La Chambre des recours civile fait sien dans son entier l'état de fait du jugement, complété
par les pièces du dossier, dont il ressort notamment ce qui suit :

 

             
1) Par ordonnance du 12 décembre 2012, le juge de paix a ordonné à M.________
et D.________ de quitter et rendre libre pour le 14 janvier 2013, à midi, l’appartement
de 3 pièces et demi n°  [...] au 2ème
étage et le garage n° 14, qu’ils occupaient dans l’immeuble sis ch. [...],
à [...]. A défaut pour les locataires de quitter volontairement ces locaux, il a chargé
l’huissier de paix, sous la responsabilité du juge de paix, de procéder à l’exécution
forcée de la présente décision sur requête des bailleurs, avec au besoin l’ouverture
forcée des locaux.

 

             
Les locataires n’ayant pas libéré l’appartement à cette date, les bailleurs,
A.R.________, B.R.________ et C.R.________ ont requis l’exécution forcée de l’ordonnance
précitée, le 14 janvier 2013. Celle-ci a été fixée au 21 février 2013,
à 9h00, par avis du 21 janvier 2013. Cet avis d’exécution forcée indiquait
notamment aux parties que « les locaux devront être rendus libres de toute personne et
de tout objet. Les clés auront été restituées au préalable à la partie
bailleresse. Si les locaux n’ont pas été libérés et/ou si les clés n’ont
pas été restituées, les personnes et objets se trouvant dans les locaux seront évacués
et/ou les serrures changées, le cas échéant par la force, aux frais de la partie locataire ».
L’avis d’exécution forcée adressé aux bailleurs mentionnait en outre qu’ils
devaient mettre à disposition pour cette opération les services d’un serrurier, d’une
entreprise de déménagement, ainsi que d’une dépanneuse, faute de quoi l’exécution
forcée n’aurait pas lieu.

 

             
2) Selon le procès-verbal d’exécution forcée tenue par l’huissière de
paix le 21 février 2013, étaient présents ce jour-là, à 9h, les entreprises
[...] à [...], [...] SA à [...], [...] SA, dépanneur à [...], le boursier communal
pour la Commune de [...], les représentants de la régie de [...] à [...] et le locataire
sortant, M.________.

 

             
Selon ce procès-verbal, le locataire a ouvert la porte de l’appartement alors entièrement
vide, de même que l’étaient le garage et la cave, et apparemment nettoyé. Il a restitué
l’entier des jeux de clés à la représentante de la gérance. Les déménageurs,
serrurier et dépanneur n’ont ainsi pas effectué d’opérations.

 

             
A 9h05, toutes les parties se sont retirées, à l’exception du locataire et des représentants
de la gérance, restés sur place pour l’état des lieux.

 

             
3) Les frais de déplacement des entreprises de déménagement et de dépannage se sont
montés à 86 fr. 40 et à 150 fr., et ceux du serrurier à 86 fr. 40,
TVA comprise, soit à un total de 322 fr. 80.

 

             
Les frais d’intervention et de déplacement de l’huissière de paix se sont élevés
à 57 francs.

 

 

             
En droit
:

 

 

1.             
Par renvoi de l’art. 110 CPC (Code
de procédure civile suisse du 19décembre 2008, RS 272), une décision sur les frais,
soit les frais judiciaires et les dépens au sens de l’art. 95 al. 1 CPC, est
susceptible de recours au sens de l’art. 319 let. b ch. 1 CPC.

 

             
Interjeté en temps utile, soit dans un délai de dix jours (art. 321 al. 2 CPC),
par une partie qui y a un intérêt digne de protection (art. 59 al. 2 let. a CPC),
le recours est recevable.

 

 

2.             
Le recours est recevable pour violation du droit
(art. 320 let. a CPC) et constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 let. b CPC). L'autorité
de recours dispose d'un plein pouvoir d'examen s'agissant de la violation du droit (Spühler, Commentaire
bâlois, 2010, n. 12 ad art. 319 CPC, p. 1504). Elle revoit librement les questions de droit soulevées
par le recourant et peut substituer ses propres motifs à ceux de l'autorité précédente
ou du recourant (Hohl, Procédure civile, tome II, 2ème
éd., 2010, n. 2508, p. 452).

 

 

3.             
a) Les recourants reprochent au premier juge d’avoir
mis à leur charge les frais judiciaires et de les avoir condamnés à verser des dépens
aux intimés.

 

             
b) En principe, les frais – soit les frais judiciaires et les dépens (art. 95 al. 1 CPC)
– sont mis à la charge de la partie succombante en vertu de l’art. 106 al. 1 CPC.

 

             
En cas d’acquiescement par actes concluants, la cause doit être rayée du rôle en
application de l’art. 242 CPC (Leumann Liebster, in Sutter-Somm/Hasenböhler/Leuenberger,
Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung, 2010, n. 13 ad art. 241 CPC ; Tappy,
CPC commenté, 2011, n. 23 ad art. 241 CPC p. 938). Lorsque la cause est rayée
du rôle conformément à l’art. 242 CPC, soit lorsque la procédure est devenue
sans objet pour d’autres raisons qu’en vertu d’une transaction, d’un acquiescement
ou d’un désistement d’action signés par les parties selon l’art. 241
CPC (Tappy, op. cit., n. 23 ad art. 241 CPC p. 938), les frais doivent être répartis
selon la libre appréciation du juge en vertu de l’art. 107 al. 1 let. e CPC
et non sur la base de l’art. 106 al. 1 CPC (CREC 10 octobre 2012/353
c. 3c ; Tappy, op. cit., n. 22 à 24 ad art. 107 CPC p.423).

 

             
La libre appréciation prévue par l’art. 107 al. 1 CPC se confond, en pratique,
avec une répartition en équité laissant une grande marge de manœuvre au juge (Tappy,
op. cit., n. 5 ad art. 107 CPC p.419).

 

             
c) En l’espèce, les locataires ont acquiescé par actes concluants à la requête
d’exécution forcée des bailleurs, l’un d’eux ayant ouvert la porte de son
logement vide et nettoyé, puis ayant restitué les jeux de clés à la représentante
de la gérance, le jour même de l’exécution forcée.

 

             
Il n’apparaît pas à la lecture du dossier que les bailleurs savaient, avant de se rendre
sur place le jour de l’exécution forcée, que l’appartement serait vide et qu’ils
trouveraient sur place un des locataires prêt à remettre les clés du logement. Aucune
pièce ne confirme que les locataires auraient, comme ils le soutiennent, informé la gérance
et l’agent d’affaires de leur « intention de rendre les lieux dans le délai
fixé du 21 février 2013, vide et propre tel que décidé par le Juge ».
Conformément à leur prétendue intention, les locataires auraient pu restituer les clés
du logement « au préalable » aux bailleurs, comme l’avait indiqué
l’avis d’exécution forcée.

 

             
Il ne peut ainsi être reproché aux bailleurs d’avoir maintenu le déplacement sur
place de l’huissier de justice, du serrurier et des entreprises de déménagement et de
dépannage, dont la présence était nécessaire pour le déroulement de l’exécution
forcée, qui n’est devenue sans objet que le jour même fixé pour cette exécution.
Au regard de l’art. 107 al. 1 let. e CPC, les bailleurs ne sauraient dès
lors supporter en équité les frais y relatifs. C’est à juste titre que le premier
juge a usé de sa marge de manœuvre en mettant la totalité des frais judiciaires, par 529 fr. 80,
ainsi que des dépens, par 300 fr., à la charge des locataires, solidairement entre eux,
en application de l’art. 106 al. 1 CPC.

 

 

4.             
Au vu de ce qui précède, le recours, mal fondé, doit être rejeté en vertu de
l’art. 322 al. 1 CPC et la décision entreprise confirmée.

 

 

5.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 100 fr. (art. 69 al. 1
et 70 al. 3 TFJC [tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre 2010, RSV 270.11.5]),
sont mis à la charge des recourants, solidairement entre eux.

 

             
Il ne se justifie pas d’allouer des dépens, les intimés n’ayant pas été
invités à se déterminer.

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours civile du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

en
application de l'art. 322 al. 1 CPC,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
Le jugement est confirmé.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 100 fr. (cent francs),
sont mis à la charge des recourants, M.________ et D.________, solidairement entre eux.

 

             
IV.             
L’arrêt motivé est exécutoire.

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du
5 juin 2013

 

             
Le dispositif de l'arrêt qui précède est communiqué par écrit aux intéressés.

 

             
La greffière :

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié en expédition complète, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. et Mme M.________ et D.________,

‑             
M. Youri Diserens (pour les intimés).

 

             
La Chambre des recours civile considère que la valeur litigieuse est de 829 fr. 80 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme le Juge de paix du district de la Riviera – Pays-d’Enhaut.

 

             
La greffière :