# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b81ede3c-69d8-5f58-8851-472b4f13f98f
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-12-06
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 06.12.2010 C/16504/2009
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-16504-2009_2010-12-06.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/16504/2009 - 4 

 
POUVOIR  JUDICIAIRE * COUR D’APPEL* 
 
 (CAPH/225/2010) 
 

 

E___ 

Dom. élu  : Me Alain GROS 
Rue Charles-Bonnet 4 

Case postale 399 

1211 Genève 12 

 

 

 

 

 

Partie appelante 
 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
D’une part 

T___ 

Dom. élu  : Me Marcel BERSIER 
Quai Gustave-Ador 4 

Case postale 3082 

1211 Genève 3 

 

 

 

 

 

 

Partie intimée 
 

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 
D’autre part 

 

 

 

 

ARRÊT 
 

du 6 décembre 2010 

 

 

  Mme Marguerite JACOT-DES-COMBES, présidente 

 

 

  Mme  Ruth SCHMID et M. Franco MAURI, juges employeurs 

 

  MM.  Raymond FONTAINE et Patrice MARRO juges salariés 

 

 

  M. Willy PERRET, greffier d’audience  
 

 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/16504/2009 - 4 

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 * COUR D’APPEL * 
 

 

 

EN FAIT 

 

 La Cour est saisie d'un appel de E___ (ci-après E___), formé en temps opportun à 

l'encontre d'un jugement TRPH/407/2010, rendu le 31 mai 2010, à teneur duquel 

le Tribunal des Prud'hommes, groupe 4, la condamne à verser à T___ fr. 105'000.- 

brut, avec intérêts à 5% l'an dès le 1
er

 janvier 2009, et fr. 7'069.75 net avec intérêts 

à 5% l'an dès le 5 décembre 2008, ainsi qu'à lui remettre un certificat de travail 

conforme à un projet figurant sous pce 4 demandeur.  

L'appelante conclut, ce jugement étant mis à néant, préalablement à la réouverture 

des enquêtes (sans indiquer les coordonnées des témoins qu'elle souhaite faire en-

tendre) ou, à titre subsidiaire, à la suspension de la procédure pendant 6 mois 

pour lui permettre de compléter son écriture sur la base des faits et preuves dé-

couverts dans la procédure pénale P/2880/2010; principalement elle conclut au re-

jet de la demande.  

 L'intimé conclut au rejet de l'appel.   

 Les faits suivants résultent du dossier:  

A.  E___ (E___), inscrite au registre du commerce de Genève, défenderesse) a pour 
but social la fourniture de conseils et services dans le domaine immobilier, finan-

cier, technique, ainsi que l’achat, la vente et la gestion de biens immobiliers à 
l’exclusion de toute transaction soumise à la LFAIE.  

En substance, E___ cherchait à réaliser ou réalisait déjà en Suisse la construction 

de projets immobiliers, ceci par le biais d'une société distincte pour chaque projet. 

Ses administrateurs étaient A___ et B___ (ce dernier détenant par ailleurs une ou 

des sociétés du groupe C___), chacun disposant d'une signature individuelle et le 

second nommé étant chargé de la gestion de la société.   

Le capital-actions de E___ est détenu à 100 % par D___ (société néerlandaise 

dont F___est actionnaire majoritaire et administrateur avec signature individuelle) 

et ses administrateurs ne détenaient d'actions qu'à titre fiduciaire pour cette der-

nière. 

B.  T___ a été engagé par E___ en qualité de Commercial Supervisor dès le 1er juillet 
2008, moyennant versement d'un salaire mensuel brut de fr. 15'000.-, versé douze 

fois l'an.  

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Précédemment, il travaillait pour la même société en qualité de consultant indé-

pendant, et lui facturait ses prestations par le biais d'une société fondée par lui en 

2002.   

Aucun contrat de travail écrit n’a été établi.  

Dans le cadre de son travail, il était amené à faire de fréquents déplacements (pour 

lesquels il utilisait son véhicule privé) et ses frais devaient lui être remboursés sur 

présentation des justificatifs, qu'il soumettait pour contrôle et approbation à la 

comptable G___. Les listings qu'il lui avait soumis n'avaient jamais été contestés. 

D'autres employés se faisaient rembourser leurs frais selon le même procédé.  

Son salaire de juillet et août 2008 lui a été versé. Il n'a toutefois rien reçu par la 

suite, ni à titre de salaire, ni à titre de remboursement de ses frais.  

C.  B___ étant soupçonné par F___ d'avoir détourné des fonds investis en Suisse par 
le groupe D___ en particulier par le biais de E___, une assemblée générale ex-

traordinaire de E___ s'est tenue le 3 octobre 2008, lors de laquelle les administra-

teurs H___ ont été révoqués de leurs fonctions et remplacés par I___ et J___. 

Les pouvoirs de B___ n'ont toutefois été radiés au Registre du commerce que le 

25 novembre 2008, après rejet d'une opposition formée par B___ en application 

des art. 162 et ss ORC.  

A raison des malversations qu'il aurait commises, plainte pénale a ensuite été dé-

posée à l'encontre de B___, laquelle est toujours en cours d'instruction (procédure 

P/2880/2010). 

D.  Ce même 3 octobre 2008, F___, accompagné en particulier de deux avocats, de 
gardes du corps et d’I___, s'est rendu dans les locaux genevois de E___.  

B___ a été informé qu'il était renvoyé avec effet immédiat et  physiquement em-

mené hors des locaux par les gardes du corps. Il est toutefois revenu le même jour 

avec la police, laquelle, constatant la situation régnant sur les lieux, a procédé à la 

fermeture des locaux et pris les clefs sous sa garde. K___, autre cadre de la socié-

té, a été licencié avec effet immédiat à cette même occasion.   

Par la suite, les nouveaux administrateurs de E___ ont pu accéder aux comptes de 

la société le 22 décembre 2008 et ont obtenu la restitution effective des clefs des 

locaux le 3 mars 2009. 

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E.  F___ a demandé à tous les employés présents au moment de la fermeture des lo-
caux de  "rester à disposition".  

T___, présent dans les locaux le 3 octobre 2008, a expliqué que I___ lui a dit de 

"revenir lundi"; il était revenu le lundi, puis le mercredi suivant, trouvant alors 

porte close. Il a ensuite entretenu des contacts avec F___ jusqu'en mars 2009, por-

tant sur les modalités d'une collaboration future, étant précisé que deux témoins 

ont déclaré respectivement avoir vu le demandeur avec F___ après le 3 octobre 

2008, respectivement avoir participé à un de leurs entretiens.  

Il affirme "avoir vécu sur ses réserves" depuis fin août 2008 et n'avoir eu aucun 

travail salarié, que ce soit pour une société du groupe C___ ou pour tout autre em-

ployeur.  

Il affirme également avoir dit tant à F___ qu'à I___ qu'il était à leur disposition, 

mais I___ n'avait jamais eu recours à lui;  F___, en revanche, l'avait parfois prié 

de s'occuper de son fils ou d'autres personnes, lors de leurs passages à Genève. 

Ces déclarations n'ont pas été contestées, ce qui permet à la Cour d'appel de tenir 

les faits susmentionnés pour avérés.  

Les discussions en vue d'une autre forme de collaboration future n'ont pas abouti.  

T___ n'a pas bénéficié de prestations de chômage et dit avoir retrouvé un travail 

temporaire en octobre 2009.    

 Dans l'intervalle, soit les 19 novembre, 17 décembre 2008, 15 et 21 janvier 2009, 

T___ a réclamé le paiement des salaires et frais arriérés, ainsi qu'en dernier lieu, la 

délivrance d'un certificat de travail. 

F.  Par courrier du 31 janvier 2009, E___ a licencié T___ pour l'échéance du 31 mars 
2009.  

Le congé étant motivé par la « situation de blocage temporaire » que connaissait 

la société. 

G.  La présente demande en paiement a été déposée le 23 juillet 2009, T___ assignant 
E___ en paiement de fr. 131'667.50 avec  intérêts 5 % l’an dès le 
5 décembre 2008, soit fr. 105'000.- brut à titre de salaire des mois de septembre 

2008 à mars 2009, fr. 6'793.80 à titre de frais exposés du 10 juillet au 2 octobre 

2008 et fr. 19'873.70 à titre de frais exposés du 6 mars au 3 juillet 2008. Il a en 

outre réclamé un certificat de travail selon un projet annexé à sa demande.  

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E___ a conclu au déboutement, réclamant en outre, en cours de procédure, la sus-

pension de la présente cause comme dépendant de la procédure pénale 

P/2880/2010.  

A l'appui de sa position, elle a fait valoir qu'T___ n’avait ni travaillé ni offert sa 
prestation de travail depuis le 3 octobre 2008; à cela s'ajoutait l'absence d'un con-

trat de travail écrit et la réalité des frais prétendus n'était pas établie; en outre, il 

"serait intéressant" de savoir si L___ avait travaillé pour des tiers - et en particu-

lier pour des sociétés du groupe C___ - après le 3 octobre 2008, ce que semblaient 

corroborer des versements faits par K___ sur son compte bancaire, lesquels  tota-

lisaient euros 14'282.90 entre octobre 2008 et mai 2009.  

Sur ce dernier sujet, T___ a exposé avoir le 31 octobre 2007 remis à bail à M___ 

Sàrl, pour un loyer mensuel d'euros 2'950.-, un appartement à Ferney-Voltaire de-

vant servir de logement à K___; ce dernier avait libéré cet appartement à fin oc-

tobre 2008, conservant toutefois le mobilier, moyennant paiement d'un loyer men-

suel d'euros 1'050.-, alors que l'appartement était loué vide à une tierce personne 

pour un loyer mensuel d'euros 1'900.-.  

H.  En substance, le jugement attaqué a retenu ce qui suit:  

 La relation entre T___ et E___ relevait des dispositions sur le contrat de travail, ce 

que corroboraient les pièces de la procédure, les déclarations du demandeur et des 

témoins entendus.   

 La demande de suspension, présentée de manière tardive, n'était pas justifiée, la 

procédure pénale n'étant pas en relation de connexité avec la demande en paie-

ment d'T___.  

La fermeture des locaux de l'employeur, le 3 octobre 2008, n'était pas de nature à 

mettre fin à la relation de travail et il incombait à l'employeur de procurer à T___ 

l'infrastructure nécessaire à l'accomplissement de son travail; à cela s'ajoutaient 

les contacts (confirmés par les témoins entendus) entretenus après le 3 octobre 

2008 par ce dernier avec la société, par l'intermédiaire de F___. E___ avait échoué 

à établir qu'T___ aurait, entre le 3 octobre 2008 et fin mars 2009, épargné des 

montants du fait de l’empêchement de travailler, gagné des sommes d’argent en 
exécutant un autre travail ou qu’il aurait intentionnellement renoncé à un gain, les 
seuls montants perçus étant liés à des locations et non à des activités lucratives. La 

prétention en versement de fr. 105'000.- à titre de salaire de septembre 2008 à 

mars 2009 était dès lors fondée et cette somme portait intérêt à 5% dès le 

1
er

 janvier 2009, date moyenne. 

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T___ ne pouvait prétendre au remboursement de ses frais pour la période anté-

rieure à la conclusion du contrat de travail; pour la période postérieure, soit celle 

courant dès le 1
er

 juillet 2008, les montants réclamés étaient justifiés et fr. 

7'069.75 (fr. 6'793.80 selon pièce 2 dem. et fr. 275.95 selon pièce 3 dem.) de-

vaient être alloués de ce chef. Ce montant portait intérêts à 5% l'an dès le 

5 décembre 2008, comme réclamé. Enfin, la demande relative à la délivrance d'un 

certificat de travail était pareillement fondée.  

Les arguments des parties devant la Cour seront repris ci-après dans la mesure 

utile.  

EN DROIT 

 

1. L'appel est recevable, pour avoir été formé dans le délai et suivant la forme prévue 
par la loi. 

 La cognition de la Cour d'appel est complète.  

2.  L'appelante reproche aux premiers juges d'avoir refusé la suspension de l'instruc-
tion de la présente cause comme dépendant de la procédure pénale P/2880/2010, 

faisant valoir que celle-ci permettra de démontrer si et dans quelles mesures ses 

employés - dont l'intimé - auraient travaillé pendant la relation de travail pour son 

ancien administrateur et les sociétés du groupe de celui-ci, à son propre détriment.  

 L'appelante n'explicite toutefois pas de manière suffisante le rôle qu'aurait joué  

l'intimé dans les malversations reprochées audit administrateur; la suspension re-

quise, incompatible avec la célérité que doit revêtir la procédure prud'homale, a 

ainsi été rejetée à juste titre.  

 A pareillement été rejetée à juste titre la conclusion tendant à octroyer à l'appe-

lante un délai supplémentaire pour motiver son l'écriture, en relation avec la 

créance compensante qu'elle soutient détenir à l'encontre de l'intimé. Ayant récu-

péré l'accès à ses comptes en décembre 2008 et à l'ensemble des dossiers se trou-

vant dans ses locaux début mars 2009, l'appelante disposait en effet d'un délai suf-

fisant, avant la clôture des débats de première instance, pour expliciter de manière 

suffisante la cause de celle-ci et donner des éléments chiffrés ou à tout le moins 

suffisants pour permettre d'en arrêter la valeur en application de l'art. 42 al. 2 CO .  

 Certes, l'appelante soupçonne l'intimé d'avoir travaillé pour des tiers entre le 3 

octobre 2008 et le 31 mars 2009, date pour laquelle elle a donné congé à l'intimé 

et ce dernier n'a pas donné d'explications totalement convaincantes au sujet des 

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versements reçus, durant cette période, de son ancien collègue K___, les sommes 

versées ne correspondant pas de manière précise aux loyers que celles-ci représen-

teraient. Cet élément n'est toutefois pas à lui seul suffisant pour retenir que les 

sommes versées correspondent à un salaire ou à des honoraires que l'intimé au-

raient perçus et qui devraient être imputés sur le salaire de fr. 105'000.- alloué par 

les premiers juges pour la période concernée.  

 Sur ce point, le jugement attaqué doit ainsi être confirmé. 

3.  L'appelante reproche en outre aux premiers juges d'avoir retenu qu'elle était en 
demeure de recevoir la prestation de travail de l'intimée, lequel ne lui avait pas of-

fert ses services et qui s'était contenté d'avoir, entre le 3 octobre 2008 et la date à 

laquelle elle avait mis fin au contrat de travail, deux entretiens avec F___, lequel 

n'avait pas de pouvoir de décision dans la société, et ceci uniquement dans le but 

de négocier les modalités d'une collaboration future. 

 L'argument est spécieux et frise la témérité.  

 L'appelante oublie qu'elle a elle-même motivé le licenciement notifié à fin janvier 

2009 par la "situation de blocage" dans laquelle elle se trouvait depuis la ferme-

ture de ses locaux (laquelle n'était en aucun cas imputable aux employés et plus 

spécifiquement à l'intimé) en date du 3 octobre 2008. Ayant informé ceux qui 

étaient présents (dont l'intimé faisait partie) qu'ils devaient rester à disposition, 

elle n'a pas spontanément repris contact avec eux, ni ne les a priés de reprendre 

leur travail lorsqu'elle a récupéré l'accès à ses bureaux le 3 mars 2009. 

 Dans ces conditions, une mise en demeure ou une offre de service était manifes-

tement vouée à l'échec et l'intimé - qui demeurait en contact avec l'ayant droit 

économique de la société, lequel avait lui-même "licencié" avec effet immédiat 

l'administrateur de la société, ne peut se voir se voir reprocher de n'avoir pas for-

mellement offert ses services.  

5.  L'appelante reproche enfin aux premiers juges d'avoir tenus pour établis, en l'ab-
sence de pièce justificatives, les frais dont l'intimé réclame le remboursement pour 

la période du 1
er

 juillet au 3 octobre 2008.     

 5.1 L’employeur rembourse au travailleur tous les frais imposés par l’exécution 
du travail et, lorsque le travailleur est occupé en dehors de son lieu de travail, les 

dépenses nécessaires pour son entretien (art. 327a al.1 CO); une indemnisation 

forfaitaire peut être prévue par écrit, par un contrat-type ou par une convention 

collective, à la condition qu'elle couvre les frais effectifs (art. 327a al. 2 CO); les 

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accords en vertu desquels le travailleur supporte lui-même tout ou partie de ses 

frais nécessaires sont nuls (art. 327a al. 3 CO). Ces dispositions sont de droit im-

pératif (ATF 124 III 305 consid. 3; plus récemment, arrêt du Tribunal fédéral 

4C.315/2004, consid. 2.2 et réf. citées), ce qui signifie qu'est interdit aussi bien  

l'accord selon lequel le travailleur s'engage à rembourser à l'employeur les dé-

penses nécessaires à l'exécution du travail, que celui par lequel le travailleur s'en-

gage à pourvoir directement au règlement de ce type de dépenses à l'égard de tiers 

(ATF 124 III 305 consid. 5) 

 Ce principe vaut également pour les frais de véhicule prévus à l'art. 327b al. 1 CO 

(arrêt du Tribunal fédéral 4C.315/2004 consid. 2.2 susmentionné), qui impose à 

l'employeur de prendre en charge les frais du véhicule privé du travailleur (soit  

frais courants d'usage et d'entretien, soit notamment essence, huile, services pério-

diques, réparations, etc., au prorata de la part correspand à l'utilisation profes-

sionnelle du véhicule), lorsqu'il est au courant de son utilisation pour les besoins 

du service, ou lorsque l'utilisation en est indispensable dans son intérêt.  

 La preuve des frais exposés incombe certes au travailleur, qui doit fournir à cet 

égard tous les justificatifs existants (art. 8 CC). Des exigences trop sévères ne 

doivent toutefois pas être posées à cet égard: ainsi, lorsque les justificatifs ne sont 

pas ou plus disponibles, l'indemnité due peut être arrêtée par application analo-

gique de l'art. 42 al. 2 CO (CAPH/105/2003 et réf. citée).  

 5.2 En l'espèce, l'intimé a réclamé des frais de déplacements en véhicule privé et 
de subsistance lors de ses déplacements.  

 L'appelante n'a contesté de manière claire, en première instance, ni que les tâches 

de l'intimé, de nature commerciale, le contraignaient à de fréquents déplacements, 

ni qu'il utilisait pour ce faire son propre véhicule, ni enfin que les déplacements 

listés dans les pièces 2 et 3 jointes à la demande, soit 5 en juillet, 3 en août, 7 en 

septembre et un en octobre 2008, aient été effectivement accomplis dans son inté-

rêt, ce qui conduit à tenir ces faits (au demeurant partiellement confirmés par té-

moin) pour avérés.  

 Il n'a été ni allégué, ni établi, que les parties auraient convenu d'une indemnité 

forfaitaire (par mois, par déplacement ou encore par kilomètre parcouru). L'intimé 

n'a par ailleurs produit ni justificatifs pour ses frais d'essence, entretien du  véhi-

cule etc., ni d'indications permettant de calculer, au moyen des tabelles existantes 

(Eurotax par exemple) la diminution effective de la valeur de son véhicule durant 

les 2 mois et 3 jours qu'a duré son activité pour l'appelante avant la fermeture des 

locaux de cette dernière. 

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http://intrapj/Decis/PH/Caph/?F=CAPH/105/2003&HL=Decision%7CCAPH%2F105%2F2003

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 Partant, il lui sera alloué (ce que les principes précités autorisent)  une indemnité 

kilométrique forfaitaire, couvrant l'usure du véhicule, les frais d'essence et l'entre-

tien courant, correspondant à celle fixée à dater de l'année fiscale 2007 selon l'ap-

pendice de l'Ordonnance du Département fédéral des finances sur la déduction des 

frais professionnels des personnes exerçant une activité lucrative dépendante en 

matière d'impôt fédéral direct du 10 février 1993 (RS 642.118.1) à fr. 0.65 par km 

parcouru; certes, ladite directive n'est pas directement applicable en droit civil, 

mais il est arrivé que la Cour d'appel s'en inspire dans le cadre d'une appréciation 

ex aequo et bono (notamment CAPH/228/2008). Le montant de fr. 0.65 le km sera 

dès lors retenu. 

 A teneur du listing produit et qui n'a pas été contesté sur ce point, les déplace-
ments de l'intimé entre le 1

er
 juillet et le 3 octobre 2008 ont représenté 3'114 kms, 

ce qui correspond à une indemnité forfaitaire de fr. 2'024.10. A cela s'ajoutent les 

frais de quatre repas, qui seront ex aequo et bono arrêtés à fr. 240.- (soit fr. 60.- 

par repas).  

 Le jugement attaqué sera dès lors modifié sur ce point, le montant alloué à titre de 

remboursement de frais étant réduit à fr. 2'264.10, portant intérêts à 5% dès le 31 

mars 2009, date à laquelle les rapports de travail ont pris fin.   

6.  Sous cette réserve, le jugement attaqué sera confirmé. Pour éviter toute ambiguïté, 
le dispositif sera complètement reformulé. 

 L'appelante obtenant très partiellement gain de cause, l'émolument d'appel versé 

par ses soins (soit fr. 2'200.-) restera à sa charge à concurrence de fr. 2'050.-, le 

solde de fr. 150.- devant lui être remboursé par l'intimé.  

 Il n'est pas alloué de dépens, aucune des parties n'ayant plaidé de manière fran-

chement téméraire.  

   

 

PAR CES MOTIFS, 
 

La Cour d'appel des prud'hommes, groupe 4 

 

A la forme : 

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Déclare recevable l'appel interjeté par E___ contre le jugement TRPH/407/2010, rendu 

le 31 mai 2010 par le Tribunal des prud'hommes, groupe 4, dans la cause 

C/16504/2009-4. 

Au fond : 

Admet partiellement l'appel, annule le jugement attaqué et, statuant à nouveau:  

Condamne E___ à verser à T___ 

-  fr. 105'000.- brut avec intérêts à 5% l'an dès le 1
er

 janvier 2009 

-  fr. 2'264.10 net avec intérêts à 5% l'an dès le 31 mars 2009.  

La condamne également à lui remettre un certificat de travail conforme à un projet figu-

rant sous pce 4 demandeur.  

Met l'émolument d'appel versé par E___ à concurrence de fr. 2'050.- à la charge de 

celle-ci et à concurrence de fr. 150.- à la charge d'T___.  

Condamne en conséquence T___ à verser ledit montant de fr. 150.- à E___.  

 

Dit qu'il n'est pas alloué de dépens.  

Déboute les parties de toutes autres conclusions.   

 

 

Le greffier de juridiction Le présidente