# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f41df187-70a4-5cf1-a800-e0d0036f5178
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 1987-03-04
**Language:** fr
**Title:** Verwaltungspraxis der Bundesbehörden (1987-2017) sonstige Behörden 04.03.1987 JAAC 51.74
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_VB/CH_VB_999_JAAC-51-74--_1987-03-04.pdf

## Full Text

JAAC 51.74

Déc.de la Comm. eur. DH du 4 mars 1987 déclarant
irrecevable la req.n° 10766/84, S.c/Suisse

Art. 6 § 1 CEDH. Droit à un procès équitable. Champ d’application
matériel.

La convention ne confère pas un droit à la réouverture d’une procédure
civile ou pénale; mais une procédure rouverte peut entrer dans le
champ d’application de l’art. 6 CEDH.

Art. 6 § 1 EMRK. Anspruch auf ein billiges (faires) Verfahren. Sachlicher
Geltungsbereich.

Die Konvention verleiht keinen Anspruch auf Wiederaufnahme eines
zivilrechtlichen oder strafrechtlichen Verfahrens; erfolgt jedoch die
Wiederaufnahme eines Verfahrens, so kann Art. 6 EMRK Anwendung
finden.

Art. 6 § 1 CEDU. Diritto a un processo equo. Campo d’applicazione
materiale.

La convenzione non conferisce un diritto alla riapertura di una
procedura civile o penale; ma una procedura riaperta può entrare nel
campo d’applicazione dell’articolo 6 CEDU.

1

La Commission relève tout d’abord que le requérant se plaint d’une série de
procédures concernant son droit de continuer une activité commerciale qu’il a
exercée depuis 1953, celle de casseur de voitures hors d’usage pour laquelle
une autorisation lui a été refusée suite à l’introduction, en 1977, d’une nouvelle
législation qui requiert une telle autorisation. Il soutient que les procédures
en question étaient déterminantes pour ses «droits et obligations de caractère
civil» au sens de l’art. 6 § 1 CEDH, disposition qu’il considère enfreinte du fait
qu’il n’a pas eu accès à un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi,
qui aurait entendu sa cause équitablement, publiquement et dans un délai
raisonnable.

La Commission accepte qu’on doit considérer comme des «droits civils» au
sens de l’art. 6 § l le droit de continuer l’activité commerciale dont il s’agit (voir,
mutatis mutandis, arrêt König du 28 juin 1978, Série A 27, et arrêt Van Marie
et autres du 26 juin 1986, Série A 101) ou le droit à l’octroi de l’autorisation
requise (voir arrêt Benthem du 23 octobre 1985, Série A 97[109]). Dès lors,
l’art. 6 § 1 CEDH est en principe applicable. La Commission n’est toutefois
pas appelée en l’espèce à se prononcer sur une éventuelle violation de cette
disposition, et ceci pour les raisons qui suivent:

Les procédures dont se plaint le requérant ne constituent pas, en effet,
un tout indivisible. En réalité il y a eu plusieurs procédures différentes,
concernant chaque fois un autre aspect de l’affaire du point de vue juridique,
vu également les changements considérables en ce qui concerne la base
légale des mesures appliquées au requérant. Il s’ensuit que, sous l’angle
de la convention, ces procédures doivent être examinées séparément. La
Commission doit rechercher pour chacune de ces procédures si les conditions
posées par la convention quant à la recevabilité d’une requête sont ou ne sont
pas remplies.

Or, on constate que dans la première procédure (1969/75), qui a eu lieu
encore sur la base de l’application, aux entreprises de casse de voitures, de la
réglementation générale en matière de construction, le requérant a omis de se
plaindre auprès du Tribunal fédéral de l’interdiction de continuer ses activités
faute de transférer son entreprise à un autre endroit. Le requérant n’a donc
pas épuisé les voies de recours internes comme prévu à l’art. 26 CEDH, et cette
partie de la requête doit être rejetée sur la base de l’art. 27 § 3.

Suite à l’introduction de la nouvelle législation cantonale qui a instauré un
régime d’autorisations pour les entreprises de casse de voitures, le requérant
a sollicité l’octroi d’une telle autorisation qui lui a été refusée. Dans cette
procédure, le requérant a bien épuisé les voies de recours internes en
introduisant un recours de droit public auprès du Tribunal fédéral, qui a
rejeté ce recours le 7 novembre 1980. C’est là la «décision définitive» au sens
de l’art. 26 CEDH, la demande ultérieure d’une révision de cette décision ne
pouvant pas être prise en considération, selon la jurisprudence constante de la
Commission, en tant que recours effectif visé par l’art. 26. Or, le requérant ne
s’est adressé à la Commission que le 15 août 1981, c’est-à-dire plus de six mois
après la décision interne définitive. Il n’a donc pas respecté le délai prévu à
l’art. 26 CEDH, et cette partie de la requête doit également être rejetée sur la
base de l’art. 27 § 3.

2

La troisième procédure qui a suivi et qui s’est achevée avec la décision
du Tribunal fédéral en date du 11 janvier 1982 ne concernait que la
constitutionnalité de la législation susmentionnée. Elle n’a en rien porté
sur la situation concrète du requérant et sur ses «droits et obligations de
caractère civil». L’art. 6 n’est donc pas applicable à cette procédure. Dans la
mesure où les griefs du requérant se réfèrent à cette procédure, la requête est
donc incompatible, ratione materiae, avec les dispositions de la convention. Il
s’ensuit que cette partie de la requête doit être rejetée sur la base de l’art. 27
§ 2 CEDH.

La quatrième procédure, par contre, qui s’est achevée avec la décision du
Tribunal fédéral en date du 11 mars 1983, visait à nouveau la situation
concrète du requérant. En fait, il a demandé un réexamen des décisions
antérieures le concernant en arguant qu’il y avait changement fondamental
des circonstances après l’adoption d’une nouvelle constitution cantonale. Les
juridictions compétentes ont finalement conclu qu’il n’y avait pas de base
suffisante pour justifier la réouverture de la procédure quant au fond, qui
avait été close avec effet définitif. En réalité, cette procédure ne concerne pas
la question de savoir si le requérant était en droit de demander la continuation
de ses activités professionnelles ou s’il était en droit de se voir attribuer
l’autorisation requise. Le but exclusif de cette procédure était la vérification
de l’existence de circonstances qui permettaient de rouvrir la procédure
ou de reconsidérer les décisions antérieures. Les «droits et obligations de
caractère civil» du requérant n’étaient donc pas directement visés. En effet,
la Commission peut renvoyer ici à sa jurisprudence constante selon laquelle
un droit à la réouverture d’une procédure civile ou pénale ne figure pas, en
tant que tel, parmi les droits et libertés garantis par la convention, et où elle
a conclu, en outre, que les procédures tendant à la réouverture d’une telle
procédure ne relèvent pas, elles-mêmes, de l’art. 6 CEDH bien que la procédure
rouverte puisse à nouveau rentrer dans le champ d’application de cet article
(voir, à ce propos, rapport du 24 janvier 1986 dans l’affaire Poiss c/Autriche,
§ 87-90).

Il s’ensuit que la procédure susmentionée échappe à l’application de l’art. 6
CEDH, et que les griefs du requérant s’y rapportant sont incompatibles, ratione
materiae, avec les dispositions de la convention. Cette partie de la requête doit
à nouveau être rejetée sur la base de l’art. 27 § 2 CEDH.

Les mêmes considérations s’appliquent à toutes les autres procédures qui
ont suivi, parce que là aussi le requérant n’a demandé que la reconsidération
des décisions prises à un stade antérieur et la réouverture des procédures en
question.

[109] Cf. JAAC 50.97 (1986).

3

Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften

Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées

Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali

JAAC 51.74 - Déc.de la Comm. eur. DH du 4 mars 1987 déclarant irrecevable la req.n°

10766/84, S.c/Suisse

In Verwaltungspraxis der Bundesbehörden
Dans Jurisprudence des autorités administratives de la Confédération
In Giurisprudenza delle autorità amministrative della Confederazione

Jahr 1987
Année

Anno

Band 51
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Ref. No 150 000 566

Das Dokument wurde durch das Schweizerische Bundesarchiv und die Bundeskanzlei konvertiert.

Le document a été digitalisé par les Archives Fédérales Suisses et la Chancellerie fédérale.

Il documento è stato convertito dall'Archivio federale svizzero e della Cancelleria federale.

	Déc.de la Comm. eur. DH du 4 mars 1987 déclarant irrecevable la req.n° 10766/84, S.c/Suisse