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**Case Identifier:** 4b22bf2a-f3c9-59f0-8f61-bc169224858e
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-10-16
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 16.10.2015 C/18471/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-18471-2014_2015-10-16.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 19 octobre 2015 

et au Tribunal de première instance le même jour. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/18471/2014 ACJC/1263/2015 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 16 OCTOBRE 2015 

 

Entre 

A______, sise ______, (VD), recourante contre une ordonnance rendue par la 12ème 
Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 7 août 2015, comparant par 

Me Flavien Valloggia et Me John F. Eardley, avocats, 16, rue De-Candolle, 1205 

Genève, en l'étude desquels elle fait élection de domicile, 

et 

1. Madame B______, domiciliée ______, (GE), intimée, comparant par  
Me Jean-Baptiste Vaudan, avocat, 8, rue de la Rôtisserie, 1204 Genève, en l'étude 

duquel elle fait élection de domicile, 

2. Monsieur C______, domicilié ______, Genève, autre intimé, comparant en personne, 

3. Monsieur D______, domicilié ______, (GE), autre intimé, comparant par  
Me Jean-Christophe Hocke, avocat, 3, rue François-Bellot, 1206 Genève, en l'étude 

duquel il fait élection de domicile, 

4. E______, ayant son siège ______, (Lettonie), autre intimée, comparant par  
Me Olivier Wehrli, avocat, 8-10, rue de Hesse, case postale 5715, 1211 Genève 11, en 

l'étude duquel elle fait élection de domicile, 

5. F______, ______, (Angleterre), autre intimée, comparant par Me Giorgio Campa, 
avocat, 8, avenue Pictet-De-Rochemont, 1207 Genève, en l'étude duquel elle fait 

élection de domicile. 

- 2/5 - 

 

C/18471/2014 

Vu, EN FAIT, l'ordonnance du Tribunal de première instance du 22 juin 2015 
transmettant la demande formée par E______ et F______ à A______, B______, 

C______ et D______, fixant un délai aux parties défenderesses au 9 septembre 2015 

pour répondre et déposer leur titres et ordonnant une audience de débats d'instruction au 

30 octobre 2015 à 9h; 

Vu l'ordonnance du Tribunal du 7 août 2015, notifiée le 10 août 2015, rejetant la requête 

de A______ en traduction de toutes les pièces rédigées en langue étrangère produites 

par E______ et F______, le Tribunal réservant la question de la traduction des pièces 

pertinentes à un stade ultérieur de la procédure; 

Que, par ordonnance du 18 août 2015, le Tribunal a reporté au 9 octobre 2015 le délai 

pour répondre des défenderesses et maintenu l'audience de débats d'instruction agendée 

au 30 octobre 2015; 

Que par acte expédié le 25 août 2015 au greffe de la Cour de justice, A______ sollicite, 

l'ordonnance du 7 août 2015 étant mise à néant, que les ordonnances des 22 juin et  

18 août 2015 soient également annulées et que la cause soit renvoyée au Tribunal pour 

nouvelle décision, à savoir que toutes les pièces accompagnant la demande soient 

traduites en français; 

Qu'elle requiert à titre préalable l'octroi de l'effet suspensif et la suspension de l'effet 

exécutoire de l'ordonnance du 18 août 2015 jusqu'à droit jugé sur le recours; 

Qu'elle expose qu'à défaut du prononcé de l'effet suspensif, les délais fixés dans les 

ordonnances des 22 juin et 18 août 2015 seraient maintenus, ce qui serait susceptible de 

lui causer un dommage difficilement réparable; l'ordonnance querellée était, par 

ailleurs, de nature à provoquer un tel préjudice, dès lors qu'elle priverait la recourante de 

la possibilité de se déterminer sur des pièces dont le contenu était juridique et 

"relativement technique"; 

Que E______ conclut au rejet de la requête d'effet suspensif, aucun préjudice 

difficilement réparable n'étant rendu vraisemblable, les conseils des demanderesses se 

présentant eux-mêmes comme capables de travailler en anglais; 

Que B______ et D______ ne s'opposent pas à l'octroi de l'effet suspensif; 

Que F______ s'y oppose, expliquant qu'aucun préjudice difficilement réparable n'est 

rendu vraisemblable, les parties défenderesses pouvant, en cas d'admission du recours, 

répondre à nouveau à la demande une fois les pièces traduites; que la recourante ne 

"manquait pas de sel" en requérant la traduction de pièces qu'elle avait en partie 

rédigées elle-même; qu'en outre, le Tribunal avait réservé la question de faire traduire 

ultérieurement des pièces pertinentes; 

Que C______ ne s'est pas déterminé sur effet suspensif; 

- 3/5 - 

 

C/18471/2014 

Considérant, EN DROIT, que le recours est recevable contre des décisions et 
ordonnances d'instruction de première instance, dans les cas prévus par la loi (art. 319 

let. b ch. 1 CPC) ou lorsqu'elles peuvent causer un préjudice difficilement réparable  

(art. 319 let. b ch. 2 CPC); 

Qu'en l'espèce, le refus d'ordonner la traduction de l'ensemble des pièces apportées par 

les parties demanderesse et de réserver la question de la traduction ultérieure des pièces 

pertinentes constitue une ordonnance d'instruction au sens de l'art. 319 CPC, dès lors 

qu'elle se rapporte à la conduite de la procédure; 

Qu'ainsi, la voie du recours n'est ouverte que si ce refus est susceptible de causer un 

préjudice difficilement réparable à la recourante; 

Que dans le cadre d'un recours, la cognition de la Cour est limitée à la constatation 

manifestement inexacte des faits et à la violation du droit (art. 320 CPC); 

Que selon l'art. 325 al. 2 CPC, l'instance de recours peut suspendre le caractère 

exécutoire de la décision attaquée, le recours ne déployant dans la règle (art. 325 al. 1 

CPC) aucun effet suspensif; 

Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la requête d'effet suspensif, 

vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet 

effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant 

en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour; 

Que l'instance de recours jouit d'un large pouvoir d'appréciation dans le cadre de la 

décision sur effet suspensif (JEANDIN, in CPC, Code de procédure civile commenté, 

BOHNET/HALDY/JEANDIN/SCHWEIZER/TAPPY [éd.], 2011, n° 6 ad art. 325 CPC); 

Que selon les principes généraux applicables en matière d'effet suspensif, le juge 

procèdera à une pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa 

décision est de nature à provoquer une situation irréversible; 

Qu'en l'espèce, au vu de l'argumentation de la recourante, le risque d'un préjudice 

difficilement réparable n'est pas manifeste; 

Qu'en effet, le refus d'ordonner la traduction vers le français de l'ensemble des pièces 

produites par les parties demanderesses n'emporte pas un tel préjudice; 

Que, d'une part, le Tribunal a expressément réservé la question de la traduction des 

pièces pertinentes à un stade ultérieur de la procédure; 

Que, d'autre part, la recourante pourra, le cas échéant et en cas de jugement lui étant 

défavorable, contester en appel le jugement au fond, l'instance d'appel ayant en outre la 

possibilité d'administrer des preuves (art. 316 al. 3 CPC) ou de renvoyer la cause en 

première instance pour complément d'instruction (art. 318 al. 1 let. c CPC); 

- 4/5 - 

 

C/18471/2014 

Que le seul prolongement de la procédure qui pourrait en résulter ne constitue pas en soi 

un préjudice difficilement réparable; 

Qu'il ressort de surcroit des pièces produites par les demanderesses que les parties ont 

choisi l'anglais comme langue régissant leurs rapports; 

Que E______ a allégué que les conseils de la recourante utilisaient l'anglais comme 

langue de travail, produisant à l'appui de cette allégation l'extrait du site Internet de 

l'étude dont ceux-ci sont associés; 

Que la recourante n'a pas contesté cette affirmation; 

Qu'il apparaît ainsi, prima facie et sans préjudice de l'examen au fond, que l'ordonnance 

querellée n'est pas susceptible de causer à la recourante un préjudice difficilement 

réparable; 

Que, partant, le recours semble, prima facie, dénué de chances de succès, car 

irrecevable; 

Que dans la mesure où l'effet suspensif a été accordé à titre superprovisionnel jusqu'à 

droit jugé après détermination des parties sur cette question et que le délai fixé par le 

Tribunal pour répondre est arrivé à échéance le 9 octobre 2015, il convient de fixer à 

nouveau ce délai; 

Que, par conséquent, le Tribunal sera invité à impartir un nouveau délai pour répondre; 

Que pour le surplus, il n'y a pas lieu de suspendre l'effet exécutoire attaché aux autres 

ordonnances rendues par le Tribunal, celle du 22 juin 2015 n'ayant pas été contestée 

dans le délai légal de recours et tant celle du 22 juin que celle du 18 août 2015 n'étant – 

hormis la fixation du délai de réponse, qui vient d'être traitée – pas affectées par la 

présente décision, étant précisé qu'il relève du pouvoir d'appréciation du Tribunal de 

maintenir la date de l'audience de débats d'instruction ou de la reporter à une date 

ultérieure, s'il l'estime opportun; 

Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104 

al. 3 CPC); 

Considérant enfin que la présente décision, de nature incidente, est susceptible d'un 

recours en matière civile au Tribunal fédéral, dans les limites de l'art. 93 LTF (ATF 137 

III 475 consid. 1; arrêt du Tribunal fédéral 4D_26/2011 consid. 2 et 3), et que la 

décision relative à une requête d'effet suspensif étant une mesure provisionnelle au sens 

de l'art. 98 LTF, seule peut être invoquée la violation des droits constitutionnels (art. 98 

LTF; ATF 137 III 475 consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral 2C_8/2011 du 3 mars 2011 

consid. 3.1). 

* * * * *

- 5/5 - 

 

C/18471/2014 

PAR CES MOTIFS, 

La Présidente de la Chambre civile : 

Statuant sur suspension de l'exécution : 

Rejette la requête de A______ tendant à la suspension de l'effet exécutoire attaché à 

l'ordonnance rendue le 7 août 2015 et à la suspension des effets de l'ordonnance rendue 

le 18 août 2015 par le Tribunal de première instance dans la procédure 

C/18471/2014-12. 

Invite le Tribunal à fixer un nouveau délai pour répondre à la demande. 

Dit qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision sur le fond. 

Siégeant : 

Madame Florence KRAUSKOPF, présidente; Madame Anne-Lise JAQUIER greffière. 

 

La présidente: 

Florence KRAUSKOPF 

 La greffière : 

Anne-Lise JAQUIER 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec 

expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du recours en matière 

civile, dans les limites des art. 93 et 98 LTF. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse inférieure à 30'000 fr.