# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 5697d0ba-5523-5ef8-8787-b2add9dbd52b
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2025-05-08
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 08.05.2025 E-2893/2025
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-2893-2025_2025-05-08.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour V 

E-2893/2025, E-2898/2025 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  8  m a i  2 0 2 5  

Composition 
 Deborah D'Aveni, juge unique,  

avec l'approbation de Yanick Felley, juge ; 

Alessandra Stevanin, greffière. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

(E-2893/2025), 

et son épouse,  

B._______, née le (…), 

(E-2898/2025), 

Colombie, 

(…),   

recourants,  

  
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile et renvoi (procédure accélérée) ;  

décisions du SEM du 14 avril 2025 / N (…). 

 

 

 

E-2893/2025, E-2898/2025 

Page 2 

Faits : 

A.  

Le 9 février 2025, les époux A._______ et B._______ (ci-après aussi : les 

intéressés, les requérants ou les recourants) ont déposé une demande 

d’asile en Suisse. 

B.  

Le 12 février 2025, les requérants ont signé un mandat de représentation 

en faveur des juristes de Caritas suisse.  

 

C.  

C.a Entendu sur ses motifs d’asile le 3 mars 2025, A._______ a exposé 

être ressortissant colombien, originaire de C._______, dans le 

département du D._______. Titulaire d’un diplôme technique en (…) ainsi 

que de certificats (…), il aurait travaillé en tant que (…) et (…) jusqu’à son 

départ du pays.  

Pour se faire connaître dans le monde de (…), il se serait adressé à des 

politiciens pour offrir ses services lors de campagnes politiques. Il aurait 

ainsi participé à la campagne électorale de l’actuelle maire de C._______ 

en décembre 2024 ainsi qu’apporté son aide à d’autres groupes de 

moindre importance.  

Le beau-père de son épouse, E._______, aurait lui aussi participé à des 

campagnes politiques en tant que « leader social » au sein du hameau 

F._______, à G._______. En raison de ses activités, il aurait été la cible de 

menaces et de tentative d’extorsion de la part du groupe armé « Jaime 

Barrela » (ou « Jaime Martinez »), ce qui l’aurait contraint à quitter la 

Colombie avec son épouse ainsi que deux de leurs enfants en début 

d’année 2024. 

Environ six mois après leur départ, les requérants auraient à leur tour reçu 

des menaces de mort, de recrutement forcé et de déplacement forcé par 

le biais de messages et d’appels téléphoniques de cette même 

organisation. Le soir du 4 octobre 2024, alors qu’ils étaient de sortie, ils 

auraient été agressés par deux personnes en moto qu’ils soupçonnent faire 

partie du groupe « Jaime Barrela », lesquelles leur auraient dérobé leurs 

téléphones portables et leurs effets personnels dans le but d’effacer les 

preuves des menaces proférées.  

Suite à cet épisode, ils auraient déposé plainte auprès du Parquet, de la 

« Procuraduria » et de l’Ombudsman de H._______. Hormis une 

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confirmation d’enregistrement de leur plainte, ils n’auraient eu aucune 

nouvelle des suites pénales de cette affaire. Le 2 janvier 2025, ils se 

seraient rendus à I._______ pour échapper aux menaces et demander 

l’aide de l’Etat ; ils n’auraient toutefois obtenu aucune prise en charge en 

raison du non-renouvellement du contrat de travail des employés 

étatiques. Le 27 janvier 2025, alors qu’ils séjournaient et travaillaient à 

I._______, ils auraient reçu une lettre de menaces au domicile des parents 

de A._______. Trois jours plus tard, ils auraient à nouveau rejoint 

C._______, par manque de moyens financiers. Ne se sentant pas en 

sécurité, ils n’auraient pas quitté la maison jusqu’à ce que E._______ leur 

envoie des billets d’avion pour le rejoindre en Suisse. Ils auraient ainsi 

quitté la Colombie par voie aérienne, le 6 février 2025.  

Après leur départ, ils auraient appris par la mère de l’intéressé que trois ou 

quatre personnes vêtues de capuches s’étaient présentées chez eux à leur 

recherche.  

Interrogé sur son état de santé, A._______ a indiqué souffrir d’un 

déboîtement de l’épaule depuis l’agression du 4 octobre 2024.  

C.b Entendue sur ses motifs d’asile les 3 mars et 3 avril 2025, B._______ 

a quant à elle déclaré être ressortissante colombienne, originaire de 

H._______ et avoir grandi à C._______ (D._______). Autour de ses dix 

ans, elle se serait établie en J._______ avec sa mère et son beau-père 

durant quelques années, avant de retourner vivre à C._______. Après son 

baccalauréat, elle aurait travaillé dans la restauration. 

Son beau-père, E._______, aurait été actif en tant que « leader social » à 

K._______. Dans ce cadre, il aurait « aidé les zones rurales dans les 

conflits » et participé à des campagnes politiques auxquelles elle aurait 

également pris part. Elle aurait notamment expliqué à la population 

comment voter, aurait distribué des brochures et aurait participé à la 

campagne publicitaire de plusieurs membres de la mairie de C._______. 

Victime de tentative d’extorsion et de menaces de la part du groupe 

« Jaime Martinez », son beau-père aurait été contraint de fuir le pays avec 

sa famille. Environ six mois après leur départ, elle et son époux auraient 

été à leur tour menacés de mort et sommés de payer sa dette. 

Le 4 novembre 2024, ils auraient subi une agression par des individus en 

moto, suite à quoi ils auraient porté plainte en ligne. En janvier 2025, ils 

auraient rejoint I._______ pour demander de l’aide et auraient appris, lors 

de leur séjour dans (…), que le groupe « Jaime Martinez » avait déposé 

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une lettre de menaces à leur domicile. De retour à C._______, ils se 

seraient rendus au Ministère public de H._______ environ une semaine 

avant leur départ du pays pour poursuivre les démarches en lien avec leur 

plainte pénale.     

Le 6 février 2025, ils auraient rejoint la Suisse par avion. 

Interrogée sur son état de santé, B._______ a déclaré avoir des douleurs 

au niveau de l’ovaire et ne pas se sentir bien psychologiquement. 

C.c A l’appui de leurs allégations, les requérants ont produit leur certificat 

d’union (partenariat enregistré), une lettre de menaces ainsi qu’une 

annonce des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) à la 

population, des documents concernant les démarches pénales initiées 

(accusés de réception de dépôt de plainte, formulaire de dénonciation, 

demandes d’inclusion dans le programme de protection des victimes et 

courriel de présentation de ce programme) ainsi que des captures d’écran 

de publications Facebook et des vidéos concernant la situation sécuritaire 

à C._______. 

D.  

Le 10 avril 2025, le Secrétariat d'Etat aux migrations (ci-après : le SEM ou 

l’autorité inférieure) a transmis un projet de décision aux intéressés. 

Ces derniers ont pris position le jour même, par l’intermédiaire de leur 

représentation juridique. 

E.  

Par décisions séparées du 14 avril 2025, notifiées le jour même, le SEM a 

refusé de reconnaître la qualité de réfugié aux requérants, a rejeté leur 

demande d’asile, a prononcé leur renvoi de Suisse et a ordonné l’exécution 

de cette mesure. 

F.  

Par actes du 23 avril 2025, les intéressés, agissant seuls, ont formé 

recours contre les décisions précitées auprès du Tribunal administratif 

fédéral (ci-après aussi : le Tribunal), par lesquels ils ont tous les deux 

conclu à leur annulation et, à titre principal, à la reconnaissance de la 

qualité de réfugié et à l’octroi de l’asile ou, à titre subsidiaire, au prononcé 

d’une admission provisoire ou, plus subsidiairement, au renvoi de la cause 

à l’autorité inférieure « pour nouvelle instruction tenant compte des liens 

entre la recourante et son beau-père ». Sur le plan procédural, ils ont 

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sollicité l’effet suspensif, la dispense du versement d’une avance de frais 

et l’assistance judiciaire totale.  

G.  

Il ressort du dossier référencé N (…) que le beau-père de B._______, sa 

mère ainsi que deux de leurs enfants ont déposé une demande d’asile en 

Suisse le 13 mars 2024, laquelle est toujours en cours d’instruction. 

H.  

Les autres faits et arguments de la cause seront examinés, pour autant 

que de besoin, dans les considérants en droit. 

 

Droit : 

1.  

1.1 Le Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les 

décisions au sens de l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à 

l'art. 33 LTAF. 

En particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile peuvent 

être contestées devant le Tribunal (cf. art. 33 let. d LTAF, applicable par 

renvoi de l'art. 105 LAsi), lequel statue alors définitivement, sauf demande 

d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à se protéger 

(cf. art. 83 let. d ch. 1 LTF), exception non réalisée en l’espèce. 

Le Tribunal est donc compétent pour statuer sur la présente cause. 

1.2 Les intéressés ont qualité pour recourir. Présentés dans la forme et le 

délai prescrits par la loi (cf. 48 et 52 PA et art. 108 al. 1 LAsi), les recours 

sont recevables. 

1.3 En raison de la connexité entre les causes des recourants, il se justifie 

de les joindre et de statuer sur les recours dans un seul arrêt.  

2.  

2.1 Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans 

le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 

ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion, de 

leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou de 

leurs opinions politiques. Sont notamment considérées comme de sérieux 

préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou de la 

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liberté, de même que les mesures qui entraînent une pression psychique 

insupportable (art. 3 al. 1 et 2 LAsi ; cf. ATAF 2010/28 consid. 3.3.1.1). 

2.2 Quiconque demande l'asile doit prouver ou du moins rendre 

vraisemblable qu'il est un réfugié. La qualité de réfugié est vraisemblable 

lorsque l'autorité estime que celle-ci est hautement probable. Ne sont pas 

vraisemblables notamment les allégations qui, sur des points essentiels, 

ne sont pas suffisamment fondées, qui sont contradictoires, qui ne 

correspondent pas aux faits ou qui reposent de manière déterminante sur 

des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 LAsi). 

2.3 La crainte face à de sérieux préjudices à venir, telle que comprise à 

l'art. 3 LAsi, contient un élément objectif, au regard d'une situation ancrée 

dans les faits, et intègre également dans sa définition un élément subjectif. 

Sera reconnu comme réfugié, celui qui a de bonnes raisons, c'est-à-dire 

des raisons objectivement reconnaissables pour un tiers (élément objectif), 

de craindre (élément subjectif) d'avoir à subir selon toute vraisemblance et 

dans un avenir prochain une persécution. 

2.4 Selon la jurisprudence du Tribunal, une persécution réfléchie est 

admise lorsque des proches d'une personne persécutée sont exposés à 

des représailles en vue d'exercer des pressions sur cette personne 

(cf. ATAF 2010/57 consid. 4.1.3 et réf. cit.). Il y a lieu d'apprécier l'intensité 

du risque de persécution réfléchie en fonction des circonstances du cas 

d'espèce. Il convient de prendre en compte que ces mesures n'ont pas 

nécessairement pour but l'obtention de renseignements, mais qu'elles 

peuvent également viser des personnes qui s'engagent ouvertement en 

faveur de leurs proches ou encore être prises en guise de représailles, pour 

punir tous les membres d'une même famille pour les agissements de l'un 

d'entre eux, soit parce qu'ils sont soupçonnés de partager ses opinions et 

ses buts, soit pour les intimider ou pour tenter de faire taire l'activiste en 

question. Il incombe à celui qui se prévaut d'une persécution réfléchie 

d'expliquer les risques encourus du fait des agissements de ses proches 

et leur impact sur sa situation personnelle. 

3.  

3.1 En l’espèce, le SEM a écarté tout risque de persécution imminente et 

tangible à l’encontre des intéressés. Il a d’abord relevé que ces derniers 

ne revêtaient aucun profil politique particulier au point d’être considérés 

comme des « cibles militaires », dans la mesure où ils avaient simplement 

travaillé dans le domaine de (…) et distribué, de manière périodique, des 

brochures en expliquant à la population comment voter. Il a ensuite retenu 

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que les auteurs des menaces n’étaient pas clairement identifiés et indiqué 

que ceux-ci ne se seraient pas limités à des menaces non exécutées s’ils 

avaient vraiment eu l’intention de nuire aux requérants de manière ciblée. 

Il a ajouté que les premières menaces dataient de six mois après la fuite 

de la famille de B._______ et que la visite des personnes vêtues de 

capuches à leur recherche leur avait été relayée par un tiers, ce qui était 

insuffisant pour retenir l’existence d’une crainte fondée de persécutions 

futures. Le SEM a par ailleurs indiqué que la Colombie disposait d’une 

infrastructure destinée à la protection de ses citoyens, de même qu’un 

appareil policier et un système judiciaire adéquat avec la capacité et la 

volonté de protéger ses citoyens, et qu’il revenait ainsi aux intéressés de 

solliciter préalablement la protection nationale. A cet égard, il a relevé que 

le traitement de leur plainte auprès du Ministère public était en cours, que 

celle-ci avait ainsi été enregistrée et qu’aucun élément n’indiquait que les 

autorités n’avaient pas la volonté de les protéger. Il a enfin retenu la faible 

valeur probante des moyens de preuve, considérant que les lettres de 

menaces pouvaient avoir été rédigées pour les besoins de la cause.  

S’agissant de l’exécution du renvoi, il a estimé cette mesure licite, 

raisonnablement exigible et possible, indiquant que les intéressés étaient 

jeunes, sans charge familiale et au bénéfice d’une expérience 

professionnelle. Il a ajouté qu’ils avaient de la famille à C._______ avec 

laquelle ils étaient toujours en contact et a considéré que les affections 

médicales alléguées n’étaient pas de nature à surseoir à l’exécution de leur 

renvoi, dès lors que celles-ci pouvaient être soignées en Colombie.   

3.2 Les recourants reprochent quant à eux au SEM d’avoir négligé le lien 

de famille qui les relie à E._______, beau-père de B._______, reconnu 

comme personne politisée et ciblé de manière concrète et intense par le 

groupe armé « Jaime Martinez ». Ils soutiennent avoir collaboré avec celui-

ci dans le cadre de campagnes politiques, lors desquelles ils se seraient 

montrés personnellement actifs, et invoquent que les menaces dont ils font 

l’objet sont consécutives à son départ (« effet ricochet »). Ils allèguent au 

demeurant avoir échoué à obtenir la protection des autorités 

colombiennes.  

S’agissant de l’exécution de leur renvoi, ils soutiennent que la famille de 

B._______ se trouve désormais en Suisse et que celle de A._______ – 

avec laquelle ils sont certes en contact – a également été ciblée par les 

menaces du groupe depuis leur fuite, si bien que s’installer auprès d’elle 

représenterait un sérieux danger.  

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Page 8 

4.   

4.1  

4.1.1 Comme exposé plus haut, il faut déduire de la jurisprudence que pour 

retenir l'existence d'un risque de persécution réfléchie, il ne suffit pas pour 

un requérant d'invoquer, de façon générale et abstraite, que faute de 

retrouver la personne recherchée, les autorités s'en prendront à un 

membre de sa famille en guise de représailles. Il appartient au contraire à 

celui qui entend se prévaloir d'un tel risque d'exposer dans quelle mesure 

les activités menées par le membre de sa famille concerné l'exposent 

concrètement et sérieusement à de tels sévices. 

 

4.1.2 En l’espèce, les recourants ne parviennent pas à démontrer qu’ils 

courent un risque concret de persécution en raison des activités de leur 

beau-père. D’emblée, il convient de relever que les premières menaces 

qu’ils auraient subies seraient intervenues deux mois avant l’événement 

du 4 octobre 2024 ou, selon une autre version, au mois de novembre 2024 

(cf. procès-verbal d’audition de A._______ [ci-après : PV1], R59 et R129 

et procès-verbal d’audition de B._______ [ci-après : PV2], R14 et R87). 

Dans les deux cas, les menaces ont débuté plus de six mois après le départ 

de E._______, si bien que le lien entre la fuite de ce dernier et la situation 

des recourants n’est pas établi avec évidence. A cela s’ajoute que les 

recourants ont vécu en Colombie jusqu’en février 2025, soit près d’une 

année après le départ des membres de leur famille, année pendant 

laquelle les menaces alléguées n’ont pas été mises à exécution. Or, tel que 

mentionné à juste titre par le SEM, si les auteurs des menaces avaient 

véritablement l’intention de s’en prendre à eux de manière ciblée, ils 

auraient vraisemblablement entrepris des mesures plus drastiques à leur 

encontre. 

4.1.3 Force est ensuite de relever que les recourants sont incapables 

d’exposer les raisons pour lesquelles leur beau-père serait activement 

recherché par les membres du groupe criminel qu’ils soupçonnent être 

l’auteur des menaces. Interrogés au sujet des activités menées par 

E._______, ils n’ont fourni aucune information concrète de nature à 

démontrer que ce dernier occupait un rôle politique d’une quelconque 

importance. Ils ont au contraire déclaré que celui-ci était « leader social » 

d’un hameau (selon les versions, F._______ ou K._______) et qu’il 

participait dans ce cadre à des campagnes politiques. Invitée à plusieurs 

reprises par le SEM à exposer ses activités avec plus de détails, 

B._______ s’est contentée de déclarer qu’il était chargé de résoudre les 

conflits de la communauté locale en apportant son soutien aux gens « par 

rapport aux problèmes qu’ils pouvaient avoir », indiquant pour le surplus 

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ignorer ce qu’il faisait exactement (cf. PV2, R79), depuis quand il occupait 

ce rôle et précisant que les problèmes qu’il résolvait n’étaient pas 

« quelque chose de très important » (cf. idem, R79 et R80). A._______ a 

quant à lui indiqué que le beau-père de son épouse veillait au bien-être de 

la population de la zone F._______, notamment en ce qui concerne les 

routes et la sécurité, et que des réunions étaient organisées pour s’assurer 

que tout allait bien (cf. PV1, R117). Sans préjuger ici de la vraisemblance 

et de la pertinence des préjudices allégués par le beau-père de B._______, 

les déclarations des recourants, qui se sont avérées en tout point 

indigentes concernant la persécution réflexe dont ils se prévalent, ne 

suffisent à l’évidence pas à conclure qu’ils risqueraient un quelconque 

préjudice réfléchi du fait des activités de E._______.   

4.1.4 En outre, on ne saurait retenir, comme allégué dans le recours, que 

les recourants ont été personnellement actifs aux côtés de E._______ lors 

de campagnes électorales et qu’ils revêtent de ce fait un profil politique 

particulier. A admettre qu’ils ont sporadiquement participé à des 

campagnes, leur rôle dans ce cadre s’est limité à offrir des services 

professionnels en matière de (…) en ce qui concerne A._______ et à 

informer la population en ce qui concerne B._______. De ses propres 

aveux, A._______ a exercé de telles activités pour se faire connaître dans 

son domaine professionnel (cf. idem, R56), tandis que B._______ a 

apporté son soutien à la population en donnant des explications de vote, 

en distribuant des brochures et en participant à la campagne publicitaire 

(cf. PV2, R37). Ils n’ont l’un ou l’autre témoigné aucun intérêt pour la cause 

politique et n’ont fait preuve d’aucun activisme pour lesquels ils se seraient 

fait remarquer. Il en va pour preuve que A._______ ne se souvient même 

plus à quelles campagnes il a participé et quels politiciens étaient 

concernés (cf. PV1, R72). 

4.1.5 Sans que cela ne soit à lui seul déterminant, il apparaît en outre que 

les menaces alléguées par les recourants sont demeurées vagues. S’ils 

ont certes indiqué avoir été menacés de déplacement forcé, recrutement 

et « obligation à faire des choses » (cf. notamment PV1, R55, R58, R61, 

R78 et PV2 R81, R82 et R124), ils n’ont fourni aucune indication pertinente 

sur les auteurs de ces menaces, se contentant d’indiquer de manière 

générale et stéréotypée qu’ils torturaient, tuaient, recrutaient et volaient les 

gens (cf. PV2, R84). Ils n’ont en revanche jamais été directement 

confrontés à eux et semblent identifier leurs auteurs sur la base de simples 

suppositions (cf. PV1, R63 et PV2, R83, R85 et R86). Compte tenu de ces 

seules informations, on ne saurait déduire un risque concret et imminent 

de sérieux préjudices futurs à l’encontre des recourants. Il en va d’ailleurs 

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pour preuve que si ces derniers se sentaient véritablement en danger à 

C._______, ils n’y seraient vraisemblablement pas retournés après leur 

séjour à I._______.  

4.2  

4.2.1 En tout état de cause, et comme relevé à juste titre par le SEM, les 

recourants ne sont pas parvenus à démontrer l’impossibilité, 

respectivement l’absence de volonté et de capacité des autorités 

colombiennes de leur offrir une protection. Selon sa jurisprudence, le 

Tribunal part en général du principe que les autorités pénales et judiciaires 

colombiennes sont capables et désireuses de protéger leurs citoyens, 

même s’il est vrai que les procédures concernant l'octroi de la protection 

peuvent durer longtemps et que les mesures mises en place sont parfois 

critiquées comme étant inappropriées (cf. arrêt du Tribunal D-2760/2022 

du 16 mars 2023 consid. 6.5.1 et réf. cit.). Selon les sources consultées, le 

Ministère public colombien est en outre considéré comme relativement 

professionnel. La collaboration entre les forces de sécurité et les groupes 

armés illégaux a diminué ces dernières années et, en juin 2021, une 

réforme judiciaire a été adoptée notamment dans le but d’accélérer les 

procédures judiciaires (cf. Freedom House, Freedom in the World 2023 – 

Colombia, 2023, < https://www.ecoi.net/en/document/2088501.html >, 

consulté le 08.05.2025).  

4.2.2 En l’occurrence, il ressort de leurs déclarations que les recourants 

ont initié les démarches nécessaires en contactant notamment le Parquet, 

la « Procuraduria » et l’Ombudsman et en se rendant personnellement au 

Ministère public de H._______ ainsi qu’à l’unité des victimes à I._______ 

(cf. PV1, R89 et PV2, R100 ss) et leur plainte a été enregistrée par les 

autorités. Le fait qu’ils n’aient plus obtenu de nouvelles des suites pénales 

de leur affaire n’est pas déterminant, dans la mesure où les recourants ont 

quitté le pays une semaine après l’enregistrement de leur plainte (cf. PV1, 

R95 et PV2, R110), sans attendre de savoir quel sort y serait donné. Dans 

ces conditions, aucun élément n’indique que les autorités colombiennes 

seraient restées inactives ou inefficaces et auraient concrètement refusé 

de leur venir en aide.  

4.3 A cela s'ajoute encore que les autres membres de la famille des 

recourants restés en Colombie, à savoir les parents, le frère et la grand-

mère de A._______ ainsi que le demi-frère de B._______ n'ont subi aucun 

désagrément depuis leur départ du pays (cf. PV1, R37 ss et PV2, R59). 

Les allégations du recours selon lesquelles ceux-ci auraient été menacés 

après leur fuite ne sont aucunement établies et semblent avoir été 

https://www.ecoi.net/en/document/2088501.html

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Page 11 

avancées uniquement pour servir les besoins de la cause. Quoi qu’il en 

soit, rien n'empêche les recourants de s'installer dans une autre région du 

pays à leur retour en Colombie pour éviter toute confrontation avec 

l’organisation criminelle qu’ils redoutent, notamment à I._______, où ils ont 

déjà vécu dans le passé sans être importunés, étant précisé qu’il n’existe 

à l’heure actuelle en Colombie aucun groupe post-AUC (Autodéfenses 

unies de Colombie) doté d'une structure, d'une présence et d'un contrôle à 

l'échelle nationale (cf. arrêts du Tribunal D-2760/2022 précité consid. 6.5.2 

et E-766/2020 du 27 avril 2020 consid. 6.2.3.2). 

4.4 Dès lors, en revoyant pour le surplus à la décision du SEM, il y a lieu 

de confirmer que les recourants ne remplissent pas les conditions pour se 

voir reconnaître la qualité de réfugié et octroyer l’asile. 

5.  

Il s'ensuit que le recours doit être rejeté, en tant qu'il conteste le refus de 

reconnaissance de la qualité de réfugié et d’octroi de l’asile. 

6.  

Lorsqu'il rejette la demande d'asile ou qu'il refuse d'entrer en matière à ce 

sujet, le SEM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en 

ordonne l'exécution (art. 44 LAsi). 

Aucune exception à la règle générale du renvoi, énoncée à l'art. 32 al. 1 de 

l'ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l'asile relative à la procédure (OA 1, 

RS 142.311), n'étant en l'occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par 

la loi, de confirmer cette mesure.  

7.  

L'exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement 

exigible et possible. Si ces conditions ne sont pas réunies, l'admission 

provisoire doit être prononcée. Celle-ci est réglée par l'art. 83 LEI 

(RS 142.20). 

8.  

8.1 L'exécution du renvoi est illicite, lorsque la Suisse, pour des raisons de 

droit international public, ne peut contraindre un étranger à se rendre dans 

un pays donné ou qu'aucun autre Etat, respectant le principe du 

non-refoulement, ne se déclare prêt à l'accueillir ; il s'agit d'abord de 

l'étranger reconnu réfugié, mais soumis à une clause d'exclusion de l'asile, 

et ensuite de l'étranger pouvant démontrer qu'il serait exposé à un 

traitement prohibé par l'art. 3 CEDH (RS 0.101) ou encore l'art. 3 de la 

E-2893/2025, E-2898/2025 

Page 12 

Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou 

traitements cruels, inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105). 

8.2 En l'occurrence, l'exécution du renvoi ne contrevient pas au principe de 

non-refoulement de l'art. 5 LAsi, les recourants n'ayant pas rendu 

vraisemblable qu'ils seraient exposés, en cas de retour en Colombie, à de 

sérieux préjudices au sens de l'art. 3 LAsi (cf. supra). 

8.3 Pour les raisons déjà exposées, ils ne démontrent pas à satisfaction de 

droit qu'il existerait pour eux un risque réel, fondé sur des motifs sérieux et 

avérés, d'être victime de torture ou encore d'une peine et d'un traitement 

inhumain ou dégradant au sens de l'art. 3 CEDH ou de l'art. 3 Conv. torture 

en cas d'exécution du renvoi dans leur pays d'origine. 

8.4 Au vu de ce qui précède, l'exécution de son renvoi sous forme de 

refoulement ne transgresse aucun engagement de la Suisse relevant du 

droit international, de sorte qu'elle s'avère licite (art. 83 al. 3 LEI ; 

ATAF 2014/28 consid. 11). 

9.  

9.1 Selon l'art. 83 al. 4 LEI, l'exécution de la décision peut ne pas être 

raisonnablement exigée si le renvoi ou l'expulsion de l'étranger dans son 

pays d'origine ou de provenance le met concrètement en danger, par 

exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou de 

nécessité médicale. Cette disposition s'applique en premier lieu aux 

« réfugiés de la violence », soit aux étrangers qui ne remplissent pas les 

conditions de la qualité de réfugié parce qu'ils ne sont pas personnellement 

persécutés, mais qui fuient des situations de guerre, de guerre civile ou de 

violence généralisée, et ensuite aux personnes pour qui un retour 

reviendrait à les mettre concrètement en danger, notamment parce qu'elles 

ne pourraient plus recevoir les soins dont elles ont besoin 

(cf. ATAF 2014/26 consid. 7.3 à 7.10 ; 2011/50 consid. 8.1 à 8.3). 

9.2 La Colombie ne connaît pas une situation de guerre, de guerre civile 

ou de violence généralisée qui permettrait d'emblée – et indépendamment 

des circonstances du cas d'espèce – de présumer, à propos de tous les 

ressortissants du pays, l'existence d'une mise en danger concrète au sens 

de l'art. 83 al. 4 LEI. 

9.3 En outre, il ne ressort du dossier aucun élément dont on pourrait inférer 

que l'exécution du renvoi impliquerait une mise en danger concrète des 

recourants. En effet, comme retenu par le SEM, ces derniers sont jeunes, 

E-2893/2025, E-2898/2025 

Page 13 

en bonne santé générale et en mesure de se réinsérer dans la vie active à 

leur retour en Colombie. Ils disposent en outre d’un réseau familial dans 

leur pays d’origine, dont les parents, le frère et la grand-mère de A._______ 

ainsi que le demi-frère de B._______ (cf. PV1, R37 ss et PV2, R59), étant 

rappelé que les menaces dont ces derniers feraient actuellement l’objet par 

le groupe « Jaime Barella » ne sont pas établies et qu’il est quoi qu’il en 

soit loisible aux intéressés de s’installer dans une autre région de leur pays 

d’origine. Quant à la possibilité pour les recourants de bénéficier d’une 

prise en charge médicale et d’un suivi psychique en Colombie, il peut être 

renvoyé à la décision du SEM, dès lors que cet élément n’est pas contesté 

dans le recours.  

9.4 Pour ces motifs, l'exécution du renvoi doit être considérée comme 

raisonnablement exigible. 

10.  

Enfin, les recourants sont en possession de documents suffisants pour 

rentrer dans leur pays ou, à tout le moins, sont en mesure d'entreprendre 

toute démarche nécessaire auprès de la représentation de leur pays 

d'origine en vue de l'obtention de documents de voyage leur permettant de 

quitter la Suisse. L'exécution du renvoi ne se heurte donc pas à des 

obstacles insurmontables d'ordre technique et s'avère également possible 

(cf. ATAF 2008/34 consid. 12). 

11.  

La décision du SEM doit donc également être confirmée en ce qu'elle porte 

sur l'exécution du renvoi et le recours rejeté sur ce point. 

12.  

S'avérant manifestement infondés, les recours sont rejetés dans une 

procédure à juge unique, avec l'approbation d'un second juge 

(cf. art. 111 let. e LAsi). 

Il est renoncé à un échange d’écritures, le présent arrêt n’étant motivé que 

sommairement (cf. art. 111a al. 1 et 2 LAsi). 

13.  

13.1 Dans la mesure où il est immédiatement statué sur le fond, la 

demande de dispense du versement d'une avance des frais de procédure 

devient sans objet. 

E-2893/2025, E-2898/2025 

Page 14 

13.2 Les conclusions du recours étant d'emblée vouées à l'échec, la 

demande d'assistance judiciaire totale doit être rejetée (cf. art. 65 al. 1 PA 

en lien avec l'art. 102m LAsi). 

13.3 Au vu de l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure 

à la charge des recourants, conformément aux art. 63 al. 1 PA et art. 2 et 

3 let. a du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et 

indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2). 

 

(dispositif : page suivante)  

E-2893/2025, E-2898/2025 

Page 15 

 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Les causes E-2893/2025 et E-2898/2025 sont jointes. 

2.  

Les recours sont rejetés. 

3.  

Les frais de procédure, d'un montant de 750 francs, sont mis à la charge 

des recourants. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans 

les 30 jours dès l'expédition du présent arrêt. 

4.  

Le présent arrêt est adressé aux recourants, au SEM et à l'autorité 

cantonale. 

 

La juge unique : La greffière : 

  

Deborah D'Aveni Alessandra Stevanin 

 

 

Expédition :