# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 3473a06e-a1d0-5b83-808a-894186058b3d
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-04-09
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 09.04.2013 P/13468/2012
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-13468-2012_2013-04-09.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par pli(s) recommandé(s) du 16 mai 2013 et à 
l'autorité inférieure. 

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/13468/2012 AARP/156/2013

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 9 avril 2013 

 

Entre 

Monsieur A______, alias B______, né le ______ 1976, de nationalité tunisienne, sans 

domicile connu, actuellement détenu à la prison de Champ-Dollon, chemin de Champ-

Dollon 22, 1241 Puplinge, prévenu, comparant par Me Imed ABDELLI, avocat, rue du 

Mont-Blanc 9, 1201 Genève, 

 

appelant, 

 

contre le jugement JTDP/30/2013 du 16 janvier 2013 rendu par le Tribunal de police, 

 

et 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6b, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

Monsieur C______, domicilié rue de______, 1201 Genève, partie plaignante, comparant en 

personne, 

Monsieur D______, domicilié route de______, 1226 Thônex, partie plaignante, comparant 

en personne, 

 

intimés.

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EN FAIT : 

A. a. Par courrier du 21 janvier 2013, A______, alias B______ (ci-après : A______), a 
annoncé appeler du jugement rendu le 16 janvier 2013 par le Tribunal de police, dont 
les motifs ont été notifiés le 8 février 2013, par lequel le tribunal de première 
instance l'a reconnu coupable de brigandage (art. 140 ch. 1 al. 2 du Code pénal suisse 
du 21 décembre 1937 [CP ; RS 311.0]) et de séjour illégal (art. 115 al. 1 let. b de la 
loi fédérale sur les étrangers du 16 décembre 2005 [LEtr ; RS 142.20]), l’a condamné 
à une peine privative de liberté de 10 mois, sous déduction de 109 jours de détention 
avant jugement, ordonnant son maintien en détention pour des motifs de sûreté, ainsi 
qu’aux frais de la procédure par CHF 1'475.-, y compris un émolument de jugement 
de CHF 900.- . 

 b. Par acte du 27 février 2013, A______ a formé la déclaration d'appel prévue à l'art. 
399 al. 3 du Code de procédure pénale du 5 octobre 2007 (CPP ; RS 312.0). Il 
conclut à la déqualification du chef de brigandage en vol et requiert une peine 
privative de liberté n’excédant pas quatre mois. 

 Il y a joint un constat médical daté du 31 janvier 2013 faisant état d'une "obstruction 
nasale chronique gauche et de démangeaisons de l'oreilles gauche" suite à un "coup 
latéral sur le nez" datant de plusieurs mois, ayant entrainé une "déviation septale 
post-traumatique". 

 c. Par acte d'accusation du 28 novembre 2012, il est reproché à A______, de s'être 
introduit, le 30 septembre 2012, à la rue de ______ à Genève, dans la cave de 
l'épicerie ______ et de s'être emparé du sac à dos appartenant à C______, contenant 
divers vêtements, ainsi que d'avoir emporté et conservé par devers lui le sac à dos et 
son contenu, obtenant de la sorte un avantage patrimonial indu. Alors qu'il fouillait 
ledit sac à dos dans la cave et avait été surpris par D______, il avait, dans le but de 
conserver le sac à dos, sorti un couteau, à tout le moins menacé de le faire, laissant 
ainsi D______ craindre pour sa vie ou son intégrité corporelle. 

 Il lui était encore reproché d'avoir séjourné à Genève, entre le 13 août 2012 et le 30 
septembre 2012, démuni de papier d'identité, de ressources et des autorisations 
nécessaires. 

B. Les faits pertinents pour l'issue du litige sont les suivants : 

 a. Le 30 septembre 2012 en fin de journée, l'intervention de la police était requise au 
numéro ______ de la rue de ______ pour le vol d'un sac à dos, contenant divers 
vêtements, appartenant à C______. Ledit sac avait été volé dans la cave du 
commerce de D______, laquelle n'était pas fermée à clé. 

 b. D______, dont la langue maternelle est le tamoul, mais s'est exprimé en français 
sans interprète, a exposé à la police avoir dû se rendre à la cave de son commerce, 

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l'épicerie______ , sise rue de______, afin d'y déposer du matériel. Il s'était alors 
retrouvé en présence d'un individu, qu'il identifiait formellement comme étant 
A______, agenouillé dans sa cave et fouillant un sac à dos. En le voyant, il avait eu 
peur et s'était protégé au moyen de la caisse frigorifique qu'il tenait dans les mains. 
Aculé, A______ avait sorti un couteau de sa poche. D______ l'avait laissé passer de 
peur d'être blessé. A______ avait emporté le sac à dos de son ami C______ et la 
glacière qu'il lui avait jetée dessus. 

 c. A______ a été interpellé, à la rue______, quelques minutes après les faits, en 
possession du sac à dos de C______, ainsi que d'un couteau qui se trouvait dans la 
poche de sa veste et qui a été saisi. La glacière n'a en revanche pas été retrouvée. 

 d.a A______ a commencé par prétendre avoir acheté le sac à dos. Il a finalement 
admis qu'il se trouvait dans la cave de D______, qu'il fouillait ledit sac lorsque ce 
dernier l'avait surpris et frappé avec un objet. Il n'avait pas menacé D______ au 
moyen d'un couteau, même s'il était exact qu'il en avait un dans sa poche. Il n'avait 
pas volé de glacière. Il était toxicomane et consommait de l'héroïne de temps en 
temps tout en suivant un traitement à la méthadone. Au moment des faits, il en avait 
d'ailleurs consommé. Il n'avait pas besoin de voir un médecin dans l'immédiat, mais 
il n'était pas exclu qu'il doive y avoir recours durant son audition s'il était en manque. 
Il en informerait les policiers cas échéant. 

 d.b Devant le Ministère public, A______ a expliqué qu'il était rentré dans la cave 
pour uriner. Il s'était emparé d'un sac et avait été surpris par son propriétaire, qui 
l'avait frappé et lui avait cassé une dent. Il s'était enfui avec le sac et avait été 
interpellé immédiatement après. Il n'avait jamais sorti de couteau. Il avait déjà été 
condamné en 2006 pour des faits similaires et avait compris la leçon. Il ne pouvait 
expliquer comment le plaignant avait su qu'il était en possession d'un couteau. Peut-
être supposait-il que toute personne d'origine maghrébine était porteur d'un couteau. 
La police l'avait insulté lorsqu'il avait indiqué avoir une dent cassée et souhaiter être 
soigné. 

 e.a Lors de l'audience de confrontation avec le plaignant, A______ a confirmé ses 
précédentes déclarations, en particulier qu'il était en possession d'un couteau mais 
qu'il ne l'avait pas sorti. Il avait en revanche prévenu D______ qu'il était muni d'un 
couteau, car ce dernier le frappait. Même s'il avait voulu, il n'aurait pas pu sortir le 
couteau qui se trouvait dans sa poche intérieure gauche, car il tenait le sac avec sa 
main droite et se protégeait avec la gauche.  

 e.b D______, assisté d'un interprète en langue tamoule - le procureur ayant considéré 
que sa compréhension du français ou de l'anglais n'était pas suffisante pour l'entendre 
hors la présence d'un interprète -, était descendu à la cave pour ranger du matériel 
suite à une fête se déroulant dans le quartier. Alors qu'il remontait à l'épicerie, il avait 
remarqué A______ qui urinait dans les escaliers du premier étage. Il l'avait interpellé 

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mais n'était pas monté à l'étage. Quelques minutes plus tard, il était redescendu à la 
cave et y avait entendu du bruit. A______ était accroupi au dessus d'un sac à dos en 
train d'y ranger quelque chose. Il avait eu peur et l'avait interpellé. A______ avait 
alors sorti un couteau de "vers sa hanche droite". Il ne savait pas s'il provenait de sa 
poche ou s'il était accroché à sa ceinture et ne pouvait donner aucune information 
supplémentaire s'agissant de ses caractéristiques, n'ayant aperçu que la lame. En 
réalité, il ne savait pas de quel côté le couteau avait été sorti. En voyant le couteau, il 
avait eu le réflexe de jeter la caisse frigorifique qu'il tenait dans les mains sur 
A______ et s'était enfui en courant. Ce dernier avait émis un son qu'il n'avait pas 
compris et avait pris la fuite derrière lui en tenant le sac dans sa main gauche et la 
glacière dans sa main droite. Arrivé à la porte principale de l'immeuble, il avait 
essayé de contenir A______ puis s'était rendu dans son magasin pour appeler la 
police. A aucun moment, il ne s'était battu avec A______.  

 Informé de l'incidence que la présence d'un couteau pouvait avoir sur l'issue de la 
procédure, D______ a certifié avoir bien vu A______ sortir un couteau, mais ne pas 
avoir attendu qu'il le sorte entièrement pour lui jeter la glacière dessus et prendre la 
fuite. Il a encore répété être certain d'avoir vu A______ sortir un couteau après avoir 
entendu les dénégations de ce dernier.  Il contestait avoir frappé A______ à plusieurs 
reprises. 

 f. Lors de l'audience de jugement, tant A______ que D______ ont persisté dans leurs 
précédentes déclarations. 

C. a. Le 25 mars 2013, la Chambre de céans a ordonné l'ouverture d'une procédure 
orale.  

 b. Le 4 avril 2013, A______ a déposé des conclusions en indemnisation aux termes 
desquelles il conclut à l'octroi d'une indemnité de CHF 40'000.-, avec intérêts à 5% 
dès le 30 septembre 2012, en réparation de son tort moral, avec suite de frais et 
dépens. 

 c.a A l’audience, A______ a rectifié les indications données précédemment au sujet 
de sa situation personnelle affirmant vouloir dorénavant dire la vérité. Sa véritable 
identité était B______, né le ______ 1976, et non le ______ 1977, à Tunis, de 
nationalité tunisienne. Il était arrivé de Tunisie en France, début 2002, avant de se 
rendre en Italie où il avait appris, sur le tas, les métiers de soudeur et de boucher, son 
éducation s'étant limitée à une scolarité suivie jusqu'à l'âge de 13 ans. Il était arrivé 
en Suisse dès la fin de l'année 2002. Il était veuf, sa femme et leurs ______ enfants 
étant décédés dans ______ en 2007. Depuis, il avait eu une nouvelle enfant, ______, 
avec une ressortissante______, qui était certainement repartie vivre dans son pays 
avec leur fille. Il n'en avait plus aucune nouvelle. Avant son incarcération, il avait 
entrepris des démarches pour retourner en Italie, mais il souhaitait désormais rentrer 

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en Tunisie auprès de sa famille, conscient que la situation en Italie ne lui était plus 
favorable. Il avait dès lors pris contact avec le Service social de la prison en ce sens. 

 Il niait toujours avoir sorti un couteau de sa poche. Il avait seulement indiqué à la 
partie plaignante être en possession d'un couteau, alors que celle-ci l'avait frappé au 
nez, à la bouche et à l'oreille. Il avait eu le nez et une dent cassés. Il avait avancé sa 
main pour se protéger en disant avoir un couteau, mais il ne l'avait jamais sorti. Son 
nez était bleu et il souffrait lorsqu'il avait été interpellé. La police n'avait rien 
entrepris pour le soigner, en particulier pas appelé de médecin, malgré qu'il ait 
indiqué souffrir. La partie plaignante avait menti à trois reprises s'agissant de 
l'endroit d'où le couteau aurait été brandi et l'avait frappé. La prison l'avait beaucoup 
affecté. 

 c.b Par la voix de son conseil, A______ persiste dans ses conclusions telles quelles 
ressortent de sa déclaration d'appel et de sa requête en indemnisation, tout en en 
laissant la quotité à l'appréciation de la Cour. 

D. A______ a été condamné à douze reprises depuis le ______ 2003, essentiellement 
pour des infractions contre le patrimoine (vol en 2005, 2006 et 2008 à trois reprises 
entre début juin et fin septembre 2008; brigandage le ______ 2006; dommages à la 
propriété), à la loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes du 3 
octobre 1951 (LStup ; RS 812.121) et à la LEtr. Sa condamnation la plus récente date 
du ______ 2011 (art. 19 al. 1 LStup et séjour illégal). 

EN DROIT : 

1. L'appel est recevable pour avoir été interjeté et motivé selon la forme et dans les 
délais prescrits (art. 398 et 399 CPP). 

 La partie qui attaque seulement certaines parties du jugement est tenue d'indiquer 
dans la déclaration d'appel, de manière définitive, sur quelles parties porte l'appel, à 
savoir (art. 399 al. 4 CPP) : la question de la culpabilité, le cas échéant en rapport 
avec chacun des actes (let. a) ; la quotité de la peine (let. b) ; les mesures qui ont été 
ordonnées (let. c) ; les prétentions civiles ou certaines d'entre elles (let. d) ; les 
conséquences accessoires du jugement (let. e) ; les frais, les indemnités et la 
réparation du tort moral (let. f) ; les décisions judiciaires ultérieures (let. g). 

 La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel (art. 404 
al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP). 

2. 2.1 La présomption d’innocence, dont le principe in dubio pro reo est le corollaire, 
est garantie expressément par les art. 6 par. 2 CEDH et 32 al. 1 Cst., ainsi que par 
l’art. 10 al. 3 CPP, selon lequel le tribunal doit se fonder sur l’état de fait le plus 
favorable au prévenu lorsque subsistent des doutes insurmontables quant aux 
éléments factuels justifiant une condamnation. Ainsi, en tant que règle d’appréciation 

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des preuves, ce principe est violé si le juge se déclare convaincu de faits défavorables 
à l’accusé sur lesquels, compte tenu des éléments de preuve qui lui sont soumis, il 
aurait au contraire dû, objectivement, éprouver des doutes sérieux et irréductibles 
(ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_784/2011 du 12 mars 
2012 consid. 1.1.2). 

 Confronté à des versions contradictoires, il forge sa conviction sur la base d'un 
ensemble d'éléments ou d'indices convergents. L'appréciation des preuves doit être 
opérée dans son ensemble et l'état de fait déduit du rapprochement de divers éléments 
ou indices. Un ou plusieurs arguments corroboratifs peuvent demeurer fragiles si la 
solution retenue peut être justifiée de façon soutenable par un ou plusieurs arguments 
de nature à emporter la conviction (arrêts du Tribunal fédéral 6B_623/2012 du 6 
février 2013 consid. 2.1 et 6B_642/2012 du 22 janvier 2013 consid. 1.1). 

 2.2 Selon l'art. 140 ch. 1 CP, se rend coupable de brigandage celui qui aura commis 
un vol en usant de violence à l'égard d'une personne, en la menaçant d'un danger 
imminent pour la vie ou l'intégrité corporelle ou en la mettant hors d'état de résister. 

 Le brigandage n'est consommé que si le vol a été commis. Il s'agit d'une forme 
aggravée du vol qui se caractérise par les moyens employés par l'auteur (ATF 124 IV 
102 consid. 2 p. 104). Ainsi, à la différence du voleur, qui agit clandestinement ou 
par surprise, l'auteur recourt à la contrainte pour soustraire la chose d'autrui. Le 
brigandage n'est donc pas exclusivement une infraction contre le patrimoine, mais 
aussi contre la liberté, ce qui explique qu'elle soit plus sévèrement réprimée.  

 Sur le plan subjectif, l'intention doit porter sur tous les éléments constitutifs de 
l'infraction et donc notamment sur le moyen de contrainte utilisé, soit la violence ou 
la menace d'un danger imminent pour la vie ou l'intégrité corporelle à l'égard d'une 
personne ou le fait de la mettre hors d'état de résister. L'auteur doit également avoir 
le dessein de s'approprier la chose et de se procurer ou de procurer à un tiers un 
enrichissement illégitime (B. CORBOZ, Les infractions en droit suisse, vol. I, Berne 
2010, ad art. 140 CP, p. 260 à 262). 

 2.3 En l'espèce, l'appelant admet avoir volé le sac à dos appartenant à C______ et 
conservé dans la cave du commerce de D______.  

 Il reconnaît également avoir été surpris par D______ alors qu'il examinait le contenu 
du sac et lui avoir indiqué qu'il était porteur d'un couteau.  

 Seules les raisons pour lesquelles il avait prévenu l'intimé qu'il était muni d'un 
couteau et la question de savoir s'il l'avait sorti afin de le menacer restent litigieuses. 

 L'appelant soutient s'être contenté de mentionner le couteau pour se défendre contre 
les coups qui lui étaient portés par D______ et qu'il était blessé lorsqu'il avait été 
interpellé.  

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 L'intimé dément avoir porté le moindre coup à l'appelant, si ce n'est lui avoir jeté une 
glacière à la figure avant de prendre la fuite.  

 Le rapport d'arrestation ne mentionne aucune blessure dont l'appelant aurait été 
victime ou de stigmates de coups constatés sur sa personne.  

 Le constat médical joint à sa déclaration d'appel ne lui est d'aucun secours dès lors 
qu'il n'est pas démontré que le coup reçu sur le nez et ayant entrainé une obstruction 
nasale chronique lui a été porté par l'intimé. 

 Par ailleurs, l'appelant affirme avoir demandé en vain aux policiers de faire appel à 
un médecin pour soigner ses blessures. Or, il ressort du procès verbal de son audition 
que les policiers lui ont proposé l'intervention d'un médecin non pas pour soigner son 
nez ou une dent cassée, mais en raison de sa toxicomanie, plus précisément 
d'éventuels effets de manque, ce que l'appelant a refusé. 

 Au contraire de celles de l'appelant, les déclarations de D______ sont crédibles et 
emportent conviction. Lors du dépôt de sa plainte, il s'est exprimé sans l'aide d'un 
interprète, ce qui explique que ses déclarations au Ministère public aient été plus 
précises, sans que cela n'entache la cohérence et la constance de ses déclarations tout 
au long de la procédure. 

 Il apparaît dès lors que l'appelant a été surpris par D______ alors qu'il inspectait le 
contenu du sac à dos appartenant à C______ et que, pour conserver son butin et 
assurer sa fuite, il a menacé D______ au moyen d'un couteau qu'il détenait dans la 
poche de sa veste. Effrayé, D______ a jeté une glacière, qu'il tenait dans les mains, 
sur son agresseur et a pris la fuite, suivi par l'appelant.  

 Il n'est au demeurant pas essentiel de savoir si l'appelant s'est contenté de menacer sa 
victime verbalement en la prévenant qu'il était muni d'un couteau ou en lui montrant 
l'objet, même si la Chambre de céans est convaincue de la véracité de la version de 
l'intimé. On ne voit en effet pas comment l'intimé aurait pu savoir que l'appelant était 
muni d'un couteau si ce dernier ne l'avait pas concrètement menacé d'en faire usage. 
Il suffit que D______ ait été menacé, peu importe le moyen, par l'appelant d'un 
danger imminent pour sa vie ou son intégrité corporelle en vue de la conservation du 
butin, pour que les éléments constitutifs du brigandage soient réalisés, ce qui est le 
cas en l'espèce. 

 Le jugement entrepris sera par conséquent confirmé en tant qu'il reconnaît l'appelant 
coupable de brigandage au sens de l'art. 140 ch. 1 CP. 

3. 3.1.1 Selon l’art. 47 CP, le juge fixe la peine d’après la culpabilité de l’auteur. Il 
prend en considération les antécédents et la situation personnelle de ce dernier ainsi 
que l’effet de la peine sur son avenir (al. 1). La culpabilité est déterminée par la 
gravité de la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, par le 

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caractère répréhensible de l’acte, par les motivations et les buts de l’auteur et par la 
mesure dans laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, compte 
tenu de sa situation personnelle et des circonstances extérieures (al. 2). 

 Les critères énumérés, de manière non exhaustive, par cette disposition légale 
correspondent à ceux fixés par l'art. 63 aCP et la jurisprudence élaborée en 
application de cette ancienne disposition. Cette jurisprudence conserve toute sa 
valeur, de sorte que l'on peut continuer à s'y référer (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_992/2008 du 5 mars 2009 consid. 5.1). 

 3.1.2 D’après l’art. 49 al. 1 CP, si, en raison d’un ou de plusieurs actes, l’auteur 
remplit les conditions de plusieurs peines de même genre, le juge le condamne à la 
peine de l’infraction la plus grave et l’augmente dans une juste proportion. En 
revanche, lorsque la loi pénale ne prévoit pas le même genre de peine pour toutes les 
infractions, l’art. 49 al. 1 CP ne s’applique pas (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_890/2008 du 6 avril 2009 consid. 7.1). 

 3.1.3 L’infraction à l’art. 140 ch. 1 CP est sanctionnée d’une peine privative de 
liberté de dix ans au plus ou d’une peine pécuniaire de cent quatre-vingt jours 
amende au moins, tandis que celle à l’art. 115 al. 1 LEtr est punie d’une peine 
privative de liberté d’un an au plus ou d’une peine pécuniaire. 

 3.2.1 En l'espèce, l'appelant n'a pas hésité à menacer D______  au moyen d'un 
couteau pour s'approprier un gain dérisoire. Sa faute n'est pas légère.  

 Son comportement, visant à séjourner en Suisse sans autorisation valable, dénote 
également un mépris des lois en vigueur. 

 Il n'a par ailleurs pas pris la mesure de ses actes, ni fait preuve du moindre 
amendement, puisqu'il persiste à minimiser les faits qui lui sont reprochés. 

 Ses antécédents pour des infractions contre le patrimoine sont nombreux et dénotent 
un enracinement et une gradation dans la délinquance. 

 Enfin, il ne peut faire valoir aucune circonstance atténuante et il y a concours 
d'infractions. 

 Sa situation personnelle était certes difficile, mais cela ne justifie pas les infractions 
commises. 

 La peine privative de liberté de 10 mois infligée par le premier juge est adéquate au 
regard des critères de l'art. 47 CP et sera confirmée. 

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4. L'appelant, qui succombe intégralement, supportera les frais de la procédure d'appel 
envers l'État, comprenant un émolument de CHF 1'200.- (art 428 CPP et art. 14 al. 1 
let. e du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale - RTFMP - E 4 10.03). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

 
Reçoit l'appel formé par A______ contre le jugement rendu le 16 janvier 2013 par le 
Tribunal de police dans la procédure P/13468/2012. 

Le rejette. 

Rejette les conclusions en indemnisation de A______. 

Le condamne aux frais de la procédure d'appel, qui comprennent un émolument de 
CHF 1'200.-. 

Siégeant :  

Madame Alessandra CAMBI FAVRE-BULLE, présidente ; Mesdames Verena 
PEDRAZZINI RIZZI et Yvette NICOLET, juges ; Madame Julie ROY MÉAN, greffière-
juriste. 

Le Greffier : 

Alain BANDOLLIER 

 La Présidente : 

Alessandra CAMBI FAVRE-BULLE 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 78 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF ; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral 

par la voie du recours en matière pénale. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

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P/13468/2012 ÉTAT DE FRAIS AARP/156/2013 

 

 COUR DE JUSTICE  

 

Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais et dépens en matière 
pénale (E 4 10.03) 

 

 

Total des frais de procédure du Tribunal de police CHF 1'475.00 

Bordereau de frais de la Chambre pénale d'appel et de révision   

Délivrance de copies et photocopies (let. a, b et c) CHF       

Mandats de comparution, avis d'audience et divers (let. i) CHF 460.00 

Procès-verbal (let. f) CHF 40.00 

État de frais CHF 75.00 

Émolument de décision CHF 1'200.00 

Total des frais de la procédure d'appel  CHF 1'775.00 

Total général (première instance + appel)  CHF 3'250.00 

 

 

 

A______ est condamné aux frais de procédure de 1ère instance et aux frais d’appel.