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**Case Identifier:** c73283d5-b62f-53c0-b48f-27d95b5276a1
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2011-11-29
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 29.11.2011 A/2671/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-2671-2008_2011-11-29.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/2671/2008-FIN ATA/728/2011 

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 29 novembre 2011 

1ère section 

 

dans la cause 

 

ADMINISTRATION FISCALE CANTONALE 
  

contre 

 

H______ S.A. 

représentée par Monsieur Patrick Tritten, Fiduciaire 
 
et  

 
COMMISSION CANTONALE DE RECOURS EN MATIÈRE 
ADMINISTRATIVE

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A/2671/2008 

EN FAIT 

1.  Le litige concerne l’impôt cantonal et communal 2002 (ci-après : ICC 
2002). 

2.  Selon l’extrait du Registre du commerce de Genève, H______ S.A. (ci 
après : la société, la contribuable ou l’intimée) a pour but le commerce, la 
distribution et représentation de denrées, matières premières ou produits finis, 
notamment des denrées alimentaires ; participation à toute entreprise 
commerciale, industrielle, financière ou autre, gestion et exploitation desdites 
participations. 

3.  La société exploite l’hôtel R______ à B______ (ci-après : l’hôtel) selon un 
contrat de bail à ferme. Le bailleur est propriétaire de l’hôtel ainsi que du bien-
fonds sur lequel il se situe.  

4.  Le 31 décembre 2000, les parties au contrat précité ont convenu de la 
suspension de l’exploitation de l’hôtel afin que la société procède à la rénovation 
et à la transformation de l’hôtel. La société a pris à sa charge ces coûts. Ces 
travaux se sont achevés en 2004 et ont consisté en l’agrandissement de la salle de 
fitness, la modification des intérieurs et du centre de soin, ainsi que d’autres 
modifications non précisées. 

5.  Dans son bilan au 31 décembre 2002, la société a indiqué des actifs 
immobilisés d’un montant total de CHF 56'649'388,98 dont un poste 
« immobilisations corporelles sur le sol d'autrui » de CHF 52'240'916,15 et un 
poste « immobilisations corporelles » de CHF 4'396'04.78. 

  Elle a déclaré un capital propre global de CHF 300'000.- et un solde du 
compte de pertes et profits de CHF 7'664'263.-, mais n'a pas mentionné de capital 
propre dissimulé. 

  Dans l’annexe au bilan intitulé « états financiers 2002 », la société a indiqué 
qu’une « convention de postposition à hauteur de CHF 8'500'000.- a été signée 
dans le courant de l’exercice 2003 pour tenir compte du solde déficitaire au bilan 
à la clôture de l’exercice 2002 ; le créancier postposant s’est par ailleurs engagé à 
augmenter sa postposition (compte bloqué) durant l’exercice 2004, par le débit de 
son compte ordinaire au passif du bilan, en fonction de la situation des résultats de 
l’exercice 2003 ; le contrat de postposition prévoit, entres autres, que cette 
postposition ne peut être annulée sans l’accord du créancier bancaire ». 

  Les dettes envers les actionnaires ou leurs proches s’élevaient à 
CHF 29'649'297.-. 

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6.  Le 26 août 2003, l’administration fiscale cantonale (ci-après : l'AFC) a 
notifié à la contribuable un bordereau de taxation ICC 2002 d’un montant de 
CHF 126'763,20 sur la base d’un bénéfice nul et d’un capital imposable de 
CHF 28'558'161.-. L’endettement relatif aux « installations, machines, outillage, 
etc » de CHF 56'636'986.- (CHF 52'240'916.15 + CHF 4'396'04.78) à la fin de 
l’exercice 2002 avait été admis à concurrence de 50 %. 

  Elle a ajouté au capital propre déclaré de CHF 300'000.- un capital propre 
dissimulé de CHF 28'258'161.-, calculé comme suit : 

 

Actifs 
Valeur 

comptable en fin 
d'exercice 

% 
applicables 

Endettement 
admis en fin 
d'exercice 

Liquidités 2'799'200 100% -2'799'200 

Créance pour livraison et prestations 1'421'796 85% -1'208'527 

Stock de marchandises 166'008 85% -141'107 

Autres actifs circulants 1'713 85% -1'456 

Obligations suisses et étrangères en FS 12'403 90% -11'163 

Installations, machines, outillage, etc. 56'636'986 50% -28'318'493 

Totaux 61'038'106   -32'479'945 

Dettes envers actionnaires ou proches    29'649'298 

Autres dettes     38'753'071 

Réserves négatives nettes (soit la perte 
de l'exercice et les pertes reportées)     -7'664'263 
Dettes non admises = capital propre 
dissimulé     28'258'161 

Capital libéré     300'000 

Capital propre global en fin d'exercice     28'558'161 

   

7.  Le 19 septembre 2003, la société a élevé réclamation contre le bordereau 
précité en s’opposant à la reprise du capital propre dissimulé. Subsidiairement, 
elle a contesté le calcul de l’AFC. 

8.  Par décision du 11 octobre 2005, l’AFC a maintenu sa position. Elle s’était 
fondée exclusivement sur les actifs et passifs du bilan en fin d’exercice, soit au 
31 décembre 2002. Selon le point 3.3 de la circulaire numéro 6 du 6 juin 1997 de 
l’administration fédérale des contributions (ci-après : circulaire fédérale), il fallait 
assimiler le capital propre dissimulé à du capital social libéré et non pas à des 
réserves. Une perte reportée ne pouvait donc être compensée qu’avec des réserves, 
mais non avec le capital social libéré, augmenté du capital propre dissimulé. Les 
principes précités n’étaient pas respectés dans la proposition de calcul de la 
contribuable visant à ramener le montant du capital propre dissimulé à hauteur de 
CHF 17'188'975.- au lieu de CHF 28'258'161.-, puisque celle-ci "revendiquait la 
prise en compte dans le calcul, d’une part, des éléments du bilan en début 

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d’exercice pour déterminer un capital propre dissimulé moyen et, d’autre part, la 
compensation de ce dernier avec la perte reportée au bilan afin de déterminer un 
capital propre dissimulé moyen net". 

9.  En date du 17 octobre 2005, la société a interjeté recours contre cette 
décision auprès de la commission cantonale de recours en matière d’impôt 
remplacée par la commission cantonale de recours en matière administrative (ci-
après : la commission) et devenue depuis le 1er janvier 2011 le Tribunal 
administratif de première instance (ci-après : TAPI), en reprenant son 
argumentation précédemment développée.  

  En sus, selon la circulaire fédérale il fallait, en règle générale, partir des 
valeurs vénales des actifs à la fin de la période fiscale pour déterminer le capital 
propre dissimulé des sociétés de capitaux et des sociétés coopératives.  

  Elle proposait une méthode de calcul prenant en compte la valeur de 
l’assurance incendie d’un montant de CHF 82'230'000.-. Selon son calcul, le 
capital propre dissimulé admissible était de CHF 9'761'335.-. 

  Elle a conclu à ce que soit prise en compte la situation qui était celle à la fin 
de l’exercice 2002 et demandé la rectification du calcul du capital propre 
dissimulé selon le calcul figurant dans son recours. 

10.  Le 22 novembre 2005, la société a complété son recours. Selon le rapport de 
révision 2004, les «  immobilisations corporelles sur sol d'autrui » avaient le 
caractère d’immeuble et non pas d’installations de production. Le pourcentage 
admissible de fonds étrangers se montait donc à 70 % au lieu des 50 % retenus, ce 
qui correspondait à un capital propre dissimulé de CHF 2'256'095.-. 

11.  Dans sa réponse du 23 mai 2007, l’AFC a conclu au rejet du recours. La 
société ne contestait pas l’existence d’un capital propre dissimulé. Celui-ci avait 
été déterminé sur les actifs et passifs existant à la fin de la période fiscale en 
cause. La valeur vénale des travaux était égale à la valeur comptable déclarée, à 
savoir CHF 56'636'986.- ("immobilisations corporelles sur sol d'autrui" + 
"immobilisations corporelles), et non pas à la valeur de l’assurance incendie de 
CHF 83'230'000.-. La valeur vénale des travaux ne pouvait pas excéder le coût des 
travaux au 31 décembre 2002, ceux-ci n’étant pas achevés à cette date. En vertu 
du principe de l’accession, la société ne possédait pas de constructions 
immobilières sur un fond appartenant à autrui. Les travaux réalisés n’avaient dès 
lors généré que des constructions mobilières ; ils n’ajoutaient pas de plus-value à 
la structure fiscale de l’immeuble. Le taux d’endettement de 50 % devait donc être 
retenu. 

12.  Par réplique et duplique respectivement des 25 juillet et 30 août 2007, les 
parties ont maintenu leurs conclusions.  

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13.  Par décision du 9 juin 2008, la commission a partiellement admis le recours 
et renvoyé la cause à l'AFC pour nouvelle taxation dans le sens des considérants. 

  En substance, l’existence d’un capital propre dissimulé n’était pas contesté 
dans son principe, seul devait être déterminé son montant dans le cadre de l’impôt 
sur le capital. Le poste « immobilisations corporelles sur sol d'autrui » se 
rapportait à des actifs mobiliers et justifiait en conséquence l’application d’un taux 
d’endettement admissible de 50 % conformément à la circulaire fédérale, dès lors 
que la société ne disposait d’aucun droit réel sur les installations et qu’elle n’était 
pas en mesure de fournir des garanties hypothécaires en faveur d’un bailleur de 
fond. La valeur vénale des installations ne devait pas correspondre à la valeur 
d’assurance incendie. Le solde du compte d’actifs « immobilisations corporelles 
sur sol d'autrui » au 31 décembre 2002 se montait donc à CHF 52'240'961,15. En 
revanche, l’AFC n’avait pas pris en considération l’annexe aux états financiers de 
l’exercice 2002 qui mentionnait l’existence d’une convention de postposition à 
hauteur de CHF 8'500'000.- au 31 décembre 2002. En application d’une 
jurisprudence de la commission de recours du canton de Schwytz se référant elle-
même à une décision argovienne (Revue fiscale 60/2005 857ss ; StE 1989 B 73.12 
n. 6), cette créance postposée ne devait pas être considérée comme du capital 
propre dissimulé. Les dettes non admises correspondant à ce capital s’élevaient 
par conséquent à CHF 19'758'161.- (CHF 28'258'161.- moins CHF 8'500'000.-). 

14.  Le 18 juillet 2008, l’AFC a recouru contre la décision précitée en concluant 
à son annulation partielle, dans la mesure où la dette de CHF 8'500'000.- 
postposée et admise en déduction par la commission ne devait pas être déduite du 
capital propre dissimulé de l’exercice fiscal 2002. 

  Dans la jurisprudence schwytzoise à laquelle se référait la commission, les 
montants des dettes postposées ainsi que des pertes reportées au bilan n’étaient 
pas mentionnés, mais il était fortement vraisemblable que les dettes postposées en 
question (présumées envers les actionnaires) étaient inférieures ou égales au 
montant des pertes reportées si bien qu’elles ne pouvaient pas faire l’objet d’une 
reprise au titre de capital propre dissimulé compte tenu de l’admission de la 
déduction des pertes reportées. 

  Or, dans la cause litigieuse les dettes étaient supérieures aux pertes reportées 
puisque les dettes envers les actionnaires ou leurs proches se montaient à 
CHF 29'649'298.- (dont CHF 8'500'000.- de dettes seraient postposées selon la 
commission en 2002) et les réserves négatives nettes à CHF 7'664'263.-. 

  Conformément à la pratique du canton de Genève, en vue d’éviter toute 
surimposition du capital propre imposable, les réserves négatives nettes (ou pertes 
reportées nettes), avaient été déduites du montant total des dettes au bilan dans le 
calcul du capital propre dissimulé établi par l’AFC. Le fait de retrancher en 
supplément le montant litigieux de CHF 8'500'000.- revenait à faire bénéficier 

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indûment la société d’une sous-imposition du capital propre correspondant à ce 
même montant.  

  Le fait d’écarter du calcul du capital propre dissimulé une partie des dettes 
envers les actionnaires ou leurs proches, quelles soient postposées ou non, était 
contraire au principe de déterminence qui voulait que les comptes établis selon les 
règles du droit commercial lient l’autorité fiscale, à moins que le droit fiscal ne 
prévoit des règles correctrices spécifiques. En application de ce principe, tous les 
actifs et passifs ressortant du bilan commercial (reconnu fiscalement) devaient 
être pris en compte pour le calcul du capital propre dissimulé. La circulaire 
fédérale ne mentionnait pas l’exclusion éventuelle d’une partie des dettes dans ce 
calcul, qui plus est, des dettes postposées.  

  Pour cette raison déjà le montant litigieux, dans la mesure où il serait 
postposé en 2002, ne pouvait être déduit du capital propre dissimulé. 

  Par ailleurs, la convention de postposition ne portait pas sur l’exercice 2002 
mais sur l’exercice fiscal 2003. En vertu du principe de l’étanchéité des exercices 
et du principe de périodicité, cette convention ne pouvait dès lors avoir un 
quelconque effet rétroactif sur l’exercice 2002.  

15.  Le 13 août 2008, la société a répondu au recours précité en concluant à la 
confirmation de la décision de la commission. 

  La détermination d’un capital propre dissimulé, ajouté au capital 
effectivement souscrit, redressait la situation comptable de la société afin de 
déterminer un capital imposable qui aurait dû être souscrit. De cette nouvelle base 
d’imposition en capital, il était logique de prendre en diminution une partie de la 
créance qui, selon le droit des sociétés, n’était plus considérée comme une dette 
mais comme un capital. Le fait d’ajouter au capital souscrit un capital fictif et de 
ne pas tenir compte du correctif comptable (postposition de créance) équivalait à 
une pénalisation de la société qui imposait doublement un capital, puisque dans le 
capital propre dissimulé la partie de la créance postposée était comprise. 

  L’AFC ne pouvait se prévaloir du principe de l’étanchéité des exercices 
s’agissant d’une décision de postposer une créance celle-ci n’étant exigée que par 
le réviseur et non par une décision du créancier actionnaire. Cette décision était 
prise l’année qui suivait le bouclement sur les comptes définitifs qui étaient remis 
au réviseur par le conseil d’administration. Il n’était pas possible de quantifier ou 
de décider d’une postposition dans l’année même de l’exercice. La signature ne 
pouvait donc intervenir que l’année suivante ce qui était une confirmation d’un 
état de fait réalisé à la date du bouclement.  

16.  Le 1er septembre 2008, la commission a transmis son dossier et persisté dans 
le considérant et le dispositif de sa décision.  

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17.  Le 2 octobre 2008, le juge délégué a accordé aux parties un délai au 
20 octobre pour déposer des observations complémentaires ou solliciter une 
mesure d’instruction. Sans réponse de leur part dans le délai imparti, la cause 
serait gardée à juger.  

18.  En date du 14 octobre 2008, l’AFC a maintenu ses conclusions. 

19.  La société, quant à elle, n’a pas dupliqué dans le délai imparti.  

20.  Le 11 février 2011, la société a transmis à la chambre de céans un arrêt du 
Tribunal fédéral (cause 2C_63/2010 du 6 juillet 2010) justifiant selon elle une 
requalification du caractère immobilier des travaux effectués. 

21.  Par courrier du 13 juillet 2011, la société se référant à son « recours » a 
remis en annexe le calcul de la valeur intrinsèque des anciennes constructions de 
base et des nouvelles à la valeur de ce jour, estimées par un architecte à 
CHF 98'239'500.-. Les travaux effectués avaient donc bien un caractère 
immobilier et non mobilier. 

EN DROIT 

1.  Depuis le 1er janvier 2011, suite à l'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur 
l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 (LOJ - E 2 05), l'ensemble des 
compétences jusqu'alors dévolues au Tribunal administratif a échu à la chambre 
administrative, qui devient autorité supérieure ordinaire de recours en matière 
administrative (art. 132 LOJ). 

  Les procédures pendantes devant le Tribunal administratif au 1er janvier 
2011 sont reprises par la chambre administrative (art. 143 al. 5 LOJ). Cette 
dernière est ainsi compétente pour statuer. 

2.  Interjeté en temps utile devant la juridiction alors compétente, le recours est 
recevable (art. 56A de la loi sur l'organisation judiciaire du 22 novembre 1941 -
aLOJ ; 63 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 
1985 - LPA - E 5 10, dans sa teneur au 31 décembre 2010). 

3.  Selon l'art. 27 de la loi sur l’imposition des personnes morales du 
23 septembre 1994 (LIPM - D 3 15), l'impôt sur le capital a pour objet le capital 
propre. 

  Le capital propre imposable des sociétés de capitaux et des sociétés 
coopératives est augmenté de la part de leurs fonds étrangers qui est 
économiquement assimilable au capital propre. Cette disposition règle ainsi la 
problématique du capital propre dissimulé, appelé également "sous-capitalisation" 
(art. 30 LIPM ; ATA/866/2010 du 7 décembre 2010). 

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4.  La circulaire fédérale portant sur la détermination du capital propre 
dissimulé est applicable en droit cantonal selon l'information n° 6/97 aux 
associations professionnelles du 9 octobre 1997 de l'AFC. 

  Selon celle-là, les règles concernant le capital propre dissimulé permettent 
de distinguer, quant à leur traitement fiscal, les fonds étrangers des fonds propres 
(point 1). 

  Pour déterminer le capital propre dissimulé des sociétés de capitaux et des 
sociétés coopératives, il faut partir en règle générale de la valeur vénale des actifs, 
à la fin de la période fiscale. L'autorité de taxation se fonde sur les valeurs 
déterminantes pour l'impôt sur le bénéfice des sociétés, sauf si des valeurs vénales 
plus élevées peuvent être démontrées (point 2.1).  

  En règle générale, il est considéré que la société peut obtenir, par ses 
propres moyens, des fonds étrangers à concurrence d'un pourcentage de 50% 
s'agissant de ses installations, calculé sur la valeur vénale de ses actifs (point 2.1).  

5.  La commission a jugé que le poste au bilan "immobilisations corporelles sur 
sol d'autrui" se rapportait à des actifs mobiliers et que le taux précité était dès lors 
déterminant. Elle a également retenu une valeur vénale de CHF 52'240'961,15 au 
31 décembre 2002 selon le solde du compte d'actif précité. Elle a en revanche 
estimé qu'une créance postposée de CHF 8'500'000.-, mentionnée dans l'annexe 
aux états financiers de l'exercice 2002, ne devait pas être considérée comme du 
capital propre dissimulé. C'est sur ce point uniquement que porte le recours de 
l'AFC. Dans sa réponse, l'intimé a conclu à la confirmation de la décision de la 
commission.  

  Le litige se circonscrit donc à la question de savoir si la créance postposée 
doit être intégrée ou non dans le calcul du capital propre dissimulé. La chambre de 
céans étant liée par les conclusions des parties (art. 69 LPA), les dernières 
écritures spontanées de l'intimée ne sauraient à ce stade élargir le débat.  

6.  Selon le point 3.3. de la circulaire fédérale, la requalification de fonds 
étrangers en capital propre dissimulé est justifiée uniquement par des 
considérations d'ordre fiscal et a pour but de traiter les intérêts versés sur le capital 
étranger comme une distribution dissimulée de bénéfice et, partant, un dividende 
et non pas comme une charge déductible. Par conséquent, il faut assimiler le 
capital propre dissimulé à du capital social libéré et non pas à des réserves. On ne 
peut donc compenser une perte reportée qu'avec des réserves, mais non pas avec 
le capital social libéré, augmenté du capital propre dissimulé. 

7.  Dans une jurisprudence récente, le Tribunal fédéral a eu l'occasion de se 
pencher sur la question de savoir si les pertes reportées pouvaient être déduites du 
capital propre dissimulé. Il a jugé que le point 3.3 de la circulaire fédérale n'était 

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plus applicable sans restriction dans les cantons qui ne connaissaient pas 
d'imposition d'après l'intensité du rendement, ce qui est le cas de Genève 
(http://www.kmu.admin.ch/themen/00256/00265/index.html?lang=fr). Une telle 
compensation n'était pas exclue tant que les prêts existaient encore comme dans le 
cas d'une convention de postposition. Il n'était de surcroît pas démontré ou 
évident, dans quelle mesure une qualification comme capital propre dissimulé 
"exclurait de toute façon impérativement une compensation de la perte". 
L'imposition minimale sans possibilité de compensation ne devait pas être étendue 
d'une manière importante par une interprétation extensive de la notion de "capital 
action et capital social investi" car une telle interprétation aurait pour conséquence 
un impôt sur le capital supplémentaire malgré la présence d'un surendettement, ce 
qui ne serait ni conforme au niveau économique ni à la loi. Le Tribunal fédéral 
s'est référé à des jurisprudences cantonales de Schwytz et d'Argovie ayant tranché 
dans le même sens (Revue fiscale 60/2005 857ss ; StE 1989 B 73.12 n. 6) (Arrêt 
du Tribunal fédéral 2C_259/2008 du 6 novembre 2008 publié in RDAF II 2009 
546). 

8.  C’est sur ces jurisprudences cantonales que la commission a fondé son 
argumentation (cf. consid. 13 en fait) qui ne prête pas le flanc à la critique. Ainsi, 
la perte de l'exercice et celles reportées de CHF 7'664'263.- ont été admises en 
déduction par l'AFC alors que la créance postposée figurant dans l'annexe aux 
états financiers de l'exercice 2002 n'a pas été déduite. Au vu de la jurisprudence 
fédérale précitée confirmant les jurisprudences cantonales susmentionnées, il 
convient de déduire la créance postposée du capital propre dissimulé, dès lors 
qu'elle se rapporte à l'exercice 2002, et qu'il n'existe pas de réserves ouvertes ou 
latentes permettant de compenser la perte. 

  Un montant de CHF 8'500'000.- doit donc être retranché de celui retenu en 
CHF 28'258'161.- en tant que capital propre dissimulé. 

9.  Mal fondé, le recours sera rejeté et la décision de la commission confirmée. 
Aucun émolument ne sera perçu, ni aucune indemnité allouée dès lors que 
l'intimée ne l'a pas sollicitée (art. 87 LPA).  

 
 

* * * * * 

 

 

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A/2671/2008 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 18 juillet 2008 par l'administration fiscale 
cantonale contre la décision de la commission cantonale de recours en matière 
administrative du 9 juin 2008 ; 

au fond : 

le rejette ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument, ni alloué d'indemnité ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à l'administration fiscale cantonale, au Tribunal 
administratif de première instance, ainsi qu'à la fiduciaire Patrick Tritten, mandataire 
deH______. S.A. 

Siégeants : M. Thélin, président, Mme Hurni, M. Verniory, juges. 

 

Au nom de la chambre administrative : 
 

la greffière de juridiction : 
 

M. Tonossi 

 le président siégeant : 
 

Ph. Thélin 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

Genève, le  
 

 
la greffière :