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**Case Identifier:** 6d9ad4b2-3d87-50a5-921c-018b1622c73a
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-01-10
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 10.01.2022 C/8360/2021
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-8360-2021_2022-01-10.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 11 janvier 2022. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/8360/2021  ACJC/14/2022 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU LUNDI 10 JANVIER 2022 

 

Entre 

A______ LTD, sise ______, recourante contre une ordonnance rendue par la délégation 
du Tribunal civil le 15 septembre 2021, représentée par Dr. B______, administrateur, 

______ (France), 

et 

C______ SA, sise ______ [GE], intimée, comparant en personne. 

 

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C/8360/2021 

EN FAIT 

A. a. Le 27 mai 2019, A______ LTD (ci-après : A______), dont le siège est situé à 
D______ (Valais) représentée par    B______, administrateur domicilié à E______ 

(France), a formé à l'encontre de C______ SA une action en libération de dette 

auprès du Tribunal de première instance (ci-après : le Tribunal). La procédure a 

été confiée à F______, présidente de la 13ème chambre du Tribunal. 

b. La procédure s'est déroulée de la manière suivante, seuls les éléments 
strictement nécessaires à la compréhension de la présente cause étant repris : 

Le Tribunal a ordonné un échange d'écritures.  

Par courrier du 11 octobre 2019, A______ a demandé que le Tribunal adresse 

toute la correspondance au domicile de son administrateur. Par ordonnance du 25 

octobre 2019, le Tribunal a dit que les notifications à A______ seraient effectuées 

à l'adresse de son siège en Suisse. Le 25 novembre 2019, A______ a communiqué 

au Tribunal une adresse de notification auprès d'une fiduciaire sise à G______ 

(Valais), à laquelle le Tribunal s'est conformé. 

Le Tribunal a tenu des audiences le 20 novembre 2019 ainsi que le                             

14 septembre 2020 et le 3 février 2021; A______ a produit plusieurs offres de 

preuves et a notamment sollicité l'audition, en qualité de témoin, du dénommé 

H______. 

Par ordonnance motivée du 19 octobre 2020, le Tribunal en a admises certaines 

(dont l'audition de H______) et rejeté d'autres. Le Tribunal a par la suite renoncé à 

l'audition de ce témoin, au motif qu'il ne pouvait être entendu en raison de son 

secret de fonction.  

A______ a sollicité la modification de l'ordonnance du 19 octobre 2020, requête 

rejetée par une nouvelle ordonnance motivée du 11 février 2021.  

Par ordonnance du 6 avril 2021, le Tribunal a fixé une audience de plaidoiries 

finales au 5 mai 2021. 

Par courrier du 8 avril 2021, A______ s'est opposée à la clôture de la procédure 

probatoire et a mentionné que toute communication devait désormais lui être 

adressée au domicile de son administrateur à E______ (France). Le Tribunal a 

adressé les communications suivantes au siège de la société à D______ (Valais), 

conformément à l'ordonnance qu'il avait rendue le 25 octobre 2019. 

Tout au long de la procédure, A______ a adressé de nombreuses correspondances 

au Tribunal, afin de solliciter divers actes d'instruction ou contester les décisions 

prises par la juge F______ concernant la conduite de la procédure. Il n'apparaît 

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pas nécessaire de reprendre le contenu desdites correspondances, les griefs 

soulevés par A______ dans sa demande de récusation, qui seront détaillés ci-

après, permettant d'en comprendre le sens et le but. 

Les plaidoiries finales ont eu lieu le 5 mai 2021, à l'issue desquelles la cause a été 

gardée à juger.  

c. Le 30 avril 2021, A______ LTD a formé une demande de récusation à 
l'encontre de la juge F______, sollicitant que les actes d'instruction auxquels elle 

avait procédé soient annulés. A______ a par ailleurs conclu à ce que le "magistrat 

remplaçant" ordonne les mesures suivantes : annulation de la clôture de 

l'instruction, annulation de l'audience de plaidoiries finales du 5 mai 2021, 

reconvocation du témoin H______ lorsque son secret de fonction de chargé 

d'enquête de la FINMA aurait été levé, annulation de l'ordonnance de preuves du 

19 octobre 2020, laquelle avait arbitrairement écarté la quasi-totalité des moyens 

de preuve sollicités par A______, prononcé d'une nouvelle ordonnance de preuves 

en vue de faire administrer toutes les preuves proposées régulièrement et en temps 

utile par A______, reddition du jugement spécial visé à l'art. 334 CPC, production 

par C______ SA du titre original en lieu et place de "la copie infidèle" produite, 

citation des parties à une nouvelle audience de plaidoiries finales et rectification 

de l'adresse de notification de tout courrier du Tribunal à A______. 

En substance, A______ a fait grief à la juge F______ d'avoir, dans son 

ordonnance de preuves du 19 octobre 2020, écarté la totalité des moyens de 

preuve écrits qu'elle avait requis. Par courriers des 7 décembre 2020, 21 janvier 

2021 et 8 avril 2021, A______ avait démontré à la juge F______ que sa position 

était arbitraire; celle-ci avait toutefois persisté dans sa position, ce qui constituait 

une répétition de l'erreur consistant à violer le droit à la preuve. Le 16 avril 2021, 

A______ avait en outre établi avoir entamé une procédure de levée du secret à 

l'égard du témoin H______. Ce nonobstant, la juge F______ avait persisté à ne 

pas vouloir le citer à comparaître, alors que l'ordonnance du 19 octobre 2020 avait 

admis son audition, puis avait manifesté l'intention de garder la cause à juger sans 

attendre l'issue de la démarche entreprise par A______ visant à obtenir la levée du 

secret de fonction du témoin H______. Ceci était constitutif d'une "faute 

professionnelle lourde". Le 7 décembre 2020, A______ avait sollicité "la 

reddition d'un jugement visé à l'art. 334 CPC". Elle avait réitéré sa requête le                    

8 avril 2021, ajoutant un autre point devant faire l'objet d'une clarification. La juge 

F______ n'y avait pas répondu et s'était contentée d'informer les parties, par 

ordonnance du 19 avril 2021, de ce que la cause serait gardée à juger après les 

plaidoiries finales. Un tel comportement était constitutif d'un déni de justice. Le 8 

avril 2021, A______ avait démontré que sa partie adverse avait produit "une pièce 

infidèle", une partie de l'original ayant été volontairement amputée, afin d'induire 

le Tribunal en erreur. A______ avait sollicité la production de l'original, requête à 

laquelle la juge F______ n'avait pas répondu, ce point ayant été passé sous silence 

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dans son ordonnance du 19 avril 2021. Il s'agissait, à nouveau, d'un déni de 

justice. Le 9 février 2021, A______ avait déposé des contre-preuves nouvelles, 

qui lui avaient été retournées, alors qu'une preuve nouvelle déposée par sa partie 

adverse le 15 février 2021 avait été admise. Cette manière de procéder était 

contraire au principe d'un procès équitable. L'ordonnance du 19 avril 2021 n'avait 

pas été notifiée à l'adresse de A______, soit au domicile privé de B______. 

Malgré la requête de A______, la juge F______ avait persisté à adresser ses 

ordonnances au siège social de la société, faisant fi de la doctrine et de la 

jurisprudence, ce qui démontrait une volonté de nuire à A______.  

d. Dans ses observations du 22 juin 2021, la juge F______ a conclu au rejet de la 
requête de récusation formée à son encontre. 

Elle a relevé que A______ n'avait pas recouru contre les diverses décisions 

rendues dans le cadre de la procédure, en particulier contre l'ordonnance de 

preuves du 19 octobre 2020, attendant le 7 décembre 2020 pour faire part de sa 

"perplexité" face à ladite ordonnance. Elle n'avait pas davantage recouru contre 

l'ordonnance du 11 février 2021 refusant de modifier l'ordonnance de preuves du 

19 octobre 2020. Les griefs soulevés par A______ avaient trait à la façon dont elle 

avait mené l'instruction, de sorte qu'elle se trompait de voie en choisissant celle de 

la récusation.  

e. Dans une écriture reçue le 16 juillet 2021 par le greffe du Tribunal, A______ a 
répliqué, persistant dans ses conclusions. Elle a indiqué, en substance, que le 

recours contre les ordonnances d'instruction aurait été irrecevable et que seules 

des erreurs répétées de procédure pouvaient fonder une procédure de récusation. 

f. Par ordonnance OTPI/694/2021 du 15 septembre 2021, la délégation du 
Tribunal civil a rejeté la requête en récusation formée par A______ contre la juge 

F______ (chiffre 1 du dispositif) et a condamné A______ à verser à l'Etat de 

Genève un émolument de décision de 500 fr., compensé avec l'avance de frais 

fournie (ch. 2). 

La délégation du Tribunal a retenu que tous les griefs soulevés par A______ 

étaient de la compétence de la juridiction d'appel et non du juge de la récusation. 

Par ailleurs, aucune violation grave des devoirs du magistrat ne ressortait de la 

procédure, ni aucun indice de prévention.  

B. a. Par acte du 25 septembre 2021, A______ a formé recours contre l'ordonnance 
du 15 septembre 2021, reçue le 23 septembre 2021, concluant à son annulation, la 

recourante ayant repris les conclusions formulées devant la délégation du 

Tribunal. Le recours a été reçu le 28 septembre 2021 par le Consulat de Suisse à 

I______ (France). 

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La recourante s'est plainte d'une violation de son droit d'être entendue, au motif 

que la délégation du Tribunal n'avait pas traité l'ensemble des griefs qu'elle avait 

soulevés. Pour le surplus, elle a repris, en substance, l'argumentation déjà exposée 

en première instance, consistant à alléguer que la juge F______ avait écarté à tort 

et de manière réitérée des offres de preuve, qu'elle n'avait pas statué sur certaines 

requêtes que la recourante lui avait soumises, qu'elle avait traité les parties de 

manière partiale, qu'elle avait refusé à tort de notifier ses actes au domicile 

personnel de l'administrateur de la recourante et qu'elle avait "dénaturé 

dolosivement la teneur de la doctrine référencée par elle dans son ordonnance du 

19 avril 2021 dans le but d'induire en erreur le justiciable". 

b. La juge F______ a intégralement persisté dans ses observations du 22 juin 2021 
adressées au Tribunal.  

c. C______ SA a conclu au rejet de la demande de récusation, avec suite 
d'"émoluments en accord avec les frais que A______ /M. B______ occasionne 

aux parties et au service de justice de Genève". 

d. La recourante a répliqué, persistant dans ses conclusions. 

e. Par avis du greffe du 6 décembre 2021, les parties ont été informées de ce que 
la cause était gardée à juger. 

EN DROIT 

1. 1.1.1 Les décisions statuant sur une demande de récusation sont uniquement 
susceptibles de faire l'objet d'un recours, écrit et motivé, auprès de la  

Chambre civile de la Cour de justice dans un délai de 10 jours à compter de leur 

notification (art. 50 al. 2 et 321 al. 1 et 2 CPC; art. 13 al. 2 LaCC), la procédure 

sommaire étant applicable (arrêt du Tribunal fédéral 4A_475/2018  

du 12 septembre 2019 consid. 3.3; WULLSCHLEFER, in Kommentar zur 

schweizerischen Zivilprozesso,rdnung, SUTTER-SOMM/ HASENBÖHLER/ 

LEUENBERGER (éd.), 3ème éd., 2016, n. 5 ad art. 50 CPC; TAPPY, Commentaire 

romand, Code de procédure civile commenté, 2ème éd., 2019, n. 21  

ad art. 50 CPC). 

1.1.2 Les actes doivent être remis au plus tard le dernier jour du délai au tribunal 
soit à l'attention de ce dernier, à la poste suisse ou à une représentation 

diplomatique ou consulaire suisse (art. 143 al. 1 CPC). 

En l'espèce, le recours est parvenu au Consulat de Suisse à I______ (France) le 28 

septembre 2021, de sorte qu'il a été formé dans le délai légal. Il répond par ailleurs 

aux exigences de forme et est dès lors recevable.   

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1.2 Dans le cadre d'un recours, le pouvoir d'examen de la Cour est limité à la 
violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits  

(art. 320 CPC). L'autorité de recours a un plein pouvoir d'examen en droit, mais 

un pouvoir limité à l'arbitraire en fait.   

2. 2.1 La jurisprudence a déduit de l'art. 29 al. 2 Cst. le devoir pour l'autorité de 
motiver sa décision, afin que le destinataire puisse la comprendre, la contester 

utilement s'il y a lieu et que l'autorité de recours puisse exercer son contrôle. Pour 

répondre à ces exigences, il suffit que le juge mentionne, au moins brièvement, les 

motifs qui l'ont guidé et sur lesquels il a fondé sa décision, de manière à ce que 

l'intéressé puisse se rendre compte de la portée de celle-ci et l'attaquer en 

connaissance de cause. Il n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, 

moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais peut au contraire se 

limiter à ceux qui, sans arbitraire, apparaissent pertinents (ATF 142 III 433 

consid. 4.3.2; 141 IV 249 consid. 1.3.1; arrêt du Tribunal fédéral 5A_19/2020 du 

18 mai 2020 consid. 6). Il n'y a violation du droit d'être entendu que si l'autorité 

n'a pas satisfait à son devoir minimum d'examiner et de traiter les problèmes 

pertinents (ATF 135 III 670 consid. 3.3.1; 133 III 235 consid. 5.2 et les arrêts 

cités; arrêt du Tribunal fédéral 5A_609/2012 du 12 septembre 2012 consid. 3.1). 

L'essentiel est que la décision indique clairement les faits qui sont établis et les 

déductions juridiques qui sont tirées de l'état de fait déterminant (ATF 142 II 154 

consid. 4.2; 135 II 145 consid. 8.2). En revanche, l'autorité se rend coupable d'un 

déni de justice formel si elle omet de se prononcer sur des griefs qui présentent 

une certaine pertinence ou de prendre en considération des allégués et arguments 

importants pour la décision à rendre (ATF 142 III 433 consid 4.3 et les références 

citées). 

2.2 En l'espèce, la délégation du Tribunal a considéré que tous les griefs soulevés 
par A______ à l'encontre de la juge F______ étaient de la compétence de 

l'instance d'appel et non du juge de la récusation. Quand bien même la délégation 

du Tribunal n'a pas repris individuellement chacun des griefs soulevés, elle a 

néanmoins motivé sa décision de façon suffisamment claire pour que A______ 

puisse la comprendre. 

Ce premier grief apparaît par conséquent infondé.  

3. 3.1 Conformément à l'art. 47 al. 1 let. f CPC, les magistrats se récusent lorsqu'ils 
pourraient être prévenus de toute autre manière que celles mentionnées aux let. a         

à e (non pertinentes en l'espèce). La garantie d'un juge indépendant et impartial 

permet de demander la récusation d'un magistrat dont la situation ou le 

comportement est de nature à susciter des doutes quant à son impartialité  

(ATF 140 III 221 consid. 4.2; 134 I 20 consid. 4.2; arrêts du Tribunal fédéral 

5A_674/2016 du 20 octobre 2016 consid. 3.1; 5A_171/2015 du 20 avril 2015 

consid. 6.1). 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/142%20III%20433
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/141%20IV%20249
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/5A_19/2020
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/135%20III%20670
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/133%20III%20235
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/5A_609/2012
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/142%20II%20154
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/135%20II%20145
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/142%20III%20433

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La récusation ne s'impose pas seulement lorsqu'une prévention effective est 

établie, parce qu'une disposition relevant du for intérieur ne peut guère être 

prouvée. Il suffit que les circonstances donnent l'apparence d'une prévention et 

fassent redouter une activité partiale du magistrat. Cependant, seules les 

circonstances objectivement constatées doivent être prises en compte, les 

impressions purement subjectives de la partie qui demande la récusation n'étant 

pas décisives (ATF 144 I 159 consid. 4.3; 142 III 732 consid. 4.2.2; 142 III 521 

consid. 3.1.1; 140 III 221 consid. 4.1). Le risque de prévention ne saurait être 

admis trop facilement, sous peine de compromettre le fonctionnement normal des 

tribunaux (ATF 144 I 159 consid. 4.4; arrêt du Tribunal fédéral 5A_998/2018 du 

25 février 2019, consid. 6.2; 5A_98/2018 du 10 septembre 2018 consid. 4.2). 

Des décisions ou des actes de procédure viciés, voire arbitraires, ne fondent pas en 

soi une apparence objective de prévention (arrêts du Tribunal fédéral 

5A_171/2015 précité et 4A_377/2014 du 25 novembre 2014 consid. 6.1). En 

raison de son activité, le juge est contraint de se prononcer sur des questions 

contestées et délicates; même si elles se révèlent par la suite erronées, des mesures 

inhérentes à l'exercice normal de sa charge ne permettent pas encore de le 

suspecter de parti pris. Même lorsqu'elles sont établies, des erreurs de procédure 

ou d'appréciation commises par un juge ne suffisent pas à fonder objectivement un 

soupçon de partialité; seules des erreurs particulièrement lourdes ou répétées, 

constitutives de violations graves des devoirs du magistrat, peuvent justifier une 

suspicion de partialité, pour autant que les circonstances corroborent à tout le 

moins objectivement l'apparence de prévention (ATF 138 IV 142 consid. 2.3 et les 

références). C'est aux juridictions de recours normalement compétentes qu'il 

appartient de constater et de redresser les erreurs éventuellement commises; le 

juge de la récusation ne saurait donc examiner la conduite du procès à la façon 

d'une instance d'appel (ATF 143 IV 69 consid. 3.2; arrêts du Tribunal fédéral 

5A_998/2018 du 25 février 2019, consid. 6.2; 1B_545/2018 du 23 avril 2019, 

consid. 5.1; 5A_749/2015 du 27 novembre 2015 consid. 4.1). 

3.2 En l'espèce, il ressort du dossier que tout au long de la procédure la recourante 
n'a eu de cesse de vouloir dicter à la juge F______ la manière d'instruire la 

procédure, perdant de vue le contenu de l'art. 124 al. 1 CPC selon lequel le 

tribunal conduit le procès et prend les décisions d'instruction nécessaires à une 

préparation et à une conduite rapides de la procédure. Si et contrairement à ce qu'a 

soutenu la juge F______ dans ses observations, un recours immédiat contre les 

ordonnances d'instruction n'aurait, selon toute vraisemblance, pas été recevable, il 

n'en demeure pas moins que les griefs soulevés par la recourante à l'encontre de 

cette magistrate ne sauraient fonder une demande de récusation.  

Les griefs relatifs aux offres de preuves ou aux pièces écartées prétendument à 

tort, ou à la problématique de l'adresse de notification des actes, sont de nature 

purement appellatoire et pourront être soulevés par A______ dans le cadre d'un 

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éventuel appel contre le jugement au fond. Quant au grief relatif aux dénis de 

justice qu'aurait commis la juge F______, la Cour rendra A______ attentive au 

contenu de l'art. 319 let. c CPC, lequel prévoit une voie de recours spécifique en 

cas de retard injustifié du Tribunal à statuer.  

Ainsi et comme l'a retenu à juste titre la délégation du Tribunal dans la décision 

litigieuse, aucun des griefs soulevés par A______ n'est susceptible de fonder une 

demande de récusation, étant relevé qu'à ce stade aucune erreur grossière de 

procédure pouvant laisser craindre une prévention de la juge mise en cause à 

l'égard de la recourante n'est ni établie, ni rendue vraisemblable. Une telle 

prévention ne saurait être retenue du simple fait que la juge F______ n'a pas 

instruit la cause de la manière dont l'aurait souhaité A______.  

Il résulte de ce qui précède que le recours, infondé, doit être rejeté.  

4.  La recourante, qui succombe (art. 106 al. 1 CPC), sera condamnée aux frais 
judiciaires de recours, arrêtés à 1'500 fr. (art. 19 et 38 ss du Règlement fixant le 

tarif des frais en matière civile – RTFMC). Lesdits frais seront partiellement 
compensés avec l'avance fournie, en 800 fr., qui reste acquise à l'Etat de Genève 

(art. 111 al. 1 CPC). La recourante sera dès lors condamnée à verser la somme de 

700 fr. à l'Etat de Genève, soit pour lui les Services financiers du Pouvoir 

judiciaire, à titre de solde de frais judiciaires.  

 Il ne sera pas alloué de dépens à la partie intimée, qui n'est pas représentée par un 

avocat et n'a fait valoir aucun élément qui justifierait l'octroi d'une indemnité 

équitable au sens de l'art. 95 al. 3 let. c CPC. 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 
La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté par A______ LTD contre l'ordonnance 

OTPI/694/2021 du 15 septembre 2021 rendue par la délégation du Tribunal civil dans la 

cause C/8360/2021. 

Au fond : 

Rejette le recours.  

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires de recours à 1'500 fr., les met à la charge de A______ LTD et 

dit qu'ils sont partiellement compensés avec l'avance fournie, qui reste acquise à l'Etat 

de Genève.  

Condamne en conséquence A______ LTD à verser à l'Etat de Genève, soit pour lui les 

Services financiers du Pouvoir judiciaire, la somme de 700 fr. à titre de solde de frais 

judiciaires. 

Dit qu'il n'est pas alloué de dépens. 

Siégeant : 

Madame Paola CAMPOMAGNANI, présidente; Monsieur Laurent RIEBEN et 

Madame Ursula ZEHETBAUER GHAVAMI, juges; Madame Sandra CARRIER, 

greffière. 

La présidente : 

Paola CAMPOMAGNANI 

 
La greffière : 

Sandra CARRIER 

 
 

 

 
Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF;           

RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification 

avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du 

recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

http://intrapj/perl/JmpLex/RS%20173.110