# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 3873ee96-19c6-57c3-aaa6-656b1656ee74
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2010-05-18
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 18.05.2010 BB.2010.23
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG/CH_BSTG_001_BB-2010-23_2010-05-18.pdf

## Full Text

Arrêt du 18 mai 2010  
Ire Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Tito Ponti, président,  
Emanuel Hochstrasser et Patrick Robert-Nicoud,  
la greffière Claude-Fabienne Husson Albertoni  

   

Parties  1. A.,  
2. La société B.,  

faisant tous deux élection de domicile chez Ma-
dame C., 

plaignants 
 

 contre 
   
  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,  

partie adverse 
 

   

Objet  Refus de suivre (art. 100 al. 3 PPF) 

 
 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéros de dossiers : BB.2010.23 + BB.2010.25 
 
 
 

 

 

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Vu: 
 

− l’enquête de police judiciaire ouverte en janvier 2005, par le Ministère pu-
blic de la Confédération (ci-après: MPC) - sous le nom d’opération D. - 
contre E. et F. pour suspicion d’escroquerie (art. 146 CP), subsidiaire-
ment gestion déloyale (art. 158 CP), participation à une organisation cri-
minelle (art. 260ter CP) et blanchiment d'argent (art. 305bis CP), et selon 
laquelle il est notamment reproché aux prévenus d’avoir, du mois de juin 
2002 au mois de juillet 2003, transféré, respectivement fait transférer, au 
travers de comptes bancaires ouverts au nom de la société G. SA, consti-
tuée et animée à Genève par E. sur instruction de F., la somme de près 
de USD 6 mios au total, correspondant à des loyers d’avions présumés 
indus, respectivement pas dus à cette hauteur, pour l’utilisation d’un 
Boeing 767 et d’un Boeing 747 par la compagnie aérienne du pays Z., 

 
− l’instruction préparatoire close dans cette affaire le 13 février 2009 par le 

Juge d’instruction fédéral (ci-après: JIF), 
 

− le fax adressé le 8 juin 2009 par A. au JIF en l’avertissant qu’il allait rece-
voir une plainte de sa part avec constitution de partie civile suite à une 
tentative d’escroquerie menée par F. et H.,  

 
− le courrier adressé le 24 juillet 2009 par A. au JIF dans lequel il dépose 

plainte et se constitue partie civile en son nom personnel et en celui de sa 
société B. qu’il représente et dont il est le fondateur; un document intitulé 
« Fondement de la plainte et de la constitution de partie civile » était an-
nexé à son envoi, 

 
− la décision du 2 octobre 2009 dans laquelle le MPC a refusé la constitu-

tion de partie civile de A. et de B. dans le cadre de l’affaire D., 
 

− la plainte déposée le 15 octobre 2009 par A. et B. dans le cadre de la-
quelle ils se sont notamment plaints d’un déni de justice de la part du 
MPC, celui-ci n’ayant pas donné suite à leur plainte des 8 juin et 24 juillet 
2009,   

 
− l’arrêt rendu par l’autorité de céans le 31 mars 2010, aux termes duquel 

elle a invité le MPC à statuer sur la suite à donner à la dénonciation faite 
par les plaignants (BB.2009.84 - BB.2009.85), 

 
− la décision rendue le 14 avril 2010 par le MPC dans laquelle il relève que 

le litige dénoncé par les précités mettant en cause des ressortissants du 

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pays Z. et un expert financier établi à Londres est strictement civil, qu’un 
tribunal du pays Z. s’est d’ailleurs déjà prononcé à ce sujet et que ni la 
justice pénale, ni la Confédération suisse ne s’avèrent compétentes pour 
connaître dudit litige, et conclut qu’aucune suite ne sera donnée aux dé-
nonciations formulées par les plaignants, ceux-ci étant renvoyés à agir 
devant les autorités compétentes au pays Z., 

 
− la plainte adressée le 26 avril 2010 à l’autorité de céans à l’encontre de 

cet acte par A. et B., dans laquelle ils concluent à son annulation, à ce 
qu’il soit ordonné au MPC d’accuser réception de la plainte sur procès-
verbal et de statuer sur la dénonciation du paiement indu de loyers pour 
la somme de USD 8 mios à G. SA, 

 
 
 
 
La Cour considère en droit: 
 
que les opérations et les omissions du MPC peuvent en règle générale 
faire l’objet d’une plainte auprès de la Ire Cour des plaintes du Tribunal pé-
nal fédéral (art. 105bis et 214ss PPF; 28 al. 1 let. a LTPF);  
 
que l’acte attaqué a été reçu le 21 avril 2010 par les plaignants de sorte 
que la plainte datée du 26 avril 2010 a été déposée en temps utile; 
 
que s’il n’existe pas de motif d’ouvrir une enquête, le procureur général dé-
cide de ne donner aucune suite à la dénonciation; il informe le dénoncia-
teur et le prévenu, pour autant que celui-ci soit connu; il notifie la décision à 
la victime au sens de l’art. 2 de la loi fédérale du 4 octobre 1991 sur l’aide 
aux victimes d’infractions (LAVI; RS 312.5); la victime peut recourir contre 
la décision dans les dix jours auprès de la Cour des plaintes du Tribunal 
pénal fédéral (art. 100 al. 3 à 5 PPF); 
 
qu’il y a encore lieu de préciser qu’en procédure fédérale, la qualité pour 
recourir contre une décision du MPC de ne pas suivre à l’action pénale est 
différente selon les stades de la procédure: si le refus intervient d’emblée, 
seule la victime au sens de la LAVI a qualité pour recourir (art. 100 al. 5 
PPF), alors que, si la même décision est prise à l’issue de l’enquête préli-
minaire (art. 106 al. 1bis PPF) ou encore à la fin de l’instruction prépara-
toire (art. 120 al. 4 PPF), cette voie de recours est ouverte à tout lésé  
(TPF 2004 21 consid. 1);  
 

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qu’en l’espèce, même s’ils peuvent être liés, il convient de distinguer deux 
états de faits: ceux relevant de l’affaire D., laquelle est actuellement en 
phase accusatoire, et ceux dénoncés à l’été 2009 par les plaignants, qui, 
ainsi que la Cour l’a relevé dans son arrêt du 31 mars 2010 (BB.2009.84 - 
BB.2009.85 consid. 4.3), impliquent entre autres de nouvelles personnes et 
des évènements ultérieurs à ceux investigués dans D. et qui n’ont pour 
l’heure fait l’objet d’aucune enquête en Suisse; 
 
qu’in casu la décision de refus de suivre émise par le MPC a été prise 
d’entrée de cause, soit avant même l’ouverture d’une enquête préliminaire 
sur ce nouveau complexe de faits, de sorte que, conformément à ce que 
prévoit l’art. 100 al. 5 PPF et la jurisprudence précitée, seule la victime au 
sens de la LAVI a qualité pour recourir;  
 
que cependant, ainsi que la Cour l’a déjà précisé dans l’arrêt BB.2009.84 - 
BB.2009.85 précité (consid. 3.4), les plaignants qui invoquent essentielle-
ment ne pas avoir été dûment rétribués, sont touchés avant tout dans leur 
sphère financière, et ne peuvent donc être tenus pour victimes au sens de 
la LAVI, laquelle retient que seule revêt cette qualité la personne qui a subi, 
du fait d’une infraction, une atteinte directe à son intégrité corporelle, 
sexuelle ou psychique; il ne suffit donc pas d'être atteint dans ses intérêts 
patrimoniaux; 
 
qu’à ce titre, les plaignants n’ont pas la qualité pour agir contre la décision 
attaquée et leur plainte est ainsi irrecevable; 

 
que par économie de procédure, il convient de relever entre autres que la 
notion de « procès-verbal » au sens de l’art. 100 al. 2 PPF in fine, 
n’implique pas que le dénonciateur soit nécessairement entendu lors d’une 
audition et ses propos retranscrits dans un procès-verbal, mais bien que le 
destinataire de la dénonciation enregistre celle-ci, la police utilisant norma-
lement pour ce faire un formulaire (SCHMID, Handbuch des schweize-
rischen Strafprozessrechts, Zurich/St-Gall 2009, no 1213; PIQUEREZ; Traité 
de procédure pénale suisse, 2ème éd., Genève Zurich Bâle 2006, no 1050); 
 
que ce n’est que si la dénonciation est verbale - ce qui n’est en 
l’occurrence pas le cas - que son destinataire doit en dresser acte et faire 
signer celui-ci à son auteur (PIQUEREZ., op. cit., no 1049);  
 
qu’à ce titre, l’argument des plaignants selon lequel le MPC aurait en 
l’occurrence violé l’art. 100 al. 2 in fine PPF serait tombé à faux; 
 

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qu’enfin, on ne saurait suivre les plaignants non plus lorsqu’ils invoquent un 
déni de justice de la part du MPC puisque, dans les considérants de la dé-
cision attaquée, celui-ci a effectivement évoqué le paiement de USD 8 mios 
effectué en 2005 par la compagnie aérienne du pays Z. à G. SA, de sorte 
que pour statuer, il s’est bien penché sur les éléments de faits dénoncés 
par les plaignants; 
 
que vu l’issue de la plainte, il a été renoncé à procéder à un échange 
d’écriture (art. 219 al. 1 PPF a contrario);  
 
qu’il y a lieu de percevoir un émolument restreint - mis à la charge solidaire 
des plaignants - qui sera fixé à Fr. 500.-- (art. 66 al. 1 LTF en lien avec 
l'art. 245 al. 1 PPF et l'art. 3 du règlement du 11 février 2004 fixant les 
émoluments judiciaires perçus par le Tribunal pénal fédéral; 
RS 173.711.32).  

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Par ces motifs, la Ire Cour des plaintes prononce: 
 
1. La plainte est irrecevable. 
 
2. Un émolument de Fr. 500.-- est mis à la charge solidaire des plaignants. 

 
 

Bellinzone, le 19 mai 2010 
 
Au nom de la Ire Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
Le président:     La greffière:  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Distribution 
 
- A. et B., chez Madame C. 
- Ministère public de la Confédération 
 
 
 
 
Indication des voies de recours 

Il n’existe pas de voie de recours ordinaire contre le présent arrêt.