# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 5e7deb5d-9e18-5cb8-b7ca-392fa437d92e
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites Plainte / 2020 / 1
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_Plainte---2020---1_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

FA19.033341-191458

62 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
30 décembre 2019

__________________

Composition
:               Mme             
Byrde,
présidente

             
              MM.             
Colombini et  Maillard, juges

Greffier
              :             
Mme              Joye

 

 

*****

 

Art.
17 LP

 

 

 

             
La Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal prend séance à huis clos, en sa qualité
d'autorité cantonale supérieure de surveillance, pour statuer sur le recours interjeté
par X.________,
à Tannay, contre la décision rendue le 19 septembre 2019, à la suite de l’audience
du 2 septembre 2019, par la Présidente du Tribunal d’arrondissement de Nyon, autorité
inférieure de surveillance, rejetant la plainte formée par le recourant le 9 juillet 2019 contre
la saisie de salaire décidée par l’OFFICE
DES POURSUITES DU DISTRICT DE NYON le 3 juillet
2019.

 

             
Vu les pièces du dossier, la cour considère :

 

             
En fait :

 

 

1.             
a)
Par réquisition du 12 novembre 2018 adressée à l’Office des poursuites du district
de Nyon (ci-après : l'office), [...], exécuteur testa-mentaire d’ [...], a requis la
continuation de la poursuite n° 8'679'763 dirigée contre X.________, portant sur un montant
de 250'000 fr. plus intérêt à 5% l'an dès le 21 janvier 2018.

 

             
Faisant suite à cette réquisition, l'office a adressé un avis de saisie provisoire à
X.________ le 15 novembre 2018, pour un montant de 264'290 fr. 40, intérêts et frais compris,
a procédé à l'audition du débiteur le 17 janvier 2019 et a saisi les cinq véhicules
suivants : 

-
              BMW X6 xDrive 50i, saisi
le 20 mars 2019, 

-
              Renault 5 Turbo 1, saisi
le 10 avril 2019, 

-
              Ferrari 550 Maranello,
saisi le 5 juillet 2019, 

-
              Lancia Delta HF 16V Intégrale
EVO 2, saisi le 18 juillet 2019 et 

-
              Mercedes-Benz 190 E 2.5
EV II, saisi le 13 août 2019. 

 

             
Dans le cadre de la saisie de ces véhicules, X.________ a remis à l'office les trois expertises
suivantes, réalisées par [...] :

 

-
              une expertise du 18 novembre
2016, évaluant la valeur du véhicule Mercedes-             
Benz 190 E 2.5 EV II à 180'000 francs ;

 

-
              une expertise du 12 février
2018, évaluant la valeur du véhicule Renault 5 Turbo 1              
à 110'000 francs ;

 

-             
une expertise du 9 juillet 2018, évaluant la valeur du véhicule Lancia Delta HF 16              
V Intégrale EVO 2 II à 80'000 francs ;

 

             
b)
Le 3 juillet 2019, l’office a également rendu une décision de saisie du salaire d’X.________
à hauteur de 4'050 fr. par mois dès le 1er
juillet 2019, sur la base du calcul suivant :

 

 

             
                           
               Débiteur             
               Conjoint             
                  Total

 

Revenu net
par mois                           
              6'743 fr. 90             
              3'693 fr. 80             
              10'437 fr. 70

%
des revenus                            
              64.61%             
              35.39%             
              100%

 

Base mensuelle             
                           
1'098 fr. 38                           
   601 fr. 62             
                1'700 fr. 00

Charges communes             
                           
   565 fr. 99             
                 310 fr. 01             
                  
876 fr. 00

Charges propres
payées                            
              1'006 fr. 63             
                 551 fr. 37             
                1'558 fr. 00

Minimum d'existence             
                           
2'671 fr. 02                           
1'462 fr. 98

 

Montant
mensuel saisissable                           
4'072 fr. 90

 

             
c)
Par acte du 9 juillet 2019, confirmé le 23 juillet 2019, X.________ a déposé plainte contre
cette décision, soutenant que la valeur des véhicules saisis couvrait largement le montant
en poursuite, de sorte que la saisie de salaire était injustifiée ou en tous les cas prématurée.

 

             
Par décision du 25 juillet 2019, la Présidente du Tribunal d'arrondisse-ment de La Côte
a prononcé l'effet suspensif requis par le plaignant en ce sens que les montants saisis restent
consignés à l'office jusqu'à droit connu sur la plainte.

 

             
L'office s'est déterminé dans une écriture du 21 août 2019. Il a préavisé
pour le rejet de la plainte, soutenant que l'estimation des véhicules saisis ne suffisait pas à
couvrir la dette en capital, intérêts et frais, et apportant, en substance, les éléments
suivants : 

 

-
              véhicule BMW X6 xDrive
50i : l'office a estimé la valeur du véhicule à 17'500 fr.,              
sur la base d'une évaluation Eurotax du 21 juin 2019 fixant la valeur              
"achat/reprise" à 18'669 fr. et la valeur résiduelle à la vente à 22'420
francs ; 

 

-
              véhicule Renault
5 Turbo 1 : l'office a sollicité l'avis du garage [...],              
qui, dans un courriel du 25 juin 2019, a indiqué que ledit véhicule était un modèle
              "très spécial",
pouvant faire l'objet de spéculations, et a estimé que sa valeur se              
situait entre 30'000 et 75'000 francs ;

 

-
              véhicule Ferrari
550 Maranello : c'est l'Office des poursuites du district de Morges,              
agissant sur délégation, qui a estimé la valeur de ce véhicule à 70'000 francs
;

 

-
              véhicule Lancia Delta
HF 16V Intégrale EVO 2 : l'office a indiqué qu'il devait              
encore faire procéder à l'estimation de ce bien par un expert ; 

 

-             
 véhicule Mercedes-Benz 190 E 2.5 EV II : l'office a indiqué être dans l'attente du              
procès-verbal de saisie et de l'estimation de ce véhicule par l'Office des              
poursuites du district de Morges.

 

 

2.             
Par prononcé rendu le 19 septembre 2019, à la suite d'une audience tenue le 2 septembre 2019
en présence des parties, la Présidente du Tribunal d’arrondissement de Nyon a rejeté
la plainte d’X.________ et rendu sa décision sans frais.

 

 

3.             
Par acte du 27 septembre 2019, X.________ a recouru contre ce prononcé en concluant implicitement
à sa réforme en ce sens que la saisie de salaire est annulée, subsidiairement revue à
la baisse en fonction de ses charges incompressibles réelles. Il a produit un bordereau de pièces.

 

             
Par écriture du 1er
novembre 2019, l’office a confirmé les conclusions prises en première instance qui tendaient
au rejet de la plainte. Il a également produit des pièces. 

 

             
Le 8 novembre 2019, le poursuivant [...] a conclu au rejet du recours, sous suite de frais et dépens.

 

 

 

             
En droit :

 

 

I.             
              Le recours a été
déposé en temps utile, dans les dix jours suivant la notification du prononcé attaqué
(art. 18 al. 1 LP [loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite; RS 281.1] ; 28
al. 1 LVLP [loi vaudoise d'application de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la
faillite; RSV 280.05]). Dûment signé et suffisamment motivé (TF 5A_118/2018 du 7 février
2018 consid. 4.1), il est ainsi recevable.  Les pièces produites avec le recours sont également
recevables (art. 28 al. 4 LVLP). Il en va de même des déterminations du poursuivant et celles
de l’office ainsi que des pièces produites à leur appui (art. 31 al. 1 LVLP).

 

 

II.             
Le recourant fait valoir que la saisie de salaire ordonnée serait "prématurée".
Il soutient en substance que l’office ne devait pas ordonner une saisie de salaire avant de disposer
d’une "valeur tangible" pour les véhicules qui ont été saisis, que les
documents produits suffiraient de toute manière à démontrer que la valeur de ces véhicules
dépasse celle de la poursuite en cause et qu’une saisie de salaire n’est donc pas nécessaire.

 

             
L’office soutient en substance que la saisie de salaire reste indispen-sable dans la mesure où
la valeur d’estimation des biens saisis ne suffit pas à couvrir la dette en capital, intérêts
et frais.

 

             
a)
En vertu de l’art. 89 LP, lorsque le débiteur
est sujet à la poursuite par voie de saisie, l’office, après réception de la réquisition
de continuer la poursuite, procède sans retard à la saisie ou y fait procéder par l’office
du lieu où se trouvent les biens. La saisie doit être exécutée conformément
aux art. 91 ss LP.

 

             
En vertu de l’art. 95 LP, la saisie porte au premier chef sur les biens meubles, y compris les
créances et les droits relativement saisissables (art. 93 LP); les objets de valeur courante doivent
être saisis les premiers, ceux dont le débiteur peut se passer plus aisément, de préférence
à ceux dont il pourrait difficilement se priver (al. 1). Les immeubles ne sont saisis qu’à
défaut de biens meubles suffisants pour couvrir la créance (al. 2). Sont saisis en dernier
lieu les biens frappés de séquestre, ceux que le débiteur désigne comme appartenant
à des tiers et ceux que des tiers revendiquent (al. 3). La part des droits du débiteur dans
une communauté doit être saisie prioritairement aux biens revendiqués par des tiers, mais
uniquement en cas d’insuffisance d’autres biens, y compris les revenus (art. 3 OPC ;
TF 5A_887/2014 du 14 juillet 2015 consid. 2.1, SJ 2016 I 23). Il en va de même pour les parts de
copropriété sur une chose mobilière individuellement déterminée (Gilliéron,
Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, n. 31 ad art. 95
LP). Le préposé peut s’écarter de cet ordre si les circonstances le justifient ou
si le créancier et le débiteur le demandent conjointement (art. 95 al. 4bis LP). La solution
retenue par le préposé doit, en toute hypothèse, préserver de manière suffisante
les intérêts du créancier (art. 95 al 5 LP), qui prévalent sur ceux du débiteur
(TF 5A_887/2014 du 14 juillet 2015 consid. 2.1, SJ 2016 I 23).

 

             
Aux termes de l’art. 97 LP, le fonctionnaire fait l’estimation des objets qu’il saisit.
Il peut s’adjoindre des experts (al. 1). Il ne saisit que les biens néces-saires pour satisfaire
les créanciers saisissants en capital, intérêts et frais (al. 2).

 

             
L'estimation des objets saisis doit tenir compte de tous les éléments qui peuvent influer sur
l'adjudication. Elle ne doit pas être fixée aussi haut que possible, mais seulement déterminer
la valeur de réalisation présumable de l'objet (ATF 143 III 532 consid. 2.2). Pour les coûts,
seuls ceux de l'office au sens étroit doivent être pris en compte, parmi lesquels les frais
de conservation et de garde. Les intérêts et frais doivent être calculés au moment
où la poursuite devrait normalement être clôturée (TF 5A_240/2019 du 4 septembre
2019 consid. 3.1.2, destiné à la publication). 

 

             
Il est dans le pouvoir d'appréciation de l'office de décider s'il veut s'adjoindre un expert
pour l'estimation. Lorsque les compétences professionnelles nécessaires lui manquent, il doit
fait appel à un expert. Il faut cependant également tenir compte des frais qui en découlent,
qui doivent rester dans un rapport raisonnable avec la valeur de l'objet saisi (ATF 110 III 65 consid.
2; TF 5A_240/2019 du 4 septembre 2019 consid. 3.1.3, destiné à la publication). Selon le Tribunal
fédéral, il est admissible que l'office estime lui-même des véhicules de classe supérieure
(Ferrari et Mercedes) d’une valeur de l'ordre de 90'000 à 180'000 fr. quand bien même
la saisie de tels biens n’est pas ordinaire. Pour notre Haute Cour, les plateformes internet courantes
contiennent en effet de nombreuses informations relatives à l’offre et à la demande d’objets
particuliers et permettent d’évaluer de manière réaliste la valeur d’un véhicule
spécifique sur le marché (TF 5A_240/2019 du 4 septembre 2019 consid. 3.3.1, destiné à
la publication).

 

             
La valeur des biens saisis ne doit pas dépasser de manière importante les limites fixées
par l'art. 97 al. 2 LP, qui permettent la prise en compte d'une marge raisonnable (p. ex. en cas de revendication)
(ATF 132 III 281 consid. 2 ; TF 5A_346/ 2018 du 3 septembre 2018 consid. 3.2.1).

 

             
b)
En l’espèce, la poursuite porte sur une somme de 250’000 fr. plus intérêt
à 5 % l’an dès le 21 janvier 2018. L'office estime que, compte tenu du fait qu'une action
en libération de dette est actuellement pendante, la poursuite pourrait ne pas être clôturée
avant cinq ans et évalue dès lors la créance totale à couvrir en capital, intérêts
et frais (saisie, vente, etc.) à environ 336’000 fr., ce qui n’est pas contesté.

 

             
L’office a saisi cinq véhicules. Lors de son audition du 17 janvier 2019, le recourant a indiqué
qu’il était l’unique propriétaire de trois d’entre elles. Il a en revanche
précisé qu’il détenait les véhicules Ferrari et Mercedes-Benz en copropriété
avec son fils. L’office a toutefois manifestement considéré que le recourant en était
seul propriétaire puisqu’il a saisi l’entier des deux véhicules et pas uniquement
une part de copropriété du recourant. Il tient par ailleurs compte de la valeur totale de chacune
de ces voitures dans ses estimations. Le recourant plaide quant à lui que l’intégralité
de la valeur de réalisation de ces deux véhicules pourra servir à désintéresser
son créancier. Dans ces circonstances, on peut considérer que le recourant est bien le seul
propriétaire de la Ferrari et de la Mercedes-Benz saisies.

 

             
En première instance, l’office avait indiqué qu’il n’était pas encore
en mesure d’arrêter une valeur d’estimation pour tous les véhicules concernés
par la saisie. Dans ses déterminations du 1er
novembre 2019, il a précisé que ses estimations pouvaient désormais être arrêtées
de la manière suivante :

 

-              
BMW X6 xDrive 50i              
                           
                           
  17'500 fr.

-              
Renault 5 Turbo 1                           
                           
                52'500 fr.

-              
Ferrari 550 Maranello              
                           
                70'000 fr.

-              
Lancia Delta HF 16V Intégrale EVO 2             
  50'000 fr.

-              
Mercedes-Benz 190 E 2.5 EV II             
              100'000 fr.

 

             
Total des estimations :             
                           
              290'000 fr.

 

             
aa)
La valeur de 70'000 fr. retenue pour la Ferrari 550 Maranello n’est pas contestée. 

 

             
bb)
S'agissant du véhicule BMW X6 xDrive 50i, le recourant fait valoir qu’un montant de 36'890
fr. aurait été investi pour le remplacement du moteur et du turbo de la voiture ce qui entrainerait
une augmentation de sa valeur. Les factures produites dans le but d’établir la réalité
de ces travaux ne mentionnent toutefois pas le véhicule concerné par les interventions qui
y sont listées. Elles ont en outre été établies au nom de "Ecom Corporation"
pour la première et de "Quality1 AG" pour la seconde, soit de deux entités dont on
ne sait absolument rien. En d’autres termes, ces documents ne permettent pas d’établir
que la BMW X6 xDrive 50i a bien fait l’objet des travaux allégués. Cela étant, l'office
indique que la valeur de 17'500 fr. retenue pour ce véhicule se fonde sur une évaluation Eurotax.
La pièce produite révèle toutefois une valeur résiduelle du véhicule à
la vente de  22'420 francs. Ce dernier montant se situe du reste dans la fourchette des prix proposés
sur les sites de vente en ligne pour des voitures similaires, selon les pièces produites par le
recourant. S’agissant d’un véhicule ordinaire, il faut cependant compter avec une dévaluation
d’au moins 5% par an d’ici sa possible réalisation. Ainsi, le montant de 17'500 fr.
arrêté par l’office peut être considéré comme réaliste.

 

             
cc)
Concernant les trois autres véhicules – Renault, Lancia et Mercedes-Benz, le recourant se
fonde sur trois expertises privées, réalisées par [...] les 18 novembre 2016, 12 février
2018 et 9 juillet 2018, évaluant les véhicules en cause respectivement à 110'000 fr.,
80'000 fr. et 180'000 francs. S'agissant de la valeur probante de ces trois expertises, on peut admettre
qu'elles n'ont certes pas été établies, vu leurs dates, pour les besoins de la procédure
de plainte. On relèvera toutefois que le commandement de payer dans la poursuite en cause a été
notifié de 7 mai 2018 et que l'une au moins des expertises est postérieure, ce qui est de nature
à affaiblir sa valeur probante. Par ailleurs, ces expertises ont été exécutées
à la demande du recourant, ce qui affaiblit également leur valeur probante.

             

             
L'office s'est écarté de ces trois expertises et a arrêté l'estimation des trois
véhicules en cause respectivement à 52'500 fr., 50'000 fr. et 100'000 francs.

             

             
Pour la Renault 5 Turbo 1, il s'est adressé à la société [...], qui a indiqué,
dans un courriel du 25 juin 2019, qu'il estimait que la valeur dudit véhicule se situait entre 30'000
fr. et 75'000 fr., précisant que ce modèle était "très spécial", que
seuls les passionnés s'y intéressaient, que certains le proposaient pour une centaine de milliers
de francs, somme largement exagérée à son avis, s'agissant de garagistes qui n'ont pas
d'urgence à vendre et essaient de faire un "gros coup", voire spéculent sur le produit.
On peut conclure de ces informations que la valeur retenue par [...] est sans doute trop élevée.
A à la lecture des courriels échangés, on comprend par ailleurs que la personne contactée
par l'office s’est prononcée sans avoir vu le véhicule et sur la base de renseignements
partiels puisqu’elle relève que le prix dépendra en définitive de la question de
savoir si la voiture est identique à son origine, si c’est une série spéciale (ce
qui apparemment n'est pas le cas), si des modifications ont été faites par ses proprié-taires,
ainsi que de son état d’entretien et de son entreposage. Il n'est ainsi pas possible de retenir
l'une ou l'autre des valeurs avancées par [...].

 

             
S'agissant de la Lancia Delta HF 16V Intégrale EVO 2, l’office explique que le montant de
50’000 fr. qu'il a retenu serait une moyenne entre celui déterminé par le rapport d’expertise
remis par le poursuivi et celui résultant de renseignements obtenus auprès du garage [...]
à St-Prex. On ne trouve toutefois aucune trace de ces renseignements au dossier. On ignore donc
la valeur d’estima-tion proposée par la personne contactée au sein de ce garage. On ignore
également les informations dont elle disposait et si elle a pu procéder à une inspection
du véhicule. Reste que les informations recueillies semblent là aussi mettre en doute le bien-fondé
de l'évaluation de [...].

 

             
Enfin, pour ce qui est du véhicule Mercedes-Benz 190 E 2.5 EV II, l’office, qui estime le
véhicule à 100'000 francs. Il s'est fondé sur la valeur estimative retenue par l'Office
des poursuites de Morges dans le cadre d'une délégation de saisie. On ignore cependant sur
quelle base cette dernière estimation a été faite.

 

             
c)
En définitive, on doit conclure qu'on ne peut se fonder sans autres sur les expertises produites
par le recourant et que les éléments sur lesquels se fonde l'office sont quelque peu légers.
Il y dès lors lieu de faire procéder à une nouvelle estimation par un expert, étant
relevé que le fait que l'office se soit adressé à des tiers démontre qu'il n'est
pas en mesure d'estimer lui-même ces véhicules très particuliers. Une fois la valeur des
véhicules correctement déterminée, il pourra être statué sur l'opportunité
de maintenir ou non la saisie de salaire querellée.

 

 

III.             
              Le recours doit ainsi
être admis, la décision de l'autorité inférieure de surveillance annulée et
la cause renvoyée à cette autorité pour nouvelle instruction dans le sens des considérants
et nouvelle décision. 

 

 

             
L'arrêt est rendu sans frais ni dépens (art. 20a al. 2 ch. 5 LP, 61 al. 2 let. a et 62 al.
2 OELP – ordonnance sur les émoluments perçus en application de la LP; RS 281.35).

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité cantonale

supérieure
de surveillance,

p
r o n o n c e :

 

             
I.             
Le recours est admis.

 

             
II.             
Le prononcé est annulé et la cause renvoyée à la Présidente du Tribunal d'arrondissement
de Nyon, autorité inférieure de surveillance, pour nouvelle instruction et nouvelle décision.

             
III.             
L’arrêt, rendu sans frais ni dépens, est exécutoire.

 

La
présidente :              La greffière
:

 

 

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. X.________,

‑             
Me Olivier Burnet, avocat (pour [...]),

-             
M. le Préposé à l’Office des poursuites du district de Nyon.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le
Tribunal fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral
– RS 173.110). Ce recours doit être déposé devant le Tribunal fédéral
dans les dix jours – cinq jours dans la poursuite pour effets de change – qui suivent la
présente notification (art. 100 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
Mme la Présidente du Tribunal d'arrondissement de Nyon, autorité inférieure de surveillance.

 

             
La greffière :