# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** fc1406c2-3f6a-543e-8dab-3a88c97f08bf
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2011-11-24
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 24.11.2011 PE.2011.0277
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_PE-2011-0277_2011-11-24.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 24
  novembre 2011 

  
	
  Composition

  	
  M. Robert Zimmermann, président; MM. Jean-Luc Bezençon et Raymond
  Durussel; M. Patrick Gigante, greffier.

  

 

	
  Recourant

  	
   

  	
  A. X.________, à 1********, représenté par Me Michel Dupuis, avocat à Lausanne.
   

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Service de la
  population, à Lausanne.  

  

   

 

	
  Objet

  	
  Révocation   

  
	
   

  	
  Recours A. X.________ c/ décision du
  Service de la population du 27 juillet 2011

  

 

Vu les faits suivants

A.                               
A. X.________, ressortissant gambien né en 1985,
a quitté la Gambie en 2001 ou en 2002 pour se rendre en Espagne, à Barcelone,
où il a travaillé jusqu’en 2007. En mai 2007, il est entré pour la première fois
en Suisse sous une fausse identité, avant de repartir en septembre de la même
année. Sous l’identité de B. Y.________, A. X.________ a été interpellé à Bâle
alors qu’il était en possession de 1,9 g de cocaïne et de sept sachets de
marijuana; il a été condamné le 14 août 2007 pour infraction et contravention à
la loi fédérale du 3 octobre 1951 sur les stupéfiants (LStup; RS 812.121). A.
X.________ a été détenu du 10 au 27 mai 2008 pour une affaire de viol. Le 7
janvier 2010, il a été condamné pour infraction et contravention à la LStup et
infraction à la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers (LEtr; RS
142.20) à une peine privative de liberté ferme de 60 jours. A. X.________ est revenu
en Suisse en juillet 2010 et a logé chez C. Z.________, à 2********. Après être
retourné en Espagne pour, selon ses propres déclarations, y changer son
identité, il est revenu s’installer en Suisse pour la troisième fois le 6
novembre 2010.

B.                              
A. X.________ a été interpellé à Orbe le 9
février 2011, en flagrant délit de vente de stupéfiants. Il a été inculpé
d’infraction grave à la LStup et depuis lors, est détenu à la Prison du
Bois-Mermet, à Lausanne. Selon rapport de police du 26 septembre 2011, A.
X.________ est mis en cause pour avoir vendu et offert, entre janvier 2009 et
février 2011, entre 903,1 et 1'441,4 g de cocaïne, à un degré de pureté de 33,1
% (soit 298,92 respectivement 477,10 g de cocaïne pure), pour un chiffre
d’affaires compris entre 125'325 et 159'425 fr., ainsi qu’entre 1'726 et 1'733
g de marijuana pour un chiffre d’affaires compris entre 18'650 et 18'700
francs. A. X.________ conteste la majeure partie des faits qui lui sont
reprochés. Il a cependant admis durant l’enquête que la somme de 460 fr.
découverte sur lui lors de son interpellation provenait du trafic de
stupéfiants. Trouvé en possession de 68 boulettes de cocaïne, il a en outre
reconnu qu’il devait revendre entre 77 et 78 d’entre elles entre 70 et 100 fr.
la pièce. Il admet par ailleurs avoir vendu ou offert à ses clients entre 69 et
76 boulettes de cocaïne ainsi qu’entre 49 et 56 sachets de marijuana. 

C.                              
Le 30 mai 2011, le Service cantonal de la
population (ci-après : SPOP) a informé A. X.________ de son intention de
prononcer à son encontre une décision de renvoi. A deux reprises, le délai
imparti à l’intéressé pour s’exprimer a été prolongé, en vain. Le 27 juillet
2011, le SPOP a prononcé le renvoi de Suisse de A. X.________, ceci dès sa
sortie de prison.

A. X.________ a recouru contre
cette dernière décision dont il demande l’annulation.

L’octroi, respectivement la
restitution de l’effet suspensif ont été requis; par décision du 5 août 2011,
le juge instructeur a constaté que la demande était sans objet, au vu du
maintien en détention de l’intéressé pour les besoins de l’enquête pénale.

Le SPOP propose le rejet du recours
et la confirmation de la décision attaquée.

Invité à répliquer, A. X.________
s’est brièvement exprimé.

D.                              
Le Tribunal a statué à huis clos, par voie de
circulation.

Considérant en droit

1.                               
Le recourant a requis la tenue d’une audience et
l’audition de C. Z.________ en qualité de témoin. Comme on le verra plus loin,
il présente cette dernière comme étant sa fiancée et se prévaut d’un projet de
mariage avec elle. 

a) Les parties ont le droit d'être
entendues (art. 29 al. 2 Cst. et 27 al. 2 Cst.-VD). Cela inclut pour elles le
droit de s'expliquer avant qu'une décision ne soit prise à leur détriment, de
fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur la décision,
d'avoir accès au dossier, de participer à l'administration des preuves, d'en
prendre connaissance et de se déterminer à leur propos (ATF 133 I 270 consid.
3.1 p. 277; 132 II 485 consid. 3.2 p. 494; 132 V 368 consid. 3.1 p. 370/371, et
les arrêts cités). Le droit d'être entendu s'exerce essentiellement en rapport
avec les faits de la cause. Il n’implique pas que les parties se voient
réserver la faculté de s’exprimer sur l’appréciation des faits ou sur
l’argumentation juridique que l’autorité se propose de retenir à l’appui de la
décision à prendre (ATF 132 II 257 consid. 4.2 p. 267, 485 consid. 3.4 p. 495;
129 II 497 consid. 2.2 p. 505). Il n’est fait exception à cette règle que
lorsque l'autorité envisage de fonder sa décision sur une norme ou un motif
juridique non évoqué dans la procédure antérieure et dont aucune partie en
présence ne s'est prévalue et ne pouvait supputer la pertinence, que la
situation juridique a changé ou que l'autorité dispose d'un pouvoir
d'appréciation particulièrement étendu (ATF 129 II 497 consid. 2.2 p. 505). En
outre, l'autorité peut renoncer au moyen de preuve offert par une partie, pour
autant qu'elle puisse admettre sans arbitraire que ce moyen n'aurait pas changé
sa conviction (ATF 131 I 153 consid. 3 p. 157; 130 II 425 consid. 2.1 p. 429;
124 I 241 consid. 2 p. 242, et les arrêts cités). Pour le surplus, les parties
à la procédure de recours ont le droit de recevoir toutes les écritures
déposées et disposent en principe du droit de répliquer aux arguments des
parties adverses (ATF 133 I 98, 100; ATF 2C_688/2007 du 11 février 2008). 

Devant la Cour de droit
administratif et public du Tribunal cantonal, la procédure est en principe
écrite (art. 27 al. 1 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure
administrative – LPA-VD; RSV 173.36). Les parties participent à l'administration
des preuves (art. 34 al. 1 LPA-VD). L’autorité peut recourir à l’audition des
parties, à l’inspection locale et aux témoignages (art. 29 al. 1 let. a, b et f
LPA-VD). Elle
n'est toutefois pas liée par les offres de preuves
formulées par les parties (art. 28 al. 2 LPA-VD); elle doit examiner les
allégués de fait et de droit et administrer les preuves requises, si ces moyens
n'apparaissent pas d'emblée dénués de pertinence (art. 34 al. 3 LPA-VD). Les
art. 29 al. 2 Cst. et 27 al. 2 Cst.-VD n’accordent en effet pas à la partie
dans la procédure devant la juridiction administrative le droit inconditionnel
d’être entendu oralement, ni celui d’obtenir l’audition de témoins ou la mise
en œuvre d’une expertise, à moins que soit en cause l’examen personnel de la partie
en cause (ATF 122 II 464 consid. 4c p. 469/470).

b) En l’espèce, le Tribunal ne
donnera pas suite à la réquisition présentée par le recourant. Il s’en tiendra
à une procédure exclusivement écrite. Comme on le verra dans les considérants
qui suivent, le litige a trait à des questions d’ordre exclusivement juridique,
que le Tribunal examine avec un plein pouvoir d’examen (art. 76 LPA-VD). Au
surplus, ni l’audition du recourant, ni la déposition de C. Z.________ ne sont
susceptibles d’ébranler la conviction de la Cour. Dès lors, par appréciation
anticipée des preuves, le Tribunal s’estime en mesure de statuer en
connaissance de cause, en se dispensant de l’audience réclamée par le
recourant.

2.                               
Selon l'art. 5 LEtr, tout étranger doit, pour
entrer en Suisse (al. 1), avoir une pièce de légitimation reconnue pour le
passage de la frontière et être muni d'un visa si ce dernier est requis (let.
a), disposer des moyens financiers nécessaires à son séjour (let. b), ne
représenter aucune menace pour la sécurité et l'ordre public ni pour les
relations internationales de la Suisse (let. c), enfin ne faire l'objet
d'aucune mesure d'éloignement (let. d). S'il prévoit un séjour temporaire, il
doit apporter la garantie qu'il quittera la Suisse (ibid., al. 2). Tout
étranger peut séjourner en Suisse sans exercer d’activité lucrative pendant
trois mois sans autorisation, sauf si la durée fixée dans le visa est plus
courte (art. 10 al. 1 LEtr). L’étranger qui prévoit un séjour plus long sans
activité lucrative doit être titulaire d’une autorisation. Il doit la
solliciter avant son entrée en Suisse auprès de l’autorité compétente du lieu
de résidence envisagé. L’art. 17, al. 2, est réservé (ibid., al. 2). Tout étranger tenu d’obtenir une autorisation de courte durée, de
séjour ou d’établissement doit déclarer son arrivée à l’autorité compétente de
son lieu de résidence ou de travail en Suisse avant la fin du séjour non soumis
à autorisation ou avant le début de l’activité lucrative (art. 12 al. 1 LEtr).

3.                               
Aux termes de l’art. 64 al. 1 LEtr, les
autorités compétentes rendent une décision de renvoi ordinaire à l’encontre: d’un
étranger qui n’a pas d’autorisation alors qu’il y est tenu (let. a); d’un
étranger qui ne remplit pas ou ne remplit plus les conditions d’entrée en
Suisse (let. b); d’un étranger auquel une autorisation est refusée ou dont
l’autorisation, bien que requise, est révoquée ou n’est pas prolongée après un
séjour autorisé (let. c). L’étranger qui séjourne illégalement en Suisse et qui
dispose d’un titre de séjour valable délivré par un autre Etat lié par l’un des
accords d’association à Schengen (Etat Schengen) est invité sans décision
formelle à se rendre immédiatement dans cet Etat. S’il ne donne pas suite à
cette invitation, une décision au sens de l’al. 1 est rendue (art. 64 al. 2
LEtr). Si des motifs de sécurité et d’ordre publics, de sécurité intérieure ou
extérieure justifient un départ immédiat, une décision est rendue sans invite
préalable. Cette même disposition prévoit à son al. 3, un
délai de cinq jours pour déposer un recours contre la décision visée à l'al. 1
let. a et b; le recours n'a pas d'effet suspensif, l'autorité de recours ayant
cependant la possibilité de le restituer. 

a) La décision de renvoi est une
décision d'exécution (Zünd/Arquint Hill in Uebersax/Rudin/Hugi
Yar/Geiser, Ausländerrecht, 2ème éd., Bâle 2009, n. 8.61, p. 348). Lorsqu'une personne est entrée illégalement en Suisse, la décision de
renvoi lui est notifiée au moyen d'un formulaire type (art. 64b LEtr). La
décision de renvoi est assortie d'un délai de départ raisonnable de sept à
trente jours; un délai plus long est imparti ou le délai de départ est prolongé
lorsque des circonstances particulières telles que la situation familiale, des
problèmes de santé ou la durée du séjour le justifient (art. 64d al. 1 LEtr).
Le renvoi peut être immédiatement exécutoire ou un délai de départ inférieur à
sept jours peut être fixé dans les cas prévus à l'art. 64d al. 2 LEtr. En cas
d'exécution immédiate d'une décision de renvoi ou lorsque la personne concernée
ne s'acquitte pas de son obligation de départ, une interdiction d'entrée est
prononcée par l'ODM (art. 67 al. 1 LEtr); pour des raisons humanitaires ou pour
d'autres motifs importants, l'ODM peut s'abstenir de prononcer une interdiction
d'entrée ou suspendre provisoirement ou définitivement une interdiction
d'entrée (art. 67 al. 5 LEtr). Une telle interdiction peut en outre être
prononcée notamment lorsque l'étranger a attenté à la sécurité et à l'ordre
public en Suisse ou à l'étranger ou les a mis en danger (art. 67 al. 2 let. a
LEtr). Enfin, l'autorité compétente peut reporter l'exécution du renvoi ou de
l'expulsion pour une période appropriée lorsque des circonstances particulières
le justifient (problèmes de santé, absence de moyen de transport, notamment;
art. 69 al. 3 LEtr).

b) Ces nouvelles dispositions résultent
de l'approbation et de la mise en œuvre de l'échange de notes entre la Suisse
et la Communauté européenne concernant la reprise de la directive CE sur le
retour (directive 2008/115/CE). Selon le Message du Conseil fédéral du 18
novembre 2009 "sur l'approbation et la mise en œuvre de l'échange de
notes entre la Suisse et la CE concernant la reprise de la directive CE sur le
retour (directive 2008/115/CE - développement de l'acquis de Schengen) et sur
une modification de la loi fédérale sur les étrangers (contrôle automatisé aux
frontières, conseillers en matière de documents, système d'information
MIDES)", publié in FF 2009 VIII 8043 ss (ci-après: le Message), cette
directive s'applique aux ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier dans
un Etat Schengen. Elle entraîne notamment le remplacement du renvoi sans
décision formelle visé à l'ancien art. 64 LEtr par une procédure de renvoi
formelle, à savoir par un renvoi notifié au moyen d'un formulaire type. Aucune
exigence particulière de forme ne s'applique à ce dernier; en revanche, il doit
indiquer les motifs de fait et de droit et comporter des informations relatives
aux voies de recours disponibles (Message, p. 8054). Les motifs conduisant
à la prise d'une décision de renvoi, définis à l'art. 64 al. 1 let. a et b,
n'ont pas été modifiés par rapport à l'ancien droit; l'al. 1 let. c correspond
aux motifs de renvoi définis à l'ancien art. 66 LEtr, abrogé avec effet au 1er
janvier 2011, en application duquel était déjà rendue une décision formelle de
renvoi (Message, p. 8051 s.). Le report d'un renvoi ou d'une
expulsion visé par l'art. 69 al. 3 LEtr doit être différencié de la décision
d'admission provisoire prévue par l'art. 83 LEtr; il ne fait que repousser la
date prévue pour le départ jusqu'à ce que les obstacles à l'exécution du renvoi
ou de l'expulsion soient écartés. En revanche, les obstacles fondamentaux à
l'exécution du renvoi ou de l'expulsion sont examinés dès la procédure de renvoi
et peuvent également être invoqués dans le cadre d'un recours contre la
décision de renvoi (Message, p. 8058). 

4.                               
a) En l’occurrence, la décision attaquée s’avère
justifiée pour deux motifs au moins. En premier lieu, le recourant, ressortissant d'un Etat non-membre de Schengen, est titulaire d’une autorisation de séjour en Espagne. Au jour de
son interpellation, il séjournait depuis plus de trois mois en Suisse, sans une
autorisation de séjour qu’il était pourtant tenu de requérir. Pour ce premier
motif, l'autorité intimée était par conséquent fondée au
regard de l'art. 64 al. 1 let. a LEtr à rendre à son encontre une décision
formelle de renvoi. En second lieu, le recourant, détenu avant jugement depuis
neuf mois, fait actuellement l’objet d’une enquête pénale pour crime contre la
LStup. Il est mis en cause pour avoir participé de manière active à un trafic
de cocaïne portant sur près de dix-sept fois la quantité minimale (18 g) à
compter de laquelle l’infraction devient un crime, lequel est réprimé par une
peine privative de liberté d’un an au moins (art. 19 al. 2 let. a LStup).
Certes, le recourant n’a pas encore été jugé, mais il admet une partie des
faits qui lui sont reprochés dans le rapport de police. A cela s’ajoute que le
recourant a déjà été condamné à deux reprises par le passé pour des faits
similaires. Sans qu’il ne soit besoin d’évoquer ici le respect de la
présomption d’innocence, le recourant représente une
menace claire pour la sécurité et l'ordre public. Partant, il ne remplit pas
les conditions d’entrée en Suisse au regard de l’art. 64 al. 1 let. b LEtr.

b) Le recourant expose sans doute
qu’il est fiancé. Il tente au demeurant de se prévaloir de sa relation avec C.
Z.________, ressortissante helvétique, qui formerait un projet de mariage avec
lui. De manière implicite, il fait valoir à cet égard qu'un renvoi de Suisse
l'empêcherait de vivre sa vie de couple. Cet argument ne résiste pas à
l'examen. En effet, sous réserve de circonstances particulières, les fiancés ou
les concubins ne sont pas habilités à se prévaloir d'un droit au regroupement
familial en lien avec l'art. 8 de la Convention du 4 novembre 1950 de
sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CEDH; RS 0.101)
- étant précisé que la garantie de la vie privée et familiale garantie par
cette disposition correspond à celle consacrée par l'art. 13 al. 1 Cst. (cf.
ATF 2C_505/2009 du 29 mars 2010 consid. 5.1 et la référence); l'étranger fiancé
à une personne ayant le droit de s'établir en Suisse ne peut ainsi, en principe,
pas prétendre à une autorisation de séjour de ce chef, à moins que le couple
n'entretienne depuis longtemps des relations étroites et effectivement vécues
(une cohabitation d'un an et demi, par exemple, n'étant pas suffisante pour
fonder un tel droit), et qu'il existe des indices concrets d'un mariage
sérieusement voulu et imminent (cf. ATF 2C_913/2010 du 30 novembre 2010 consid.
3 et les références; ATF 2C_300/2008 du 17 juin 2008 consid. 4.2). Au surplus,
l’autorité cantonale peut autoriser un étranger entré légalement à séjourner en
Suisse durant la procédure si les conditions d’admission sont manifestement
remplies (al. 2). Les démarches relatives à l’engagement d’une procédure
matrimoniale ne confèrent, à elles seules, aucun droit lors de la procédure
d’autorisation (art. 6 al. 2 de l’ordonnance fédérale du 24 octobre 2007
relative à l’admission, au séjour et à l’exercice d’une activité lucrative –
OASA; RS 142.201). Aux termes de cette disposition,
l’engagement d’une procédure matrimoniale ne confère, à elle seule, aucun droit
lors de la procédure d’autorisation. Il suit de là que celui qui se trouve dans
un cas d’application de l’art. 17 al. 1 LEtr, doit retourner dans son pays
avant de pouvoir, le cas échéant, bénéficier du droit à l’autorisation de
séjour à la suite de mariage, selon l’art. 42 LEtr. En l’occurrence, le
recourant ne peut se prévaloir d’aucune circonstance lui permettant d’invoquer
un droit au regroupement familial, ceci d’autant moins qu’il n’a produit aucun
document attestant de ce qu’une procédure préparatoire au mariage avait débuté.
Le projet du recourant ne peut susciter à cet égard que les plus sérieuses
réserves.

c) Il est par ailleurs possible de
déroger aux conditions d’admission (art. 18 à 29) pour tenir compte des cas
individuels d’une extrême gravité ou d’intérêts publics majeurs (cf. art. 30
al. 1 let. b LEtr). La première de
ces deux notions s’interprète à la lumière de la jurisprudence développée sous
l’empire de l’ancien art. 13 let. f de l’ordonnance fédérale du 6 octobre 1986
limitant le nombre des étrangers (OLE), en vigueur jusqu’au 31 décembre
2007, qui concernait les autorisations de séjour pouvant être délivrées "dans un cas personnel d'extrême gravité ou en raison de
considérations de politique générale" (arrêts PE.2010.0599 du 10 mars 2011 consid. 3a/aa
et les réf. cit.). La jurisprudence n'admet que restrictivement l'existence
d'un cas personnel d'extrême gravité. L'étranger doit se trouver dans un cas de
détresse personnelle. Il ne suffit pas que, comme d'autres compatriotes appelés
à rentrer dans le pays d'origine, cet étranger se voie alors confronté à une
mauvaise situation économique et sociale. Il faut que ses conditions de vie,
comparées à celles applicables à la moyenne des étrangers, soient mises en cause
de manière accrue et comportent pour lui des conséquences particulièrement
graves. Pour porter une appréciation, il y a lieu de tenir compte de l'ensemble
des circonstances. La reconnaissance d'un cas personnel d'extrême gravité
n'implique pas forcément que la présence de l'étranger en Suisse constitue
l'unique moyen pour échapper à une situation de détresse. Par ailleurs, le fait
que l'étranger ait séjourné en Suisse pendant une assez longue période, qu'il y
soit bien intégré, socialement et professionnellement, et que son comportement
n'ait pas fait l'objet de plaintes ne suffit pas, à lui seul, à constituer un
cas personnel d'extrême gravité; il faut encore que la relation du requérant
avec la Suisse soit si étroite qu'on ne puisse pas exiger qu'il aille vivre
dans un autre pays, notamment dans son pays d'origine. A cet égard, les
relations de travail, d'amitié ou de voisinage que le requérant a pu nouer
pendant son séjour ne constituent normalement pas des liens si étroits avec la
Suisse qu'ils justifieraient une exemption des mesures de limitation du nombre
des étrangers (ATF 130 II 39 consid. 3 p. 42; 128 II 200 consid. 4 p. 207 s.;
arrêts PE.2011.0018 du 5 avril 2011 consid. 4; PE.2010.0286 du 3 septembre
2010 consid. 4). 

La jurisprudence a notamment
précisé que la longueur du séjour n'était pas à elle seule constitutive d'un
cas personnel d'extrême gravité, dans la mesure notamment où ce séjour était
illégal (ATF 130 II 39). Sinon, l'obstination à violer la législation en
vigueur serait en quelque sorte récompensée. Dès lors, il appartient à
l'autorité compétente d'examiner si l'intéressé se trouve pour d'autres raisons
dans un état de détresse justifiant de lui octroyer une autorisation de séjour.
Pour cela, il y a lieu de se fonder sur les relations familiales de l'intéressé
en Suisse et dans sa patrie, sur son état de santé, sur sa situation
professionnelle, sur son intégration sociale, etc. (ATF 124 II 110 consid.
3 p. 113).

A l’évidence, l’on n’est pas
confronté en l’occurrence à une sitution personnelle d’extrême gravité faisant
obstacle au renvoi de Suisse. Le recourant a séjourné à plusieurs reprises en
Suisse sans la moindre autorisation et ceci, sous une fausse identité par
surcroît. Il ne s’y est absolument pas intégré puisqu’il n’a jamais exercé la
moindre activité lucrative et semble n’être venu que pour se livrer au trafic
de stupéfiants. Titulaire d’un titre de séjour espagnol, il ne fait valoir
aucune circonstance quelconque qui s’opposerait à son renvoi vers l’Espagne, ni
même du reste vers son pays d’origine, la Gambie, ceci au terme de son séjour
carcéral. 

5.                               
Vu ce qui précède, le recours ne peut qu’être
rejeté et la décision attaquée, confirmée. Le sort du recours commande de
mettre un émolument judiciaire à la charge du recourant (art. 49 et 91 LPA-VD).
L’allocation de dépens n’entre pas en ligne de compte (art. 55 al. 1, a
contrario, 56 al. 3 et 91 LPA-VD).

 

 

Par ces motifs

la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

I.                                  
Le recours est rejeté.  

II.                                
La décision du Service de la population du 27
juillet 2011 est confirmée.

III.                               
Un émolument d’arrêt de 500 (cinq cents) francs
est mis à la charge du recourant.

IV.                             
Il n’est pas alloué de dépens.

 

 

Lausanne, le 24 novembre 2011

 

 

Le président:                                                                                             Le
greffier:

                                                                     

 

 

                                                                     

Le présent arrêt est communiqué aux
destinataires de l'avis d'envoi ci-joint.

Il peut faire l'objet, dans les trente
jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le recours en
matière de droit public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du
17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours
constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,
indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.
Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.
Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,
pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la
décision attaquée.