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**Case Identifier:** a925ad27-6a85-505d-81ca-7e1d00d6e976
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-11-27
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des baux et loyers 27.11.2017 C/8869/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_004_C-8869-2017_2017-11-27.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 29.11.2017. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/8869/2017 ACJC/1531/2017 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des baux et loyers 

DU LUNDI 27 NOVEMBRE 2017 

 

Entre 

A______, recourante contre un jugement rendu par le Tribunal des baux et loyers le  
23 juin 2017, comparant par Me Bénédict FONTANET, avocat, Grand-Rue 25, case 

postale 3200, 1211 Genève 3, en l'étude duquel elle fait élection de domicile,  

et 

B______, domicilié ______ (GE), intimé, comparant en personne. 

 

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C/8869/2017 

EN FAIT 

A. Par jugement du 23 juin 2017, expédié pour notification aux parties le 29 juin 
2017, le Tribunal des baux et loyers, statuant par voie de procédure sommaire, a 

déclaré irrecevable la requête en évacuation du 20 avril 2017 A______ à 

l'encontre de B______ (ch. 1 du dispositif). 

 En outre, le Tribunal a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 2) et a 

dit que la procédure était gratuite (ch. 3). 

B. a. Par acte expédié au greffe de la Cour de justice le 14 juillet 2017, A______ 
forme recours contre ce jugement dont elle sollicite l'annulation des chiffres 1 et 2 

du dispositif.  

 Elle conclut au prononcé de l'évacuation immédiate de B______ ainsi que de tout 

tiers et de tout bien de la place de stationnement n°1______ sise dans le parking 

souterrain situé 2______ à ______ (GE) et à ce qu'il soit ordonné immédiatement 

l'exécution du jugement d'évacuation en enjoignant à tout huissier judiciaire, le 

cas échéant en requérant le concours de la force publique, d'évacuer B______ 

ainsi que tout tiers et tout bien de la place de stationnement précitée. 

 Elle requiert également la condamnation de B______ à lui verser la somme de 

4'432 fr. 70, ainsi que la somme de 126 fr. à titre d'indemnité mensuelle pour 

occupation illicite à compter du 1
er

 mai 2017 et jusqu'à la libération de la place de 

stationnement n° 46. 

 b. B______ n'a pas répondu au recours formé par A______. 

 c. Les parties ont été informées le 15 août 2017  de ce que la cause était gardée à 
juger. 

C. Les faits pertinents de la cause sont les suivants : 

 a. Le 3 février 1994, A______, bailleresse, et B______ et C______, locataires, ont 
conclu un contrat de bail à loyer portant sur une place de stationnement 

n°1______ sise dans le parking souterrain situé 2______, à ______ (GE). 

 Le loyer a été fixé à 110 fr. par mois, frais accessoires compris.  

 b. Par avis comminatoire du 6 septembre 2016, A______ a mis en demeure 
B______ de payer dans les trente jours 2'898 fr., à titre de loyers impayés pour la 

période courant du 1
er

 novembre 2014 au 30 septembre 2016, et l'a informé qu'à 

défaut de paiement intégral de la somme réclamée dans le délai imparti, elle 

résilierait le bail conformément à l'art. 257d CO.   

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 c. Dans la mesure où la somme susmentionnée n'a pas été réglée dans le délai 
imparti, A______ a résilié le bail par avis officiel du 17 octobre 2016 pour le  

30 novembre 2016. Le congé a été notifié à B______ exclusivement. 

 d. Par requête en protection des cas clairs déposée le 20 avril 2017, A______ a 
requis du Tribunal l'évacuation de B______, l'exécution forcée du jugement 

d'évacuation et qu'il soit ordonné immédiatement l'exécution du jugement 

d'évacuation en enjoignant à tout huissier judiciaire, le cas échéant en requérant le 

concours de la force publique, d'évacuer B______ ainsi que tout tiers et  tout bien 

de la place de stationnement. 

 En outre, A______ a requis du Tribunal qu'il condamne B______ au paiement des 

arriérés de loyers pour un montant de 3'787 fr. 20 ainsi que des indemnités 

mensuelles pour un montant de 126 fr. pour occupation illicite à compter du  

1
er

 mai 2017 et ce jusqu'à la libération et à la restitution totale de la place de 

stationnement litigieuse. 

 e. Lors de l'audience de débats du 23 juin 2017, B______ a déclaré qu'il était 
divorcé depuis 1992 et qu'il n'avait plus de contact avec son épouse. Il souhaitait 

pouvoir conserver la place de stationnement, mais il était néanmoins d'accord de 

la restituer.  

 Il lui semblait que le montant qui lui était réclamé était supérieur à celui qu'il 

devait. 

 A______ a déclaré n'avoir aucun autre document contractuel à fournir, ne pas 

avoir de "Track & Trace" à produire, ni d'avis de majoration de loyer. 

 A l'issue de l'audience la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1. 1.1 L'appel est recevable contre les décisions finales et les décisions incidentes de 
première instance (art. 308 al. 1 let. a CPC). Dans les affaires patrimoniales, 

l'appel est recevable si la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de 

10'000 fr. au moins (art. 308 al. 2 CPC).  

 Les contestations portant sur l'usage d'une chose louée sont de nature pécuniaire 

(arrêts du Tribunal fédéral 4A_72/2007 du 22 août 2007 consid. 2; 4C.310/1996 

du 16 avril 1997 = SJ 1997 p. 493 consid. 1). 

 Si les conditions pour ordonner une expulsion selon la procédure sommaire en 

protection des cas clairs sont contestées, la valeur litigieuse équivaut au dommage 

présumé, si les conditions d'une expulsion selon l'art. 257 CPC ne sont pas 

remplies, correspondant à la valeur locative ou la valeur d'usage 

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hypothétiquement perdue pendant la durée prévisible d'un procès en procédure 

ordinaire permettant d'obtenir une décision d'expulsion, laquelle peut être estimée 

à neuf mois (arrêts du Tribunal fédéral 4A_207/2014 du 19 mai 2014 consid. 1; 

4A_622/2013 du 26 mai 2014 consid. 2; 4A_273/2012 du 30 octobre 2012 

consid. 1.2.2, non publié in ATF 138 III 620).  

 En l'espèce, la valeur litigieuse fixée sur la base du loyer initialement convenu est 

de 990 fr. (110 fr. x 9 mois), soit inférieure à 10'000 fr. 

 Ainsi, seule la voie du recours est ouverte contre la décision en tant qu'elle vise 

l'évacuation, comme d'ailleurs en tant qu'elle vise les mesures d'exécution requises 

(art. 309 let. a et 319 let. a CPC). Il en va de même en ce qui concerne les 

conclusions en paiement, inférieures à 10'000 fr. 

 1.2 Le délai de recours est réduit à dix jours si la décision a été rendue en 
procédure sommaire (art. 321 al. 2 CPC) applicable notamment aux cas clairs  

(art. 248 let. b CPC). 

 Interjeté dans le délai précité et la forme prescrite (art. 130, 131et 321 al. 1 CPC), 

le recours est recevable. 

2. La recourante fait grief au Tribunal d'avoir considéré que le cas n'était pas clair au 
sens de l'art. 257 CPC. 

2.1 2.1.1 Aux termes de l'art. 257 al. 1 et 3 CPC, le tribunal admet l'application de la 
procédure sommaire lorsque les conditions suivantes sont remplies : (a) l'état de 

fait n'est pas litigieux ou est susceptible d'être immédiatement prouvé et (b) la 

situation juridique est claire (al. 1); le tribunal n'entre pas en matière sur la requête 

lorsque cette procédure ne peut pas être appliquée (al. 3). 

 Selon la jurisprudence, l'état de fait n'est pas litigieux lorsqu'il n'est pas contesté 

par le défendeur; il est susceptible d'être immédiatement prouvé lorsque les faits 

peuvent être établis sans retard et sans trop de frais. En règle générale, la preuve 

est rapportée par la production de titres, conformément à l'art. 254 al. 1 CPC. La 

preuve n'est pas facilitée : le demandeur doit ainsi apporter la preuve certaine 

(« voller Beweis ») des faits justifiant sa prétention; la simple vraisemblance 

(« Glaubhaftmachen ») ne suffit pas. Si le défendeur fait valoir des objections et 

exceptions motivées et concluantes (« substanziiert und schlüssig »), qui ne 

peuvent être écartées immédiatement et qui sont de nature à ébranler la conviction 

du juge, la procédure du cas clair est, par conséquent, irrecevable (ATF 141 III 23, 

consid. 3.2; 138 III 620 consid. 5.1.1. et les arrêts cités). 

 La situation juridique est claire lorsque l'application de la norme au cas concret 

s'impose de façon évidente au regard du texte légal ou sur la base d'une doctrine et 

d'une jurisprudence éprouvées (ATF 138 III 123 consid. 2.1.2, 620 consid. 5.1.1, 

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728 consid. 3.3). En règle générale, la situation juridique n'est pas claire si 

l'application d'une norme nécessite l'exercice d'un certain pouvoir d'appréciation 

de la part du juge ou que celui-ci doit rendre une décision en équité, en tenant 

compte des circonstances concrètes de l'espèce (ATF 141 III 23 consid. 3.2; 138 

III 123 consid. 2.1.2). 

 Si le juge parvient à la conclusion que ces conditions sont remplies, le demandeur 

obtient gain de cause par une décision ayant l'autorité de la chose jugée et la force 

exécutoire (ATF 138 III 620 consid. 5.1.1). 

 Si elles ne sont pas remplies et que le demandeur ne peut donc obtenir gain de 

cause, le juge ne peut que prononcer l'irrecevabilité de la demande (ATF 140 III 

315 consid. 5; arrêt du Tribunal fédéral 4A_128/2017 du 14 juillet 2017 

consid. 2.2). 

 2.1.2 S'il y a plusieurs locataires, l'avis comminatoire de l'art. 257d CO et le congé 
doivent être adressés à tous les colocataires, mais pas séparément à chacun d'eux, 

sauf si le bail porte sur le logement de la famille et que les colocataires sont les 

époux ou les partenaires enregistrés (LACHAT, Le bail à loyer, Lausanne, 2008, 

pp. 638 et 666). 

 2.2 En l'espèce, la recourante a admis ne pas avoir notifié d'avis de résiliation à 
C______, colocataire de l'objet litigieux. 

 Ce seul élément permet de douter de la validité de la résiliation notifiée le 

17 octobre 2016. La question de savoir si l'objet du litige a perdu toute importance 

pour la colocataire, comme le soutient la recourante pour la première fois dans la 

procédure de recours, nécessite des mesures d'instruction incompatibles avec le 

caractère sommaire de la procédure. En outre, la jurisprudence citée par la 

recourante implique l'exercice d'un certain pouvoir d'appréciation, ce qui est exclu 

pour le juge du cas clair.  

 S'agissant du montant du loyer, il subsiste également un doute dans la mesure où 

le montant mentionné dans le contrat de bail est de 110 fr. par mois et qu'aucun 

document contractuel permettant, le cas échéant, de justifier la somme de 126 fr. 

par mois alléguée et réclamée par la recourante n'est produit. A cet égard, le 

décompte établi par la régie n'est pas suffisant. 

 En outre, les conclusions en paiement de 3'787 fr 20  ont été contestées par 

l'intimé lors de l'audience du 23 juin 2017. 

 Ainsi, les conditions d'application de l'art. 257 CPC ne sont pas remplies et le 

Tribunal n'a dès lors pas violé cette disposition en déclarant irrecevable la requête 

de la recourante. 

- 6/7 - 

 

C/8869/2017 

 Le recours sera dès lors rejeté.  

3. A teneur de l'art. 22 LaCC, il n'est pas prélevé de frais dans les causes soumises à 
la juridiction des baux et loyers, étant rappelé que l'art. 116 al. 1 CPC autorise les 

cantons à prévoir des dispenses de frais dans d'autres litiges que ceux visés à 

l'art. 114 CPC (ATF 139 III 182 consid. 2.6). 

* * * * * 

http://justice.geneve.ch/perl/decis/139%20III%20182

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre des baux et loyers : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté le 14 juillet 2017 par A______ contre le jugement 

JTBL/615/2017 rendu le 23 juin 2017 par le Tribunal des baux et loyers dans la cause 

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Au fond : 

Le rejette. 

Dit que la procédure est gratuite. 

Siégeant : 

Monsieur Ivo BUETTI, président; Madame Pauline ERARD, Madame Fabienne 

GEISINGER-MARIETHOZ, juges; Monsieur Serge PATEK, Monsieur Pierre 

STASTNY, juges assesseurs; Madame Maïté VALENTE, greffière. 

 

Le président : 

Ivo BUETTI 

 La greffière : 

Maïté VALENTE 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière civile; la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 

déterminées par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110). Il connaît également des recours constitutionnels subsidiaires; la 

qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 113 

à 119 et 90 ss LTF. Dans les deux cas, le recours motivé doit être formé dans les trente 

jours qui suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. L'art. 119 al. 

1 LTF prévoit que si une partie forme un recours ordinaire et un recours 

constitutionnel, elle doit déposer les deux recours dans un seul mémoire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.