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**Case Identifier:** dbacc872-c837-5000-a757-bbadd08b0b87
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-05-07
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 07.05.2013 A/1212/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1212-2013_2013-05-07.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/1212/2013-MC ATA/292/2013  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 7 mai 2013 

1
ère

 section 

   dans la cause 

 

Monsieur H______ 
représenté par Me Philippe Girod, avocat  

contre 

OFFICIER DE POLICE 
 

 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 

18 avril 2013 (JTAPI/453/2013) 

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A/1212/2013 

EN FAIT 

1. Monsieur H______, ressortissant marocain, né en 1984, a été mis au 
bénéfice d'une autorisation de séjour pour études le 1er octobre 2003, autorisation 
régulièrement renouvelée les années suivantes. 

 Le 23 juin 2006, il a épousé Madame S______, de nationalité suisse, et a été 
mis au bénéfice d’un permis de séjour pour regroupement familial. Leur 
séparation a été enregistrée par l’office cantonal de la population le 31 décembre 
2009. 

2. M. H______ a fait l'objet des condamnations suivantes : 

- 5 janvier 2005 : un mois de peine privative de liberté pour vol ; 

- 10 mai 2005 : trente jours de peine privative de liberté pour vol ; 

- 8 juin 2005 : dix jours d'emprisonnement pour recel ; 

- 8 mai 2006 : trente jours d'emprisonnement pour lésions corporelles 
simples ; 

- 25 septembre 2006 : deux mois d'emprisonnement pour vol et lésions 
corporelles simples ; 

- 30 juin 2009 : deux cents heures de travail d'intérêt général pour lésions 
corporelles simples, violences ou menaces contre les fonctionnaires et 
vol d'importance mineure ; 

- 3 mai 2010 : un mois d'emprisonnement pour dommages à la propriété ;  

- 2 décembre 2010 : quarante jours-amende pour violence ou menace 
contre les fonctionnaires et pour lésions corporelles simples ; 

- 17 décembre 2010 : soixante jours-amende pour vol, séquestration et 
enlèvement, conduite en état d'ébriété et opposition/dérobade aux 
mesures pour déterminer l'incapacité de conduire ; 

- 14 juin 2011 : vingt jours-amende pour violation de domicile.  

3. Par décision exécutoire nonobstant recours du 18 janvier 2012, l'office 
cantonal de la population (ci-après : OCP) a refusé de renouveler l'autorisation de 
séjour de l'intéressé ; ce dernier disposait d'un délai échéant le 2 mars 2012 pour 
quitter le territoire de la Confédération helvétique. 

- 3/7 - 

A/1212/2013 

4. Le 11 septembre 2012, le Tribunal administratif de première instance (ci-
après : TAPI) a déclaré sans objet le recours formé par M. H______ contre la 
décision précitée et l'a rayé du rôle. 

 L'intéressé avait déclaré à l'OCP, le 24 mai 2012, qu'il n'avait plus d'adresse 
en Suisse et qu'il vivait à Grenoble chez son amie, avec qui il avait eu un enfant. Il 
n'avait pas donné suite à deux courriers recommandés qui lui avaient été adressés 
les 20 juillet et 16 août 2012 à l'adresse qu'il avait indiquée. 

5. Le 2 mars 2013, M. H______ a été interpellé par la police à Genève, faisant 
l'objet d'un mandat d'arrêt genevois en vue de l'exécution de quarante-cinq jours 
de peine privative de liberté, en conversion de deux cents heures de travail 
d'intérêt général non effectuées auxquelles il avait été condamné le 30 juin 2009. 

 Selon le procès-verbal d'audition, qu'il a refusé de signer, il s'était rendu en 
Norvège afin de faire du tourisme, puis était revenu à Genève pour divorcer et 
voir des amis. 

6. Le 16 avril 2013, un officier de police a ordonné la mise en détention 
administrative de l'intéressé pour une durée de deux mois, après qu'il a été libéré 
par les autorités judiciaires. M. H______ faisait l'objet d'une décision de renvoi de 
Suisse, définitive et exécutoire, et avait été condamné pour des vols, soit des 
crimes. 

 L'intéressé a indiqué qu'il avait des problèmes de dépendance à l'alcool et 
qu'il refusait de retourner au Maroc. Il avait un enfant à Annemasse mais ne 
possédait pas de titre de séjour en France. 

7. a. Le 18 avril 2013, le TAPI a entendu les parties en audience de comparution 
personnelle.  

 M. H______ était coiffeur à domicile et travaillait dans la restauration, 
vivant avec sa nouvelle amie qui était domiciliée à Genève. Il n'avait plus de 
papiers d'identité. Il se sentait étranger au Maroc, raison pour laquelle il ne voulait 
pas y retourner. Il avait commencé à suivre un traitement contre l'alcoolisme et 
avait dû l'interrompre à la suite du refus de prolongation de son permis de séjour.  

b. Par jugement du même jour, le TAPI a confirmé l'ordre de détention précité 
pour une durée d'un mois. Une décision de renvoi de Suisse avait été prononcée, 
l'intéressé avait été condamné pour crime et avait déclaré s'opposer à son renvoi. 
Les autorités avaient initié des démarches en vue d'obtenir un laissez-passer 
auprès des autorités marocaines. Le renvoi n'était ni impossible ni illicite. 

8. Le 29 avril 2013, M. H______ a saisi la chambre administrative de la Cour 
de justice (ci-après : chambre administrative) d'un recours contre la décision 
précitée. Arrivé en Suisse à l'âge de 18 ans, il n'avait plus de contact avec sa 

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famille au Maroc. La question de sa situation administrative en Suisse devait être 
réexaminée au vu de la durée de son séjour ainsi que pour des motifs médicaux, 
qui n'avaient pas été étudiés antérieurement avec soin. La détention administrative 
était disproportionnée. Si le renvoi était mis à exécution, il risquait de revenir en 
Suisse dans les jours suivants. 

9. Le 30 avril 2013, le TAPI a transmis son dossier, sans émettre 
d'observations. 

10. Le 3 mai 2013, l'officier de police a conclu au rejet du recours. M. H______ 
ne produisait aucune pièce étayant les explications qu'il donnait quant à ses 
problèmes psychiques et médicaux. L'alcoolisme qu'il avait évoqué lors de 
l'audience au TAPI pouvait parfaitement être traité au Maroc. 

 Le principe de la proportionnalité était respecté, dès lors que l'intéressé avait 
donné des explications multiples concernant son lieu de vie et que l'on pouvait 
craindre qu'il ne disparaisse dans la clandestinité, au vu de son refus de retourner 
dans son pays.  

 Les démarches nécessaires à l'identification de l'intéressé avaient été 
entreprises et leur durée dépendait des autorités marocaines. 

11. Le 3 mai 2013 toujours, les parties ont été informées que la cause était 
gardée à juger. 

EN DROIT 

1.  Interjeté le lundi 29 avril 2013 contre le jugement prononcé le 18 avril 2013 
par le TAPI et communiqué à l’intéressé le même jour, le recours a été formé en 
temps utile devant la juridiction compétente et il est recevable (art. 132 al. 2 de la 
loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ - E 2 05 ; art. 10 al. 1 
de la loi d'application de la loi fédérale sur les étrangers du 16 juin 1988 - 
LaLEtr - F 2 10 ; art. 17 al. 3 et 62 al. 1 let. b de la loi sur la procédure 
administrative du 12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2.  Selon l’art. 10 al. 2 LaLEtr, la chambre administrative doit statuer dans les 
dix jours qui suivent sa saisine. Ayant reçu ledit recours le 30 avril 2013 et 
statuant ce jour, elle respecte ce délai. 

3.  La chambre administrative est compétente pour apprécier l’opportunité des 
décisions portées devant elle (art. 10 al. 2 LaLEtr). Elle peut confirmer, réformer 
ou annuler la décision attaquée ; cas échéant, elle ordonne la mise en liberté de 
l’étranger (art. 10 al. 3 LaLEtr). 

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4.  L’étranger qui a fait l’objet d’une décision de renvoi peut être placé en 
détention administrative en vue de l’exécution de celle-ci s’il a été condamné pour 
crime (art. 76 al. 1 let. b ch. 1 de la loi fédérale sur les étrangers du 16 décembre 
2005 (LEtr - RS 142.20) renvoyant à l’art. 75 al. 1 let. h LEtr). 

  En outre, un étranger faisant l’objet d’une décision de renvoi peut être mis 
en détention administrative si des éléments concrets font craindre qu’il entend se 
soustraire à son expulsion, en particulier parce qu’il ne se soumet pas à son 
obligation de collaborer, au sens des art. 90 LEtr, 8 al. 1 let. a ou al. 4 de la loi sur 
l’asile du 26 juin 1998 - LAsi - RS 142.31 (art. 76 al. 1 let. b ch. 3 LEtr). Il en va 
de même si son comportement permet de conclure qu’il se refuse à obtempérer 
aux instructions des autorités (art. 76 al. 1 let. b ch. 4 LEtr). Les art. 76 al. 1 let. b 
ch. 3 et 4 LEtr décrivent des comportements permettant de conclure à l’existence 
d’un risque de fuite ou de disparition. Ces deux éléments doivent donc être 
envisagés ensemble (Arrêt du Tribunal fédéral 2C_128/2009 du 30 mars 2009 
consid. 3.1). 

  En l’espèce, le recourant a été condamné à de multiples reprises pour des 
infractions constituant des crimes au sens de l’art. 10 du Code pénal suisse du 
21 décembre 1937 (CP - RS 311.0), tels des vols et une séquestration. 

  Il refuse de retourner dans son pays d’origine et a disparu dans la 
clandestinité, donnant des explications variables au sujet de ses activités, de ses 
lieux de séjour et de sa situation personnelle. On peut dès lors admettre que, s’il 
était en liberté, le recourant, dont le domicile n’est pas établi, se réfugierait dans la 
clandestinité pour échapper à son rapatriement. Dans ces circonstances, l’officier 
de police était fondé à ordonner la mise en détention administrative de l'intéressé 
sur la base des art. 76 al. 1 let. b ch. 1, 3 et 4 LEtr.  

5.  L’autorité administrative doit entreprendre rapidement les démarches 
permettant l’exécution de la décision de renvoi (art. 76 al. 4 LEtr). La détention 
administrative doit respecter le principe de la proportionnalité, garanti par l’art. 36 
al. 3 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 
(Cst. - RS 101). 

  En l’espèce, la durée de la détention administrative est encore bien 
inférieure à la durée légale maximale. L’autorité administrative a entrepris sans 
attendre les démarches visant à obtenir un laissez-passer. Aucune mesure moins 
incisive ne permettrait d'assurer la présence de l'intéressé le jour où l'exécution du 
renvoi pourrait avoir lieu. Dans ces circonstances, le principe de la 
proportionnalité et celui de la célérité ont été respectés. 

6.  Selon l’art. 80 al. 4 LEtr, l’autorité judiciaire qui examine la décision de 
détention administrative tient compte de la situation familiale de la personne 
détenue et des conditions d’exécution de la détention. Celle-là doit en particulier 

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être levée lorsque son motif n’existe plus ou si, selon l’art. 80 al. 6 let. a LEtr, 
l’exécution du renvoi ou de l’expulsion s’avère impossible pour des raisons 
juridiques ou matérielles, ou qu’elle ne peut être raisonnablement exigée, cette 
dernière disposition légale renvoyant à l’art. 83 al. 1 à 4 LEtr. 

  En l’espèce, le recourant met en avant des motifs de santé – l’alcoolisme 
dont il souffrirait - qui, même s’ils étaient établis, n’interdiraient pas l’exécution 
du renvoi, dès lors que cette pathologie peut parfaitement être traitée dans son 
pays d’origine. 

  Au surplus, il n’est pas établi que l’intéressé ait déposé en mains de l’OCP 
une demande de réexamen de la décision refusant de prolonger son permis de 
séjour, notamment au vu de la durée de son séjour en Suisse et de ses relations et 
amitiés à Genève. En tout état, ces éléments sont exorbitants au présent litige qui 
ne concerne que le contrôle de la légalité et de la proportionnalité de la détention 
administrative. 

  Aucun des motifs évoqués par le recourant ne permet d'envisager l'existence 
d'un obstacle au sens des dispositions susmentionnées à l'exécution de son renvoi.  

7.  Le recours sera rejeté. Vu la nature du litige, aucun émolument ne sera 
perçu (art. 12 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en procédure 
administrative du 30 juillet 1986 - RFPA- E 5 10.03). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 29 avril 2013 par Monsieur H______ contre le 
jugement du Tribunal administratif de première instance du 18 avril 2013 ; 

au fond : 

le rejette ; 

dit qu'il n'est pas perçu d'émolument ni alloué d'indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 

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de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Me Philippe Girod, avocat du recourant, à l'officier de 
police, au Tribunal administratif de première instance, à l'office cantonal de la 
population, à l'office fédéral des migrations, ainsi qu'à la maison d'arrêt de Favra, pour 
information. 

Siégeants : M. Thélin, président, Mme Hurni, M. Verniory, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

le greffier-juriste : 
 
 

F. Scheffre 

 le président siégeant : 
 
 

Ph. Thélin 
 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :