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**Case Identifier:** e62e420a-8bee-56a3-acbb-f08653fbe1c8
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2019-08-13
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 13.08.2019 A/2011/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-2011-2019_2019-08-13.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/2011/2019-PATIEN ATA/1227/2019  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 13 août 2019 

 

   dans la cause 

 

Monsieur A______ 
  

contre 

 

COMMISSION DU SECRET PROFESSIONNEL 

et 

Monsieur B______ 

et 

Monsieur C______ 

 

https://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/1227/2019

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A/2011/2019 

EN FAIT 

1)  Par courrier du 9 avril 2019, Messieurs  B______ et C______, médecins 
auprès du service de médecine pénitentiaire de Champ-Dollon, ont sollicité de la 
commission du secret professionnel (ci-après : la commission) la levée du secret 
professionnel concernant Monsieur A______, né en 1969, afin de pouvoir 
transmettre un rapport de suivi médico-psychologique le concernant au service 
d’application des peines et mesures (ci-après : le SAPEM) ainsi qu’au service de 
mesures institutionnelles (ci-après : SMI). 

  M. A______ refusait la levée de celui-ci.  

2)  Par courrier du 18 avril 2019, la commission a informé M. A______ de la 
demande de levée du secret professionnel de MM. B______ et C______.  

3)  Par courrier du 5 mai 2019, M. A______ a indiqué à la commission qu’il 
refusait la levée du secret professionnel des deux praticiens.  

4)  Par deux décisions distinctes, une pour chaque praticien, du 16 mai 2019, la 
commission a levé partiellement le secret professionnel de MM. B______ et 
C______ et les a autorisés à transmettre au SAPEM le rapport de suivi 
médico-psychologique soumis à la commission concernant M. A______. La 
transmission de ces renseignements était nécessaire au bon déroulement de 
l’application de la sanction qui comprenait la prise en charge thérapeutique de 
M. A______. Ceci justifiait la levée du secret professionnel et l’emportait sur la 
protection de la sphère privée de celui-ci. Les autres psychiatres, cités par 
M. A______, n’assuraient pas actuellement son suivi. Ils ne pourraient en 
conséquence pas donner les renseignements nécessaires au SAPEM. 

  La levée du secret professionnel à l’encontre du SMI était refusée. Il 
appartenait au SAPEM, en tant que destinataire du rapport de suivi 
médico-psychologique, de décider de sa transmission, s’il l’estimait nécessaire. 

5)  Par acte du 23 mai 2019, posté le 26 mai 2019, M. A______ a recouru 
contre la décision de la commission auprès de la chambre administrative de la 
Cour de justice (ci-après : la chambre administrative). Il émettait des critiques de 
tous ordres à l’encontre d’un des médecins, décrit uniquement par son physique, 
sans mention de nom. 

6)  À la demande de la chambre de céans, le recourant a précisé que le 
Dr B______ ne l’avait vu qu’une minute, avant d’aller répondre au téléphone. Il 
ne pouvait se prononcer sur son cas. 

  Les critiques portaient sur l’autre médecin. 

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A/2011/2019 

7)  Par courrier du 19 juin 2019, la chambre administrative a informé le 
recourant qu’elle supprimait d’office les qualificatifs inadmissibles utilisés à 
l’encontre des membres de l’autorité intimée.  

8)  La commission a transmis son dossier, sans formuler d’observations. 

9)  MM. B______ et C______ ne se sont pas déterminés dans le délai imparti. 

10)  Par pli du 29 juillet 2019, les parties ont été informées que la cause était 
gardée à juger. 

EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable de ces points de vue (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 
septembre 2010 - LOJ - E 2 05 ; art. 12 al. 5 de la loi sur la santé du 7 avril 2006 - 
LS - K 1 03). 

2) a. Selon l’art. 65 LPA, l’acte de recours contient, sous peine d’irrecevabilité, la 
désignation de la décision attaquée et les conclusions du recourant (al. 1). Il 
contient également l’exposé des motifs ainsi que l’indication des moyens de 
preuve (al. 2). 

  Compte tenu du caractère peu formaliste de cette disposition, la 
jurisprudence fait preuve d’une certaine souplesse s’agissant de la manière par 
laquelle sont formulées les conclusions du recourant. Le fait qu’elles ne ressortent 
pas expressément de l’acte de recours n’est, en soi, pas un motif d’irrecevabilité, 
pour autant que l’autorité judiciaire et la partie adverse puissent comprendre avec 
certitude les fins du recourant. Ainsi, une requête en annulation d’une décision 
doit être déclarée recevable dans la mesure où le recourant a, de manière 
suffisante, manifesté son désaccord avec la décision ainsi que sa volonté qu’elle 
ne déploie pas d’effets juridiques (ATA/313/2019 du 26 mars 2019 ; 
ATA/123/2019 du 5 février 2019 ; ATA/1251/2018 du 20 novembre 2018). 

 b. En l’espèce, le recourant, qui comparaît en personne, n'a pas pris de 
conclusions formelles en annulation de la décision. On comprend toutefois de son 
écriture qu’il la conteste, en tant que celle-ci autorise la levée du secret 
professionnel des deux praticiens à l’égard du SAPEM. 

  Le recours est ainsi recevable de ce point de vue également. 

 

https://intrapj/perl/JmpLex/E%202%2005
https://intrapj/perl/JmpLex/K%201%2003

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3)  Est litigieux le bienfondé de la décision de la commission levant 
partiellement le secret professionnel des deux médecins du service de médecine 
pénitentiaire de Champ-Dollon, où est actuellement détenu le recourant. 

 a.  Selon l’art. 321 du Code pénal suisse du 21 décembre 1937 (CP - RS 311.0), 
les médecins qui auront révélé un secret à eux confié en vertu de leur profession 
ou dont ils avaient eu connaissance dans l'exercice de celle-ci, seront, sur plainte, 
punis d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine 
pécuniaire (ch. 1) ; la révélation ne sera pas punissable si elle a été faite avec le 
consentement de l'intéressé ou si, sur la proposition du détenteur du secret, 
l'autorité supérieure ou l'autorité de surveillance l'a autorisée par écrit (ch. 2) ; 
demeurent réservées les dispositions de la législation fédérale et cantonale statuant 
une obligation de renseigner une autorité ou de témoigner en justice (ch. 3). 

 b. En droit genevois, l’obligation de respecter le secret professionnel est 
rappelée à l’art. 87 al. 1 LS. 

  Elle est le corollaire du droit de toute personne à la protection de sa sphère 
privée, garanti par les art. 13 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse 
du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101) et 8 de la Convention de sauvegarde des droits de 
l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 (CEDH - RS 0.101). 

  En vertu de l’art. 87 al. 2 LS, le secret professionnel a pour but de protéger 
la sphère privée du patient ; il interdit aux personnes qui y sont astreintes de 
transmettre des informations dont elles ont eu connaissance dans l’exercice de leur 
profession. Aux termes de l’art. 88 LS, une personne tenue au secret professionnel 
peut en être déliée par le patient ou, s’il existe de justes motifs, par l'autorité 
supérieure de levée du secret professionnel (al. 1) ; sont réservées les dispositions 
légales concernant l’obligation de renseigner une autorité ou de témoigner en 
justice (al. 2). 

 c. D’une manière plus générale et selon la jurisprudence de la Cour 
européenne des droits de l’homme (ci-après : CourEDH), le respect du caractère 
confidentiel des informations de santé est capital non seulement pour protéger la 
vie privée des malades, mais également pour préserver leur confiance dans le 
corps médical et les services de santé en général. La législation interne doit 
ménager des garanties appropriées pour empêcher toute communication ou 
divulgation des données à caractère personnel relatives à la santé qui ne serait pas 
conforme à l’art. 8 CEDH, garantissant le droit au respect de la vie privée et 
familiale. Ainsi, le devoir de discrétion est unanimement reconnu et farouchement 
défendu (ACEDH Z. M.S. c/ Suède du 27 août 1997, cité in Dominique MANAÏ, 
Droits du patient face à la biomédecine, 2013, p. 138 s. ; arrêt du Tribunal fédéral 
4C.111/2006 du 7 novembre 2006 consid. 2.3.1. ; ATA/11/2018 précité consid. 4 ; 
ATA/146/2013 du 5 mars 2013). 

https://intrapj/perl/JmpLex/RS%20311.0
https://intrapj/perl/JmpLex/RS%20101
https://intrapj/perl/JmpLex/RS%200.101
https://intrapj/perl/decis/4C.111/2006
https://intrapj/perl/decis/ATA/11/2018
https://intrapj/perl/decis/ATA/146/2013

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 d. Comme tout droit découlant d’une liberté publique, le droit à la protection 
du secret médical peut, conformément à l’art. 36 Cst., être restreint moyennant 
l’existence d’une base légale (al. 1), la justification par un intérêt public ou par la 
protection d’un droit fondamental d’autrui (al. 2) et le respect du principe de la 
proportionnalité, par rapport au but visé (al. 3).  

 e. La base légale pouvant fonder la restriction est, en cette matière, constituée 
par l'art. 321 ch. 2 CP et par l’art. 88 al. 1 LS. L’autorité supérieure au sens de ces 
deux dispositions est, conformément à l’art. 12 al. 1 LS, la commission, qui, bien 
que rattachée administrativement au département chargé de la santé  
(art. 12 al. 6 LS), exerce en toute indépendance les compétences que la LS lui 
confère (art. 12 al. 7 LS). 

  Une décision de levée du secret professionnel doit, en l’absence d’accord du 
patient, se justifier par la présence de « justes motifs » (art. 88 al. 1 LS). Il ressort 
de l’art. 87 al. 3 LS que les intérêts du patient ne peuvent pas constituer un « juste 
motif » de levée du secret, si ce dernier n’a pas expressément consenti à la levée 
du secret le concernant. La notion de justes motifs de l’art. 88 al. 1 LS se réfère 
donc uniquement à l’existence d’un intérêt public prépondérant, tel que le besoin 
de protéger le public contre un risque hétéro-agressif ou à la présence d’un intérêt 
privé de tiers dont le besoin de protection serait prépondérant à celui en cause, 
conformément à l’art. 36 Cst. (ATA/11/2018 précité consid. 6a ; ATA/202/2015 
du 24 février 2015 consid. 6). 

  La finalité du secret médical n’est pas de protéger la vie privée du patient, 
mais de sauvegarder la santé de celui-ci. Quant à l’obligation de respecter le secret 
médical, elle ne protège pas uniquement la santé de l’individu mais elle tient 
également compte de la santé de la collectivité. Ainsi, ce dernier élément reste un 
paramètre essentiel et traduit la pesée des intérêts qui intervient entre secret 
médical et intérêt collectif dans certains domaines où la santé publique peut être 
mise en danger (ATA/146/2013 précité consid. 3c ; Jacques STROUN/Dominique 
BERTRAND, Secret professionnel et Justice in Médecin et droit médical, 2009, 
p. 115 ss). 

 f. En l’espèce, l’intérêt privé du recourant réside dans le respect de sa vie et de 
sa sphère privées par rapport au SAPEM, auquel les médecins concernés 
souhaitent transmettre le rapport de suivi médico-psychologique.  

  L’intérêt à la levée du secret professionnel réside tout d’abord dans la prise 
de connaissance par le SAPEM du rapport litigieux. Le recourant est au bénéfice 
d’un traitement institutionnel en milieu fermé au sens de l’art. 59 al. 3 CP.  

  Conformément à l’art. 10 du règlement sur l’exécution des peines et 
mesures du 19 mars 2014 (REPM - E 4 55.05), le SAPEM met en œuvre 
l’exécution des condamnations pénales. Il est le garant des objectifs assignés à 

https://intrapj/perl/decis/ATA/11/2018
https://intrapj/perl/decis/ATA/202/2015
https://intrapj/perl/decis/ATA/146/2013

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l’exécution des peines et des mesures. À ce titre, il établit la planification et prend 
les décisions y relatives, le cas échéant selon les modalités définies à l’art. 11 al. 3 
REPM, non pertinent en l’espèce. Il prend également les décisions ayant trait à 
l’organisation et au contrôle de l’exécution des condamnations pénales, et requiert 
à cette fin tous les avis utiles. Le SAPEM renseigne d’office et par écrit les 
autorités judiciaires des faits qui, survenant au cours de l’exécution d’une peine ou 
d’une mesure, sont de nature à impliquer une décision de leur part.  

  Dans ces conditions, il est indispensable que le SAPEM puisse prendre 
connaissance du rapport querellé aux fins de connaître la situation concrète de 
l’intéressé telle que constatée par les Drs B______ et C______ aux fins de 
pouvoir exercer les attributions que le REPM lui assigne.  

  À cela s’ajoute que le suivi d’une personne sous mesure institutionnelle est 
conforme au but d’intérêt public qu’est la sécurité publique. 

  La commission a examiné la situation en tenant compte de l’opposition 
exprimée par écrit par le recourant et des informations médicales et observations 
faites par les deux praticiens. À la suite de cet examen, la commission, composée 
de spécialistes médicaux, a retenu qu’il convenait de lever leur secret 
professionnel à l’égard du SAPEM, mais non du SMI.  

  La chambre administrative, qui n’est pas composée de spécialistes médicaux 
et doit, notamment, faire preuve de retenue s’agissant d’apprécier l’état de santé 
du recourant, constate que la décision attaquée échappe à tout grief, dès lors que la 
situation médicale sur laquelle la commission s’est fondée est effectivement 
susceptible de fournir au SAPEM des informations utiles à la réalisation de sa 
mission. 

  Dans ces circonstances, la levée du secret professionnel des médecins du 
service de médecine pénitentiaire de Champ-Dollon envers le SAPEM apparaît 
nécessaire sous l’angle du principe de la proportionnalité, et l’intérêt à la levée 
dudit secret prime celui de l’intéressé au respect de sa vie et de sa sphère privées. 

  Les décisions querellées sont ainsi conformes au droit. 

  Le refus de la commission de lever le secret professionnel à l’égard du SMI 
n’est, pour sa part, pas contesté. 

  Manifestement mal fondé, le recours sera rejeté. 

4)  Malgré l’issue du litige, il ne sera pas mis d’émolument à la charge du 
recourant (art. 12 al. 1 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en 
procédure administrative du 30 juillet 1986 - RFPA - E 5 10.03 ; art. 87 al. 1 de la 
loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). Aucune 
indemnité de procédure ne lui sera allouée (art. 87 al. 2 LPA). 

https://intrapj/perl/JmpLex/E%205%2010.03

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PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 26 mai 2019 par Monsieur A______ contre les 
décisions de la commission du secret professionnel du  16 mai 2019 relatives à 
Messieurs B______ et C______ ; 

au fond : 

le rejette ; 

dit qu’il n‘est pas perçu d’émolument ni alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours 
qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en 
matière de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 
moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être 
adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession 
du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ; 

communique le présent arrêt à Monsieur A______, à Monsieur B______, à Monsieur 
C______, ainsi qu' à la commission du secret professionnel. 

Siégeant : Mme Krauskopf, présidente, M. Thélin, Mme Payot Zen-Ruffinen, 
M. Martin, Mme Cuendet, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

le greffier-juriste : 
 
 

F. Scheffre 
 

 la présidente siégeant : 
 
 

F. Krauskopf 
 

 

https://intrapj/perl/JmpLex/RS%20173.110

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Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :