# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 7f69ded0-a917-5e17-b505-dc4756e38e2a
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-10-21
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 21.10.2021 P/13988/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-13988-2020_2021-10-21.pdf

## Full Text

Siégeant : Monsieur Vincent FOURNIER, président ; Monsieur Pierre BUNGENER 
et Madame Catherine GAVIN, juges ; Monsieur Alexandre 
BIEDERMANN, greffier-juriste délibérant. 

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/13988/2020 AARP/416/2021 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 21 octobre 2021 

Entre 

A______, actuellement détenu à la prison de B______, ______, comparant par 

Me C______, avocat,  

appelant, 

Me C______, comparant par Me D______, avocate,  

recourant, 

contre le jugement JTCO/52/2021 rendu le 21 mai 2021 par le Tribunal correctionnel, 

respectivement l'ordonnance d'indemnisation du Tribunal correctionnel PAYIN/601/2021, 

 

et 

E______ et F______, successeurs de G______, comparant par Me H______, avocate,  

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimés.

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EN FAIT : 

A. a. En temps utile, A______ appelle du jugement du 21 mai 2021, par lequel le 
Tribunal correctionnel (TCO) l'a reconnu coupable de contrainte sexuelle (art. 189 
al. 1 du Code pénal [CP]), de viol (art. 190 CP) et d'infractions à l'art. 33 al. 1 let. a 
de la loi sur les armes (LArm) ainsi qu'à l'art. 19a ch. 1 de la loi sur les stupéfiants 
(LStup). Il l'a condamné à une peine privative de liberté de quatre ans, sous 
déduction de 291 jours de détention avant jugement, ainsi qu'à une amende de 
CHF 100.- (peine privative de liberté de substitution : un jour), et a ordonné son 
expulsion de Suisse pour une durée de cinq ans, signalant l'expulsion dans le système 
d'information Schengen.  

 Le TP l'a également condamné à payer à G______ CHF 12'000.- à titre de réparation 
du tort moral, a rejeté ses conclusions en indemnisation, frais de la procédure à sa 
charge, et a ordonné différentes mesures de confiscation et de restitution. 

A______ entreprend intégralement ce jugement, sous réserve des infractions à la 
LArm et à la LStup. Il conclut, frais à la charge de l'Etat, à ce qu'il soit indemnisé 
pour la détention injustifiée, le tort moral subi et le dommage économique engendré 
au titre de sa participation obligatoire à la procédure pénale, respectivement que 
G______ soit déboutée de ses prétentions en tort moral. Il sollicite en outre, à titre de 
réquisition de preuve, l'audition de G______ et de l'individu qu'elle avait contacté le 
soir des faits. 

 b. Selon l'acte d'accusation du 29 mars 2021, il est encore reproché ce qui suit à 
A______ : 

Le 2 août 2020, aux alentours de 21 heures, à la rue 1______, il a saisi G______ par 
le bras et contre sa volonté, alors qu'il ne la connaissait pas et qu'elle cheminait en 
regardant son téléphone portable. Il l'a contrainte à le suivre, après avoir pris son 
téléphone, et l'a emmenée vers l'entrée d'un garage souterrain situé entre le 22 et le 
24, rue 1______. Une fois vers l'entrée de ce garage, il l'a forcée à se baisser en la 
prenant par la tête et l'a contrainte à lui prodiguer une fellation, en maintenant sa tête 
avec sa main et en lui tirant les cheveux. 

Dans les mêmes circonstances, il a ensuite pris G______ par le bras, l'a renversée au 
sol sur la rampe de l'entrée du garage, le visage contre le sol, ce qui lui a causé un 
hématome sur le nez, et l'a tirée par les cuisses. Il a soulevé sa jupe, lui a fait ouvrir 
son body, puis l'a pénétrée vaginalement sans préservatif, la forçant de la sorte à 
subir un acte sexuel contre sa volonté. 

 

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B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure : 

 a. Selon le rapport d'arrestation de la police du 5 août 2020, G______ avait contacté 
la police, le 3 août 2021, à la suite du viol qu'elle avait subi la veille.  

Une patrouille avait été envoyée à son domicile pour la conduire à la Maternité des 
Hôpitaux universitaires genevois (HUG) aux fins d'y être auscultée, puis dans les 
locaux de la police pour y être auditionnée, les habits qu'elle portait lors des faits, soit 
une jupe et un haut, ayant été également saisis. 

Tout au long de l'entretien à la police, G______ avait été très émue, tremblant, 
pleurant et respirant péniblement. 

b.a. G______ avait expliqué à la police qu'elle se trouvait, le 2 août 2020, aux 
alentours de 21h10, à la rue 1______, en train de se promener seule en direction de la 
rue 2______, son téléphone à la main, lorsqu'un individu l'avait abordée et tirée par 
le bras dans une entrée de garage. Elle ne l'avait pas vu arriver et n'avait pas résisté 
car il était costaud, précisant qu'elle ne se rappelait pas de ce qu'il lui avait dit à ce 
moment-là. Il commençait à faire nuit et l'on ne voyait pas grand-chose car l'entrée 
de garage était dans une descente, hormis un peu de lumière provenant de l'éclairage 
des immeubles. 

Il l'avait ensuite obligée à se baisser, en lui posant une main sur sa tête, et à lui 
prodiguer une fellation en sortant aussitôt son sexe qui était en érection. C'était lui 
qui commandait et elle avait fait ce qu'il lui avait dit de faire. Il avait été calme et 
n'avait pas parlé durant la fellation, tandis qu'il la guidait avec une ou deux mains et 
basculait sa tête d'avant en arrière, tout en lui tirant les cheveux. Elle ne se souvenait 
pas d'avoir eu mal au cours de la fellation. Il ne portait pas de préservatif.   

Au bout d'un moment, il l'avait poussée par terre. Elle s'était retrouvée les fesses en 
l'air et le visage parterre, ce qui lui avait fait mal car elle portait des lunettes. Il s'était 
mis sur elle et "juste le temps de soulever [s]es… [s]a jupe et d'ouvrir [s]on body", il 
avait commencé à la pénétrer vaginalement. Il n'avait pas éjaculé.  

Elle ignorait le temps que cela avait duré mais cela lui avait semblé interminable, son 
seul souvenir étant qu'elle avait eu peur. Elle n'avait pensé à rien car elle souhaitait 
juste que cela se termine, n'ayant jamais imaginé qu'une chose pareille puisse lui 
arriver. Elle avait eu l'impression qu'elle ne sentait rien du tout, son subconscient 
réagissant de la sorte pour qu'elle n'ait pas peur et n'y pense pas. Dans ses souvenirs, 
elle avait les yeux fermés. Son agresseur ne lui avait pas porté de coups, mais elle 
avait eu un bleu sur l'arête nasale, d'autres sur l'épaule droite et des griffures sur ses 
hanches vers le dos, lésions causées selon elle au moment du viol.  

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Une fois les agissements terminés, G______ était rentrée chez elle en se dépêchant, 
tandis que son agresseur était resté sur la rue 1______, proche d'une entrée 
d'immeuble. Elle avait appelé une connaissance à qui elle avait raconté ce qui lui 
était arrivé, ajoutant ne pas souhaiter divulguer le nom de cette personne pour ne pas 
la déranger davantage. Le lendemain, elle avait contacté son médecin pour faire un 
test de dépistage du SIDA, avant d'appeler la police.  

Son agresseur était noir, costaud mais plutôt "grassouillet". Il pesait environ  
80-90 kg et mesurait à peu près sa taille, soit 1m67. Il avait une trentaine d'années et 
parlait bien le français. 

G______ avait bu, le jour des faits, trois verres de vin blanc, précisant qu'elle 
consommait de l'alcool seulement de manière festive et occasionnelle. Le soir-même, 
elle était sortie se promener seule après qu'une amie avait annulé leur rendez-vous. 
Elle avait des problèmes de circulation sanguine et de peau qui l'obligeaient à 
prendre des médicaments quotidiennement. 

Elle se laissait le droit de déposer plainte ultérieurement car elle ne souhaitait pas 
revivre tout cela. La possibilité de rencontrer à nouveau son agresseur, à la 
rue 1______, lui faisait "le plus peur".  

b.b. A sa demande, G______ a été entendue une nouvelle fois par la police le 4 août 
2020. Elle avait reçu ce jour-là deux messages WhatsApp d'un numéro inconnu, dont 
le contenu était "Salut" – "Ça va", mais dont elle était en mesure d'identifier son 
agresseur sur la photo de profil en rapport avec ce numéro.  

Elle a ajouté, tout en indiquant avoir omis de le préciser lors de son audition de la 
veille, que lorsque son agresseur l'avait saisie par le bras, il avait réussi à s'emparer 
de son téléphone qu'elle tenait dans ses mains et qu'il ne lui l'avait rendu qu'à la fin 
de l'agression. 

Elle ne souhaitait pas déposer plainte pénale. Elle craignait qu'il dise qu'elle était 
consentante car elle ne s'était pas défendue et n'avait pas crié. 

b.c. G______ a confirmé et précisé ses déclarations devant le Ministère public (MP) 
et en première instance. 

Elle regardait son téléphone qu'elle tenait avec la main gauche lorsque l'individu, 
identifié comme étant A______, l'avait prise par le bras droit par surprise. Il lui avait 
dit "Qu'est-ce que vous faites là comme ça, Madame ?", sans rien ajouter, ce à quoi 
elle n'avait pas répondu. Elle s'était immédiatement sentie menacée et tétanisée par la 
peur, raison pour laquelle elle n'avait pas été en mesure de se débattre. Il n'avait pas 
mis vraiment de force pour l'emmener dans l'entrée de garage mais l'avait prise 

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brusquement. Elle n'avait pas compris ce qui se passait et avait eu très peur, se 
sentant menacée, raison pour laquelle elle n'avait pas été en mesure de se débattre. 

Elle était tombée après qu'il l'ait prise par la tête et s'était retrouvée à genoux, devant 
son sexe qui était déjà "dehors". Il lui avait fait comprendre ce qu'il attendait d'elle en 
lui poussant la tête.  

Après la fellation, il l'avait prise par le bras, l'avait basculée sur la rampe de l'entrée 
du garage et l'avait tirée par les cuisses. Elle portait un body et une jupe en cuir noirs. 
Il ne lui avait pas enlevé ses habits. Elle avait elle-même déboutonné son body car il 
n'avait pas réussi à le faire, répétant qu'à ce moment-là elle avait eu la peur de sa vie 
et ne savait ce qu'il pouvait lui faire d'autre. Elle se trouvait la bouche par terre 
lorsqu'il l'avait pénétrée vaginalement en la tenant par le haut des cuisses. Ses 
lunettes avaient glissé de son visage et étaient tombées. Questionnée sur les propos 
tenus par A______, selon lesquels il avait ressenti son consentement, elle a répondu 
n'avoir dit ni oui ni non, et n'avait rien demandé. 

Une fois l'acte terminé, il l'avait prise par le bras pour remonter la rampe et revenir 
au niveau de la rue. Elle lui avait demandé de lui rendre son téléphone, qu'il avait 
utilisé pour s'appeler après avoir composé son propre numéro. Elle ne se souvenait 
plus si son téléphone était déverrouillé ou si elle lui avait donné son code. 

Toutes les déclarations de A______ étaient fausses. Il n'y avait pas eu de discussion, 
celui-ci ne lui ayant demandé ni son nom, ni son numéro de téléphone. Elle-même ne 
lui avait pas adressé un seul mot, sauf à la fin quand elle lui avait demandé de lui 
restituer son téléphone, précisant également se souvenir de lui avoir donné son 
prénom, mais pas du moment où cela était intervenu. 

Il y avait d'ordinaire du monde à la rue 1______, mais elle n'avait vu personne le soir 
des faits. Elle n'avait pas crié ou appelé à l'aide car elle n'avait aperçu personne, se 
trouvant dans un état de panique et craignant pour sa vie.  

A la suite des faits, le soir-même, elle avait appelé un ami via l'application 
WhatsApp, pris une photographie de son visage et bu de l'alcool, sans pouvoir en 
préciser la quantité.  

Elle ne se souvenait pas avoir appelé le bar "I______", dans l'après-midi précédant 
l'agression, tel que cela figurait dans son téléphone. 

Elle a ajouté avoir été suivie psychologiquement, par le passé, consécutivement au 
décès de son mari et de son frère, mais plus par la suite. Elle souffrait, suite à 
l'agression, de dépression, d'angoisse, de perte de poids, de la crainte de perdre son 
emploi, d'insomnies et bénéficiait d'un traitement, soit des antidépresseurs, des 

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anxiolytiques et des somnifères. Il y avait des jours où elle avait même peur de sortir 
dans la rue. En raison de ces faits, son employeur avait déposé une demande à l'AI. 

La maladie de la peau dont elle souffrait se manifestait par des tâches sur la peau, 
lesquelles n'avaient rien à voir avec les "bleus" qu'elle avait eus à la suite des faits. 

Elle n'était pas une menteuse et espérait être la seule et dernière personne à avoir été 
violée par l'appelant.  

 c.a. Selon le constat de lésions traumatiques et d'agression sexuelle du 8 octobre 
2020 du Centre universitaire romand de médecine légale (CURML), l'examen 
clinique réalisé sur G______, le 3 août 2020, aux urgences de la maternité des HUG, 
a mis en évidence (i) des ecchymoses au niveau de la base du nez et de la partie 
rétro-auriculaire droite du crâne, (ii) un ensemble de trois dermabrasions et d'une 
ecchymose allant de l'épaule droite à la partie inférieure de l'omoplate, et 
(iii) trois dermabrasions linéaires et parallèles au niveau de chaque hanche, ces 
dernières étant la conséquence de traumatismes contondants (heurts du corps, coups 
reçus ou pressions locales fermes) avec une composante tangentielle (frottement) 
pour les dermabrasions.  

Ces lésions étaient compatibles avec les déclarations de G______, selon lesquelles 
son agresseur l'avait poussée jusqu'à une entrée de garage, prise par le bras, tirée par 
les cheveux pour la forcer à se mettre à genoux, contrainte à lui prodiguer une 
fellation, puis poussée en avant et l'avait pénétrée vaginalement par derrière, son 
épaule droite heurtant le mur alors que son nez avait cogné le sol lorsqu'il l'avait 
poussée en avant après la fellation.  

Le dépistage toxicologique, suite au prélèvement du 3 août 2020 à 12h15, avait 
révélé la présence d'alcool chez G______ à un taux de 1,3 pour mille.  

c.b. La Dresse J______, médecin traitant de G______, a précisé que la prise 
quotidienne d'aspirine-cardio par celle-ci pouvait favoriser l'apparition d'hématomes, 
mais que les hématomes décrits dans le rapport de lésions traumatiques ne pouvaient 
pas être expliqués seulement par cette prise de médicaments et avaient probablement 
une autre cause. 

d.a. À teneur du rapport de police du 5 août 2020, deux appels sortants figuraient le 
2 août 2020 dans le journal d'appel du téléphone de G______, l'un à 21h21 et le 
second à 21h22. Après recherche, le numéro de téléphone associé était enregistré au 
nom de A______, lequel était connu des services de police pour diverses affaires, 
notamment de drogue, d'agression et de conflit, et faisait l'objet de plusieurs 
réquisitions dans la main courante.  

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G______ avait reconnu A______ sur une planche photographique comme étant son 
agresseur, tout en détournant le regard et se mettant à pleurer et à trembler. 

d.b. Selon le rapport de police du 10 novembre 2020, l'analyse du téléphone de 
A______ avait permis de retracer deux appels manqués du numéro de la victime 
enregistré dans ses contacts sous le nom "[prénom de G______] 2", lesquels étaient 
inscrits le 2 août 2020, le premier à 21h21 et le second à 21h22. 

e. Par courrier du 8 février 2021, le conseil juridique gratuit de G______ a versé à la 
procédure une photographie du visage de G______ à la suite de l'agression, sur 
laquelle l'on constate un hématome sur l'arête de son nez. 

Elle a également produit le rapport de consultation ambulatoire du 28 janvier 2021, à 
teneur duquel il est indiqué que G______ a été suivie au sein de l'Unité de médecine 
et prévention de la violence (UIMPV) depuis le 22 septembre 2020, après y avoir été 
adressée par le Centre genevois de consultation pour les victimes d'infractions 
(LAVI) pour un soutien médico-psycho-social à la suite d'une agression sexuelle. 

G______ avait bénéficié d'un suivi psychothérapeutique individuel et spécialisé, à 
raison d'un entretien hebdomadaire, ainsi que d'un suivi psychiatrique en parallèle, 
nécessitant un traitement antidépresseur et anxiolytique, ce dernier n'ayant été que 
peu utilisé. Elle souffrait d'un état de stress post-traumatique et d'un trouble dépressif 
récurrent, épisode actuel sévère, sans symptômes psychotiques. Par le passé, 
G______ avait déjà connu un état dépressif dans un contexte de fin de vie et de décès 
suite à la perte de son frère et de son mari. Elle n'avait cependant présenté aucune 
souffrance psychique dans les mois précédant l'agression. 

Elle était submergée par les émotions et les pleurs à l'évocation des faits et n'avait 
réussi à décrire ce qui s'était passé qu'après plusieurs entretiens. Elle avait décrit des 
symptômes évoquant un état de dissociation tels que la sidération, une sensation 
d'être complétement tétanisée, d'être incapable de réagir et de crier, et une 
déconnexion avec ses sensations corporelles impliquant une absence de sensations ou 
de douleurs au moment de l'agression sexuelle, à l'exception d'une douleur au niveau 
du nez, de même qu'une sensation de dépersonnalisation et une perte des repères 
temporels. 

Au début de la prise en charge, G______ avait rapporté une thymie triste persistante 
ainsi que des troubles du sommeil avec des difficultés d'endormissement, des réveils 
nocturnes et des insomnies matinales, et une perte d'appétit ayant occasionné une 
perte pondérale d'une dizaine de kilos depuis l'agression. Elle présentait une baisse 
de l'élan vital, de la motivation et de la confiance en soi avec des idées de 
dévalorisation et de culpabilité ainsi que des sentiments de honte et d'humiliation. 
Elle présentait également des symptômes de stress, tels qu'une hyper vigilance, un 

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sentiment d'insécurité, des souvenirs envahissants de l'agression et des cauchemars à 
caractère traumatique. 

Son état clinique était très fragile et elle se trouvait en arrêt de travail à 100%. 

Les symptômes décrits par G______ étaient compatibles avec un état de stress post-
traumatique et un trouble dépressif, fréquemment observés chez les personnes 
victimes de violences telles que celles dénoncées. Celles-ci avaient eu un impact 
important sur sa santé psychique, physique et sociale. La poursuite d'un suivi médical 
et psychologique spécialisé était nécessaire.  

f. Plusieurs témoins ont été entendus par la police : 

f.a. K______ a déclaré avoir été "plus ou moins" en couple avec A______ depuis 
juin 2018. Elle habitait le même immeuble que lui. Il l'avait rendue heureuse, mais 
elle l'avait laissé tomber plusieurs fois parce qu'il lui demandait de l'argent, précisant 
s'en être depuis lors séparée "pour de bon" suite à une dispute à ce sujet. Elle l'avait 
vu la dernière fois vers le 1er août 2020. Au cours de leur relation, ils avaient 
entretenu des rapports sexuels protégés dans un premier temps, puis plus après avoir 
fait un test de dépistage VIH. Il ne l'avait jamais forcée. 

f.b. L______, ancienne prostituée, n'a pas reconnu A______, ce qu'elle attribuait au 
nombre d'hommes qu'elle voyait dans le cadre de son activité. Elle n'avait jamais été 
violée.  

f.c. La Dresse M______, médecin généraliste au centre médical N______ depuis 
janvier 2017, avait reçu A______ en consultation le 17 juin 2020 pour un bilan MST 
et des vaccins. Il lui avait déclaré avoir eu cinq partenaires sexuelles en deux ans et 
souffrir d'un trouble de la personnalité et de schizophrénie paranoïaque. Elle lui avait 
effectué un test VIH ainsi qu'un test pour l'hépatite C. 

f.d. Le Dr O______, chef de clinique au CAPPI de P______ rattaché au département 
de santé mentale et psychiatrie des HUG, était devenu le médecin référent du 
A______ en février ou mars 2020 et l'avait reçu en consultation pour la dernière fois 
le 20 juillet 2020.  

Celui-ci souffrait d'une schizophrénie paranoïde, caractérisée par une importante 
sensibilité aux thématiques du non-respect des droits sociaux. Il se focalisait 
beaucoup sur les détails et avait tendance à trouver des liens entre les choses au 
moyen d'un discours interprétatif. Il recevait un traitement médicamenteux pour 
stabiliser la pensée et l'humeur et diminuer les "ruminations". Il avait été hospitalisé 
à Q______ entre le 17 mai 2020 et le 3 juin 2020 après avoir fait état d'un discours 
désorganisé et tenu des propos délirants. 

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Le Dr O______ a confirmé qu'il y avait eu des "plaintes" déposées par certains 
soignants lorsque A______ était suivi au CAPPI de R______.  

g. Lors du trajet en voiture à la suite de son arrestation à son domicile par la police, 
le 4 août 2020, A______ a déclaré être sorti acheter des chips le dimanche précédent 
et avoir rencontré une femme prénommée "G______" dans la rue. Il lui avait proposé 
de faire l'amour et l'avait ensuite emmenée vers un "souterrain" où elle avait 
déboutonné son habit avant de lui prodiguer une fellation. Il l'avait ensuite "prise en 
levrette comme un homme". 

g.a. Entendu par la police le 5 août 2020, A______ a évoqué ses troubles 
psychiatriques et son traitement médicamenteux. 

Durant les deux dernières années, il avait eu entre cinq et six relations non tarifées, 
avec des rapports non protégés. Il n'aimait plus aller aux "putes" et draguait 
désormais les filles de 30 à 50 ans dans la rue.  

Le soir des faits, il revenait du magasin S______ où il avait acheté des chips au 
Manioc et un T______ [marque de soda] lorsqu'il avait abordé G______ au niveau de 
la rue 1______. Il s'était présenté et lui avait demandé son nom et où elle allait. Ils 
avaient directement parlé de sexe. Il lui avait fait des avances en lui proposant une 
fellation. Elle n'avait pas refusé et lui avait répondu : "Tu vas exaucer mon fantasme, 
là maintenant ?". Ils étaient rentrés dans le [garage] souterrain et il avait sorti sa 
verge. Elle s'était accroupie et l'avait "sucé". Elle lui avait ensuite demandé : "C'est 
bon ? J'espère que t'adores !" et il avait répondu par l'affirmative. Cela avait duré 
trois ou cinq minutes et il n'avait pas éjaculé à ce moment-là. 

A______ a ensuite déclaré qu'il l'avait relevée, tournée, mise à quatre pattes et 
"baisée", avant d'indiquer qu'elle-même s'était levée, puis mise dans cette position, 
tout en lui disant : "Tiens cadeau". Il avait voulu lui mettre le string de côté mais elle 
lui avait dit : "Non, chéri, t'inquiète pas, il y a des boutons". Elle avait dégrafé seule 
son body après avoir soulevé sa jupe. Il n'allait pas dire non. Elle l'avait guidé car il 
n'arrivait pas à la pénétrer, lui indiquant : "Plus bas, plus bas, si tu veux trouver le 
truc, va plus bas", et il l'avait pénétrée. Il n'avait pas mis de préservatif et avait 
éjaculé en elle.  

Après l'acte sexuel, il lui avait demandé si elle avait une maladie. Elle avait répondu 
par la négative en lui retournant la question. Elle avait ouvert son sac et sorti son 
téléphone dans lequel il avait enregistré son propre numéro avec son surnom 
"U______". Il s'était fait un appel en absence, mais ne se rappelait plus si le 
téléphone était déverrouillé ou si G______ l'avait elle-même déverrouillé. Après 
cela, il l'avait raccompagnée sur vingt mètres et elle était partie.  

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Il a contesté avoir violé G______ dans la mesure où il avait entendu et ressenti son 
consentement, même si ce n'était pas un "oui" fort. Il ne l'avait pas tirée de force, 
mais l'avait flattée pour avoir des faveurs. Il n'y avait pas eu de contrainte ; elle 
n'avait pas dit "non", ni crié. C'était un malentendu si elle s'était sentie lésée, 
G______ faisant un amalgame entre du sexe consenti et un viol, respectivement de la 
contrainte sexuelle. Elle avait eu "une envie qui brûlait dans la chair" et avait "kiffé" 
tout comme lui. Lui-même avait fait ce qu'il devait "faire en tant qu'homme". Selon 
lui, un viol "c'était quand une femme disait non et qu'on allait au-delà de ça". Quand 
on lui disait "non", il ne continuait "pas trop". 

Tout s'était déroulé en dix, voire quinze minutes maximum. Il avait laissé une preuve 
dans le téléphone de G______ et lui avait envoyé par la suite un message WhatsApp 
en ces termes : "Salut, ca va bien ?". 

g.b. Devant le MP, A______ a confirmé ses précédentes déclarations et ajouté qu'il 
était désolé du tort qu'il avait causé à G______. Il avait fait l'amour en toute âme et 
conscience, avec beaucoup de "volonté et d'amour". Il lui avait seulement fait des 
avances et des flatteries, précisant qu'il pensait qu'elle avait entre 30 et 40 ans et non 
50 ans. C'était elle qui l'avait dirigé et lui avait tout montré, lui-même s'étant contenté 
de faire les actes qu'il pensait qu'elle aimerait. Il avait juste retiré son pantalon et 
G______ avait attrapé sa verge et l'avait "sucé" en lui demandant s'il aimait.  

Il s'agissait d'une pulsion qu'ils avaient eue tous les deux. Il l'avait "emballée" avant 
de "forniquer", cela s'étant passé du "tac au tac" en quinze minutes. Il avait inscrit 
son numéro dans son téléphone au cas où elle voudrait le recontacter. 

Il interprétait comme un consentement l'absence de réponse d'une femme à qui on 
demandait une fellation et qui ne répondait pas par la négative et s'exécutait. 

Il était très difficile de vivre avec sa schizophrénie et son trouble narcissique de la 
personnalité. Ces maladies n'engendraient pas de pulsions sexuelles. Sa 
schizophrénie lui permettait de ressentir à la vue d'une personne s'il pouvait 
l'approcher ou non. 

A______ avait déjà connu ce genre d'aventure avec L______. Ces femmes avaient 
des pulsions et des sentiments pour des hommes plus jeunes. Il était en mesure de 
savoir directement ce qu'elles voulaient lorsqu'il les abordait. Il n'avait jamais violé 
de femme dans sa vie. 

Confronté à G______, il a déclaré que celle-ci était une menteuse, racontait 
beaucoup de bêtises et faisait la comédie, ajoutant qu'elle était une "fornicatrice et 
elle ferait mieux d'arrêter de forniquer avec n'importe quelle personne qu'elle 

rencontre quand elle est bourrée". Il l'avait abordée avec charme. Il pensait qu'elle 

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était "bourrée", bien qu'il n'avait pas senti l'odeur de l'alcool lorsqu'il s'était approché 
d'elle. Il ne lui aurait rien proposé s'il l'avait su dans cet état. Il lui avait dit "Bonsoir 
Madame, vous allez bien ?", ce à quoi elle avait répondu "Je vais bien". Il avait 
directement senti une attirance. Elle avait "couché" avec lui avant de lui donner son 
prénom. 

g.c. Devant les experts psychiatres, il a ajouté avoir pris "son courage à deux mains" 
pour aborder G______ et avoir été surpris qu'elle lui réponde favorablement et avec 
enthousiasme. Elle s'était spontanément retournée après la fellation, avait dégrafé son 
body et lui avait proposé une relation sexuelle vaginale non protégée en lui dirigeant 
le sexe.  

g.d. En première instance, A______ a contesté les faits de contrainte sexuelle et de 
viol. Il avait abordé G______ avec calme, douceur, tendresse et gentillesse, sans 
violence, et ne l'avait ni frappée, ni menacée. Celle-ci n'avait pas de téléphone en 
main. Ils avaient plaisanté et s'étaient rapprochés. Il l'avait prise par la taille. Cela 
avait duré maximum cinq minutes, avant qu'il ne lui demande une fellation. Il lui 
avait dit qu'il connaissait un endroit et elle l'avait suivi sans qu'il n'y ait de contact 
physique. Elle s'était chargée personnellement d'enlever son body car il ne savait pas 
comment faire. Durant l'acte sexuel, elle s'était retrouvée à genoux avec les mains au 
sol, tandis qu'il était également à genoux en la tenant par les hanches. Le rapport 
sexuel avait duré environ dix minutes avant qu'il éjacule.  

À la fin du rapport, il l'avait prise par la taille et, alors qu'ils remontaient en se 
"chamaillant", il lui avait demandé si elle avait eu ce qu'elle voulait, ce à quoi elle 
avait répondu par l'affirmative. Elle n'avait pas raccroché les boutons de son body et 
était partie à toute vitesse. Il lui avait fait un bisou sur la joue avant qu'elle ne le 
quitte. 

Il n'avait pas eu de doute sur le fait que G______ avait été consentante dans la 
mesure où elle lui avait dit "Tu vas exaucer mes fantasmes" et qu'elle avait défait ses 
boutons. Si une femme n'avait pas envie, elle allait dire "lâche-moi je n'ai pas envie" 
ou quelque chose du genre. Il n'avait pas senti qu'elle n'avait rien osé dire ou qu'elle 
avait peur. Elle n'avait pas non plus crié au secours alors qu'il y avait toujours du 
monde à la rue 1______, le quartier étant animé, au vu des différents arrêts de bus, 
des tabacs et d'une pizzeria. Elle n'avait pas montré de signes de peur, de menace ou 
de panique et ne lui avait pas fait de reproches quand ils étaient remontés du garage.  

Il avait été étonné de pouvoir l'aborder de cette manière et que cela marche du 
premier coup. Il s'était dit qu'il était un homme chanceux et qu'il s'était fait une 
copine pour la suite. Il n'avait pas pour habitude d'aborder les gens comme cela dans 
la rue, en particulier les "Européennes", car il s'en méfiait en raison de leur fort 
caractère qui pouvait conduire à une situation comme celle-ci. L'envie d'avoir une 

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relation sexuelle lui était venue sur le moment. Il ne s'était pas posé la question 
d'aller chez lui avec G______. 

Le téléphone de G______ était déverrouillé. Il avait lui-même inscrit son numéro 
afin qu'ils puissent rester en contact. Après l'acte, elle lui avait également donné son 
prénom. 

Il n'avait pas remarqué de marques sur le visage de G______, précisant qu'il ne lui 
avait pas non plus pressé la tête contre le sol. Il a déclaré mesurer 1m77 et peser au 
moment des faits environ 117 à 118 kilos. 

h.a. Selon le rapport d'expertise psychiatrique, A______ souffre d'un grave trouble 
mental, sous forme d'une schizophrénie paranoïde chronique, dont la sévérité était 
légère au moment des faits. Son traitement médicamenteux se composait de Valium 
(15mg par jour) et de Haldol (200mg par mois). Il avait connu cinq hospitalisations 
psychiatriques à Genève depuis 2009, la dernière étant intervenue du 17 mai 2020 au 
3 juin 2020 à Q______ [hôpital psychiatrique] suite à une décompensation délirante 
et à une désorganisation comportementale. Il présentait des idées délirantes en lien 
avec ses soignants du CAPPI, s'était montré menaçant envers une infirmière, lui 
faisant part de pulsions de viol, et tenait des propos extrêmement violents. 

Si sa culpabilité était retenue, la responsabilité pénale de A______ était pleine et 
entière. Il ne souffrait d'aucune décompensation mentale de son trouble psychiatrique 
au moment des faits. Le fait qu'il niait être l'auteur des faits reprochés ne pouvait pas 
être mis en lien avec une cause de nature psychiatrique et le diagnostic d'utilisation 
nocive pour la santé de l'alcool et du cannabis n'avait eu aucune influence sur la 
commission des faits reprochés. Son rapport à la réalité n'était pas altéré, si bien qu'il 
avait entièrement conscience du caractère illicite de ses actes et sa faculté à se 
déterminer par rapport à son appréciation était également entière. La réaction de 
Yam-banne A______ concernant les faits reprochés relevait d'une minimisation, 
d'une rationalisation et d'une attribution externe de la responsabilité ainsi qu'une 
difficulté à se mettre à la place d'autrui, constitutives d'un défaut d'empathie. 

Il existait un risque moyen de récidive de violence en général, physique ou sexuelle, 
en dehors de toute décompensation mentale, même lorsqu'il se trouvait dans une 
période de stabilité psychique. Si aucune mesure thérapeutique n'était recommandée 
dans la mesure où les faits reprochés n'étaient pas directement en lien avec le grave 
trouble mental dont il souffrait, les experts préconisaient un suivi 
psychothérapeutique spécialisé.  

h.b. Entendus par le MP, les experts ont confirmé la teneur de leur rapport, précisant 
que A______ avait tendance à une interprétativité de type persécutoire. Ils estimaient 

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que cette interprétativité n'avait pas eu d'influence sur les faits tels qu'il les avait 
rapportés, y compris lorsqu'il déclarait avoir ressenti le consentement de G______. 

A______ était passé à l'acte malgré son traitement médicamenteux qui avait pour 
effet de diminuer l'état d'excitation mentale, l'agressivité et la libido. Le fait que 
l'expertisé aurait été menaçant envers une infirmière en lui faisant part de pulsions de 
viol n'avait pas eu d'influence sur leurs conclusions, dès lors que cet épisode avait eu 
lieu dans un état de forte décompensation persécutoire. Les experts avaient pris en 
considération le fait que A______ n'avait pas tenu des propos incohérents ou 
délirants pour conclure qu'il était responsable de ses actes. 

i. A______ a déposé plainte pénale, le 30 novembre 2020, contre G______ en lien 
avec les accusations mensongères proférées à son égard. Les allégations de celle-ci 
étaient incohérentes, inconsistantes et contradictoires. G______ n'avait pas prétendu 
qu'il l'aurait menacée ou entravée de façon à l'empêcher de s'enfuir, de crier ou de 
refuser ses avances. Elle avait confirmé s'être déshabillée seule, qu'il avait été calme 
et qu'il n'avait rien dit. Il connaissait son prénom et avait son numéro qu'il n'avait pas 
pu se procurer seul. 

Cette plainte, qui a été versée au dossier, fait l'objet d'une procédure séparée et a été 
suspendue jusqu'à droit jugé dans la présente procédure.  

C. a. Par courrier 14 septembre 2021, Me H______ a informé la CPAR que G______ 
était décédée le ______ 2021 et que la succession était constituée de ses deux fils, 
uniques héritiers, F______ et E______, lesquels souhaitaient poursuivre la procédure 
d'appel en leur qualité de proches. 

b. A______ a déposé le 12 octobre 2021 des conclusions motivées en indemnisation 
(art. 429 CPP) tendant au versement de CHF 88'540.- pour la détention avant 
jugement injustifiée, CHF 10'000.- pour le tort moral et CHF 9'780.- pour le 
dommage économique subi au titre de sa participation obligatoire à la procédure 
pénale. 

 c.a. Devant la juridiction d'appel, A______ a, outre persisté à contester les 
accusations reprochées, ajouté que le soir des faits, il était sorti de chez lui pour 
rejoindre des amis au parc 3______, avant de préciser, alors qu'il lui était fait 
observer qu'il s'agissait d'un fait nouveau, qu'il souhaitait aller voir si ses amis s'y 
trouvaient. Pour ce faire, il avait cheminé sur le trottoir de la rue 1______ où il avait 
croisé G______, laquelle avait attiré son regard car elle était bien habillée, "tout en 
noir". Il ne se souvenait plus si elle regardait à ce moment-là son téléphone, mais 
contestait lui avoir pris le bras. Il tenait un paquet de chips et un T______ [marque de 
soda] qu'il avait pris avec lui au fond du garage, puis déposé à terre avant de "faire 
l'amour". 

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 Il se fondait sur le taux d'alcoolémie de G______ ressortant du dossier pour indiquer 
que celle-ci était "bourrée". Il pensait qu'elle était aux "anges", estimant qu'elle était 
sortie ce soir-là pour faire la "bringue".  

 Il ne pouvait expliquer l'hématome que G______ avait eu vers l'arête nasale, pas plus 
que les traces de griffure, rappelant qu'elle avait toujours été vêtue d'une veste et qu'il 
n'avait pas de longs ongles. 

G______ avait sorti son téléphone de son sac à la fin de leur rapport. Lorsqu'il avait 
dit vouloir garder une "preuve", en lien avec l'appel qu'il s'était fait à lui-même 
depuis ce téléphone, c'était pour garder une "trace", soit la possibilité de maintenir le 
contact avec celle-ci.   

 Il l'avait tenue par la hanche lorsqu'ils avaient quitté la rampe et fait quelques mètres 
ensemble. Elle n'était pas blessée, ni apeurée ou abasourdie. Il lui avait demandé si 
tout allait bien. Elle lui avait répondu : "Oui ça va, y a rien" avant de partir 
rapidement. Il s'était ensuite rendu au Parc 3______. 

c.b. Par la voix de son conseil, A______ persiste dans les conclusions, précisées dans 
son courrier du 12 octobre 2021 en tant que celles-ci portent sur l'indemnisation (cf. 
supra point C.b.).  

Les faits avaient été établis de manière arbitraire ainsi qu'en violation de la 
présomption d'innocence et de la maxime d'accusation, le TCO s'étant déclaré 
convaincu de la culpabilité de A______ en dépit de "zones d'ombre". G______ avait 
adapté ses propos au gré de la procédure. Elle avait varié sur les circonstances l'ayant 
amenée à le suivre, puis à se déshabiller, admettant même que son comportement 
avait pu donner l'impression qu'elle était consentante. Elle avait également 
mentionné qu'ils n'avaient pas échangé de mots, alors que le numéro du prévenu se 
trouvait dans son téléphone. Sa consommation d'alcool était un motif qui expliquait 
son inhibition et le fait qu'elle avait accepté la proposition de A______. L'on ne 
comprenait pas au demeurant les raisons pour lesquelles elle avait tu, dans un 
premier temps, en avoir consommé à la suite des faits. Il était également 
incompréhensible qu'elle n'ait jamais voulu indiquer le nom de l'ami à qui elle s'était 
confiée. Par ailleurs, le témoignage à décharge de L______ n'avait pas été retenu, 
alors que celle-ci expliquait n'avoir jamais été violée.  

Le TCO n'avait pas non plus tenu compte que G______ avait souffert d'une 
dépression et qu'elle était atteinte du syndrome de Sneddon, éléments mettant en 
évidence son manque de sincérité. Le témoignage de son fils (cf. infra point C.d.a.) 
devait être pris avec retenue, dès lors que l'on comprenait qu'il ignorait à la fois la 
maladie de sa mère, mais également la relation sexuelle qu'elle avait entretenue un 
mois auparavant ainsi que le taux d'alcool dans son sang le lendemain des faits.  

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Les arrêts cités par le TCO en lien avec des contraintes psychiques ne concernaient 
pas des faits similaires au cas d'espèce, dans la mesure où les victimes connaissaient 
leurs agresseurs. L'on ne pouvait pas non plus considérer que G______ était une 
victime particulièrement vulnérable, alors qu'elle n'était pas une jeune femme, que 
les faits s'étaient déroulés en bas d'un immeuble et qu'elle ne s'était pas retrouvée à 
pratiquer d'un coup une fellation. Celle-ci avait eu sans doute honte de s'être permise 
un moment de désinhibition.  

Aucun élément ne permettait de retenir qu'il n'y avait pas eu de consentement, lequel 
devait s'apprécier directement au moment de l'acte et non après, alors même que 
A______ avait une version très claire de la notion de consentement. Celui-ci ne 
pouvait se fier qu'au comportement extérieur de G______ et ne pouvait pas 
interpréter négativement le fait qu'elle s'était figée, a fortiori alors qu'elle n'avait pas 
dit non. En tout état, les égratignures, lesquelles étaient en lien avec un rapport 
sexuel au sol, ne disaient rien de son consentement. De même, la question de savoir 
si elle aurait pu fuir n'avait pas été abordée, quand bien même rien ne l'en aurait 
empêchée. 

L'expulsion de A______ portait atteinte aux art. 3 et 4 de la Convention européenne 
de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (CEDH). La 
situation des personnes malades pour des troubles psychiatriques au Burkina Faso 
était catastrophique, alors que l'on dénombrait seulement onze psychiatres dans le 
pays et que l'accès aux soins n'était dévolu qu'à une certaine élite. A______, qui avait 
été déclaré invalide à 100%, bénéficiait en Suisse d'un traitement adapté à sa 
maladie. Il n'y avait jamais été soigné et une expulsion reviendrait à la condamner "à 
mort" compte tenu des risques de gestes auto-agressifs. Le Burkina Faso n'était enfin 
plus un pays "sûr" selon le Secrétariat d'Etat aux migrations. 

c.c. Le conseil de A______ produit un chargé de pièces, contenant notamment des 
extraits du "Plan stratégique santé mentale 2020-2024" du Ministère de la Santé du 
Burkina Faso de décembre 2019. Il y est notamment fait état que le pays dénombre 
onze psychiatres en activité parmi les professionnels de la santé mentale (cf. p. 17) et 
relève de nombreuses insuffisances, dont une faible disponibilité des médicaments de 
prise en charge sanitaire des troubles mentaux et une insuffisance de stock de 
produits de santé (psychotropes) (cf. p. 19).  

 d.a. Entendu en qualité de personne appelée à donner des renseignements, E______ a 
expliqué que sa mère était décédée d'un arrêt cardiaque. Il avait entretenu une 
relation fusionnelle avec celle-ci, tous deux échangeant par téléphone tous les jours 
et se voyant trois à quatre fois par semaine. À la suite du décès de son mari, sa mère 
avait rencontré un prénommé V______ fin 2019, début 2020, avec qui elle avait 
développé une relation intime. Elle travaillait en tant qu'assistante maternelle auprès 
de quatre à cinq familles. 

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 Après les faits, elle avait perdu le goût de vivre, peur de sortir et de croiser un 
homme de couleur ou tremblait s'il lui arrivait d'en croiser un. Elle l'avait appelé 
parfois durant la nuit pour qu'il la rassure ou vienne dormir à ses côtés. À chaque 
atermoiement de A______ dans le cadre de la procédure, ses angoisses avaient 
ressurgi plus fortes. Elle était venue moins régulièrement manger chez son frère ou 
lui.  

G______ était une personne très organisée et réservée, qui ne parlait pas à des 
inconnus dans la rue et ne faisait rien à l'improviste, notamment pas pour aller chez 
autrui, même chez lui. Si tant est que quelqu'un lui avait dit bonjour, elle aurait 
retourné simplement la formule de politesse. L'attitude de sa mère décrite par 
A______ et les mots mis dans la bouche de celle-ci ne lui ressemblaient absolument 
pas. Il savait qu'elle avait bu deux verres le soir des faits, précisant que si elle avait 
traversé par le passé une cure de sevrage d'alcool, il lui arrivait de prendre seulement 
un verre en fin de journée après le travail. Elle n'aurait pas eu honte ou la volonté de 
cacher qu'elle aurait bu davantage que d'habitude.  

 Avec son frère, ils avaient appris ce qui s'était passé un mois et demi, voire deux 
mois après les faits, à force d'insister. Elle ne lui avait pas dit qu'elle avait souhaité 
appeler quelqu'un le soir des faits. Il pouvait penser qu'il s'agissait de l'amie chez qui 
elle devait aller jouer aux cartes ou de son ami V______. Il ne savait pas que sa mère 
avait une maladie orpheline, mais n'avait jamais remarqué de marque qui aurait pu 
être laissée sur sa peau suite à un petit coup.  

 d.b. Par la voix de leur conseil, les héritiers de G______ persistent dans les 
conclusions prises par leur défunte mère, faisant leurs les conclusions civiles de 
celle-ci. 

 G______ avait vécu une souffrance insupportable, tel que son état psychique 
l'attestait et avait été observé tant par la police et le MP, puis par les juges de 
première instance. Son état s'était considérablement dégradé, celle-ci n'ayant jamais 
pu reprendre son travail, et si rien ne prouvait qu'il y avait un lien avec son décès, le 
témoignage en appel de E______ qui avait vu la descente aux enfers de sa mère était 
parlant. 

 Les déclarations de G______ étaient empreintes de ressenti et de sincérité, étant 
rappelé qu'elle avait été auditionnée à plus de quatre reprises. Elle avait d'emblée 
signifié qu'elle craignait la procédure pénale, ce qui expliquait notamment que ses 
premières déclarations à la police avaient été abruptes et qu'elle avait donné des 
détails sur les faits au gré de ses auditions et des souvenirs qui ressurgissaient. Elle 
n'avait aucun intérêt à mentir et à endurer des heures de procédure, alors même 
qu'elle ne connaissait pas son agresseur. Signe d'un témoignage sincère et d'une 
amnésie traumatique, elle admettait que sa réaction pouvait laisser entendre qu'elle 

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avait été consentante et qu'elle ignorait certains éléments liés au déroulement des 
faits. 

 S'agissant du body, ses premières explications à la police devaient être interprétées 
comme la description générale du déroulement de l'agression, et non comme un oubli 
coupable, étant rappelé qu'elle avait ensuite précisé cet épisode devant le MP. Ses 
explications et le contexte permettaient de comprendre qu'elle avait elle-même 
déboutonné son body car elle souhaitait abréger ses supplices. Quant à son téléphone, 
elle en avait parlé à son médecin, puis dès sa deuxième audition à la police. Par 
ailleurs, les hématomes sur sa peau se situaient à l'endroit où A______ avait exercé 
des pressions, étant précisé que la Dresse J______ avait été catégorique pour dire 
qu'ils pouvaient être dus à une cause traumatique et non uniquement par la prise 
d'aspirine-cardio. 

 Les déclarations de A______ étaient invraisemblables. Il faisait état d'un rapport non 
protégé entre deux inconnus. Il avait déclaré à la police s'être lui-même appelé pour 
avoir une "preuve", avant de se confondre ensuite sur la signification donnée à cet 
acte. A______ n'avait laissé aucune place à la libre détermination de G______, ne lui 
demandant son consentement à aucun moment. Les déclarations à décharge du Dr 
O______ étaient hors contexte, alors que celui-ci indiquait a fortiori ne pas bien 
connaître A______.  

 Les circonstances du cas d'espèce remplissaient l'élément constitutif de la contrainte. 
G______ avait été abordée de manière inattendue par un inconnu, alors qu'elle se 
trouvait seule dans la rue, étant observé que le fait qu'il y avait des lumières dans la 
rue n'enlevait rien à l'aspect isolé du lieu. Elle s'était retrouvée à terre, dans une 
position de soumission, tout en subissant la violence de son agresseur qui ne lui avait 
laissé aucune échappatoire.   

G______ avait connu un fort sentiment d'injustice dans la mesure où elle avait dû 
subir les insultes de A______ durant la procédure, lequel n'avait pas eu non plus un 
mot de compassion en appel pour E______. 

 e. Le MP conclut au rejet de l'appel et à la confirmation du jugement entrepris. 

G______ n'avait pas d'emblée porté plainte car elle n'en avait pas eu la force. Ses 
déclarations étaient crédibles et avaient été constantes tout au long de la procédure. 
Aucun élément au dossier ne permettait de retenir qu'elle avait été consentante. Elle 
avait spontanément dit qu'elle ne se souvenait pas de tous les détails liés à 
l'agression, ce qui renforçait sa crédibilité et s'expliquait par le fait qu'elle avait été 
dans un état de dissociation et de déconnexion. Lors de sa première audition à la 
police, c'était sous le choc qu'elle avait omis d'indiquer avoir enlevé son body. Elle 
s'était rendue à la police par peur de recroiser A______ et sans qu'elle ne puisse en 

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tirer un quelconque avantage. L'on ne pouvait non plus arguer, à la vue des 
conséquences de la procédure sur G______, qu'elle avait agi pour des raisons 
financières.  

Le dossier contenait des preuves matérielles, notamment les examens médicaux 
faisant état d'ecchymoses et de trois dermabrasions, lesquels corroboraient l'agression 
décrite par G______ et dont on pouvait inférer que les faits s'étaient passés avec 
véhémence et non avec tendresse. Quant aux hématomes, son médecin réfutait qu'ils 
étaient liés à sa maladie de la peau. 

A______ était une personne avec des antécédents de violence et avait eu différentes 
affaires en lien avec des inconnus. Ses déclarations avaient varié. Il avait lui-même 
admis que G______ ne s'était pas rhabillée et qu'elle était partie en vitesse. En appel, 
il ne savait plus s'il avait un ou deux "T______" [marque de soda] en main. À teneur 
de l'expertise psychiatrique, il subsistait chez lui la faculté d'apprécier les faits et de 
se déterminer en conséquence. 

Une contrainte avait été exercée et les lieux isolés devaient être considérés comme 
suffisants pour retenir qu'une résistante aurait été inutile. Il était rare que les victimes 
appellent au secours dans ce genre de circonstances. 

Sa faute était très lourde, A______ ayant touché à l'intégrité et à la liberté sexuelles. 
Ses mobiles étaient égoïstes et méprisables. Il avait agi sans le consentement de la 
victime et sans préservatif. Sa collaboration avait été nulle, dans la mesure où il avait 
livré des explications invraisemblables, étant rappelé qu'il avait déposé plainte pénale 
contre G______ et n'avait pas manqué de la qualifier de "fornicatrice". Sa 
responsabilité était pleine et entière selon l'expertise psychiatrique.  

A______ n'avait aucune attache en Suisse. Il touchait des primes de l'assurance-
invalidité (AI) et connaissait son traitement, de sorte que rien ne s'opposait à son 
expulsion. 

D.  a. A______, né le ______ 1987 et originaire du Burkina Faso, est arrivé en Suisse en 
janvier 2009, au bénéfice d'une autorisation de séjour, dans le cadre d'un 
regroupement familial. Il a quitté le Burkina Faso en 2007, où vivent ses parents 
ainsi que l'un de ses deux frères et une partie de sa famille, et n'y est pas retourné 
depuis. Célibataire et sans enfant, il a également une sœur et un frère qui vivent à 
Genève ainsi que deux cousins établis en Suisse. 

Il a obtenu un diplôme dans le domaine ______. Avant son arrestation, il bénéficiait 
de l'aide sociale et percevait à ce titre une aide mensuelle de CHF 900.- après 
déduction du loyer et de l'assurance-maladie. Une rente invalidité à 100% s'élevant à 

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CHF 652.- par mois lui a également été octroyée avec effet rétroactif au 1er janvier 
2019. Il a des dettes d'un montant de CHF 12'000.-.  

b. Selon son casier judiciaire suisse, A______ a été condamné : 

 le 8 mai 2017, par le MP, à une peine pécuniaire de 30 jours-amende à CHF 30.-, 
avec sursis (délai d'épreuve : trois ans), pour violence ou menace contre les 
autorités et les fonctionnaires ; 

 le 8 janvier 2018, par le MP, à une peine pécuniaire de 120 jours-amende à 
CHF 30.-, pour lésions corporelles simples, fausse alerte et injure. 

E. a.a. Me C______, défenseur d'office de A______, a soumis au TCO une première 
note de frais pour la période du 14 août 2020 au 9 mai 2021 comptabilisant 
CHF 28'023.54, TVA comprise. 

Il faisait état de 62h45 d'activité de chef d'étude et 54h30 d'activité de collaborateur. 
Il requérait notamment l'indemnisation forfaitaire de 20%, justifiée par l'importante 
activité déployée que ne couvrait pas intégralement le montant forfaitaire de 10%. 

a.b. Me C______ a transmis une seconde note de frais pour l'activité déployée du 10 
au 21 mai 2021, sans chiffrer la totalité du montant réclamé mais en comptabilisant, 
à titre d'activité de chef d'étude, 1h30 d'entretien avec le client, 17h d'étude du 
dossier et de préparation à l'audience devant le TCO, plus le temps de l'audience à 
déterminer, CHF 100.- de déplacement au TCO et la TVA.  

b. Par décision du 21 mai 2021, le TCO a arrêté à CHF 23'686.80 l'indemnité due à 
Me C______, réduisant notamment le poste "Procédure" de 17 heures et 10 minutes 
d'activité de chef d'étude et de 17 heures et 50 minutes celle de collaborateur. 

c. Dans son mémoire de recours, Me C______ conclut à l'annulation de la décision 
d'indemnisation du 21 mai 2021 et à l'allocation, à charge de l'Etat, d'une indemnité 
de CHF 33'817.75, TVA comprise, subsidiairement au renvoi de la cause au TCO 
pour nouvelle décision. Il conclut au surplus à l'indemnisation de ses dépens en lien 
avec la rédaction du présent recours. 

Les arguments développés par Me C______ dans son écriture seront, dans la mesure 
de leur pertinence, discutés au fil des considérants. 

 d. Par courrier de la CPAR du 3 septembre 2021, auquel il n'a pas réagi, le MP a été 
informé du recours déposé par Me C______. 

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F.  a. Me C______ dépose une première note de frais de CHF 2'051.68 en lien avec la 
procédure d'appel, pour la période du 22 mai au 10 septembre 2021, comptabilisant, 
sous des libellés divers, 7h35 d'activité de chef d'étude et 1h30 de collaborateur, plus 
des débours, le forfait courrier/téléphone à 20% et la TVA. 

 À l'audience d'appel, il dépose un état de frais complémentaire pour la période du 
11 septembre au 19 octobre 2021, faisant état, sous différents libellés, de 1h05 
d'activité de chef d'étude et de 24h50 d'activité de collaborateur, plus le temps de 
l'audience à déterminer, CHF 75.- de déplacement au Palais de justice, le forfait 
courrier/téléphone à 20% et la TVA. 

b. Me H______, conseil juridique gratuit de feue G______, puis de ses héritiers, 
E______ et F______, fait de même et comptabilise 7h30 d'activité de cheffe d'étude, 
plus des frais de vacation de CHF 100.-, le temps de l'audience, le forfait 
courrier/téléphone et la TVA. 

Celle-ci a été indemnisée pour 28 heures d'activité en première instance. 

c. Le détail de ces états de frais sera repris infra dans la mesure nécessaire à la 
taxation. Les débats d'appel ont duré 4h10. 

EN DROIT : 

1. 1.1. L'appel est recevable pour avoir été interjeté et motivé selon la forme et dans les 
délais prescrits (art. 398 et 399 du Code de procédure pénale [CPP]). 

 La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel (art. 404 
al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP). 

1.2. La contestation des honoraires du défenseur d'office (art. 135 al. 3 CPP) doit être 
faite séparément et par la voie du recours (L. MOREILLON / A. PAREIN-
REYMOND, Petit commentaire CPP, Bâle 2016, n. 37 ad art. 399).  

La juridiction d'appel saisie d'un appel sur le fond est alors également compétente 
pour connaître de la contestation, par le défenseur d'office, de la décision du tribunal 
de première instance arrêtant son indemnité, dès lors que le recours est subsidiaire 
par rapport à l'appel (ATF 139 IV 199 consid. 5.2 et 5.6 p. 202 et 204 ; 
L. MOREILLON / A. PAREIN-REYMOND, op.cit., n. 9a ad art. 135).  

Déposé dans la forme et le délai utiles (art. 390 al. 1 et 396 al. 1 CPP), le recours de 
Me C______ est également recevable. 

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2. 2.1.1. La présomption d'innocence, garantie par les art. 10 al. 3 CPP, 32 al. 1 de la 
Constitution fédérale de la Confédération suisse (Cst.) et 6 ch. 2 CEDH, ainsi que 
son corollaire, le principe in dubio pro reo, concernent tant le fardeau de la preuve 
que l'appréciation des preuves au sens large. 

 En tant que règle sur le fardeau de la preuve, la présomption d'innocence signifie, au 
stade du jugement, que ce fardeau incombe à l'accusation et que le doute doit profiter 
au prévenu. La présomption d'innocence est violée lorsque le juge rend un verdict de 
culpabilité au seul motif que le prévenu n'a pas prouvé son innocence (ATF 127 I 38 
consid. 2a) ou encore lorsque le juge condamne le prévenu au seul motif que sa 
culpabilité est plus vraisemblable que son innocence. En revanche, l'absence de doute 
à l'issue de l'appréciation des preuves exclut la violation de la présomption 
d'innocence en tant que règle sur le fardeau de la preuve (ATF 144 IV 345 
consid. 2.2.3.3). 

Comme règle d'appréciation des preuves, la présomption d'innocence signifie que le 
juge ne doit pas se déclarer convaincu de l'existence d'un fait défavorable à l'accusé 
si, d'un point de vue objectif, il existe des doutes quant à l'existence de ce fait. Il 
importe peu qu'il subsiste des doutes seulement abstraits et théoriques, qui sont 
toujours possibles, une certitude absolue ne pouvant être exigée. Il doit s'agir de 
doutes sérieux et irréductibles, c'est-à-dire de doutes qui s'imposent à l'esprit en 
fonction de la situation objective (ATF 144 IV 345 consid. 2.2.3.3).  

2.1.2. Confronté à des versions contradictoires, le juge forge sa conviction sur la base 
d'un ensemble d'éléments ou d'indices convergents. L'appréciation des preuves doit 
être examinée dans son ensemble et l'état de fait déduit du rapprochement de divers 
éléments ou indices. Un ou plusieurs arguments corroboratifs peuvent demeurer 
fragiles si la solution retenue peut être justifiée de façon soutenable par un ou 
plusieurs arguments de nature à emporter la conviction (arrêts du Tribunal fédéral 
6B_101/2013 du 23 août 2013 consid. 1.1). Qu'il n'y ait pas de témoin oculaire direct 
ou de preuve matérielle irréfutable d'un fait ne suffit donc pas à faire admettre qu'il 
était arbitraire de le tenir pour établi, dans la mesure où des indices suffisants 
viennent le corroborer (arrêt du Tribunal fédéral 1P_221/1996 du 17 juillet 1996). 

Les déclarations de la victime constituent un élément de preuve. Le juge doit, dans 
l'évaluation globale de l'ensemble des éléments probatoires rassemblés au dossier, les 
apprécier librement (arrêts du Tribunal fédéral 6B_942/2017 du 5 mars 2018 
consid. 2.1.2 ; 6B_614/2012 du 15 février 2013 consid. 3.2.5). Conformément à ce 
principe, le juge peut fonder sa condamnation sur les seules déclarations de la 
victime (arrêt du Tribunal fédéral 6B_626/2010 du 25 novembre 2010 consid. 2.2), 
de sorte que le fait que celles-ci, en tant que principal élément à charge, s'opposent 
aux déclarations contradictoires de la personne accusée, ne doit pas nécessairement 

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conduire à un acquittement (arrêt du Tribunal fédéral 6B_942/2017 du 5 mars 2018 
consid. 2.1.2). 

2.2.1. Selon l'art. 189 CP, se rend coupable de contrainte sexuelle celui qui, 
notamment en usant de menace ou de violence envers une personne, en exerçant sur 
elle des pressions d'ordre psychique ou en la mettant hors d'état de résister l'aura 
contrainte à subir un acte analogue à l'acte sexuel ou un autre acte d'ordre sexuel. 

Par acte d'ordre sexuel, il faut entendre une activité corporelle sur soi-même ou sur 
autrui qui tend à l'excitation ou à la jouissance sexuelle de l'un des participants au 
moins (arrêt du Tribunal fédéral 6B_103/2011 du 6 juin 2011 consid. 1.1). 

2.2.2. Aux termes de l'art. 190 al. 1 CP, se rend coupable de viol celui qui, 
notamment en usant de menace ou de violence, en exerçant sur sa victime des 
pressions d'ordre psychique ou en la mettant hors d'état de résister, aura contraint une 
personne de sexe féminin à subir l'acte sexuel. Le viol constitue une lex specialis par 
rapport à la contrainte sexuelle. 

Par acte sexuel au sens de cette disposition on entend l'union naturelle des parties 
génitales de l'homme et de la femme. Il importe peu de savoir dans quelle mesure le 
membre viril pénètre dans les parties génitales de la femme ou si le sperme s'est 
écoulé dans le vagin, l'éjaculation n'étant pas nécessaire (ATF 123 IV 49 consid. 2 
p. 52 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_206/2015 du 8 octobre 2015 consid. 1.1).  

2.2.3. Le viol et la contrainte sexuelle sont des délits de violence, qui supposent en 
règle générale une agression physique. Il en résulte que toute pression, tout 
comportement conduisant à un acte sexuel non souhaité ne saurait être qualifié de 
contrainte (ATF 133 IV 49 consid. 4 p. 52 ; 131 IV 107 consid. 2.2 p. 109). 

Ces infractions supposent l'emploi des mêmes moyens de contrainte (ATF 122 IV 97 
consid. 2a p. 99 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_583/2017 du 20 décembre 2017 
consid. 3.1). Pour qu'il y ait contrainte en matière sexuelle, il faut que la victime ne 
soit pas consentante, que l'auteur le sache ou accepte cette éventualité et qu'il passe 
outre en profitant de la situation ou en employant un moyen efficace à cette fin (ATF 
122 IV 97 consid. 2b p. 100), notamment en usant de violence ou en exerçant des 
pressions psychiques (ATF 131 IV 167 consid. 3 p. 170 ; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_493/2016 du 27 avril 2017 consid. 2.2).  

La violence désigne l'emploi volontaire de la force physique sur la personne de la 
victime dans le but de la faire céder. Il n'est pas nécessaire que la victime soit mise 
hors d'état de résister ou que l'auteur la maltraite physiquement. Une certaine 
intensité est néanmoins requise. Selon les circonstances, un déploiement de force 
relativement faible peut suffire. Ainsi, peut déjà suffire le fait de maintenir la victime 

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avec la force de son corps, de la renverser à terre, de lui arracher ses habits ou de lui 
tordre un bras derrière le dos (ATF 122 IV 97 consid. 2b ; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_116/2019 du 11 mars 2019 consid. 2.2.1). L'infraction de contrainte sexuelle ou 
de viol est également réalisée si la victime, sous la pression de la contrainte exercée, 
renonce d'avance à la résistance ou l'abandonne après avoir initialement résisté (ATF 
126 IV 124 consid. 3c p. 130 ; 118 IV 52 consid. 2b p. 54 ; arrêts du Tribunal fédéral 
6B_1260/2019 précité consid. 2.2.2 ; 6B_145/2019 du 28 août 2019 consid. 3.2.3). 

En introduisant la notion de "pressions psychiques", le législateur a voulu viser les 
cas où la victime se trouve dans une situation sans espoir, sans pour autant que 
l'auteur ait recouru à la force physique ou à la violence. Les pressions d'ordre 
psychique visent les cas où l'auteur provoque chez la victime des effets d'ordre 
psychique, tels que la surprise, la frayeur ou le sentiment d'une situation sans espoir, 
propres à la faire céder (ATF 131 IV 107 consid. 2.2 p. 109 ; 128 IV 106 
consid. 3a/bb p. 110 s. ; 122 IV 97 consid. 2b p. 100). 

2.2.4. Sur le plan subjectif, la contrainte sexuelle et le viol sont des infractions 
intentionnelles, le dol éventuel étant suffisant dans les deux cas. L'auteur doit savoir 
que la victime n'est pas consentante ou, du moins, en accepter l'éventualité, et il doit 
vouloir ou, à tout le moins, accepter qu'elle soit contrainte par le moyen qu'il met en 
œuvre ou la situation qu'il exploite (arrêts du Tribunal fédéral 6B_1306/2017 du 
17 mai 2018 consid. 2.1.2 ; 6B_35/2017 du 26 février 2018 consid. 4.3). 

L'infraction peut être réalisée également sur la base d'une erreur sur les faits (art. 13 
CP). L'auteur ne sera pas punissable, s'il pensait à tort que la victime était 
consentante : toutefois, comme il s'agit d'une excuse classique de violeur, il 
appartiendra à la justice d'être pleinement convaincue que l'appréciation de la 
situation par l'auteur lui est vraiment "favorable", comme l'exige l'art. 13 CP 
(A. MACALUSO / L. MOREILLON / N. QUELOZ (éds), Commentaire romand, 
Code pénal II, art. 111-292 CP, Bâle 2017, N 22 ad art. 190). 

2.2.5. Un concours réel entre le viol et la contrainte sexuelle est concevable si l'acte 
sexuel et les autres actes d'ordre sexuel sont indépendants les uns des autres, en 
particulier lorsqu'ils ont été commis à des moments différents (cf. ATF 122 IV 97 
consid. 2a p. 99 ; arrêt du Tribunal fédéral 6S_463/2005 du 10 février 2006 
consid. 2). Selon la jurisprudence, un rapport bucco-génital a un but de satisfaction 
sexuelle autonome, de sorte que l'on peut retenir le concours réel entre les art. 189 et 
190 CP (arrêts du Tribunal fédéral 6B_153/2016 du 14 juin 2016 consid. 1.1 ; 
6S_67/2001 du 22 octobre 2001 consid. 2e). 

2.3. À l'heure de procéder à l'établissement des faits, il peut être retenu que les 
parties, qui ne se connaissaient pas, sont entrées en contact à la rue 1______, alors 
que G______ marchait sur le trottoir au moment où l'appelant l'a abordée, et ont 

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cheminé quelques mètres plus loin jusqu'à la rampe d'un garage collectif souterrain, 
dans un contexte sans témoin. Il est incontesté que les parties ont ensuite pratiqué un 
acte d'ordre sexuel, soit une fellation, et ont entretenu un rapport sexuel.  

Reste à déterminer si ce scénario et ces actes sexuels ont été imposés à G______. À 
cette fin, en présence d'un cas de "déclarations contre déclarations", il est nécessaire 
d'apprécier et de confronter, à l'aune des éléments versés au dossier, la crédibilité des 
dires des deux protagonistes, la Cour réservant l'analyse des éléments constitutifs des 
infractions de viol et contrainte sexuelle dans un second temps (cf. infra consid. 2.4). 

2.3.1. Les déclarations de G______ dans la procédure, et telles que rapportées à la 
police, au MP et aux médecins, sont restées constantes et cohérentes sur les éléments 
essentiels de l'agression sexuelle qu'elle a rapportée avoir subi. Elle a tout d'abord 
expliqué dans le détail la façon dont l'appelant l'avait interpellée, par surprise et alors 
qu'elle regardait son téléphone, tout en la prenant par le bras et en s'emparant de son 
téléphone, puis en l'emmenant contre son gré en contre-bas d'une rampe de garage 
souterrain. Elle a relaté la rapidité des événements ainsi que la peur et la stupéfaction 
suscitées par les circonstances, le confirmant à maintes reprises, ce qui plaide pour sa 
sincérité. 

Elle a ensuite exposé de manière détaillée la scène de l'agression, submergée par les 
émotions et les pleurs au moment de relater ces faits, ce qui conforte indubitablement 
l'hypothèse d'un événement pénible et choquant. Selon ses dires, son agresseur l'avait 
obligée à se baisser et à lui prodiguer une fellation, avant de la pousser à terre et de la 
pénétrer vaginalement alors qu'elle était à genoux, la tête contre le sol. Il l'avait 
forcée, étape après étape, à subir les actes sexuels qu'il lui dictait de faire par les 
gestes. Avec précision, elle a décrit alors les difficultés que son agresseur avait eu à 
la pénétrer, se sentant obligée, pour abréger ses souffrances, à défaire elle-même son 
body et à le guider dans l'acte de pénétration. 

C'est aussi de manière constante qu'elle a expliqué la peur engendrée par les 
circonstances, s'étant retrouvée seule et captive d'une situation, le soir dans 
l'obscurité d'une rampe de garage, précisant en outre l'aspect intimidant et la 
corpulence imposante de son agresseur. Paralysée par la sidération induite par les 
circonstances, cela l'avait conduite à perdre ses moyens, se laisser faire et à ne pas 
s'opposer aux actes du prévenu, concession qui relève plutôt d'un gage de sincérité, 
tout comme le fait qu'elle a fait part à réitérées reprises de l'aspect temporel de 
l'agression, qualifiée d'"interminable". Ses émotions après les faits, passant d'une 
absence de réaction instantanée à un état de choc psychologique le lendemain, 
attestent, s'il en est encore besoin, du traumatisme vécu et plaident en faveur de sa 
crédibilité. 

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Si le récit de G______ a parfois été émaillé de quelques lacunes, celles-ci peuvent 
aisément s'expliquer par le traumatisme psychologique subi, tant au moment des faits 
que postérieurement, au même titre qu'elle n'a réussi à décrire et dévoiler qu'au gré 
des audiences certains détails de ce qui s'était passé. En témoignent par exemple le 
fait qu'elle n'ait pas mentionné avoir enlevé son body lors de sa première audition à 
la police ou encore, comme elle l'a admis, l'absence d'explications liée à l'utilisation 
de son téléphone par l'appelant, malgré le code de sécurité. De même, s'il peut 
paraître intriguant qu'elle n'ait jamais souhaité dévoiler l'identité de la personne avec 
qui elle aurait discuté des faits, il reste parfaitement concevable qu'elle souhaitait 
éviter d'exposer cette tierce personne à une procédure qu'elle-même déclarait 
redouter. Quoiqu'il en soit, la CPAR est d'avis qu'au vu de la globalité de son récit, 
ces éléments n'en diminuent pas moins sa force probante, tant G______ est restée 
constante sur l'essentiel, tout en reconnaissant parfois ne pas être en mesure de 
s'expliquer, ce qui est un gage de sincérité.  

Plus généralement, G______ n'a pas accablé l'appelant dans ses propos et fait preuve 
d'aucune exagération, éléments qui renforcent davantage la crédibilité de son récit et 
l'idée qu'elle n'avait aucun bénéfice à tirer de fausses accusations à l'endroit de 
l'appelant. Elle a ainsi décrit le comportement de l'appelant en le qualifiant de calme 
et silencieux, alors que celui-ci lui dictait par les gestes les actes sexuels à prodiguer, 
concédant même qu'il ne lui avait pas porté de coups, ni qu'elle avait eu mal au 
moment de la pénétration, ce qu'elle expliquait par la peur et l'état second dans lequel 
elle se trouvait. Plus encore, elle a relaté avoir elle-même enlevé son body, justifiant 
son acte par la volonté d'abréger son supplice. Elle n'a pas non plus hésité à dire qu'il 
y avait de la lumière provenant de l'éclairage des immeubles, concession qui n'enlève 
toutefois rien à l'aspect isolé, sombre et effrayant de l'endroit.  

2.3.2. À la bonne crédibilité intrinsèque des déclarations de G______ s'ajoutent des 
critères d'appréciation extrinsèques. 

La Cour relève tout d'abord que les protagonistes ne se connaissaient pas avant les 
faits, tant sur les plans privé et professionnel, et évoluaient dans des cercles sociaux 
totalement différents. Au moment des faits, l'appelant, âgé de 33 ans, était sans 
emploi et au bénéfice d'une rente invalidité. Il souffrait d'un grave trouble mental, 
sous forme de schizophrénie paranoïde chronique, dont la sévérité était légère, et 
prenait régulièrement un traitement médicamenteux. Il avait à son casier judiciaire 
deux condamnations pour violence ou menace contre les autorités et les 
fonctionnaires et lésions corporelles simples, fausse alerte et injure, et était connu des 
services de police pour plusieurs réquisitions dans la main courante. G______, alors 
âgée de 49 ans, travaillait comme assistante maternelle auprès de différentes familles. 
Elle avait certes connu par le passé un état dépressif suite à la perte de son frère et de 
son mari, mais n'en souffrait plus au moment des faits. Mère de deux enfants majeurs 
habitant Genève, elle était décrite par son fils E______ comme une personne très 

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organisée et réservée qui ne parlait pas à des inconnus dans la rue et qui ne faisait 
rien à l'improviste.  

Dans un tel contexte, l'hypothèse selon laquelle deux parfaits inconnus, aux profils si 
différents de surcroît, s'adonnent à des actes sexuels, sans se protéger, quelques 
minutes après s'être rencontrés, apparaît déjà peu vraisemblable.  

La CPAR observe ensuite que le contexte du dépôt de plainte, l'absence de bénéfice 
secondaire, tout comme le processus de dévoilement des faits chez G______, 
plaident en faveur de sa sincérité et tend à écarter toute démarche infondée et 
calomnieuse de sa part. Celle-ci a en effet pris contact avec les forces de l'ordre le 
lendemain des faits alors qu'elle se trouvait dans un état de choc psychologique et de 
profond désarroi. D'emblée, elle a manifesté sa volonté de ne pas déposer plainte, ne 
souhaitant pas "revivre" les faits, mais mentionnant tout de même qu'elle craignait 
pour sa propre sécurité, ce qui va dans le sens de la survenance d'un événement 
choquant la concernant. Elle a ensuite maintenu sa réticence à porter plainte, 
redoutant alors la lourdeur de la procédure et les dénégations de l'appelant, éprise 
d'un faux sentiment de culpabilité, au motif qu'elle aurait été consentante. Elle finira 
par se déclarer partie plaignante, indiquant espérer être la seule et dernière femme à 
avoir été violée par l'appelant. Par ailleurs, signe que ses craintes n'étaient pas 
infondées, elle a dû faire face au cours de l'instruction, en sus d'une plainte pénale 
déposée à son encontre, aux propos désobligeants de l'appelant, lesquels n'ont pas 
manquer de contraster avec les siens, tout en retenue. La Cour relève enfin qu'elle 
n'avait pas dévoilé les faits à ses enfants qui les avaient appris quelques semaines 
plus tard, élément qui atteste des difficultés qui étaient les siennes face au 
traumatisme vécu.  

La crédibilité de G______ est en outre renforcée par le fait que toutes les instances 
de poursuite pénale ont également confirmé les émotions qui transparaissaient chez 
elle au moment de ses auditions. Quant à son fils E______, il a relevé les effets 
causés sur elle dans les semaines qui ont suivi l'épisode litigieux, déclarant qu'elle 
avait perdu le goût de vivre et qu'elle craignait de sortir et de croiser un homme de 
couleur, voire qu'elle tremblait lorsqu'elle en croisait un.  

Les déclarations de G______ sont de plus corroborées par le rapport de lésions 
traumatiques et d'agression sexuelle mettant en évidence que les lésions constatées 
sont compatibles avec son récit. Gage de crédibilité encore, le rapport de consultation 
ambulatoire qu'elle a produit fait état qu'elle connaissait un état de stress post-
traumatique et un trouble dépressif fréquemment observés chez les personnes 
victimes de violences telles que celles qu'elle avait décrites, étant rappelé qu'elle 
avait été mise en arrêt de travail à 100%. Il y est mentionné ses émotions et les 
difficultés vécues à la suite des faits, caractérisées par une baisse de l'élan vital, de la 
motivation et de la confiance en soi avec des idées de dévalorisation et de culpabilité 

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ainsi que des sentiments de honte et d'humiliation, de même qu'un sentiment 
d'insécurité, des souvenirs envahissants de l'agression et des cauchemars à caractère 
traumatique, soit nombre d'éléments qui dénotent chez elle la dimension 
traumatisante de l'agression qui a nécessité un suivi psychothérapeutique et 
psychiatrique parallèle.  

Rien au dossier ne permet non plus de retenir que G______, dont le dépistage 
toxicologique a révélé la présence d'alcool à un taux de 1,3 pour mille, était 
alcoolisée au moment des faits, dès lors que ce taux est également compatible avec 
une consommation d'alcool postérieure aux faits, tel qu'elle en avait elle-même fait 
état. Le fait qu'elle ait tu sa consommation d'alcool ou le nom de la personne avec qui 
elle s'était entretenue n'affaiblit pas non plus la valeur probante de ses déclarations, 
vu les circonstances. De même, de l'avis de son médecin, la maladie de la peau dont 
elle était atteinte ne saurait remettre en cause le lien entre les hématomes relevés sur 
son corps et les faits, ce constat n'étant pas abstraitement de nature à l'exclure, mais 
ayant tout au plus un effet neutre sur l'appréciation des faits. 

La CPAR observe ainsi que ce sont là autant d'éléments attestant du traumatisme 
vécu en lien avec les faits subis et ne correspondant nullement à la description que 
l'appelant en a fait. 

2.3.3. Bien qu'il ait tenu un discours cohérent sur le déroulement global des faits, 
l'appelant a livré, au gré de ses auditions, nombre d'explications contradictoires et 
confuses sur les circonstances des événements. 

Ses propos ont tout d'abord varié sur sa rencontre avec G______. S'il a indiqué 
devant la police avoir immédiatement parlé de sexe après l'avoir abordée, ce qu'il a 
confirmé également en appel, sa version a été différente devant le TCO, celui-ci 
ayant expliqué qu'ils avaient plaisanté durant cinq minutes avant même qu'il ne lui 
fasse des avances à connotation sexuelle. Il a ensuite répété à maintes reprises, 
devant la police et le MP, qu'il avait usé de flatterie pour arriver à ses fins, 
notamment en ces termes : "Je l'ai pas tirée de force. Je l'ai flattée. Pour avoir des 
faveurs, je la flatte et elle me donne ce que je veux. Si vous ne savez pas flattez une 

femme, moi je sais le faire.". À l'appui de ses explications, il a également évoqué une 
expérience similaire vécue avec une autre femme par le passé, dont il s'est avéré 
qu'elle était une prostituée, pour déclarer savoir ce que des femmes plus âgées 
souhaitaient au moment de les aborder. Or, loin de cette image d'un homme sûr de lui 
et de ses techniques, il a alors offert une version différente aux experts psychiatres en 
expliquant qu'il avait pris "son courage à deux mains" pour aborder G______, puis 
en déclarant au TCO qu'il avait été chanceux et surpris qu'elle accepte. C'est enfin 
seulement devant le MP qu'il a prétendu que G______ était "bourrée" au moment de 
leur rencontre, tout en concédant ensuite ne pas l'avoir remarqué au moment des faits 
et en admettant en appel avoir appris cette information à la lecture du dossier. 

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Plus généralement, certains éléments de la version de l'appelant paraissent fortement 
exagérés, voire mensongers. Référence est faite à l'évocation d'une "envie qui lui 
[ndr: la plaignante] brûlait la chair" et de ses allusions à un comportement 
particulièrement entreprenant de G______, laquelle lui aurait notamment déclaré "Tu 
vas exaucer mon fantasme, là maintenant ?", ou encore au moment de la fellation 
"C'est bon ? J'espère que tu adores !", tout en l'interpellant par un petit nom "Non, 
chéri, t'inquiète pas, il y a des boutons", et lui lançant un "Tiens cadeau" pour 
l'inviter à la pénétrer. Toujours selon lui, "elle était aux anges", alors qu'elle était 
sortie pour faire la "bringue". Si de telles interactions ne sont pas en tant que telles 
improbables, il reste qu'elles paraissent incompatibles avec le récit de G______ qui, 
sans en rajouter au plan de la pression qu'elle dit avoir subie et sans nier avoir 
pratiqué une fellation ni enlevé elle-même son body, a constamment déclaré avoir été 
essentiellement passive. De la même manière, l'appelant n'a pas non plus hésité à 
expliquer qu'il avait agi avec "charme", "amour" ou encore "tendresse", ce qui 
contraste, à tout le moins s'agissant de deux personnes qui ne se connaissaient pas, 
avec l'impression dégagée par la rapidité des événements et le contexte général des 
lieux. Il aurait en effet été plus logique, à suivre le récit de l'appelant, qu'il suggère à 
G______ de se rendre chez lui, son domicile étant situé à quelques centaines de 
mètres seulement du lieu où ils se trouvaient, pour s'adonner à une relation sexuelle.  

Ses propos ont également évolué sur des points essentiels, l'appelant ayant indiqué à 
la police avoir lui-même sorti sa verge, avant d'expliquer au MP que c'était G______ 
qui la lui avait "attrapée". De même, il a indiqué à la police qu'après la fellation, 
celle-ci s'était elle-même retournée avant de dégrafer spontanément son body, 
version qu'il a maintenue devant les experts psychiatres mais modifiée ensuite devant 
le TCO en déclarant avoir lui-même retourné G______, puis connu quelques 
difficultés à lui enlever son body, ce qui avait nécessité l'aide de celle-ci.  

Il a soutenu au surplus qu'elle avait bien "joui", tout en admettant qu'il ne l'avait pas 
entendue l'exprimer. Cela contraste pourtant avec sa propension à relater bon nombre 
de ses propos. L'appelant n'a pas non plus été en mesure d'expliquer les lésions 
constatées sur le corps de G______, alors même que la scène de la pénétration 
vaginale qu'il avait décrite était parfaitement compatible avec de telles lésions aux 
dires des médecins.  

Ses déclarations ont par ailleurs été émaillées de variations concernant le 
déroulement des faits à la fin du rapport sexuel. Il s'est d'abord contenté d'expliquer à 
la police avoir demandé à G______ si elle avait une maladie transmissible avant de 
la raccompagner sur vingt mètres. Il a ensuite ajouté de nombreux éléments devant le 
TCO, à décharge, décrivant une scène où il l'aurait prise par la taille, avant de 
remonter la rampe en se "chamaillant" et de lui faire un "bisou". Elle serait alors 
partie rapidement, n'ayant pas pris la peine de remettre son body, alors même qu'elle 
n'était ni "apeurée", ni "abasourdie" selon ses propos en appel. Il n'empêche qu'à 
suivre son récit dans sa globalité, l'on ne saurait toutefois expliquer cette 

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précipitation pour s'éloigner, si ce n'est à renforcer la conviction selon laquelle 
l'appelant a modifié ou occulté tous les faits qui pourraient lui être défavorables, soit, 
en d'autres termes, n'a pas dit la vérité. 

Quant au téléphone, dans la mesure de la crédibilité de G______ (cf. infra 2.3.4), il 
n'y a pas lieu de douter que l'appelant s'en soit emparé avant d'emmener celle-ci dans 
la rampe du garage. En ce qui concerne son utilisation, la CPAR relève que les 
explications de l'appelant n'ont cessé de fluctuer durant la procédure, ce qui nécessite 
de les retenir avec circonspection. Il a en effet déclaré à la police s'être lui-même 
appelé dans le but de disposer du numéro de téléphone de G______ et d'avoir une 
"preuve", avant d'indiquer au MP qu'il avait composé son numéro au cas où elle 
souhaitait le recontacter. En première instance, il a expliqué qu'il ne voulait pas 
perdre son contact, avant de préciser en appel qu'il entendait laisser une "trace" pour 
maintenir la relation. Tout au plus, le comportement de l'appelant peut laisser 
supposer qu'il n'ignorait pas l'absence de consentement de G______, ayant agi de la 
sorte pour avoir une "preuve" par le scénario et se prémunir contre toute accusation. 

Enfin, les conclusions du rapport d'expertise psychiatrique renforcent encore les 
charges au vu du diagnostic posé, notamment la propension de l'appelant à 
commettre des actes de violence en général, physique ou sexuelle, en dehors de toute 
décompensation mentale.  

2.3.4. Au vu de ce qui précède, les déclarations constantes et circonstanciées de 
G______, corroborées par les pièces à la procédure, sont crédibles et ne sauraient 
être remises en cause par les dénégations et les explications de l'appelant, lesquelles 
manquent de sincérité et contiennent de nombreuses invraisemblances. 

En tout état, les circonstances établies permettent de retenir l'existence d'un état de 
sidération chez G______, celle-ci ayant perdu, tout au long des événements, une 
capacité, même partielle, de parler et se débattre. Tout au plus, a-t-elle réussi à 
déboutonner son body, tant pour abréger son supplice que par crainte d'un 
comportement violent de l'appelant, elle-même percevant notamment l'acte de 
pénétration à venir. Il ne fait ainsi pas de doute que la cause de cette passivité résidait 
dans un état de terreur qui avait envahi G______, assorti d'un mécanisme de 
dissociation, tel qu'il ressort également de ses propres déclarations. On peut par 
conséquent déduire du caractère très rapide de l'enchaînement des événements au 
moment de leur rencontre, à la suite duquel elle a été mise immédiatement en 
position d'infériorité face à l'appelant, que, dès cet instant-là, G______ n'était plus en 
mesure de lui résister et de l'empêcher qu'il ne parvienne à ses fins. Partant, elle n'a 
pas opposé de résistance aux actes de l'appelant auxquels elle n'avait consenti 
d'aucune manière, que ce soit préalablement à la fellation ou avant la pénétration.  

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La Cour tient ainsi pour établis les faits tels que décrits par G______ et qui résultent 
tant de l'acte d'accusation et du jugement du TCO. 

2.4. Aussi, sous l'angle des infractions de viol et de contrainte sexuelle, force est de 
constater que la fellation et la pénétration vaginale revêtent incontestablement la 
qualité d'actes d'ordre sexuel. 

Quant à la contrainte, il a été retenu ci-dessus que G______ s'est retrouvée dans une 
situation de sidération dans laquelle elle n'a pas eu de réelle possibilité de résister. 
L'appelant a fait fi de sa passivité, se plaçant d'abord debout face à elle après l'avoir 
mise à genoux, dénudant son pénis et la contraignant à lui prodiguer une fellation, lui 
tenant la tête et les cheveux, tout en imprimant des mouvements d'avant en arrière à 
sa tête. Celui-ci a ensuite maintenu une position dominante sur elle au moment de la 
pénétration vaginale, tandis que sa supériorité physique lui conférait une maîtrise 
physique. Tel que l'a relevé le TCO, l'appelant a ainsi agi en exerçant une forme de 
domination, dans un lieu sombre et suffisamment à l'écart de la rue pour ne pas être 
vu, et en conservant le téléphone de G______. Il a ainsi profité des circonstances 
pour parvenir à ses fins, faisant acte de contrainte au détriment de sa victime, et alors 
qu'il ne saurait être fait le reproche à G______ de ne pas avoir davantage réagi face à 
l'appelant.  

Sous l'angle subjectif, l'appelant ne pouvait qu'être conscient, dans les circonstances 
telles que retenues supra, à tout le moins par dol éventuel, que G______ n'était pas 
consentante. Compte tenu du contexte dans lequel se déroulaient les faits, il est 
évident que tout un chacun se serait a minima assuré du consentement de son 
partenaire. Quant à l'épisode du téléphone, outre qu'il s'est produit une fois les actes 
d'ordre sexuel et acte sexuel accomplis, il ne saurait remettre en cause le fait que 
l'appelant devait savoir que la victime n'était pas consentante ou, du moins, en 
accepter l'éventualité. L'aveu de l'appelant qui a déclaré l'avoir utilisé pour avoir une 
"preuve" tend a fortiori à démontrer qu'il avait conscience de l'absence de 
consentement de la victime, alors que le fait qu'il l'ait recontactée le lendemain n'est 
en rien pertinent en ce qui concerne le consentement préalablement aux actes en 
cause. Enfin, bien que non plaidée, l'erreur sur les faits ne saurait être retenue, la 
CPAR ayant acquis la conviction, pour les raisons évoquées supra, que l'appelant ne 
pouvait penser que la victime était consentante. 

Au vu de ce qui précède, la condamnation de l'appelant pour viol (art. 190 al. 1 CP) 
et contrainte sexuelle (art. 189 al. 1 CP), dont les actes sont indépendants l'un de 
l'autre, doit être confirmée et l'appel sera rejeté sur ce point. 

3. L'infraction de viol est passible d'une peine privative de liberté d'un à dix ans 
(art. 190 al. 1 CP), tandis que l'infraction de contrainte sexuelle (art. 189 al. 1 CP) est 
réprimée d'une peine privative de liberté de dix ans au plus ou d'une peine 

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pécuniaire. La violation de l'art. 33 al. 1 let. a LArm est, quant à elle, sanctionnée 
d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire. Enfin, 
l'amende retenue par le TP pour l'infraction de consommation illicite de stupéfiants, 
non contestée en appel, n'entre pas en concours.  

 3.1.1. Selon l'art. 47 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabilité de l'auteur. Il 
prend en considération les antécédents et la situation personnelle de ce dernier ainsi 
que l'effet de la peine sur son avenir (al. 1). La culpabilité est déterminée par la 
gravité de la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, par le 
caractère répréhensible de l'acte, par les motivations et les buts de l'auteur et par la 
mesure dans laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, compte 
tenu de sa situation personnelle et des circonstances extérieures (al. 2). 

 La culpabilité de l'auteur doit être évaluée en fonction de tous les éléments objectifs 
pertinents qui ont trait à l'acte lui-même, à savoir notamment la gravité de la lésion, 
le caractère répréhensible de l'acte et son mode d'exécution (objektive 
Tatkomponente). Du point de vue subjectif, sont pris en compte l'intensité de la 
volonté délictuelle ainsi que les motivations et les buts de l'auteur (subjektive 
Tatkomponente). À ces composantes de la culpabilité, il faut ajouter les facteurs liés 
à l'auteur lui-même (Täterkomponente), à savoir les antécédents (judiciaires et non 
judiciaires), la réputation, la situation personnelle (état de santé, âge, obligations 
familiales, situation professionnelle, risque de récidive, etc.), la vulnérabilité face à la 
peine, de même que le comportement après l'acte et au cours de la procédure pénale 
(ATF 134 IV 17 consid. 2.1 ; 129 IV 6 consid. 6.1 ; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_660/2013 du 19 novembre 2013 consid. 2.2). 

 3.1.2. Si, en raison d'un ou de plusieurs actes, l'auteur remplit les conditions de 
plusieurs peines de même genre, le juge le condamne à la peine de l'infraction la plus 
grave et l'augmente dans une juste proportion (art. 49 al. 1 CP).  

 Lorsqu'il s'avère que les peines envisagées concrètement sont de même genre, 
l'art. 49 al. 1 CP impose au juge, dans un premier temps, de fixer la peine pour 
l'infraction abstraitement – d'après le cadre légal fixé pour chaque infraction à 
sanctionner – la plus grave, en tenant compte de tous les éléments pertinents, parmi 
lesquels les circonstances aggravantes ou atténuantes. Dans un second temps, il 
augmentera cette peine pour sanctionner chacune des autres infractions, en tenant là 
aussi compte de toutes les circonstances y relatives (ATF 144 IV 313 consid. 1.1.2). 

3.2. En l'espèce, la faute de l'appelant est lourde. Celui-ci s'en est pris à la libre 
détermination en matière sexuelle de sa victime, agissant par pur égoïsme, pour 
assouvir ses pulsions sexuelles. 

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 Il n'a pas hésité à profiter de sa supériorité physique et de la peur qu'il pouvait 
provoquer chez G______, en exerçant une domination pour passer outre son 
consentement, tout en la contraignant à des actes sexuels sans protection. Il a agi 
dans un lieu à l'abri des regards et dans l'obscurité, soit dans un endroit dont l'aspect 
pouvait amplifier le sentiment de frayeur créé et l'impression d'une situation sans 
espoir chez G______. Il n'a pas hésité à envoyer un message par la suite pour tenter 
de masquer la situation à son avantage en cas de problème. 

 Sa situation personnelle fait état de troubles psychiatriques, l'appelant étant soumis à 
ce titre à un suivi ambulatoire. Selon le rapport d'expertise psychiatrique, la 
responsabilité de l'appelant est cependant pleine et entière, celui-ci ayant entièrement 
conscience du caractère illicite de ses actes, alors que sa faculté à se déterminer par 
rapport à son appréciation était également entière. 

 Les actes en cause ont en outre indéniablement eu des effets sur la santé psychique 
de sa victime, avant son décès, ainsi qu'il en ressort des témoignages et nombreuses 
pièces à la procédure.  

 La collaboration à la procédure de l'appelant n'est pas bonne. Il n'a pas cessé de 
clamer que G______ était consentante, livrant ainsi un récit improbable au vu des 
éléments de la procédure. Il conteste encore les faits en appel, malgré les mises en 
cause formelles et constantes de G______, entre autres éléments le confondant, 
n'ayant pas hésité à porter plainte contre celle-ci. 

 Dans ces conditions, sa prise de conscience est nulle, lui-même s'obstinant dans une 
version mensongère, ce qui témoigne de l'absence de remords. Il ne se remet en 
aucun cas en cause et n'a montré aucune empathie pour la souffrance de sa victime. 
Les quelques regrets exprimés au cours d'une audition au MP s'avèrent de pure 
circonstance et s'inscrivent dans un récit qui ne l'incrimine en rien. De telles excuses 
ne pèsent toutefois pas lourd face à ses dénégations répétées tout au long de la 
procédure et aux propos outranciers dont il a affublé sa victime. 

L'appelant n'a pas d'antécédent judiciaire spécifique, facteur neutre en l'espèce. 

Quant à l'infraction à la LArm (cf. point 1.3 de l'acte d'accusation du 29 mars 2021), 
il a agi par mépris de la législation en vigueur et par pure convenance personnelle, 
étant rappelé qu'il a des antécédents pour violence et que le rapport d'expertise 
conclut à un risque moyen de récidive de violence. 

Au vu de la culpabilité de l'appelant pour les différentes infractions, seul le prononcé 
d'une peine privative de liberté entre en ligne de compte. Il y a concours au sens de 
l'art. 49 al. 1 CP, ce qui justifie une augmentation de la peine de l'infraction la plus 
grave, en l'occurrence celle venant sanctionner la violation de l'art. 190 CP. Partant, 

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la peine peut être hypothétiquement fixée à quatre ans pour réprimer cette seule 
infraction et devrait être étendue à quatre ans et demi, voire à cinq ans, pour tenir 
compte de la contrainte sexuelle (peine hypothétique : un an et demi) et de 
l'infraction à la LArm (peine hypothétique : un mois). 

Bien que la CPAR considère ainsi qu'une peine plus lourde que celle décidée par le 
TCO eût ainsi dû être prononcée, l'interdiction de la reformatio in pejus, vu l'absence 
d'appel du MP, limite la peine à prononcer à la quotité retenue par le TCO.  

Le jugement sera par conséquent confirmé. 

4. 4.1.1. Conformément à l'art. 66a al. 1 let. h CP, le juge expulse un étranger du 
territoire suisse pour une durée de cinq à quinze ans s'il est reconnu coupable de 
contrainte sexuelle (art. 189 CP) ou de viol (art. 190 CP). 

4.1.2. Selon l'art. 66a al. 2 CP, il peut néanmoins être renoncé à l'expulsion, 
exceptionnellement, lorsque celle-ci mettrait l'étranger dans une situation personnelle 
grave et que les intérêts publics à l'expulsion ne l'emportent pas sur son intérêt à 
demeurer en Suisse. 

Les conditions énoncées à l'art. 66a al. 2 CP sont cumulatives. Afin de pouvoir 
renoncer à une expulsion prévue par l'art. 66a al. 1 CP, il faut, d'une part, que cette 
mesure mette l'étranger dans une situation personnelle grave et, d'autre part, que 
l'intérêt public à l'expulsion ne l'emporte pas sur l'intérêt privé de l'étranger à 
demeurer en Suisse (ATF 146 IV 105 consid. 3.4.2 p. 108 ; 144 IV 332 consid. 3.3 ; 
arrêt du Tribunal fédéral 6B_1329/2018 du 14 février 2019 consid. 2.2). 

4.1.3. Selon l'état de santé de l'étranger et les prestations de soins disponibles dans 
l'Etat d'origine, l'expulsion du territoire suisse pourrait le placer dans une situation 
personnelle grave au sens de l'art. 66a CP ou être disproportionnée sous l'angle de 
l'art. 8 par. 2 CEDH (ATF 145 IV 455 consid. 9 ; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_1117/2018 du 11 janvier 2019 consid. 2.3.3 ; G. FIOLKA/ L. VETTERLI, op. 
cit., p. 85). La doctrine estime ainsi que les conditions de l'art. 66a al. 2 CP peuvent 
être réalisées lorsque l'intéressé souffre d'une maladie nécessitant des soins 
médicaux. Il faut alors analyser comment son état de santé risque de se péjorer et 
quelles prestations médicales devront être fournies, ainsi que clarifier si ces 
prestations ne pourront en aucun cas être fournies dans l'Etat d'origine et quels 
inconvénients pourraient en découler. Si des possibilités suffisantes de soins ne 
peuvent pas être établies, il doit être supposé qu'elles n'existent pas. En définitive, la 
situation personnelle de l'intéressé doit être examinée de façon concrète. Il est donc 
envisageable de renoncer à une expulsion parce que l'étranger pourrait rencontrer 
dans son pays d'origine des conditions défavorables, et ce malgré une infraction de 
gravité moyenne. Il en va de même en cas d'infraction relativement insignifiante 

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lorsque l'intéressé serait confronté à des désavantages, certes supportables, mais 
sensibles en retournant dans son pays d'origine. À pondération égale, l'intérêt privé 
prime sur l'intérêt public (G. FIOLKA / L. VETTERLI, op. cit., p. 85 et 87 ; 
AARP/75/2018 du 13 mars 2018 consid. 3.1.2 ; AARP/185/2017 du 2 juin 2017 
consid. 2.2). 

Selon la jurisprudence de la CourEDH, ce n'est que dans des situations 
exceptionnelles, en raison de considérations humanitaires impérieuses, que la mise à 
exécution d'une décision d'éloignement d'un étranger peut emporter violation de 
l'art. 3 CEDH (Emre c. Suisse du 22 mai 2008, requête no 42034/04 § 89 ss). La 
CourEDH a clarifié son approche en rapport avec l'éloignement de personnes 
gravement malades et a précisé qu'à côté des situations de décès imminent, il fallait 
entendre par autres cas très exceptionnels pouvant soulever un problème au regard de 
l'art. 3 CEDH, les cas d'éloignement d'une personne gravement malade dans lesquels 
il y a des motifs sérieux de croire que cette personne, bien que ne courant pas de 
risque imminent de mourir, ferait face, en raison de l'absence de traitements adéquats 
dans le pays de destination ou de défaut d'accès à ceux-ci, à un risque réel d'être 
exposée à un déclin grave, rapide et irréversible de son état de santé entraînant des 
souffrances intenses ou à une réduction significative de son espérance de vie (arrêt 
du Tribunal fédéral 6B_2/2019 du 27 septembre 2019 consid. 6.1 non publié in ATF 
145 IV 455). 

4.2. En l'espèce, les infractions aux art. 189 et 190 CP commises par l'appelant 
entraînent l'expulsion obligatoire (art. 66a al. 1 let. h CP). 

4.2.1. Pour seul motif présidant à la renonciation à son expulsion, l'appelant se 
prévaut de son état de santé psychique qui l'empêcherait d'être traité de manière 
adéquate au Burkina-Faso et l'exposerait à des conditions de vie assimilables à un 
mauvais traitement. Il s'agit dès lors d'apprécier si l'appelant se trouve concrètement 
dans une "situation personnelle grave" prohibant le prononcé de son expulsion. 

En l'occurrence, l'appelant souffre d'un grave trouble mental, sous forme d'une 
schizophrénie paranoïde chronique, étant au bénéfice d'une rente d'invalidité à 100%. 
Il est intégré au système de santé et de soins suisse depuis 2009. Sa dernière 
hospitalisation à Q______, suite à une décompensation délirante et à une 
désorganisation comportementale, remonte à mai et juin 2020, peu avant son 
incarcération dans la présente procédure. 

Il bénéficie actuellement d'un traitement médicamenteux qui se compose de Valium 
(15mg par jour) et de Haldol (200mg par mois). Il s'agit d'un médicament dont le 
besoin, à l'aune de son état de santé, est quotidien, respectivement mensuel pour lui 
éviter des décompensations psychotiques de son trouble schizophrénie paranoïde. 
L'état de santé de l'appelant apparait comme instable, étant rappelé qu'il avait été 

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hospitalisé, puis suivi spécifiquement par un psychiatre suite à une péjoration de 
symptômes psychotiques, peu avant son arrestation. Les experts psychiatres 
relevaient notamment qu'il était à risque de récidive violente en dehors de toute 
décompensation mentale. 

En cas de retour au Burkina-Faso, cet accès aux soins serait à l'évidence plus 
difficile, pour ne pas dire impossible. En effet, il est établi que le Burkina-Faso ne 
dispose pas des structures psychiatriques nécessaires, le pays dénombrant seulement 
onze psychiatres en activité, et des motifs sérieux peuvent laisser croire que l'accès à 
des traitements psychiatriques est réservé aux patients qui appartiennent à une 
certaine élite. Or, rien ne dit que l'appelant pourra bénéficier du traitement approprié. 
Par ailleurs, même si le pays dispose de certaines structures médicales, la situation 
sanitaire n'est de loin pas comparable à celle prévalant en Suisse et l'on ignore si le 
traitement nécessaire sera disponible, alors même qu'il est fait état au Burkina Faso 
d'une faible disponibilité des médicaments de prise en charge des troubles mentaux. 

Si une telle situation ne peut être assimilée à un traitement inhumain ou dégradant au 
sens de l'art. 3 CEDH, les problèmes de santé rencontrés par l'appelant n'atteignant 
pas le seuil de gravité très élevé requis par la jurisprudence topique (cf. supra 
consid. 4.1.3), il reste qu'un retour au Burkina-Faso le placerait dans une situation de 
danger immédiate, faute d'accès à du Valium et de l'Haldol, ce qui est assimilable à 
une situation personnelle grave. 

4.2.2. Reste à déterminer si l'intérêt privé de l'appelant à demeurer en Suisse pourrait 
l'emporter sur les intérêts publics présidant à son expulsion selon le principe de la 
proportionnalité. 

Certes, les deux antécédents à son casier judiciaire sont relativement récents, quand 
bien même ils ne sont pas de même typicité que la condamnation à l'appui de laquelle 
l'expulsion a été requise. Certes se pose aussi la question de la récidive, eu égard au 
fait que l'appelant n'a apparemment pas su tirer les enseignements de ses erreurs 
passées et que les experts psychiatres concluent à un risque moyen de récidive de 
violence en général. 

Néanmoins, si l'intérêt public à son expulsion est manifeste au vu des graves 
infractions reprochées, la mise en balance avec sa situation personnelle susceptible 
de se péjorer gravement en cas d'expulsion au Burkina-Faso, fait que l'on se trouve 
dans un cas limite et que la balance des intérêts en cause, dans ces