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**Case Identifier:** 58a9a126-5905-5a1d-8d44-84ac068b239e
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-08-27
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 27.08.2013 A/2700/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-2700-2010_2013-08-27.pdf

## Full Text

0 R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/2700/2010-ICCIFD ATA/546/2013  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 27 août 2013 

2ème section 

   dans la cause 

 

ADMINISTRATION FISCALE CANTONALE 

contre 

Madame et Monsieur P______ 
représentés par Me Gilles Stickel, avocat 
 
et 
 
ADMINISTRATION FÉDÉRALE DES CONTRIBUTIONS 

_________ 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 12 
mars 2012 (JTAPI/326/2012) 

- 2/11 - 

A/2700/2010 

EN FAIT 

1)  Madame et Monsieur P______ ont été domiciliés dans le canton de Genève 
jusqu'au 28 février 2011. 

2)  Le 11 septembre 2006, Mme et M. P______ ont retourné à l'administration 
fiscale cantonale (ci-après : AFC) leur déclaration fiscale 2005 pour les impôts 
cantonaux et communaux (ci-après : ICC) et pour l'impôt fédéral direct (ci-après : 
IFD). Il en ressortait notamment que M. P______, directeur exécutif de deux 
sociétés sises à Genève, avait réalisé à ce titre un revenu brut de CHF 404'000.-. Il 
détenait une fortune mobilière de CHF 693'407.-, dont CHF 122'598.- 
correspondaient à 49 actions de la société X______ S.A. (ci-après : X______), à 
Genève. La fortune mobilière de Mme P______ se montait à CHF 102'047.-. Sous 
la rubrique « intérêts et dettes chirographaires » figurait notamment un prêt à M. 
P______ octroyé par X______ le 1er janvier 2002, d'un montant de CHF 695'312.- 
pour CHF 15'300.- d'intérêts. 

3)  Selon les inscriptions figurant au registre du commerce de Genève, M. 
P______ était administrateur unique et directeur général de X______ depuis le 20 
novembre 2000. 

  Par décision du Tribunal de première instance de Genève du 28 novembre 
2011, X______, dont le capital-actions était de CHF 100'000.-, a été dissoute en 
application de l'art. 731b de la loi fédérale complétant le Code civil suisse du 
30 mars 1911 (Livre cinquième : Droit des obligations - CO - RS 220), soit en 
raison de carences dans l'organisation de la société et la procédure de faillite a été 
suspendue faute d'actif le 15 février 2012 par le même tribunal. 

4)  Par courrier daté du 17 août 2009, l'AFC a communiqué aux contribuables : 

- un bordereau IFD 2005 de CHF 29'436.-, qui retenait un revenu imposable 
du CHF 317'000.- ; 

- un bordereau ICC 2005 de CHF 80'340,75, fondé sur un revenu imposable 
de CHF 312'088.- et une fortune imposable de CHF 318'128.-. 

5)  Le 17 août 2009, les contribuables ont adressé à l'AFC une réclamation 
contre les bordereaux susmentionnés, portant sur un élément de prévoyance 
professionnelle qui ne concerne pas la présente cause. 

6)  Le 24 août 2009, l'AFC a accusé réception de la réclamation, indiquant 
qu'une réponse leur parviendrait ultérieurement. 

- 3/11 - 

A/2700/2010 

7)  Les 14 octobre 2009 et 12 mars 2010, les contribuables se sont enquis de la 
suite donnée à leur réclamation. 

8)  Par pli recommandé du 15 avril 2010, l'AFC a informé les contribuables 
qu'en réponse (sic) à la réclamation du 17 août 2009, elle entendait rectifier en 
leur défaveur la taxation contestée en supprimant les intérêts de la dette relative à 
X______. Ce prêt devait être considéré comme une distribution dissimulée de 
bénéfice imposable en tant que revenu de participation. 

9)  Le 28 avril 2010, les contribuables ont répondu que jusqu'alors, elle avait 
admis qu'il s'agissait bien d'un prêt d'X______ à M. P______ et l'avait taxé 
comme tel de 2002 à 2005. Depuis fin 2002, l'intéressé avait procédé à des 
remboursements pour un total de CHF 580'000.-. Les intérêts sur cette période 
s'étaient montés à CHF 106'000.- et avaient été capitalisés selon le taux 
recommandé par l'AFC. Ils demandaient à l'AFC de se déterminer sur leur 
réclamation et de reconsidérer son projet de rectification des taxations en cause. 

10)  Le 7 juin 2012, le nouveau représentant des contribuables a indiqué à l'AFC 
que le 21 janvier 2005, le service de la taxation des personnes morales avait 
demandé à X______ des renseignements pour la période fiscale 2002 concernant 
deux prêts quelle avait octroyé à ses actionnaires, l'un de CHF 1'340'507,21 
accordé à M. P______, l'autre de CHF 1'379'720,14 ne concernant pas le 
contribuable. X______ avait répondu qu'il n'y avait pas de convention écrite de 
prêt. La taxation 2002 d'X______, en force depuis le 26 décembre 2005, n'avait 
pas donné lieu à une quelconque rectification concernant le prêt à M. P______. 
Suite à cette intervention de l'AFC, la société avait en revanche rédigé un contrat 
en bonne et due forme pour le prêt octroyé à M. P______, prévoyant notamment 
un plan de remboursement. 

  M. P______ avait, dans les grandes lignes, remboursé le prêt à X______ 
conformément au plan, avec un taux d'intérêt de 3,25% recommandé par l'AFC. 
Le montant dû en juin 2012 était de CHF 556'669,97. 

11)  Par deux décisions distinctes pour l'IFD 2005 et pour l'ICC 2005 du 
16 juillet 2010, l'AFC a admis la réclamation des contribuables pour l'élément de 
prévoyance professionnelle et a rectifié en leur défaveur leurs taxations IFD et 
ICC 2005, « en conformité avec la taxation d'X______ du 4 décembre 2006 », en 
considérant le prêt de CHF 696'312.- comme une distribution cachée de bénéfice 
imposable en tant que revenu de participation et en supprimant la dette envers 
X______ et les intérêts y relatifs. Deux bordereaux rectificatifs leur étaient 
adressés :  

- un bordereau IFD 2005 de CHF 112'470.-, qui retenait un revenu imposable 
du CHF 978'000.- ; 

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- un bordereau ICC 2005 de CHF 303'504.85, fondé sur un revenu imposable 
de CHF 972'700.- et une fortune imposable de CHF 1'013'440.-. 

12)  Par acte du 23 juillet 2010, complété le 25 août 2010 dans le délai imparti 
par l'instance saisie, les contribuables ont recouru auprès de la commission 
cantonale de recours en matière administrative, remplacée le 1er janvier 2011 par 
le Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) contre les 
décisions susmentionnées, concluant à leur annulation sur le point de la 
rectification en leur défaveur. 

  Le 25 novembre 2005, l'AFC avait notifié à X______ trois bordeaux 
rectificatifs pour les périodes fiscales 2002, 2003 et 2004, reprenant les prêts aux 
actionnaires qu’elle considérait comme prêts simulés. Cela n'avait eu aucune 
répercussion sur les taxations des époux P______. Le 4 décembre 2006, l'AFC 
avait notifié à X______ un bordereau pour la période fiscale 2005 comportant une 
reprise identique, sans répercussion sur la taxation des époux P______ jusqu'à leur 
réclamation du 17 août 2009. L'AFC avait également notifié à X______ les 
taxations 2006 à 2008 sans aucune indication aux contribuables, alors que M. 
P______ continuait de rembourser sa dette. Durant les trois dernières années, il 
avait ainsi versé CHF 136'522.-, dont l'autorité aurait à tout le moins dû tenir 
compte dans les bordereaux rectificatifs.  

  Le prêt octroyé à M. P______ était réel. Il remontait à 2002 et il avait été 
régulièrement remboursé. L'intéressé était un débiteur solvable, avec des revenus 
élevés. Il était propriétaire d'un bien immobilier certes hypothéqué mais d'une 
valeur vénale d'environ CHF 2'000'000.-. A fin 2008, il avait remboursé plus de 
45% du montant dû. Jusqu'au revirement tardif opéré par l'AFC le 16 juillet 2010, 
M. P______ était fondé à croire que sa situation d'emprunteur était admise par 
l'autorité fiscale, conformément au principe de la bonne foi. 

13)  Le 19 janvier 2011, l'AFC a conclu au rejet du recours. 

  Les considérations relatives aux taxations d'X______ n'étaient pas 
susceptibles de modifier l'issue du litige, puisqu'elles concernaient un autre 
contribuable et se rapportaient en outre à des années fiscales postérieures à celle 
visée. 

  Le prêt octroyé par X______ à son actionnaire avait été conclu oralement en 
2002 et formalisé le 11 février 2005, après que les autorités fiscales avaient 
interpellé X______. La valeur nominale du prêt et ses modalités de 
remboursement n'avaient pas été fixées immédiatement. Il n'y avait pas de délai de 
dénonciation ni de garanties offertes. Le contrat de 2005, signé par M. P______ 
pour les deux parties, ne prévoyait aucun effet rétroactif à 2002. Un tel prêt 
n'aurait pas été accordé si celui-ci n'avait pas été actionnaire de la société prêteuse.  

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  Les remboursements allégués par M. P______ n'étaient pas démontrés. 

  L'AFC n'avait pas promis aux contribuables de ne pas considérer la dette 
simulée comme une prestation appréciable en argent et l'absence de reprise pour 
les années 2002 à 2004 ne leur conférait aucun droit acquis. 

  Selon le principe de l'étanchéité des exercices, il n'y avait pas lieu de tenir 
compte des amortissements allégués pour les années 2006 à 2008. 

14)  Dans le dossier produit par l'AFC figuraient les déclarations fiscales 2002, 
2003 et 2005 d'X______, avec la mention qu'elles étaient couvertes par le secret 
fiscal. 

15)  Par jugement du 12 mars 2012, le TAPI a admis le recours des époux 
P______ et a renvoyé le dossier à l'AFC pour nouvelles décisions de taxation. 

  Il était établi que  le prêt litigieux avait été accordé plusieurs années avant la 
période fiscale 2005 et l'AFC n'avait pas démontré qu'X______ aurait, au cours de 
cette période, consenti une quelconque prestation à son actionnaire. Il ressortait 
des comptes de la société que la créance litigieuse figurait régulièrement à son 
bilan et qu'aucun amortissement n'avait été enregistré en 2005 en dehors des 
remboursements effectués par M. P______. Pour l'année 2005, ce dernier n'avait 
donc bénéficié d'aucune prestation appréciable en argent. 

16)  Le 23 avril 2012, l'AFC a recouru auprès de de la chambre administrative de 
la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre le jugement 
susmentionné, concluant implicitement à son annulation. 

  Le prêt octroyé par X______ à son actionnaire était un prêt simulé 
ultérieurement. Depuis 2006, le contribuable n'avait plus remboursé le prêt, alors 
même qu'il disposait d'une fortune relativement conséquente. C'était un indice de 
son absence de volonté de rembourser, donc de l’existence d'un acte simulé pour 
2005. Par ailleurs, ses revenus ne permettaient pas d'assumer un tel montant et 
aucune garantie n'avait été fournie. Ce prêt simulé constituait un remboursement 
d'apport prohibé. 

17)  Le 22 juin 2012, les époux P______ ont conclu au rejet du recours.  

  Le prêt litigieux n'était pas simulé. Il avait été remboursé à près de 46% 
entre 2002 et 2008 et les intérêts avaient été régulièrement acquittés. Son montant 
n'était pas disproportionné eu égard à la situation financière des contribuables. 
M. P______ n'avait à aucun moment manifesté la volonté de se soustraire à ses 
engagements et X______ n'avait procédé à aucun amortissement de la dette 
contractée au-delà des remboursements effectués. Il n'y avait aucun 
remboursement d'apport prohibé. 

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18)  Le 23 juillet 2012, l'AFC a persisté dans son recours. 

19)  Sur quoi les parties ont été informées que la cause était gardée à juger. 

 

EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2)  Les questions de droit matériel sont résolues par le droit en vigueur au cours 
des périodes fiscales litigieuses (Arrêts du Tribunal fédéral 2C_835/2012 du 
1er avril 2013 consid. 8 ; 2A.568/1998 du 31 janvier 2000 ; ATA/197/2013 du 
26 mars 2013 ; ATA/724/2012 du 30 octobre 2012 ; ATA/505/2008 du 
30 septembre 2008 ; ATA/93/2005 du 1er mars 2005 ; ATA/877/2004 du 9 
novembre 2004). 

  En l'espèce, l'IFD est soumis à la LIFD, entrée en vigueur le 1er janvier 
1995. 

  Quant à l'ICC, le 1er janvier 2010 est entrée en vigueur la loi sur l'imposition 
des personnes physiques du 27 septembre 2009 (LITT - D 3 08) dont l'art. 69 
abroge les cinq anciennes lois sur l'imposition des personnes physiques 
(aLIPPI-V). L'art. 72 al. 1 LIPP prévoit que cette loi s'applique pour la première 
fois pour les impôts de la période fiscale 2010 et que les impôts relatifs aux 
périodes fiscales antérieures demeurent régis par les dispositions de l'ancien droit, 
même après l'entrée en vigueur de la nouvelle loi. 

  Le recours concernant la période fiscale 2005, le droit dans sa teneur à cette 
date est applicable (aLIPPI-V). 

3)   En matière d’IFD, l’impôt sur le revenu a pour objet tous les revenus du 
contribuable, qu’ils soient uniques ou périodiques (art. 16 al. 1 LIFD) y compris 
les prestations en nature (art. 16 al. 2 LIFD). Sont imposables à ce titre tous les 
revenus provenant d’une activité dépendante, soit d’une activité exercée dans le 
cadre de rapports de travail, inclus les revenus accessoires, soit les indemnités 
pour prestations spéciales, les commissions, les allocations, primes, gratifications, 
pourboires, tantièmes et autres avantages appréciables en argent (art. 17 al. 1 
LIFD). Sont également taxables à ce titre les dividendes, parts de bénéfice 
provenant de participations de tous genres (art. 20 al. 1 let. c LIFD). 

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  Des règles similaires se retrouvent en matière d’ICC (art. 1 al. 1 aLIPP art. 2 
aLIPP-IV pour les revenus de l’activité lucrative dépendante ; art. 6 let. c aLIPP-
IV pour les dividendes ou parts de bénéfice et autres avantages appréciables en 
argent provenant de participations). 

4) a. Pour la fixation de l’IFD, le revenu net se calcule en défalquant du total des 
revenus imposables, les déductions générales et les frais mentionnés aux art. 26 à 
33a LIFD (art. 25 LIFD).  

  Peuvent notamment être déduits les intérêts passifs privés à concurrence du 
rendement imposable de la fortune. Ne sont pas déductibles les intérêts des prêts 
qu’une société de capitaux accorde à une personne physique avec laquelle elle a 
des liens étroits ou qui détient une part importante de son capital à des conditions 
nettement plus avantageuses que celles qui sont habituellement proposées aux 
tiers (art. 33 al. 1 let. a). 

 b.  L'art. 6 al. 1 aLIPP-V a une teneur identique.  

5) a. Selon l'art 123 al. 1 LIFD, les autorités de taxation établissent les éléments 
de fait et de droit permettant une taxation complète et exacte, en collaboration 
avec le contribuable. Elles fixent, dans la décision de taxation, les éléments 
imposables (revenu imposable, bénéfice net imposable), le taux et le montant de 
l’impôt (art. 131 al. 1 LIFD). 

 b. En matière cantonale, aux termes de l’art. 36 al. 2 LPFisc, la décision de 
taxation doit fixer les éléments imposables, les éléments déterminants pour le taux 
d’imposition, le montant de l’impôt et, le cas échéant, la période pour laquelle 
l’impôt est prélevé. 

6)  Saisie d'une réclamation, l'autorité fiscale peut déterminer à nouveau tous 
les éléments de l’impôt et, après avoir entendu le contribuable, modifier la 
taxation même au désavantage de ce dernier, que ce soit pour l'IFD (art. 135 al. 1 
LIFD) ou pour l'ICC (art. 43 LPFisc). 

  En l'espèce, l'AFC a modifié les taxations IFD et ICC 2005 des 
contribuables dans le cadre des procédures de réclamation contre les bordereaux 
communiqués le 17 août 2009. Les intéressés ont été informés de l'intention de 
l'AFC et de l'objet de la rectification défavorable le 15 avril 2010. Ils ont eu 
l'occasion de faire valoir leur point de vue. La procédure a donc été respectée. 

7)  En matière fiscale, les règles générales relatives au fardeau de la preuve 
impliquent que l’autorité fiscale établisse les faits qui justifient l’assujettissement 
et qui augmentent la taxation, tandis que le contribuable doit prouver les faits qui 
diminuent la dette fiscale ou la suppriment. Il incombe ainsi à l’autorité fiscale 
d’apporter la preuve de l’existence d’éléments imposables qui n’ont pas été 
annoncés. Si les preuves recueillies par l’autorité fiscale fournissent suffisamment 

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d’indices révélant l’existence d’éléments imposables, il appartient à nouveau au 
contribuable d’établir l’exactitude de ses allégations et de supporter le fardeau de 
la preuve du fait qui justifie son exonération. Il en va de même lorsque la 
présentation des faits par l’autorité est vraisemblable selon l’expérience de la vie. 
Dans ces situations, le fardeau de la preuve des allégations contraires à celles de 
l’administration repose alors sur le contribuable (Arrêt du Tribunal fédéral 
2C_818/2012 du 21 mars 2013 consid. 6.2 et la jurisprudence citée). 

8)  L'AFC a considéré que le montant de CHF 695'312.- déclaré comme prêt 
d'X______ à M. P______ par les contribuables comme étant en réalité une 
prestation appréciable en argent de la société à son actionnaire. 

 a. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, est une prestation appréciable en 
argent toute attribution faite par la société, sans contre-prestation équivalente, à 
ses actionnaires ou à toute personne la ou les touchant de près et qu’elle n’aurait 
pas faite dans les mêmes circonstances à des tiers non participants ; encore faut-il 
que le caractère insolite de cette prestation soit reconnaissable par les organes de 
la société (ATF 119 Ib, 431, cons. 2b, p. 435). 

 b. L’existence d’une prestation appréciable en argent suppose la réalisation de 
quatre conditions cumulatives : la société fait une prestation sans obtenir de 
contre-prestation ; cette prestation est accordée à un actionnaire ou à une personne 
le touchant de près ; elle n’aurait pas été accordée dans de telles conditions à un 
tiers ; la disproportion entre la prestation et la contre-prestation est manifeste, de 
telle sorte que les organes de la société auraient pu se rendre compte de l’avantage 
qu’ils accordaient Selon la jurisprudence, il ne s’agit pas d’examiner si les parties 
ont reconnu la disproportion, mais plutôt si elles devaient la reconnaître (Arrêts du 
Tribunal fédéral 2C_421/2009 du 11 janvier 2010 ; 2C_188/2008 du 19 août 
2008 ; ATA/633/2011 et ATA/152/2011 précités ; X. OBERSON, Droit fiscal 
suisse, 4e éd., 2012, p. 236 n. 41 et les références citées).  

9)  Dans le cas particulier, il est établi que M. P______ a bénéficié en 2002 de 
la remise d'un montant non précisé de l'ordre de CHF 1'000'000.- par la société 
anonyme dont il était alors actionnaire et administrateur unique. Cette opération a 
été qualifiée de prêt par les parties, qui n'ont pas conclu de convention écrite à ce 
moment. L'existence et la teneur d'éventuelles modalités de rémunération et 
remboursement qui auraient été fixées à ce moment ne peuvent ainsi être 
démontrées. M. P______ n'allègue par ailleurs avoir dû fournir des garanties. 

  C'est le 11 février 2005, qu'X______ et l'intéressé ont formellement conclu 
un contrat de prêt écrit, portant sur un montant de CHF 950'000.-, prévoyant des 
modalités de remboursement et des intérêts. M. P______ a signé le document pour 
les deux co-contractants. Selon les explications des intimés, c'est l'intervention de 
l'AFC auprès d'X______ qui a amené cette dernière à formaliser cette relation 
financière avec son actionnaire. 

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  Ainsi X______ a remis à son actionnaire et unique administrateur un 
montant équivalent à neuf à dix fois son capital-actions, sans la moindre garantie, 
ni même en prévoir initialement le remboursement. Dans cette opération le 
représentant unique de la créancière et l'emprunteur ne font qu'un. Dans ce 
contexte l'inscription de la dette de l'actionnaire dans les comptes de la société ne 
peut être considérée comme contre-prestation. On ne voit pas qu'un tiers ait pu 
obtenir d'X______ un tel prêt d'abord sans conditions en 2002 puis aux conditions 
fixées en 2005 de la société. Seul organe de la société, M. P______ ne pouvait que 
se rendre de compte du fait qu'il obtenait d'X______ des facilités financières sans 
que cette dernière ne dispose de contrepartie valable. On relèvera à cet égard que 
les recourants ont indiqué que les 25 novembre 2005 et 4 décembre 2006, l'AFC 
avait notifié à X______ des bordeaux rectificatifs pour les périodes fiscale 2002, 
2003 et 2004 et un bordeaux ordinaire pour la période fiscale 2005, reprenant le 
prêt litigieux en le considérant comme prêt simulé. Ils ne soutiennent pas, ni 
l'AFC, que ces décisions, antérieures aux décisions sur réclamation du 16 juillet 
2010, aient été contestées par M. P______ au nom d'X______.  

  Au vu de ce qui précède l'AFC disposait d'éléments pertinents pour estimer 
que le prêt litigieux était simulé. L'argumentation des intimés, qui supportent le 
fardeau de la preuve du contraire, ne permet pas une autre appréciation. Le seul 
argument du TAPI pour appuyer la position contraire, à savoir que le prêt avait été 
amorti de manière usuelle dans les comptes de la société, s'en tient à un élément 
isolé qui s'avère n'avoir qu'une portée purement formelle en regard de l'ensemble 
des circonstances du cas d'espèce. 

10)  La rectification d'imposition contestée concerne l'année 2005. Elle ne peut 
porter que sur les éléments pertinents pour cette période fiscale, en vertu du 
principe de l'étanchéité des exercices. Peu importe à cet égard qu'elle ait rendu sa 
décision en 2010. Les recourants ne peuvent ainsi lui reprocher de n'avoir pas tenu 
compte des remboursements du prêt intervenus au cours des périodes fiscales 
suivantes pour fixer le montant repris. 

11)  Le recours sera admis. Le jugement du TAPI sera annulé et les décisions sur 
réclamations du 16 juillet 2010 seront intégralement rétablies, de même que les 
bordereaux rectificatifs IFD et ICC 2005 du même jour. 

  Vu l'issue du litige, un émolument de CHF 1'000.- sera mis à la charge des 
époux P______ et aucune indemnité de procédure ne leur sera allouée (art. 87 
LPA). 

 

* * * * * 

 

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PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 23 avril 2012 par l'administration fiscale 
cantonale contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 12 mars 
2012 ; 

 

au fond : 

l'admet ; 

annule le jugement du Tribunal administratif de première instance du 23 avril 2012 ; 

rétablit les décisions sur réclamation de l’administration fiscale cantonale du 16 juillet 
2010 ; 

rétablit le bordereau rectificatif pour l'impôt fédéral direct 2005 du 16 juillet 2010 ; 

rétablit le bordereau rectificatif pour les impôts cantonaux et communaux 2005 du 
16 juillet 2010 ; 

met un émolument de CHF 1000.- à la charge de Madame et Monsieur P______ ; 

dit qu’il n’est pas alloué d’indemnité de procédure ;  

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ; 

communique le présent arrêt à l'administration fiscale cantonale, à Me Gilles Stickel, 
avocat des intimés, à l'administration fédérale des contributions, ainsi qu'au Tribunal 
administratif de première instance. 

Siégeants : Mme Junod, présidente, Mme Hurni, M. Dumartheray, juges. 

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Au nom de la chambre administrative : 

le greffier-juriste : 
 
 

F. Scheffre 

 la présidente siégeant : 
 
 

Ch. Junod 
 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :