# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e459776e-93dd-5347-9a5a-c3fcc3f67d3a
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites Plainte / 2013 / 11
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_Plainte---2013---11_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

FA12.028282-122149

             
       13             
 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
8 avril 2013

__________________

Présidence
de               Mme             
Rouleau,
vice-présidente

Juges             
:              M.             
Hack et Mme Byrde 

Greffier
              :             
Mme              Debétaz Ponnaz

 

 

*****

 

 

Art.
18 al. 1, 250 al. 2 et 261 LP

 

             
La Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal prend séance à huis clos, en sa qualité
d'autorité cantonale supérieure de surveillance, pour statuer sur le recours interjeté
par A.R.________,
à Ecublens, contre la décision rendue le 12 novembre 2012, à la suite de l’audience
du 24 septembre 2012, par la Présidente du Tribunal d’arrondissement de La Côte, autorité
inférieure de surveillance, rejetant la plainte déposée par le recourant contre le tableau
de distribution établi le 5 juillet 2012 par l'Office
des faillites de l'arrondissement de La Côte,
administration de la faillite de W.________SA,
en particulier contre la créance de la Banque
Q.________, à Lausanne, colloquée en
troisième classe.

 

             
Vu les pièces du dossier, la cour considère :

 

 

 

             
En fait :

 

 

1.             
a) La Banque Q.________ était créancière
de la société X.________SA, dont A.R.________ et B.R.________ étaient  administrateurs.

 

             
Le 13 août 1999, ces deux administrateurs et la société, d'une part, et la banque, d'autre
part, ont conclu une convention, dont il ressort (ch. 2.3) que A.R.________ et B.R.________ étaient
également actionnaires de la société. Selon le chiffre 2.3.9 de la convention, le capital-actions
de la société était nanti en faveur de la Banque Q.________ en garantie de sa créance.
Le 2 septembre 1999, les mêmes parties ont signé un avenant à cette convention, aux termes
duquel elles ont notamment prévu : 

 

"2.3.3
La scission de la totalité des engagements de X.________SA en trois tranches distinctes soit : 

a)
tranche de CHF 2'000'000,00 : La Banque s'engage à n'exiger le remboursement de cette somme que
dans les cas mentionnés ci-dessous sous chiffre 2.3.9 et 2.3.10, soit lors de la vente du capital-actions
et soit lors de l'encaissement des produits résultant des procès et elle s'engage d'ores et
déjà à abandonner le solde de cette tranche a) après les encaissements précités;

b)
tranche de CHF 8'600'000,00 composée de plusieurs avances qui demeurent (cf. ch. 2.2.3);

c)
tranche de CHF 6'510'746,31 sera abandonnée."

 

             
Selon les chiffres 2.3.9 de la convention et de l'avenant, le produit de la réalisation du capital-actions
nanti en faveur de la banque devait couvrir en premier lieu la tranche de 2'000'000 fr. précitée,
puis d'autres avances consenties aux actionnaires, le solde étant laissé à leur libre
disposition.

 

             
X.________SA est devenue par la suite W.________SA. La faillite de cette société a été
prononcée le 27 mars 2007.

 

             
Le 10 août 2007, puis le 1er
octobre 2008, la Banque Q.________ a produit dans la faillite de W.________SA une créance de 1'789'965
fr., censée correspondre au solde de la tranche "a" de 2'000'000 fr. convenue dans l'avenant
précité du 2 septembre 1999, après déduction du produit des procès. 

 

             
Se déterminant sur cette production, A.R.________ et B.R.________ ont notamment invoqué l'avenant
pour faire valoir qu'une partie de cette prétendue créance était éventuellement due
par eux personnellement, en leur qualité d'actionnaires, sur le produit de la vente de leurs actions,
et non par la société en faillite.

 

             
L'Office des faillites de l'arrondissement de La Côte (ci-après : l'office) a porté la
production dans son entier à l'état de collocation, publié le 24 octobre 2008; la créance
de la Banque Q.________ est colloquée en troisième classe. 

 

             
b)
Par demande du 10 novembre 2008, A.R.________, B.R.________ et B.R.________Sàrl ont ouvert action
en contestation de l'état de collocation devant la Cour civile du Tribunal cantonal, concluant en
substance au retranchement de la créance de la Banque Q.________ de l'état de collocation litigieux.
La banque défenderesse a conclu pour sa part au rejet des conclusions de la demande. Au mois de
janvier 2009, les demandeurs B.R.________ et B.R.________Sàrl ont passé expédient, soit
adhéré aux conclusions de la défenderesse.

 

             
Par jugement du 28 mars 2011, dont la motivation a été notifiée aux parties le 6 septembre
2011, la Cour civile a rejeté les conclusions prises par A.R.________. En substance, elle a considéré
que rien ne permettait de retenir que les parties auraient entendu constituer une nouvelle dette, la
novation ne se présumant pas (art. 116 al. 1 CO); que le montant de 1'789'965 fr., restant
de la tranche de 2'000'000 fr. après le paiement à la créancière du produit de procès
contre des tiers, devait, selon l’avenant, être ramené au produit de la vente du capital-actions;
que l’ouverture de la faillite de W.________SA n’empêchait pas cette vente, soit la
réalisation des actions nanties auprès de la Banque Q.________; que le montant de la réalisation
du gage déterminerait, s’il devait être inférieur à 1'789'965 fr., le montant
définitif de la créance; que la créance existait donc, mais que son montant n'était
pas encore connu, dès lors qu'elle était assortie d’une remise de dette dont le montant
n’était pas encore connu, et qu'en ce sens, elle devait être traitée comme une créance
conditionnelle; que de telles créances pouvaient être intégralement produites (art. 210
LP), mais que le créancier n’en percevait le dividende que lorsque la condition (ou le terme
incertain) était réalisée et que, dans l’intervalle, le dividende devait être
déposé à la caisse des dépôts et consignations, conformément à l’art.
264 al. 3 in fine LP. Le jugement conclut le raisonnement qui précède par le passage suivant
: 

 

"On
ne saurait inférer de la convention des parties de remise de l’éventuel solde de la créance
non couvert par le produit de réalisation des actions que cette créance ne devrait pas être
colloquée : cette créance existe et la défenderesse a le droit de faire réaliser
le gage qui l’assortit, préalablement à la détermination de l’éventuel
dividende afférant à la créance.

Les
conclusions prises par la demanderesse doivent dès lors être rejetées."

 

             
Ce jugement est devenu définitif et exécutoire.

             

             
c) Le
5 juillet 2012, l'office a établi un tableau de distribution correspondant à l’état
de collocation, c’est-à-dire qu’il comprend la production de la Banque Q.________, sans
mentionner qu’il s’agit d’une créance conditionnelle.

 

             
Par plainte du  16 juillet 2012, A.R.________ a conclu, avec suite de dépens, principalement
à l’annulation du tableau de distribution (II), subsidiairement  à ce que la distribution
des deniers selon le tableau en cause est provisoirement exécutée pour tous les créanciers
en troisième classe à l’exclusion de la Banque Q.________ pour la créance litigieuse,
le dividende de cette créance, prévu à hauteur de 721'534 fr. 70, étant déposé
à la caisse des dépôts et consignations (III), que le tableau définitif de distribution
ne sera établi que lorsque le montant exact de la créance litigieuse sera connu par le produit
de la réalisation des gages mobiliers de la Banque Q.________ ou par toute autre circonstance qui
affecterait définitivement la créance (IV) et qu’aucun acte de défaut de biens ne
sera délivré tant que le  tableau de distribution définitif ne sera pas établi
et ne revêtira pas les caractéristiques de la chose jugée (V).

 

             
L'office s'est déterminé le 10 août 2012, concluant à ce que la plainte soit rejetée
et l'administration de la faillite autorisée à procéder à la distribution des deniers
de la troisième classe et à envoyer les actes de défaut de biens après faillite.

 

             
La Banque Q.________ a produit ses déterminations, accompagnées de pièces, le 27 juillet
2012, concluant, avec suite de frais et dépens, au rejet de la plainte.

 

 

2.             
Par prononcé du 12 novembre 2012, la Présidente du Tribunal d’arrondissement de la Côte,
autorité inférieure de surveillance, a rejeté la plainte déposée le 16 juillet
2012 par A.R.________ (I) et rendu sa décision sans frais ni dépens (II).

 

 

3.
              Par acte déposé
le 21 novembre 2012, le plaignant a recouru contre ce prononcé, concluant, avec suite de dépens,
principalement à sa réforme dans le sens des conclusions prises dans la plainte, subsidiairement
à son annulation et au renvoi de la cause à l'autorité inférieure de surveillance
pour nouvelle décision dans le sens des considérants. 

 

             
Dans le délai qui leur avait été imparti pour ce faire, l'office et l'intimée Banque
Q.________ se sont déterminés, respectivement par lettre du 5 décembre 2012 et par mémoire
du 17 décembre 2012. L'office s'est simplement référé aux déterminations qu'il
avait produites devant l'autorité inférieure. L’intimée a conclu au rejet du recours
avec suite de frais. 

 

             
L’effet suspensif a été accordé d’office par décision du président
de la cour de céans du 3 décembre 2012.

 

 

 

             
En droit :

 

 

I.             
a)
La voie de la plainte est ouverte contre le tableau de distribution des deniers (Peter, Edition annotée
de la LP, Berne 2010, § A.1 ad art. 261 LP, p. 1114).

 

             
b)
Formé en temps utile contre une décision de l'autorité inférieure de surveillance
(art. 18 al. 1 LP [loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillites; RS 281.1] et
28 al. 1 LVLP [loi vaudoise d'application de la LP; RSV 280.05]) et comportant des conclusions et l'énoncé
des moyens invoqués (art. 28 al. 3 LVLP), le recours est recevable. 

 

             
Les déterminations de l'office et de l'intimée sont également recevables (art. 31 al.
1 LVLP).

 

 

II.             
a)
Pour l’office et l'intimée, la Cour civile ayant rejeté l’action en contestation
de l’état de collocation, celui-ci est devenu définitif et ne peut pas être remis
en question, a fortiori par des moyens de fond, par le biais d'une plainte contre le tableau de distribution,
lequel doit correspondre à l'état de collocation.

 

             
De son côté, le recourant fait valoir que la Cour civile a précisément examiné
la créance litigieuse au fond et considéré qu’elle devait être traitée
comme une créance conditionnelle; il relève que, même si l’autorité de chose
jugée s’attache en principe au seul dispositif d’un jugement, le Tribunal fédéral
considère que cela n’empêche pas qu’il faille recourir aux motifs pour déterminer
la portée exacte du dispositif, et en conclut que l'office aurait dû modifier l'état de
collocation "dans le sens des considérants de l'arrêt" de la Cour civile. 

 

             
b)
Au sujet de l'autorité de chose jugée, le Tribunal fédéral a considéré
ce qui suit (TF 2A.415/1999 du 10 janvier 2000 c. 2a) :

 

"Il
y a autorité de la chose jugée quand la prétention litigieuse est identique à celle
qui a déjà fait l'objet d'un jugement passé en force. Tel est le cas lorsque, dans l'un
et l'autre procès, les parties ont soumis au juge la même prétention en se fondant sur
les mêmes motifs juridiques et les mêmes faits. L'autorité de la chose jugée s'attache
en principe au seul dispositif du jugement. Cela n'empêche toutefois pas qu'il faille parfois recourir
aux motifs pour déterminer la portée exacte du dispositif (ATF 123 III 16 consid. 2a p. 18;
121 III 474 consid. 4a p. 477; 119 II 89 consid. 2a p. 90; 115 II 187 consid. 3b p. 189 ss; 106 II 117
consid. 1 p. 118; Fritz Gygi, Bundesverwaltungsrechtspflege, 2e éd., Berne 1983, p. 320 ss). De
plus, lorsque le dispositif du jugement se réfère expressément aux considérants,
ceux-ci en deviennent partie intégrante, partant, acquièrent la force de la chose jugée.
Ainsi, lorsqu'un tel dispositif conclut un jugement de renvoi, les considérants lient les autorités
auxquelles la cause est renvoyée (ATF 120 V 233 consid. 1a p. 237; 113 V 159; Gygi, op. cit.
p. 323)."

 

             
Ainsi, il faut parfois recourir aux motifs pour connaître le sens exact du dispositif, car c’est
ainsi que l’on peut savoir, par exemple, sur quoi le juge s’est réellement prononcé
(Hohl, Procédure civile, Tome I, n. 1311 et la référence).

 

             
c)
En l'espèce, toutefois, le dispositif du jugement de la Cour civile ne souffre d’aucune ambiguïté :
l’action du demandeur, qui tendait au retranchement de la créance litigieuse de l'état
de collocation, a été rejetée. Il ressort des motifs du jugement que la Cour civile a
notamment considéré, à titre préjudiciel, que la  créance litigieuse existait.
Ce jugement étant devenu définitif et exécutoire, la créance en cause a été
définitivement colloquée. Il ressort cependant également des motifs que la Cour civile
a considéré que la créance était conditionnelle ou devait du moins être traitée
comme telle. Or, elle n'est pas colloquée comme créance conditionnelle. Ainsi, le recours ne
tend en réalité pas à ce que l’on détermine, au moyen des considérants,
la portée exacte du dispositif, mais à ce que l'office prenne "en compte les considérations
du jugement"  en ce qu'"il se justifie de traiter cette créance dans la faillite
de la même manière qu'une créance conditionnelle".

 

             
d) Bien que la LP ne contienne pas une telle exigence,
la doctrine est d'avis qu'une créance conditionnelle doit être colloquée comme telle,
c'est-à-dire qu'elle doit être, le cas échéant, expressément désignée,
par une mention dans l’état de collocation, comme étant conditionnelle (Jeanneret, in
Dallèves/Foëx/Jeandin (éd.), Poursuite pour dettes et faillite, Commentaire romand, Bâle
2005, [ci-après : Commentaire romand], n. 2 ad art. 210 LP, et la réf.). Une telle mention
apparaît en effet nécessaire, puisqu'elle concerne l'existence et la quotité de la créance
(cf. infra).

 

             
On peut dès lors se demander quelle voie doit suivre le créancier qui entend contester qu'une
créance soit purement et simplement colloquée et demander qu'elle soit colloquée comme
créance conditionnelle.

 

             
Qu'une créance soit conditionnelle ou pas est une question de fond, qui touche à la fois à
son existence et à sa quotité. Dans cette mesure, la voie à suivre serait celle de l'action
en contestation de l'état de collocation prévue par l'art. 250 LP. Cette action a en effet
pour but de déterminer si la prétention produite fait partie de la masse passive et le juge,
à titre préjudiciel à cette question principale, doit trancher notamment le point de droit
matériel de l'existence de la créance (cf. Gilliéron, Commentaire de la loi fédérale
sur la poursuite pour dettes et la faillite, nn. 27 in fine et 29 in initio ad art. 250 LP). Aux termes
de l'art. 250 al 2 LP, toutefois, la contestation porte sur une créance ou sur le rang auquel elle
a été colloquée. La question serait alors de savoir si "contester la créance"
s'entend également du moyen tendant à faire valoir qu'elle est conditionnelle.

 

             
C'est en revanche à l'autorité de surveillance, saisie d'une plainte, qu'il incombe de statuer
sur les griefs pris de l'irrégularité de la procédure suivie pour dresser et déposer
l'état de collocation ou des vices entachant cet état de collocation, comme, par exemple, le
défaut d'indication des motifs de rejet d'une production (Gilliéron, op. cit., n. 36 ad art.
250 LP). La question serait alors de savoir si l'absence de mention du caractère conditionnel d'une
créance constitue un tel vice.

 

             
En l'occurrence, le recourant n'a pas déposé de plainte contre l'état de collocation et
son action en contestation de l'état de collocation a été rejetée. Si la Cour civile
avait précisé dans son dispositif – à supposer qu'elle pût le faire –
que la créance litigieuse devait être colloquée comme créance conditionnelle, il
n'est pas exclu que l'office, contrairement à ce que celui-ci soutient, ait été lié
par cette instruction. Quoi qu'il en soit, la Cour civile n'a pas rendu son dispositif en de tels termes.

 

             
e)
La collocation définitive de la prétention d’un intervenant lui confère le droit
public subjectif d’exiger que cette prétention soit portée dans le tableau de distribution
pour le montant et au rang ou dans la classe de sa collocation (Gilliéron, op. cit., n. 41 ad art.
261 LP, et les réf.; Peter, op. cit., § n. B.1 ad art. 261 LP). L’administration de la
masse a donc l’obligation de se conformer à l’état de collocation lorsqu’elle
dresse le tableau de distribution (Jeandin/Casonato, Commentaire romand, n. 4 ad art. 261 LP; ATF 102
III 155 c. 2).

 

             
A cet égard, le tableau de distribution, tel qu’il a été établi par l’office,
n’est pas critiquable. Par ailleurs, on ne peut en principe, à ce stade et dans le cadre d'une
plainte, remettre en cause le tableau de distribution, respectivement l’état de collocation,
pour des motifs de droit matériel. Sur ce point, le Tribunal fédéral s’est récemment
exprimé comme suit (TF 5A_705/2012 du 6 décembre 2012) :

 

"L'autorité
de surveillance ne peut, sur plainte, qu'examiner si le tableau de distribution correspond à l'état
de collocation (ATF 102 III 155 consid. 2; arrêt 7B.6/2006 du 27 avril 2006 consid. 2.1) ainsi que
s'il a été établi en conformité avec les prescriptions de forme (cf. JEANDIN/CASONATO,
Poursuite et faillite, Commentaire romand, 2005, n° 16 ad art. 261 LP; STAEHELIN, Bundesgesetz über
Schuldbetreibung und Konkurs II, Basler Kommentar, 2010, n° 11 ad art. 261 LP). En effet, hormis
le cas des productions tardives (art. 261 LP), un état de collocation passé en force ne peut
plus être modifié. Ce principe n'est toutefois pas absolu: l'état de collocation peut
notamment être remis en cause, lors de la distribution des deniers, s'il se révèle qu'une
créance a été admise ou écartée manifestement à tort - en raison d'une
inadvertance de l'administration de la faillite (ATF 138 III 437 consid. 4) -, si un rapport de droit
s'est modifié depuis la collocation ou encore lorsque des faits nouveaux justifient une révision
(ATF 138 III 437 consid. 4.1; 111 II 81 consid. 3a; 106 III 40 consid. 4 in fine; 102 III 155 consid.
3; 96 III 74 consid. 3 et les arrêts cités; GILLIÉRON, Commentaire de la loi fédérale
sur la poursuite pour dettes et la faillite, 2001, n° 38-42 ad art. 250 LP; HIERHOLZER, Bundesgesetz
über Schuldbetreibung und Konkurs II, Basler Kommentar, 2010, n° 2 ad art. 251 LP; JAQUES,
Poursuite et faillite, Commentaire romand, 2005, n° 58 ss ad art. 247 LP; AMONN/WALTHER, Grundriss
des Schuldbetreibungs- und Konkursrechts, 8ème éd., 2008, § 46 n. 37, p. 418). Mais, dans
tous les cas, on ne peut revenir sur la collocation que pour des motifs qui se sont réalisés
ou ont été connus après qu'elle est entrée en force. Il n'est pas question de soumettre
à une nouvelle appréciation juridique, lors de la distribution des deniers, des faits connus
au moment de la collocation et d'en tirer argument pour modifier la décision (ATF 102 III 155 consid.
3). Une telle révision de l'état de collocation ne nécessite pas une décision formelle
instrumentée dans un nouvel état de collocation, mais se traduit par un refus de verser le
dividende afférent à la prétention colloquée, laquelle n'est pas portée dans
le tableau de distribution, ce qui équivaut à une modification de l'état de collocation
(cf. art. 87 al. 2 OAOF). Le tableau de distribution peut ainsi être attaqué par la voie de
la plainte et du recours aux autorités de surveillance (art. 17 à 19 LP) qui sont compétentes
pour examiner s'il y a des motifs de révision de l'état de collocation primitif (ATF 102 III
155 consid. 3; 91 III 87 consid. 3)."

 

             
En l’espèce, le tableau de distribution est conforme à l'état de collocation et
aux prescriptions de forme, de sorte que seule une révision de l'état de collocation pourrait
éventuellement être justifiée par des faits nouveaux. Toutefois, aucun fait nouveau n’est
survenu depuis que l'état de collocation est devenu définitif. Les considérants de la
Cour civile, à titre préjudiciel, sur l'existence de la créance litigieuse et son caractère
conditionnel, ne constituent pas un fait nouveau au sens de la jurisprudence précitée. Il s'ensuit
que l'état de collocation ne peut pas être révisé et qu'il n'y a pas lieu de modifier
le tableau de distribution.

 

 

III.             
Vu ce qui précède, le recours doit être rejeté et le prononcé confirmé.

 

             
Le présent arrêt est rendu sans frais ni dépens (art. 20a al. 2 ch. 5 LP, 61 al. 2 let.
a et 62 al. 2 OELP [ordonnance sur les émoluments perçus en application de la LP; RS 281.35]).

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité cantonale

supérieure
de surveillance,

p
r o n o n c e :

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
Le prononcé est confirmé.

 

             
III.             
L’arrêt, rendu sans frais ni dépens, est exécutoire.

 

 

La
présidente :              La greffière
:

 

 

 

 

Du
8 avril 2013

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, prend date de ce jour.

 

             
Il est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Me Robert Lei Ravello, avocat (pour A.R.________),

‑             
Me Jean-Pierre Gross, avocat (pour la Banque Q.________),

-             
M. le Préposé à l’Office des faillites de l'arrondissement de La Côte.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110). Ce recours doit être déposé devant le Tribunal fédéral dans les
dix jours – cinq jours dans la poursuite pour effets de change – qui suivent la présente
notification (art. 100 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
Mme la Présidente du Tribunal d'arrondissement de La Côte, autorité inférieure de
surveillance.

 

             
La greffière :