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**Case Identifier:** ddf55f1b-5fcd-5c42-9165-66743042cb9d
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-03-04
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 04.03.2010 C/23781/2009
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-23781-2009_2010-03-04.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 09.03.2010. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/23781/2009 ACJC/213/2010 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

1ère Section 

AUDIENCE DU JEUDI 4 MARS 2010 

 

Entre 

Monsieur P______, domicilié ______, Genève, appelant d'un jugement rendu par la 
15ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 25 novembre 2009, 

comparant en personne, 

et 

ETAT DE GENEVE, soit pour lui l'Administration fiscale cantonale, Service du 
contentieux, rue du Stand 26, case postale 3937, 1211 Genève 3, intimé, comparant en 

personne, 

 

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C/23781/2009 

EN FAIT 

A. Par jugement du 1er décembre 2009, communiqué par pli du même jour, le 
Tribunal de première instance - statuant à la requête de l'Etat de Genève, soit pour 

lui l'Administration fiscale cantonale (ci-après : AFC) - a prononcé la mainlevée 

de l'opposition formée par P______ au commandement de payer poursuite no 09 

______ (ch. 1); il a condamné le débiteur aux dépens (ch. 2) et débouté les parties 

de toutes autres conclusions (ch. 3). Le Tribunal a retenu que la poursuite se 

fondait sur une sommation du 24 juillet 2008 concernant les impôts cantonaux et 

communaux 2007. 

 Par acte expédié au greffe de la Cour le 3 décembre 2009, P______ a déclaré 

former appel contre ce jugement. En substance, il fait valoir que les impôts 2007 

ne sont pas conformes; il ajoute être dans l'attente d'une décision de la 

Commission cantonale de recours en matière administrative et précise que, à son 

avis, il ne doit rien à l'AFC. 

 De son côté, l'AFC conclut au rejet de l'appel. Par rapport à l'argumentation de 

P______, elle précise que la procédure pendante devant la Commission cantonale 

de recours en matière administrative concerne exclusivement l'exercice fiscal 

2005. 

B. Les faits suivants ressortent du dossier soumis au Tribunal. 

a. Le 23 mai 2008, l'AFC a établi un bordereau fixant les impôts cantonaux et 
communaux de P______ pour la période du 1

er
 janvier au 31 décembre 2007. Le 

montant total de ces impôts s'élève à 12'736 fr. 95. 

Par sommation du 24 juillet 2008, l'AFC a réclamé à P______ le paiement de la 

somme de 13'288 fr., soit la somme de 12'736 fr. 95 selon bordereau du 23 mai 

2008 complétée par une surtaxe de 1/20ème (635 fr. 85) et les frais (15 fr.). 

b. Le 31 décembre 2008, P______ a versé la somme de 4'200 fr. à l'AFC pour la 
période d'impôts 2007. Depuis lors, il n'a plus rien payé à ce titre. 

Le 14 septembre 2009, l'AFC a fait notifier à P______ le commandement de payer 

poursuite no 09 ______ portant sur les sommes de 13'388 fr. 80 avec intérêts à 5% 

dès le 25 août 2009 (impôts 2007 selon bordereau du 23 mai 2008) et de 355 fr. 

25 (intérêts moratoires au 25 août 2009), sous déduction de 4'200 fr. versés le 31 

décembre 2008. 

A la suite de l'opposition formée par P______ à ce commandement de payer, 

l'AFC a saisi le Tribunal de première instance de la présente procédure en 

mainlevée définitive d'opposition. 

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C/23781/2009 

c. Lors de l'audience devant le Tribunal, P______ a indiqué avoir fait une 
réclamation puis un recours auprès de la Commission cantonale de recours en 

matière administrative. A l'appui de son dire, il a déposé un courrier que lui a 

adressé ladite Commission et ayant pour numéro de référence "A/______/2007". 

Absente à l'audience, l'AFC ne s'est pas déterminée sur ce point. 

d. Dans sa réponse à l'appel, l'AFC a exposé que le recours dont se prévalait 
P______ portait sur l'année fiscale 2005. Elle a produit à ce propos la copie d'un 

courrier adressé par P______ le 26 avril 2007 à la Commission cantonale de 

recours d'impôts: ce courrier concerne un recours contre la décision de l'AFC du 

12 avril 2007 relative aux impôts cantonaux et communaux de l'année 2005. 

Lors de l'audience du 14 janvier 2010 devant la Cour, P______ a sollicité que la 

procédure soit suspendue jusqu'à réception de la décision de la Commission 

cantonale de recours en matière administrative. Il a en outre déposé des pièces 

nouvelles, toutes datées de l'année 2009. 

C. L'argumentation juridique des parties sera examinée ci-après, dans la mesure utile. 

EN DROIT 

1. Interjeté en temps utile, dans la forme prévue par la loi (art. 300 et 296 al. 1 LPC, 
par renvoi des art. 356 al. 1 LPC et 20 lit. b LALP), le présent appel est recevable. 

1.1. Selon les art. 20 al. 1 lit. b et 23 LALP, les jugements du Tribunal de 
première instance portant sur une demande de mainlevée, provisoire ou définitive, 

sont rendus en dernier ressort, selon la voie de la procédure sommaire. Seul est en 

conséquence ouvert l'appel extraordinaire en violation de la loi (art. 23A LALP et 

292 LPC). Le pouvoir d'examen de la Cour se trouve ainsi restreint au cadre défini 

à l'art. 292 al. 1 lit. c LPC. Elle ne peut dès lors revoir la décision attaquée que si 

celle-ci consacre une violation de la loi, respectivement une appréciation arbitraire 

d'un point de fait (SJ 1991 p. 135; 1990 p. 595; 1995 p. 521 ss). Néanmoins, le 

juge de la mainlevée doit vérifier d'office si la requête est fondée sur un titre de 

mainlevée valable, et ce, même en cas de défaut du débiteur (SJ 1984 p. 389). 

 La nature de l'appel extraordinaire implique que la Cour ne statue que dans les 

limites des moyens articulés par les parties; elle ne peut, sans être saisie d'un grief 

adéquat, corriger une violation de la loi dans le jugement attaqué (SJ 1990 p. 594; 

BERTOSSA/GAILLARD/GUYET/SCHMIDT, Commentaire de la loi de procédure civile 

genevoise, n. 6 ad art. 292 LPC). Dans le cadre des moyens que lui présentent les 

parties, la Cour apprécie en revanche librement le droit (SCHMIDT, Le pouvoir 

d'examen en droit de la Cour en cas d'appel pour violation de la loi, SJ 1995 

p. 521 ss). 

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C/23781/2009 

 1.2. La production de pièces nouvelles en appel est prohibée dans le cadre d'un 
appel formé en violation de la loi, dès lors que la Cour doit statuer sur la base du 

dossier tel que soumis au premier juge (BERTOSSA/GAILLARD/GUYET/SCHMIDT, 

op. cit., n. 6 ad art. 292 LPC). Font cependant exception à cette règle les pièces 

qui se rapportent à l'ordre public, à un domaine où l'examen a lieu d'office, aux 

conditions de la recevabilité de l'appel extraordinaire, aux violations de règles de 

la procédure ou de l'organisation judiciaire, dont la constatation ne peut résulter ni 

du dossier, ni du jugement. 

 Il en va de même lorsque le créancier ne pouvait prévoir qu'un moyen serait 
soulevé par le débiteur à l'audience de plaidoirie du juge de première instance et 

n'était ainsi plus en mesure de réunir et de produire les pièces qui lui eussent 

permis de réfuter l'argument inopinément soulevé (SJ 1981 p. 330 consid. 2). 

Cette jurisprudence constitue une exception au principe de la rigueur liée aux 

procès sur pièces («Urkundenprozess»). Dans cette mesure, elle ne doit 

s'appliquer qu’au plaideur diligent (Note à propos de l'arrêt précité : SJ 1981 

p. 336). Elle n'a donc pas pour but d'autoriser une partie désinvolte à compléter 

son argumentation en fait. 

 1.3. En l'espèce, l'appelant a produit devant la Cour des pièces établies en 2009 
qu'il n'avait pas invoquées devant le premier juge. Ces pièces ne répondent pas à 

un argument inopiné de sa partie adverse: elles ont au contraire pour but d'appuyer 

la position que soutient l'appelant depuis la première instance. Elles sont dès lors 

irrecevables et il n'en sera pas tenu compte. 

En ce qui concerne le document joint à la réponse de l'intimé à l'appel, il est 

destiné à répondre à une argumentation du débiteur, à laquelle le créancier ne 

pouvait pas s'attendre lorsqu'il a rédigé sa requête de mainlevée. Ainsi, cette pièce 

est exceptionnellement recevable devant la Cour. On peut signaler à cet égard 

qu'il n'est pas certain que la jurisprudence actuelle de la Cour de céans sur cette 

question subsiste après l'entrée en vigueur du CPC le 1
er

 janvier 2011. En effet, à 

teneur de l'art. 326 al. 1 CPC, les preuves nouvelles seront irrecevables devant 

l'instance de recours (cf. CHAIX, Introduction au recours de la nouvelle procédure 

civile fédérale, SJ 2009 II 268). 

2. La requête de l'appelant en suspension de la procédure est irrecevable à deux 
titres : d'une part, elle n'était pas contenue dans le mémoire d'appel qui fixe le 

cadre des débats devant la Cour; d'autre part, la suspension au sens de 

l'art. 107 LPC est prohibée en matière sommaire (ACJC/14/2004 du 8 janvier 

2004, SJ 2004 I 318). 

3. Dans son jugement, le Tribunal a retenu que la sommation du 24 juillet 2008 
concernant les impôts 2007 constituait un titre de mainlevée définitive, 

conformément aux dispositions applicables (art. 80 al. 2 ch. 3 LP en relation avec 

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l'art. 365 de la loi générale genevoise sur les contributions publiques). S'agissant 

de la question de savoir si la procédure pendante devant la Commission cantonale 

de recours en matière administrative concernait également les impôts 2007, le 

Tribunal a constaté que la procédure invoquée par l'appelant portait en référence 

l'année 2007; or, dans la mesure où le bordereau d'impôts 2007 avait été établi en 

2008, cette procédure de recours ne pouvait pas concerner l'année fiscale 2007. 

L'appelant ne critique pas ce raisonnement du Tribunal, se contentant uniquement 

d'affirmer "ne rien devoir". De toute manière, au regard de la pièce déposée par 

l'intimé devant la Cour, aucun doute ne subsiste désormais quant à l'objet du 

recours intenté par l'appelant devant les instances administratives : il découle en 

effet de cette pièce que ce recours concerne l'année fiscale 2005. Par conséquent, 

le sort du recours visant cette année-là n'exerce aucune influence sur le paiement 

des impôts d'une autre année, qui n'ont - quant à eux - fait l'objet ni d'une 

réclamation ni d'un recours. 

Dans la mesure de sa recevabilité, l'appel doit ainsi être rejeté. 

4. Vu l'issue de la procédure, l'appelant - qui succombe - sera condamné aux frais 
d'appel (art. 62 al. 1 OELP). 

* * * * * 

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C/23781/2009 

PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté par P______ contre le jugement JTPI/15077/2009 

rendu le 25 novembre 2009 par le Tribunal de première instance dans la cause 

C/23781/2009-15 SS. 

Au fond : 

Le rejette. 

Condamne P______ aux frais d'appel. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Siégeant : 

Madame Marguerite JACOT-DES-COMBES, présidente; Monsieur François CHAIX et 

Monsieur Pierre CURTIN, juges; Madame Fatina SCHAERER, greffier. 

 

La présidente : 

Marguerite JACOT-DES-COMBES 

 Le greffier : 

Fatina SCHAERER 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière civile; la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 

déterminées par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF : RS 173.110). Il connaît également des recours constitutionnels subsidiaires; la 

qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 113 

à 119 et 90 ss LTF. Dans les deux cas, le recours motivé doit être formé dans les trente 

jours qui suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. L'art. 119 

al. 1 LTF prévoit que si une partie forme un recours ordinaire et un recours 

constitutionnel, elle doit déposer les deux recours dans un seul mémoire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 30'000 fr.