# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b6fe0981-4300-5d98-8156-02985927e748
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-04-29
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 29.04.2015 A/522/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-522-2015_2015-04-29.pdf

## Full Text

Siégeant : Maya CRAMER, Présidente; Monique STOLLER FÜLLEMANN et Maria 
Esther SPEDALIERO, Juges assesseurs 

  

 
 

R E P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/522/2015 ATAS/320/2015 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 29 avril 2015 

5ème Chambre 

 

En la cause 

Monsieur A______, domicilié à GENEVE 

 

 

recourant 

 

contre 

SERVICE DES PRESTATIONS COMPLEMENTAIRES, sis route 
de Chêne 54, GENEVE 

intimé 

 

 
 
 

 

A/522/2015 

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EN FAIT 

1. Monsieur A______, né le ______ 1960, est marié et père de deux enfants nés en 
2009 et en 2012. Etant au bénéfice d’une rente d’invalidité entière à compter de 
septembre 2011, il a requis des prestations complémentaires par demande reçue le 
19 mars 2013, en annexant notamment la décision de l'office de l'assurance-
invalidité de Genève (OAI) du 12 décembre 2012, dont il résulte notamment une 
rente complémentaire de CHF 441.- par enfant et par mois. 

2. Par décision du 28 août 2013, le service des prestations complémentaires (SPC) a 
octroyé au requérant les prestations complémentaires rétroactivement au 1er 
septembre 2011 et le subside de l'assurance-maladie pour la famille, en se fondant 
sur la communication de la centrale de compensation du département fédéral des 
finances (DFF), selon laquelle la rente complémentaire était à fin 2012 de CHF 
445.- par enfant et par mois. Dès le 1er septembre 2012, le requérant n'a droit qu'aux 
prestations complémentaires cantonales, hormis le subside de l'assurance-maladie. 

3. Par décision du 13 décembre 2013, le SPC a fixé le droit aux prestations 
complémentaires cantonales à partir du 1er janvier 2014, en tenant compte, pour les 
rentes d'invalidité, du même montant que précédemment. 

4. Par décision du 18 décembre 2013, le SPC a révisé rétroactivement sa décision pour 
la période du 1er juillet au 31 décembre 2013 et a augmenté les prestations 
complémentaires cantonales de CHF 41.- par mois. Son plan de calcul mentionne le 
même montant à titre de revenus de l'assurance-invalidité que dans les décisions qui 
ont précédé.  

5. Le 9 octobre 2014, la centrale de compensation du DFF a communiqué à la caisse 
que la rente complémentaire pour enfant était de CHF 573.- à partir d’avril 2013. 

6. Par décision du 9 octobre 2014, le SPC a recalculé les prestations dues 
rétroactivement au 1er avril 2013 et a réclamé à l’ayant droit la restitution de la 
somme de CHF 4'864.- à titre de trop perçu. 

7. Par courrier du 22 octobre 2014, l’ayant droit a demandé la remise de l’obligation 
de restituer la somme réclamée, en faisant valoir avoir toujours fourni les 
renseignements requis, de sorte qu’il devait être considéré de bonne foi. Il était par 
ailleurs dans l’impossibilité de rembourser la somme réclamée. 

8. Par décision du 3 décembre 2014, le SPC a refusé la demande de remise au motif 
que l’ayant droit avait omis de lui communiquer l’augmentation des rentes 
complémentaires de CHF 445.- à CHF 573.- par mois et par enfant à partir d'avril 
2013. Cette omission excluait la condition de la bonne foi. 

9. Par courrier du 26 décembre 2014, l’ayant droit a formé opposition à la décision de 
refus de remise, en ajoutant à ses arguments précédents que l’augmentation de la 
rente complémentaire était tellement modeste qu’il ne s'en était pas rendu compte.  

 
 
 

 

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10. Par décision du 2 février 2015, le SPC a rejeté l’opposition aux mêmes motifs 
qu’énoncés précédemment. 

11. Par acte posté le 16 février 2015, l’ayant droit a recouru contre cette décision, en 
concluant implicitement à son annulation et à l’octroi de la remise. Il a fait valoir 
que, par manque d’attention, il ne s’était pas rendu compte que les rentes pour 
enfant avaient augmenté, d’autant moins que l’augmentation était peu élevée. 

12. Dans sa réponse du 16 mars 2015, l’intimé a conclu au rejet du recours, tout en 
répétant que l’ayant droit avait manqué à son obligation de communiquer un 
changement de sa situation personnelle et qu’il n’avait pas non plus attiré par la 
suite l’attention de l’intimé sur le fait que ses plans de calculs joints aux décisions 
de prestations ne correspondaient plus à la réalité. Or, il était exigible de sa part 
qu’il fît preuve d’une attention plus soutenue dans l’examen des décisions reçues et 
annonçât les hausses des rentes complémentaires versées à ses enfants sans retard. 
De surcroît, une augmentation des rentes de CHF 256.- par mois pour les deux 
enfants ne pouvait être considérée comme négligeable. 

13. Par écriture du 10 avril 2015, le recourant a persisté dans ses conclusions, en faisant 
valoir n’avoir pas eu l’intention de cacher des éléments de ses revenus et qu’il 
s’agissait d’une faute d’inattention. Il ignorait en outre qu'il lui aurait appartenu 
d'annoncer la modification des rentes d’invalidité à l’intimé, alors que cette 
modification émanait de l'OAI, soit d'un service de l'Etat. Enfin, il était dans 
l’impossibilité de rembourser la somme réclamée. 

14. Sur ce, la cause a été gardée à juger. 

 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 3 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 
26 septembre 2010 (LOJ - E 2 05) en vigueur dès le 1er janvier 2011, la chambre 
des assurances sociales de la Cour de justice connaît en instance unique des 
contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des 
assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA - RS 830.1) relatives à la loi fédérale 
sur les prestations complémentaires à l’assurance-vieillesse, survivants et invalidité 
du 6 octobre 2006 (LPC - RS 831.30). Elle statue aussi, en application de l'art. 134 
al. 3 let. a LOJ, sur les contestations prévues à l'art. 43 de la loi cantonale sur les 
prestations complémentaires cantonales du 25 octobre 1968 (LPCC - J 4 25). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Interjeté dans les délai et forme prescrits par la loi, le recours est recevable (art. 56 
LPGA, 43 LPCC et 89B de la loi cantonale sur la procédure administrative du 12 
septembre 1985 - LPA, RS E 5 10).  

 
 
 

 

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3. Est litigieuse en l’occurrence la question de savoir si le refus de remise de 
l’obligation de restituer la somme de CHF 4'864.- est fondé, plus particulièrement 
si le recourant peut se prévaloir de sa bonne foi. 

4. À teneur des art. 25 al. 1 LPGA et 24 al. 1 LPCC, les prestations indûment touchées 
doivent être restituées, la restitution ne pouvant toutefois être exigée lorsque 
l’intéressé était de bonne foi et qu’elle le mettrait dans une situation difficile. Les 
conditions pour la remise sont cumulatives (ATF non publié 9C_41/2011 consid. 
6.2). 

a. S’agissant de la bonne foi, la jurisprudence constante considère que l’ignorance, 
par le bénéficiaire, du fait qu’il n’avait pas droit aux prestations ne suffit pas pour 
admettre qu’il était de bonne foi. Il faut bien plutôt qu’il ne se soit rendu coupable, 
non seulement d’aucune intention malicieuse, mais aussi d’aucune négligence 
grave.  

En revanche, l’intéressé peut invoquer sa bonne foi lorsque l’acte ou l’omission 
fautifs ne constituent qu’une violation légère de l’obligation d’annoncer ou de 
renseigner (ATF 112 V 103 consid. 2c ; DTA 2003 n° 29 p. 260 consid. 1.2 et les 
références ; RSAS 1999 p. 384). Il y a négligence grave quand un ayant droit ne se 
conforme pas à ce qui peut raisonnablement être exigé d’une personne capable de 
discernement dans une situation identique et dans les mêmes circonstances (ATF 
110 V 181 consid. 3d ; cf aussi ATF non publié 9C_41/2011 du 16 août 2011, 
consid. 5.2). Il faut ainsi en particulier examiner si, en faisant preuve de la vigilance 
exigible, il aurait pu constater que les versements ne reposaient pas sur une base 
juridique. Il n’est pas demandé à un bénéficiaire de prestations de connaître dans 
leurs moindres détails les règles légales. En revanche, il est exigible de lui qu’il 
vérifie les éléments pris en compte par l’administration pour calculer son droit aux 
prestations. On ajoutera que la bonne foi doit être niée quand l'enrichi pouvait, au 
moment du versement, s'attendre à son obligation de restituer, parce qu'il savait ou 
devait savoir, en faisant preuve de l'attention requise, que la prestation était indue 
(art. 3 al. 2 CC; ATF 130 V 414 consid. 4.3, ATF non publié 8C_385/2011 du 13 
février 2012, consid. 3). On signalera enfin, que, de jurisprudence constante, la 
condition de la bonne foi doit être réalisée dans la période où l’assuré concerné a 
reçu les prestations indues dont la restitution est exigée (ATF non publié 
8C_766/2007 du 17 avril 2008, consid. 4.1 et les références citées). 

b. L'ayant droit de prestations complémentaires doit communiquer sans retard à 
l'organe cantonal compétent tout changement dans la situation personnelle et toute 
modification sensible dans la situation matérielle du bénéficiaire de la prestation 
(art. 24 de l'ordonnance sur les prestations complémentaires à l’assurance-
vieillesse, survivants et invalidité du 15 janvier 1971 - OPC-AVS/AI, RS 831.301, 
et  art. 11 LPCC). 

5. En l’occurrence, il n’est pas contesté que les rentes complémentaires pour enfant 
ont augmenté de CHF 128.- par mois à partir du mois d’avril 2013 pour chaque 

 
 
 

 

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enfant. En tout état de cause, la chambre de céans est liée par la décision de 
restitution du 9 octobre 2014, celle-ci étant entrée en force de chose jugée, à défaut 
d'avoir été attaquée dans son principe dans les délais légaux. Il n’est pas non plus 
contesté que le recourant a omis de signaler cette augmentation à l’intimé.  

Le recourant justifie l’omission par le fait que, par inattention, il ne s’était pas 
rendu compte que les rentes complémentaires pour enfant avaient augmenté, 
d’autant moins qu’il s’agissait d’une augmentation modeste. 

En premier, lieu, il y a lieu de relever qu’une augmentation des revenus de 
CHF 256.- par mois, soit de CHF 3'072.- par an, ne saurait être considérée comme 
négligeable, compte tenu des revenus très modestes de la famille. Il ne paraît dès 
lors pas vraisemblable que le recourant ne se soit pas rendu compte que ses rentes 
avaient augmenté, s’agissant d’une augmentation de plus de 28 % de la rente pour 
enfant. 

En ce qu'il semble faire valoir dans ses dernières écritures, de façon quelque peu 
contradictoire, qu'il pensait que l'augmentation des rentes complémentaires pour 
enfant était communiquée automatiquement à l'intimé, il y lieu de relever qu'il lui 
aurait dans ce cas appartenu au moins de s'en assurer en contrôlant si cette 
augmentation a été prise en considération dans le plan de calcul annexé à la 
décision et, après avoir constaté que tel n'était pas le cas, de la signaler alors à ce 
moment. 

Il est à cet égard également à mettre en exergue que le recourant n’a pas manqué de 
transmettre au SPC toutes les factures médicales afin d’être remboursé de la part 
des frais à sa charge. Cela explique encore moins qu’il n’ait pas transmis également 
la décision de l’assurance-invalidité lui communiquant une augmentation des rentes 
complémentaires. Au demeurant, il aurait dû aussi transmettre cette décision à 
l'Hospice général, par l'intermédiaire duquel il a requis les prestations 
complémentaires et qui lui a octroyé une aide sociale avant l'octroi de la rente 
d'invalidité et des prestations complémentaires, dès lors que cette augmentation 
aurait également eu une incidence sur le montant de l'aide sociale. Ledit Hospice 
n'aurait évidemment pas manqué de faire suivre cette décision à l'intimé. 

Rien ne justifie donc en l'espèce l'omission de renseigner l’intimé de l'augmentation 
des rentes complémentaires, de sorte qu'une faute grave selon la jurisprudence en la 
matière doit être retenue.  

Partant, la bonne foi ne peut être admise, de sorte qu’une des conditions 
cumulatives des art. 25 al. 1 LPGA et 24 al. 1 LPCC n'est pas remplie. Le refus de 
remise est par conséquent fondé. 

6. Cela étant, le recours sera rejeté. 

7. La procédure est gratuite. 

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. Le rejette. 

3. Dit que la procédure est gratuite. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public (art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 17 juin 2005 – LTF -
 RS 173.110) aux conditions de l’art. 95 LTF pour ce qui a trait aux prestations 
complémentaires fédérales, par la voie du recours constitutionnel 
subsidiaire (articles 113 ss LTF) aux conditions de l’art. 116 LTF pour ce qui a trait 
aux prestations complémentaires cantonales. Le mémoire de recours doit indiquer 
les conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou 
de son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par 
voie électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l'envoi. 

 
La greffière 

 
 
 
 

Diana ZIERI 

 La présidente 
 
 
 
 

Maya CRAMER 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 
des assurances sociales par le greffe le