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**Case Identifier:** c367ee92-ba79-5dee-a176-7564132627f9
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-01-15
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 15.01.2018 C/10606/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-10606-2017_2018-01-15.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 17 janvier 2018 

ainsi qu'au Tribunal de première instance le même jour. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/10606/2017 ACJC/40/2018 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU LUNDI 15 JANVIER 2018 

 

Entre 

Monsieur A______, domicilié ______, appelant d'un jugement rendu par la 13ème 
Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 11 décembre 2017, 

comparant par Me Stéphane Rey, avocat, rue Michel-Chauvet 3, 1208 Genève, en 

l'étude duquel il fait élection de domicile, 

et 

Madame B______, domiciliée ______, intimée, comparant par Me Magda Kulik, 
avocate, rue de la Rôtisserie 4, 1204 Genève, en l'étude de laquelle elle fait élection de 

domicile. 

 

- 2/5 - 

 

C/10606/2017 

Attendu, EN FAIT, que par jugement du 11 décembre 2017, le Tribunal de première 
instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a notamment autorisé 

les époux A______ et B______ à vivre séparés (ch. 1 du dispositif), attribué à B______ 

la jouissance exclusive du domicile conjugal sis à C______, ainsi que du mobilier le 

garnissant (ch. 2), imparti à A______, sous la menace de la peine prévue à l'art. 292 CP, 

un délai au 31 janvier 2018 pour quitter le domicile conjugal (ch. 3) et attribué à 

B______ la place de parking n°1 ______ sise au sous-sol (ch. 4); 

Que le Tribunal a considéré que, certes, B______ travaillait pour un employeur vaudois; 

qu'elle travaillait cependant essentiellement à domicile, venait d'entamer une formation 

à l'Université de Genève et ne se rendait que peu souvent dans le canton de Vaud; que 

A______ travaillait à D______, c'est-à-dire dans un quartier éloigné de C______; qu'en 

outre, il se rendait régulièrement dans la résidence secondaire du couple située à 

E______, dans laquelle il avait d'ailleurs passé une grande partie des vacances scolaires 

de l'été dernier; que ses revenus étaient supérieurs à ceux de son épouse et était ainsi 

mieux à même de trouver un logement et d'assumer un loyer, compte tenu des prix du 

marché; que la jouissance du domicile conjugal et du mobilier le garnissant serait ainsi 

attribuée à B______, un délai 31 janvier 2018, suffisant pour que A______ trouve un 

logement à tout le moins provisoire, étant imparti à celui-ci pour quitter le domicile 

conjugal, cela sous la menace des peines prévues par l'art. 292 CP; 

Que par acte expédié au greffe de la Cour le 22 décembre 2017, A______ a formé appel 

contre ce jugement, concluant à l'annulation des chiffres précités de son dispositif et, 

cela fait, à ce que la jouissance exclusive du domicile conjugal lui soit attribuée ainsi 

que la place de parking située au sous-sol de l'immeuble et à ce qu'un délai au 30 juin 

2018 soit imparti à B______ pour quitter l'appartement, subsidiairement à ce que le 

domicile conjugal soit attribué à son épouse et qu'un délai au 30 juin 2018 lui soit 

imparti pour le quitter; 

Qu'il a préalablement conclu à la restitution de l'effet suspensif à son appel; qu'il 

soutient que l'exécution du jugement rendrait sans objet son appel, que les parties 

cohabitent depuis 17 ans et qu'elles peuvent continuer à le faire pour la durée de la 

procédure d'appel; 

Qu'invitée à se déterminer à cet égard, B______ a conclu au rejet de cette requête; 

qu'elle a invoqué que plusieurs appartements de quatre pièces étaient disponibles à 

Genève, que les moyens financiers de A______ étaient suffisants pour lui permettre de 

retrouver un logement, qu'il avait lui-même conclu dans sa requête de mesures 

protectrices du 24 mai 2017 à ce qu'un délai au 30 juin 2017 lui soit imparti pour quitter 

le domicile conjugal, soit un délai encore plus court que celui qui lui avait été imparti, 

qu'il allègue lui-même que la vie commune est devenue insupportable, qu'il peut habiter 

provisoirement dans sa maison de campagne dans le canton de Fribourg ou loger chez 

sa mère et que s'il obtenait gain de cause, il pourrait réintégrer le domicile conjugal; 

- 3/5 - 

 

C/10606/2017 

Considérant, EN DROIT, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC; 

Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet 

suspensif ex lege (art. 315 al. 4 let. b CPC);  

Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut 

exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice 

difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de 

fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure 

ordinaire, qui en serait compromise (ATF 138 III 378 consid. 6.3; arrêt du Tribunal 

fédéral 4P.5/2002 du 8 avril 2002 consid. 3a);  

Que, saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité 

cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux 

préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas 

exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette 

mesure (ATF 138 III 378 consid. 6.3 et les références citées; 137 III 475 consid. 4.1; 

arrêt du Tribunal fédéral 5A_514/2012 du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2); 

Qu'en l'espèce, il n'est pas évident que l'appelant soit en mesure de trouver un logement 

d'ici au 31 janvier 2017 et que l'injonction qui lui a été faite l'a été sous la menace de la 

peine de l'art. 292 CP; que cela le contraindrait, en tout état de cause, à entreprendre des 

démarches (signature d'un nouveau contrat de bail, déménagement) qui ne seraient que 

difficilement réversibles dans l'hypothèse, qui ne peut être d'emblée exclue, où il 

obtiendrait gain de cause devant la Cour; 

Qu'il paraît par ailleurs difficilement concevable qu'il effectue chaque jour le trajet entre 

le canton de Fribourg, où les parties ont une résidence secondaire, et Genève pour venir 

travailler et qu'il n'est pas rendu suffisamment vraisemblable qu'il pourrait loger chez sa 

mère; 

Qu'à l'inverse la situation actuelle dure depuis à tout le moins une année, l'intimée ayant 

indiqué que l'appelant lui avait fait part de sa volonté de divorcer en décembre 2016 

déjà; qu'il ressort également de la procédure que l'appelant passe les week-ends et les 

vacances scolaires dans la maison des parties dans le canton de Fribourg, ce qui réduit 

d'autant la cohabitation entre les époux; que s'il est certes concevable qu'une telle 

cohabitation n'est pas nécessairement facile, l'intimée ne soutient pas qu'elle risquerait 

de subir un préjudice qui pourrait être qualifié de difficilement réparable si la 

suspension du caractère exécutoire du jugement attaqué était accordée; 

Que la requête de suspension de la force exécutoire des chiffres 2, 3 et 4 du dispositif de 

la décision querellée sera donc admise; 

Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec la décision au 

fond (art. 104 al. 3 CPC). 

- 4/5 - 

 

C/10606/2017 

* * * * * 

- 5/5 - 

 

C/10606/2017 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

Statuant sur requête de suspension du caractère exécutoire du jugement 
entrepris : 

Admet la requête formée par A______ tendant à la suspension du caractère exécutoire 

des chiffres 2, 3 et 4 du dispositif du jugement JTPI/16753/2017 rendu le 11 décembre 

2017 par le Tribunal de première instance dans la cause C/10606/2017. 

Dit qu'il sera statué sur les frais liés à la présente décision dans l'arrêt rendu sur le fond. 

Siégeant : 

Monsieur Laurent RIEBEN, président; Madame Anne-Lise JAQUIER, greffière. 

 

Le président : 

Laurent RIEBEN 

 La greffière : 

Anne-Lise JAQUIER 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indications des voies de recours : 

La présente décision, incidente et de nature provisionnelle (ATF 137 III 475 consid. 1 et 

2), est susceptible d'un recours en matière civile (art. 72 ss de la loi fédérale sur le 

Tribunal fédéral du 17 juin 2005; LTF – RS 173.110), les griefs pouvant être invoqués 
étant toutefois limités (art. 93/98 LTF), respectivement d'un recours constitutionnel 

subsidiaire (art. 113 ss LTF). Dans les deux cas, le recours motivé doit être formé dans 

les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète de la décision 

attaquée. 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.