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**Case Identifier:** 1a51129b-f39c-56de-9f07-3b2d5816a442
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-02-07
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 07.02.2023 C/24408/2021
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-24408-2021_2023-02-07.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 7 février 2023 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/24408/2021 ACJC/173/2023 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU MARDI 7 FEVRIER 2023 

 

Entre 

Monsieur A______, domicilié ______, appelant d'un jugement rendu par la 

20ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 6 janvier 2023, 

comparant par Me Albert RIGHINI, avocat, RVMH Avocats, rue Gourgas 5, case 

postale 31, 1211 Genève 8, en l'Étude duquel il fait élection de domicile, 

et 

Madame B______, domiciliée ______, intimée, comparant par  

Me Vanessa NDOUMBE NKOTTO, avocate, BRS Berger Recordon & de Saugy, 

boulevard des Philosophes 9, 1205 Genève, en l'Étude de laquelle elle fait élection de 

domicile. 

 

- 2/5 - 
 

C/24408/2021 

Attendu, EN FAIT, que par jugement du 6 janvier 2023, le Tribunal de première 
instance, statuant sur nouvelles mesures protectrices de l'union conjugale, a modifié le 
chiffre 4 et le chiffre 9 du jugement JTPI/1813/2021 du 10 février 2021 (ch. 1 du 
dispositif) et, cela fait, statuant à nouveau attribué à B______ la garde exclusive sur 
C______, née le ______ 2011 (ch.2), réservé en faveur de A______ un droit de visite 
sur C______, devant s’exercer, sauf accord contraire entre les parties, un week-end sur 
deux jeudi soir au lundi matin, une fois par semaine pour un repas (midi ou soir) et 
pendant la moitié des vacances scolaires (ch. 3) et condamné A______ à verser en 
mains de B______, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, au titre 
de contribution à l'entretien de C______, 1'100 fr. jusqu'à sa majorité, voire au-delà en 
cas d'études régulières et suivies, charge à B______ de s'acquitter de l'ensemble des 
charges de C______ (ch. 4); 

Que le Tribunal a notamment suivi les conclusions du rapport du SEASP [service 
d'évaluation et d'accompagnement de la séparation parentale] du 5 juillet 2022 
préconisant de réduire la garde alternée; que dans ledit rapport, le SEASP souligne 
l’attachement père-fille, relevant que C______ partageait des activités enrichissantes 
avec son père et qu’il l’aidait pour les devoirs; que par contre, elle ne pouvait imaginer 
lui raconter ce qu’elle vivait ce qui démontrait que celui-ci ne pouvait entendre les 
besoins de C______ qui évoluaient; que le SEASP a relevé également que l’adolescence 
était une période difficile pour le père et qu’il n’avait plus de contact avec ses filles 
majeures; quant à la mère, elle aurait subi des épisodes de violences dont C______ 
aurait eu connaissance; que la mère aurait de la peine à véhiculer une image positive du 
père et C______ ne se sentirait pas libre d’exprimer le plaisir de passer du temps avec 
ce dernier; que le malaise de C______ devait être pris au sérieux; qu'au vu de tous ces 
éléments, le SEASP préconisait de réduire la garde alternée; que C______, entendue par 
le Tribunal, a exprimé les mêmes reproches à l’égard de son père que devant le SEASP, 
soit le manque d’intérêt de son père à son égard, l’impossibilité d’exprimer devant lui ce 
qu’elle ressentait ainsi que la tenue de propos inadéquats que son père tiendrait quand il 
est fâché;  

Que le Tribunal a par ailleurs relevé que l’entretien de C______ avait été arrêté dans le 
jugement JTPI/1813/2021 à 780 fr., allocations familiales déduites et hors loyer; que les 
charges de l'enfant étant de 1'101 fr. en tenant compte d'une part de loyer de 321 fr., la 
contribution à l’entretien de C______ serait fixée à 1'100 fr. par mois, allocations 
familiales non comprises; 

Que par acte déposé à la Cour de justice le 23 janvier 2023, A______ a formé appel 
contre ce jugement; qu'il a conclu notamment, avec suite de frais, à son annulation et, 
cela fait, au maintien de la garde alternée de C______, selon diverses modalités, au 
maintien de la contribution d'entretien qu'il verse en faveur de l'enfant à 400 fr., 
subsidiairement à ce que la contribution d'entretien soit fixée à 670 fr. en cas de garde 
exclusive de l'enfant par sa mère; 

- 3/5 - 
 

C/24408/2021 

Qu'il a a conclu préalablement à l'octroi de l'effet suspensif à son appel "à titre 
superprovisionnel"; qu'il a invoqué que son disponible selon le jugement attaqué est de 
1'630 fr. et qu'après paiement de 950 fr. pour D______ et 1'100 fr. pour C______, il 
subirait un déficit de 420 fr.; qu'il serait dès lors exposé immédiatement à d'importantes 
difficultés financières, en défaut de paiement et mis aux poursuites; que le Tribunal 
avait augmenté la contribution à l'entretien de C______ sans réduire celle en faveur de 
D______; le statu quo devait par ailleurs être maintenu concernant la garde de 
C______; 

Que par décision du 24 janvier 2023, la Cour a refusé l'octroi de l'effet suspensif à titre 
superprovisionnel; 

Qu'invitée à se prononcer sur l'octroi de l'effet suspensif, B______ a conclu à son rejet; 
qu'elle a soutenu que la garde exclusive de C______ à sa mère devait être instaurée au 
plus vite et que le solde de A______ de 3'673 fr. ou 1'762 fr. en tenant compte du 
minimum élargi du droit de la famille lui permettait de s'acquitter de la contribution 
d'entretien de 1'100 fr.; 

Considérant, EN DROIT, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC; 

Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet 
suspensif ex lege (art. 315 al. 4 let. b CPC);  

Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut 
exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice 
difficilement réparable;  

Que le préjudice difficilement réparable peut être de nature factuelle; il concerne tout 
préjudice, patrimonial ou immatériel, et peut même résulter du seul écoulement du 
temps pendant le procès; que le dommage est constitué, pour celui qui requiert les 
mesures provisionnelles, par le fait que, sans celles-ci, il serait lésé dans sa position 
juridique de fond et, pour celui qui recourt contre le prononcé de telles mesures, par les 
conséquences matérielles qu'elles engendrent;  

Qu'en matière de garde, la jurisprudence considère que des changements trop fréquents 
peuvent être préjudiciables à l'intérêt de l'enfant; que, par conséquent, lorsque la 
décision de mesures protectrices ou provisionnelles statue sur la garde ou modifie celle-
ci de sorte que l'enfant devrait être séparé du parent qui prenait régulièrement soin de lui 
au moment de l'ouverture de la procédure ayant donné lieu à la décision attaquée, le 
bien de l'enfant commande alors, dans la règle, de maintenir les choses en l'état et de 
laisser celui-ci auprès de la personne qui lui sert actuellement de référence; que la 
requête d'effet suspensif du parent qui entend conserver la garde doit ainsi être admise, 
sauf si le maintien de la situation antérieure met en péril le bien de l'enfant ou encore si 
l'appel paraît sur ce point d'emblée irrecevable ou manifestement infondé (ATF  

- 4/5 - 
 

C/24408/2021 

144 III 469 consid. 4.2.1; 138 III 565 consid. 4.3.2; arrêt du Tribunal fédéral 
5A_223/2022 du 29 août 2022, consid. 3.1.1); 

Que s'agissant du paiement de sommes d'argent, il appartient à la partie recourante qui 
requiert la restitution de l'effet suspensif de démontrer qu'à défaut de son prononcé elle 
serait exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne pourrait pas obtenir le 
remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain de cause au fond (ATF 
138 III 333 consid. 1.3.1; 137 III 637 consid. 1.2); 

Qu'en l'espèce, l'écoulement du temps est susceptible de causer un préjudice 
difficilement réparable à l'appelant qui ne pourra pas récupérer le temps qu'il n'a pas 
passé avec sa fille; quant à cette dernière, elle a adressé divers reproches à son père; que 
le SEASP a toutefois relevé l’attachement père-fille; que l'intérêt de l'enfant ne 
commande donc pas, pour la durée de la procédure d'appel, qui devrait être brève vu sa 
nature sommaire, de faire exception au principe général selon lequel il convient d'éviter 
de modifier le système de garde instauré; que la requête d'effet suspensif sera dès lors 
admise à cet égard; 

Que par ailleurs, concernant la contribution d'entretien, le jugement attaqué ne 
mentionne pas quelle est la situation financière de l'appelant, dont il convient 
d'admettre, à ce stade, qu'elle ne s'est pas modifiée depuis le jugement du 10 février 
2021; que le Tribunal avait alors considéré que le disponible de l'appelant s'élevait à 
1'630 fr.; que le Tribunal n'ayant pas modifié, dans le jugement attaqué, la contribution 
due par l'appelant à l'entretien de D______ de 950 fr. (ch. 8 du dispositif du jugement 
du 10 février 2021), la contribution fixée de 1'100 fr. en faveur de C______ entame son 
minimum vital; que la contribution ayant été fixée dans le premier jugement, eu égard à 
la garde alternée instaurée, la requête d'effet suspensif sera également admise sur ce 
point;  

Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec la décision au 
fond (art. 104 al. 3 CPC). 

* * * * * 

- 5/5 - 
 

C/24408/2021 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

 
Statuant sur requête de suspension du caractère exécutoire du jugement attaqué : 

Admet la requête formée par A______ tendant à suspendre le caractère exécutoire du 
jugement JTPI/278/2023 rendu le 6 janvier 2023 par le Tribunal de première instance 
dans la cause C/24408/2021. 

Dit qu'il sera statué sur les frais liés à la présente décision dans l'arrêt rendu sur le fond. 

Siégeant : 

Monsieur Laurent RIEBEN, président; Madame Jessica ATHMOUNI, greffière. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indications des voies de recours: 

 

La présente décision, incidente et de nature provisionnelle (ATF 137 III 475 consid. 1 et 

2), est susceptible d'un recours en matière civile (art. 72 ss de la loi fédérale sur le 

Tribunal fédéral du 17 juin 2005; LTF – RS 173.110), les griefs pouvant être invoqués 
étant toutefois limités (art. 93/98 LTF), respectivement d'un recours constitutionnel 

subsidiaire (art. 113 ss LTF). Dans les deux cas, le recours motivé doit être formé dans 

les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète de la décision 

attaquée. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.