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**Case Identifier:** 18b7be9c-38b8-551f-87bb-06ec8d4aa891
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-02-20
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 20.02.2023 FI.2023.0003
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_FI-2023-0003_2023-02-20.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 20 février 2023 

  
	
  Composition

  	
  Mme Mihaela Amoos Piguet, présidente; M. Marc-Etienne Pache et M.
  Nicolas Perrigault, assesseurs; M. Christophe Baeriswyl, greffier. 

  

 

	
  Recourant

  	
   

  	
  A.________, à ********, 

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Commission communale de recours en
  matière d'impôts et de taxes spéciales de Berolle, à Berolle,   

  

   

	
  Autorité concernée

  	
   

  	
  Municipalité de Berolle, à
  Berolle.   

  

   

 

	
  Objet

  	
  Taxe ou émolument communal (sauf épuration ou ordure)      

  
	
   

  	
  Recours A.________ c/ décision de la Commission communale
  de recours en matière d'impôts et de taxes spéciales de Berolle du 21
  novembre 2022 déclarant irrecevable son recours contre la facture du 9 août
  2022 que la Municipalité de Berolle lui a adressée.

  

 

Vu les faits suivants:

A.                    
A.________ et A.________ sont copropriétaires d'une maison individuelle au
chemin du ********, à Berolle.

B.                    
Le 8 juin 2022, les intéressés ont adressé à la Municipalité de Berolle (ci-après:
la municipalité) une demande de "modification sans permis de
construire" portant sur divers travaux sur leur propriété, notamment la
réalisation d'un pavage, la démolition et la reconstruction d'un mur de
soutènement, ainsi que la pose d'une palissade.

A la demande de la municipalité, A.________ a donné
davantage d'explications sur les travaux envisagés.

Le 21 juin 2022, la municipalité a soumis la demande
des époux A.________ et B.________ à un bureau d'études externe, C.________,
pour examen. 

Le bureau C.________ a rendu son rapport le 7
juillet 2022. Il a conclu que les travaux envisagés par les époux A.________ et
B.________ dépassaient le cadre des ouvrages de minime importance et qu'ils
nécessitaient dès lors une demande de permis de construire et potentiellement
une mise à l'enquête publique. Il remettait par ailleurs en cause la
faisabilité de certains travaux. 

Lors d'une rencontre sur place, les intéressés ont
été informés par la municipale en charge des constructions des conclusions du
rapport du bureau d'études mandaté, dont ils ont reçu une copie.

C.                    
Le 9 août 2022, la municipalité a adressé aux époux A.________ et
B.________ une facture d'un montant de 645 fr. 65, correspondant aux frais qui
lui avait été facturés par le bureau C.________. La facture se référait au
chiffre 2 du règlement sur les taxes perçues en matière de police des
constructions. Il était précisé par ailleurs à son verso qu'elle pouvait faire
l'objet d'un recours "par écrit et motivé, sous pli recommandé, dans les
trente jours dès la notification, devant la commission communale de
recours". 

D.                    
Le 15 août 2022, A.________ a envoyé à la municipalité un courrier
électronique ainsi libellé:

"Nous avons bien reçu la
facture du bureau C.________ concernant notre demande de travaux sans permis de
construire.

A aucun moment nous avons été
prévenus que cette demande serait payante, et encore moins à ce tarif.

Si la commune n'a
pas les compétences techniques pour répondre à une demande simple sans permis
de construire et qu'elle doit faire appel à une société externe privée, nous
estimons que nous devrions avoir le choix et être prévenu à l'avance du coût de
cette demande.

De plus ce bureau
nous a été imposé alors que la demande de la commune devrait être soumise à un
appel d'offre à au moins 3 sociétés différentes et que l'acceptation finale de
l'offre devrait être soumise au demandeur principal, pour acceptation ou non.

Pour finir, je n'ai reçu aucune demande de cette société, ni message ni
appel, ceci aurait pu permettre de réduire la note également car par exemple
nous sommes en possession de notre registre foncier récent et les différentes
offres de travaux que nous avons auraient permis à cette société de ne pas
faire d'estimations.

Je n'arrive pas à
trouver le règlement sur les taxes perçue de Berolle. Ni sur internet, ni sur
le site de la commune. Ou puis-je le trouver s'il vous plait?

Merci pour votre retour."

La municipalité, par l'intermédiaire de son
boursier, lui a répondu par courrier électronique 23 août 2022, en lui
remettant une copie du règlement sur les taxes perçues en matière de police des
constructions et en lui expliquant que les petites communes, comme celle
Berolle, n'étaient pas en mesure de financer un service technique interne,
raison pour laquelle elle soumettait tous les dossiers à des mandataires
externes, ce qui permettait de garantir une grande fiabilité.

A.________ a réagi le même jour, en indiquant qu'il
allait encore se renseigner sur le bien-fondé de la démarche de la
municipalité, tout en précisant qu'il trouvait cette façon de faire "très
limite".

E.                    
Le 23 août 2022, par l'intermédiaire du formulaire de contact accessible
sur le site internet de l'Etat de Vaud, A.________ a interpellé la Préfecture
du district de Morges (ci-après: la préfecture) pour savoir si la municipalité avait
le droit de lui refacturer les frais du bureau externe qu'elle avait mandaté.

Interpellée, la municipalité s'est déterminée les 1er
et 13 septembre 2022. Elle a joint par ailleurs les différents échanges qu'elle
avait eus avec l'intéressé.

Le 21 octobre 2022, la préfecture a adressé à A.________
le courrier électronique suivant:

"[...]

Il résulte de
l'expertise sommaire des éléments mis à notre disposition, qu'un projet pour de
simples travaux peuvent engendrer parfois des conséquences qui ne paraissent
pas forcément évidentes. Dès lors, d'une manière générale, les municipalités
préfèrent s'adjoindre l'aide de compétences professionnelles en mandatant des
bureaux techniques.

C'est ce qui s'est
passé dans le cas qui vous occupe. Le règlement communal sur les taxes perçues
en matière de police des constructions du 03.11.1979 actuellement en vigueur,
permet de refacturer les frais y relatifs. Il semblerait que vous ayez
déjà obtenu diverses autorisations pour lesquelles de tels frais vous ont déjà
été facturés. Dès lors, cette pratique d'application du règlement communal ne
devrait pas vous être inconnue.

En cas de désaccord
avec la facture de la commune, vous pouvez faire recours auprès de la
commission communale de recours dans les délais prescrits, cette dernière
statuera."

F.                    
Le 3 novembre 2022, A.________ a saisi la Commission communale de
recours en matière d'impôts et de taxes spéciales de Berolle (ci-après: la
commission communale de recours).

Constatant que son acte ne comportait ni motivation
ni conclusion, la commission communale de recours a imparti à l'intéressé un
délai de dix jours pour régulariser son acte.

Le 11 novembre 2022, A.________ a précisé les motifs
de son recours et joint la facture contestée.

Dans sa séance du 21 novembre 2022, la commission
communale de recours a décidé de déclarer le recours de A.________ irrecevable,
pour cause de tardiveté. Cette décision a été notifiée à l'intéressé le 27
décembre 2022.

G.                    
Par acte du 4 janvier 2023, régularisé le 5 janvier 2023 (l'acte initial
ne comportant pas de signature), A.________ a recouru contre la décision de la
commission communale de recours devant la Cour de droit administratif et public
du Tribunal cantonal (CDAP). Faisant valoir que la municipalité aurait dû
l'avertir au préalable sur les frais engendrés par sa demande, il a conclu à
l'annulation de la facture du 9 août 2022.

Les autorités intimée et concernée ont produit leurs
dossiers.

Il n'a pas été demandé de réponse.

 

Considérant en droit:

1.                     
Déposé dans le délai de trente jours fixé par l’art. 95 de la loi
vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; RSV
173.36), le recours est intervenu en temps utile. L'acte, qui a été régularisé
spontanément dans le délai de recours, respecte au surplus les conditions
formelles énoncées à l’art. 79 LPA-VD.

2.                     
L'autorité intimée a déclaré irrecevable, pour tardiveté, le recours
déposé le 3 novembre 2022 contre la facture que la municipalité a adressée le 9
août 2022 au recourant. Le litige porte uniquement sur cette question de
recevabilité.

3.                     
a) La loi vaudoise du 5 décembre 1956 sur les impôts communaux (LICom;
RSV 650.11) prévoit à son art. 4 que les communes peuvent percevoir des taxes
spéciales en contrepartie de prestations ou avantages déterminés ou de dépenses
particulières. Cette disposition vise notamment les taxes perçues en matière de
droit des constructions.

L'art. 45 LICom dispose que chaque commune doit
instituer une commission de recours qui peut être saisie d'un recours contre
toute décision prise en matière d'impôts ou taxes communaux et de taxes
spéciales. L'art. 46 LICom précise que ce recours s'exerce conformément à la
LPA-VD. L'art. 77 LPA-VD prévoit à cet égard que le recours doit être déposé
dans un délai de trente jours dès notification de la décision attaquée. L'art. 19 LPA-VD précise que les délais fixés en jours
commencent à courir le lendemain du jour de leur communication ou de
l'événement qui les déclenche (al. 1); lorsqu'un délai échoit un samedi, un
dimanche ou un jour férié, son échéance est reportée au jour ouvrable suivant
(al. 2).

Selon la jurisprudence, le fardeau de la preuve de
la notification d'un acte, respectivement de la date à laquelle celle-ci a été
effectuée, incombe en principe à l'autorité qui entend en tirer une conséquence
juridique. Si la notification d'un acte envoyé sous pli simple ou la date de la
notification sont contestées, et qu'il existe effectivement un doute à ce sujet,
il y a lieu de se fonder sur les déclarations du destinataire de la
communication. La preuve de la notification d'un tel acte peut toutefois
résulter de l'ensemble des circonstances, en particulier de la correspondance
échangée entre les intéressés, ou encore de l'absence de protestation de la
part d'une personne qui reçoit des rappels (ATF 142 IV 125 consid. 4.3; 136 V
295 consid. 5.9; ATF 129 I 8 consid. 2.2 et les références).

b) En l'espèce, la facture litigieuse n'a pas été
envoyée par pli recommandé, si bien qu'il n'est pas possible de déterminer
précisément à quelle date elle a été notifiée. Le recourant en a eu toutefois
connaissance au plus tard le 15 août 2022, puisqu'il s'est adressé ce jour-là à
la municipalité pour demander des explications sur le fondement de cette
facture. Or ce n'est que près de trois mois plus tard, le 3 novembre 2022,
qu'il a saisi formellement la commission communale de recours d'un recours.

L'indication des voies de droit figurait pourtant
sur la facture, qui précisait expressément qu'elle pouvait être contestée
"par écrit et motivé, sous pli recommandé, dans les trente jours dès la
notification, devant la commission communale de recours". Certes, dans le
délai de recours, le recourant a eu quelques échanges par voie électronique
avec la municipalité. Comme l'autorité intimée l'a retenu, ces échanges ne
sauraient toutefois être considérés comme un recours. Si le recourant s'interrogeait
dans ses courriers électroniques sur le procédé consistant à lui refacturer les
frais d'un bureau d'études externe sans l'avertir au préalable et demandait des
explications à ce sujet, il n'a en effet pas clairement manifesté sa volonté de
recourir, indiquant du reste au terme de ses échanges avec la municipalité
qu'il allait se renseigner sur la légalité du procédé. Il en va de même de ses
échanges avec le Préfet du district de Morges, qu'il a interpellé, toujours par
voie électronique, pour avoir son avis sur la question.

Dans son recours, le recourant ne conteste
d'ailleurs pas la position de l'autorité intimée, se limitant à des arguments
sur le fond.  

Au regard de ces éléments, en retenant que le
recours du 3 novembre 2022 était tardif et en le déclarant irrecevable, la
commission communale de recours n'a pas violé le droit, ni abusé de son pouvoir
d'appréciation.

4.                     
Manifestement mal fondé, le recours doit être rejeté sans échange
d'écritures conformément à la procédure prévue par l'art. 82 al. 1 LPA-VD. Compte
tenu des opérations limitées de l'office et de la faible valeur litigieuse, il
est renoncé à percevoir un émolument de justice (cf. art. 50 LPA-VD).
L'allocation de dépens n'entre par ailleurs pas en considération (cf. art. 55
al. 1 a contrario LPA-VD).

 

Par ces motifs

 la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

 

I.                      
Le recours est rejeté.

II.                     
La décision de la Commission communale de recours en matière d'impôts et
de taxes spéciales de Berolle du 21 novembre 2022 est confirmée.

III.                   
L'arrêt est rendu sans frais, ni allocation de dépens.

Lausanne, le 20 février 2023

 

La présidente:                                                                                          Le greffier:

                                                                                                                  

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de
l'avis d'envoi ci-joint.

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa
notification, d'un recours au Tribunal fédéral (Tribunal fédéral suisse, Schweizerhofquai
6, 6004 Lucerne). Le recours en matière de droit public s'exerce aux conditions
des articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS
173.110), le recours constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss
LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,
indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.
Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.
Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,
pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la
décision attaquée.