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**Case Identifier:** 7d69851f-2f8d-5eae-b5e1-76df1e4ddfe8
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-05-21
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 21.05.2015 A/1246/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1246-2015_2015-05-21.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/1246/2015-MC ATA/484/2015  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 21 mai 2015 

2
ème

 section 

   dans la cause 

 

Monsieur A______ 
représenté par Me Aude Longet-Cornuz, avocate  

contre 

 OFFICE CANTONAL DE LA POPULATION ET DES MIGRATIONS 
 

_________ 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 

28 avril 2015 (JTAPI/510/2015) 

- 2/11 - 

A/1246/2015 

EN FAIT 

1)  Monsieur A______ est né le ______1991. Il est originaire d'Afrique de 
l'Ouest. 

2)  M. A______ est arrivé en Suisse en janvier 2009. Il a déposé le 22 janvier 
2009 une première demande d'asile. La décision de non-entrée en matière 
prononcée par l'office fédéral des migrations (ci-après : ODM), devenu 
entretemps le secrétariat d'État aux migrations (ci-après : SEM), a été confirmée le 
2 avril 2009 par le Tribunal administratif fédéral (ci-après : TAF), et est entrée en 
force le 3 avril 2009. 

3)  Le 15 avril 2009, un expert linguistique mandaté par l'office cantonal de la 
population (ci-après : OCP), devenu entretemps l'office cantonal de la population 
et des migrations (ci-après : OCPM), a tenté d'analyser l’État de provenance de 
M. A______. 

  L'intéressé prétendait être originaire de la République de Guinée-Bissau 
(ci-après : Guinée-Bissau) mais ne comprenait aucun dialecte de ce pays, pas plus 
que le créole portugais. Le peul qu'il parlait ressemblait fortement à celui parlé en 
République de Guinée (ci-après : Guinée-Conakry). Compte tenu de la mauvaise 
volonté à coopérer de M. A______, l'expert « ne [pouvait] que supposer que cette 
personne [était] ressortissante de la Guinée-Conakry, et pas de la Guinée-Bissau ». 

4)  Le 25 mars 2011, M. A______ a rempli et signé un formulaire à l'attention 
des autorités consulaires de Guinée-Bissau, qui avait la teneur suivante : 
« Je soussigné A______, né le ______1991 à Sonako [sic], Guinée-Bissau, fils de 
M______ A______ et de C______ A______, confirme par la présente être de 
nationalité bissau-guinéenne ». 

5)  Le même jour, convoqué dans les locaux de l'OCPM, il a indiqué être né le 
______1991 à Sonaco, Guinée-Bissau. 

6)  Le 11 novembre 2013, M. A______, revenu en Suisse après un séjour dans 
divers pays européens, a déposé une seconde demande d'asile. 

7)  Par décision du 25 novembre 2013, l'ODM a refusé d'entrer en matière sur 
ladite demande, et a prononcé le renvoi de M. A______ pour le lendemain de 
l'entrée en force de la décision. Celle-ci n'ayant pas fait l'objet d'un recours, elle 
est entrée en force. 

8)  Le 16 décembre 2013, M. A______ s'est rendu dans les locaux de l'OCPM 
et a eu un entretien avec un gestionnaire de cet office. Il avait compris la décision 
de non-entrée en matière et ses conséquences, mais il n'avait encore entrepris 

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aucune démarche en vue de son retour dans son pays d'origine. Il était conscient 
que s'il ne collaborait pas à son renvoi ou qu'il n'effectuait aucune démarche en ce 
sens, il s'exposait à des mesures de contrainte. 

9)  Le 29 janvier 2014, M. A______ été auditionné par une délégation de 
Guinée-Conakry, qui ne l'a pas reconnu comme originaire de ce pays. 

10)  Le 20 novembre 2014, M. A______ a été auditionné par une délégation de 
Guinée-Bissau, qui l'a reconnu comme originaire de ce pays. 

11)  Le 21 novembre 2014, un laissez-passer a été délivré par l'ambassade de 
Guinée-Bissau, valable du 1er décembre 2014 au 28 février 2015. 

12)  Le 11 décembre 2014, l'ODM, a écrit à l'OCPM pour lui demander de 
communiquer ces faits à l'intéressé. L'OCPM devait procéder à la réservation d'un 
vol ayant lieu avant le 28 février 2015. 

13)  Le 15 décembre 2014, M. A______ s'est rendu dans les locaux de l'OCPM 
et a eu un entretien avec un gestionnaire de cet office. Interrogé sur le résultat de 
l'audition précitée, M. A______ a indiqué : « OK ils ne m'ont pas dit qu'ils 
m'avaient reconnu, mais oui je suis de Guinée-Bissau ». 

  M. A______ a été averti d'une part qu'à défaut de certificat médical 
précisant qu'il ne pouvait pas voyager, il devrait rentrer dans son pays, et d'autre 
part que s'il n'effectuait de lui-même aucune démarche en vue de son départ ou 
qu'un manque de collaboration pouvait lui être imputé, il risquait des mesures de 
contrainte, en particulier une mise en détention administrative. 

14)  Convoqué à un autre entretien à l'OCPM pour le 20 janvier 2015, 
M. A______ ne s'y est pas rendu, pas plus qu'il ne s'est excusé. 

15)  Une place à bord d'un vol de ligne pour Bissau a été réservée pour le 
16 février 2015. M. A______ a toutefois refusé d'embarquer. 

16)  Le 16 février 2015 à 17h10, l'officier de police a ordonné la mise en 
détention administrative de M. A______ pour une durée de cent quatre-vingts 
jours, sur la base de l'art. 76 al. 1 let. b ch. 3 et 4 de la loi fédérale sur les étrangers 
du 16 décembre 2005 (LEtr - RS 142.20). 

  Entendu préalablement dans ce cadre, M. A______ a indiqué qu'il était en 
bonne santé, mais qu'il souhaitait qu'on lui enlevât les plaques posées sur sa 
mâchoire, après quoi il accepterait de quitter la Suisse. Il n'était pas d'accord de 
retourner en Guinée-Bissau, et préférait être renvoyé en Guinée-Conakry ou au 
Sénégal. 

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17)  À une date indéterminée mais entre le 16 et le 18 février 2015, l'OCPM a 
rempli un formulaire auprès de Swissrepat afin d'inscrire M. A______ sur un vol 
spécial à destination de la Guinée-Bissau. 

18)  Le 18 février 2015, il a été répondu à l'OCPM que treize inscriptions étaient 
déjà enregistrées pour des vols spéciaux à destination de la Guinée-Bissau. Les 
places étant limitées à six par vol, la liste d'attente se prolongeait sur les vols 
prévus pour mai et juillet 2015. 

19)  Dans le cadre du contrôle judiciaire de la mise en détention, le Tribunal 
administratif de première instance (ci-après : TAPI) a tenu une audience le 
19 février 2015. 

 a. M. A______ a indiqué qu'il était disposé à se rendre en Guinée-Conakry, 
mais pas à retourner dans son pays d'origine ; il n'avait toutefois pas de titre de 
séjour qui lui permettrait de se rendre en Guinée-Conakry ou au Sénégal. S'il était 
remis en liberté, il regagnerait le Foyer des Tattes. Il avait rendez-vous à l'hôpital 
au mois de juin 2015 pour qu'on lui retire les plaques posées sur sa mâchoire afin 
de réduire une fracture qu'il avait subie. 

 b. Le représentant de l'OCPM a quant à lui précisé que M. A______ avait été 
inscrit pour un vol spécial mais qu'il ne serait probablement pas possible d'obtenir 
une place sur un tel vol avant le mois de juillet 2015. Les vols avec escorte 
policière n'étaient pas possibles à destination de la Guinée-Bissau. 

20)  Par jugement du 19 février 2015, remis en mains propres à M. A______ le 
jour même, le TAPI a confirmé l’ordre de mise en détention litigieux. 

  Les conditions d'une mise en détention administrative étaient remplies. La 
durée de cent quatre-vingts jours, quoiqu'importante, était justifiée par le 
comportement de M. A______, qui nécessitait une exécution du renvoi par vol 
spécial ; or celle-ci ne pourrait vraisemblablement intervenir avant le mois de 
juillet 2015. 

21)  Par acte posté le 2 mars 2015, et reçu le 3 mars 2015, M. A______ a 
interjeté recours auprès de la chambre administrative de la Cour de justice 
(ci-après : la chambre administrative) contre le jugement précité, concluant 
principalement à l'annulation de ce dernier, à sa mise en liberté immédiate ainsi 
qu'à l'octroi d'une indemnité de procédure. 

22)  Le 9 mars 2015, l'officier de police a écrit à la chambre administrative, en 
lui signalant qu'une place à bord d'un vol spécial prévu fin juillet 2015 avait été 
réservée pour M. A______. 

23)  Par arrêt du 11 mars 2015 (ATA/265/2015), la chambre administrative a 
rejeté le recours de M. A______. 

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  Tous les éléments figurant au dossier sauf un indiquaient que M. A______ 
était originaire de Guinée-Bissau et non de Guinée-Conakry. L'absence de 
collaboration du recourant et le risque qu'il retourne dans la clandestinité étaient 
avérés. Il avait ainsi déclaré plusieurs fois ne pas vouloir retourner en Guinée-
Bissau, et avait refusé d'embarquer à bord du vol prévu le 16 février 2015 ; il avait 
déjà quitté la Suisse pendant une période de plus d'un an avant de revenir et d'y 
déposer une seconde demande d'asile. Quant au rendez-vous médical prévu le 
6 juillet 2015, on ne pouvait y voir une garantie qu'il ne se soustraie à son renvoi, 
dans la mesure où rien ne l'empêchait de faire déplacer la date de ce rendez-vous 
une fois libre. 

  La durée de cent quatre-vingts jours de l'ordre de mise en détention querellé 
était certes longue. Au vu néanmoins de la configuration des événements, à savoir 
la nécessité de réserver un vol spécial à destination de la Guinée-Bissau, et la date 
prévue actuellement de celui-ci au vu des listes d'attente en cours, soit fin juillet 
2015, un terme plus bref n'avait guère de sens. 

24)  Le 15 mars 2015, le gestionnaire de cas de l'OCPM a rencontré M. A______ 
au centre de détention. Ce dernier a indiqué ne pas être d'accord d'être renvoyé en 
Guinée-Bissau, car il n'en était pas originaire. De plus, il devait se faire opérer 
pour faire enlever la plaque sur sa mâchoire. 

25)  Par courrier du 14 avril 2015, M. A______ a demandé sa mise en liberté. Il 
était en détention depuis le 9 mars 2015. Il supportait très mal l'enfermement, dont 
il souffrait énormément. Il demandait sa mise en liberté car la durée de sa 
détention était disproportionnée et arbitraire. 

26)  Dans le cadre de l'examen de cette demande, le TAPI a tenu audience le 
28 avril 2015. 

  M. A______ a maintenu ne pas être originaire de Guinée-Bissau, et être 
opposé à l'idée de s'y rendre. 

  Il avait toujours des douleurs à la mâchoire. Un rendez-vous lui avait été 
fixé par les HUG pour le 6 juillet 2015, mais il n'était pas prévu que les plaques 
posées lui soient retirées ce jour-là. 

27)  Le 28 avril 2015, le TAPI a rejeté la demande de mise en liberté. La 
chambre administrative avait déjà confirmé la durée de l'ordre de mise en 
détention, si bien qu'il n'y avait pas lieu d'y revenir. 

  S'agissant d'une éventuelle impossibilité de l'exécution du renvoi, l'art. 83 
al. 4 LEtr ne pouvait être interprété comme comprenant un droit de séjour 
lui-même induit par un droit général d'accès en Suisse à des mesures médicales 
visant à recouvrer la santé ou à la maintenir. Il suffisait que les soins essentiels 
puissent être administrés dans le pays de provenance de l'étranger, ce qui était le 

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cas en l'espèce. De plus, le motif médical invoqué ne présentait pas un caractère 
de gravité suffisant pour admettre l'inexigibilité de l'exécution du renvoi. 

28)  Par acte posté le 8 mai 2015, reçu le 11 mai 2015, M. A______ a interjeté 
recours auprès de la chambre administrative, concluant à l'annulation du jugement 
précité et à sa libération immédiate. 

  Le renvoi devait être considéré comme impossible au sens de l'art. 80 al. 6 
LEtr. Il était impératif que la dépose des plaques sur sa mâchoire se fasse en 
Suisse, une telle opération étant impossible en Guinée-Bissau. Il était incohérent 
que la Suisse reconnaisse le droit à un étranger sans titre de séjour de bénéficier 
d'une opération chirurgicale, puis de l'empêcher de subir l'opération de suivi. 

  Le principe de proportionnalité était en outre violé, dès lors que 
M. A______ était tout à fait disposé à rentrer de lui-même en Guinée-Conakry, 
pays dont il était originaire. 

29)  Le 18 mai 2015, l'OCPM a conclu au rejet du recours. 

  La situation médicale de l'intéressé ne permettait pas de constater qu'un 
renvoi mettrait sa vie en danger à court ou moyen terme. Il n'était pas non plus 
établi que les soins requis par son état n'étaient pas disponibles en Guinée-Bissau. 
Le renvoi n'était ainsi pas rendu momentanément impossible, au sens de l'art. 80 
al. 6 LEtr. 

  Les principes de célérité et de proportionnalité étaient également respectés, 
aucune mesure moins incisive n'étant envisageable, et un vol spécial étant 
désormais expressément prévu qui aurait lieu en juin 2015. L'OCPM fournissait à 
cet égard un courriel de confirmation émis par le SEM le 21 avril 2015, 

30)  Sur ce, la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1)  Interjeté le 8 mai 2015 contre le jugement du TAPI prononcé et 
communiqué aux parties le 28 avril 2015, le recours l'a été en temps utile auprès 
de la juridiction compétente (art. 132 al. 2 de la loi sur l’organisation judiciaire du 
26 septembre 2010 - LOJ - E 2 05 ; art. 10 al. 1 de la loi d’application de la LEtr 
du 16 juin 1988 - LaLEtr - F 2 10 ; art. 17 et 62 al. 1 let. b de la loi sur la 
procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2)  Selon l’art. 10 al. 2 LaLEtr, la chambre administrative doit statuer dans les 
dix jours qui suivent sa saisine. Ayant reçu le recours 11 mai 2015 et statuant ce 
jour, elle respecte ce délai. 

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3)  La chambre administrative est compétente pour apprécier l’opportunité des 
décisions portées devant elle (art. 10 al. 2 LaLEtr). Elle peut confirmer, réformer 
ou annuler la décision attaquée ; cas échéant, elle ordonne la mise en liberté de 
l’étranger (art. 10 al. 3 LaLEtr). 

4)  La détention administrative porte une atteinte grave à la liberté personnelle 
et ne peut être ordonnée que dans le respect de l'art. 5 de la Convention de 
sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 
1950 (CEDH - RS 0.101 ; ATF 135 II 105 consid. 2.2.1 p. 107) et de l'art. 31 de la 
Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101), 
ce qui suppose en premier lieu qu'elle repose sur une base légale. Le respect de la 
légalité implique ainsi que la mise en détention administrative ne soit prononcée 
que si les motifs prévus dans la loi sont concrètement réalisés (arrêt du Tribunal 
fédéral 2C_478/2012 du 14 juin 2012 consid. 2.1). 

  En outre, la personne en détention administrative peut déposer en tout temps 
une demande de levée de détention (art. 7 al. 4 let. g LaLEtr). 

5)  L’étranger qui a fait l’objet d’une décision de renvoi peut être mis en 
détention administrative si des éléments concrets font craindre qu’il entend se 
soustraire à son expulsion, en particulier parce qu’il ne se soumet pas à son 
obligation de collaborer au sens de l’art. 90 LEtr (art. 76 al. 1 let. b ch. 3 LEtr). Il 
en va de même si son comportement permet de conclure qu’il se refuse à 
obtempérer aux instructions des autorités (art. 76 al. 1 let. b ch. 4 LEtr). 

  L’art. 76 al. 1 let. b ch. 3 et 4 LEtr décrit des comportements permettant de 
conclure à l’existence d’un risque de fuite ou de disparition. Ces deux éléments 
doivent donc être envisagés ensemble (arrêt du Tribunal fédéral 2C_128/2009 du 
30 mars 2009 consid. 3.1). Lorsqu’il examine le risque de fuite, le juge de la 
détention administrative doit établir un pronostic, en déterminant s’il existe des 
garanties que l’étranger prêtera son concours à l’exécution du renvoi le moment 
venu, c’est-à-dire lorsque les conditions en seront réunies. Il dispose pour ce faire 
d’une certaine marge d’appréciation, ce d’autant qu’il doit en principe entendre 
l’intéressé (arrêt du Tribunal fédéral 2C_935/2011 du 7 décembre 2011 
consid. 3.3). 

6)  Les conditions d'une mise en détention administrative sont remplies. La 
chambre de céans a ainsi déjà examiné cette question dans l'ATA/265/2015 
précité, si bien qu'il n'y a pas lieu d'y revenir. 

7) a. La détention administrative doit respecter le principe de la proportionnalité, 
garanti par l’art. 36 al. 3 Cst. 

 b. Selon l'art. 79 al. 1 LEtr, la détention en phase préparatoire et la détention en 
vue du renvoi ou de l’expulsion visées aux art. 75 à 77 LEtr ainsi que la détention 

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pour insoumission visée à l’art. 78 LEtr ne peuvent excéder six mois au total. 
Cette durée peut néanmoins, avec l'accord de l'autorité judiciaire cantonale, être 
prolongée de douze mois au plus lorsque la personne concernée ne coopère pas 
avec l’autorité compétente (art. 79 al. 2 let. a LEtr). L'art. 79 al. 2 LEtr n'instaure 
pas un nouveau régime de détention dont les conditions s'apprécieraient 
distinctement de celles de l'art. 79 al. 1 LEtr. Il s'agit de la simple extension de la 
durée maximale possible de la mesure, notamment lorsque la personne concernée 
ne collabore pas. 

8)  Le recourant a été placé en détention administrative le 16 février 2015. Dès 
lors que la détention est due au non-respect d’une décision définitive et exécutoire 
d’interdiction d’entrée, la décision de mise en détention administrative - qui 
s’inscrit dans le cadre des dix-huit mois de détention autorisés - respecte le cadre 
légal. 

  La durée de l'ordre de mise en détention a également déjà été jugé 
acceptable par la chambre de céans dans l'ATA/265/2015 précité (consid. 8). Le 
fait que la date du vol spécial soit maintenant prévue au mois de juin ne change 
rien au fait qu'aujourd'hui, la durée de la détention administrative n'est pas 
disproportionnée. 

9) a. Selon l’art. 80 al. 4 LEtr, l’autorité judiciaire qui examine la décision de 
détention administrative tient compte de la situation familiale de la personne 
détenue et des conditions d’exécution de la détention. Celle-là doit en particulier 
être levée lorsque son motif n’existe plus ou si, selon l’art. 80 al. 6 let. a LEtr, 
l’exécution du renvoi ou de l’expulsion s’avère impossible pour des raisons 
juridiques ou matérielles, ou qu’elle ne peut être raisonnablement exigée, cette 
dernière disposition légale renvoyant à l’art. 83 al. 1 à 4 LEtr. 

  Le renvoi ne peut être raisonnablement exigé si l’expulsion de l’étranger 
dans son pays d’origine le met concrètement en danger, par exemple en cas de 
guerre, de guerre civile ou de violence généralisée, ou de nécessité médicale, sa 
vie étant mise en danger du fait de l’impossibilité de poursuivre dans son pays un 
traitement médical indispensable (art. 83 al. 4 LEtr ; ATA/244/2012 du 24 avril 
2012 ; ATA/159/2011 du 8 mars 2011). 

 b. L'art. 83 al. 4 LEtr vise non seulement les personnes qui, sans être 
individuellement victimes de persécutions, tentent d’échapper aux conséquences 
de guerres civiles, de tensions, de répressions ou d’autres atteintes graves 
généralisées aux droits de l’homme, mais également celles pour lesquelles un 
retour dans leur pays d’origine reviendrait à les mettre concrètement en danger, 
notamment parce qu’elles ne pourraient plus recevoir les soins dont elles ont 
besoin, soit les soins de médecine générale d’urgence absolument nécessaires à la 
garantie de la dignité humaine. Il ne suffit pas en soi de constater, pour admettre 
l'inexigibilité de l'exécution du renvoi, qu'un traitement prescrit sur la base de 

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normes suisses ne pourrait être poursuivi dans le pays de l'étranger (arrêt du TAF 
D-3819/2010 du 21 novembre 2011 consid. 4.2.3). Si les soins essentiels 
nécessaires peuvent être assurés dans le pays d’origine ou de provenance de 
l’étranger concerné, l’exécution du renvoi dans l’un ou l’autre de ces pays sera 
raisonnablement exigible (ATF 128 II 200 consid. 5.3 ; ATA/227/2015 du 2 mars 
2015 consid. 5c). 

10)  Selon l'art. 80 al. 6 LEtr, la détention est levée lorsque le motif de celle-ci 
n’existe plus ou si l’exécution du renvoi ou de l’expulsion s’avère impossible pour 
des raisons juridiques ou matérielles. 

  Ce qui est déterminant dans l'application de cette disposition est de savoir si 
le renvoi est ou non possible dans un avenir proche. La détention devient 
inadmissible au sens de l'art. 80 al. 6 LEtr, et partant disproportionnée, lorsqu'il 
existe des raisons sérieuses qui rendraient le renvoi inexécutable, ou irréalisable 
dans un délai raisonnable, si bien que la détention n'apparaîtrait plus conforme au 
but de la loi, qui est d'assurer l'exécution du renvoi (ATF 130 II 56 consid. 4.1.3 ; 
arrêt du Tribunal fédéral 2C_658/2014 du 7 août 2014 consid. 2.1). 

11)  En l'espèce, les douleurs du recourant à la mâchoire, pas plus que la 
présence de plaques sur celle-ci,  issues de son opération, ne permettent a priori de 
mettre en doute le caractère exécutable du renvoi, étant rappelé qu'il est prévu 
avant tout vol spécial un contrôle médical permettant d'établir si l'étranger est apte 
ou non à prendre l'avion. L'art. 80 al. 6 LEtr n'apparaît donc pas applicable en 
l'espèce. 

  Les problèmes de santé du recourant ne permettent pas non plus d'envisager 
une application de l'art. 83 al. 4 LEtr puisque, selon la jurisprudence citée plus 
haut, il ne suffit pas pour admettre l'inexigibilité de l'exécution du renvoi que le 
traitement de M. A______ ne puisse être poursuivi et achevé en Guinée-Bissau. 
Le recourant n'alléguant pas que les soins essentiels feraient défaut dans ce pays, 
il y a lieu d'écarter son grief, étant précisé qu'au plan médical, la situation n'a en 
rien changé depuis l'arrêt de la chambre de céans du 11 mars 2015, qui avait 
retenu que l'exécution du renvoi était exigible. 

12)  Mal fondé, le recours sera rejeté.  

13)  Vu la nature du litige, aucun émolument ne sera perçu (art. 87 al. 1 LPA et 
art. 12 al. 1 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en procédure 
administrative du 30 juillet 1986 - RFPA - E 5 10.03). Vu l’issue de celui-ci, 
aucune indemnité de procédure ne sera allouée (art. 87 al. 2 LPA). 

 
* * * * * 

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PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 8 mai 2015 par Monsieur A______ contre le 
jugement du Tribunal administratif de première instance du 28 avril 2015 ; 

au fond : 

le rejette ; 

dit qu'il n'est pas perçu d'émolument, ni alloué d'indemnité de procédure ; 

dit que conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ; 

communique le présent arrêt à Me Aude Longet-Cornuz, avocate du recourant, à l'office 
cantonal de la population et des migrations, au Tribunal administratif de première 
instance, au secrétariat d'État aux migrations, ainsi qu'au centre Frambois LMC, pour 
information. 

Siégeants : M. Verniory, président, M. Dumartheray, Mme Payot Zen-Ruffinen, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

le greffier-juriste : 
 
 

F. Scheffre 

 le président siégeant : 
 
 

J.-M. Verniory 
 
 

 

 

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Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :