# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a62a4fd0-899b-5913-9baa-c791daa14edf
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2017-11-09
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 09.11.2017 D-5055/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-5055-2017_2017-11-09.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour IV 

D-5055/2017 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  9  n o v e m b r e  2 0 1 7  

Composition 
 Gérard Scherrer, juge unique,  

avec l’approbation de Sylvie Cossy, juge; 

Michel Jaccottet, greffier. 

   

Parties 
 A._______, 

née le (…), 

agissant pour elle-même et son enfant, 

B._______,  

né le (…), 

Erythrée,   

représentée par Françoise Jacquemettaz,  

Centre Suisses-Immigrés (C.S.I.),  

recourante,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Exécution du renvoi;  

décision du SEM du 4 août 2017 / N (…). 

 

 

 

D-5055/2017 

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Vu 

la demande d'asile déposée en Suisse par A._______ en date du 28 avril 

2015,  

les procès-verbaux des auditions des 26 mai 2015 et 11 mai 2016,  

la naissance de B._______ le (…), 

la décision du 4 août 2017, notifiée cinq jours plus tard, par laquelle le SEM 

a rejeté la demande d'asile de l'intéressée, a prononcé son renvoi de 

Suisse et celui de son enfant, et a ordonné l'exécution de cette mesure,  

le recours du 7 septembre 2017, par lequel l'intéressée a conclu au 

prononcé d'une admission provisoire en raison de l’illicéité et l’inexigibilité 

de l’exécution de son renvoi, et a requis l’octroi de l'assistance judiciaire 

partielle,  

la décision incidente du 15 septembre 2017, par laquelle le Tribunal 

administratif fédéral (ci-après: le Tribunal) a rejeté cette requête,  

la décision incidente du 5 octobre 2017, par laquelle le Tribunal a annulé 

celle du 15 septembre 2017, a renoncé à la perception de l’avance de frais 

et a admis la demande d’assistance judiciaire partielle, 

la détermination du SEM du 10 octobre 2017,  

 

et considérant 

que le Tribunal, en vertu de l’art. 31 LTAF (RS 173.32), connaît des recours 

contre les décisions au sens de l’art. 5 PA (RS 172.021) prises par les 

autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF, 

qu’en particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l’asile 

peuvent être contestées, par renvoi de l’art. 105 LAsi (RS 142.31), devant 

le Tribunal, lequel statue alors définitivement, sauf demande d’extradition 

déposée par l’Etat dont le requérant cherche à se protéger (art. 83 let. d 

ch. LTF [RS 173.110]), exception non réalisée en l'espèce, 

que le Tribunal est donc compétent pour connaître du présent recours, 

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que les procédures sont régies par la PA, par la LTAF et par la LTF, à moins 

que la LAsi n'en dispose autrement (art. 6 LAsi), 

que l'intéressée a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA), 

que, présenté dans la forme (cf. art. 52 al. 1 PA) et le délai (cf. art. 108 al. 1 

LAsi) prescrits par la loi, le recours est recevable, 

qu'en matière d'asile et sur le principe du renvoi (art. 44 1ère phr. LAsi), le 

Tribunal examine en vertu de l'art. 106 al. 1 LAsi, les motifs de recours tirés 

d'une violation du droit fédéral, notamment pour abus ou excès dans 

l'exercice du pouvoir d'appréciation (let. a), et d'un établissement inexact 

ou incomplet de l'état de fait pertinent (let. b) ; qu'en matière d'exécution 

du renvoi, il examine en sus le grief d'inopportunité (art. 112 al. 1 LEtr [RS 

142.20] en relation avec l'art. 49 PA ; voir aussi ATAF 2014/26, consid. 5.6), 

que, cela étant, la recourante n'a pas contesté la décision du SEM en tant 

que cette autorité lui dénie la qualité de réfugié, rejette sa demande d'asile 

et prononce son renvoi de Suisse, de sorte que, sur ces points, elle a 

acquis force de chose décidée,  

qu’en tant que femme seule avec un enfant âgé (…), l’intéressée soutient 

dans son recours, invoquant implicitement l’inégalité de traitement, que son 

renvoi est inexigible, à l’instar de ce qui a été reconnu dans d’autres cas 

similaires, 

qu’elle explique également qu’un retour en Erythrée comporterait des 

risques de devoir subir des mesures contraires à l’art. 3 CEDH (RS. 0.101), 

qu’invité à se prononcer de façon précise sur ces griefs dans le cadre d’un 

préavis, le SEM s’est limité à mentionner que le recours ne contenait aucun 

élément ou moyen de preuve nouveau susceptible de modifier son point 

de vue (cf. détermination du 10 octobre 2017),  

qu’ainsi, il n’est possible ni à la recourante ni au Tribunal de se prononcer 

sur le bien-fondé de ce grief tiré de l’inégalité de traitement, 

que, pour ces motifs, le recours doit être admis, la décision du 4 août 2017 

annulée et la cause renvoyée au SEM pour complément d’instruction et 

nouvelle décision, en matière d’exécution du renvoi, dûment motivée sur le 

grief précité (cf. art. 106 al. 1 let. b LAsi et art. 61 al. 1 in fine PA), 

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qu’à cette fin, le SEM devra établir de manière complète l'état de fait et 

procéder à un examen de toutes les circonstances pertinentes, en se 

conformant aux exigences résultant du droit d’être entendu, de l’égalité de 

traitement et du principe de la proportionnalité (cf. ATAF 2015/9 consid. 7 

s.), 

que ses considérations déterminantes devront être intégrées dans la 

motivation de sa décision, laquelle, à cet égard, doit permettre non 

seulement à l’intéressée de se défendre utilement, mais également à 

l’autorité de recours d’exercer son contrôle, notamment de vérifier s’il n’y a 

pas eu excès du pouvoir d’appréciation ou arbitraire, 

que le SEM devra également se prononcer sur l’illicéité de l’exécution du 

renvoi en relation avec les risques allégués qui attendraient la recourante 

en cas de retour dans son pays d’origine, 

que, s’avérant manifestement fondé, le recours est admis dans un 

procédure à juge unique, avec l’approbation d’un second juge (cf. art. 111 

let. e LAsi), 

que vu l’issue de la cause, il n’est pas perçu de frais, 

qu’ayant obtenu gain de cause, la recourante a droit à des dépens pour les 

frais nécessaires causés par le litige (cf. art. 64 al. 1 PA ; art. 7 al. 1 FITAF 

[RS 173.320.2]), 

que leur montant est fixé à 500 francs, sur la base du dossier (cf. art. 14 al. 

2 FITAF), étant précisé que seuls les frais nécessaires sont indemnisés (cf. 

art. 8 al. 2 FITAF),  

 

(dispositif page suivante) 

  

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le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est admis.  

2.  

La décision du SEM du 4 août 2017 est annulée et la cause lui est renvoyée 

pour complément d’instruction et nouvelle décision, au sens des 

considérants. 

3.  

Il n’est pas perçu de frais. 

4.  

Le SEM versera à la recourante un montant de 500 francs à titre de 

dépens. 

5.  

Le présent arrêt est adressé à la recourante, au SEM et à l'autorité 

cantonale. 

 

Le juge unique : Le greffier : 

  

Gérard Scherrer Michel Jaccottet 

 

 

Expédition :