# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 82362f65-41a6-5b0d-bbc1-9c7adc45fa99
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-08-24
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Kindes- und Erwachsenenschutzhof 24.08.2018 106 2018 69
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_004_106-2018-69_2018-08-24.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00
tribunalcantonal@fr.ch
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

106 2018 69
106 2018 70

Arrêt du 24 août 2018

Cour de protection de l’enfant et de l’adulte

Composition Présidente: Sandra Wohlhauser
Juges: Jérôme Delabays, Michel Favre
Greffière: Elsa Gendre

Parties A.________, requérante et recourante, représentée par 
Me Sébastien Pedroli, avocat

Objet Recours assistance judiciaire

Recours du 26 juillet 2018 contre la décision de la Juge de paix de 
l'arrondissement de la Broye du 18 juillet 2018

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attendu

que, dans le cadre d’une procédure portant sur la question d’une curatelle de gestion du droit de 
visite, A.________ a déposé le 22 mars 2018 une requête d’assistance judiciaire totale, alléguant 
qu’elle dispose d’un revenu mensuel de CHF 3’200.- environ et que ses charges principales 
s’élèvent à CHF 4'000.-;

qu’après lui avoir demandé de justifier en particulier ses charges, la Juge de paix a considéré, par 
décision du 18 juillet 2018, qu’elle disposait d’un revenu mensuel de CHF 3'723.-, a refusé de tenir 
compte de l’ensemble de ses charges, qui n’ont pas été prouvées et, en tenant compte d’un 
minimum vital élargi fixé à CHF 1'920.- ([1’200.- + 400.-] + 20 %) a considéré qu’elle disposait d’un 
disponible mensuel de CHF 1'803.- lui permettant de faire face aux frais de la procédure, y 
compris à ses frais d’avocat; 

que la Juge de paix a admis que la cause n’était pas dénuée de chances de succès mais, après 
avoir constaté que l’indigence n’était pas établie, a rejeté la requête d’assistance judiciaire;

qu’à titre subsidiaire, elle a également constaté et motivé les raisons pour lesquelles, même si 
l’indigence avait été établie, il n’y avait pas de nécessité pour la requérante de se faire assister par 
un avocat;

que, le 26 juillet 2018, la requérante a interjeté recours contre cette décision devant la 2ème Cour 
d’appel civil du Tribunal cantonal, alléguant une constatation manifestement inexacte des faits 
s’agissant de l’établissement de ses revenus et de ses charges et concluant à ce qu’elle soit mise 
au bénéfice de l’assistance judiciaire totale pour la procédure devant la Justice de paix de la 
Broye, Me Pedroli lui étant désigné en qualité de défenseur d’office;

que, contre une décision refusant l’assistance judiciaire si c’est bien le recours au sens de 
l’art. 319 CPC qui est ouvert, la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte est toutefois 
compétente pour le trancher (art. 20 du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 
précisant son organisation et son fonctionnement [RTC ]);

que doté de conclusions et déposé par écrit dans le délai légal de 10 jours, le recours respecte les 
exigences de forme;

qu’aux termes de l’art. 117 CPC, une personne a droit à l’assistance judiciaire si elle ne dispose 
pas de ressources suffisantes et si sa cause ne parait pas dépourvue de toute chance de succès;

qu’aux termes de l’art. 118 CPC, l’assistance judiciaire comprend l’exonération d’avances et de 
sûretés (sans objet en matière de protection de l’enfant et de l’adulte [art. 6 al. 2 LPEA]), 
l’exonération des frais judiciaires ainsi que la commission d’office d’un conseil juridique lorsque la 
défense des droits du requérant l’exige; l’assistance judiciaire peut être accordée totalement ou 
partiellement;

que la conclusion tendant à ce que la recourante soit mise au bénéfice de l’assistance judiciaire 
totale se décompose en fait en deux sous-conclusions, à savoir premièrement à ce qu’elle soit 
exonérée du paiement des frais judiciaires (art. 118 al. 1 let. b CPC) et deuxièmement à ce que 
Me Pedroli lui soit désigné en qualité de défenseur d’office (art. 118 al. 1 let. c CPC);

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qu’il faut d’emblée constater que faute de toute critique de la motivation subsidiaire en rapport 
avec l’absence de nécessité d’être assistée d’un avocat, le recours est irrecevable en tant qu’il 
conclut à ce que Me Pedroli soit désigné en qualité de défenseur d’office;

qu’en effet, lorsque la décision attaquée se fonde sur plusieurs motivations indépendantes 
alternatives ou subsidiaires, toutes suffisantes, il incombe au recourant, sous peine d’irrecevabilité, 
de démontrer que chacune est contraire au droit (arrêt TF 2C_469/2012 du 22 mai 2012 consid. 4 
et les références);

que reste à examiner, en rapport avec la question de la dispense des frais judiciaires, si la Juge de 
paix a constaté les faits de manière manifestement inexacte lors de l’examen des revenus et des 
charges de la recourante;

que la recourante, certes sans montrer un grand empressement lors de la production partielle des 
diverses pièces exigées par l’autorité, a produit une copie de son contrat de bail conclu en 2009, 
de la confirmation établie par la Régie de Fribourg SA du fait qu’elle a repris seule le contrat le 
4 octobre 2017 et l’avenant du 19 avril 2016 fixant, après diminution, le nouveau loyer mensuel à 
CHF 1'699.-; 

que, s’agissant du loyer, charge nécessaire à tout un chacun, c’est faire preuve de formalisme 
excessif que d’exiger en plus la preuve du paiement régulier de ce dernier et de refuser de prendre 
en considération ce montant dans les charges en se fondant sur d’hypothétiques alternatives;

que, de plus, s’agissant du montant à retenir en tant que minimum vital élargi, celui-ci s’élève selon 
les directives des préposés des Offices des poursuites à CHF 1'350.- pour un débiteur 
monoparental avec obligation de soutien auquel s’ajoute un montant de CHF 400.- pour un enfant, 
soit CHF 1'750.-, montant qui doit être augmenté de 25 % et non pas de 20 % selon la 
jurisprudence du Tribunal fédéral et la pratique actuelle du Tribunal cantonal (TF arrêt 4A_432 
2016 du 21 décembre 2016), ce qui donne un montant de CHF 2'187.50 en l’espèce;

que ces deux seules charges représentent à elles seules déjà un montant de CHF 3'886.50, ce qui 
dépasse le revenu CHF 3'743.- retenu par la Juge de paix et permet de conclure à l’indigence de 
la recourante, sans qu’il ne soit besoin d’examiner si c’est à tort ou avec raison que la Juge de paix 
a retenu un revenu de CHF 3'743.- – au lieu de CHF 3'200.- – comme allégué par la recourante;

qu’il s’ensuit l’admission partielle du recours dans la mesure de sa recevabilité;

que, conformément à l’art. 107 al. 1 let. f CPC, les frais de la procédure de recours sont mis à la 
charge de l’Etat, les frais judiciaires étant fixés à CHF 200.-;

que, dans le cadre d’une procédure de recours contre une décision refusant ou restreignant l’octroi 
de l’assistance judiciaire à une partie au procès, le juge de première instance est également 
considéré comme une partie à la procédure de recours (ATF 140 III 501 consid. 4.1.2); dès lors, en 
cas d’admission du recours du requérant à l’assistance judiciaire, il y a lieu de lui octroyer des 
dépens à la charge de l’Etat, conformément à l’art. 106 al. 1 CPC (ATF 140 III 501 consid. 4.3.2);

que partant, une indemnité de dépens, fixée de manière globale à CHF 500.-, à laquelle s’ajoute la 
TVA au taux de 7,7 % par CHF 38.50, est accordée à la recourante;

que la requête d’assistance judiciaire pour la procédure de recours devient ainsi sans objet;

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la Cour arrête:

I. Le recours est partiellement admis dans la mesure de sa recevabilité.

Partant, A.________ est mise au bénéfice de l’assistance judiciaire partielle (exonération des 
frais judiciaires) dans le cadre de la procédure relative à l’enfant B.________ (dossier n° 300 
2015 515). Pour le surplus, sa requête du 22 mars 2018 est rejetée. 

II. Les frais de la procédure de recours sont mis à la charge de l’Etat.

Les frais judiciaires sont fixés à CHF 200.-.

Une indemnité de CHF 538.50 (TVA par CHF 38.50 comprise) est allouée à titre de dépens 
à A.________.

III. Pour la procédure de recours, la requête d’assistance judiciaire est sans objet.

IV. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral dans les trente jours 
qui suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). 
L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 24 août 2018/FMI/fmi

La Présidente: La Greffière: