# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f8d8224d-c924-5a9d-8cae-d229a448a5f4
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2019-08-20
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 20.08.2019 D-5901/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-5901-2017_2019-08-20.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
 
 
 

 

  

 

 Cour IV 

D-5901/2017, D-5907/2017, D-7380/2017 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  2 0  a o û t  2 0 1 9  

Composition 
 Yanick Felley (président du collège),  

Jean-Pierre Monnet, Hans Schürch, juges, 

Paolo Assaloni, greffier. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

B._______, née le (…), 

C._______, née le (…), 

Erythrée, 

(…) 

recourants, 

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile (sans exécution du renvoi);  

décision du SEM du 20 septembre 2017. 

 

 

D-5901/2017, D-5907/2017, D-7380/2017 

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Faits : 

A.  

D._______ et ses enfants, A._______, B._______ et C._______ sont 

entrés clandestinement en Suisse le 15 juin 2015 et ont déposé le jour 

même des demandes d'asile au centre d'enregistrement et de procédure 

(CEP) du SEM à E._______. 

B.  

Lors de son audition sommaire du 26 juin 2015, C._______ a déclaré 

qu’elle était ressortissante érythréenne et célibataire. Elle faisait partie 

d’une fratrie de cinq membres. Son père, sa sœur et son frère ainés avaient 

été incorporés dans l’armée et avaient disparu depuis de nombreuses 

années. S’agissant de ses motifs d’asile, elle a fait valoir qu’il lui était 

difficile de poursuivre sa scolarité en Erythrée et que les autorités 

érythréennes avaient fait pression sur sa mère pour savoir où se trouvaient 

son père, ainsi que son frère et sa sœur aînés. 

C.  

Lors de son audition sommaire du 3 juillet 2015, D._______ a déclaré 

qu’elle était ressortissante érythréenne, et de religion orthodoxe. Deux de 

ses cinq enfants, F._______ et G._______, n’avaient plus donné de leurs 

nouvelles depuis leur incorporation dans le service national érythréen. Elle 

avait exploité un garage dans la ville de H._______. Son mari, avec qui elle 

n’avait plus aucun contact depuis huit ans, avait été arrêté et emprisonné 

après avoir déserté de l’armée. Depuis lors, les autorités l’avaient harcelée 

en la convoquant chaque matin dans leurs bureaux. Elles l’avaient 

également emprisonnée quinze jours, puis lui avaient ordonné de 

demeurer à leur disposition. Suite à ces évènements, elle-même et ses 

trois enfants, A._______, B._______ et C._______, s’étaient enfuis en 

Ethiopie, avaient gagné la Libye et avaient rejoint l’Italie en bateau avant 

se rendre en Suisse. 

D.  

Lors de son audition sommaire du 3 juillet 2015, A._______, a déclaré qu’il 

était de nationalité érythréenne et célibataire. Il avait quitté son pays en 

(…) 2015 avec sa mère et ses deux sœurs cadettes pour se rendre en 

Ethiopie où ils avaient déposé une demande d’asile. Ils avaient ensuite 

rejoint la Suisse le 15 juin 2015 en passant par la Libye et l’Italie. Interrogé 

sur ses motifs d’asile, il a fait valoir que les autorités érythréennes avaient 

harcelé sa mère pour qu’elle leur livre son père dont ils étaient à la 

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recherche, et avaient procédé à la fermeture du commerce exploité par sa 

famille. 

E.  

Lors de son audition sommaire du 3 juillet 2015, B._______, a déclaré 

qu’elle était de nationalité érythréenne et célibataire. S’agissant de ses 

motifs d’asile, elle a expliqué que les autorités érythréennes harcelaient 

ses proches, avaient fermé le commerce familial et avaient emprisonné sa 

mère afin qu’elle leur indique où se cachait son père qui avait déserté de 

l’armée. 

F.  

Le 23 juillet 2015, le SEM a adressé à l’Unité Dublin du Ministère italien de 

l’intérieur une requête aux fins de prise en charge des requérants en vertu 

de l’art. 13 par. 1 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen 

et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de 

détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande 

de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un 

ressortissant de pays tiers ou un apatride (refonte) (Journal officiel de 

l'Union européenne [JO] L 180/31 du 29.6.2013). 

Le 23 septembre 2015, les autorités italiennes ont rejeté cette demande au 

motif que les intéressés n’étaient pas enregistrés dans leur base de 

données. 

G.  

Par lettre du 2 novembre 2015, le SEM a informé les requérants que leurs 

demandes d’asile respectives seraient traitées par les autorités suisses 

dans le cadre d’une procédure nationale. 

H.  

Selon le rapport médical du (…) juin 2017 de son médecin traitant, 

D._______ souffrait d’une (…), ainsi que de carences en vitamine D et en 

acide folique. 

I.  

Lors de l’audition du 22 août 2017, D._______ a déclaré que, suite à la 

désertion de son mari, les autorités érythréennes la convoquaient deux fois 

par an pour lui demander où il se trouvait, et l’avaient emprisonnée pendant 

cinq mois. Quelques semaines après sa libération, elle avait quitté 

l’Erythrée. Son voyage jusqu’en Europe avait été organisé et financé par 

son beau-frère. 

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J.  

Lors de l’audition du 22 août 2017, A._______ a déclaré que son père avait 

disparu en 2007, et que son frère et sa sœur aînés n’avaient plus donné 

de leurs nouvelles depuis respectivement quatre et cinq ans. Sa mère avait 

été emprisonnée à trois reprises, chaque fois pendant environ un mois; il 

ignorait pour quelles raisons. Elle exploitait un atelier de (…) et avait 

interrompu cette activité suite à sa dernière incarcération. A l’appui de sa 

demande d’asile, il a fait valoir qu’il avait accompagné sa mère, celle-ci 

ayant quitté le pays, quelques mois après sa libération, en raison de ses 

problèmes de santé, de ses détentions et du fait qu’il n’y avait personne 

pour s’occuper d’elle et de ses enfants. 

K.  

Lors de l’audition du 22 août 2017, B._______ a déclaré que ses grands-

parents paternels, ainsi que cinq tantes et un oncle vivaient encore en 

Erythrée. Sa famille possédait un atelier de (…) exploité par sa mère 

jusqu’à son arrestation. Après la fermeture de l’entreprise, sa famille avait 

subvenu à ses besoins notamment grâce à l’argent que lui envoyait l’un de 

ses oncles et à la vente de légumes. Elle avait quitté l’Erythrée en raison 

des incarcérations dont avait fait l’objet sa mère; la fuite du pays avait été 

décidée et organisée par un oncle et était intervenue un mois environ après 

la libération de sa mère. Elle-même n’avait jamais eu de problèmes avec 

les autorités érythréennes. 

L.  

Lors de l’audition du 22 août 2017, C._______ a déclaré que ses grands-

parents, ainsi que cinq tantes et deux oncles vivaient encore en Erythrée. 

Son père exploitait un garage et un atelier de (…) qui, durant son absence, 

avaient été gérés par son frère F._______ et sa sœur G._______. Elle avait 

quitté l’Erythrée sur décision de l’un de ses oncles, en raison des 

emprisonnements de sa mère. Pour sa part, elle n’avait rencontré aucun 

problème dans son pays d’origine. 

M.  

Par décision du 20 septembre 2017, notifiée le 22 septembre suivant, 

le SEM a rejeté les demandes d’asile des intéressés, au motif que 

leurs déclarations n’étaient pas vraisemblables, a prononcé leur renvoi de 

Suisse et, considérant que l'exécution de cette mesure n’était pas 

raisonnablement exigible, l’a suspendue au profit d’une admission 

provisoire au sens de l’art. 83 al. 4 LEI (RS 142.20). 

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N.  

Par recours déposés le 18 octobre 2017 auprès du Tribunal administratif 

fédéral (ci-après : Tribunal), C._______, A._______ et B._______ ont 

conclu à l’annulation de la décision précitée, à la reconnaissance de la 

qualité de réfugié et à l’octroi de l’asile. Ils ont demandé l’assistance 

juridique partielle. Ils ont certes admis que le SEM avait écarté à juste titre 

leurs motifs d’asile et ceux de leur mère, compte tenu de leur 

invraisemblance. Toutefois, ils ont fait valoir, d’une part, que leur retour en 

Erythrée les exposerait à des sanctions relevant de l’art. 3 LAsi (RS 

142.31) en raison de leur départ illégal de ce pays, et, d’autre part, qu’ils 

seraient enrôlés dans l’armée et, partant, subiraient de sérieux préjudices 

au sens de cette disposition. 

O.  

Les trois recours ont été enregistré sous les numéros de cause respectifs 

D-5900/2017, D-5901/2017 et D-5907/2017. 

P.a. 

Par décision incidente du 1er novembre 2017, le Tribunal a radié du rôle le 

recours de C._______ (D-5900/2017) au motif que l’intéressée avait 

disparu de son domicile sans laisser d’adresse, et partant, n’avait plus 

d’intérêt digne de protection à la poursuite de la procédure. 

P.b. 

Par acte du 29 novembre 2017, C._______ a demandé au Tribunal la 

réouverture de sa procédure d’asile. 

P.c. 

Par arrêt du 27 mai 2019, le Tribunal a annulé la décision incidente précitée 

et a prononcé la reprise de la procédure introduite par C._______, sous le 

numéro D-7380/2017, au motif que, selon les nouvelles pièces versées au 

dossier, la prénommée avait toujours vécu à son adresse officielle. 

Q. 

Les autres faits de la cause seront évoqués, si besoin, dans les 

considérants qui suivent. 

 

  

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Droit : 

1.  

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 de la loi sur le Tribunal 

administratif fédéral du 17 juin 2005 (LTAF, RS 173.32), le Tribunal 

connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi 

fédérale sur la procédure administrative du 20 décembre 1968 (PA, 

RS 172.021), prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF 

(cf. art. 31 LTAF, applicable par renvoi de l’art. 105 LAsi). En particulier, 

les décisions rendues par le SEM concernant l'asile et le renvoi d'un 

requérant de Suisse peuvent être contestées devant le Tribunal (cf. art. 33 

let. d LTAF, en relation avec l’art. 6a al. 1 LAsi). 

Le Tribunal est dès lors compétent pour connaître du présent litige. 

En l’absence d’une demande d'extradition déposée par l'Etat dont les 

recourants cherchent à se protéger, il statue de manière définitive 

(cf. art. 83 let. d ch. 1 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 [LTF, 

RS 173.110]). 

1.2 La présente procédure est soumise à l’ancien droit, applicable jusqu’à 

l’entrée en vigueur de la modification du 25 septembre 2015 de la loi sur 

l'asile, le 1er mars 2019 [RO 2016 3101, spéc. 3123; 2018 2855; FF 2014 

7771]). 

1.3 Les recourants ont qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA). Présentés 

dans la forme et le délai prescrits par la loi, les recours sont recevables. 

(cf. art. 52 al. 1 PA, art. 108 al. 1 aLAsi).  

2.  

Les recours portent sur des états de fait communs et sont dirigés contre 

des décisions présentant un lien de connexité étroit entre elles, de sorte 

qu’il convient de prononcer la jonction des causes et de statuer en un seul 

et même arrêt (art. 24 de la loi fédérale de procédure civile fédérale du 

4 décembre 1947 [PCF, RS 273] et 71 LTF, en lien avec l’art. 6 LAsi). 

3.  

3.1 En matière d’asile et de renvoi, le Tribunal examine les motifs de 

recours tirés d'une violation du droit fédéral, notamment pour abus ou 

excès dans l'exercice du pouvoir d'appréciation et d'un établissement 

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inexact ou incomplet de l'état de fait pertinent (cf. art. 44, 1ère phrase LAsi, 

art. 106 al. 1 let. a et b LAsi). En ce qui concerne l’exécution du 

renvoi, il a un plein pouvoir de cognition, de sorte qu’il peut également 

examiner le grief de l'inopportunité (cf. art. 112 al. 1 LEI, en relation 

avec l'art. 49 PA; ATAF 2014/26, consid. 5.6 et 7.8). 

3.2 Il établit les faits d'office et procède s'il y a lieu à l'administration 

de preuves (cf. art. 12 PA). Il tient compte de la situation dans l'État 

concerné et des éléments tels qu'ils se présentent au moment où il se 

prononce (cf. ATAF 2014/1 consid. 2; 2012/21 consid. 5). Il prend en 

considération l'évolution de la situation intervenue depuis le dépôt de 

la demande d'asile (cf. notamment ATAF 2010/44 consid. 3.6, 2008/4 

consid. 5.4. et jurisprudence citée). 

3.3 Le Tribunal applique le droit d'office (cf. art. 62 al. 4 PA; ATAF 2014/1 

consid. 2; THOMAS HÄBERLI, in : Waldmann/Weissenberger [éd.], 

Praxiskommentar zum Bundesgesetz über das Verwaltungsverfahren, 

2ème éd., 2016, ad art. 62, n° 40 ss). Il se limite en principe aux griefs 

soulevés et n'examine les questions de droit non invoquées que dans 

la mesure où les arguments des parties ou le dossier l'y incitent 

(cf. ATAF 2009/57 consid. 1.2; ATF 122 V 157 consid. 1a). 

4.  

Les recourants n’ont pas contesté le principe du renvoi (cf. art. 44 LAsi, 

art. 32 de l’ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l’asile relative à la procédure 

[OA 1, RS 142.311]). En outre, le SEM a accordé aux intéressés 

l’admission provisoire, dès lors qu’il a considéré inexigible l'exécution 

de leur renvoi vers l’Erythrée. Dans ces conditions, l'objet du litige porte 

uniquement sur le refus de la reconnaissance de la qualité de réfugié et 

le rejet des demandes d'asile des recourants. 

5.  

5.1 Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans 

le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 

ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur 

religion, de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social 

déterminé ou de leurs opinions politiques. Sont notamment considérées 

comme de sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité 

corporelle ou de la liberté, de même que les mesures qui entraînent une 

pression psychique insupportable. Il y a lieu de tenir compte des motifs 

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de fuite spécifiques aux femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi; cf. ATAF 2007/31 

consid. 5.2‒5.6). 

5.2 Quiconque demande l’asile doit prouver ou du moins rendre 

vraisemblable qu’il est un réfugié (art. 7 al. 1 LAsi). La qualité de réfugié 

est vraisemblable lorsque l’autorité estime que celle-ci est hautement 

probable (art. 7 al. 2 LAsi). 

5.3 Selon une jurisprudence constante, l’art. 3 LAsi distingue entre les 

personnes qui ont déjà subi personnellement, d'une manière ciblée, une 

persécution avant la fuite de leur pays en raison de motifs relevant de 

cette disposition et celles qui craignent à juste titre d’en subir une telle, 

dans un avenir prévisible, en cas de retour dans leur pays d'origine 

(cf. ATAF 2008/34 consid. 7.1). 

5.4 La crainte face à des persécutions à venir, telle que comprise à 

l'art. 3 LAsi, contient un élément objectif, au regard d'une situation ancrée 

dans les faits, et intègre également un élément subjectif. Ainsi, sera 

reconnu comme réfugié, celui qui a de bonnes raisons, c'est-à-dire des 

raisons objectivement reconnaissables pour un tiers (élément objectif), de 

craindre (élément subjectif) d'avoir à subir selon toute vraisemblance et 

dans un avenir prochain une persécution (cf. ATAF 2011/50 consid. 3.1.1; 

2010/57 consid. 2.5). 

5.5 Les motifs d'asile postérieurs à la fuite du pays (« Nachfluchtgründe ») 

sont ceux tirés d'une menace de persécution qui n'a surgi qu'au moment 

même où le requérant d'asile a quitté son pays d'origine ou 

qu'ultérieurement, lors de son séjour dans un autre pays; ils ne sont donc 

pas la cause du départ de celui-ci (cf. ATAF 2010/44 consid. 3.5 et réf. cit.; 

2009/29 consid. 5.1 et réf. cit.; CARONI/GRASDORF-MEYER/OTT/SCHEIBER, 

Migrationsrecht, 3ème éd., 2014, p. 239 ss). Ils se divisent en motifs objectifs 

et motifs subjectifs. Les premiers sont dus à des circonstances de fait 

intervenant dans le pays d’origine indépendamment de la personne du 

requérant, ou mieux encore de sa volonté (cf. ATAF 2010/44 consid. 3.5 et 

réf. cit.; Jurisprudence et informations de la Commission suisse de recours 

en matière d’asile [JICRA] 1994 n°17 consid. 3b p. 135), tandis que les 

seconds, au contraire, sont créés par le comportement même du 

requérant, par exemple par son départ (« Republikflucht »), par le dépôt 

de sa demande d'asile ou par ses activités politiques pendant son exil 

(cf. JICRA 2006 n° 1 consid. 6.1 p. 10 et réf. cit.).  

D-5901/2017, D-5907/2017, D-7380/2017 

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5.6 Jusqu’au mois de juin 2016, le SEM admettait que la sortie illégale 

d’Erythrée constituait un motif subjectif postérieur permettant la 

reconnaissance de la qualité de réfugié au sens de l’art. 3 LAsi. L’asile 

étant exclu en vertu de l’art. 54 LAsi, la personne reconnue réfugiée était 

admise provisoirement en Suisse, l’exécution de son renvoi étant 

considérée comme illicite conformément à l’art. 83 al. 3 LEI. Le SEM a 

communiqué l’abandon de cette pratique à l’occasion de la publication 

de son rapport du 22 juin 2016, fondé sur une appréciation nouvelle de 

la situation prévalant en Erythrée (cf. Focus Eritrea. Update Nationaldienst 

und illegale Ausreise, 22.06.2016, < https://www.sem.admin.ch/dam/data/ 

sem/internationales/herkunftslaender/afrika/eri/ERI-ber-easo-update-

nationaldienst-d.pdf >). 

Dans son arrêt de référence D-7898/2015 du 30 janvier 2017, le Tribunal a 

vérifié dans quelle mesure les ressortissants érythréens qui quittent leur 

pays illégalement doivent craindre à ce titre des mesures de persécution 

au sens de l’art. 3 LAsi en cas de retour au pays. Suite à une analyse 

approfondie des informations recueillies sur l’Erythrée (cf. consid. 4.6 à 

4.11), il est arrivé à la conclusion que le SEM a modifié à juste titre sa 

pratique, dès lors que le seul fait pour une personne d’avoir quitté l’Erythrée 

de manière illégale n’expose pas celle-ci à une persécution déterminante 

en matière d’asile (cf. consid. 5). 

Cette jurisprudence repose essentiellement sur le constat que des 

membres de la diaspora, parmi lesquels se trouvent également des 

personnes qui ont quitté illégalement leur pays, retournent en Erythrée 

(pour de brefs séjours) sans subir de sérieux préjudices. Ainsi, les 

personnes sorties illégalement ne peuvent plus être considérées de 

manière générale comme des traîtres et exposées dans leur pays à une 

peine sévère pour un motif politique ou analogue au sens de l’art. 3 

al. 1 LAsi. Un risque majeur de sanction, respectivement de sérieux 

préjudices au sens de l’art. 3 LAsi, en cas de retour, ne peut être désormais 

admis qu’en présence de facteurs supplémentaires, tel le fait d’être un 

opposant au régime ou d’avoir occupé une fonction en vue avant la 

fuite, d’avoir déserté ou encore de s’être soustrait à une convocation au 

service militaire, autant d’éléments qui font apparaître le requérant d’asile 

comme une personne indésirable aux yeux des autorités érythréennes 

(cf. arrêt précité D-7898/2015 consid. 5.2). 

5.7 Dans le même arrêt, le Tribunal a précisé que le risque d’être 

soumis à l’obligation d’accomplir le service national en cas de retour en 

https://www.sem.admin.ch/dam/data/%20sem/
https://www.sem.admin.ch/dam/data/%20sem/

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Erythrée n’est pas non plus pertinent sous l’angle de l’asile. En effet, 

l’accomplissement de cette obligation ne saurait être assimilé à un 

préjudice sérieux qui aurait sa cause dans l’un des motifs exhaustivement 

énumérés à l’art. 3 LAsi (cf. arrêt D-7898/2015 consid. 5.1). La question 

de savoir si ce risque était tel qu’il rendait illicite ou inexigible l’exécution 

du renvoi (cf. art. 83 al. 3 et 4 LEI) a été laissée indécise. 

6.  

En l’occurrence, il s’agit d’examiner si les recourants ont rendu 

vraisemblable l’existence d’une crainte objectivement fondée d’être 

exposés à leur retour à de sérieux préjudices au sens de l’art. 3 LAsi. 

6.1 En premier lieu, les intéressés affirment qu’ils seront enrôlés de 

force au service national érythréen pour une durée indéterminée en cas de 

retour dans leur pays et, de ce fait, seront victimes au cours de leur service 

militaire de mesures de persécution déterminantes en matière d’asile. 

6.1.1 Compte tenu de l’âge des recourants, il ne peut être exclu qu’ils 

puissent être appelés à servir dans le cadre du service national érythréen. 

Cela étant, selon la jurisprudence précitée, cette seule éventualité n’est 

pas pertinente au regard de l’art. 3 LAsi, dès lors que l’accomplissement 

des obligations militaires ne constitue pas en tant que tel un préjudice 

déterminant au sens de cette disposition. Partant, les intéressés ne sont 

pas fondés à craindre une persécution future en lien avec leurs obligations 

militaires. 

6.1.2 Il en découle que les recours, en tant qu'ils portent sur la 

reconnaissance de la qualité de réfugié pour des motifs objectifs intervenus 

postérieurement au départ du pays et l’octroi de l’asile, doivent être rejetés. 

6.2 En second lieu, les recourants font valoir qu’à leur retour en Erythrée, 

ils seront sanctionnés pour avoir fui illégalement le pays en avril 2015 

et s’être ainsi soustraits à leurs obligations militaires. Cet argument n’est 

pas fondé.  

6.2.1 Les intéressés ont reconnu que le SEM avait estimé à bon droit 

que les explications qu’ils avaient fournies à l’appui de leurs demandes 

d’asile n’étaient pas vraisemblables. Dans ces conditions, et au vu de 

leurs déclarations figurant dans les procès-verbaux au dossier, il y a lieu 

de constater que les recourants n’ont pas établi avoir effectivement fui leur 

pays de manière illégale, de sorte qu’ils ne sauraient tirer argument de 

cet allégué. 

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6.2.2 A supposer même qu’il soit vraisemblable, leur prétendu départ 

illégal demeure sans portée sous l’angle du droit d’asile. La nouvelle 

pratique du SEM, sur laquelle se fonde la décision contestée, a 

été confirmée par le Tribunal dans son arrêt de référence précité 

(cf. D-7898/2015 du 30 janvier 2017). Or, à teneur du dossier, il n’existe 

aucun facteur de nature à faire apparaître les recourants comme des 

personnes indésirables aux yeux des autorités érythréennes et, 

partant, à les exposer, en cas de renvoi, à un risque majeur de sanction en 

raison de leur fuite du pays, que celle-ci ait été rendue vraisemblable 

ou non. Ainsi, il ne résulte pas de leurs déclarations qu’ils aient exercé 

une quelconque activité d’opposition au régime ni dans leur pays ni 

en exil. Ils n’ont pas soutenu avoir été en contact avec les autorités 

érythréennes et ont d’ailleurs reconnu qu’ils n’avaient jamais eu de 

problèmes avec elles (cf. p.-v. d’auditions du 22 août 2017 : A._______, 

par. 44 et 61, C._______, par. 42, B._______, par. 58-59). De plus, ayant 

admis qu’ils n’avaient pas encore été appelés à servir dans le service 

national, ils n’ont également pas pu commettre d’infractions militaires et ne 

sauraient, en tout état de cause, être considérés comme des réfractaires 

ou des déserteurs. Il ne ressort pas non plus du dossier que les intéressés 

étaient personnellement dans le collimateur des autorités érythréennes 

pour d’autres raisons au moment de leur départ du pays. 

6.3 En conclusion, les recours doivent également être rejetés sous 

l'angle de la reconnaissance de la qualité de réfugié, à l'exclusion de l'asile, 

pour des motifs subjectifs postérieurs à la fuite du pays (cf. art. 54 LAsi, 

« Republikflucht »). 

7.  

Au vu de ce qui précède, les recourants n’ont pas été en mesure d’établir 

qu’ils pouvaient se prévaloir d'une crainte objectivement fondée de subir 

de sérieux préjudices, au sens de l’art. 3 LAsi, en cas de retour dans 

leur pays. Partant, la décision attaquée ne viole pas le droit fédéral, 

a établi de manière exacte et complète l'état de fait pertinent (cf. art. 106 

al. 1 LAsi). Il en découle que les recours, en tant qu’ils contestent le 

refus de reconnaissance de la qualité de réfugié et le rejet des demandes 

d’asile, doivent être rejetés. Partant, les décisions attaquées sont 

confirmées sur ces points. 

8.  

Il est renoncé à un échange d’écritures (cf. art. 111a al. 1 LAsi). 

D-5901/2017, D-5907/2017, D-7380/2017 

Page 12 

9.  

Au vu de l'issue de la cause, il y aurait lieu de mettre les frais à la charge 

des recourants, conformément aux art. 63 al. 1 PA, 2 et 3 let. b du 

règlement concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal 

administratif fédéral du 21 février 2008 (FITAF, RS 173.320.2). Les 

conclusions des recours n’étant toutefois pas apparues d'emblée vouées 

à l'échec et les intéressés étant indigents (cf. attestations de l’Hospice 

général de Genève, versées au dossier), les demandes de dispense de 

paiement des frais de procédure sont admises (cf. art. 65 al. 1 PA). 

Il est donc statué sans frais. 

 

 

 

(dispositif page suivante)   

D-5901/2017, D-5907/2017, D-7380/2017 

Page 13 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Il est procédé à la jonction des causes D-5901/2017, D-5907/2017 et  

D-7380/2017. 

2.  

Les recours sont rejetés. 

3.  

L'assistance judiciaire partielle est accordée. 

4.  

Il n'est pas perçu de frais de procédure. 

5.  

Le présent arrêt est adressé aux recourants, au SEM et à l'autorité 

cantonale. 

 

Le président du collège : Le greffier : 

  

Yanick Felley Paolo Assaloni 

 

 

Expédition :