# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1dc71b61-69d9-5cd3-9d1f-d162cc563323
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2014-05-28
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 28.05.2014 RH.2014.6
**Docket/Reference:** RH.2014.6
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_RH-2014-6_2014-05-28

## Full Text

Extradition à l'Allemagne. Mandat d'arrêt en vue d'extradition (art. 48 al. 2 EIMP).;;Extradition à l'Allemagne. Mandat d'arrêt en vue d'extradition (art. 48 al. 2 EIMP).;;Extradition à l'Allemagne. Mandat d'arrêt en vue d'extradition (art. 48 al. 2 EIMP).;;Extradition à l'Allemagne. Mandat d'arrêt en vue d'extradition (art. 48 al. 2 EIMP).

Arrêt du 28 mai 2014 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Stephan Blättler, président, 

Tito Ponti et Giorgio Bomio,  

la greffière Maria Ludwiczak  

   

Parties  A., actuellement détenu à la prison de Champ-

Dollon, Genève, 

représenté par Me Corinne Arpin, avocate 

recourant 

 

 contre 

   

  OFFICE FÉDÉRAL DE LA JUSTICE, UNITÉ 

EXTRADITIONS, 

partie adverse 

 

   

Objet  Extradition à l'Allemagne 

Mandat d'arrêt en vue d'extradition (art. 48 al. 2 EIMP) 

 
 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

 

Numéro de dossier: RH.2014.6 

(Procédure secondaire:  RP.2014.51) 

 

 

 

- 2 - 

 

 

Faits: 

A. Par mandat d'arrêt du 12 mars 1994 diffusé par signalement SIS du 

21 août 2008, le Tribunal de district de Z., Allemagne, a requis l'extradition 

de A. Ce dernier est recherché pour avoir, le 8 mars 1994, à Z., menacé 

une victime au moyen d'une arme à feu et lui avoir volé DEM 2'836.-- (soit 

environ EUR 1'450.--) en étant masqué (act. 1.3). 

B. Le 6 mai 2014, A. a été interpellé au passage de frontière de Meyrin 

(Genève). Lors de son audition intervenue le lendemain, une ordonnance 

provisoire d'arrestation lui a été notifiée (act. 1.4). Par ailleurs, il s'est 

opposé à son extradition (act. 3.5). 

C. Le 8 mai 2014, un mandat d'arrêt aux fins d'extradition a été transmis par 

l'OFJ au Ministère public du canton de Genève en sa qualité d'autorité 

d'exécution. A. a refusé de signer ledit mandat lorsque celui-ci lui a été 

notifié (act. 3.7). 

D. Par télécopie du 12 mai 2014 adressée à l'OFJ, A. a, par l'intermédiaire de 

son conseil, sollicité sa mise en liberté immédiate (act. 1.5). 

E. Par télécopie du même jour, l'OFJ a refusé d'entrer en matière sur ladite 

requête et a transmis au conseil de A. une copie du mandat d'arrêt en vue 

d'extradition (act. 1.1). 

F. Par acte du 14 mai 2014, A. a recouru contre le mandat d'arrêt et a conclu 

à son annulation. De plus, il a sollicité sa mise en libération immédiate et 

demandé à ce que l'illégalité de sa détention soit constatée. Finalement, il a 

demandé à être mis au bénéfice de l'assistance judiciaire (act. 1). 

G. Par télécopie du 15 mai 2014 et par le biais du canal SIRENE le 

19 mai 2014, l'OFJ a interpellé les autorités allemandes au sujet de la 

prescription de l'infraction pour laquelle A. est recherché (act. 3.12 et 3.13). 

Le Staatsanwaltschaft Oldenburg a transmis sa réponse par téléfax du 

20 mai 2014 (act. 3.14). 

H. Par courrier du 20 mai 2014, le Niedersächsisches Justizministerium 

allemand a transmis à l'OFJ une demande formelle d'extradition à 

l'encontre de A. (act. 3.15). 

- 3 - 

 

 

I. Invité à répondre, l'OFJ a conclu au rejet du recours dans la mesure de sa 

recevabilité, sous suite de frais, par écriture du 21 mai 2014 (act. 3). 

J. Appelé à répliquer, le recourant a persisté dans ses conclusions le 

26 mai 2014 (act. 4). 

Les arguments et moyens de preuve des parties seront repris, si 

nécessaire, dans les considérants en droit. 

La Cour considère en droit: 

1.  

1.1 Les procédures d'extradition entre la Suisse et l'Allemagne sont 

prioritairement régies par la Convention européenne d’extradition du 

13 décembre 1957 (CEExtr; RS 0.353.1), entrée en vigueur pour la Suisse 

le 20 mars 1967 et pour l'Allemagne le 1
er
 janvier 1977, et par le Deuxième 

protocole additionnel à la CEExtr (RS 0.353.12), entré en vigueur pour la 

Suisse le 9 juin 1985 et pour l'Allemagne le 6 juin 1991. De plus, l'Accord 

complémentaire du 13 novembre 1969 entre la Confédération suisse et la 

République fédérale d'Allemagne en vue de compléter la CEExtr et de 

faciliter son application (RS 0.353.913.61; ci-après: l'Accord 

complémentaire) trouve application. 

Pour le surplus, la loi fédérale sur l’entraide internationale en matière 

pénale (EIMP; RS 351.1) et son ordonnance d'exécution (OEIMP; 

RS 351.11) règlent les questions qui ne sont pas régies, explicitement ou 

implicitement, par les traités (ATF 130 II 337 consid. 1; 128 II 355 consid. 1 

et la jurisprudence citée). Le droit interne s'applique en outre lorsqu'il est 

plus favorable à l'octroi de l’extradition que les traités (ATF 137 IV 33 

consid. 2.2.2; 136 IV 82 consid. 3.1; 129 II 462 consid. 1.1; 122 II 140 

consid. 2). L'application de la norme la plus favorable (principe dit "de 

faveur") doit avoir lieu dans le respect des droits fondamentaux (ATF 135 

IV 212 consid. 2.3). 

1.2 La Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral est compétente pour 

connaître des recours dirigés contre les mandats d’arrêt à titre 

extraditionnel (art. 37 al. 2 let. a ch. 1 de la loi fédérale sur l’organisation 

des autorités pénales de la Confédération [LOAP; RS 173.71], mis en 

relation avec l’art. 48 al. 2 EIMP. Adressé par la personne visée dans les 

dix jours à compter de la notification du mandat d’arrêt (art. 48 al. 2 EIMP), 

le recours est formellement recevable. 

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2. Le recourant argue du fait que la prescription en droit allemand est acquise 

pour les faits qui lui sont reprochés, rendant son extradition manifestement 

inadmissible. 

2.1 Selon l'art. 16 ch. 1 de la CEExtr, disposition qui régit l'arrestation 

provisoire aux fins d'extradition, les autorités compétentes de l'Etat 

requérant peuvent, en cas d'urgence, demander l'arrestation provisoire de 

l'individu recherché; les autorités compétentes de l'Etat requis statuent sur 

cette demande conformément à la loi de l'Etat requis. Saisie d’un recours 

fondé sur l’art. 48 al. 2 EIMP, la Cour des plaintes n’a pas, à ce stade de la 

procédure, à se prononcer sur le bien-fondé de la demande d’extradition 

(ATF 130 II 306 consid. 2.3). Elle se borne à examiner la légalité de 

l’arrestation et si la détention aux fins d’extradition se justifie (ATF 111 IV 

108 consid. 3; MOREILLON [éd.], Commentaire romand EIMP, Bâle/ 

Genève/Munich 2004, n° 19 ad art. 47). Les griefs relatifs au bien-fondé de 

la demande d’extradition doivent en principe être soulevés dans le cadre de 

la procédure d’extradition proprement dite pour laquelle sont compétents, 

en première instance, l'OFJ et, sur recours, le Tribunal pénal fédéral et le 

Tribunal fédéral en dernière instance, aux conditions prévues à l’art. 84 

LTF (ATF 133 IV 125, 129, 131, 132, 134). Selon la jurisprudence 

constante, la détention extraditionnelle est la règle, tandis que la mise en 

liberté demeure l’exception (ATF 130 II 306 consid. 2.2), la mise en liberté 

provisoire étant au demeurant soumise à des exigences plus strictes en 

matière de détention extraditionnelle que de détention préventive (ATF 130 

II 306 consid. 2.2; 111 IV 108 consid. 2; 109 Ib 223 consid. 2c; arrêt du 

Tribunal fédéral 1A.148/2004 du 21 juin 2004, consid. 2.2). Aux termes des 

art. 47 ss EIMP, il peut notamment être renoncé à la détention s’il apparaît 

que la personne poursuivie ne se soustraira pas à l’extradition et 

n’entravera pas l’instruction (art. 47 al. 1 let. a), si elle a un alibi (art. 47 

al. 1 let. b), si elle ne peut pas subir l’incarcération (art. 47 al. 2), si la 

demande d’extradition et ses annexes ne sont pas fournies à temps (art. 50 

al. 1 EIMP) ou encore si l’extradition est manifestement inadmissible 

(art. 51 al. 1 EIMP; ATF 117 IV 359 consid. 2). La question de savoir si les 

conditions qui justifient l’annulation du mandat d’arrêt aux fins d’extradition 

sont remplies dans le cas concret doit être examinée selon des critères 

rigoureux, de manière à ne pas rendre illusoire l’engagement pris par la 

Suisse de remettre la personne poursuivie, en cas d’admission de la 

demande d’extradition, à l’Etat qui en a fait la demande (art. 1 CEExtr). 

A teneur de l'art. IV de l'Accord complémentaire, l'extradition ne peut être 

refusée au motif que l'action pénale ou la peine est prescrite selon les 

dispositions légales de l'Etat requis. En d'autres termes, seule la 

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prescription d'après le droit de la partie requérante doit être prise en 

compte. 

En l'espèce, il est reproché à A. d'avoir, le 8 mars 1994, à Z., menacé une 

victime au moyen d'une arme à feu et lui avoir volé DEM 2'836.-- (soit 

environ EUR 1'450.--) alors qu'il était masqué. Cette infraction, qualifiée, 

comme l'indiquent les autorités allemandes, de "schwerer Raub" au sens 

de l'art. 250 al. 2 ch. 1 du Code pénal allemand (art. 250 al. 1 ch. 1 du 

Code pénal allemand dans son ancienne teneur; act. 1.3), est passible 

d'une peine menace de 15 ans de privation de liberté (art. 38 al. 2 du Code 

pénal allemand). En application de l'art. 78 al. 3 ch. 2 du Code pénal 

allemand, la prescription devrait alors être de 20 ans, arrivant à échéance 

le 8 mars 2014. Néanmoins, sur demande de l'OFJ, les autorités 

allemandes ont indiqué que divers actes de procédure sont intervenus 

depuis la commission de l'infraction, interrompant ainsi la prescription qui 

ne sera pas acquise avant le 16 octobre 2032. 

2.2 En tout état de cause, en tant qu'il a trait au bien-fondé de la demande 

d'extradition, le grief tiré de la prescription (art. 10 CEExtr) doit être soulevé 

dans le cadre de la procédure d'extradition proprement dite. Le fait que ce 

grief soit soulevé à l'appui d’un recours contre le mandat d’arrêt 

extraditionnel ne saurait avoir pour effet de contraindre la Cour de céans à 

procéder de manière anticipée à un examen approfondi du grief tiré de la 

prescription (cf. arrêt du Tribunal fédéral RR.2007.185 du 7 janvier 2008, 

consid. 4.2; ATF 109 Ib 223 consid. 3b). En l’espèce, on se limitera donc à 

constater que la résolution de la question exige un examen détaillé du droit 

étranger, de sorte qu’à ce stade, l’extradition n’est pas manifestement 

inadmissible au sens de la jurisprudence citée plus haut (supra 

consid. 2.1). 

2.3 Le grief unique invoqué par le recourant ne saurait être admis. 

3. Au regard de ce qui précède, le recours doit être rejeté. 

4. Le recourant sollicite l’octroi de l’assistance judiciaire et la nomination de 

Me Corinne Arpin en qualité de mandataire d’office. 

4.1 La personne poursuivie peut se faire assister d’un mandataire; si elle ne 

peut ou ne veut y pourvoir et que la sauvegarde de ses intérêts l’exige, un 

mandataire d’office lui est désigné (art. 21 al. 1 EIMP). L’autorité de 

recours, son président ou le juge instructeur attribue en outre un avocat au 

recourant si la sauvegarde de ses droits le requiert (art. 65 al. 2 PA). Après 

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le dépôt du recours, la partie qui ne dispose pas de ressources suffisantes 

et dont les conclusions ne paraissent pas d’emblée vouées à l’échec est, à 

sa demande, dispensée par l’autorité de recours, son président ou le juge 

instructeur de payer les frais de procédure (art. 65 al. 1 PA). S'agissant des 

conclusions, on rappellera qu’elles doivent être considérées comme 

vouées à l’échec lorsque les risques de perdre l’emportent nettement sur 

les chances de gagner, alors même qu’elles ne seraient pas manifestement 

mal fondées ou abusives (arrêts du Tribunal pénal fédéral RR.2007.176 du 

11 décembre 2007, consid. 3; RR.2007.31 du 21 mars 2007, consid. 3). 

En l'espèce, à l'appui de sa demande, le recourant a fourni à la Cour le 

formulaire pertinent rempli par ses soins. Il y fait figurer une dette de 

CHF 80'000.-- ("créancier: Banque") ainsi que des dépenses mensuelles 

de CHF 2'200.-- (CHF 1'000.-- au poste "pension alimentaire" et 

CHF 1'200.-- au poste "Autres dépenses: vie courante"). De plus, il indique 

percevoir un revenu de CHF 2'000.-- ("Salaire"). Néanmoins, il ne fournit 

aucune pièce pouvant attester de ces montants et, partant, de sa situation 

financière prétendument difficile et ce malgré le rappel allant expressément 

dans ce sens qui lui a été adressé par la Cour par courrier du 15 mai 2014 

(cause RP.2014.51, act. 2). Par ailleurs, aucun élément pouvant appuyer 

les chiffres indiqués par le recourant ne ressort du dossier à disposition de 

la Cour. Partant, la demande d'assistance judiciaire doit être rejetée. 

4.2 Il s’ensuit que les frais de procédure comprenant l'émolument d'arrêté, les 

émoluments de chancellerie et les débours seront mis à la charge du 

recourant qui succombe (art. 63 al. 1 PA, applicable par renvoi de l'art. 39 

al. 2 let. b LOAP). Le montant de l'émolument est calculé en fonction de 

l'ampleur et de la difficulté de la cause, de la façon de procéder des parties, 

de leur situation financière et des frais de chancellerie (art. 73 al. 2 LOAP, 

5 et 8 al. 3 du règlement du Tribunal pénal fédéral sur les frais, 

émoluments, dépens et indemnités de la procédure pénale fédérale du 

31 août 2010 [RFPPF; RS 173.713.162] et art. 63 al. 5 PA). Le recourant 

supportera ainsi les frais du présent arrêt qui seront fixés à CHF 500.--. 

 

 

 

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Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

1. Le recours est rejeté. 

2. La demande d'assistance judiciaire est rejetée. 

3. Un émolument de CHF 500.-- est mis à la charge du recourant. 

 

Bellinzone, le 28 mai 2014 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le président: La greffière:  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Me Corinne Arpin, avocate  

- Office fédéral de la justice, Unité extraditions 

 

 

 

 

Indication des voies de recours 

  
Les décisions préjudicielles et incidentes qui sont notifiées séparément et qui portent sur la 
compétence ou sur une demande de récusation peuvent faire l’objet d’un recours (art. 92 
al. 1 LTF). Ces décisions ne peuvent plus être attaquées ultérieurement (art. 92 al. 2 LTF). 
 
En matière d’entraide pénale internationale, les autres décisions préjudicielles et incidentes 
notifiées séparément ne peuvent faire l’objet d’un recours. C’est sous réserve des décisions 
relatives à la détention extraditionnelle ou à la saisie d’objets et de valeurs, si elles peuvent causer 
un préjudice irréparable ou si l’admission du recours peut conduire immédiatement à une décision 
finale qui permet d’éviter une procédure probatoire longue et coûteuse (cf. art. 93 al. 1 et 2 LTF). Si 
le recours contre les décisions préjudicielles et incidentes n’est pas ouvert au sens de l’art. 93 al. 1 
et 2 LTF ou qu’il n’est pas utilisé, ces décisions peuvent être attaquées par un recours contre la 
décision finale dans la mesure où elles influent sur le contenu de celle-ci (cf. art. 93 al. 3 LTF). 

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Le recours n’est recevable contre une décision rendue en matière d’entraide pénale internationale 
que s’il constitue un cas particulièrement important (cf. art. 84 al. 1 LTF). Un cas est 
particulièrement important notamment lorsqu’il y a des raisons de supposer que la procédure à 
l’étranger viole des principes fondamentaux ou comporte d’autres vices graves (art. 84 al. 2 LTF). 
 
Le recours doit être déposé devant le Tribunal fédéral dans les 10 jours qui suivent la notification 
de l’expédition complète (cf. art. 100 al. 1 et 2 let. b LTF).