# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 00653f6f-ce4b-5152-9ae4-cbdc35725278
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-03-17
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 17.03.2010 A/3252/2009
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-3252-2009_2010-03-17.pdf

## Full Text

Siégeant : Maya CRAMER, Présidente; Christine BULLIARD MANGILI et Monique 
STOLLER FÜLLEMANN, Juges assesseurs 

  

 

 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/3252/2009 ATAS/280/2010 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 
ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 5 

du 17 mars 2010 

 

En la cause 

Madame R____________, domiciliée à GENEVE, comparant avec 

élection de domicile en l'étude de Maître ULMANN Claude 

 

 

recourante 

 

contre 

SERVICE DES PRESTATIONS COMPLEMENTAIRES, sis route 

de Chêne 54, GENEVE 

intimé 

 

 

 

 

 

A/3252/2009 

- 2/10 - 

EN FAIT 

1. Mme R____________, née en 1946, est au bénéfice d'une rente d'invalidité, 

ainsi que d'une allocation d'impotence moyenne, puis grave depuis septembre 

2000.  

2. Par demande reçue le 11 décembre 1985, elle requiert des prestations 

complémentaires à sa rente d'invalidité, en indiquant qu'elle dispose à titre de 

revenus uniquement d'une rente d'invalidité de 1'187 fr. par mois.  

3. Par décision du 7 juillet 1986, elle est mise au bénéfice de prestations 

complémentaires fédérales et cantonales avec effet rétroactif au 1
er

 décembre 

1985. Dans les années suivantes, d'autres décisions d'octroi de prestations 

complémentaires lui sont notifiées. Celle datée du 3 janvier 2005 mentionne 

une rente d'invalidité annuelle de 22'908 fr. et une rente d'impotence de 

20'640 fr., laquelle n'est cependant pas prise en compte pour le calcul des 

prestations dues.  

4. Par décision du 24 novembre 2008, le Service des prestations 

complémentaires (ci-après : SPC, auparavant Office cantonal des personnes 

âgées - OCPA) réclame à l'assurée le remboursement de la somme de 66'185 

fr. à titre de prestations indûment perçues à compter de décembre 2003. Par 

cette même décision, le SPC supprime le droit aux prestations 

complémentaires. Dans le calcul des prestations, il tient compte d'une rente 

du 2
ème

 pilier de 21'906 fr. par an. 

5. A la même date, le SPC demande à l'assurée également le remboursement du 

subside à l'assurance-maladie octroyé pour la période de décembre 2003 à 

novembre 2008.  

6. Par décision du 26 novembre 2008, le SPC annule les décisions par lesquelles 

il a remboursé à l'assurée les frais médicaux d'un montant de 16'325 fr. 55 à 

partir de janvier 2004.  

7. Par courrier du 2 décembre 2008, le SPC notifie ces trois décisions à 

l'assurée. Dans son courrier d'accompagnement, il précise avoir constaté, lors 

d'un contrôle périodique, qu'elle ne l'avait jamais informé avoir une rente du 

deuxième pilier. De ce fait, il a repris ses calculs à compter du 1
er

 décembre 

2003, soit dans le délai de prescription légal de cinq ans. Il a également tenu 

compte, dès le 1
er

 janvier 2006, d'une augmentation de l'épargne de l'ayant-

droit. Le montant total des prestations indument versées et dont la restitution 

est réclamée s'élève à 107'764 fr. 20.  

 

 

 

 

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- 3/10 - 

8. Par courrier du 19 décembre 2008, l'assurée, représentée par son conseil, 

forme une demande de remise, tout en admettant que ses revenus sont trop 

élevés pour s'opposer à la suppression des prestations complémentaires pour 

l'avenir. Elle allègue être gravement handicapée, ne pouvant vivre à domicile 

que grâce à l'aide permanente d'une autre personne. Il ne lui reste pour vivre 

qu'un montant de 733 fr. par mois dont elle a un besoin impérieux pour faire 

face aux dépenses extraordinaires liées à son état de santé. Par ailleurs, elle 

était persuadée que, au vu de sa situation modeste et de son handicap 

particulièrement sévère dont elle est affectée depuis plus de 40 ans, elle avait 

droit aux subsides qui lui étaient versés. Cela étant, elle estime que sa bonne 

foi doit être admise. 

9. Par décision du 15 avril 2009, le SPC refuse la demande de remise. Il allègue 

avoir procédé à une révision périodique de son dossier le 21 novembre 2008 

et avoir demandé à l'Administration fiscale cantonale les avis de taxation pour 

les années 2001 à 2007 la concernant. A la lecture de ces documents, il a 

constaté qu'elle percevait une rente de prévoyance professionnelle, ce dont il 

n'avait pas été informé. En outre, l'épargne de l'ayant-droit avait augmenté 

depuis le 1
er

 janvier 2006, ce qu'il ignorait également. Il relève par ailleurs 

que les bénéficiaires doivent lui communiquer sans retard tout changement de 

leur situation personnelle et toute modification sensible de leur situation 

matérielle. Jusqu'en 2005, le SPC avait envoyé chaque année à tous les 

bénéficiaires une nouvelle décision, à laquelle était jointe au moins deux 

lettres. La première rappelait que tout changement dans la situation 

économique ou personnelle devait lui être immédiatement annoncé. La 

seconde rappelait qu'une augmentation ou une diminution des revenus ou 

dépenses entraînaient une mise à jour des prestations pouvant donner lieu à 

un versement rétroactif ou à une demande de remboursement. Depuis 2006, 

l'organe compétent a envoyé une "Communication importante" à tous les 

bénéficiaires, rappelant l'obligation de renseigner. Il ressort par ailleurs de ses 

décisions que la rente de prévoyance professionnelle n'a pas été prise en 

compte dans les ressources. Ainsi, l'ayant-droit aurait dû en informer 

immédiatement le SPC. Elle ne pouvait ignorer devoir lui annoncer toute 

divergence entre sa situation personnelle ou financière et celle prise en 

compte dans ses décisions, en faisant preuve d'une vigilance raisonnablement 

exigible. 

10. Par courrier du 8 mai 2009, l'intéressée forme opposition à cette décision, par 

l'intermédiaire de son conseil. Elle rappelle qu'elle est handicapée depuis 40 

ans et qu'elle avait la conviction que ses diverses rentes avaient été prises en 

compte, au vu de sa situation financière plus que modeste. Par ailleurs, les 

décisions du SPC sont tout à fait incompréhensibles à lire pour un profane. 

Elle estime ainsi qu'elle était de bonne foi, tout en relevant que sa situation 

 

 

 

 

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financière l'empêche de rembourser la somme réclamée. Aussi persiste-t-elle 

à demander une remise. 

11. Par décision du 12 août 2009, le SPC rejette l'opposition. Il allègue avoir 

constaté que l'intéressée s'est régulièrement fait aider par Mme 

S____________ dans les démarches administratives notamment. Elle voit 

aussi régulièrement du personnel de la Fédération suisse d'aide et de soins à 

domicile (FSASD) depuis de nombreuses années, de sorte qu'elle disposait 

d'un entourage propice à l'aider dans la compréhension de ses 

correspondances. Les décisions indiquent en outre de façon tout à fait lisible 

les revenus et charges déclarés et pris en compte. Il était ainsi à sa portée de 

constater que sa rente de prévoyance professionnelle n'apparaissait pas dans 

les ressources déclarées. De surcroît, si elle avait un doute sur le contenu des 

décisions, elle pouvait également faire appel aux différents services sociaux 

ou demander au SPC de les lui expliquer. Par conséquent, il persiste à nier la 

bonne foi de l'ayant-droit.  

12. Par acte du 8 septembre 2009, l'assurée recourt contre cette décision, par 

l'intermédiaire de son conseil, en concluant à son annulation et à l'octroi d'une 

remise de l'obligation de restituer les sommes indûment perçues. 

Préalablement, elle demande une comparution personnelle des parties. Elle 

admet qu'elle touche une rente de prévoyance professionnelle de 1'781 fr. par 

mois, en plus de sa rente d'invalidité et de l'allocation pour impotent. Comme 

elle est très handicapée, elle avait la conviction que le calcul des prestations 

complémentaires prenait en compte la totalité de ses revenus. Elle répète à cet 

égard que les décisions ne sont pas très claires pour une personne dans son 

état de santé. Quant à la personne qui l'assiste dans ses démarches 

administratives, elle est également très malade et ne pouvait l'aider de façon 

efficace. Concernant la FSASD, la recourante relève que son mandat consiste 

à apporter des soins infirmiers et non pas à gérer les affaires administratives. 

La recourante produit par ailleurs trois décisions du 7 juillet 1986 de l'OCPA, 

mentionnant, à titre de ressources, provenant de l'exercice d'une activité 

lucrative, des montants de 6'000 fr. ou de 1'440 fr., montants qui 

correspondaient précisément à ceux de sa rente du 2
ème

 pilier. Elle insiste une 

nouvelle fois sur le fait que sa situation est plus que précaire et fait état de ses 

charges incompressibles. En raison de ses dépenses immenses dues à son 

handicap, elle pouvait penser en toute bonne foi qu'elle avait droit aux 

modestes subsides.  

13. Dans sa réponse au recours du 1
er

 octobre 2009, l'intimé conclut à son rejet. 

En plus de ses précédents arguments, il relève qu'il était impossible de 

supposer qu'un gain d'activité annuelle de 6'000 fr. en 1985 et de 1'440 fr. en 

1986 produirait une rente annuelle s'élevant à plus de 21'000 fr. 

 

 

 

 

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14. A l'audience de comparution personnelle du 9 décembre 2009, la recourante 

déclare ce qui suit : 

"J'ai tous les jours besoin des soins donnés par une infirmière, d'une 

surveillance permanente et régulièrement d'une ergothérapeute, 

indépendamment d'une aide ménagère." 

"En 1981, j'ai eu un épanchement de la moelle épinière qui a nécessité 

beaucoup d'hospitalisations. A cela se sont ajoutées des erreurs 

médicales. Depuis 1981, je ne peux plus rien faire toute seule et j'ai 

besoin d'une présence jour et nuit. Je n'ai par ailleurs pas de famille. Ma 

situation est donc très difficile." 

Son mandataire donne les explications suivantes :  

"Je connais Mme R____________ depuis très longtemps. Elle est très 

honnête et croyait de bonne foi avoir droit aux prestations 

complémentaires qui lui ont été versées. La demande de remboursement 

la met dans une situation très difficile aussi bien sur le plan matériel que 

psychologique.  

Toutefois, par gain de paix et dans le cadre d'un accord, elle pourrait 

consentir à rembourser la somme qui lui est réclamée à raison de 100 fr. 

par mois." 

15. Par écritures du 28 janvier 2010, l'intimé refuse la proposition 

transactionnelle de la recourante de rembourser 100 fr. par mois et persiste 

dans ses conclusions, après avoir soumis le dossier à sa division financière 

pour examen. Selon celle-ci, il apparaît que le solde disponible mensuel de la 

recourante, calculé selon les normes applicables par l'Office des poursuites, 

s'élève à 2'980 fr.  

16. Par courrier du 22 février 2010, la recourante persiste dans ses conclusions.  

17. Sur ce, la cause a été gardée à juger. 

 

EN DROIT 

1. La loi sur l'organisation judiciaire, du 22 novembre 1941 (LOJ ; RS E 2 05) a 

été modifiée et a institué, dès le 1
er

 août 2003, un Tribunal cantonal des 

assurances sociales statuant conformément à l'art. 56V al. 1 let. a ch. 3 LOJ 

en instance unique, sur les contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale 

sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 

(LPGA ; RS 830.1) qui sont relatives à la loi fédérale sur les prestations 

 

 

 

 

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complémentaires à l’AVS et à l’AI, du 6 octobre 2006 (Loi sur les prestations 

complémentaires; LPC ; RS 831.30). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Les dispositions de la novelle du 6 octobre 2006 modifiant la LPC et de celle 

du 13 décembre 2007 modifiant la LPCC, sont entrées en vigueur le 1
er

 

janvier 2008. Du point de vue temporel, sont en principe applicables les 

règles de droit en vigueur au moment où les faits juridiquement déterminants 

se sont produits et le juge des assurances sociales se fonde en principe, pour 

apprécier une cause, sur l'état de fait réalisé à la date déterminante de la 

décision sur opposition litigieuse (ATF 129 V 4 consid. 1.2; 169 consid. 1 ; 

356 consid. 1 et les arrêts cités). Ces principes de droit intertemporel 

commandent ainsi l'examen du bien-fondé de la décision sur opposition du 22 

août 2009 à la lumière des anciennes dispositions de la LPC pour la période 

s'étendant jusqu'au 31 décembre 2007 et, le cas échéant, au regard des 

nouvelles dispositions de la LPC et de la LPCC pour la période postérieure 

(ATF 130 V 332 consid. 2.2 et 2.3).  

Il sied encore de préciser qu’en matière de prestations complémentaires 

cantonales, la LPC et ses dispositions d’exécution fédérales et cantonales, 

ainsi que la LPGA et ses dispositions d’exécution, sont applicables par 

analogie en cas de silence de la législation cantonale (art. 1A LPCC). 

3. Interjeté dans les délai et forme prescrits par la loi, le recours est recevable 

(art. 56 ss LPGA, 43 de la loi cantonale sur les prestations cantonales 

complémentaires à l'assurance-vieillesse et survivants et à l'assurance-

invalidité du 25 octobre 1968 - LPCC, RS J 7 15 - et 89D de la loi sur la 

procédure administrative, du 12 septembre 1985 - LPA ; RS E 5 10).  

4. Est litigieuse en l'espèce la question de savoir si la recourante remplit les 

conditions de la remise de l'obligation de rembourser les prestations indûment 

perçues, plus particulièrement celle de la bonne foi. 

5. A teneur de l’art. 25 al. 1 LPGA, les prestations indûment touchées doivent 

être restituées, la restitution ne pouvant toutefois être exigée lorsque 

l’intéressé était de bonne foi et qu’elle le mettrait dans une situation difficile 

(cf. également. art.24 al. 1 LPCC). Les deux conditions sont cumulatives. 

6. Aux termes de l'art. 24 de l'ordonnance sur les prestations complémentaires à 

l’assurance-vieillesse, survivants et invalidité du 15 janvier 1971 (OPC-

AVS/AI; RS 831.301), l'ayant droit ou son représentant légal ou, le cas 

échéant, le tiers ou l'autorité à qui la prestation complémentaire est versée, 

doit communiquer sans retard à l'organe cantonal compétent tout changement 

dans la situation personnelle et toute modification sensible dans la situation 

 

 

 

 

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matérielle du bénéficiaire de la prestation. Cette obligation de renseigner vaut 

aussi pour les modifications concernant les membres de la famille de l'ayant 

droit. L'art 24 OPC-AVS/AI est applicable aux prestations cantonales par 

renvoi de l'art. 1A LPCC. 

7. S’agissant de la bonne foi, la jurisprudence constante considère que 

l’ignorance, par le bénéficiaire, du fait qu’il n’avait pas droit aux prestations 

ne suffit pas pour admettre qu’il était de bonne foi. Il faut bien plutôt qu’il ne 

se soit rendu coupable, non seulement d’aucune intention malicieuse, mais 

encore d’aucune négligence grave. Il s’ensuit que la bonne foi, en tant que 

condition de la remise, est exclue d’emblée lorsque les faits qui conduisent à 

l’obligation de restituer (violation du devoir d’annoncer ou de renseigner) 

sont imputables à un comportement dolosif ou à une négligence grave. En 

revanche, l’intéressé peut invoquer sa bonne foi lorsque l’acte ou l’omission 

fautifs ne constituent qu’une violation légère de l’obligation d’annoncer ou de 

renseigner (ATF 112 V 103 consid. 2c ; DTA 2003 n° 29 p. 260 consid. 1.2 et 

les références ; RSAS 1999 p. 384). Il y a négligence grave quand un ayant 

droit ne se conforme pas à ce qui peut raisonnablement être exigé d’une 

personne capable de discernement dans une situation identique et dans les 

mêmes circonstances (ATF 110 V 181 consid. 3d). Il faut ainsi en particulier 

examiner si, en faisant preuve de la vigilance exigible, il aurait pu constater 

que les versements ne reposaient pas sur une base juridique. Il n’est pas 

demandé à un bénéficiaire de prestations complémentaires de connaître dans 

leurs moindres détails les règles légales. En revanche, il est exigible de lui 

qu’il vérifie les éléments pris en compte par l’administration pour calculer 

son droit aux prestations. La bonne foi fait en outre d’emblée défaut lorsque 

l’octroi de prestations indûment versées est imputable à une violation grave 

ou intentionnelle de l’obligation d’annoncer ou de renseigner. Il en va ainsi 

lorsqu’un changement dans la situation personnelle ou matérielle n’a, 

intentionnellement ou par négligence grave, pas été annoncé ou annoncé avec 

retard compte tenu de l’attention que l’on peut raisonnablement exiger d’un 

bénéficiaire de prestations complémentaires (cf. ATF 112 V 103 consid. 2c, 

110 V 180 consid. 3c ; arrêt non publié du TFA du 20 janvier 2007, C 

93/2005). On signalera enfin, que, de jurisprudence constante, la condition de 

la bonne foi doit être réalisée dans la période où l’assuré concerné a reçu les 

prestations indues dont la restitution est exigée (ATF non publié du 17 avril 

2008, 8C_766/2007, consid. 4.1 et les références citées).  

Comme on le voit à la lecture de la jurisprudence susmentionnée, le Tribunal 

fédéral des assurances (ci-après le TFA) a jugé que la violation du devoir 

d'annoncer ou de renseigner constitue en général une négligence grave qui ne 

permet pas de retenir la bonne foi de l'assuré sauf dans quelques cas isolés 

(cf. notamment ATF 112 V 97; 110 V 176; DTA 2002 n° 38 p. 258 consid. 

2a). Le TFA a en effet considéré ladite omission comme une violation légère 

 

 

 

 

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dans deux cas. Il s'agissait du cas d'un tuteur qui devait surveiller les activités 

de son pupille qui s'occupait de plusieurs locations de locaux. Le tuteur avait 

omis de demander à son pupille si en plus de ses activités en matière de 

location, il avait mené de front une activité lucrative, ce qui avait été le cas 

pendant un certain temps (ATF 112 V 97). Dans l'arrêt cité au DTA, une 

société avait demandé la remise de l'obligation de restituer les indemnités en 

cas de réduction de l'horaire de travail, versées à tort à une entreprise dont 

elle avait repris les actifs et les passifs. Le TFA a reconnu que la négligence 

grave commise par les organes de la société reprise, qui n'avait tenu aucun 

contrôle des heures de travail chômées, n'était pas imputable à la société 

reprenante, car en l'absence de rapport de représentation légal ou contractuel, 

la bonne foi était une condition de la remise qui se rattachait à la personne 

(physique ou morale) du bénéficiaire de la prestation indue. Dans l'ATF 110 

V 176, le TFA a au contraire jugé qu'une femme de 68 ans, d'origine 

paysanne et sans connaissance du droit, qui avait omis de déclarer les 

prestations en nature qu'elle recevait dans la ferme de son neveu, en dépit de 

précisions sur le formulaire de demande de prestations, avait commis une 

négligence grave, de sorte que sa bonne foi ne pouvait être reconnue.  

Le Tribunal de céans a également rendu une jurisprudence abondante 

s'agissant de la bonne foi. Dans un arrêt du 13 avril 2003 (ATAS/257/2004), 

il a jugé que l'assurée ne pouvait se voir reconnaître la bonne foi car elle 

n'avait pas informé le SPC de l'augmentation du montant des rentes 

complémentaires de ses enfants d'une centaine de francs (cf. également 

ATAS/610/2004). Le Tribunal de céans a nié la bonne foi d’une assurée qui 

avait satisfait à l’obligation de renseigner mais qui n’avait pas attiré 

l’attention de l’administration sur le fait que ses prestations continuaient 

d’être versées à tort comme par le passé, sans tenir compte des montants 

déclarés (cf. ATAS/764/2007 rendu le 21 juin 2007 par le plenum de la 

juridiction). Enfin, dans un arrêt du 13 mai 2008 (ATAS/568/2008), le 

Tribunal a jugé que la bonne foi devait être niée car l'assurée n'avait pas 

déclaré ses augmentations de revenus, même si celles-ci étaient modestes. 

8. En l'espèce, la recourante n'a pas annoncé à l'intimé qu'elle percevait 

également une rente du 2
ème

 pilier. A cet égard, il ne fait pas de doute qu'elle 

devait ou aurait dû savoir que cet élément était important pour l'intimé et 

pouvait intervenir dans le calcul des prestations complémentaires. Il ne 

pouvait par ailleurs lui échapper que cette rente n'avait pas été prise en 

compte dans le calcul des prestations complémentaires, contrairement à la 

rente qu'elle reçoit de l'assurance-invalidité. En effet, le calcul des prestations 

complémentaires est communiqué aux ayants-droit avec la décision. Or, 

aucune mention n'y était faite in casu d'une rente du 2
ème

 pilier. Ainsi, même 

si la recourante pensait avoir droit aux prestations complémentaires, en raison 

des graves handicaps dont elle est atteinte depuis de très nombreuses années, 

 

 

 

 

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elle devait avoir un doute sur le bien-fondé des décisions de l'intimé, ce qui 

aurait dû l'inciter à tout le moins de prendre des renseignements soit auprès de 

l'intimé lui-même, soit auprès d'un conseiller juridique. 

Partant, la bonne foi de la recourante ne peut être retenue.  

Il convient toutefois de relever que les rentes de l'assurance-invalidité, ainsi 

que les allocations pour impotent, sont insaisissables. La recourante peut par 

ailleurs toujours faire une proposition raisonnable pour rembourser la somme 

due, afin d'éviter des poursuites. 

9. Au vu de ce qui précède, le recours sera rejeté.  

 

 

 

 

 

 

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- 10/10 - 

PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. Le rejette. 

3. Dit que la procédure est gratuite. 

4. Dit que pour ce qui a trait aux prestations complémentaires fédérales, les 

parties peuvent former recours contre le présent arrêt dans un délai de 30 

jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral (Schweizerhofquai 6, 

6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 

public, conformément aux art. 82 ss de la Loi fédérale sur le Tribunal fédéral, 

du 17 juin 2005 (LTF ; RS 173.110); le mémoire de recours doit indiquer les 

conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou 

de son mandataire ; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou 

par voie électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les 

pièces en possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, 

doivent être joints à l'envoi. 

 

La greffière 

 

 

 

 

Claire CHAVANNES 

 La présidente 

 

 

 

 

Maya CRAMER 

  

 
 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office 

fédéral des assurances sociales par le greffe le