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**Case Identifier:** 471c01da-1eeb-5d57-9edd-a8ceb2e2c2c0
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-05-19
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 19.05.2015 C/21434/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-21434-2013_2015-05-19.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 20 mai 2015. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/21434/2013-1 CAPH/80/2015 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des prud'hommes 

DU 19 MAI 2015 

 

Entre 

A______, sise ______ (GE), appelante d'un jugement rendu par le Tribunal des 
prud'hommes le 20 novembre 2014 (JTPH/486/2014), comparant par la DAS Protection 
Juridique SA, garage des Poteaux 10, case postale 144, 1213 Petit-Lancy 1, dans les 
bureaux de laquelle elle fait élection de domicile, 

 d'une part, 

et 

Monsieur B______, domicilié ______ (GE), intimé, comparant en personne, 

et 

CAISSE CANTONALE GENEVOISE DE CHÔMAGE, rue de Montbrillant 40, 
case postale 2293, 1211 Genève 2, intervenante, 

 d'autre part. 

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C/21434/2013-1 

EN FAIT 

A. a. Par contrat de travail écrit du 4 septembre 2000, A______ a engagé B______ 
en qualité de réparateur en automobiles. Le contrat prévoit un délai de congé de 
deux mois. L'employé a droit à quatre semaines de vacances par an.  

Le 26 septembre 2005, B______ a été promu chef d'atelier. 

En 2013, son salaire mensuel s'élevait à 5'600 fr. brut. Il percevait en outre un 
treizième salaire. 

b. Par lettre du 8 juillet 2013, remise le jour même en mains propres à B______, 
A______ a déclaré résilier le contrat de travail liant les parties pour le 8 septembre 
2013. Le travailleur était libéré avec effet immédiat de son obligation de travailler 
et invité à prendre le solde de ses vacances, soit 31,5 jours, dans le délai de congé. 

c. Du 9 juillet 2013, lendemain du congé, au 4 octobre 2013, B______ a été en 
incapacité totale de travail pour des motifs médicaux. Les certificats d'incapacité 
de travail fournis à l'employeur (pièces 9 et 10 appelante), émanant du médecin 
traitant de l'employé, mentionnent que l'incapacité est due à une maladie. 

Par lettre du 8 octobre 2013 adressée à A______, l'assureur maladie 
collective/perte de gain de cette dernière l'a informée refuser de fournir les 
prestations contractuellement prévues en relation avec l'incapacité de travail subie 
par B______, au motif que celle-ci ne résultait pas d'une maladie au sens de l'art. 
A3 des conditions générales d'assurance, soit "toute altération involontaire de la 
santé pouvant être constatée par le médecin, qui nécessite un traitement médical 

et qui n'est pas la conséquence d'un accident ou de ses suites". L'assureur invitait 
A______, pour de plus amples renseignements, à s'adresser directement à 
l'intéressé. 

Celui-ci, dans un courriel adressé le 15 octobre 2013 à A______ qu'il a lui-même 
produit (pièce 7 intimé), interprète la détermination de l'assureur comme signifiant 
que son arrêt de travail n'était pas contesté mais que les tentatives de suicide 
n'étaient pas couvertes par les conditions générales. 

B. a. Le 9 octobre 2013, B______ a déposé devant l'autorité de conciliation du 
Tribunal des prud'hommes une requête de conciliation à l'encontre de A______, 
dans laquelle il concluait au versement d'un montant total de 48'032 fr. 50 au titre 
de salaire, d'indemnités pour vacances non prises en nature, de treizième salaire et 
d'indemnités pour heures supplémentaires, à la modification de la lettre de 
résiliation des rapports de travail et à la délivrance d'un certificat de travail. 

Suite à l'échec de l'audience de conciliation tenue le 20 novembre 2013, une 
autorisation de procéder lui a été délivrée. 

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b. Le 15 janvier 2014, B______ a saisi le Tribunal des prud'hommes (ci-après : le 
Tribunal) d'une demande en la forme simplifiée, par laquelle il concluait à la 
condamnation de A______ à lui payer un montant de 30'000 fr. en capital. Il 
précisait à cet égard qu'il considérait détenir à l'encontre de son ancienne 
employeuse des créances s'élevant à 46'333 fr. 20 (soit 19'850 fr. 65 au titre de 
salaire pour la période du 9 septembre 2013 au 5 janvier 2014, 1'653 fr. 55 au titre 
de treizième salaire pour la même période, 8'129 fr. au titre d'indemnisation des 
vacances non prises et 16'800 fr. au titre d'arriéré de treizième salaire pendant trois 
ans) mais entendait limiter ses conclusions à 30'000 fr. afin que le litige soit traité 
en procédure simplifiée. Par la suite, B______ a expressément renoncé à réclamer 
le montant de 16'800 fr. dû selon lui au titre d'arriéré de treizième salaire sur trois 
ans, réduisant ainsi ses conclusions en paiement à 29'533 fr. 20 (46'333 fr. 20 – 
16'800 fr.). 

A l'appui de ses prétentions en paiement du salaire et du treizième salaire pour la 
période du 9 septembre 2013 au 5 janvier 2014, B______ expliquait que, 
conformément à l'art. 335c al. 1 CO ainsi qu'à la Convention Collective de Travail 
pour les travailleurs de l'industrie des garages du canton de Genève (ci-après : la 
CCT), le préavis de résiliation du contrat de travail était de trois mois, et non de 
deux. Le congé donné le 8 juillet 2013 ne pouvait donc prendre effet qu'au 8 
octobre (et non au 8 septembre) 2013. A cela s'ajoutait que, conformément à l'art. 
336c al. 2 CO, le délai de congé avait été suspendu pendant la durée de son 
incapacité de travail, soit du 9 juillet au 4 octobre 2013. Il n'avait donc commencé 
à courir que le 5 octobre 2013, avec pour conséquence que les rapports de travail 
n'avaient pris fin que le 5 janvier 2014. 

c. Invitée à répondre par écrit à la demande, A______ a conclu à ce qu'il lui soit 
donné acte de ce qu'elle s'engageait à payer à B______ le montant brut de 
1'838 fr. au titre d'indemnisation des vacances non prises en nature et, pour le 
surplus, au rejet des conclusions du demandeur. 

Selon A______, les rapports de travail avaient pris fin le 8 septembre 2013. La 
CCT n'était en effet pas applicable et la convention écrite des parties sur la durée 
du délai de congé prenait le pas sur l'art. 335c al. 1 CO, de droit dispositif (art. 
335c al. 2 CO). Le délai de congé n'avait par ailleurs pas été suspendu en 
application de l'art. 336c al. 2 CO, en raison du caractère fautif de l'incapacité de 
travail subie par B______ du 9 juillet au 4 octobre 2013. A______ alléguait en 
effet, à cet égard (allégué 14 de la réponse), que cette incapacité résultait d'une 
altération volontaire de sa santé par le travailleur; elle formulait sur ce point 
diverses offres de preuve, au nombre desquelles le témoignage de l'employée de 
son assureur maladie collective/perte de gain ayant traité le sinistre. Admettant 
pour le surplus que l'employé disposait d'un solde théorique de 31 jours de 
vacances jusqu'à la fin des rapports de travail, A______ considérait qu'il pouvait 
en prendre 20 pendant la période du 9 juillet au 8 septembre 2013, pendant 
laquelle il avait été libéré de l'obligation de travailler, de telle sorte que, compte 

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tenu d'un acompte de 1'130 fr. déjà versé, elle ne lui devait plus au titre 
d'indemnisation des vacances non prises en nature que la somme de 1'838 fr. 

d. Le 15 janvier 2014, la Caisse cantonale genevoise de chômage (ci-après : la 
CCGC) a formé une demande d'intervention principale, par la suite amplifiée, 
concluant à ce qu'elle soit subrogée à B______ à hauteur des prestations versées à 
ce dernier pour la période d'octobre à janvier 2014, soit un total de 15'788 fr. 30. 

Par ordonnance du 2 mai 2014, le Tribunal a admis la demande d'intervention 
principale. 

e. Le 16 mai 2014, le Tribunal a rendu une ordonnance de preuves par laquelle il 
énumère les faits dont les parties sont admises à apporter la preuve et, pour 
chacun d'eux, indique quelle partie supporte le fardeau de la preuve. 

Sous chiffre 4 de cette ordonnance, le Tribunal a ainsi attribué à B______ le 
fardeau de la preuve de son incapacité de travail "pour cause de maladie" du 9 
juillet au 4 octobre 2013, le droit à la contre-preuve étant réservé à A______. 

Dans cette même ordonnance, le Tribunal a par ailleurs précisé qu'il entendait 
admettre comme moyens de preuve les titres d'ores et déjà produits par les parties, 
leur interrogatoire (ou déposition) et l'audition en qualité de témoins des quatre 
personnes figurant sur la liste déposée par A______, dont l'employée de son 
assureur maladie collective/perte de gain ayant traité le sinistre ne faisait toutefois 
pas partie. 

f. Lors de l'audience de débats principaux tenue le 12 juin 2014, le Tribunal a 
procédé à l'interrogatoire/déposition (sic) des parties et à l'audition des quatre 
témoins cités. Ces mesures probatoires n'ont toutefois pas porté sur le caractère 
volontaire ou non de l'incapacité de travail subie par du 9 juillet au 4 octobre 
2013. 

A l'issue de cette audience, les parties ont plaidé et persisté dans leurs 
conclusions. 

g. Par jugement du 20 novembre 2014, communiqué pour notification aux parties 
le même jour et reçu le lendemain par A______, le Tribunal a condamné cette 
dernière à verser à B______ les sommes brutes de 3'862 fr. plus intérêts au taux 
de 5% l'an dès le 1er octobre 2013, 11'200 fr. plus intérêts au taux de 5% l'an dès 
le 1er novembre 2013, 1'029 fr. 90 avec intérêts au taux de 5% l'an dès le 1er 
janvier 2014 et 9'414 fr. 60 avec intérêts au taux de 5% l'an dès le 1er février 2014, 
sous déduction de la somme nette de 15'788 fr. 30 due à la CCGC (ch. 3 du 
dispositif), invité la partie qui en a la charge à opérer les réductions sociales, 
légales et usuelles (ch. 4 du dispositif), condamné A______ à verser à la CCGC la 
somme nette de 15'788 fr. 30 avec intérêts au taux de 5% l'an dès le 28 novembre 

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2013 (ch. 5 du dispositif), dit que la procédure était gratuite (ch. 6 du dispositif) et 
débouté les parties de toute autre conclusion (ch. 7 du dispositif). 

En substance, le Tribunal a retenu que les rapports de travail entre les parties 
avaient pris fin le 5 décembre 2013. Il a retenu que le délai de congé était de deux 
mois, conformément au contrat de travail du 4 septembre 2000, la CCT n'étant pas 
applicable et l'art. 335c al. 2 CO réservant les accords écrits des parties dérogeant 
à la réglementation prévue par l'al. 1 de cette disposition. Ce délai de congé avait 
toutefois été suspendu entre les 9 juillet et 4 octobre 2013 en application de l'art. 
336c al. 2 CO, en raison de l'incapacité de travail subie par le travailleur pendant 
cette période, qu'il a attribuée à une maladie. Conformément à l'art. 324a al. 1 et  
2 CO, l'employeur était tenu de verser le salaire, y compris une part 
proportionnelle du treizième salaire, jusqu'à l'expiration des rapports de travail 
nonobstant l'incapacité de travail subie par l'employé. L'employé avait en outre 
droit à l'indemnisation des jours de vacance non pris en nature, soit 31,5 jours au  
8 septembre 2013 auxquels s'ajoutaient 4,8 jours pour la période comprise entre 
les 9 septembre et 5 décembre 2013, soit 36,3 jours, ce qui représentait un 
montant de 9'346 fr. 20 dont à déduire l'acompte de 1'130 fr. déjà versé. Enfin, la 
CCGC était subrogée dans les droits de B______  à l'encontre de A______ à 
hauteur de l'ensemble des prestations fournies d'octobre 2013 à janvier 2014. 

C. a. Par acte adressé le 16 décembre 2014 au greffe de la Chambre des 
prud'hommes, A______ a formé appel contre le jugement du  
20 novembre 2014. Il conclut à l'annulation des chiffres 3 à 5 du jugement 
contesté et à ce que la Chambre, statuant à nouveau, confirme les chiffres 1 à 2 et 
6 à 7 dudit jugement, constate que les rapports de travail entre les parties avaient 
pris fin le 8 septembre 2013 et qu'à cette date le solde de vacances de B______ 
était de 31,5 jours, lui donne acte de son engagement de s'acquitter à ce titre, en 
faveur de ce dernier, d'un montant brut de 6'980 fr. 30 et le déboute de toutes 
autres conclusions. 

 A______ fait grief au Tribunal d'avoir inexactement constaté les faits relatifs à 
l'incapacité de travail subie par B______ et d'avoir en conséquence mal appliqué 
les art. 336c al. 2 et 324a al. 1 et 2 CO en considérant que cette incapacité de 
travail n'était pas imputable à une faute de ce dernier. Selon elle, ladite incapacité 
trouvait son origine dans une tentative de suicide de B______, ce qui était 
constitutif d'une faute intentionnelle excluant la suspension du délai de congé 
prévue par l'art. 336c al. 2 CO. 

 A______ a admis pour le surplus devoir indemniser B______ pour l'ensemble des 
jours de vacance non pris en nature au 8 septembre 2013, soit 31,5. Sur la base 
d'un salaire mensuel brut de 5'600 fr., le montant dû à ce titre s'élevait à 8'110 fr. 
30 (5'600 fr. ÷ 21,75 x 31,5), dont à déduire l'acompte de 1'130 fr. déjà versé, ce 
qui donnait un résultat de 6'980 fr. 30 brut. 

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 b. B______ n'a pas répondu à l'appel. 

 Par lettre du 22 décembre 2014, la CCGC a renoncé à se déterminer. 

 Par courrier du 11 février 2015, les parties ont été informées que la cause était 
gardée à juger. 

EN DROIT 

1. Le présent appel est dirigé contre une décision finale de première instance, dont la 
valeur litigieuse au dernier état des conclusions prises devant le Tribunal est 
supérieure à 10'000 fr. (art 308 al. 1 let. a et al. 2 CPC). Il a été déposé dans le 
délai légal de trente jours (art. 311 al. 1 CPC, 145 al. 1 let. a CPC), et est motivé 
conformément à la loi. 

Il est donc recevable. 

2. L'appelante reproche aux premiers juges, en relation avec l'appréciation du 
caractère fautif ou non de l'incapacité de travail subie par l'intimé du 9 juillet au 5 
octobre 2013, une constatation inexacte des faits et une application erronée de 
l'art. 336c al. 2 CO. 

2.1 L'art. 336c al. 1 let. b CO prévoit que, après le temps d'essai, l'employeur ne 
peut pas résilier le contrat de travail pendant une incapacité de travail totale ou 
partielle résultant d'une maladie ou d'un accident non imputables à la faute du 
travailleur, et cela durant 180 jours à partir de la sixième année de service. Si le 
congé a été donné avant une telle période et que le délai de congé n'a pas expiré, il 
est suspendu et ne continue à courir qu'après la fin de la période (art. 336c al. 2 
CO). 

La notion de faute du travailleur doit être interprétée de la même manière aux art. 
336c et 324a CO (WYLER/HEINZER, Droit du travail, 3ème édition, 2014, p. 688). Il 
y a faute du travailleur lorsque celui-ci, d'un point de vue objectif, a causé de 
manière intentionnelle ou par négligence l'incapacité de travail et que, 
subjectivement, il était capable de discernement (BRÜHWILER, 
Einzelarbeitsvertrag, 3ème édition, 2014, n° 7b ad art. 324a CO). De manière à 
préserver la liberté du travailleur d'aménager sa vie comme il l'entend (ATF 122 
III 268 consid. 3.a.bb), le concept de la faute doit toutefois être apprécié de 
manière restrictive dans le cadre des art. 336c et 324a CO, en ce sens que seule 
une faute grave de la part du travailleur – soit une faute intentionnelle ou une 
grave négligence – sera de nature à le priver des droits conférés par ces 
dispositions (WYLER/HEINZER, op. cit., pp. 225 et 688; BRÜHWILER, op. cit., n° 7b 
ad art. 324a CO; REHBINDER/STÖCKLI, in Berner Kommentar, n° 16 ad art. 324a 
CO; VISCHER/MÜLLER, Der Arbeitsvertrag, 2014, § 12.III n° 15). Le caractère 
fautif du comportement du travailleur et son éventuelle gravité doivent être 

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appréciés en tenant compte de toutes les circonstances concrètes de l'espèce 
(BRÜHWILER, op. cit., n° 7b et 7d ad art. 324a CO). 

Un accident de sport ne sera ainsi, en règle générale, pas imputable à faute au 
travailleur à moins que celui-ci n'ait pas respecté les règles de sécurité (p. ex. un 
skieur quittant les pistes balisées au mépris de signaux interdisant le passage et 
indiquant un fort risque d'avalanche) ou ait assumé un risque pouvant être qualifié 
de très élevé (ATF 122 III 268 consid. 3.a.bb). Sera de même considéré comme 
gravement fautif le comportement d'un travailleur conduisant en état d'ébriété, 
omettant d'attacher sa ceinture de sécurité ou de porter un casque 
(VISCHER/MÜLLER, op. cit., § 12.III n° 16). 

Une incapacité de travail due à une maladie ne sera en principe, de par sa nature, 
pas imputable à faute au travailleur sous réserve de cas particuliers (refus de se 
soumettre à un traitement médical ou de suivre les consignes d'un médecin) 

Les incapacités de travail dues à la consommation de drogues, à la consommation 
abusive d'alcool ou à une tentative de suicide posent des problèmes particuliers : 
leur cause directe réside en effet dans un comportement volontaire du travailleur, 
lequel doit toutefois fréquemment être mis en relation avec une affection 
préexistante de la santé (syndrome de dépendance, dépression, etc.). Il convient 
dans de tels cas de déterminer, au vu de toutes les circonstances du cas d'espèce, si 
le travailleur, au moment d'adopter le comportement conduisant à l'incapacité de 
travail, disposait encore de la capacité de discernement nécessaire pour prendre 
conscience des dangers de son acte et avait la possibilité d'adopter un 
comportement adéquat (BRÜHWILER, op. cit., n° 7d ad art. 324a CO; 
REHBINDER/STÖCKLI, op. cit., n° 16 ad art. 324a CO). Ce n'est que si la réponse à 
ces deux questions est positive que l'incapacité de travail consécutive pourra lui 
être imputée à faute. 

Le fardeau de la preuve du caractère non fautif de l'incapacité de travail incombe 
au travailleur (VISCHER/MÜLLER, op. cit., § 12.III n° 18; BRÜHWILER, op. cit., n° 
7a ad art. 324a CO; REHBINDER/STÖCKLI, op. cit., n° 20 ad art. 324a CO). 

2.2 Dans le cas d'espèce, ni l'existence ni la durée de l'incapacité de travail ne sont 
contestées. L'appelante, employeuse, a toutefois d'entrée de cause argué du 
caractère volontaire, et donc à ses yeux fautive, de cette incapacité de travail. 
Conformément aux règles répartissant le fardeau de la preuve, il incombait dès 
lors au travailleur d'apporter la preuve de son absence de faute. Tenu d'établir les 
faits d'office (art. 247 al. 2 let. b ch. 2 CPC), le Tribunal devait pour sa part, à tout 
le moins, inviter le travailleur – non assisté par un avocat – à alléguer de manière 
précise l'ensemble des faits pertinents pour apprécier le caractère fautif ou non de 
l'incapacité de travail et, si ces faits étaient contestés, lui donner l'occasion de 
proposer l'administration de moyens de preuve à cet égard. 

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Or le Tribunal n'a pas satisfait à cette obligation. L'ordonnance de preuves du  
16 mai 2014 ne comporte en effet aucune mention de la problématique et son 
dispositif est peu clair : elle met à la charge de l'intimé le fardeau de la preuve de 
l'incapacité de travail et de sa durée (non contestées et donc n'ayant pas à être 
prouvées) ainsi que de sa cause alléguée, la maladie, perdant ainsi de vue que, 
selon les circonstances concrètes, une incapacité de travail due à une maladie peut 
être considérée comme fautive au sens de l'art. 336c CO. L'audition des parties, 
intervenue lors de l'audience de débats principaux du 12 juin 2014, n'a pas 
davantage porté sur cette question. En particulier, le Tribunal n'a pas, par des 
questions appropriées, amené l'intimé à donner les éclaircissements nécessaires 
sur les causes immédiates de l'incapacité de travail qu'il avait subie et les 
circonstances l'ayant entourée. 

Ce défaut d'instruction d'office sur un point de fait tout à la fois pertinent et 
contesté a conduit le Tribunal à procéder à une application erronée de l'art. 336c 
al. 2 CO en ce qu'il a retenu – implicitement et sans discussion topique – que les 
conditions d'application de cette disposition étaient réalisées. Une telle conclusion 
supposait en effet que le travailleur soit parvenu à apporter la preuve de son 
absence de faute dans la survenance de l'incapacité de travail l'ayant frappé, ce 
que le dossier, dans son état actuel, ne permet pas d'admettre : les certificats 
médicaux y figurant évoquent certes une maladie – élément qui n'est en tout état 
pas déterminant à lui seul – mais les pièces émanant de l'assureur maladie 
collective/perte de gain de l'appelante ainsi que le courriel de l'intimé du  
15 octobre 2013 donnent à penser qu'un comportement volontaire de ce dernier a 
joué un rôle dans la survenance de l'incapacité de travail. 

L'appel doit ainsi être admis. Les points 3 à 5 du jugement attaqué seront annulés 
et la cause retournée au Tribunal pour instruction complémentaire dans le sens des 
considérants et nouvelle décision (art. 318 al. 1 let. c ch. 2 CPC). Il n'y a dès lors 
pas lieu de statuer sur les conclusions réformatoires de l'appelante, étant toutefois 
rappelé que l'instance d'appel n'a pas à confirmer les points de la décision de 
première instance non remis en cause en appel (art. 315 al. 1 CPC). Il sera par 
ailleurs donné acte à l'appelante de son engagement de verser au travailleur un 
montant brut de 6'980 fr. 30 au titre d'indemnisation des vacances non prises en 
nature, une éventuelle condamnation par le Tribunal à payer un montant supérieur 
demeurant réservée. 

3. Il n'est pas perçu de frais (art. 114 let. c CPC) ni alloué de dépens (art. 22  
al. 2 LaCC). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre des prud'hommes, groupe 1 : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel formé par A______ contre le jugement JTPH/486/2014 rendu 
le 20 novembre 2014 par le Tribunal des prud'hommes. 

Au fond : 

Annule les chiffres 3, 4 et 5 de ce jugement. 

Cela fait : 

Renvoie la cause au Tribunal des prud'hommes pour instruction complémentaire et 
nouvelle décision. 

Sur les frais : 

Dit qu'il n'est pas perçu de frais ni alloué de dépens. 

Siégeant : 

Monsieur Patrick CHENAUX, président; Monsieur Pierre-Alain L'HÔTE, juge employeur; 
Monsieur Yves DUPRÉ, juge salarié; Madame Véronique BULUNDWE-LÉVY, greffière. 

 

Le président : 

Patrick CHENAUX 

 La greffière : 

Véronique BULUNDWE-LÉVY 

 
 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours et valeur litigieuse : 

 
Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec 

expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du recours en matière 

civile. 

 
Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 
Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 15'000.- fr.