# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 76b0a404-9aa0-5487-aa87-48b874db78d7
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2025-03-31
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 31.03.2025 F-1902/2025
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_F-1902-2025_2025-03-31.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour VI 

F-1902/2025 

 

 
 

  A r r ê t  d u  3 1  m a r s  2 0 2 5  

Composition 
 Gregor Chatton, juge unique,  

avec l'approbation de Sebastian Kempe, juge ; 

Noémie Gonseth, greffière. 
 

 
 

Parties 
 A._______, né (…) 1990, Cameroun, 

alias B._______, né le (…) 1990, Nigéria, 

c/o (…),   

recourant,  

  
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations SEM,  

Quellenweg 6, 3003 Berne,    

autorité inférieure.  

  
 

 
 

Objet 
 Asile (non-entrée en matière) et renvoi (procédure Dublin - 

art. 31a al. 1 let. b LAsi); décision du SEM du 13 mars 2025 / 

N (…). 

 

 

 

F-1902/2025 

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Faits : 

A.  

A.a En date du 18 décembre 2024, A._______, ressortissant du Came-

roun, né en 1990, alias B._______, ressortissant du Nigéria, né en 1990 

(ci-après : le requérant, le recourant ou l’intéressé), a déposé une de-

mande d’asile en Suisse. 

D’après le résultat de la consultation du système central d’information sur 

les visas (CS-VIS/ORBIS), les autorités françaises à Lagos lui avaient dé-

livré un visa Schengen de court séjour (type C) valable pour une seule 

entrée du 23 novembre 2024 au 28 décembre 2024. 

A.b Le requérant a signé la procuration attestant des pouvoirs de la repré-

sentation juridique le 20 décembre 2024. 

A.c Le 27 décembre 2024, en présence de son représentant, le requérant 

a été entendu dans le cadre d’un entretien Dublin sur, notamment, la com-

pétence potentielle de la France pour la procédure d’asile ainsi que sur les 

éventuels faits médicaux. Lors de l’entretien, le requérant a notamment in-

diqué ne pas savoir qu’il était titulaire d’un visa délivré par la France. Sur 

les faits médicaux, il a principalement souligné qu’il avait un sentiment de 

peur, se sentait inconfortable ainsi qu’en insécurité. Ces problèmes ve-

naient de son orientation sexuelle, qui n’était pas acceptable en Afrique. Il 

a précisé qu’il était allé à l’infirmerie pour la gale, mais que c’était désor-

mais réglé. Il ne prenait par ailleurs pas de médicaments. La représentation 

juridique a sollicité l’instruction d’office de l’état de santé du requérant. 

A.d Le même jour, le Secrétariat d’Etat aux migrations (ci-après : SEM) a 

formé une demande de prise en charge auprès des autorités françaises en 

vertu de l'art. 12 par. 2 du règlement Dublin III (ou RD III ; référence com-

plète : règlement [UE] n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil 

du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de 

l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection in-

ternationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de 

pays tiers ou un apatride [refonte ; JO L 180 du 29 juin 2013 p. 31 ss]). 

A.e Le 27 février 2025, les autorités françaises ont accepté la demande de 

prise en charge en application de l’art. 12 par. 2 RD III. 

B.  

Par décision du 13 mars 2025, notifiée électroniquement le même jour, le 

SEM n’est pas entré en matière sur la demande d’asile du requérant et a 

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prononcé son transfert vers la France, constatant qu’un éventuel recours 

n’aurait pas d’effet suspensif. 

Le 17 mars 2025, le mandat de représentation du requérant a été résilié. 

C.  

Par recours du 20 mars 2025 (date du timbre postal), l’intéressé a déféré 

cette décision au Tribunal administratif fédéral (ci-après : le TAF ou le Tri-

bunal). Il a conclu, en substance, à l’annulation de la décision attaquée et 

à l’entrée en matière sur sa demande d’asile. En sus, il a requis l’octroi de 

l’assistance judiciaire. 

Par ordonnance de mesures superprovisionnelles du 21 mars 2025, le Tri-

bunal a suspendu le transfert de l’intéressé vers la France. 

Droit : 

1.  

1.1 Le Tribunal est compétent pour traiter du présent recours et statue dé-

finitivement (art. 1 al. 2 et 33 let. d LTAF, applicables par renvoi de l'art. 105 

LAsi [RS 142.31], en relation avec l'art. 83 let. d ch. 1 LTF). Il appert que le 

recourant a qualité pour recourir et que le recours a été présenté dans la 

forme et le délai prescrits ; celui-ci est dès lors recevable (art. 48 al. 1 et 

52 al. 1 PA, applicables par renvoi des 37 LTAF et 6 LAsi, et art. 108 al. 3 

LAsi).  

 

1.2 L'intéressé peut se prévaloir de la violation du droit fédéral, notamment 

pour abus ou excès du pouvoir d'appréciation, ou de l'établissement 

inexact ou incomplet de l'état de fait pertinent (art. 106 al. 1 LAsi), mais non 

de l'inopportunité (cf. ATAF 2015/9 consid. 6.2 et 8.2.2). 

1.3 Le Tribunal souligne que le frère supposé (ci-après, pour alléger la lec-

ture : frère) du recourant n’a pas la qualité pour recourir au sens de l’art. 48 

PA, dès lors qu’il n’est pas partie à la procédure d’asile (cf. ATAF 2011/39 

consid. 4.3.2, qui rappelle que le dépôt d’une demande d’asile est un droit 

strictement personnel). Dès lors, en tant que le frère de l’intéressé indique 

soumettre un recours (cf. courrier du frère), celui-ci doit être déclaré irrece-

vable. Le courrier pourra être en revanche traité comme pièce complémen-

taire au recours. 

1.4 Saisi d'un recours contre une décision de non-entrée en matière sur 

une demande d'asile, le TAF se limite à en examiner le bien-fondé  

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(cf. ATAF 2017 VI/5 consid. 3.1). Face à des recours manifestement infon-

dés, il statue dans une procédure à juge unique, avec l'approbation d'un 

second juge (art. 111 let. e LAsi), sans échange d'écritures et sur la base 

d'une motivation sommaire (art. 111a LAsi). En l'occurrence, comme on le 

verra ci-après, le recours doit être considéré comme étant manifestement 

infondé, dans la mesure de sa recevabilité. 

 

2.  

2.1 Dans le cas d'espèce, il y a lieu de déterminer si le SEM était fondé à 

faire application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, en vertu duquel il n'entre pas 

en matière sur une demande d'asile lorsque l'intéressé peut se rendre dans 

un Etat tiers compétent, en vertu d'un accord international, pour mener la 

procédure d'asile et de renvoi. Selon l'Accord conclu le 26 octobre 2004 

entre la Confédération suisse et la Communauté européenne (AAD, 

RS 0.142.392.68), la Suisse participe au système établi par le règlement 

Dublin III. 

2.2 Aux termes de l'art. 3 par. 1 du règlement Dublin III, une demande de 

protection internationale est examinée par un seul Etat membre, qui est 

déterminé selon les critères fixés à son chapitre III. La procédure de déter-

mination de l'Etat responsable est engagée aussitôt qu'une demande 

d'asile a été déposée pour la première fois dans un Etat membre (art. 20 

par. 1 RD III). Les critères de détermination de l’Etat responsable s’appli-

quent dans l’ordre dans lequel ils sont présentés dans le chapitre III  

(cf. art. 7 par. 1 RD III). L'Etat responsable de l'examen d'une demande de 

protection internationale en vertu du règlement est tenu de prendre en 

charge - dans les conditions prévues aux art. 21, 22 et 29 - le demandeur 

qui a introduit une demande dans un autre Etat membre (art. 18 par. 1 let. a 

RD III). 

2.3 Le règlement Dublin III ne confère pas aux demandeurs d'asile le droit 

de choisir l'Etat membre offrant, à leur avis, les meilleures conditions d'ac-

cueil comme Etat responsable de l'examen de leur demande d'asile  

(cf. arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne [CJUE] C-394/12 

Shamso Abdullahi c. Autriche du 10 décembre 2013, § 59 et 62 ; ATAF 

2017 VI/5 consid. 8.2.1). 

3.  

Dans son recours, l’intéressé a soutenu que la France n’était pas en me-

sure d’assurer sa sécurité et son bien-être. Dans son courrier, son frère a 

ajouté que les demandeurs d’asile y étaient maltraités. Implicitement, le 

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recourant fait ainsi valoir l’existence de défaillances systémiques dans 

l’Etat requis, ce qu’il y a lieu d’examiner.  

3.1 En vertu de l'art. 3 par. 2 al. 2 RD III, lorsqu'il est impossible de trans-

férer un demandeur vers l'Etat membre initialement désigné comme res-

ponsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet 

Etat membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les 

conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traite-

ment inhumain ou dégradant au sens de l'art. 4 de la Charte des droits 

fondamentaux de l'Union européenne (JO C 364/1 du 18.12.2000, ci-

après : Charte UE), l'Etat procédant à la détermination de l'Etat respon-

sable poursuit l'examen des critères fixés au chapitre III afin d'établir si un 

autre Etat peut être désigné comme responsable (sur la notion de défail-

lances systémiques, cf. arrêts de référence du TAF E-962/2019 du 17 dé-

cembre 2019 consid. 2.4 ; F-7195/2018 du 11 février 2020 consid. 6.3 et 

6.4).  

3.2 De jurisprudence constante, toutefois, on ne saurait retenir qu’il existe 

en France de telles défaillances systémiques (cf., parmi d’autres, les arrêts 

du TAF F-1068/2025 du 21 février 2025 consid. 4.2, F-395/2025 du 23 jan-

vier 2025 consid. 3 ss, F-1215/2024 du 1er mars 2024 consid. 5.3.). De 

plus, le recourant n’a pas apporté d’indices sérieux étayant que les autori-

tés françaises ne respecteraient pas le droit international. En consé-

quence, l’application de l’art. 3 par. 2 al. 2 du règlement Dublin III à sa 

cause ne se justifie pas. 

4.  

Pour s’opposer à son transfert vers la France, le recourant a également 

sollicité l’application des articles 8, 9 et 10 RD III (cf. recours du 20 mars 

2025), se prévalant de la présence de son frère en Suisse, titulaire d’une 

autorisation de séjour. 

4.1 La protection de l’art. 8 RD III concerne les mineurs. Dans la mesure 

où le recourant est né en 1990, il n’entre pas dans le champ d’application 

de cette disposition. 

4.2 Quant aux exceptions des articles 9 et 10 RD III, celles-ci concernent 

les membres de la famille au sens de l’art. 2 let. g RD III. En principe, la 

notion n’englobe pas la relation entre frères et sœurs (cf., mutatis mutan-

dis, arrêt du TAF F-1860/2023 du 16 janvier 2024 consid. 6.1). Quand bien 

même le lien de parenté entre le recourant, qui est majeur, et son frère 

serait établi au-delà de tout soupçon, force est de constater que la relation 

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du recourant avec son frère ne correspond pas à la notion de membre de 

la famille au sens de l’art. 2 let. g RD III. Le recourant ne peut donc se 

prévaloir de ces dispositions et il n’est pas nécessaire de requérir un test 

ADN pour vérifier le lien de parenté entre le recourant et son frère. 

4.3 Si le demandeur est titulaire d'un visa en cours de validité, l'Etat 

membre qui l'a délivré est, en principe, responsable de l'examen de la de-

mande de protection internationale (cf. art. 12 par. 2 RD III). 

4.4 En l'occurrence, il ressort de la consultation du système central d'infor-

mation sur les visas (CS-VIS/ORBIS) que l'intéressé s'est vu délivrer par 

les autorités françaises un visa Schengen de court séjour (type C) pour une 

seule entrée, qui était toujours valable au moment où l'intéressé a déposé 

sa demande d'asile (cf. CHRISTIAN FILZWIESER/ANDREA SPRUNG, Dublin III-

Verordnung – Das Europäische Asylzuständigkeitssystem, 2014, art. 12 

par. K8 p. 138). Fondé sur ces informations, le SEM a formulé une de-

mande de prise en charge auprès des autorités françaises, dans le délai 

de l'art. 21 par. 1 RD III, qui l'ont expressément acceptée.  

La France est ainsi bien l'Etat compétent pour mener la procédure d'asile. 

5.  

Dans son mémoire de recours, le recourant a, par ailleurs, fait implicite-

ment valoir une violation de l’art. 16 RD III, applicable dans le cadre d’une 

procédure de prise en charge (cf. art. 7 par 3 RD III). Il soutient qu’il existe 

un lien de dépendance entre lui-même et son frère. Il a ainsi également 

invoqué implicitement l’art. 8 CEDH (cf. recours du 20 mars 2025). 

5.1 Plus concrètement, le recourant a déclaré souffrir de graves troubles 

psychologiques depuis son arrivée en Suisse et fait valoir que son frère 

était le seul à pouvoir l’aider à se reconstruire. Il a également affirmé qu’il 

dépendait largement de celui-ci pour son bien-être physique, psycholo-

gique et émotionnel. Dans son courrier, le frère de l’intéressé a, quant à lui, 

indiqué qu’il avait une relation fusionnelle avec le recourant.  

5.2 Les conditions d'application de l’art. 16 par. 1 du règlement Dublin III 

peuvent être rapprochées de celles de la protection de la vie familiale ga-

rantie par l'art. 8 par. 1 CEDH (RS 0.101 ; cf. arrêt du TAF F-25/2023 du 

9 janvier 2023 consid. 5.2 et jurisp. cit.). Ainsi, les relations familiales pro-

tégées sont avant tout celles qui concernent la famille au sens étroit (famille 

nucléaire), soit celles qui existent entre époux ainsi qu’entre parents et en-

fants mineurs vivant en ménage commun (cf. ATF 147 I 268 consid. 1.2.3 ; 

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Page 7 

144 II 1 consid. 6.1). D’autres liens familiaux ou de parenté, tels ceux entre 

des enfants majeurs et leurs parents ou entre des frères et sœurs, peuvent 

également tomber dans le champ de protection lorsqu'il y a un rapport de 

dépendance particulier dépassant les relations familiales, respectivement 

les liens émotionnels, usuels (cf. ibid.), par exemple en raison d'un handi-

cap ou d'une maladie grave (cf. ATF 145 I 227 consid. 3.1) nécessitant une 

prise en charge permanente (cf. ATAF 2007/45 consid. 5.3). Le handicap 

ou la maladie grave doivent nécessiter une présence, une surveillance, des 

soins et une attention que seuls des proches parents sont généralement 

susceptibles d'assumer et de prodiguer (cf. arrêt du TF 2C_614/2013 du 

28 mars 2014 consid. 3.1 ; arrêt du TAF F-745/2023, F-747/2023 du  

27 février 2023 consid. 4.3). 

5.3 En l’occurrence, le recourant n’a étayé ses problèmes de santé par au-

cune pièce. Il ne ressort pas non plus de son entretien Dublin du 27 dé-

cembre 2024 qu’il souffrirait d’afflictions psychologiques nécessitant une 

prise en charge permanente. Lors de l’entretien, il avait fait état d’un senti-

ment de peur, d’inconfort et d’insécurité en général. Il a expressément été 

invité à consulter l’infirmerie si besoin, ce qu’il n’a pas fait, hormis le traite-

ment de la gale. Il ne suit aucun traitement médicamenteux. En l’état du 

dossier, rien n’indique que l’intéressé ait besoin d’une prise en charge per-

manente de son frère. En sus, ce dernier est en Suisse depuis mai 2023 

au moins. Dès lors, il appert que le recourant peut se prendre en charge 

sans l’aide de son frère. 

5.4 Dans ces conditions, le recourant ne peut pas se prévaloir de l’art. 16 

par.1 RD III cum art. 8 par. 1 CEDH pour s’opposer à son transfert vers la 

France. 

6.  

Il convient encore de déterminer si les problèmes de santé allégués par le 

recourant et son frère pourraient en tant que tels faire obstacle à son trans-

fert en France.  

6.1 Sur la base de l’art. 17 par. 1 RD III, chaque Etat membre peut décider 

d’examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée 

par le ressortissant d’un pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne 

lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le règlement. Comme l’a 

retenu la jurisprudence, le SEM doit admettre la responsabilité de la Suisse 

pour examiner une demande de protection internationale qui lui est pré-

sentée, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés 

dans le RD III, lorsque le transfert envisagé vers l'Etat membre désigné 

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responsable par lesdits critères viole des obligations de la Suisse relevant 

du droit international public. Il peut également admettre cette responsabilité 

pour des raisons humanitaires au sens de l'art. 29a al. 3 de l’ordonnance 

1 sur l’asile relative à la procédure du 11 août 1999 (ci-après : OA 1 ;  cf. 

ATAF 2017 VI/5 consid. 8.5.2). 

6.2 Dans ce cadre, il ne s'agit pas de déterminer si l'étranger bénéficiera, 

dans le pays vers lequel il sera transféré, de soins équivalents à ceux dis-

pensés en Suisse, mais d'examiner si le degré de gravité qu'implique le 

transfert atteint le seuil consacré à l'art. 3 CEDH, soit un engagement du 

pronostic vital ou un déclin grave, rapide et irréversible de la santé tant 

psychique que physique (cf., notamment, arrêt de la Cour européenne des 

droits de l’homme [Cour EDH] Paposhvili contre Belgique [Grande 

chambre] du 13 décembre 2016, req. 41738/10 ; ATAF 2017 VI/7 consid. 

6.2). 

6.3 Compte tenu des déclarations du recourant lors de son entretien Dublin 

et du fait qu’il n’a apparemment jamais eu besoin de consulter l’infirmerie 

pour ses problèmes psychiques, rien ne laisse penser que le recourant 

souffrirait d’une maladie ou d’une atteinte à sa santé psychique d’une gra-

vité ou d’une spécificité telle à s’opposer à un transfert vers la France.  

En tant que, sans étayer ce point, le recourant a, dans son mémoire de 

recours, évoqué des idéations suicidaires et que son frère a mentionné 

l’« état psychologique fragile » du recourant en lien avec des « tentatives 

suicidaires », force est de rappeler la jurisprudence, selon laquelle des me-

naces de suicide émises ou une tentative de suicide commise par une per-

sonne dont le renvoi (ou le transfert) a été ordonné ne sauraient constituer 

un obstacle à la mise en œuvre de cette mesure d’éloignement sous l’angle 

de l’art. 3 CEDH, si la personne concernée est apte à voyager et que des 

mesures concrètes (adaptées à l’état de la personne) sont prises, au be-

soin, pour prévenir la réalisation de tels actes (cf. arrêt de la CJUE du  

16 février 2017 rendu dans la cause C-578/16, § 78 et 79, et arrêt de la 

Cour EDH du 30 juin 2015 dans la cause A.S. contre Suisse,  

req. 39350/13, § 34; cf. également ATAF 2017 VI/7 consid. 6.4, ainsi que, 

parmi d'autres, l'arrêt du TAF F-1437/2022 du 9 mai 2022 consid. 4.3.1).  

6.4 En tout état de cause, la France, qui est liée par la directive Accueil 

(référence complète : directive n° 2013/33/UE du Parlement européen et 

du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des per-

sonnes demandant la protection internationale [refonte ; JO L 180 du 

29.06.2013]) et dispose de structures médicales comparables à celles 

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existant en Suisse (cf. arrêts du TAF F-4535/2024 du 23 juillet 2024 consid. 

6 ; F-4178/2024 du 5 juillet 2024 consid. 6.3.2), doit faire en sorte que les 

demandeurs d'asile reçoivent les soins médicaux nécessaires qui compor-

tent, au minimum, les soins urgents et le traitement essentiel des maladies 

et des troubles mentaux graves, et fournir l'assistance médicale ou autre 

nécessaire aux demandeurs ayant des besoins particuliers en matière 

d'accueil, y compris, s'il y a lieu, des soins de santé mentale appropriés 

(art. 19 par. 1 et 2 de ladite directive). L’intéressé pourra ainsi bénéficier 

des prestations prévues par cette directive une fois qu’il aura formulé, à 

l’issue de son transfert, une demande d’asile auprès des autorités fran-

çaises. 

6.5 En outre, le Tribunal ne dispose d’aucune raison de croire, le recourant 

n’ayant pas non plus fourni d’éléments susceptibles de le démontrer, que 

la France ne respecterait pas le principe de non-refoulement et faillirait à 

ses obligations internationales en le renvoyant dans un pays où sa vie, son 

intégrité corporelle ou sa liberté serait sérieusement menacées. Il appar-

tiendra au recourant de faire valoir ses motifs tirés de son orientation 

sexuelle et des persécutions subies dans son pays d’origine par-devant les 

autorités françaises. 

6.6 Il s’ensuit que le transfert du recourant en France n’est pas contraire 

aux obligations de la Suisse relevant du droit international public. Le SEM 

a par ailleurs procédé à un examen correct des faits allégués par l'intéressé 

au moment de son entretien Dublin susceptibles de constituer des « rai-

sons humanitaires » au sens de l'art. 29a al. 3 OA 1. 

7.  

7.1 C’est ainsi à bon droit que l’autorité inférieure n'est pas entrée en ma-

tière sur la demande d'asile de l’intéressé, en application de l'art. 31a al. 1 

let. b LAsi, et a prononcé son transfert de la Suisse vers la France, en 

application de l'art. 44 LAsi, aucune exception à la règle générale du renvoi 

n'étant réalisée (art. 32 OA 1). Par conséquent, le recours doit être rejeté 

dans la mesure de sa recevabilité. 

7.2 Les conclusions du recours étant d’emblée vouées à l’échec, la requête 

d’assistance judiciaire est rejetée. 

8.  

Vu l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la charge 

du recourant, conformément à l’art. 63 al. 1 PA et aux art. 2 et 3 let. a du 

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règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités 

fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2).  

  

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Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté, dans la mesure de sa recevabilité. 

2.  

La requête d’assistance judicaire est rejetée. 

3.  

Les frais de procédure de 750 francs sont mis à la charge du recourant. Ce 

montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans les 30 jours dès 

l'expédition du présent arrêt. 

4.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, à l'autorité inférieure et à l’auto-

rité cantonale concernée. 

 

Le juge unique : La greffière : 

  

Gregor Chatton Noémie Gonseth 

 

 

 

Expédition :