# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f4ce15ae-cd7b-5389-a99c-6ee383a593e8
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-03-15
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 15.03.2016 A/652/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-652-2016_2016-03-15.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/652/2016-FPUBL ATA/233/2016  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 15 mars 2016 

 

   dans la cause 

 

Monsieur A______ 
  

contre 

DÉPARTEMENT DE LA SÉCURITÉ ET DE L'ÉCONOMIE 
 

 

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A/652/2016 

EN FAIT 

1.  Monsieur A______, né le ______, de nationalité suisse, a adressé le samedi 
20 février 2016 à 21h24 un courriel au service des ressources humaines de la 
police, dont la teneur était la suivante : « Bonjour, pouvez-vous me confirmer que 
vous n’engagez personne qui sont [sic] âgé de plus de 35 ans. Cordiales 
salutations ».  

2.  Par courriel du 22 février 2016, le « centre de formation police – Ressources 
humaines police » a répondu : « Cher Monsieur, pour le métier de policier, nous 
vous le confirmons. Nous vous invitons à lire notre site www.devenez.ch et  
peut-être que d’autres professions sont susceptibles de vous intéresser. Bonnes 
salutations ». 

3.  Par courrier du 22 février 2016, M. A______ a déposé plainte auprès du 
Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) contre la police 
cantonale de Genève. « La plainte est au sujet d’une discrimination sur mon âge 
dont j’ai été victime de la part de cette administration. Je leur demande une 
réparation pour préjudice moral et personnel. Je vous rappelle que la 
discrimination sur l’âge à l’embauche doit être combattue en accord avec les 
déclarations du Bureau international du travail ». 

4.  Par jugement sur compétence du 25 février 2016, le TAPI a déclaré 
irrecevable le recours formé le 22 février 2016 et l’a transmis à la chambre 
administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) pour 
éventuelles raisons de compétences. La procédure était franche d’émolument. 

  Il n’était pas nécessaire de qualifier précisément la nature de la contestation 
en cause, le TAPI devant constater qu’il n’était pas compétent pour connaître de 
celle-ci. S’agissant de la demande du recourant et quelle que soit sa qualification, 
aucune disposition légale ne prévoyait une voie de recours, ou toute autre forme 
de démarche judiciaire, devant le TAPI. À supposer que l’acte querellé soit 
susceptible de recours, sa contestation ne pourrait éventuellement relever que de 
la compétence de la chambre administrative, raison pour laquelle le recours lui 
était transmis. 

5.  Par courrier du 29 février 2016, la chambre administrative a accusé 
réception de la correspondance de M. A______, l’a transmise au département de 
la sécurité et de l’économie (ci-après : le département) pour information et a 
informé les parties que la cause était gardée à juger en application de l’art. 72 de 
la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985  
(LPA - E 5 10). 

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A/652/2016 

EN DROIT 

1. a. La chambre administrative est l’autorité supérieure ordinaire de recours en 
matière administrative (art. 132 al. 1 de la loi sur l’organisation judiciaire du 
26 septembre 2010 - LOJ - E 2 05). Elle examine d’office sa compétence, qui est 
déterminée par la loi et ne peut être créée par accord entre les parties (art. 1 al. 2, 
art. 6 al. 1 let. b et art. 11 al. 2 LPA). 

 b. Sauf exceptions prévues par la loi ou lorsque le droit fédéral ou une loi 
cantonale prévoit une autre voie de recours (art. 132 al. 8 LOJ), elle statue sur les 
recours formés contre les décisions des autorités et juridictions administratives au 
sens des art. 4, 4A, 5, 6 al. 1 let. a et e et 57 LPA (art. 132 al. 2 LOJ).  

 c. Selon l’art. 4 al. 1 LPA, sont considérées comme des décisions au sens de 
l’art. 1 LPA les mesures individuelles et concrètes prises par l’autorité dans le cas 
d’espèce fondées sur le droit public fédéral, cantonal, communal et ayant pour 
objet de créer, de modifier ou d’annuler des droits ou des obligations (let. a), de 
constater l’existence, l’inexistence ou l’étendue de droits, d’obligations ou de faits 
(let. b) et de rejeter ou de déclarer irrecevables des demandes tendant à créer, 
modifier, annuler ou constater des droits ou obligations (let. c). 

  Lorsqu’une autorité rejette des prétentions à faire valoir par voie d’action 
judiciaire, sa déclaration n’est pas considérée comme une décision (art. 4 
al. 3 LPA) 

2.  En l’espèce, le recourant ne prétend pas que le courriel litigieux répondrait à 
la définition légale de la décision administrative et serait susceptible de recours. 

  Il formule une « plainte » et sollicite une « réparation pour  préjudice moral 
et personnel » à la suite du courriel du service des ressources humaines de la 
police. 

  La seule base légale pouvant éventuellement fonder le versement d'une 
indemnité pour tort moral est l'art. 2 de la loi sur la responsabilité de l'État et des 
communes du 24 février 1989 (LREC - RS A 2 40), selon lequel l’État de Genève 
et les communes du canton sont tenus de réparer le dommage résultant pour des 
tiers d’actes illicites commis soit intentionnellement, soit par négligence ou 
imprudence par leurs fonctionnaires ou agents dans l’accomplissement de leur 
travail. Or, cette prétention ne relève pas de la compétence de la chambre 
administrative, mais de celle du Tribunal de première instance, conformément à 
l'art. 7 al. 1 LREC et à la jurisprudence (ATA/387/2014 du 27 mai 2014 ; 
ATA/398/2012 du 26 juin 2012 ; ATA/908/2010 du 20 décembre 2010 et la 
jurisprudence citée). La chambre de céans n’est en conséquence pas compétente. 

   En conséquence, la « plainte » dirigée contre un simple renseignement 
fourni par l’intimé, sans que l’intéressé ait même formellement postulé, sera 

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déclarée irrecevable sans autre acte d’instruction, conformément à l’art. 72 LPA et 
le recourant renvoyé à mieux agir s’il s’y estime fondé. 

3.  Vu l’issue du litige, aucun émolument ne sera mis à la charge du recourant 
et aucune indemnité de procédure ne lui sera allouée (art. 87 LPA). 

 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare irrecevable la plainte déposée le 22 février 2016 par Monsieur A______ contre 
le courriel du département de la sécurité et de l'économie du 22 février 2016 ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument ni alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Monsieur A______ ainsi qu'au département de la sécurité 
et de l'économie. 

Siégeants : M. Verniory, président, M. Thélin, Mme Junod, M. Dumartheray, 
Mme Payot Zen-Ruffinen, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

le greffier-juriste : 
 
 

F. Scheffre 

 le président siégeant : 
 
 

J.-M. Verniory 
 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

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Genève, le  

  
 

la greffière :