# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 5eeed792-4590-545e-9587-7ab40b64e8a1
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours civile HC / 2016 / 322
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_010_HC---2016---322_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

JL15.021585-160143

105 

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS CIVILE

_________________________________________

Arrêt du
23 mars 2016

__________________

Composition
:               M.             
Winzap,
président

             
              M.             
Sauterel et Mme Merkli 

Greffière
:              Mme             
Meier

 

 

*****

 

 

Art.
126, 319 let. b ch. 1 CPC

 

 

             
Statuant à huis clos sur le recours interjeté par Q.________,
à Gilly, et S.________,
à Rolle, contre la décision rendue le 13 janvier 2016 par le Président du Tribunal civil
de l'arrondissement de La Côte dans la cause divisant les recourants d’avec
X.________SA,
à Gilly, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal considère :

             
En fait :

 

 

A.             
A l'issue de l'audience de jugement du 13 janvier 2016 dans la cause 2.________ opposant X.________SA
à Q.________ et S.________, le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de La Côte
a rejeté la requête de jonction de causes présentée par X.________SA (I), suspendu
la cause 2.________ jusqu'à jugement définitif et exécutoire dans la cause 1.________
(II), rejeté en l'état les réquisitions tendant à une inspection locale et à
l'audition de témoins (III) et rendu la décision sans frais ni dépens (IV).

 

             
En droit, le premier juge a retenu que dans le cadre de la cause connexe 1.________, une expertise avait
été ordonnée et confiée à un expert immobilier et à un expert en horticulture,
afin de déterminer si les bâtiments affermés (bâtiments d'habitation et bâtiments
affectés à l'activité horticole) étaient entachés de défauts. Le juge saisi
de cette première procédure devant statuer sur l'existence et l'étendue, le cas échéant,
des défauts allégués, pour déterminer si une réduction du fermage était
justifiée, et le juge saisi de la seconde cause devant lui aussi se prononcer sur la question de
l'existence et de l’ampleur des défauts invoqués, afin de déterminer si la déconsignation
des fermages en faveur de l'une ou l'autre des parties se justifiait, il était inopportun de procéder
à une double instruction sur le même objet dans deux procès distincts. Au regard du risque
évident de jugements contradictoires, l'autorité de première instance a considéré
qu'il se justifiait ainsi de suspendre la cause 2.________ (procédure de consignation) en attendant
le jugement définitif et exécutoire dans la cause 1.________ (procédure en réduction
du fermage). L'allongement résultant de la suspension de la procédure pouvait d'ailleurs être
imposé à Q.________ et S.________, dans la mesure où les deux experts désignés
dans le premier procès avaient déjà commencé leurs travaux. Il n'y avait donc pas
lieu de penser que l'instruction dans la première procédure s'éterniserait et que le jugement
n'interviendrait pas dans des délais raisonnables. Par ailleurs, les réquisitions tendant à
l'audition de témoins et à une inspection locale devaient être rejetées, en l'état,
et renouvelées, le cas échéant, lors de la reprise de la cause 2.________.

 

 

B.             
Par acte du 25 janvier 2016, Q.________ et S.________
ont recouru contre cette décision, en concluant, avec suite de frais et dépens, principalement
à l'annulation du chiffre II de son dispositif. Subsidiairement, les recourants ont conclu à
la modification du chiffre II du dispositif en ce sens que la cause soit suspendue jusqu'à délivrance
de l'expertise architecturale ordonnée dans la cause 1.________ et à la modification du chiffre
III du dispositif en ce sens que la reprise de la cause soit immédiatement ordonnée, avec fixation
d'une audience à brève échéance comportant une inspection locale et l'audition de
témoins. Plus subsidiairement encore, les recourants ont conclu à ce que la reprise de la cause
soit ordonnée dès réception du rapport architectural, avec fixation d'une audience à
brève échéance comportant une inspection locale et l'audition de témoins.

 

             
L'intimée X.________SA n'a pas été invitée à se déterminer.

 

 

C.             
La Chambre des recours civile fait sien dans son entier l'état de fait du jugement, complété
par les pièces du dossier, dont il ressort notamment ce qui suit :

 

 

1.             
Par requête du 20 janvier 2009 adressée
au Président du Tribunal civil de l'arrondissement de La Côte et complétée le 21
mars 2014, X.________SA
(ci-après : la locataire) a notamment conclu
à la nullité, subsidiairement à
l'annulabilité de la résiliation du contrat de bail qui lui avait été adressée
le 24 juin 2008, le bail étant reconduit pour six ans, et à la réduction du fermage, dès
le 1er
janvier 2009, dans une proportion à déterminer par expertise, ainsi qu'à la condamnation
de S.________ et d'Q.________ (ci-après : les propriétaires), à effectuer certains travaux
et à lui verser les sommes correspondant à la diminution de loyer à fixer par expertise
ainsi qu'une indemnité égale à la valeur de la construction, des travaux et des aménagements
effectués par la locataire sur la parcelle litigieuse.  

 

             
Dans le cadre de cette procédure (1.________), la locataire a  notamment allégué
que la chose affermée était affectée de multiples défauts, justifiant l'exécution
de travaux qui devraient être déterminés par expertise.

 

2.             
Le 5 mai 2015, la locataire a formé une seconde requête (procédure 2.________), adressée
au Président du Tribunal civil de La Côte, tendant à ce que le montant du fermage du mois
de mai 2014, consigné sur un compte auprès de la [...] – faute pour les propriétaires
d'avoir procédé aux travaux requis en raison des défauts invoqués dans la procédure
1.________ – soit libéré en sa faveur.

 

             
Dans leurs déterminations du 6 juillet 2015, les propriétaires ont conclu à l'irrecevabilité,
subsidiairement au rejet de cette requête. Ils ont notamment indiqué que la locataire avait
consigné la totalité des loyers dus à compter de mai 2014, alors que les défauts
invoqués étaient formellement contestés et, le cas échéant, avaient été
immédiatement réparés.

 

             
Le 28 septembre 2015, les propriétaires ont retiré leur conclusion visant à l'irrecevabilité
de la demande.

 

 

3.             
Par requête du 4 novembre 2015, X.________SA
a requis la jonction des causes
1.________ et 2.________ au motif que les deux
procès, opposant les mêmes parties, dérivaient de la même cause juridique, soit les
défauts affectant la chose affermée. La locataire a également sollicité le renvoi
de l'audience du 13 janvier 2016, estimant qu'il convenait d'attendre le résultat des deux expertises
( [...] et [...]) pour convoquer les parties à une nouvelle audience d'instruction et de jugement.

 

             
Par courrier du 5 novembre 2015, les propriétaires se sont formellement opposés à la jonction
des causes, et, partant, au renvoi de l'audience fixée au 13 janvier 2016.

 

             
Le 6 novembre 2015, le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de La Côte a informé
les parties que les conclusions en jonction de causes seraient examinées d'entrée de cause,
lors de l'audience du 13 janvier 2016 dans la procédure 2.________.

 

 

4.             
Par courriers des 2 et 7 décembre 2015 adressés
à la locataire, les propriétaires ont sollicité qu'une visite des lieux soit fixée
afin de déterminer les éventuels et prétendus défauts affectant la chose affermée.

 

             
Le 10 décembre 2015, la locataire s'y est opposée, arguant en particulier qu'une expertise
était en cours au sujet de ces défauts, de sorte qu'une visite préalable ne se justifiait
pas.

 

             
Le même jour, les propriétaires ont requis du Président du Tribunal civil de l'arrondissement
de La Côte qu'une inspection locale des bâtiments ainsi que l'audition de deux témoins
aient lieu lors de l'audience du 13 janvier 2016.

 

             
Par courrier du 11 décembre 2015, le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de La
Côte a informé les parties que l'opportunité de procéder à une inspection locale
serait également examinée d'entrée de cause, lors de l'audience du 13 janvier 2016.

 

             
Le 17 décembre 2015, les propriétaires ont réitéré leur requête visant
à ce qu'une inspection locale ait lieu à l’occasion de l'audience du 13 janvier 2016.

 

             
Par courrier du 21 décembre 2015, la locataire s'est opposé à l'inspection locale requise
par la partie adverse, au motif qu'une telle inspection avait déjà eu lieu dans la procédure
principale le 10 octobre 2012 et qu'une nouvelle inspection se justifiait d'autant moins qu'une expertise
confiée à un architecte avait déjà été mise en œuvre au sujet de l'état
des bâtiments affermés.

 

             
Le 5 janvier 2016, le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de La Côte a confirmé
aux parties que l'audience fixée le 13 janvier 2016 débuterait dans les locaux du Tribunal,
à [...], et concernerait à titre préalable la demande de jonction, subsidiairement de
suspension formée par la partie locataire.

 

 

5.             
 Lors de l'audience du 13 janvier 2016, le conseil
de la locataire a précisé, d'entrée de cause, que c'était la jonction des causes
– et non la suspension du procès – qui était requise.

 

             
Après avoir tenté la conciliation, le Président du Tribunal civil de l'arrondissement
de La Côte a informé les parties qu'il trancherait sur le siège leurs requêtes respectives
et statuerait d'office sur l'opportunité de suspendre la procédure au sens de l'art. 126 CPC.

 

 

 

             
En droit
:

 

 

1.             
 Le tribunal conduit le procès et prend les
décisions d’instruction nécessaires à une préparation et à une conduite
rapides de la procédure (art. 124 al. 1 CPC). Il peut ordonner la suspension de la procédure
si des motifs d’opportunité le commandent (art. 126 al. 1 CPC). Selon l’art. 126 al.
2 CPC, la voie du recours de l'art. 319 let. b ch. 1 CPC contre les ordonnances de suspension est ouverte.
Les ordonnances de suspension devant être considérées comme des décisions d'instruction
(Jeandin, CPC commenté, 2011, n. 18 ad art. 319 CPC), le recours, écrit et motivé, doit
être introduit auprès de l'instance de recours dans le délai de dix jours de l’art.
321 al. 1 et 2 CPC (CREC 14 juin 2013/205 consid. 2.2).

 

             
Interjeté en temps utile par des personnes qui y ont intérêt (art. 59 al. 2 let. a CPC),
le présent recours est recevable.

 

 

2.             
 Le recours est recevable pour violation du droit
et constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC).

 

             
S'agissant de la violation du droit, l'autorité de recours dispose d'un plein pouvoir d'examen (Spühler,
Schweizerische Zivilprozessordnung, 2010, n. 12 ad art. 319 CPC); elle revoit librement les questions
de droit soulevées par le recourant et peut substituer ses propres motifs à ceux de l'autorité
précédente ou du recourant (Hohl, Procédure civile, tome Il, 2e
éd., 2010, n. 2508).

 

             
En ce qui concerne la constatation manifestement inexacte des faits, ce grief, comme pour l'art. 97 al.
1 LTF, ne permet que de corriger une erreur évidente, la notion se recoupant en définitive
avec l'appréciation arbitraire des preuves (Corboz et alii, Commentaire de la LTF, 2e
éd., 2014, n. 27 ad art. 97 LTF). Les constatations de fait et l'appréciation des preuves sont
arbitraires lorsqu'elles sont évidemment fausses, contredisent d'une manière choquante le sentiment
de la justice et de l'équité, reposent sur une inadvertance manifeste ou un abus du pouvoir
d'appréciation, par exemple si l'autorité s'est laissé guider par des considérations
aberrantes ou a refusé de tenir compte de faits ou de preuves manifestement décisifs. Une constatation
de fait n'est donc pas arbitraire pour la seule raison que la version retenue par le juge ne coïncide
pas avec celle du recourant; encore faut-il que l'appréciation des preuves soit manifestement insoutenable,
en contradiction flagrante avec la situation effective, qu'elle repose sur une inadvertance manifeste,
ou encore qu'elle heurte de façon grossière le sentiment de la justice et de l'équité
(ATF 129 I 8 consid. 2.1).

 

 

3.

3.1             
Les recourants font valoir, en substance, que
le but de la procédure simplifiée, applicable à la procédure de consignation (art.
243 al. 2 let. c CPC), serait incompatible avec la suspension ordonnée. Ils estiment que la procédure
1.________ ne pourra être jugée dans des délais raisonnables en raison notamment des deux
expertises complexes ordonnées en mars 2014, mises en œuvre les 11 et 20 janvier 2016 (expertises
architecturale et horticole), et de l’ampleur des mesures d’instruction dans cette procédure
(éventuels rapports d’expertise complémentaires, audition des nombreux témoins convoqués,
audition des experts, etc.). Les recourants soutiennent ainsi que le premier juge aurait dû se rendre
sur place pour examiner les prétendus défauts et constater que ceux-ci n’étaient
qu’un prétexte pour prolonger la procédure. Selon eux, l'intérêt des justiciables
à ce que la procédure simplifiée soit instruite de manière diligente devrait l'emporter
sur la surcharge des magistrats de première instance. Au surplus, aucune des parties n'ayant requis
la suspension de la procédure, le risque de jugements contradictoires ne devrait, selon les recourants,
pas être exagéré "par souci de simple convenance".

 

3.2             
Selon l’art. 126 al. 1 CPC, le tribunal
peut ordonner la suspension de la procédure si des motifs d’opportunité le commandent.
Cette suspension doit correspondre à un vrai besoin (FF 6841, Message relatif au CPC du 28 juin
2006, spéc. p. 6916; Haldy, CPC commenté, Bâle 2011, nn. 5 ss ad art. 126 CPC). La procédure
peut notamment être suspendue lorsqu’il s’agit d’attendre la décision qui
sera rendue dans un autre procès et qui peut avoir une influence déterminante sur la procédure
pendante (Haldy, op. cit., n. 5 ad art. 126 CPC).

 

             
La doctrine relève qu’en l’absence de précision du texte légal, il faut considérer
que la suspension peut intervenir d’office ou sur requête en tout état de cause, savoir
dès la conciliation et jusque et y compris en instance de recours (Haldy, op. cit., n. 8 ad art.
126 CPC), et quelle que soit la procédure applicable (Staehelin, Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung,
Sutter-Somm/Hasenböhler/Leuenberger Hrsg, 2e
éd. 2013, n. 4 ad art. 126 CPC). 

 

             
La suspension doit en outre être compatible avec le principe constitutionnel de célérité
(art. 29 al. 1 Cst.; ATF 135 III 127 consid. 3.4, JdT 2011 II 402 ; Haldy, op. cit., n. 6 ad art.
126 CPC). Certains auteurs, se référant à la jurisprudence susmentionnée, considèrent
que la suspension doit être exceptionnelle, qu’en cas de doute, le principe de célérité
doit l’emporter sur les intérêts contraires (Staehelin, loc. cit.) et que le législateur
a entendu protéger ce principe de manière privilégiée par rapport aux autres intérêts
en jeu dans le cadre d'une suspension, dès lors qu’il a subordonné le recours contre
le refus d’une suspension à l’exigence du préjudice difficilement réparable
posée à l’art. 319 let. b ch. 2 CPC (Kaufmann, Schweizerische Zivilprozessordnung, Kommentar,
Brunner/Gasser/Schwander Hrsg, 2011, n. 17 ad art. 126 CPC). Bornatico considère que l’examen
de l’opportunité d’une suspension suppose une certaine retenue et la prise en compte
non seulement du droit de saisine et du principe de célérité, mais également du type
de procédure en question (Bornatico, Basler Kommentar, 2010, n. 10 ad art. 126 CPC, p. 635). Cependant,
lorsqu'il s'agit d'attendre le résultat d'un autre procès, il suffit que l'on puisse attendre
de cette issue qu'elle facilite de façon significative la procédure à suspendre (Staehelin,
op. cit., n. 3 ad art. 126 CPC). En définitive, il y a lieu d'effectuer une pesée entre l'intérêt
à l'avancement du procès et l'intérêt à une simplification de celui-ci (Staehelin,
op. cit., n. 4 ad art. 126 CPC).

 

             
La suspension de la procédure peut être de durée déterminée. Dans ce cas, elle
prend fin automatiquement avec l’écoulement de la date qui y est prévue. Elle peut être
aussi de durée indéterminée, ce qui a pour conséquence qu’elle ne peut prendre
fin que par une décision (Kaufmann, op. cit., n. 13 ad art. 126 CPC; Staehelin, op. cit., n. 6 ad
art. 126 CPC). Une suspension "jusqu’à droit connu sur une procédure" doit
être considérée comme étant de durée indéterminée car le terme n’est
alors pas certain pour les parties et ne leur est pas sans autre connu (Staehelin, loc. cit.).

 

3.3             
La procédure simplifiée forme avec la procédure ordinaire ce que le Message relatif au
CPC du 28 juin 2006 qualifie de « voie ordinaire » en matière contentieuse (Message
CPC, p. 6959). Toutes deux impliquent une instruction complète et sans limitation de preuves (Message
CPC, p. 6953; Tappy, CPC commenté, Bâle 2011, n. 4 ad art. 243 CPC). Une liquidation des procès
en procédure simplifiée en une seule audience est davantage un idéal qu’un objectif
réaliste (Message CPC, p. 6955; Tappy, op. cit., n. 3 ad art. 246 CPC).

 

3.4             
Selon l’art. 259g al. 1 CO, le locataire d’un immeuble qui exige la réparation d’un
défaut doit fixer par écrit au bailleur un délai raisonnable à cet effet; il peut
lui signifier qu’à défaut de réparation dans ce délai, il consignera auprès
d’un office désigné par le canton les loyers à échoir; le locataire avisera
par écrit le bailleur de son intention de consigner les loyers.

 

3.5             
Le rapport entre la consignation des loyers et le prétendu défaut de la chose louée découle
ainsi de la loi. La consignation sert à garantir la réalisation future d’éventuels
travaux ordonnés. En l’espèce, la question des prétendus défauts et de leur
ampleur devra donc de toute manière être également examinée dans la procédure
de consignation. Dès lors que le conflit est virulent, qu’il dure déjà depuis des
années, que la procédure simplifiée implique également une instruction complète
et sans limitation des preuves, qui ne pourra se dérouler dans le cadre d’une seule audience
en l’espèce, on ne voit pas que la décision de suspension entraînerait un enlisement
de la procédure de consignation. Cela est d’autant plus valable que les recourants admettent
eux-mêmes, même si ce n’est qu’à titre très subsidiaire, qu’à
tout le moins l’expertise architecturale pourrait être d’un intérêt pour la
procédure de consignation. Du reste, les recourants ont admis que la mise en œuvre des expertises
avait eu lieu. A cet égard, le premier juge a précisé que l’architecte [...] (expert
immobilier) avait été désigné, que l’ingénieur [...] (expert en horticulture)
l’avait également été et qu’une expertise leur avait été confiée
pour déterminer si les bâtiments affermés (bâtiment d’habitations et bâtiments
affectés à l’activité horticole) étaient entachés de défauts.

 

             
Il apparaît dès lors judicieux d’attendre l’issue des expertises mises en œuvre,
qui sont interdépendantes, avant de lever la suspension. Dans cette perspective, on ne voit pas
qu’une inspection locale ou l’audition de témoins à ce stade s’imposeraient,
ce d’autant que les recourants se plaignent eux-mêmes du nombre de témoins qui devront
être entendus dans le cadre de la procédure en réduction de fermage.

 

             
Partant, la décision du premier juge de prononcer la suspension de la procédure 2.________
jusqu’à droit connu sur la procédure 1.________ ne prête pas le flanc à la
critique et les griefs des recourants, mal fondés, doivent être rejetés.

 

 

4.             

4.1             
En définitive, le recours doit être rejeté en application de l’art. 322 al. 1 CPC
et la décision entreprise confirmée.

 

4.2             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 800 fr. (art. 69 al. 1 et 70
al. 2 TFJC [tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre 2010; RSV 270.11.5]), sont mis à
la charge des recourants, solidairement entre eux, qui succombent (art. 106 al. 1 CPC).

 

4.3             
Il n’y a pas lieu à l’allocation de dépens, l’intimée n’ayant
pas été invitée à se déterminer sur le recours.

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours civile du Tribunal cantonal,

en
application de l'art. 322 al. 1 CPC,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
Le jugement est confirmé.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 800 fr. (huit cents francs),
sont mis à la charge des recourants Q.________ et S.________, solidairement entre eux.

 

             
IV.             
L’arrêt motivé est exécutoire.

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du
24 mars 2016

 

             
Le dispositif de l'arrêt qui précède est communiqué par écrit aux intéressés.

 

             
La greffière :

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié en expédition complète, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Me Olivier Burnet (pour Q.________ et S.________),

‑             
Me Jacques Micheli (pour X.________SA).

 

             
La Chambre des recours civile considère que la valeur litigieuse est supérieure à 30’000
francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Monsieur le Président du Tribunal civil de l’arrondissement de La Côte.

 

             
La greffière :