# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** de343d33-6fe8-550a-a313-c6f5a725d605
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-10-23
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Schuldbetreibungs- und Konkurskammer 23.10.2018 105 2018 131
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_003_105-2018-131_2018-10-23.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00
tribunalcantonal@fr.ch
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

105 2018 131

Arrêt du 23 octobre 2018

Chambre des poursuites et faillites

Composition Présidente: Catherine Overney
Juges: Adrian Urwyler, Dina Beti
Greffière: Silvia Aguirre

Parties A.________, plaignant, représenté par Me Jonathan Rey, avocat    

contre

L'OFFICE DES POURSUITES DE LA SARINE, autorité intimée

Objet Détermination du minimum vital (art. 93 LP)

Plainte du 10 août 2018 contre le procès-verbal de saisie du 17 juillet 
2018

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considérant en fait

A. A.________ fait l'objet de poursuites au stade de la saisie auprès de l'Office des poursuites 
de la Sarine pour un montant total de CHF 36'376.65, ainsi que d’actes de défaut de biens pour un 
total de CHF 705'268.70. Celui-ci a rendu différentes décisions successives de saisie, qui n'ont 
pas été attaquées.

B. Le 17 juillet 2018, après avoir été informé que le plaignant avait déménagé le 1er juillet 2018 
dans une villa de 4,5 pièces pour un loyer de CHF 2'500.-, l’Office des poursuites a procédé à un 
nouveau calcul du minimum d’existence du débiteur. Sur la base d’un revenu mensuel total de 
CHF 6'400.-, et de charges à hauteur de CHF 4'703.-, il a fixé la quotité saisissable mensuelle à 
CHF 1'697.-. 

C. Le 10 août 2018, A.________ a déposé plainte contre la décision du 17 juillet 2018. Il conclut 
principalement à l'annulation de la décision attaquée et au renvoi de la cause à l’autorité intimée 
pour complément d’instruction et nouvelle décision, et subsidiairement, à ce que le procès-verbal 
de saisie en question soit réformé en ce sens que le plaignant ne dispose d’aucun montant 
saisissable du 1er juillet 2018 au 31 décembre 2018, sa situation devant être réexaminée à partir 
du 1er janvier 2019. A.________ fait valoir, d'une part, que le procès-verbal du 17 juillet 2018 a été 
établi en son absence et ne lui a pas été valablement notifié, de sorte qu’il est annulable, et d’autre 
part, que le calcul du minimum d'existence effectué par l'Office des poursuites ne tient notamment 
pas compte de son nouveau loyer de CHF 2'500.-, ce qui, des suites de son déménagement, doit 
être pris en compte au moment de fixer le montant de la saisie mensuelle.

L'Office des poursuites s'est déterminé le 28 août 2018 et conclut au rejet de la plainte.

en droit

1.

Sauf dans les cas où la loi prescrit la voie judiciaire, il peut être porté plainte à l'autorité de 
surveillance lorsqu'une mesure de l'office est contraire à la loi ou ne paraît pas justifiée en fait 
(art. 17 al. 1 LP). La plainte doit être déposée dans les dix jours de celui où le plaignant a eu 
connaissance de la mesure (art. 17 al. 2 LP).

Aux termes de l’art. 56 ch. 2 LP, sauf en cas de séquestre ou de mesures conservatoires urgentes, 
il ne peut être procédé à aucun acte de poursuite pendant les féries, à savoir sept jours avant et 
sept jours après les fêtes de Pâques et de Noël, ainsi que du 15 juillet au 31 juillet, exception fait 
des poursuites pour effets de change. 

En principe, un acte de poursuite exécuté pendant les féries ou le temps prohibé n’est pas nul, ni 
annulable, mais ne déploie ses effets qu’au premier jour utile (cf. ATF 127 III 173 consid. 3b, arrêt 
TF 5A_47/2015 du 20 novembre 2015 consid. 6.1). Le principe général est que, dans la mesure où 
seuls les intérêts des parties sont en jeu et non des intérêts publics, le report au premier jour utile 
des effets d’un acte de poursuite effectué pendant un temps prohibé ou pendant les féries est 
suffisant (cf. ATF 127 III 173 consid. 3b). 

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En l’espèce, le procès-verbal de saisie a été établi le 17 juillet 2018. Ce dernier, qui constitue un 
acte de poursuite, ne concerne que les intérêts des parties, de sorte qu’il ne convient pas 
d’annuler l’acte en question mais de reporter ses effets au prochain jour utile. Au vu de ce qui 
précède, la décision attaquée est valable et ses effets ont été reportés au 2 août 2018 (art. 56 ch. 
2 LP). Le délai pour déposer plainte a quant à lui commencé à courir le 3 août 2018 (cf. BSK 
SchKG I – BAUER, 2ème éd. 2010, art. 56 n. 55) et est arrivé à échéance le 13 août 2018. Déposée 
le 10 août 2018, la plainte est recevable. 

2.

Dans un premier grief, le plaignant expose que le procès-verbal de saisie du 17 juillet 2018 a été 
établi et notifié en violation de son droit d’être entendu, durant les féries, de sorte que la décision 
attaquée est à tout le moins annulable.

Le droit d’être entendu garantit le droit de s’exprimer avant qu’une décision ne soit prise à son 
encontre (art. 29 al. 2 Cst.). Cette garantie de procédure reconnue à toute personne partie dans 
une procédure judiciaire ou administrative ne donne en revanche pas droit à une audition verbale 
(cf. ATF 134 I 140 consid. 5.3).

En l’espèce, suite à son déménagement dans une villa individuelle de 4.5 pièces, le plaignant a lui-
même requis par courrier du 11 juillet 2018 qu’il soit procédé à une nouvelle détermination de son 
minimum vital. Il a ainsi eu l’occasion d’exposer les raisons de ce changement à l’Office des 
poursuites, ceci d’autant plus qu’il a ensuite fait parvenir à l’autorité intimée des pièces 
justificatives sur demande de cette dernière, le 13 juillet 2018. Au vu de ce qui précède et 
contrairement aux allégations du plaignant, on ne saurait retenir que, faute d’avoir été convoqué à 
l’Office des poursuites, il n’a pas pu se déterminer avant qu’une décision ne soit prise à son 
endroit. La plainte doit donc être rejetée sur ce point.

3.

Le plaignant conteste l'établissement de sa situation financière par l’Office des poursuites et fait 
valoir que différentes charges nécessaires n'ont pas été prises en compte.

3.1. L'art. 93 al. 1 LP prévoit que les biens relativement saisissables, tels que les revenus du 
travail, ne peuvent être saisis que déduction faite de ce que le préposé estime indispensable au 
débiteur et à sa famille. Cette disposition garantit à ces derniers la possibilité de mener une 
existence décente, sans toutefois les protéger contre la perte des commodités de la vie; elle vise à 
empêcher que l'exécution forcée ne porte atteinte à leurs intérêts fondamentaux, les menaces 
dans leur vie ou leur santé ou leur interdise tout contact avec le monde extérieur. Les besoins du 
poursuivi et de sa famille reconnus par la jurisprudence sont ceux d'un poursuivi moyen et des 
membres d'une famille moyenne, c'est-à-dire du type le plus courant. Ils doivent toutefois tenir 
compte des circonstances objectives, et non subjectives, particulières au poursuivi 
(cf. ATF 134 III 323 consid. 2). L'office des poursuites – qui a une marge d'appréciation – doit se 
référer aux Lignes directrices pour le calcul du minimum d'existence en matière de poursuite, celui-
ci devant être fixé en fonction des circonstances de fait existant lors de l'exécution de la saisie.

3.2. En l'espèce, dans le procès-verbal de saisie du 17 juillet 2018, l'Office des poursuites a 
retenu que le poursuivi a un revenu mensuel d'un montant de CHF 6'400.-, ce que le plaignant ne 
conteste pas, et des charges de CHF 4'703.-, soit la base mensuelle de CHF 1'700.- pour le 
couple et de, respectivement CHF 600.- et CHF 400.-, pour les deux enfants, un loyer de 

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CHF 815.-, des cotisations sociales de CHF 408.55 pour le poursuivi, CHF 439.75 pour son 
épouse et de CHF 94.85 pour chacun des enfants, ainsi que des frais divers communs pour un 
montant de CHF 150.-.

3.2.1. Le plaignant conteste le montant du loyer pris en compte et fait valoir que son loyer effectif 
est de CHF 2’500.-. Il expose que non seulement l’espace réduit de leur ancien appartement ne 
permettait plus la cohabitation des deux enfants dans une seule chambre, mais que le logement 
actuel, qui est certes plus onéreux qu’un appartement de 4,5 pièces, lui permettra également 
d’exercer son activité professionnelle et par voie de conséquence, de réduire ses dépenses. 
En outre, déduction faite des frais liés à son activité, le loyer de la maison familiale choisie 
correspond aux prix usuels d’un appartement de 4,5 pièces, adapté au besoin de sa famille. 

Selon la jurisprudence, un débiteur dont les créanciers doivent faire saisir les revenus, doit 
maintenir ses frais de logement aussi bas que possible. S'il loge à l'époque de la première saisie 
dans une demeure dont le coût dépasse la moyenne, il doit chercher un logement plus 
avantageux. Conformément à cela, il n’est pas autorisé, pendant la saisie ou avant une saisie de 
salaire imminente, à choisir un logement trop cher et à y rester pendant le délai de congé, car ce 
faisant le débiteur ne maintient pas ses frais de logement aussi bas que possible. S’il agit de la 
sorte, le nouveau et trop dispendieux contrat de bail ne peut entrer en ligne de compte pour le 
calcul du minimum vital (cf. ATF 109 III 52).

En l'espèce, le plaignant a plus que triplé ses frais de logement en décidant d’emménager dans 
une villa individuelle de 4,5 pièces qui comprend, outre les pièces usuelles, un dressing, un jardin 
d’hiver, un sauna et une cabane de jardin équipée. Dans la mesure où cette habitation dépasse 
largement les besoins nécessaires de toute famille moyenne et par voie de conséquence de celle 
du poursuivi, qui compte grand nombre de poursuites et qui est sous le coup d’une saisie de 
revenu depuis plusieurs années, le montant du loyer de CHF 2'500.- est gravement préjudiciable 
aux créanciers. Ce nouveau loyer étant en complète disproportion avec la situation financière du 
plaignant et ce dernier étant sous le coup d’une saisie de salaire, il ne saurait prétendre à un délai 
pour réduire ses frais de loyer. C’est à juste titre que l’Office des poursuites ne l’a pas pris en 
considération dans la détermination du minimum vital. 

On relèvera encore que, dans la mesure où le contrat de bail de la villa récemment louée prévoit 
que toute activité commerciale est prohibée, le plaignant ne saurait soutenir que ce changement 
d’habitation lui permettra de réduire ses dépenses professionnelles dès le 1er janvier 2019. 
La plainte doit donc être rejetée sur ce point également.

3.2.2. Le plaignant fait enfin valoir que dans le procès-verbal de saisie du 5 juillet 2018, l’Office 
des poursuites avait tenu compte, en sus de CHF 150.- au titre de frais divers communs, de frais 
divers à hauteur de CHF 150.- pour le poursuivi lui-même, aujourd’hui supprimés dans la décision 
attaquée, et qu'il y a lieu de continuer à en tenir compte. 

A cet égard, le plaignant n’expose pas dans quelle mesure les frais en question seraient 
indispensables ou à tout le moins utilisés. Dans ces conditions, il ne saurait être question de 
prendre en compte le montant de CHF 150.- allégué. La plainte sera rejetée sur ce point 
également.

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4.

Il n'est pas perçu de frais, ni alloué de dépens (art. 20a al. 2 ch. 5 LP; art. 61 al. 2 let. a et 62 al. 2 
de l'ordonnance du 23 septembre 1996 sur les émoluments perçus en application de la loi fédérale 
sur la poursuite pour dettes et la faillite [OELP; RS 281.35]).

la Chambre arrête:

I. La plainte de A.________ du 10 août 2018 est rejetée.

Partant, le procès-verbal de saisie du 17 juillet 2018 est confirmé. 

II. Il n'est pas perçu de frais, ni alloué de dépens.

III. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral dans les dix jours qui 
suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 
par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). L'acte de 
recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 23 octobre 2018/sag

La Présidente: La Greffière: