# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 84b13150-9312-5034-9cc0-fd3671a6c18f
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2018-06-18
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 18.06.2018 E-3879/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-3879-2017_2018-06-18.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour V 

E-3879/2017 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  1 8  j u i n  2 0 1 8  

Composition 
 François Badoud, juge unique,   

avec l’approbation de Emilia Antonioni Luftensteiner, juge ; 

Beata Jastrzebska, greffière. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

Syrie,  

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile (sans exécution du renvoi) ; 

décision du SEM du 20 juin 2017 / N (…). 

 

 

 

E-3879/2017 

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Vu 

la demande d'asile déposée en Suisse par A._______ en date du 

27 septembre 2015, 

les auditions des 5 octobre 2015 et 11 avril 2017,  

la décision du 20 juin 2017, par laquelle le SEM a rejeté la demande d’asile 

de l’intéressé, a prononcé son renvoi de Suisse suspendant toutefois 

l’exécution de cette mesure au profit d’une admission provisoire, 

le recours interjeté, le 10 juillet 2017, contre cette décision, concluant à 

l’octroi de l’asile,  

 

et considérant 

que le Tribunal administratif fédéral (ci-après: le Tribunal), en vertu de 

l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 

PA prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF, 

qu'en particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile 

peuvent être contestées, par renvoi de l'art. 105 LAsi (RS 142.31), devant 

le Tribunal, lequel statue alors définitivement, sauf demande d'extradition 

déposée par l'Etat dont le requérant cherche à se protéger (art. 83 let. d 

ch. 1 LTF), 

que le recourant a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA), 

que, présenté dans la forme (cf. art. 52 PA) et le délai (cf. art. 108 al. 1 

LAsi) prescrits par la loi, le recours est recevable, 

que sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans 

le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 

ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion, de 

leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou de 

leurs opinions politiques (art. 3 al. 1 LAsi; cf. également ATAF 2007/31 

consid. 5.2 - 5.6), 

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que sont notamment considérées comme de sérieux préjudices la mise en 

danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou de la liberté, de même que les 

mesures qui entraînent une pression psychique insupportable (art. 3 al. 2 

LAsi), 

que la crainte face à des persécutions à venir, telle que comprise à 

l'art. 3 LAsi, contient un élément objectif, au regard d'une situation ancrée 

dans les faits, et intègre également dans sa définition un élément 

subjectif ; qu'ainsi, sera reconnu comme réfugié, celui qui a de bonnes 

raisons, c'est-à-dire des raisons objectivement reconnaissables pour un 

tiers (élément objectif), de craindre (élément subjectif) d'avoir à subir selon 

toute vraisemblance et dans un avenir prochain une persécution (cf. ATAF 

2011/50 consid. 3.1.1),  

que sur le plan objectif, de simples éventualités de persécutions futures ne 

suffisent pas et la crainte doit être fondée sur des indices concrets qui 

peuvent laisser présager l’avènement, dans un avenir proche et selon une 

haute probabilité, de mesures déterminant selon l’art. 3 LAsi (cf. JICRA 

1993/11 et 1993/21, ATAF précité), 

que quiconque demande l'asile doit prouver ou du moins rendre 

vraisemblable qu'il est un réfugié (art. 7 al. 1 LAsi), 

que ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur des 

points essentiels, ne sont pas suffisamment fondées, qui sont 

contradictoires, qui ne correspondent pas aux faits ou qui reposent de 

manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 

al. 3 LAsi), 

qu'en l'espèce, l’intéressé a déclaré être d’ethnie arabe, de religion 

musulmane et avoir vécu la majeure partie de sa vie à B._______,  

qu’en (…), il aurait participé à une manifestation contre le régime de Hafez 

Al Assad, au cours de laquelle il aurait été arrêté,  

que libéré en (…), après (…) ans de prison, il aurait été sommé de 

s’annoncer une fois par mois auprès des services de sécurité, pour 

contrôle, 

que, hormis cette obligation, l’intéressé n’aurait plus eu de contact avec les 

autorités, 

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que pour subvenir à ses besoins, il aurait ouvert un commerce de légumes,  

que parallèlement, il se serait également adonné à un trafic de 

médicaments,  

qu’à l’occasion, il aurait été amené franchir un checkpoint nommé 

« C._______ », séparant B._______ en deux parties : la première 

contrôlée par l’opposition, la seconde par le régime,  

qu’il se serait agi d’une opération sensible, ce point de passage étant très 

surveillé et donc très dangereux,  

qu’un jour - non précisé - de l’année (…), alors qu’il se rendait dans un 

entrepôt, le recourant aurait été informé par le patron que des policiers 

étaient venus poser des question à son sujet,  

que supposant avoir été repéré par les autorités lors d’un passage audit 

checkpoint et craignant d’être arrêté, il aurait quitté la Syrie deux jours plus 

tard,  

qu’il se serait installé en D._______, pays qu’il aurait quitté en septembre 

(…), après un séjour de trois ans, pour gagner enfin  la Suisse, 

que l’intéressé a encore exposé que les conditions de vie qu’il avait 

connues en Syrie étaient très difficiles en raison de la guerre qui y sévissait, 

que sur ce point, il a affirmé en substance avoir été témoin de nombreux 

affrontements violents entre l’opposition et les forces du régime, et de leur 

conséquences sur la population civile,  

que dans sa décision du 20 juin 2017, le SEM a estimé que la crainte de 

l’intéressé d’être exposé à des persécutions ne reposait sur aucune preuve 

directe et concrète, puisqu’elle ne se fondait que sur des ouï-dire,  

que dans son recours, celui-ci réaffirme simplement sa crainte d’avoir été 

repéré par les autorités motif pris de sa participation à un trafic de 

médicaments, tout en ajoutant qu’après son départ du pays, sa femme 

aurait reçu plusieurs fois la visite des forces de l’ordre, 

qu’en l’espèce, toutefois, comme l’expose à juste titre le SEM, les 

déclarations portant sur des éléments essentiels d’une demande d’asile ne 

peuvent pas reposer uniquement sur de simples ouï-dire (cf. ALBERTO 

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ACHERMANN / CHRISTINA HAUSAMMANN, Les notions d'asile et de réfugié en 

droit suisse, in : Kälin (éd), Droit des réfugiés, Enseignement de 3ème 

cycle de droit 1990, Fribourg 1991, p. 44 et également arrêts du Tribunal 

E-796/2016 du 27 décembre 2017 consid. 4.4 ; D-2641/2013 du 

25 septembre 2013 p. 5 ; D-8436/2010 du 12 août 2013 consid. 6.2), 

qu’autrement dit, les propos qui émanent de tiers ne suffisent pas pour 

rendre vraisemblable voire établir l’existence des événements rapportés,  

qu’au demeurant, l’intéressé a lui-même déclaré, de manière explicite et 

constante, n’avoir jamais rencontré de problèmes avec les autorités 

syriennes depuis sa libération en 1992, 

qu’avec la même constance, il a toujours affirmé n’avoir jamais exercé 

d’activité politique ou religieuse qui aurait pu attirer l’attention du régime 

sur sa personne,  

qu’en réalité, la crainte de l’intéressé ne repose que sur une simple 

conjecture de sa part, selon laquelle les autorités auraient pu découvrir son 

commerce illicite,  

que toutefois, il ne s’agit ici que d’une allégation du pure circonstance sans 

fondement réel, l’intéressé n’ayant jamais prétendu, comme déjà dit, avoir 

été importuné d’une manière ou une autre lors de l’exercice de cette 

activité,  

qu’en l’occurrence, la crainte de l’intéressé d’être personnellement visé en 

Syrie n’est donc fondée sur aucun élément objectif ou subjectif concret 

dont on pourrait inférer qu’il serait effectivement exposé à un risque des 

persécutions,  

que les propos tenus par le recourant révèlent plutôt qu’il a quitté son pays 

avant tout à cause de la situation de guerre qui y régnait,  

que toutefois, les préjudices subis par les victimes civiles, en tant qu’ils 

sont  la conséquence indirecte et ordinaire d'actes de guerre, ne sont pas 

pertinents en matière d'asile, s’ils ne sont pas dictés par une volonté de 

persécution ciblée en raison de l'un des motifs énoncés à l'art. 3 LAsi (ATAF 

2008/12 consid. 7 et Jurisprudence et informations de la Commission 

suisse de recours en matière d'asile [JICRA] 1998 n°17 con-sid. 4c, bb),  

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que c’est donc à juste titre que le SEM a considéré que la situation relatée 

par le recourant était caractéristique d’un pays en proie à la guerre et à la 

violence, mais que l’intéressé ne risquait en Syrie aucune persécution 

ciblée,  

qu’au vu de ce qui précède, le recours doit donc être rejeté sur ce point,  

que, cela dit, le recourant ayant été mis au bénéfice de l’admission 

provisoire en raison de l’inexigibilité de l’exécution de son renvoi (cf. art. 44 

LAsi), lequel n’est pas contesté dans son principe, il n’y a pas lieu 

d’examiner plus avant le caractère exécutable de cette mesure, les trois 

conditions prévalant à la renonciation à l’exécution du renvoi pour cause 

d’empêchement (impossibilité, illicéité et inexigibilité), figurant à l’art. 83 al. 

2 à 4 LEtr, étant de nature alternative (ATAF 2009/51, consid. 5.4), 

que, s’avérant manifestement infondé, le recours est rejeté dans une 

procédure à juge unique, avec l’approbation d’un second juge (cf. art. 111 

let. e LAsi), 

qu’il est dès lors renoncé à un échange d’écritures, le présent arrêt n’étant 

motivé que sommairement (cf. art. 111a al. 1 et 2 LAsi),  

que, vu l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la 

charge de l’intéressé, conformément aux art. 63 al. 1 PA et aux art. 2 et 3 

let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et 

indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2), 

(dispositif : page suivante) 

 

  

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le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Les frais de procédure, d'un montant de 750 francs, sont mis à la charge 

du recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans 

les 30 jours dès l'expédition du présent arrêt. 

3.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité cantonale. 

 

Le juge unique : La greffière : 

 

François Badoud    Beata Jastrzebska 

 

Expédition :