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**Case Identifier:** ff92286d-8e5a-5c98-a9b7-7a35d8231140
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-05-17
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 17.05.2022 A/2598/2021
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-2598-2021_2022-05-17.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/2598/2021-LCR ATA/516/2022  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 17 mai 2022 

2ème section 

    dans la cause  

 

Mme A______ 
représentée par Me Daniel Meyer, avocat  

contre 

OFFICE CANTONAL DES VÉHICULES 
 

_________ 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 
22 novembre 2021 (JTAPI/1169/2021) 

- 2/11 - 

A/2598/2021 

EN FAIT 

1)  Mme A______, née le ______ 1965, est titulaire d'un permis de conduire 
depuis le 6 novembre 1991. 

2)  Le 27 juin 2021 à 4h25, Mme A______ a été appréhendée au passage de la 
frontière de B______ au volant d'une voiture.  

  Selon le rapport de police établi le 7 juillet 2021, Mme C______ circulait au 
volant de sa voiture en France sur l'autoroute A41 en direction de la douane de 
B______. Lors du contrôle par les gardes-frontières, il a été constaté qu'aucune 
vignette autoroutière n'était apposée sur le pare-brise. Dès lors, Mme C______ a 
été priée de faire demi-tour. Celle-ci n'ayant pas été en mesure d'effectuer la 
manœuvre, la passagère avant et détentrice du véhicule, Mme A______ a pris le 
volant et effectué une marche arrière approximative et non maîtrisée. Au vu des 
faits, les gardes-frontières ont procédé à un contrôle plus approfondi. 

  Mme C______ n'était pas en possession d'un permis de conduire valable. 

  Mme A______ a été soumise à l'éthylotest, lequel s'est révélé positif. Selon 
le résultat de l'éthylomètre, elle présentait un taux d'alcoolémie de 0.57 mg/l à 
4h33 et de 0,55mg/l à 4h37. 

  Le permis de conduire de Mme A______ lui a été retiré sur le champ. 

3)  Le 1er juillet 2021, l'office cantonal des véhicules (ci-après : OCV) a 
informé Mme A______ que les autorités de police l'avaient avisée de l'infraction 
commise le 27 juin 2021 et qu'une mesure administrative pouvait être prise à son 
encontre, indépendamment de toute amende ou autre sanction pénale. 

4)  Le 12 juillet 2021, Mme A______ a expliqué à l'OCV les circonstances de 
l'infraction. 

  Après une soirée très arrosée, son amie avait entrepris de les ramener à 
domicile. Lors du passage de la douane de B______, les gardes-frontières lui 
avaient indiqué qu'elle ne pouvait pas prendre l'autoroute dès lors que le véhicule 
était démuni de vignette autoroutière. Voyant son amie perdre ses repères, elle 
avait décidé de faire elle-même la manœuvre en marche arrière. Après qu'elle ait 
amorcé la marche arrière, les gardes-frontières lui avaient demandé de stopper la 
voiture et de souffler dans l'éthylomètre. Elle sollicitait l'indulgence de l'autorité 
administrative car elle n'avait pas eu l'intention de conduire en état d'ébriété mais 
uniquement d'effectuer la manœuvre pour aider son amie. 

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5)  Par décision du 16 juillet 2021, exécutoire nonobstant recours, l'OCV a 
retiré le permis de conduire de Mme A______ pour une durée indéterminée, mais 
au minimum deux ans, pour conduite en état d'ébriété en présentant un taux 
d'alcool qualifié, soit avec une concentration d'alcool dans l'air expiré de 0,55 
mg/l à l'éthylomètre le 27 juin 2021 au passage de la frontière de B______ au 
volant d'une voiture. 

  Il s'agissait d'une infraction grave aux règles de la circulation routière. 
Mme A______ ne pouvait pas justifier d'une bonne réputation, car elle avait fait 
l'objet d'une interdiction de faire usage du permis de conduire étranger sur le 
territoire suisse par décision prononcée le 24 mai 2002, de deux avertissements 
prononcés par décisions des 21 novembre 2003 et 31 janvier 2008, d'un retrait du 
permis de conduire prononcé le 30 avril 2013 pour une durée de trois mois en 
raison d'une infraction grave, mesure dont l'exécution avait pris fin le 28 février 
2014 et d'un retrait du permis de conduire prononcé le 13 décembre 2016 pour une 
durée de douze mois en raison d'une infraction grave, mesure dont l'exécution 
avait pris fin le 12 février 2018. Enfin, elle ne justifiait pas d'un besoin 
professionnel de conduire des véhicules automobiles au sens défini par la 
jurisprudence. 

  Une expertise visant à évaluer son aptitude à la conduite devait être réalisée 
par un médecin de niveau quatre avant toute demande de restitution de son droit 
de conduire. 

6)  Le 29 juillet 2021, Mme A______ a recouru contre cette décision auprès du 
Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI). 

  La mesure prononcée l'empêcherait d’exercer son métier d'assistante en 
soins et santé communautaire. Sans minimiser l'infraction, la sanction prononcée 
était trop sévère. Dans les faits, elle n'avait pas conduit la voiture et n'avait fait 
qu'une manœuvre en marche arrière. Une sanction plus clémente devait être 
prononcée. 

7)  Le 23 décembre 2021, l'OCV a conclu au rejet du recours. 

  Au vu des antécédents de la recourante et de l'infraction grave commise le 
27 juin 2021, laquelle avait été reconnue par l'intéressée, il n'avait pas eu d'autre 
choix que de prononcer le retrait de permis de conduire pour une durée 
indéterminée, avec un minimum deux ans. 

8)  Par courrier du 4 octobre 2021, la recourante a sollicité son audition par le 
TAPI. 

9)  Par jugement du 22 novembre 2021, le TAPI a rejeté le recours. 

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  Mme A______ avait conduit un véhicule automobile en présentant une 
alcoolémie de 0.55 mg/l, ce qui constituait une infraction grave. Son permis de 
conduire lui ayant déjà été retiré notamment les 30 avril 2013 et 13 décembre 
2016, en raison d'infractions graves, c'était à juste titre que l'OCV, qui n'entendait 
pas s'écarter du minimum légal prévu, avait prononcé un retrait de permis pour 
une durée indéterminée, mais au minimum deux ans, en application de l'art. 16c 
al. 2 let. d de la loi fédérale sur la circulation routière du 19 décembre 1958 (LCR 
- RS 741.01). Devant impérativement se tenir à une telle mesure, l'autorité 
administrative avait correctement appliqué les règles en vigueur et n'avait pas 
excédé ou abusé de son pouvoir d'appréciation, les besoins professionnels de 
Mme A______ ne pouvant entrer en ligne de compte. 

10)  Par acte remis à la poste le 10 janvier 2022, Mme A______ a recouru auprès 
de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre 
administrative) contre ce jugement, concluant à son annulation et au renvoi de la 
cause au TAPI pour nouvelle décision, subsidiairement au prononcé d’un retrait 
du permis pour une durée de douze mois. Préalablement, sa comparution 
personnelle devait être ordonnée. 

  Les gardes-frontière n’auraient jamais dû la laisser prendre le volant, tant il 
était manifeste qu’elle n’était pas en état de conduire. Vu leur inaction coupable, 
on ne pouvait lui reprocher d’avoir effectué une simple manœuvre dans l’enceinte 
de la douane. Elle ignorait que Mme C______ ne possédait pas de permis valable. 
Elle lui avait prêté de l’argent dans le courant de l’année 2020 pour financer sa 
préparation à l’examen du permis de conduire. En sa qualité d’assistante médicale, 
elle devait plusieurs fois par jour effectuer des consultations au domicile de ses 
patients et dans des institutions spécialisées, dans les cantons de Vaud et Genève, 
pour lesquelles l’usage de son véhicule automobile était indispensable, tout autre 
moyen de transport occasionnant une perte de temps considérable incompatible 
avec son emploi. Depuis le retrait de son permis, elle avait été contrainte de 
s’inscrire au chômage et avait essuyé plusieurs refus d’employeurs en raison de 
l’absence de permis. 

  Son droit d’être entendue avait été violé par le TAPI, qui avait refusé 
d’ordonner sa comparution personnelle. 

  Le TAPI avait constaté les faits de manière inexacte. Il avait retenu à tort 
qu’elle ne justifiait pas d’un besoin professionnel. Il n’avait pas tenu compte du 
comportement des gardes-frontières : soit il se justifiait de procéder 
immédiatement au contrôle d’alcoolémie, soit il n’y avait pas lieu d’y procéder. 
En agissant comme ils l’avaient fait, ils avaient pu procéder au contrôle 
d’alcoolémie des deux occupantes du véhicule. Aucune faute ne pouvait lui être 
imputée. 

- 5/11 - 

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  Le TAPI avait abusé de son pouvoir d’appréciation. Le permis de conduire 
ne lui avait été retiré qu’une fois au cours des cinq dernières années pour une 
infraction grave. L’OCV pouvait ainsi lui infliger un retrait d’une durée de douze 
mois au moins. Il avait choisi de prononcer un retrait de deux ans, alors qu’elle 
n’était que passagère et avait accepté d’accomplir uniquement une marche arrière. 

11)  Le 1er février 2022, l’OCV a indiqué n’avoir pas d’observations à formuler. 

12)  Le 4 mars 2022, Mme A______ a corrigé une erreur de plume concernant la 
référence du jugement du TAPI contre lequel son recours était dirigé. 

13)  Le 31 mars 2022, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger. 

EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 
2010 - LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2)  La recourante conclut préalablement à ce que sa comparution personnelle 
soit ordonnée. 

  Elle se plaint par ailleurs que le TAPI a violé son droit d’être entendue en 
refusant d’ordonner sa comparution personnelle et en ne motivant pas le refus de 
lui reconnaître un besoin professionnel de conduire. 

 a. Tel qu'il est garanti par l'art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale de la 
Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101), le droit d'être entendu 
comprend notamment le droit pour les parties de faire administrer des preuves et 
de se déterminer à leur propos (ATF 142 II 154 consid. 2.1 et 4.2 ; 132 II 485 
consid 3.2). Ce droit n'empêche pas le juge de renoncer à l'administration de 
certaines preuves et de procéder à une appréciation anticipée de ces dernières, s'il 
acquiert la certitude que celles-ci ne l'amèneront pas à modifier son opinion ou si 
le fait à établir résulte déjà des constatations ressortant du dossier (ATF 138 III 
374 consid. 4.3.2 ; 131 I 153 consid. 3). En outre, il n'implique pas le droit 
d'obtenir l'audition de témoins (ATF 134 I 140 consid. 5.3 ; 130 II 425 
consid. 2.1). 

 b. Le droit d'être entendu implique également pour l'autorité l'obligation de 
motiver sa décision (ATF 143 III 65 consid. 5.2 ; 142 II 154 consid. 4.2 ; 141 V 
557 consid. 3.2.1). Il suffit que l'autorité mentionne, même brièvement, les motifs 
qui l'ont guidée et sur lesquels elle a fondé sa décision, de manière à ce que 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/142%20II%20154
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/132%20II%20485
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/138%20III%20374
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/138%20III%20374
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/131%20I%20153
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/134%20I%20140
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/130%20II%20425
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/143%20III%2065
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/142%20II%20154
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/141%20V%20557
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/141%20V%20557

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l'intéressé puisse se rendre compte de la portée de celle-ci et l'attaquer en 
connaissance de cause (ATF 143 III 65 consid. 5.2 et les références citées).  

 c. Une décision entreprise pour violation du droit d'être entendu n'est pas nulle 
mais annulable (ATF 136 V 117 ; 133 III 235 consid. 5.3 ; arrêts du Tribunal 
fédéral 2D_5/2012 du 19 avril 2012 consid. 2.3). La réparation en instance de 
recours d'une violation du droit d'être entendu, n'est possible que lorsque l'autorité 
dispose du même pouvoir d'examen que l'autorité inférieure et peut ainsi contrôler 
librement l'état de fait et les considérations juridiques de la décision attaquée 
(ATF 145 I 167 consid. 4.4 ; 142 II 218 consid. 2.8.1 ; 142 II 218 consid. 2.8.1 ;). 
En outre, la possibilité de recourir doit être propre à effacer les conséquences de 
cette violation. Autrement dit, la partie lésée doit avoir le loisir de faire valoir ses 
arguments en cours de procédure contentieuse aussi efficacement qu'elle aurait dû 
pouvoir le faire avant le prononcé de la décision litigieuse (ATA/395/2020 du 23 
avril 2020 consid. 5b). 

 d. En l’espèce, la recourante s’est vu offrir l’occasion d’exposer son point de 
vue par écrit devant l’OCV, le TAPI et la chambre de céans. Elle a en outre pu 
produire toute pièce utile. Elle n’explique pas en quoi son audition apporterait des 
éléments complémentaires à ceux déjà exposés. La chambre de céans dispose d’un 
dossier complet lui permettant de statuer en connaissance de cause, de sorte qu’il 
ne sera pas donné suite aux actes d’instruction sollicités. 

 e. Pour les mêmes motifs, le grief de violation du droit d’être entendue sera 
écarté. La recourante n’expose en pas en quoi son audition, qu’elle n’avait 
demandé que le 4 octobre 2021, aurait apporté des éléments supplémentaires au 
sujet des circonstances de son interpellation ou de son besoin de conduire, qu’elle 
avait décrits dans son recours du 29 juillet 2021. 

  Quant aux besoins professionnels, le TAPI a jugé qu’ils ne pouvaient entrer 
en ligne de compte, l’OCV devant impérativement se tenir à la mesure imposée 
par l’art. 16c al. 2 let. d LCR, soit un retrait de durée indéterminée avec un 
minimum de deux ans. Si la motivation est succincte, elle se comprend, et la 
recourante semble l’avoir comprise puisqu’elle fonde sa conclusion subsidiaire sur 
l’application de l’art. 16c al. 2 let. c LCR, qui prévoit un retrait d’au moins douze 
mois. 

3)  La recourante se plaint d’une constatation inexacte des faits pertinents. Le 
TAPI n’aurait à tort pas pris en compte son besoin professionnel de conduire. Il 
n’aurait en outre pas pris en compte le fait qu’elle n’avait accompli qu’une marche 
arrière et que les gardes-frontière l’avaient laissée faire.  

 a. L’art. 16 al. 3 LCR prévoit que la durée minimale du retrait du permis de 
conduire ne peut être réduite. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, une telle 
règle s’impose aux tribunaux sans dérogation possible, même pour tenir compte 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/143%20III%2065
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/136%20V%20117
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/133%20III%20235
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/2D_5/2012
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/142%20II%20218
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/395/2020

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de besoins professionnels particuliers du conducteur (ATF 132 II 234 consid. 2 ; 
arrêt du Tribunal fédéral 1C_585/2008 du 14 mai 2009 consid. 2.1). Si des 
circonstances telles que la gravité de la faute, les antécédents ou la nécessité 
professionnelle de conduire un véhicule automobile doivent être prises en compte 
pour fixer la durée du retrait, la durée minimale ne peut pas être réduite (ATF 135 
II 334 consid. 2.2 ; 132 II 234 consid. 2.3 ; arrêt du Tribunal fédéral 1C_402/2015 
du 10 février 2016 consid. 2.1). L’art. 16 al. 3 LCR confère aux durées de retrait 
minimales prévues par la loi un caractère incompressible (ATF 134 II 334 consid. 
2.2 ; 132 II 234 consid. 2.3). Cette règle a été introduite dans un souci 
d'uniformité. Le législateur a entendu exclure la possibilité ouverte par la 
jurisprudence, sous l'ancien droit, de réduire la durée minimale de retrait en 
présence de circonstances particulières, notamment en faveur de conducteurs 
professionnels (Message du Conseil fédéral concernant la modification de la loi 
fédérale sur la circulation routière du 31 mars 1999, FF 1999 p. 4131). Au vu des 
débats parlementaires, cette exclusion vaut aussi pour les personnes handicapées 
(BO CN 2001 p. 910, intervention Hämmerli). À fortiori, il en va de même des 
raisons de santé (arrêt du Tribunal fédéral 1C_593/2013 du 25 juin 2013 consid. 2 
et les références citées). 

 b. En l’espèce, la recourante allègue que son métier d’assistante de soins et 
santé communautaire l’oblige à effectuer plusieurs fois par jour des consultations 
au domicile de particuliers et dans des institutions, pour lesquelles l’usage de sa 
voiture est indispensable. Elle ne l’établit toutefois pas, au moyen par exemple de 
plannings professionnels ou d’attestations de son employeur. 

  De même, elle a produit un échange de courriels par lequel elle semble 
décliner une mission à l’EMS d’Orny, non loin de la Sarraz, dans le canton de 
Vaud, mais elle ne démontre ni même n’allègue qu’elle ne pourrait s’y rendre au 
moyen des transports publics. 

  Il est ainsi douteux que son activité réponde aux critères stricts dégagés par 
la jurisprudence pour admettre l’existence d’un besoin professionnel. 

  Cette question pourra toutefois demeurer indécise, car quand bien même la 
recourante établirait un besoin professionnel, celui-ci ne pourrait, selon la 
jurisprudence susévoquée, justifier de réduire la durée du retrait de permis en-deçà 
du minimum prescrit, comme en l’espèce, par la loi, de sorte que c’est à bon droit 
que le TAPI n’en a pas tenu compte. 

 c. S’agissant par ailleurs des circonstances de son interpellation, la recourante 
a exposé avoir voulu aider son amie, Mme C______, et s’être limitée à accomplir 
une marche arrière à sa place. Elle n’ignorait pourtant pas que son alcoolisation 
lui interdisait absolument de conduire et a d’ailleurs indiqué que Mme C______ la 
raccompagnait chez elle pour ce motif. Le fait qu’elle n’aurait voulu accomplir 
qu’une courte marche arrière, ou encore qu’elle se trouvait alors dans l’enceinte 

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de la douane, ne change rien au fait qu’elle a pris le volant dans un état d’ébriété 
qualifié. Il lui appartenait de s’abstenir et elle ne saurait reprocher aux gardes-
frontière de ne pas l’avoir empêchée de se mettre au volant, et de n’être intervenus 
que lorsqu’ils se sont aperçus qu’elle ne réussissait pas sa manœuvre. Elle 
n’indique d’ailleurs pas quels éléments auraient dû inciter les gardes-frontière à 
adopter une attitude proactive. Le grief sera écarté. 

4)  La recourante se plaint de l’abus par l’OCV de son pouvoir d’appréciation 
ainsi que d’une violation de la LCR. Le permis aurait dû lui être retiré pour une 
période minimale de douze et non de vingt-quatre mois, en application de 
l’art. 16c al. 2 let. c LCR, dès lors qu’elle avait subi un retrait de permis dans les 
cinq ans précédents. 

 a. L’art. 16c al. 2 LCR prévoit qu’après une infraction grave, le permis d’élève 
conducteur ou le permis de conduire est retiré 

 - (a) pour trois mois au minimum ; 

 - (abis) pour deux ans au moins si, par une violation intentionnelle des règles 
fondamentales de la circulation, la personne accepte de courir un grand risque 
d’accident pouvant entraîner de graves blessures ou la mort, que ce soit en 
commettant des excès de vitesse particulièrement importants, en effectuant des 
dépassements téméraires ou en participant à des courses de vitesse illicites avec 
des véhicules automobiles ; l’art. 90 al. 4 LCR s’applique ; 

 - (b) pour six mois au minimum si, au cours des cinq années précédentes, le 
permis a été retiré une fois en raison d’une infraction moyennement grave ; 

 - (c) pour douze mois au minimum si, au cours des cinq années précédentes, le 
permis a été retiré une fois en raison d’une infraction grave ou à deux reprises en 
raison d’infractions moyennement graves ; 

 - (d) pour une durée indéterminée, mais pour deux ans au minimum, si, au cours 
des dix années précédentes, le permis lui a été retiré à deux reprises en raison 
d’infractions graves ou à trois reprises en raison d’infractions qualifiées de 
moyennement graves au moins ; il est renoncé à cette mesure si, dans les cinq ans 
suivant l’expiration d’un retrait, aucune infraction donnant lieu à une mesure 
administrative n’a été commise ; 

 - (e) définitivement si, au cours des cinq années précédentes, le permis a été retiré 
en application de la let. d ou de l’art. 16b al. 2 let. e LCR. 

  Commet notamment une infraction grave la personne qui conduit un 
véhicule automobile en état d’ébriété et présente un taux d’alcool qualifié dans 
l’haleine ou dans le sang (art. 16c al. 1 let. b LCR). 

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  Est considéré comme qualifié un taux d’alcool dans l’haleine de 
0,4 milligramme ou plus par litre d’air expiré (art. 2 let. b de l’ordonnance de 
l’Assemblée fédérale du 15 juin 2012 concernant les taux limites d’alcool admis 
en matière de circulation routière - RS 741.13). 

 b. En l’espèce, la recourante ne conteste pas son taux d’alcoolémie, de 55 mg/l 
dans l’air expiré, ni le fait que celui-ci est constitutif d’une faute grave, ni d’avoir 
fait l’objet durant les dix dernières années de deux retraits de permis pour des 
infractions graves. 

  Elle soutient cependant qu’un seul retrait ayant été prononcé durant les cinq 
dernières années, l’art. 16c al. 2 let. c LCR prévoyant une durée minimale de 
retrait de douze mois devrait lui être appliqué au vu des circonstances du cas 
particulier. 

  Elle ne saurait être suivie. L’art. 16c al. 2 LCR prévoit une gradation des 
mesures par ordre croissant de la gravité des antécédents, et il résulte du texte et 
de la systématique de la disposition que le fait d’avoir deux antécédents sous 
forme de retrait de permis pour faute grave durant les dix dernières années est plus 
grave que de n’avoir qu’un antécédent de ce type durant les cinq dernières années, 
dès lors que le premier cas de figure entraîne l’élévation du minimum de la durée 
du retrait de douze à vingt-quatre mois. Une même situation ne peut dès lors 
entrer à la fois dans le champ des let. c et d de l’art. 16c al. 2 LCR. C’est ainsi à 
juste que le TAPI a appliqué la let. d et retenu que l’OCV était contraint de 
prononcer un retrait d’un minimum de vingt-quatre mois. 

  Le grief sera écarté. 

  L’OCV s’étant tenu à ce minimum et l’art. 16 al. 3 LCR ne lui permettant 
pas d’aller en-deçà de ce seuil, la question de la proportionnalité de la quotité de 
la mesure ne se pose pas. 

  Entièrement mal fondé, le recours sera rejeté. 

5)  Vu l’issue du litige, un émolument de CHF 500.- sera mis à la charge de la 
recourante (art. 87 al. 1 LPA) et aucune indemnité de procédure ne lui sera allouée 
(art. 87 al. 2 LPA). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

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à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 10 janvier 2022 par Mme A______ contre le 
jugement du Tribunal administratif de première instance du 22 novembre 2021 ; 

au fond : 

le rejette ; 

met à la charge de Mme A______ un émolument de CHF 500.- ; 

dit qu’il n’est pas alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Me Daniel Meyer, avocat de la recourante, à l'office 
cantonal des véhicules ainsi qu'au Tribunal administratif de première instance. 

Siégeant : M. Mascotto, président, Mmes Krauskopf et McGregor, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

J. Poinsot 
 

 le président siégeant : 
 
 

C. Mascotto 
 

 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le   la greffière : 

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