# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 64fea005-7f2b-5cc5-bd33-f6f5e9bdc594
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2013-12-02
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 02.12.2013 BB.2013.146
**Docket/Reference:** BB.2013.146
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_BB-2013-146_2013-12-02

## Full Text

Actes de procédure du Ministère public de la Confédération (art. 20 al. 1 let. b en lien avec l'art. 393 al. 1 let. a CPP. Compétence territoriale (art. 3 CP).;;Actes de procédure du Ministère public de la Confédération (art. 20 al. 1 let. b en lien avec l'art. 393 al. 1 let. a CPP. Compétence territoriale (art. 3 CP).;;Actes de procédure du Ministère public de la Confédération (art. 20 al. 1 let. b en lien avec l'art. 393 al. 1 let. a CPP. Compétence territoriale (art. 3 CP).;;Actes de procédure du Ministère public de la Confédération (art. 20 al. 1 let. b en lien avec l'art. 393 al. 1 let. a CPP. Compétence territoriale (art. 3 CP).

Décision du 2 décembre 2013  
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Andreas J. Keller, juge 

président, Patrick Robert-Nicoud et  

Nathalie Zufferey Franciolli,  

la greffière Clara Poglia  

   

Parties  A.,  

représenté par Me Benjamin Borsodi, avocat,  

recourant 

 

 contre 

   

  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,  

intimé 

 

   

Objet  Actes de procédure du Ministère public de la Confé-

dération (art. 20 al. 1 let. b en lien avec l'art. 393 al. 1 

let. a CPP); compétence territoriale (art. 3 CP) 

 
 

 B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

 

Numéro de dossier: BB.2013.146 

 

 

 

- 2 - 

 

 

Faits: 

 

A. Suite à une annonce du Bureau de communication en matière de blanchi-

ment d'argent (MROS) du 16 décembre 2011, le Ministère public de la 

Confédération (ci-après: MPC) a ouvert en date du 30 janvier 2012 une ins-

truction pénale à l'encontre de A. du chef de blanchiment d'argent 

(art. 305
bis

 CP; dossier MPC, rubriques 5 et 1). D'après l'ordonnance d'ou-

verture d'instruction, ce dernier était soupçonné d'avoir commis, " […] au 

moins au mois de mai 2005 et 2007 […]", des actes propres à entraver 

l'identification de l'origine, la découverte ou la confiscation de valeurs pa-

trimoniales, en procédant notamment à l'acquisition de biens immobiliers 

entièrement gérés et dans la sphère de puissance exclusive d'une structure 

située sur territoire helvétique; ces biens pourraient avoir été financés au 

moyen de fonds présumés illicites susceptibles de provenir d'actes de ges-

tion déloyale et/ou d'abus de biens publics commis en Jordanie, entre 2004 

et juillet 2010.  

 

 

B. Le 30 janvier 2012, le MPC a rendu une ordonnance de renseignements 

bancaires, obligation de dépôt et séquestre à l'attention de la banque B. 

pour le Trust C., lié audit établissement bancaire (act. 1.3). Dans ce contex-

te, le MPC requérait l'identification de toutes relations bancaires et/ou d'af-

faires avec A., dont celles avec le Trust D. et la société E. Ltd. Ladite auto-

rité ordonnait au surplus le blocage des relations ainsi identifiées et la pro-

duction de la documentation bancaire y relative.  

 

 

C. Par réponse du 3 février 2012, la banque B. a indiqué que la relation entre-

tenue avec le Trust C. n'était pas une relation bancaire et qu'en particulier 

aucune valeur patrimoniale n'était déposée en Suisse, directement ou indi-

rectement, auprès de son établissement au nom des personnes et entités 

visées dans l'ordonnance susmentionnée (act. 1.4). Il était précisé que le 

Trust C. agissait en qualité de trustee du Trust D. – dont le settlor et le 

premier bénéficiaire est A., v. dossier MPC, rubrique 5 – puis de directeur, 

par l'intermédiaire de sa société suisse F. SA, de la société E. Ltd, cette 

dernière étant détenue par le Trust D. et étant propriétaire de deux biens 

immobiliers en Angleterre. En outre, la banque B. exposait que, bénéficiant 

d'un pouvoir de signature sur un compte ouvert auprès de la banque G. 

(Royaume-Uni) au nom de E. Ltd, F. SA validait tous les paiements en lien 

avec les deux immeubles précités. Compte tenu de l'inexistence de biens 

en Suisse, la banque B. requérait ainsi du MPC qu'il indique la nature et la 

portée de son ordonnance. Le 6 février 2012, le MPC a communiqué à la 

banque qu'il invitait cette dernière, en particulier la société F. SA, à cesser 

- 3 - 

 

 

tout acte pouvant conduire à ce que les biens immobiliers détenus par E. 

Ltd en Angleterre, voire les valeurs patrimoniales obtenues en remploi de 

ceux-ci, ne soient aliénés ou rendus plus difficilement confiscables dans 

l'éventualité où ils auraient été financés, ne serait-ce que partiellement, au 

moyen de fonds d'origine criminelle (dossier MPC, rubrique 7). 

 

 

D. Par courrier du 4 septembre 2012, en estimant que faisait défaut un for de 

commission ou de résultat en Suisse, A. a contesté la compétence territo-

riale du MPC pour poursuivre les faits sous enquête en sollicitant la prise 

d'une décision formelle à cet égard de la part de cette dernière autorité 

(act. 1.8). 

 

 

E. Le 19 septembre 2013, le MPC a rejeté l'exception déclinatoire formulée 

par le prévenu (act. 1.2). 

 

 

F. En date du 30 septembre 2013, A. a interjeté recours à l'encontre de ladite 

décision en concluant à ce qui suit (act. 1): 

 

« En la forme 

 1. Admettre le présent recours. 

 

 Au fond 

 Principalement 

 2. Annuler l'ordonnance d'instruction du 19 septembre 2013 du Ministère public de 

la Confédération. 

 3. Constater que la compétence territoriale des autorités pénales suisses fait défaut. 

 4. Dire en conséquence que le séquestre pénal prononcé le 30 janvier 2013 est 

inopérant. 

 5. Ordonner le classement de la procédure pénale SV.11.0302. 

 6. Octroyer à M. A. un délai raisonnable pour chiffrer et justifier ses prétentions en 

indemnité au sens de l'art. 429 CPP. 

 7. Débouter le Ministère public de la Confédération et tout opposant de toute autre 

ou contraire conclusion. 

  

- 4 - 

 

 

Subsidiairement 

 8. Annuler l'ordonnance d'instruction du 19 septembre 2013 du Ministère public de 

la Confédération. 

 9. Enjoindre le Ministère public de la Confédération à agir dans le sens des considé-

rants. 

 10. Octroyer à M. A. un délai raisonnable pour chiffrer et justifier ses prétentions en 

indemnité au sens de l'art. 429 CPP. 

 11. Débouter le Ministère public de la Confédération et tout opposant de toute autre 

ou contraire conclusion.  » 

 

 

G. Appelé à répondre au recours, le MPC a renvoyé au dossier de la cause et 

à sa décision, en requérant que les amples conclusions du recourant soient 

simplement écartées vu l'absence de décision antérieure et de légitimation 

active, en particulier pour ce qui a trait aux requêtes en lien avec la per-

sonne morale distincte également concernée par l'instruction (act. 3). Il a 

au surplus conclu au rejet du recours. Par réplique spontanée du 

28 octobre 2013, le recourant a persisté dans ses conclusions (act. 5). 

 

 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris 

si nécessaire dans les considérants en droit. 

 

 

 

La Cour considère en droit: 

 

1.  

1.1 En tant qu’autorité de recours, la Cour des plaintes examine avec plein 

pouvoir de cognition en fait et en droit les recours qui lui sont soumis (Mes-

sage relatif à l’unification du droit de la procédure pénale du 

21 décembre 2005, FF 2006 1057, 1296 in fine; STEPHENSON/THIRIET, Ba-

sler Kommentar, Schweizerische Strafprozessordnung, n° 15 ad art. 393; 

KELLER, Kommentar zur Schweizerischen Strafprozessordnung [ci-après: 

Kommentar StPO], Donatsch/Hansjakob/Lieber [éd.], 2010, n° 39 ad art. 

393; SCHMID, Handbuch des schweizerischen Strafprozessrechts, Zu-

rich/Saint-Gall 2013, 2
e
 éd., n° 1512). 

 

1.2 Les décisions du MPC peuvent faire l’objet d’un recours devant la Cour de 

céans (art. 393 al. 1 let. a CPP et art. 37 al. 1 LOAP en lien avec l’art. 19 

al. 1 du règlement sur l’organisation du Tribunal pénal fédéral [ROTPF; RS 

- 5 - 

 

 

173.713.161]). Le recours contre les décisions notifiées par écrit ou orale-

ment est motivé et adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l’autorité 

de recours (art. 396 al. 1 CPP). Aux termes de l’art. 393 al. 2 CPP, le re-

cours peut être formé pour violation du droit, y compris l’excès et l’abus du 

pouvoir d’appréciation, le déni de justice et le retard injustifié (let. a), la 

constatation incomplète ou erronée des faits (let. b) ou l’inopportunité 

(let. c). 

 

1.3 Dispose de la qualité pour recourir toute partie qui a un intérêt juridique-

ment protégé à l'annulation ou à la modification d'une décision 

(art. 382 al. 1 CPP). Le recourant doit avoir subi une lésion, soit un préjudi-

ce causé par l'acte qu'il attaque et doit avoir un intérêt à l'élimination de ce 

préjudice. Dans sa décision BB.2011.140 du 25 juillet 2012, la Cour de 

céans a eu l'occasion de fixer le principe selon lequel le prévenu est en 

droit de tirer au clair, dès le commencement de la procédure, la réalisation 

des conditions de la poursuite comme celle qui concerne la compétence in-

ternationale du MPC (consid. 1.2.2). Ainsi, le recourant, directement touché 

par la décision du MPC, dispose de la qualité pour recourir à cet égard. 

 

1.4 S'agissant des conclusions relatives à la levée du séquestre prononcé le 

30 janvier 2013, il y a lieu de relever que celles-ci excèdent le cadre du re-

cours et sont dès lors irrecevables. Il en va de même des conclusions vi-

sant à obtenir de la Cour de céans que celle-ci ordonne au MPC le classe-

ment de la procédure. En effet, ce n'est que lorsqu'elle admet un recours 

contre une ordonnance de classement, respectivement constate un déni de 

justice ou un retard injustifié que l'autorité de recours peut donner des ins-

tructions au ministère public quant à la suite de la procédure (art. 397 al. 3 

et 4 CPP). Ces situations ne sont in casu pas réalisées. 

 

1.5 Enfin, déposé dans les dix jours dès la notification du prononcé entrepris, le 

recours est recevable dans les limites ci-avant exposées. 

 

 

2. Le MPC considère que, en formant l'exception d'incompétence territoriale 

18 mois après la première intervention de son conseil, le recourant l'aurait 

fait de manière tardive (act. 1.2). De ce fait, le prévenu aurait reconnu taci-

tement la compétence pénale fédérale helvétique fondée sur l'art. 24 CPP. 

Pour sa part, le recourant relève que la détermination du for doit être exa-

minée d'office par l'autorité; l'application des art. 31 ss CPP, notamment de 

l'art. 41 CPP (exigeant que la partie qui prétend contester la compétence 

de l'autorité en charge de la procédure pénale doit immédiatement deman-

der à cette dernière de transmettre l'affaire à l'autorité pénale compétente), 

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suppose ainsi préalablement la compétence des tribunaux suisses au sens 

des art. 3 à 8 CP. La position du MPC serait partant manifestement mal 

fondée (act. 1, p. 8). Le recourant rappelle au surplus qu'il aurait déjà sou-

levé à plusieurs reprises la problématique de la compétence ratione loci, la 

première fois dans son courrier du 6 juillet 2012 (act. 1, p. 9).  

 

2.1 Les règles sur le for des art. 31 ss CPP ne doivent pas être confondues 

avec les art. 3 ss CP régissant le champ d'application de la loi pénale dans 

l'espace, car les premières ne déterminent pas le droit de fond applicable, 

mais seulement le juge habilité à se saisir de l'affaire (PIQUE-

REZ/MACALUSO, Procédure pénale suisse, Genève/Zurich/Bâle 2011, 3
e
 éd., 

p. 122, n. 217; v. ég. SCHMID, op. cit., n° 440; FINGERHUTH/LIEBER, Kom-

mentar StPO, n° 6 ad art. 31). Les dispositions sur les conflits de for régis-

sent la compétence territoriale pour réprimer les infractions tombant sous le 

coup de la juridiction suisse (SCHMID, op. cit., n° 440). L'application des art. 

31 ss CPP suppose ainsi préalablement la compétence des tribunaux suis-

ses au sens des art. 3 à 8 CP (DUPUIS et al., Petit Commentaire, Code pé-

nal, Bâle 2012, n° 5 ad rem. prél. aux art. 3 à 8 CP). Les dispositions déli-

mitant le domaine d'application de la loi pénale dans l'espace sont des 

conditions matérielles de punissabilité. Elles ne font donc pas partie des 

règles de procédure pénale (DUPUIS et al., op. cit., n° 6 ad rem. prél. aux 

art. 3 à 8 CP). Dans une jurisprudence rendue sous l'empire des art. 346 ss 

aCP, régissant l'établissement du for et la procédure y relative, le Tribunal 

fédéral a en substance considéré que lesdites dispositions s'appliquaient 

seulement dans un deuxième temps, après examen des art. 3 à 9 aCP (v. 

ATF 122 IV 162 consid. 2a). 

 

2.2 Il ressort ainsi de ce qui précède que l'art. 41 CPP ne peut pas être appli-

qué s'agissant de la contestation de la compétence juridictionnelle des au-

torités suisses, cette question étant différente de celle du for réglée par la 

disposition précitée. Faute d'autres dispositions pouvant justifier la position 

du MPC, l'argument de la tardiveté du grief invoqué par cette autorité n'ap-

paraît ainsi pas pertinente. Au surplus, n'étant pas un critère de rattache-

ment au sens des art. 3 ss CP, l'on ne saurait admettre que la notion de re-

connaissance tacite puisse avoir une quelconque pertinence dans le cadre 

de l'établissement de la juridiction suisse. En tout état de cause, il convient 

néanmoins de souligner que l'incompétence des autorités suisses a été 

soulevée par le conseil du recourant pour la première fois, même si de ma-

nière implicite, dans son écrit du 6 juillet 2012 (act. 1.5), soit quelques trois 

mois après sa constitution (dossier MPC, rubrique 16). Cette question a en 

outre été expressément explicitée dans un courrier du 12 juillet 2012 

(act. 1.6). L'on ne peut ainsi considérer que la démarche du recourant au-

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rait été tardive ou contraire aux principes de la bonne foi et de l'interdiction 

de l'arbitraire, lesquels s'opposent à ce que des griefs d'ordre formel qui 

auraient pu être soulevés à un stade antérieur soient invoqués plus tard, 

une fois l'issue défavorable connue (ATF 135 III 334 consid. 2.2 et référen-

ces citées). 

 

2.3 Cet argument du MPC apparaît par conséquent inopérant. 

 

 

3. Le recourant conteste la juridiction des autorités suisses en alléguant 

qu'aucun élément constitutif objectif de l'infraction de blanchiment d'argent 

ne pourrait être rattaché à la Suisse (act. 1, p. 8).  

 

Pour sa part le MPC considère, en substance, que le rattachement territo-

rial avec la Suisse consisterait dans l'exercice dans ce pays du pouvoir de 

disposition sur les valeurs possiblement d'origine criminelle sis à l'étranger. 

 

3.1 Selon l'art. 3 al. 1 CP, le code pénal est applicable à quiconque commet un 

crime ou un délit en Suisse. L'art. 8 al. 1 CP précise qu'un crime ou un délit 

est réputé commis tant au lieu où son auteur a agi ou aurait dû agir qu'au 

lieu où le résultat s'est produit. Ces dispositions concrétisent le principe de 

la territorialité. Pour qu'une infraction – consommée ou simplement tentée – 

puisse être considérée comme réalisée en Suisse, il suffit que l'un des 

éléments constitutifs ait été exécuté, même partiellement, en Suisse (HUR-

TADO POZO, Droit pénal, partie générale, Genève/Zurich/Bâle 2008, n° 202 

et références citées). En matière de délits formels, c'est l'ensemble du 

comportement de l'auteur qui doit être pris en considération, jusqu'à la 

commission de l'infraction (HURTADO POZO, ibidem). Le lieu où l'auteur dé-

cide de commettre l'infraction ou celui où les actes préparatoires (non pu-

nissables) sont réalisés ne sont pas relevants (arrêt du Tribunal fédéral 

6B_86/2009 du 29 octobre 2009, consid. 2.3 et références citées). D'après 

la jurisprudence, la participation (art. 24 CP) et la complicité (art. 25 CP) 

commises en Suisse ne fondent pas à elles seules un rattachement avec 

ce dernier pays. En effet, les participations accessoires sont considérées 

commises là où a été perpétrée l'infraction principale (ATF 104 77 

consid. 7; arrêt du Tribunal fédéral 6B_86/2009 susmentionné, consid. 2.3 

et références citées).   

 

3.2 Aux termes de l'art. 305
bis

 ch. 1 CP, celui qui aura commis un acte propre à 

entraver l'identification de l'origine, la découverte ou la confiscation de va-

leurs patrimoniales dont il savait ou devait présumer qu'elles provenaient 

d'un crime, sera puni d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou 

- 8 - 

 

 

d'une peine pécuniaire. Le ch. 3 de ladite disposition prévoit que le délin-

quant est aussi punissable lorsque l'infraction principale a été commise à 

l'étranger et lorsqu'elle est aussi punissable dans l'Etat où elle a été com-

mise. Cette infraction est composée de trois éléments constitutifs, à savoir 

l'existence de valeurs patrimoniales provenant d'un crime, l'acte propre à 

entraver l'identification de l'origine, la découverte ou la confiscation et enfin 

l'intention (arrêt du Tribunal fédéral 6B_ 489/2013 du 9 juillet 2013, consid. 

1.2). Le blanchiment peut être réalisé par n'importe quel acte propre à en-

traver l'établissement d'un lien entre le crime préalable et la valeur patrimo-

niale qui en provient ou à faire échapper la mainmise des autorités sur ces 

valeurs (DUPUIS et al., op. cit., n° 25 ad art. 305
bis

 CP; CASSANI, Commen-

taire du droit pénal suisse, partie spéciale, Vol. 9, Berne 1996, n° 32 ad art. 

305
bis

 CP). Ainsi, le fait de transférer des fonds de provenance criminelle 

d'un pays à un autre constitue un acte d'entrave (ATF 127 IV 20 consid. 

2b/cc) de même que le transfert de la propriété, par exemple en exécutant 

une vente, une donation ou un échange (DUPUIS et al., op. cit., n° 29 ad art. 

305
bis

 CP et référence citée). L'acte d'entrave est punissable en tant que tel 

sans qu'il soit nécessaire d'examiner s'il a été suivi d'un résultat (ATF 126 

IV 255 consid. 3a; CASSANI, op. cit., n° 31 ad art. 305
bis

 CP). 

 

3.3. Comme l'indique le MPC dans la décision entreprise, l'enquête a son origine 

dans les poursuites pénales dirigées à l'encontre du recourant des chefs de 

gestion déloyale et/ou abus de confiance ayant actuellement cours en Jor-

danie; celles-ci constitueraient le crime préalable au blanchiment d'argent. 

D'après les informations fournies par l'intermédiaire financier ayant procédé 

à l'annonce auprès du MROS, A. est l'ayant droit économique d'entités ad-

ministrées à partir du territoire helvétique. La structure financière mise en 

lumière par la procédure est la suivante: le Trust C., avec adresse annoncée 

à Genève (dossier MPC, rubrique 7), est le trustee du Trust D. dont l'adresse 

de siège est située aux Îles Caïman (dossier MPC, rubrique 5, annonce 

MROS). Le recourant est le settlor de ce dernier Trust (dossier MPC, rubri-

que 7). Le Trust C. agit également, via l'intermédiaire de sa société suisse F. 

SA, sise à Zurich, comme administrateur de la société E. Ltd, incorporée aux 

Îles Vierges britanniques et dont le recourant était le précédent administra-

teur et semblerait avoir été, voire être, l'actionnaire (dossier MPC, rubrique 5 

annonce MROS et rubrique 7). D'après les renseignements fournis par le 

Trust C., F. SA est l'unique titulaire du droit de signature sur le compte déte-

nu par E. Ltd auprès de la banque G. au Royaume-Uni (compte n° 1). La tâ-

che du Trust C. est principalement celle de gérer, au moyen du compte pré-

cité, les deux biens immobiliers dont E. Ltd est propriétaire au Royaume-Uni 

(dossier MPC, rubrique 5, annonce MROS). D'après le MPC, il ne serait pas 

- 9 - 

 

 

exclu que les biens gérés depuis le territoire helvétique soient en partie 

d'origine criminelle (act. 1.3, p. 3). 

 

 Il ressort de ce qui précède que même si A. ne dispose apparemment d'au-

cun compte bancaire ni de biens en Suisse, il n'en demeure pas moins que 

le Trust C. donne des instructions, à partir de ce pays, en lien avec un comp-

te reconductible au recourant détenu par E. Ltd auprès de la banque G.. Le 

Trust C. administre par ailleurs des biens immobiliers du recourant sis au 

Royaume-Uni (dossier MPC, rubrique 7). A ce stade initial de l'enquête, ces 

éléments sont de nature à constituer un point de rattachement suffisant pour 

fonder la compétence des autorités suisses pour d'éventuels actes de blan-

chiment. En se fondant sur la communication selon l'art. 305
ter 

CP et sachant 

qu'on ne peut exclure, à cette phase, que de tels actes aient été commis en 

relation avec des valeurs patrimoniales appartenant au recourant et sises à 

l'étranger, ces éléments suffisent. A cet égard, il appartiendra aux autorités 

compétentes de faire la lumière sur la question de savoir si ces actes ont été 

accomplis sur le territoire suisse, en tenant présent à l'esprit le principe de 

célérité consacré à l'art. 5 CPP. Dans ce contexte, il n'est pas inintéressant 

de constater que le Trust dont le Trust C. est le trustee a été créé peu de 

temps avant que les ennuis du recourant en Jordanie ne commencent. Ceci 

étant rappelé, si les suspicions du MPC ne devaient pas se confirmer – soit 

qu'aucun acte imputable à A. ou à l'un de ses agents et susceptible d'entra-

ver l'identification de l'origine, la découverte ou la confiscation de valeurs pa-

trimoniales de provenance potentiellement illicite n'aurait été commis en 

Suisse –, le MPC devrait en tirer les conséquences et se déclarer incompé-

tent.  

 

Compte tenu du fait que, d'après la doctrine susmentionnée, il suffit, pour 

que la compétence suisse soit donnée, qu'au moins un des éléments consti-

tutifs soit, même partiellement, réalisé en Suisse, l'on ne saurait exclure, à 

ce stade de la procédure, qu'une juridiction helvétique soit en l'espèce don-

née. Il sied au surplus de souligner que, selon la doctrine "[…] Nachdem die 

Geldwäscherei nach h.L. als abstraktes Gefährdungsdelikt und damit als 

schlichtes Tätigkeitsdelikt bezeichnet wird, ist erforderlich, dass der Täter auf 

schweizerischem Boden handelt. Dieser territoriale Bezugspunkt ist aber 

nach dem oben Gesagten schon dann hergestellt, wenn durch telefonische 

oder schriftliche Instruktionen aus dem Ausland ein schweizerischer Finan-

cier als Tatmittler benützt wird […]" (CASSANI, Die Anwendbarkeit des 

schweizerischen Strafrechts auf internationale Wirtschaftsdelikte, RPS 1996 

114, p. 259). Ainsi, au vu de ces éléments et compte tenu de ce que, étant 

encore dans la phase d'instruction, les faits ne sont à ce jour pas établis de 

manière définitive, la position du MPC n'apparaît pas d'emblée erronée. 

- 10 - 

 

 

 

 

4.  A la lumière de ce qui précède, le recours, mal fondé, doit être rejeté dans la 

mesure de sa recevabilité. 

 

 

5. Selon l'art. 428 al. 1 CPP, les frais de la procédure de recours sont mis à la 

charge des parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de cause ou 

succombé. Ceux-ci se limitent en l'espèce à un émolument qui, en applica-

tion de l'art. 8 du règlement du Tribunal pénal fédéral du 31 août 2010 sur 

les frais, émoluments, dépens et indemnités de la procédure pénale fédéra-

le (RFPPF; RS 173.713.162), sera fixé à CHF 2'000.-- et mis à la charge du 

recourant. 

 

 

 

 

- 11 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Le recours est rejeté dans la mesure de sa recevabilité. 

 

2. Un émolument de CHF 2'000.-- est mis à la charge du recourant. 

 

 

Bellinzone, le 3 décembre 2013 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le juge président: La greffière:  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Me Benjamin Borsodi, avocat  

- Ministère public de la Confédération 

 

 

 

 

Indication des voies de recours 

Il n'existe pas de voies de recours ordinaires contre la présente décision.