# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 7325b421-b8ff-59d2-96c9-9c79f0e40c7d
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2019-01-15
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 15.01.2019 P/1494/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-1494-2018_2019-01-15.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/1494/2018 ACPR/47/2019 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du mardi 15 janvier 2019 

 

Entre 

A______, domiciliée c/o Mme B______, ______, comparant en personne, 

recourante, 

 

contre l'ordonnance  rendue le 16 mars 2018 par le Ministère public, 

 

et 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimé. 

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P/1494/2018 

EN FAIT : 

A. a. Par acte expédié au greffe de la Chambre de céans le 26 mars 2018, A______ 
recourt contre l'ordonnance du 16 mars 2018, notifiée par pli simple, par laquelle le 
Ministère public a refusé d'entrer en matière sur sa plainte. 

La recourante conclut à l'annulation de la décision et au renvoi de la procédure au 
Ministère public pour complément d'instruction. 

b. La recourante a versé les sûretés en CHF 900.- qui lui étaient réclamées par la 
Direction de la procédure, à la suite du refus de sa demande d'assistance judicaire. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier : 

a. À teneur du rapport de renseignements du 18 janvier 2018, la police était 
intervenue, le 12 septembre 2017, dans une maison située au ______, pour un conflit 
opposant A______ et C______, laquelle était fortement avinée et n'avait pas pu être 
soumise au test de l'éthylomètre. Les policiers n'ont constaté aucune trace de coup 
sur A______ et n'ont pas été en mesure d'affirmer que cette dernière avait été 
menacée de mort.   

b. Entendue par la police le 27 octobre 2017, A______ a déposé plainte expliquant 
que le soir en question, alors qu'elle était sous la douche, C______ était entrée, 
complètement nue, dans la salle de bain et avait commencé à hurler, à l'insulter et 
dire qu'elle voulait la tuer avant de repartir dans sa chambre. Avant de pouvoir 
regagner sa propre chambre, elle avait été frappée par sa colocataire qui lui avait 
donné plusieurs coups de poing sur la tête et le corps. Ensuite, un voisin était sorti de 
sa chambre, demandant ce qui se passait. Dans le courant du mois d'octobre, 
C______ l'avait encore menacée en lui disant "Tu es iranienne, alors je vais te tuer". 

c.  Le 15 novembre 2017, C______ a déclaré à la police que le 12 septembre 2017, 
elle avait consommé du vin blanc et de la bière. Lorsqu'elle avait voulu utiliser la 
salle de bain, elle avait constaté que A______ avait, une fois de plus, laissé traîner un 
tas d'immondices. Elle était entrée dans une colère noire et avait jeté un sac poubelle 
vide à sa colocataire; elle l'avait peut-être insultée mais ne l'avait jamais menacée de 
mort ni frappée. Elle ne se souvenait pas du reste de la soirée ni de l'intervention de 
la police. Peu avant son déménagement, elle avait dit à A______ qu'elles avaient un 
problème de communication, cette dernière ne parlant qu'anglais; elle ne l'avait pas 
menacée de mort, ignorant même qu'elle était iranienne. Son bail avait été résilié et 
elle avait quitté la maison le 31 octobre 2017. Elle n'aurait plus l'occasion de revoir la 
plaignante et s'engageait à ne plus s'en prendre à elle.  

Elle a produit des photographies de la salle de bain.  

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C. Dans sa décision querellée, le Ministère public a retenu que, s'agissant des menaces 
et des coups, les déclarations des parties étaient contradictoires et que, en l'absence 
d'éléments de preuves objectifs, tels qu'un certificat médical et/ou un témoin des 
faits, il n'était pas possible de privilégier l'une ou l'autre des versions ni d'établir le 
déroulement des faits avec certitude. S'agissant des insultes, même si C______ avait 
admis avoir insulté la plaignante, aucune des parties n'avait été en mesure de décrire 
précisément les termes employés, de sorte qu'il n'était pas établi qu'ils aient 
réellement été constitutifs d'injure au sens de l'art. 177 al. 1 CP. 

D. a. À l'appui de son recours, A______ fait grief au Ministère public d'avoir refusé 
d'entrer en matière alors que la mise en cause avait admis l'avoir insultée. Les 
menaces de mort avaient eu un grave impact psychologique sur elle. 
L'enregistrement de son appel à la police était un élément de preuve objectif. La mise 
en cause n'avait pas nié avoir proféré des menaces de mort, lorsque la police était sur 
place; elle lui avait dit "tu mourir, je te tuer" et le lendemain l'avait traitée de "pute 
iranienne". 

b. À réception des sûretés, la cause a été gardée à juger, sans échange d'écritures ni 
débats. 

EN DROIT : 

1. Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai 
prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours 
auprès de la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP) et émaner de la plaignante 
qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. b CPP), a qualité pour agir, ayant un 
intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision 
querellée (art. 382 al. 1 CPP). 

2. La Chambre pénale de recours peut décider d'emblée de traiter sans échange 
d'écritures ni débats les recours manifestement irrecevables ou mal fondés (art. 390 
al. 2 et 5 a contrario CPP). Tel est le cas en l'occurrence, au vu des considérations 
qui suivent. 

3. La recourante ne remet pas en question la décision du Ministère public s'agissant des 
coups que lui aurait portés la mise en cause. La Chambre de céans ne reviendra dès 
lors pas sur cet aspect de la plainte. 

3.1. Selon l'art. 310 al. 1 let. a CPP, le Ministère public rend immédiatement une 
ordonnance de non-entrée en matière s'il ressort de la dénonciation ou du rapport de 
police que les éléments constitutifs de l'infraction ou des conditions à l'ouverture de 
l'action pénale ne sont manifestement pas réunies.  

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Le principe in dubio pro duriore découle du principe de la légalité (art. 5 al. 1 Cst. et 
2 al. 2 CPP en relation avec les art. 19 al. 1 et 324 CPP ; ATF 138 IV 86 consid. 4.2). 
Il signifie qu'en principe, un classement ou une non-entrée en matière ne peuvent être 
prononcés par le ministère public que lorsqu'il apparaît clairement que les faits ne 
sont pas punissables ou que les conditions à la poursuite pénale ne sont pas remplies.  

Des motifs de fait peuvent justifier la non-entrée en matière. Il s'agit des cas où la 
preuve d'une infraction, soit de la réalisation en fait de ses éléments constitutifs, n'est 
pas apportée par les pièces dont dispose le ministère public. Il faut que l'insuffisance 
des charges soit manifeste. De plus, le Procureur doit examiner si une enquête, sous 
une forme ou sous une autre, serait en mesure d'apporter des éléments susceptibles de 
renforcer les charges contre la personne visée. Ce n'est que si aucun acte d'enquête ne 
paraît pouvoir amener des éléments susceptibles de renforcer les charges contre la 
personne visée que le ministère public peut rendre une ordonnance de non-entrée en 
matière. En cas de doute sur la possibilité d'apporter ultérieurement la preuve des 
faits en question, la non-entrée en matière est exclue (A. KUHN / Y. JEANNERET 
(éds), Commentaire romand : Code de procédure pénale suisse, Bâle 2011 n. 9 ad 
art. 310 ; R. PFISTER-LIECHTI (éd.), La procédure pénale fédérale, Fondation pour 
la formation continue des juges suisses, Berne 2010, p. 62 ; DCPR/85/2011 du 27 
avril 2011). 

Le ministère public et l'autorité de recours disposent, dans ce cadre, d'un certain 
pouvoir d'appréciation. La procédure doit se poursuivre lorsqu'une condamnation 
apparaît plus vraisemblable qu'un acquittement ou lorsque les probabilités 
d'acquittement et de condamnation apparaissent équivalentes, en particulier en 
présence d'infraction grave (ATF 138 IV 86 consid. 4.1.2 ; 137 IV 285 consid. 2.5 ; 
arrêt du Tribunal fédéral 1B_112/2012 du 6 décembre 2012).  

3.2.1 En l'espèce, la recourante allègue que la mise en cause l'aurait menacée et 
insultée mais n'a pas détaillé à la police les termes utilisés. Ce n'est qu'à l'occasion du 
recours qu'elle soutient que la mise en cause l'avait menacée de mort non pas en lui 
disant "tu es iranienne alors je vais te tuer", mais "tu mourir, je te tuer", et l'avait 
traitée "après cette nuit noire, le matin" de "pute iranienne". 

La police a précisé ne pas avoir pu déterminer le soir de son intervention si des 
menaces de mort avaient été proférées comme le soutenait la recourante. On ne peut 
dès lors suivre cette dernière lorsqu'elle soutient que la mise en cause n'aurait pas nié 
ses menaces devant la police. En outre, sa colocataire conteste avoir proféré de telles 
menaces à quelque moment que ce soit et ne mentionne aucun témoin qui pourrait 
établir la réalité de celles-ci.  

C'est à bon droit que le Procureur a considéré que les éléments objectifs de 
l'infraction de menace n'étaient pas réunis.  

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3.2.2. Il ne reste dès lors à charge de C______ que des insultes, ce que cette dernière 
admet, lesquelles, aux dires de la recourante, seraient de l'avoir traitée de "pute 
iranienne".  

Ces faits – eussent-ils constitué une infraction – ne sont pas suffisamment graves 
pour justifier l'ouverture d'une instruction pénale. L'éventuelle culpabilité de la mise 
en cause et les conséquences de cette éventuelle insulte peuvent ainsi être 
considérées comme de peu d'importance. C'est donc à bon droit que le Ministère 
public a fait application de l'art. 52 CP. 

4. Justifiée, l'ordonnance querellée sera donc confirmée. 

5. La recourante, qui succombe, supportera les frais envers l'État, fixé en totalité à 
CHF 900.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en 
matière pénale, RTFMP ; E 4 10.03). 

* * * * * 

  

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PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

 
Rejette le recours 

Condamne A______ aux frais de la procédure de recours fixé en totalité à CHF 900.-. 

Dit que ce montant sera prélevé sur les sûretés versées. 

Notifie le présent arrêt ce jour, en copie, à A______ et au Ministère public. 

Siégeant : 

Madame Corinne CHAPPUIS BUGNON, présidente; Monsieur Christian COQUOZ et 
Madame Alix FRANCOTTE CONUS, juges; Monsieur Julien CASEYS, greffier. 

 

Le greffier : 

Julien CASEYS 

 La présidente : 

Corinne CHAPPUIS BUGNON 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en matière pénale au sens 

de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110); la qualité et les autres 

conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être 

formé dans les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent être remis au plus 

tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention de ce dernier, à La Poste Suisse ou à 

une représentation diplomatique ou consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF). 

  

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P/1494/2018 ÉTAT DE FRAIS   

 
 

 
COUR DE JUSTICE 

 

 
 
 
Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais en matière pénale 
(E 4 10.03). 
 

Débours (art. 2) 

- frais postaux CHF 20.00 

Émoluments généraux (art. 4)  

- délivrance de copies (let. a) CHF       

- délivrance de copies (let. b) CHF       

- état de frais (let. h) CHF 75.00 

Émoluments de la Chambre pénale de recours (art. 13)   

- décision sur recours (let. c) CHF 805.00 

-  CHF       

Total  CHF  900.00