# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e4074d85-1a5d-52dc-a2e8-ed2c3ce5598b
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2011-10-13
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 13.10.2011 C/29637/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-29637-2010_2011-10-13.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 14.10.2011. 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/29637/2010 ACJC/1289/2011 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 
 

DU JEUDI 13 OCTOBRE 2011 

 

Entre 

A_______, sis _______ à Anières (Genève), recourant contre un jugement rendu par le 
Tribunal de première instance de ce canton le 26 mai 2011, comparant par Me Daniel 

Kinzer, avocat, rue Bovy-Lysberg 2, case postale 5824, 1211 Genève 11, en l'étude 

duquel il fait élection de domicile aux fins des présentes, 

et 

B_______, sise_______ à Genève, intimée, en personne, 

 

- 2/7 - 

 

 

C/29637/2010 

EN FAIT 

A. Par jugement du 26 mai 2011, communiqué pour notification aux parties le 20 
juin 2011, le Tribunal de première instance a, statuant par voie de procédure 

sommaire, rejeté la requête en prononcé de la mainlevée provisoire de l'opposition 

formée au commandement de payer, poursuite no xx xxxxx6 N (ch. 1 du 

dispositif) formée par A_______ et l'a condamné à payer à B_______ la somme 

de 570 fr. à titre de dépens (ch. 2). 

 En substance, le Tribunal a retenu que le bon de paiement du 5 août 2008, établi 

par A_______, ne valait pas reconnaissance de dette pour un autre montant que 

celui arrêté et reconnu par B_______, de 56'000 fr., somme intégralement réglée 

par cette dernière. 

B. Par acte déposé le 1er juillet 2011 au greffe de la Cour de justice, A_______ 
conclut à l'annulation du jugement entrepris et à ce que la mainlevée provisoire de 

l'opposition soit prononcée, à concurrence de 56'448 fr., plus intérêts à 5% l'an dès 

le 5 août 2008, à ce que la Cour dise que la poursuite ira sa voie, avec suite de 

frais et dépens de première et deuxième instance.  

 Il fait valoir que les parties sont liées par un contrat prévoyant le paiement 

d'honoraires de l'architecte de 9,5% du montant final des travaux (4'000'000 fr.), 

représentant 382'888 fr. Le coût total des travaux s'est élevé à 4'272'520 fr., selon 

facture adressée à B_______ le 27 juin 2008. Un bon de paiement no_______ a 

été envoyé le 5 août 2008 à cette dernière, d'un montant de 112'896 fr., dont 

56'000 fr. devaient immédiatement être payés. B_______ avait signé ledit bon, 

réglé la somme de 56'000 fr., sans toutefois s'acquitter du solde de 56'448 fr. Le 

bon de paiement valait ainsi reconnaissance de dette. 

 Dans sa réponse du 11 juillet 2011, B_______ conclut au rejet du recours et à la 

confirmation du jugement déféré, avec suite de frais et dépens. Elle indique qu'elle 

n'a pas signé la facture du 27 juin 2008, laquelle ne précise ni son destinataire, ni 

le chantier concerné. Elle n'a également pas accepté les montants indiqués dans le 

bon de paiement no _______, à l'exception de la somme de 56'000 fr., 

intégralement payée.  

C.  Les faits suivants résultent de la procédure : 

 a. Le 24 juin 2006, A_______ et B_______ ont conclu un contrat de mandat, 
portant sur les prestations de l'architecte, soit la direction du projet et des travaux, 

selon lequel B_______ s'est engagée à verser à A_______ 9,5% d'honoraires 

d'après les coûts de construction, estimés à 4'000'000 fr. 

- 3/7 - 

 

 

C/29637/2010 

 b. Le 27 juin 2008, A_______ a établi une facture d'honoraires d'un montant de 
112'896 fr. TTC, arrêté à 112'000 fr. TTC. 

 Cette facture ne mentionne aucun destinataire, ni l'affaire concernée. 

c. Le 5 août 2008, A_______ a établi un bon de paiement no 190, indiquant que le 
montant engagé s'élevait à 421'011 fr., sous déduction des acomptes et débours 

versés de 301'200 fr. et 6'915 fr., soit un solde de 112'896 fr. TTC. A_______ a 

sollicité le paiement de la somme de 56'000 fr. Le bon de paiement a été signé par 

B_______. 

d. B_______ a réglé 56'000 fr. le 25 août 2008. 

e. Le 13 avril 2010, A_______ a fait notifier à B_______ un commandement de 
payer, poursuite no xx xxxxx6 N, portant sur les sommes de 83'536 fr. et 2'318 fr., 

laquelle a formé opposition. 

 f. Par courrier recommandé du 27 décembre 2010, B_______ a transmis à 
A_______ un rapport d'expertise établi par C_______, architecte, le 21 décembre 

2010, constatant plusieurs défauts dans les immeubles construits. Selon ce 

rapport, la responsabilité de A_______ était engagée pour les défauts ressortant 

d'une mauvaise conception des immeubles et d'une mauvaise surveillance des 

travaux. Les coûts de remise en conformité s'élevaient à 347'146 fr. 03. 

g. Par requête déposée le 20 décembre 2010 au Tribunal de première instance, 
A_______ a sollicité la mainlevée de l'opposition, à hauteur de 56'448 fr., avec 

intérêts à 5% l'an dès le 8 août 2008, avec suite de frais et dépens. 

h. B_______ a déposé des notes de plaidoiries le 28 janvier 2011 au Tribunal. Elle 
a conclu au rejet de la requête, avec suite de frais et dépens. 

i. A l'audience du 27 mai 2011 devant le premier juge, les parties ont plaidé et 
persisté dans leurs conclusions respectives. La cause a été gardée à juger à l'issue 

de l'audience. 

D. Les arguments des parties seront examinés ci-après, dans la mesure utile. 

EN DROIT 

1. Aux termes de l'art. 405 al. 1 CPC, entré en vigueur le 1er janvier 2011 (RS 272), 
les recours sont régis par le droit en vigueur au moment de la communication de 

la décision entreprise. S'agissant en l'espèce d'un recours dirigé contre un 

jugement notifié aux parties après le 1
er

 janvier 2011, la présente cause est régie 

par le nouveau droit de procédure. 

- 4/7 - 

 

 

C/29637/2010 

2. 2.1. S'agissant d'une procédure de mainlevée, seule la voie du recours est ouverte 
(art. 319 let. a et 309 let. b ch. 3 CPC). La procédure sommaire s'applique 

(art. 251 let. a CPC). 

 Aux termes de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC, le recours, écrit et motivé, doit être 
introduit auprès de l'instance de recours dans les dix jours à compter de la 

notification de la décision motivée, pour les décisions prises en procédure 

sommaire. 

 A Genève, la Chambre civile de la Cour de justice est l'instance compétente pour 

connaître d'un recours (art. 120 al. 1 let. a LOJ). 

 2.2. Interjeté dans le délai et les formes prévus par la loi, le présent recours est 
recevable. 

3. Dans le cadre d'un recours, le pouvoir d'examen de la Cour est limité à la violation 
du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC). 

L'autorité de recours a un plein pouvoir d'examen en droit, mais un pouvoir limité 

à l'arbitraire en fait, n'examinant par ailleurs que les griefs formulés et motivés par 

le recourant (HOHL/DE PORET/BORTOLASO/AGUET, Procédure civile, Tome 

II, 2
ème

 édition, Berne, 2010, n. 2307). 

4. 4.1. Le créancier dont la poursuite se fonde sur une reconnaissance de dette 
constatée par acte authentique ou sous seing privé peut requérir la mainlevée 

provisoire (art. 82 al. 1 LP). 

Le juge prononce la mainlevée si le débiteur ne rend pas immédiatement 

vraisemblable sa libération (art. 82 al. 2 LP).  

Constitue une reconnaissance de dette au sens de l'art. 82 LP, l'acte signé par le 

poursuivi - ou son représentant - duquel il ressort sa volonté de payer au 

poursuivant, sans réserve ni condition, une somme d'argent déterminée ou 

aisément déterminable et exigible au moment de la réquisition de poursuite (ATF 

130 III 87 consid. 3.1 et les références citées; JAEGER/WALDER/KULL/ 

KOTTMANN, Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs, 4
ème

 édition, 

1997, n. 10 ad art. 82 LP). L'acte doit également comporter la signature du 

débiteur ou de son représentant. 

La reconnaissance de dette peut découler du rapprochement de plusieurs pièces, 

pour autant que les éléments nécessaires en résultent (ATF 122 II 126 consid. 2; 

SJ 2004 I 209 consid. 3.1; ATF n.p. 5P 290/2006 du 12.10.2006 consid. 3.1.2). 

4.2. Un contrat écrit justifie en principe la mainlevée provisoire de l'opposition 
pour la somme d'argent incombant au poursuivi lorsque les conditions d'exigibilité 

de la dette sont établies, en particulier, si dans les contrats bilatéraux, le 

- 5/7 - 

 

 

C/29637/2010 

poursuivant prouve avoir exécuté les prestations dont dépend l'exigibilité de sa 

créance (PANCHAUD/CAPREZ, La mainlevée d'opposition, 1980, § 69 p. 168 et 

ch. 1 et 3; AMONN/WALTHER, Grundriss des Schuldbetreibungs- und 

Konkursrechts, 7ème éd., § 19 p. 130 n. 77; ATF n.p. SP.171/2005 du 7 octobre 

2005 consid. 4.1.1; SCHMIDT, Commentaire romand, Poursuite et faillite, n. 27 

ad art. 82 LP). 

Le contrat de direction des travaux obéit aux règles du mandat (ATF 111 II 72 = 

JdT 1985 I 589). 

Dans le cadre d'un contrat de mandat, le seul envoi d'une note d'honoraires, même 

non contestée pendant un certain temps, ne vaut pas reconnaissance de dette (TF, 

SJ 1981 429 consid. 4; WERRO, Commentaire romand, 2003, n. 52 ad 

art. 394 CO; ATF n.p. 5P.290/2006 du 12.10.2006 consid. 3.3; KRAUSKOPF, La 

mainlevée provisoire : quelques jurisprudences récentes in JdT 2008 II 23, 35). 

La mainlevée provisoire peut être accordée sur la base d'un contrat bilatéral tant 

que le débiteur ne prétend pas, dans la procédure de mainlevée, que le créancier 

n'a pas ou n'a pas correctement exécuté sa propre prestation ( SCHMIDT, op. cit., 

n. 27 ad art. 82 LP). 

4.3. En l'espèce, les parties ont conclu un contrat de mandat, portant sur la 
direction du projet et des travaux de construction de plusieurs immeubles. Elles 

sont convenues d'une rémunération de 9,5% du coût total des travaux, estimé à 

4'000'000 fr. Comme le relève à juste titre la citée, la facture d'honoraires établie 

le 27 juin 2008 par le recourant ne mentionne aucun destinataire, ni l'affaire 

concernée. Par ailleurs, cette facture n'a pas été signée par la citée. Dans le bon de 

paiement no 190 établi le 5 août 2008 par le recourant, celui-ci sollicite 

expressément le règlement d'un montant de 56'000 fr. En signant ce document, la 

citée a fait part de son accord de verser la somme sollicitée. Comme l'a retenu à 

bon droit le premier juge, la mention du montant de la facture finale dans le bon 

de paiement ne vaut pas reconnaissance de dette, dès lors que la facture finale n'a 

fait l'objet d'aucune acceptation expresse de la citée. Le recourant n'a pas allégué 

avoir établi un autre bon de paiement, pour le solde de la facture finale. De plus, la 

citée se prévaut de plusieurs défauts affectant les immeubles, soit une mauvaise 

exécution de la prestation du recourant. Celui-ci ne dispose dès lors d'aucun titre 

permettant de prononcer la mainlevée de l'opposition. Le jugement querellé ne 

prête dès lors pas flanc à la critique. 

Le recours sera ainsi rejeté. 

5.  Le recourant qui succombe sera condamné aux frais (art. 106 al. 1 et 3 CPC). 

- 6/7 - 

 

 

C/29637/2010 

En vertu de l'art. 61 al. 1 OELP, la juridiction supérieure à laquelle sont déférées 

les décisions rendues dans une procédure sommaire en matière de poursuite 

(art. 251 CPC) peut prélever un émolument n'excédant pas une fois et demie 

l'émolument que peut prélever l'autorité de première instance. 

Partant, l'émolument de décision sera fixé à 750 fr. et mis à la charge du 

recourant, compensé avec l'avance de frais opérée par celui-ci (art. 111 CPC). 

La citée ayant comparu en personne, aucun dépens ne sera alloué. 

6. La valeur litigieuse, au sens de l'art. 51 LTF, est supérieure à 30'000 fr. 

* * * * * 

- 7/7 - 

 

 

C/29637/2010 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté par A_______ contre le jugement JTPI/9168/2011 

rendu le 26 mai 2011 par le Tribunal de première instance dans la cause C/29637/2010-

JS SS. 

Au fond : 

Le rejette. 

Arrête les frais judiciaires à 750 fr. et les met à charge du A_______. 

Dit que les frais judiciaires sont couverts par l'avance de frais opérée par A_______. 

Dit qu'il n'est pas alloué de dépens. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Siégeant : 

Monsieur Pierre CURTIN, président; Madame Nathalie LANDRY-BARTHE et 

Monsieur Jean-Marc STRUBIN, juges; Madame Fatina SCHAERER, greffier. 

 

Le président : 

Pierre CURTIN 

 Le greffier : 

Fatina SCHAERER 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005     (LTF; 

RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification 

avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par devant le Tribunal fédéral par la voie du 

recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 30'000 fr.