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**Case Identifier:** 4a2696cb-1965-5333-b7e7-e77e0ffb0795
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-06-30
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 30.06.2021 C/23814/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-23814-2020_2021-06-30.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 12.07.2021. 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/23814/2020 ACJC/876/2021 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU MERCREDI 30 JUIN 2021 

 

Entre 

A______ SARL, sise ______ [GE], recourante contre un jugement rendu par la 12ème 
Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 24 février 2021, comparant 
par Me Iolato Saverio IOVENE, avocat, Eardley Avocats, rue De-Candolle 16, 1205 
Genève, en l'Étude duquel elle fait élection de domicile,  

et 

B______ SA, sise ______ [GE], intimée, comparant par Me Robert HENSLER, avocat, 
Fontanet & Asso, Grand-Rue 25, case postale 3200, 1211 Genève 3, en l'Étude duquel 
elle fait élection de domicile. 

 

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C/23814/2020 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/2513/2021 du 24 février 2021, le Tribunal de première 
instance a prononcé la mainlevée provisoire de l'opposition formée au 
commandement de payer, poursuite n° 1______ (ch. 1 du dispositif), arrêté les 
frais judiciaires à 400 fr., compensés avec l'avance effectuée et mis à la charge de 
A______ SARL, condamnée à les verser à B______ SA (ch. 2 et 3). 

 En substance, le Tribunal a retenu que A______ SARL avait commandé un 
véhicule C______ d'une valeur de 177'200 fr. et qu'elle avait versé un acompte de 
5'000 fr. L'art. 10.3 des conditions générales stipulait qu'en cas de défaut de 
l'acheteur le vendeur pouvait se départir du contrat et exiger le paiement d'une 
dédite ("administrative charge") correspondant à 10% du prix de vente. Les 
conditions générales ne prévoyaient aucune exonération au paiement de cette 
dédite par exemple si le leasing avait été refusé par D______. Ainsi, les pièces 
produites valaient reconnaissance de dette. A______ SARL n'avait fait valoir 
aucun moyen libératoire susceptible de faire échec au prononcé de la mainlevée. 

B. a. Par acte déposé à la Cour de justice le 12 mars 2021, A______ SARL a formé 
recours contre ce jugement, qu'elle a reçu le 2 mars 2021, concluant à son 
annulation et, cela fait, à ce que la requête de B______ SA soit déclarée 
irrecevable, subsidiairement rejetée, et à ce que cette dernière soit déboutée de 
toutes autres conclusions, sous suite de frais et dépens. Plus subsidiairement, elle 
a conclu à ce qu'il soit dit que la créance que détient B______ SA à son encontre 
est entièrement compensée avec l'acompte de 5'000 fr. qu'elle a versé le 
21 octobre 2019. 

 Elle a produit des pièces nouvelles. 

 b. Par réponse du 9 avril 2021, B______ SA s'en est rapportée à justice quant à la 
recevabilité du recours, et a conclu au rejet de celui-ci, sous suite de frais et 
dépens. 

 c. A______ SARL a répliqué le 21 avril 2021, persistant dans ses conclusions. 

 d. B______ SA n'ayant pas fait usage de son droit de dupliquer, les parties ont été 
informées par courrier du greffe de la Cour du 4 mai 2021 de ce que la cause était 
gardée à juger. 

C. Les faits suivants ressortent du dossier soumis au Tribunal. 

 a. B______ SA (ci-après : B______) est inscrite au Registre du commerce de 
Genève, avec notamment comme but l'exploitation d'un garage, achat, location et 
vente de voitures automobiles et toutes opérations s'y rattachant. 

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C/23814/2020 

 A______ SARL (anciennement E______ SARL) est inscrite au Registre du 
commerce de Genève depuis le ______ 2018, avec notamment comme but la 
fabrication et le commerce y compris importation et exportation de chocolats et 
confiseries, ainsi que toutes boissons ou denrées alimentaires. F______ en est 
associé gérant avec signature individuelle et G______ et H______ gérants, avec 
signature collective à deux. 

 b. Par courriel du 12 septembre 2019, B______ a fait parvenir à l'adresse 
H______@______.ch "les offres de leasing sur 36 mois, pour les deux véhicules". 

 c. Le 14 octobre 2019, E______ SARL a signé les conditions générales de vente 
applicables aux nouvelles voitures particulières C______, dans leur version en 
anglais du mois d'août 2012. 

 L'art. 10.3 stipule : "If the Buyer fails to pay the agreed down-payment punctually, 
then he shall automatically be deemed to have default. (…) the Seller shall be 
entitled to withdraw from the agreement with immediate effect. In this event the 

Buyer shall be obliged to pay an administrative charge amounting to 10% of the 

purchase price". 

 Dans la version française des conditions générales, d'octobre 2020, non signée par 
E______ SARL, l'art. 10.3 a la teneur suivante : "L'acheteur est en retard sans 
qu'il soit besoin d'une mise en demeure quelconque s'il ne paie pas les arrhes 

convenues à la date fixée. (…) le vendeur est en droit de résilier le contrat avec 
effet immédiat. Dans un cas de ce genre, l'acheteur s'oblige à payer au vendeur 

une indemnité de 10% du prix de vente à titre de compensation pour les 

inconvénients ainsi créés." 

 d. Le 21 octobre 2019, E______ SARL a signé un document intitulé "Costumer 
vehicle order" relatif à une C______, pourvue de nombreuses options, pour un 
prix total de 177'200 fr. 

E______ SARL a également signé une "Demande du contrat de D______ AG" 
portant sur un contrat de leasing de 36 mois, prévoyant un premier loyer de 20'000 
fr., puis de 2'748 fr. 99 et un prix résiduel de 75'000 fr. 

 Le même jour la somme de 5'000 fr. a été payée par E______ SARL à B______ 
par carte de crédit. Sur une fiche du même jour, il est indiqué que ce montant 
correspond à un acompte. La case "leasing" n'est pas cochée. 

 e. Le 4 novembre 2019, faisant référence au contrat d'achat et de leasing signé par 
F______ concernant la C______ devant être livrée en juin 2021, H______ a 
demandé à B______ de lui confirmer que le leasing avait été accordé.  

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C/23814/2020 

 Le lendemain, B______ a répondu que la demande de leasing était encore 
pendante car les sociétés de moins de 18 mois devaient avoir un codébiteur 
titulaire d'un permis de résidence. Ainsi, soit il fallait trouver un co-débiteur, soit 
renouveler la demande peu avant la remise du véhicule puisqu'à ce moment-là la 
société existerait depuis plus de 18 mois. 

 f. Le 2 septembre 2020, B______ a informé E______ SARL de ce que le dossier 
de leasing avait été refusé. La commande devait en conséquence être annulée. 

 Par courrier recommandé du même jour, faisant référence à la commande d'un 
véhicule C______ selon contrat signé le 21 octobre 2019 et versement de "la 
somme de 5'000 fr. à titre d'arrhes", B______ a mis E______ SARL en demeure 
de prendre livraison du véhicule sous quinzaine, à défaut de quoi elle renoncerait 
à ce que le contrat soit exécuté et conserverait "l'acompte" à titre de dommages et 
intérêts, sans préjudice de dommages additionnels qu'elle pourrait faire valoir. 

 g. Par courrier recommandé du 30 septembre 2010, B______ a confirmé à 
E______ SARL la résiliation de la commande du véhicule C______ et lui a fixé 
un délai de dix jours pour acquitter la somme de 12'720 fr. à titre de dédit, soit 
10% du prix exigible, moins les arrhes de 5'000 fr. déjà versées, conformément à 
l'art. 10.3 des conditions générales. 

 Une facture du même jour a été établie, portant sur la somme de 17'720 fr., sur 
laquelle figure la description "Pénalité contractuelle de 10% du prix du véhicule 
C______, Acompte de CHF 5'000 versé le 21.10.10 par carte de crédit I______. 

Solde restant à payer CHF 12'720.-". 

 h. B______ a adressé un dernier rappel à E______ SARL/A______ SARL par pli 
recommandé du 15 octobre 2020. 

 i. Le 9 novembre 2020, un commandement de payer, poursuite n° 1______, 
portant sur la somme de 12'720 fr., avec intérêts à 5% dès le 21 octobre 2020, due 
à titre de "Contrat signé conforme aux conditions générales – Frais de dédit", a 
été notifié à A______ SARL, à la requête de B______.  

 Opposition totale y a été formée. 

 j. Par requête intitulée "Mainlevée d'opposition", expédiée au Tribunal le 
18 novembre 2020, B______, agissant en personne, a conclu à la condamnation 
de E______ SARL (A______ SARL) à lui verser la somme de 12'720 fr. plus 
intérêts à 5% dès le 21 octobre 2020, sous suite de dépens.  

 k. Lors de l'audience du 22 février 2021 devant le Tribunal, B______ a persisté 
dans ses conclusions. 

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A______ SARL a conclu à l'irrecevabilité de la requête qui ne contenait pas de 
conclusions en mainlevée. Sur le fond, elle a soutenu que le contrat n'avait pas été 
conclu puisqu'il dépendait de la conclusion en parallèle d'un contrat de leasing qui 
avait été refusée. Subsidiairement, elle a fait valoir la compensation avec le 
montant de 5'000 fr. versé en avance. 

B______ a fait valoir que ses conditions générales prévoyaient un dédit même 
quand le leasing était refusé. 

 Sur quoi, le Tribunal a gardé la cause à juger. 

EN DROIT 

1. 1.1 S'agissant d'une procédure de mainlevée, seule la voie du recours est ouverte 
(art. 319 let. a et 309 let. b ch. 3 CPC). La procédure sommaire s'applique 
(art. 251 let. a CPC). 

Aux termes de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC, le recours, écrit et motivé, doit être 
introduit auprès de l'instance de recours dans les dix jours à compter de la 
notification de la décision motivée, pour les décisions prises en procédure 
sommaire. 

En l'espèce, le recours est conforme à ces exigences, de sorte qu'il est recevable. 

1.2 Dans le cadre d'un recours, le pouvoir d'examen de la Cour est limité à la 
violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits  
(art. 320 CPC). L'autorité de recours a un plein pouvoir d'examen en droit, mais 
un pouvoir limité à l'arbitraire en fait, n'examinant par ailleurs que les griefs 
formulés et motivés par la partie recourante (HOHL, Procédure civile, Tome II, 
2ème édition, Berne, 2010, n° 2307). 

Les maximes des débats et de disposition s'appliquent (art. 55 al. 1, 255 lit. a 
a contrario et 58 al. 1 CPC).  

2.  Les conclusions, allégations de fait et preuves nouvelles sont irrecevables 
(art. 326 al. 1 CPC).  

Les pièces nouvelles produites par la recourante sont par conséquent irrecevables. 

3. La recourante fait grief au premier juge d'avoir considéré que la requête était 
recevable, alors qu'elle ne contenait aucune conclusion en mainlevée provisoire et 
que le vice n'avait pas été corrigé lors de l'audience du 22 février 2021. 

 3.1 La demande contient notamment la désignation des parties et, le cas échéant, 
celle de leur représentant ainsi que les conclusions (art. 221 al. 1 let. a et b CPC). 

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Les conclusions doivent être suffisamment déterminées pour que le juge sache sur 
quoi statuer sans avoir à faire lui-même de choix. Les conclusions peuvent parfois 
nécessiter une interprétation, qui doit alors se faire objectivement, selon le 
principe de la confiance (ATF 105 II 149, c. 2a ; arrêt du Tribunal fédéral 
4A_556/2016 du 19 septembre 2017 consid. 4.1). Au besoin, notamment pour de 
simples conclusions pécuniaires, il faudra aussi tenir compte d'élément de faits et 
de droit résultant des allégations et d'une éventuelle motivation juridique de la 
demande. Cette interprétation peut en outre parfois dépendre de la personne qui 
formule les conclusions concernées : ainsi en cas de rédaction par un avocat, on 
peut partir de l'idée qu'il a pesé les termes utilisés et s'y tenir (arrêt du Tribunal 
fédéral 4D_72/2014 du 12 mars 2015), alors que s'agissant d'une partie non 
assistée ce qui est réclamé pourra être interprété plus librement, par rapport au but 
poursuivi révélé par l'ensemble de l'écriture déposée (TAPPY, CR CPC, art. 221 
n. 12a et 12b). 

La conclusion tendant seulement au prononcé de la mainlevée est suffisant. Le 
juge n'est par ailleurs pas lié par le type de mainlevée requis; il peut accorder la 
mainlevée provisoire même lorsque la mainlevée définitive a été requise et 
inversément (ABBET/VEUILLET, 2017, La mainlevée d'opposition, ad art. 84 
n. 64). 

3.2 En l'espèce, la requête, déposée par un justiciable comparant en personne, est 
intitulée "mainlevée d'opposition" et comprend des conclusions tendant à la 
condamnation au paiement de l'intimée du montant figurant sur le commandement 
de payer, frappé d'opposition, annexé à la demande. Ainsi, en interprétant la 
demande au regard de tous les éléments qu'elle contient et des pièces produites, on 
comprend clairement que l'intimée voulait obtenir la mainlevée de l'opposition 
formée au commandement de payer. Sur la base du dossier, il appartenait au juge 
de décider du type de mainlevée à prononcer, sans qu'une précision ne soit 
nécessaire à cet égard. C'est ainsi à bon droit que le Tribunal a considéré que la 
requête était recevable. 

Le grief est infondé. 

4. La recourante reproche au Tribunal d'avoir retenu l'existence d'un titre de 
mainlevée. Elle soutient que le contrat n'a jamais été conclu, son financement 
ayant été refusé, et qu'en conséquence aucune indemnité pour retard ne peut être 
réclamée. 

 L'intimée soutient que la recourante était en demeure de payer le prix de vente, 
qu'elle avait en conséquence le droit de résilier le contrat et d'exiger le versement 
d'une indemnité correspondant à 10% du prix de vente du véhicule, sous 
déduction de l'acompte, conformément à l'art. 10.3 des conditions générales. Ainsi 
les documents produits valent titre de mainlevée. 

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4.1.1 La procédure de mainlevée provisoire est une procédure sur pièces 
(Urkundenprozess) dont le but n'est pas de constater la réalité de la créance en 
poursuite, mais l'existence d'un titre exécutoire (ATF 145 III 160 consid. 5.1; 142 
III 720 consid. 4.1). Le juge de la mainlevée examine uniquement la force 
probante du titre produit par le poursuivant, sa nature formelle, et lui attribue 
force exécutoire si le poursuivi ne rend pas immédiatement vraisemblable ses 
moyens libératoires (ATF 145 III 160 consid. 5.1; 142 III 720 consid. 4.1).  

Il doit notamment vérifier d'office l'existence d'une reconnaissance de dette, 
l'identité entre le poursuivant et le créancier désigné dans ce titre, l'identité entre le 
poursuivi et le débiteur désigné et l'identité entre la prétention déduite en 
poursuite et la dette reconnue (ATF 142 III 720 consid. 4.1; 139 III 444 
consid. 4.1.1 et les réf. cit.). 

Dans le cadre d'une procédure sommaire, le rôle du juge de la mainlevée n'est pas 
d'interpréter des contrats ou d'autres documents, mais d'accorder rapidement, 
après un examen sommaire des faits et du droit, une protection provisoire au 
requérant dont la situation juridique paraît claire (ACJC/1178/2016 du 
9 septembre 2016 consid. 3.1.1; JT 1969 II 32). Si le sens ou l'interprétation du 
titre de mainlevée invoqué est source de doutes ou si la reconnaissance de dette ne 
ressort que d'actes concluants, la mainlevée provisoire doit être refusée. La 
volonté du poursuivi doit ressortir clairement des pièces produites, à défaut de 
quoi elle ne peut être déterminée que par le juge du fond (arrêts du Tribunal 
fédéral 5A_735/2012 du 17 avril 2013 consid. 2; 5P.449/2002 du 20 février 2003 
consid. 3; STAEHELIN, Basler Kommentar, SchKG I, 2010, n. 21 ad art. 82 LP). 

4.1.2 Par reconnaissance de dette au sens de l'art. 82 al. 1 LP, il faut entendre 
notamment l'acte sous seing privé, signé par le poursuivi - ou son représentant 
(ATF 130 III 87 consid. 3.1) -, d'où ressort sa volonté de payer au poursuivant, 
sans réserve ni condition, une somme d'argent déterminée, ou aisément 
déterminable, et exigible (ATF 136 III 624 consid. 4.2.2). 

Une reconnaissance de dette peut aussi résulter d'un ensemble de pièces dans la 
mesure où il en ressort les éléments nécessaires. Cela signifie que le document 
signé doit clairement et directement faire référence, respectivement renvoyer, aux 
documents qui mentionnent le montant de la dette ou permettent de le chiffrer 
(parmi plusieurs : ATF 139 III 297 consid. 2.3.1; 136 III 627 consid. 2 et 3.3; 132 
III 480 consid. 4.1 et les références citées). Le montant de la dette doit être fixé ou 
aisément déterminable dans les pièces auxquelles renvoie le document signé, et ce 
au moment de la signature de ce dernier (STÜCHELI, Die Rechtsöffnung, 2000, 
p. 191; STAEHELIN, in Basler Kommentar, Bundesgesetz über Schuldbetreibung 
und Konkurs, vol. I, 2e éd. 2010, n. 26 ad art. 82 LP). 

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Un contrat écrit justifie en principe la mainlevée provisoire de l'opposition pour la 
somme d'argent incombant au poursuivi si les conditions d'exigibilité de la dette 
sont établies et, en particulier dans les contrats bilatéraux, lorsque le poursuivant 
prouve avoir exécuté les prestations dont dépend l'exigibilité. Un contrat bilatéral 
ne vaut ainsi reconnaissance de dette que si le poursuivant a rempli ou garanti les 
obligations légales ou contractuelles exigibles avant le paiement dont il requiert le 
recouvrement, ou au moment de ce paiement (ATF 145 III 20 consid. 4.1.1). 

4.1.3 Celui qui donne des arrhes est réputé les donner en signe de la conclusion du 
contrat, et non à titre de dédit. Sauf usage local ou convention contraire, celui qui 
a reçu les arrhes les garde sans avoir à les imputer sur sa créance. Lorsqu'un dédit 
a été stipulé, chacun des contractants est censé pouvoir se départir du contrat, 
celui qui a versé la somme en l'abandonnant, celui qui l'a reçue en la restituant au 
double (art. 158 CO). 

 Si le débiteur n'exécute pas sa prestation, le créancier doit, si aucune peine 
conventionnelle et aucun dédit n'ont été convenus, rembourser les arrhes versées. 
Il pourra toutefois compenser le montant dû avec sa prétention en dommages-
intérêts, calculée selon les règles ordinaires. Si, de son côté, le créancier n'exécute 
pas sa prestation, celui qui a donné des arrhes peut se retirer du contrat et exiger le 
remboursement du montant versé et des dommages-intérêts (MOOSER, CR CO I, 
art. 158 N 5). 

Le cas échéant, le montant du dédit (déjà versé) est présumé correspondre à des 
dommages-intérêts forfaitaires. En revanche, les sommes qui auront été versées au 
titre de dédit doivent être remboursées en cas de nullité ou d'inexécution du 
contrat principal pour une raison autre que le retrait, notamment si le contrat 
souffrait d'un vice de forme ou d'un vice du consentement ou si l'inexécution est la 
conséquence de faits extérieurs (MOOSER, op. cit., art. 158 N 8). 

4.1.4 Lorsqu'une peine a été stipulée en vue de l'inexécution du contrat ou de 
l'exécution imparfaite du contrat, le créancier ne peut, sauf convention contraire, 
demander que l'exécution ou la peine convenue (art. 160 al. 1 CO). 

La peine conventionnelle doit être distinguée de la fixation contractuelle du 
dommage (Schadenpauschalierung), les parties stipulant le mode de calcul de 
celui-ci. La distinction est importante, notamment sous l'angle de l'exigibilité du 
montant (le créancier pourrait, en cas de peine conventionnelle, exiger le montant 
dû même s'il ne subit pas de dommage) et sous l'angle de l'étendue de ce montant 
(l'art. 161 al. 2 CO ne s'appliquant pas au dommage forfaitaire) (MOOSER, op. cit., 
art. 160 N 4). 

4.2 En l'espèce, il est erroné de soutenir que le contrat n'a pas été conclu. Par le 
versement de l'acompte, la recourante a manifesté sa volonté de conclure celui-ci.  

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/145%20III%2020

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L'art. 10.3 des conditions générales, dans sa version anglaise, seule signée par la 
recourante, mais aussi dans sa version française, postérieure, prévoit que le 
vendeur peut se départir du contrat si l'acheteur ne paie pas le "down-payement" 
respectivement les arrhes convenues.  

Cela étant, l'art. 10.3 stipule également que "in this event" (c'est-à-dire à teneur de 
texte lorsque le "down-payement" n'est pas versé), une indemnité correspondant à 
10% du prix de vente est due. Or, dans la présente espèce, les arrhes 
respectivement l'acompte convenus ont été versés à temps. Il a été mis fin au 
contrat par le vendeur pour un autre motif, à savoir le refus du financement de 
l'achat par la société de leasing.  

L'interprétation de la clause précitée est ainsi nécessaire, afin de déterminer si 
l'indemnité prévue est due non seulement en cas de défaut de paiement du "down-
payement" mais aussi en cas de non paiement du prix de vente, suite au refus de 
l'organisme de leasing de financer l'achat, l'inexécution relevant alors d'un fait 
extérieur. Il conviendra également de déterminer si l'indemnité prévue constitue 
une peine conventionnelle ou la fixation contractuelle du dommage, ce qui excède 
la compétence du juge de la mainlevée. 

Au vu des incertitudes qui précèdent, c'est à tort que le Tribunal a considéré que 
l'intimée était au bénéfice d'un titre de mainlevée provisoire à l'encontre de la 
recourante. 

Partant, le jugement sera annulé. Il sera statué à nouveau (art. 327 al. 3  
let. b CPC), en ce sens que l'intimée sera déboutée de ses conclusions en 
mainlevée. 

5. L'intimée, qui succombe, sera condamnée aux frais de première instance (de 
400 fr.) et de recours (art. 106 al. 1 CPC), arrêtés à 600 fr. (art. 48 et 61 OELP), et 
compensés avec les avances fournies par les parties, acquises à l'Etat de Genève. 
L'intimée sera en conséquence condamnée à verser à la recourante la somme de 
600 fr. à titre de remboursement de l'avance de frais. Elle sera en outre condamnée 
à lui verser la somme de 1'000 fr. à titre de dépens de première instance et de 
recours, débours et TVA compris (art. 84, 89 et 90 RTFMC; art. 25 et 26 LaCC). 

* * * * * 

  

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté le 12 mars 2021 par A______ SARL contre le 
jugement JTPI/2513/2021 rendu le 24 février 2021 par le Tribunal de première instance 
dans la cause C/23814/2020-12 SML. 

Au fond : 

Annule ce jugement. 

Cela fait, statuant à nouveau : 

Déboute B______ SA des fins de sa requête de mainlevée provisoire. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires de première instance et de recours à 1'000 fr., les met à la 
charge de B______, ______ SA et dit qu'ils sont compensés avec les avances fournies, 
acquises à l'Etat de Genève. 

Condamne en conséquence B______, ______ SA à verser à A______ SARL la somme 
de 600 fr. à titre de remboursement de l'avance de frais. 

La condamne au surplus à verser à A______ SARL 1'000 fr. à titre de dépens de 
première instance et de recours. 

Siégeant : 

Madame Pauline ERARD, présidente; Madame Sylvie DROIN et Madame Nathalie 
LANDRY-BARTHE, juges; Madame Laura SESSA, greffière. 

La présidente : 

Pauline ERARD 

 La greffière : 

Laura SESSA 

 
 

 

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C/23814/2020 

Indication des voies de recours : 

 
Conformément aux art. 113 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours constitutionnel subsidiaire. 

 
Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 
Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 30'000 fr.