# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a0480ce3-388e-5e55-a069-6804abede29c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-09-24
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 24.09.2021 C/27528/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-27528-2018_2021-09-24.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 28 septembre 
2021. 

 
 

R E P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/27528/2018 ACJC/1220/2021 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 24 SEPTEMBRE 2021 

Entre 

Madame A______ et Monsieur B______, domiciliés ______ [GE], recourants d’une 
ordonnance rendue par la 20ème  Chambre du Tribunal de première instance de ce canton 
le 20 mai 2021, comparant par Me Mark MULLER, avocat, Muller & Fabjan, rue 
Ferdinand-Hodler 13, 1207 Genève, en l'Étude duquel ils font élection de domicile, 

et 

1. Madame C______, domiciliée ______ [GE], intimée,  

2. Monsieur D______, domicilié ______ [GE], autre intimé, 

3. Monsieur E______, domicilié ______ [GE], autre intimé,  

4. Monsieur F______ (anciennement G______), domicilié ______ [GE], autre 
intimé,  

Tous comparant par Me Pascal AEBY, avocat, rue Beauregard 9, 1204 Genève, en 
l'Étude duquel ils font élection de domicile. 

 

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C/27528/2018 

EN FAIT 

A. Par ordonnance ORTPI/542/2021 du 20 mai 2021, le Tribunal de première 
instance (ci-après: le Tribunal) a admis l'audition des parties (chiffre 1 du 
dispositif), ordonné l'audition de H______ (ch. 2), refusé les autres moyens de 
preuve complémentaires (ch. 3) et ordonné la tenue d'une audience de débats 
principaux afin de procéder à l'audition des parties et de H______, suivie des 
plaidoiries finales orales, selon citation jointe (ch. 4). 

L'ordonnance était motivée comme suit: "Vu l'inspection et le rapport du 
géomètre du 20 janvier 2021, vu les mesures probatoires sollicitées par les 

parties, attendu que le Tribunal considère que les témoignages proposés ne sont 

pas pertinents pour l'issue du litige, que le Tribunal ordonnera l'audition de 

H______, le géomètre, afin qu'il commente son rapport (art. 187 al. 1 CPC), ainsi 

que l'audition des parties". 

B. a. Le 4 juin 2021, B______ et A______ ont formé recours auprès de la Cour de 
justice contre l'ordonnance du 20 mai 2021, reçue le 25 mai 2021, concluant à 
l'annulation du chiffre 3 de son dispositif et à l'admission de l'audition de I______, 
J______ et K______ en qualité de témoins, avec suite de frais et dépens à la 
charge de leurs parties adverses. Préalablement, les recourants ont conclu à ce que 
la suspension du caractère exécutoire de l'ordonnance attaquée soit ordonnée, 
requête rejetée par arrêt de la Cour du 25 juin 2021. 

Les recourants ont soutenu, en substance, que l'ordonnance attaquée risquait de 
leur causer un préjudice difficilement réparable, car le Tribunal avait d'ores et déjà 
décidé d'entendre H______, géomètre désigné comme expert, à l'exclusion de 
I______, le géomètre ayant établi le plan de situation qu'ils avaient produit à 
l'appui de leur demande. Or, le refus d'auditionner le témoin I______ ne pourrait 
pas être réparé ultérieurement, "dès lors que le Tribunal n'aura entendu qu'une 
seule détermination du seul géomètre expert, à l'exclusion du géomètre mandaté 
par les parties et dont le plan diffère du premier". Par ailleurs, le Tribunal ayant 
d'ores et déjà fixé l'audience de plaidoiries finales, l'audition des deux autres 
témoins ne pourrait pas intervenir ultérieurement dans le cadre de la procédure de 
première instance. Or, il était nécessaire que les témoins J______ (soit leur propre 
jardinier) et K______ (soit le jardinier employé par les copropriétaires de la 
parcelle commune) soient entendus, ces deux témoins étant à même de se 
prononcer sur leurs allégués relatifs au gazon planté par leurs parties adverses.  

b. Dans leur réponse du 1er juillet 2021, C______, D______ et E______ et 
F______ ont conclu à l'irrecevabilité du recours formé par leurs parties adverses, 
subsidiairement à leur déboutement, avec suite de frais et dépens. 

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c. Les parties ont été informées par avis du greffe de la Cour du 23 août 2021 de 
ce que la cause était gardée à juger. 

C. Les faits pertinents suivants résultent du dossier soumis à la Cour. 

 a. A______ est propriétaire de la parcelle n. 1______ sise sur la Commune de 
L______, à l'adresse 2______, sur laquelle B______ bénéficie d'un usufruit inscrit 
au Registre foncier. 

 b. D______, E______ et G______ (désormais F______) sont copropriétaires de la 
parcelle n. 3______ de la Commune de L______, à l'adresse 4______ [GE], sur 
laquelle C______ bénéficie d'un usufruit inscrit au Registre foncier. 

 c. Les parcelles n. 1______ et n. 3______, contiguës, sont situées, de même que 
de nombreuses autres, au sein de la Résidence "M______". Toutes ces parcelles 
sont implantées sur la parcelle n. 5______, qui constitue une dépendance des 
autres parcelles et est détenue en copropriété par tous les propriétaires. 

 Les copropriétaires de la Résidence "M______" ont adopté un règlement de 
copropriété en 1977, mentionné au Registre foncier, lequel prévoit notamment que 
"les chaussées, chemins piétons, piscine, tennis et toute autre propriété commune 
ne pourront en aucun cas faire l'objet d'une occupation privative au profit de qui 

que ce soit. Chaque copropriétaire aura un droit de passage pour lui, les 

personnes vivant sous son toit, ses visiteurs et employés". 

 d. Le 22 juillet 2019, B______ et A______ ont formé une demande devant le 
Tribunal dirigée contre C______, D______ et E______ et F______, concluant à 
ce qu'il leur soit ordonné de supprimer le portail installé en limite de leur parcelle 
n. 3______ et empiétant sur la parcelle n. 5______, ainsi que la haie plantée dans 
le prolongement du portail et ce sous la menace de la peine prévue à l'art. 292 CP. 
Ils ont également conclu à être autorisés à procéder eux-mêmes à la suppression 
du portail et de la haie, aux frais de leurs parties adverses, à défaut d'exécution 
dans les 20 jours suivant l'entrée en force du jugement et à la condamnation de 
leurs parties adverses à leur payer la somme de 6'951 fr. 25 avec intérêts à 5% l'an 
dès le 22 novembre 2018 à titre de dommages-intérêts, avec suite de frais et 
dépens. 

 A l'appui de leur demande, B______ et A______ ont allégué que leurs parties 
adverses avaient installé un portail, jouxté d'une haie, à proximité de leur parcelle 
n. 3______, lesquels empiètent sur la parcelle commune n. 5______. 

 Ils ont offert de prouver leurs allégués notamment par l'audition de I______, 
géomètre, lequel avait établi un plan de situation et par celle des parties. 

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 e. Dans leur réponse et demande reconventionnelle du 14 octobre 2019, C______, 
D______ et E______ et F______ ont conclu au déboutement de leurs parties 
adverses de leurs conclusions et à ce qu'il leur soit  ordonné de remettre en état la 
partie de la parcelle n. 5______ sur laquelle ils avaient semé un gazon identique à 
celui semé sur la parcelle n. 1______, sous la menace de la peine de l'art. 292 CP 
et à être autorisés à procéder eux-mêmes à la remise en état aux frais de leurs 
parties adverses à défaut d'exécution dans les 30 jours suivant l'entrée en force du 
jugement. Ils ont en outre conclu à ce qu'il soit ordonné à A______ et B______ de 
supprimer les barreaux installés à la fenêtre de la cuisine de leur propriété, ainsi 
que les trois poteaux reliés par une chaîne installés devant l'entrée de leur 
propriété, sous menace de la peine de l'art. 292 CP, avec suite de frais et dépens.  

 f. A______ et B______ ont répliqué et répondu à la demande reconventionnelle, 
concluant au déboutement de leurs parties adverses. 

 g. Le Tribunal a tenu une audience le 25 février 2020. Les parties ont sollicité 
l'audition de plusieurs témoins. 

 h. Le Tribunal a ordonné une inspection, en présence du géomètre H______, qui a 
eu lieu le 20 janvier 2021. Le géomètre a été chargé de rendre un rapport visant à 
déterminer les plantations et autres éléments se trouvant sur la parcelle des 
consorts C______/G______ et le respect des limites de propriété s'agissant 
notamment du portail, ainsi que l'empiètement du gazon de A______ et B______ 
sur la parcelle commune, de même que le respect des limites de propriété 
s'agissant des autres végétaux.  

 i. H______ a rendu son rapport le 12 février 2021, lequel a été transmis aux 
parties le 19 mars 2021 par le Tribunal. Un délai a été fixé aux parties pour 
indiquer si elles sollicitaient d'autres actes d'instruction. 

 j. Par courrier du 14 avril 2021, C______, D______ et E______ et F______ ont 
sollicité l'audition de plusieurs témoins.  

 k. Par courrier du 15 avril 2021, A______ et B______ ont sollicité l'audition du 
géomètre I______, au motif que ce dernier avait établi un plan de situation qui 
différait de celui établi par H______, ainsi que celle de J______ et de K______. 

 l. Le 20 mai 2021, le Tribunal a rendu l'ordonnance litigieuse. 

EN DROIT 

1. 1.1 Le recours est recevable contre des décisions et ordonnances d’instruction de 
première instance, dans les cas prévus par la loi (art. 319 let. b ch. 1 CPC) ou 
lorsqu’elles peuvent causer un préjudice difficilement réparable (art. 319 let. b ch. 
2 CPC). 

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Le recours, écrit et motivé, est introduit auprès de l’instance de recours dans les 
dix jours à compter de la notification de la décision pour les ordonnances 
d’instruction (art. 321 al. 1 et 2 CPC). 

1.2 En l’espèce, en tant qu’elle refuse d'administrer des preuves sollicitées par les 
recourants, l’ordonnance querellée constitue une ordonnance d’instruction. 

Interjeté dans le délai imparti et suivant la forme prévue par la loi (art. 130, 131 et 
321 al. 1 et CPC), le recours est recevable sous cet angle.  

1.3 Dans la procédure de recours, la cognition de la Cour est limitée à la violation 
du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits. 

2. Il reste par conséquent à déterminer si l’ordonnance querellée est susceptible de 
causer un préjudice difficilement réparable aux recourants au sens de l’art. 319 let. 
b ch. 2 CPC. 

2.1  La notion de "préjudice difficilement réparable" est à mettre en relation avec les 
termes identiques utilisés à l'art. 261 al. 1 let. b CPC et ne saurait se recouper avec 
celle, plus restrictive, de préjudice irréparable utilisée à l'art. 93 al. 1 let. a LTF, 
qui exclut la prise en compte d'un préjudice factuel ou économique. Ainsi, l'art. 
319 let. b ch. 2 CPC ne vise pas seulement un inconvénient de nature juridique, 
mais toute incidence dommageable (y compris financière ou temporelle), pourvu 
qu'elle soit difficilement réparable. L'instance supérieure devra toutefois se 
montrer exigeante, voire restrictive, avant d'admettre l'accomplissement de cette 
dernière condition, sous peine d'ouvrir le recours à toute décision ou ordonnance 
d'instruction, ce que le législateur a clairement exclu : il s'agit de se prémunir 
contre le risque d'un prolongement sans fin du procès. En résumé, la notion de 
préjudice difficilement réparable doit être interprétée restrictivement puisque la 
personne touchée disposera le moment venu de la faculté de remettre en cause la 
décision ou ordonnance en même temps que la décision au fond: il incombe au 
recourant d'établir que sa situation procédurale serait rendue notablement plus 
difficile et péjorée si la décision querellée était mise en œuvre, étant souligné 
qu'une simple prolongation de la procédure ou un accroissement des frais ne 
suffisent pas. On retiendra l'existence d'un préjudice difficilement réparable 
lorsque ledit préjudice ne pourra plus être réparé par un jugement au fond 
favorable au recourant, ce qui surviendra par exemple lorsque des secrets 
d'affaires sont révélés ou qu'il y a atteinte à des droits absolus à l'instar de la 
réputation, de la propriété et du droit à la sphère privée (JEANDIN, Commentaire 
romand, Code de procédure civile, 2019, ad art. 319 n. 22 et 22a). De même, le 
rejet d’une réquisition de preuve par le juge de première instance n’est en principe 
pas susceptible de générer un préjudice difficilement réparable, sauf dans des cas 
exceptionnels à l’instar du refus d’entendre un témoin mourant ou du risque que 

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les pièces dont la production est requise soient finalement détruites (JEANDIN, op. 
cit., ad art. 319 n. 22b).  

2.2 En l'espèce, les recourants ont exposé, dans leur recours, les motifs pour 
lesquels ils considèrent que l'audition des personnes qu'ils mentionnent leur paraît 
essentielle. Ils ne sont en revanche pas parvenus à établir que le refus de les 
entendre était susceptible de leur causer un dommage difficilement réparable au 
sens de l'art. 319 let. b ch. 2 CPC. En effet, si le jugement du Tribunal devait leur 
être défavorable, ils auraient la possibilité d'appeler auprès de la Cour de justice et 
de faire valoir l'ensemble de leurs griefs, y compris le fait que des témoins 
nécessaires n'auraient pas été entendus. La Cour pourrait alors, si elle devait leur 
donner raison, retourner la cause au premier juge pour suite d'instruction et 
nouvelle décision. La procédure en serait certes prolongée, mais ce seul 
inconvénient ne constitue pas un dommage difficilement réparable. Il en va de 
même des éventuels frais supplémentaires que pourrait engendrer un renvoi de la 
procédure devant le Tribunal. Pour le surplus, les recourants n'ont pas rendu 
vraisemblable, ni même allégué, que l'un ou l'autre des témoins qu'ils citent ne 
pourrait plus être entendu si la procédure devait se prolonger.  

Il résulte de ce qui précède que la condition de l'art. 319 let. b ch. 2 CPC n'étant 
pas remplie, le recours est irrecevable.  

3. Les frais judiciaires de recours seront mis conjointement et solidairement à la 
charge des recourants, qui succombent (art. 106 al. 1 CPC). Ils seront arrêtés à 
1'200 fr. (art. 41 RTFMC), comprenant les frais de la décision sur effet suspensif, 
et entièrement compensés avec l’avance fournie, qui reste acquise à l’Etat de 
Genève à due concurrence (art. 111 al. 1 CPC).  
 
Les recourants seront en outre condamnés à payer aux intimés la somme de 
1'500 fr., débours et TVA inclus, à titre de dépens de recours (art. 23 al. 1, 25 et 
26 LaCC ; 85, 87 et 90 RTFMC). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare irrecevable le recours interjeté le 4 juin 2021 par B______ et A______ contre 
l'ordonnance ORTPI/542/2021 rendue le 20 mai 2021 par le Tribunal de première 
instance dans la cause C/27528/2018. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires de recours à 1'200 fr., les met conjointement et solidairement 
à la charge de B______ et A______ et les compense avec l'avance de frais versée, qui 
reste acquise à l'Etat de Genève. 

Condamne B______ et A______, conjointement et solidairement, à verser à C______, 
D______ et E______ et F______, pris conjointement et solidairement, la somme de 
1'500 fr. à titre de dépens de recours. 

Siégeant : 

Monsieur Cédric-Laurent MICHEL, président; Madame Pauline ERARD, Madame 
Paola CAMPOMAGNANI, juges; Madame Sophie MARTINEZ, greffière. 

 

 

 

 
 

   

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 113 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral 

par la voie du recours constitutionnel subsidiaire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 30'000 fr.