# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 27b60e0e-e752-584c-b8ad-e8cd49358d53
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-03-13
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 13.03.2013 AC.2012.0288
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_AC-2012-0288_2013-03-13.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 13 mars 2013

  
	
  Composition

  	
  M. Pierre Journot, président; Mme
  Renée-Laure Hitz et M. Georges-Arthur Meylan, assesseurs; Mme Estelle Cugny, greffière

  

 

	
  recourants

  	
   

  	
  François MARECHAL et Brigitte HUBERT à Orbe, représentés par François MARECHAL,
  à Orbe,  

  

 

   

	
  autorité intimée

  	
   

  	
  Municipalité
  d'Orbe, représentée par Jean-Daniel THERAULAZ,
  Avocat, à Lausanne,   

  

   

	
  constructrice

  	
   

  	
  COTEAU DU MIDI SA,
  en formation, à Lausanne, représentée par Jean-Daniel
  GALLAY, à Lausanne,  

  

   

	
  propriétaire

  	
   

  	
  Isabelle HASENAUER,
  à Villars-Ste-Croix, 

  

   

 

	
  Objet

  	
  permis de construire           

  
	
   

  	
  Recours François MARECHAL et consort c/
  décision de la Municipalité d'Orbe du 23 août 2012 (construction de villas
  sur la parcelle n° 1175, chemin du Midi)

  

 

Vu les faits suivants

A.                               
Isabelle Hasenauer est propriétaire de la
parcelle n°1'175 de la Commune d'Orbe, sise au chemin du Midi, au lieu-dit
"Les Colonnes" qu'elle a promis de vendre à la société Coteau du Midi
SA en formation (soit Jean-Philipp Favre, Stefano Magurano et Jean-Daniel
Gallay), qui est à l'origine du projet de construction litigieux. D'une surface
de 2'441 m2 en nature de jardin (2'379 m2) et de chemin (62 m2), la parcelle
est colloquée en zone de villas selon le règlement sur le plan général
d'affectation et sur les constructions (RPAC) adopté par le Conseil communal
dans sa séance du 29 mars 1990 et approuvé par le Conseil d'Etat les 1er
juin et 27 septembre 1991. La parcelle est en pente en direction de l'Est. Elle
est contiguë à l'Est à la parcelle n° 1'176, propriété des époux François et
Brigitte Marechal-Hubert.

B.                              
Le 29 juin 2011, la police est intervenue pour arrêter
le déboisement sans autorisation préalable réalisé sur la parcelle n° 1'175 par
l'entreprise mandatée par l'architecte Jean-Daniel Gallay. 

Le lendemain, Jean-Daniel Gallay a
rempli une demande d'autorisation d'abattage, qu'il a ensuite été requis de
compléter. Le 21 juillet 2011, il a précisé que la demande d'abattage
concernait tant les plantations qui avaient déjà été coupées (savoir sept
cerisiers, dont cinq devaient, selon les mesures effectuées à partir de la
souche, mesurer moins de 30 cm à 1 m de hauteur, de même que des haies de mûres
et bosquets de foyards dont le diamètre des troncs était estimé à 10 cm au
maximum) que celles qu'il souhaitait pouvoir encore couper en vue de la
réalisation du projet immobilier (soit deux cerisiers, deux sapins bleus jugés
malades ainsi que onze arbres dont deux d'essences majeures). 

La propriétaire de la parcelle n°
1'175 a été dénoncée par la municipalité à la Préfecture du district Jura-Nord
vaudois, le 14 juillet 2011, pour infraction aux dispositions du règlement du
classement communal des arbres du 1er janvier 2008 (règlement de
classement).  Le 2 août 2011, Jean-Daniel Gallay a écrit à la municipalité pour
expliquer que la propriétaire n'était nullement responsable de l'arrachage, lui
seul ayant donné l'ordre de couper les arbres. Il invoquait avoir cru par
erreur, sur le vu des explications données par l'entreprise qui procédait à
l'arrachage, que seuls les arbres d'essences majeures étaient protégés, ce qui
s'est finalement avéré ne pas être conforme à la réglementation communale. Le
20 octobre 2011, la préfecture a rendu une ordonnance de classement à
l'encontre d'Isabelle Hasenauer et une ordonnance pénale à l'égard de
Jean-Daniel Gallay, condamnant ce dernier à une amende de 500 francs.

La requête d'abattage a fait
l'objet d'une mise à l'enquête publique du 31 août 2011 au 19 septembre 2011.
Cette enquête a suscité plusieurs oppositions, dont celle, du 13 septembre
2011, des époux Marechal-Hubert qui, regrettant la politique du fait accompli,
estimaient que la demande minimisait l'étendue de l'abattage auquel il avait
été procédé, ne mettant pas assez l'accent sur la disparition d'une haie vive
formée de deux parties (60 m de long pour 6 m de large au centre de la parcelle
et 20 m de long pour 6 m de large au sud) apparaissant sur une photo satellite
annexée. Les opposants invoquaient le caractère structurant de cette haie pour
le quartier, contribuant à la qualité de vie de celui-ci ainsi qu'à la valeur
de ses habitations. 

Des séances de conciliation se sont
déroulées les 25 octobre 2011 et 1er mai 2012. L'architecte
Jean-Daniel Gallay a fait parvenir aux propriétaires des parcelles voisines des
plans relatifs à sa proposition d'arborisation en limite de propriété et à la commune
un plan de principe d'arborisation compensatoire.

C.                              
L'architecte Jean-Daniel Gallay, au nom et pour
le compte de la société Coteau du Midi SA en formation, a présenté à la commune
un projet d'implantation de trois villas, de dimensions et d'aspect extérieur
identiques. Chaque bâtiment comprend deux appartements de trois étages, coiffés
d'une toiture à deux pans. La disposition intérieure est symétrique par rapport
au mur médian qui sépare les appartements sur toute la hauteur. Chaque
appartement dispose de deux places de parc : l'une dans le garage enterré ou
sous un couvert et la deuxième à l'extérieur. 

Ce projet d'implantation a été
examiné par le Bureau technique de la commune qui a établi, le 15 septembre
2011, à l'intention de la municipalité, un rapport dont on extrait ce qui suit
:

"Préambule

M. Gallay, architecte, nous soumet une
demande préalable d'implantation des 3 villas jumelles précitées tenant compte
des difficultés d'une telle implantation en regard des dispositions
réglementaires applicables pour la zone villas. Celle-ci précise à son art. 33
chiffre 2 qui renvoie à l'article 22, les distances aux limites à respecter.

On constate par conséquent, que pour une
villa de deux appartements superposés, la distance aux voisins est de 5 mètres
à la limite de propriété alors que cette distance est portée respectivement à 6
et 8 mètres dès la petite et grande façade pour le même volume de construction
mais pour 2 appartements jumelés.

On peut regretter une telle application qui
par ailleurs est abandonnée dans la révision du RPGA à l'étude ceci dans l'esprit
de l'aménagement du territoire tendant à favoriser une certaine densification
des constructions.

Au surplus, la jurisprudence précise qu'en
cas d'interruption du mur médian permettant l'aménagement de locaux communs,
que l'on ne se trouve plus en présence d'une villa jumelle ce que nous
constatons sur le plan du niveau du sous-sol présenté.

Dans la négative et sur la parcelle
concernée, la construction de 3 villas jumelles n'est pas possible. Nous
rappelons à la Municipalité qu'un cas similaire avait antérieurement été admis
avec une distance à la limite de 5 mètres pour une villa du même concept
(propriété Manini, Bönzli au chemin des Ars).

Conclusion

Nous laissons à la Municipalité le soin
d'apprécier la situation quant à la réponse à donner à l'auteur du
projet."

Par lettre du 15 septembre 2011, le
Bureau technique de la commune a informé l'architecte Jean-Daniel Gallay que le
concept du projet pouvait être accepté comme constructions individuelles devant
respecter les 5 m de distance aux limites à la condition que le mur médian
partageant le bâtiment soit interrompu dans le but de permettre l'aménagement
de locaux communs. L'architecte a alors soumis un projet où le mur médian du
sous-sol était interrompu par la chaufferie commune. On y trouvait également
des caves et un abri PC. 

Les appartements litigieux sont
destinés à la vente et sont décrits de la manière suivante dans les annonces
publicitaires figurant au dossier : 

- "villa de 2 appartements en PPE; type
de bien : maison; catégorie : maison mitoyenne; pièces 6.0; surface : 165 m2;
description : dans un quartier tranquille avec vue sur la plaine, ces villas
sont composées d'une entrée commune par villa, sous-sol : 1 local technique
pour les deux appartements, chaque appartement à son propre sous-sol équipé de
sa colonne de lavage et séchage, rez : cuisine ouverte sur le salon/salle à
manger et 1 WC, 1er étage : 2 chambres avec 1 salle de bain, combles
: 2 chambres avec 1 salle de bain, chaque appartement à 2 places de
stationnement (garage, ou cart-port et 1 place non couverte (site internet
anibis.ch du 6 janvier 2012);

- "5,5 pièces dans villas mitoyennes,
164 m 2" (l'Omnibus, journal de la région d'Orbe du 14 septembre 2012, p.
4).

D.                              
Du 21 décembre 2011 au 19 janvier 2012, l'architecte
Jean-Daniel Gallay, au nom et pour le compte de la société Coteau du Midi SA en
formation, a mis à l'enquête le projet de construction de trois villas de deux
appartements, quatre couverts à voitures, un garage enterré de deux places et
dix places de parc.

Les trois constructions projetées
occupent au sol un carré de 10,10 m avec une saillie à l'Ouest correspondant à
la cage d'escalier commune. Elles présentent la même configuration et
comportent chacune deux logements séparés verticalement. Au rez-de-chaussée, la
cage d'escalier commune faisant saillie sur la façade Ouest donne accès au
sous-sol où elle aboutit à un dégagement dans le prolongement duquel se trouve,
au centre de la construction, la chaufferie commune. De part et d'autre de ce
dégagement, une porte donne accès à chacune des deux caves, dont l'une est en
partie occupée par l'abri commun de protection civile (abandonné par la suite).
Depuis le rez-de-chaussée, chacun des logements accède aux chambres de l'étage
et des combles à l'aide d'un escalier intérieur. Les combles en partie
habitables de chacun des deux logements sont couvertes d'un toit à deux pans
dont l'un est percé (sur le pan Est du logement Est et le pan Ouest du logement
Ouest) d'une vaste lucarne dont les fenêtres éclairent les chambres de ce
niveau. Au Nord de la parcelle, la façade Nord de la villa A se trouve à
5 m de la limite de la parcelle voisine. Au Sud, la façade Sud de la villa
B se présente obliquement par rapport à la limite de la parcelle voisine au Sud
et son angle le plus rapproché en est distant de 5,11 m. À l'Est, c'est-à-dire
du côté de la parcelle 1176 des recourants, les façades de ces deux villas se
trouvent à une distance comprise entre 6,52 et 7 m de la limite.

Le projet a suscité de nombreuses oppositions,
dont celle, du 17 janvier 2012, des époux François et Brigitte Marechal-Hubert,
qui se plaignaient du fait que le projet, qualifié de bétonnage, dénaturait le
quartier et qu'il s'agissait en réalité de villas jumelles interdites dans la
zone. Ils réclamaient des mesures de compensation pour l'abattage réalisé en
juin 2011 et des précisions au sujet des aménagements extérieurs. Les opposants
demandaient aussi des mesures en relation avec la stabilité du terrain et
l'écoulement des eaux et pour éviter que les villas projetées ne plongent
visuellement dans leur propriété située en contre-bas. L'implantation, la
hauteur des bâtiments, une demande de dérogations étaient en outre critiquées
et la pose de gabarits demandée. En définitive, les opposants voyaient dans le
projet l'unique recherche de profit d'un promoteur, au détriment du confort
tant des futurs propriétaires des villas que de celui des actuels habitants du
quartier.

Par lettre du 9 juin 2012 adressée
à la Municipalité d'Orbe, les époux François et Brigitte Marechal-Hubert ont
précisé leurs critiques à l'égard du projet (en relation, notamment, avec la
pente et la structure du terrain, l'emplacement des panneaux solaires,
l'orientation des bâtiments sur le terrain, l'architecture des maisons et celle
des toits).

E.                              
Les plans ont par la suite subi une
modification. En effet, suite à l'abandon des abris PC, remplacés par des taxes
compensatoires, les plans du sous-sol ont été réorganisés par rapport aux plans
initiaux pour abriter désormais deux caves séparées par une chaufferie et une
buanderie communes (plans du 29 février 2012).

F.                               
Par lettres recommandées du 23 août 2012, la
Municipalité d'Orbe a informé les opposants que, dans sa séance du 21 août
2012, elle avait levé les oppositions et délivré le permis de construire n°
35/11 sollicité. Elle a également délivré l'autorisation d'abattage n° 04711
régularisant l'abattage effectué sans autorisation préalable et validant une
arborisation compensatoire faisant partie du permis de construire n° 35/11. 

G.                              
L'envoi destiné aux époux Marechal-Hubert est
revenu en retour au bureau de l'administration communale avec la mention
"non réclamé". L'enveloppe ayant contenu la décision municipale
indique que le délai de garde à la poste est venu à échéance le 31 août
2012. Le mémoire réponse de la commune indique que, sans commentaire, le greffe
municipal a renvoyé la décision à ses destinataires, le 5 septembre 2012. Par
courriel du 14 septembre 2012, un collaborateur technique de la commune a avisé
François Marechal que "concernant le délai de recours, il faut compter 30
jours depuis la date de distribution qui est dans votre cas le 7 septembre
2012".

H.                              
Le 5 octobre 2012, François et Brigitte
Marechal-Hubert ont déposé un recours devant la Cour de droit administratif et
public du Tribunal cantonal (CDAP) tendant à l'annulation de la décision du 23
août 2012.

Le 2 novembre 2012, l'architecte
Jean-Daniel Gallay s'est déterminé au sujet du recours. Le 5 novembre 2012,
Isabelle Hasenauer a fait de même.

Par l'intermédiaire de son avocat,
la Municipalité d'Orbe a déposé un mémoire réponse en date du 29 novembre 2012.
L'autorité conclut au rejet du recours, invoquant en particulier la tardiveté
de celui-ci.

Invités par le juge instructeur à
se prononcer sur la recevabilité du recours, les recourants se sont déterminés
à ce sujet, le 16 décembre 2012, produisant une copie du courriel mentionné ci-dessus.
Le 4 janvier 2013, les recourants se sont encore déterminés sur le fond du
litige et ont produit des pièces.

I.                                  
Le tribunal a statué par voie de circulation.

Considérant en droit

1.                               
Conformément à l'art. 95 de la loi sur la
procédure administrative du 28 octobre 2008 (LPA-VD; RSV 173.36), le
recours au Tribunal cantonal s'exerce dans les 30 jours dès la notification de
la décision ou du jugement attaqués. L'art. 19 LPA-VD précise que les délais
fixés en jours commencent à courir le lendemain du jour de leur communication
ou de l'événement qui les déclenche (al. 1). Lorsqu'un délai échoit un samedi,
un dimanche ou un jour férié, son échéance est reportée au jour ouvrable
suivant (al. 2). 

Aux termes de l’art. 44 al. 1
LPA-VD, les décisions sont en principe notifiées à leurs destinataires sous pli
recommandé ou par acte judiciaire. Selon la jurisprudence, un envoi recommandé
qui n’a pas pu être distribué est réputé notifié (fiction de notification) le
dernier jour du délai de garde de sept jours. Une deuxième notification sous
pli simple est sans effets juridiques (ATF 2C_404/2008 du 30 mai 2008;
2C_92/2007 du 11 mai 2007; 130 III 396 consid. 1.2.3.; 127 I 31 consid. 2a/aa;
2A_100/1997 du 18 juillet 1997 ; ATF 117 V 131 consid. 4a). Ces principes
ne valent que dans la mesure où la poste a déposé une invitation à retirer
l'envoi aux guichets postaux dans la boîte aux lettres du destinataire et qu'il
est arrivé par conséquent dans sa sphère privée. La jurisprudence le présume;
cette présomption est réfragable. La fiction de notification à l'échéance du
délai de garde postal ne se justifie en droit cantonal comme en droit fédéral
que dans la stricte mesure où le destinataire de l'acte devait s'attendre avec
une certaine vraisemblance  à ce qu'un acte de procédure lui serait notifié
(Bovay, Procédure administrative, Berne 2000, pp. 370 s. et les réf. citées).

En l'espèce, la décision a été
communiquée aux recourants par pli recommandé, qui n'a pas été réclamé. Elle
est réputée notifiée le dernier jour du délai de garde, in casu le 31 août
2012. Le délai de recours a en conséquence commencé à courir le 1er
septembre et est venu à échéance le 30 septembre 2012. Cette date correspondant
à un dimanche, le délai a été reporté au lundi 1er octobre 2012. L'envoi
subséquent en courrier normal du 5 septembre 2012 est sans effet, conformément
à la jurisprudence susrappelée. Posté le 5 octobre 2012, le recours devrait en
principe être considéré comme tardif.  

Cela étant, les recourants déclarent
s'être fiés aux indications d'un collaborateur de l'autorité intimée. Il
résulte en effet d'un courriel du 14 septembre 2012 qu'un collaborateur a
indiqué aux recourants que le point de départ du délai de recours correspondait
au lendemain de la réception du nouvel envoi de la décision. Cette indication
était erronée car comme indiqué ci-dessus, ce nouvel envoi ne faisait pas courrir
de nouveau délai. Il n'en reste pas moins que les recourants pouvaient de bonne
foi se fier aux indications émanant d'un employé de l'autorité qui avait rendu
la décision attaquée; l'erreur émanant de l'autorité intimée ne doit pas leur
nuire. Le recours ayant été déposé le 5 octobre 2012, soit dans les 30 jours dès
la date du 7 septembre 2012 que les recourant pouvaient de bonne foi tenir pour
déterminante, le recours doit être considéré comme recevable. Partant, il se
justifie d'entrer en matière sur le fond du litige. 

2.                               
Les recourants soutiennent que le promoteur a
choisi astucieusement d'ajouter une buanderie commune aux bâtiments sans en
changer l'aspect extérieur. Selon eux, la construction devrait être considérée
commune "maison jumelle". Ils font valoir que la construction de
maisons jumelles est autorisée dans la zone mais que cela implique une
construction plus éloignée des limites. De leur côté, l'autorité intimée et la
constructrice se réfèrent à la jurisprudence cantonale sur la notion de villa,
de villa jumelée, de villa mitoyenne ou de villa unique de deux appartements.

a) On rappellera tout d'abord que les
principes développés par la jurisprudence cantonale pour trancher les
difficultés d'interprétation suscitées par certains règlements communaux ne
doivent pas avoir pour effet de supplanter le règlement édicté par d'autres
législateurs communaux lorsque ceux-ci comprennent des règles spécifiques (v.
not. AC.2012.0159 du 18 février 2013; AC.1993.0257 du 10 mai 1994; AC.1996.0110
du 20 janvier 1997; AC.1998.0043 du 30 septembre 1998; AC.1999.0002 du 25 juin
1999; AC.2002.0132 du 26 juin 2003; ; AC.2009.0053 du 30 septembre 2009; AC.2009.0253
du 3 août 2010; AC.2010.0028 du 19
janvier 2011, consid 2b; AC.2010.0153 du 8 mars 2011, consid. 2a). En matière de villas, la jurisprudence
cantonale a d'abord dû déterminer, lorsque le règlement communal ne tranchait
pas la question, qu'une villa pouvait être comprise, dans l'interprétation des
règles vaudoises de police des constructions, non seulement comme une maison
individuelle, mais aussi comme une maison comportant deux appartements, pour
deux familles (voir le rappel de la jurisprudence dans le récent arrêt AC.2011.0224
du 24 septembre 2012). S'est aussi posée, lorsque le règlement communal impose
l'ordre non contigu et une distance minimale entre bâtiments, la question de
savoir si des villas pouvaient être accolées ou s'il fallait au contraire
exiger que chacune respecte la distance réglementaire par rapport à sa voisine.
Ont aussi été développées, lorsque l'interprétation du règlement communal le
nécessitait, les notions de villa mitoyenne, de villa jumelée ou de villa de
deux appartements mais comme le relève l'arrêt invoqué dans la réponse de la
municipalité (AC.2006.0055 du 28 juin 2007), il arrive souvent que le même
terme soit employé dans des règlements communaux différents dans une acception
distincte (AC.2003.0220 du 11 octobre 2004; AC.1999.0024 du 27 avril 1999 consid.
2 b; AC.1998.0043 du 30 septembre 1998). En particulier, le critère tiré
de l'absence ou de la présence d'une limite de propriété entre les deux
bâtiments n'a aucune portée du point de vue de l'aménagement du territoire et
de l'utilisation du sol (AC.2006.0240 du 31 octobre 2007, RDAF 2008 I p. 240).

La jurisprudence a défini les
critères servant à distinguer la présence d'un seul bâtiment de celle de
plusieurs bâtiments juxtaposés, jumelés ou mitoyens. Elle se base pour ce faire
sur un faisceau d'indices comprenant la destination respective des
constructions en cause et leur liaison fonctionnelle avec les éventuels locaux
communs, leurs dimensions, la surface de plancher respective de chaque
construction, la conception architecturale et les matériaux des revêtements
extérieurs, l'apparence extérieure, en particulier l'impression donnée à un
observateur, ainsi que les objectifs de la planification cantonale, régionale
et communale dans le domaine concerné. Ces critères sont appliqués en fonction
des caractéristiques propres de chaque cas particulier en tenant compte de
l'ensemble des circonstances. Ils sont appliqués
pour définir si l'on est en présence de deux bâtiments juxtaposés ou de deux
bâtiments totalement séparés devant respecter les règles de l'ordre non contigu
(AC.2010.0277 du 30 mai 2012; AC.2011.0093 du 1er mars 2012; AC.2009.0222
du 4 janvier 2010 consid. 2c; AC.2006.0240 du 31 octobre 2007;
AC.2006.0055 du 28 juin 2007; AC.2006.0241 du 20 juin 2007; AC.2005.0167 du 8
mars 2006; AC.2005.0252 du 27 avril 2006 et les références citées).

b) En l'espèce, la question n'est
pas de savoir s'il est permis de construire une villa comportant deux
appartements ou de construire des villas mitoyennes ou jumelées. En effet, le
règlement communal règle expressément la question, de même que celle de la
distance à la limite, aux art. 28 al. 1 et 33, relatif à la zone de villas,
ainsi qu'à l'art. 22, qui concerne la zone d'habitation collective mais auquel
renvoie, en zone villa, l'art. 33 ch. 2 du règlement communal. Ces dispositions
ont la teneur suivante :

" Zone d'habitation collective

(...)

Distance aux limites - Art. 22

La distance minimum entre un bâtiment et les
limites des propriétés voisines est de 8 m dès la grande façade est de 6 m dès
la petite façade.

(...)

 

Zone de villas

Définition - Art. 28 

Cette zone est destinée aux villas et
maisons familiales, soit à des constructions comportant au plus deux
appartements.

Des activités artisanales ou commerciales
peuvent y être autorisées à titre exceptionnel, pour autant qu'elles ne portent
pas préjudice à l'habitation et ne compromettent pas le caractère du quartier.

Distance aux limites - Art. 30

La distance entre un bâtiment et la limite
de propriété est de 5 m minimum.

Villas mitoyennes et jumelées - Art. 33

La Municipalité peut autoriser la
construction de villas mitoyennes ou jumelées aux conditions suivantes :

1.    La longueur cumulée des bâtiments est limitée à 30 m.

2.    La distance réglementaire à observer entre les façades non
mitoyennes et les limites des propriétés voisines se calculera conformément à
l'article 22.

3.    Les bâtiments doivent être construits simultanément.

4.    L'ensemble devra former un tout homogène sur le plan
architectural."

En l'espèce, les trois
constructions projetées, qui présentent la même configuration, comportent
chacune deux logements séparés verticalement. Au rez-de-chaussée, une cage
d'escalier commune faisant saillie sur la façade Ouest donne accès au sous-sol
où elle aboutit à un dégagement dans le prolongement duquel se trouve, au
centre de la construction, la chaufferie commune. De part et d'autre de ce
dégagement, une porte donne accès à chacune des deux caves, l'abri PC ayant
finalement été abandonné. Depuis le rez-de-chaussée, chacun des logements
accède aux chambres de l'étage et des combles à l'aide d'un escalier intérieur.
Les combles en partie habitables de chacun des deux logements sont couvertes
d'un toit à deux pans dont l'un est percé (sur le pan Est du logement Est et le
pan Ouest du logement Ouest) d'une vaste lucarne dont les fenêtres éclairent
les chambres de ce niveau. Au Nord de la parcelle, la façade Nord de la villa A
se trouve à 5 m de la limite de la parcelle voisine. Au Sud, la façade Sud de
la villa B se présente obliquement par rapport à la limite de la parcelle
voisine au Sud et son angle le plus rapproché en est distant de 5,11 m. À
l'Est, c'est-à-dire du côté de la parcelle 1176 des recourants, les façades de
ces deux villas se trouvent à une distance comprise entre 6,52 et 7 m de la
limite.

c) Se pose ainsi la question de
savoir si chacune des constructions projetées doit être considérée comme une
villa ou maison familiale comportant deux appartements au plus, auquel cas la
distance à la limite serait de 5 m en vertu de l'art. 30 du règlement communal,
ou si l'on se trouve en présence de villas mitoyennes ou jumelées que la
municipalité peut autoriser aux conditions de l'art. 33 et pour lesquelles la
distance réglementaire est fixée par l'art. 22 du règlement communal à 6 m
(respectivement à 8 m mais les constructions prévues occupant une surface
carrée, elle n'ont pas de "grande façade").

Le règlement communal ne fournit
pas de précision sur la distinction à faire entre les villas jumelles ou
mitoyennes d'une part, et d'autre part les villas familiales de deux
appartements. À lire le rapport du bureau technique communal du 15 septembre
2011, la municipalité a adopté une interprétation qui retient l'objectif de
favoriser la densification des constructions et rappelle qu'elle avait déjà
admis une distance à la limite de 5 m pour une villa de même conception. Pour
arrêter cette interprétation, l'autorité intimée pouvait aussi se référer, d'une
manière qui ne saurait prêter le flanc à la critique, à la jurisprudence
cantonale rendue en la matière, en particulier à l'arrêt publié à la RDAF 1986
p. 334 dont il résulte que si le mur médian partageant le bâtiment est
interrompu dans le but de permettre l'aménagement de locaux communs, on ne se
trouve ni en présence de villas mitoyennes ni même de villas jumelées mais
d'une villa unique de deux appartements. Tel est bien le cas en l'espèce.
Ainsi, même si la présence d'un toit à deux pans sur chacun des logements
révèle leur juxtaposition, la conception de l'ensemble peut encore être
considérée comme une villa familiale de deux appartements, compte tenu de la
présence de la cage d'escalier commune qui forme une saillie centrale du côté
Ouest et du fait que dans les étages, on trouve de manière asymétrique un
balcon sur la façade Est pour l'appartement situé au Nord et un balcon sur la
façade Sud pour le logement orienté au Sud. En définitive, on ne saurait faire
grief à la municipalité d'avoir abusé de son pouvoir d'appréciation dans
l'interprétation de son règlement communal.

3.                               
Les recourants s'en prennent ensuite à la pente
des talus qui jouxtent leur propriété et qui, selon eux, ne pourraient dépasser
45 °, en référence à l'art. 36 du Code rural et foncier du 7 décembre 1987
(CRF; RSV 211.41) selon lequel le propriétaire d'un fonds supérieur ne peut en
surélever le niveau du sol à une distance moindre du fonds inférieur de 50 cm
de la limite, à moins de clôturer son fonds par un mur soutenant ce terrassement,
établi conformément au code (al. 1); à défaut d'un tel ouvrage, le terrassement
ou le remblai doit former du côté du fonds inférieur un talus dont la base est
égale à la hauteur (al. 2). 

C'est en vain que les recourants se
prévaudraient des règles du code rural, qui relèvent de la compétence du juge
civil et non de celle de l'autorité administrative compétente en matière
d'autorisation de construire. Quant au règlement communal, il ne contient
aucune prescription particulière s'agissant de la pente des talus

4.                               
Les recourants prétendent aussi que les lucarnes
ne respectent pas l'art. 15 al. 3 RPAC car elles sont plus larges que hautes.
Or, cette disposition, qui prévoit que les lucarnes seront plus hautes que
larges et que leurs longeurs additionnées ne dépasseront pas un tiers de la
toiture, s'applique à la zone de la vieille ville. Une disposition similaire
n'existe pas pour la zone de villas dans laquelle le projet s'inscrit. L'argument
tombe en conséquence à faux. La seule disposition applicable au projet est
l'art. 58bis RPAC (applicable à toutes les zones), qui dispose qu'à l'exception
de la zone de la vieille ville, les lucarnes, tabatières et terrasses intégrées
dans la toiture sont autorisées pour autant que la largeur totale de ces
éléments ne dépasse pas les 3/5 de la longueur ou de la largeur du bâtiment. D'une
largeur de 6,06 m, les éléments litigieux mesurent exactement les 3/5 de la
largeur, respectivement de la longueur du bâtiment qui toutes deux sont de
10,10 m. 

Vu les dimensions de la lucarne,
les recourants objectent que la pente de la couverture devrait respecter
l'inclinaison prévue à l'art. 58 RPAC (disposition qui est applicable à toutes
les zones). Selon cette disposition, la pente des toitures sera comprise entre
40 % et 100 %. Or, l'article en question concerne la pente de la toiture et non
celle de la couverture des lucarnes. Ainsi que le fait remarquer l'architecte
Jean-Daniel Gallay dans sa réponse au recours, si la pente de la toiture de la
lucarne était identique à celle du toit, il n'y aurait pas de place pour une
ouverture en toiture, laquelle est expressément autorisée par la réglementation
communale. Dans le cas qui nous occupe, la pente de la toiture, de 76 %, est
conforme à la réglementation communale. Enfin, le règlement ne précise rien au
sujet des toitures à deux "pointes". Il n'y en conséquence pas de
base légale pour les interdire. Quant aux craintes des recourants au sujet
d'une interprétation du règlement qui conduirait la municipalité à approuver
les toitures plates, elles ne concernent pas le projet litigieux et ne sont pas
recevables.

5.                               
Les recourants se plaignent que l'aménagement du
terrain conduirait à une surélévation artificielle de la villa A.

Pour les bâtiments de plus de 100
m2 de surface – comme in casu -, la hauteur au faîte est limitée à 9 m (art. 32
al. 3 in fine RPAC). L'art. 57 RPAC (applicable à toutes les zones) précise que
la hauteur à la corniche ou au faîte est mesurée à partir de la cote moyenne du
terrain naturel ou aménagé en déblai occupé par la construction. Les cotes
d'altitude aux angles, ainsi que celle du point de référence sont reportées par
le géomètre sur le plan de situation; les cotes d'altitude de la corniche et du
faîte sont indiquées sur le plan de l'architecte.

En l'occurrence, les plans sont
conformes aux exigences de l'art. 57 RPAC puisqu'ils comportent les points de
référence d'altitude aux angles ainsi que les cotes moyennes des terrains
naturel et aménagé (504,77 m pour la villa A, 505.87 m pour la villa B et
508,34 m pour la villa C) à partir desquels on peut vérifier que la hauteur au
faîte de 9 m est bien respectée (513,68 m pour la villa A, 514,87 pour la villa
B et 513,30 pour la villa C). 

Les recourants reprochent aux
constructeurs d'avoir positionné pour la villa A deux points de mesures en
amont au-dessus d'un muret, ce qui conduirait à surélever la villa de près d'un
mètre, créant un préjudice important pour le voisinage. Les constructeurs font
valoir que, le muret ayant été construit il y a plus de 100 ans, on peut
considérer que ce terrain aménagé peut être considéré comme terrain naturel. Or
peu importe en définitive : d'après les plans, la hauteur au faîte possible de
la villa A, calculée conformément à l'art. 57 RPAC, reste plus basse que celle
de la villa B, de sorte que l'on ne voit pas en quoi consisterait le préjudice
important pour le voisinage dont se plaignent les recourants. L'argument doit
être rejeté.

6.                               
Les recourants réclament la pose de gabarits
afin de pouvoir mieux se rendre compte de l'impact visuel des bâtiments et de
l'importance des déplacements de terres qui seront occasionnés par la
construction. Selon la décision attaquée, la municipalité n'a pas estimé utile
de faire poser des gabarits eu égard au fait que le projet était conforme à la
réglementation de la zone. 

En l'absence de disposition dans le
règlement communal à ce propos, c'est l'art. 69 al. 3 de la loi cantonale sur
l'aménagement du territoire et des constructions du 4 décembre 1985 (LATC;
RSV 700.11) qui s'applique. Cette disposition prévoit que la municipalité peut
exiger la pose de gabarits en vue de l'enquête. 

Dans le cas particulier, les
recourants ont eu la possibilité de consulter les plans d'enquête, dans les
bureaux de la commune, conformément à la jurisprudence rendue en matière de
droit d'être entendu qui ne prévoit pas de droit pour les administrés de se
voir notifier les pièces du dossier à domicile (ATF 116 Ia 325 consid. 3d; 108
Ia 5 consid. 2b). Les plans permettent de se renseigner concrètement sur
l'impact du projet. La propriété des recourants étant située en aval du projet
auquel elle tourne le dos, la pose de gabarits ne paraît pas s'imposer pour
mesurer l'impact visuel du projet. Il n'y a par exemple pas de vue à protéger.
C'est partant à juste titre que la municipalité n'a pas exigé la pose de
gabarits.

7.                               
Les recourants reprochent aux constructeurs de
ne pas avoir fourni les calculs énergétiques des bâtiments, ce qui est contesté
par ces derniers. On peut toutefois dénier aux recourants la qualité pour invoquer
ce motif, n'étant pas directement touchés en cette matière, pas plus qu'en
matière de disposition ou d'orientation des panneaux solaires du reste.

8.                               
Les recourants estiment que le garage (de deux
places) ne peut pas être considéré comme enterré mais devrait être pris en compte
dans le calcul de la surface bâtie, car il présente trois faces visibles. Il ne
serait enterré que grâce à la construction d'un mur parallèle, visible sur une
photo de la maquette du projet. La municipalité est d'un avis contraire. 

Selon l'art. 84 LATC, le règlement
communal peut prévoir que les constructions souterraines ou semi-enterrées ne
sont pas prises en considération dans le calcul de la distance aux limites ou
entre bâtiments, ainsi que dans le coefficient d'occupation ou d'utilisation du
sol (al. 1); cette réglementation n'est applicable que dans la mesure où le
profil et la nature du sol ne sont pas sensiblement modifiés et s'il n'en
résulte pas d'inconvénient pour le voisinage (al. 2). L'art. 23 al. 2 RPAC
(auquel renvoie l'art. 30 RPAC) dispose qu'il n'est pas tenu compte, dans le
calcul de la surface bâtie, des garages souterrains. Suivant l'art. 23 al. 4
RPAC (auquel renvoie également l'art. 30 RPAC), sont considérés comme des
garages souterrains les garages dont une face au plus est entièrement visible
une fois le terrain aménagé et dont la moitié au moins du volume est située
au-dessous du niveau du terrain naturel. Leur toiture doit de plus être
recouverte d'une couche de terre végétale d'une épaisseur égale ou supérieure à
40 cm, à moins qu'elle ne serve de voie d'accès. 

Les recourants reprochent aux
constructeurs d'avoir artificiellement enterré le garage à l'aide d'un muret de
pierres – dont le tracé figure sur les plans -, parallèle à l'un des murs
latéraux. Or, d'après les plans, le garage ne sera ouvert que sur sa façade Est.
Le fait que, suivant la pente du terrain naturel, deux coins des murs latéraux
seront visibles, ne suffit pas pour admettre que le garage serait ouvert sur
plus d'un côté. D'après les cotes reportées sur les plans, plus de la moitié du
volume du garage sera située au-dessous du niveau du terrain naturel et une
couverture par une couche de terre végétale de 40 cm est prévue. Partant, l'autorité
intimée pouvait légitimement considérer que le projet de garage répondait à la
définition de l'art. 23 al. 4 RPAC et qu'il n'y avait pas lieu d'en tenir compte
dans le calcul de la surface bâtie. 

9.                               
Enfin, les recourants invoquent la clause de
l'esthétique.

a) Aux termes de l'art. 86 LATC, la
municipalité veille à ce que les constructions, quelle que soit leur
destination, ainsi que les aménagements qui leur sont liés, présentent un
aspect architectural satisfaisant et s’intègrent à l’environnement (al. 1);
elle refuse le permis pour les constructions ou les démolitions susceptibles de
compromettre l’aspect et le caractère d’un site, d’une localité, d’un quartier
ou d’une rue, ou de nuire à l’aspect d’un édifice de valeur historique,
artistique ou culturelle (al. 2); les règlements communaux doivent contenir des
dispositions en vue d’éviter l’enlaidissement des localités et de leurs abords
(al. 3). 

C'est l'art. 65 RPAC qui traite de
l'esthétique des constructions dans la commune. Il prévoit ce qui suit : 

"La Municipalité peut prendre toutes
mesures pour éviter l'enlaidissement du territoire communal.

Les entrepôts ou dépôts, ouverts à la vue du
public, sont interdits, sauf pour la zone industrielle. La Municipalité peut
exiger la plantation d'arbres, de groupe d'arbres ou de haies pour masquer les
installations existantes. Elle peut en fixer les essences. Les constructions,
agrandissements, transformations de toutes espèces, les crépis et les
peintures, les affiches, etc., de nature à nuire au bon aspect d'un lieu, sont
interdits.

Sur l'ensemble du territoire communal, principalement
à proximité des routes, chemins et sentiers, les installations et travaux non
soumis à autorisation doivent avoir un aspect satisfaisant."

Selon la jurisprudence, il
incombe au premier chef aux autorités communales de veiller à l'aspect architectural
des constructions; elles disposent à cet égard d'un large pouvoir
d'appréciation (ATF 115 Ia 114 consid. 3d, 363 consid. 3b). Dans ce cadre,
l'autorité doit prendre garde à ce que la clause d'esthétique ne vide pas
pratiquement de sa substance la réglementation de la zone en vigueur (ATF 115
Ia 114; 114 Ia 345; arrêts AC.2002.0195 du 17 février 2006; AC.2004.0102 du 6
avril 2005). Une intervention de l'autorité de recours sur la base de l'art. 86
LATC ne peut en effet s'inscrire que dans la ligne tracée par la loi elle-même
et par les règlements communaux, qui définissent l'orientation que doit suivre
le développement des localités. S'il faut admettre que les plans des zones ont
un caractère de généralité qui fait obstacle à ce qu'ils prennent en considération
toutes les situations particulières d'une portion restreinte du territoire, les
buts qu'ils poursuivent indiquent dans quelle mesure il peut être tenu compte
de ces situations. Une interdiction de construire fondée sur l'art. 86 LATC, en
raison - par exemple - du contraste formé par le volume du bâtiment projeté
avec les constructions existantes, ne peut se justifier que par un intérêt
public prépondérant, notamment s'il s'agit de protéger un site, un bâtiment ou
un ensemble de bâtiments présentant des qualités esthétiques remarquables qui
font défaut à l'ouvrage projeté ou que mettrait en péril sa construction (ATF
101 Ia 213 consid. 6c p. 222-223; arrêts AC.2002.0195, AC.2004.0102, précités).
Il faut alors que l'utilisation des possibilités de construire réglementaires
apparaisse déraisonnable et irrationnelle (ATF 115 Ia 114; 114 Ia 345; 101 Ia
213 consid, 6c; arrêts AC.2002.0195, AC.2004.0102,  précités). Le Tribunal
s’impose une certaine retenue dans l'examen de la question de l’esthétique, en
ce sens qu'il ne substitue pas son propre pouvoir d'appréciation à celui de
l'autorité municipale, mais se borne à ne sanctionner que l'abus ou l'excès du
pouvoir d'appréciation, la solution dépendant étroitement des circonstances
locales (art. 98 let. a LPA-VD ; cf. arrêts AC.2008.0206 du 30 décembre 2008,
AC.2006.0097 du 13 mars 2007 et les arrêts cités). L’intégration d’une
construction ou d’une installation à l’environnement bâti doit être examinée
sur la base de critères objectifs, sans sacrifier à un goût ou à un sens
esthétique particulièrement aigu, de manière que le poids de la subjectivité,
inévitable dans toute appréciation, n'influe que dans les limites de principes
éprouvés et par référence à des notions communément admises (voir pour des exemples
AC.2010.0017 du 11 août 2010; AC.2008.0258 du 19 août 2009; AC.2008.0165 du 26
janvier 2009, AC.2008.0206 du 31 décembre 2008 et les références citées).

b) En l'occurrence, les
recourants estiment que le projet est en total décalage avec l'esprit du quartier
constitué de villas individuelles dans lesquelles les habitants ont investi dans
les aménagements extérieurs. Le projet défigurerait entièrement la zone en
bétonnant presque entièrement le terrain. Dans sa décision, la municipalité
retient que l'architecture dite "contemporaine" du projet, qualifiée
d'acceptable, ne saurait à elle seule remettre en cause celui-ci.

Les bâtiments doivent
s'intégrer dans une zone de villas déjà largement bâtie. Il ne s'agit pas en
l'espèce de préserver la qualité d'un site présentant des qualités esthétiques
remarquables. Quant à la densification critiquée par les recourants, elle ne va
pas au-delà de ce qui est permis par la réglementation communale dont l'art. 31
prévoit que la surface bâtie ne puisse excéder le 1/7 de la surface totale de
la parcelle. Les recourants regrettent la disparition des arbres et haies qui
garnissaient jusqu'à peu la parcelle. Or, comme cela résulte du considérant
suivant, une arborisation compensatoire est prévue, en particulier avec de nouveaux
arbres et des haies vives qui prendront place notamment le long de la limite de
la propriété des recourants, ce qui est de nature à atténuer l'impression de
densification du projet. Vu ce qui précède, en autorisant le projet sous
l'angle de l'esthétique, l'autorité intimée n'a pas mésusé du pouvoir
d'appréciation qui lui était conféré.

Vu ce qui précède, le
recours dirigé contre la délivrance du permis de construire doit être rejeté.

10.                           
Le recours est également dirigé contre l'autorisation
d'abattage et d'arborisation compensatoire délivrée dans le cadre du permis de
construire.

aa) L’art. 5 de la loi du 10
décembre 1969 sur la protection de la nature, des monuments et des sites
(LPNMS; RSV 450.11) définit les arbres protégés ainsi qu’il suit:

Art. 5      Arbres

Sont protégés les arbres, cordons boisés, boqueteaux et haies vives:

a.  qui sont compris dans un plan de
classement cantonal ou qui font l’objet d’une décision de classement au sens de
l’article 20 de la présente loi;

b.  que désignent les communes par voie de
classement ou de règlement communal, et qui doivent être maintenus soit en
raison de leur valeur esthétique, soit en raison des fonctions biologiques
qu’ils assurent.

ab) En application de l'art. 5
LPNMS, la Commune d'Orbe a édicté un règlement du classement communal des
arbres (règlement de classement), adopté par le Conseil communal le 6 septembre
2007 et approuvé par la Cheffe du Département de la sécurité et de
l'environnement le 8 octobre 2007. Son article 2 a la teneur suivante :

Art. 2      Champ d'application

Tous les arbres de 30 cm de diamètre et plus, mesurés à 1,30 m du sol,
les cordons boisés, les boqueteaux ainsi que les haies vives sont protégés. Les
diamètres des troncs multiples sur un même pied mesuré à la même hauteur sont
additionnés.

Les dispositions de la législation forestière demeures réservées.

ba) Les arbres “protégés” ne
peuvent être abattus qu'à certaines conditions. L’art. 6 LPNMS dispose à cet
égard: 

Art. 6   Abattage des arbres protégés

1 L'autorisation d'abattre des arbres ou arbustes
protégés devra être notamment accordée pour les arbres dont l'état sanitaire
n'est pas satisfaisant et pour les arbres, les haies et boqueteaux lorsqu'ils
empêchent une exploitation agricole rationnelle ou lorsque des impératifs
techniques ou économiques l'imposent (création de routes, chemins, canalisation
de ruisseau, etc.).

2 L'autorité communale peut exiger des plantations de
compensation ou, si les circonstances ne le permettent pas, percevoir une
contribution aux frais d'arborisation. Un règlement communal en fixe les
modalités et le montant.

3 Le règlement d'application fixe au surplus les
conditions dans lesquelles les communes pourront donner l'autorisation
d'abattage. 

La liste exemplative de l'art. 6
al. 1 LPNMS est complétée, en exécution de son al. 3, par l'art. 15 du
règlement d'application du 10 décembre 1969 de la LPNMS (RLPNMS; RS 450.11.1)
qui précise les conditions auxquelles les communes peuvent donner
l'autorisation d'abattage dans les termes suivants : 

Art. 15   Abattage (loi, art. 6, al. 3)

1 L'abattage ou l'arrachage des arbres, cordons
boisés, boqueteaux, ou haies vives classés est autorisé par la municipalité
lorsque: 

1.  la plantation prive un local d'habitation
préexistant de son ensoleillement normal dans une mesure excessive;

2.  la plantation nuit notablement à l'exploitation
rationnelle d'un bien-fonds ou d'un domaine agricoles;

3.  le voisin subit un préjudice grave du fait de la
plantation;

4.  des impératifs l'imposent tels que l'état
sanitaire d'un arbre, la sécurité du trafic, la stabilité des rives bordant un
cours d'eau, la création d'une route ou la canalisation d'un ruisseau.

2 Dans la mesure du possible, la taille et
l'écimage seront ordonnés en lieu et place de l'abattage ou de l'arrachage.

bb) En l'occurrence, le règlement
dispose ce qui suit s'agissant des conditions d'abattage :

Art. 3      Abattage

L'abattage d'arbres protégés ne peut être effectué qu'avec
l'autorisation de la Municipalité.

Il est en outre interdit de les détruire, ou de les mutiler, par le feu
ou tout autre procédé.

Tous élagages et écimages inconsidérés et non exécutés dans les règles
de l'art seront assimilés à un abattage effectué sans autorisation.

Des travaux ou des fouilles ayant blessé gravement les racines ou toute
autre partie de l'arbre, sont assimilés à un abattage effectué sans
autorisation.

Art. 4      Autorisation d'abattage

La requête doit être adressée par écrit à la Municipalité, dûment
motivée et accompagnée d'un plan de situation ou d'un croquis précisant
l'emplacement d'un ou des arbres ou plantations protégés à abattre.

La demande d'abattage est affichée au pilier public durant vingt jours.
La Municipalité statue sur la demande et sur les oppositions éventuelles.

La Municipalité accorde l'autorisation lorsque l'une ou l'autre des conditions
indiquées à l'art. 6 de la LPNMS, ou dans ses dispositions d'application, sont
réalisées.

Comme le rappellent des arrêts
récents (AC.2012.100 du 18 octobre 2012; AC.2011.0020
du 21 novembre 2011, confirmé par l'ATF 1C_572/2011 du 3 avril 2012), la jurisprudence interprétant les art. 6 LPNMS et 15 RLPNMS retient
ce qui suit : pour statuer sur une demande d'autorisation d'abattage,
ainsi que sur les oppositions éventuelles (art. 21 RLPNMS), l'autorité
communale procède à une pesée complète des intérêts en présence et détermine si
l'intérêt public à la protection des arbres en cause l'emporte sur les intérêts
publics ou privés qui lui sont opposés. Dans le cadre de cette pesée
d'intérêts, il convient notamment de tenir compte de l'importance de la fonction
esthétique ou biologique des plantations en cause, de leur âge, de leur
situation dans l'agglomération et de leur état sanitaire. L'intérêt à la
conservation d'un arbre protégé doit en outre être comparé à l'intérêt visant à
permettre une utilisation rationnelle des terrains à bâtir conforme aux plans
des zones et aux objectifs de développement définis par les plans directeurs;
autrement dit, même si cela ne résulte pas explicitement du texte de la loi, il
y a lieu d'interpréter de manière objective les intérêts du constructeur, au
regard des droits conférés au propriétaire du bien-fonds par les plans et
règlements d’aménagement en vigueur (AC.2010.0093 du 29
juin 2011, consid. 6a; AC.2009.0289 du 31 mai 2010,
consid. 8; AC.2009.0254 du 12 mai 2010, consid. 5; TA AC.2007.0102 du 23
décembre 2008, consid. 8; AC.2007.0159 du 4 mars 2008, consid. 2).

Selon l'arrêt AC.1997.0084 du 2
décembre 1997 consid. 6c, la possibilité de procéder à l'abattage et le cas
échéant à de nouvelles plantations doit être examinée avec une attention
particulière lorsque la protection instaurée par le droit communal procède non
pas d'un classement individuel des arbres, mais d'un règlement déclarant
protégés toutes les plantes revêtant certaines caractéristiques. En présence
d'un tel règlement, il faut tenir compte du caractère schématique de la
protection et considérer que l'abattage et le remplacement éventuel peut être
envisagé en cas de construction. Cet arrêt a laissé indécise la question de
savoir comment doit être traitée l'hypothèse de spécimens exceptionnels, par
exemple ceux que leur taille et leur longévité rend irremplaçables à l'échelle
humaine.

bc) Quant à la plantation de
compensation d'arbres dont l'abattage est autorisé, au sens de l'art. 6 al. 2
LPNMS, l'art. 16 RLPNMS dispose : 

Art. 16   Plantation de compensation (loi, art. 6, al. 2)

1 En cas d'abattage ou d'arrachage justifié selon
l'article 15 du présent règlement, des plantations de compensation peuvent être
exigées par la municipalité. La décision d'abattage ou d'arrachage en prescrit
l'ampleur et la nature ainsi que le lieu. 

2 La plantation de compensation doit assurer
l'équivalence fonctionnelle et esthétique de la plantation enlevée. 

Selon la jurisprudence,
l'arborisation d'une parcelle constructible doit être considérée, puisqu'il
s'agit de plantes qui croissent et meurent, comme un élément qui n'est pas
nécessairement permanent mais qui est au contraire susceptible d'évolution, ce
qui permet le cas échéant de le remodeler en procédant à de nouvelles plantations.
C'est dans cette perspective qu'il faut concevoir les dispositions
réglementaires communales (fondées sur l'art. 6 al. 2 LPNMS) qui prévoient dans
certaines hypothèses le remplacement des arbres abattus, parfois dans le cadre
d'une arborisation minimale (AC.1997.0084 du 2 décembre 1997 précité consid.
6c).

Dans le règlement de classement
d'Orbe, la question des plantations de compensation est réglée comme il suit :

Art. 5      Arborisation compensatoire

L'autorisation d'abattage sera assortie de l'obligation pour le
bénéficiaire de procéder, à ses frais, à une arborisation compensatoire
déterminée d'entente avec la Municipalité (nombre, essence, surface, fonction,
délai d'exécution).

L'exécution sera contrôlée.

En règle générale, cette arborisation compensatoire sera effectuée sur
le fond où est situé l'arbre à abattre. Toutefois, elle peut être faite sur une
parcelle voisine, pour autant que son propriétaire s'engage à se substituer au
bénéficiaire de l'autorisation.

Si des arbres et plantations protégés au sens de l'art. 2 sont abattus
sans autorisation, la Municipalité peut, nonobstant l'application des sanctions
prévues à l'art. 9, exiger une plantation compensatoire.

(…)

Art. 9      Sanctions

Celui qui contrevient au présent règlement est passible d'une amende en
application de l'art. 92 LPNMS.

c) En ce qui concerne la parcelle
litigieuse, l'autorité intimée a admis la demande d'abattage présentée par les
constructeurs moyennant un plan de principe d'arborisation compensatoire du
mois d'août 2012. Ce plan a été établi après consultation des propriétaires
voisins et avec l'aide du garde-forestier. Il est complété par les plans
d'implantation où figure l'emplacement des haies et des arbres avec indication
des essences et des hauteurs.

Au début de l'été 2011, les
constructeurs ont entrepris d'abattre les plantations de la parcelle litigieuse
en prévision de la réalisation de leur projet immobilier sans se préoccuper de
savoir s'ils devaient disposer d'une autorisation pour ce faire. Après
dénonciation de la muncipalité, le préfet a condamné l'architecte du projet au
paiement d'une amende. Les constructeurs ont alors déposé une requête auprès de
la municipalité. Après complément, cette requête porte sur les plantations
d'ores et déjà coupées (à savoir, d'après la demande, sept cerisiers - dont
cinq devaient, selon les mesures effectuées à partir de la souche, mesure moins
de 30 cm à 1 m de hauteur – des haies de mûres et des bosquets de foyards dont
le diamètre des troncs était estimé à 10 cm au maximum) et sur deux cerisiers,
deux sapins bleus jugés malades ainsi que onze arbres dont deux d'essences
majeures). Le plan d'arborisation compensatoire admis par la municipalité
prévoit trois tilleuls à l'Ouest, deux érables au Sud, trois érables à l'Est et
deux érables au Nord. Il prévoit également, en limite de propriété au Nord, à
l'Est et au Sud-Est des haies, ainsi que, sur la parcelle en cause, quatre
haies vives. D'après les plans d'implantation, les haies seront composées de
cornouiller (hauteur 200 cm), de buis (hauteur 50 cm), d'if (hauteur 200 cm),
de fusain d'Europe (hauteur 200 cm), de troène (hauteur 200 cm), de berberis
(hauteur 200 cm), de houx (hauteur 200 cm) et d'églantier (hauteur 200 cm). 

Les recourants estiment que la
proposition de compensation est largement insuffisante – tant quantativement
que qualitativement – au regard de ce qui a d'ores et déjà été coupé. Ils
insistent sur le fait que les haies à replanter ne remplaceront pas les deux
cordons boisés – dont ils évaluent la longueur à respectivement 60 m et 20 m,
photos à l'appui – comprenant des arbres de plus de 10 m de hauteur qui ont
disparu. 

L'arrachage des essences ayant en
grande partie été déjà exécuté, il est vrai qu'il est après coup impossible de
connaître l'étendue et la composition exactes de l'arborisation de la parcelle.
D'après les photos satellite produites par les recourants, la parcelle
litigieuse était largement recouverte par la végétation. La parcelle n'était
pas entretenue et la nature avait sans doute au fil du temps repris ses droits.
Ceci dit, la parcelle est colloquée en zone de villas et la protection
schématique instaurée par le règlement communal (qui protège tous les arbres de
30 cm de diamètre et plus, les cordons boisés, les boqueteaux ainsi que les
haies vives) ne saurait faire obstacle à un projet de construction. Au
contraire, le principe d'arborisation compensatoire prévu par le règlement
communal s'inscrira dans le cadre d'une parcelle construite. Il ne sera plus
possible de replanter de grandes haies vives d'un seul tenant au millieu de la
parcelle mais il s'agit de trouver des solutions pour assurer l'équivalence
fonctionnelle et esthétique de la plantation enlevée instaurée à l'art. 16 al.
2 RLPNMS. En effet, si le règlement de classement d'Orbe prévoit le principe
d'une arborisation compensatoire, il ne prévoit pas d'arborisation minimale. Il
prévoit seulement que la compensation sera déterminée d'entente avec la
municipalité (nombre, essence, surface, fonction, délai d'exécutoin; art. 5 al.
1 du règlement de classement).

En l'occurrence, le plan
d'arborisation compensatoire s'inscrit au sein d'un projet de construction –
réglementaire – de trois villas de deux appartements, de quatre couverts à
voitures, d'un garage enterré de deux places et de dix places de parc
relativement dense. Les constructeurs ont prévu un plan d'arborisation
compensatoire définissant le nombre de plantes, les hauteurs, les essences et
la surface à recouvrir. Il est ainsi prévu de planter des haies en limite de
propriété au Nord, à l'Est et au Sud-Est. Des haies seront également plantées à
l'intérieur de la parcelle. Une hauteur initiale de 200 cm – ce qui n'est pas
négligeable – est prévue. Les essences seront variées puisque composées de
cornouiller, de buis, d'if, de fusain d'Europe, de troène, de berberis, de houx
et d'églantier. Quant aux arbres, il est prévu de planter deux essences
différentes : savoir trois tilleuls et sept érables. Toutes ces plantes seront
amenées à croître et à évoluer. D'un point de vue qualitatif et quantitatif, le
projet remplit ainsi la condition d'équivalence fonctionnelle et esthétique
posée à l'art. 16 al. 2 RLPNMS. La municipalité n'a pas abusé de son pouvoir
d'appréciation en validant le projet d'arborisation compensatoire qui lui a été
soumis.

11.                           
Les considérants qui précèdent conduisent au
rejet du recours, aux frais des recourants (art. 49 al. 1 LPA-VD), qui
verseront à l'autorité intimée des dépens pour l'intervention de son avocat
(art. 55 al. 1 LPA-VD). 

 

Par ces motifs

 la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

I.                                  
Le recours est rejeté.

II.                                
La décision de la Municipalité d'Orbe du 23 août
2012 levant les oppositions et délivrant le permis de construire n° 35/11 dont
la demande d'abattage n° 04711 fait partie est confirmée.

III.                               
Les frais du présent arrêt, arrêtés à 2'500
(deux  mille cinq-cents) francs, sont mis à la charge de François et Brigitte
Marechal-Hubert, solidairement entre eux.

IV.                             
François et Brigitte Marechal-Hubert,
solidairement entre eux, verseront à la Municipalité d'Orbe la somme de 1'000
(mille) francs à titre de dépens.

 

Lausanne, le 13 mars 2013

 

Le président:                                                                                             La
greffière:

                                                                                                                  

Le présent arrêt est communiqué aux
destinataires de l'avis d'envoi ci-joint.

Il peut faire l'objet, dans les trente
jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le recours en
matière de droit public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du
17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours
constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,
indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.
Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.
Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,
pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la
décision attaquée.