# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 72a20cc0-018e-51c2-8012-00d00d127b54
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-06-17
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 17.06.2024 P/3926/2024
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-3926-2024_2024-06-17.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/3926/2024 ACPR/460/2024 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du lundi 17 juin 2024 

 

Entre 

A______, domicilié ______, France, agissant en personne, 

recourant, 

 

contre l'ordonnance rendue le 15 février 2024 par le Tribunal de police, 

 

et 

LE TRIBUNAL DE POLICE, rue des Chaudronniers 9, 1204 Genève - case postale 3715, 

1211 Genève 3, 

LE SERVICE DES CONTRAVENTIONS, chemin de la Gravière 5, case postale 104, 

1211 Genève 8, 

intimés. 

 

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P/3926/2024 

Vu : 

- l’ordonnance pénale n° 1______ rendue le 10 janvier 2024 par le Service des 
contraventions (ci-après, SdC), notifiée le 18 suivant, condamnant A______ à une 
amende de CHF 60.- (hors émoluments), pour excès de vitesse. Cette décision 
précisait que le condamné pouvait y faire "opposition dans un délai de 10 jours 
dès la notification de l'ordonnance pénale, par déclaration écrite et signée" et que 
"[p]our être jugée recevable, la déclaration d'opposition ne d[evait] pas être 
formée par courriel"; 

- le courriel du 19 du même mois par lequel A______ informe le SdC qu'il ne 
pouvait pas s'agir de sa voiture et demandait quels documents il devait envoyer 
"afin de contester [l'ordonnance]";  

- la transmission par le SdC, le 7 février 2024, avec copie à A______, de la 
procédure au Tribunal de police pour qu'il statue sur la validité de l'ordonnance 
pénale et de l'opposition, le SdC concluant à l'irrecevabilité de cette dernière, non 
valablement formée; 

- l'ordonnance du Tribunal de police du 15 février 2024, notifiée le 21 suivant à 
A______;  

- le pli posté en France le 24 février 2024, parvenu à une date inconnue à la Poste 
suisse et reçu le 4 mars 2024 par le Tribunal de police, par lequel A______ 
indique vouloir "faire opposition à la procédure pénale [P/3926/2024 DWL]"; 

- la lettre de la Direction de la procédure invitant A______ à préciser si son courrier 
valait recours contre l'ordonnance du Tribunal de police;  

-  le pli, posté en France le 2 avril 2024, parvenu à la Poste suisse le 5 avril 2024 – 
adressé à la Chambre de céans – par lequel A______ déclare faire "recours à 
l'ordonnance P/3926/2024 10 DWL OPCTRA". 

Attendu que : 

- à réception de l'ordonnance pénale du SdC, A______ s'est manifesté par courriel, 
annonçant son souhait de s'y opposer. Il se plaignait de ne pas avoir pu atteindre 
par téléphone le SdC, tout en ayant "bien pris note que les contestations ne se 
[faisaient] pas par mail mais par écrit postal";  

- le SdC a considéré cet envoi comme valant opposition à l'ordonnance pénale;  

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P/3926/2024 

- dans l'ordonnance querellée, le Tribunal de police retient que l'opposition par 
courriel n'était pas valable, ce à quoi le contrevenant avait expressément été rendu 
attentif. L'ordonnance pénale du 10 janvier 2024 était par conséquent entrée en 
force; 

- dans ses envois des 24 février et 2 avril 2024, A______ fait valoir que son courriel 
du 19 janvier 2024 était "une demande d'information afin de connaître les pièces 
justificatives à joindre pour faire opposition" à laquelle le SdC n'avait pas non 
plus répondu. Il demandait en outre une photo de la voiture amendée; 

- à réception, la cause a été gardée à juger. 

Considérant en droit que : 

- selon l'art. 356 al. 2 CPP, le tribunal de première instance statue sur la validité de 
l'opposition formée à une ordonnance pénale. Lorsque l'opposition n'est pas 
valable, il n'entre pas en matière et n'examine donc pas le bien-fondé de la 
contestation (cf. Message du 21 décembre 2005 relatif à l'unification de la 
procédure pénale, FF 2006 1275 ad art. 360);  

- à teneur de l'art. 354 al. 1 let. a CPP, applicable par analogie selon l'art. 357 al. 2 
CPP, l'opposition doit être formée par écrit et dans les 10 jours. Ce délai n'est pas 
prolongeable (art. 89 al. 1 CPP); 

- selon l'art. 110 al. 1 CPP, les requêtes écrites doivent être datées et signées. La 
signature doit être manuscrite au sens de l'art. 14 CO;  

- en cas de transmission par voie électronique, la requête doit être munie d’une 
signature électronique valable (art. 110 al. 2 CPP). Un message électronique 
simple non muni de ladite signature ne répond dès lors pas aux exigences légales 
(arrêt du Tribunal fédéral 6B_528/2019 du 17 juillet 2019 consid. 3.2; cf aussi 
ACPR/803/2020 du 12 novembre 2020); 

- l’application stricte des prescriptions de forme n'est pas constitutive de 
formalisme excessif (ATF 142 IV 299 consid. 1.3.3; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_51/2015 du 28 octobre 2015 consid. 2.1); 

-  lorsque l’ordonnance pénale expose clairement la forme que doit revêtir 
l'opposition, le SdC n’est pas tenu d’inviter le justiciable qui conteste celle-là par 
email à mettre en conformité sa déclaration (ACPR/870/2023 du 7 novembre 
2023, consid. 3.3.1 et ACPR/640/2023 du 16 août 2023, consid. 3.2); 

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P/3926/2024 

-  en l'espèce, le courriel au SdC – en tant qu'il s'agirait d'une opposition, comme 
constaté tant par le SdC que par le Tribunal de police – ne respecte pas les formes 
rappelées ci-dessus; 

-  aucune opposition n'a donc été valablement formée dans le délai requis, sans 
qu'on puisse reprocher au SdC de ne pas avoir attiré l'attention du recourant sur ce 
point essentiel, ni même de ne pas avoir répondu aux questions du recourant, au 
vu des indications mentionnées clairement dans l'ordonnance pénale, au 
demeurant parfaitement comprises par l'intéressé;  

- les courriers ultérieurs du recourant au SdC – et particulièrement celui expédié de 
France le 24 février 2024 dans lequel il déclare former opposition à l'ordonnance 
pénale du 10 janvier 2024 – sont au demeurant tardifs, le délai d'opposition étant 
arrivé à échéance le 29 janvier 2024; 

-  il s'ensuit que le recours doit être rejeté. Comme tel, il pouvait être traité d'emblée 
par la Chambre de céans, sans échange d'écritures ni débats (art. 390 al. 2 CPP a 
contrario), étant rappelé que la personne qui prétend ne pas être l'auteur d'une 
contravention dont elle est reconnue coupable par ordonnance pénale peut, 
subsidiairement, contester cette décision selon le mécanisme de la révision auprès 
de la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de Justice, (art. 410 et ss 
CPP; cf à cet égard les arrêts AARP/204/2018 du 10 septembre 2018 et 
AARP/144/2018 du 17 mai 2018);  

- les frais du recours seront exceptionnellement laissés à la charge de l'État. 

* * * * * 

  

- 5/5 - 

P/3926/2024 

PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

 
Rejette le recours. 

Laisse les frais de la procédure de recours à la charge de l'État. 

Notifie le présent arrêt, en copie, au recourant, au Tribunal de police et au Service des 
contraventions. 

Le communique pour information au Ministère public. 

Siégeant : 

Madame Daniela CHIABUDINI, présidente; Mesdames Corinne CHAPPUIS BUGNON et 
Françoise SAILLEN AGAD, juges; Monsieur Julien CASEYS, greffier. 

Le greffier : 

Julien CASEYS 

 La présidente: 

Daniela CHIABUDINI 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en matière pénale au sens 

de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110); la qualité et les autres 

conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être 

formé dans les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent être remis au plus 

tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention de ce dernier, à La Poste Suisse ou à 

une représentation diplomatique ou consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF).