# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1c23a6ad-f1db-56bb-b88d-5071a03f860c
**Source:** Bern Gerichte (BE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-02-26
**Language:** fr
**Title:** Bern Verwaltungsgericht 26.02.2024 200 2023 330
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/BE_Verwaltungsgericht/BE_VG_001_200-2023-330_2024-02-26.pdf

## Full Text

200.2023.330.AI
N° AVS 
BCE/EGC

Tribunal administratif du canton de Berne
Cour des affaires de langue française

Jugement du 26 février 2024

Droit des assurances sociales

G. Niederer, président
A.-F. Boillat et G. Zürcher, juges
C. Wagnon-Berger, greffière

A.________
représentée par Me B.________
recourante

contre

Office AI Berne 
Scheibenstrasse 70, case postale, 3001 Berne
intimé

relatif à une décision de ce dernier du 14 mars 2023 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 26 février 2024, 200.2023.330.AI, page 2

En fait:

A.

A.________, née le 3 juin 1969, célibataire et sans enfant, est titulaire d'un 
certificat fédéral de capacité (CFC) de décoratrice-étalagiste. Elle a travaillé 
dans cette profession jusqu'au 22 avril 2005, date à laquelle une incapacité 
de travail à 100% a été attestée médicalement suite à un burn out. Le 23 
février 2006, l'assurée a été licenciée pour le 31 mai 2006. Elle a déposé 
une première demande de prestations de l'assurance-invalidité (AI) le 7 juin 
2006, en invoquant un "burn out suivi d'une dépression". L'Office AI Berne 
lui a alors octroyé une orientation professionnelle et un reclassement, à 
l'issue duquel l'assurée a obtenu, en juin 2012, le titre de bachelor en 
architecture d'intérieur. Une aide au placement a encore été accordée à 
l'intéressée, qui a conduit à l'obtention d'un emploi, dès le 1er septembre 
2013. L'assurée a ensuite alterné, entre 2013 et 2016, des périodes de 
travail et de chômage, puis a été engagée dès le 1er novembre 2016 à 80% 
en qualité d'architecte d'intérieur dans une entreprise. L’Office AI Berne, 
par préavis du 2 juin 2017, a informé l'assurée qu’il envisageait de lui 
accorder une rente d’invalidité limitée dans le temps, à savoir une rente 
entière du 1er avril 2006 au 31 mars 2007, puis une demi-rente du 1er avril 
au 30 septembre 2007. En l’absence d’objections de l'intéressée contre ce 
préavis, le même office a rendu, le 3 août 2017, une décision formelle le 
confirmant en tous points.

B.

Le 22 mars 2018, l'intéressée a présenté une nouvelle incapacité de travail 
dans sa dernière activité d'architecte d'intérieur. De ce fait, elle a sollicité 
des moyens auxiliaires de l'Office AI Berne (perruque), en mentionnant 
avoir souffert d'une embolie pulmonaire et présenté, depuis mars 2018, un 
cancer du sein avec métastases dans les glandes lymphatiques. Après 
avoir fait droit à cette demande, le 5 octobre 2018, puis reçu de l'assurée 
un formulaire de détection précoce, suivi d'une nouvelle demande de 
prestations de l'AI (mesures professionnelles et rente), du 10 octobre 2018, 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 26 février 2024, 200.2023.330.AI, page 3

l'Office AI Berne a notamment requis des informations auprès des 
médecins traitants (spécialistes en oncologie, gynécologie et angiologie) et 
de l'ancien employeur de l'intéressée. Il s'est également procuré le dossier 
de l'assurance-maladie perte de gain. Par différentes communications, 
l'Office AI Berne a alors accordé à l'assurée des mesures d'intervention 
précoce, sous la forme d'une adaptation du poste de travail, de même que 
de conseil et soutien pour le maintien à celui-ci. Il a encore sollicité des 
rapports de différents spécialistes. Dans une décision du 21 octobre 2020 
(confirmant un préavis du 7 septembre 2020), l'Office AI Berne a mis un 
terme aux mesures professionnelles, avant que l'assurée ne perde son 
emploi avec effet au 31 mars 2021. Après avoir pris conseil auprès de son 
Service médical régional Berne/Fribourg/Soleure (SMR), l'Office AI Berne a 
diligenté une expertise pluridisciplinaire (rhumatologie, médecine interne 
générale, psychiatrie et psychothérapie), dont les conclusions ont été 
remises le 16 août 2022. Sur cette base, l'Office AI Berne, par préavis du 4 
novembre 2022, a informé l'intéressée qu’il envisageait de lui accorder un 
quart de rente d’invalidité dès le 1er mars 2019. En dépit des objections 
déposées par l'assurée, représentée par un mandataire, le 21 novembre 
2022 (complétées le 19 décembre 2022), l'Office AI Berne a confirmé le 
contenu de sa préorientation par décision du 14 mars 2023.

C.

Le 1er mai 2023, l'assurée, représentée par une avocate, a recouru contre 
la décision du 14 mars 2023 auprès du Tribunal administratif du canton de 
Berne (ci-après: TA). Elle a conclu à l'annulation de cette décision, dans la 
mesure où son droit a été limité à un quart de rente, ainsi qu'au renvoi de la 
cause à l'Office AI Berne pour instruction complémentaire au sens des 
considérants et nouvelle décision. En date du 15 mai 2023, l'assurée a 
déposé une requête d'assistance judiciaire limitée aux frais de procédure, 
qu'elle a complétée le 13 juin 2023. Dans son mémoire de réponse du 5 
juillet 2023, l'Office AI Berne a conclu au rejet du recours. Après que son 
avocate a produit sa note d'honoraires le 11 juillet 2023, la recourante a été 
rendu attentive au risque d'une réforme à son détriment de la décision 
attaquée. Le 24 janvier 2024, elle a indiqué qu'elle maintenait son recours.

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 26 février 2024, 200.2023.330.AI, page 4

En droit:

1.

1.1 La décision du 14 mars 2023 représente l'objet de la contestation. 
Elle ressortit au droit des assurances sociales et reconnaît un droit à un 
quart de rente d'invalidité dès le 1er mars 2019. L'objet du litige porte sur 
l'annulation de cette décision en tant qu'elle n'alloue qu'un quart de rente 
d'invalidité à la recourante et sur le renvoi de la cause pour instruction 
complémentaire et nouvelle décision. Est particulièrement critiquée la 
valeur probante de l'expertise pluridisciplinaire du 16 août 2022 diligentée 
par l'Office AI Berne.

1.2 Interjeté en temps utile (compte tenu des féries judiciaires; voir art. 
60 et 38 al. 4 let. a de la loi fédérale du 6 octobre 2000 sur la partie 
générale du droit des assurances sociales [LPGA, RS 830.1]), dans les 
formes prescrites, auprès de l'autorité de recours compétente, par une 
partie disposant de la qualité pour recourir et dûment représentée, le 
recours est recevable (art. 56 ss LPGA; art. 69 al. 1 let. a de la loi fédérale 
du 19 juin 1959 sur l'assurance-invalidité [LAI, RS 831.20]; art. 15 et 74 ss 
de la loi cantonale du 23 mai 1989 sur la procédure et la juridiction 
administratives [LPJA, RSB 155.21]).

1.3 Le jugement de la cause incombe à la Cour des affaires de langue 
française du TA dans sa composition ordinaire de trois juges (art. 54 al. 1 
let. c et 56 al. 1 de la loi cantonale du 11 juin 2009 sur l'organisation des 
autorités judiciaires et du Ministère public [LOJM, RSB 161.1]).

1.4 Le Tribunal examine librement la décision contestée et n'est pas lié 
par les conclusions des parties (art. 61 let. c et d LPGA; art. 80 let. c ch. 1 
et 84 al. 3 LPJA).

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 26 février 2024, 200.2023.330.AI, page 5

2. 

2.1 La modification du 19 juin 2020 de la LAI (Développement continu 
de l'AI, RO 2021 705) est entrée en vigueur le 1er janvier 2022. Sur le plan 
temporel, sont en principe applicables – sous réserve d'une règle contraire 
de droit transitoire – les dispositions en vigueur au moment où les faits 
juridiquement déterminants se sont produits ou à l'époque de l'état de fait 
ayant des conséquences juridiques (ATF 148 V 162 c. 3.2.1, 144 V 210 
c. 4.3.1). En l'occurrence, si la décision entreprise est, certes, postérieure 
au 1er janvier 2022, le droit potentiel à la rente de la recourante est pour sa 
part antérieur à cette date (voir c. 7.2), si bien qu'il doit être examiné selon 
les normes en vigueur jusqu'au 31 décembre 2021 (voir parmi d'autres 
JTA AI/2023/83 du 7 juillet 2023 c. 2.1).

2.2 Est réputée invalidité l'incapacité de gain totale ou partielle qui est 
présumée permanente ou de longue durée (art. 8 al. 1 LPGA). Est réputée 
incapacité de gain toute diminution de l'ensemble ou d'une partie des 
possibilités de gain de l'assuré sur un marché du travail équilibré qui entre 
en considération, si cette diminution résulte d'une atteinte à sa santé 
physique, mentale ou psychique et qu'elle persiste après les traitements et 
les mesures de réadaptation exigibles (art. 7 LPGA).

2.3 Hormis les atteintes à la santé mentale et physique, les atteintes à 
la santé psychique peuvent également entraîner une invalidité (art. 8 en 
relation avec l'art. 7 LPGA). Le point de départ de l'examen du droit aux 
prestations selon l'art. 4 al. 1 LAI, ainsi que les art. 6 ss LPGA, et en 
particulier 7 al. 2 LPGA, est l'ensemble des éléments et constatations 
médicales. Une limitation de la capacité d'exécuter une tâche ou une action 
ne peut fonder le droit à une prestation que si elle est la conséquence 
d'une atteinte à la santé qui a été diagnostiquée de manière indiscutable 
par un médecin spécialiste de la discipline concernée (ATF 145 V 215 
c. 5.1; SVR 2020 IV n° 48 c. 8.1.1). Le seul diagnostic d'une atteinte à la 
santé ne suffit toutefois pas pour admettre que celle-ci a un caractère 
invalidant. Selon le texte clair de la loi, c'est l'influence de l'atteinte à la 
santé sur la capacité de travail et de gain qui est déterminante. La question 
cruciale réside dans le fait de savoir si l'on peut exiger de la personne 
assurée, compte tenu de la souffrance éprouvée, qu'elle travaille à temps 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 26 février 2024, 200.2023.330.AI, page 6

plein ou à temps partiel. Ainsi, il convient de procéder à un examen de 
l'exigibilité en tenant compte exclusivement des conséquences de l'atteinte 
à la santé (ATF 142 V 106 c. 4.4). Les experts médicaux doivent motiver le 
diagnostic de telle manière que l'organe d'application du droit puisse 
comprendre si les critères de classification sont effectivement remplis (ATF 
143 V 124 c. 2.2.2, 141 V 281 c. 2.1.1). Selon la jurisprudence du Tribunal 
fédéral (TF), le point de savoir si une atteinte à la santé psychique entraîne 
une invalidité ouvrant le droit à une rente se détermine au moyen d'une 
grille d'évaluation normative et structurée (ATF 143 V 418 c. 7, 141 V 281 
c. 4.1). Cela vaut pour l'ensemble des troubles psychiques (ATF 143 V 418 
c. 7.2).

2.4 Selon l'art. 28 al. 1 LAI, a droit à une rente l'assuré dont la capacité 
de gain ou la capacité d'accomplir ses travaux habituels ne peut pas être 
rétablie, maintenue ou améliorée par des mesures de réadaptation 
raisonnablement exigibles (let. a), qui a présenté une incapacité de travail 
(art. 6 LPGA) d'au moins 40% en moyenne durant une année sans 
interruption notable et qui au terme de cette année est invalide 
(art. 8 LPGA) à 40% au moins (let. b et c). Selon l'ancien art. 28 al. 2 LAI 
(dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 décembre 2021, RO 2007 5129), 
l'assuré a droit à une rente entière s'il est invalide à 70% au moins et à trois 
quarts de rente s'il est invalide à 60%. Pour un degré d'invalidité de 50% au 
moins, l'assuré a droit à une demi-rente et pour un degré d'invalidité de 
40% au moins, il a droit à un quart de rente.

2.5 Pour pouvoir évaluer le degré d'invalidité, l'administration (ou le 
juge, en cas de recours) a besoin de documents que le médecin et 
éventuellement aussi d'autres spécialistes, doivent lui fournir. La tâche du 
médecin consiste à porter un jugement sur l'état de santé et à indiquer 
dans quelle mesure et pour quelles activités l'assuré est incapable de 
travailler. En outre, les données fournies par le médecin constituent un 
élément utile pour déterminer quels travaux on peut encore exiger de 
l'assuré (ATF 140 V 193 c. 3.2, 132 V 93 c. 4; SVR 2021 IV n° 54 c. 2.3).

2.6 Selon le principe de la libre appréciation des preuves, le juge des 
assurances sociales doit, quelle que soit leur provenance, examiner 
l'ensemble des moyens de preuve de manière objective et décider s'ils 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 26 février 2024, 200.2023.330.AI, page 7

permettent de trancher la question des droits litigieux de manière sûre. En 
particulier, le juge ne saurait statuer, en présence de rapports médicaux 
contradictoires, sans avoir examiné l'ensemble des preuves disponibles et 
sans indiquer les motifs qui le conduisent à retenir un avis médical plutôt 
qu'un autre (ATF 143 V 124 c. 2.2.2, 125 V 351 c. 3a).

3.

3.1 Dans sa décision contestée du 14 mars 2023, l'intimé s'est surtout 
fondé sur le rapport d'expertise pluridisciplinaire du 16 août 2022 pour 
retenir que l'assurée était en mesure d'exercer l'activité habituelle 
d'architecte d'intérieur à un taux de 60%. Cette occupation a été 
considérée par l'intimé comme adaptée à l'atteinte à la santé. Après avoir 
procédé à une comparaison des revenus avec et sans invalidité, il a 
constaté que la perte de gain qui en résultait engendrait un taux d'invalidité 
de 40%, ouvrant le droit à un quart de rente d'invalidité dès le 1er mars 
2019. Dans son mémoire de réponse du 5 juillet 2023, l'intimé a fait valoir 
que les experts, dans leur évaluation consensuelle, s'étaient expressément 
prononcés sur les troubles de l'attention mis en évidence par l'assurée et 
avaient estimé qu'en l'absence de troubles cognitifs, un examen 
neuropsychologique n'était pas nécessaire. Il a encore relevé que le bilan 
neuropsychologique, joint à l'appui du recours et postérieur à la décision 
attaquée, ne permettait pas de remettre en cause la capacité de travail de 
60% arrêtée par les experts. L'intimé a donc considéré qu'aucune 
instruction complémentaire n'était nécessaire.

3.2 La recourante a, pour sa part, remis en cause la valeur probante du 
volet psychiatrique de l'expertise pluridisciplinaire du 16 août 2022. Elle a 
en particulier reproché à l'intimé d'avoir fait abstraction de l'appréciation 
des médecins traitants, malgré un suivi thérapeutique de longue durée. Par 
ailleurs, l'intéressée a considéré que l'expert n'avait pas suffisamment tenu 
compte de ses problèmes d'attention, de concentration et de mémoire, 
lesquels se seraient, selon elle, aggravés de façon importante suite à la 
chimiothérapie. Elle a également fait grief à l'Office AI Berne de ne pas 
avoir procédé à une évaluation neuropsychologique. Elle a ainsi critiqué 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 26 février 2024, 200.2023.330.AI, page 8

l'instruction du dossier à laquelle a procédé l'intimé et l'a dès lors jugée 
incomplète. 

4.

A titre liminaire, il faut constater que l’intimé est entré en matière sur la 
seconde demande de prestations du 10 octobre 2018. Dans la mesure où 
cette question n’est pas litigieuse dans le cas présent, le TA n’a pas à 
revoir cet aspect de la procédure (ATF 109 V 108 c. 2b). Ainsi, le droit à la 
rente doit être examiné tant sous l'angle des faits que du droit de manière 
complète, c'est-à-dire en tenant compte du spectre entier des éléments 
déterminant le droit à la prestation, ainsi qu’avec un regard neuf et sans 
être lié à de précédentes estimations de l’invalidité (ATF 141 V 9 c. 2.3, 
117 V 198 c. 4b; SVR 2021 IV n° 36 c. 3.1).

5.

5.1 Le juge des assurances sociales apprécie la légalité des décisions 
attaquées, en règle générale, d'après l'état de fait existant au moment où la 
décision litigieuse a été rendue. Les faits survenus postérieurement, et qui 
ont modifié cette situation, doivent normalement faire l'objet d'une nouvelle 
décision administrative (ATF 144 V 210 c. 4.3.1, 131 V 242 c. 2.1, 130 V 
138 c. 2.1; SVR 2022 UV n° 46 c. 6.3.1). Au cas particulier, l'assurée a 
notamment produit, à l'appui de son recours, un rapport du 25 avril 2023 
d'une cheffe de clinique d'un centre de la mémoire, un rapport du 3 avril 
2023 relatif à un examen neuropsychologique du 17 mars 2023 rédigé par 
deux psychologues (ces deux écrits se référant à une consultation du 
même jour) ainsi qu'un rapport du 24 avril 2023 de son psychiatre traitant. 
Ces trois documents sont postérieurs à la décision attaquée et concernent 
uniquement des faits constatés lors de l'examen précité, soit après ce 
prononcé. Ils ne peuvent dès lors être pris en considération. Au surplus, le 
dossier permet de constater les faits médicaux principaux suivants.

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5.2 La décision du 3 août 2017 qui accordait à la recourante une rente 
d’invalidité entière du 1er avril 2006 au 31 mars 2007, puis une demi-rente 
du 1er avril au 30 septembre 2007, se fondait principalement sur deux 
rapports du SMR datés des 29 janvier 2007 (qui lui-même reposait sur un 
examen personnel de l'assurée du 24 janvier 2007; dossier [dos.] 14/3 et 
13/1) et 7 février 2017. Il ressortait du premier, les diagnostics d'épisode 
dépressif sévère sans symptômes psychotiques, sous traitements 
médicamenteux, depuis longtemps partiellement en rémission, ainsi que 
d'antécédents de consommation excessive d'alcool et de boulimie en 
situations de stress (dos. AI 13/3). Dans son écrit du 7 février 2017, la 
médecin du SMR avait confirmé l'appréciation de la capacité de travail 
arrêtée en janvier 2007 et retenu une incapacité de travail totale dès avril 
2005 jusqu'à décembre 2006, puis de 50% dès janvier 2007 jusqu'à fin 
septembre 2007, puis une pleine et entière capacité de travail dès octobre 
2007 en raison du début de mesures professionnelles (dos. AI 13/4 et 
103/2 et 3). 

5.3 Dans le cadre de l'instruction matérielle de la seconde demande de 
l'assurée du 10 octobre 2018, les éléments suivants ressortent du dossier:

5.3.1 Dans un rapport daté du 17 avril 2018, une spécialiste en 
gynécologie a retenu le diagnostic de cancer du sein droit. Elle a mis en 
évidence une incapacité de travail totale dès le 22 mars 2018 jusqu'au 8 
mai 2018 (dos. AI 129.2/11 et 182.2/5). Suite à ce diagnostic, l'assurée a 
subi plusieurs interventions chirurgicales (segmentation du sein droit et 
évidement ganglionnaire axillaire du sein droit le 18 avril 2018 [dos. AI 
129.2/8], puis résection chirurgicale de la tumeur le 26 avril 2018 [dos. AI 
129.2/6]), lesquelles ont provoqué une incapacité de travail du 20 avril au 
31 mai 2018 (dos. AI 129.2/9 et 129.2/5). Le traitement par chimiothérapie 
mis en place par un centre hospitalier régional (dos. AI 182.2/23) a été 
interrompu en octobre 2018 du fait d'une mauvaise tolérance (neuropathie 
périphérique; dos. AI 182.2/20). L'assurée a encore bénéficié d'une 
radiothérapie et d'une hormonothérapie (dos. AI 182.2/20, voir également 
dos. AI 132/2). Les médecins ont attesté une incapacité totale de travail 
pendant la durée des traitements, soit du 17 mai 2018 au 31 janvier 2019 
(dos. AI 132/2), puis à 50% du 1er février au 31 mars 2019 (dos. AI 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 26 février 2024, 200.2023.330.AI, page 10

182.2/15), à 40% du 1er avril au 30 juin 2019 (dos. AI 182.2/14) et 
finalement à 20% dès le 1er juillet 2019 (dos. AI 182.2/13). 

5.3.2 Dans un rapport du 21 novembre 2019, un spécialiste en chirurgie 
orthopédique a posé les diagnostics de pieds fléchis/creux flexibles aux 
deux pieds, fasciite plantaire à droite, tendinite d'insertion du tendon 
d'Achille gauche, hallux valgus gauche, métatarsalgies des deux côtés et 
épaisseur douloureuse des ongles des gros orteils des deux pieds. Le 6 
février 2020, une intervention chirurgicale s'est déroulée, ayant pour but la 
correction de l'hallux valgus à gauche par ostéotomie métatarsienne distale 
et de la grande-phalange, ainsi que, sur les deux gros orteils, une résection 
matricielle latérale et une ablation de l'ensemble des ongles épaissis des 
gros orteils (dos. AI 164/6 et 182.2/9). Le spécialiste a attesté d'une 
incapacité totale de travail du 6 février au 6 mai 2020, puis d'une pleine 
capacité de travail dès le 11 mai 2020 (dos. AI 182.2/8 et 10 et dos. 168/2 
et 3). Une nouvelle intervention chirurgicale a été pratiquée par le 
spécialiste en chirurgie orthopédique, le 25 mars 2021, visant la résection 
de ganglion infra malléolaire latéral gauche ainsi que l'extraction des deux 
ongles des gros orteils (dos. AI 189/2). 

5.3.3 Les spécialistes en neurologie en charge de l'assurée durant son 
séjour dans un service psychiatrique d'un hôpital universitaire ont, dans un 
rapport de sortie du 29 juillet 2021, mis en évidence les diagnostics de 
trouble douloureux chronique avec facteurs somatiques et psychiques à 
caractère fibromyalgique, trouble dépressif récurrent, épisode léger à 
moyen, cancer du sein droit, status après embolie pulmonaire, carence en 
vitamine D, atrophie urogénitale, incontinence urinaire, hernie hiatale, 
insuffisance veineuse et endométriose (dos. AI 193/1 et 2). Le premier de 
ces diagnostics a été posé en raison de la présence d'indices, sous l'angle 
neurologique, tels qu'une sensibilité à la lumière et au bruit, des troubles de 
la mémoire et de la concentration ainsi que de multiples allergies et 
intolérances (dos. AI 193/3). 

5.3.4 Le psychiatre traitant de l'assurée a rendu un rapport le 4 novembre 
2021 duquel il ressort les diagnostics, avec incidence sur la capacité de 
travail, d'éléments de personnalité obsessionnelle-compulsive, présente 
depuis l'enfance (ch. F60.7 [recte: F60.5] de la classification statistique 

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internationale des maladies et des problèmes de santé connexes [CIM-10] 
de l'organisation mondiale de la santé [OMS]), autres troubles précisés du 
comportement et troubles émotionnels apparaissant habituellement durant 
l'enfance et l'adolescence, trouble de l'attention sans hyperactivité, depuis 
l'enfance (ch. F98.8-005 CIM-10), trouble dépressif récurrent, en rémission 
partielle (ch. F33.4 CIM-10; dos. AI 202/9). A titre de limitations 
fonctionnelles, le spécialiste en psychiatrie a indiqué que sa patiente n'était 
pas en mesure de se concentrer sur une seule tâche et présentait un 
hyperfocus (elle ne pouvait pas changer rapidement son attention). Sur le 
plan psychique, il a observé que l'assurée était légèrement tendue et 
anxieuse en raison de la baisse chronique de son estime de soi et 
présentait une baisse du niveau de sa tolérance au stress, paniquait 
rapidement et perdait le fil de ses tâches. Le médecin a retenu une 
incapacité de travail de 100% dès février 2021 (dos. AI 205/5). 

5.3.5 Dans un rapport du 27 août 2021 des médecins en charge de 
l'assurée durant son hospitalisation en clinique de réadaptation pour 
troubles psychosomatiques, ont posé les diagnostics de trouble dépressif 
récurrent, épisode moyen, le plus souvent réactionnel en raison de facteurs 
de stress persistants et avec épuisement psychophysique marqué (ch. 
F33.11 et Z73.0 CIM-10) ainsi que trouble douloureux chronique avec 
facteurs somatiques et psychiques (ch. F45.41 CIM-10; dos. AI 207/2). 

5.3.6 Le rapport de sortie d'une clinique de jour d'un neurocentre, daté du 
30 juin 2022, fait état de diagnostics de trouble douloureux chronique avec 
facteurs somatiques et psychiques à caractère fibromyalgique, cancer du 
sein droit, status après embolie pulmonaire, trouble dépressif récurrent, 
épisode léger à moyen, trouble de "binge-eating", carence en vitamine D, 
atrophie urogénitale et incontinence urinaire (dos. AI 239/1 et 2).

5.3.7 Sur les recommandations d'un spécialiste en psychothérapie et 
psychologie du SMR (dos. AI 212/5), l'intimé a ordonné une expertise 
pluridisciplinaire, dont les conclusions ont été livrées le 16 août 2022. A 
l'appui de leur évaluation consensuelle, les experts ont posé les diagnostics 
de carcinome du sein droit invasif avec atteinte d'un ganglion, sans 
métastase à distance, traité par chimiothérapie et radiothérapie puis 
Tamoxifène (ch. C50.4 CIM-10), endométriose ayant nécessité une 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 26 février 2024, 200.2023.330.AI, page 12

intervention se limitant aux foyers les plus importants qui s'est améliorée 
après la mise en route du traitement de Tamoxifène provoquant une 
ménopause iatrogène, allergies multiples (ch. J30.2 et T78.1 CIM-10), 
obésité (ch. E66 CIM-10), reflux gastro-œsophagien (ch. K21 CIM-10), 
apnée du sommeil (ch. G47.3 CIM-10), fasciite plantaire gauche (ch. M72 
CIM-10), lombo cruralgie droite sur sténose foraminale L3-L4 droite sans 
signe neurologique (ch. M79.2 CIM-10), omalgie gauche secondaire à une 
atteinte acromio-claviculaire avec léger syndrome sous acromial (ch. M75.5 
CIM-10), fibromyalgie, status post chirurgie pour hallux valgus à gauche et 
chirurgie unguéale des deux orteils, trouble dépressif récurrent, en 
rémission (ch. F33.4 CIM-10). Ils ont mentionné des limitations 
fonctionnelles sur le plan de la médecine interne générale en raison de 
nombreuses allergies et retenu que le travail en extérieur notamment au 
printemps devait être évité, de même que les activités contraignantes pour 
les bras, notamment le droit (dos. AI 243.1/5). D'un point de vue 
rhumatologique, les experts ont indiqué que la recourante ne devait pas 
fournir d'efforts de soulèvement de plus de 5 kg, ni travailler en porte-à-faux 
du buste. Ils ont encore admis que le port de charges proche du corps 
devait être limité à 5 kg. Les marches et les piétinements prolongés 
devaient être évités et l'assurée ne devait fournir aucun effort du membre 
supérieur gauche au-delà de la ligne des épaules. Ils ont recommandé un 
changement de position régulier. Dans une activité adaptée, ils ont attesté 
en lien avec la problématique de la médecine interne générale, une 
incapacité de travail totale d'avril à fin décembre 2018 et une capacité de 
travail de 60% dès janvier 2019. Ils ont encore noté, sous l'angle 
rhumatologique, une incapacité de travail totale du 6 février au 6 mai 2020, 
puis du 31 mars au 30 avril 2021 (dos. AI 243.1/6 et 7). Finalement, les 
experts ont indiqué que l'état de santé et la capacité de travail de la 
recourante s'étaient modifiés par rapport à la situation lors de la décision du 
3 août 2017 en raison notamment de l'apparition du cancer du sein en avril 
2018 et des interventions chirurgicales et traitements qui en avaient 
découlé, lesquels avaient provoqué une fatigue persistante avec influence 
sur la capacité de travail (dos. AI 243.1/6 in fine et 7). 

5.3.8 A l'appui de son recours, l'assurée a déposé un rapport du 14 
décembre 2022 dans lequel son psychiatre traitant s'est déterminé sur le 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 26 février 2024, 200.2023.330.AI, page 13

résultat de l'expertise pluridisciplinaire susmentionnée (voir c. 5.3.7). Il a en 
particulier reproché à l'expert psychiatre d'avoir écarté le diagnostic de 
trouble de l'attention/hyperactivité sur la seule base du comportement de 
l'assurée lors de l'entretien et de n'avoir pas tenu compte du fait que les 
personnes atteintes d'une telle affection varient leur comportement de 
manière significative en fonction du contexte dans lequel elles se trouvent. 
Il a en outre indiqué que les critères pour retenir ce diagnostic étaient bien 
présents chez l'assurée. Il a encore relevé que les éléments du diagnostic 
de "fatigue coalition" liés à la fatigue due à un cancer étaient tous réunis. 
Selon lui, ces deux affections auraient une influence importante sur la 
capacité de travail de la recourante (dos. AI 267/24). 

6.

Se pose en premier lieu la question de la valeur probante de l'expertise 
pluridisciplinaire du 16 août 2022 sur laquelle s'est appuyé l'intimé pour 
rendre la décision contestée. 

6.1 La valeur probante d'un rapport médical dépend du fait que les 
points litigieux importants aient fait l'objet d'une étude fouillée, que le 
rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en 
considération les plaintes exprimées, qu'il ait été établi en pleine 
connaissance du dossier (anamnèse), que la description du contexte 
médical soit claire et enfin que les conclusions de l'expert soient bien 
motivées. Ainsi, ni la provenance du moyen de preuve, ni l'appellation du 
mandat confié au médecin (rapport ou expertise) ne sont déterminantes 
pour la force probante d'un tel document (ATF 143 V 124 c. 2.2.2, 134 V 
231 c. 5.1, 125 V 351 c. 3a).

6.2 L'expertise comprend une appréciation interdisciplinaire (expertise 
consensuelle) du 16 août 2022, synthétisant le résultat d'examens sur les 
plans de la psychiatrie, de la médecine interne générale et de la 
rhumatologie (dos. AI 243.1/1). Les experts, dont les qualifications 
médicales ne sauraient être mises en doute, ont procédé chacun à un 
examen personnel de la recourante. Ils ont tenu compte des plaintes 
subjectives de l'assurée au terme d’une discussion ouverte, puis ont posé 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 26 février 2024, 200.2023.330.AI, page 14

des questions ciblées en fonction des thématiques propres à leur domaine 
d’investigation respectif. Ils ont rapporté soigneusement les résultats de 
leur examen systématique et ont résumé l'ensemble des documents 
médicaux au dossier (dos. AI 243.5/1). Ils ont énoncé leurs résultats et 
appréciations, répondu aux questions de l'intimé et du psychiatre traitant de 
l'assurée, également quant à l'évolution de la situation depuis la dernière 
décision. Ils ont finalement fourni des informations sur les points 
nécessaires pour l'évaluation normative et structurée des troubles 
psychiques (voir c. 2.3). Dans ces circonstances, force est de constater 
que les résultats de l'expertise ont été arrêtés en pleine connaissance des 
éléments médicaux déterminants. Les observations émises dans ce 
contexte, discutées et étayées, ont ensuite été intégrées dans l'évaluation 
finale consensuelle, à laquelle ont procédé les experts. Leurs conclusions 
ne laissent pas apparaître d'élément permettant de soupçonner des 
lacunes lors de la genèse de l'expertise. Elles répondent ainsi aux 
exigences formelles posées par la jurisprudence relative à la valeur 
probante des documents médicaux (voir c. 6.1).

6.3 Sur le plan matériel, l'expertise est également convaincante.

6.3.1 S'agissant du volet de la médecine interne générale d'abord, l'expert 
de cette discipline a procédé à un examen clinique complet de l'assurée 
(dermatologie, cardio-vasculaire, pneumologie, abdomen, oto-rhino-
laryngologie, ophtalmologie et système nerveux; dos. AI 243.3/6). Il a en 
particulier observé la présence d'éléments de polyneuropathie (dos. AI 
243.3/6). A l'issue de son examen et en tenant également compte des 
plaintes et de l'anamnèse médicale de l'assurée (notamment un cancer du 
sein dont les chances de guérison ont été jugées bonnes), l'expert a 
cherché à expliquer la fatigue ressentie par celle-ci. C'est ainsi qu'il a 
évoqué les troubles du sommeil d'origine multifactorielle (douleurs, 
traitements, apnées du sommeil) ainsi que le traitement de Tamoxifène, 
lesquels contribueraient, selon lui, à la persistance de la fatigue. Il a ainsi 
retenu, de façon logique, que ces perturbations du sommeil étaient 
susceptibles de limiter de manière irrégulière le rendement (sur le plan 
professionnel et privé) de l'assurée (dos. AI 243.3/7). L'expert a par ailleurs 
évoqué les nombreuses allergies dont souffre la recourante (dos. AI 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 26 février 2024, 200.2023.330.AI, page 15

243.3/7). L'activité raisonnablement exigible qui a été décrite (activité ne 
s'exerçant pas en extérieur notamment au printemps et en été et ne 
soumettant pas les bras à des efforts) est dès lors cohérente au vu des 
observations faites par l'expert (notamment les allergies et la chirurgie du 
cancer du sein droit survenue en 2018; dos. AI 243.3/8). Quant à 
l'évaluation de la capacité de travail de la recourante, à savoir selon l'expert 
pleine et entière entre avril et décembre 2018 (découverte du cancer, puis 
traitement par chimiothérapie), puis 60% dès janvier 2019, elle s'avère 
également concluante au vu des limitations fonctionnelles décrites par 
l'expert et tient suffisamment compte de la fatigue de l'assurée (dos. AI 
243.3/8). Le rapport d’expertise, dans son volet dédié à la médecine interne 
générale, est ainsi convaincant et n’a d’ailleurs, à juste titre, pas été 
contesté.

6.3.2 D'un point de vue rhumatologique ensuite, l’expert a établi un status 
rhumatologique complet en ciblant ensuite son évaluation médico-
assécurologique sur les douleurs éprouvées par l'assurée (douleurs 
neuropathiques, aux deux épaules, au genou gauche ou encore douleurs 
diffuses). Au terme de son examen clinique, le spécialiste en rhumatologie 
a constaté que les plaintes décrites par la recourante étaient cohérentes 
avec le diagnostic de fibromyalgie. Il n'a toutefois observé aucun signe de 
pathologie rhumatologique inflammatoire. Pour le surplus, il a relevé que 
les limitations n'étaient pas uniformes et que l'assurée était capable 
d'effectuer de nombreuses tâches et activités dans la journée (dos. AI 
243.4/8). Sur la base de ces dernières observations médicales et en tenant 
également compte des ressources internes et externes de la recourante, 
de même que des (importants) facteurs extra somatiques, l'expert a retenu 
une pleine et entière capacité de travail dans une activité adaptée aux 
limitations fonctionnelles. Il a néanmoins admis une incapacité de travail 
totale du 6 février au 6 mai 2020 en raison de l'intervention chirurgicale de 
l'hallux valgus au pied gauche, puis du 31 mars au 30 avril 2021, du fait de 
la seconde intervention sur les ongles des deux gros orteils (dos. AI 
243.4/9). Le profil d'exigibilité a été décrit par le spécialiste en rhumatologie 
comme étant une activité excluant des efforts de soulèvement de plus de 
5 kg à partir du sol, le porte-à-faux du buste ou encore les efforts du 
membre supérieur gauche au-delà de la ligne des épaules. Le port de 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 26 février 2024, 200.2023.330.AI, page 16

charges proche du corps à 5 kg et les marches et les piétinements 
prolongés doivent être limités. L'expert a finalement recommandé un 
changement de position régulier (dos. AI 243.4/9). L'activité adaptée définie 
par l'expert est cohérente au vu des (faibles) restrictions fonctionnelles 
constatées lors de l'examen clinique et donc pleinement convaincant, ce 
qui n'est du reste pas contesté par l'assurée. 

6.3.3 En ce qui concerne finalement l'aspect psychiatrique, l'expert de 
cette discipline a procédé avec soin à un examen clinique, puis a répertorié 
l'ensemble des appréciations médicales (sur le plan psychiatrique) au 
dossier médico-assécurologique de l'assurée avant de discuter les 
diagnostics topiques. Dans ce cadre, l'expert a retenu le diagnostic, sans 
influence sur la capacité de travail, de trouble dépressif récurrent, en 
rémission (ch. F33.4 CIM-10). Pour étayer celui-ci, il a notamment relevé 
l'absence de tristesse, d'humeur dépressive, d'angoisses ou d'idées noires, 
mais la seule présence d'un manque de confiance en soi ou d'inutilité ainsi 
qu'une tendance à se dévaloriser (dos. AI 243.2/5 et 6). Cette appréciation 
rejoint pour l'essentiel les conclusions du psychiatre traitant qui, dans son 
rapport du 4 novembre 2021, avait également mis en évidence une baisse 
chronique d'estime de soi (dos. AI 202/8) et avait ainsi conclu à la 
reconnaissance d'un trouble dépressif récurrent, en rémission partielle 
(dos. AI 202/9). En outre, l'expert a expliqué les raisons pour lesquelles il 
se distanciait des diagnostics de troubles de l'attention sans hyperactivité 
survenant dans l’enfance et l’adolescence (ch. F98.8-005 CIM-10) et de 
personnalité obsessionnelle compulsive (ch. F60.7 [recte: F60.5] CIM-10) 
pourtant retenus par le psychiatre traitant dans son rapport du 4 novembre 
2021 (dos. AI 202/9). C'est ainsi qu'il a indiqué que l'expertisée ne relatait 
pas de pensées imposées, ni de rituels et qu'elle n'avait pas non plus 
signalé souffrir de trouble obsessionnel compulsif (TOC). Si l'assurée a, 
certes, mentionné qu'elle aimait accumuler des objets de décoration et 
éprouvait une certaine difficulté à s'en séparer (dos. AI 243.2/5), force est 
d'admettre avec l'expert que celui-ci n'a pas constaté, lors de l'entretien 
approfondi, de symptômes répertoriés à ce titre dans la CIM-10 
(notamment absence de doute ou prudence excessive, de 
perfectionnement qui entraverait l'achèvement des tâches, ni de 
scrupulosité ou méticulosité extrême ou encore absence de rigidité ou 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 26 février 2024, 200.2023.330.AI, page 17

d'entêtement; dos. AI 243.2/5 et 8). Quant au diagnostic de trouble de 
l'attention, l'expert l'a écarté au motif qu'il n'avait décelé, au cours de 
l'entrevue, aucun trouble cognitif (dos. AI 243.2/8). Cette conclusion est en 
adéquation avec le ressenti subjectif de la recourante. Celle-ci a en effet 
indiqué, en cours de discussion, n'avoir souffert d'aucun trouble de la 
concentration ou de la mémoire (dos. AI 243.2/5). Certes, un déficit 
d'attention, de la concentration ou de la mémoire a été perçu chez la 
recourante par les spécialistes en neurologie (voir c. 5.3.3; dos. AI 193/3), 
par les médecins en charge de l'assurée durant son hospitalisation en 
clinique de réadaptation pour troubles psychosomatiques (c. 5.3.5; dos. AI 
207/4) ou lors du séjour en clinique de jour d'un neurocentre (c. 5.3.6; dos. 
AI 239/3). Ces spécialistes l'ont toutefois associé au diagnostic de trouble 
douloureux chronique avec facteurs somatiques et psychiques à caractère 
fibromyalgique (voir notamment c. 5.3.3; dos. AI 193/3 et 239/3) et n'en ont 
tiré aucune conclusion quant à d'éventuelles restrictions fonctionnelles. 
L'écrit du 14 décembre 2022 du psychiatre traitant (voir c. 5.3.8), postérieur 
au rapport d'expertise du 16 août 2022, n'est pas non plus de nature à 
remettre en cause l'appréciation de l'expert. En particulier, il ne peut être 
reproché à ce dernier de ne pas avoir tenu compte des variations possibles 
de comportement des personnes souffrant d'un trouble de l'attention 
(critique formulée par le psychiatre traitant; voir dos. AI 267/23). En effet, 
quand bien même l'atteinte n'a pas été constatée lors de l'examen clinique, 
l'expert a relevé que celle-ci pouvait survenir en cas de stress ou de fatigue 
(dos. AI 243.2/5). Il a également tenu compte de l'aggravation de cette 
problématique à la suite du cancer (dos. AI 243.2/5; voir art. 2 p. 8 du 
recours). En outre et contrairement au psychiatre traitant, l'expert n'a pas 
mis en évidence de symptômes relatifs à ce trouble. Il a plutôt mentionné 
un discours cohérent, l'absence d'atteinte formelle de la pensée ou encore 
une bonne orientation dans le temps (dos. AI 243.2/5). Fort de ces constats 
et en dépit d'une légère dyscalculie observée (dos. AI 243.2/4), le 
spécialiste en psychiatrie n'a pas jugé nécessaire de procéder à une 
évaluation neuropsychologique (dos. AI 243.2/9). Quoi qu'en pense 
l'intéressée (art. 2 p. 6 du recours), l'expert ne s'est pas contenté de 
constater l'absence de troubles cognitifs pour exclure le diagnostic de 
trouble de l'attention. Il a, au contraire, pris soin d'examiner les éléments 
apportés par le psychiatre traitant dans un rapport du 2 août 2022 (dos. AI 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 26 février 2024, 200.2023.330.AI, page 18

243.2/6). En particulier, il a critiqué la force probante des conclusions d'un 
test WURS-25 sur lesquelles le psychiatre traitant s'est notamment fondé 
pour évaluer les troubles de l'attention de l'expertisée. L'expert a, d'une 
part, relevé que ce test consistait en une simple auto-évaluation. D'autre 
part, il a observé que les conclusions de ce questionnaire n'étaient pas 
étayées et ne reflétaient pas le résultat de l'examen clinique auquel il était 
parvenu. Quant à l'évaluation TAP, également évoquée par le psychiatre 
traitant dans son rapport du 2 août 2022, le spécialiste en psychiatrie l'a 
également réfutée de façon cohérente, au motif que celle-ci ne comportait 
aucune conclusion et qu'il était dès lors impossible d'en déduire un impact 
sur la capacité de travail de l'assurée (dos. AI 243.2/6). La question de 
savoir si la fatigue de l'expertisée avait une influence sur les performances 
cognitives a également fait l'objet d'examens et cette hypothèse a été 
écartée par l'expert. Ainsi, celui-ci a rapporté avoir observé une fatigue très 
légère pendant son propre examen, alors même que l'assurée avait été 
auditionnée auparavant pendant près de deux heures par l'expert en 
médecine interne générale (dos. AI 243.2/6). Le spécialiste en psychiatrie 
est d'autant plus crédible qu'il n'a pas minimisé la fatigue de l'assurée, en 
particulier celle engendrée par les insomnies (dos. AI 243.2/6). Il a 
néanmoins conclu qu'elle n'était pas liée à un état dépressif et donc pas de 
nature psychiatrique (dos. AI 243.2/9). A noter encore que, pour contrer 
cette appréciation médicale et asseoir la thèse d'une fatigue invalidante, le 
psychiatre traitant, dans son rapport du 14 décembre 2022 (voir c. 5.3.8), 
s'est appuyé sur des critères de classification de la "Fatigue Coalition" (dos. 
AI 267/24) et non sur les indices habituels de la CIM-10. Ce même 
médecin a par ailleurs admis qu'il n'existait, pour le moment, aucun critère 
de classification s'agissant de la fatigue associée à un cancer (dos. AI 
267/24). Dans ces conditions, on ne saurait reprocher à l'expert d'avoir 
exclu tout diagnostic avec influence sur la capacité de travail en lien avec la 
fatigue ressentie par l'assurée sur la base des symptômes de la CIM-10 
(dos. AI 243.2/9). Finalement, l'expert psychiatre a minutieusement analysé 
et commenté les résultats des tests produits par le psychiatre traitant, puis 
les a confrontés à son propre examen clinique. Il a encore conclu, de façon 
logique, qu'en tout état de cause et même si un diagnostic de trouble de 
l'attention devait être retenu, aucune limitation fonctionnelle n'avait été 
constatée ou alléguée par le psychiatre traitant (dos. AI 243.2/6). A cet 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 26 février 2024, 200.2023.330.AI, page 19

égard, la recourante ne peut rien non plus tirer en sa faveur du rapport du 
14 décembre 2022 de son psychiatre traitant (voir c. 5.3.8), dans la mesure 
où celui-ci n'y a pas non plus décrit de limitations fonctionnelles, ni leurs 
éventuelles ampleurs (dos. AI 267/24). Par conséquent, les conclusions de 
l'expert relatives aux diagnostics sont logiques, compréhensibles et 
convaincantes. S'appuyant sur ses propres observations, l'expert a entre 
autres relevé que la recourante ne présentait pas de troubles formels de la 
pensée ou du langage et qu'elle s'exprimait dans un discours cohérent 
(dos. AI 243.2/5). Il n'a donc constaté aucune limitation fonctionnelle au 
motif psychiatrique. En l'absence de telles restrictions, la pleine et entière 
capacité de travail de l'assurée dans une activité adaptée, retenue par 
l'expert, n'est pas critiquable (dos. AI 243.2/9).

6.3.4 Finalement, l'évaluation consensuelle livre une appréciation 
coordonnée des atteintes concernées et de leurs répercussions sur la 
capacité de travail de l’assurée. Les experts y ont notamment confronté 
leurs divergences au sujet de la fatigue multifactorielle ressentie par 
l'assurée. Ainsi, au terme de leur consensus, les experts ont nié l'impact de 
la fatigue sur les capacités cognitives de l'intéressée (dos. AI 243.1/7). Ils 
l'ont toutefois prise en compte comme facteur de réduction de la capacité 
de travail (dos. AI 243.1/7). C'est également de manière probante qu'ils se 
sont mis d'accord sur une incapacité totale de travail quelle que soit 
l’activité exercée d'avril à fin décembre 2018, puis une capacité de travail 
de 60% dès janvier 2019 (sur le plan de la médecine interne générale). Ils 
ont également retenu une incapacité totale de travail dans l'activité adaptée 
du 6 février au 6 mai 2020 et du 31 mars au 30 avril 2021, d'ordre 
rhumatologique (dos. AI 243.1/6). Le profil d’exigibilité défini par les experts 
à l'issue de leur évaluation consensuelle, est en pleine adéquation avec les 
restrictions fonctionnelles mises en évidence dans chacun des volets de 
l'expertise pluridisciplinaire (voir c. 6.3.1 à 6.3.3). 

6.3.5 Par conséquent, il faut conclure que l'expertise pluridisciplinaire du 
16 août 2022 s'avère claire, convaincante et complète. Elle répond aux 
critères posés par la jurisprudence (c. 6.1) pour lui accorder une pleine 
valeur probante, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'entreprendre ou d'ordonner 
des investigations médicales supplémentaires qui n'apporteraient rien de 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 26 février 2024, 200.2023.330.AI, page 20

nouveau au dossier déjà suffisamment instruit. Cette conclusion s'impose 
tant pour les aspects spécifiquement médicaux de l’expertise, que pour la 
proposition qui y est formulée relative à l’estimation de la capacité de travail 
et de son évolution. Par le fait d'avoir évalué les déficits fonctionnels sur 
une base objectivée, les experts mandatés par l'intimé ont en effet respecté 
le cadre normatif déterminant (art. 7 al. 2 LPGA; voir c. 2.3). Tout d'abord, 
force est de constater que l'expert psychiatre n'a pas retenu de motifs 
d'exclusion et partant, d'arguments en faveur d'une simulation ou d'une 
majoration systématique des symptômes. Ensuite, le degré de gravité 
fonctionnelle de l'atteinte a notamment été évalué en tenant compte de la 
rémission du trouble dépressif récurrent ou encore au vu de l'absence du 
diagnostic de trouble de l'attention ou d'éléments de personnalité 
obsessionnelle (voir c. 6.3.3). Les ressources de l'assurée ont également 
été énumérées et prises en considération par l'expert. Celui-ci a 
notamment évoqué la capacité de l'expertisée à s'adapter à des règles de 
routine, à planifier et structurer les tâches. La flexibilité ou la capacité de 
changement et de mobiliser les compétences et les connaissances ont 
également été mises en évidence par l'expert. Il a encore noté l'aptitude de 
l'intéressée à prendre des décisions ou la capacité de résistance et 
d'endurance intacte (voir dos. AI 243.2/8). Fort de ces indicateurs positifs, 
le spécialiste en psychiatrie a relativisé les plaintes de la recourante eu 
égard aux diverses activités menées par celle-ci quotidiennement 
(notamment promenades, piscine ou fitness, déplacements à vélo ou en 
train, rencontres avec des amis, visites d'expositions). Il a également 
mentionné les nombreux centres d'intérêts de l'assurée (photographie, 
expositions, bricolage, culture; dos. AI 243.2/4 et 7). L'expert a encore pris 
en considération l'entourage, bien présent, de l'assurée (concubinage 
stable et cercle d'amis élargi; dos. AI 243.2/4). Au titre des difficultés, le 
même expert a décelé chez l’expertisée un sentiment d'infériorité et 
d'inutilité ou encore une tendance à se dévaloriser (voir c. 6.3.3). Dès lors, 
au vu de l'examen méticuleux et détaillé des indicateurs par l'expert 
psychiatre, les conclusions de celui-ci, qui considère que l'assurée dispose 
d'une pleine capacité de travail sous l'angle psychiatrique, apparaissent 
convaincantes également d'un point de vue juridique. 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 26 février 2024, 200.2023.330.AI, page 21

6.3.6 Il y a donc lieu de retenir, à l'instar des experts dans leur évaluation 
consensuelle, que l'assurée a présenté une incapacité totale de travail 
dans une activité adaptée d'avril à fin décembre 2018, puis une capacité de 
travail de 60% dès janvier 2019. Une incapacité totale de travail dans 
l'activité adaptée du 6 février au 6 mai 2020, puis du 31 mars au 30 avril 
2021 doit finalement être admise (dos. AI 243.1/6). 

7.

Il convient ensuite de s'intéresser aux conséquences juridiques de ce qui 
précède sur le calcul de l'invalidité. 

7.1 Pour évaluer le taux d’invalidité, le revenu que l’assuré aurait pu 
obtenir s’il n’était pas invalide est comparé avec celui qu’il pourrait obtenir 
en exerçant l’activité qui peut raisonnablement être exigée de lui après les 
traitements et les mesures de réadaptation, sur un marché du travail 
équilibré (art. 16 LPGA). La comparaison des revenus s'effectue, en règle 
générale, en chiffrant aussi exactement que possible les montants de ces 
deux revenus et en les confrontant l'un avec l'autre, la différence 
permettant de calculer le taux d'invalidité. Dans la mesure où ces revenus 
ne peuvent être chiffrés exactement, ils doivent être estimés d'après les 
éléments connus dans le cas particulier, après quoi l'on compare entre 
elles les valeurs approximatives ainsi obtenues (méthode générale de 
comparaison des revenus; ATF 128 V 29 c. 1, 104 V 135 c. 2b; SVR 2019 
BVG n° 16 c. 4.4.2). Pour procéder à la comparaison des revenus, il 
convient de se placer au moment (hypothétique) de la naissance du droit à 
la rente; les revenus avec et sans invalidité doivent être déterminés par 
rapport à une même période et les modifications de ces revenus 
susceptibles d'influencer le droit à la rente survenues jusqu'à la date de la 
décision être prises en compte (ATF 143 V 295 c. 4.1.3, 129 V 222).

7.2 En l'espèce, le droit à la rente est né le 1er avril 2019 et non le 
1er mars 2019 comme l'a retenu à tort l'intimé dans la décision attaquée. Il 
ressort en effet du dossier que l'assurée a déposé auprès de l'intimé une 
demande de moyens auxiliaires du 10 juillet 2018 (dos. AI 108/1), une 
communication de détection précoce du 25 septembre 2018 (dos. AI 115/1) 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 26 février 2024, 200.2023.330.AI, page 22

et une demande de prestations pour adultes (mesures professionnelles et 
rente) du 10 octobre 2018 (dos. AI 124/1). Dans ce dernier document, elle 
a mentionné une incapacité de travail à partir du 22 mars 2018, date 
confirmée par le dossier de l'assureur perte de gain en cas de maladie, par 
les rapports d'un centre hospitalier (dos. AI 125/1), par un écrit de la 
spécialiste en gynécologie traitante (dos. AI 129.2/12 et 129.2/14) et par le 
questionnaire de l'employeur (dos. AI 130/5). Conformément à l'art. 29 al. 1 
LAI, le droit à la rente prend naissance au plus tôt à l'échéance d'une 
période de six mois à compter de la date à laquelle la personne assurée a 
fait valoir son droit aux prestations, conformément à l'art. 29 al. 1 LPGA. 
Selon cette dernière disposition, la date déterminante est celle à laquelle le 
formulaire de demande de prestations a été remis à la Poste, la date du 
cachet postal faisant foi (art. 29 al. 1 LPGA; voir aussi TF 8C_145/2019 du 
3 juin 2020 c. 6.4.2, 9C_573/2017 du 23 janvier 2018 c. 5 et les 
références). En l'espèce, si le délai d'attente d'une année dès le début de 
l'incapacité de travail moyenne d'au moins 40% était arrivé à échéance le 
22 mars 2019 (art. 28 al. 1 let. b LAI; dos. AI 129.2/12; voir c. 5.3.1), force 
est de constater que ce n'est toutefois qu'en avril 2019 que le délai de 
carence découlant de l'art. 29 al. 1 LAI était quant à lui écoulé. A ce titre, il 
apparaît qu'aucun indice ne permettait à l'intimé de déceler qu'une rente 
pouvait entrer en considération avant le dépôt, le 10 octobre 2018, de la 
demande de prestations pour adultes (mesures professionnelles et rente). 
Ni le formulaire relatif aux moyens auxiliaires (octroi d'une perruque) du 10 
juillet 2018, ni la communication de détection précoce du 25 septembre 
2018 ne contenaient de certificat médical propre à attester une éventuelle 
incapacité de travail (dos. AI 108/1 et 115/1; voir TF 9C_376/2017 du 30 
octobre 2017 c. 3.3.2 a contrario). Quoi qu'il en soit, l'année de référence 
pour procéder à la comparaison des revenus est 2019. Les modifications 
dans la capacité de travail consécutives aux deux interventions 
chirurgicales aux pieds (hallux valgus, puis opération sur les ongles des 
gros orteils) constatées par les experts entre le 6 février et le 6 mai 2020, 
respectivement du 31 mars au 30 avril 2021, n'impliquent, quant à elles, 
aucune modification du droit aux prestations (voir art. 88a du règlement 
fédéral du 17 janvier 1961 sur l'assurance-invalidité [RAI; RS 831.201] a 
contrario).

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 26 février 2024, 200.2023.330.AI, page 23

7.3 C'est à juste titre que l'intimé s'est fondé sur l’Enquête suisse sur la 
structure des salaires (ESS) publiée par l’Office fédéral de la statistique 
(OFS) pour évaluer le revenu hypothétique sans handicap de l'assurée. En 
effet, la pratique qui veut que le revenu de personne valide doit en règle 
générale être calculé sur la base du dernier salaire gagné par la personne 
assurée (en l’adaptant cas échéant au renchérissement et à l'évolution des 
salaires réels) ne trouve application que s’il peut être établi au degré de la 
vraisemblance prépondérante que le dernier gain perçu aurait continué 
d’être réalisé. Si tel n’est pas le cas parce que la perte d'emploi a eu lieu 
pour des raisons étrangères à l'invalidité, le salaire de valide doit être 
déterminé sur la base de valeurs statistiques moyennes (TF 8C_260/2020 
du 2 juillet 2020, in: SVR 2020 IV n° 71 c. 4.1.2 et les références). Or, en 
l’espèce, le dernier employeur a mis fin aux rapports de travail au 31 mars 
2021 pour des raisons économiques (dos. AI 197.4/1). Il apparaît ainsi que 
la recourante a perdu son emploi pour des motifs étrangers à l'invalidité, si 
bien qu’on ne peut admettre qu’elle aurait poursuivi ce travail sans atteinte 
à la santé.

7.4 Dans la mesure où la recourante n'exerçait pas d'activité 
correspondant au profil d'exigibilité susmentionné au moment de la 
décision contestée, il y a lieu de se fonder, s'agissant du revenu avec 
invalidité, sur la même base de données statistiques. Dans ce cas, une 
comparaison de valeurs exprimées simplement en pour-cent peut aussi 
suffire. Le revenu hypothétique réalisable sans invalidité équivaut alors à 
100%, tandis que le revenu d'invalide est estimé à un pourcentage plus 
bas, la différence en pour-cent entre les deux valeurs exprimant le taux 
d'invalidité (comparaison en pour-cent; ATF 114 V 310 c. 3a, 107 V 17 c. 
2d, 104 V 135 c. 2b; SVR 2019 BVG n° 16 c. 4.4.2). En l'espèce, le 
pourcentage à prendre en considération pour le revenu d'invalide 
correspond à l'incapacité de travail déduite de l'appréciation des experts, 
qui a été jugée probante (40%, voir c. 6.3.6), puisque les revenus à 
comparer avec et sans invalidité procèdent des mêmes données salariales. 
Il en résulte un droit à un quart de rente d'invalidité dès le 1er avril 2019. Il 
convient ainsi de réformer la décision de l'intimé du 14 mars 2023 au 
détriment de la recourante (comme elle en a été avertie par ordonnance du 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 26 février 2024, 200.2023.330.AI, page 24

12 janvier 2024), en ce sens qu'un quart de rente d'invalidité lui est octroyé 
dès le 1er avril 2019. 

8.

8.1 Par conséquent, le recours est mal fondé et doit être rejeté. 

8.2 Aux termes de l'art. 61 let. fbis LPGA en lien avec l'art. 69 al. 1bis LAI, 
la procédure de recours en matière de contestations portant sur des 
prestations de l'AI devant le tribunal cantonal des assurances est soumis à 
des frais judiciaires. Par conséquent, la recourante, qui n'obtient pas gain 
de cause, doit prendre à sa charge les frais de la présente procédure, fixés 
forfaitairement à Fr. 800.- (art. 108 al. 1 LPJA) et n'a pas droit à des 
dépens (art. 61 let. g LPGA a contrario et art. 104 LPJA).

8.3 La recourante a toutefois requis le bénéfice de l'assistance judiciaire 
limitée aux frais de justice. 

8.3.1 Sur requête, l'autorité administrative ou de justice administrative 
dispense du paiement des frais de procédure et de l'obligation éventuelle 
de fournir des avances ou des sûretés la partie qui ne dispose pas de 
ressources suffisantes et dont la cause ne paraît pas dépourvue de toute 
chance de succès (art. 61 let. f LPGA et art. 111 al. 1 et 2 LPJA; SVR 2011 
IV n° 22 c. 2, 2011 UV n° 6 c. 6.1).

8.3.2 Au vu de la situation de vie de la recourante (en colocation; voir 
notamment ATF 138 Ill 97 c. 2.3.2; TF 5A_601/2017 du 17 janvier 2018 
c. 6.3.2.1, 5A_724/2016 du 19 avril 2017 c. 4.3) et des pièces produites à 
l'appui de sa requête d'assistance judiciaire, la mise en balance des 
revenus mensuels à prendre en considération aboutit à un solde négatif de 
Fr. 660.45. En effet, les revenus se montent à Fr. 2'379.75 (indemnités de 
chômage moyennes de Fr. 1'929.75.- et rente AI de Fr. 450.-, voir pièces 
justificatives [PJ] 14 et 38). Les charges mensuelles peuvent quant à elles 
être admises à hauteur de Fr. 3'040.20, composées du montant de base 
pour personne en concubinage de Fr. 850.- (Fr. 1'200.- sous déduction 
d'un montant maximal de Fr. 350.-), augmenté de 30% (Fr. 255.-), du loyer 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 26 février 2024, 200.2023.330.AI, page 25

avec frais accessoires (Fr. 761.35, voir PJ 15 et 16), des primes 
d'assurance-maladie obligatoire (Fr. 440.20 selon la dernière police, voir PJ 
36), des frais médicaux non couverts (Fr. 181.60/mois [Fr. 1'751.55 + 
427.95], voir PJ 19 et 22; let. C ch. 2 let. c de la Circulaire n° 1 du 25 
janvier 2011 de la section civile de la Cour suprême et du Tribunal 
administratif, disponible sur le site internet du TA, rubriques: 
Thèmes/Frais/Assistance judiciaire; ci-après: Circulaire n° 1) ainsi que des 
impôts dont le paiement régulier a été établi (Fr. 552.05/mois; PJ 31; let. C 
ch. 2 let. g de la Circulaire n° 1 et les références). Bien que la recourante 
dispose d'un solde bancaire de Fr. 842.11 (PJ 33), on ne saurait exiger 
d'elle qu'elle entame sa fortune, puisqu'il s'agit d'économies de peu 
d'importance, qu'elle réalise de faibles revenus et qu'elle est contrainte 
d'entamer sa fortune pour subvenir à son entretien (let. F Circulaire n° 1). 
Au vu de ce qui précède, la recourante n'est pas en mesure, selon la 
pratique en matière d'assistance judiciaire, d'économiser, même sur un an, 
la somme nécessaire au règlement des frais de la présente procédure. En 
plus de la condition formelle de l'indigence qui apparaît dès lors réalisée, il 
doit être également admis que les chances de succès du recours ne 
pouvaient être d'emblée niées (ATF 140 V 521 c. 9.1; SVR 2021 ALV n° 13 
c. 8.1). La requête peut dès lors être admise et la recourante mise au 
bénéfice de l'assistance judiciaire limitée aux frais de procédure. Ceux-ci, à 
hauteur de Fr. 800.-, sont ainsi provisoirement supportés par le canton au 
titre de l'assistance judiciaire. 

8.3.3 La recourante doit néanmoins être rendue attentive à son obligation 
de remboursement si elle devait disposer, dans les dix ans dès l'entrée en 
force du présent jugement, d'un revenu ou d'une fortune suffisante (art. 123 
du code de procédure civile suisse du 19 décembre 2008 [CPC, RS 272], 
applicable par renvoi de l'art. 112 al. 2 LPJA). 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 26 février 2024, 200.2023.330.AI, page 26

Par ces motifs:

1. Le recours est rejeté.

2. La décision de l'Office AI Berne du 14 mars 2023 est réformée au 
détriment de la recourante, en ce sens qu'un quart de rente d'invalidité 
lui est octroyé dès le 1er avril 2019.

3. La requête d'assistance judiciaire (limitée aux frais) est admise.

4. Les frais de procédure, fixés forfaitairement à Fr. 800.-, sont mis à la 
charge de la recourante. Il est renoncé à leur perception au vu de l’octroi 
de l’assistance judiciaire. L’obligation de restituer prévue par l’art. 123 
CPC est réservée.

5. Il n'est pas alloué de dépens. 

6. Le présent jugement est notifié (R):
- à la recourante, par sa mandataire,
- à l'intimé, 
- à l'Office fédéral des assurances sociales,
- à C.________. 

Le président: La greffière:

Voie de recours
Dans les 30 jours dès la notification de ses considérants, le présent jugement peut 
faire l'objet d'un recours en matière de droit public auprès du Tribunal fédéral, 
Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne, au sens des art. 39 ss, 82 ss et 90 ss de la loi 
fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF, RS 173.110).