# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** cf6b0497-c011-5b6b-8b4e-c72796a70eaa
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2005-11-30
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 30.11.2005 BB.2005.84
**Docket/Reference:** BB.2005.84
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_BB-2005-84_2005-11-30

## Full Text

Séquestre (art. 59 CP);;Séquestre (art. 59 CP);;Séquestre (art. 59 CP);;Séquestre (art. 59 CP)

Arrêt du 30 novembre 2005 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Emanuel Hochstrasser, 
président, Barbara Ott et Tito Ponti,  
La greffière Elena Herzog-Maffei  

   
 
Parties 

  
A., 
représenté par Mes Charles de Bavier et Jean-Cédric 
Michel 

plaignant 
 

 contre 
   

MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,   
partie adverse 

 
Objet  Séquestre (art. 59 CP) 

 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéro de dossier:  BB.2005.84 
 
 
 

 

 

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Faits: 
 

A. Suite à une annonce du Bureau de communication en matière de blanchi-
ment d’argent (MROS) du 21 août 2002, le Ministère public de la Confédé-
ration (ci-après: MPC) a ouvert en date du 22 août 2002, une enquête de 
police judiciaire contre A. pour blanchiment d’argent au sens de l’art. 
305bis CP et a ordonné le séquestre des comptes n° tt. et uu. dont ce der-
nier est titulaire auprès da la banque B., à Genève ainsi que la production 
de la documentation y relative. Selon un article de presse paru dans le 
journal  C. du 15 août 2002, A. aurait fui son pays d’origine, l’Etat Z., parce 
qu’il y était soupçonné d’avoir escroqué des banques et des particuliers 
pour des sommes se chiffrant en dizaines de millions de dollars de l’Etat Z., 
apparemment dans le domaine de ventes immobilières. L'ordre de transfé-
rer la totalité de ses avoirs, soit Fr. 3'215'048.-, déposés à la banque B., en 
faveur du compte d’un certain D. à la banque E. de Londres a été donné le 
27 juillet 2002. Le transfert fut toutefois stoppé (doss. 
MPC/EAII/10.02.0128, volume I, rubrique 4).  
 
Diverses demandes d’entraide judiciaire internationales ont été adressées 
aux autorités australiennes, britanniques, allemandes et de l’Etat Z..  Un 
rapport du Ministère de l’intérieur de l’Etat Z. daté du 27 janvier 2003, a 
confirmé que A. faisait l’objet d’une enquête, dans cet Etat, pour avoir ob-
tenu frauduleusement de l'argent en abusant de sa fonction officielle et en 
usant de menaces à l'égard de ses victimes (doss. MPC/EAII/10.02.0128, 
volume II, rubrique 18). Des coupures de presse recueillies en cours d'en-
quête donnaient des informations similaires (doss. MPC/EAII/10.02.0128, 
volume II, rubrique 17). 

 

B. Plusieurs avocats successifs ont assuré la défense de A.: Me Martin An-
derson, avocat à Genève, du 23 octobre 2002 au 20 août 2003, Me Georg 
Friedli, avocat à Berne, du 9 septembre 2003 au 8 mai 2005 et, depuis le 9 
mai 2005, Mes Charles de Bavier et Jean-Cédric Michel, avocats à Genève 
(doss. MPC/EAII/10.02.0128, volume II, rubrique 16).  

 

C. N’ayant pu entendre A. au sujet de la provenance des fonds, le MPC a 
adressé le 12 août 2003 à Me Friedli une liste de questions destinées à cla-
rifier la situation. Me Friedli a précisé qu’il fournirait les informations requi-
ses aussi rapidement que possible. Il n’a toutefois plus donné de nouvelles 
jusqu’au 10 mars 2005, date à laquelle il a fait savoir que son client était 

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disposé à être entendu pour autant qu’un sauf-conduit lui soit garanti. Par 
courrier du 15 mars 2005, le MPC a confirmé son intérêt pour cette audi-
tion, mais s’est réservé d’en fixer la date "après le résultat des investiga-
tions en cours". Il n’est pas entré en matière sur l’octroi d’un sauf-conduit 
(doss. MPC/EAII/10.02.0128, volume II, rubrique 16).    

 

D. Le 9 mai 2005, Mes Charles de Bavier et Jean-Cédric Michel ont succédé à 
Me Friedli dans la défense de A.. Ils en ont informé le MPC par courrier du 
12 mai 2005. Suite à un entretien téléphonique avec l’un d’eux, le MPC a 
précisé que divers actes d’enquête devraient être entrepris avant que leur 
client ne soit entendu, ce qui pourrait prendre encore quelques mois. Le 7 
juin 2005, les défenseurs de A. ont demandé que l’audition de ce dernier 
intervienne rapidement. Puis, le 7 juillet 2005, ils ont requis la levée du sé-
questre (doss. MPC/EAII/10.02.0128, volume II, rubrique 16).  

 

E. Par courrier du 12 juillet 2005, le MPC a refusé de libérer les fonds avant 
d’avoir pu entendre A. et a proposé des dates pour procéder à cette audi-
tion. Les défenseurs de A. lui ont alors fait savoir que leur mandant avait 
choisi de faire trancher la question de la légalité du séquestre par le Tribu-
nal pénal fédéral (doss. MPC/EAII/10.02.0128, volume II, rubrique 16).  

 

F. Par acte du 19 juillet 2005, A. se plaint du refus du MPC de lever le sé-
questre. Il demande préalablement à pouvoir consulter l'intégralité du dos-
sier de manière à pouvoir compléter sa plainte. Il relève que les actes 
d’enquête effectués par le MPC et la Police judiciaire fédérale n’ont pas pu 
confirmer l’existence de charges à son encontre, que ce soit en Suisse ou 
à l’étranger (act. 1). 

 

G. Dans sa réponse du 15 août 2005, le MPC invoque notamment le fait que 
A. a eu accès à la plus grande partie du dossier à l’exclusion des pièces 
concernant les demandes d’entraide judiciaire internationales, ceci afin de 
garantir la sécurité des personnes demeurant dans l’Etat Z.. Il relève toute-
fois qu’à ce stade de la procédure, un accès total au dossier peut être auto-
risé. Pour le surplus, il maintient ses conclusions au vu de la gravité des 
soupçons qui pèsent sur le plaignant et de l’importance des montants saisis 
(act. 7). 

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H. Invité à répliquer après avoir pu prendre connaissance des pièces qui 
avaient été jusque là soustraites à sa consultation, A. conteste les accusa-
tions proférées contre lui et produit des pièces émanant de l’Etat Z. à 
l’appui de ses dires. Il persiste dans ses conclusions (act. 11). 

 

I. Dans sa duplique du 10 octobre 2005, le MPC relève que A. doit bénéficier 
d’une position privilégiée dans son pays. Il maintient au surplus ses conclu-
sions (act. 13).   

 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris 
si nécessaire dans les considérants en droit.  

 

 
 
La Cour considère en droit: 

 

1. La Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral examine d’office et en toute 
cognition la recevabilité des plaintes qui lui sont adressées (arrêt du Tribu-
nal pénal fédéral BK_B 064/04b du 25 octobre 2004 consid. 1; ATF 122 IV 
188, 190 consid. 1 et arrêts cités). 

 
Aux termes des art. 214 ss PPF (applicables par renvoi de l’art. 105 bis al. 
2 PPF et en vertu de l’art. 28 al. 1 let. a LTPF), les opérations ou les omis-
sions du MPC peuvent donner lieu à une plainte. Le droit de plainte appar-
tient aux parties ainsi qu’à toute personne à qui l’opération ou l’omission 
fait subir un préjudice illégitime (art. 214 al. 2 PPF). Lorsque la plainte 
concerne une opération du MPC, elle doit être déposée dans les cinq jours 
à compter de celui où le plaignant a eu connaissance de cette opération 
(art. 217 PPF). 
 
En l’espèce, l’ordonnance querellée a été notifiée le 12 juillet 2005 aux 
conseils du plaignant qui l’ont reçue le 14 juillet 2005. Postée le 19 juillet 
2005, la plainte a été formée en temps utile (art. 217 PPF par renvoi de 
l’art. 105 bis al. 2 PPF).  Par ailleurs le plaignant est incontestablement tou-

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ché par la mesure dont il fait objet et, par conséquent, légitimé à s’en plain-
dre. La plainte est donc recevable. 

 

2. Le séquestre prévu par l’art. 65 al. 1 PPF est une mesure provisoire 
(conservatoire) qui permet la saisie de moyens de preuves, respectivement 
d'objets ou de valeurs qui pourraient faire l’objet d’une confiscation au sens 
de l’art. 59 ch. 1 CP. Une telle mesure présuppose l’existence de présomp-
tions concrètes de culpabilité, même si, au début de l’enquête, un simple 
soupçon peut suffire à justifier la saisie (HAUSER/SCHWERI/HARTMANN, 
Schweizerisches Strafprozessrecht, 6ème édition, Bâle 2005, p. 340 no 1; 
PIQUEREZ, Procédure pénale suisse, Zurich 2000,  p. 549 n° 2553). Que les 
infractions aient été commises par leur détenteur ou par un tiers, il faut que 
des indices suffisants permettent de suspecter que les valeurs patrimonia-
les aient servi à commettre une infraction ou en soient le produit. Pour que 
le maintien du séquestre pendant une période prolongée se justifie, il im-
porte que ces présomptions se renforcent en cours d’enquête et que 
l’existence d’un lien de causalité adéquate entre les valeurs saisies et les 
actes délictueux puisse être considérée comme hautement vraisemblable 
(ATF 122 IV 91, 95 consid. 4; OBERHOLZER, Grundzüge des Strafprozes-
srechts, 2ème édition, Berne 2005, p. 499 n° 1139). Le séquestre doit par 
ailleurs reposer sur une base légale, être justifié par un intérêt public suffi-
sant et respecter le principe de la proportionnalité, comme toute autre me-
sure de contrainte, même si l’autorité dispose à cet égard d’une grande 
marge d’appréciation (arrêt du Tribunal fédéral 1P.239/2002 du 9 août 
2002 consid. 3.1, HAUSER/SCHWERI/HARTMANN,, op. cit., p. 341 n° 3 et 
p.345 n° 22). Le séquestre est proportionné lorsqu'il porte sur des avoirs 
dont on peut admettre qu'ils seront vraisemblablement confisqués en appli-
cation du droit pénal (arrêt du Tribunal fédéral 1P.239/2002 du 9 août 2002 
consid. 3.1). En tant que simple mesure procédurale provisoire, il ne pré-
juge toutefois pas de la décision matérielle de confiscation. Au contraire du 
juge du fond, la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral n’a pas à exa-
miner les questions de fait et de droit de manière définitive (arrêt de la Cour 
des plaintes BK_B 064/04b consid. 3 et référence citée; ATF 120 IV 365, 
366 consid. 1c; arrêt du Tribunal fédéral 8G.12/2003 du 22 avril 2003 
consid. 5). 

 

3.  
3.1 Le plaignant conteste l’existence de présomptions de culpabilité. Produi-

sant notamment des extraits de procédures tenues dans l’Etat Z. destinés à 

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établir le caractère civil des litiges dans lesquels il a été impliqué (act. 11 et 
14), il soutient qu’aucun élément tangible n’a pu être recueilli par le MPC 
quant à une éventuelle infraction commise en Suisse ou à l’étranger. Ce 
grief est mal fondé. En effet, si, au départ, les soupçons à l’égard de 
l’inculpé étaient uniquement basés sur la dénonciation du MROS ainsi que 
la coupure de presse qui y était jointe, par la suite, les recherches de la Po-
lice judiciaire fédérale ont permis de les étayer. Des articles de presse re-
cueillis en cours d'enquête, notamment, font état de graves atteintes aux 
droits de l'homme que le prévenu auraient commises alors que, officier de 
haut rang, il dirigeait les services de renseignements de l'Etat Z. (doss. 
MPC/EAII/10.02.0128, volume II, rubrique 17) Les informations communi-
quées par les autorités de cet Etat en réponse à la commission rogatoire 
du 7 octobre 2002, précisent par ailleurs que le plaignant faisait l’objet, 
dans son pays, d’une enquête pénale dirigée par la Public Security du Mi-
nistère de l’intérieur suite à plusieurs plaintes déposées contre lui pour 
avoir obtenu, entre 1999 et 2001, au moyen de contrainte et de menaces 
exercées sur des ressortissants de l’Etat Z., des chèques ou des transferts 
en sa faveur, et pour avoir vendu frauduleusement des biens mobiliers et 
immobiliers qui ne lui appartenaient pas (doss. MPC/EAII/10.02.0128, vo-
lume II, rubrique 18). Un rapport du rapporteur de la commission des droits 
de l’homme des Nations Unies mentionnant les noms de victimes 
d’exactions commises par le service des renseignements de l’Etat Z., cite 
entre autres noms celui de F. (doss. MPC/EAII/10.02.0128, volume I, rubri-
que 5, § 105, p. 18) qui apparaît également dans les procédures judiciaires 
dont le plaignant a produit des extraits (act. 11 et 14). Or, il ressort d'une 
analyse effectuée par la police judiciaire fédérale (ci-après: PJF) que F. qui, 
selon le rapport précité, aurait été arrêté le 21 janvier 2001 par une unité 
policière dépendant du ministère de l'intérieur, puis maltraité, est l'auteur de 
la plupart des transferts de fonds, totalisant plus de 3 millions de francs 
suisses, opérés sur les comptes ouverts par le plaignant en Suisse (doss. 
MPC/EAII/10.02.0128, volume I, rubrique 5). Les informations communi-
quées par les autorités de l’Etat Z. font notamment état, à charge du plai-
gnant, de violations des art. 75/4, 76 et 389/1 du Code pénal de l’Etat Z. 
pour avoir obtenu les signatures de papiers valeurs en abusant de sa posi-
tion officielle et en menaçant ses victimes, des art. 75/4, 76 et 390/1+2 du 
Code pénal de l’Etat Z. pour avoir obtenu de l’argent en menaçant ses vic-
times et des art. 75/4, 76 et 391 du Code pénal de l’Etat Z. pour avoir 
commis des fraudes (doss. MPC/EAII/10.02.0128, volume II, rubrique 18). 
Ces infractions constituent incontestablement des crimes au sens du droit 
suisse.  

 

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3.2 Le plaignant a produit à l’appui de ses dires un document émanant du Mi-
nistère des affaires étrangères de l’Etat Z. daté du 18 septembre 2005, le-
quel constitue la réponse à la demande d’entraide complémentaire formu-
lée le 24 juin 2005 par le MPC. Ce document atteste que l’inculpé n’a fait 
l’objet d’aucune accusation criminelle pour la période située entre janvier 
2001 et juillet 2005 (act. 11.6). Comme le relève le MPC, le fait que le plai-
gnant ait produit ce document avant même qu’il soit parvenu aux autorités 
suisses par les canaux officiels témoigne de la position privilégiée dont il 
semble jouir dans l’Etat Z..  Les pièces reçues en exécution des commis-
sions rogatoires internationales des 7 octobre 2002 et 24 juin 2005 sem-
blent se tenir ainsi en parfaite contradiction puisque la première réponse, 
datée du 27 janvier 2003, fait état de plaintes dirigées contre l’inculpé pour 
des faits de nature particulièrement grave (doss. MPC/EAII/10.02.0128, vo-
lume II, rubrique 18) tandis que la seconde, du reste extrêmement lapi-
daire, ne fait même plus allusion à une quelconque accusation portée 
contre le plaignant (act. 17.3). Les documents déposés par le plaignant at-
testent néanmoins du fait qu’il a bel et bien fait l'objet de procédures judi-
ciaires dans l’Etat Z. (act. 11.2, 11.3, 11.4 et 11.5). Tel a également été le 
cas en Australie (doss. MPC/EAII/10.02.0128, volume II, rubrique 18). On 
ignore, certes quelle était la nature de ces poursuites. Il semble par ailleurs 
ressortir des pièces transmises par les autorités australiennes et de l'Etat 
Z. en exécution des demandes d'entraide qui leur ont été adressées, de 
même que de celles remises par le plaignant, que lesdites procédures au-
raient donné lieu à des arrangements mettant fin à toute poursuite. On 
ignore toutefois dans quelles circonstances un accord est intervenu. On ne 
peut en particulier exclure que les parties adverses aient pu subir des pres-
sions, voire même aient agi sous la contrainte ou la menace, puisque c’est 
précisément de ce type d’actes qu’elles se sont plaintes dans le cadre de 
l’enquête menée par la Public Security du Ministère de l’intérieur de l’Etat 
Z.. La situation doit être clarifiée. Au-delà des contradictions relevées plus 
haut, il s'agit notamment d'établir ce qui a pu se passer avant 2001, le Mi-
nistère de l'intérieur ayant certifié que le plaignant faisait l'objet d'une en-
quête pour des faits qui se seraient produits entre 1999 et 2001. L'attesta-
tion du Ministère des affaires étrangères selon laquelle le prévenu n'a pas 
fait l'objet de poursuite pénale entre 2001 et 2005 n'exclut en effet pas 
l'existence de poursuites antérieures.  
 

3.3 Les développements de l’enquête de police judiciaire et les pièces dépo-
sées par le plaignant ont étayé les soupçons initialement nourris contre lui 
par le MPC. En particulier, les documents produits par l’inculpé confirment 
que des procédures pénales étaient bel et bien pendantes dans l’Etat Z. 
(act. 14.1 p. 2). Peu importe que ce dernier ait été ou non condamné dans 

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cet Etat, ni même qu'il y soit effectivement poursuivi pour ses crimes. Les 
autorités suisses ne sont pas liées par l’appréciation des autorités du lieu 
où l’infraction préalable se serait produite (arrêt de la Cour des plaintes 
BB.2005.11 du 14 juin 2005 consid. 6.1; ATF 120 IV 323, 328 consid. 3d; 
CASSANI, Commentaire du droit pénal suisse, Code pénal suisse, Partie 
spéciale, Vol. 9: Crimes ou délits contre l’administration de la justice, ad art. 
303-311 CP, Berne 1996, art. 305bis CP, n° 14). 
 

3.4 L'ouverture de comptes au nom du plaignant à la banque B. à Genève et 
les transferts opérés en sa faveur, de même que la conversion de verse-
ments effectués en dinars en diverses autres devises, sont autant d'actes 
propres à entraver l’identification de l’origine, la découverte ou la confisca-
tion de valeurs patrimoniales au sens de l’art. 305bis CP et, par consé-
quent, constituent indubitablement des indices de blanchiment d’argent. Le 
fait que l’inculpé ait ensuite voulu transférer lesdits montants à la banque 
E., à Londres, tend encore à renforcer ces soupçons. Il y a donc en l'état 
des présomptions suffisantes d'un crime préalable commis dans l’Etat Z. 
par le plaignant et d'actes de blanchiment d'argent en Suisse pour justifier 
la poursuite de l'enquête. Celle-ci devra notamment établir la provenance 
des fonds qui constituent la fortune déposée sur les comptes n° tt. et uu. et 
la réalité des accusations portées contre le plaignant. Elle nécessitera, en-
tre autres actes d'enquête, l’interrogatoire du suspect et l’audition des vic-
times présumées.  

 

4. L’inculpé se plaint de la lenteur de la procédure. Il convient toutefois de re-
lever que jusqu’à fin 2003, l’enquête de police judiciaire a été menée avec 
célérité. Le MPC avait adressé le 12 août 2003, une série de questions au 
plaignant, par l’intermédiaire de son défenseur de l’époque et demandé à 
ce que l’inculpé se présente aux fins d’audition. A la demande du défen-
seur, il a par la suite prolongé le délai initialement fixé pour la production 
des renseignements requis, puis autorisé la consultation partielle du dos-
sier. Par courrier du 17 novembre 2003, Me Friedli a encore confirmé qu'il 
ne pourrait pas satisfaire aux réquisitions du MPC dans le délai fixé, préci-
sant néanmoins qu'il s'efforcerait de contacter son client en vue d'obtenir 
les informations et documents nécessaires. Le plaignant n'a plus donné si-
gne de vie jusqu'au 10 mars 2005, date à laquelle le défenseur a fait savoir 
au MPC que son client souhaitait être entendu. On pourrait, certes, repro-
cher au MPC de n'avoir pas adressé de rappels à Me Friedli au-delà du 17 
novembre 2003. Il reste que la balle était dans le camp du plaignant, de 
sorte que celui-ci serait mal venu de se plaindre de l'inaction du MPC. Il 
importe de souligner les particularités d'un dossier qui révèle plus particu-

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lièrement les différences politico socio culturelles entre la Suisse et l’Etat 
Z., le système juridique propre à chaque pays et les divergences appa-
remment profondes entre les différents ministères de l’Etat Z.. Il sied éga-
lement de tenir compte du dilemme face auquel se trouvait le MPC, pris en-
tre le souci de rechercher la vérité et sa crainte de mettre les victimes pré-
sumées en danger puisque toutes se trouvent dans l’Etat Z. où l’inculpé 
semble jouir d’une position privilégiée. Compte tenu des circonstances, no-
tamment de la gravité des accusations portées contre le plaignant, et de la 
responsabilité de ce dernier dans le retard apporté au traitement du dos-
sier, on ne saurait sanctionner le laps de temps pendant lequel l'enquête a 
été de fait suspendue en faisant droit à sa plainte. Il appartient maintenant 
au MPC de reprendre l'enquête sans plus attendre et de la mener à bien 
avec diligence. Vu le temps écoulé depuis l'ouverture de l'enquête, il se jus-
tifie néanmoins de prévoir un cadre temporel pour les investigations à ve-
nir. Le MPC devra ainsi être à même de décider d'ici à fin mars 2006 s'il 
entend requérir l'ouverture d'une instruction préparatoire ou suspendre 
l'enquête. 

 

5.  En résumé, il se justifie de maintenir le séquestre. Mal fondée, la plainte 
doit être rejetée.  

 

6. Selon l’art. 156 al. 1 OJ, applicable par renvoi de l’art. 245 PPF, la partie 
qui succombe est tenue au paiement des frais. Ceux-ci se limitent en 
l’espèce à un émolument qui, en application de l’art. 3 du règlement des 
émoluments judiciaires perçus par le Tribunal pénal fédéral du 11 février 
2004 (RS 173.711.32), sera fixé à Fr. 2'000.-, dont à déduire l’avance de 
frais de Fr. 1'000.- déjà versée par le plaignant. 

        

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Par ces motifs la Cour prononce: 

 

1. La plainte est rejetée. 
 
2. Un émolument de Fr. 2’000.--, dont à déduire l’avance de frais de Fr. 1'000.-- 

est mis à la charge du plaignant. 
 

 
 

 
Bellinzone, le 30 novembre 2005 
 
Au nom de la Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
Le président:   la greffière:  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Distribution 
 
- Mes Charles de Bavier et Jean-Cédric Michel, avocats   
- Ministère public de la Confédération  

 

Indication des voies de recours 

Dans les 30 jours qui suivent leur notification, les arrêts de la Cour des plaintes relatifs aux mesu-
res de contrainte sont sujet à recours devant le Tribunal fédéral pour violation du droit fédéral ; la 
procédure est réglée par les art. 214 à 216, 218 et 219 de la loi fédérale du 15 juin 1934 sur la pro-
cédure pénale, qui sont applicables par analogie (art. 33 al. 3 let. a LTPF). 

Le recours ne suspend l’exécution de l’arrêt attaqué que si l’autorité de recours ou son président 
l’ordonne.