# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f331d7f0-e0e5-5d8c-b23a-2fb68f14fa3d
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-05-04
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 04.05.2021 P/14723/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-14723-2020_2021-05-04.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/14723/2020 ACPR/294/2021 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du mardi 4 mai 2021 

 

Entre 

A______, domiciliée ______ [VD], comparant par Me B______, avocat,  

recourante, 

contre l'ordonnance de refus d'octroi de l'assistance judiciaire rendue le 3 mars 2021 par le 

Ministère public, 

et 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy, case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimé. 

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EN FAIT : 

A. Par acte expédié au greffe de la Chambre de céans le 18 mars 2021, A______ recourt 
contre l'ordonnance du 3 mars 2021, expédiée par pli simple, par laquelle le 
Ministère public a refusé de lui accorder l'assistance judiciaire. 

La recourante conclut, sous suite de frais et dépens, à l'annulation de l'ordonnance 
querellée et à l'octroi de l'assistance judiciaire, comprenant notamment la désignation 
de son conseil en qualité de conseil juridique gratuit, avec effet rétroactif au 
22 septembre 2020, subsidiairement au renvoi de la cause au Ministère public pour 
nouvelle décision "dans le sens des considérants de l'arrêt [de la Chambre de céans] 
à intervenir". 

B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier : 

a. C______, né le ______ 1986, détenu à l'établissement fermé D______, est décédé 
dans sa cellule le ______ 2020 à 6h32. 

b. Selon le rapport de renseignements policiers du 18 août 2020, C______ souffrait 
de crises psychotiques depuis de nombreuses années. Son traitement comprenait 
l'administration quotidienne de nombreux médicaments. 

Dans la nuit du 1______ 2020, le prénommé avait eu une crise dans sa cellule. Vers 
3h30, une infirmière et un gardien de nuit lui avaient remis des tranquillisants et 
avaient contrôlé leur ingestion. Vers 6h, une nouvelle équipe était venue contrôler la 
cellule car C______ ne répondait plus aux injonctions des gardiens. Le prénommé 
avait été retrouvé au sol, inconscient, un liquide blanchâtre s'écoulant de la bouche. 
Dépêchés sur place, les secours lui avaient prodigué un massage cardiaque, en vain. 

c. La police a procédé à l'audition de E______, infirmière présente la nuit du 
1______ 2020.  

En substance, elle a déclaré que cette nuit-là, en raison de l'absence d'un collègue, 
elle devait s'occuper de deux unités : la 5, dans laquelle elle travaillait 
habituellement, et la 4, soit celle de C______, pour laquelle elle ne connaissait pas 
les prises en soins des détenus. À son arrivée à l'unité 4, on lui avait donné les 
consignes pour la nuit, qu'elle avait notées sur un papier. Au sujet de C______, 
l'équipe lui avait dit qu'il était sujet à des crises d'agitation depuis plusieurs semaines. 
Elle devait aller l'évaluer vers 22h et, en cas de crise, lui administrer sa réserve 
habituelle de médicaments, deux comprimés au total (10 mg de G______ 
[clorazépate] et 25 mg de H______ [promazine]), traitement qu'il prenait depuis 
longtemps. Elle était allée le voir vers 22h30, mais C______ était calme et elle ne lui 
avait donc pas donné de médicaments. Vers 3h15, elle avait reçu un appel d'un autre 
détenu, qui l'informait que le prénommé faisait beaucoup de bruit. Avec un gardien, 
F______, ils s'étaient rendus à sa cellule et avaient constaté que C______ était nu et 
très agité. Elle avait pris avec elle le traitement de réserve et le lui avait proposé à 

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travers le portillon. Elle était allée chercher du I______ [marque de soda], boisson 
dont C______ était friand et qu'il avait l'habitude de boire avec son traitement. Le 
prénommé avait accepté et pris normalement ses cachets, avec deux verres de 
I______. Le gardien avait refermé le portillon et éteint la lumière de la cellule. Après 
un certain temps, C______ s'était calmé. Vers 5h45, avec un autre gardien, ils étaient 
allés voir comment il allait. Ils l'avaient trouvé inconscient à côté de son lit. Une fois 
entrés dans sa cellule, ils s'étaient rendu compte qu'il ne respirait pas. Elle avait alors 
actionné le bouton d'alarme. Un gardien avait commencé le massage cardiaque et les 
secours avaient été appelés. 

d. Également entendu par la police, F______ a tenu des propos similaires. Il a 
précisé que lorsqu'ils s'étaient rendus auprès de la cellule de C______ au milieu de la 
nuit, celui-ci transpirait beaucoup. Le prénommé était diabétique. Il avait le droit de 
boire du I______, mais en quantité contrôlée par le personnel médical.   

e. La police a aussi entendu les quatre agents de détention ayant participé à la 
tentative de réanimation de C______ au petit matin. Deux ont déclaré que l'état du 
prénommé s'était dégradé ces derniers temps, avec des crises plus fréquentes et 
violentes depuis un mois.  

La police a en outre versé au dossier des images de vidéosurveillance du couloir, le 
journal des ouvertures des cellules et des appels des détenus pour la nuit du 
1______ 2020, ainsi qu'un rapport d'incident D______. 

f. Le 23 septembre 2020, A______, la mère de C______, a déclaré se porter partie 
plaignante au civil. Elle chiffrerait ses prétentions ultérieurement. Elle sollicitait 
l'assistance judiciaire et la désignation d'un conseil juridique gratuit. Le 26 octobre 
2020, elle a fait parvenir au Ministère public un formulaire de situation 
professionnelle accompagné de ses pièces justificatives.  

g. Le Ministère public a ordonné l'autopsie du corps de C______. 

Selon le rapport d'autopsie médico-légale du 11 février 2021, en l'absence de lésions 
traumatiques ou de toute autre cause décelable, le décès était probablement d'origine 
multifactorielle, survenu dans le contexte d'une hyperthermie, d'après la température 
corporelle mesurée lors de la levée de corps (40.6°C). Cette hyperthermie pouvait 
être d'origine infectieuse et/ou toxique ou médicamenteuse, ce qui n'avait pas pu être 
déterminé avec certitude. L'autopsie n'avait pas mis en évidence de foyer infectieux. 
Plusieurs médicaments retrouvés dans le sang de C______, dont certains à doses 
élevées, pouvaient être de nature à perturber la thermorégulation. Le décès pourrait 
s'inscrire dans le contexte de convulsions fébriles (infiltrations hémorragiques 
musculaires) chez une personne diabétique et obèse avec une imprégnation à de 
multiples médicaments, notamment des neuroleptiques, dont la clozapine, retrouvée 
à des valeurs élevées, potentiellement toxiques. 

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h. Le 3 mars 2021, le Ministère public a adressé à A______ une copie du rapport 
d'expertise, ainsi que son ordonnance de refus d'octroi de l'assistance judiciaire.  

C. Dans son ordonnance querellée, le Ministère public a considéré, d'une part, que 
l'examen de la situation financière de A______ ne confirmait pas l'indigence alléguée 
et, d'autre part, que son action civile était vouée à l'échec, faute de disposer de 
prétention fondée sur le droit civil à l'encontre des employés de l'État. 

D. a. À l'appui de son recours, A______ se plaint d'une application erronée, non 
motivée, inégalitaire et arbitraire de l'art. 29 al. 3 Cst.  

 En tant que mère du défunt, elle était désormais titulaire des droits relatifs aux 
obligations conventionnelles de l'État (art. 2 CEDH et 14 de la Convention contre la 
torture), parmi lesquels le droit à ce qu'une enquête soit ouverte et le droit de 
participer à celle-ci. "Ainsi", contrairement à ce que retenait le Ministère public, elle 
pouvait faire valoir des prétentions civiles en son nom (directement) et au nom de 
son fils (indirectement). Elle avait en outre produit les pièces démontrant son 
indigence, qui avaient pourtant été écartées. Quant aux chances de succès, elle 
disposerait de la possibilité de faire valoir directement des prétentions civiles propres 
au sens de l'art. 122 al. 2 CPP. Enfin, la nécessité d'un conseil juridique ne faisait en 
l'espèce aucun doute. Le sort de l'instruction pénale aurait une incidence majeure sur 
la procédure en responsabilité de l'État à intenter en parallèle. Les conditions de 
l'art. 29 al. 3 Cst. étaient dès lors remplies.  

 Par surabondance, le refus de lui accorder l'assistance juridique consacrerait une 
inégalité de traitement (art. 8 Cst.) par rapport à un cas similaire, mais survenu dans 
un établissement privé. Cette inégalité n'était justifiée par aucune base légale, ni 
aucun intérêt public ou privé. Par ailleurs, l'État, qui était précisément tenu à des 
obligations conventionnelles positives en la matière, ne pouvait nier l'accès à la 
justice à la mère d'un individu décédé au sein d'une institution publique.  

b. À réception du recours, la cause a été gardée à juger, sans échange d'écritures ni 
débats. 

EN DROIT : 

1. Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et – faute de 
notification conforme à l'art. 85 al. 2 CPP – dans le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 
396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de 
céans (art. 393 al. 1 let. a CPP) et émaner de la plaignante (art. 121 al. 1 cum 118 
al. 1 CPP) qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. b CPP), a qualité pour agir, 
ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la 
décision querellée (art. 382 al. 1 CPP ; ATF 146 IV 76 consid. 2.2 et 2.3 p. 80 ss). 

2. La recourante reproche au Ministère public une violation de son droit d'être 
entendue, l'ordonnance querellée étant insuffisamment motivée. 

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2.1. Le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. implique, notamment, pour 
l'autorité l'obligation de motiver sa décision. Il suffit que le juge mentionne, au moins 
brièvement, les motifs qui l'ont guidé et sur lesquels il a fondé sa décision, de 
manière à ce que l'intéressé puisse se rendre compte de la portée de celle-ci et 
l'attaquer en connaissance de cause. Il n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter 
tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais peut au 
contraire se limiter à l'examen des questions décisives pour l'issue du litige (ATF  
139 IV 179 consid. 2.2 p. 183). 

2.2. En l'espèce, la motivation de l'ordonnance querellée est certes succincte, mais a 
manifestement permis à la recourante de comprendre les raisons pour lesquelles 
l'assistance judiciaire lui était refusée, puisqu'elle se réfère – implicitement – aux 
conditions de l'art. 136 CPP, ce que la recourante admet elle-même (cf. ch. 10 du 
recours). Cette dernière se plaint essentiellement d'un défaut de motivation en lien 
avec les conditions de l'indigence (ch. 11) et de la nécessité de l'intervention d'un 
avocat (ch. 20). Dès lors toutefois que le Ministère public a considéré qu'une autre 
condition de l'art. 136 CPP, celle de l'existence de prétentions civiles, faisait en 
l'occurrence défaut, il pouvait valablement limiter son examen à ce seul point. S'il n'a 
pas discuté des cas (particuliers) dans lesquels la jurisprudence admet qu'on puisse 
faire abstraction de la condition des conclusions civiles (cf. consid. 4. infra), cela n'a 
nullement empêché la recourante de développer un grief à ce sujet et d'exposer en 
quoi sa situation se rapprocherait desdits cas. On ne discerne pas, dans ces 
conditions, de violation de son droit d'être entendue.  

3. La recourante fait grief au Ministère public d'avoir méconnu les conditions de 
l'art. 29 al. 3 Cst. en lui refusant l'assistance judiciaire.  

3.1. À teneur de l'art. 29 al. 3 Cst., toute personne qui ne dispose pas de ressources 
suffisantes a droit, à moins que sa cause paraisse dépourvue de toute chance de 
succès, à l'assistance gratuite d'un défenseur, dans la mesure où la sauvegarde de ses 
droits le requiert. 

L'art. 136 CPP reprend ces conditions et les concrétise à l'égard de la partie 
plaignante dans un procès pénal (arrêt du Tribunal fédéral 1B_23/2020 du 17 mars 
2020 consid. 2.1). Selon l'al. 1 de cette disposition, la direction de la procédure 
accorde entièrement ou partiellement l'assistance judiciaire à la partie plaignante 
pour lui permettre de faire valoir ses prétentions civiles lorsqu'elle est indigente (let. 
a) et que l'action civile ne paraît pas vouée à l'échec (let. b). Selon l'al. 2, l'assistance 
judiciaire comprend l'exonération d'avances de frais et de sûretés (let. a), 
l'exonération des frais de procédure (let. b) et la désignation d'un conseil juridique 
gratuit, lorsque la défense des intérêts de la partie plaignante l'exige (let. c).  

Le législateur a ainsi sciemment limité l'octroi de l'assistance judiciaire aux cas où le 
plaignant peut faire valoir des prétentions civiles (Message du Conseil fédéral du 
21 décembre 2005 relatif à l'unification du droit de la procédure pénale, FF 2006 

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1057, p. 1160 ; arrêt du Tribunal fédéral 1B_522/2020 du 11 janvier 2021 consid. 
5.1). 

3.2. En l'espèce, les prétentions civiles – qu'on comprend être en réparation du tort 
moral – que la recourante entend faire valoir par voie d'adhésion au procès pénal 
seraient dirigées contre des membres du personnel médical ou des gardiens 
D______, rattachés soit aux Hôpitaux universitaires de Genève, soit au département 
chargé des établissements de détention (à savoir le département de la sécurité, de 
l'emploi et de la santé : cf. art. 5 al. 1 let. c du règlement du 1er juin 2018 sur 
l'organisation de l'administration cantonale [ROAC ; B 4 05.10]) (art. 4 et 5 du 
règlement du ______ 2014 de l'établissement D______ [F 1 50.###]). Or, 
conformément aux art. 2 et 9 de la loi du 24 février 1989 sur la responsabilité de 
l'État et des communes (LREC ; A 2 40), l'État de Genève répond seul d'un éventuel 
dommage subi dans ce cadre, le lésé ne disposant d'aucune action directe contre le 
personnel soignant ou pénitentiaire de cet établissement (cf. ATF 146 IV 76 
consid. 3.1 p. 82 s. ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_682/2015 du 27 juillet 2015 consid. 
2.1). 

La recourante ne peut donc pas élever de prétentions civiles contre les médecins et 
les gardiens D______. Elle ne le conteste du reste pas véritablement, puisqu'elle 
admet qu'elle entend intenter en parallèle une procédure en responsabilité de l'État. 
Tout au plus invoque-t-elle son statut de victime selon l'art. 1 al. 2 LAVI et la 
possibilité de faire valoir des prétentions civiles propres sur la base de l'art. 122 al. 2 
CPP (ch. 26 de son recours). S'agissant de la première disposition, la recourante 
n'explique pas en quoi son statut de victime permettrait d'interpréter différemment les 
conditions de l'art. 136 CPP (cf. à cet égard Y. JEANNERET / A. KUHN / C. 
PERRIER DEPEURSINGE (éds), Commentaire romand : Code de procédure pénale 
suisse, 2ème éd., Bâle 2019, n. 39 ss ad art. 136, sur les relations avec la LAVI). 
Quant à la seconde disposition, elle prévoit certes la possibilité, pour les proches de 
la victime, de faire valoir des conclusions civiles propres, lesquelles doivent toutefois 
être dirigées "contre le prévenu", ce qui n'est, on l'a vu, pas le cas en l'espèce.  

Le grief doit être rejeté.  

4. La recourante soutient qu'elle disposerait d'un droit à l'assistance judiciaire fondé sur 
le droit conventionnel. Elle invoque dans ce cadre l'interdiction de la torture et le 
droit à la vie.  

4.1.  Les art. 3 CEDH et 10 al. 3 Cst. interdisent la torture, ainsi que les peines ou 
traitements inhumains ou dégradants. La Convention des Nations Unies contre la 
torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants oblige 
notamment les Etats parties à se doter d'une loi réprimant les traitements prohibés et 
à instituer des tribunaux compétents pour appliquer cette loi. La première phrase de 
l'art. 13 de la Convention oblige les États parties à reconnaître aux personnes qui se 
prétendent victimes de traitements prohibés, d'une part, le droit de porter plainte et, 

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d'autre part, un droit propre à une enquête prompte et impartiale devant aboutir, s'il y 
a lieu, à la condamnation pénale des responsables (ATF 131 I 455 consid. 1.2.5 
p. 462).  

Lorsque la victime allègue avoir fait l'objet de traitements prohibés par ses 
dispositions, la jurisprudence fait abstraction de la condition des conclusions civiles, 
notamment pour entrer en matière sur un recours ou pour octroyer l'assistance 
judiciaire fondée sur l'art. 29 al. 3 Cst. (arrêts du Tribunal fédéral 1B_522/2020 
précité consid. 5.3 ; 1B_245/2017 du 23 août 2017 et les arrêts cités).  

Pour tomber sous le coup de ces dispositions, le traitement dénoncé doit en principe 
être intentionnel et atteindre un minimum de gravité. L'appréciation de ce minimum 
dépend de l'ensemble des données de la cause, notamment de la durée du traitement 
et de ses effets physiques ou mentaux, ainsi que, parfois, du sexe, de l'âge et de l'état 
de santé de la victime. Un traitement atteint le seuil requis et doit être qualifié de 
dégradant s'il est de nature à créer des sentiments de peur, d'angoisse et d'infériorité 
propres à humilier ou à avilir la victime, de façon à briser sa résistance physique ou 
morale ou à la conduire à agir contre sa volonté ou sa conscience. Il y a également 
traitement dégradant, au sens large, si l'humiliation ou l'avilissement a pour but, non 
d'amener la victime à agir d'une certaine manière, mais de la punir. La souffrance due 
à une maladie survenant naturellement, qu'elle soit physique ou mentale, peut relever 
de l'art. 3 CEDH si elle se trouve ou risque de se trouver exacerbée par un traitement 
– que celui-ci résulte des conditions de détention, d'une expulsion ou d'autres 
mesures – dont les autorités peuvent être tenues pour responsables (arrêt du Tribunal 
fédéral 6B_307/2019 du 13 novembre 2019 consid. 4.1 non publié aux ATF  
146 IV 76 et les arrêts cités).  

La jurisprudence a ainsi retenu que tel était le cas lorsque le plaignant prétendait 
avoir subi des lésions corporelles à la suite d'une intervention des autorités (arrêt du 
Tribunal fédéral 1B_522/2020 précité consid. 5.3 et les arrêts cités) ou lorsqu'il était 
reproché à des gardiens de prison d'avoir laissé un détenu dans sa cellule durant 
plusieurs heures alors que celle-ci était envahie par la fumée, ce défaut d'intervention 
et d'assistance ayant abouti à la mort de l'intéressé (arrêt du Tribunal fédéral 
1B_272/2011 du 22 mars 2012 consid. 2.5.2). En revanche, un traitement dégradant a 
été nié en cas de soins prodigués par du personnel médical, faute pour le 
comportement reproché de revêtir un caractère intentionnel et de viser à péjorer l'état 
de santé physique et/ou psychique de l'intéressé, à l'humilier ou à réduire sa dignité 
humaine (arrêts du Tribunal fédéral 6B_1204/2019 du 14 novembre 2019 
consid. 2.3 ; 6B_307/2019 précité consid. 4.1 ; 6B_473/2017 du 23 janvier 2018 
consid. 1.2.2 ; 1B_245/2017 précité consid. 2.2 ; 6B_603/2016 du 26 juin 2017 
consid. 1.2 ; 6B_465/2016 du 17 mars 2017 consid. 1.2 ; cf. aussi A. DONATSCH / 
V. LIEBER / S. SUMMERS / W. WOHLERS (éds), Kommentar zur 
Schweizerischen Strafprozessordnung (StPO), 3e éd., Zurich 2020, n. 12 ad art. 117).  

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4.2. Le droit à la vie, garanti à l'art. 2 CEDH, implique une obligation positive pour 
les Etats parties de préserver la santé et la vie des personnes placées sous leur 
responsabilité. La dimension procédurale de cette obligation impose l'instauration 
d'un système judiciaire efficace et indépendant permettant à bref délai d'établir la 
cause du décès d'un individu se trouvant sous la responsabilité de professionnels de 
la santé et d'obliger les responsables éventuels à répondre de leurs actes. Le type 
d'enquête exigé par l'obligation procédurale découlant de l'art. 2 CEDH varie selon la 
nature de l'atteinte à la vie. En cas d'homicide involontaire ou de mise en danger 
involontaire de la vie d'une personne, l'obligation relative à l'existence d'un système 
judiciaire effectif est satisfaite si le système juridique offre aux victimes (ou à leurs 
proches) un recours devant les juridictions civiles, seul ou conjointement avec un 
recours devant les juridictions pénales, susceptible d'aboutir à l'établissement des 
responsabilités éventuelles et à l'octroi d'une réparation civile adéquate. Certaines 
circonstances exceptionnelles peuvent néanmoins rendre nécessaire aux fins de 
l'art. 2 CEDH qu'une enquête pénale effective soit menée, même en cas d'atteinte 
involontaire au droit à la vie ou à l'intégrité physique. Il peut en être ainsi lorsque le 
décès ou la mise en danger résulte du comportement d'une autorité publique qui va 
au-delà d'une erreur de jugement ou d'une imprudence, lorsqu'un décès survient dans 
des circonstances suspectes ou lorsqu'un particulier a délibérément ou 
inconsidérément transgressé les obligations qui lui incombent en vertu de la 
législation applicable (ATF 146 IV 76 consid. 4.2 p. 86 s. et les références citées).  

4.3. En l'espèce, la recourante n'expose pas les actes ou omissions qu'elle reproche 
aux membres du personnel médical ou pénitentiaire D______. Au vu des éléments au 
dossier, il n'apparaît en tout cas pas que ledit personnel aurait adopté un 
comportement dégradant, portant atteinte à la dignité humaine du fils de la 
recourante et ce, de manière intentionnelle. Il semble au contraire que l'intervention 
au milieu de la nuit du 1______ 2020 ait eu pour but de soulager et de calmer le fils 
de la recourante, alors en proie à une grande agitation. L'administration des 
médicaments s'est faite sur une base volontaire, au travers du portillon de la cellule, 
et non de façon forcée ; elle s'inscrivait en outre dans une problématique de "crises" 
régulières, apparemment connues du personnel de l'établissement et pour lesquelles 
un traitement de réserve avait été prescrit. En aucun cas, il ne s'agissait d'humilier ou 
de punir l'intéressé, ni d'exacerber la souffrance causée par sa maladie mentale, bien 
au contraire. Sans vouloir minimiser la peine de la recourante liée au décès de son 
fils, il n'apparaît pas que les comportements pouvant éventuellement être reprochés 
au personnel D______ dans ce cadre – pour lesquels le Ministère public se devra de 
déterminer s'ils sont constitutifs d'infractions pénales – puissent tomber sous le coup 
des dispositions prohibant la torture et les traitements inhumains ou dégradants.  

Quant aux exigences déduites du droit à la vie, la recourante ne démontre pas en quoi 
les manquements pouvant être reprochés aux personnes éventuellement mises en 
cause constitueraient des violations délibérées ou inconsidérées des devoirs leur 
incombant, ni en quoi ces manquements seraient allés au-delà de ce qui relèverait 

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d'actes involontaires dans la prise en charge médicale. Au vu des éléments du dossier 
exposés ci-dessus en lien avec les traitements dégradants, tel ne paraît pas être le cas. 
Dans cette mesure, la mise en œuvre d'une procédure pénale, pas plus que l'octroi de 
l'assistance judiciaire gratuite aux proches de la victime, ne constituent une 
obligation positive de l'État découlant de l'art. 2 CEDH, à supposer même qu'un droit 
à l'assistance judiciaire puisse être déduit de cette disposition (cf. L. GONIN / 
O. BIGLER, Convention européenne des droits de l'homme (CEDH), Commentaire 
des articles 1 à 18 CEDH, Berne 2018, N 275 ad art. 2 CEDH et la référence à l'arrêt 
de la CourEDH Rantsev c. Chypre et Russie du 7 janvier 2010, requête n° 25965/04, 
§ 240, qui retient l'obligation des autorités de répondre aux demandes de 
renseignements sur l'assistance juridique gratuite provenant du père de la victime). 
Pour le surplus, les exigences découlant de l'art. 2 CEDH sont satisfaites dès lors 
que, comme il a été vu ci-dessus, la recourante a la faculté d'introduire une procédure 
judiciaire en responsabilité contre l'État de Genève, dans le cadre de laquelle il 
pourra être déterminé si le décès de son fils, et par conséquent le dommage qu'elle a 
elle-même subi, résultent d'actes illicites réalisés par des agents de l'État. Le grief 
sera rejeté.  

4.4. Ces dernières considérations sont également déterminantes pour répondre à 
l'ultime grief de la recourante, tiré d'une violation du principe de l'égalité de 
traitement (art. 8 al. 1 Cst.) par rapport aux proches d'une victime décédée dans un 
établissement non pas public, mais privé.  

Dans un arrêt de principe récent, le Tribunal fédéral a été amené à traiter un grief 
similaire, en lien avec la qualité pour recourir de la partie plaignante selon l'art. 81 
al. 1 let. b ch. 5 LTF, qui dépend – tout comme l'art. 136 CPP – de l'existence de 
prétentions civiles. En substance, le Tribunal fédéral a rappelé que la victime au 
bénéfice d'une créance de droit public contre l'État disposait d'un débiteur plus 
solvable et habituellement plus compréhensif que la plupart des auteurs d'infractions, 
ce qui constituait un avantage matériel suffisamment spécifique pour justifier un 
traitement particulier et exclure sa qualité pour recourir. Cette interprétation 
restrictive de la notion de "prétentions civiles", qui prévalait déjà sous l'égide de 
l'ancienne LAVI et de l'ancienne loi de procédure pénale fédérale, a été reprise au 
moment de l'adoption du CPP (cf. art. 122 al. 1 et 382 al. 1 CPP) (ATF 146 IV 76 
consid. 3.2 ss p. 83 ss).  

En l'occurrence, on ne voit pas que la notion de prétentions civiles de l'art. 136 al. 1 
CPP puisse être comprise dans une acception plus large que celle prévalant 
actuellement pour l'art. 122 al. 1 CPP. Le fait, pour la partie plaignante, de disposer 
d'une action directe contre la collectivité publique justifie de la traiter différemment 
que toute autre partie plaignante, et donc de lui nier le droit à l'assistance judiciaire 
gratuite. Le grief tiré d'une violation du principe de l'égalité de traitement doit par 
conséquent être rejeté. 

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4.5.  On peut encore préciser que le Conseil fédéral, dans son projet de modification 
du CPP (FF 2019 6437), a proposé de changer la formulation de l'art. 136 al. 1 CPP, 
lequel aurait la teneur suivante :  

Sur demande, la direction de la procédure accorde entièrement ou partiellement 

l’assistance judiciaire : à la partie plaignante, pour faire valoir ses prétentions 
civiles, si elle est indigente et que l’action civile ne paraît pas vouée à l’échec 
(let. a) ; à la victime, pour permettre à sa plainte pénale d’aboutir, si elle est 
indigente et que l’action pénale ne paraît pas vouée à l’échec (let. b).  

Dans son Message, le Conseil fédéral précise se fonder sur un arrêt du Tribunal 
fédéral de 2012 (1B_355/2012 du 12 octobre 2012), dans lequel ce dernier avait 
accordé l'assistance judiciaire à une victime uniquement pour lui permettre de faire 
aboutir sa plainte pénale. En l’occurrence, le lésé avait porté plainte contre trois 
fonctionnaires de police, notamment pour lésions corporelles, et s’était constitué 
partie plaignante sur le plan pénal. Il n’avait par contre pas pu faire valoir de 
prétentions civiles ni donc se constituer partie plaignante sur le plan civil : il avait été 
renvoyé au droit public cantonal en ce qui concernait la question de la responsabilité. 
Le Tribunal fédéral avait conclu que l’assistance judiciaire devait être 
exceptionnellement accordée directement en application de l’art. 29 al. 3 Cst. 
Autrement, le lésé n’aurait pas eu accès à la procédure judiciaire, pourtant garantie 
par la Constitution fédérale, ou en d’autres termes, se serait vu refuser la défense 
effective de ses droits (FF 2019 6351, p. 6386 s).  

Le projet de modification du CPP a récemment été traité par le Conseil national 
(premier conseil), lequel a adopté la proposition de modification de l'art. 136 P-CPP 
sans discussion particulière (BO CN 2021 599). 

Il faut toutefois relever que cette solution, qui n'est à ce jour ni entrée en vigueur, ni 
même définitivement entérinée par les Chambres fédérales – le Conseil des États 
devant encore traiter le projet –, ne correspond pas à l'orientation prise actuellement 
par la pratique, qui exige de la victime qu'elle allègue avoir souffert de traitements 
inhumains ou dégradants tels qu'exposés ci-dessus pour pouvoir faire abstraction de 
la condition des conclusions civiles de l'art. 136 al. 1 CPP. Dans un arrêt très récent, 
le Tribunal fédéral a encore réaffirmé sa jurisprudence – en référence notamment à 
l'arrêt 1B_355/2012 cité à l'appui du Message du Conseil fédéral –, pour finalement 
nier le caractère de traitement inhumain ou dégradant des actes dont le recourant se 
disait victime. Il a souligné que, dans l'arrêt 1B_355/2012, la partie plaignante avait 
allégué de manière défendable avoir été victime d'actes de violence prohibés par les 
art. 10 al. 3 Cst. et 3 CEDH, et que la nécessité d'accorder un conseil d'office avait 
été reconnue parce que le ministère public avait rendu une ordonnance de 
classement, ce qui n'était en l'occurrence pas le cas (arrêt du Tribunal fédéral 
1B_522/2020 précité consid. 5.3 s.). 

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Dès lors, il faut retenir que l'art. 136 al. 1 let. b P-CPP, à supposer qu'il permette 
d'accorder à la victime l'assistance judiciaire pour l'aspect pénal, indépendamment 
d'un quelconque dommage au sens civil ou d'un traitement inhumain ou dégradant – 
ce que sa lettre semble admettre –, fait plus que seulement concrétiser une situation 
juridique préexistante, mais étend bel et bien les conditions d'octroi de ce droit 
s'appliquant aujourd'hui. Il n'y a donc pas lieu de le prendre déjà en compte pour 
interpréter l'art. 136 CPP dans sa teneur actuelle (comp. avec ATF 141 II 297 
consid. 5.5.3 p. 305 s.; 117 IV 276 consid. 3c p. 280 s. ; contra : Chambre pénale du 
Tribunal cantonal de Fribourg, arrêt 502 2018 53 du 4 mai 2018, consid. 5.2.3 et 
5.2.4). Les considérations qui précèdent conservent donc leur pertinence.  

5. Justifiée, l'ordonnance querellée sera donc confirmée. 

6. Les frais de la procédure de recours resteront à la charge de l'État (art. 20 RAJ ; arrêt 
du Tribunal fédéral 6B_215/2018 du 14 juin 2018 consid. 1.2). 

7. La recourante, assistée d'un avocat, n'a pas explicitement demandé l'octroi de 
l'assistance judiciaire pour la procédure de recours. On comprend toutefois de ses 
écritures de recours, et notamment de ses conclusions, qu'elle la sollicitait également 
pour la procédure devant la Chambre de céans. Dès lors que l'examen des conditions 
des art. 136 CPP et 29 al. 3 Cst. auquel il a été procédé ci-dessus a nécessité une 
appréciation circonstanciée, on ne peut considérer que le recours était en lui-même 
dénué de toutes chances de succès ni, surtout, que l'assistance d'un conseil n'était pas 
rendue nécessaire vu les particularités de la cause. Au surplus, il apparaît que 
l'indigence de la recourante, compte tenu des pièces produites à l'appui de son 
recours, est rendue suffisamment vraisemblable. Comme le conseil de la recourante 
n'a ni chiffré, ni justifié son indemnité (cf. art. 17 RAJ), celle-ci sera arrêtée, ex 
aequo et bono, à CHF 1'000.- TTC, ce qui paraît adéquat vu le travail accompli. 

* * * * * 

  

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PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

 
Rejette le recours. 

Laisse les frais de la procédure de recours à la charge de l'État. 

Alloue à Me B______, à la charge de l'État, une indemnité de CHF 1'000.- TTC, pour la 
procédure de recours. 

Notifie le présent arrêt ce jour, en copie, à A______, soit pour elle son conseil, et au 
Ministère public. 

Siégeant : 

Madame Corinne CHAPPUIS BUGNON, présidente; Monsieur Christian COQUOZ et 
Madame Alix FRANCOTTE CONUS, juges; Madame Arbenita VESELI, greffière. 

 

La greffière : 

Arbenita VESELI  

 La présidente : 

Corinne CHAPPUIS BUGNON  

 

 

 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110); la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les trente jours qui 

suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent 

être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention 

de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse 

(art. 48 al. 1 LTF).