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**Case Identifier:** 2e4a8a60-91d0-565f-a81a-eb458c0bec3c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2006-06-07
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 07.06.2006 C/5871/2004
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-5871-2004_2006-06-07.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE  Juridiction des prud’hommes 
 Cause n°  C/5871/2004 - 5 
 

POUVOIR  JUDICIAIRE * COUR D’APPEL* 
 

  (CAPH/113/2006) 

 

 

 

Madame T______ 

Avenue______ 

12_ _____ 

 

 

 
 
 
 

Partie appelante 

D’une part 

E___1 à E___39 

Dom. élu : Me Claude-Alain 

BOILLAT 

Rue du Marché 20 

1204 Genève 

 
 
 
 

Parties intimées 

D’autre part 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ARRET 

 

du 7 juin 2006 

 

  Mme Marguerite JACOT-DES-COMBES , présidente 

 

 

  MM. Bernard PICENNI et Thierry ULMANN , juges employeurs 

 

  Mmes Heidi BUHLMANN et Pierrette FISCHER, juges salariées 

 

 

  Mme Peggy PENSA, greffière d’audience 

 

 

 

 Juridiction des prud’hommes 
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EN FAIT 

 

 

Par acte expédié le 12 janvier 2005, T______ appelle d'un jugement 

TRPH/9953/2005, rendu le 9 décembre 2005 et communiqué aux parties par 

plis du 12 du même mois, aux termes duquel le Tribunal des Prud'hommes, 

groupe 5, après avoir rectifié les qualités des parties défenderesses et déclaré 

la demande recevable, a condamné E___1 à E___39 à payer à T______ 

fr. 8'481.55 brut avec intérêts à 5% l’an dès le 1
er

 octobre 2002, sous 

déduction de fr. 1'708.75 brut et 310 fr. net avec intérêts à 5% l'an dès le 1
er

 

octobre 2002, a invité la partie qui en a la charge à opérer les déductions 

sociales, légales et usuelles et a débouté les parties de toutes autres 

conclusions.  

 

 L'appelante réclame la condamnation des intimés à lui verser, ce jugement 

étant mis à néant en tant qu'il statue sur le fond, les sommes de fr. 23'679.99 

brut et fr. 391.50 net. 

 

 Les parties intimées concluent à la confirmation du jugement attaqué. 

 

 Les éléments suivants résultent du dossier:    

 

A. La SI_____X, société anonyme avec siège à Genève, avait pour but de 

posséder, pour le compte de ses actionnaires, l’ensemble des parts de 

copropriété par étage de l’immeuble sis 9, avenue de X____ à Genève. Elle 

a été radiée du Registre du Commerce le 17 février 2004, à la suite de la 

transformation  de l'immeuble en P.P.E. 

 

 L'immeuble 9, avenue de X____ comporte 42 appartements, répartis sur 7

étages, une allée d'escaliers et un ascenseur, ainsi que des sous-sols 

comprenant des caves et un parking souterrain. L'immeuble est entouré d'un 

jardinet, estimé par les témoins à une surface de 150 m2 à 350 m2, et 

dispose également d'un parking extérieur d'une vingtaine de places.    

 

 

B. Le 9 août 1984, la SI_____X, représentée par la Compagnie de gérance 

immobilière, a engagé T______, née en 1939, en qualité de concierge. Il 

n'est pas contesté qu'à la dissolution de la SI, le contrat de travail de 

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T______ a été repris par les copropriétaires de l’immeuble, intimés à la 

présente procédure.  

B.a Les parties ont conclu un contrat de travail écrit, qu'elles ont déclaré 

soumettre aux dispositions prévues par la Convention collective de travail 

pour concierges professionnels. 

 

 Ce document spécifie que "seule la moyenne des heures de travail 

effectivement demandées au concierge" est rémunérée, "la simple présence 

n’étant pas prise en considération dans le calcul du salaire et des indemnités 

correspondantes". Les vacances sont déterminées sur la base du travail 

accompli pendant les douze mois précédant le 1
er

 juillet de chaque année, 

T______ devant alors pourvoir personnellement à son remplacement et 

supporter le salaire de son remplaçant.  

 

Le cahier des charges prévoit les travaux devant être effectués cinq fois par 

semaine (balayage des halls d'entrée intérieur et extérieur, du trottoir; en 

saison, déblayement de la neige; nettoyage des miroirs, vitres et ascenseur, 

aspiration des tapis d'entrée, contrôle général de l'éclairage et de l'état 

général de l'immeuble, soit ramassage des mégots et détritus divers) ; trois  

fois par semaine (balayage humide des paliers d'étage, dépoussiérage 

général, lustrage mécanique du hall); deux fois par semaine (balayage 

humide des escaliers, lavage des halls extérieur et intérieur, sortie et rentrée 

des containers, nettoyage de la chambre à lessive); une fois par semaine 

(lavage et lustrage des paliers, aspiration des tapis d'étages, balayage des 

sous-sols, locaux communs, garage parkings extérieurs couverts, entretien 

des pelouses et arrosage); deux fois par mois  (lavage de tous les escaliers); 

une fois par mois (lavage des sous-sols, nettoyage des murs imitation 

marbre); quatre fois l'an  (nettoyage des écrans lumineux); trois fois l'an 

(récurage des sols des locaux communs et sous-sols), enfin le ramassage des 

feuilles mortes en automne, les petites tailles et les menus travaux 

d'entretien sur demande.  

 

B.b. Aucun horaire de travail spécifique n'est convenu dans le contrat de 

travail. 

 

Sur le sujet, le cahier des charges faisant partie intégrante du contrat, soit 

plus particulièrement les conditions particulières relatives à l'immeuble, 

renvoient à la convention collective de travail. Celle-ci prévoit (art. 3, 

versions 1980, 1988, 1995) que le travail du concierge doit normalement 

pouvoir être exécuté en cinq jours ouvrables par semaine, sous réserve du 

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service de voirie à assumer le cas échéant le samedi matin;  à cela s'ajoutent 

la surveillance de l'immeuble et les services aux habitants, qui doivent être 

assurés selon un horaire déterminé par le cahier des charges et respectant la 

vie privée et familiale du concierge, sous réserve des cas d'urgence. L'art. 5 

de la CCT version 2000 prévoit en outre que la durée hebdomadaire du 

travail est de 42 heures pour un temps complet. Il reprend pour le surplus les 

dispositions citées ci-dessus. 

  

L'art. 11 du contrat prévoit que le concierge est tenu de vouer tout son temps 

de travail au service du groupe d'immeubles et qu'il ne peut exercer aucune 

autre activité lucrative en dehors du service des immeubles. 

  

Lors de l'engagement de T______, l'employeur a apposé dans l'immeuble 

une plaque à l'attention des locataires, indiquant l'horaire de conciergerie 

suivant: 7h00 à 11h00 et  15h00 à 19h00. 

 

T______ affirme avoir toujours travaillé à plein temps. A teneur  des 

témoignages recueillis, elle était régulièrement vue travaillant tant le matin 

que l'après-midi; elle était également disponible le soir (tém. A____, 

B____). La personne qui l'a remplacée, en revanche, a déclaré qu'un mi-

temps lui était suffisant pour effectuer ses tâches, sans pouvoir certifier que 

son cahier des tâches ait été identique à celui de T______; en tous les cas, 

contrairement à T______, sa remplaçante ne distribuait plus les jetons de 

buanderie (tém. C___). 

 

 B.c. La rémunération annuelle convenue initialement était de fr. 29'880.- 

(soit fr. 2'490.-- par mois), montant auquel s’ajoutait une indemnité annuelle 

de fr. 240.- (ou fr. 20.- mensuellement) pour le téléphone. 

 

 Après avoir subi plusieurs augmentations, cette rémunération a, dès le 

1
er

 septembre 1996, été portée à fr. 44'424.--, soit fr. 3'702.- par mois. Dès le 

1
er

 juillet 2002, l'indemnité pour le téléphone a en outre passé à fr. 25,25 par 

mois. 

 

A titre d'indemnité-vacances, T______ a reçu fr. 4'627.50 brut par an de 

1997 à 2001, et fr. 5'783.90 brut en 2002.  

 

 

C. T______ ayant atteint l’âge de la retraite, elle a quitté son emploi le 30 

septembre 2002.  

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 Le 7 janvier 2003, T______, par l'intermédiaire d'un syndicat, s'est plainte à 

la régie représentant les copropriétaires de l'immeuble de diverses violations 

de la CCT: ainsi, l'indemnité vacances avait été calculée au taux de 10.42% 

en lieu de place de 10.64%; elle n'avait pas bénéficié de participation à ses 

primes d'assurance-maladie; l'indemnité pour le téléphone n'avait représenté 

que fr. 20.- mensuellement, en lieu et place de fr. 25,25, montant auquel 

aurait dû s'ajouter, dès le 1
er

 janvier 1998, un forfait mensuel de 10 fr. à titre 

de participation aux frais de conversations téléphoniques; son salaire n'avait 

pas été indexé de 1% dès le 1
er

 janvier 1988, de 1,3% dès le 1
er

 janvier 2000, 

et n'avait pas été porté à fr. 4'500 fr. mensuellement dès le 10 mai 2001; 

enfin, dès le 31 décembre 2001, elle avait droit à un treizième salaire.  

 

 S'en est suivi un échange de correspondance, le représentant des employeurs 

s’interrogeant sur l’applicabilité de certaines dispositions de la convention 

collective, dans la mesure où à ses yeux, T______ ne travaillait qu'à temps 

partiel, soit vingt-cinq à trente heures par semaine. 

 

 

D. La présente demande en paiement a été déposée au greffe de la Juridiction 

des prud’hommes le 18 mars 2004, T______ réclamant la condamnation des 

copropriétaires de l’immeuble à lui verser fr. 29'078.55 avec intérêts 

moratoires à 5% l’an dès le 1
er

 octobre 2002, somme qu'elle a 

ultérieurement réduite à fr. 24'073.99, pour tenir compte de la prescription.   

 

 Au stade de l'appel, T______ a réduit ses prétentions à 24'071.49, en raison 

d'un nouveau calcul relatif à l'indemnité pour l'abonnement téléphonique.   

 

 Ce montant se décompose comme suit:  

 

- fr. 15'098.20 brut à titre de différence de salaire dès mars 2000 ; 

- fr. 1'941.62 brut à titre de différence sur le paiement des vacances dès 

mars 2000 ; 

- fr. 2'765.17 brut à titre de treizième salaire dès mars 2000 ; 

- fr. 3'875.- brut à titre de participation au paiement de la prime 

d’assurance maladie dès mars 2000 ; 

- fr. 81.50 net à titre de remboursement de la taxe de l’abonnement 

téléphonique dès mars 2000 ;  

- fr. 310.- net à titre de participation aux frais de téléphone dès mars 

2000. 

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A l’appui de ses conclusions, T______ affirme avoir travaillé à temps 

complet et fonde ses prétentions sur la convention collective applicable aux 

rapports entre les parties. Les employeurs ont reconnu devoir fr. 2'171.90 et 

ont contesté les prétentions émises pour le surplus, T______ travaillant 

selon eux à temps partiel. 

 

 

E.  Après avoir entendu les parties, procédé à l'instruction écrite de la cause et 

entendu comme témoin la remplaçante de T______ (témoin C___), les 

premiers juges ont rendu le jugement objet du présent appel. Après avoir 

écarté un incident de nullité d'assignation et procédé d'office à la 

rectification de la qualité des parties défenderesses, ils ont en substance 

retenu que les parties avaient incorporé au contrat individuel de travail le 

contenu de la convention collective de travail réglant les conditions de 

travail des concierges professionnels.  

 

 Il résultait des enquêtes que le cahier des charges de T______ était 

largement équivalent à celui de sa remplaçante, sous réserve de la 

distribution des jetons de buanderie. Or, cette dernière ne travaillait qu'à 

50%, auquel s'ajoutait le temps mis à disposition des locataires. Le taux 

d'activité de T______ devait dès ainsi être arrêté à 70%.  

 

 Dès lors, le salaire de la demanderesse (soit fr. 44'424.- par an dès le 

30 août 1996) représentait la rémunération pour une activité à 70%, ce qui 

équivalait à fr. 63'462.85 pour une activité à temps complet. Cette 

rémunération dépassant les fr. 48'000.- annuels donnant droit à une 

indexation de salaire de 1% à partir du 1
er

 janvier 1998, la demanderesse ne 

pouvait y prétendre. Elle avait en revanche droit à une augmentation de 

salaire de 1.3% dès le 1
er

 janvier 2000, de 2% dès le 1
er

 janvier 2001 et de 

0.6% dès le 1
er

 janvier 2002. Le salaire minimum prévu par l’édition 2000 

(soit fr. 4'500.- versés treize fois l'an) n’était en revanche pas applicable, 

puisqu'il était inférieur au salaire de la demanderesse, compte tenu de son 

taux d’activité. Celle-ci pouvait dès lors prétendre au paiement, à titre 

d’augmentation de salaire, de fr. 577.50 pour 2000, de fr. 1'477.55  pour 

2001 et de fr. 1'314.70 pour 2002, soit à fr. 3'369.75 brut.  

 

 La demanderesse était légitimée à prétendre au paiement de fr. 12'558.90 à 

titre d'indemnités vacances, alors qu'elle avait reçu fr. 14'267.65 à ce titre, 

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soit  fr. 1'708.75 de trop, montant à hauteur duquel les défendeurs excipaient 

avec raison de compensation.  

 La demanderesse pouvait encore prétendre recevoir, à titre de treizième 

salaire, fr. 956.30 pour 2001 et fr. 1'443.- pour 2002, soit fr. 2'399.30, 

fr. 2'712.50 à titre de participation au paiement de la prime d’assurance 

maladie de mars 2000 à septembre 2002 et fr. 310.- net à titre de 

participation aux frais de conversations téléphoniques. Ne prouvant en 

revanche pas que la taxe d'abonnement téléphonique ait passé de fr. 20.- à 

fr. 25.25 avant le 1
er

 juillet 2001, elle devait être débouté de ce chef de la 

demande.  

 

Au stade de l'appel, les deux parties admettent que la solution du litige 

dépend du taux d'activité de T______, les calculs de cette dernière n'étant 

pour le surplus pas contestés. 

 

 

 

EN DROIT 

 

 

1. L'appel respecte le délai et la forme prévus par la loi. Il est dès lors 

recevable. 

 

 La cognition de la Cour d'appel est complète. 

 

 

2. Le jugement n'est pas contesté en tant qu'il déclare la demande recevable et 

qu'il rectifie les qualités des parties défenderesses. Les parties intimées ne 

contestent en outre pas être liées avec T______ par le contrat de travail 

signé le 9 août 1984 avec la SI____X, précédemment  propriétaire de 

l'immeuble. Elles ne contestent pas davantage que celui-ci est soumis, de par 

la volonté des parties, à la convention collective régissant les conditions de 

travail des concierges professionnels.  

 

 Sur ces sujets, la Cour d'appel fait siens les considérants corrects des 

premiers juges. 

 

 

3. Les prétentions de l'appelante sont fondées sur les dispositions de la CCT 

susmentionnée. L'appelante se plaint en effet que son salaire n'ait pas été 

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adapté conformément aux modifications de ladite convention, en particulier  

que, depuis le 11 mai 2001, il ne respecte  pas le salaire minimum prévu 

(soit fr. 4'500.- brut mensuellement, versé treize fois l'an, pour un emploi à 

plein temps). Elle se plaint par ailleurs de ne pas avoir reçu les indemnités 

prévues par ladite CCT (participation aux primes d'assurance-maladie, aux 

taxes et conversations téléphoniques). Enfin, elle fait valoir que ses 

indemnités vacances ont été calculées de manière erronée.  

 

 Les parties intimées, pour leur part, ne contestent pas que les montants 

réclamés aient été calculés de manière correcte par l'appelante, pour autant 

toutefois que l'on retienne qu'elle travaillait à plein temps. Ils soutiennent 

que tel n'était toutefois pas son taux d'occupation, que les premiers juges ont 

arrêté, de manière correcte, à 70% seulement.  

 

 Il incombe, partant, de déterminer le taux d'occupation de l'appelante.  

 

3.1  Pour déterminer l'objet et le contenu d'un contrat, il y a lieu de rechercher, 

tout d'abord, la réelle et commune intention des parties, sans s'arrêter aux 

expressions ou dénominations éventuellement erronées utilisées par les 

parties (art. 18 al. 1 CO). Si une telle intention ne peut pas être établie et 

qu'un désaccord latent subsiste, il faut alors tenter de découvrir la volonté 

présumée des parties en interprétant leurs déclarations de volonté selon le 

principe de la confiance, à savoir d'après le sens qu'un destinataire pouvait 

et devait leur donner (ATF 121 III 123; ATF 115 II 269 consid. 5a; ATF 

107 II 229 consid. 4). C'est alors le contenu objectivé du contrat qu'il y a 

lieu de déterminer. Pour y parvenir, le juge peut notamment s'inspirer du 

texte même de l'accord, des circonstances ayant entouré sa conclusion, des 

circonstances antérieures ou postérieures à la conclusion, du but poursuivi 

par les parties et des usages (ATF 101 II 277 = JdT 1976 I 323; ATF 97 II 

72= JdT 1972 I 531).   

  

Les clauses obscures ou ambiguës sont interprétées en défaveur de leur 

rédacteur (interprétation "contra stipulatorem"; ATF 87 II 234 = JdT 1962 I 

206). 

 

Lorsque le texte du contrat est clair, il n'y a en principe pas lieu d'en 

dénaturer le sens par la recherche d'une interprétation fondée sur des 

éléments extrinsèques, sauf si son contenu ne satisfait pas la logique de 

l'opération telle que, de bonne foi, les parties devaient la considérer (ATF 

111 II 284 = JdT 1986 I 96, 101 II 329 ; 99 II 282 consid. I/1 ). Le Tribunal 

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fédéral a toutefois récemment nuancé ce principe : ainsi, en présence d’un 

texte clair, on ne doit pas exclure d’emblée le recours à d’autres moyens 

d’interprétation. Le sens d'un texte, même clair, n'est par conséquent pas 

forcément déterminant et l’art. 18 al. 1 prohibe  l'interprétation purement 

littérale. Même si la teneur d'une clause contractuelle paraît claire à 

première vue, il peut en effet résulter d'autres conditions du contrat, du but 

poursuivi par les parties ou d'autres circonstances que le texte de ladite 

clause ne restitue pas exactement le sens de l'accord conclu (ATF 127 III 

444 consid. 1b, SJ 2002 I p. 149,  ATF in SJ 2002 I p. 574 consid. 2.2).   

 

3.2 En l'espèce, le texte du contrat signé le 9 mai 1984 ne contient aucune 

indication expresse sur le taux d'occupation de l'appelante. Il est en effet 

stipulé que cette dernière sera rémunérée pour effectuer les tâches prévues à 

son cahier des charges et, s'agissant des horaires de travail, il est renvoyé 

aux dispositions de la CCT. Or, cette dernière, jusqu'à sa version 2000, ne 

prévoyait rien de particulier au sujet de horaires de travail des concierges 

professionnels, se contentant d'indiquer qu'en principe, leurs tâches (non 

comprises la surveillance de l'immeuble et les services aux locataires) 

devaient pouvoir être effectuées sur cinq jours ouvrables par semaine, sous 

réserve des services de voirie pouvant être effectués le samedi également. 

Ce n'est que dans sa version 2000 qu'une précision a été apportée, dans ce 

sens qu'un emploi à plein temps représentait une charge de 42 heures par 

semaine.  

 

 Le texte de l'accord liant les parties, même lu en relation avec la CCT à 

laquelle il est soumis, ne permet ainsi pas de déterminer la volonté réelle de 

celles-ci. Par ailleurs, rien n'a été rapporté, s'agissant de la teneur des 

discussions ayant précédé la conclusion du contrat de travail. 

 

 Faute de pouvoir établir la volonté réelle des parties, il y a lieu de procéder à 

une interprétation objective de leurs manifestations de volonté. 

 

 Le contrat de travail, rédigé par le représentant des employeurs, ne contient 

aucune indication permettant de retenir qu'il s'agirait d'un travail à temps 

partiel. Au contraire, il est fait l'obligation à l'appelante de vouer tout son 

temps de travail au service d'immeuble et il lui est fait interdiction d'exercer 

une autre activité lucrative en dehors de celui-ci (art. 11e du contrat), clause 

qui ne peut être comprise par le travailleur que comme la confirmation d'un 

emploi à plein temps, étant rappelée que l'éventuelle ambiguïté ou 

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imprécision du contrat au sujet du temps de travail exigé du travailleur doit 

être interprétée "contra stipulatorem". 

 

 A cela s'ajoute que la lecture du cahier des charges de l'appelante et 

l'importance des locaux confiés à ses soins (immeuble de 7 étages, 

comportant une quarantaine d'appartements, des caves, un parking intérieur 

et extérieur, ainsi qu'un jardin d'une surface comprise entre 150 et 350 m2) 

ne permet pas sans autre de retenir que l'appelante ne devait être occupée 

que 25 à 30 heures par semaine, comme le soutiennent les intimés.  

 

 A cet égard, le simple fait que sa remplaçante ait indiqué être occupée à mi-

temps n'est pas décisif, en particulier parce que, contrairement à ce qu'ont 

retenu les premiers juges, il n'est pas établi que son cahier des charges aurait 

été identique à celui de l'appelante. Ce document n'a en effet pas été produit; 

le témoin C___ a indiqué qu'il lui paraissait que son cahier des charges était 

similaire à celui de l'appelante, sans toutefois pouvoir être autrement 

affirmative sur ce point. Par ailleurs, la Cour ignore si les moyens 

techniques mis à disposition du témoin C______ étaient similaires à ceux 

dont disposaient. Enfin, le témoin C___ n'habitait pas l'immeuble, 

contrairement à l'appelante, ce qui réduit nécessairement, d'après 

l'expérience générale de la vie, sa disponibilité à l'égard des locataires.  

 

 Par ailleurs, l'employeur a apposé dans l'immeuble un panneau indiquant un 

horaire de conciergerie équivalant à 40 heures par semaine et les deux 

témoins entendus devant la Cour ont assuré avoir régulièrement vu travailler 

l'appelante tant le matin que l'après-midi.  

 

 Ces éléments conduisent la Cour d'appel à retenir, contrairement aux 

premiers juges qui se sont fondés essentiellement sur le témoignage C___, 

que le taux d'activité de l'appelante était bien de 100%. 

 

 

5. Il en résulte que l'appelante peut prétendre aux montants qu'elle réclame, et 

dont le calcul n'est pas contesté par les parties intimées en appel. 

  

 Plus spécifiquement:  

  

 - Les montants réclamés à titre d'augmentation salariale trouvent leur 

fondement dans l'avenant à la CCT, version 1995, lequel prévoit une 

augmentation du salaire des concierges professionnels de respectivement 

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1% dès le 1
er

 janvier 1998, pour autant que le salaire n'excède pas fr. 4'800 

fr. (ce qui est le cas en l'espèce), de 1,3% dès le 1
er

 janvier 2000 et de 2% 

dès le 1
er

 janvier 2001.  

  - Le montant réclamé à titre de différence de salaire trouve son fondement 

dans l'art. 10 CCT, version 2000, applicable dès le 11 mai 2001, prévoyant  

un salaire minimum pour un emploi à plein temps de fr. 4'500.- 

mensuellement, versé treize fois l'an, montant indexé de 0,6% dès le 

1
er

 janvier 2002. 

 

 - Le montant réclamé à titre d'indemnité vacances trouve son fondement 

dans les art. 7 CCT version 1988 et 1995 et 8 CCT version 2000. 

L'appelante, âgée de plus de 45 ans, devait dès lors bénéficier de cinq 

semaines de vacances annuelles, le taux auquel l'indemnité devant être 

calculé étant bien de 10.64%, comme le soutient l'appelante, conformément 

aux directives de l'OFIAMT du 10 mai 1988. 

 

 - Le montant réclamé au titre de treizième salaire trouve son fondement 

dans l'art. 19 CCT, version 2000. 

 

 - Le montant réclamé au titre de la participation à la prime d'assurance-

maladie trouve son fondement dans les art. 10b CCT, version 1980, 11b 

CCT, version 1988, 11 CCT version 1995, et dans le protocole d'accord 

signé le 3 décembre 1996. 

 

 - Les participations aux frais de téléphone réclamées trouvent leur 

fondement dans l'art. 13 CCT, version 1995, et dans le protocole d'accord 

signé le 15 décembre 1997, étant précisé qu'au stade de l'appel, l'appelante a 

réduit sa prétention, eu égard au fait que l'abonnement téléphonique a passé 

de fr. 20.- à fr. 25.25 le 1
er

 janvier 2001 seulement. 

 

 

6. Il s'ensuit que l'appel est fondé. Le jugement attaqué sera annulé en tant qu'il 

a été statué sur le fond et il sera donné suite aux conclusions de l'appelante. 

 

 Compte tenu de la valeur litigieuse, la procédure d'appel demeure gratuite.  

 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n°  C/5871/2004 - 5 

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 * COUR D’APPEL * 

 

 

PAR CES MOTIFS 

 

La Cour d'appel des prud'hommes, Groupe 5 

 

A la forme: 

 

Déclare recevable l'appel formé par T______ à l'encontre du jugement 

TRPH/953/2005, rendu le 9 décembre 2005 par le Tribunal des 

Prud'hommes, groupe 5, dans la cause C/5871/2004-5. 

 

Au fond: 

 

 Confirme ce jugement en tant qu'il déclare la demande recevable et rectifie 

les qualités des parties défenderesses; 

 

 Annule ce jugement en tant qu'il statue sur le fond. 

 

Statuant à nouveau: 

Condamne E___1 à E___39, pris conjointement et solidairement, à payer à 

T______ la somme brute de fr. 23'679.99 (vingt trois mille six cent septante 

neuf francs et nonante neuf centimes), et la somme nette de fr. 391.50 (trois 

cent nonante et un francs et cinquante centimes), le tout avec intérêts 

moratoires au taux de 5% l’an dès le 1
er

 octobre 2002.  

 

Invite la partie qui en a la charge à opérer les déductions sociales, légales et 

usuelles; 

 

Dit que la procédure reste gratuite; 

 

Déboute les parties de toutes autres ou contraires conclusions.  

 

 

La greffière de juridiction                                          La présidente 

 

 

 

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 Cause n°  C/5871/2004 - 5 

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 * COUR D’APPEL *