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**Case Identifier:** ea75c213-467b-5326-8890-0da195ba32d1
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2005-04-07
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 07.04.2005 BO.2004.0153
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_BO-2004-0153_2005-04-07.html

## Full Text

CANTON
  DE VAUD

  TRIBUNAL ADMINISTRATIF

  
	
   

  	
  Arrêt du 7 avril 2005 

  
	
  Composition

  	
  M. François Kart, président; M. Pierre Allenbach et M. Philippe Ogay, assesseurs. Greffière :
  Sophie Yenni-Guignard

  

 

	
  recourant

  	
   

  	
  A. X.________, à 1********, 

  

   

	
  autorité intimée

  	
   

  	
  Office cantonal des
  bourses d'études et d'apprentissage, à Lausanne 

  

   

 

	
  Objet

  	
  Decision en matière d'aide aux études

  
	
   

  	
  Recours A. X.________ c/ décision de
  l'Office cantonal des bourses d'études et d'apprentissage du 27 octobre 2004
  concernant son fils B. X.________

  

 

Vu les faits suivants

A.                               
B. X.________, né le 9 juin 1980, a
entrepris des études de biologie à l'Université de Lausanne en octobre 2001.
L'office cantonal des bourses d'études et d'apprentissage (ci-après l'office) lui alloué une bourse pour chacune de ses trois
premières années d'études, soit pour l'année académique 2001-2002, pour l'année
2002-2003 et pour l'année 2003-2004. Le 30 août 2004, B. X.________ a sollicité
le renouvellement sa bourse pour sa 4e année d'étude, soit pour la
période du 15 octobre 2004 au 15 octobre 2005. L'office lui a signifié un refus
par décision du 27 octobre 2004 en indiquant comme motif que la capacité
financière de sa famille dépassait désormais les normes en matière
d'attribution de bourses, la famille ayant un enfant de moins à charge.

B.                              
A. X.________, C. X.________ et B.
X.________ ont recouru contre cette décision le 15 novembre 2004 en faisant
valoir que le départ du fils aîné allégeait certes leur budget mais entraînait
également une augmentation des charges fiscales. En établissant le budget mensuel
des dépenses de la famille, ils concluaient que leurs revenus ne leur permettaient
en réalité pas de faire face au coût des études de B. X.________.

L'office a répondu le 9 décembre 2004
en présentant le détail de ses calculs et en concluant au rejet du recours. Il
précisait notamment s'être écarté du montant figurant sous chiffre 650 de la
déclaration d'impôt et avoir arrêté le montant du revenu déterminant à 73'300,
en précisant ce qui suit:

"Lors de l'étude du nouveau
formulaire menée avec l'aide de nos collègues de l'Administration cantonale des
impôts (ACI) pour déterminer les postes pouvant remplacer le chiffre 20 du
précédent formulaire de taxation, il est apparu que le chiffre 650 de la
nouvelle déclaration pourrait être utilisé. Cependant nous avons constaté que
la prise en compte des déductions portées sous chiffre 310 (3ème
pilier) et 540 (frais d'entretien d'immeubles) créait une inégalité de
traitement entre les requérants. En effet, le but poursuivi par l'octroi d'une
bourse n'est pas de compenser indirectement des frais d'entretien d'immeubles
ou encore de favoriser la constitution d'un troisième pilier. Les requérants
non propriétaires et ceux qui investissent l'entier de leur revenu dans
l'entretien de leur famille seraient défavorisés si l'office déduisait ces deux
postes dans l'élaboration du revenu.

Ce faisant, l'office a respecté la
teneur de l'article 10 RAE qui stipule que le revenu est constitué "en
règle générale" du chiffre 20. En effet, les usagers concernés par
l'octroi d'une bourse sont en grande majorité des personnes trop peu fortunées
pour être propriétaires d'immeubles et qui n'ont pas les moyens de financer la
constitution d'un troisième pilier. A contrario, les requérants dont les parents
sont propriétaires d'immeubles et qui peuvent constituer un troisième pilier
sont en minorité dans cette population. Leur cas fait donc exception à la
règle."

A. X.________ a déposé des
déterminations complémentaires le 20 janvier 2005 dans lesquelles il contestait
le mode de calcul établi par l'office pour fixer le revenu déterminant, en
demandant qu'il soit tenu compte du revenu net indiqué par l'office d'impôt.

Dans ses déterminations finales du 14
février 2005, l'office a précisé qu'il avait refait son calcul en retenant le
revenu net indiqué par la commission d'impôt et qu'il aboutissait toujours à
une décision de refus. Il concluait en conséquence au maintien de sa décision. 

Considérant en droit

1.                               
Déposé en temps utile, le recours
satisfait aux conditions formelles énoncées à l’art. 31 de la loi du 18
décembre 1989 sur la juridiction et la procédure administrative (LJPA). Il y a
donc lieu d’entrer en matière sur le fonds.

2.                               
Toute personne remplissant les
conditions fixées par la loi a droit au soutien financier de l'Etat pour la
poursuite d'études ou d'une formation professionnelle. Pour l'essentiel, ces
conditions sont de deux ordres: des conditions de nationalité et de domicile
d'une part, des conditions financières d'autre part. Les conditions financières
reposent sur l'un des principes cardinaux de la loi du 11 septembre 1973 sur
l'aide aux études et à la formation professionnelle (LAE), exprimé à son
article 2 : "Le soutien de l'Etat est destiné à compléter celui de la
famille, au besoin à y suppléer". C'est dire que ce soutien a un
caractère subsidiaire. Le législateur a voulu maintenir le principe de la
responsabilité de la famille. La nécessité et la mesure du soutien à accorder
dépendent donc des moyens financiers dont le requérant et ses père et mère (les
parents) disposent pour assumer les frais d'études, de formation et d'entretien
du requérant. Toutefois, la capacité financière des personnes autres que les
parents qui subviennent à l'entretien du requérant et celle du requérant
lui-même sont seules prises en considération dans les cas prévus à l'art. 12
ch. 1 et 2 (art. 14 al. 1 et 2 LAE), soit si d'autres personnes domiciliées
dans le canton de Vaud subviennent à l'entretien du requérant (art. 12 ch. 1)
ou si, depuis dix-huit mois au moins, le requérant majeur est domicilié dans le
canton de Vaud et s'y est rendu financièrement indépendant (ch. 2, 1ère
phrase). Est réputé financièrement indépendant notamment le requérant âgé de
moins de vingt-cinq ans qui a exercé une activité lucrative en principe pendant
dix-huit mois immédiatement avant le début des études ou de la formation pour
lesquelles il demande l'aide de l'Etat (ch. 2, 2ème phrase).

En l'espèce, et cela n'est pas
contesté, l'Office a considéré que B. X.________ ne s'était pas rendu financièrement
indépendant au sens de la LAE. La nécessité et la mesure du soutien à lui
accorder dépendent donc exclusivement des moyens financiers dont ses parents
disposent pour assumer ses frais d'études, de formation et d'entretien.

3.                               
Selon l'art. 16 LAE entrent en ligne
de compte pour l'évaluation de la capacité financière les charges, à savoir les
dépenses d'entretien et de logement (ch. 1), les ressources, soit le revenu net
admis par la commission d'impôt (ch. 2 lit. a), la fortune, dans la mesure où
elle dépasse le but d'une juste prévoyance et si par son mode d'investissement,
le capital peut supporter en faveur du requérant des prélèvements qui ne
portent pas un préjudice sensible à l'activité économique de la famille (ch. 2
lit. b), et l'aide financière accordée par toute institution publique ou privée
(ch. 2 lit. c).

a) Aux termes de l'art. 18 LAE, les
"charges sont calculées selon un barème des charges normales, compte tenu
de la composition de la famille et du nombre et de l'âge des enfants. Ce barème,
établi et périodiquement adapté par la Commission cantonale des bourses
d'études, doit être approuvé par le Conseil d'Etat.". En fait, depuis la
modification du règlement d'application de la LAE (RAE) le 10 juillet 1996, les
charges normales sont fixées par l'art. 8 al. 2 RAE. Elles "correspondent
aux frais mensuels minimum d'une famille pour l'alimentation, le loyer, les
services industriels, l'équipement, le ménage, l'habillement, les assurances,
le dentiste, les impôts, les loisirs, les divers. Elles s'élèvent à :

            Fr. 3'100.- pour deux parents

            Fr. 2'500.- pour un parent

            auxquels s'ajoutent, par enfant à charge

            Fr. 700.- pour un enfant mineur

            Fr. 800.- pour un enfant
majeur".

Ainsi, les charges retenues pour
l'allocation d'une bourse sont préétablies; elles ne varient pas en fonction
des dépenses effectives de la famille, ce qui garantit l'égalité de traitement
des requérants. 

Dans le cas d’espèce, le recourant
conteste  les charges prises en considération dans la décision de refus de
bourse, en les confrontant avec les charges effectives de sa famille. On peut
comprendre cette approche ; cependant, le but même du système légal
consiste à assurer l’égalité de traitement entre les requérants, respectivement
leur famille. (v. arrêt TA BO 2004. 0107 du 24 novembre 2004). On relèvera en
outre que l'office a retenu à juste titre que le fils aîné n'était plus à
charge de ses parents à partir de 2004, puisqu'il avait terminé sa formation.
Ce point n'est d'ailleurs pas contesté par le recourant, qui expose dans son
acte de recours que son fils D. X.________ se prépare à quitter le domicile
familial pour fonder son propre foyer. Dès lors, peu importe que malgré son
départ, les charges de la famille demeurent élevées. Seul est déterminant
l'art. 8 al. 2 RAE qui prévoit que les charges pour deux parents et un enfant
majeur s'élèvent à 3'900 francs par mois (3'100 + 800).

Le tribunal retient ici que le barème
précité, pour schématique qu’il soit, permet mieux, dans la règle, d’assurer le
respect du principe de l’égalité de traitement qu’une appréciation au cas par
cas. On remarque en particulier que ce barème ne peut bien évidemment pas tenir
compte de charges fiscales supérieures à la norme, puisque celles-ci sont dues
précisément, s’agissant de la famille du recourant, à une situation plus aisée
que celle qui permet l’octroi d’une bourse (v. arrêt TA BO 2004. 0107 précité).
On relèvera enfin qu'il appartient à l'office des bourses d'appliquer le barème
figurant à l'art. 8 al. 2 RAE et que l'office ne saurait s'écarter de cette
disposition au motif que, comme le soutient le recourant, celle-ci ne tiendrait
pas compte de l'augmentation du  coût de la vie intervenue ces dernières années.
Cas échéant, il appartient en effet au Conseil d'Etat de modifier cette disposition,
qui doit être appliquée par l'office dans sa teneur actuelle aussi longtemps
qu'elle n'a pas été modifiée.

b) Pour le calcul du coût des études,
sont prises en considération toutes les dépenses qu'elles nécessitent, y
compris celles qui résultent de la distance entre le domicile et le lieu des
études (art. 19 LAE). Les éléments constituant le coût des études sont : (a)
les écolages et les diverses taxes scolaires, (b) les fournitures (manuels,
instruments, matériel) indispensables à la poursuite normale des études, (c)
les vêtements de travail spéciaux, (d) les frais de déplacement du domicile au
lieu de travail ou d'études et vice versa, calculés selon le tarif le plus
économique ou, le cas échéant, les frais de logement hors de la famille, (e) les
frais de repas si la distance entre le domicile et le lieu de travail ou
d'études ou les exigences des horaires le justifient. Les frais mentionnés à la
lettre (a) sont comptés dans le coût des études selon les tarifs des
établissements de formation. Les frais mentionnés aux lettres (b) à (e) font
l'objet d'un forfait selon le barème et les directives pour l'attribution des
bourses d'études approuvées par le Conseil d'Etat le 4 mars 1998 (ci-après :
barème). Ils sont comptés pour onze mois pour les apprentissages et dix mois
pour les gymnases, écoles assimilées et autres écoles (art. 12 RAE).

Le soutien de l'Etat est accordé quand
les charges, augmentées du coût des études du requérant, excèdent le revenu
(art. 20 LAE).

4.                a) Les frais d'études de B.
X.________ établis par l'office s'élèvent à 5'210 francs pour dix mois
(écolage, inscription, manuels : 2'660 fr.; déplacements : 550 fr.; repas de
midi: 2'000 fr.). Ces montants sont conformes aux art. 19 LAE et 12 RAE, ainsi
qu'au barème auquel renvoie cette dernière disposition. Le tribunal n'a pas de
raison de s'écarter, notamment en ce qui concerne les frais de repas dont le
recourant conteste le montant. Comme pour les charges évoquées ci-dessus, on
relèvera que ce barème, quand bien même il peut apparaître schématique, permet
d'assurer l'égalité de traitement.

b) Le revenu familial déterminant
(capacité financière) est constitué, en règle générale, du chiffre 20 (moyenne
des revenus nets des deux années précédentes) de la dernière déclaration
d'impôt admis par la commission d'impôt (art. 10 al. 1 RAE), soit le chiffre
650 de la nouvelle déclaration postnumerando. Il n'y a pas lieu de s'écarter
des éléments de la déclaration en faisant abstraction de déductions autorisées
par la loi fiscale. Ainsi que l'a souligné le tribunal dans un arrêt récent (TA
BO.2004.0115 du 23 décembre 2004), lorsque l'art. 16 ch. 2 let. a LAE se réfère
au revenu net admis par la Commission d'impôt, il retient comme déterminant le
revenu calculé sur la base de l'ensemble des dispositions fiscales, en
particulier celles qui autorisent des déductions pour frais d'entretien
d'immeuble ou encore en relation avec la souscription d'un 3ème
pilier. Dans l'absolu, une telle solution peut sans doute se discuter; dans le
cadre de la LAE, en revanche, le législateur a expressément voulu se placer
dans le cadre tracé par le régime fiscal.

Dès lors, est déterminant en l'espèce
le montant de 64'247 francs correspondant au chiffre 650 selon les
renseignements fournis par l'office des impôts en date du 21 octobre 2004,
montant arrondi à 64'200 francs, soit 5'350 francs par mois. On relève à cet
égard que le montant de 60'200 francs allégué par le recourant n'est confirmé
par aucune pièce, et ne saurait en conséquence être retenu de préférence au
montant figurant sur le formulaire transmis à l'office des bourses par la
commission d'impôt.

c) On déduit ensuite du revenu les
charges normales, soit en l'espèce 3'900 francs. Compte tenu de ces charges,
l'excédent de revenu dont disposent les recourants est de 1'450 francs par mois
(5'350 – 3'900). Réparti en trois parts, dont deux pour l'enfant en formation
(art. 11 RAE), cet excédent permet d'affecter aux frais d'études de B.
X.________ la somme annuelle de 11'600 francs ({[1'450 : 3] x 2} x 12). Cette
part de l'excédent du revenu familial afférente à B. X.________ étant
supérieure au coût annuel de ses études (5'210 fr.), aucune bourse ne peut lui
être allouée (art. 20 LAE a contrario et 11a RAE).

5.         Conformément à l'art. 55 LJPA, il y
a lieu de mettre un émolument de justice à la charge du recourant débouté.

Par ces motifs

le Tribunal administratif

arrête:

I.                                  
Le recours est rejeté.

II.                                
La décision rendue par l'Office
cantonal des bourses d'études et d'apprentissage le 27 octobre 2004 est
confirmée.

III.                               
Un émolument de 100 (cent) francs est
mis à la charge de A. X.________.

Lausanne, le 7 avril 2005

 

Le président:                                                                                             La
greffière:

                                                                                                                  

 

Le présent arrêt est communiqué aux
destinataires de l'avis d'envoi ci-joint.