# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a2aa3c59-1dc9-5a8a-bb38-c982f0394094
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2007-03-28
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 28.03.2007 A/1408/2000
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-1408-2000_2007-03-28.pdf

## Full Text

Siégeant : Juliana BALDE, Présidente; Bertrand REICH et Dominique JECKELMANN, 

Juges assesseurs 

  

 

 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/1408/2000 ATAS/338/2007 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 

ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 4 

du 28 mars 2007 

 

En la cause 

CAISSE DE COMPENSATION DE LA SSE, agence AVS 66.2, 

route de Malatrex 14, 1201 GENEVE, comparant avec élection de 

domicile en l'étude de Maître VUILLE Pierre 

 

recourante 

contre 

Madame M_________, domiciliée , 1802 CORSEAUX, comparant 

avec élection de domicile en l'étude de Maître PETROZ Pascal 

défenderesse 

 

 

 

 

 

A/1408/2000 

- 2/6 - 

EN FAIT 

1. La société M_________ SA (ci-après la société) a été constituée à Genève et 

inscrite au Registre du commerce le 28 février 1985. Son but social consistait en 

des travaux de construction et de démolition de bâtiments, ainsi que des 

transactions immobilières. La société était affiliée en tant qu'employeur à la caisse 

de compensation de la société suisse de entrepreneurs (ci-après la caisse). 

2. Madame M_________ était inscrite au Registre du commerce en qualité 

d'administratrice, avec signature individuelle du 13 décembre 1989 au 16 janvier 

1997, date à partir de laquelle elle était au bénéfice d’une procuration.  

3. Suite à la faillite de la société prononcée le 28 avril 1998 par le Tribunal de 

Première Instance de la République et canton de Genève, la caisse, par deux 

décisions du 31 janvier 2000, a réclamé conjointement et solidairement à Madame 

M_________, en sa qualité de secrétaire, et à Monsieur H_________, en sa qualité 

de directeur, le paiement de Fr. 23'631,35 à titre de réparation du dommage subi en 

raison du non-paiement des cotisations AVS-AI durant la période de décembre 

1997, janvier et avril 1998, moyennant cession du dividende éventuel dans la 

faillite. (cf. pièce n°3, chargés des 6 mars et 30 mars 2000 caisse). 

4. Les intéressés ont formé opposition auprès de la caisse, Monsieur H_________ 

alléguant qu'en tant que directeur il ne s'occupait pas de la gestion de la société, et 

Madame M_________ au motif que dans les faits elle n’avait jamais endossé de 

fonction directrice au sein de la société, qu’elle ne disposait pas de réel pouvoir de 

décision et enfin qu'elle avait démissionné de sa fonction d’administratrice le 13 

octobre 1995 déjà.  

5. La caisse, par actes des 6 et 30 mars 2000, a requis la mainlevée des oppositions 

formées par les intéressés.  

6. Par jugement du 26 mai 2004, le Tribunal de céans, auquel la cause a été transmise 

d’office le 1
er

 août 2003, a rejeté les demandes, considérant qu'aucun indice ne 

permettait d'admettre que Monsieur H_________ assumait les fonctions d'organe 

matériel de la société et que Madame M_________, après sa démission le 13 

octobre 1995 entérinée par l'assemblée générale des actionnaires le 28 mai 1996, ne 

pouvait être qualifiée d'organe de fait. La caisse a interjeté recours auprès du 

Tribunal fédéral des assurances (TFA). 

7. Par arrêt du 14 février 2006, le TFA a partiellement admis le recours, s'agissant de 

Madame M_________. Il a jugé que l'intéressée, eu égard aux tâches qu'elle 

exécutait, ainsi qu'aux pouvoirs de disposition non limités dans le temps sur les 

liquidités de la société dont elle faisait régulièrement usage, elle avait la qualité 

d'organe de fait de la société, de sorte que sa responsabilité était engagée vis-à-vis 

 

 

 

 

A/1408/2000 

- 3/6 - 

de l'AVS. Le TFA a renvoyé la cause au Tribunal de céans, afin d'examiner la 

question de la responsabilité dans le dommage causé à la caisse de compensation. 

8. A la demande du Tribunal, la caisse a indiqué, par courrier du 1
er

 mai 2006, que le 

montant du dommage dû à titre de réparation du dommage s'élevait toujours à 

23'631 fr. 35, correspondant aux cotisations impayées des mois de décembre 1997, 

janvier et avril 1998..   

9.  Le Tribunal a convoqué les parties à une audience de comparution personnelle en 

date du 21 juin 2006. La défenderesse a déclaré que la société avait toujours payé 

régulièrement les cotisations AVS, qu'elle n'avait jamais été poursuivie et que ce 

n’est que trois ou quatre mois avant la faillite qu'il y a eu des difficultés dans le 

paiement des cotisations. Elle a expliqué que la société, bien qu'en proie à des 

difficultés depuis deux ans déjà avant la faillite, était tenue de payer les charge 

sociales régulièrement afin de pouvoir soumissionner et qu'au moment de la faillite, 

il y avait encore des chantiers en cours. Elle avait attiré plusieurs fois l'attention de 

son ex-mari sur les difficultés de la société, mais il lui avait répondu qu'elle n'avait 

rien à dire, qu'il était le seul patron, qu'elle n'avait rien compris et que la société 

allait rebondir. S'agissant du montant du dommage, elle a fait valoir que sur le 

décompte du mois d'avril figurait le salaire de Monsieur H_________, alors que ce 

dernier avait quitté la société le 31 janvier 1998, et que si l'on faisait abstraction des 

décomptes des salaires de décembre 1997 et avril 1998, adressées à la société après 

la faillite, le montant du dommage ne s'élèverait plus qu'à 6'333 fr. 50. La 

défenderesse a contesté toute responsabilité. 

La caisse a relevé que s'agissant d'une procédure en réparation du dommage, elle ne 

pouvait pas déduire les cotisations non payées de décembre 1997 et avril 1998. Elle 

a proposé d'établir un décompte détaillé de sa prétention et a persisté dans ses 

conclusions. 

10. Le 18 juillet 2006, la caisse a fait parvenir au Tribunal un chargé complémentaire 

relatif aux cotisations dues. 

11. Dans ses observations du 31 août 2006, la défenderesse soutient qu'en tant 

qu'organe de fait, elle n'est appelée à assumer une responsabilité que pour les 

domaines dans lesquels elle a effectivement déployé une activité. Or, dès lors 

qu'elle effectuait les paiements dans la mesure des fonds disponibles et qu'elle 

s'acquittait de ses tâches avec une grande conscience, son comportement a été 

irréprochable. Elle fait valoir en outre que c'est en raison de l'attitude imprévisible 

de la BCV que la faillite de la société est intervenue, alors que celle-ci se trouvait 

pourtant dans une bonne santé financière, de sorte qu'aucune faute ne saurait lui 

être imputée. Subsidiairement, elle conclut à ce qu'un montant de 17'297 fr. 85 soit 

amputé du montant du dommage, correspondant aux décisions 018075 et 019076 

envoyées postérieurement à la faillite.  

 

 

 

 

A/1408/2000 

- 4/6 - 

12. Dans ses observations du 13 octobre 2006, la caisse a persisté dans ses conclusions.  

13. Ces écritures ont été communiquées à la défenderesse le 17 octobre 2006. Sur quoi, 

la cause a été gardée à juger. 

14. Pour le surplus, les divers allégués des parties, les éléments pertinents résultant du 

dossier ainsi que de l’instruction seront repris, en tant que de besoin, dans la partie 

en droit ci-après. 

 

EN DROIT 

1. La recevabilité de la demande a déjà été examinée et admise dans le cadre de la 

procédure, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'y revenir. 

2. Il convient d'examiner la responsabilité de la défenderesse, en sa qualité d'organe de 

fait tel que l'a admis le TFA, dans le préjudice causé à la caisse, au regard de l'art. 

52 LAVS et de la jurisprudence y relative, résultant du non paiement des cotisations 

paritaires afférentes aux mois de décembre 1997, janvier et avril 1998.   

3. Dans sa jurisprudence, le TFA a rappelé que la responsabilité liée à la qualité 

d'organe présuppose que l'intéressé ait eu des compétences allant nettement au-delà 

d'un travail préparatoire et de la création des bases de décisions, pour se concentrer 

sur la participation, comme telle, à la formation de la volonté de la société. La 

responsabilité pour la gestion ne vise ainsi que la direction supérieure de la société, 

au plus haut niveau de sa hiérarchie (sur ces divers points, voir ATF 117 II 572 sv).  

Ainsi, un organe de fait n'est appelé à assumer une responsabilité que pour les 

domaines dans lesquels il a effectivement déployé une activité (FORSTMOSER, 

Die aktienrechtliche Verantwortlichkeit, 2e éd., p. 216 n° 687). Contrairement à un 

organe au sens formel, il n'a donc pas un devoir de surveillance (cura in 

custodiendo) à l'endroit de l'activité des autres organes, de fait ou de droit, de la 

société (voir à ce sujet l'arrêt ATF 114 V 223 consid. 4a; FORSTMOSER, op. cit., 

p. 115 n° 321; EGLI, Aperçu de la jurisprudence récente du Tribunal fédéral 

relative à la responsabilité des administrateurs de sociétés anonymes, Recueil des 

travaux de la Journée d'étude organisée le 6 novembre 1986 par la Fédération suisse 

des avocats et le Centre du droit de l'entreprise, publication CEDIDAC 1987, p. 

33). 

En l'espèce, il est établi que la défenderesse, qui avait la signature individuelle sur 

les comptes bancaires de la société, s'occupait de la gestion administrative des 

charges sociales. Elle établissait les attestations de salaire, signait les ordres de 

paiements et recouvrait les créances. Lors de son audition le 21 juin 2006, la 

défenderesse a admis qu'elle s'occupait des paiements, mais selon les ordres de 

 

 

 

 

A/1408/2000 

- 5/6 - 

priorité choisie par son ex-mari. Elle a déclaré qu'elle avait attiré à plusieurs 

reprises l'attention de son ex-mari sur les difficultés rencontrées par la société, mais 

ce dernier lui avait répondu qu'elle n'avait rien à dire, qu'il était le seul patron, 

qu'elle n'avait rien compris et que la société allait rebondir. 

Si la défenderesse prenait effectivement la responsabilité d'effectuer les paiements 

tant que les comptes étaient provisionnés, force est de constater cependant que 

lorsque la société a été confrontée à des problèmes de liquidités, c'est son ex-époux 

qui choisissait les créanciers qui devaient être désintéressés. Le Tribunal de céans 

relève que depuis sa démission en qualité d'administratrice, signifiée par courrier du 

13 octobre 1995, la défenderesse ne participait plus à la formation de la volonté de 

la société;  comme elle l'expliquait dans sa lettre de démission, elle n'avait plus un 

mot à dire dans la gestion de la société et ne prenait plus de décision relevant des 

organes. Les témoignages ont d'autre part confirmé que l'ex-époux de la 

défenderesse, administrateur et actionnaire unique, prenait seul les décisions quant 

à la marche des affaires et à la gestion financière de la société. La défenderesse 

s'occupait de la gestion administrative de la société genevoise sur la base des 

instructions de son ex-mari (cf. PV d'enquêtes, déclarations des témoins 

T_________, H_________ et M_________).  

Ainsi, il y lieu d'admettre que la défenderesse n'avait plus la maîtrise, ni aucun 

pouvoir sur les décisions prises pas son ex-époux dans le choix de l'affectation des 

fonds et des débiteurs à désintéresser. Partant, la défenderesse n'a pas commis de 

négligence grave, de sorte qu'elle ne peut être tenue pour responsable du non-

paiement des cotisations sociales au sens de l'art. 52 LAVS.                        . 

Mal fondée, la demande doit être rejetée. 

 

4.  La défenderesse, représentée par un avocat, a droit à une indemnité à titre de 

participation à ses frais et dépens, que le Tribunal fixe en l'espèce à 3'000 fr. 

 

 

*** 

 

 

 

 

A/1408/2000 

- 6/6 - 

 

PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

A la forme : 

1. Déclare la demande recevable. 

Au fond : 

2. La rejette. 

3. Condamne la demanderesse à payer à Madame Monique M_________ la somme de 

3'000 fr. à titre de participation à ses frais et dépens. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 

dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 

(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 

public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 

juin 2005 (LTF); le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 

moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit 

être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie électronique aux 

conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du 

recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l'envoi. 

 

La greffière 

 

 

 

 

Sylvie CHAMOUX 

 La présidente 

 

 

 

 

Juliana BALDE 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 

des assurances sociales par le greffe le