# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 85a70c8b-55d7-538f-9fc2-f10db393977b
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour d'appel civile HC / 2014 / 649
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_002_HC---2014---649_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

PO11.032759-141500

448  

 

 

cour
d’appel CIVILE

_____________________________

Arrêt du
25 août 2014

__________________

Présidence
de               M.             
Colombini,
président

Juges             
:              MM.             
Abrecht  et  Perrot 

Greffière
:              Mme             
Huser

 

 

*****

 

 

Art.
148 al. 1 et 2 et 149 CPC

 

 

             
Statuant à huis clos sur l’appel interjeté par 
C.________,
à Lausanne, contre le prononcé rendu le 6 août 2014 par le Juge délégué
de la Chambre patrimoniale cantonale dans la cause divisant l’appelant d’avec 
S.________SA,
à Lausanne, intimée, la Cour d’appel civile du Tribunal cantonal voit :

 

             
En fait:

 

 

A.             
Par prononcé du 6 août 2014, notifié aux parties le même jour, le Juge délégué
de la Chambre patrimoniale cantonale a rejeté la requête de restitution de délai déposée
le 29 juillet 2014 par C.________ (I) et a dit que ce prononcé était rendu sans frais (II),
ni dépens (III).

 

             
Ce prononcé indiquait qu’il pouvait
faire l’objet d’un appel dans les trente jours. 

 

             
Le premier juge a, en substance, considéré que les conditions de l’art. 148 al.
1 et 2 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS 272) n’étaient
pas réalisées, C.________ n’ayant pas rendu vraisemblable, ni même plausible, que
le non respect du délai ne lui était pas imputable ou qu’il était dû à
l’existence d’une faute légère.

 

B.             
Par acte du 19 août 2014, C.________ a interjeté appel auprès de la Cour d’appel
civile du Tribunal cantonal contre ce prononcé, en concluant en substance à son annulation
et en requérant la suspension immédiate de toute procédure conduite par la Chambre patrimoniale
cantonale dans la cause S.________SA contre C.________, cela jusqu’à droit connu sur le présent
recours. 

 

C.             
La Cour d’appel civile retient les faits
suivants sur la base du jugement, complété par les pièces du dossier :

 

1.             
S.________SA a ouvert, le 22 août 2011, une action en annulation de poursuite contre C.________.
Ce dernier, dans sa réponse du 21 mai 2012, a pris des conclusions reconventionnelles à hauteur
de 250'000 francs. 

 

2.             
C.________ n’a pas payé l’avance de frais requise par la Chambre patrimoniale cantonale
pour la demande reconventionnelle dans le délai fixé à cet effet, bien que trois prolongations
de ce délai lui aient été accordées. 

 

             
Par prononcé du 4 juin 2013, le Juge délégué de la Chambre patrimoniale cantonale
a déclaré irrecevable la demande reconventionnelle du 21 mai 2012.

 

             
Le 28 juillet 2014, le défendeur a payé l’avance de frais avec plus d’une
année de retard. Il a, par ailleurs, saisi le Juge délégué de la Chambre patrimoniale
cantonale d’une « demande en réforme », laquelle a été interprétée
par ce magistrat comme une demande de restitution du délai de paiement de l’avance de frais.

 

3.             
Le 20 août 2014, la Chambre patrimoniale cantonale a tenu l’audience de plaidoiries finales
et de jugement dans la cause S.________SA contre C.________. A cette occasion, elle a rejeté une
requête de ce dernier tendant au renvoi de l’audience jusqu’à droit connu sur le
recours contre le prononcé du 6 août 2014, « considérant que la procédure
doit suivre son cours tant que l’effet suspensif n’a pas été accordé. »
Les parties ont été informées que
le jugement à intervenir leur serait notifié conformément à la loi.

             

 

             
En droit :

 

 

1.             
a) L'appel est recevable contre les décisions
finales de première instance (art. 308 al. 1 let. a CPC), dans les causes patrimoniales dont la
valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de 10'000 fr. au moins (art. 308 al. 2 CPC).

 

             
b)
Le prononcé attaqué est une décision de refus de restitution de délai. Une telle
décision n’est pas une décision finale au sens de l’art. 236 CPC, ni une décision
incidente au sens de l’art. 237 CPC. Selon l’art. 149 CPC, le tribunal statue définitivement
sur la restitution. Il est admis par la jurisprudence et la doctrine que la décision sur restitution
ne peut, au niveau cantonal, faire l’objet d’un recours immédiat ; est réservé
un appel (art. 308 ss CPC) ou un recours (art. 319 ss CPC) contre la décision finale qui interviendra
par la suite (TF 4A_281/2012 du 22 mars 2013 c. 1.1 ; Frei, in Berner Kommentar, Schweizerische
Zivilprozessordnung, vol. I, 2013, n. 11 ad art. 149 CPC ; Staehelin A., in Kommentar zur Schweizerischen
Zivilprozessordnung (ZPO), Sutter-Somm/Hasenböhler/Leuenberger [éd.], 2e
éd. 2013, n. 4 ad art. 149 CPC ; Staehelin A./Staehelin D./Grolimund P., Zivilprozessrecht,
2e
éd. 2013, p. 281 n. 16a ; Tappy, in CPC commenté, Bohnet et al. [éd.], 2011, n. 12
ad art. 149 CPC ; Merz, in Schweizerische Zivilprozessordnung (ZPO) Kommentar, Brunner/Gasser/Schwander
[éd.], 2011, p. 149 ; Gozzi, in Basler Kommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung, Kurzkommentar,
Oberhammer [éd.], 2010, n. 5 ad art. 149 CPC). 

 

             
Lorsque le tribunal a déjà clos la procédure et que la requête de la partie défaillante
tend à la faire rouvrir, le Tribunal fédéral considère cependant que le refus de
restitution constitue une décision finale susceptible d’appel nonobstant le texte de l’art.
149 CPC, quand ce refus entraîne la perte définitive de l’action ou d’un moyen
d’action (ATF 139 III 478).

 

             
En l’espèce, même si l’on devait considérer que le prononcé du 4 juin
2013 déclarant irrecevable la demande reconventionnelle de l’appelant a mis fin à la
procédure concernant cette demande reconventionnelle, quand bien même la procédure principale
s’est poursuivie – question qui peut demeurer ouverte –, l’appel n’en demeure
pas moins en tout état de cause irrecevable, l’appelant n’établissant pas que le
refus de restitution entraînerait la perte définitive de son action.

 

             
Le prononcé du Juge délégué de la Chambre patrimoniale cantonale du 6 août 2014
ne peut ainsi pas faire l’objet d’un appel ni d’un recours immédiat. 

 

             
On précisera à toutes fins utiles que l’indication erronée par le juge délégué,
au pied du prononcé attaqué, selon laquelle celui-ci pouvait faire l’objet d’un
appel, ne saurait créer une voie de droit inexistante (ATF 129 III 88 c. 2.1 ; 119 IV 330 c.
1c ; TF 4D_82/2012 du 30 octobre 2012 c. 2.2).

 

             
c)
A supposer recevable, l’appel devrait de toute manière être rejeté.

 

             
Si une décision a été communiquée, la restitution ne peut être requise que dans
les six mois qui suivent son entrée en force (art. 148 al. 2 CPC). La requête de restitution,
présentée plus de six mois après l’entrée en force du prononcé du 4 juin
2013, était en tout état de cause irrecevable.

 

             
Par surabondance, les conditions de la restitution n’étaient pas réalisées, pour
les motifs retenus par le premier juge, qui peuvent être confirmés. Les pièces produites
par l’appelant sont irrecevables, les conditions de l’art. 317 al. 1 CPC n’étant
pas réalisées, et ne sont au demeurant pas susceptibles d’établir que son défaut
ne lui serait pas imputable ou qu’il serait dû à l’existence d’une faute
légère.

 

2.             
              Partant,
l’appel doit être déclaré irrecevable selon la voie procédurale de l’art.
312 al. 1 CPC, ce qui rend la requête d’effet suspensif sans objet.

 

Il
ne sera pas perçu de frais judiciaires (art. 11 TFJC [Tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre
2010 ; RSV 270.11.5]).

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour d’appel civile du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

en
application de l'art. 312 al. 1 CPC,

prononce
:

 

             
I.             
L’appel est irrecevable.

 

             
II.             
La requête d’effet suspensif est sans objet.

 

             
III.             
Il n’est pas perçu de frais judiciaires.

 

             
IV.             
L’arrêt est exécutoire.

 

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

‑             
C.________,

‑             
Me Buffat (pour S.________SA).

 

             
La Cour d’appel civile considère que la valeur litigieuse est supérieure à 30'000
francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. le Juge délégué de la Chambre patrimoniale cantonale.

 

             
La greffière :