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**Case Identifier:** 789f12c8-3a04-520e-80a7-d5c3e14003c4
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2020-08-25
**Language:** fr
**Title:** Bundespatentgericht 25.08.2020 S2020_001
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BPatG/CH_PATG_001_S2020-001_2020-08-25.pdf

## Full Text

S2020_001 1 
 
Décision du 25 août 2020 
Dans la cause Dr. David Bensoussan contre ROCK dental AG  
 
Regeste:  
 
Art. 26 al. 2 LTFB, Art. 339 CPC; compétence pour l’exécution. 
Le Tribunal fédéral des brevets est compétent pour exécuter les jugements qu’il a rendus dans 
le cadre de sa compétence concurrente. 
 
 
Art. 26 Abs. 2 PatGG, Art. 339 ZPO; Zuständigkeit für Vollstreckung. 
Das Bundespatentgericht ist zuständig für die Vollstreckung seiner Urteile, die es in konkurrie-
render Zuständigkeit gefällt hat. 
 
 
Art. 26 al. 2 LTFB, Art. 339 CPC; giurisdizione per l’esecuzione. 
Il Tribunale federale dei brevetti è competente per l’esecuzione delle sentenze da lui emesse 
nell’ambito della sua competenza concorrente. 
 
 
Art. 26 al. 2 PatCA, Art. 339 CPC; jurisdiction for execution. 
The Federal Patent Court is competent for the enforcement of its judgments rendered in con-
current jurisdiction. 
 
 

  

B u n d e s p a t e n t g e r i c h t  

T r i b u n a l  f é d é r a l  d e s  b r ev e t s  

T r i b u n a l e  f e d e r a l e  d e i  b r e v e t t i  

T r i b u n a l  f e d e r a l  d a  p a t en t a s  

F e d e r a l  P a t e n t  C o u r t  

 

 

 

 S2020_001 

 

  D é c i s i o n  d u  2 5  a o û t  2 0 2 0    

Composition de la Cour  Président du Tribunal Mark Schweizer, 
Tobias Bremi, juge instructeur 
Lara Dorigo, juge 
Première greffière Susanne Anderhalden 

   
Parties à la procédure  Dr. David Bensoussan, 100 boulevard Pereire,  

FR-75017 Paris, France, 
représenté par Maître Grégoire Mangeat, Mangeat Avocats 
Sàrl, Passage des Lions 6, Case postale 5653, 
1211 Genève 11,  
 
demandeur 
 

  contre 

  ROCK dental AG, Zürcherstrasse 35, 8852 Altendorf,   
représentée par Maître Christophe Rapin, Kellerhals Carrard, 
1, Place Saint-François, case postale 7191, 1002 Lausanne,  
 
défenderesse 
 

Objet  Requête en exécution 
Capsule de mélange pour matériau dentaire 

 

 

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Le Tribunal fédéral des brevets considère : 

1.  
Le 26 mars 2020, le demandeur a déposé une requête en exécution avec 
les conclusions suivantes : 

« À la forme 

1. Déclarer recevable la présente requête. 

Au fond 

Principalement 

2. Ordonner à SULZER MIXPAC AG de remettre, dans un délai de vingt jours, 
à Docteur David BENSOUSSAN une copie complète du contrat du 23 janvier 
2017 conclu avec ROCK DENTAL AG, signé par toutes les parties. 

3. Ordonner à SULZER MIXPAC AG d'énumérer et de produire, dans un délai 
de vingt jours, tout accord conclu avec ROCK DENTAL AG et/ou avec Mon-
sieur Marc FEHLMANN prévoyant une rémunération, sous quelque forme 
que ce soit, en lien direct avec le brevet et avec la demande de brevet in-
ternationale PCT/IB2016/050284 ou WO2016/125036 (avec priorité suisse 
CH20150000145)  et/ou avec toute demande de brevet résultant de cette 
demande (en particulier la demande de brevet suisse 000380/2017, la de-
mande de brevet européen EP3253325, la demande de brevet 
CN107405175 (A), la demande de brevet KR20170115564 (A) et/ou la de-
mande de brevet US2017325923 (A1)), ainsi qu'une liste des rémunérations 
versées à ce titre (y compris les indemnités versées au titre de résiliation de 
ces accords ou de transfert). 

4. Ordonner à SULZER MIXPAC AG d'énumérer et de produire, dans un délai 
de vingt jours, tout accord conclu avec ROCK DENTAL AG et/ou avec Mon-
sieur Marc FEHLMANN prévoyant une rémunération, sous quelque forme 
que ce soit, en faveur de ROCK DENTAL AG et/ou de Monsieur Marc 
FEHLMANN, pour quelque activité que ce soit (notamment le développement 
ou l'exploitation) en lien avec un produit ou des connaissances utilisant 
ou reposant, entièrement ou en partie, sur le brevet et/ou sur la demande 
de brevet internationale PCT/IB2016/050284 ou WO2016/125036 (avec prio-
rité suisse CH20150000145) et/ou sur toute demande de brevet résultant de 
cette demande (en particulier la demande de brevet suisse 000380/2017, la 
demande de brevet européen EP3253325, la demande de brevet 
CN107405175 (A), la demande de brevet KR20170115564 (A) et la de-
mande de brevet US2017325923 (A1)), ainsi qu'une liste des rémunérations 

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versées à ce titre (y compris les indemnités versées au titre de résiliation de 
ces accords ou de transfert). 

5. Ordonner à UBS SWITZERLAND AG de remettre, dans un délai de vingt 
jours dès la notification du jugement d'exécution, à Docteur David BEN-
SOUSSAN, un relevé complet et sans filtre des mouvements sur le compte 
UBS CH7200216216103751002Z dès la date d'ouverture dudit compte et 
jusqu'au 1er juin 2019. 

6. Ordonner à ROCK DENTAL AG d'énumérer et de produire, dans un délai de 
vingt jours, tout accord conclu entre tout tiers et ROCK DENTAL AG et/ou 
avec Monsieur Marc FEHLMANN prévoyant une rémunération, sous quelque 
forme que ce soit, en lien direct avec le brevet et/ou avec la demande de 
brevet internationale PCT/IB2016/050284 ou WO2016/125036 (avec priorité 
suisse CH20150000145) et/ou avec toute demande de brevet résultant de 
cette demande (en particulier la demande de brevet suisse 000380/2017, la 
demande de brevet européen EP3253325, la demande de brevet 
CN107405175 (A), la demande de brevet KR20170115564 (A) et la de-
mande de brevet US2017325923 (A1)), ainsi qu'une liste des rémunérations 
versées à ce titre (y compris les indemnités versées au titre de résiliation de 
ces accords ou de transfert). 

7. Ordonner à ROCK DENTAL AG d'énumérer et de produire, dans un délai de 
vingt jours, tout accord conclu entre tout tiers et ROCK DENTAL AG et/ou 
avec Monsieur Marc FEHLMANN prévoyant une rémunération, sous quelque 
forme que ce soit, en faveur de ROCK DENTAL AG et/ou de Monsieur Marc 
FEHLMANN, pour quelque activité que ce soit (notamment le développement 
ou l'exploitation) en lien avec un produit ou des connaissances utilisant ou 
reposant, entièrement ou en partie, sur le brevet et/ou sur la demande de 
brevet internationale PCT/IB2016/050284 ou WO2016/125036 (avec priorité 
suisse CH20150000145) et/ou sur toute demande de brevet résultant de 
cette demande (en particulier la demande de brevet suisse 000380/2017, la 
demande de brevet européen EP3253325, la demande de brevet 
CN107405175 (A), la demande de brevet KR20170115564 (A) et la de-
mande de brevet US2017325923 (A1)), ainsi qu'une liste des rémunérations 
versées à ce titre (y compris les indemnités versées au titre de résiliation de 
ces accords ou de transfert). 

8. Dire que faute d'exécution des obligations susmentionnées dans les vingt 
jours dès l'entrée en force de la décision, ROCK DENTAL AG sera condam-
née, sur requête de Docteur David BENSOUSSAN, à une amende d'ordre 
de CHF 1 000.- au plus par jour d'inexécution. 

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9. Ordonner à ROCK DENTAL AG de mettre à disposition du réviseur indépen-
dant mandaté par Docteur David BENSOUSSAN (BDO AG), à première de-
mande et dans le délai indiqué par ledit réviseur, toutes pièces comptables, 
correspondances et autres documents (notamment tous les relevés des 
comptes bancaires pour la période concernée, le Grand livre, le bilan et le 
rapport d'audit), y compris sous format électronique, que ledit réviseur jugera 
nécessaires ou utiles afin de vérifier la solvabilité de ROCK DENTAL AG, 
ainsi que toute forme de redevances perçues par ROCK DENTAL AG, peu 
importe leur forme ou leur nature, qu'elles aient été comptabilisées ou non 
dans les comptabilité, pour les années 2017, 2018 et 2019. 

10. Dire que faute d'exécution parfaite dans les délais fixés par le réviseur indé-
pendant mandaté par Docteur David BENSOUSSAN, ROCK DENTAL AG 
sera condamnée, sur requête de Docteur David BENSOUSSAN, à une 
amende d'ordre de CHF 1 000.- au plus par jour d'inexécution. 

Subsidiairement aux conclusions n°s 2, 3, 4 et 5 

11. Ordonner à ROCK DENTAL AG de remettre, dans un délai de vingt jours, à 
Docteur David BENSOUSSAN une copie complète du contrat du 23 janvier 
2017 conclu avec SULZER MIXPAC AG, signé par toutes les parties. 

12. Ordonner à ROCK DENTAL AG d'énumérer et de produire, dans un délai de 
vingt jours, tout accord conclu entre SULZER MIXPAC AG et ROCK DEN-
TAL AG et/ou avec Monsieur Marc FEHLMANN prévoyant une rémunération, 
sous quelque forme que ce soit, en lien direct avec le brevet et/ou avec la 
demande de brevet internationale PCT/IB2016/050284 ou WO2016/125036 
(avec priorité suisse CH20150000145) et/ou avec toute demande de brevet 
résultant de cette demande (en particulier la demande de brevet suisse 
000380/2017, la demande de brevet européen EP3253325, la demande de 
brevet CN107405175 (A), la demande de brevet KR20170115564 (A} et la 
demande de brevet US2017325923 (A1)), ainsi qu'une liste des rémunéra-
tions versées à ce titre (y compris les indemnités versées au titre de résilia-
tion de ces accords ou de transfert). 

13. Ordonner à ROCK DENTAL AG d'énumérer et de produire, dans un délai de 
vingt jours, tout accord conclu entre SULZER MIXPAC AG et ROCK DEN-
TAL AG et/ou avec Monsieur Marc FEHLMANN prévoyant une rémunération, 
sous quelque forme que ce soit, en faveur de ROCK DENTAL AG et/ou de 
Monsieur Marc FEHLMANN, pour quelque activité que ce soit (notamment le 
développement ou l'exploitation) en lien avec un produit ou des connais-
sances utilisant ou reposant, entièrement ou en partie, sur le brevet 
et/ou sur la demande de brevet internationale PCT/182016/050284 ou 
WO2016/125036 (avec priorité suisse CH20150000145) et/ou sur toute de-

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mande de brevet  résultant de cette demande (en particulier la demande de 
brevet suisse 000380/2017, la demande de brevet européen EP3253325, la 
demande de brevet CN107405175 (A), la demande de brevet 
KR20170115564 et la demande de brevet US2017325923 (A1)), ainsi qu'une 
liste des rémunérations versées à ce titre (y compris les indemnités versées 
au titre de résiliation de ces accords ou de transfert). 

14. Ordonner à ROCK DENTAL AG de remettre, dans un délai de vingt jours dès 
la notification du jugement d'exécution, à Docteur David BENSOUSSAN, un 
relevé complet et sans filtre des mouvements sur le compte UBS 
CH7200216216103751002Z dès la date d'ouverture dudit compte et jusqu'au 
1e'juin 2019. 

15. Dire que faute d'exécution parfaite dans les vingt jours dès l'entrée en force 
de la décision, ROCK DENTAL AG sera condamnée, sur requête de Docteur 
David BENSOUSSAN, à une amende d'ordre de CHF 1'000.- au plus par 
jour d'inexécution. 

Plus subsidiairement aux conclusions n°s 5 et 14 

16. Ordonner à UBS SWITZERLAND AG d'octroyer, dans un délai de vingt jours 
dès la notification du jugement d'exécution, un accès en ligne, en lecture 
seule, en faveur du Docteur David BENSOUSSAN sur le compte UBS 
CH7200216216103751002Z. 

17. Ordonner à ROCK DENTAL AG de remettre tous les documents et de faire 
tous les déclarations requises par UBS SWITZERLAND AG aux fins de l'oc-
troi de l'accès en ligne, en lecture seule, en faveur de Docteur David BEN-
SOUSSAN sur le compte UBS CH7200216216103751002Z. 

18. Dire que faute d'exécution parfaite dans un délai de vingt jours dès la notifi-
cation de la demande de documents ou de déclarations de ROCK DENTAL 
AG par UBS SWITZERLAND AG, ROCK DENTAL AG sera condamnée, sur 
requête de Docteur David BENSOUSSAN, à une amende d'ordre de 
CHF 1 000.- au plus par jour d'inexécution. 

En tout état 

19. Condamner ROCK DENTAL AG en tous les frais et dépens de_ la présente 
procédure, lesquels comprendront une indemnité équitable pour les hono-
raires d'avocat de Docteur David BENSOUSSAN. » 

2.  
À la demande du tribunal, le demandeur a indiqué que la valeur en litige 
était de CHF 180 000. 

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3.  
Le 7 mai 2020, la défenderesse a déposé une réponse à la requête en 
exécution. La défenderesse demande que la requête soit considérée 
comme irrecevable, subsidiairement que la requête soit rejetée. 

4.  
Le 26 mai 2020, le demandeur a déposé ses observations sur la réponse. 

5.  
Le 11 juin 2020, la défenderesse a à son tour déposé ses observations 
sur les observations du demandeur. 

6.  
Le 25 juin 2020, le demandeur a déposé ses observations sur la soumis-
sion du 11 juin 2020. 

Compétence du Tribunal saisie 

7.  
Selon l’art. 26, al. 1, let. c, de la loi sur le Tribunal fédéral des brevets 
(LTFB, RS 173.41), le Tribunal fédéral des brevets a la compétence ex-
clusive d’exécuter les décisions qu’il a rendues en vertu de sa compé-
tence exclusive. Selon l’alinéa 2 du même article, le tribunal a la compé-
tence de juger d’autres actions civiles qui ont un lien de connexité avec 
des brevets, en particulier celles qui concernent la titularité ou la cession 
de brevets. La compétence du tribunal dans ces domaines n’exclut pas 
celle des tribunaux cantonaux. 

8.  
La défenderesse conteste la compétence du tribunal dans la présente af-
faire. Elle raisonne que le demandeur cherche à faire exécuter une déci-
sion qui concerne le droit aux demandes de brevet, une question qui re-
lève à la fois de la compétence du tribunal cantonal compétent et du Tri-
bunal fédéral des brevets. En l’absence d’une disposition spécifique pré-
voyant la compétence du Tribunal fédéral des brevets, l’exécution d’une 
telle décision aurait dû être demandée au tribunal cantonal compétent 
conformément à l’art. 339 du code de procédure civile (CPC, RS 272). 

Le demandeur par contre fait valoir que le Tribunal fédéral des brevets a 
une compétence concurrente pour exécuter les jugements rendus dans 
sa compétence concurrente. 

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9.  
L'art. 26 LTFB régit la compétence à raison de la matière du Tribunal fé-
déral des brevets. Lorsque la compétence à raison de la matière existe, 
le Tribunal fédéral des brevets dispose d’une compétence à raison du lieu 
étendue à l’ensemble du territoire suisse.1 

L'art. 26, al. 1, LTFB règle la compétence exclusive à raison de la ma-
tière du Tribunal fédéral des brevets. Pour les questions litigieuses défi-
nies dans cet alinéa, le Tribunal fédéral des brevets dispose d’une com-
pétence exclusive pour toute la Suisse, tant en ce qui concerne la matière 
que le lieu. 

L'art. 26, al. 2, LTFB définit une compétence concurrente à raison de la 
matière des tribunaux cantonaux pour les questions litigieuses définies 
dans cet alinéa. Si le Tribunal fédéral des brevets est choisi pour ces 
questions litigieuses, il est compétent pour l’ensemble de la Suisse. Cette 
compétence à raison du lieu s’applique également à l’exécution. Si par 
contre les tribunaux cantonaux compétents à raison de la matière sont 
choisis pour ces questions litigieuses, la compétence à raison du lieu est 
régie par le CPC. 

L'art. 339, al. 1, CPC stipule la compétence obligatoire à raison du lieu 
pour ordonner des mesures d’exécution. Pour les litiges relevant de la 
compétence à raison de la matière exclusive du Tribunal fédéral des bre-
vets (art. 26, al. 1, LTFB), l’exécution est explicitement réservée exclusi-
vement au Tribunal fédéral des brevets en raison de la primauté de la 
LTFB (art. 27 LTFB) pour ces litiges. Pour les litiges relevant de la compé-
tence concurrente à raison de la matière (art. 26, al. 2, LTFB), la compé-
tence à raison du lieu pour l’exécution n’est pas régie par l’art. 339, al. 1, 
CPC, dans la mesure où le Tribunal fédéral des brevets a statué sur le 
fond de l'affaire ; le Tribunal fédéral des brevets est compétent pour 
l’exécution de ses décisions pour toute la Suisse également dans cette 
compétence concurrente à raison de la matière. 

La compétence d’exécution à raison du lieu n’est déterminée par 
l'art. 339, al. 1, CPC que dans la mesure où un tribunal cantonal compé-
tent a statué sur l’affaire dans le cadre de litiges relevant de la compé-
tence concurrente à raison de la matière du Tribunal fédéral des brevets 
(art. 26, al. 2, LTFB). 

                                                
1 STIEGER, en : Calame/Hess-Blumer/Stieger (éds.), Patentgerichtsgesetz, Bâle 
2013, art. 26 N 7 et N 192s. 

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10.  
Une requête en exécution d’une décision qui concerne le droit aux de-
mandes de brevet est une « autre action civile » au sens de l’art. 26, al. 2, 
LTFB.  

Si le jugement a « un lien de connexité » avec les brevets, ce qui 
s’applique toujours aux jugements de fond rendus par le Tribunal fédéral 
des brevets, alors l’exécution dudit jugement a également un lien de con-
nexité avec les brevets. Le Tribunal fédéral des brevets est donc compé-
tent pour exécuter des tels jugements.2 Pour l’exécution des décisions du 
Tribunal fédéral des brevets rendues dans le cadre de sa compétence 
concurrente avec celle des tribunaux cantonaux, le demandeur peut donc 
s’adresser au Tribunal fédéral des brevets. 

Même si l’on suppose que dans une situation telle que la présente, dans 
laquelle l’exécution en Suisse d'un jugement du Tribunal fédéral des bre-
vets est en jeu, l'art. 339, al. 1 CPC règle la compétence à raison du lieu 
pour l’exécution, le Tribunal fédéral des brevets est alors compétent pour 
l’exécution, puisque de toute façon une compétence selon l'art. 339, al. 1, 
let. c, CPC est établie pour toute la Suisse. 

Le Tribunal fédéral des brevets est donc compétent de juger la présente 
requête en exécution. 

  

                                                
2 Cf. STIEGER, en : Calame/Hess-Blumer/Stieger (éds.), Patentgerichtsgesetz, 
Bâle 2013, art. 26 N 78 s.; HEINRICH, PatG/EPÜ, 3eme éd. Zurich 2019, art. 76 N 
6; contra BERTHOLET/KILLIAS, La création de juridictions spécialisées: l’exemple 
du Tribunal fédéral des brevets, en : Werra (éd.), La résolution des litiges de 
propriété intellectuelle, Genève 2010, 107 ss., 114 ; DROESE, en: 
Spühler/Tenchio/Infanger (éds.), Zivilprozessordnung, 2ème éd. Bâle 2013, 
art. 339 N 1. 

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Exception de l’acte abusif 

11.  
L’abus manifeste d’un droit n’est pas protégé par la loi (art. 2, al. 2, du 
code civil [CC ; RS 210]). Ce principe permet de corriger les effets de la loi 
dans certains cas où l’exercice d’un droit allégué créerait une injustice 
manifeste. Le juge apprécie la question au regard des circonstances con-
crètes, qui sont déterminantes. L’emploi dans le texte légal du qualificatif 
« manifeste » démontre que l’abus de droit doit être admis restrictive-
ment. Les cas typiques en sont l’absence d’intérêt à l’exercice d’un droit, 
l’utilisation d’une institution juridique de façon contraire à son but, la dis-
proportion manifeste des intérêts en présence, l’exercice d’un droit sans 
ménagement ou l’attitude contradictoire.3 

12.  
La défenderesse allègue que la requête d’exécution était abusive princi-
palement parce que le demandeur utilisait une institution juridique de fa-
çon contraire à son but. Plutôt qu’une simple exécution, le demandeur au-
rait demandé une réinterprétation du jugement et une extension des obli-
gations de la défenderesse en vertu du jugement. 

Le demandeur rétorque que si le juge de l’exécution ne peut ni modifier ni 
compléter la décision à exécuter, il peut toutefois la préciser ou la concré-
tiser. Les obligations de la défenderesse à exécuter étaient toutes direc-
tement dérivables de la décision/de la transaction. 

13.  
La position de la défenderesse selon laquelle, dans une procédure 
d’exécution, le tribunal n’est pas compétent pour interpréter le jugement à 
exécuter est erronée. Le simple fait que le jugement contienne un lan-
gage qui nécessite une interprétation ne rend pas une requête 
d’exécution abusive. 

Une autre question est de savoir si les obligations prétendues de la dé-
fenderesse découlent effectivement du jugement. Cette question doit être 
abordée lors de l’évaluation du bien-fondé de la requête d’exécution. Il 
est possible que la requête du demandeur n’aboutisse pas parce que les 
obligations à exécuter ne découlent en fait pas du jugement, comme le 
prétend la défenderesse. Mais toute requête infructueuse n’est pas en soi 
abusive. L’abus de droit doit être manifeste, l’art. 2, al. 2, CC est une 

                                                
3 ATF 143 III 279 cons. 3.1 ;  143 III 666 cons. 4.2. 

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soupape d’urgence (« Notbehelf »4) qui doit être utilisée de manière res-
trictive. En substance, la défenderesse fait valoir que la requête 
d’exécution est abusive parce qu’elle sera infructueuse, ce qui est insuffi-
sant. 

Comme le tribunal est compétent pour statuer sur la requête d’exécution 
et que la requête n’est pas abusive, elle est recevable. 

L’échéance de l’obligation à exécuter 

14.  
Les décisions prévoyant une prestation subordonnée à contre-prestation 
ne peuvent être exécutées que lorsque le tribunal de l’exécution constate 
que la contre-prestation a été régulièrement offerte, exécutée ou garantie 
(art. 342 CPC). 

Si le demandeur est obligé d’exécuter ses obligations à l’avance, la dé-
fenderesse n’a pas à se référer à l’art. 82 du code des obligations (CO ; 
RS 220). Il lui suffit de signaler cette circonstance, car il conteste ainsi 
l’échéance de l’obligation à exécuter. Dans ce cas, la requête doit être re-
jetée pour défaut d’échéance. Le juge doit examiner d’office, et non seu-
lement sur objection, si l’obligation dont l’exécution est refusée est en fait 
subordonnée à une obligation de la contrepartie.5 

Si une partie contractante fait appel à un auxiliaire pour exécuter une 
obligation contractuelle, la partie répond de ses actes comme des siens 
propres (art. 101 CO).6 Agit en qualité d’auxiliaire non seulement celui qui 
est soumis à l’autorité de la partie, mais plus largement toute personne 
qui, même sans entretenir régulièrement de rapports juridiques avec la 
partie, lui prête son concours.7 

Comme le demandeur doit prouver que l’obligation à exécuter est due 
(cf. art. 8 CC), il lui incombe de prouver qu’il a exécuté sa ou ses propres 
obligations s’il s’agit d’une exigence pour l’échéance de l’obligation à 
exécuter.  

Bien que la procédure d’exécution soit une procédure sommaire (art. 339, 
al. 2, CPC), tout moyen de preuve est admissible pour cette preuve 
                                                
4 ATF 143 III 666 cons. 4.2. 
5 ATF 127 III 199 cons. 3a). 
6 ATF 107 Ia 168 cons. 2a). 
7 ATF 107 Ia 168 cons. 2a). 

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(cf. art. 254, al. 2, let. b, CPC).8 En l’absence de disposition spécifique 
exigeant un degré de preuve différente, le degré de preuve applicable est 
la certitude (« Regelbeweismass »9) au point de n’éprouver plus aucun 
doute sérieux.10 

15.  
La défenderesse prétend que toutes ses obligations liées au paiement 
d’une part des redevances de licence reçues en vertu des contrats de li-
cence concernant les brevets cédés sont subordonnées à l’obligation du 
demandeur de prendre toutes les mesures nécessaires pour céder les 
demandes de brevet au demandeur. Le demandeur répond qu’il n’existe 
aucun lien de subordination entre son obligation d’entreprendre tout ce 
qui est nécessaire à la cession des demandes de brevet et le paiement 
d’une part des redevances de licence générées. 

16.  
Selon l’art. 2 de la transaction, la défenderesse est l’unique propriétaire 
des brevets. Les parties sont tenues de prendre toutes les mesures né-
cessaires à cette fin, notamment le transfert de la demande de brevet 
US 2017/325923. 

Selon l’art. 3 de la transaction, le demandeur reçoit une compensation 
pour le transfert de sa part dans les brevets (c’est le tribunal qui sou-
ligne). 

Selon le langage clair de la transaction, il y a un échange entre le trans-
fert de la part du demandeur dans les brevets et la compensation due au 
titre de l’article 3. L’indemnité prévue à l’art. 3 de la transaction est donc 
effectivement subordonnée à l’obligation du demandeur de prendre toutes 
les mesures nécessaires pour le transfert de sa part dans les brevets (ou 
demandes de brevet). 

Il n’est cependant pas nécessaire que la part du demandeur dans les 
brevets (ou demandes de brevet) soit effectivement transférée. Tout ce 
qui est requis en vertu de l’art. 2 de la transaction est que le demandeur 
prenne toutes les mesures nécessaires pour le transfert. Si le transfert ef-
fectif échoue par exemple parce que la défenderesse ne prend pas les 

                                                
8 ZINSLI, en: Spühler/Tenchio/Infanger (éds.), Zivilprozessordnung, 2ème éd. Bâle 
2013, art. 342 N 9. 
9 Cf. ATF 130 II 321 cons. 3.2. 
10 MAZAN, en: Spühler/Tenchio/Infanger (éds.), Zivilprozessordnung, 2ème éd. 
Bâle 2013, art. 254 N 9. 

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Page 12 

mesures nécessaires, le demandeur a rempli ses obligations car la 
contre-prestation a été régulièrement offerte dans le sens de l’art. 342 
CPC. 

17.  
Il est incontesté que la demande de brevet US 2017/325923 déposée par 
le demandeur et mentionnée spécifiquement dans l’art. 2 de la transac-
tion n’a pas été officiellement transférée à la défenderesse, c’est-à-dire 
que la défenderesse n’est pas encore enregistrée en tant que seul pro-
priétaire de cette demande dans le registre des brevets des États-Unis. 

Les parties ne s’accordent pas sur les raisons pour lesquelles le transfert 
de cette demande de brevet aux États-Unis n’a pas été effectué. Le de-
mandeur prétend qu’il a entrepris tout ce qui était nécessaire pour un 
transfert, à savoir qu’il a signé tous les documents requis. Selon lui, le dé-
faut d’enregistrement du transfert est imputable à la défenderesse, qui a 
refusé de coopérer à la cession. La défenderesse prétend en revanche 
que le demandeur n’a pas signé tous les documents requis et de s’être 
acquitté elle-même avec diligence et entièrement de ses obligations, no-
tamment des différentes requêtes formulées par les agents de brevet du 
demandeur qui auraient systématiquement répondu à toutes les de-
mandes avec un délai considérable et de manière incomplète ou incom-
préhensible. 

18.  
La défenderesse conteste l’échéance de l’obligation à exécuter dans sa 
réponse. Le 7 juin 2019, elle aurait déjà informé l’avocat du demandeur 
que « le Dr Bensoussan ne nous a pas remis les documents liés au bre-
vet américain comme cela avait été annoncé ». Le 30 janvier 2020, la dé-
fenderesse aurait informé le (nouvel) avocat du demandeur que « [l]a 
seule question encore ouverte et pour laquelle le Dr Bensoussan est en 
demeure concerne le transfert à Rock Dental du brevet US déposé par Dr 
Bensoussan ». 

Comme mentionné ci-dessus (cons. 14), si la défenderesse conteste que 
son obligation est due, il incombe au demandeur de démontrer et de 
prouver qu’il a rempli ses obligations en vertu de la transaction, à savoir 
qu’il a pris toutes les mesures nécessaires pour transférer le(s) brevet(s) 
à la défenderesse, en particulier la demande de brevet américain 
US 2017/325923. 

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Page 13 

Le demandeur allègue qu’il a donné toutes les instructions exigibles de sa 
part à son agent de brevet en vue du transfert. Le demandeur tente de 
s’acquitter de la charge de la preuve sur ce point avec les pièces 1_4, 
1_5 et 1_6. En outre, il prétend que les formalités à exécuter seraient 
longues et complexes même pour des professionnels des brevets (ce 
qu’on ne saurait donc reprocher au demandeur) et que la défenderesse 
avait exigé des modifications, avait refusé sans explication de fournir des 
documents ou s’était murée dans le silence, sans réellement tenter de fa-
ciliter l’avancée du transfert. 

La pièce 1_4 est un accord entre les avocats des parties pour entre-
prendre certaines démarches afin de mettre en œuvre la transaction. 
Entre autres mesures, les parties conviennent de charger Mme Marie-
Pierre de Lambilly du cabinet Novagraaf Paris de faire le nécessaire pour 
transférer la demande de brevet américain US 2017/325923 à la défen-
deresse. La pièce 1_4 ne prouve pas que les mesures convenues ont été 
effectivement mises en œuvre et n’est donc pas apte à prouver que le 
demandeur a rempli ses obligations. 

La pièce 1_5 est en fait une liasse de documents qui auraient dû être 
soumis séparément. La véracité des documents n’est pas contestée 
(cf. art. 178 CPC).  

Le premier document de l’acte 1_5 est intitulé « assignment » et porte le 
numéro « Attorney Docket No. 116598.ROCK » dans le titre. Il concerne 
la cession des demandes de brevet basée sur la demande internationale 
PCT/IB2016/050284 de Marc Fehlmann et David Bensoussan à la défen-
deresse. Il est signé par David Bensoussan en date du 4 octobre 2019. Il 
n’est pas signé par Marc Fehlmann. 

Ensuite, dans la liasse de pièces 1_5, il y a une « declaration (37 CFR 
1.63) for utility or design application using an application data sheet (37 
CFR 1.76) ». Il s’agit de la même demande internationale 
PCT/IB2016/050284. Avec cette déclaration, le demandeur déclare être 
l’inventeur de l’invention revendiquée dans la demande citée. Le docu-
ment est signé par le demandeur en date du 4 octobre 2019. Ce docu-
ment ne concerne évidemment pas la cession de la demande. 

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Page 14 

Ensuite, dans la liasse des pièces 1_5, il y a un autre document intitulé 
« assignment » portant le numéro « Attorney Docket No. 149903.00101 » 
dans le titre. Il concerne la cession d’une demande américaine 
n° 15/546.588, déposée le 21 janvier 2016, du demandeur à la défende-
resse. Il est signé par le demandeur en date du 4 octobre 2019. 

Ensuite, un document intitulé « assignment of application » et portant le 
numéro « 505877US » dans le titre. Il concerne la cession de la demande 
américaine n° 15/667.501 déposée par le demandeur le 2 août 2017 du 
demandeur à la défenderesse. Ce document est signé par le demandeur 
en date du 4 octobre 2019. La demande américaine n° 15/667.501 (nu-
méro de demande) correspond à US 2017/325923 (numéro de publica-
tion). 

Ensuite, il y a un autre formulaire « declaration (37 CFR 1.63) for utility or 
design application using an application data sheet (37 CFR 1.76) », celui-
ci concernant l’autre demande américaine n° 15/546.588. Il est signé par 
le demandeur en date du 4 octobre 2019. Il ne concerne pas la cession 
des droits sur la demande. 

Enfin, la liasse contient une « office communication » de l’USPTO avec 
« attorney docket no. 505877US », datée du 21 février 2019. Il s’agit de la 
demande américaine n° 15/667.501. L’office reconnaît avoir reçu des co-
pies certifiées conformes des documents de priorité. Les autres objec-
tions ne sont pas pertinentes pour la cession de la demande. 

Les documents « Attorney Docket No. 116598.ROCK » (concernant la 
demande internationale PCT/IB2016/050284), « Attorney Docket No. 
149903.00101 » (concernant la demande américaine n° 15/546.588) et 
« 505877US » (concernant la demande américaine n° 15/667.501, c-à-d 
US 2017/325923) seraient en effet aptes à faire enregistrer la cession des 
droits sur les demandes de brevet concernées, à condition qu’elles soient 
soumises à l’USPTO.  

Le demandeur ne démontre pas qu’il a envoyé les documents mention-
nés à la défenderesse ou à son conseil en brevets (P&TS SA, M. Chris-
tophe Saam), ou qu’il a effectué l’enregistrement du transfert auprès de 
l’USPTO, et qu’il a alors pris « toutes les mesures nécessaires » selon 
l’art. 2 de la transaction. Il n’a donc pas démontré que la faute de cette 
non-cession de(s) brevet(s) incombe à la défenderesse. 

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Page 15 

Les courriels soumis à cet égard ne sont pas concluants. Le 4 juillet 
2019, l’avocat du demandeur a donné des instructions au conseil en bre-
vets du demandeur, Mme Lambilly de Novagraaf, « de faire le nécessaire 
à ce que le brevet US du Dr Bensoussan mentionné sous rubrique soit 
transféré à Rock Dental ». Selon le courriel, « [les] documents néces-
saires ont été signés par Dr. Bensoussan en avril [2019] ». Cela ne peut 
pas être correct si les documents « Attorney Docket No. 116598.ROCK », 
« Attorney Docket No. 149903.00101 » et « 505877US » sont ceux envi-
sagés pour le transfert, car ceux-ci n’ont été signés que le 4 octobre 
2019. 

Par courriel du 5 juillet 2019, Mme Lambilly de Novagraaf indique que les 
documents envoyés par le demandeur ne portent pas la signature de 
Marc Fehlmann. Toutefois, ce courriel ne peut pas concerner le document 
« Attorney Docket No. 116598.ROCK », car ledit document n’a été signé 
par le demandeur que le 4 octobre 2019. 

Un courriel de P&TS SA à Novagraaf daté du 9 septembre 2019 con-
cerne des documents signés par Marc Fehlmann à soumettre à l’USPTO. 
Là encore, ce courriel ne peut pas concerner les documents signés par le 
demandeur le 4 octobre 2019. 

Le 30 avril 2020, soit après le dépôt de cette requête, M. Vincent Robert 
de Novagraaf a confirmé au demandeur qu’il n’a pas reçu une copie du 
document « Attorney Docket No. 116598.ROCK » signé par M. Fehlmann. 
Mais cela ne prouve pas que la défenderesse, M. Fehlmann ou P & TS 
SA ait jamais reçu la copie dudit document signé par le demandeur. 

Il se pourrait bien que les conditions de transfert d’une demande de bre-
vet américain soient onéreuses et difficiles à comprendre pour un non-
spécialiste. C’est pourquoi le demandeur a fait appel aux services d’un 
auxiliaire (Novagraaf Paris). Les actes, ou plutôt les omissions, de son 
auxiliaire doivent cependant être considérés comme les siens. 

Le dossier révèle que Novagraaf Paris a souvent agi avec un retard con-
sidérable et a exigé des documents qui n’étaient pas nécessaires pour un 
transfert de demandes de brevet. 

Après avoir reçu l’instruction de transférer la demande de brevet 
US 2017/325923 à la défenderesse le 12 février 2019, il a fallu à Mme 
Lambilly de Novagraaf Paris six semaines, soit jusqu’au 29 mars 2019, 
pour demander une procuration et un formulaire de transfert signé. 

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Page 16 

Après une série d’échanges avec l’agent en brevets du défendeur, P&TS 
SA, M. Fehlmann a indiqué qu’il ne souhaitait pas signer une procuration 
générale en faveur de l’agent en brevets américain du demandeur. Par la 
suite, Novagraaf Paris a transmis le 12 août 2019 une procuration indivi-
duelle à P&TS SA. 

Le 14 août 2019, la défenderesse a envoyé une copie scannée de la pro-
curation signée et les formulaires de cession à Novagraaf Paris, mais a 
décidé de conserver les originaux signés. Même si le refus d’envoyer les 
originaux signés n’est pas bien compréhensible, les procurations origi-
nales signées ne sont en fait pas nécessaires pour enregistrer le transfert 
des demandes de brevet américain dans le registre des brevets améri-
cain.11 Le 14 août 2019, Novagraaf Paris a accusé réception des formu-
laires de cession. L’auxiliaire du demandeur n’a jamais demandé les ori-
ginaux signés de ces documents. Ce n’est que le 9 décembre 2019 que 
Mme Lambillly a demandé la copie certifiée conforme de la demande ori-
ginale, sans préciser de quelle demande originale il s’agissait. Il n’est pas 
clair de savoir pourquoi une copie certifiée de la demande originale de-
vrait être exigée pour l’enregistrement d’un transfert, car l’USPTO exige 
une copie électronique pour la soumission électronique.12 Novagraaf Pa-
ris n’a pas demandé d’autres documents au défendeur et est resté silen-
cieux jusqu’en avril 2020. Le 9 avril 2020, P&TS SA a demandé si le 
transfert des demandes américaines avait été enregistré, car le registre 
ne le reflétait pas encore. Le dossier ne montre aucune réponse de No-
vagraaf Paris ; à ce moment, la requête en exécution avait déjà été dépo-
sée. 

Il apparaît donc que le défaut d’enregistrement du transfert de la de-
mande de brevet américain US 2017/325923 à la défenderesse incombe 
soit au demandeur, soit à l’auxiliaire du demandeur, qui était en posses-
sion des documents nécessaires pour exécuter l’enregistrement à la date 
du 14 août 2019. 

En tant que le demandeur est responsable des actes et omissions de son 
auxiliaire (art. 101 CO), le défaut d’exécution du transfert doit être consi-
déré comme une faute du demandeur. 

                                                
11 USPTO, Manual of Patent Examining Procedure, 9ième ed., revision 10.2019, 
section 602. 
12 USPTO, Manual of Patent Examining Procedure, 9ième ed., revision 10.2019, 
section 302.01(a). 

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Page 17 

En résumé, le demandeur n’a pas réussi à prouver qu’il a pris toutes les 
mesures nécessaires pour céder à la défenderesse les demandes de 
brevet américain déposées en son nom. Il se peut fort bien que la défen-
deresse n’ait pas non plus pris certaines mesures. Cependant, tant que le 
demandeur n’a pas pris toutes les mesures nécessaires pour le transfert 
des droits, il lui est interdit de demander l’exécution des obligations su-
bordonnées de la défenderesse. 

L’objection d’inexécution doit donc être maintenue et la requête 
d’exécution doit être rejetée. 

Suite de frais et dépens 

19.  
Partant d’une valeur litigieuse de CHF 180 000, il se justifie d’arrêter 
l’émolument judiciaire à CHF 5 000, à l’extrémité la plus basse de la 
gamme selon les art. 1, al. 1, et art. 2, al. 1, du règlement concernant les 
frais de procès fixés par le Tribunal fédéral des brevets (FP-TFB ; 
RS 173.413.2). 

Les frais sont mis à la charge de la partie qui succombe (art. 106, al. 1, 
CPC). Vu le sort de la procédure, il convient de mettre les frais à la 
charge du demandeur. Les frais sont compensés par l’avance de frais de 
CHF 8 000 versée par le demandeur ; le solde doit lui être remboursé. 

La défenderesse qui a gain de cause obtient des dépens comprenant le 
remboursement des frais nécessaires et l’indemnité du représentant avo-
cat (art. 3 FP-TFB). L’indemnité du représentant avocat est fixée en fonc-
tion de la valeur litigieuse (art. 4 FP-TFB). En cas de procédure som-
maire, l’indemnité du représentant avocat est généralement réduite de 50 
à 70 % (art. 6 FP-TFB). Pour une valeur litigieuse de CHF 180 000, 
l’indemnité pour l’avocat se situe entre CHF 16 000 et CHF 32 000 (art. 5 
FP-TFB); c’est-à-dire, en procédure sommaire, entre CHF 4 800 et 
CHF 16 000. 

La défenderesse présente deux factures de frais d’avocat pour un mon-
tant total de CHF 16 508.60 (TVA comprise). Il n’est actuellement pas jus-
tifié d’aller vers le haut de la gamme en fonction du tarif, car l’affaire n’a 
pas présenté de difficultés particulières. En fait, l’affaire était relativement 
simple et, entre autres, la défenderesse a présenté une argumentation ti-
rée par les cheveux en ce qui concerne l’abus de droit, ce qui a entraîné 

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Page 18 

des dépenses inutiles pour les deux parties. Il est donc opportun de fixer 
l’indemnité due à la défenderesse à CHF 7 000. 

Le Tribunal fédéral des brevets décide : 

1.  La requête est rejetée. 

2.  Arrêté à CHF 5 000, l’émolument judiciaire est mis à la charge du de-
mandeur et est compensé avec son avance de CHF 8 000. Le solde 
lui est remboursé. 

3.  Le demandeur est condamné à verser à la défenderesse le montant 
de CHF 7 000 à titre d’indemnité. 

La présente décision est communiquée :  

– au demandeur (sous acte judiciaire)  
– à la défenderesse (sous acte judiciaire)  
– à l’Institut fédéral de la propriété intellectuelle (après entrée en 

force, sous acte judiciaire)  

Voies de droit : 

Ce jugement peut faire l’objet d’un recours en matière civile auprès du 
Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les 30 jours dès sa notification 
(art. 72 ss, 90 ss et 100 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral 
[LTF, RS 173.110]). Ce délai est réputé observé si les mémoires sont re-
mis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à 
l’attention de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation di-
plomatique ou consulaire suisse (art. 48, al. 1, LTF). Le mémoire de re-
cours doit être rédigé dans une langue officielle, indiquer les conclusions, 
les motifs et les moyens de preuve et être signé. Le jugement attaqué 
ainsi que les moyens de preuve doivent être joints au mémoire, pour au-
tant qu’ils soient en mains de la partie recourante (cf. art. 42 LTF). 

 

  

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Page 19 

Saint-Gall, le 25 août 2020  

Au nom du Tribunal fédéral des brevets 

Président du Tribunal Première greffière 

 

 

Mark Schweizer Susanne Anderhalden 

 

Envoi le : 26 août 2020 

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	S2020_001_Urteil_2020-08-25