# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** cfab55e4-e329-567a-ade7-27cb103b217d
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-08-29
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Zivilappellationshöfe 29.08.2023 102 2023 124
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_001_102-2023-124_2023-08-29.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00

www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

102 2023 124

Arrêt du 29 août 2023

IIe Cour d’appel civil

Composition Présidente : Dina Beti
Juges : Catherine Overney, Markus Ducret
Greffier-rapporteur : Luis da Silva

Parties A.________ SA, opposante et recourante, représentée par 
Me Armando Pedro Ribeiro, avocat

contre

B.________, requérant et intimé    

Objet Mainlevée provisoire (art. 82 LP) 

Recours du 4 juillet 2023 contre la décision du Président du Tribunal 
civil de l'arrondissement de la Glâne du 23 juin 2023

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considérant en fait

A. B.________ a été engagé au service de A.________ SA par contrat de travail du 1er juin 2022 
pour un salaire mensuel brut de CHF 4'000.- versé 13 fois. Le 27 février 2023, A.________ SA a 
résilié le contrat de travail pour le 31 mars 2023. 

B. Le 18 avril 2023, B.________ a fait notifier à A.________ SA le commandement de payer 
n°ccc de l’Office des poursuites de la Glâne, portant sur le montant de CHF 7’144.- avec intérêt à 
5 % dès le 25 février 2023 pour les salaires de février et mars 2023. A.________ SA y a formé 
opposition totale le 20 avril 2023.

Le 29 avril 2023, le créancier poursuivant a déposé une requête de mainlevée. Dans sa 
détermination du 1er juin 2023, l’opposante a conclu au rejet de la requête. Elle ne conteste pas que 
les salaires des mois de février et mars 2023 n’ont pas été versés mais elle invoque la compensation 
avec le dommage causé par son employé qui était actionnaire d’un de ses concurrents directs, soit 
la société D.________ SA, et qui a détourné des mandats en faveur de cette dernière.  

C. Par décision du 23 juin 2023, le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de la Glâne (ci-
après : le Président) a prononcé, avec suite de frais, la mainlevée provisoire de l’opposition formée 
par A.________ SA au commandement de payer susmentionné. Il a considéré que A.________ SA 
n’a pas rendu vraisemblable le dommage qui aurait été causé à son encontre par B.________ et 
que le simple fait qu’il soit actionnaire d’une société concurrente à celle de son employeur ne permet 
pas d’invoquer une créance compensante en dommages-intérêts.  

D. Par acte du 4 juillet 2023, A.________ SA a interjeté un recours contre cette décision. 

Dans sa réponse du 7 août 2023, l’intimé conclut implicitement au rejet du recours. 

en droit

1.

1.1. Seule la voie du recours (art. 319 ss CPC) au Tribunal cantonal est ouverte (art. 319 let. a 
CPC), l'appel n'étant pas recevable contre une décision de mainlevée (art. 309 let. b ch. 3 CPC). La 
procédure sommaire étant applicable (art. 251 let. a CPC), le recours doit être déposé dans les 
dix jours à compter de la notification (art. 321 al. 2 CPC), délai que le recourant a respecté. La Cour 
statue sans débats (art. 327 al. 2 CPC). La cognition de la Cour d’appel est pleine et entière en droit; 
s’agissant des faits, elle est limitée à leur constatation manifestement inexacte (art. 320 CPC).

1.2. La valeur litigieuse est de CHF 7’144.-.

1.3. Conformément à l’art. 326 al. 1 CPC, les allégations de faits et les preuves nouvelles sont 
irrecevables.

2.

A.________ SA ne conteste pas que les salaires des mois de février et mars 2023 n’ont pas été 
versés à B.________ et elle n’en conteste pas les montants (cf. détermination du 1er juin 2023 p. 2 
ad 4), seule la compensation étant invoquée pour se libérer de sa dette. 

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La recourante soutient qu’il ressort clairement des pièces 57 à 59 produites en première instance 
que l’intimé a détourné un client de A.________ SA auprès de l’administrateur de D.________ SA 
dont l’intimé est actionnaire, qu’il a dès lors violé son devoir de fidélité et lui a occasionné un 
dommage, le montant de la commande détournée correspondant, plus ou moins, au salaire mensuel 
de l’intimé. Elle estime qu’elle a rendu vraisemblable le dommage compensant.  

2.1. Conformément à l’art. 82 al. 2 LP, le poursuivi peut faire échec à la mainlevée en rendant 
immédiatement vraisemblable sa libération. Il peut se prévaloir de tous les moyens de droit civil - 
exceptions ou objections - qui infirment la reconnaissance de dette (ATF 145 III 20 consid. 4.1.2; 
142 III 720 consid. 4.1). Le poursuivi n’a pas à apporter la preuve absolue (ou stricte) de ses moyens 
libératoires, mais seulement à les rendre vraisemblables, en principe par titre (art. 254 al. 1 CPC; 
ATF 145 III 20 consid. 4.1.2; 142 III 720 consid. 4.1). Le juge n’a pas à être persuadé de l’existence 
des faits allégués; il doit, en se fondant sur des éléments objectifs, avoir l’impression qu’ils se sont 
produits, sans exclure pour autant la possibilité qu’ils se soient déroulés autrement (ATF 142 III 720 
consid. 4.1; 132 III 140 consid. 4.1.2). 

La compensation constitue une cause d’extinction de la créance. Le juge rejette la requête de 
mainlevée si le débiteur rend vraisemblable l’existence, le montant et l’exigibilité de la créance dont 
il est titulaire à l’encontre du créancier (arrêt TF 5A_66/2020 du 22 avril 2020 consid. 3.3.1 et les 
références). De simples allégations sont insuffisantes (arrêt 5A_952/2020 du 4 février 2021 
consid. 6.3; t, VEUILLET, La mainlevée de l’opposition, 2017, art. 82 LP n. 126). L’exception de 
compensation doit ainsi être rendue vraisemblable par titre (art. 177 et 254 al. 1 CPC). La 
vraisemblance de la créance compensante peut résulter de l’image générale qui se dégage de divers 
documents, le juge jouissant à cet égard d’un certain pouvoir d’appréciation (arrêt TF 5A_66/2020 
précité loc. cit. et les références). 

2.2. En l’espèce, A.________ SA a produit un extrait du PV de l’assemblée générale ordinaire du 
30 juin 2022 de D.________ SA duquel il ressort que B.________ est actionnaire de cette société 
et qu’il possède 1'700 actions sur 10'000. Ce document, qui n’est pas signé, n’est pas de nature à 
rendre vraisemblable un quelconque dommage qu’aurait subi la recourante. Elle a également produit 
deux messages adressés en janvier 2023 par l’administrateur de D.________ SA à un potentiel 
client qui lui aurait été adressé par « Herr E.________ von A.________ », sans que l’on sache s’il 
s’agit de l’intimé ou de son père, F.________, qui a également travaillé pour la recourante avant 
d’être licencié avec effet immédiat le 30 janvier 2023 (cf. détermination du 1er juin 2023 p. 3 ch. 11). 
Ces messages, qui ne correspondent ni à une offre ni à une commande, ne sont pas de nature à 
rendre vraisemblable un éventuel dommage subi par la recourante du fait de l’intimé. Ainsi, la 
recourante n’a pas rendu vraisemblable l’existence même de la créance dont elle serait titulaire à 
l’encontre de l’intimé. 

Quant au montant de son dommage, elle a allégué en première instance qu’il serait supérieur au 
montant des salaires des mois de février et mars 2023 (cf. détermination du 1er juin 2023 p. 4 ch. 16), 
sans toutefois articuler un quelconque chiffre, tandis que dans son recours, elle estime que le 
dommage correspondrait, plus ou moins, au salaire mensuel de l’intimé (cf. recours p. 2 ch. 5) ; par 
conséquent, elle n’a pas non plus rendu vraisemblable le montant de sa créance, sans parler de son 
exigibilité qui n’a nullement été démontrée. 

Ainsi, la recourante échoue à démontrer que les pièces qu’elle a produites seraient suffisantes à 
rendre vraisemblables l’existence même d’une créance dont elle serait titulaire, ou le montant de 
cette créance ainsi que son exigibilité. 

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Par conséquent, c’est à juste titre que le premier juge a considéré que A.________ SA n’a pas rendu 
vraisemblable le moyen tiré de la compensation et a admis la requête de mainlevée de B.________. 

Il s’ensuit le rejet du recours et la confirmation de la décision attaquée.

3.

Les frais de la procédure de recours sont mis à la charge de la recourante, qui succombe (art. 106 
al. 1 CPC).

3.1. Les frais judiciaires, fixés forfaitairement à CHF 250.- (art. 48 et 61 al. 1 OELP), seront prélevés 
sur l’avance de frais du même montant effectuée le 19 juillet 2023.

3.2. Il n'est pas alloué d’équitable indemnité de partie à titre de dépens à l’intimé qui n’en a pas 
requis et qui n’est pas assistée par un mandataire. 

la Cour arrête :

I. Le recours est rejeté.

II. Les frais de procédure de recours sont mis à la charge de A.________ SA.

Les frais judiciaires dus à l’Etat, fixés forfaitairement à CHF 250.-, sont prélevés sur l’avance 
de frais du même montant effectuée le 18 juillet 2023.

Il n'est pas alloué d’équitable indemnité de partie à titre de dépens à B.________. 

III. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours constitutionnel au Tribunal fédéral dans les trente jours qui 
suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 
par les art. 113 à 119 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). L'acte de recours 
motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 29 août 2023/cov

La Présidente Le Greffier-rapporteur