# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 65d62ce3-d746-5df8-91cd-0122009a3530
**Source:** Bern Gerichte (BE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-07-20
**Language:** fr
**Title:** Bern Verwaltungsgericht 20.07.2021 100 2020 253
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/BE_Verwaltungsgericht/BE_VG_001_100-2020-253_2021-07-20.pdf

## Full Text

100.2020.253
PMC n° 3 - 2019
BEP/REN

Tribunal administratif du canton de Berne
Cour des affaires de langue française

Jugement du 20 juillet 2021

Droit administratif

B. Rolli, président
B. Arn De Rosa et M. Moeckli, juges
Ph. Berberat, greffier

A.________
B.________
(Comité d'initiative " Archives ")
recourants

contre

Municipalité de C.________ 
agissant par son Conseil municipal
intimée

et

Préfecture du Jura bernois 
rue de la Préfecture 2, case postale 106, 2608 Courtelary

relatif à une décision sur recours rendue par cette dernière le 4 juin 2020
(invalidation d'une initiative communale)

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 20 juillet 2021, 100.2020.253, page 2

En fait:

A.

Le 14 février 2019, le comité d’initiative " Archives ", composé de 
A.________ et de B.________, a déposé une initiative populaire communale 
munie de 404 signatures valables, réceptionnée le lendemain par la 
chancellerie municipale de C.________. Cette initiative formulait la demande 
suivante:

" Les autorités communales sont priées de présenter dans un délai de 6 mois à compter 
du dépôt de la présente initiative munie des signatures nécessaires, un projet 
d’organisation des archives de C.________ sur la base de la loi du 31.03.2009 sur 
l’archivage, de l’ordonnance du 04.11.2009 sur l’archivage et de l’ordonnance de 
Direction du 20.10.2014 ". 

Le texte au verso de la liste de signatures avait, quant à lui, la teneur 
suivante: 

" L’abri des archives et biens culturels de la commune de C.________ était situé au sous-
sol d’un des pavillons scolaires de l’école primaire démoli en 2014. Il n’a pas été 
remplacé; les archives et les biens culturels qu’il contenait sont depuis lors déposés en 
vrac, sans soins ni classement, dans un abri de la protection civile situé au n° 8 du 
chemin X.________ qui n’a pas été adapté aux exigences légales de sécurité et qui n’est 
pas accessible à la population. La législation cantonale en matière d’archivage exige des 
communes qu’elles organisent la gestion des archives et qu’elles fixent clairement les 
compétences et les responsabilités en la matière. Il s’agit, pour la commune de 
C.________, de fournir un local adéquat, d’établir un plan d’archivage, un système de 
classement informatisé, un règlement d’utilisation et de prendre toutes mesures propres 
à garantir à chacun l’accès aux archives (le canton a mis en ligne un Guide sur les 
archives communales www.be.ch/archivescommunales pour fournir aux communes 
l’aide nécessaire à ce sujet). Nous devons constater que la situation à C.________ est 
hautement insatisfaisante: elle est une atteinte à la mémoire collective de C._______ et 
au droit de chacun à un accès aux documents archivés; la situation actuelle empêche 
par ailleurs l’enrichissement du patrimoine commun: les dons, collections, photos, 
reproductions et autres documents historiques de particuliers ne peuvent actuellement 
être acceptés, du fait de l’absence de l’organisation apte à recevoir et assurer leur 
conservation et leur pérennité. Devant le manque d’empressement manifesté par la 
Municipalité pour remplir les exigences que la loi impose aux communes et l’urgence 
qu’il y a de sauvegarder les archives existantes en danger, le Comité d’initiative demande 
aux citoyens et citoyennes de C._______ de signer l’initiative " Archives " afin d’inciter la 
Municipalité à prendre sans tarder les mesures imposées par la loi aux communes et 
collectivités publiques du canton ".

http://www.be.ch/

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 20 juillet 2021, 100.2020.253, page 3

B.

Par décision du 28 juin 2019, le Conseil municipal de C.________ a déclaré 
l’initiative " Archives " invalide, au motif qu’elle était sans objet. Par décision 
sur recours du 4 juin 2020, la préfète du Jura bernois a rejeté le recours 
introduit le 16 juillet 2019 par A.________ et B.________ contre la décision 
du 28 juin 2019.

C.

Les prénommés ont recouru le 3 juillet 2020 auprès du Tribunal administratif 
du canton de Berne (TA) contre la décision sur recours du 4 juin 2020 en 
concluant à son annulation et à ce qu’il soit exigé du Conseil municipal la 
transmission de l’initiative " Archives " au Conseil général. Dans son préavis 
du 20 juillet 2020, la préfète a conclu au rejet du recours. Dans son mémoire 
de réponse du 7 septembre 2020, l’intimée a conclu également au rejet dudit 
recours, dans la mesure de sa recevabilité. Invités par ordonnance du juge 
instructeur du 8 septembre 2020 à prendre position, les recourants ont fait 
parvenir leurs observations finales par courrier du 28 septembre 2020. Le 
juge instructeur a prononcé la clôture de l’instruction par ordonnance du 
6 avril 2021.

En droit:

1.

1.1 Aux termes de l'art. 74 al. 2 let. c de la loi cantonale du 23 mai 1989 
sur la procédure et la juridiction administrative (LPJA, RSB 155.21), le TA 
connaît en qualité de dernière instance cantonale des recours contre les 
décisions et décisions sur recours en matière de votations et d’élections 
communales. L'invalidation d'une initiative entre dans la catégorie des actes 
liés à une votation (UELI FRIEDERICH, in MARKUS MÜLLER/RETO FELLER [éd.], 

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Bernisches Verwaltungsrecht, 2021, p. 256 ch. 251; JAB 1995 p. 193). 
Aucune des exceptions prévues aux art. 75 ss n'étant réalisées, le TA est 
compétent pour connaître du présent litige.

1.2 Les recourants sont titulaires du droit de vote dans la commune 
concernée (art. 79b al. 1 let. b LPJA), ont pris part à la procédure devant 
l'autorité précédente et ont succombé (art. 79 al. 1 let. a et b en relation avec 
l'art. 79b al. 1 let. a LPJA), de sorte qu’ils sont directement touchés par la 
décision sur recours et ont un intérêt digne de protection à son annulation. 
La qualité pour recourir doit dès lors leur être reconnue. Interjeté de plus en 
temps utile et dans les formes prescrites, le recours est recevable (art. 32 et 
81 al. 1 LPJA).

1.3 L'objet de la contestation consiste dans la décision sur recours 
rendue par la préfète le 4 juin 2020. Elle prononce le rejet du recours du 
16 juillet 2019 et confirme l’invalidation de l’initiative " Archives ". L'objet du 
litige porte sur l'annulation de cette décision sur recours et sur la 
transmission de l’initiative au Conseil général pour traitement.

1.4 Le pouvoir d'examen du TA résulte de l'art. 80 let. a et b LPJA; il 
couvre le contrôle des faits et du droit, y compris les violations du droit 
commises dans l'exercice du pouvoir d'appréciation, mais pas le contrôle de 
l'opportunité. Le présent litige, dévolu à la Cour des affaires de langue 
française du TA (art. 119 LPJA en relation avec l'art. 54 al. 1 let. c de la loi 
cantonale du 11 juin 2009 sur l'organisation des autorités judiciaires et du 
Ministère public [LOJM, RSB 161.1]), est rendu dans une composition 
ordinaire de trois juges (art. 56 al. 1 LOJM).

2. 

2.1 Dans sa décision sur recours attaquée, la préfète a retenu que la 
situation prévalant aux archives municipales de C.________ était conforme 
aux objectifs poursuivis par l’initiative, à savoir de disposer d’un local 
d’archives adéquat, de garantir la sécurité des archives, de permettre 
l’accessibilité des archives à la population et enfin de disposer d’un plan 
d’archivage et d’un système de classement informatisé. Concernant ce 

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dernier point, la préfète a constaté que si en 2019, le tri, l’évaluation, la 
description, la cotation et le reconditionnement des archives étaient en cours, 
les travaux seraient achevés en 2021 avec un inventaire numérique à jour. 
Au surplus, la préfète a souligné que la situation régnant au local d’archives 
situé à l’abri PC X.________ n’était pas celle décrite dans le texte de 
l’initiative et que la conservation et la pérennité des dons, collections, photos, 
reproductions et autres documents historiques de particuliers étaient 
assurées sans que l’enrichissement du patrimoine commun ne soit mis en 
péril. La préfète a conclu à l’impossibilité pour l’intimée de remplir les 
objectifs visés par l’initiative, ceux-ci étant d’ores et déjà réalisés ou en cours 
de réalisation. 

2.2 Les recourants, quant à eux, font grief à la préfète de ne pas avoir 
interprété l'initiative conformément à la volonté des initiants et d'avoir fait 
l'impasse sur le but de l'initiative. Est particulièrement critiqué le fait que les 
mesures déclarées irréalisables par la préfète n'ont, de leur point de vue, pas 
été formulées par l'initiative. A cet égard, ils affirment en substance qu'une 
initiative déclarée irréalisable au motif qu'elle est inexécutable doit 
néanmoins être transmise dans tous les cas au Conseil général, à charge 
pour ce dernier d'accepter ou de refuser l'initiative en cause. En outre, les 
recourants font valoir que le local des archives ne répond pas aux critères 
exigés par la loi fédérale du 20 juin 2014 sur la protection des biens culturels 
en cas de conflit armé, de catastrophe ou de situation d'urgence (LPBC, RS 
520.3). Enfin, dans leurs observations finales, les recourants ont confirmé en 
substance leurs arguments, en précisant encore que le Conseil municipal, 
en tant qu'autorité visée par l'initiative, n'était pas légitimé à prononcer 
l'invalidité de celle-ci.

2.3 Dans son mémoire de réponse du 7 septembre 2020, l'intimée 
conclut au rejet du recours, dans la mesure où il est recevable, et déclare en 
substance se rallier à la décision sur recours contestée, réitérant être déjà 
en possession de locaux d'archivage adéquats et que la sécurité des 
archives est déjà garantie, tant pour les archives communales que pour la 
protection des biens culturels qui s'y trouvent. Enfin, elle souligne qu'en 
s'appuyant sur le rapport des archivistes du canton, la préfecture avait retenu 
que l'accessibilité des archives était garantie et que le tri, l'évaluation, la 

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description, la cotation et le reconditionnement des archives étaient en cours 
et que ces travaux s'achèveraient en 2021. L'intimée considère donc que la 
situation prévalant au local des archives n'était pas telle que celle décrite 
dans le texte de l'initiative et que les différents travaux entrepris ne 
permettaient simplement plus de mettre en place les demandes formulées 
par cette dernière. Dès lors, il ne se justifierait plus d'organiser des votations 
sur un sujet qui n'a plus d'intérêt actuel.

3.

3.1 Aux termes de l'art. 15 de la loi sur les communes du 16 mars 1998 
(LCo, RSB 170.11), un dixième du corps électoral ou une proportion 
inférieure fixée dans le règlement d'organisation peut déposer une initiative 
exigeant l'adoption, la modification ou l'abrogation d'un règlement ou d'une 
décision qui ressortit au corps électoral ou au parlement communal (al. 1). 
Le règlement d'organisation peut soumettre au droit d'initiative d'autres 
objets précisément définis qui ressortissent à un organe différent de ceux 
mentionnés au 1er alinéa (al. 2). L'initiative est présentée au corps électoral 
si elle règle un objet soumis à la votation obligatoire ou si l'organe communal 
compétent la désapprouve (al. 3). Selon l'art. 28 du règlement d'organisation 
de la commune de C.________ du 1er octobre 2000 (RO), le corps électoral 
peut demander par initiative le traitement d'un objet de sa compétence ou 
celle du Conseil général (al. 1). L'initiative est recevable si (a) au moins 
dix pour cent des ayants droit au vote l'ont signée, (b) elle est conçue comme 
simple proposition ou revêt la forme d'un projet élaboré, (c) elle n'est pas 
contraire au droit, (d) elle ne comprend pas plus d'un objet et (e) elle contient 
une clause de retrait exempte de réserves et le nom des personnes 
habilitées à la retirer.

3.2 L'art. 17 LCo dispose que le conseil communal invalide toute initiative 
contraire à la loi ou irréalisable. Au niveau de la commune de C.________, 
l'examen de la conformité de l'initiative a lieu en deux phases: l'art. 29 al. 1 
RO, qui traite de l'examen préalable, prévoit que la demande d'initiative est 
à déposer auprès de l'administration communale. Celle-ci l'examine dans un 
délai d'un mois quant à sa conformité au droit et donne le résultat de son 

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examen. Ensuite, d'après l'art. 30 RO, le Conseil municipal examine la 
recevabilité de l'initiative. Il n'est pas lié par le résultat de l'examen préalable 
(al. 1). Si l'une des conditions mentionnées à l'art. 28 RO fait défaut, il 
prononce la nullité totale ou partielle de l'initiative. Il entend au préalable le 
comité d'initiative (al. 2). Si l'initiative est recevable, il la soumet au Conseil 
général (al. 3). La compétence d'examiner la recevabilité d'une initiative et 
d'invalider toute initiative contraire à la loi ou irréalisable revient donc au 
Conseil communal; cette compétence est irrévocable et intransmissible 
(PETER FRIEDLI dans: D. ARN/U. FRIEDERICH/P. FRIEDLI/M. MÜLLER/ 
S. MÜLLER/J. WICHTERMANN [éd.], Kommentar zum Gemeindegesetz des 
Kantons Bern, 1999, art. 17 n. 4).

3.3 Au vu de ce qui précède, les recourants ne peuvent donc être suivis 
lorsqu’ils allèguent que le Conseil municipal, directement concerné par 
l’initiative, ne peut être juge et partie. Le Conseil municipal demeure 
responsable du contrôle de la validité d’une initiative et cette compétence est 
irrévocable, quand bien même l'initiative en question concerne une question 
relevant de sa propre compétence. Certes, dans une telle constellation, il 
existe effectivement un certain risque de conflit d’intérêts. Toutefois, ce 
risque est limité par la possibilité de recourir contre la décision du Conseil 
municipal. Cela étant, il faut retenir que le Conseil municipal est bien 
l’autorité compétente pour examiner la validité de l’initiative. 

4.

4.1 S’agissant des conditions formelles que doivent remplir les initiatives 
pour être déclarées valides par le Conseil municipal, celles-ci ressortent en 
premier lieu de la loi (art. 15 à 17 LCo et art. 28 RO), mais également de la 
jurisprudence, comme l’exigence de l’unité de la forme, de la matière et 
l’exigence de clarté (CAMILLA JACQUEMOUD, Le traitement " favorable " des 
initiatives populaires, ZBI 121/2020, p. 411). À propos de cette dernière 
exigence, l’objet de l’initiative doit être suffisamment clair pour qu’un vote 
populaire puisse intervenir sans que les électeurs ne soient exposés au 
risque d’une erreur sur des points importants. Une initiative en termes 
généraux ne doit pas être soumise à des exigences élevées car certaines 

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ambiguïtés, voire certaines contradictions peuvent être éliminées lors de 
l’élaboration du texte final par le parlement; cette retenue ne se justifie en 
revanche pas pour une initiative déjà rédigée (ATF 139 I 292 c. 5.8). 
Toutefois, la garantie des droits politiques protège la libre formation de 
l'opinion des citoyens et des citoyennes et l'expression fidèle et sûre de leur 
volonté (art. 34 al. 2 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse 
du 18 avril 1999 [RS 101; Cst.]). L'exigence de la clarté du texte de l’initiative 
découle ainsi de cette garantie. Les électeurs appelés à s'exprimer sur le 
texte de l’initiative doivent être à même d'en apprécier la portée, ce qui n'est 
pas possible si le texte est équivoque ou imprécis (arrêt du Tribunal fédéral 
[TF] 1C_659/2012 du 24 septembre 2013 c. 5.1). Outre ces conditions 
formelles, la validité d’une initiative dépend aussi de sa portée matérielle. 
Selon la jurisprudence, une initiative doit être invalidée si son objet est 
impossible, irréalisable ou inexécutable. Il s’agit d’un principe général du 
droit, applicable en l’absence de toute règle cantonale explicite. L’obstacle à 
la réalisation doit être matériel et manifeste (STÉPHANE GRODECKI, L’initiative 
populaire cantonale et municipale à Genève, 2008, p. 309 n. 1079). Il ne se 
justifie pas de demander au peuple de se prononcer sur un sujet qui n’est 
pas susceptible d’être exécuté. L’invalidation n'est toutefois justifiée que 
dans les cas les plus évidents. L’obstacle à la réalisation doit être 
insurmontable: une difficulté relative est insuffisante, car c’est avant tout aux 
électeurs qu’il appartient d’évaluer les avantages et les inconvénients qui 
pourraient résulter de l’acceptation de l’initiative. 

4.2 Cela étant, c’est donc à tort que les recourants font valoir dans leurs 
observations finales que le Conseil municipal, sans en avoir la légitimité, a 
ajouté des conditions matérielles aux conditions définies à l’art. 28 al. 2 RO, 
dans le seul but d’invalider l’initiative. Comme exposé ci-dessus (c. 4.1), les 
conditions matérielles découlent pleinement de la jurisprudence du TF en 
sus des conditions formelles.

5.

5.1 Une fois établi que le Conseil municipal est bien l’autorité compétente 
pour invalider une initiative (c. 3.3 ci-dessus) et que l’initiative a été invalidée 

https://www.swisslex.ch/doc/aol/78f287b7-2746-44ea-9e6e-a21e2fbc3046/4930fef0-f31a-4a5f-abe6-d8da09fd437a/source/document-link

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sur la base de conditions matérielles reconnues par la jurisprudence (c. 4.2 
ci-dessus), il convient encore d’examiner si l’initiative, comme l’invoquent les 
recourants, a été déclarée irréalisable sur la base de mesures déjà réalisées, 
alors que lesdites mesures n’ont pas été formulées par l’initiative. Autrement 
dit, du point de vue des recourants, l’analyse par la préfète de l’exécutabilité 
des mesures ne s’est pas basée sur les mesures demandées par les 
initiants. Selon eux, il s'agit d’une mauvaise interprétation de leur initiative, 
qui aurait conduit à son invalidation. Se pose dès lors la question du sens de 
l’initiative et de l'interprétation qui doit en être retenue. En effet, avant de 
pouvoir répondre à la question de savoir si c’est à bon droit que l’instance 
inférieure a confirmé la décision du Conseil municipal d’invalider l’initiative, il 
convient de s’attarder sur le sens à donner à l’initiative, lequel aura une 
influence sur sa clarté et déterminera sa portée. Tout comme l’interprétation 
permettra d’établir l’idée centrale de l’initiative et de définir si les arguments 
avancés par les recourants peuvent être rattachés sans artifice à l’idée 
centrale défendue par les signataires de l’initiative.

5.2 Pour ce faire, le texte de l'initiative doit être interprété selon les 
principes reconnus, soit les méthodes d’interprétation littérale, historique, 
téléologique ou systématique, afin d’apprécier la validité de son contenu 
(CAMILLA JACQUEMOUD, op. cit., p. 423). Parmi plusieurs interprétations 
possibles, il faut retenir celle qui, d’une part correspond le mieux au sens et 
au but de l’initiative et parvient à un résultat raisonnable, et, d’autre part, du 
point de vue d’une interprétation conforme à la Constitution, se révèle 
compatible avec le droit fédéral et le droit cantonal de rang supérieur (ATF 
139 I 292 c. 5.7).

5.2.1 La première règle d’interprétation est de prendre pour point de départ 
le texte de l’initiative, qu’il faut interpréter selon sa lettre et non pas selon la 
volonté des initiants (PETER FRIEDLI, op. cit., art. 17 n. 9). Toutefois, c'est à 
l'autorité de contrôle que revient la compétence d'établir le contenu essentiel 
de l'initiative. En lui attribuant la tâche d'examiner la validité d'une initiative, 
l'ordre juridique lui confie également celle d'interpréter celle-ci et, partant, 
l'autorité sur son sens ("Deutungshoheit"). L'avis du comité d'initiative et/ou 
d'autres initiants est dénué de force contraignante, surtout s'il est produit a 
posteriori. Comme l'a retenu le TF, les initiants ne peuvent tenter de corriger 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 20 juillet 2021, 100.2020.253, page 10

la portée de l'initiative en affirmant qu'elle doit être comprise dans un certain 
sens, alors que celui-ci va à l'encontre du but de l'initiative (ATF 142 I 216 
c. 3.4, 4.4 et 8.3.1). C'est la raison pour laquelle l'affirmation selon laquelle 
la volonté des auteurs doit être prise en compte, à tout le moins, dans la 
mesure où elle délimite le cadre de l’interprétation de leur texte et du sens 
que les signataires ont pu raisonnablement lui attribuer (ATF 143 I 129 c. 2.2, 
139 I 292 c. 7.2.5), doit être comprise comme se rapportant à l’objectif 
fondamental de l’initiative tel qu’il est établi par les autorités et non à l’avis 
personnel que les auteurs de l’initiative défendent. (CAMILLA JACQUEMOUD, 
op. cit., p. 425). 

5.2.2 D’autres éléments peuvent également entrer en ligne de compte 
dans l’interprétation d'une initiative en vue d'en dégager le contenu essentiel, 
comme les supports extra-textuels tels que les affiches ou les sites internet. 
Dans ce cas, l’autorité devra motiver en quoi le support qu’elle prend en 
compte a contribué, à l’occasion de la discussion démocratique, à faire d’un 
ou plusieurs éléments le contenu essentiel de l’initiative (CAMILLA 
JACQUEMOUD, op. cit., p. 425). En revanche, ce que les initiants disent du 
contenu de l’initiative après son dépôt fait déjà partie du débat politique 
démocratique et doit être considéré comme une préparation à la campagne 
référendaire. En tout état de cause, une interprétation ultérieure de l’initiative 
qui n’était pas à disposition des signataires et sur laquelle ils ne pouvaient 
s’appuyer pour se forger leur opinion, n’a qu’un faible poids. En revanche, il 
en va différemment des explications figurant sur la feuille de signature qui 
servent quant à elles directement à aider les potentiels signataires à 
comprendre le texte de l’initiative avant qu’ils ne signent. Ces explications 
ont donc un poids nettement plus important dans l’interprétation de l’initiative 
(TF 1C_109/2014, c. 4.2). En effet, bien que l’interprétation repose en 
principe sur le libellé, une référence à la motivation de l’initiative et aux 
explications des initiants peut être prise en considération dans l'examen de 
la validité de l'initiative (ATF 139 I 292 c. 7.2.1). Certes, on ne peut pas 
supposer avec une certitude absolue que tous les signataires se seraient fiés 
uniquement à la motivation des initiants et auraient signé pour cette raison. 
Toutefois, on peut supposer qu’au moins une grande partie des signataires 
ont soutenu l’idée centrale de l’initiative (ATF 139 I 292 c. 7.2.5).

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 20 juillet 2021, 100.2020.253, page 11

5.3 En l’espèce, les recourants soutiennent que par la formulation " les 
autorités communales doivent présenter un projet d’organisation des 
archives ", l’initiative tendrait à ce que l’étude des problèmes liés à la mise 
en œuvre des principes de protection et de conservation soit confiée, non 
pas au Conseil municipal, mais au Conseil général qui, par l’intermédiaire 
d’une commission spéciale au sens de l’art. 52 RO, pourrait traiter les 
propositions selon les voies légales usuelles. Ils affirment également que par 
" projet d’organisation des archives de C.________ ", il n’était pas question 
de fournir un local d’archives adéquat, de garantir la sécurité des archives, 
de rendre les archives accessibles à la population, d’établir un plan 
d’archivage et un système de classement informatisé, mais qu'il fallait 
comprendre qu’il s’agissait d’organiser les rapports entre la Commune et la 
Société du Musée, de coordonner les archives existantes (entre le Musée, 
la bourgeoisie, les sociétés locales, etc.), de résoudre le problème d’un futur 
abri PBC ayant les mêmes caractéristiques que celles de l’abri PBC détruit 
en 2014, de régler le problème de la perte irréparable de collections 
appartenant à des tiers, etc. Une telle interprétation ne saurait être suivie en 
raison de ce qui suit. 

5.4

5.4.1 À titre liminaire, il convient de relever que les recourants ne peuvent 
pas d’un côté soutenir que le Conseil municipal n’est pas l’autorité visée par 
l’initiative lorsqu’il s’agit d’interpréter quelles sont les autorités communales 
selon le libellé de l’initiative, et d’un autre côté, avancer l’argument que le 
Conseil municipal ne peut être à la fois l’autorité visée par l’initiative et 
l’autorité chargée de vérifier sa conformité au droit supérieur et son 
exécutabilité (voir ci-dessus c. 4.2). Ceci révèle des incohérences dans 
l’argumentation des recourants. 

5.4.2 En tout état de cause, pris à la lettre, le libellé de l’initiative est vaste 
et se prête à plusieurs interprétations. Il ne permet pas à lui seul de 
déterminer l’objectif principal de l’initiative ni sa portée. Il convient donc dans 
un second temps de s’attarder sur les explications du Comité d’initiative 
figurant au dos des feuilles de signatures. 

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En se référant à ces explications et à la motivation de l’initiative, c’est bien le 
Conseil municipal qui est visé par la locution " autorités communales ", au 
sens du dernier paragraphe affirmant un manque d’empressement de la 
Municipalité face à la situation des archives de C.________ et enjoignant les 
citoyens et citoyennes à signer l’initiative " Archives " afin d’inciter la 
Municipalité à prendre les mesures qui s’imposent. Le Conseil municipal, en 
tant qu’organe de représentation et de gestion de la Municipalité, est sans 
aucun doute possible l’autorité visée par l’initiative. Concernant le projet 
d’organisation des archives de C.________, le texte accompagnant 
l’initiative est, là aussi, clair et sans équivoque, et révèle les non-dits du 
libellé. En effet, en se plaçant du point de vue des signataires de l’initiative, 
cette dernière ne peut être comprise que comme moyen d’incitation à trouver 
une solution à la situation prétendument insatisfaisante, selon le Comité 
d’initiative, s’agissant de l’entretien et la conservation des archives de 
C.________. Les formulations suivantes: " il s’agit, pour la commune de 
C.________, de fournir un local adéquat, d’établir un plan d’archivage, un 
système de classement informatisé, un règlement d’utilisation et de prendre 
toutes mesures propres à garantir à chacun l’accès aux archives " ou " la 
situation actuelle empêche par ailleurs l’enrichissement du patrimoine 
commun: les dons, collections, photos, reproductions et autres documents 
historiques de particuliers ne peuvent actuellement être acceptés, du fait de 
l’absence de l’organisation apte à recevoir et assurer leur conservation et 
leur pérennité ", prises à la lettre, ne peuvent être interprétées que comme 
le souhait du Comité d’initiative de voir se réaliser leurs revendications 
énumérées. Au surplus, si le texte fait mention des exigences pour les 
communes de fixer les compétences et les responsabilités en matière 
d’archivage, il n’explique pas dans un premier temps si la Commune de 
C.________ satisfait ou non à ces exigences, ni dans quelle mesure la 
Commune devrait y remédier. Ensuite, il ressort de la systématique du texte 
de l’initiative, en le mettant en relation avec l’ordonnance de Direction du 
20 octobre 2014 sur la gestion et l’archivage des documents des collectivités 
de droit public au sens de la loi sur les communes et leurs établissements 
(ODArch communes, RSB 170.711) cité dans le libellé de l’initiative, que les 
thèmes abordés dans l’ordonnance sont similaires aux thèmes ressortant du 
texte de l’initiative, à savoir le traitement et la conservation des archives, les 
locaux d’archives, le système de classement informatique et l’accessibilité 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 20 juillet 2021, 100.2020.253, page 13

des archives. Ladite ordonnance fait également mention de la compétence 
en matière de surveillance et de gestion des archives. Cependant, on ne 
peut en déduire, comme le fait le Comité d’initiative, que l’organe compétent 
en l’espèce, soit le Conseil communal, devrait confier l’étude des problèmes 
liés à la mise en œuvre des principes de protection et de conservation au 
Conseil général, ni que le but de l’initiative, comme il ressort des 
observations finales du Comité d’initiative, serait de tendre à ce que 
l’organisation soit confiée à un autre organe de la commune que le Conseil 
municipal. En effet, si le texte de l’initiative met en lumière, selon le Comité 
d’initiative, diverses problématiques liées aux archives de C.________, qui 
trouvent leur parallèle dans l’ordonnance, la problématique de la 
compétence n’est pas exposée ni expliquée dans le texte de l’initiative et le 
parallèle avec l’ordonnance ne permet pas d’en déduire qu’un changement 
de compétence est requis. Par ailleurs, si selon le Comité d’initiative, le terme 
d’archives doit être interprété selon le sens qui ressort de l’art. 3 de la loi 
cantonale du 31 mars 2009 sur l'archivage (LArch, RSB 108.1), on ne 
comprend pas en quoi la définition suivante: " par archives sont entendus les 
documents que des Archives ont pris en charge et conservent selon les 
prescriptions de la présente loi " ne correspondrait pas à l’interprétation 
qu’en a faite la préfète, et les recourants n’apportent pas d’éclaircissements 
à ce propos. Partant, la systématique du texte confirme l’interprétation de 
l’initiative selon laquelle le contenu essentiel de cette dernière est d’assurer 
la conservation et la pérennité des archives dans un local conforme à la 
législation en matière d’archivage. Ensuite, selon une approche historique, 
comme l’expose la première partie du texte de l’initiative, les archives de 
C.________ étaient initialement déposées au sous-sol d’un des pavillons 
scolaires de l’école primaire, lequel a été démoli en 2014. Il en découle, et le 
Comité d’initiative l’avance également, que le souhait des initiants est de 
déposer les archives dans un local adéquat, similaire au local démoli en 
2014. Enfin, en se référant à la finalité du texte de l’initiative (interprétation 
téléologique), il ne fait pas de doute que la préoccupation fondamentale des 
initiants est la conservation des archives dans un local approprié. Ainsi, au 
vu de ce qui précède, les questions de compétence s’agissant de l’étude des 
problèmes liés à la mise en œuvre des principes de protection et de 
conservation des archives ou de responsabilité pour la perte de collections 
de tiers ne sont pas traitées dans le texte et ne peuvent être déduites 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 20 juillet 2021, 100.2020.253, page 14

d’aucune interprétation. Quant à la locution adverbiale " etc. " utilisée pour 
exprimer que les objectifs de l’initiative sont sans fin, elle ne peut être prise 
en compte dans un tel sens. En effet, les citoyens et citoyennes, en apposant 
leur signature, devaient connaître le but exact de l’initiative ainsi que sa 
portée. Une initiative ne peut servir de " fourre-tout ", car ceci s'avérerait 
contraire à la garantie de la libre formation de l'opinion des citoyens ancrée 
à l’art. 34 al. 2 Cst. (voir ci-dessus c. 4.1). Il convient en effet de rappeler 
qu’une interprétation ne doit pas dénaturer l’initiative et que son contenu 
essentiel ne doit pas être touché. Les citoyens doivent être au clair sur les 
conséquences découlant de l’apposition de leur signature sur l’initiative 
(CAMILLA JACQUEMOUD, op. cit., p. 422 s.), et la question n’est pas de savoir 
si les signataires auraient également signé l’initiative interprétée selon le 
souhait du Comité d’initiative, mais quel contenu fondamental se dégage 
raisonnablement du contexte dans lequel ils ont formé leur volonté de signer 
(CAMILLA JACQUEMOUD, op. cit., p. 425).

5.5 En l’espèce, en se plaçant du point de vue des citoyens et citoyennes 
de C.________, l'interprétation du texte de l'initiative en question aboutit à 
retenir que les signataires de celle-ci ont signé l’initiative avec l’idée de 
préserver les archives dans un local adapté et de garantir leur sécurité ainsi 
que leur accessibilité. Contrairement à l’avis du Comité d’initiative, les 
signataires ne pouvaient en aucun cas présumer qu'en signant ce texte, ils 
soutenaient la nécessité de mesures supplémentaires - comme d’organiser 
les rapports entre la commune et la Société du Musée, de coordonner les 
archives existantes ou de régler le problème de la perte irréparable de 
collections appartenant à des tiers - qui n’étaient pas visées à l’origine par 
l’initiative. Les signataires ont formé leur volonté dans le contexte tel que 
décrit dans le texte de l’initiative, à savoir dans la crainte de voir les archives 
déposées dans un local inadapté et dans le souci de leur préservation. Les 
arguments des recourants détournant le sens premier de l’initiative ne 
sauraient être suivis sur ce point. Au vu des résultats des diverses méthodes 
d’interprétation, qui convergent vers une seule et même conception du texte 
de l’initiative, il apparait que l’initiative " Archives " tend exclusivement vers 
un but de conservation et de préservation des archives dans un local 
conforme à la législation en la matière.

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 20 juillet 2021, 100.2020.253, page 15

6.

6.1 La clarté du texte de l’initiative étant établie et l’idée centrale 
dégagée, il reste dès lors à examiner si c’est à juste titre que l’instance 
inférieure a confirmé l’invalidation de l’initiative " Archives " en considérant 
que les mesures concrétisant l’initiative étaient déjà réalisées ou en cours 
d’achèvement. Les recourants ne contestent au demeurant pas que les 
mesures énoncées dans l’initiative ont été réalisées ou sont en cours 
d’achèvement. Ce qui reste en revanche litigieux est la question de savoir si 
malgré l’exécution de ces mesures, l’initiative aurait dû être validée.

6.2 Comme déjà mentionné plus haut, il ne se justifie pas de demander 
au peuple de se prononcer sur un sujet qui n’est pas susceptible d’être 
exécuté ou d’organiser des votations qui n’ont pas ou plus d’objet, car 
l'électeur aurait le sentiment de trancher dans le vide (voir ETIENNE GRISEL, 
Initiative et référendum populaires, Traité de la démocratie semi-directe en 
droit suisse, 2004, p. 255 n. 653-654). S’agissant des initiatives tendant à la 
remise en cause de travaux, la jurisprudence considère qu’il n’y a pas 
inexécutabilité du simple fait que l’ouvrage ait déjà commencé, mais qu’il y 
a impossibilité matérielle d’exécution lorsque l’ouvrage est en état 
d’achèvement (ATF 128 I 190 c. 5; BÉNÉDICTE TORNAY, La démocratie 
directe saisie par le juge; L’empreinte de la jurisprudence sur les droits 
populaires en Suisse, 2008, p. 86, n. 5.1.2). Pour juger de cette question, il 
y a lieu, compte tenu de l’objet de l’initiative, de se placer non pas au moment 
de son dépôt, mais, au plus tôt, au moment où l’autorité compétente statue 
sur sa recevabilité, voire au moment le plus proche possible de celui où 
l’initiative devrait être soumise au vote populaire. Le droit d’initiative 
n’impliquant aucun effet suspensif, il est possible qu’une initiative exécutable 
au moment de son dépôt devienne impossible à réaliser au moment du 
scrutin (ATF 128 I 190 c. 5.1 et références citées; BÉNÉDICTE TORNAY, La 
démocratie directe saisie par le juge; L’empreinte de la jurisprudence sur les 
droits populaires en Suisse, 2008, p. 87 n. 5.1.3). Ainsi, tant la jurisprudence 
que la doctrine retiennent qu’il est inadmissible de faire voter le corps 
électoral sur une initiative qui ne peut déployer d’effet. 

6.3 Il s'ensuit que pour juger de l’exécutabilité de l’initiative, le Conseil 
municipal devait se placer au moment d’une probable votation, soit un an 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 20 juillet 2021, 100.2020.253, page 16

après le moment du dépôt de l’initiative et au plus tard un an et demi après, 
donc en l'occurrence le 14 août 2020 (art. 31 al. 2 et 3 RO). Or, lorsque la 
préfète a rendu sa décision sur recours le 4 juin 2020, soit environ deux mois 
avant cette date, elle a d'ores et déjà constaté que toutes les mesures 
ressortant de l’initiative étaient réalisées, à l’exception du recatalogage et du 
déménagement du Fonds Photographie D.________ dans les locaux de 
E.________, ainsi que du plan d’archivage et du système de classement 
informatisé (tri, évaluation, description, cotation et reconditionnement des 
archives définitives), ces dernières mesures devant être achevées en 2021. 
Partant, et les recourants ne le contestent d’ailleurs pas, force est de 
reconnaître que toutes les mesures préconisées par les initiants n’ont pas 
uniquement commencé, mais sont terminées ou en voie d’achèvement. 

6.4 Dans ces circonstances, de la même manière qu’il est impossible 
d’interrompre des travaux déjà terminés, il est impossible de poursuivre des 
travaux déjà achevés. Bien que les cas d’invalidation doivent rester 
l’exception, l’initiative doit avoir un sens pour mobiliser les citoyens et 
citoyennes. Ces derniers prennent des décisions souveraines, qui ont une 
portée obligatoire, et n’ont pas le caractère de simple sondage. Leur rôle 
serait dénaturé s’ils étaient amenés à prendre position sur un problème qui 
ne se pose pas, à trancher dans le vide, car ce serait tourner en dérision les 
institutions démocratiques. L’initiative étant déjà presque entièrement 
réalisée, elle n’a dès lors plus d’objet et n’a plus de raison d’être. C’est donc 
à juste titre que la préfète a confirmé l’invalidation de l’initiative au motif 
qu’elle était inexécutable sur la base des mesures déjà réalisées.

7.

Les recourants ne peuvent pas non plus être suivis lorsqu'ils requièrent la 
transmission de l’initiative au Conseil général au sens de l’art. 30 al. 3 RO 
pour traitement, malgré son invalidation par le Conseil municipal au motif 
qu’elle était irréalisable.

7.1 Selon l’art. 50 al. 1 LCo, les communes édictent les prescriptions 
nécessaires à leur organisation et à l’accomplissement de leurs tâches dans 
les limites du droit supérieur. En vertu de l’art. 30 al. 2 phr. 1 RO, si l’une des 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 20 juillet 2021, 100.2020.253, page 17

conditions mentionnées à l’art. 28 RO fait défaut, le Conseil municipal 
prononce la nullité totale ou partielle de l’initiative. L’art. 17 LCo impose au 
Conseil municipal d’invalider une initiative contraire à la loi ou irréalisable. Si 
l’initiative est recevable, il la soumet au Conseil général (art. 30 al. 3 RO). 
L’objectif de l’art. 17 LCo est, par le contrôle de la validité des initiatives, 
d’éviter les phases improductives et les situations de blocages, qui 
résulteraient du traitement d’initiatives irrecevables par les organes 
compétents (PETER FRIEDLI, op. cit., art. 17 n. 2).

7.2 En l’occurrence, le RO doit être interprété de manière conforme au 
droit supérieur, soit à la LCo. La condition d’exécutabilité d'une initiative 
soumise aux ayants droit au vote n’apparait pas dans le RO, mais cela ne 
signifie pas pour autant que cette condition ne doive pas être respectée. Les 
recourants ne sauraient être suivis lorsqu’ils avancent que dans la mesure 
où les conditions fixées par le RO sont remplies, l’initiative irréalisable doit 
être transmise au Conseil général. Bien que la condition d'une initiative 
réalisable ne figure pas dans le règlement communal de C.________, cette 
condition doit être prise en considération et respectée au même titre que la 
légalité de l’initiative. Si l’initiative était transmise au Conseil général en dépit 
de son inexécutabilité, non seulement cela viderait l’art. 17 LCo de son sens, 
mais cela serait contraire au droit. Dans ce contexte, la recevabilité de 
l’initiative s’examine à la fois à la lumière du règlement, de la loi et de la 
jurisprudence. Partant, c’est à juste titre que la préfète a confirmé la décision 
d’irrecevabilité de l’initiative du Conseil municipal, ladite initiative étant 
inexécutable au sens de l’art. 17 LCo, sans qu’elle ne doive être soumise au 
Conseil général pour traitement. 

8.

Quant à l’allégation des recourants selon laquelle le local choisi par le 
Conseil municipal pour abriter les documents et objets déménagés de l’abri 
PBC détruit en 2014 ne répond pas aux critères définis par la LPBC, ni de 
l’Ordonnance du 11 novembre 2020 sur la protection civile (OPCi, RS 
520.11), ni aux instructions de l’Office fédéral de la protection de la 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 20 juillet 2021, 100.2020.253, page 18

population (OFPC) concernant la construction d’abris pour biens culturels, 
celle-ci est hors de propos.

8.1 Conformément à l'art. 32 al. 2 LPJA en relation avec l’art. 81 al. 1 
LPJA, le recours doit contenir des motifs justifiant les conclusions retenues. 
Dans la pratique, il n’est pas posé d’exigences strictes quant aux motifs du 
recours s'agissant de personnes non versées dans le droit. Il suffit qu'il 
ressorte pourquoi et sur quels points la décision attaquée est contestée (ATF 
140 III 86 c. 2; JAB 2006 p. 470 c. 2.4.3; MICHEL DAUM dans: R. HERZOG/ 
M. DAUM [éd.], Kommentar zum bernischen VRPG, 2e éd. 2020 [ci-après: 
Kommentar], art. 32 n. 22). De jurisprudence constante, un renvoi à des 
pièces antérieures de procédure ou une simple répétition des arguments 
développés devant l'autorité précédente ne constituent cependant pas des 
motifs suffisants. L'acte de recours doit bien plus exposer en quoi la décision 
attaquée serait fausse. En particulier, la motivation du recours doit permettre 
au moins de constater ce que le recourant demande et sur quels faits il se 
fonde (ATF 123 V 335 c. 1a, 96 I 96). 

8.2 En l’espèce, les recourants se contentent d’avancer que le local 
d’archives situé dans l’abri PC X.________ n’est pas conforme aux 
exigences de la LPBC, de la loi fédérale du 20 décembre 2019 sur la 
protection de la population et sur la protection civile (LPPCi, RS 520.1), de 
l'OPCi ainsi qu’aux instructions de l’OFPC. Toutefois, ils ne précisent pas 
quels conditions et critères posés par ces lois, cette ordonnance et ces 
instructions ne seraient pas remplis ou encore quelles dispositions seraient 
violées. Ils mentionnent uniquement que les exigences minimales relatives 
à la construction d’abris pour biens culturels sont fixées aux art. 46 LPPCi et 
37 OPCi (devenu les art. 61 et 64 ainsi que 104 LPPCi dans sa teneur en 
vigueur depuis le 1er janvier 2021). Or, la mention de ces dispositions ne 
permet pas de déduire en quoi le local actuel X.________ ne répondrait pas 
auxdites exigences minimales ni ce que les recourants requièrent 
exactement. Dans ces conditions, le grief doit être déclaré irrecevable faute 
de motivation suffisante. En tout état de cause, quand bien même le grief 
serait recevable, il ne serait pas déterminant pour l’issue du présent litige. 
En effet, rien dans l’initiative ne permettait aux signataires de comprendre 
l’initiative comme faisant référence à la protection des biens culturels. En 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 20 juillet 2021, 100.2020.253, page 19

utilisant les méthodes d’interprétations exposées ci-dessus (c. 4.1 à 4.3), que 
cela soit en rapport avec le titre de l’initiative " Archives ", avec le libellé de 
l’initiative faisant explicitement référence à la loi sur l’archivage, l’ordonnance 
sur l’archivage et l’ordonnance de direction, ou encore avec le texte au dos 
de l’initiative qui ne fait aucune mention des dispositions relatives à la 
protection des biens culturels, il en ressort que le but essentiel de l’initiative 
est, encore une fois, la conservation des archives dans un local adéquat. La 
simple citation des termes " biens culturels " dans ce contexte ne suffit pas 
pour qu’un citoyen ordinaire comprenne une intention du Comité d’initiative 
d’inclure dans l’initiative les biens culturels et les dispositions y relatives. Il 
peut également être précisé, à toutes fins utiles, que quand bien même 
l’argument serait recevable et quand bien même il entrerait dans le cadre de 
l’initiative, comme l’a souligné la préfète dans son mémoire de réponse du 
20 juillet 2020, l’abri X.________ est un abri de protection civile, de sorte 
qu’il peut être admis qu’il garantisse la préservation et la sécurité des biens 
et documents qui y sont entreposés. Par ailleurs, à l’exclusion des variations 
de température et dans une moindre mesure de l’humidité constatées (dont 
la problématique est sous surveillance dans le but d’en trouver la cause et 
une solution dans le cadre d’une procédure pendante devant la préfète), 
aucun élément ne permet de déduire que le local d’archives est inadapté, 
que cela soit au niveau des exigences de lumière, d’eau, de qualité de l’air, 
d’incendie, de vols, de moisissures ou encore d’autres dangers. Partant, la 
mesure exigeant l'aptitude du local d’archives à conserver les biens culturels 
s'avère également remplie.

8.3 Au vu de ce qui précède, c’est à bon droit que la préfète a jugé le 
local des archives de C.________ adéquat, car conforme aux dispositions 
en la matière, sans égard aux dispositions relatives à la protection des biens 
culturels, ces dernières sortant du cadre de l’initiative. 

9.

9.1 S’agissant finalement du délai de six mois imparti par l'initiative aux 
autorités communales à compter du dépôt de l’initiative pour présenter un 
projet d’organisation des archives de C.________, considéré comme 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 20 juillet 2021, 100.2020.253, page 20

irréalisable par la préfète pour présenter un projet de plan d’archivage et d’un 
système de classement informatisé, ce point n’est plus contesté par les 
recourants, qui admettent que le délai applicable correspond à celui de 
l’art. 31 RO. 

9.2 Il convient toutefois de relever que ce n’est pas en raison des délais 
nécessaires à la commune et à la Préfecture pour rendre des décisions, qui 
rendraient illusoire le délai calculé à partir du dépôt de l’initiative, que celle-
ci doit être déclarée invalide. En effet, le TF ne nie pas la validité d’une 
initiative qui fixe un délai trop bref pour l’élaboration de nouvelles normes 
(voir l'arrêt du TF du 19 février 1975 dans ZBI 1975 p. 387); en d’autres 
termes, une impossibilité temporelle ne serait pas un motif d’invalidité 
(B. TORNAY, op. cit., p. 85). Néanmoins, les initiants n’ont pas non plus le 
pouvoir de contraindre les autorités au point de leur impartir un délai de six 
mois pour étudier la question, établir des rapports, en débattre, liquider 
d’éventuelles divergences et élaborer le projet (E. GRISEL, op. cit., p. 255 
n. 653), ce d’autant plus qu’en vertu de l’art. 31 RO, un délai d’un an est 
accordé pour le traitement d'une initiative, délai pouvant être prolongé de 
six mois (art. 31 al. 2 et 3 RO).

10.

10.1 Au vu de ce qui précède, c’est à juste titre que l’instance inférieure a 
confirmé la décision du Conseil municipal d’invalider l’initiative " Archives " 
en raison de son inexécutabilité. Le recours doit donc être rejeté. 

10.2 Il n’est pas perçu de frais pour les procédures de recours en matière 
de votations et d’élections communales, sous réserve des cas de recours 
dilatoire ou téméraire (art. 108a al. 1 LPJA). Selon la jurisprudence, agit par 
témérité la partie qui sait ou qui devait savoir, en faisant preuve de l'attention 
normalement exigible, que les faits invoqués à l'appui de ses conclusions ne 
sont pas conformes à la vérité. La témérité doit en outre être admise 
lorsqu'une partie viole une obligation qui lui incombe ou soutient jusque 
devant l'autorité de recours un point de vue manifestement infondé (ATF 124 
V 285 c. 4b; RUTH HERZOG dans Kommentar, op. cit., art. 108a n. 6 et 7). 
L'absence de chances de succès à elle seule ne fait pas encore apparaître 

Jugement du Tribunal administratif du canton de Berne du 20 juillet 2021, 100.2020.253, page 21

le procès comme étant téméraire. Il faut en plus que, subjectivement, la 
partie ait pu se rendre compte, avec l'attention et la réflexion que l'on peut 
attendre d'elle, de l'absence de toutes chances de succès de sa démarche, 
et que, malgré cela, elle ait persisté dans sa volonté de recourir (ATF 128 V 
323 c. 1b et les références citées; RUTH HERZOG dans Kommentar, op. cit., 
art. 108a n. 5). Bien que le recours du 3 juillet 2020 confine à la témérité, les 
recourants ayant invoqué un point de vue apparaissant d’emblée 
insoutenable, il convient de renoncer à la perception de frais de procédure.

10.3 Il n’y a pas lieu d’allouer de dépens (art. 104 et 108 al. 3 LPJA).

Par ces motifs:

1. Le recours est rejeté.

2. Il n'est pas perçu de frais de procédure.

3. Il n'est pas alloué de dépens.

4. Le présent jugement est notifié (R):
- aux recourants,
- à l'intimée,
- à la Préfecture du Jura bernois.

Le président: Le greffier:

Voie de recours
Dans les 30 jours dès sa notification, le présent jugement peut faire l'objet d'un 
recours en matière de droit public auprès du Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, au 
sens des art. 39 ss, 82 ss et 90 ss de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal 
fédéral (LTF, RS 173.110).