# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 3f187f4b-6d58-5086-a47b-12688d6e4579
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2005-07-01
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 01.07.2005 C/26085/2002
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-26085-2002_2005-07-01.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE  Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 
 

POUVOIR  JUDICIAIRE * COUR D’APPEL* 
 (CAPH/144/2005) 

 

 

 

Monsieur T______ 

Dom. élu : Me Susannah MAAS 

Av. de Miremont 31 

1206 Genève  

 

 

 

Partie appelante 
 

 

 

Caisse de chômage de l’Association 
des Commis de Genève 

Rue du Perron 10 

Case postale 3069 

1211 Genève 3 

 
 

 

Partie intervenante 
 

 

 

 

D’une part 

 

E_______ 

Dom. élu : Me Xavier MO COSTABELLA 

Rue de Rive 6 

1204 Genève  

 

 

 

Partie intimée 
 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

D’autre part 
 

 

 

ARRET 
 

du vendredi 1
er

 juillet 2005 

 

 

  M. Daniel DEVAUD, président 

 

 

  MM  Charles PAGE et M. Alain SIRY, juges employeurs 

 

 MM. Richard JEANMONOD et Claude CALAME, juges salariés 

 

 

 Mme Adélaïde BALP, greffière d’audience 
 

 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 2 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

EN FAIT 

 

 

A. Par acte déposé au greffe de la Juridiction des Prud’hommes le 16 juin 
2004, T______ appelle d’un jugement rendu suite à la délibération du mardi 
20 janvier 2004 par le Tribunal des Prud’hommes et notifié aux parties le 13 
mai 2004.  

 

 Le dispositif de ce jugement est le suivant : 

 
Sur demande principale : 

- condamne E_______ à payer à T______ la somme brute de frs. 846.80 (huit cent 

quarante-six francs et huitante centimes) ; 

 

Sur demande reconventionnelle : 

- condamne T______ à payer à E_______ la somme brute de frs. 2'278.— (deux 
mille deux cent septante-huit francs ; soit frs. 1'003.— +  frs. 1'275.—), avec in-
térêts à 5% l’an dès le 1er novembre 2002 ; 

- condamne T______ à payer à E_______ la somme nette de frs. 10'000.— (dix 
mille francs), avec intérêts à 5% l’an dès le 1er novembre 2002 ; 

- ordonne la restitution de l’ordinateur portable de marque IBM, modèle 2647-
8EG (N

o
 55Y6ROR-109) ; de son chargeur ; du lecteur CD/CD-ROM-DVD de 

marque HITACHI (N
o
 B1F135653) ; et de la fourre d’ordinateur de marque 

TARGUS (modèle CN02) à E_______ et tient lesdits objets à sa disposition au 

greffe de la Juridiction des prud’hommes ; 
- déboute les parties de toute autre conclusion ; 

- invite la partie qui en a la charge à opérer les déductions sociales et légales 

usuelles. 

 

B. Les faits pertinents suivants résultent de la procédure : 

 

a) Courant 2000, A______ et T______ ont décidé de s’associer dans le 
domaine du recrutement et du placement de personnel. Sur conseil de leurs 

relations, ils ont décidé de racheter un manteau de société. A cette fin, ils 

ont acquis à un avocat genevois la société Y___________, dont le siège était 

à Fribourg, pour le prix de 7'000 fr. qu’ils ont financé par moitié chacun.  
 

 A______ et T______ sont devenus actionnaires à parts égales, soit pour 

50% des actions de ladite société. Après ce rachat, A______ et T______ ont 

changé la raison sociale de Y___________ en E_______.  

 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 3 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

 Au bilan de la société nouvellement reprise, A______ et T______ 

apparaissaient à l’actif comme débiteur du capital social. 
 

 Le but social de E_______ est les études, la recherche, l’obtention, 
l’exploitation directe ou indirecte, la cession de brevets, de licences, de 
procédés, de modèles ou de marques, le consulting, le recrutement et 

placement privé de personnel, de ressources humaines, de consultants en 

informatique, en outsourcing et en télécommunications. 

 

 Dans un premier temps, E_______ a été administrée par Me B_______, 

avocat à Genève, en qualité d’administrateur unique. A la suite de sa 
démission, il a été remplacé par A______ également en qualité 

d’administrateur unique. 
  

b) Dès la reprise de la société, A______ et T______ ont été engagé comme 

employés de cette entité avec le même statut, les mêmes pouvoirs et les 

mêmes fonctions directoriales. Tous deux avaient la signature sur les 

comptes bancaires. 

  

T______ s’occupait du recrutement des candidats, de leur sélection et de 
leurs présentations aux clients. A______ se chargeait, quant à lui, de 

chercher des clients.  

 

L’organisation des rapports de travail entre A______ et T______ a été 
discutée mais n’a pas fait l’objet de documents formels. Tous deux étaient 
engagés sur la base d’un contrat de travail prévoyant une rémunération 
mensuelle de 8'500 fr. brut. Tous deux partageaient le même bureau. 

 

S’agissant de la gestion du personnel de E_______, elle était assurée en 
commun par A______ et T______ qui engageaient et licenciaient le 

personnel de l’entreprise. 
 

Le dernier salaire versé était de 8'600 fr., pour le mois d’octobre 2002, 
auquel s’ajoutait un montant de 688 fr. au titre d’« indemnité forfaitaire de 
frais » .  

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 4 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

 

 S’agissant des résultats de E_______, A______ a expliqué qu’ils avaient été 
excellents en 2001. Selon lui, ces bons résultats étaient dus, pour une bonne 

part, à T______. A______ a estimé qu’en 2001 60% du résultat de 
E_______ étaient dû à T______, 20% aux autres collaborateurs de 

l’entreprise et les 20 % restant à sa propre activité. Toujours selon A______, 
la part respective dans les résultats 2002 s’est inversée : 60% provenaient de 
son travail, 30% des collaborateurs et 10% de T______. 

 

d) Au mois de mars 2002, à la suite d’un différent d’ordre familial chez 
A______, la société a pris la décision de cesser ses activité de recrutement 

en Algérie. 

 

 D’une manière générale, les relations entre A______ et T______ se sont 
détériorées, chacun accusant l’autre d’avoir adopté un comportement 
nuisant au bon fonctionnement de la société. 

 

 Dans ce contexte, le 21 août 2002, à l’issue d’une rencontre entre T______ 
et A______, ce dernier a adressé un courriel à T______ duquel il ressort ce 

qui suit : 

 

« Les paroles s’envolent les écrits restent alors … 
 

Voilà après ce meeting constructif pour une fois, les arrangements que 

nous avons pris en commun : 

 

1. T____ redevient commercial (LE Commercial ) 
2. A____ reste responsable de tout ce qui est administratif et clients 
3. l’un ne s’occupe pas de ce que fait l’autre il n’y a pas besoin 
4. que nous devons absolument montrer l’exemple sur les points 

suivants : Organisation 

Agenda 

Meeting 

Base de donnée 

Professionnalisme 

Horaire 

Le C.A. 

Le respect 

5. Que nous ne nous marcherons pas dessus par rapport aux 
décisions  que A ou T prend 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 5 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

6. que nous allons arrêter de passer pour des pantins par nos 
employés ( mais avec la manière) 

7. Que pour l’instant je ne suis pas prêt à créer une autre société 
( job CV ) E_K est encore trop fragile et je n’ai pas de temps à 
consacrer à une nouvelle activité 

8. De plus nous parler c’est important dans un couple alors c’est 
important pour nous ». 

 

 S’agissant du point 3 de ce message, A______ a précisé au cours de la 
comparution personnelle du 2 novembre 2004 que lors de réunions ayant 

précédés ce message, T______ et lui s’achoppaient sur des demandes 
réciproques portant sur les détails de leurs activités respectives, sur leurs 

agendas, etc. Ils avaient décidé lors de cette réunion de ne plus se poser 

désormais de questions sur ces points. 

 

e)  Le 28 octobre 2002, C_______, épouse de A______, adressait à ce dernier 

un long courriel duquel il ressort notamment ce qui suit :  

 

« L’Algérie existe ! Elle aurait dû être fermée en février 2002, 
jusqu’à ce jour elle a porté ces fruits, beaucoup de fruits et non le 
soit disant montant dérisoire que vous avez empoché fin décembre 

2001. Tu t’es fait berner pour être polie !! De février à aujourd’hui, 
fin octobre, 8 mois se sont écoulés, pendant lesquels T____ a fait des 

bénéfices, des commissions sur ces placements de personnel et vente 

de matériel informatique. Ces sommes qu’il a touchées auraient dû 
rentrer dans les comptes de E_, il a escroqué la société d’une grosse 
somme. Cela s’appelle détournement de fonds. Le temps qu’il 
consacre à sa société au lieu de la vôtre, avec un salaire de E_ et des 

actions de E_, c’est aussi une faute grave, tu n’as pas le droit de 
travailler sur ton lieu de travail pour une autre société ! c’est une loi 
qui existe. En plus ne travaillant pas pour votre société, il n’apporte 
plus d’affaires, d’argent depuis longtemps, donc il a mis en péril 
financier la société en se sucrant ailleurs. Regarde un peu tous les 

frais d’Alger qui ont été débité sur le compte de Genève. Sa société 
ne lui a rien coûté, tout a été payé par E_ !!! Toutes ses absences 

maladie, soit disant justifiées, il passait son temps ailleurs avec ses 

« amis » pour cogiter ses affaires pour Alger et sûrement d’autres 
sociétés, pour s’enrichir toujours sur le dos de E_, et E_ c’est toi 
A____! Il t’a volé sans honte, il t’a menti sans gêne, il te dénigre 
devant ses relations sans problème, avec même beaucoup de plaisir, 

il a mis en danger E_ !!!!! Je n’ai pas besoin de te réciter tout ce 
qu’il m’a fait indirectement par rapport à ton escapade, ses coups de 
fils qu’il me faisait les soirs de judo, ses propos sur la trahison, 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 6 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

etc…j’ai envie de pleurer à chaque fois que j’y pense, tu dois en 
tenir compte, il m’a fait mal en essayant de nous détruire, il aurait 
souhaité nous voir séparés, je ne lui donnerais pas ce plaisir ! Tu as 

des documents qui prouvent que cet homme est malsain, qu’il a 
détourné des fonds, fait des fraudes, falsifiés des documents, utilisé 

des documents de E_, tout à ton insu, rien qu’avec cela, tu peux le 
licencier sans problème en tant qu’employé de E_, même s’il est 
directeur. 

 

 Quelques jours plus tard, par courrier remis en mains propres le 31 octobre 

2002, A______ a résilié les rapports de travail avec effet immédiat de 

T______. 

 

 Selon ce courrier, le congé est donné principalement pour les motifs 

suivants : T______ avait poursuivi, sur son temps de travail, mais pour son 

compte, des opérations de placement en Algérie, après que E_______ ait 

cessé toute activité dans ce pays ; T______ y avait également vendu des 

programmes informatiques ; une procuration avait été établie sans droit par 

T______ ; deux jours de congé avaient été pris indûment par T______ au 

mois d’août 2002 durant une période d’absence en raison d’une prétendue 
maladie; et l’absence d’annonce à la société d’assurance de ce qu’un 
ordinateur déclaré volé, avait été retrouvé. 

 

f) Par demande déposée au greffe de la juridiction des prud'hommes le 

8 novembre 2002, T______ a assigné E_______ en paiement de  57'130 fr. 

intérêts moratoires de 5% l’an compris. Il a en outre réclamé le paiement 
d’une somme de  20'000 fr. à titre de réparation d’un tort moral.  

 

 Par la suite, T______ a amplifié ses conclusions à plusieurs reprises pour 

réclamer finalement : 

 

 54'600 fr. correspondant à six mois de salaire pour licenciement 
immédiat injustifié ou renvoi abusif ; 

 18'200 fr. correspondant à deux mois de préavis ; 
 20'000 fr. à titre de tort moral ; 
 2'416 fr. 75 correspondant à deux factures de téléphones. 
 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 7 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

 T______ soutient que les éléments allégués par E_______ ne sont pas 

propres à justifier le licenciement. Il soutient aussi que ce licenciement est 

abusif car lié à des motifs d’ordre personnel. Selon lui, son licenciement a 
été dicté par l’épouse de A______. 

 

 E_______ a contesté intégralement les conclusions du T______. Sur 

demande reconventionnelle, elle a conclu notamment au versement de 

41'299 fr. avec intérêt à 5% l’an à compter du 1er novembre 2002. Elle a par 
ailleurs conclu à ce que T______ soit condamné à produire des décomptes 

de son activité en Algérie, ainsi qu’à restituer tout profit ayant résulté de 
ladite activité. 

 

 E_______ a expliqué en substance qu’elle était fondée à résilier le contrat 
de travail avec effet immédiat au vu des actes graves et répétés de T______. 

Elle réclame en conséquence la réparation du dommage subi, soit la contre-

valeur de l’ordinateur portable, la remise du gain réalisé par T______, le 
remboursement d’un quart du salaire de celui-ci, ainsi que le remboursement 
des vacances prises en trop. 

 

 Sur demande reconventionnelle, T______ a conclu au déboutement de son 

adverse partie de toutes ses conclusions. 

 

 Par courriers déposés au greffe de la Juridiction des prud’hommes les 25 
juillet et 12 août 2003, la Caisse de chômage de l’ACG a expliqué être 
subrogée au demandeur pour un montant total de 4'325 fr. 85 net, 

correspondant aux indemnités versées pour la période du 1
er

 janvier au 15 

février 2003. 

 

Dans deux courriers reçus au greffe de la Juridiction des prud’hommes le 4 
août 2003, le Service des mesures cantonales a également indiqué être 

subrogé dans les droits du  demandeur pour une somme globale de 13'518 

fr. 95, correspondant aux indemnités versées. 

 

 S’agissant de la demande principale, le Tribunal a considéré que E_______ 
avait apporté la preuve que T______ avait développé une activité pour son 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 8 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

propre compte en Algérie qui était exercée en partie sur son temps de travail 

et avait participé au commerce de programme informatique ce qui fondait la 

résiliation du contrat de travail avec effet immédiat. Le Tribunal a aussi 

considéré que ni l’absence de T______ pour un séjour à Paris avec sa 
compagne, ni la déclaration à l’assurance du vol de l’ordinateur portable 
n’était propre à justifier un licenciement avec effet immédiat. 

 

 S’agissant de la demande reconventionnelle, le Tribunal a ordonné la 
restitution de l’ordinateur, a condamné T______ au versement d’une 
indemnité de 10'000 fr. pour les activités accessoires pour son propre 

compte et de 2'278 fr. pour les jours de maladie et de congé pris indûment.  

 

C. L’appelant conclut à l’annulation du jugement du Tribunal des 
Prud’hommes du 13 mai 2004 et, sur demande principale, à ce que l’intimée 
soit condamnée à lui verser les montants ci-après : 

 54'600 fr. correspondant à six mois de salaire au titre d’indemnité 
pour licenciement injustifié et/ou renvoi abusif ; 

 18'200 fr. correspondant à deux mois de préavis de congé ; 
 20'000 fr. à titre de tort moral ; 
   1'323 fr. 35 et 
   1'093 fr. 40 correspondant aux factures téléphoniques de septembre 

et octobre 2002. 

 

L’appelant conclut également à ce que l’intimée soit déboutée de toutes ses 
conclusions sur demande reconventionnelle. 

 

L’appelant soutient d’abord, s’agissant de ses prétendues activités 
concurrentes, que l’acquisition de programmes informatiques pour les 
transférer sans profit à des tiers n’entrait pas dans le but social de l’intimée. 
Il soutient également que A______ a décidé seul en mars 2002 de cesser 

toute activité de l’intimée en Algérie. Selon l’appelant, toutes les activités 
qu’il a déployées dans ce pays dès avril 2002 visait à mettre un terme aux 
activités dans ce pays tout en conservant une crédibilité indispensable à la 

reprise éventuelle des activités ultérieurement. 

 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 9 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

En ce qui concerne, le délai de réaction de l’intimée à ses prétendues 
activités concurrentes, l’appelante rappelle qu’il partageait le même bureau 
que A______. Selon lui, seuls quelques centimètres les séparaient de sorte 

que son collègue pouvait suivre directement tout ce qu’il faisait. 
 

S’agissant des autres motifs invoqués par l’intimée à l’appui de son 
licenciement immédiat, l’appelant approuve l’appréciation qu’en ont faite 
les premiers juges. 

 

L’appelant considère aussi, contrairement aux premiers juges, qu’il n’a pas 
violé ses devoirs de diligence et de fidélité. Selon lui, A______ et lui 

disposaient d’une large autonomie et liberté pour organiser leur travail, 
notamment quant à l’horaire, et l’utilisation des infrastructures de l’intimée 
( téléphone, ordinateur, internet ).  

 

L’appelant considère enfin ne pas avoir non plus violé son devoir de 
transparence ni désobéi aux instructions de l’intimée. 
 

 S’agissant de la demande reconventionnelle, l’appelant indique ne s’être 
jamais opposé à la restitution de l’ordinateur portable.  

 

 L’appelant conteste devoir quoi que se soit à l’intimée au titre de la remise 
de gain. Il observe que les premiers juges n’ont pas été en mesure de 
déterminer la durée de ses activités annexes ni les gains réalisés à ce titre. Il 

relève qu’il n’a pas violé son devoir de fidélité ou de diligence. Il relève 
encore que A______ utilisait largement l’infrastructure de l’intimée pour 
des activités extérieures à celle-ci ( recherche sur internet d’images 
pornographiques et transmission de ces images aux secrétaires de 

l’entreprise, utilisation du secrétariat de l’intimée pour ses activités de 
judoka, etc. ). L’appelant indique aussi avoir partagé, ce qui n’est pas 
contesté, les revenus d’une activité entreprise après mars 2002 en Algérie 
avec A______ et qu’il en n’aurait fait de même pour d’autres revenus si 
lesdites activités en avaient produit, ce qui n’a pas été le cas. 

  

 En ce qui concerne  les vacances, l’appelant conteste le tableau horaire 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 10 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

reconstitué après coup par la comptable de l’intimée et amie de A______. 
 

 S’agissant de son séjour à Paris, l’appelant soutient que A______ et lui 
avaient une grande liberté dans l’organisation de leur temps de travail. Il 
soutient aussi qu’il a accompli de nombreuses heures supplémentaires qui 
compensent largement le congé pris pour accompagner son amie à Paris qui 

devait subir une intervention chirurgicale à la rétine.   

   

D. L’intimée conclut à la confirmation du jugement et au déboutement de 
l’appelant de toutes ses conclusions. S’agissant du délai pour donner le 
congé immédiat, l’intimée explique qu’elle a adressé le congé dans les jours 
qui ont suivi la découverte sur l’ordinateur de l’appelant de nombreux 
messages en relation avec ses activités concurrentes et accessoires en 

Algérie. 

 

E.  La Caisse de chômage de l’Association des Commis de Genève est 
régulièrement intervenue à la procédure et a pris des conclusions tendant au 

paiement par l’intimée des indemnités versées à T______ pour la période du 
17 janvier  2003 au 15 février 2003, soit 4'325 fr. 85. 

 

F. a) Lors de l’audience de comparution personnelle et d’enquête devant la 
Cour d’appel du 2  novembre 2004, A______ a expliqué, pour l’intimée, 
que pour aller plus vite dans la mise en place de leurs activités, il avait 

acheté avec l’appelant, par parts égales, par l’intermédiaire d’un avocat 
genevois,  une société domiciliée à Fribourg pour le prix de 7'000 fr. dont ils 

ont changé la raison sociale. A son rachat, l’appelant et lui étaient débiteurs 
de la société du capital social. Il a aussi expliqué que si l’organisation au 
sein de la société avait fait l’objet de discussion avec l’appelant, celles-ci 
n’avaient pas fait l’objet d’un procès-verbal ou de documents. Il avait été 
décidé que l’appelant et lui seraient employés par la société, qu’ils auraient 
la même fonction directoriale, la même rémunération et les mêmes 

pouvoirs. Ils avaient tous deux la signature sur les comptes bancaires.  

  

 A______ a encore expliqué qu’au début aucun suivi de leur travail respectif 
n’avait été formalisé. Par la suite, un tel suivi a été mis en place sous forme 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 11 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

de fiches à remplir pour les vacances, maladies et congés que chacun d’eux 
contresignait et rangeait dans un classeur. Il a précisé à ce sujet qu’au 
départ, ni l’appelant ni lui n’attachait beaucoup d’importance à ce suivi du 
travail entre eux. Ce n’est qu’après l’engagement d’une comptable en été 
2002, F______, amie d’enfance de son épouse, qu’une attention a été 
donnée à cette question. 

 

 S’agissant de leur apport respectif dans le chiffre d’affaires de l’intimée, 
A______ a indiqué qu’en 2001 60% de ce chiffre étaient générés par 
l’activité de l’appelant, 20% par son activité et 20% par l’activité des autres 
collaborateurs de l’entreprise. En 2002, cette situation s’est inversée : 60% 
du chiffre d’affaires ont été générés par son activité, 30% par l’activité des 
autres collaborateurs et le reste par l’activité de l’appelant. En 2001 comme 
en 2002, A______ et l’appelant avaient le même statut et la même 
rémunération au sein de l’intimée. 

 

 Interrogé sur le sens qu’il convenait de donner aux termes « l’un ne 
s’occupe pas de ce que fait l’autre, il n’y a pas besoin » contenus au chiffre 
3 de son mail du 21 août 2002, A______ a indiqué que lors des réunions qui 

ont précédé la rencontre du 21 août 2002, l’appelant et lui avaient l’habitude 
de demander aux collaborateurs des détails sur leurs activités, leurs agendas, 

etc. Selon lui, ils leur arrivaient également de s’achopper sur des demandes 
similaires portant sur leurs propres activités. Dès le 21 août 2002, l’appelant 
et lui avaient décidé qu’il n’y avait pas besoin de s’occuper de ce que faisait 
l‘autre. 

 

 A la démission de Me B_______ de son poste d’administrateur de l’intimée, 
A______ a expliqué qu’il s’était mis d’accord avec l’appelant pour qu’il le 
remplace au conseil d’administration de l’intimée. Cette décision a été prise 
en raison de sa nationalité suisse. Elle n’était pas liée à une compétence 
particulière ou à une nouvelle répartition des tâches au sein de l’entreprise. 

 

 A______ a encore confirmé avoir envoyé des photographies et des films 

pornographiques par mail aux employées de l’intimée. 
 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 12 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

 b) Une des anciennes employées de l’intimée a expliqué qu’elle n’avait 
jamais vu l’appelant ou A______ remplir des fiches de vacances ou de 
congé les concernant. Elle a aussi précisé que les employés ne remplissaient 

pas de telles fiches. Selon celle-ci, l’appelant et A______ se comportaient 
tous les deux comme les patrons de l’intimée. Elle a souvent vu l’appelant 
rester tard le soir à son travail. Cette collaboratrice a encore indiqué que 

A______ avait accès à tous les ordinateurs en tant qu’administrateur réseau, 
ce qu’a contesté ce dernier. 

 

 Une autre collaboratrice s’est déclarée importunée par les photographies et 
mini films pornographiques que A______ lui envoyait par la messagerie. 

Selon elle, A______, qui avait des relations étroites avec les personnes 

chargées de gérer les ordinateurs de l’intimée, pouvait accéder à l’ensemble 
des fichiers des autres collaborateurs de l’entreprise. Cette collaboratrice a 
également indiqué que A______ et l’appelant étaient généralement présents 
dans l’entreprise tout en s’accordant des libertés de patrons quant à l’horaire 
et la présence dans l’entreprise. Comme sa collègue, elle n’a jamais vu 
A______ ou l’appelant remplir des fiches de vacances ou de congés. Elle 
n’a pas davantage rempli de telles fiches. Les collaborateurs de l’entreprise 
informaient par mail ou oralement de leurs absences pour s’assurer que cela 
ne provoquait aucune gène.   

   

E. Pour le surplus, l'argumentation des parties sera examinée dans la partie "en 

droit" ci-dessous, dans la mesure utile à la solution du litige. 

 

 

EN DROIT 

 

 

1. Interjeté dans la forme et le délai prévu par la loi (art. 59 de la loi sur la 

juridiction des prud'hommes, ci-après LJP), l'appel principal est recevable. 

 

2. L’appelant s’est interrogé sur l'existence même d'un contrat de travail tout 
en reconnaissant la compétence des juridictions des prud’hommes. 

 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 13 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

 Le travailleur n'a pas à prouver la conclusion d'un tel contrat. Il peut se 

prévaloir de la présomption irréfragable de l'art. 320 al. 2 CO, qui 

s'applique même si la preuve de la conclusion d'un contrat de travail (i. e. 

par un échange de volontés) n'a pas été apportée ( ATF 4C.419/1999 du 19. 

4. 2000 cons. 1c re SIG; ATF SJ 1986 p. 290; 4C. 346/1999 du 4. 2. 2000 

cons. 2; Rehbinder, Berner Kommentar, 1983, N. 17 ad art. 320 CO). 

 

 Cela dit, la Cour examine d'office sur compétence matérielle; cela l'amène à 

examiner d'office la présence ou l'absence d'éléments permettant de retenir 

l'existence d'un contrat de travail. Elle n'est pas liée par la qualification faite 

ou proposée par les parties (ATF 4C.135/2000 du 1. 9. 2000, cons.3 b in 

fine). 

 

Le critère central dans la définition du contrat de travail, et partant, dans sa 

délimitation par rapport à d'autres contrats de services, est l'existence d'un 

lien de subordination juridique entre prestataire de service et donneur 

d'ordre (ATF 121 I 259: ATF JAR 1998 p. 104; 107 II 430; 95 I 21; 78 II 

361; pro multis Rehbinder, BK, N. 18 ad art. 319 CO). 

 

 L'existence d'un lien de subordination juridique se déduit d'un ensemble 

d'indices, tels que la dépendance du prestataire de service du donneur 

d'ordre du point de vue personnel, organisationnel et temporel (ATF 121 I 

259). 

 

 Ainsi, le prestataire de services rend ses services personnellement, dans une 

relation de durée; met à disposition son temps, généralement dans le cadre 

d'un horaire fixe ou variable, voire sur appel; il n'a pas la maîtrise du temps 

(ATF 90 II 485) est intégré dans l'entreprise ou l'organisation de travail du 

donneur d'ordre (ATF 121 I 259; ATF JAR 1998 104); exécute ses tâches 

sous les directives et le contrôle de ce dernier (ATF JAR 1996 95), dont 

l'importance peut varier selon la qualification professionnelle; travaille, en 

principe, avec les outils mis à sa disposition par le donneur d'ordre (ATF 59 

II 263); n'assume aucun risque d'entreprendre (ATFA 13. 7. 2001, Pratique 

VSI 6/2001; ATF 122 V 171; 119 V 162) ; travaille en considération d'une 

rémunération, généralement appelée "salaire". 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 14 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

 

 La doctrine et la jurisprudence retiennent parfois, en outre, le critère de la 

dépendance économique ("wirtschftliche Unselbstständigkeit"; OG LU 23. 

4. 2002 in: ZBJV/RJB 2003 p.. 132; cf. Staehelin, Zurcher Kommentar, 

1983, N. 27 – 30 ad art. 319 CO; Brühwiler, Kommentar zum Einzelarbeits-
vertrag, Berne, 1996, N. 5 c ad art. 319 CO; Favre/Munoz/Tobler, Le 

contrat de travail. Code annoté, Lausanne, 2001 N. 1.9 ad art. 319 CO). 

 

Le critère de la dépendance économique est le critère central dans la 

définition du "travail dépendant" en droit de la sécurité sociale; (cf. art. 10 

de loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales 

(LPGA; Kieser, ATSG Kommentar, Zurich, 2003, N. 2 ad art. 10 LPGA; 

Käser, Unterstellung und Beitragswesen in der obligatorischen AHV, Berne, 

1996,  p. 49). 

 

 Toutefois, en droit du travail, la simple dépendance économique du 

prestataire de service ne suffit pas pour conclure à l'existence d'un travail 

dépendant (Harder, Freie Mitrabeit und ähnliche Formen freier 

Zusammenarbeit, Berne, 2002, p. 137). 

 

 Cet auteur propose l'existence d'un contrat de travail lorsque l'intéressé a 

aliéné le droit de disposer librement du résultat économique généré par sa 

force travail (Harder, p. 138). 

 

3. En l'espèce, les indices matériels confirment le bien-fondé de l'analyse faite 

par le Tribunal. 

 

 Avec les premiers juges, la Cour d’appel tient pour établi que l'appelant était 
lié par un contrat de travail à l’intimée. L’appelant a objectivement fourni 
une prestation personnelle de travail à l’intimée. Même si l’appelant 
occupait une fonction dirigeante avec une large autonomie d’organisation de 
son temps de travail au même titre que son collègue avec lequel il est à 

l’origine de la structure sociale de l’appelante, il peut être tenu pour 
subordonné tant en ce qui concerne l’organisation de son travail qu’en ce 
qui a trait à l’exécution de celui-ci.  

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 15 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

 

4. 4.1.1 Selon l’art. 337 CO, l’employeur et le travailleur peuvent résilier 
immédiatement le contrat en tout temps pour de justes motifs (al. 1). Sont 

notamment considérés comme de justes motifs, toutes les circonstances qui, 

selon les règles de la bonne foi, ne permettent pas d’exiger de celui qui a 
donné le congé  la continuation des rapports de travail (al. 2). 

 

 Mesure exceptionnelle, la résiliation immédiate pour justes motifs doit être 

admise de manière restrictive (ATF du 29.06.1999, SARB 2000 p. 923). 

 

 4.1.2 Doivent être considérés comme de justes motifs les faits propres à 

détruire la confiance qu’impliquent dans leur essence les rapports de travail 
ou à l’ébranler de telle façon que la poursuite du travail ne peut plus être 
exigée et qu’il n’y a d’autre issue que la résiliation immédiate du contrat 
(ATF du 29.06.1999, SARB 2000 p. 923 ; ATF du 23.12.1998, JAR 1999 p. 

271 ; ATF du 2.9.1993, SJ 1995 p. 806 ; ATF 116 II 142 c. 5c ; ATF 112 II 

41 c. 3a ; ATF 108 II 444 c. 2). 

 

 4.1.3 Les motifs d’une résiliation immédiate sont donnés lorsque les 
conditions essentielles de nature objective ou personnelle à la base de la 

conclusion du contrat de travail ont disparu (ATF 101 I a. 545 c. 2c). C’est 
notamment le cas lorsqu’une partie viole gravement ses obligations 
découlant du contrat de travail (ATF du 11.10.1994, JAR 1995 p. 193). Les 

faits invoqués doivent objectivement revêtir une certaine gravité (ATF 116 

II 145 c. 5a) ; (ATF 111 II 245 c. 3) et le renvoi immédiat constitue une 

« ultima ratio » par rapport à l’éventualité d’un congé ordinaire, qui ne peut 
être admise que si la situation exclut de manière absolue la continuation des 

rapports de travail jusqu’au terme ordinaire du contrat (CAPH du 4.05.1993, 
H. c/ S., cause No VII/187/92).  

 

 4.1.4 Seuls des manquements particulièrement graves du travailleur à ses 

obligations découlant de son contrat de travail, en particulier à son 

obligation d’exécuter le travail ou son devoir de fidélité (321a CO), 
justifient la résiliation immédiate du contrat (ATF du 29.06.1999, SARB 

2000 p. 923 ; ATF du 21.10.1996, SJ 1997 p. 149 ; ATF 117 II 72 c. 3). Le 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 16 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

comportement du travailleur doit être apprécié de manière globale même si 

les manquements pris séparément ne présentent pas chacun un caractère de 

gravité suffisant pour justifier une résiliation abrupte du contrat de travail 

(CAPH du 30.03.1999, JAR 2000 p. 131). La fonction et les responsabilités 

du travailleur, la nature et la durée des rapports contractuels, le genre et la 

gravité des griefs articulés par l’employeur, la longueur du délai de congé 
ordinaire sont autant de critères qui doivent être pris en considération (ATF 

23.12.1998, JAR 1999 p. 271 ; ATF 111 II 245 c. 3 ; ATF 104 II 28 c. 1). 

 

 4.1.5 Lorsque le manquement est moins grave, il doit être précédé de vains 

avertissements de l'employeur, constituant une mise en demeure d'exécuter 

correctement le contrat, assortie de la fixation d'un délai convenable 

d'exécution au sens de l'art. 107 CO, soit une démarche nécessaire, sauf s'il 

ressort de l'attitude du débiteur que cette sommation serait sans effet (art. 

108 ch. 1 CO; ATF non publié du 3.1.95 N. c/ S. cause n° 4C.327/94). 

L'avertissement préalable doit être déclaré en termes clairs. La personne 

menacée du licenciement immédiat doit clairement comprendre, à travers 

l'avertissement, quels risques elle encourt. Il est nécessaire d'indiquer 

distinctement la sanction à laquelle le destinataire s'expose en cas de 

persistance du comportement critiqué (Schneider, La résiliation immédiate 

du contrat de travail : les justes motifs, Journée 1993 du droit du travail et 

de la sécurité sociale, p. 56-57; CAPH du 4.7.95 en la cause no VI/402/94). 

 

 Ce n’est pas l’avertissement en soi, fût-il assorti d’une menace de 
licenciement immédiat, qui justifie une telle mesure, mais bien le fait que le 

comportement imputé au travailleur ne permet pas, selon les règles de la 

bonne foi, d’exiger de l’employeur la continuation des rapports de travail 
jusqu’à l’expiration du délai de congé (ATF 127 III 153, consid. 1 c). 

 

 4.1.6 La partie qui entend se prévaloir de justes motifs doit le faire en 

principe sans délai, par quoi il faut entendre une manifestation de volonté 

intervenant après un bref temps de réflexion ; une trop longue attente 

comporterait la renonciation à se prévaloir de ce moyen (ATF n.p. du 

12.12.96, cause  4C.419/1995 ; SJ 1987 p. 559 et réf. citées). La durée 

dépend des circonstances, mais un délai de un à trois jours est généralement 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 17 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

considéré comme admissible, week-ends et jours fériés non compris (ATF 

n.p. du 13.1.97, cause n° 4C.323/1996; ATF du 2.8.93 publié in SJ 1995 p. 

806; CAPH du 10.8.93, cause n° VI/39/92; ATF 93 II 19). Le fardeau de la 

preuve que la résiliation est intervenue à temps incombe à la partie qui 

résilie (article 8 CC; ATF n.p. du 12.12.96, cause n° 4C.419/1995).  

 

 Un motif, se fondant sur un fait préexistant au congé, ne peut être invoqué 

postérieurement au licenciement que s'il reste en étroite corrélation avec le 

motif déjà invoqué ou s'il formait un tout avec ce dernier (ATF du 15.7.92 

publié in SJ 1993 p. 368; ATF 119 II 162, JdT 1994 I 105 qui laisse 

toutefois la question indécise).  

 

 4.2.1 En l’occurrence, l’intimée a justifié le licenciement immédiat sur les 
cinq griefs suivants : une activité de l’appelant en Algérie concurrente à 
l’activité de l’intimée, le commerce de programmes informatiques en 
Algérie par l’appelant à son seul profit, l’existence d’une procuration 
contrefaite, en faveur de l’appelant, un voyage de plusieurs jours de 
l’appelant à Paris durant l’incapacité de travail et l’absence d’annonce à la 
société d’assurance de ce qu’un ordinateur portable déclaré volé, avait été 
retrouvé. 

 

 4.2.2 Les premiers juges ont considéré que l’intimée avait apporté la preuve 
que l’appelant avait développé une activité pour son propre compte en 
Algérie en partie sur son temps de travail. Ils ont aussi considéré que 

l’appelant avait participé au commerce de programmes informatiques. Selon 
les premiers juges ses comportements justifiaient pleinement la résiliation 

du contrat de travail avec effet immédiat, et le fait qu’il ne soit pas possible 
de déterminer précisément le temps passé à ces activités et le profit tiré n’est 
pas décisif. 

 

 Selon le Tribunal des prud’hommes, ni le déplacement à Paris de l’appelant 
pendant son congé maladie, ni l’absence de déclaration à l’assurance au 
sujet du vol de l’ordinateur portable, ni, non plus, l’existence d’une 
procuration contrefaite, en faveur de l’appelant ne peut fonder, dans le cas 
d’espèce, un juste motif de licenciement. 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 18 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

 

 Les premiers juges ont encore considéré que même si les activités 

accessoires de l’appelant en Algérie et son commerce de programmes 
d’informatique n’avaient pas été démontrées, il aurait néanmoins fallu 
considérer le licenciement avec effet immédiat comme justifié dans la 

mesure où, par son comportement, l’appelant avait définitivement ruiné la 
confiance de l’intimée. 

 

 Pour le Tribunal des prud’hommes, le congé immédiat n’a pas été signifié 
de manière tardive. Se fondant notamment sur les déclarations d’un des 
employés de l’intimée, qui a expliqué avoir à la suite du licenciement de 
l’appelant, découvert diverses informations concernant des recherches de 
candidats ou des ventes de logiciels, les premiers juges ont finalement 

considéré au vu de la complexité de l’affaire, ainsi que la nécessité 
d’analyser de nombreuses pièces découvertes, que le licenciement ne saurait 
être considéré comme tardif. 

 

 4.2.3 En l’espèce, s’agissant du grief lié à l’activité que l’appelant aurait 
déployé pour son propre compte en Algérie en partie sur son temps de 

travail, il ressort de l’instruction que ni la répartition des tâches ni le temps 
que chacun des deux directeurs de l’intimée devaient consacrer à cette 
dernière n’avait été strictement défini et formalisé entre les deux dirigeants 
et propriétaires de l’intimée, dont l’appelant. A cet égard, A______ a admis 
qu’en 2001 l’activité de l’appelant avait généré 60% du chiffre d’affaires et 
sa propre activité 20%. Selon lui, cette répartition s’est inversée en 2002. 

 

 D’autre part, les enquêtes n’ont pas permis d’établir si les activités de 
l’appelant en Algérie après mars 2002 allaient au-delà de la simple 
terminaison des relations en cours au moment de la décision.  

 

 L’instruction a en revanche établi que les activités respectives de l’appelant 
et A______ et leurs agendas faisaient problèmes entre eux bien avant la date 

de licenciement immédiat. Ainsi, lors des réunions avec le personnel de 

l’appelante, ils avaient d’un commun accord décidé de ne plus s’occuper de 
ce que faisait l’autre, ce que A______ a confirmé par écrit à l’appelant le 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 19 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

21 août 2002. 

 

 Dans ces circonstances, la Cour considère que les activités que l’appelant 
aurait continuées d’avoir en Algérie après la décision de mars 2002 de 
mettre un terme à celles-ci ne justifient pas un licenciement immédiat au 

sens de l’art. 337 CO. A cet égard, les relevés téléphoniques des appels en 
Algérie de l’appelant ne sont d’aucune utilité.  

 

 Ne constituent pas davantage un motif de licenciement immédiat, compte 

tenu de toutes les circonstances, les autres reproches contenus dans la lettre 

de l’intimée. Avec les premiers juges, la Cour considère que ni le 
déplacement à Paris de l’appelant pendant son congé maladie, ni l’absence 
de déclaration immédiate à l’assurance au sujet du vol de l’ordinateur 
portable, ni, non plus, l’existence d’une procuration contrefaite en faveur de 
l’appelant ne peut fonder, dans le cas d’espèce, un juste motif de 
licenciement. 

 

 4.2.4 Lorsque la résiliation immédiate du contrat est injustifiée, la personne 

licenciée a droit à ce qu'elle aurait gagné si les rapports de travail avaient 

pris fin à l'expiration du délai de congé ou à la cessation du contrat conclu 

pour une durée déterminée (art. 337c al. 1 CO). 

 

 L’intimée doit donc à l’appelant les salaires des mois de novembre et 
décembre 2002, soit 18'200 fr.  

 

 L’appelant a également droit au remboursement des frais de téléphone de 
septembre et d’octobre 2002 de respectivement 1'323 fr. 35 et 1'093 fr. 40 
dès lors que l’intimée prenait en charge les factures de téléphones des 
domiciles privés respectifs de A______ et de l’appelant. 

 

5. 5.1 Selon l'art. 337c al. 3 CO, en cas de licenciement immédiat injustifié, le 

juge peut condamner l'employeur à verser au travailleur une indemnité, qui 

ne peut dépasser le montant correspondant à 6 mois de salaire du travailleur, 

dont il fixera librement le montant, compte tenu de toutes les circonstances, 

parmi lesquelles figurent notamment les situations sociale et économique 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 20 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

des deux parties, la gravité de l'atteinte à la personnalité de la partie 

congédiée, l'intensité et la durée des relations de travail antérieures au 

congé, la manière dont celui-ci a été donné, ainsi que la faute concomitante 

du travailleur ; aucun de ces facteurs n’est décisif en lui-même (ATF 123 III 
391 consid. 3b/bb; 121 III 64 consid. 3c; 120 II 243 consid. 3e p. 248; 119 II 

157 consid. 2b p. 161). L'indemnité, qui ne peut dépasser le montant 

correspondant à six mois de salaire du travailleur, a une double finalité, 

punitive et réparatrice (ATF 123 III 391 consid. 3c). Elle ne fait pas partie 

du salaire déterminant au sens de l’art. 5 al. 2 LAVS et les cotisations 
sociales ne sont pas dues (ATF 123 V 5). 

 

 5.2 L'indemnité de l’art. 337c al. 3 CO ne représente pas des dommages-
intérêts au sens classique; revêtant un caractère sui generis, elle s'apparente 

à la peine conventionnelle. Sauf circonstances particulières, l'indemnité est 

due dans tous les cas de licenciement immédiat injustifié (ATF 121 III 64 

consid. 3c p. 68; 120 II 243 consid. 3e p. 247; 116 II 300 consid. 5a), même 

si la victime ne subit ou ne prouve aucun dommage (ATF 123 III 391), 

l’allocation étant la règle et le refus l’exception (ATF 121 III 64, c. 3c ; ATF 
120 II 243 c. 3e). Les exceptions doivent être fondées sur les circonstances 

de chaque cas particulier; elles supposent l'absence de faute de l'employeur 

ou d'autres motifs qui ne sauraient être mis à sa charge (116 II 300 consid. 

5a). 

 

 Le juge doit la fixer en équité (art. 4 CC), en tenant compte de toutes les 

circonstances, à savoir, entre autres éléments, la durée des rapports de 

travail, l'âge du travailleur, sa situation sociale, sa réinsertion 

professionnelle (SJ 1999 280; ATF 123 III 391; SJ 1995 p. 802; ATF non 

publié du 12 août 1997 en la cause n° 4C.459/1996), ou encore la situation 

économique respective des parties (FF 1984 II 624, SJ 1999 281;ATF 123 

III 391). 

 

 5.3 En l’occurrence, les relations contractuelles entre les parties ont duré 
environ deux ans. L’appelant est aujourd’hui âgé de 44 ans. Il est père de 
quatre enfants qui sont encore à sa charge. Selon ses déclarations, il n’a pas 
encore retrouvé d’emploi. 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 21 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

 

Compte tenu de toutes les circonstances, la Cour allouera une indemnité 

correspondant à deux mois de salaire soit 18'200 fr. ; ce montant porte 

intérêt à 5% l’an dès le 1er novembre 2002. 
 

6 6.1 L’appelant a réclamé encore une indemnité de 20'000 fr. à titre 
d’indemnité pour tort moral. Il explique avoir été plongé dans une profonde 
dépression et de désarroi à la suite de son licenciement et la procédure qui a 

suivi. Il se plaint du comportement de son associé et « ami » A______. Il 

soutient également que le jugement entrepris ne permet pas une 

amélioration de son état de santé. 

 

 Les premiers juges ont considéré qu’aucun élément résultant des enquêtes, 
aucune pièce produite, ni même aucun indice ne corroborait le fait que 

l’appelant aurait subi un tort moral. 
 

 6.2 Les conditions de la réparation du tort moral en matière de contrat de 

travail sont les suivantes : la violation du contrat constitutive d’une atteinte 
illicite à la personnalité (art. 328 CO), un tort moral, une faute et un lien de 

causalité naturelle et adéquate entre la violation du contrat et le tort moral, 

l’absence d’autres formes de réparation (Gauch/Schluep/Tercier, Partie 
générale du droit des obligations, n. 1565 et ss). 

 

 L’octroi d’une indemnité sur la base de l’art. 49 CO ne sera justifié que si la 
victime a subi un tort considérable qui doit se caractériser par des 

souffrances qui dépassent par leur intensité celles qu’une personne doit être 
en mesure de supporter seule, sans recourir au juge, selon les conceptions 

actuelles en vigueur (FF 1982 II 703 ; Deschenaux/Steinauer, Personne 

physique et tutelle, n. 624 ; Tercier, Le nouveau droit de la personnalité, 

n. 2049). 

 

 En outre, selon la jurisprudence, les indemnités prévues à l’art. 337c al. 3 
CO ont une double finalité, punitive et réparatrice. Du fait de leur finalité 

réparatrice, lesdites indemnités ne laissent guère de place à l'application 

cumulative de l'art. 49 CO, car elles embrassent toutes les atteintes à la 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 22 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

personnalité du travailleur qui découlent de la résiliation abusive ou 

injustifiée du contrat. Demeure réservée l'hypothèse dans laquelle une telle 

atteinte serait à ce point grave qu'un montant correspondant à six mois de 

salaire du travailleur ne suffirait pas à la réparer. Sous cette réserve, 

l'application de l'art. 49 CO, parallèlement à l’art. 337c al. 3 CO, ne saurait 
entrer en ligne de compte que dans des circonstances exceptionnelles. 

 

 6.3 En l’occurrence, la Cour a considéré qu’une indemnité correspondant à 
deux mois de salaires était justifiée en application de l’art. 337c al. 3. Cette 
indemnité répare intégralement les atteintes qui découlent de la résiliation 

injustifiée. L’appelant n’a pas établi la présence de circonstances 
exceptionnelles qui justifierait en plus l’application de l’art. 49 CO. 

 

 Dans ces circonstances, il n’y pas lieu d’accorder une indemnité pour tort 
moral à l’appelant. 

 

7 7.1.1 L’appelant se plaint que les premiers juges l’aient condamné à verser 
10'000 fr. à l’intimée en application des art. 321b, 321e et 42 al. 2 CO en 
réparation du préjudice que cette dernière aurait subi du fait des activités 

accessoires que l’appelant aurait eu pour son propre compte. 

7.1.2 Selon l’art. 321e al. 1 CO, le travailleur répond du dommage qu’il 
cause à l’employeur intentionnellement ou par négligence. Cette disposition 
ne fait que reprendre le principe général de la responsabilité contractuelle, 

énoncé à l’art. 97 al. 1 CO, qui est subordonnée aux quatre conditions 
usuelles en la matière, soit dans le cadre d’un contrat de travail, l’existence 
d’un dommage, la violation par l’employé de ses obligations contractuelles, 
le rapport de causalité naturelle et adéquate entre cette violation et le 

dommage ainsi que la faute (ATF du 17.08.1998, Jar 1999, 292 ; ATF 97 II 

142 : JT 1972 I 157). C’est à l’employeur qu’il appartient de prouver les 
deux premières conditions ainsi que l’existence de rapport de causalité 
naturelle. S’agissant de la faute, la notion n’est pas différente dans le 
domaine du droit du travail de celle développée à l’art. 97 al. 1 CO 
(Rehbinder, Berner Kommentar, p. 193 n. 1, art. 321e CO ; Tercier, Les 

contrats spéciaux, 2
ème

 édition, 1995, p. 321 n. 2623).  

 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 23 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

Si, en matière contractuelle, la faute est présumée (art. 97 al. 1 CO), 

l’art. 321e al. 2 CO atténue considérablement l’étendue de la responsabilité 
civile du travailleur puisque, dans l’appréciation de cette dernière, la mesure 
de la diligence qui lui incombe se détermine par le contrat, compte tenu du 

risque professionnel, de l’instruction ou des connaissances techniques 
nécessaires pour accomplir le travail promis, ainsi que les aptitudes et 

qualités du travailleur que l’employeur connaissait ou aurait dû connaître. 
Ces circonstances peuvent être également prises en considération pour 

déterminer l’étendue de la réparation (art. 99 al. 3, 42 à 44 CO), et le juge 
dispose en la matière d’un large pouvoir d’appréciation (Wyler, Droit du 
travail, 2002, p. 102 et les références citées).  

 

Si l’employeur rapporte la preuve de la violation du contrat par l’employé, il 
appartient alors à ce dernier d’établir qu’il a commis aucune faute ou une 
faute de peu d’importance (art. 97 al. 1 CO ; Streiff/Von Kaenel, 
Arbeitsbertrag, no 13 ad. art 321e CO, p. 95 ; BERNSTEIN, la 

responsabilité civile du travailleur en droit suisse, p.15, in Rehbinder, Die 

Haftung des Arbeitnehmers, p. 12-13). 

 

 7.1.3 En l’espèce, l’intimée, qui supportait le fardeau de la preuve à cet 
égard (art. 8 CC), n’a établi ni l’existence d’une violation du devoir de 
fidélité ni l’existence d’un dommage. Il ressort notamment de l’instruction 
de la cause que la répartition des tâches au sein de l’intimée entre A______ 
et l’appelant était imprécise et laissait une large autonomie à chacun d’eux 
dans l’exécution de celles-ci. Ils avaient en outre convenu de ne pas 
s’immiscer dans ce que faisait l’autre.  

 

 A cet égard, il ressort également des déclarations de A______ qu’aussi bien 
l’appelant que lui même ont contribué de manière inégale aux résultats de 
l’intimée, A______ ayant déclaré qu’en 2001 l’activité de l’appelant avait 
généré 60% du chiffre d’affaires et sa propre activité 20%. Il a aussi déclaré 
que cette répartition s’était inversée en 2002. 

 

 L’intimée n’a pas prouvé que l’appelant a généré un quelconque revenu en 
vendant des logiciels. Elle n’a pas davantage établi que les activités 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 24 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

déployées en Algérie par l’appelant après mars 2002 avaient produit un 
quelconque profit. 

 

 Il découle ainsi de ce qui précède que faute d’avoir prouvé l’existence, soit 
d’une violation des obligations contractuelles de l’appelant à son égard, soit 
d’un préjudice résultant de telles violations, l’intimée ne peut prétendre à 
l’indemnité de 10'000 fr. retenue par les premiers juges.  

 

 Le jugement sera ainsi annulé sur ce point. 

 

 7.2.1 L’appelant se plaint encore que les premiers juges aient considéré, sur 
la base d’un décompte informatique établi par la comptable de l’intimée, 
qu’il avait excédé son droit aux vacances et qu’il était tenu à ce titre au 
remboursement de 1'003 fr. 

 

L’employeur accorde au travailleur, pour chaque année de service, quatre 
semaines de vacances au moins (art. 329a al. 1 CO). 

 

Il appartient en outre à l'employeur, débiteur des vacances, de prouver que 

le travailleur a bénéficié des vacances auxquelles il avait droit en fonction 

de la durée des rapports de travail (ATF non publié du 15 septembre 1999 A 

et A c/ B cause n° 4C.230/1999, consid. 4 ; Aubert, Quatre cents arrêts sur 

le contrat de travail, n° 133 et Favre/Munoz/Tobler, op. cit., p. 278). 

 

 L’employé qui a excédé son droit aux vacances lorsque la relation 
contractuelle prend fin, doit en principe les rembourser (Wyler, op. cit., 

p. 269 et les références à la note 886 ; Brunner/Bühler/Waeber, op. cit., 

p. 116). En cas de résiliation du contrat, cette obligation perdure si le 

licenciement est imputable au travailleur (Wyler, op. cit., p. 269 et la 

référence à la note 887). 

 

 7.2.2 En l’occurrence, l’appelant avait droit à quatre semaines de vacances 
par année soit vingt jours. Dès lors que le contrat de travail s’est terminé le 
31 décembre 2002, l’appelant peut prétendre à vingt jours de vacances pour 
2002. Selon l’intimée, l’appelant a pris vingt jours de congé entre le 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 25 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

1
er

 janvier 2002 et le 31 octobre 2002. 

 

 Il en découle que l’appelant n’a pas excédé son droit aux vacances en 2002. 
Le jugement du Tribunal des prud’hommes sera annulé sur ce point. 

 

 7.3.1 L’appelant considère encore que c’est à tort que les premiers juges 
l’ont condamné au paiement de 1'275 fr. correspondant à la rétribution 
versée par l’intimée pendant son déplacement à Paris des 29 et 30 août 2002 
ainsi que le 2 septembre 2002 pour accompagner son amie qui devait y subir 

une intervention chirurgicale à la rétine et qui nécessitait sa présence. 

L’appelant indique aussi avoir été malade pendant cette période. Il indique 
aussi que les rapports de travail n’étaient pas réglementés et que si une telle 
réglementation avait été mise en place il aurait pu faire valoir une créance 

d’heures supplémentaires à l’égard de l’intimée.  
 

 Selon les premiers juges l’absence de l’appelant est fautive dès lors qu’il 
aurait dû obtenir l’accord de l’intimée pour se rendre à Paris avec son amie 
et produire un certificat médical attestant de son état de santé et de 

l’autorisation expresse du médecin d’effectuer néanmoins ce déplacement à 
Paris. 

 

 7.3.2 Selon l'art. 324a al. 1 CO, l'employeur est tenu de continuer de verser 

le salaire pendant un certain temps lorsque le travailleur est empêché de 

travailler sans faute de sa part, notamment pour cause d’accident.  
 

 A teneur de l’art. 329 al. 3, l’employeur accorde au travailleur les heures et 
jours de congé usuels soit ceux que l’usage commande d’accorder au salarié 
tels que maladie ou mort d’un proche. Dans ce cas, on peut attendre que le 
travailleur compense le temps non travaillé ou renonce à son salaire 

( Commentaire romand, Gabriel Aubert, n° 5 ad art. 329  ). 

 

 7.3.4 En l’espèce, il est établi que l’appelant a accompagné son amie à Paris 
qui devait subir une intervention chirurgicale à la rétine du 29 août au 2 

septembre 2002. Bien qu’il n’ait pas produit de certificat médical, l’appelant 
soutient qu’il était malade et n’aurait de toute façon pas pu travailler.  

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 26 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

 

 Dans ces circonstances, l’absence de l’appelant du 29 août au 2 septembre 
2002 ne saurait être tenue pour fautive.  

 

 Il ne ressort pas du dossier que l’intimée exigeait un certificat médical dès le 
premier jour d’incapacité de travail. Il ne ressort pas non plus du dossier que 
l’intimée exigeait la compensation du temps pour les congés usuels ou 
l’imputait sur le salaire de l’employé. La Cour relèvera encore que tant 
l’appelant et que A______ jouissait d’une grande liberté dans l’organisation 
de leur temps de travail. 

 

 Dans ces circonstances, il n’y a pas lieu  d’astreindre l’appelant au 
remboursement de la rétribution touchée pendant son déplacement à Paris. 

    

8. 8.1 L’appelant conclut à ce que l’intimée soit condamnée à une amende 
pour téméraire plaideur. Il n’indique pas précisément par comportement de 
l’intimée justifierait une telle sanction. 

L’art. 40 LPC permet de condamner à l'amende le plaideur qui :  

a) fonde sa demande ou sa défense sur des allégations intentionnellement 
inexactes, des imputations calomnieuses ou tout autre moyen de 

mauvaise foi; 

b) se fait accorder des délais en invoquant de faux motifs; 

c) fait un emploi abusif des procédures, notamment en agissant ou 
défendant de manière téméraire; 

d) au mépris d'une décision exécutoire, enfreint les défenses qui lui sont 
faites ou ne satisfait pas aux injonctions qui lui sont adressées. 

 8.2 In casu, seuls les art. 40 litt. b) et c) peuvent entrer en ligne de compte. 

 L'art. 40 LPC trouve sa source dans le principe que la loyauté et la sérénité 

du débat judiciaire et implique que les parties et leurs conseils se 

comportent d'une manière conforme à la bonne foi (ATF 84 I 61), la faculté 

pour les cantons d'instituer des contraventions de procédure étant 

expressément réservée à l'art. 335 ch. 1 al. 2 CP (ATF 76 IV 278). 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 27 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

 Le devoir de loyauté implique en particulier l'interdiction de recourir à des 

moyens dilatoires en vue d'éloigner l'issue du procès ou qui procèdent de 

manière abusive ou téméraire. Il convient toutefois d'être prudent dans 

l'appréciation du caractère abusif ou téméraire de l'attitude d'un plaideur, 

celui qui multiplie les procédés inutiles ou qui s'obstine à soutenir des 

moyens infondés méritant toutefois sanction (Bertossa/Gaillard/Guyet/ 

Schmidt, op. cit. no 4 ad art. 40 LPC et réf. citées. 

  

 8.3 En l'espèce, bien que les conclusions reconventionnelles de l’intimée 
relatives à la remise du gain ainsi  qu’au remboursement des congés et 
vacances aient été déclarées en appel mal fondées, il ne peut être considéré 
qu'elle a plaidé de manière téméraire, utilisé des mesures dilatoires ou que 
sa demande reconventionnelle était dénuée de toute chance de succès. 

 
9. L’application de l’art. 29 al. 2 LACI n’a à juste titre pas été contestée en 

l’espèce et la somme de 4'325 fr. 85 net devra être acquittée en mains de la 
caisse de chômage par l’appelante.  

 

10. L’appel est pour l’essentiel fondé, ce qui justifie de condamner l’intimée, à 
rembourser à l’appelant l’émolument d’appel dont il s’est acquitté, soit 
2’000 fr..  

 

 

PAR CES MOTIFS 

 

 

La Cour d'appel des Prud'hommes, groupe 4, 

 

A la forme : 

 

- Reçoit l'appel interjeté par contre le jugement du Tribunal des Prud'hommes 

rendu suite la délibération du 20 janvier 2004 et notifié aux parties le 13 mai 

2004 en la cause n° C/26087/2002. 

 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/26085/2002 - 4 

- 28 - 

 * COUR D’APPEL * 

 

Au fond : 

 

- Annule ledit jugement; 

 

Puis statuant à nouveau : 

 

Sur demande principale 

 

-  Condamne E_______ à payer à T______ la somme brute de  36'400 fr. plus 

intérêts à 5% dès le 1er novembre 2002, sous déduction de la somme nette 

de 4'325 fr. 85 plus intérêts à 5% dès le 15 février 2003 ; 

 

- Condamne E_______ à payer à la Caisse de chômage de l’ACG la somme 
nette de 4'325 fr. 85 plus intérêts à 5% dès le 15 février 2003 ; 

 

- Invite la partie qui en a la charge à opérer les déductions sociales et légales 

usuelles. 

 

 Sur demande reconventionnelle 

 

- ordonne la restitution de l’ordinateur portable de marque IBM, modèle 
2647-8EG (N

o
 55Y6ROR-109) ; de son chargeur ; du lecteur CD/CD-ROM-

DVD de marque HITACHI (N
o
 B1F135653) ; et de la fourre d’ordinateur de 

marque TARGUS (modèle CN02) à E_______ et tient lesdits objets à sa 

disposition au greffe de la Juridiction des prud’hommes  
 

- Condamne E_______ à rembourser à T______ fr. 2’000.– correspondant à 
l’émolument d’appel versé par T______. 

 

- Déboute les parties de toute autre conclusion. 

 

 

 

 

La greffière de juridiction Le président