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**Case Identifier:** b828c9f0-0979-52cb-bf13-41d618a0b0e8
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2018 / 209
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2018---209_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC17.046246-181509

289 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
13 décembre 2018

______________________

Composition
:              Mme             
Byrde,
présidente

             
              MM.             
Hack et  Maillard, juges

Greffier
              :             
M.              Elsig

 

 

*****

 

 

Art.
80 al. 2 ch. 2 LP

 

 

             
La Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal, statuant à huis clos en sa qualité
d'autorité de recours en matière sommaire de poursuites, s'occupe du recours exercé par
T.________,
à [...], contre le prononcé rendu le 10 septembre 2018, à la suite de l’interpellation
du poursuivi, par le Juge de paix du district de la Riviera-Pays-d’Enhaut, dans la cause opposant
le recourant à  Etat
de Vaud, représenté par l’Office
d’impôt du district du Jura-Nord vaudois,
à Yverdon-les-Bains.

 

             
Vu les pièces au dossier, la cour considère :

 

 

             
En fait :

 

 

1.             
Le 3 octobre 2017, à la réquisition de l’Etat de Vaud, représenté par l’Office
d’impôt du district du Jura-Nord vaudois, l’Office des poursuites du district de la
Riviera-Pays-d’Enhaut a notifié à T.________, dans la poursuite n° 8'397'345, un
commandement de payer la somme de 3'080 fr. 10 avec intérêt à 3,5 % l’an dès
le 18 juin 2016, indiquant comme titre de la créance ou cause de l’obligation : « Impôt
sur le revenu et la fortune 2015 (Etat de Vaud, Commune d’ [...]) selon décision de taxation
du 12.05.2017 et du décompte final du 12.05.2017 ; sommation adressée le 11.07.2017. »

 

             
Le poursuivi a formé opposition totale.

 

 

2.             
a) Par acte du 26 octobre 2017, le poursuivant
a requis du Juge de paix du district de la Riviera-Pays-d’Enhaut qu’il prononce la mainlevée
définitive de l’opposition. A l’appui de sa requête, il a produit, outre le commandement
de payer susmentionné, les pièces suivantes :

 

-
une copie d’une « Invitation
à déposer la déclaration 2015 – Sommation »,
adressée le 23 décembre 2016 par le poursuivant au poursuivi, lui impartissant un ultime délai
non prolongeable de trente jours pour déposer sa déclaration d’impôt pour l’année
2015, faute de quoi son revenu et sa fortune imposables seraient évalués d’office, une
réclamation ne pouvant être déposée que pour le motif que la taxation d’office
serait manifestement inexacte ;

 

-
un duplicata d’une décision de taxation définitive et calcul de l’impôt et
prononcé d’amende adressée le 12 mai 2017 par le poursuivant au poursuivi fixant à
3'080 francs 10 l’impôt sur le revenu et la fortune pour l’année 2015 dû par
celui-ci. La décision mentionne qu’elle peut faire l’objet d’une réclamation
écrite dans un délai de trente jours dès sa notification, uniquement pour le motif qu’elle
serait manifestement inexacte. La décision prononce également une amende pour défaut de
pièces de 360 fr. et mentionne que celle-ci peut faire l’objet d’une réclamation
dans un délai de trente jours. Elle comporte un timbre humide signé le 26 octobre 2017 indiquant
qu’aucune réclamation n’a été interjetée dans le délai légal ;

 

-
un duplicata d’un décompte final relatif à l’impôt sur le revenu et la fortune
2015 adressé le 12 mai 2017 par le poursuivant au poursuivi faisant apparaitre une solde échu
au 18 mai 2017 de 3'080 fr. 10, payable dans un délai échéant le 17 juin 2017. Le décompte
mentionne qu’il peut faire l’objet d’une réclamation dans un délai de trente
jours et comporte un timbre humide signé du 26 octobre 2017 indiquant qu’aucune réclamation
n’a été interjetée dans le délai légal ;

 

-
une copie d’un rappel valant sommation adressé le 11 juillet 2017 par le poursuivant au poursuivi
portant sur le paiement de l’impôt susmentionné de 3'080 francs 10 ;

 

-
un relevé de compte relatif à l’impôt sur le revenu et la fortune 2015 du poursuivi
établi le 26 octobre 2017 par le poursuivant, laissant apparaître un solde impayé d’impôt
de 3'080 fr. 10.

 

             
b) Par courrier recommandé du 27 octobre
2017, le juge de paix a adressé la requête au poursuivi et lui a imparti un délai échéant
le 27 novembre 2017 pour se déterminer. Ce pli a été retourné par la poste au greffe
de la justice de paix avec la mention « non réclamé ».

 

 

3.             
a) Par prononcé non motivé du 4 décembre
2017, le Juge de paix du district de la Riviera-Pays-d’Enhaut a prononcé la mainlevée
définitive de l’opposition à concurrence de 3'080 fr. 10 avec intérêt à
3,5 % l’an dès le 18 juin 2017 (I), a fixé les frais judiciaires à 150 fr. (II),
les a mis à la charge du poursuivi (III) et a dit qu’en conséquence, celui-ci rembourserait
au poursuivant son avance de frais, par 150 fr., sans allocation de dépens pour le surplus.

 

             
Sur demande du poursuivi, les motifs du prononcé du 4 décembre 2017 ont été adressés
aux parties le 2 février 2018.

 

             
b) Par
arrêt du 12 juin 2018, la Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal a admis le recours
du poursuivi et a annulé le prononcé du 4 décembre 2017, la cause étant renvoyée
au Juge de paix du district de la Riviera-Pays-d’Enhaut pour qu’il procède dans le sens
des considérants.

 

 

4.             
Par courrier recommandé du 18 juin 2018,
le juge de paix a notifié la requête du 26 octobre 2017 au poursuivi et lui a imparti un délai
échéant le 2 août 2018, ultérieurement prolongé au 31 août 2018 pour se
déterminer.

 

             
Dans ses déterminations du 23 août 2018, le poursuivi a conclu, avec suite de frais et dépens,
au rejet de la requête de mainlevée. Il a contesté la validité des décisions
du 12 mai 2017, soutenant qu’elles étaient nulles, pour le motif qu’en 2015, il n’avait
pas de domicile dans le canton de Vaud ni activité lucrative indépendante, cette activité
étant effectuée à [...] par son épouse, dont il s’était séparé
au début de l’année 2016. Il s’est référé aux pièces produites
dans son recours du 13 février 2018, savoir : 

 

-
une copie d’un décompte de salaire du poursuivi pour le mois de novembre 2016 établi
par la société [...] attestant d’une activité à 100 % ;

 

-
une copie d’un certificat de salaire du poursuivi pour l’année 2015 établi le 31 décembre
2015 par la société [...] ;

 

-
une copie d’une décision de l’Office de l’assurance-invalidité du canton
de Neuchâtel du 4 septembre 2017 communiquant au conseil du poursuivi un projet de décision
mettant fin au reclassement professionnel en cours ;

 

-
un extrait internet du registre de commerce relatif à la raison individuelle [...], ayant son adresse
à [...] et dont l’épouse du poursuivi est la titulaire.

 

             
Le 29 août 2018, le poursuivant a déposé une réplique spontanée reprenant ses
déterminations du 4 avril 2018 faisant valoir que la taxation litigieuse résultait des informations
données par le poursuivi, par l’intermédiaire de sa fiduciaire, qu’aucune réclamation
n’avait été déposée contre ces décisions, et que l’imposition du
poursuivi dans le canton de Vaud avait débuté pour la période fiscale 2013, période
pour laquelle une perte commerciale avait été admise. En annexe à ces déterminations
étaient jointes les pièces suivantes :

 

-
une copie d’un rapport de taxation pour la période fiscale 2015 avec ses annexes, dont il
ressort notamment que le poursuivi, domicilié à [...] est électricien salarié et
indépendant depuis 2013 à [...], que le 19 mai 2015 une décision de taxation a été
rendue pour la période fiscale 2013 ; cette décision était basée sur la répartition
intercantonale neuchâteloise du 24 novembre 2014, établie sans comptabilité, et indiquant
une perte commerciale. Le rapport fait également état d’une décision de taxation
pour la période fiscale 2014 fondée sur la répartition intercantonale neuchâteloise
du 28 septembre 2015 indiquant que les comptes n’étaient pas déposés et qu’il
n’y avait eu aucune demande de pièces.

 

 

5.             
Par prononcé non motivé du 10 septembre
2018, notifié au poursuivi le lendemain, le Juge de paix du district de la Riviera-Pays-d’Enhaut
a prononcé la mainlevée définitive de l’opposition (I), a fixé les frais judiciaires
à 150 fr. (II), les a mis à la charge de l’Etat (III), a fixé l’indemnité
du conseil d’office du poursuivi (IV), a dit que le bénéficiaire de l’assistance
judiciaire était tenu, dans la mesure de l’art. 123 CPC, de rembourser les frais judiciaires
et l’indemnité de conseil d’office mis à la charge de l’Etat (V) et n’a
pas alloué de dépens (VI).

 

             
Le 11 septembre 2018, le poursuivi a demandé la motivation de ce prononcé.

 

             
Les motifs du prononcé, adressés aux parties le 24 septembre 2018, ont été notifiés
au poursuivi le lendemain. En substance, le premier juge a considéré que le poursuivant était
au bénéfice d’un titre à la mainlevée définitive et qu’il n’appartenait
pas au juge de la mainlevée d’examiner si la partie poursuivie était sujette ou non à
l’impôt, ni de reconsidérer les décisions de l’autorité fiscale.

 

 

6.             
Par acte du 1er
octobre 2018, le poursuivi a recouru contre ce prononcé en concluant, avec suite de frais et dépens,
à son annulation et à ce que l’opposition soit confirmée, les frais et dépens
étant laissés à la charge de l’Etat. Il a requis le bénéfice de l’assistance
judiciaire.

 

             
L’intimé n’a pas été invité à se déterminer.

 

             
Aucune avance de frais de deuxième instance n’a été réclamée au recourant.

 

 

 

             
En droit
:

 

 

I.             
La demande de motivation et le recours ont été
déposés dans les délais de dix jours des art. 239 al. 2 et 321 al. 2 CPC (Code de procédure
civile du 19 décembre 2008, RS 272). Motivé conformément à l’art. 321
al. 1 CPC, le recours est recevable.

 

 

II.             
a) Le créancier qui est au bénéfice
d'un jugement exécutoire peut requérir du juge la mainlevée définitive de l'opposition
(art. 80 al. 1 LP). Les décisions des autorités administratives suisses sont assimilées
à des jugements (art. 80 al. 2 ch. 2 LP).

 

             
Les art. 229 al. 2 LI (loi du 4 juillet 2000 sur les impôts directs cantonaux ; RSV 642.11)
et 40 LICom (loi du 5 décembre 1956 sur les impôts communaux ; RSV 650.11) assimilent
à des jugements exécutoires les décisions en matière d’imposition cantonale
et communale.

 

             
Pour qu'une décision fiscale entre en force, il faut que la notification ait eu lieu, ce qu'il appartient
à l'administration fiscale de prouver. L'autorité supporte les conséquences de l'absence
de preuve en ce sens que si la notification ou sa date sont contestées et qu'il existe effectivement
un doute à ce sujet, il y a lieu de se fonder sur les déclarations du destinataire de l'envoi
(ATF 142 IV 125 consid. 4.3 et les références; TF 5A_38/2018 du 14 mai 2018 consid. 3.4.3 ;
TF 5A_838/2017 du 19 mars 2018 consid. 3.2). 

 

             
En l'absence d'un envoi recommandé, la preuve de la notification d'un acte peut résulter de
l'ensemble des circonstances, en particulier de la correspondance échangée ou de l'absence
de protestation à une mise en demeure (ATF 141 I 97 consid. 7.1; ATF 136 V 295 consid. 5.9; ATF
105 III 43 consid. 3; TF 5A_38/2018 précité). Selon la jurisprudence désormais établie
de la cour de céans (CPF 5 juillet 2013/276 consid. Ilb) ; JdT 2011 Ill 58), dans le sillage
de celle du Tribunal fédéral (cf. parmi plusieurs arrêts : TF 5D_49/2013 du 29 juillet
2013 consid. 6.3 ; TF 5A_359/2013 du 15 juillet 2013 consid. 4.1 ; TF 5D_173/2008 du 20 février
2009 consid. 5.1 ; ATF 105 III 43 consid. 3), l'attitude générale du poursuivi en procédure
fait partie de « l’ensemble des circonstances » dont peut résulter la
preuve de la notification d'une décision administrative et constitue un élément d'appréciation
susceptible d'être déterminant pour retenir ou non que cette notification a eu lieu. Ainsi,
le poursuivi qui fait défaut à l'audience de mainlevée, respectivement qui ne procède
pas devant le juge de première instance, alors que la décision invoquée comme titre de
mainlevée mentionne expressément être entrée en force et exécutoire, admet implicitement
l'avoir reçue. Il en va de même lorsque le poursuivi a procédé en première instance
sans soulever le moyen tiré de l'absence de notification (CPF 5 avril 2016/118 ; CPF 18 décembre
2014/412).

 

             
b) En
l’espèce, la décision de taxation et le décompte final du 12 mai 2017 comportent
la mention des voies de droit et l’attestation qu’ils n’ont fait l’objet d’aucune
réclamation. Ils constituent donc des titres à la mainlevée définitive. Le recourant
relève dans son recours que l’intimé n’a pas établi avoir notifié cette
décision et ce décompte. Il déclare à cet égard qu’il ne se souvient pas
les avoir reçues. Toutefois, il n’a pas soulevé ce moyen dans ses déterminations
de première instance du 23 août 2018, rédigées par son avocate, mais seulement invoqué
que les décisions en cause étaient nulles et qu’il n’a pas pu s’y opposer
à temps car il a eu un AVC. Au vu de la jurisprudence susmentionnée, il y a lieu d’admettre
que la notification de la décision de taxation et du décompte final a eu lieu.

 

             
Le recours doit être rejeté sur ce point.

 

 

III.             
Le recourant soutient que la décision et
le décompte final du 12 mai 2017 sont nuls, dès lors qu’ils ont été rendus
par une autorité incompétente à raison du lieu, son domicile étant alors à [...].

 

             
a) Le
juge de la mainlevée doit vérifier que la prétention déduite en poursuite ressort
du jugement qui lui est présenté. Il ne lui appartient toutefois pas de se prononcer sur l'existence
matérielle de la prétention ou sur le bien-fondé du jugement. En particulier, il n'a pas
à examiner les moyens de droit matériel que le débiteur pouvait faire valoir dans le procès
qui a abouti au jugement exécutoire (ATF 142 III 78 consid. 3.1; ATF 140 III 180 consid. 5.2.1;
ATF 124 III 501 consid. 3a ; TF 5D_171/2016 du 16 février 2017).

 

             
b) Selon
la jurisprudence, la sanction de la nullité absolue peut être invoquée en tout temps et
la nullité peut être constatée d'office (ATF 138 II 501 consid. 3.1 p. 503; ATF 122 I
97 consid. 3a/aa ; TF 8C_355/2016 du 22 mars 2017 consid. 5.3). La nullité absolue ne frappe cependant
que les décisions affectées des vices les plus graves, manifestes ou du moins facilement décelables,
et pour autant que la constatation de la nullité ne mette pas sérieusement en danger la sécurité
du droit. Hormis dans les cas expressément prévus par la loi, il n'y a lieu d'admettre la nullité
qu'à titre exceptionnel, lorsque les circonstances sont telles que le système d'annulabilité
n'offre manifestement pas la protection nécessaire. Des vices de fond n'entraînent qu'à
de rares exceptions la nullité d'une décision; en revanche, de graves vices de procédure
ainsi que l'incompétence qualifiée de l'autorité qui a rendu la décision sont des
motifs de nullité (ATF 132 II 21 consid. 3.1; ATF 130 III 430 consid. 3.3; ATF 129 I 361 consid.
2.1 ; CDAP 25 avril 2017/AC.2017.0115). L'illégalité d'une décision ne constitue pas par
principe un motif de nullité; elle doit au contraire être invoquée dans le cadre des voies
ordinaires de recours, à tout le moins lorsqu’elle n'apparaît pas d'emblée clairement
établie et que la loi ouvre une voie de recours a posteriori aux personnes concernées par la
mesure (ATF 130 II 249 cons. 2.4).

 

             
La décision d'une autorité fonctionnellement et matériellement incompétente pour
statuer est affectée d'un vice grave, qui constitue en principe un motif de nullité, à
moins que l'autorité ayant statué ne dispose d'un pouvoir décisionnel général
dans le domaine concerné (ATF 137 III 217 consid. 2.4.3;  ATF 127 II 32 consid. 3g ; TF 6B_120/2018
et 6B_136/2018, du 31 juillet 2018).

 

             
c)
En l’espèce il ressort du dossier de première instance que l’intimé a considéré
que le recourant, quand bien même il exerçait une activité salariée, avait également
exercé une activité indépendante à [...]. Il a précisé que ces faits ressortaient
des indications qui lui avaient été données par la fiduciaire du recourant. Le recourant
conteste que cela soit le cas, et fait valoir qu’il n’a jamais été inscrit au registre
du commerce, qu’il lui était impossible d’exercer une activité indépendante
alors même qu’il était salarié à 100 % et que c’est son épouse,
dont il est aujourd’hui séparé qui exerce une activité indépendante à
[...].

 

             
La question de l’exercice ou non d’une activité indépendante par le  recourant
à [...] n’est clairement pas de nature à faire apparaître les décisions en
cause comme ayant été rendues par une autorité fonctionnellement et matériellement
incompétente, au sens de la jurisprudence citée, ce d’autant moins que l’intimé
dispose d’un pouvoir décisionnel général dans le domaine concerné. Il appartenait
au recourant de faire valoir ses arguments en déposant une réclamation dans le délai imparti
auprès de l’autorité fiscale.

 

             
Pour le surplus, c’est à juste titre que le premier juge a considéré qu’il
était lié par la décision et le décompte final du 12 mai 2017, le juge de la mainlevée
ne pouvant revoir le bien-fondé de la décision sur laquelle se fonde la demande de mainlevée.

 

             
Le recours doit également être rejeté sur ce point.

 

IV.             
Le recourant requiert le bénéfice de l’assistance judiciaire.

 

             
a) En
vertu de l'art. 117 CPC, une personne a droit à l'assistance judiciaire lorsqu'elle ne dispose pas
de ressources suffisantes (let. a) et que sa cause ne paraît pas dépourvue de toute chance
de succès (let. b). L'octroi de l'assistance judiciaire obéit ainsi à deux conditions
cumulatives, soit l'absence de ressources suffisantes et les chances de succès de la procédure.
Ces conditions coïncident avec celles découlant du droit à l'assistance judiciaire, tel
que garanti par l'art. 29 al. 3 Cst. (Constitution fédérale de la Confédération suisse
du 18 avril 1999 ; RS 101).

 

             
 Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, un procès est dépourvu de chances de
succès lorsque les perspectives de le gagner sont notablement plus faibles que les risques de le
perdre et qu'elles ne peuvent donc être considérées comme sérieuses, de sorte qu'une
personne raisonnable et de condition aisée renoncerait à s'y engager en raison des frais qu'elle
s'exposerait à devoir supporter ; il n'est pas dépourvu de chances de succès lorsque celles-ci
et les risques d'échec s'équilibrent à peu près, ou que les premières ne sont
que légèrement inférieures aux secondes. Ce qui est déterminant est de savoir si
une partie, qui dispose des ressources financières nécessaires, se lancerait ou non dans le
procès après une analyse raisonnable, en fonction des seules chances de succès et de façon
objective. Une partie ne doit ainsi pas pouvoir mener un procès qu'elle ne conduirait pas à
ses frais, uniquement parce qu'il ne lui coûte rien (ATF 138 III 217 consid. 2.2.4 et les références
citées ; TF 4A_286/2011 du 30 août 2011 consid. 2).

 

             
b) En
l’espèce les moyens du recourant, qui tendaient à remettre en cause le bien-fondé
de la décision administrative, étaient peu consistants, de sorte que les chances de succès
du recours ne pouvaient être considérées comme sérieuses au sens de la jurisprudence
susmentionnée. La demande d’assistance judiciaire doit en conséquence être rejetée.

 

 

V.             
En conclusion, le recours, manifestement mal fondé,
et la demande d’assistance judiciaire doivent être rejetés et le prononcé confirmé.

 

             
Vu le rejet du recours, les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 315
fr. doivent être mis à la charge du recourant (art. 106 al. 1 CPC).

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
Le prononcé est confirmé.

 

             
III.             
La demande d’assistance judiciaire est rejetée.

 

             
IV.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 315 fr. (trois cent quinze
francs), sont mis à la charge du recourant T.________.

 

             
V.             
L'arrêt est exécutoire.

 

La
présidente :               Le greffier
:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Me Kathrin Gruber, avocate (pour T.________),

‑             
Office d’impôt du district du Jura-Nord vaudois (pour Etat de Vaud).

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 3'080 fr. 10.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés
devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification
(art. 100  al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
Mme le Juge de paix du district de la Riviera-Pays-d’Enhaut.

 

             
Le greffier :