# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 97f466fa-725f-5637-9b94-249b197b982c
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2006-08-30
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 30.08.2006 BO.2006.0025
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_BO-2006-0025_2006-08-30.html

## Full Text

CANTON DE VAUD

  TRIBUNAL
  ADMINISTRATIF

  
	
   

  	
  Arrêt du 30 août 2006 

  
	
  Composition

  	
  M. Robert Zimmermann, président; MM. Pierre Allenbach
  et Pascal Martin, assesseurs.

  

 

	
  recourante

  	
   

  	
  A. X.________, à 1********

  

   

	
  autorité intimée

  	
   

  	
  Office cantonal des bourses d'études
  et d'apprentissage, BAP, à Lausanne.

  

   

 

	
  Objet

  	
  décisions en matière d'aide aux études         

  
	
   

  	
  Recours A. X.________ c/ décision de l'Office cantonal des
  bourses d'études et d'apprentissage du 8 mars 2006, modifiée le 24 mai 2006

  

 

Vu les faits suivants

A.                               
A. X.________, née le 2********, a demandé une bourse pour
le financement des études qu’elle a entreprises auprès de l’Université de
Lausanne. Elle vit chez ses parents à 1********. Elle a un frère, B. X.________,
né le 3********. L’Office cantonal des bourses d’études et d’apprentissage
(ci-après: l’Office) a rejeté la requête, le 8 mars 2006, au motif que la  capacité
financière de la famille dépassait les normes fixées par le barème applicable.

B.                              
A. X.________ a recouru, en faisant valoir des faits
nouveaux. Le 24 mai 2006, l’Office a rendu une nouvelle décision, également
négative. 

C.                              
Le juge instructeur a invité la recourante à indiquer si,
sur le vu de cette nouvelle décision, elle retirait ou maintenait le recours,
avec l’indication qu’en cas de silence, le recours serait considéré comme
maintenu. La recourante n’a pas répondu dans le délai imparti.

 

 

Considérant en droit

1.                               
a) L'Etat encourage financièrement l'apprentissage et la
poursuite des études après le terme de l'obligation scolaire. Toute personne
remplissant les conditions fixées par la LAE a droit au soutien financier de
l'Etat. Les conditions financières reposent sur l'un des principes essentiels
de la LAE, exprimé à son art. 2 : "le soutien de l'Etat est destiné à
compléter celui de la famille, au besoin à y suppléer". C'est dire que
ce soutien a un caractère subsidiaire. Le législateur a voulu maintenir le
principe de la responsabilité première des parents. La nécessité et la mesure
du soutien à accorder dépendent donc des moyens financiers dont le requérant et
ses père et mère disposent pour assumer les frais d'études, de formation et
d'entretien du requérant (art. 14 al. 1 LAE). 

b) Les critères pour déterminer la capacité
financière des parents sont énumérés aux art. 16 à 18 LAE. L'art. 16 LAE est
libellé de la manière suivante :

"Entrent en ligne de compte pour l'évaluation de la capacité
financière :

1)      les charges, à savoir les dépenses d'entretien et de
logement;

2)      les ressources, à savoir :

a)      le revenu net admis par la Commission d'impôt;

b)      la fortune, dans la mesure où elle dépasse le but d'une juste
prévoyance et si, par son mode d'investissement, le capital peut supporter, en
faveur du recourant, des prélèvements qui ne portent pas un préjudice sensible
à l'activité économique de la famille;

c)      l'aide financière accordée par toute institution publique ou
privée, si ce subside est expressément destiné au paiement des frais d'études
tels qu'ils sont définis à l'art. 19 de la présente loi". 

L’art. 18 LAE prévoit que : 

«Les charges sont calculées selon
un barème des charges normales, compte tenu de la composition de la famille et
du nombre et de l’âge des enfants. Ce barème, établi et périodiquement adapté
par la Commission cantonale des bourses d’études, doit être approuvé par le Conseil
d’Etat ». 

Selon l'art. 8 al. 2 du Règlement du 21 février 1975
d'application de la LAE (ci-après : RAE; RSV 416.11.1), les charges
correspondent aux frais mensuels minimum d'une famille pour l'alimentation, le
loyer, les services industriels, l'équipement, le ménage, l'habillement, les
assurances, le dentiste, les impôts, les loisirs et les frais divers. Elles
tiennent compte de la composition de la famille, du nombre et de l'âge des
enfants. Elles s’élèvent à : 

« Fr. 3'100.- pour deux parents

Fr. 2'500.- pour un parent

auxquels s’ajoutent, par enfant à charge

Fr. 700.- pour un enfant mineur

Fr. 800.- pour un enfant majeur ».

Les art. 11 et 11a al. 1 et 2 RAE, qui précisent la
portée de l'art. 18 LAE, prévoient que : 

"L'insuffisance ou l'excédent
du revenu familial, par rapport aux charges normales, se répartit entre les
membres de la famille, à raison d'une part par parent, une part par enfant en
scolarité obligatoire et deux parts pour chaque enfant en formation. Si la part
de l'excédent du revenu familial afférente au requérant est égale ou supérieure
au coût des études, aucune allocation complémentaire n'est attribuée. En cas
d'insuffisance de ce revenu, une allocation complémentaire est allouée pour
contribuer, en plus du coût des études, à couvrir des frais d'entretien du
requérant".

Les principes qui ont guidé le Conseil d'Etat lors
de l'adoption de ces dispositions réglementaires sont les suivants : 

"Le droit à une allocation
dépend, toute autre condition étant remplie, de la mesure dans laquelle le
revenu des parents est insuffisant pour supporter le coût des études. Il
s'établit ensuite une comparaison entre le revenu et les charges. Celles-ci se
calculent à partir du barème dit "des charges normales", sorte
d'inventaire des dépenses normales d'une famille disposant d'un revenu qui lui
permet un niveau de vie à mi-chemin entre la gêne et l'aisance. Il est (le
barème) un instrument de mesure qui permet de proportionner le soutien
financier de l'Etat aux besoins du requérant et à la situation de la famille
(BGC printemps 1973 - septembre 1973, p. 1240)".

Cette réglementation tient compte des dépenses
normales forfaitaires d'une famille, indépendamment des charges réelles et de
la situation financière effective de la famille. Ainsi, les éléments à prendre
en compte dans le calcul de l'allocation d'une bourse sont préétablis et ils ne
peuvent être modifiés en fonction des circonstances particulières de la
famille. 

Pour le calcul du coût des études, sont prises en
considération toutes les dépenses qu’elles nécessitent, y compris celles qui
résultent de la distance entre le domicile et le lieu des études (art. 19 LAE).
En vertu de l’art. 12 al. 1 RAE, les éléments constituant le coût des études
sont : les écolages et les diverses taxes scolaires (let. a) ; les
fournitures (manuels, instruments, matériel) indispensables à la poursuite
normale des études (let. b) ; les vêtements de travail spéciaux (let.
c) ; les frais de déplacement du domicile au lieu de travail ou d’études
et vice versa, calculés selon le tarif le plus économique ou, le cas échéant,
les frais de logement hors de la famille (let. d) ; les frais de repas si
la distance entre le domicile et le lieu de travail ou d’études ou les
exigences des horaires le justifient (let. e). Les frais mentionnés à la lettre
a) sont comptés dans le coût des études selon les tarifs des établissements de
formation (art. 12 al. 2 RAE). Les frais mentionnés aux lettres b) à e) font
l’objet d’un forfait selon le barème et les directives pour l’attribution des bourses
d’études approuvées par le Conseil d’Etat le 4 mars 1998. Ils sont comptés pour
onze mois pour les apprentissages et dix mois pour les gymnases, écoles
assimilées et Hautes Ecoles (art. 12 al. 3 RAE). Le soutien de l’Etat est
accordé quand les charges, augmentées du coût des études du requérant, excèdent
le revenu (art. 20 LAE). 

Sans doute la loi présente-t-elle dans la définition
des conditions financières donnant droit à la bourse un certain schématisme,
mais le Tribunal ne peut que s’y conformer (cf. arrêt BO 2005.0010 du 19 mai
2005, et les références citées). 

c) Le revenu familial déterminant (capacité
financière) est constitué, en règle générale, du chiffre 20 (moyenne des
revenus nets des deux années précédentes) de la dernière déclaration d’impôt
admis par la Commission d’impôt (art. 10 al. 1 RAE), soit le chiffre 650 de la
nouvelle déclaration d’impôt. Selon les renseignements fournis par
l’Administration cantonale des impôts, le montant retenu pour 2005 est de
85'437 fr. au titre du revenu net et de 21'000 fr. au titre de la fortune
imposable. La recourante a toutefois fait valoir que sa mère avait perdu son
emploi à la suite de son licenciement en novembre 2005. Se fondant sur les
fiches de salaire du père et les décomptes des indemnités versées à la mère par
l’assurance-chômage, l’Office a, le 24 mai 2006, procédé à un nouvelle
détermination des revenus de la famille, qu’il a arrêtés à 89'410 fr. pour
2005. Le revenu familial déterminant s’élève ainsi à 7’450 fr. par mois. La
recourante n’a pas remis ce montant en discussion.

On déduit du revenu les charges normales; elles
s'élèvent à 3'100 fr. pour un couple, auxquels s'ajoutent 800 fr. par enfant majeur
à charge (art. 8 al. 2 RAE). En l’espèce, les charges s’élèvent à 4'700 fr.,
soit 3'100 fr. pour les parents et 1'600 fr. (2 x 800 fr.) pour les deux
enfants majeurs à la charge de la famille. Par rapport à ce chiffre, l'excédent
de revenu dont dispose la famille est de 2’750 fr. (7'450 – 4'700), qu’il
convient de répartir à raison d’une part par parent, une part par enfant en
scolarité obligatoire et deux parts pour chaque enfant en formation (art. 11
RAE). En l’occurrence, il faut prendre en compte six parts (une pour chacun des
parents, deux pour A. X.________ et deux pour B. X.________). L’excédent de revenu
permet ainsi d'affecter aux frais d'études de la recourante la somme annuelle
de 10'992 fr. (2’750 : 6 = 458 x 2 = 916 x 12). L’Office a estimé que le
montant des frais d’études annuels s’élèverait à 5’910 fr. (soit 2’360 fr. de
frais de formation, 2'000 fr. de frais de logement et de repas et 1'550 fr. de
frais de transport). Ces montants ne sont pas contestés. Il apparaît ainsi que
l’excédent de revenu familial permet d’absorber les frais de formation, ce qui
exclut l’octroi d’une bourse.

2.                               
Le recours doit ainsi être rejeté, aux frais de son
auteur. L’allocation de dépens n’entre pas en ligne e compte.

 

 

 

Par ces motifs

le Tribunal administratif

arrête:

 

I.                                  
Le recours est rejeté.

II.                                
La décision rendue le 24 mai 2006 par l’Office cantonal
des bourses d’études et d’apprentissage est confirmée.  

III.                               
Un émolument de 100 fr. est mis à la charge de la
recourante.

IV.                             
Il n’est pas alloué de dépens.

 

Lausanne, le 30 août 2006

 

 

                                                          Le
président:                                   

 

 

                                                                                                                  

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de
l'avis d'envoi ci-joint.