# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1b448244-7ca0-580a-85fe-d94c9a9f3504
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2014-07-22
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 22.07.2014 BE.2014.7
**Docket/Reference:** BE.2014.7
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_BE-2014-7_2014-07-22

## Full Text

Levée des scellés (art. 50 al. 3 DPA).;;Levée des scellés (art. 50 al. 3 DPA).;;Levée des scellés (art. 50 al. 3 DPA).;;Levée des scellés (art. 50 al. 3 DPA).

Décision du 22 juillet 2014 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Stephan Blättler, président,  

Patrick Robert-Nicoud et Nathalie Zufferey Franciolli,  

le greffier Aurélien Stettler  

   

Parties  ADMINISTRATION FÉDÉRALE DES CONTRIBU-

TIONS,  

requérante 

 

 contre 

   

  BANQUE A.,  

opposante 

et 

 

B., 

 

C. SCS,  

 

D. SA,  

 

E. SA,  

 

tous les quatre représentés par Me Alexandre Faltin, 

avocat, 

intervenants 

 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

 

Numéro de dossier: BE.2014.7 

 

 

 

- 2 - 

 

 

   

Objet  Levée des scellés (art. 50 al. 3 DPA) 

 
 

- 3 - 

 

 

 

Faits: 

 

A. Le 21 novembre 2013, la Cheffe du Département fédéral des finances a 

autorisé l'Administration fédérale des contributions (ci-après: AFC) à mener 

une enquête fiscale spéciale au sens des art. 190 ss de la loi fédérale sur 

l'impôt fédéral direct (LIFD; RS 642.11) en relation avec les art. 19 ss de la 

loi fédérale sur le droit pénal administratif (DPA; RS 642.11) à l'encontre du 

dénommé B., soupçonné de s'être rendu coupable de graves infractions 

fiscales (act. 1.1). 

 

 

B. Diverses mesures d'instruction ont été diligentées dans le cadre des inves-

tigations susmentionnées. 

 

En date du 20 décembre 2013, l'AFC a requis de la banque A., l'édition de 

la documentation bancaire relative à divers comptes liés à B. (act. 1.2). 

 

Par envoi du 31 janvier 2014, la banque A. a fait parvenir à l'AFC la docu-

mentation requise sous scellés, en indiquant ce qui suit: 

"Conformément à l'art. 50 al. 3 DPA, nous nous opposons à cette perquisition 

pour les raisons suivantes: 

- M. B. est au bénéfice d'une immunité diplomatique, en raison de ses fonctions 

au sein des représentations permanentes du pays Z. auprès de l'ONU à Genè-

ve et de l'UNESCO à Paris; 

- Les conditions légales à l'intervention de l'administration fédérale des contribu-

tions ne sont pas remplies/démontrées faute de soupçon fondé de grave infrac-

tion fiscale (art. 190 LIFD); 

- Les documents contiennent des indications concernant des tierces personnes, 

à l'égard desquelles il subsiste pour la banque un devoir supplémentaire de 

garder toute discrétion notamment en vertu des arts. 47 LB et 162 CPS." 

(act. 1.3). 

 

 

C. Par requête du 17 avril 2014, l'AFC sollicite de la Cour des plaintes du Tri-

bunal pénal fédéral qu’elle l’autorise à procéder à la levée des scellés ap-

posés sur "l'ensemble des documents produits par l'opposante le 31 janvier 

2014" (act. 1, p. 2). 

 

Par envoi daté du 14 mai 2014, B., ainsi que les sociétés E. SA, C. SCS et 

D. SA ont indiqué "avo[ir] l'honneur de déposer spontanément [d]es […] 

- 4 - 

 

 

observations relatives à la requête de levée des scellés, formée par l'autori-

té requérante à l'encontre de l'établissement bancaire opposant", et pris les 

conclusions suivantes: 

"Préalablement 

a.  Suspendre la présente procédure, jusqu'à droit jugé sur la requête de l'AFC 

en levée des scellés apposés lors de la perquisition des domiciles de Mon-

sieur B. (procédure BE.2014.1); 

Principalement 

b.  rejeter la demande de levée des scellés; 

c.  ordonner à l'autorité requérante de restituer immédiatement à l'opposante 

l'intégralité des documents mis sous scellés, sans qu'ils soient préalable-

ment ouverts; 

d.  mettre les frais de la procédure à charge de la requérante et alloue[r] une 

équitable indemnité de procédure aux intervenants; 

e.  débouter l'autorité requérante de toute autre ou contraire conclusion; 

En tout état 

f.  autoriser, par toutes voies de droit utiles, les intervenants à apporter la 

preuve des faits allégués dans la présente écriture." (act. 4, p. 2). 

 

Invitée à répondre à la requête de l'AFC, la banque A. a, par courrier du 

5 mai 2014 requis – et obtenu – un "délai supplémentaire de 10 jours afin 

de pouvoir motiver et déposer [sa] réponse" (act. 3). Aucune réponse n'a 

finalement été déposée par la banque A. L'AFC en a été informée par le 

greffe de céans en date du 21 mai 2014 (act. 7). 

 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris 

si nécessaire dans les considérants en droit. 

 

 

 

 

La Cour considère en droit: 

 

1.  

1.1 A teneur des art. 25 al. 1 et 50 al. 3 DPA, la Cour des plaintes du Tribunal 

pénal fédéral est compétente pour statuer sur l’admissibilité d’une perquisi-

tion qui fait l’objet d’une opposition. La requête de levée des scellés n'est 

soumise à aucun délai particulier. L’AFC est par ailleurs indiscutablement 

légitimée à soumettre une telle requête à la Cour de céans. 

 

- 5 - 

 

 

1.2 En tant que détentrice de la documentation bancaire produite, la banque A. 

est – formellement – légitimée à s'opposer à la perquisition de ladite docu-

mentation (v. arrêt du Tribunal fédéral 1B_547/2012 du 26 février 2013). 

 

1.3 S'agissant de B., E. SA, C. SCS et D. SA, titulaires des comptes dont la 

documentation a été remise sous scellés à l'AFC par la banque A., leur 

démarche devant l'autorité de céans soulève la question de la légitimation 

à prendre part à la présente procédure de levée des scellés. A la lumière 

de la jurisprudence récente, il n'est pas exclu que la réponse pût être affir-

mative (v. arrêt du Tribunal fédéral 1B_567/2012 du 26 février 2013, 

consid. 1.1 in fine). Quoi qu'il en soit, et dès lors que les arguments invo-

qués par les intervenants pour s'opposer à la levée des scellés – soit l'ab-

sence de soupçon fondé de grave infraction fiscale, le caractère dispropor-

tionné des mesures prononcées par l'AFC, ainsi que l'atteinte au statut di-

plomatique de B. – sont de toute manière privés de fondement, la question 

de la légitimation des quatre "intervenants" peut en l'état demeurer indéci-

se. Quant à leur demande "préalable" de suspension de la procédure en at-

tente de chose jugée dans la cause BE.2014.1 (v. supra let. C), elle est 

sans objet, la Cour ayant rendu la décision y relative en date du 18 juillet 

2014. 

 

 

2.  

2.1  

2.1.1 Selon l'art. 191 LIFD, lorsqu’il existe un soupçon fondé de graves infrac-

tions fiscales, d’assistance ou d’incitation à de tels actes, le chef du Dépar-

tement fédéral des finances peut autoriser l’AFC à mener une enquête en 

collaboration avec les administrations fiscales cantonales (al. 1). Par grave 

infraction fiscale, on entend en particulier la soustraction continue de mon-

tants importants d’impôt et les délits fiscaux (al. 2). La procédure dirigée 

contre les auteurs, complices et instigateurs est réglée d’après les disposi-

tions des art. 19 à 50 DPA, l’arrestation provisoire selon l’art. 19 al. 3 DPA 

étant cependant exclue (art. 191 LIFD). Au nombre des mesures prévues 

par le DPA figure notamment la perquisition visant des papiers (art. 50 

DPA). 

 

Selon l'art. 50 DPA, la perquisition visant des papiers doit être opérée avec 

les plus grands égards pour les secrets privés; en particulier, les papiers ne 

seront examinés que s’ils contiennent apparemment des écrits importants 

pour l’enquête (al. 1). La perquisition doit être opérée de manière à sauve-

garder le secret de fonction, ainsi que les secrets confiés aux ecclésiasti-

ques, avocats, notaires, médecins, pharmaciens, sages-femmes et à leurs 

- 6 - 

 

 

auxiliaires, en vertu de leur ministère ou de leur profession (al. 2). Avant la 

perquisition, le détenteur des papiers est, chaque fois que cela est possi-

ble, mis en mesure d’en indiquer le contenu. S’il s’oppose à la perquisition, 

les papiers sont mis sous scellés et déposés en lieu sûr; la Cour des plain-

tes du Tribunal pénal fédéral statue sur l’admissibilité de la perquisition 

(art. 25 al. 1 DPA). Il y a lieu de relever que lorsqu'elle reçoit une demande 

de levée des scellés, la Cour des plaintes se limite, dans un premier temps, 

à juger de l'admissibilité de la perquisition, la décision sur le sort des do-

cuments étant renvoyée à après leur tri (arrêt du Tribunal pénal fédéral 

BE.2006.5 du 19 septembre 2006, consid. 2). 

 

2.1.2 Dans le cadre d'une demande de levée des scellés selon l'art. 50 al. 3 

DPA, la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral n'a pas à se prononcer 

sur la réalisation des infractions reprochées au prévenu; elle se limite à dé-

terminer si la perquisition concernant les documents mis sous scellés est 

admissible, soit si l'administration est légitimée ou non à y avoir accès (ar-

rêt du Tribunal fédéral 1B_671/2012 du 8 mai 2013, consid. 3.7.1 et les ré-

férences citées). La perquisition de documents n'est admissible qu’en pré-

sence d’indices suffisants de l'existence d'une infraction (arrêt du précité, 

ibidem). La nécessité de la perquisition doit être justifiée par des soupçons 

précis et objectivement fondés et non pas reposer sur une suspicion géné-

rale ou une prévention purement subjective. L'art. 46 al. 1 let. a DPA per-

met le séquestre d'objets pouvant servir de pièces à conviction. L'art. 48 al. 

1 DPA prévoit en particulier qu'une perquisition peut être effectuée dans 

des locaux dans lesquels se trouvent des objets ou valeurs soumis au sé-

questre. Conformément à l'art. 45 DPA, les mesures précitées doivent res-

pecter le principe de la proportionnalité. L'objet de la perquisition doit être 

circonscrit de façon précise afin que l'on puisse contrôler sa connexité avec 

le soupçon précis et objectivement fondé qui pèse sur l'accusé et vérifier 

également le respect du principe de la proportionnalité (arrêt du Tribunal 

fédéral précité, consid. 3.8.1). La saisie de documents suppose en outre 

que ceux-ci soient importants pour l’instruction de la cause (art. 50 al. 1 

DPA). Cette règle ne doit pas être interprétée de manière restrictive et, 

comme la formulation allemande le suggère de manière plus nuancée ("… 

Papiere … die für die Untersuchung von Bedeutung sind"), elle signifie 

simplement que des documents ne peuvent être saisis que s’ils sont perti-

nents pour l’enquête (arrêt du Tribunal pénal fédéral BK_B 062/04 du 7 juin 

2004, consid. 2.1). Il est toutefois inévitable que la perquisition de papiers 

porte également sur des documents qui ne présentent aucun intérêt pour 

l'enquête (arrêt du Tribunal fédéral 1B_354/2009 et 1B_366/2009 du 

2 mars 2010, consid. 3.2). 

 

- 7 - 

 

 

2.2 L'opposante, bien qu'ayant requis et obtenu une prolongation de délai pour 

"motiver et déposer [sa] réponse" à la requête de l'AFC, s'est finalement 

abstenue de toute prise de position (v. supra let. C in fine). B. – soutenu en 

cela par ses consorts – fait pour sa part valoir que les investigations dili-

gentées par l'AFC le seraient alors même qu'aucun soupçon fondé de gra-

ves infractions fiscales n'existerait à son encontre; les règles de droit inter-

national relatives au statut diplomatique n'auraient par ailleurs pas été res-

pectées (act. 4, p. 7). 

 

 

3.  

3.1 A l’appui de sa requête de levée des scellés, l’AFC énumère certains faits à 

l’origine de l’ouverture de l’enquête pénale fiscale actuellement diligentée 

contre B. La requérante précise dans son exposé que "[l]'opposante étant 

un tiers par rapport à M. B., l'AFC se limite expressément à une description 

du soupçon relativement peu détaillée, en se fondant sur les rapports fi-

nanciers annuels […] de la société F. SA.", et ce dans la mesure où "[l]a di-

vulgation à des tiers des faits reprochés à l'inculpé va en principe à l'en-

contre du secret fiscal (art. 110 LIFD)" (act. 1, p. 4). 

 

Il ressort ainsi des éléments au dossier que la requérante soupçonne B. 

d'avoir commis des soustractions continues de montants importants d'impôt 

durant les périodes fiscales 2003 à 2011. Selon les informations dont dis-

pose l'AFC à ce stade, la société F. SA, sise à Paris, verse fréquemment, 

en sus d'un dividende ordinaire, un dividende exceptionnel à ses actionnai-

res. Les rapports annuels de la société figurant au dossier exposent que, 

entre 2004 et 2008, des dividendes "exceptionnels" à hauteur de CHF 0.82, 

0.73, 0.72, 0.26 et 0.28 par action ont été versés. Or il apparaîtrait que B. 

aurait en mains un nombre conséquent d'actions de F. SA mais n'aurait 

jamais annoncé à l'autorité fiscale la perception d'un quelconque dividende 

exceptionnel pour les années en question. C'est ainsi plusieurs millions de 

francs suisses qui n'auraient pas été déclarés aux autorités fiscales par B. 

(act. 1, p. 4.). Par ailleurs, ce dernier aurait bénéficié d'actions gratuites et 

d'options d'achat d'actions à hauteur de plusieurs millions de francs suis-

ses, dont les revenus n'ont pas non plus été annoncés au fisc. A cela 

s'ajoute le fait qu'un compte libellé au nom de G. Ltd, sise dans les Iles 

vierges britanniques, aurait été crédité de "revenus de source inconnue" 

non déclarés à l'autorité. Or il appert que la société en question serait dé-

tenue par un trust dont le bénéficiaire n'est autre que B. (act. 1, p. 4). Ici 

encore, l'AFC estime à plusieurs millions de francs suisses les montants 

soustraits à l'impôt. 

 

- 8 - 

 

 

En sus de ce qui précède, l'AFC soupçonne B. de détenir des participations 

– indirectes – dans certaines sociétés luxembourgeoises – au nombre des-

quelles C. SCS, H., D. SA et E. SA – dont il n'aurait pas déclaré l'existence 

aux autorités fiscales helvétiques, et partant les revenus potentiellement 

imposables (act. 1, p. 4). 

 

Sur la base des éléments qui précèdent, l'AFC estime – au stade actuel de 

ses investigations – que les montants des revenus imposables non décla-

rés par B. au cours des exercices 2003 à 2011 s'élèveraient à plusieurs 

millions de francs suisses (ibidem). 

 

3.2  

3.2.1 Au vu de ce qui précède, force est de constater que la condition de 

l’existence de soupçons fondés d’infractions fiscales est réalisée en 

l’espèce, étant rappelé que, dans le cadre de la présente procédure – la-

quelle ne porte que sur la levée des scellés – la Cour de céans n'a pas à se 

prononcer sur la réalisation des infractions reprochées au prévenu, mais se 

limite à statuer sur l’admissibilité de la perquisition (v. supra consid. 2.1.1 et 

2.1.2), d’une part, et que, dans les premiers temps de l’enquête, des soup-

çons même encore peu précis peuvent être considérés comme suffisants, 

d’autre part (arrêt du Tribunal pénal fédéral BE.2004.10 du 22 avril 2005, 

consid. 3.1 in fine). En l'espèce, l'AFC fournit des explications aussi détail-

lées que l'y autorise le respect du secret fiscal à l'appui des soupçons allé-

gués, en se fondant notamment sur des rapports officiels de la société F. 

SA dont les actionnaires ont, à l'une ou l'autre reprise, octroyé à B. des 

droits qui, selon l'appréciation actuelle des autorités fiscales suisses, au-

raient dû avoir des conséquences fiscales s'ils avaient été dûment décla-

rés. Les soupçons ne reposent donc pas sur une prévention purement sub-

jective. A ce stade de la procédure, ces soupçons paraissent précis et ob-

jectivement fondés. Il existe donc des indices suffisants d'infractions fisca-

les. 

 

3.2.2 Cela étant précisé, il apparaît que la condition de l’importance présumée 

des papiers et autres supports de données saisis pour l’enquête pénale fis-

cale en cours est également réalisée dans le cas d’espèce. A cet égard, la 

jurisprudence impose à l’autorité d'examiner si les documents dont la levée 

des scellés est requise présentent "apparemment" une pertinence pour 

l’instruction en cours (v. arrêt du Tribunal fédéral 1B_354/2009 et 

1B_366/2009 du 2 mars 2010, consid. 3.2), étant précisé que pareille ques-

tion "ne peut être résolue dans le détail, puisque le contenu même des do-

cuments mis sous scellés n’est pas encore connu", d’une part, et que 

- 9 - 

 

 

"l’autorité de levée des scellés doit s’en tenir, à ce stade, au principe de 

l'utilité potentielle", d’autre part (ibidem). 

 

En l’espèce, il apparaît que les éléments exposés par l’AFC à l’appui de sa 

demande – lesquels viennent d’être rappelés (v. supra consid. 3.1) –, suffi-

sent à admettre l’utilité à tout le moins potentielle de l’ensemble des docu-

ments et supports de données saisis. Si pareille utilité doit déjà être recon-

nue pour les documents relatifs aux sociétés dont le prévenu B. est soup-

çonné d'avoir perçu des revenus non déclarés au fisc (v. supra consid. 3.1), 

ou aux sociétés dans lesquelles ledit B. est impliqué en tant 

qu’administrateur, actionnaire et/ou ayant droit, il en va de même de tous 

les autres documents, soit ceux concernant notamment des sociétés tier-

ces, lesquelles peuvent néanmoins se révéler utiles à l’enquête, certaines 

entités pouvant en effet avoir joué un rôle – encore à déterminer – dans les 

opérations sous enquête. Par ailleurs, les opérations mentionnées par la 

requérante comme ayant échappé à toute imposition, ne constituent que 

des exemples, et on comprend aisément que l’autorité s’intéresse à 

l’ensemble des affaires menées par B. Ainsi, dans un contexte de soustrac-

tions d’impôt de grande envergure, l’autorité d’enquête peut légitimement 

vouloir vérifier que l’ensemble des documents et supports de données sai-

sis dans les locaux de l'opposante ne font pas état d’opérations suspectes 

qu’elle ne connaît pas encore. 

 

4. La Cour de céans a eu l’occasion de préciser – et cela a notamment été 

rappelé dans la jurisprudence du Tribunal fédéral citée plus haut (v. supra 

consid. 3.2) – que s’il s’impose de sauvegarder le secret professionnel au 

sens de l’art. 321 CP, le tri des documents mis sous scellés doit être effec-

tué sous son contrôle en présence du détenteur des papiers et avec la par-

ticipation du magistrat, respectivement de l’enquêteur en charge du dos-

sier. En l’espèce, aucun secret du genre n’existe, ni n’a d’ailleurs été allé-

gué. L'intervenant B. fait toutefois valoir qu'il serait au bénéfice d'une im-

munité diplomatique. 

 

4.1 Il appert à cet égard que ce dernier est titulaire – à tout le moins l'était-il au 

moment du dépôt de ses écritures – d'une "carte de légitimation du DFAE 

de type 'S'" (v. décision du Tribunal pénal fédéral BV.2013.27 à 30 / 32 à 

38 du 3 juillet 2014, consid. 3.1) et ce au titre de "[p]ersonnel administratif 

[de la] Mission permanente du pays Z. auprès de l'ONU à Genève" (ibi-

dem). Ne peuvent être titulaires d'une telle autorisation que les membres 

du personnel de nationalité suisse, respectivement les fonctionnaires de 

nationalité suisse (ibidem). 

 

- 10 - 

 

 

Selon l'art. 38 al. 2 de la Convention de Vienne sur les relations diplomati-

ques du 18 avril 1961 (CVRD; RS 0.191.01) – convention applicable en 

l'espèce (v. arrêt du Tribunal fédéral 1B_332/2013 du 20 décembre 2013, 

consid. 3) –, les "autres membres du personnel de la mission" qui sont res-

sortissants de l’Etat accréditaire ou qui y ont leur résidence permanente ne 

bénéficient des privilèges et immunités que dans la mesure où cet Etat les 

leur reconnaît. En l'occurrence, et au vu du libellé de sa carte de légitima-

tion, il ne saurait être contesté que l'intervenant B. entre dans la catégorie 

des "membres du personnel de la mission" au sens de l'art. 1 let. c et f 

CVRD. Partant, et au vu de la prise de position expresse du DFAE eu 

égard à l'étendue des privilèges et immunités conférées à ce dernier, force 

est de constater qu'il ne bénéfice que d'une immunité "fonctionnelle", la-

quelle ne saurait en rien le protéger contre les poursuites diligentées par 

l'AFC dans un cadre strictement privé (décision du Tribunal pénal fédéral 

précitée, consid. 3.2). 

 

4.2 L'argument tiré de la prétendue immunité diplomatique de l'intervenant B. 

se révèle partant manifestement mal fondé. Dans ces circonstances, il n’y a 

pas lieu de faire droit à sa demande tendant à ce que l’autorité de céans 

procède au tri des documents sous scellés en présence des parties. C’est 

bien plutôt à l’autorité requérante qu’il incombera d’effectuer elle-même ce 

tri, opération à l’issue de laquelle elle désignera les pièces qui seront ver-

sées au dossier et celles qui, le cas échéant, seront restituées à 

l’opposante, faute de pertinence pour l’enquête. 

 

 

5. Au vu de ce qui précède, la demande de levée des scellés est admise. 

L'AFC est autorisée à lever les scellés sur l’ensemble de la documentation 

produite par l'opposante en date du 31 janvier 2014. 

 

 

L'opposante ainsi que B. et consorts succombent à la présente procédure. 

Ils supporteront, pour moitié à charge de la première, et pour l'autre moitié 

à celle des suivants, solidairement, un émolument lequel est fixé à 

CHF 2'000.-- (art. 73 LOAP applicable par renvoi de l'art. 25 al. 4 DPA; art. 

5 et 8 du règlement du Tribunal pénal fédéral du 31 août 2010 sur les frais, 

émoluments, dépens et indemnités de la procédure pénale fédérale; RS 

173.713.162). 

- 11 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. La demande de levée des scellés formée le 17 avril 2014 par l’Administration 

fédérale des contributions est admise. 

 

2. L’Administration fédérale des contributions est autorisée à lever les scellés 

sur l’ensemble de la documentation produite par l'opposante en date du 

31 janvier 2014. 

 

3. Un émolument de CHF 2'000.-- est mis pour moitié à la charge de l'oppo-

sante et, pour l'autre moitié, à celle des quatre intervenants solidairement. 

 

 

Bellinzone, le 23 juillet 2014 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le président:  Le greffier:  

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Administration fédérale des contributions 

- Banque A. 

- Me Alexandre Faltin 

 

 

Indication des voies de recours 

Dans les 30 jours qui suivent leur notification, les arrêts de la Cour des plaintes relatifs aux 
mesures de contrainte sont sujets à recours devant le Tribunal fédéral (art. 79 et 100 al. 1 de la loi 
fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral; LTF). La procédure est réglée par les art. 90 ss 
LTF. 

Le recours ne suspend l’exécution de l’arrêt attaqué que si le juge instructeur l’ordonne (art. 103 
LTF).