# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 7f7c8025-9c1a-5eb8-a580-ca4f185be4e6
**Source:** Bern Gerichte (BE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-05-05
**Language:** fr
**Title:** Bern Obergericht Strafkammern 05.05.2021 SK 2020 307
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/BE_ZivilStraf/BE_OG_005_SK-2020-307_2021-05-05.pdf

## Full Text

Cour suprême
du canton de Berne

2e Chambre pénale

Obergericht
des Kantons Bern

2. Strafkammer

Jugement 
SK 20 307

Hochschulstrasse 17
Case postale
3001 Berne
Téléphone +41 31 635 48 13
Fax +41 31 634 50 55
coursupreme-penal.berne@justice.be.ch
www.justice.be.ch/coursupreme

Berne, le 5 mai 2021
(Expédition le 20 mai 2021)

Composition Juges d’appel Schleppy (Présidente e.r.), Niklaus et Grütter
Greffière Baume

Participants à la procédure A.________
représenté d'office par Me B.________
prévenu/appelant

Parquet général du canton de Berne, Nordring 8, 3001 Berne
ministère public

Préventions infractions graves à la loi fédérale sur les stupéfiants, blanchiment 
d'argent et représentation de la violence

Objet appel contre le jugement du Tribunal régional Jura bernois-
Seeland, Agence du Jura bernois (tribunal collégial), du 
15 novembre 2019 (PEN 2019 457)

2

Considérants

I. Procédure
Note : la signification des abréviations générales employées est décrite sur la dernière page du 

présent jugement. Les autres abréviations utilisées seront explicitées dans le texte du 
jugement.

1. Mise en accusation

1.1 Par acte d’accusation du 22 mai 2019 (ci-après également désigné par AA), le 
Ministère public du canton de Berne a demandé la mise en accusation de 
A.________ pour les faits et infractions suivants (dossier [ci-après désigné par D.], 
pages 976a-976g) :
I.1 Infractions graves à la Loi fédérale sur les stupéfiants (art. 19 al. 1 let. b, c, d et g LStup 

et art. 19 al. 2 let. a-c LStup), infractions commises entre le AW.________ 2016 et le 24 juin 
2018, à Moutier, Bienne, et ailleurs sur le territoire suisse, par le fait : 

a)

- d’avoir acquis entre octobre 2017 et le 9 avril 2018, auprès de différents dealers et en 
particulier de C.________ (de République Dominicaine), pour ce dernier dès le 5 février 2018 
au plus tard, au moins 748 grammes de cocaïne destinés à la vente (prix d’achat CHF 
60.00/le gramme, soit par 5 grammes à CHF 300.00),

- d’avoir acquis dans la période en cause, plus précisément entre le 10 avril 2018 et le 23 juin 
2018, auprès de C.________, à 40 reprises, chaque semaine à raison de 66 grammes en 
moyenne, de la cocaïne destinée à la vente, soit sur 11 semaines au moins 730 grammes ; 
(prix d’achat CHF 60.00/le gramme, soit par 5 grammes à CHF 300.00),

b)

- d’avoir vendu, entre le 6 novembre 2017 et le 24 juin 2018, entre 143 et 144 grammes de 
cocaïne à D.________, à un prix de CHF 100.00 le gramme, à Moutier,

- d’avoir vendu, entre le 6 novembre 2017 et le 24 juin 2018, entre 186,5 et 187,5 grammes de 
cocaïne à E.________, à un prix de CHF 100.00 le gramme, à Moutier,

- d’avoir vendu, entre le AW.________ 2016 et le 24 juin 2018, 640 grammes de cocaïne à 
F.________, à un prix de CHF 100.00 le gramme, à Moutier,

- d’avoir vendu, entre l’automne 2016 et janvier 2017, à deux reprises 0,5 gramme de cocaïne, 
soit au total 1 gramme à G.________, à un prix de CHF 50.00 le demi-gramme, à Moutier,

- d’avoir vendu, entre janvier 2018 et le 24 juin 2018, 59 grammes de cocaïne à H.________, 
à un prix de CHF 100.00 le gramme, à Moutier,

- d’avoir vendu, entre janvier 2018 et le 24 juin 2018, entre 44 et 47 grammes de cocaïne à 
I.________, à un prix de CHF 100.00 le gramme, à Moutier,

- d’avoir vendu, entre novembre 2017 et le 24 juin 2018, entre 36 et 41 grammes de cocaïne à 
J.________, à un prix de CHF 100.00 le gramme, à Moutier,

- d’avoir vendu, entre février 2018 et le 24 juin 2018, entre 40 et 60 grammes de cocaïne, à 
K.________, à un prix de CHF 100.00 le gramme, à Moutier,

- d’avoir vendu, entre mars 2017 et le 24 juin 2018, au moins 134 grammes de cocaïne, à 
L.________, à un prix de CHF 100.00 le gramme, à Moutier,

- d’avoir vendu, entre septembre/octobre 2017 et le 24 juin 2018, entre 157,25 et 
174,25 grammes de cocaïne, à X.________, à un prix de CHF 80.00 à 100.00 le gramme, à 
Moutier,

- d’avoir vendu, entre l’été 2017 et le 24 juin 2018, entre 62 et 67 grammes de cocaïne, à 
M.________, à un prix de CHF 100.00 le gramme, à Moutier,

- d’avoir vendu, entre mars 2018 et le 24 juin 2018, 48 grammes de cocaïne, à N.________, à 
un prix de CHF 100.00 le gramme, à Moutier,

3

- d’avoir vendu, entre avril 2018 et le 24 juin 2018, entre 27 et 28,5 grammes de cocaïne, à 
O.________, à un prix de CHF 50 le demi-gramme et de CHF 100.00 le gramme, à Moutier,

- d’avoir vendu, entre février/mars 2018 et le 24 juin 2018, entre 9 et 11 grammes de cocaïne, 
à P.________, à un prix de CHF 100.00 le gramme, à Moutier,

- d’avoir vendu, entre le 21 avril 2018 et le 24 juin 2018, 17 grammes de cocaïne, à 
Q.________, à un prix de CHF 100.00 le gramme, à Moutier,

- d’avoir vendu, entre le 1er janvier 2018 et le 24 juin 2018, 60 grammes de cocaïne, à 
R.________, à un prix de CHF 100.00 le gramme, à Moutier,

- d’avoir vendu, entre le 1er avril 2018 et le 24 juin 2018, entre 15 et 16 grammes de cocaïne, à 
S.________, à un prix de CHF 100.00 le gramme, à Moutier,

- d’avoir vendu, entre le AW.________ 2017 et le 21 juin 2018, à raison de 10 fois par mois, le 
total de 120 grammes de cocaïne, à T.________, dont 8 grammes reçus en cadeau, à un 
prix de CHF 100.00 le gramme, à Bienne,

- d’avoir vendu, entre le 10 octobre 2017 et le 19 mai 2018, au moins 20 grammes de cocaïne, 
à U.________, à un prix de CHF 100.00 le gramme, à Moutier,

- d’avoir vendu, entre le 10 octobre 2017 et le 7 février 2018, au moins 10 grammes de 
cocaïne, à V.________, à un prix de CHF 100.00 le gramme, à Moutier,

- d’avoir vendu, entre le 13 janvier 2018 et le 15 mars 2018, au moins 8 grammes de cocaïne, 
à W.________, à un prix de CHF 100.00 le gramme, à Moutier,

d’avoir ainsi vendu/remis en totalité au moins 1'836,75 grammes de cette substance, 
représentant à raison de boulettes à 0,8 gramme, 1'469,40 grammes de cette substance, soit 
1'102,05 grammes de cette substance en quantité nette (degré de pureté sous forme de base, 
moyenne des 8 saisies : 75%).

 le prévenu sachant ou ne pouvant ignorer avoir mis en danger la santé de nombreuses 
personnes,

par la vente/remise de drogues en grandes quantités à des personnes toxicomanes, en 
connaissant les effets néfastes de cette drogue sur la santé de celles-ci,

par la vente/remise de drogue de haute qualité, présentant un potentiel addictif élevé,

par la vente/remise de drogues à des personnes dont il savait ou ne pouvait ignorer qu’elles 
s’adonnaient elles-mêmes au trafic (par ventes et remises à d’autres personnes) des 
substances vendues (par ex. F.________, E.________, D.________),

 le prévenu ayant agi en bande, notamment

par sa collaboration intense avec C.________, le prévenu s’approvisionnant régulièrement 
(plusieurs fois par semaine) et en quantités substantielles (achats par 10, 15, ou, plus 
généralement, 20 grammes par fois – à 40 reprises au moins) auprès de lui, à Bienne et 
Moutier.

par sa collaboration intense avec E.________ et D.________ à Moutier, le prévenu livrant 
régulièrement (au moins hebdomadairement) la drogue à ces dealers-consommateurs, afin 
de reventes régulières à de nombreux « clients »,

 le prévenu ayant agi par métier :

sachant que le prévenu a réalisé un bénéfice de CHF 40.00 par gramme de cocaïne 
vendu/remis, soit sur 1'836,75 grammes, la somme de CHF 73'470.00, destinant l’argent 
ainsi obtenu à son entretien et à celui de proches et amis à l’étranger,

sachant que le prévenu n’était pas lui-même consommateur de drogue(s).

I.2 Blanchiment d’argent, éventuellement par métier (art. 305bis al. 1, évtl. al. 2 litt. c CP)

Infractions commises

a) entre le 3 janvier 2017 et le 7 juin 2018, à Moutier, éventuellement ailleurs en Suisse, par le 
fait, après s’être adonné au trafic de cocaïne, d’avoir envoyé dans différents pays d’Afrique 
et d’Europe une partie substantielle du gain obtenu, par 19 transferts via RIA FS, 
représentant CHF 16'900.00, sachant que ces sommes constituaient un revenu illicite et 
qu’elles seraient saisies et confisquées par les autorités de poursuite en cas de découverte, 
respectivement qu’elles ne pourraient plus faire l’objet d’une telle mesure après envoi, 

b) entre le 29 mars 2017 et le 15 mai 2018, à Moutier, éventuellement ailleurs en Suisse, par le 
fait, après s’être adonné au trafic de cocaïne, d’avoir envoyé dans différents pays d’Afrique 

4

une partie substantielle du gain obtenu, par 13 transferts via Western Union, représentant 
CHF 4'738.11, sachant que ces sommes constituaient un revenu illicite et qu’elles seraient 
saisies et confisquées par les autorités de poursuite en cas de découverte, respectivement 
qu’elles ne pourraient plus faire l’objet d’une telle mesure après envoi,

c) le prévenu envoyant ainsi la somme de CHF 21'638.11 à l’étranger, admettant que 30 % de 
cette somme était issue du trafic de drogue, soit CHF 6'491.43 et que son trafic de drogue 
visait précisément à pouvoir procéder aux dits envois, le prévenu sachant ou ne pouvant 
ignorer que cet argent serait saisi, si sa provenance était connue.

I.3 Représentation de la violence (art. 135/1bis CP), infraction commise le 18 novembre 2017 
et ultérieurement, à Moutier, à son domicile, par le fait d’avoir reçu électroniquement et 
conservé une vidéo montrant une femme africaine se faire ensevelir dans un trou jusqu’au 
cou, puis se faire jeter à la tête de grosses pierres par plusieurs hommes jusqu’à ce que mort 
s’en suive (lapidation).

2. Première instance

2.1 Pour la description des différentes étapes de la procédure préliminaire et de 
première instance, il est renvoyé aux motifs du jugement du 15 novembre 2019 
(D. 1406-1421).

2.2 Par jugement du 15 novembre 2019 (D. 1329-1335), le Tribunal régional Jura 
bernois-Seeland, Agence du Jura bernois, a :
I.

- reconnu A.________ coupable de/d’ :

1. infraction grave à la loi fédérale sur les stupéfiants, infraction commise depuis 
l’année 2017 et jusqu’au 24 juin 2018, à Moutier, Bienne et ailleurs sur le territoire 
suisse (ch. 1 AA) ;

par le fait d’avoir acquis (et partant possédé et quand nécessaire transporté) une 
quantité minimale de 1'216 grammes de cocaïne à un taux de pureté moyen de 
69 %, soit un total de 839 grammes nets de cocaïne destinés à la vente et d’avoir 
pris des mesures en ce sens ;

et par le fait d’avoir vendu cette quantité à au moins 20 personnes (en particulier 
D.________, E.________, F.________, G.________, H.________, I.________, 
J.________, K.________, L.________, X.________, M.________, [N.________] , 
O.________, P.________, Q.________, R.________, S.________, T.________, 
U.________, W.________), dont il savait que certaines revendaient ou partageaient 
la drogue fournie ;

tout en sachant que cette drogue mettait en danger la santé de nombreuses 
personnes ;

et en agissant par métier ;

2. blanchiment d’argent, infraction commise :

entre le 3 janvier 2017 et le 7 juin 2018, à Moutier et ailleurs en Suisse, par le fait 
d’avoir envoyé dans différents pays d’Afrique et d’Europe une partie du gain obtenu, 
via RIA FS et Western Union, représentant la somme de CHF 21'638.11, admettant 
que 30 % de cette somme était issue du trafic de drogue, soit CHF 6'491.43 ;

3. représentation de la violence, infraction commise le 18 novembre 2017 et 
ultérieurement, à Moutier (ch. 3 AA) ;

II.

- condamné A.________ :

1. à une peine privative de liberté de 52 mois ;

la détention provisoire et pour des motifs de sûreté de 509 jours est imputée à 
raison de 509 jours sur la peine privative de liberté prononcée ;

2. à une peine pécuniaire de 20 jours-amende à CHF 30.00, soit un total de 
CHF 600.00 ;

5

3. il est prononcé une expulsion de 10 ans, avec inscription dans le système 
d’information Schengen ;

4. au paiement des frais de procédure, composés de CHF 21'450.00 d'émoluments et 
de CHF 40'335.45 de débours (y compris les honoraires de la défense d'office), soit 
un total de CHF 61'785.45 (honoraires de la défense d'office non compris : 
CHF 35'790.20) ;

III.

- fixé comme suit les honoraires de Me B.________, défenseur d'office de A.________ :

Tarif
Temps de travail à rémunérer 97.75 200.00 CHF 19'550.00

CHF 2'475.00
CHF 2'111.70

TVA 7.7% de CHF 24'136.70 CHF 1'858.55
CHF 25'995.25

Part à rembourser par le prévenu 100 % CHF 25'995.25
Part qui ne doit pas être remboursée 0 % CHF 0.00

CHF 24'437.50
CHF 2'475.00
CHF 2'111.70

TVA 7.7% de CHF 29'024.20 CHF 2'234.85
Total CHF 31'259.05

la rémunération par le canton CHF 5'263.80
Part de la différence à rembourser
par le prévenu 100 % CHF 5'263.80

Honoraires selon l'ordonnance sur les dépens

Supplément en cas de voyage

Supplément en cas de voyage

Différence entre les honoraires et

Nbre heures

Débours soumis à la TVA

Débours soumis à la TVA

Total à verser par le canton de Berne

dit que dès que sa situation financière le permet, A.________ est tenu de rembourser d'une 
part au canton de Berne la rémunération allouée pour sa défense d'office, d'autre part à 
Me B.________ la différence entre cette rémunération et les honoraires que celui-ci aurait 
touchés comme défenseur privé (art. 135 al. 4 CPP) ;

IV.

- ordonné :

1. le maintien de A.________ en détention pour des motifs de sûreté […] ;

2. la confiscation de la drogue saisie pour destruction (art. 69 CP) ;

3. la confiscation des objets suivants pour destruction (art. 69 CP) :

3.1. 1 étui à lunettes Bollé ;

3.2. 1 balance électronique ;

3.3. 1 bocal en verre contenant de la poudre ;

3.4. 1 canette vide contenant des morceaux de cellophane et sac plastique découpé ;

4. la restitution des objets suivants à A.________ dès l’entrée en force du présent jugement :

4.1. 1 quittance de la Poste du AR.________ 2018 pour l’achat d’un Nokia ;

4.2. 1 livret de récépissés de la Poste vierge ;

4.3. courriers relatifs au séjour en Suisse de A.________ et courriers de son avocat Me 
Y.________ ;

4.4. divers papiers ou supports de carte SIM ;

4.5. 1 natel Nokia gris et noir ;

4.6. 1 clé USB AX.________ ;

4.7. 1 clé USB avec deux petites clés ;

4.8. 1 carte SIM Lycamobile ;

6

4.9. 1 natel TJ Mobile avec carton ;

4.10. 1 natel Nokia gris et noir ;

4.11. 1 porte-monnaie contenant divers papiers personnels (permis de conduire, 
SwissPass, titre de séjour, etc...) ;

4.12. 1 natel Nokia rouge et noir défectueux ;

4.13. 1 natel Samsung noir ;

4.14. 2 clés ;

4.15. 1 montre Tissot T-Race (blanche) ;

4.16. 1 montre Tissot (grise) ;

4.17. 1 natel Samsung blanc ; 

5. la restitution d’un natel Appel iPhone noir avec fourre de protection noire à A.________, 
après suppression de toutes les données illicites (cf. D. 848, vidéo 393, art. 135 al. 2 CP) par 
le service compétent de la police et ce dès l’entrée en force du présent jugement, toutefois à 
charge pour A.________ d’avancer les frais de suppression des données illicites ; à défaut 
d’une telle avance de frais qui lui sera demandée, le natel Appel iPhone noir avec fourre de 
protection noire seront détruits ;

6. la confiscation et le maintien des objets suivants au dossier comme moyens de preuve :

6.1. 1 quittance de prélèvement AX.________ datée du AS.________ 2018 pour un 
montant de CHF 4'000.00 ;

6.2. 1 quittance d’un envoi de colis à Abidjan datée du AT.________ 2018 ;

6.3. 1 quittance de prélèvement AX.________ datée du AU.________ 2018 pour un 
montant de CHF 7'000.00 ;

6.4. plusieurs quittances Western Union (enveloppe envois d’argent) et une quittance 
d’un envoi de colis à Abidjan datée du AV.________ 2018 ;

6.5. dossier Banque AX.________ et quittance de prélèvement datée du AW.________ 
2018 pour un montant de CHF 2'000.00 ;

7. la confiscation de deux passeports du Burkina Faso et d’une carte d’identité italienne au nom 
de A.________ séquestrés et leur remise à l’Office cantonal de la population et des 
migrations ;

8. l’utilisation du montant séquestré de CHF 1'796.20 pour payer en priorité la peine pécuniaire 
de CHF 600.00, ainsi que les frais de procédure à concurrence de CHF 1'196.20, le solde de 
frais à payer par A.________ se montant au total encore à CHF 60'589.25 (art. 267 al. 3 et 
268 CPP) ;

9. que les frais de la décision du 25 juin 2019 relative à la demande d’exécution anticipée de la 
peine, soit CHF 250.00, soient laissés à la charge du canton de Berne ;

10. que la requête d’autorisation d’effacement du profil d’ADN prélevé sur la personne de 
A.________ et répertorié sous les numéros PCN Z.________ et PCN AA.________ soit 
soumise après l’échéance du délai prévu par la loi à l’autorité de céans (art. 16 al. 4 de la Loi 
sur les profils d’ADN) ;

11. que la requête d’autorisation d’effacement des données signalétiques biométriques 
prélevées soit soumise après l’échéance du délai prévu par la loi à l’autorité compétente 
(art. 17 al. 4 en relation avec l’art 19 al. 1 de l’Ordonnance sur le traitement des données 
signalétiques biométriques) ;

12. l’inscription dans le système d’information Schengen de l’expulsion (refus d’entrée et de 
séjour) ;

13. la notification et la communication du jugement (…)

2.3 Par courrier du 22 novembre 2019 (D. 1349), Me B.________ a annoncé l'appel 
pour A.________. 

2.4 Par rectificatif du 14 juillet 2020 (D. 1399), le Tribunal de première instance a 
complété le dispositif du jugement du 15 novembre 2019 par un chiffre IV.8a ayant 
la teneur suivante : 

7

(le Tribunal ordonne)

la levée du blocage des comptes bancaires no AB.________ et no AC.________ au nom du prévenu 
auprès de la Banque AX.________ dès l’entrée en force du présent jugement et rectificatif et 
l’utilisation du montant de CHF 11'568.52 pour payer le solde des frais de procédure (après utilisation 
des sommes séquestrées selon ch. IV.8) de CHF 60’589.25 (art. 267 al. 3 et 268 CPP), le solde à 
payer par le prévenu s’élevant encore à CHF 49'020.73.

3. Deuxième instance

3.1 Par mémoire du 3 août 2020 (D. 1535-1537), Me B.________ a déclaré l'appel pour 
A.________. L’appel est limité. Le verdict de culpabilité d’infraction grave à la loi 
sur les stupéfiants (LStup ; RS 812.121) au sens du ch. I.1 du dispositif du 
jugement du 15 novembre 2019 n’est pas attaqué. Les quantités de drogue 
retenues au ch. I.1 dudit dispositif et la qualification du métier sont toutefois 
contestées. Le verdict de culpabilité de l’infraction de représentation de la violence 
ainsi que l’expulsion du prévenu sont également contestés, de même que la 
confiscation des deux passeports et de la carte d’identité italienne du prévenu. 
Sont aussi attaqués les ch. IV.8, IV.8a et IV.12 du dispositif du jugement.

3.2 Suite à l’ordonnance du 5 août 2020 (D. 1539-1540), le Parquet général du canton 
de Berne a renoncé à déclarer un appel joint et à présenter une demande de non-
entrée en matière (courrier du 26 août 2020, D. 1565-1566). En outre, Me 
B.________ a expliqué en quoi et pour quelles raisons les quantités retenues dans 
le jugement de première instance sont contestées dans son courrier du 14 août 
2020 (D. 1557). 

3.3 Par ordonnance du 22 octobre 2020 (D. 1627-1628), la Direction de la procédure a 
attesté du dépôt de la motivation succincte du 28 septembre 2020 dans les 
procédures pénales dirigées contre E.________ et D.________ (D. 1576-1626). 
Une copie de cette motivation succincte a été transmise aux parties à la procédure. 

3.4 Un nouvel extrait du casier judiciaire suisse a été requis (D. 1635-1637).

3.5 En vue des débats en appel, il a été ordonné la comparution personnelle de 
A.________, de son défenseur, Me B.________, ainsi que du Parquet général (voir 
la citation, D. 1638-1641).

3.6 Par courrier du 12 avril 2021, la Direction de la procédure a demandé à 
l’Etablissement pénitentiaire de Thorberg, à la Prison régionale de Thoune et à la 
Prison régionale de Berthoud, un rapport circonstancié sur le comportement de 
A.________ (D. 1659, 1662, 1665). Ces rapports ont été déposés les 19 avril 2021 
(D. 1660-1661 et D. 1663-1664) et 22 avril 2021 (D. 1666-1667) et ont été transmis 
aux parties à la procédure par ordonnance du 23 avril 2021 (D. 1668-1669).

3.7 Un décompte à jour concernant les comptes bloqués a été déposé par la banque 
AX.________ le AU.________ 2021 et remis aux parties par ordonnance du 28 
avril 2021 (D. 1672 et 1673-1674). Il en est allé de même pour les décomptes 
relatifs aux revenus réalisés par le prévenu en exécution anticipée de peine remis 
par l’établissement pénitentiaire de Thorberg (D. 1676-1681).

3.8 Lors de l’audience des débats en appel le 5 mai 2021, les parties ont retenu les 
conclusions finales suivantes, étant rappelé qu’il est conforme au droit fédéral de 

8

faire plaider la partie appelante en premier (arrêt du Tribunal fédéral 6B_532/2012 
du 8 avril 2013 consid. 2.2).

Me B.________ pour A.________ (D. 1696-1697) :
1. Prendre acte que le jugement de première instance est entré en force de chose jugée au 

sujet de la reconnaissance de culpabilité de la prévention de blanchiment d'argent au sens 
du chiffre I.2. du dispositif.

2. En modification du point I.1 du jugement de première instance, reconnaître le prévenu 
coupable d'infraction grave à la Loi fédérale sur les stupéfiants par le fait d'avoir acquis une 
quantité de 105 grammes nets de cocaïne et d'avoir vendu cette quantité à divers 
consommateurs (19 al. 2 let. a LStup).

3. En modification du chiffre I.3 du dispositif, libérer le prévenu de la prévention de 
représentation de la violence et, partant, prononcer son acquittement sur ce point.

4. En modification des chiffres II.1 et II.2 du dispositif, condamner le prévenu à une peine 
privative de liberté à dire de justice mais qui n'excédera pas 18 mois ainsi qu'à une peine 
pécuniaire à dire de justice mais qui n'excédera pas 50 jours-amende à une quotité à dire de 
justice et assortir cette peine du sursis complet avec un délai d'épreuve de 2 ans.

5. Allouer au prévenu une indemnité pour détention injustifiée d'un montant de CHF 49'760.00.

6. En modification des chiffres II.3 et IV.12 du dispositif, renoncer à prononcer l'expulsion du 
territoire suisse du prévenu ; subsidiairement, limiter la durée de l'expulsion pénale à 5 ans 
et renoncer à inscrire l'expulsion dans le système d'information Schengen.

7. En modification des chiffres IV.8 et IV.8a du dispositif, ordonner la restitution du montant de 
CHF 1'796.20 au prévenu et ordonner la libération des montants bloqués sur les comptes 
bancaires n°AB.________ et AC.________ au nom du prévenu auprès de la Banque 
AX.________ SA, soit un montant de CHF 11'568.52, en faveur du prévenu.

8. En modification du chiffre IV.7, restituer les deux passeports du Burkina Faso et la carte 
d'identité italienne au nom du prévenu au prévenu.

9. Prendre acte que le jugement de première instance est entré en force de chose jugée au 
sujet de l'indemnité du mandataire d'office conformément au chiffre Ill. du dispositif ainsi 
qu'au sujet du sort des autres objets confisqués, du profil ADN et des données signalétiques 
du prévenu au sens du chiffre IV. dudit dispositif.

10. Statuer sur les frais judiciaires de première et de seconde instance en laissant les frais de 
seconde instance à la charge de l'Etat.

11. Taxer les honoraires du soussigné pour la procédure de seconde instance selon la note 
d'honoraires déposée.

Le Parquet général (D. 1698-1700) :
1. Constater que le jugement du Tribunal régional Jura bernois-Seeland du 15 novembre 2019 

est entré en force dans la mesure où :

- il reconnaît A.________ coupable de blanchiment d'argent, infraction commise entre 
le 3 janvier 2017 et le 7 juin 2018, à Moutier et ailleurs en Suisse, par le fait d'avoir 
envoyé dans différents pays d'Afrique et d'Europe une partie du gain obtenu, via 
RIA FS et Western Union, représentant la somme de CHF 21'638.11, admettant 
que 30 % de cette somme était issue du trafic de drogue, soit CHF 6'491.43 ;

- il fixe l'indemnité pour la défense d'office et les honoraires de Me B.________ à un 
montant de CHF 25'995.25 ;

- il ordonne la confiscation de la drogue saisie pour destruction (art. 69 CP) ;

- il ordonne la confiscation des objets listés au point IV.3 du dispositif du jugement 
pour destruction (art. 69 CP) ;

- il ordonne la restitution des objets listés au point IV.4 du dispositif du jugement à 
A.________ ;

- il ordonne la restitution d'un natel Appel lphone noir avec fourre de protection noire 
à A.________, après suppression de toutes les données illicites par le service 
compétent de la police, toutefois à charge pour A.________ d'avancer les frais de 
suppression des données illicites, à défaut d'une telle avance de frais qui lui sera 

http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=6B_532%2F2012&rank=1&azaclir=aza&highlight_docid=aza%3A%2F%2F08-04-2013-6B_532-2012&number_of_ranks=8

9

demandée, le natel Appel lphone noir avec fourre de protection noire seront 
détruits ;

- il ordonne la confiscation et le maintien des objets listés au point IV.6 du dispositif 
du jugement comme moyens de preuve ;

- il ordonne que les frais de la décision du 25 juin 2019 relative à la demande 
d'exécution anticipée de peine, soit CHF 250.00, soient laissés à la charge du 
canton de Berne.

2. En confirmation du jugement entrepris, reconnaître A.________ coupable de/d':

- infraction grave à la LStup (qualifiée par la quantité), commise depuis l'année 2017 
et jusqu'au 24 juin 2018, à Moutier, Bienne et ailleurs sur le territoire suisse ;

par le fait d'avoir acquis (et partant possédé et quand nécessaire transporté) une 
quantité minimale de 1'216 grammes de cocaïne à un taux de pureté moyen de 
69 %, soit un total de 839 grammes nets de cocaïne destinés à la vente et d'avoir 
pris des mesures dans ce sens ;

par le fait d'avoir vendu cette quantité à au moins 20 personnes (en particulier 
D.________, E.________, F.________, G.________, H.________, I.________, 
J.________, K.________, L.________, X.________, M.________, N.________, 
O.________, P.________, Q.________, R.________, S.________, T.________, 
U.________, W.________), dont il savait que certaines revendaient ou partageaient 
la drogue fournie ;

tout en sachant que cette drogue mettait en danger la santé de nombreuses 
personnes ;

et en agissant par métier.

- représentation de la violence, infraction commise le 18 novembre 2017 et 
ultérieurement, à Moutier.

3. Partant, condamner A.________ à:

- une peine privative de liberté de 52 mois, sous déduction de la détention provisoire 
et pour des motifs de sûreté subie et de la peine déjà exécutée par anticipation 
depuis le 3 décembre 2019 ;

- une peine pécuniaire de 20 jours-amende, le montant du jour-amende devant être 
fixé au moment du jugement.

4. Mettre les frais de procédure de première et de seconde instance à la charge du prévenu.

5. Prononcer l'expulsion du prévenu du territoire suisse pour une durée de 10 ans.

6. Ordonner l'inscription de l'expulsion dans le système d'information Schengen (refus d'entrée 
et de séjour).

7. Ordonner la confiscation de deux passeports du Burkina Faso et d'une carte d'identité 
italienne au nom de A.________ séquestrés et leur remise à l'Office cantonal de la 
population et des migrations.

8. Ordonner l'utilisation du montant séquestrés de CHF 1'796.20 dès l'entrée en force du 
jugement pour payer en priorité la peine pécuniaire ainsi que les frais de procédure (art. 267 
al. 3 et 268 CPP).

9. Ordonner la levée du blocage des comptes bancaires n° AB.________ et n° AC.________ 
au nom du prévenu auprès de la Banque AX.________ et l'utilisation des montants de CHF 
10'501.87 et CHF 1'030.75 pour payer en priorité la peine pécuniaire ainsi que les frais de 
procédure, dès l'entrée en force du jugement (art. 267 al. 3 et 268 CPP).

10. Rendre les ordonnances d'usage (honoraires, ADN, données signalétiques biométriques, 
communications).

11. Ordonner le maintien en détention de A.________ et son retour en exécution anticipée de 
peine.

3.9 A.________ a renoncé à prendre la parole une dernière fois lors de l’audience des 
débats en seconde instance.

10

4. Objet du jugement de deuxième instance

4.1 La 2e Chambre pénale limitera son examen aux points qui ont été attaqués. Les 
points qui n’ont pas été attaqués ont d’ores et déjà acquis force de chose jugée en 
vertu de l’art. 402 du Code de procédure pénale suisse (CPP ; RS 312.0), sous 
réserve de la disposition de l’art. 404 al. 2 CPP qui donne à la juridiction d’appel la 
possibilité de réexaminer en faveur du prévenu des points du jugement qui ne sont 
pas attaqués, afin de prévenir des décisions illégales ou inéquitables.

4.2 En l’espèce, l’appel porte sur le verdict de culpabilité pour l’infraction qualifiée à la 
LStup et sur le verdict de culpabilité pour l’infraction de représentation de la 
violence (ch. I.1.1. et ch. I.3 du dispositif du jugement de première instance) ainsi 
que sur les peines prononcées et l’expulsion du prévenu. Les chiffres IV.7, IV.8, 
IV8a et IV.12 du dispositif du jugement de première instance ont également été 
contestés par le prévenu. La fixation de la rémunération du mandat d’office du 
défenseur n’a pas été contestée, mais l’obligation de remboursement est 
susceptible d’être revue. Les modalités d’effacement du profil ADN et des données 
signalétiques biométriques ne sont pas susceptibles d’entrer en force 
indépendamment des peines prononcées. Pour le surplus, le jugement n’étant pas 
contesté, les autres points ont d’ores et déjà acquis force de chose jugée, ce qu’il 
conviendra de constater dans le dispositif du présent jugement.

5. Maxime d’instruction, pouvoir de cognition et pouvoir d’examen

5.1 Lorsqu’elle rend sa décision, la 2e Chambre pénale n’est pas liée par les motifs 
invoqués par les parties ni par leurs conclusions, sauf lorsqu’elle statue sur une 
action civile (art. 391 al. 1 CPP).

5.2 Dans la présente procédure, elle est liée par l’interdiction de modifier le jugement 
en défaveur (reformatio in peius) de A.________ en vertu de l’art. 391 al. 2 CPP. 

5.3 La 2e Chambre pénale jouit d’un plein pouvoir d’examen sur tous les points 
attaqués du jugement (art. 398 al. 2 CPP). L’appel peut être formé pour violation du 
droit, y compris l’excès et l’abus du pouvoir d’appréciation, le déni de justice et le 
retard injustifié, pour constatation incomplète ou erronée des faits ou pour 
inopportunité (art. 398 al. 3 CPP).

6. Renvoi aux motifs du jugement de première instance

6.1 Conformément à l’art. 82 al. 4 CPP, lors de la procédure d’appel, la 2e Chambre 
pénale peut, s’agissant de l’appréciation en fait et en droit des faits faisant l’objet 
de l’accusation, renvoyer à l’exposé des motifs du jugement du Tribunal régional 
Jura bernois-Seeland, Agence du Jura bernois. Selon la jurisprudence du Tribunal 
fédéral, la possibilité de renvoyer à l’exposé des motifs de l’autorité inférieure doit 
cependant être utilisée avec réserve. Un renvoi n’entre en considération, lorsque 
l’état de fait ou l’application du droit est contesté, que lorsque l’autorité de 
deuxième instance fait (totalement) siennes les considérations de l’autorité 
précédente (ATF 141 IV 244 consid. 1.2.3). Les arguments de la partie appelante 
doivent en outre être traités avant une éventuelle confirmation du premier jugement 

https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a402
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a404
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a391
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a391
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a398
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a398
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a82
http://relevancy.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE-141-IV-244&lang=fr&zoom=&system=

11

concernant l’appréciation en fait et en droit (arrêt du Tribunal fédéral 6B_731/2015 
du 14 avril 2016 consid. 1.4).

6.2 Sur la base de cette jurisprudence, la 2e Chambre pénale ne renverra aux motifs 
de première instance susceptibles d’être confirmés qu’après avoir traité les 
arguments soulevés par les parties en procédure d’appel. Elle désignera les pages 
auxquelles il est renvoyé et indiquera en outre si des corrections ou compléments 
doivent être apportés et, le cas échéant, sur quels points précis.

II. Faits et moyens de preuve

7. Résumé des faits et moyens de preuve dans le jugement de première 
instance

7.1 Les motifs du jugement de première instance contiennent un résumé complet des 
divers moyens de preuve (D. 1406-1469). Les parties n’ayant pas contesté ce 
résumé et étant donné qu’il n’y a pas d’intérêt à réécrire les mêmes 
développements en d’autres termes, la 2e Chambre pénale renvoie intégralement à 
cet exposé.

8. Moyens de preuve administrés en procédure d’appel

8.1 En procédure d’appel, il a été procédé à l’audition du prévenu. En outre, un nouvel 
extrait du casier judiciaire du prévenu a été requis (D. 1635-1637), lequel n’est pas 
tout à fait identique à celui à disposition du Tribunal de première instance, 
puisqu’une inscription a été radiée dans l’intervalle. En outre, les éléments suivants 
ont été joints au dossier : 

- la motivation succincte du 28 septembre 2020 dans les procédures pénales 
dirigées contre E.________ et D.________ (D. 1576-1626) ;

- un rapport de la Prison régionale de Berthoud (D. 1660-1661) ;

- un rapport de la Prison régionale de Thoune (D. 1663-1664) ; 

- un rapport de l’Etablissement pénitentiaire de Thorberg (D. 1666-1667) ;

- un décompte à jour remis par la banque AX.________ concernant les 
comptes bloqués, soit le compte privé AB.________ et le compte épargne 
AC.________ (D. 1672) ;

- les décomptes relatifs aux revenus réalisés par le prévenu en exécution 
anticipée de peine (D. 1676-1682).

III. Appréciation des preuves

9. Règles régissant l’appréciation des preuves

9.1 En ce qui concerne l’approche légale de l’appréciation des preuves et le principe 
de la libre appréciation des preuves (art. 10 al. 2 CPP), ainsi que du principe de la 
présomption d’innocence, la 2e Chambre pénale se réfère aux motifs de première 
instance (D. 1470-1473), sans les répéter.

http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=6B_731%2F2015&rank=1&azaclir=aza&highlight_docid=aza%3A%2F%2F14-04-2016-6B_731-2015&number_of_ranks=1
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a10

12

9.2 Il est rappelé que le verdict de culpabilité pour l’infraction de blanchiment d’argent 
est entré en force de chose jugée. La Cour n’y reviendra donc pas.

10. Arguments des parties

10.1 La défense a contesté le bénéfice de près de CHF 60'000.00 retiré par le prévenu 
de son trafic selon le jugement de première instance. En effet, les nombreux 
documents bancaires et financiers au dossier ne permettent aucunement d’établir 
un tel bénéfice. Le prévenu disposait de deux comptes bancaires à la Banque 
AX.________, sur lesquels il faisait verser les revenus légaux de son travail. Il est 
établi que le prévenu a envoyé, par le biais des sociétés Western Union et Ria, la 
somme d’environ CHF 21'000.00 par 32 versements à ses proches. Toutefois, ce 
dernier a précisé que seuls 30 % de cette somme provenaient des revenus de son 
trafic de drogue. Par ailleurs, ces transferts d’argent à l’étranger ont toujours eu lieu 
après qu’il eut effectué des retraits sur ses comptes à la Banque AX.________. Le 
prévenu n’a pas versé d’argent cash sur ces comptes, de sorte que l’argent du 
trafic ne s’y trouvait pas. Cet argent-là a certainement été gardé en cash chez lui. 
Les documents bancaires démontrent que le prévenu a retiré la somme de 
CHF 10'000.00 sur ses comptes bancaires, afin de les envoyer en Afrique. Partant, 
cette somme doit être déduite des CHF 21'000.00 envoyés, de sorte que le 
bénéfice maximal à retenir pour le trafic de drogue s’établit à CHF 11'000.00. En 
outre, retenir un bénéfice de CHF 60'000.00 est contradictoire par rapport au 
montant retenu pour l’infraction de blanchiment. Par ailleurs, il est relevé que lors 
des perquisitions, il a été retrouvé des quittances de versements, ce qui démontre 
que le prévenu gardait toujours une trace des transferts de son argent. Il n’aurait 
certainement pas envoyé de l’argent en Afrique sans garder le document 
correspondant. Enfin, les dépenses du prévenu pour son train de vie étaient des 
plus modestes. 

10.2 S’agissant de la quantité achetée par les consommateurs, contestée, Me 
B.________ a précisé qu’on ne pouvait pas se fonder sur le code des « minutes » 
ni sur le nombre d’appels, pour l’établir. 

10.3 Concernant, en particulier, le consommateur O.________, il a tout d’abord déclaré 
avoir acheté 6-7 grammes au prévenu (D. 612). Puis, la police lui a opposé 26 
contacts avec A.________ entre le 9 avril et le 23 juin 2018. Il a alors admis les 
quantités que la police lui opposait sans trop réfléchir. Toutefois, il y a lieu de 
préciser qu’à cette période, ce consommateur était au chômage. Il paraît 
difficilement concevable qu’il ait pu s’offrir autant de cocaïne. De plus, le prévenu 
ne marchandait pas sa drogue. Ainsi, il est fort probable que les 26 appels n’aient 
pas donné lieu à une vente, puisque le consommateur a certainement essayé à 
plusieurs reprises de négocier le prix. En outre, une fois la vente conclue, il fallait 
encore fixer le rendez-vous et se retrouver, ce qui pouvait générer plusieurs appels 
téléphoniques. Au final, il a été retenu l’achat de 27 grammes pour ce 
consommateur, alors qu’il aurait fallu s’en tenir à ses premières déclarations, soit 6-
7 grammes. 

10.4 Concernant I.________, la police s’est fondée sur le soi-disant code des minutes 
pour retenir une quantité, démarche totalement erronée. Ce consommateur a 

13

d’ailleurs contesté l’utilisation d’un tel code (D. 459) La police lui a opposé 
26 contacts téléphoniques avec le prévenu entre avril et juin 2018, mais 
I.________ a précisé qu’avant cette période, au début de l’année, sa 
consommation était moins forte (D. 461). Il a estimé avoir dépensé CHF 2'000.00 
(D. 459) auprès du prévenu, de sorte que seuls 16 grammes peuvent être retenus 
pour ce consommateur. A cet égard, il y a lieu de souligner que la police a, la 
plupart du temps, procédé à des calculs effectués sur la base d’extrapolations. Or, 
il n’y a pas de consommation stable chez les acheteurs, celle-ci étant très souvent 
en dents de scie.

10.5 Partant, pour ces mêmes raisons, il y a lieu de diminuer la quantité retenue pour le 
consommateur J.________ (D. 496). Ce dernier a expliqué avoir été en cure du 
AD.________ 2017 à début février (D. 499). Partant, seuls 6 mois et demi de 
consommation peuvent être établis à 1 gramme toutes les 2 semaines. Ainsi, c’est 
une quantité de 13 grammes seulement qui peut être retenue pour ce 
consommateur. 

10.6 S’ajoute à ce qui précède une dynamique de consommation en groupe pour 
plusieurs consommateurs. Par exemple, Q.________, qui a admis un achat de 4 
grammes auprès du prévenu, a expliqué avoir prêté son téléphone à plusieurs 
reprises. Par ailleurs, il est établi au dossier qu’il s’est rendu chez le prévenu 
uniquement à 3 reprises. Lorsque la police lui oppose la quantité retenue, il déclare 
que cela fait beaucoup. Partant, ici également, il faut réduire la quantité retenue par 
la première instance pour l’établir à maximum 4 grammes. Le consommateur 
K.________ a reconnu avoir acheté 40 grammes au prévenu. Toutefois, il a précisé 
qu’il commandait la marchandise avec d’autres personnes (D. 550). P.________ a 
également précisé avoir acheté une dizaine de grammes, mais aussi pour des 
amis, L.________ et U.________, qui habitaient avec lui. Selon E.________, 
U.________ et d’autres consommaient chez lui. Les consommateurs se 
connaissaient et souvent l’un appelait pour les autres, la facture étant partagée 
entre eux, de sorte qu’il faut être très prudent avec les quantités à retenir, afin de 
ne pas les comptabiliser à plusieurs reprises. 

10.7 En outre, plusieurs consommateurs, dont F.________ et H.________, ont expliqué 
que le prévenu ne vendait pas s’il manquait quelques francs. Partant, le prévenu a 
nécessairement pris des appels sans qu’une transaction se soit conclue en fin de 
compte. Il en va de même pour les rencontres lors desquelles la transaction ne se 
faisait pas forcément. Vu son intransigeance, le prévenu a manifestement fait des 
trajets pour rien. Ainsi, le critère du nombre de visites n’est pas non plus pertinent.

10.8 H.________ a estimé avoir acheté au prévenu 15 grammes de cocaïne. Ensuite, 
les agents de police lui ont opposés 44 grammes, ce à quoi il a répondu que cela 
lui paraissait beaucoup, pour finalement acquiescer aveuglément aux dires de la 
police. Il a précisé qu’il lui était arrivé d’appeler le prévenu et que la vente ne se 
fasse pas. Ainsi, il y a lieu de retenir uniquement 15 grammes. 

10.9 Quant à L.________, il a été incapable d’avancer une quantité totale et a expliqué 
avoir acheté 2 grammes par semaine. Toutefois, il a souligné avoir acheté de la 
marchandise également auprès d’autres revendeurs, de sorte qu’il n’y a aucune 

14

raison d’imputer au prévenu les 134 grammes calculés sur une base abstraite par 
la police. Seuls les 10 grammes initialement admis peuvent être retenus. 

10.10 Par ailleurs, les quantités que le prévenu a achetées à son fournisseur, 
C.________, sont fondées sur l’estimation des commandes des consommateurs, 
déduites de leurs déclarations. Au vu du fait que ces déclarations ne peuvent être 
suivies, le calcul des quantités achetées au fournisseur tombe également à faux. 
Les enquêteurs ont retenu une quantité moyenne livrée de 22 grammes par visite 
de celui-ci. Or, le jour de l’arrestation du prévenu, alors que C.________ venait de 
lui rendre visite, seuls 3,2 grammes de cocaïne ont été retrouvés chez lui. Cette 
visite n’a par ailleurs duré que 3 minutes, ce qui écarte toute visite de courtoisie. 
Partant, on ne saurait retenir que chaque visite correspond à une livraison. 

10.11 Au vu de ce qui précède, Me B.________ a conclu qu’il était impossible d’établir la 
quantité vendue par le prévenu sur la base des déclarations des consommateurs et 
des livraisons effectuées par C.________. Les seuls éléments tangibles au dossier 
sont les envois d’argent en Afrique sur la base desquels seul un bénéfice maximal 
de CHF 11'000.00 peut être établi, ce qui correspond à environ 152 grammes de 
cocaïne pure vendus au maximum, voire 105 grammes de cocaïne pure.

10.12 S’agissant de l’infraction de représentation de la violence, la défense a souligné 
que le prévenu lui-même a condamné le contenu de la vidéo litigieuse et a rappelé 
qu’il ne l’avait pas partagée. 

10.13 Le Parquet général a requis la confirmation intégrale du premier jugement. Il est 
revenu sur la crédibilité du prévenu, la qualifiant de totalement nulle, ce dernier 
n’ayant admis les faits qu’après avoir été confronté aux preuves irréfutables en 
possession des autorités de poursuite pénale. Lors de l’audience en débats 
d’appel, le prévenu n’a pas été capable d’estimer la quantité qu’il a vendue, alors 
que les déclarations des consommateurs se recoupaient énormément. La 
Procureure générale extraordinaire a expliqué qu’on ne pouvait pas se fier à la 
quantité retrouvée chez le prévenu le jour de la perquisition, puisque l’on savait que 
le prévenu revendait souvent très rapidement la drogue. En outre, le bénéfice 
maximal de CHF 11'000.00 retenu par la défense ne saurait l’être. Les déclarations 
des consommateurs doivent être taxées de crédibles, ces derniers n’ayant 
véritablement aucun avantage à gonfler les quantités achetées ni à enfoncer le 
prévenu. Les Juges de première instance ont correctement appliqué le principe in 
dubio pro reo, puisqu’ils ont retenu à chaque fois les quantités minimales. En outre, 
la période retenue pour le trafic du prévenu est bien plus courte que celle durant 
laquelle le prévenu a réellement vendu de la drogue, puisque l’on sait qu’il a payé 
son premier loyer en 2016 déjà. La quantité retenue par le Tribunal de première est 
la pointe de l’iceberg. Au vu de ses déclarations par devant la Cour de céans, le 
prévenu s’est permis de contester les quantités retenues, alors qu’il ne parvenait 
même pas estimer les quantités de cocaïne qu’il a vendues. 

10.14 S’agissant du métier, le Parquet général a rappelé que le prévenu avait consacré 
tout son temps libre au trafic de stupéfiants. Il n’a pas chômé et était véritablement 
un bosseur. Le prévenu a agi de manière égoïste, pour pouvoir envoyer de l’argent 
à ses proches en Afrique. Bien que ce but soit louable en soi, il aurait pu utiliser un 

15

moyen légal d’obtenir plus d’argent, au lieu de tomber dans la délinquance. Le 
prévenu touchait un salaire d’environ CHF 3'400.00 qu’il a pu doubler en vendant 
de la cocaïne. Le produit du trafic était stocké chez le prévenu en cash, de sorte 
qu’il y a bel et bien aucune trace de cet argent, qui a ensuite été envoyé en Afrique 
par différents canaux, dont certains sont restés inconnus des autorités. 

10.15 Quant à l’infraction de représentation de la violence, la vidéo litigieuse porte sur 
l’assassinat abject d’une femme par lapidation. Le prévenu a reçu cette vidéo et l’a 
conservée, après l’avoir téléchargée, c’est évident. Il avait l’intention ou, à tout le 
moins par dol éventuel, de posséder celle-ci et d’exercer une maîtrise sur elle. S’il 
ne souhaitait pas la conserver, il pouvait la supprimer à tout moment. Le Parquet 
général a souligné que le simple fait de regarder une vidéo sur Facebook ne 
déclenche pas automatiquement son téléchargement. 

11. Fait non contestés et faits contestés

11.1 Comme l’a souligné la première instance, il n’est pas contesté que le prévenu a été 
actif dans un vaste trafic de cocaïne. 

11.2 On relève entre autres que le prévenu a reçu la visite à son domicile de son 
fournisseur, C.________, à 42 reprises (D. 151-154 ; 4 livraisons sont établies 
seulement par surveillance téléphonique en temps réel [ci-après : CTA]) sur une 
période de deux mois et demi (D. 151-154). Le prévenu a d’ailleurs reconnu vendre 
de la cocaïne. Partant, il ne fait aucun doute que celui-ci se livrait à un trafic de 
cocaïne au moment de son interpellation, soit le 25 juin 2018. 

11.3 Toutefois, le prévenu conteste les quantités de cocaïne vendues renvoyées dans 
l’acte d’accusation et admet une quantité de cocaïne pure commercialisée bien 
inférieure, soit 105 à 152 grammes (D. 1691). Afin d’établir l’ampleur de l’activité 
délictuelle du prévenu, il y a lieu de se référer aux déclarations des 
21 consommateurs entendus au cours de l’enquête, dont 18 ont formellement 
reconnu le prévenu comme étant leur vendeur de cocaïne. L’écrasante majorité 
d’entre eux l’a reconnu sur photographie, présentée parmi un assortiment de 
portraits d’autres personnes. Les quelques autres consommateurs l’ont décrit de 
telle sorte que toute équivoque est exclue. Au fil des auditions, le prévenu a 
d’ailleurs finalement reconnu avoir vendu de la drogue à chacun d’entre eux. A cet 
égard, il est souligné que les consommateurs qui n’ont pas formellement reconnu 
le prévenu comme étant leur dealer de cocaïne n’ont pas été pris en compte dans 
l’acte d’accusation. 

11.4 Le prévenu conteste ainsi l’appréciation des preuves effectuée par les Juges de 
première instance relative à la quantité globale de cocaïne retenue en lien avec 
l’infraction grave à la LStup. Il conteste également s’être rendu coupable de 
l’infraction de représentation de la violence en sauvegardant sur son téléphone 
portable une vidéo montrant des actes de lapidation. 

12. Infraction grave à la LStup

12.1 En préambule, on constate que les écoutes téléphoniques actives et rétroactives 
ainsi que les autres mesures de surveillance permettent de se faire une idée assez 

16

précise de l’activité criminelle déployée par le prévenu et de l’énergie qu’il a 
investie dans le trafic de cocaïne ainsi que du fonctionnement de ce dernier.

12.2 Les quantités vendues par le prévenu étant le seul point d’appréciation des 
preuves contesté par la défense, il y a lieu de revenir sur les déclarations du 
prévenu et des acheteurs et de les confronter aux éléments objectifs du dossier. Il 
s’agira de contrôler les estimations effectuées par la première instance - qui s’est 
basée essentiellement sur le rapport de police - afin de déterminer si elles 
contiennent des extrapolations insoutenables, comme le prétend la défense, ou si 
la démarche peut être validée. A titre préliminaire, il est rappelé que lorsqu’un 
prévenu n’admet que partiellement les faits, les autorités de poursuite pénale sont 
contraintes de procéder par une démarche impliquant un certain schématisme, afin 
d’évaluer au plus juste les quantités de drogue vendues. 

12.3 Crédibilité des déclarations du prévenu

12.3.1 Il y a lieu tout d’abord de constater que le prévenu n’a reconnu aucun élément 
spontanément et a, à chaque fois, attendu d’être confronté à des éléments de 
preuve évidents avant d’admettre un fait (D. 737 l. 232-233 : « vous n’avez qu’à me 
poser les preuves sur la table » ; D. 738 l. 287 ; D. 1685 l. 20). Parfois, quand 
certains éléments lui sont opposés, le prévenu se contente de rire ou de sourire 
(D. 683 l. 32 ; D. 707 l. 305-307). A plusieurs reprises, le prévenu tente de noyer le 
poisson en tergiversant dans ses réponses. Il ne répond parfois même pas aux 
questions posées ou répond totalement à côté (D. 693 l. 195-196 ; D. 716 l. 793-
799). Il a également renvoyé à plusieurs reprises à ses précédentes déclarations, 
afin d’éviter de se contredire (D. 705 l. 241-249 ; D. 740 l. 400-406). Il a également 
adopté cette tactique en deuxième instance par devant la Cour de céans en 
renvoyant à ses précédentes déclarations quant à la quantité de drogue vendue, 
ne parvenant même pas avancer une estimation (D. 1687 l. 95ss) Le prévenu a 
essayé de décrédibiliser les déclarations des consommateurs par tous les moyens 
en tentant, dans un premier temps, d’expliquer qu’ils étaient des personnes en 
marge de la société auxquelles on ne peut pas se fier, alléguant que certains 
d’entre eux n’avaient tout simplement pas les moyens financiers d’obtenir les 
quantités qu’on lui reproche de leur avoir vendues. Dans un second temps, il a 
expliqué que tous les consommateurs l’avaient chargé auprès des autorités de 
poursuite pénale, car ils ne l’appréciaient pas. Il ne fera par ailleurs preuve d’aucun 
regret, si ce n’est en toute fin de l’instruction, alors qu’il a dit à plusieurs reprises 
connaître les dégâts causés aux consommateurs par la consommation de 
stupéfiants (D. 697 l. 333-339 ; D. 737-737 l. 259-263 ; D. 1315-1316 l. 45-47 et 1-
6). Il a tenté de justifier ses agissements en expliquant vouloir offrir une vie 
meilleure à ses enfants en Afrique en leur envoyant de l’argent, afin de leur 
permettre d’effectuer des études.

12.3.2 Au vu des éléments au dossier, il peut être établi clairement que le prévenu a menti 
à de nombreuses reprises aux autorités de poursuite pénale et que ses 
déclarations ont évolué au fur et à mesure des éléments qui lui étaient opposés. A 
cet égard, il est renvoyé au jugement de première instance qui met en évidence les 
contradictions qui émaillent les déclarations du prévenu (D. 1475-1480). Seules 
quelques-unes sont reprises à titre exemplatif. Ainsi, le prévenu a d’abord expliqué 

17

à deux reprises ne pas vendre de stupéfiants, lors de ses auditions de police du 
28 février et du 25 juin 2018. Dès le 26 juin 2018, il a reconnu vendre de la 
cocaïne, mais a ensuite toujours minimisé les quantités vendues. Dans un premier 
temps, il a admis avoir vendu au moins 60 grammes (D. 695 l. 244 et 259). Puis, le 
18 septembre 2018, confronté aux déclarations des consommateurs, il a relevé 
avoir vendu 25 grammes à U.________, 20 grammes à F.________ (D. 708 l. 
395), 10 grammes à L.________ (D. 709 l. 406), 2-3 grammes à P.________ 
(D. 709 l. 412), 7-8 grammes à E______ (E.________) (D. 711 l. 505), 5 grammes 
à D.________ (D. 712 l. 573), 5 grammes à AE.________ (D. 713 l. 638), ce qui 
représente un total d’au moins 74 grammes. Lors de son audition du 14 mai 2019, 
il a encore admis avoir vendu 7-8 grammes à Q.________ (D. 751 l. 232) et 1 
gramme à G.________ (D. 749 l. 141), ce qui augmente ce total à 82 grammes. Le 
prévenu a soutenu à plusieurs reprises être un consommateur irrégulier de 
stupéfiants, raison pour laquelle il possédait de la cocaïne (D. 680 l. 54 ; D. 683 l. 
32, 44 et 52 ; D. 691 l. 102 et 106). Toutefois, lors de ses deux interpellations, il 
était en possession de plus de 3 grammes et respectivement de 4.5 grammes de 
cocaïne, quantités importantes pour une consommation qualifiée d’occasionnelle 
(D. 156, D. 127, D. 849, D. 851, D. 854-855). En outre, à ces deux occasions, le 
test de dépistage de drogues effectué sur lui s’est avéré négatif (D. 157, D. 309 et 
D. 857). Finalement, il a admis avoir consommé de la cocaïne à une seule reprise, 
à titre d’essai, lors d’une soirée en 2017 ou 2018 (D. 713 l. 601-602).

12.3.3 Après avoir admis péniblement vendre de la drogue, le prévenu n’en est pas 
devenu plus constant dans ses déclarations pour autant. En effet, s’agissant de la 
manière dont il se fournissait en drogue, le prévenu a tout d’abord prétendu acheter 
au hasard à des dealers en ville de Bienne (D. 694 l. 221-222). Puis, il a expliqué 
s’être fourni généralement à Bienne auprès de la même personne, mais que si elle 
n’était pas là, quelqu’un d’autre venait (D. 696 l. 278-279). Questionné précisément 
à ce sujet, le prévenu a ensuite déclaré que son fournisseur habituel, C.________, 
venait lui livrer la marchandise 1 à 2 fois par semaine à Moutier (D. 694 l. 233) par 
quantité maximale de 5 grammes depuis 3 mois (D. 694 l. 229 et 238). Ainsi, il a 
admis lui avoir acheté environ 60 grammes (D. 695 l. 243-244). Lors de son 
audition suivante, le 18 septembre 2018, il a exposé que ses fournisseurs étaient 
venus lui livrer la marchandise chez lui à une seule reprise (D. 714 l. 667), que le 
plus souvent, l’échange se faisait dans un bar à Bienne (D. 715 l. 724) et qu’il ne 
les appelait pas plusieurs fois par semaine (D. 714 l. 662), alors que l’on sait 
pertinemment que ce n’est pas vrai. Il a ensuite affirmé acheter à son fournisseur 
dominicain toujours par quantité de 5 grammes (D. 715 l. 715 et 719), alors que 
quelques minutes après, il a indiqué lui avoir acheté en une fois la quantité 
maximale de 10 grammes (D. 716 l. 766). Il a ensuite expliqué être en affaire avec 
lui depuis 5-6 mois, lui avoir acheté pour 40 grammes et qu’il lui avait commandé la 
majorité de sa marchandise (D. 716 l. 762 et 774), ce qui ne correspond pas à ses 
précédentes déclarations. En fin de compte, l’enquête a pu démontrer, grâce à 
l’analyse des données téléphoniques interceptées, celle des données fournies par 
la caméra de surveillance installée près du domicile du prévenu et celle des 
données GPS de la balise dont était équipée la voiture de C.________ que le 
prévenu a reçu la visite de ce fournisseur à au moins 32 reprises entre le 

18

AU.________ 2018 et le 25 juin 2018, ce qui correspond à une rencontre tous les 
1.8 jours pour une quantité minimale de 730 grammes, soit 66 grammes par 
semaine (D. 133 et 195). La durée de ces rencontres, presque toujours inférieure à 
5 minutes (D. 151-154), démontre à elle seule qu’il s’agissait de livraisons de 
cocaïne et non de visites de courtoisie comme a tenté de le faire croire le prévenu 
(D. 716 l. 780 et 790). De plus, les contrôles téléphoniques rétroactifs (ci-après : 
CTR) ont permis d’établir que le prévenu et C.________ se sont contactés 
régulièrement entre le 5 février 2018 et le 8 avril 2018. Durant cette période, les 
deux individus ont été en contact à 178 reprises, le prévenu ayant contacté 
C.________ à 51 dates différentes. Sur la base des contrôles téléphoniques actifs 
effectués par la suite, il a été établi qu’à chaque fois que le prévenu contactait 
C.________, c’était pour obtenir de la drogue de sa part (D. 133s.). Le prévenu est 
en revanche constant dans ses déclarations quant au prix qu’il payait à son 
fournisseur, soit CHF 60.00 le gramme (D. 695 l. 262 ; D. 716 l. 766), ce qui lui 
permettait de tirer un bénéfice de CHF 40.00 par « gramme » vendu. 

12.3.4 Une fois qu’il a reconnu avoir vendu de la drogue, le prévenu a expliqué ne pas 
connaître les noms de ses clients, à l’exception de ceux de D.________ et de 
E.________ (D. 695 l. 268 et 270). Lors de son audition suivante, il a donné 
spontanément le nom de deux de ses clients, soit L.________ et F.________ (D. 
702 l. 59), puis celui de U.________ (D. 703 l. 143). Il a d’ailleurs indiqué que 
U.________ avait été son premier client et que celui-ci avait transmis son numéro à 
F.________. Enfin, lors de ses auditions du 2 avril 2019 par-devant la police et du 
14 mai 2019 par-devant le Procureur, les différents consommateurs ont tous été 
passés en revue et le prévenu les a reconnus, puisqu’il a presque 
systématiquement contesté les quantités avancées par ceux-ci. Pour illustrer à quel 
point le prévenu est irrégulier dans ses déclarations, il suffit, par exemple, de se 
référer à son audition lors de laquelle une conversation du 12 mai 2018 à 14:32 
heures lui a été opposée. Il a admis à quelques minutes d’intervalle avoir vendu à 
AE.________ 2, 3 puis 5 grammes de cocaïne (D. 713 l. 617, 626 et 638). 

12.3.5 Le prévenu a tenté de faire croire qu’il vendait sa marchandise au prix de 
CHF 70.00-80.00, réfutant tout bénéfice (D. 695 l. 247), pour l’admettre quelques 
instants plus tard (D. 695 l. 265). Puis, il a précisé qu’il faisait le gramme entre 
CHF 70-100.00 et que cela dépendait de l’argent que les acheteurs avaient (D. 695 
l. 251-252). Confronté aux déclarations des acheteurs qui tous, à l’exception de 
X.________, ont fait part d’un prix fixe de CHF 100.00, le prévenu a confirmé ce 
point (D. 704 l. 196), tout en précisant que parfois il faisait CHF 70.00-80.00 le 
gramme, mais qu’il ne le faisait qu’une seule fois, afin que cela ne devienne pas 
une habitude.

12.3.6 Le prévenu a en outre insisté sur le fait qu’aucun stock n’avait été découvert chez 
lui (D. 683 l. 32-33 ; D. 704 l. 171-172 ; D. 748 l. 90-93 et D. 1685 l. 10-15), ce qui 
démontrerait qu’il n’a pas vendu des quantités aussi conséquentes que ce qu’ont 
affirmé les acheteurs entendus. Il est en effet relevé que la perquisition effectuée 
chez lui n’a permis de découvrir qu’une faible quantité de cocaïne 
(4 boulettes/parachutes ; D. 863). Toutefois, il y a lieu de souligner que lorsque le 
prévenu n’avait plus de stock, il contactait son fournisseur qui était sur place en 

19

30 minutes. Il est également rappelé que celui-ci se rendait très souvent chez le 
prévenu, de sorte que le prévenu pouvait travailler en flux tendu, sans jamais se 
retrouver avec une très grosse quantité de drogue à son domicile. Quoi qu’il en 
soit, il est souligné que c’est le prévenu qui a spontanément montré la drogue chez 
lui lors de la perquisition et que ce n’est pas les policiers qui l’ont découverte 
(D. 683 l. 35-36). En effet, lors de l’audience des débats en première instance, il a 
même précisé que c’était lui qui avait montré la cocaïne aux policiers qui avaient 
préalablement fouillé son appartement sans rien trouver (D. 1314 l. 9-10). Partant, 
il n’est pas totalement exclu que toute la drogue en mains du prévenu à cette date 
n’ait pas été découverte lors de la perquisition à son domicile. 

12.3.7 En outre, quant au fait que la quantité de drogue vendue et le bénéfice retenus en 
première instance ne correspondent pas aux montants envoyés via Western Union 
et Ria par le prévenu, il y a lieu de relever que le prévenu pouvait sans autres avoir 
eu recours à d’autres sociétés – seules Western Union et Ria Financial Services 
ayant été l’objet d’un mandat de dépôt (D. 219) – pour transférer cet argent ou à 
des convoyeurs. Cette impression est en outre renforcée par le fait que le prévenu 
semblait gérer une construction en Afrique, qu’il devait probablement payer avec 
l’argent du trafic (D. 718 l. 896-899 ; D. 737 l. 211). Il est souligné à cet égard que 
le prévenu a également parlé de s’être fait voler 5 tickets lors de son cambriolage, 
ce qui, en Suisse, signifie CHF 5'000.00 (D. 734 l. 87-88). On notera qu’il a aussi 
envoyé de nombreux biens en Afrique (D. 126). 

12.3.8 Ainsi, il y a lieu de constater que le prévenu n’est clairement pas crédible dans ses 
déclarations, ce dernier cherchant à tout prix à minimiser les quantités vendues et 
à se disculper au maximum. Il n’a fait qu’adapter sa version des faits en fonction 
des moyens de preuve objectifs découverts durant l’instruction et qui lui étaient 
opposés, mettant ainsi à mal la cohérence globale de son récit. Il a finalement 
admis une partie des faits renvoyés, mais à chaque fois au compte-gouttes, acculé 
par les éléments à sa charge, et seulement après que l’instruction les eut établis 
sans guère de doute possible. Comme souligné par le Tribunal de première 
instance, le prévenu n’a admis que ce qu’il ne pouvait raisonnablement pas nier au 
vu des éléments de preuve au dossier. S’ajoute à cela qu’il n’a eu de cesse de 
louvoyer et de tenter de noyer le poisson en répondant à côté des questions 
posées, essayant ainsi d’éviter de se contredire.

12.4 Crédibilité des déclarations des consommateurs

12.4.1 Comme le souligne à juste titre le Tribunal de première instance, il est frappant de 
constater que les acheteurs décrivent globalement tous de la même manière la 
façon de fonctionner du prévenu. Ils l’ont presque tous reconnu sur la planche-
photo qui leur était soumise (D. 373 l. 64-68 ; D. 644 l. 100-103 ; D. 311 l. 39 ; 
D. 331 l. 28-29 ; D. 339 l. 26-31 ; D. 432 l. 23-29 ; D. 458 l. 27-30 ; D. 497 l. 25-28 ; 
D. 512 l. 29-33 ; D. 529 l. 35-38 ; D. 548 l. 33-36 ; D. 564 l. 122-133 ; D. 581 l. 25-
28 ; D. 594 l. 25-29 ; D. 611 l. 27-35 ; D. 662 l. 50-57). Ils connaissent souvent son 
surnom, soit AF.________ ou AG.________ (D. 311 l. 20-22 et 39 ; D. 339 l. 26-
31 ; D. 420 l. 64-65 ; D. 458 l. 49-50 ; D. 497 l. 25-28 ; D. 512 l. 23-24 et 29-33 ; D. 

20

548 l. 28-36 ; D. 548 l. 42-45 ; D. 581 l. 22-23 ; D. 594 l. 25-29 ; D. 611 l. 36-44 ; D. 
663 l. 61-64), son adresse (D. 644 l. 117-122 ; D. 312 l. 57-58 ; D. 458 l. 36-40 ; D. 
485 l. 48-56 ; D. 512 l. 38-47 ; D. 529 l. 22-25 et 62-63 ; D. 538 l. 58-72 ; D. 548 l. 
47-49 ; D. 581 l. 34-35 ; D. 662 l. 36-38 et 44-48), ainsi que la marque et la couleur 
de son véhicule (D. 627 l. 160-167 ; D. 630 l. 330-331 ; D. 332 l. 90-92 ; D. 343 l. 
215-218 ; D. 434 l. 139-141 ; D. 460 l. 144-149 ; D. 529 l. 33 ; D. 662 l. 33), car 
A.________ venait fréquemment livrer avec sa AH.________, quand ses clients 
n’allaient pas chercher directement la drogue chez lui. Ils se rejoignent également 
en nombre sur le caractère froid du prévenu qui agissait sans émotion à leur égard 
et qu’ils décrivent souvent comme une personne méchante, agressive, méprisante 
et dure en affaire (D. 380 l. 420 ; D. 407 l. 186-188 ; D. 638 l. 217 ; D. 640 l. 296-
297 ; D. 644 l. 141-142 ; D. 646 l. 221-224 ; D. 645 l. 150 ; D. 646 l. 224-225 ; 
D. 311 l. 41-44 ; D. 314 l. 158-171 ; D. 332 l. 102-106 ; D. 340 l. 95-99 ; D. 343 
l. 208-209 ; D. 514 l. 109-113 ; D. 515 l. 188-189 ; D. 568 l. 303-306 ; D. 614 l. 182-
185 ; le prévenu a expliqué avoir été dur D. 755 l. 416 et D. 704 l. 197). Les 
acheteurs ont tous expliqué avoir payé CHF 100.00 le gramme auprès du prévenu 
(D. 358 l. 156-160 ; D. 359 l. 248 ; D. 373 l. 87 ; D. 627 l. 185-190 ; D. 646 l. 228-
230 ; D. 652 l. 515 et 536-539 ; D. 312 l. 65-68 ; D. 332 l. 89-90 ; D. 340 l. 78-93 ; 
D. 341 l. 141-146 ; D. 420 l. 91-93 ; D. 421 l. 120-123 ; D. 435 l. 168-170 ; D. 459 
l. 100-102 ; D. 499 l. 138-139 ; D. 513 l. 82-86 ; D. 531 l. 137-139 ; D. 532 l. 171-
173 ; D. 541 l. 185-188 ; D. 549 l. 93-96 ; D. 550 l. 144-146 ; D. 583 l. 127-129 ; 
D. 596 l. 102-104 ; D. 598 l. 218-220 ; D. 613 l. 121-125 ; D. 664 l. 111-113). Seul 
X.________ a précisé qu’après un certain temps, il avait réussi à payer le gramme 
entre CHF 70.00 et CHF 80.00, car il appelait très souvent le prévenu et pour 
minimum 2 grammes (D. 565 l. 160-163 ; D. 567 l. 270-273 ; D. 567 l. 280-286). 
Beaucoup ont précisé que la quantité minimale que vendait le prévenu était un 
gramme. Parfois, le prévenu vendait sous la forme de demi-grammes à CHF 50.00, 
mais cela était rare car il n’appréciait pas de le faire (D. 314 l. 155-156 ; D. 460 
l. 124-127 ; D. 514 l. 103-107 ; D. 613 l. 121-125, confirmé par le prévenu D. 705 
l. 223). Ils ont également presque tous précisé qu’il fallait comprendre par 
« gramme » une quantité de 0.8 gramme (ce que le prévenu a confirmé en D. 704 
l. 202), le prévenu vendant en fait cette quantité sous forme de boulette ou dans 
des sachets (D. 627 l. 185-190 ; D. 646 l. 228-230 ; D. 313 l. 106 ; D. 341 l. 141-
146 ; D. 513 l. 77-78 ; D. 583 l. 133-134 ; D. 596 l. 102-104 ; D. 598 l. 218-220). De 
très nombreux consommateurs ont également indiqué que le prévenu ne faisait pas 
de cadeau ni ne pratiquait de rabais (D. 627 l. 185-190 ; D. 646 l. 246-250 ; D. 311 
l. 41-44 ; D. 312 l. 65-68 et 76-77 ; D. 313 l. 119-127 ; D. 332 l. 94-96 ; D. 341 
l. 148-157 ; D. 420 l. 95-102 ; D. 435 l. 172-180 ; D. 460 l. 104-111 ; D. 500 l. 154-
162 ; D. 513 l. 82-91 ; D. 532 l. 175-185 ; D. 541 l. 190-199 ; D. 550 l. 148-156 ; 
D. 567 l. 275-278 ; D. 583 l. 140-147 ; D. 598 l. 222-232 ; D. 613 l. 131-138 ; D. 664 
l. 115-128). Ils ont quasiment unanimement estimé que la drogue vendue par lui 
était d’une bonne, voire très bonne qualité (D. 312 l. 55, 71-74 et 90-93 ; D. 340 
l. 95-99 ; D. 343 l. 232 ; D. 503 l. 313-318 ; D. 514 l. 134-137 ; D. 515 l. 176-178 ; 
D. 596 l. 102-104), ce qui peut être confirmé par le taux de pureté assez élevé de 
la drogue retrouvée en sa possession à deux reprises et de celle retrouvée sur l’un 
de ses clients (D. 160, D, 162 et D. 164). Partant, sur tous ces points, on peut 

21

d’emblée constater que les consommateurs sont convergents dans leurs réponses 
et ne peuvent de ce fait être soupçonnés d’avoir menti, ce d’autant plus que leurs 
déclarations sont ici corroborées par celles du prévenu. Ce dernier prétend 
pourtant qu’ils ont tous menti sur la question de la quantité (D. 752 l. 262).

12.4.2 Le prévenu a affirmé lors de son audition du 14 mai 2019 par devant le Ministère 
public que les quantités avancées par les acheteurs étaient grossies 
artificiellement, afin de lui porter préjudice, car ces derniers ne l’appréciaient pas 
(D. 752 l. 265). Il est vrai que le prévenu a été décrit par une bonne part d’entre eux 
comme étant une personne froide et sans émotion (voir ci-dessus). Toutefois, à 
aucun moment l’un deux n’a précisé que le prévenu n’avait pas été correct en tant 
que vendeur, ce d’autant plus que la qualité offerte était au rendez-vous et qu’ils 
ont globalement tous acheté de la drogue au prévenu jusqu’à la date de son 
arrestation en juin 2018. En outre, la quantité vendue aux consommateurs ayant 
qualifié le prévenu de sympathique (D. 311 l. 41-42 ; D. 435 l. 199-205 ; D. 460 
l. 129-131 ; D. 500 l. 179-181 ; D. 501 l. 209-211 ; D. 549 l. 56-58 ; D. 584 l. 177-
180 ; D. 598 l. 248-252 ; D. 664 l. 148-151) a également été contestée par la 
défense, ce qui ne ferait aucun sens. A cela s’ajoute, comme relevé par le Tribunal 
de première instance, qu’au début de chaque audition, les personnes entendues 
ont été informées qu’induire la justice en erreur ou accuser faussement quelqu’un 
est une infraction sévèrement sanctionnée. Les acheteurs savaient donc qu’ils 
s’exposaient à des poursuites pénales en cas de mensonges délibérés. On peine à 
comprendre pourquoi ils auraient pris un tel risque pour charger un vendeur de 
drogue avec lequel ils n’avaient que très peu de liens, si ce n’est pour se fournir en 
stupéfiants. Il est rappelé que toutes les quantités avancées par les 
consommateurs sont contestées, à l’exception de quelques-unes qui sont très 
modestes. Il est donc impensable que tous les consommateurs aient 
volontairement menti pour faire accuser faussement le prévenu. 

12.4.3 Le prévenu a également remis en cause la méthode utilisée par les agents de 
police afin de déterminer les quantités acquises auprès du prévenu par les 
acheteurs. Il a expliqué que lesdites quantités avaient clairement été surestimées 
par rapport à celles effectivement vendues. Tout comme les premiers Juges, la 
Cour de céans ne peut que constater que les auditions de ces personnes se sont 
déroulées dans les règles de l’art, menées par des policiers rompus à l’exercice de 
l’audition. Les acheteurs ont tout d’abord pu faire des déclarations spontanées en 
lien avec la présente procédure et le prévenu. Il leur a ensuite été posé des 
questions générales sur ce dernier, comme par exemple, s’ils le connaissaient, s’ils 
pouvaient le décrire et le reconnaître sur une planche-photos, quel était son 
surnom, son domicile et son moyen de déplacement. Par la suite, les agents de 
police ont questionné les consommateurs sur la fréquence de leurs rendez-vous et 
sur la date de leur première rencontre. Il leur a ensuite été demandé s’ils leur 
arrivaient de se rencontrer pour d’autres raisons que pour le commerce de 
stupéfiants. Les policiers ont ensuite interrogé les consommateurs sur la quantité 
qu’ils achetaient par rencontre et sur la quantité globale achetée auprès du 
prévenu. Ces réponses ont ensuite été comparées avec les résultats des 
investigations policières, à savoir au nombre de contacts établis par les écoutes 
téléphoniques et les observations entre avril et juin 2018. Puis, les policiers ont 

22

procédé avec les acheteurs à un calcul sur la base des informations obtenues. Ces 
derniers pouvaient à tout stade contester les éléments pris en compte dans ledit 
calcul et le raisonnement des agents de police était effectué directement avec eux 
et en leur présence. Il est vrai que les acheteurs se sont souvent étonnés du 
résultat obtenu, soit de la quantité totale de stupéfiants achetée auprès du prévenu. 
Toutefois, il est notoire que les consommateurs de stupéfiants n’ont pas pour 
habitude d’effectuer un tel calcul et qu’ils ont plutôt tendance à minimiser 
consciemment ou inconsciemment leur consommation, afin d’occulter la 
problématique de leur relation ou dépendance aux stupéfiants. Au surplus, l’achat 
du produit en question relève plus souvent d’un besoin que d’un plaisir, de sorte 
que la dépense y relative n’est guère conscientisée par ceux-ci. Il est donc 
parfaitement logique que plusieurs d’entre eux aient été surpris quand on leur a 
soumis l’estimation quantitative de cocaïne achetée auprès du prévenu et de la 
somme d’argent que cela représentait. Une grande partie d’entre eux sont des 
personnes totalement prises dans l’obsession de la consommation quotidienne et 
de l’obtention de fonds pour la financer, de sorte que toute leur vie tourne autour de 
ces éléments. Cela ressort de la fréquence extrêmement élevée des acquisitions 
effectuées par la plupart les acheteurs entendus qui, pour certains, venaient se 
ravitailler parfois plusieurs fois par jour, ce qui ressort des contrôles téléphoniques 
en temps réel. Les informations qu’ils donnent quant à la fréquence des rencontres, 
la quantité achetée par transaction et le prix sont donc parfaitement crédibles. Quoi 
qu’il en soit, tous les consommateurs ont accepté et confirmé les quantités 
auxquelles aboutissaient les calculs effectués avec eux par la police, alors que rien 
ne les y obligeait. 

12.4.4 De surcroît, les policiers ont encore effectué une vérification auprès des gros 
acheteurs, afin de s’assurer qu’ils étaient financièrement capables d’acquérir les 
quantités de drogue mentionnées. Ils leur ont ainsi demandé d’expliquer comment 
ils arrivaient à financer leur consommation. Ces derniers ont alors expliqué sans 
détour, de manière convaincante et sans contradiction, comment il leur avait été 
possible de payer la cocaïne achetée (D. 566 l. 209 et 219 ; D. 567 l. 265ss ; 
D. 570 l. 429 ; D. 597 l. 192 ; D. 584 l. 166 ; D. 433 l. 101-104 ; D. 436 l. 225-229 ; 
D. 340 l. 82 et 86-87 ; D. 364 l. 53-54 ; D. 372 l. 30-54 ; D. 375 l. 164-170 ; D. 380 
l. 426-427 ; D. 637 l. 167-175 ; D. 652 l. 510-521 et 536-539). Il est renvoyé à cet 
égard aux motifs du Tribunal de première instance que la Cour de céans fait siens 
(D. 1483, second paragraphe). Partant, il y a lieu de retenir que les déclarations 
des acheteurs sont crédibles, se recoupant avec le résultat des investigations 
policières.

12.4.5 Des déclarations des acheteurs, il ressort de l’avis des enquêteurs que le prévenu 
leur a vendu entre 1'470,25 et 1'522,75 grammes de cocaïne (sans tenir compte 
des ventes à E.________ et D.________), soit : 

F.________ 640 grammes achetés en groupe 
dont entre 3 et 4 grammes par semaine, soit entre 312 et 416 grammes 
de consommation personnelle

G.________ 1 gramme (2 x 0,5) 
H.________ 59 grammes 

23

O.________ 27 - 28,5 grammes 

P.________ 10 grammes (achats groupés dont 2 à 3 grammes pour sa 
consommation) 

AI.________ - 
AJ.________ - 
Q.________ 17 grammes 
R.________ 60 grammes 

S.________ 15 - 16 grammes 

Il est souligné à cet égard qu’il s’agit de quantités minimales, puisque tous les 
consommateurs n’ont pas été entendus (D. 141). Les quantités achetées par le 
couple AL.________ au prévenu seront examinées ci-dessous. En outre, afin de 
tenir compte de certains éléments particuliers de fait (consommation en groupe, 
déclarations non-affirmatives du consommateur exprimant un doute, etc.) et du 
principe in dubio pro reo, la Cour va procéder à une réduction de certaines 
quantités dans la mesure de ce qui suit. Il est en outre relevé que le Tribunal de 
céans est tenu par le principe de l’interdiction de la reformatio in peius et qu’il ne 
peut donc, quoi qu’il en soit, pas admettre – d’une manière qui aurait un impact sur 
son dispositif – une quantité globale supérieure à celle retenue par les premiers 
Juges.

12.4.6 S’agissant des achats du couple D.________ et E.________, les écoutes actives et 
les observations ont permis de déterminer que le prévenu leur avait fourni, entre le 
9 avril 2018 et le 24 juin 2018, une quantité de cocaïne s’élevant à 163,5 grammes, 
pour une moyenne de 1,99 grammes par achat (D. 124-125 du dossier édité PEN 
AM.________ ; à noter qu’il ressort de la motivation du jugement contre 
E.________ que la quantité de 2 grammes par achat a été retenue dans ce 
contexte [D. 1592]). Pour la période antérieure, du 1er février au 8 avril 2018, les 
contrôles téléphoniques rétroactifs et les observations via la caméra placée aux 
fins de surveiller l’immeuble de domicile du couple permettent d’établir entre 46 et 
47 rencontres entre le prévenu et ledit couple (D.123 du dossier édité PEN 
AM.________). En effet, la surveillance par prise de séquences filmées démontre 
que le prévenu s’est rendu à 47 reprises à la AN.________, chez le couple, qui a 
d’ailleurs souligné que le prévenu se rendait là uniquement pour le trafic (D. 645 l. 
167 ; D. 380 l. 420). A cet égard, les policiers ont pu constater qu’il n’y restait que 
très peu de temps, ce qui permet définitivement d’exclure toute visite de courtoisie. 
Pour la période allant du 6 novembre 2017 au 31 janvier 2018, le dossier ne 
contient que des mesures de surveillance rétroactives. Au total, 239 contacts ont 
eu lieu entre le numéro fixe du couple AL.________ (032 534 10 53) et le prévenu 
(du 7 novembre 2017 au 6 mai 2018) et 433 contacts ont eu lieu entre ce couple et 
le prévenu (du 6 janvier 2018 au 5 juillet 2018, resp. jusqu’à son arrestation, le 

T.________ env. 120 grammes 

I.________ 44 - 47 grammes 
J.________ 36 - 41 grammes 
K.________ 40 - 60 grammes (achats en groupe) 
L.________ au minimum 134 grammes 
X.________ 157,25 – 174,25 grammes 
M.________ 30 - 35 grammes (consommation personnelle) + 

32 grammes achetés en groupe 
N.________ 48 grammes 

24

25 juin 2018) via le numéro de téléphone portable du couple 078 748 55 45 (D. 126 
du dossier édité PEN AM.________), étant précisé qu’un seul de ces contacts s’est 
produit le 25 juin 2018. 338 de ces contacts ont eu lieu entre le 6 novembre 2017 et 
le 8 avril 2018 (D. 124 du dossier édité PEN AM.________) et 173 entre novembre 
2017 et le 29 janvier 2018 (données résultant des extraits des CTR entre les deux 
numéros du couple AL.________ et le numéro du prévenu ; D. 847). Pour cette 
première période du 6 novembre 2017 au 31 janvier 2018, les enquêteurs ont 
ensuite très justement procédé aux regroupements des contacts qui ont conduit au 
final à une vente, chaque contact ne menant pas forcément à une vente de 
cocaïne. Ainsi, ils ont estimé que le prévenu avait vendu à 37 reprises de la 
cocaïne au couple AL.________ entre le 6 novembre 2017 et le 30 janvier 2018 
(D. 124 du dossier édité PEN AM.________), ce qui représente véritablement un 
minimum à retenir au vu du nombre de contacts établis entre eux, contacts portant 
au demeurant exclusivement sur l’achat de stupéfiants. En reprenant la quantité 
moyenne achetée par transaction de la troisième période (entre le 9 avril et le 
24 juin 2018) de 1,99 grammes, la quantité acquise par le couple susmentionné 
auprès du prévenu s’élève au total à 73,63 (1e période : 1,99 x 37), 
91,54 (2e période : 1,99 x 46), et 163,5 grammes, soit 328,67 grammes de cocaïne 
au total pour les trois périodes susmentionnées, ce qui est une quantité évaluée de 
manière très favorable au prévenu. Il sied de noter que ce couple a été condamné 
le 9 septembre 2020 (procédure PEN AM.________) précisément pour la revente 
d’une partie de cette marchandise, notamment (D. 1576-1626), et que ce jugement 
est entré en force. A cette occasion, il a été retenu que le couple formé par 
E.________ et D.________ avait acquis 329,5 grammes auprès du prévenu 
(D. 1593). Il est précisé que les consommateurs H.________, G.________, 
F.________, L.________ et M.________ ont reconnu avoir également acheté de la 
marchandise à ce couple. Toutefois, ces consommateurs ont clairement fait la 
différence entre leurs achats auprès du prévenu et ceux auprès du couple 
AL.________. Dans les calculs ci-dessous, il n’est évidemment tenu compte que 
des quantités établies achetées au prévenu directement. Ainsi, les déclarations de 
E.________, qui a parlé de consommation partagée avec ses amis chez lui (D. 643 
l. 71-72), n’ont pas d’incidence sur la présente évaluation de la quantité vendue à 
chaque acheteur de A.________. On notera au surplus que E.________ a expliqué 
avoir appliqué la même méthode que D.________, soit revendre le « gramme » au 
même prix qu’il l’avait acquis auprès du prévenu, mais après avoir prélevé sur cette 
quantité environ 0.2 grammes pour sa propre consommation (D. 652 l. 512-515), 
ceci alors que son client se trouvait chez lui (D. 652 l. 501-504 et 527), ce qui peut 
aussi expliquer cette évocation d’une pseudo consommation partagée, laquelle n’a 
pas de conséquence sur la présente évaluation. 

12.4.7 S’agissant de H.________, les contrôles téléphoniques actifs prouvent qu’il a 
rencontré le prévenu à 38 reprises durant la période de la surveillance (du 9 avril 
au 24 juin 2018). Il ressort du contenu des conversations des 10, 21, 23, 24, 28 
avril et 9 et 15 mai 2018 que H.________ a acquis un total de 11 grammes à ces 
occasions. Pour les 28 autres transactions, les dialogues ne permettent pas 
d’établir la quantité remise. Il faut toutefois, dans un raisonnement in dubio très 
favorable au prévenu, retenir qu’un gramme a été acquis à chaque reprise, car 

25

H.________ a précisé avoir acheté au prévenu par quantité d’un gramme (D. 340 l. 
63 et D. 342 l. 172), le rencontrant au surplus uniquement pour le trafic (D. 340 
l. 59). En outre, il a souligné que le prévenu ne s’était jamais déplacé pour rien, car 
il s’arrangeait toujours pour avoir l’argent (D. 342 l. 157-159). Partant, au vu de ce 
qui précède, il est évident qu’à tout le moins 39 grammes ont été achetés par 
H.________ entre le 10 avril et le 24 juin 2018. H.________ a précisé avoir 
rencontré le prévenu en janvier-février 2018 et lui avoir acheté beaucoup moins de 
cocaïne entre janvier et mars, soit environ 15 grammes (D. 341 l. 120). Toutefois, il 
a également expliqué qu’il lui avait acheté entre 10 et 15 grammes avec 
D.________ (D. 344 l. 298) et que c’était elle qui téléphonait au prévenu pour 
passer commande. Ainsi, il faut tenir compte d’un éventuel achat partagé avec 
D.________. Cependant, les contrôles téléphoniques rétroactifs démontrent que 
H.________ a eu des contacts téléphoniques directs avec le prévenu avant le 9 
avril 2018, ceci au total à 87 reprises de sorte que si la quantité totale retenue par 
les enquêteurs de 59 grammes dans le rapport de police (D. 128) peut être 
éventuellement quelque peu excessive si l’on part d’un raisonnement in dubio, celle 
de 50 grammes admise par le tribunal de première instance doit être considérée 
comme établie, même en considération d’un éventuel achat partagé avec 
D.________, ceci d’autant plus que dans un tel cas de figure, c’était cette dernière 
qui contactait le prévenu. Quoi qu’il en soit, il est rappelé que dans ce genre de 
procédure où la collaboration du prévenu est minimale, un certain schématisme 
dans l’établissement des faits est inévitable.

12.4.8 Concernant les quantités achetées par F.________ , il y a lieu de noter que ce 
dernier est connu pour être un très gros consommateur de cocaïne, ce qui est par 
ailleurs confirmé par les propos de AJ.________ qui a expliqué que celui-ci avait 
« continué à plonger » et que « ces dernières années, il consommait beaucoup de 
cocaïne » (D. 473 l. 120). F.________ l’a dit lui-même, il était « le numéro un » des 
clients du prévenu (D. 314 l. 156). Le concernant, l’accusation n’a clairement pas 
retenu de quantité à double, AK.________, AY.________ et un certain 
AZ.________ « qui habit[ait] en dessus de la gare » (D. 315 l. 208 et 211), avec qui 
F.________ consommait, ne figurent pas dans la liste des consommateurs de 
l’acte d’accusation. L.________ a, quant à lui, clairement différencié sa 
consommation personnelle des quantités achetées par F.________. L.________ a 
d’ailleurs estimé avoir acheté au prévenu la quantité minimale de 134 grammes 
pour sa consommation personnelle, spécifiant que la cocaïne achetée par 
F.________ n’était pas incluse (D. 519 l. 392). Contrairement à ce que soutient la 
défense, il a clairement parlé de la drogue qu’il avait achetée au prévenu (D. 513 l. 
75), sans y inclure les quantités achetées à d’autres revendeurs, ceci d’autant que 
les questions posées étaient sans équivoque à cet égard (D. 513 l. 64-65 et D. 519 
l. 368-369 et 389-390). C’est donc une quantité de 134 grammes qui est retenue 
pour L.________. Quant à M.________, il a expliqué avoir, à deux reprises, 
consommé 2-3 grammes avec F.________, mais que c’était ce dernier qui avait 
acheté la marchandise (D. 596 l. 132-135). S’agissant de U.________, F.________ 
n’a pas expliqué qu’il achetait avec lui de la marchandise, mais qu’ils la 
consommaient ensemble (D. 315 l. 208), de sorte qu’il n’y a pas besoin de déduire 
quoi que ce soit à ce titre. Le Tribunal de première instance a réduit in dubio la 

26

durée pendant laquelle F.________ avait estimé avoir acheté de la cocaïne au 
prévenu de 2 ans à 18 mois, ce que la Cour de céans considère comme très 
généreux, F.________ ayant évoqué la durée de 2 ans à plusieurs reprises (D. 312 
l. 81 ; D. 313 l. 99 ; D. 313 l. 113 et D. 314 l. 175). Quant aux quantités renvoyées, 
il a pu être établi qu’il y avait eu beaucoup de contacts entre le prévenu et 
F.________ durant le mois d’avril 2018, mais moins durant le mois de mai de la 
même année, de sorte que le Tribunal de première instance a correctement 
retranché une partie de la quantité renvoyée pour cette période. En outre, 
F.________ a expliqué avoir acquis 25-30 grammes de cocaïne auprès de 
E.________ (D. 316. l. 251), que le Tribunal de première instance a également 
décompté in dubio, ce qui est particulièrement généreux, puisque F.________ fait 
clairement allusion dans ses déclarations à la quantité achetée au prévenu 
(« AF.________ me vendait environ 40 grammes […] avant son arrestation ») et 
non à sa consommation globale (D. 315 l. 195-206). Partant, le Tribunal de céans 
retient, tout comme le Tribunal de première instance, que F.________ a acquis 
auprès du prévenu une quantité minimale de 400 grammes de cocaïne. 

12.4.9 S’agissant de M.________ et K.________, il est précisé que tous les deux ont 
expliqué avoir consommé en groupe. K.________ a relevé qu’il ne consommait 
jamais seul, tandis que M.________ a expliqué qu’environ la moitié de la cocaïne 
qu’il a achetée était pour sa seule consommation et l’autre moitié pour le groupe 
(D. 597-598). Partant, il est effectivement possible que les 32 grammes de cocaïne 
acquis en groupe par M.________ soient compris dans les 40 grammes de cocaïne 
acquis par K.________. Ainsi, il y a lieu de retenir que K.________ a acquis 40 
grammes de cocaïne et M.________ 30 grammes de cocaïne auprès du prévenu 
(D. 597 l. 182 et 186). P.________ a également expliqué avoir acheté une dizaine 
de grammes pour des personnes qui étaient chez lui et 2-3 grammes pour sa 
consommation personnelle (D. 420 l. 85-87). Dans le doute, il ne sera pas tenu 
compte de la quantité achetée pour des tiers, car elle pourrait également se 
recouper avec les quantités susmentionnées partagées. Ainsi, pour P.________, 
seuls 2 grammes seront comptabilisés, le prévenu ayant en outre reconnu lui avoir 
vendu cette quantité (D. 709 l. 411 et D. 740 l. 392). Partant, contrairement à ce 
que soutient la défense, la quantité retenue pour ces consommateurs n’a pas été 
comptée à double chez d’autres consommateurs, puisque la cocaïne achetée pour 
une consommation en groupe a été occultée. De manière générale et au vu de ce 
qui figure ci-dessus (également aux chiffres précédents), la consommation en 
groupe n’a pas donné lieu à une double prise en considération. 

12.4.10 S’agissant de l’argument de la défense selon lequel le fait que le prévenu 
ne marchandait pas sa cocaïne, ce qui engendrait des appels téléphoniques 
n’aboutissant à aucune transaction, il doit être très fortement relativisé. En effet, 
F.________ a expliqué que s’il manquait CHF 5.00 sur les CHF 100.00, le prévenu 
ne donnait pas la drogue. Il a ajouté qu’une fois, à Bienne, il manquait CHF 7.00 à 
un acheteur et le prévenu avait jeté l’argent par terre (D. 311 l. 42-43). Toutefois, il 
a précisé que cette mésaventure – survenue longtemps auparavant – ne lui était 
jamais arrivée personnellement et que c’était un tiers qui la lui avait racontée (D. 
311 l. 42-44). Quoi qu’il en soit, au vu de l’attitude systématiquement intransigeante 

27

du prévenu, il est évident que ses acheteurs ne réitéraient pas une telle expérience 
et s’arrangeaient pour avoir l’argent nécessaire.

12.4.11 Contrairement à ce que soutient la défense, la Cour de céans ne voit 
aucune raison de retenir 7 grammes au lieu des 27 grammes de cocaïne retenus 
par les premiers Juges pour le consommateur O.________. En effet, celui-ci a 
expliqué clairement de lui-même pourquoi il a finalement admis une quantité 
supérieure à celle de 7 grammes avancée au début de son audition. En effet, il a 
relevé qu’il pensait avoir vu le prévenu uniquement durant 1 mois, alors qu’au total 
cela faisait 3 mois (D. 614 l. 169-170). Partant, la quantité retenue en première 
instance de 27 grammes de cocaïne au total comme achetée par O.________ au 
prévenu, laquelle s’appuie sur les résultats sans équivoque de la surveillance 
téléphonique en temps réel (D. 846), ne prête aucunement le flanc à la critique et 
peut être confirmée. 

12.4.12 Quant aux griefs de la défense concernant l’évaluation de la quantité 
achetée par I.________, il faut relever que celui-ci a souligné très précisément, en 
lien avec le code des minutes : « je ne dis pas qu’il est faux » (D. 461 l. 196). En 
outre, le calcul des enquêteurs s’est basé sur les deux périodes avancées par le 
consommateur lui-même et le raisonnement a clairement été fait pas à pas avec 
lui. Il a ainsi reconnu avoir acheté entre 9 et 12 grammes entre janvier et avril 2018 
(D. 461 l. 199-202 ; D. 462 l. 208), correspondant à 9-12 appels et au minimum 
35 grammes entre avril et juin 2018 (D. 462 l. 216-217), correspondant à 26 appels, 
sachant que sa consommation était beaucoup plus forte durant cette seconde 
période. On précisera à titre indicatif que le contrôle des données rétroactives a par 
ailleurs permis d’établir que ce consommateur et le prévenu ont eu plus d’une 
centaine de contacts entre janvier 2018 et le 9 avril 2018 (établis selon les extraits 
CTR, D. 847). Partant, la Cour de céans retient, tout comme le Tribunal de 
première instance, que ce consommateur a acheté 44 grammes de cocaïne au 
prévenu, ce qui est un minimum. 

12.4.13 Contrairement à ce que prétend la défense, la quantité de 36 grammes 
retenue par les premiers Juges concernant J.________ peut également être 
confirmée. Alors qu’il a expliqué avoir acheté 30 grammes à A.________ au début 
de son audition, ce consommateur a déclaré spontanément qu’il réduisait peut-être 
inconsciemment ce qu’il lui avait pris (D. 498 l. 97-98). Le consommateur en 
question a ensuite scindé sa consommation en trois périodes, afin de prendre en 
considération sa cure effectuée de fin décembre 2017 à début février 2018. Pour 
chaque période, il a été retenu le minimum avancé par le consommateur (D. 499), 
de sorte qu’ici également, l’analyse des Juges de première instance, basée sur le 
principe in dubio pro reo, peut être confirmée.

12.4.14 Pour le consommateur Q.________, les écoutes actives permettent 
clairement d’établir qu’il a acheté 17 grammes (D. 846). Concernant l’argument 
selon lequel Q.________ aurait prêté son téléphone, il y a lieu de relever que les 
agents de police n’ont pas remarqué un changement de voix au téléphone, ce 
qu’ils n’auraient pas manqué de mentionner sur les fiches de transcription des 
écoutes. Dès lors, cet argument de la défense est également mis à mal par les 
éléments objectifs du dossier. 

28

12.4.15 Concernant R.________, il y a lieu de retenir la quantité minimale qu’il a 
évoquée, soit 40 grammes, puisqu’il a relevé avoir acheté 8 à 10 grammes de 
cocaïne au prévenu par mois durant 5 à 7 mois (D. 531 l. 122-123). V.________ ne 
figurant dans l’acte d’accusation que sur la base des contrôles téléphoniques 
rétroactifs et n’ayant pas été entendu dans la présente procédure, la 2e Chambre 
pénale renonce à tenir compte d’une quelconque quantité vendue à son égard. 
Quant à W.________, 3 grammes doivent être retenus sur la base des contrôles 
téléphoniques actifs parfaitement explicites. S’agissant de N.________, le Tribunal 
retient une moyenne entre la fourchette basse et haute admise par cet acheteur 
durant son audition – qui a par ailleurs reconnu avoir acheté au prévenu en 
moyenne 3.4 grammes par semaine depuis le mois de mars-avril 2018 (D. 582 l. 
74-75 et 80) –, soit entre 32 et 48 grammes, ce qui aboutit à une moyenne de 
40 grammes. Quant à U.________ et G.________, 20 grammes et respectivement 
1 gramme sont retenus, ces faits étant admis par le prévenu (D. 708 l. 394-395 et 
D. 749 l. 141). Le prévenu a également admis avoir vendu 5 grammes à un certain 
« AE.________ » (D. 713 l. 635-638), de sorte que le Tribunal en tient compte. 

12.4.16 Quant aux autres acheteurs, il y a lieu de retenir in dubio dans le cas d’une 
fourchette la quantité la plus faible établie et admise par eux. Ainsi, la Cour retient, 
tout comme le Tribunal de première instance, que le prévenu a fourni 
157.25 grammes à X.________, 15 grammes à S.________ et 120 grammes à 
T.________. 

12.4.17 Partant, en additionnant toutes ces quantités qui sont les minimales 
possibles pour chaque acheteur, il y a lieu de retenir que le prévenu a vendu 
1'509,92 grammes de cocaïne, au minimum. Ces grammes étant en fait des 
boulettes ou sachets de 0,8 gramme, la quantité totale minimale vendue par le 
prévenu s’élève à 1'207,93 grammes de cocaïne. Il est précisé que cette quantité 
ne tient pas compte des quelques cadeaux offerts par le prévenu à ses bons clients 
(D. 551 l. 150-151 ; D. 567 l. 277 ; D. 598 l. 224). Aussi, il est relevé que lorsqu’un 
consommateur explique avoir consommé en compagnie d’autres personnes, cela 
ne veut pas dire que l’achat a été divisé entre ces derniers. En effet, le Tribunal de 
céans a procédé à une réduction des quantités achetées uniquement quand la 
consommation était financée par plusieurs personnes, ce qui est parfaitement 
logique puisqu’il s’est attaché à déterminer la quantité acquise par chaque 
acheteur.

12.4.18 Au vu de ce qui précède, il s’avère superflu d’examiner les autres 
arguments de la défense, en particulier ceux relatifs à la détermination du bénéfice 
réalisé par le prévenu avec son trafic et à ses achats auprès de son fournisseur, 
C.________. 

12.5 Taux de pureté 

12.5.1 La méthode utilisée en première instance consistant à procéder à une moyenne 
entre le taux maximal et le taux minimal de pureté de la drogue saisie pour établir 
le taux à appliquer aux quantités qui n’ont pas pu être saisies a déjà été soumise 
au Tribunal fédéral qui ne l’a pas désavouée (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_1081/2018 du 10 septembre 2019 consid. 3). Il est en l’occurrence toutefois 

29

préférable de retenir le taux de pureté le plus bas des diverses analyses effectuées 
sur la drogue vendue par le prévenu, notamment compte tenu du fait que les taux 
statistiques de pureté de la cocaïne base pour les ventes de cette drogue de cette 
ampleur en 2017 et 2018 sont inférieurs (voir les statistiques de la section 
toxicologique SSML ; voir le site internet suivant : 
https://www.sgrm.ch/fr/toxicologie-et-chimie-forensique/chimie-forensique/ 
statistiques-de-cocaine-et-heroine). Cependant, il ne saurait être question 
d’appliquer ces taux statistiques en l’espèce, en présence d’indices concordants au 
dossier selon lesquels le taux de pureté de la drogue vendue par le prévenu était 
élevé. En effet, outre les analyses effectuées, les acheteurs entendus ont salué 
quasiment unanimement la qualité de la marchandise du prévenu.

12.5.2 Tout d’abord, un consommateur achetant sa drogue chez le prévenu, soit 
T.________, a été interpellé à AO.________ le 25 avril 2018 en possession d’un 
parachute de 1,76 gramme brut de cocaïne, à un taux de cocaïne base de 77 % 
(+/- 5 %) juste après l’avoir obtenue du prévenu (D. 161-164). Le taux de pureté de 
la cocaïne (cocaïne base) saisie chez C.________, le fournisseur du prévenu, 
oscillait entre 72 % et 79 % (D. 185). S’ajoute à cela que le prévenu a été interpellé 
en ville de Bienne le 28 février 2018 en possession de 6 parachutes de cocaïne 
(D. 156), dont 3 ont été analysés et présentaient un taux de pureté de cocaïne 
base de 73 % (+/- 5 %) (D. 850). Lors de la perquisition au domicile du prévenu la 
police a découvert 3 parachutes et une boulette de cocaïne dont la pureté (cocaïne 
base) était de 76 % (+/- 5 %) pour deux parachutes et la boulette et de 75 % (+/-
 5 %) pour un parachute (D. 852). Ainsi, le taux de pureté (cocaïne base) minimal 
de la drogue saisie en lien avec cette affaire est de 68 %, marge d’erreur comprise. 
En application du principe in dubio pro reo, la Cour de céans retiendra, 
contrairement au Tribunal de première instance, un taux moyen de 68 % pour 
l’intégralité de la drogue vendue par le prévenu, ce qui correspond au taux le plus 
faible apparu dans cette affaire, marge d’erreur comprise, ce qui constitue un 
raisonnement très favorable au prévenu. 

12.6 Conclusions 

12.6.1 Partant, au vu du taux de pureté de 68 %, la Cour de céans retient que le prévenu 
a vendu la quantité arrondie de 821 grammes de cocaïne pure, au minimum. 

12.6.2 Il convient de rappeler qu’il s’agit d’une quantité minimale admise in dubio, au vu 
du taux de pureté retenu et des abattements réalisés en lien avec différents 
acheteurs. 

13. Représentation de la violence

13.1.1 Lors de la perquisition au domicile du prévenu, le 25 juin 2018, divers objets ont été 
provisoirement séquestrés. Les données téléphoniques contenues dans les 
différents téléphones portables du prévenu ont été extraites et analysées. 
L’analyse de l’iPhone 7Plus a permis de découvrir une vidéo de 5 minutes et 50 
secondes montrant la lapidation d’une femme jusqu’à sa mort. Sur le film en 
question, on peut observer une femme se faire ensevelir dans un trou jusqu’au cou 
(jusqu’à 4:05 minutes de la vidéo), puis être lapidée à mort à coup de grosses 
pierres par plusieurs hommes (de 4:05 à 5:08 minutes). Dans le fichier PDF, la 

30

vidéo se trouve sous le chiffre 393, à la page 3677 du fichier en question. Elle a été 
créée le 18 novembre 2017. Il ne peut être établi si le prévenu a partagé ledit film 
(D. 147).

13.1.2 Lors de son audition du 14 mai 2019, confronté au chiffre I.3 de l’acte d’accusation, 
le prévenu a déclaré qu’il « a vu ça sur Facebook », qu’ « on ne lui a pas envoyé » 
et qu’il n’avait « même pas regardé » (D. 756 l. 494-495). Le prévenu a expliqué 
que si quelqu’un envoie une vidéo sur son compte Facebook et qu’il est ami avec 
cette personne, la vidéo sera peut-être sur son téléphone. Toutefois, il a précisé 
qu’il ne l’avait pas gardée sur son natel et a ajouté que, par contre, il avait regardé 
cette vidéo, ce qui est contradictoire avec ce qu’il venait de dire.

13.1.3 Lors de l’audience des débats en première instance, le prévenu a répondu à la 
question de savoir comment cette vidéo s’était retrouvée sur son téléphone en 
expliquant qu’il est sur Facebook. Il a souligné qu’au début, il avait regardé et 
qu’après, il n’avait plus regardé. Il a relevé avoir visionné cette vidéo sur Facebook 
par hasard et avoir ensuite tourné la page sans l’avoir copiée ni sauvegardée. Le 
prévenu a ensuite ajouté que s’il faisait du travail avec ça, il y aurait eu plus de 
vidéos sur son téléphone (D. 1316 l. 31-40). Le prévenu a déclaré ne pas savoir qui 
est la personne qui a mis cette vidéo sur Facebook (D. 1316 l. 42-46).

13.1.4 Lors de son audition par devant la 2e Chambre pénale, le prévenu a précisé que la 
vidéo ne lui était pas adressée et qu’il n’avait fait aucun commentaire sur celle-ci. Il 
a souligné qu’« un type » l’avait postée sur Facebook. Il a ajouté qu’il ne s’attendait 
pas à être condamné un jour pour avoir visionné cette vidéo et que s’il avait su, il 
ne l’aurait pas regardée (D. 1686 l. 40-42). 

13.1.5 Partant, il y a lieu de constater que les déclarations du prévenu ne sont pas claires, 
voire qu’elles sont contradictoires, sur le fait de savoir s’il a visionné ou non la 
vidéo et s’il connaissait la personne qui avait posté la vidéo litigieuse sur son mur 
Facebook. Quoi qu’il en soit, la vidéo en question s’est bel et bien retrouvée sur 
son téléphone portable duquel elle a été extraite, de so