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**Case Identifier:** 9b4d16af-975b-50fc-9f05-46822dc9ade1
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-08-25
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 25.08.2008 C/8602/2004
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-8602-2004_2008-08-25.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/8602/2004 - 1 

 
POUVOIR  JUDICIAIRE * COUR D’APPEL* 
 
 (CAPH/156/2008) 
 

 

 

T1______ 

c/o Me Jean-Pierre GARBADE 

Case postale 5654 

1211 Genève 11 

 

 

T2______  

c/o Me Jean-Pierre GARBADE 

Case postale 5654 

1211 Genève 11 

 

 

T3______  

c/o Me Jean-Pierre GARBADE 

Case postale 5654 

1211 Genève 11 

 

 

Parties appelantes 
 

 

 
D’une part 

E______ SA 

c/o Me Jean-Daniel BORGEAUD 

Boulevard des Tranchées 16 

Case postale 238 

1211 Genève 12 

 

 

Partie intimée 
 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 

 

 

 
D’autre part 

 

 

 

 

 

ARRÊT 
 

du  25 août 2008 

 

 

  M. Daniel DEVAUD, président 

 

 

  Mme Jocelyne TAUXE et M. Denis MAUVAIS, juges employeurs 

 

  MM. Pascal FOUVY et Riccardo RIZZO, juges salariés 

 

 

  M. Paolo ASSALONI, greffier d’audience  

 

 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/8602/2004 - 1 

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 * COUR D’APPEL * 
 

 

 

 

EN FAIT 
 

 

 

A. Par acte adressé au greffe de la juridiction des prud’hommes le 24 septembre 
2007, E______ SA appelle d’un jugement rendu par le Tribunal des prud’hommes 

le 21 août 2007 et expédié pour notification par pli LSI du 22 août 2007 dont le 

dispositif est le suivant : 

 
- condamne E______ SA à payer à T2______, T1______ et T3______ la somme nette de 

fr. 92'333.75, plus intérêts moratoires à 5% l’an dès le 27 avril 2004; 

- condamne E______ SA à délivrer à T2______, T1______ et T3______ un certificat de travail 

conforme à l’article 330a al. 2 CO, mentionnant que T0_____ a été son employé notamment du 

13 février 2000 au 10 octobre 2001. 

- déboute les parties de toute autre conclusion. 

 

L’appelante conclut à l'annulation du jugement et au déboutement de T2______, 

T1______ et T3______ de toutes leurs conclusions. 

 

 

B. T2______, T1______ et T3______ concluent, sur appel principal, au rejet de 
l’appel. Sur appel incident, ils concluent à ce que E______ SA soit condamnée au 

paiement de fr. 96'000.- net, plus intérêts moratoires à 5% l’an dès le 27 avril 

2004. 

 

 

C. Sur la base du dossier et des pièces produites, la Cour d'appel retient les faits 
suivants: 

 

a) T2______, T1______ et T3______ ont travaillé pour E0_____, qui exploitait 

en raison individuelle un atelier de gainerie, respectivement du 1
er

 décembre 1993 

au 7 août 1996, du 3 janvier au 7 août 1996 et du 1
er

 mars 1994 au 7 août 1996 

 

b) Par trois demandes distinctes déposées le 13 août 1996 auprès de la juridiction 

des prud'hommes, T2______, T1______ et T3______ ont assigné T0_____ et 

E0_____. 

 

c) En dernier ressort, le Tribunal fédéral a, par arrêt du 23 décembre 1999, 

condamné les époux T0_____ à payer conjointement et solidairement : 

 

• fr. 57'233.70 à T2______; 
• fr. 25'076.15 à T3______; 
• fr. 43'132.40 à T1______. 

 

d) E______ SA est une société anonyme dont le siège est à Z_____ et dont le but 

est, notamment, de fabriquer et de vendre des articles de maroquinerie, des sacs, 

des bagages et divers accessoires 

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 Cause n° C/8602/2004 - 1 

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T0_____ est entré au service de E______ SA le 12 août 1963. En janvier 1996, il 

s'est affilié, comme indépendant, à la Caisse cantonale genevoise de compensat-

ion. Par lettre du 27 mars 1996, T0_____ a démissionné, avec effet au 31 mai 

1996, de chez E______ SA qui a accusé réception et accepté la démission. Après 

cette date, T0_____ a continué à effectuer des travaux de menuiserie dans les 

locaux et en faveur de E______ SA. Pour ces prestations, E______ SA versait 

fr. 5'000.- par mois sur le compte UBS 240/796.795.29E, au nom de T0_____, sur 

la base de factures à en-tête de E0_____ et T0_____ et qui portent la mention 

« sous-traitance écrins ». Après sa démission, T0_____ a retiré son deuxième 

pilier. 

 

e) T0_____ est tombé malade le 13 février 2000. N’étant pas affilié, à titre privé, à 

une assurance, il n’a pas perçu d'indemnités perte de gain. 

 

f) Par jugement du 15 janvier 2001, E0_____ a été déclarée en faillite. 

 

g) T0_____ est décédé le 10 octobre 2001. Sa succession, répudiée par son épouse 

et son fils, a été liquidée par l’Office des faillites.  

 

h) Le 26 avril 2002, T2______, T1______ et T3______ se sont vus décerner 

chacun un acte de défaut de biens après faillite de E0_____ pour, respectivement, 

une créance de fr. 48'245.60, une créance de fr. 36'358.75 et une créance de 

fr. 21'138.10. 

 

i) Le 7 janvier 2003, T2______, T1______ et T3______ ont obtenu la cession des 

droits de la masse en faillite de la succession de T0_____ en paiement de 

fr. 96'000.-, correspondant aux indemnités perte de gain dues au défunt, soit 

720 jours à 80% d’un salaire mensuel de fr. 5'000.-, que E______ SA aurait dû lui 

verser. 

 

L'autorisation donnée par l'Office des faillites était notamment soumise aux 

conditions suivantes : 

 

"… 

5. Lorsqu'il y a eu cession des mêmes droits à plusieurs créanciers, ceux-ci 
devront ester en justice comme consorts; le résultat éventuel du litige, 

après avoir été communiqué à l'administration, sera réparti entre eux par 

celle-ci au moyen d'un tableau spécial de distribution" 

 

j) Par demande reçue le 27 avril 2004 au greffe de la juridiction des prud'hommes, 

T2______, T1______ et T3______ ont assigné E______ SA. Ils ont conclu à ce 

que le Tribunal constate T0_____ faisait partie du personnel de E______ SA, du 

début de son incapacité de travail le 13 février 2000 au jour de son décès le 10 oc-

tobre 2001, et que son salaire mensuel net s'élevait à fr. 5'000.-.  

 

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Ils ont également conclu à la condamnation de l'intimée à établir un certificat de 

travail indiquant que T0_____ était employé de la société du 12 août 1963 au 

10 octobre 2001, et à leur verser, en tant que consorts, fr. 96'000.-, plus intérêts 

moratoires à 5% l’an dès le 27 avril 2004. 

 

Ils ont enfin conclu à ce que le Tribunal constate qu'il y a lieu de déduire de cette 

somme les indemnités journalières payées à T0_____, soit pour lui aux créanciers 

cessionnaires et appelants, par une assurance perte de gain pour la période de son 

incapacité de travail du 13 février 2000 à son décès. 

 

k) T2______, T1______ et T3_____ soutenaient que la juridiction des prud'hom-

mes est compétente ratione materiae dès lors que T0_____ et l'intimée étaient liés 

par des rapports de travail, l'installation de ce dernier comme indépendant n'étant 

qu'une simulation destinée à lui permettre de percevoir son deuxième pilier. 

 

l) En réponse, E______ SA a conclu, à la forme, à l'irrecevabilité de la demande 

et, au fond, au déboutement de T2______, T1______ et T3______. E______ SA 

contestait la compétence de la juridiction des prud'hommes sur plusieurs points. 

 

• la compétence ratione materiae faisait, selon elle, défaut, dès lors qu'elle n'a 
jamais été liée à T2______, T1______ ou T3______ par un contrat de travail; 

 

• dès mai 1996, elle n'avait plus été liée à T0_____ par un contrat de travail, ce 
dernier ayant démissionné; A cet égard, E______ SA prenait appuis sur 

l'échange de correspondances à ce sujet et sur les factures de sous-traitance 

établies par l'entreprise E0_____ ainsi que sur l'affiliation de T0_____ 

comme indépendant à la Caisse cantonale de compensation; rien ne permettait 

d'après elle de conclure qu'il y avait eu simulation, dans la mesure où les deux 

parties avaient procédé à un échange manifeste et réciproque de volontés au 

sujet de la fin du contrat de travail; 

 

• E______ SA relevait également que T2______, T1______ et T3______ avait 
obtenu en 1996 la condamnation de T0_____ en tant qu'employeur, associé 

dans l'entreprise E0_____, et prétendaient désormais qu'il avait également un 

statut d'employé d'une autre entreprise; 

 

• E______ SA faisait en outre valoir que ce litige ne relevait pas du droit du 
travail mais des assurances sociales dans la mesure où elle avait valablement 

fait usage de la dérogation prévue par l'article 324a alinéa 4 du Code des 

obligations. 

 

• enfin, elle soutenait ne pas avoir la légitimité passive dans cette procédure, 
dans la mesure où l'éventuelle débitrice serait l'assurance; le contrat d'assu-

rance collectif conclut avec A_______ prévoit en effet qu'un acte d'affiliation 

individuel n'est pas nécessaire; dès lors que le statut d'employé serait reconnu 

à T0_____, il bénéficierait d'un droit direct envers l'assureur (art. 87 LCA). 

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m) Lors de l'audience du 6 octobre 2005, E______, représentant E______ SA, a 

déclaré que le montant facturé par T0_____ était régulier parce qu'il «était en per-

manence chez nous». Il suivait le même horaire que les autres employés. T0_____ 

ne pouvait, a priori, exercer son métier ailleurs que chez E______ SA dans la 

mesure où il ne possédait pas de machines. L'entier de sa production était destiné 

à E______ SA. Il a par ailleurs indiqué que l'entreprise E0_____ travaillait, à sa 

connaissance, en février 2000, uniquement pour l'entreprise B_______ SA. 

 

Lors de cette même audience, trois témoins ont été entendus: 

 

• C_______, comptable ayant travaillé pour les époux T0_____, a déclaré que 
T0_____ lui avait dit être responsable d'une équipe chez E______ SA. 

C_______ avait constaté que T0_____ travaillait toute la journée chez 

E______ SA, et qu'il lui facturait ses services «comme s'il avait passé à son 

compte». 

 

• E0_____, veuve de T0_____, a déclaré qu'après avoir démissionné de chez 
E______ SA, son mari y «faisait toujours le même travail» et avait les mêmes 

horaires que le reste du personnel. Les factures établies et soumises à 

E______ SA étaient payées sur le compte de son mari, l'entreprise possédant 

un autre compte bancaire; elle n'a pas pu expliquer la raison de cette diffé-

rence. Son mari n'a jamais été inscrit au registre du commerce comme associé 

mais qu'ils avaient créé ensemble cette entreprise. Il n'y a non plus jamais eu 

de contrat écrit entre elle et son mari. 

 

• D_______, responsable du service des ressources humaines de E______ SA, 
a déclaré que T0_____, après sa démission a continué à effectuer le même 

travail qu'auparavant pour E______ SA, mais comme sous-traitant. Avant son 

départ, son salaire était supérieur à fr. 5'000.-, en raison de son statut de 

suppléant de chef d'atelier. L'effectif de l'atelier où il travaillait n'a pas changé 

après 1996. 

 

n) En outre, les pièces produites le 14 septembre 2005 par T2______, T1______ 

et T3______ montrent de nombreuses différences entre les factures adressées à 

E______ SA et celles soumises à l'entreprise B_______ SA. Celles-ci sont très 

détaillées, dénombrant à l'unité près les pièces produites. Leur fréquence et leur 

montant sont variables. Elles atteignent en 2000, en général, entre fr. 60'000.- et 

fr. 100'000.-. Leur paiement est demandé sur le compte UBS 705.696.29D au nom 

de l’entreprise E0_____. L'en-tête des factures est identique à celle figurant sur les 

bulletins de livraison. Les factures soumises à E______ SA sont régulières tant 

par leur fréquence, mensuelle, que par leur montant, fr. 4'800.- TVA en sus, à 

l'exception des mois de décembre 1997, 1998 et 1999 où ce montant est doublé. 

Le seul libellé figurant sur les factures est «Sous traitance écrins» suivi du mois 

d'émission. Elles sont à payer sur le compte UBS 240/796.795.29E. Le relevé de 

compte produit montre que ce compte est au nom de T0_____. En outre, leurs en-

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têtes et leur mise en page diffèrent notablement des factures soumises à B_______ 

SA. 

 

o) L'article 10 de la convention collective de travail appliquée par E______ SA 

prévoit le paiement d'un treizième salaire. 

 

p) Par jugement du 22 février 2006 le Tribunal des prud’hommes a déclaré 

irrecevable la demande de T2______, T1______ et T3______ faute de compé-

tence du Tribunal ratione materiae. 

 

 q) Par arrêt du 26 juillet 2006, la Cour d’appel des prud’hommes a annulé le 

jugement sur compétence du 22 février 2006 puis, statuant à nouveau, a dit 

T0_____ et E______ SA étaient liés par un contrat de travail après le mois de mai 

1996 et, en particulier, entre le 13 février 2000 et le 10 octobre 2001, et constaté 

que le Tribunal des prud’hommes était compétent pour connaître des prétentions 

de T2______, T1______ et T3______. 

 

 Dans son arrêt du 26 juillet 2006, la Cour a examiné successivement les questions 

suivantes : 

 

• la validité de la représentation de T1______ et T3______; 
• la compétence ratione materiae de la juridiction des prud’hommes sous le 

double aspects de l'existence ou non d'un contrat de travail entre E______ SA 

et T2______, T1______ et T3______, d’une part, et sous l’angle des assuran-

ces sociales, d'autre part; 

• l’existence d’un contrat de travail entre T0_____ après mai 1996 et plus 
précisément entre le 13 février 2000 et le 10 octobre 2001; 

• la légitimation passive de E______ SA.  
 

La Cour a renvoyé la cause au Tribunal des prud’hommes pour nouvelle décision 

dans le sens des considérants.  

 

 

D. L'appelante conclut à l'annulation du jugement du 21 août 2007 et au déboutement 
de T2______, T1______ et T3______ de toutes leurs conclusions. 

 

 L'appelante reprend les arguments qu'elle avait développés dans le cadre de l'appel 

de T2______, T1______ et T3______ du 23 mars 2006 concernant : 

 

• son défaut de légitimation passive; selon elle, l'éventuel débiteur des indem-
nités de perte de gain est A_______ avec lequel elle était liée par un contrat 

d'assurance collectif perte de gain; 

• l'inexistence d'un quelconque contrat de travail entre elle et T0_____; 
 

Par ailleurs, l'appelante soutient encore que seule la part saisissable des indemni-

tés de perte de gain pourrait être concernée. Selon l’appelante, les droits litigieux 

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de T0_____ constituent des pensions et des prestations qui sont destinées à 

couvrir une perte de gain. Elle en déduit qu’il s’agit ainsi des revenus relativement 

saisissables au sens de l’art. 93 LP dont il faudrait limiter les montants y relatifs à 

une année et déduire ce que le préposé aurait estimé indispensable au débiteur et à 

sa famille. Selon son calcul, la quotité saisissable aurait été au plus de fr. 2'369.- 

par mois, soit au total de fr. 28'428.- sur douze mois. 

 

 L’appelante soutient enfin que T2______, T1______ et T3______ forment entre 

eux une consorité simple et en déduit l’irrecevabilité de la demande au motif que 

leurs conclusions n’ont pas été individualisées. 

 

 

E. Les intimés concluent, sur appel principal, au déboutement de l’appelante de tou-
tes ses conclusions. Sur appel incident, ils concluent à l’annulation du jugement et 

à la condamnation de l’appelante à leur payer la somme nette de fr. 96'000.-, plus 

intérêts moratoire à 5% l’an dès le 27 avril 2004. Ils reprochent aux premiers 

juges d'avoir calculé l'indemnité journalière à laquelle T0_____ avait droit en 

raison de son incapacité de travail sur le salaire net de ce dernier alors que, selon 

eux, le calcul aurait dû être effectué sur le salaire brut. 

 

 En ce qui concerne l’appel principal, les intimés rappellent en premier lieu que la 

Cour s’est déjà prononcée, dans son arrêt du 26 juillet 2006, sur les questions de 

compétences ratione materiae, de légitimation passive de l’appelante et sur l’exis-

tence d’une relation de travail entre l’appelante et T0_____ après le 31 mai 1996, 

et plus particulièrement entre le 13 février 2000 et le 10 octobre 2001. 

 

 S’agissant du grief d’irrecevabilité au motif que leurs conclusions n’auraient pas 

été individualisées, les intimés indiquent que, par jugement présidentiel du 8 juil-

let 2005, le Président de la Cour d'appel des prud’hommes s’est déjà déterminé sur 

cette question. 

  

 

F. Lors de la comparution des parties devant la Cour, les parties ont persistés dans 
leurs conclusions respectives.  

 

 L'appelante principale admet que l'indemnité journalière, si elle est due, doit être 

calculée sur le salaire brut et non sur le salaire net. Selon elle cependant, le salaire 

brut mensuel théorique de T0_____ ne se montait pas à fr. 5'142.-, comme l'on 

calculé les appelants incidents, mais à fr. 5'137.-.  

 

L'appelante principale s'est ralliée au montant calculé par les appelants incidents, 

tout en persistant dans sa conclusion d'irrecevabilité ratione materiae, dès lors que 

le montant réclamé par ces derniers était inférieur au salaire brut théorique 

mensuel résultant de ses propres calculs. 

 

 

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G. Les autres arguments des parties sont repris après dans la mesure utile. 
 

 

 

EN DROIT 
 

 

1. Interjetés dans la forme et les délai prévus par la loi (art. 59 et 62 de la Loi sur la 
juridiction des prud’hommes; ci-après LJP), l’appel principal ainsi que l’appel 

incident sont recevables. 

 

 

2. 2.1 A teneur de l’art. 309 LPC, applicable à la juridiction des prud’hommes (art. 
11 LJP), la Cour de Justice confirme ou infirme, en tout ou en partie, les 

jugements dont l’appel a été porté devant elle. Statuant sur appel, la Cour peut 

toutefois, tout en annulant en tout ou en partie le jugement déféré, renoncer à 

trancher le litige et renvoyer la cause au premier juge pour nouvelle décision 

(BERTOSSA/GAILLARD/GUYET/SCHMIDT, op. cit., ad art. 317, n° 1). Dans 

cette situation, l’arrêt de la Cour détermine alors quelles sont les parties de la 

procédure de première instance qui sont annulées, ses motifs étant obligatoires 

pour la juridiction de renvoi, comme il est usuel lors d’une cassation 

(HABSCHEID, Droit judiciaire privé suisse, Genève 1981, p. 492).  

 
2.2 Dans le cas d’espèce, la Cour de Justice a annulé, par arrêt du 26 juillet 2006, 
le jugement rendu par le Tribunal des prud’hommes du 22 février 2006 constatant 

l'incompétence ratione materiae des juridictions prud'homales et a retourné la 

cause au Tribunal afin de procédé à une instruction dans le sens des considérants. 

Appelé à statué de nouveau sur ce point le Tribunal était dès lors lié par le 

dispositif, les considérants en droit et les instructions données par la juridiction 

supérieure compte tenu des principes susmentionnés.  

 
2.3 Dans son arrêt du 26 juillet 2006, la Cour a d'abord examiné la thèse de 
l'appelante selon laquelle la juridiction des prud'hommes était incompétente 

ratione materiae dès lors que les intimés n'avaient jamais été liés à elle par un 

contrat de travail, la cession des droits de la masse en faillite de la succession 

étant insuffisante à cet égard. 

 

Se fondant sur les art. 1 al. 1 LJP et 343 CO, la Cour est arrivé à la conclusion que 

la juridiction des prud'hommes était compétente pour trancher le litige en question 

dès lors que les prétentions des intimés résultaient de la cession par la Masse en 

faillite des droits de T0_____ découlant du contrat de travail le liant à l'appelante 

(cf. consid. 3 de l'arrêt du 26 juillet 2006 p. 8 et 9). 

 

2.4 La Cour a ensuite examiné si T0_____ et l'appelante était toujours lié par un 
contrat de travail au sens des art. 319 et ss CO après mai 1996 et, en particulier, 

entre le 13 février 2000 et le 10 octobre 2001. 

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Sur la base de l'ensemble du dossier, la Cour a d'une part considéré que la lettre de 

démission du 27 mars 1996 pour le 31 mai 1996 était un acte simulé qui ne déplo-

yait pas d'effet et, d'autre part, retenu que T0_____ était de fait resté lié, après le 

31 mai 1996, par un contrat de travail à l'appelante (cf. consid. 4 p. 9 à 11 de 

l'arrêt du 26 juillet 2006).   

 

2.5 La Cour a encore considéré que l'appelante avait la légitimation passive et 
qu'elle n'était pas libérée des obligations stipulées à l'art. 324a al. 4 dès lors qu'elle 

ne s'était pas acquittée des versements prévus contractuellement (cf. consid. 5 de 

l'arrêt du 26 juillet 2006 p. 11 et 12). 

 

2.6 Au vu de ce qui précède, la Cour de céans ne saurait revenir sur les questions 
qu'elle a déjà tranchées dans son arrêt du 26 juillet 2006. Seul sera donc examiné 

ci-après le bien fondé des autres griefs soulevés par l'appelante.  

 

 

3. L'appelante soutient que la demande des intimés est irrecevable au motif qu'ils 
n'ont pas initialement individualisés leurs conclusions. Selon l'appelante, les 

intimés forment entre eux une consorité simple qui leur imposait de présenter des 

conclusions individualisées sous peine d'irrecevabilité. 
 

Ce grief a déjà soulevé dans le cadre d'un précédent appel et partiellement traité.  

 

3.1 Par arrêt présidentiel du 8 juillet 2005, la Cour avait d'abord rappelé que les 
dispositions générales de la loi d’organisation judiciaire et de la LPC sont 

applicables à titre supplétif, dans la mesure compatible avec les exigences de 

simplicité et de rapidité propres à la procédure applicable devant la juridiction des 

prud’hommes. Que s’agissant plus spécifiquement la demande introductive d’ins-

tance, la Cour avait encore relevé que les dispositions de la LJP différaient de la 

LPC, celle-ci prévoyant, pour des motifs de simplicité et rapidité, un formalisme 

allégé.  

 

Les juridictions des prud’hommes devant instruire la cause d’office en vertu de la 

maxime inquisitoire prévue aux art. 29 LJP et 343 al. 4 CO, ce qui ne dispensait 

pas les parties de collaborer à la procédure et de renseigner le juge sur les faits de 

la cause et de lui indiquer les moyens de preuves disponibles, la Cour avait 

finalement renvoyé la cause aux premiers juges en précisant, s'agissant de 

l'individualisation des prétentions, que si l'une des parties estimait les explications 

de sa partie adverse insuffisantes, il lui appartiendrait, le moment venu, de les lui 

faire compléter en audience les points concernés. 

 

3.2 S'agissant de la nature de la consorité unissant les cessionnaires d'une masse 
en faillite, la doctrine n’est pas unanime sur la façon dont ils doivent procéder. La 

jurisprudence n’a pas non plus clairement tranché la question de savoir si 

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l’art. 260 LP introduit une consorité nécessaire, une consorité simple ou une 

consorité nécessaire impropre ou conditionnelle. 

 

La Chambre des poursuites et faillites du Tribunal fédéral a rappelé qu’il ne peut y 

avoir de consorité, même nécessaire, qu’entre les intervenants autorisés à faire 

valoir le même droit qui ont décidé de faire usage de la cession, étant précisé que 

ce qui importe est que les cessionnaires puissent faire valoir leur droit 

indépendamment des autres et d’éviter le risque de jugements contradictoires. Il 

s’agit donc d’une consorité d’un type particulier puisqu’elle ne lie que ceux qui 

ont décidé d’agir (ATF 121 III 291 = JdT 1998 II 10 consid. 3a; SCHAAD, La 

consorité en procédure civile, thèse Neuchâtel 1993, p. 370). 

 

Dans un autre arrêt, le Tribunal fédéral, après avoir rappelé le principe ci-dessus, a 

examiné la nature de la consorité unissant les créanciers qui ont précisément 

décidé d’agir en justice (ATF 121 III 488 = JdT 1997 II 147). Selon son analyse, 

le droit fédéral prescrit que toutes les demandes soient jugées dans la même 

procédure et que soit rendu un seul jugement sur la prétention unique qui 

constitue l’objet de la qualité pour agir ou pour défendre attribuée avec la cession. 

Le juge ne peut ainsi pas se prononcer sur la demande de l’un ou de certains 

cessionnaires aussi longtemps qu’il n’est pas établi qu’aucun autre ne pourra plus 

agir en justice. En ce sens, la consorité des créanciers est nécessaire, étant précisé 

qu’il appartient au droit cantonal de procédure de déterminer comment les causes 

pourront être réunies en une seule instance. 

 

Nonobstant cette consorité nécessaire, le Tribunal fédéral a également précisé que 

les consorts ne formaient pas un tout indivisible. Ils doivent ainsi pouvoir, indé-

pendamment les uns des autres, alléguer des faits, invoquer des moyens juridi-

ques, se faire représenter par leur propre avocat et se désister du procès ou transi-

ger, sans que cela entraîne, pour les autres créanciers, la perte de leur droit. En ce 

sens, l’art. 260 LP n’impose pas aux consorts une conduite unique du procès, con-

trairement à d’autres normes de droit matériel fédéral créant une consorité néces-

saire (consorité nécessaire improprement dite ou conditionnelle). 

 

3.3 Selon la cinquième condition de l'acte de cession du 7 janvier 2003, le résultat 
éventuel de la cession aux intimés sera, après avoir été communiqué à l'adminis-

tration, réparti entre eux par celle-ci au moyen d'"un tableau spécial de 

distribution" 

 

3.4 Au vu de ce qui précède, les intimés étaient fondés à formuler une seule 
demande. 

 

Il appartiendra à l'Office des faillites de procéder à la répartition du résultat de la 

cession entre les intimés conformément au tableau spécial de distribution qu'elle a 

établi. 

 

 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/8602/2004 - 1 

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 * COUR D’APPEL * 
 

 

 

 

4. L'appelante soutient encore que les intimés n'ont pas la qualité de cessionnaires 
des droits découlant d'un prétendu contrat de travail qui l'aurait liée à T0_____. 

Selon elle, il n'est pas soutenable qu'un créancier de ce dernier puisse se faire cé-

der par la masse liquidant la succession répudiée les droits découlant d'un contrat 

de travail qui l'aurait lié à un de ses anciens employeurs. 

 

4.1 En matière de faillite, le créancier du failli (ou de la masse liquidant la 
succession par voie de faillite) peut faire valoir en justice, en lieu et place de la 

Masse, en son propre nom et à ses risques et périls, un droit litigieux ou douteux 

du failli ou de la Masse, après en avoir obtenu la cession en application de l’art. 

260 LP.  

La cession de l’art. 260 LP n’emporte pas la cession matérielle du droit litigieux, 

le failli ou la Masse, selon le cas, restant titulaire du droit patrimonial qui doit être 

réalisé. Il y a seulement transfert du droit d’agir et d’ester. L’intervenant autorisé 

acquiert ainsi la Prozessstandschaft, soit la capacité de faire valoir et de déduire en 

justice le droit d’un tiers (le failli ou la Masse) ainsi que la 

Prozessführungsbefugnis, à savoir la qualité pour agir et défendre, sans acquérir la 

titularité du droit exercé (GILLIERON, Commentaire de la loi fédérale sur la 

poursuite pour dettes et la faillite, n. 8 et 15 ad art. 260 LP). 

 

S'agissant de la validité de la cession, on peut douter que la Cour soit compétente 

pour trancher la question de la validité d’une cession au sens de l’art. 260 LP. 

  

En effet, la doctrine considère qu’il appartient aux autorités de surveillance de 

vérifier la validité de la cession. C’est donc par la voie de la plainte au sens de 

l’art. 17 LP qu’il y a lieu de contester les omissions ou les actes de 

l’administration de la faillite violant la procédure de cession prévue à 

l’art. 260 LP. Dans la mesure où les irrégularités de la cession ne concernent que 

les vices de la procédure d’exécution forcée, le juge n’est pas compétent pour 

examiner sa validité. En d’autres termes, le défendeur à l’action qui fait suite à la 

cession n’est pas fondé à soulever, devant le juge, un moyen tiré de la nullité de la 

cession ne respectant pas les dispositions de la procédure d’exécution forcée 

(TSCHUMY, Quelques réflexions à propos de la cession des droits de la masse au 

sens de l’art. 260 LP, publié in JdT 1999 II 34, p. 41 et 42 et les références citées; 

voir aussi GILLIERON, Poursuite pour dettes, faillite et concordat, 4
ème

 éd., Bâle 

2005, n. 2044 p. 380).  

 La jurisprudence a également retenu que le moyen tiré de l’irrégularité de la 

cession des droits de la masse devait être présenté par la voie de la plainte à 

l’autorité de surveillance et ne pouvait être invoqué devant les tribunaux 

ordinaires. Il incombe seulement au juge de s’assurer que l’acte de cession établit 

la qualité du demandeur pour faire valoir une prétention de la masse (ATF 45 III 

221 = JdT 1920 I 290 consid. 2; ATF 58 III 94 consid. 3; ATF 111 II 81 = JdT 

1985 I 576 consid. 3b; ATF 113 III 135 = JdT 1990 II 90). S’agissant plus 

particulièrement du moyen tiré de la nullité d’une cession des droits de la masse, 

le Tribunal fédéral a indiqué dans sa jurisprudence que, s’il était vrai que la nullité 

d’une telle décision pouvait être constatée d’office et en tout temps, seules les 

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 Cause n° C/8602/2004 - 1 

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 * COUR D’APPEL * 
 

 

 

 

autorités de surveillance, notamment la Chambre des poursuites et des faillites du 

Tribunal fédéral, étaient compétentes pour faire une telle constatation (ATF 118 

III 57 consid. 4; ATF 118 III 4 = JdT 1995 II 28-29). 

 
4.2 En l'occurrence, l'appelante se plaint de l'invalidité de la cession sans indiquer 
de quel vice celle-ci serait affectée.  

 

Il en découle que les intimés étaient fondés à agir conformément à la cession 

délivrée par l'Office des faillites. 

 

 

5. L'appelante soutient finalement que seule la part saisissable des indemnités de 
gain de T0_____ pourrait être concernée. Selon l’appelante, les droits litigieux de 

T0_____ constituent des pensions et des prestations qui sont destinées à couvrir 

une perte de gain. Elle en déduit qu’il s’agit ainsi des revenus relativement saisis-

sables au sens de l’art. 93 LP dont il faudrait limiter les montants y relatifs à une 

année et déduire ce que le préposé aurait estimé indispensable au débiteur et à sa 

famille. Selon son calcul, la quotité saisissable aurait été au plus de fr. 2'369.- par 

mois, soit au total de fr. 28'428.- sur douze mois. 
 

 A teneur de l'art. 260 al. 2 LP, le produit de la prétention cédée sert à couvrir les 

créances des cessionnaires dans l'ordre de leur rang et l'excédent est versé à la 

masse. 

 

En l'occurrence, les intimés se sont vus céder la créance de la succession de 

T0_____, créance découlant d'un contrat de travail, contre l'appelante. Il appar-

tiendra à l'Office des faillites de procéder à la répartition du produit de la cession 

selon les règles de la LP, étant précisé au surplus que l'appelante n'explique pas à 

qui reviendrait la part, selon elle insaisissable, de la créance de son employé. Elle 

n'explique pas non plus pourquoi cette part insaisissable devrait lui profiter. 

 

 Il en découle que ce grief de l'appelante est également mal fondé. 

 

 

6. Les appelants incidents reprochent aux premiers juges d'avoir calculé l'indemnité 
journalière à laquelle T0_____ avait droit en raison de son incapacité de travail 

sur le salaire net de ce dernier alors que, selon eux, le calcul aurait dû être effectué 

sur le salaire brut. L'intimée incidente admet que l'indemnité journalière, si elle est 

due, doit être calculée sur le salaire brut et non sur le salaire net. Elle conteste 

cependant que le salaire brut mensuel théorique de T0_____ se montait à 

fr. 5'137.- comme l'on calculé les appelants incidents. Selon elle, ce salaire brut 

théorique mensuel se monte à fr. 5'142.-.  

 

Lors de la comparution des parties devant la Cour, l'appelante principale s'est 

ralliée au montant calculé par les appelants incidents, tout en persistant dans sa 

conclusion d'irrecevabilité ratione materiae, dès lors que le montant réclamé par 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/8602/2004 - 1 

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 * COUR D’APPEL * 
 

 

 

 

ceux-ci était inférieur au salaire brut théorique mensuel résultant de ses propres 

calculs. 

 

 Dès lors que la question de la compétence ratione materiae  a été tranchée et qu'il 

n'est ni contesté, au demeurant ni contestable, que l'indemnité journalière décou-

lant de l'art. 324a CO devait être calculée sur le salaire brut, la Cour condamnera 

l'appelante à payer fr. 96'000.-, plus intérêts moratoires à 5% l'an dès le 27 avril 

2004. 

 
 
7. L'appelante, qui succombe, supportera les frais d'appel, l'émolument d'appel versé 

par ses soins étant acquis à l'Etat. 

  

 

 

PAR CES MOTIFS 
 

La Cour d’appel des prud’hommes, groupe 1, 

 

A la forme : 

 

reçoit l’appel interjeté par E______ SA et l'appel incident de T2______, T1______ et 

T3______ contre le jugement du Tribunal des prud’hommes du 24 septembre 2007 

rendu en la cause n° C/8602/2004 - 1. 

 

Au fond : 

 

Annule ledit jugement, 

 

Cela fait, statuant à nouveau : 

 

• condamne E______ SA à payer à T2______, T1______ et T3______ la somme 
nette de fr. 96'000.-, plus intérêts moratoires à 5% l’an dès le 27 avril 2004; 

 

• condamne E______ SA à délivrer à T2______, T1______ et T3______ un 
certificat de travail conforme à l’article 330a al. 2 CO, mentionnant T0_____ a été 

son employé notamment du 13 février 2000 au 10 octobre 2001; 

 

• laisse les frais d'appel à la charge de E______ SA et dit que l'émolument d'appel 
versé par ses soins est acquis à l'Etat de Genève; 

 

• déboute les parties de toute autre conclusion. 
 

 

 

La greffière de juridiction Le président