# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e71d502a-09c5-53b8-b93d-7a1d9ab80cb4
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2026-01-22
**Language:** fr
**Title:** 7B_1376/2025 22.01.2026
**Docket/Reference:** 7B_1376/2025
**URL:** https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&type=show_document&highlight_docid=aza%3A%2F%2F22-01-2026-7B_1376-2025&print=yes&zoom=

## Full Text

Bundesgericht
Tribunal fdral
Tribunale federale
Tribunal federal
7B_1376/2025
Arrt du 22 janvier 2026
IIe Cour de droit pnal
Composition
MM. les Juges fdraux Abrecht, Prsident,
Klz et Hofmann.
Greffier : M. Valentino.
Participants la procdure
A.________,
reprsent par Me Kathrin Gruber, avocate,
recourant,
contre
Ministre public de l'tat de Fribourg, case postale 1638, 1701 Fribourg.
Objet
Dtention provisoire,
recours contre l'arrt de la Chambre pnale du Tribunal cantonal de l'tat de Fribourg du 12 novembre 2025
(502 2025 372 et 502 2025 385 (AJ)).
Faits :
A.
A.a. A.________, n en 1990 et pre d'un enfant issu de sa relation avec B.________, a t arrt le 16 avril 2025 et auditionn le soir mme par la police puis le lendemain matin par le Ministre public de l'tat de Fribourg (ci-aprs: le Ministre public). Il lui tait reproch de s'tre rendu le 7 avril 2025 au domicile des parents de son ancienne compagne B.________ avec un revolver charg dans l'intention de les tuer, renonant son projet environ 400 mtres avant d'arriver destination. Il serait ensuite all au Centre C.________, U.________, pour se faire interner, mais en serait ressorti quelques heures plus tard et se serait rendu dans une fort sur les hauts de Lausanne afin de mettre fin ses jours, sans finalement mettre son projet excution.
Le 17 avril 2025, le Ministre public a saisi le Tribunal des mesures de contrainte de l'tat de Fribourg (ci-aprs: le TMC) d'une demande tendant au placement en dtention provisoire de A.________ pour une dure de trois mois. Le TMC, statuant sur la base de cette demande et des indications fournies par le prvenu, lequel avait pralablement renonc une audience orale devant ledit tribunal, a, par ordonnance du 19 avril 2025, ordonn le placement en dtention provisoire de l'intress jusqu'au 15 juillet 2025.
Le TMC a considr qu'il existait un risque srieux de passage l'acte et a ordonn la mise en oeuvre d'une expertise psychiatrique afin qu'elle se prononce sur ce point.
A.b. Le Dr D.________, spcialiste en psychiatrie et psychothrapie, a dpos le 10 juillet 2025 son rapport d'expertise, dans lequel il a notamment retenu ce qui suit: "Pour la situation rapporte les 07 et 08.04.2025, les outils d'valuation du risque de rcidive doivent tre appliqus de manire prudente en considrant la situation clinique individuelle. En effet, une situation de suicide largi est bien plus rare et donc plus difficilement quantifiable aussi bien avec des outils statistiques que d'valuation du risque. L'valuation doit donc se baser sur le cas spcifique, le comportement dlictuel et le fonctionnement du sujet dans la situation en lien avec sa personnalit. Comme dcrit plus haut, la crise suicidaire a t induite par le processus civil en lien avec le droit de visite de son fils. La blessure psychique gnre par cette situation, que l'on pourrait qualifier de narcissique, peut tre considre comme le dclencheur direct de la crise. Il semble probable que toute situation qui puisse gnrer une blessure de type narcissique du prvenu, en touchant un point sensible de sa personnalit, aurait le potentiel de dclencher une crise du mme genre (...). Pour ce qui est du comportement du 07 et 08.04.2025, nous n'avons constat aucun changement significatif, par rapport au moment des faits, dans les traits de personnalit et le fonctionnement du prvenu, ce qui fait que nous partons de l'hypothse que le mme dclencheur conduirait la mme raction. C'est--dire qu'une interdiction du droit de visite ou peut-tre mme une limitation du droit de visite seraient perues par Monsieur A.________ comme une grave blessure psychique et que le risque que sa raction soit similaire celle des 07 et 08.04.2025 doit tre considr comme lev. Nous pensons donc que l'on pourrait s'attendre un acte de suicide largi (...). La rigidit de la structure de la personnalit que nous avons constate pendant l'entretien, l'incapacit du prvenu voquer des alternatives sa vision personnelle des choses, en particulier le refus catgorique de toute mesure son encontre, dmontrent notre avis que celui-ci n'a pour le moment aucune comptence nouvelle lui permettant de trouver d'autres comportements si la situation se rptait. Nous pensons donc que la fiabilit de notre apprciation devrait tre bonne".
A.c. Par ordonnance du 23 juillet 2025, confirme par arrt de la Chambre pnale du Tribunal cantonal de l'tat de Fribourg (ci-aprs: la Chambre pnale ou la cour cantonale) du 18 aot 2025, le TMC a ordonn la prolongation de la dtention provisoire de A.________ jusqu'au 15 octobre 2025.
A.d. Dans son rapport du 5 septembre 2025, le Service mdical de la prison E.________ a retenu que A.________ avait prsent "un inflchissement thymique ractionnel son incarcration et la mesure d'loignement prononce l'gard de son fils et de son ancienne compagne" et qu'il avait galement "verbalis des ides suicidaires dont il ne souhaitait pas prciser le scnario, avec une date de passage l'acte aprs le jugement de l'affaire pnale en cours".
B.
Par ordonnance du 20 octobre 2025, le TMC a ordonn la prolongation de la dtention provisoire de A.________ jusqu'au 15 janvier 2026, retenant un risque de passage l'acte.
Par arrt du 12 novembre 2025, la Chambre pnale a rejet le recours form par A.________ et a confirm l'ordonnance du TMC du 20 octobre 2025.
C.
Par acte du 17 dcembre 2025, A.________ interjette un recours en matire pnale au Tribunal fdral contre l'arrt du 12 novembre 2025, en concluant sa rforme en ce sens que la demande du Ministre public tendant la prolongation de sa dtention provisoire jusqu'au 15 janvier 2026 soit rejete et qu'il soit immdiatement libr. Il requiert en outre l'assistance judiciaire.
Invits se dterminer sur le recours, le Ministre public conclut son rejet, dans la mesure de sa recevabilit, et la Chambre pnale indique ne pas avoir d'observations formuler. Le recourant a dpos une rplique, qui a t transmise l'instance prcdente et au Ministre public pour leur information.
Considrant en droit :
1.
Le recours en matire pnale (art. 78 al. 1 LTF) est ouvert contre une dcision relative la dtention provisoire ou pour des motifs de sret au sens des art. 212 ss CPP (ATF 137 IV 22 consid. 1). Selon l'art. 81 al. 1 let. a et b ch. 1 LTF, le recourant, dtenu, a qualit pour recourir et l'arrt attaqu, en tant que prononc incident rendu en dernire instance cantonale (cf. art. 80 LTF), est susceptible de lui causer un prjudice irrparable au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (arrts 7B_1281/2025 du 18 dcembre 2025 consid. 1.2; 7B_1251/2024 du 16 dcembre 2024 consid. 1.1). Pour le surplus, les autres conditions de recevabilit tant runies, il y a lieu d'entrer en matire.
2.
2.1. Le recourant se plaint tout d'abord d'une violation de son droit d'tre entendu en tant que le TMC n'aurait pas tenu d'audience avant de statuer sur la prolongation de la dtention provisoire.
2.2. teneur de l'art. 227 al. 6 CPP, la procdure de prolongation de la dtention provisoire se droule, en rgle gnrale, par crit; toutefois, le TMC peut ordonner une audience; celle-ci se droule huis clos.
Contrairement ce qui prvaut lors de la procdure initiale de placement en dtention (art. 225 al. 5 CPP) ou lors de l'examen d'une demande de libration (art. 228 al. 4 CPP), le recourant ne dispose pas d'un droit absolu tre entendu oralement dans le cadre de la procdure de prolongation de la dtention, puisque cette dernire procdure se droule en rgle gnrale par crit, conformment l'art. 227 al. 6 CPP (cf. ATF 137 IV 186 consid. 3.2; arrt 1B_508/2018 du 4 dcembre 2018 consid. 2.1). Le droit d'tre entendu dcoulant de l'art. 29 al. 2 Cst. - consacr l'art. 3 al. 2 let. c CPP - n'impose pas l'autorit de procder une audition du prvenu (cf. ATF 134 I 140 consid. 5.3). La tenue d'une audience est laisse l'apprciation du tribunal et celui-ci peut statuer sur la base du dossier et des critures des parties s'il s'estime suffisamment renseign (cf. ATF 137 IV 186 consid. 3.2; arrt 1B_508/2018 prcit consid. 2.1 et les rf. cit.). Exceptionnellement, la recherche de la vrit peut toutefois justifier la mise en place d'une sance (arrt 1B_508/2018 prcit consid. 2.1 et les rf. cit.; cf. MOREILLON/PAREIN-REYMOND, Petit commentaire, Code de procdure pnale, 3
e d. 2025, n. 26a ad art. 227 CPP, selon lesquels une audience sera ordonne par exemple en cas d'administration ncessaire de preuves, si la dernire audition du prvenu par le TMC remonte un certain temps dj et que l'intress requiert sa comparution, ou encore si le TMC envisage une relaxe).
2.3. En l'espce, il ressort du dossier que le recourant a t interpell le 16 avril 2025, qu'il a t auditionn le soir mme par la police puis le lendemain matin par le Ministre public. Le 17 avril 2025, le Ministre public a saisi le TMC d'une demande tendant au placement en dtention provisoire du recourant pour une dure de trois mois. Dans le cadre de cette procdure, le recourant, assist d'un dfenseur, a renonc une audience orale devant le TMC, indiquant que son avocat se dterminerait par crit, ce que ce dernier a fait par courriel reu le 18 avril 2025 par le TMC. Ces lments amnent le Tribunal fdral complter d'office les faits (art. 105 al. 2 LTF).
Quoi qu'en pense le recourant, le fait qu'il ait renonc se faire entendre par le TMC avant que celui-ci statue sur son placement en dtention provisoire ne commande pas de droger la rgle de l'art. 227 al. 6 CPP et de lui accorder un droit obtenir une audience lors de la prolongation de sa dtention provisoire. Il tait d'ailleurs assist d'un avocat, qui a procd par crit dans le dlai imparti pour se dterminer sur la demande de mise en dtention provisoire dpose par le Ministre public. Pour le reste, le recourant n'invoque aucun lment - nouveau - qui serait dterminant, en particulier pour se prononcer sur le risque de passage l'acte retenu par l'instance prcdente. Dans ces circonstances, l'apprciation de la Chambre pnale, qui tient les motifs invoqus l'appui de la demande pour impropres justifier la tenue d'une audience dans le cadre de la procdure de prolongation de la dtention provisoire, n'apparat pas critiquable.
Le recourant indique qu'il a finalement t entendu par le TMC le 16 dcembre 2025. On ne saurait prendre en compte ce fait postrieur l'arrt attaqu (art. 99 al. 1 LTF), sauf relever qu'un ventuel renvoi de la cause pour donner au recourant la possibilit d'tre entendu par le TMC dans le cadre de la procdure de prolongation de la dtention provisoire ici en question serait une vaine formalit et conduirait prolonger inutilement la procdure.
Le grief tir de la violation du droit d'tre entendu doit donc tre rejet.
3.
3.1. Le recourant reproche la Chambre pnale d'avoir retenu l'existence d'un risque de passage l'acte au sens de l'art. 221 al. 2 CPP.
3.2. L'art. 221 al. 2 CPP a t modifi avec effet au 1
er janvier 2024 (RO 2023 468). Il prvoit dsormais que la dtention peut tre ordonne s'il y a un danger srieux et imminent qu'une personne passe l'acte aprs avoir menac de commettre un crime grave. La dtention pour risque de passage l'acte est possible indpendamment de toute commission d'une infraction. C'est la raison pour laquelle on parle son propos de motif de dtention autonome. Ce type de dtention est conforme l'art. 5 par. 1 let. c CEDH (cf. ATF 137 IV 122 consid. 5.2; arrt 7B_151/2025 du 6 mars 2025 consid. 2.1).
Selon l'art. 221 al. 2 CPP, la menace doit porter sur un crime grave, l'instar de l'art. 221 al. 1bis let. b CPP (sur cette notion, voir arrts 7B_789/2025 du 15 septembre 2025 consid. 4.2.3; 7B_631/2025 du 21 aot 2025 consid. 4.2.1). Il convient de faire preuve de retenue dans l'admission de ce risque et ne l'admettre que lorsque le pronostic est trs dfavorable. Il n'est toutefois pas ncessaire que la personne souponne ait dj pris des dispositions concrtes pour passer l'excution des faits redouts (cf. ATF 137 IV 122 consid. 5; arrt 7B_438/2023 du 12 septembre 2023 consid. 2.2.2). L'ajout du terme "imminent" par rapport au libell de l'ancien art. 221 al. 2 CPP prcise que la personne souponne doit reprsenter une lourde menace, que des infractions et dlits graves risquent de se produire dans un avenir proche et que, de ce fait, la dtention doit tre ordonne de toute urgence; la dtention prventive apparat en effet justifie seulement si ces conditions sont runies. En particulier, en cas de menace d'infractions violentes, on doit prendre en considration l'tat psychique de la personne souponne, son imprvisibilit ou son agressivit (ATF 140 IV 19 consid. 2.1.1; 137 IV 122 consid. 5; arrt 7B_1087/2024 du 7 novembre 2024 consid. 4.1). Plus l'infraction redoute est grave, plus la mise en dtention se justifie lorsque les lments disponibles ne permettent pas une valuation prcise de ce risque (cf. ATF 143 IV 9 consid. 2.8; 140 IV 19 consid. 2.1.1; arrts 7B_151/2025 du 6 mars 2025 consid. 2.2; 7B_438/2023 prcit consid. 2.2.2). La production d'une expertise psychiatrique est de nature contribuer apprcier le pronostic de passage l'acte (arrt 7B_230/2025 du 11 avril 2025 consid. 2.2).
3.3. En l'espce, la cour cantonale a procd une valuation circonstancie du risque de passage l'acte prsent par le recourant. Elle a tout d'abord considr qu'en se rendant proximit du domicile des parents de B.________ avec un revolver dans l'intention de les tuer, le recourant avait manifestement menac, par actes concluants, de commettre un crime grave. Elle a ensuite retenu, sur la base des conclusions de l'expert, qu'il tait vident que le risque de passage l'acte tait srieux, s'agissant non pas d'une simple possibilit thorique de passage l'acte, mais bien d'un risque concret potentiellement important que le recourant mette ses menaces excution. Ce risque tait galement imminent, dans la mesure o le recourant avait voqu auprs du personnel du Service mdical de la prison E.________ une date de passage l'acte "aprs le jugement de l'affaire pnale en cours". Le recourant ne semblait en outre aucunement avoir pris conscience de la gravit des faits et aucune remise en question relle ne semblait avoir eu lieu, puisqu'il continuait de tenir B.________ pour responsable de l'avoir loign de son fils, comme cela ressortait de ses dclarations lors de son audition de confrontation avec la prnomme le 7 octobre 2025 (cf. arrt attaqu, consid. 3.6 ss).
3.4. On observera tout d'abord que, contrairement ce que soutient le recourant, la juridiction cantonale n'a pas ignor ses arguments. Elle en a tenu compte, tout le moins globalement (cf. arrt attaqu, consid. 3.5), et a expliqu les raisons pour lesquelles ces griefs ne suffisaient pas remettre en cause l'ordonnance du TMC (
idem, consid. 3.6 ss), permettant ainsi au recourant de comprendre sa dcision sur ce point et de l'attaquer utilement. Dans ces circonstances, il n'y a aucune violation du devoir de motivation de la part de l'autorit cantonale.
3.5. Cela tant, les motifs exposs par la Chambre pnale pour retenir l'existence d'un risque de passage l'acte peuvent tre suivis.
3.5.1. Tout d'abord, on comprend - la lumire des considrants de l'arrt entrepris selon lesquels il existe chez le recourant un risque de suicide largi impliquant d'autres personnes - que le risque de passage l'acte porte sur l'infraction de meurtre (art. 111 CP). L'infraction redoute constitue ainsi un crime grave.
3.5.2. Quoi qu'en dise le recourant, la cour cantonale pouvait asseoir sa motivation sur plusieurs lments factuels ressortant de diverses pices verses au dossier, notamment sur les dclarations du recourant lui-mme, sur l'expertise psychiatrique du 10 juillet 2025 et sur le rapport du Service mdical de la prison E.________ du 5 septembre 2025, pour valuer le risque de passage l'acte.
Il ressort en outre du dossier cantonal et des prcdentes ordonnances du TMC, ainsi que de l'arrt de la Chambre pnale du 18 aot 2025, auxquels se rfre la dcision entreprise, que les faits reprochs au recourant s'inscrivent dans un contexte de conflit entre lui et son ancienne compagne, vraisemblablement la suite de leur rupture. Le 1
er dcembre 2024, B.________ a en effet dpos plainte pnale contre le recourant pour menaces de mort profres le 28 juin 2024. Il tait reproch ce dernier d'avoir notamment dclar qu'il s'tait renseign, qu'il risquait huit ans de prison pour un crime passionnel, qu'il tait prt le faire et qu'il trouverait un moyen de la tuer. Il aurait galement menac de tuer les parents de la jeune femme et aurait ajout qu'il tait un diable et qu'il n'avait pas de limites. Une procdure pnale a t ouverte contre le recourant pour menaces, dlit contre la loi fdrale sur les armes et contravention la loi fdrale sur les stupfiants. Il rsulte galement du dossier que le recourant figure au casier judiciaire raison de trois inscriptions entre 2013 et 2021 pour notamment dlits contre la loi fdrale sur les stupfiants et contre la loi fdrale sur les armes, violence ou menace contre les autorits et les fonctionnaires, ainsi que (s'agissant du jugement de 2021) pour violences domestiques et menaces de mort contre une prcdente compagne. Il s'agit l d'autant d'lments dont il y a lieu de tenir compte d'office (art. 105 al. 2 LTF).
3.5.3. Cela tant pos, le recourant fait valoir qu'il ne serait pas "tabli" qu'il possdait une arme et qu'il avait envisag d'aller tuer les parents de B.________, dans la mesure o "ces faits repos[erai]ent sur [ses] seules dclarations", alors qu'il s'tait ensuite rtract en dclarant, lors de l'audience de confrontation, avoir "invent cette histoire pour augmenter ses chances d'tre hospitalis (...) ". Par cette argumentation, le recourant, qui propose sa propre version des faits, n'articule aucune critique recevable en lien avec l'apprciation des preuves et l'tablissement des faits auxquels a procd l'autorit prcdente. Au demeurant, en l'tat, les divers lments factuels ressortant du dossier, tels que relevs ci-dessus, remettent en cause ses rtractations.
3.5.4. Le recourant conteste avoir menac, par actes concluants, de commettre un crime grave au sens de l'art. 221 al. 2 CPP. Cette objection ne rsiste pas l'examen. La Chambre pnale a retenu sans arbitraire, dans le cadre limit de l'examen de la dtention, qu'il s'tait approch du domicile des parents de B.________ avec un revolver dans l'intention de les tuer. Or quoi qu'en dise le recourant, de telles mesures concrtes constituent bel et bien une menace, par actes concluants, de commettre un crime grave (cf. ATF 137 IV 339 consid. 2.4; arrts 7B_852/2025 du 18 septembre 2025 consid. 3.1.2; 7B_1087/2024 du 7 novembre 2024 consid. 3.1; 7B_965/2024 du 30 septembre 2024 consid. 4.1). Peu importe qu'il n'y ait "mme pas eu un dbut d'acte" ou que personne n'ait t effray, comme le souligne le recourant, dans la mesure o, en ce qui concerne la menace de commettre un crime grave, il n'est pas ncessaire qu'elle soit qualifie d'infraction au sens de l'art. 180 CP (arrt 7B_852/2025 prcit consid. 3.1.2 et les arrts cits).
3.5.5. Les lments factuels relevs ci-avant, pris dans leur ensemble, permettent ainsi de considrer, avec la cour cantonale, que le recourant reprsente une lourde menace et que la prolongation de sa dtention se justifie pour prvenir la commission de tout crime grave qui risquerait de se produire dans un avenir proche. Peu importe qu'il n'ait t arrt que le 16 avril 2025 et que "rien ne se soit pass" entre les faits prsums du 7 avril 2025 et son arrestation, comme il l'objecte; il ne s'est d'ailleurs pas prvalu de ces lments l'poque de sa mise en dtention, se bornant alors demander, dans ses dterminations sur requte de dtention provisoire, que celle-ci soit ordonne pour la dure d'un mois (cf. dossier cantonal, dterminations du 18 avril 2025); il n'a du reste pas non plus recouru contre l'ordonnance de mise en dtention provisoire du 19 avril 2019.
En particulier, la situation instable du recourant, son impulsivit, sa propension profrer des menaces, son comportement prsum du 7 avril 2025, les propos qu'il a tenus durant sa dtention et lors de son audition de confrontation, ainsi que les conclusions de l'expert, qui redoute un acte de suicide largi impliquant d'autres personnes (cf. let. A.b
supra), laissent apparatre un danger srieux et imminent qu'il mette ses menaces excution et que des tiers en soient les victimes. Ses allgations selon lesquelles il se serait adress aux mdecins pour obtenir des soins et matriser son mal-tre sont insuffisantes faire admettre l'invraisemblance du risque de passage l'acte.
3.5.6. Enfin, dans sa rplique du 6 janvier 2026, le recourant expose que B.________ serait "partie au mois de dcembre s'tablir l'tranger un lieu inconnu [de lui]"; il dpose galement un rapport mdical le concernant dat du 22 dcembre 2025. Il s'agit de faits respectivement de moyens de preuve nouveaux qui se rvlent, l encore, irrecevables (cf. art. 99 al. 1 LTF), tant rappel que la tche du Tribunal fdral est uniquement d'examiner si l'autorit cantonale a viol le droit sur la base de la situation qui existait au moment o elle a rendu sa dcision (cf. arrt 7B_230/2025 du 11 avril 2025 consid. 1.2 et l'arrt cit). Au demeurant, on relvera que le fait que B.________ soit partie s'tablir l'tranger n'est pas dterminant: d'une part, celle-ci n'est pas la seule personne laquelle le recourant a menac de s'en prendre (puisqu'il a notamment menac de tuer ses beaux-parents); d'autre part, il n'est pas exclu qu'en cas de libration, le recourant tente de dcouvrir le nouveau lieu de rsidence de la jeune femme.
3.6. En dfinitive, l'autorit prcdente pouvait, sans violer l'art. 221 al. 2 CPP, considrer que le pronostic demeurait trs dfavorable, respectivement admettre un risque lev de passage l'acte justifiant le maintien en dtention du recourant.
4.
Le recourant soutient enfin que la dure de sa dtention, de neuf mois, serait totalement disproportionne, compte tenu de la jurisprudence de la Cour europenne des droits de l'homme (ci-aprs: CourEDH), selon laquelle la dtention des fins prventives ne serait autorise que pour des priodes trs courtes, soit de quelques heures (arrt de la CourEDH
Kurt c. Autriche [Grande Chambre] du 15 juin 2021 [requte n 62903/15] 186, qui se rfre une priode de huit heures dans l'arrt
S., V. et A. c. Danemark [Grande Chambre] du 22 octobre 2018 [requtes n
os 35553/12, 36678/12 et 36711/12] 134 et 137 et de quatre heures dans l'arrt
Ostendorf c. Allemagne du 7 mars 2013 [requte n 15598/08] 75). Il perd toutefois de vue que cette jurisprudence concerne la dure du placement en garde vue, soit celle ncessaire entre l'arrestation de la personne titre prventif et sa comparution bref dlai devant un juge ou un autre magistrat. Elle ne trouve ds lors pas application au cas d'espce et n'est donc d'aucune pertinence sous l'angle de la proportionnalit de la dure de la dtention provisoire ici en cause.
Pour le reste, le recourant ne critique pas l'apprciation de la cour cantonale relative l'absence, ce stade de la procdure, de mesures de substitution susceptibles d'tre mises en oeuvre pour pallier le risque de passage l'acte retenu. Compte tenu de la gravit de l'infraction redoute et de la dure de la dtention dj subie, le principe de la proportionnalit demeure respect.
5.
Au vu de ce qui prcde, le recours doit tre rejet, dans la mesure de sa recevabilit. Comme il tait dnu de chance de succs, la demande d'assistance judiciaire doit tre rejete (art. 64 al. 1 LTF). Le recourant, qui succombe, supportera les frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF), dont le montant sera fix en tenant compte de sa situation personnelle (art. 65 al. 2 LTF).
Par ces motifs, le Tribunal fdral prononce :
1.
Le recours est rejet dans la mesure o il est recevable.
2.
La demande d'assistance judiciaire est rejete.
3.
Les frais judiciaires, arrts 1'200 fr., sont mis la charge du recourant.
4.
Le prsent arrt est communiqu au recourant, au Ministre public de l'tat de Fribourg, la Chambre pnale du Tribunal cantonal de l'tat de Fribourg et au Tribunal des mesures de contrainte de l'tat de Fribourg.
Lausanne, le 22 janvier 2026
Au nom de la IIe Cour de droit pnal
du Tribunal fdral suisse
Le Prsident : Abrecht
Le Greffier : Valentino