# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 13dba0bd-bfb4-5b96-87e8-e07ef3a204aa
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2021-02-12
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 12.02.2021 F-2594/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_F-2594-2019_2021-02-12.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour VI 

F-2594/2019 

 

 
 

  A r r ê t  d u  1 2  f é v r i e r  2 0 2 1  

Composition 
 Gregor Chatton (président du collège),  

Yannick Antoniazza-Hafner, Susanne Genner, juges, 

Jérôme Sieber, greffier. 
 

 
 

Parties 
 A._______,    

représentée par Chloé Maire,  

Centre Social Protestant (CSP),  

Place M.-L. Arlaud 2, 1003 Lausanne,  

recourante,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations SEM,  

Quellenweg 6, 3003 Berne,    

autorité inférieure.  

 
 

 
 

Objet 
 Refus d'approbation à l'octroi d'une autorisation de séjour en 

dérogation aux conditions d'admission (art. 20 OLCP et 30 

al. 1 let. b LEtr) et renvoi de Suisse. 

 

 

 

F-2594/2019 

Page 2 

Faits : 

A.  

A._______, ressortissante portugaise, née le (…) 1957, a été mise au bé-

néfice d’une autorisation de séjour annuelle au mois d’avril 2000 après 

avoir obtenu préalablement des autorisations de séjour saisonnières. Le 4 

juin 2007, le Service de la population du canton de Vaud (ci-après : le 

SPOP), constatant que la prénommée faisait l’objet d’une enquête pénale, 

a décidé de renouveler son autorisation de séjour pour une durée de cinq 

ans dans le but de lui permettre de se légitimer auprès des autorités.  

En date du 16 décembre 2002, l’intéressée a déposé une demande de 

prestations AI auprès de l’Office de l’Assurance-Invalidité pour le canton de 

Vaud (ci-après : l’OAI). Cette demande a été rejetée par décision du 8 dé-

cembre 2005 dès lors qu’aucune incapacité de travail ne pouvait être re-

connue dans l’activité habituelle d’A._______. Cette dernière a formé op-

position contre cette décision le 19 décembre 2005. Par décision du 23 

janvier 2007, l’OAI a rejeté cette opposition. L’intéressée a alors recouru 

contre cette décision auprès du Tribunal cantonal vaudois (ci-après : le 

TCVD) le 21 février 2007. Ce recours a été rejeté par jugement du TCVD 

du 19 octobre 2007. 

B.  

A._______ a déposé une nouvelle demande de prestations AI auprès de 

l’OAI le 29 septembre 2009. Par décision du 24 juin 2010, l’OAI n’est pas 

entré en matière sur cette nouvelle demande, estimant que la situation de 

l’intéressée ne s’était pas modifiée à compter de sa précédente décision 

du 23 janvier 2007. L’intéressée a recouru contre cette décision auprès du 

TCVD le 27 août 2010. Le 17 mai 2011, le TCVD a rejeté ce recours et a 

confirmé la décision du 24 juin 2010.  

Le 25 juillet 2012, le SPOP a refusé d’octroyer une autorisation d’établis-

sement à A._______ pour des motifs d’assistance publique.  

C.  

En date du 25 novembre 2013, le SPOP a constaté qu’A._______ avait 

perdu la qualité de travailleuse au sens de l’Accord du 21 juin 1999 entre 

la Confédération Suisse, d’une part, et la Communauté européenne et ses 

Etats membres, d’autre part, sur la libre circulation des personnes (ALCP, 

RS 0.142.112.681), au vu de sa dépendance à l’aide sociale et l’a informée 

de son intention de refuser la prolongation de son autorisation de séjour et 

de prononcer son renvoi de Suisse.  

F-2594/2019 

Page 3 

D.  

Le 11 décembre 2013, A._______ a déposé une nouvelle demande de 

prestations AI auprès de l’OAI. Par décision du 15 avril 2014, l’OAI a refusé 

d’entrer en matière sur cette demande dès lors que l’intéressée n’avait pas 

rendu vraisemblable que les conditions de fait s’étaient modifiées de ma-

nière essentielle depuis la précédente décision.  

A._______ a rempli, le 1er juillet 2014, un formulaire de demande de pres-

tations AI. Le 26 novembre 2014, l’OAI a informé l’intéressée qu’aucune 

mesure de réadaptation d’ordre professionnel n’était actuellement possible 

puisque sa situation médicale n’était pas encore stabilisée.   

L’intéressée a déposé une nouvelle demande de prestation auprès de l’OAI 

le 12 décembre 2014.  

E.  

Par décision du 16 mars 2017, l’OAI a constaté qu’A._______ ne présentait 

pas d’atteinte objective à la santé au sens de l’AI et que ses problèmes de 

santé n’entravaient pas l’exercice d’une activité professionnelle. Dès lors, 

des mesures professionnelles n’étaient pas nécessaires et le droit à la 

rente n’était pas ouvert. L’intéressée a recouru contre cette décision auprès 

du TCVD le 21 avril 2017.  

Le 2 octobre 2017, l’Agence d’assurances sociales de Lausanne a alloué 

à A._______ une rente-pont mensuelle d’un montant de Fr. 2'193.-. 

F.  

En date du 12 octobre 2018, le SPOP, constatant qu’A._______ ne travail-

lait plus depuis l’année 2003, qu’elle émargeait de manière constante à 

l’aide sociale depuis l’année 2004, qu’elle touchait désormais une rente-

pont et qu’elle avait ainsi perdu la qualité de travailleuse, a refusé de re-

nouveler son autorisation de séjour UE/AELE. Le SPOP s’est toutefois dé-

claré favorable à la poursuite de son séjour en Suisse sous l’angle de l’art. 

20 de l’ordonnance du 22 mai 2002 sur la libre circulation des personnes 

entre la Suisse et l’Union européenne et ses États membres, entre la 

Suisse et le Royaume-Uni, ainsi qu’entre les États membres de l’Associa-

tion européenne de libre-échange (OLCP, RS 142.203), au regard de la 

durée de son séjour en Suisse, de son bon comportement et de sa situation 

médicale. Le cas a été transmis au Secrétariat d’Etat aux migrations (ci-

après : le SEM) pour approbation.   

F-2594/2019 

Page 4 

Le 27 décembre 2018, le SEM a informé A._______ qu’il envisageait de 

refuser de donner son approbation à la proposition cantonale et lui a imparti 

un délai pour se déterminer. L’intéressée a répondu par courrier du 31 jan-

vier 2019.  

G.  

Par arrêt du 14 février 2019, le TCVD a rejeté le recours d’A._______ 

contre la décision de l’OAI du 16 mars 2017. 

H.  

Par décision du 7 mai 2019, le SEM a refusé d’approuver l’octroi d’une 

autorisation de séjour en faveur d’A._______ et lui a imparti un délai pour 

quitter le territoire suisse.  

L’intéressée a recouru contre cette décision auprès du Tribunal adminis-

tratif fédéral (ci-après : le Tribunal ou TAF) par mémoire du 28 mai 2019 et 

a requis l’octroi de l’effet suspensif ainsi que de l’assistance judiciaire par-

tielle. A._______ a en outre demandé au Tribunal de la convoquer à une 

audience.  

Le 6 juin 2019, le Tribunal a constaté que l’effet suspensif n’avait pas été 

retiré par le SEM et que celui-ci existait de par la loi. Un délai a par ailleurs 

été imparti à la recourante pour qu’elle fasse parvenir des pièces complé-

mentaires en lien avec sa situation financière. A._______ a répondu par 

courrier du 4 juillet 2019.  

Par décision incidente du 22 juillet 2019, le Tribunal a estimé que les 

chances de succès du recours étaient faibles et a, pour cette raison, rejeté 

la demande d’assistance judiciaire partielle d’A._______. L’intéressée a 

été invitée à s’acquitter d’une avance sur les frais de procédure, exception-

nellement par le versement de trois tranches.  

I.  

Le 12 août 2019, la recourante a transmis des pièces et informations com-

plémentaires au Tribunal et lui a demandé de réévaluer les chances de 

succès du présent recours. Par décision incidente du 15 août 2019, le Tri-

bunal a constaté que sa décision incidente du 22 juillet 2019 n’était pas 

entrée en force de chose décidée et qu’il n’était pas exclu que celle-ci 

puisse faire l’objet d’un recours auprès du Tribunal fédéral (ci-après aussi : 

le TF). Dans ces conditions, la question de la recevabilité d’une demande 

de réexamen se posait. Cette question est toutefois restée ouverte dès lors 

que le Tribunal a estimé qu’il n’existait aucune raison d’entrer en matière 

F-2594/2019 

Page 5 

sur la demande de réexamen déposée par A._______. Partant, la de-

mande de réexamen a été déclarée irrecevable et les délais impartis pour 

le versement des trois tranches ont été maintenus.  

A._______ s’est acquittée de l’avance de frais requise par versements des 

19 août et 17 septembre 2019.  

J.  

Le 8 novembre 2019, le Tribunal a transmis le dossier de la cause au SEM 

et l’a invité à déposer sa réponse en deux exemplaires. Dans ses observa-

tions du 21 novembre 2019, l’autorité inférieure a conclu au rejet du recours 

dans toutes ses conclusions et à la confirmation de la décision attaquée.  

Invitée, le 17 décembre 2019, à se déterminer sur les observations du 

SEM, la recourante a, le 15 janvier 2020, requis la suspension de la pré-

sente procédure jusqu’à droit connu sur une autre affaire similaire alors 

pendante auprès du Tribunal fédéral. L’intéressée a par ailleurs indiqué 

qu’elle ferait parvenir ses observations ultérieurement.  

Par décision incidente du 28 janvier 2020, le Tribunal a rejeté la requête en 

suspension de la procédure et a imparti un délai de sept jours à A._______ 

pour faire parvenir ses observations. Celle-ci s’est déterminée le 4 février 

2020.  

K.  

Le 7 février 2020, le Tribunal fédéral a rendu un arrêt 2C_800/2019 dans 

l’affaire similaire mentionnée par la recourante dans sa requête en suspen-

sion de la procédure. Par ordonnance du 21 février 2020, le Tribunal a im-

parti un délai aux parties pour qu’elles s’expriment sur ce dernier arrêt du 

TF et à la recourante pour qu’elle fasse parvenir des pièces complémen-

taires. Celle-ci a par ailleurs été informée qu’il serait statué ultérieurement 

sur la requête d’audition contenue dans son recours.  

Par duplique du 11 mars 2020, le SEM a persisté dans ses conclusions 

initiales. A._______ s’est déterminée et a porté de nouvelles pièces au 

dossier par courrier du 16 mars 2020. Elle a en outre indiqué être en attente 

d’un nouveau certificat médical qu’elle ferait suivre dès sa réception. Ces 

derniers courriers ont été portés à la connaissance des parties et la recou-

rante a été invitée à faire parvenir les derniers éléments manquants ainsi 

qu’à faire part de ses remarques éventuelles. A._______ a répondu par 

courrier du 29 avril 2020, tout en expliquant qu’elle n’avait pas encore été 

en mesure de transmettre toutes les pièces souhaitées.  

F-2594/2019 

Page 6 

L.  

Le 8 mai 2020, le Tribunal a imparti un délai à la recourante pour faire 

parvenir les dernières pièces ainsi que pour donner son accord écrit à la 

consultation de ses dossiers AI et de la Caisse de chômage. A._______ a 

transmis son accord écrit par courrier du 15 mai 2020.  

Par courriers du 22 mai 2020, le Tribunal a requis la consultation des dos-

siers AI et de la Caisse de chômage de la recourante. L’OAI a envoyé son 

dossier par courriers des 26 et 27 mai 2020. La Caisse cantonale de chô-

mage vaudoise a informé, le 9 juin 2020, qu’A._______ n’avait jamais dé-

posé de dossier auprès d’elle. La recourante a transmis des pièces com-

plémentaires le 15 juin 2020.  

Par ordonnance du 10 juillet 2020, le Tribunal a transmis le dossier de la 

cause au SEM pour qu’il prenne connaissance des derniers actes d’ins-

truction et pour qu’il fasse part de ses observations éventuelles. Par ail-

leurs, le Tribunal a, le même jour, procédé à une ultime vérification auprès 

de la Caisse de chômage au vu de sa réponse du 9 juin 2020.  

Le SEM a indiqué, le 24 juillet 2020, n’avoir pas d’autres observations à 

formuler dans le cadre de cette affaire. La Caisse de chômage a confirmé 

qu’A._______ n’avait jamais ouvert de dossier auprès d’aucune caisse de 

chômage en Suisse selon la base de données de la Confédération. Ces 

derniers courriers ont été portés à la connaissance des parties le 14 août 

2020 et la recourante a été invitée à faire part de ses éventuelles observa-

tions finales. A._______ s’est déterminée par courrier du 3 septembre 2020 

et les parties ont été informées que l’échange d’écritures était en principe 

clos en date du 16 septembre 2020.  

M.  

A._______ a spontanément transmis de nouvelles informations au Tribunal 

par courrier du 5 janvier 2021. Ce courrier a été porté à la connaissance 

du SEM le 7 janvier 2021 et celui-ci a été invité à faire part de ses éven-

tuelles déterminations, faute de quoi la cause serait en principe gardée à 

juger. Par courrier du 11 janvier 2021, l’autorité intimée a confirmé n’avoir 

pas d’autres observations à formuler dans le cadre de cette affaire. Le Tri-

bunal a porté une copie de ce courrier à la recourante le 13 janvier 2021 et 

les parties ont été informées que l’échange d’écritures était clos.  

N.  

Les divers autres arguments invoqués dans le cadre de la procédure de 

F-2594/2019 

Page 7 

recours seront examinés, si nécessaire, dans les considérants en droit ci-

après.   

 

Droit : 

1.  

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 LTAF, le Tribunal de 

céans, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions 

au sens de l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. 

En particulier, les décisions rendues par le SEM – lequel constitue une 

unité de l'administration fédérale telle que définie à l'art. 33 let. d LTAF – 

en matière de refus d'approbation à l'octroi (respectivement au renouvelle-

ment ou à la prolongation) d'autorisations de séjour et de renvoi sont sus-

ceptibles de recours au Tribunal de céans, qui statue comme autorité pré-

cédant le Tribunal fédéral en matière d’autorisations de séjour auxquelles 

le droit international (tel l’ALCP) confère un droit (cf. art. 1 al. 2 LTAF en 

relation avec l'art. 83 let. c ch. 2 a contrario LTF). 

1.2 A moins que la LTAF n’en dispose autrement, la procédure devant le 

Tribunal est régie par la PA (art. 37 LTAF).  

1.3 L’intéressée a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA). Interjeté dans 

la forme et les délais prescrits par la loi, son recours est recevable (art. 50 

et 52 PA). 

2.  

Le Tribunal examine les décisions qui lui sont soumises avec un plein pou-

voir d'examen en fait et en droit. La recourante peut ainsi invoquer devant 

le Tribunal la violation du droit fédéral, y compris l'excès ou l'abus du pou-

voir d'appréciation, la constatation inexacte ou incomplète des faits perti-

nents ainsi que l'inopportunité de la décision entreprise, sauf lorsqu'une 

autorité cantonale a statué comme autorité de recours (art. 49 PA). L'auto-

rité de recours applique le droit d’office, sans être liée par les motifs invo-

qués par les parties (art. 62 al. 4 PA), ni par les considérants juridiques de 

la décision attaquée (ATAF 2014/24 consid. 2.2 et ATAF 2009/57 consid. 

1.2 ; voir également arrêt du TF 1C_214/2015 du 6 novembre 2015 consid. 

2.2.2). Aussi peut-elle admettre ou rejeter le pourvoi pour d'autres motifs 

que ceux invoqués. Dans son arrêt, elle prend en considération l'état de 

fait existant au moment où elle statue (cf. ATAF 2014/1 consid. 2). 

F-2594/2019 

Page 8 

3.  

3.1 Le 1er janvier 2019, la loi fédérale sur les étrangers (LEtr) a connu une 

modification partielle comprenant également un changement de sa déno-

mination (modification de la LEtr du 16 décembre 2016, RO 2018 3171). 

Ainsi, elle s’intitule nouvellement loi fédérale sur les étrangers et l’intégra-

tion du 16 décembre 2005 (LEI, RS 142.20). En parallèle, est entrée en 

vigueur la modification de l’ordonnance relative à l’admission, au séjour et 

à l’exercice d’une activité lucrative du 15 août 2018 (OASA, RS 142.201, 

RO 2018 3173). 

3.2 En l'occurrence, la décision querellée a été prononcée après l'entrée 

en vigueur du nouveau droit, mais en application de l’ancien droit. L’autorité 

inférieure a en effet fait valoir que, dans la mesure où le Service cantonal 

avait statué en date du 18 septembre 2018, la LEtr – soit le droit en vigueur 

au moment où l’autorité cantonale s’était prononcée – était applicable. Ce 

raisonnement ne prête pas le flanc à la critique, étant donné que la décision 

d’approbation fédérale – qui constitue une condition de validité de l’autori-

sation délivrée par l’autorité cantonale – « s’intègre » dans ladite décision 

cantonale, rendue en l’espèce sous l’empire de l’ancien droit (cf. ATF 143 

II 1 consid. 5.3 ; arrêts du TAF 1644/2019 du 18 novembre 2020 consid. 3 ; 

F-1734/2019 du 23 mars 2020 consid. 3.2 ; F-6236/2019 du 16 décembre 

2020 consid. 3.2 ; F-6274/2019 du 20 janvier 2021 consid. 3). En l’occur-

rence, le Tribunal appliquera donc la LEtr et l’OASA dans leur teneur en 

vigueur jusqu'au 31 décembre 2018. 

4.  

4.1 Selon l’art. 99 LEtr en relation avec l’art. 40 al. 1 LEtr, le Conseil fédéral 

détermine les cas dans lesquels les autorisations de courte durée, de sé-

jour ou d'établissement, ainsi que les décisions préalables des autorités 

cantonales du marché du travail sont soumises à l'approbation du SEM 

(sur le nouvel art. 99 LEI entré en vigueur le 1er juin 2019, cf. arrêt du TAF 

F-6072/2017 du 4 juillet 2019 consid. 4, étant précisé que cette modifica-

tion législative, qui trouve immédiatement application, n'a pas d'incidence 

sur l'issue de la présente cause). Celui-ci peut refuser son approbation ou 

limiter la portée de la décision cantonale. 

Il convient ici de rappeler qu'en vertu de la répartition des compétences 

entre la Confédération et les cantons, ces derniers décident, d'après le droit 

fédéral, du séjour et de l'établissement des étrangers. Ainsi, les autorités 

fédérales ne disposent que d'un droit de veto et ne sauraient contraindre 

F-2594/2019 

Page 9 

l'autorité cantonale compétente en matière d'étrangers à délivrer une auto-

risation de séjour (ATF 143 II 1 consid. 5.3 et 5.4 et 141 II 169 consid. 4.3). 

4.2 Le Tribunal fédéral a récemment précisé la portée et les enjeux de la 

procédure d'approbation, en lien notamment avec l'objet de la procédure 

respectivement l'objet du litige. La Haute Cour a notamment précisé que le 

SEM, donnant suite à une proposition d'approbation de l'autorité cantonale, 

était tenu « d'examiner les conditions permettant à l'étranger de demeurer 

en Suisse, quelle que soit la base légale (...) », dans la mesure où « l'objet 

du litige [était] uniquement le droit de séjourner en Suisse » (arrêt du TF 

2C_800/2019 du 7 février 2020 consid. 3.4.3 et 3.4.4). 

Au vu des considérations émises par le Tribunal fédéral, le TAF a été 

amené à revenir sur sa pratique établie en matière de délimitation de l'objet 

du litige, dans le sens d'un élargissement substantiel de son champ d'exa-

men lorsqu'un recours est interjeté contre un refus d'approbation, par le 

SEM, à l'octroi ou au renouvellement d'une autorisation de séjour par une 

autorité cantonale de police des étrangers. Dans son arrêt de principe 

F-1734/2019 du 23 mars 2020, destiné à la publication officielle, le Tribunal 

a ainsi retenu que le SEM, en tant qu'autorité de veto, était tenu d'examiner 

un « préavis » cantonal en vertu de toutes les bases légales que le requé-

rant avait soulevées de façon suffisamment motivée devant les autorités 

administratives ou qui entreraient logiquement en considération à l'aune 

des faits et pièces au dossier. Quant au TAF, il était tenu de vérifier l'appli-

cation correcte des dispositions pertinentes par l'autorité inférieure, d'office 

et avec la même cognition que cette dernière, étant souligné qu'il n'existait 

qu'une « autorisation de séjour » (l'objet de la procédure resp. l'objet du 

litige), qui elle-même trouvait son fondement dans diverses dispositions lé-

gales (la motivation ; consid. 4.3.2 à 4.3.4 et 5.1). 

5.  

5.1 En date du 12 octobre 2018, le SPOP a retenu que l’intéressée avait 

cessé de travailler depuis 2003 avec une incapacité de travail dès le 9 no-

vembre 2004, de sorte qu’elle avait perdu la qualité de travailleur et qu’elle 

ne pouvait se prévaloir d’un droit au renouvellement de son autorisation de 

séjour en application des art. 2, 6 et 24 Annexe I ALCP puisqu’elle n’était 

pas en mesure de subvenir à son entretien. 

5.2 Dans sa décision querellée, le SEM a retenu que l’intéressée n’exerçait 

plus d’activité lucrative réelle et effective depuis, à tout le moins, 2003 et 

qu’elle ne possédait donc plus la qualité de travailleur dès ce moment. Elle 

http://links.weblaw.ch/2C_800/2019

F-2594/2019 

Page 10 

n’avait en outre pas démontré avoir mis fin à son activité lucrative en raison 

d’une incapacité permanente de travail, de sorte qu’elle ne pouvait pré-

tendre à une autorisation de séjour fondée sur le droit de demeurer au sens 

de l’art. 4 Annexe I ALCP.  

5.3 Dans son recours du 28 mai 2019, l’intéressée a estimé pouvoir béné-

ficier d’un droit de demeurer quand bien même son état de santé n’avait 

pas été reconnu par l’OAI. A ce propos, elle a expliqué avoir tenté de re-

prendre une activité lucrative adaptée suite à la réponse négative de l’OAI 

du 24 juin 2010. Elle se serait toutefois vue refuser différents emplois en 

raison de son incapacité de travail. Selon elle, le médecin-conseil de l’as-

surance-chômage aurait estimé qu’elle était en incapacité de travail totale 

pour une longue durée et son dossier aurait été fermé jusqu’à ce qu’elle 

puisse démontrer sa capacité de travail. Il existe d’après elle un décalage 

entre les estimations faites par l’OAI et la réalité du marché de l’emploi, 

ainsi qu’entre les différentes assurances sociales suisses.  

5.4 Le Tribunal relève que la recourante, bien que contestant l’appréciation 

selon laquelle elle avait perdu la qualité de travailleuse – appréciation ef-

fectuée tout d’abord par le SPOP –, n’a pas interjeté de recours y relatif 

devant les autorités judiciaires cantonales. Cela étant, ceci ne saurait ici 

conduire à la forclusion dès lors qu’au regard de l’arrêt 2C_800/2019 pré-

cité (cf. supra consid. 4.2), le Tribunal, à l’instar du SEM, se doit d’examiner 

toutes les dispositions légales de l’ALCP qui permettraient d’accorder à 

l’intéressée un droit de séjourner. A ce titre, le Tribunal examinera ainsi, en 

premier lieu, les conditions relatives à l’octroi d’une autorisation de séjour 

fondée sur le droit de demeurer, en lien avec la notion de travailleur (cf. 

consid. 6 infra). En tant que nécessaire, il examinera ensuite une éven-

tuelle application de l’art. 24 Annexe I ALCP (cf. consid. 7 infra) ainsi que 

de l’art. 20 OLCP cum art. 30 al. 1 let. b LEtr et 31 OASA (cf. consid. 9 

infra). 

6.  

L'étranger n'a en principe aucun droit à la délivrance d'une autorisation de 

séjour, à moins qu'il ne puisse invoquer en sa faveur une disposition parti-

culière du droit fédéral ou d'un traité lui conférant un tel droit (cf. ATF 135 

II 1 consid. 1.1, 131 II 339 consid. 1, et la jurisprudence citée). 

6.1 Aux termes de son art. 2 al. 2, la LEtr n'est applicable aux ressortis-

sants des Etats membres de la Communauté européenne (CE), aux 

membres de leur famille et aux travailleurs détachés par un employeur 

ayant son siège ou son domicile dans un de ces Etats que dans la mesure 

F-2594/2019 

Page 11 

où l'ALCP n'en dispose pas autrement ou lorsque ladite loi contient des 

dispositions plus favorables.  

Selon l'art. 4 par. 1 Annexe I ALCP, les ressortissants d'une partie contrac-

tante ont le droit de demeurer sur le territoire d'une autre partie contrac-

tante après la fin de leur activité économique. L'art. 4 par. 2 Annexe I ALCP 

renvoie, conformément à l'art. 16 de l'Accord, au règlement (CEE) 1251/70 

(ci-après : le règlement 1251/70) et à la directive 75/34/CEE, "tels qu'en 

vigueur à la date de la signature de l'Accord".  

L'art. 2 par. 1 let. b du règlement 1251/70, dans sa version au moment de 

la signature de l'Accord, prévoit qu'a le droit de demeurer sur le territoire 

d'un Etat membre le travailleur qui, résidant d'une façon continue sur le 

territoire de cet Etat depuis plus de deux ans, cesse d'y occuper un emploi 

salarié à la suite d'une incapacité permanente de travail. Si cette incapacité 

résulte d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle ouvrant 

droit à une rente entièrement ou partiellement à charge d'une institution de 

cet Etat, aucune condition de durée de résidence n'est requise. Selon la 

jurisprudence du Tribunal fédéral, en règle générale, l’évaluation de l’inca-

pacité permanente de travail doit se fonder sur l’appréciation de l’Office AI. 

Si ce dernier atteste d’une capacité d’exercer une activité adaptée, la pré-

somption d’une incapacité de travail permanente est exclue (ATF 146 II 89 

consid. 4.5 et 4.6). L'art. 4 par. 2 de ce même règlement précise que les 

périodes de chômage involontaire, dûment constatées par le bureau de 

main-d’œuvre compétent, et les absences pour cause de maladie ou acci-

dent sont considérées comme des périodes d'emploi au sens de l'art. 2 par. 

1. L'art. 22 OLCP dispose enfin, notamment, que les ressortissants de l'UE 

qui ont le droit de demeurer en Suisse selon l'Accord sur la libre circulation 

des personnes reçoivent une autorisation de séjour UE/AELE.  

Selon les Directives du SEM concernant l'introduction progressive de la 

libre circulation des personnes, le droit de demeurer s'interprète comme le 

droit du travailleur de maintenir sa résidence sur le territoire de l'État d'ac-

cueil lorsqu'il cesse d'y exercer son activité. Les bénéficiaires du droit de 

demeurer conservent leurs droits acquis en qualité de travailleurs (maintien 

du droit à l'égalité de traitement avec les nationaux) en vertu de l'ALCP et 

de ses protocoles, bien qu'ils ne bénéficient plus du statut de travailleurs. 

Ce droit de séjour est en principe maintenu, indépendamment du fait que 

la personne ait bénéficié ou non d'éventuelles prestations de l'aide sociale, 

et s'étend aux membres de la famille indépendamment de leur nationalité 

(Directives SEM OLCP, janvier 2021, ch. 10.3.1, consultables à l’adresse 

F-2594/2019 

Page 12 

internet suivante : www.sem.admin.ch/dam/data/sem/rechtsgrun-

dlagen/weisungen/fza/weisungen-fza-f.pdf, site consulté en janvier 2021). 

Toutefois, pour pouvoir prétendre à demeurer en Suisse sur la base de l'art. 

4 Annexe I ALCP en relation avec l'art. 2 par. 1 let. b du règlement 1251/70, 

il est indispensable qu'au moment où survient l'incapacité permanente de 

travail, le travailleur ait encore effectivement ce statut (cf. arrêts du TF 

2C_289/2017 du 4 décembre 2017 consid. 4.5.1 et 2C_1034/2016 du 13 

novembre 2017 consid. 2.2 et 4.2).   

6.2 En vertu de l'art. 23 al. 1 OLCP, les autorisations de séjour de courte 

durée, de séjour et frontalières UE/AELE peuvent être révoquées ou ne 

pas être prolongées, si les conditions requises pour leur délivrance ne sont 

plus remplies.  

Le Tribunal fédéral a jugé qu'un étranger au bénéfice d'une autorisation de 

séjour UE/AELE peut perdre le statut de travailleur au sens de l'ALCP et 

par conséquent se voir refuser la prolongation, respectivement se voir ré-

voquer l'autorisation de séjour dont il est titulaire si 1) il se trouve dans un 

cas de chômage volontaire ; 2) on peut déduire de son comportement qu'il 

n'existe (plus) aucune perspective réelle qu'il soit engagé à nouveau dans 

un laps de temps raisonnable ou 3) il adopte un comportement abusif, p. 

ex. en se rendant dans un autre Etat membre pour y exercer un travail fictif 

ou d'une durée extrêmement limitée dans le seul but de bénéficier de pres-

tations sociales meilleures que dans son Etat d'origine ou dans un autre 

Etat membre (cf. ATF 141 II 1 consid. 2.2.1 et les références citées).  

6.3 Dans le cas d’espèce, la recourante peut a priori se prévaloir de l’ALCP 

en raison de sa nationalité portugaise. Le SEM, ainsi que le SPOP avant 

lui, n’ont d’ailleurs, à juste titre, pas contesté que l’intéressée revêtait la 

qualité de travailleur jusqu’en 2003. En effet, il ressort des pièces au dos-

sier, que celle-ci a occupé différents emplois entre 1993 et 2003 (cf., no-

tamment, extrait du compte individuel AVS, courrier de la recourante du 16 

mars 2020, dossier TAF act. 22). La question litigieuse est donc unique-

ment celle de savoir si la recourante peut se prévaloir du droit de demeurer 

lorsqu’elle a arrêté de travailler et, en particulier, si celle-ci se trouvait en 

incapacité permanente de travail. 

6.4 Or, la recourante ne s’est jamais trouvée en incapacité totale de travail-

ler selon les constatations de l’OAI. Dans sa décision du 8 décembre 2005, 

l’OAI a retenu qu’aucune incapacité de travail ne pouvait lui être reconnue 

dans son activité habituelle (décision de l’OAI du 8 décembre 2005, ad 

dossier OAI, pp. 155 sv.). Cette décision a été confirmée sur opposition par 

F-2594/2019 

Page 13 

l’OAI le 23 janvier 2007, constatant une capacité de travail de 100% dans 

toute activité (cf. décision sur opposition du 23 janvier 2007, p. 4, ad dos-

sier OAI pp. 212 sv.), puis par le TCVD par jugement du 19 octobre 2007. 

Celui-ci a admis « le caractère exigible d’un effort de volonté de la part de 

la recourante en vue de surmonter la douleur et de se réinsérer dans un 

processus de travail » (cf. jugement du TCVD AI 79/07 – 234/2007 du 19 

octobre 2007, p. 12, ad dossier OAI, pp. 303 sv.). Le 24 juin 2010, l’OAI 

n’est pas entrée en matière sur une nouvelle demande de l’intéressée, en 

estimant que l’état de fait était demeuré inchangé (cf. décision de l’OAI du 

24 juin 2010, ad dossier OAI, pp. 355 sv.). Cette décision a été confirmée 

par le TCVD en date du 17 mai 2011 (cf. arrêt du TCVD AI 296/10 – 

234/2011 du 17 mai 2011, ad dossier OAI, pp. 442 sv.). L’OAI a, à nouveau, 

refusé d’entrer en matière le 15 avril 2014, estimant que les conditions de 

fait ne s’étaient pas modifiées de manière essentielle (cf. décision de l’OAI 

du 15 avril 2014, ad dossier OAI, pp. 483 sv.). Par décision de principe du 

28 novembre 2014, l’OAI a constaté qu’aucune mesure de réadaptation 

d’ordre professionnel n’était possible car la situation médicale de l’intéres-

sée n’était pas encore stabilisée et ne permettait pas la mise en œuvre de 

telles mesures (cf. décision de principe du 28 novembre 2014, ad dossier 

OAI, pp. 508 sv.). Enfin, par décision du 16 mars 2017, l’OAI a refusé les 

mesures professionnelles et la rente d’invalidité. A ce propos, il a constaté 

que la concernée ne présentait pas d’atteinte objective à sa santé au sens 

de l’AI et que ses problèmes de santé n’entravaient pas l’exercice d’une 

activité professionnelle. En particulier, il n’existait aucune modification no-

table et durable de son état de santé depuis les précédentes décisions de 

l’OAI des 8 décembre 2015 et 24 juin 2010, entrées en force (cf. décision 

de l’OAI du 16 mars 2017, ad dossier OAI, pp. 610 sv.). Cette dernière a 

été confirmée par le TCVD qui a constaté que l’état de santé de la recou-

rante ne s’était pas péjoré depuis la décision de refus de prestations du 23 

janvier 2007 de manière à lui ouvrir le droit à une rente, même transitoire-

ment (cf. arrêt du TCVD AI 129/17 – 43/2019 du 14 février 2019, p. 14, ad 

dossier OAI, pp. 679 sv.).  

La recourante erre lorsqu’elle indique que la première décision de l’AI de 

novembre 2007 lui a reconnu une « incapacité de perte de gains de 30% 

et une capacité résiduel[lle] dans un emploi adapté » (cf. courrier de la re-

courante du 3 septembre 2020 p. 2, dossier TAF act. 41). Il n’est pas clair 

de savoir à quelle décision l’intéressée fait référence puisqu’aucune déci-

sion d’AI n’a été rendue au mois de novembre 2007. Toutefois, la décision 

sur opposition du 23 janvier 2007 indique une capacité de travail à 100% 

dans toute activité (cf. dossier OAI p. 215). Cette décision a été confirmée 

F-2594/2019 

Page 14 

intégralement par le TCVD qui a estimé que l’intéressée pouvait « parfai-

tement reprendre en plein son ancienne activité antérieure et que l’indica-

tion d’une capacité de travail supérieure à 70% doit être comprise dans le 

sens que l’expert a sans doute pris en compte – de façon erronée – le fait 

que l’assurée n’est probablement pas accessible à une psychothérapie et 

que le soutien bienveillant de son médecin traitant est suffisant, tout en 

relevant que les attentes de guérison totale de l’assurée et de dispenses 

de ses obligations professionnelles ne se justifient guère » (cf. dossier OAI 

pp. 312 et 313). Finalement, le 24 juin 2010, l’OAI a considéré que l’état de 

fait était demeuré inchangé. 

6.5 Au vu de ce qui précède, ainsi que de la jurisprudence précitée (cf. 

consid. 6.1 supra), il y a lieu de s’en tenir aux constatations de l’OAI et une 

présomption d’incapacité de travail et, en l’état, exclue. Ainsi, ne s’étant 

jamais trouvée en incapacité totale et permanente de travail au regard de 

la LAI, la recourante ne remplit pas, pour ce motif déjà, les conditions 

propres au droit de demeurer.  

6.6 C’est en outre à juste titre que le SEM a considéré que l’intéressée a 

perdu le statut de travailleur. En effet, si celle-ci a mentionné avoir tenté de 

reprendre une activité lucrative dans une activité adaptée suite à la ré-

ponse négative de l’OAI du 24 juin 2010, il sied de relever que celle-ci n’a, 

dans les faits, plus occupé aucun emploi depuis 2003 à ce jour (cf., notam-

ment, extrait du compte individuel AVS, courrier de la recourante du 16 

mars 2020, dossier TAF act. 22), alors qu’elle possédait une capacité de 

travail de 100% dans toute activité. La recourante a certes effectué un 

stage de réinsertion en qualité de vendeuse à 50% auprès d’une boulan-

gerie entre le 15 novembre et 6 décembre 2011 (cf. courrier de la recou-

rante du 16 mars 2020, pce 2, dossier TAF act. 22), mais l’extrait AVS de 

l’intéressée ne montre pas de rémunération pour cette période, de sorte 

que cette activité ne peut être qualifiée de réelle et effective. Ainsi, confor-

mément à la jurisprudence du Tribunal fédéral précitée (cf. consid. 6.2 su-

pra), il n’existe effectivement aucune perspective réelle que la recourante 

soit engagée à nouveau dans un délai raisonnable, celle-ci étant par ail-

leurs aujourd’hui au bénéfice d’une rente-pont.  

6.7 Concernant encore les arguments de la recourante en lien avec ses 

démarches effectuées auprès de l’assurance-chômage, il sied de relever 

qu’aucune pièce ne vient étayer ses dires, si ce n’est des comptes rendus 

très succincts de ses entretiens de conseil de janvier à avril 2008 (cf. mé-

moire de recours du 28 mai 2019, pce 7). Il ressort certes de ces pièces 

F-2594/2019 

Page 15 

que le médecin-conseil de l’assurance-chômage a considéré que l’intéres-

sée était en incapacité de travail dès la date du 9 avril 2008. Il n’a cepen-

dant pas été possible, ni de la recourante, ni du Tribunal, d’obtenir des 

informations plus précises à ce sujet. Quoi qu’il en soit, ces pièces datent 

de 2008, alors que la recourante avait déjà cessé toute activité profession-

nelle dès 2003, sans qu’une incapacité de travail à ce moment-là n’eût été 

démontrée, de sorte qu’elle ne possédait déjà plus le statut de travailleur 

en 2008. D’ailleurs, le fait que l’intéressée ait perçu des indemnités de chô-

mage entre novembre 2003 et décembre 2004 démontre que l’assurance-

chômage, également, ne considérait pas que celle-ci se trouvait en inca-

pacité permanente de travail à cette période (cf. arrêt du TF 2C_905/2012 

du 13 mai 2013 consid. 3.2).  

6.8 Il découle de ce qui précède que l’autorité inférieure a correctement 

retenu que la recourante ne pouvait se prévaloir du droit de demeurer dès 

lors qu’elle a perdu le statut de travailleur en 2003.  

7.  

Se pose encore la question de savoir si la recourante peut se prévaloir de 

l’art. 24 par. 1 Annexe I ALCP.  

7.1 Selon l'art. 24 par. 1 Annexe I ALCP, une personne ressortissante d'une 

partie contractante n'exerçant pas d'activité économique dans le pays de 

résidence reçoit un titre de séjour d'une durée de cinq ans au moins, à 

condition qu'elle prouve aux autorités nationales compétentes qu'elle dis-

pose pour elle-même et les membres de sa famille de moyens financiers 

suffisants pour ne pas devoir faire appel à l'aide sociale pendant leur séjour 

(let. a) et d'une assurance-maladie couvrant l'ensemble des risques (let. 

b). L'art. 24 par. 2 annexe I ALCP précise que les moyens financiers né-

cessaires sont réputés suffisants s'ils dépassent le montant en-dessous 

duquel les nationaux, eu égard à leur situation personnelle, peuvent pré-

tendre à des prestations d'assistance. Selon l'art. 16 al. 1 OLCP, tel est le 

cas si ces moyens dépassent les prestations d'assistance qui seraient al-

louées en vertu des directives "Aide sociale: concepts et normes de calcul" 

de la Conférence suisse des institutions d'action sociale (ci-après: normes 

CSIAS), à un ressortissant suisse, éventuellement aux membres de sa fa-

mille, sur demande de l'intéressé et compte tenu de sa situation person-

nelle. En d'autres termes, on considère que la condition de l'art. 16 al. 1 

OLCP est remplie si les moyens financiers d'un citoyen suisse, dans la 

même situation, lui fermeraient l'accès à l'aide sociale (ATF  

144 II 113 consid. 4.1 et ATF 142 II 35 consid. 5.1). Il importe peu, pour 

apprécier la situation économique du requérant, que ce dernier génère lui-

https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/fr/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=2C_743%2F2017&rank=0&highlight_docid=atf%3A%2F%2F142-II-35%3Afr&number_of_ranks=0&azaclir=clir#page35

F-2594/2019 

Page 16 

même ses moyens financiers ou que ceux-ci lui soient procurés par un tiers 

(ATF 142 II 35 consid. 5.1 et 135 II 265 consid. 3.3). 

7.2 Dans un arrêt récent, le Tribunal administratif fédéral a jugé que la 

rente-pont prévue par la législation cantonale vaudoise devait être assimi-

lée à des prestations d’aide sociale dans le cadre de l’art. 24 Annexe I 

ALCP, de sorte que son bénéficiaire devait être considéré comme ne dis-

posant pas des moyens financiers suffisants lui permettant de se voir déli-

vrer une autorisation de séjour au sens de cette disposition (cf. arrêt du 

TAF F-1734/2019 du 23 mars 2020 consid. 7.7 [destiné à la publication] et 

les réf. cit.). En effet, l’octroi d’une rente-pont vaudoise ne dépend pas du 

versement de cotisations, tout comme les prestations complémentaires à 

l’AVS et l’AI que le Tribunal fédéral considère assimilables à de l’aide so-

ciale (cf. arrêt du TAF F-1734/2019 précité consid. 7.7.3.1 et 7.7.3.2 et les 

réf. cit.). 

7.3 In casu, la recourante a bénéficié de prestations d’aide sociale d’un 

montant total de Fr. 310'635,25 au 5 juin 2018. Elle touche actuellement 

une rente-pont mensuelle d’un montant de Fr. 2'193.- depuis le 1er sep-

tembre 2017. Dès lors, c’est à juste titre que le SEM a considéré que l’in-

téressée ne remplissait pas les conditions de l’art. 24 par. 1 Annexe I ALCP 

dès lors qu’elle ne possède pas des moyens financiers suffisants.  

8.  

En conclusion, le Tribunal retient que la recourante ne relève d’aucune des 

différentes situations de libre circulation prévues par l'ALCP. Elle n’exerce 

plus d’activité professionnelle réelle et effective et ne semble guère en me-

sure de recouvrer le statut de travailleur salarié. Elle ne peut davantage 

être reconnue comme chercheur d’emploi (arrêt du TAF F-1569/2017 du 

30 juillet 2019 consid. 11.2.1 et 11.2.2), ce dont elle ne se prévaut, à juste 

titre, pas. L’intéressée ne peut se prévaloir d’un droit de demeurer en 

Suisse et ne remplit pas les conditions pour obtenir une autorisation de 

séjour sans activité économique. 

9.  

Aux termes de l'art. 20 OLCP, si les conditions d'admission sans activité 

lucrative ne sont pas remplies au sens de l’ALCP ou au sens de la Con-

vention instituant l'AELE (RS 0.632.31), une autorisation de séjour 

UE/AELE peut être délivrée lorsque des motifs importants l'exigent. 

9.1 Il convient de noter ici que les conditions posées à l’admission de l’exis-

tence de motifs importants au sens de l'art. 20 OLCP correspondent à 

https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/fr/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=2C_743%2F2017&rank=0&highlight_docid=atf%3A%2F%2F142-II-35%3Afr&number_of_ranks=0&azaclir=clir#page35
https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/fr/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=2C_743%2F2017&rank=0&highlight_docid=atf%3A%2F%2F135-II-265%3Afr&number_of_ranks=0&azaclir=clir#page265

F-2594/2019 

Page 17 

celles posées à la reconnaissance d’un cas de rigueur en vertu de 

l'art. 30 al. 1 let. b LEtr en lien avec les précisions apportées par 

l’art. 31 OASA, de sorte qu’une application de l’art. 30 al. 1 let. b LEtr ne 

saurait entrer en ligne de compte si les exigences prévues par 

l’art. 20 OLCP ne sont pas réalisées (cf., dans le même sens, arrêt du TAF 

F-6272/2016 du 15 août 2018 consid. 4.3). 

Comme pour le cas de rigueur régi par l’art. 30 al. 1 let. b LEtr, l’art. 

20 OLCP ne confère pas de droit de présence en Suisse (cf. arrêts du 

TF 2C_59/2017 du 4 avril 2017 consid. 1.3 et 2C_545/2015 du 14 dé-

cembre 2015 consid. 5), mais est de nature potestative. La liberté d’appré-

ciation des autorités est toutefois limitée par les principes généraux de droit 

tels que notamment l’interdiction de l’arbitraire et l’égalité de traitement. 

9.2 A teneur de l'art. 30 al. 1 let. b LEtr, il est possible de déroger aux con-

ditions d'admission notamment dans le but de tenir compte des cas indivi-

duels d'une extrême gravité ou d'intérêts publics majeurs.  

9.3 L’art. 31 OASA énumère, à titre non exhaustif, une liste de critères qui 

sont à prendre en considération dans l'examen de l'art. 30 al. 1 let. b LEtr, 

à savoir l'intégration (let. a), le respect de l'ordre juridique (let. b), la situa-

tion familiale (let. c), la situation financière et la volonté de prendre part à 

la vie économique et d'acquérir une formation (let. d), la durée de la pré-

sence en Suisse (let. e), l'état de santé (let. f) et les possibilités de réinté-

gration dans l’Etat de provenance (let. g), étant précisé qu'il convient d'opé-

rer une appréciation globale de la situation personnelle de l'intéressé. 

Aussi, les critères précités peuvent jouer un rôle déterminant dans leur en-

semble, même si, pris isolément, ils ne sauraient fonder en soi un cas de 

rigueur (cf. ATF 137 II 345 consid. 3.2.3 et 137 II 1 consid. 4.1, lesquels 

concernent le cas d’extrême gravité de l’art. 50 al. 1 let. b LEtr). 

9.4 Selon la jurisprudence constante relative à la reconnaissance des cas 

de rigueur en application de l'art. 30 al. 1 let. b LEtr, applicable par analogie 

à l’art. 20 OLCP, il s’agit de normes dérogatoires présentant un caractère 

exceptionnel et les conditions auxquelles la reconnaissance d'un cas de 

rigueur est soumise doivent être appréciées de manière restrictive. Il est 

nécessaire que l'étranger concerné se trouve dans une situation de dé-

tresse personnelle. Cela signifie que ses conditions de vie et d'existence, 

comparées à celles applicables à la moyenne des étrangers, doivent être 

mises en cause de manière accrue, autrement dit qu'une décision négative 

http://relevancy.bger.ch/php/clir/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&from_year=1954&to_year=2015&sort=relevance&insertion_date=&from_date_push=&top_subcollection_clir=bge&query_words=138+II+393+&part=all&de_fr=&de_it=&fr_de=&fr_it=&it_de=&it_fr=&orig=&translation=&rank=0&highlight_docid=atf%3A%2F%2F137-II-345%3Afr&number_of_ranks=0&azaclir=clir#page345

F-2594/2019 

Page 18 

prise à son endroit comporte pour lui de graves conséquences (cf. notam-

ment ATF 138 II 393 consid. 3.1 ; 137 II 345 consid. 3.2.1 ; 130 II 39 con-

sid. 3).  

9.5 Lors de l'appréciation d'un cas de rigueur, il y a lieu de tenir compte de 

l'ensemble des circonstances du cas particulier. La reconnaissance d'un 

cas individuel d'une extrême gravité n'implique pas forcément que la pré-

sence de l'étranger en Suisse constitue l'unique moyen pour échapper à 

une situation de détresse. Par ailleurs, le fait que l'étranger ait séjourné en 

Suisse pendant une assez longue période, qu'il s'y soit bien intégré (au 

plan professionnel et social) et que son comportement n'ait pas fait l'objet 

de plaintes ne suffit pas, à lui seul, à constituer un cas individuel d'une 

extrême gravité ; encore faut-il que la relation de l'intéressé avec la Suisse 

soit si étroite qu'on ne puisse exiger de lui qu'il aille vivre dans un autre 

pays, notamment dans son pays d'origine (arrêt du TAF F-6775/2017 du 

10 mai 2019 consid. 6.4). 

Parmi les éléments déterminants pour la reconnaissance d'un cas de ri-

gueur au sens de la jurisprudence susmentionnée, il convient de citer, en 

particulier, la très longue durée du séjour en Suisse, une intégration sociale 

particulièrement poussée, une réussite professionnelle remarquable, une 

maladie grave ne pouvant être soignée qu'en Suisse, la situation des en-

fants, notamment une bonne intégration scolaire aboutissant après plu-

sieurs années à une fin d'études couronnée de succès. Constituent en re-

vanche des facteurs allant dans un sens opposé le fait que la personne 

concernée n'arrive pas à subsister de manière indépendante et doive re-

courir à l'aide sociale, ou des liens conservés avec le pays d'origine (par 

exemple sur le plan familial) susceptibles de faciliter sa réintégration  

(cf. arrêt du TAF F-1734/2019 précité consid. 6.4 consid. 8.5). 

Les directives OLCP du SEM susmentionnées précisent que, dans la me-

sure où l'admission des personnes sans activité lucrative dépend simple-

ment de l'existence de moyens financiers suffisants et d'une affiliation à 

une caisse maladie, les cas visés par l'art. 20 OLCP en relation avec 

l'art. 31 OASA ne sont envisageables que dans de rares situations, notam-

ment lorsque les moyens financiers manquent ou, dans des cas d'extrême 

gravité, pour les membres de la famille ne pouvant pas se prévaloir des 

dispositions sur le regroupement familial (Directives OLCP du SEM, op. 

cit., ch. 8.5 ; voir également arrêt du TAF F-2355/2018 du 19 février 2020 

consid. 6.5). 

F-2594/2019 

Page 19 

9.6 Il y a également lieu de tenir compte de l’art. 8 CEDH, à teneur duquel 

toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. Selon la 

jurisprudence du Tribunal fédéral, sous l’angle de la vie privée, lorsqu'un 

étranger réside légalement depuis plus de dix ans en Suisse, il y a lieu de 

partir de l'idée que les liens sociaux qu'il avait développés dans ce pays 

sont suffisamment étroits pour qu'il puisse se prévaloir de l'art. 8 CEDH et 

que le refus de prolonger son autorisation de séjour ne devrait être pro-

noncé, sous cet angle, que pour des motifs sérieux (cf. ATF 144 I 266 con-

sid. 3 ; cf. aussi arrêt du TF 2C_398/2019 du 1er mai 2019 consid. 3.1). Une 

ingérence dans l'exercice de ce droit est possible aux conditions de l'art. 8 

par. 2 CEDH. L'examen de proportionnalité imposé par cette disposition se 

confond avec celui prévu par l'art. 96 al. 1 LEtr (cf. arrêts du TF 

2C_20/2019 du 13 mai 2019 consid. 7.2 ; 2C_158/2019 du 12 avril 2019 

consid. 5.2 et 2C_151/2019 du 14 février 2019 consid. 5.2), lequel est éga-

lement applicable au domaine régi par l'ALCP (cf. arrêt du TF 2C_158/2019 

du 12 avril 2019 consid. 5.2). De jurisprudence constante, la question de 

la proportionnalité du non-renouvellement d'une autorisation de séjour doit 

être tranchée au regard de toutes les circonstances du cas d'espèce. Dans 

ce cadre, il y a lieu de prendre en considération la gravité de l'éventuelle 

faute commise par l'étranger, son degré d'intégration, la durée de son sé-

jour en Suisse et les conséquences d'un renvoi (cf. ATF 139 I 145 consid. 

2.4 ; arrêt du TF 2C_20/2019 du 13 mai 2019 consid. 7.3). 

9.7 Dans sa décision querellée, le SEM a estimé que la situation person-

nelle de l’intéressée ne constituait pas un cas individuel d’extrême gravité 

auquel seul l’octroi d’une autorisation de séjour en Suisse pourrait remé-

dier. En particulier, si celle-ci pouvait certes se prévaloir d’un relatif long 

séjour en Suisse, elle avait toutefois passé les années déterminantes de 

son existence au Portugal où elle avait vécu pendant plus de quarante ans. 

En outre, ce pays, selon l’autorité inférieure, connaissait un mode de vie 

similaire à celui de la Suisse et les standards en matière de protection so-

ciale et soins médicaux étaient comparables à ceux que l’on trouve en 

Suisse. Finalement, le SEM a relevé que l’intéressée n’avait jamais été en 

mesure d’acquérir une indépendance financière, qu’elle avait largement 

dépendu de l’aide sociale pendant de nombreuses années et qu’elle tou-

chait aujourd’hui une rente-pont lui permettant de faire face à ses besoins 

vitaux.  

Dans son recours du 28 mai 2019, l’intéressée a prétendu être bien inté-

grée en Suisse, quand bien même elle n’avait plus été en mesure de tra-

vailler en raison de ses différents problèmes de santé, qu’elle a qualifiés 

de fortement handicapants. Elle a indiqué à ce propos qu’elle avait tissé 

http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=de&type=show_document&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=&rank=0&azaclir=aza&highlight_docid=atf%3A%2F%2F144-I-266%3Ade&number_of_ranks=0#page266
http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=de&type=show_document&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=&rank=0&azaclir=aza&highlight_docid=atf%3A%2F%2F139-I-145%3Ade&number_of_ranks=0#page145

F-2594/2019 

Page 20 

d’importants liens et qu’elle avait pu s’intégrer rapidement dans les com-

munes où elle avait résidé, ainsi que sur le marché du travail. Son compor-

tement n’avait jamais donné lieu à des plaintes et elle n’avait pas fait l’objet 

de poursuites. Par ailleurs, elle n’avait pratiquement plus de contact avec 

sa fille (recte : son fils) au Portugal avec lequel elle aurait eu de très graves 

conflits. Elle s’est prévalue d’attaches amicales très fortes en Suisse. La 

recourante a également invoqué ses problèmes de santé, qu’elle a quali-

fiés d’importants, divers et invalidants, compromettant sa réintégration 

dans son pays d’origine. Finalement, elle a considéré que son renvoi au 

Portugal n’était pas licite au sens de l’art. 83 al. 1 et 3 LEtr, sa vie privée 

devant être protégée, ce d’autant plus au vu de sa fragilité psychique.  

9.8 Dans le cas d’espèce, la recourante a été mise au bénéfice d’une auto-

risation de séjour en Suisse au mois d’avril 2000, après avoir obtenu préa-

lablement plusieurs autorisations de séjour saisonnières. Il ressort des 

pièces au dossier que l’intéressée a occupé différents emplois en Suisse 

pendant quelques mois entre les années 1993 et 2000. En 2001, elle a 

touché des indemnités de chômage et a exercé deux activités profession-

nelles. Elle a également exercé deux activités professionnelles en 2002. 

Elle a encore perçu des indemnités de chômage pendant deux mois en 

2003 et pendant les douze mois de l’année 2004 (cf. extrait du compte 

individuel AVS, courrier de la recourante du 16 mars 2020, dossier TAF act. 

22). Elle a cessé toute activité lucrative dès l’année 2003 et a bénéficié des 

prestations de l’aide sociale pendant un mois en 2000, un mois en 2001 

puis du mois de novembre 2004 à août 2017, pour un montant total de 

Fr. 310'635,25 (cf. relevé du Centre social régional de l’Ouest lausannois 

du 5 juin 2018, dossier Symic p. 14). Depuis le 1er septembre 2017, l’inté-

ressée perçoit une rente-pont mensuelle d’un montant de Fr. 2'193.- (cf. 

mémoire de recours du 28 mai 2019, p. 5 n° 14 et pce 6).  

Malgré la durée de présence de la recourante en Suisse, soit près de 21 

ans au bénéfice d’une autorisation de séjour, celle-ci ne peut se prévaloir 

d’une intégration professionnelle réussie, compte tenu de son parcours er-

ratique et du montant élevé des prestations d’assistance dont elle a béné-

ficié. De ce fait, le refus de prolonger l’autorisation de séjour de la recou-

rante respecterait le principe de proportionnalité et ne violerait pas le droit 

au respect de la vie privée ancrée à l’art. 8 CEDH (cf., dans le même sens, 

arrêt du TF 2C_755/2019 consid. 5.3).  

Il y a certes lieu de relever que l’intéressée a tenté de reprendre une activité 

lucrative en effectuant un stage de réinsertion d’un mois en qualité de ven-

deuse à 50%. Cela ne suffit toutefois pas à admettre l’existence d’un cas 

F-2594/2019 

Page 21 

de rigueur. En outre, le fait que la recourante puisse se prévaloir en Suisse 

d’un réseau d’amis et de connaissances, comme en attestent les lettres de 

soutien produites (cf. mémoire de recours du 28 mai 2019, pces 10-13 ; 

courrier de la recourante du 12 août 2019, pce 2, dossier TAF act. 7), n’est 

pas extraordinaire, compte tenu de son long séjour en ce pays. De juris-

prudence constante, le Tribunal a, en effet, retenu que les relations de tra-

vail, d'amitié, de voisinage que l'étranger avait nouées durant son séjour 

en Suisse ne constituaient pas, à elles seules, des circonstances de nature 

à justifier un cas de rigueur (cf. ATAF 2007/44 consid. 4.2 et 2007/45 con-

sid. 4.2 ; arrêts du TAF F-3168/2015 du 6 août 2018 consid. 8.5.2 et 

F-643/2016 du 24 juillet 2017 consid. 5.2.3 et les réf. cit.). A cela s'ajoute 

le fait que l'intéressée est célibataire et ne possède aucun lien familial en 

Suisse. En outre, elle est arrivée dans ce pays en qualité de saisonnière à 

partir de l’année 1993 (cf. extrait du compte individuel AVS, courrier de la 

recourante du 16 mars 2020, dossier TAF act. 22), alors âgée de 36 ans.  

La recourante a donc passé toute son enfance, son adolescence et les 

débuts de sa vie d’adulte au Portugal, de sorte que les années, certes nom-

breuses, passées en Suisse ne suffiraient pas à la rendre complètement 

étrangère à sa patrie, pays dont elle parle, selon toute vraisemblance, la 

langue et où elle a passé une bonne partie de son existence.  

Pour autant qu’elle bénéficie du suivi médical et psychologique nécessaire 

dès son retour au Portugal (cf. consid. 9.9.3 infra), une réintégration dans 

le tissu social portugais n’apparaît ainsi pas impossible, même si elle ne 

sera pas évidente au départ et nécessitera une période de réadaptation. Il 

est également à noter que des membres de la famille de la recourante ré-

sident actuellement au Portugal, soit en particulier ses deux sœurs et son 

fils ainsi que la compagne de ce dernier et leur fille (cf. courrier de la re-

courante du 16 mars 2020, p. 2, dossier TAF act. 22). La recourante dis-

pose donc d’un réseau familial dans son pays d’origine, même si elle a 

allégué ne plus avoir de contacts avec ceux-ci en raisons de conflits (cf. 

courrier de la recourante du 16 mars 2020, p. 2, dossier TAF act. 22 ; mé-

moire de recours du 28 mai 2019, p. 7 n° 31). Il appert toutefois d’un rapport 

d’expertise psychiatrique qu’elle a indiqué, contrairement à ce qu’elle al-

lègue dans le cadre de la présente procédure, avoir gardé le contact avec 

sa famille : « [e]lle utilise Messenger pour communiquer avec sa famille au 

Portugal » ; « [elle] passe ses vacances exclusivement au Portugal où elle 

s’y rend en avion, environ une fois par année. Elle passe ses vacances 

dans sa famille » ; « [e]lle entretient des liens avec sa famille au Portugal 

même si elle décrit ces relations comme difficiles. Les ponts ne sont pas 

rompus et elle peut toujours passer ses vacances dans sa famille » (cf. 

F-2594/2019 

Page 22 

rapport d’expertise du 14 novembre 2018, pp. 9 et 15, ad dossier OAI pp. 

646 sv.). 

9.9  

9.9.1 Sur le plan médical, il ressort des pièces au dossier que la recourante 

présente une lombalgie chronique invalidante d’origine principalement dé-

générative articulaire postérieure (cf. rapport médical du 3 juin 2020, dos-

sier TAF act. 35) et d’un trouble dépressif récurrent (cf. rapport médical du 

16 mai 2018, mémoire de recours du 28 mai 2019, pce 8). Un retour au 

Portugal présenterait un grand risque de décompensation sur le plan psy-

chique en raison de traumatismes subis lors de sa vie au Portugal (cf. cer-

tificat médical du 31 juillet 2019, dossier TAF act. 7). Selon ses médecins, 

un renvoi au Portugal la plongerait dans un état de détresse, son état psy-

chologique s’étant aggravé avec un risque de décompensation et risques 

suicidaires (cf. rapport médical du 21 mai 2019, mémoire de recours du 28 

mai 2019, pce 15). Concrètement, l’intéressée présente régulièrement un 

état général morose, une forte rumination, un discours auto-dévalorisant, 

une perte de repères et sens à sa vie, et présente un état anxieux généra-

lisé. Elle présente également de manière récurrente des troubles soma-

tiques qui l’amènent à consulter régulièrement, des troubles du sommeil, 

et une irritabilité, et des crises de nerfs (cf. rapport médical du 21 mai 2019, 

mémoire de recours du 28 mai 2019, pce 15). L’intéressée bénéficie d’un 

suivi psychiatrique en Suisse depuis 2003 et une réintégration au Portugal 

ne serait pas possible, notamment car elle n’a plus d’attaches dans ce pays 

(cf. certificat médical du 31 juillet 2019, dossier TAF act. 7). Il est toutefois 

souligné que cette dernière conclusion se trouve en contradiction avec les 

déclarations de la recourante sur ses liens familiaux (cf. supra consid. 9.8 

in fine). Selon une autre expertise psychiatrique, par ailleurs, un diagnostic 

de trouble dépressif récurrent n’est certes pas exclu de facto bien que l’in-

téressée ne présente pas de symptomatologie dépressive. Son état ne se-

rait pas grave, ni inquiétant du point de vue médical et ses troubles psy-

chiques seraient stables, pas envahissants et n’auraient pas de retentisse-

ment sur toute sa vie (cf. rapport d’expertise du 14 novembre 2018, pp. 11 

et 16, ad dossier OAI pp. 646 sv.). 

9.9.2 A ce titre, il importe de rappeler que des motifs médicaux peuvent, 

selon les circonstances, conduire à la reconnaissance d'un cas de rigueur 

lorsque l'intéressé démontre souffrir d'une sérieuse atteinte à la santé qui 

nécessite, pendant une longue période, des soins permanents ou des me-

sures médicales ponctuelles d'urgence, indisponibles dans le pays d'ori-

gine, de sorte qu'un départ de Suisse serait susceptible d'entraîner de 

F-2594/2019 

Page 23 

graves conséquences pour sa santé. En revanche, le seul fait d'obtenir en 

Suisse des prestations médicales supérieures à celles offertes dans le 

pays d'origine ne suffit pas à justifier l'octroi d'une autorisation de séjour 

(cf. ATAF 2009/2 consid. 9.3.2 ; voir aussi, entre autres, arrêt du TAF F-

4644/2016 du 17 juillet 2018 consid. 5.4 et la réf. cit.). 

9.9.3 En l’occurrence, sans vouloir minimiser les problèmes de santé dont 

souffre la recourante, tant sur les plans physique que psychologique, le 

Tribunal considère que celle-ci peut bénéficier d’un suivi médical et psy-

chiatrique similaire au Portugal, de sorte que son renvoi vers ce pays, s’il 

est dûment préparé avec le concours de ses médecins actuels, n’entraîne-

rait pas une mise en danger de sa santé au sens de la jurisprudence pré-

citée. Pour autant donc que le SEM lui accorde un délai raisonnable pour 

effectuer toutes les démarches nécessaires pour préparer, avec l’appui de 

ses médecins, sa prise en charge médicale dès son retour sur le territoire 

portugais, il ne se justifie pas d’accorder à l’intéressée une autorisation de 

séjour pour cas de rigueur en raison de ses problèmes médicaux. 

9.9.4 Compte tenu de son âge, il est vrai qu’il sera difficile pour la recou-

rante de se réintégrer sur le marché du travail portugais. Cela étant, il ap-

pert que celle-ci atteindra prochainement l’âge légal pour toucher sa rente 

AVS, d’un montant, selon un calcul prévisionnel, de Fr. 754.- par mois (cf. 

courrier de la recourante du 16 mars 2020, pce 6, dossier TAF act. 22). A 

titre de comparaison, le montant minimum de la pension de retraite au Por-

tugal s’élève à € 398,34 pour une personne ayant cotisé 31 ans ou plus. 

En outre, un complément solidaire pour personnes âgées au Portugal peut 

être versé à une personne pensionnée seule dont les revenus annuels sont 

inférieurs à € 5'258,63, soit € 438,22 par mois (cf. site Internet du Centre 

des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale français, 

www.cleiss.fr > Documentation > Système nationaux > Régimes de sécu-

rité sociale > Portugal > Le régime des salariés > D. Pensions, site consulté 

en janvier 2021). Le montant de sa rente AVS est également très proche 

du salaire mensuel minimum portugais qui s’élevait, en 2020, à € 740,83 

(cf. Salaires minima mensuels – données semestrielles, état au 17 août 

2020, tableau consultable sur le site Internet de la Commission euro-

péenne, https://ec.europa.eu/eurostat/fr/web/products-datasets/pro-

duct?code=EARN_MW_CUR, site consulté en janvier 2021), soit Fr. 

798,83 au taux de change actuel. De plus, l’intéressée aura également 

droit à une rente LPP ainsi qu’une rente portugaise, dont les montant ne 

sont toutefois pas encore connus (cf. courrier de la recourante du 16 mars 

2020, p. 2, dossier TAF act. 22). Finalement, rien n’indique, cas échéant, 

que la recourante ne pourra pas bénéficier du système de sécurité sociale, 

F-2594/2019 

Page 24 

voire d’autres allocations sociales, à son retour sur le territoire portugais. A 

ce propos, l’Ambassade du Portugal à Berne a informé que des aides pour 

les personnes âgées voire handicapées existaient au Portugal mais qu’un 

pronostic ne pourrait être fait qu’après une évaluation concrète du cas une 

fois sur place (cf. courrier de la recourante du 29 avril 2020, pce 1, dossier 

TAF act. 24). Là encore, le SEM est invité à fixer un délai de départ géné-

reux, permettant à l’intéressé de procéder aux démarches nécessaires, 

afin d’obtenir les prestations financières indispensables à sa prise en 

charge médicale et psychiatrique et à sa réinstallation dans son pays d’ori-

gine. 

9.10 Au vu de ces éléments, ainsi qu’à la faveur d’une appréciation antici-

pée des preuves (ATF 141 I 60 consid. 3.3), le Tribunal s’estime suffisam-

ment renseigné et ne fera pas suite à la proposition de la recourante de 

l’auditionner à propos de ses difficultés invoquées.  

9.11 Au vu de l’ensemble des circonstances du cas d’espèce, c’est à bon 

droit que le SEM a décidé que l’octroi d’une autorisation de séjour pour cas 

de rigueur, au sens de l’art. 20 OLCP, ne se justifie pas. 

10.  

La recourante atteignant prochainement l’âge de la retraite, il se pose en-

core la question de savoir si sa rente lui permettra de disposer des moyens 

financiers suffisants pour l’application de l’art. 24 Annexe I ALCP à brève 

échéance (cf. consid. 7 supra). Or, il appert que le montant prévisionnel de 

la rente AVS de l’intéressée d’un montant mensuel de Fr. 754 (cf. consid. 

9.9.4 supra) ne lui permettra pas de subsister à ses besoins en Suisse 

sans avoir recours aux prestations complémentaires. Il ressort à ce titre de 

la jurisprudence du Tribunal fédéral que, dans le cadre de l'application de 

l'art. 24 Annexe I ALCP, les prestations complémentaires à l’AVS et à l’AI 

prévues par la LPC (RS 831.30) doivent être assimilées à de l'aide sociale 

et que l'étranger qui en bénéficie ne dispose pas de moyens financiers suf-

fisants au sens de cette disposition (cf. ATF 135 II 265 consid. 3.7 et arrêt 

du TAF F-1734/2019 du 23 mars 2020 consid. 7.7.3.1). Les moyens finan-

ciers de la recourante devraient donc être, également dans cette hypo-

thèse, considérés comme insuffisants au regard des art. 24 par. 1 et 2 An-

nexe I ALCP et 16 al. 1 OLCP et un droit de séjour ne saurait par consé-

quent être octroyé à l’intéressée sur la base de ces dispositions. Il restera, 

cela dit, loisible à la recourante de déposer une nouvelle demande de per-

mis de séjour lorsque ses revenus de retraitée seront connus (cf. courrier 

de la recourante du 15 juin 2020, dossier TAF act. 35). 

F-2594/2019 

Page 25 

11.  

Dans la mesure où l'intéressée n'obtient pas d'autorisation de séjour, c'est 

également à bon droit que l'autorité inférieure a prononcé son renvoi de 

Suisse, conformément à l'art. 64 al. 1 let. c LEtr. En outre, le SEM était 

fondé à ordonner l'exécution de cette mesure, puisque, au vu de ce qui 

précède, il n’existe pas d'obstacles à son retour au Portugal et le dossier 

ne fait pas non plus apparaître que l'exécution de ce renvoi serait impos-

sible, illicite ou inexigible au sens de l'art. 83 al. 2 à 4 LEtr. Dans la fixation 

du délai de départ imparti la recourante pour quitter le territoire helvétique, 

l’autorité inférieure est invitée à tenir compte de son état de santé et des 

démarches nécessaires à l’organisation de sa prise en charge médicale et 

à l’obtention, en cas de besoin, des prestations financières au Portugal (cf. 

consid. 9.9.4 supra).  

12.  

Sous réserve de la fixation d’un délai de départ adéquat, il ressort de ce 

qui précède que l’autorité inférieure n’a pas violé le droit fédéral en refusant 

de donner son approbation à l’octroi d’une autorisation de séjour en faveur 

de la recourante. Cette décision n’est, par ailleurs, pas inopportune.  

Le recours est, par conséquent, rejeté. 

Vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la charge 

de la recourante, conformément à l'art. 63 al. 1 PA en relation avec les art. 

1 à 3 du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et in-

demnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2) 

et de ne pas allouer de dépens (cf. art. 64 al. 1 PA).  

 

(dispositif page suivante) 

  

F-2594/2019 

Page 26 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

La requête d’audition de la recourante est rejetée. 

2.  

Le recours est rejeté.  

3.  

Les frais de procédure de 1’000 francs sont mis à la charge de la recou-

rante. Ce montant est prélevé sur l’avance de frais du même montant ver-

sée les 19 août et 17 septembre 2019.  

4.  

L’autorité est invitée, lors de la fixation du délai de départ, à tenir compte 

de l’état de santé de la recourante et des démarches nécessaires à son 

retour sur le territoire portugais, au sens des considérants.  

5.  

Le présent arrêt est adressé à la recourante, à l’autorité inférieure et au 

SPOP. 

 

L'indication des voies de droit se trouve à la page suivante. 

 

 

Le président du collège : Le greffier : 

  

Gregor Chatton Jérôme Sieber 

 

  

F-2594/2019 

Page 27 

Destinataires : 

– recourante, par l’entremise de sa représentante (Acte judiciaire) 

– autorité inférieure (dossier n° de réf. Symic […] en retour) 

– Service de la population du canton de Vaud (dossiers cantonaux en 

retour), en copie 
 

 

Indication des voies de droit : 

Pour autant que les conditions au sens des art. 82 ss, 90 ss et 100 ss LTF 

soient remplies, le présent arrêt peut être attaqué devant le Tribunal 

fédéral, 1000 Lausanne 14, par la voie du recours en matière de droit 

public, dans les trente jours qui suivent la notification. Ce délai est réputé 

observé si les mémoires sont remis au plus tard le dernier jour du délai, 

soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention de ce dernier, à La Poste Suisse 

ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse (art. 48 al. 1 

LTF). Le mémoire doit être rédigé dans une langue officielle, indiquer les 

conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. L’arrêt 

attaqué et les moyens de preuve doivent être joints au mémoire, pour 

autant qu'ils soient en mains de la partie recourante (art. 42 LTF). 

 

Expédition :