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**Case Identifier:** 12f682e3-b2e2-5e2b-ab74-df5f4d5c068c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-10-10
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 10.10.2014 C/4533/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-4533-2013_2014-10-10.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 16 octobre 2014. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/4533/2013 ACJC/1234/2014 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 10 OCTOBRE 2014 

 

Entre 

A______, domicilié______, recourant d'une ordonnance rendue par la 21ème Chambre 
du Tribunal de première instance de Genève le 12 juin 2014, comparant par Me Marie-
Claude de Rham-Casthelaz, avocate, rue d'Italie 11, case postale 3170, 1211 Genève 3, 
en l'étude de laquelle il fait élection de domicile, 

et 

B______, domiciliée ______, intimée, comparant par Me Bastien Geiger, avocat, rue 
Prévost-Martin 5, case postale 145, 1211 Genève 4, en l'étude duquel elle fait élection 
de domicile. 

 

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C/4533/2013 

EN FAIT 

A. C______ et D______, née ______, se sont mariés le ______ 1949. Deux enfants 
sont issus de cette union : A______ et B______. 

B. C______ est décédé le ______ 2009, et D______ le ______ 2012. 

C. Le 9 septembre 2013, A______ a saisi le Tribunal de première instance (ci-après: 
le Tribunal) d'une demande en reddition de comptes et partage dirigée contre 
B______ (C/______). 

 Sur demande en reddition de comptes, il a conclu, notamment, à ce qu'il soit 
ordonné : 

 - à E______,  

  - de produire : 

   • des extraits de tous les comptes ouverts auprès de ses 
établissements en Suisse, notamment à Genève et Nyon et à l'étranger, au nom de 
feu C______ et feue D______, à leur nom ou dont ils étaient les propriétaires 
économiques, ceci de 1990 à ce jour, avec des attestations d'intégralité 

   • tous documents en sa possession concernant l'emprunt fait le  
21 avril 1998 garanti par une cédule hypothécaire sur papier nominatif au nom de 
E______ Genève grevant en premier rang la parcelle ______ de Genthod et plus 
précisément attestant de la cause et du montant de l'emprunt fait à cette date par 
C______ 

  - d'indiquer : si une augmentation de la dette hypothécaire de C______ de 30'000 
fr. à 130'000 fr. a été faite pour mettre des liquidités à la disposition de M. et Mme 
B______ pour pouvoir exécuter les avis de débit du 18 janvier 1999 

  - de confirmer que les avoirs mentionnés sur le document « État des titres 1991 » 
étaient effectivement déposés sous le nom de C______ ou D______ auprès de 
E______. 

 - A la fiduciaire ______, ______, à Genève, de remettre au Tribunal toutes les 
archives en sa possession concernant les dossiers de feu C______ et feue 
D______, notamment les déclarations fiscales et les bordereaux d'impôt ICC-IFD 
depuis le 31 décembre 1998 au jour de leur décès. 

 - Au tribunal tutélaire de produire le dossier tutélaire de D______, notamment : 

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C/4533/2013 

   • le rapport et les comptes finaux établis par Me ______ suite à 
l'ordonnance de juillet 2002 prononçant la mainlevée de la mesure de curatelle 
volontaire de D______ 

   • le rapport et les comptes établis fin 2004 ou début 2005 suite à la 
levée de la mesure d'interdiction 

   • le rapport et les comptes finaux établis par ______ suite au décès 
de D______ le 24 janvier 2012 

 - A l'Office cantonal de la population de communiquer la date d'arrivée de 
B______ à l'adresse sise chemin ______ à Genthod. 

 Dans sa réponse du 20 janvier 2014, B______ a conclu, préalablement, à la 
jonction des cause C/______ et C/4533/2013-21. Principalement elle a conclu au 
déboutement de A______ de toutes ses conclusions, à ce qu'il soit fait droit à ses 
conclusions émises en la cause C/______, et à la condamnation de A______ en 
tous les dépens. 

D. De son côté, B______ a saisi le Tribunal d'une action en partage, dirigée contre 
A______, le 30 septembre 2013 (C/______). 

 Dans sa réponse du 17 mars 2014, A______ a conclu, préalablement, à ce qu'il lui 
soit donné acte de ce qu'il ne s'oppose pas à la jonction des causes C/______ et 
C/4533/2013 21. Principalement, il a conclu au déboutement de B______ de 
toutes ses conclusions, à ce qu'il soit fait droit à ses conclusions prises dans la 
cause C/4533/2013-21, et à la condamnation de B______ en tous les dépens. 

E. a. Par ordonnance du 28 mars 2014, le Tribunal a ordonné la jonction des causes 
n°C/4533/2013-21 et n°C/______sous le n°C/4533/2013-21. 

b. Lors de l'audience de débats d'instruction du 8 mai 2014, le Tribunal a informé 
les parties qu'il procèderait d'abord à leur audition. A______ a persisté dans ses 
conclusions en production de pièces, et précisé qu'il souhaitait qu'il y soit donné 
suite après l'audition des parties, craignant que l'écoulement du temps lui soit 
préjudiciable. 

c. Par ordonnance de preuves n° OTPI/860/2014 du 12 juin 2014, le Tribunal a 
autorisé les parties à apporter la preuve des faits allégués dans leurs écritures  
(ch. 1 et 2), réservé à chacune d'elles la possibilité d'apporter la contre preuve  
(ch. 3), admis l'audition de témoins et l'interrogatoire et la déposition des parties 
tant pour la partie demanderesse que pour la partie défenderesse (ch. 4 et 5), 
réservé la décision au sujet des autres témoins sollicités par le demandeur dans sa 
demande à un stade ultérieur de la procédure (ch. 6), réservé la décision au sujet 
des expertises sollicitées par A______ à un stade ultérieur de l'expertise (recte : de 

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C/4533/2013 

la procédure) (ch. 7), imparti aux deux parties un délai au  
10 juillet 2014 pour fournir les adresses des témoins admis ci-dessus pour chacun 
d'eux, ainsi que les temps d'audition présumés (ch. 8), et informé les parties que 
les avances de frais requises d'elles seront fixées après les indications au sujet des 
temps d'audition des parties (ch. 9). 

F. Par acte du 23 juin 2014, A______ (ci-après : le recourant) forme recours contre 
cette ordonnance. Il conclut à l'admission des réquisitions de preuves en 
production de pièces faites dans ses conclusions en reddition de comptes du 9 
septembre 2013 (cf. C. ci-dessus) et à la condamnation de la défenderesse aux 
frais et dépens du présent recours. 

Par courrier du 11 juillet 2014, B______ s'en est rapportée à justice, tout en 
concluant au rejet des conclusions visant à sa condamnation au paiement des frais 
et dépens de l'instance. 

Les parties ont été informées par courrier du 31 juillet 2014 que la cause était 
gardée à juger, A______ ayant renoncé à répliquer par courrier du 30 juillet 2014. 

EN DROIT 

1. 1.1. L'ordonnance de preuve querellée constitue une décision d'ordre procédural, 
qui entre dans la catégorie des autres décisions et ordonnances d'instruction de 
première instance (art. 319 let. b CPC) et qui est, par nature, exclue du champ de 
l'appel (JEANDIN, in CPC commenté, BOHNET/HALDY/JEANDIN/ SCHWEIZER/ 
TAPPY [éd.], 2011, n. 10, 14 et 15 ad art. 319 CPC; TAPPY, in CPC commenté 
précité, n. 15 ad art. 229 CPC).  

 La décision entreprise est ainsi susceptible d'un recours immédiat stricto sensu 
dans les dix jours à compter de sa notification (art. 321 al. 2 CPC), pour autant 
que le recourant soit menacé d'un préjudice difficilement réparable au sens de 
l'art. 319 let. b ch. 2 CPC.  

 La Cour examine d'office si les conditions de recevabilité d'un recours sont 
réunies (art. 60 CPC; JEANDIN, op. cit., n. 9 ad art. 312 CPC; TAPPY, Les voies de 
droit du nouveau Code de procédure civile, in JdT 2010 III 115 ss, p. 141; HOHL, 
Procédure civile, Tome II, 2ème éd., 2010, n. 2225 p. 408; CHAIX, Introduction au 
recours de la nouvelle procédure civile fédérale, in SJ 2009 II p. 257 ss, p. 259). 

 1.2. En l'espèce, le recours a été introduit dans les délai et forme prescrits par la 
loi (art. 130, 131 et 321 CPC). Il est recevable à cet égard. Reste à déterminer si 
l'ordonnance querellée est susceptible de causer un préjudice difficilement 
réparable au recourant. 

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2. Le recourant fait valoir que les faits sont déjà anciens et qu'avec l'écoulement du 
temps, il lui sera de plus en plus difficile d'obtenir les renseignements sollicités, 
essentiels pour établir la substance des successions selon lui. Selon lui, le Tribunal 
n'a pris aucune décision sur son offre de preuve, ce qui constitue un déni de justice 
matériel. 

 2.1. La notion de "préjudice difficilement réparable" est plus large que celle de 
"préjudice irréparable" au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (ATF 137 III 380 
consid. 6.3; ACJC/327/2012 du 9 mars 2012, consid. 2.4). Est considérée comme 
"préjudice difficilement réparable", toute incidence dommageable (y compris 
financière ou temporelle), pourvu qu'elle soit difficilement réparable. L'instance 
supérieure devra se montrer exigeante, voire restrictive, avant d'admettre 
l'accomplissement de cette condition (JEANDIN, op. cit., n. 22 ad art. 319 CPC; 
GUYAN, Beweisverfügung nach Art. 154 ZPO, in ZZZ 2011/2012, p. 175). 

 Il appartient au recourant d'alléguer et d'établir la possibilité que la décision inci-
dente lui cause un préjudice difficilement réparable, à moins que cela ne fasse 
d'emblée aucun doute (cf. par analogie ATF 134 III 426 consid. 1.2 p. 429 et 133 
III 629 consid. 2.3.1 p. 632).  

 Le seul fait que le recourant ne puisse se plaindre d'une violation des dispositions 
en matière de preuve qu'à l'occasion d'un appel sur le fond ne saurait être 
considéré comme suffisant pour retenir que la décision entreprise est susceptible 
de lui causer un préjudice difficilement réparable. Retenir le contraire 
équivaudrait à permettre à un plaideur de contester immédiatement toute 
ordonnance d'instruction pouvant avoir un effet sur le sort de la cause, ce que le 
législateur a justement voulu éviter (ACJC/734/2013 du 7 juin 2013). 

 Lorsque la condition du préjudice difficilement réparable n'est pas remplie, la 
décision incidente n'est alors attaquable qu'avec le jugement au fond 
(ACJC/327/2012 du 9 mars 2012 consid. 2.4 et les références citées; Message du 
Conseil fédéral relatif au CPC, FF 2006 6841, p. 6984; JEANDIN, op. cit., n. 24 et 
ss ad art. 319 CPC; BRUNNER, in Kurzkommentar, Schweizerische Zivil-
prozessordnung ZPO, Bâle 2010, n. 13 ad art. 319 CPC; BLICKENSTORFER, in 
Schweizerische Zivilprozessordnung [ZPO], BRUNNER/GASSER/SCHWANDER 
[éd.], 2011, n. 40 ad art. 319 ZPO). 

 2.2. Les ordonnances de preuve sont rendues avant l'administration des preuves. 
Elles désignent en particulier les moyens de preuves admis et déterminent pour 
chaque fait à quelle partie incombe la preuve ou la contre preuve. Elles peuvent 
être modifiées ou complétées en tout temps (art. 154 CPC).  

 Il y a deux moments spécifiques pour l'émission de ces ordonnances : durant la 
phase qui précède les débats principaux, pour les moyens de preuve proposés par 
les parties dans le cadre des débats d'instruction; ou durant la phase des débats 

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principaux, après les premières plaidoiries (TREZZINI, La procédure probatoire et 
l'interrogatoire des parties, in Le code de procédure civile, Fondation pour la 
formation continue des juges suisses, journée du 9 septembre 2009, Lausanne,  
p. 9).  

 Il est imaginable que plusieurs ordonnances de preuves soient rendues. Les 
modifications ou compléments des ordonnances de preuves, qui peuvent 
intervenir en tout temps, doivent être qualifiés d’ordonnances de preuves (GUYAN, 
Basler Kommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung, Spühler Karl/ Tenchio 
Luca/Infanger Dominik (Hrsg.), Basel 2010, art. 154 N 8).  

 «En tout temps» signifie : «aussi longtemps qu’il n’a pas été jugé» (SCHWEIZER, 
Code de procédure civile commenté, op. cit., n. 12 ad art. 154). 

 2.3. Aux termes de l'art. 29 al. 1 Cst., commet un déni de justice formel et viole 
donc cette disposition, l'autorité qui se refuse à statuer ou ne le fait que 
partiellement, n'établit pas entièrement les faits ou n'examine qu'une partie de la 
requête (ATF 135 I 6 consid. 2.1; 134 I 229 consid. 2.3). 

 2.4. En l'espèce, le Tribunal n'a pas formellement rejeté la requête de production 
de pièces du recourant. 

 Certes, il n'a pas expressément réservé sa décision sur ce point, comme il l'a fait 
pour l'audition d'autres témoins ou la demande d'expertise, mais le recourant a lui-
même accepté, lors des débats d'instruction, que le Tribunal statue sur sa requête 
après audition des parties (laquelle n'a pas encore eu lieu), ce que la loi l'autorise à 
faire (art. 154 CPC).  

 Le recourant admet qu'il lui sera difficile d'obtenir la production de pièces 
anciennes pour la plupart d'entre elles de plus de vingt ans, respectivement quinze 
ans. L'obliger à attendre l'issue de la procédure au fond, pour se plaindre d'une 
éventuelle violation de son droit à la preuve, n'est dès lors pas de nature à lui 
causer un préjudice difficilement réparable. Sa situation sera à ce moment-là 
comparable à celle qu'elle est aujourd'hui. 

 Pour tous ces motifs et en l'absence de dommage irréparable, le recours doit être 
déclaré irrecevable. 

3. Le recourant, qui succombe, sera condamné aux frais du présent recours, fixés à 
800 fr. au total (art. 105 et 106 al. 1 CPC; art. 41 RTFMC). Ce montant est 
compensé par l'avance de frais effectuée par le recourant, qui reste acquise à l'Etat 
(art. 111 CPC). 

 En l'absence de conclusions en ce sens, il ne sera pas alloué de dépens à l'intimée. 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

 
Déclare irrecevable le recours interjeté par A______ contre l'ordonnance 
OTPI/860/2014 rendue le 12 juin 2014 par le Tribunal de première instance dans la 
cause C/4533/2013-21.  

Sur les frais : 

Arrête les frais de la procédure de recours à 800 fr. au total et les met à la charge de 
A______.  

Les compense avec l'avance de frais de 800 fr. effectuée par A______, qui reste acquise 
à l'Etat.  

Siégeant : 

Monsieur Cédric-Laurent MICHEL, président; Mesdames Pauline ERARD et Paola 
CAMPOMAGNANI, juges; Madame Nathalie DESCHAMPS, greffière. 

 

Le président : 

Cédric-Laurent MICHEL 

 La greffière : 

Nathalie DESCHAMPS 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

La présente décision, qui ne constitue pas une décision finale, peut être portée, dans les 

trente jours qui suivent sa notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF), 

devant le Tribunal fédéral par la voie du recours en matière civile (art. 72 LTF), aux 

conditions de l'art. 93 LTF. 
 
Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.