# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 734d0620-4919-59ca-add2-a1fc97bf13e4
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-07-31
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Verwaltungsgerichtshöfe 31.07.2018 603 2018 102
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_007_603-2018-102_2018-07-31.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

603 2018 102

Arrêt du 31 juillet 2018

IIIe Cour administrative

Composition Présidente: Anne-Sophie Peyraud 
Juges: Marianne Jungo, Johannes Frölicher 
Greffière-stagiaire: Lara Ravera

Parties A.________, recourant, 

contre

COMMISSION DES MESURES ADMINISTRATIVES EN MATIÈRE 
DE CIRCULATION ROUTIÈRE, autorité intimée

Objet Circulation routière et transports - Interdiction de conduire -
Contestation des faits - Absence de décision pénale - Violation du 
droit d'être entendu et risque de décisions contradictoires - Renvoi

Recours du 23 juillet 2018 contre la décision du 5 juillet 2018

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attendu

qu'il ressort d'un rapport de la police cantonale que, le 8 mai 2018 à 02h49, à Courgevaux, le 
véhicule immatriculé en France bbb a été flashé à une vitesse de 145 km/h alors que la vitesse 
autorisée était de 100 km/h, soit un dépassement de 39 km/h;

que, par décision du 5 juillet 2018, A.________, domicilié à C.________/France, s'est vu notifier 
une interdiction de conduire en Suisse pour la durée de trois mois, en raison de l'excès de vitesse 
susmentionné; 

que, le 23 juillet 2018, le précité a saisi l'Instance de céans d'un recours à l'encontre de dite 
décision;

qu'il conclut implicitement à son annulation, faisant valoir qu'il a vendu le véhicule en question le 
1er avril 2018 à une société active dans le commerce de voitures;

qu'il produit à cet effet un document intitulé "Récépissé de déclaration d'achat" dont il ressort que 
la société D.________ aurait fait l'acquisition du véhicule en question à la date précitée;

qu'à ce jour, aucune ordonnance pénale n'a été rendue dans cette affaire;

considérant

qu'interjeté dans le délai et les formes prescrits (art. 79 ss du code fribourgeois du 23 mai 1991 de 
procédure et de juridiction administrative, CPJA; RSF 150.1), le recours est recevable à la forme;

que, partant, le Tribunal cantonal peut entrer en matière sur ses mérites;

que, selon l’art. 77 CPJA, le recours devant le Tribunal cantonal peut être formé pour violation du 
droit, y compris l’excès ou l’abus du pouvoir d’appréciation (let. a) et pour constatation inexacte ou 
incomplète des faits pertinents (let. b);

qu'en revanche, à défaut d’habilitation légale expresse, le Tribunal cantonal ne peut pas examiner 
en l’espèce le grief d’inopportunité (art. 78 al. 2 CPJA); 

que, d'après la jurisprudence, il convient d'éviter que les autorités administratives et judiciaires, à 
partir d'un même événement, aboutissent à des constatations de fait divergentes et apprécient les 
preuves à disposition de manière différente. En raison du droit du prévenu de coopérer à 
l'instruction, des moyens plus vastes d'investigation et des pouvoirs procéduraux étendus du juge, 
la procédure pénale garantit mieux la recherche de la vérité matérielle que la procédure 
administrative, laquelle n'est pas soumise aux mêmes exigences formelles. Par conséquent, si 
l'intéressé fait ou va probablement faire l'objet d'une dénonciation pénale, l'autorité administrative 
doit en principe surseoir à statuer jusqu'à droit connu sur le plan pénal, dans la mesure où l'état de 
fait ou la qualification juridique du comportement litigieux sont pertinents dans le cadre de la 
procédure administrative. Des exceptions à ce principe ne sont admissibles que s'il n'existe aucun 
doute quant à la réalisation des conditions de l'infraction (p. ex. conduite en état d'ivresse prouvée 

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par une prise de sang dont le résultat n'est pas contesté). Formellement, il convient de surseoir à 
la décision au lieu de rendre une ordonnance de non-lieu. Si l'administration désire néanmoins 
s'écarter du jugement pénal qui a été rendu, les principes développés par la pratique à cette 
occasion s'appliquent. Si, en revanche, les conditions pour s'écarter d'un jugement pénal entré en 
force ne sont pas réalisées, l'autorité administrative devra s'y tenir (ATF 119 Ib 158 / JdT 1994 I 
675 consid. 2c/bb; cf. également arrêt TC FR 603 2016 175 du 11 novembre 2016);

qu'en l'occurrence, aucune ordonnance pénale n'a à ce jour été rendue par les autorités 
compétentes;

qu'or, dans son recours, A.________ conteste être le conducteur responsable de l'excès de 
vitesse litigieux, au motif qu'il a vendu son véhicule à une société active dans le commerce de 
véhicules le 1er avril 2018;

que si la CMA ne savait pas, avant de rendre la décision litigieuse, que l'intéressé conteste être le 
conducteur du véhicule pris en faute, elle a néanmoins pris le risque de statuer sans attendre 
l'issue de la procédure pénale, en retenant des faits qui n'étaient pas suffisamment établis;

que le recourant, comme le veut la pratique de l'autorité intimée, n'a en effet pas été avisé de 
l'ouverture d'une procédure administrative à son encontre, dès lors qu'il est domicilié à l'étranger et 
qu'il n'a, partant, pas pu invoquer ces faits;

que, par ailleurs, si cette façon de faire de l'autorité intimée peut se justifier dans le cadre d'une 
administration de masse, elle ne respecte pas pour autant l'obligation d'entendre l'intéressé avant 
qu'une décision ne soit rendue à son encontre (cf. art. 57 al. 1 CPJA);

que, dans ces circonstances, il y a lieu d'admettre le recours et d'annuler la décision attaquée afin 
d'éviter d'éventuelles décisions contradictoires;

que la CMA statuera, cas échéant, une nouvelle fois sur les faits en question, à l'issue de la 
procédure pénale;

que le recourant est cependant expressément averti qu'il lui appartient de défendre ses droits dans 
le cadre de la procédure pénale et de présenter ses contestations relatives à l'état de fait et ses 
moyens de défense (cf. ATF 123 II 97 consid. 3c/aa; 121 II 214 consid. 3a), dès lors que les faits 
qui auront été retenus seront repris par la CMA et, cas échéant, par l'Instance de céans;

qu'il n'est pas perçu de frais de justice;

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la Cour arrête:

I. Le recours est admis et la décision attaquée annulée.

II. Il n'est pas perçu de frais de justice.

III. Notification.

Cette décision peut faire l'objet d'un recours auprès du Tribunal fédéral, à Lausanne, dans les 
30 jours dès sa notification.

Fribourg, le 31 juillet 2018/ape

La Présidente: La Greffière-stagiaire: