# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 34736534-b988-5d4c-bdb2-12049807bbb6
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2016-12-13
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 13.12.2016 C-310/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_C-310-2014_2016-12-13.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour III 

C-310/2014 

 

 

 

  A r r ê t  d u  1 3  d é c e m b r e  2 0 1 6  

Composition 

 
Caroline Bissegger (présidente du collège),  

Franziska Schneider, Beat Weber, juges, 

Jeremy Reichlin, greffier. 

 

 
 

Parties 

 
A._______, 

représentée par Maître Yero Diagne, 

recourante,  

 
 

 
contre 

 

 
Office de l'assurance-invalidité pour les assurés 

résidant à l'étranger OAIE, Avenue Edmond-Vaucher 18, 

Case postale 3100, 1211 Genève 2, 

autorité inférieure. 

 

Objet 

 
Assurance-invalidité (décision du 5 décembre 2013). 

 

 

C-310/2014 

Page 2 

Faits : 

A.  

A.a A._______, ressortissante portugaise, née le (…) 1969, a travaillé en 

Suisse essentiellement en qualité de trieuse et d’emballeuse de fruits et 

cotisé à l'AVS/AI suisse de 1993 à 1997 (ci-après : l’intéressée ou la re-

courante ; AI pce 4, p. 2 et pce 9, p. 4 et 5). 

A.b Par décision du 28 mars 2000, l'Office de l'assurance-invalidité du 

Canton de Vaud (ci-après : OAI-VD) a mis l’intéressée au bénéfice d’une 

rente entière d'invalidité avec effet au 1er septembre 1997 (AI pce 10). 

Cette décision est essentiellement fondée sur l’expertise psychiatrique 

établie le 7 janvier 2000 par le Dr. B._______ et la Dresse C._______, 

tous deux spécialistes en psychiatrie, qui a retenu les diagnostics de (i) 

troubles somatoformes douloureux persistants (ICD 10, F45.4), (ii) per-

sonnalité psychotique avec traits dépendants histrioniques et maso-

chiques (ICD 10, F61), et (iii) épisode dépressif léger (ICD 10, F 32.01) 

(cf. AI pce 7, p. 7). L'OAI-VD n'a cependant versé qu'une demi-rente du 

1er novembre 1997 au 30 avril 1998 suite à un essai de reprise partielle 

de l'activité de trieuse et emballeuse de fruits auprès du dernier em-

ployeur. 

A.c Le 1er août 2002, l’intéressée a quitté la Suisse pour élire domicile au 

Portugal de sorte que l'OAI-VD a transmis le dossier pour compétence à 

l'Office de l'assurance-invalidité pour les assurés résidant à l'étranger (ci-

après : OAIE ; AI pce 6, p. 7, pce 13).  

A.d Par communication du 7 novembre 2006 (AI pce 36), l'OAIE a con-

firmé le droit à la rente d’invalidité en considérant que son service médi-

cal n'a pas constaté de modification de l'état de santé psychique de l'inté-

ressée (à savoir une fibromyalgie avec troubles psychiatriques) ayant une 

influence sur sa capacité de travail (cf. AI pce 35). 

B.  

B.a Dans le courant du mois d’octobre 2010, l'OAIE a initié une nouvelle 

procédure de révision de la rente d’invalidité (AI pces 40 à 42). Dans le 

cadre de l’instruction de cette procédure de révision, les documents sui-

vants ont notamment été versés à la procédure : 

 un rapport médical E213 établi le 1er février 2011 dans lequel le 

médecin de la Sécurité sociale portugaise retient notamment les 

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diagnostics de troubles dépressifs actuellement en rémission et fi-

bromyalgies et indique que l'ancienne activité exercée par 

l’intéressée, à savoir celle d'emballeuse de fruits, n'est plus pos-

sible qu'à 30 %, mais qu'une activité adaptée reste possible à 

plein temps (AI pce 49) ; 

 un rapport psychiatrique établi le 17 janvier 2011 par la Dresse 

D._______, médecin psychiatre (ci-après : Dresse D._______), 

lequel retient que l’intéressée souffre d’un trouble dépressif récur-

rent, actuellement en rémission (ICD, F33.4 ; AI pce 50) ; 

 une prise de position médicale du Dr. E._______, spécialiste FMH 

en chirurgie orthopédique et traumatologie de l'appareil locomo-

teur œuvrant pour l’OAIE (ci-après : Dr. E._______) du 9 mai 2011 

prenant position sur le rapport médical E213 du 1er février 2011 (AI 

pce 53). Sur la base des documents médicaux, cet expert a esti-

mé que l’état de santé de l’intéressée s’est amélioré de sorte que 

celle-ci « ne présente plus de syndrome dépressif condition es-

sentielle pour retenir le diagnostic de trouble somatoforme. 

L’atteinte somatique est également minime et ne justifie pas une 

incapacité de travail pour une activité légère à moyenne » (AI pce 

53, p. 2). Cet expert a également estimé que les activités de subs-

titution suivantes étaient en particulier exigibles : ouvrier non qua-

lifié, concierge, surveillant de parking, vendeur par correspon-

dance, vendeur en général et caissier (AI pce 50, p. 3) ; 

 une prise de position médicale du Dr. F._______, spécialiste FMH 

en psychiatrie et psychothérapie œuvrant pour l’OAIE (ci-après : 

Dr. F._______) du 13 juin 2011. Sur la base des documents médi-

caux figurant au dossier, le Dr. F._______ a estimé que d’un point 

de vue psychiatrique, il n’y a plus d’incapacité de travail depuis le 

17 janvier 2011 (AI pce 55). 

B.b Par projet de décision du 20 juillet 2011, l'OAIE a informé l’intéressée 

qu'il entendait supprimer la rente d'invalidité parce que l'état de santé 

s'était amélioré, le trouble dépressif récurrent étant en rémission, et que 

seule une légère limitation de la mobilité cervicale persistait (AI pce 57). 

B.c Par courrier du 10 août 2011, l’intéressée a manifesté son opposition. 

Elle a argué en substance que l'examen psychiatrique auprès de la 

Dresse D._______ n'avait duré que cinq minutes ce qui n’est pas suffi-

sant pour évaluer correctement son état de santé psychiatrique (AI pce 

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59). A l’appui de son opposition, l’intéressée a produit diverses pièces 

médicales de ses médecins traitants au Portugal et demandé un délai 

pour produire d'autres rapports médicaux (AI pce 58). Par courrier du 22 

septembre 2011, l'intéressée a produit des rapports médicaux supplé-

mentaires (AI pces 61 à 104). 

B.d Par prise de position médicale du 14 novembre 2011, le Dr. 

F._______ s’est déterminé sur l’ensemble des documents médicaux ver-

sés par l’intéressée dans le cadre de la procédure d’audition (AI pce 107). 

Cet expert a retenu que les documents médicaux produits « ne contien-

nent pas d’éléments objectifs qui conduiraient à une modification de ma 

prise de position du 13 juin 2011 » (AI pce 107).  

B.e A la suite de la production par l’intéressée d’un rapport dactylogra-

phié du 11 janvier 2012 établi par le Dr. G._______, médecin psychiatre 

au Portugal, mentionnant une nouvelle crise de dépression majeure (AI 

pce 109), le Dr. F._______ a estimé, à l’occasion d’une nouvelle prise de 

position médicale du 30 avril 2012, qu'une expertise bidisciplinaire (rhu-

matologique et psychiatrique) s'imposait (AI pce 112). 

B.f En juillet 2012, l’OAIE a décidé de mettre en place une expertise plu-

ridisciplinaire de l’appareil moteur (médecine interne et rhumatologie) et 

de psychiatrie (AI pces 117 et 118). Pour ce faire l’OAIE a confié au Dr. 

H._______, spécialiste en médecine interne générale, le soin de mené 

l’évaluation de médecine interne et de rhumatologie et au Dr. I._______, 

spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, le soin de mener l’évaluation 

en psychiatrie et psychothérapie (ci-après ensemble : les experts 

J._______ ; AI pces 118 et 119). 

B.g A la suite d’une double visite médicale le 24 septembre 2012 (AI pces 

126 et 131, p. 2) et sur la base du dossier médical complet de l’intéressée 

(AI pce 131, p. 2 à 5), les experts J._______ ont rendu leur expertise plu-

ridisciplinaire de l’appareil moteur et de psychiatrie le 17 janvier 2013 (AI 

pce 131).  

Du point de vue de l’appareil moteur, les experts J._______ ont retenu les 

diagnostics de (i) discopathies protrusives mineures en C2-C3 et C3-C4, 

(ii) discopathie L4-L5 (sans protrusion postéro-médiane du disque) et (iii) 

fibromyalgie précisant que ces diagnostics sont sans incidence sur la ca-

pacité de travail de l’intéressée (AI pce 131, p. 132). Les experts 

J._______ ont également diagnostiqué un syndrome rotulien des deux 

genoux impliquant certaines limitations fonctionnelles, à savoir la station 

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assise prolongée ainsi que les flexions prolongées ou répétées des ge-

noux (AI pce 131, p. 132). Les experts J._______ ont toutefois estimé 

qu’il n’existe aucune réduction de la capacité de travail de l’intéressée. 

D’un point de vue psychiatrique, les experts J._______ ont diagnostiqué 

un status-post trouble de l’adaptation, réaction mixte anxieuse et dépres-

sive (ICD-10, F43.22) précisant toutefois que ce diagnostic n’a aucune 

incidence sur la capacité de travail de l’intéressée (AI pce 131, p. 90 et 

132). Par ailleurs, les experts J._______ ont, sur la base notamment des 

critères de Foerster, écarté le diagnostic de trouble somatoforme doulou-

reux persistant au motif que les douleurs sont « partiellement explicables 

sur le plan somatique par la fibromyalgie, dans un contexte 

d’amplification des plaintes. En effet, on retrouve chez l’expertisée une 

présentation histrionique avec une vraie tendance à l’exagération des 

plaintes et à la dramatisation » (AI pce 131, p. 119). 

En définitive, les experts J._______ ont estimé que l’intéressée dispose 

d’une pleine capacité de travail (horaire et rendement) dès fin mars 2006 

(AI pce 131, p. 133). 

B.h Les conclusions du volet psychiatrique de l’expertise pluridisciplinaire 

ont été confirmées par le Dr. F._______ à l’occasion de sa prise de posi-

tion médicale du 10 mars 2013 (AI pce 134). Cet expert a précisé que 

l’expertise pluridisciplinaire est « particulièrement fouillée et complète » et 

que « tous les documents ont fait l’objet d’une analyse précise et tous les 

diagnostics antérieures ont été examinés et discutés » (AI pce 134, p. 2). 

Le Dr. F._______ a également relevé la « très grande discrépance exis-

tant entre plaintes subjectives et données objectives » (AI pce 134, p. 2). 

Selon le Dr. F._______, il n’y a pas de motifs valables permettant de 

s’écarter des conclusions des experts J._______. 

B.i Les conclusions du volet rhumatologique de l’expertise pluridiscipli-

naire ont également été confirmées par le Dr. K._______, spécialiste 

FMH en rhumatologie œuvrant pour l’OAIE (ci-après : Dr. K._______), à 

l’occasion de sa prise de position médicale du 2 mai 2013 (AI pce 147). 

B.j Par projet de décision du 11 juin 2013, l'OAIE a informé l’intéressée 

qu'il entendait supprimer la rente d'invalidité à l'avenir (AI pce 148). 

B.k Par courrier du 23 juillet 2013, l’intéressée s'est opposée au projet de 

décision (AI pce 150) et a joint un rapport du 3 juillet 2013 de son méde-

cin de famille (AI pce 149). En septembre 2013, elle a encore produit un 

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bref rapport du 14 août 2013 de l'hôpital L._______ (AI pce 153) et un 

rapport du 4 septembre 2013 de sa psychologue (AI pce 152). Dans leurs 

prises de position des 11 octobre et 8 novembre 2013, les médecins de 

l'OAIE ont relevé que les tentatives de suicide n'étaient pas mentionnées 

dans les documents antérieurs, que le test de la psychologue était une 

autoévaluation et pas une évaluation par un examinateur et que les nou-

veaux documents n'étaient pas de nature à modifier l'évaluation de la ca-

pacité de travail (AI pces 157 et 159).  

B.l Par décision du 5 décembre 2013, l'OAIE a supprimé la rente d'invali-

dité dès le 1er février 2014 conformément aux dispositions de la révision 

6a de la LAI. L’OAIE a motivé sa décision en retenant qu’il n’existe au-

cune incapacité de gain au sens du droit suisse des assurances sociales 

(AI pce 148). 

C.  

C.a Le 16 janvier 2014 (timbre postal), l'intéressée a interjeté un recours 

contre cette décision auprès du Tribunal administratif fédéral en concluant 

à son annulation et au maintien de sa rente d’invalidité (TAF pce 1). A 

l’appui de son recours, l’intéressée conteste en substance les conclu-

sions de l’expertise pluridisciplinaire et soutient que son état de santé ne 

s’est pas amélioré au fil du temps (TAF pce 1). Par courrier du 26 février 

2014, la recourante a versé à la procédure plusieurs rapports médicaux 

complémentaires (TAF pce 3). 

C.b Par réponse du 22 mai 2014, l’OAIE s’est déterminée sur le recours 

interjeté par la recourante en concluant à son annulation, respectivement 

à la confirmation de la décision querellée (TAF pce 7). A l’appui de ses 

conclusions, l’OAIE a indiqué qu’il ressort de l’expertise pluridisciplinaire, 

laquelle a été établi en conformité avec les standards applicables, que 

l’état de santé de la recourante s’est nettement amélioré au fil du temps 

de sorte que celle-ci dispose d’une pleine capacité de travail. Par ailleurs, 

les documents médicaux produits par la recourante dans le cadre de la 

procédure ne sont pas de nature à remettre en cause les conclusions de 

cette expertise pluridisciplinaire ni des prises de positions médicales in-

tervenues subséquemment (TAF pce 7). 

C.c Par décision incidente du 30 mai 2014 (TAF pce 8), le Tribunal admi-

nistratif fédéral a imparti à l’intéressée un délai de 30 jours pour déposer 

une réplique et s'acquitter, sous peine d'irrecevabilité du recours, d'une 

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avance de Fr. 400.- sur les frais de procédure présumés. Le 24 juin 2014, 

l’intéressée s'est acquittée dudit montant (TAF pce 10). 

C.d Dans sa réplique du 18 août 2014 (TAF pce 20), la recourante, par le 

truchement de son conseil, a contesté la validité de l'expertise pluridisci-

plinaire, notamment s’agissant de l'impartialité des experts ainsi que 

l'évaluation médicale de la capacité de travail. Elle a argué qu’elle pré-

sentait une affection psychiatrique importante et était régulièrement suivie 

médicalement. A l’appui de sa réplique, la recourante a produit un certain 

nombre de document attestant, selon elle, du caractère partial de 

l’expertise pluridisciplinaire (TAF pce 20). 

C.e Dans sa duplique du 7 octobre 2014, l'OAIE a réitéré ses conclu-

sions ; son service médical ayant estimé que les nouveaux documents 

médicaux produits ne changeaient rien à l'appréciation de la capacité de 

travail, qu'il s'agissait d'une réaction à la suppression de la rente et que 

l'effort de volonté était exigible (TAF pce 22). 

C.f Par courrier du 16 octobre 2014, la recourante a présenté des obser-

vations en persistant dans les griefs et conclusions prises à l’occasion de 

son recours du 16 janvier 2014 (TAF pce 24). 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Droit : 

1.  

1.1 Sous réserve des exceptions, non réalisées en l'espèce, prévues à 

l'art. 32 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fé-

déral (LTAF, RS 173.32), le Tribunal de céans connaît, en vertu de l'art. 

31 LTAF en relation avec l'art. 33 let. d LTAF et l'art. 69 al. 1 let. b de la loi 

fédérale du 19 juin 1959 sur l'assurance-invalidité (LAI, RS 831.20), des 

recours interjetés par des personnes résidant à l'étranger contre les déci-

sions, au sens de l’art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la 

procédure administrative (PA, RS 172.021), prises par l'OAIE. 

1.2 Selon l'art. 37 LTAF, la procédure devant le Tribunal administratif fédé-

ral est régie par la PA pour autant que la LTAF n'en dispose autrement. 

Conformément à l'art. 3 let. dbis PA, la procédure en matière d'assurance 

sociale n'est pas régie par la PA dans la mesure où la loi fédérale du 6 

octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales 

(LPGA, RS 830.1) est applicable. Selon l'art. 2 LPGA, les dispositions de 

ladite loi sont applicables aux assurances sociales régies par la législa-

tion fédérale si, et dans la mesure où, les lois spéciales sur les assu-

rances sociales le prévoient. En application de l'art. 1 al. 1 LAI, les dispo-

sitions de la LPGA s'appliquent à l'assurance-invalidité (art. 1a à 26bis et 

28 à 70), à moins que la LAI ne déroge à la LPGA. 

1.3 En l'occurrence, interjeté en temps utile (art. 60 LPGA et art. 50 al. 1 

PA), dans les formes légales (art. 52 ss PA) auprès de l'autorité judiciaire 

compétente (art. 33 let. d LTAF et art. 69 al. 1 lit. b LAI), par une adminis-

trée directement touchée par la décision attaquée (art. 48 PA), qui s'est 

acquittée de l'avance de frais dans les temps (art. 63 al. 4 PA et art. 20 ss 

PA), le recours du 16 janvier 2014 est recevable, quant à la forme. 

2.  

2.1 Le droit matériel applicable est déterminé par les règles en vigueur au 

moment où les faits juridiquement déterminants ou ayant des consé-

quences juridiques se sont produits, le juge n'ayant pas à prendre en 

considération les modifications du droit ou de l'état de fait postérieures à 

la date déterminante de la décision attaquée soit en l’espèce au 5 dé-

cembre 2013 (cf. AI pce 148 ; ATF 140 V 70, consid. 4.2 ; ATF 136 V 24, 

consid. 4.3 ; ATF 130 V 355, consid. 1.2 ; ATF 129 V 4, consid. 1.2). 

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2.2 S'agissant du droit international, l'accord entre la Confédération 

suisse d'une part, et la Communauté européenne et ses Etats membres, 

d'autre part, sur la libre circulation des personnes du 21 juin 1999 (ALCP, 

RS 0.142.112.681) est entré en vigueur le 1er juin 2002 avec notamment 

son annexe II réglant la coordination des systèmes de sécurité sociale 

par renvoi au droit européen. Dans ce contexte, l'ALCP fait référence de-

puis le 1er avril 2012 au règlement (CE) n°883/2004 du Parlement euro-

péen et du Conseil du 29 avril 2004 portant sur la coordination des sys-

tèmes de sécurité sociale (RS 0.831.109.268.1) ainsi qu'au règlement 

(CE) n°987/2009 du Parlement européen et du Conseil du 16 septembre 

2009 fixant les modalités des systèmes de sécurité sociale (RS 

0.831.109.268.11; cf. arrêt du Tribunal fédéral 8C_870/2012 du 8 juillet 

2012, consid. 2.2). Conformément à l'art. 4 du règlement (CE) 

n°883/2004, les personnes auxquelles ce règlement s'applique bénéfi-

cient en principe des mêmes prestations et son soumises aux mêmes 

obligations, en vertu de la législation de tout Etat membre, que les ressor-

tissants de celui-ci. En outre, dans la mesure où l'ALCP et son annexe II 

ne prévoient pas de disposition contraire, la procédure ainsi que les con-

ditions à l'octroi d'une rente d'invalidité sont déterminées exclusivement 

d'après le droit suisse (art. 8 ALPC, ATF 130 V 257, consid. 2.4). 

2.3 En l'occurrence, le Tribunal de céans se fondera sur l'état de fait, y 

compris l'état de santé de l'intéressée, au jour de la décision, soit au 5 

décembre 2013. Les éléments de fait postérieurs à cette date ne devant, 

en principe, pas être pris en considération sauf s’ils permettent une meil-

leure compréhension de l’état de santé du recourant antérieur à la déci-

sion attaquée (cf. ATF 130 V 445, consid. 1.2.1, voir également arrêt du 

Tribunal administratif fédéral C-31/2013 du 14 janvier 2014, consid. 3.1). 

3.  

3.1 Le Tribunal administratif fédéral établit les faits et apprécie les 

preuves d'office et librement (art. 12 PA). En outre, il applique le droit d'of-

fice, sans être lié par les motifs invoqués à l'appui du recours (art. 62 al. 4 

PA), ni par l'argumentation développée dans la décision attaquée (BENOÎT 

BOVAY, Procédure administrative, 2ème éd., 2015, p. 243 ; JÉRÔME CAN-

DRIAN, Introduction à la procédure administrative fédérale, La procédure 

devant les autorités administratives fédérales et le Tribunal administratif 

fédéral, 2013, n°176). Cependant, l'autorité saisie se limite en principe 

aux griefs soulevés par le recourant et n'examine les questions de droit 

non invoquées que dans la mesure où les arguments des parties ou le 

dossier l'y incite (ATF 122 V 157, consid. 1a ; ATF 121 V 204, consid. 6c ; 

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MOSER/BEUSCH/KNEUBÜHLER, PROZESSIEREN VOR DEM BUNDESVERWAL-

TUNGSGERICHT, 2ème éd., 2013, p. 25, n. 1.55). 

3.2 In casu, la question litigieuse est le bien-fondé de la décision du 5 dé-

cembre 2013 prise en application des dispositions finales de la 6ème révi-

sion de la LAI, par laquelle l'OAIE a supprimé à la recourante la rente 

d'invalidité à compter du 1er février 2013 (cf. AI pce 166). 

4.  

4.1 En application de l'al. 1, 1ère phrase, de la let. a des dispositions fi-

nales de la 6ème révision de la LAI (1er volet), entrée en vigueur le 1er jan-

vier 2012 (modification du 18 mars 2011 [RO 2011 5659]) (ci-après : les 

dispositions finales de la 6ème révision de la LAI), les rentes octroyées en 

raison d'un syndrome sans pathogénèse ni étiologie claires et sans cons-

tat de déficit organique seront réexaminées dans un délai de 3 ans à 

compter de l'entrée en vigueur de la modification. 

Cette disposition doit être lue en relation avec l'al. 4 de la let. a des dis-

positions finales de la 6ème révision de la LAI qui précise que l'al. 1 ne 

s'applique pas aux personnes qui ont atteint 55 ans au moment de l'en-

trée en vigueur de la modification, ou qui touchent une rente de l'assu-

rance-invalidité depuis plus de 15 ans au moment de l'ouverture de la 

procédure de réexamen. Selon le Tribunal fédéral, pour calculer depuis 

combien d'année la rente a été versée, il faut se référer, pour la date ini-

tiale, à celle du début du droit à la rente et non pas à la date de la déci-

sion (ATF 139 V 442, consid. 3 et 4). Le moment déterminant de l'ouver-

ture de la procédure de réexamen, pour sa part, correspond au moment 

où, selon le degré de la vraisemblance prépondérante, le réexamen a ef-

fectivement été introduit et, notamment pas au moment où l'Office AI a in-

formé la personne assurée qu'il entendait supprimer la rente (cf. arrêt du 

Tribunal fédéral 8C_773/2013 du 6 mars 2014, consid. 3 ; arrêt du Tribu-

nal fédéral 8C_576/2014 du 20 novembre 2014, consid. 4.3.2). 

4.2 En l'occurrence, par décision du 28 mars 2000, l'intéressée a été 

mise au bénéfice d'une rente d'invalidité à compter du 1er septembre 

1997 (cf. AI pce 10). Ce prononcé est essentiellement fondé sur 

l’expertise psychiatrique établie le 7 janvier 2000 par le Dr. B._______ et 

la Dresse C._______, tous deux spécialistes en psychiatriques, qui a no-

tamment retenu le diagnostic de troubles somatoformes douloureux per-

sistants et celui de personnalité psychotique probable avec traits dépen-

dants histrioniques et masochiques ainsi que celui d’épisode dépressif 

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léger (ICD F32.01 ; cf. AI pce 7, p. 6). La rente d’invalidité a donc bien été 

octroyée en raison d'un syndrome sans pathogénèse ni éthologie claires 

et sans constat de déficit organique. C’est ici le lieu de préciser, contrai-

rement à ce que soutient la recourante (cf. TAF pce 20, p. 5), que lors-

qu'une rente en cours a été allouée aussi bien en raison de plaintes ob-

jectivables que non explicables, rien ne s'oppose à ce que l'on applique 

les dispositions finales aux dernières. En effet ces rentiers ne peuvent 

pas être avantagés par rapport à ceux qui touchent une rente pour des 

seuls troubles dont la pathogenèse et l'étiologie ne sont pas claires. De 

même, ils ne peuvent pas être privilégiés par rapport aux assurés qui dé-

posent nouvellement une demande de prestation en raison de troubles 

explicables et de troubles que l'on ne peut pas objectiver (ATF 140 V 197 

consid. 6.2.3, arrêt du Tribunal administratif fédéral C-7057/2013 du 15 

juin 2016, consid. 5.2). 

Par ailleurs, le Tribunal administratif fédéral note que contrairement à ce 

que soutient la recourante (cf. TAF pce 20, p. 4), le fait que la communi-

cation de l’ouverture de la procédure de réexamen d'office de la rente 

d'invalidité ait été faite en juin 2012 et ne mentionne pas expressément 

qu’il s’agisse d’une « révision 6a » est sans importance. En effet, seul est 

déterminante la question de savoir si l’intéressée était au courant qu’une 

procédure de révision était initiée ; ce qui est en l’occurrence le cas (cf. AI 

pce 115). Par ailleurs et comme précisé ci-avant (cf. supra consid. 2.1 et 

4.1), l’autorité inférieure applique le droit en vigueur au moment du rendu 

de la décision querellée (cf. parmi d’autres voir arrêt du Tribunal adminis-

tratif fédéral C-2056/2014 du 29 septembre 2016, consid. 2.1). Or, au 

moment de la décision querellée, soit au 5 décembre 2013, les disposi-

tions finales de la 6ème révision de la LAI étaient en vigueur.  

Pour le surplus, en juin 2012 cela faisait 14 ans et 9 mois (et non 15 ans) 

que la rente d'invalidité était servie à l'intéressée (cf. AI pce 10). Enfin, 

née le 20 septembre 1969, l'intéressée n'avait pas atteint l'âge de 55 ans 

au 1er janvier 2012, date de l'entrée en vigueur de la 6ème révision de la 

LAI. 

En conclusion, la présente affaire ne tombant pas dans les exceptions 

prévues par l’al. 4 de la let. a des dispositions finales de la 6ème révision 

de la LAI, la recourante appartient aux cercles des personnes suscep-

tibles d'être concernées par la procédure de réexamen d'office. Il convient 

donc d'examiner les conditions matérielles liées au réexamen d'office de 

la rente d'invalidité. 

C-310/2014 

Page 12 

5.  

5.1 D'un point de vue matériel et en application de l'al. 1, 1ère phrase de la 

let. a des dispositions finales de la 6ème révision de la LAI, si les condi-

tions visées à l'art. 7 LPGA ne sont pas réalisées, la rente sera réduite ou 

supprimée, même si les conditions de l'art. 17 al. 1 LPGA ne sont pas 

remplies. Concrétisant le principe de la proportionnalité, l'al. 2 de la let. a 

des dispositions finales de la 6ème révision de la LAI précise qu'en cas de 

réduction ou de suppression de la rente, l'assuré a droit aux mesures de 

nouvelles réadaptation au sens de l'art. 8a LAI étant précisé que durant la 

mise en œuvre de ces mesures, l'assurance continue à verser la rente à 

l'assuré, mais au plus tard pendant 2 ans à compter du moment de la 

suppression ou de la réduction de la rente. 

5.2 En l'occurrence, afin de déterminer si c'est à bon droit que la demi-

rente d'invalidité a été supprimée, il convient de déterminer, dans un pre-

mier temps, si l'état de santé de la recourante réuni les conditions visées 

à l'art. 7 LPGA (cf. consids. 6 et 7 infra), ce qui implique d'évaluer la va-

leur probante des preuves médicales recueillies par l'OAIE (cf. consid. 8 

infra). Dans un second temps, il convient de déterminer si des mesures 

de nouvelles réadaptation sont envisageables (cf. consid. 9 infra). 

6.  

6.1 L'invalidité au sens de la LPGA et de la LAI est l'incapacité de gain to-

tale ou partielle qui est présumée permanente ou de longue durée, qui 

peut résulter d'une infirmité congénitale, d'une maladie ou d'un accident 

(art. 8 LPGA et art. 4 al. 1 LAI). Selon l'art. 7 LPGA, est réputée incapaci-

té de gain toute diminution de l'ensemble ou d'une partie des possibilités 

de gain de l'assuré sur un marché du travail équilibré dans son domaine 

d'activité, si cette diminution résulte d'une atteinte à sa santé physique, 

mentale ou psychique et qu'elle persiste après les traitements et les me-

sures de réadaptions exigibles. En cas d'incapacité de travail de longue 

durée, l'activité qui peut être exigée de lui peut aussi relever d'une autre 

profession ou d'un autre domaine d'activité (art. 6 LPGA). 

Aux termes de l'art. 28 al. 1 LAI, l'assuré a droit à un quart de rente s'il est 

invalide à hauteur de 40% au moins, à une demie rente s'il est invalide à 

50% au moins, à trois quarts de rente s'il est invalide à hauteur de 60% 

au moins et à une rente entière s'il est invalide à hauteur de 70% au 

moins. Les rentes correspondant à un degré d'invalidité inférieur à 50% 

sont versées aux ressortissants suisses et aux ressortissants d'un Etat 

C-310/2014 

Page 13 

membre de l'Union européenne s'ils ont leur domicile et leur résidence 

habituelle sur le sol de l'un deux (art. 29 al. 4 LAI ; art. 7 du règlement 

(CE) n° 883/2004). 

La notion d'invalidité dont il est question à l'art. 8 LPGA et à l'art. 4 LAI est 

de nature économique/juridique et non médicale (ATF 116 V 246, consid. 

1b). En d'autres termes, l'assurance-invalidité suisse couvre uniquement 

les pertes économiques liées à une atteinte à la santé physique et psy-

chique, qui peut résulter d'une infirmité congénitale, d'une maladie ou 

d'un accident, et non d'une maladie en tant que telle. Selon la jurispru-

dence constante, bien que l'invalidité soit une notion juridique et écono-

mique, les données fournies par les médecins constituent néanmoins un 

élément utile pour apprécier les conséquences de l'atteinte à la santé et 

pour déterminer quels travaux peuvent être encore raisonnablement exi-

gés de l'assuré (ATF 115 V 133, consid. 2 ; ATF 114 V 310, consid. 3c ; 

RCC 1991, p. 329, consid. 1c). 

6.2 S'agissant en particulier de troubles somatoformes douloureux persis-

tants, le Tribunal fédéral a récemment rendu un arrêt de principe dans le-

quel il a modifié en profondeur sa pratique en tenant compte des expé-

riences accumulées depuis plus de 11 années ainsi que des critiques 

formulées tant par la doctrine médicale que par la doctrine juridique à 

l'encontre de la jurisprudence prévalant auparavant (ATF 141 V 281). Il 

convient ici d'exposer les points centraux de cette nouvelle jurisprudence. 

6.2.1 Selon le Tribunal fédéral, le point de départ de l'examen du droit aux 

prestations selon l'art. 4 al. 1 LAI, ainsi que les art. 6 ss LPGA, et en par-

ticulier 7 al. 2 LPGA, est l'ensemble des éléments et constatations médi-

cales (cf. consid. 6.1 supra). Une limitation de la capacité d'exécuter une 

tâche ou une action ne peut fonder le droit à une prestation que si elle est 

la conséquence d'une atteinte à la santé qui a été diagnostiquée, lege ar-

tis, de manière indiscutable par un médecin spécialiste de la discipline 

concernée (ATF 141 V 281, consid. 2.1 ; ATF 130 V 396 ; arrêts du Tribu-

nal fédéral 9C_899/2014, consid. 3.1 et 8C_569/2015 du 17 février 2016, 

consid. 4.1.1). 

Les experts doivent ainsi motiver le diagnostic de trouble somatoforme 

douloureux persistant (ICD-10, F45.40) de telle manière que l'organe 

d'application du droit suisse puisse comprendre si les critères d'un sys-

tème de classification reconnu sont effectivement remplis. En particulier, 

l'exigence d'une douleur persistante, intense et s'accompagnant d'un sen-

timent de détresse doit être remplie. Un tel diagnostic suppose l'existence 

C-310/2014 

Page 14 

de limitations fonctionnelles dans tous les domaines de la vie, c’est-à-dire 

tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel (ATF 141 V 281, 

consid. 2.1.1 et références citées ; arrêt du Tribunal fédéral 9C_862/2014 

du 17 septembre 2015, consid. 3.2). 

6.2.2 Une fois que le diagnostic de trouble somatoforme douloureux per-

sistant a été posé lege artis conformément aux règles précitées (cf. con-

sid. 6.2.1 supra), il convient de déterminer si dit diagnostic résiste aux 

motifs d'exclusion décrits à l'ATF 131 V 49 et repris à l'ATF 141 V 281. 

C'est en effet que si ces motifs d'exclusion ne sont pas réalisés que le 

diagnostic de trouble somatoforme douloureux persistant conduit à la 

constatation d'une atteinte à la santé importante et pertinente en droit de 

l'assurance invalidité (ATF 141 V 281, consid. 2.2 ; arrêts du Tribunal fé-

déral 8C_607/2015 du 3 février 2016, consid. 4.2.2 et 9C_173/2015 du 29 

juin 2015, consid. 4.1.2). 

En règle générale, il n'existe aucune atteinte à la santé assurée lorsque la 

limitation de la capacité d'exécuter une tâche ou une action repose sur 

une exagération ou une manifestation analogue. Des indices d'une telle 

exagération ou d'autres manifestations d'un profit secondaire tiré de la 

maladie apparaissent notamment en cas de discordance manifeste entre 

les douleurs décrites et le comportement observé ou l'anamnèse, d'allé-

gation d'intenses douleurs dont les caractéristiques restent cependant 

vagues, d'absence de demande de soins ou de traitement, ou lorsque les 

plaintes très démonstratives laissent insensible l'expert ou en cas d'allé-

gation de lourds handicaps dans la vie quotidienne malgré un environne-

ment psychosocial largement intact. Toutefois, un simple comportement 

ostensible ne permet pas de conclure à une exagération (ATF 141 V 281, 

consid. 2.2.1 et les références citées ; ATF 131 V 49, consid. 1.2 ; arrêts 

du Tribunal fédéral 9C_899/2014 du 29 juin 2015, consid. 4.1 et 9C_173 

du 29 juin 2015, consid. 4.1.2). 

6.2.3 Lorsque le diagnostic de trouble somatoforme douloureux persistant 

a été dûment posé (cf. consid. 6.2.1 supra) et qu'aucune des limitations 

mentionnées par la jurisprudence n'est réalisée (cf. consid. 6.2.2 supra), il 

convient de déterminer si le trouble constaté est invalidant ou non et, 

dans l'affirmative, d'en évaluer le degré (ATF 141 V 281, consid. 3.6). 

Dans ce contexte, le Tribunal fédéral a jugé que dorénavant, la capacité 

de travail exigible des assurés souffrant de trouble somatoformes doulou-

reux ou d'une atteinte psychosomatique semblable doit être évaluée sur 

la base d'une vision d'ensemble, dans le cadre d'une procédure d'établis-

C-310/2014 

Page 15 

sement des faits structurée et normative, permettant de mettre en lumière 

des facteurs d'incapacités d'une part et les ressources de l'assuré d'autre 

part (ATF 141 V 281, consid. 3.5 et 3.6; arrêts du Tribunal fédéral 

8C_569/2015 du 17 février 2016, consid. 4.1 et références citées et 

9C_615 du 12 janvier 2016, consid. 6.3 et références citées). 

Pour ce faire, le Tribunal fédéral a décrit les indicateurs standards per-

mettant d'évaluer le caractère invalidant des affections psychosomatiques 

en les répartissant dans les deux catégories suivantes : 

1. Catégorie "degré de gravité fonctionnel" 

 1.1. Complexe "atteinte à la santé" 

  1.1.1. Expressions des éléments pertinents pour le diagnostic 

  1.1.2. Succès du traitement ou résistance à cet égard 

  1.1.3. Succès de la réadaptation ou résistance à cet égard 

  1.1.4. Comorbidités 

1.2. Complexe "personnalité" (diagnostic de la personnalité, res-

sources personnelles) 

1.3. Complexe "contexte social" 

 

2. Catégorie "cohérence" (point de vue du comportement) 

 2.1 Limitation uniforme du niveau des activités dans tous les domaines 

comparables de la vie 

2.2 Poids des souffrances relevé par l'anamnèse établie en vue du 

traitement et de la réadaptation. 

 

Le Tribunal fédéral a encore précisé que les indicateurs se rapportant au 

degré de gravité fonctionnel (cf. Catégorie 1 supra) forment le socle de 

base pour l'examen du caractère invalidant du trouble somatoforme dou-

loureux (ATF 141 V 281, consid. 4.3). Les conséquences tirées de cet 

examen doivent ensuite être examinées à l'aune des indicateurs se rap-

portant à la cohérence (cf. catégorie 2 supra). Le Tribunal fédéral a éga-

lement expliqué que ce catalogue d'indicateurs doit être appliqué en fonc-

tion des circonstances de chaque cas individuel et ne constitue pas une 

simple "check list". En outre, ce catalogue d'indicateurs n'est pas im-

muable et doit pouvoir s'adapter à de nouvelles connaissances médicales 

établies (ATF 141 V 281, consid. 4.1.1 ; arrêts du Tribunal fédéral 

8C_569/2015 du 17 février 2016, consid. 4.1 et 9C_549/2015 du 29 jan-

vier 2016, consid. 4).  

 

S’agissant enfin du droit intertemporel, le Tribunal fédéral a indiqué que 

ces indicateurs étaient également applicables aux expertises rendues à 

C-310/2014 

Page 16 

l’aune de l’ancienne jurisprudence, soit avant le 3 juin 2015 (ATF 141 V 

281, consid. 8 et référence citée ; arrêt du Tribunal fédéral 9C_716/2015 

du 30 novembre 2015, consid. 4.1). 

 

7.  

7.1 Selon l'art. 69 al. 2 du règlement du 17 janvier 1961 sur l'assurance-

invalidité (RAI, RS 831.201), l'office de l'assurance-invalidité compétent 

réunit les pièces nécessaires, en particulier sur l'état de santé du requé-

rant, son activité, sa capacité de travail et son aptitude à être réadapté, 

ainsi que sur l'indication de mesures déterminées de réadaptation; à cet 

effet peuvent être exigées ou effectuées des rapports ou des renseigne-

ments, des expertises ou des enquêtes sur place, il peut être fait appel 

aux spécialistes de l'aide publique ou privées aux invalides. 

Dans le cadre d'un recours, le juge des assurances sociales doit exami-

ner de manière objective tous les moyens de preuve, quelle que soit leur 

provenance, puis décider si les documents à disposition permettent de 

porter un jugement valable sur le droit litigieux. Avant de conférer pleine 

valeur probante à un rapport médical, il s'assurera que les points litigieux 

ont fait l'objet d'une étude circonstanciée, que le rapport se fonde sur des 

examens complets, qu'il prend également en considération les plaintes 

exprimées par la personne examinée, qu'il a été établi en pleine connais-

sance de l'anamnèse, que la description du contexte médical et l'appré-

ciation de la situation médicale sont claires et enfin que les conclusions 

de l'expert sont dûment motivées (ATF 125 V 352, consid. 3a). 

La jurisprudence a posé des lignes directrices s'agissant de la manière 

d'apprécier certains types d'expertises ou de rapports médicaux. Ainsi, le 

juge ne s'écarte en principe pas sauf motifs impératifs des conclusions 

d'une expertise médicale mise en œuvre par une autorité conformément 

aux règles de procédure dans la mesure où, la tâche de l'expert est pré-

cisément de mettre ses connaissances spéciales à la disposition de la 

justice afin de l'éclairer sur les aspects médicaux d'un état de fait donné 

(ATF 125 V 352, consid. 3b ; ATF 118 V 286, consid. 1b). Selon la juris-

prudence, peut constituer une raison de s'écarter d'une expertise le fait 

que celle-ci contient des contradictions ou lorsque d'autres spécialistes 

émettent des opinions contraires aptes à mettre sérieusement en doute la 

pertinence des déductions de l'expert (ATF 125 V 351, cons. 3b ; ATF 118 

V 220, consid. 1b et les références ; arrêt du Tribunal fédéral I 131/03 du 

22 mars 2004, consid. 2.2). Le simple fait qu'un avis médical divergent ait 

été produit par la personne assurée – même émanant d'un spécialiste – 

C-310/2014 

Page 17 

ne suffit cependant pas à lui seul à remettre en cause la valeur probante 

d'un rapport médical (arrêt du Tribunal fédéral U 365/06 du 26 janvier 

2007 consid. 4.1). Au sujet des rapports établis par les médecins trai-

tants, il est constant que ceux-ci sont généralement enclin, en cas de 

doute, à prendre parti pour leur patient en raison de la relation de con-

fiance qui les unit à ce dernier (ATF 125 V 351 consid. 3b/cc et les réfé-

rences citées). Toutefois le simple fait qu'un certificat médical est établi à 

la demande d'une partie et est produit pendant la procédure ne justifie 

pas en soi des doutes quant à sa valeur probante (ATF 125 V 351 consid. 

3b/dd ; arrêt du Tribunal fédéral 9C_24/2008 du 27 mai 2008 consid. 

2.3.2 ; Plädoyer 2009 p. 72 ss). 

7.2 S’agissant des rapports des SMR au sens des art. 59 al. 2bis LAI et 49 

al. 1 et 3 RAI, ceux-ci ne se fondent pas sur des examens médicaux ef-

fectués sur la personne mais contiennent les résultats de l'examen des 

conditions médicales du droit aux prestations et une recommandation, 

sous l'angle médical, concernant la suite à donner à la demande de pres-

tations. Ils ne posent pas de nouvelles conclusions médicales mais por-

tent une appréciation sur celles déjà existantes (arrêts du TF 

9C_581/2007 du 14 juillet 2008 consid. 3.2 et 9C_341/2007 du 16 no-

vembre 2007 consid. 4.1). Au vu de ces différences, ils ne doivent pas 

remplir les mêmes exigences au niveau de leur contenu que les exper-

tises médicales. On ne saurait en revanche leur dénier toute valeur pro-

bante. Ils ont notamment pour but de résumer et de porter une apprécia-

tion sur la situation médicale d'un assuré, ce qui implique aussi, en pré-

sence de pièces médicales contradictoires, de dire s'il y a lieu de se fon-

der sur l'une ou l'autre ou s'il y a lieu de procéder à une instruction com-

plémentaire. De tels rapports pour avoir valeur probante ne peuvent 

suivre une appréciation sans établir les raisons pour lesquelles des ap-

préciations différentes ne sont pas suivies (cf. arrêt du TF 9C_165/2015 

du 12 novembre 2015 consid. 4.3; Valterio, op. cit. n° 2920 ss). La valeur 

probante de ces rapports présuppose que le dossier contienne l'exposé 

complet de l'état de santé de l'assuré (anamnèse, évolution de l'état de 

santé et statut actuel) et qu'il se soit agi essentiellement que d'apprécier 

un état de fait médical établi de manière concordante par les médecins 

(cf. les arrêts du TF 9C_335/2015 du 1er septembre 2015 consid. 3.1, 

8C_653/2009 du 28 octobre 2009 consid. 5.2; 8C_239/2008 du 17 dé-

cembre 2009 consid. 7.2; cf. également arrêt du TF 9C_462/2014 du 16 

septembre 2014 consid. 3.2.2 et les références). 

7.3 Il convient encore de préciser que le changement de jurisprudence 

opéré à l'ATF 141 V 281 ne justifie pas, en soi, de retirer toute valeur pro-

C-310/2014 

Page 18 

bante aux expertises psychiatriques rendues à l'aune de l'ancienne juris-

prudence. Ainsi que le Tribunal fédéral l'a déjà précisé, il convient bien 

plutôt de se demander si, dans le cadre d'un examen global, et en tenant 

compte des spécificités du cas d'espèce et des griefs soulevés, le fait de 

se fonder défensivement sur les éléments de preuve existants est con-

forme au droit fédéral. Il y a ainsi lieu d'examiner dans chaque cas si les 

expertises administratives et/ou judiciaires recueillies, le cas échéant en 

les mettant en relation avec d'autres rapports médicaux, permettent ou 

non une appréciation concluante du cas au regard des indicateurs déter-

minants (arrêts du Tribunal fédéral 9C_615/2015 du 12 janvier 2016, con-

sid. 6.3 et 9C_716/2015 du 30 novembre 2015, consid. 4.1 ; ATF 141 V 

281, consid. 8). 

8.  

8.1 En l'occurrence, le Tribunal administratif fédéral constate que l'exper-

tise pluridisciplinaire de l’appareil moteur (médecine interne et rhumatolo-

gie) et de psychiatrie, qui fait plus de 149 pages, a été établie à la suite 

de deux visites médicales (qui ont eu lieu le 24 septembre 2012 [AI pce 

131, p. 2]), que les deux experts, chacun spécialiste de leur discipline, ont 

tenu compte des plaintes subjectives de l'intéressée (AI pce 131, p. 39 à 

40, 59, 70 à 71, 80 à 81, 85, 92, 107 à 108 et 116), et qu'ils se sont fon-

dés sur des examens cliniques complets et en pleine connaissance de 

l'anamnèse de celle-ci (AI pce 131, p. 2 à 5 et 8 à 30). Par ailleurs, la 

description de la situation médicale y est claire et les conclusions aux-

quelles arrivent les experts sont longuement motivées (AI pce 131, p. 30 

à 135). De plus, la méthodologie utilisée par les experts (expertise analy-

tique par diagnostic, cf AI pce 131, p. 5) est rigoureuse et structurée ce 

qui confère à l'expertise une grande complétude. L’expertise est très dé-

taillée, développée et pertinente. Enfin, les experts discutent de manière 

approfondie, fine et détaillée les diagnostics, que ceux-ci aient été rete-

nus ou écartés, ainsi que les répercussions sur la capacité de travail de 

l'intéressée (AI pce 131, p. 42 à 49, 51, 57 à 62, 64, 68, 69 à 74, 77 à 78, 

79 à 82, 85 à 89, 91 à 93, 97 à 102, 105 à 106, 108 à 113, 115 à 119, 

122, 123 à 125 et 126 à 135). En particulier, l’expertise reprend tous les 

diagnostics ressortant des pièces médicales et les vérifie par tous les 

examens complets possibles en les discutant longuement après analyse 

approfondie du dossier. 

Du point de vue de l’appareil moteur, le Dr. H._______ a retenu les dia-

gnostics suivants : (i) des discopathies protrusives minimes en C2-C3 et 

C3-C4, (ii) une discopathie L4-L5 et (iii) une fibromyalgie. Cet expert a 

C-310/2014 

Page 19 

toutefois retenu que ces diagnotics n’impliquent aucune limitation (fonc-

tionnelle ou capacité de travail) dans le dernier emploi de la recourante 

(AI pce 131, p. 132). Le Dr. H._______ a également posé le diagnostic de 

syndrome rotulien des deux genoux et estimé que ce diagnostic implique 

les limitations fonctionnelles suivantes : (i) station assise prolongée et (ii) 

flexions prolongées ou répétées des genoux. Cet expert a toutefois affir-

mé que ces limitations n’ont aucune conséquence sur la capacité de tra-

vail compte tenu de la nature de la dernière activité effectuée par le re-

courante (AI pce 131, p. 77). En définitive, le Dr. H._______ a estimé que 

les diagnostics posés dans le cadre de l’examen de l’appareil moteur 

n’ont aucune incidence sur la capacité de travail de la recourante. Par-

tant, celle-ci dispose d’une pleine capacité de travail (horaire et rende-

ment) dans sa dernière activité. 

Du point de vue psychiatrique, le Dr. I._______ a retenu le diagnostic de 

trouble de l’adaptation, réaction mixte anxieuse et dépressive (ICD-10, 

F43.22 ; AI pce 131, p. 133). Cet expert a toutefois retenu que ce dia-

gnostic est « status post » c’est-à-dire complètement guéri depuis fin 

mars 2006 (AI pce 131, p. 105 et 106). Ainsi, depuis fin mars 2006 la re-

courante dispose d’une pleine capacité de travail (horaire et rendement) 

dans sa dernière activité (AI pce 131, p. 133).  

En revanche, le Dr. I._______ n'a pas retenu le diagnostic de troubles 

somatoformes douloureux (AI pce 131, p. 115 à 125). Le Dr. I._______ a 

justifié sa position en expliquant notamment que les algies ne remplissent 

pas les critères de gravité pour être qualifiées d’invalidantes. Le Dr. 

I._______ a expliqué que le rejet du diagnostic de troubles somatoformes 

douloureux s'explique également par la présence d’une forte amplification 

et théâtralisation par la recourante des douleurs dont elle soutient encore 

souffrir (AI pce 131, p. 118 et 119). De plus, le Dr. I._______ a constaté 

que la recourante ne présentait pas les symptômes du trouble somato-

forme douloureux persistant, soit notamment la présence d'une comorbi-

dité invalidante, la présence d'affections corporelles chroniques impor-

tantes interférant significativement avec la faculté à surmonter les dou-

leurs, la présence de perte d'intégration sociale secondaire aux douleurs 

dans tous les domaines de la vie, ou encore la présence d'état psychique 

cristallisé sans évolution possible au plan thérapeutique (cf. AI pce 131, 

p. 118 et 119). 

En écartant le diagnostic de trouble somatoforme douloureux, le Dr. 

I._______ s'est distancié des conclusions des précédents experts, en 

particulier de ceux des Dr. B._______ et Dresse C._______ (cf. AI pce 7, 

C-310/2014 

Page 20 

p. 7). Le Dr. I._______ a justifié cette position en expliquant qu’il « ne re-

trouve aucun élément permettant de diagnostiquer un syndrome doulou-

reux somatoforme au jour de la présente, les douleurs étant partiellement 

explicables sur le plan somatique par la fibromyalgie, dans un contexte 

d’amplification des plaintes. En effet, on retrouve chez l’expertisée une 

présentation histrionique avec une vraie tendance à l’exagération des 

plaintes et à la dramatisation » (AI pce 131, p. 119). Or, selon cet expert, 

ces différents éléments étaient « déjà présents en 2000 [et] auraient dû 

être mis plus en évidence dans l’expertise antérieure, puisqu’il était noté 

des discordances, de la démonstrativité et un côté revendicateur, les dia-

gnostics finaux semblant basés plus sur les plaintes que sur le passage 

en revue des critères de l’ICD-10 » (AI pce 131, p. 119). Dans la mesure 

où les éléments mis en exergue par le Dr. I._______ pour se distancier 

des conclusions des précédents experts sont dûment motivés et cohé-

rents avec les pièces médicales figurant au dossier, le Tribunal adminis-

tratif fédéral peut les retenir comme ayant pleine force probatoire. 

Le phénomène d’amplification des plaintes par la recourante se retrouve 

à plusieurs reprises dans l’expertise pluridisciplinaire, laquelle lui con-

sacre d’ailleurs une section spécifique (AI pce 131, p. 112 à 115). Les ex-

perts J._______ notent en particulier que la recourante dramatise, théâ-

tralise et hyper-exprime les douleurs dont elle soutient souffrir. Par ail-

leurs, les experts J._______ ont également constaté que la recourante 

« est dans une énonciation d’une notion bien apprise et d’une sorte de 

double nature, consistant à énumérer ses malheurs, ses douleurs et ses 

incapacités pour attirer la compassion d’autrui, aussi bien des médecins 

que de son entourage » (AI pce 131, p. 110), et que « dans ce contexte, il 

faut mettre en évidence le parallélisme de l’aggravation supposée de 

l’état clinique de l’assurée et la nette aggravation des diagnostics, alors 

que la révision de la rente se profile, dénotant d’un fond de manipula-

tion » (AI pce 131, p. 111). 

Le Tribunal administratif fédéral note encore que les conclusions de l'ex-

pertise pluridisciplinaire en lien avec l'évaluation de l’appareil moteur ont 

été confirmées par le Dr. K._______ (AI pce 147). Les conclusions de 

l'expertise pluridisciplinaire en lien avec l'évaluation psychiatrique, quant 

à elles, ont également été confirmées par le Dr. F._______, en particulier 

s'agissant de l'absence de diagnostic de troubles somatoformes doulou-

reux persistants et de la très grande discrépance existant entre les 

plaintes subjectives et les données objectives recueillies (cf. AI pce 134, 

p. 2). Cet expert a d’ailleurs relevé que l’expertise pluridisciplinaire était 

« particulièrement fouillée et complète ». Par ailleurs, le Tribunal adminis-

C-310/2014 

Page 21 

tratif fédéral constate que les deux prises de positions médicales préci-

tées ne font qu'apprécier un état de fait médical établi de manière con-

cordante par les médecins de sorte que ces documents ont pleine valeur 

probante (cf. supra consid. 7.2). Enfin, le Tribunal administratif fédéral re-

tient que la documentation médicale recueillie dans le cadre de la pré-

sente procédure de révision permet de valablement s’écarter des conclu-

sions des précédents experts en ce qui concerne le volet psychiatrique 

de l’expertise pluridisciplinaire. 

8.2  

8.2.1 Dans un premier moyen, la recourante conteste le résultat et les 

conclusions de l'expertise pluridisciplinaire somatique et psychiatrique et 

soutient que son état de santé s’est aggravé au fils du temps si bien que 

son droit à obtenir une rente d'invalidité devrait être maintenu (cf. AI pce 

150 ; TAF pces 1, 3 et 20). A l'appui de ses allégations, la recourante a 

produit de nombreux documents médicaux établissant, selon elle, une dé-

térioration de son état de santé (AI pces 149, 152 à 154 ; annexes TAF 

pces 3 et 20). 

A l'évidence, les documents médicaux produits par la recourante n'ont 

pas la valeur probante suffisante au regard des critères jurisprudentiels 

applicables (cf. consid 7 supra) de sorte qu'ils ne sont pas de nature à 

remettre en doute les conclusions de l'expertise plurisciplinaire. En parti-

culier, ces documents médicaux, qui ont été rédigés par des médecins 

dont on ignore le domaine de spécialisation, ne contiennent pour l'essen-

tiel qu’une énonciation de diagnostics sans justification aucune, notam-

ment sur la manière dont ceux-ci ont été posés (cf. AI pces 149 et 152). 

De plus, la plupart de ces documents sont en réalité des documents hos-

pitaliers qui ne se prononcent pas spécifiquement sur l’état de santé de la 

recourante en particulier s’agissant de la capacité de travail (cf. annexes 

TAF pce 3 et 20). S’agissant en particulier des documents remis par la 

recourante lors de la procédure d’audition (cf. AI pces 149, 150 et 152 à 

154), ceux-ci ne sont, en tout état, pas en mesure de modifier l’évaluation 

de l’état de santé (AI pce 157). 

Dans la mesure où ces documents n’ont aucune force probante, ils ne 

sont pas de nature à remettre en cause les constatations de l’expertise 

pluridisciplinaire (cf. TAF pce 20, p. 6 à 11). C’est ici le lieu de préciser 

que lorsqu'une appréciation médicale repose sur une évaluation médicale 

complète, telle qu’en l’espèce, il appartient à la partie recourante, si elle 

entend remettre en cause l'évaluation de l'expert, de faire état d'éléments 

C-310/2014 

Page 22 

objectivement vérifiables ignorés dans le cadre de l'expertise et suffi-

samment pertinents pour remettre en cause les conclusions ou en établir 

le caractère objectivement incomplet (arrêt du Tribunal fédéral 

9C_809/2014 du 7 juillet 2015 consid. 4.1). Or, en l'occurrence, la recou-

rante ne fait qu’affirmer ce qu’elle devrait démontrer. En effet, la recou-

rante substitue sa propre appréciation médicale à celles des médecins et 

n'expose pas en quoi et pour quelles raisons, d'un point de vue médical, 

les conclusions des experts J._______ sont erronées. Partant, sa critique 

ne peut être retenue. 

8.2.2 Dans un second moyen, la recourante sollicite la mise en place 

d’une expertise judiciaire. A l’appui de sa demande, la recourante invoque 

que l’expertise pluridisciplinaire n’a pas été attribuée « en respectant le 

principe du hasard fixé à l’ATF 137 V 210 » (TAF pce 20, p. 13). Cette ar-

gumentation ne saurait être suivie. En réalité, ça n’est qu’après avoir 

consulté un conseil juridique que la recourante s’est plaint, a posteriori, 

d’une violation purement formelle de ses droits sans démontrer en quoi 

cette violation est de nature à remettre en question la valeur probante de 

l’expertise pluridisciplinaire (cf. TAF pce 14). 

La recourante justifie également sa requête tendant à la mise en place 

d’une expertise judiciaire par le fait que la clinique J._______ est notoi-

rement connue pour son « peu de sérieux scientifique » en particulier 

compte tenu de son « animateur » principal, à savoir le Dr. M._______ 

(TAF pce 20, p. 14). Cette argumentation ne saurait pas non plus être 

suivie. En effet, la recourante n’apporte aucun élément concret permet-

tant ne serait-ce que de douter de la partialité des médecins ayant parti-

cipé à l’établissement de l’expertise pluridisciplinaire. De la même ma-

nière, le Tribunal administratif fédéral ne discerne pas en quoi le fait que 

le Dr. M._______ soit « l’animateur » principal de la clinique J._______ 

influe (ou a influé) concrètement sur l’établissement de l’expertise pluri-

disciplinaire. 

Par ailleurs, le Tribunal administratif fédéral souligne que l’expertise pluri-

disciplinaire a été menée par des médecins spécialistes de leur domaine 

respectif de sorte que le simple fait que ceux-ci pratiquent également en 

N._______ n’est pas de nature à remettre en cause la validité de dite ex-

pertise (cf. voir notamment arrêt du Tribunal fédéral 8C_646/2012 du 14 

mars 2013, consid. 3.2.3 et les références citées).  

C-310/2014 

Page 23 

En conséquence et sur le vu de ce qui précède, force est de constater 

qu’il n’existe aucun motif justifiant la mise en place d’une expertise judi-

ciaire. Partant, la demande de la recourante doit être rejetée sur ce point. 

8.3 Il ressort des constatations qui précèdent que l'expertise pluridiscipli-

naire de l’appareil moteur et de psychiatrie établie par les Dr. H._______ 

et Dr. I._______ a été menée lege artis en conformité avec les standards 

applicables. Le Tribunal de céans peut donc lui reconnaître une pleine va-

leur probante. Partant, l'OAIE est fondé, sur la base notamment de l'ex-

pertise pluridisciplinaire de l’appareil moteur et de psychiatrie et des 

prises de position médicale, à retenir une pleine capacité de travail dans 

l’activité habituelle tant sur le plan horaire que sur le plan du rendement. 

Partant c'est à bon droit que l'OAIE n'a pas retenu de trouble invalidant 

susceptible de faire naître un droit à la rente d’invalidité. 

Par surabondance de motif, on précisera encore que les facteurs étran-

gers à la maladie (à savoir notamment le phénomène d’amplification et 

de dramatisation des souffrances ressenties par la recourante [AI pce 

131, p. 112 à 115]) mis en exergue par l'expertise pluridisciplinaire de 

l’appareil moteur et de psychiatrie confortent l'absence de caractère inva-

lidant aux troubles constatés chez la recourante. 

Le Tribunal administratif fédéral souligne enfin que la rente d'invalidité a 

été supprimée à compter du 1er février 2014, soit le premier jour du deu-

xième mois qui suit la notification de la décision le 5 décembre 2013 (AI 

pce 166). 

En conclusion c'est à bon droit que l'OAIE n'a pas retenu la présence de 

troubles somatoformes douloureux persistants et a supprimé la rente 

d'invalidité de la recourante à compter du 1er février 2014. Il ne reste donc 

plus qu'à examiner si la recourante a droit à la mise en place de mesures 

de nouvelle réadaptation. 

9.  

9.1 Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, avant de réduire ou de 

supprimer une rente d'invalidité, l'administration doit en principe examiner 

si la capacité de travail que la personne assurée a recouvrée sur le plan 

médico-théorique se traduit pratiquement par une amélioration de la ca-

pacité de gain et, partant, une diminution du degré d'invalidité ou si, le 

cas échéant, il est nécessaire de mettre préalablement en œuvre une 

mesure d'observation professionnelle (afin d'établir l'aptitude au travail, la 

C-310/2014 

Page 24 

résistance à l'effort, etc. ; arrêt du Tribunal fédéral 9C_163/2009 du 10 

septembre 2010 consid. 4.2.2 et les références, in SVR 2011 IV n° 30 p. 

86). La jurisprudence considère qu'il existe des situations dans lesquelles 

il convient d'admettre que des mesures d'ordre professionnel sont néces-

saires, malgré l'existence d'une capacité de travail médico-théorique. Il 

s'agit des cas dans lesquels la réduction ou la suppression, par révision 

(art. 17 al. 1 LPGA) ou reconsidération (art. 53 al. 2 LPGA), du droit à la 

rente concerne une personne assurée qui est âgée de 55 ans révolus ou 

qui a bénéficié d'une rente pendant quinze ans au moins. Cela ne signifie 

pas que la personne assurée peut se prévaloir d'un droit acquis dans le 

cadre d'une procédure de révision ou de reconsidération; il est seulement 

admis qu'une réadaptation par soi-même ne peut, sauf exception, être 

exigée d'elle en raison de son âge ou de la durée du versement de la 

rente (arrêt du Tribunal fédéral 9C_228/2010 du 26 avril 2011 consid. 3.3, 

in SVR 2011 IV n° 73 p. 220). Des exceptions ont déjà été admises lors-

que la personne concernée avait maintenu une activité lucrative malgré le 

versement de la rente - de sorte qu'il n'existait pas une longue période 

d'éloignement professionnel - ou lorsqu'elle disposait d'une agilité et 

d'une flexibilité particulières et était bien intégrée dans l'environnement 

social (arrêt du Tribunal fédéral 9C_183/2015 du 19 août 2015 consid. 5, 

in SVR 2015 IV n° 41 p. 139 et 9C_625/2015 du 17 novembre 2015, con-

sid. 5 et les références citées). La jurisprudence du Tribunal fédéral a tou-

tefois précisé que lorsque la suppression de la rente d’invalidité est fon-

dée sur les dispositions finales de la 6ème révision de la LAI, le moment 

déterminant pour établir la durée de perception des rentes d’invalidité de 

15 ans au moins se calcul dès l’entrée en vigueur desdites dispositions 

finales (à savoir au 1er janvier 2012) et non dès la suppression effective 

de la rente d’invalidité (et ce même si l’intéressée perçois des rentes de 

l’assurance-invalidité depuis plus de 15 ans dès la suppression du droit à 

la rente [cf. arrêt du Tribunal fédéral 9C_623/2014 du 18 février 2015, 

consid. 5 et 8C_90/2015 du 23 juillet 2015, consid. 4, arrêt du Tribunal 

administratif fédéral C-2339/2014 du 16 juin 2016, consid. 10.1]). 

9.2 En l'occurrence, le Tribunal administratif fédéral constate que la re-

courante a été mise au bénéfice d’une rente d’invalidité avec effet au 1er 

septembre 1997 (cf. AI pce 10) de sorte qu’au 1er janvier 2012 (soit à la 

date d’entrée en vigueur des dispositions finales de la 6ème révision de la 

LAI), celle-ci a touché des prestations de l’assurance-invalidité durant 

moins de 15 ans ce qui ne lui confère pas droit aux mesures de nouvelles 

réadaptation.  

C-310/2014 

Page 25 

Par ailleurs, le Tribunal administratif fédéral constate en tout état de 

cause que l’expertise pluridisciplinaire a permis de mettre en exergue une 

absence réelle de motivation de la part de la recourante en ce qui con-

cerne sa réadaptation (cf. AI pce 131, p. 131). Cette absence de motiva-

tion réelle s’explique en partie par la présence, chez la recourante, d’une 

importante tendance à l’amplification des plaintes et des douleurs sans 

qu’il soit possible de les justifier somatiquement (AI pce 131, p. 112 à 115 

; cf. consid. 8.1 supra). Par ailleurs, l’expertise pluridisciplinaire retient 

également que « les mains de l’assurée portaient des stigmates récents 

d’un usage intensif aux fins de travaux manuels probables, lesquels pour-

raient être tout à fait en accord avec la poursuite de travaux agricoles ou 

autres » (AI pce 131, p. 130) ce qui confirme que la recourante dispose 

des capacités nécessaires pour travailler dans les domaines d’activités 

susmentionnés (ce dernier élément a également été confirmé par le Dr. 

F._______ [AI pce 134, p. 4]). Cela est d’autant plus vrai que l’expertise 

pluridisciplinaire retient qu’une « réadaptation [n.d.l.r. de la recourante] 

semble vouée à l’échec » (AI pce 131, p. 132). Pour le surplus, le Tribu-

nal administratif fédéral constate qu’il n’existe aucun autre motif, en parti-

culier l’âge ou la durée du versement de la rente, qui permettrait ne se-

rait-ce que de douter des capacités de propre réadaptation de la recou-

rante dans sa dernière activité. Partant, il est exigible de la part de la re-

courante qu’elle se réadapte par soi-même et reprenne une activité lucra-

tive de sorte qu’aucune mesure de réadaptation n’est nécessaire. 

10.  

10.1 A teneur de l'art. 63 al. 1 PA, les frais de procédure comprenant 

l'émolument d'arrêté, les émoluments de chancellerie et les débours sont 

mis, dans le dispositif, à la charge de la partie qui succombe. En matière 

d'assurance-invalidité, les frais judiciaires sont fixés en fonction de la 

charge liée à la procédure, indépendamment de la valeur litigieuse, et 

doivent se situer entre CHF 200.- et CHF 1'000.- (art. 69 al. 1bis LAI). 

10.2 Conformément à l'art. 7 al. 1 a contrario et 3 du règlement du 21 fé-

vrier 2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal 

administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2), la partie qui succombe n'a 

pas droit aux dépens pour les frais nécessaires causés par le litige. 

10.3 En l'occurrence, vu l'issue de la procédure, les frais de celle-ci, arrê-

tés à CHF 400.- sont mis à la charge de la recourante et compensés par 

l'avance de frais de même montant qui a été acquittée durant l'instruction 

(TAF pce 10). Aucun dépens n'est alloué à la recourante. 

C-310/2014 

Page 26 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Les frais de procédure de CHF 400.- sont mis à la charge de la recou-

rante et sont compensés par l'avance de même montant déjà fournie. 

3.  

Il n'est pas alloué de dépens. 

4.  

Le présent arrêt est adressé : 

– à la recourante, soit pour elle son conseil (Acte judiciaire) ; 

– à l'autorité inférieure (n° de réf. […] ; annexes : double des 

observations de la recourante du 16 octobre 2014 ; Recommandé) ; 

– à l'Office fédéral des assurances sociales (Recommandé). 

 

L'indication des voies de droit se trouve à la page suivante. 

 

La présidente du collège : Le greffier : 

  

Caroline Bissegger Jeremy Reichlin 

 

  

C-310/2014 

Page 27 

Indication des voies de droit : 

La présente décision peut être attaquée devant le Tribunal fédéral, 

Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne, par la voie du recours en matière de 

droit public, dans les trente jours qui suivent la notification (art. 82 ss, 

90 ss et 100 LTF). Le mémoire doit indiquer les conclusions, les motifs et 

les moyens de preuve, et être signé. La décision attaquée et les moyens 

de preuve doivent être joints au mémoire, pour autant qu'ils soient en 

mains du recourant (art. 42 LTF). 

 

Expédition :