# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c5d87077-8dd6-5aad-a4c6-9dcee58d12a2
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-10-19
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 19.10.2022 P/18345/2009
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-18345-2009_2022-10-19.pdf

## Full Text

Siégeant : Madame Alessandra CAMBI FAVRE-BULLE, présidente; Madame 
Gaëlle VAN HOVE et Madame Delphine GONSETH, juges. 

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/18345/2009 AARP/327/2022 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 19 octobre 2022 

 

Entre 

A______, domicilié ______ [GE], comparant par Me B______, avocat,  

appelant, 

 

contre le jugement JTDP/12/2022 rendu le 11 janvier 2022 par le Tribunal de police, 

 

 

et 

 

 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimé.

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P/18345/2009 

EN FAIT : 

A. a.a. En temps utile, A______ appelle du jugement JTDP/12/2022 du 11 janvier 2022, 
par lequel le Tribunal de police (TP) l'a reconnu coupable d′abus de confiance 
(art. 138 ch. 1 al. 2 du Code pénal [CP]) pour les faits décrits sous chiffre 1.1 de 
l′acte d′accusation et l′a acquitté des chefs d′utilisation frauduleuse d′un ordinateur 
[art. 147 al. 1 CP], abus de confiance et tentative de ces deux infractions pour les 
faits décrits sous chiffres 1.2 et 1.3. A______ a été condamné à une peine privative 
de liberté de 18 mois avec sursis pendant trois ans et aux 9/10èmes des frais de la 
procédure. Une indemnité de CHF 2′000.- au sens de l′art. 429 al. 1 let. a CPP lui a 
été allouée. Ses conclusions en indemnisation ont été rejetées pour le surplus.  

 a.b. A______ entreprend partiellement ce jugement et conclut à son acquittement et 
à l′octroi d′une indemnité de CHF 62′574.25 pour l′exercice raisonnable de ses droits 
de procédure de première instance et une indemnité de CHF 20′000.- à titre de tort 
moral, frais à la charge de l′Etat.  

 b.a. Selon l'acte d'accusation du 2 octobre 2020, il est reproché ce qui suit au 
prévenu. 

A______ était directeur de la société C______ SA entre le 1er novembre 2006 et le 
30 juin 2009. Entre le 18 décembre 2006 et le 18 octobre 2009, il était également 
l′administrateur unique de la société D______ SA.  

Entre 2007 et le 30 septembre 2009, A______ a fait débiter illicitement les comptes 
de C______ SA en faveur du compte de D______ SA d'un montant total de 
CHF 1'498'810.75, à titre de paiement du salaire des employés de D______ SA, alors 
que cette dernière avait déjà facturé à C______ SA et encaissé une somme de 
CHF 1'103'724.80 pour ces mêmes prestations.  

Entre le 21 mars 2007 et le 23 septembre 2009, A______ s'est approprié indûment 
une somme totale de CHF 1'856'000.- appartenant à D______ SA, en effectuant 
225 prélèvements en espèces sur le compte de la société (ch. 1.1 de l′acte 
d′accusation).  

b.b. Il lui était également reproché d'avoir utilisé indûment les données et codes du 
compte bancaire de la société D______ SA après que son mandat d'administrateur 
eut été résilié et d′avoir ainsi obtenu un montant de CHF 10′800.- et tenté d′obtenir 
un montant de CHF 8′000.- (ch. 1.2 et 1.3).  

  

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B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure : 

 Du contexte général  

a.a.a. C______ SA, aujourd'hui radiée, avait pour but le montage d'installations 
techniques liées au bâtiment (chauffage et climatisation). E______ était l'actionnaire 
majoritaire de la société. Il en est devenu l'administrateur unique avec signature 
individuelle depuis le 12 mars 2007 (A0013). 

Le chiffre d'affaires de C______ SA s'est élevé à CHF 12'022'692.60 pour l'année 
2006, CHF 14'856'411.70 pour 2007 et CHF 15'275'743.70 pour 2008 (A0031). 

La faillite de la société a été prononcée le ______ 2010 (B0001). 

a.a.b. D______ SA, aujourd'hui radiée, avait notamment pour but le nettoyage et 
l'entretien de conduites techniques du bâtiment. E______ en était l'actionnaire unique 
(A0014).  

a.a.c. D______ SA mettait régulièrement des employés à disposition de C______ SA 
et lui adressait des factures. L′objectif était de payer moins de charges sociales, 
D______ SA étant soumise à une convention collective de travail différente de celle 
applicable aux monteurs en chauffage (A0090, A0095, B0020). 

a.b. C______ SA a engagé A______ en qualité de responsable administratif et 
financier à partir du 1er novembre 2006, pour un salaire mensuel brut de CHF 8'500.- 
payé treize fois l'an, ainsi qu'une prime annuelle de CHF 10'000.- en fonction des 
réalisations du collaborateur et des résultats annuels de l′entreprise. Selon son contrat 
de travail, A______ était en charge de la gestion de la comptabilité financière et 
analytique, de la gestion du personnel (salaires, charges sociales, administration), de 
la gestion de la trésorerie, de la coordination financière avec les équipes techniques, 
du contrôle de gestion et de l'amélioration des procédures (A0015 ss). 

A______ est devenu l′administrateur unique de D______ SA le 18 décembre 2006 
(A0014).  

D______ SA a loué en son nom, dès le 3 janvier 2007, un appartement sis chemin 
1______ no. ______ à F______ [VD], dont le loyer mensuel s′élevait à CHF 2′405.- 
charges comprises. Cet appartement a été mis à la disposition de A______ (C-1241 s, 
A0003, C-133). 

a.c. C______ SA était titulaire de deux comptes ouverts auprès de G______ 
(n° 2______) et de H______ (n° 3______), sur lesquels A______ et E______ avaient 

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une signature collective (A0088, B0036, C-652), et d′un compte ouvert auprès de 
I______, sur lequel E______ bénéficiait d′une signature individuelle (A0089). 

D______ SA était titulaire d'un compte bancaire auprès de G______ (n° 4______), 
sur lequel A______ disposait d'une signature individuelle (A0021 ss, B0004). 

a.d. A la fin 2008, ou début 2009, E______, qui souhaitait remettre C______ SA, a 
fait appel à J______ dans le but de trouver des solutions, et à K______ (en avril 
2009) dans le but d′effectuer un audit, la société rencontrant des problèmes financiers 
et de fonctionnement (B0065, B0038). 

a.e. Le 27 avril 2009, C______ SA a résilié le contrat de travail de A______ pour le 
30 juin 2009 (A0035). Selon un accord annexé à la lettre de licenciement, il était 
convenu que A______ se chargerait, pour la fin de son contrat, de la clôture des 
comptes de la société au 31 décembre 2008 en collaborant ensuite à leur révision, de 
la transmission du dossier d′assurances complet de l′entreprise et du transfert des 
responsabilités opérationnelles (explication des flux financiers, des schémas 
comptables de l′entreprise et des balances d′ouverture au 1er janvier 2009) aux 
collaborateurs de la société qui reprendrait l′ensemble de la comptabilité dès le 
1er janvier 2009 (A0036 s).  

Par email du 29 juin 2009 adressé à E______, A______ a confirmé qu′il resterait 
administrateur de D______ SA après la fin convenue des rapports de travail et 
effectuerait les comptes tous les mois, le samedi matin, jusqu′à la fin de l′année, en 
même temps qu′un tiers viendrait faire le ménage. Il a également confirmé prendre 
en charge 50% du loyer de l′appartement loué par D______ SA qu′il quitterait au 
plus tard le 31 octobre 2009 (A0081).  

A______ a été radié de ses pouvoirs d′administrateur de D______ SA le 23 octobre 
2009, étant remplacé par L______ (A0014). La signature collective sur le compte de 
C______ SA auprès de G______ lui a été retirée le 16 juillet 2009 (C-663 ss).  

De la plainte déposée et de la procédure  

b.a. Le 13 novembre 2009, D______ SA et C______ SA ont déposé plainte pénale 
contre A______, l′accusant, en substance, d′avoir viré des montants importants des 
comptes de C______ SA vers ceux de D______ SA, puis d′avoir prélevé, entre le 
1er janvier 2007 et le 30 septembre 2009, différentes sommes du compte de 
D______ SA pour son profit personnel (A0000 ss).  

b.b. Par jugement du 21 juin 2013, le TP a reconnu A______ coupable d'abus de 
confiance, d'utilisation frauduleuse d'un ordinateur et de tentative d'utilisation 
frauduleuse d'un ordinateur. Le juge a notamment retenu que le prévenu avait 

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transféré une somme de CHF 1'448'810.76 du compte de C______ SA sur celui de 
D______ SA et avait ensuite effectué des prélèvements pour une somme totale de 
CHF 1'856'000.-, utilisés à son profit. Il a également été retenu que A______ avait 
transféré CHF 10'800.- et ordonné le transfert de CHF 8′000.- du compte de 
D______ SA sur son compte personnel, par e-banking en utilisant ses codes d'accès, 
alors qu'il avait été radié de ses fonctions d'administrateur. 

A______ a été condamné à une peine privative de liberté de 18 mois avec sursis et à 
payer à C______ SA une indemnité au sens de l′art. 433 CPP, frais de la procédure à 
sa charge (C-101 ss). 

b.c. Le jugement du TP a été confirmé par la Chambre pénale d'appel et de révision 
(CPAR) le 1er décembre 2014 (C-220 ss). 

b.d. Par arrêt du 14 mars 2016, le Tribunal fédéral a annulé l'arrêt de la CPAR et lui 
a renvoyé la cause pour nouvelle décision, considérant en substance qu′elle avait fait 
preuve d'arbitraire, violé la présomption d'innocence et renversé le fardeau de la 
preuve en retenant certains faits au détriment du prévenu. La Haute Cour a également 
observé qu′il existait plusieurs défauts, dans l′instruction, qui devait être complétée 
sur certains points, notamment quant à savoir ce que A______ aurait fait des sommes 
détournées ou quel était le système mis en place avec une société tierce, 
M______ SA, apparue au cours de la procédure. L′audition de plusieurs personnes 
était nécessaire dans le but d′établir correctement les faits, de même que l′apport au 
dossier des relevés bancaires des comptes de C______ SA et de D______ SA, avant, 
pendant et après la période pénale. 

b.e. Par arrêt du 7 juin 2016, la CPAR a annulé le jugement du TP du 21 juin 2013 et 
renvoyé la cause au MP afin qu'il procède à une nouvelle instruction, telle que 
préconisée par le Tribunal fédéral (C-278 ss). 

b.f. A la suite de l′arrêt de renvoi de la CPAR, le MP a procédé à de nouveaux actes 
d′instruction. Les extraits des comptes bancaires de C______ SA, D______ SA et 
ceux du compte personnel de A______ ont été versés à la procédure et analysés. 
Plusieurs témoins ont été entendus et les parties l′ont à nouveau été à plusieurs 
reprises. Des recherches ont également été entreprises par la police dans le but 
d′identifier d′autres témoins. 

Suite à cette nouvelle instruction, le TP a prononcé le jugement dont est appel.   

Des faits découverts au cours de la procédure 

A. Du compte de D______ SA  

c.a. Il ressort de l′analyse du compte bancaire de D______ SA auprès de G______ 
les éléments pertinents suivants. 

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c.b. C______ SA a bonifié des montants pour une somme totale de 
CHF 1'448'810.76 sur le compte de D______ SA pour la période du 1er mars 2007 au 
30 septembre 2009. A l′exception d′un montant en mai 2009, les bonifications étaient 
à chaque fois constituées de sommes rondes, de plusieurs milliers ou dizaines de 
milliers de francs, versées à plusieurs reprises chaque mois (A0039 ss).  

Un seul transfert de C______ SA vers D______ SA, pour un montant de 
CHF 10′000.-, a été effectué entre juillet et septembre 2009 (le 12 août 2009), soit 
après la fin des rapports de travail de A______ (A0039 ss). Après octobre 2009, 
C______ SA n′a plus procédé qu′à quelques bonifications en faveur de D______ SA, 
soit CHF 4′417.51 le 9 mars 2010, CHF 2′000.- le 20 avril 2010, CHF 2′653.40 le 
21 avril 2010 et CHF 6′713.27 le 18 juin 2010 (C-1291 ss). 

c.c. Entre le 21 mars 2007 et le 30 septembre 2009, 225 prélèvements en espèces ont 
été opérés sur compte de D______ SA, pour un total de CHF 1'856'000.-. Les 
sommes prélevées étaient rondes, généralement de plusieurs milliers de francs. Les 
prélèvements ont été effectués chaque mois, sans interruption, entre mars 2007 et 
septembre 2009. Ils avaient en général lieu à n′importe quel moment du mois (ex : 
retraits les 4, 8, 12, 16 et 25 juin 2007 ou 6, 9 10, 17, 19, 20, 21, 23 et 25 juin 2008). 
Les montants retirés étaient dans la règle compris entre CHF 2′000.- et  
CHF 15′000.-, étant précisé que le montant prélevé le plus faible s′élevait à 
CHF 800.- et les plus élevés à CHF 40′000.- (A0039 ss). 

A compter du mois de septembre 2007, presque chaque bonification de C______ SA 
a été suivie d'un prélèvement le jour-même ou le jour suivant sur le compte de 
D______ SA. Certains prélèvements ont également été effectués indépendamment de 
tout versement préalable de la part de C______ SA (A0039 ss). 

Toutes les quittances concernant les prélèvements du compte de D______ SA ont été 
signées de la main de A______ (A0111). La plupart des prélèvements ont été 
effectués à Genève (majoritairement à N______ ou à O______ [centres 
commerciaux]), neuf prélèvements ont été effectués à F______ [VD], trois à 
P______ [VS], trois à Q______ [VD], deux à R______ [ZH], deux à S______ [VD] 
et deux à T______ [VD] (A0039 ss).  

Tous les relevés bancaires du compte de D______ SA ont été envoyés à l'adresse de 
la société jusqu′à la fin du contrat de travail de A______. Les relevés au 
30 septembre 2009 (couvrant les mois de juillet, août et septembre 2009) et au 
31 octobre 2009 ont cependant été expédiés à l'adresse privée de A______ à F______ 
(A0039 ss). 

Le détail des prélèvements figure dans le jugement de première instance, auquel il est 
renvoyé (jugement TP, p. 12ss, pt. d). Les montants transférés par C______ SA et 

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ensuite prélevés du compte de D______ SA peuvent être résumés (au total et par 
mois), de la manière suivante : 

2007 C___ vers D___ Prélèvements D______ 

Janvier / / 

Février / / 

Mars / 4'000.- 

Avril / 3'000.- 

Mai 20'000.- 18'000.- 

Juin 20'000 25'000.- 

Juillet 20'000.- 34'000.- 

Août 10'000.- 33'700.- 

Septembre 40'000.- 48'500.- 

Octobre 67'000.- 83'000.- 

Novembre 74'000.- 64'000.- 

Décembre  74'000.- 75'000.- 

Sous-Total 325'000.- 388'200.-  

 

2008 C___ vers D___ Prélèvements D______ 

Janvier 18'000.- 38'000.- 

Février 34'000.- 63'500.- 

Mars 32'000.- 46'300.- 

Avril 41'000.- 59'000.- 

Mai 125'500.- 104'000.- 

Juin 70'334.- 95'000.- 

Juillet 22'500.- 46'000.- 

Août 28'000.- 53'000.- 

Septembre 113'000.- 115'000.- 

Octobre 108'000.- 89'000.- 

Novembre 105'600.- 139'500.- 

Décembre  77'000.- 125'000.- 

Sous-Total 774'934.- 973'300.-  

 

2009 C___ vers D___ Prélèvements D______ 

Janvier 105'000.- 156'600.- 

Février 52'000.- 51'600.- 

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Mars 50'000.- 57'200.- 

Avril 85'000.- 109'000.- 

Mai 29'776.76 48'100.- 

Juin 17'100.- 18'900.- 

Juillet / 20'800.- 

Août 10'000.- 24'600.- 

Septembre / 7'700.- 

Sous-Total 348'876.76 494'500.-  

 

TOTAL 1'448'810.76 1'856'000.-  

c.d. Outre les virements de C______ SA, le compte de D______ SA a été 
régulièrement alimenté par des bonifications de tiers, dès son ouverture. En 2009, les 
bonifications de tiers se sont élevées à des totaux de CHF 46′386.25 en janvier, 
CHF 3′071.25 en février, CHF 61′347.85 en mars, CHF 13′088.40 en avril, 
CHF 20′633.35 en mai et CHF 7′529.80 en juin, soit une moyenne de CHF 25342.80 
entre janvier et juin 2009 (C-1254 ss).  

Après la fin du contrat de travail de A______, les crédits de tiers sur le compte de 
D______ SA se sont élevés à CHF 36′193.55 en juillet, CHF 14′102.- en août et 
CHF 7′722.40 en septembre, soit une moyenne de CHF 19339.30 pour ces trois mois 
(C-1254 ss).   

c.e. Les retraits en espèces du compte de D______ SA ont été drastiquement réduits 
dès octobre 2009, date à laquelle A______ s′est vu retirer ses pouvoirs 
d′administrateur sur la société. Aucun retrait n′a été effectué en novembre 2009, ni de 
janvier à avril 2010.  

En décembre 2009, plusieurs prélèvements ont été effectués, pour des sommes non 
arrondies, soit CHF 2′106.- et CHF 10′369.50 le 10 décembre, CHF 2′059.55, 
CHF 5′407.- (avec la mention "salaire U______ [prénom] Nov.") le 15 décembre et 
CHF 200.- le 17 décembre 2009 (C-1290). 

c.f. Le 20 octobre 2009, A______ a ordonné, par e-banking, le transfert d'un montant 
de CHF 10'800.- en sa faveur depuis le compte de D______ SA (A0075, A0096). Il a 
également tenté, le 23 octobre 2009, d'en ordonner un second à hauteur de 
CHF 8'000.-, qui n′a cependant pas été exécuté par la banque (A0076).  

Le 23 octobre 2009, cinq ordres de bonification ont également été adressés à la 
banque depuis le compte de D______ SA en faveur de l′Office des poursuites, pour 
des montants oscillant entre CHF 67.70 et CHF 11′831.05. Ces virements n′ont 
cependant pas été exécutés par la banque (A0076, C-1289).  

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c.g. Par courrier du 28 octobre 2009, C______ SA et D______ SA ont demandé des 
explications à A______ au sujet de la comptabilité. Elles l′informaient en substance, 
qu′après révision des comptes 2008, il avait été constaté que des prélèvements 
avaient été effectués en espèces pour plus de CHF 1′000′000.- sur le compte de 
D______ SA et que plusieurs centaines de milliers de francs avaient été passés sur le 
compte actionnaire de E______. Les sociétés proposaient plusieurs dates à A______ 
pour une rencontre à laquelle celui-ci devrait se rendre, sous peine de poursuites 
pénales (A0077). 

Par courrier du 9 novembre 2009, A______ a répondu : "Ne travaillant plus pour 
votre société depuis plus de 4 mois, je suis très surpris par vos demandes 

d’explications et je ne compte pas venir à vos demandes de rendez-vous. Concernant 
les mouvements du compte courant actionnaire de M. E______, je pense que 

M. E______ est plus à même de donner des explications. Depuis novembre 2006, j’ai 
comptabilisé sur son compte tous ces retraits d’argent via sa carte V______ [carte 
bancaire], chèques H______ ou retraits en cash. Concernant les retraits en cash 
effectués sur le compte de D______ SA vous avez dû remarquer que ces retraits 

correspondaient à des transfères de fonds préalable [sic] venant de C______ SA. 
Ayant qu’une signature collective sur les comptes de la société C______ SA, je vous 
laisse le soin de demander à M. E______ de plus amples explications. Quant à votre 

menace de plainte pénale à mon encontre, je ne la trouve pas très appropriée. 

N’ayant jamais eu de pouvoir décisionnel chez C______ SA et sachant que 
M. E______ a toujours contresigné ou signé les ordres de transferts, chèques ou 

retraits." (A0080). 

 Du compte G______ de C______ SA 

d.a. Il ressort de l′analyse des extraits du compte bancaire de C______ SA auprès de 
G______ les éléments pertinents suivants. 

d.b. De nombreux virements étaient effectués chaque mois depuis le compte 
G______ de C______ SA en faveur de tiers, pour des montants variables, oscillant 
de quelques centaines à quelques milliers de francs, vraisemblablement à titre de 
paiement de factures (C-693 ss).  

d.c. Des transferts importants d′argent étaient régulièrement effectués du compte 
G______ de C______ SA vers le compte H______ de la société, et vice-versa. Il 
s′agissait la grande majorité du temps de montants ronds, atteignant parfois plusieurs 
centaines de milliers de francs, plusieurs fois par mois (C-693 ss, C-1745 ss). Par 
exemple : 

 en juillet 2008, le compte H______ de C______ SA a été débité, le 8 juillet, 
de CHF 30′000.- au profit du compte G______ ; puis le compte G______ a 
été débité de CHF 200′000.- en faveur du compte H______ le 30 juillet ; 

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 en février 2009, le compte H______ de C______ SA a été débité de 
CHF 30′000.-, le 23 février, au profit du compte G______ de C______ SA ; 
le compte G______ a quant à lui été débité de CHF 60′000.- le 2 février, 
CHF 35′000.- le 3 février, CHF 135′000.- le 9 février, CHF 15′000.- le 
10 février, CHF 10′000.- le 16 février, CHF 30′000.- et CHF 10′000.- le 
16 février, CHF 50′000.- le 20 février et CHF 130′000.- le 25 février 2009, 
soit un total de CHF 475′000.-, au bénéfice du compte H______ de 
C______ SA. 

d.d. Plusieurs montants en espèces ont été prélevés du compte G______ de 
C______ SA entre 2007 et 2009, notamment : 

o CHF 10′000.-, par A______, le 21 septembre 2007 (C-704) ; 

o CHF 16′500.- par A______ le 28 novembre 2007 (C-713) ; 

o CHF 1′800.- par A______ 29 juillet 2008 (C-747) ; 

o CHF 70′000.- le 25 novembre 2008 (C-767). 

d.e. Le compte bancaire G______ de C______ SA a été débité d′un montant de 
CHF 65′636.- le 21 février 2007 en faveur de la société M______ SA (C-693). 

 Du compte H______ de C______ SA 

e.a. Il ressort de l′analyse des extraits du compte bancaire H______ de C______ SA 
les éléments pertinents suivants. 

e.b. Entre novembre 2006 et juillet 2009, de nombreux montants ont été versés 
depuis le compte H______ de C______ SA à des personnes physiques, très 
vraisemblablement à titre de paiement de salaire, à chaque fin de mois (C-1712 ss). 

e.c. Des chèques H______, variant de plusieurs centaines à plusieurs milliers de 
francs, ont été encaissés au débit du compte H______ de C______ SA entre 2006 et 
2009 (C-1742 ss).  

Du compte personnel de A______ 

f.a. Il ressort de l′analyse des extraits du compte bancaire personnel de A______ les 
éléments pertinents suivants. 

f.b. A______ percevait un salaire mensuel net de CHF 6'177.60 de la société 
C______ SA, augmenté à CHF 6'601.20 en juin 2007 et à CHF 6'848.45 en 2008. 
Dès juin 2008, son salaire est devenu irrégulier, oscillant entre des montants de 

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CHF 8'000.- et CHF 10'000.-, auxquels s'ajoutaient des remboursements de notes de 
frais d′un montant total de CHF 29'328.04 (C-588 ss). 

f.c. D′après les relevés de son compte bancaire, A______ prélevait, chaque mois, une 
grande partie de son salaire en espèces, en plusieurs débits (de quelques centaines de 
francs à régulièrement CHF 1′000.-), ce plusieurs fois par mois et parfois à quelques 
jours d′intervalle (C-2034 ss). Par exemple, A______ a prélevé en espèces : 

 5x CHF 1′000.-, les 2, 7, 8, 13 et 15 avril 2008 ; 

 3x CHF 1′000.-, les 3, 4 et 6 mai 2008 ; 

 4x CHF 1′000.-, les 4, 9, 11 et 18 juin 2008 ; 

 5x CHF 1′000.-, les 1, 2,8 15 et 20 juillet 2008 ; 

 5x CHF 1′000.- les 4, 5, 12, 13 et 14 août 2008.  

Les prélèvements étaient opérés quasiment systématiquement, depuis juin 2007, au 
bancomat situé dans le bâtiment 5______ à W______ [GE] dans lequel se trouve le 
casino X______ (C-588 ss). Ainsi, entre juin 2007 et septembre 2009, un total de 
CHF 83'230.- a été prélevé à ce bancomat, dont notamment : 

 CHF 4'930.- (sept retraits) entre les 1er et 11 février 2008 ; 

 CHF 5'000.- (six retraits) entre les 10 et 27 mars 2008 ; 

 CHF 5'000.- (cinq retraits) entre les 2 et 15 avril 2008 ; 

 CHF 4'000.- (quatre retraits) entre les 2 et 16 juin 2008 ; 

 CHF 4'000.- (quatre retraits) entre les 1er et 15 juillet 2008 ; 

 CHF 5'620.- (sept retraits) entre les 29 septembre et 17 octobre 2008 ; 

 CHF 4'900.- (cinq retraits) entre les 1er et 23 décembre 2008. 

f.d. Outre son salaire mensuel, A______ a bénéficié de plusieurs virements 
directement du compte de C______ SA (C-588 ss, C-2034 ss) : 

 les 15 juin et 16 juin 2007, il a encaissé deux chèques H______ de 
CHF 4'000.- chacun, émanant de la société ; 

 entre janvier et fin mars 2008, il a perçu, pour trois mois d′activité, un 
montant total de CHF 91'240.80, soit un montant supérieur à son salaire 
annuel (CHF 6′848.45 calculé 13x l′an), dont : 

o plusieurs montants hors salaire pour un total de CHF 45'660.- entre 
janvier et février (CHF 22'860.- le 3 janvier, CHF 12'800.- le 
10 janvier et CHF 10'000.- le 28 février) ; 

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o un montant total de CHF 25'035.45 en mars 2008 à titre de salaire 
pour le mois de février 2008 ; 

o à deux reprises (le 31 mars et 1er avril 2008), une somme de 
CHF 6'848.45 correspondant à son salaire mensuel, avec la 
mention "salaire 03/2008". 

f.e. A______ a également procédé au dépôt sur son compte de montants 
importants en espèces entre les 21 mai et 27 juin 2007, pour un total de 
CHF 31′000.- (C-2034 ss), soit : 

 CHF 600.- le 21 mai ; 

 CHF 1′400.- le 31 mai ; 

 CHF 1′000.- le 15 juin ; 

 CHF 1′000.- le 16 juin ; 

 CHF 27′000.- le 28 juin. 

Il a ensuite versé un montant de CHF 10'000.- à l'Office des poursuites le 29 juin 
2007.  

Entre 2007 et 2009, A______ n′a jamais procédé à aucun autre dépôt en espèces 
sur son compte bancaire (C-2034 ss). 

Des différentes pièces déposées au dossier 

g.a. Il ressort de différentes pièces déposées, notamment par les parties, les éléments 
pertinents suivants. 

g.b. Selon quatre attestations identiques du 11 novembre 2009, déposées à l′appui de 
la plainte pénale de C______ SA et D______ SA et émanant de quatre employés de 
C______ SA non-entendus au cours de la procédure, E______ avait donné à 
A______ tous ses codes d′accès bancaires, soit en particulier son "SecurID" [des 
banques] (A0026 ss).  

Selon une attestation de Y______, du 4 octobre 2010, A______ l′avait mise au 
courant du fonctionnement de l′entreprise et de la façon de procéder aux différents 
règlements par e-banking au cours du mois de juin 2009. Elle avait constaté qu′il 
disposait de ses propres codes d′accès bancaire (préparation des paiements) mais 
aussi de ceux de E______ (validation des paiements). Lorsqu′un paiement était 
effectué, A______ procédait aux deux opérations simultanément (préparation et 
validation) (B0014).   

Selon une attestation de Z______, du 11 novembre 2010, A______ s′était imposé 
comme un dirigeant au sein de l′entreprise et avait géré et distribué le travail de telle 

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manière qu′il était le seul à avoir une vision complète des comptes des entreprises 
dont il gérait la comptabilité (B0024). 

g.c. Au cours de la première audience devant le TP, E______ (selon le procès-verbal) 
ou le mandataire de A______ (selon ce qui figure sur la pièce) a produit trois 
documents datés des 31 août 2009 et 31 octobre 2009. Un numéro de facture apparaît 
sur chacun de ces documents, avec la mention "prêt D______ SA", chacun portant 
sur une année différente (2007 à 2009). Sous la rubrique "description travaux 
réalisé", figure la mention "Facture couvrant les salaires payés pour les employés de 
D______ SA de janvier à décembre" 2007, 2008 ou 2009. L′adresse de D______ SA 
est mentionnée en haut à droite de chaque document. Une liste d′employés et de 
montants y est à chaque reprise annexée (C-142 ss).  

g.d. Par courrier du 5 août 2011, le conseil de A______ a indiqué que E______ avait, 
lors des vacances scolaires de février et d′été 2007, 2008 et 2009, engagé les juniors 
de l’équipe de rugby "AA______" (soit une vingtaine de jeunes), dont il était 
l’entraîneur, tant pour la société C______ SA que pour la société D______ SA. Leur 
salaire était selon lui prélevé en espèces par A______ et remis à E______ pour qu’il 
puisse les rémunérer. L’équipe était également sponsorisée par D______ SA à 
hauteur de CHF 50'000.- par an pour les années 2007, 2008 voire 2009 et aucune 
facture relative à ces montants n’apparaissait dans la comptabilité (B0044 s).  

Par courrier du 13 septembre 2011, le conseil de C______ SA et D______ SA a 
expliqué que les juniors de l’équipe de rugby avaient effectivement 
occasionnellement travaillé l’été pour D______ SA, mais qu’ils n’étaient pas en 
nombre indiqué et qu’ils étaient déclarés, cette tâche incombant à une employée, 
AB______. Leur salaire était de surcroît payé par transfert bancaire ou remise de 
chèque. E______ n’était pas l’entraîneur de l’équipe. Le soutien apporté par 
C______ SA à ladite équipe était parfaitement documenté dans les comptes de la 
société et n’atteignait pas le montant de CHF 50'000.- par an (B0046 s). 

Après renvoi de la procédure au MP pour complément d′instruction, la police a 
entrepris plusieurs recherches, notamment auprès de différentes associations et clubs 
sportifs, afin de tenter d′identifier les membres de ce club de rugby. Selon les 
résultats obtenus, une équipe amicale, nommée "Rugby Club AA______", s'était 
formée entre 2010 à 2013 (ou 2009 à 2012). Il n′avait cependant pas été possible d'en 
identifier les joueurs (C-301 ss). 

g.e. Lors du complément d′instruction effectué par le MP, six anciens employés de la 
société C______ SA ayant travaillé notamment entre 2006 et 2010, dont AC______ 
et AD______, ont été entendus, étant précisé que trois autres employés n′ont pas pu 
être retrouvés. Les personnes entendues ont toutes affirmé n'avoir jamais perçu tout 
ou partie de leur salaire de manière non déclarée. Certains d′entre eux, dont 
AD______, ont fourni des fiches et certificats de salaire et des extraits de leurs 

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comptes bancaires pour la période litigieuse. En ce qui concerne les employés ayant 
versé une documentation complète, le montant figurant sur les fiches de salaire 
correspond à celui versé sur le compte bancaire. Aucun versement important en 
espèces n′apparaît en outre sur les extraits de comptes fournis (C-312 ss).  

g.f. Selon le rapport du 20 janvier 2010 à l'attention de l'assemblée générale des 
actionnaires, établi par AE______ en sa qualité d'organe de révision de C______ SA, 
l'administrateur responsable de la comptabilité et des finances n′avait pas remis les 
comptes à réviser le jour de son départ de la société, soit le 30 juin 2009, alors que 
plusieurs demandes récurrentes visant à ce qu'ils soient remis au plus vite avaient été 
formulées. Le contrôle de la comptabilité avait révélé de grandes défaillances, 
notamment des comptes erronés et pas à jour, ainsi que des transferts de sommes 
importantes sur les exercices 2007 à 2009 à une société du groupe dans laquelle des 
fonds avaient été prélevés. En annexe de ce rapport figurait le bilan de la société 
C______ SA au 31 décembre 2008 (C-2100 ss). 

g.g. AE______ a produit un document (et différentes annexes) avec les chiffres 
auxquels il était parvenu après avoir procédé à de nouveaux calculs des données en 
lien avec ceux énoncés dans la plainte pénale de C______ SA et de D______ SA (C-
602 ss). D′après ces documents : 

 D______ SA avait facturé à C______ SA pour les années 2007 à 2009 (dans 
leur intégralité) un montant total de CHF 1'354'570.77 ;  

 C______ SA avait transféré en faveur du compte de D______ SA, pour la 
même période, un montant total de CHF 1'478'810.76 ; 

 C______ SA avait payé en sus, de sa trésorerie, le salaire des employés de la 
société D______ SA à concurrence de CHF 1'100'212.17 pour les années 
2007, 2008 et 2009.  

Des déclarations de A______  

h.a. Entendu à plusieurs reprises, A______ a toujours contesté les faits reprochés.  

Il n′avait jamais payé seul les factures de C______ SA, puisqu′il bénéficiait d′une 
signature collective (A0095). E______ et lui possédaient chacun leurs propres codes 
e-banking (soit un "boîtier" chacun) pour les comptes de C______ SA. E______ lui 
remettait ses codes lorsqu'il partait en vacances mais les changeait à son retour 
(A0089, C-132).  

Son rôle avait été de s'occuper de la clôture des comptes et des bilans. Il assurait la 
supervision de l'administratif, dont le secrétariat de C______ SA se chargeait, ainsi 
que la gestion (B0004). La comptabilité quotidienne était effectuée par deux autres 
employés (A0089). E______, qui était présent tous les jours, s′intéressait à toutes les 
opérations et voulait être mis au courant de tout. Il connaissait parfaitement la 

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situation financière des deux sociétés et avait accès aux comptes bancaires. Des états 
de situation des charges et revenus, avec une présentation complète des comptes, 
d'un bilan actualisé, du carnet des commandes, de l'avancement des chantiers (et leur 
marge bénéficiaire) lui étaient soumis chaque mois, ainsi qu′aux actionnaires de 
C______ SA tous les trois mois. E______ recevait également des informations 
concernant la trésorerie et les finances lors de ces réunions (A0090, B0004-05). Il 
avait un contrôle sur le paiement des factures, qui lui étaient toutes soumises 
(B0036).  

D______ SA facturait à C______ SA la mise à disposition de main d'œuvre et 
parfois certaines prestations de nettoyage de chantier (B0005). Plus de 80% des 
entrées dans les caisses de D______ SA provenait de refacturations faites à 
C______ SA, qui était sa principale cliente (A0090). Au moment de créer sa société, 
E______ avait débauché des employés auxquels il avait promis un salaire 
complémentaire "au noir" de CHF 500.- à CHF 2′000.- par mois. Cette manière de 
faire était toujours d′actualité lorsque le prévenu avait quitté la société. Il avait lui-
même touché ainsi des montants annuels de l′ordre de CHF 10′000.- (A0095) ou de 
CHF 20'000.- à CHF 30'000.- selon ses déclarations ultérieures (B0007).  

Les transferts du compte de C______ SA sur celui de D______ SA avaient été 
effectués avec l′accord de E______, qui décidait du montant à verser et contresignait 
toujours les ordres de transfert, les chèques et les retraits (B0007, B0040, C-132). 
Ces montants étaient ensuite prélevés à la demande de E______. A______ les retirait 
parfois à P______, où habitait sa famille, à F______ où il était domicilié, ou encore 
dans d′autres villes s′il s′y trouvait au moment où son patron lui disait en avoir besoin 
(B0040, C-133). Il remettait l′argent à E______ le jour-même ou au plus tard le 
lendemain, de la main à la main et sans lui faire signer de quittance. Le but était de 
payer les employés non déclarés principalement rattachés à C______ SA ainsi que 
les compléments de salaire occultes (A0096, B0006). Environ 40% du personnel 
(soit entre 50 et 100 personnes) touchait des revenus non déclarés. Les travailleurs 
temporaires, de même qu′environ 80% des étudiants employés pendant les vacances, 
qui provenaient souvent de l′équipe de rugby de E______, étaient employés sans être 
déclarés (A0096, A0090). Les salaires non déclarés, qui augmentaient en été et 
durant les périodes de vacances, devaient représenter 10 à 20% de la masse salariale 
totale et les compléments de salaire occultes, 6 à 8% (B0006). L′argent prélevé 
servait aussi à payer en liquide des fournisseurs, des avances de salaire ou du 
matériel acheté directement en magasin (A0096). Ces paiements, d'environ 
CHF 30'000.-, avaient été comptabilisés (B0006). Il ignorait par ailleurs si E______ 
avait conservé pour lui-même certains montants (B0006, B0040). Selon lui, E______ 
avait déposé plainte à son encontre dans le but de couvrir ces agissements, dès lors 
qu′il n′avait pas expliqué la réalité de cette situation aux actionnaires (A0095). 

C______ SA avait commencé à connaître des problèmes de trésorerie en mai 2007, 
notamment en raison d′un chantier (A0091). E______ connaissait ces problèmes, 

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dans la mesure où il recevait des rapports mensuels sur les comptes et les marges et 
était au courant de tous les mouvements financiers des deux sociétés. Des piles de 
paiements étaient préparées et A______, aidé de son assistante, lui soumettait toutes 
les deux semaines la priorité dans l′ordre des factures. Il était toutefois possible que 
E______ n′eût pas prêté attention à ce qu′il signait, "ce qui n′[était] pas [s]on 
problème" (A0092). 

C______ SA avait subi un contrôle fiscal, qui s′était déroulé à son souvenir en mars 
2007. La société avait été amendée et avait été imposée rétroactivement. 
L′administration avait voulu savoir comment E______ avait procédé pour 
rembourser en liquide son compte actionnaire entre 2003 et 2007 (B007). Jusqu'en 
2007, C______ SA avait un accord avec la société M______ SA pour que des 
factures fictives, pour des montants oscillant entre CHF 50'000.- et CHF 100'000.-, 
soient établies puis remboursées en espèces, après paiement et déduction d'une 
commission. Le but était de permettre à E______ de rembourser son compte 
actionnaire qui servait au paiement du personnel non déclaré. Ne pouvant plus 
utiliser M______ SA pour verser les salaires non déclarés, à cause du contrôle fiscal, 
il avait été décidé de passer par D______ SA (A0095). Les factures de D______ SA 
correspondaient à des prestations réelles mais la dette de C______ SA envers celle-ci 
était fictivement grossie pour permettre de dégager du liquide. Les factures de 
D______ SA n′étaient pas honorées car les montants transférés par C______ SA 
servaient à d′autres fins. C______ SA avait ainsi payé les salaires des employés de 
D______ SA car celle-ci n′avait plus assez de fonds disponibles (B0007). Après le 
contrôle fiscal, il était prévu de "retravailler" avec M______ SA, soit de refaire des 
factures qui auraient été antidatées pour renflouer les caisses de C______ SA 
(A0096).  

En février 2009, A______ avait rencontré J______, qui lui avait demandé de lui 
remettre au plus vite les comptes audités pour les années 2007 et 2008 (A0090). 
E______ lui avait demandé de cacher la masse salariale réelle et les liens des 
employés entre C______ SA et D______ SA, les postes ouverts, les charges sociales 
et les salaires non déclarés (A0093). A______ n′avait pu donner les comptes 2008 
qu′à son départ de la société, car son travail quotidien lui demandait beaucoup de 
temps, et qu′il avait perdu toute motivation à la suite de son licenciement (A0093). 
Lors d'une séance en juin 2009, un avocat l′avait menacé de déposer plainte contre 
lui en raison de son retard dans les comptes. Il avait alors échangé des mots très forts 
avec E______. Les liens qu'ils entretenaient avaient été rompus et ils ne s'étaient plus 
parlés (A0094).  

Après la fin de son contrat de travail, il avait continué à retirer des espèces du compte 
de D______ SA, qu′il remettait à E______ devant les locaux de C______ SA sans lui 
faire signer de quittance, même s′ils étaient en froid (C-133 s.). Ces prélèvements 
n′étaient plus systématiquement précédés d′un virement de C______ SA, car 
D______ SA était alimentée par des versements de ses propres clients. E______ lui 

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avait dit qu′il devait lui apporter l'argent lorsqu'il y avait des entrées sur le compte de 
D______ SA. Bien que n′ayant pas accès au compte, E______ savait plus ou moins 
quand les paiements étaient effectués. A______ était le seul à avoir eu accès au 
compte de D______ SA entre juin et octobre 2009 et ne se rappelait pas pour quelle 
raison l'adresse de notification des relevés bancaires avait été changée. Ce 
changement devait cependant être de son fait, dès lors qu'il était administrateur 
unique (C-133). 

A______ avait effectué un virement de CHF 10′800.- le 20 octobre 2009 en sa faveur 
en raison de retards dans le paiement de son loyer, qui était normalement payé par 
C______ SA, ce que la personne qui l′avait remplacé ignorait. Il avait agi ainsi afin 
d′éviter d′être mis aux poursuites (A0096) ou pour le cas où les loyers n'auraient pas 
été réglés par D______ SA, selon ses déclarations ultérieures (C-133). Il avait essayé 
de virer CHF 8′000.- sur son compte le 23 octobre 2009 dans le but de payer des 
poursuites urgentes de D______ SA, souhaitant se rendre directement à l′Office pour 
ce faire (A0096). Il avait essayé de les régler par e-banking mais ne connaissait pas 
le montant total des frais et "voulait le solde" en espèces (C-133).  

Il jouait entre une et trois fois par mois (ou de temps à autres selon ses déclarations) 
au casino [X______] à Genève ou à AF______ [France]. Il dépensait environ 
CHF 1′000.- par soirée, soit jusqu′à la limite de sa carte. Il n′avait jamais joué 
l′argent de la société.  

h.b. Lors du complément d′instruction (C-579 ss, C-601, C-640 s), A______ a 
précisé les éléments suivants.  

A son souvenir, il n'y avait pas de comptabilité relative aux versements non déclarés. 
Selon lui, les montants prélevés devaient avoir été répercutés dans le compte courant 
actionnaire de la société C______ SA. Il n′avait pas d′explication quant à la variation 
des montants prélevés sur le compte de D______ SA.  

Son loyer était payé par D______ SA, qui était titulaire du contrat de bail. Il ne se 
souvenait pas de la destination du montant de CHF 10'800.- versé sur son compte en 
octobre 2009, de la provenance du montant de CHF 27'000.- déposé en juin 2008 ou 
de celle des montants versés sur son compte entre janvier et mars 2008. Il ne 
disposait pas des codes informatiques de E______ pour le compte bancaire de 
C______ SA et n′était pas habilité à procéder seul à des transferts bancaires. Tous les 
ordres de versements avaient été contresignés électroniquement par E______. 

Revenant sur ses déclarations antérieures, il a indiqué que tous les employés avaient 
été déclarés, seule une partie des salaires ne l′étant pas. Il a ensuite expliqué ignorer 
si certains employés n′avaient absolument pas été déclarés. Devant le TP, il a précisé 
que les transferts de C______ SA à D______ SA concernaient des salaires non 
déclarés ou des compléments de salaire. Il n′en avait plus de souvenir précis et ne se 
rappelait pas pour quelle raison il avait été nécessaire de passer par D______ SA. 

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E______ avait retiré de l′argent en espèces des comptes de C______ SA afin de 
payer les compléments de salaire au noir. Son compte courant était mis au débit et il 
le remboursait grâce aux factures de M______ SA. Il débitait donc le compte 
bancaire de C______ SA et créditait son compte actionnaire. Lui-même avait vu une 
seule opération de ce type en 2007, soit une facture d'environ CHF 80'000.- que 
C______ SA avait payée à M______ SA. Cette société l′avait ensuite remboursée en 
espèces.  

Il ne se souvenait pas pourquoi il n'avait pas fait signer de quittances à E______. 
Normalement, chaque écriture comptable devrait reposer sur une pièce. C′était 
cependant différent dans le cas de salaires non déclarés. Il n′avait pas d′explication 
ou de souvenir quant aux retraits de son compte bancaire intervenus au bancomat à 
W______ [GE]. Il lui arrivait de jouer à des jeux d'argent de manière occasionnelle 
sans qu'il ne lui soit possible d'en préciser la fréquence. 

Des déclarations de E______  

i.a. E______ avait délégué tous les pouvoirs financiers à A______ et lui avait remis 
ses codes d′accès bancaires immédiatement après son engagement. Il avait pour sa 
part gardé la maîtrise du terrain et la charge d′engager le personnel. Des réunions 
avec les actionnaires de C______ SA, au cours desquelles étaient présentés un bilan 
actualisé, le carnet de commande, l'avancement des chantiers ainsi que la marge 
bénéficiaire, avaient lieu une à deux fois par an (B0021). A______ présentait en 
outre les chiffres lors de réunions avec les techniciens, qui se tenaient tous les deux à 
trois mois (B0020). Celui-ci lui faisait voir toutes les factures (B0036). 

Tout le personnel était déclaré. AB______ était chargée d′enregistrer et de déclarer 
chaque collaborateur à son engagement, y compris les employés qui l'étaient pour 
une courte période, notamment les étudiants, engagés pendant l′été ou les vacances 
(B0020, B0056). Il était arrivé que des compléments de salaire non déclarés soient 
versés à certains employés (trois ou quatre personnes) sous la forme de frais. Cela 
représentait un montant total de CHF 60'000.- en 2007 et CHF 40'000.- en 2008. Ces 
compléments de salaire ne concernaient à la fin plus que deux personnes, soit les 
frères AC______/AD______, pour un montant de CHF 1'000.- mensuel chacun, 
somme qui leur était remise par A______ (B0022). A son souvenir, ce montant était 
prélevé sur le compte G______ de C______ SA (C-134). Devant le MP, E______ a 
indiqué que les compléments de salaire d′un total de CHF 100′000.- provenaient des 
comptes de C______ SA et étaient prélevés par A______ au moyen de chèques qu'il 
lui signait (B0040). Les retraits d'argent dont avaient parlé Z______ et AG______ 
étaient effectués depuis le compte de C______ SA (C-134). A______ n'avait pour sa 
part jamais perçu de complément de salaire non déclaré (B0021, B0040).  

E______ savait que C______ SA payait les salaires "sur" D______ SA mais ignorait 
la quotité exacte des montants versés mensuellement, n′ayant pas eu connaissance de 
tous les transferts opérés. Il ignorait également de quelle manière étaient payées les 
charges sociales (B0020). Il n'avait pas procédé à des vérifications car il avait 

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confiance en A______ et en ce qu'il lui disait à ce sujet (B0022). Il regardait les 
comptes de C______ SA, mais pas ceux de D______ SA (C-134). L'argent versé par 
C______ SA à D______ SA devait servir à payer le personnel et les charges sociales 
de cette dernière dans le cadre de la mise à disposition du personnel. Il ne s′occupait 
pas lui-même des transactions entre C______ SA et D______ SA pour le paiement 
des salaires (B0056).  

Il n′avait jamais demandé à A______ de retirer de l′argent du compte bancaire de 
D______ SA et n′avait eu connaissance des retraits effectués que trois ou quatre mois 
après le départ de celui-ci (B0020). Il n′avait pas reçu de son employé les montants 
prélevés (B0040). A______ prenait directement connaissance de la correspondance, 
notamment bancaire, adressée à D______ SA et avait interdit au personnel du bureau 
d′ouvrir le courrier (B0020).  

M______ SA était une société dans laquelle ils avaient réalisé des travaux et qui 
avait également été utile pour la recherche de clientèle. Cette société avait établi 
deux factures courant 2008, d′un montant global de CHF 100′000.-, correspondant 
aux compléments de salaire versés, pour des prestations fictives. L′objectif était de 
faire sortir de l'argent de C______ SA afin de le reverser ensuite sur son compte 
actionnaire qui avait été débité pour le paiement des compléments de salaire (C-135). 
Dès 2007, l′administration fiscale avait cependant procédé à l′examen de la situation 
de C______ SA et la société avait été amendée. Le procédé des fausses factures avait 
pris fin en avril 2008 suite au redressement fiscal (C-135). D______ SA n′avait 
jamais été employée à cette fin (B0022).  

i.b. A nouveau entendu en 2020, lors du complément d′instruction, E______ a 
précisé n′avoir pas toujours contrôlé les feuilles de salaires et ne pas s′être soucié des 
transferts opérés sur les comptes de C______ SA. Il ne s′était pas aperçu des retraits 
effectués. Il était difficile de vérifier les comptes de C______ SA car les soldes 
fluctuaient tout le temps. Il s′était rendu compte que la trésorerie était vide lorsqu'il 
avait souhaité remettre sa société à J______ et que le G______ l′avait informé de ce 
qu′aucune garantie bancaire ne lui serait plus fournie. 

En ce qui concernait M______ SA, son compte actionnaire auprès de C______ SA 
était trop élevé et il devait de l′argent à la société. Parallèlement, les employés de 
C______ SA effectuaient beaucoup d′heures supplémentaires. Il avait payé ces 
heures comme s′il les payait de sa poche, en réduisant d′autant son compte 
actionnaire. En réalité, M______ SA émettait une fausse facture artificiellement 
augmentée à l′adresse de C______ SA, qui était payée sur le compte actionnaire pour 
le diminuer. Le montant surfacturé avait été remboursé par M______ SA, en 
réduction du compte actionnaire. Il ne payait ainsi que des heures supplémentaires 
non déclarées. Il ne lui avait pas semblé utile d'établir une comptabilité parallèle pour 
ces compléments de salaire.  

Il avait engagé A______ car lui-même n'avait pas de compétence en comptabilité. Il 
lui avait remis ses codes lui permettant de procéder seul à tous les transferts sur les 

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comptes de C______ SA, si bien que ce dernier avait dans les faits une signature 
individuelle sur le compte. A______ avait trahi sa confiance et détruit tout ce qu'il 
avait construit. Au moment de la résiliation du contrat de ce dernier, ils ne se 
parlaient presque plus. A______ avait été un excellent élément au cours de sa 
première année de travail et E______ n′avait pas été assez méfiant. 

Des déclarations de témoins 

j.a. L______ (B0019), administrateur de C______ SA depuis novembre 2009, 
n′avait jamais abordé la question de personnel non déclaré ou de compléments 
occultes de salaire avec E______. Selon lui, il n′y avait jamais eu de personnel non 
déclaré chez D______ SA.  

j.b. Z______ (B0028 s.), fille de E______, avait travaillé pour C______ SA pendant 
sept ans. Elle s'occupait de la réception, de la facturation et de "l'analytique". 
A______ était son supérieur hiérarchique et vérifiait tout son travail. Il effectuait seul 
tous les paiements pour D______ SA, ayant les codes des comptes et la signature. 
Elle pensait qu'il en allait de même pour C______ SA, sans pouvoir l'affirmer. Elle 
ignorait si les employés de C______ SA ou D______ SA avaient été payés au noir. 
A______ s′occupait des salaires. E______ faisait entièrement confiance à ce dernier 
pour le paiement des factures. Il savait que les factures de D______ SA étaient 
payées depuis les comptes de C______ SA, mais ne contrôlait pas les montants 
versés. A______ devait rendre des rapports mensuels à E______ mais avait parfois 
du retard. Tous deux avaient une relation un peu conflictuelle et A______ refusait 
parfois de remettre les comptes. Lorsqu'il était en vacances, personne ne s'acquittait 
des salaires à sa place. Aucun autre employé ne détenait les codes des comptes de 
D______ SA. 

Après le départ de A______, elle avait également travaillé pour D______ SA. Elle 
avait alors eu accès à toutes les factures, les salaires et les ordres bancaires, ce qui 
n'était pas le cas chez C______ SA. A ce moment, il avait été découvert que les 
salaires de D______ SA avaient été payés par C______ SA et que A______ avait 
viré des montants plus élevés que ceux facturés sur le compte de D______ SA. 
AE______ avait alors contrôlé toute la comptabilité de D______ SA.  

Il était arrivé que E______ demande à A______ de prélever de l'argent pour lui, soit 
CHF 1'000.- de temps en temps. Elle l′avait vu remettre de l'argent à E______ à 
quelques reprises, étant précisé qu'une fois par mois lui paraissait déjà beaucoup. 

j.c. AG______ (B0030 s), neveu de E______, avait travaillé en qualité de technicien 
chiffreur au sein de C______ SA du 1er mai 2007 au 20 juillet 2010. Il n′entretenait 
pas de très bonnes relations avec son oncle. Ils étaient en froid et n′avaient plus de 
contact. 

Il avait vu à plusieurs reprises A______, avec lequel il collaborait, effectuer lui-
même le paiement des factures des commandes via internet depuis le compte de 

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C______ SA, à l'aide de deux petits boîtiers électroniques qui généraient des codes 
d'accès au compte. Il conservait ces boitiers sur lui ou dans un tiroir de son bureau 
verrouillé. A______ avait les codes d'accès pour au moins un des comptes de 
C______ SA et effectuait tous les paiements pour cette société. E______, qui était, 
selon le témoin, incapable d'effectuer des paiements par internet, faisait entièrement 
confiance à A______.  

Suite au départ de A______, une équipe avait été mise en place pour remettre sur 
pied la comptabilité de C______ SA, qui n′avait pas été établie par le prévenu pour 
les années 2008 et 2009. Dans ce cadre, il avait été constaté que la société était 
lourdement endettée et que des transactions importantes avaient été effectuées entre 
les comptes de C______ SA et ceux de D______ SA. A______ avait prélevé des 
montants sur les comptes de C______ SA, et probablement sur ceux de D______ SA.  

AG______ avait participé à des séances avec E______ et A______, lors desquelles 
ce dernier avait affirmé que C______ SA allait bien, rassurant tout le monde. Ses 
réponses n′étaient toutefois pas documentées. Lorsque E______ lui avait demandé de 
rendre les comptes mi-2008, A______ ne s'était pas exécuté, fournissant des 
documents partiels. 

Il arrivait que E______ demande à A______ de retirer de l'argent et de le lui remettre 
directement. Le but était cependant de payer ses notes de frais. Ces montants ne 
dépassaient pas, selon lui, CHF 5'000.- par mois. Il y avait des rumeurs selon 
lesquelles des employés de C______ SA ou de D______ SA avaient été payés de 
façon non déclarée mais il n'en savait rien. 

j.d. Y______ (B0036 ss) avait été secrétaire pour C______ SA du 1er juin 2009 au 
20 juillet 2010. Elle avait travaillé avec A______ environ un mois. Il l′avait formée 
pour effectuer les paiements dont il était l'unique responsable. Il effectuait les 
paiements par e-banking sans que personne ne les contrôle. Il détenait les codes 
d′accès sur les comptes de la société. 

Après le départ de A______, elle s'était chargée de remettre de l'ordre dans tous les 
documents de C______ SA avec l'aide de AE______. Ils s'étaient rendus compte 
qu'il manquait des pièces et que des sommes importantes avaient transité des 
comptes de C______ SA aux comptes de D______ SA. Il s'agissait toujours de 
montants ronds qui ne correspondaient à aucune facture de D______ SA. Elle avait 
également constaté que A______ avait effectué des prélèvements importants sur les 
comptes de D______ SA. Elle ignorait si certains employés étaient payés sans être 
déclarés mais ne pensait pas que cela avait été le cas. 

j.e. K______ (B0038 s) avait travaillé en tant qu'indépendant entre avril 2009 et juin 
2010 au sein de C______ SA et procédé à un audit de la société. Il avait été mandaté 
afin d′y mettre de l′ordre, dès lors qu′elle rencontrait des problèmes de 
fonctionnement. Il avait constaté des problèmes de comptabilité, au vu de l'arrivée 

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massive de rappels de paiements et de poursuites ainsi que du manque de suivi dans 
les commandes et les factures. Après le départ de A______, C______ SA avait fait 
appel à un comptable externe qui avait trié tous les papiers et saisi toute la 
comptabilité.  

Des sommes d'argent avaient transité des comptes de C______ SA vers ceux de 
D______ SA. Cela correspondait à la facturation de la main-d'œuvre de certains 
employés que les deux sociétés s'échangeaient. D______ SA ne clôturait pas sa 
comptabilité annuellement et n'avait jamais été révisée, si bien qu'il y avait beaucoup 
de retard dans le bouclement des comptes de C______ SA. Il avait constaté que les 
sommes virées sur le compte de D______ SA étaient prélevées le jour-même par 
A______. Il ignorait ce qu′il était advenu de cet argent et doutait du fait que 
quelqu′un eût pu lui demander de le retirer. Il avait entendu dire, de la bouche de 
E______ et de A______, que des employés de C______ SA avaient été payés "au 
noir". Cela s′était produit bien avant son arrivée dans la société.  

A______ effectuait tous les paiements de C______ SA par e-banking et disposait de 
tous les codes nécessaires à cet effet. E______ ne s'occupait pas du suivi 
administratif, ayant engagé A______, dans lequel il avait placé une confiance 
excessive, pour ce faire. Suite au départ de A______, E______ avait géré les 
paiements en collaboration avec ses techniciens. Il ne les effectuait cependant pas 
lui-même, l'informatique n'étant pas son fort. Lorsqu′il avait appris que certaines 
sommes avaient disparu, E______ avait refusé de le croire et de voir la réalité. 

j.f. AB______ (B0055 s) avait été engagée par C______ SA mais avait travaillé pour 
D______ SA de janvier 2007 à juin 2009. Elle s'occupait de la facturation de 
D______ SA, des devis et des salaires des employés, aidant aussi parfois sa collègue 
pour C______ SA. Elle s'occupait de toutes les démarches administratives suite à 
l′engagement du personnel de D______ SA, soit notamment les éventuelles 
demandes de permis et toutes les démarches relatives à l'AVS et à la LPP. Elle faisait 
des fiches de salaire officielles pour toutes les personnes qui travaillaient dans la 
société mais ne s'occupait pas du paiement des salaires. Elle ne savait pas s'il y avait 
eu des travailleurs non déclarés au sein de la société mais elle ne l′aurait pas su si 
cela avait le cas. Il arrivait que D______ SA engage du personnel pour de courtes 
périodes, notamment des étudiants pendant l'été. Ces derniers étaient déclarés et 
travaillaient tant pour D______ SA que pour C______ SA. Elle leur faisait des fiches 
de salaire et leurs cotisations sociales étaient payées. Il arrivait également que 
C______ SA prête du personnel à D______ SA en cas de besoin. 

j.g. AH______ (B0061 s) était actionnaire minoritaire de C______ SA. Il avait été 
impliqué dans la gestion financière de la société jusqu'en mars 2007 puis avait été 
tenu au courant de ses affaires jusqu'à sa faillite. A______ s'occupait seul, selon lui, 

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des paiements de la société. Il n′avait jamais été au courant du fait que E______ eut 
pu demander à A______ de prélever de l′argent en espèces pour payer des salaires. 

j.h. AE______ (B0063 s, C-136), administrateur de la société AI______ SA, avait 
été mandaté en qualité de réviseur par C______ SA pendant les deux années 
précédant sa faillite. Il avait également été mandaté pour refaire la comptabilité de 
D______ SA pour les années 2007-2008 ou 2008-2009. Il avait constaté de 
nombreux transferts d'argent depuis les comptes de C______ SA vers ceux de 
D______ SA. Il s′était également aperçu que des factures et des salaires avaient été 
payés par cette société et qu'une partie des factures avait aussi été payée par 
C______ SA. Il ignorait comment le paiement des salaires des employés de 
C______ SA était effectué mais selon lui, A______ s'en chargeait. Il pensait que 
E______ était au courant des transferts entre C______ SA et D______ SA pour 
l′année 2007, qui avaient été effectués pour lancer D______ SA. 

La comptabilité de C______ SA était une des pires qu'il lui avait été donné de voir en 
25 ans de métier. A______ lui avait expliqué, lors de sa première année de révision, 
que les transferts avaient été effectués afin de lancer D______ SA. Il n′avait 
cependant pas eu accès aux comptes de la société. Lors de sa seconde année de 
révision, il avait constaté que les sommes transférées sur les comptes de 
D______ SA avaient été immédiatement prélevées en espèces. Il avait tenté obtenir 
des explications de la part de A______, sans succès. Il lui avait demandé de fournir 
les comptes de C______ SA pour l'année 2008, que A______ ne lui avait remis que 
le 30 juin 2009, jour de son départ, malgré plusieurs relances. A______ lui avait 
donné tous les documents nécessaires pour la comptabilité pour l'année 2007, mais 
pas pour l'année 2008, si bien qu'il avait dû effectuer des recherches dans les bureaux 
avec les secrétaires.  

Entendu par le MP après la reprise de l′instruction (C-599), AE______ a précisé 
avoir refait toute la comptabilité de D______ SA pour les années 2007 à 2009. Cela 
lui avait permis de calculer les chiffres figurant dans la plainte. 

Les documents datés des 31 août 2009 et 31 octobre 2009 produits devant le TP 
n′étaient pas des factures mais des notes de débit, n'impliquant aucun transfert 
bancaire postérieur à leur établissement. Ils visaient à récapituler les salaires payés 
par C______ SA pour les employés de D______ SA pour les années 2007 à 2009. Il 
ne pensait pas que A______ les avaient faites, car elles dataient d′après son départ. 
Ces documents ne devaient pas être comptabilisés puisque cela avait déjà été fait par 
les transferts bancaires. 

j.i. J______ (B0065 s) avait été mis en contact avec E______ en 2008 afin d'acquérir 
de nouvelles sociétés. A la fin 2008 ou au début 2009, des problèmes financiers très 
importants étaient apparus au sein de C______ SA et on lui avait demandé d'essayer 
de trouver une solution. Il avait demandé à A______ de lui fournir les comptes de 
C______ SA, sans jamais réussir à les obtenir. Il avait constaté, en juin 2009, que 
A______, qui avait la signature individuelle lui permettant d'engager la société, 

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passait les écritures comptables de C______ SA. Celui-ci avait également une 
procuration pour effectuer des retraits sur le compte bancaire et les codes d'accès 
pour effectuer les paiements via internet. J______ avait expliqué à E______ que ce 
n'était pas une bonne chose. Il s'était retiré car la mission qui lui avait été confiée 
était irréalisable. 

j.j. AJ______ (B0067), indépendant, avait collaboré sur plusieurs chantiers avec 
C______ SA de 2006 à 2008. Il était en contact avec A______ au sujet des factures 
de sa société. Ce dernier était chargé du paiement des factures chez C______ SA.  

j.k. AK______ (C-638 ss), actif au sein de la société M______ SA, avait proposé 
une collaboration technique et commerciale à E______. M______ SA avait fourni 
deux types de prestations à C______ SA, soit un apport de clients et la réalisation de 
schémas techniques et de plans. Toutes les prestations facturées par M______ SA 
correspondaient à un travail effectué. Il n′avait jamais été question de procéder à des 
paiements de salaires non déclarés des employés de C______ SA. Il a contesté une 
surfacturation qui n'avait d'ailleurs pas été mise en évidence lors du contrôle fiscal 
dont M______ SA et C______ SA avaient fait l′objet. 

C. a.a. La juridiction d'appel a ordonné l'instruction de la cause par la voie écrite, avec 
l′accord des parties. 

a.b. A______ persiste dans ses conclusions.  

 Le TP avait violé la présomption d′innocence et le principe in dubio pro reo. 
E______ avait reçu un montant minimum de CHF 150′000.- sur les sommes 
prélevées du compte de D______ SA, ce qui laissait planer un doute suffisant quant à 
sa culpabilité. L′équipe de rugby évoquée au cours de la procédure n′avait pas pu être 
identifiée. Certains témoins, et même E______ avaient reconnu que les 
rémunérations non déclarées avaient existé. Il n′était pas surprenant que les employés 
entendus lors du complément d′instruction ne l′aient pas confirmé, dix ans après les 
faits. E______ avait déposé plainte pénale dans le but de se couvrir, n′ayant pas payé 
de charges sociales pour les salaires non déclarés.   

Le Tribunal fédéral avait reproché à la CPAR de s′être écartée des déclarations de 
A______ et d′avoir accordé du crédit à celles, pourtant non documentées, de 
E______. Or, celui-ci s′était encore contredit lors du complément d′instruction, ayant 
indiqué que tous les employés avaient été déclarés et qu′il avait eu recours à 
M______ SA pour payer des heures supplémentaires. Ces déclarations n′étaient pas 
conformes à celles de AK______, qui avait contesté tout problème de surfacturation. 

 L′instruction n′avait pas démontré que E______ lui avait délégué tous les pouvoirs 
financiers. Toutes les transactions étaient validées par le précité, qui avait reconnu 
que A______ lui montrait toutes les factures et qu′il était renseigné sur la situation 
comptable de C______ SA. Le Tribunal fédéral avait considéré que la condamnation 

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de A______ violait la présomption d′innocence et le TP ne pouvait se fonder sur le 
seul témoignage des employés entendus lors de la première instruction. L′instruction 
n′avait pas non plus permis d′établir qui décidait du paiement des salaires (mode de 
paiement et déclaration), ou des transferts des comptes de C______ SA vers celui de 
D______ SA.  

 A______ n′avait jamais contesté fréquenter occasionnellement les casinos. Aucun 
élément ne permettait cependant de quantifier ses visites dans ces établissements. Le 
fait qu′il eut retiré de l′argent près d′un casino ne démontrait pas qu′il l′aurait 
employé pour jouer. Quoiqu'il en soit, le Tribunal fédéral avait considéré que cet 
élément n′était pas probant.  

Il n′était pas surprenant que A______ ne se soit pas souvenu de certaines choses, lors 
du complément d′instruction, au vu du temps écoulé depuis les faits. Le MP n′avait 
pas procédé à la totalité des actes d′instruction complémentaire requis par le Tribunal 
fédéral. Les prélèvements sur le compte de D______ SA avaient été effectués à de 
très nombreuses reprises, sur plusieurs années. Il ne pouvait ainsi rien être tiré du 
remboursement d′une dette de CHF 10′000.- peu après certains retraits. 

 Les éléments constitutifs de l′infraction d′abus de confiance n′étaient pas réalisés. 
A______ bénéficiait d′une signature collective avec E______ sur les comptes de 
C______ SA et d′une signature individuelle sur le compte de D______ SA. Il avait 
en sa possession des valeurs incorporelles, soit des créances comptables telles des 
comptes bancaires. E______ gardait cependant son pouvoir de contrôle sur 
C______ SA. Il validait les transactions et était renseigné sur la situation financière 
de l′entreprise. Il s′occupait également du paiement des compléments de salaire 
occultes, en demandant à A______ de retirer de l′argent pour lui. 

 La procédure injustifiée dirigée à son encontre lui avait causé un grand préjudice 
moral. Il s′était trouvé dans un état de profonde inquiétude et de pression constante. 
Il avait manqué beaucoup d′opportunités professionnelles et avait dû orienter son 
choix de carrière vers des entreprises pour lesquelles il ne souhaitait pas réellement 
travailler. Il avait perdu plusieurs dizaines de milliers de francs par année et le MP 
avait mis cinq ans pour compléter l′instruction. Il convenait ainsi de lui allouer une 
indemnité à titre de tort moral.  

a.b. Me B______, défenseur d'office de A______, sollicite une indemnisation pour la 
procédure d'appel, correspondant à 17 heures d′activité d′avocat-stagiaire et deux 
heures et 30 minutes d′activité de chef d′étude pour la rédaction d′un mémoire 
d′appel de 26 pages.  

a.c. Les détails des honoraires d'avocats requis seront exposés et discutés, dans la 
mesure utile (cf. infra consid. 5.3). 

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 b. Le MP conclut au rejet de l′appel, frais à la charge de l′appelant. 

 E______ avait déclaré ne pas s′être aperçu des retraits effectués avant de souhaiter 
remettre sa société à J______. Il lui était difficile de vérifier régulièrement le solde 
des comptes de C______ SA, qui fluctuait constamment. Il ne s′était pas contredit 
pendant le complément d′instruction mais avait seulement précisé ses précédentes 
déclarations, selon lesquelles il ignorait le montant des salaires payés par 
C______ SA pour D______ SA, la correspondance bancaire, et la présentation des 
comptes étant réservées à A______, qui avait été engagé dans ce but. N′étant pas lui-
même en charge des aspects administratifs et financiers des sociétés, E______ avait 
fait confiance à son employé, et n′avait pas été en mesure de se rendre compte de ce 
que C______ SA payait à la fois ses employés et les factures présentées par 
D______ SA. 

 Le complément d′instruction avait permis d′obtenir des pièces supplémentaires qui 
expliquaient comment A______ avait procédé pour alimenter les comptes de 
D______ SA. L′établissement de la comptabilité par AE______ avait été le seul 
moyen de mettre à jour les prélèvements effectués par A______, qui n′avait lui-
même pas tenu de comptabilité. Six anciens employés avaient confirmé n′avoir 
jamais reçu une part de salaire non déclarée. A______ avait confirmé qu′il n′existait 
pas de comptabilité parallèle et varié dans ses déclarations, indiquant finalement qu′il 
n′y avait pas eu d′employé, mais uniquement des compléments de salaire, non 
déclarés. Les extraits du compte bancaire de l′appelant confirmaient sa culpabilité. 
Les éléments constitutifs de l′infraction d′abus de confiance étaient réunis.  

D. A______, de nationalité suisse, est né le ______ 1974. Il est célibataire et sans 
enfant. Il a suivi une formation du niveau de la maturité commerciale, puis une de 
______. Il a exercé une activité de comptabilité ou "reliée aux chiffres" durant 
l'essentiel de son parcours professionnel. Selon les informations disponibles au 
moment du jugement de première instance, il réside en Valais et travaille en qualité 
de responsable administratif et financier dans un ______ à 60%. Il perçoit un revenu 
d'environ CHF 4'300.- net. Il n'a plus de dettes. 

A teneur de son casier judiciaire suisse, il n'a aucun antécédent. 

EN DROIT : 

1. L'appel est recevable pour avoir été interjeté et motivé selon la forme et dans les 
délais prescrits (art. 398 et 399 du Code de procédure pénale [CPP]). 

 La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel (art. 404 
al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP). 

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2. 2.1. Le principe in dubio pro reo, qui découle de la présomption d'innocence, 
garantie par l'art. 6 ch. 2 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et 
des libertés fondamentales (CEDH) et, sur le plan interne, par les art. 32 al. 1 de la 
Constitution fédérale (Cst.) et 10 al. 3 CPP, concerne tant le fardeau de la preuve que 
l'appréciation des preuves au sens large (ATF 144 IV 345 consid. 2.2.3.1 ; ATF  
127 I 28 consid. 2a). En tant que règle sur le fardeau de la preuve, la présomption 
d'innocence signifie, au stade du jugement, que ce fardeau incombe à l'accusation et 
que le doute doit profiter au prévenu. La présomption d'innocence est violée lorsque 
le juge rend un verdict de culpabilité au seul motif que le prévenu n'a pas prouvé son 
innocence (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 40) ou encore lorsque le juge condamne le 
prévenu au seul motif que sa culpabilité est plus vraisemblable que son innocence. 
Comme règle d'appréciation des preuves, la présomption d'innocence signifie que le 
juge ne doit pas se déclarer convaincu de l'existence d'un fait défavorable à l'accusé 
si, d'un point de vue objectif, il existe des doutes quant à l'existence de ce fait. Il 
importe peu qu'il subsiste des doutes seulement abstraits et théoriques, qui sont 
toujours possibles, une certitude absolue ne pouvant être exigée. Il doit s'agir de 
doutes sérieux et irréductibles, c'est-à-dire de doutes qui s'imposent à l'esprit en 
fonction de la situation objective (ATF 144 IV 345 consid. 2.2.3.3). 

2.2.1. Commet un abus de confiance au sens de l'art. 138 ch. 1 al. 2 CP celui qui, 
sans droit, aura employé à son profit ou au profit d'un tiers, des valeurs patrimoniales 
qui lui avaient été confiées. 

Sur le plan objectif, l'infraction suppose qu'une valeur ait été confiée, autrement dit 
que l'auteur ait acquis la possibilité d'en disposer, mais que, conformément à un 
accord (exprès ou tacite) ou un autre rapport juridique, il ne puisse en faire qu'un 
usage déterminé, en d'autres termes, qu'il l'ait reçue à charge pour lui d'en disposer au 
gré d'un tiers, notamment de la conserver, de la gérer ou de la remettre (ATF  
133 IV 21 consid. 6.2 p. 27 ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_613/2016 et 6B_627/2016 
du 1er décembre 2016 consid. 4). Le comportement délictueux consiste à utiliser la 
valeur patrimoniale contrairement aux instructions reçues, en s'écartant de la 
destination fixée (ATF 129 IV 257 consid. 2.2.1 p. 259). L'alinéa 2 de l'art. 138 ch. 1 
CP ne protège pas la propriété, mais le droit de celui qui a confié la valeur 
patrimoniale à ce que celle-ci soit utilisée dans le but qu'il a assigné et conformément 
aux instructions qu'il a données ; est ainsi caractéristique de l'abus de confiance le 
comportement par lequel l'auteur démontre clairement sa volonté de ne pas respecter 
les droits de celui qui lui fait confiance (ATF 129 IV 257 consid. 2.2.1, p. 259 ; ATF 
121 IV 23 consid. 1c p. 25). Du point de vue subjectif, l'auteur doit avoir agi 
intentionnellement et dans un dessein d'enrichissement illégitime ou de procurer à un 
tiers un enrichissement illégitime (ATF 118 IV 27 consid. 2a p. 34 ; arrêts du 
Tribunal fédéral 6B_356/2016 du 6 mars 2017 consid. 2.1). 

Le Tribunal fédéral a considéré dans un arrêt 6B_446/2010 du 14 octobre 2010 que 
le patrimoine d'une société ne saurait être considéré comme confié à ses organes, 

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dans la mesure où elle le détenait et le gérait elle-même, bien qu'agissant par eux 
(consid. 6.3). En cas de détournement par un organe au préjudice d'une société 
anonyme, l'abus de confiance était partant exclu, la gestion déloyale étant réservée 
(ibidem). Il a cependant tempéré sa jurisprudence dans un arrêt ultérieur, selon lequel 
cette infraction est effectivement exclue lorsqu'un organe agit dans le cadre de sa 
propre activité (im Rahmen der Organtätigkeit) ou de l'activité commerciale de la 
société (bei Ausübung der Geschäftstätigkeit). Il en est autrement lorsque le 
comportement incriminé n'a aucun rapport avec l'activité commerciale de la société 
et que le seul but de l'organe est de s'approprier des objets ou valeurs patrimoniales à 
des fins d'enrichissement personnel. En d'autres termes, les actes sortant 
manifestement du cadre de l'activité d'un organe peuvent être constitutifs d'abus de 
confiance dans la mesure où l′auteur ne peut invoquer sa position afin de prétendre 
que les actifs de la société ne lui avaient pas été confiés (arrêt du Tribunal 
fédéral 6B_326/2012 du 14 janvier 2013 consid. 2.5.3). 

Une partie de la doctrine estime qu'en tout état, la personne morale confie à ses 
organes son patrimoine par le lien contractuel en vertu duquel elle leur transmet un 
pouvoir matériel et juridique de disposer du patrimoine commercial 
(A. MACALUSO / L. MOREILLON / N. QUELOZ (éds), Commentaire romand, 
Code pénal II, vol. II, Partie spéciale : art. 111-392 CP, Bâle 2017, n. 42 ad art. 138 
et les références citées). 

2.3. En l'espèce, il est établi, et admis par l′appelant, qu′il a procédé aux différents 
transferts du compte de C______ SA vers celui de D______ SA, puis aux retraits en 
espèces des montants de ce dernier compte, tels que décrits par l′acte d′accusation. 
Les parties proposent cependant deux versions complétement différentes du reste du 
dossier, notamment s′agissant des motifs qui ont poussé l′appelant à agir de la sorte 
et de la destination des montants prélevés. 

L′appelant allègue avoir effectué les transferts en accord avec E______, qui 
bénéficiait d′une signature collective sur le compte de C______ SA, puis aux retraits 
sur le compte de D______ SA à la demande expresse de celui-ci. Il prétend lui avoir 
remis la totalité de ces sommes en mains propres, dans le but de payer des salaires ou 
compléments de salaire non déclarés à des employés des sociétés.  

E______ soutient n′avoir pas été au courant du montant des transferts de 
C______ SA vers D______ SA, ni des prélèvements sur le compte de cette dernière, 
l′appelant ayant, selon lui, bénéficié seul des pouvoirs sur les comptes des sociétés. Il 
reconnaît que des employés ont pu toucher des compléments de salaire non déclarés, 
mais conteste que certains d′entre eux ont été entièrement payés de manière non 
déclarée. Il allègue enfin que l′appelant ne lui a pas remis les sommes retirées du 
compte de D______ SA, mais les a conservées, les compléments de salaire non 
déclarés n′ayant jamais été payés par D______ SA. 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/6B_326/2012

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Trancher entre ces deux versions nécessite l'examen de plusieurs questions. Il sera 
dans un premier temps déterminé quels étaient les pouvoirs effectifs de l′appelant sur 
les comptes des sociétés C______ SA et D______ SA (infra consid. 2.4.1). La 
question du paiement des salaires des employés sera ensuite abordée (infra 
consid. 2.4.2), et les connaissances de E______ de la situation financière des sociétés 
appréciées (infra consid. 2.4.3).  

Il sera revenu dans un second temps sur les différents éléments objectifs du dossier, 
notamment les comptes bancaires et leur analyse afin d′apprécier la crédibilité des 
deux hypothèses avancées et de déterminer la destination des fonds prélevés sur le 
compte de D______ SA (infra consid. 2.4.4).  

Des pouvoirs de l′appelant sur les comptes des sociétés 

2.4.1. Il sera tout d′abord retenu que l′appelant avait les pouvoirs d′effectuer, seul, 
des transactions depuis les comptes de C______ SA et de D______ SA, étant 
l′unique responsable des paiements pour ces sociétés.  

L′appelant bénéficiait de la signature individuelle sur le compte de D______ SA, 
dont il était l′administrateur. Il était ainsi en mesure d′effectuer de manière autonome 
toute opération pour cette société, ce qu′il ne conteste au demeurant pas. 

La CPAR a acquis la conviction que l′appelant bénéficiait également du pouvoir 
d′exécuter, seul, des paiements et transferts depuis les comptes de C______ SA, 
malgré la signature collective à deux inscrite dans les documents bancaires. 

E______ a allégué avec constance avoir délégué à l′appelant l′ensemble des pouvoirs 
financiers sur les sociétés, lui confiant ses codes d′accès pour effectuer les paiements 
de C______ SA. Cette hypothèse est appuyée par le contrat de travail de l′appelant, 
engagé en qualité de responsable administratif et financier et dont le cahier des 
charges prévoyait notamment qu′il s′occupe de la gestion de la comptabilité, du 
personnel, de la trésorerie et de la coordination financière. Elle a en outre été 
largement confirmée par les témoins entendus au cours de la procédure. Le témoin 
AG______ a affirmé que l′appelant se chargeait de tous les paiements pour 
C______ SA et a précisé l′avoir vu à plusieurs reprises effectuer des paiements par e-
banking depuis le compte de cette société, à l′aide de deux boitiers électroniques, 
conservés sur lui ou dans un tiroir fermé. Le témoin Y______ a indiqué avoir été 
formée par l′appelant à effectuer les paiements de C______ SA et a précisé que 
celui-ci détenait les codes d′accès sur les comptes de la société et était l′unique 
responsable des paiements qu′il effectuait par e-banking, sans que personne ne les 
contrôle. Selon l′attestation déposée, Y______ avait constaté que l′appelant disposait 
de ses propres accès bancaires (préparation des paiements) mais aussi de ceux de 
E______ (validation des paiements), l′appelant procédant aux deux opérations 

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simultanément pour effectuer un paiement. Les témoins K______ et J______ ont 
indiqué que l′appelant était en charge de tous les paiements pour C______ SA et 
disposait des codes d′accès à cet effet. Les témoins AG______ et K______ ont 
encore précisé que E______ n′était pas en mesure de procéder lui-même aux 
paiements par Internet, n′en ayant pas les capacités. Selon K______, E______ avait 
d′ailleurs dû, après le départ de l′appelant, s′entourer de ses techniciens pour gérer les 
paiements. Il ne les avait pas effectués lui-même, l′informatique n′étant pas son fort. 

Les déclarations de E______ ont également été, dans une certaine mesure, 
confirmées par l′appelant lui-même, qui a reconnu que son patron lui remettait ses 
codes d′accès aux comptes, à tout le moins pendant ses périodes de vacances. Enfin, 
plusieurs employés, certes, non-entendus au cours de la procédure, ont déposé des 
attestations, dans lesquelles ils ont affirmé que E______ avait donné à l′appelant tous 
ses codes d′accès bancaire, en particulier son "SecureID" [des banques].  

 Du paiement des salaires des employés 

2.4.2. Il est établi, par les déclarations de AE______, celles de l′appelant ainsi que 
par les extraits du compte H______ de C______ SA, que les salaires des employés 
de D______ SA mis à la disposition de C______ SA étaient payés directement par 
cette dernière. Il est encore établi que l′appelant était en charge du paiement des 
salaires des employés des deux sociétés. Il avait été engagé en qualité responsable 
administratif et financier et son contrat de travail prévoyait expressément qu′il devait 
s'occuper de la gestion de la comptabilité et du personnel, dont notamment, les 
salaires, les charges sociales et l′administration. Les témoins AE______ et Z______ 
ont confirmé que cette tâche était dévolue à l′appelant, qui s′en acquittait même lors 
de ses périodes de vacances. Le témoin K______ a confirmé que E______ ne 
s′occupait pas du suivi administratif des sociétés, ayant engagé l′appelant pour ce 
faire.  

Il est enfin établi, par les déclarations concordantes de l′appelant et de E______, 
corroborées dans une certaine mesure par celles des témoins AG______ et K______, 
qu′il a existé, à une période, une pratique consistant à payer une part de salaire non 
déclarée à certains employés. Les parties s′opposent toutefois s′agissant de la durée et 
de l′étendue de cette pratique. 

La CPAR retient, sur la base d′un faisceau d′indices concordants, que seuls des 
compléments de salaire non déclarés ont été versés à une partie des employés entre 
2007 et 2009, et non des salaires entiers, comme allégué par l′appelant au cours de la 
procédure.  

E______ a été constant sur ce point tout au long de ses auditions, jusque devant le 
MP lors du complément d′instruction. Le fait qu′il a évoqué, à cette occasion, des 

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heures supplémentaires non déclarées et non plus des compléments de salaire n′est 
pas en soi déterminant, dès lors qu′on comprend qu′il s′agit d′une part de 
rémunération supplémentaire au salaire de base, non déclarée. Au demeurant, la 
notion d′heure supplémentaire peut être inclue dans celle de complément de salaire. 
L′appelant a quant à lui varié dans ses explications à ce sujet. Il a d′abord indiqué que 
des employés avaient été engagés sans être déclarés. Il est ensuite revenu sur ses 
déclarations lors du complément d′instruction, en précisant que seules des parts de 
salaire avaient été payées "au noir", avant de finalement indiquer qu′il ignorait si 
certains employés n′avaient absolument pas été déclarés. Ses explications selon 
lesquelles il aurait lui-même touché une partie de sa rémunération de manière non 
déclarée ne sont pas crédibles, celui-ci ayant allégué, au gré de ses auditions, avoir 
touché ainsi un montant de CHF 10′000.-, puis de CHF 20′000.- à CHF 30′000.- 
annuellement.   

L′explication de l′appelant, selon laquelle une grande majorité des travailleurs 
temporaires n′avait jamais été déclarée a en outre été démentie par le témoin 
AB______, en charge des démarches auprès de l′AVS et de la LPP. Celle-ci a 
effectivement affirmé que le personnel engagé sur une courte période, de même que 
les étudiants engagés durant l′été étaient déclarés et bénéficiaient de ce fait de fiches 
de salaire, leurs charges sociales étant payées. 

Les jeunes sportifs prétendument non déclarés, évoqués au cours de la procédure 
n′ont pas pu être retrouvés lors du complément d′instruction. L′appelant invoque 
ainsi à raison qu′il ne saurait être retenu, sur la seule base de l′enquête de police, 
qu′ils n′ont jamais reçu tout ou partie de leur salaire de façon non déclarée. Son 
allégation relative à leur rémunération, qui aurait été selon lui payée "au noir" grâce 
aux retraits effectués sur le compte de D______ SA, se heurte cependant à d′autres 
éléments objectifs du dossier. On constate en effet que les prélèvements totaux 
opérés sur le compte de cette société durant les mois d′été 2007 à 2009 n′ont pas 
augmenté par rapport aux autres mois de l′année. Cela aurait pourtant dû être le cas, 
si, à suivre l′appelant, ces prélèvements avaient servi à rémunérer des étudiants non 
déclarés, en plus d′autres employés, pendant les vacances d′été. Or, en juillet et août 
2007, les prélèvements sur le compte de D______ SA se sont élevés à CHF 34′000.- 
et CHF 33′700.-, alors que les montants prélevés en septembre et octobre étaient 
largement supérieurs (CHF 48′500.- et 83′000.-). En été 2008, les montants prélevés 
ont été bien plus faibles que pour les autres mois (CHF 46′000.- en juillet et 
CHF 53′000.- en août), alors qu′ils s′élevaient pourtant à plus du double les mois 
précédent et suivants (CHF 95′000.- en juin et CHF 115′000.- en septembre). 

Enfin, l′audition, lors du complément d′instruction, de six anciens employés des 
sociétés a permis de déterminer que chacun d′eux (même si leur cas n′est pas 
forcément représentatif de la réalité de tous les employés) avait à tout le moins perçu 
une partie de son salaire de manière déclarée, ceux-ci ayant déposé des extraits 
bancaires ou des fiches de salaire tendant à le confirmer. Les déclarations de ces 

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employés, selon lesquelles ils n′auraient jamais perçu de rémunération 
complémentaire non-déclarée doit cependant être relativisée. On imagine 
effectivement aisément que ces témoins ont pu ne pas souhaiter expliquer à la police 
avoir perçu une telle rémunération occulte. Les extraits bancaires et fiches de salaire 
déposées ne sont au demeurant pas propres à l′exclure. Il paraît en effet logique qu′un 
complément de salaire non déclaré n′apparaisse pas sur une fiche de salaire, et n′ait 
pas été versé par virement bancaire. Le témoignage des frères AC______/AD______ 
s′écarte par ailleurs des déclarations de E______, qui a lui-même reconnu leur avoir 
versé une part de salaire non déclarée, notamment sous la forme d′indemnités pour 
frais, ce qui constitue au demeurant une pratique courante. 

De la connaissance de E______ de la situation financière des sociétés 

 2.4.3. Il n′est pas surprenant, en soi, que E______ a pu ignorer que des prélèvements 
importants étaient effectués chaque mois sur le compte de D______ SA. L′appelant 
bénéficiait de la signature individuelle sur ce compte et prenait directement 
connaissance de la correspondance bancaire. Le témoin AE______ a déclaré n′avoir 
pas eu accès, dans un premier temps, aux comptes de la société. Le témoin K______ 
a pour sa part indiqué que D______ SA ne clôturait pas sa comptabilité annuellement 
et n′avait jamais été révisée.  

En ce qui concerne C______ SA, E______ a reconnu avoir su que certains montants 
étaient versés à D______ SA, notamment dans le but de payer les salaires des 
employés. Il a cependant précisé qu′il ignorait le nombre et le montant exact des 
versements effectués.  

Il ressort, certes, des déclarations concordantes des parties, qu′elles discutaient de la 
situation financière des deux sociétés lors de séances régulières (au cours desquelles 
les chiffres étaient notamment évoqués), et que l′appelant soumettait les factures à 
E______, qui a reconnu qu′il "regardait" les comptes de C______ SA. On pourrait 
ainsi s′étonner du fait que l′intéressé n′a pas été alarmé par les multiples transferts sur 
le compte de D______ SA, ce d′autant plus que C______ SA rencontrait des 
difficultés, alors que les salaires des employés de D______ SA étaient déjà payés par 
C______ SA. Il ne parait toutefois pas invraisemblable que E______ a pu ne pas se 
rendre compte de la situation. 

On comprend d′abord, à travers plusieurs témoignages, que E______ n′examinait pas 
de manière approfondie les chiffres, transferts et comptes bancaires de C______ SA. 
Le témoin Z______ a expliqué que si E______ savait que des factures de D______ 
SA étaient payées depuis les comptes de C______ SA, il ne contrôlait cependant pas 
les montants versés. Selon son attestation déposée au dossier, l′appelant s′était en 
outre imposé comme dirigeant au sein de l′entreprise et avait géré et distribué le 
travail de telle manière qu′il était le seul à avoir une vision complète sur les comptes 

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des entreprises. AG______ a affirmé avoir assisté à des séances au cours desquelles 
l′appelant s′était montré rassurant au sujet de la situation financière de C______ SA, 
sans que ses propos ne soient cependant documentés. E______ a indiqué qu′il ne 
s′occupait pas des transactions entre C______ SA et D______ SA pour le paiement 
des salaires. Enfin, l′appelant a lui-même précisé, s′agissant des paiements, qu′il était 
possible que E______ n′eût pas prêté attention à ce qu′il signait, ce qui n′était pas son 
problème. Il ressort également des déclarations de E______, confirmées par plusieurs 
témoins, que celui-ci faisait entièrement confiance à l′appelant dans le cadre de ses 
activités, le témoin K______ ayant d′ailleurs précisé que cette confiance était 
excessive.  

 Il est ensuite nécessaire de rappeler que la comptabilité de C______ SA pour les 
années 2008 (et 2009) n′a pas été effectuée par l′appelant, malgré les demandes 
pressantes de E______, J______ et AE______ en ce sens, si bien que l′appelant a été 
menacé d′un dépôt de plainte à son encontre en juin 2009. La comptabilité 2008 de la 
société a finalement été remise à AE______ à la fin du contrat de travail de l′appelant 
seulement (fin juin 2009) et n′a pas été immédiatement exploitable puisque le témoin 
a été contraint de la reprendre intégralement et de procéder à des recherches avec les 
secrétaires dans les bureaux, dès lors que l′appelant ne lui avait pas fourni tous les 
documents utiles. Dans ces circonstances, il ne paraît guère surprenant que E______ 
n′était pas parfaitement au fait de la situation financière, des comptes, factures et 
autres transferts de C______ SA.  

A ceci s′ajoute le fait que les transactions opérées depuis les comptes H______ et 
G______ de C______ SA étaient nombreuses. Il n′est dès lors pas particulièrement 
singulier que E______ n′y eut accordé qu′une attention superficielle. Le versement 
de sommes rondes importantes à D______ SA aurait, certes, pu l′interpeler. Il ressort 
cependant de l′analyse des comptes de C______ SA que les échanges de ce type 
entre comptes bancaires étaient fréquents. Ainsi, les comptes H______ et G______ 
de la société se transféraient à de nombreuses reprises mensuellement des montants 
ronds d′une valeur bien supérieure à ceux versés sur le compte de D______ SA (par 
exemple 10 transferts pour un total de CHF 475′000.- en février 2009). Il n′est ainsi 
pas invraisemblable que E______ ait pu ne pas être alerté par des transferts du même 
type pour D______ SA.  

Enfin, s′il est incontesté que E______ était au courant que C______ SA rencontrait 
des difficultés financières, il apparaît cependant tout à fait crédible, au vu des 
éléments cités supra, qu′il ne se soit pas rendu compte immédiatement de la source 
de ces problèmes. Les témoins AG______, Y______ et K______ ont unanimement 
déclaré que les transferts de C______ SA vers D______ SA et les retraits sur le 
compte de cette dernière avaient été découverts après le départ de l′appelant. On 
peine par ailleurs à comprendre quel aurait été l′intérêt, pour E______, de faire appel 
à J______ et K______ dans le but de mettre de l′ordre dans la société et d′effectuer 
un audit s′il avait été au courant de l′origine de ses problèmes financiers. Il aurait en 

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outre été particulièrement risqué de recourir à l′aide de ces deux personnes, externes 
à la société, dans le but de faire la lumière sur les comptes et problèmes financiers de 
C______ SA, si E______ avait effectivement cautionné, comme l′appelant le 
soutient, que des centaines de milliers de francs soient versés à de nombreux 
employés à titre de salaire non déclaré.  

De la destination des fonds prélevés sur le compte de D______ SA  

2.4.4. L′appelant ne conteste pas avoir lui-même procédé aux virements du compte 
de C______ SA vers celui de D______ SA et aux retraits opérés sur celui de cette 
dernière société. Il reste cependant à déterminer ce qu′il est advenu des fonds ainsi 
retirés, soit en particulier s′ils ont, comme l′allègue l′appelant, été remis dans leur 
intégralité à E______ dans le but de payer des salaires non déclarés ou s′ils ont, 
comme l′affirme E______, été conservés par l′appelant à des fins personnelles. 

Sur la base d′un faisceau d′indices convergents, la CPAR a acquis la conviction, au-
delà de tout doute raisonnable, que l′appelant a effectué à tout le moins une partie des 
virements depuis C______ SA et des prélèvements du compte de D______ SA 
contre la volonté de E______, utilisant les fonds ainsi obtenus à des fins personnelles 

Cette conviction repose sur les éléments suivants (consid. 2.4.4.1 à 2.4.4.5). 

2.4.4.1. Les prélèvements opérés sur le compte de D______ SA entre le 21 mars 
2007 et le 30 septembre 2009 étaient constitués de sommes rondes, ce qui paraît déjà 
surprenant, s′il s′agissait de payer en liquide des compléments de salaire. Les 
montants retirés ont en outre largement varié selon les prélèvements (CHF 800.- 
jusqu′à CHF 40′000.-), mais aussi de mois en mois, ce qui tend à décrédibiliser la 
version de l′appelant. A suivre son hypothèse du paiement régulier de salaires "au 
noir", le total des prélèvements aurait dû être approximativement le même 
mensuellement. Or, ceux-ci ont parfois varié du simple au double au gré des mois. 
Ainsi, les prélèvements ont totalisé CHF 63′500.-, CHF 46′300.- et CHF 59′000.- en 
février, mars et avril 2008, puis CHF 104′000.- et CHF 95′000.- en mai et juin 2008, 
avant de redescendre à CHF 46′000 et CHF 53′000.- les mois suivants. De même, en 
2009, les prélèvements se sont élevés à CHF 156′600.- en janvier, puis CHF 51′600.- 
et CHF 57′200.- en février et mars, avant de culminer à CHF 109′000.- en avril.   

La fréquence et la date des prélèvements interpellent également. On peine à 
comprendre pourquoi, à suivre l′hypothèse de l′appelant, E______ aurait sollicité le 
retrait de plusieurs petits montants en espèces (par exemple neuf retraits en juin 2008 
pour un total de CHF 95′000.-) s′il s′agissait de payer des salaires non déclarés, celui-
ci ayant tout intérêt à procéder à un seul prélèvement mensuel sur le compte, qu′il 
aurait ensuite pu répartir entre ses employés, dont il devait connaître à l′avance le 
montant du salaire à payer. Cette manière de procéder étonne d′autant plus que les 

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retraits étaient parfois effectués à quelques jours d′intervalle seulement (ex : les 6, 9 
10, 17, 19, 20, 21, 23 et 25 juin 2008) et à des dates aléatoires, ne correspondant pas 
aux périodes usuelles de versement des salaires (début ou fin d′un mois). 

L′absence de quittance signée par E______ suite à la prétendue remise par son 
employé de l′argent prélevé constitue un indice supplémentaire en défaveur de la 
version de l′appelant. Il paraît en effet difficilement concevable que l′appelant, 
comptable aguerri, n′eût jamais songé à demander quittance à son employeur des 
sommes prétendument remises, au vu des montants colossaux (ayant plusieurs fois 
dépassé les CHF 100′000.- mensuels) dont il était question. L′absence de 
comptabilité parallèle relative aux retraits du compte de D______ SA pour le 
paiement des salaires prétendument non déclarés conforte cette appréciation. Il 
semble effectivement surprenant qu′une société qui aurait versé, selon l′hypothèse de 
l′appelant, jusqu′à parfois CHF 150′000.- de compléments de salaire non déclarés par 
mois, ne garde aucune trace des montants ainsi distribués, celle-ci s′exposant à verser 
plusieurs fois un complément de salaire au même employé dans le cas où l′un deux 
l′aurait réclamé, faute de pouvoir déterminer à qui elle avait déjà payé quel montant. 

A cela s′ajoute le fait que certains témoins se sont eux-mêmes montrés peu 
convaincus de la théorie avancée par l′appelant. Le témoin K______ a ainsi indiqué 
douter du fait que quelqu′un eut pu demander à l′appelant de retirer l′argent de 
D______ SA et a précisé que E______ avait dans un premier temps refusé de voir la 
réalité et de croire que de l′argent avait disparu. Le témoin AH______, actionnaire de 
C______ SA, n′avait, pour sa part, pas été mis au courant de ce que E______ eut pu 
demander à l′appelant de retirer de l′argent en espèces pour payer des salaires. 

E______ a reconnu que des compléments de salaire non déclarés avaient été versés à 
certains employés. Il a cependant précisé que ces montants avaient été prélevés sur le 
compte G______ de C______ SA, en espèces ou au moyen de chèques et non sur 
celui de D______ SA. Cette explication fait sens, dans la mesure où les salaires 
d′employés prêtés par D______ SA devaient être (et étaient dans les faits) versés par 
C______ SA, et non par D______ SA. L′analyse des comptes de C______ SA a par 
ailleurs permis de mettre en lumière plusieurs retraits en espèces sur le compte 
G______ entre 2007 et fin 2008, pour un montant total de près de CHF 100′000.-, et 
de nombreux chèques au débit du compte H______ ce qui tend à crédibiliser cette 
explication.  

Les lieux où ont été effectués certains retraits constituent un indice supplémentaire. 
Les prélèvements opérés à P______ [VS], R______ [ZH] ou T______ [VD] 
s′expliquent difficilement dans le cadre de la théorie de l′appelant, quand bien même 
celui-ci avait des attaches en ces endroits. On peine en effet à comprendre pourquoi 
l′appelant aurait pris le risque de retirer des sommes aussi importantes dans des lieux 
aussi éloignés, dans le but de les transporter ensuite à Genève pour les remettre à 

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E______, alors qu′il pouvait tout aussi bien attendre d′être revenu sur place pour 
retirer de l′argent.  

Enfin, les prélèvements en espèces sur le compte de D______ SA ont très fortement 
diminué (voire cessé pour certains mois) à partir d′octobre 2009, après que l′appelant 
a été démis de ses fonctions d′administrateur. Aucun prélèvement n′a eu lieu en 
novembre 2009, ni de janvier à avril 2010. Les retraits opérés sur le compte en 
décembre 2009 l′ont été pour des sommes très précises (CHF 2′106, CHF 10′369.50, 
CHF 2′059.55 ou CHF 5′407.-) et non des chiffres ronds, comme cela avait été le cas 
jusqu′alors. 

Les documents datés des 31 août 2009 et 31 octobre 2009 produits devant le TP ne 
sont pas déterminants. On ignore qui les a rédigés et quelle partie les a produits, le 
procès-verbal et la mention sur l′annexe étant contradictoires. En tout état, 
AE______ a expliqué qu′il ne s′agissait pas de factures mais de simples notes de 
débit n'impliquant aucun transfert bancaire postérieur à leur établissement, qui 
visaient à récapituler les salaires payés par C______ SA pour les employés de 
D______ SA pour les années 2007 à 2009.  

2.4.4.2. Il est établi par les déclarations concordantes des parties que C______ SA a 
subi un contrôle fiscal que l′appelant situe à mars 2007. Il est également établi que la 
société avait un accord, à une certaine période, avec la société M______ SA dans le 
but de dégager des liquidités pour le paiement de compléments de salaires non 
déclarés. On comprend des déclarations des parties, qu′il s′agissait, pour M______ 
SA, de facturer des montants fictifs à C______ SA (d′un total de CHF 100′000.- 
environ), qui étaient ensuite remboursés en espèces, dans le but de renflouer le 
compte actionnaire de E______, depuis lequel étaient payés les compléments de 
salaire non déclarés. Les déclarations du témoin AK______, selon lesquelles 
M______ SA n′avait pas participé au paiement de salaires non déclarés pour 
C______ SA, contestant toute surfacturation, ne sont pas crédibles et seront partant 
écartées. Tant l′appelant que E______ ont évoqué l′utilisation de M______ SA dans 
ce but. Le témoin, actif dans la société M______ SA, avait en outre de bonnes 
raisons de taire l′implication de ladite société dans cette affaire.  

On ignore, au-delà des déclarations des parties, quel était le système exact mis en 
place avec M______ SA, et quelle en a été sa durée, étant toutefois précisé qu′on 
trouve la trace, dans les comptes de C______ SA, d′un versement de CHF 65′636.- 
au profit de cette société en février 2007. 

L′appelant a allégué que le système de fausses factures avec M______ SA avait été 
abandonné suite au contrôle fiscal, au profit des versements sur le compte de 
D______ SA, dans le but de continuer à verser des parts de salaires non déclarées 
aux employés, l′objectif étant de "retravailler" avec M______ SA après la fin du 
contrôle fiscal et de refai