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**Case Identifier:** 07f148bc-1355-56ee-bed3-c604814fd992
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-10-15
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Assistance Juridique 15.10.2015 AC/950/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_005_AC-950-2015_2015-10-15.pdf

## Full Text

Notification conforme, par pli recommandé du commis-greffier du 16 octobre 2015 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

AC/950/2015 DAAJ/77/2015 

COUR DE JUSTICE 

Assistance judiciaire 

DECISION DU JEUDI 15 OCTOBRE 2015 

 

 

Statuant sur le recours déposé par : 

 

A______, domicilié ______, (GE), 

 

contre la décision du 16 juin 2015 du Vice-président du Tribunal civil. 

 

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AC/950/2015 

EN FAIT 

A. a. Par jugement du ______ 1997, la Cour correctionnelle a condamné A______ 
(ci-après : le recourant) notamment pour séquestration et enlèvement, pour avoir 

emmené ses filles par la force de Genève en ______. 

b. Le 18 avril 2011, le recourant a demandé à la Chambre pénale d'appel et de révision 
de lui nommer un avocat d'office pour déposer une demande en révision de ce jugement. 

c. Par ordonnance du 23 mai 2011, le Président de la Chambre pénale d'appel et de 
révision a ordonné la défense d'office en faveur du recourant en la personne de  

Me B______, avocat.  

d. Le 15 décembre 2011, Me B______ a établi un avis de droit étayé concluant qu'aucun 
moyen de fait ou de preuve nouveau ne permettait de requérir la révision du jugement 

de la Cour correctionnelle. 

e. Par courrier du 30 juillet 2012, le recourant a contesté l'analyse de Me B______, en se 
fondant sur un avis de droit obtenu au mois de mars 2011 de l'Institut suisse de droit 

comparé. Selon le recourant, l'avis de droit de l'Institut suisse de droit comparé 

permettait de remettre en cause la compétence du juge genevois qui avait attribué la 

garde sur ses filles à leur mère sur mesures pré-provisoires et pouvait conduire à la 

révision du jugement de la Cour correctionnelle. 

f. Par courrier du 4 octobre 2012, Me B______ a informé son client qu'il confirmait 
néanmoins son avis initial. 

g. Statuant sur une demande du recourant, la Chambre pénale d'appel et de révision a 
refusé, par ordonnance du 28 janvier 2013, de lui nommer un nouvel avocat d'office, au 

motif qu'une demande en révision était a priori vouée à l'échec, Me B______ étant par 

ailleurs relevé de sa mission. 

B. a. Par courrier du 19 novembre 2014, le recourant a dénoncé Me B______ à la 
Commission du barreau, reprochant à celui-ci d'avoir manqué de diligence dans le 

traitement de son dossier et d'avoir ainsi violé l'art. 12 let. a LLCA. 

 b. Par décision rendue le 16 février 2015 (dossier no 105/14), dont une copie intégrale a 
été communiquée au recourant, la Commission du barreau a classé la procédure. Il a été 

retenu que Me B______ avait procédé avec toute la diligence que l'on pouvait attendre 

d'un avocat, à une analyse soigneuse du dossier sur le plan des faits comme du droit 

pour conclure qu'il n'y avait pas matière à déposer une demande en révision.  

Me B______ avait persisté dans cette analyse après avoir pris connaissance des griefs 

exposés par son client. 

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AC/950/2015 

 c. Le 24 février 2015, le recourant a déposé un recours contre cette décision auprès de la 
Chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : CJCA), concluant, 

préalablement, à ce que la CJCA "ordonne les mesures probatoires sollicitées pour saisir 

le dossier 105/14 auprès de la Commission du Barreau et mandater l'Institut suisse de 

droit comparé à la mission de clarifier la teneur de son avis de droit 10-112 du 31 mars 

2011 sur lequel l'analyse de Me B______ s'est fondé en dépit d'indications 

contradictoires données par l'auteur dudit avis". Principalement, il prend de nombreuses 

conclusions dont l'annulation de la décision de la Commission du barreau et le renvoi de 

la cause pour le prononcé d'une sanction disciplinaire à Me B______. 

 Le recourant soutient avoir un intérêt à la constatation des manquements de  
Me B______ en vue d'obtenir l'annulation de la révocation de sa défense d'office et de 

bénéficier de l'assistance d'un autre avocat pour une demande de révision pénale, sa 

réhabilitation pénale représentant son intérêt juridique concret. 

d. Dans ses observations complémentaires du 1er avril 2015, le recourant a soutenu avoir 
un intérêt à obtenir une réhabilitation pénale et des dommages et intérêts pour les années 

passées en prison. 

C. a. Le 27 mars 2015, A______ a sollicité l'assistance juridique pour son recours devant 
la CJCA. 

b. Par décision du 16 juin 2015, le Vice-président du Tribunal civil a rejeté la requête 
d'assistance juridique précitée, au motif que les chances de succès du recours interjeté 

devant la CJCA semblaient nulles. Le recourant n'avait pas la qualité pour recourir 

contre la décision de la Commission du barreau et ses reproches à l'égard de  

Me B______ ne relevaient pas de la procédure disciplinaire dont celle-ci s'occupait. 

D. a. Recours est formé contre cette décision, par acte déposé le 6 juillet 2015 au greffe de 
la Cour de justice. Le recourant conclut à ce qu'il soit dit et constaté qu'il dispose d'un 

intérêt digne de protection et de la qualité de partie pour recourir contre la décision de la 

Commission du Barreau, à ce que la décision lui refusant l'assistance juridique soit 

annulée et à ce que l'assistance juridique lui soit octroyée pour "ladite procédure civile 

visant une action en responsabilité contre l'Etat", Me Karim RAMADAN devant être 

désigné pour représenter ses intérêts à la procédure administrative et une indemnité de 

procédure devant être attribuée au recourant pour ses frais, s'élevant à 200 fr. 

Le recourant fait grief au Vice-président du Tribunal civil d'avoir établi les faits de 

manière incomplète – en ne retenant pas les nombreux éléments fondant, selon lui, une 

demande de révision pénale – et d'avoir violé la loi en niant les chances de succès de 

son recours. Il invoque comme intérêt digne de protection à recourir contre la décision 

de la Commission du barreau celui d'obtenir la "restitution de l'assistance juridique". 

Selon lui, celle-ci avait été révoquée par la faute de Me B______, soit sur la base de son 

avis de droit.  

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AC/950/2015 

Le recourant produit des pièces nouvelles, soit un avis de droit du 31 mars 2011 établi 

par l'Institut suisse de droit comparé, un courrier du 3 juin 2011 de ce même institut et 

un courrier adressé par le recourant à son ancien conseil le 9 juin 2011. 

b. Le Vice-président du Tribunal civil a renoncé à formuler des observations. 

EN DROIT 

1. 1.1. La décision entreprise est sujette à recours auprès du président de la Cour de justice 
en tant qu'elle refuse l'assistance juridique (art. 10 al. 3 LPA), compétence déléguée au 

vice-président soussigné (art. 29 al. 5 LOJ ; arrêt du Tribunal fédéral 2D_6/2012 du  

31 juillet 2012 consid. 2). Le recours, écrit et motivé, est introduit auprès de l'instance 

de recours dans un délai de 30 jours (art. 10 al. 3 LPA, 130, 131 et 321 al. 1 CPC, 

applicables par renvoi des art. 10 al. 4 LPA et 8 al. 3 RAJ ; arrêt du Tribunal fédéral 

1B_171/2011 du 15 juin 2011 consid. 2.2). 

1.2. En l'espèce, le recours est recevable pour avoir été interjeté dans le délai utile et en 
la forme écrite prescrite par la loi. Malgré la mention, dans les conclusions de l'appelant, 

d'une action en responsabilité de l'Etat, l'autorité de céans comprend que le recourant 

sollicite l'assistance juridique pour un recours devant la CJCA, étant précisé que pour 

toute autre procédure, il lui appartient de déposer une nouvelle requête auprès du greffe 

de l'assistance juridique. 

1.3. Lorsque la Cour est saisie d'un recours (art. 10 al. 3 LPA), son pouvoir d'examen est 
limité à la violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits  

(art. 320 CPC, applicable par renvoi de l'art. 8 al. 3 RAJ ; arrêt du Tribunal fédéral 

1B_171/2011 précité). Il appartient en particulier au recourant de motiver en droit son 

recours et de démontrer l'arbitraire des faits retenus par l'instance inférieure (HOHL, 

Procédure civile, tome II, 2
ème

 éd., n. 2513-2515). 

1.4. Il n'y a pas lieu d'entendre le recourant, celui-ci ne le sollicitant pas et le dossier 
contenant suffisamment d'éléments pour statuer (art. 10 al. 3 LPA ; arrêt du Tribunal 

fédéral 2D_6/2012 du 31 juillet 2012 consid. 3). 

2. A teneur l'art. 326 al. 1 CPC, les conclusions et les allégations de faits nouvelles sont 
irrecevables dans le cadre d'une procédure de recours. 

Par conséquent, les pièces nouvelles produites avec le recours sont écartées de la 

procédure. 

3. 3.1. Reprenant l'art. 29 al. 3 Cst., l'art. 117 CPC prévoit que toute personne qui ne 
dispose pas de ressources suffisantes a droit à l'assistance judiciaire à moins que sa 

cause paraisse dépourvue de toute chance de succès. 

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AC/950/2015 

Un procès est dépourvu de chances de succès lorsque les perspectives de le gagner sont 

notablement plus faibles que les risques de le perdre, et qu'elles ne peuvent donc être 

considérées comme sérieuses, de sorte qu'une personne raisonnable et de condition aisée 

renoncerait à s'y engager en raison des frais qu'elle s'exposerait à devoir supporter ; en 

revanche, une demande ne doit pas être considérée comme dépourvue de toute chance 

de succès lorsque les perspectives de gain et les risques d'échec s'équilibrent à peu près 

ou lorsque les premières sont seulement un peu plus faibles que les seconds. Ce qui est 

déterminant est de savoir si une partie, qui disposerait des ressources financières 

nécessaires, se lancerait ou non dans le procès après une analyse raisonnable. Une partie 

ne doit pas pouvoir mener un procès qu'elle ne conduirait pas à ses frais, uniquement 

parce qu'il ne lui coûte rien (ATF 138 III 217 consid. 2.2.4 ; 133 III 614 consid. 5 ; 

129 I 129 consid. 2.3.1 ; ATF 128 I 225 consid. 2.5.3). 

La situation doit être appréciée à la date du dépôt de la requête et sur la base d'un 

examen sommaire (ATF 138 III 217 consid. 2.2.4 ; 133 III 614 consid. 5). 

3.2. La procédure de recours en matière administrative est régie par les art. 57ss LPA. 

La qualité pour recourir est régie par l'art. 60 LPA, aux termes duquel ont cette qualité 

les parties à la procédure qui a abouti à la décision attaquée (al. 1 let. a) et toute 

personne qui est touchée directement par une décision et a un intérêt personnel digne de 

protection à ce que l'acte soit annulé ou modifié (al. 1 let. b). 

Les dénonciations à la Commission du barreau sont soumises aux art. 42 ss LPAv, dont 

il résulte que le dénonciateur n'a pas la qualité de partie dans ces procédures, qui sont 

soumises à la LPA, dans la mesure où le LPAv n'y déroge pas (art. 49 LPAv). 

 Dans une procédure non contentieuse, la seule qualité de plaignant ou de dénonciateur 

ne donne pas le droit de recourir contre la décision prise ; le plaignant ou le 

dénonciateur doit encore pouvoir invoquer un intérêt digne de protection à ce que 

l'autorité de surveillance intervienne. La jurisprudence a ainsi dénié la qualité pour 

recourir au plaignant dans le cadre d'une procédure disciplinaire dirigée contre un 

avocat, considérant que celui-là n'avait pas un intérêt propre et digne de protection à 

demander une sanction disciplinaire à l'encontre de l'avocat pour une éventuelle 

violation de ses obligations professionnelles. En effet, la procédure de surveillance 

disciplinaire des avocats a pour but d'assurer l'exercice correct de la profession par les 

avocats et de préserver la confiance du public à leur égard, et non de défendre les 

intérêts privés des particuliers (ATF 138 II 162 consid. 2.1.2). 

 Le Tribunal fédéral a néanmoins retenu qu'une décision qui prononce une interdiction 

de postuler à l'égard d'un avocat prive le justiciable de l'avocat de son choix et le touche 

ainsi directement et concrètement. Il en va de même d'une décision qui conclut à 

l'absence de conflit d'intérêts et contraint donc le dénonciateur à voir un ancien 

mandataire représenter la partie adverse (idem consid. 2.5.2). 

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AC/950/2015 

 L'intérêt à obtenir un jugement favorable doit être personnel, direct, immédiat et actuel 

(ATA/855/2014 du 4 novembre 2014). L'existence d'un intérêt digne de protection 

présuppose que la situation de fait ou de droit du recourant puisse être influencée par 

l'annulation ou la modification de l'arrêt attaqué, ce qu'il lui appartient d'établir (ATF 

120 Ib 431 consid. 1 p. 433). 

3.3. En l'espèce, en sa qualité de dénonciateur, le recourant n'était pas partie à la 
procédure devant la Commission du barreau. On ne peut donc pas lui reconnaître la 

qualité pour recourir devant la CJCA sur la base de l'art. 60 al. 1 let. a LPA.  

Il convient de déterminer s'il réunit les conditions de l'art. 60 al. 1 let. b LPA. 

Le recourant invoque comme intérêt à ce que la décision de la Commission du barreau 

soit annulée et à ce que les prétendus manquements de son avocat soient constatés celui 

de pouvoir bénéficier d'un nouvel avocat d'office et d'obtenir ainsi la révision du 

jugement de la Cour correctionnelle et des dommages et intérêts. Cependant, le recours 

devant la CJCA et la demande en révision sont deux procédures totalement distinctes et 

indépendantes, chacune soumise à ses conditions propres. Une éventuelle violation du 

devoir de diligence de l'ancien avocat du recourant n'est a priori pas de nature à avoir un 

quelconque effet sur l'issue d'une demande de révision du jugement de la Cour 

correctionnelle. La décision de la Commision du barreau ne touche donc pas le 

recourant de manière directe, ce à quoi s'ajoute que l'intérêt invoqué n'est pas immédiat. 

Par conséquent, le recourant n'a pas d'intérêt personnel digne de protection au sens de 

l'art. 60 al. 1 let. b LPA. Il n'a pas, dès lors, la qualité pour recourir contre la décision de 

la Commission du barreau. 

De surcroît, c'est apparemment avant tout l'analyse de son ancien avocat que le 

recourant reproche à celui-ci. Cependant, un désaccord sur les éléments pertinents et/ou 

les conclusions d'une analyse d'un dossier n'est pas du ressort de la Commission du 

barreau, qui statue sur les manquements aux devoirs professionnels des avocats (art. 43 

LPAv). 

L'autorité de première instance a uniquement retenu les éléments pertinents pour 

pouvoir procéder à l'examen sommaire des chances de succès du recours auprès de la 

CJCA. C'est à juste titre qu'elle a procédé de la sorte, les faits étant établis de manière 

complète de ce point de vue. 

Par ailleurs, l'autorité de première instance n'a pas violé la loi, dès lors que le recours 

devant la CJCA semble dépourvu de chances de succès au vu des éléments qui 

précèdent. 

Par conséquent, le recours sera rejeté.  

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AC/950/2015 

4. Sauf exceptions non réalisées en l'espèce, il n'est pas perçu de frais judiciaires pour la 
procédure d'assistance juridique (art. 119 al. 6 CPC). Par ailleurs, il n'y a pas lieu à 

l'octroi de dépens pour l'instance de recours, l'octroi d'une indemnité pour les démarches 

effectuées ne se justifiant pas (art. 95 al. 3 let. c CPC). 

* * * * * 

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AC/950/2015 

PAR CES MOTIFS, 

LE VICE-PRÉSIDENT DE LA COUR : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours formé par A______ contre la décision rendue le 16 juin 2015 par 

le Vice-président du Tribunal civil dans la cause AC/950/2015. 

Au fond : 

Le rejette. 

Déboute A______ de toutes autres conclusions. 

Dit qu'il n'est pas perçu de frais judiciaires pour le recours. 

Notifie une copie de la présente décision à A______ (art. 327 al. 5 CPC et 8 al. 3 RAJ). 

Siégeant : 

Monsieur Jean-Marc STRUBIN, vice-président; Monsieur David VAZQUEZ, commis-greffier. 

 

Le vice-président : 

Jean-Marc STRUBIN 

 Le commis-greffier : 

David VAZQUEZ 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110), la 

présente décision incidente peut être portée dans les trente jours qui suivent sa notification avec expédition 

complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du recours en matière de droit public. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.