# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** d4dca32f-59e3-5a82-824e-338d50f2a303
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-04-29
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 29.04.2008 A/4603/2007
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-4603-2007_2008-04-29.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/4603/2007-BARR ATA/199/2008  

DÉCISION 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 29 avril 2008 

sur demande de récusation 

 

dans la cause 

 

Monsieur M______, avocat 
  

contre 

Monsieur F______ 
 

 

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A/4603/2007 

EN FAIT 

1.  Par décision du 1er octobre 2007, la commission du barreau (ci-après : 
la commission) a prononcé un blâme à l’encontre de Monsieur M______, avocat. 

2.  M. M______ a saisi le Tribunal administratif d’un recours contre la décision 
précitée par acte du 26 novembre 2007. Il conclut à l’annulation de la mesure 
entreprise. 

3.  Dans ses observations du 7 janvier 2008, la commission a déclaré persister 
dans sa décision. 

4.  Dans le cadre de l’instruction de la cause, le juge rapporteur F_______ a 
sollicité, le 10 janvier 2008, l’apport de deux causes pendantes devant le Tribunal 
des baux et loyers. Il précisait agir « en sa qualité de juge délégué à la cause 
opposant M. M______ à la commission du barreau ». 

  Dans un courrier identique daté du même jour, le juge F______ a sollicité 
du Procureur général l’accès à une procédure pénale en cours. 

  Les parties ont reçu copie de ces mesures d’instruction. 

5.  Le 28 janvier 2008, dans un courrier adressé au Président du Tribunal 
administratif, M. M______ a sollicité la récusation du juge F______. En 
s’adressant au greffe du Tribunal des baux et loyers pour demander l’accès à des 
procédures et cela dans les termes susmentionnés, le juge F______ avait manifesté 
de la sorte de la haine à son endroit. 

6.  Le 30 janvier 2008, la vice-présidente du Tribunal administratif a imparti un 
délai au 28 février 2008 à Monsieur le Procureur général et au juge F______ pour 
présenter leurs observations. 

7.  Le juge F______ s’est déterminé le 15 février 2008. Dans son acte de 
recours devant le Tribunal administratif, M. M______ indiquait lui-même les 
numéros de cause à propos desquelles il avait été dénoncé à la commission. Afin 
de pouvoir contrôler la décision attaquée, le juge délégué à l’instruction de la 
cause avait demandé l’apport des procédures civiles, déférant en cela à la 
demande du recourant. 

  Il paraissait difficile de considérer que sa démarche allant dans le sens des 
conclusions préalables prises par le recourant lui-même, puisse constituer une 
manifestation de haine à l’égard de celui-ci, voire de faveur à l’égard de l’autorité 
intimée. 

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A/4603/2007 

  Il conclut au rejet de la demande de récusation. 

8.  Par pli du 14 mars 2008, le Procureur général a conclu au rejet de la 
demande dans la mesure où elle serait recevable. Il appuyait intégralement les 
observations du juge concerné, relevant à l’instar de ce dernier, l’absence 
complète de motifs de récusation. 

9.  Copie des observations du juge F______ ainsi que de celles du Procureur 
général ont été transmises aux parties pour information. 

10.  Dans le délai qui lui était imparti, M. M______ a présenté ses observations. 
« En portant à la connaissance de tiers, qui n’avaient pas à en être informé, des 
informations dont il avait connaissance dans l’exercice de ses fonctions, le juge 
F______ avait violé le secret de fonction. Trois voies pour agir lui paraissaient 
ouvertes soit la demande de récusation, la plainte au Conseil supérieur de la 
magistrature et la plainte pénale. Il avait choisi celle qui lui semblait comporter le 
moins de vagues, la porte n’étant cependant pas encore fermée aux autres. De 
toute manière, il ne lui avait pas échappé que les délais qui avaient couru faisaient 
que l’intéressé ne pourra pas demeurer en charge de ce dossier. Sa réponse ne 
pouvait dès lors pas avoir d’influence sur ce fait et elle pouvait partant se limiter à 
être purement formelle ». 

EN DROIT 

1.  Selon l’article 98 alinéa 2 de la loi sur l’organisation judiciaire du 
22 novembre 1941 (LOJ - E 2 05), la requête comportant une demande de 
récusation doit être remise au Président, ou si la récusation est dirigée contre lui, 
au Vice-président. A teneur de la jurisprudence du tribunal de céans, la demande 
de récusation adressée par erreur au magistrat concerné est néanmoins considérée 
comme recevable (ATA/801/2005 du 8 novembre 2005 et les référence citées). En 
l’espèce, la demande de récusation dirigée contre le juge F______, alors qu’il est 
président de la juridiction concernée, devait donc être adressée à la 
vice-présidente de la juridiction. Cela étant, conformément à la jurisprudence 
précitée, ladite demande sera déclarée recevable. 

  A cela s’ajoute que le requérant a présenté sa demande sans laisser procéder, 
ce qui est conforme à l’article 96 alinéa 2 LOJ. 

2.  Le requérant s’est vu transmettre les observations du juge dont il demande 
la récusation ainsi que celles du Procureur général. Il a en outre été invité à faire 
valoir ses observations, ce qu’il a fait le 15 avril 2008 (Arrêt du Tribunal fédéral 
1P.73072001 du 31 janvier 2002 consid. 2.2). 

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A/4603/2007 

3.  Les causes légales de récusation sont énoncées à l’article 85 LOJ ainsi 
qu’aux articles 89 à 91 y compris. La lettre i de cette dernière disposition précise 
que tout juge est récusable s’il a témoigné haine ou faveur pour l’une des parties. 

4.  La garantie d’un tribunal indépendant et impartial, conférée par l’article 30 
alinéa 1 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 
(Cst. - RS 101), permet au plaideur d’exiger la récusation d’un juge dont la 
situation, ou le comportement, est de nature à faire naître un doute sur son 
impartialité ; elle tend notamment à éviter que des circonstances extérieures à la 
cause ne puissent influencer le jugement en faveur ou au détriment d’une partie 
(Arrêt du Tribunal fédéral 4P.235/2006 du 25 novembre 2006 et les références 
citées). 

  Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, les décisions prises par le juge 
chargé de l’instruction ne sauraient, en principe, justifier sa récusation, même si 
elles devaient être considérées comme discutable (ATF 111 IA 254 consid. 3B ; 
Arrêt du Tribunal fédéral 2P.327/2005 du 21 novembre 2005). 

  En l’espèce, ce n’est pas tant la mesure d’instruction elle-même qui est 
discutée par le requérant, mais les termes employés, notamment la précision du 
juge instructeur quant à la qualité qui justifiait son intervention auprès du greffe 
du Tribunal des baux et loyers. 

  Outre, qu’une telle mention relève de la plus élémentaire courtoisie face au 
destinataire du courrier, elle s’inscrit également dans le cadre de l’entraide 
administrative prévue de l’article 25 de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 (LPA - E 5 10), qui prévoit que les autorités administratives 
peuvent requérir auprès d’autres administrations les pièces et informations 
nécessaires à l’établissement des faits. Il en va de même des juridictions 
administratives qui peuvent requérir l’assistance des autorités administratives. 

  Force est de constater qu’en agissant dans le cadre de la maxime 
inquisitoriale qui est celle de la procédure administrative, le juge F______ n’a 
nullement témoigné « haine en faveur pour l’une ou l’autre des parties ». 

5.  La demande de récusation doit ainsi être rejetée. Le requérant qui succombe 
sera condamné aux frais de l’incident arrêtés à CHF 1'000.- (art. 87 LPA). 

 

* * * * * 
 
 
 
 

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PAR CES MOTIFS 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

rejette la demande de récusation déposée le 28 janvier 2008 par Monsieur M______ ; 

dit que Monsieur M______ est condamné aux frais de l’incident arrêtés à CHF 1'000.- ; 

dit que, conformément aux articles 82 et suivants de la loi fédérale sur le Tribunal 
fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les 
trente jours qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du 
recours en matière de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, 
motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il 
doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l’article 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Maître M______, à Monsieur F______ ainsi qu'à la 
commission du barreau et au Procureur général, pour information. 

Siégeants : Mme Bovy, présidente, Mme Hurni, M. Thélin, Mme Junod, juge. 

 

Au nom du Tribunal administratif : 

la secrétaire-juriste : 
 
 

S. Husler 

 la vice-présidente : 
 
 

L. Bovy 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 

 la greffière :