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**Case Identifier:** cf3c23b8-9a5f-547a-89dc-c9844ea0a82c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-10-07
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 07.10.2016 C/25777/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-25777-2015_2016-10-07.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 11.10.2016. 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/25777/2015 ACJC/1320/2016 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 7 OCTOBRE 2016 

 

Entre 

Monsieur A______, domicilié ______, ______ (GE), recourant contre un jugement 
rendu par la 10ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 10 juin 

2016, comparant en personne, 

et 

Madame B______, domiciliée ______, Genève, intimée, comparant en personne. 

 

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C/25777/2015 

EN FAIT 

A. Par jugement du 10 juin 2016, le Tribunal de première instance a prononcé la 
mainlevée définitive de l'opposition formée par A______ au commandement de 

payer, poursuite n° 1______, qui lui a été notifié par l'Office des Poursuites de 

Genève, à concurrence de (ch. 1 du dispositif) : 

1. 3'039 fr. avec intérêts à 5% dès le 1
er

 juillet 2015, sous imputation de 1'090 fr. 

versés par le débiteur le 24 juillet 2015; 

2. 3'039 fr. avec intérêts à 5% dès le 1
er

 août 2015, sous imputation de 2'613 fr. 

versés par le débiteur le 25 août 2015; 

3. 3'039 fr. avec intérêts à 5% dès le 1
er

 septembre 2015, sous imputation de 

3'091 fr. versés par le débiteur le 28 septembre 2015. 

Il a pour le surplus arrêté les frais judiciaires à 200 fr. et les a compensés avec 

l'avance reçue de B______ (ch. 2), les a mis à charge de A______ à concurrence 

de 100 fr. et à charge de B______ à concurrence de 100 fr. (ch. 3), a condamné 

A______ à rembourser 100 fr. à B______ au titre de frais judiciaires (ch. 4) et à 

lui verser la somme de 58 fr. TTC au titre de dépens (ch. 5) et débouté les parties 

de toutes autres conclusions (ch. 6). 

B. a. Par courrier adressé au greffe de la Cour le 27 juin 2016, A______ forme 
recours contre ce jugement. Il indique qu'il souhaiterait que le jugement attaqué 

"soit revu et changé". 

 b. B______ a répondu au recours en concluant à la confirmation du jugement 
attaqué, avec suite de frais et dépens. 

 c. En l'absence de réplique, les parties ont été informées par avis de la Cour du 
15 août 2016 de ce que la cause était gardée à juger. 

C. Les faits pertinents suivants résultent de la procédure. 

 a. Par jugement du 16 janvier 2014, le Tribunal de première instance, statuant sur 
mesures protectrices de l'union conjugale, a donné acte à A______ de ce qu'il 

s'engageait à verser à B______, par mois et d'avance, allocations familiales non 

comprises, dès que la séparation des parties serait effective, à titre de contribution 

à l'entretien de la famille, la somme de 2'000 fr. ainsi que la somme de 1'039 fr. 

par mois qu'il perçoit de son employeur à titre d'allocations familiales pour 

enfants. 

 Ce jugement est exécutoire. 

b. Le 23 octobre 2015, B______ a fait notifier à A______ un commandement de 
payer, poursuite n° 1______, portant sur les sommes de 3'060 fr. plus intérêts à 

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5% dès le 1
er

 juillet 2015 (1), 3'060 fr. plus intérêts à 5% dès le 1
er

 août 2015 (2), 

3'060 fr. plus intérêts à 5% dès le 1
er

 septembre 2015, sous imputation de deux 

versements à la créancière de 1'090 fr. le 24 juillet 2015 et de 2'613 fr. le 25 août 

2015 (3). Ces sommes étaient dues, à teneur du commandement de payer, à titre 

de «solde de contribution d'entretien dû selon jugement du Tribunal de première 

instance du 16 janvier 2014».  

A______ a formé opposition totale à ce commandement de payer. 

c. Par requête déposée au greffe du Tribunal le 4 décembre 2015, B______ a 
sollicité le prononcé de la mainlevée définitive de cette opposition, avec suite de 

frais et dépens. Elle a exposé que les sommes réclamées, dues en vertu du 

jugement du 16 janvier 2014, représentaient en réalité un total de 3'039 fr. par 

mois, composé d'une part du versement de la contribution d'entretien de 2'000 fr. 

et d'autre part des allocations familiales de 1'039 fr.  

Elle a ainsi reconnu que c'était à tort que le commandement de payer faisait état à 

ses chiffres 1 à 3 d'une contribution totale de 3'060 fr. puisque pour la période 

considérée, c'était un montant mensuel avant imputation de 3'039 fr. qui était dû. 

L'arriéré réel réclamé en poursuite n'était que de 2'323 fr. plus intérêts, compte 

tenu des divers paiements effectués par le débiteur pour les périodes en cause. 

d. A______ a conclu dans sa réponse écrite du 11 avril 2016 au déboutement de la 
créancière requérante avec suite de frais et dépens. 

Il a fait valoir que le solde réclamé par B______ pour les contributions de juillet à 

septembre 2015 n'était pas exact, car il excipait de compensation à due 

concurrence avec divers paiements qu'il avait effectués, à savoir le paiement d'un 

loyer de juin 2015 à concurrence de 1'910 fr. que son épouse n'avait pas réglé, de 

l'assurance-maladie de son épouse (310 fr.) pour deux mois consécutifs, des 

factures de cablecom (420 fr.), des SIG (130 fr.), pour une clef perdue qu'il avait 

dû refaire faire (72 fr.), ainsi que le paiement des assurances des enfants (147 fr.) 

pour deux mois. 

Il ne lui devait ainsi plus rien pour la période déduite en poursuite, puisque ses 

paiements éteignaient totalement sa dette pour les mois correspondants compte 

tenu de la compensation à laquelle il avait procédé. 

e. Dans son jugement du 10 juin 2016, le Tribunal a considéré que, bien que 
A______ invoquait la compensation avec une contre-créance en sa faveur, d'un 

montant correspondant aux frais relatifs à son épouse et à ses filles qu'il aurait 

payés en lieu et place de B______, il n'apportait ni la preuve stricte de l'existence 

de cette contre-créance (la preuve du paiement effectif à des tiers n'emportant pas 

celle de l'existence d'une contre-créance car le versement du montant à titre de 

prestations d'entretien en faveur de son épouse et de ses filles, telle que prévue par 

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le jugement, exclut en principe des contributions supplémentaires), ni celle de 

l'accord de B______ quant au fait qu'elle aurait accepté une compensation à due 

concurrence avec les contributions et allocations dues pour la période de la 

poursuite. Le seul document signé par cette dernière le 27 juin 2015 avait un autre 

objet, à savoir le versement d'un montant de 4'000 fr. par A______ à son épouse 

couvrant les frais de reprise de l'appartement sis ______, cette somme valant 

paiement de la quote-part de la caution revenant à B______ ainsi que du partage 

du mobilier, soit une liquidation partielle de leur régime matrimonial relatif à 

l'ancien appartement conjugal, question qui était sans rapport avec le versement de 

la contribution d'entretien pour la période déduite en poursuite. Les documents 

produits ne valaient ainsi pas titre général de la reconnaissance de la prétendue 

créance compensante à hauteur des montants invoqués, pas plus qu'ils ne 

permettaient d'inférer que B______ aurait été d'accord que A______ continue 

unilatéralement à s'acquitter de telle ou telle dépense pour sa famille en sus de sa 

contribution d'entretien, pour déduire ensuite à due concurrence les montants ainsi 

dépensés sur sa dette d'aliments. A______ n'avait pas apporté la preuve stricte 

exigée par la jurisprudence du Tribunal fédéral dans le cadre de l'article 81 LP de 

l'extinction de la créance de la requérante, pas plus qu'il n'avait établi l'existence 

d'une contre-créance compensante en sa faveur et l'accord de la requérante quant à 

la compensation. La mainlevée devait donc être accordée à concurrence des 

montants rectifiés dans leur quotité après imputations. 

EN DROIT 

1. 1.1 S'agissant d'une procédure de mainlevée, seule la voie du recours est ouverte 
(art. 319 let. b et 309 let. b ch. 3 CPC). La procédure sommaire s'applique 

(art. 251 let. a CPC). 

1.2 Aux termes de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC, le recours doit, en procédure 
sommaire, être introduit auprès de l'instance de recours dans les dix jours à 

compter de la notification de la décision motivée. 

Interjeté dans le délai prescrit et selon la forme requise, compte tenu d'une 

interprétation large des exigences en matière de motivation et de conclusions à 

l'égard d'un plaideur en personne, le recours est recevable.  

1.3 Dans le cadre d'un recours, les conclusions, les allégations de faits et les 
preuves nouvelles sont irrecevables (art. 326 al. 1 CPC). 

Les pièces produites par le recourant sont donc irrecevables en tant qu'elles n'ont 

pas été produites devant le Tribunal. 

2. L'appelant se prévaut de l'existence d'un accord oral avec son épouse portant sur la 
compensation des montants dont il s'acquittait en faveur de la famille avec les 

contributions d'entretien dues. 

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2.1 
2.1.1 Le créancier qui est au bénéfice d'un jugement exécutoire peut requérir du 
juge la mainlevée définitive de l'opposition (art. 80 al. 1 LP). Sont assimilées à 

des jugements les décisions des autorités administratives suisses (art. 80 al. 2  

ch. 2 LP).  

En vertu de l'art. 81 al. 1 LP, lorsque la poursuite est fondée sur un jugement de la 

Confédération ou du canton dans lequel la poursuite a lieu, le juge ordonne la 

mainlevée définitive de l'opposition, à moins que, notamment, le poursuivi ne 

prouve par titre que la dette a été éteinte postérieurement au jugement. 

Par extinction de la dette, la loi ne vise pas seulement le paiement, mais aussi 

toute autre cause de droit civil, en particulier la compensation (ATF 124 III 501 

consid. 3b p. 503 et les références citées). Un tel moyen ne peut toutefois être 

retenu que si la créance compensante résulte elle-même d'un titre exécutoire ou 

qu'elle est admise sans réserve par le poursuivant (ATF 115 III 97 consid. 4 p. 100 

et les références citées). Contrairement à ce qui vaut pour la mainlevée provisoire 

(art. 82 al. 2 LP), le poursuivi ne peut se borner à rendre sa libération 

vraisemblable; il doit, au contraire, en apporter la preuve stricte (ATF 125 III 42 

consid. 2b p. 44 in fine; ATF 124 III 501 consid. 3a p. 503 et les références). Le 

titre de mainlevée au sens de l'art. 81 al. 1 LP créant la présomption que la dette 

existe, cette présomption ne peut être renversée que par la preuve stricte du 

contraire (cf. ATF 124 III 501 consid. 3b p. 504). Or, cette preuve n'est pas 

apportée si la créance compensante est contestée (ATF 136 III 624 consid. 4.2.3). 

2.1.2 L'art. 125 ch. 2 CO exclut, sauf accord du créancier, la compensation des 
créances dont la nature spéciale exige le paiement effectif entre les mains du 

créancier, telles que les aliments absolument nécessaires à l'entretien du débiteur 

et de sa famille. 

Les contributions d'entretien sont dues à l'enfant et sont versées durant sa minorité 

à son représentant légal ou au parent qui en assume la garde (art. 289 al. 1 CC). Le 

créancier de l'entretien est donc l'enfant lui-même (arrêts du Tribunal fédéral 

5D_103/2009 du 20 août 2009 consid. 1.3; 5C.314/2001 du 20 juin 2002 consid. 9 

non publié aux ATF 128 III 305), même si, durant sa minorité, son représentant 

légal est en droit de les réclamer en son propre nom et à la place de l'intéressé 

("Prozessstandschaft"; ATF 136 III 365 consid. 2.2).  

Aux termes de l'art. 120 al. 1 CO, lorsque deux personnes sont débitrices l'une 

envers l'autre de sommes d'argent ou d'autres prestations de même espèce, 

chacune des parties peut compenser sa dette avec sa créance, si les deux dettes 

sont exigibles. L'une des conditions préalables à la compensation consiste donc 

dans la réciprocité des créances, en ce sens que les intéressés doivent être à la fois 

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débiteurs et créanciers l'un de l'autre (notamment: ATF 134 III 643 consid. 5.5.1; 

132 III 342 consid. 4.3 et les références).  

Un parent ne peut ainsi invoquer la compensation des contributions d'entretien 

qu'il doit à son enfant avec les créances dont il dispose à l'encontre de l'autre 

parent, quand bien même les pensions alimentaires devraient être versées en 

mains de celui-ci, en tant que représentant légal de l'enfant (arrêt du Tribunal 

fédéral 5A_445/2015 du 13 octobre 2015 consid. 2.3.2 et les références citées). 

2.2 En l'espèce, il n'est pas contesté que le jugement du Tribunal sur lequel 
l'intimée a fondé sa poursuite constitue un titre de mainlevée définitive. Le 

recourant invoque toutefois l'extinction de sa dette par compensation puisqu'il a 

payé divers montants pour le compte de l'intimée et de ses enfants. 

Le recourant se prévaut d'un accord verbal avec l'intimée portant sur la 

compensation des sommes dues avec des sommes qu'il avait payées à titre 

d'assurance maladie et à divers autres titres. La procédure de mainlevée est 

cependant régie par la procédure sommaire dans laquelle la preuve est rapportée 

par titres (art. 254 al. 1 CPC) et la compensation ne peut intervenir, dans le cadre 

de la mainlevée définitive, que si la créance compensante résulte elle-même d'un 

titre exécutoire ou qu'elle est admise sans réserve par le poursuivant. Or, aucun 

accord écrit conclu avec l'intimée relatif à la compensation des montants payés par 

le recourant n'a été produit en l'espèce.  

En tout état de cause, le recourant ne pourrait invoquer l'existence d'un prétendu 

accord conclu avec son épouse pour compenser des créances de ses enfants envers 

lui avec des créances qu'il détiendrait à l'encontre de ces derniers, aucun élément 

ne rendant vraisemblable que ledit accord aurait également porté sur les créances 

dont les enfants sont titulaires. Il ne pourrait davantage prétendre à compenser les 

créances d'entretien dont ses enfants sont bénéficiaires avec la créance qu'il 

soutient détenir à l'encontre de l'intimée, en l'absence de réciprocité des créances. 

En définitive, le seul fait que le recourant a payé divers frais en faveur de son 

épouse ou des enfants ne constitue pas, dans le cadre de la présente procédure de 

mainlevée définitive, un motif d'extinction par compensation de la dette réclamée 

en poursuite. 

Le recours sera rejeté. 

3. Le recourant, qui succombe, sera condamné aux frais du recours (art. 106  
al. 1 CPC), arrêtés à 300 fr. (art. 48 et 61 al. 1 OELP) et compensés avec l'avance 

de frais fournie, qui reste acquise à l'Etat de Genève (art. 111 al. 1 CPC). 

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 Le recourant ne sera en revanche pas condamné aux dépens de l'intimée, comme 

elle le réclame, dans la mesure où elle comparaît en personne et ne fait pas valoir 

de motif justificatif (art. 95 al. 3 let. c CPC). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté par A______ contre le jugement JTPI/7649/2016 

rendu le 10 juin 2016 par le Tribunal de première instance dans la cause C/25777/2015-

10 SML. 

Au fond : 

Rejette ce recours. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires à 300 fr., les met à la charge de A______ et les compense 

avec l'avance fournie, qui reste acquise à l'Etat de Genève. 

Dit qu'il n'est pas alloué de dépens. 

Siégeant : 

Monsieur Laurent RIEBEN, président; Madame Pauline ERARD et Madame Fabienne 

GEISINGER-MARIETHOZ, juges; Madame Céline FERREIRA, greffière. 

 

Le président : 

Laurent RIEBEN 

 La greffière : 

Céline FERREIRA 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 113 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF : 

RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification 

avec expédition complète (art 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du 

recours constitutionnel subsidiaire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 30'000 fr.