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**Case Identifier:** 074708d2-e72a-5956-be55-bb12ff8e5769
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2025-11-21
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre constitutionnelle 21.11.2025 A/2897/2025
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_015_A-2897-2025_2025-11-21.pdf

## Full Text

A/2897/2025  

 

R É P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/2897/2025-ABST ACST/56/2025 

  

COUR DE JUSTICE 

Chambre constitutionnelle 

Décision du 21 novembre 2025 

sur effet suspensif 
 

dans la cause 

 

A______, agissant par ses parents B______ et C______ 
représentée par Me Romain JORDAN, avocat  recourante 

contre 

CONSEIL D'ÉTAT intimé 
 

_________ 

Recours contre le règlement modifiant le règlement relatif à l'admission dans 
l'enseignement secondaire II (RAES-II - C 1 10.33). 

- 2/6 - 

 
 

 

 
A/2897/2025  

 

Attendu, en fait, que : 

A. a. Le 18 juin 2025, le Conseil d'État a adopté des règlements modifiant onze 
règlements existants, à savoir : 1) règlement modifiant le règlement de 
l'enseignement primaire (REP - C 1 10.21) ; 2) règlement modifiant le règlement du 
cycle d'orientation (RCO - C 1 10.26) ; 3) règlement modifiant le règlement de 
l'enseignement secondaire II et tertiaire B (REST - C 1 10.31) ; 4) règlement 
modifiant le règlement relatif à l'admission dans l'enseignement secondaire II 
(RAES-II - C 1 10.33) ; 5) règlement modifiant le règlement relatif à la formation 
complémentaire à un titre du degré secondaire II dans le domaine de la santé 
(RFCSS - C 1 10.35) ; 6) règlement modifiant le règlement du centre de formation 
professionnelle santé (RCFPSa - C 1 10.50) : 7) règlement modifiant le règlement du 
centre de formation professionnelle construction (RCFPC - C 1 10.51) ; 8) règlement 
modifiant le règlement du centre de formation professionnelle technique 
(RCFPT - C 1 10.52) ; 9) règlement modifiant le règlement du centre de formation 
professionnelle social (RCFPSo - C 1 10.53) ; 10) règlement modifiant le règlement 
du centre de formation professionnelle arts (RCFPA - C 1 10.57) ; et règlement 
modifiant le règlement du centre de formation professionnelle commerce 
(RCFPCom - C 1 10.58). 

 Ces modifications visaient à limiter, en principe et sous réserve d'exceptions 
spécifiques décrites, la fréquentation des établissements d'instruction publique de 
degré primaire, secondaire I et secondaire II aux enfants et aux jeunes résidant dans 
le canton de Genève. Une réglementation transitoire permettait aux enfants et aux 
jeunes déjà inscrits dans un cursus de le terminer. 

b. Les règlements précités ont été publiés dans la Feuille d’avis officielle de la 
République et canton de Genève (ci-après : FAO) du 24 juin 2025. L'entrée en 
vigueur était fixée au lendemain, mais une disposition, dans chaque règlement, 
prévoyait que la limitation introduite prenait effet le jour de la rentrée scolaire 2026-
2027. 

B.     a. Par acte posté le 25 août 2025, A______, agissant par ses parents B______ et 
C______, a interjeté recours auprès de la chambre constitutionnelle de la Cour de 
justice (ci-après : la chambre constitutionnelle) contre le règlement modifiant le 
RAES-II, concluant principalement à son annulation et à l'octroi d'une indemnité de 
procédure. À titre préalable, l'effet suspensif devait être octroyé à son recours. 

 À cet égard, la pesée des intérêts en présence devait conduire à octroyer l'effet 
suspensif au recours. En introduisant un critère de domicile pour l'admission des 
élèves au sein du système scolaire public genevois, l'acte attaqué violait 

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grossièrement le principe d'égalité de traitement et d'autres normes constitutionnelles 
et, surtout, en cas d'entrée en vigueur à la rentrée 2026, les solutions illégales 
induites seraient irréversibles. Une prise de domicile à Genève, si tant était qu'elle fût 
réaliste, dans le délai imparti par les dispositions transitoires, entraînerait un 
préjudice important et irréparable, dès lors qu'il leur serait impossible de revenir à la 
situation antérieure en cas d'admission du recours. 

 L'admission de A______ au sein du système scolaire français était également de 
nature à entraîner une rupture irréversible, tant sur le plan social que scolaire et 
psychologique. Les disciplines enseignées différaient sensiblement dans les deux 
pays. La temporalité imposée par l'acte attaquée était inique et insoutenable. Un refus 
de restituer l'effet suspensif au recours reviendrait par avance à vider le recours de 
tout contenu et à accorder au Conseil d'État le plein bénéfice de ce qu'il requérait sur 
le fond. 

 b. Le 19 septembre 2025, le Conseil d'État, soit pour lui le département de 
l'instruction publique, de la formation et de la jeunesse (ci-après : le département) a 
conclu au rejet de la demande d'effet suspensif, ainsi qu'à la jonction des causes 
relatives aux différents recours interjetés contre les modifications réglementaires du 
18 juin 2025. 

 Le recours n'avait pas de chances de succès manifestes. Il n'y avait pas d'urgence, dès 
lors que la rentrée scolaire concernée par le changement réglementaire avait lieu en 
août 2026, ni de dommage irréparable pour la recourante. 

 c. La recourante a répliqué sur effet suspensif le 13 octobre 2025. 

 Au printemps 2026 s'ouvrirait l'inscription pour la rentrée scolaire du mois d'août. 
L'affirmation selon laquelle un délai de moins d'un an serait une durée suffisante 
pour envisager une solution de scolarité provisoire, singulièrement en école privée, 
apparaissait dénuée de toute crédibilité. Il était en outre illusoire de considérer qu'en 
moins d'un an une famille puisse remettre son logement et en trouver un nouveau, 
abordable, à Genève au vu de l'état actuel du marché de l'immobilier. Le département 
faisait preuve de paternalisme dans son argumentation. L'engagement pris par le 
département à ce que la période qui s'ouvre n'empêche pas A______ de poursuivre 
son parcours scolaire à Genève était pris en dehors de tout cadre légal et 
réglementaire. Il y avait urgence à suspendre les effets imminents et d'ores et déjà 
irréversibles de la réglementation attaquée. Le recours avait de très bonnes chances 
de succès. 

 d. Sur ce, la cause a été gardée à juger sur la question de l'effet suspensif. 

  

 

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 Considérant, en droit, que : 

1. L’examen de la recevabilité du recours est reporté à l’arrêt au fond. 

2. Les mesures provisionnelles, y compris celles sur effet suspensif, sont prises par le 
président ou le vice-président ou, en cas d’urgence, par un autre juge de la chambre 
constitutionnelle (art. 21 al. 2 et 76 de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10 ; art. 8 du règlement interne de la chambre 
constitutionnelle du 9 octobre 2020). 

3. 3.1 Selon l’art. 66 LPA, en cas de recours contre une loi constitutionnelle, une loi ou 
un règlement du Conseil d’État, le recours n’a pas d’effet suspensif (al. 2) ; toutefois, 
lorsqu’aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s’y oppose, la juridiction de 
recours peut, sur la demande de la partie dont les intérêts sont gravement menacés, 
restituer l’effet suspensif (al. 3). D’après l’exposé des motifs du projet de loi portant 
sur la mise en œuvre de la chambre constitutionnelle, en matière de recours abstrait, 
l’absence d’effet suspensif automatique se justifie afin d’éviter que le dépôt d’un 
recours bloque le processus législatif ou réglementaire, la chambre constitutionnelle 
conservant toute latitude pour restituer, totalement ou partiellement, l’effet suspensif 
lorsque les conditions légales de cette restitution sont données (PL 11'311, p. 15). 

 3.2 Lorsque l’effet suspensif a été retiré ou n’est pas prévu par la loi, l’autorité de 
recours doit examiner si les raisons pour exécuter immédiatement la décision 
entreprise sont plus importantes que celles justifiant le report de son exécution. Elle 
dispose d’un large pouvoir d’appréciation, qui varie selon la nature de l’affaire. 
La restitution de l’effet suspensif est subordonnée à l’existence de justes motifs, qui 
résident dans un intérêt public ou privé prépondérant à l’absence d’exécution 
immédiate de la décision ou de la norme (arrêt du Tribunal fédéral 2C_246/2020 du 
18 mai 2020 consid. 5.1). Pour effectuer la pesée des intérêts en présence (arrêt du 
Tribunal fédéral 8C_239/2014 du 14 mai 2014 consid. 4.1), l’autorité de recours 
n’est pas tenue de procéder à des investigations supplémentaires, mais peut statuer 
sur la base des pièces en sa possession (ATF 145 I 73 consid. 7.2.3.2 ; 117 V 185 
consid. 2b). 

 L’octroi de mesures provisionnelles – au nombre desquelles figure l’effet suspensif 
(Philippe WEISSENBERGER/Astrid HIRZEL, Der Suspensiveffekt und andere 
vorsorgliche Massnahmen, in Isabelle HÄNER/Bernhard WALDMANN [éd.], 
Brennpunkte im Verwaltungsprozess, 2013, 61-85, p. 63) – présuppose l’urgence, à 
savoir que le refus de les ordonner crée pour l’intéressé la menace d’un dommage 
difficile à réparer (ATF 130 II 149 consid. 2.2 ; 127 II 132 consid. 3 = RDAF 2002 
I 405). Elles ne sauraient, en principe tout au moins, anticiper le jugement définitif, 
ni équivaloir à une condamnation provisoire sur le fond, pas plus qu’aboutir 
abusivement à rendre d’emblée illusoire la portée du procès au fond (ATF 119 V 503 
consid. 3 ; ACST/8/2023 du 1er mars 2023 consid. 3b). 

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 En matière de contrôle abstrait des normes, l’octroi de l’effet suspensif suppose en 
outre généralement que les chances de succès du recours apparaissent manifestes 
(Stéphane GRODECKI/Romain JORDAN, Code annoté de procédure administrative 
genevoise, 2017, n. 835 ss ; Claude-Emmanuel DUBEY, La procédure de recours 
devant le Tribunal fédéral, in François BELLANGER/Thierry TANQUEREL [éd.], 
Le contentieux administratif, 2013, 137-178, p. 167). 

4. En l’espèce, le règlement attaqué ne prendra effet qu'à la rentrée scolaire 2026. La 
chambre de céans devrait avoir rendu son arrêt sur le fond non seulement avant la 
date de celle-ci, mais également avant la date limite d'inscription de la plupart des 
cursus concernés, si bien que l'urgence ne commande en l'état pas de restituer l'effet 
suspensif au recours. 

 S'agissant des chances de succès du recours, celles-ci n'apparaissent pas d'emblée 
manifestes. En effet, certains aspects et griefs liés au refus de scolariser à Genève les 
élèves ne résidant pas dans le canton ont déjà été examinés en 2019, notamment dans 
l'ATA/999/2019 du 11 juin 2019. Les autres questions et griefs soulevés donneront 
lieu à un examen approfondi, mais l'on ne saurait retenir d'emblée que la 
réglementation attaquée est contraire au droit supérieur. 

 Il résulte de ce qui précède qu'il ne se justifie pas de déroger en l'espèce au principe, 
voulu par le législateur, d’absence d’effet suspensif dans le cadre d’un contrôle 
abstrait des normes, ce qui conduit au rejet de la demande d’octroi de l’effet 
suspensif au recours. 

5. Il sera statué sur les frais de la présente décision avec l’arrêt à rendre au fond. 

 

LA CHAMBRE CONSTITUTIONNELLE 

refuse d'octroyer l’effet suspensif au recours ; 

réserve le sort des frais de la procédure jusqu’à droit jugé au fond ; 

dit que conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), la présente décision peut être portée dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière de 
droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de 
preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au 
Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. La présente décision et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique la présente décision, en copie, à Me Romain JORDAN, avocat de la 
recourante ainsi qu'au Conseil d'État. 

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Le président : 

 

Jean-Marc VERNIORY 

 

Copie conforme de cette décision a été communiquée aux parties. 

Genève, le la greffière :