# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 982fb210-a44e-5c71-8888-f1849e743f6e
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-07-07
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Zivilappellationshöfe 07.07.2020 102 2020 98
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_001_102-2020-98_2020-07-07.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00
tribunalcantonal@fr.ch
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

102 2020 98
 

Arrêt du 7 juillet 2020

IIe Cour d’appel civil

Composition Présidente : Dina Beti
Juges : Catherine Overney, Michel Favre
Greffier-rapporteur : Luis da Silva

Parties A.________ SÀRL, intimée et recourante, représentée par 
Me André Clerc, avocat

contre

B.________ SA, requérante et intimée, représentée par Me Claude 
Gremion, avocat

Objet Mainlevée provisoire (art. 82 LP)

Recours du 25 mai 2020 contre la décision de la Présidente du 
Tribunal civil de l'arrondissement de la Gruyère du 28 avril 2020

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considérant en fait

A. En date du 25 septembre 2019, la société B.________ SA a fait notifier à la société 
A.________ Sàrl le commandement de payer no ccc de l'Office des poursuites de la Gruyère 
portant sur la somme de CHF 37'800.-, avec intérêt à 5% l’an dès le 15 juin 2018, ainsi que pour 
les frais de poursuite. Le même jour, la débitrice poursuivie y a formé opposition totale. 

La créancière poursuivante a requis la mainlevée de l'opposition en date du 19 février 2020.

B. Par décision du 28 avril 2020, la Présidente du Tribunal civil de l'arrondissement de la 
Gruyère (ci-après : la Présidente) a partiellement admis cette requête et, partant, a prononcé la 
mainlevée provisoire de l’opposition formée par la société A.________ Sàrl au commandement de 
payer no ccc de l'Office des poursuites de la Gruyère notifié à l’instance de la société B.________ 
SA à concurrence de CHF 29'800.- en capital, avec intérêt à 5% l’an dès le 15 juin 2018, ainsi que 
pour les frais de poursuite, le tout avec suite de frais à la charge de l’opposante.

C. Par mémoire de son défenseur du 25 mai 2019, la société A.________ Sàrl a interjeté 
recours contre cette décision, concluant, principalement, à sa réformation en ce sens que la 
mainlevée soit rejetée, avec suite de frais. Elle a en outre requis l’octroi de l’effet suspensif à son 
recours, lequel lui a été octroyé par ordonnance du 8 juin 2020.

D. Invitée à se déterminer sur le recours, la société B.________ SA a déposé une réponse le 
18 juin 2020. Elle a conclu au rejet du recours et à la confirmation de la décision attaquée, avec 
suite de frais.

en droit

1.

1.1. Seule la voie du recours (art. 319 ss CPC) au Tribunal cantonal est ouverte (art. 319 lit. a 
CPC), l'appel n'étant pas recevable contre une décision de mainlevée (art. 309 lit. b ch. 3 CPC). La 
procédure sommaire étant applicable (art. 251 let. a CPC), le recours doit être déposé dans les dix 
jours à compter de la notification (art. 321 al. 2 CPC), délai que la recourante a respecté. La Cour 
statue sans débats (art. 327 al. 2 CPC). La cognition de la Cour d’appel est pleine et entière en 
droit; s’agissant des faits, elle est limitée à leur constatation manifestement inexacte (art. 320 
CPC). 

1.2. La valeur litigieuse est inférieure à CHF 30'000.- (cf. art. 51 al. 1 let. a art. 74 al. 1 let. b 
LTF).

1.3. Conformément à l’art. 326 al. 1 CPC, les allégations de faits et les preuves nouvelles sont 
irrecevables. En effet, en procédure de recours, le tribunal de deuxième instance doit statuer sur 
un état de fait identique à celui examiné par le premier juge. Cette règle, stricte, s’explique par le 
fait que l’instance de recours a pour mission de contrôler la conformité au droit de la décision 
entreprise, mais pas de poursuivre la procédure de première instance; à l’instar du Tribunal 
fédéral, l’instance de recours doit contrôler la juste application du droit à un état de fait arrêté 
définitivement. Le deuxième alinéa de cette disposition réserve certes les dispositions spéciales de 

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la loi, mais la procédure de mainlevée n’est pas visée par cette réserve. L’interdiction des faits 
nouveaux s’applique également à la partie adverse (cf. arrêt TF 5A_950/2014 du 16 avril 2015 
consid. 3.5).

La recourante a produit plusieurs pièces à l’appui de son mémoire de recours. Toutefois, la grande 
majorité d’entre elles l’ont été au stade du recours seulement, soit tardivement au regard de l’art. 
326 al. 1 CPC, de sorte qu’elles sont irrecevables. Il n’en sera dès lors pas tenu compte et la Cour 
statuera sur la base des allégués et des pièces produites en première instance.

2.

Selon l’art. 82 al. 1 LP, le créancier au bénéfice d’une reconnaissance de dette peut requérir du 
juge la mainlevée provisoire de l’opposition. Constitue une reconnaissance de dette l’acte 
authentique ou sous seing privé d’où résulte la volonté du poursuivi de payer au poursuivant, sans 
réserve ni condition, une somme déterminée, ou aisément déterminable, et échue (ATF 136 III 627 
consid. 2; PANCHAUD/CAPREZ, La mainlevée d’opposition, 2ème éd., 1980, § 1; CR LP-GILLIÉRON, 
2005, art. 82 n. 29). Pour qu’un écrit public, authentique ou privé ou qu’un ensemble d’écrits vaille 
reconnaissance de dette, il doit en ressortir, sur la base d’un examen sommaire, que le poursuivi a 
assumé une obligation de payer ou de fournir des sûretés, donc une créance exigible, chiffrée et 
inconditionnelle, car si la reconnaissance de dette n’est pas pure et simple, le poursuivant, pour 
obtenir la mainlevée provisoire, doit rapporter la preuve littérale que les conditions ou réserves 
sont devenues sans objet (CR LP-GILLIÉRON art. 82 n. 40). Enfin, le titre produit pour valoir 
reconnaissance de dette et titre à la mainlevée provisoire ne justifie la mainlevée provisoire de 
l’opposition que si le montant de la prétention déduite en poursuite est chiffré de façon précise 
dans le titre lui-même ou dans un écrit annexé auquel la reconnaissance se rapporte; cette 
indication chiffrée doit permettre au juge de la mainlevée de statuer sans se livrer à des calculs 
compliqués et peu sûrs (CR LP-GILLIÉRON, art. 82 n. 42).

2.1. En l’espèce, il est incontesté – et, surtout, incontestable – que le document signé le 8 mai 
2015 par D.________, intitulé « contrat de phase II », constitue une reconnaissance de dette 
valant titre de mainlevée provisoire au sens de l’art. 82 LP.

2.2. La recourante soutient que, contrairement à ce qu’a retenu le premier juge, D.________ n’a 
pas signé ce document comme représentant de la société à responsabilité limitée dont il est 
l’associé-gérant avec signature individuelle, mais à titre personnel, de sorte qu’il est seul engagé 
vis-à-vis de la créancière poursuivante.

2.3. De jurisprudence constante, la procédure de mainlevée, qu’elle soit provisoire ou définitive, 
est un incident de la poursuite. La décision qui accorde ou refuse la mainlevée est une pure 
décision d'exécution forcée dont le seul objet est de dire si la poursuite peut continuer ou si le 
créancier est renvoyé à agir par la voie d'un procès ordinaire. Le juge de la mainlevée examine 
seulement la force probante du titre produit par le créancier, sa nature formelle - et non la validité 
de la créance - et il lui attribue force exécutoire si le débiteur n'oppose pas immédiatement des 
exceptions (ATF 136 III 583 consid. 2.3, ATF 132 III 140 consid. 4.1.1). Il doit notamment vérifier 
d’office l’existence d’une reconnaissance de dette, l’identité entre le poursuivant et le créancier 
désigné dans ce titre, l’identité entre le poursuivi et le débiteur désigné et l’identité entre la 
prétention déduite en poursuite et la dette reconnue (ATF 142 III 720 consid. 4.1 et les arrêts 
cités). L’identité du créancier doit être mentionnée de manière exacte au moment de 
l’établissement de la reconnaissance de dette. Un contrat conclu par un représentant dans lequel 
le représenté n’est pas nommément désigné ne permet pas l’octroi de la mainlevée contre ce 
dernier (ABBET/VEUILLET, La mainlevée de l’opposition, 2017, n. 74 p. 129).

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2.4. Selon l’art. 809 al. 1 CO, les associés exercent collectivement la gestion de la société à 
responsabilité limitée. Chaque gérant a le pouvoir de représenter la société (art. 814 al. 1 CO). Les 
personnes autorisées à représenter la société signent en ajoutant leur signature personnelle à la 
raison sociale (art. 814 al. 5 CO) ; le droit de la société anonyme s’applique par analogie à 
l’étendue et à la limitation des pouvoirs de représentation (art. 814 al. 4 CO).

En droit de la société anonyme, applicable par analogie vu le renvoi de l’art. 814 al. 4 CO, le 
conseil d’administration représente la société anonyme à l’égard des tiers, chaque membre du 
conseil d’administration ayant le pouvoir de représenter la société sauf disposition contraire des 
statuts ou du règlement d’organisation (art. 718 al. 1 CO) ; le conseil d’administration peut 
déléguer le pouvoir de représentation à un ou plusieurs de ses membres (délégués) ou à des tiers 
(directeurs ; art. 718 al. 2 CO). Les personnes autorisées à représenter la société ont le droit 
d’accomplir au nom de celle-ci tous les actes que peut impliquer le but social (art. 718a al. 1 CO). 
L’effet de représentation ne se produit que si le représentant agit au nom de la société. Le 
représentant doit donc se faire connaître comme tel. Ce principe général de la représentation doit 
se refléter, formellement, dans la signature. En effet, comme dans le droit de la société à 
responsabilité limitée, en droit de la société anonyme, les personnes autorisées à représenter la 
société signent en ajoutant leur signature personnelle à la raison sociale (art. 719 CO ; 
VENTURI/BAUEN, Le conseil d’administration, 2007, p. 176, n. 581). La mention de la raison sociale 
a pour but d’éviter tout risque de confusion entre les cas où le signataire entend s’engager 
personnellement et ceux où il agit pour le compte de la société (CR CO-PETER/CAVADINI, 2017, art. 
719 n. 2). Sans mention de la raison sociale, seul l’organe, à titre personnel, sera en principe 
engagé à moins que le cocontractant ait dû inférer des circonstances que la personne intervenait 
en qualité de représentant ou qu’il ne lui importait pas de savoir avec qui il traitait (art. 32 al. 2 CO) 
(VENTURI/BAUEN, p. 176, n. 581; CR CO-PETER/CAVADINI, art. 719 n. 3).

2.5. En l’espèce, il ne ressort pas expressément de la signature de la reconnaissance de dette 
produite que D.________ agissait au nom et pour le compte de la société poursuivie. En effet, la 
raison sociale de la société à responsabilité limitée qu’il dirige, à savoir A.________ Sàrl, ne figure 
pas à côté de la signature de l’intéressé, contrairement à ce que prescrit l’art. 814 al. 5 CO en cas 
de représentation. De plus, la formulation choisie, en particulier la référence sous rubrique « votre 
propriété sise à E.________ » et les termes « cher Monsieur », est sans ambiguïté sur le caractère 
personnel de l’engagement de D.________. Aucune circonstance ne permettait à la créancière 
poursuivante d’inférer que D.________ intervenait en tant que représentant d’une société. Certes, 
le contrat invoqué comme titre de mainlevée par la requérante est adressé à « A.________ Sàrl, 
p.a. D.________ », ce qui pourrait laisser penser que D.________ agissait au nom et pour le 
compte de la société poursuivie. Il n’en demeure pas moins qu’à lui seul, cet élément n’est pas 
décisif, ce d’autant qu’il ressort des pièces produites en première instance, tant par la créancière 
que par la débitrice, qu’un certain nombre de documents établis par la poursuivante dans le cadre 
du contrat d’entreprise litigieux ont été adressés à D.________ personnellement. Dans ces 
circonstances, il faut admettre que le document valant reconnaissance de dette signé le 8 mai 
2015 renferme bien un engagement personnel de D.________.

Il s’ensuit l’admission du recours et la réformation de la décision attaquée, en ce sens que la 
mainlevée provisoire de l’opposition formée par la société A.________ Sàrl au commandement de 
payer no ccc de l'Office des poursuites de la Gruyère notifié à l’instance de la société B.________ 
SA est refusée.

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3.

Le recours ayant un effet réformatoire, la Cour doit également se prononcer sur les frais de la 
procédure de première instance (art. 318 al. 3 CPC par analogie). 

Au vu de l'admission du recours, les frais pour les deux instances doivent être mis à la charge de 
la société B.________ SA (art. 106 al. 1 CPC).

3.1. Les frais judiciaires de première instance ont été fixés à CHF 380.-, montant que les parties 
n’ont pas remis en cause. Ils sont mis à la charge de la société B.________ SA et prélevés sur 
l’avance de frais qu’elle a versée (art. 111 al. 1 CPC).

Quant aux frais judiciaires de la procédure de recours, ils sont fixés à CHF 500.- et seront prélevés 
sur l’avance de frais du même montant effectuée le 4 juin 2020 par la société A.________ Sàrl, qui 
aura droit à leur remboursement par la société B.________ SA.

3.2. Selon l'art. 105 al. 2 CPC, le tribunal fixe les dépens selon le tarif, soit le règlement 
fribourgeois du 30 novembre 2010 sur la justice (RJ; RSF 130.11). En cas de fixation globale, 
comme en l'espèce, l’autorité tient compte notamment de la nature, de la difficulté et de l’ampleur 
de la procédure et du travail nécessaire de l’avocat, ainsi que de l’intérêt et de la situation 
économiques des parties (art. 63 al. 2 RJ). L'indemnité maximale en cas de recours contre une 
décision du juge unique est de CHF 3'000.-, montant pouvant être doublé si des circonstances 
particulières le justifient (art. 64 al. 1 let. e et al. 2 RJ).

En l'espèce, compte tenu de ces critères, les dépens de la société A.________ Sàrl pour la 
procédure de recours seront arrêtés globalement à la somme de CHF 861.60, TVA par CHF 61.60 
comprise. 

En revanche, il n’y a pas lieu de lui allouer d’équitable indemnité de partie à titre de dépens pour la 
procédure de première instance, dans la mesure où la débitrice poursuivie a agi par elle-même et 
dès lors que le travail effectué n’a pas dépassé ce que l’on peut raisonnablement attendre d’un 
justiciable dans le cadre de la gestion ordinaire de ses affaires administratives.

(dispositif en page suivante)

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la Cour arrête :

I. Le recours est admis.

Partant, la décision de la Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement de la Gruyère du 
28 avril 2020 est réformée et prend la teneur suivante :

1. La requête de mainlevée provisoire déposée 19 février 2020 par la société B.________ 
SA à l’encontre de la société A.________ Sàrl est rejetée.

2. La mainlevée provisoire de l’opposition formée par la société A.________ Sàrl au 
commandement de payer no ccc de l'Office des poursuites de la Gruyère notifié à 
l’instance de la société B.________ SA est refusée.

3. Les frais sont mis à la charge de la société B.________ SA.

Les frais judiciaires dus à l’Etat sont fixés à CHF 380.-. Ils sont prélevés sur l’avance de 
frais effectuée par la société B.________ SA.

Il n’est pas alloué de dépens à la société A.________ Sàrl.

II. Les frais de la procédure de recours sont mis à la charge de la société B.________ SA.

Les frais judiciaires dus à l'Etat sont fixés à CHF 500.-. Ils sont prélevés sur l'avance versée 
par la société A.________ Sàrl, qui a droit à leur remboursement par la société B.________ 
SA.

Les dépens de la société A.________ Sàrl pour la procédure de recours sont fixés 
globalement à la somme de CHF 861.60, TVA par CHF 61.60 comprise.

III. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours constitutionnel au Tribunal fédéral dans les trente jours qui 
suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 
par les art. 113 à 119 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). L'acte de 
recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 7 juillet 2020/lda

La Présidente : Le Greffier-rapporteur :