# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 5bbe16b3-0c94-5c24-8214-789e771248e5
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-04-05
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 05.04.2016 A/3394/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-3394-2015_2016-04-05.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/3394/2015-CPOPUL ATA/289/2016  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 5 avril 2016 

2ème section 

   dans la cause 

 

A______ B______ 
  

contre 

DÉPARTEMENT DE LA SÉCURITE ET DE L'ÉCONOMIE 
 

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A/3394/2015 

EN FAIT 

1.  A______ B______ (ci-après: la personne intéressée) est née 
C______B______ le ______1967 à Genève. Elle possède les nationalités suisse et 
espagnole et est domiciliée à Genève.  

  Par arrêté de la direction cantonale de l'état civil, remplacée depuis lors par 
le service état civil et légalisation (ci-après : SECL) du 17 avril 2009, la personne 
intéressée a été autorisée à changer de prénom et à porter ceux de A______.  

2.  Le 23 décembre 2009, la personne intéressée a sollicité auprès du Consulat 
général d'Espagne à Genève l'inscription de son changement de prénoms, ainsi 
que la modification de l'indication relative à son sexe sur les registres de l'état 
civil espagnol.   

  Elle a exposé notamment à l'appui de sa demande que l'état civil suisse avait 
prononcé son changement de prénom et que sa nouvelle identité officielle 
reconnue en Suisse était dorénavant celle de Madame A______ B______.  

  Elle a notamment joint à sa demande sa carte d'identité espagnole, établie au 
nom de C______B______, de sexe masculin, et sa carte d'identité suisse no 
1______, délivrée le 8 mai 2009, établie sous le nom de A______ B______, ces 
documents accompagnant un certificat médical de son médecin, attestant de 
l’existence d’une dysphorie de genre stable et persistante.  

3.   Par décret du 6 avril 2010, le Consul général d'Espagne à Genève a autorisé 
la rectification de la mention relative au sexe de la personne intéressée dans les 
registres de l'état civil espagnol et la modification de son acte de naissance, afin 
qu'elle y figure comme étant A______ B______, de sexe féminin.  

4.  Le 8 avril 2015, la personne intéressée s'est rendue dans les locaux du 
secteur des passeports de l'office cantonal de la population et des migrations 
(ci-après : OCPM), afin de solliciter l'établissement d'une nouvelle carte d'identité, 
suite au vol de la sienne.  

  À cette occasion, elle s'est vu refuser la délivrance d'une carte d'identité 
avec la mention du sexe féminin, dans la mesure où les registres de l'état civil 
indiquaient qu'elle était de sexe masculin.  

5.  Le même jour, la personne intéressée a été reçue par la directrice du SECL, 
laquelle lui a indiqué qu'un changement de sexe ne pouvait être inscrit dans le 
registre de l'état civil que sur la base d'une décision d'une autorité judiciaire suisse 
ou d'une autorité étrangère.  

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6.  Par courrier du 18 mai 2015 adressé au SECL, la personne intéressée a 
sollicité la transcription, dans les registres de l'état civil, tant au niveau cantonal 
que fédéral, de la décision de changement de sexe prononcée par le Consul 
général d'Espagne à Genève le 6 avril 2010. 

  Elle a joint plusieurs documents, en espagnol et en français, attestant des 
démarches effectuées auprès du Consulat général espagnol à Genève, des extraits 
de lois espagnoles, ainsi que son extrait de naissance et sa carte d'identité 
espagnole mentionnant tous deux qu'elle était de sexe féminin.  

7.  Le 8 juillet 2015, le SECL a informé la personne intéressée que la décision 
de rectification de son statut personnel prononcée par le Consulat général 
d'Espagne à Genève ne pouvait être reconnue en Suisse.  

  Les dispositions légales suisses ne réglaient pas la question du changement 
de sexe. L'action en constatation du changement de sexe était toutefois considérée 
comme une cause relevant du droit civil. Or, lorsqu'un acte juridictionnel était 
réservé aux tribunaux civils ordinaires et qu'il avait été prononcé en Suisse par 
une ambassade étrangère, le Tribunal fédéral considérait qu'il ne pouvait être 
invoqué devant les autorités suisses.  

  La personne intéressée était dès lors invitée à faire prononcer son 
changement de sexe en Suisse dans le cadre d'une procédure judiciaire auprès du 
Tribunal de première instance du canton de Genève (ci-après : TPI).  

  Elle était encore informée de la possibilité de solliciter une décision 
formelle ouvrant les voies légales du recours.  

8.  Par courrier du 15 juillet 2015, la personne intéressée a contesté le contenu 
du courrier du SECL du 8 juillet 2015 et sollicité qu'une décision formelle soit 
rendue afin de pouvoir recourir.  

9.  Par décision du 24 août 2015, le département de la sécurité et de l'économie 
(ci-après : le département), en sa qualité d'autorité de surveillance de l'état civil, a 
rejeté la requête de la personne intéressée visant à faire reconnaître en Suisse le 
changement de sexe prononcé par le Consul général d'Espagne à Genève.  

  La motivation et les conclusions de la décision étaient les mêmes que celles 
développées par le SECL dans son courrier du 8 juillet 2015. 

10.  Par acte déposé le 28 septembre 2015 auprès de la chambre administrative 
de la Cour de justice (ci-après: la chambre administrative), la personne intéressée 
a recouru contre la décision du département précitée, concluant en substance à son 
annulation et à ce qu'il soit ordonné au SECL de faire procéder à l'inscription dans 
les registres d'état civil de la modification de la mention liée au sexe.  

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  Après avoir obtenu l'autorisation de changer de prénom en 2009, elle avait 
dû procéder à la modification de ses papiers d'identité. À cette occasion, un 
employé du service des passeports de la Ville de Genève l'avait averti qu'en 
l'absence d'une opération, elle risquait un refus de la modification de la mention 
du sexe. L'employé avait toutefois eu une attitude bienveillante (un geste à la        
« Paul Grüninger ») et avait accepté de remplir la demande pour ses papiers 
d'identité sans autre précision. Quelques temps plus tard, elle avait reçu sa 
nouvelle carte d'identité mentionnant qu'elle était de sexe féminin. Elle avait ainsi 
pu procéder à la modification de la mention du sexe auprès de différentes 
administrations. Lorsqu'elle s'était fait voler ses papiers d'identité en juin 2014, 
elle avait dû procéder à leur remplacement auprès des autorités suisses et 
espagnoles. Si cela n'avait rencontré aucun problème du côté des autorités 
espagnoles, les autorités suisses avaient refusé de lui délivrer une carte d'identité 
indiquant qu'elle était de sexe féminin.  

  Il n'existait aucune législation en Suisse sur les personnes « transgenres » et 
encore moins sur les personnes transgenres et possédant une double nationalité. Il 
existait en Suisse et au sein des pays du Conseil de l'Europe une discrimination 
liée à l'identité des sexes.  

  Les autorités refusaient de lui appliquer les dispositions relatives à la 
reconnaissance et l'exécution des décisions étrangères, sans que cela soit motivé 
par une obligation formelle. Cette manière de faire était discriminatoire. Elle 
violait notamment son droit à un procès équitable et son droit au respect de la vie 
privée.   

  Elle ne pouvait faire valoir une décision d'état civil car elle émanait d'un 
consulat, malgré le fait qu'elle remplissait toutes les conditions pour procéder au 
changement de la mention du sexe en Suisse.  

  Le fait qu'elle soit considérée comme de sexe féminin dans son pays 
d'origine et de sexe masculin dans son pays de résidence violait également les 
principes d'égalité de traitement et d'interdiction de discrimination.  

  Enfin, si la seule décision du Consulat général d'Espagne à Genève n'était 
pas suffisante, les autorités suisses devaient admettre que les documents espagnols 
produits avaient tous une force probante suffisante pour démontrer le bien-fondé 
de sa demande.  

  Elle a joint à son recours de nombreuses pièces, soit notamment des copies 
de documents officiels délivrés au nom de Madame A______ B______ (carte 
d'identité suisse délivrée le 8 mai 2009, attestations de domicile de l'OCPM des 
5 février 2010 et 29 mars 2012, cartes de vote pour différentes élections et 
votations en avril 2014 et en avril et mai 2015, déclaration fiscale 2014).  

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11.  Dans sa réponse du 28 octobre 2015, le département a conclu au rejet du 
recours, en reprenant la motivation déjà exposée dans sa décision du 24 août 2015. 

12.  Dans sa réplique du 20 novembre 2015, la personne intéressée a persisté 
dans ses conclusions.  

  Le refus de donner droit à sa demande violait de nombreux principes 
constitutionnels tels que la dignité, l'égalité, l'interdiction de l'arbitraire, le droit à 
la vie et l'intégrité, la liberté personnelle et la protection de la sphère privée.  

  De plus, les actes de naissance produits avaient force probante et auraient dû 
être retranscrits dans les registres d'état civil suisses.  

13.  Lors de l'audience de comparution personnelle du 7 mars 2016, les 
représentants du SECL et du département ont notamment indiqué que la mention 
du sexe féminin sur les papiers d'identité délivrés à la personne intéressée en 2009 
résultait probablement d'une erreur du service de l'état civil de la Ville de Genève. 
Cette erreur commise par un fonctionnaire municipal ne liait toutefois pas le 
département. La décision du Consul n'était pas suffisante pour enregistrer le 
changement de sexe. Une décision prononcée par une autorité compétente était 
nécessaire. La compétence du Consulat d'Espagne ne pouvait être admise. 

  La personne intéressée a quant à elle réitéré ses explications relatives à 
l'obtention en 2009 de sa nouvelle carte d'identité indiquant qu'elle était de sexe 
féminin. Elle n'avait pas dû remplir une demande formelle pour ce faire, mais 
remettre son ancienne carte d'identité accompagnée de l'arrêté du département 
l'autorisant à changer de prénom. Pour obtenir la décision l'autorisant à changer de 
sexe selon le droit espagnol, elle avait dû produire sa carte d'identité suisse. 
Toutefois, ce document n'était pas déterminant pour l'Espagne. Elle avait obtenu 
un changement de genre, car elle remplissait toutes les conditions selon le droit 
espagnol. Selon la procédure espagnole, c'était un officier d'état civil et non un 
juge qui statuait sur ce type de demande. Elle se retrouvait à présent dans une 
situation de déni de droit. Elle était par ailleurs toujours sous traitement hormonal 
et remplissait les conditions pour effectuer l'opération de changement de sexe. 
Elle s'engageait à transmettre un certificat médical établissant ces traitements et sa 
stérilité. 

14.  Le 16 mars 2016, la personne intéressée a déposé une attestation médicale 
de la Doctoresse D______, laquelle la suivait depuis avril 2007. Elle attestait 
qu'un diagnostic de dysphorie de genre avait été posé s'agissant de la personne 
intéressée, qu'elle était suivie par une équipe pluridisciplinaire depuis lors et 
qu'elle était sous traitement hormonal de substitution depuis février 2008, lequel 
comprenait des inhibiteurs de testostérone et des hormones féminines. Ce 
traitement avait été momentanément interrompu pour cause d'embolie pulmonaire, 

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mais avait été repris depuis lors. Le traitement hormonal entraînait actuellement 
une stérilité. 

15.  La cause a été gardée à juger le 16 mars 2016.  

EN DROIT 

1.  Selon l’art. 90 al. 2 de l'ordonnance fédérale sur l'état civil du 28 avril 2004 
(OEC - RS 211.112.2), les décisions de l’autorité de surveillance peuvent être 
attaquées devant les autorités cantonales compétentes. Le département est 
l'autorité de surveillance de l'état civil (art. 5 de la loi sur l'état civil du 
19 décembre 1953 - LEC - E 1 13). En application de l’art. 132 de la loi sur 
l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 (LOJ - E 2 05), il appartient à la 
chambre administrative de statuer, aucune autre loi cantonale n’accordant cette 
compétence à une autre autorité (ATA/171/2010 du 16 mars 2010).  

  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 LOJ ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative 
du 12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2.  L’objet du litige porte sur le refus par l'autorité intimée d'inscrire dans le 
registre de l'état civil suisse le changement de sexe de la personne intéressée sur la 
base d'une décision prononcée par le Consul général d'Espagne à Genève.   

3.  Il n'existe aucune convention bilatérale entre la Suisse et l'Espagne portant 
sur la reconnaissance de décisions extrajudiciaires ou actes étrangers concernant 
l'état civil, et plus particulièrement l'inscription du changement de sexe d'une 
personne. 

 4.  La Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés 
fondamentales du 4 novembre 1950 (CEDH - RS 0.101) ne consacre pas le droit 
au changement du sexe, ni à la modification des actes de l’état civil. Si différents 
arrêts ont été rendus par la Cour européenne des droits de l'homme (ci-après : 
CourEDH) sur l'admissibilité d'un changement de sexe, au regard principalement 
du droit au respect de la vie privée garanti par l'art. 8 CEDH, et des conséquences 
sur l'état civil de l'intéressé (ACEDH Hämäläinen c. Finlande [Grande Chambre] 
du 16 juillet 2014, req.  37359/09 ; Goodwin c. Royaume-Uni du 11 juillet 2002, 
req. 28957/95) aucun ne traite spécifiquement de la problématique de la 
reconnaissance d'une décision extrajudiciaire étrangère liée à l'inscription d'un 
changement de sexe.  

5.  Une décision ou un acte étranger concernant l'état civil est transcrit dans les 
registres de l'état civil en vertu d'une décision de l'autorité cantonale de 
surveillance en matière d'état civil (art. 32 al. 1 de la loi fédérale sur le droit 

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international privé du 18 décembre 1987 - LDIP - RS 291 ; art. 23 al. OEC). Il 
s'agit là d'une compétence considérée comme exclusive, qui ne laisse pas place à 
une procédure cantonale d'exequatur (ATF 117 II 11 consid. 4), dans l'exercice de 
laquelle l'autorité concernée dispose d'un plein pouvoir d'examen qui peut même 
porter sur de délicates questions de droit international privé (ATF 110 II 5   
consid. 1 et les références citées ; ATA/203/2009 du 28 avril 2009 consid.3a). 

  La transcription est autorisée lorsque les conditions fixées aux art. 25 
à 27 LDIP sont remplies (art. 32 al. 2 LDIP). La décision étrangère doit avoir été 
rendue par une autorité compétente et n’être plus susceptible de recours (art. 25 
let. a et b LDIP). En outre, elle ne doit pas être manifestement incompatible avec 
l’ordre public suisse, notamment l’ordre public matériel (art. 25 let. c et 27 
al. 1 LDIP). La décision de l’autorité étrangère ne doit pas aboutir à un résultat 
fondamentalement opposé à la conception suisse du droit (ATF 131 III 182 
consid. 4.1 ; arrêt du Tribunal fédéral 5A_604/2009 du 9 novembre 2009 
consid. 4.2.2.1; ATA/264/2014 du 15 avril 2014 consid.3). 

  En vertu de l'art. 26 LDIP, la compétence des autorités étrangères est 
donnée si elle résulte d’une disposition de la présente loi ou, à défaut d’une telle 
disposition, si le défendeur était domicilié dans l’État dans lequel la décision a été 
rendue (let. a) ; si, en matière patrimoniale, les parties se sont soumises par une 
convention valable selon la présente loi à la compétence de l’autorité qui a rendu 
la décision (let. b) ; si, en matière patrimoniale, le défendeur a procédé au fond 
sans faire de réserve (let. c), ou si, en cas de demande reconventionnelle, l’autorité 
qui a rendu la décision était compétente pour connaître de la demande principale 
et s’il y a connexité entre les deux demandes (let. d). 

6.  En l'espèce, la personne intéressée sollicite la transcription dans le registre 
de l'état civil suisse du décret du Consulat général d'Espagne à Genève du 
6 avril 2010, lequel autorise la rectification des prénoms et de la mention du sexe 
dans les registres d’état civil espagnols, faisant dorénavant figurer la personne 
intéressée comme étant A______, de sexe féminin. L'objet de cet acte n'est pas de 
nature patrimoniale et ne découle pas d'une demande reconventionnelle. Par 
ailleurs, la personne intéressée étant domiciliée à Genève, la 2ème phrase de 
l'art. 26 let. a LDIP ne lui est pas applicable. Il s'agit dès lors d'examiner si la 
compétence du Consul général d'Espagne pour rendre une décision relative au 
changement de sexe de la personne intéressée résulte d'une disposition de la 
LDIP.  

7.  Par principe, une action judiciaire est nécessaire pour modifier une 
inscription dans les registres de l'état civil, à moins que l'inexactitude ne résulte 
d'une inadvertance ou d'une erreur manifeste, auquel cas une rectification 
administrative est admise (Michel MONTINI in Pascal PICHONNAZ/Bénédict 
FOËX [éd.] Commentaire Romand, Code civil I, 2010 ad art. 42 CC, n. 5). 

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  Aucune disposition du Code civil suisse du 10 décembre 1907                 
(CC - RS 210), ni même de la LDIP, ne règle la question du changement de sexe. 
De jurisprudence constante, l’inscription du changement de sexe au registre de 
l’état civil suppose que la personne concernée ait fait constater le nouveau sexe 
par la voie d’une action judiciaire civile. Il s’agit d’une action d’état civil sui 
generis créée par voie prétorienne, qui se distingue d’un point de vue dogmatique 
de la rectification des registres fondée sur une constatation initiale erronée du sexe 
(ATF 119 II 264 ; JdT 1996 I 336 ; JdT 2015 III p. 237, 239 ; Michel MONTINI, 
op. cit., ad art. 42 CC, n. 5). Le changement de sexe d'une personne pose un 
problème particulier, dans la mesure où la rectification ne vise pas à constater que 
l'état d'une personne s'est modifié en droit, mais que l'inscription ne correspond 
pas ou plus à une situation de fait réelle (Paul-Henri STEINAUER/Christiana 
FOUNTOULAKIS, Droit des personnes physiques et de la protection de l'adulte, 
2014, p. 358-359 n. 815a). 

  Un changement de sexe doit être enregistré à l'état civil (art. 7 al. 2 
let. o OEC). L'autorité judiciaire communique le changement de sexe et la 
modification du prénom rendue nécessaire (art. 40 al. 1 let. j OEC). Un 
changement de sexe est inscrit en marge du registre des naissances (art. 98 al. 1 
let. h OEC). 

  Le sexe d'une personne est, comme le nom, un élément de la personnalité. 
Au cas où les droits de plusieurs pays pourraient entrer en considération – sous 
réserve d'une réglementation légale divergente – en matière de droit des 
personnes, les autorités judiciaires du domicile sont compétentes ; elles appliquent 
le droit du domicile (art. 33 al. 1 LDIP ; ATF 119 II 264 ; JdT 1996 I p. 336, 343). 

8.  À teneur de l'art. 33 LDIP, lorsque la présente loi ne contient pas de 
dispositions spéciales, les autorités judiciaires ou administratives suisses du 
domicile sont compétentes en matière de droit des personnes ; elles appliquent le 
droit du domicile. 

9.  L'art. 5 de la Convention de Vienne sur les relations consulaires du 
24 avril 1963 (ci-après : Convention de Vienne ; RS 0.191.02) énumère les 
fonctions consulaires (let. a à let. l). L'activité juridictionnelle n'y est pas 
mentionnée. La lettre m de cette disposition précise que peuvent également être 
exercées toutes autres fonctions confiées à un poste consulaire par l'État d'envoi 
que n'interdisent pas les lois et règlements de l'État de résidence ou auxquelles 
l'État de résidence ne s'oppose pas, ou qui sont mentionnées dans les accords 
internationaux en vigueur entre l'État d'envoi et l'État de résidence. 

10.  Le Tribunal fédéral a relevé, dans une problématique liée à la 
reconnaissance d'un divorce prononcé par une ambassade étrangère en Suisse, 
qu'une telle décision ne pouvait être invoquée devant les autorités suisses, dans la 

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mesure où un tel acte juridictionnel était réservé, sur le territoire suisse, aux 
tribunaux civils ordinaires (ATF 110 II 5). 

11.   En l'occurrence, la compétence d'une autorité étrangère, et plus précisément 
en l'espèce d'un consulat étranger, d'autoriser la modification de la mention 
relative au sexe de la personne intéressée, ne résulte d’aucune disposition de la 
LDIP et n'est ainsi pas donnée. 

  Il ressort au contraire des considérants qui précèdent que le changement de 
sexe doit avoir été autorisé par une autorité judiciaire civile. Or, l'activité 
juridictionnelle ne fait pas partie des attributions consulaires. Le Tribunal fédéral 
l'avait déjà confirmé dans l'arrêt précité lorsqu'il avait rappelé qu'une décision 
devant émaner, en Suisse, d'un tribunal civil ordinaire ne pouvait être valablement 
reconnue lorsqu'elle avait été rendue par une ambassade étrangère (ATF 110 II 5 
consid. 2a).   

   Dès lors, force est de constater sous cet angle que le département ne pouvait 
inscrire dans les registres suisses le changement de sexe de la personne intéressée 
sur la base du décret du Consulat général d'Espagne à Genève du 6 avril 2010. 

12. a. La personne intéressée indique qu'elle satisfait à toutes les exigences légales 
relatives à la reconnaissance d'un changement de sexe selon le droit espagnol, 
pays duquel elle est également ressortissante, de sorte que la décision du Consulat 
d'Espagne à Genève est valable et doit être reconnue à Genève. Ce faisant, elle 
invoque indirectement l'application du droit espagnol.  

 b.  Lorsqu'une personne a une ou plusieurs nationalités étrangères en sus de la 
nationalité suisse, seule la nationalité suisse est retenue pour déterminer la 
compétence du for d'origine (art. 23 al. 1 LDIP). Lorsqu'une personne a plusieurs 
nationalités, celle de l'État avec lequel elle a les relations les plus étroites est seule 
retenue pour déterminer le droit applicable, à moins que la présente loi n'en 
dispose autrement (23 al. 2 LDIP). En revanche, si la reconnaissance d'une 
décision étrangère en Suisse dépend de la nationalité d'une personne, la prise en 
considération d'une de ses nationalités suffit (art. 23 al. 3 LDIP). 

 c.  En matière de reconnaissance de jugements rendus à l'étranger, le droit 
international privé suisse est moins exigeant qu'en matière de for ou de droit 
applicable. Dans ce cas, la loi renonce à exiger une relation effective entre le 
justiciable et l'État dont la nationalité est prise en compte ; elle opte ainsi pour le 
principe du favor recognitionis, la non-reconnaissance d'une décision étrangère 
pouvant conduire à augmenter le nombre de rapports juridiques boiteux 
(ATF 130 III 723 ; Bernard DUTOIT, Commentaire de la loi fédérale du 
18 décembre 1987, 2001, ad. art. 23 LDIP n. 4). La doctrine cite, à titre d'exemple 
d'application de l'art. 23 al. 3 LDIP, les art. 39, 42, 65 al. 1, 70, 73 al. 1, 74 et 
78 LDIP (Bernard DUTOIT, op. cit., ad. art. 23 LDIP n. 4).  

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 d. Le présent litige concerne effectivement la reconnaissance d'une décision 
étrangère en Suisse, soit celle du Consulat d'Espagne du 6 avril 2010. Toutefois, 
dans le cas d'espèce, la reconnaissance de cette décision ne dépend pas de la 
nationalité de la personne intéressée. En effet, à teneur de l'art. 33 al.1 LDIP, 
applicable au cas d'espèce, la nationalité de l'intéressé ne joue aucun rôle, seul le 
lieu du domicile étant déterminant. Force est de constater que l'art. 23 al. 3 LDIP 
ne s'applique pas dans le cas d'espèce. 

  Dans la mesure où la personne intéressée, de nationalité suisse, réside et 
travaille à Genève, il apparaît que c'est bien avec la Suisse qu'elle a les relations 
les plus étroites. Le droit suisse est seul applicable au présent litige (art. 23 
al. 3 LDIP), de sorte qu'elle ne saurait se prévaloir de l'application du droit 
espagnol. 

13. a. La personne intéressée se prévaut de la reconnaissance d'un for de nécessité, 
exposant que le refus de reconnaître la décision consulaire la plongerait dans une 
situation de déni de droit. 

 b. À teneur de l'art. 3 LDIP, lorsque la présente loi ne prévoit aucun for en 
Suisse et qu'une procédure à l'étranger se révèle impossible, ou qu'on ne peut 
raisonnablement exiger qu'elle y soit introduite, les autorités judiciaires ou 
administratives suisses du lieu avec lequel la cause présente un lien suffisant sont 
compétentes. 

 c. Le for de nécessité est accessible à titre subsidiaire, notamment pour les 
Suisses à l'étranger (Andreas BUCHER in Andreas BUCHER [éd.] Commentaire 
Romand, Loi fédérale sur le droit international privé (LDIP) / Convention de 
Lugano (CL), 2011 ad art. 32 LDIP, n. 4). 

 d. En l'espèce, il existe bel et bien un for en Suisse, permettant à la personne 
intéressée de faire modifier la mention relative à son sexe dans les registres civils. 
Comme déjà exposé, une telle action doit être entreprise devant les juridictions 
civiles genevoises. La personne intéressée ne peut dès lors se prévaloir de 
l'art. 3 LDIP pour tenter de faire reconnaître le décret du Consulat général 
d'Espagne à Genève du 6 avril 2010. 

14. a.  Même si la personne intéressée ne le formule pas clairement, elle se prévaut 
également de la bonne foi, dans la mesure où la qualité de personne de sexe 
féminin lui a été reconnue pendant plusieurs années. 

 b. Le principe de la bonne foi entre administration et administré prévaut d’une 
manière générale dans les rapports entre ceux-ci. Exprimé aujourd’hui aux art. 9 
et  5 al. 3 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999      
(Cst. - RS 101), celui-ci exige que l’une et l’autre se comportent réciproquement 
de manière loyale. En particulier, l’administration doit s’abstenir de toute attitude 

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propre à tromper l’administré et elle ne saurait tirer aucun avantage des 
conséquences d’une incorrection ou insuffisance de sa part (ATF 129 I 161 
consid. 4 p. 170 ; 129 II 361 consid. 7.1 p. 381 ; arrêts du Tribunal fédéral 
1C_534/2009 du 2 juin 2010 ; 9C_115/2007 du 22 janvier 2008 consid. 4.2 ; 
ATA/141/2012 du 13 mars 2012 ; Thierry TANQUEREL, Manuel de droit 
administratif, 2011, p. 193 n. 568). L’interdiction des comportements 
contradictoires ne concerne que la même autorité, agissant à l’égard des mêmes 
justiciables, dans la même affaire ou à l’occasion de faits identiques 
(ATF 111 V 81). Ainsi, les décisions contradictoires de deux autorités différentes 
ne violent pas le principe de la bonne foi (ATF 111 V 81).   

 c. Selon la jurisprudence, les assurances ou les renseignements erronés donnés 
par les autorités confèrent des droits aux justiciables, fondés sur le principe de la 
bonne foi découlant de l'art. 9 Cst., lorsque les cinq conditions cumulatives 
suivantes sont remplies. Tout d’abord, on doit être en présence d’une promesse 
concrète effectuée à l’égard d’une personne déterminée. Il faut également que 
l’autorité ait agi dans le cadre et dans les limites de sa compétence, que la 
personne concernée n’ait pas été en mesure de se rendre compte immédiatement 
de l’inexactitude du renseignement fourni, qu’elle se soit fondée sur ce 
renseignement pour prendre des dispositions qu’elle ne peut ensuite modifier sans 
subir de préjudice et, enfin, que la loi n’ait pas subi de changement depuis le 
moment où la promesse a été faite (ATF 131 II 627 consid. 6.1 ; 129 I 161  
consid. 4.1 ; 122 II 113 consid. 3b/cc ; arrêt du Tribunal fédéral 1P.373/2006 du 
18 octobre 2006 consid. 2 ; ATA/34/2014 du 21 janvier 2014 consid. 7). 

 d. La protection de la bonne foi ne s'applique pas si l'intéressé connaissait 
l'inexactitude de l'indication ou aurait pu la connaître en consultant simplement les 
dispositions légales pertinentes (ATF 135 III 489 ; Thierry TANQUEREL,        
op. cit.,  p. 194 n. 571).  

 e. En l'espèce, la personne intéressée a expliqué, tant à la faveur de son recours 
que lors de son audition, qu'elle avait accompli des démarches en 2009 auprès de 
l'office de l'état civil de la Ville de Genève en vue d'obtenir des papiers d'identité 
conformes à sa nouvelle identité. À cette occasion, un employé de l'état civil lui 
avait indiqué qu'en l'absence d'opération, elle risquait de se voir refuser toute 
modification de la mention du sexe sur ses papiers d'identité. L'employé avait 
alors préparé la demande de nouvelle carte d'identité, sans plus de précision. La 
personne intéressée avait par la suite reçu une carte d'identité avec mention du 
sexe féminin, ce qu'elle admet avoir perçu comme constitutif d'un geste généreux. 
Cette explication signifie qu'elle était consciente que cela la faisait bénéficier d'un 
traitement exceptionnel, en dehors du cadre légal. Ainsi, même si son attitude peut 
être comprise d'un point de vue humain, elle ne lui permet pas de se prévaloir à 
présent du principe de la bonne foi pour faire perdurer une situation non conforme 
au droit.    

- 12/13 - 

A/3394/2015 

  Au demeurant, quelles que soient les circonstances qui ont pu amener l'état 
civil de la Ville de Genève à délivrer à la personne intéressée une carte d'identité 
portant la mention "F" s'agissant de l'indication relative au sexe, puis par la suite, 
d'autres autorités, à reproduire cette erreur dans la délivrance de certains 
documents, il ne peut ainsi être reproché au département d'avoir violé le principe 
de la bonne foi en rendant la décision attaquée. Ceci est d'autant plus vrai que la 
décision qui a créé la confusion émane d'un service de l’administration qui faisait 
partie d'une autre collectivité publique.  

15. a. La personne intéressée se prévaut encore de différents principes 
constitutionnels tels que la dignité, l'égalité, l'interdiction de l'arbitraire, le droit à 
la vie et l'intégrité, la liberté personnelle et la protection de la sphère privée, ainsi 
que différentes normes de rang international. Le refus de donner droit à sa 
demande violerait ces différents principes. 

 b. Il semble exister à ce propos une certaine confusion dans le recours quant à 
la portée de la décision du département, qu'il convient dès lors de clarifier. 

  En refusant de retranscrire dans les registres d'état civil suisses le 
changement de sexe découlant du décret du Consulat général d'Espagne à Genève, 
le département ne s'est pas prononcé sur la question de fond du droit de la 
personne intéressée d'obtenir une modification de son identité sexuelle, mais sur la 
validité du document étranger produit à cet effet. 

  Or, en considérant que le changement de sexe ne pouvait être reconnu en 
Suisse sur la base de la seule décision du Consul général d'Espagne du 
6 avril 2010, le département n'a commis aucune violation du droit national ou 
international. 

  Comme déjà exposé, si la personne intéressée souhaite obtenir une décision 
constatant son changement d'identité sexuelle, il lui appartiendra de former une 
requête en constatation de changement de sexe auprès des juridictions civiles. 

16.  Au vu de ce qui précède, la décision du département sera confirmée et le 
recours rejeté. 

17.  Vu l’issue du recours, un émolument de procédure de CHF 500.- sera mis à 
la charge de la personne intéressée (art. 87 al. 1 LPA). Aucune indemnité de 
procédure ne sera allouée (art. 87 al. 2 LPA). 

18.  Conformément à l’art. 90 al. 5 OEC, le présent arrêt sera communiqué à 
l’office fédéral de l’état civil et à l’attention de l’office fédéral de la justice. 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

- 13/13 - 

A/3394/2015 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 28 septembre 2015 par A______ B______ 
contre la décision du département de la sécurité et de l'économie du 24 août 2015 ; 

au fond : 

le rejette ; 

met un émolument de CHF 500.- à la charge de A______ B______ ; 

dit qu’il n’est pas alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours 
qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en 
matière civile ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ; 

communique le présent arrêt à A______ B______, au département de la sécurité et de 
l'économie, à l'office fédéral de l’état civil, ainsi qu'à l’office fédéral de la justice. 

Siégeants : M. Verniory, président, M. Thélin, M. Dumartheray, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

le greffier-juriste : 
 
 

F. Scheffre 

 le président siégeant : 
 
 

J.-M. Verniory 
 
 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

Genève, le        la greffière :