# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 13cec8c9-4244-5073-a9c7-a5c6d2a6b3cb
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2023-02-21
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 21.02.2023 E-907/2023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-907-2023_2023-02-21.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour V 

E-907/2023 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  2 1  f é v r i e r  2 0 2 3  

Composition 
 Deborah D'Aveni, juge unique,  

avec l'approbation de Yannick Antoniazza-Hafner, juge ; 

Alessandra Stevanin, greffière. 

   

Parties 
 A._______, née le (…), 

Congo (Kinshasa),  

alias B._______, née le (…),  

Angola, 

(…),   

recourante,  

  
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile (non-entrée en matière) et renvoi (procédure Dublin); 

décision du SEM du 7 février 2023 / N (…). 

 

 

 

E-907/2023 

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Vu 

la demande d’asile déposée, le 21 novembre 2022, par A._______ 

(ci-après : la requérante, l’intéressée ou la recourante) en Suisse, 

le questionnaire « Europa » rempli par la requérante le jour-même, sur 

lequel celle-ci a indiqué avoir quitté le Congo (Kinshasa) en date 

du (…) mai 2022 et être arrivée au Portugal le (…) juillet suivant, 

la carte d’électeur congolaise originale et la copie du passeport angolais 

de l’intéressée saisis à son entrée au Centre fédéral pour requérants 

d’asile de C._______, 

les résultats de la comparaison, effectuée le 23 novembre 2022 par le 

SEM, de ses données dactyloscopiques avec celles enregistrées dans le 

système central d’information visa (CS-VIS), dont il ressort, notamment, 

qu’elle était titulaire d’un visa Schengen délivré par les autorités 

portugaises, valable du (…) juillet au (…) août 2022, 

le mandat de représentation signé par la requérante en faveur des juristes 

de Caritas Suisse, le 24 novembre 2022, 

le compte rendu de l’entretien individuel Dublin du 6 décembre 2022, lors 

duquel l’intéressée a notamment indiqué avoir quitté le Congo (Kinshasa) 

le (…) mai 2022 pour se rendre en Angola, d’où elle aurait pris un avion le 

(…) juillet suivant à destination de la France au moyen d’un faux passeport 

angolais émis au nom de B._______ ; le lendemain, elle aurait pris un vol 

pour le Portugal, pays qu’elle aurait quitté le jour même pour gagner la 

Suisse, en voiture à l’aide d’un passeur, dans le but d’y rejoindre sa mère 

et son frère domiciliés à D._______, 

la requête aux fins de prise en charge de la requérante présentée le 

20 décembre 2022 par le SEM aux autorités portugaises compétentes et 

fondée sur l’art. 12 par. 4 du règlement (UE) no 604/2013 du Parlement 

européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et 

mécanismes de détermination de l’Etat membre responsable de l'examen 

d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats 

membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride (refonte ; 

JO L 180/31 du 29.6.2013 ; ci-après : règlement Dublin III), 

la réponse du 12 janvier suivant, par laquelle les autorités portugaises ont 

expressément accepté le transfert de la requérante, en application de la 

disposition précitée, 

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la décision du 7 février 2023, notifiée le lendemain, par laquelle le SEM 

n'est pas entré en matière sur la demande d'asile de l’intéressée, en 

application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, a prononcé son renvoi de la Suisse 

vers le Portugal, l’Etat Dublin responsable, et a ordonné l'exécution de 

cette mesure, constatant l’absence d’effet suspensif à un éventuel recours,  

le recours interjeté, le 15 février 2023 (date du sceau postal), contre cette 

décision auprès du Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal), par 

lequel l’intéressée, agissant seule, a conclu à son annulation et à l’entrée 

en matière sur sa demande d’asile en procédure nationale, 

la demande de restitution de l’effet suspensif dont il est assorti, 

les journaux de soins figurant au dossier, dont il ressort que la requérante 

a déclaré souffrir de maux de gorge, de démangeaisons vaginales, de 

brûlures mictionnelles ainsi que de douleurs dorsales, et a émis le souhait 

de consulter un psychologue,  

 

et considérant 

que le Tribunal, en vertu de l’art. 31 LTAF, connaît des recours contre les 

décisions au sens de l’art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à 

l’art. 33 LTAF, 

qu’en particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l’asile 

peuvent être contestées devant le Tribunal, lequel statue alors 

définitivement, sauf demande d’extradition déposée par l’Etat dont le 

requérant cherche à se protéger (art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi 

de l’art. 105 LAsi, et art. 83 let. d ch. 1 LTF), exception non réalisée en 

l’espèce, 

que le Tribunal est donc compétent pour connaître du présent litige, 

que l'intéressée a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA, applicable par 

renvoi de l’art. 37 LTAF), 

que le recours, interjeté dans la forme (art. 52 al. 1 PA) et le délai (art. 108 

al. 3 LAsi) prescrits par la loi, est recevable, 

qu'à l'encontre d'une décision rendue en matière d'asile, peuvent être 

invoqués, en vertu de l'art. 106 al. 1 LAsi, la violation du droit fédéral, 

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notamment pour abus ou excès dans l'exercice du pouvoir d'appréciation 

(let. a), et l'établissement inexact ou incomplet de l'état de fait pertinent 

(let. b),  

que ne peut, par contre, pas être invoquée l'inopportunité de la décision 

attaquée (cf. ATAF 2015/9 consid. 8.2.2),  

que, saisi d’un recours contre une décision de non-entrée en matière sur 

une demande d’asile, le Tribunal se limite à examiner le bien-fondé d’une 

telle décision (cf. ATAF 2012/4 consid. 2.2 ; 2009/54 consid. 1.3.3 ; 2007/8 

consid. 5), 

que, dans le cas d’espèce, il y a lieu de déterminer si le SEM était fondé à 

faire application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, disposition en vertu de 

laquelle il n'entre pas en matière sur une demande d'asile lorsque le 

requérant peut se rendre dans un Etat tiers compétent, en vertu d'un 

accord international, pour mener la procédure d'asile et de renvoi, 

qu’avant de faire application de la disposition précitée, le SEM examine la 

compétence relative au traitement d’une demande d’asile selon les critères 

fixés dans le règlement Dublin III, 

que, s’il ressort de cet examen qu’un autre Etat est responsable du 

traitement de la demande d’asile, le SEM rend une décision de non-entrée 

en matière après que l’Etat requis a accepté la prise ou la reprise en charge 

du requérant d’asile (cf. ATAF 2017 VI/5 consid. 6.2), 

qu’aux termes de l’art. 3 par. 1 du règlement Dublin III, une demande de 

protection internationale est examinée par un seul Etat membre, celui-ci 

étant déterminé selon les critères fixés à son chapitre III, 

que, dans une procédure de prise en charge (anglais : « take charge »),  

comme c’est le cas en l’espèce, les critères énumérés au chapitre III du 

règlement ( art. 8 à 15) doivent être appliqués successivement (principe de 

l'application hiérarchique des critères de compétence, art. 7 par. 1 du 

règlement Dublin III) sur la base de la situation existant au moment du 

dépôt de la première demande dans un Etat membre (art. 7 par. 2 du 

règlement Dublin III), 

qu’en application de l'art. 12 par. 4 du règlement Dublin III, lorsque le 

demandeur est titulaire d’un ou de plusieurs visas périmés depuis moins 

de six mois lui ayant effectivement permis d’entrer sur le territoire d’un Etat 

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membre, l’Etat membre qui a délivré le visa est responsable de l'examen 

de la demande de protection internationale, 

qu’en l’occurrence, les investigations entreprises par le SEM en date 

du 23 novembre 2022 ont révélé, après consultation de l’unité centrale du 

système européen « CS-VIS », que l’intéressée avait obtenu, 

le (…) juin 2022, un visa de type C délivré par les autorités portugaises à 

E._______ (Angola), valable du (…) juillet au (…) août 2022, 

que ce visa a été obtenu sur présentation d’un passeport angolais n° (…) 

établi au nom de B._______ et valable du (…) 2019 au (…) 2024, 

que ces informations correspondent aux déclarations faites à ce titre par 

l'intéressée lors de son entretien « Dublin »,  

qu’au vu de ces éléments, le SEM a soumis aux autorités portugaises 

compétentes, le 20 décembre 2022, soit dans les délais fixés à l’art. 21 

par. 1 du règlement Dublin III, une requête aux fins de prise en charge 

fondée sur l’art. 12 par. 4 de ce même règlement,  

que, le 12 janvier suivant, les autorités compétentes portugaises ont 

expressément accepté cette requête,  

que l’intéressée ne conteste d’ailleurs pas la compétence du Portugal sur 

le principe, de sorte que la responsabilité de cet Etat est acquise, au regard 

des critères de détermination de l’Etat membre responsable (cf. art. 7 ss 

du règlement Dublin III), 

qu’à cet égard, et bien que cela soit incontesté, il y a lieu de relever que 

l’autorité inférieure a vérifié et justement écarté toutes défaillances 

systémiques dans l’état en question, 

que, dans son recours, l’intéressée fait toutefois implicitement valoir que le 

SEM aurait dû admettre un renversement de la présomption de sécurité 

pour des raisons qui lui sont propres, 

qu’en vertu de l’art. 17 par. 1 du règlement Dublin III, chaque Etat membre 

peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui 

est présentée par un ressortissant d'un pays tiers ou un apatride, même si 

cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le 

règlement, 

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que, comme la jurisprudence l'a retenu (cf. ATAF 2017 VI/5 précité 

consid. 8.5.2 et jurisp. cit.), le SEM doit admettre la responsabilité de la 

Suisse pour examiner une demande de protection internationale qui lui est 

présentée, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères 

fixés dans le règlement Dublin III, lorsque le transfert envisagé vers l'Etat 

membre désigné responsable par lesdits critères viole des obligations de 

la Suisse relevant du droit international public, 

qu’il peut également admettre cette responsabilité pour des raisons 

humanitaires au sens de l'art. 29a al. 3 OA 1, 

qu’en l’espèce, l’intéressée allègue premièrement la présence de membres 

de sa famille en Suisse pour s’opposer à son transfert au Portugal, 

qu’ainsi que l’a retenu le SEM, ce grief ne constitue toutefois pas un 

obstacle à son transfert au Portugal, la relation entre membres de la même 

famille, majeurs et en bonne santé, n’étant protégée ni par l’art. 16 par. 1 

du règlement Dublin III, ni par l'art. 8 CEDH (RS 0.101) et aucune relation 

de dépendance n’étant établie en l'espèce (cf., parmi d'autres, arrêts du 

Tribunal E-404/2023 du 31 janvier 2023 p. 8 et D-5247/2022 du 

24 novembre 2022 p. 8), 

que la requérante invoque craindre, en cas de transfert au Portugal, de se 

retrouver confrontée à son passeur, lequel se serait montré « dominant » 

envers elle, 

que cette crainte – purement hypothétique – ne repose que sur ses simples 

affirmations et n’est étayée par aucun élément concret, 

qu’en l’espèce, rien ne permet de retenir que les autorités portugaises 

refuseraient de prendre en charge la recourante et de mener une 

procédure d'examen de sa demande de protection internationale, ni que 

celle-ci serait privée durablement de tout accès aux conditions matérielles 

minimales d’accueil au Portugal, 

qu’il doit être exclu que son transfert puisse l’exposer au risque d’un 

refoulement en cascade qui serait contraire au principe de 

non-refoulement, ancré à l'art. 33 de la Convention du 28 juillet 1951 

relative au statut des réfugiés (RS 0.142.30) ou découlant de l'art. 3 CEDH, 

voire de l'art. 3 de la Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et 

autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (RS 0.105), 

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que, quoi qu’il en soit, si l’intéressée devait craindre, contre toute attente, 

des actes de violence de la part d’une tierce personne après son transfert, 

il lui appartiendra de s'adresser aux autorités portugaises compétentes 

pour obtenir une protection adéquate, rien n'indiquant qu'une telle 

protection ne pourra pas lui être accordée, 

que s’agissant d’un cas de prise en charge, il est précisé qu’il incombera à 

la recourante de déposer, dans les meilleurs délais, une demande d'asile 

auprès des autorités portugaises compétentes et de se conformer à leurs 

instructions,  

que le SEM a en outre dûment tenu compte des documents médicaux 

figurant au dossier et, plus généralement, de l’état de santé de la 

recourante,  

qu’à cet égard, il convient de renvoyer aux considérants de la décision 

attaquée, dès lors que ceux-ci sont suffisamment explicites et motivés 

(art. 109 al. 3 LTF, par renvoi de l’art. 4 PA), 

qu’il convient enfin de rappeler que le règlement Dublin III ne confère pas 

au requérant le droit de choisir l’Etat membre offrant, à son avis, les 

meilleures conditions d’accueil comme Etat responsable de l’examen de 

sa demande d’asile (cf. ATAF 2010/45 consid. 8.3 ; par analogie arrêt de la 

CJUE du 10 décembre 2013 C-394/12 Shamso Abdullahi c. 

Bundesasylamt, points 59, 62), 

qu’en définitive, c’est à bon droit qu’il a été retenu que le transfert de 

l’intéressée vers le Portugal n'apparaissait pas contraire aux obligations de 

la Suisse découlant des dispositions conventionnelles précitées,  

que l’autorité inférieure a également pris en compte les faits allégués par 

l’intéressée, susceptibles de constituer des « raisons humanitaires », au 

sens de l'art. 29a al. 3 OA1 (cf. sur cette question ATAF 2015/9 consid. 8) 

et a procédé à un véritable examen sous cet angle, 

qu’au vu de ce qui précède, c’est à juste titre que le SEM n'est pas entré 

en matière sur la demande d'asile de la recourante, en application de 

l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, et a prononcé son transfert de la Suisse vers le 

Portugal, en application de l'art. 44 LAsi, aucune exception à la règle 

générale du renvoi n'étant réalisée (art. 32 OA 1), 

que, partant, le recours doit être rejeté, 

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que, s'avérant manifestement infondé, il l'est dans une procédure à juge 

unique, avec l'approbation d'un second juge (art. 111 let. e LAsi), 

qu'il est dès lors renoncé à un échange d'écritures, le présent arrêt n'étant 

motivé que sommairement (art. 111a al. 1 et 2 LAsi), 

que, dans la mesure où il est statué sur le fond par le présent arrêt, la 

demande tendant à l'octroi de l'effet suspensif est sans objet, 

que, vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la 

charge de la recourante, conformément à l’art. 63 al. 1 PA ainsi qu’aux 

art. 2 et 3 let. a FITAF (RS 173.320.2). 

 

(dispositif : page suivante) 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

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le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Les frais de procédure, d'un montant de 750 francs, sont mis à la charge 

de la recourante. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans 

les 30 jours dès l'expédition du présent arrêt. 

3.  

Le présent arrêt est adressé à la recourante, au SEM et à l'autorité 

cantonale. 

 

La juge unique : La greffière : 

  

Deborah D'Aveni Alessandra Stevanin 

 

 

Expédition :