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**Case Identifier:** 128585f3-f7c1-54b1-a8c3-83c840885769
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2015-10-07
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 07.10.2015 D-6218/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-6218-2015_2015-10-07.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour IV 

D-6218/2015 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  7  o c t o b r e  2 0 1 5  

Composition 
 Yanick Felley, juge unique,  

avec l'approbation de William Waeber, juge; 

Paolo Assaloni, greffier. 

   

Parties 
 A._______, né (…), 

Erythrée,  

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM; anciennement 

Office fédéral des migrations, ODM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile (non-entrée en matière / procédure Dublin) et transfert; 

décision du SEM du 22 septembre 2015 / N (…). 

 

 

 

D-6218/2015 

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Vu 

la demande d'asile déposée par A._______, le 17 juin 2015, au Centre 

d'enregistrement et de procédure (CEP) du SEM à Bâle, 

le procès-verbal d'audition sur les données personnelles du 30 juin 2015 

à teneur duquel le requérant a expliqué qu'il était de nationalité 

érythréenne, qu'il était entré irrégulièrement en Italie en provenance de 

Libye le 8 juin 2014, qu'il avait ensuite rejoint la Suisse, qu'il n'avait pas 

déposé de demande d'asile dans un pays tiers ou auprès de l'une de ses 

représentations diplomatiques et, invité par le SEM à se déterminer sur son 

éventuel transfert vers l'Italie en tant que pays supposé responsable pour 

traiter sa demande de protection internationale, qu'il s'opposait à cette 

mesure, 

la requête aux fins de prise en charge du requérant, adressée par le SEM 

aux autorités italiennes compétentes, le 16 juillet 2015, en application du 

règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 

26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de 

l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection 

internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant 

de pays tiers ou un apatride (refonte) (Journal officiel de l'Union 

européenne [JO] L 180/31 du 29.6.2013, ci-après : règlement Dublin III), 

l'absence de réponse des autorités italiennes à cette requête, 

la décision du 22 septembre 2015, notifiée le 30 septembre 2015, 

par laquelle le SEM n'est pas entré en matière sur la demande d'asile en 

application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi (RS 142.31), a prononcé le renvoi 

[recte : le transfert] du requérant vers l'Italie et ordonné l'exécution de cette 

mesure en constatant l'absence d'effet suspensif à un éventuel recours, 

le recours interjeté le 1er octobre 2015 auprès du Tribunal administratif 

fédéral (ci-après : le Tribunal), par lequel l'intéressé a conclu à l'annulation 

de cette décision ainsi qu'au renvoi de la cause au SEM pour qu'il entre en 

matière sur la demande d'asile,  

la demande d'octroi de l'effet suspensif, ainsi que les requêtes de dispense 

de verser une avance de frais et d'assistance judiciaire totale dont est 

assorti le recours, 

la réception du dossier de première instance par le Tribunal en date du 

5 octobre 2015, 

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et considérant 

que, sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 LTAF (RS 173.32), 

le Tribunal connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 PA 

(RS 172.021) prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF 

(art. 31 LTAF), 

qu'en particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile 

et le renvoi d'un requérant de Suisse peuvent être contestées auprès du 

Tribunal, lequel statue alors définitivement, sauf demande 

d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à se protéger 

(art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi de l'art.105 LAsi, en relation avec 

l'art. 6a al. 1 LAsi, art. 83 let. d ch. 1 LTF [RS 173.110]), exception non 

réalisée en l'espèce, 

que, partant, le Tribunal est compétent pour connaître du présent litige, 

qu'en matière d'asile, la procédure devant le Tribunal est régie par la PA, 

à moins que la LAsi ou la LTAF n'en disposent autrement (cf. art. 6 LAsi et 

37 LTAF), 

que A._______ a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA), 

que le recours, interjeté dans la forme (art. 52 al. 1 PA) et le délai 

(art. 108 al. 2 LAsi) prescrits par la loi, est recevable,  

qu'il est renoncé à un échange d'écritures (cf. art. 111a al. 1 LAsi), 

que, saisi d'un recours contre une décision de non-entrée en matière sur 

une demande d'asile, le Tribunal se limite à examiner le bien-fondé d'une 

telle décision (cf. ATAF 2012/4 consid. 2.2; 2009/54 consid. 1.3.3; 2007/8 

consid. 5), 

que le Tribunal est compétent pour revoir les faits avec plein pouvoir de 

cognition (cf. art. 106 al. 1 let. b LAsi), 

qu'en l'espèce, il y a lieu de déterminer si le SEM était fondé à faire 

application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, aux termes duquel il n'entre pas en 

matière sur une demande d'asile lorsque le requérant peut se rendre dans 

un Etat tiers compétent, en vertu d'un accord international, pour mener la 

procédure d'asile et de renvoi, 

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qu'au regard de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, en application des art. 1 et 

29a al. 1 OA 1 (RS 142.311) ainsi que des art. 1 ch. 1 et 4 ch. 3 de l'Accord 

du 26 octobre 2004 entre la Confédération suisse et la Communauté 

européenne relatif aux critères et aux mécanismes permettant de 

déterminer l'Etat responsable de l'examen d'une demande d'asile introduite 

dans un Etat membre ou en Suisse (AAD, RS 0.142.392.68), le SEM 

examine la compétence relative au traitement d'une demande d'asile selon 

les critères fixés dans le règlement Dublin III (cf. arrêté fédéral du 

26 septembre 2014 portant approbation et mise en œuvre de l'échange de 

notes entre la Suisse et l'UE concernant la reprise du règlement Dublin III 

(Développement de l'acquis de Dublin/Eurodac) [RO 2015 1841], entré en 

vigueur le 1er juillet 2015), 

que, s'il ressort de cet examen qu'un autre Etat est responsable du 

traitement de la demande d'asile, le SEM rend une décision de non-entrée 

en matière après que l'Etat requis a accepté la prise ou la reprise en charge 

du requérant d'asile (art. 29a al. 2 OA 1),  

qu'à teneur de l'art. 3 par. 1 2ème phrase du règlement Dublin III, une 

demande de protection internationale présentée par un ressortissant de 

pays tiers ou par un apatride sur le territoire de l’un quelconque des Etats 

membres est examinée par un seul Etat membre, qui est celui que les 

critères énoncés au chapitre III du règlement (i.e. art. 8-15) désignent 

comme responsable, 

que dans une procédure de prise en charge ("take charge"), les critères 

énumérés au chapitre III du règlement doivent être appliqués 

successivement (principe de l'application hiérarchique des critères de 

compétence, art. 7 par. 1 du règlement Dublin III),  

que, pour ce faire, il y a lieu de se baser sur la situation existant au moment 

où le demandeur a introduit sa demande de protection internationale pour 

la première fois auprès d’un État membre (art. 7 par. 2 du règlement Dublin 

III; ATAF 2012/4 consid. 3.2; FILZWIESER/SPRUNG, Dublin III-Verordnung, 

Das Europäische Asylzuständigkeitssystem, 2014, K4 ad art. 7),  

que, selon l'art. 13 par. 1 du règlement Dublin III, lorsqu’il est établi que le 

demandeur a franchi irrégulièrement, par voie terrestre, maritime ou 

aérienne, la frontière d’un État membre dans lequel il est entré en venant 

d’un État tiers, cet État membre est responsable de l’examen de la 

demande de protection internationale, cette responsabilité prenant fin 

douze mois après la date du franchissement irrégulier de la frontière, 

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que l'Etat membre responsable en vertu du règlement Dublin III est tenu 

de prendre en charge, dans les conditions prévues aux articles 21, 22 et 

29 du règlement, le demandeur qui a introduit une demande dans un autre 

État membre, ainsi que d'examiner cette demande ou de mener à son 

terme l'examen (art. 18 par. 1 point a et par. 2 al. 1 du règlement Dublin III), 

qu'en l'espèce, le recourant est entré irrégulièrement en Italie au cours du 

mois de juin 2015, avant de rejoindre la Suisse,  

que le SEM a dès lors soumis aux autorités italiennes compétentes, dans 

le délai fixé à l'art. 21 par. 1 du règlement Dublin III, une requête aux fins 

de prise en charge de l'intéressé, fondée sur l'art. 13 par. 1 du règlement 

Dublin III, 

que, n'ayant pas répondu à cette requête dans le délai de deux mois 

prévu à l'art. 22 par. 1 du règlement Dublin III, l'Italie est réputée l'avoir 

acceptée et, partant, avoir reconnu sa responsabilité pour l'examen de 

la demande d'asile et la bonne organisation de l'arrivée du recourant 

(cf. art. 22 par. 7 du règlement Dublin III), 

que ce point n'est pas contesté, 

que, lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'Etat 

membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de 

sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet Etat membre des 

défaillances systémiques, dans la procédure d'asile et les conditions 

d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain 

ou dégradant au sens de l'art. 4 de la Charte des droits fondamentaux de 

l'Union européenne (JO C 326/02 du 26.10.2012, ci-après : CharteUE), 

l'Etat procédant à la détermination de l'Etat responsable poursuit l'examen 

des critères fixés au chapitre III du règlement afin d'établir si un autre Etat 

peut être désigné comme responsable (art. 3 par. 2 al. 2 du règlement 

Dublin III), 

que l'Italie est liée par la CharteUE, et est partie à la Convention du 

4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés 

fondamentales (CEDH, RS 0.101), à la Convention du 10 décembre 1984 

contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou 

dégradants (Conv. torture, RS 0.105), à la Convention du 28 juillet 1951 

relative au statut des réfugiés (Conv. réfugiés, RS 0.142.30), ainsi qu'à son 

Protocole additionnel du 31 janvier 1967 (RS 0.142.301) et, à ce titre, 

en applique les dispositions, 

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que ce pays est également lié par la directive n° 2011/95/UE du Parlement 

européen et du Conseil du 13 décembre 2011 concernant les normes 

relatives aux conditions que doivent remplir les ressortissants des pays 

tiers ou les apatrides pour pouvoir bénéficier d'une protection 

internationale, à un statut uniforme pour les réfugiés ou les personnes 

pouvant bénéficier de la protection subsidiaire, et au contenu de cette 

protection [refonte] (JO L 337/09 du 20.12.2011), ainsi que par la directive 

n° 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 

relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la 

protection internationale [refonte] (JO L 180/60 du 29.6.2013) et la directive 

n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 

établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la 

protection internationale [refonte] (JO L 180/96 du 29.6.2013, ci-après : 

directive Accueil), 

que dans ces conditions, l'Italie est présumée respecter ses obligations 

tirées du droit international public et du droit européen, en particulier 

le principe de non-refoulement énoncé expressément à l'art. 33 Conv. 

réfugiés, ainsi que l'interdiction de mauvais traitements ancrée aux 

art. 3 CEDH et 3 Conv. torture (cf. Cour européenne des droits de l'homme 

[ci-après : CourEDH], arrêt M.S.S. c. Belgique et Grèce du 21 janvier 2011, 

n° 30696/09, § 343), 

que cette présomption de sécurité n'est pas irréfragable, 

qu'elle doit être écartée d'office en présence, dans l'Etat de destination, 

d'une pratique avérée de violation systématique des normes minimales de 

l'Union européenne, ou en présence de motifs substantiels et avérés de 

croire, sur la base d'indices suffisants et sérieux, que dans un cas concret 

les autorités de cet Etat ne respecteraient pas le droit international 

(ATAF 2011/9 consid. 6; 2010/45 consid. 7.4.2 et 7.5 et réf. cit.; également 

arrêt de la CourEDH R. U. c. Grèce du 7 juin 2011, n° 2237/08, § 74 ss; 

cf. arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne [CJUE] du 

21 décembre 2011 dans les affaires jointes C-411/10 N.S. c. Secretary of 

State for the Home Department et C-493/10 M.E. c. Refugee Applications 

Commissioner et Minister for Justice, Equality and Law Reform, points 103, 

105), 

qu'en l'occurrence, aucun motif sérieux ne conduit à retenir que la 

législation sur le droit d'asile n'est pas appliquée en Italie, ou qu'il existe 

dans ce pays des défaillances systémiques dans la procédure d'asile, en 

particulier en ce qui concerne le droit des requérants à l'examen de leur 

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demande de protection internationale, selon une procédure juste et 

équitable, et à une voie de recours effective, 

que, cela étant, il est notoire que les autorités italiennes connaissent de 

sérieux problèmes, depuis 2011 notamment, quant à leur capacité 

d'accueil des très nombreux requérants d'asile, ceux-ci pouvant être 

confrontés à d'importantes difficultés sur le plan de l'hébergement et des 

conditions de vie, voire de l'accès aux soins médicaux, suivant les 

circonstances (cf. notamment Organisation suisse d'aide aux réfugiés 

[OSAR] : Italie, Conditions d'accueil; Situation actuelle des requérant-e-s 

d'asile et des bénéficiaires d'une protection, en particulier celles et ceux de 

retour en Italie dans le cadre de Dublin, octobre 2013),  

que cependant, à la différence de la situation prévalant en Grèce, on ne 

saurait considérer – sur la base des récentes positions du Haut 

Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), du Commissaire 

des droits de l'homme du Conseil de l'Europe, ainsi que de nombreuses 

organisations internationales non gouvernementales – que les conditions 

matérielles d'accueil des demandeurs d'asile en Italie sont caractérisées 

par des carences structurelles d'une ampleur telle qu'il y aurait lieu 

de conclure d'emblée, et quelles que soient les circonstances du cas 

d'espèce, à l'existence de risques suffisamment réels et concrets pour les 

requérants d'être exposés à une situation de précarité et de dénuement 

matériel et psychologique, au point que leur transfert dans ce pays 

constituerait en règle générale un traitement prohibé par l'art. 3 CEDH ou 

l'art. 4 CharteUE (cf. arrêt de la CourEDH Tarakhel c. Suisse du 

4 novembre 2014, n° 29217/12, § 114 et 115; décision de la CourEDH 

Mohammed Hussein et autres c. Pays Bas et Italie du 2 avril 2013, 

n° 27725/10, § 78), 

que, dans les affaires A.M.E. c. Pays-Bas du 13 janvier 2015 (n° 51428/10, 

§ 34-35) et A. S. c. Suisse du 30 juin 2015 (n° 39350/13, § 36), la CourEDH 

a rappelé que, comme elle l'avait jugé dans la cause Tarakhel, la structure 

et la situation générale du dispositif mis en place pour l'accueil des 

requérants d'asile en Italie ne peuvent en soi passer pour des obstacles 

empêchant le renvoi de tout demandeur d'asile vers ce pays, 

qu'au vu de ce qui précède, l'application de l'art. 3 par. 2 al. 2 du règlement 

Dublin III ne se justifie pas en l'espèce, 

que le recourant s'oppose à son transfert en soutenant que lors de son 

précédent séjour en Italie, il aurait été contraint de dormir dans la rue et 

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aurait été privé de nourriture, de sorte qu'il ne bénéficierait d'aucune 

assistance dans ce pays et, sans moyens de subsistance, devrait vivre 

dans des conditions contraires à l'art. 3 CEDH,  

qu'ainsi, le recourant sollicite implicitement l'application de la clause 

de souveraineté du règlement Dublin III, le cas échéant en lien avec 

l'art. 29a al. 3 OA 1, 

qu'en vertu de la clause discrétionnaire de l'art. 17 par. 1 du règlement 

Dublin III (clause de souveraineté), l'Etat membre peut décider d'examiner 

une demande de protection internationale qui lui est présentée par le 

ressortissant d'un pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui 

incombe pas en vertu des critères fixés dans le règlement, 

que, lors de la détermination de l'Etat compétent au sens du règlement 

Dublin III, le SEM peut traiter la demande d'asile pour des 

raisons humanitaires lorsqu'il ressort de cet examen qu'un autre Etat est 

compétent (art. 29a al. 3 OA 1), 

que, selon la jurisprudence, le SEM doit admettre, en application de la 

clause de souveraineté, la responsabilité de la Suisse pour l'examen d'une 

demande d'asile lorsque l'exécution du transfert envisagé vers l'Etat 

membre désigné responsable par les critères applicables viole des 

engagements de droit international public auxquels la Suisse est liée, alors 

qu'il peut admettre cette responsabilité pour des raisons humanitaires 

sur la base de l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III combiné avec 

l'art. 29a al. 3 OA 1 (cf. arrêt du TAF E-641/2014 du 13 mars 2015 consid. 

8.2.1; ATAF 2012/4 consid. 2.4; 2011/9 consid. 4.1; 2010/45 consid. 5, 7.2, 

8.2), 

que, compte tenu de la formulation potestative de l'art. 29a al. 3 OA 1 

("Kann-Vorschrift"), le SEM dispose d'un pouvoir d'appréciation 

("Ermessen") pour déterminer s'il existe des raisons humanitaires au sens 

de cette disposition, 

que le SEM a l'obligation d'examiner si les conditions d'application de la 

clause de souveraineté en lien avec l'art. 29a al. 3 OA 1 sont remplies, et 

de motiver sa décision sur ce point, lorsque le requérant invoque des 

circonstances qui font apparaître son transfert comme problématique en 

raison de sa situation personnelle et/ou de celle régnant dans le pays de 

destination du transfert (cf. arrêt précité E-641/2014 consid. 8.2), 

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que le grief de l'inopportunité d'une décision rendue sur la base de 

l'art. 29a al. 3 OA 1 ne peut plus être examiné par le Tribunal depuis 

l'abrogation, le 1er février 2014, de l'art. 106 al. 1 let. c LAsi (cf. RO 2013 

4375 5357, FF 2010 4035, 2011 6735), 

que le Tribunal se limite ainsi à contrôler si le SEM a fait usage de son 

pouvoir d'appréciation, et s'il l'a fait selon des critères objectifs, 

transparents et raisonnables, dans le respect des principes 

constitutionnels que sont le droit d'être entendu, l'égalité de traitement et la 

proportionnalité (cf. arrêt précité E-641/2014 consid. 8.1; PIERRE MOOR, 

Droit administratif, vol. I, 3ème éd., 2012, n° 4.3.2.3 p. 743 ss), 

qu'en l'occurrence, le recourant n'a pas établi l'existence d'un risque 

concret que les autorités italiennes refusent d'examiner sa demande d'asile 

selon une procédure conforme aux exigences définies par le droit 

international public et le droit de l'Union européenne, ou ne respectent pas 

le principe de non-refoulement en le renvoyant dans un pays où sa vie, son 

intégrité corporelle ou sa liberté seraient sérieusement menacées, ou 

encore d'où il risquerait d'être astreint à se rendre dans un tel pays, 

que s'agissant des conditions d'accueil et de vie en Italie, l'intéressé n'a 

pas fourni d'indices objectifs et sérieux qu'il serait personnellement exposé 

au risque que les autorités italiennes renoncent à le prendre en charge, en 

violation de la directive Accueil, ou que ses besoins existentiels minimaux 

ne seraient pas satisfaits, et ce de manière durable, sans perspective 

d'amélioration, au point qu'il faudrait renoncer à son transfert, 

que le recourant n'a d'ailleurs pas démontré qu'il aurait été déjà privé de 

toute assistance lors de son précédent séjour en Italie, étant précisé que, 

comme il l'a indiqué lors de son audition, il ne s'était pas fait enregistrer 

auprès des autorités italiennes, n'avait pas déposé de demande d'asile et 

avait quitté, sans attendre, le camp de migrants dans lequel il avait été 

acheminé (cf. p.-v. d'audition du 30.6.2015, p. 6 ch. 5.02), 

qu'en définitive, le recourant n'a pas rendu vraisemblable que ses 

conditions d'existence dans ce pays revêtiraient un tel degré de pénibilité 

et de gravité qu'elles constitueraient un traitement contraire à l'art. 3 CEDH 

ou à l'art. 3 Conv. torture, 

qu'au demeurant, si après son retour en Italie, il devait être contraint par 

les circonstances à mener une existence non conforme à la dignité 

humaine, ou s'il devait estimer que ce pays viole ses obligations 

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d'assistance à son encontre, ou de toute autre manière porte atteinte à ses 

droits fondamentaux, il lui appartiendra de faire valoir ses droits 

directement auprès des autorités italiennes en usant des voies de recours 

adéquates (cf. art. 26 directive Accueil), 

qu'au vu de ce qui précède, le transfert contesté n'est pas contraire aux 

engagements internationaux de la Suisse, 

que, s'agissant de l'application de l'art. 29a al. 3 OA 1 en relation avec 

l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III, il convient de s'en tenir à une 

pratique restrictive (cf. ATAF 2012/4 consid. 4.7; 2011/9 consid. 8.1 et 8.2; 

2010/45 consid. 8.2.2), 

qu'en l'espèce, le recourant s'est opposé à son transfert, lors de la 

procédure de première instance, au motif que les droits des requérants 

d'asile n'étaient pas respectés en Italie (cf. p.-v. d'audition du 30.6.2015, 

p. 8 ch. 8.01), 

qu'à la lumière de cette simple affirmation, l'intéressé n'a pas fait 

apparaître que son transfert soulevait une problématique relevant de 

l'art. 29a al. 3 OA 1,  

que, dans ces conditions, il appert que le SEM a établi de manière 

complète et exacte l'état de fait pertinent et n'a commis ni excès ni abus de 

son large pouvoir d'appréciation en niant l'existence de raisons 

humanitaires au sens de cette disposition (cf. arrêt du TAF E-4620/2014 du 

1er juillet 2015 consid. 5.3; arrêt précité E-641/2014 consid. 8),  

qu'il y a lieu de rappeler à ce stade que le règlement Dublin III ne 

confère pas au demandeur d'asile le droit de choisir l'Etat membre offrant, 

à son avis, les meilleures conditions d'accueil comme Etat 

responsable de l'examen de sa demande d'asile (cf. arrêt de la CJUE du 

10 décembre 2013 C‑394/12 Shamso Abdullahi c. Bundesasylamt, points 

59, 62; ATAF 2010/45 consid. 8.3),  

qu'en conclusion, le SEM a retenu à juste titre que l'Italie était l'Etat 

responsable de l'examen de la demande d'asile du recourant et qu'il 

n'y avait pas lieu d'appliquer l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III, en 

relation ou non avec l'art. 29a al. 3 OA 1, 

que, partant, c'est à bon droit que l'autorité inférieure n'est pas entrée en 

matière sur la demande d'asile et a prononcé le transfert du recourant vers 

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l'Italie, en application de l'art. 44 1ère phrase LAsi, aucune exception à la 

règle générale du renvoi n'étant réalisée (cf. art. 32 OA 1), 

que les questions relatives à l'existence d'un empêchement à l'exécution 

du renvoi (ou transfert) pour des raisons tirées de l'art. 83 al. 2 à 4 LEtr 

(RS 142.20) ne se posent plus séparément, dès lors qu'elles sont 

indissociables du prononcé de la non-entrée en matière (cf. ATAF 2010/45 

consid. 10), 

qu'au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté et la décision 

attaquée confirmée, 

que, s'avérant manifestement infondé, le recours est rejeté dans 

une procédure à juge unique, avec l'approbation d'un second juge 

(art. 111 let. e LAsi), 

que, dans la mesure où il a été immédiatement statué sur le fond, la 

demande d'octroi de l'effet suspensif au recours (art. 107a al. 2 LAsi) ainsi 

que la requête de dispense de verser une avance de frais (art. 63 al. 4 PA) 

sont devenues sans objet, 

que, compte tenu du caractère d'emblée vouées à l'échec des conclusions 

du recours, la demande d'assistance judiciaire totale doit être rejetée 

(cf. art. 27 par. 6 du règlement Dublin III, art. 65 al. 1 PA et art. 65 al. 2 PA 

auquel renvoie l'art. 110a al. 2 LAsi), 

que, vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure, 

d'un montant de 600 francs, à la charge de la recourant, conformément à 

l'art. 63 al. 1 PA et aux art. 2 et 3 let. a du règlement du 21 février 2008 

concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif 

fédéral [FITAF, RS 173.320.2]), 

 

(dispositif page suivante) 

  

D-6218/2015 

Page 12 

le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

La demande d'octroi de l'effet suspensif et la requête de dispense de verser 

une avance de frais sont sans objet. 

3.  

La demande d'assistance judiciaire totale est rejetée. 

4.  

Les frais de procédure, d'un montant de 600 francs, sont mis à la charge 

du recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans 

les 30 jours dès l'expédition du présent arrêt. 

5.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité cantonale. 

 

Le juge unique : Le greffier : 

  

Yanick Felley Paolo Assaloni 

 

 

Expédition :