# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b947f962-6e9e-526c-ae96-72c13cb2c8f1
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2012 / 137
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2012---137_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC11.029164-120044

221 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
25 juin 2012

__________________

Présidence
de               M.             
Sauterel,
vice-président

Juges             
:              M.             
Bosshard et M. Vallat, juge suppléant

Greffier
              :             
Mme              van Ouwenaller

 

 

*****

 

 

Art.
80 LP

 

 

             
La Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal, statuant à huis clos en sa qualité
d'autorité de recours en matière sommaire de poursuites, s'occupe du recours exercé par
V.________,
à Belmont-sur-Lausanne, contre le prononcé rendu le 14 octobre 2011, à la suite de l’interpellation
du poursuivi, par le Juge de paix du district de Lavaux – Oron, dans la cause opposant le recourant
à l'Y.________,
représenté par le Service de prévoyance et d'aide sociales, BRAPA, à Lausanne.

 

             
Vu les pièces au dossier, la cour considère :

 

 

             
En fait :

 

 

1.             
Le 30 juin 2011, à la réquisition de l'Y.________, l'Office des poursuites du district de Lavaux
– Oron a notifié à V.________ un commandement de payer dans la poursuite n° 5'851'018
portant sur le montant de 11'700 fr. avec intérêt à 5% l'an dès le 1er
janvier 2011, mentionnant comme titre de la créance ou cause de l'obligation "Pensions alimentaires
dues en faveur de votre fils [...], en vertu du jugement de divorce rendu le 29.04.1997 par le Tribunal
d'arrondissement de la Côte, définitif et exécutoire dès le 12.05.1997, du jugement
en modification de jugement de divorce rendu le 24.10.2005 par le Tribunal d'arrondissement de la Côte,
définitif et exécutoire dès le 07.03.2006. Contributions dues pour la période du
01.07.2010 au 30.06.2011, soit 12 mois à Fr. 975.00". Le poursuivi a fait opposition totale.

 

             
Par acte du 8 juillet 2011, le poursuivant a requis du Juge de paix du district de Lausanne qu'il prononce
la mainlevée de l'opposition à concurrence du montant en poursuite et que les frais du commandement
de payer, savoir 103 fr., soient mis à la charge du poursuivi. A l'appui de sa requête, il
a notamment produit, outre l'original du commandement de payer précité:

 

-
une copie du jugement du 29 avril
1997 rendu par le Tribunal d'arrondissement de la Côte prononçant le divorce des époux
V.________-N.________ attesté définitif et exécutoire au 12 mai 1997, confiant la
garde et l'autorité parentale sur l'enfant [...], né le 11 juin 1994, à la mère;

 

-
une copie du jugement du 24 octobre 2005 rendu par le Tribunal d'arrondissement de la Côte en modification
de jugement de divorce, certifié définitif et exécutoire dès le 7 mars 2006, prévoyant
notamment:

 

"
[...] V.________ contribuera à l'entretien et à l'éducation de son fils [...] par le service
régulier d'une pension de fr. 975.- (neuf cent septante-cinq francs), allocations familiales en
sus, payable d'avance le premier de chaque mois en mains d'N.________, la première fois le 1er
décembre 2004 et ce jusqu'à la majorité de Romain, ou plus tôt, s'il subvient lui-même
à ses besoins, ou plus tard, s'il poursuit des études en les achevant dans des délais
normaux.";

 

-
un acte de cession signé par N.________ en faveur de l'Y.________ le 5 janvier 2011, portant sur
les pensions alimentaires futures ainsi que celles échues dans les six mois antérieurs à
l'intervention de l'Y.________, dues par V.________.

 

             
Le 13 juillet 2011, la requête a été transmise au Juge de paix du district de Lavaux
– Oron.

 

             
Par lettre du 22 septembre 2011, le poursuivi s'est déterminé et a produit une convention signée
par lui-même et N.________ le 6 février 2007. Cette convention, se référant au jugement
du 24 octobre 2005 et faisant état de l'absence de ressource d'V.________, prévoyait qu'N.________
donnait quittance à ce dernier, pour solde de tous comptes, de toutes les pensions échues au
jour de la signature de l'acte et déclarait renoncer, tant pour elle-même que pour l'enfant,
dès le jour de la signature, à la perception de toute pension jusqu'à ce qu'V.________
ait de nouveau un emploi ou des revenus d'indépendant.

 

 

2.             
Par prononcé du 14 octobre 2011, le Juge
de paix du district de Lavaux – Oron a prononcé la mainlevée définitive de l'opposition
à concurrence de 11'700 fr. avec intérêt à 5% l'an dès le 1er
janvier 2011 (I), arrêté à 360 fr. les frais judiciaires (II) mis à la charge du
poursuivi (III) et dit qu'en conséquence celui-ci rembourserait au poursuivant son avance de frais
à concurrence de 360 fr., sans allocation de dépens pour le surplus.

 

             
Par lettre du 19 octobre 2011, le poursuivi a requis la motivation de cette décision. Les motifs
du prononcé ont été adressés pour notification aux parties le 7 décembre 2011.

 

             
Le premier juge a considéré que les jugements rendus les 29 avril 1997 et 24 octobre 2005,
définitifs et exécutoires, constituaient des titres de mainlevée définitive en faveur
d'N.________, que cette dernière avait valablement cédé sa créance au poursuivant
et que la convention du 6 février 2007 n'avait aucune validité puisqu'elle n'avait pas fait
l'objet d'une ratification par l'autorité tutélaire.

 

 

3.             
Par acte du 5 janvier 2012, le poursuivi a recouru
contre la décision du premier juge, concluant, avec suite de frais et de dépens, à ce
que le prononcé soit annulé et la requête de mainlevée du poursuivant rejetée.

 

             
Par décision du 10 janvier 2012, le président de la cour de céans a d'office accordé
l'effet suspensif au recours.

 

             
Le 16 février 2012, le recourant, à sa requête, a été mis au bénéfice
de l'assistance judiciaire, accordée pour l'avance et les frais judiciaires et l'assistance d'office
d'un avocat avec effet au 5 janvier 2012, l'intéressé étant exonéré de toute
franchise mensuelle.

 

             
Par lettre du 29 février 2012, l'intimé s'est déterminé, déclarant s'en remettre
à justice.

 

 

 

             
En droit
:

 

 

I.             
Le recours a été formé en temps
utile, dans le délai de dix jours de l'art. 321 al. 2 CPC (Code de procédure civile du
19 décembre 2008; RS 272). En effet, le délai de dix jours suivant la notification de la décision
motivée n'a commencé à courir, au plus tôt, que le 9 décembre 2011, soit le
premier jour plein après réception – au plus tôt le 8 décembre 2011 –
de l'envoi pour notification du 7 décembre 2011. Ainsi, le délai arrivait à échéance
le 18 décembre 2011. Ce jour étant le premier des féries de poursuites de Noël (art.
56 ch. 2 LP [loi sur la poursuite pour dettes et la faillite du 11 avril 1889; RS 281.1], réservé
par l'art. 145 al. 4 CPC), l'échéance a été reportée au troisième jour
ouvrable après la fin des féries. Celles-ci s'étant achevées le 1er
janvier 2012, et le 2 janvier étant légalement férié dans le canton de Vaud, le recourant
pouvait agir jusqu'au 5 janvier 2012, date de l'envoi de son recours.

 

             
Le recours est écrit et motivé et contient des conclusions (art. 321 al. 1 CPC; sur l'exigence
de conclusions: cf. Jeandin, Code de procédure civile commenté, n. 5 ad art. 321 CPC). Il est
ainsi recevable.

 

             
La réponse de l'intimé est également recevable, ayant été déposée
dans le délai de l'art. 322 al. 2 CPC.

 

 

II.             
a) Aux termes de l’art. 80 al. 1 LP, le
créancier qui est au bénéfice d’un jugement exécutoire peut requérir du
juge la mainlevée définitive de l’opposition. Sont assimilées à des jugements,
notamment les transactions ou reconnaissances passées en justice (art. 80 al. 2 ch. 1 LP). Le jugement
définitif et exécutoire rendu par un juge civil sur une créance en argent est le titre
exemplaire de la mainlevée définitive (Panchaud/Caprez, La mainlevée d’opposition,
§ 99 ch. II).

 

             
Le juge de la mainlevée n’a ni à revoir ni à interpréter le titre de mainlevée
définitive (ATF 135 III 315 c. 2.3; ATF 134 III 656 c. 5.3, JT 2008 II 94; ATF 124 III 501,
JT 1999 II 136); il ne peut remettre en question le bien-fondé de la décision produite, en
se livrant à des considérations relevant du droit du fond relative à l’existence
matérielle de la créance (ATF 113 III 6, JT 1989 II 70). 

 

             
En l'espèce, les jugements du 29 avril 1997 et du 24 octobre 2005, attestés définitifs
et exécutoires, constituent des titres de mainlevée définitive pour les pensions qu'ils
fixent. Quant à la cession de créance de l'ex-épouse du recourant à l'intimé,
sa validité n'est pas contestée et satisfait aux prescriptions légales (art. 164
et 165 CO [code des obligations du 30 mars 1911; RS 220]).

 

             
b) L'art.
81 al. 1 LP permet au débiteur de se libérer en prouvant par titre que la dette est éteinte
ou qu'il a obtenu un sursis postérieurement au jugement, ou en se prévalant de la prescription.
Selon la jurisprudence, contrairement à ce qui vaut pour la mainlevée provisoire (art. 82 al.
2 LP), en matière de mainlevée définitive, il ne suffit pas que le débiteur rende
sa libération vraisemblable. Il doit en rapporter la preuve stricte (ATF 136 III 624; TF 5P.464/2006
du 5 mars 2007 c. 4.3; ATF 125 III 42 c. 2b, JT 1999 I 1314; ATF 124 III 501 c. 3a, JT 1999 II 136).

 

             
Le recourant invoque sa libération qu'il déduit de la convention du 6 février 2007.
Il soutient, en se référant
à un arrêt du Tribunal fédéral (ATF 127 III 357 c. 3c) et à divers avis de doctrine
que cette convention serait valable même sans avoir été ratifiée, respectivement
que les parties seraient liées par une telle convention non encore ratifiée parce qu'elles
ne pourraient plus modifier unilatéralement leur accord et ne pourraient plus que s'opposer à
sa ratification.

 

             
Le recourant argumente, ce faisant, en vain sur la validité d'une convention sur les effets accessoires
du divorce au regard de l'ancien art. 140 CC (Code civil suisse du 10 décembre 1907; RS 210). En
effet, cette position n'est pas pertinente en l'espèce puisqu'il s'agit de contributions d'entretien
dues jusqu'au 30 juin 2011 pour un enfant né le 11 juin 1994. Or, les conventions relatives
à de telles contributions sont soumises à l'art. 287 CC, qui exige, pour protéger l'enfant
de stipulations défavorables pour lui, leur approbation par l'autorité tutélaire, respectivement
par l'autorité judiciaire lorsque la convention intervient dans une procédure judiciaire. Les
mêmes exigences s'appliquent à la modification d'une convention approuvée par l'autorité
de tutelle ou judiciaire. Faute d'approbation, la convention ne déploie aucun effet (ATF 113 II
113 c. 4, JT 1989 I 618).

 

 

III.             
Le recours doit donc être rejeté et
le prononcé confirmé.

 

             
Les frais de deuxième instance, arrêtés à 417 fr., sont mis à la charge de l'Etat,
le poursuivi s'étant vu accorder l'assistance judiciaire complète. Conformément à
l'art. 123 al. 1 CPC, une partie est tenue de rembourser l'assistance judiciaire dès qu'elle est
en mesure de le faire. Dans cette mesure, la partie est tenue au remboursement des frais judiciaires
et de l'indemnité de son conseil d'office mis à la charge de l'Etat.

 

             
Quant à l'indemnité demandée par l'avocat d'office, le montant qu'il réclame correspond
à quatre heures de travail (720 fr.), auxquelles s'ajoutent la TVA à 8% et divers frais à
hauteur de 20 francs. Il n'y a pas lieu de remettre en doute les opérations susmentionnées,
celles-ci correspondant à la pratique dans ce genre de procédure.

 

             
L'intimé n'étant pas assisté d'un mandataire professionnel, il n'y a pas lieu d'allouer
des dépens.

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
Le prononcé est confirmé.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 417 fr. (quatre cent dix-sept
francs), sont mis à la charge de l'Etat.

 

             
IV.             
L'indemnité d'office de Me Jean-Emmanuel Rossel, conseil du recourant, est arrêtée à
799 fr. 20 (sept cent nonante-neuf francs et vingt centimes).

 

             
V.             
Le bénéficiaire de l'assistance judiciaire est, dans la mesure de l'art. 123 CPC, tenu
au remboursement de l'assistance judiciaire et de l'indemnité du conseil d'office mises à la
charge de l'Etat.

 

             
VI.             
L'arrêt est exécutoire.

 

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, prend date de ce jour.

 

 

 

             
Il est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Me Jean-Emmanuel Rossel, avocat (pour V.________),

‑             
Y.________.

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 11'700 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés
devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification
(art. 100  al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
M. le Juge de paix du district de Lavaux – Oron.

 

             
La greffière :