# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** d8c50bdd-b46c-52af-a343-5a7e83233fc0
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-04-14
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale 14.04.2008 P/11824/2006
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_010_P-11824-2006_2008-04-14.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par pli(s) recommandé(s) du 16 avril 2008 

 
WDSRC.DOC Réf : O 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

P/11824/2006 ACJP/73/2008 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale 

Audience du lundi 14 avril 2008 

 

Entre 

Monsieur E_______, domicilié ______ à Genève, comparant par Me Reza 
VAFADAR, avocat, rue Jules-Crosnier 8, 1206 Genève, avec élection de domicile en 

son étude, partie appelante d'un jugement rendu par le Tribunal de police le 2 mars 

2007, 

et 

LE PROCUREUR GENERAL de la République et canton de Genève, en son Parquet, 
Palais de justice, place du Bourg-de-Four à Genève, partie intimée. 

 

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N° de procédure 

EN FAIT 

A. Selon jugement du 2 mars 2007, communiqué à l’intéressé le 5 avril 2007, le 
Tribunal de police a reconnu E______ coupable de faux dans les titres au sens de 

l’art. 251 ch. 1 CP, l’a condamné à la peine de 150 jours-amende fixés à 70 fr. 

chacun et l’a mis au bénéfice du sursis avec un délai d’épreuve de trois ans. 

Les frais taxés à 250 fr., y compris un émolument de 200 fr., ont été mis à la 

charge de E______.   

Par ordonnance de condamnation du 28 juillet 2006, il avait été reproché à celui-ci 

d’avoir à Genève, les 20 avril et 8 mai 1998, signé les formules A relatives à 

l’ouverture de six comptes bancaires concernant des sociétés offshore dont il était 

l’administrateur en attestant être l’ayant droit économique des comptes, alors que 

tel n’était pas le cas, s’agissant des dénommés A_______ et/ou B_______ sur les 

instructions duquel et/ou desquels il avait agi. 

B. Par déclaration du 16 avril 2007, E______ a appelé du jugement du 2 mars 2007. 

Devant la Chambre pénale, il a plaidé sa libération des fins de la poursuite pénale 

dirigée contre lui, ou à tout le moins, une exemption de peine justifiée par un acte 

de peu de gravité ancien et sa bonne conduite ultérieure. 

L’appelant a soutenu ne jamais avoir donné pour instructions à la banque de 

préparer une formule A à son nom. En outre, son attention n’avait pas été attirée 

sur la portée juridique accrue des documents incriminés, qui, de surcroît, avaient 

été rédigés par la banque. Ainsi, dans l’esprit de E______ qui estimait avoir été 

manipulé, le réel faussaire était l’établissement bancaire concerné dont les organes 

dirigeants n’avaient pas été inquiétés pour cause de prescription. Par ailleurs, il ne 

pouvait lui être imputé un faux immatériel dans la mesure où les documents 

argués de faux étaient destinés à la banque qui entendait régulariser sa propre 

situation. 

Enfin, l’appelant a fait état de son inexpérience en matière de gestion de sociétés. 

Le Procureur général a conclu à la confirmation de la décision attaquée, faisant 

valoir que E______ était un homme d’affaires expérimenté, que les documents 

incriminés ne concernaient pas seulement la banque et que les faits n’étaient pas 

d’une gravité minime en présence d’une affaire à ramifications financières 

importantes. 

C. Les faits pertinents résultant de la procédure sont les suivants : 

a. Le 13 mars 2003, le Ministère public de la Confédération a ordonné l’ouverture 
d’une enquête de police judiciaire en application des art. 340bis et 101 ss PPF à 

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N° de procédure 

l’encontre de A______, ressortissant russe, domicilié à Genève, pour infractions 

aux art. 260ter et 305bis CP réprimant la participation à une organisation 

criminelle et le blanchiment d’argent (pièce 6 1 0005 de la procédure). 

Il en est résulté l’implication de E______ qui a fait également l’objet d’une 

ordonnance d’ouverture d’enquête en date du 13 novembre 2003. 

b. Dans le cadre de ses relations avec A______, E______ est devenu en 1996 
directeur et administrateur unique de la société E______ SA qu’il avait créée et 

qui exerçait ses activités dans le domaine des engrais en provenance de Russie. 

Cette société travaillait principalement avec les banques X______ SA et Y______ 

à Genève. E______ avait pour tâche de s’occuper de la clientèle avec qui il 

entretenait personnellement des contacts, A______ jouant en outre le rôle 

d’intermédiaire entre B_______, son cousin, et E______ (pièce 12 1 0093 de la 

procédure). 

Lors de son interrogatoire en date du 14 mai 2003 par l’Office fédéral de la police, 

E______ a déclaré ne jamais avoir eu affaire avec des sociétés offshore créées ou 

utilisées par A______, que ce soit au sein de E______ SA ou dans le cadre 

d’autres activités développées par ce dernier (p. 12 1 0097). 

Néanmoins, les 12 et 13 novembre 2003, E______, inculpé à cette dernière date 

de faux dans les titres au sens de l’art. 251 ch. 1 CP et de défaut de vigilance en 

matière d’opérations financières selon l’art. 305ter CP, a dû admettre qu’il avait 

requis l’ouverture d’un compte bancaire auprès de Y______ pour les sociétés 

M______ LIMITED, compte N° 1______, B_______ LIMITED, compte N° 

2______, W_______, compte N° 3______, F_______ LIMITED, compte N° 

4______, L_______, compte N° 5______ et G_______ SA, compte N° 6______.  

Toutes ces sociétés avaient leur siège à Tortola, Iles Vierges. Les comptes avaient 

été ouverts en date du 20 avril 1998 pour cinq de ces personnes morales et le 

8 mai 1998 pour F_______ LIMITED.  

Dans un document intitulé mémorandum et relatif à l’ouverture des comptes, il 

était indiqué que E______ était le détenteur bénéficiaire de plusieurs sociétés 

offshore, son but étant ainsi de traiter des affaires en Russie et dans les pays qui 

lui sont liés, de façon qu’il n’ait pas à dévoiler son nom. 

E______, représentant ces entités en tant que directeur, a signé les formules A qui 

mentionnaient déjà ses nom, prénom et adresse. Sur chacune d’elles il a été ainsi 

confirmé qu’il était l’ayant droit économique des avoirs ainsi déposés, alors qu’il 

s’agissait en réalité de A_______ et / ou B_______. L’appelant a procédé de la 

sorte afin de leur rendre service (p. 12 1 0082 et 12 1 0083, 12 1 0177 et 0178, 13 

1 0086 à 13 1 099).  

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N° de procédure 

En effet, A_______ lui avait promis qu’ils allaient « faire des millions 

ensemble ». Ainsi, E______ s’était contenté de suivre les instructions provenant le 

plus souvent de A_______, en s’assurant que les fonds provenaient de banques 

suisses dûment diligentées, mais sans procéder à un contrôle plus approfondi de la 

réalité économique, ce qui, lors de son audition, lui paraissait invraisemblable (p. 

12 1 0179). 

Au moment de l’ouverture du compte concernant F_______ LIMITED, E______, 

d’après sa déclaration du 12 novembre 2003 en tant qu’inculpé, s’était rendu 

compte du fait que la formule A qu’il avait signée ne correspondait pas à la 

réalité, ne se souvenant plus alors s’il avait signé ou non d’autres formules A ne 

correspondant pas à la réalité (p. 13 1 0083). 

Cela étant, il n’avait pas cherché à savoir pour quels motifs ces sociétés avaient 

été créées et les comptes ouverts. Il n’avait pas beaucoup réfléchi et c’était une 

erreur de sa part (p. 13 1 0088). 

Pour E______, la banque était informée de cette situation et ce n’était pas lui qui 

avait rempli les formules A incriminées qu’il avait signées en qualité de directeur 

des six sociétés. A cette fin, il s’était limité à se rendre dans les locaux de 

Y______ (p. 12  1  0177 et 0178). 

c. E______ a été placé en détention préventive du 12 au 14 novembre 2003 (p. 13 
1 0085 et 13 1 0105).  

d. Par ordonnance du 21 juillet 2006, le Ministère public de la Confédération a 
suspendu, au sens de l’art. 106 PPF, l’enquête diligentée contre A______, fils d'un 

ministre russe, considérant qu’en dépit des nombreuses investigations auxquelles 

il avait été procédé, il n’était pas possible de retenir à l’encontre de l’intéressé des 

soupçons suffisamment concrets de blanchiment d’argent et d’appartenance à une 

organisation criminelle, quand bien même l’origine des fonds très importants dont 

il avait bénéficié ne pouvait être clairement démontrée. 

e. Toujours en date du 21 juillet 2006, le Ministère public de la Confédération a 
transmis au Procureur général de Genève, en application de l’art. 18bis PPF, la 

procédure concernant E______ et, le 25 juillet 2006, ce dernier magistrat a 

accepté cette délégation de compétence.   

Selon ordonnance de condamnation du 28 juillet 2006, le Procureur général a 

reconnu E______ coupable de faux dans les titres (art. 251 CP) et l’a condamné à 

la peine de six mois d’emprisonnement sous déduction d’une détention préventive 

de deux jours, l’intéressé étant mis au bénéfice du sursis avec un délai d’épreuve 

de trois ans. 

Le 14 août 2006, E______  a formé opposition contre cette décision. 

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N° de procédure 

Cette ordonnance a été mise à néant selon le jugement du 2 mars 2007. 

D. D’après un extrait de son casier judiciaire datant du 16 février 2007, E______, né 
en 1946, divorcé, consultant indépendant dans le domaine du commerce 

international des céréales et des engrais, domicilié à Genève, a été condamné le 20 

novembre 2003 par la Préfecture de Morges (Vaud) à une amende de 660 fr. pour 

violation grave des règles de la circulation (art. 90 ch. 2 LCR). 

Après des études commerciales, il a travaillé pendant environ quatorze ans pour le 

compte de trois sociétés américaine, australienne, puis anglaise, spécialistes dans 

le commerce des céréales, la dernière l’étant encore en matière d’engrais.  

Postérieurement à ces emplois, l’appelant a exercé une activité de consultant 

indépendant dans ces deux domaines. Il a fait la connaissance de A_______ en 

1995. Au cours de l’année 1996, il a constitué la société E______, devenue par la 

suite F________ SA, il en a été le directeur jusqu’en 1999, puis il en est resté 

l’administrateur, tout en exerçant son activité de consultant indépendant. Au début 

de l’année 2003, il est devenu le directeur d’une société B_______ SA, active 

dans le domaine des engrais, société dont le capital était détenu par des russes, 

n’ayant aucun rapport avec A_______. 

En mai 2003, E______ réalisait un salaire de 6'500 fr. (p. 12 1 0092). 

Lors de son audition en date du 7 mars 2007, E______ s’occupait de promotion 

immobilière par le biais de la société S_______ dont il était l’ayant droit 

économique. Il était toujours administrateur de la société F________ SA. Il 

parvenait à vivre grâce à cette fonction et à de « petits mandats » en qualité de 

courtier. Il réalisait un salaire mensuel net d’environ 3'000 fr. et avait des dettes 

pour quelques milliers de francs. Son assurance-maladie lui coûtait environ 300 fr. 

par mois. Il devait verser une contribution d’entretien pour deux enfants jumeaux, 

âgés de vingt-trois ans, mais, en accord avec leur mère, il ne s’acquittait de cette 

dette qu’irrégulièrement, soit lorsqu’il le pouvait. Etant hébergé gracieusement 

par des amis, il n’avait pas de loyer à assumer (p.v. d’audience). 

EN DROIT 

1. L'appel est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits 
(art. 241 et 242 CPP). 

2. 2.1 Les infractions de droit pénal relatives aux titres protègent la confiance qui, 
dans les relations juridiques, est placée en eux comme moyen de preuve, élément 

généralement propre à fournir une preuve. Ainsi, parmi les titres, il n’y a 

notamment que les écrits destinés et propres à prouver un fait ayant une portée 

juridique (art. 110 ch. 5 al. 1 aCP). D’après la jurisprudence, le fait pour un 

document d’être destiné à prouver un tel fait peut, d’une part, résulter directement 

- 6/15 - 

 

N° de procédure 

de la loi et, d’autre part, être déduit de son sens ou de sa nature. De même, on 

définit, d’après la loi ou les usages commerciaux, si et dans quelle mesure un écrit 

est propre à prouver un fait.  

Dans ce cadre, commet un faux intellectuel celui qui fait constater faussement 

dans un titre un fait ayant une portée juridique dans le dessein de porter atteinte 

aux intérêts pécuniaires ou aux droits d’autrui ou de se procurer ou de procurer à 

un tiers un avantage illicite. A la différence de la falsification de titre au sens 

propre, laquelle saisit la fabrication d’un titre inauthentique dont l’auteur réel ne 

coïncide pas avec l’auteur apparent, le faux intellectuel concerne l’établissement 

d’un titre authentique, mais mensonger dans la mesure où son contenu ne 

correspond pas à la réalité. Cependant, il faut rappeler qu’un simple mensonge 

écrit ne constitue pas  un tel faux et il est donc nécessaire d’examiner de cas en 

cas si une fausse déclaration constitue ou non un tel mensonge (ATF du 

30 novembre 1999 publié in SJ 2000 I 234 consid. 4b p. 235/236). 

Ainsi, il convient de déterminer si les indications portées sur une formule A quant 

à l’identité de l’ayant droit économique d’un compte possèdent une valeur 

probante accrue. 

Entrée en vigueur le 1
er

 avril 1998, la Loi fédérale sur le blanchiment d’argent 

(LBA; RS 955.0) impose à l’intermédiaire financier une identification de l’ayant 

droit économique d’une relation bancaire. A cet effet, le contractant déjà identifié 

remet une déclaration écrite dans laquelle il désigne l’ayant droit économique ou 

confirme être lui-même investi de cette qualité (art. 4 al. 1 let. a LBA), cette 

vérification  pouvant être renouvelée en cas de doute au cours de la relation 

d’affaires (art. 5 LBA). C’est donc la loi elle-même qui requiert une telle 

déclaration écrite dont la raison d’être est de permettre à l’intermédiaire financier 

de se faire une idée juste quant à l’ayant droit économique. 

En outre, l’art. 305ter CP, en vigueur depuis le 1
er

 août 1990, réprime le défaut de 

vigilance dans l’identification de l’ayant droit économique. Ainsi, tant au regard 

de la LBA que de l’art. 305ter CP, la formule A revêt une importance cardinale 

dans la lutte contre la criminalité économique et il s’agit dès lors d’un document 

essentiel. Dans ce cadre, son contenu est censé être conforme à la vérité et son 

destinataire doit pouvoir s’y fier compte tenu de la difficulté générale de vérifier 

l’exactitude d’une telle déclaration. Il en découle que la formule A doit se voir 

reconnaître une crédibilité accrue du fait de sa spécificité et qu’elle constitue un 

titre (ATF du 30 novembre 1999 précité consid. 4c p. 236 à 238). 

En conséquence, celui qui indique dans une formule A un ayant droit économique 

qui n’est pas le bénéficiaire réel de la relation d’affaires considérée se rend 

coupable de faux immatériel selon l’art. 251 ch. 1 CP. 

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N° de procédure 

Dès lors, sur le plan objectif, l’appelant a bel et bien commis cette infraction qui 

lui est présentement reprochée. 

2.2.1 Le faux dans les titres est une infraction intentionnelle. Il faut ainsi que le 
comportement de l’auteur soit intentionnel. Celui-ci veut ou accepte que le 

document contienne une altération de la vérité et qu’il ait une valeur probante à 

cet égard. En outre, dans tous les cas et non seulement dans l’hypothèse de l’usage 

de faux, l’auteur doit agir dans le dessein de tromper autrui (CORBOZ, Les 

infractions en droit suisse, vol. II, n. 171 et 172 ad art. 251 aCP). Enfin, la loi 

requiert l’existence d’un dessein spécial sous forme alternative, soit le dessein de 

nuire ou d’obtenir un avantage illicite. Sur ce dernier point, il suffit que l’auteur 

ait en vue ce dessein spécial et qu’il le veuille ou s’en accommode (CORBOZ, op. 

cit., n. 173 et 174).  

Pour tous les éléments de l’intention, le dol éventuel suffit (CORBOZ, op. cit., 

n. 175), ce qui suppose que l'auteur envisage le résultat dommageable, même s'il 

ne le souhaite pas, parce qu'il s'en accommode au cas où il se produirait (ATF 131 

IV 1 = JdT 2006 IV 187 consid. 2.2 p. 189).  

2.2.2 Sur le vu des éléments retenus ci-dessus sous lettre C.b, il est manifeste que 
E______, désigné directeur des six sociétés offshore, a signé les formules A 

incriminées en toute connaissance de cause selon les instructions qu’il avait 

reçues de A_______ à qui il entendait rendre service dans le cadre d’une relation 

contractuelle déjà nouée. Il s’était certes assuré de la provenance des fonds, mais 

il n’avait pas considéré de manière plus approfondie la réalité économique, bien 

qu’il fût conscient du fait que les formules A qu’il avait signées ne 

correspondaient pas à la réalité.  

Dans ces conditions, les premiers juges étaient fondés à considérer que l’appelant 

savait que les titre litigieux étaient constitutifs d’un faux intellectuel ou qu’il 

acceptait à tout le moins cette éventualité par dol éventuel, ce d’autant qu’il avait 

été chargé de procéder aux formalités relatives à l’ouverture des comptes 

concernant les sociétés offshore et qu’il était donc l’interlocuteur de la banque.  

2.2.3 Pour le surplus, il est manifeste que les formules A incriminées ont été 
signées dans le dessein de tromper Y________ à laquelle elles étaient destinées, la 

Cour ne détenant aucun élément permettant de dire que les gestionnaires des 

comptes considérés ou d’autres organes de la banque auraient été de connivence 

avec A_______ et/ou B_______, ainsi qu’avec E______.  

D’après l’état de fait qui précède, c’est d’ailleurs lui qui, selon toute 

vraisemblance, a donné à la banque, en vue de l’ouverture des comptes, les 

renseignements nécessaires à propos des six sociétés offshore, indications dont 

elle n’avait apparemment pas de raisons de se méfier. Sur ce point, il faut à toute 

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N° de procédure 

bonne fin rappeler que les relations contractuelles intervenues entre A_______ 

et/ou B_______ d’une part et l’appelant d’autre part au sujet de ces sociétés ne 

concernaient pas Y_______ à qui il suffisait d’obtenir les renseignements d’usage 

au sujet de l’identité des sociétés offshore et de savoir qui était l’ayant droit 

économique des fonds. En effet, les accords ayant pu être conclus par les 

intéressés ne l’intéressaient pas pour représenter une res inter alios acta du fait de 

la relativité des conventions qui n’intéressent que ceux qui y sont parties 

contractantes et parmi lesquels elle ne figurait pas (ATF 131 III 217 consid. 4.2 p. 

221).    

Il y a donc bien eu création d’un titre faux, étant rappelé que, pour que cette 

infraction soit consommée, il n’est même pas nécessaire de parvenir à tromper 

celui à qui le document incriminé était destiné (cf. CORBOZ, op. cit., n. 90 et 92 ad 

art. 251 aCP). 

2.2.4 Enfin, en signant les formules A constitutives d’un faux immatériel, 
l’appelant a manifestement agi en vue d’obtenir un avantage illicite, étant rappelé 

qu’à cette fin, il n’est pas requis que l’avantage recherché ait été atteint, ainsi que 

cela a déjà été dit ci-dessus  sous consid. 2.2.1 (voir CORBOZ, op. cit., n. 174 et 

175 ad art. 251 aCP). 

Tel est bien le cas dans la mesure où E______ espérait, en contrepartie de sa 

complaisance illicite, obtenir un avantage patrimonial fondé sur une collaboration 

fructueuse avec A_______, lui permettant de gagner des sommes d’argent 

importantes, perspective qu’il ne pouvait espérer se voir réalisée sans recourir au 

comportement délictueux qui lui est présentement reproché pour ne pas déplaire à 

A______ (voir ATF du 31 août 1987 publié in SJ 1988 145 consid. 3d p. 

149/150).  

2.3 En conséquence, E______ a été reconnu à juste titre coupable de faux dans les 
titres au sens de l’art. 251 ch. 1 CP. 

3. 3.1 L’infraction reprochée à E______ a été commise les 20 avril et 8 mai 1998.  

Le 1
er

 janvier 2007 sont entrées en vigueur les nouvelles dispositions de la partie 

générale du Code pénal, modifiant les peines prévues pour les infractions figurant 

dans la partie spéciale. 

A teneur de l’art. 2 al. 1 CP, ces nouvelles normes légales ne sont en principe 

applicables qu’aux faits commis après leur entrée en vigueur. Cependant, l’art. 2 

al. 2 CP réserve la possibilité d’appliquer le nouveau droit à des infractions 

commises avant cette date si l’auteur n’est mis en jugement que postérieurement 

et que la novelle lui soit plus favorable que la loi en vigueur au moment de la 

commission des actes répréhensibles. 

- 9/15 - 

 

N° de procédure 

Le droit de procédure cantonal est déterminant quant à la question de savoir à quel 

stade de la procédure l’auteur a été mis en jugement. Lorsque l’autorité cantonale 

de dernière instance ne joue qu’un rôle cassatoire et se limite à contrôler si la 

juridiction de première instance a correctement appliqué le droit en vigueur au 

moment où elle a statué, ladite autorité de cassation n’est pas juge du fond et 

l’auteur ne peut être considéré avoir été mis en jugement à ce stade. En revanche, 

si l’autorité de recours exerce un pouvoir réformateur ou statue en appel, elle 

devient alors elle-même juge de fond et doit alors examiner, au moment où elle 

statue, si le nouveau droit en vigueur est plus favorable (ATF du 22 juillet 2007 

dans la cause 6B_80/2007 consid. 4.1 et l’arrêt cité). 

A Genève, la Cour de justice statue comme juridiction d’appel des jugements du 

Tribunal de police (art. 239 à 248 CPP) et, à ce titre selon l’art. 246 al. 1 CPP, 

sous réserve de la prohibitio de la reformatio in pejus (art. 246 al. 2 CPP), elle 

confirme, réforme ou modifie le jugement dont est appel et a toute latitude pour 

revoir les faits et le droit (REY, Procédure pénale genevoise, 2005, n. 1.1 ad 

art. 246 CPP). 

Il en découle que la Cour peut entrer en matière sur la question du droit applicable 

avec plein pouvoir de cognition. 

3.2 Le Tribunal de police, faisant application de l’art. 2 al. 2 CP, a considéré que 
le droit pénal en vigueur depuis le 1

er
 janvier 2007 était plus favorable à l’appelant 

que les dispositions applicables lors de la commission de l’infraction en date des 

20 avril et 8 mai 1998. 

Au stade de l’appel, ce point n’a pas été remis en question. Néanmoins, on doit se 

demander si la solution retenue par les premiers juges peut être entérinée au vu de 

l’ancienneté des faits imputés à E______ et des conséquences qui en découlent du 

point de vue de la peine. 

L’art. 251 ch. 1 CP prévoit à titre de sanctions une peine privative de liberté allant 

en principe de six mois à cinq ans par le jeu de l’art. 40 CP ou une peine 

pécuniaire, ce qui implique 360 jours-amende à 3'000 fr. au plus (art. 34 CP), 

alors que l’ancien droit réprimait cette infraction par une peine de réclusion allant 

d’un à cinq ans (cf. l’art. 35 aCP) ou par l’emprisonnement allant de trois jours à 

trois ans (art. 36 aCP). 

Cependant, en application de l’art. 64 aCP, le temps relativement long qui s’est 

écoulé depuis la commission de l’infraction constituait une circonstance 

atténuante permettant, en application de l’art. 65 CP, de prononcer une peine 

d’arrêts ou d’amende en lieu et place de l’emprisonnement. Le droit présentement 

en vigueur ne prévoit plus l’amende comme pouvant constituer une sanction en 

- 10/15 - 

 

N° de procédure 

cas de délit, ce qui était donc le cas sous l’empire de l’ancien droit selon l’art. 48 

aCP. 

En effet, un comportement répréhensible qui ne constitue pas une contravention 

n’est passible que d’une peine pécuniaire (art. 34 CP) ou d’une peine privative de 

liberté (art. 40 CP), voire de l’obligation d’effectuer un travail d’intérêt général de 

720 heures au plus (art. 37 CP). Dans ce cadre, une amende ne peut être infligée 

que comme sanction supplémentaire en cas de peine prononcée avec sursis, 

l’art. 42 al. 4 CP renvoyant à l’art 106 CP qui prévoit à l’al. 1 le prononcé d’une 

amende de 10'000 fr. au plus en présence d’une contravention.  

Dans ce contexte et en cas de circonstance atténuante, le juge n’est pas lié par le 

minimum de la peine prévue pour l’infraction et il a la faculté de prononcer une 

peine d’un genre différent, mais sans pouvoir s’écarter du maximum et du 

minimum légal de chaque genre de peine (art. 48a CP). 

Il en découle que, si la circonstance atténuante du temps relativement long est 

admise, le nouveau droit n’apparaît pas conduire à un résultat plus favorable pour 

E______, de sorte qu’il y a lieu de se référer à la loi pénale en vigueur jusqu’au 31 

décembre 2006 (voir ATF du 17 janvier 2008 dans la cause 6B_132/2007 consid. 

4.2). 

Le point de vue retenu par les premiers juges quant à l’application du nouveau 

droit ne peut dès lors être maintenu. 

4. 4.1 L’appréciation de la culpabilité en vue de la fixation de la peine selon l’art. 63 
aCP est fonction de la faute dont la gravité demeure primordiale. Elle est fondée 

sur des éléments subjectifs constitués par l’importance du résultat, la manière dont 

celui-ci s’est produit et le mode opératoire. Il s’y ajoute des critères subjectifs se 

rapportant à la personne de l’auteur, tels que les mobiles, l’intensité de la volonté 

délictueuse ou la gravité de la négligence. Enfin, il y a lieu de prendre en 

considération des éléments d’appréciation se rapportant également à la personne 

de l’auteur, mais sans concerner la commission de l’infraction, s’agissant de ses 

antécédents, de son éducation, de sa situation personnelle et de son comportement 

après l’infraction et en cours de procédure (FAVRE/PELLET/STOUDMANN, Code 

pénal annoté, 2
e
 éd., n. 1.8 ad art. 63 aCP). 

Les exigences de motivation relatives à la peine s’élèvent en fonction de la quotité 

de celle-ci, mais il n’est pas nécessaire d’énumérer dans les plus petits détails 

toutes les circonstances qui ont contribué à déterminer la quotité de la peine 

(FAVRE/PELLET/STOUDMANN, op. cit., n. 1.2 ad art. 63 aCP). Le juge doit 

seulement mentionner les éléments essentiels relatifs à l’acte et à l’auteur qu’il 

prend en considération de manière que l’on puisse voir si tous les éléments 

- 11/15 - 

 

N° de procédure 

pertinents ont été examinés et comment ils ont été appréciés, que ce soit dans un 

sens aggravant ou atténuant (cf. not. ATF 118 IV 18 consid. 1c/aa p. 20). 

4.2.1 Dans le cas particulier, la faute commise par l’appelant n’est pas de peu de 
gravité par le nombre de faux documents qu’il a accepté de signer et par l’absence 

de scrupules qu’un tel comportement révèle. En effet, l’appelant ne s’est guère 

posé de questions relativement à sa complaisance illicite, acceptant d’être désigné 

directeur des sociétés offshore ouvrant des comptes auprès de la Y_______, ce qui 

l’habilitait à signer les formules A mensongères. De surcroît, le prévenu était 

rompu aux affaires et il ne pouvait ignorer l’importance des formalités relatives à 

l’ouverture d’un compte bancaire et d’une formule A, facteurs qui aggravent 

encore la duplicité de son comportement et sa culpabilité.  

4.2.2 Cela étant, les antécédents de l’appelant ne sont pas défavorables, sa 
condamnation en 2003 pour infraction grave à la LCR ne permettant pas d’adopter 

une telle approche, ce comportement délictueux apparaissant accidentel. En outre, 

E______ a fait preuve d’une certaine franchise en reconnaissant les faits sans trop 

chercher à se disculper, facilitant ce faisant la tâche des enquêteurs, ce dont il doit 

être tenu compte.  

4.2.3 Conformément à l’art. 64 aCP, la peine peut être atténuée lorsqu’un temps 
relativement long s’est écoulé entre la commission de l’infraction et son jugement 

et que, pendant cette période, le délinquant s’est bien comporté. 

Cette circonstance atténuante intervient lorsque la prescription ordinaire de 

l’action pénale est proche, le moment déterminant étant celui de la décision sur 

appel si celui-ci est dévolutif et suspensif, ce qui est le cas en l’espèce ainsi que 

cela a déjà été rappelé sous consid. 2.1 (FAVRE/PELLET/STOUDMANN, op. cit., 

n. 1.14 ad art. 64 aCP). 

L’art. 251 aCP étant constitutif d’un crime selon l’art. 9 aCP, le délai de 

prescription de l’action pénale susceptible d’être pris en considération est celui 

qui existait antérieurement au 1
er

 octobre 2002, date de l’entrée en vigueur d’une 

modification de l’art. 70a CP, s’agissant d’un délai de dix ans et non de quinze 

ans. En effet, le principe de la lex mitior au sens de l’art. 2 al. 2 CP vaut 

également en matière de prescription (FAVRE/PELLET/STOUDMANN, op. cit., n. 1.2 

ad art. 70 aCP). 

Dès lors, force est de constater que ce délai ordinaire de prescription sera acquis 

les 20 avril et 8 mai 2008, de sorte qu’il se justifie de faire application en 

l’occurrence de l’art. 64 aCP, E______ apparaissant s’être bien comporté dans 

l’intervalle, sa condamnation pour infraction grave à la LCR n’étant pas de nature 

à modifier cette appréciation comme déjà dit ci-dessus. 

- 12/15 - 

 

N° de procédure 

4.2.4 D’après l’état de fait qui précède, il appert que, le 21 juillet 2006, A_______ 
a fait l’objet d’une suspension de l’enquête pénale dirigée contre lui pour 

blanchiment d’argent et appartenance à une organisation criminelle, mais qu’il n’a 

pas été inquiété et poursuivi à propos de son rôle dans la commission de 

l’infraction imputée à E______, alors que celui-ci a agi en particulier sur les 

instructions de A_______.  

Dès lors, la Chambre pénale tiendra compte également de ce facteur dans la 

fixation de la peine, étant rappelé que cette situation n’autoriserait pas un abandon 

de la poursuite pénale à l’encontre de l’appelant. En effet, il n’est pas justifié 

d’invoquer l’égalité de traitement pour bénéficier d’une faveur peut-être 

illégalement accordée à un tiers, ce d’autant qu’il n’existe aucun élément 

permettant de penser que cette absence de poursuite à l’encontre de A_______ de 

la part de l’autorité compétente serait le fait d’une politique délibérée et 

systématique (voir à ce sujet ATF 127 II 113 consid. 9b p. 121; ATF non publié 

du 2 août 2006 dans la cause 2A.199/2006 consid. 4.2 in fine). 

4.2.5 Pour le surplus, l’appelant a été condamné le 20 novembre 2003 à une 
amende et il n’y a dès lors pas matière à application de l’art. 68 ch. 2 CP, le 

prononcé d’une peine privative de liberté antérieure au jugement pour l’infraction 

commise avant cette première condamnation étant requis (ATF 129 IV 113 = 

JdT 2004 IV 51 consid. 1.1 p. 52). 

4.3 En conséquence, prenant en considération les critères qui précèdent, l’absence 
de toute poursuite pénale à l’encontre de A______ et, surtout, l’ancienneté des 

faits, la Cour fera application de l’art. 65 CP et condamnera E______, qui semble 

ne pas disposer de moyens financiers, à une peine d’arrêts qu’elle fixera à deux 

mois, la durée des arrêts allant d’un jour à trois mois (art. 39 ch. 1 aCP). 

5. Les premiers juges ont mis le condamné au bénéfice du sursis selon l’art. 41 ch. 1 
CP. Compte tenu de la prohibition de la reformatio in pejus (art. 246 al. 2 CPP), la 

Cour est liée par cette appréciation.  

Sur le vu du temps qui s’est écoulé depuis la commission de l’infraction et de la 

bonne conduite de l’intéressé, le délai d’épreuve sera fixé à deux ans 

conformément à l’art. 41 ch. 1 CP, cette disposition restant applicable dans la 

mesure où l’atténuation de la peine n’a pas d’autres conséquences que d’étendre 

vers le bas le cadre normal de la répression (FAVRE/PELLET/STOUDMANN, op. cit., 

n. 1.1 ad art. 65 aCP). 

6. En conséquence, l’appelant n’obtient gain de cause que sur la quotité de la peine 
et la durée du délai d’épreuve relatif au sursis, le jugement déféré étant modifié 

dans le sens qui précède.  

- 13/15 - 

 

N° de procédure 

Au regard de cette solution, E______ qui succombe dans la majeure partie de son 

appel prendra à sa charge les deux tiers des frais de deuxième instance, le surplus 

étant laissé à la charge de l’Etat. 

                                                          * * * * * 

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N° de procédure 

PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

A la forme : 

Reçoit l'appel interjeté par E______ contre le jugement JTP/319/2007 (Chambre 1) 

rendu le 2 mars 2007 par le Tribunal de police dans la cause P/11824/2006. 

Au fond : 

Annule ce jugement du point de vue de la peine et du délai d’épreuve relatif au sursis.  

Et statuant à nouveau : 

Condamne E______ à deux mois d’arrêts sous imputation de la détention préventive qui 

est de deux jours. 

Le met au bénéfice du sursis avec un délai d’épreuve de deux ans. 

Avertit le condamné que, si, pendant le délai d'épreuve, il ne donne lieu à aucune autre 

condamnation, la peine prononcée ce jour ne sera pas exécutée et que la présente 

condamnation sera radiée de son casier judiciaire, mais que, dans le cas contraire, le 

sursis pourra être révoqué et la peine mise à exécution, sans préjudice de la nouvelle 

sanction à intervenir. 

Confirme la décision attaquée pour le surplus. 

Condamne E______ aux deux tiers des frais de la procédure d'appel, qui comprennent 

dans leur totalité un émolument de 1’200 fr. 

Laisse le surplus des frais d’appel à la charge de l’Etat. 

Siégeant : 

Monsieur Jacques DELIEUTRAZ, président; Monsieur Jean-Marc STRUBIN, juge; 

Monsieur Jean-Pierre PAGAN, juge suppléant; Madame Alissia OZIL, greffière. 

 

Le président : 

Jacques DELIEUTRAZ 

 La greffière : 

Alissia OZIL 

 

- 15/15 - 

 

N° de procédure 

Indication des voies de recours : 

Conformément aux art. 78 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par devant le Tribunal fédéral 

par la voie du recours en matière pénale. 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.