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**Case Identifier:** 69aca00d-5427-59dd-b801-1d632508ec17
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-04-18
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 18.04.2013 A/1029/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1029-2013_2013-04-18.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/1029/2013-MC ATA/248/2013  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 18 avril 2013 

 en section 

   dans la cause 

 

Monsieur  B______ 
représenté par Me Noémi Elster, avocate 

contre 

OFFICIER DE POLICE 
 

_________ 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 

28 mars 2013 (JTAPI/374/2013) 

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A/1029/2013 

EN FAIT 

1.  Monsieur B______, ressortissant algérien, né le ______ 1967, sans domicile 
connu, réside à Genève depuis 1995 au moins, sans être au bénéfice d’une 
autorisation de séjour. 

2.  Entre le 1er novembre 1995 et le 27 avril 2012, il a fait l'objet de dix-sept 
ordonnances de condamnation et ordonnances pénales rendues par les autorités 
pénales genevoises compétentes pour vol au sens de l'art 139 du Code pénal suisse 
du 21 décembre 1937 (CP - RS 311.0), et pour des infractions annexes, qui le 
sanctionnaient par des peines privatives de liberté de quinze jours à quatre mois, 
pour un total de quarante-trois mois d’incarcération. 

3.  Par décision du 20 mai 2000, notifiée le 2 juin 2000 à M. B______, l'office 
fédéral des migrations (ci-après : ODM) a prononcé à l'encontre de l'intéressé une 
interdiction d'entrée en Suisse d'une durée indéterminée. Cette décision est 
définitive. 

4.  Par décision immédiatement exécutoire du 8 juillet 2009 fondée sur l'art. 64 
LEtr et notifiée à son destinataire le 13 juillet 2009, l'office cantonal de la 
population (ci-après : OCP) a ordonné le renvoi de Suisse de M. B______. Cette 
décision est définitive. 

5.  L'intéressé a été écroué le 27 avril 2012, aux fins de purger le solde de peine 
des trois dernières condamnations pénales prononcées à son encontre, sa sortie de 
prison étant prévue le 24 mars 2013. 

6.  Le 24 mars 2013, M. B______ a été libéré, remis en mains de la police et à 
15h10, par ordre de l'officier de police, placé en détention administrative pour 
quarante-huit heures, afin d'assurer l'exécution de son renvoi de Suisse. Une place 
lui avait été réservée sur un vol au départ de Genève à destination d'Alger le 
25 mars 2013 à 14h20. A la demande de l'ODM, un laissez-passer lui avait été 
délivré par l'ambassade algérienne à Berne. 

7.  Le 25 mars 2013, M. B______ a refusé d'embarquer à bord de l'avion, en se 
débattant de telle manière que les agents de la police de sécurité internationale ont 
dû faire usage de la force pour le maîtriser et l'amener dans les locaux du poste de 
police de l'aéroport. Après une audition, il a été mis à disposition du Ministère 
public. 

8.  Le 26 mars 2013, pour le comportement susmentionné, l'intéressé a été 
condamné pour violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires 
(art. 285 ch. 1 al. 1 CP) par ordonnance pénale à une peine privative de liberté de 
trente jours, sous déduction de deux jours de détention avant jugement. 

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A/1029/2013 

9.  Après notification de l'ordonnance pénale, M. B______ a été remis en mains 
de la police et, le 27 mars 2013 à 16h20, l'officier de police a prononcé à son 
encontre un ordre de mise en détention administrative pour une durée de deux 
mois, afin d’assurer l'exécution de son renvoi, dont l'organisation était en cours. Il 
avait été condamné à réitérées reprises pour vol, soit un crime (art. 10 al. 2 CP) et 
il s'était soustrait physiquement à son renvoi lors de la tentative de refoulement du 
25 mars 2013. 

  M. B______ a déclaré à l'officier de police qu'il n'était pas d'accord de 
retourner en Algérie. 

10.  Le 28 mars 2013, M. B______ a comparu devant le Tribunal administratif 
de première instance (ci-après : TAPI) dans le cadre du contrôle judiciaire de 
l'ordre de mise en détention. Il était finalement d'accord de retourner en Algérie. Il 
n'avait, en l'état, pas fait opposition à l'ordonnance pénale. La durée de sa 
détention administrative devait être réduite de manière à coïncider avec l'entrée en 
force de l'ordonnance pénale, le 5 avril 2013. 

  Le représentant de l'officier de police a indiqué que les démarches en vue 
d'organiser un vol avec escorte étaient en cours. Compte tenu du revirement de 
M. B______, il allait voir quand un vol simple pourrait être organisé. Un délai de 
trois semaines pour la délivrance du laissez-passer, valable pour un vol, par les 
autorités algériennes était en tout état nécessaire. En outre, l'ordonnance pénale du 
26 mars 2013 allait devenir définitive et il ignorait si l'intéressé devrait purger sa 
peine. 

11.  Par jugement du 28 mars 2013, le TAPI a confirmé l'ordre de mise en 
détention administrative pour une durée de deux mois, jusqu'au 27 mai 2013. 

  Malgré ses déclarations du jour, l’intéressé s’était opposé physiquement à 
son renvoi et avait été condamné à plusieurs reprises pour des crimes. Les 
autorités avaient agi avec célérité et le principe de la proportionnalité était 
respecté. Le renvoi était possible. Si l'ordonnancé pénale du 26 mars 2013 entrait 
en force et qu'il devait subir sa peine, la détention administrative prendrait 
automatiquement fin. 

12.  Le 5 avril 2013, M. B______ a recouru auprès de la chambre administrative 
de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre le jugement 
susmentionné, concluant à son annulation en tant qu'il confirmait l'ordre de mise 
en détention administrative pour une durée de deux mois, la confirmation ne 
devant être que d'une durée d'un mois, soit jusqu'au 27 avril 2013. 

  Il ne contestait pas que les conditions nécessaires à sa mise en détention 
étaient réalisées. La durée de la mesure ordonnée était toutefois disproportionnée, 
puisqu'il ne s'opposait plus à son retour en Algérie et que le laissez-passer pouvait 

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être obtenu en trois semaines. Il relevait pour le surplus qu'il avait été privé de sa 
liberté, sans fondement, à deux reprises : d’une part pour quarante minutes le 
24 mars 2013, entre sa sortie de prison et sa mise en détention administrative à 
15h10 pour quarante-huit heures, et d’autre part pendant plusieurs heures entre 
l'échéance de ce premier ordre ou la notification de l'ordonnance pénale et le 
second ordre de mise en détention administrative du 27 mars 20103 à 16h20. 
Celui-ci était tardif mais, en tout état, le contrôle de la détention par le TAPI était 
intervenu dans le délai de nonante-six heures suivant l'heure à laquelle ledit ordre 
aurait dû être décerné, soit au plus tôt le 26 mars à 15h10. 

13.  Le 9 avril 2013, le TAPI a transmis son dossier, sans observations. 

14.  Le 15 avril 2013, l'officier de police a conclu au rejet du recours.  

  M. B______ ayant déclaré être d'accord de retourner en Algérie, il avait été 
entendu le 30 mars 2013 dans le cadre de l'organisation d'un vol simple. A cette 
occasion, il avait fait part de son refus catégorique de retourner en Algérie. Il avait 
accepté son renvoi devant le TAPI sur conseil de son avocat et pour que la police 
le laisse en paix. Les démarches en vue d'un vol avec escorte se poursuivaient 
donc. Celui-ci pourrait avoir lieu courant mai et un laissez-passer avait été requis 
en temps utile. Le jugement du TAPI devait ainsi être confirmé. 

EN DROIT 

1.  Interjeté le 5 avril 2013 contre le jugement prononcé le 28 mars 2012 par le 
TAPI et communiqué à l’intéressé le même jour, le recours a été formé en temps 
utile devant la juridiction compétente et il est recevable (art. 132 al. 2 de la loi sur 
l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ - E 2 05 ; art. 10 al. 1 de la 
loi d'application de la loi fédérale sur les étrangers du 16 juin 1988 - LaLEtr - 
F 2 10 ; art. 62 al. 1 let. b de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2.  Selon l’art. 10 al. 2 LaLEtr, la chambre administrative doit statuer dans les 
dix jours qui suivent sa saisine. Ayant reçu ledit recours le 8 avril 2013 et statuant 
ce jour, elle respecte ce délai. 

3.  La chambre administrative est compétente pour apprécier l’opportunité des 
décisions portées devant elle (art. 10 al. 2 LaLEtr). Elle peut confirmer, réformer 
ou annuler la décision attaquée ; cas échéant, elle ordonne la mise en liberté de 
l’étranger (art. 10 al. 3 LaLEtr). 

4.  L’étranger qui a fait l’objet d’une décision de renvoi peut être mis en 
détention administrative si des éléments concrets font craindre qu’il entend se 
soustraire à son expulsion, en particulier parce qu’il ne se soumet pas à son 

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obligation de collaborer, au sens des art. 90 LEtr, 8 al. 1 let. a ou al. 4 de la loi sur 
l’asile du 26 juin 1998 - LAsi - RS 142.31 (art. 76 al. 1 let. b ch. 3 LEtr). Il en va 
de même si son comportement permet de conclure qu’il se refuse à obtempérer 
aux instructions des autorités (art. 76 al. 1 let. b ch. 4 LEtr). 

  Les art. 76 al. 1 let. b ch. 3 et 4 LEtr décrivent des comportements 
permettant de conclure à l’existence d’un risque de fuite ou de disparition. Ces 
deux éléments doivent donc être envisagés ensemble (Arrêt du Tribunal fédéral 
2C_128/2009 du 30 mars 2009 consid. 3.1). 

  En outre, un étranger faisant l’objet d’une décision de renvoi peut être placé 
en détention administrative en vue de l’exécution de celle-ci s’il a été condamné 
pour crime (art. 76 al. 1 let. b ch. 1 LEtr renvoyant à l’art. 75 al. 1 let. h LEtr). 

  En l’espèce, le recourant a été condamné à de multiples reprises pour des 
infractions constituant des crimes au sens de l’art. 10 CP. Son refus de quitter la 
Suisse le 25 mars 2013, alors qu’il était au bénéfice d’un laissez-passer, ainsi que 
ses propos contradictoires sur sa volonté de retourner en Algérie établissent 
l’existence d’un risque de fuite ou de disparition. On peut en effet considérer que, 
s’il était en liberté, le recourant, dont le domicile est au demeurant inconnu, se 
réfugierait dans la clandestinité pour échapper à son rapatriement. Dans ces 
circonstances, l’officier de police était fondé à ordonner sa mise en détention 
administrative sur la base des art. 76 al. 1 let. b ch. 1, 3 et 4 LEtr. Le recourant ne 
le conteste d'ailleurs pas. 

5.  L’autorité administrative doit entreprendre rapidement les démarches 
permettant l’exécution de la décision de renvoi (art. 76 al. 4 LEtr). La détention 
administrative doit respecter le principe de la proportionnalité, garanti par l’art. 36 
al. 3 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 
(Cst. - RS 101). 

  En l’espèce, la durée de la détention administrative est encore bien 
inférieure à la durée légale maximale. Le recourant n’a, avant sa mise en détention 
ou depuis lors, effectué aucune démarche en vue de son départ. L’autorité 
administrative a, quant à elle, entrepris sans attendre, d’elle-même, les démarches 
nécessaires à l’obtention d’un laissez-passer et réservé une place dans un vol à 
destination de l’Algérie. Aucune mesure moins incisive ne permettrait d'assurer la 
présence de l'intéressé au jour fixé pour l'exécution du renvoi. Le vol étant prévu 
courant mai, la durée de la mesure ne peut être réduite comme le demande le 
recourant. Dans ces circonstances, le principe de la proportionnalité et celui de la 
célérité ont été respectés. 

6.  Selon l’art. 80 al 4 LEtr, l’autorité judiciaire qui examine la décision de 
détention administrative tient compte de la situation familiale de la personne 
détenue et des conditions d’exécution de la détention. Celle-là doit en particulier 

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être levée lorsque son motif n’existe plus ou si, selon l’art. 80 al. 6 let. a LEtr, 
l’exécution du renvoi ou de l’expulsion s’avère impossible pour des raisons 
juridiques ou matérielles, ou qu’elle ne peut être raisonnablement exigée, cette 
dernière disposition légale renvoyant à l’art. 83 al. 1 à 4 LEtr. 

  En l’espèce, le recourant n'invoque aucun motif qui permettrait d'envisager 
l'existence d'un obstacle, au sens des dispositions susmentionnées, à l'exécution de 
son renvoi et le dossier n'en suggère pas. 

7.  Le recours sera rejeté. Vu la nature du litige, aucun émolument ne sera 
perçu (art. 12 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en procédure 
administrative du 30 juillet 1986 - RFPA- E 5 10.03). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 5 avril 2013 par Monsieur B______ contre le 
jugement du Tribunal administratif de première instance du 28 mars 2013 ; 

au fond : 

le rejette ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ; 

communique le présent arrêt à Me Noémi Elster, avocate du recourant, à l'officier de 
police, à l'office cantonal de la population, au Tribunal administratif de première 
instance, à l'office fédéral des migrations ainsi qu'au centre Frambois LMC, pour 
information. 

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Siégeants : Mme Junod, présidente, MM. Dumartheray et Verniory, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière juriste : 
 
 
 

S. Hüsler Enz 

 la présidente siégeant : 
 
 
 

Ch. Junod 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :