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**Case Identifier:** ec251a79-8222-524e-a864-9d234b2c0c78
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-06-08
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 08.06.2020 C/27812/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-27812-2019_2020-06-08.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/27812/2019 ACJC/973/2020 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU LUNDI 8 JUIN 2020 

 

Entre 

A______ et B______ SA, p.a. ______, recourantes contre un jugement rendu par la 
8ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 17 février 2020, 

comparant en personne, 

et 

Madame C______, sans domicile ni résidence connus, intimée, comparant en personne. 

 

 

 

 

 

 

Le présent arrêt est communiqué aux recourantes par pli recommandé du ______, ainsi 

qu'à Mme C______, par insertion dans la Feuille d'Avis Officielle du même jour. 

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C/27812/2019 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/2441/2020 du 17 février 2020, expédié pour notification le jour 
suivant, le Tribunal de première instance, statuant par voie de procédure 

sommaire, a déclaré irrecevable la requête de faillite sans poursuite préalable 

formée par A______ [sic] le 10 décembre 2019 à l'encontre de C______ (ch. 1 du 

dispositif), a arrêté les frais judiciaires à 480 fr., mis à la charge de la précitée, 

compensés avec l'avance fournie (ch. 2 et 3) et a débouté les parties de toutes 

autres conclusions (ch. 4). 

 Pour toute motivation, le Tribunal a retenu que C______ n'était pas inscrite au 

Registre du commerce genevois, et a fait application des art. 39 et 40 LP. 

B. Par acte expédié le 5 mars 2020 au greffe de la Cour de justice, A______ et 
B______ SA ont formé recours contre ce jugement. Elles ont conclu à l'annulation 

de celui-ci, cela fait à ce que soit déclarée recevable puis admise la requête de 

faillite formée le 10 décembre 2019 par B______ SA, sous suite de frais et 

dépens. Elles ont fait observer que le jugement retenait à tort que la requête 

adressée au Tribunal émanait de A______, alors que B______ SA était créancière 

de C______ et avait saisi le Tribunal en cette qualité.  

 C______ a été avisée par publication édictale parue dans la Feuille d'Avis 

Officielle du ______ 2020 de l'existence du recours et de ce qu'elle bénéficiait 

d'un délai de dix jours pour répondre; elle n'a pas déposé de réponse. 

 Par avis du 11 mai 2020, A______ a été informée de ce que la cause était gardée à 

juger. 

C. Les faits pertinents suivants résultent de la procédure de première instance :  

 a. A______ (A______ [en allemand]) est une association sise à D______ (ZH). 
B______ SA (B______ AG [en allemand]) est une société anonyme inscrite au 

Registre du commerce zurichois, qui a pour but l'exploitation d'une caisse-

maladie. 

b. Par requête expédiée le 9 décembre 2019 au Tribunal sur papier à entête de 
A______, B______ SA a requis le prononcé de la faillite sans poursuite préalable, 

au sens de l'art. 190 al. 1 ch. 1 LP, de C______ " rue 1______ [no.] ______, [code 

postal] E______ [GE]".  

 En dépit de cette indication d'adresse, elle a mentionné que la résidence de la 
débitrice était inconnue. Elle a allégué qu'elle était créancière de la précitée à 

concurrence de 1'862 fr. 50 avec intérêts moratoires à 5% l'an dès le 7 juin 2019, 

représentant des primes d'assurance maladie, ainsi que de 30 fr. de frais de rappel. 

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C/27812/2019 

 A l'appui de sa requête, elle a produit une "communication de départ" de la part du 

Service de l'assurance-maladie genevois, selon laquelle, sur la base des dernières 

informations connues par l'Office cantonal de la population et des migrations du 

canton de Genève, C______ avait quitté Genève le 13 juin 2019 à destination de 

"F______" en Italie. Elle a également versé cinq décomptes de prime d'assurance-

maladie, en 372 fr. 50 chacun.  

 C______ a été convoquée par voie édictale à l'audience du Tribunal du 17 février 

2020. 

 Le dossier du Tribunal ne comporte pas de procès-verbal de cette audience. 

EN DROIT 

1. 1.1 S'agissant d'une procédure de faillite sans poursuite préalable, seule la voie du 
recours est ouverte (art. 309 let. b ch. 7 et 319 let. a CPC; art. 174 al. 1, art. 194 

al. 1 LP).  

1.2 Interjeté dans le délai de dix jours prévu par la loi (art. 142 al. 1 et 3, art. 145 
al. 2 let. b, art. 321 al. 2 CPC) et selon la forme prescrite (art. 321 al. 1 CPC), le 

recours est recevable. 

1.3 La procédure sommaire est applicable (art. 251 let. a CPC) et le juge établit les 
faits d'office (maxime inquisitoire, art. 255 let. a CPC). 

2. Les recourantes relèvent que le Tribunal a mal compris l'identité de la partie qui 
l'avait saisie.  

 Il apparaît en effet que c'est B______ SA qui a formé une requête contre l'intimée, 
et non A______, de sorte que seule la première nommée doit être considérée 

comme partie à la présente procédure. 

3. Les recourantes reprochent au Tribunal de ne pas avoir prononcé la faillite de 
l'intimée, alors que les conditions de l'art. 190 al. 1 ch. 1 LP étaient réunies, 

l'intimée n'ayant pas de résidence connue en Suisse. 

 3.1 Sous réserve des exceptions de l'art. 50 LP, le débiteur dont le domicile est 
situé à l'étranger ne peut être poursuivi par la voie ordinaire en Suisse (arrêt du 

Tribunal fédéral 5A_486/2018 du 5 juillet 2018 consid. 4.2). 

3.2 Aux termes de l'art. 190 al. 1 ch.1 LP, le créancier peut requérir la faillite sans 
poursuite préalable notamment si le débiteur n'a pas de résidence connue ou a pris 

la fuite dans l'intention de se soustraire à ses engagements. 

 Seul celui qui a la qualité de créancier peut requérir la faillite sans poursuite 

préalable de son débiteur en vertu de l'art. 190 LP. Comme ce type de faillite n'est 

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pas précédé d'une poursuite préalable et qu'il n'y a donc pas de procédure de 

mainlevée au cours de laquelle la titularité de la créance du requérant aurait pu 

être examinée, il est justifié d'exiger que, à l'instar du créancier qui se fonde sur un 

titre pour requérir la mainlevée provisoire au sens de l'art. 82 LP (ATF 132 III 140 

consid. 4.1), le créancier motive sa requête en produisant le titre sur lequel il se 

base, la production de cette pièce, considérée en vertu de son contenu, de son 

origine et de ses caractéristiques extérieures comme un tel titre, étant suffisante 

pour que sa qualité de créancier soit admise si le débiteur n'oppose pas et ne rend 

pas immédiatement vraisemblables des exceptions (arrêt du Tribunal fédéral 

5A_730/2013 du 24 avril 2014, consid. 6). 

Le cas de la fuite du débiteur dans l'intention de se soustraire à ses engagements 

(art. 190 al. 1 ch. 1 2e cas LP) est réalisé s'il y a abandon d'un domicile en Suisse 

dans le but de léser des créanciers. Selon la jurisprudence, un simple transfert de 

domicile à l'étranger ne suffit pas; il faut encore qu'il y ait des indices que le 

transfert a eu lieu dans le but de léser les créanciers. Cette intention se déduit 

généralement des modalités du transfert; par exemple, le débiteur est parti sans 

laisser d'adresse, il ne s'est pas constitué de nouveau domicile fixe, il emporte des 

biens ou il en dispose de manière inhabituelle (arrêt du Tribunal fédéral 

5A_730/2013 du 24 avril 2014, consid. 6).   

3.3 Le débiteur qui n'a pas de domicile connu peut être poursuivi au lieu où il se 
trouve (art. 48 LP). 

 La déclaration de faillite sans poursuite préalable est une exception dans le 

système de l'exécution forcée et doit donc en principe être requise au for ordinaire 

du débiteur selon l'art. 46 LP; toutefois, le for spécial du dernier domicile du 

débiteur de l'art. 54 LP est applicable à la fuite du débiteur au sens du 2e cas de 

l'art. 190 al. 1 ch. 1 LP, la notion de fuite étant dans ce cas la même dans les deux 

dispositions (arrêt du Tribunal fédéral 5P_91/2004 du 24 septembre 2004 

consid. 6.1), tout comme le for spécial du lieu de séjour en Suisse de l'art. 48 LP 

est applicable au cas de l'absence de résidence connue selon le 1er cas de l'art. 190 

al. 1 ch. 1 LP (ATF 119 III 51 consid. 2, arrêt du Tribunal fédéral 5A_730/2013 

du 24 avril 2014, consid. 6 précité). 

 3.4 Il appartient au créancier requérant d'alléguer et de prouver les circonstances 
constitutives du cas de faillite sans poursuite préalable (arrêt du Tribunal fédéral 

5A_872/2010 précité ibid).  

 3.5 En l'espèce, B______ SA a rendu vraisemblable qu'elle demeure créancière de 
l'intimée; la première condition prévue par l'art. 190 al. 1 LP est ainsi réalisée. 

 En ce qui concerne la seconde condition, il apparaît d'emblée que la pièce produite 

par la recourante, selon laquelle l'intimée est partie pour l'Italie, fait apparaître 

qu'il n'existe plus en Suisse de for ordinaire de poursuite, au sens de l'art. 46 LP. 

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Ce titre n'est en revanche pas suffisant pour rendre vraisemblable ni que la 

débitrice séjournerait en Suisse, ni que le transfert de domicile à l'étranger aurait 

eu pour but de léser les créanciers, et, partant, entraîner l'application du for spécial 

respectivement du lieu de séjour en Suisse selon l'art. 48 LP ou du dernier 

domicile en Suisse prévu par l'art. 54 LP. 

Il s'ensuit qu'il n'existe pas de for en Suisse et que l'art. 190 al. 1 LP ne trouve pas 

application. Ainsi, la décision attaquée, certes erronée dans sa motivation puisque 

la circonstance que l'intimée n'aurait pas été inscrite au Registre du commerce est 

sans pertinence, est fondée dans son résultat. 

 Le recours sera dès lors rejeté. Compte tenu de l'irrégularité relevée au consid. 2 

ci-dessus, la décision attaquée sera annulée et il sera statué à nouveau dans le sens 

que sera déclarée irrecevable la requête de faillite sans poursuite préalable formée 

par B______ SA.  

4. Les frais du recours seront arrêtés à 630 fr. (art. 48, 61 OELP), compensés avec 
l'avance déjà opérée, acquise à l'Etat de Genève (art. 111 al. 1 CPC). 

 Ils seront supportés par la recourante, qui succombe (art. 106 al. 1 CPC). 

 Il ne sera pas alloué de dépens, l'intimée n'ayant pas répondu au recours. 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 
La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours formé le 5 mars 2020 par A______ et B______ SA contre 

le jugement JTPI/2441/2020 rendu le 17 février 2020 par le Tribunal de première 

instance dans la cause C/27812/2019-8 SFC. 

Au fond : 

Annule le chiffre 1 du dispositif de la décision attaquée. 

Statuant à nouveau :  

Déclare irrecevable la requête de faillite sans poursuite préalable formée par 

B______ SA.  

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais de recours à 630 fr., compensés avec l'avance déjà opérée, acquise à 

l'Etat de Genève. 

Les met à la charge de B______ SA. 

Dit qu'il n'est pas alloué de dépens. 

Siégeant : 

Madame Pauline ERARD, présidente; Madame Sylvie DROIN et Madame  

Nathalie LANDRY-BARTHE, juges; Madame Mélanie DE RESENDE PEREIRA, 

greffière. 

 

La présidente : 

Pauline ERARD 

 La greffière : 

Mélanie DE RESENDE PEREIRA 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

Conformément aux art. 113 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours constitutionnel subsidiaire. 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 30'000 fr.