# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1c4f338d-f076-5f0f-a5ca-ccec3edc23ae
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-03-05
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 05.03.2013 A/2974/2009
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-2974-2009_2013-03-05.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/2974/2009-ICCIFD ATA/134/2013  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 5 mars 2013 

  

   dans la cause 

 

Madame et Monsieur M______ 
représentés par Mes Nicolas Merlino et Didier Mange, avocats  

contre 

ADMINISTRATION FISCALE CANTONALE 

et 

ADMINISTRATION FÉDÉRALE DES CONTRIBUTIONS 
 

_________ 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 
3 octobre 2011 (JTAPI/1055/2011) 

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A/2974/2009 

EN FAIT 

1.  Par jugement du 3 octobre 2011, le Tribunal administratif de première 
instance (ci-après : TAPI) a déclaré irrecevable le recours dont il avait été saisi par 
Madame et Monsieur M______ au motif que leurs acte de recours du 27 juillet 
2009, adressé à la commission cantonale de recours en matière administrative, 
devenue depuis le 1er janvier 2011 le TAPI, ne contenait pas de conclusion 
relative aux immeubles situés à la ______ route de Y______, à la ______ route de 
Z______, au ______ chemin de X______ et à W______. Le recours était déclaré 
recevable pour le surplus et admis partiellement dans la mesure où il était 
recevable. Ce faisant, le TAPI avait siégé dans une composition comprenant un 
juge de carrière et deux juges assesseurs, dont Monsieur S______.  

2.  Par pli recommandé du 11 novembre 2011, M. M______ a recouru contre 
ce jugement auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : 
la chambre administrative) en concluant à l’annulation dudit jugement et au renvoi 
de la cause, respectivement au TAPI pour qu’il statue sur le fond du litige, et à 
l’administration fiscale cantonale (ci-après : AFC) pour qu’elle établisse de 
nouveaux bordereaux d’impôt cantonal et communal et d’impôt fédéral direct. 

3.  Le TAPI a produit son dossier le 24 novembre 2011. 

4.  L’AFC a conclu au rejet du recours le 13 janvier 2012 et les parties ont 
encore respectivement répliqué et dupliqué les 31 janvier et 30 mars 2012. 

5.  Le 11 février 2013, la présidente du Conseil supérieur de la magistrature 
(ci-après : CSM) a informé les juges de la chambre administrative que M. 
S______, juge assesseur auprès du TAPI siégeant dans les affaires fiscales, était 
domicilié dans le canton de Vaud depuis le mois de septembre 2010, de sorte que 
depuis cette date, il ne remplissait plus les conditions d’éligibilité. 

EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 
2010 - LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2.  Conformément à l'art. 30 al. 1 de la Constitution fédérale de la 
Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101), toute personne dont la 
cause doit être jugée dans une procédure judiciaire a droit à ce qu'elle soit portée 
devant un tribunal établi par la loi, compétent, indépendant et impartial. Le droit 

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des parties à une composition régulière du tribunal impose des exigences 
minimales en procédure cantonale ; il interdit les tribunaux d'exception et la mise 
en œuvre de juges ad hoc ou ad personam et exige dès lors, en vue d'empêcher 
toute manipulation et afin de garantir l'indépendance nécessaire, une organisation 
judiciaire et une procédure déterminées par un texte légal (ATF 129 V 335 
consid.1.3.1). Toute partie à une procédure a un droit à ce que l'autorité soit 
composée régulièrement et statue au complet, et que seules délibèrent les 
personnes habilitées (ATF 137 I 340 consid. 2.2.1 ; 127 I 128 consid. 4b ; 
ATA/16/2007 du 16 janvier 2007 consid. 5). 

  On ne saurait par ailleurs admettre qu'un tribunal décide de statuer dans une 
composition qui s'écarte de sa composition régulière, même si les parties ont 
donné leur accord à cet égard ; il y a en effet un intérêt public cardinal et 
manifeste à ce que la justice soit rendue par des juges et tribunaux établis par la 
loi et non par des personnes qui conviendraient mieux aux autorités judiciaires ou 
aux parties (Arrêt du Tribunal fédéral 1C_235/2008 du 13 mai 2009 
consid. 3.2.3). 

3.  C'est en premier lieu à la lumière des règles cantonales topiques 
d'organisation et de procédure qu'il convient d'examiner si une autorité judiciaire 
ou administrative a statué dans une composition conforme à la loi (ATF 131 I 31 
consid. 2.1.2.1 ; 129 V 335 consid. 1.3.2 ; 127 I 128 consid. 3c ; Arrêt du Tribunal 
fédéral 2D_6/2012 du 31 juillet 2012 consid. 2.2). 

4. a. A Genève, les juges assesseurs sont des magistrats de l'ordre judiciaire au 
sens de l'art. 132 de la Constitution de la République et canton de Genève du 
24 mai 1847 (Cst-GE - A 2 00) (ATF 130 I 106 consid. 2.1). Ils doivent remplir 
les conditions d'éligibilité prévues par l'art. 5 al. 1 LOJ, sauf celles de la titularité 
du brevet d'avocat et des 3 ans de pratique professionnelle utile au poste 
(art. 5 al. 2 LOJ). 

 b. Tout juge assesseur doit donc, pour être éligible, avoir l'exercice des droits 
politiques dans le canton de Genève (art. 5 al. 1 let. b LOJ) et être domicilié dans 
le canton de Genève (art. 5 al. 1 let. c LOJ). 

 c. Lors de l’adoption de la LOJ, le 26 septembre 2010, le législateur a prévu 
que les magistrats déjà en fonction au moment de l’entrée en vigueur de la loi et 
ne remplissant pas la condition exigée par l’art. 5 al. 1 let. c LOJ n’y étaient pas 
soumis (art. 144 al. 8 LOJ). 

 d. Par ailleurs, le CSM relève de sa charge tout magistrat qui ne remplit pas ou 
plus les conditions d'éligibilité (art. 21 al. 1 let. a LOJ), ce qui implique que les 
magistrats doivent remplir en tout temps lesdites conditions. 

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5.  En l'espèce, le jugement attaqué a été rendu le 3 octobre 2011, et 
M. S______ a délibéré en tant que juge assesseur selon la composition 
mentionnée dans le jugement. Or à cette date, il ne remplissait plus la condition 
d’éligibilité prévue à l’art. 5 al. 1 let. b LOJ. Domicilié dans le canton de Vaud, il 
n’avait en effet pas l’exercice des droits politiques à Genève (art. 39 al. 2 et 3 Cst. 
et art. 1 let a de la loi sur l’exercice des droits politiques du 15 octobre 1982 - 
LEDP - A 5 05). Il n'aurait donc pas dû participer à cette délibération. Le TAPI a 
ainsi siégé dans une composition irrégulière. 

6.  Lorsqu'une décision de justice est prise par une autorité irrégulièrement 
composée, elle doit selon la jurisprudence fédérale être annulée (ATF 130 I 226 
consid. 3.3 ; 129 V 335 consid. 3.3 ; 127 I 128 consid. 4d ; Arrêt du Tribunal 
fédéral 2D_6/2012 du 31 juillet 2012 consid. 4 ; ATA/464/2011 du 26 juillet 2011 
consid. 4 et 5 ; ATA/658/2006 du 7 décembre 2006 consid. 7). 

7.  Le recours sera ainsi partiellement admis. Le jugement entrepris sera annulé, 
et la cause sera renvoyée au TAPI pour nouveau jugement, celui-ci devant être 
délibéré dans une composition régulière. 

8.  Compte tenu de l'issue du litige et des circonstances de la présente espèce, il 
ne sera pas perçu d'émolument (art. 87 al. 1 LPA). Une indemnité de procédure de 
CHF 1'000.- sera allouée aux recourants (art. 87 al. 2 LPA). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 11 novembre 2011 par Madame M______ 
contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 3 octobre 2011 ; 

au fond : 

l’admet partiellement ; 

annule le jugement du Tribunal administratif de première instance du 3 octobre 2011 ; 

renvoie la cause au Tribunal administratif de première instance pour nouveau jugement, 
au sens des considérants ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument ; 

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alloue une indemnité de procédure de CHF 1'000.- à Madame M______, à charge de 
l’Etat de Genève ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Mes Nicolas Merlino et Didier Mange, avocats des 
recourants, à l’administration fiscale cantonale, à l’administration fédérale des 
contributions, ainsi qu’au Tribunal administratif de première instance . 

Siégeants : M. Thélin, président, Mmes Hurni et Junod, MM. Dumartheray et Verniory, 
juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

S. Hüsler Enz 

 le président siégeant : 
 
 

Ph. Thélin 
 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :