# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** ec929a98-d676-564b-8cc0-0ee297222e42
**Source:** Jura (JU)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-12-12
**Language:** fr
**Title:** Jura Tribunal Cantonal Cour pénale 12.12.2018 CP 2018 29
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/JU_Gerichte/JU_TC_003_CP-2018-29_2018-12-12.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DU JURA

TRIBUNAL CANTONAL

COUR PÉNALE

CP 29 / 2018

Président :  Gérald Schaller
Juges :  Philippe Guélat et Daniel Logos
Greffière :  Nathalie Brahier

JUGEMENT DU 12 DECEMBRE 2018

dans la procédure pénale dirigée contre

A.,

appelant,

prévenu de violation d’une mise à ban 

Jugement du juge pénal de première instance du 7 août 2018.

______

Vu le jugement du juge pénal de première instance du 7 août 2018 par lequel l’appelant a été 
déclaré coupable d’infractions au CPC pour avoir, en qualité d’automobiliste, parqué son 
véhicule sur une place mise à ban sur la parcelle no X1 du ban de U., infractions commises 
les 14, 17, 20 et 31 octobre 2017, ainsi que les 10, 13, 14 novembre 2017 et condamné à une 
amende contraventionnelle de CHF 350.-, ainsi qu’aux frais judiciaires par CHF 338.- ;

Vu l’appel interjeté contre ce jugement par annonce d’appel du 13 août 2018 et déclaration 
d’appel du 24 août 2018 ;

Vu les motifs invoqués par l’appelant ;

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Vu que les plaintes pour violation de la mise à ban ont été déposées par le concierge de 
l’immeuble qui appartient à la société B. SA à V. ;

Vu la procuration versée au dossier selon laquelle C. SA, gérante de la parcelle no X1, donne 
mandat aux concierges de déposer plainte pour non-respect de l’interdiction prononcée en 
application de l’article 258 CPC ;

Attendu que l’appel, déposé dans les forme et délai légaux, est recevable ;

Attendu que depuis l’introduction du CPC et indépendamment de la formulation qui a prévalu 
jusqu’au 1er janvier 2018 dont le texte français utilisait le terme de dénonciation, l’infraction 
réprimée par l’article 258 CPC est un délit à requête ; que le dépôt d’une plainte en bonne et 
due forme par une personne habilitée à agir constitue ainsi une condition de l’action publique ; 
que le droit de porter plainte appartient à toute personne lésée, soit celle dont le bien juridique 
est directement atteint par l’infraction ; qu’il ne peut pas s’agir de celui qui n’est atteint 
qu’indirectement en qualité de proche ou de créancier par exemple ; que le droit de porter 
plainte est de nature strictement personnelle et intransmissible, le lésé pouvant toutefois 
déléguer ce droit à un représentant civil ou commercial ;

Attendu que le bien juridique protégé par l’article 258 CPC est le droit de propriété ; qu’en tant 
que tel, il appartient au seul propriétaire ; que celui-ci est donc seul habilité à porter plainte 
pour non-respect d’une mise à ban ; qu’il a ainsi été jugé que l’administrateur ou le gérant d’un 
immeuble ne peut porter plainte à titre personnel pour violation de l’article 258 CPC (Tribunal 
cantonal de Fribourg, 501 2015 135, consid. d, du 22 août 2016 ; Tribunal cantonal des 
Grisons, SK2 17 26, consid. 3.3, du 28 juillet 2017) ; que, dans le même sens, le Tribunal 
fédéral a jugé qu’une gérance immobilière n’était pas habilitée à porter plainte pour violation 
de domicile, dès lors qu’elle n’est pas titulaire du bien juridiquement protégé par l’article 186 
CP (TF 6B_960/2017 du 2 mai 2018) ;

Attendu, en l’occurrence, que le concierge de l’immeuble a déposé plainte en se prévalant du 
mandat qui lui a été confié par la Société C. SA, chargée de la gérance de l’immeuble, et en 
produisant une procuration émanant de ladite société ;

Attendu que ladite société n’est pas lésée directement par l’infraction reprochée à l’appelant ; 
qu’elle ne pouvait, en conséquence, pas déposer plainte en son nom conformément à l’article 
30 al. 1 CP, ni a fortiori déléguer ce droit au concierge de l’immeuble ; qu’il convient dès lors 
de constater qu’aucune plainte n’a valablement été déposée ;

Attendu qu’une condition de l’action publique fait ainsi défaut ; qu’il n’y a dès lors pas lieu de 
donner d’autres suites à la procédure, les frais y relatifs étant laissés à la charge de l’Etat ;

3

PAR CES MOTIFS 
LA COUR PÉNALE

après avoir délibéré et voté à huis clos

ne donne pas d'autre suite 

à la procédure pénale dirigée contre A. sous la prévention de violation d’une mise à ban, faute 
d'une condition légale de l'action publique ;

laisse

les frais judiciaires de première et de deuxième instance à la charge de l'Etat ;

ordonne

la notification du présent jugement : 
- au prévenu, A. ;
- au Ministère public, Mme la Procureure Valérie Cortat, Le Château, Porrentruy ;
- au juge pénal de première instance, M. Pascal Chapuis, Le Château, Porrentruy ;

avec copie pour information à C. SA ;

informe

les parties des voies et délai de recours selon avis ci-après.

Porrentruy, le 12 décembre 2018 

AU NOM DE LA COUR PÉNALE
Le président : La greffière :

Gérald Schaller Nathalie Brahier

4

Communication concernant les moyens de recours :

Un recours en matière pénale peut être déposé contre le présent jugement auprès du Tribunal fédéral, 
conformément aux dispositions de la loi sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), en particulier aux art. 42 ss, 78 
ss et 90 ss LTF, dans un délai de 30 jours dès la notification du jugement. Ce délai ne peut pas être prolongé (art. 
47 al. 1 LTF). Le mémoire de recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Il doit être rédigé 
dans une langue officielle, indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. Les motifs 
doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit. Un exemplaire de la décision attaquée doit par 
ailleurs être joint au recours.