# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c6cca718-1720-5b04-9546-47c67118b48b
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2020 / 194
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2020---194_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC19.039430-200801

218 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
10 août 2020

__________________

Composition
:              M.             
Maillard,
président

             
              M.             
Hack et Mme Byrde, juges

Greffier
              :             
Mme              Joye

 

 

*****

 

 

Art.
80 al. 2 ch. 2 et 81
al. 1 LP ; 255 al. 2 LI

 

             
 

             
              Vu la décision rendue
sous forme de dispositif le 22 novembre 2019, à la suite de l’interpellation de la partie
poursuivie, par la Juge de paix des districts du Jura – Nord vaudois et du Gros-de-Vaud, prononçant
la mainlevée définitive de l’opposition formée par B.________,
...]Chapelle-sur-Moudon, à la poursuite n° 9'114’133 de l’Office des poursuites
du district du Gros-de-Vaud, exercée contre lui à l’instance de l’ETAT
DE VAUD, représenté par l’Office
d’impôt du district du Gros-de-Vaud,
à Echallens, arrêtant à 90 fr. les frais judiciaires, compensés avec l’avance
de frais de la partie poursuivante, les mettant à la charge du poursuivi et disant qu’en conséquence,
celui-ci rembourserait à la partie poursuivante son avance de frais à concurrence de 90 fr.,
sans allocation de dépens pour le surplus, 

             
              vu les motifs du prononcé
adressés aux parties le 19 mai 2020 et notifiés au poursuivi le lendemain,

 

             
              vu le recours daté
du 29 mai et posté le 30 mai 2020 par B.________, 

 

             
              vu les autres pièces
du dossier ; 

 

             
              attendu que le recours
a été déposé en temps utile et dans les formes requises, de sorte qu’il est
recevable (art. 321 al. 1 et 2 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS
272) ;

 

             
              attendu qu’à
l’appui de sa requête de mainlevée définitive du 27 août 2019, le poursuivant
avait produit notamment les pièces suivantes : 

 

-
              l’original du commandement
de payer la somme de 50 fr. avec intérêt à 3,5 % l’an              
dès le 5 novembre 2017, notifié le 22 mars 2019 à B.________ à la              
réquisition de l’Etat de Vaud dans la poursuite n° 9'114'133  de l’Office des              
poursuites du district du Gros-de-Vaud, frappé d’opposition totale, indiquant              
comme titre de la créance ou cause de l’obligation : « Emolument
sommation               2016 (Etat de
Vaud) selon décision de taxation du 29.09.2017 et du décompte              
final du 29.09.2017 ; sommation adressée le 30.11.2017. » ;

 -
              une copie d’une « invitation
à déposer la déclaration 2016 – sommation »              
adressée à B.________ le 24 juillet 2017, précisant que : « Un émolument
              de 50 francs est dû
en raison de la présente sommation (...). Il vous sera notifié              
lors du décompte final. » ;

-
              une copie certifiée
conforme d’un décompte final intitulé « Impôt sur le revenu et la              
fortune 2016, impôt fédéral direct 2016, émolument sommation », daté
du 29               septembre 2017,
lequel, notamment, arrête l’émolument selon sommation du 24              
juillet 2017 à 50 fr., mentionne qu’un recours contre l’émolument sur sommation
              peut être déposé
dans les 30 jours auprès du Tribunal cantonal et indique que la              
décision est devenue définitive et exécutoire, faute de recours ;

-             
copie d’un rappel valant sommation adressé le 31 janvier 2019 à B.________, lui impartissant
un délai de dix jours pour payer le montant de 1'444 fr.              
selon décompte du 29 septembre 2017 ;

             

             
              attendu que le créancier
qui est au bénéfice d'un jugement exécutoire peut requérir du juge la mainlevée
définitive de l'opposition (art. 80 al. 1 LP [loi fédérale du 11 avril 1889 sur la poursuite
pour dettes et la faillite ; RS 281.1]),

 

             
              que les décisions
des autorités administratives suisses sont assimilées à des jugements (art. 80 al. 2 ch.
2 LP),

 

             
              que par décision
de l'autorité administrative, on entend, de façon large, tout acte administratif imposant péremptoirement
au contribuable le paiement d'une somme d'argent à la corporation publique,

 

             
              qu’une simple disposition
prise par un organe administratif, revêtue de l'autorité administrative et donnant naissance
à une créance de droit public suffit, n'étant pas nécessaire qu'un débat ait
précédé la décision,

 

             
              qu’il importe en
revanche que l'administré puisse voir, sans doute possible, dans la notification qui lui est faite,
une décision entrant en force, faute d'opposition ou de recours (TF 5P.113/2002 du 1er
mai 2002 ; Staehelin, in Staehelin/Bauer/Staehelin (éd.), Basler Kommentar SchKG I, 2e
éd., n. 120 ad art. 80 LP ; Panchaud/Caprez, La mainlevée d'opposition, § 122),

 

             
              que l’art. 229 al.
2 LI (loi du 4 juillet 200 sur les impôts directs cantonaux ; BLV 642.11), applicable en matière
d’amende et de frais par renvoi de l’art. 255 al. 1 LI, assimile à des jugements exécutoires
les décisions en matière d’imposition cantonale,

 

             
qu’en l’espèce, la décision de taxation du 29 septembre 2017, où figure la
 somme de 50 fr. réclamée en poursuite, qui mentionne les voies de droit à la disposition
du justiciable pour la contester, et qui est attestée définitive et exécutoire, vaut titre
de mainlevée définitive pour le montant en cause, ce que le recourant ne conteste du reste
pas ;

 

             
              attendu que, selon l’art.
81 al. 1 LP, en présence d’un jugement exécutoire, le juge ordonne la mainlevée
définitive, à moins que l’opposant ne prouve par titre que la dette a été éteinte
ou qu’il a obtenu un sursis, postérieurement au jugement, ou qu’il ne se prévale
de la prescription,

              
qu’en l’espèce, le recourant fait valoir que la créance qui lui est réclamée
dans le cadre de la présente poursuite, à savoir le montant de 50 fr. qui a été mis
à sa charge en raison de la sommation que l’autorité fiscale lui a adressée le 24
juillet 2017, serait prescrite,

 

             
que selon l’art. 255 al. 2 LI, la perception des amendes et des frais se prescrit par cinq ans
à compter de l'entrée en force de la taxation,

 

             
que force est de constater que la décision dans le cadre de laquelle le montant litigieux a été
mis à la charge du recourant a été rendue le 29 septembre 2017, soit il y a moins de cinq
ans, de sorte que le délai de prescription de l’art. 255 al. 2 LI, qui n’a commencé
à courir qu’une fois ladite décision est entrée en force, n’est manifestement
pas arrivé à échéance,

 

             
              qu'en outre, en vertu
de l'art. 170 al. 3 let. a LI, applicable par renvoi de l'art. 255 al. 3 LI, un nouveau délai de
prescription commence à courir notamment lorsque l'autorité prend une mesure tendant à
fixer ou faire valoir la créance d'impôt et en informe le contribuable, ce qui est le cas ici,
vu l’envoi au poursuivi le 31 janvier 2019 d’une sommation, qui constitue une telle mesure,

 

             
              qu’ainsi, la créance
réclamée en poursuite n’était de loin pas prescrite au moment de l’introduction
de la poursuite, en mars 2019, acte qui a du reste également interrompu la prescription (art. 135
ch. 2 CO [Code des obligations du 30 mars 1911; RS 220]), 

 

             
              que dans ces circonstances,
le recours, manifestement mal fondé, doit être rejeté et le prononcé confirmé ;

 

             
              attendu les frais judiciaires
de deuxième instance, arrêtés à 135 fr., doivent être mis à la charge du
recourant (art. 106 al. 1 CPC).

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
Le prononcé est confirmé.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 135 fr. (cent trente-cinq francs),
sont mis à la charge du recourant.

 

             
IV.             
L'arrêt est exécutoire.

 

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. B.________,

‑             
Office d’impôt du district du Gros-de-Vaud
(pour l’Etat de Vaud).

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 50 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe 
(art.
74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les
trente jours qui suivent la présente notification (art. 100  al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
Mme la Juge de paix des districts du Jura – Nord vaudois et du Gros-de-Vaud.

 

             
La greffière :