# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 6ea454dc-e6f9-521d-a804-61897a88650b
**Source:** Valais/Wallis (VS)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-11-14
**Language:** fr
**Title:** Wallis Sonstiges Gericht Sonstige Kammer 14.11.2016 A1 16 148
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VS_Gerichte/VS_BZG_999_A1-16-148_2016-11-14.pdf

## Full Text

RVJ / ZWR 2017 7 

Jurisprudence de la Cour de droit public et de la 
Commission de recours en matière fiscale 

Rechtsprechung der öffentlichrechtlichen Abteilung 
und der Steuerrekurskommission 

Aménagement du territoire 
Raumplanung 

ATC (Cour de droit public) du 14 novembre 2016 – A1 16 148 

Création d’une nouvelle zone à bâtir 

- Application immédiate de l’art. 38a al. 2 LAT : dans un contexte de surdimensionne-
ment des zones à bâtir, la surface totale de celles-ci ne doit pas augmenter dans le 
canton tant que le plan directeur cantonal n’a pas fait l’objet d’une adaptation à la 
LAT révisée (art. 15 et 38a LAT ; consid. 3). 

- Interdiction de créer de petites zones à bâtir isolées, contraires aux buts de l’aména-
gement du territoire (art. 1, 3 et 24 LAT ; consid. 4). 

Festlegung einer neuen Bauzone 

- Sofortige Anwendung von Art. 38a Abs. 2 RPG: Betreffend überdimensionierte Bau-
zonen darf die Gesamtfläche der Bauzonen im Kanton nicht vergrössert werden, 
solange der Richtplan nicht an das revidierte RPG angepasst worden ist (Art.15 und 
38a RPG, E. 3). 

- Verbot der Festlegung kleiner, isolierter Bauzonen, welche mit den Zielen der Raum-
planung unvereinbar sind (Art. 1, 3 und 24 RPG, E. 4). 

 

Considérants (extraits) 
 

1.1  L’affaire concerne l’approbation d’une modification partielle du plan 
d’affectation des zones (ci-après : PAZ) et du règlement communal des 
constructions et des zones (ci-après : RCCZ) de A., pour le secteur du 
B. En vertu de l’article 39 de la loi du 23 janvier 1987 concernant 
l’application de la loi fédérale sur l’aménagement du territoire (LcAT ; 
RS/VS 701.1), pareille modification est soumise à la même procédure 
que celle valant pour l'élaboration et l'adoption des plans et règlements 
communaux, que règlent les articles 33 ss LcAT […]. 

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1.2  Les arrêts du Tribunal fédéral acquérant force de chose jugée 
dès leur prononcé (art. 61 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le 
Tribunal fédéral − LTF ; RS 173.110), ils lient les juridictions canto-
nales à qui ils renvoient des causes pour nouvelle décision (art. 107 
al. 2 LTF). Celui rendu le 26 mai 2016 demande à la Cour de statuer 
sur les arguments de fond invoqués par le recourant (cf. arrêt du 
Tribunal fédéral 1C_636/2015 consid. 3). La Cour se borne dès lors à 
constater que le recours est recevable (art. 72, 78 let. a, 80 al. 1 let. a-
c, 44 al. 1 let. b, 46 et 48 de la loi du 6 octobre 1976 sur la procédure 
et la juridiction administratives – LPJA ; RS/VS 172.6) et qu’il convient 
d’entrer en matière, la qualité pour recourir du WWF ayant en parti-
culier été admise par le Tribunal fédéral. 

(…) 

2.  L’argument matériel principal que fait valoir le recourant a trait à 
l’incompatibilité de la création d’une zone à bâtir dans le secteur du B. 
avec les exigences de l’article 15 de la loi fédérale du 22 juin 1979 sur 
l’aménagement du territoire (LAT ; RS 700), dès lors que ce secteur 
était très peu construit, dépourvu de l’équipement adéquat et isolé. Le 
WWF pointe dans ce contexte, comme le Tribunal fédéral l’a fait au 
considérant 2.3.2 de son arrêt 1C_636/2015 précité, la nécessité de 
faire abstraction de l’affectation actuelle de ce secteur à la zone à 
bâtir, affectation qui repose sur un PAZ dont la stabilité apparaît cadu-
que au vu de l’écoulement du temps et des circonstances qui se sont 
notablement modifiées, dite affectation n’ayant pas été concrétisée 
depuis son homologation, il y a plus de quinze ans. La modification 
partielle du PAZ qui concerne ce secteur du B. doit donc être considé-
rée comme la création d’une zone constructible entièrement nouvelle. 

3.1  Dans sa teneur en vigueur jusqu'au 30 avril 2014, l'article 15 LAT 
prévoyait que les zones à bâtir comprennent les terrains propres à la 
construction qui sont déjà largement bâtis ou seront probablement 
nécessaires à la construction dans les quinze ans à venir et seront 
équipés dans ce laps de temps. Selon la jurisprudence prévalant déjà 
sous l'ancien article 15 LAT, les zones à bâtir surdimensionnées 
étaient contraires à la LAT et devaient être réduites (cf. ATF 140 II 25 
consid. 4.3 et 136 II 204 consid. 7). 

La teneur de cette disposition a été modifiée dans le cadre de la révi-
sion de la LAT du 15 juin 2012. Entré en vigueur le 1

er
 mai 2014, le 

nouvel article 15 LAT prévoit en particulier que les zones à bâtir sont 

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définies de telle manière qu'elles répondent aux besoins prévisibles 
pour les quinze années suivantes (al. 1) et que les zones à bâtir surdi-
mensionnées doivent être réduites (al. 2). L'emplacement et la dimen-
sion des zones à bâtir doivent être coordonnés par-delà les frontières 
communales en respectant les buts et les principes de l'aménagement 
du territoire. En particulier, il faut maintenir les surfaces d'assolement 
et préserver la nature et le paysage (al. 3). De nouveaux terrains 
peuvent être classés en zone à bâtir si les conditions suivantes sont 
réunies (al. 4) : 

a. ils sont propres à la construction ; 

b. ils seront probablement nécessaires à la construction dans les quinze prochaines 

années même si toutes les possibilités d'utilisation des zones à bâtir réservées ont 

été épuisées et ils seront équipés et construits à cette échéance ; 

c. les terres cultivables ne sont pas morcelées ; 

d. leur disponibilité est garantie sur le plan juridique ; 

e. ils permettent de mettre en œuvre le plan directeur. 

 

Disposition transitoire de la modification du 15 juin 2012, l'article 38a 
alinéa 1 LAT impose aux cantons d'adapter leurs plans directeurs au 
nouveau droit dans les cinq ans qui suivent son entrée en vigueur, 
tandis que l'article 38a alinéa 2 LAT exige, dans cet intervalle, que la 
surface totale des zones à bâtir légalisées ne doit pas augmenter 
dans le canton concerné. 

3.2  Dans une jurisprudence publiée récente (cf. ATF 141 II 393), le 
Tribunal fédéral s’est penché sur la question de l’application du 
nouveau droit, dans une affaire où la révision d’une planification 
communale, décidée par une collectivité du canton de Fribourg en 
2011, avait fait l’objet d’un arrêt en dernière instance cantonale en 
août 2014, soit après l’entrée en vigueur des dispositions révisées de 
la LAT et de l’ordonnance fédérale du 28 juin 2000 sur l’aménage-
ment du territoire (OAT ; RS 700.1), le 1

er
 mai 2014. Il a relevé qu’en 

dehors des cas particuliers prévus par l'article 52a alinéa 1 OAT, la 
règle interdisant l’augmentation de la surface totale des zones à bâtir 
légalisées (art. 38a al. 2 LAT) s'applique dans les causes d’aménage-
ment du territoire où un recours est pendant au 1

er
 mai 2014 (cf. arrêt 

du Tribunal fédéral 1C_612/2014 du 26 août 2015 consid. 2.6). Selon 
l'article 52a alinéa 1 OAT, en cas de recours pendant contre un clas-
sement en zone à bâtir lors de l'entrée en vigueur du nouveau droit, 
l'article 38a alinéa 2 LAT ne s'applique pas à ce classement si le 

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recours n'induit ni un réexamen ni une correction matérielle partielle 
de la décision d'approbation ou s'il a été déposé de façon téméraire. 

Le Tribunal fédéral a rappelé que, de jurisprudence constante, l'auto-
rité de recours doit appliquer le droit en vigueur au jour où l'autorité de 
première instance a statué, sauf dans les cas où une application 
immédiate du nouveau droit répond à un intérêt public prépondérant 
(cf. ATF 141 II 393 consid. 2.4 ab initio et la jurisprudence citée). Il a 
retenu que, dans un contexte de surdimensionnement notoire des 
zones à bâtir, la récente révision de la LAT est fondée sur la prémisse 
que les plans directeurs cantonaux jusqu'alors en vigueur ne sont pas 
conformes aux exigences légales définissant les besoins en zones à 
bâtir et qu’il est prévisible qu'à brève échéance, les autorités canto-
nales et communales devront entreprendre de nombreux déclasse-
ments. Il en a conclu qu’en application du nouvel article 15 alinéa 2 
LAT, tout nouveau classement accroîtra très vraisemblablement cette 
problématique, rendant nécessaire un déclassement supplémentaire 
d'une surface équivalente, notamment dans le canton concerné (Fri-
bourg), où les zones à bâtir non construites, sans même prendre en 
considération les possibilités de densification sur des terrains déjà 
bâtis, sont plus importantes que les besoins prévus d'ici à 2030. Dans 
de telles circonstances, il n'y avait dès lors pas lieu de valider des 
plans d'affectation aggravant, par l'adoption de nouvelles zones cons-
tructibles, leur non-conformité au nouveau droit, et démultipliant 
l'ampleur des mesures de rétablissement qui devront être prises à 
brève échéance. C’est ainsi que le Tribunal fédéral a reconnu à 
l'article 38a alinéa 2 LAT un intérêt public majeur justifiant une appli-
cation immédiate, y compris aux causes pendantes devant la dernière 
instance cantonale de recours (cf. ATF 141 II 393 consid. 3 ; arrêt du 
Tribunal fédéral 1C_315/2015 du 24 août 2016 consid. 3.4). 

3.3  Cette jurisprudence est transposable au cas d’espèce. A l’instar 
du canton de Fribourg, le canton du Valais connaît la même problé-
matique de surdimensionnement notoire des zones à bâtir (cf. ARE/ 
Fahrländer Partner, Zones à bâtir en Suisse - de quelle surface de 
zones à bâtir la Suisse a-t-elle besoin?, 2008, p. 33 ; v. aussi annexe 
1 de la fiche C1 du projet de plan directeur cantonal). En principe, ce 
contexte ne permet pas, en l’état, de légaliser de nouvelles zones à 
bâtir dimensionnées conformément aux prescriptions du droit fédéral, 
le nouvel article 15 LAT nécessitant une adaptation du plan directeur 
cantonal pour pouvoir être appliqué en connaissance de tous les élé-

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ments à prendre en considération. L’application immédiate de l'article 
38a alinéa 2 LAT interdit d’augmenter la surface totale des zones à 
bâtir légalisées dans le canton ; la création d’une nouvelle zone 
constructible ne pourrait ainsi être admise, dans l’intervalle nécessaire 
à l’adaptation du plan directeur cantonal, que moyennant compensa-
tion par un déclassement d'une surface à bâtir équivalente dans le 
canton (cf. ATF 141 II 393 consid. 3 in fine). En l’occurrence, il est 
certes exact que la zone touristique mixte couvrait à l’origine une sur-
face d’environ 12 500 m

2
, que la modification partielle du PAZ la 

réduisait dans un premier temps à quelque 10 000 m
2
 et qu’à l’issue 

de la procédure de constatation forestière, environ 4000 m
2
 supplé-

mentaires étaient soustraits à cette zone touristique mixte, pour porter 
sa surface à environ 6000 m

2
. Il est cependant exclu d’assimiler cette 

réduction de la zone constructible à un déclassement, s’agissant pour 
l’essentiel d’une réactualisation des limites de cette zone par rapport à 
l’aire forestière. Pour le reste, la planification litigieuse n’a jamais été 
considérée par les autorités précédentes comme créant une zone à 
bâtir nouvelle, à tort au vu de l’arrêt de renvoi 1C_636/2015 
(consid. 2.3.2) ; par la force des choses, dite planification n’a pas non 
plus été étudiée dans le contexte légal nouveau que fixent les disposi-
tions transitoires de la LAT et de l’OAT révisées. L’avis du Service du 
développement territorial du 24 novembre 2014, selon lequel la 
modification partielle du PAZ et du RCCZ de A. est conforme auxdites 
dispositions transitoires, en particulier les articles 38a LAT et 52a 
OAT, ne saurait être suivi compte tenu de la jurisprudence fédérale 
postérieure précitée. Cela étant, la planification litigieuse, qui crée une 
nouvelle zone à bâtir sans se conformer aux réquisits de ces 
dispositions, ne peut pas être confirmée. 

4.1  Pour le surplus, une mesure de planification doit respecter les 
buts et les principes de l'aménagement du territoire : en particulier, les 
prescriptions des articles 24 ss LAT s’agissant de constructions en 
dehors des zones ouvertes à cet effet ne doivent pas être éludées par 
la création de petites zones à bâtir inadmissibles. De telles zones ne 
peuvent en effet être admises si elles tendent à contourner les buts de 
l'aménagement du territoire que sont la concentration de l'habitation 
dans les zones à bâtir et l'interdiction des constructions en ordre dis-
persé (cf. ATF 132 II 408 consid. 4.2 et 124 II 391 consid. 2c et 3a ; 
v. aussi p. ex. arrêts du Tribunal fédéral 1C_404/2014 du 24 mars 
2015 consid. 4.1.1 et 1C_252/2012 du 12 mars 2013 consid. 7.1). 

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4.2  Comme le relève le considérant 2.4 de l’arrêt fédéral 1C_636/2015 
qui a renvoyé la cause céans pour examen des arguments matériels 
invoqués par le WWF, il ressort du rapport OAT que le site du B. est 
caractérisé par une urbanisation quasi inexistante, un déficit en 
matière d’équipement, un éloignement des villages de C. et de D. et 
une situation dans une zone de protection de la nature cantonale. Ces 
éléments jettent de sérieux doutes sur la compatibilité de la modifica-
tion partielle du PAZ et du RCCZ de A. avec les buts et les principes 
de l'aménagement du territoire (art. 1 et 3 LAT), singulièrement avec 
la nécessité de concentrer l’habitation dans des zones adéquates en 
s’abstenant de créer de toute pièce des micro zones inadmissibles. Il 
incombait aux autorités de planification de lever ces doutes. Or, le 
rapport selon l’article 47 OAT ne fournit pas d’explications à ce sujet 
lorsqu’il analyse la conformité du projet à la LAT (cf. rapport p. 9). 
Aucune pièce du dossier ne permet de lever ces doutes. L’autorité 
communale ne s’est en outre pas déterminée à la suite de l’arrêt fédé-
ral précité, pas plus qu’elle n’a réagi aux arguments que le recourant 
a rappelés dans son écriture du 29 juin 2016. Dans ces conditions, il 
n’a pas été démontré que la planification litigieuse est conforme avec 
les buts et les principes de la LAT. La légalité de la modification 
partielle du PAZ et du RCCZ de A. pour le secteur du B. ne peut donc 
pas non plus être confirmée pour ce motif. 

5.1  Attendu ce qui précède, le recours est admis et les deux déci-
sions du Conseil d’Etat (décision de rejet du recours administratif et 
décision d’homologation) sont annulées (art. 80 al. 1 let. e et 60 al. 1 
LPJA).