# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 37403aac-81d8-5638-8649-401f641cd62c
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-07-27
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Strafkammer 27.07.2020 502 2020 75
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_005_502-2020-75_2020-07-27.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00
tribunalcantonal@fr.ch
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

502 2020 75

Arrêt du 27 juillet 2020

Chambre pénale

Composition Président : Laurent Schneuwly
Juges : Jérôme Delabays, Sandra Wohlhauser
Greffière-rapporteure : Aleksandra Bjedov

Parties A.________, prévenue et recourante, représentée par Me Alain 
Ribordy, avocat

contre

MINISTERE PUBLIC DE L’ETAT DE FRIBOURG, intimé

Objet Classement (art. 319 CPP) – frais à la charge du prévenu (art. 426 
CPP) et indemnité (art. 429 CPP)

Recours du 27 mai 2020 contre l'ordonnance du Ministère public du 
15 mai 2020

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considérant en fait

A. Le 10 septembre 2018, A.________ a dénoncé Me B.________ auprès de la Chambre des 
notaires. Elle a en particulier écrit ceci: « […] Je dépose une plainte contre Me B.________, 
notaire, qui s’est chargée d’être exécutrice testamentaire alors qu’elle n’était pas en possession 
d’un mandat. Tout a commencé lors de l’inventaire fiscal, suite au décès de ma belle-mère, 
C.________, à la Justice de paix à D.________, du 14 février 2017. (Annexe 1) A savoir, que nous 
sommes en désaccord, ma belle-sœur et mes enfants avec le conjoint de A.________, 
E.________. Il est client de Me B.________ et rien d’autre. Dès le début, il y a eu tromperie et 
tricherie. Nous nous sommes renseignés auprès de la banque F.________ pour obtenir le solde 
du compte de A.________. Ils nous ont informés qu’il fallait un certificat d’héritier pour l’obtenir. 
Me B.________ s’est alors « occupée » de cette affaire alors qu’elle n’en avait pas le droit. 
(Annexe 2) Elle est devenue bénéficiaire du compte… ? (Annexe 3) Ensuite, elle a corrigé sa lettre 
de partage, incompréhensible pour nous. (Annexe 4) […] Une rectification de la Justice de paix a 
été effectuée, suite aux fausses déclarations de E.________ concernant 2 factures ouvertes 
pourtant déjà payées du vivant de A.________ et débitées de son compte. (Annexe 7) […] Toute 
cette histoire nous dépasse, nous avons été trompés, trahis, certes, il n’y a pas eu beaucoup 
d’argent en jeu mais il existe des lois qui n’ont pas été respectées. J’ai du coup également levé le 
mandat à Me G.________, avec effet immédiat. […] » (DO/2015 s.). 

Le 20 décembre 2018, Me B.________ a déposé une plainte pénale contre A.________ pour 
atteinte à l’honneur en relation avec les propos tenus dans la dénonciation du 10 septembre 2018 
(DO/2000 ss). 

La police a auditionné A.________ le 5 février 2019. A cette occasion, la précitée a déclaré avoir 
procédé à la dénonciation auprès de la Chambre des notaires car Me B.________ avait demandé 
un extrait du compte de sa belle-mère auprès de la banque pour procéder au partage. Or, de son 
avis, elle n’en avait pas le droit vu qu’elle n’était pas l’exécutrice testamentaire de cette succession 
(DO/2019 ss). 

Par ordonnance pénale du 24 mai 2019, le Ministère public a reconnu A.________ coupable de 
diffamation et l’a condamnée à une peine pécuniaire de 30 jours-amende, avec sursis pendant 
2 ans, le montant du jour-amende étant fixé à CHF 130.-, et à une amende de CHF 900.-, frais de 
procédure par CHF 355.- en sus (DO/10'000 ss). A.________ y a formé opposition le 5 juin 2019 
(DO/10’005 ss). 

Par la suite, les parties ont entamé des pourparlers transactionnels, lesquels ont abouti à un 
accord signé le 9 septembre 2019 et aux termes duquel elles retiraient respectivement la 
dénonciation disciplinaire du 10 septembre 2018 et la plainte pénale du 20 décembre 2018 
(DO/9005 s.).

Le Ministère public a ainsi classé la procédure pénale ouverte à l’encontre de A.________ par 
ordonnance du 9 décembre 2019. Il a mis les frais par CHF 355.- à la charge de la prévenue au 
motif qu’elle avait provoqué l’ouverture de la procédure en raison des propos tenus dans sa 
dénonciation du 10 septembre 2018. L’octroi d’une indemnité lui a été refusé (DO/10'019 s.).

Par acte de son mandataire du 11 décembre 2019, A.________ a déposé un recours contre 
l’ordonnance précitée, concluant, sous suite de frais, à ce que les frais par CHF 355.- soient mis à 

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la charge de l’Etat et à ce qu’une indemnité de CHF 3'816.60 lui soit allouée pour les dépenses 
occasionnées par l’exercice raisonnable de ses droits de procédure. 

Par arrêt du 19 décembre 2019 (502 2019 335), la Vice-Présidente de la Chambre pénale a 
partiellement admis le recours et renvoyé la cause au Ministère public pour nouvelle décision sur 
la question des frais et de l’indemnité.

Suite à l’arrêt du 19 décembre 2019, le Ministère public a imparti à A.________ un délai de 
20 jours pour formuler d’éventuelles réquisitions de preuves. Celle-ci s’est déterminée par courrier 
du 21 février 2020, se référant simplement aux preuves requises dans son opposition du 5 juin 
2019 et en émettant le souhait que le Ministère public puisse admettre que ni les conditions de 
l’art. 426 al. 2 CPP ni celles de l’art. 430 al. 1 CPP ne sont remplies, afin qu’elle soit indemnisée 
pour ses frais d’avocat, sans qu’ils ne doivent être augmentés (DO/10'038 ss).

Sur demande du Ministère public du 27 février 2020, A.________ a, par missive du 23 mars 2020, 
indiqué avec précision les preuves dont elle demandait l’administration dans le cadre de l’examen 
des motifs justificatifs exposés dans son opposition du 5 juin 2019 et repris dans son recours du 
11 décembre 2019 (DO/10'043 ss).

Par décision non sujette à recours du 6 mai 2020, le Ministère public a rejeté les réquisitions de 
preuves formulées par A.________. Il a indiqué s’estimer suffisamment renseigné pour statuer sur 
l’issue de l’instruction, les moyens de preuves sollicités n’étant pas susceptibles de modifier sa 
conviction acquise sur la base des éléments probants qui figurent déjà au dossier. Il a encore 
souligné qu’il peine à saisir la pertinence des requêtes formulées, à mesure qu’une ordonnance de 
classement va être rendue, suite à la convention passée entre A.________ et Me B.________, par 
laquelle les intéressées ont respectivement retiré la dénonciation auprès de la Chambre des 
notaires du 10 septembre 2018 et la plainte pénale déposée le 20 décembre 2018 (DO/ 5'002 s.). 

Par ordonnance de classement du 15 mai 2020, le Ministère public a statué une nouvelle fois sur 
les chiffres 2 et 3 de son ordonnance de classement du 9 décembre 2019 portant sur la question 
des frais et de l’indemnité. Il a maintenu la mise des frais par CHF 355.- à la charge de 
A.________ et lui a refusé l’octroi d’une indemnité pour les dépenses occasionnées par l’exercice 
raisonnable de ses droits de procédure (DO/10'050 ss).

B. Par acte de son mandataire du 27 mai 2020, A.________ a déposé un recours contre 
l’ordonnance précitée, concluant à ce que les frais par CHF 355.- soient mis à la charge de l’Etat 
et à ce qu’une indemnité de CHF 4'829.65 lui soit allouée pour les dépenses occasionnées par 
l’exercice raisonnable de ses droits de procédure, les frais de la procédure de recours étant mis à 
la charge de l’Etat et une indemnité équitable de CHF 1'200.- lui étant allouée pour ses frais 
d’avocat dans la procédure de recours.

Le 2 juin 2020, le Ministère public a produit son dossier et renoncé à se déterminer sur le recours.

Le 16 juillet 2020, A.________ a déposé une réplique spontanée.  

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en droit

1.

1.1. La voie du recours devant la Chambre pénale du Tribunal cantonal (ci-après: la Chambre) 
est ouverte contre une ordonnance de classement (art. 322 al. 2 et 393 al. 1 let. a CPP; art. 64 let. 
c et 85 al. 1 de la loi du 31 mai 2010 sur la justice [RSF 130.1; LJ]). L’art. 395 let. b CPP prévoit 
cependant que, lorsque l’autorité de recours est un tribunal collégial, le recours porte sur les 
conséquences économiques accessoires d’une décision et que le montant litigieux n’excède pas 
CHF 5'000.-, la direction de la procédure statue seule. En l’espèce, si le recours porte bien sur les 
conséquences économiques accessoires d’une décision de classement, en revanche la valeur 
litigieuse est supérieure à CHF 5'000.- (CHF 355.- + CHF 4'829.65 = CHF 5'184.65). Aussi, la 
compétence de la Chambre  est donnée. 

Remis à un office postal le 27 mai 2020, le recours a été interjeté dans le délai légal, l'ordonnance 
de classement ayant été notifiée au plus tôt le 18 mai 2020.

1.2. A.________ a indéniablement la qualité pour recourir (art. 322 al. 2, 310 al. 2 et 104 al. 1 
let. a CPP).

1.3. Doté de conclusions et d’une motivation suffisante, le recours répond aux exigences de 
forme (art. 396 al. 1 et 385 CPP).  

1.4. La Chambre jouit d’une pleine cognition, en fait, en droit et en opportunité (art. 393 al. 2 
CPP). Elle statue sans débats (art. 397 al. 1 CPP).

2.

2.1. Selon l’art. 426 al. 2 CPP, lorsque la procédure fait l’objet d’une ordonnance de classement 
ou que le prévenu est acquitté, tout ou partie des frais de procédure peuvent être mis à sa charge 
s’il a, de manière illicite et fautive, provoqué l’ouverture de la procédure ou rendu plus difficile la 
conduite de celle-ci. Pour que cette disposition soit applicable, le comportement du prévenu doit 
être illicite et fautif au regard du droit civil. Ce comportement doit être à l’origine de l’action pénale 
ou, une fois celle-ci ouverte, il s’avère que le prévenu en a compliqué le déroulement, par exemple 
par la commission d’erreurs procédurales ou en choisissant de se taire (PC CPP, 2e éd. 2016, art. 
426 n. 11 et les références). Il n’est pas contraire à la présomption d’innocence d’astreindre le 
prévenu libéré des fins de la poursuite pénale à tout ou partie des frais lorsque cette condamnation 
est motivée par un comportement condamnable de l’intéressé. L’idée poursuivie est qu’il 
n’appartient pas à l’Etat et, par voie de conséquence, au contribuable, de supporter les frais d’une 
procédure provoquée par un comportement blâmable d’un justiciable (PC CPP, art. 426 n. 12; ATF 
107 Ia 166 consid. 3 / JdT 1982 IV 87). Seul un comportement fautif et contraire à une règle 
juridique, qui soit en relation de causalité avec les frais imputés, entre en ligne de compte. Il doit 
exister un lien de causalité entre son comportement fautif d’un point de vue civil et les frais des 
actes des autorités qui en ont résulté. La relation de causalité est réalisée lorsque, selon le cours 
ordinaire des choses et l’expérience de la vie, le comportement de la personne concernée était de 
nature à provoquer l’ouverture de la procédure pénale et le dommage ou les frais que celle-ci a 
entraînés. Le lien de causalité doit être adéquat. S’il fait défaut, la responsabilité à raison des frais 
n’est pas engagée. Pour déterminer si le comportement en cause est propre à justifier l’imputation 
des frais, le juge peut prendre en considération toute norme de comportement écrite ou non écrite 

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résultant de l’ordre juridique suisse pris dans son ensemble, dans le sens d’une application par 
analogie des principes découlant de l’art. 41 CO. Le fait reproché doit constituer une violation 
claire de la norme de comportement. L’acte répréhensible n’a pas à être commis 
intentionnellement. La négligence suffit, sans qu’il soit besoin qu’elle soit grossière. La faute 
exigée doit s’apprécier selon des critères objectifs: il ne suffit pas que l’attitude du prévenu 
contrevienne à l’éthique. La mise des frais à charge du prévenu en cas d’acquittement ou de 
classement de la procédure doit demeurer l’exception (CR CPP-FONTANA, 2e éd. 2019, art. 426 
n. 2 et les références).        

2.2. Dans l’ordonnance attaquée, le Ministère public a retenu que « A.________ a tenu des 
propos qui portent atteinte à l’intégrité professionnelle de Me B.________ puisqu’ils portent sur le 
fait qu’elle aurait agi sans mandat et qu’elle aurait trompé ses clients alors qu’ils lui faisaient 
confiance. Elle a adressé des reproches auprès de la Chambre des notaires de H.________, 
autorité disciplinaire de la profession. Bien que la Chambre des notaires ait pour fonction de veiller 
à ce que la pratique de ce métier respecte les règles de l’art, il convient de prendre en 
considération le fait que de faire l’objet d’une dénonciation porte atteinte à la personne visée par 
cet acte. Mettre en cause l’intégrité professionnelle de Me B.________ auprès de la Chambre qui 
régit le respect de la profession de notaire en soulignant qu’elle se permet d’agir sans avoir été 
mandatée et qu’elle use de la tromperie dans le cadre de son activité porte atteinte non seulement 
à sa réputation professionnelle, mais aussi à toute sa pratique et pourrait par conséquent 
constituer une atteinte illicite à sa personnalité au sens de l’art. 28 CC. En l’espèce, l’illicéité de 
cette atteinte est donnée parce que cette dernière n’a été justifiée ni par un intérêt public ou privé 
prépondérant, ni par la loi. En outre, c’est bien la dénonciation de A.________, adressée à la 
Chambre des notaires, qui a engendré un dépôt de plainte à son endroit et dès lors l’ouverture de 
la présente procédure pénale » (décision attaquée, ch. 7). Cela étant, le Ministère public a mis les 
frais à la charge de A.________ en application de l’art. 426 al. 2 CPP. 

2.3. Dans son recours, A.________ relève que la pesée des intérêts fait totalement défaut dans 
l’ordonnance attaquée. Elle note que le Ministère public s’est contenté d’affirmer de manière 
tautologique que l’illicéité de l’atteinte est donnée parce que cette dernière n’a été justifiée ni par 
un intérêt public ou privé prépondérant, ni par la loi. Elle précise encore que le Ministère public n’a 
procédé à aucun examen des motifs circonstanciés qu’elle a fait valoir, dans son opposition 
motivée du 5 juin 2019, dans son recours du 11 décembre 2019 et dans sa lettre du 23 mars 2020, 
pour justifier les atteintes à la personnalité de Me B.________. La recourante ajoute qu’on ne peut 
pas sérieusement lui reprocher d’avoir violé - clairement - l’art. 28 CC, alors qu’elle a fait valoir un 
intérêt privé prépondérant selon l’art. 28 al. 2 CC, sans même faire état des motifs qu’elle a 
exposés. Il est pour elle manifestement arbitraire de retenir, en faisant l’économie de toute pesée 
des intérêts, que la critique des actes d’un notaire auprès de son autorité de surveillance, même 
en des termes sévères, constitue par principe une atteinte illicite à sa personnalité (recours, p. 3 
s.). La recourante reprend ensuite plusieurs raisons pour lesquelles l’ordonnance attaquée est 
insoutenable (recours, p. 4 ss, ch. 1 à 6).

2.3.1. La recourante rapporte que le Ministère public n’a pas élucidé la question de savoir qui était 
la personne visée par les accusations de tromperie et de tricherie; ce n’était pas la notaire, même 
si elle a permis la tromperie et la tricherie commise par un des héritiers, par son manque de 
diligence. Les accusations de tricherie et de tromperie concernaient E.________, mais la 
recourante était pleinement légitimée à reprocher un manque de diligence de la notaire, cette 
dernière ayant elle-même admis une exécution gravement défectueuse de son mandat. 

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A.________ en conclut qu’on ne peut pas considérer qu’une atteinte à la personnalité est illicite 
sans avoir déterminé précisément en quoi consistait cette atteinte (recours, p. 4, ch. 1).

2.3.2. La recourante évoque que Me B.________ a expliqué avoir été chargée de procéder à la 
liquidation de la succession par E.________ et qu’elle devait dès lors établir la masse 
successorale et les parts de chacun des ayants-droit. Elle complète qu’on ne peut pas assimiler à 
la mission d’ouvrir le testament celle d’administrer et de partager la succession. Or, il ressort de la 
plainte pénale que Me B.________ a été chargée uniquement par E.________ de procéder à la 
liquidation de la succession contrevenant au principe bien connu que toutes les décisions doivent 
être prises à l’unanimité des héritiers, qu’il s’agisse d’actes importants ou de mesures 
d’administration courantes, sauf en cas d’urgence non réuni en l’occurrence. La recourante en 
déduit que le reproche adressé à Me B.________ de s’être occupée de cette affaire sans avoir été 
mandatée valablement est ainsi justifié et l’ordonnance attaquée ne permet pas de retenir le 
contraire (recours, p. 4 s., ch. 2).

2.3.3. La recourante relève que, par ses lettres des 8 mars, 15 mars et 25 avril 2018, 
Me B.________ a établi trois versions différentes de son calcul de partage successoral, tout en 
écrivant à titre préliminaire dans sa troisième version « Je me suis complètement trompée dans 
mon calcul dès lors que je ne possédais pas toutes les pièces utiles et j’en bats ma coulpe ». Elle 
constate dès lors que Me B.________ a non seulement présenté des excuses pour un calcul 
entièrement faux, mais de surcroît a renoncé à facturer des honoraires pour son travail de 
liquidation de la succession. La recourante en déduit que le reproche adressé à la notaire d’avoir 
corrigé sa lettre de partage incompréhensible pour tous est totalement justifié (recours, p. 5, ch. 3).

2.3.4. La recourante argue qu’il ressort de la lettre du 8 mars 2018 de la notaire que E.________ 
a obtenu de celle-ci le versement d’un montant de CHF 16'697.15, par prélèvement sur les actifs 
de la succession, à titre de remboursement de frais du home qu’il avait payés. Elle estime qu’avant 
d’écrire cela et de faire un versement aussi important à l’un des héritiers, Me B.________, alors 
qu’elle n’aurait pas dû accepter le mandat confié par ce seul héritier, n’a procédé à aucune 
vérification des affirmations de celui-ci. Ce faisant, elle aurait pu constater que E.________ a fait 
de fausses déclarations en prétendant que deux factures du home n’avaient pas été payées 
comme cela a pu être prouvé par les autres héritiers. Il y a donc bel et bien eu, d’emblée, 
tromperie et tricherie dans cette affaire, selon le premier reproche formulé dans la dénonciation à 
la Chambre des notaires le 10 septembre 2018, mais cette accusation se rapportait à E.________. 
La dénonciation d’un manque de diligence de la notaire, qui s’est laissée abuser par ces 
manœuvres frauduleuses, était tout à fait légitime: Me B.________ a fait aveuglément confiance à 
E.________, lésant ainsi, par sa négligence, les intérêts des autres héritiers. La recourante 
constate que, dans l’ordonnance attaquée, le Ministère public a totalement ignoré ce reproche 
pourtant fondamental sans avoir instruit la cause alors que des preuves ont été requises par 
missive du 23 mars 2020 (recours, p. 6, ch. 4).

2.3.5. La recourante signale que, dans sa lettre du 11 avril 2018, Me G.________ a mis en 
évidence une autre erreur de Me B.________, concernant la déduction d’un montant de 
CHF 5'297.85 qui devait être remboursé à I.________, alors que ce montant avait déjà été débité 
du compte bancaire de la succession. Dans sa réponse du 25 avril 2018, Me B.________ a admis 
implicitement cette erreur, puisqu’elle ne la conteste pas et reconnaît s’être complètement 
trompée. La recourante constate qu’il s’agit aussi d’un élément important pour apprécier le degré 
de diligence dont la notaire a fait preuve alors que l’ordonnance attaquée n’en dit pas un mot 
(recours, p. 7, ch. 5).

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2.3.6. La recourante termine par relever que Me B.________ fait grand cas de la lettre par 
laquelle Me G.________ a conseillé à ses clients d’accepter les explications et le règlement 
proposés dans la lettre de la notaire du 25 avril 2018. Or, contrairement à ce qu’en a déduit la 
notaire, Me G.________ n’a pas indiqué dans sa missive que celle-ci avait parfaitement exécuté 
son mandat. La recourante évoque à ce titre plusieurs questions qui lui semblent ouvertes pour 
différents montants dont E.________ paraît avoir bénéficié. Pour elle, toutes ces questions restées 
sans réponse expliquent fort bien que les autres héritiers ont pu et peuvent encore, de bonne foi, 
se sentir lésés. Les reproches qu’elle a adressés à la Chambre des notaires n’étaient pas 
seulement l’expression d’un sentiment d’injustice, mais pouvaient justifier des prétentions en 
responsabilité civile des héritiers contre la notaire. Elle en déduit que cela constitue manifestement 
un intérêt privé important au sens de l’art. 28 al. 2 CC.   

2.4. En l’espèce, force est de constater avec la recourante que le Ministère public n’a, en 
l’ordonnance attaquée, pas entrepris un examen des motifs justificatifs évoqués par A.________, 
ni procédé à l’administration des preuves par elle requises, les rejetant par décision du 6 mai 2020. 
Or, il appert que pour savoir si A.________ pouvait faire valoir un intérêt privé prépondérant, il ne 
pouvait être fait l’impasse de certaines des preuves dont l’administration avait été requise ou 
d’examiner les motifs justificatifs rapportés par elle. En effet, il importe à tout le moins de connaître 
l’étendue du mandat confié à la notaire et sa légitimité, les raisons des différents décomptes 
établis par l’officier public ainsi qu’à qui les termes « tromperie et tricherie » s’adressaient. 

2.4.1. A lire la plainte pénale déposée le 20 décembre 2018 par Me B.________, il ressort que la 
prénommée n’a, selon ses propres termes, été mandatée pour procéder à la liquidation de la 
succession que par E.________, héritier institué (DO/2002, plainte pénale, ch. 6). Selon la 
doctrine, toutes les décisions doivent être prises à l’unanimité des héritiers, qu’il s’agisse d’actes 
importants ou de mesures d’administration courantes, sauf en cas d’urgence (STEINAUER, Le droit 
des successions, 2e éd. 2015, p. 620 n. 1213). Si aux termes de l’art. 19 de la loi sur le notariat 
(LN; RSF 261.1), le notaire est tenu de prêter son ministère lorsqu’il en est requis, il n’en demeure 
pas moins que, selon l’art. 24 al. 1 LN, il doit s’assurer notamment de la régularité des pouvoirs 
des parties et de leurs représentants. Or, en l’espèce, non seulement E.________ n’était pas 
habilité à confier seul le mandat d’exécuteur testamentaire à Me B.________, mais également la 
notaire ne pouvait pas l’accepter sans s’assurer de la légitimité du prénommé à le lui confier. Ainsi, 
il appert que A.________ pouvait légitimement reprocher à Me B.________ de s’être occupée de 
cette affaire, à tout le moins d’une partie d’entre elle (mandat de liquidation), sans avoir été 
mandatée valablement.

2.4.2. En se référant à la plainte pénale du 20 décembre 2018 ainsi qu’à la lettre de 
Me G.________ du 5 septembre 2018 (DO/2002 s., plainte pénale, ch. 11 à 15; DO/2013 s.), il 
peut être remarqué que Me B.________ a bien effectué au moins une erreur de calcul dans 
l’établissement de la masse successorale et des parts de chacun des ayants-droit. Bien qu’elle fût 
assistée en son temps par Me G.________, la recourante pouvait estimer que le reproche adressé 
à la notaire d’avoir corrigé sa lettre de partage incompréhensible pour tous pouvait être justifié.

2.4.3. De la lettre de la Juge de paix de l’arrondissement du Lac du 6 juillet 2018 à J.________ 
(DO/10011), il appert que E.________ a produit des copies de deux factures du home, 
correspondant aux mois de novembre et décembre 2016 pour des montants respectifs de 
CHF 4'881.65 et CHF 6'826.15, en déclarant - par apposition de sa signature sur ses déclarations -  
qu’elles étaient impayées au jour du décès alors qu’elles avaient été honorées avant ledit jour, 
plus précisément en date des 28 décembre 2016 et 16 janvier 2017. Comme le rapporte la 

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recourante, il y a bien eu de fausses déclarations qu’elle pouvait légitimement assimiler à de la 
tromperie et de la tricherie. A ce titre, il ne ressort pas de la dénonciation à la Chambre des 
notaires du 10 septembre 2018 que les termes « tromperie » et « tricherie » se rapportaient à 
Me B.________. Bien au contraire, il est plus que légitime de penser que A.________ visait 
E.________. Il n’en demeure pas moins que la notaire aurait dû vérifier les déclarations de 
E.________, ce qui n’était guère difficile en faisant preuve de la diligence attendue d’un officier 
public. Ainsi, contrairement à ce qu’a retenu le Ministère public dans l’ordonnance attaquée, 
A.________ n’a pas accusé Me B.________ auprès de la Chambre des notaires d’user de 
tromperie.

2.4.4. A lire la lettre de Me G.________ du 5 septembre 2018 (DO/2013 s.), il ne peut en être 
déduit, comme l’a fait Me B.________ dans sa plainte pénale du 20 décembre 2018 (DO/2002 s., 
plainte pénale, ch. 16), que le mandataire d’alors de la recourante a reconnu que la notaire avait 
parfaitement exécuté son mandat. Ce mandataire s’est limité à informer A.________ et ses autres 
clients qu’il allait demander à la notaire d’effectuer le versement du montant à partager.    

2.5. Sur le vu de ce qui précède, il doit être constaté que, bien que certains termes usités dans 
sa plainte à la Chambre des notaires pussent prêter à confusion, il n’en demeure pas moins que 
A.________ n’a pas commis de manière fautive un acte illicite, de sorte que les conditions de l’art. 
426 al. 2 CPP ne sont pas remplies. Ainsi, les frais de la procédure devaient être laissés à la 
charge de l’Etat.  

3.

3.1. Selon l’art. 429 al. 1 CPP, si le prévenu est acquitté totalement ou en partie ou s’il bénéficie 
d’une ordonnance de classement, il a droit à une indemnité pour les dépenses occasionnées par 
l’exercice raisonnable de ses droits de procédure (let. a), à une indemnité pour le dommage 
économique subi au titre de sa participation obligatoire à la procédure pénale (let. b) et à une 
réparation du tort moral subi en raison d’une atteinte particulièrement grave à sa personnalité, 
notamment en cas de privation de liberté (let. c).  Deux conditions doivent être réunies pour que le 
prévenu soit indemnisé; premièrement, seul le prévenu bénéficie de ce droit - en d’autres termes, 
la qualité de prévenu doit avoir été préalablement reconnue à la personne concernée (art. 111 
CPP) -; deuxièmement, les poursuites contre lui doivent avoir été au moins partiellement 
abandonnées ou classées (PC CPP, art. 429 n. 3). Les motifs qui ont motivé l’acquittement ou le 
classement ne sont pas pertinents concernant l’indemnisation, l’art. 430 CPP étant toutefois 
réservé. L’indemnité pour les frais de défense est en principe due quelle que soit la gravité des 
préventions qui étaient reprochées en procédure à la personne acquittée (PC CPP, art. 429 n. 4; 
ATF 138 IV 197 consid. 2.3 / JdT 2013 IV 184). Au moment de déterminer si le recours à un 
avocat revêt un caractère raisonnable, la durée de la procédure et ses effets sur les relations 
personnelles et professionnelles du prévenu doivent être pris en considération, à côté de la gravité 
de l’accusation et de la complexité du cas en fait et en droit. En ce qui concerne le caractère 
proportionné du volume de travail de l’avocat, ce dernier devra se limiter à un minimum dans les 
cas juridiquement simples. Lorsqu’il s’agit de crimes ou de délits, le concours d’un avocat ne 
pourra qu’exceptionnellement être considéré en tant que tel comme un exercice non raisonnable 
des droits de procédure (PC CPP, art. 429 n. 11; ATF 138 IV 197 consid. 2.3 / JdT 2013 IV 184). 
L'indemnité prévue concerne les dépenses engagées par le prévenu pour un avocat choisi (ATF 
138 IV 205 consid. 1) dans les cas où le recours à celui-ci apparaît raisonnable (ATF 142 IV 45 
consid. 2.1). Le CPP ne donne aucune indication sur le montant horaire qui doit être retenu à titre 
d'indemnité au sens de l'art. 429 al. 1 let. a CPP. Toutefois, la législation fribourgeoise prévoit 

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depuis le 1er juillet 2015 que cette indemnité est calculée sur un tarif horaire de CHF 250.- qui peut 
cependant être augmenté dans certains cas particulièrement complexes et nécessitant des 
connaissances spécifiques jusqu'à CHF 350.- (art. 75a al. 2 RJ).

Aux termes de l’art 430 al. 1 CPP, l’autorité pénale peut réduire ou refuser l’indemnité ou la 
réparation du tort moral si le prévenu a provoqué illicitement et fautivement l’ouverture de la 
procédure ou rendu plus difficile la conduite de celle-ci (let. a), si la partie plaignante est astreinte à 
indemniser le prévenu (let. b) ou si les dépenses du prévenu sont insignifiantes (let. c).

3.2. Dans l’ordonnance attaquée, le Ministère public a retenu que « Au regard de ce qui 
précède, les frais sont mis à la charge de A.________, en application de l’art. 426 al. 2 CPP. 
Compte tenu de cet élément, le Procureur de céans refuse de lui octroyer une indemnité pour les 
dépenses occasionnées par l’exercice raisonnable de ses droits de procédure au sens de l’art. 429 
al. 1 let. a CPP, en application de l’art. 430 al. 1 let. a CPP » (décision attaquée, ch. 8).   

3.3. Dans son recours, A.________ relève que, pour les mêmes raisons ayant impliqué que les 
conditions de l’art. 426 al. 2 CPP ne sont pas remplies, elle a droit à l’indemnité de CHF 4'829.65, 
selon liste de frais déposée le 8 mai 2020, conformément à l’art. 429 al. 1 let. a CPP, le Ministère 
public ne contestant pas le droit à l’indemnité en tant que tel.

3.4. En l’espèce, il appert, sur le vu des considérants sus-indiqués évoqués en lien avec les 
frais judiciaires (supra consid. 2.4. ss), que la recourante n’a pas provoqué illicitement et 
fautivement l’ouverture de la procédure et n’a pas rendu plus difficile la conduite de celle-ci. Aussi, 
dès lors qu’une ordonnance de classement a été prononcée, le principe du droit à l’indemnité doit 
être reconnu.

S’agissant de l’indemnité requise par la recourante, il sied de souligner qu’elle est représentée par 
un mandataire choisi qui, selon la liste de frais produite le 8 mai 2020 devant le Ministère public, 
demande un montant total de CHF 4'829.65, dont les honoraires correspondent à près de 
17 heures à un tarif horaire de CHF 250.-, soit CHF 4'270.83. La Chambre retient que le temps 
consacré à la cause peut être admis tel quel sans modification, de sorte que l’indemnité sera 
admise comme sollicitée, soit  CHF 4'829.65, TVA par CHF 345.30 incluse.        

4.

4.1. Au vu de l’issue du recours, les frais de procédure y relatifs, arrêtés à CHF 500.- 
(émolument: CHF 400.-; débours: CHF 100.-), seront laissés à la charge de l’Etat (art. 428 al. 4 
CPP).

4.2. Pour la rédaction du recours, la prise de connaissance du présent arrêt et sa 
communication à la cliente, l’indemnité réclamée de CHF 1’200.-, débours inclus, TVA par 92.40 
en sus, peut être allouée à A.________. 

(dispositif en page suivante)

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la Chambre arrête :

I. Le recours est admis.

Partant, les ch. 2 et 3 de l’ordonnance de classement du Ministère public du 15 mai 2020 
sont annulés et modifiés comme suit:

2. Les frais de procédure fixés à  CHF 355.- sont mis à la charge de l’Etat.

3. Une indemnité au sens de l’art. 429 al. 1 let. a CPP est accordée à A.________ à charge 
de l’Etat. Elle est fixée à  CHF 4'829.65, TVA par CHF 345.30 incluse. 

II. Les frais de la procédure de recours, arrêtés à CHF 500.- (émolument: CHF 400.-; débours: 
CHF 100.-), sont laissés à la charge de l’Etat.

III. Il est alloué à A.________ une indemnité de CHF 1'292.40, TVA par CHF 92.40 incluse, pour 
la procédure de recours, à la charge de l’Etat.

IV. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours 
qui suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). 
L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 27 juillet 2020/lsc

Le Président : La Greffière-rapporteure :