# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 40ad6270-03ef-526c-9daa-e2998c965b7c
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2015-10-12
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 12.10.2015 D-6303/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-6303-2015_2015-10-12.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour IV 

D-6303/2015 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  1 2  o c t o b r e  2 0 1 5  

Composition 
 Yanick Felley, juge unique,  

avec l'approbation de Sylvie Cossy, juge; 

Paolo Assaloni, greffier. 

   

Parties 
 A._______, né (…), 

Erythrée,  

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM; anciennement 

Office fédéral des migrations, ODM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile (non-entrée en matière / procédure Dublin) et transfert; 

décision du SEM du 28 septembre 2015 / N (…). 

 

 

 

D-6303/2015 

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Vu 

la demande d'asile déposée par A._______, le 26 juin 2015, au Centre 

d'enregistrement et de procédure (CEP) du SEM à Chiasso, 

les investigations entreprises par le SEM le 30 juin 2015 sur la base d'une 

comparaison dactyloscopique avec l'unité centrale du système "Eurodac", 

dont il ressort que les données du requérant ont été enregistrées par les 

autorités italiennes le 25 juin 2015, 

le procès-verbal de l'audition sommaire du 8 juillet 2015 à teneur duquel le 

requérant a expliqué qu'il était de nationalité érythréenne, qu'il était entré 

illégalement en Italie, en provenance de Libye, au cours du mois de juin 

2015 avant de rejoindre la Suisse, qu'il n'avait pas déposé de demande 

d'asile dans un pays tiers ou auprès de l'une de ses représentations 

diplomatiques, et, invité par le SEM à se déterminer sur son éventuel 

transfert vers l'Italie en tant que pays supposé responsable de l'examen de 

sa demande d'asile, qu'il s'opposait à cette mesure, 

la requête aux fins de prise en charge du requérant adressée par le SEM 

aux autorités italiennes compétentes, le 17 juillet 2015, en application du 

règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 

26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de 

l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection 

internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant 

de pays tiers ou un apatride (refonte) (Journal officiel de l'Union 

européenne [JO] L 180/31 du 29.6.2013, ci-après : règlement Dublin III), 

l'absence de réponse des autorités italiennes à cette requête, 

la décision du 28 septembre 2015, notifiée le 2 octobre suivant, par laquelle 

le SEM n'est pas entré en matière sur la demande d'asile en application de 

l'art. 31a al. 1 let. b LAsi (RS 142.31), a prononcé le renvoi [recte : le 

transfert] du requérant vers l'Italie et ordonné l'exécution de cette mesure 

en constatant l'absence d'effet suspensif à un éventuel recours, 

le recours interjeté le 5 octobre 2015 auprès du Tribunal administratif 

fédéral (ci-après : le Tribunal), par lequel l'intéressé a conclu à l'annulation 

de cette décision ainsi qu'au renvoi de la cause au SEM pour qu'il entre en 

matière sur la demande d'asile,  

la requête de dispense de verser une avance de frais dont est assorti le 

recours, 

D-6303/2015 

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la réception du dossier de première instance par le Tribunal le 

7 octobre 2015, 

et considérant 

que, sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 LTAF (RS 173.32), 

le Tribunal connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 PA 

(RS 172.021) prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF 

(art. 31 LTAF), 

qu'en particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile et 

le renvoi d'un requérant de Suisse peuvent être contestées auprès du 

Tribunal, lequel statue alors définitivement, sauf demande 

d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à se protéger 

(art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi de l'art.105 LAsi, en relation avec 

l'art. 6a al. 1 LAsi, art. 83 let. d ch. 1 LTF [RS 173.110]), exception non 

réalisée en l'espèce, 

que, partant, le Tribunal est compétent pour connaître du présent litige, 

qu'en matière d'asile, la procédure devant le Tribunal est régie par la PA à 

moins que la LAsi ou la LTAF n'en disposent autrement (cf. art. 6 LAsi et 

37 LTAF), 

que A._______ a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA), 

que le recours, interjeté dans la forme (art. 52 al. 1 PA) et le délai 

(art. 108 al. 2 LAsi) prescrits par la loi, est recevable,  

qu'il est renoncé à un échange d'écritures (cf. art. 111a al. 1 LAsi), 

que, saisi d'un recours contre une décision de non-entrée en matière sur 

une demande d'asile, le Tribunal se limite à examiner le bien-fondé d'une 

telle décision (cf. ATAF 2012/4 consid. 2.2; 2009/54 consid. 1.3.3; 2007/8 

consid. 5), 

qu'en l'espèce, il y a lieu de déterminer si le SEM était fondé à faire 

application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, aux termes duquel il n'entre pas en 

matière sur une demande d'asile lorsque le requérant peut se rendre dans 

un Etat tiers compétent, en vertu d'un accord international, pour mener la 

procédure d'asile et de renvoi, 

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qu'au regard de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, en application des art. 1 et 

29a al. 1 OA 1 (RS 142.311) ainsi que des art. 1 ch. 1 et 4 ch. 3 de l'Accord 

du 26 octobre 2004 entre la Confédération suisse et la Communauté 

européenne relatif aux critères et aux mécanismes permettant de 

déterminer l'Etat responsable de l'examen d'une demande d'asile introduite 

dans un Etat membre ou en Suisse (AAD, RS 0.142.392.68), le SEM 

examine la compétence relative au traitement d'une demande d'asile selon 

les critères fixés dans le règlement Dublin III (cf. arrêté fédéral du 

26 septembre 2014 portant approbation et mise en œuvre de l'échange de 

notes entre la Suisse et l'UE concernant la reprise du règlement Dublin III 

(Développement de l'acquis de Dublin/Eurodac) [RO 2015 1841], entré en 

vigueur le 1er juillet 2015), 

que, s'il ressort de cet examen qu'un autre Etat est responsable du 

traitement de la demande d'asile, le SEM rend une décision de non-entrée 

en matière après que l'Etat requis a accepté la prise ou la reprise en charge 

du requérant d'asile (art. 29a al. 2 OA 1),  

qu'à teneur de l'art. 3 par. 1 2ème phrase du règlement Dublin III, une 

demande de protection internationale présentée par un ressortissant de 

pays tiers ou par un apatride sur le territoire de l’un quelconque des Etats 

membres est examinée par un seul Etat membre, qui est celui que les 

critères énoncés au chapitre III du règlement (i.e. art. 8-15) désignent 

comme responsable, 

que dans une procédure de prise en charge ("take charge"), les critères 

énumérés au chapitre III du règlement doivent être appliqués 

successivement (principe de l'application hiérarchique des critères de 

compétence, art. 7 par. 1 du règlement Dublin III), 

que, pour ce faire, il y a lieu de se baser sur la situation existant au moment 

où le demandeur a introduit sa demande de protection internationale pour 

la première fois auprès d’un État membre (art. 7 par. 2 du règlement Dublin 

III; ATAF 2012/4 consid. 3.2; FILZWIESER/SPRUNG, Dublin III-Verordnung, 

Das Europäische Asylzuständigkeitssystem, 2014, K4 ad art. 7),  

que, selon l'art. 13 par. 1 du règlement Dublin III, lorsqu’il est établi que le 

demandeur a franchi irrégulièrement, par voie terrestre, maritime ou 

aérienne, la frontière d’un État membre dans lequel il est entré en venant 

d’un État tiers, cet État membre est responsable de l’examen de la 

demande de protection internationale, cette responsabilité prenant fin 

douze mois après la date du franchissement irrégulier de la frontière, 

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que l'Etat membre responsable en vertu du règlement Dublin III est 

tenu de prendre en charge, dans les conditions prévues aux articles 21, 

22 et 29 du règlement, le demandeur qui a introduit une demande dans un 

autre État membre, ainsi que d'examiner cette demande ou de mener 

à son terme l'examen (art. 18 par. 1 point a et par. 2 al. 1 du règlement 

Dublin III), 

qu'en l'espèce, le recourant est entré irrégulièrement en Italie au mois de 

juin 2015, en provenance de Libye, avant de rejoindre la Suisse, 

que, par ailleurs, les autorités italiennes ont saisi les données du recourant 

dans l'unité centrale du système européen "Eurodac" au cours dudit mois, 

que le SEM a dès lors soumis aux autorités italiennes compétentes, dans 

le délai fixé à l'art. 21 par. 1 al. 2 du règlement Dublin III, une requête aux 

fins de prise en charge de l'intéressé, fondée sur l'art. 13 par. 1 du 

règlement Dublin III, 

que, n'ayant pas répondu à cette requête dans le délai de deux mois 

prévu à l'art. 22 par. 1 du règlement Dublin III, l'Italie est réputée l'avoir 

acceptée et, partant, avoir reconnu sa responsabilité pour l'examen de la 

demande d'asile et la bonne organisation de l'arrivée du recourant 

(cf. art. 22 par. 7 du règlement Dublin III), 

que ce point n'est pas contesté, 

que, lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'Etat 

membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de 

sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet Etat membre des 

défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions 

d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain 

ou dégradant au sens de l'art. 4 de la Charte des droits fondamentaux de 

l'Union européenne (JO C 326/02 du 26.10.2012, ci-après : CharteUE), 

l'Etat procédant à la détermination de l'Etat responsable poursuit l'examen 

des critères fixés au chapitre III du règlement afin d'établir si un autre Etat 

peut être désigné comme responsable (art. 3 par. 2 al. 2 du règlement 

Dublin III), 

que l'Italie est liée par la CharteUE, et est partie à la Convention du 

4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés 

fondamentales (CEDH, RS 0.101), à la Convention du 10 décembre 1984 

contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou 

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dégradants (Conv. torture, RS 0.105), à la Convention du 28 juillet 1951 

relative au statut des réfugiés (Conv. réfugiés, RS 0.142.30), ainsi qu'à son 

Protocole additionnel du 31 janvier 1967 (RS 0.142.301) et, à ce titre, en 

applique les dispositions, 

que ce pays est également lié par la directive n° 2011/95/UE du Parlement 

européen et du Conseil du 13 décembre 2011 concernant les normes 

relatives aux conditions que doivent remplir les ressortissants des pays 

tiers ou les apatrides pour pouvoir bénéficier d'une protection 

internationale, à un statut uniforme pour les réfugiés ou les personnes 

pouvant bénéficier de la protection subsidiaire, et au contenu de cette 

protection [refonte] (JO L 337/09 du 20.12.2011), ainsi que par la directive 

n° 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 

relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la 

protection internationale [refonte] (JO L 180/60 du 29.6.2013) et la directive 

n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 

établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la 

protection internationale [refonte] (JO L 180/96 du 29.6.2013, ci-après : 

directive Accueil), 

que dans ces conditions, l'Italie est présumée respecter la sécurité 

des demandeurs d'asile conformément à ses obligations tirées du droit 

international public et du droit européen, en particulier le principe de non-

refoulement énoncé à l'art. 33 Conv. réfugiés, ainsi que l'interdiction de 

mauvais traitements ancrée aux art. 3 CEDH et 3 Conv. torture (cf. arrêt de 

la Cour européenne des droits de l'homme [ci-après : CourEDH] M.S.S. 

c. Belgique et Grèce du 21 janvier 2011, n° 30696/09, § 343), 

que cette présomption de sécurité n'est pas irréfragable, 

qu'elle doit être écartée d'office en présence, dans l'Etat de destination, 

d'une pratique avérée de violation systématique des normes minimales 

de l'Union européenne, et peut être renversée en présence de motifs 

suffisants et sérieux de croire que, dans le cas concret, les autorités 

de cet Etat ne respecteraient pas le droit international (cf. ATAF 2011/9 

consid. 6; 2010/45 consid. 7.4.2 et 7.5.; arrêt de la CourEDH R. U. c. Grèce 

du 7 juin 2011, n° 2237/08, § 74 ss; arrêt de la Cour de justice de 

l'Union européenne [CJUE] du 21 décembre 2011 dans les affaires jointes 

C-411/10 N.S. c. Secretary of State for the Home Department et C-493/10 

M.E. c. Refugee Applications Commissioner et Minister for Justice, Equality 

and Law Reform, § 103, 105), 

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qu'en l'occurrence, aucun motif sérieux ne conduit à retenir qu'il existe en 

Italie des défaillances systémiques dans la procédure d'asile, en particulier 

en ce qui concerne le droit des requérants à l'examen de leur demande de 

protection internationale, selon une procédure juste et équitable, et à une 

voie de recours effective, 

que, cela étant, il est notoire que les autorités italiennes connaissent de 

sérieux problèmes, depuis 2011 notamment, quant à leur capacité 

d'accueil des très nombreux requérants d'asile, ceux-ci pouvant être 

confrontés à d'importantes difficultés sur le plan de l'hébergement et des 

conditions de vie, voire de l'accès aux soins médicaux, suivant les 

circonstances (cf. notamment Organisation suisse d'aide aux réfugiés 

[OSAR] : Italie, Conditions d'accueil; Situation actuelle des requérant-e-s 

d'asile et des bénéficiaires d'une protection, en particulier celles et ceux de 

retour en Italie dans le cadre de Dublin, octobre 2013),  

que cependant, à la différence de la situation prévalant en Grèce, on ne 

saurait considérer – sur la base des récentes positions du 

Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), du 

Commissaire des droits de l'homme du Conseil de l'Europe, ainsi que de 

nombreuses organisations internationales non gouvernementales – que 

les conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile en Italie sont 

caractérisées par des carences structurelles d'une ampleur telle qu'il y 

aurait lieu de conclure d'emblée, et quelles que soient les circonstances du 

cas d'espèce, à l'existence de risques suffisamment réels et concrets pour 

les requérants d'être exposés à une situation de précarité et de dénuement 

matériel et psychologique, au point que leur transfert dans ce pays 

constituerait en règle générale un traitement prohibé par les art. 3 CEDH 

et 4 CharteUE (cf. arrêt de la CourEDH Tarakhel c. Suisse du 4 novembre 

2014, n° 29217/12, § 114 et 115; décision de la CourEDH Mohammed 

Hussein et autres c. Pays Bas et Italie du 2 avril 2013, n° 27725/10, § 78), 

que, dans les affaires A.M.E. c. Pays-Bas du 13 janvier 2015 (n° 51428/10, 

§ 35) et A. S. c. Suisse du 30 juin 2015 (n° 39350/13, § 36), la CourEDH a 

rappelé que, comme elle l'avait jugé dans la cause Tarakhel, la structure et 

la situation générale du dispositif mis en place pour l'accueil des requérants 

d'asile en Italie ne peuvent en soi passer pour des obstacles empêchant le 

renvoi de tout demandeur d'asile vers ce pays, 

qu'au vu de ce qui précède, l'application de l'art. 3 par. 2 al. 2 du règlement 

Dublin III ne se justifie pas en l'espèce, 

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que A._______ s'oppose à son transfert aux motifs qu'il n'aurait pas de 

perspectives d'intégration en Italie, qu'il serait privé de toute assistance et 

ne disposerait d'aucun lieu d'hébergement dans ce pays, si bien que ses 

conditions de vie y seraient extrêmement pénibles,  

que, ce faisant, il sollicite implicitement l'application de la clause 

de souveraineté du règlement Dublin III, le cas échéant en lien avec 

l'art. 29a al. 3 OA 1, 

qu'en vertu de la clause discrétionnaire de l'art. 17 par. 1 du règlement 

Dublin III (clause de souveraineté), l'Etat membre peut décider d'examiner 

une demande de protection internationale qui lui est présentée par le 

ressortissant d'un pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui 

incombe pas en vertu des critères fixés dans le règlement, 

que, lors de la détermination de l'Etat compétent pour mener la procédure 

d'asile et de renvoi en vertu du règlement Dublin III, le SEM peut traiter la 

demande d'asile pour des raisons humanitaires, lorsqu'il ressort de cet 

examen qu'un autre Etat est compétent (art. 29a al. 3 OA 1), 

que, selon la jurisprudence, le SEM doit admettre, en vertu de la clause de 

souveraineté, la responsabilité de la Suisse pour l'examen d'une demande 

d'asile lorsque l'exécution du transfert envisagé vers l'Etat membre désigné 

responsable par les critères applicables viole des engagements de 

droit international public auxquels la Suisse est liée, alors qu'il peut 

admettre cette responsabilité sur la base de l'art. 29a al. 3 OA 1 combiné 

avec l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III, en faisant usage de son pouvoir 

d'appréciation (cf. arrêt du TAF E-641/2014 du 13 mars 2015 consid. 8.2.1; 

ATAF 2012/4 consid. 2.4; 2011/9 consid. 4.1; 2010/45 consid. 5, 7.2, 8.2), 

que le SEM a toutefois l'obligation d'examiner si les conditions d'application 

de l'art. 29a al. 3 OA 1, en lien avec la clause de souveraineté, sont 

remplies et de motiver sa décision sur ce point, lorsque le requérant 

invoque des circonstances qui font apparaître son transfert comme 

problématique en raison de sa situation personnelle et/ou de celle régnant 

dans le pays de destination du transfert (cf. arrêt précité E-641/2014 

consid. 8.2), 

que le grief de l'inopportunité d'une décision rendue sur la base de 

l'art. 29a al. 3 OA 1 ne peut plus être examiné par le Tribunal depuis 

l'abrogation, le 1er février 2014, de l'art. 106 al. 1 let. c LAsi (cf. RO 2013 

4375 5357, FF 2010 4035, 2011 6735), 

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que le Tribunal se limite donc à contrôler si le SEM a fait usage de son 

pouvoir d'appréciation, et s'il l'a fait selon des critères objectifs, 

transparents et raisonnables, dans le respect des principes 

constitutionnels que sont le droit d'être entendu, l'égalité de traitement et 

la proportionnalité (cf. arrêt précité E-641/2014 consid. 8.1; PIERRE MOOR, 

Droit administratif, vol. I, 3ème éd., 2012, n° 4.3.2.3 p. 743 ss), 

qu'en l'occurrence, le recourant n'a pas établi l'existence d'un 

risque concret que les autorités italiennes refusent d'examiner sa demande 

d'asile selon une procédure conforme aux exigences définies par le 

droit international public, ou ne respectent pas le principe de 

non-refoulement (cf. art. 33 par. 1 Conv. réfugiés; cf. arrêt de la CourEDH 

Hirsi Jamaa et autres c. Italie du 23 février 2012, n° 27765/09, § 23, 146-

148), 

que s'agissant des conditions de vie en Italie, l'intéressé n'a pas fourni 

d'indices sérieux selon lesquels il serait personnellement exposé à un 

risque réel que les autorités italiennes renoncent à le prendre en charge, 

en violation de la directive Accueil, ou que ses besoins existentiels 

minimaux ne soient pas satisfaits, de manière durable et sans perspective 

d'amélioration, de sorte que ses conditions d'existence revêtiraient un 

tel degré de pénibilité qu'elles constitueraient un traitement contraire aux 

art. 3 CEDH et 3 Conv. torture, 

que la présomption de sécurité attachée au respect par l'Italie de ses 

obligations tirées notamment du droit international public n'est donc pas 

renversée, une vérification plus approfondie et individualisée des risques 

n'étant pas nécessaire (cf. MAIANI/HRUSCHKA, Le partage des 

responsabilités, entre confiance mutuelle et sécurité des demandeurs 

d'asile, in Asyl 2/11 p. 14), 

que, dans ces conditions, le transfert du recourant n'est pas contraire aux 

obligations de la Suisse découlant des dispositions conventionnelles 

précitées, 

que, s'agissant de l'application de l'art. 29a al. 3 OA 1 en relation avec 

l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III, il y a lieu de s'en tenir à une pratique 

restrictive (cf. ATAF 2012/4 consid. 4.7; 2011/9 consid. 8.1 et 8.2; 2010/45 

consid. 8.2.2), 

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qu'en l'espèce, lors de son audition, l'intéressé s'est opposé au transfert en 

faisant valoir qu'il ne trouverait pas de travail en Italie (cf. p.-v. d'audition du 

8.7.2015, p. 6 ch. 8.01), 

qu'à défaut d'éléments complémentaires, cette simple affirmation ainsi 

d'ailleurs que l'objet sur lequel elle porte ne soulèvent pas de 

problématique relevant de l'art. 29a al. 3 OA 1, 

que dans ces circonstances, le SEM a établi de manière complète et 

exacte l'état de fait pertinent et n'a commis ni excès ni abus de son large 

pouvoir d'appréciation en niant l'existence de raisons humanitaires au sens 

de cette disposition (cf. arrêt du TAF E-4620/2014 du 1er juillet 2015 consid. 

5.3; arrêt précité E-641/2014 consid. 8),  

que, pour le surplus, l'intéressé n'a produit, en instance de recours, aucun 

élément concret qui justifierait l'application de l'art. 29a al. 3 OA 1, 

qu'il convient de rappeler à ce stade que le règlement Dublin III ne 

confère pas au demandeur d'asile le droit de choisir l'Etat membre offrant, 

à son avis, les meilleures conditions d'accueil comme Etat 

responsable de l'examen de sa demande d'asile (cf. arrêt de la CJUE du 

10 décembre 2013 C-394/12 Shamso Abdullahi c. Bundesasylamt, points 

59, 62; ATAF 2010/45 consid. 8.3),  

qu'en conclusion, il n'y a pas lieu d'appliquer l'art. 17 par. 1 du règlement 

Dublin III, en relation ou non avec l'art. 29a al. 3 OA 1, 

que, partant, l'Italie demeure l'Etat responsable de l'examen de la demande 

d'asile du recourant, 

que c'est donc à bon droit que l'autorité inférieure n'est pas entrée en 

matière sur la demande d'asile et a prononcé le transfert du recourant vers 

l'Italie, en application de l'art. 44 1ère phrase LAsi, aucune exception à la 

règle générale du renvoi n'étant réalisée (cf. art. 32 OA 1), 

que les questions relatives à l'existence d'un empêchement à l'exécution 

du renvoi (ou transfert) pour des raisons tirées de l'art. 83 al. 2 à 4 LEtr 

(RS 142.20) ne se posent plus séparément, dès lors qu'elles sont 

indissociables du prononcé de la non-entrée en matière (cf. ATAF 2010/45 

consid. 10), 

qu'au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté et la décision 

attaquée confirmée, 

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que, s'avérant manifestement infondé, le recours est rejeté dans 

une procédure à juge unique, avec l'approbation d'un second juge 

(art. 111 let. e LAsi), 

que, dans la mesure où il a été immédiatement statué sur le fond, la 

demande de dispense de verser une avance de frais (art. 63 al. 4 PA) est 

devenue sans objet, 

que, vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure, 

d'un montant de 600 francs, à la charge du recourant, conformément à 

l'art. 63 al. 1 PA et aux art. 2 et 3 let. a du règlement du 21 février 2008 

concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif 

fédéral [FITAF, RS 173.320.2]), 

 

 

 

(dispositif page suivante) 

  

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Page 12 

le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté 

2.  

La requête de dispense de paiement d'une avance de frais est sans objet. 

3.  

Les frais de procédure, d'un montant de 600 francs, sont mis à la charge 

du recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans 

les 30 jours dès l'expédition du présent arrêt. 

4.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité cantonale. 

 

Le juge unique : Le greffier : 

  

Yanick Felley Paolo Assaloni 

 

 

Expédition :