# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 0a34eee2-6bf6-5234-987a-0fa527660a57
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2013-06-10
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 10.06.2013 BB.2012.162
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG/CH_BSTG_001_BB-2012-162_2013-06-10.pdf

## Full Text

Décision du 10 juin 2013 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Andreas J. Keller, Juge 

président, Tito Ponti et Roy Garré,  

le greffier Aurélien Stettler  

   

Parties  A., représentée par Mes Jacques Barillon et Jean-

François Ducrest, avocats, 

recourante 

 

 contre 

   

  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,  

intimé 

 

   

Objet  Participation à l'administration des preuves (art. 147 

CPP); consultation du dossier (art. 101 CPP) 

 
 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

 

Numéro de dossier: BB.2012.162 

 

 

 

- 2 - 

 

 

 

Faits: 

 

A. Le Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC) a, en date du 5 juil-

let 2012 et sur la base d'une communication MROS, ouvert une instruction 

pénale à l'encontre de B. pour blanchiment d'argent (art. 305
bis

 CP), et à 

l'encontre de A. pour faux dans les titres (art. 251 CP) et blanchiment d'ar-

gent (art. 305
bis

 CP). 

 

Selon les informations dont dispose en l'état le MPC, B., ayant droit éco-

nomique d'un compte référencé n
o
 1 ouvert au nom de la société C. dans 

les livres de la banque D. à U., aurait commis des actes de gestion déloya-

le aggravée au détriment de la société dont il était alors directeur général 

dans le pays V. Ces faits seraient à l'origine d'un mandat d'arrêt émis à son 

endroit par les autorités du pays V. 

 

S'agissant de A., cette dernière se serait présentée à la banque D. le 

26 juin 2012 afin de modifier le formulaire A relatif au compte n
o
 1 susmen-

tionné. Elle aurait exposé à la banque que ledit document, signé par ses 

soins lors de l'ouverture du compte, serait en fait erroné, l'ayant droit éco-

nomique indiqué – soit la société C. – n'ayant jamais eu cette qualité, la-

quelle lui revenait à elle-même. Un nouveau formulaire A a ce faisant été 

remis à la banque D. en ce sens. 

 

 

B. En date du 27 juillet 2012, le MPC a étendu son enquête, d'une part, au 

dénommé E. pour faux dans les titres (art. 251 CP) et blanchiment d'argent 

(art. 305
bis

 CP), et, d'autre part, au dénommé F. pour complicité de blan-

chiment d'argent (art. 305
bis

 CP). 

 

Il appert que E. se révèle occuper la fonction de directeur financier de la 

société C. et dispose d'un droit de signature individuelle sur le compte dont 

cette dernière est titulaire auprès de la banque D. Il a, en date du 13 mars 

2009, également signé le formulaire A y relatif, et ce aux côtés de A. 

 

 

C. Dans le cadre de son instruction, le MPC a planifié l'audition du dénommé 

G. en qualité de personne appelée à donner des renseignements. Cette 

audition avait pour but principal de déterminer le rôle de ce dernier dans le 

contexte des faits sous enquête et en raison de sa qualité de tiers saisi 

(act. 3, p. 2 in fine). 

 

- 3 - 

 

 

Préalablement à cette audition, les défenseurs de la prévenue A. ont requis 

du MPC qu'il les "autorise à assister et participer à toutes les audiences, en 

particulier à l'audience au cours de laquelle Monsieur G. sera entendu", in-

vitant par la même occasion ledit MPC à rendre une décision susceptible 

de recours si leur requête devait être rejetée (act. 1.6). 

 

Par courrier du 8 octobre 2012, le MPC a informé les conseils de A. de ce 

qui suit: 

 

"Je me réfère à votre courrier du 5 octobre 2012. 

J'ai effectivement cité en qualité de personne appelée à donner des ren-

seignements, G. à comparaître demain 9 octobre 2012, à W. 

Je ne vous ai pas envoyé une copie du mandat de comparution, compte 

tenu de la restriction pour A. de l'accès au dossier et pour l'administration 

des preuves pour les raisons suivantes: 

- la première audition de A. en qualité de prévenu de blanchiment d'ar-

gent n'a pu avoir lieu malgré le fait que je lui ai donné la possibilité de 

se déplacer en Suisse dans ce but sur la base d'un sauf-conduit. Il 

est, en l'état, prématuré d'envisager pour le MPC un déplacement, 

cas échéant, dans le pays V. 

- l'enquête est très récente puisqu'elle a été ouverte à l'encontre de A. 

le 5 juillet 2012; 

- il existe à ce stade actuel de la procédure un risque de collusion 

concret et important entre A. et certaines personnes qui devront être 

entendues; 

- des soupçons de corruption d'agents publics étrangers apparaissent 

aujourd'hui dans cette affaire, ce qui rend le risque de collu-

sion encore plus concret avec les personnes résidant dans le pays V.; 

- l'audition de G. portera principalement sur d'autres faits que ceux qui 

peuvent concerner A.; 

- enfin, le soussigné invitera probablement une autre fois encore G. à 

comparaître et vous pourrez à ce moment-là y participer. 

Compte tenu de l'ensemble de ces circonstances et des intérêts de la pro-

cédure, je considère que cet accès restreint au dossier et à l'administra-

tion des preuves est, en l'état, et de manière provisoire, justifié; je me réfè-

re également à la jurisprudence relative [à] cette question (cf. décision 

BB.2012.27)" (act. 1.1). 

 

 

- 4 - 

 

 

D. Par acte du 12 octobre 2012, A. a formé devant la Cour des plaintes du 

Tribunal pénal fédéral un "[r]ecours contre la décision du Ministère public 

de la Confédération du 8 octobre 2012, notifiée aux conseils de la Recou-

rante le même jour, par laquelle il a refusé la participation de la Recourante 

et de ses conseils à l'audition de Monsieur G. dans le cadre de l'instruction 

pénale […] SV.12.0808" et pris les conclusions suivantes: 

 

"PLAISE A LA COUR DES PLAINTES DU TRIBUNAL PENAL FEDERAL: 

EN LA FORME 

- Déclarer le présent recours recevable. 

AU FOND 

Principalement 

- Annuler le décision du Ministère public de la Confédération du 8 octobre 

2012; 

- Dire et juger que l'audition de Monsieur G. du 9 octobre 2012 constitue une 

preuve non exploitable qui doit être écartée du dossier; 

- Dire que l'audition de Monsieur G. doit être répétée; 

- Autoriser Madame A. à participer à tout acte d'instruction et toute adminis-

tration des preuves à venir dans le cadre de la procédure SV.12.0808; 

- Condamner la Confédération aux frais de la procédure; 

- Allouer à Madame A. une indemnité pour les dépens occasionnés par 

l'exercice raisonnable de ses droits de procédure; 

- Débouter le Ministère public de la Confédération de toutes autres conclu-

sions. 

Subsidiairement 

- Annuler le décision du Ministère public de la Confédération du 8 octobre 

2012; 

- Dire et juger que l'audition de Monsieur G. du 9 octobre 2012 constitue une 

preuve non exploitable qui doit être écartée du dossier; 

- Dire que l'audition de Monsieur G. doit être répétée en présence des 

conseils de Madame A.; 

- Autoriser les conseils de Madame A. à participer à tout acte d'instruction et 

toute administration des preuves à venir dans le cadre de la procédure 

SV.12.0808; 

- Condamner la Confédération aux frais de la procédure; 

- Allouer à Madame A. une indemnité pour les dépens occasionnés par 

l'exercice raisonnable de ses droits de procédure; 

- Débouter le Ministère public de la Confédération de toutes autres conclu-

sions" (act. 1, p. 8 s.). 

 

- 5 - 

 

 

Invité à répondre, le MPC a déposé des observations le 29 octobre 2012, 

aux termes desquelles il conclut au rejet du recours, et ce dans la mesure 

de sa recevabilité (act. 3). Le même MPC a, par envoi du 9 novembre 

2012, adressé spontanément un complément à sa prise de position du 

mois précédent, ainsi que quatre annexes (act. 5, 5.1 à 5.4). A. a, pour sa 

part, répliqué en date du 16 novembre 2012, persistant intégralement dans 

les conclusions prises à l'appui de son recours (act. 6). Un exemplaire de 

ladite réplique a été transmise au MPC pour information (act. 7). 

 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris, 

si nécessaire, dans les considérants en droit. 

 

 

 

 

La Cour considère en droit: 

 

1.  

1.1 Les décisions du MPC peuvent faire l’objet d’un recours devant la Cour de 

céans (art. 393 al. 1 let. a CPP et 37 al. 1 LOAP en lien avec l’art. 19 al. 1 

du règlement sur l’organisation du Tribunal pénal fédéral [ROTPF; 

RS 173.713.161]). 

 

1.2 Dans le cadre de l'examen de la recevabilité du recours, il y a lieu d'exami-

ner la question de la qualité pour recourir. Selon l'art. 382 al. 1 CPP, toute 

partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l'annulation ou à la modifica-

tion d'une décision a qualité pour recourir contre celle-ci. La personne 

concernée doit être directement touchée dans ses droits par l'acte ou la 

décision attaquée, c'est-à-dire subir un préjudice. 

 

La recourante, en tant que prévenue, a la qualité de partie au sens de 

l'art. 104 al. 1 let. a CPP. Pareil constat ne suffit pas à lui reconnaître la 

qualité pour recourir. Encore faut-il en effet qu'elle dispose d'un intérêt juri-

diquement protégé actuel à soumettre sa cause à l'autorité de recours. 

Dans la mesure où l'interdiction – ici entreprise – émise par le MPC quant à 

la participation à l'audition de G. a déjà déployé ses effets puisque l'audi-

tion de ce dernier a eu lieu en date du 9 octobre 2012, aucun intérêt juridi-

que actuel ne peut plus être admis sur ce point. La Cour de céans a en ef-

fet déjà eu l'occasion de clarifier ce point dans une jurisprudence publiée 

au recueil officiel (TPF 2011 161 consid. 1.2). Confrontée à la même ques-

tion que celle soulevée par la présente espèce, la Cour a retenu qu'en pa-

reille hypothèse, la partie empêchée de prendre part à une audition – qui a 

- 6 - 

 

 

déjà eu lieu – doit, avant de saisir la Cour des plaintes, demander au MPC 

la répétition de la mesure d'instruction. Ce n'est qu'en cas de nouveau re-

fus de la part de l'autorité que l'existence d'un intérêt juridiquement protégé 

actuel pourra être reconnue et, partant, les conditions de recevabilité du re-

cours remplies. 

 

S'agissant de la conclusion de la recourante tendant au retrait du dossier 

du procès-verbal relatif à l'audition de G., la jurisprudence susmentionnée a 

posé le principe selon lequel une telle requête doit être adressée à la direc-

tion de la procédure, avant d'être – en cas de refus de cette dernière – 

soumise à la Cour de céans. 

 

 

1.3 Au regard de la jurisprudence claire en la matière (v. supra consid. 1.2; 

v. également Laurent MOREILLON/Michel DUPUIS/Miriam MAZOU, La prati-

que judiciaire du Tribunal pénal fédéral en 2011, JdT 2012 IV 5 ss, 54 

n
o
 207 et les références citées), la recourante ne peut se prévaloir d'un in-

térêt juridiquement protégé actuel à voir son recours tranché sur le fond. 

 

 

2. Au vu des considérants qui précèdent, le recours doit être déclaré irrece-

vable. 

 

La Cour relève à toutes fins utiles que la question de fond soulevée par la 

présente cause – sur laquelle il n'y a pas lieu de s'étendre au vu de l'irrece-

vabilité du recours – a récemment fait l'objet d'un arrêt de principe du Tri-

bunal fédéral (ATF 139 IV 25 consid. 5.5.4.1, confirmé dans l'arrêt du Tri-

bunal fédéral 1B_404/2012 du 4 décembre 2012, consid. 2.3), lequel sem-

ble aller dans le sens de la thèse soutenue par le MPC à l'appui de sa dé-

cision du 8 octobre 2012 ici entreprise. 

 

 

3. Selon l’art. 428 al. 1 CPP, les frais de la procédure de recours sont mis à la 

charge des parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de cause ou 

succombé. Ceux-ci se limitent en l’espèce à un émolument qui, en applica-

tion des art. 5 et 8 al. 1 du règlement du Tribunal pénal fédéral du 31 août 

2010 sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la procédure pé-

nale fédérale (RFPPF; RS 173.713.162), sera fixé à CHF 1'500.--, à la 

charge de la recourante. 

 

 

- 7 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Le recours est irrecevable. 

 

2. Un émolument de CHF 1'500.-- est mis à la charge de la recourante. 

 

 

Bellinzone, le 11 juin 2013 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le Juge président:  Le greffier:  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Mes Jacques Barillon et Jean-François Ducrest, avocats, 

- Ministère public de la Confédération, 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours 

Il n’existe pas de voie de recours ordinaire contre la présente décision.