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**Case Identifier:** a0b9becf-36c7-5f23-80b0-d15931f00551
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2019-09-03
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 03.09.2019 P/14263/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-14263-2016_2019-09-03.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/14263/2016 ACPR/678/2019 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du mardi 3 septembre 2019 

 

Entre 

 

A______ SA, ayant son siège ______, comparant par Me Nicolas CAPT, avocat,  

Avocats Sàrl, 15, Cours des Bastions, case postale 519, 1211 Genève 12, 

recourante, 

 

contre l'ordonnance de classement rendue le 9 avril 2019 par le Ministère public, 

 

et 

 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy, case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimé. 

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EN FAIT : 

A. a. Par acte expédié au greffe de la Chambre de céans le 23 avril 2019, A______ SA 
recourt contre l'ordonnance notifiée le 10 avril 2019, par laquelle le Ministère public 
a classé la plainte déposée le 2 août 2016 contre B______. 

La recourante conclut, sous suite de frais et dépens, à l'annulation de l'ordonnance 
querellée et au renvoi de la cause au Ministère public pour la reprise de l'instruction. 

b. La recourante a versé les sûretés en CHF 2'000.- qui lui étaient réclamées par la 
Direction de la procédure. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier : 

a. A______ SA est une société anonyme de droit suisse, dont le siège est à Genève, 
active dans le commerce de matières premières et de matériaux finis et semi-finis. 

b. Le 1er janvier 2015, elle a conclu un contrat de prestation avec C______ Sàrl, 
société ayant pour but notamment la prestation de services dans le domaine de 
l'informatique, dont B______ était l'associé-gérant et D______ l'employé.  

c. Par lettre du 29 avril 2016, remise en main propre à B______ lors d'un entretien 
en présence de E______, CEO, et F______, chef du service juridique, A______ SA a 
résilié, avec effet immédiat, le contrat la liant à C______ Sàrl.  

Selon ladite lettre, B______ et son employé étaient priés de remettre immédiatement 
le matériel qui leur avait été confié dans l'accomplissement de leurs tâches et quitter 
les locaux de l'entreprise. Leur attention était également attirée sur le fait que  
tout accès aux ressources informatiques de l'entreprise était désormais interdit à 
C______ Sàrl et serait, le cas échéant, pénalement répréhensible. 

d. Le 2 août 2016, A______ SA a déposé plainte pénale contre B______ et 
D______ pour soustraction et détérioration de données (art. 143 et 144bis CP), accès 
indu à un système informatique (art. 143bis CP), dommage à la propriété (art. 144 
CP) et violation de domicile (art. 186 CP). 

En substance, A______ SA expliquait que, malgré les interdictions contenues dans la 
lettre du 29 avril 2016 et répétées oralement à B______ lors de l'entretien du même 
jour, ainsi que la désactivation des badges d'accès, ces derniers avaient accédé 
indument à son système informatique le 30 avril 2016 et pénétré illicitement dans ses 
locaux le 2 mai 2016, se rendant au 5ème étage et s'asseyant à leurs anciennes places 
de travail. Ils étaient restés seuls une dizaine de minutes et avaient, dans un premier 
temps, refusé de quitter les lieux, malgré les injonctions données. 

À l'appui de la plainte, la société a produit un rapport technique de sécurité établi le 
14 juillet 2016 par G______ SA, duquel il ressort que, le 30 avril 2016: 

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- à 8h29, une connexion distante sur l'ordinateur 1______ de A______ SA avait 
été opérée par l'utilisateur "D______" via le logiciel "Teamviewer", outil 
couramment utilisé pour la prise de contrôle à distance d'ordinateurs depuis le 
réseau internet; 

- à 8h57, le logiciel de navigation "chrome.exe" avait été lancé à distance sur la 
même machine; 

- à 9h01, l'utilisateur distant s'était connecté au domaine Windows de l'entreprise 
avec un compte privilégié "sysmonitor"; et 

- à 9h01, l'utilisateur s'était déconnecté de l'ordinateur en coupant la connexion au 
logiciel "Teamviewer". 

G______ SA ne pouvait toutefois pas établir le détail des actions menées. 

A______ SA a précisé qu'une procédure civile l'opposant à C______ était en cours. 

e. Entendu le 15 novembre 2016 par la police, F______ a déclaré qu'une procédure 
civile opposait A______ SA à C______ Sàrl, plus particulièrement à B______ et 
D______. Il ne savait pas si l'accès indu au système informatique avait été fait pour 
soustraire des données de la société, G______ SA n'étant pas capable de le dire.  

f. Le 23 mars 2017, des perquisitions ont été effectuées aux domiciles de B______ 
et de D______. 

Selon le rapport de la Brigade de criminalité informatique (ci-après: BCI) du 18 mai 
2017, l'analyse du matériel informatique saisi avait permis la découverte d'emails et 
de documents en lien avec la société. Toutefois, ces éléments étaient antérieurs aux 
faits de la procédure.  

g. Entendu le 13 avril 2017 par la police en qualité de prévenu, B______ a, sur 
conseil de son avocat, refusé de répondre aux questions relatives à la connexion à 
distance au système informatique de A______ SA. Il reconnaissait avoir pénétré dans 
les locaux de la société le 2 mai 2016 car, le 29 avril 2016, il avait contesté la 
résiliation tant s'agissant des motifs que de la forme, celle-ci devant, à teneur du 
contrat, intervenir par courrier recommandé pour être valide. Il avait donc dit à son 
employé de venir travailler normalement et ils étaient partis quand cela leur avait été 
demandé.  

h. Entendu le même jour par la police, également en qualité de prévenu, D______ a 
déclaré qu'après la réunion du 29 avril 2016, B______ lui avait dit de partir avec ses 
affaires, soit son ordinateur portable. Plus tard dans la journée, B______ lui avait 
expliqué que A______ SA avait résilié le contrat de travail avec C______ Sàrl. Selon 
l'avocat de B______, ils devaient tout de même aller travailler le lundi suivant.  

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Ainsi, le 2 mai 2016, il avait retrouvé B______ à l'entrée des locaux de la société. Ils 
étaient entrés avec l'aide de la réceptionniste et étaient montés à leur place de travail. 
L'informaticien de la société leur avait demandé ce qu'ils faisaient là, B______ lui 
répondant qu'ils étaient venus travailler. L'informaticien avait alors posé à nouveau la 
question en criant, leur disant qu'il allait appeler son chef, H______. E______, 
F______ et H______ les avaient sommés de partir, ce qu'ils avaient fait sans 
histoires. 

Il admettait s'être connecté à distance à A______ SA depuis son domicile le  
30 avril 2019 – ce qu'il faisait d'ailleurs régulièrement pour son travail –, mais 
contestait avoir téléchargé des données ou des fichiers depuis les serveurs de la 
société, n'ayant aucunement l'intention de commettre une infraction dans la mesure 
où, selon son employeur, il devait retourner travailler le lundi suivant. Il s'était 
connecté à GOOGLE, sur internet, et n'avait rien fait de particulier.  

i. Lors de l'audience du 22 mai 2018 par-devant le Ministère public, B______ a 
contesté s'être connecté à distance au système informatique de la société après le  
29 avril 2016. Durant le meeting du 29 avril 2016, il avait tout de suite réfuté le 
contenu de la résiliation et la forme de celle-ci, qui n'était pas conforme au contrat. 
D'ailleurs, il n'avait reçu le courrier recommandé que le vendredi suivant. Le 29 avril 
2016, il avait contacté son avocat et lui avait dit qu'il n'était pas d'accord avec le 
courrier de résiliation. Son avocat lui avait alors conseillé de se présenter sur son lieu 
de travail le lundi 2 mai 2016, comme il avait l'habitude de le faire. Il en avait 
informé D______ par message I______ [réseau de communication]. Le 2 mai 2016, 
il s'était présenté sur son lieu de travail, sans utiliser son badge, qui était désactivé. 
La porte était ouverte et il n'avait pas réfléchi. Il avait salué le personnel. Étant au 
courant de la situation, une personne était allée chercher le CEO ainsi que l'avocat de 
la société. Ces derniers lui avaient demandé, ainsi qu'à son employé, de quitter les 
locaux, ce qu'ils avaient fait immédiatement.  

D______ a confirmé ses déclarations à la police. 

A______ SA a déclaré ne pas avoir constaté de soustraction ou détérioration de 
données. 

j. B______ a produit la copie du message I______ qu'il avait envoyé le 29 avril 
2016 à D______, ainsi libellé: "I got instructions from my lawyer. You have to go to 
"work" on Monday as usual and let them send you back home. We will then discuss 

on Monday morning". 

k. Faisant suite à l'avis de prochaine clôture du 11 octobre 2018 annonçant un 
classement, B______ a soutenu que la plainte pénale de A______ SA n'avait d'autre 
but que de donner un prétendu caractère pénal à un litige purement civil, A______ 
SA tentant de masquer une violation fautive du contrat alors qu'elle avait résilié 
unilatéralement et de manière injustifiée celui-ci, sans respecter les formes prescrites. 

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Il sollicitait dès lors une indemnisation pour ses frais de défense ainsi que pour le tort 
moral subi.  

A______ SA a sollicité l'audition de J______, représentant de G______ SA. 

l. Entendu le 23 janvier 2019 par le Ministère public, J______ a déclaré que 
l'expertise, qu'il avait supervisée, tendait à vérifier si les pratiques de sécurité 
informatiques avaient été respectées au sein de la société. Déterminer s'il y avait eu 
des accès indus au système informatique faisait partie du "périmètre d'audit", mais il 
ne se souvenait pas des conclusions de son rapport. 

m. Par nouvel avis de prochaine clôture du 26 mars 2019, le Ministère public a 
informé les parties qu'un classement serait prochainement rendu. 

A______ SA s'est étonnée de l'annonce du classement dans la mesure où les mis en 
cause avaient pénétré dans les locaux de la société sans autorisation. Elle s'en 
remettait à justice s'agissant de l'infraction d'accès indu à un système informatique 
commise par D______. Enfin, elle sollicitait une indemnisation pour ses frais de 
défense. 

B______ a complété sa demande d'indemnisation. 

n. Par ordonnance du 9 avril 2019, le Ministère public a classé la procédure ouverte 
contre D______, considérant que l'instruction n'avait pas permis d'établir une 
quelconque soustraction ou détérioration de données, et que s'agissant de la violation 
de domicile, D______ avait uniquement agi conformément aux instructions données 
par son employeur. Ainsi, il devait être mis au bénéfice d'une erreur de fait (art. 13 
CP), croyant de bonne foi qu'il devait travailler et aller travailler comme il l'avait fait 
jusqu'alors. 

Aucun recours n'a été déposé contre ladite ordonnance. 

C. Dans l'ordonnance querellée, le Ministère public a retenu que l'instruction n'avait pas 
permis d'établir une quelconque participation de B______ s'agissant des infractions 
aux art. 143, 143bis et 144bis CP. 

 B______ avait réalisé les éléments constitutifs de l'infraction de violation de 
domicile en entrant dans les locaux, avec conscience et volonté, malgré l'interdiction 
qui lui avait été signifiée. Vu les déclarations contradictoires des parties et l'absence 
d'élément de preuve objectif, il n'était toutefois pas établi qu'il aurait, dans un 
premier temps, refusé de sortir des locaux. Ayant agi d'une manière qu'il pensait être 
conforme aux règles en vigueur dans un tel cas de figure et suivant les instructions 
données par un homme de loi, B______ devait être mis au bénéfice d'une erreur sur 
l'illicéité (art. 21 CP), l'erreur n'étant pas évitable. 

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D. a. Dans son recours, A______ SA reproche au Ministère public d'avoir classé la 
procédure à l'égard de B______ pour violation de domicile (art. 186 CP). 

 Hormis ses allégations et le message I______ adressé à son collègue, B______ 
n'avait pas établi que son avocat lui aurait donné pour instruction de se présenter au 
travail. En particulier, la procédure n'avait pas déterminé si la lettre de résiliation 
avait été transmise à l'avocat ou si B______ lui avait fait part de l'interdiction 
préalable formelle d'entrer dans les locaux. Ainsi, l'on ignorait si l'avocat avait eu 
connaissance de l'ensemble des faits et des aspects juridiques. Quoiqu'il en soit, 
l'erreur était évitable. En effet, l'interdiction écrite d'entrer, répétée oralement, ne 
pouvait être considérée comme un problème d'une nature particulièrement complexe, 
obligeant B______ à demander un avis juridique à un avocat. Même après avoir pris 
conseil auprès de celui-ci, les règles élémentaires de prudence commandaient à 
B______ de respecter l'interdiction formelle d'entrer.  

 Par conséquent, en admettant un fait justificatif alors que B______ avait commis une 
violation de domicile, le Ministère public avait violé l'art. 319 al. 1 let a et c CPP, et 
les soupçons suffisants justifiaient une mise en accusation. 

b. À réception, la cause a été gardée à juger, sans échange d'écritures ni débats. 

EN DROIT : 

1. Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai 
prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours 
auprès de la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP) et émaner de la partie 
plaignante qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. b CPP), a qualité pour agir, 
ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la 
décision querellée (art. 382 al. 1 CPP). 

2. La Chambre pénale de recours peut décider d'emblée de traiter sans échange 
d'écritures ni débats les recours manifestement mal fondés (art. 390 al. 2 et 5 a 
contrario CPP). Tel est le cas en l'occurrence, au vu des considérations qui suivent. 

3. La recourante reproche au Ministère public d'avoir classé la procédure du chef de 
violation de domicile (art. 186 CP) en faveur de B______. 

3.1. À teneur de l'art. 319 CPP, le ministère public ordonne le classement de la 
procédure lorsqu'aucun soupçon justifiant une mise en accusation n'est établi (let. a), 
lorsque les éléments constitutifs d'une infraction ne sont pas réunis (let. b), 
respectivement lorsque des faits justificatifs empêchent de retenir une infraction 
contre le prévenu (let. c). Ces conditions doivent être interprétées à la lumière de la 
maxime "in dubio pro duriore" (ATF 138 IV 86 consid 4.1.1; arrêt du Tribunal 
fédéral 6B_744/2017 du 1er mars 2017, consid. 3.1), selon laquelle un classement ne 
peut généralement être prononcé que lorsqu'il apparaît clairement que les faits ne 
sont pas punissables. Le ministère public et l'autorité de recours disposent, dans ce 

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cadre, d'un pouvoir d'appréciation. La procédure doit se poursuivre lorsqu'une 
condamnation apparaît plus vraisemblable qu'un acquittement ou lorsque les 
probabilités d'acquittement et de condamnation semblent équivalentes, en particulier 
en présence d'une infraction grave (ATF 138 IV 86 précité, consid. 4.1.2; arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_744/2017 précité). 

3.2. Le classement de la procédure doit également être prononcé lorsqu'il peut être 
renoncé à toute poursuite ou à toute sanction en vertu de dispositions légales (art. 319 
al. 1 let. e CPP). Tel est notamment le cas si la culpabilité de l'auteur et les 
conséquences de son acte sont peu importantes (art. 52 CP auquel renvoie l'art. 8 al. 
1 CPP).  

3.3. L'art. 186 CP, qui réprime la violation de domicile, vise celui qui, d'une manière 
illicite et contre la volonté de l'ayant droit, aura pénétré dans une maison, dans une 
habitation, dans un local fermé faisant partie d'une maison, dans un espace, cour ou 
jardin clos attenant à une maison, ou dans un chantier, ou y sera demeuré au mépris 
de l'injonction de sortie à lui adressée par un ayant droit. 

3.4. Selon l'art. 21 CP, quiconque ne sait ni ne peut savoir au moment d'agir que son 
comportement est illicite n'agit pas de manière coupable. Le juge atténue la peine si 
l'erreur était évitable.  

L'erreur sur l'illicéité vise le cas où l'auteur agit en ayant connaissance de tous les 
éléments constitutifs de l'infraction, et donc avec intention, mais en croyant par 
erreur agir de façon licite (ATF 129 IV 238 consid. 3.1; ATF 141 IV 336 consid. 
2.4.3 et les références citées). La réglementation relative à l'erreur sur l'illicéité 
repose sur l'idée que le justiciable doit faire tout son possible pour connaître la loi et 
que son ignorance ne le protège que dans des cas exceptionnels (ATF 129 IV 238 
consid. 3.1; arrêt du Tribunal fédéral 6B_1084/2018 du 21 novembre 2018 consid. 
2.4.1 et les références citées). Pour exclure l'erreur de droit, il suffit que l'auteur ait 
eu le sentiment de faire quelque chose de contraire à ce qui se doit ou qu'il eût dû 
avoir ce sentiment (ATF 129 IV 6 consid. 4.1; 104 IV 217 consid. 2; arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_216/2018 du 14 novembre 2018 consid. 2.3). La possibilité 
théorique d'apprécier correctement la situation ne suffit pas à exclure l'application de 
l'art. 21 1ère phrase CP. Ce qui est déterminant c'est de savoir si l'erreur de l'auteur 
peut lui être reprochée (ATF 116 IV 56 consid. II.3a; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_716/2018 du 23 octobre 2018 consid. 1.1). Le Tribunal fédéral a ainsi considéré 
que seul celui qui avait des "raisons suffisantes de se croire en droit d'agir" pouvait 
être mis au bénéfice de l'erreur sur l'illicéité. Une raison de se croire en droit d'agir 
est "suffisante" lorsqu'aucun reproche ne peut être adressé à l'auteur du fait de son 
erreur, parce qu'elle provient de circonstances qui auraient pu induire en erreur toute 
personne consciencieuse (ATF 128 IV 201 consid. 2; 98 IV 293 consid. 4a; arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_1084/2018 précité consid. 2.4.1).  

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Le renseignement ou l'instruction par une autorité compétente peut suffire pour 
admettre l'erreur sur l'illicéité (ATF 116 IV 56 consid. 3a; 98 IV 279 consid. 2a). 
Celui qui s'adresse à un conseiller juridique en raison de la nature particulièrement 
complexe du problème peut se voir reconnaître le bénéfice de l'erreur sur l'illicéité,  
à double condition que le conseiller se soit prononcé en faveur des actes  
commis ensuite par l'auteur et qu'il ait examiné sous tous leurs aspects juridiques 
l'ensemble des éléments de faits connus de l'auteur (ATF 98 IV 293 consid. 4a = JdT 
1973 IV 143 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_784/2018 du 4 octobre 2018 consid. 
1.1.2). 

3.5. En l'espèce, il est constant que le 2 mai 2016, le prévenu a pénétré dans les 
locaux de la recourante en compagnie de son employé, s'est installé à sa place de 
travail durant une dizaine de minutes avant d'être prié de s'en aller, ce qu'il a fait, et 
ce alors que le 29 avril 2016 il avait reçu en main propre une lettre de résiliation 
mentionnant qu'il lui était interdit de pénétrer dans lesdits locaux, interdiction 
rappelée oralement le même jour. 

Le prévenu allègue que, dès lors qu'il contestait tant le contenu que la forme de la 
résiliation, il était retourné sur son lieu de travail après avoir reçu ce conseil de son 
avocat, comme en attestait le message I______ qu'il avait adressé à son employé le 
29 avril 2016. 

À teneur du dossier, il n'apparait pas que le prévenu aurait eu le sentiment de faire 
quelque chose de "contraire à ce qui se doit". En outre, l'on ne saurait partir du 
principe qu'un litige portant sur la résiliation d'un contrat de prestations était dénué 
de complexité et ne nécessitait pas le conseil d'un avocat, en particulier pour une 
personne non avertie. Le prévenu n'avait pas à douter, en l'espèce, des instructions 
reçues de son conseil. La question de savoir si l'avocat a examiné sous tous leurs 
aspects juridiques l'ensemble des éléments de faits connus du prévenu peut toutefois 
demeurer indécise au vu des considérations qui suivent.  

En effet, la culpabilité du B______ devrait en tout état de cause être relativisée au vu 
du contexte, le prévenu ayant été mû par l'intention de sauvegarder ses droits à la 
suite de la résiliation contestée du contrat.  

Mais surtout, la recourante n'a pas allégué avoir subi de quelconques conséquences 
du chef de ces agissements, le prévenu étant entré dans les locaux sans effraction et 
s'étant uniquement assis une dizaine de minutes à son ancienne place de travail, avant 
de quitter les lieux.  

Ces éléments permettent de considérer que les conditions de l'art. 52 CP sont 
réalisées et, partant, le classement aurait tout aussi bien pu être prononcé sur la base 
de l'art. 319 al. 1 let. e CPP. 

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4. Justifiée, l'ordonnance querellée, exempte de critique dans son résultat, sera donc 
confirmée, par substitution de motifs (arrêt du Tribunal fédéral 1B_137/2012 du  
25 juillet 2012 consid. 4.3). 

5. La recourante, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui seront fixés en 
totalité à CHF 2'000.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des 
frais en matière pénale, RTFMP ; E 4 10.03). 

* * * * * 

  

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PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

 
Rejette le recours. 

Condamne A______ SA aux frais de la procédure de recours, arrêtés à CHF 2'000.-. 

Dit que ce montant sera prélevé sur les sûretés versées. 

Notifie le présent arrêt ce jour, en copie, à la recourante, soit pour elle son conseil, et au 
Ministère public. 

Siégeant : 

Madame Corinne CHAPPUIS BUGNON, présidente; Monsieur Christian COQUOZ et 
Madame Daniela CHIABUDINI, juges; Monsieur Xavier VALDES, greffier. 

 

Le greffier : 

Xavier VALDES 

 La présidente : 

Corinne CHAPPUIS BUGNON 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110); la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les trente jours qui 

suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent 

être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention 

de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse 

(art. 48 al. 1 LTF). 

  

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P/14263/2016 ÉTAT DE FRAIS   

 
 

 
COUR DE JUSTICE 

 

 
 
 
Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais en matière pénale 
(E 4 10.03). 
 

Débours (art. 2) 

- frais postaux CHF 20.00 

Émoluments généraux (art. 4)  

- délivrance de copies (let. a) CHF       

- délivrance de copies (let. b) CHF       

- état de frais (let. h) CHF 75.00 

Émoluments de la Chambre pénale de recours (art. 13)   

- décision sur recours (let. c) CHF 1'905.00 

-  CHF       

Total  CHF 2'000.00