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**Case Identifier:** 02321d23-a57b-5bea-9838-741e9f358b4f
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-03-17
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 17.03.2016 A/4179/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-4179-2015_2016-03-17.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/4179/2015-CS DCSO/86/16

DECISION 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre de surveillance 
des Offices des poursuites et faillites 

DU JEUDI 17 MARS 2016 

 

Plainte 17 LP (A/4179/2015-CS) formée en date du 1
er

 décembre 2015 par M. 

N______, élisant domicile en l'étude de Me Jean-Charles SOMMER, avocat. 

 

* * * * * 

 

Décision communiquée par courrier A à l'Office concerné 

et par plis recommandés du greffier du 17 mars 2016                      

à : 

- M. N______ 

c/o Me Jean-Charles SOMMER, avocat 

Place Longemalle 16 

Case postale 3407 

1211 Genève 3. 

- Mme A______ 

c/o Me Jacopo RIVARA, avocat 

Rue Céard 13 

1204 Genève. 

- Office des poursuites. 

 

 

 

 

A/4179/2015-CS 

- 2 -

 

Copie à : 

-  Chambre des poursuites et faillites du Tribunal 

cantonal du canton de Fribourg 
Rue des Augustins 3 

Case postale 1654 

1701 Fribourg.

- 3/7 - 

 

 

A/4179/2015-CS 

EN FAIT 

A. a. Statuant le 18 novembre 2015 sur une requête formée par Mme A______, 

créancière séquestrante, le Tribunal de première instance de Genève (ci-après : le 

Tribunal) a ordonné le séquestre de divers avoirs appartenant à M. N______, 

débiteur séquestré domicilié à Genève, parmi lesquels les avoirs déposés sur un 

compte n° 17-xxxxx9-6 auprès de POSTFINANCE SA. 

Le Tribunal a communiqué un exemplaire de l'ordonnance de séquestre à l'Office 

des poursuites de la Gruyère (FR) pour exécution du séquestre. 

b. L'Office des poursuites de la Gruyère a exécuté le séquestre le 

19 novembre 2015. Il résulte du procès-verbal de séquestre, daté du 

20 novembre 2015, que celui-ci a porté sur un avoir en compte de 295 fr. 72. 

c. La date à laquelle le débiteur séquestré a reçu le procès-verbal de séquestre ne 

résulte pas du dossier. 

B. a. Par acte adressé le 1
er

 décembre 2015 à la Chambre de surveillance de la Cour 

de justice (ci-après : la Chambre de surveillance), autorité de surveillance au sens 

de l'art. 13 al. 1 LP désignée par le canton de Genève (art. 6 al. 1 de la Loi 

d’application de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite du 

29 janvier 2010 [LaLP – RSG E 3 60]), le débiteur séquestré a formé une plainte 

au sens de l'art. 17 LP contre "l'ordonnance de séquestre du 20 novembre 2015", 

concluant à son annulation et sollicitant à titre préalable l'octroi de l'effet 

suspensif. 

 A l'appui de sa plainte, le débiteur séquestré invoquait divers moyens de droit 

matériel (inexistence de la créance, défaut de légitimation de la créancière 

séquestrante et prescription) ainsi qu'une violation de l'art. 93 al. 1 LP, dès lors 

qu'il faisait déjà l'objet d'une saisie de revenus. 

 b. Par ordonnance du 3 décembre 2015, la Chambre de surveillance a refusé 

d'octroyer l'effet suspensif à la plainte. 

 c. Dans sa détermination datée du 17 décembre 2015, la créancière séquestrante a 

conclu au rejet de la plainte et conclu à l'allocation en sa faveur d'un montant de 

500 fr. au titre de dépens. 

 d. L'Office des poursuites de Genève, par observations datées du 12 janvier 2015, 

a conclu à l'irrecevabilité de la plainte pour cause d'incompétence à raison du lieu 

de la Chambre de céans. 

- 4/7 - 

 

 

A/4179/2015-CS 

 e. Les déterminations de l'Office des poursuites de Genève et de la créancière 

séquestrante ont été communiquées par pli du 13 janvier 2016 au plaignant, qui 

n'a pas réagi.    

EN DROIT 

1. 1.1 Selon l’art. 272 al. 1 LP, le séquestre est autorisé par le juge du for de la 

poursuite, soit dans la plupart des cas celui du domicile du débiteur (art. 46 al. 1 

LP), ou par le juge du lieu où se trouvent les biens à séquestrer. Si sa compétence 

est établie au sens de cette disposition – que ce soit comme juge du for de la 

poursuite, du lieu de situation de tout ou partie des biens à séquestrer ou les deux 

– le juge du séquestre peut ordonner le séquestre de biens dans toute la Suisse  

(art. 271 al. 1 LP; Grégory BOVEY, La révision de la Convention de Lugano et le 

séquestre, in JdT 2012 II 80, p. 93; Blaise STUCKI et Louis BURRUS, Les 

adaptations du droit du séquestre dans le cadre de la Convention de Lugano de 

2007", in SJ 2013 II 65, p. 86; Felix C. MEIER-DIETERLE, in KuKo SchKG, 2
ème

 

édition, 2014, n° 2a ad art. 271 LP). 

 S'il ordonne le séquestre, le juge du séquestre charge de son exécution l'office des 

poursuites compétent pour y procéder, selon le lieu de situation des biens à 

séquestrer (art. 274 al. 1 LP). Au contraire de celle du juge du séquestre, la 

compétence des offices des poursuites est en effet limitée aux mesures d'exécution 

pouvant être accomplies dans leur propre ressort (MEIER-DIETERLE, op. cit., n° 1b 

ad art. 274 LP). Ainsi, si les biens à séquestrer sont situés dans plusieurs 

arrondissements de poursuite, le juge devra notifier son ordonnance à chaque 

office territorialement compétent (BOVEY, op. cit., p. 93; STUCKI/BURRUS, op. cit., 

p. 87).  

 L'exécution du séquestre, à laquelle les art. 91 à 109 LP relatifs à la saisie 

s'appliquent par analogie (art. 275 LP), incombe ainsi à l'office des poursuites 

désigné par le juge du séquestre. Cet office doit vérifier la régularité formelle de 

l'ordonnance de séquestre et s'assurer que les biens désignés par l'ordonnance de 

séquestre sont situés dans son ressort (ATF 107 III 33 cons. 4; Pierre-

Robert GILLIERON, Poursuite pour dettes, faillite et concordat, 5
ème

 édition, 2012, 

§ 2788 et 2789 p. 539). C'est à lui qu'il incombe, dans le cadre de l'exécution du 

séquestre, de se prononcer sur le caractère saisissable ou relativement saisissable 

des biens visés dans l'ordonnance de séquestre (MEIER-DIETERLE, op. cit., n° 11 

ad art. 275 LP). 

 Les actes et mesures d'exécution du séquestre accomplis par l'office des poursuites 

désigné par le juge du séquestre peuvent être contestés par la voie de la plainte à 

l'autorité de surveillance (GILLIERON, op. cit., § 2791 - 2793 p. 540; MEIER-

DIETERLE, op. cit., n° 12 ad art. 275 LP). 

- 5/7 - 

 

 

A/4179/2015-CS 

 1.2 Selon l'art. 13 al. 1 LP, chaque canton désigne une autorité de surveillance 

pour les offices des poursuites et les offices des faillites. Cette surveillance 

s'exerce notamment par le pouvoir juridictionnel dont dispose l'autorité de 

surveillance saisie d'une plainte au sens de l'art. 17 LP (GILLIERON, Commentaire, 

n° 8 ad art. 13 LP). 

 Dans la mesure où elles sont désignées par les cantons et ont pour mission de 

surveiller les offices des poursuites et les offices des faillites institués par les 

cantons conformément aux art. 1 et 2 LP, la compétence juridictionnelle des 

autorités de surveillance est limitée aux décisions et mesures prises par les offices 

de leur canton. C'est ainsi par exemple que, lorsque dans le cadre de l'entraide 

prévue par l'art. 4 al. 1 LP des mesures d'exécution sont accomplies par un office 

situé dans un autre canton, c'est l'autorité de surveillance de cet autre canton qui 

est compétente pour statuer sur les éventuelles plaintes formées contre ces 

mesures d'exécution (ATF 96 III 93 cons. 1; 84 III 93 cons. 2; Kurt AMONN et 

Fridolin WALTHER, Grundriss des Schuldbetreibungs- und Konkursrechts, 

9
ème

 édition, 2013, § 6 n° 30). 

 1.3 Dans le cas d'espèce, le Tribunal a ordonné le séquestre des avoirs déposés sur 

le compte dont le plaignant est titulaire dans les livres de POSTFINANCE SA et a 

communiqué son ordonnance de séquestre à l'Office des poursuites de la Gruyère, 

le chargeant ainsi de l'exécuter. Ce dernier a effectivement procédé à l'exécution 

du séquestre et a établi un procès-verbal de séquestre, qu'il a adressé au débiteur 

séquestré, dont il résulte que le séquestre a porté sur un montant de 295 fr. 72, 

considéré comme saisissable. 

 Si l'on fait abstraction des griefs de droit matériel soulevés par le plaignant 

(inexistence de la créance, défaut de légitimation de la créancière séquestrante et 

prescription), qui ne relèvent pas de la plainte mais de l'opposition à séquestre 

voire d'une action au fond, ce dernier conteste le caractère saisissable des biens 

séquestrés, au motif qu'il ferait déjà l'objet d'une saisie de ses revenus à son 

domicile. Or il s'agit là, comme exposé ci-dessus, d'un moyen relatif à l'exécution 

du séquestre, devant être soulevé par la voie de la plainte à l'autorité de 

surveillance compétente pour surveiller l'office ayant exécuté le séquestre, soit 

l'Office des poursuites de la Gruyère. 

 La Chambre de surveillance est donc incompétente pour connaître de la plainte, 

qui sera déclarée irrecevable et transmise à la Chambre des poursuites et faillites 

du Tribunal cantonal du canton de Fribourg, en sa qualité d'autorité de 

surveillance de l'Office des poursuites de la Gruyère. 

 Au vu de cette absence de compétence, il n'y a pas lieu d'examiner si c'est à juste 

titre que le Tribunal a chargé l'Office des poursuites de la Gruyère du séquestre 

d'une créance dont le titulaire – soit le débiteur poursuivi – était domicilié à 

- 6/7 - 

 

 

A/4179/2015-CS 

Genève (cf. à cet égard ATF 140 III 512 cons. 3; STUCKI/BURRUS, op. cit., p. 87 

note de bas de page 106). 

2. La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61 al. 2 let. a 

OELP) et il ne peut être alloué aucuns dépens dans cette procédure (art. 62 al. 2 

OELP).     

* * * * * 

- 7/7 - 

 

 

A/4179/2015-CS 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre de surveillance : 

A la forme : 

Déclare irrecevable la plainte formée le 1
er

 décembre 2015 par M. N______ contre le 

procès-verbal de séquestre n° 8xxxx4 établi le 20 novembre 2015 par l'Office des 

poursuites de la Gruyère. 

Transmet ladite plainte à la Chambre des poursuites et faillites du Tribunal cantonal du 

canton de Fribourg. 

Siégeant : 

Monsieur Patrick CHENAUX, président; Madame Natalie OPPATJA et Monsieur 

Claude MARCET, juges assesseur(e)s; Madame Véronique PISCETTA, greffière. 

 

Le président : 

Patrick CHENAUX 

 La greffière : 

Véronique PISCETTA 

 

 

 

Voie de recours : 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 

2005 (LTF; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Chambre de surveillance des Offices 

des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance en matière de poursuite pour 

dettes et faillite (art. 126 LOJ). Il doit être déposé devant le Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les 

dix jours qui suivent la notification de l'expédition complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2  

let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). 

L’art. 119 al. 1 LTF prévoit que si une partie forme un recours ordinaire et un recours constitutionnel, 

elle doit déposer les deux recours dans un seul mémoire. Le recours doit être rédigé dans une langue 

officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens de preuve, et être 

signé (art. 42 LTF).  

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.