# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 3867186f-e69a-5c10-b6a1-38cc6e0c8a9c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2012-01-16
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des baux et loyers 16.01.2012 C/13533/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_004_C-13533-2011_2012-01-16.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 18.01.2012. 

 
  

R E P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/13533/2011 ACJC/60/2012 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des baux et loyers 

DU LUNDI 16 JANVIER 2012 

 

Entre 

X______ SA, p.a. ______, ______ Genève, appelante d'un jugement rendu par le 
Tribunal des baux et loyers le 6 septembre 2011, comparant par Me Christian Buonomo, 

avocat, quai Gustave-Ador 26, 1211 Genève 6, en l'étude duquel elle fait élection de 

domicile aux fins des présentes, 

d’une part, 

Et 

1) Y______ SARL, ayant son siège rue A______ xx, 1204 Genève, 

2) Monsieur Z______, p.a. B______ Sàrl, rue A______ xx, 1204 Genève, 

intimés, comparant tous deux par Me Marc Iynedjian et Me Laurence Crittin, avocats, 

rue Massot 9, 1206 Genève, en l’étude desquels ils font élection de domicile, 

d’autre part, 

 

- 2/8 - 
 

 

C/13533/2011 

EN FAIT 

A. a. Par acte déposé le 23 septembre 2011 au greffe de la Cour de justice, 
X______ SA (ci-après : X______) appelle d'un jugement rendu par le Tribunal 

des baux et loyers le 6 septembre 2011, notifié aux parties par plis recommandés 

du 12 septembre 2011, et reçu le lendemain par X______, déclarant irrecevable 

la requête du 5 juillet 2011 à l'encontre de B______ Sàrl et Z______ et 

déboutant les parties de toutes autres conclusions. 

 En substance, le Tribunal des baux et loyers a retenu que B______ Sàrl et 

Z______ avaient contesté le congé notifié pour défaut de paiement le 29 août 

2011, invoquant tant la nullité formelle de l'avis de résiliation que la nullité 

matérielle, le montant réclamé étant supérieur à la somme effectivement due, de 

sorte que la situation juridique n'était pas claire. Les conditions de la procédure 

du cas clair n'étaient ainsi pas réalisées. 

 b. X______ conclut à l'annulation du jugement entrepris et à ce que la Cour, 
statuant à nouveau, condamne B______ Sàrl et Z______ à évacuer 

immédiatement de leur personne et de leurs biens, ainsi que de tout tiers dont ils 

seraient responsables, l'arcade située au rez-de-chaussée et au sous-sol de 

l'immeuble sis rue A______ xx à Genève et ordonne l'exécution immédiate du 

jugement d'évacuation, par l'intervention d'un huissier judiciaire ou si nécessaire 

par l'intervention de la police. 

 A l'appui de son appel, X______ fait valoir que le congé a été donné dans le 

respect des conditions fixées par l'art. 257d CO et avoir établi que B______ Sàrl 

et Z______ n'avaient pas réglé le loyer dans le délai comminatoire de 30 jours. 

Par ailleurs, les motifs invoqués par B______ Sàrl et Z______ à l'appui de leur 

requête en contestation de la résiliation étaient infondés. Le Tribunal des baux et 

loyers aurait dès lors dû admettre la requête en cas clair. 

 Elle a déposé trois pièces nouvelles, établies postérieurement à l'audience du 

Tribunal. 

 c. Dans leur mémoire de réponse du 7 octobre 2011, B______ Sàrl et Z______ 
concluent à la confirmation du jugement querellé et au rejet intégral du "recours" 

formé le 22 septembre 2011 par X______, avec suite de dépens. 

 Ils indiquent que l'état de fait tel qu'allégué par X______ est litigieux, dès lors 

qu'elle avait réglé les deux loyers en souffrance peu de jours après l'échéance du 

délai comminatoire et que le montant figurant dans le décompte était contesté. 

De plus, la situation juridique n'était pas claire. Ils invoquent également que 

X______ n'a pas exécuté ses propres obligations contractuelles. Enfin, ils font 

valoir être titulaire d'une créance correspondant à six mois de loyer à l'encontre 

- 3/8 - 
 

 

C/13533/2011 

de X______, en raison de la prolongation de la durée des travaux dans 

l'établissement. Ils avaient d'ailleurs saisi la commission de conciliation en 

matière de baux et loyers d'une requête en contestation du congé. 

 Ils ont déposé des pièces nouvelles, établies postérieurement au jugement 

attaqué. 

B. Les faits pertinents de la cause peuvent être résumés comme suit : 

a. Le 29 septembre 2009, X______ a remis à bail à B______ Sàrl et Z______, 
agissant solidairement et conjointement, une arcade au rez-de-chaussée et sous-

sol de l'immeuble sis rue A______ xx à Genève. 

Le bail a débuté le 15 octobre 2009 pour se terminer le 31 octobre 2019, 

renouvelable par tacite reconduction de cinq ans en cinq ans. 

Le loyer initial a été fixé à 180'000 fr. par année, réputé indexable à l'indice 

suisse des prix à la consommation, et l’acompte pour frais accessoires à 8'160 fr. 

annuellement. 

Par avis de majoration de loyer du 20 septembre 2010, le loyer a été porté à 

180'492 fr. l'an.  

Les locaux sont destinés à l'usage d'un restaurant, bar et lounge. 

b. Par avis comminatoire du 4 avril 2011, X______ a mis en demeure 
B______ Sàrl et Z______ de lui régler dans les trente jours le montant de 29'513 

fr. 59. Elle les a informés de son intention de résilier le bail à défaut de paiement 

intégral de la somme réclamée dans le délai imparti, conformément à l'art. 257d 

CO. 

c. Considérant que la somme n'avait pas été réglée dans le délai imparti, 
X______ a, par avis officiel du 17 mai 2011, résilié le bail pour le 30 juin 2011.  

d. Le 16 juin 2011, B______ Sàrl et Z______ ont saisi la Commission de 
conciliation en matière de baux et loyers d'une requête en contestation du congé. 

Ils ont conclu principalement à la constatation de la nullité de la résiliation de 

bail du 17 mai 2011, et, subsidiairement, à l'annulation du congé. 

e. Par requête expédiée le 5 juillet 2011 au greffe du Tribunal des baux et loyers, 
X______ a sollicité l'évacuation de B______ Sàrl et Z______ des locaux en 

cause, non libérés par eux dans le délai imparti. 

f. Lors de l'audience de comparution personnelle des parties et de plaidoiries du 
29 août 2011, le représentant de X______ a indiqué qu'aucun versement n'était 

- 4/8 - 
 

 

C/13533/2011 

intervenu dans le délai comminatoire, mais que le montant réclamé avait été 

versé quelques jours après l'échéance de la mise en demeure.  

 Pour leur part, B______ Sàrl et Z______ ont précisé avoir contesté la résiliation 

du contrat de bail. Ils ont également expliqué que les montants réclamés par 

X______ étaient inexacts et que celle-ci avait tardé à leur verser les sommes 

convenues concernant les travaux effectués dans l'arcade. 

 La cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience. 

C. Les arguments des parties seront examinés en tant que de besoin ci-après. 

EN DROIT 

1. Selon l'art. 121 al. 2 LOJ (RS/GE E 2 05), entré en vigueur le 1er janvier 2011, 
dans les causes fondées sur les art. 257d et 282 CO, la Chambre des baux et 

loyers de la Cour de justice siège sans assesseurs. L'art. 143 LOJ consacré aux 

dispositions transitoires règle le sort des causes pendantes au moment de 

l'introduction de la LOJ. L'al. 1 indique que "en matière civile, les dispositions 

transitoires prévues aux art. 404 à 407 CPC s'appliquent". Ces dernières 

prévoyant l'application du nouveau droit de procédure aux recours formés contre 

des décisions communiquées, comme en l'espèce, après le 1er janvier 2011, il 

convient également d'appliquer la nouvelle LOJ et de statuer dans la composition 

sans assesseurs. 

2. L'appel est recevable contre les décisions finales et les décisions incidentes de 
première instance (art. 308 al. 1 let. a CPC). Dans les affaires patrimoniales, 

l'appel est recevable si la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de 

10'000 fr. au moins (art. 308 al. 2 CPC). 

 Selon la jurisprudence constante du Tribunal fédéral, les contestations portant 
sur l'usage d'une chose louée sont de nature pécuniaire (arrêt 4C.310/1996 du 16 

avril 1997 = SJ 1997 p. 493 consid. 1). 

 Lorsque l'action ne porte pas sur le paiement d'une somme d'argent déterminée, 

le Tribunal détermine la valeur litigieuse si les parties n'arrivent pas à s'entendre 

sur ce point ou si la valeur qu'elles avancent est manifestement erronée (art. 91 

al. 2 CPC). La détermination de la valeur litigieuse suit les mêmes règles que 

pour la procédure devant le Tribunal fédéral (RETORNAZ in : Procédure civile 

suisse, Les grands thèmes pour les praticiens, Neuchâtel, 2010, p. 363; 

SPÜHLER BSK ZPO, n. 8 ad art. 308). 

 L'art. 51 al. 2 LTF dispose que si les conclusions ne tendent pas au paiement 

d'une somme d'argent déterminée, le Tribunal fédéral fixe la valeur litigieuse 

selon son appréciation. La jurisprudence prévoit, s'agissant d'une procédure 

- 5/8 - 
 

 

C/13533/2011 

relative à une évacuation, dans laquelle la question de l'annulation, 

respectivement de la prolongation du bail ne se pose pas, que l'intérêt 

économique du locataire peut être assimilé à la valeur que représente l'usage des 

locaux pendant la période où son déguerpissement ne peut pas être exécuté par la 

force publique (arrêt 4A_72/2007 du 22 août 2007 consid. 2.2). Dans un arrêt de 

2009, le Tribunal fédéral a également précisé que la valeur correspond à l'usage 

de l'appartement pendant la période durant laquelle le locataire pourrait encore 

l'occuper s'il obtient gain de cause (arrêt 4A_549/2008 du 19 janvier 2009 

consid. 1). 

2.1 En l'espèce, la présente procédure a trait exclusivement à une demande 
d'évacuation pour défaut de paiement. La valeur litigieuse correspond dès lors à 

la somme des loyers entre le moment du dépôt du recours par l'appelante et le 

moment où le déguerpissement des intimés pourra vraisemblablement être 

exécuté par la force publique, soit 135'369 fr. (loyer mensuel hors charges de 

15'041 fr. x 9 mois). La période de 9 mois correspond à l'estimation suivante : 

trois mois de procédure devant la Cour de justice, trente jours pour recourir au 

Tribunal fédéral, quatre mois de procédure devant le Tribunal fédéral, et 

cinq mois concernant le dépôt et la procédure d'exécution forcée. 

La voie de l'appel est ainsi ouverte. 

2.2 Selon l'art. 311 CPC, l'appel, écrit et motivé, est introduit auprès de l'instance 
d'appel dans les 30 jours à compter de la notification de la décision, laquelle doit 

être jointe au dossier d'appel. 

Le délai d'appel est réduit à 10 jours si la décision a été rendue en procédure 

sommaire (art. 314 al. 1 CPC). Cette procédure s'applique notamment aux cas 

clairs (art. 248 lit. b CPC). 

L'appel a été interjeté dans le délai de dix jours (art. 257 et 314 al. 1 CPC) et 

suivant la forme prescrite par la loi (art. 130, 131, 311 al. 1 CPC). Il est ainsi 

recevable.  

2.3 La Cour revoit la cause avec un plein pouvoir d'examen (art. 310 CPC).  

3. La Cour examine, en principe, d'office la recevabilité des pièces produites en 
appel (REETZ/HILBER, Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung, 

2010, n. 26 zu 317). 

3.1 Selon l'art. 317 al. 1 CPC, les faits et les moyens de preuves nouveaux ne 
sont pris en considération en appel que s'ils sont invoqués ou produits sans retard 

(let. a) et s'ils ne pouvaient pas être invoqués ou produits devant la première 

instance bien que la partie qui s'en prévaut ait fait preuve de diligence (let. b). 

- 6/8 - 
 

 

C/13533/2011 

Les deux conditions sont cumulatives (JEANDIN, Code de procédure civile 

commenté, Bâle, 2011, n. 6 ad art. 317 CPC). 

3.2 Dans le cas d'espèce, l'appelante et les intimés ont produit des pièces 
nouvelles en appel, établies postérieurement à la date à laquelle la cause a été 

gardée à juger par les premiers juges, de sorte qu'elles sont recevables. 

4. Il y a cas clair si l'état de fait n'est pas litigieux ou est susceptible d'être 
immédiatement prouvé et si la situation juridique est claire (art. 257 al. 1 CPC). 

Il est admis que la procédure d'évacuation postérieure à une résiliation de bail 

pour défaut de paiement du loyer appartient, en principe, à cette catégorie 

(BOHNET, Code de procédure civile commenté, n. 9 ad art. 257 CPC; 

HOFMANN/LUSCHER, Le code de procédure civile, 2009, p. 165; LACHAT, 

Procédure civile en matière de baux et loyers, 2011, ch. 4.4.2.2, p. 167). 

L'état de fait doit pouvoir être établi sans peine, c'est-à-dire que les faits doivent 

être incontestés et susceptibles d'être immédiatement prouvés. Dans le doute, 

l'affaire doit être traitée dans une procédure complète. La situation juridique peut 

être considérée comme claire si, sur la base d'une doctrine et d'une jurisprudence 

éprouvées, la norme s'applique au cas concret et y déploie ses effets de manière 

évidente (BOHNET, op. cit., n. 13 ad art. 257 CPC; HOHL, Procédure civile, 

Tome II, Berne, 2010, p. 304). Si la partie adverse, qui doit être entendue 

(art. 253 CPC), conteste les faits ou oppose une exception à la prétention du 

demandeur, la protection dans les cas clairs ne peut pas être accordée. Il suffit de 

démontrer la vraisemblance des objections; par contre, des allégations dénuées 

de fondement ne sauraient faire obstacle à un procès rapide (Message du Conseil 

fédéral du 28 juin 2006 relatif au code de procédure civile suisse [CPC], in FF 

2006 p. 6841 ss, p. 6959).  

 Selon la doctrine, si le locataire a saisi, parallèlement à la demande d'expulsion, 

l'autorité paritaire de conciliation d'une demande d'annulation du congé anticipé, 

il y a lieu de considérer qu'il appartient à cette autorité d'examiner le cas. Dans 

une telle hypothèse, le "cas clair" devra être dénié (LACAHT, op. cit.,  

p. 168-169). 

4.1 Dans le cas d'espèce, l'appelante a notifié un avis de résiliation de bail aux 
intimés le 17 mai 2011, pour défaut de paiement. Les intimés ont saisi le 16 juin 

2011 la Commission de conciliation en matière de baux et loyers d'une requête, 

concluant principalement à la nullité du congé, subsidiairement à l'annulation de 

celui-ci. Les intimés ont également contesté le montant de la dette, considérant 

que celui-ci était supérieur à la somme effectivement due. Ils ont finalement 

invoqué en compensation une créance correspondant à six mois de loyer. 

- 7/8 - 
 

 

C/13533/2011 

 Dans ces circonstances, l'état de fait ne peut pas être établi sans peine et la 

situation juridique n'est pas claire. 

 Comme l'a retenu à bon droit le Tribunal des baux et loyers, il appartiendra au 

juge saisi de l'opposition au congé de statuer, le cas échéant en ordonnant des 

mesures probatoires, de se prononcer sur le bien-fondé ou non des arguments des 

intimés. 

La procédure sommaire prévue par l'art. 257 al. 1 CPC ne pouvant pas être 

appliquée, c'est à bon droit, en conformité avec l'art. 257 al. 3 CPC, que les 

premiers juges ne sont pas entrés en matière sur la requête de l'appelante. 

4.2 L'appelante sera dès lors déboutée de ses conclusions et le jugement entrepris 
confirmé. 

5. La procédure est gratuite, de sorte qu'il n'est pas perçu de frais ni alloué de dépens 
(art. 17 al. 1 LaCC), étant rappelé que l'art. 116 al. 1 CPC autorise les cantons à 

prévoir des dispenses de frais dans d'autres litiges que ceux visés à l'art. 114 CPC. 

* * * * * 

- 8/8 - 
 

 

C/13533/2011 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre des baux et loyers : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté le 23 septembre 2011 par X______ SA contre le 

jugement JTBL/1007/2011 rendu le 6 septembre 2011 par le Tribunal des baux et loyers 

dans la cause C/13533/2011-8-E. 

Au fond : 

Confirme ce jugement. 

Dit que la procédure est gratuite. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Siégeant : 

Monsieur Jean-Marc STRUBIN, président; Madame Elena SAMPEDRO et  

Madame Nathalie LANDRY-BARTHE, juges; Madame Maïté VALENTE, greffière. 

 

Le président : 

Jean-Marc STRUBIN 

 La greffière : 

Maïté VALENTE 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 

173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec 

expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par devant le Tribunal fédéral par la voie du recours 

en matière civile.  

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF : cf. considérant 2.1.