# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** dfee96d6-977e-5470-885c-3a5a850bff9b
**Source:** Bern Gerichte (BE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-01-16
**Language:** fr
**Title:** Bern Obergericht Beschwerdekammer in Strafsachen 16.01.2024 BK 2023 241
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/BE_ZivilStraf/BE_OG_008_BK-2023-241_2024-01-16.pdf

## Full Text

Cour suprême
du canton de Berne

Chambre de recours pénale 

Obergericht
des Kantons Bern

Beschwerdekammer in 
Strafsachen

Décision
BK 23 241

Hochschulstrasse 17
Case postale
3001 Berne
Téléphone +41 31 635 48 13
Fax +41 31 634 50 55
coursupreme-penal.berne@justice.be.ch
www.justice.be.ch/coursupreme Berne, le 16 janvier 2024

Composition Juges d’appel Bähler (Président), Schmid et Hubschmid
Greffière Bättig

Participants à la procédure A.________
prévenue

Parquet général du canton de Berne, Nordring 8, 3001 Berne

B.________
partie plaignante demandeur au pénal et au civil/recourant

Objet classement

procédure pénale pour contrainte, calomnie, diffamation etc.

recours contre l'ordonnance du Ministère public du canton de 
Berne, Région Jura bernois-Seeland, du 23 mai 2023 (BJS 22 
6763)

2

Considérants:

1.

1.1 Le 28 mars 2022, B.________ (ci-après : le recourant ou le plaignant) a déposé 
quatre plaintes pénales à l’encontre de son épouse, A.________ (ci-après : la 
prévenue) – dont il est séparé – pour calomnie, diffamation, « usurpation 
d’identité » et contrainte. Une nouvelle plainte pénale a également été déposée le 
9 mai 2022 contre la précitée pour escroquerie.

1.2 Par ordonnance du 23 mai 2023, le Ministère public du canton de Berne, Région 
Jura bernois-Seeland (ci-après : Ministère public), a classé la procédure pénale 
dirigée contre la prévenue en application de l’art. 319 al. 1 let. a et b du Code de 
procédure pénale suisse (CPP ; RS 312.0). Les frais ont été mis à la charge du 
canton de Berne et aucune indemnité n’a été allouée à la prévenue. 

1.3 Par courrier du 10 juin 2023, déposé en mains propres le 12 juin 2023 à la Cour 
suprême du canton de Berne, B.________ a formé recours contre l’ordonnance 
précitée auprès de la Chambre de recours pénale de la Cour suprême du canton 
de Berne. Il n’a pas pris de conclusions formelles, mais demande en substance 
l’annulation de l’ordonnance attaquée ainsi que le renvoi de la cause au Ministère 
public pour poursuite de l’instruction. 

1.4 Par ordonnance du 16 juin 2023, le Président de la Chambre de recours pénale a 
ouvert une procédure de recours et imparti un délai de 20 jours au Parquet général 
et à la prévenue pour prendre position.

1.5 Par courrier du 20 juillet 2023 et dans le délai prolongé par le Président de la 
Chambre de recours pénale, le Parquet général a fait parvenir sa prise de position. 
Il a conclu au rejet du recours dans la mesure de sa recevabilité et à la mise des 
frais à la charge du recourant. Sur le fond, le Parquet général a renvoyé à 
l’ordonnance attaquée, à laquelle il s’est entièrement rallié. Au surplus, le Parquet 
général a relevé en substance que le recourant fait manifestement une confusion 
entre un comportement illicite au sens du droit pénal et des allégations de parties 
faites dans le cadre de déclarations ou d’écritures dans une procédure civile. En 
particulier, il a soutenu que les affirmations contenues dans la requête de mesures 
protectrices de l’union conjugale représentent typiquement des allégations de 
parties et qu’il n’est pas possible de démontrer que la prévenue, respectivement sa 
mandataire, avait conscience de la fausseté de ses dires, si tant est que ceux-ci 
soient effectivement faux. 

1.6 La prévenue ne s’est pas déterminée dans le délai imparti.

1.7 Par ordonnance du 21 juillet 2023, le Président de la Chambre de recours pénale a 
pris et donné acte de la prise de position du Parquet général ainsi que de l’absence 
de détermination de la prévenue. Il a été renoncé à un second échange d’écritures. 

2.

2.1 Les décisions du Ministère public peuvent faire l’objet d’un recours écrit et motivé 
auprès de la Chambre de recours pénale de la Cour suprême du canton de Berne 
dans un délai de 10 jours dès leur notification (art. 393 al. 1 let. a CPP en relation 

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avec l’art. 396 al. 1 CPP, art. 35 de la loi sur l’organisation de autorités judiciaires 
et du Ministère public [LOJM; RSB 161.1] en relation avec l’art. 29 al. 2 du 
règlement d’organisation de la Cour suprême [ROr CS; RSB 162.11]). 
L’art. 385 al.  1 CPP exige que le recours soit motivé, c’est-à-dire que le recourant 
indique les points de la décision qu’il conteste et explique pourquoi il demande la 
modification ou l’annulation de la décision querellée. 

2.2 Sous l’angle de la recevabilité du recours, il convient de rappeler qu’à teneur de 
l’art. 382 al. 1 CPP, toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l’annulation 
ou à la modification d’une décision a qualité pour recourir contre celle-ci. La qualité 
pour recourir de B.________ dans la présente procédure, lésé dans ses intérêts 
juridiquement protégés par l’ordonnance de classement, est donnée. Pour le 
surplus, le recours a été déposé dans les formes et délais prévus à l’art. 396 al. 1 
CPP. Il est donc entré en matière. 

3.

3.1 En vertu de l'art. 319 al. 1 CPP, le Ministère public ordonne le classement de tout 
ou partie de la procédure lorsqu'aucun soupçon justifiant une mise en accusation 
n'est établi (let. a) ou lorsque les éléments constitutifs d'une infraction ne sont pas 
réunis (let. b). La décision de classer la procédure doit être prise en application du 
principe in dubio pro duriore. Ce principe vaut également pour l’autorité judiciaire 
chargée de l’examen d’une décision de classement. Il signifie qu'en règle générale, 
un classement ou une non-entrée en matière ne peut être prononcé par le 
ministère public que lorsqu'il apparaît clairement que les faits ne sont pas 
punissables ou que les conditions à la poursuite pénale ne sont pas remplies. Le 
ministère public et l'autorité de recours disposent, dans ce cadre, d'un pouvoir 
d'appréciation que le Tribunal fédéral revoit avec retenue. La procédure doit se 
poursuivre lorsqu'une condamnation apparaît plus vraisemblable qu'un 
acquittement ou lorsque les probabilités d'acquittement et de condamnation 
apparaissent équivalentes, en particulier en présence d'une infraction grave. En 
effet, en cas de doute s'agissant de la situation factuelle ou juridique, ce n'est pas à 
l'autorité d'instruction ou d'accusation mais au juge matériellement compétent qu'il 
appartient de se prononcer (ATF 143 IV 241 consid. 2.2.1 et les références citées ; 
arrêt du Tribunal fédéral 6B_1148/2021 du 23 juin 2023 consid. 3.1). L’autorité de 
recours ne saurait ainsi confirmer un classement au seul motif qu’une 
condamnation n’apparaît pas plus probable qu’un acquittement (arrêt du Tribunal 
fédéral 6B_258/2021 du 12 juillet 2021 consid. 2.2 et les références citées). 

3.2 L'établissement des faits incombe principalement au juge matériellement 
compétent pour se prononcer sur la culpabilité du prévenu. Le ministère public et 
l'autorité de recours n'ont dès lors pas, dans le cadre d'une décision de classement 
d'une procédure pénale, respectivement à l'encontre d'un recours contre une telle 
décision, à établir l'état de fait comme le ferait le juge du fond. Des constatations 
de fait sont admises à ce stade, dans le respect du principe in dubio pro duriore, 
soit dans la mesure où les faits sont clairs, respectivement indubitables, de sorte 
qu'en cas de mise en accusation ceux-ci soient très probablement constatés de la 
même manière par le juge du fond. Tel n'est pas le cas lorsqu'une appréciation 

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différente par le juge du fond apparaît tout aussi vraisemblable. Le principe in dubio 
pro duriore interdit ainsi au ministère public, lorsque les preuves ne sont pas 
claires, d'anticiper sur leur appréciation par le juge du fond. L'appréciation juridique 
des faits doit en effet être opérée sur la base d'un état de fait établi en vertu du 
principe in dubio pro duriore, soit sur la base de faits clairs (ATF 143 IV 241 consid. 
2.3.2 et les références citées ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_1148/2023 du 23 juin 
2023 consid. 3.2).

3.3 En l’occurrence, le Ministère public a classé l’affaire en application de 
l’art. 319 al. 1 let. a et b CPP. L’autorité précitée a estimé que les éléments 
constitutifs des infractions reprochées n’étaient pas remplis et qu’aucun soupçon 
justifiant une mise en accusation n’était établi en l’espèce. En ce qui concerne 
l’infraction de calomnie, le Ministère public a considéré qu’il s’agissait d’allégations 
faites dans le contexte de procédures civiles afférentes à la séparation des parties, 
de sorte que les propos tenus par la prévenue relèvent uniquement de l’obligation 
procédurale d’allégation des faits. Quant aux propos que la prévenue aurait tenus 
devant les enfants du couple, le Ministère public a estimé qu’il n’y avait pas assez 
d’éléments de preuves au dossier pour qu’une mise en accusation s’impose.

3.4 Selon l'art. 173 ch. 1 du Code pénal suisse (CP ; RS 311.0), se rend coupable de 
diffamation celui qui, en s’adressant à un tiers, aura accusé une personne ou jeté 
sur elle le soupçon de tenir une conduite contraire à l’honneur, ou de tout autre fait 
propre à porter atteinte à sa considération, ou celui qui aura propagé une telle 
accusation ou un tel soupçon. L'art. 173 ch. 2 CP prévoit que l'auteur n'encourra 
aucune peine s'il prouve que les allégations qu'il a articulées ou propagées sont 
conformes à la vérité ou qu'il avait des raisons sérieuses de les tenir de bonne foi 
pour vraies. L'admission à la preuve libératoire constitue la règle. Elle ne peut être 
refusée que si deux conditions sont réunies cumulativement: l'auteur a agi 
principalement dans le but de dire du mal d'autrui et il s'est exprimé sans motif 
suffisant. A teneur de l’art. 174 ch. 1 CP, se rend coupable de calomnie celui qui, 
connaissant la fausseté de ses allégations, aura, en s'adressant à un tiers, accusé 
une personne ou jeté sur elle le soupçon de tenir une conduite contraire à 
l'honneur, ou de tout autre fait propre à porter atteinte à sa considération, ou celui 
qui aura propagé de telles accusations ou de tels soupçons, alors qu'il en 
connaissait l'inanité. Les art. 173 et 174 CP protègent la réputation d'être une 
personne honorable, c'est-à-dire de se comporter comme une personne digne a 
coutume de le faire selon les conceptions généralement reçues. L'honneur protégé 
par le droit pénal est conçu de façon générale comme un droit au respect, qui est 
lésé par toute assertion propre à exposer la personne visée au mépris en sa qualité 
d'homme (ATF 137 IV 313 consid. 2.1.1 ; ATF 132 IV 112 consid. 2.1). La 
diffamation suppose une allégation de fait et non un simple jugement de valeur 
(ATF 117 IV 27 consid. 2c). Pour apprécier si une déclaration est attentatoire à 
l'honneur, il faut se fonder non pas sur le sens que lui donne la personne visée, 
mais sur une interprétation objective selon la signification qu'un destinataire non 
prévenu doit lui donner dans les circonstances d'espèce (ATF 137 IV 313 consid. 
2.1.3). La calomnie est une forme qualifiée de diffamation, dont elle se distingue en 
cela que les allégations attentatoires à l’honneur sont fausses, que l’auteur doit 
avoir eu connaissance de la fausseté de ces allégations et qu’il n’y a dès lors pas 

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de place pour les preuves libératoires prévues dans le cas de la diffamation (arrêt 
du Tribunal fédéral 6B_1040/2022 du 23 août 2023 consid. 3.1.1 et les références 
citées).

3.5 Selon l'art. 181 CP, celui qui, en usant de violence envers une personne ou en la 
menaçant d'un dommage sérieux, ou en l'entravant de quelque autre manière dans 
sa liberté d'action, l'aura obligée à faire, à ne pas faire ou à laisser faire un acte 
sera puni d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine 
pécuniaire. 

Cette infraction suppose l’existence des éléments constitutifs objectifs suivants : un 
moyen illicite de contrainte, un comportement induit par la contrainte, un lien de 
causalité entre la contrainte et le comportement de la victime ; ainsi qu’un élément 
constitutif subjectif, à savoir l’intention (CHRISTIAN FAVRE, in Commentaire romand 
du Code pénal II, 1ère éd. 2017, nos 8 ss ad art. 181 CP).

En outre, la contrainte doit apparaître comme illicite, l’art. 181 CP protégeant la 
liberté d’action et de décision. Une contrainte est illicite lorsque le moyen ou le but 
est contraire au droit, ou lorsque le moyen est disproportionné pour atteindre le but 
visé ou encore lorsqu’un moyen de contrainte conforme au droit utilisé pour 
atteindre un but légitime constitue, au vu des circonstances, un moyen de pression 
abusif ou contraire aux mœurs (CHRISTIAN FAVRE, in Commentaire romand du 
Code pénal II, 1ère éd. 2017, no 25 ad art. 181 CP). De plus, la condition de la 
menace d’un dommage sérieux est considérée comme réalisée lorsque la 
survenance de l’inconvénient dépend de la volonté de l’auteur et que sa possible 
réalisation est de nature à entraver le destinataire dans sa liberté de décision. Est 
ici visé non la simple mise en garde ou l’avertissement, mais une forme de 
pression psychologique qui peut, par exemple, consister en la perspective de 
porter atteinte à un bien particulier, comme la santé, mais aussi à des acquis 
immatériels tels l’avenir économique, les chances de carrière, l’honneur, la 
considération et l’intégrité d’une personne ou encore la réputation auprès de la 
clientèle d’une entreprise (CHRISTIAN FAVRE, in Commentaire romand du Code 
pénal II, 1ère éd. 2017, no 13 ad art. 181 CP).

3.6 Aux termes de l'art. 146 CP, se rend coupable d'escroquerie celui qui, dans le 
dessein de se procurer ou de procurer à un tiers un enrichissement illégitime, aura 
astucieusement induit en erreur une personne par des affirmations fallacieuses ou 
par la dissimulation de faits vrais ou l'aura astucieusement confortée dans son 
erreur et aura de la sorte déterminé la victime à des actes préjudiciables à ses 
intérêts pécuniaires ou à ceux d'un tiers. 

Les éléments constitutifs objectifs de l’escroquerie sont les suivants : une 
tromperie, une astuce, une induction en erreur, un acte préjudiciable aux intérêts 
pécuniaires, un dommage et un rapport de causalité ; ainsi que deux éléments 
constitutifs subjectifs, à savoir, l’intention et le dessein d’enrichissement illégitime 
(ANDREW M. GARBARSKI/BENJAMIN BORSODI, in Commentaire romand du Code 
pénal II, 1ère éd. 2017, no 8 ss ad art. 146 CP). 

3.7 Il convient d’examiner successivement les différentes infractions dont le plaignant 
accuse la prévenue. 

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3.8 Calomnie (art. 174 CP)

Invoquant une constatation inexacte des faits, le recourant reproche au Ministère 
public d’avoir présenté le contenu de la plainte pénale différemment de ce qui 
figurait réellement dans cette dernière. Il relève tout d’abord que la prévenue lui a 
reproché, devant trois de leurs enfants, de n’avoir eu pour 2 ou 3 mois que les 
CHF 3'600.00 qu’elle a pris en janvier. Il poursuit en indiquant que ces mêmes 
affirmations ressortent de la requête de mesures protectrices de l’union conjugale 
du 16 mars 2022. Aux yeux du recourant, ces accusations sont constitutives de 
calomnie. De plus, il fait en substance grief au Ministère public d’avoir fait preuve 
de partialité à son endroit. 

Lors de son audition, A.________ a expliqué que B.________ avait retiré son 
argent du compte bancaire et qu’il avait par la suite utilisé cet argent pour acheter 
le nécessaire de la famille. Elle a contesté avoir dit que le recourant avait mis la 
famille dans le besoin (audition du 10 août 2022, l. 93-95). La prévenue a 
également exposé qu’au mois de novembre, le recourant avait commencé à vider 
les divers comptes communs, précisant que tous les comptes d’épargne avaient 
été vidés par le plaignant (audition du 10 août 2022, l. 111-114). Enfin, elle a 
démenti avoir déclaré devant ses trois plus jeunes enfants qu’elle n’avait que 
CHF 3'600.00 pour vivre (audition du 10 août 2022, l. 156). 

Il ressort de l’audition de B.________, que ce dernier a en substance exposé se 
souvenir que la prévenue avait dit aux enfants que c’était de sa faute s’ils n’avaient 
plus d’argent pour le reste du mois. Il a précisé qu’elle avait également formulé de 
telles accusations par-devant le tribunal (audition déléguée du 20 avril 2023, l. 118-
119, l. 127-128). Le recourant a également confirmé que la prévenue avait affirmé 
qu’elle n’avait plus que CHF 3'600.00 pour vivre, précisant qu’elle avait omis de 
dire qu’elle avait aussi retiré des fonds les mois précédents (audition déléguée du 
20 avril 2023, l. 344-345).

En ce qui concerne les propos que la prévenue aurait tenus devant les enfants du 
couple, il sied de constater, à l’instar du Ministère public, que le dossier ne contient 
pas suffisamment d’éléments de preuve pour qu’une mise en accusation s’impose 
au sens de la jurisprudence exposée ci-avant (voir ch. 3.1). En outre, l’analyse de 
crédibilité des déclarations des parties effectuée par le Ministère public ne porte 
pas le flanc à la critique. 

Quant aux affirmations contenues dans la requête de mesures protectrices de 
l’union conjugale du 16 mars 2022, il sied d’emblée de relever que ces dernières 
représentent précisément des allégations de parties faites dans le contexte d’une 
procédure civile afférente à la séparation des époux A.________. A la lecture de la 
requête susmentionnée, il convient de constater que l’avocate de la prévenue s’est 
limitée à ce qui était nécessaire et pertinent dans le cadre du litige civil. Ceci étant, 
la Chambre de recours pénale estime, à l’instar du Parquet général, qu’il est 
impossible de démontrer que la prévenue, respectivement son conseil, avait 
conscience de la fausseté de ses affirmations, pour autant que celles-ci soient 
effectivement fausses. 

Au vu de tout ce qui précède, le premier grief doit être rejeté. 

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3.9 Diffamation (art. 173 CP)

Dans un second moyen, le recourant estime que la question est de savoir si 
l’affirmation faite à des enfants mineurs, selon laquelle leur père « fréquente un 
trottoir » est susceptible ou non de ternir la réputation du père aux yeux de ses 
enfants. Il est ainsi d’avis que les éléments constitutifs de l’infraction sont réunis en 
l’espèce. 

La Chambre de céans ne discerne pas en quoi le fait de dire d’un homme qu’il 
serait allé voir des prostituées porterait atteinte à son honneur protégé par le droit 
pénal. Ces paroles ne sont ni grossières, ni vulgaires, ni outrageantes. Tout au 
plus, montrent-elles une forme de mépris, lequel ne saurait toutefois revêtir une 
gravité suffisante pour justifier une condamnation du chef de diffamation, étant 
rappelé qu’il ne suffit pas d’abaisser une personne dans la bonne opinion qu’elle a 
d’elle-même, ni dans les qualités qu’elle croit avoir. Au surplus, il est également 
rappelé que pour apprécier si une déclaration est attentatoire à l'honneur, il faut se 
fonder non pas sur le sens que lui donne la personne visée, mais sur une 
interprétation objective selon la signification qu'un destinataire non prévenu doit lui 
donner dans les circonstances d'espèce.

Partant, c’est à bon droit que le Ministère public a classé la procédure sur ce point. 
Le deuxième grief doit par conséquent être rejeté.

3.10 Contrainte ou tentative de contrainte (art. 181 CP)

Dans un troisième grief, le recourant relève en substance que la contrainte est, 
selon lui, illicite dans la mesure où elle n’est pas fondée sur des faits réels mais sur 
une affirmation calomnieuse.  

Par courrier du 17 février 2022, la mandataire de l’intimée a écrit au recourant ce 
qui suit : « Dans l’optique d’entamer des pourparlers constructifs lors de notre 
rencontre du 3 mars prochain, je vous invite sérieusement à régler lesdites factures 
et éviter ainsi que ma cliente se trouve dans une situation financière encore plus 
précaire. Dans le cas contraire, je renoncerai à notre rencontre et me verrai 
contrainte d’engager une procédure de mesures protectrices de l’union conjugale 
afin de sauvegarder les intérêts de ma cliente ».

Il sied d’emblée de relever que la prévenue n’est pas l’auteure de la missive du 
17 février 2022, de sorte qu’il ne saurait lui être reproché d’avoir commis l’infraction 
dénoncée. 

Ceci étant, à la lecture du courrier litigieux, il n’apparaît pas que la mandataire de la 
prévenue ait cherché à contraindre le recourant à payer les factures en le 
menaçant de déposer une requête de mesures protectrices de l’union conjugale s’il 
ne s’exécutait pas. Au contraire, il y a plutôt lieu de considérer ledit courrier comme 
un simple avertissement qu’à défaut de paiement, une procédure devra être 
engagée afin de sauvegarder les intérêts de A.________, et non comme un moyen 
de pression psychologique de nature à entraver le recourant dans sa liberté de 
décision. La Chambre de recours pénale considère que le fait d’avertir le recourant 
qu’une procédure de mesures protectrices de l’union conjugale sera engagée en 
cas de non-paiement des factures, ne constitue pas une menace d’un dommage 

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sérieux au sens de l’art. 181 CP. Au surplus, il est relevé que le dépôt d’une 
requête de mesures protectrices de l’union conjugale ne représente pas un moyen 
illicite. 

Partant, c’est à juste titre que le Ministère public a retenu que les éléments 
constitutifs de la contrainte au sens de l’art. 181 CP n’étaient pas remplis en 
l’espèce. Le présent grief doit par conséquent être rejeté. 

3.11 Contrainte (art. 181 CP)

Dans un quatrième grief, le recourant soulève en substance que le moyen de 
contrainte réside dans le fait qu’il a été averti, notamment par C.________, qu’une 
poursuite serait bientôt engagée à son encontre.

Il ressort de la plainte pénale du 28 mars 2022 que le plaignant a reproché à 
A.________ d’avoir commandé divers articles auprès de D.________ ainsi que de 
C.________, à son nom, afin de le contraindre à devoir payer ces factures. 

Il sied d’emblée de relever que les éléments constitutifs de la contrainte ne sont 
pas remplis en l’espèce. En effet, le simple fait d’utiliser le nom d’autrui pour 
effectuer une commande ne constitue pas un moyen de contrainte au sens de 
l’art. 181 CP. 

Au vu de ce qui précède, c’est à bon droit que le Ministère public a prononcé un 
classement au motif qu’aucune infraction n’entrait en ligne de compte sur ce point. 
Le quatrième grief doit ainsi être rejeté. 

3.12 Escroquerie (art. 146 CP)

Dans le cadre d’un dernier grief, le recourant reproche au Ministère public d’avoir 
classé la procédure au motif qu’aucune escroquerie ne peut être commise dans le 
cadre d’une procédure civile. 

A titre liminaire, il est relevé que le recourant a déposé plainte pénale pour 
escroquerie. Il a en substance reproché à la prévenue d’avoir, par l’intermédiaire 
de sa mandataire, pris diverses conclusions dans le cadre de sa requête de 
mesures protectrices de l’union conjugale datée du 16 mars 2022, dont la 
motivation reposerait sur une construction complexe et mensongère. 

L’argumentation du recourant est sans pertinence. A le suivre, il faudrait considérer 
qu’il y aurait escroquerie dans pratiquement chaque procès civil. Or, le simple fait 
de prendre des conclusions civiles, comme tel est le cas en l’espèce, ne saurait 
être considéré comme astucieux.

En définitive, la Chambre de céans ne perçoit pas en quoi le comportement de la 
prévenue serait susceptible d’être constitutif d’une escroquerie au sens de 
l’art. 146 CP. Infondé, le grief du recourant doit être rejeté. 

3.13 Au vu de tout ce qui précède, le recours doit être rejeté et l’ordonnance attaquée 
confirmée. 

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4.

4.1 Les frais de la procédure de recours, comprenant un émolument global de 
CHF 2’000.00, sont mis à la charge du recourant qui succombe, en application de 
l’art. 428 al. 1 CPP. 

4.2 Selon une jurisprudence bien établie, la décision sur les frais préjuge de la question 
de l'indemnisation (ATF 144 IV 207 consid. 1.8.2 ; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_373/2019 du 4 septembre 2019 consid. 1.2), de sorte qu’aucune indemnité 
n’est allouée au recourant.

4.3 Il n’appert pas que la procédure ait causé à la prévenue des dépenses susceptibles 
d’être indemnisées de sorte qu’aucune indemnité ne lui est allouée dans la 
procédure de recours.

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La Chambre de recours pénale décide:

1. Le recours est rejeté. 

2. Les frais de la procédure de recours, comprenant un émolument global de 
CHF 2’000.00, sont mis à la charge du recourant. 

3. Il n’est pas alloué d’indemnité de partie. 

4. A notifier:
- à la partie plaignante demandeur au pénal et au civil/recourant (par courrier 

recommandé)
- au Parquet général (par coursier)
- à la prévenue (par courrier recommandé)

A communiquer:
- au Ministère public Jura bernois-Seeland, Procureure E.________ (avec le 

dossier – par colis recommandé)

Berne, le 16 janvier 2024 Au nom de la Chambre de recours 
pénale
Le Président :

Bähler, Juge d'appel

La Greffière :

Bättig

Voies de recours
Un recours en matière pénale selon les art. 39 ss, 78 ss et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral (LTF ; RS 
173.110) peut être déposé auprès du Tribunal fédéral (Av. du Tribunal fédéral 29, Case postale, 1000 
Lausanne 14) contre la présente décision dans les 30 jours qui suivent sa notification. Le recours doit 
respecter les exigences de l’art. 42 LTF.
Remarques :
Les envois par fax et par e-mail ordinaire ne sont pas valables et ne sauvegardent pas les délais.
Les envois peuvent se faire à certaines conditions par voie électronique. Vous trouverez des précisions à ce 
propos sur le site internet de la Cour suprême (www.justice.be.ch/coursupreme).
Le numéro du dossier doit figurer sur les envois (BK 23 241).
Les citations, les ordonnances et les décisions sont réputées notifiées lorsque, expédiées par lettre signature, 
elles n’ont pas été retirées dans les sept jours à compter de la tentative infructueuse de remise du pli, si la 
personne concernée devait s’attendre à une telle remise (art. 85 al. 4 let. a CPP). Les instructions particulières 
données à la Poste suisse tels que les ordres de garder le courrier ou les prolongations du délai de retrait n’y 
changent rien. Dans ces cas également l’envoi est réputé notifié le septième jour suivant sa réception par 
l’office postal du lieu du destinataire.