# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 32823946-2fe6-57ee-8417-3ef5adb9af47
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2016-12-07
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 07.12.2016 D-7386/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-7386-2016_2016-12-07.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour IV 

D-7386/2016 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  7  d é c e m b r e  2 0 1 6  

Composition 
 Yanick Felley, juge unique,  

avec l'approbation de Gérard Scherrer, juge; 

Paolo Assaloni, greffier. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

Maroc,  

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile (non-entrée en matière / procédure Dublin) et renvoi; 

décision du SEM du 21 novembre 2016 / N (…). 

 

 

 

D-7386/2016 

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Vu 

la demande d'asile déposée par A._______, le 16 octobre 2016, au Centre 

d'enregistrement et de procédure (CEP) du SEM à Vallorbe, 

les investigations entreprises par le SEM, le 17 octobre 2016, dans la base 

de données de l'unité centrale du système européen automatisé 

d'identification d'empreintes digitales (Eurodac), dont il est ressorti que 

le requérant était entré illégalement en Italie le 22 juillet 2015 et avait 

déposé une demande d’asile en Allemagne le 21 mars 2016, 

le procès-verbal d'audition sur les données personnelles (audition 

sommaire) du 26 octobre 2016 à teneur duquel le requérant a expliqué qu'il 

était de nationalité marocaine, d’ethnie berbère et de religion musulmane, 

qu’il avait quitté le Maroc à destination de la Libye en 2013, qu’il avait rejoint 

clandestinement l’Italie au cours du mois de juin 2015, qu’il s’était ensuite 

rendu en Autriche puis en Allemagne où il avait déposé une demande 

d’asile, que les autorités allemandes l’avaient renvoyé en Italie le 

10 octobre 2016 après avoir refusé de donner suite à sa demande d’asile, 

qu’il était entré illégalement en Suisse le 16 octobre 2016, qu’il n’avait pas 

de problèmes de santé, et, invité par le SEM à se déterminer sur son 

éventuel transfert vers l’Italie en tant que pays éventuellement responsable 

du traitement de sa demande de protection internationale, qu'il s’opposait 

à cette mesure en raison des mauvaises conditions d’accueil qu’il avait 

connues dans ce pays, 

la requête aux fins de reprise en charge du requérant adressée par le SEM 

à l’Unité Dublin du Ministère italien de l'intérieur, le 3 novembre 2016, 

en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et 

du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de 

détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande 

de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres 

par un ressortissant de pays tiers ou un apatride (refonte) (Journal officiel 

de l'Union européenne [JO] L 180/31 du 29.6.2013, ci-après : règlement 

Dublin III), 

le message électronique du 22 novembre 2016, à teneur duquel le SEM 

a informé l’Unité Dublin italienne que, n’ayant pas donné suite à sa 

demande du 3 novembre 2016, l’Italie était devenue responsable du 

traitement de la demande d’asile du requérant, 

la décision datée du 21 novembre 2016, notifiée le 25 novembre suivant, 

par laquelle le SEM n'est pas entré en matière sur la demande d'asile du 

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requérant en application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi (RS 142.31), 

a prononcé son renvoi vers l’Italie et ordonné l'exécution de cette mesure 

en relevant l'absence d'effet suspensif à un éventuel recours, 

le recours interjeté le 29 novembre 2016 auprès du Tribunal administratif 

fédéral (ci-après : Tribunal), par lequel le requérant a conclu à l'annulation 

de cette décision et au renvoi de la cause au SEM afin qu'il entre en matière 

sur sa demande d'asile, 

la requête d'assistance judiciaire partielle dont est assorti le recours, 

la réception, le 2 décembre 2016, du dossier de première instance par 

le Tribunal, 

les autres faits exposés ci-après dans la mesure utile, 

et considérant 

que, sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 LTAF (RS 173.32), 

le Tribunal connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 PA 

(RS 172.021) prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF 

(cf. art. 31 LTAF, applicable par renvoi de l'art.105 LAsi), 

qu'en particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile et 

le renvoi d'un requérant de Suisse peuvent être contestées auprès 

du Tribunal, lequel statue alors définitivement, sauf demande d'extradition 

déposée par l'Etat dont le requérant cherche à se protéger (cf. art. 33 

let. d LTAF en relation avec l'art. 6a al. 1 LAsi, art. 83 let. d ch. 1 LTF 

[RS 173.110]), exception non réalisée en l'espèce, 

que, partant, le Tribunal est compétent pour connaître du présent litige, 

qu'en matière d'asile, la procédure devant le Tribunal est régie par la PA, 

à moins que la LAsi ou la LTAF n'en disposent autrement (cf. art. 6 LAsi 

et 37 LTAF), 

que A._______ a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA), 

que le recours, interjeté dans la forme et le délai prescrits par la loi 

(cf. art. 52 al. 1 PA et 108 al. 2 LAsi), est recevable, 

qu'il est renoncé à un échange d'écritures (cf. art. 111a al. 1 LAsi), 

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que, dans un recours contre une décision fondée sur la loi sur l'asile et 

le règlement Dublin III, le recourant peut invoquer la violation du 

droit fédéral, notamment l'abus ou l'excès dans l'exercice du pouvoir 

d'appréciation, et l'établissement inexact ou incomplet de l'état de fait 

pertinent (cf. art. 106 al. 1 let. a et b LAsi), 

qu'il ne peut pas faire valoir l’inopportunité de la décision (cf. ATAF 2015/9 

consid. 6.2, 8.2.2; 2014/26 consid. 5.6; arrêt du TAF E-641/2014 du 

13 mars 2015 consid. 5.4, 5.6 [non publié dans ATAF 2015/9]), 

que, saisi d'un recours contre une décision de non-entrée en matière sur 

une demande d'asile, le Tribunal se limite à examiner le bien-fondé d'une 

telle décision (cf. ATAF 2014/39 consid. 2 et réf. cit; 2012/4 consid. 2.2; 

2009/54 consid. 1.3.3; 2007/8 consid. 5), 

qu’il fonde sa décision sur l'état de fait existant au moment où il statue, soit 

aussi sur les évènements qui sont intervenus entre la décision contestée 

et l'arrêt sur recours (cf. ATAF 2014/1 consid. 2; 2012/21 consid. 5; 2011/43 

consid. 6.1; 2011/1 consid. 2), 

qu'en l'espèce, il y a lieu de déterminer si le SEM était fondé à faire 

application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, aux termes duquel il n'entre pas 

en matière sur une demande d'asile lorsque le requérant peut se rendre 

dans un Etat tiers compétent, en vertu d'un accord international, pour 

mener la procédure d'asile et de renvoi, 

qu'en application des art. 1 et 29a al. 1 OA 1 (RS 142.311) ainsi que des 

art. 1 ch. 1 et 4 ch. 3 de l'Accord du 26 octobre 2004 entre la Confédération 

suisse et la Communauté européenne relatif aux critères et aux 

mécanismes permettant de déterminer l'Etat responsable de l'examen 

d'une demande d'asile introduite dans un Etat membre ou en Suisse (AAD, 

RS 0.142.392.68), le SEM examine la compétence relative au traitement 

d'une demande d'asile selon les critères fixés dans le règlement Dublin III 

(cf. arrêté fédéral du 26 septembre 2014 portant approbation et mise en 

œuvre de l'échange de notes entre la Suisse et l'UE concernant la reprise 

du règlement Dublin III (Développement de l'acquis de Dublin/Eurodac) 

[RO 2015 1841]), 

que, s'il ressort de cet examen qu'un autre Etat est responsable du 

traitement de la demande d'asile, le SEM rend une décision de non-entrée 

en matière après que l'Etat requis a expressément accepté la prise ou 

la reprise en charge du requérant d'asile ou s'est abstenu de répondre 

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dans le délai prescrit à une demande dans ce sens (cf. art. 29a al. 2 OA 1, 

art. 22 par. 7 et 25 par. 2 du règlement Dublin III), 

qu'à teneur de l'art. 3 par. 1, 2ème phrase du règlement Dublin III, une 

demande de protection internationale présentée par un ressortissant 

de pays tiers ou par un apatride sur le territoire de l’un quelconque 

des Etats membres est examinée par un seul Etat membre, qui est 

celui que les critères énoncés au chapitre III du règlement désignent 

comme responsable, 

que la procédure de détermination de l'Etat responsable est engagée, 

aussitôt qu'une demande d'asile a été déposée pour la première 

fois dans un Etat membre (cf. art. 20 par. 1 du règlement Dublin III), 

que, dans une procédure de prise en charge (« take charge »), les critères 

énumérés au chapitre III du règlement doivent être appliqués 

successivement (cf. principe de l'application hiérarchique des critères de 

compétence, art. 7 par. 1 du règlement Dublin III),  

qu'en revanche, dans une procédure de reprise en charge (« take back »), 

dès lors qu'un Etat membre a été déjà saisi d'une première demande 

d'asile et qu'il a admis sa responsabilité pour l'examiner, il n'appartient 

pas à un autre Etat membre, saisi d’une demande d'asile ultérieure, de 

procéder à une nouvelle détermination de l'Etat responsable en application 

des critères de compétence du règlement Dublin III (cf. ATAF 2012/4 

consid. 3.2.1; FILZWIESER/SPRUNG, Dublin III-Verordnung, 2014, K 4 ad 

art. 20), 

que, selon l'art. 13 par. 1 du règlement Dublin III, lorsqu’il est établi que 

le demandeur a franchi irrégulièrement, par voie terrestre, maritime ou 

aérienne, la frontière d’un État membre dans lequel il est entré en venant 

d’un État tiers, cet État membre est responsable de l’examen de la 

demande de protection internationale, cette responsabilité prenant fin 

douze mois après le franchissement irrégulier de la frontière, 

que l’Etat responsable en vertu du règlement Dublin III est tenu de 

reprendre en charge, dans les conditions prévues aux art. 23, 24, 25 et 

29 dudit règlement, le requérant dont la demande est en cours d’examen 

et qui a présenté une demande auprès d’un autre Etat membre, ou qui 

se trouve, sans titre de séjour, sur le territoire d’un autre Etat membre 

(cf. art. 18 par. 1 point b du règlement Dublin III), 

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qu’il est tenu d’examiner la demande de protection internationale de 

l’intéressé ou de mener à terme son examen (cf. art. 18 par. 2 al. 1 du 

règlement Dublin III), 

qu’une requête aux fins de reprise en charge est formulée aussi 

rapidement que possible et, en tout état de cause, dans un délai 

de deux mois à compter de la réception du résultat positif « Eurodac » 

(cf. art. 23 par. 2 al. 1 du règlement Dublin III), 

qu'en l'espèce, il ressort des données de l'unité centrale du système 

européen « Eurodac » et des explications du requérant que celui-ci est 

entré illégalement en Italie en provenance de Libye en juillet 2015, s’est 

rendu en Allemagne pour y déposer une demande d’asile et a été renvoyé 

par les autorités allemandes en Italie, pays considéré comme responsable 

du traitement de cette demande, 

que sur la base de cette information, le SEM a soumis aux autorités 

italiennes compétentes, dans le délai prévu à l’art. 23 par. 2 al. 1 du 

règlement Dublin III, une requête de reprise en charge de l'intéressé fondée 

sur l'art. 18 par. 1 point b dudit règlement,  

que, n'ayant pas répondu à cette requête dans le délai fixé à l'art. 25 par. 1 

du règlement Dublin III, l’Italie est considérée l'avoir acceptée et, partant, 

avoir reconnu sa compétence pour la reprise en charge de l’intéressé 

et la bonne organisation de son arrivée (cf. art. 25 par. 2 du règlement 

Dublin III), 

qu’au vu de ce qui précède, la responsabilité de l’Italie, au sens du 

règlement Dublin III, est établie, 

que, lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers 

l'Etat membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y 

a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet Etat des défaillances 

systémiques (« systemic flaws »), dans la procédure d'asile et les 

conditions d'accueil des requérants, qui entraînent un risque de 

traitement inhumain ou dégradant au sens de l'art. 4 de la Charte des droits 

fondamentaux de l'Union européenne (JO C 326/02 du 26.10.2012, ci-

après : CharteUE), l'Etat procédant à la détermination de l'Etat 

responsable poursuit l'examen des critères fixés au chapitre III du 

règlement afin d'établir si un autre Etat membre peut être désigné comme 

responsable (cf. art. 3 par. 2 al. 2 du règlement Dublin III), 

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que la présence, dans l'Etat de destination du transfert, d'une défaillance 

systémique de nature à engendrer un risque réel de mauvais traitement 

de la personne concernée résulte notamment d'une pratique avérée de 

violation des normes minimales de l'Union européenne (cf. ATAF 2011/9 

consid. 6; 2010/45 consid. 7.4.2), 

que l'Italie est liée par la CharteUE et est partie à la Convention du 

4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés 

fondamentales (CEDH, RS 0.101), à la Convention du 10 décembre 1984 

contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou 

dégradants (Conv. torture, RS 0.105), à la Convention du 28 juillet 1951 

relative au statut des réfugiés (Conv. réfugiés, RS 0.142.30), ainsi qu'à 

son Protocole additionnel du 31 janvier 1967 (RS 0.142.301), 

que cet Etat est également lié par la directive n° 2013/32/UE du Parlement 

européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative à des procédures 

communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale [refonte] 

(JO L 180/60 du 29.6.2013, ci-après : directive Procédure) et la directive 

n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 

établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la 

protection internationale [refonte] (JO L 180/96 du 29.6.2013, ci-après : 

directive Accueil), 

que dans ces conditions, l’Italie est présumée respecter la sécurité des 

demandeurs d'asile conformément à ses obligations tirées du 

droit  international public et du droit européen, en particulier leur droit 

à l'examen de la demande de protection internationale selon une 

procédure juste et équitable, l'accès à une voie de recours effective, 

ainsi que le principe de non-refoulement énoncé à l'art. 33 Conv. réfugiés, 

et l'interdiction de mauvais traitements ancrée aux art. 3 CEDH et 

3 Conv. torture (cf. décision de la Cour européenne des droits de l'homme 

[ci-après : CourEDH] K.R.S. c. Royaume-Uni du 2 décembre 2008, 

n° 32733/08, p. 19; arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne [ci-

après : CJUE] du 21 décembre 2011 dans les affaires jointes C-411/10 N.S. 

c. Secretary of State for the Home Department et C-493/10 M.E. c. 

Refugee Applications Commissioner et Minister for Justice, Equality and 

Law Reform, points 78, 80, 83), 

que cette présomption de sécurité est réfragable (cf. arrêt de la CJUE 

dans les affaires jointes C-411/10 et C-493/10, points 99 ss), 

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qu'en premier lieu, elle doit être écartée d'office en présence, dans l'Etat de 

destination du transfert, d'une défaillance systémique (« systemic failure ») 

de nature à engendrer, de manière prévisible, un risque réel de mauvais 

traitement de la personne concernée, notamment au regard de 

l’art. 3 CEDH (cf. ATAF 2011/9 consid. 6; 2010/45 consid. 7.4.2; arrêt de 

la CourEDH M.S.S. c. Belgique et Grèce du 21 janvier 2011, n° 30696/09, 

§ 341 ss),  

qu'en l'occurrence, aucun motif sérieux ne conduit à retenir que la 

législation sur le droit d'asile n'est pas appliquée en Italie, ou qu'il existe 

dans ce pays une pratique confirmée de violation systématique des 

normes en la matière,  

que, cela étant, il est notoire que l’Italie connaît de sérieux problèmes 

quant à sa capacité d'accueil des très nombreux requérants d'asile 

arrivant depuis plusieurs années sur son territoire, ceux-ci pouvant être 

confrontés à d'importantes difficultés en ce qui concerne l'hébergement et 

les conditions de vie, voire l'accès aux soins médicaux, selon les 

circonstances, 

que cependant, à la différence de la situation prévalant en Grèce, on 

ne saurait considérer que les conditions matérielles d'accueil des 

demandeurs d’asile en Italie sont caractérisées par des carences 

structurelles d'une ampleur telle qu'il y aurait lieu de conclure, quelles 

que soient les circonstances d'espèce, à l'existence de risques concrets 

pour les intéressés d’être exposés à une situation de précarité et de 

dénuement, au point que leur transfert vers ce pays constituerait un 

traitement prohibé par les art. 3 CEDH et 4 CharteUE (cf. arrêt de la 

CourEDH Tarakhel c. Suisse du 4 novembre 2014, n° 29217/12, § 114 et 

115; décision de la CourEDH Mohammed Hussein et autres c. Pays Bas et 

Italie du 2 avril 2013, n° 27725/10, § 78), 

que la CourEDH a confirmé cette appréciation en rappelant que la structure 

et la situation générale du dispositif mis en place pour l'accueil 

des requérants d'asile en Italie ne sauraient constituer en soi un 

obstacle à leur renvoi vers ce pays (cf. arrêt A.S. c. Suisse du 30 juin 2015, 

n° 39350/13, § 36; décision A.M.E. c. Pays-Bas du 13 janvier 2015, 

n° 51428/10, § 35), 

qu'au vu de ce qui précède, l'application de l'art. 3 par. 2 al. 2 du règlement 

Dublin III ne se justifie pas en l'espèce, 

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qu'en second lieu, la présomption de sécurité peut être renversée 

en présence d'indices sérieux et suffisants que, dans le cas concret, 

les autorités de l'Etat de destination ne respecteraient pas le droit 

international public (cf. ATAF 2011/9 consid. 6; 2010/45 consid. 7.5 et réf. 

cit.), 

qu’en l’occurrence, dans le cadre du recours, l’intéressé fait valoir 

que lors de son séjour de deux semaines en Italie au cours de l’été 2015, 

il n’a bénéficié d’aucune aide, a été contraint de mendier et de 

dormir dans la rue, de sorte que sa santé, voire sa vie, ont été mises 

en danger; qu’il soutient également que, selon un communiqué et un 

rapport de l’Organisation suisse d'aide aux réfugiés [OSAR] du mois 

d’août 2016 (cf. OSAR, Nouveau rapport sur les conditions d’accueil 

en Italie, 15.08.2016, < http://asile.ch/2016/08/16/osar-nouveau-rapport-

conditions-daccueils-italie/ >, consulté le 02.12.2016), les conditions 

minimales d’accueil des requérants d’asile en Italie ne sont pas garanties; 

que, sur la base de ces éléments, il considère, d’une part, que son renvoi 

vers l’Italie le contraindrait à vivre durablement dans des conditions 

dégradantes, sans logement ni ressources, et, d’autre part, que le 

SEM était tenu d’obtenir des autorités italiennes des garanties préalables 

afin que sa reprise en charge soit conforme au droit, 

que, dans ce cadre, il considère que son transfert contreviendrait 

à l’art. 3 CEDH et sollicite pour ce motif l'application de la clause de 

souveraineté du règlement Dublin III, le cas échéant en lien avec 

l'art. 29a al. 3 OA 1, 

qu'à teneur de l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III (clause de 

souveraineté), par dérogation à l’art. 3 par. 1 du règlement, chaque Etat 

membre peut décider d'examiner une demande de protection 

internationale qui lui est présentée par le ressortissant d'un pays tiers 

ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des 

critères fixés dans le règlement, 

que, selon la jurisprudence, le SEM est tenu d'admettre, en vertu de 

la clause de souveraineté, la responsabilité de la Suisse pour l'examen 

d'une demande d'asile lorsque l'exécution du transfert envisagé vers 

l'Etat membre désigné responsable par les critères applicables viole 

des obligations de la Suisse relevant du droit international public 

(cf. ATAF 2015/9 consid. 8.2.1; 2011/9 consid. 4.1; 2010/45 consid. 7.2), 

http://asile.ch/2016/08/16/osar-nouveau-rapport-conditions-daccueils-italie/
http://asile.ch/2016/08/16/osar-nouveau-rapport-conditions-daccueils-italie/

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que, l'expulsion ou le renvoi par un Etat contractant peut soulever un 

problème au regard de l'art. 3 CEDH, lorsqu'il y a des motifs importants 

et avérés de croire que l'intéressé courra dans le pays de destination 

un risque réel d'être soumis à un traitement contraire à cette disposition 

(cf. arrêt de la CourEDH Saadi c. Italie du 28 février 2008, n° 37201/06, 

§ 125 ss et jurisprudence citée), 

qu’il appartient au requérant d'asile de produire des éléments démontrant 

l’existence d’un tel risque (cf. ATAF 2010/45 consid. 7.4.1), 

qu’en l’espèce, aucun indice concret et sérieux n’indique que l’Italie 

refuserait de mener à terme le traitement de la demande d’asile de 

l’intéressé, ni qu’elle ne procéderait pas à l'examen de cette demande 

selon une procédure conforme aux exigences du droit international public 

et du droit européen (cf. directive Procédure; considérant 12 du règlement 

Dublin III; art. 33 par. 1 Conv. réfugiés et 19 CharteUE), ou contreviendrait 

au principe de non-refoulement en renvoyant le recourant dans un pays où 

sa vie, son intégrité corporelle ou sa liberté seraient sérieusement 

menacées, ou encore d'où il risquerait d'être astreint à se rendre dans un 

tel pays (cf. art. 33 par. 1 Conv. réfugiés; cf. arrêt de la CourEDH Hirsi 

Jamaa et autres c. Italie du 23 février 2012, n° 27765/09, § 23, 146-147), 

que les allégations du recourant selon lesquelles il aurait vécu dans 

des conditions indignes lors de son premier séjour en Italie ne sont 

nullement étayées et ne suffiraient d’ailleurs pas à elles seules à démontrer 

le caractère illicite de l’exécution du transfert, 

qu’en tout état de cause, en quittant l’Italie au cours de l’été 2015, deux 

semaines seulement après son arrivée dans ce pays et sans avoir déposé 

de demande de protection internationale, le recourant n'a même pas donné 

la possibilité aux autorités italiennes d'examiner sa situation personnelle 

en tant que requérant d’asile et d'obtenir de leur part le soutien auquel 

il aurait eu droit à ce titre, en vertu notamment de la directive Accueil,  

qu’au demeurant, il n’a pas rendu vraisemblable qu’à son retour en Italie, 

il serait exposé aux conditions de vie dégradantes qu’il soutient avoir déjà 

subies, dès lors que sa situation, en tant que personne transférée dans le 

cadre du règlement Dublin III, différera de celle qui était la sienne lorsqu’il 

séjournait illégalement sur le territoire italien, 

que le communiqué et le rapport de l’OSAR cités dans l’acte de recours 

pour dénoncer les conditions d’accueil des demandeurs d'asile en Italie se 

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rapportent à une situation générale, qui a d’ailleurs déjà été prise en 

compte ci-dessus, et non à celle particulière du recourant, de sorte qu’ils 

n'ont pas de valeur probante dans le cadre de l’examen des conditions 

d’application de la clause de souveraineté du règlement Dublin III, 

qu’en définitive, l’intéressé n'a pas avancé d'éléments individuels et 

concrets susceptibles de démontrer que les autorités italiennes 

renonceraient à le reprendre en charge en cas de transfert, ou ne 

respecteraient pas leurs obligations d'assistance à son égard, notamment 

en le privant de manière durable de tout accès aux conditions 

matérielles minimales d'accueil conformes aux standards de l'Union 

européenne (cf. directive Accueil) et du droit international public, et que 

ses besoins existentiels de base ne seraient pas satisfaits, de telle 

sorte que ses conditions de vie relèveraient d'un traitement contraire aux 

art. 3 CEDH et 3 Conv. torture (cf. ATAF 2010/45 consid. 7.4 et 7.5), 

qu’il importe de relever que le SEM n'avait pas à demander à l'Italie, 

préalablement au transfert, des garanties en vue d'une reprise en 

charge conforme aux exigences de l'art. 3 CEDH, comme soutenu dans 

l’acte de recours, dès lors que l'intéressé, un homme jeune, seul et 

en bonne santé, n'est pas une personne vulnérable au sens défini par la 

jurisprudence (cf. ATAF 2015/4, reprenant les exigences posées par la 

CourEDH dans l'arrêt précité Tarakhel c. Suisse, § 118-122), 

qu'il est rappelé à ce stade que le simple renvoi d’une personne vers un 

pays où sa situation économique serait moins favorable que celle dans 

l’État contractant qui expulse ne suffit pas à atteindre le seuil des mauvais 

traitements prohibés par l’art. 3 CEDH (cf. décision de la CourEDH 

Mohammed Hussein et autres c. Pays Bas et Italie du 2 avril 2013, 

n° 27725/10, § 70-71), 

que, par ailleurs, le règlement Dublin III ne confère pas au requérant 

le droit de choisir l'Etat membre offrant, à son avis, les meilleures 

conditions d'accueil ou d'insertion comme Etat responsable de l'examen 

de sa demande d'asile (cf. ATAF 2010/45 consid. 8.3; par analogie 

arrêt  de la CJUE du 10 décembre 2013 C‑394/12 Shamso Abdullahi c. 

Bundesasylamt, points 59, 62), 

qu’en tout état de cause, si le requérant devait être contraint par les 

circonstances à mener en Italie une existence non conforme à la dignité 

humaine, ou s'il devait estimer que ce pays viole ses obligations 

d'assistance à son encontre, ou de toute autre manière porte atteinte à 

D-7386/2016 

Page 12 

ses droits fondamentaux, il lui appartiendrait de faire valoir ses droits 

auprès des autorités compétentes en usant des voies juridiques adéquates 

(cf. art. 26 directive Accueil), 

qu’au vu de ce qui précède, la présomption de sécurité attachée au respect 

par l’Italie de ses obligations tirées du droit international public et du 

droit européen n'est pas renversée, une vérification plus approfondie et 

individualisée des risques n'étant pas nécessaire (cf. MAIANI/HRUSCHKA, 

Le partage des responsabilités, entre confiance mutuelle et sécurité des 

demandeurs d'asile, in : ASYL 2/11 p. 14), 

que, dans ces conditions, le transfert du recourant vers l’Italie n’est pas 

contraire aux engagements de la Suisse découlant du droit international 

public, 

que le SEM n'était donc pas tenu de renoncer audit transfert et d’examiner 

lui-même la demande d’asile de l’intéressé, 

que, selon la jurisprudence, le SEM peut décider de traiter une demande 

d'asile pour des raisons humanitaires – alors qu'un autre Etat est 

responsable de son examen – sur la base de l'art. 29a al. 3 OA 1 combiné 

avec l’art. 17 par. 1 du règlement Dublin III (cf. ATAF 2015/9 consid. 7.6, 

8.2.2; arrêt du TAF E-641/2014 du 13 mars 2015 consid. 5.3 [non publié 

dans  ATAF 2015/9),  

que l'application de l'art. 29a al. 3 OA 1 en relation avec la clause de 

souveraineté est soumise à une pratique restrictive (cf. ATAF 2012/4 

consid. 4.7; 2011/9 consid. 8.1; 2010/45 consid. 8.2.2), 

que, compte tenu de sa formulation potestative (« Kann-Vorschrift »), cette 

disposition réserve au SEM une marge d'appréciation (« Ermessens- 

spielraum ») dans son interprétation et son application aux différents cas 

d'espèce (cf. ATAF 2015/9 consid. 7.5, 7.6; 2011/9 consid. 8.1; 2010/45 

consid. 8.2.2), 

que le SEM a néanmoins l'obligation d'examiner si les conditions 

d'application de l'art. 29a al. 3 OA 1 sont remplies et de motiver sa décision 

sur ce point, lorsque le requérant invoque des circonstances qui 

font apparaître son transfert comme problématique en raison de sa 

situation personnelle et/ou de celle régnant dans le pays de destination 

(cf. ATAF 2015/9 consid. 8.2, 8.2.2), 

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Page 13 

que le grief de l'inopportunité d'une décision prise sur la base de 

l'art. 29a al. 3 OA 1 ne pouvant plus être examiné en instance de 

recours depuis l'abrogation de l'art. 106 al. 1 let. c LAsi, le Tribunal ne peut 

pas substituer son évaluation à celle de l'autorité inférieure, de sorte 

qu’il se limite à contrôler si celle-ci a constaté les faits pertinents, a 

exercé son pouvoir d'appréciation en présence d'éléments de nature à 

permettre l'application de cette disposition, et si elle l'a fait sans abus ni 

excès, selon des critères objectifs et transparents, dans le respect du 

droit d'être entendu, de l'égalité de traitement et du principe de la 

proportionnalité (cf. ATAF 2015/9 consid. 8.1; MOOR/FLÜCKIGER/MARTENET, 

Droit administratif, vol. I, 3ème éd., 2012, n° 4.3.2.3 p. 743 ss), 

qu'en l'espèce, au cours de son audition sommaire, l'intéressé s’est opposé 

à son transfert vers l’Italie en faisant valoir que, lors de son précédent 

séjour dans ce pays, il n’avait disposé d’aucun hébergement et avait ainsi 

dû dormir dans la rue (cf. p.-v. d'audition du 26.10.2016, p. 7 ch. 8.01),  

qu’il ressort de la décision contestée que le SEM a établi de manière 

complète et exacte l'état de fait pertinent, a tenu compte des remarques 

du recourant et n'a commis ni excès ni abus de son large pouvoir 

d'appréciation en refusant d'admettre l'existence de raisons humanitaires 

au sens de l'art. 29a al. 3 OA 1 (cf. ATAF 2015/9 consid. 8.1), 

qu'il a dûment motivé sa décision, a respecté le droit d’être entendu de 

l’intéressé et n'a pas fait preuve d'arbitraire ni violé les principes 

constitutionnels , 

qu'au vu de ce qui précède, l'application de la clause de souveraineté 

de l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III ne se justifie pas dans le cas 

d’espèce, que ce soit pour des motifs tirés du respect par la Suisse de 

ses obligations internationales ou pour des raisons humanitaires, 

que l’Italie demeure par conséquent l'Etat responsable de l'examen de 

la demande de protection internationale du recourant, 

que, dans ces conditions, c'est à bon droit que le SEM n’est pas entré en 

matière sur la demande d'asile en vertu de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, et 

a prononcé le transfert de l'intéressé vers l’Italie en vertu de l'art. 44, 

1ère phrase LAsi, aucune exception à la règle générale du renvoi n'étant 

réalisée (cf. art. 32 OA 1), 

D-7386/2016 

Page 14 

qu'au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté et la décision 

contestée confirmée, 

que, s'avérant manifestement infondé, le recours est rejeté dans une 

procédure à juge unique, avec l'approbation d'un second juge 

(cf. art. 111 let. e LAsi), 

que la demande d'assistance judiciaire partielle est rejetée, 

indépendamment de la preuve de l'indigence du recourant, dans la 

mesure où les conclusions du recours étaient d'emblée vouées à l'échec 

(cf. art. 65 al. 1 PA), 

que, vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure, 

d'un montant de 600 francs, à la charge de l’intéressé, conformément à 

l'art. 63 al. 1 PA et aux art. 2 et 3 let. a du règlement du 21 février 2008 

concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif 

fédéral [FITAF, RS 173.320.2]), 

 

(dispositif page suivante) 

  

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Page 15 

le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

La requête d'assistance judiciaire partielle est rejetée. 

3.  

Les frais de procédure, d'un montant de 600 francs, sont mis à la charge 

du recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans 

les 30 jours dès l'expédition du présent arrêt. 

4.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité cantonale. 

 

Le juge unique : Le greffier : 

  

Yanick Felley Paolo Assaloni 

 

 

Expédition :