# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 5b67b938-16d2-5617-b578-7ee06ad30965
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-01-31
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des baux et loyers 31.01.2022 C/16441/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_004_C-16441-2020_2022-01-31.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 01.02.2022. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/16441/2020 ACJC/132/2022 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des baux et loyers 

DU LUNDI 31 JANVIER 2022 

 

Entre 

Madame A______ et Monsieur B______, domiciliés route ______[GE], appelants d'un 
jugement rendu par le Tribunal des baux et loyers le 4 août 2021, représentés tous deux 

par l'ASLOCA, rue du Lac 12, case postale 6150, 1211 Genève 6, en les bureaux de 

laquelle ils font élection de domicile, 

et 

Madame C______, domiciliée ______[GE], intimée, comparant par Me Stéphanie 
NUNEZ, avocate, esplanade de Pont-Rouge 4, case postale, 1212 Genève 26, en l'étude 

de laquelle elle fait élection de domicile. 

 

- 2/7 - 

 

C/16441/2020 

EN FAIT 

A. Par jugement JTBL/664/2021 du 4 août 2021, le Tribunal des baux et loyers a 
condamné A______, D______ et B______ à évacuer immédiatement de leur 

personne et de leurs biens ainsi que toute autre personne faisant ménage commun 

avec eux l'appartement de 4,5 pièces situé dans l'immeuble sis route 1______ à 

E______ [GE] (ch. 1 du dispositif), a indiqué transmettre la cause, à l'expiration 

du délai d'appel, à la 7
ème

 Chambre du Tribunal des baux et loyers, siégeant dans 

la composition prévue à l'art. 30 LaCC, pour statuer sur les mesures d'exécution 

sollicitées (ch. 2) et a condamné A______, D______ et B______ à verser à 

C______ la somme de 9'675 fr. avec intérêts à 5% dès le 1
er

 avril 2021 (date 

moyenne), sous déduction d'un montant de 5'375 fr. (ch. 3). Les parties ont été 

déboutées de toutes autres conclusions (ch. 4) et il a été dit que la procédure était 

gratuite (ch. 5). 

 Le jugement a été notifié à A______ et B______ le 19 août 2021. 

 Le Tribunal a en substance retenu que A______, D______ et B______ ne 

contestaient pas, avec raison, le principe de l'évacuation et que le versement à 

C______ d'indemnités pour occupation illicite se justifiait. Il a par ailleurs rappelé 

que la 7
ème

 Chambre du Tribunal des baux et loyers, à laquelle la cause était 

renvoyée pour statuer sur l'exécution de l'évacuation, pouvait, conformément à 

l'art. 30 al. 4 LaCC, surseoir, pour des motifs humanitaires, à l'exécution dans la 

mesure nécessaire pour permettre le relogement du locataire, après audition des 

représentants du département chargé du logement, des représentants des services 

sociaux et des parties.  

B. a. Par acte déposé le 20 septembre 2021 au greffe de la Cour de justice, A______ 
et B______ ont déposé un appel à l'encontre du jugement précité, uniquement 

dirigé contre C______. Ils ont conclu à l'annulation des chiffres 1 à 3 de son 

dispositif et, cela fait, à ce que leur condamnation à évacuer l'appartement de 

E______ ne prenne effet que douze mois après l'entrée en force du nouveau 

jugement, C______ devant être déboutée de ses autres conclusions.  

 Ils reprochent en substance à l'autorité précédente d'avoir violé l'art. 30 LaCC 

ainsi que le principe de proportionnalité en ne sursoyant pas à leur évacuation 

pour motifs humanitaires et de ne pas avoir tenu compte que le père de B______ 

s'était mensuellement acquitté, pour le compte de ce dernier, de la moitié de 

l'indemnité pour occupation illicite due, de sorte que le paiement de l'arriéré 

incombait à D______ (A______ ayant quitté le logement litigieux). 

 b. Dans son mémoire de réponse expédié le 25 octobre 2021 au greffe de la Cour 
de justice, C______, après s'en être rapportée à justice s'agissant de la recevabilité 
de l'appel formé, a acquiescé à la conclusion en annulation du chiffre 3 du 

- 3/7 - 

 

C/16441/2020 

dispositif du jugement entrepris, les arriérés d'indemnités pour occupation illicite 

ayant été acquittés, et a conclu pour le surplus à la confirmation du jugement 

entrepris. A titre subsidiaire, dans l'hypothèse où la Cour statuerait sur les mesures 

d'exécution de l'évacuation, elle a conclu à être autorisée, dès l'entrée en force des 

décisions de justice, à requérir l'évacuation par la force publique de A______, 

D______ et B______ de l'appartement à E______ et à la confirmation du 

jugement entrepris pour le surplus. 

 c. A______ et B______ n'ont pas répliqué.  

 d. Par courrier recommandé du 29 octobre 2021, C______ a sollicité que l'acte 
d'appel soit notifié à D______ pour détermination malgré son absence de mention 

en qualité de partie intimée afin d'éviter un éventuel incident procédural de nature 

à prolonger la procédure.  

 e. Par courrier du 2 novembre 2021, le greffe de la Cour de justice a informé 
C______ que l'acte d'appel formé par A______ et B______ la mentionnait comme 

seule partie intimée, qu'il n'appartenait pas à la Cour de rectifier un acte d'appel et 

que les conséquences de l'absence de mention de D______ en qualité de partie 

intimée seraient examinées dans l'arrêt à rendre. 

 f. Par plis séparés du 22 novembre 2021, les parties ont été informées de ce que la 
cause était gardée à juger.  

C. Les éléments de fait pertinents suivants résultent de la procédure : 

 a. Par contrat de bail conclu le 16 décembre 2018, C______ a, en qualité de 
bailleresse, remis en location à A______, en tant que locataire, un appartement de 

4,5 pièces sis route 1______ à E______, comprenant une place de parking 

dépendante de l'appartement.  

 La durée du contrat a été fixée à une année, non renouvelable, du 1
er

 janvier 2019 

au 1
er

 janvier 2020, en raison du projet de C______ d'emménager avec ses enfants 

dans l'appartement remis à bail avant la rentrée scolaire 2020. 

 Le loyer mensuel net de l'appartement a été fixé à 1'900 fr., celui du parking à 

150 fr., et la provision pour charge à 100 fr. 

 b. Le 31 décembre 2019, l'appartement n'a pas été restitué à C______. 

 c. A______ a quitté l'appartement à la fin du mois de juin 2020. Ses deux frères, 
D______ et B______, qu'elle hébergeait, sont en revanche demeurés sur place. 

 Le Tribunal des baux et loyers a retenu, sans être contredit, que D______ et 
B______ étaient liés à A______ par un rapport de sous-location. 

- 4/7 - 

 

C/16441/2020 

 d. B______ émarge à l'Hospice général. Il ne dispose d'aucune formation et fait 
l'objet de plusieurs poursuites. 

D______, qui perçoit également des prestations de l'Hospice général, effectue un 

apprentissage de peintre en bâtiment. Il bénéficie d'une curatelle de représentation 

et de gestion instaurée le 16 avril 2019 par le Tribunal de protection de l'adulte et 

de l'enfant. 

e. Par acte déposé le 18 août 2020, déclaré non concilié le 5 novembre 2020 et 
introduit le même jour par-devant le Tribunal des baux et loyers, C______ a 

formé une requête en évacuation à l'encontre de A______, D______ et B______. 

Dans le cadre de cette procédure, elle a notamment conclu à la condamnation de 

A______, D______ et B______ à évacuer l'appartement ainsi qu'à être autorisée à 

requérir l'évacuation par la force publique dès l'entrée en force du jugement. Elle a 

en outre sollicité le versement des arriérés d'indemnités pour occupation illicite. 

 f. A______, D______ et B______ ont sollicité l'octroi d'un sursis humanitaire au 
30 juin 2022. 

 g. La cause a été gardée à juger par le Tribunal le 8 juin 2021. 

EN DROIT 

1. 1.1 Le jugement entrepris prononce l'évacuation des occupants de l'appartement 
dont l'intimée est propriétaire, les condamne à s'acquitter d'arriérés d'indemnités 

pour occupation illicite et renvoie à un jugement ultérieur le prononcé des 

mesures d'exécution. 

Ce jugement, de nature pécuniaire (cf. notamment arrêt du Tribunal fédéral 

4A_578/2021 du 26 novembre 2021 consid. 1.1; 4A_625/2017 du 12 mars 2018 

consid. 1), est susceptible de faire l'objet d'un appel auprès de la Chambre des 

baux et loyers de la Cour de justice (art. 122 let. a LOJ) dans un délai de 30 jours 

dès sa notification (art. 311 al. 1 CPC) si la valeur litigieuse au dernier état des 

conclusions devant l'autorité de première instance atteint 10'000 fr. (art. 308  

al. 2 CPC). 

 1.2 Selon l'art. 311 al. 1 CPC, l'appel doit être écrit et motivé. Cette disposition ne 
régit pas expressément le contenu de l'acte. Il faut cependant admettre qu'il s'agit 

d'une forme de demande adressée au juge et qu'il faut donc appliquer par analogie 

les art. 221 et 244 CPC. Il peut en conséquence en être déduit que l'acte d'appel 

doit contenir la désignation des parties (art. 221 al. 1 let. a et 244 al. 1 let. a CPC; 

ATF 138 III 213 consid. 2.3). 

 Il n'y a en soi aucun formalisme excessif à exiger d'un demandeur ou recourant 

qu'il indique avec précision l'identité des personnes qu'il met en cause (cf. déjà : 

- 5/7 - 

 

C/16441/2020 

ATF 80 III 7). Cette mention est nécessaire pour que l'autorité puisse envoyer aux 

parties une copie de l'acte, les éventuelles convocations, puis le jugement rendu. 

En désignant ses parties adverses, le demandeur ou recourant détermine ainsi à 

l'égard de quelle personne il pourrait être, le cas échéant, condamné à payer des 

dépens. L'exigence de la désignation des parties dans l'acte répond donc à un 

intérêt légitime. Celui qui dirige mal sa démarche procédurale ne peut qu'être 

débouté, afin de respecter les droits des personnes qui, sous l'angle matériel, sont 

les titulaires actifs ou passifs de la prétention en cause (arrêt du Tribunal fédéral 

4A_527/2011 du 5 mars 2012 consid. 2.5 n.p in ATF 138 III 213).  

 1.3 En l'espèce, il résulte de l'intitulé de l'acte d'appel que les parties appelantes 
ont dirigé leur appel uniquement à l'encontre de l'intimée sans mettre en cause 

D______, pourtant partie à la procédure de première instance. Or, dans la mesure 

où elles sollicitent l'annulation de mesures prononcées également à l'encontre de 

D______, elles ne pouvaient s'abstenir d'attraire ce dernier à la procédure d'appel, 

afin de lui permettre d'exercer son droit d'être entendu et de faire valoir ses droits. 

Il n'est ainsi pas envisageable de statuer sur l'appel sans porter atteinte aux droits 

de D______, directement concerné par la procédure, étant précisé qu'il 

n'appartient pas à la Cour de corriger un appel mal dirigé, respectivement de 

désigner elle-même les parties adverses. 

 L'appel sera en conséquence déclaré irrecevable, faute de désigner l'ensemble des 
parties à la procédure. 

 En tout état, même à supposer que l'appel soit recevable, la solution retenue par 

l'autorité précédente n'apparaissait pas critiquable pour les motifs qui suivent.  

2. 2.1 Les arriérés d'indemnités pour occupation illicite fixés en faveur de l'intimée 
ayant été acquittés, seule la question de l'octroi éventuel aux parties appelantes 

d'un sursis humanitaire à l'évacuation au sens de l'art. 30 al. 4 LaCC demeure 

litigieuse. 

2.2 Selon l'art. 30 al. 3 LaCC, lorsque le Tribunal des baux et loyers est appelé à 
statuer sur l'exécution d'un jugement d'évacuation d'un logement, il siège en 

présence des représentants du département chargé du logement et des 

représentants des services sociaux.  

Après l'audition de ces représentants et l'audition des parties, le Tribunal des baux 

et loyers peut, pour des motifs humanitaires, surseoir à l'exécution du jugement 

d'évacuation dans la mesure nécessaire pour permettre le relogement du locataire 

(art. 30 al. 4 LaCC). 

2.3 Pour simplifier le procès, le Tribunal des baux et loyers peut limiter la 
procédure à des questions ou des conclusions déterminées (art. 125 let. a CPC). 

- 6/7 - 

 

C/16441/2020 

2.4 En l'espèce, il résulte de la teneur des dispositions qui précèdent que la 
question de l'octroi d'un sursis humanitaire lors d'une procédure en évacuation 

d'un logement est examinée au stade du prononcé des mesures d'exécution. Or, 

l'autorité précédente a uniquement statué sur le principe de l'évacuation en 

précisant expressément que la cause serait transmise à l'expiration du délai d'appel 

à la 7
ème

 Chambre du Tribunal des baux et loyers pour décision sur l'exécution de 

l'évacuation. Elle n'avait en conséquence pas, à ce stade de la procédure, à 

examiner si l'octroi d'un sursis humanitaire se justifiait, cet examen devant être 

effectué lors de la fixation des mesures d'exécution. 

Par ailleurs, la décision de l'autorité précédente de renvoyer le prononcé des 

mesures d'exécution à une décision ultérieure n'apparaît pas critiquable compte 

tenu de la teneur de l'art. 125 CPC et des exigences relatives à la composition du 

Tribunal posées par l'art. 30 al. 3 LaCC. 

3. Il n'est pas prélevé de frais dans les causes soumises à la juridiction des baux et 
loyers (art. 22 al. 1 LaCC; ATF 139 III 182 consid. 2.6). 

* * * * * 

- 7/7 - 

 

C/16441/2020 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre des baux et loyers : 

Déclare irrecevable l'appel interjeté le 20 septembre 2021 par A______ et B______ 

contre le jugement JTBL/664/2021 rendu le 4 août 2021 par le Tribunal des baux et 

loyers dans la cause C/16441/2020-4. 

Dit que la procédure est gratuite. 

Siégeant : 

Madame Nathalie LANDRY-BARTHE, présidente; Madame Sylvie DROIN et 

Monsieur Laurent RIEBEN, juges; Madame Zoé SEILER et Monsieur Nicolas 

DAUDIN, juges assesseurs; Madame Maïté VALENTE, greffière. 

 

La présidente : 

Nathalie LANDRY-BARTHE 

 La greffière : 

Maïté VALENTE 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 

15'000 fr.