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**Case Identifier:** d0694300-1175-50b1-8e11-70acc58af90a
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-02-26
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 26.02.2024 CR.2023.0042
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_CR-2023-0042_2024-02-26.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 26 février 2024 

  
	
  Composition

  	
  M. Guillaume Vianin, président; M. Pascal Langone et M. Raphaël
  Gani, juges; Mme Magali Fasel, greffière. 

  

 

	
  Recourant

  	
   

  	
   A.________ à
  ******** représenté par Me Aline BONARD, avocate à Lausanne,  

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Service des automobiles et de la
  navigation, à Lausanne.   

  

   

 

	
  Objet

  	
  Retrait de permis de conduire (sécurité)       

  
	
   

  	
  Recours A.________ c/ décision du Service des automobiles
  et de la navigation du 12 septembre 2023 refusant la demande de réexamen.

  

 

Vu les faits suivants:

A.                    
A.________, né le ******** 1981, est titulaire du permis
de conduire pour les véhicules automobiles des catégories A1, B, B1, D1, BE,
D1E, F, G et M. Il exerce la profession de médecin anesthésiste. 

Par décision du 27 septembre 2022, le SAN a prononcé
le retrait de sécurité du permis de conduire d'A.________ pour une durée indéterminée
et a conditionné la restitution du droit de conduire à diverses exigences, dont
celle d'une abstinence stricte et complète à l'égard, d'une part des opiacés,
et d'autre part, de l'alcool, durant une période minimale de six mois, et celle
des conclusions favorables d'une expertise de contrôle auprès d'un médecin de
niveau 4, précisant que cette expertise pourra être effectuée lorsque le SAN
aura constaté par courrier que les autres conditions à la restitution du droit
de conduire sont remplies. 

Par décision rendue le 28 février 2023, le SAN a
rejeté la réclamation formée par l'intéressé à l'encontre de cette décision et
confirmé en tous points sa décision rendue le 27 septembre 2022. Cette
décision, qui n'a pas été contestée par l'intéressé, est entrée en force.

B.                    
Le 6 avril 2023, A.________, agissant par l'intermédiaire de son avocat,
a sollicité le réexamen de la décision du 27 septembre 2022. A l'appui de sa
demande, il a produit un rapport d'expertise du Professeur B.________,
directeur de l'Institut de psychiatrie légale IPL du CHUV du 8 février 2023,
commandé par le Service de la santé publique du Canton du Valais aux fins
d'examiner l'aptitude de l'intéressé à exercer la médecine. Il ressort des
conclusions de ce rapport qu'A.________ présente une abstinence des
consommations d'opiacés qu'il a présentées principalement durant l'année 2020,
qu'il ne présente pas d'autres symptômes psychiatriques et qu'il ne se retrouve
pas dans un contexte aux multiples facteurs de crise, tel que celui qu'il a traversé
au moment de ses consommations. A.________ en a déduit que, s'il est apte à
exercer la profession de médecin, il doit être a fortiori considéré comme apte
à la conduite, le suivi en relation avec une éventuelle dépendance à l'alcool
n'étant pas justifié. Il a dès lors requis la mise en œuvre d'une nouvelle
expertise médicale d'aptitude à la conduite, laquelle pourra confirmer
l'absence de problème addictologique en lien avec l'alcool. 

C.                    
Par décision du 11 septembre 2023, le SAN a refusé d'entrer en matière
sur la demande de réexamen du 6 avril 2023, considérant qu'A.________ ne
pouvait s'appuyer sur aucun élément nouveau. 

D.                    
Agissant par acte de son avocat du 12 octobre 2023, A.________
(ci-après: le recourant) a recouru à l'encontre de cette décision auprès de la
Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP), concluant
principalement à sa réforme, la décision sur réclamation rendue par le SAN le
28 février 2023 devant être modifiée en ce sens que la condition de
l'abstinence stricte et complète de toute consommation d'alcool est abandonnée,
de même que les suivis médicaux auprès de l'Unité socio-éducative du service de
Médecine et des addictions en lien avec cette exigence. Subsidiairement, le
recourant conclut à l'annulation de la décision attaquée et au renvoi de la
cause au SAN pour nouvelle décision. A titre de mesure d'instruction, le
recourant requiert la mise en œuvre, en cours de procédure, d'une expertise de
niveau 4. 

Le SAN, dans sa réponse du 13 novembre 2023, a
conclu au rejet du recours. 

Le recourant a maintenu, le 20 novembre 2023, ses
conclusions. 

 

Considérant en droit:

1.                     
Selon l’art. 92 de la loi du 28 octobre 2008 sur la procédure
administrative (LPA-VD; BLV 173.36), la CDAP connaît des recours contre les
décisions ou décisions sur recours rendues par les autorités administratives
qui ne sont pas susceptibles de recours devant une autre autorité. Selon l’art.
21 al. 2 de la loi du 25 novembre 1974 sur la circulation routière (LVCR ;
BLV 741.01), les décisions rendues par le SAN en matière de permis de conduire
peuvent faire l’objet d’une réclamation. Les parties ne peuvent recourir avant
d’avoir épuisé la voie de la réclamation (art. 66 al. 2 LPA-VD).

2.                     
En l’occurrence, la décision attaquée rejette la demande du recourant en
la considérant comme une demande de réexamen de la décision du 27 septembre
2022 prononçant le retrait de sécurité de son permis de conduire. La décision
attaquée a donc bien pour objet une mesure d’interdiction de conduire au sens
de l’art. 21 al. 1 LVCR. Peu importe qu’il s’agisse d’une demande de réexamen
ou d’une demande de restitution du droit de conduire. Il n’est au surplus pas
décisif que la décision attaquée mentionne par erreur la voie du recours à la
CDAP plutôt que celle de la réclamation (cf. arrêt CR.2021.0003 du 24 février
2021). 

3.                     
La décision du 11 septembre 2023 étant susceptible d’une réclamation
préalable devant le SAN, le recours est irrecevable. La cause doit être
transmise au SAN qui devra traiter le recours de l'intéressé comme une
réclamation contre sa décision du 11 septembre 2023. Au vu des circonstances,
l’arrêt sera rendu sans frais (art. 50 LPA-VD). Il n’y a pas lieu d’allouer des
dépens (art. 55 LPA-VD).

 

 

Par ces motifs

 la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

 

I.                      
Le recours est irrecevable.

II.                     
La cause est transmise au Service des automobiles et de la navigation
comme objet de sa compétence.

III.                   
Il n’est pas perçu d’émolument ni alloué de dépens.

Lausanne, le 26 février 2024

 

Le président:                                                                                            La greffière: 

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de
l'avis d'envoi ci-joint, ainsi qu'à l'OFROU.

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa
notification, d'un recours au Tribunal fédéral (Tribunal fédéral suisse, 1000
Lausanne 14). Le recours en matière de droit public s'exerce aux conditions des
articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS
173.110), le recours constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss
LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,
indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.
Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.
Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,
pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la
décision attaquée.