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**Case Identifier:** 0b9b3734-004a-54d3-a8f7-380393a5efaf
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2019-05-22
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 22.05.2019 BB.2019.14
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG/CH_BSTG_001_BB-2019-14_2019-05-22.pdf

## Full Text

Décision du 22 mai 2019 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux 

Giorgio Bomio-Giovanascini, président, 

Patrick Robert-Nicoud et Stephan Blättler, 

la greffière Victoria Roth 

   

Parties  A., représenté par Me Raphaël Jakob,  

 

recourant 

 

 contre 

   

  1. MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,  

 

2. B., actuellement en détention, représenté par Me 

Dimitri Gianoli,  

 

initimés 

 

   

  

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

Numéro de dossier: BB.2019.14 

Procédures secondaires:  BP.2019.11+BP.2019.25  

(Procédure secondaire:  BP.2019.10)  

 

 

- 2 - 

 

 

   

Objet  Retrait de la qualité de partie plaignante (art. 118 ss 

en lien avec l'art. 104 al. 1 let. b CPP) 

 

Assistance judiciaire gratuite pour la partie 

plaignante dans la procédure de recours 

(art. 136 al. 1 CPP) 

 

Assistance judiciaire dans la procédure de recours 

(art. 29 al. 3 Cst.) 

  

- 3 - 

 

 

Faits: 

 

A. Le 30 juillet 2014, A. a déposé plainte pénale à l’encontre du dénommé B. 

pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Les faits dénoncés 

remontent à la première guerre civile libérienne ayant eu lieu au cours des 

années nonante. Dans sa plainte, A. énonce qu’en 1994 la ville Y., où il 

résidait, aurait été attaquée par des combattants du mouvement C. Les 

combattants de C., à la tête desquels se trouvait B., auraient capturé A. ainsi 

que six autres hommes, les suspectant d’appartenir au Front D., un groupe 

armé auquel le C. était opposé. Il aurait été attaché de telle sorte que ses 

coudes se touchaient et aurait été trainé sur le dos jusqu’au marché de Y., 

puis ramené dans une forêt vers le groupe des détenus. B. aurait alors 

poignardé A. dans le dos puis ordonné d’abattre les six autres personnes 

présentes et de jeter leur corps dans un puits, ce sous ses yeux (dossier du 

Ministère public de la Confédération [ci-après: MPC], 05-02-0002 ss).  

 

 

B. Le MPC a, le 28 août 2014, ouvert une instruction pénale contre B. du chef 

de crimes de guerre au sens des art. 108 et 109 aCPM, repris aux art. 264b 

ss CP, en relation avec l’art. 3 commun aux Conventions de Genève de 1949 

et l’art. 4 du Protocole additionnel II de 1977 (dossier MPC, 01-01-0001 s). 

 

 

C. Par ordonnance du 5 septembre 2014, le MPC a reconnu la qualité de partie 

plaignante et de victime à A., et lui a octroyé l’assistance judiciaire gratuite 

comprenant la désignation de Me Raphaël Jakob comme conseil juridique 

gratuit (dossier MPC 15-02-0002 ss). 

 

 

D. A. a été entendu par le MPC du 28 au 31 janvier 2015. Lors de son audition, 

il a notamment confirmé la teneur de sa plainte pénale du 30 juillet 2014. Il 

a également complété celle-ci en déclarant notamment que ses cousins E. 

et F. se seraient trouvés parmi les six hommes dont B. aurait ordonné le 

meurtre aux abords du puits précité (dossier MPC, 12-08-0015). Il a par 

ailleurs relaté avoir vu son cousin, G., gisant au sol dans une mare de sang, 

alors que son cœur semblait lui avoir été arraché. Ces faits se seraient 

déroulés près d’un check-point aux abords de l’aérodrome de Y. en présence 

de deux combattants du mouvement C. (dossier MPC, 12-08-0017). 

 

 

E. Par courrier du 19 octobre 2018, le MPC a invité A. à justifier sa qualité de 

partie plaignante s’agissant des homicides allégués de ses cousins E. et F. 

(dossier MPC, 15-02-0921). Le MPC a omis d’interpeller A. sur la question 

- 4 - 

 

 

de savoir s’il s’estimait aussi lésé par l’homicide allégué de son cousin G. 

Sous la plume de son conseil, A. a, le 2 novembre 2018, indiqué maintenir 

sa constitution en tant que partie plaignante en lien avec les homicides 

allégués de E. et F., de même de G. Il a également requis de pouvoir 

s’expliquer sur ces aspects dans le cadre d’une nouvelle audition (dossier 

MPC, 15-02-0931). Il a déposé des observations complémentaires les 22 et 

29 novembre 2018, maintenant en substance ses conclusions (dossier MPC, 

15-02-0942). 

 

 

F. Par décision du 7 janvier 2019, le MPC a retiré la qualité de partie plaignante 

à A. en tant qu’elle concerne les homicides allégués de E., F. et G., et indiqué 

qu’il sera informé des suites données à sa dénonciation (act. 1.1). 

 

 

G. A. recourt à l’encontre de la décision précitée par mémoire du 18 janvier 

2019. Il conclut en substance à la nullité de la décision du MPC, sub-

sidiairement à son annulation, ainsi qu’à la restitution de l’effet suspensif au 

recours (act. 1). 

 

 

H. La demande d’effet suspensif a été admise par la Cour de céans dans son 

ordonnance du 29 janvier 2019 (act. 2). 

 

 

I. Le MPC et B. – par l’intermédiaire de son conseil – concluent au rejet du 

recours dans leur réponse des 7 et 18 février 2019 (act. 4 et 7). Dans sa 

réplique du 4 mars 2019, le recourant persiste dans ses conclusions (act. 9). 

 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris, 

si nécessaire, dans les considérants en droit. 

 

 

 

  

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La Cour considère en droit: 

 

1.  

1.1 Les décisions du MPC peuvent faire l’objet d’un recours devant la Cour de 

céans (art. 393 al. 1 let. a CPP et art. 37 al. 1 de la loi fédérale sur l’organi-

sation des autorités pénales de la Confédération [LOAP; RS 173.71]). Aux 

termes de l’art. 393 al. 2 CPP, le recours peut être formé pour violation du 

droit, y compris l’excès et l’abus du pouvoir d’appréciation, le déni de justice 

et le retard injustifié (let. a), la constatation incomplète ou erronée des faits 

(let. b) ou l’inopportunité (let. c). 

 

1.2 Interjeté dans le délai de dix jours dès la notification du prononcé entrepris 

(art. 396 al. 1 CPP), le recours l’a été en temps utile. 

 

1.3 Dispose de la qualité pour recourir toute partie (art. 104 et 105 CPP) qui a 

un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification d’une 

décision (art. 382 al.1 CPP; arrêt du Tribunal fédéral 1B_657/2012 du 8 mars 

2013 consid. 2.3.1). Le recourant doit avoir subi une lésion, soit un préjudice 

causé par l’acte qu’il attaque et doit avoir un intérêt à l’élimination de ce 

préjudice (CALAME, Commentaire romand, Code de procédure pénale 

suisse, 2011 [ci-après: CR-CPP], n° 2 ad art. 382). En tant qu’elle retire la 

qualité de partie plaignante du recourant pour les homicides allégués de ses 

cousins, il y a lieu de considérer que la décision entreprise lèse celui-ci dans 

son intérêt juridiquement protégé (arrêt du Tribunal pénal fédéral 

BB.2012.18-23 du 22 novembre 2012 consid. 2.1). 

 

1.4 Compte tenu de ce qui précède, il y a lieu d’entrer en matière. 

 

 

2. Le MPC a la compétence de refuser ou de retirer le statut de partie 

plaignante à un intéressé (v. arrêt du Tribunal fédéral 1B_438/2016 du 

14 mars 2017 consid. 2.4 et les références citées). Les conditions pour 

bénéficier du statut de partie plaignante doivent être réexaminées au fur et 

à mesure que la procédure avance et que les faits s’éclaircissent (v. arrêt du 

Tribunal fédéral 1B_698/2012 du 8 mars 2013 consid. 2.6; MAZZUCCHELLI/ 

POSTIZZI, Basler Kommentar, Schweizerische Strafprozessordnung, Art. 1 – 

195 StPO, 2e éd. 2014, n° 20 ad art. 115 et n° 12b ad art. 118 CPP). 

 

2.1 Le recourant soutient qu’il n’est pas possible de procéder à un retrait partiel 

de la qualité de partie plaignante comme l’a fait le MPC. S’ensuivrait la nullité 

de la décision en raison de l’absence de toute base légale dans le CPP pour 

procéder à un retrait partiel de la qualité de partie plaignante (act. 1, p. 4-7). 

Le MPC soutient quant à lui que les conditions préalables telles que la qualité 

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de partie plaignante doivent être examinées en lien avec chaque com-

portement pénal considéré individuellement. Il retient en outre qu’un 

participant à la procédure peut disposer de la qualité de partie plaignante 

pour un état de fait et non pour un autre (act. 4, p. 2). 

 

2.2 Le Tribunal fédéral a en effet répondu par l’affirmative à la question de savoir 

si une personne pouvait se prévaloir d’un intérêt juridiquement protégé 

contre une décision qui lui dénie la qualité de partie plaignante uniquement 

pour certaines des infractions poursuivies (GARBARSKI, Le lésé et la partie 

plaignante dans la jurisprudence récente du Tribunal fédéral, in SJ II 125, 

p. 143). Dans cet arrêt, également cité par le recourant, le Tribunal fédéral a 

retenu qu’il était possible qu’une personne ne soit lésée – et par conséquent 

partie plaignante – que pour certaines infractions, et dispose dès lors de la 

qualité de partie plaignante uniquement pour ces infractions qui peuvent la 

toucher directement dans ces droits, mais non pour les autres (arrêt du 

Tribunal fédéral 1B_438/2016 du 14 mars 2017 consid. 2.4). Par consé-

quent, il est tout à fait possible qu’une personne ne dispose de la qualité de 

partie plaignante que pour une partie des faits objet des investigations et non 

pour l’ensemble des faits dénoncés ou sous enquête. L’on ne voit dès lors 

en l’espèce pas de motif formel s’opposant au retrait de la qualité de partie 

plaignante au recourant concernant les homicides allégués de ses cousins. 

Savoir si celui-ci dispose matériellement de la qualité de partie plaignante 

fait l’objet des développements qui suivent (cf. infra consid. 3 et 4). 

 

 

3. Le recourant invoque ensuite une violation de l’art. 116 al. 2 CPP en lien 

avec son droit d’être entendu. La direction de la procédure ne l’aurait pas 

interrogé en détail sur ses liens avec E., F. et G. Sa qualité de partie 

plaignante n’aurait fait l’objet d’aucune discussion après les auditions tenues 

en 2015 et il demeurerait aujourd’hui encore à la disposition du MPC pour 

répondre à des questions complémentaires. De plus, la direction de la 

procédure ne pourrait procéder à une instruction par voie de correspondance 

avec le conseil juridique gratuit de la partie plaignante, dès lors que c’est 

sous la forme d’une audition de la personne concernée que les faits 

pertinents devraient être recueillis (act. 1, p. 7). 

 

3.1 Compris comme l’un des aspects de la notion générale de procès équitable 

au sens de l’art. 29 Cst., le droit d’être entendu garantit notamment au 

justiciable le droit de s’expliquer avant qu’une décision ne soit prise à son 

détriment, de fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur la 

décision, d’avoir accès au dossier, de participer à l’administration des 

preuves, d’en prendre connaissance et de se déterminer à leur propos 

(art. 29 al. 2 Cst.; ATF 142 III 48 consid. 4.1.1; 141 V 557 consid. 3.1 et les 

- 7 - 

 

 

réf. citées). En procédure pénale, le droit d’être entendu est concrétisé à 

l’art. 107 CPP. Il comprend le droit de consulter le dossier (let. a), de 

participer à des actes de procédure (let. b), de se faire assister par un conseil 

juridique (let. c), se prononcer au sujet de la cause et de la procédure (let. d), 

et de déposer des propositions relatives aux moyens de preuves (let. e). 

 

3.2 En l’espèce le recourant a décrit dans sa plainte pénale du 30 juillet 2014 sa 

situation personnelle ainsi que les faits pour lesquels il souhaitait qu’une 

instruction soit ouverte. Le MPC a désigné Me Raphaël Jakob pour être son 

conseil juridique gratuit. Il a par la suite été personnellement entendu par le 

MPC lors de son audition les 28, 29, 30 et 31 janvier 2015, lors de laquelle il 

a confirmé la teneur de sa plainte, et l’a complétée en déclarant que ses 

cousins se trouvaient parmi les six hommes dont B. avait ordonné le meurtre, 

et qu’il aurait également vu un autre de ses cousins gisant au sol dans une 

mare de sang (dossier MPC, 12-08-0015 ss). Le 19 octobre 2018, le MPC a 

invité le recourant à lui fournir les éléments nécessaires à établir sa qualité 

de partie plaignante s’agissant des homicides allégués de ses cousins. Le 

recourant s’est déterminé une première fois le 2 novembre 2018 par 

l’intermédiaire de son conseil. Ce dernier a requis une prolongation de délai 

au 30 novembre 2018 afin de compléter ses observations sur cette question, 

soit après avoir pris contact avec son mandant. Il a conjointement requis de 

pouvoir s’expliquer sur ces aspects dans le cadre d’une nouvelle audition. 

Par courrier du 6 novembre 2018, le MPC a octroyé la prolongation 

demandée au 30 novembre 2018 et a indiqué qu’il n’entendait pas donner 

droit à sa demande de nouvelle audition. Suite à ceci, le recourant a déposé 

ses observations complémentaires les 22 et 29 novembre 2018 concernant 

sa qualité de partie plaignante s’agissant des homicides allégués de E., F. 

et G. 

 

3.3 Il s’ensuit que le recourant a largement été en mesure d’exposer sa version 

des faits et les raisons pour lesquelles il revêtait, selon lui, la qualité de partie 

plaignante dans le cadre des homicides allégués de ses cousins. Au vu de 

la situation particulière, à savoir que le recourant se trouve au Libéria, que 

les parties à la procédure sont nombreuses et qu’il a déjà été entendu durant 

quatre jours par le MPC, il aurait été disproportionné d’ordonner une nouvelle 

audition uniquement pour que le recourant s’exprime sur ses relations avec 

ses cousins, alors qu’il était en mesure de le faire par écrit par l’intermédiaire 

de son conseil. Il aurait par ailleurs eu la possibilité de s’exprimer sur ces 

aspects lors de son audition en janvier 2015 dès lors qu’il a, à ce moment, 

souhaité étendre sa plainte aux meurtres de ses cousins. Par conséquent, 

le MPC n’a pas violé le droit d’être entendu du recourant en refusant de 

donner droit à sa demande de nouvelle audition. Ce grief doit dès lors être 

rejeté. 

- 8 - 

 

 

4. Le recourant soutient que c’est à tort que le MPC lui a retiré la qualité de 

partie plaignante pour les meurtres de ses cousins (act. 1, p. 8 ss). 

 

4.1 Selon l’art. 118 al. 1 CPP, on entend par partie plaignante le lésé qui déclare 

expressément vouloir participer à la procédure pénale comme demandeur 

au pénal ou au civil. Une plainte pénale équivaut à une telle déclaration 

(art. 118 al. 2 CPP). En l’espèce, le recourant ayant déposé une plainte 

pénale le 3 juillet 2014 (dossier MPC, 05-01-0001 ss), il convient d’examiner 

s’il a la qualité de lésé dans le cadre de la procédure en cause. 

 

4.2  

4.2.1 La notion de lésé est définie à l’art. 115 CPP. Il s’agit de toute personne dont 

les droits ont été touchés directement par une infraction. En règle générale, 

seul peut se prévaloir d’une atteinte directe le titulaire du bien juridique 

protégé par la disposition pénale qui a été enfreinte (ATF 138 IV 258 

consid. 2.3; 129 IV 95 consid. 3.1 et les références citées). En revanche, 

lorsque l’infraction protège en première ligne l’intérêt collectif, les particuliers 

ne sont considérés comme lésés que si leurs intérêts privés ont été 

effectivement touchés par les actes en cause, de sorte que leur dommage 

apparaît comme la conséquence directe de l’acte dénoncé (ATF 138 IV 258 

consid. 2.3; 129 IV 95 consid. 3.1 et les références citées). Pour être 

directement touché, le lésé doit en outre subir une atteinte en rapport de 

causalité directe avec l’infraction poursuivie, ce qui exclut les dommages par 

ricochet (arrêts du Tribunal fédéral 6B_549/2013 du 24 février 2014 

consid. 2.1; 1B_294/2013 du 24 septembre 2013 consid. 2.1). Il faut se 

fonder sur les allégués de celui qui se prétend lésé pour déterminer si tel est 

effectivement le cas (ATF 119 IV 339 consid. 1d.a; décision du Tribunal 

pénal fédéral BB.2012.5 du 15 mars 2012 consid. 1.2.1). C’est à ce dernier 

qu’il incombe de rendre vraisemblable le fait qu’il a subi un préjudice 

personnel et qu’il existe un lien de causalité directe entre ce préjudice et 

l’infraction en cause (arrêt du Tribunal fédéral 1P.620/2001 du 21 décembre 

2001 consid. 2.2.1; arrêt du Tribunal pénal fédéral BB.2005.51 du 12 dé-

cembre 2005 consid. 3.1). 

 

  

- 9 - 

 

 

4.2.2 En l’espèce, il n’est pas contesté que le recourant n’est pas directement et 

personnellement lésé dans ses droits propres par les homicides allégués de 

ses cousins E., F. et G. (art. 116 al. 1 CPP). Il convient donc de déterminer 

s’il dispose de la qualité de lésé en tant que proche de la victime (art. 116 

al. 2 CPP). 

 

4.3 Selon l’art. 116 al. 2 CPP, on entend par proches de la victime son conjoint, 

ses enfants, ses père et mère et les autres personnes ayant avec elle des 

liens analogues. Cette liste correspond à celle posée à l’art. 1 al. 2 de la loi 

fédérale du 23 mars 2007 sur l’aide aux victimes d’infractions (LAVI; 

RS 312.5). Le conjoint, les enfants, le père et la mère ont ainsi la qualité de 

proches de par la loi, indépendamment de liens affectifs qu’ils entretiennent 

avec la victime (MAZZUCCHELLI/POSTIZZI, op. cit., n° 17 ad art. 116 CPP; GUY-

ECABERT, CR-CPP, n° 14 ad art. 116 CPP). 

 

Quant aux « autres personnes », elles n’ont pas nécessairement à être 

apparentées à la victime (arrêt du Tribunal fédéral 1B_594/2012 du 7 juin 

2013 consid. 3.4.2, publié in Pra 2013 118 907) et ne font pas 

obligatoirement vie commune avec celle-ci (PITTELOUD, Code de procédure 

pénale suisse, 2012, n° 259 p. 167). Sont alors déterminantes les 

circonstances concrètes, l’intensité du lien entretenu avec la victime 

(« Lebensverhältnisse »; arrêt 1B_594/2012 susmentionné consid. 3.4.2) 

et/ou la fréquence des rencontres, éléments que ceux alléguant être des 

proches au sens de l’art. 116 al. 2 in fine CPP devront rendre vraisemblables 

afin de démontrer qu’ils ont, avec la victime, des liens analogues aux 

premières personnes mentionnées dans cette disposition (MOREILLON/PA-

REIN-REYMOND, Petit commentaire, Code de procédure pénale, 2013, n° 18 

ad art. 116 CPP; PITTELOUD, op. cit., n° 259 p. 167; GUY-ECABERT, CR-CPP, 

n° 14 ad art. 116 CPP).  

 

Peuvent ainsi généralement être considérés comme des proches de la 

victime le concubin (ATF 138 III 157 consid. 2), le partenaire enregistré, les 

petits-enfants qui auraient été élevés par leurs grands-parents en raison par 

exemple du décès de leurs parents, les neveux et nièces qui auraient été 

élevés par leur oncle ou tante, ainsi que, le cas échéant, une relation d’amitié 

ou fraternelle très étroite (arrêt 1B_594/2012 susmentionné consid. 3.4.2 et 

3.4.3; cf. également MAZZUCCHELLI/POSTIZZI, op. cit., n° 17 ad art. 116 CP; 

LIEBER in Donatsch/Hansjakob/Lieber (édit.), Kommentar zur Schweizeri-

schen Strafprozessordnung (StPO), 2ème éd. 2014, n°s 5 ss ad art. 116 CPP; 

SCHMID, Schweizerische Strafprozessordnung (StPO), Praxiskommentar, 

2ème éd. 2013, n° 9 ad art. 116 CPP; MOREILLON/PAREIN-REYMOND, op. cit., 

n° 18 ad art. 116 CPP; PITTELOUD, op. cit., n° 259 p. 166 s. et n° 260 p. 167 

pour des exemples de refus).  

- 10 - 

 

 

Comme l’illustre la jurisprudence récente du Tribunal fédéral, la pratique en 

la matière est très restrictive. Notre Haute Cour rappelle d’ailleurs souvent 

que la loi n’inclut même pas les frères et sœurs au rang des personnes qui 

revêtent d’office la qualité de proche de la victime, ce qui démontrerait 

d’autant plus que seule une relation particulièrement intense est, en défini-

tive, de nature à justifier ce statut procédural (GARBARSKI, Le lésé et la partie 

plaignante dans la jurisprudence récente du Tribunal fédéral, in SJ II 125, 

p. 134). En d’autres termes, déterminer si une personne est un proche de la 

victime au sens de l’art. 116 al. 2 in fine CP s’examine au regard des 

circonstances d’espèce; il s’agit donc d’une question d’appréciation délicate 

puisque la problématique peut varier au gré d’un cas à l’autre (arrêt du 

Tribunal fédéral 1B_137/2015 du 1er septembre 2015 consid. 2.1 et les 

références citées). 

 

4.4 Le recourant invoque une violation de l’art. 116 al. 2 CPP. Selon lui, le MPC 

aurait procédé à une interprétation trop stricte de la disposition légale 

litigieuse et n’aurait pas pris en considération les circonstances au Libéria 

pour adapter en conséquence les conditions d’octroi de la qualité de partie 

plaignante. Il estime ainsi que la relation particulière le liant à ses cousins 

doit lui conférer la qualité de proche de la victime au sens de la loi (act. 1, 

p. 8-14). 

 

4.4.1 Le recourant reproche au MPC de ne pas s’être inspiré des développements 

des différentes institutions judiciaires internationales au vu des questions et 

spécificités posées par cette procédure (act. 1, p. 9-13). En l’espèce, le MPC 

a ouvert une instruction le 28 août 2014 à l’encontre de B. pour crimes de 

guerre au sens des art. 264b ss CP, notamment suite à la plainte déposée 

par le recourant à l’encontre du précité (cf. supra let. B). 

 

4.4.2 Au 1er janvier 2011, une modification législative a ancré dans le Code pénal 

les infractions de crime de guerre (titre 12ter) et y a inscrit les dispositions 

communes pour ce dernier titre ainsi que pour celui relatif aux génocides et 

crimes contre l’humanité (titre 12quater respectivement 12bis CP; RO 2010 

4963; Message relatif à la modification de lois fédérales en vue de la mise 

en œuvre du Statut de Rome de la Cour pénale internationale du 23 avril 

2008 [ci-après: Message relatif à la mise en œuvre du Statut de Rome]; 

FF 2008 3461). A cette occasion, le législateur a adapté son droit national 

(CP, CPM et CPP notamment), afin de permettre à la Suisse de participer 

efficacement à l’effort international dans la répression de la violation des 

droits humains. La poursuite et la répression des crimes de guerre fait dès 

lors partie intégrante du droit suisse depuis la modification législative du 

1er janvier 2011, de sorte que les autorités de poursuite et les tribunaux 

appliquent le droit matériel et le droit procédural suisse. Comme le précise 

- 11 - 

 

 

le message relatif à la mise en œuvre du Statut de Rome, chaque Etat est 

libre de choisir de quelle manière il souhaite mettre en œuvre le droit pénal 

international dans sa législation nationale (FF 2008 3473). Il convient 

cependant également de prendre en compte la dimension internationale de 

ces infractions, dès lors qu’elles ne représentent pas des actes singuliers 

mais viennent s’inscrire dans un contexte plus large et ont des effets sur 

d’autres Etats (Message relatif à la mise en œuvre du Statut de Rome, 

FF 2008 3480). Cela étant, la prise en compte des principes généraux du 

droit pénal international est envisageable, sans que toutefois l’application du 

droit international en droit pénal suisse se fasse uniquement par 

l’interprétation ou la reprise directe de principes du droit des gens dans la 

procédure pénale Suisse (Message précité, FF 2008 3481). Par conséquent 

et au vu de la dimension internationale des infractions dont il est question, si 

les autorités suisses sont tenues d’appliquer le droit suisse, elles peuvent 

également s’inspirer de la jurisprudence des instances internationales si 

celle-ci leur paraît pertinente. 

 

4.4.3 Le recourant soutient que plusieurs Cours ou Tribunaux internationaux se 

seraient penchés sur la question de la participation des proches des 

victimes, et que nombre d’entre eux auraient pris en considération les 

spécificités culturelles locales. Il conviendrait ainsi de s’inspirer de celles-ci 

afin de déterminer l’étendue des relations entre le recourant et ses cousins 

(act. 1, p. 6 ss). Il cite tout d’abord un cas des Chambres extraordinaires au 

sein des Tribunaux cambodgiens, lesquelles ont retenu que si les membres 

de la famille proche d’une victime tombent dans le champ d’application des 

règles internes, un dommage direct peut être plus difficile à justifier pour des 

membres de la famille plus éloignée. Les Chambres ont néanmoins 

considéré que le préjudice allégué par des membres de la famille éloignée 

de la victime peut, dans des circonstances exceptionnelles, être équivalent 

à une conséquence directe du crime si les demandeurs sont capables de 

prouver tant le lien de parenté allégué que l’existence de circonstances 

créant un lien spécial d’affection ou de dépendance avec le défunt 

(« Although the immediate family members of a victim fall within the scope 

of Internal Rule 23(2)(b), direct harm may be more difficult to substantiate in 

relation to more attenuated familial relationships. The Chamber nevertheless 

considers that harm alleged by members of a victim’s extended family may, 

in exceptional circumstances, amount to a direct and demonstrable 

consequence of the crime where the applicants are able to prove both the 

alleged kinship and the existence of circumstances giving rise to special 

bonds of affection or dependence on the deceased », Judgment [Kaing Guek 

Eav alias Duch], Case file/Dossier n° 001/18-07-2007/ECCC/TC, Extraordi-

nary Chambers in the Courts of Cambodia, 26 juillet 2010, § 643 p. 220-221). 

Dans le même cas et selon un expert détaillant la nature des relations 

- 12 - 

 

 

familiales dans la culture cambodgienne, la tendance historique des familles 

cambodgiennes serait de vivre ensemble avec d’autres membres de la 

famille, tels que des parents vieillissants ou des frères et sœurs de leur 

famille, et donc la probabilité de liens solides avec les grands-parents, 

cousins, oncles et tantes. Si de tels liens étaient communs, leur proximité 

dépend néanmoins du cas d’espèce (Jugement des Chambres extraordinai-

res précité, § 643, note de bas de page 1077). Dans le jugement sur appel 

dans cette affaire, le recourant relève le passage qui suit: « Ce qui constitue 

une famille proche dépend du contexte. Dans le contexte cambodgien, 

les familles nombreuses vivent ensemble et forment des liens entre les 

membres immédiats et non immédiats de la famille. Selon les normes 

occidentales, les membres adultes de la famille ne cohabitent généralement 

pas avec leurs parents ou leurs frères et sœurs ; les familles sont atomisées, 

plus petites et économiquement autonomes. L’absence de cohabitation 

n’exclut cependant pas les liens d’affection, surtout au sein des petites 

familles, où l’exclusivité de ces liens peut les rendre forts » (act. 1, p. 10). 

Repris dans son ensemble, le paragraphe § 562 du jugement sur appel 

retient ceci: « As held above, the Trial Chamber was correct to articulate the 

requirement of special bonds of affection or dependence between a direct 

victim and the claimed indirect victim. This Chamber has further held that 

close family members may be presumed to have had such bonds. As to what 

constitutes a close family is context-dependent. In the Cambodian context 

large families live together and form ties connecting immediate and non-

immediate family members. By Western standards, grown-up family 

members do not usually co-habit with their parents or siblings; families are 

atomized, smaller and economically autonomous. Lack of co-habitation, 

however, does not preclude bonds of affection, especially within small 

families, where exclusivity of these bonds may render them strong » (Appeal 

Judgment [Kaing Guek Eav alias Duch], Case file/Dossier n° 001/18-07-

2007-ECCC/SC, 3 février 2012, § 562). 

 

Le recourant cite en second lieu une procédure menée par la Cour pénale 

Internationale à l’encontre du congolais Thomas Lubanga Dyilo, dans 

laquelle la Cour a indiqué qu’elle devrait d’abord déterminer si les victimes 

directe et indirecte étaient unies par des liens personnels étroits, et qu’il fallait 

reconnaître que le concept de « famille » pouvait infiniment varier d’une 

culture à l’autre de sorte que la Cour doit tenir compte des structures 

familiales et sociales applicables (Décision fixant les principes et procédures 

applicables en matière de réparations du 7 août 2012 de la Chambre de 

première instance I de la Cour pénale internationale n° ICC-01/04-01/06 

§ 195 p. 78-79). Dans diverses décisions, la Cour aurait par ailleurs reconnu 

le droit au cousin, à l’oncle et au neveu d’une victime de prendre part à la 

procédure (act. 1, p. 11 et les références citées).  

- 13 - 

 

 

Enfin, le recourant s’appuie sur divers rapports et études établis par des 

chercheurs détaillant les spécificités des relations familiales au Libéria. Il en 

ressortirait en substance qu’il serait commun au Libéria de placer un enfant 

chez un parent plus éloigné, notamment lorsqu’une famille a plus d’enfants 

qu’elle ne peut en nourrir et qu’un parent ou ami est sans enfant (act. 1, 

p. 12-13 et les références citées). 

 

4.5 Il n’est pas contesté que les relations familiales au Libéria peuvent sensible-

ment différer des configurations qui sont habituellement connues en Europe. 

Il sera certes plus courant qu’un enfant ne soit pas élevé par ses parents 

biologiques, mais par des oncles et tantes ou encore amis des parents, et 

qu’il considérera alors ceux-ci comme ses « vrais » parents. Toutefois, il 

ressort clairement des jurisprudences précitées que chaque cas présente 

des particularités, de sorte que l’on ne peut généraliser la situation familiale 

d’un certain pays et, partant, assimiler d’office les oncles et tantes aux 

parents ainsi que les cousins aux frères et sœurs, mais qu’il convient 

davantage d’analyser le lien qui unit les personnes au cas par cas. Ainsi, 

selon les références susmentionnées (cf. supra consid. 4.4), s’il est possible 

que des membres plus éloignés de la famille de la victime puissent être 

considérés comme victimes, les circonstances doivent être exceptionnelles 

et il doit être prouvé que des liens d’une importance particulière unissaient 

la personne au défunt (Jugement Kaing Guek Eav alias Duch du 26 juillet 

2010 précité). Ceci est confirmé par l’expert dans ce dernier cas traité par 

les Chambres cambodgiennes (cf. supra consid. 4.4.2), lequel précise que 

la proximité dépend du cas d’espèce, et indique ainsi seulement une 

probabilité de liens plus solides avec les grands-parents, oncles, cousins que 

ceux qui sont normalement admis en Europe. Ce qui constitue une famille 

proche dépend ainsi du contexte. Il s’ensuit que les développements 

présentés dans un contexte international tels qu’ils viennent d’être examinés 

sont grandement semblables aux principes doctrinaux et jurisprudentiels 

reconnus en Suisse. En effet et comme relevé supra (cf. consid. 4.3), chaque 

cas doit être examiné séparément, en tenant compte des circonstances 

concrètes ainsi que de l’intensité du lien entretenu avec la victime. Si un lien 

d’une intensité particulière est démontré, le droit suisse reconnaît ainsi 

également que des proches, tels que grands-parents, oncles et tantes 

puissent être assimilés à des parents s’ils ont élevé la personne, ou encore 

les frères et sœurs si la relation était très étroite. L’admission des frères et 

sœurs au rang des personnes proches est cependant admise plus 

restrictivement que pour les grands-parents ou oncles et tantes ayant élevé 

la personne.  

 

  

- 14 - 

 

 

4.6 Par conséquent, s’il est possible de s’inspirer du contexte familial auquel 

appartient la personne concernée pour examiner la notion de personne 

proche de la victime, il n’en demeure pas moins que chaque situation doit 

être examinée pour elle-même. Il ne suffit ainsi pas d’alléguer que la victime 

vivait sous le même toit pour que la personne soit considérée comme un 

proche au sens de l’art. 116 al. 2 CPP. Il convient au contraire au proche de 

fournir l’ensemble des éléments permettant à la Cour d’examiner si le lien 

qui existait entre la victime et la personne alléguée proche est suffisamment 

fort au vu des circonstances pour l’admettre comme partie à la procédure. 

 

4.7 Il convient dès lors d’examiner si en l’espèce, le recourant avait des liens 

d’une intensité telle avec ses cousins permettant de considérer que ceux-ci 

remplissent les conditions de la personne proche au sens de l’art. 116 al. 2 

CPP. 

 

4.7.1 Il ressort de la plainte pénale déposée le 30 juillet 2014 par le recourant qu’il 

est né en 1972 dans la ville de Monrovia, au Libéria. En 1994, alors qu’il 

résidait à Y., le mouvement C. mena une attaque contre cette ville. Le 

recourant s’est dès lors réfugié dans la forêt autour de Y. Il a ensuite été 

capturé avec d’autres personnes, par les membres du mouvement C. et ils 

ont été accusés d’appartenir au Front D., groupe armé opposé au 

mouvement C. Ils ont eu les bras attachés derrière le dos, le recourant fut 

attrapé par les pieds et traîné sur le dos jusqu’au marché de Y., puis ramené 

dans la forêt vers le groupe de détenus, ce qui lui occasionna une grande 

souffrance et des blessures sur tout le corps. Il a ensuite été poignardé par 

B. au niveau du dos et les six autres détenus ont été tués et leurs corps jetés 

dans un puits. Dans sa plainte il précise qu’en addition des faits évoqués, 

dans le cadre desquels il a été la victime directe des agissements de B., il a 

en outre été le témoin de crimes commis à Y. par B. personnellement ou par 

des membres du mouvement C. placés sous son commandement, à la 

période de Noël 1994. A l’occasion de la plainte pénale du 30 juillet 2014, le 

recourant n’a pas fait mention de ses cousins (dossier MPC, 05-02-0002 s.). 

 

4.7.2 Dans le cadre de son audition des 28, 29, 30 et 31 janvier 2015, il précise 

qu’il n’a vécu qu’à un endroit au Libéria. Il vivait d’abord avec sa mère et son 

père à U., dans le Couty Montserrado où se trouve Monrovia. Son père est 

décédé en premier, puis sa mère. Suite à la perte de ses parents, il a loué 

une autre maison, toujours à U. (dossier MPC, 12-08-0006). Il évoque par la 

suite avoir perdu deux frères et sa sœur, ainsi qu’un oncle et trois cousins 

(dossier MPC, 12-08-0007). Concernant ses fréquentations, il précise qu’il 

est un homme de famille. Il est surtout avec sa famille, n’a pas beaucoup 

d’amis (ses seuls amis étant ses collègues) il estime ses amis comme sa 

famille et indique qu’il considère sa femme et ses enfants comme sa famille 

- 15 - 

 

 

proche (dossier MPC, 12-08-0008). Concernant les faits dénoncés dans sa 

plainte, il décrit ceux-ci de façon détaillée et précise alors qu’il était avec ses 

deux cousins, E. et F. Ils étaient en tout sept garçons à se déplacer ensemble 

et ils venaient du même endroit. Il décrit ensuite l’autre épisode évoqué dans 

sa plainte, au cours duquel il a découvert le cadavre de son cousin, le fils 

aîné du frère cadet de son père, G., lequel était à terre dans une mare de 

sang. Le cœur lui avait été enlevé (dossier MPC, 12-08-0015 à 0017). A la 

fin de l’audition, il indique avoir dit tout ce qu’il avait à l’esprit, et qu’à présent 

ses cousins peuvent reposer en paix, tout comme les autres Libériens qui 

ont été tués pendant la guerre (dossier MPC, 12-08-0042). 

 

4.7.3 A l’occasion de ses déterminations du 2 novembre 2018, le recourant indique 

ne pas avoir été interrogé en détail sur ses relations avec ses cousins. Selon 

son conseil, il ressortirait toutefois de ses explications qu’il a vécu avec eux 

et la mère de ces derniers, ce qui suffirait pour retenir à ce stade l’existence 

d’un lien étroit, suffisamment intense pour le considérer comme un proche 

au sens de l’art. 116 al. 2 CPP (dossier MPC, 15-02-0931). Selon ses 

déterminations complémentaires du 29 novembre 2018, le conseil du recou-

rant précise que E. était le fils d’une tante paternelle, F. le fils d’un oncle 

paternel et G. le fils d’une tante paternelle. Après une enfance passée dans 

le Montserrado, le recourant aurait été envoyé pendant un temps dans le 

« bush » au sein de la « poro society ». Il aurait rejoint ses cousins E. et F., 

avec lesquels il aurait vécu en proximité et solidarité étroites pendant cette 

période. Les trois cousins auraient ainsi été éduqués ensemble pendant 

cette période. Par la suite, une fois la guerre éclatée, le recourant 

(notamment avec sa mère) et E. se seraient réfugiés ensemble à V. Ils y 

auraient vécu ensemble pendant plusieurs années, en proximité étroite. Ils 

auraient pu compter l’un sur l’autre pour chercher de la nourriture, et 

travaillaient ensemble pour en faire profiter les membres de leur famille. Le 

recourant aurait eu une relation semblable avec F., lequel ne vivait pas à V. 

mais dans un village proche, à W. Ils se seraient cependant vus presque 

chaque jour dès lors que F. venait travailler à V. aux côtés de ses cousins. 

Le recourant attribue sa survie pendant la guerre à ces activités qu’il réalisait 

aux côtés de ses cousins, en solidarité avec ceux-ci. Avant la guerre, il avait 

des contacts irréguliers avec G., auquel il rendait parfois visite dans le Lofa. 

Pendant la guerre, ils se voyaient souvent et il arrivait au recourant de 

travailler dans la ferme que gérait à X. le père de G. En définitive, le recourant 

aurait eu une relation très proche, de nature fraternelle avec ses cousins 

germains. Avant la guerre, il aurait été en partie élevé avec ceux-ci, et 

pendant la guerre il aurait survécu en vivant ensemble et en solidarité étroite 

avec eux (dossier MPC, 15-02-0944 et s.). 

 

4.7.4 Le recourant reproche au MPC de n’avoir, dans la décision querellée, fait 

- 16 - 

 

 

aucun cas du fait qu’il vivait sous le même toit que E., ni du fait que, de façon 

générale, lui et ses cousins se fréquentaient quotidiennement et dépendaient 

les uns des autres, notamment pendant les années de conflit armé, ce qui 

constituerait bel et bien une relation très étroite au sens où l’entend la 

jurisprudence du Tribunal fédéral (act. 1, p. 8). 

 

4.7.5 Le recourant ne saurait être suivi lorsqu’il indique que le MPC n’aurait pas 

pris en compte les éléments précités. Au contraire dans la décision attaquée, 

le MPC mentionne ce qui suit : « E. [et le recourant] auraient vécu en étroite 

proximité, ayant été élevés ensemble (…) après le début de la guerre [ils] 

auraient continué à vivre ensemble à V. durant plusieurs années et auraient 

aussi œuvré conjointement (…) à l’entretien de la famille ». Puis concernant 

F., l’autorité intimée relève qu’il aurait également été élevé avec le recourant, 

puis se seraient régulièrement fréquentés (act. 1.1, p. 4). Sur la base de ces 

indications, le MPC a toutefois retenu que, concernant E., le fait d’avoir été 

temporairement élevés ensemble ou d’avoir œuvré en commun au soutien 

d’une famille dans le contexte particulier de la guerre ne peut justifier 

l’admission d’une relation particulièrement étroite au sens de la 

jurisprudence. Quant aux liens entretenus par le recourant avec ses deux 

autres cousins, il relève qu’ils semblent découler des rapports familiers 

usuels, mais n’atteignent pas le degré d’intensité retenu par la jurisprudence. 

Ainsi, l’autorité intimée a bel et bien pris en compte la situation exposée par 

le recourant afin de prendre sa décision. Que le MPC n’en ait pas tiré la 

conséquence juridique souhaitée par le recourant ne permet pas de retenir 

d’emblée une violation de l’art. 116 al. 2 CPP. 

 

4.7.6 Selon les déclarations du recourant lors de son audition (cf. supra, 

consid. 4.7.2), il aurait vécu avec ses deux parents à Montserrado. Contraire-

ment aux allégations du conseil du recourant du 2 novembre 2019, l’on ne 

peut en déduire qu’il eut alors vécu avec la mère de ses cousins et ceux-ci. 

Le recourant n’évoque lors de son audition nullement une relation particulière 

avec ses cousins, singulièrement avoir grandi ou été élevé avec eux. Il 

évoque ceux-ci uniquement en référence aux homicides allégués les 

concernant. Dans ses déterminations complémentaires déposées le 29 no-

vembre 2018, le recourant précise tout d’abord avoir passé son enfance à 

Montserrado. Ce ne serait qu’ensuite qu’il aurait rejoint ses cousins, soit 

lorsqu’il aurait été envoyé dans le « bush » et ils auraient alors vécu 

« pendant cette période » ensemble. Ces éléments ne permettent toutefois 

pas de connaître l’âge des différents protagonistes au moment où ils auraient 

vécu les uns avec les autres, ni leur durée de vie commune alléguée, afin 

d’apprécier l’impact et l’influence qu’aurait réellement pu avoir une po-

tentielle cohabitation sur leurs vies. Des déterminations complémentaires il 

ressort ensuite que pendant la guerre, soit alors que le recourant était déjà 

- 17 - 

 

 

âgé d’une vingtaine d’années, E., le recourant lui-même et sa mère se 

seraient réfugiés ensemble à V. Ils auraient alors vécu en proximité étroite, 

pouvant compter l’un sur l’autre pour chercher de la nourriture et travaillant 

ensemble pour faire profiter les membres de leur famille. 

 

4.8 Les allégations qui précèdent confrontées à la jurisprudence applicable en 

la matière, laquelle retient notamment qu’un lien d’une intensité particulière 

doit être démontré de façon hautement vraisemblable, ne permettent pas de 

conclure à l’existence d’une relation très forte telle que requise par la 

jurisprudence. S’il paraît vraisemblable que le recourant et ses cousins 

avaient des liens assimilables à ceux de frères, dès lors qu’ils ont 

probablement cohabité, œuvré ensemble et se sont soutenus dans des 

moments difficiles, cela ne signifie pas encore que les liens unissant une 

fratrie sont comparables aux relations parents-enfant. Quand bien même 

l’intensité du lien devra dans ce dernier cas également être prouvée, le degré 

de preuve attendu sera plus élevé dans le cas de frères et sœurs. Par 

ailleurs, la relation assimilée à celle d’une fratrie devra également présenter 

un degré d’intensité important, dès lors que justement de simples frères et 

sœurs ne sont, à l’origine, pas supposé avoir le lien requis par la loi et la 

jurisprudence. L’on ne saurait dès lors conclure des éléments qui précèdent 

que la relation qui unissait le recourant à ses trois cousins soit d’une telle 

intensité qu’elle puisse être assimilée, pour des relations fraternelles, à des 

relations particulièrement étroites au point de reconnaître au recourant une 

qualité de proche de la victime au sens de l’art. 116 al. 2 CPP. 

 

4.9 Il s’ensuit que, mal fondé, le recours doit être rejeté et la décision du MPC 

du 7 janvier 2019 confirmée. 

 

 

5. Le recourant demande à être mis au bénéfice de l’assistance judiciaire. 

 

5.1 Si une partie ne dispose pas de ressources suffisantes et si ses conclusions 

ne paraissent pas vouées à l’échec, l’assistance judiciaire doit lui être 

octroyée en vertu de l’art. 29 al. 3 Cst. La garantie constitutionnelle offerte 

par cette disposition ne donne pas droit à la dispense définitive des frais de  

justice et des honoraires de défense (décision du Tribunal pénal fédéral 

BB.2014.83+BB.2014.86 du 12 février 2015 consid. 7.3 et les références 

citées). 

 

5.2 L’art. 136 CPP relatif à l’assistance judiciaire gratuite pour la partie 

plaignante reprend les trois conditions cumulatives découlant de l’art. 29 al. 3 

Cst., à savoir l’indigence, les chances de succès et le besoin d’être assisté 

(v. arrêt du Tribunal fédéral 1B_151/2016 du 1er janvier 2016 consid. 2.2). 

- 18 - 

 

 

5.3 En l’espèce, dès lors que la qualité de partie plaignante avait été accordée 

au recourant par décision du 5 septembre 2014, que le recourant revêtait 

dès lors cette qualité durant quatre ans, soit jusqu’à la décision litigieuse, l’on 

ne saurait considérer que le recours était dépourvu de chances de succès, 

de sorte qu’il convient d’examiner si le recourant est indigent et si le besoin 

d’assistance paraît établi.  

 

5.4 De jurisprudence constante, est considéré comme indigent celui qui ne peut 

assumer les frais liés à la défense de ses intérêts sans porter atteinte au 

minimum nécessaire à son entretien et à celui de sa famille (ATF 135 I 221 

consid. 5.1; 125 IV 16 consid. 4a; 124 I 1 consid. 2a). L’indigence s’évalue 

en fonction de l’ensemble de la situation économique du requérant au 

moment du dépôt de sa demande d’assistance judiciaire, ce qui comprend, 

d’une part, toutes les obligations financières et, d’autre part, les revenus ainsi 

que la fortune (ATF 124 I 1 consid. 2a; 120 Ia 179 consid. 3a et les références 

citées). Pour définir ce qui est nécessaire pour couvrir les besoins 

fondamentaux, l’autorité appelée à trancher ne doit pas se baser de façon 

schématique sur le minimum vital résultant de la législation relative à la 

poursuite et faillite, mais doit prendre en considération les circonstances 

personnelles du requérant (décision du Tribunal pénal fédéral BH.2012.7-9 

du 11 décembre 2012 consid. 2.1). Le conseil du recourant indique que son 

mandant réside actuellement au Libéria, et que la communication avec ce 

pays se révèle souvent difficile, pour des raisons logistiques et linguistiques. 

Il précise que son mandant est actuellement sans emploi, et qu’il percevait 

de son précédent emploi un revenu insignifiant aux fins du calcul de l’état 

d’indigence en Suisse. Il vivrait en concubinage et aurait par ailleurs cinq 

enfants à charge. Au vu de ce qui précède, il convient d’admettre que la 

situation du recourant est indigente et qu’au vu des questions juridiques 

posées dans la présente décision, le besoin d’assistance paraît également 

établi de sorte que l’assistance judiciaire doit lui être accordée. 

 

5.5 Lorsque l’avocat ne fait pas parvenir le décompte de ses prestations avec 

son unique ou sa dernière écriture, le montant des honoraires est fixé selon 

l’appréciation de la Cour (art. 12 al. 2 RFPPF). Tel est le cas en l’espèce, 

dès lors que Me Jakob n’a pas transmis de note d’honoraires à la Cour de 

céans. Vu l’ampleur et la difficulté de la cause, et compte tenu des limites du 

RFPPF, une indemnité d’un montant de CHF 2’000.-- (TVA incluse), fixée ex 

aequo et bono, paraît justifiée. Ladite indemnité sera acquittée par la caisse 

du Tribunal pénal fédéral, étant précisé que le recourant sera tenu de la 

rembourser s’il devait revenir à meilleure fortune (art. 65 al. 4 PA en lien avec 

l’art. 39 al. 2 let. b LOAP). 

 

 

- 19 - 

 

 

6.  

6.1 La partie qui obtient gain de cause a droit à une indemnité pour les dépenses 

occasionnées par l’exercice raisonnable de ses droits de procédure (art. 433 

al. 1 let. a CPP, applicable par renvoi de l’art. 436 al. 1 CPP; décisions du 

Tribunal pénal fédéral BB.2015.124 du 12 septembre 2016 et BB.2014.63 

du 20 juin 2014). Dans ses observations du 21 janvier 2019, B. a conclu au 

rejet du recours. Il a partant obtenu gain de cause de sorte qu’il a droit à une 

indemnité. Selon l’art. 12 al. 2 RFPPF, les honoraires sont fixés en fonction 

du temps effectivement consacré à la cause et nécessaire à la défense de 

la partie représentée, le tarif horaire s’élevant à CHF 200.-- au minimum et 

à CHF 300.-- au maximum, étant précisé qu’en règle générale le tarif 

appliqué par la Cour de céans est de CHF 230.-- par heure (décision du 

Tribunal pénal fédéral BH.2012.3 du 6 mars 2012 consid. 10.1 et la référence 

citée). 

 

6.2 Le décompte des opérations effectuées par Me Dimitri Gianoli, défenseur 

d’office de B., fait état de 12.50 heures de travail au tarif horaire de 

CHF 280.--. Il n’y a pas lieu de s’écarter du tarif horaire retenu jusqu’à 

présent par la Cour de céans, soit CHF 230.--. Les 12.50 heures (8.05 

heures pour le dépôt de la réponse et 4.45 heures pour le dépôt de la 

duplique) alléguées paraissent cependant excessives, dès lors que dans le 

cadre de la procédure parallèle portée devant la Cour de céans (BB.2019.3) 

– portant sur le même complexe de faits et soulevant des questions 

juridiques en partie identiques – Me Gianoli a fait valoir une note d’honoraires 

représentant un travail de 6.05 heures. L’on ne voit en l’espèce pas pour 

quelles raisons la présente procédure aurait suscité une charge de travail 

notablement supérieure, de sorte qu’il convient de retenir le même nombre 

d’heures pour le dépôt de la réponse, et tenir en sus compte du dépôt d’une 

duplique. La Cour fixe dès lors l’indemnité de Me Gianoli, ex aequo et bono 

(cf. supra consid. 5.5), à CHF 1'800.-- (TVA incluse), et sera acquittée par la 

caisse du Tribunal pénal fédéral. 

 

 

- 20 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Le recours est rejeté. 

 

2. La demande d’assistance judiciaire est admise. 

 

3. Une indemnité de CHF 2'000.-- (TVA incluse) est accordée à Me Raphaël 

Jakob en tant que conseil juridique gratuit du recourant, et sera acquittée par 

la caisse du Tribunal pénal fédéral, lequel demandera le remboursement au 

recourant s’il revient à meilleure fortune. 

 

4. Les frais de la présente procédure sont laissés à la charge de l’Etat. 

 

5. Une indemnité de CHF 1'800.-- (TVA incluse) est accordée à Me Dimitri 

Gianoli, et sera acquittée par la caisse du Tribunal pénal fédéral. 

 

 

Bellinzone, le 23 mai 2019 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le président: La greffière:  

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Me Raphaël Jakob  

- Ministère public de la Confédération 

- Me Dimitri Gianoli  

 

 

 

Indication des voies de recours 

Il n’existe pas de voie de droit ordinaire à l’encontre de la présente décision.