# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** abe527c9-d0ab-5404-ae1a-e0db3e8482ca
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2022-05-10
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 10.05.2022 CN.2022.4
**Docket/Reference:** CN.2022.4
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_CN-2022-4_2022-05-10

## Full Text

Désignation d'un défenseur d'office (art. 132 CPP)
Appel contre le jugement de la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal fédéral SK.2019.17 du 18 juin 2021
;;Désignation d'un défenseur d'office (art. 132 CPP)
Appel contre le jugement de la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal fédéral SK.2019.17 du 18 juin 2021
;;Désignation d'un défenseur d'office (art. 132 CPP)
Appel contre le jugement de la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal fédéral SK.2019.17 du 18 juin 2021
;;Désignation d'un défenseur d'office (art. 132 CPP)
Appel contre le jugement de la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal fédéral SK.2019.17 du 18 juin 2021

Ordonnance du 10 mai 2022 
Cour d’appel 

Composition  Le juge Olivier Thormann, juge président, 
Le greffier Rémy Allmendinger 

Parties  A., actuellement détenu à la Prison Z., assisté par 
Maître Dimitri Gianoli, défenseur d’office, ainsi que par 
Maître Jean-Pierre Bloch,  
 

appelant et prévenu 
 
contre  
 
MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION, représenté 
par Andreas Müller, Procureur fédéral, 
 

intimé et autorité d’accusation  
 
et 
 
1. B., représenté par Maître Alain Werner,  
 

intimé et partie plaignante 
  

2. C., représentée par Maître Zeina Wakim, 
 

intimée et partie plaignante  
 
3. D., représenté par Maître Hikmat Maleh,  
 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

Numéro de dossier: CN.2022.4 
(dossier principal :  CA.2022.8) 

- 2 - 

intimé et partie plaignante 
 
4. E., représenté par Maître Alain Werner,  
 

intimé et partie plaignante  
 
5. F., représenté par Maître Raphaël Jakob,  
 

intimé et partie plaignante 
  

6. G., représenté par Maître Alain Werner, 
 

intimé et partie plaignante 
 

7. H., représenté par Maître Alain Werner, 
 

intimé et partie plaignante 
 

Objet 
 

Désignation d’un défenseur d’office (art. 132 CPP) 
 
Appel contre le jugement de la Cour des affaires pé-
nales du Tribunal pénal fédéral SK.2019.17 du 18 juin 
2021 

  

- 3 - 

Vu 

− la décision du Ministère public de la Confédération (ci-après : MPC) du 11 novembre 
2014 désignant Me Dimitri Gianoli (ci-après : Me Gianoli) en tant que défenseur d’of-
fice du prévenu A. (MPC 16-01-0001 s.) ; 

− le courrier de Me Jean-Pierre Bloch (ci-après : Me Bloch) du 18 juillet 2018, par lequel 
il a communiqué au MPC que le prévenu l’avait chargé de le représenter dans la pré-
sente procédure (MPC 16-02-0001 s.) ; 

− le courrier du MPC du 31 août 2018 impartissant un délai au 10 septembre 2018 à 
Mes Gianoli et Bloch pour clarifier les rapports de représentation (MPC 16-01-1045) ; 

− le courrier de Me Gianoli du 10 septembre 2018 indiquant qu’il demeurait le représen-
tant principal de A. et que ce dernier n’avait pas exprimé la volonté de changer de 
conseil (MPC 16-01-1071 s.) ; 

− le jugement de la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal fédéral (ci-après : Cour 
des affaires pénales) SK.2019.17 du 18 juin 2021 ([SK.2019.17] 40.930.012 ss), par 
lequel A. a été reconnu coupable de violations répétées des lois de la guerre (art. 109 
al. 1 et 108 al. 2 de l’ancien Code pénal militaire du 13 juin 1927 [aCPM, RS 321.0] en 
lien avec l’art. 3 commun aux Conventions de Genève du 12 août 1949 [CG, 
RS 0.518.12, 0.518.23, 0.518.42 et 0.518.51] et l’art. 4 du Protocole additionnel du 
8 juin 1977 aux Conventions de Genève relatif à la protection des victimes des conflits 
armés non internationaux [PA II, RS 0.518.522]) et condamné à une peine privative 
de liberté de 20 ans ainsi qu’à l’expulsion du territoire suisse pour une durée de 15 ans 
(art. 40 aCPM) ; 

− l’annonce d’appel de A., sous la plume de son défenseur d’office, Me Gianoli, en date 
du 25 juin 2021 ([SK.2019.17] 40.940.001) ;  

− le courrier de A. du 5 juillet 2021 ([SK.2019.17] 40.201.001), par lequel il a informé le 
juge président de la Cour des affaires pénales que Me Bloch avait accepté de re-
prendre son dossier ; 

− le courrier de Me Bloch du 6 juillet 2021, par lequel il a communiqué à la Cour des 
affaires pénales et à la Cour d’appel du Tribunal pénal fédéral (ci-après : Cour d’ap-
pel) que le prévenu l’avait chargé de reprendre la défense de ses intérêts dans la 
présente procédure et demandé à être ordonné défenseur d’office en lieu et place de 
Me Gianoli, dès lors que la confiance du prévenu envers Me Gianoli ne semblait plus 
effective ([SK.2019.17] 40.201.006 et 011) ; 

− la procuration datée du 30 juin 2021 et signée par A. que Me Bloch a jointe à son 
courrier précité ([SK.2019.17] 40.201.007) ; 

- 4 - 

− le courrier du juge président de la Cour des affaires pénales du 7 juillet 2021, par 
lequel il a refusé d’accéder à la demande de Me Bloch et a indiqué que Me Gianoli 
demeurait le seul défenseur du prévenu ([SK.2019.17] 40.201.009) ; 

− le courrier de Me Bloch du 8 juillet 2021, par lequel il a demandé à la Cour des affaires 
pénales de prendre note que A. avait manifesté la volonté d’être représenté par un 
avocat de choix ([SK.2019.17] 40.201.13) ; 

− le courrier du juge président de la Cour des affaires pénales du 13 juillet 2021, par 
lequel il a constaté que les motifs qui ont présidé à la nomination de Me Gianoli en 
qualité de défenseur d’office, à savoir le cas de défense obligatoire et l’indigence du 
prévenu, étaient toujours d’actualité et que, s’il ne s’opposait pas à ce que Me Bloch 
intervienne à titre de défenseur privé aux côtés de Me Gianoli, ce dernier demeurait 
le défenseur d’office du prévenu ([SK.2019.17] 40.201.014) ; 

− le courrier de A. du 14 juillet 2021, par lequel il a communiqué à la Cour des affaires 
pénales que Me Bloch était désormais son avocat à la place de Me Gianoli, faisant 
valoir qu’il avait perdu confiance en Me Gianoli et son travail, qu’il ne pensait pas que 
Me Gianoli pourrait le défendre correctement et qu’il avait témoigné sa reconnais-
sance à ce dernier pour le travail effectué durant la procédure 
([SK.2019.17] 40.201.016) ; 

− le courrier de Me Bloch du 15 juillet 2021, par lequel, se prévalant du lien de confiance 
perturbé voire inexistant entre A. et Me Gianoli, il a à nouveau demandé à être or-
donné défenseur d’office en lieu et place de Me Gianoli ([SK.2019.17] 40.201.017) ; 

− le courrier du juge président de la Cour des affaires pénales du 29 juillet 2021, par 
lequel il a réitéré son refus de mettre un terme au mandat de Me Gianoli, relevant que 
la confiance du prévenu à l’endroit de Me Gianoli n’était pas forcément irrémédiable-
ment compromise, que le prévenu ne fournissait aucune raison concrète de retenir 
que la confiance était suffisamment compromise pour justifier le changement du dé-
fenseur d’office à ce stade de la procédure et que la nomination d’un défenseur d’of-
fice en appel donnerait lieu à une décision de la part de la Cour d’appel 
([SK.2019.17] 40.201.019 s.) ; 

− le courrier de Me Bloch du 10 août 2021, par lequel il a indiqué que, en l’attente d’une 
décision de la Cour d’appel, il interviendrait en qualité de défenseur privé aux côtés 
de Me Gianoli ([SK.2019.17] 40.201.021), ainsi que la réponse de la Cour des affaires 
pénales en date du 13 août 2021, par laquelle elle a indiqué prendre bonne note de 
la constitution de Me Bloch en tant que défenseur privé ([SK.2019.17] 40.201.022) ;  

− l’ordonnance du 6 avril 2022 de la direction de la procédure relevant que Me Bloch 
maintenait sa demande d’être désigné comme défenseur d’office en lieu et place de 
Me Gianoli s’agissant de la procédure d’appel et impartissant un délai de dix jours à 
compter de la notification à Mes Gianoli et Bloch pour se déterminer au sujet de la 
désignation du défenseur d’office (CAR 8.102.001 ss) ; 

- 5 - 

− la détermination de Me Bloch du 13 avril 2022, accompagnée de sa note de frais, par 
laquelle il a renouvelé sa demande tendant à être ordonné défenseur d’office de A. et 
précisé qu’il ne demandait plus le remplacement de Me Gianoli, mais à être désigné 
en tant qu’avocat d’office supplémentaire (CAR 8.102.007 ss) ; 

− la détermination de Me Gianoli du 13 avril 2022, par laquelle il a indiqué que le lien 
de confiance avec A. n’avait jamais été rompu et devait dans tous les cas être consi-
déré comme restauré, qu’il poursuivait depuis l’annonce d’appel du 25 juin 2021 une 
collaboration étroite avec Me Bloch et qu’il soutenait, d’entente avec ce dernier et A., 
la perspective de la désignation de Me Bloch en appui comme second défenseur d’of-
fice compte tenu de l’ampleur et de la complexité de la procédure (CAR 
8.102.005 s.) ; 

− la transmission aux parties, le 14 avril 2022, pour information, des observations de 
Mes Bloch et Gianoli (CAR 8.102.011 s.) ; 

− la prolongation jusqu’au 26 avril 2022, à la demande de Me Gianoli, du délai qui lui a 
été imparti pour remettre sa note de frais (CAR 8.102.013 et 014)  ;  

− la note de frais de Me Gianoli du 26 avril 2022 (CAR 8.102.015 ss) ; 

le juge président considère en droit : 

1. Compétence de la Cour d’appel 

1.1 L’autorité compétente pour désigner un défenseur d’office est la direction de la 
procédure en charge du dossier au moment où cette défense doit être ordonnée 
(art. 133 al. 1 CPP). 

1.2 Par la transmission du jugement motivé de la Cour des affaires pénales 
SK.2019.17 du 18 juin 2021 ainsi que du dossier de la procédure, le 31 mars 
2022, à la Cour d’appel, la litispendance est transférée à cette dernière (réfé-
rence de la procédure principale : CA.2022.8 ; FORSTER, Basler Kommentar, 
2e éd. 2014, n. 1 ad art. 232 CPP). Par conséquent, il appartient en l’espèce au 
juge président de la procédure CA.2022.8 de désigner un défenseur d’office 
(art. 38b de la loi fédérale du 19 mars 2010 sur l’organisation des autorités pé-
nales de la Confédération [LOAP, RS 173.71]). 

- 6 - 

2. Défense d’office 

2.1 Révocation et remplacement du défenseur d’office 

Le juge président doit en premier lieu examiner s’il se justifie de révoquer le man-
dat de défenseur d’office de Me Gianoli, et cas échéant de le remplacer. 

 Selon les termes de l’art. 134 al. 2 CPP, la direction de la procédure confie la 
défense d’office à une autre personne si la relation de confiance entre le prévenu 
et le défenseur d’office est gravement perturbée ou si une défense efficace n’est 
plus assurée pour d’autres raisons (al. 2). 

2.1.1.1 Une fois le défenseur d’office désigné, ni celui-ci ni le prévenu ne sont autorisés 
à résilier le mandat du défenseur d’office de façon unilatérale (arrêt du Tribunal 
fédéral 6B_466/2020 du 4 septembre 2020 consid. 2.3). L’un et l’autre peuvent 
uniquement, en cas de circonstances exceptionnelles, demander à l’autorité 
qu’elle révoque le mandat du défenseur d’office et en désigne un nouveau (HA-
RARI/JAKOB/SANTAMARIA, Commentaire romand, 2e éd. 2019, n. 12 ad 
art. 134 CPP). 

2.1.1.2 Le simple fait que le prévenu n’ait pas confiance en son conseil d’office ne lui 
donne pas le droit d’en demander le remplacement lorsque cette perte de con-
fiance repose sur des motifs purement subjectifs et qu’il n’apparaît pas de ma-
nière patente que l’attitude de l’avocat d’office est gravement préjudiciable aux 
intérêts de la partie (ATF 138 IV 161 consid. 2.4 ; arrêts du Tribunal fédéral 
1B_392/2017 du 14 décembre 2017 consid. 2.1 ; 1B_498/2018 du 5 novembre 
2018 consid. 2). Ainsi, le ressenti subjectif du prévenu, respectivement l’atteinte 
au lien de confiance, doit être corroboré par des éléments tangibles et objectifs 
qui laissent apparaître que la poursuite du mandat n’est clairement plus justifiée 
ou ne peut raisonnablement être imposée (138 IV 161 consid. 2.4 ; arrêts du Tri-
bunal fédéral 1B_88/2018 du 1er mars 2018 consid. 3 ; 1B_285/2019 du 27 juin 
2019 consid. 4 ; RUCKSTUHL, Basler Kommentar, 2e éd. 2014, n. 8 ad 
art. 134 CPP). À titre d’exemple, il n’y a pas de motif suffisant lorsque le défen-
seur d’office ne reprend pas une stratégie de défense problématique souhaitée 
et exigée par le prévenu ou s’il ne croit pas de façon inconditionnelle à ce que le 
prévenu lui révèle au sujet de l’infraction et qu’il ne reprend pas ces révélations 
sans les avoir filtrées devant l’autorité ou encore lorsque le défenseur refuse de 
procéder à des actes de procédure inutiles (ATF 138 IV 161 consid. 2.4 ; arrêts 
du Tribunal fédéral 1B_37/2020 du 10 mars 2020 consid. 3.1 ; 6B_1141/2021 du 
25 octobre 2021 consid. 5). 

- 7 - 

2.1.1.3 En revanche, lorsque l'avocat présente des carences manifestes, l'autorité pé-
nale doit – en principe à titre d'ultima ratio et après avoir rappelé l'intéressé à ses 
obligations – procéder à un changement d'avocat d'office. Tel est le cas lorsque 
le défenseur ne fournit pas de prestation propre et se contente de se faire le 
porte-parole du prévenu, sans esprit critique (ATF 126 I 194 consid. 3d), ou lors-
qu'au contraire il déclare qu'il ne croit pas à l'innocence de son client alors même 
que celui-ci n'a pas avoué (arrêt du Tribunal fédéral 1B_166/2020 du 25 juin 2020 
consid. 3.1.2). Les absences du défenseur aux débats ou lors des auditions de 
témoins importantes peuvent également constituer des négligences propres à 
justifier un changement d'avocat d'office. Il en va de même des attitudes qui em-
pêcheraient un déroulement de la procédure conforme aux principes essentiels 
tels que le respect de la dignité, le droit à un traitement équitable et l'interdiction 
de l'abus de droit, ou encore le principe de célérité, en particulier lorsque le pré-
venu se trouve en détention (arrêts du Tribunal fédéral 1B_187/2013 du 4 juillet 
2013 consid. 2.2 ; 1B_166/2020 du 25 juin 202 consid. 3.1.2). Un motif suffisant 
pour remplacer le défenseur d’office peut ainsi être retenu lorsque celui-ci ne 
s’exprime pas durant les débats, ou s’exprime de manière brève, ou encore 
lorsqu’il ne rend pas visite à son mandant détenu pendant plusieurs mois 
(RUCKSTUHL, Basler Kommentar, 2e éd. 2014, n. 8 ad art. 134 CPP et les réfé-
rences).  

 En l’espèce, il ressort de la détermination de Me Bloch du 13 avril 2022, que sa 
demande initiale, formulée le 6 juillet 2021, en procédure de première instance, 
tendant à ce qu’il soit désigné comme défenseur d’office en lieu et place de 
Me Gianoli ([SK.2019.17] 40.201.006) a été remplacée par une requête tendant 
à sa désignation comme avocat d’office supplémentaire de A. (CAR 8.102.007). 

2.1.2.1 Il convient par conséquent de constater que la requête initiale de Me Bloch d’être 
désigné comme défenseur d’office de A. en lieu et place de Me Gianoli est dé-
sormais sans objet. 

 Cela étant, il appartient à la direction de la procédure de s’assurer que le droit à 
une défense efficace est matériellement garanti (arrêt du Tribunal fédéral 
1B_187/2013 du 4 juillet 2013 consid. 2.2). Si elle constate que les conditions de 
l’art. 134 al. 2 CPP sont remplies, elle doit révoquer d’office le mandat du défen-
seur d’office et en désigner un nouveau (HARARI/JAKOB/SANTAMARIA, Commen-
taire romand, 2e éd. 2019, n. 12 ad art. 134 CPP). Il lui revient donc d'intervenir 
lorsqu'il apparaît que le défenseur néglige gravement les devoirs que lui impo-
sent sa profession et sa fonction, au détriment du prévenu (ATF 126 I 194 con-
sid. 3d ; arrêt du Tribunal fédéral 1B_187/2013 du 4 juillet 2013 consid. 2.2). 

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2.1.3.1 In casu, il sied de relever ce qui suit s’agissant de la relation de confiance entre 
Me Gianoli et A. Invité à se prononcer sur la question de la désignation du dé-
fenseur d’office, Me Bloch, qui avait initialement fait valoir une rupture du lien de 
confiance entre Me Gianoli et son client, a affirmé, dans sa détermination du 
13 avril 2022, que celui-ci était rétabli, modifiant par ailleurs sa requête d’être 
désigné défenseur d’office en lieu et place de Me Gianoli en une requête d’être 
désigné comme second défenseur d’office aux côtés de ce dernier 
(CAR 8.102.007). Me Bloch n’a d’ailleurs pas contredit l’affirmation de Me Gia-
noli, dans sa propre détermination du 13 avril 2022 (CAR 8.102.005 s.), selon 
laquelle ce lien de confiance n’avait jamais été rompu. Par ailleurs, ni Me Bloch 
ni A., dans les différents courriers qu’ils ont adressés à l’autorité de première 
instance, n’a fourni des détails sur la rupture alléguée du lien de confiance entre 
Me Gianoli et son client. A. n’a d’ailleurs pas mentionné une telle rupture du lien 
de confiance dans son premier courrier adressé le 5 juillet 2021 au juge président 
de la Cour des affaires pénales ([SK.2019.17] 40.201.001). Par la suite, et bien 
qu’il ait réitéré sa volonté de changer de défenseur, A., par courrier du 14 juillet 
2022, également adressé au juge président de la Cour des affaires pénales, a 
expressément remercié Me Gianoli pour tout le travail effectué durant la procé-
dure et s’est déclaré « très reconnaissant » ([SK.2019.17] 40.201.016). 

Eu égard à ce qui précède, force est de constater que la relation de confiance 
entre Me Gianoli et A. n’a été ni rompue ni gravement perturbée. 

2.1.3.2 Concernant le droit de A. à une défense efficace, il apparaît que Me Gianoli a 
assuré une défense effective des intérêts de A. tout au long de la procédure pré-
liminaire et de la procédure de première instance. Me Gianoli, qui a été désigné 
défenseur d’office par le MPC le 11 novembre 2014, moins de trois mois après 
l’ouverture de la procédure pénale à l’encontre de A., a en particulier été présent, 
ou s’est fait représenter, lors des auditions qui se sont tenues lors de la procédure 
préliminaire ainsi que durant les débats de première instance. Il ne saurait par 
ailleurs être retenu qu’il s’est exprimé de manière brève durant lesdits débats, 
dès lors que, à titre d’exemple, sa plaidoirie a duré une dizaine d’heures 
([SK.2019.17] 40.720.094 s). Il s’est aussi entretenu avec le prévenu et lui a 
rendu visite à de nombreuses reprises. Me Gianoli a garanti les droits procédu-
raux du prévenu en déposant diverses écritures, dont une déclaration d’appel à 
l’encontre du jugement de la Cour des affaires pénales SK.2019.17 du 18 juin 
2021 respectant le délai légal (CAR 1.100.303 ss). Rien ne permet en outre de 
retenir qu’il n’ait pas respecté la stratégie de défense manifestement voulue et 
assumée par le prévenu, lequel, pour rappel, a remercié Me Gianoli pour son 
travail et a indiqué lui en être reconnaissant ([SK.2019.17] 40.201.016). 

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Il y a dès lors lieu de retenir que le droit à une défense efficace de A. a été ma-
tériellement garanti par Me Gianoli. 

2.1.3.3 Par conséquent, en l’absence de rupture de la relation de confiance, et le droit à 
une défense efficace ayant été garanti, il ne se justifie pas de révoquer le mandat 
de défenseur d’office de Me Gianoli. 

 Vu ce qui précède, la requête initiale de Me Bloch tendant à sa désignation 
comme défenseur d’office de A. en lieu et place de Me Gianoli est sans objet. 
Même si elle avait été maintenue, ladite requête aurait été rejetée, dès lors qu’il 
n’y a pas lieu de révoquer le mandat de défenseur d’office de Me Gianoli. 

2.2 Désignation d’un second défenseur d’office 

A la suite de la modification de la requête initiale de Me Bloch, le juge président 
doit examiner si les conditions sont réunies pour désigner Me Bloch en tant que 
second défenseur d’office de A. 

 Dans la plupart des cas, la nomination d’un défenseur d’office aux termes des 
art. 132 et 133 CPP ne visera qu’un seul avocat. Toutefois, dans des cas excep-
tionnels, impliquant une complexité particulière, la désignation de deux ou plu-
sieurs avocats d’office est possible. La désignation d’un deuxième avocat d’office 
n’est ainsi pas exclue lorsque cette mesure est nécessaire pour assurer à l’in-
culpé une défense adéquate de ses intérêts tout au long de la procédure, compte 
tenu de la durée possible de celle-ci, de l’objet du procès, de la complexité des 
questions de fait et de droit en jeu et de la personnalité de l’accusé (arrêts du 
Tribunal fédéral 1B_46/2013 du 12 mars 2013 consid. 2.1 ; 6B_744/2017 du 
27 février 2018 consid. 1.2). C’est notamment le cas lorsque chaque avocat est 
spécialisé dans un volet du dossier (HARARI, Commentaire romand, 2e éd. 2019, 
n. 30 ad art. 127 CPP). En revanche, le prévenu n’a aucun droit constitutionnel 
à se voir désigner un second avocat d'office rémunéré par l'assistance judiciaire, 
sauf cas exceptionnel (arrêts du Tribunal fédéral 1B_46/2013 du 12 mars 2013 
consid. 2.1 ; 6B_744/2017 du 27 février 2018 consid. 1.2). Le principe d’égalité 
des armes, ancré aux art. 29 al. 1 de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 
(Cst., RS 101) et 6 par. 1 de la Convention de sauvegarde des droits de l'Homme 
et des libertés fondamentales (Convention européenne des droits de 
l'Homme [CEDH], RS 0.101), requiert que chaque partie se voie offrir une possi-
bilité raisonnable de présenter sa cause dans des conditions qui ne la placent 
pas dans une situation de net désavantage par rapport à son ou ses adversaires 
(ATF 137 IV 172 consid. 2.6). 

- 10 - 

 Dans leur détermination respective du 13 avril 2022, Mes Gianoli et Bloch se pré-
valent tous deux de l’ampleur du dossier et de sa complexité pour justifier la dé-
signation d’un second défenseur d’office. Me Bloch fait valoir le droit de A. à un 
procès équitable, son droit d’être entendu et le principe de l’égalité des armes. Il 
souligne que la procédure pénale menée à l’encontre du prévenu concerne des 
infractions aux lois de la guerre et recèle des questions juridiques abstruses, 
ajoutant que le prévenu, assisté d’un seul défenseur d’office, fait face au repré-
sentant du MPC ainsi qu’à sept parties plaignantes assistées par quatre avocats. 
Me Bloch relève en outre que le prévenu est confronté à dix-neuf chefs d’accu-
sation et à un jugement de première instance de 290 pages, postulant qu’un seul 
avocat ne peut pas, à lui seul, contester de manière efficiente l’intégralité d’un 
jugement que la Cour des affaires pénales a mis plus de six mois à rendre, qui 
plus est dans une procédure qui a nécessité quatre années d’instruction par le 
MPC. 

 Or, il convient de rappeler d’emblée que le droit à une défense efficace de A. a 
jusqu’à présent été matériellement garanti par Me Gianoli, son unique défenseur 
d’office (supra, consid. 2.1.3.2). A cet égard, ni Me Gianoli ni Me Bloch n’a fait 
valoir qu’un second défenseur d’office aurait été nécessaire pour assurer une 
défense adéquate de A. lors de la procédure préliminaire – sur laquelle le légi-
slateur a mis l’accent en matière de défense d’office – et de la procédure de 
première instance. Le sens de leur argumentation est au contraire que la dési-
gnation d’un second défenseur d’office est devenue nécessaire au stade de l’ap-
pel. Cette thèse doit pourtant être réfutée après examen des circonstances pou-
vant justifier la désignation d’un second défenseur d’office mentionnées dans la 
jurisprudence (arrêts du Tribunal fédéral 1B_46/2013 du 12 mars 2013 consid. 
2.1 ; 6B_744/2017 du 27 février 2018 consid. 1.2). En effet, la durée de la procé-
dure, qui en est désormais au stade de l’appel, sera réduite en comparaison avec 
les phases antérieures de la procédure. L’objet du procès s’est par ailleurs pré-
cisé à la suite du jugement rendu le 18 juin 2021 par l’autorité de première ins-
tance et de la transmission de ses considérants aux parties, le 31 mars 2022. 
Quant à la complexité des questions de fait et de droit en jeu, elle demeure – à 
la lumière du jugement de première instance et de la déclaration d’appel de A. – 
sensiblement de même nature. D’ailleurs, les faits ainsi que les questions juri-
diques sont en principe circonscrits au stade de l’appel, de sorte que la com-
plexité d’une affaire ne tend normalement pas à s’accentuer, mais au contraire à 
se réduire. S’agissant de la personnalité de l’accusé, elle constitue un facteur qui 
demeure inchangé en l’espèce. Il n’apparaît dès lors pas que la situation, en pro-
cédure d’appel, ait changé à tel point qu’elle justifierait la désignation d’un second 
défenseur d’office. 

- 11 - 

 En outre, la désignation d’un second défenseur d’office n’est pas nécessaire pour 
respecter le principe d’égalité des armes. En effet, l’objet de la procédure, à sa-
voir les faits et les questions juridiques, reste sensiblement le même au stade 
actuel de la procédure. On peine dès lors à comprendre ce qui justifierait de dé-
signer un second défenseur d’office au stade de l’appel, alors même que cela 
n’avait pas été requis lors de la procédure préliminaire et de la procédure de 
première instance et qu’il ne ressort pas du dossier de la cause que Me Gianoli 
aurait commis des manquements aux devoirs de sa charge qui commanderaient 
de lui adjoindre un second avocat d’office (supra, consid. 2.1.3) (arrêt du Tribunal 
fédéral 1B_538/2021 du 12 novembre 2021 consid. 1). On ne saurait d’ailleurs 
retenir que le nombre de parties plaignantes et d’avocats les assistant puisse 
être décisif à cet égard, en particulier lorsque, comme en l’espèce, l’objet de la 
procédure est clairement défini. Quant aux arguments de Me Bloch ayant trait à 
la durée de l’instruction et de la rédaction du jugement de première instance, 
ceux-ci tombent à faux. En effet, le travail de rédaction du jugement n’est pas 
comparable à celui qu’implique sa lecture et la défense du prévenu. De plus, 
comme cela a déjà été relevé (supra, consid. 2.2.3), l’objet de la procédure, qui 
en est à la phase de l’appel, a été délimité par l’instruction du MPC et le jugement 
de première instance. 

 Il faut encore relever que Mes Gianoli et Bloch n’ont pas allégué avoir des com-
pétences professionnelles complémentaires. Ils n’ont pas non plus soutenu que 
l’assistance de Me Bloch s’imposerait en raison de connaissances profession-
nelles spécifiques (arrêt du Tribunal fédéral 1B_538/2021 du 12 novembre 2021 
consid. 1). 

 Il n’y a donc pas lieu de retenir en l’espèce un cas exceptionnel justifiant la dési-
gnation d’un second défenseur d’office. 

 Compte tenu de ce qui précède, il convient de rejeter la requête de Me Bloch 
tendant à sa désignation comme second défenseur d’office de A.  

3. Frais et indemnités 

3.1 Les frais de la présente procédure sont fixés à CHF 200.- (art. 73 al. 1 let. a et b, 
al. 2 et 3 let. c LOAP et art. 1, 5, 7bis et 9 du règlement du Tribunal pénal fédéral 
sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la procédure pénale fédérale 
du 31 août 2010 (RFPPF, RS 173.713.162). 

3.2 À teneur de l’art. 135 al. 1 CPP, le défenseur d’office est indemnisé conformé-
ment au tarif des avocats de la Confédération. La question des indemnités al-

- 12 - 

louées à l’avocat d’office dans le cadre d’une procédure pénale fédérale est ré-
glée aux art. 11 ss RFPPF (art. 73 al. 1 let. c LOAP). Dans le cas d’espèce, vu la 
complexité de l’affaire, le taux horaire est fixé à CHF 230.- pour les heures de 
travail, ce qui correspond par ailleurs au taux horaire facturé par Me Gia-
noli (CAR 8.102.015 ss), et CHF 200.- pour les heures de déplacement. 

 Selon la jurisprudence, l’autorité qui fixe l’indemnité du défenseur d’office pour la 
procédure menée devant elle est la mieux à même d’évaluer l’adéquation entre 
les activités déployées par l’avocat et celles qui sont justifiées pour l’accomplis-
sement de sa tâche ; elle dispose dès lors d’un large pouvoir d’appréciation 
(ATF 141 I 124 consid. 3.2 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_1425/2020 du 5 juillet 
2021 consid. 6.3). L’indemnité pour l'activité du défenseur d’office doit par ailleurs 
se limiter aux actes accomplis en lien avec la procédure en cause. 

 Me Gianoli, défenseur d’office du prévenu A., a transmis sa note de frais datée 
du 26 avril 2022 faisant état de 6h30 d’activités et de 3h de déplacement pour la 
période allant du 23 juin 2021 au 26 avril 2022 (CAR 8.102.015 s.). Le juge pré-
sident formule toutefois les remarques suivantes. Une part de la période d’activité 
retenue par Me Gianoli, concerne une période antérieure à la saisine de la Cour 
d’appel, intervenue le 31 mars 2021. En dépit du fait que les activités déployées 
au cours de la procédure de première instance ont un lien avec la requête de 
Me Bloch s’agissant de la désignation du défenseur d’office, celles-ci n’ont à l’évi-
dence pas été déployées dans le cadre de la présente procédure de désignation 
d’un défenseur d’office spécifiquement pour la procédure d’appel, de sorte qu’il 
convient de retrancher les postes correspondant, en précisant toutefois qu’ils se-
ront examinés dans le cadre de la décision finale. Il en résulte un solde de 1h40 
d’activité qui n’est toutefois que partiellement justifié. En effet, il convient notam-
ment de relever que les 0h20 et 0h05 annoncées pour l’examen respectivement 
de l’ordonnance du 6 avril 2022, au contenu nullement complexe, et du courrier 
du 20 avril 2022, par lequel la direction de la procédure a prolongé le délai oc-
troyé à Me Gianoli pour transmettre sa note de frais, ainsi que les 0h25 annon-
cées pour la rédaction d’un courrier de détermination de deux pages ne conte-
nant aucune référence juridique, paraissent excessives. Il faut par ailleurs retran-
cher les 0h25 annoncées pour la rédaction d’un courrier du 26 avril 2022, dès 
lors que celui-ci ne concerne pas la présente procédure de désignation du dé-
fenseur d’office pour la procédure d’appel (CAR 2.102.001 ss). En outre, il ne se 
justifie pas d’allouer une indemnité pour le temps consacré à l’archivage et au 
classement, qui constituent des activités typiques de secrétariat dont la rémuné-
ration en tant que frais généraux est incluse dans la rémunération de l’avocat 
(décision du Tribunal pénal fédéral CN.2020.4 du 11 janvier 2021 consid. 1.3). 
Le total retenu équivaut par conséquent à 0h30 d’activité. L'indemnité relative 
aux honoraires de Me Gianoli se chiffre dès lors à CHF 123.90, TVA de 7,7% 

- 13 - 

comprise (0,5 x 230 x 1,077). Enfin, le remboursement des débours est admis 
dans la mesure où ceux-ci concernent la présente procédure de désignation d’un 
défenseur spécifiquement pour la procédure d’appel, ce qui équivaut à un mon-
tant de CHF 7.70, étant à nouveau précisé que le remboursement du solde des 
débours sera examiné dans le cadre de la décision finale. 

 Vu ce qui précède, l’indemnité de Me Gianoli est fixée à CHF 131,60 pour la pré-
sente procédure. 

 Compte tenu du rejet de la demande de Me Bloch tendant à sa désignation 
comme second défenseur d’office de A., il ne se justifie pas de lui verser une 
indemnité pour ses activités dans le cadre de la présente procédure. En outre, 
sa note de frais du 13 avril 2022 (CAR 8.102.010), qui ne précise pas les dates 
de chacune des activités facturées ni n’opère de séparation claire parmi certaines 
d’entre elles, n’est pas suffisamment détaillée. 

 La Cour d’appel statue sur la répartition des frais de procédure et l’indemnisation 
de la défense dans le cadre de la décision finale. 

  

- 14 - 

Le juge président prononce : 

1. La demande tendant à la désignation de Me Jean-Pierre Bloch comme défenseur d’of-
fice en lieu et place de Me Dimitri Gianoli est sans objet. 

2. La demande tendant à la désignation de Me Jean-Pierre Bloch comme défenseur d’of-
fice en lieu et place de Me Dimitri Gianoli, si elle avait été maintenue, aurait été rejetée, 
dès lors qu’il n’y a pas lieu de révoquer le mandat de défenseur d’office de Me Dimitri 
Gianoli. 

3. La demande tendant à la désignation de Me Jean-Pierre Bloch comme second défen-
seur d’office du prévenu A. est rejetée. 

4. Les frais de procédure se chiffrent à CHF 200.- pour la présente ordonnance. 

5. L’indemnité de Me Dimitri Gianoli, défenseur d’office, se chiffre à CHF 131,60 (TVA 
comprise). 

6. Aucune indemnité n’est allouée à Me Jean-Pierre Bloch.  

7. Il sera statué sur la répartition des frais de procédure et l’indemnisation de la défense 
dans le cadre de la décision finale. 

Au nom de la Cour d’appel 
du Tribunal pénal fédéral 
 
Le juge président Le greffier 
 
 
Olivier Thormann Rémy Allmendinger 
 
 

  

- 15 - 

Distribution (acte judiciaire) : 
- Maître Dimitri Gianoli 
- Maître Jean-Pierre Bloch 

Copie à 
- Ministère public de la Confédération, Monsieur le Procureur fédéral Andreas Müller 
- Maître Alain Werner 
- Maître Zeina Wakim 
- Maître Hikmat Maleh 
- Maître Raphaël Jakob 

 

Indication des voies de droit 
 
Recours au Tribunal fédéral 

Les décisions préjudicielles et incidentes rendues par la Cour d’appel du Tribunal pénal fédéral et notifiées 
séparément peuvent faire l’objet d’un recours écrit auprès du Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les 
30 jours qui suivent la notification de l’expédition complète. La qualité pour recourir est les autres conditions 
de recevabilité sont réglées aux art. 78-81 et 90 ss. de la Loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral 
(Loi sur le Tribunal fédéral, LTF [RS 173.110]). 
 
L’observation d’un délai pour la remise d’un mémoire en Suisse, à l’étranger ou en cas de transmission 
électronique est réglée à l’art. 48 al. 1 et 2 LTF. 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Date d’expédition 10 mai 2022 

	1. Compétence de la Cour d’appel
	1.1 L’autorité compétente pour désigner un défenseur d’office est la direction de la procédure en charge du dossier au moment où cette défense doit être ordonnée (art. 133 al. 1 CPP).
	1.2 Par la transmission du jugement motivé de la Cour des affaires pénales SK.2019.17 du 18 juin 2021 ainsi que du dossier de la procédure, le 31 mars 2022, à la Cour d’appel, la litispendance est transférée à cette dernière (référence de la procédure...

	2. Défense d’office
	2.1 Révocation et remplacement du défenseur d’office
	Le juge président doit en premier lieu examiner s’il se justifie de révoquer le mandat de défenseur d’office de Me Gianoli, et cas échéant de le remplacer.
	2.1.1 Selon les termes de l’art. 134 al. 2 CPP, la direction de la procédure confie la défense d’office à une autre personne si la relation de confiance entre le prévenu et le défenseur d’office est gravement perturbée ou si une défense efficace n’est...
	2.1.1.1 Une fois le défenseur d’office désigné, ni celui-ci ni le prévenu ne sont autorisés à résilier le mandat du défenseur d’office de façon unilatérale (arrêt du Tribunal fédéral 6B_466/2020 du 4 septembre 2020 consid. 2.3). L’un et l’autre peuven...
	2.1.1.2 Le simple fait que le prévenu n’ait pas confiance en son conseil d’office ne lui donne pas le droit d’en demander le remplacement lorsque cette perte de confiance repose sur des motifs purement subjectifs et qu’il n’apparaît pas de manière pat...
	2.1.1.3 En revanche, lorsque l'avocat présente des carences manifestes, l'autorité pénale doit – en principe à titre d'ultima ratio et après avoir rappelé l'intéressé à ses obligations – procéder à un changement d'avocat d'office. Tel est le cas lorsq...

	2.1.2 En l’espèce, il ressort de la détermination de Me Bloch du 13 avril 2022, que sa demande initiale, formulée le 6 juillet 2021, en procédure de première instance, tendant à ce qu’il soit désigné comme défenseur d’office en lieu et place de Me Gia...
	2.1.2.1 Il convient par conséquent de constater que la requête initiale de Me Bloch d’être désigné comme défenseur d’office de A. en lieu et place de Me Gianoli est désormais sans objet.

	2.1.3 Cela étant, il appartient à la direction de la procédure de s’assurer que le droit à une défense efficace est matériellement garanti (arrêt du Tribunal fédéral 1B_187/2013 du 4 juillet 2013 consid. 2.2). Si elle constate que les conditions de l’...
	2.1.3.1 In casu, il sied de relever ce qui suit s’agissant de la relation de confiance entre Me Gianoli et A. Invité à se prononcer sur la question de la désignation du défenseur d’office, Me Bloch, qui avait initialement fait valoir une rupture du li...
	Eu égard à ce qui précède, force est de constater que la relation de confiance entre Me Gianoli et A. n’a été ni rompue ni gravement perturbée.
	2.1.3.2 Concernant le droit de A. à une défense efficace, il apparaît que Me Gianoli a assuré une défense effective des intérêts de A. tout au long de la procédure préliminaire et de la procédure de première instance. Me Gianoli, qui a été désigné déf...
	Il y a dès lors lieu de retenir que le droit à une défense efficace de A. a été matériellement garanti par Me Gianoli.
	2.1.3.3 Par conséquent, en l’absence de rupture de la relation de confiance, et le droit à une défense efficace ayant été garanti, il ne se justifie pas de révoquer le mandat de défenseur d’office de Me Gianoli.

	2.1.4 Vu ce qui précède, la requête initiale de Me Bloch tendant à sa désignation comme défenseur d’office de A. en lieu et place de Me Gianoli est sans objet. Même si elle avait été maintenue, ladite requête aurait été rejetée, dès lors qu’il n’y a p...

	2.2 Désignation d’un second défenseur d’office
	A la suite de la modification de la requête initiale de Me Bloch, le juge président doit examiner si les conditions sont réunies pour désigner Me Bloch en tant que second défenseur d’office de A.
	2.2.1 Dans la plupart des cas, la nomination d’un défenseur d’office aux termes des art. 132 et 133 CPP ne visera qu’un seul avocat. Toutefois, dans des cas exceptionnels, impliquant une complexité particulière, la désignation de deux ou plusieurs avo...
	2.2.2 Dans leur détermination respective du 13 avril 2022, Mes Gianoli et Bloch se prévalent tous deux de l’ampleur du dossier et de sa complexité pour justifier la désignation d’un second défenseur d’office. Me Bloch fait valoir le droit de A. à un p...
	2.2.3 Or, il convient de rappeler d’emblée que le droit à une défense efficace de A. a jusqu’à présent été matériellement garanti par Me Gianoli, son unique défenseur d’office (supra, consid. 2.1.3.2). A cet égard, ni Me Gianoli ni Me Bloch n’a fait v...
	2.2.4 En outre, la désignation d’un second défenseur d’office n’est pas nécessaire pour respecter le principe d’égalité des armes. En effet, l’objet de la procédure, à savoir les faits et les questions juridiques, reste sensiblement le même au stade a...
	2.2.5 Il faut encore relever que Mes Gianoli et Bloch n’ont pas allégué avoir des compétences professionnelles complémentaires. Ils n’ont pas non plus soutenu que l’assistance de Me Bloch s’imposerait en raison de connaissances professionnelles spécif...
	2.2.6 Il n’y a donc pas lieu de retenir en l’espèce un cas exceptionnel justifiant la désignation d’un second défenseur d’office.
	2.2.7 Compte tenu de ce qui précède, il convient de rejeter la requête de Me Bloch tendant à sa désignation comme second défenseur d’office de A.

	3. Frais et indemnités
	3.1 Les frais de la présente procédure sont fixés à CHF 200.- (art. 73 al. 1 let. a et b, al. 2 et 3 let. c LOAP et art. 1, 5, 7bis et 9 du règlement du Tribunal pénal fédéral sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la procédure pénale fédé...
	3.2 À teneur de l’art. 135 al. 1 CPP, le défenseur d’office est indemnisé conformément au tarif des avocats de la Confédération. La question des indemnités allouées à l’avocat d’office dans le cadre d’une procédure pénale fédérale est réglée aux art. ...
	3.2.1 Selon la jurisprudence, l’autorité qui fixe l’indemnité du défenseur d’office pour la procédure menée devant elle est la mieux à même d’évaluer l’adéquation entre les activités déployées par l’avocat et celles qui sont justifiées pour l’accompli...
	3.2.2 Me Gianoli, défenseur d’office du prévenu A., a transmis sa note de frais datée du 26 avril 2022 faisant état de 6h30 d’activités et de 3h de déplacement pour la période allant du 23 juin 2021 au 26 avril 2022 (CAR 8.102.015 s.). Le juge préside...
	3.2.3 Vu ce qui précède, l’indemnité de Me Gianoli est fixée à CHF 131,60 pour la présente procédure.
	3.2.4 Compte tenu du rejet de la demande de Me Bloch tendant à sa désignation comme second défenseur d’office de A., il ne se justifie pas de lui verser une indemnité pour ses activités dans le cadre de la présente procédure. En outre, sa note de frai...
	3.2.5 La Cour d’appel statue sur la répartition des frais de procédure et l’indemnisation de la défense dans le cadre de la décision finale.

	1. La demande tendant à la désignation de Me Jean-Pierre Bloch comme défenseur d’office en lieu et place de Me Dimitri Gianoli est sans objet.
	2. La demande tendant à la désignation de Me Jean-Pierre Bloch comme défenseur d’office en lieu et place de Me Dimitri Gianoli, si elle avait été maintenue, aurait été rejetée, dès lors qu’il n’y a pas lieu de révoquer le mandat de défenseur d’office ...
	3. La demande tendant à la désignation de Me Jean-Pierre Bloch comme second défenseur d’office du prévenu A. est rejetée.
	4. Les frais de procédure se chiffrent à CHF 200.- pour la présente ordonnance.
	5. L’indemnité de Me Dimitri Gianoli, défenseur d’office, se chiffre à CHF 131,60 (TVA comprise).
	6. Aucune indemnité n’est allouée à Me Jean-Pierre Bloch.
	7. Il sera statué sur la répartition des frais de procédure et l’indemnisation de la défense dans le cadre de la décision finale.