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**Case Identifier:** 963b3f84-089e-5607-9132-74a3782006de
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2012-12-11
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 11.12.2012 BH.2012.7
**Docket/Reference:** BH.2012.7
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_BH-2012-7_2012-12-11

## Full Text

Détention pour des motifs de sûreté consécutive au jugement de première instance (art. 231 CPP). Actes de procédure de la Cour des affaires pénales (art. 20 al. 1 let. a en lien avec l'art. 393 al. 1 let. b CPP). Assistance judiciaire (art. 29 al. 3 Cst.).;;Détention pour des motifs de sûreté consécutive au jugement de première instance (art. 231 CPP). Actes de procédure de la Cour des affaires pénales (art. 20 al. 1 let. a en lien avec l'art. 393 al. 1 let. b CPP). Assistance judiciaire (art. 29 al. 3 Cst.).;;Détention pour des motifs de sûreté consécutive au jugement de première instance (art. 231 CPP). Actes de procédure de la Cour des affaires pénales (art. 20 al. 1 let. a en lien avec l'art. 393 al. 1 let. b CPP). Assistance judiciaire (art. 29 al. 3 Cst.).;;Détention pour des motifs de sûreté consécutive au jugement de première instance (art. 231 CPP). Actes de procédure de la Cour des affaires pénales (art. 20 al. 1 let. a en lien avec l'art. 393 al. 1 let. b CPP). Assistance judiciaire (art. 29 al. 3 Cst.).

Décision du 11 décembre 2012 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Stephan Blättler, prési-

dent, Tito Ponti et Patrick Robert-Nicoud,  

la greffière Clara Poglia  

 

 

 

   

Parties  A., actuellement en détention, 

défendu d'office par Me Christophe Piguet, avocat,     

 

B., actuellement en détention 

défendu d'office par Me Sophie Rodieux, avocate,  

 

C., actuellement en détention 

défendu d'office par Me Aude Bichovsky, avocate, 

recourants 

  

contre 

   

  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,  

intimé 

 

COUR DES AFFAIRES PÉNALES DU TRIBUNAL 

PÉNAL FÉDÉRAL,  

autorité qui a rendu la décision attaquée 

 

   

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

 

Numéros de dossiers:  BH.2012.7/8/9 

Procédures secondaires:BP.2012.74/75/76  

 

 

 

- 2 - 

 

 

Objet  Détention pour des motifs de sûreté consécutive au 

jugement de première instance (art. 231 CPP); actes 

de procédure de la Cour des affaires pénales (art. 20 

al. 1 let. a en lien avec l'art. 393 al. 1 let. b CPP); as-

sistance judiciaire (art. 29 al. 3 Cst.) 

 
 

- 3 - 

 

 

 

Faits: 

 

A. Le 29 juin 2012, par jugement SK.2012.2, la Cour des affaires pénales du 

Tribunal pénal fédéral (ci-après: Cour des affaires pénales) a reconnu les 

recourants coupables de plusieurs infractions, parmi lesquelles la participa-

tion à une organisation criminelle (art. 260
ter

 CP), en les condamnant à des 

peines privatives de liberté, soit:  

 

 A., à une peine privative de liberté de 78 mois, sous déduction de 837 

jours de détention provisoire et pour des motifs de sûreté; 

 

 B., à une peine privative de liberté de 51 mois, sous déduction de 657 

jours de détention provisoire et pour des motifs de sûreté; 

 

 C., à une peine privative de liberté de 90 mois, sous déduction de 

837 jours de détention provisoire et pour des motifs de sûreté. 

 

B. Par décision SN.2012.22 du même jour, la Cour des affaires pénales a 

maintenu les recourants en détention pour des motifs de sûreté pour garan-

tir l'exécution de la peine prononcée (art. 231 al. 1 let. a CPP). 

 

C. Par courrier du 22 octobre 2012 à la Cour des affaires pénales (BH.2012.7, 

act. 1.4), A. s'est ému que, en substance, sa détention serait devenue illici-

te à l'échéance d'un délai de 90 jours dès le prononcé de son jugement, 

soit à compter du 29 septembre 2012. Le 23 octobre 2012, B. a partagé 

l'opinion de A. (BH.2012.8, act. 1.3 ). Le même jour, C. a opiné et requis sa 

mise en liberté immédiate (BH.2012.9, act. 1.6). 

 

D. Après avoir ordonné un échange d'écritures, la Cour des affaires pénales a 

rendu le 30 octobre 2012 sa décision SN.2012.28 par laquelle elle rejetait 

les demandes de libération formées par les recourants et les maintenait en 

détention pour des motifs de sûreté. 

 

E. Le 8 novembre 2012, C. a recouru contre ladite décision auprès de la Cour 

de céans (BH.2012.7, act. 1). Il a conclu: 

 

- 4 - 

 

 

« I. Le recours est admis. 

Principalement: 

II. La décision du 30 octobre 2012 de la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal 

fédéral est réformée en ce sens que I) la détention de A. entre le 29 septembre 

2012 et le 30 octobre 2012 est une mesure de contrainte illicite, II) en conséquen-

ce, il est alloué à A. une indemnité fixée à dire de justice mais dont le montant n'est 

pas inférieur à CHF 8'000 et III) la durée du maintien de A. en détention pour des 

mesures de sûreté est limitée à trois mois, soit au 30 décembre 2012. 

Subsidiairement: 

III. La décision du 30 octobre 2012 de la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal 

fédéral est annulée et la cause renvoyée à cette autorité pour nouvelle décision 

dans le sens des considérants de l'arrêt à intervenir.  » 

 

F. Le 8 novembre 2012, B. a également recouru contre ladite décision 

(BH.2012.8, act. 1). Il a conclu: 

 

« I. Le recours est admis. 

Principalement: 

II. La décision du 30 octobre 2012 de la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal 

fédéral est réformée en ce sens que: 

I. la détention de B. entre le 29 septembre 2012 et le 30 octobre 2012 est une me-

sure de contrainte illicite; 

II. une indemnité fixée à dire de justice mais dont le montant n'est pas inférieur à 

8'000 fr. (huit mille francs) est allouée à B.; 

III. la durée du maintien de B. en détention pour des motifs de sûreté est limitée à 

trois mois, soit au 30 décembre 2012. 

Subsidiairement: 

III. La décision du 30 octobre 2012 de la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal 

fédéral est annulée et la cause renvoyée à cette autorité pour nouvelle décision 

dans le sens des considérants de l'arrêt à intervenir.  » 

 

G. Le 9 novembre 2012, C. a formé recours contre ladite décision (BH.2012.9, 

act. 1). Il a conclu: 

 

« I. Le recours est admis. 

 

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Principalement: 

II. La décision rendue le 30 octobre 2012 par la Cour des affaires pénales du Tribunal 

pénal fédéral est réformée en ce sens que: 

I. La détention de C. entre le 29 septembre 2012 à ce jour ne repose sur aucun titre 

valable et constitue par conséquent une mesure de contrainte illicite; 

II. Une indemnité pour détention illicite, d'un montant qui n'est pas inférieur à 

CHF 250.- (deux cent cinquante francs) par jour, est octroyée à C. dès le 29 sep-

tembre 2012; 

III.  Un délai au 30 novembre 2012 est imparti à la Cour des affaires pénales du Tribu-

nal pénal fédéral pour rendre un jugement motivé dans la cause SK.2012.2. 

Subsidiairement: 

III. La décision du 30 octobre 2012 de la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal 

fédéral est annulée et la cause renvoyée à cette autorité pour nouvelle décision 

dans le sens des considérants de l'arrêt à intervenir.  » 

 

H. Les trois recourants ont demandé à être mis au bénéfice de l'assistance ju-

diciaire (BP.2012.74-76, act. 1). 

 

I. Invitée à prendre position, la Cour des affaires pénales a présenté des ob-

servations le 15 novembre 2012 et conclu au rejet des recours 

(BH.2012.7/8/9, act. 3). Le MPC a conclu au rejet des recours dans la me-

sure de leur recevabilité (BH.2012.7/8/9, act. 6). Les recourants ont répli-

qué et confirmé leurs conclusions, respectivement n'ont pas formulé d'ob-

servations complémentaires (BH.2012.7/8/9, act. 9).   

 

Les arguments et moyens de preuve des parties seront repris, si nécessai-

re, dans les considérants en droit.  

 

 

 

 

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La Cour considère en droit: 

 

1.  

1.1 En tant qu’autorité de recours, la Cour des plaintes examine avec plein 

pouvoir de cognition en fait et en droit les recours qui lui sont soumis (Mes-

sage relatif à l’unification du droit de la procédure pénale du 21 dé-

cembre 2005, FF 2006 1057, 1296 i.f.; STEPHENSON/THIRIET, Commentaire 

bâlois, Schweizerische Strafprozessordnung, n
o
 15 ad art. 393; KELLER, 

Kommentar zur Schweizerischen Strafprozessordnung [StPO], [Do-

natsch/Hansjakob/Lieber, éd.], n
o
 39 ad art. 393; SCHMID, Handbuch des 

schweizerischen Strafprozessrechts, Zurich, Saint-Gall 2009, n
o
 1512). 

1.2 Aux termes des art. 393 al. 1 lit. b CPP ainsi que 37 al. 1 LOAP en lien 

avec l’art. 19 al. 1 du règlement du 31 août 2010 sur l’organisation du Tri-

bunal pénal fédéral (ROTPF; RS 173.713.161), la Cour de céans est com-

pétente pour connaître des recours contre les […] décisions des tribunaux 

de première instance, sauf contre celles de la direction de la procédure. Le 

recours est recevable à la condition que le recourant dispose d’un intérêt 

juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification de la décision en-

treprise (art. 382 al. 1 CPP). Ledit intérêt doit également être actuel (déci-

sion du Tribunal pénal fédéral BB.2011.76 du 8 septembre 2011, 

consid. 4.1). Le recours contre les décisions notifiées par écrit ou orale-

ment doit par ailleurs être motivé et adressé par écrit, dans le délai de dix 

jours à l’autorité de céans (art. 396 al. 1 CPP).  

Compte tenu de son objet, force est de constater que la décision attaquée 

n'est pas une décision de la direction de la procédure. Il sied ainsi d'exami-

ner les autres conditions de recevabilité des recours. 

1.3 Ceux-ci ont le même objet, sont rédigés largement à l'identique et soulè-

vent des questions semblables. Par conséquent, dans un souci d'économie 

de procédure, il convient de joindre les causes et de les traiter dans la mê-

me décision (art. 30 CPP). 

1.4 La Cour des affaires pénales a considéré tous les écrits des recourants à 

l'origine de sa décision (supra, let. C) comme des demandes de mise en li-

berté, quand bien même seul C. l'a requis explicitement (BH.2012.9, 

act. 1.6). Dans la mesure où les recourants entendaient manifestement que 

la Cour des affaires pénales revît les conditions de leur détention et se sont 

exprimés à ce sujet, ce choix ne prête pas à critique.  

1.5 Il ressort des actes de recours que les griefs des recourants portent non 

seulement sur la décision SN.2012.28 mais également sur la décision 

SN.2012.22 du 28 juin 2012 en ce qu'elle ordonnait le placement des re-

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courants en détention pour des motifs de sûreté consécutive au jugement 

de première instance (art. 231 al. 1 let. a CPP) et ne limitait pas la durée de 

détention. Or cette décision, susceptible de recours devant la Cour de 

céans, n'a pas été attaquée. Par conséquent, les griefs y relatifs sont irre-

cevables.      

1.6 Pour le même motif, le grief tiré de la prétendue illicéïté de la période de 

détention comprise entre l'échéance d'un délai de trois mois entre les déci-

sions SN.2012.22 du 28 juin 2012 et SN.2012.28 du 30 octobre 2012 et les 

demandes d'indemnités qui s'y rapportent ne sauraient être considérées. 

En effet, dans la mesure où les recourants contestent la fixation de la dé-

tention sans limitation dans le temps par la décision du 28 juin 2012, il leur 

appartenait d'attaquer celle-ci en temps utile. A défaut, ils doivent s'en lais-

ser imputer les effets et ne peuvent prétendre à une indemnité de ce chef. 

En sus, il convient de constater que même après avoir décidé de ne pas 

recourir ou omis d'agir contre la décision SN.2012.22, il leur était loisible de 

demander une nouvelle décision quant à la détention (art. 230 al. 1 CPP) 

dans le délai de trois mois dont ils se prévalent à présent et d'éviter ainsi 

que survienne, selon eux, la détention illicite.  

1.7 A l'encontre de la décision attaquée, soit celle du 30 octobre 2012, les re-

courants n'invoquent aucun grief autre que celui de la procédure à suivre 

par la Cour des affaires pénales lorsqu'elle prononce la détention pour des 

motifs de sûreté. Du point de vue des recourants, la Cour ne pourrait pro-

noncer la détention que pour une période limitée en application par analo-

gie de l'art. 227 CPP; en d'autres termes, la décision attaquée serait viciée 

par le fait qu'elle prolonge la détention des recourants de manière illimitée. 

  

Si la question n'est pas dépourvue d'intérêt théorique, force est de consta-

ter qu'elle peut rester ouverte dans le cas concret; en effet, les recourants 

ont été avisés le 10 octobre 2012 par la Cour des affaires pénales que la 

motivation écrite du jugement serait notifiée aux parties avant la fin de l'an-

née (BH.2012.9, act. 1.5). Ensuite, si les recourants décideront de recourir, 

la détention pour motifs de sûreté sera poursuivie sous l'angle de l'art. 231 

al. 1 let. b CPP et pourra, sur requête ou d'office, faire l'objet d'une nouvelle 

décision par l'autorité compétente. S'ils y renonceront, ils entreront en exé-

cution de peine, auquel cas la détention pour des motifs de sûreté sera le-

vée. Par conséquent, de facto, la détention selon les modalités actuelles 

cessera dans un laps de temps inférieur ou égal aux trois mois dont se 

prévalent les recourants. Par conséquent, les recourants ne disposent pas 

d'un intérêt actuel à recourir.  

 

Partant, sur ce point également, les recours sont irrecevables.  

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1.8 Il en va enfin de même du grief de déni de justice formé par C., priant la 

Cour de céans d'impartir un délai au 30 novembre 2012 à la Cour des affai-

res pénales pour rendre un jugement motivé dans la cause SK.2012.2 

(BH.2012.9, act. 1). En effet, ce grief, qui concerne selon le recourant un 

retard injustifié dans la rédaction des motifs du jugement de première ins-

tance au fond, est de la compétence du Tribunal fédéral et non de la Cour 

de céans (art. 80 al. 1, 90 et 94 LTF).  

1.9 Vu ce qui précède, les recours sont irrecevables. 

 

2. Les recourants ont requis l’assistance judiciaire, faisant valoir en substance 

leur indigence totale.  

2.1 A teneur de l'art. 29 al. 3 Cst., toute personne qui ne dispose pas de res-

sources suffisantes a droit, à moins que sa cause paraisse dépourvue de 

toute chance de succès, à l'assistance judiciaire gratuite. Dans le CPP, 

c'est l'art. 132 al. 1 let. b (par renvoi de l'art. 379 CPP pour la procédure de 

recours) qui précise qu'une défense d'office est ordonnée si le prévenu ne 

dispose pas des moyens nécessaires et que l'assistance d'un défenseur 

est justifiée pour sauvegarder ses intérêts. Cela ne définit cependant pas 

l'assistance judiciaire gratuite (HARARI/ALIBERTI, Commentaire romand, Co-

de de procédure pénale suisse, n
os

 3 et 20 ad art. 132). Pour une définition 

de cette dernière, il convient de se référer à l'art. 136 CPP dans la section 

de l'assistance judiciaire de la partie plaignante. Cette disposition précise 

que l'assistance judiciaire gratuite comprend notamment l'exonération des 

frais de procédure (al. 2 let. b; HARARI/ALIBERTI, op. cit., n
o 

21 ad art. 132). 

De jurisprudence constante, est considéré comme indigent celui qui ne 

peut assumer les frais liés à la défense de ses intérêts sans porter atteinte 

au minimum nécessaire à son entretien et à celui de sa famille (ATF 125 IV 

161 consid. 4a p. 164; 124 I 1 consid. 2a p. 2). L'indigence s'évalue en 

fonction de l'entière situation économique du requérant au moment du dé-

pôt de sa demande d'assistance judiciaire, ce qui comprend d'une part tou-

tes les obligations financières et, d'autre part, les revenus et la fortune (ATF 

124 I 1 consid. 2a; 120 Ia 179 consid. 3a et références citées). Pour définir 

ce qui est nécessaire pour couvrir les besoins fondamentaux, l'autorité ap-

pelée à trancher ne doit pas se baser de façon schématique sur le mini-

mum vital résultant de la législation relative à la poursuite et faillite, mais 

doit prendre en considération les circonstances personnelles du requérant. 

Un éventuel excédent découlant de la comparaison entre le revenu à dis-

position et le montant nécessaire pour couvrir les besoins fondamentaux 

doit pouvoir être utilisé pour faire face aux frais et sûretés judiciaires prévus 

http://links.weblaw.ch/ATF-125-IV-161
http://links.weblaw.ch/ATF-125-IV-161
http://links.weblaw.ch/ATF-124-I-1
http://links.weblaw.ch/ATF-124-I-1
http://links.weblaw.ch/ATF-120-IA-179

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dans un cas concret (ATF 118 Ia 369 consid. 4a); dans ce cas, le solde po-

sitif mensuel doit permettre d'acquitter la dette liée aux frais judicaires; pour 

les cas les plus simples, dans un délai d'une année et pour les autres dans 

les deux ans (arrêt du Tribunal fédéral 5P.457/2003 du 19 janvier 2004, 

consid. 1.2). Enfin, l'obligation de l'Etat de fournir l'assistance judiciaire est 

subsidiaire au devoir d'assistance dérivant du droit de la famille, en particu-

lier du droit du mariage (art. 159 al. 3 et 163 al. 1 CC; ATF 127 I 202 

consid. 3b; BÜHLER, Betreibungs- und prozessrechtliches Existenzmini-

mum, in: PJA 2002 p. 644 ss, p. 658; MEICHSSNER, Aktuelle Praxis der 

unentgeltlichen Rechtspflege, in Jusletter du 7 décembre 2009, p. 6), ce qui 

est valable également pour les procédures devant l'autorité de céans (arrêt 

du Tribunal pénal fédéral BB.2010.2 du 21 janvier 2010, consid. 3.2). Dès 

lors, pour évaluer l'existence ou non de l'indigence, sont pris en considéra-

tion les éléments de revenu et de fortune des deux conjoints (arrêt du Tri-

bunal pénal fédéral BB.2010.2 précité, ibidem, et références citées). 

 

2.2 A l’appui de leurs requêtes, les recourants renvoient essentiellement à 

leurs situations personnelles déjà constatées au cours de la procédure et 

allèguent que celles-ci n'ont pas changé, voire se sont péjorées du fait de 

la détention. De fait, rien au dossier ne permet de se convaincre que les 

conditions qui prévalaient lorsque la Cour de céans a accordé l'assistance 

judiciaire aux recourants se sont améliorées; par conséquent, leur indigen-

ce peut être admise. Toutefois, l’assistance judiciaire ne peut être octroyée 

que si la cause ne paraît pas dépourvue de toute chance de succès (art. 29 

al. 3 Cst.) et ce, lors d’une appréciation sommaire et anticipée au moment 

du dépôt de la requête. Tel n’était en l’occurrence pas le cas de sorte que 

la requête doit être admise. Il sera donc statué sans frais. 

 

3.  

3.1 Des avocats d’office ont été désignés aux recourants en les personnes de 

Mes Christophe Piguet, Aude Bichovsky et Sophie Rodieux. L’art. 135 al. 2 

CPP prévoit que le ministère public ou le tribunal qui statue au fond fixent 

l’indemnité à la fin de la procédure. Même si, à rigueur de texte, l’autorité 

de céans n’intervient pas en tant que juge du fond, cette fonction étant re-

vêtue, dans la juridiction pénale fédérale, par la Cour des affaires pénales 

du Tribunal pénal fédéral (art. 35 LOAP), il a été prévu, dans le règlement 

sur les frais, de s’en tenir à l’ancienne pratique en matière d’indemnisation 

du défenseur d’office dans le cadre d’une procédure de recours devant 

l’autorité de céans, à savoir que la Caisse du Tribunal pénal fédéral prend 

en charge cette dernière tout en en exigeant, le cas échéant, le rembour-

sement par le recourant (art. 21 al. 2 et 3 du règlement du 31 août 2010 sur 

http://links.weblaw.ch/ATF-118-IA-369
http://links.weblaw.ch/5P.457/2003
http://links.weblaw.ch/ATF-127-I-202
http://links.weblaw.ch/BSTGER-BB.2010.2
http://links.weblaw.ch/BSTGER-BB.2010.2

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les frais, émoluments, dépens et indemnités de la procédure pénale fédéra-

le [RFPPF; RS 173.713.162). Pareille solution, en plus de simplifier la tâ-

che de l’autorité appelée à indemniser le défenseur d’office en fin de pro-

cédure (MPC ou Cour des affaires pénales), en ce sens qu’elle règle clai-

rement la problématique des frais/indemnités liés aux procédures inciden-

tes, présente également l’avantage pour le défenseur lui-même d’être in-

demnisé dans des délais plus courts pour les opérations relatives aux pro-

cédures incidentes devant la Cour de céans. 

3.2 L’art. 12 al. 1 RFPPF prévoit que les honoraires des avocats sont fixés en 

fonction du temps effectivement consacré à la cause et nécessaire à la dé-

fense de la partie représentée. Le tarif horaire, lequel s’applique également 

aux mandataires d’office, est de CHF 200.-- au minimum et de CHF 300.-- 

au maximum (art. 12 al. 1 RFPPF), étant précisé que le tarif usuellement 

appliqué par la Cour de céans est de CHF 230.-- par heure (décision du 

Tribunal pénal fédéral BB.2012.8 du 2 mars 2012, consid. 4.2). En 

l’absence d’un mémoire d’honoraires, l’autorité saisie de la cause fixe 

l’indemnité selon sa propre appréciation (art. 12 al. 2 RFPPF). Compte tenu 

de la nature de l’affaire, de l’activité déployée dans le cadre de la présente 

procédure et de la collaboration manifeste qui a prévalu lors de la rédaction 

des mémoires de recours, une indemnité d’un montant de CHF 1'000.-- 

(TVA incluse) chacun paraît justifiée. Ainsi que précisé au considérant pré-

cédent, la Caisse du Tribunal pénal fédéral versera cette indemnité aux dé-

fenseurs des recourants. Celles-ci leur seront remboursées par les recou-

rants s'il devaient revenir à meilleure fortune (art. 135 al. 4 let. a CPP; Mes-

sage FF 2006 1057, 1160; art. 21 al. 3 RFPPF).  

 

http://links.weblaw.ch/BBl-2006-1057

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Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Les recours sont irrecevables. 

 

2. Les demandes d’assistance judiciaire sont admises. 

 

3. Il est statué sans frais. 

 

4. Les indemnités de Mes Christophe Piguet, Aude Bichovsky et Sophie Ro-

dieux, avocats d'office, pour la présente procédure sont fixées à  

CHF 1'000.-- chacun, TVA comprise. Elles seront acquittées par la caisse du 

Tribunal pénal fédéral, laquelle en demandera le remboursement aux recou-

rants s'il reviennent à meilleure fortune. 

 

Bellinzone, le 12 décembre 2012 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

 

Le président: La greffière:  

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Me Christophe Piguet, avocat 

- Me Aude Bichovsky, avocate 

- Me Sophie Rodieux, avocate 

- Tribunal pénal fédéral, Cour des affaires pénales 

- Ministère public de la Confédération 

 

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Indication des voies de recours 

Dans les 30 jours qui suivent leur notification, les décisions de la Cour des plaintes relatives aux 
mesures de contrainte sont sujettes à recours devant le Tribunal fédéral (art. 79 et 100 al. 1 de la 
loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral; LTF). La procédure est réglée par les art. 90 ss 
LTF. 

Le recours ne suspend l’exécution de l'ordonnance attaquée que si le juge instructeur l’ordonne 
(art. 103 LTF).