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**Case Identifier:** 049a33b0-6295-5cfa-8ad2-2fc5e96df5c9
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-09-20
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 20.09.2021 C/2400/2021
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-2400-2021_2021-09-20.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 01.10.2021. 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/2400/2021 ACJC/1224/2021 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU LUNDI 20 SEPTEMBRE 2021 

 

Entre 

A______ SA, sise ______ [GE], recourante contre un jugement rendu par la 
12ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 7 juin 2021, 

comparant en personne, 

et 

Madame B______, domiciliée ______ [VD], intimée, représentée par C______ 
[compagnie d'assurances], Me D______, ______ [VD], en les bureaux de laquelle elle 

fait élection de domicile. 

 

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C/2400/2021 

EN FAIT 

A. Par jugement du 7 juin 2021, le Tribunal de première instance a prononcé la 
mainlevée provisoire de l'opposition formée au commandement de payer, 

poursuite n° 1______ (ch. 1 du dispositif) et mis à la charge de A______ SA les 

frais judicaires, arrêtés à 400 fr. (ch. 2 et 3). 

B. a. Par acte expédié à la Cour de justice le 23 juin 2021, A______ SA a formé 
recours contre ce jugement. Elle a conclu, avec suite de frais et dépens, à ce qu'il 

soit "déclaré que le titre de mainlevée n'est pas valable" et à ce que B______ soit 

déboutée de "toutes demande insinuant l'inverse". 

b. B______ a conclu au rejet du recours, avec suite de frais. 

c. Le 12 juillet 2021, A______ SA s'est déterminée sur la réponse au recours. 

d. En l'absence de duplique, les parties ont été informées par avis de la Cour du 
12 août 2021 de ce que la cause était gardée à juger. 

C. Les faits pertinents suivants résultent de la procédure. 

 a. Le 6 janvier 2021, l'Office des poursuites a notifié à A______ SA, à la requête 
de B______, un commandement de payer, poursuite n° 1______ portant sur la 

somme de 14'950 fr. avec intérêts à 5% dès le 15 septembre 2020. La rubrique 

"titre et date de la créance ou cause de l'obligation" indiquait : "contrat de bail du 

19 novembre 2019 (appartement chemin 2______ [no.] ______, [code postal] 

G______ [VD]) Loyers des mois de juillet 2020 à novembre 2020". 

 Opposition y a été formée. 

 b. Par acte reçu par le Tribunal le 8 février 2021, B______ a requis la mainlevée 
provisoire de cette opposition.  

Elle a notamment produit un contrat de bail à loyer pour un appartement de  

3½ pièces à titre d'habitation pour un loyer mensuel de 2'990 fr. La première page 

porte la mention "Locataire: M. F______, A______ SA, Rue 3______, Genève". 

La dernière page indique quant à elle: "Le locataire: M. F______" et comporte 

une signature. 

 c. Lors de l'audience devant le Tribunal du 7 juin 2021, B______ n'était ni 
présente ni représentée. 

A______ SA, soit pour elle son administrateur E______, a expliqué que le bail 

était au nom de F______, également administrateur de la société, lequel occupait 

le logement. Elle a produit deux pièces, à savoir un extrait du compte bancaire du 

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précité faisant état de débits en faveur de B______ à titre de garantie de loyers et 

de loyers ainsi qu'un courrier de F______ adressé le 3 juin 2021 à A______ SA 

dans lequel il indique qu'il occupe l'appartement à titre privé, pour son usage 

personnel et que la mention de A______ SA sur le bail doit être comprise "pour 

adresse". 

 La cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience. 

 d. Dans son jugement du 7 juin 2021, le Tribunal a considéré que le contrat de 
bail, qui indique expressément A______ SA comme locataire aux côtés de 

F______, valait reconnaissance de dette au sens de l'art. 82 al. 1 LP. 

EN DROIT 

1. 1.1 S'agissant d'une procédure de mainlevée, seule la voie du recours est ouverte 
(art. 319 let. a et 309 let. b ch. 3 CPC). La procédure sommaire s'applique 

(art. 251 let. a CPC). 

1.2 Aux termes de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC, le recours, écrit et motivé, doit être 
introduit auprès de l'instance de recours dans les dix jours à compter de la 

notification de la décision motivée (art. 142 al. 1 et 3 CPC), pour les décisions 

prises en procédure sommaire. 

En l'espèce, le recours répond à ces exigences et comporte des conclusions qui 

permettent de comprendre ce que sollicite la recourante, de sorte qu'il est 

recevable.  

1.3 Dans le cadre d'un recours, le pouvoir d'examen de la Cour est limité à la 
violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 

CPC). L'autorité de recours a un plein pouvoir d'examen en droit, mais un pouvoir 

limité à l'arbitraire en fait. 

1.4 Les allégations de faits et les preuves nouvelles sont irrecevables dans le cadre 
d'un recours (art. 326 al. 1 CPC), de sorte que les faits nouveaux qu'elle allègue 

devant la Cour sont irrecevables. La recourante se plaint certes du fait qu'elle en 

avait fait mention devant le Tribunal, mais qu'ils n'auraient pas été mentionnés au 

procès-verbal. Il est cependant rappelé qu'il est exigé que les allégations des 

parties soient consignées dans leur substance, et non mot à mot (TAPPY, 

Commentaire romand, 2
ème

 éd., 2019, n. 4 ad art. 235 CPC), ce qui est le cas en 

l'espèce au vu des explications fournies par la recourante devant la Cour. En outre, 

la partie qui entend faire rectifier le procès-verbal doit déposer une requête en ce 

sens au tribunal (art. 235 al. 3 CPC), ce que la recourante n'a pas allégué avoir fait 

en l'espèce. 

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2. La recourante soutient que le bail litigieux a été conclu par son administrateur à 
titre personnel et qu'elle n'est pas engagée à ses côtés. 

2.1 
2.1.1 Selon l'art. 82 al. 1 LP, le créancier dont la poursuite se fonde sur une 
reconnaissance de dette constatée par acte authentique ou sous seing privé peut 

requérir la mainlevée provisoire.   

Constitue une reconnaissance de dette au sens de cette disposition, en particulier, 

l'acte sous seing privé, signé par le poursuivi - ou son représentant (ATF  

132 III 140 consid. 4.1.1 et les arrêts cités) -, d'où ressort sa volonté de payer au 

poursuivant, sans réserve ni condition, une somme d'argent déterminée, ou 

aisément déterminable, et exigible au moment de l'introduction de la poursuite, 

c’est-à-dire lors de la notification du commandement de payer (ATF 139 III 297 
consid. 2.3.1 et la jurisprudence mentionnée).  

Un contrat écrit justifie en principe la mainlevée provisoire de l'opposition pour la 

somme d'argent incombant au poursuivi lorsque les conditions d'exigibilité de la 

dette sont établies (arrêt du Tribunal fédéral 5A_465/2014 du 20 août 2014 

consid. 7.2.1.2) et, en particulier dans les contrats bilatéraux, lorsque le 

poursuivant prouve avoir exécuté les prestations dont dépend l'exigibilité (arrêt du 

Tribunal fédéral 5A_367/2007 du 15 octobre 2007 consid. 3.1 et les références).  

La reconnaissance de dette dont se prévaut le poursuivant doit réunir les trois 

identités, soit l'identité entre le poursuivant et le créancier désigné dans ce titre, 

l'identité entre le poursuivi et le débiteur désigné, et l'identité entre la prétention 

déduite en poursuite et le titre qui lui est présenté (arrêt du Tribunal fédéral 

5A_740/2018 du 1
er

 avril 2019 consid. 6.1.2 et les références, non publié aux ATF 

145 III 160, publié in Pra 2020 n° 3 p. 45). Ces identités doivent être examinées 

d'office par le juge (ATF 142 III 720, consid. 4,1; 139 III 444. consid. 4.1.1). 

2.1.2 Le juge de la mainlevée ne peut procéder qu'à l'interprétation objective du 
titre fondée sur le principe de la confiance. Il ne peut prendre en compte que les 

éléments intrinsèques au titre, à l'exclusion des éléments extrinsèques qui 

échappent à son pouvoir d'examen (arrêts du Tribunal fédéral 5A_1017/2017 

précité consid. 4.3.3; 5A_741/2013 du 3 avril 2014 consid. 3.1.1; VEUILLET, La 

mainlevée de l'opposition, 2017, n. 35 ad art. 82 LP et les autres arrêts cités; 

cf. ég. ATF 143 III 564 consid. 4.4.3). 

Si le sens ou l'interprétation du titre de mainlevée invoqué est source de doutes ou 

si la reconnaissance de dette ne ressort que d'actes concluants, la mainlevée 

provisoire doit être refusée. La volonté du poursuivi doit ressortir clairement des 

pièces produites, à défaut de quoi elle ne peut être déterminée que par le juge du 

fond (arrêt du Tribunal fédéral 5A_735/2012 du 17 avril 2013 consid. 2 et la 

référence). 

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2.2 En l'espèce, le contrat de bail est susceptible de constituer une reconnaissance 
de dette pour les loyers impayés, à condition toutefois qu'il y ait identité entre la 

partie locataire, débitrice le cas échéant de loyers, et la partie poursuivie. A cet 

égard, si la recourante était véritablement partie au contrat comme locataire, 

comme l'a soutenu l'intimée dans sa requête, on ne comprend pas pourquoi le nom 

de son administrateur F______ aurait également été mentionné dans le contrat 

comme locataire, étant relevé que l'intimée n'a pas soutenu que ceux-ci auraient 

été colocataires. En outre, si le nom de la recourante est effectivement indiqué sur 

la première page du contrat de bail, après celui de F______, à côté de la mention 

"locataire", tel n'est pas le cas sur la dernière page, sur laquelle seul ce dernier est 

désigné comme locataire. Ce dernier dispose, certes, de la signature individuelle, 

mais il ne ressort pas du contrat de bail qu'il aurait signé comme représentant de la 

recourante. 

Dans ces circonstances, il ne peut être considéré qu'il y a identité entre la 

recourante, qui fait l'objet de la poursuite, et la partie locataire dans le contrat de 

bail invoqué comme titre de mainlevée. 

Au vu de ce qui précède, le recours est fondé. Le jugement attaqué sera annulé et 

la requête de mainlevée provisoire de l'opposition de l'intimée sera rejetée. 

3. L'intimée, qui succombe, sera condamnée aux frais judicaires de la procédure de 
première instance et de recours (art. 106 al. 1 CPC), arrêtés, respectivement, à 

400 fr. et 600 fr. (art. 48 et 61 OELP), compensés avec les avances fournies, qui 

restent acquise à l'Etat de Genève (art. 111 al. 1 CPC). 

 L'intimée versera à ce titre 600 fr. à la recourante, qui en a fait l'avance devant la 

Cour. 

 Il ne sera pas alloué de dépens à la recourante, qui comparaît en personne et n'a 

pas fait valoir de circonstances justifiant que tel soit le cas (cf. art. 95 al. 3 let. c 

CPC). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté par A______ SA contre le jugement 

JTPI/7426/2021 rendu le 7 juin 2021 par le Tribunal de première instance dans la cause 

C/2400/2021-12 SML. 

Au fond : 

Annule ce jugement et, cela fait, statuant à nouveau : 

Rejette la requête de mainlevée provisoire formée par B______ à l'encontre de 

A______ SA dans la cause C/2400/2021. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires de première instance à 400 fr. et ceux de recours à 600 fr., les 

met à la charge de B______ et dit qu'ils sont compensés avec les avances fournies, qui 

restent acquises à l'Etat de Genève. 

Condamne B______ à verser 600 fr. à A______ SA à titre de frais judicaires de recours. 

Dit qu'il n'est pas alloué de dépens. 

Siégeant : 

Monsieur Laurent RIEBEN, président; Madame Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ 

et Monsieur Ivo BUETTI, juges; Madame Laura SESSA, greffière. 

 

Le président : 

Laurent RIEBEN 

 La greffière : 

Laura SESSA 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 113 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification 

avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du 

recours constitutionnel subsidiaire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 30'000 fr.