# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e4b42491-5f44-5664-b875-51a7a302ba55
**Source:** Valais/Wallis (VS)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-02-14
**Language:** fr
**Title:** Wallis Sonstiges Gericht Sonstige Kammer 14.02.2022 C1 21 229
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VS_Gerichte/VS_BZG_999_C1-21-229_2022-02-14.pdf

## Full Text

C1 21 229 

 

ARRÊT DU 14 FÉVRIER 2022 

 

Tribunal cantonal du Valais 

Autorité de recours en matière de protection de l'enfant et de l'adulte 

 

Camille Rey-Mermet, présidente ; Céline Maytain, greffière 

 

en la cause 

 

X _________, recourant, à Renens 

 

contre 

 

Y _________, intimée au recours, représentée par Maître Marie Mouther, avocate à 

Monthey   

 

(retrait de l’autorité parentale) 

recours contre la décision du 16 septembre 2021 de l’Autorité intercommunale de 

protection de l’enfant et de l’adulte de Martigny  

  

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Faits 

A.  X _________ (ci-après : le père) et Y _________ (ci-après : la mère) se sont mariés 

en 2005 en Turquie. Ils ont eu deux enfants : A _________ née en 2007 et B _________ 

né en 2012.  

Ils se sont séparés en janvier 2019. Le tribunal des districts de Martigny et St-Maurice a 

homologué leur convention de mesures protectrices de l’union conjugale qui attribuait la 

garde des enfants à la mère et arrêtait les relations personnelles du père du lundi au 

vendredi de la sortie de l’école jusqu’à 19h et du dimanche après-midi jusqu’au lundi 

matin.  

B.  Les 9 et 10 septembre 2020, la police est intervenue à deux reprises au domicile de 

Y _________. Celle-ci a expliqué aux agents que depuis le début de l’année 2020, son 

mari se rendait régulièrement à son domicile pour la harceler, l’insulter, la menacer et la 

frapper. Le 9 septembre, il a menacé de la tuer et de tuer les enfants si elle le quittait et, 

face au refus de son épouse de lui ouvrir la porte, a frappé à la fenêtre sans discontinuer 

jusqu’à 2h30 du matin. Il aurait recommencé le lendemain matin. Ce jour-là, devant les 

policiers, le mari a menacé sa femme et une amie de celle-ci et a tenté de détacher les 

plaques de la voiture de son épouse, n’y renonçant que sur conseil des agents (dossier, 

p.1-4).  

Y _________ a déposé plainte pénale en raison de ces faits et la police a dénoncé la 

situation à l’Autorité intercommunale de protection de l’enfant et de l’adulte de Martigny 

(ci- après : AIPEA).  

Quelques jours plus tard, le Dr C _________, psychiatre auprès du Centre D _________, 

en a fait de même expliquant avoir été consulté par Y _________. Parallèlement, 

E _________, psychologue auprès du même Centre, a débuté un suivi des enfants. 

Selon le certificat médical du 17 septembre 2020 cosigné par ces thérapeutes, les 

enfants ont rapporté que leur père profère de graves menaces et accusations à 

l’encontre de leur mère. L’aînée a confié qu’à plusieurs reprises, son père a menacé de 

tuer sa mère et tente de leur soutirer des informations à son sujet. Le cadet s’est dit dans 

la peur constante de ce qui pouvait arriver à sa mère. La psychologue a relevé chez eux 

des signes d’anxiété majeurs particulièrement inquiétants (hypervigilance, attaques de 

panique, importantes difficultés scolaires, agressivité). Les deux professionnels 

attribuaient ces symptômes aux violences conjugales, se disant vivement inquiets de la 

grave menace qui pesait sur la sécurité psychique des enfants. À la même période, le 

directeur de l’école de B _________ a souligné que, dernièrement, l’enfant manquait 

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l’école, se montrait agressif avec ses camarades et pleurait beaucoup, ce qui était 

inhabituel.  

Le 24 septembre 2020, l’AIPEA a restreint les relations personnelles du père avec les 

enfants au Point Rencontre. Le même jour, le tribunal de district de Martigny a prononcé 

à titre superprovisionnel des mesures d’éloignement à l’encontre de X _________ et une 

interdiction de prendre contact avec sa femme et ses enfants, sous réserve du droit de 

visite au Point Rencontre et sous la menace de la peine prévue à l’art. 292 CP. Sur 

mesures provisionnelles du 9 avril 2021, ce tribunal a confirmé l’interdiction de contact 

et les mesures d’éloignement et a instauré une curatelle de surveillance des relations 

personnelles qui a été confiée à l’Office de la protection de l’enfant (ci-après : OPE).  

C.  X _________ a ignoré les interdictions de périmètre et de contact. À quatre reprises 

entre le 14 octobre 2020 et le 28 juillet 2021, Y _________ a déposé plainte pénale ou 

dénoncé la situation à la police.  

Le 28 juillet 2021, le Dr C _________ a avisé la police que le mari continuait malgré la 

mesure d’éloignement à harceler sa patiente. Interpellée par l’AIPEA, la curatrice des 

relations personnelles a indiqué que X _________ refusait le Point Rencontre, qu’il 

voyait les enfants tous les deux ou trois jours et que l’épouse allait retirer sa plainte 

pénale. En séance du 30 juillet 2021 tenue devant l’AIPEA en présence de la curatrice 

des relations personnelles, X _________, s’il a nié toute menace, a admis qu’il appelait 

et voyait régulièrement les enfants en dehors du Point Rencontre – mesure qu’il refusait 

catégoriquement -, parfois au domicile de son épouse où il passait la nuit. Entendue 

séparément, Y _________ a rapporté que son mari lui imposait sa présence en la 

menaçant notamment au moyen d’une arme à feu ; il la terrorisait au point qu’elle n’osait 

pas toujours appeler la police. L’AIPEA a rappelé aux parents que le droit de visite 

surveillé et les mesures d’éloignement étaient contraignantes.  

À l’issue de l’audience du 30 juillet 2021, sur conseil de la curatrice qui élevait des 

craintes quant à la capacité de la mère de protéger les enfants de la violence du père, 

Y _________ et les enfants ont été placés dans un hébergement d’urgence. Le père a 

alors harcelé les enfants par des messages pour qu’ils lui révèlent leur adresse (courriers 

des 6, 17 et 31 août 2021 de l’OPE) qu’il a fini par découvrir. La famille a été transférée 

dans un nouveau foyer. Entendus par la curatrice, les enfants ont déclaré ne pas 

souhaiter revoir leur père (courriers des 17 et 31 août 2021 de l’OPE). La curatrice a 

invité l’AIPEA à prononcer une suspension des relations personnelles. 

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D.  Le 18 août 2021, le mandataire de X _________ a informé l’AIPEA qu’il ne savait 

plus où se trouvaient ses enfants et a demandé à cette autorité qu’elle prenne, à titre 

urgent, des mesures pour que le droit de visite au Point Rencontre puisse être exercé.  

Le 1er septembre 2021, l’AIPEA a informé le père que les documents d’identité des 

enfants avaient été volés et l’a enjoint à autoriser leur renouvellement. Le mandataire du 

père a sollicité une prolongation de délai pour se déterminer tout en demandant à 

l’AIPEA de statuer sur sa requête du 18 août 2021.  

Par décision du 14 septembre 2021, l’Autorité intercommunale de protection de l’enfant 

et de l’adulte de Martigny (ci-après : AIPEA) a autorisé le renouvellement des documents 

d’identité des enfants. Le père a recouru au Tribunal cantonal contre cette décision (TCV 

C1 21 231).  

E.  Le 16 septembre 2021, l’AIPEA a retiré l’autorité parentale à X _________, suspendu 

son droit aux relations personnelles, levé la curatelle de surveillance des relations 

personnelles, exhorté le père à suivre une thérapie et a retiré l’effet suspensif à un 

éventuel recours. Le père a recouru contre cette décision le 22 septembre 2021 en 

concluant à son annulation, au maintien de l’autorité parentale conjointe, à la reprise des 

relations personnelles au Point Rencontre et à la restitution de l’effet suspensif (TCV C1 

21 229). 

Le lendemain, l’Autorité de recours en matière de protection de l’enfant a, à titre 

superprovisionnel, restitué l’effet suspensif au recours.   

Le 27 septembre 2021, Y _________ a quitté la Suisse pour s’installer en Suède avec 

les deux enfants.  

Le 15 octobre 2021, le Tribunal cantonal a rejeté la requête de restitution de l’effet 

suspensif.  

Considérant en droit 

 

1.   

1.1. L’article 450 al. 1 CC, applicable par analogie (cf. art. 314 al. 1 CC), prescrit que les 

décisions de l’autorité de protection peuvent faire l’objet d’un recours devant le juge 

compétent, soit le Tribunal cantonal (art. 114 al. 1 ch. 4 et al. 3 LACC), au sein duquel 

un juge unique peut en connaître (art. 114 al. 2 LACC).   

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1.2.  Le présent litige revêt un caractère international car l’intimée et les enfants ont quitté 

la Suisse pour la Suède où ils se sont installés alors que la procédure de recours était 

pendante devant le Tribunal cantonal. Il s’agit d’examiner si, compte tenu de ce 

déplacement, les autorités suisses restent compétentes pour statuer sur la cause.  

1.2.1   En droit international privé, la situation de fait qui conditionne la compétence des 

tribunaux peut évoluer au fil du temps. En principe, les conditions de recevabilité initiales 

déterminent les règles de compétence et la loi applicable jusqu'à l'issue du litige, de sorte 

que lorsqu'un tribunal est localement compétent au moment de la création de la 

litispendance, il le reste même si les faits constitutifs de sa compétence changent par la 

suite; c'est le principe de la perpetuatio fori. Toutefois, la Convention de La Haye du 

19 octobre 1996 concernant la compétence, la loi applicable, la reconnaissance, 

l'exécution et la coopération en matière de responsabilité parentale et de mesures de 

protection des enfants (CLaH96; RS 0.211.231.011; art. 1 al. 1 let. b et art. 15 à 

22 CLaH96) - qui s'applique dans les relations entre la Suisse et la Suède dès lors que 

les deux États l'ont signée et ratifiée - présente une exception à ce principe (arrêts 5A_ 

21/2019 du 1er juillet 2019 consid. 5.1 et les réf.; 5A_313/214 du 9 octobre 2014 consid. 

7.3 et les réf.).  

Selon l'art. 5 al. 1 CLaH96, les autorités, tant judiciaires qu'administratives, de l'État 

contractant de la résidence habituelle de l'enfant sont compétentes pour prendre des 

mesures tendant à la protection de sa personne ou de ses biens (al. 1). En cas de 

changement de la résidence habituelle de l'enfant dans un autre État contractant, sont 

compétentes les autorités de l'État de la nouvelle résidence habituelle, sous réserve d'un 

déplacement ou d'un non-retour illicite au sens de l'art. 7 CLaH96 (al. 2). Le principe de 

la perpetuatio fori ne s'applique donc pas (arrêts 5A_ 21/2019 du 1er juillet 2019 consid. 

5.1 et les réf.). Il s'ensuit que, dans les relations entre États contractants, le changement 

de résidence habituelle du mineur entraîne un changement simultané de la compétence 

(arrêt 5A_146/2014 du 19 juin 2014 consid. 3.1.1; s'agissant de la CLaH61: ATF 132 III 

586 consid. 2.2.4), sous réserve d’un déplacement ou d’un non-retour illicite au sens de 

l’art. 7 CLaH96. Dans l'hypothèse d'un déplacement illicite au sens de l’art. 7 al. 2 

CLaH96, l'autorité de l'ancienne résidence habituelle conserve sa compétence pour 

prendre des mesures jusqu'au moment où l'enfant a acquis une résidence habituelle 

dans un autre État et que, de surcroît, l'on ne peut plus s'attendre raisonnablement à un 

retour de l'enfant (arrêt 5A_21/2019 précité ibidem et la référence), seconde condition 

que l'art. 7 al. 1 let. b CLaH96 illustre en prévoyant que l'enfant doit ainsi avoir résidé 

dans l'autre État pour une période d'au moins un an après que la personne ayant le droit 

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de garde a connu ou aurait dû connaître le lieu où il se trouvait, qu'aucune demande de 

retour présentée pendant cette période n'est encore en cours d'examen et que l'enfant 

s'est intégré dans son nouveau milieu (arrêt 5A_21/2019 précité ibidem).   

Le déplacement ou le non-retour de l'enfant est considéré comme illicite au sens de l'art. 

7 al. 2 CLaH96 (comme de l'art. 3 CLaH80) lorsqu'il a lieu en violation d'un droit de garde, 

attribué à une personne, une institution ou tout autre organisme, seul ou conjointement, 

par le droit de l'État dans lequel l'enfant avait sa résidence habituelle immédiatement 

avant son déplacement ou son non-retour (let. a), et que ce droit était exercé de façon 

effective, seul ou conjointement, au moment du déplacement ou du non-retour (let. b). 

En matière internationale, le droit de garde comprend le droit portant sur les soins de la 

personne de l'enfant, et en particulier celui de décider de son lieu de résidence (art. 3 

let. b CLaH96; art. 5 let. a CLaH80). Pour déterminer le ou les parent (s) titulaire (s) du 

droit de garde, il y a lieu de se référer à l'ordre juridique de l'État de la résidence 

habituelle de l'enfant immédiatement avant le déplacement. Ce moment est également 

déterminant pour juger de l'illicéité du déplacement (arrêt 5A_21/2019 précité consid. 

5.2 et la référence). En droit suisse, le droit de déterminer le lieu de résidence de l'enfant 

est rattaché à l'autorité parentale (art. 301a al. 1 CC; ATF 144 III 10 consid. 4; 142 III 

612 consid. 4.2, 502 consid. 2.2, 481 consid. 2.3). Le parent qui exerce conjointement 

l'autorité parentale doit donc obtenir l'accord de l'autre parent, du juge ou de l'autorité de 

protection de l'enfant avant de déménager à l'étranger avec l'enfant (cf. art. 301a al. 2 

let. a CC ; ATF 144 III 10 consid. 4), faute de quoi le déplacement sera considéré comme 

illicite (SCHWENZER/COTTIER in Basler Kommentar, Zivilgesetzbuch I, Art. 1-456 

ZGB, 6e éd. 2018, n° 31 ad art. 301a CC).  

1.2.2  En l'espèce, compte tenu de la décision de restitution de l’effet suspensif du 

17 septembre 2021,  les parties étaient toutes deux au bénéfice de l'autorité parentale 

et donc du droit  de déterminer le lieu de résidence des enfants (art. 301a al. 1 CC), au 

moment où l’intimée a quitté la Suisse pour la Suède avec les enfants. Comme elle ne 

disposait ni du consentement du recourant ni de l'autorisation du juge ou de l'autorité de 

protection de l'enfant, le déplacement du lieu de résidence des enfants est intervenu en 

violation de l'art. 301a al. 2 CC et est en conséquence illicite au sens de l'art. 7 al. 2 

CLaH96, indépendamment des motifs qui ont amenée l’intimée à quitter le territoire 

suisse. Il suit de ce qui précède que les enfants avaient leur résidence habituelle en 

Suisse immédiatement avant leur déplacement et qu’ils résident en Suède depuis moins 

d'un an (art. 7 al. 1 CLaH96). Par conséquent, les autorités suisses, singulièrement le 

Tribunal cantonal est compétent pour examiner la présente cause. 

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1.3 Le délai de recours est de trente jours à compter de la notification de la décision (art. 

450b al. 3 CC).  

La décision litigieuse a été notifiée au recourant le 20 septembre 2021 (art. 142 al. 3 

CPC). En déposant son recours deux jours plus tard, il a agi en temps utile.  

1.3  En tant que partie à la procédure ouverte devant l’autorité précédente, le recourant 

a qualité pour recourir (art. 450 al. 2 ch. 1 CC). 

1.4   Conformément à l'article 450 al. 3 CC, applicable par analogie (art. 314 al. 1 CC) 

en matière de protection de l'enfant, le recours doit être dûment motivé et interjeté par 

écrit. Les exigences de motivation ne doivent pas être trop élevées, mais l'autorité doit 

pouvoir déterminer l'objet du recours et déduire de celui-ci pourquoi le recourant est 

opposé en tout ou partie à la décision attaquée (arrêt 5A_922/2015 du 4 février 2016 

consid. 5.1 et les références). L’exigence de motivation suppose de démontrer le 

caractère erroné de la motivation attaquée; pour satisfaire à cette exigence, il ne suffit 

pas au recourant de renvoyer aux moyens soulevés en première instance ou dans une 

écriture antérieure, ni de se livrer à des critiques toutes générales de la décision attaquée 

; sa motivation doit être suffisamment explicite pour que l'instance de recours puisse la 

comprendre aisément, ce qui suppose une désignation précise des passages de la 

décision que le recourant attaque et des pièces du dossier sur lesquelles repose sa 

critique (cf. ATF 138 III 374 consid. 4.3.1).  

En l’occurrence, bien que le recourant demande l’annulation de l’intégralité de la décision 

attaquée, son écriture est dénuée de la moindre critique concernant la suspension des 

relations personnelles, l’exhortation à suivre une thérapie et la levée de la curatelle. Sur 

ces questions, le recours est irrecevable.  

2.  Le recourant demande l’administration de différents moyens de preuve : 

l’interrogatoire des parties, l’audition des enfants et l’édition de deux dossiers civils 

ouverts devant le tribunal de district de Martigny et du dossier de l’AIPEA.  

2.1  L’instance de recours dispose d’un plein pouvoir d’examen, en fait et en droit. La 

maxime d’office et la maxime inquisitoire qui régissent la procédure de recours, lui 

imposent d’administrer les preuves nécessaires (cf. art. 446 CC; MEIER, Droit de la 

protection de l’adulte, 2016, n° 245; STECK, Commentaire bâlois, 6e éd., 2018, n. 13 ad 

art. 450 CC). L’instance de recours peut toutefois refuser une mesure probatoire en 

procédant à une appréciation anticipée des preuves, lorsqu'elle estime que le moyen de 

preuve requis ne pourrait pas fournir la preuve attendue ou ne pourrait en aucun cas 

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prévaloir sur les autres moyens de preuve déjà administrés, à savoir lorsqu'il ne serait 

pas de nature à modifier le résultat des preuves qu'elle tient pour acquis. Le principe du 

refus d'une mesure probatoire par appréciation anticipée des preuves vaut également 

lorsque la procédure est soumise à la maxime inquisitoire (ATF 138 III 374 consid. 

4.3.2.). 

2.2  En l’occurrence, l’AIPEA a produit en cause son dossier. S’agissant des procédures 

ouvertes devant le tribunal de district de Martigny qui concernent pour la première une 

mesure d’éloignement et pour la seconde une interdiction de contact, la décision rendue 

par la juge de district - qui a joint les deux causes - figure au dossier de l’AIPEA. La 

production de l’intégralité des dossiers civils ne paraît pas nécessaire pour élucider les 

faits utiles au traitement du recours, de sorte qu’il y sera renoncé. Pour les mêmes motifs, 

il n’y pas lieu d’interroger les parties qui ont déjà été entendues devant l’autorité 

précédente. Le recourant n’indique d’ailleurs pas quels sont les faits importants qui 

ressortiraient de ces moyens de preuve.   

Quant à l’audition des enfants, il peut y être renoncé dès lors qu’ils ont déclaré renoncer 

à être entendus (art. 298 al. 1 CPC ; ATF 131 III 553 consid. 1.3.1).  

3.  Le recourant estime que l’AIPEA n’était pas compétente matériellement pour lui retirer 

l’autorité parentale, cette compétence revenant exclusivement au juge matrimonial.  

3.1  Les mesures de protection sont ordonnées par l’autorité de protection du domicile 

de l’enfant (art. 315 al. 1 CC). L’autorité de protection est ainsi compétente pour prendre 

les mesures de protection nécessaires après la fin d’une procédure devant le juge 

matrimonial (MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 6ème éd., 2019, n. 1778 et la réf. citée ; 

LEUBA/MEIER/PAPAUX VAN DELDEN, Droit du divorce, n. 2031; cf. aussi Message 

concernant une modification du code civil suisse (autorité parentale) in : FF 2011 

8315ss, 8332, 8338-8339). Le retrait de l’autorité parentale (311 CC), lorsqu’il est 

prononcé à titre de mesure de protection, relève ainsi de la compétence matérielle de 

l’autorité de protection (MEIER, RDT 2007, p. 123 ; JdT 2016 III 129).  

3.2  Dans le cas particulier, alors qu’aucune cause matrimoniale n’était pendante, 

l’AIPEA a ouvert une procédure à la suite de différents signalements venant de la police 

et des thérapeutes de la mère et des enfants. Autrement dit, le retrait de l’autorité 

parentale a été prononcé au titre de mesure de protection de l’enfant. L’AIPEA a ainsi 

agi dans le cadre de sa compétence matérielle. 

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4.  Le recourant reproche à l’autorité précédente d’avoir commis un déni de justice pour 

n’avoir pas statué sur sa requête tendant à l’exécution du droit de visite.  

4.1  Aux termes de l'art. 29 al. 1 Cst., toute personne a droit, dans une procédure 

judiciaire ou administrative, à ce que sa cause soit traitée équitablement et jugée dans 

un délai raisonnable. Une autorité commet un déni de justice formel et viole cette 

disposition lorsqu’elle refuse indûment de se prononcer sur une requête ou sur un moyen 

de droit qui lui est soumis et dont l'examen relève de sa compétence (ATF 142 II 154 

consid. 4.2 et les réf. ; 135 I 6 consid. 2.1).  

4.2  En l'occurrence, le recourant a déposé le 18 août 2021 devant l’AIPEA une requête 

tendant à l’exécution de son droit de visite au Point Rencontre. 

Par décision du 16 septembre suivant, l’AIPEA a suspendu les relations personnelles du 

recourant avec ses enfants. Même si elle ne l’a pas spécifié, cette décision équivalait 

implicitement à un rejet de la requête d’exécution du droit de visite. En tous les cas, on 

ne saurait reprocher à l’autorité de protection d’avoir commis un déni de justice, de sorte 

que le grief tiré de la violation de l’art. 29 al. 1 Cst. doit être rejeté. 

5.  Le recourant soutient que l’autorité précédente lui a retiré l’autorité parentale sur la 

base de faits inexacts. Selon lui, elle ne pouvait retenir qu’il était l’auteur de violences 

conjugales car il n’a jamais été condamné pénalement. En outre, le retrait de l’autorité 

parentale viole le principe de la proportionnalité car une autorisation de refaire les 

papiers d’identité des enfants assortie d’une interdiction de quitter la Suisse aurait été 

suffisante. 

 

5.1  Si d’autres mesures de protection de l’enfant sont demeurées sans résultat ou 

paraissent d’emblée insuffisantes, l’autorité de protection de l’enfant prononce le retrait 

de l’autorité parentale lorsque, pour cause d’inexpérience, de maladie, d’infirmité, 

d’absence, de violence ou d’autres motifs analogues, les père et mère ne sont plus en 

mesure d’exercer correctement l’autorité parentale (art. 311 al. 1 ch. 1 CC). La violence 

remet en question la capacité des parents à exercer l’autorité parentale, peu importe que 

l’enfant soit lui-même victime de cette violence ou qu’il ne subisse qu’indirectement les 

violences que l’un des parents fait subir à l’autre (Message concernant une modification 

du code civil suisse (autorité parentale) in : FF 2011 8315ss, 8346). L’enfant témoin de 

violences ou de menaces entre ses parents souffre fréquemment de stress, d’angoisse, 

de dépression et peut développer des problèmes d’agressivité (ANDREA BÜCHLER, 

Besuchsrecht und häusliche Gewalt, in : FamPra.ch 2011, p. 525ss, 540 ; 

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KRÜGER/REICHLIN, Kontakt nach häuslicher Gewalt, Leitfaden zur Prüfung und 

Gestaltung des persönlichen Verkehrs für Kinder bei Häuslicher Gewalt, 

<https://csvd.ch/app/uploads/2021/10/21_10_29_skgh_leitfaden_d.pdf>, p.24 ; FELDER/ 

HAUSHEER/AEBI-MÜLLER/DESCH, Gemeinsame elterliche Sorge und Kindeswohl, in : 

ZBJV 2014, p. 892ss, 904, consulté le 9 février 2022). Cependant, même dans les cas 

de violence domestique, le bien de l’enfant ne commande pas systématiquement que 

l’on déroge à la règle de l’autorité parentale conjointe (ANDREA BÜCHLER, Autorité 

parentale, droit de visite et violence domestique, Arrangements des contacts 

parents/enfants en cas de séparation à la suite de violences domestiques, aspects de 

droit civil dans le contexte de l’attribution de l’autorité parentale, 2015, p. 8 

https://www.ebg.admin.ch/ebg/fr/home/documentation/publications-en-general/publications-violence.html, 

consulté le 9 février 2022). Ce qui est déterminant, c’est que la violence ou l’incapacité 

persistante des parents à coopérer ait des conséquences négatives sur l’enfant et que 

le retrait de l’autorité parentale à l’un des parents serve le bien de celui-ci. Le retrait de 

l’autorité parentale présuppose toujours que le bien de l’enfant soit menacé. 

Fréquemment, dans le cas de violences domestiques, il existe entre les parents un 

rapport de force déséquilibré que l’auteur de violence exploite. Il n’est alors pas possible 

pour ces parents de coopérer pour prendre les décisions au sujet de leurs enfants. Il 

peut arriver que l’un des parents utilise l’autorité parentale conjointe uniquement pour 

pouvoir surveiller l’autre parent et exercer un pouvoir sur lui, attitude qui peut relever de 

l’abus de droit (art. 2 al. 2 CC ; BÜCHLER, Autorité parentale, p. 8, ch. 2.3.3).  

Il faut se montrer particulièrement rigoureux dans l'appréciation des circonstances, le 

retrait de l'autorité parentale, qui équivaut à la perte d'un droit élémentaire de la 

personnalité, n'est admissible que si d'autres mesures pour prévenir le danger que court 

l'enfant - à savoir les mesures protectrices (art. 307 CC), la curatelle d'assistance (art. 

308 CC) et le retrait du droit de déterminer le lieu de résidence (art. 310 CC) - se sont 

révélées vaines ou sont d'emblée insuffisantes (arrêt 5A_213/2012 du 19 juin 2012 

consid. 4.1). Le principe de la proportionnalité de l'intervention commande une attention 

particulière (ATF 119 II 9 consid. 4a et les références).  

5.2  Il convient ainsi d’examiner si, en l’espèce, on se trouve dans une des hypothèses 

prévues à l’art. 311 al. 1 ch. 1 CC et si le retrait du droit de déterminer le lieu de résidence 

ou d’autres mesures de protection paraissent insuffisantes (conditions cumulatives). 

En l’occurrence, les enfants ont été régulièrement témoins depuis le début de l’année 

2020 de graves violences exercées par leur père à l’encontre de leur mère sous diverses 

formes (injures, menaces, harcèlement, coups). Ils sont fortement pris à partie dans ce 

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conflit dans lequel le recourant les instrumentalise en leur demandant de surveiller leur 

mère, d’intervenir auprès d’elle en sa faveur, en communiquant à sa fille les documents 

de la procédure et, en la harcelant pour qu’elle lui révèle le lieu de séjour de la famille 

(courriers des 6 et 31 août 2021 de l’OPE).  

Quoi qu’en dise le recourant qui conteste tout acte de violence, celles-ci ressortent de 

nombreux éléments du dossier. Tout d’abord, les discours de la mère et des enfants 

concordent à ce sujet, en particulier à partir du moment où ils se sont trouvés à l’abri 

dans l’hébergement d’urgence et se sont sentis plus libres de parler (courriers des 6 et 

31 août 2021 de l’OPE).  Ils ont rapporté les mêmes évènements devant l’AIPEA, les 

thérapeutes du Centre D _________, la curatrice et les autorités pénales (procès-verbal 

du 30 août 2021, p. 2 in fine). Les symptômes constatés chez la mère et les enfants par 

le psychiatre, la psychologue, la curatrice et l’école sont par ailleurs compatibles avec 

les scènes de violences décrites. Le fait que le recourant n’ait pas hésité le 10 septembre 

2020 à menacer sa femme et à tenter de prélever les plaques de sa voiture en présence 

des policiers atteste de son absence de limites. Tant l’AIPEA que le juge de district, sur 

la base des allégations de violences qu’ils ont jugé crédibles ont successivement 

restreint les relations personnelles et prononcé des mesures d’éloignement. Même si le 

recourant n’a pas contesté ces décisions, il les a ensuite ignorées en voyant 

régulièrement sa femme et ses enfants (dossier AIPEA, p. 160) en dehors du cadre 

surveillé imposé par l’autorité précédente.  Il ne peut pas être suivi lorsqu’il prétend que 

ces rencontres avaient lieu d’un commun accord avec sa femme. Les déclarations de 

celle-ci – qui a expliqué que son mari lui imposait sa présence au moyen d’une arme à 

feu et la terrorisait au point qu’elle n’osait pas appeler la police pour faire respecter les 

mesures d’éloignement – sont corroborées par les explications des enfants sur le 

harcèlement subi par leur mère, les courriels du psychiatre de l’intimée (dossier AIPEA, 

p. 125 et 146) qui rapportent l’état d’épuisement de sa patiente et le comportement de 

l’intimée qui, après avoir trouvé refuge dans un hébergement d’urgence, n’a pas vu 

d’autre issue que de s’enfuir en Suède. Même après avoir été mis à l’abri dans un 

hébergement d’urgence, l’intimée et les enfants ont dû être transférés dans un autre 

centre, le recourant ayant réussi à les localiser après avoir harcelé les enfants pour qu’ils 

lui communiquent leur adresse. Au vu de l’ensemble de ces éléments, les violences 

exercées par le père à l’endroit de l’intimée et sa dangerosité sont établies.  

Ces violences ont d’importantes répercussions sur le bien-être et la santé des enfants 

qui sont pris dans les affrontements auxquels ils assistent - l’aînée étant intervenue 

parfois pour protéger sa mère - et vivent dans l’angoisse permanente pour la sécurité de 

- 12 - 

leur mère. Ils présentent des signes d’anxiété majeurs qui se manifestent par de 

l’hypervigilance, des pleurs fréquents, des attaques de panique, d’importantes difficultés 

scolaires et de l’agressivité. Depuis leur installation dans l’hébergement d’urgence, ils 

ne se rendaient plus à l’école, ce dont ils souffraient. Ils ne souhaitent d’ailleurs pas dans 

l’immédiat revoir leur père sans que la psychologue en charge de leur suivi et la curatrice 

n’aient décelé de manipulation de la mère (note du 23 septembre 2020 de l’entretien 

avec E _________ ; courrier du 17 août 2021 de l’OPE). Par ailleurs, le père n’a pas 

donné suite à l’invitation faite par l’OPE de suivre une thérapie axée sur la problématique 

de la violence (dossier AIPEA, p. 32-33) et rejette toute la responsabilité de la situation 

sur son épouse. Dès lors qu’il n’a respecté ni les mesures d’éloignement et de contact 

qui étaient pourtant assorties de la menace d’amende prévue à l’art. 292 CP, ni le cadre 

surveillé des visites et que la procédure pénale ouverte pour insoumission à une décision 

de l’autorité, menaces, voies de faits et injures ne l’a pas davantage incité à faire preuve 

de retenue, une obligation de soins prononcée sur la base de l’art. 307 CC serait vaine. 

Par ailleurs, il n’y aurait pas de sens à limiter la mesure de protection au retrait du droit 

de déterminer le lieu de résidence qui laisserait subsister un pouvoir conjoint des parents 

de prendre des décisions pour les enfants dans d’autre domaines (scolarité, formation, 

santé, religion). En effet, compte tenu de la distance géographique qui sépare 

actuellement les parents et de l’incapacité du recourant à communiquer et à prendre des 

décisions en se centrant sur l’intérêt de ses enfants, une telle mesure serait vaine. Quant 

à la proposition du recourant qui aurait consisté à autoriser l’intimée à refaire les papiers 

d’identité des enfants et à lui interdire de quitter la Suisse, elle aurait certes empêché le 

départ de l’intimée et des enfants pour la Suède mais, vu les circonstances évoquées 

plus haut, n’aurait pas permis de mettre les enfants à l’abri. Force est ainsi de constater 

que les mesures de protection moins incisives n’ont pas porté leurs fruits ou seraient 

vouées à l’échec, de sorte que les conditions prévues par l’art. 311 al. 1 CC pour le retrait 

de l’autorité parentale sont réunies.  

En conclusion, c’est à bon droit que l’AIPEA a retiré au recourant l’autorité parentale.  

6.  En vertu de l'article 34 al. 1 OPEA, le CPC définit les notions de frais et dépens et 

arrête leur répartition et règlement. Selon l'alinéa 2 de cette disposition, les critères 

permettant de fixer le montant de l'émolument et des dépens en appel sont énoncés 

dans la LTar, à ses articles 18 et 34 notamment. 

6.1 La décision querellée est confirmée. Dans ces circonstances, les frais doivent être 

mis à la charge du recourant qui succombe (art. 106 al. 1 CPC par analogie; cf. ég. art. 

118 LACC).  

- 13 - 

6.2 Au vu de la difficulté ordinaire de la cause, de la situation financière des parties et 

des principes de la couverture des frais et de l’équivalence des prestations (art. 13 LTar), 

l’émolument forfaitaire de décision est arrêté à 600 fr. (art. 18 et 19 LTar). 

6.3 L'intimée au recours obtient gain de cause, en sorte qu'elle peut prétendre à des 

dépens. L’activité de son conseil a, pour l’essentiel, consisté à rédiger une détermination 

sur la requête de restitution d’effet suspensif. Eu égard au temps utilement consacré à 

celle-ci, les dépens de l’intimée, dus par la partie adverse, sont fixés à 900 fr., TVA et 

débours inclus (art. 27, 34 al. 1 et 35 al. 2 let. b LTar). 

 

Prononce 

 

1. Le recours est rejeté dans la mesure de sa recevabilité. En conséquence, la 

décision du 16 septembre 2021 de l’Autorité intercommunale de protection de 

l’enfant et de l’adulte de Martigny est confirmée. 

2. Les frais judiciaires, par 600 fr., sont mis à la charge de X _________. 

3. X _________ versera à Y _________ une indemnité de 900 fr. pour ses dépens en 

procédure de recours. 

Sion, le 14 février 2022