# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 3a046b86-21a1-575e-9085-85f624355928
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2020-05-18
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 18.05.2020 E-3521/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-3521-2017_2020-05-18.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour V 

E-3521/2017 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  1 8  m a i  2 0 2 0   

Composition 
 William Waeber (président du collège),  

Yanick Felley, Barbara Balmelli, juges, 

Jean-Claude Barras, greffier. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

Erythrée,  

représenté par François Miéville, 

Centre Social Protestant (CSP), 

(…),  

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile et renvoi ; 

décision du SEM du 18 mai 2017 / N (…). 

 

 

 

E-3521/2017 

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Faits : 

A.  

Le 21 août 2015, A._______ a demandé l’asile à la Suisse. 

Entendu sur ses données personnelles le 31 août suivant, il a dit être 

érythréen, d’ethnie tigrinya et venir de B._______, un village du nus-zoba 

C._______ dans le zoba D._______. Il y aurait vécu jusqu’à son départ 

avec sa mère et ses (…) frères et sœurs, son père étant établi à 

E._______, en Ethiopie, depuis 18 ans. 

En 2002, à l’âge de (…) ans, il aurait été pris dans une rafle puis transféré 

au camp de Sawa pour y suivre une formation militaire. Six mois plus tard, 

il aurait été rendu à la vie civile, muni d’une attestation, parce qu’il était 

encore mineur et parce que sa famille avait besoin de son soutien. Depuis 

lors, il n’aurait plus jamais été convoqué à l’armée ni eu affaire aux autorités 

militaires. 

En 2010, Il aurait interrompu sa scolarité au terme de la 10ème année. Il 

aurait ensuite rejoint la « F._______ » dont l’acronyme serait 

« G._______ ». Il y aurait eu le statut de cadre, chargé de l’endoctrinement 

des membres de l’organisation. Il y aurait aussi écrit des poèmes. En 2010 

toujours, une commission locale aurait retenu ses poèmes à l’occasion 

d’un concours de poésie, un choix qu’aurait désavoué une autre 

commission, supérieure à la commission locale, qui aurait récompensé un 

autre candidat. Il se serait ensuivi une bisbille qui aurait entraîné la 

démission des membres de la commission locale de leur fonction en même 

temps que le recourant aurait renoncé à ses activités à la « G._______ ». 

L’année suivante, la commission supérieure, malgré son hostilité, l’aurait 

toutefois obligé à poursuivre ses activités au sein de l’organisation. Le 24 

mai 2011, jour de la fête nationale érythréenne, le recourant aurait déclamé 

un poème de sa composition dans lequel la commission supérieure aurait 

vu une critique du régime. Peu après, le chef de la section de la 

« G._______ » du zoba D._______ l’aurait secrètement informé de la 

décision de la commission supérieure de le faire arrêter le 29 octobre 2011.  

Le 25 octobre 2011, il aurait fui en Ethiopie. Après environ quatre années 

au camp d’Adi Arush, il serait parti à Tripoli via Khartoum. Parti de Libye, le 

10 août 2015, il aurait débarqué en Sicile le 13 août suivant. Les autorités 

italiennes, qui ne l’auraient pas enregistré, selon ses dires, l’auraient 

ensuite transféré à Turin d’où il aurait gagné la Suisse via Milan. 

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B.  

Le 1er décembre 2015, le SEM a informé le recourant que la procédure 

Dublin qui avait été initiée était terminée et que sa demande d’asile serait 

examinée en Suisse. 

C.  

A son audition sur ses motifs d'asile, le 26 avril 2017, l'intéressé a précisé 

qu'après avoir été contraint d’interrompre sa scolarité, en 2002, pour suivre 

une formation militaire à Sawa pendant quatre mois, il n’avait repris qu’en 

2005 ses études. En 2010, il aurait interrompu sa scolarité pour se 

consacrer à son activité d’animateur à l’association « G._______ » et 

parce qu’il aurait intégré un groupe musical. Il a ainsi expliqué qu’en 2008, 

à la suite d'une récitation qu'il aurait présentée à l'occasion d'une 

manifestation culturelle dans le nus-zoba C._______, il aurait été retenu 

pour intégrer cette formation du nom de « H._______ » qu’il aurait aussi 

présentée comme association culturelle, dépendante du zoba (D._______) 

et chargée de d'organiser et d’assurer la promotion des festivals de 

musique traditionnelle. Sa tâche, dans cette formation, ne l’aurait occupé 

qu’un mois par année. Elle aurait consisté à rédiger et à corriger des 

récitations présentées lors d’un festival, au mois d’août, à Asmara. Le reste 

de son temps, il l’aurait consacré à l’association « G._______ ». 

En 2010, ses supérieurs l'auraient proposé à une distinction pour ses 

activités dans les « H._______ », mais c'est un candidat d'un autre nus-

zoba qui aurait été distingué. Ses supérieurs ne l’auraient pas accepté et 

auraient tous démissionné. Selon une autre version, délivrée lors de la 

même audition, ils auraient été licenciés. 

L'année suivante, en juillet, l'intéressé se serait trouvé dans le nus-zoba de 

K._______ quand des membres des autorités de cette subdivision 

administrative du zoba D._______ auraient sollicité sa participation aux 

festivités du mois d'aout, à Asmara. Le recourant aurait décliné leur 

proposition, arguant qu’il préférait travailler pour le zoba L._______ et 

percevoir ainsi une rémunération pour aider sa famille. Les représentants 

du nus-zoba de K._______ s'y seraient toutefois opposés et l'auraient 

contraint de représenter leur zoba au festival d’Asmara. Au même moment, 

vraisemblablement, les autorités, qui ignoraient où il se trouvait depuis qu'il 

avait quitté l'école, auraient arrêté sa mère pour lui faire dire où il était. 

Informé de cette arrestation, l'intéressé se serait annoncé aux autorités 

munis de ses papiers et sa mère aurait été relaxée. En 2011 encore, dans 

le cadre de ses activités à l’association « G._______ », il aurait préparé 

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une récitation pour la fête nationale du 24 mai. Son travail aurait déplu aux 

autorités, celles-ci y ayant vu une critique de l'activité gouvernementale 

pendant la disette de 2008.  

Enfin, le 23 octobre 2011, le responsable de l'association « G._______ » 

du zoba D._______ l'aurait appelé à C._______ pour lui dire de ne pas se 

rendre à l'assemblée des membres de l'association le 29 octobre suivant, 

car il aurait été prévu de l'arrêter à ce moment-là. Selon ce responsable, 

les motifs de son arrestation à venir étaient à rechercher dans sa récitation 

du 24 mai précédent, lors de la fête nationale, et dans son refus de 

représenter le nus-zoba K._______ au festival national Expo, à Asmara, 

en aout suivant. 

Le surlendemain, il serait parti à Barentu en voiture, puis en direction de 

Mekuti (May Kuti ?) dans un autre véhicule. Ensuite, il aurait marché 

pendant trois heures jusqu'à May Koka. Arrivé à cet endroit à 10 heures, il 

aurait poursuivi jusqu'à la frontière éthiopienne qu'il aurait franchie vers 22 

heures. 

A l’appui de ses dires, le recourant a fourni un certificat de baptême et deux 

documents, attestant, pour l’un, de la formation militaire qu’il aurait suivie 

à Sawa, en 2002, pour l’autre de sa participation à un cours de formation 

politique (vraisemblablement dans le cadre de l’association 

« G._______ »).  

D.  

Par décision du 18 mai 2017, le SEM a rejeté la demande d’asile de 

A._______ au motif que ses déclarations ne satisfaisaient pas aux 

exigences légales de vraisemblance de l’art. 7 LAsi (RS 142.31). Pour le 

SEM, ni les motifs pour lesquels le recourant aurait été sur le point d’être 

arrêté peu avant son départ d’Erythrée ni sa description, particulièrement 

vague et peu détaillée, des circonstances dans lesquelles il aurait appris 

qu’il allait être arrêté n’étaient convaincants. De même, ses déclarations 

au sujet de l’association « H._______ », de ses activités pour elle et du 

temps qu’il aurait consacré à celles-ci étaient incohérentes. Le SEM a aussi 

considéré que, si les autorités s’étaient défiées du recourant dès 2009, 

comme celui-ci l’a prétendu, elles n’auraient pas attendu cinq mois, depuis 

sa récitation du 24 mai 2011, pour l’arrêter.  

Par ailleurs, le départ illégal de l’intéressé n’était pas de nature à l’exposer 

à des préjudices au sens de l’art. 3 LAsi, dans son pays, vu qu’il ne se 

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trouvait pas de motifs pouvant le faire apparaître comme une personne 

hostile au régime en place à Asmara. 

Le SEM a par ailleurs prononcé le renvoi de Suisse du recourant et 

ordonné l’exécution de cette mesure. Il a considéré que le dossier ne 

révélait pas d’indices concrets dont on pouvait inférer un risque pour 

l’intéressé d’être exposé à des traitements prohibés par l’art. 3 CEDH. Par 

ailleurs, ni la situation actuelle en Erythrée ni aucun autre empêchement 

lié à la personne même du recourant ne s'opposaient à l'exécution de son 

renvoi. Jeune et en bonne santé, celui-ci pouvait compter sur le soutien, 

dans son pays, de sa mère et de ses oncles. Dans ces conditions, la 

mesure précitée était, toujours selon le SEM, licite, raisonnablement 

exigible et possible. 

E.  

Dans son recours interjeté le 21 juin 2017, A._______ objecte que lors de 

ses auditions, il s’est efforcé d’aller à l’essentiel, d’où ses réponses 

concises mais claires. Il relève aussi que l’interprète qui l’assistait avait 

tendance à résumer ses déclarations, parfois longues. Il admet également 

que d’une audition à l’autre, ses déclarations n’ont pas toujours permis de 

distinguer ses activités au sein des « H._______ » de celles qu’il avait au 

« G._______ ». Le procès-verbal de son audition sur ses données 

personnelles comporte ainsi, selon lui, des erreurs en ce qui concerne ses 

motifs d’asile. Pour autant, il estime que si, à son audition principale, le 

SEM avait fait preuve d’un peu de souplesse d’esprit, il aurait compris que, 

quand il parlait des « H._______ » et de ses activités à l’association, il 

pensait en fait à « G._______ » et répondait en conséquence. Quant à ses 

revirements au sujet de l’acronyme « H._______ » et de la durée de sa 

formation militaire, il n’y voit pas de contradictions mais des erreurs 

ponctuelles, éventuellement dues à une incompréhension des questions y 

relatives ou à une traduction incorrecte. Il n’estime pas non plus 

déterminant pour sa crédibilité le moment de son arrestation car, en 

définitive, ce qui compte, selon lui, c’est la cohérence de sa présentation 

des événements qui, à partir de 2009, ont mené à sa fuite. Par ailleurs, s’il 

n’a pas été arrêté sitôt après la récitation de son poème controversé, en 

mai 2011, lors de la fête nationale, c’est parce que les autorités, qui 

reconnaissaient son talent, avaient besoin de lui au festival Expo d’août 

suivant et aussi parce qu’elles auraient mis du temps avant d’estimer qu’il 

était allé trop loin dans ses critiques du régime. Enfin, il relève que 

l’association « G._______ », dont il était un animateur, dépend du 

Ministère de l’éducation. Ceux qui y ont une activité accomplissent ainsi un 

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service civil et leur défection est assimilable à une désertion. Aussi, son 

renvoi en Erythrée l’exposerait immanquablement à de sérieux préjudices. 

Dans son mémoire de recours, l’intéressé relève aussi que, selon le rapport 

médical du 13 juin 2017 annexé à son écrit, il souffre d’un trouble dépressif 

depuis cinq ans environ (épisode actuel moyen, sans symptôme 

somatique). Son médecin, la doctoresse I._______, à J._______, lui a ainsi 

prescrit un traitement antidépresseur et un suivi psychiatrique 

envisageable à long terme à raison d’une séance hebdomadaire, à espacer 

ensuite, une fois son état stabilisé. Aussi, il n’estime pas raisonnablement 

exigible son renvoi de Suisse en l’état. Il observe également que, dans son 

rapport, sa thérapeute met en évidence son récit vague et peu détaillé des 

événements passés de même que des réponses « parfois à côté », soit 

autant de symptômes cognitifs de la dépression pour laquelle il était soigné 

à l’époque. Aussi ces symptômes peuvent, selon lui, expliquer la relative 

imprécision de certaines de ses réponses. 

Enfin, l’intéressé souligne qu’il vit depuis cinq ans avec une compatriote, 

elle aussi requérante d’asile en Suisse. L’autorité avait d’ailleurs admis leur 

relation puisqu’elle les a attribués au même canton où ils logent ensemble. 

Leur relation est ainsi assimilable à un concubinage stable et tombe, en 

conséquence, dans le champ de l’art. 44 LAsi qui proscrit leur séparation 

en vertu du principe de l’unité familiale, à tout le moins jusqu’à droit connu 

sur la demande d’asile de sa compagne. 

F.  

Par décision incidente du 29 juin 2017, le juge instructeur a octroyé 

l’assistance judiciaire totale à l’intéressé et a désigné François Miéville en 

qualité de mandataire d’office de celui-ci. 

G.  

Par ordonnance du 17 janvier 2019, le juge instructeur a invité le SEM à se 

prononcer sur le recours et ses annexes. 

H.  

Par décision du 29 janvier 2019, le SEM a partiellement reconsidéré sa 

décision du 18 mai 2017 et reconnu au recourant la qualité de réfugié en 

application de l’art. 51 al. 1 LAsi (asile familial), vu que sa conjointe avait 

été reconnue comme réfugiée en Suisse. 

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Le SEM a par contre considéré que le recours ne contenait ni argument ni 

moyen de nature à valoir à l’intéressé la reconnaissance de la qualité de 

réfugié et l’octroi de l’asile au sens de l’art. 3 al. 1 et 2 LAsi. 

I.  

Par décision incidente du 30 janvier 2019, le juge instructeur a invité le 

recourant à lui faire savoir, dans un délai échéant au 15 février 2019, s’il 

maintenait son recours en ce qui concernait la reconnaissance de sa 

qualité de réfugié à titre originaire, ajoutant qu'à défaut de réponse dans le 

délai imparti, il serait statué en l'état du dossier. 

Le recourant n’a pas donné suite à l’invite du juge instructeur. 

 

Droit : 

1.  

1.1 Le Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal), en vertu de 

l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 

PA prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. 

En particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile peuvent 

être contestées devant le Tribunal (art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi 

de l'art. 105 LAsi), lequel, sauf l'exception visée à l'art. 83 let. d ch. 1 de la 

loi sur le Tribunal fédéral (LTF, RS 173.110), non réalisée en l'espèce, 

statue définitivement. 

1.2 La présente procédure est soumise à l’ancien droit (cf. dispositions 

transitoires de la modification du 25 septembre 2015, al. 1 LAsi). 

1.3 Le recourant a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA, applicable par 

renvoi de l’art. 37 LTAF). Présenté dans la forme (cf. art. 52 al. 1 PA par 

renvoi de l'art. 6 LAsi) et dans le délai (cf. anc. art. 108 al. 1 LAsi) prescrits  

par la loi, le recours est recevable. 

2.  

2.1 Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans 

le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 

ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion, de 

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leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou de 

leurs opinions politiques. Sont notamment considérées comme de sérieux 

préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou de la 

liberté, de même que les mesures qui entraînent une pression psychique 

insupportable. Il y a lieu de tenir compte des motifs de fuite spécifiques aux 

femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi ; cf. également ATAF 2007/31 consid. 5.2‒

5.6). 

2.2 Quiconque demande l'asile (requérant) doit prouver ou du moins 

rendre vraisemblable qu'il est un réfugié. La qualité de réfugié est 

vraisemblable lorsque l'autorité estime que celle-ci est hautement 

probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur 

des points essentiels, ne sont pas suffisamment fondées, qui sont 

contradictoires, qui ne correspondent pas aux faits ou qui reposent de 

manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 

LAsi). 

3.  

3.1 En l'occurrence, Le Tribunal rejoint le SEM dans son appréciation.  

3.2 Il y a lieu de constater qu’à son audition sur ses données personnelles, 

le recourant a dit de « G._______ » qu’elle était l’association pour laquelle 

ses activités auraient dû lui valoir, en 2010, une distinction qu’il n’aurait 

finalement pas eue. A son audition sur ses motifs d’asile il a par contre 

affirmé qu’il aurait dû être honoré pour son travail avec la formation 

musicale (ou l’association) « H._______ » qu’il n’avait pas mentionnée 

jusques là. 

De même, à son audition initiale, il a déclaré qu’après avoir été privé de la 

distinction espérée en 2010, il avait démissionné de l’association 

« G._______ ». Il aurait toutefois été contraint de la réintégrer l’année 

suivante, sous la pression des autorités qui auraient voulu s’assurer de sa 

collaboration aux festivités de l’indépendance en mai. Enfin, il aurait appris 

plus tard qu’il allait être arrêté pour avoir voulu quitter l’association 

« G._______ » et à cause de la teneur, jugée trop critique aux yeux des 

autorités, des récitations à la rédaction desquelles il aurait collaboré, dans 

le cadre de cette association, à l’occasion des fêtes de l’indépendance. A 

son audition principale, il a par contre laissé entendre qu’il avait seulement 

songé à quitter la formation musicale « H._______ » après avoir été privé 

de la distinction promise. Il a ensuite ajouté qu’en juillet 2011, à K._______, 

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il avait refusé de représenter le nus-zoba K._______ avec la formation 

musicale « H._______ », au festival national Expo d’août suivant, à 

Asmara, préférant y participer pour le zoba L._______. Les autorités du 

nus-zoba K._______ s’y seraient toutefois opposées et l’auraient obligé à 

travailler pour leur nus-zoba. Après cela, le responsable de l’association 

« G._______ » pour le zoba D._______, l’aurait prévenu qu’il serait arrêté 

à l’assemblée générale du 29 octobre 2011 de l’association « G._______ » 

à cause de la récitation, jugée trop critique à l’égard des activités des 

autorités pendant la sécheresse de 2008, qu’il aurait dite, en mai 2011, lors 

des festivités de l’indépendance, à cause aussi de son refus de collaborer 

avec le nus zoba K._______ au festival national Expo. 

Compte tenu de ce qui précède, il s’avère, en définitive, que, d’une audition 

à l’autre, l’intéressé n’a été clair et constant ni sur les événements à 

l’origine de sa fuite ni sur leur chronologie ni, enfin, sur les personnes qui 

y auraient été impliquées avec lui. 

Certes, dans son recours, l’intéressé admet qu’il s’est mépris durant ses 

auditions et qu’à chaque fois qu’il a utilisé, à son audition principale, le 

terme association en parlant de « H._______ », il fallait entendre 

« G._______ ». De fait, l’argument ne convainc pas. En effet, à son 

audition principale, qu’il s’agisse de l’épisode relatif à la distinction dont il 

aurait été (injustement) privé ou de celui concernant l’obligation qui lui 

aurait été faite, en juillet 2011, de travailler pour le nus-zoba K._______ au 

festival national Expo, en août suivant, à Asmara, la représentante du SEM 

s’est avisée, à bon escient, de lui demander de préciser le nom de 

l’association pour laquelle ses activités auraient dû lui valoir une distinction 

et avec qui il aurait dû représenter le nus zoba K._______ au festival 

national Expo d’Asmara, en août 2011, ce à quoi l’intéressé a répondu par 

deux fois « H._______ ». 

Quant aux troubles mnésiques dont le recourant aurait souffert à cause de 

sa dépression et auxquels il impute ses confusions, ils pourraient tout au 

plus justifier ses divergences quant à la durée de sa formation militaire à 

Sawa, en 2002, vu le temps écoulé. Ils n’apparaissent cependant pas 

graves au point de justifier qu’il n’ait pas été en état de parler, dès son 

audition sur ses données personnelles, de son engagement dans la 

formation musicale « H._______ » et qu’il ait ensuite systématiquement 

confondu cette formation avec l’association « G._______ ». Cette 

confusion révèle plutôt une maîtrise imparfaite d’un récit d’événements que 

le recourant n’a pas vécu. Il ne paraît pas non plus logique que les autorités 

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l’aient promu formateur à l’association « G._______ » en 2009, soit l’année 

même où elles auraient commencé à se défier de lui. Dans ces conditions, 

ses déclarations n’autorisent pas à croire qu’il était persécuté à son départ 

d’Erythrée.  

3.3 Il s'ensuit que le recours, en tant qu'il conteste le refus de l'asile, à titre 

primaire, doit être rejeté. 

3.4 Par décision du SEM du 29 janvier 2019, A._______ s’est toutefois vu 

reconnaître la qualité de réfugié à titre dérivé (cf. art. 51 al. 1 LAsi) et l’asile 

lui a été accordé. Il a donc droit à une autorisation de séjour en Suisse (cf. 

art. 60 LAsi). Partant, la question du renvoi et de son exécution ne se pose 

donc plus dans son cas (cf. art. 32 al. 1 let. a de l'ordonnance 1 du 11 août 

1999 sur l'asile relative à la procédure (OA 1, RS 142.311). 

4.  

4.1 Le recourant ayant succombé dans ses conclusions résiduelles en 

matière d'asile, des frais de procédure réduits devraient être mis à sa 

charge conformément à l’art. 63 al. 1 et 5 PA et aux art. 2 et art. 3 let. b du 

règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités 

fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]). 

Toutefois, sa demande d’assistance judicaire a été admise. Dès lors, il n'est 

pas perçu de frais. 

4.2 Dans la mesure où le SEM a reconsidéré la décision attaquée dans un 

sens favorable au recourant en matière d’asile et de renvoi, celui-ci peut 

prétendre à l'allocation de dépens, réduits en proportion (art. 64 al. 1 PA 

et 7 al. 1 et 2 FITAF), compte tenu du rejet recours sur la question de l’asile 

à titre originaire. 

En l'espèce, sur la base du décompte de prestation annexé au recours, il 

se justifie d’octroyer au recourant un montant de 1’225 francs (TVA 

comprise) pour l'activité indispensable déployée par son mandataire. 

4.3 Au titre de sa défense d'office, en ce qui concerne la question de l'asile 

à titre originaire, le précité se voit allouer, toujours sur la base de son 

décompte de prestation, la somme de 465 francs, tous frais compris.  

 

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Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté en ce qui concerne la reconnaissance de la qualité 

de réfugié et l’octroi de l’asile à titre originaire. 

2.  

Le recours est sans objet en tant qu’il porte sur les questions du renvoi 

dans son principe et de l’exécution de cette mesure. 

3.  

Il n’est pas perçu de frais de procédure. 

4.  

Le SEM versera un montant de 1’225 francs au recourant à titre de dépens. 

5.  

Le Tribunal versera au mandataire du recourant le montant de 465 francs 

au titre de sa défense d'office. 

6.  

Le présent arrêt est adressé au mandataire du recourant, au SEM et à 

l'autorité cantonale. 

 

Le président du collège : Le greffier : 

  

William Waeber Jean-Claude Barras