# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 03ddfc76-2f24-5dfd-8c88-9e641f259c33
**Source:** Valais/Wallis (VS)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-11-02
**Language:** fr
**Title:** Wallis Sonstiges Gericht Sonstige Kammer 02.11.2022 A1 22 58
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VS_Gerichte/VS_BZG_999_A1-22-58_2022-11-02.pdf

## Full Text

A1 22 58 

 

Tribunal cantonal 

Cour de droit public 

 

ARRÊT DU 2 NOVEMBRE 2022 

rendu par 

 

Le soussigné, statuant ce jour en qualité de juge unique au Palais de justice (article 26 

LACP), à Sion; 

 

en la cause 

 

X _________, recourant,  

contre 

 

SERVICE DE L’APPLICATION DES PEINES ET MESURES, autorité attaquée  

 

 

(sanction disciplinaire) 

recours de droit administratif contre la décision du 25 février 2022 

 

  

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Faits 

 

A. X _________, né le 2 juillet 1996, a subi différentes sanctions (les 23 janvier 2019 

[Office des juges d’application des peines, Lausanne], 1er janvier 2020 [Tribunal de police 

de Monthey], 1er janvier 2021 [Tribunal de police de Collombey] et 8 juin 2021 [Tribunal du 

IIIème arrondissement pour le district de Monthey]). Ce dernier jugement l’a condamné à une 

peine privative de liberté de 12 mois pour violation grave de la LStup.  

X _________ a été incarcéré dans un premier temps à la Prison de Sion, puis transféré, 

dans un second temps, le 6 janvier 2022, à l’Etablissement pénitentiaire de Crêtelongue 

(EPCL), à Granges, où il occupait la cellule n° 12. 

Le 24 février 2022, peu avant midi, A _________, également détenu dans le même bâtiment 

cellulaire principal secteur A, a demandé aux agents de détention présents de consulter les 

caméras de surveillance car il avait été agressé par X _________. Le ton est alors monté 

dans ce secteur et les agents de détention ont fait appel au Chef de secteur « sécurité » afin 

de séparer les différents intervenants. Ce dernier s’est ensuite entretenu avec A _________ 

et il s’est par la suite rendu, une fois la situation apaisée, à la centrale de l’établissement 

pour voir les images tirées des caméras de surveillance situées dans le couloir menant aux 

différentes cellules nos 9 à 18. Sur ces images, enregistrées sur une clé USB portant la 

référence « EPCL/A1 22 58 24.02.2022 » figurant dans le dossier du Service de l’application 

des peines, l’on y voit, pour la séquence prise entre 11h :34mn :28s et 11h :34mn :50s, une 

légère altercation physique, s’apparentant à une bousculade réciproque, née suite à une 

discussion animée, entre les détenus X _________ et A _________, avant que les 

intéressés entrent dans la cellule de A _________ (soit la n° 14), dont l’intérieur est, ce qui 

est normal, hors du champ de vision d’une quelconque caméra. 

Selon le rapport établi le 5 avril 2022 par la responsable de l’EPCL, les versions des deux 

protagonistes divergeaient mais, sur la base des images vidéos (montrant les deux hommes 

avoir une discussion animée, puis se bousculer tous deux en se poussant mutuellement sur 

la poitrine et les épaules, sans échanges de coups) et de l’avis des agents B _________ et 

C _________, tous deux ont été sanctionnés (par prononcé du 25 février 2022) d’une 

amende de 100 fr. pour violation de l’article 54 al. 1 let. g de l’ordonnance sur les droits et 

les devoirs de la personne détenue du 18 décembre 2013 (ODDD ; RS/VS 340.100). Il est 

également ressorti de l’enquête menée par l’EPCL qu’un conflit existait entre eux avant cet 

événement et que deux semaines plus tard, X _________, qui n’a jamais avoué avoir 

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bousculé A _________, sera impliqué dans deux bagarres successives (soit les 7 et 28 mars 

2022) avec un autre détenu. 

Lors de son audition, le 24 février 2022, X _________ a exposé que A _________ « tapait 

dans mon mur depuis une semaine et demie à partir de 22h sous prétexte que je fais trop 

de bruit avec mes collègues ». Le 24 février vers 11h40, l’ayant croisé dans le couloir, il avait 

donc tenté de s’expliquer avec lui. Il a ajouté : « On s’est énervés et il m’a proposé d’aller 

dans sa cellule et on a seulement discuté. Je reconnais qu’on a un peu haussé le ton. Il n’y 

a pas eu de coup donné d’un côté ou de l’autre ni dans le corridor ni dans la cellule ». Pour 

sa part, A _________ a notamment dit : « on s’est poussés » dans le couloir. D’après lui, ils 

se seraient par la suite battus dans sa cellule. 

B. Le 26 février 2022, X _________ a formé auprès du Tribunal cantonal un recours de 

droit administratif contre le prononcé du 25 février 2022, concluant implicitement à son 

annulation. Il a, en substance, allégué que « nous avons simplement débattus verbalement 

sans insultes, ni coup », estimant de surcroît que « la sanction est totalement démesurée ». 

Il a précisé que des différends étaient nés entre eux depuis quelques semaines pour des 

motifs liés au racisme (dont serait victime, selon lui, A _________) et au bruit (à cause de la 

télévision) le soir, leurs cellules étant côte à côte, et que seul A _________ s’en plaignait 

« sur les 18 autres détenus présents dans le secteur ». 

Dans sa détermination du 6 avril 2022, le SAPEM a proposé le rejet du recours sous suite 

de frais. Il a d’abord relevé que le visionnage des caméras vidéos avait clairement établi 

qu’une altercation physique avait eu lieu entre X _________ et A _________, ces deux 

personnes s’étant bousculées, altercation physique qui avait troublé l’ordre et la sécurité de 

l’établissement. Le SAPEM a ensuite considéré que le montant de 100 fr. fixé pour 

sanctionner la faute de X _________ était proportionné. 

Par ordonnance du 8 avril 2022, le juge de céans a fixé à X _________ un délai pour 

formuler d’éventuelles remarques complémentaires. Cette ordonnance est restée lettre 

morte. 

 
Considérant en droit 

 

1.1. Sans - loin s’en faut - vouloir faire preuve de trop de formalisme, notamment quant 

aux exigences à remplir en matière de motivation, le juge de céans admet la recevabilité 

du recours du 26 juin 2022, déposé en temps utile (art. 72, 78 let. a, 80 al. 1 let. b-c, 46 et 

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48 LPJA ; art. 26 al. 3 de la loi d’application du code pénal du 12 mai 2016 [LACP ; 

RS/VS 311.1] et 58 al. 5 ODDD) sans l’aide d’un homme de loi, avec néanmoins la 

réserve qui va suivre. 

1.2. La question de savoir si le recourant dispose toujours d’un intérêt actuel (cf. art. 44 

al. 1 LPJA) à recourir est fortement douteuse, car selon la fiche d’exécution figurant au 

dossier, la date de sortie de prison prévue était le 22.07.2022 et que l’intéressé ne doit 

pas exécuter d’autres peines. L’on ne se trouve donc pas dans l’hypothèse où l’arrêt à 

rendre peut influencer d’éventuelles sanctions ultérieures dans le cadre d’autres 

détentions déjà prévues (pour des exemples, voir ACDP A1 15 5 du 20 février 2015 p. 3 

et A1 14 82 du 17 avril 2014 p. 3). Néanmoins, supposé recevable, le recours devrait 

être rejeté pour les raisons qui vont suivre. 

2. Dans un premier grief, le recourant invoque implicitement une violation de l’article 

78 al. 1 let. a LPJA. Selon lui, aucun coup n’a été échangé et « nous avons simplement 

débattus verbalement ». 

Le recourant se méprend sur la portée de la décision/sanction du 25 février 2022 puisque 

cette dernière n’a fait qu’énoncer « une altercation avec un co-détenu » sans jamais 

mentionner l’existence de coups. Le rapport/prise de position du 5 avril 2022 répète 

d’ailleurs qu’avait eu lieu un « contact physique », sans parler de coups. Ces faits sont 

établis de manière irréfutable par le visionnage de la clé USB sur laquelle le juge de 

céans a également pu voir, comme l’instance précédente, que le 24 février 2022 entre 

11h 34mn 28s et 50s, le recourant et A _________, très énervés et se sont 

réciproquement bousculés, chacun d’eux poussant l’autre en apposant ses mains sur sa 

poitrine et ses épaules.  

Mal fondé, le grief est donc rejeté. 

3. Le recourant semble ensuite invoquer une violation du droit. De son point de vue, 

aucune sanction ne se justifiait puisque « Je n’ai absolument rien fait ». 

Il faut d’emblée relever que cette assertion est fausse car, on l’a vu plus haut, il y a eu 

altercation physique entre le recourant et A _________. Il convient maintenant 

d’analyser l’incidence de ces faits sous l’angle juridique. 

3.1. L’article 52 ODDD prévoit que l’ordre et la discipline doivent être maintenus dans 

l’intérêt de la sécurité, d’une vie communautaire bien organisée et des objectifs 

poursuivis dans l’établissement. 

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L’article 54 al. 1 let. g ODDD stipule que constituent une infraction disciplinaire les actes 

de violence contre un codétenu ou le personnel et tout autre acte tombant sous le coup 

de la loi pénale. Ce texte est intégralement repris à l’article 26 al. 1 du Règlement de 

l’Etablissement pénitentiaire de Crêtelongue « Secteur Exécution », entré en vigueur le 

1er janvier 2019 (ci-après : le Règlement Crêtelongue).  

Selon la jurisprudence (cf. ACDP A1 15 5 précité p. 3), le fait d’avoir une altercation 

verbale et physique est contraire au comportement qu’un établissement pénitentiaire est 

en droit d’attendre de ses pensionnaires. 

3.2. En l’occurrence, il ressort des faits établis que le recourant, énervé par une discussion 

animée avec A _________ dans le couloir conduisant aux cellules, l’a volontairement 

bousculé en appuyant, d’une manière assez intense, avec ses mains sur sa poitrine et ses 

épaules. Une telle altercation physique, certes relativement légère, est néanmoins déjà 

constitutive d’un « acte de violence » au sens de l’article 54 al. 1 let. g ODDD. En effet, si 

l’ODDD ne définit pas cette notion d’« acte de violence », on peut l’interpréter en s’inspirant 

des définitions données par le droit pénal. Or, une forte bourrade avec les mains est une 

voie de fait au sens de l’article 126 al. 1 du code pénal suisse du 21 décembre 1937 (CP; 

RS 311.0) (arrêt du Tribunal fédéral 6B_386/2019 du 25 septembre 2019 consid. 2.1 ; 

Dupuis/Moreillon/Piguet/Berger/Mazou/Rodigari, Code pénal, 2ème éd. 2017, n. 5 ad art. 126 

CP), car elle une atteinte physique qui excède ce qui est socialement toléré et qui ne cause 

ni lésion corporelle ni dommage à la santé, voire même aucune douleur physique (ATF 134 

IV 189 consid. 1.2), et la violence est définie en droit pénal comme une action physique 

d’une certaine intensité (Trechsel/Pierth [Hrsg.], Schweizerisches Strafgesetzbuch, 

Praxiskommentar, 4ème éd. 2021, n. 3 ad art. 285 CP). Par conséquent, l’autorité de 

première instance n’a pas violé le droit en considérant que le recourant avait violé les 

articles 52, 54 al. 1 let. g ODDD et 26 du Règlement Crêtelongue. 

Partant, mal fondé, le grief est rejeté. 

4. Dans une dernière critique, le recourant juge la sanction infligée (100 fr. d’amende) 

disproportionnée. 

4.1. L’exercice du pouvoir disciplinaire, notamment pour ce qui est du choix des mesures 

ou sanctions, est effectivement subordonné au respect de principe de proportionnalité 

qui régit les modalités de la détention (Dominique Favre in Commentaire romand, Code 

pénal I, 2ème éd. 2021, n. 5 ad 91 CP). Une amende disciplinaire (cf. art. 91 al. 1 let. c CP) 

se justifie en particulier lorsqu’il s’agit de restaurer l’ordre dans un établissement 

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(Dominique Favre, op. cit., n. 49 ad art. 91 CP). En Valais, la loi ne prévoit pas un seuil 

minimal, mais par contre un seuil maximal de 1000 fr. (cf. art. 55 al. 1 let. c ODDD). 

L’article 55 al. 4 ODDD prévoit que la sanction disciplinaire tient compte de la nature et de 

la gravité de l’infraction, de la culpabilité de son auteur ainsi que de ses antécédents 

disciplinaires et de sa situation personnelle. 

4.2. En l’occurrence, une altercation physique a eu lieu entre le recourant et un autre 

détenu. Lors de cette altercation, qui ne s’est pas limitée à des mots, contrairement à ce 

que soutient le recourant, ce dernier a fortement appuyé, à plusieurs reprises, ses mains 

sur la poitrine et les épaules de l’autre belligérant. Une telle attitude, qui ne saurait être 

minimisée car elle était assimilable à un début de bagarre, a troublé l’ordre et la sécurité 

de l’établissement pénitentiaire car elle a d’abord nécessité l’intervention de deux agents 

de détention (MM. B _________ et C _________) et du Chef de secteur « sécurité », 

puis a nécessité l’intervention d’agents de détention au réfectoire pour contenir plusieurs 

détenus, échaudés par l’altercation survenue auparavant entre le recourant et  

A _________, dont il faut relever qu’ils ne s’étaient pas contentés, dans le couloir, de se 

provoquer et de se bousculer, mais qu’ils se sont apparemment ensuite, dans la cellule 

de A _________, battus. Il faut, de plus, relever que l’attitude procédurale du recourant 

n’a de loin pas été exemplaire puisqu’il a toujours nié avoir bousculé A _________ alors 

que les images vidéos démontrent clairement le contraire. Sur le vu de ces différentes 

considérations, la quotité (100 fr.) de l’amende était parfaitement adéquate pour 

sanctionner le comportement du recourant. 

Mal fondé, le grief est rejeté. 

5. En définitive, le recours du 26 février 2022, supposé recevable, aurait dû être rejeté 

(art. 80 al. 1 lit. e et 60 al. 1 LPJA) et la décision (sanction disciplinaire) du 25 février 

2022 intégralement maintenue. 

6.  X _________ paiera un émolument de justice fixé, pour tenir compte, en particulier, 

des principes de la couverture des frais et de l’équivalence des prestations, à 300 fr., 

débours inclus (art. 89 al. 1 LPJA ; art. 3 al. 3, 11, 13 al. 1, 25 de la loi du 11 février 2009 

fixant le tarif des frais et dépens devant les autorités judiciaires ou administratives – 

LTar ; RS/VS 173.8).  

 

  

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Par ces motifs, le Tribunal cantonal prononce : 

 

1. Le recours est rejeté dans la mesure de sa recevabilité. 

2. Les frais, par 300 fr., sont mis à la charge d’X _________. 

3. Il n'est pas alloué de dépens. 

4. Le présent arrêt est communiqué à X _________, et au Chef de Service du SAPEM, 

à Sion. 

 
Sion, le 2 novembre 2022