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**Case Identifier:** 04c007e4-3247-5189-bd7c-79e08e15aa4f
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2019 / 142
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2019---142_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC18.051054-190764

172 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
24 juillet 2019

__________________

Composition
:              Mme             
Byrde,
présidente

             
              M.             
Hack et Mme Rouleau, juges

Greffier
              :             
M.              Elsig

 

 

*****

 

 

Art.
82 al. 1 et 2 LP

 

 

             
La Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal, statuant à huis clos en sa qualité
d'autorité de recours en matière sommaire de poursuites, s'occupe du recours exercé par
Z.________
Sàrl, à [...], contre le prononcé
rendu le 19 février 2019, à la suite de l’audience du 25 janvier 2019, par le Juge de
paix des districts du Jura-Nord vaudois et du Gros-de-Vaud, dans la cause opposant la recourante à
A.________
Sàrl, à [...].

 

             
Vu les pièces au dossier, la cour considère :

 

 

             
En fait :

 

 

1.             
Le 6 novembre 2018, à la réquisition d’A.________ Sàrl, l’Office des poursuites
du district du Jura-Nord vaudois a notifié à Z.________ Sàrl, dans la poursuite n°
8'928'696, un commandement de payer les sommes de 1) 1'279 fr. 50 avec intérêt à 5 % l’an
dès le 15 janvier 2018, de 2) 400 fr. sans intérêt et de 3) 50 fr. sans intérêt,
indiquant comme titre de la créance ou cause de l’obligation :

 

« 1.
Contrat de télésurveillance n° [...] pour la période du 15.12.2017 au 14.12.2018

             
2. Frais de démontage

             
3. Frais administratifs selon conditions générales ».

 

             
La poursuivie a formé opposition totale.

 

 

2.             
a) Par acte du 16 novembre 2018, la poursuivante
a requis du Juge de paix des districts du Jura-Nord vaudois et du Gros-de-Vaud qu’il prononce la
mainlevée provisoire de l’opposition à concurrence des montants en poursuite, en capital
et intérêt. A l’appui de sa requête, elle a produit, outre le commandement de payer
susmentionné, les pièces suivantes :

 

-
une copie d’un contrat principal de leasing n° [...], signé le 14 décembre 2012
par la poursuivante en tant que crédit-bailleur et la poursuivie en tant preneur de leasing, portant
sur du matériel de surveillance pour un montant mensuel de 99 fr. hors taxes, comprenant l’entretien
et un abonnement de télésurveillance, sur une durée de quarante-huit mois. Les conditions
générales de leasing, incorporées dans le contrat prévoient à leurs chiffre
5 et 6 ce qui suit :

 

« ARTICLE
5 – DUREE DU CONTRAT

             
Sauf résiliation prévue à l’art. 6, le présent contrat est conclu pour la durée
indiquée dans les conditions de leasing. Il se renouvellera par tacite reconduction pour des périodes
d’un an successives, à moins d’avoir été dénoncé par l’une
ou l’autre des parties, par courrier recommandé, trois mois avant l’expiration de chaque
terme. La durée fixée est irrévocable et les obligations qui sont définies sont indivisibles.

 

             
ARTICLE 6 – RESILATION
DU CONTRAT DE LEASING

             
A) Pour défaut de respect dudit contrat

             
1- Si le preneur de leasing ne remplit pas ses
obligations contractuelles, en particulier s’il est en retard quant au paiement d’une redevance
de leasing et qu’il ne s’exécute pas malgré une notification comportant la menace
de recours après huit jours aux dispositions contractuelles applicable en cas de demeure (…),
le crédit-bailleur peut, en application des choix stipulés par l’article 107 CO, Soit :

             
Après mise en demeure, le crédit-bailleur conserve le droit de résilier le contrat même
si le preneur de leasing a proposé le paiement ou l’exécution de ses obligations ou même
s’il y a procédé après le délai fixé, mais il peut y renoncer.

             
(…)

             
Outre la restitution du matériel, le preneur de leasing devra verser au crédit-bailleur une
pénalité de 10 % ainsi qu’une somme égale à la totalité des redevances
restant à courir jusqu’au terme du contrat tel que prévu à l’origine majorée
d’une pénalité de 10 % (sans préjudice de tous les dommages et intérêts
qu’il pourrait devoir).

             
(…) ;

 

-
une copie d’un contrat annexe au contrat principal n° [...] d’abonnement de télésurveillance
et d’entretien, signé le 14 janvier 2012 par la poursuivante et la poursuivie en tant qu’abonné
portant sur la surveillance de divers locaux pour une redevance de télésurveillance et d’entretien
du matériel de 99 fr. par mois, plus 7 francs 90 de TVA à 8 % pour une durée de quarante-huit
mois. L’art. 10 du contrat prévoit ce qui suit :

 

« ARTICLE
10 – DUREE DU CONTRAT – RENOUVELLEMENT

             
Le présent contrat est conclu pour la durée
stipulée au recto du présent contrat. Cette durée est irrévocable et indivisible.

             
A défaut de notification, 3 mois avant son terme, d’une résiliation notifiée par
A.________ Sàrl ou l’abonné par lettre recommandée avec avis de réception,
il se poursuivra par tacite reconduction pour des périodes successives d’un an, sauf résiliation
par l’une ou l’autre des parties signifiée dans les formes et délais précités. »

 

-
une copie d’un courrier de la poursuivante à la poursuivie du 6 février 2018 constatant
que les mensualités échues du 15 décembre 2017 au 14 février 2018, par 213 fr. 50
demeuraient impayées, et lui impartissant un délai échéant le 20 février 2018
pour régler cet arriéré, faute de quoi une poursuite serait introduite ;

 

-
une copie d’un courrier de la poursuivante à la poursuivie du 6 mars 2018 constatant que les
mensualités échues du 15 décembre 2017 au 14 mars 2018, par 320 fr. 10 demeuraient impayées,
et lui impartissant un délai échéant le 19 mars 2018 pour régler cet arriéré,
faute de quoi une poursuite serait introduite ;

 

-
une copie d’un courrier de la poursuivante à la poursuivie du 31 mai 2018 constatant que l’arriéré
de mensualités pour la période courant du 15 décembre 2017 au 14 juin 2018, par 639 fr.
60, n’avait pas été acquitté, résiliant avec effet immédiat le contrat
conformément à ses conditions générales et la mettant en demeure, conformément
à l’art. 10 desdites conditions générales, de s’acquitter, dans les dix jours
faute de quoi une poursuite serait introduite, de la somme de 1'729 fr. 20, correspondant aux mensualités
impayées, par 639 fr. 60, à celles à devoir jusqu’à l’échéance
du contrat, par 639 fr. 60, à un acompte sur les frais de démontage, par 400 fr., et à
des frais administratifs selon ses conditions générales, par 50 francs ;

 

-
une copie de la réquisition de poursuite du 1er
novembre 2018.

 

             
b) Par
courrier du 27 novembre 2018, le juge de paix a notifié la requête à la poursuivie et
a cité les parties à comparaître à l’audience du 25 janvier 2019.

 

             
Les parties se sont présentées à l’audience du 25 janvier 2019. La poursuivante
a produit les originaux de neuf fiches d’intervention technique pour la période courant du
16 août 2012 au 18 mars 2017.

 

 

3.             
Par prononcé non motivé du 19 février
2019, notifié à la poursuivie le lendemain, le Juge de paix des districts du Jura-Nord vaudois
et du Gros-de-Vaud a prononcé la mainlevée provisoire de l’opposition à concurrence
de 1'279 fr. 20 avec intérêt à 5 % l’an dès le 15 juin 2018 (I), a fixé
les frais judiciaires à 150 fr. (II), les a mis à la charge de la poursuivie (III) et a dit
qu’en conséquence celle-ci rembourserait à la poursuivante son avance de frais, par 150
fr., sans allocation de dépens pour le surplus (IV).

 

             
Le 26 février 2019, la poursuivie a recouru contre ce prononcé.

 

             
Les motifs du prononcé ont été adressés aux parties le 9 mai 2019 et notifiés
à la poursuivie le lendemain. En substance, le premier juge a considéré que la poursuivante
était au bénéfice d’un titre à la mainlevée provisoire pour douze mensualités
de 106 fr. 60, TVA à 7.7 % comprise, et a rejeté l’argumentation de la poursuivie tirée
de la compensation des mensualités de 2018 par celles versées en 2017 malgré les nombreux
dysfonctionnements de l’installation, pour le motif que la poursuivie n’avait produit aucune
pièce à l’appui de cet argument ni lettre de résiliation de sa part.

 

 

4.             
Par acte du 14 mai 2019, la poursuivie a recouru
contre ce prononcé en concluant à l’annulation de la dette de 1'279 fr. 20. Elle a produit
un lot de pièces.

 

             
L’intimée n’a pas été invitée à se déterminer.

 

 

 

             
En droit
:

 

 

I.             
La recours, valant demande de motivation, et le
recours ont été déposés dans les délais de dix jours des art. 239 al. 2 et 321
al. 2 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS 272). Motivé conformément
à l’art. 321 al. 1 CPC, le recours est recevable.

 

             
Les pièces produites avec le recours figurent déjà au dossier de première instance.
Elles sont en conséquence recevables.

 

 

II.             
a) En vertu de l'art. 82 LP (loi fédérale
du 11 avril 1889 sur la poursuite pour dettes et la faillite ; RS 281.1), le créancier dont
la poursuite se fonde sur une reconnaissance de dette constatée par acte authentique ou sous seing
privé peut requérir la mainlevée provisoire (al. 1); le juge la prononce si le débiteur
ne rend pas immédiatement vraisemblable sa libération (al. 2).

 

             
aa)
La procédure de mainlevée provisoire, ou définitive, est une procédure sur pièces
(Urkundenprozess), dont le but n'est pas de constater la réalité de la créance en poursuite,
mais l'existence d'un titre exécutoire. Le juge de la mainlevée examine uniquement la force
probante du titre produit par le poursuivant, sa nature formelle, et lui attribue force exécutoire
si le poursuivi ne rend pas immédiatement vraisemblables ses moyens libératoires (ATF 142 III
720 consid. 4.1 ; ATF 132 III 140 consid. 4.1.1 et les arrêts cités). Il doit notamment vérifier
d'office l'existence d'une reconnaissance de dette, l'identité entre le poursuivant et le créancier
désigné dans ce titre, l'identité entre le poursuivi et le débiteur désigné
et l'identité entre la prétention déduite en poursuite et la dette reconnue (ATF 142 III
720, consid. 4.1 ; ATF 139 III 444 consid. 4.1.1 et les références ; Veuillet, in Abbet/Veuillet
(éd.), La mainlevée de l’opposition, nn. 32 et 92 ad 82 LP). 

 

             
bb)
Constitue une reconnaissance de dette au sens de l'art. 82 al. 1 LP l'acte sous seing privé, signé
par le poursuivi ou son représentant, d'où ressort sa volonté de payer au poursuivant,
sans réserve ni condition, une somme d'argent déterminée, ou aisément déterminable,
et échue (ATF 145 III 20 consid. 4.1.1 ; ATF 139 III 297 consid. 2.3.1 ; ATF 136 III 624 consid.
4.2.2 ; ATF 136 III 627 consid. 2 et la jurisprudence citée). Il appartient ainsi au poursuivant
d’établir que la créance est exigible au moment de l’introduction de la poursuite
(art. 38 al. 2 LP ; ATF 140 III 456 consid. 2.4), soit au plus tard lors de la notification du commandement
de payer (TF 5A_785/2006 du 2 février 2017 consid. 3.2.2 ; TF 5A_954/2015 du 22 mars 2016
consid. 3.1 ; Veuillet, op. cit., n. 95 ad art. 82 LP).

 

             
Un contrat écrit justifie en principe la mainlevée provisoire de l'opposition pour la somme
d'argent incombant au poursuivi lorsque les conditions d'exigibilité de la dette sont établies
(ATF 145 III 20 consid. 4.1.1 ; TF 5A_465/2014 du 20 août 2014 consid. 7.2.1.2) et, en particulier
dans les contrats bilatéraux, lorsque le poursuivant prouve avoir exécuté les prestations
dont dépend l'exigibilité (ATF 145 III 20 précité ; TF 5A_367/2007 du 15 octobre
2007 consid. 3.1 et les références). Un contrat bilatéral ne vaut ainsi reconnaissance
de dette que si le poursuivant a rempli ou garanti les obligations légales ou contractuelles exigibles
avant le paiement dont il requiert le recouvrement, ou au moment de ce paiement (ATF 145 III 20 précité
et référence), c'est-à-dire s'il a exécuté ou offert d'exécuter sa propre
prestation en rapport d'échange (cf. ATF 116 III 72; cf. arrêt 5A_326/2011 du 6 septembre 2011
consid. 3.3 [prêt]; CPF, 24 octobre 2001/533 [contrat d'entreprise]).

 

             
b) En
l’espèce, l’intimée a produit deux contrats (l’un de leasing, l’autre
d’abonnement de télésurveillance et d’entretien) signés par la recourante
le 14 décembre 2012 prévoyant une rémunération de l’intimée de 99
fr. par mois, TVA à 8 % par 7 fr. 90 en sus. Ces documents constituent un titre à la mainlevée
provisoire au sens de l’art. 82 LP dès lors que les fiches d’intervention produites
établissent que le matériel a été livré et la surveillance exercée. L’intimée
a en outre produit des courriers constatant un défaut de paiement par la recourante des mensualités
courant du mois de décembre 2017 au mois de juin 2018 et un courrier déclarant résilier
les contrat pour ce motif. Le chiffre 6 des conditions générales du contrat de leasing prévoient
en cas de résiliation du contrat pour défaut de paiement que les mensualités courant jusqu’à
la prochaine échéance du contrat sont dues. C’est donc à juste titre que la mainlevée
provisoire a été prononcée à concurrence de douze mensualités de 106 fr. 60
chacune, la TVA étant de 7,7 % durant la période en cause.

 

 

III.             
a) Selon l’art. 82 al. 2 LP, le juge prononce
la mainlevée provisoire si le débiteur ne rend pas immédiatement vraisemblable sa libération.

 

             
Le poursuivi peut se prévaloir de tous les moyens de droit civil – exceptions ou objections
– qui infirment la reconnaissance de dette (ATF 145 III 20 consid. 4.1.2 ; ATF 131 III 268
consid. 3.2). Il n'a pas à apporter la preuve absolue (ou stricte) de ses moyens libératoires,
mais seulement à les rendre vraisemblables, en principe par titre (art. 254 al. 1 CPC ;
ATF 145 III 20 précité ; ATF 142 III 720 consid. 4.1 et les réf. citées). Le
juge n'a pas à être persuadé de l'existence des faits allégués ; il doit,
en se fondant sur des éléments objectifs, avoir l'impression qu'ils se sont produits, sans
exclure pour autant la possibilité qu'ils se soient déroulés autrement (ATF 142 III 720
consid. 4.1; ATF 132 III 140 consid. 4.1.2).

 

             
b) En
l’espèce, la recourante fait valoir que le système d’alarme et de surveillance
en cause était gravement défectueux depuis le mois de mars 2017, l’alarme se déclenchant
à chaque passage du personnel de nettoyage de nuit, que ses démarches en vue d’obtenir
un relevé des interventions résultant de ce défaut sont demeurées sans réponse,
que l’alarme a été débranchée au mois d’août 2017 et qu’au
mois de septembre 2017 un accord a été passé par téléphone avec l’intimée
selon lequel la résiliation du contrat de leasing prendrait effet à fin décembre 2017.

 

             
Toutefois, la recourante n’a produit en première instance, aucune pièce à l’appui
de ces allégations, alors que la jurisprudence prescrit que les moyens libératoires du débiteur
doivent être rendus vraisemblable par titres. C’est dès lors à juste titre que le
premier juge a considéré que la recourante avait échoué à rendre vraisemblable
ses moyens libératoires.

 

 

IV.             
En conclusion, le recours manifestement mal fondé,
doit être rejeté et le prononcé confirmé.

 

             
Vu le rejet du recours, les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 270
fr., doivent être mis à la charge de la recourante (art. 106 al. 1 CPC).

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
Le prononcé est confirmé.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 270 fr. (deux cent septante
francs), sont mis à la charge de la recourante Z.________ Sàrl.

 

             
IV.             
L'arrêt est exécutoire.

 

La
présidente :               Le greffier
:

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Z.________ Sàrl,

‑             
A.________ Sàrl.

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 1'279 fr. 20.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés
devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification
(art. 100  al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
Mme le Juge de paix des districts du Jura-Nord vaudois et du Gros-de-Vaud.

 

             
Le greffier :