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**Case Identifier:** 496bd445-9b93-50e6-8dee-08ffa4e41b34
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-09-25
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 25.09.2018 C/15944/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-15944-2016_2018-09-25.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 18.10.2018. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/15944/2016 ACJC/1300/2018 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU MARDI 25 SEPTEMBRE 2018 

Entre 

Madame A______, domiciliée ______, appelante d'un jugement rendu par la 22ème 
Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 6 septembre 2017, comparant 

par Me Daniel Kinzer, avocat, rue Bovy-Lysberg 2, case postale 5824, 1211 Genève 11, 

en l'étude duquel elle fait élection de domicile,  

et 

B______ SA, sise ______, intimée, comparant par Me Lucien Feniello, avocat, rue de la 
Coulouvrenière 29, case postale 5710, 1211 Genève 11, en l'étude duquel elle fait 

élection de domicile. 

 

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C/15944/2016 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/11095/2017 du 6 septembre 2017, notifié à A______ le  
14 septembre 2017, le Tribunal de première instance a déclaré recevable la 

demande formée le 3 octobre 2016 par A______ contre B______ SA (chiffre 1 du 

dispositif), débouté A______ des fins de sa demande (ch. 2), arrêté les frais 

judiciaires à 5'000 fr. (ch. 3), mis à la charge de A______ (ch. 4), mais laissés à la 

charge de l'Etat de Genève, sous réserve d'une décision contraire de l'assistance 

judiciaire (ch. 5), condamné A______ à verser 3'000 fr. à B______ SA au titre de 

dépens (ch. 6) et débouté les parties de toute autre conclusion (ch. 7). 

B. a. Par acte expédié au greffe de la Cour de justice le 16 octobre 2017, A______ a 
conclu à l'annulation du jugement entrepris et à ce que la Cour condamne 

B______ SA à lui verser 241'830 fr. plus intérêts à 5% dès le 15 octobre 2010, 

65'380 fr. plus intérêts à 5% dès le 1
er

 décembre 2010, 12'130 fr. plus intérêts à 

5% dès le 27 novembre 2011 et 9'199 fr. 45 plus intérêts à 5% dès le 21 juin 2016. 

Subsidiairement, elle a conclu à ce que le Cour condamne B______ SA à lui 

verser 180'005 EUR plus intérêts à 5% dès le 15 octobre 2010, 45'844 fr. plus 

intérêts à 5% dès le 1
er

 décembre 2010, 20'107.82 USD plus intérêts à 5% dès le 

10 décembre 2010, 12'130 fr. plus intérêts à 5% dès le 27 novembre 2011 et 

9'199 fr. 45 plus intérêts à 5% dès le 21 juin 2016, sous suite de frais et dépens. 

 Elle forme des allégués nouveaux. 

 b. Dans sa réponse, B______ SA a conclu à ce que la Cour déclare irrecevable les 
conclusions subsidiaires prises par A______ dans son appel, confirme le jugement 

entrepris et déboute A______ de toutes ses conclusions, sous suite de frais et 

dépens. 

 c. Les parties ont répliqué, respectivement dupliqué, et persisté dans leurs 
conclusions. 

 d. Les parties ont été informées de ce que la cause était gardée à juger par avis du 
29 mars 2018. 

C. Les faits pertinents suivants résultent du dossier : 

 a. A______, de nationalité russe, est domiciliée à Genève. 

b. B______ SA, dont le siège est à Genève, a notamment pour but la gestion de 
fonds de placements, la gestion de patrimoine, le conseil en placement et 

investissement. 

c. C______ a été administrateur de B______ SA à compter du 2 juillet 2007, avec 
signature individuelle. Ses pouvoirs ont été radiés le 3 janvier 2011. Avant 

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d'exercer ces fonctions, C______ avait été directeur adjoint au sein de [la banque] 

D______ jusqu'au 4 mai 2007. 

d. Le 14 juin 2007, A______ a ouvert un compte bancaire auprès de D______ (ci-
après également : la Banque). 

Parmi les documents bancaires remplis à cette occasion se trouve un formulaire 

"Profil client". A la rubrique "origine de la relation", la mention "connaissance 

personnelle du gestionnaire de D______" a été cochée et il a été précisé que cette 

origine était "familiale". La case "gérant indépendant" a également été cochée et 

le nom de B______ SA ajouté. Enfin, une note manuscrite précise que la cliente 

était connue de C______ depuis plus de dix ans. La signature du précité figure sur 

le formulaire sous la rubrique "Nom du gestionnaire". 

En outre, A______ a désigné, sur le formulaire "Pouvoir d'administration", 

B______ SA en qualité de représentant "avec droit de substitution pour tous les 

rapports d'affaires actuels et futurs du titulaire avec D______. Le représentant 

peut exercer tous les droits dévolus au Titulaire, notamment pour acheter et 

vendre des titres, des devises, faire tout investissement, réinvestissement, 

encaissement et conversion, exercer et réaliser des droits de souscription". 

e. Dans le courant de l'année 2009 notamment, B______ SA, soit pour elle 
C______, a donné des ordres à la Banque au débit du compte dont A______ est 

titulaire. Ces ordres ont été rédigés sur un papier à l'en-tête de B______ SA et 

signés par A______, sous le nom "B______". 

f. Entre octobre et décembre 2010, la Banque a reçu trois ordres de paiement 
concernant le compte de A______ datés des 13 octobre, 1

er
 et 10 décembre 2010 

pour des montants de, respectivement, 180'000 EUR, 45'844 fr. et 15'000 EUR, 

soit des versements en faveur de tiers pour les deux premiers et la remise du 

montant en cash à C______ pour le dernier. Ces ordres sont rédigés de telle façon 

qu'ils semblent émaner de la cliente elle-même. Sur les ordres datés des  

 13 octobre et 1
er

 décembre 2010, le nom de la titulaire du compte - orthographié 

"A______" (sic) - figure en en-tête et le document comporte en bas de page une 

signature similaire à la sienne. Sur le troisième, daté du 10 décembre 2010, seule 

la même signature est visible au bas de la page. 

Dans le cadre de la procédure pénale subséquente, il a été établi que ces trois 

ordres étaient des faux forgés par C______ (cf. infra let. C.j). 

Sur interpellation de la Banque concernant l'ordre du 13 octobre 2010, C______ a 

rédigé une "note interne" le 19 octobre 2010 à l'attention de cette dernière, dans 

laquelle il expose que l'ordre visé repose sur une décision de la cliente de procéder 

à un investissement dans les métaux précieux. Cette note n'est pas rédigée sur 

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papier en-tête de B______ SA et seul le nom de C______ est mentionné sous la 

rubrique "expéditeur". 

g. La Banque a exécuté ces instructions. C'est ainsi que : 

- Le 15 octobre 2010, la Banque a débité le compte de A______ de 180'000 

EUR en faveur de E______ SA. La Banque a prélevé 5 EUR de frais. 

- Le 1
er

 décembre 2010, la Banque a débité le compte de A______ de  

 45'844 fr. en faveur de F______ SA. 

- Le 10 décembre 2010, la Banque a remis en espèces à C______ la somme 

de 15'000 EUR et a débité le compte de sa cliente de 20'104.82 USD. 

h. Fin 2010, B______ SA a appris que C______avait "effectué diverses 
opérations douteuses". Elle a alors décidé de révoquer son mandat 

d'administrateur avec effet immédiat puis l'a dénoncé au Procureur général en 

février 2011. 

i. Pour sa part, A______ a découvert ces agissements le 18 février 2011 et a 
déposé une plainte pénale. 

j. C______ a été reconnu coupable, par jugement du Tribunal correctionnel du  
 21 juin 2016, d'abus de confiance et de faux dans les titres au détriment 

notamment de A______. Il a admis que les ordres donnés au nom de A______ les 

13 octobre, 1
er

 et 10 décembre 2010 étaient des faux qu'il avait confectionnés. 

Il a été condamné à une peine privative de liberté de trois ans, sous déduction de 

65 jours de détention avant jugement. Il a également été condamné à verser à 

A______, à titre de réparation du dommage matériel, les montants de 241'830 fr., 

65'380 fr. et 12'130 fr. plus intérêts ainsi que 9'199 fr. 45 à titre de dépens pour la 

procédure pénale. 

A______ allègue avoir encouru des frais d'avocat de 12'130 fr. et 9'199 fr. 45. 

k. Par requête déposée en vue de conciliation le 15 août 2016, A______ a conclu 
à ce que le Tribunal condamne B______ SA à lui verser 241'830 fr. plus intérêts à 

5% dès le 15 octobre 2010, 65'380 fr. plus intérêts à 5% dès le 1
er

 décembre 2010, 

12'130 fr. plus intérêts à 5% dès le 27 novembre 2011 et 9'199 fr. 45 plus intérêts 

à 5% dès le 21 juin 2016. 

Une autorisation de procéder a été remise à la requérante le 29 septembre 2016. 

l. Le 3 octobre 2016, A______ a requis du Tribunal de pouvoir consulter le 
rapport de gestion 2015 ainsi que les rapports de révision 2015 de B______ SA. 

Statuant le 9 février 2017 par voie de procédure sommaire, le Tribunal a rejeté sa 

requête, estimant en substance que les agissements de C______ n'entraient pas 

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dans le cadre de ses attributions d'organe de B______ SA, de sorte que la 

demande en paiement paraissait dépourvue de chances de succès. 

Sur appel de A______, ce jugement a été confirmé par la Cour de justice par arrêt 

ACJC/765/2017 du 23 juin 2017. Aucun recours au Tribunal fédéral n'a été 

déposé. 

m. Le 5 janvier 2017, A______ a porté devant le Tribunal l'action dirigée  
contre B______ SA. Elle a conclu, principalement, au paiement des montants de 

241'830 fr. plus intérêts à 5% dès le 15 octobre 2010, 65'380 fr. plus intérêts à 5% 

dès le 1
er

 décembre 2010, 12'130 fr. plus intérêts à 5% dès le 27 novembre 2011 et 

9'199 fr. 45 plus intérêts à 5% dès le 21 juin 2016. 

Subsidiairement, elle a conclu au paiement des montants de 180'005 EUR plus 

intérêts à 5% dès le 15 octobre 2010, 45'844 fr. plus intérêts à 5% dès le 

1
er

 décembre 2010, 20'107.82 USD plus intérêts à 5% dès le 10 décembre 2010, 

12'130 fr. plus intérêts à 5% dès le 27 novembre 2011 et 9'199 fr. 45 plus intérêts 

à 5% dès le 21 juin 2016. 

n. B______ SA a conclu préalablement à ce que les conclusions subsidiaires de 
A______ soient déclarées irrecevables et, principalement, au rejet de la demande. 

o. Lors de l'audience de débats d'instruction du Tribunal du 26 juin 2017, les 
parties ont demandé l'audition des parties et renoncé à toute autre mesure 

d'instruction. 

p. Lors de l'audience du 5 septembre 2017, A______ a exposé que c'était à 
l'instigation de C______ qu'elle avait confié la gestion de sa fortune à B______ 

SA et ouvert un compte auprès de D______, le précité étant sa personne de 

contact au sein de B______ SA. 

A l'issue de cette audience, les parties ont plaidé et persisté dans leurs 

conclusions, après quoi la cause a été gardée à juger. 

D. Le Tribunal a jugé que la demande était recevable, y compris les conclusions 
subsidiaires formées par A______ après l'audience de conciliation, dès lors que 

celles-ci relevaient de la procédure ordinaire et présentaient un lien de connexité 

avec le litige en cours. Bien que les agissements reprochés à C______ aient été 

commis alors qu'il était organe de B______ SA, il n'avait pas agi ès qualité. Les 

trois ordres litigieux n'avaient aucun rapport avec B______ SA, ce que 

démontraient que le papier à en-tête de celle-ci n'avait pas été utilisé et le fait que 

C______ ne s'était pas prévalu de ses prérogatives liées à cette société. Il en aurait 

été différemment si C______ avait violé les obligations contractuelles en sa 

qualité d'administrateur de B______ SA.  Celle-ci ne pouvait donc pas être tenue 

pour responsable. 

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EN DROIT 

1. 1.1 Dans les affaires patrimoniales, l'appel est recevable contre les décisions 
finales et les décisions incidentes de première instance lorsque la valeur litigieuse 

au dernier état des conclusions est de 10'000 fr. au moins (art. 308 al. 1 et 2 CPC). 

En l'espèce, la valeur litigieuse cumulée des conclusions de l'appelante dépasse 

largement la valeur litigieuse minimale de 10'000 fr. La voie de l'appel est ainsi 

ouverte. 

 1.2 Interjeté dans le délai de trente jours et suivant la forme prescrite par la loi, 
l'appel est recevable (art. 130, 131, 142 al. 1 et 3 et 311 al. 1 CPC). 

 1.3 L'intimée remet cependant en cause la recevabilité des conclusions 
subsidiaires de l'appelante, en ce qu'elle aurait reformulé ses conclusions déposées 

en conciliation afin de se conformer à l'art. 84 CO. 

 Au vu de l'issue du litige, cette question peut demeurer indécise. 

 1.4  
1.4.1 A teneur de l'art. 317 al. 1 CPC, les faits et moyens de preuve nouveaux ne 
sont pris en compte en appel qu'aux conditions suivantes : ils sont invoqués ou 

produits sans retard (let. a); ils ne pouvaient être invoqués ou produits devant la 

première instance bien que la partie qui s'en prévaut ait fait preuve de la diligence 

requise (let.b). 

 1.4.2 En l'espèce, l'appelante allègue nouvellement que C______, de par sa 
position d'administrateur de l'intimée, avait eu connaissance de sa relation avec la 

Banque, de sa signature, des mouvements de son compte et du modèle de courrier 

utilisé dans les relations avec la Banque. 

 Ces faits n'ont pas été allégués en première instance et ne ressortent, a fortiori, pas 
de l'état de fait retenu par le premier juge, qui n'est, sur ces points, par remis en 

cause en appel. Certes, le Tribunal a retenu dans sa partie EN DROIT, sans que 

les allégués correspondants n'aient été formulés, que les "actes de C______ 

[avaient] été rendus possibles grâce aux connaissances que ce dernier avait 

acquises à l'occasion du mandat de gestion confié à [l'intimée]". Il ne ressort 

néanmoins pas précisément de cette argumentation que ce serait à cette occasion 

que C______ aurait acquis les connaissances susvisées dont l'appelante se 

prévaut. 

 Il ne sera donc pas tenu compte de ces faits nouveaux invoqués tardivement. 

2. L'appelante soutient que les actes commis par C______ sont imputables à 
l'intimée conformément à l'art. 722 CO. 

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 2.1 
2.1.1 A teneur de l'article 722 CO, la société anonyme répond des actes illicites 
commis par une personne autorisée à la gérer ou à la représenter dans la gestion 

des affaires sociales. 

 Il s'agit là d'un cas d'application de l'art. 55 al. 2 CC, qui institue le principe de la 
responsabilité de la personne morale pour les actes illicites de ses organes 

(ATF 121 III 176 consid. 4a; ATF 105 II 289 consid. 5; ATF 89 II 239 consid. 8). 

 Pour que la responsabilité de la société soit engagée, il n'est pas nécessaire que 
l'organe en cause ait le pouvoir de la représenter; il suffit que l'acte entre, par un 

rapport fonctionnel, dans le cadre général des attributions de l'organe. La personne 

morale ne répond donc pas de l'acte commis par un organe à titre privé, même s'il 

a eu lieu à l'occasion de la gestion des affaires sociales (ATF 105 II 289 consid. 

5a et b, ATF 101 Ib 422 consid. 5b). En revanche, il importe peu que l'organe ait 

agi dans son intérêt personnel, et non dans celui de la société (ATF 105 II 289 

consid. 7, ATF 89 II 239 consid. 9). 

 Pour le reste, la prétention fondée sur l'art. 722 CO est soumise aux conditions 

habituelles de la responsabilité aquilienne, soit un dommage, un acte illicite, une 

faute et un lien de causalité adéquate entre l'acte incriminé et le préjudice 

(ATF 121 III 176 consid. 4d). 

 Les principes dégagés par la doctrine et la jurisprudence pour les art. 55 

(responsabilité de l'employeur) et 101 CO (responsabilité de l'auxiliaire) sont 

transposables à l'art. 722 CO (WATTER, Die Verpflichtung der AG durch 

rechtsgeschäftliches Handeln ihrer Stellvertreter, Prokuristen und Organe speziell 

bei sog. "Missbrauch der Vertretungsmacht", Zurich 1985, n. 263). 

 Depuis longtemps, la jurisprudence a souligné que, pour envisager une 

responsabilité de l'employeur, l'employé devait avoir agi dans l'accomplissement 

de son travail, et non pas à l'occasion de celui-ci (ATF 95 II 93 consid. 4a). 

Cette notion est cependant assez difficile à cerner. On admet qu'il faut une relation 

directe et fonctionnelle entre l'activité confiée au travailleur et l'acte dommageable 

que celui-ci commet. Il ne suffit cependant pas, pour que la responsabilité soit 

exclue, que l'auxiliaire viole les instructions reçues, qu'il excède sa compétence ou 

qu'il choisisse de causer intentionnellement un dommage à un tiers (arrêt du 

Tribunal fédéral 4A_48/2009 du 26 mars 2009 consid. 2.4). 

 Dans l'arrêt 4A_48/2009 précité, le Tribunal fédéral a retenu que l'employé de 

banque - chargé des immeubles et des équipements de la banque, mais non pas de 

la gestion d'avoirs de clients - qui était encouragé à apporter de nouveaux clients 

contre rémunération agissait dans le cadre de son travail, lorsqu'il parlait de la 

banque à ses connaissances et les incitait à y déposer leurs fonds, même si plutôt 

que d'inviter les intéressés à ouvrir un compte à la banque et à y déposer leur 

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argent, il les avait persuadés, par une tromperie astucieuse, de laisser les fonds à 

sa disposition, ce qui lui avait permis de les détourner à son profit. Autrement dit, 

en exerçant une activité qui entrait dans le cadre de son travail (la prospection de 

clients), il avait choisi, plutôt que de faire bénéficier la banque des clients qu'il 

avait trouvés, de les détourner à son seul profit. Dans un tel cas, il y avait un lien 

fonctionnel suffisamment étroit entre le travail facultatif confié et l'acte dolosif 

que l'employé avait décidé de commettre (ibid.). 

 A l'inverse, dans un autre cas, le Tribunal fédéral a confirmé la décision cantonale 

rejetant la responsabilité de la personne morale dont l'employé avait clairement dit 

et montré qu'il agissait à titre privé et en dehors de son activité professionnelle 

(arrêt du Tribunal 4A_54/2008 du 29 avril 2008 consid. 4). 

 S'agissant de la question d'une fausse signature, le Tribunal fédéral a eu l'occasion 

de trancher le cas d'un organe d'une société anonyme, autorisé à signer 

collectivement à deux, qui avait contrefait la signature du second organe sur un 

billet à ordre émis au nom de ladite société. A ce sujet, le Tribunal fédéral a 

retenu, faisant application de l'art. 718 al. 3 aCO en vigueur à cette époque 

("la société anonyme répond des actes illicites commis dans la gestion des affaires 

sociales par une personne autorisée à la gérer ou à la représenter"), que le tiers 

s'était fié à deux signatures collectives apparemment régulières; il fallait en 

premier lieu fournir au tiers de bonne foi la protection que l'art. 718 al. 3 aCO 

entendait lui assurer. La société devait supporter le risque qu'un organe social 

falsifie une signature; qu'elle s'en décharge sur les tiers de bonne foi serait 

incompatible avec la sécurité des transactions, si modeste fût-elle (ATF 105 II 289 

consid. 6a = JdT 1980 I p. 373). 

 2.2 En l'espèce, la qualité d'organe de l'intimée revêtue par C______ au moment 
des faits litigieux n'est pas remise en cause, à juste titre. 

 L'appelante reproche au premier juge de n'avoir pas retenu que le comportement 
délictueux de l'administrateur de l'intimée entrait dans sa fonction d'organe et était 

donc imputable à l'intimée. 

 En premier lieu, l'appelante invoque de prétendues connaissances acquises par 

l'administrateur indélicat dans le cadre de l'exécution de ses tâches au sein de 

l'intimée. Outre que ces faits, comme on l'a vu (consid. 1.4.2), sont irrecevables, il 
ressort du dossier que l'appelante et C______ se connaissaient avant que celui-ci 

n'occupe des fonctions au sein de l'intimée. Etant donné qu'il a œuvré à l'ouverture 
du compte de l'appelante auprès de la Banque, il semble évident qu'il connaissait 

la signature de l'appelante, ainsi que sa relation avec l'établissement bancaire 

concerné, puisque c'est lui qui l'avait initiée avant même de devenir organe de 

l'intimée. Tout au plus pourrait-on retenir qu'il a pris connaissance du mode de 

communication de l'appelante avec la Banque au cours du mandat. Or, le modus 

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operandi qu'il a employé a précisément consisté à recourir à une autre forme de 

communication, de sorte que cette prétendue connaissance ne lui a été d'aucune 

utilité dans son dessein délictueux. Il ne ressort ainsi pas du dossier que 

l'acquisition de la position d'organe au sein de l'intimée a été un préalable sine qua 

non de la commission des actes reprochés, ni même qu'elle aurait été utile à 

l'accomplissement de ces actes. 

 En second lieu, l'appelante estime que l'acheminement des ordres de paiement 

litigieux par l'administrateur vers la Banque, ainsi que les explications fournies 

par celui-là à celle-ci, entraient dans les prérogatives de C______ en qualité 

d'organe de l'intimée et se trouvaient dans un rapport fonctionnel avec cette 

position. Selon l'appelante, la Banque considérait que C______ agissait en tant 

qu'organe de l'intimée et non à titre personnel. 

 Ce raisonnement ne peut pas davantage être suivi. En effet, il n'a pas été allégué - 

ni a fortiori démontré – que C______ se serait présenté comme organe de 
l'intimée dans ses rapports avec la Banque lors de la remise et de l'exécution des 

ordres litigieux. Par ailleurs, il est constant que C______ avait été organe de la 

Banque concernée antérieurement à sa prise de fonction auprès de l'intimée. Il en 

était donc connu à titre personnel et pas spécifiquement en tant qu'organe de la 

société gestionnaire externe du compte concerné. C'est en cette première qualité 

qu'il était d'ailleurs susceptible de susciter une confiance accrue au sein de la 

Banque qui se trouvait, dans ses rapports avec lui, face à un ancien directeur 

adjoint; il ne ressort pas des faits constatés qu'elle aurait eu un quelconque grief à 

faire valoir contre lui. De surcroît, la Banque savait qu'il connaissait l'appelante 

depuis plus de dix ans, soit antérieurement à la mise en place de leur relation 

contractuelle par l'entremise de l'intimée. 

 Dans les documents falsifiés, rien ne permettait de détecter que C______ en était 

l'auteur, ni que l'intimée était impliquée dans leur rédaction. De plus, lorsque le 

précité a adressé une clarification à la Banque pour le premier transfert, il a signé 

la "note interne" en son propre nom sans utiliser le papier à en-tête de l'intimée. 

 Il en découle que, lors de la commission des faits reprochés, C______ ne s'est pas 

présenté comme organe de l'intimée, ni n'a utilisé le papier à en-tête de celle-ci. Il 

n'est pas démontré quelles connaissances concrètes il aurait obtenues par ses 

fonctions d'administrateur utiles à la commission des actes délictueux. En résumé, 

il n'a pas créé l'apparence d'agir au nom et pour le compte de l'intimée et, compte 

tenu de ses rapports particuliers avec la Banque, il n'est pas démontré que celle-ci 

aurait compris qu'il agissait comme tel. En d'autres termes, son comportement n'a 

pas de rapport fonctionnel avec sa position d'organe. 

 Une responsabilité délictuelle est donc exclue. 

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 2.3 Etant donné que les actes illicites reprochés à C______ ne sont pas imputables 
à l'intimée, il ne saurait être question d'une violation des obligations contractuelles 

par cette dernière. 

 2.4 Par conséquent, le jugement entrepris sera confirmé. 

3. 3.1 Les frais judiciaires d'appel seront arrêtés à 8'000 fr. (art. 95 al. 1 let. a et al. 2 
et 105 al. 1 CPC; art. 13, 17 et 35 RTFMC) et mis à la charge de l'appelante, qui 

succombe intégralement (art. 106 al. 1 CPC). 

 Celle-ci plaidant au bénéfice de l'assistance judiciaire, les frais seront 
provisoirement laissés à la charge de l'Etat de Genève (art. 122 al. 1 let. b CPC). 

  3.2 L'intimée a conclu à l'allocation de dépens. 

 Ceux-ci seront arrêtés à 8'500 fr. (art. 23 LaCC; art. 85 al. 1 et 90 RTFMC), 
débours et TVA inclus, vu l'activité de déployée par le conseil de l'intimée qui a 

consisté pour l'essentiel à rédiger un mémoire de réponse à l'appel d'une vingtaine 

de pages. Ils seront mis à la charge de l'appelante qui sera condamnée à verser ce 

montant à l'intimée (art. 106 al. 1 CPC). 

* * * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté par A______ contre le jugement JTPI/11095/2017 

rendu le 6 septembre 2017 par le Tribunal de première instance dans la cause 

C/15944/2016-22. 

Au fond : 

Confirme le jugement entrepris. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires d'appel à 8'000 fr., les met à charge de A______ et dit qu'ils 

sont provisoirement supportés par l'Etat de Genève. 

Condamne A______ à verser 8'500 fr. à B______ SA à titre de dépens d'appel. 

Siégeant : 

Monsieur Ivo BUETTI, président; Madame Sylvie DROIN, Madame Nathalie RAPP, 

juges; Madame Camille LESTEVEN, greffière. 

Le président : 

Ivo BUETTI 

 
La greffière : 

Camille LESTEVEN 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 
(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 
notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 
fédéral par la voie du recours en matière civile. 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 
30'000 fr. 

http://intrapj/perl/JmpLex/RS%20173.110