# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** eb87de7f-6523-5b43-8227-9f1648611228
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2005-11-24
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 24.11.2005 BB.2005.93
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG/CH_BSTG_001_BB-2005-93_2005-11-24.pdf

## Full Text

Arrêt du 24 novembre 2005 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Emanuel Hochstrasser, 
président, Barbara Ott et Tito Ponti 
Le greffier Giampiero Vacalli  

   
 
Parties 

  
1. A. AG  
2. B. SA  
3. C. 
 
tous représentés par Maîtres Pierre Schifferli et Reza 
Vafadar 

plaignants 
 

 contre 
   

MINISTERE PUBLIC DE LA CONFEDERATION 
intimé 

 
Objet  Refus de consultation de documents  

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéro des dossiers : BB.2005.93+BB.2005.96 
 
 
 

 

 

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Faits: 

A. Le 13 mars 2003, le Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC) a 
ouvert une enquête de police judiciaire contre C. et inconnus pour partici-
pation à une organisation criminelle et blanchiment d’argent. Dans le cadre 
de cette enquête, le MPC a ordonné le 4 avril 2003 le séquestre des comp-
tes bancaires ouverts au nom de C. et des sociétés de son groupe, no-
tamment A. AG et B. SA, dont le siège se trouve respectivement à Z. et Y.  

 

B. Ayant pris connaissance, par le biais d’un arrêt du Tribunal fédéral, de 
l’existence d’un dossier relatif à plusieurs demandes d’entraide présentées 
aux autorités suisses par le Parquet général de la Fédération de Russie 
concernant la société D. AG et d’autres sociétés, C., A. AG et B. SA ont 
demandé au MPC de pouvoir accéder à ce dossier au motif qu’il y aurait un 
lien direct entre la procédure d’entraide et l’enquête suisse menée contre 
C. 

 

C. Par ordonnance du 2 août 2005, le MPC a refusé la consultation du dossier 
constitué pour les demandes d’entraide russes des 5 mars et 11 octobre 
2004 en relevant que ces demandes se rattachent à une procédure 
connexe dans laquelle C. n’est pas impliqué et qu'elles ne figurent donc 
pas au dossier de l’enquête ouverte contre lui.  

 

D. Par acte du 8 août 2005, A. AG, B. SA et C. se plaignent de ce refus. Ils 
concluent à ce que les dossiers relatifs aux demandes d’entraide du Par-
quet général de la Fédération de Russie des 5 mars et 11 octobre 2004 
leur soient communiqués dans leur entier et sans restriction, sous suite de 
frais et dépens. 

 

E. Dans sa réponse du 29 août 2005, le MPC confirme la décision contestée, 
tout en acceptant néanmoins de verser au dossier de la procédure natio-
nale un extrait du procès-verbal d'audition d'un administrateur de D. AG, et 
conclut au rejet de la plainte du 8 août 2005. Invités à répliquer, A. AG, B. 
SA et C. maintiennent la position exprimée dans leur plainte. 

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Les arguments et moyens de preuve avancés de part et d'autre au cours 
de la présente procédure seront repris si nécessaire dans les considérants 
en droit. 

 

 

La Cour considère en droit: 

1. La Cour des plaintes examine d'office et avec pleine cognition la recevabi-
lité des plaintes qui lui sont adressées (ATF 122 IV 188 consid. 1 p. 190 
et arrêts cités). 

1.1 Aux termes des art. 214 ss PPF (applicables par renvoi de l'art. 105bis al. 
2 PPF et en vertu de l'art. 28 al. 1 let. a LTPF), il peut être porté plainte 
contre les opérations ou les omissions du MPC. Le droit de plainte appar-
tient aux parties, ainsi qu’à toute personne à qui l’opération ou l’omission 
a fait subir un préjudice illégitime (art. 214 al. 2 PPF). Lorsque la plainte 
concerne une opération du MPC, elle doit être déposée dans les cinq 
jours à compter de celui où le plaignant a eu connaissance de cette opé-
ration (art. 217 PPF). 

L’ordonnance contestée est datée du 2 août 2005. Elle a été notifiée par 
lettre signature aux plaignants, auxquels elle est parvenue le 3. Expédiée 
le 8 août 2005, la plainte a été déposée en temps utile.  

1.2 En sa qualité d'inculpé, C. est indiscutablement touché par le refus du 
MPC de lui donner accès à des actes dont il estime qu'ils ont un lien di-
rect avec l’enquête suisse diligentée à son encontre et, par conséquent, 
légitimé à s'en plaindre. Quant aux sociétés A. AG et B. SA, tiers saisis 
dans la même enquête, le fait que le dossier litigieux pourrait contenir des 
éléments utiles à la défense de leurs intérêts implique que la qualité pour 
agir doit leur être reconnue (SCHMID, Strafprozessrecht, 4ème éd., Zurich 
2004, n° 529; PIQUEREZ, Procédure pénale suisse, Zurich 2000, n° 1406, 
cfr. également les art. 105 et 107 du projet de nouveau Code de procé-
dure pénale suisse). Les plaintes déposées sont donc recevables.  

1.3 Compte tenu d'éventuelles différences quant à la qualité pour agir des 
plaignants, les plaintes ont dès le départ fait l'objet de dossiers distincts. 
Vu la connexité entre les deux procédures et le fait que la qualité pour 
agir des plaignants est reconnue, il se justifie néanmoins de se prononcer 
sur les plaintes de C., A. AG et B. SA par une seule et même décision. 

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2. Le pouvoir de cognition de la Cour des plaintes diffère selon la nature des 
causes qui lui sont dévolues. Si, dans les cas relatifs à des mesures de 
contrainte, la Cour revoit l'ensemble des éléments qui lui sont soumis 
avec pleine cognition, dans les autres cas, elle se borne à examiner si 
l'autorité a rendu sa décision dans les limites de son pouvoir d'apprécia-
tion ou si, au contraire, elle a excédé celui-ci. En l'espèce, les plaignants 
reprochent au MPC de leur avoir refusé l'accès à un dossier d'entraide 
qu'ils estiment connexe à la procédure pénale dont ils font l'objet. La déci-
sion querellée ne se rapporte pas à une mesure de contrainte. Le pouvoir 
d'examen de la Cour est donc restreint (ATF 95 IV 45 consid. 2; 90 IV 239 
consid. 2; 83 IV 179 consid. 4b; 77 IV 56; arrêt du Tribunal pénal fédéral 
BB.2005.4 du 27 avril 2005 consid. 2). 

 

3. 
3.1 L'accès aux actes de la procédure s'apprécie différemment selon que l'on 

se place du point de vue de la procédure d'entraide ou de la procédure 
nationale. 

Selon l’art. 80b al. 1 de la loi fédérale sur l’entraide internationale en ma-
tière pénale (EIMP; RS 351.1), les ayants droit peuvent participer à la 
procédure et consulter le dossier si la sauvegarde de leurs intérêts l’exige. 
La consultation du dossier a pour but essentiel d'assurer l'exercice des 
droits garantis aux parties à la procédure pénale, soit notamment le droit 
d'être entendu et le droit de recours (MOREILLON, Entraide internationale 
en matière pénale, Bâle 2004, n° 11 ad art. 80b EIMP). Par ayant droit il 
faut entendre uniquement celui qui a qualité de partie à la procédure et 
dispose, partant, de la qualité pour recourir au sens de l’art. 80h let. b 
EIMP (ATF 127 II 104 consid. 4b; arrêt du Tribunal fédéral 1A.95/2002 du 
16 juillet 2002 consid. 2.2; ZIMMERMANN, La coopération judiciaire interna-
tionale en matière pénale, 2ème éd., Berne 2004, n° 268 p. 312). Tel n'est 
pas le cas des plaignants qui ne disposent ainsi d'aucun droit dans le ca-
dre de la procédure d'entraide, en particulier pas de celui d'en consulter 
les actes. 

L’art. 102 PPF, qui concrétise le droit d’être entendu énoncé à l’art. 29 al. 
2 Cst., prévoit que l’inculpé et le lésé peuvent proposer au procureur 
chargé de l’enquête de prendre des mesures d’investigation. Le droit 
d'être entendu comprend en particulier le droit pour l'intéressé d'offrir des 
preuves pertinentes, de prendre connaissance du dossier, d'obtenir qu'il 
soit donné suite à ses offres de preuves pertinentes, de participer à l'ad-

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ministration des preuves essentielles ou à tout le moins de s'exprimer sur 
son résultat, lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre 
(ATF 122 II 464). Ce droit de collaborer implique pour l’autorité qui doit 
émettre une décision l’obligation de prendre en considération et 
d’examiner les arguments et les requêtes présentés, sauf si ceux-ci 
concernent des faits non pertinents ou manifestement inaptes à fournir 
des preuves sur le fait litigieux (ATF 124 I 242; 117 Ia 268; OBERHOLZER, 
Grundzüge des Strafprozessrechts, 2ème éd., Berne 2005, n° 411; HAU-
SER/SCHWERI/HARTMANN, Schweizerisches Strafprozessrecht, 6ème éd., 
Bâle/Genève/Munich 2005, p. 254-255 n° 7-7a; SCHMID, Strafprozes-
srecht, 4ème éd., Zurich 2004, n° 270). Les moyens de preuves offerts doi-
vent être examinés systématiquement en tenant compte à chaque fois 
des circonstances du cas d’espèce. Le droit à l’admission d’une offre de 
preuve n’est pas illimité. (ATF 122 II 469; 115 Ia 100; OBERHOLZER, op. 
cit., n° 412; HAUSER/SCHWERI/HARTMANN, op. cit., p. 255 n° 8).  

 Il s'agit dès lors en l'espèce d'apprécier la pertinence de la preuve re-
quise, à savoir la consultation par une partie à la procédure nationale du 
dossier d'une procédure d'entraide dans laquelle elle n'avait pas qualité 
d'ayant droit, puis d’examiner si les demandes d’entraide des 5 mars et 
11 octobre 2004 présentées par le Parquet général de la Fédération de 
Russie peuvent ou doivent être versées au dossier de la procédure natio-
nale contre C., respectivement, si le MPC a excédé son pouvoir d'appré-
ciation en refusant la requête des plaignants (défaut de pertinence des 
mesures d'investigation requises).  

3.2 Selon les plaignants, l’arrêt du Tribunal fédéral du 11 mai 2005 
(1A.71/2005) consacre un lien de connexité indiscutable entre les deman-
des d’entraide russes dont l'exécution a été confiée au MPC et la procé-
dure nationale ouverte à l’encontre de C.. Plusieurs indices tendent selon 
eux à confirmer ce lien, notamment: le nom C. apparaît dans les deux 
procédures; les mêmes griefs sont formulés à l’encontre de D. AG et de 
C.; le même procureur fédéral s’occupe des deux dossiers; C. a été inter-
rogé sur ses liens avec la société D. AG et même le mandat de perquisi-
tion du 4 avril 2003, émis dans le cadre de l’enquête suisse, mentionne 
aussi bien D. AG que A. AG et B. SA en tant que sociétés auprès des-
quelles des perquisitions devaient être effectuées; une lettre du 25 février 
2005 du procureur russe E. au MPC va dans le même sens. Les plai-
gnants estiment enfin que le MPC dispose dans le cadre de la procédure 
d'entraide d’informations pouvant conduire à disculper C. et ses sociétés.  

Le MPC relève, par contre, que les demandes d’entraide russes des 5 
mars et 11 octobre 2004 relatives à D. AG n’ont aucun lien avec celles 

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des 15 et 17 avril 2003 qui ont quant à elles été versées dans le dossier 
de la procédure nationale. Les faits exposés dans les demandes 
d’entraide de 2004 ne sont d'ailleurs pas de même nature que ceux re-
prochés aux plaignants dans le cadre de la procédure nationale. 
L’interrogatoire de C. concernant ses liens avec D. AG avait pour but 
d’apporter des éclaircissements sur un contrat de prêt conclu le 14 dé-
cembre 1996 entre D. AG et F. SA, société détenue par l'inculpé. La seule 
pièce du dossier de l’entraide relative à D. AG qui pourrait intéresser la 
procédure nationale est un procès-verbal d’audition du 22 octobre 2004 
de G., directeur général de H. Holding, société qui chapeaute D. AG. Le 
MPC a dès lors décidé de donner connaissance de ce document aux 
plaignants en en limitant toutefois la consultation au passage concernant 
les relations entre D. AG et le Ministère russe des transports, thème qui 
avait déjà fait l'objet de l'audition d'un des administrateurs de D. AG dans 
le cadre de la procédure nationale. 

3.3 Selon les informations figurant dans l’arrêt du Tribunal fédéral 1A.71/2005 
du 11 mai 2005 concernant D. AG et d’autres sociétés, la demande du 5 
mars 2004 a été présentée pour les besoins de l’enquête ouverte contre 
les dirigeants de D. AG des chefs d’escroquerie et de restriction à la 
concurrence au sens des art. 159 et 178 du code pénal russe. En sub-
stance, D. AG, sur la base de documents falsifiés, aurait échappé au pai-
ement des taxes de fret dues au Ministère russe des transports pour un 
montant total de USD 8'437'064.93. Une partie du produit de ces détour-
nements aurait fait l’objet d’opérations de blanchiment. La demande ten-
dait à la remise de documents et à l’audition d’employés des sociétés 
impliquées. En date du 11 octobre 2004, l’autorité russe a complété sa 
demande précédente en formulant de nouvelles requêtes. Dans son arrêt 
1A.71/2005 consid. 5.2, le Tribunal fédéral constate que les demandes 
présentées par la Russie en 2003 « ne se rapportent pas aux faits à 
l’origine de la demande du 5 mars 2004, qui ne s’y réfère pas ». Il 
confirme ainsi la position du MPC selon laquelle la procédure russe qui 
est à la base des demandes d’entraide de 2004 ne porte pas sur le même 
objet que celle qui a conduit aux demandes de 2003. Celles-ci avaient 
pour but de vérifier si l’ancien Ministre des voies de communications avait 
accordé des avantages illégaux à la société D. AG dans le domaine du 
transport de marchandises, outrepassant ainsi ses pouvoirs en violation 
de l’art. 286 du code pénal russe. C’est dans le cadre de la procédure ou-
verte de ce chef que le procureur russe avait demandé aux autorités suis-
ses de vérifier s’il existait en Suisse des comptes bancaires appartenant à 
I. et C.. Ces demandes d’entraide des 15 et 17 avril 2003 étant directe-
ment liées à la procédure nationale diligentée contre C., les pièces y rela-
tives ont été versées au dossier suisse. Par contre, les plaignants ne sont 

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pas directement concernés par la procédure russe ouverte contre D. AG 
ni par les demandes d’entraides de 2004. D’ailleurs, mêmes les sociétés 
mentionnées dans l’arrêt du Tribunal fédéral susmentionné ne sont pas 
touchées par la procédure nationale.  

 Les preuves dont les plaignants sollicitent l'administration paraissent ainsi 
dépourvues de pertinence et le MPC n'a pas excédé son pouvoir d'appré-
ciation en leur refusant l'accès aux actes des demandes d'entraide russe 
de 2004, acceptant néanmoins de verser au dossier un extrait d'une pièce 
qui, si elle ne vise pas directement la procédure nationale, porte sur des 
éléments déjà recueillis dans le cadre de l'enquête. Au contraire, le fait 
d’avoir versé ce document, partiellement caviardé, montre que l’autorité a 
analysé de façon approfondie la requête des plaignants et qu’elle a pro-
cédé correctement à une pesée des intérêts en présence avant d’aboutir 
à sa décision de refus. 

 

4.  
4.1 Le choix de confier l’exécution des demandes d’entraide litigieuses au 

procureur suisse chargé de conduire l’enquête nationale contre C. obéit 
simplement à des motifs d’économie et de célérité de la procédure. Il ne 
signifie pas que les demandes d'entraide présentées en 2004 sont direc-
tement liées à la procédure nationale (voir à ce propos l'arrêt précité 
consid. 4.1).  

4.2 Pour tenter de démontrer les affinités entre la procédure nationale et les 
demandes d’entraide litigieuses, les plaignants se réfèrent dans leur 
plainte à l’interrogatoire de C. du 3 décembre 2004 effectué par le MPC. 
Ils estiment que les documents réunis dans le cadre des demandes 
d’entraide russes ont été utilisés lors de cet interrogatoire. Or, les ques-
tions posées à cette occasion concernent presqu'exclusivement les liens 
entre D. AG et F. SA, société détenue par C., plus particulièrement le 
contrat de prêt conclu le 14 décembre 1996 entre ces deux sociétés, acte 
qui figure d’ailleurs dans le dossier de la procédure nationale. Selon le 
procès-verbal d'interrogatoire, les questions posées par le MPC visaient 
d'ailleurs plutôt à établir l’origine des profits réalisés par l'inculpé et la 
cause de certaines opérations effectuées par ce dernier, principalement 
par le biais de sociétés contrôlées par lui, afin de fonder d'éventuels actes 
de blanchiment d’argent.  

4.3 S'agissant de la réponse du Ministère public de la Fédération de Russie 
du 25 février 2005 à la demande d’entraide présentée le 11 novembre 
2004 par le procureur fédéral J., il sied de relever que le procureur russe 

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E. s’exprime sur les tarifs préférentiels qui auraient été appliqués à des 
sociétés de transport contrôlées par C.. Le contenu de ces informations a 
un lien évident avec la procédure nationale et ne concerne pas D. AG , 
qui d’ailleurs n’est même pas mentionnée par le procureur russe, raison 
pour laquelle l’écrit en question ne constitue pas non plus un motif pour 
donner suite à la requête des plaignants. 

4.4 Quant au mandat de perquisition du 4 avril 2003, il y a lieu de constater 
que le fait que le procureur fédéral J. ait indiqué que les moyens de 
preuve recherchés pouvaient être également liés aux plaignants et à D. 
AG n’implique pas que les demandes d’entraide du 5 mars et du 11 octo-
bre 2004 aient un lien avec la procédure nationale contre C.. On rappelle-
ra à cet égard que D. AG est poursuivie en Russie pour escroquerie et 
restriction à la concurrence, tandis que, dans la procédure russe dirigée 
contre I., elle est suspectée d’avoir versé des pots-de-vin à l’ancien minis-
tre russe des transports. Dans la mesure où D. AG apparaît dans les deux 
procédures d'entraide, mais pour des raisons différentes et avec un rôle 
différent, les arguments des plaignants tombent à faux. 

 

5. En résumé, les plaignants n'ont pas qualité de partie dans la procédure 
d'entraide initiée par les autorités russes contre D. AG et ils n'ont donc 
pas le droit d’accéder à ce dossier. De plus, ils n'ont pas démontré la per-
tinence de leur offre de preuves et le MPC n'a pas excédé son pouvoir 
d'appréciation en la refusant. Il n'est, certes, pas pleinement satisfaisant 
que le MPC, qui a qualité de partie à la procédure, ait connaissance de 
pièces dont les plaignants n'ont pas connaissance. Il importe dès lors de 
rappeler que, pour respecter le droit d'être entendu, le MPC devra donner 
accès aux pièces du dossier de l'entraide susmentionné s'il entend utiliser 
des documents ou informations tirés de cette procédure dans le cadre de 
l'enquête de police judiciaire. Au vu de ce qui précède, la plainte est mal 
fondée et doit dès lors être rejetée.  

 

6. Selon l’art. 156 al. 1 OJ, applicable par renvoi de l’art. 245 PPF, la partie 
qui succombe est tenue au paiement des frais. Ceux-ci se limitent en 
l’espèce à un émolument qui, en application de l’art. 3 du règlement fixant 
les émoluments judiciaires perçus par le Tribunal pénal fédéral du 11 fé-
vrier 2004 (RS 173.711.32), sera fixé à fr. 3’000.- à titre solidaire, sous 
déduction de l’avance de frais de fr. 2’000.- effectué par les plaignants. 

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Par ces motifs, la Cour prononce: 
 
1. La plainte est rejetée. 
 
2. Un émolument de fr. 3'000.- est mis à la charge des plaignants à titre soli-

daire, sous déduction des avances de frais de fr. 2'000.- déjà versés. 
 
 

Bellinzone, le 24 novembre 2005 
 
Au nom de la Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
Le président:     Le greffier:  
 
 
 
 
 

 
 

Distribution 
 
- Ministère public de la Confédération  
- Maîtres Pierre Schifferli et Reza Vafadar  

 
 

 

Indication des voies de recours 

Cet arrêt n’est pas sujet à recours.