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**Case Identifier:** e6c9c3e1-8b21-5f83-953c-909fb51e6ab2
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-02-06
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 06.02.2018 A/4360/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-4360-2016_2018-02-06.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/4360/2016-ICCIFD ATA/127/2018  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 6 février 2018 

4ème section 

   dans la cause 

 

Madame A______ 
représentée par Lambelet & Associés SA, mandataire  

contre 

ADMINISTRATION FISCALE CANTONALE 

et 

ADMINISTRATION FÉDÉRALE DES CONTRIBUTIONS 

 

_________ 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 
3 avril 2017 (JTAPI/339/2017) 

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A/4360/2016 

EN FAIT 

1)  Le litige concerne la taxation 2015 de Madame A______, veuve de feu M. 
B______, décédé le ______ 2011. 

2)  Au décès de son époux, Mme A______, instituée unique héritière de ce 
dernier, a obtenu la propriété de l'immeuble sis ______, chemin C______ à 
Bernex, dont ils étaient auparavant copropriétaires. 

3)  Jusqu'en 2014, l'immeuble a été estimé fiscalement à CHF 786'000.-. 

4)  Par bordereaux d’impôts cantonaux et communaux (ci-après : ICC) et 
d'impôt fédéral direct (ci-après : IFD) du 4 août 2015, l'administration fiscale 
cantonale (ci-après : AFC-GE) a arrêté la valeur fiscale de l'immeuble à 
CHF 1'054'500.-. 

5)  Le 29 août 2016, la contribuable a formé réclamation contre lesdits 
bordereaux, concluant à leur modification.  

  Comme pour les années précédentes, elle avait déclaré l'immeuble qu'elle 
occupait personnellement pour une valeur fiscale de CHF 786'000.-. L'AFC-GE 
n'avait pas retenu ce montant et elle n'en comprenait pas la raison. 

6)  Dans son complément de réclamation, la contribuable soulève que le 
procès-verbal d'inventaire établi par l'AFC-GE le 8 décembre 2011 à la suite du 
décès de son époux retenait une valeur fiscale de l'immeuble de CHF 786'000.-, 
valeur sur laquelle elle avait par ailleurs été taxée jusqu'en 2014. Alors même que 
la situation n'avait pas évolué, l'AFC-GE avait porté cette valeur à 
CHF 1'054'500.-, avant abattement. Or, la valeur de l'immeuble devait être celle 
qui prévalait avant le décès de son époux, dans la mesure où il s'agissait du 
domicile conjugal commun et qu'il lui avait été transmis en sa qualité de conjoint 
survivant. 

7)  Par décisions sur réclamation du 23 novembre 2016, l’AFC-GE a maintenu 
son estimation fiscale. 

  En cas de succession, la valeur fixée par l'AFC-GE pour la perception des 
droits de succession, soit CHF 1'054'500.-, se substituait à la valeur fiscale. La 
période décennale pendant laquelle cette mesure était suspendue ayant pris fin le 
31 décembre 2014, il était correct d'adapter la valeur fiscale pour l'imposition 
2015. 

8)  Par acte déposé au greffe du Tribunal administratif de première instance 
(ci-après : TAPI) le 19 décembre 2016, la contribuable a interjeté recours contre 

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les décisions précitées, concluant à ce que les bordereaux de taxation rectifiés 
soient déclarés nuls et à ce que l'AFC-GE en émette de nouveaux.  

  La loi sur les estimations fiscales de certains immeubles du 28 août 2014 
(LEFI - D 3 10), entrée en vigueur le 1er janvier 2015, soit postérieurement à la loi 
sur l’imposition des personnes physiques du 27 septembre 2009 (LIPP - D 3 08), 
primait sur celle-ci, de sorte que la valeur fiscale de CHF 786'000.- prévalant au 
31 décembre 2014 devait être prolongée jusqu'en 2018.  

  L'AFC-GE avait également omis de prendre en compte l'impôt immobilier 
complémentaire (ci-après : IIC) au titre de frais d'entretien déductibles, en plus 
des frais effectifs retenus. Il convenait par conséquent d'ajouter une déduction de 
CHF 786.- (CHF 786'000.- x 1 ‰) ou CHF 1'054.50 (CHF 1'054'500 x 1 ‰) 
selon l'estimation qui serait faite de l'immeuble.  

9)  L'AFC-GE s'en est rapportée à justice concernant la valeur fiscale à prendre 
en compte pour l'immeuble. 

  Ce dernier avait été réévalué au moment du décès de feu B______ à 
CHF 1'323'000.-. Appartenant en copropriété aux époux, l'estimation successorale 
totale s'élevait à CHF 1'054'500.-, soit CHF 661'500.- s'agissant de la part du de 
cujus (CHF 1'323'000.- / 2), majorée de la part de la contribuable retenue à sa 
valeur d'origine à CHF 393'000.- (CHF 786'000.- / 2). 

  L'AFC-GE s'engageait à admettre en déduction l'IIC au titre de frais 
d'entretien immobilier, dont le montant dépendrait de la valeur de l'immeuble qui 
serait fixée par le TAPI dans son jugement.  

10)  Par jugement du 3 avril 2017, le TAPI a admis partiellement le recours et 
renvoyé le dossier à l'AFC-GE afin qu'elle recalcule le montant de l'IIC déductible 
sur la base d'une valeur fiscale de l'immeuble de CHF 1'054'500.-. 

  L'immeuble litigieux entrait dans la catégorie des « autres immeubles » dont 
l'estimation était prévue par l'art. 50 let. e LIPP. 

  Au décès de feu B______ en 2011, sa part de copropriété de l'immeuble –
estimée à CHF 393'000.- jusqu'à alors – avait été réévaluée à CHF 661'500.-, 
portant la valeur totale de l'immeuble à CHF 1'054'000.- (CHF 661'500.- + 
CHF 393'000.-). Conformément à l'art. 52 al. 4 let. b LIPP, l'application de cette 
nouvelle estimation avait été suspendue jusqu'au 31 décembre 2014, soit jusqu'à la 
fin de la période décennale (2005-2014).  

  La prorogation de la valeur d'estimation jusqu'au 31 décembre 2018 ne 
reconduisait pas la suspension de la valeur d'estimation, la LEFI faisant 
exclusivement référence à la « durée de validité des estimations de la valeur 
fiscale des immeubles visées à l'art. 50 let. b à e LIPP » sans évoquer le cas de 

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suspension de l'estimation de l'art. 52 al. 3 let. b LIPP. Les travaux préparatoires 
du Grand Conseil ne mentionnaient pas non plus la possibilité de prolonger ladite 
suspension. D'après une interprétation tant littéraire qu'historique de la LEFI, son 
unique but était de donner du temps aux autorités genevoises pour réévaluer le 
parc immobilier et non pas de prolonger la suspension de l'application de la valeur 
d'estimation successorale d'un immeuble. 

  Il était explicitement inscrit à l'art. 1 LEFI que la valeur fiscale actuelle des 
immeubles au 31 décembre 2014 n'était reconduite jusqu'au 31 décembre 2018 
que dans le cas où il n'existait pas de nouvelle estimation par la commission 
d'experts. Or, une nouvelle estimation avait été effectuée par les services de 
l'AFC-GE, laquelle se substituait, au terme de l'art. 52 al. 3 LIPP, à la valeur 
d'estimation originelle.  

  Par conséquent, la valeur fiscale qui devait être appliquée à l'immeuble à 
partir du 1er janvier 2015 était celle retenue lors de l'estimation successorale, soit 
CHF 1'054'500.-. 

11)  Par acte déposé au greffe de la chambre administrative de la Cour de justice 
(ci-après : la chambre administrative) le 8 mai 2017, la contribuable a interjeté 
recours contre le jugement précité, concluant à son annulation. 

  Les services de l'AFC-GE n'étaient pas une commission d'experts au sens 
des art. 52 et 54 LIPP. L'art. 1 LEFI ne contenait aucune mention selon laquelle la 
valeur fiscale des immeubles ne devait être reconduite jusqu'au 31 décembre 2018 
que dans les cas où il n'existait pas de nouvelle estimation par la commission 
d'experts. Au contraire, ladite loi prévoyait que la valeur fiscale dite « actuelle », 
soit celle qui prévalait au 31 décembre 2014, était reconduite dans tous les cas et 
sans aucune exception jusqu'au 31 décembre 2018. Cette dernière comprenant, le 
cas échéant, les majorations des anciennes LEFI. La valeur au 31 décembre 2014 
du bien litigieux était de CHF 786'000.- avant abattement, et ne pouvait être 
différente au 31 décembre 2015. 

  Contrairement à l'aLEFI du 14 janvier 1993, la nouvelle LEFI ne contenait 
aucune clause d'exception. Il fallait appliquer l'adage « lex posterior derogat 
priori » et par conséquent que la LEFI, entrée en vigueur le 1er janvier 2015, était 
postérieure à la LIPP ainsi qu'une lex specialis par rapport à l'art. 50 LIPP. La 
LEFI prévoyait que la valeur qui prévalait au 31 décembre 2014 était reconduite 
jusqu'au 31 décembre 2018 sans nouvelle estimation. Cette loi devait primer la 
LIPP (comme cela avait déjà été le cas pour les aLEFI de 2005 et de 2012) en ce 
qui concernait l'estimation de certains biens immobiliers, soit les biens visés à 
l'art. 50 let. b à e LIPP, sans qu'il n'y avait besoin de recourir à une quelconque 
interprétation du texte de la loi, celui-ci étant clair. 

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  Dès lors, la valeur de l'immeuble prévalant au 31 décembre 2014 étant de 
CHF 786'000.-, c'était ce montant qui devait être retenu dans la taxation 2015 de 
la contribuable, la LEFI prévoyant une reconduction de cette valeur jusqu'en 
2018. 

12)  Le TAPI a transmis son dossier sans formuler d'observations. 

13)  L'AFC-GE a conclu au rejet du recours.  

  Quand bien même la contribuable arrivait à la conclusion que le texte de la 
LEFI ne nécessitait aucune interprétation, elle en tirait elle-même des éléments 
qui en ressortaient pas, notamment en indiquant que l'art. 2 aLEFI (de 1993) 
contenait une clause d'exception, ce qui n'était plus le cas aujourd'hui. 

  Cette exception ne concernait que la majoration de 20 % mentionnée à 
l'art. 1 aLEFI, laquelle ne devait pas s'appliquer aux valeurs fiscales ayant déjà 
subi une nouvelle estimation pendant la période décennale précédente. Cette 
exception n'avait pas lieu d'exister dans la loi actuelle, aucune majoration linéaire 
de 20 % n'ayant été décidée par le Grand Conseil dans le cadre de la période 
décennale 2005-2014.  

  L'analyse du TAPI était fondée sur le texte de la loi et la référence aux 
travaux préparatoires ne faisait que confirmer sa conclusion. 

14)  La contribuable n'ayant pas souhaité répliquer, la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10 ; art. 7 al. 2 de la loi de procédure fiscale du 
4 octobre 2001 - LPFisc - D 3 17). 

2)  Le litige porte sur l'évaluation de l'immeuble de la recourante pour l'année 
fiscale 2015. 

  Il sied de préciser que l'objet du litige ne concerne que la part de copropriété 
de feu B______, puisque seule cette dernière a été réévaluée à CHF 661'500.- 
(CHF 1'323'000.- / 2), celle de la contribuable, déjà propriétaire par moitié du bien 
immobilier, restant fixée à CHF 393'000.- (CHF 786'000.- / 2). Cette évaluation a 
porté la valeur totale de l'immeuble à CHF 1'054'000.- (CHF 661'500.- + 
CHF 393'000.-). 

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3)  La recourante fait grief au TAPI d'avoir fixé le terme de la période 
décennale au 31 décembre 2014 et appliqué la valeur successorale de l'immeuble à 
partir du 1er janvier 2015, alors même que la LEFI prorogeait la durée de ladite 
période jusqu'au 31 décembre 2018. 

4) a. La loi sur l'harmonisation des impôts directs des cantons et des communes 
du 14 décembre 1990 (LHID - RS 642.14) désigne les impôts directs que les 
cantons doivent prélever et fixe les principes selon lesquels la législation 
cantonale les établit (art. 1 al. 1 LHID). 

  L'art. 2 al. 1 let. a LHID prévoit que les cantons doivent prélever un impôt 
sur la fortune des personnes physiques. L'impôt sur la fortune a pour objet 
l’ensemble de la fortune nette (art. 13 al. 1 LHID). 

  Selon l'art. 14 al. 1 LHID, la fortune est estimée à la valeur vénale. 
Toutefois, la valeur de rendement peut être prise en considération de façon 
appropriée. 

 b. Un impôt sur la fortune est perçu, chaque année, dans le canton de Genève 
(art. 1 let. a ch. 3 de la loi générale sur les contributions publiques du 
9 novembre l887 - LCP - D 3 05). L'impôt sur la fortune est régi par la LIPP, en 
particulier aux art. 46 à 60 LIPP, lesquels forment le chapitre IV.  

  L'art. 46 LIPP précise que cet impôt a pour objet l'ensemble de la fortune 
nette après déductions sociales. Selon l'art. 47 al. 1 let. a LIPP, les immeubles sont 
soumis à l'impôt sur la fortune. Aux termes de l'art. 49 LIPP, l'état de la fortune 
mobilière et immobilière est établi au 31 décembre de l'année pour laquelle 
l'impôt est dû (al. 1). La fortune est estimée, en général, à la valeur vénale.  

  L'art. 50 LIPP précise les principes selon lesquels est faite l'évaluation des 
immeubles situés dans le canton. Sont décrits les principes d'évaluation 
applicables aux immeubles locatifs (let. a), aux immeubles servant à l'exploitation 
d'un commerce ou d'une industrie (let. b), à l'exploitation agricole et sylvicole 
(let. c), aux terrains improductifs ou à bâtir (let. d) et enfin aux autres immeubles, 
notamment les villas, qui sont estimés en tenant compte du coût de leur 
construction, de leur état de vétusté, de leur ancienneté, des nuisances éventuelles, 
de leur situation, des servitudes et autres charges foncières les grevant, de prix 
d'achats récents ou d'attribution ensuite de succession ou de donation et des prix 
obtenus pour d'autres propriétés de même nature qui se trouvent dans des 
conditions analogues, à l'exception des ventes effectuées à des prix de caractère 
spéculatif (let. e).  

  L'art. 52 let. b LIPP, portant le titre « immeubles estimés », prévoit que 
l'évaluation des « autres immeubles » est faite par des commissions d’experts et 
vaut pour une période décennale (al. 2). Lorsque pendant cette période, un 

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immeuble est aliéné à titre onéreux ou gratuit, ou dévolu pour cause de mort, la 
valeur d'aliénation ou la valeur de succession retenue par le département pour la 
perception des droits d'enregistrement et de succession se substitue à la valeur 
d'estimation pour le reste de la période décennale (al. 3). 

  L'art. 52 al. 4 LIPP prévoit que pour le reste de la période décennale, 
l'adaptation de la valeur d'estimation selon l'al. 3 est suspendue en cas de 
succession, pour le logement principal de la personne décédée, s'il est attribué en 
propriété ou en usufruit à un héritier qui faisait ménage commun avec elle, tant 
que cet héritier continue à occuper personnellement le logement comme résidence 
principale (let. b). 

  Le Conseil d'État, comme le contribuable, ont, en tout temps, la faculté de 
faire procéder à de nouvelles estimations si des changements importants dans la 
valeur des immeubles le justifient (art. 52 al. 5 LIPP). 

 c. L'expertise mentionnée à l'art. 52 al. 2 LIPP, portant sur l'ensemble du parc 
immobilier genevois, a eu lieu pour la dernière fois en 1964. Sur décision du 
Grand Conseil, cette dernière n'a pas été renouvelée pour des raisons notamment 
économiques mais a vu sa durée de validité prorogée respectivement jusqu'aux 
31 décembre 1984, 1994, 2004 et 2012, les estimations étant, jusqu'en 2004, 
majorées de 20 % à chaque décennie (ATA/422/2008 du 26 août 2008 consid. 5b 
et les références citées). 

  En effet, en 1974, lorsque la période décennale 1965-1974 approchait de son 
échéance, le Grand Conseil, après avoir considéré l'évolution de la situation du 
parc immobilier genevois et les ressources importantes nécessaires pour procéder 
à une nouvelle estimation générale, a décidé de renoncer à une expertise générale 
et de reconduire simplement les estimations existantes pour une nouvelle période 
décennale, en les majorant de 20 %, sauf pour les immeubles dont l'estimation 
fiscale avait été fixée ou modifiée durant la période décennale touchant à son 
terme (loi prorogeant jusqu'à fin décembre la durée de validité des estimations 
fiscales actuelles de certains immeubles du 21 mars 1974). Pour la nouvelle 
période décennale 1985-1994, puis celle de 1995-2004, le Grand Conseil, retenant 
les mêmes considérations qu'en 1974, a décrété chaque fois une nouvelle 
majoration linéaire de 20 %, sauf pour les immeubles dont l'estimation fiscale 
avait été fixée ou modifiée durant la période décennale touchant à son terme 
(anciennes LEFI du 12 mars 1981 et du 14 janvier 1993 - Rapport du Grand 
Conseil PL 11397-A du 29 avril 2014, p. 2 ss). 

  Dans le cadre de la période décennale 2005-2014, le Grand Conseil a, en 
2004, prorogé une première fois sans majoration les valeurs fiscales déterminantes 
au 31 décembre 2004 pour une période écourtée de trois ans, soit jusqu'au 
31 décembre 2007 (aLEFI du 19 novembre 2004). Considérant l'envergure de la 
nouvelle estimation du parc immobilier à mettre en place, le Grand Conseil a, en 

https://intrapj/Decis/TA/ata.tdb?L=12718&HL=

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2007, décidé de proroger une seconde fois, sans aucune majoration, les valeurs 
fiscales déterminantes au 31  décembre 2007 pour une période écourtée cette 
fois-ci de cinq ans, soit jusqu'au 31 décembre 2012 (aLEFI du 30 novembre 2007 
- loi 10060). 

  Le 29 novembre 2012, le Grand Conseil a prorogé les valeurs fiscales des 
immeubles pour une nouvelle période écourtée de deux ans, soit jusqu'en 2014 
(Rapport du Grand Conseil PL 11020-A du 13 novembre 2012 ; art. 1 aLEFI du 
29 novembre 2012). 

  Le Grand Conseil a adopté, le 24 août 2014, la nouvelle LEFI, qui est entrée 
en vigueur le 1er janvier 2015, abrogeant ainsi l'aLEFI du 29 novembre 2012 
(art. 3 LEFI).  

  À teneur de l'art. 1 LEFI, la durée de validité des estimations de la valeur 
fiscale des immeubles visés à l'art. 50 let. b à e LIPP est prorogée jusqu'au 
31 décembre 2018 ; est reconduite jusqu'à cette date la valeur fiscale actuelle de 
ces immeubles au 31 décembre 2014, sans nouvelle estimation de la commission 
d'experts. 

  D'après l'art. 2 LEFI, la valeur fiscale actuelle au sens de l'art. 1 LEFI est 
celle qui est déterminante au 31 décembre 2014. Elle comprend, le cas échéant, la 
majoration prévue par la loi prorogeant jusqu'à fin décembre 1984 la durée de 
validité des estimations actuelles de certains immeubles, du 21 mars 1974, et 
celles figurant dans les lois sur les estimations fiscales de certains immeubles, du 
12 mars 1981 et du 14 janvier 1993. 

  Se pose ainsi la question de savoir si la LEFI prolonge la suspension de 
l'adaptation de la valeur d'estimation en cas de succession, au sens de 
l'art. 52 al. 4 let. b LIPP. 

5) a. La loi s'interprète en premier lieu selon sa lettre (interprétation littérale). Si 
le texte n’est pas absolument clair, si plusieurs interprétations de celui-ci sont 
possibles, le juge recherchera la véritable portée de la norme au regard notamment 
de la volonté du législateur, telle qu’elle ressort notamment des travaux 
préparatoires (interprétation historique), du but de la règle, de son esprit, ainsi que 
des valeurs sur lesquelles elle repose, en particulier de l'intérêt protégé 
(interprétation téléologique) ou encore de sa relation avec d’autres dispositions 
légales (interprétation systématique ; ATF 141 II 280 consid. 6.1 ; 140 II 202 
consid. 5.1 ; arrêt du Tribunal fédéral 2C_961/2016 du 30 mars 2017 consid. 4.1). 
Le juge ne privilégie aucune méthode d'interprétation, mais s’inspire d’un 
pluralisme pragmatique pour rechercher le sens véritable de la norme ; il ne se 
fonde sur la compréhension littérale du texte que s'il en découle sans ambiguïté 
une solution matériellement juste (ATF 135 II 243 consid. 4.1 ; 133 III 175 

https://intrapj/perl/decis/140%20II%20202
https://intrapj/perl/decis/2C_961/2016
https://intrapj/perl/decis/135%20II%20243

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consid. 3.3.1 ; arrêt du Tribunal fédéral 1C_102/2016 du 20 décembre 2016 
consid. 2.3). 

 b. L'interprétation de la loi peut conduire à la constatation d’une lacune. Une 
lacune authentique (ou proprement dite) suppose que le législateur s'est abstenu de 
régler un point qu’il aurait dû fixer et qu’aucune solution ne se dégage du texte ou 
de l'interprétation de la loi. Une telle lacune peut être occulte, lorsque le 
législateur a omis d'adjoindre à une règle conçue de façon générale la restriction 
ou la précision que son sens et son but, ou celui d'une autre norme, imposaient 
dans certains cas, à savoir lorsque le silence de la loi est contraire à son économie 
(ATF 139 I 57 consid. 5.2 ; 135 IV 133 consid. 2.4). En revanche, si le législateur 
a volontairement renoncé à codifier une situation qui n'appelait pas 
nécessairement une intervention de sa part, son inaction équivaut à un silence 
qualifié (ATF 132 III 470 consid. 5.1 ; arrêt du Tribunal fédéral 4A_41/2014 du 
20 mai 2014 consid. 4.2). Quant à la lacune improprement dite, elle se caractérise 
par le fait que la loi offre certes une réponse, mais que celle-ci est insatisfaisante. 
Seule l'existence d’une lacune proprement dite, apparente ou occulte, appelle 
l’intervention du juge, dans la mesure où il lui est en principe interdit, en 
application du principe de la séparation des pouvoirs, de corriger les lacunes 
improprement dites (ATF 139 I 57 consid. 5.2 ; 131 II 562 consid. 3.5). 

 c. Bien que les travaux préparatoires ne lient pas le juge, ils ne sont pas dénués 
d'intérêt et peuvent s’avérer utiles pour dégager le sens d’une norme 
(ATF 135 II 78 consid. 2.2 ; 119 II 183 consid. 4b ; ATA/1384/2017 du 
10 octobre 2017 consid. 11a et les références citées). Ils ne seront toutefois pris en 
considération que s'ils donnent une réponse claire à une disposition légale 
ambiguë et qu'ils trouvent expression dans le texte de la loi (ATF 124 III 126 
consid. 1b ; arrêt du Tribunal fédéral 2C_939/2011 du 7 août 2012 consid. 4 ; 
ATA/1384/2017 précité consid. 11a et les références citées). 

 d. Le juge est en principe lié par un texte clair et sans équivoque. Ce principe 
n’est toutefois pas absolu, dès lors que le texte d’une norme peut ne pas 
correspondre à son sens véritable. L’autorité qui applique le droit ne peut ainsi 
s’en écarter que s’il existe des motifs sérieux de penser que sa lettre ne correspond 
pas en tous points au sens véritable de la disposition visée. De tels motifs sérieux 
peuvent résulter des travaux préparatoires, du fondement et du but de la 
prescription en cause, de même que de sa relation avec d’autres dispositions 
(ATF 138 II 557 consid. 7.1 ; 138 V 445 consid. 5.1). En dehors du cadre ainsi 
défini, des considérations fondées sur le droit désirable ne permettent pas de 
s'écarter du texte clair de la loi, surtout si elle est récente (ATF 118 II 333 
consid. 3e ; ATA/1384/2017 précité consid. 11b). 

 e. Les normes fiscales sont soumises aux mêmes règles d'interprétation que les 
autres domaines du droit administratif. Le juge doit toutefois faire preuve d’une 
certaine circonspection lorsqu'il procède à leur interprétation, afin de respecter les 

https://intrapj/perl/decis/1C_102/2016
https://intrapj/perl/decis/132%20III%20470
https://intrapj/perl/decis/139%20I%2057
https://intrapj/perl/decis/131%20II%20562
https://intrapj/perl/decis/135%20II%2078
https://intrapj/perl/decis/119%20II%20183
https://intrapj/perl/decis/124%20III%20126
https://intrapj/perl/decis/2C_939/2011
https://intrapj/perl/decis/138%20II%20557
https://intrapj/perl/decis/138%20V%20445
https://intrapj/perl/decis/118%20II%20333

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impératifs propres à la portée particulière que revêt le principe de la légalité dans 
ce domaine (ATF 131 II 562 consid. 3.4 ; ATA/1384/2017 précité consid. 11c). Il 
s'agit, en particulier, d'éviter que soient créés, par le biais d’une interprétation 
extensive, de nouveaux cas d’assujettissement, de nouvelles matières imposables 
ou de nouveaux faits générateurs d'imposition (ATF 131 II 562 consid. 3.4). Dès 
lors, les états de fait non visés par la loi ne peuvent être imposés, même s'ils 
découlent d'un oubli du législateur. L'interprétation par analogie, selon laquelle la 
loi doit s'appliquer aussi aux états de fait comparables à ceux que la loi fiscale 
appréhende, n’est pas non plus admise en droit fiscal (ATA/1384/2017 précité 
consid. 11c ; Xavier OBERSON, Droit fiscal suisse, 4ème éd., 2012, n. 10). 

6)  On parle de conflit de normes lorsque plusieurs règles de droit sont 
susceptibles de s'appliquer à un état de fait donné, avec des conséquences 
juridiques différentes voire contradictoires (ATF 135 V 80 consid. 2.1 ; 
Ernst A. KRAMER, Juristische Methodenlehre, 4ème éd., 2013, p. 111 s.). 

  Trois règles classiques principales s'appliquent en cas de conflit de normes : 
lex superior derogat inferiori (la norme supérieure prime la norme inférieure), 
lex specialis derogat generali (la norme spéciale prime la norme générale), et 
lex posterior derogat anteriori (la norme postérieure prime la norme antérieure) 
(ATA/50/2016 du 19 janvier 2016 consid. 6a ; ATA/1000/2014 du 
16 décembre 2014 consid. 11). 

  La primauté du droit supérieur découle du principe de la hiérarchie des 
normes (arrêt du Tribunal fédéral 2C_736/2010 du 23 février 2012 consid. 6.3). Il 
en découle que cette règle de conflits de norme, même si elle n'est pas absolue en 
Suisse, prévaut sur les deux autres (Bernd RÜTHERS/Christian FISCHER/Axel 
BIRK, Rechtstheorie mit juristischer Methodenlehre, 7ème éd., 2013, n. 773). Il 
n'existe en revanche entre les principes lex specialis derogat generali et lex 
posterior derogat anteriori pas de hiérarchie stricte (ATF 134 II 329 consid. 5.2). 
Il est néanmoins incontesté que le rapport de spécialité entre deux normes n'est 
pas toujours facile à déterminer, et qu'il doit le cas échéant être dégagé selon les 
règles classiques de l'interprétation juridique (ATA/1000/2014 précité consid. 11c 
; Peter FORSTMOSER/Hans-Ueli VOGT, Einführung in das Recht, 5ème éd., 
2012, n. 279 ; Bernd RÜTHERS/Christian FISCHER/Axel BIRK, op. cit., n. 771). 
Par ailleurs, si la question du caractère postérieur d'une norme par rapport à une 
autre est généralement plus facile à établir, il n'en est pas moins nécessaire de se 
demander le cas échéant si le nouveau droit visait bien à matériellement « abroger 
» l'ancien (ATA/1000/2014 précité consid. 11c ; Peter FORSTMOSER/Hans-Ueli 
VOGT, op. cit., n. 282 ; Hansjörg SEILER, Einführung in das Recht, 3ème éd., 
2009, n. 17.4.6.2). 

7) a. En l'espèce, l'immeuble litigieux entre dans la catégorie des « autres 
immeubles » dont l'estimation est prévue par l'art. 50 let. e LIPP, ce qui n'est pas 
contesté par les parties.  

https://intrapj/perl/decis/131%20II%20562
https://intrapj/perl/decis/135%20V%2080
https://intrapj/perl/decis/ATA/1000/2014
https://intrapj/perl/decis/2C_736/2010

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 b. Au décès de feu B______ en 2011, sa part de copropriété de l'immeuble – 
estimée à CHF 393'000.- jusqu'alors – a été réévaluée à CHF 661'500.-, portant la 
valeur totale de l'immeuble à CHF 1'054'000.- (CHF 661'500 + CHF 393'000.-). 
En principe, cette valeur de succession se substitue à la valeur d'estimation qui 
prévalait jusqu’à alors, sauf dans les cas prévus à l'art. 52 al. 4 LIPP, notamment 
lorsque le logement principal de la personne décédée est attribué en propriété à un 
héritier qui faisait mésange commun avec elle, tant que cet héritier continue à 
occuper personnellement le logement comme résidence principale. Dans ce cas, 
l'adaptation de la valeur d'estimation est suspendue jusqu'à la fin de la période 
décennale (1er janvier 2005-31 décembre 2014).  

 c. La LEFI prévoit une prorogation jusqu'au 31 décembre 2018 de « la valeur 
fiscale actuelle » des immeubles, soit « celle qui est déterminante au 
31 décembre 2014 » (art. 1 et 2 LEFI).  

  D'après une interprétation littérale, il ressort du texte de la loi que la valeur 
de l'immeuble à prendre en compte est donc celle « au 31 décembre 2014 ». Or, à 
cette date l'immeuble de la recourante était estimé à CHF 786'000.-, la valeur de 
CHF 1'054'000.- étant suspendue jusqu'à la fin de la période décennale, soit 
jusqu'au 31 décembre 2014 inclus.  

  Il ne ressort pas du texte clair de la loi que la volonté de la LEFI était de ne 
pas reconduire la suspension de la valeur d'estimation visée par 
l'art. 52 al. 4 LIPP. Le fait que l'art. 1 LEFI ne fait référence qu'à la « durée de 
validité des estimations de la valeur fiscale des immeubles visées à l'art. 50 let. b à 
e LIPP » sans évoquer les cas de suspension de l'estimation de l'art. 52 al. 4 LIPP 
n'y change rien. En effet, les immeubles visés à l'art. 50 let. b à e LIPP sont les 
mêmes que ceux visés par l'art. 52 al. 2 à 6 LIPP, donc également ceux concernés 
par la suspension de l'al. 4, cette disposition concernant, de manière générale, la 
procédure d'estimation à appliquer aux immeubles en question.  

 d. Une interprétation historique des travaux préparatoires du Grand Conseil ne 
conduit pas  à un autre résultat. Au contraire, il en apparaît une volonté ambiguë 
concernant la question de la prolongation ou non, par le biais de la LEFI, de la 
suspension visée à l'art. 52 al. 4 LIPP, au-delà de la période décennale.  

  En effet, dans l'exposé des motifs du projet de l'aLEFI (entrée en vigueur le 
1er janvier 2005 et instaurant la première prorogation de trois ans de la durée de 
validité des estimations de la valeur fiscale des immeubles, soit dès le 
31 décembre 2004 [valeur fiscale déterminante au sens de l'art. 2 aLEFI] au 
31 décembre 2007), le Grand Conseil déclarait que « les valeurs fiscales au 
31 décembre 2004 seraient donc conservées sans changement, jusqu'au 
31 décembre 2007 […], sous réserve naturellement d'une modification de 
l'estimation entre-temps suite en particulier à une aliénation, une succession ou 
des travaux importants. À cet égard, il convient de rappeler que la suspension 

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d'une telle adaptation prévue à l'art. 9 al. 4 de la loi sur l’imposition des personnes 
physiques - Impôt sur la fortune du 22 septembre 2000 (aLIPP-III - D 3 13), 
[correspondant à l'actuel art. 52 al. 4 LIPP] dans certains cas d'aliénation ou de 
succession ne peut plus durer au-delà de la période décennale suivante (durée de 
dix-neuf ans au maximum), de façon à permettre que les circonstances faisant 
apparaître la valeur réelle de certains bien immobiliers puissent tout de même 
donner lieu à une adaptation de leur estimation dans un délai raisonnable » 
(exposé des motifs du PL 9360 du 28 septembre 2004 p. 5-6). 

  Le Grand Conseil estimait donc que la valeur de succession d'un immeuble 
pouvait rester suspendue pour une durée maximale de dix-neuf ans et que la 
suspension pouvait pas conséquent empiéter sur la période décennale suivante. 

  Toutefois, la lecture des travaux préparatoires de l'aLEFI (entrée en vigueur 
le 1er janvier 2013 et prorogeant de deux ans la durée de validité des estimations 
de la valeur fiscale des immeubles, soit dès le 31 décembre 2012 [valeur fiscale 
déterminante au sens de l'art. 2 aLEFI] au 31 décembre 2014) dégage une volonté 
opposée.  

  En effet, dans la discussion du projet de loi initial (lequel prévoyait une 
majoration de 20 % de la valeur fiscale des immeubles sauf exceptions prévues à 
l'art. 3 aLEFI), l'art. 3 let. d énonçait que la majoration ne s'appliquerait pas aux 
valeurs fiscales actuelles « adaptées ou dont l'adaptation avait été suspendue pour 
le reste de la période décennale (art. 52 al. 3 et 4 LIPP), pour les aliénations ou les 
dévolutions pour cause de mort survenues après le 31 décembre 2004 ». Dans 
l'exposé des motifs de ce texte de loi, le Grand Conseil indiquait que 
« l'art. 52 al. 4 LIPP prévoit certaines situations pour lesquelles l'adaptation de la 
valeur d'estimation à la valeur d'aliénation ou à la valeur de succession est 
suspendue pour le reste de la période décennale. Étant donné que la présente 
prorogation des estimations a lieu au cours de la période décennale 2005-2014, 
cette let. d [de l'art. 3 aLEFI], dans sa deuxième hypothèse, prévoit que ces cas de 
figure, continuent à bénéficier, conformément à la LIPP, de la valeur fiscale 
déterminante au 31 décembre 2012 sans majoration. Toutefois, à la fin de la 
suspension, que ce soit parce que les conditions pour en bénéficier ne sont plus 
réalisées ou au plus tard à la fin de la période décennale 2005-2014 (donc dès le 
1er janvier 2015), la valeur d'aliénation ou la valeur de succession mise jusque-là 
en suspens deviendra d'office, conformément à la systématique de la LIPP, 
nouvelle valeur fiscale en principe jusqu'au 31 décembre 2016 » (la loi 11020 
finalement adoptée par le Grand Conseil n'allant que jusqu'au 31 décembre 2014 - 
exposé des motifs du PL 11020 du 29 août 2012 p. 9). 

  Par conséquent, l'analyse des travaux préparatoires des différentes LEFI ne 
permet pas de déterminer une volonté clairement définie concernant la 
prorogation de la suspension de la valeur de succession des immeubles au-delà de 

https://intrapj/perl/JmpLex/D%203%2013

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la période décennale prévue par la LIPP. Il est par conséquent impossible, en se 
basant sur une interprétation historique, de dégager le sens véritable de la norme.  

 e. Enfin, s'il est vrai que le but de la LEFI est de donner du temps aux autorités 
genevoises pour réévaluer le parc immobilier, les législations (LEFI) successives 
visent, aux dires du Grand Conseil, à « maintenir le système actuel aussi 
longtemps que les nouvelles valeurs ne sont pas déterminées » (Rapport du Grand 
Conseil PL 11397-A p. 3). 

 f. Au vu de ce qui précède, le législateur s'est abstenu de régler un point qu'il 
aurait dû fixer, étant donné qu'aucune solution claire n'émane ni d'une 
interprétation systématique (relation de la LEFI avec la LIPP) ni d'une 
interprétation historique ou encore téléologique de la LEFI. Il s'agit d'une lacune 
que le juge peut combler, tout en restant toujours lié par un texte clair et sans 
équivoque de la loi et ne pouvant s'en écarter que s'il existe des motifs sérieux de 
penser que sa lettre ne correspond pas en tous points au sens véritable de la 
disposition visée. 

  Il convient dès lors de faire prévaloir l'interprétation littérale de la LEFI, qui 
est d'ailleurs une lex specialis ainsi qu'une norme postérieure par rapport à la 
LIPP. Par conséquent, la valeur fiscale qui doit être appliquée à l'immeuble à 
partir du 1er janvier 2015 est celle qui était déterminante au 31 décembre 2014, 
soit CHF 786'000.-. 

 g. Il sied de préciser que l'interprétation faite par le TAPI, soit le fait qu'il 
serait explicitement inscrit dans l'art. 1 LEFI que la valeur fiscale actuelle des 
immeubles au 31 décembre 2014 n'est reconduite jusqu'au 31 décembre 2018 
« que dans le cas où il n'existe pas de nouvelle estimation par la commission 
d'experts » ne peut pas être suivie.  

  En effet, l'art. 1 LEFI prévoit uniquement que la valeur existante au 
31 décembre 2014 est reconduite sans nouvelle estimation, jusqu'au 
31 décembre 2018, soit qu'il n'y a pas la place pour une nouvelle estimation faite 
par une commission d'experts. De surcroît, la première et dernière estimation dans 
ce sens a été faite en 1964 et l'estimation à la valeur de succession faite par 
l'AFC-GE ne peut pas être considérée comme une estimation faite par la 
commission d'experts visée par la loi. 

8)  Compte tenu de ce qui précède, le recours sera admis, le jugement du TAPI 
sera annulé ainsi que les décisions sur réclamation de l'AFC-GE du 
23 novembre 2016. Le dossier sera retourné à cette dernière pour nouvelles 
taxations ICC et IFD 2015 conformes aux considérants. Il appartiendra également 
à l'AFC-GE de recalculer le montant de l'IIC déductible, ce à quoi elle s'est 
d'ailleurs engagée dans ses écritures. 

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9)  Malgré l'issue du litige, aucun émolument ne sera mis à la charge de 
l'AFC-GE qui défend ses décisions de taxation (art. 87 al. 1 2ème phrase LPA). 
Une indemnité de procédure de CHF 1'000.- sera allouée à la recourante, à la 
charge de l’État de Genève (art. 87 al. 2 LPA). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 8 mai 2017 par Madame A______ contre le 
jugement du Tribunal administratif de première instance du 3 avril 2017 ; 

au fond : 

l'admet ; 

annule le jugement du Tribunal administratif de première instance du 3 avril 2017 ;  

annule les décisions sur réclamation de l'administration fiscale cantonale du 
23 novembre 2016 ; 

annule les bordereaux de taxation de l'administration fiscale cantonale concernant 
l'impôt fédéral direct et l'impôt cantonal et communal 2015 du 4 août 2015 ; 

renvoie la cause à l'administration fiscale cantonale pour nouvelles décisions de taxation 
pour l'impôt fédéral direct et l'impôt cantonal et communal 2015 au sens des 
considérants ;  

dit qu'il n'est pas perçu d'émolument ;  

alloue à Madame A______ une indemnité de procédure de CHF 1'000.-, à la charge de 
l'État de Genève ;  

dit que, conformément aux art. 82 ss de LTF, le présent arrêt peut être porté dans les 
trente jours qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du 
recours en matière de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, 
motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il 
doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession 
du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ; 

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communique le présent arrêt à Lambelet & Associés SA, mandataire de la recourante, à 
l'administration fiscale cantonale, à l'administration fédérale des contributions, ainsi 
qu'au Tribunal administratif de première instance. 

Siégeant : Mme Junod, présidente, M. Thélin et Mme Krauskopf, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

le greffier-juriste : 
 
 

M. Mazza 
 

 la présidente siégeant : 
 
 

Ch. Junod 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :