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**Case Identifier:** d3ab92a9-9968-58e1-88fc-c5d2c680024d
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours civile HC / 2016 / 163
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_010_HC---2016---163_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

TU10.017918-160095

39 

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS CIVILE

_________________________________________

Arrêt du
3 février 2016

__________________

Composition
:               M.             
WINZAP,
président

             
              MM.             
Sauterel  et  Pellet, juges

Greffière
:              Mme             
Huser

 

 

*****

 

 

Art.
122 al. 1 let. a CPC et 2 al. 1 let. a et b RAJ

 

 

             
Statuant à huis clos sur le recours interjeté par l'avocat F.________ contre l'ordonnance de
mesures provisionnelles rendue le 18 décembre 2015 par le Président du Tribunal civil de l’arrondissement
de Lausanne, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal considère :

             
En fait:

 

 

A.             
Par ordonnance du 18 décembre 2015, adressée pour notification aux parties le même jour,
le Président du Tribunal civil de l’arrondissement de Lausanne a notamment fixé l’indemnité
du conseil d'office de A.Z.________, allouée à Me F.________, à 6'914 fr. 30, débours,
frais de vacations et TVA inclus, pour la période du 23 octobre 2014 au 19 novembre 2015.

 

 

B.             
Par acte du 28 décembre 2015, l’avocat
F.________ a recouru contre la décision précitée, en concluant, avec suite de frais et
dépens, principalement à sa réforme, en ce sens qu'une indemnité de 9'399 fr. 35,
TVA comprise, lui soit allouée et, subsidiairement, à son annulation, le dossier de la cause
étant renvoyé à l’autorité précédente pour nouvelle décision
dans le sens des considérants. 

 

 

C.             
La Chambre des recours civile retient les faits pertinents suivants:

 

1.               
Par prononcé du 26 septembre 2012, la Présidente
du Tribunal civil de l'arrondissement de Lausanne a accordé le bénéfice de l'assistance
judiciaire à A.Z.________ avec effet au 25 septembre 2012 dans la cause en divorce l'opposant à
son épouse B.Z.________, et désigné Me F.________ en qualité de conseil d'office
de A.Z.________.

 

2.               
Par courrier du 19 novembre 2015, Me F.________
a produit une liste d’opérations intermédiaire, faisant état de 46 heures et 47
minutes consacrées au dossier pour la période du 23 octobre 2014 au 19 novembre 2015, étant
précisé que des indemnités intermédiaires lui avaient déjà été
allouées pour la période antérieure au 23 octobre 2014. Dans cette liste figurent notamment
39 courriels, à raison de 10 à 20 minutes chacun pour un total de 10 heures et 40 minutes,
9 « shl » (« short letters ») pour un total de 27 minutes, 15
télécopies pour un total de 2 heures et 12 minutes et 47 téléphones pour un
total de 18 heures et 5 minutes. 

 

 

             
              En
droit:

 

 

1.             
              L’art. 110 CPC (Code
de procédure civile du 19 décembre 2008; RS 210) ouvre la voie du recours séparé
de l’art. 319 let. b ch. 1 CPC contre les décisions fixant l’indemnité du conseil
d’office, cette indemnité étant considérée comme des frais au sens de l’art.
95 CPC (CREC 23 décembre 2015/441; CREC 15 avril 2014/140 ; Tappy, CPC commenté, 2011,
n. 21 ad art. 122 CPC).

 

L’art.
122 al. 1 let. a CPC règle la rémunération du conseil d’office. Cette disposition
figure au chapitre qui réglemente l'assistance judiciaire et qui comprend les art. 117 à 123
CPC. Il s’ensuit que la procédure sommaire prévue par l’art. 119 al. 3 CPC est
également applicable lorsque le tribunal statue sur l'indemnité du conseil d'office (CREC 23
décembre 2015/441; CREC 16 janvier 2015/375). Partant, le délai pour déposer un recours
est de dix jours (art. 321 al. 2 CPC).

 

             
              En l'espèce, déposé
en temps utile par une partie qui y a intérêt (art. 59 al. 2 let. a CPC), le recours est recevable.

 

 

2.             
Le recours est recevable pour violation du droit
(art. 320 let. a CPC) et constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 let. b CPC). L’autorité
de recours dispose d’un plein pouvoir d’examen s’agissant de la violation du droit
(Spühler, in Basler Kommentar, 2e
éd., 2013, n. 26 ad art. 319 CPC). Elle revoit librement les questions de droit soulevées par
le recourant et peut substituer ses propres motifs à ceux de l’autorité précédente
ou du recourant (HohI, Procédure civile, tome lI, 2e
éd., 2010, n. 2508, p. 452).

 

 

3.             

3.1             
Le recourant reproche au premier
juge d'avoir arbitrairement, et parfois sans motivation, retranché près de 40% du nombre d'heures
consacrées au dossier, figurant sur la liste d'opérations produite le 19 novembre 2015. Le
premier juge aurait ainsi réduit à tort la durée des courriels à 10 minutes chacun
et il aurait supprimé sans motif la comptabilisation des télécopies ainsi que celle liée
à la transmission des mémos. Enfin, il aurait considéré à tort que la durée
des téléphones avec le client était excessive et qu’il fallait la réduire à
12 heures, arrêtant la durée totale de l’activité consacrée au dossier à
34 heures.

 

3.2             
Aux termes de l'art. 122 al. 1 let. a CPC, le conseil juridique commis d'office est rémunéré
équitablement par le canton. Cette notion aux contours imprécis doit permettre aux cantons
de fixer, sur la base d'un large pouvoir d'appréciation (TF 5P.291/2006 du 19 septembre 2006), le
montant de l'indemnité allouée au conseil d’office dans les limites de leur tarif des
frais (art. 96 CPC) (Rüegg, in Basler Kommentar, 2e
éd., 2013, nn. 5 à 7 ad art. 122 CPC, pp. 683-684).

 

             
              Pour fixer la quotité
de l'indemnité du conseil d'office, l'autorité cantonale doit s'inspirer des critères
applicables à la modération des honoraires d'avocat (Donzallaz, Loi sur le Tribunal fédéral,
Commentaire, 2008, n. 1775 ad art. 64 LTF ; ATF 122 I 1 consid. 3a). Dans le canton de Vaud, l'art.
2 al. 1 RAJ (règlement sur l’assistance judiciaire en matière civile; RSV 211.02.3) –
qui renvoie à l'art. 122 al. 1 let. a CPC – précise que le conseil juridique commis d'office
a droit au remboursement de ses débours et à un défraiement équitable, qui est fixé
en considération de l'importance de la cause, de ses difficultés, de l'ampleur du travail et
du temps consacré par le conseil juridique commis d'office. A cet égard, le juge apprécie
l'étendue des opérations nécessaires pour la conduite du procès. Il applique le tarif
horaire de 180 fr. pour un avocat (art. 2 let. a RAJ) et de 110 fr. pour un avocat-stagiaire (art. 2
let. b RAJ).

 

             
              En
matière civile, le conseil d'office peut être amené à accomplir dans le cadre du
procès des démarches qui ne sont pas déployées devant les tribunaux, telles que recueillir
des déterminations de son client ou de la partie adverse ou encore rechercher une transaction. De
telles opérations doivent également être prises en compte (ATF 122 I 1 consid. 3a précité
; ATF 117 la 22 précité consid. 4c et les réf. cit.). Cependant, le temps consacré
à la défense des intérêts du client et les actes effectués ne peuvent être
pris en considération sans distinction. Ainsi, le juge peut d'une part revoir le temps de travail
allégué par l'avocat, s’il l’estime exagéré en tenant compte des caractéristiques
concrètes de l'affaire, et ne pas rétribuer ce qui
ne s'inscrit pas raisonnablement
dans le cadre de l'accomplissement de sa tâche ; d’autre part, il peut également refuser
d'indemniser le conseil pour des opérations qu’il estime inutiles ou superflues.

 

3.3             
Sur le principe, tout d'abord, c’est à juste titre que le premier juge a considérablement
réduit la durée de certaines opérations. Il faut en effet constater que, dans le cadre
d'une procédure provisionnelle qui a impliqué la rédaction d'un procédé écrit
et la participation à une audience, ce qui, conférence avec le client, préparation de
l'audience et correspondance avec le tribunal et la partie adverse inclus représente, selon la liste
des opérations, un total de 15 heures, la proportion des opérations liées directement
à la procédure judiciaire ne représente qu'un tiers de la durée totale facturée.
Cela démontre déjà en soi que le temps consacré à renseigner le client et à
discuter avec lui est manifestement excessif. La réduction du temps consacré par l'avocat aux
mémos et aux téléphones avec son client s'impose donc dans les proportions retenues par
le premier juge, car il s’agit d'opérations superflues ou inutiles.

 

             
              C’est ensuite à
tort que le recourant fait valoir que le premier juge n’aurait pas motivé sa réduction
concernant le temps consacré aux télécopies et aux « shl » (soit « short
letters »), puisqu’il a indiqué expressément qu’'il s'agissait d’un
pur travail de secrétariat. Le recourant échoue d'ailleurs à démontrer que les constatations
du premier juge seraient à cet égard manifestement erronées, puisque le relevé des
opérations comprend de nombreuses lettres à la partie adverse et à des tiers, de sorte
que le premier juge n'avait pas à partir du principe qu’il s’agissait de courriers distincts
n'ayant été envoyés que par fax. Il appartenait dès lors au recourant de le mentionner
expressément dans son relevé, l’utilisation de la mention « télécopie
» prêtant à confusion. C’est également en vain que le recourant se prévaut
du temps consacré à la prise de connaissance des lettres de la partie adverse, ces opérations
ne prenant que quelques instants, conformément à ce que retient la jurisprudence mentionnée
par le premier juge.

 

             
Enfin, c’est en vain également que le recourant invoque une inégalité de traitement
avec la rémunération du conseil d'office de la partie adverse. Le rôle procédural
des avocats n'étant pas le même, toute comparaison est vaine. Il apparait ainsi à l'examen
du relevé des opérations de Me Druey que les opérations de rédaction des écritures
déposées en justice ont pris plus de temps, ce qui s'explique par l'importance de la requête
de mesures provisionnelles. Contrairement à ce que soutient le recourant le résultat auquel
le premier juge est parvenu dans la rémunération respective des conseils d'office ne démontre
donc pas l’arbitraire de la décision.

4.             
Le recours doit en conséquence
être rejeté et la décision entreprise confirmée.

 

             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 200 fr. (art. 69 al.1 TFJC
[tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre 2010; RSV 270.11.5]), sont mis à la charge du
recourant.

 

             
Il n’y a pas matière
à l’allocation de dépens.

 

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours civile du Tribunal cantonal,

en
application de l'art. 322 al. 1 CPC,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
La décision est confirmée.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 200 fr. (deux cents francs),
sont mis à la charge du recourant F.________.

 

             
IV.             
L’arrêt motivé est exécutoire.

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du
4 février 2016

 

             
Le dispositif de l’arrêt qui précède est communiqué par écrit aux intéressés.

 

             
La greffière :

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié en expédition complète, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Me Bertrand Demierre (pour l'avocat F.________),

 

             
La Chambre des recours civile considère que la valeur litigieuse est inférieure à 30’000
francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s’élève au moins à 15’000 fr. en matière de droit du travail
et de droit du bail à loyer, à 30’000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés
devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification
(art. 100 al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. le Président du Tribunal civil de l’arrondissement de Lausanne.

 

             
La greffière :