# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** ab73a5cf-be50-59bf-aadd-7a4e9baf7a0d
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2022-03-03
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 03.03.2022 E-892/2022
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-892-2022_2022-03-03.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour V 

E-892/2022 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  3  m a r s  2 0 2 2  

Composition 
 Déborah D'Aveni, juge unique,  

avec l'approbation de Fulvio Haefeli, juge ; 

Alessandra Stevanin, greffière. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

Iran,  

(…),   

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile (non-entrée en matière / procédure Dublin) et renvoi ; 

décision du SEM du 15 février 2022 / N (…). 

 

 

 

E-892/2022 

Page 2 

Vu 

la demande d’asile déposée en Suisse par A._______ (ci-après : l’inté-

ressé, le requérant ou le recourant) en date du 28 décembre 2021, 

les résultats de la comparaison, effectuée le 30 décembre 2021 par le 

SEM, de ses données dactyloscopiques avec celles enregistrées dans la 

banque de données « Eurodac », dont il ressort, notamment, qu’il a déposé 

une première demande d’asile en Allemagne, le 1er février 2016, une se-

conde le 30 juillet 2020, ainsi qu’une demande d’asile au Luxembourg, le 

8 février 2021, 

le mandat de représentation signé par le requérant en faveur de Caritas 

Suisse, le 3 janvier 2022, 

le procès-verbal de l’audition sommaire de l’intéressé du 3 janvier 2022, 

lors de laquelle le SEM a recueilli ses données personnelles, 

le rapport médical daté du 7 janvier 2022, établi par B._______, évoquant 

un syndrome grippal dont le diagnostic correspond à une virose (probable 

Covid-19),  

le compte rendu de l’entretien individuel « Dublin » du 24 janvier 2022 

(ci-après : entretien « Dublin »), lors duquel l’intéressé a été entendu par 

le SEM, en présence de son représentant juridique, sur les compétences 

éventuelles respectives de l’Allemagne et du Luxembourg pour le traite-

ment de sa demande d’asile, ses objections à son transfert dans ces Etats 

ainsi que sa situation médicale, 

la requête aux fins de reprise en charge du requérant, présentée le 25 jan-

vier 2022 par le SEM aux autorités allemandes compétentes et fondée sur 

l’art. 18 par. 1 let. d du règlement (UE) no 604/2013 du Parlement européen 

et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de 

détermination de l’Etat membre responsable de l'examen d'une demande 

de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un 

ressortissant de pays tiers ou un apatride (refonte) (JO L 180/31 du 

29.6.2013 ; ci-après : règlement Dublin III), 

la réponse du 27 janvier suivant, par laquelle les autorités allemandes ont 

refusé le transfert Dublin de l’intéressé, au motif que la compétence pour 

traiter sa demande d’asile relevait des autorités du Luxembourg, 

E-892/2022 

Page 3 

la requête aux fins de reprise en charge du requérant, présentée le 31 jan-

vier 2022 par le SEM aux autorités luxembourgeoises compétentes, 

la réponse du 1er février suivant, par laquelle celles-ci ont refusé le transfert 

de l’intéressé, au motif que la compétence pour traiter sa demande d’asile 

relevait des autorités allemandes, 

la requête de réexamen présentée le 9 février 2022 par le SEM aux auto-

rités allemandes et fondée sur les art. 5 al. 2 du règlement (CE) 

no 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003 portant modalités 

d’application du règlement (CE) no 343/2003 du Conseil et 18 du règlement 

Dublin III,  

la réponse du 10 février suivant, par laquelle les autorités allemandes ont 

expressément accepté le transfert de l’intéressé, en application de l’art. 18 

par. 1 let. d du règlement Dublin III, 

la lettre d’introduction Medic-Help du 14 février 2022 et le rapport médical 

succinct y contenu dont il ressort qu’un état de stress et une suspicion  

d’idées paranoïaques ont été constatés chez l’intéressé,  

la décision du 16 février 2022, notifiée le lendemain, par laquelle le SEM, 

en application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, n'est pas entré en matière sur 

la demande d'asile du requérant, a prononcé son renvoi (recte : transfert) 

vers l’Allemagne et a ordonné l'exécution de cette mesure, constatant l’ab-

sence d’effet suspensif à un éventuel recours,  

la déclaration du 18 février 2022, par laquelle le représentant du requérant 

a résilié son mandat, 

le recours interjeté, le 24 février 2022, contre cette décision auprès du Tri-

bunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal), par lequel l’intéressé a 

contesté la décision précitée, a (implicitement) conclu à l’annulation de la 

décision attaquée et au renvoi de la cause au SEM pour qu’il entre en ma-

tière sur sa demande d’asile, et a sollicité la preuve selon laquelle les auto-

rités allemandes souhaiteraient l’accueillir, 

la réception du recours et du dossier de première instance par le Tribunal, 

le 25 février 2022, 

 

 

E-892/2022 

Page 4 

et considérant 

que le Tribunal, en vertu de l’art. 31 LTAF, connaît des recours contre les 

décisions au sens de l’art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à 

l’art. 33 LTAF, 

qu’en particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l’asile peu-

vent être contestées devant le Tribunal, lequel statue alors définitivement, 

sauf demande d’extradition déposée par l’Etat dont le requérant cherche à 

se protéger (art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi de l’art. 105 LAsi, et 

art. 83 let. d ch. 1 LTF), exception non réalisée en l’espèce, 

que le Tribunal est donc compétent pour connaître du présent litige, 

que l'intéressé a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA, applicable par renvoi 

de l’art. 37 LTAF), 

que le recours, interjeté dans la forme (art. 52 al. 1 PA) et le délai (art. 108 

al. 3 LAsi) prescrits par la loi, est recevable, 

qu'à l'encontre d'une décision rendue en matière d'asile, un recourant peut 

invoquer, en vertu de l'art. 106 al. 1 LAsi, la violation du droit fédéral, no-

tamment pour abus ou excès dans l'exercice du pouvoir d'appréciation 

(let. a), et l'établissement inexact ou incomplet de l'état de fait pertinent 

(let. b),  

qu'il ne peut, par contre, pas invoquer l'inopportunité de la décision atta-

quée (cf. ATAF 2015/9 consid. 8.2.2),  

que, saisi d’un recours contre une décision de non-entrée en matière sur 

une demande d’asile, le Tribunal se limite à examiner le bien-fondé d’une 

telle décision (cf. ATAF 2012/4 consid. 2.2 ; 2009/54 consid. 1.3.3 ; 2007/8 

consid. 5), 

que, dans le cas d’espèce, il y a lieu de déterminer si le SEM était fondé à 

faire application de l’art. 31a al. 1 let. b LAsi, disposition en vertu de la-

quelle il n’entre pas en matière sur une demande d’asile lorsque le requé-

rant peut se rendre dans un Etat tiers compétent, en vertu d’un accord in-

ternational, pour mener la procédure d’asile et de renvoi, 

qu’avant de faire application de la disposition précitée, le SEM examine la 

compétence relative au traitement d’une demande d’asile selon les critères 

fixés dans le règlement Dublin III, 

E-892/2022 

Page 5 

que, s’il ressort de cet examen qu’un autre Etat est responsable du traite-

ment de la demande d’asile, le SEM rend une décision de non-entrée en 

matière après que l’Etat requis a accepté la prise ou la reprise en charge 

du requérant d’asile (cf. ATAF 2017 VI/5 consid. 6.2), 

qu’aux termes de l’art. 3 par. 1 du règlement Dublin III, une demande de 

protection internationale est examinée par un seul Etat membre, celui-ci 

étant déterminé selon les critères fixés à son chapitre III, 

que la procédure de détermination de l’Etat responsable est engagée aus-

sitôt qu’une demande d’asile a été déposée pour la première fois dans un 

Etat membre (art. 20 par. 1 du règlement Dublin III), 

que, dans une procédure de reprise en charge (anglais : « take back »),  

comme c’est le cas en l’espèce, dès lors qu'un Etat membre a été déjà 

saisi d'une première demande d'asile et qu'il a admis sa responsabilité pour 

l'examiner, il n'appartient en principe pas à un autre Etat membre, saisi 

d'une demande d'asile ultérieure, de procéder à une nouvelle détermina-

tion de l'Etat responsable en application des critères de compétence du 

règlement Dublin III (cf. ATAF 2017 VI/5 consid. 6.2 s. et 8.2.1 et réf. cit.), 

qu’en vertu de l’art. 3 par. 2 du règlement Dublin III, lorsqu’il est impossible 

de transférer un demandeur vers l’Etat membre initialement désigné 

comme responsable parce qu’il y a de sérieuses raisons de croire qu’il 

existe dans cet Etat membre des défaillances systémiques dans la procé-

dure d’asile et les conditions d’accueil des demandeurs, qui entraînent un 

risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l’art. 4 de la Charte 

des droits fondamentaux de l’Union européenne (JO C 364/1 du 

18.12.2000, ci-après: CharteUE), l’Etat procédant à la détermination de 

l’Etat responsable poursuit l’examen des critères fixés au chapitre III afin 

d’établir si un autre Etat peut être désigné comme responsable, 

que, lorsqu’il est impossible de transférer le demandeur vers un Etat dési-

gné sur la base de ces critères ou vers le premier Etat auprès duquel la 

demande a été introduite, l’Etat membre procédant à la détermination de-

vient l’Etat responsable, 

que l’Etat responsable de l’examen d’une demande de protection interna-

tionale en vertu du règlement est notamment tenu de reprendre en charge 

– dans les conditions prévues aux art. 23, 24, 25 et 29 – le  ressortissant 

de pays tiers ou l’apatride dont la demande a été rejetée et qui a présenté 

une demande auprès d'un autre Etat membre ou qui se trouve, sans titre 

E-892/2022 

Page 6 

de séjour, sur le territoire d'un autre Etat membre (cf. art. 18 par. 1 let. d du 

règlement Dublin III), 

que, sur la base de l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III (clause de sou-

veraineté), chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de 

protection internationale qui lui est présentée par le ressortissant d'un pays 

tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des 

critères fixés dans le règlement,  

que, comme le Tribunal l'a retenu dans sa jurisprudence 

(cf. ATAF 2017 VI/5 consid. 8.5.2 et jurisp. cit.), le SEM doit admettre la 

responsabilité de la Suisse pour examiner une demande de protection in-

ternationale qui lui est présentée, même si cet examen ne lui incombe pas 

en vertu des critères fixés dans le règlement Dublin III, lorsque le transfert 

envisagé vers l'Etat membre désigné responsable par lesdits critères viole 

des obligations de la Suisse relevant du droit international public,  

que le SEM peut également admettre cette responsabilité pour des raisons 

humanitaires au sens de l'art. 29a al. 3 de l'ordonnance 1 sur l'asile du 

11 août 1999 (OA 1, RS 142.311),  

qu'il dispose à cet égard d'un pouvoir d'appréciation qu'il est tenu d'exercer 

conformément à la loi (cf. ATAF 2015/9 consid. 6 à 8), 

qu’en l’occurrence, les investigations entreprises par le SEM ont permis 

d’établir, après consultation de l’unité centrale du système européen « Eu-

rodac », que le recourant avait déposé une première demande d’asile en 

Allemagne le 1er février 2016, puis une deuxième le 30 juillet 2020, ainsi 

qu’une troisième demande d’asile au Luxembourg, le 8 février 2021, 

que, lors de son entretien « Dublin », le recourant a confirmé avoir déposé 

une première demande d’asile en Allemagne, le 1er février 2016, précisant 

toutefois avoir reçu une décision négative y relative, laquelle aurait été con-

firmée par l’autorité de recours, 

qu’il a ajouté avoir déposé une seconde demande d’asile en 2020 dans ce 

même pays, dans le but de « relancer son dossier sur la base de certaines 

activités menées en Allemagne », laquelle n’aurait toutefois fait l’objet d’au-

cune décision à ce jour et dont la procédure aurait dès lors été classée 

sans suite, 

E-892/2022 

Page 7 

qu’après avoir procédé à des échanges de vues entre les autorités alle-

mandes et luxembourgeoises, le SEM a soumis à l’Allemagne, le 9 fé-

vrier 2022, soit dans le délai fixé à l’art. 21 par. 1 du règlement Dublin III, 

une requête aux fins de reprise en charge, fondée sur l’art. 18 par. 1 let. d 

dudit règlement, 

que, le 10 février 2022, les autorités allemandes ont expressément accepté 

la demande de reprise en charge de l’intéressé sur la base de cette dispo-

sition, 

que l’Allemagne a ainsi reconnu sa compétence pour traiter la demande 

d’asile du recourant,  

que, dans son recours, le recourant fait valoir avoir interrogé la collabora-

trice du SEM chargée de mener son audition « Dublin » quant à une éven-

tuelle application du règlement Dublin dans son cas, laquelle lui aurait ré-

pondu que sa demande d’asile serait acceptée par les autorités suisses,  

qu’une telle déclaration de la part d’une collaboratrice du SEM ne ressort 

pas du procès-verbal de son audition « Dublin » et apparaît, au demeurant, 

peu probable compte tenu de son dossier, 

que, quoi qu’il en soit, l’intéressé n’a pas expressément contesté la com-

pétence de l’Allemagne pour le traitement de sa demande d’asile dans son 

recours, de sorte que la responsabilité de cet Etat est acquise, au regard 

des critères de détermination de l'Etat membre responsable (cf. art. 7 ss 

du règlement Dublin III), 

qu’il n’y a aucune raison sérieuse de croire qu’il existe, en Allemagne, des 

défaillances systémiques dans la procédure d’asile et les conditions d’ac-

cueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou 

dégradant au sens de l’art. 4 de la CharteUE (cf. art. 3 par. 2 2ème phrase 

du règlement Dublin III), 

qu’en effet, ce pays est lié à cette Charte et partie à la Convention du 

28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés (Conv. réfugiés, RS 0.142.30) 

ainsi qu’au Protocole additionnel du 31 janvier 1967 (RS 0.142.301), à la 

CEDH (RS 0.101) et à la Convention du 10 décembre 1984 contre la torture 

et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (Conv. 

torture, RS 0.105) et, à ce titre, en applique les dispositions,  

que l’Allemagne est également liée par la directive n° 2013/32/UE du Par-

lement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative à des procédures 

E-892/2022 

Page 8 

communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale [refonte] 

(JO L 180/60 du 29.6.2013) et par la directive n° 2013/33/UE du Parlement 

européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'ac-

cueil des personnes demandant la protection internationale [refonte] (JO L 

180/96 du 29.6.2013),  

qu'en l'absence d'une pratique actuelle avérée en Allemagne de violation 

systématique de ces normes minimales de l'Union européenne, cet Etat 

est présumé respecter ses obligations tirées du droit international public, 

en particulier le principe de non-refoulement énoncé expressément à 

l'art. 33 Conv. réfugiés, ainsi que l'interdiction des mauvais traitements an-

crée à l'art. 3 CEDH et à l'art. 3 Conv. torture,  

que, cela dit, cette présomption peut être valablement renversée en pré-

sence de motifs sérieux et avérés de penser que la personne, objet de la 

mesure de transfert, courra un risque réel de subir des traitements con-

traires à ces dispositions, 

qu'il convient donc d'examiner de manière approfondie et individualisée 

la situation de la personne intéressée, et de renoncer à son transfert si le 

risque évoqué ci-dessus est avéré, 

que, dans son recours, le recourant allègue avoir subi des menaces 

« contre son corps et sa vie » (« die Bedrohung meines Leibes und Le-

bens ») de la part des autorités allemandes au cours des six années pen-

dant lesquelles il a séjourné en Allemagne et renvoie à ses déclarations à 

ce sujet lors de son audition « Dublin », 

qu’il ressort du procès-verbal de cette audition que sa vie serait en danger 

en Allemagne, où il aurait notamment été menacé par message via l’appli-

cation Telegram et photographié durant son sommeil alors qu’il se trouvait 

dans un camp,  

que, s’étant adressé à la police à tout le moins à deux reprises ensuite de 

ces événements, celle-ci n’aurait pas réagi, ce qui laisserait entendre une 

collaboration conspirationniste entre les autorités allemandes et iraniennes 

à son encontre, 

que, force est de constater toutefois que le recourant n’a fourni aucun élé-

ment de fait susceptible de prouver ses déclarations, que ce soit au cours 

de la procédure ou à l’appui de son recours, 

E-892/2022 

Page 9 

qu’il invoque à cet égard ne pas avoir pu s’entretenir personnellement avec 

son conseil, hormis lors de son audition « Dublin », de sorte qu’il aurait été 

privé de la possibilité de transmettre à ce dernier toutes les pièces justifi-

catives qu’il souhaitait faire valoir dans le cadre de la procédure devant le 

SEM, 

qu’à suivre la thèse du recourant et à supposer qu’il n’ait pas pu faire faire 

valoir l’ensemble de ses moyens de preuve dans le cadre de la procédure 

de première instance, le Tribunal souligne qu’il lui incombait à tout le moins 

de les produire en procédure de recours,  

que, partant, aucun élément de fait ne vient étayer ses allégations et rien 

ne permet de retenir en l’espèce que les autorités de ce pays ne seraient 

pas en mesure, si nécessaire, de protéger le recourant contre d’éventuelles 

menaces, 

qu’au surplus, rien ne démontre que l’Allemagne faillirait à ses obligations 

internationales en renvoyant le recourant dans un pays où sa vie, son in-

tégrité corporelle ou sa liberté seraient sérieusement menacées, ou encore 

d'où il risquerait d'être astreint à se rendre dans un tel pays, 

qu’aucun élément n’amène davantage à considérer que la demande de 

protection de l’intéressé aurait été traitée en violation de normes interna-

tionales contraignantes liant l’Allemagne et en particulier de celles prévues 

par la directive Procédure,  

qu’il est rappelé au demeurant qu'une décision définitive de refus d'asile et 

de renvoi vers le pays d'origine ne constitue pas, en soi, une violation du 

principe de non-refoulement, 

qu'au contraire, en retenant le principe de l'examen de la demande d'asile 

par un seul et même Etat membre (« one chance only »), le règlement 

Dublin III vise à lutter contre les demandes d'asile multiples,  

qu’en outre, le recourant n’a pas démontré que ses conditions d'existence 

en Allemagne revêtiraient un tel degré de pénibilité et de gravité qu'elles 

seraient constitutives d'un traitement contraire à l'art. 3 CEDH ou encore 

à l'art. 3 Conv. torture,  

que le SEM a dûment tenu compte des documents médicaux établis à l’en-

droit du recourant,  

E-892/2022 

Page 10 

qu’hormis une virose (potentielle infection au Covid-19) et une suspicion 

d’idées paranoïaques, décelées respectivement par une médecin 

B._______ et un infirmier en psychiatrie, le recourant n’a pas fait état d’af-

fections médicales quelconques le concernant, 

que les problématiques médicales précitées ne revêtent pas le degré de 

gravité suffisant pour faire obstacle au transfert, le dossier ne révélant en 

tous les cas pas un risque actuel de mise en danger de sa vie, 

que, quoi qu’il en soit, l’Allemagne dispose de structures médicales sem-

blables à celles existant en Suisse, 

que, même si la directive Accueil ne trouve plus application en l’espèce, 

dès lors que l’intéressé a été débouté par les autorités allemandes et est 

tenu de retourner dans son pays d’origine (art. 3 par. 1 de ladite directive), 

l'assistance à laquelle il pourra prétendre jusqu’à l'exécution du renvoi re-

lève du droit national allemand, 

que rien ne permet de considérer que les autorités de ce pays refuseraient 

à l’intéressé l’accès aux soins en cas de problème grave, les soins médi-

caux essentiels y étant garantis, même pour les personnes en situation 

irrégulière,  

que, d’une manière générale, si le recourant devait être contraint par les 

circonstances à mener une existence non conforme à la dignité humaine, 

ou s’il devait estimer que l’Allemagne violait ses obligations d’assistance à 

son encontre ou de toute autre manière portait atteinte à ses droits fonda-

mentaux, il lui appartiendrait de faire valoir ses droits directement auprès 

des autorités de ce pays en usant des voies de droit adéquates, étant rap-

pelé qu’il lui incombe également de respecter ses propres obligations, no-

tamment celle de collaborer avec les autorités allemandes, le cas échéant 

en vue de son rapatriement, 

que, dans ces conditions, le transfert du recourant en Allemagne n'apparaît 

pas contraire aux obligations de la Suisse découlant des dispositions con-

ventionnelles précitées, 

que le Tribunal constate en outre que le SEM n’a commis ni excès ni abus 

de son large pouvoir d’appréciation en refusant d’admettre l’existence de 

raisons humanitaires au sens de l’art. 29a al. 3 OA 1 (cf. ATAF 2015/9 

consid. 8), 

E-892/2022 

Page 11 

que c'est donc à bon droit que le SEM a considéré que l’Allemagne était 

l'Etat membre responsable du traitement de la demande de protection in-

ternationale introduite par le recourant en Suisse et qu'il n'y avait pas lieu, 

en l'espèce, de faire application de la clause de souveraineté ancrée à 

l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III, que ce soit pour des raisons tirées 

du respect par la Suisse de ses obligations internationales ou pour des 

raisons humanitaires, 

que, pour le reste, le recourant déplore que la décision du SEM ne lui ait 

pas été notifiée dans sa langue, 

qu’en remettant au recourant un exemplaire du dispositif de sa décision en 

farsi, l’autorité inférieure a pleinement donné suite aux garanties procédu-

rale fixées à l’art. 26 par. 3 du règlement Dublin III,  

qu’il ne peut donc lui être reproché de ne pas avoir remis l’intégralité de la 

décision en farsi au recourant, étant remarqué que, sous réserve de ce qui 

précède, le SEM notifie ses décisions et ses décisions incidentes dans la 

langue officielle du lieu de résidence du requérant, à savoir, en l’espèce, le 

français (cf. art. 16 al. 2 LAsi),  

que, compte tenu de ce qui précède, c'est à juste titre que le SEM n'est 

pas entré en matière sur la demande d'asile du recourant, en application 

de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, et qu'il a prononcé son renvoi (recte : transfert) 

de Suisse vers l’Allemagne, en application de l'art. 44 LAsi, aucune excep-

tion à la règle générale du renvoi n'étant réalisée (cf. art. 32 OA 1),  

qu’ainsi, le recours doit être rejeté,  

que, s’avérant manifestement infondé, il est rejeté dans une procédure à 

juge unique, avec l’approbation d’un second juge (art. 111 let. e LAsi), 

qu’il est dès lors renoncé à un échange d’écritures, le présent arrêt n’étant 

motivé que sommairement (cf. art. 111a al. 1 et 2 LAsi), 

que les conclusions du recours étant d’emblée vouées à l’échec, il y a lieu 

de mettre les frais de procédure à la charge du recourant, conformément 

aux art. 63 al. 1 PA et art. 2 et 3 let. a du règlement du 21 février 2008 con-

cernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif 

fédéral (FITAF, RS 173.320.2), 

(dispositif page suivante)  

E-892/2022 

Page 12 

le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Les frais de procédure, d’un montant de 750 francs, sont mis à la charge 

du recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans 

les 30 jours dès l’expédition du présent arrêt. 

3.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l’autorité cantonale. 

 

La juge unique : La greffière : 

  

Déborah D'Aveni Alessandra Stevanin 

 

 

Expédition :