# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 80999e6d-2a12-56a9-bce8-35a72052842c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-10-13
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 13.10.2016 A/1953/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-1953-2016_2016-10-13.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/1953/2016-CS DCSO/314/16

DECISION 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre de surveillance 
des Offices des poursuites et faillites 

DU JEUDI 13 OCTOBRE 2016 

Plainte 17 LP (A/1953/2016-CS) formée en date du 9 juin 2016 par A______ SA, 
élisant domicile en l'étude de Me Guillaume FRANCIOLI, avocat. 

* * * * * 

 

Décision communiquée par courrier A à l'Office concerné 
et par plis recommandés du greffier du 14 octobre 2016 
à : 

- A______ SA  
c/o Me Guillaume FRANCIOLI, avocat  
100, rue du Rhône 
1204 Genève. 

- B______ SA, en liquidation 
c/o Office des faillites (faillite n° 2016 xxxx29). 

- Office des faillites. 

- Office des poursuites. 

 

 

- 2/10 - 
 

 

A/1953/2016-CS 

EN FAIT 

A. a. Par contrat des 28 avril et 13 mai 2015, A______ SA a remis à bail à B______ 
SA (anciennement C______ SA), pour une période initiale fixe allant du 1er mai 
2015 au 30 avril 2020, une surface de dépôt de 261 m² et une quote-part de sas 
d'entrée de 32 m² sises D______. Les locaux loués devaient être utilisés comme 
dépôt (art. 2.1 du contrat de bail). 

b. Le 10 février 2016, A______ SA a déposé auprès de l'Office des poursuites une 
réquisition de prise d'inventaire des meubles se trouvant dans les locaux loués (art. 
268 CO et 283 LP) à l'encontre de B______ SA, portant sur les loyers échus 
depuis le 1er novembre 2015, pour un montant de 12'402 fr. 75 plus intérêts au 
taux de 5% l'an à compter du 1er décembre 2015, et les loyers futurs jusqu'au 31 
juillet 2016, pour un montant de 24'805 fr. 50. 

c. L'Office des poursuites a procédé à l'inventaire le 11 février 2016. Seuls trois 
véhicules ont été inventoriés, soit une E______ (ci-après : la E______), pour une 
valeur estimée de 50'000 fr., une F______ (ci-après : la F______), pour une valeur 
estimée de 60'000 fr., et une G______, pour une valeur estimée de 4'500 fr. 

Le procès-verbal d'inventaire n° 16 xxxx10 L, adressé le 18 février 2016 à 
A______ SA et reçu par cette dernière, selon ses indications, le 22 février 2016, 
indique que les deux véhicules E______ et F______, faisant l'objet de contrats de 
leasing, étaient revendiqués, la E______ par H______ AG, et la F______ par 
I______. En application de l'art. 108 al. 2 LP, un délai de 20 jours à compter de la 
réception du procès-verbal de séquestre était fixé à A______ SA pour contester 
ces revendications. 

d. Le 1er mars 2016, A______ SA a adressé à l'Office des poursuites une 
réquisition de poursuite en réalisation de gage mobilier – soit les trois véhicules 
inventoriés le 11 février 2016 – à l'encontre de B______ SA, portant sur les loyers 
de novembre 2015 à février 2016. Une seconde réquisition de poursuite en 
réalisation de gage mobilier a été adressée à l'Office des poursuites le 4 avril 2016 
pour le loyer de mars 2016. 

A______ SA a par ailleurs déposé, le 14 mars 2016, deux actions en contestation 
de revendication dirigées la première contre H______ AG pour la E______ et la 
seconde contre I______ pour la F______. 

e. Le 19 avril 2016, A______ SA a résilié le bail pour le 31 juillet 2016. 

f. Dans l'intervalle, la faillite de B______ SA avait été prononcée par jugement du 
7 avril 2016, et la déclaration de faillite publiée le 15 avril 2016. 

La faillite est liquidée en la forme sommaire. 

- 3/10 - 
 

 

A/1953/2016-CS 

g. Par courrier du 3 mai 2016, A______ SA a informé l'Office des faillites, en sa 
qualité d'administration de la faillite, de son intention d'invoquer son droit de 
rétention en relation avec une créance de 37'208 fr. 25 dont elle s'estimait titulaire 
à l'encontre de la société faillie au titre des loyers impayés à cette date et de ceux 
restant à courir jusqu'au 31 juillet 2016. 

A______ SA a par ailleurs retiré les actions en revendication formées à l'encontre 
de H______ AG et de I______. 

h. Par lettre du 12 mai 2016, l'Office des faillites a informé A______ SA que, sur 
la base des pièces en sa possession, la masse en faillite ne contestait pas la 
revendication par H______ AG et I______ de la propriété des véhicules E______ 
et F______. Conformément à l'art. 53 OAOF, le litige entre les tiers revendiquant 
(soit H______ AG et I______) et la créancière gagiste (A______ SA) devait dès 
lors être liquidé en dehors de la faillite. 

Pour le surplus, le droit de rétention de A______ SA sur le véhicule G______ 
était admis et l'Office des faillites indiquait qu'il en serait tenu compte lors de 
l'établissement de l'état de collocation. 

i. Le 25 mai 2016, A______ SA a adressé à l'Office des poursuites une nouvelle 
réquisition de prise d'inventaire pour sauvegarde des droits de rétention du 
bailleur en relation avec les locaux sis D______, dirigée contre B______ SA en 
liquidation et portant sur les montants de 24'805 fr. 50 plus intérêts au taux de 5% 
l'an à compter du 1er décembre 2015, au titre de loyers échus pour la période du 1er 
novembre 2015 au 31 (recte 30) avril 2016, et de 12'402 fr. 75 plus intérêts à 5% 
l'an au titre de loyer courant jusqu'au 31 juillet 2016. 

Dans un courrier accompagnant cette réquisition de prise d'inventaire, 
A______ SA a précisé que la prise d'inventaire, destinée à faire valoir son droit de 
rétention légal, devait être effectuée sur les deux véhicules E______ et F______ 
se trouvant dans les locaux loués. 

j. Par décision du 26 mai 2016, reçue le 30 mai 2016 par le conseil de 
A______ SA, l'Office a refusé de donner suite à la réquisition de prise d'inventaire 
au motif que la faillite de la débitrice avait été prononcée. 

B. a. Par acte adressé le 9 juin 2016 au greffe de la Chambre de surveillance, 
A______ SA a formé une plainte au sens de l'art. 17 LP contre la décision de 
l'Office des poursuites du 26 mai 2016, concluant à son annulation et à ce qu'il 
soit ordonné à l'Office de donner suite à la réquisition de prise d'inventaire 
déposée le 25 mai 2016. Selon elle, la prise d'inventaire constituait une étape 
nécessaire à l'exercice, par une poursuite en réalisation de gage mobilier, de son 
droit de rétention pour les loyers dus. Elle a également soutenu que la masse en 

- 4/10 - 
 

 

A/1953/2016-CS 

faillite avait repris le contrat de bail, de telle sorte que les loyers dus pour la 
période postérieure à l'ouverture de la faillite constituaient des dettes de masse. 

b. Dans ses observations datées du 5 juillet 2016, l'Office des poursuites a conclu 
au rejet de la plainte. Selon lui, aussi bien les loyers échus jusqu'à l'ouverture de la 
faillite que ceux courant pour les six mois suivant cette ouverture devaient être 
produits dans la faillite. L'art. 206 al. 1 LP faisait dès lors obstacle à l'ouverture 
d'une poursuite portant sur ces créances de loyer. 

c. Dans ses observations datées du 4 juillet 2016, l'Office des faillites a expliqué 
avoir considéré, sur la base des contrats de leasing conclus entre B______ SA et, 
respectivement, H______ AG et I______, que la revendication de ces dernières 
apparaissait manifestement fondée au sens des art. 242 al. 1 LP et 51 OAOF. 
Conformément à l'art. 53 OAOF deuxième phrase, le litige entre les 
revendiquantes et la créancière gagiste devait dès lors être liquidé en dehors de la 
faillite. Il appartenait à cet égard à la plaignante d'introduire à l'encontre de 
B______ SA une poursuite en réalisation de gage. 

d. Par réplique du 15 juillet 2016, A______ SA a persisté dans ses conclusions. 
Selon elle, l'inventaire requis le 25 mai 2016 était nécessaire aux fins d'actualiser 
le droit de rétention, jusqu'alors latent, et de spécifier l'objet du gage. Elle a de 
même confirmé considérer que le contrat de bail avait été repris par 
l'administration de la faillite, de telle sorte que la réquisition de prise d'inventaire 
visait la sauvegarde de son droit de rétention pour les loyers dont la masse était 
débitrice. 

e. Dans sa duplique datée du 9 août 2016, l'Office des poursuites s'est référé à ses 
observations du 5 juillet 2016. 

L'Office des faillites, pour sa part, a contesté par duplique du 10 août 2016 toute 
reprise du contrat de bail par la masse en faillite de B______ SA. 

f. Par avis du 12 août 2016, les parties ont été informées que la cause était gardée 
à juger. 

EN DROIT 

1. La plainte est recevable pour avoir été déposée auprès de l'autorité compétente 
(art. 6 al.1 et 3 LaLP, art. 17 al. 1 LP), par une partie lésée dans ses intérêts  
(ATF 138 III 219 consid. 2.3; 129 III 595 consid. 3; 120 III 42 consid. 3), dans le 
délai utile de dix jours (art. 17 al. 2 LP) et selon la forme prescrite par la loi  
(art. 9 al. 1 et 2 LaLP, art. 65 al. 1 et 2 LPA, applicables par renvoi de l'art. 9 al. 4 
LaLP), à l'encontre d'une mesure de l'Office – soit un refus de donner suite à une 
réquisition de prise d'inventaire au sens de l'art. 283 LP – sujette à plainte. 

- 5/10 - 
 

 

A/1953/2016-CS 

2. La présente espèce porte sur la voie ouverte au bailleur de locaux commerciaux 
pour faire valoir le droit de gage dont il estime être titulaire sur des biens 
mobiliers se trouvant dans les locaux loués lors de la déclaration de faillite (ou 
lors d'un inventaire antérieur) mais qui ont été restitués par la suite à un tiers 
revendiquant par l'administration de la faillite, en application de l'art. 242 al. 1 LP. 

 2.1 Le bailleur de locaux commerciaux a, pour garantie du loyer de l'année 
écoulée et du semestre courant, un droit de rétention sur les meubles qui se 
trouvent dans les locaux loués et qui servent soit à l'aménagement, soit à l'usage 
de ceux-ci (art. 268 al. 1 CO). Ce droit porte également sur des meubles 
appartenant à des tiers, à moins que le bailleur n'ait su ou dû savoir qu'ils n'étaient 
pas propriété du locataire (art. 268a al. 1 1ère phrase CO). 

 Le droit de rétention du bailleur constitue, sous l'angle du droit de l'exécution 
forcée, un droit de gage mobilier (art. 37 al. 2 LP). Il doit donc en principe être 
exercé par la voie d'une poursuite en réalisation de gage au sens des 
art. 151 ss. LP (ATF 124 III 215 consid. 1b). 

 L'objet du droit de rétention du bailleur commercial, ainsi que la créance que ce 
droit garantit, varient constamment au fil du temps au gré des loyers payés, ou 
pour lesquels il n'a pas été invoqué, et des meubles amenés dans les locaux loués 
ou enlevés licitement de ces derniers. Ces particularités rendent indispensable 
(ATF 74 III 11) l'établissement, préalablement à l'introduction d'une poursuite en 
réalisation de gage, d'un inventaire au sens de l'art. 283 LP : c'est en effet cet acte 
qui concrétise le droit de rétention, qui n'était jusqu'alors que latent, en spécifiant 
les meubles qu'il grève et la créance qu'il garantit (ATF 76 III 24 consid. 2; Pierre 
TERCIER/Pascal G. FAVRE, Les contrats spéciaux, 4ème édition, 2009, § 2307; 
Andrea BRACONI, L'exécution forcée des créances pécuniaires et en prestation de 
sûretés en matière de bail, in 16ème séminaire sur le droit du bail, 2010, 
pages 121 ss., n° 33 et 35). Sous peine de caducité, la prise d'inventaire doit être 
validée par l'introduction, à l'encontre du locataire, d'une poursuite en réalisation 
de gage (art. 283 al. 3 LP; Thomas ROHNER, in KUKO SchKG, 2ème édition, 2014, 
n° 17 ad art. 283 LP). Dans le cadre de cette poursuite, les litiges entre le 
créancier poursuivant et un tiers prétendant à un droit de propriété sur un meuble 
inventorié, qu'ils portent sur l'existence du droit de rétention ou sur la priorité de 
ce droit par rapport à celui de propriété invoqué par le tiers, doivent être vidés par 
la voie de la procédure de revendication prévue par les art. 106 ss. LP (ATF 108 
III 122 consid. 4; BRACONI, op. cit., n° 40; Marc BERNHEIM/Philipp KÜNZIG, 
BAK SchKG I, 2010, n° 12 ad art. 153 LP). La poursuite – consécutive à un 
inventaire – en réalisation d'un objet frappé d'un droit de rétention se distingue de 
ce point de vue de celle portant d'emblée sur un objet constitué en gage par un 
tiers au sens de l'art. 153 LP : dans ce dernier cas de figure, en effet, c'est par la 
voie de l'opposition que le tiers propriétaire, à qui le commandement de payer doit 
être notifié (art. 153 al. 2 LP), peut contester le droit de gage invoqué par le 

- 6/10 - 
 

 

A/1953/2016-CS 

poursuivant (art. 153 al. 2bis LP; BERNHEIM/KÜNZIG, op. cit., n° 29 ad art. 153 
LP). 

La faillite du locataire n'entraîne nullement la perte du droit de rétention dont 
bénéficie le bailleur, que celui-ci ait ou non concrétisé ce droit par une prise 
d'inventaire (ATF 124 III 215 consid. 2a; Roger WEBER, in BAK OR I, 2015,  
n° 12a ad art. 268-268b CO; Commentaire SVIT, Le droit suisse du bail à loyer, 
2011, n° 24a ad art. 268-268b CO). Si la propriété de l'un des meubles sur 
lesquels le bailleur invoque un droit de rétention est revendiquée par un tiers, 
l'administration de la faillite statue sur la revendication (art. 242 al. 1 LP et 45 ss. 
OAOF). Si elle la conteste, et que sa décision sur ce point n'est pas remise en 
cause ou est confirmée au terme d'un éventuel procès, elle statue ensuite sur le 
droit de gage invoqué (art. 242 al. 2 et 3 LP et 53 3ème phrase OAOF). Si au 
contraire elle admet la revendication, un éventuel litige entre le revendiquant et le 
créancier gagiste concernant l'existence du droit de gage, son étendue et la créance 
garantie est liquidé en dehors de la faillite (art. 53 2ème phrase OAOF). Le 
créancier gagiste peut ainsi introduire à l'encontre du locataire, soit pour lui 
l'administration de la faillite (ATF 121 III 28 consid. 3), une poursuite tendant à la 
réalisation d'un gage appartenant à un tiers (le revendiquant), au sens de 
l'art. 153 LP (Pierre-Robert GILLIÉRON, Commentaire, n° 53 ad art. 242 LP).  

Selon l'art. 211a al. 1 LP, entré en vigueur le 1er janvier 2014, les prétentions 
fondées sur un contrat de durée peuvent être invoquées à titre de créances de 
faillite dès l'ouverture de celle-ci, mais au plus tard jusqu'au terme le plus proche 
de résiliation du contrat ou jusqu'à sa date d'expiration.  

En matière de contrat de bail, les créances de loyer nées jusqu'au prononcé de la 
faillite du locataire constituent des dettes du failli, et font donc partie de la masse 
passive. Les créances de loyer nées après le prononcé de la faillite constituent en 
revanche en principe des dettes futures auxquelles l'art. 211a al. 1 LP est 
applicable. Selon une jurisprudence antérieure à l'entrée en vigueur de l'art. 211a 
al. 1 LP déjà, ces créances futures, lorsqu'elles résultaient d'un bail commercial, 
devaient être également traitées comme des dettes du failli (Konkursforderungen) 
– et tombaient donc dans la masse passive – dans la mesure du droit de rétention 
prévu par la loi jusqu'à la fin du rapport de bail mais au plus tard six mois après 
l'ouverture de la faillite (ATF 124 III 41 consid. 2b). 

2.2 La faillite du débiteur entraîne l'extinction des poursuites dirigées contre lui, et 
aucune poursuite ne peut être exercée à son encontre durant la liquidation de la 
faillite pour des créances nées avant son ouverture (art. 206 al. 1 1ère phrase LP). 
Font exception les poursuites tendant à la réalisation de gages appartenant à des 
tiers (art. 206 al. 1 2ème phrase LP). Cette exception n'est toutefois pas applicable à 
la poursuite en réalisation de gage introduite par le bailleur commercial, 
conformément à l'art. 283 LP, afin de sauvegarder son droit de rétention : une telle 

- 7/10 - 
 

 

A/1953/2016-CS 

poursuite s'éteint donc avec le prononcé de la faillite du locataire et il appartient 
au bailleur de produire sa créance dans la faillite, en invoquant son droit de 
rétention (ATF 124 III 215 consid. 1b, 1c et 2). 

2.3 Dans le cas d'espèce, c'est en se fondant sur l'art. 206 al. 1 LP que l'Office des 
poursuites a refusé de donner suite à la réquisition de prise d'inventaire déposée 
par la plaignante. Ce raisonnement doit être approuvé : dans la mesure en effet où, 
comme rappelé ci-dessus, l'exception prévue par l'art. 206 al. 1 2ème phrase LP à 
l'extinction des poursuites contre le débiteur failli ne s'applique pas à la poursuite 
en sauvegarde de son droit de rétention introduite par le bailleur commercial, elle 
ne saurait non plus s'appliquer à l'interdiction d'introduire de nouvelles poursuites 
durant la liquidation de la faillite pour des créances nées avant son ouverture, 
également stipulée à l'art. 206 al. 1 1ère phrase LP. 

Certes, la réquisition de prise d'inventaire déposée le 25 mai 2016 porte également 
sur des créances de loyer nées postérieurement à l'ouverture de la faillite, 
intervenue le 7 avril 2016. Comme exposé ci-dessus (consid. 2.1 in fine), ces 
créances futures doivent toutefois être traitées en principe comme des dettes du 
failli, que ce soit en application de l'art. 211a al. 1 ou sous l'angle de la 
jurisprudence antérieure, et tombent donc dans la masse passive, de telle sorte que 
l'interdiction d'introduire de nouvelles poursuites contre le failli durant la 
liquidation de la faillite leur est applicable. 

Selon la plaignante, la prise d'inventaire requise serait nécessaire à l'exercice du 
droit de rétention qu'elle invoque, en tant qu'il permettrait de spécifier les meubles 
sur lesquels il porte et la créance qu'il garantit. La plaignante omet toutefois par 
cette argumentation que, si la faillite de sa locataire a effectivement eu pour effet 
d'éteindre les poursuites en réalisation de gage introduites aux fins de validation 
de l'inventaire effectué le 11 février 2016, elle n'a en revanche pas eu d'effet sur le 
droit de rétention lui-même. Pour autant que ce droit ait porté au moment de 
l'inventaire sur les deux véhicules E______ et F______ et le véhicule G______ – 
question qu'il appartiendra le cas échéant au juge civil d'examiner – et que ledit 
inventaire ait été dûment validé par les poursuites subséquentes, respectivement 
par la production dans la faillite des créances de loyer et l'invocation du droit de 
rétention, il existe toujours. Son objet, aussi bien quant aux meubles sur lesquels il 
porte que quant aux créances garanties, est d'ores et déjà déterminé : il n'a donc 
plus à l'être par une nouvelle prise d'inventaire. Dans le cours ordinaire des 
choses, une nouvelle prise d'inventaire effectuée aujourd'hui ne porterait du reste 
pas nécessairement sur les mêmes meubles : les véhicules inventoriés le 
11 février 2016 peuvent en effet avoir été déplacés et d'autres meubles peuvent 
avoir été amenés dans les locaux loués, par exemple par un nouveau locataire, 
étant rappelé que le bail conclu avec la locataire faillie s'est terminé le 
31 juillet 2016. 

- 8/10 - 
 

 

A/1953/2016-CS 

La décision de l'administration de la faillite, en application de l'art. 242 al. 1 LP, 
d'admettre les revendications de H______ AG et de I______ sur les deux 
véhicules E______ et F______ inventoriés, et donc de les remettre à ces dernières, 
n'a pas été contestée par la plaignante ni du reste, selon les éléments du dossier, 
par aucun autre créancier dans la faillite. Un éventuel litige relatif à l'existence du 
droit de rétention invoqué par la plaignante sur ces deux véhicules ou à la créance 
qu'il garantit doit en conséquence être liquidé entre cette dernière et les sociétés 
revendiquantes (art. 53 2ème phrase OAOF). Dans la mesure où il est aujourd'hui 
acquis, à la suite de la décision de l'administration de la faillite, que ces deux 
véhicules n'étaient pas propriété de la faillie, c'est par la voie de la poursuite en 
réalisation de gage au sens des art. 151 ss. LP, et en particulier 153 LP, que la 
plaignante peut faire valoir le droit qu'elle invoque. 

C'est ainsi à juste titre que l'Office a refusé de donner suite à la réquisition de 
prise d'inventaire déposée par la plaignante. 

2.4 La plaignante soutient encore que les créances de loyer nées postérieurement à 
l'ouverture de la faillite constitueraient des dettes de masse en application de 
l'art. 211a al. 2 LP, qui prévoit que, si la masse en faillite a bénéficié des 
prestations fondées sur un contrat de durée auquel le failli était partie, les 
contre-prestations correspondantes nées après l'ouverture de la faillite valent dette 
de la masse en faillite. La prise d'inventaire requise le 25 mai 2016 serait dès lors 
un préalable indispensable à la mise en œuvre du droit de rétention garantissant 
les créances dont la plaignante serait titulaire à l'encontre de la masse. 

Comme déjà relevé, les créances de loyer nées postérieurement à l'ouverture de la 
faillite le 7 avril 2016 jusqu'à l'expiration du bail le 31 juillet 2016 constituent en 
principe des dettes de faillite (art. 211a al. 1 1ère phrase LP). La question de savoir 
si, dans la mesure où la masse en faillite aurait bénéficié des prestations fondées 
sur le contrat de bail, ces mêmes créances pourraient aussi bénéficier du statut de 
dette de masse en application de l'art. 211a al. 2 LP ne relève pas de la cognition 
de la Chambre de céans (ATF 125 III 293 consid. 2). Elle peut en tout état rester 
ouverte. 

Il ressort en effet clairement de la réquisition de prise d'inventaire déposée le 
25 mai 2016 qu'elle ne porte pas sur des dettes de masse mais sur des dettes du 
failli. La réquisition est en effet dirigée contre la société faillie, et non la masse en 
faillite, et se réfère non seulement aux créances de loyer nées postérieurement à 
l'ouverture de la faillite, qui seules sont susceptibles de constituer des dettes de 
masse, mais également à celles nées antérieurement à cette ouverture. La 
plaignante ne saurait dès lors soutenir que la mesure requise devrait assurer la 
mise en œuvre d'un droit garantissant des prétentions contre la masse elle-même. 

Mal fondée, la plainte doit ainsi être rejetée. 

- 9/10 - 
 

 

A/1953/2016-CS 

3. La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61 al. 2 
let. a OELP) et il ne peut être alloué aucuns dépens dans cette procédure (art. 62 
al. 2 OELP).  

* * * * * 

- 10/10 - 
 

 

A/1953/2016-CS 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre de surveillance : 

A la forme : 

Déclare recevable la plainte formée le 9 juin 2016 par A______ SA contre le refus de 
l'Office des poursuites de donner suite à la réquisition de prise d'inventaire déposée le 
25 mai 2016 à l'encontre de B______ SA en liquidation. 

Au fond : 

La rejette. 

Siégeant : 

Monsieur Patrick CHENAUX, président; Monsieur Michel BERTSCHY et  
Monsieur Mathieu HOWALD, juges assesseurs; Madame Marie NIERMARECHAL, 
greffière. 

 

Le président : 

Patrick CHENAUX 

 La greffière : 

Marie NIERMARECHAL 

 

 

Voie de recours : 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 

2005 (LTF; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Chambre de surveillance des Offices 

des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance en matière de poursuite pour 

dettes et faillite (art. 126 LOJ). Il doit être déposé devant le Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les 

dix jours qui suivent la notification de l'expédition complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2  

let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). 

L’art. 119 al. 1 LTF prévoit que si une partie forme un recours ordinaire et un recours constitutionnel, 

elle doit déposer les deux recours dans un seul mémoire. Le recours doit être rédigé dans une langue 

officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens de preuve, et être 

signé (art. 42 LTF).  

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.