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**Case Identifier:** cf2f6311-6318-5d2e-b21d-25edb282068b
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2020-10-15
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 15.10.2020 SK.2020.42
**Docket/Reference:** SK.2020.42
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_SK-2020-42_2020-10-15

## Full Text

Validité de l'opposition à une ordonnance pénale (art. 356 al. 2 CPP);;Validité de l'opposition à une ordonnance pénale (art. 356 al. 2 CPP);;Validité de l'opposition à une ordonnance pénale (art. 356 al. 2 CPP);;Validité de l'opposition à une ordonnance pénale (art. 356 al. 2 CPP)

Ordonnance du 15 octobre 2020 
Cour des affaires pénales 

Composition  Le juge pénal fédéral Stephan Zenger, juge unique, 

la greffière Marine Neukomm  

 

Parties  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION, 

représenté par Caterina Aeberli, Procureure fédérale,  

 

 
contre 

  
A.,  

Objet  
Validité de l’opposition à une ordonnance pénale 

(art. 356 al. 2 CPP) 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t  

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

Numéro du dossier : SK.2020.42 

- 2 - 

SK.2020.42 

Faits: 

A. Le 12 juillet 2019, vers 14h20, lors d’un contrôle d’identité effectué par des agents 

des gardes-frontière à la gare Z., dans le canton du Jura, A. aurait refusé de 

présenter sa pièce d’identité. Il se serait ensuite opposé à la fouille de ses poches 

ainsi que de son sac à dos, en gesticulant avec les mains et les bras de manière 

à empêcher ledit contrôle. Alors que les agents des gardes-frontière le sommaient 

de se calmer, A. aurait violemment poussé l’un d’eux et aurait tenté de le saisir au 

cou. A. se serait ensuite débattu de manière violente, en essayant à plusieurs 

reprises d’assainir des coups aux agents présents, lesquels ont dû user de la force 

pour réussir à le maîtriser et à lui passer les menottes. Lors de la fouille qui a suivi 

l’interpellation d'A., 1.80 gramme de méthamphétamine a été retrouvé dans la 

poche de son short. Un joint de haschich de 1 gramme a également été découvert 

dans son sac à dos (MPC 05-00-00-0001 ss).  

 

B. Alors qu’une procédure pénale avait été initialement ouverte par le Ministère public 

jurassien pour les infractions commises par A. en lien avec la détention de 

stupéfiants, l’autorité cantonale jurassienne s’est dessaisie de dite procédure en 

faveur du Ministère public de la Confédération (ci-après : MPC) le 11 octobre 2019 

(MPC 02-00-00-0001 à 0007).   

 

C. Par ordonnance de jonction et ordonnance pénale du 5 février 2020 (cause 

SV.19.0979), le MPC a reconnu A. coupable de violence contre les autorités et les 

fonctionnaires (art. 285 ch. 1 CP) et de contravention à la loi fédérale sur les 

stupéfiants (art. 19a ch. 1 LStup en relation avec l’art. 19 al. 1 let. d LStup). A. a 

été condamné à une peine pécuniaire de 30 jours-amende à CHF 30.-, avec sursis 

à l’exécution de la peine durant un délai d’épreuve de deux ans, à une amende de 

CHF 200.- convertible en six jours de peine privative de liberté en cas de non-

paiement fautif ainsi qu’à une amende de CHF 400.- convertible en quatre jours 

de peine privative de liberté en cas de non-paiement fautif. A. a en outre été 

condamné à supporter les frais de la procédure, d’un montant de CHF 500.- 

(MPC 03-00-00-0001 à 0003). Le MPC a tenté à deux reprises, soit les 10 février 

et 25 février 2020, de notifier l’ordonnance susmentionnée par pli recommandé au 

domicile d'A. Les deux fois, le pli a été retourné au MPC avec la mention « non 

réclamé » (MPC 03-00-00-0004 et 0005). L’ordonnance de jonction et ordonnance 

pénale du 5 février 2020 a finalement été notifiée à A., à son domicile, par la police 

cantonale jurassienne. Le jour de la notification n’est toutefois pas connu, l’accusé 

de réception signé par le prévenu n’étant pas daté (MPC 03-00-00-0014). Le 

20 avril 2020, le MPC a reçu de la police cantonale jurassienne ledit accusé de 

réception (MPC 03-00-00-0011) ;   

 

- 3 - 

SK.2020.42 

D. Le 12 septembre 2020, A. a adressé un courrier électronique au MPC, par lequel 

il a formé opposition à l’ordonnance de jonction et ordonnance pénale du 5 février 

2020 (MPC 16-00-00-0001). 

 

E. Le 22 septembre 2020, le MPC a transmis le dossier de la cause à la Cour de 

céans comme objet de sa compétence, afin qu’elle statue sur la validité de 

l’opposition formée par A., au regard de son caractère apparemment tardif 

(TPF 2.100.001). Le 29 septembre 2020, la Cour a imparti un délai aux parties 

pour qu’elles se déterminent sur la validité de l’opposition formée par A., en 

indiquant à cette occasion que la Cour statuera par écrit sur cette question (art. 356 

al. 2 CPP en lien avec l’art. 329 al. 1 let. b CPP) (TPF 2.400.001). Par courrier du 

6 octobre 2020, le MPC a indiqué qu’il renvoyait la Cour aux observations 

exposées dans sa lettre de transmission du 22 septembre 2020 (TPF 2.510.001). 

A. ne s’est pour sa part pas déterminé dans le délai qui lui a été imparti.  

La Cour considère en droit: 

1.  

1.1 Lorsqu’il décide de maintenir l’ordonnance pénale, le ministère public transmet 

sans retard le dossier au tribunal de première instance en vue des débats et 

l’ordonnance pénale tient lieu d’acte d’accusation (art. 356 al. 1 CPP). Le tribunal 

de première instance statue sur la validité de l’ordonnance pénale et de 

l’opposition (art. 356 al. 2 CPP). Seul ce tribunal est compétent pour statuer sur 

la validité de l’opposition à l’ordonnance pénale. L’examen de la validité de 

l’opposition a lieu d’office. Lorsque l’opposition n’est pas valable, notamment car 

elle est tardive, le tribunal de première instance n’entre pas en matière sur 

l’opposition. Le contrôle imposé au tribunal de première instance par l’art. 356 

al. 2 CPP a lieu à titre préjudiciel, dans le cadre des art. 329 al. 1 let. b CPP, 

respectivement 339 al. 2 let. b CPP, la validité de l’opposition constituant une 

condition du procès (arrêt du Tribunal fédéral 6B_218/2020 du 17 avril 2020 

consid. 1.1 et les références citées). La décision du tribunal de première instance 

refusant d’entrer en matière sur l’opposition à l’ordonnance pénale doit prendre 

la forme d’un prononcé écrit et motivé, pouvant faire l’objet d’un recours au sens 

de l’art. 393 al. 1 let. b CPP, puis d’un recours en matière pénale au Tribunal 

fédéral au sens des art. 78 ss LTF (arrêt du Tribunal fédéral 6B_271/2018 du 

20 juin 2018 consid. 2.1 et les références citées).  

1.2 En vertu de l’art. 354 CPP, l’opposition contre une ordonnance pénale doit être 

formée par écrit dans les dix jours (al. 1). L’opposition doit être motivée, à 

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SK.2020.42 

l’exception de celle du prévenu (al. 2). Si aucune opposition n’a été valablement 

formée, l’ordonnance pénale est assimilée à un jugement entré en force (al. 3).  

1.2.1 La forme écrite est impérative et une autre forme de l’opposition, par exemple 

orale, n’est pas valable (MICHAEL DAPHINOFF, Das Strafbefehlsverfahren in der 

Schweizerischen Strafprozessordnung, 2012, p. 602). La transmission d’une 

opposition par voie électronique est possible aux conditions imposées par 

l’art. 91 al. 3 CPP (GWLADYS GILLIÉRON/MARTIN KILLIAS, Commentaire romand 

du Code de procédure pénale [ci-après : CR-CPP], 2e éd. 2019, n° 6 ad art. 354). 

Conformément à l’art. 86 al. 1 CPP, les communications peuvent être notifiées 

par voie électronique avec l’accord de la personne concernée. Elles sont munies 

d’une signature électronique au sens de la loi du 18 mars 2016 sur la signature 

électronique.  

1.2.2 Le délai d’opposition de 10 jours se calcule conformément aux art. 90ss CPP. 

Ainsi, le délai commence à courir le jour qui suit la notification de l’ordonnance 

pénale (art. 90 al. 1 CPP ; MICHAEL DAPHINOFF, op. cit., p. 608). Le délai est 

respecté lorsque l’opposition écrite parvient au plus tard le dernier jour du délai 

à l’autorité pénale, à la Poste suisse ou à une représentation consulaire ou 

diplomatique suisse (art. 91 al. 2 CPP ; GWLADYS GILLIÉRON/MARTIN KILLIAS, CR-

CPP, n° 9 ad art. 354). Si le dernier jour du délai est un samedi, un dimanche ou 

un jour férié selon le droit fédéral ou cantonal, le délai expire le premier jour 

ouvrable qui suit. Le droit cantonal déterminant est celui du canton où la partie 

ou son mandataire a son domicile ou son siège (art. 90 al. 2 CPP). En cas de 

transmission électronique, le moment déterminant pour l’observation du délai est 

celui où est établi l’accusé de réception qui confirme que la partie a accompli 

toutes les étapes nécessaires à la transmission (art. 91 al. 3 CPP).  

2.  

2.1 Dans le cas d’espèce, le MPC a rendu, en date du 5 février 2020, une 

ordonnance de jonction et ordonnance pénale à l’encontre d'A. pour violence 

contre les autorités et les fonctionnaires (art. 285 ch. 1 CP) et pour contravention 

à la loi fédérale sur les stupéfiants (art. 19a ch. 1 LStup en relation avec l’art. 19 

al. 1 let. d LStup) pour les faits survenus le 12 juillet 2019 à la gare Z. Le MPC a 

tenté à deux reprises, soit les 10 février et 25 février 2020, de notifier 

l’ordonnance susmentionnée par pli recommandé au domicile d'A. Par deux fois, 

le pli a été retourné au MPC avec la mention « non réclamé ». Le MPC a alors 

requis l’aide de la police cantonale jurassienne pour notifier l’ordonnance du 

5 février 2020 à A. La police cantonale jurassienne a réussi à notifier ladite 

ordonnance au prévenu, à son domicile. Dans la mesure où l’accusé de réception 

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signé par A. n’est pas daté, il n’est pas possible de déterminer la date exacte à 

laquelle la notification a eu lieu. Cela étant, il ressort du dossier que le MPC a 

reçu ledit accusé de réception le 20 avril 2020. Il peut dès lors être retenu qu'A. 

s’est vu notifier l’ordonnance de jonction et ordonnance pénale du 5 février 2020 

au plus tard le 20 avril 2020. Le délai d’opposition de dix jours a donc commencé 

à courir dès le 21 avril 2020 au plus tard, en application de l’art. 90 al. 1 CPP. Il 

s’ensuit que le dernier jour du délai d’opposition était le jeudi 30 avril 2020. Il 

s’agissait d’un jour ouvrable au sens de l’art. 90 al. 2 CPP. De même, ce jour ne 

constituait ni un jour férié sur le plan fédéral (art. 20a de la loi fédérale du 13 mars 

1964 sur le travail dans l’industrie, l’artisanat et le commerce [Loi sur le travail ; 

RS 822.11]), ni un jour férié dans le canton du Jura, où est domicilié le prévenu 

(art. 1 et 2 de la loi cantonale jurassienne du 26 octobre 1978 sur les jours fériés 

officiels et le repos dominical) [RS/JU 555]). Le délai légal d’opposition imputable 

à A. est ainsi arrivé à échéance le jeudi 30 avril 2020 au plus tard.  

2.2 A. a fait opposition à l’ordonnance de jonction et ordonnance pénale du 5 février 

2020 par courrier électronique du 12 septembre 2020. Il n’est pas établi qu’il 

aurait formé opposition d’une autre manière et à une autre date contre ce 

prononcé. La correspondance du 12 septembre 2012 d'A. n’était pas munie d’une 

signature électronique, au sens de la loi fédérale du 18 mars 2016 sur la 

signature électronique (Loi sur la signature électronique ; RS 943.03), de sorte 

que son opposition n’a pas respecté la forme écrite imposée par les art. 356 al. 2 

et 86 al. 1 CPP. Par conséquent, son opposition n’est pas valable quant à la 

forme. De surcroît, A. a formé opposition de manière tardive, dans la mesure où 

il n’a adressé son opposition au MPC que courant septembre 2020, soit bien 

après l’échéance du délai légal de l’art. 354 al. 1 CPP. Son opposition n’est donc 

pas non plus valable en raison de son caractère tardif.  

3. Au vu de ce qui précède, l’opposition d'A. à l’ordonnance de jonction et 

ordonnance pénale du 5 février 2020 du MPC n’a pas été formée valablement, 

tant sous l’angle des exigences de forme que sous l’angle du respect du délai 

légal d’opposition. Partant, en l’absence d’une opposition valablement formée, 

l’ordonnance de jonction et ordonnance pénale du 5 février 2020 du MPC est 

assimilée à un jugement entré en force (art. 354 al. 3 CPP).  

4. La présente décision est rendue sans frais (art. 421 al. 1 CPP) et il n’est pas 

alloué de dépens.  

 

  

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Par ces motifs, la Cour prononce: 

1. Il est constaté que l’opposition d'A. à l’ordonnance de jonction et ordonnance 

pénale du 5 février 2020 du Ministère public de la Confédération (cause 

SV.19.0979) n’a pas été formée valablement. Partant, ladite ordonnance est 

assimilée à un jugement entré en force.  

2. La présente ordonnance est rendue sans frais et il n’est pas alloué de dépens.  

 

Au nom de la Cour des affaires pénales 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le juge unique La greffière 

 

 

 
 
 
Distribution (acte judiciaire) 

- Ministère public de la Confédération, Madame Caterina Aeberli, Procureure fédérale  

- Monsieur A.  

Indication des voies de droit 

Recours à la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral 

Un recours contre les ordonnances, les décisions et les actes de procédure de la Cour des affaires pénales 

du Tribunal pénal fédéral en tant que tribunal de première instance, exception faite des décisions de la 

direction de la procédure, peut être formé par écrit et motivé dans un délai de 10 jours auprès de la Cour 

des plaintes du Tribunal pénal fédéral (art. 393 al. 1 let. b et art. 396 al. 1 CPP; art. 37 al. 1 LOAP). 

 

Le recours peut être formé pour les motifs suivants: violation du droit, y compris, l’excès et l’abus du pouvoir 

d’appréciation, le déni de justice et le retard injustifié, constatation incomplète ou erronée des faits et 

inopportunité (art. 393 al. 2 CPP). 

 

 

 

 

 

 

 

Expédition: 15 octobre 2020