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**Case Identifier:** cc74b1d8-39e2-51bb-a6e4-71928c72b710
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2014 / 229
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2014---229_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC14.006716-141053

             
374 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
4 novembre 2014

____________________

Présidence
de               M.             
Sauterel,
président

Juges             
:              Mmes             
Byrde et Rouleau 

Greffier
              :             
Mme              van Ouwenaller

 

 

*****

 

 

Art.
58, 95 et 105 CPC

 

 

             
La Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal, statuant à huis clos en sa qualité
d'autorité de recours en matière sommaire de poursuites, s'occupe du recours exercé par
A.M.________,
à Noville, contre le prononcé rendu le 24 avril 2014, à la suite de l’audience
du 25 mars 2014, par le Juge de paix du district d'Aigle, dans la cause qui l'oppose à B.M.________,
C.M.________,
et D.M.________,
tous trois au Bouveret.

 

             
Vu les pièces au dossier, la cour considère :

 

 

             

             
En fait :

 

 

1.             
Le 21 octobre 2013, à la réquisition d'B.M.________, C.M.________ et D.M.________, l'Office
des poursuites du district d'Aigle a notifié à A.M.________, dans la poursuite n° 6'806'420,
un commandement de payer portant sur les montants de 35'050 fr. avec intérêt à 5 % l'an
dès le 10 juin 2006 (I), 974 fr. 65 sans intérêt (II), 9'209 fr. 40 sans intérêt
(III), 3'250 fr. 90 sans intérêt (IV) 4'715 fr. 50 sans intérêt (V), 7'226 fr. 35
sans intérêt (VI), 3'812 fr. 30 sans intérêt (VII), 20'000 fr. avec intérêt
à 3 % l'an dès le 27 septembre 2009 (VIII), 20'000 fr. avec intérêt à 3
% l'an dès le 27 septembre 2010 (IX), 20'000 fr. avec intérêt à 3 % l'an dès
le 27 septembre 2011 (X), 20'000 fr. avec intérêt à 3 % l'an dès le 27 septembre
2012 (XI), 20'000 fr. avec intérêt à 5 % l'an dès le 27 septembre 2013 (XII), 3'353
fr. 40 sans intérêt (XIII), 3'206 fr. 65 sans intérêt (XIV), 3'407 fr. 35 sans intérêt
(XV), 4'510 fr. 05 sans intérêt (XVI), 15'537 fr. avec intérêt à 5 % l'an
dès le 10 juin 2006 (XVII), 15'537 fr. avec intérêt à 5 % l'an dès le 10
juin 2007 (XVIII), 15'537 fr. avec intérêt à 5 % l'an dès le 10 juin 2008 (XIX),
15'537 fr. avec intérêt à 5 % l'an dès le 10 juin 2009 (XX), 15'537 fr. avec
intérêt à 5 % l'an dès le 10 juin 2010 (XXI), 15'537 fr. avec intérêt
à 5 % l'an dès le 10 juin 2011 (XXII), 15'537 fr. avec intérêt à 5 %
l'an dès le 10 juin 2012 (XXIII) et 15'537 fr. avec intérêt à 5 % l'an dès
le 10 juin 2013 (XXIV), mentionnant comme titre de la créance ou cause de l'obligation:

 

-
(I) "Désignation exacte du créancier: les héritiers de feu [...], décédé
le [...], q.v. domicilié [...], soit B.M.________, C.M.________ et D.M.________, tous [...] Le Bouveret.
Convention de liquidation de la société simple [...] du 10.06.2006: reprise véhicules
et machines";

 

-
(II) à (XII) "Convention de liquidation de la société simple [...] du 10.06.2006:
reprise des autres actifs et passifs";

 

-
(XIII) à (XXIV) "Convention de liquidation de la société simple [...] du 10.06.2006:
fermage des terrains et bâtiments".

 

             
Le poursuivi a formé opposition totale.

 

             
Le 13 février 2014, les poursuivants, par leur conseil, ont requis du Juge de paix du district d’Aigle
qu'il prononce la mainlevée provisoire de l’opposition, "avec suite de frais et dépens,
ces derniers par Fr. 1'500.-". Sur l’exemplaire de la requête figure une annotation manuscrite
"+ aud." sous le chiffre de "Fr. 1'500.-", dont l’auteur est inconnu. A la
requête, qui compte quatre pages, était joint un bordereau de sept pièces.

 

             
Le 25 mars 2014, le juge de paix a tenu une audience, à laquelle le poursuivi et le conseil des
poursuivants ont assisté.

 

 

2.             
Par prononcé du 24 avril 2014, le Juge de paix du district d’Aigle a prononcé la mainlevée
provisoire de l’opposition à concurrence de 35'050 fr. avec intérêt à 5 % l'an
dès le 11 juillet 2013, 974 fr. 65 sans intérêt, 9'205 fr. 44 sans intérêt,
3'250 fr. 90 sans intérêt, 4'715 fr. 50 sans intérêt, 7'226 fr. 35 sans intérêt,
1'578 fr. 40 sans intérêt, 20'000 fr. avec intérêt à 3 % l'an dès le 31
mars 2011, 20'000 fr. avec intérêt à 3 % l'an dès le 31 mars 2011, 20'000 fr. avec
intérêt à 3 % l'an dès le 27 septembre 2011, 20'000 fr. avec intérêt à
3 % l'an dès le 27 septembre 2012, 5'191 fr. avec intérêt à 3 % l'an dès le
27 septembre 2013, 2'336 fr. 94 sans intérêt, 2'185 fr. 82 sans intérêt, 2'390 fr.
14 sans intérêt, 3'492 fr. 63 sans intérêt, 15'537 fr. avec intérêt à
5 % l'an dès le 1er
octobre 2007, 15'537 fr. avec intérêt à 5 % l'an dès le 1er
octobre 2008, 15'537 fr. avec intérêt à 5 % l'an dès le 1er
octobre 2009, 15'537 fr. avec intérêt à 5 % l'an dès le 1er
octobre 2010, 15'537 fr. avec intérêt à 5 % l'an dès le 1er
octobre 2011, 15'537 fr. avec intérêt à 5 % l'an dès le 1er
octobre 2012, 15'537 fr. avec intérêt à 5 % l'an dès le 1er
octobre 2013 (I), arrêté à 830 fr. les frais judiciaires (II), mis ces frais à la
charge du poursuivi (III) et dit qu'en conséquence celui-ci devait rembourser aux poursuivants leur
avance de frais à concurrence de 830 fr. et leur verser 6'000 fr. à titre de dépens, à
savoir à titre de défraiement de leur représentant professionnel (IV).

 

             
Par acte du 29 avril 2014, le poursuivi a requis la motivation de la décision. Les motifs ont été
adressés aux parties le 30 mai 2014 et notifiés au poursuivi le 2 juin 2014.

 

             
En substance, le premier juge a considéré que la mainlevée était accordée à
titre provisoire pour un total en capital de 266'357 fr. 77, représentant environ le 87 % du montant
de 303'012 fr. 55 réclamé, et qu’en conséquence, le poursuivi succombait dans une
très large mesure au sens de l’art. 106 al. 1 CPC ; il l’a dès lors condamné
à rembourser aux poursuivants leur avance de frais – qu’il chiffre à 860 fr. et
non à 830 fr. comme dans le dispositif –, et à leur verser 6'000 fr. à titre de
défraiement de leur représentant professionnel, en application de l’art. 6 TDC (Tarif
des dépens en matière civile du 23 novembre 2010 ; RSV 270.11.6).

 

 

3.             
Le poursuivi  a recouru par acte de son conseil du 6 juin 2014, concluant à la réforme
du chiffre IV du prononcé en ce sens que les dépens alloués aux intimés sont fixés
à 1'500 fr. en sus des 830 fr. dus à titre de remboursement de frais.

  

             
Par lettre du 2 juillet 2014, les intimés, par leur conseil, ont déclaré renoncer à
se déterminer, mais néanmoins préciser qu’il s’en remettaient à justice
"de sorte qu’aucun frais ou dépens découlant de la procédure de recours ne
saurait être mis à leur charge" ; ils mentionnaient "à toutes fins utiles"
qu’ils avaient conclu dans leur requête de mainlevée à l’octroi d’un
montant de 1'500 fr. à titre de dépens, et que cette conclusion n’avait pas été
modifiée au cours de l’audience. 

 

 

 

             
En droit
:

 

 

I.             
Le recours a été déposé dans
le délai de dix jours à compter de la notification de la décision motivée, conformément
à l’art. 321 al. 2 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008; RS 272). Il
est motivé et contient des conclusions suffisantes (art. 321 al. 1 CPC). Il porte sur les dépens,
plus précisément sur le défraiement du mandataire professionnel (art. 95 al. 3 let. b
CPC). Les dépens sont compris dans les frais (art. 95 al. 1 CPC) et peuvent faire l’objet
d’un recours (art. 110 CPC).

 

             
Le recours est en conséquence recevable formellement et matériellement.

 

 

II.             
Le recourant fait valoir que les intimés n’ont pas produit de note de frais au sens de l’art.
105 al. 2 CPC, mais ont chiffré le défraiement demandé à 1'500 francs. Il conclut
donc qu’il est inéquitable de fixer ce défraiement à 6'000 francs. Pour leur part,
tout en déclarant qu’ils ne souhaitent pas se déterminer, les intimés admettent
dans leur réponse qu’ils ont conclu en première instance à ce qu’un montant
de 1'500 fr. leur soit alloué à titre de défraiement de leur représentant professionnel. 

 

             
a)
Les frais comprennent les frais judiciaires et les dépens (art. 95 al. 1 CPC).
Les dépens comprennent notamment le défraiement d’un représentant professionnel
(art 95 al. 3 lit. b CPC). Sont essentiellement visés par cette disposition les frais d’avocat
mais aussi les honoraires dus à un autre représentant professionnel au sens de l’art
68 CPC (Tappy, in Bohnet et alii, Code de procédure civile commenté, n. 26 ad art 68 CPC).

 

             
Le tribunal statue sur les frais en règle générale dans la décision finale (art. 104
al. 1 CPC). En vertu de l'art. 106 al. 1 CPC, les frais sont mis à la charge de la partie succombante.
Une partie succombe entièrement au sens de cette disposition même si les prétentions de
son adversaire sont aussi rejetées dans une proportion minime, pour autant que celui-ci obtienne
gain de cause sur le principe de son action et sur l’essentiel des montants réclamés
(Tappy, op. cit., n. 16 ad art 106 CPC et les réf. citées).

 

             
Conformément à l'art. 105 al. 2 CPC, le tribunal fixe les dépens selon le tarif. Les parties
peuvent produire une note de frais. L'art. 96 CPC, auquel renvoie l'art. 105 al. 2 CPC, dispose que les
cantons fixent le tarif des frais. Conformément à l'art. 37 al. 1 CDPJ (Code de droit privé
judiciaire vaudois du 12 janvier 2010; RSV 211.02), le Tribunal cantonal a arrêté le 23 novembre
2010 le Tarif des dépens en matière civile, entré en vigueur le 1er
janvier 2011.

 

             
C'est en principe l'entier des frais liés à la consultation d'un avocat ou d'un autre représentant
professionnel qui est visé par la notion de défraiement de l'art. 95 al. 3 let. b CPC (Tappy,
op. cit., n. 30 ad art. 95 CPC). Ce principe a d'ailleurs été repris à l'art. 3 TDC, qui
dispose qu'en règle générale, la partie qui succombe est tenue de rembourser à la
partie qui a obtenu gain de cause tous les frais nécessaires causés par le litige (al. 1).
Dans les contestations portant sur des affaires patrimoniales, le défraiement est fixé, selon
le type de procédure et dans les limites des tableaux figurant aux art. 4 à 8 et 10 à
13 du tarif, en considération de l'importance de la cause, de ses difficultés, de l'ampleur
du travail et du temps consacré par l'avocat ou l'agent d'affaires breveté. A cet égard,
le juge apprécie l'étendue des opérations nécessaires pour la conduite du procès
et se fonde, en règle générale, sur le tarif horaire moyen usuellement admis, réduit
de 15 % dans les causes dont la valeur litigieuse ne dépasse pas 30'000 fr., augmenté de manière
adéquate dans les causes dont la valeur litigieuse est supérieure à 300'000 fr. (al. 2).
En particulier, l’art. 7 TDC prévoit, pour une valeur litigieuse située entre 250'000
et 500'000 fr. comme en l’espèce, des dépens situés dans une fourchette de 4'000
à 9'000 francs.

 

             
Toutefois, lorsqu'il y a une disproportion manifeste entre la valeur litigieuse et l'intérêt
des parties au procès ou entre le taux applicable selon le tarif et le travail effectif de l'avocat
ou de l'agent d'affaires breveté, la juridiction peut fixer des dépens inférieurs au montant
minimum (art. 20 al. 2 TDC). 

 

             
b)
En l’occurrence, les intimés étaient valablement assistés par un avocat en première
instance. Le recourant ne prétend pas que l’art. 106 al. 1 CPC aurait été mal appliqué,
en ce sens qu’un défraiement complet ne serait pas dû aux intimés, mais uniquement
que le montant de celui-ci est excessif, eu égard au fait que les intimés eux-mêmes n’ont
formellement réclamé à ce titre que 1'500 francs. Il ne fait donc pas valoir une violation
de l’art. 106 al. 1 CPC, mais des art. 95 et 105 CPC.

 

             
Le grief du recourant est bien fondé. En effet, dès lors que les intimés ont précisé
le montant qu’ils réclamaient à titre de dépens dans les conclusions de leur requête
de mainlevée, et qu’ils n’ont pas modifié celui-ci durant l’audience, c’est
qu’ils admettaient que ce montant les dédommageait entièrement des frais qu’ils
avaient encourus liés à la consultation de leur avocat. Le juge de paix ne pouvait donc, dans
ses circonstances, leur allouer à ce titre un montant supérieur. Cette solution est également
conforme au principe ne ultra
petita qui signifie que le demandeur détermine
librement l'étendue de la prétention qu'il déduit en justice, le tribunal ne pouvant accorder
à une partie ni plus, ni autre chose que ce qui est demandé (art. 58 CPC).

 

 

 

III.             
Le recours doit dès lors être admis
et le prononcé réformé à son chiffre IV en ce sens que le défraiement dû
par le recourant aux intimés, solidairement entre eux, est fixé à 1'500 fr. (art. 327
al. 3 lit. b CPC).

 

             
 Les intimés, qui s’en sont remis à justice, n’ont pas succombé au sens de
l’art. 106 al. 1 CPC. Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à
360 fr., seront donc laissés à la charge du recourant. De même, il ne sera pas alloué
de dépens de deuxième instance.

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est admis.

 

             
II.             
Le chiffre IV du prononcé du 24 avril 2014 est réformé en ce sens que le poursuivi A.M.________
doit verser aux poursuivants B.M.________, C.M.________ et D.M.________, solidairement entre eux, la
somme de 830 fr. (huit cent trente francs) à titre de restitution d'avance de frais de première
instance et 1'500 fr. (mille cinq cents francs) à titre de défraiement de leur représentant
professionnel.

 

             
              Le prononcé est maintenu
pour le surplus.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 360 fr. (trois cent soixante
francs), sont mis à la charge du recourant A.M.________.

 

             
IV.             
Il n'est pas alloué de dépens de deuxième instance.

 

             
V.             
L'arrêt est exécutoire.

 

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du
4 novembre 2014

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, prend date de ce jour.

 

             
Il est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Me Jean-Claude Mathey, avocat (pour A.M.________),

‑             
Me Pierre Siegenthaler, avocat (pour B.M.________, C.M.________ et D.M.________).

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 4'500 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés
devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification
(art. 100  al. 1 LTF).

 

 

 

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
Mme le Juge de paix du district d'Aigle.

 

             
La greffière :