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**Case Identifier:** b228c5a7-0f1a-5067-b6b0-4752ad71584c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-08-21
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 21.08.2018 A/4776/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-4776-2017_2018-08-21.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/4776/2017-AIDSO ATA/846/2018  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 21 août 2018 

1ère section 

   dans la cause 

 

Madame A______ 
  

contre 

 SERVICE DES PRESTATIONS COMPLÉMENTAIRES 
 

- 2/10 - 

A/4776/2017 

EN FAIT 

1)  Madame A______, née le ______1966 en Turquie et de nationalité suisse, a 
déposé une demande de prestations complémentaires à l’assurance-invalidité (ci-
après : AI) et aux subsides d’assurance maladie  
(ci-après : prestations complémentaires) le 2 juillet 2007, à laquelle une réponse 
favorable a été apportée.  

2)  Le 8 mars 2010, elle a informé le service des prestations complémentaires 
(ci-après : le SPC) s'être mariée le ______ 2010 avec Monsieur B______, né le 
______1966 et également originaire de Turquie. Elle requérait qu’aucun gain 
potentiel ne soit pris en compte pour son conjoint pendant six mois, « le temps 
qu’il prenne des cours de français, entre autres ».  

3)  Par décision du 25 mars 2010, le SPC a informé Mme A______ que, suite à 
son mariage, le versement de ses prestations complémentaires serait modifié dès 
le 1er avril 2010.  

  Il établissait, en conséquence, une décision pour couple valable dès le 
1er avril 2010. À teneur de son plan de calcul, un gain potentiel pour son époux 
était pris en compte à hauteur de CHF 41'161.-. Ses prestations complémentaires 
se monteraient à CHF 242.- par mois. 

4)  Par décision du 13 avril 2010, le SPC a alloué à Mme A______ des 
prestations d’assistance à hauteur de CHF 2'059.- par mois à compter du 1er mai 
2010. 

5)  Du 15 octobre au 24 décembre 2010, B______ a occupé un emploi en tant 
que peintre en bâtiment à Annemasse (F), pour un salaire mensuel net de 
EUR 1'150.-.   

6)  Par deux décisions du 12 janvier 2011, le SPC a, d’une part, supprimé les 
prestations d’assistance de Mme A______ à compter du 1er février 2011, et, 
d’autre part, établi son droit à des prestations complémentaires pour un montant 
de CHF 1'566.- par mois dès le 1er février 2011. Le gain potentiel de son époux 
était pris en compte à hauteur de CHF 41'161.-. 

7)  Par décision de restitution du 21 février 2011, le SPC a demandé à 
Mme A______ le remboursement de la somme de CHF 2’398.-, qui représentait 
un trop versé pour la période du 1er septembre 2010 au 28 février 2011. Toutefois, 
au vu de sa situation financière, le SPC renonçait à lui en réclamer le 
remboursement.  

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8)  Le 21 octobre 2015, B______ a informé le SPC avoir commencé à travailler 
à 100 % pour une société turque pour un salaire mensuel d’environ CHF 500.-. 

9)  Par décision du 5 février 2016, le SPC a recalculé le droit aux prestations 
complémentaires de Mme A______ pour la période allant du 1er novembre au 31 
décembre 2015, en prenant en compte un gain potentiel pour son époux de CHF 
34'741.-, selon les normes de la Convention collective de travail. Pour la période 
débutant au 1er janvier 2016, le gain potentiel se monterait également à CHF 
34'972.- par an.  

10)  Par décision du même jour, le SPC a également recalculé le droit aux 
prestations d’assistance de Mme A______, celles-ci s’élevant, dès le 1er mars 
2016, à CHF 1'392.- par mois.  

11)  Le 25 février 2016, Mme A______, s’est rendue dans les locaux du SPC 
pour motiver l’opposition qu’elle avait formée oralement le 12 février 2016 et en 
établir un procès-verbal. Il convenait de retirer du calcul la prise en compte d’un 
gain potentiel pour son époux, dès lors qu’il travaillait à 100 % mais avec un 
salaire turc à Genève. B______ était toujours en recherche d’emploi, car tous 
deux souhaitaient ne plus avoir besoin des prestations du SPC. 

12)  Le 2 mai 2016, en réponse au SPC, Mme A______ a indiqué que son époux 
avait commencé à travailler comme vendeur de produits agricoles à plein temps le 
20 octobre 2015 pour une société turque, mais qu’il effectuait son travail à 
Genève, où il cherchait du travail depuis 2010. Il n’avait trouvé qu’un emploi, en 
2010, à Annemasse, qui n'avait duré que trois mois et lui avait procuré un salaire 
mensuel d’environ EUR 1'000.-. En 2010, le SPC n'avait pas tenu compte d'un 
gain potentiel parce que son époux travaillait à plein temps, alors qu'il l'avait fait 
dans sa décision du 5 février 2016. 

  En annexe de son courrier était notamment produit un document manuscrit 
démontrant que B______ avait donné son curriculum vitae à une vingtaine 
d’entreprises et d’hôtels genevois. 

13)  Par décision sur opposition du 16 juin 2016, le SPC a admis l’opposition de 
Mme A______. Dès lors que son époux démontrait que, malgré ses efforts, sa 
bonne volonté et les démarches entreprises, il ne trouvait pas d'autre emploi mieux 
rémunéré que celui qu’il exerçait à l’heure actuelle, il se justifiait de suspendre le 
gain potentiel qui lui était imputé en sus de ses gains réels. 

  Il résultait des nouveaux plans de calcul un solde rétroactif en faveur de 
Mme A______ de CHF 15'524.- pour la période du 1er novembre 2015 au 30 juin 
2016. La somme de CHF 13'178.- était retenue sur le montant dû. Cette somme 
retenue représentait les prestations d’aide sociale versées durant la même période, 
étant précisé qu’elle ne pouvait plus prétendre à des prestations d’aide sociale en 

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raison de l’augmentation des prestations complémentaires. Le solde de CHF 
2'346.- lui serait versé avec la prestation de juillet 2016. Dès le 1er juillet 2016, les 
prestations mensuelles s’élevaient à CHF 2'660.-. 

14)  Le 8 juillet 2016, Mme A______ a formé recours contre la décision précitée 
auprès de la chambre des assurances sociales de la Cour de justice (ci-après : la 
chambre des assurances sociales), faisant notamment valoir que le montant 
équivalent à l'aide sociale perçue entre le 1er novembre 2015 et le 30 juin 2016 
n'aurait pas dû être retenu par le SPC sur le solde qui lui était dû. Ils avaient 
besoin de la somme de CHF 13'178.- retenue, car depuis quatre mois, ils vivaient 
avec CHF 2'600.- et devaient payer un loyer de CHF 800.-. La totalité du solde en 
sa faveur devait ainsi lui être versée, soit CHF 15'524.-.  

15)  Le 3 août 2016, le SPC a conclu au rejet du recours. 

16)  Le 6 mars 2017, une audience de comparution personnelle s’est tenue 
devant la chambre des assurances sociales.  

  Mme A______ contestait la compensation opérée par le SPC. À cause de 
l’emploi de son mari, qui était peu payé, ils ne recevaient plus les prestations 
d’assistance. Le montant de CHF 13'178.- leur était dû. Enfin, elle ne comprenait 
pas pourquoi les décisions de 2016 et 2010 étaient différentes alors que les 
conditions étaient les mêmes. 

  La représentante du SPC a quant à elle indiqué qu'aucun gain potentiel 
n'avait été pris en compte pour l’époux de Mme A______ lorsqu’il avait travaillé 
à Annemasse en 2010 et qu’aucune demande de recherche d’emploi ne lui avait 
alors été faite, car l’information avait été traitée après la période d’emploi et que 
le SPC ne demandait aux assurés ou à leur conjoint de faire des recherches 
d’emploi que pour le futur. 

17)  Par arrêt du 12 juillet 2017 (ATAS/633/2017), la chambre des assurances 
sociales a partiellement admis le recours de Mme A______ et annulé la décision 
sur opposition du SPC du 16 juin 2016 en tant qu’elle procédait à la retenue de 
CHF 13'178.- sur le solde dû, et l’a confirmée pour le surplus.  

  La compensation opérée ne reposait pas sur une décision de restitution des 
prestations sociales versées échues, de sorte que le SPC n’était pas en droit d’y 
procéder. La cause lui était donc renvoyée pour décision formelle sur ce point. 

18)  Par décision sur opposition du 6 novembre 2017, le SPC a rejeté 
l’opposition de l’intéressée des 12 et 25 février 2016 sur cette question. 

  Son revenu déterminant était supérieur aux dépenses reconnues pour la 
période litigieuse, si bien qu’elle ne pouvait plus prétendre à l’octroi de 
prestations d’aide sociale. Selon le décompte joint à la décision, il en résultait une 

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demande de restitution à hauteur de CHF 13'178.- représentant les prestations 
d’aide sociale versées entre le 1er novembre 2015 et le 30 juin 2016. 

19)  Le 1er décembre 2017, Mme A______, agissant en personne, a interjeté 
recours auprès de la chambre administrative de la Cour de justice  
(ci-après : la chambre administrative) contre la décision sur opposition précitée, 
concluant à son annulation. 

  Le SPC n’avait tenu compte ni de la loi sur l’insertion et l'aide sociale 
individuelle du 22 mars 2007 (LIASI - J 4 04) ni de l’arrêt de la chambre des 
assurances sociales. Il n’avait pas expliqué le motif de la restitution du montant de 
CHF 13'178.-, raison pour laquelle la chambre des assurances sociales avait 
annulé la décision du 16 juin 2016 et avait confirmé qu’il s’agissait d’un montant 
qui leur revenait, à elle et son époux. Le SPC ne leur avait d’ailleurs pas versé 
cette somme, et il ressortait des plans de calcul antérieurs qu’ils ne percevaient 
pas de salaire durant la période litigieuse du 1er novembre 2015 au 30 juin 2016.  

20)  Par réponse du 8 janvier 2018, le SPC a maintenu sa position et transmis son 
dossier. Les prestations complémentaires reconnues à Mme A______ par décision 
sur opposition du 16 juin 2016, d’un montant de CHF 15'524.- pour la période 
couvrant le 1er novembre 2015 et le 30 juin 2016, lui avaient été versées 
rétroactivement, sous déduction des prestations de CHF 13'178.- déjà perçues 
pour la même période au titre de l’aide sociale.  

21)  Dans sa réplique du 5 février 2018, Mme A______ a fait valoir que la 
décision querellée n’expliquait pas pourquoi le SPC lui demandait le 
remboursement de l’aide sociale versée entre le 1er novembre 2015 et le 30 juin 
2016 alors qu’elle n’avait pas reçu cette somme, ce que démontraient les trois 
dernières décisions du SPC. La décision ne mentionnait d’ailleurs pas que le 
montant à rembourser lui avait été versé à titre d’avance, de sorte que 
l’art. 37 LIASI invoqué par le SPC ne s’appliquait pas. En outre, la chambre des 
assurances sociales avait annulé la retenue de CHF 13'178.-, et le SPC ne lui avait 
toujours pas rendu cette somme.   

22)  Le 5 mars 2018, le juge délégué a tenu une audience de comparution 
personnelle des parties. 

  Mme A______ a répété que les prestations complémentaires qui lui avaient 
été accordées devaient lui être intégralement versées sans qu’elle ne doive les 
rembourser, ni qu’une compensation avec les prestations sociales déjà reçues ne 
soit opérée. La loi disposait que lorsque la somme était avancée, il n’y avait pas 
besoin de la rembourser, et c’est ce qui s’était passé en 2011. 

  La représentante du SPC a, quant à elle, indiqué que suite à l’arrêt de la 
chambre des assurances sociales du 12 juillet 2017, le SPC avait payé le 

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complément à la somme de CHF 13'178.- versée à Mme A______ en 2016 au titre 
de l’aide sociale, pour atteindre le montant total de CHF 15'524.-. Il n’avait pas 
versé d’autres montants en l’état. 

23)  La cause a été gardée à juger à l’issue de l’audience.  

EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 52 LIASI ; art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 
26 septembre 2010 - LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure 
administrative du 12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2)  Est en l’occurrence litigieuse la restitution ordonnée par le SPC à la 
recourante de la somme de CHF 13'178.- versée à titre d’aide sociale entre le 
1er novembre 2015 et le 30 juin 2016. 

3)  Selon l’art. 12 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du  
18 avril 1999 (Cst. - RS 101), quiconque est dans une situation de détresse et n’est 
pas en mesure de subvenir à son entretien a le droit d’être aidé et assisté et de 
recevoir les moyens indispensables pour mener une existence conforme à la 
dignité humaine (ATF 135 I 119 consid. 5 ; arrêt du Tribunal fédéral 8C_56/2012 
du 11 décembre 2012 consid. 1.1). 

4) a. Dans le canton de Genève, l’art. 12 Cst. a trouvé une concrétisation dans la 
LIASI, dont le but est de prévenir l’exclusion sociale et d’aider les personnes qui 
en souffrent à se réinsérer dans un environnement social et professionnel  
(art. 1 al. 1 LIASI), ainsi que de soutenir les efforts des bénéficiaires de la loi à se 
réinsérer sur le marché du travail et dans la vie sociale en général et vise 
également à garantir à ceux qui se trouvent dans la détresse matérielle et morale 
des conditions d’existence conformes à la dignité humaine (art. 1 al. 2 LIASI). Ses 
prestations sont fournies sous forme d’accompagnement social, de prestations 
financières et d’insertion professionnelle (art. 2 LIASI). 

 b. L’hospice est l’organe d’exécution de la LIASI (art. 3 al. 1 LIASI).  

  Le SPC gère et verse les prestations d’aide sociale notamment pour les 
personnes au bénéfice d’une rente de l’AI, au sens de la loi fédérale sur 
l’assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI - 831.20 ; art. 3 al. 2 let. b LIASI). Il 
reçoit et instruit les demandes de prestations visées par l’art. 3 al. 2 LIASI, 
procède aux calculs, rend les décisions et verse les prestations. Le versement de 
ces prestations émarge à son propre budget (art. 22 al. 1 du règlement d’exécution 
de la LIASI du 25 juillet 2007 - RIASI - J 4 04.01). Les art. 50 à 53 de la LIASI 
sont applicables par analogie aux décisions du SPC (art. 22 al. 3 RIASI). 

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5) a. Aux termes de l’art. 8 LIASI, ont droit à des prestations d’aide financière les 
personnes majeures qui ne sont pas en mesure de subvenir à leur entretien ou à 
celui des membres de la famille dont ils ont la charge (al. 1). Ces prestations ne 
sont pas remboursables, sous réserve des art. 12 al. 2 et 36 à 41 LIASI (al. 2). 

 b. L’aide sociale est soumise au principe de subsidiarité, conformément à 
l’art. 12 Cst. La personne dans le besoin doit avoir épuisé les possibilités 
d’auto-prise en charge, les engagements de tiers et les prestations volontaires de 
tiers (ATA/878/2016 du 18 octobre 2016 et les arrêts cités). L’aide est subsidiaire, 
de manière absolue, à toute autre ressource, mais elle est aussi subsidiaire à tout 
revenu que le bénéficiaire pourrait acquérir par son insertion sociale ou 
professionnelle (MGC 2005-2006/I A p. 259 ; ATA/878/2016 précité).  

  L’art. 9 al. 1 LIASI prévoit ainsi que les prestations d’aide financière 
versées sont subsidiaires à toute autre source de revenus, aux prestations 
découlant du droit de la famille ou de la loi fédérale sur le partenariat enregistré 
entre personnes du même sexe du 18 juin 2004 (LPart - RS 211.231), ainsi qu’à 
toute autre prestation à laquelle le bénéficiaire et les membres du groupe familial 
ont droit, en particulier aux prestations d’assurances sociales fédérales et 
cantonales, et aux prestations communales, à l’exception des prestations 
occasionnelles. Le bénéficiaire doit faire valoir sans délai ses droits auxquels 
l’aide financière est subsidiaire et doit mettre tout en œuvre pour améliorer sa 
situation sociale et financière (art. 9 al. 2 LIASI). Exceptionnellement, les 
prestations d’aide financière peuvent être accordées à titre d'avance sur prestations 
sociales ou d'assurances sociales (art. 9 al. 3 let. a LIASI). 

6)  Selon l’art. 37 LIASI, intitulé « prestations versées à titre d'avances sur des 
prestations sociales ou d'assurances sociales et prestations touchées à titre 
rétroactif en dehors d'une avance », si les prestations d'aide financière prévues par 
la présente loi ont été accordées à titre d'avances, dans l'attente de prestations 
sociales ou d'assurances sociales, les prestations d'aide financière sont 
remboursables, à concurrence du montant versé par l'hospice durant la période 
d'attente, dès l'octroi desdites prestations sociales ou d'assurances sociales 
(al. 1). L’hospice demande au fournisseur de prestations que les arriérés de 
prestations afférents à la période d'attente soient versés en ses mains jusqu'à 
concurrence des prestations d'aide financière fournies durant la même période 
(al. 2). Il en va de même lorsque des prestations sociales ou d'assurances sociales 
sont versées au bénéficiaire avec effet rétroactif pour une période durant laquelle 
il a perçu des prestations d'aide financière (al. 3). L'action en restitution se prescrit 
par cinq ans, à partir du jour où l'hospice a eu connaissance du fait qui ouvre le 
droit au remboursement ; le droit au remboursement s'éteint au plus tard dix ans 
après la survenance du fait (al. 4). 

  Consulté à propos de cet article dans le cadre des travaux préparatoires de la 
LIASI, l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS) a indiqué qu'avec une telle 

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formulation, « le droit au remboursement peut être déduit sans équivoque et qu'il 
constitue une base légale suffisante pour donner droit à la compensation des 
avances consenties avec le paiement rétroactif de prestations d'assurances sociales 
et ceci sans que le consentement écrit de la personne concernée doive être requis 
au préalable » (MGC 2005-2006/I A p. 271). 

7)  En l’espèce, contrairement à ce que semble soutenir la recourante, les 
versements de prestations effectués en sa faveur par le SPC pour les mois de 
novembre 2015 à juin 2016 ne sont pas des revenus et n’ont pas non plus été 
effectués à titre d’avances au sens des art. 9 al. 3 let. a et 37 al. 1 LIASI. Il 
s’agissait au contraire de l’addition des montants de prestations d’assistance déjà 
versés tels que fixés dans les décisions antérieures à celle du 5 février 2016, qui a 
modifié le montant du gain potentiel de l’époux de la recourante. Cette dernière a 
ainsi reçu, au titre de prestations d’assistance, entre le 1er novembre 2015 et le 
30 juin 2016, la somme totale de CHF 13'178.-. Si la décomposition de ce 
montant n’apparaît pas explicitement dans la décision querellée, il ressort du 
dossier que la recourante a reçu CHF 1'896.- aux mois de novembre et décembre 
2015, CHF 1'909.- en janvier et février 2016 et enfin CHF 1'392.- aux mois de 
mars, avril, mai et juin 2016. L’addition de ces versements égale bien 
CHF 13'178.-. Ce n’est que parce que la recourante a contesté la décision du SPC 
du 5 février 2016 et ainsi la prise en compte dudit gain potentiel que le SPC lui a 
donné gain de cause dans la décision sur opposition du 16 juin 2016 et que 
l’octroi de prestations complémentaires a été décidé. 

  Cela n’a toutefois aucune incidence pratique. En effet, l’art. 37 al. 3 LIASI, 
qui vise le cas de versements de prestations sociales ou d’assurances sociales avec 
effet rétroactif et doit être lu en lien avec le titre de la disposition légale, en 
particulier les termes « prestations touchées à titre rétroactif en dehors d'une 
avance », attribue à l’hospice, respectivement au SPC, le même droit si ses 
prestations d’aide financière n’ont pas été versées à titre d’avance que si elles 
l’ont été (ATA/419/2017 du 11 avril 2017 et l’arrêt cité). 

   En donnant une suite favorable à l’opposition de la recourante des 12 et 
25 février 2016, le SPC a suspendu le gain potentiel litigieux attribué à son époux, 
ce qui a eu pour effet de diminuer son revenu déterminant et ainsi de rouvrir son 
droit au versement de prestations complémentaires.  

  En raison de la subsidiarité des prestations d’aide financière prévue par  
l’art. 9 LIASI et au vu du caractère remboursable des prestations du SPC lorsque 
des prestations sociales ou d'assurances sociales sont versées au bénéficiaire avec 
effet rétroactif (art. 37 al. 3 LIASI), la recourante est effectivement tenue de 
rembourser au SPC la somme litigieuse de CHF 13'178.-. 

  Toutefois, le montant des prestations complémentaires ainsi recalculées est 
supérieur à celui des prestations d’assistance versé pour la même période, de sorte 

https://intrapj/Decis/TA/ata.tdb?L=19905&HL=

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que le SPC a, dans la même décision sur opposition du 16 juin 2016, compensé le 
montant des prestations d’assistance déjà reçues par la recourante (CHF 13'178.-) 
avec celui des prestations complémentaires auquel elle avait droit compte tenu de 
la suspension de gain potentiel (CHF 15'524.-). C’est à un solde de CHF 2'346.- 
en faveur de la recourante que le résultat aboutit, ainsi que l’avait calculé le SPC. 

  Si la compensation entre les deux montants n’est pas explicitement 
mentionnée dans la décision querellée du 6 novembre 2017, le SPC a affirmé, tant 
dans sa réponse au recours du 8 janvier 2018 que lors de l’audience de 
comparution personnelle du 5 mars 2018, qu’il avait déjà versé le solde à la 
recourante, étant souligné que celle-ci ne l’a jamais contesté. 

  La décision du SPC de réclamer le remboursement de CHF 13'178.- est en 
conséquence conforme au droit, étant rappelé que la recourante ne devra en réalité 
pas débourser d’argent, au contraire de la situation qui prévalait en 2011, le solde 
résultant de la compensation lui ayant déjà été versé. 

  Enfin, la recourante soutient que la chambre des assurances sociales aurait 
annulé la décision du SPC 16 juin 2016 car le remboursement ne serait pas dû. Il 
ressort au contraire clairement de l’arrêt de la chambre des assurances sociales du 
12 juillet 2017 que la cause n’a été  renvoyée au SPC que pour qu’il rende une 
décision statuant spécifiquement sur la question du remboursement. L’attention de 
la recourante y avait d’ailleurs été explicitement attirée sur le fait que cette somme 
pourrait lui être réclamée par la suite par le biais d’une nouvelle décision. 

8)  En définitive, la décision sur opposition querellée est conforme au droit et le 
recours, infondé, doit être rejeté. 

  En matière d’assistance sociale, la procédure est gratuite pour la recourante 
(art. 11 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en procédure 
administrative du 30 juillet 1986 - RFPA - E 5 10.03). Vu l’issue du litige, aucune 
indemnité de procédure au sens de l’art. 87 al. 2 LPA ne lui sera allouée. 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 1er décembre 2017 par Madame A______ contre 
la décision sur opposition du service des prestations complémentaires du 6 novembre 
2017 ; 

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au fond : 

le rejette ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument, ni alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne, par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession 
du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Madame A______, ainsi qu'au service des prestations 
complémentaires. 

Siégeant : Mme Payot Zen-Ruffinen, présidente, MM. Thélin et Pagan, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

S. Hüsler Enz 
 

 la présidente siégeant : 
 
 

F. Payot Zen-Ruffinen 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :