# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 2147a06e-4fbf-5d89-8bb1-fb1ebf397184
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-09-24
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Schuldbetreibungs- und Konkurskammer 24.09.2015 105 2015 40
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_003_105-2015-40_2015-09-24.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

105 2015 40

Arrêt du 24 septembre 2015

Chambre des poursuites et faillites

Composition Présidente: Catherine Overney
Juges: Adrian Urwyler, Dina Beti
Greffière: Estelle Magnin

Parties A.________, plaignant, représenté par Me Hervé Bovet, avocat,   

contre

l'Office des poursuites de la Sarine, autorité intimée

Objet Détermination du minimum vital (art. 93 LP)

Plainte du 4 mai 2015 contre la détermination du minimum vital du 
27 avril 2015

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considérant en fait

A. Dans le cadre d’une poursuite dirigée contre A.________, l'Office des poursuites de la 
Sarine (ci-après : l'OP Sarine) a déterminé, le 27 avril 2015, le minimum vital d'existence du 
débiteur à concurrence de CHF 2'710.40. Sur la base d'une quotité saisissable de CHF 2'368.95, 
une saisie de salaire a été imposée à hauteur de CHF 2'360.00 par mois, dès le 1 mai 2015.

B. Par acte du 4 mai 2015, A.________ a déposé une plainte contre la détermination de son 
minimum vital et conclut à ce que la saisie soit annulée, la cause renvoyée à l’OP Sarine pour qu’il 
rende une nouvelle décision.

C. Dans sa détermination du 1er juin 2015, l'OP Sarine conclut au rejet de la plainte.

en droit

1. a) Sauf dans les cas où la loi prescrit la voie judiciaire, il peut être porté plainte à l’autorité de 
surveillance lorsqu’une mesure de l’office est contraire à la loi ou ne paraît pas justifiée en fait 
(art. 17 al. 1 LP). La plainte doit être déposée dans les dix jours de celui où le plaignant a eu 
connaissance de la mesure (art. 17 al. 2 LP). 

b) En l'espèce, le procès-verbal de saisie est daté du 27 avril 2015, mais le dossier ne 
permet pas de déterminer à quelle date il a été communiqué au plaignant. La plainte, déposée le 
4 mai 2015, l’a été dans le cadre du délai de dix jours de l’art. 17 al. 2 LP. Motivée et dotée de 
conclusions, elle est par conséquent recevable.

2. a) En vertu de l'art. 93 LP, les biens relativement saisissables, tels que les revenus du travail 
et prestations de toutes sortes destinées notamment à couvrir une perte de gain, ne peuvent être 
saisis que déduction faite de ce que le préposé estime indispensable au débiteur et à sa famille 
(minimum vital). Cette disposition garantit à ces derniers la possibilité de mener une existence 
décente, sans toutefois les protéger contre la perte des commodités de la vie; elle vise à empêcher 
que l'exécution forcée ne porte atteinte à leurs intérêts fondamentaux, les menaces dans leur vie 
ou leur santé ou leur interdise tout contact avec le monde extérieur. Les besoins du poursuivi et de 
sa famille reconnus par la jurisprudence sont ceux d'un poursuivi moyen et des membres d'une 
famille moyenne, c'est-à-dire du type le plus courant. Ils doivent toutefois tenir compte des 
circonstances objectives, et non subjectives, particulières au poursuivi (cf. ATF 134 III 323 
consid. 2; arrêt TF 5A_266/2014 du 11 juillet 2014 consid. 3). A cet effet, les autorités de poursuite 
fixent librement - en suivant les Lignes directrices pour le calcul du minimum d'existence en 
matière de poursuite de la Conférence des préposés aux poursuites et faillites de Suisse – la part 
des ressources du débiteur qu'elles estiment indispensable à son entretien et à celui de sa famille 
(cf. ATF 130 III 45 consid. 2; arrêt TF 5A_919/2012 du 11 février 2013 consid. 4.3.1). 

Le montant de base fixé par les Lignes directrices comprend les frais pour l'alimentation, les 
vêtements et le linge y compris leur entretien, les soins corporels et de santé, l'entretien du 
logement, les frais culturels ainsi que les dépenses pour l'éclairage, le courant électrique ou le gaz 
pour la cuisine. Le minimum vital doit être fixé en fonction des circonstances de fait existant lors de 
l'exécution de la saisie. Si des changements interviennent en cours de saisie, le débiteur doit 
demander une révision de situation au sens de l'art. 93 al. 3 LP à l'office des poursuites (BSK 
SchKG I–VONDER MÜHLL, 2010, art. 93 n. 17 et 21). 

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Si l'office doit établir d'office la situation financière, le débiteur est tenu de collaborer en apportant 
les éléments de fait importants et en fournissant les preuves à sa disposition (BSK SchKG I– 
VONDER MÜHLL, 2010, art. 93 n. 16); le poursuivi doit ainsi établir qu'il paie effectivement les 
charges alléguées, en produisant des justificatifs de paiement (CR LP–OCHSNER, 2005, art. 93 n. 
82; ATF 121 III 20 consid. 3b; arrêt TF 5A_661/2013 du 15 janvier 2014, consid. 5.2).

b) En l’espèce, l’OP Sarine s’est basé sur la comptabilité 2013 et 2014 de l’entreprise en 
raison individuelle pour calculer le revenu du plaignant. Il a retenu que le plaignant disposait d’un 
capital de CHF 8'093.12 à la fin de l’exercice 2013 et qu’il a réalisé un bénéfice net de CHF 
52'858.95 pour l’exercice 2014. Dès lors, son disponible pour l’année 2014 s’élèverait à CHF 
60'952.05 net, soit un revenu mensuel de CHF 5'079.35. De ce revenu mensuel, l’OP Sarine a 
déduit le montant de CHF 42.40 correspondant aux cotisations personnelles AVS/AI/APG 
mensuelles du plaignant, alors que ces frais ont déjà été pris en compte dans le cadre des charges 
sociales figurant dans la comptabilité. L’OP Sarine précise dans sa détermination que les arriérés 
de cotisations personnelles AVS/AI/APG impayées ne peuvent pas être prises en compte dans la 
détermination du minimum d’existence étant donné que les dettes remboursées par le débiteur ne 
font pas partie de son minimum vital même s’il a pris des engagements dans ce sens. 

c) Dans sa plainte du 4 mai 2015, le plaignant reproche à l’OP Sarine d’avoir basé son calcul 
du revenu saisissable sur un revenu moyen manifestement erroné. Il relève que son bénéfice net 
s’élevait à CHF 52'858.95 pour l’exercice 2014, soit un revenu mensuel brut moyen de 
CHF 4'404.90, et non de CHF 5'079.35 comme le prétend l’OP Sarine.

Le plaignant reproche à l’OP Sarine de ne pas avoir tenu compte de son statut d’indépendant et 
des montants qu’il acquitte en raison des cotisations AVS/AI/APG. Il allègue que le montant légal 
de ses cotisations sociales correspondrait à 8.829% de son revenu, soit à un montant mensuel 
moyen de CHF 388.90. Le plaignant soutient qu’actuellement, il s’acquitte d’un montant de 
CHF 442.40 par mois en raison des cotisations AVS/AI/APG encore dues pour les années 
précédentes. En outre, il critique que l’OP Sarine n’a pas pris en compte ses cotisations 
d’assurance-chômage, lesquelles s’élèveraient à un montant mensuel de CHF 96.90. 

d) Selon la doctrine, l’art. 93 LP s’applique aussi au revenu de travail déjà acquis, mis de 
côté ou arriéré (GILLIÉRON, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, 
2000, art. 93 n. 31 ; ATF 33 I 430 ; cf. aussi ATF 112 III 19 consid. 2 c et arrêt TF 5A_16/2011 
consid. 2.2). Pour fixer le montant saisissable, l’office doit tenir compte de toutes les ressources du 
débiteur ; si le débiteur exerce une activité indépendante, l’office peut se baser sur la comptabilité 
et tous les documents concernant l’exploitation du débiteur. Pour déterminer le revenu net d’un 
indépendant, il faut ajouter la variation de fortune, représentée par le compte de fonds propres, au 
bénéfice net de l’entreprise tel qu’il ressort du compte d’exploitation ; il s’agit en effet de fonds qui 
sont à disposition du débiteur et qui lui permettent d’effectuer des prélèvements privés. C’est donc 
à juste titre que l’OP Sarine a tenu compte du capital de CHF 8'093.12 dégagé à la fin de 
l’exercice 2013 pour déterminer le revenu mensuel du plaignant qu’il a fixé à CHF 5'079.35. 
Partant, ce grief doit être rejeté.

Il ressort du décompte de la caisse de compensation du 20 avril 2015 que le plaignant verse des 
acomptes de cotisations personnelles AVS/AI/APG de CHF 42.40 par mois (CHF 127.25 par 
trimestre), ces acomptes sont des cotisations trimestrielles provisoires basées sur le revenu estimé 
de l’année de cotisation courante. Les cotisations définitives sont fixées sur la base de la taxation 
fiscale. Les caisses de compensation calculent la différence entre les acomptes de cotisation 
payés et les cotisations définitives, et ensuite, elles facturent ou remboursent la différence. Ainsi, si 
ses acomptes de cotisation payés sont inférieurs à ses cotisations définitives comme le prétend le 

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plaignant, il devra s’acquitter de la différence, et à ce moment-là, il pourrait faire valoir cette charge 
dans le cadre de la détermination de son minimum vital. 

Dans sa détermination, l’OP Sarine a relevé qu’il ressortait de la comptabilité du débiteur que les 
cotisations AVS/AI/APG étaient déjà prises en compte dans les frais généraux de son activité 
d’indépendant. En effet, selon le compte de frais généraux pour la période du 1er janvier au 
31 décembre 2013 et 2014, des charges sociales d’un montant de CHF 1'555.55 sont retenues 
comme frais généraux. Néanmoins, l’OP Sarine, sans raison apparente, a tout de même tenu 
compte de l’acompte mensuel de CHF 42.40, augmentant par ce biais le minimum vital du 
débiteur.   

Les cotisations AVS/AI/APG dues par le débiteur pour les années précédentes sont des dettes 
non prises en compte pour la détermination du minimum vital afin d’éviter que les créanciers non 
poursuivants soient privilégiés par rapport aux créanciers poursuivants (GILLIÉRON, Commentaire 
de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, 2000, art. 93 n. 31 ; BSK SchKG I–
VONDER MÜHLL, art. 93 n. 33). 

Dans la mesure où le plaignant en tant qu’indépendant n’est pas assuré contre le chômage, il ne 
peut pas faire valoir des cotisations d’assurance-chômage. 

Partant, ces griefs doivent être rejetés.

Au vu de ce qui précède, le calcul de la quotité saisissable ne prête pas le flanc à la critique. 
Partant, la plainte est rejetée et la décision attaquée confirmée. 

3. Il n'est pas perçu de frais, ni alloué de dépens (art. 20a al. 2 ch. 5 LP, 61 al. 2 let. a et 62 
al. 2 OELP).

(dispositif en page suivante)

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la Chambre arrête:

I. La plainte est rejetée.

Partant, le procès-verbal de saisi établi le 17 avril 2015 par l’ Office des poursuites de la 
Sarine est confirmé.

II. Il n’est pas perçu de frais.

III. Communication.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral dans les trente jours 
qui suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). 
L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 24 septembre 2015/aur

La Présidente La Greffière