# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** ec59b397-192f-5868-a7a5-6c1defd1de26
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-06-13
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 13.06.2013 P/12347/2012
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-12347-2012_2013-06-13.pdf

## Full Text

Communiqué l'arrêt aux parties en date du jeudi 13 juin 2013. 

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/12347/2012 ACPR/271/2013

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du jeudi 13 juin 2013 

 

Entre 

A.______, domicilié ______, comparant par Me Gaétan DROZ, avocat, MBLD Associés, 

rue Toepffer 11bis, 1206 Genève, 

 

recourant 

 

contre l'ordonnance sur opposition rendue le 23 avril 2013 par le Juge des mineurs, 

 

Et 

LE JUGE DES MINEURS, Tribunal des Mineurs, rue des Chaudronniers 7 - case postale 

3686 - 1211 Genève 3, 

 

intimé.

- 2/7 - 

P/12347/2012 

 

EN FAIT : 

A. a. Par acte déposé au greffe de la Chambre de céans le 6 mai 2013, A.______ recourt 
contre l'ordonnance sur opposition rendue par le Juge des mineurs, le 23 avril 2013, 
notifiée, selon le recourant, le 28 du même mois, dans la cause P/12347/2012, par 
laquelle ce magistrat a déclaré irrecevable son opposition à l'ordonnance pénale 
rendue à son encontre. 

 Le recourant conclut à l'annulation de l'ordonnance entreprise et à la constatation de 
la recevabilité de l'opposition susmentionnée, sous suite de frais. 

 b. Le 7 mai 2013, A.______ a requis l'octroi de l'effet suspensif au présent recours, 
qui lui a été accordé, le 8 mai 2013, par ordonnance de la direction de la procédure. 

B. Les faits pertinents pour l'issue du litige sont les suivants : 

 a. Selon une ordonnance pénale rendue le 7 février 2013 par le Tribunal des mineurs, 
il était reproché à A.______, né le ______ 1994, de s'être, le 16 août 2012, avec deux 
comparses, enfui de l'établissement de La Clairière où il était détenu et de s'être, deux 
jours plus tard, à nouveau enfui, seul, du même endroit. Le fuyard avait à chaque fois 
été repris peu après.  

 En outre, le 27 octobre 2012, il avait, en compagnie de plusieurs autres jeunes, 
pénétré sans droit dans un parking souterrain et fracturé des boxes. 

 Enfin, le 25 novembre 2012, sous l'effet du cannabis, il avait pénétré par effraction 
dans un garage de Crassier (VD) et emporté divers objets. 

 Pour ces faits, il a été reconnu coupable de mutinerie de détenus, vols, dommages à 
la propriété, violations de domicile et consommation de stupéfiants et condamné à 
une peine privative de liberté d'un mois, ainsi qu'au paiement de diverses sommes 
d'argent d'un total de CHF 11'213.-. 

 Selon la dernière page de l'ordonnance, une expédition conforme du document a été 
"notifiée" le 8 février 2013 à A.______ et à son défenseur. Aucune pièce au dossier 
ne permet toutefois d'attester de la date de remise effective de l'acte. 

 b. Par courrier expédié le 22 février 2013 et adressé au Tribunal des mineurs, 
A.______ a formé opposition à l'ordonnance pénale susmentionnée, qu'il avait, selon 
lui, reçue le 12 février 2013. 

 Son défenseur indiquait en outre : "Je me permettrai de revenir à vous dans un délai 
de 10 jours pour vous faire part de la détermination de mon mandant sur les motifs 
de son opposition". 

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P/12347/2012 

 c. Selon un courrier expédié le 6 mars 2013, A.______, par l'entremise de son avocat, 
a requis du Juge des mineurs que le délai de 10 jours, qu'il s'était lui-même imposé 
pour compléter son opposition, fût prorogé au 29 mars 2013, en raison d'"événements 
récents" survenus dans une procédure le concernant et diligentée par le Ministère 
public. 

 Sa requête a été accueillie favorablement. 

 d. Par un nouveau courrier du 28 mars 2013, A.______ a, pour des motifs similaires, 
demandé au Juge des mineurs de prolonger à nouveau le délai évoqué ci-dessus au 
12 avril 2013, afin de communiquer "[s]a décision quant au maintien ou non de son 
opposition et, le cas échéant, pour en déterminer la portée". 

 À nouveau, il a été donné une suite favorable à sa requête. 

C. À teneur de l'ordonnance querellée, il était mentionné dans la partie en fait que 
l'ordonnance pénale avait été "notifiée à A.______, devenu majeur, et à son Conseil, 
le 8 février 2013, mais expédiée le 11 février 2013." 

Le Juge des mineurs a ensuite considéré que l'opposition formée par A.______ était 
irrecevable, car aucune détermination évoquée par son défenseur dans ses courriers 
successifs ne lui était parvenue, malgré les prolongations de délai accordées. 

 En outre, aucune requête en restitution de délai n'avait été formée. 

D. a. À l'appui de son recours, A.______ invoque une violation des art. 354 al. 2 et 385 
al. 2 CPP. 

 En tant que prévenu, il n'était pas tenu de motiver son opposition. Le fait qu'il ait 
annoncé une motivation qui n'était finalement jamais parvenue à l'autorité n'y 
changeait rien. 

Il était certes regrettable que son défenseur n'ait pas précisé, dans le délai qui lui 
avait été imparti, s'il souhaitait maintenir ou non son opposition, mais cela 
s'expliquait par une procédure ouverte par le Ministère public pour des faits 
antérieurs et qui était indirectement liée à la présente procédure au sens de l'art. 49 al. 
2 CP. 

 b. Le Juge des mineurs, par courrier du 14 mai 2013, a renoncé à former des 
observations. 

 c. Le recourant n'ayant pas répliqué, la cause a été gardée à juger. 

 

 

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P/12347/2012 

EN DROIT : 

1. Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai 
prescrits (art. 3 al. 1 et 39 al. 1 PPMin et art. 393 et 396 CPP), concerner une 
ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 3 al. 1 et 39 al. 1 
PPMin et 393 al. 1 let. b CPP) et émaner du prévenu qui a qualité pour agir (art. 3 al. 
1, 18 let. a, 19 al. 2 et 38 al. 1 let. a PPMin). 

2. 2.1. À teneur de l'art. 32 al. 5 let. a PPMin, le prévenu mineur capable de 
discernement peut faire opposition à l'ordonnance pénale dans les dix jours. 

Selon l'art. 354 al. 2 CPP, applicable par renvoi de l'art. 32 al. 6 PPMin, l'opposition 
du prévenu ne doit pas nécessairement être motivée. 

Une déclaration obscure ou ambiguë doit, dans le doute, être considérée comme 
l'expression d'un refus de se soumettre à l'ordonnance pénale (R. PFISTER-LIECHTI 
(éd.), La procédure pénale fédérale, Fondation pour la formation continue des juges 
suisses, Berne 2010, p. 156). 

L'art. 85 al. 2 CPP prévoit que les autorités pénales notifient leurs prononcés par 
lettre signature ou par tout autre mode de communication impliquant un accusé de 
réception. 

Selon la jurisprudence, le fardeau de la preuve de la notification et de la date à 
laquelle celle-ci a été effectuée incombe à l'autorité (ATF 122 I 97 consid. b p. 100 ; 
ACPR/102/2013 du 14 mars 2013). 

Selon les art. 89 et 92 CPP, les délais fixés par la loi ne peuvent être prolongés, mais 
les autorités peuvent prolonger les délais ou ajourner les termes qu'elles ont fixés, 
d'office ou sur demande. La demande doit être présentée avant l'expiration du délai et 
être suffisamment motivée. 

L'art. 90 al. 1 CPP prévoit que les délais fixés en jours commencent à courir le jour 
qui suit leur notification ou l'événement qui les déclenche. 

2.2. En l'espèce, l'ordonnance querellée est peu claire quant au motif fondant 
l'irrecevabilité de l'opposition du recourant. Il est en effet malaisé de déterminer si le 
Juge des mineurs a considéré l'opposition elle-même comme tardive ou s'il s'est 
fondé sur le fait que le recourant n'a pas fourni sa détermination subséquente dans le 
délai qu'il s'était lui-même initialement fixé. De toute manière, comme cela résulte 
des considérants qui suivent, ni l'une, ni l'autre de ces hypothèses ne permettent de 
justifier l'ordonnance querellée. 

2.2.1. En premier lieu, l'expédition de l'ordonnance pénale est intervenue, selon les 
dires de l'autorité, le 11 février 2013, et elle est parvenue au recourant, le 12 février 
2013, selon lui.  

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P/12347/2012 

L'indication figurant à la dernière page de l'ordonnance pénale qu'une expédition 
conforme de l'ordonnance a été "notifiée" le 8 février 2013 au prévenu et à son 
défenseur laisse perplexe, car la notification serait donc intervenue, si l'on se fie à 
cette indication trompeuse, avant même l'expédition de l'acte. Quoi qu'il en soit, 
aucune preuve de la remise du document au recourant ne figurant au dossier et le 
fardeau de la preuve de la notification appartenant à l'autorité, il faut se fier aux 
seules déclarations du recourant. 

Conformément à l'art. 85 al. 2 CPP, c'est donc le 12 février 2013 que la notification 
de l'ordonnance querellée est intervenue, faute de preuve contraire. Partant, 
l'opposition adressée le 22 février 2013 à l'autorité compétente, l'a été en temps utile, 
soit dans le délai de dix jours prévus par la loi. 

L'opposition n'était donc pas tardive. 

2.2.2. Par ailleurs, le recourant a spontanément suggéré, bien qu'il n'ait aucune 
obligation de le faire, de fournir des explications supplémentaires suite à son 
opposition. Il s'est imposé lui-même un délai pour ce faire, qu'il n'a pas respecté, 
malgré deux prolongations accordées par le Juge des mineurs. 

En sa qualité de prévenu, et ainsi qu'il le relève à juste titre dans son recours, le 
recourant n'avait pas à motiver son opposition, brièvement rédigée, mais univoque 
quant à son désir de s'opposer à l'ordonnance pénale dirigée contre lui. 

La procédure pénale unifiée - qu'elle s'applique aux prévenus majeurs ou mineurs - 
n'offre pas la possibilité aux parties de s'imposer elles-mêmes des délais : ceux-ci 
sont fixés soit par la loi, soit par l'autorité. Tout au plus peut-on considérer que, par 
ses courriers subséquents, le recourant a souhaité avertir le Juge des mineurs d'un 
possible retrait de l'opposition en raison d'une procédure connexe pendante devant le 
Ministère public, ce afin d'épargner au magistrat un travail peut-être inutile. 

Il semble toutefois clair - et l'autorité précédente ne soutient pas le contraire - que ces 
courriers ne constituaient pas un retrait de l'opposition. 

Il en découle que la valeur juridique de cette correspondance est nulle. À supposer 
que le prévenu n'eût jamais écrit à l'autorité, l'opposition n'en aurait pas moins été 
valable. On ne saurait donc retenir en défaveur du prévenu ses promesses de motiver 
son opposition. 

Par conséquent, la décision d'irrecevabilité, qui ne repose sur aucune base légale 
concrète, est infondée, puisque le recourant a formé une opposition univoque et en 
temps utile, qu'il n'avait pas à motiver, la correspondance subséquente n'affectant pas 
la validité de cette opposition.  

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P/12347/2012 

 

3. Fondé, le recours doit être admis ; partant, l'ordonnance querellée sera annulée. 

4. L'admission du recours ne donne pas lieu à la perception de frais (art. 428 al. 1 CPP). 

Le recourant n'a pas demandé d'indemnité. L’activité déployée, pour le présent 
recours, par son avocat, défenseur d’office, sera rétribuée à la fin de la procédure (cf. 
art. 135 al. 2 CPP). Il ne lui sera donc pas alloué de dépens. 

 

* * * * * 

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P/12347/2012 

 

PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

 

Reçoit le recours formé par A.______ contre l'ordonnance sur opposition rendue le 23 avril 
2013 par le Juge des mineurs dans la procédure P/12347/2012. 

L'admet et annule l'ordonnance entreprise. 

Laisse les frais de la procédure de recours à la charge de l'État. 

Siégeant :  

Monsieur Christian COQUOZ, président : Monsieur Louis PEILA et Madame Corinne 
CHAPPUIS BUGNON, juges ; Monsieur Julien CASEYS, greffier. 

 

 

Le greffier : 

Julien CASEYS  

 Le président : 

Christian COQUOZ 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF ; 

RS 173.110) ; la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les trente jours qui 

suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.