# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e76ce503-61d2-56a6-8131-9358df38a474
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-08-26
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 26.08.2008 A/369/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-369-2008_2008-08-26.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/369/2008-VG ATA/421/2008 

ARRÊT 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 26 août 2008 

 

dans la cause 

 

Monsieur X______ 
représenté par Me Eric Maugué, avocat  

contre 

 

CONSEIL ADMINISTRATIF DE LA VILLE DE GENÈVE 

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A/369/2008 

EN FAIT 

1.  Monsieur X______ a été nommé par la Ville de Genève (ci-après : la Ville) 
en qualité de chef-constructeur menuisier auprès du Grand-Théâtre, le 
1er novembre 1996. Il est fonctionnaire auprès de cette institution depuis 1984. 

2.  Le 14 décembre 2007, neuf employés, composant l'équipe des menuisiers du 
Grand-Théâtre, dont il est le supérieur hiérarchique, ont adressé une lettre à la 
Présidente de la Fondation de cette institution, Madame Lorella Bertani, pour lui 
faire part de dysfonctionnements liés à la personne de M. X______ et au sous-
chef constructeur qui lui était subordonné.  

  M. X______ utilisait massivement les ressources en personnel et en matériel 
du Grand-Théâtre à des fins privées. Il avait notamment fait travailler à plein-
temps pendant deux ans, puis plusieurs mois par an, un chef d'équipe et des 
apprentis pour aménager sa maison en France. Tous les menuisiers de l'équipe 
étaient régulièrement mis à contribution. Il gérait les stocks en fonction de ses 
besoins personnels, adoptait des comportements injustes, humiliants et dénigrants 
à l'égard de ses subordonnés, critiquait ses supérieurs, ne donnait pas suite aux 
demandes professionnelles de ses employés visant à réduire la pénibilité au travail 
et leur sécurité, passait son temps dans les pauses ou dans son bureau à ne rien 
faire et utilisait la camionnette du Grand-Théâtre pour son propre usage.  

3.  Suite à cette dénonciation, le 14 janvier 2008, le Grand-Théâtre et la Ville 
ont déposé une plainte pénale à l'encontre de M. X______. 

4.  Le 15 janvier 2008, Monsieur Patrice Mugny, maire de la Ville et conseiller 
administratif en charge du département de la culture, a entendu l'intéressé, en la 
présence de Madame Martine Koelliker, co-directrice du département de la 
culture. 

  M. X______ a indiqué à cette occasion que l'utilisation de l'atelier à des fins 
privées était une pratique généralisée, qui se faisait ouvertement, au vu et au su de 
tous. Il admettait avoir bénéficié de cette pratique pour effectuer des travaux dans 
sa maison en France et avoir employé du personnel à cette fin, mais pendant une 
période inférieure à deux ans. Les travaux se faisaient pendant les heures de 
travail, mais quand il n'y avait rien à faire à l'atelier. Il travaillait parfois à l'atelier 
le week-end, pour ses propres besoins.  

  A l'issue de cette séance, M. Mugny a informé l'intéressé que le conseil 
administratif prononcerait l'ouverture d'une enquête administrative, qui serait 
suspendue pendant la procédure pénale. Il lui a demandé s'il souhaitait 

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démissionner, "étant entendu qu'il ne [pourrait] plus travailler à la Ville de 
Genève".  

5.  Le 17 janvier 2008, la Ville a convoqué téléphoniquement M. X______ à 
des auditions prévues le lendemain. 

6.  L'intéressé a été mis en arrêt de travail pour cause de maladie le même jour.  

7.  Le 18 janvier 2008, la Ville et le Grand-Théâtre ont procédé à l'audition de 
plusieurs employés, sans la présence de M. X______, qui n'a pas donné suite à la 
convocation. 

8.  Selon les personnes entendues, plusieurs employés du Grand-Théâtre 
auraient travaillé pendant plus de dix ans, pendant les heures de travail, pour la 
fabrication du gros œuvre ou du mobilier d'une maison en France, d'un 
appartement à Avully et d'un chalet situé dans le Valais, propriétés de 
M. X______. Ce travail se faisait à l'atelier ou sur place. 

9.  Par décision du 25 janvier 2008, reçue le 28 du même mois, déclarée 
exécutoire nonobstant recours, la Ville a décidé d’ouvrir une enquête 
administrative à l’encontre de l'intéressé et a prononcé la suspension de son 
activité et de son traitement, à compter du 25 janvier 2008, jusqu'à la décision qui 
serait prise au terme de ladite enquête. 

  Il lui était reproché un comportement incompatible avec ses responsabilités, 
de mauvaises relations avec ses collègues et subordonnés, un irrespect des intérêts 
de la Ville et une utilisation sans droit des ressources humaines et matérielles de 
son service afin d’obtenir des avantages pour lui-même ou des tiers.  

10.  L'enquête a été confiée à Maître Serge Fasel, avocat au barreau de Genève. 

11.  Par acte déposé à la poste le 6 février 2008, M. X______ a recouru auprès 
du Tribunal administratif contre la décision susmentionnée, concluant 
principalement à son annulation. Préalablement, il a sollicité la restitution de 
l’effet suspensif au recours, à ce que des enquêtes soient ordonnées, ainsi qu'à ce 
que le rapport d'audit Créalyse du 2 avril 2007, évaluant la structure 
institutionnelle du Grand-Théâtre, la situation des relations humaines et les 
conditions de travail de l'institution, soit versé à la procédure. 

  En affirmant que le recourant ne pourrait plus travailler pour la Ville lors de 
la séance du 15 janvier 2008, le maire avait démontré qu'il s'était forgé une 
opinion définitive sur l'issue des rapports de travail. Il avait ainsi fait preuve de 
prévention, violant les garanties d'impartialité figurant à l'article 29 alinéa 1er de la 
Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101). 

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  Les procès-verbaux des auditions du 18 janvier 2008 devaient être écartés 
de la procédure, car ces mesures d'instruction avaient été ordonnées à son insu, en 
violation de son droit d'être entendu. 

  La décision de suspension de traitement était assimilable à un licenciement. 
Elle était survenue pendant sa maladie, soit pendant la période de protection 
contre les congés accordée par l'article 336 de la loi fédérale complétant le Code 
civil suisse du 30 mars 1911 (Livre cinquième : Droit des obligations (CO - RS 
220).  

  Il contestait avoir commis une faute suffisamment grave pour justifier une 
suspension de traitement, les dysfonctionnements qui lui étaient reprochés existant 
de manière généralisée dans l'atelier de menuiserie.  

12.  Le 22 février 2008, la Ville s’est opposée à la restitution de l’effet suspensif.  

13.   Le président du tribunal de céans a rejeté la demande la concernant, par 
décision du 13 mars 2008. 

14.  Le 19 mars 2008, la Ville a conclu au rejet du recours.  

  La recevabilité du recours était douteuse, l'acte semblant avoir été déposé le 
8 janvier 2008, soit deux jours après l'échéance du délai légal. 

  La suspension provisoire d'activité n’était pas une sanction, mais une 
mesure provisionnelle commandée tant par l’intérêt du service que par des 
investigations en cours. Les faits sur lesquels portait l’enquête administrative 
constituaient une violation grave des devoirs de fonction, de nature à conduire à 
un licenciement. Ils étaient admis pour une grande part. La suspension de 
traitement était ainsi également justifiée.  

15.  Les parties ont été entendues par le juge-délégué le 28 avril 2008. 

  M. X______ a confirmé faire l'objet d'une inculpation. Il contestait 
néanmoins sa responsabilité. Il avait proposé à la Ville de lui rembourser 
l'intégralité des travaux effectués dans sa maison en France, qu'il estimait valoir 
CHF 40'000.-. Cette proposition avait été faite par gain de paix, bien qu'il ne se 
soit pas enrichi, la Ville n'ayant rien perdu par son fait. Il était en arrêt maladie. 
Ses troubles étaient réactionnels à ses problèmes professionnels. Les auditions 
réalisées avant l'ouverture de l'enquête, le 18 janvier 2008, avaient été conduites 
en violation de son droit d'être entendu, car étant malade, il n'avait pu y participer. 
Il avait deux enfants de 23 et 21 ans, qui vivaient encore auprès de lui et de son 
épouse. Celle-ci exerçait une activité de pédicure trois après-midi par semaine. 

  La Ville a indiqué être partie civile pour un dommage évalué actuellement à 
CHF 200'000.-. Elle avait procédé à des auditions préalables avant d'ouvrir 

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formellement une enquête car la dénonciation reçue et le signalement des faits par 
la fondation n'avaient pas suffit à établir clairement si l'ouverture d'une enquête 
administrative s'imposait ou non.  

  A l'issue de l'audience, les parties ont été informées que la cause était gardée 
à juger. 

16.  Le 9 juillet 2008, la Ville a prononcé le licenciement de M. X______ avec 
effet immédiat.  

17.  Par acte du 11 août 2008, l'intéressé a recouru contre cette décision auprès 
du Tribunal administratif et sollicité la restitution de l'effet suspensif. 

18.  Cette dernière demande a été rejetée par décision présidentielle le 20 août 
2008. 

EN DROIT 

1.  Le recourant conteste les suspensions d'activité et de traitement figurant 
dans la décision attaquée.  

  La décision de licenciement prononcée subséquemment au dépôt du recours 
ne rend pas ce dernier sans objet, la révocation ne prenant effet que le 9 juillet 
2008. Le présent recours concerne donc la période du 25 janvier 2008 (date de la 
décision de suspension) au 8 juillet 2008 (date du licenciement), cette dernière 
décision étant exécutoire nonobstant recours et la requête de restitution de l'effet 
suspensif la concernant ayant été refusée (ATA/627/2007 du 5 décembre 2007). 

2.  Fonctionnaire de la Ville, le recourant est soumis au statut de 
l’administration municipale du 3 juin 1986 (LC 21 151.1 ; ci-après : statut). 

3.  La Ville conteste la recevabilité du recours, au motif que celui-ci aurait été 
déposé en dehors du délai légal. 

  Selon l'article 40 alinéa 2 du statut, le délai de recours interjeté contre la 
suspension temporaire de travailler avec ou sans suspension de traitement est de 
dix jours.  

  En l'espèce, et bien que l'acte de recours porte la mention apposée par le 
tribunal de céans "remis au greffe le 8 janvier 2008", le recourant a démontré à 
satisfaction de droit qu'il avait déposé son recours à la poste le 6 février 2008, soit 
un jour avant l'échéance du délai. 

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  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est ainsi 
recevable (art. 56B al. 4 let. a de la loi sur l’organisation judiciaire du 
22 novembre 1941 - LOJ - E 2 05 ; art. 35 al. 3, 39 al. 2 let. c et 40 al. 2 du statut). 

4.  S'appuyant sur le droit d'être entendu, le recourant sollicite des mesures 
d'instruction complémentaires (apport de l'audit Créalyse du 2 avril 2007 et 
auditions de témoins).  

  Tel qu’il est garanti par l’article 29 alinéa 2 Cst., le droit d’être entendu 
comprend le droit pour les parties de faire valoir leur point de vue avant qu’une 
décision ne soit prise, de fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur 
la décision, d’avoir accès au dossier, de participer à l’administration des preuves, 
d’en prendre connaissance et de se déterminer à leur propos (ATF 132 II 485 
consid. 3.2 p. 494 ; 129 II 497 consid. 2.2 p. 504/505 ; Arrêt du Tribunal fédéral 
2C.501/2007 du 18 février 2008 ; ATA/381/2008 du 29 juillet 2008 et les arrêts 
cités). 

  Selon le principe de la libre appréciation des preuves, qui s’applique en 
procédure administrative, le juge apprécie librement les preuves, sans être lié par 
des règles formelles, en procédant à une appréciation complète et rigoureuse des 
pièces. Dès lors, le juge doit examiner de manière objective tous les moyens de 
preuve, quelle qu’en soit la provenance, puis décider si le document à disposition 
permet de porter un jugement valable sur le droit litigieux (ATA/176/2008 du 
15 avril 2008 consid. 5). 

  Dans le cas d’espèce, le litige ne porte pas sur la sanction administrative qui 
sera prise à l'issue de l'enquête administrative, mais sur la réalisation des 
conditions d’une mesure de suspension provisoire. Le dossier, qui comprend les 
écritures du recourant, est suffisamment étayé à cet égard pour permettre au 
tribunal de céans de statuer. Le Tribunal administratif renoncera donc aux 
mesures d’instruction demandées. 

5.  Pour le recourant, les procès-verbaux des auditions préalables effectuées par 
le conseil administratif et la fondation du Grand-Théâtre le 18 janvier 2008 
doivent être écartés de la procédure, au motif qu'il n'a pu y participer, étant en 
arrêt maladie depuis le jour précédant.  

  Le droit d'être entendu accorde aux parties à une procédure le droit de 
participer à l'audition des témoins (art. 42 de la loi sur la procédure administrative 
du 12 septembre 1985 [LPA - E 5 10]). Cette disposition n'empêche toutefois pas 
l'employeur, dans le cadre du rapport de travail qui le lie à ses employés, 
d'entendre ces derniers au sujet d'une plainte qu'ils formulent, pour évaluer la 
situation et juger de la pertinence des faits soulevés et de l'opportunité d'ouvrir 
une enquête administrative. De tels entretiens relèvent de la gestion du personnel 
et du rôle hiérarchique que les représentants de l'institution assument à l'égard de 

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leurs subordonnés. Ils se différencient, matériellement, de l'enquête administrative 
qui intervient subséquemment, avec pour fonction d'instruire la plainte et d'établir 
la réalité des reproches faits au fonctionnaire incriminé. Cette procédure ne peut 
se dérouler sans procès-verbaux et sans la présence des parties, sauf exceptions 
prévues par la loi. Les auditions préliminaires peuvent être versées au dossier dans 
la procédure subséquente, comme toute pièce en rapport étroit avec le litige. 
L'employé incriminé doit cependant pouvoir se déterminer à leur sujet, si les 
procès-verbaux de ces auditions ont été joints au dossier.  

  En l'espèce, bien qu'elle n'y était pas formellement tenue, la Ville a 
convoqué M. X______ à ces auditions, qui n'a pu y participer en raison de sa 
maladie. Les procès-verbaux y relatifs ont ensuite été joints au dossier. Le 
recourant en a eu connaissance. Il s'est largement prononcé à leur sujet, de sorte 
qu'aucune violation de son droit d'être entendu ne saurait être retenue. 

6.  Le recourant considère que M. Mugny aurait dû se récuser dans la procédure 
ayant mené à la décision de suspension, au motif qu'il ressortait du procès-verbal 
de la séance du 15 janvier 2008 que le maire s'était forgé une opinion définitive 
sur sa culpabilité et sur l'issue définitive des rapports de travail. 

  Aux termes de l'article 15 alinéa 2 LPA, les membres des autorités 
administratives appelés à rendre ou à préparer une décision doivent se récuser, 
notamment s'il existe des circonstances de nature à faire douter de leur 
impartialité.  

  Découlant de l’article 29 Cst., la garantie d’impartialité d’une autorité 
administrative ne se confond pas avec la garantie d’impartialité d’un tribunal 
(art. 30 Cst.) dans la mesure où la première n’impose pas l’indépendance et 
l’impartialité comme maxime d’organisation d’autorités gouvernementales, 
administratives ou de gestion. Celles-ci assument en effet des tâches impliquant le 
cumul de fonctions diverses, qui ne pourraient pas être séparées sans atteinte à 
l’efficacité de la gestion et à la légitimité démocratique et politique des décisions 
correspondantes (ATF 125 I 209 consid. 8a p. 218 ; ATA/45/2007 du 6 février 
2007 consid. 3 ; P. MOOR, Droit administratif, vol. II, Berne 2002, 2ème éd., 
p. 238 n. 2.2.5.2).  

  En l'espèce, il ne découle ni du procès-verbal de ladite séance, ni des autres 
pièces du dossier, que M. Mugny ait fait preuve de prévention à l'égard du 
recourant. Ce premier document atteste que le magistrat a informé M. X______ de 
l'ouverture d'une enquête administrative et de la suspension qui allait, selon lui, 
survenir à titre provisionnel, M. X______ ayant reconnu lui-même, à l'occasion de 
cette séance, l'essentiel des faits qui lui sont reprochés. Il ne ressort aucunement 
de ces déclarations que M. Mugny se soit forgé une opinion définitive sur la 
décision finale qui serait prise à l'issue de l'enquête, ou sur les résultats de cette 
dernière, qui a d'ailleurs été confiée à un expert indépendant. 

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  Ce grief est ainsi mal fondé. 

7.  L’article 35 du statut a pour objet l’interdiction temporaire de travailler. 
Selon l’alinéa 3, le conseil administratif peut confirmer la suspension temporaire 
de l’activité et ordonner simultanément celle du traitement du fonctionnaire en 
faute, jusqu’au prononcé de la sanction, conformément aux articles 33 et suivants 
du statut. 

8.  Selon la jurisprudence du Tribunal administratif, la suspension provisoire 
pour enquête a un caractère temporaire et ne préjuge nullement de la décision 
finale. Ainsi, la suspension apparaît comme une sorte de mesure provisionnelle, 
prise dans l’attente d’une décision finale relative à une sanction ou à un 
licenciement (ATA/261/2002 du 14 mai 2002 et les références citées). Ces 
principes jurisprudentiels, développés dans le cadre de la législation applicable 
aux fonctionnaires de l’Etat de Genève, s’appliquent mutatis mutandis aux 
fonctionnaires de la Ville (ATA/749/2004 du 29 septembre 2004).  

9.  Le chapitre III du statut a pour objet les devoirs et obligations des 
fonctionnaires. Dans les devoirs généraux, l’on trouve notamment le respect des 
intérêts de la Ville (art. 12), l’attitude générale que doivent observer les 
fonctionnaires dans les relations avec leurs supérieurs, leurs collègues et leurs 
subordonnés (art. 13), l’exécution du travail (art. 14), les devoirs des supérieurs 
(art. 15), les occupations accessoires (art. 24), les dons et autres avantages 
(art. 25). 

  En l'espèce, le recourant occupe une fonction hiérarchique lui conférant des 
responsabilités importantes. Il lui est reproché plusieurs manquements graves dans 
l’exercice de ses fonctions qui doivent faire l’objet d’investigations approfondies, 
mais qu'il a reconnu pour une grande part. Prima facie, s’ils étaient avérés, ces 
faits pourraient apparaître comme suffisamment importants pour compromettre la 
confiance qui doit exister entre la Ville et son collaborateur pour que les rapports 
de travail perdurent. 

  La suspension d’activité respecte ainsi le principe de la proportionnalité. Il 
semble en effet indispensable, au regard de l’intérêt public, de permettre à 
l’enquête de se dérouler dans la sérénité, les faits reprochés touchant directement 
les rapports entre M. X______ et son personnel. Le fait que le recourant ne puisse 
se rendre sur son lieu de travail pendant la durée de l’enquête ne peut être 
considéré comme une lésion importante de ses intérêts privés. Même si une telle 
décision nuit à sa réputation, cette dernière pourra être restaurée par le biais de 
l’issue de l’enquête diligentée à son encontre, si elle lui est favorable.  

10.  La suspension de traitement n'est pas, contrairement à ce que soutient le 
recourant, assimilable à un licenciement. La question de l'application éventuelle 
de l'article 336 CO à titre de droit public supplétif ne se pose donc pas. En 

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revanche, pour être conforme à l'article 35 alinéa 3 du statut, la suspension devra 
apparaître comme globalement proportionnelle, compte tenu de la situation de 
l'intéressé et des conséquences de sa suspension, de la gravité de la faute qui lui 
est reprochée, de la plus ou moins grande certitude quant à sa culpabilité, ainsi 
que de l'intérêt de l'Etat à faire cesser immédiatement tant les rapports de service 
que ses propres prestations (ATA/28/2001 du 16 janvier 2001 consid. 7c). 

  En l'espèce, cette décision n'apparaît pas disproportionnée. La faute 
commise, évaluée sur la seule base des faits reconnus, est grave. C'est en vain que 
recourant s'abrite derrière le fait que d'autres que lui profitaient des ressources de 
l'atelier pour des travaux privés. En tant que chef de cet atelier, ces travaux ont été 
exécutés sous sa surveillance et sa responsabilité. Cette circonstance aggrave sa 
faute plutôt qu'elle ne l'atténue. Du point de vue de sa situation personnelle, le 
recourant n'est pas dénué de ressources. Il dispose d'un appartement à Avully, 
d'une maison en France et d'un chalet dans le Valais, et n'allègue pas ne pas 
percevoir d'indemnités, de sorte qu'il n'est pas sans ressources.  

11.  Au vu de ce qui précède, les conditions d’une suspension provisoire avec 
suspension du traitement sont réalisées et la décision attaquée ne peut être que 
confirmée. 

12.  Le recours sera rejeté. Un émolument de CHF 1'000.- sera mis à la charge 
du recourant qui succombe (art. 87 LPA). 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 6 février 2008 par Monsieur X______ contre la 
décision du conseil administratif de la Ville de Genève du 25 janvier 2008 ; 

au fond : 

le rejette ; 

met à la charge de M. X______ un émolument de CHF 1'000.- ; 

dit que, conformément aux articles 82 et suivants de la loi fédérale sur le Tribunal 
fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt  peut être porté dans les 
trente jours qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral ; 

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-  par la voie du recours en matière de droit public, s'il porte sur les rapports de travail 
entre les parties et que la valeur litigieuse n'est pas inférieure à CHF 15'000.- ; 

-  par la voie du recours en matière de droit public, si la valeur litigieuse est inférieure à 
CHF 15'000.- et que la contestation porte sur une question juridique de principe ; 

-  par la voie du recours constitutionnel subsidiaire, aux conditions posées par les 
articles 113 et suivants LTF, si la valeur litigieuse est inférieure à CHF 15'000.- ; 

le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de preuve et 
porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au Tribunal 
fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux conditions de 
l'article 42 LTF. Le présent arrêt  et les pièces en possession du recourant, invoquées 
comme moyens de preuve, doivent être joints à l'envoi ;  

communique le présent arrêt à Me Eric Maugué, avocat du recourant, ainsi qu'au conseil 
administratif de la Ville de Genève. 

Siégeants : M. Thélin, président, Mmes Bovy, Hurni et Junod, M. Dumartheray, juges. 

. 

Au nom du Tribunal administratif : 

la greffière-juriste : 
 
 

C. Del Gaudio-Siegrist 

 le vice-président : 
 
 

Ph. Thélin 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :