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**Case Identifier:** 01218f4a-7c84-5812-a9af-d5600be43f9d
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-09-15
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 15.09.2020 C/29753/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-29753-2019_2020-09-15.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 24 septembre 2020. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/29753/2019 ACJC/1269/2020 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU MARDI 15 SEPTEMBRE 2020 

 

Entre 

Monsieur A______, domicilié ______, ______ (VS) recourant contre une ordonnance 
rendue par la 1ère Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 10 mars 

2020, comparant par Me Patrick Ruppen, avocat, Kronengasse 6, case  

postale 92, 3900 Brigue, en l'étude duquel il fait élection de domicile,  

et 

Madame B______, domiciliée c/o Monsieur C______, rue ______, _______ Genève, 
intimée, comparant par Me Corinne Arpin, avocate, boulevard des Philosophes 8, 1205 

Genève, en l'étude de laquelle elle fait élection de domicile. 

 

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C/29753/2019 

EN FAIT 

A. a. A______, né le ______ 1982, et B______, née le ______ 1983, se sont mariés 
le ______ 2019 au Mexique. 

 Ils ont constitué leur domicile conjugal en Valais. 

 b. Le 6 novembre 2019, B______ a quitté le domicile conjugal. 

 c. Le 28 novembre 2019, A______ a saisi le Tribunal valaisan du district de 
D______ d'une demande unilatérale en divorce. 

 Cette procédure a été enregistrée sous le n° de cause 1______. 

 B______ s'est opposée au principe du divorce, au motif que les conditions de l'art. 

115 CC n'étaient pas réalisées.  

 d. Le 20 décembre 2019, B______ a saisi le Tribunal de première instance d'une 
requête en mesures protectrices de l'union conjugale, par laquelle elle a 

notamment requis le versement, par mois et d'avance, d'une contribution 

d'entretien de 3'500 fr.  

 A______ a conclu à l'irrecevabilité de cette requête, le Tribunal du divorce étant 

seul compétent pour prononcer des mesures "pour l'avenir".  

 e. Par ordonnance ORTPI/280/2020 du 10 mars 2020, le Tribunal de première 
instance a ordonné la suspension de la procédure jusqu'à droit jugé sur la question 

de l'existence d'un motif de divorce dans la cause n° 1______. 

B. a. Par acte expédié au greffe de la Cour de justice le 23 mars 2020, A______ 
recourt contre cette ordonnance, reçue par lui le 13 mars 2020. Il conclut à 

l'annulation de celle-ci et à ce que la Cour déclare la requête en mesures 

protectrices de l'union conjugale du 20 décembre 2019 irrecevable, mette les frais 

à la charge de B______ et compense les dépens.  

 Il allègue des faits nouveaux et produit des pièces nouvelles.  

 b. B______ conclut au rejet de ce recours, sous suite de frais et dépens.  

 c. A______ a répliqué en persistant dans ses conclusions.  

 d. B______ n'ayant pas fait usage de son droit de dupliquer, les parties ont été 
informées par avis du 30 juin 2020 de ce que la cause était gardée à juger. 

EN DROIT 

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C/29753/2019 

1. 1.1 La décision ordonnant la suspension de la cause est une mesure d'instruction 
qui peut, conformément à l'art. 126 al. 2 CPC, faire l'objet du recours de l'art. 319 

let. b ch. 1 CPC (ATF 141 III 270 consid. 3; GSCHWEND/BORNATICO, Basler 

Kommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung, 2013, n° 17a ad art. 126 CPC). 

 Le recours, écrit et motivé, doit être déposé auprès de l'instance de recours dans 

un délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance d'instruction, à 

moins que la loi n'en dispose autrement (art. 321 al. 1 et 2 CPC; ATF 141 III 270 

consid. 3.3; 138 III 705 consid. 2.1). 

 Interjeté en temps utile et dans la forme prescrite par la loi (art. 130 et 131 CPC), 

le recours est recevable. 

 1.2 Les conclusions, allégations de faits et preuves nouvelles sont irrecevables 
dans le cadre d'un recours (art. 326 al. 1 CPC). 

2. Le pouvoir d'examen de la Cour est limité à la violation du droit et à la 
constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC). 

3. Le recourant fait grief au premier juge d'avoir suspendu la procédure, alors que la 
requête en mesures protectrices de l'union conjugale du 20 décembre 2019 était 

irrecevable.  

 3.1.1 Aux termes de l'art. 59 al. 2 let. d CPC, le tribunal n'entre en matière que sur 
les demandes et requêtes qui satisfont aux conditions de recevabilité, notamment 

lorsque le litige ne fait pas l'objet d'une litispendance préexistante. 

 Il faut, mais il suffit, que les conditions de recevabilité soient réalisées au moment 

du jugement. Même s'il se révèle, au moment du jugement, que toutes les 

conditions de recevabilité n'étaient pas remplies au début de la litispendance, mais 

qu'elles se sont réalisées au cours du procès, le juge doit statuer au fond (ATF 133 

III 539 consid. 4.3; 127 III 41 consid. 4c, in JdT 2000 II 98; 116 II 9 consid. 5,  

in JdT 1993 I 620; arrêt du Tribunal fédéral 5A_15/2009 du 2 juin 2009  

consid. 4.1).  

 3.1.2 Selon l'art. 126 al. 1 CPC, le tribunal peut ordonner la suspension de la 
procédure si des motifs d'opportunité le commandent. La procédure peut 

notamment être suspendue lorsque la décision dépend du sort d'un autre procès. 

 La suspension d'une procédure ne doit être admise qu'exceptionnellement (arrêt du 

Tribunal fédéral 5A_218/2013 du 17 avril 2013 consid. 3). De manière générale, 

la décision de suspension relève du pouvoir d'appréciation du juge saisi. Ce 

dernier procédera à la pesée des intérêts des parties; l'exigence de célérité  

(art. 29 Cst.) l'emportant dans les cas limites (ATF 135 III 127 consid. 3.4,  

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JdT 2011 II 402; 119 II 386 consid. 1b; arrêt du Tribunal fédéral 5A_218/2013 du 

17 avril 2013 consid. 3).  

 La suspension devra être admise en particulier lorsqu'il se justifie d'attendre la 

décision d'une autre autorité, ce qui permettrait de trancher une question décisive 

ou de nature préjudicielle (ATF 119 II 386 consid. 1b; arrêt du Tribunal fédéral 

5A_218/2013 du 17 avril 2013 consid. 3). 

 La suspension de la procédure dans l'attente du sort d'une autre procédure suppose 

que la seconde se trouve dans un lien de connexité avec la première, même s'il 

n'est pas nécessaire que l'objet du litige ou les parties soient les mêmes: il s'agit 

d'éviter des décisions contradictoires ou incohérentes (GSCHWEND/BORNATICO, 

op. cit., n° 11 ad art. 126 CPC; FREI, Berner Kommentar Schweizerische 

Zivilprozessordnung, 2012, n° 3 ad art. 126 CPC). La seconde procédure, dont 

l'issue sera déterminante pour le sort de la procédure suspendue, doit par ailleurs 

être déjà bien avancée faute de quoi, en règle générale, la suspension ne sera pas 

compatible avec l'exigence de célérité (Frei, op. cit., n° 5 ad art. 126 CPC). 

 Le fait que l'affaire soit soumise à la procédure sommaire n'empêche pas 

l'application de l'art. 126 al. 1 CPC (ATF 138 III 252 consid. 2.1; arrêt du 

Tribunal fédéral 5A_246/2018 du 11 juillet 2018 consid. 2.2.2). 

 3.2 En l'espèce, le dépôt de la demande en divorce du 28 novembre 2019 par-
devant le Tribunal valaisan ne rend pas d'emblée et définitivement irrecevable la 

requête en mesures protectrices de l'union conjugale du 20 décembre 2019.  

 En effet, la demande en divorce est fondée sur l'art. 115 CC, dont l'intimée a 
contesté la réalisation des conditions. Le Tribunal valaisan devra, par conséquent, 

instruire cette question, puis, admettre ou non le principe du divorce. Dans 

l'hypothèse où celui-ci ne devait pas être admis, la litispendance de l'action en 

divorce cesserait, sans qu'un jugement de divorce ne soit rendu. Le juge des 

mesures protectrices de l'union conjugale serait alors compétent pour régler la 

situation des parties, en particulier pour statuer sur la question d'une contribution 

d'entretien. 

 Il s'ensuit que la compétence du Tribunal de première instance à statuer sur 

mesures protectrices de l'union conjugale dépend du sort de la procédure en 

divorce. Comme indiqué supra, les conditions de recevabilité d'une requête ne 

doivent pas impérativement être réalisées lors du dépôt de celle-ci. 

 Il convient encore de relever que l'allégué du recourant selon lequel les parties ont 

requis le prononcé de mesures provisionnelles dans le cadre de la procédure de 

divorce est nouveau et, partant, irrecevable devant la Cour. 

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C/29753/2019 

 Afin de préserver les droits de l'intimée, la suspension litigieuse apparaît comme 

une mesure adéquate.  

 Le recours sera, par conséquent, rejeté.  

4. Les frais judiciaires de recours seront mis à la charge du recourant, qui succombe 
(art. 106 al. 1 CPC). Ils seront arrêtés à 800 fr. (art. 2 et 41 RTFMC) et 

entièrement compensés avec l'avance fournie du même montant, qui reste acquise 

à l'Etat de Genève (art. 111 al. 1 CPC). 

 Le recourant sera condamné à verser à l'intimée 400 fr. à titre de dépens de 

recours, débours et TVA inclus, compte tenu de la brièveté de sa réponse (art. 84, 

85, 87 et 90 RTFMC; art. 25 et 26 LaCC). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté le 23 mars 2020 par A______ contre l'ordonnance 

ORTPI/280/2020 rendue le 10 mars 2020 par le Tribunal de première instance dans la 

cause C/29753/2019-1. 

Au fond : 

Le rejette. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires du recours à 800 fr., les met à la charge de A______ et dit 

qu'ils sont entièrement compensés avec l'avance fournie, qui demeure acquise à l'Etat de 

Genève. 

Condamne A______ à verser à B______ 400 fr. à titre de dépens de recours. 

Siégeant : 

Madame Sylvie DROIN, présidente; Madame Pauline ERARD, Madame Nathalie 

LANDRY-BARTHE, juges; Madame Camille LESTEVEN, greffière. 

La présidente  : 

Sylvie DROIN 

 La greffière  : 

Camille LESTEVEN 

 
 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF;  

RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification 

avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du 

recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 30'000 fr.