# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** accf8374-a3cd-5df3-80f0-ba1efd6f45a4
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des curatelles Arrêt / 2023 / 226
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_008_Arr-t---2023---226_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

LR21.002682-230102 

60

 

 

CHAMBRE
DES CURATELLES

____________________________________

Arrêt
du 30 mars 2023

__________________

Composition
:               Mme             
Rouleau,
présidente

             
              Mmes             
Fonjallaz et Kühnlein, juges

Greffier
              :             
M.              Klay

 

 

*****

 

 

Art.
328 al. 1 CPC

 

 

             
La Chambre des curatelles du Tribunal cantonal prend séance pour statuer sur la demande de révision
déposée par H.________,
à [...] (États-Unis d'Amérique), contre l’arrêt rendu le 30 juillet 2021 (n° 171)
par la Chambre des curatelles du Tribunal cantonal dans la cause l’opposant à S.________,
à [...], et concernant l’enfant G.________,
à [...].

 

             
Délibérant à huis clos, la Chambre voit :

En
fait et en droit:

 

 

1.             
Par ordonnance de mesures provisionnelles du 8
février 2021, le Juge de paix du district de la Riviera – Pays-d’Enhaut (ci-après :
le juge de paix) a décidé de poursuivre l'enquête en modification du droit de visite de
H.________ sur sa fille G.________, née le [...] 2016, sous l'autorité parentale de sa mère
S.________, suspendu, à titre provisoire, le droit de visite à distance fixé par le jugement
de divorce du 12 décembre 2019 du Tribunal civil de l'arrondissement de la Sarine et dit que les
modalités de l'exercice du droit de visite physique seraient réexaminées d'office lorsque
le père communiquerait son intention de venir en Suisse pour y exercer ledit droit.

 

             
Dans un arrêt du 30 juillet 2021 (n° 171), la Chambre de céans a rejeté le recours
formé par H.________ contre cette ordonnance.

 

 

2.             
Par ordonnance de mesures provisionnelles du 31 janvier 2022, le juge de paix a poursuivi l’enquête
en modification du droit de visite du père sur sa fille, dit que les contacts à distance entre
H.________ et G.________ se dérouleraient provisoirement par l’intermédiaire d’Espace
contact, conformément aux modalités et aux conditions de cette structure et selon le planning
établi par les co-curatrices de surveillance des relations personnelles, et dit que les modalités
de l’exercice du droit de visite physique du père seraient réexaminées ultérieurement.

 

 

3.             
Par ordonnance de mesures provisionnelles du 8 juin 2022, le juge de paix a poursuivi l’enquête
en modification du droit de visite de H.________ sur G.________, sous l’autorité parentale
de sa mère S.________, suspendu, à titre provisoire, tout droit de visite, à distance
comme en présentiel, du père sur sa fille, et dit que, à défaut d’éléments
nouveaux, l’opportunité de poursuivre l’enquête ou d’y mettre fin serait
examinée d’office dans un délai de six mois.

 

             
Par arrêt du 1er
novembre 2022 (n° 185), la Chambre de céans a déclaré irrecevable le recours déposé
par H.________ contre cette ordonnance.

 

 

4.             
Par acte daté du 12 décembre 2022 remis
le 3 janvier 2023 à la poste états-unienne à l’attention de la Chambre de céans,
H.________ (ci-après : le requérant) a conclu à l’annulation du « Jugement
du 30 juillet 2021 » de la « Chambre des curateurs » du « Tribunal
Cantonal Vaud » et à la réouverture de « l’affaire en vue d’une
nouvelle audience en première instance ».

 

 

5.

5.1             
Conformément à l’art. 328 al. 1 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre
2008 ; RSV 272), applicable par renvoi de l’art. 450f CC (Code civil suisse du 10 décembre
1907 ; RS 210), une partie peut demander la révision de la décision entrée en force
au tribunal qui a statué en dernière instance, en invoquant l’un des motifs prévus
dans cette disposition.

 

             
Le tribunal qui a « statué en dernière instance » est celui qui a statué
en dernier lieu sur la question qui fait l’objet de la révision. Peu importe qu'il ne s'agisse
pas du tribunal hiérarchiquement supérieur, la révision étant une voie de rétractation
(Juge délégué CACI 11 décembre 2020/530 ; Juge délégué CACI 6 décembre
2012/505 ; Juge délégué CACI 4 juin 2012/258 ; Colombini,
Code de procédure civile, Condensé de la jurisprudence fédérale et vaudoise, Lausanne
2018, n. 3.1 ad art. 328 CPC).

 

             
Selon un principe général, la demande de révision doit être formée devant l'autorité
qui, en dernière instance, a statué sur le fond (ATF 134 III 45 c. 2.2 ; TF 4F_11/2013
du 16 octobre 2013 consid. 3.2.1). La demande de révision doit ainsi être formée devant
l'autorité précédente lorsque le recours est déclaré irrecevable (ATF 147 III
238 consid. 3.2 ; TF 5A_166/2015 du 19 mars 2015 consid. 6, RSPC 2015 p. 254, note Schweizer ;
TF 9F_8/2013 du 25 juin 2013 consid. 2.1 ; Colombini, op.
cit., n. 3.4 ad art. 328 CPC).

 

5.2             
En l’espèce, le requérant demande l’annulation de l’arrêt rendu par
la Chambre de céans le 30 juillet 2021, soit formellement la révision de cet arrêt, seule
voie pouvant permettre à l’intéressé d’obtenir que l’annulation souhaitée
soit prononcée par la Chambre de céans. Cette révision doit ainsi répondre aux conditions
de l’art. 328 CPC.

 

             
Or, l’arrêt du 30 juillet 2021, qui portait en substance sur la question des relations personnelles
du requérant avec sa fille au stade des mesures provisionnelles, a ensuite été remplacé
par l’ordonnance de mesures provisionnelles du 31 janvier 2022 du juge de paix, qui concernait
le même objet. Partant, la révision, respectivement l’annulation de l’arrêt
du 30 juillet 2021 ne saurait être demandée, dès lors qu’il ne s’agit pas
de la dernière décision traitant de l’objet du droit de visite du père.

 

             
En outre, on relèvera que dite ordonnance du 31 janvier 2022 a, à son tour, été remplacée
par l’ordonnance de mesures provisionnelles du 8 juin 2022 du juge de paix, qui portait également
sur le droit de visite du requérant. Conformément à la jurisprudence précitée,
la dernière décision entrée en force sur cet objet est donc ladite ordonnance du 8 juin
2022, dès lors que le recours formé à son encontre a été déclaré irrecevable
par arrêt de la Chambre de céans du 1er
novembre 2022. Ainsi, la demande de révision du requérant aurait dû être formée
devant le juge de paix, en sa qualité de dernière autorité ayant statué au fond sur
la question du droit de visite, et non devant la Chambre de céans.

 

             
Partant, compte tenu de l’incompétence de la Chambre de céans pour connaître de
la demande de révision, cette écriture est irrecevable.

 

 

6.             
En conclusion, la demande de révision est
irrecevable.

 

             
Les frais judiciaires relatifs
à la demande de révision, arrêtés à 165 fr., soit un émolument de décision
de 500 fr. (art. 74a al. 1 et 80 al. 2 TFJC [tarif du 28 septembre 2010 des frais judiciaires civils ;
BLV 270.11.5]) réduit des deux tiers dès lors qu’elle est manifestement irrecevable (art.
80 al. 3 TFJC), sont mis à la charge du requérant, qui succombe (art. 106 al. 1 CPC, applicable
par renvoi de l’art. 450f CC et 12 LVPAE [Loi du 29 mai d'application du droit fédéral
de la protection de l'adulte et de l'enfant ; BLV 211.255]).

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des curatelles du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

prononce
:

 

             
I.             
La demande de révision déposée par H.________ est irrecevable.

 

             
II.             
Les frais judiciaires de la procédure de révision, arrêtés à 165 fr. (cent soixante
cinq francs), sont mis à la charge du requérant H.________.

 

             
III.             
L’arrêt est exécutoire.

 

La
présidente :              Le greffier
:

 

 

 

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

-             
M. H.________,

-             
Me Véronique Fontana (pour H.________),

‑             
Me Aurélie Cornemusaz (pour S.________),

-             
Me [...], co-curatrice,

-             
[...], co-curatrice, Office régional de protection des mineurs [...], Direction générale
de l’enfance et de la jeunesse,

 

et
communiqué à :

 

‑             
M. le Juge de paix du district de la Riviera – Pays-d’Enhaut,

‑             
Direction générale de l’enfance et de la jeunesse, Unité d’appui juridique,

‑             
Département fédéral de justice et police (DFJP), Office fédéral de la justice
(OFJ), à l’attention de [...],

 

par
l'envoi de photocopies.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente
jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

 

             
Le greffier :