# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e0ed5de6-33fe-542f-818d-3e917fcaff22
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2019-06-18
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 18.06.2019 C/29267/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-29267-2018_2019-06-18.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés, ainsi qu'à l'Institut 

fédéral de la propriété intellectuelle pour information le 8 juillet 2019. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/29267/2018 ACJC/945/2019 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU MARDI 18 JUIN 2019 

 

Entre 

PROLITTERIS, SOCIETE SUISSE DE DROITS D'AUTEUR POUR L'ART 
LITTERAIRE ET PLASTIQUE, COOPERATIVE, sise Universitätstrasse 100, 
8006 Zurich, demanderesse, comparant par Me Stephan Kronbichler, avocat, boulevard 

des Philosophes 17, case postale 507, 1211 Genève 4, en l'étude duquel elle fait élection 

de domicile, 

et 

A______ SA, sise ______, ______ (GE), défenderesse, comparant en personne. 

 

 

- 2/7 - 

 

C/29267/2018 

EN FAIT 

A. a. PROLITTERIS SOCIETE SUISSE DE DROITS D'AUTEUR POUR L'ART 
LITTERAIRE ET PLASTIQUE, COOPERATIVE (ci-après : PROLITTERIS), 

coopérative de droit privé, a pour but la gestion des droits d'auteurs, éditeurs et 

autres détenteurs de droits portant sur des œuvres littéraires, plastiques ou 
photographiques.  

 Elle est autorisée par l'Institut fédéral de la Propriété intellectuelle (ci-après : IPI) 

à exercer, pour les auteurs, les droits à rémunération pour les usages d'œuvres 
protégées par le droit d'auteur dans le cadre d'une utilisation privée.  

 b. A______ SA (ci-après : la partie défenderesse), inscrite au Registre du 
commerce de Genève le ______ 1991, a pour but l'achat, le triage, le 

conditionnement, la vente et le transport de matières premières secondaires 

recyclables.  

B. PROLITTERIS a établi deux "tarifs communs" qui visent le recouvrement des 
redevances dues pour la réalisation de copies d'œuvres divulguées, protégées par 
le droit d'auteur, sur tout support, au moyen de photocopieurs ou d'appareils 

similaires et ce à partir d'un modèle imprimé sur papier ou numérique (TC 8), et la 

reproduction numérique et la diffusion d'ouvrages et de prestations protégées sous 

forme numérique dans les réseaux numériques internes des entreprises, au moyen 

d'ordinateurs ou d'appareils similaires (TC 9).  

 Ces tarifs ont été approuvés par la Commission arbitrale fédérale pour la gestion 
de droits d'auteurs et de droits voisins. Dans leur version actuelle, ils couvrent la 

période du 1
er

 janvier 2017 au 31 décembre 2021 (TC 8), respectivement du 

1
er

 janvier 2016  au 31 décembre 2021 (TC 9). Dans leur ancienne version, ils ont 

été en vigueur du 1
er

 janvier 2012 au 31 décembre 2016 (aTC 8 et aTC 9). 

 Le TC 8 et le TC 9 prévoient une redevance forfaitaire annuelle obligatoire, due 
notamment par les entreprises prestataires de services, qui se calcule sur la base 

d'informations fournies par l'entreprise, soit notamment le nombre de 

collaborateurs qu'elle emploie et la branche qu'elle exerce (art. 8 aTC 8, 

art. 8  aTC 9, art. 8 TC 8 et art. 8 TC 9).  

 Ce montant (TVA à 2,5% non comprise; art. 6.5 aTC 8, art. 6.6 aTC 9, 

art. 6.5 TC 8 et art. 6.7 TC 9) était de 30 fr., lorsque le nombre d'employés de 

l'utilisateur, appartenant à la catégorie "autres secteurs de l'industrie, des arts et 

des métiers" se situe entre dix et dix-neuf selon l'aTC 8 et de 15 fr. selon l'aTC; il 

est de 25 fr. 50 en vertu du TC 8 et de 21 fr. d'après le TC 9 (art. 6.3.15 aTC 8, 

art. 6.3.15 aTC 9, art. 6.3.15 TC 8 et art. 6.3.15 TC 9).  

- 3/7 - 

 

C/29267/2018 

 En cas de non transmission des informations requises, PROLITTERIS est 

autorisée à faire une estimation desdites informations et à facturer la rémunération 

sur cette base. Cette estimation est réputée acceptée si l'entreprise concernée ne s'y 

oppose pas dans les trente jours suivant sa notification. Pour les frais 

administratifs supplémentaires, PROLITTERIS exige dans tous les cas une 

majoration de 10 % de la redevance due, mais au moins 100 fr. (art. 8.3 aTC 8, 

art. 8.3 aTC 9, art. 8.3 TC 8 et art. 8.3 TC 9). 

C. a. PROLITTERIS allègue avoir facturé les redevances sur la base des 
informations reçues de la partie défenderesse et des tarifs susmentionnés. 

 b. PROLITTERIS a adressé douze factures, relatives à la rémunération des années 
2013 à 2018 à la partie défenderesse entre le 20 décembre 2013 et le 5 avril 2018 

pour un montant total de 485 fr., auxquelles cette dernière n'a pas donné suite, 

malgré une lettre de mise en demeure du 28 septembre 2018. 

 Selon ces factures, la partie défenderesse appartenait à la catégorie d'entreprise 
"autres secteurs de l'industrie, des arts et des métiers "et le nombre de ses 

employés était estimé entre dix et dix-neuf. Partant, la redevance annuelle s'élevait 

à 30 fr. en vertu de l'aTC 8 et à 15 fr. en vertu de l'aTC 9 pour les années 2013 à 

2016 ainsi qu'à 25 fr. 50 selon le TC 8 et à 21 fr. selon le TC 9 pour les  

années 2017 et 2018. Pour l'année 2013, des "frais d'administration" à hauteur de 

100 fr. pour l'aTC 8 et de 100 fr. pour l'aTC 9 ont été facturés en sus. 

D. a. Par demande envoyée par courrier électronique sécurisé le 14 décembre 2018 
au greffe de la Cour de justice, PROLITTERIS a conclu au paiement par la partie 

défenderesse de 251 fr. 15 avec intérêts à 5% depuis le 9 octobre 2018 pour 

l'année 2013, 46 fr. 15 avec intérêts à 5% dès le 9 octobre 2018 pour l'année 2014,  

46 fr. 15 avec intérêts à 5% dès le 9 octobre 2018 pour l'année 2015, 46 fr. 15 

avec intérêts à 5% dès le 9 octobre 2018 pour l'année 2016, 47 fr. 70 avec intérêts 

à 5% dès le 9 octobre 2018 pour l'année 2017 et 47 fr. 70 avec intérêts à 5% dès le 

9 octobre 2018 pour l'année 2018, avec suite de frais et dépens. 

 A l'appui de sa demande, la demanderesse a produit les autorisations délivrées par 
l'IPI à exercer les droits de rémunération, l'extrait du Registre du commerce de la 

partie défenderesse, les douze factures adressées à cette dernière pour les  

années 2013 à 2018, les "tarifs communs" aTC 8, TC 8, aTC 9 et TC 9 et la lettre 

de mise en demeure susvisée. 

 b. Par courrier du 28 janvier 2019, reçu le lendemain par la partie défenderesse, la 
Cour a imparti à celle-ci un délai de trente jours pour répondre par écrit à la 

demande. 

 c. N'y ayant pas donné suite, la partie défenderesse s'est vue octroyer, par pli 
recommandé du 4 avril 2019, reçu le lendemain, un nouveau délai  

- 4/7 - 

 

C/29267/2018 

au 29 avril 2019 au sens de l'art. 223 al. 1 CPC pour déposer sa réponse et son 

attention a été attirée sur le fait que si la réponse n'était pas déposée à l'échéance 

du délai, la Cour rendrait la décision finale si la cause était en état d'être jugée.  

 d. La partie défenderesse n'a pas déposé de réponse. 

 e. Les parties ont été avisées par plis du greffe du 17 mai 2019 de ce que la cause 
était gardée à juger. 

EN DROIT 

1. La Cour de justice est compétente à raison de la matière (loi sur le droit d'auteur 
du 9 octobre 1992, ci-après : LDA) en vertu des art. 120 al. 1 let. a LOJ et 

5 al. 1 let. a CPC, et à raison du lieu, en vertu de l'art. 10 al. 1 let. b CPC. 

 La demanderesse dispose de la qualité pour agir et de la légitimation active  

(art. 20 al. 4 et 40 al. 1 let. b LDA et autorisation de la Confédération). 

2. 2.1 La procédure ordinaire s'applique aux litiges pour lesquels est compétente une 
instance unique, au sens des art. 5 et 8 CPC (art. 243 al. 3 CPC). 

 L'art. 222 CPC prévoit que le tribunal notifie la demande au défendeur et lui fixe 
un délai pour déposer une réponse écrite. Le défendeur y expose quels faits 

allégués dans la demande sont reconnus ou contestés. 

 Si la réponse n'est pas déposée dans le délai imparti, le tribunal fixe au défendeur 

un bref délai supplémentaire. Si la réponse n'est pas déposée à l'échéance du délai, 

le tribunal rend la décision finale si la cause est en état d'être jugée (art. 223 CPC). 

 Au sens de l'art. 150 al. 1 CPC, il ne peut y avoir de fait non contesté, 

respectivement admis, que si ce fait a été allégué et que l'autre partie a eu 

l'occasion de se déterminer à son sujet (arrêt du Tribunal fédéral 5A_719/2016 du 

1
er 

février 2017 consid. 6.2). 

 Les faits allégués par le demandeur sont dispensés de preuve, puisque faute de 

réponse, le défendeur n'a pas exposé quels faits sont reconnus ou contestés et 

qu'en vertu de l'art. 150 CPC la procédure n'exige la preuve que des faits contestés 

(TAPPY, in Commentaire romand, Code de procédure civile, 2
ème

 éd., 2019, n. 9  

ad art. 223 CPC). 

 2.2 La présente demande relève des "tarifs communs" TC 8 et TC 9 tels 
qu'approuvés par la Commission arbitrale fédérale et valables, dans leur ancienne 

version, du 1
er

 janvier 2012 au 31 décembre 2016 et dans leur version actuelle du 

1
er

 janvier 2017 au 31 décembre 2021 pour le TC 8, respectivement du 

1
er

 janvier 2016 au 31 décembre 2021 pour le TC 9. 

- 5/7 - 

 

C/29267/2018 

 Ces tarifs, établis selon la procédure prévue par les art. 44 ss LDA, à laquelle 

participent les associations représentatives des utilisateurs (art. 46 al. 2 LDA), ont 

été approuvés par la Commission arbitrale fédérale (art. 46 et 59 LDA), laquelle 

les a donc estimés équitables dans leur structure et dans chacune de leurs clauses 

(art. 59 al. 1 LDA). 

 L'art. 59 al. 3 LDA prévoit expressément que les tarifs lient le juge lorsqu'ils sont 

entrés en vigueur (cf. aussi arrêt du Tribunal fédéral 4A_549/2017 du 

21 février 2018 consid. 2.3.1).  

 2.3 Quiconque exploite un photocopieur ou un réseau interne d'une entreprise est 
soumis à l'obligation de payer la rémunération déterminée par les tarifs, le nombre 

de copies effectivement réalisées à partir d'œuvres protégées n'entrant pas en 
considération (ATF 125 III 141, consid. 4 et arrêt du Tribunal fédéral 

4A_203/2015 consid. 3.4.2 du 30 juin 2015). 

 2.4 Le débiteur d'une obligation exigible est mis en demeure par l'interpellation du 
créancier (art. 102 al. 1 CO). 

 Le débiteur qui est en demeure pour le paiement d'une somme d'argent doit 

l'intérêt moratoire à 5% l'an (art. 104 al. 1 CO et art. 62 al. 2 LDA). 

 2.5 En l'espèce, la défenderesse n'a pas répondu à la demande, malgré les deux 
délais qui lui ont été impartis à cet effet. Les faits ne sont dès lors pas contestés et 

les chiffres retenus par la demanderesse et le mode de calcul ne sont ainsi pas 

critiqués. Partant, la Cour est fondée à rendre une décision sur la base des faits 

allégués dans ladite demande et des pièces produites par la demanderesse. Ces 

faits sont pour le surplus corroborés par lesdites pièces, de sorte que la cause est 

en état d'être jugée. Les intérêts de retard réclamés par la demanderesse n'ont pas 

non plus été critiqués.  

 Par conséquent, les prétentions de cette dernière seront admises. La défenderesse 

sera dès lors condamnée à payer la somme de 485 fr. avec intérêts à 5% l'an 

depuis le 9 octobre 2018, pour les redevances des années 2013 à 2018, ainsi que 

pour les frais administratifs de 2013, date à partir de laquelle la défenderesse a été 

en demeure. 

3. Les frais judiciaires seront mis à la charge de la défenderesse, qui succombe 
(art. 95 et 106 al. 1 CPC) et seront arrêtés à 300 fr. (art. 17 RTFMC), compte tenu 

de l'activité déployée par la Cour. Ils seront compensés avec l'avance de frais de 

300 fr. fournie par la demanderesse, laquelle reste acquise à l'Etat de Genève 

(art. 111 al. 1 CPC). La défenderesse sera ainsi condamnée à verser à la 

demanderesse la somme de 300 fr., à titre de remboursement de l'avance de frais. 

- 6/7 - 

 

C/29267/2018 

La défenderesse sera également condamnée à verser à la demanderesse 300 fr. à 

titre de dépens, débours et TVA compris, fixés en fonction de la valeur litigieuse 

et de l'importance relative du travail fourni par le conseil de la demanderesse 

(art. 84 et 85 RFTMC; art. 23, 25 et 26 LaCC).  

4. Le présent arrêt sera communiqué, pour information, à l'IPI (art. 66a LDA).  

5. Le recours en matière civile au Tribunal fédéral est ouvert, indépendamment de la 
valeur litigieuse (art. 74 al. 2 let. b LTF). 

* * * * * 

- 7/7 - 

 

C/29267/2018 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable la demande en paiement formée le 14 décembre 2018 par 

PROLITTERIS, SOCIETE SUISSE DE DROITS D'AUTEUR POUR L'ART 

LITTERAIRE ET PLASTIQUE, COOPERATIVE contre A______ SA dans la cause 

C/29267/2018. 

Au fond : 

Condamne A______ SA à verser à PROLITTERIS, SOCIETE SUISSE DE DROITS 

D'AUTEUR POUR L'ART LITTERAIRE ET PLASTIQUE, COOPERATIVE 485  fr. 

avec intérêts à 5% l'an dès le 9 octobre 2018. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires à 300 fr., les met à la charge de A______ SA et les compense 

avec l'avance de frais effectuée, laquelle demeure acquise à l'Etat de Genève.  

Condamne A______ SA à verser à PROLITTERIS, SOCIETE SUISSE DE DROITS 

D'AUTEUR POUR L'ART LITTERAIRE ET PLASTIQUE, COOPERATIVE 300 fr. à 

titre de remboursement des frais judiciaires et 300 fr. à titre de dépens. 

Siégeant : 

Monsieur Ivo BUETTI, président; Madame Ursula ZEHETBAUER GHAVAMI, 

Madame Nathalie RAPP, juges; Madame Camille LESTEVEN, greffière. 

Le président : 

Ivo BUETTI 

 La greffière : 

Camille LESTEVEN 

 
 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 

173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec 

expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du recours 

en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

http://intrapj/perl/JmpLex/RS%20173.110
http://intrapj/perl/JmpLex/RS%20173.110