# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 3dab535b-6054-59f3-a6f6-f1bd704a388f
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-10-12
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 12.10.2010 A/1732/2009
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1732-2009_2010-10-12.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/1732/2009-PE ATA/699/2010  

ARRÊT 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 12 octobre 2010 

1ère section 

dans la cause 

 

Monsieur L______  

contre 

OFFICE CANTONAL DE LA POPULATION 
 

_________ 

 

Recours contre la décision de la commission cantonale de recours en matière 
administrative du 24 novembre 2009 (DCCR/1236/2009) 

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A/1732/2009 

EN FAIT 

1.  Monsieur L______, ressortissant du Brésil, est né le 24 octobre 1980 à Rio 
de Janeiro. 

2.  Le 20 décembre 2003, il a été interpellé en compagnie de sa mère à 
l’occasion d’un contrôle à la douane de Mategnin (Genève). Il a déclaré être arrivé 
en Suisse le 13 mars 2003 et y séjourner depuis lors illégalement. 

3.  Par décision du 22 avril 2004, le service Immigration, Intégration, 
Emigration Suisse, devenu depuis lors l’office fédéral des migrations (ODM), a 
pris à l’encontre de l’intéressé une mesure d’interdiction d’entrée en Suisse, 
valable jusqu’au 21 avril 2007, en raison d’une "infraction grave aux prescriptions 
de la police des étrangers (séjour illégal). De plus, étranger dont le retour en 
Suisse est indésirable pour des motifs préventifs d’assistance publique (démuni)". 

  M. L______ s’est vu notifier cette décision par la police de la ville de 
Lausanne le 9 juillet 2005.  

4.  Le 23 avril 2006, M. L______ a fait l’objet d’un contrôle de police à 
Genève. Il s’est vu remettre une nouvelle fois la décision d’interdiction d’entrée 
du 22 avril 2004 et a été prié de quitter le pays sans délai.  

5.  Le 17 août 2007, M. L______ a épousé à Genève Madame P______, de 
nationalité suisse, née le 2 avril 1986, mère de deux fillettes dont il n’était pas le 
père.  

  A cette même date, l’office cantonal de la population (ci-après : OCP) a 
délivré à l’intéressé une autorisation de séjour au titre du regroupement familial, 
valable jusqu’au 16 août 2008.  

6.  Le 31 mars 2008, Mme P______ a fait savoir à l’OCP qu’elle et son mari 
étaient séparés depuis le début du mois de novembre 2007 et qu’une demande de 
divorce était en cours.  

7.  Le 18 mai 2008, Mme P______ a confirmé à l’OCP qu’elle était séparée de 
son mari depuis plusieurs mois. Une reprise de la vie commune n’était pas 
envisageable et l’intéressé s’opposait au divorce.  

8.  Le 20 janvier 2009, Mme P______ a indiqué à l’OCP ne pas être en mesure 
de joindre son mari. Elle ignorait son adresse et son numéro de téléphone. Alors 
que M. L______ l’avait contactée en octobre 2008, elle lui avait proposé de signer 
une convention de divorce, ce qu’il avait refusé en lui demandant de lui accorder 
"un an de plus", le cas échéant contre rémunération. 

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9.  Le 15 mars 2009, M. L______ a présenté à l’OCP une demande de 
renouvellement d’autorisation de séjour.  

10.  Le 16 mars 2009, l’OCP a fait part à M. L______ de son intention de ne pas 
donner une suite favorable à sa demande, du fait qu’il ne vivait plus avec son 
épouse depuis plusieurs mois. Un délai de trente jours lui était accordé pour 
exercer son droit d’être entendu.  

11.  Le 10 avril 2009, M. L______ a expliqué à l’OCP qu’il était arrivé en 
Suisse au début de l’année 2007 et avait rencontré Mme P______. Tous deux 
s’étaient mariés au mois d’août 2007 et avaient décidé, en avril 2008, de trouver 
un nouvel appartement. Les recherches avaient abouti après quelques mois, mais 
son épouse lui avait alors annoncé qu’elle avait rencontré une autre personne et 
souhaitait la séparation. Il avait espéré que cela s’arrangerait car leur union était 
un mariage d’amour et non d’intérêt.  

  Dès son arrivée en Suisse, il avait toujours travaillé pour subvenir à ses 
besoins et son casier judiciaire était vierge. A compter de son mariage jusqu’au 
mois de février 2009, il avait été employé par la société Help Déménagements et 
avait également fait de nombreuses missions comme personnel de sécurité dans 
des établissements de la place. Il travaillait en l’état pour l’agence temporaire 
Freeman qui lui fournissait régulièrement du travail. Il était bien intégré sur le 
plan professionnel et social. A l’appui de son courrier, il a fourni deux lettres de 
soutien de ses employeurs.  

12.  Par décision du 23 avril 2009, l’OCP a refusé de renouveler l’autorisation de 
séjour de M. L______ au motif que ce dernier ne faisait plus ménage commun 
avec son épouse et que la séparation, intervenue trois mois après le mariage, 
devait être considérée comme définitive, dans la mesure où son épouse souhaitait 
divorcer.  

  L’union conjugale avait duré moins de trois ans et M. L______ n’avait pas 
fait valoir de raisons personnelles majeures justifiant la poursuite de son séjour en 
Suisse. Il ne pouvait se prévaloir d’attaches étroites avec ce pays. La durée de son 
séjour à Genève (six ans dont trois de manière illégale) devait être relativisée par 
rapport aux vingt-trois années passées dans son pays d’origine. Sa réintégration au 
Brésil ne devrait pas lui poser de problème majeur.  

  L’OCP a également prononcé le renvoi de Suisse de l’intéressé dans un 
délai venant à échéance le 23 juillet 2009, considérant que ce dernier n’avait pas 
fait état d’obstacles à son retour dans sa patrie. L’exécution du renvoi était 
possible, licite et raisonnablement exigible. 

13.  Le 17 mai 2009, M. L______ a interjeté recours contre cette décision auprès 
de la commission cantonale de recours en matière administrative (ci-après : 

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CCRA), concluant à son annulation ainsi qu’au renouvellement de son titre de 
séjour.  

  La vie commune avec son épouse avait duré quatre mois. Leurs relations 
s’étaient ensuite dégradées, notamment en raison de la présence fréquente de sa 
belle-mère qui venait s’occuper des deux petites-filles. Il avait dû loger chez son 
frère mais retrouvait souvent son épouse. Cette situation avait duré jusqu’au 
milieu du mois d’avril 2008. Le couple avait ainsi formé une union conjugale 
pendant plus d’un an et demi. La décision contestée était disproportionnée. Il 
s’était marié par amour et avait la volonté de fonder une famille avec son épouse. 
Cette dernière avait changé sous la pression de sa mère. 

  Il n’avait plus d’attaches au Brésil, excepté son père. Toute sa famille vivait 
en Europe, son frère et sa belle-sœur à Genève. Il travaillait et s’assumait 
entièrement. Compte tenu de la durée de son séjour en Suisse et de son 
intégration, il ne pouvait pas retourner dans son pays, son renvoi apparaissait 
impossible.  

  Enfin, si son épouse poursuivait les démarches en vue de divorcer, ce qu’il 
ne souhaitait pas, il ne pourrait pas participer à la procédure depuis l’étranger. Sa 
présence en Suisse s’imposait pour ce motif également. 

14.  Le 8 juillet 2009, l’OCP a déposé ses observations et conclu au rejet du 
recours, dans la mesure où les arguments invoqués par M. L______ n’étaient pas 
de nature à modifier sa position.  

15.  Le 24 novembre 2009, la CCRA a tenu une audience de comparution 
personnelle, et entendu M. L______. Ce dernier a persisté dans les termes de son 
recours, et déclaré qu’il avait confirmé au Tribunal de première instance, le 21 
novembre 2009, son accord pour divorcer. Il attendait le jugement du divorce. Il 
n’avait pas proposé d’argent à Mme P______ en échange du maintien du lien 
conjugal, il lui avait simplement proposé de l’aider à payer ses impôts. Il avait une 
nouvelle amie, Madame M______, titulaire du permis d’établissement, avec 
laquelle il vivait depuis janvier 2009. Il travaillait dans une entreprise de 
déménagement, au bénéfice d’un contrat de durée indéterminée. Il avait un bon 
salaire et ne faisait pas l’objet de poursuites.  

  La commission a également entendu à titre de renseignement Mme 
P______. Celle-ci a confirmé que le couple était dans l’attente du jugement de 
divorce. C’était elle qui avait déposé la demande. Après deux ans d’attente, son 
mari avait été d’accord de divorcer. Il lui avait proposé de l’argent en échange du 
maintien du lien conjugal, ce qu’elle avait refusé. Son mariage était un mariage 
d’amour, mais elle avait été déçue. 

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16.  Par décision du 24 novembre 2009, la CCRA a rejeté le recours de 
M. L______. L’OCP n’avait pas excédé ou abusé de son pouvoir d’appréciation 
dans le cadre de l’examen du cas d’espèce. 

  La vie commune des époux L______-P______ avait duré environ trois 
mois, puis une demande de divorce avait été déposée. Les deux époux 
consentaient finalement au divorce et attendaient que le jugement du Tribunal de 
première instance soit rendu. M. L______ vivait avec sa nouvelle amie depuis le 
mois de janvier 2009. La reprise de la vie commune était dès lors exclue, et le 
mariage n’existait, formellement, plus que peu de temps. En l’absence de vie 
commune et l’union conjugale ayant duré moins de trois ans, l’intéressé ne 
pouvait pas se prévaloir d’un droit à une autorisation de séjour.  

  M. L______ n’avait pas démontré que la poursuite de son séjour s’imposait 
pour des raisons personnelles majeures. Il n’avait pas d’attaches exceptionnelles 
avec la Suisse et ne faisait pas preuve de qualifications particulières. Les liens de 
l’intéressé, arrivé à l’âge de 23 ans, avec la Suisse n’étaient pas si étroits que l’on 
ne pouvait pas exiger de lui qu’il retourne au Brésil, où sa réintégration sociale ne 
semblait pas compromise. La procédure de divorce en cours n’était pas non plus 
relevante pour justifier la poursuite de son séjour. L’exécution de son renvoi dans 
son pays d’origine n’était pas impossible, ni illicite et pouvait être 
raisonnablement exigée. 

17.  M. L______ a recouru le 22 décembre 2009 auprès du Tribunal 
administratif contre la décision précitée. Il conclut préalablement à la restitution 
de l’effet suspensif et sur le fond, à l’annulation de la décision litigieuse, ainsi 
qu’à l’autorisation de rester en Suisse jusqu’au prononcé du divorce et le temps 
d’effectuer les dernières démarches en vue de son prochain mariage avec sa 
nouvelle compagne.  

  Le contenu de la décision de la CCRA était arbitraire et nullement justifié. 
Pour des raisons économiques et géographiques, il lui était impossible de 
poursuivre la procédure de divorce depuis le Brésil. Il était si bien intégré en 
Suisse qu’il lui apparaissait impossible de vivre ailleurs que dans ce pays. Il 
n’avait plus aucune attache dans son pays d’origine. Il souhaitait se marier dès que 
possible à Genève avec sa nouvelle amie. Il n’avait jamais proposé d’argent à son 
épouse en échange du maintien de l’union conjugal.  

  Pour le surplus, il a persisté dans ses précédentes explications.  

18.  Par décision du vice-président du tribunal de céans du 23 décembre 2009, 
l’effet suspensif au recours a été restitué.  

19.  Le 7 janvier 2010, la CCRA a indiqué ne pas avoir d’observations à 
formuler concernant le recours interjeté, et a transmis son dossier. 

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20.  Dans sa réponse déposée le 28 janvier 2010, l’OCP conclut au rejet du 
recours, et persiste dans les termes de sa décision.  

  Les déclarations divergentes des époux quant à la date de leur séparation, en 
novembre 2007 pour Mme P______ et en avril 2008 pour M. L______, ne 
remettaient pas en cause le fait que l’union conjugale était rompue de manière 
définitive. Le recourant ne pouvait dès lors plus se prévaloir d’un droit à une 
autorisation de séjour.  

  La jurisprudence citée par le recourant était devenue caduque suite à l’entrée 
en vigueur de la nouvelle législation sur les étrangers.  

  L’intégration de M. L______ n’avait pas besoin d’être examinée plus avant, 
dans la mesure où l’union conjugale avait duré moins de trois ans.  

  Le recourant n’était pas en mesure d’invoquer des raisons personnelles 
majeures pour demander le renouvellement de son autorisation de séjour, et ne 
démontrait pas que sa réintégration sociale au Brésil semblait fortement 
compromise au regard de sa situation personnelle, professionnelle et familiale.  

  Le comportement de M. L______ n’était pas exempt de tout reproche. Il 
avait séjourné et travaillé en Suisse sans autorisation durant plusieurs années, et 
n’avait jamais respecté la décision d’interdiction d’entrée dans le pays dont il 
faisait l’objet. Il avait en outre dissimulé des faits essentiels à l’OCP.  

  Aucun indice concret ne permettait de démontrer que le recourant 
envisageait avec sa nouvelle compagne un mariage sérieusement voulu et 
imminent.  

  Pour le surplus, l’OCP se rapportait expressément à la décision de la CCRA 
du 24 novembre 2009.  

21.  Sur quoi, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger.  

22.  Par jugement du 9 mars 2010, entré en force le 27 avril 2010, le Tribunal de 
première instance a prononcé le divorce des époux L______-P______.  

EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 56A de la loi sur l’organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 63 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 
septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

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2.  La procédure qui a conduit à la décision litigieuse a été initiée en 2009. Par 
conséquent, le présent litige est entièrement soumis à la loi fédérale sur les 
étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr - RS 142.20) et à ses ordonnances 
d’exécution, notamment l’ordonnance du 24 octobre 2007 relative à l’admission, 
au séjour et à l’exercice d’une activité lucrative (OASA - RS 142.201), entrées en 
vigueur le 1er janvier 2008. 

3. a. En vertu de l’art. 42 al. 1 LEtr, le conjoint d’un ressortissant suisse a droit à 
l’octroi d’une autorisation de séjour et à la prolongation de sa durée de validité à 
condition de vivre en ménage commun avec lui. L’art. 49 LEtr prévoit cependant 
une exception à cette exigence du ménage commun, sous la forme de deux 
conditions cumulatives, lorsque la communauté familiale est maintenue et que des 
raisons majeures justifiant l’existence de domiciles séparés peuvent être 
invoquées. A teneur de l’art. 76 OASA, une telle exception peut résulter de 
raisons majeures, dues notamment à des obligations professionnelles ou une 
séparation provisoire en raison de problèmes familiaux importants.  

 b. Selon le message du Conseil fédéral du 8 mars 2002 concernant la LEtr 
(FF 2002 3511 ch. 1.3.7.5), le droit à la prolongation de l’autorisation de séjour du 
conjoint étranger d’un citoyen suisse est subordonnée à la cohabitation des 
conjoints. L’octroi d’un droit de séjour implique donc l’existence effective d’une 
relation conjugale et la volonté de la conserver. Demeure réservée la possibilité 
d’élire domicile séparé selon le droit du mariage et ce pour des motifs 
professionnels ou pour d’autres motifs importants et compréhensibles 
(ATA/592/2009 du 17 novembre 2009). 

  En l’espèce, les époux ne font plus ménage commun depuis novembre 2007, 
et le lien conjugal est rompu dès ce moment, voire au mieux depuis avril 2008. Le 
mariage du recourant a duré moins de trois ans, le jugement de divorce étant entré 
en force le 27 avril 2010. Il en résulte que l’intéressé ne peut pas se prévaloir d’un 
droit au renouvellement de son autorisation de séjour sur la base de l’art. 42 al. 1 
LEtr. 

 4.  Selon l’art. 50 al. 1 let. a LEtr, après la dissolution de la famille, le droit du 
conjoint à l’octroi d’une autorisation de séjour et à la prolongation de sa durée de 
validité en vertu de l’art. 42 LEtr subsiste lorsque l’union conjugale a duré au 
moins trois ans et que l’intégration est réussie. La notion d’union conjugale, au 
sens de cette disposition, suppose l’existence d’une communauté conjugale 
effectivement vécue (Arrêt du Tribunal fédéral 2C_416/2009 du 8 septembre 
2009, consid. 2.1.2 ; ATA/552/2009 du 3 novembre 2009 consid. 4a p. 6 ; 
ATA/511/2009 du 13 octobre 2009 consid. 4 p. 4 ; Directive de l’office fédéral 
des migrations, domaine des étrangers, chapitre 6 : regroupement familial, chiffre 
6.15.1 p. 27). 

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  En l’espèce, l’union conjugale du recourant n’a pas duré trois ans, de sorte 
qu’il ne peut déduire aucun droit de l’art. 50 al. 1 let. a LEtr. L’intéressé ne 
remplissant pas l’une des deux conditions cumulatives de cette disposition - à 
savoir l’existence d’une communauté de vie d’au moins trois ans - il ne sera pas 
examiné si la deuxième condition requise - soit une intégration réussie - est 
satisfaite. 

5.  Dans le cadre de son recours, l’intéressé fait valoir que la poursuite de son 
séjour s’impose pour des raisons personnelles majeures. 

 a. Selon l’art. 50 al. 1 let. b LEtr, après dissolution de la famille, le droit du 
conjoint à l’octroi d’une autorisation de séjour et à la prolongation de sa durée de 
validité en vertu de l’art. 42 subsiste si la poursuite du séjour en Suisse s’impose 
pour des raisons personnelles majeures. D’après l’al. 2 de cette disposition - repris 
à l’art. 77 al. 2 OASA - les "raisons personnelles majeures" sont notamment 
données lorsque le conjoint est victime de violence conjugale et que la 
réintégration dans le pays de provenance semble fortement compromise. 

 b. D’après le Message du Conseil fédéral du 8 mars 2002 concernant la loi sur 
les étrangers (FF 2002 3512 ch. 1.3.7.6), il s’agit de motifs personnels graves 
exigeant la poursuite du séjour en Suisse, notamment lorsque le conjoint 
demeurant en Suisse est décédé ou lorsque la réinsertion familiale et sociale dans 
le pays d’origine s’avérerait particulièrement difficile en raison de l’échec du 
mariage. Il y a lieu toutefois de prendre en considération les circonstances qui ont 
conduit à la dissolution de l’union conjugale. En principe, "rien ne devrait 
s’opposer à un retour lorsque le séjour en Suisse a été de courte durée, que la 
personne en cause n’a pas établi de liens étroits avec la Suisse et que sa 
réintégration dans son pays d’origine ne pose aucun problème particulier". 

 c. Dans une jurisprudence (arrêt du Tribunal fédéral 2C_216/2009 du 20 août 
2009 consid. 2.2) le Tribunal fédéral a relevé qu’il existait des analogies entre les 
critères applicables à l’examen de la reconnaissance du cas de rigueur, au sens de 
l’art. 31 OASA, et ceux devant être pris en considération pour admettre 
l’existence de raisons personnelles majeures, au sens de l’art. 50 al. 1 let. b LEtr. 
S’agissant des critères applicables à l’examen du cas de rigueur, le Tribunal 
fédéral considère, de jurisprudence constante, que le fait que l’étranger ait 
séjourné en Suisse pendant une assez longue période, qu’il s’y soit bien intégré 
socialement et professionnellement et que son comportement n’ait pas fait l’objet 
de plaintes ne suffit pas, à lui seul, à constituer un cas d’extrême gravité ; encore 
faut-il que la relation du requérant avec la Suisse soit si étroite qu’on ne saurait 
exiger qu’il aille vivre dans un autre pays, notamment dans son pays d’origine. En 
particulier, les relations de travail, d’amitié ou de voisinage que l’étranger a pu 
nouer pendant son séjour ne constituent normalement pas des liens si étroits avec 
la Suisse justifiant, à eux seuls, la poursuite du séjour pour des motifs d’extrême 
gravité (ATF 130 II 39 consid. 3 ; 128 II 200 consid. 4 p. 208 ; ATF 124 II 110 

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consid. 2 p. 111 s. et les références ; Arrêt du Tribunal fédéral C_283/2006 du 25 
octobre 2007 consid. 3.2). 

  Dans le cas du recourant, seules entrent en considération des raisons 
personnelles majeures liées à sa réintégration dans son pays d’origine, car son 
épouse n’est pas décédée et il n’a pas été victime de violence conjugale au sens de 
l’art. 50 al. 2 LEtr. La loi exige que la réintégration sociale dans le pays de 
provenance semble fortement compromise. Il ne s’agit donc pas de savoir s’il est 
plus facile pour la personne concernée de vivre en Suisse, mais uniquement 
d’examiner si, en cas de retour dans le pays d’origine, les conditions de sa 
réintégration sociale, au regard de sa situation personnelle, professionnelle et 
familiale, seraient gravement compromises (Arrêt du Tribunal fédéral 
2C_216/2009 du 20 août 2009 consid. 3 ; Th. GEISER/ M. BUSSLINGER, 
Ausländische Personen als Ehepartner und registrierte Partnerinnen, in 
Ausländerrecht, Bâle 2009, n. 14.54, p. 681/682). 

  En l’espèce, le recourant justifie la poursuite de son séjour par une 
intégration socio-professionnelle exemplaire, son autonomie financière et son 
comportement irréprochable, ainsi que ses projets de mariage avec sa nouvelle 
compagne. Ces motifs ne permettent pas d’admettre l’existence de raisons 
personnelles majeures au sens de l’art. 50 al. 1 let. b LEtr. En effet, l’intégration 
socio-professionnelle de l’intéressé ne revêt aucun caractère exceptionnel et ne 
saurait à elle seule, légitimer la poursuite de son séjour en Suisse. En outre, les 
fiancés ne peuvent pas se prévaloir du droit au respect de la vie familiale au sens 
de l’art. 8, ch. 1, CEDH, sous réserve de circonstances particulières telles que des 
relations étroites et effectivement vécues depuis longtemps et des indices concrets 
d’un mariage sérieusement voulu et imminent (Directive de l’office fédéral des 
migrations [ODM], domaine des étrangers, 6 regroupement familial, chiffre 6.15.1 
p. 29), ce qui ne ressort pas du dossier. Par ailleurs, les autres attaches que le 
recourant s’est créées avec la Suisse ne sont pas à ce point profondes qu’il ne 
puisse plus raisonnablement envisager un retour dans son pays d’origine. Le 
recourant n’indique pas dans quelle mesure un retour dans son pays d’origine 
serait particulièrement difficile et il ne peut être retenu que tel serait le cas. De 
plus, le recourant ayant passé la plus grande partie de sa vie au Brésil, sa 
réinsertion familiale et sociale dans ce pays ne devrait pas poser de difficulté. 

6.  Enfin, le recourant fait valoir qu’au vu de sa parfaite intégration, il ne 
saurait être exigé de lui qu’il quitte la Suisse. 

  Selon l’art. 83, al. 4 LEtr l’exécution de la décision peut ne pas être 
raisonnablement exigée si le renvoi ou l’expulsion de l’étranger dans son pays 
d’origine ou de provenance le met concrètement en danger, par exemple en cas de 
guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou de nécessité médicale.  

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  En l’occurrence, les conditions posées par cette disposition ne sont 
manifestement pas remplies et le renvoi du recourant revêt un caractère 
parfaitement exigible. 

7.  Au vu de ce qui précède, le recours sera rejeté. Un émolument de CHF 500.- 
sera mis à la charge du recourant qui succombe (art. 87 LPA). Il ne lui sera pas 
alloué d’indemnité. 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 22 décembre 2009 par Monsieur L______ 
contre la décision de la commission cantonale de recours en matière administrative du 
24 novembre 2009 ; 

au fond : 

le rejette ; 

met à la charge du recourant un émolument de CHF 500.- ; 

dit qu’il n’est pas alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que, les éventuelles voies de recours contre le présent arrêt, les délais et conditions 
de recevabilité qui leur sont applicables, figurent dans la loi fédérale sur le Tribunal 
fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), dont un extrait est reproduit ci-après. Le 
mémoire de recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie 
postale ou par voie électronique aux conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les 
pièces en possession du recourant invoquées comme moyens de preuve, doivent être 
joints à l’envoi ; 

communique le présent arrêt à Monsieur L______, à la commission cantonale de 
recours en matière administrative, à l’office cantonal de la population, ainsi qu’à l’office 
fédéral des migrations. 

Siégeants : M. Thélin, président, Mmes Bovy et Junod, juges. 

 

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Au nom du Tribunal administratif : 

la greffière-juriste : 
 
 

M. Tonossi 

 le vice-président : 
 
 

Ph. Thélin 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière : 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Extraits de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110) 
consultable sur le site: http://www.admin.ch/ch/f/rs/c173_110.html 

Recours en matière de droit public 
(art. 82 et ss LTF) 

Recours constitutionnel subsidiaire 
(art. 113 et ss LTF) 

Art. 82 Principe 
Le Tribunal fédéral connaît des recours : 
a. contre les décisions rendues dans des causes de droit 
public ; 
… 

Art. 83 Exceptions 
Le recours est irrecevable contre : 
… 
c. les décisions en matière de droit des étrangers qui 

concernent :  
1. l’entrée en Suisse, 
2. une autorisation à laquelle ni le droit fédéral ni le 

droit international ne donnent droit, 
3. l’admission provisoire, 
4. l’expulsion fondée sur l’art. 121, al. 2, de la 

Constitution ou le renvoi, 
5. les dérogations aux conditions d’admission, 
6. la prolongation d’une autorisation frontalière, le 

déplacement de la résidence dans un autre canton, 
le changement d’emploi du titulaire d’une 
autorisation frontalière et la délivrance de 
documents de voyage aux étrangers sans pièces de 
légitimation ; 

d. les décisions en matière d’asile qui ont été rendues :  
1. par le Tribunal administratif fédéral, 
2. par une autorité cantonale précédente et dont 

l’objet porte sur une autorisation à laquelle ni le 
droit fédéral ni le droit international ne donnent 
droit ; 

… 

Art. 89 Qualité pour recourir 
1 A qualité pour former un recours en matière de droit 
public quiconque : 
a. a pris part à la procédure devant l’autorité précédente 

ou a été privé de la possibilité de le faire ; 
b. est particulièrement atteint par la décision ou l’acte 

normatif attaqué, et 
c. a un intérêt digne de protection à son annulation ou à 

sa modification. 
… 

Art. 95 Droit suisse 
Le recours peut être formé pour violation : 
a. du droit fédéral ; 
b. du droit international ; 
c. de droits constitutionnels cantonaux ; 
d. de dispositions cantonales sur le droit de vote des 

citoyens ainsi que sur les élections et votations 
populaires ; 

e. du droit intercantonal. 

Art. 100 Recours contre une décision 
1 Le recours contre une décision doit être déposé devant le 
Tribunal fédéral dans les 30 jours qui suivent la 
notification de l’expédition complète. 
______________________________________________ 

Art. 113 Principe 
Le Tribunal fédéral connaît des recours 
constitutionnels contre les décisions des autorités 
cantonales de dernière instance qui ne peuvent faire 
l’objet d’aucun recours selon les art. 72 à 89. 

Art. 115 Qualité pour recourir 
A qualité pour former un recours constitutionnel 
quiconque : 
a. a pris part à la procédure devant l’autorité 

précédente ou a été privé de la possibilité de le 
faire et 

b. a un intérêt juridique à l’annulation ou à la 
modification de la décision attaquée. 

Art. 116 Motifs de recours 
Le recours constitutionnel peut être formé pour 
violation des droits constitutionnels. 

Art. 100 Recours contre une décision 
1 Le recours contre une décision doit être déposé 
devant le Tribunal fédéral dans les 30 jours qui 
suivent la notification de l’expédition complète. 
___________________________________________ 

 

Recours ordinaire simultané (art. 119 LTF) 
1 Si une partie forme contre une décision un recours ordinaire et un recours constitutionnel, elle doit déposer les 
deux recours dans un seul mémoire. 
2 Le Tribunal fédéral statue sur les deux recours dans la même procédure. 

3 Il examine les griefs invoqués selon les dispositions applicables au type de recours concerné.