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**Case Identifier:** 501245ad-d64c-592b-b5ae-911782064157
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2022 / 111
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2022---111_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC21.054973-220578

91 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
15 août 2022

___________________

Composition
:              M.             
Hack,
président.

             
              M.             
Maillard et Mme Giroud Walther, juges

Greffier
              :             
Mme              Debétaz Ponnaz

 

 

*****

 

 

Art.
82, 265 et 265a LP ; 321 al. 1 CPC

 

 

             
La Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal, statuant à huis clos en sa qualité
d'autorité de recours en matière sommaire de poursuites, s'occupe du recours exercé par
F.________,
à [...], contre le prononcé rendu le 8 février 2022, à la suite de l’interpellation
de la partie poursuivie, par le Juge de paix des districts du Jura - Nord vaudois et du Gros-de-Vaud,
dans la poursuite n° 9’914’348 de l’Office des poursuites du district du Jura
- Nord vaudois exercée contre le recourant à l’instance de la
Banque
X.________, à [...].

 

             
Vu les pièces au dossier, la cour considère :

 

 

             
En fait :

 

 

1.             
a)
Le 18 mars 2021, à la réquisition de la Banque X.________, l’Office des poursuites du
district du Jura – Nord vaudois a notifié à F.________ un commandement de payer dans
la poursuite n° 9'914'348, portant sur le montant de 4'276 fr. 30, sans intérêt, et indiquant
comme titre de la créance ou cause de l’obligation : 

« Reprise
de l’acte de défaut de biens no 0044-2003 de Fr. 4'291.60 délivré le 05.07.2005
par l’Office des faillites de l’arrondissement de La Broye et du Nord vaudois, 1400 Yverdon-les-Bains,
sous déduction d’un acompte de CHF 15,30. »

 

             
Le poursuivi a formé opposition totale en invoquant son non-retour à meilleure fortune.

 

             
b)
Par prononcé du 8 octobre 2021, le Juge de paix des districts du Jura – Nord vaudois et du
Gros-de-Vaud, statuant à la suite de l’audience du 19 mai 2021 qui s’était tenue
contradictoirement, a déclaré irrecevable l’exception de non-retour à meilleure
fortune, à concurrence de 592 fr. 17 par mois, et a rendu la décision sans frais. 

 

             
L’original de ce prononcé au dossier porte la mention apposée par le greffier le 9 décembre
2021 : « Pas
de demande de motivation dans les délais ».

 

             
c)
Par acte du 16 décembre 2021, la poursuivante a requis la mainlevée provisoire de l’opposition.
A l’appui de sa requête, elle a produit le commandement de payer précité, l’acte
de défaut de biens après faillite invoqué comme titre de mainlevée, qui mentionne
que le failli a reconnu la créance, et le prononcé précité du 8 octobre 2021.

 

             
d)
Invité par avis du 3 janvier 2022 à se déterminer sur la requête de mainlevée
et à produire toutes pièces utiles dans un délai au 31 janvier 2022, le poursuivi n’a
pas produit des déterminations écrites. Il a déposé en revanche un classeur contenant
des pièces, dont le greffe a accusé réception le 31 janvier 2022. 

 

 

2.             
Par décision du 8 février 2022, le Juge
de paix des districts du Jura – Nord vaudois et du Gros-de-Vaud a prononcé la mainlevée
provisoire de l’opposition (I), a arrêté à 180 fr. les frais judiciaires, compensés
avec l’avance de frais de la poursuivante (II), les a mis à la charge du poursuivi (III) et
a dit que celui-ci rembourserait en conséquence à la poursuivante son avance de frais à
concurrence de 180 fr., sans allocation de dépens pour le surplus (IV).

 

             
Le poursuivi ayant requis la motivation de ce prononcé en temps utile, par lettre du 15 février
2022, les motifs ont été adressés aux parties le 27 avril 2022 et notifiés à
l’intéressé le 4 mai suivant. En bref, le premier juge a considéré que l’acte
de défaut de biens après faillite valait reconnaissance de dette au sens de l’art. 82
LP (loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite ; RS 281.1) et partant, titre
de mainlevée provisoire de l’opposition, que le poursuivi ne s’était pas déterminé
et n’avait donc pas rendu immédiatement vraisemblable sa libération, et qu’il convenait
donc de prononcer la mainlevée provisoire de l’opposition. 

 

 

3.             
Par acte daté du 12 et posté le 13 mai
2022, le poursuivi a fait recours contre la décision de mainlevée. Il fait valoir qu’il
a « requis à
plusieurs reprises la motivation du calcul effectué »,
mais ne l’a « jamais
reçu ». Il relève en outre
avoir « fourni toutes
les preuves de paiement de [ses] charges ainsi que celles qui étaient en attente de paiement »
et « également
fourni un tableau Excel de toutes [ses] charges »,
de sorte qu’il serait faux de retenir qu’il ne s’est pas déterminé dans le
délai fixé. Il expose enfin ne pas pouvoir payer toutes ses charges et en conclut qu’il
ne peut pas être considéré comme revenu à meilleure fortune.

 

 

 

             
En droit
:

 

 

I.             
a)
Selon l’art. 265 al. 1 LP, l’administration de la faillite, lorsqu’elle procède
à la distribution des deniers, remet à chaque créan­cier qui n’a pas été
payé intégralement un acte de défaut de biens pour le montant impayé. Dans le cas
où l’acte mentionne que le failli a reconnu la créance, il vaut comme reconnaissance
de dette dans le sens de l’art. 82 LP, soit comme titre de mainlevée provisoire d’opposition.
Toutefois une nouvelle poursuite ne peut être requise sur la base de cet acte que si le débiteur
revient à meilleure fortune (art. 265 al. 2, 2e
phrase, LP). Concrètement, cela signifie qu’en cas de nouvelle poursuite, le débiteur
peut former opposition et soulever, le cas échéant, l’exception de non-retour à
meilleure fortune.

 

             
Selon l’art. 265a al. 1 LP, lorsque le débiteur fait opposition à la poursuite en contestant
son retour à meilleure fortune, cette opposition - ou plus précisément, cette exception
- est soumise au juge du for de la poursuite. Si le juge déclare l’opposition irrecevable,
il détermine dans quelle mesure le débiteur est revenu à meilleure fortune (art. 265a
al. 3, 1re
phrase, LP). La décision du juge, qu’il déclare l’exception de non-retour à
meilleure fortune recevable ou irrecevable, n’est sujette à aucun recours (ATF 141 III 188
consid. 4.2 ; TF 5D_226/2019 du 8 janvier 2020 consid. 5.1 ; Huber, in
Staehelin/Bauer/Lorandi (éd.), Basler Kommentar SchKG II, 3e
éd., n. 31 ad
art. 265a LP). L’exclusion d’une telle voie de recours cantonale est justifiée par le
fait que tant le créancier que le débiteur peuvent faire revoir cette décision en intentant
l’action au fond prévue par l’art. 265a al. 4 LP en contestation du non-retour ou du
retour à meilleure fortune (Huber, op.
et loc. cit. ; Näf, in
Hunkeler (éd.), Kurzkommentar SchKG, 2e éd., n. 8 ad
art. 265a LP). Ainsi, les parties ne sont pas admises à discuter en recours les conditions matérielles
du retour à meilleure fortune, puisque celles-ci doivent être examinées dans le cadre
de l’action prévue par l’art. 265a al. 4 LP (ATF 141 III 188 consid. 4.2). Seul un recours
sur les frais est ouvert (Näf, op. 
et loc. cit. ; art. 110 CPC). 

 

             
b)
La procédure décrite ci-dessus ne tranche pas le sort de l’opposition proprement dite
à la poursuite, dont la mainlevée provisoire doit être requise par la partie poursuivante
conformément à l’art. 82 LP. La décision du juge de la mainlevée peut, elle,
faire l’objet d’un recours au sens des art. 319 ss CPC (Code de procédure civile ;
RS 272).  

 

 

II.             
a) Le recours doit être introduit auprès
de l’instance de recours par acte écrit et motivé (art. 321 al. 1 CPC), dans les dix
jours à compter de la notification de la décision motivée (art. 321 al. 2 CPC).

 

             
En l’espèce, le recours a été exercé à temps.

 

             
b)
Pour être
recevable, le recours doit être motivé (art. 321 al. 1 in
initio CPC). Selon la jurisprudence du Tribunal
fédéral, pour satisfaire à cette exigence, la partie recourante doit démontrer le
caractère erroné de la motivation de la décision attaquée et son argumentation doit
être suffisamment explicite pour que l’instance de recours puisse la comprendre, ce qui suppose
une désignation précise des passages de la décision qu’elle attaque et des pièces
du dossier sur lesquelles elle fonde sa critique (ATF 147 III 176 consid. 4.2.1 et les références
citées ; ATF 141 III 569 consid. 2.3.3 et réf. cit. ; TF 5A_488/2015 du 21 août
2015 consid. 3.2.1, publié in
RSPC 6/2015 pp. 512 s., et les arrêts cités),

 

             
En l’occurrence, le recours ne contient aucun grief contre la décision de lever provisoirement
l’opposition à la poursuite en cause, en particulier contre les considérants topiques
sur lesquels le premier juge a fondé sa décision. Il porte en réalité sur le calcul
du retour à meilleure fortune effectué par le juge de paix dans son prononcé du 8 octobre
2021, déclarant l’exception de non-retour à meilleure fortune irrecevable à concurrence
de 592 fr. 17 par mois. Or, cette décision est devenue définitive, faute de demande de motivation
dans les délais. Au demeurant, comme on l’a vu, le recours n’est pas ouvert contre une
telle décision, sauf sur les frais. Le serait-il d’ailleurs, qu’il serait en l’espèce
largement tardif. De même, les pièces que le recourant a produites en première instance
- qui ne constituent pas, à strictement parler, des déterminations écrites - avaient manifestement
pour but de démontrer que le poursuivi n’était pas revenu à meilleure fortune. Elles
sont donc sans pertinence au stade de la mainlevée d’opposition. 

 

 

III.             
Vu ce qui précède, le recours doit être
déclaré irrecevable. 

 

             
Le présent arrêt peut être rendu sans frais. 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est irrecevable.

 

             
II.             
L’arrêt, rendu sans frais, est exécutoire. 

 

             

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. F.________,

‑             
Banque X.________.

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 4'276 fr. 30.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés
devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification
(art. 100 al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
M. le Juge de paix des districts du Jura – Nord vaudois et du Gros-de-Vaud.

 

             
La greffière :