# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 8457adf8-20fd-5134-b238-3e02f65fe0bb
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2020-04-30
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 30.04.2020 F-1337/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_F-1337-2019_2020-04-30.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour VI 

F-1337/2019 

 

 
 

  A r r ê t  d u  3 0  a v r i l  2 0 2 0  

Composition 
 Jenny de Coulon Scuntaro (présidente du collège),  

Fulvio Haefeli, Yannick Antoniazza-Hafner, juges, 

Georges Fugner, greffier. 
 

 
 

Parties 
 A._______,  

Adresse postale : c/o B._______,  

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations SEM,  

Quellenweg 6, 3003 Berne,    

autorité inférieure.  

 
 

 
 

Objet 
 Interdiction d'entrée. 

 

 

 

F-1337/2019 

Page 2 

Faits : 

A. 

A._______, ressortissant du Venezuela né en 1988, a fait l’objet, le 9 sep-

tembre 2017, d’un contrôle par la police des constructions du canton de 

Vaud sur un chantier à C._______, où il travaillait sans être en possession 

d’aucun titre de séjour valable à cet effet.  

Lors de son audition du même jour par la Police cantonale vaudoise, l’in-

téressé a indiqué être arrivé en Suisse en mars 2016, y avoir été rejoint 

quelques mois plus tard par sa femme et sa fille et y avoir depuis lors vécu 

illégalement en gagnant sa vie dans le cadre de divers « petits travaux ». 

Il a expliqué enfin qu’il travaillait depuis deux jours sur le chantier où il avait 

été contrôlé et qu’il y gagnait 20.- frs de l’heure.  

La Police cantonale vaudoise a informé A._______ que, sur la base des 

faits constatés, une mesure d’éloignement (interdiction d’entrée) pourrait 

être prononcée à son encontre et lui a donné l’occasion de se déterminer 

à ce sujet. L’intéressé en a pris note, tout en indiquant qu’il entendait en-

treprendre des démarches en vue de déposer une demande d’asile en 

Suisse. 

B. 

Par ordonnance du 25 septembre 2017, le Ministère public de l’arrondisse-

ment de la Côte a condamné A._______ pour séjour illégal et activité lu-

crative sans autorisation à une peine pécuniaire de 120 jours-amende, le 

montant du jour-amende étant fixé à 10.- frs, ainsi qu’à une amende de 

300.- frs. 

C. 

Le 17 novembre 2017, le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) a pro-

noncé à l'endroit de A._______ une décision d’interdiction d’entrée sur le 

territoire suisse et du Liechtenstein, valable jusqu'au 16 novembre 2020. 

Dans sa décision, le SEM a signalé que l’interdiction d’entrée entraînait 

une publication dans le système d'information Schengen (SIS), ayant pour 

conséquence d'étendre ses effets à l'ensemble des Etats membres de l'es-

pace Schengen. En outre, l’autorité précitée a indiqué qu'un éventuel re-

cours n'aurait pas d'effet suspensif. 

Cette décision était motivée comme suit : 

« La personne mentionnée a été condamnée le 25.09.2017, par le Minis-

tère public de l’arrondissement de la Côte à Morges à une peine pécuniaire 

F-1337/2019 

Page 3 

de 120 jours-amende à 10 CHF (sursis : 2 ans) et à une amende de 300 

CHF pour séjour illégal et activité lucrative sans autorisation. Selon la pra-

tique et la jurisprudence constantes, l’intéressé a attenté de ce fait à la 

sécurité et à l’ordre publics au sens de l’art. 67 LEtr de sorte qu’une inter-

diction d’entrée à son endroit s’impose. 

Par ailleurs, aucun intérêt privé susceptible de l’emporter sur l’intérêt public 

à ce que les entrées en Suisse de l’intéressé soient dorénavant contrôlées 

ne ressort du dossier. » 

La décision d’interdiction d’entrée du SEM a été notifiée à l’intéressé le 18 

février 2019 lors d’un contrôle de police à Lausanne. 

D. 

A._______ a recouru contre la décision du SEM le 18 mars 2019 en con-

cluant à son annulation, subsidiairement à la suspension de cette décision 

jusqu’à l’examen, par les autorités compétentes, de la question de son ren-

voi au Venezuela. Le recourant a reconnu se trouver sans autorisation de 

séjour en Suisse, mais a allégué que l’exécution de son renvoi, ainsi que 

celui de son épouse et de ses deux enfants était inexigible, voire illicite, 

compte tenu de la situation politique au Venezuela. Il a manifesté à cet 

égard l’intention de déposer une demande d’asile en Suisse. 

E. 

Invité par le Tribunal, le 27 mars 2019, à l’informer du dépôt éventuel d’une 

demande d’asile en Suisse, le recourant ne s’est pas manifesté. 

F. 

Appelé à se prononcer sur le recours, le SEM en a proposé le rejet. Dans 

sa réponse du 20 mai 2019, l’autorité intimée a relevé que la mesure d’éloi-

gnement prononcée à l’endroit du recourant était adéquate au regard de 

sa condamnation pour séjour illégal et exercice d’une activité lucrative sans 

autorisation et que la situation prévalant au Venezuela n’avait guère d’inci-

dence sur le bien-fondé de la décision attaquée. 

G. 

Invité à se déterminer sur la réponse du SEM, le recourant n’a pas fait 

usage de son droit de réplique. 

H. 

Par ordonnance du 28 mars 2019, le Ministère public de l’arrondissement 

F-1337/2019 

Page 4 

de Lausanne a condamné A._______ pour séjour illégal (entre le 25 sep-

tembre 2017 et le 18 février 2019) à 30 jours de peine privative de liberté, 

tout en révoquant le sursis accordé le 25 septembre 2017 par le Ministère 

public de l’arrondissement de la Côte. 

 

Droit : 

1.  

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 LTAF, le Tribunal, en 

vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de 

l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. 

1.2 En particulier, les décisions en matière d’interdiction d’entrée en Suisse 

prononcées par le SEM (cf. art. 33 let. d LTAF) sont susceptibles de recours 

au Tribunal, qui statue définitivement (cf. art. 1 al. 2 LTAF en relation avec 

l’art. 83 let. c ch. 1 LTF), sous réserve des cas où l’Accord sur la libre cir-

culation des personnes du 21 juin 1999 (ALCP, RS 0.142.112.681) s’ap-

plique, ce qui n’est pas le cas en l’espèce, le recourant étant ressortissant 

d’un Etat tiers (cf. art. 1 al. 2 LTAF en lien avec l’art. 83 let. c ch. 1 LTF). 

1.3 A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant le 

Tribunal est régie par la PA (art. 37 LTAF). 

1.4 Le recourant a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA). Présenté dans 

la forme et les délais prescrits par la loi, le recours est recevable (cf. art. 50 

et 52 PA). 

2.  

Le recourant peut invoquer devant le Tribunal la violation du droit fédéral, 

y compris l'excès ou l'abus du pouvoir d'appréciation, la constatation 

inexacte ou incomplète des faits pertinents ainsi que l'inopportunité de la 

décision entreprise, sauf lorsqu'une autorité cantonale a statué comme 

autorité de recours (cf. art. 49 PA). L'autorité de recours n'est pas liée par 

les motifs invoqués par les parties (cf. art. 62 al. 4 PA), ni par les considé-

rants de la décision attaquée (cf. MOSER ET AL., Prozessieren vor dem Bun-

desverwaltungsgericht, Handbücher für die Anwaltspraxis, Tome X, 2ème 

éd., 2013, n° 3.197). Aussi peut-elle admettre ou rejeter le pourvoi pour 

d'autres motifs que ceux invoqués. Dans son arrêt, elle prend en considé-

ration l'état de fait existant au moment où elle statue (cf. ATAF 2014/1 con-

sid. 2). 

F-1337/2019 

Page 5 

3.  

3.1 Le 1er janvier 2019, la loi sur les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr) 

a connu une modification partielle comprenant également un changement 

de sa dénomination (modification de la LEtr du 16 décembre 2016, RO 

2018 3171). Ainsi, la LEtr s'intitule nouvellement loi fédérale sur les étran-

gers et l'intégration du 16 décembre 2005 (LEI, RS 142.20). En parallèle 

est entrée en vigueur la modification de l'ordonnance relative à l'admission, 

au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative du 15 août 2018 (OASA, 

RS 142.205, RO 2018 3173). 

3.2 Comme précisé dans sa jurisprudence (cf., notamment, arrêt du TAF  

F-3709/2017 du 14 janvier 2019 consid. 2), le Tribunal, en tant qu’autorité 

de recours, ne saurait, en principe, appliquer le nouveau droit lorsque la 

décision de l’autorité inférieure a été rendue sous l’empire de l’ancien droit, 

exception faite des cas où un intérêt public ou privé prépondérant est sus-

ceptible de justifier une application immédiate des nouvelles dispositions.  

3.3 En l’occurrence, la décision querellée a été prononcée avant l’entrée 

en vigueur du nouveau droit au 1er janvier 2019. Il convient de relever que 

les articles de la LEtr applicables dans la présente procédure, soit princi-

palement les art. 5, 10, 11, 67 et 115, n’ont pas subi de modification. En 

revanche, l’art. 80 OASA, qui définit les notions d’atteinte à la sécurité et à 

l’ordre publics, a été abrogé et remplacé par le nouvel art. 77a OASA. 

Néanmoins, cette modification découle de raisons de systématique et la 

définition contenue à l’art. 77a OASA reste inspirée des commentaires du 

Message du 8 mars 2002 concernant la loi sur les étrangers 

(FF 2002 3469, 3564 ; voir à ce sujet, Rapport explicatif concernant la mo-

dification de l’OASA du 2 août 2018, accessible sur le site du SEM : 

www.sem.admin.ch, sous Accueil SEM > Actualité > Projets de législation 

en cours > Projets de législation terminés > Paquet 2 : Modification de l’or-

donnance relative à l’admission, au séjour et à l’exercice d’une activité lu-

crative [OASA] et révision totale de l’ordonnance sur l’intégration des étran-

gers [OIE] > Adoption, consulté en avril 2020).  

Le Tribunal considère, dès lors, qu’il n’y a pas d’intérêt public prépondérant 

à ce que le nouveau droit s’applique immédiatement. Par souci de clarté, il 

continuera donc à utiliser l’ancienne dénomination « LEtr ». Il en va de 

même en rapport avec l’OASA et l’OIE, ces ordonnances étant citées selon 

leur teneur valable jusqu’au 31 décembre 2018. 

 

F-1337/2019 

Page 6 

4. 

Le recourant est un ressortissant du Venezuela, soit d’un Etat tiers, de 

sorte que le prononcé querellé s'examine à l'aune de la LEtr, les disposi-

tions de l'ALCP n'étant pas applicables au cas d'espèce. Selon le Tribunal 

fédéral (ci-après : TF), un étranger ressortissant d’un pays tiers n’a pas 

besoin d’avoir atteint de manière grave l’ordre et la sécurité publics avant 

de pouvoir se voir interdire d’entrée en Suisse sur la base du seul art. 67 

LEtr (cf. ATF 139 II 121 consid. 5.4). 

5. 

5.1 Selon l'art. 67 al. 2 let. a et c LEtr, le SEM peut interdire l'entrée en 

Suisse à un étranger lorsque ce dernier a attenté à la sécurité et à l'ordre 

publics en Suisse ou à l'étranger ou les a mis en danger et lorsqu’il a été 

placé en détention en phase préparatoire, en détention en vue du renvoi 

ou de l’expulsion ou en détention pour insoumission (art. 75 à 78). L'inter-

diction d'entrée est prononcée pour une durée maximale de cinq ans. Elle 

peut toutefois être prononcée pour une plus longue durée lorsque la per-

sonne concernée constitue une menace grave pour la sécurité et l'ordre 

publics (art. 67 al. 3 LEtr). Si des raisons humanitaires ou d'autres motifs 

importants le justifient, l'autorité appelée à statuer peut exceptionnellement 

s'abstenir de prononcer une interdiction d'entrée ou suspendre provisoire-

ment ou définitivement une interdiction d'entrée (art. 67 al. 5 LEtr).  

L'interdiction d'entrée au sens du droit des étrangers vise à empêcher l'en-

trée ou le retour d'un étranger dont le séjour en Suisse est indésirable (cf., 

notamment, arrêt du TF 6B_173/2013 du 19 août 2013 consid. 2.3). Elle 

n'est pas considérée comme une peine sanctionnant un comportement dé-

terminé, mais comme une mesure administrative ayant pour but de préve-

nir une atteinte à la sécurité et à l'ordre publics (cf. Message du Conseil 

fédéral du 8 mars 2002 concernant la loi sur les étrangers, FF 2002 3469, 

3568 [ci-après : Message LEtr] ; voir également ATAF 2017 VII/2 consid. 

4.4 et 6.4). 

5.2 En vertu de l'ancien art. 80 al. 1 let. a OASA, il y a notamment atteinte 

à la sécurité et à l'ordre publics en cas de violation de prescriptions légales 

ou de décisions d'autorités. Tel est le cas, en particulier, lorsqu'il y a eu 

violation importante ou répétée de prescriptions légales (y compris de pres-

criptions du droit en matière d’étrangers) ou de décisions d'autorités (cf. 

Message LEtr, FF 2002 3469, 3564 et 3568). Pour pouvoir affirmer que la 

sécurité et l'ordre publics sont menacés, il faut des éléments concrets indi-

quant que le séjour en Suisse de la personne concernée conduit selon 

F-1337/2019 

Page 7 

toute vraisemblance à une atteinte à la sécurité et à l'ordre publics (art. 80 

al. 2 OASA, dans son ancienne teneur). 

5.3 Le prononcé d'une interdiction d'entrée implique par conséquent que 

l'autorité procède à un pronostic en se fondant sur l'ensemble des circons-

tances du cas concret et, en particulier, sur le comportement que l'adminis-

tré a adopté par le passé. La commission antérieure d'infractions constitue 

en effet un indice de poids permettant de penser qu'une nouvelle atteinte 

à la sécurité et à l'ordre publics sera commise à l'avenir (cf. arrêt du TAF 

F 6546/2017 du 10 août 2018 consid. 4.2 et les réf. cit.). 

Une interdiction d'entrée peut notamment être prononcée lorsque l'étran-

ger a violé les prescriptions du droit des étrangers (cf. Message LEtr, FF 

2002 3469, 3568). Selon la jurisprudence constante du Tribunal de céans, 

le fait d'entrer, de séjourner ou de travailler en Suisse sans autorisation 

représente une violation grave des prescriptions de police des étrangers 

(cf. notamment à ce sujet ATAF 2017 VII/2 consid. 6.2, et la jurisprudence 

citée; Message LEtr du 8 mars 2002, p. 3568 ad art. 66 du projet).  

5.4 L'autorité compétente examine selon sa libre appréciation si une inter-

diction d'entrée doit être prononcée. Elle doit donc procéder à une pondé-

ration méticuleuse de l'ensemble des intérêts en présence et respecter le 

principe de la proportionnalité (cf. ATF 139 II 121 consid. 6.5.1 ; 

ATAF 2017 VII/2 consid. 4.5 et la réf. cit.). 

6. 

Dans un premier temps, il s’agit d’examiner si le prononcé d’une interdic-

tion d’entrée est justifié dans son principe. 

6.1 Il ressort des propres déclarations du recourant lors de son interpella-

tion du 9 septembre 2017 par la Police cantonale vaudoise que celui-ci 

séjournait alors depuis près d’une année et demi illégalement en Suisse et 

qu’il y avait par ailleurs exercé diverses activités lucratives sans aucune 

autorisation. 

Ces faits sont clairement établis et ont au surplus été sanctionnés sur le 

plan pénal (cf. l’ordonnance de condamnation du Ministère public de l’ar-

rondissement de la Côte du 25 septembre 2017). Il ressort en outre des 

déclarations de l’intéressé que celui-ci était parfaitement conscient des in-

fractions aux prescriptions légales dont il se rendait ainsi coupable. 

F-1337/2019 

Page 8 

Dans son mémoire de recours, A._______ n’a nullement contesté les faits 

ayant fondé le prononcé d’une interdiction d'entrée à son endroit, mais s’est 

borné à en minimiser la gravité, en se prévalant notamment de motifs 

d’ordre économique qui l’avaient, selon lui, poussé à venir en Suisse pour 

y améliorer sa situation financière et celle de sa famille.  

6.2 Il ressort à cet égard de la jurisprudence constante du Tribunal que le 

fait de séjourner et/ou de travailler en Suisse sans autorisation idoine - un 

comportement qui est réprimé par le droit pénal administratif et est passible 

d’une peine privative de liberté d’un an au plus (cf. art. 115 al. 1 let. a à c 

LEtr) - représente une violation grave des prescriptions du droit des étran-

gers susceptible de justifier le prononcé d’une interdiction d’entrée natio-

nale (cf. jurisprudence rappelée au consid. 5.3 ci-dessus).  

Aussi, force est d'admettre que l'interdiction d'entrée prononcée le 17 no-

vembre 2017 en application de l'art. 67 al. 2 let. a LEtr est parfaitement 

justifiée dans son principe. 

7. 

Il convient encore d'examiner si la mesure d'éloignement prise par l'autorité 

intimée satisfait aux principes de proportionnalité et de l'égalité de traite-

ment. 

7.1 Lorsque l'autorité administrative prononce une interdiction d'entrée, elle 

doit en effet respecter les principes susmentionnés et s'interdire tout arbi-

traire (cf. à ce sujet, à titre d'exemples, THIERRY TANQUEREL, Manuel de 

droit administratif, 2011, p. 187ss, p. 199ss et p. 204ss et MOOR ET AL., 

Droit administratif, vol. I, 2012, p. 808ss, p. 838ss et p. 891ss). Pour satis-

faire au principe de la proportionnalité, il faut que la mesure d'éloignement 

prononcée soit apte à produire les résultats escomptés (règle de l'aptitude), 

que ceux-ci ne puissent être atteints par une mesure moins incisive (règle 

de la nécessité) et qu'il existe un rapport raisonnable entre le but d'intérêt 

public recherché par cette mesure et les intérêts privés en cause, en parti-

culier la restriction à la liberté personnelle qui en résulte pour la personne 

concernée (principe de la proportionnalité au sens étroit ; cf. notamment 

l’arrêt du Tribunal administratif fédéral F-5267/2015 consid. 6.1 et la juris-

prudence citée). 

7.2 En l'espèce, le Tribunal observe que les motifs retenus à l'appui de la 

mesure d'éloignement prise à l'endroit de l’intéressé ne sauraient être con-

testés et ne sont nullement remis en cause dans le recours. 

F-1337/2019 

Page 9 

Il apparaît en outre que les infractions dont l'intéressé s'est rendu coupable 

(séjour et travail sans autorisation) ne se résument pas à un acte isolé, 

mais ont été commises sur une longue période (soit près d’une année et 

demi), un comportement - à lui seul - susceptible de justifier le prononcé 

d’une mesure d’éloignement d’une durée de trois ans, selon la jurispru-

dence applicable. 

De plus, en poursuivant son séjour illégal en Suisse après sa condamna-

tion pénale du 25 septembre 2017, puis le prononcé d’une interdiction d’en-

trée, le recourant a clairement démontré qu’il n’avait aucunement la volonté 

de se conformer à l’ordre juridique suisse.  

Aussi, compte tenu de l'ensemble des éléments objectifs et subjectifs de la 

cause, le Tribunal est amené à conclure que la mesure d'éloignement pro-

noncée par le SEM le 17 novembre 2017 est nécessaire et adéquate afin 

de prévenir toute nouvelle atteinte à la sécurité et à l'ordre publics en 

Suisse. En outre, la durée de la mesure respecte le principe de proportion-

nalité et correspond à celle prononcée dans des cas analogues (cf. à cet 

égard par exemple l’arrêt du Tribunal du 21 mai 2019 dans la cause F-

6416/2018 et la jurisprudence citée). 

7.3 Le Tribunal constate enfin qu'il n'existe pas de raisons humanitaires ou 

d'autres motifs importants justifiant l'abstention ou la suspension de la me-

sure d'éloignement au sens de de l'art. 67 al. 5 LEtr.  

Il convient de relever au surplus que l’argumentation développée par le 

recourant au sujet de la prétendue inexigibilité de son renvoi au Venezuela 

n’est d’aucune pertinence pour la présente cause, dont l’objet est limité au 

seul examen du bien-fondé de la décision d’interdiction d’entrée du 17 no-

vembre 2017. 

8.  

Dans le cas d’espèce, un signalement au SIS est par ailleurs justifié par 

les faits retenus et satisfait au principe de proportionnalité (cf. art. 24 al. 2 

du règlement [CE] n° 1987/2006 du Parlement européen et du Conseil du 

20 décembre 2006 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du 

système d'information Schengen de deuxième génération [JO L 381 du 28 

décembre 2006 pp. 4 à 23]). Le recourant n’a par ailleurs, ni allégué, ni 

établi, dans le cadre de la présente procédure, qu’il aurait obtenu un titre 

de séjour dans un pays de l’Espace Schengen. 

F-1337/2019 

Page 10 

9. 

Eu égard aux considérants qui précèdent, le Tribunal est amené à conclure 

que la décision querellée est conforme au droit (cf. art. 49 PA). 

Le recours est en conséquence rejeté. 

Vu de l'issue de la cause, les frais de procédure sont mis à la charge du 

recourant (cf. art. 63 al. 1 PA en relation avec les art. 1 à 3 du règlement 

du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le 

Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]). 

 

dispositif page suivante 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

F-1337/2019 

Page 11 

 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Les frais de procédure, s’élevant à 800.- frs, sont mis à la charge du recou-

rant. Ils sont compensés par l’avance versée le 27 avril 2019. 

3. 

Le présent arrêt est adressé : 

– au recourant (recommandé) 

– à l'autorité inférieure, dossier réf. 20140746 en retour 

 

 

La présidente du collège : Le greffier : 

  

Jenny de Coulon Scuntaro Georges Fugner 

 

Expédition :