# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 819d7543-e910-51cd-929d-68be874b1727
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites Faillite / 2018 / 14
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_Faillite---2018---14_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

FF17.050214-180426

96 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
11 juin 2018

__________________

Composition
:              Mme              
BYRDE, présidente

             
              MM.              
Hack et Maillard, juges

Greffière
:              Mme              
Boryszewski              

 

 

*****

 

 

Art.
148 CPC et 174 al. 1 LP 

 

 

             
La Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal, statuant à huis clos en sa qualité
d'autorité de recours en matière sommaire de poursuites et de faillite, s'occupe du recours
exercé par
W.________, à ...]Lausanne, contre le prononcé
rendu le 8 mars 2018 par la Présidente du Tribunal d’arrondissement de Lausanne, rejetant
la requête de restitution de délai déposée le 8 janvier 2018 dans la mesure de sa
recevabilité, révoquant
l’effet suspensif accordé le 11 janvier 2018, et déclarant que la faillite prononcée
le 14 décembre 2017 prenait effet le 8 mars 2018 à 8h30.

 

             
Vu les pièces au dossier, la cour considère :

 

 

 

             
En fait :

 

1.
              Le 21 novembre 2017, la
fondation S.________, au bénéfice d’une commination de faillite exécutoire délivrée
par l’Office des poursuites du district de Lausanne dans le cadre de la poursuite n° [...],
a déposé une requête de faillite de la société W.________.

 

             
Par jugement du 14 décembre 2017, le Président du Tribunal d’arrondissement de Lausanne,
en sa qualité d’autorité de première instance en matière sommaire de poursuites
pour dettes et de faillite, a déclaré la faillite de W.________ par défaut des parties.

 

 

2.             
Le 8 janvier 2018, W.________ a déposé au greffe de ce tribunal une demande de restitution
de délai et d’effet suspensif. Elle a expliqué ne pas s’être présentée
à l’audience de faillite le 14 décembre 2017 du fait elle n’avait pas pu retirer
la citation à comparaître à ladite audience dans le délai de garde, ce en raison
d’une surcharge prolongée de travail ayant engendré un retard dans la lecture de son
courrier. 

 

             
Par décision du 11 janvier 2018, la Présidente du Tribunal d’arrondissement de Lausanne
(ci-après : la présidente) a prononcé l’effet suspensif, en ce sens que les
effets de la procédure de faillite ont été suspendus jusqu’à droit connu sur
la demande de restitution de délai. 

 

             
Lors de l’audience du 22 février 2018, W.________ ne s’est pas présentée bien
que régulièrement citée. 

 

 

3.             
Par prononcé du 8 mars 2018, la présidente a rejeté la requête de restitution de
délai déposée le 8 janvier 2018 dans la mesure de sa recevabilité (I), a révoqué
l’effet suspensif accordé le 11 janvier 2018 (II), a dit que le prononcé de faillite
rendu le 14 décembre 2017 contre W.________ prenait effet le 8 mars 2018 à 8h30 (III),
a mis les frais de l’audience par 200 fr. et ceux de l’audience de restitution de délai
par 200 fr. à la charge de la faillie (IV) et a déclaré la décision définitive
sur la question de la restitution de délai nonobstant recours (V). 

 

             
Le premier juge a en substance retenu que les explications de W.________ quant à sa surcharge prolongée
de travail n’étaient pas suffisantes pour justifier l’absence de faute légère
et que, dès lors que l’une des conditions de l’art. 148 CPC (Code de procédure
civile ; RS 272) n’était pas réalisée, il y avait lieu de rejeter la requête
de restitution de délai.

 

 

4.             
Par acte du 19 mars 2018, W.________ a formé recours contre le prononcé du 8 mars 2018 en concluant,
en substance, à ce que sa requête de restitution de délai soit admise et à ce que
le prononcé de faillite rendu le 8 mars 2018 soit annulé. Elle a également produit un
onglet de dix pièces sous bordereau. 

 

             
Le 21 mars 2018, la Présidente de la cour de céans a admis l’effet suspensif et a ordonné
des mesures conservatoires. 

 

             
Le 6 avril 2018, la recourante a déposé de nouvelles pièces. 

 

 

               
En droit :

 

I.
              a)
Il y a tout d’abord lieu d’examiner la recevabilité du recours déposé par
la faillie le 19 mars 2018. 

 

             
aa)
En vertu de l’art. 174 al. 1 LP (loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite ;
RS 281.1), la décision du juge de la faillite peut, dans les dix jours, faire l’objet d’un
recours au sens du CPC. L’autorité de recours peut annuler l’ouverture de la faillite
lorsque le débiteur rend vraisemblable sa solvabilité et qu’il établit par titre
que la dette, intérêts et frais compris, a été payée, ou que la totalité
du montant à rembourser a été déposée auprès de l’autorité judiciaire
supérieure à l’intention du créancier, ou encore que ce dernier a retiré sa
réquisition de faillite (art. 174 al. 1 LP).

 

             
bb)
En tant qu'il vise le prononcé de la faillite, le recours est en réalité dirigé contre
le jugement du 14 décembre 2017. Il est par conséquent largement tardif et donc irrecevable.
Il n’y a en effet pas de recours contre une décision confirmant une faillite (CPF 5 mars 2018/26 ;
CPF 1er juillet
2016/206 ; CPF 10 février 2016/35). Le prononcé du 8 mars 2018 ne constitue pas un nouveau
jugement de faillite contre lequel la voie du recours de l’art. 174 al. 1 LP serait ouverte.
La faillite prononcée 14 décembre 2017 n’a à aucun moment été annulée :
ce sont seulement ses effets, suspendus par la décision prononçant l’effet suspensif,
qui sont entrés en vigueur le 8 mars 2018 (CPF 5 mars 2018/26).

 

              b) aa) Selon
l’art. 149 CPC, le tribunal statue définitivement sur la restitution. Cela exclut en principe
tout recours contre sa décision (cf. Tappy, in Bohnet et al., Code de procédure civile commenté,
n. 12 ad art. 149 CPC). Il est vrai que l’octroi d’une restitution n’est jamais
une décision finale en tant que, précisément, elle permet l’accomplissement d’un
acte de procédure par la partie défaillante, dans le délai restitué, ou la tenue
d’une nouvelle audience ; la décision d’octroi de restitution pourra donc être
attaquée avec la décision finale intervenant plus tard. Le refus de la restitution est en revanche
une décision finale lorsque le tribunal de première instance a déjà clos la procédure
et que la requête de la partie défaillante tend à la faire rouvrir ; le refus de
la restitution entraîne alors la perte définitive de l'action ou du moyen de l'action. En pareil
cas, l’exclusion de toute voie de recours n’est pas opposable à la partie requérante
(ATF 139 III 478 consid. 6.3 ; cf. aussi TF 4A_350/2017 du 12 juillet 2017 consid. 3.2.1 ;
TF 5A_964/2014 du 2 avril 2015 consid. 2.3). En d’autres termes, la voie du recours est ouverte
contre la décision déclarant irrecevable ou rejetant la requête de restitution de délai
en vue d’obtenir la tenue d’une nouvelle audience de faillite (CPF 5 mars 2018/26).

 

             
bb) En l’espèce, la requête de
restitution de délai tendait à obtenir la tenue d’une nouvelle audience de faillite.
Le refus de cette restitution ne peut pas être attaqué plus tard et constitue donc une décision
finale. Au vu de ce qui précède, le recours est recevable en tant qu’il est dirigé
contre ce refus. 

 

             
cc)
Les pièces nouvelles produites avec le recours (soit les pièces nos 3 et 9), ainsi que
les  pièces produites le 6 avril 2018, soit après le délai de recours, sont irrecevables
(art. 326 CPC). 

 

 

II.
              La
recourante soutient que son absence à l’audience du 22 février 2018 fixée dans le
cadre de la procédure de restitution de délai serait excusable. Elle explique que, s’étant
acquittée du montant de 1'380 fr. 50 relatif à la poursuite 
n
[...] à l’origine de la faillite, elle pensait de bonne foi que la cause était définitivement
réglée. 

 

             
a)
Selon l'art. 148 CPC, le tribunal peut accorder un délai supplémentaire ou citer les parties
à une nouvelle audience lorsque la partie défaillante en fait la requête et rend vraisemblable
que le défaut ne lui est pas imputable ou n'est imputable qu'à une faute légère (al.
1). La requête est présentée dans les dix jours qui suivent celui où la cause du
défaut a disparu (al. 2). Si une décision a été communiquée, la restitution
ne peut être requise que dans les six mois qui suivent l'entrée en force de la décision
(al. 3). 

 

             
Le défaut doit découler d’une absence de faute ou d’une faute légère ;
l’art. 148 al. 1 CPC est ainsi moins sévère que les art. 50 al. 1 LTF (loi du 17 juin
2005 sur le Tribunal fédéral ; RS 173.110), 33 al. 4 LP et 94 al. 1 CPP (Code de procédure
pénale suisse ; RS 312.0) qui subordonnent la restitution à l’absence de toute
faute (TF 5A_414/2016 du 5 juillet 2016 consid. 4.1 et la réf. cit.). La faute légère
vise tout comportement ou manquement qui, sans être acceptable ou excusable, n’est pas particulièrement
répréhensible, tandis que la faute grave suppose la violation de règles de prudence vraiment
élémentaires qui s’imposent à toute personne raisonnable (TF 5A_414/2016 précité ;
TF 5A_927/2015 du 22 décembre 2015 consid. 5.1 et les réf. cit.) La partie qui se prévaut
d’une faute légère doit établir le motif invoqué et accompagne sa demande de
restitution de tous les moyens de preuve disponibles (arrêts précités). 

 

             
b)
En l’espèce, les griefs de la recourante relatifs à son absence à l’audience
du 22 février 2018 sont sans pertinence. Seuls comptent en effet les raisons pour lesquelles la
recourante ne s’est pas présentée à l’audience de faillite du 14 décembre
2017. A cet égard, le premier juge a considéré que le motif invoqué à l’appui
de la demande de restitution du 22 décembre 2017, soit un retard dans la lecture du courrier à
la suite d’une surcharge prolongée de travail, n’était pas imputable à une
faute légère. Ce raisonnement ne prête par le flanc à la critique et ne peut qu’être
confirmé. Au surplus, il convient de relever que dans sa demande, il n’invoque pas réellement
« une surcharge prolongée de travail », mais seulement que « ces derniers
mois ont été surprenants en terme de travail », d’une part, et qu’il
n’établit pas le lien entre ce fait et son «  retard de lecture de courrier »,
d’autre part. Il est donc même douteux que la demande de restitution soit motivée ;
à supposer que le motif réside dans une surcharge, celle-ci n’est pas rendue vraisemblable,
aucun moyen de preuve n’ayant été produit à cet égard. 

 

 

III.
              Au
vu de ce qui précède, le recours, manifestement infondé (art. 322 al. 1 CPC), doit
être rejeté et le prononcé entrepris confirmé.

 

             
Vu l’effet suspensif accordé au recours, la faillite prend effet au jour du présent arrêt.

 

             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à  300 fr., doivent être
mis à la charge de la recourante qui succombe (art. 106 CPC).

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites et de faillite,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable.

 

             
II.             
Le prononcé est confirmé.

 

             
III.             
La faillite de W.________ prend effet le 11 juin 2018, à 16 heures 15.

 

             
IV.             
Les frais judiciaires de deuxième instance,
arrêtés à 300 fr. (trois cents francs), sont mis à la charge de la recourante.

 

La
présidente :               La greffière
:

 

 

Du
11 juin 2018

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

-
              M. Jacques Lauber, agent
d’affaires breveté, pour W.________, 

-
              Fondation S.________,

-             
M. le Préposé à l'Office des poursuites du district de Lausanne,

-             
M. le Préposé à l'Office des faillites de l'arrondissement de Lausanne.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110). Ce recours doit être déposé devant le Tribunal fédéral dans les
trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

-             
Mme la Conservatrice du Registre foncier, Office des districts de Lausanne et de l’Ouest lausannois,

-             
M. le Préposé au Registre du Commerce du canton de Vaud,

 

             
                           
et communiqué à : 

 

‑             
Mme la Présidente du Tribunal d'arrondissement de Lausanne.

 

             
La greffière :