# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 4636df8b-2fc2-50ad-97a4-7b083ce5ce4f
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-09-27
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 27.09.2021 P/2358/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-2358-2018_2021-09-27.pdf

## Full Text

Siégeant :  Monsieur Gregory ORCI, président ; Madame Alessandra CAMBI 
FAVRE-BULLE et Monsieur Vincent FOURNIER, juges ; Madame 
Sophie SCHNEITER, greffière-juriste délibérante.  

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/2358/2018 AARP/313/2021 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 27 septembre 2021 

 

Entre 

A______, domicilié ______, comparant par Me B______, avocate,  

appelant, 

intimé sur appels joints, 

 

contre le jugement JTCO/153/2020 rendu le 13 novembre 2020 par le Tribunal correctionnel, 

et 

C______, partie plaignante, comparant par Me D______, avocate,  

intimée,  

E______, partie plaignante, comparant par Me F______, avocate,  

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 
case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimés, 

appelants joints.

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EN FAIT : 

A. a. En temps utile, A______ appelle du jugement du 13 novembre 2020, par lequel le 
Tribunal correctionnel (TCO) l'a acquitté de viol (art. 190 al. 1 du Code pénal suisse 

[CP]) et de contrainte sexuelle (art. 189 al. 1 CP) en ce qui concerne les chiffres 

1.1.2.1, 1.1.2.2 (volet C______) et 1.2 (volet E______) de l'acte d'accusation, mais 

l'a reconnu coupable de viol (art. 190 al. 1 CP) s'agissant des chiffres 1.1.1 (volet 

C______) et 1.2 (volet E______) dudit acte. Ce faisant, les premiers juges ont 

condamné le précité à une peine privative de liberté de quatre ans, sous déduction de 

223 jours à titre d'imputation des mesures de substitution, et ont ordonné son 

expulsion de Suisse pour une durée de cinq ans (art. 66a al. 1 let. h CP). Les mesures 

de substitution ordonnées le 7 juin 2018 par le Tribunal des mesures de contrainte 

(TMC) ont été maintenues.  

A______ a, en outre, été condamné à payer à C______ la somme de CHF 8'000.-, 

avec intérêts à 5% dès le 3 novembre 2014, à titre de réparation du tort moral (art. 49 

du Code des obligations suisse [CO]), ainsi que différents montants à titre de 

réparation du dommage matériel, pour un montant total de CHF 438.25 avec intérêts 

(art. 41 CO). Il a également été condamné à payer à E______ le montant de 

CHF 8'000.-, avec intérêts à 5% dès le 23 février 2017, à titre de réparation du tort 

moral (art. 49 CO). Les frais de la procédure ont été mis à sa charge.  

 b. A______ entreprend intégralement ce jugement, concluant à son acquittement. 

 A titre de réquisitions de preuve, il a notamment sollicité l'audition de G______.  

 c. Le Ministère public (MP) forme un appel joint, concluant à ce qu'un verdict de 
culpabilité du chef de contrainte sexuelle soit rendu à l'encontre de A______ 

s'agissant du chiffre 1.2 de l'acte d'accusation et à ce que ce dernier soit condamné à 

une peine privative de liberté de cinq ans, sous déduction d'une partie au titre 

d'imputation des mesures de substitution.  

 Il conclut au rejet de l'appel de A______ ainsi que de ses réquisitions de preuves.  

 d. E______ forme également un appel joint, concluant, avec suite de frais, à ce que 
A______ soit aussi reconnu coupable de contrainte sexuelle à son encontre, pour les 

faits décrits sous chiffre 1.2 de l'acte d'accusation, et à ce qu'il soit condamné à lui 

verser une indemnité pour ses frais d'avocat.  

e.a. Selon l'acte d'accusation du 25 juin 2020, les faits suivants sont encore reprochés 
à A______ vis-à-vis de C______, étant précisé que deux autres complexes de faits 

ont donné lieu à des acquittements non contestés en appel : 

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Dans la nuit du (n.d.l.r. dimanche au lundi) 2 au 3 novembre 2014, dans la chambre 

de C______ à la résidence H______ à Genève, il a tiré sur le pantalon de la jeune 

fille pour l'enlever, alors qu'elle se trouvait sur le lit et qu'elle lui avait dit qu'elle ne 

voulait pas qu'il la déshabille. Il s'est ensuite couché sur C______, l'a maintenue sur 

le lit en plaquant ses mains sur le matelas et lui a écarté de force les jambes. Il a alors 

tenté de la pénétrer vaginalement avec son pénis, tandis qu'il avait retiré son propre 

pantalon, qu'il avait écarté ou retiré la culotte de C______, qu'elle ne cessait de le 

supplier d'arrêter, en lui disant notamment "non" et "stop" à plusieurs reprises et de 

plus en plus fort, et qu'elle se débattait, le poussant avec ses mains au niveau du torse 

pour se dégager. Après que C______ soit parvenue à le repousser et à se dégager, 

qu'elle ait pleuré de manière hystérique et frappé A______, qui lui avait alors donné 

un mouchoir, celui-ci a poussé C______, qui avait pensé qu'il avait renoncé, sur le 

lit, s'est à nouveau couché sur elle et l'a alors pénétrée vaginalement avec son pénis, 

contre sa volonté. C______, tétanisée et "anesthésiée", n'ayant pu opposer aucune 

résistance, A______ a poursuivi l'acte sexuel jusqu'à éjaculation, tandis que la jeune 

fille gémissait de douleur. Ces faits se sont déroulés, alors que C______ avait dit à 

A______ qu’elle était de confession musulmane et croyante et qu'en application de 
ses croyances, elle était vierge et ne voulait pas avoir de relations sexuelles avant le 

mariage (ch. 1.1.1 de l'acte d'accusation).  

e.b. D'après le même acte d'accusation, les faits suivants lui sont en outre reprochés 
par rapport à E______ :  

Le 23 février 2017, chez lui, au I______ [GE], lors d'un rapport sexuel avec 

E______, A______ ne s'est pas arrêté de lui-même, alors qu'il était face à celle-ci et 

que le visage de la précitée était marqué par des grimaces de douleur, qu'elle était 

crispée et son corps était tendu en raison d'une pénétration très douloureuse à cause 

du vaginisme dont elle souffrait. Alors qu'elle lui avait dit qu'elle avait mal et lui 

avait demandé d'arrêter, il lui a répondu plusieurs fois "laisse-moi !". La douleur 

étant insupportable, E______ a dû repousser fortement avec ses mains A______, qui 

ne se retirait pas malgré ses demandes répétées, pour que l'acte sexuel cesse. Le 

précité s'est alors mis à genoux devant elle, lui a posé une main sur la tête et l'a 

dirigée vers son sexe pour qu'elle lui prodigue une fellation, alors qu'il savait ou 

devait savoir, compte tenu des circonstances, qu'elle ne consentait pas à cet acte 

d'ordre sexuel et que sa capacité de résistance était amoindrie. E______, qui était 

choquée par ce qui venait de se passer et qui n'avait plus le contrôle d'elle-même, 

s'est exécutée puis s'est arrêtée car elle se sentait mal, avant de s'écarter de A______ 

et de se mettre à l'écart dans le lit. Ce dernier s'est néanmoins rapproché d'elle pour 

que l'acte sexuel continue, a essayé de l'embrasser et de poser sa main sur son sexe, 

en vain, car la jeune fille retirait sa main ou tournait la tête. Il a agi de la sorte jusqu’à 
ce que E______ s'énerve et lui dise "Je ne vais pas bien ! Tu ne vois pas que je ne 

suis pas dans mon état normal ?" (ch. 1.2 de l'acte d'accusation). 

 

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B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure : 

 Faits en lien avec C______  

a.a. A______, né le ______ 1990, de nationalité égyptienne, et C______, née le 
______ 1992, de nationalité franco-égyptienne, alors âgés de 24 et 22 ans, se sont 

rencontrés en août 2014 à l'Université de Genève. Il se sont mis en couple peu après.  

Le début de leur relation a été marqué par plusieurs séparations de courte durée, 

notamment pour des motifs religieux, A______ étant chrétien copte et C______ 

musulmane. Ils ont dormi ensemble et se sont "frottés" l'un à l'autre, avant une 

première relation sexuelle, supposée contrainte, à l'automne 2014 dans la chambre de 

la jeune fille à la résidence H______. Le couple s'est fréquenté pendant plus de deux 

ans. Il paraissait amoureux et harmonieux.  

En novembre 2016, C______ a définitivement mis fin à sa relation avec A______, en 

cessant tout contact avec lui, et est retournée vivre auprès de ses parents à J______ 

[France], interrompant ses études de ______ à Genève.  

Quelque temps après, C______ et A______ se sont revus à une reprise à J______, 

leurs amis K______ et L______ ayant organisé une rencontre à l'insu de la jeune 

femme. A cette occasion, ils se sont parlé une trentaine de minutes, puis se sont 

quittés après s'être pris dans les bras.  

Le 11 avril 2018, C______ a déposé plainte pour viol concernant leur première 

relation sexuelle, indiquant qu'elle était vierge au moment des faits.  

a.b. Entre juillet 2016 et le 1er janvier 2017, A______ et C______ ont eu des 
échanges WhatsApp journaliers. Il en ressort en particulier que leur relation était 

cachée des parents de la jeune femme, mais qu'ils se voyaient fréquemment et se 

disaient qu'ils s'aimaient. Ils ont eu des échanges plus animés au sujet de la question 

du mariage et celle de la religion de leurs futurs enfants, importantes pour les parents 

de C______. Cette dernière promettait à A______ que dès qu'elle trouverait un 

emploi et serait plus indépendante, elle parlerait de leur relation à ses parents. Les 

messages suivants peuvent notamment être relevés :  

- le 20 novembre 2016, C______, alors à J______, écrit à A______ qu'elle vient de 
parler de leur couple à ses parents. Sa mère était tombée sur une photo d'eux sur 

internet, s'était énervée et l'avait traitée de "moins que rien". Pour ses parents, soit 

A______ devenait musulman, soit il ne se passait plus rien. Ils ne voulaient pas qu'ils 

se voient et elle devait revenir à J______. Elle était prête à solliciter une bourse pour 

rester à Genève sans leur aide. Son père voulait rencontrer A______. Elle comptait 

enlever toutes les affaires du jeune homme de sa chambre car sa mère pourrait les 

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jeter. Ses parents étaient d'avis que ce que A______ n'aurait pas fait en Egypte, il 

n'aurait pas dû le faire ici. Ils n'étaient pas convaincus que le jeune homme était 

honnête et qu'il aimait leur fille, sinon il se serait converti. Elle avait affirmé à ses 

parents qu'ils s'étaient embrassés mais rien de plus ;  

- le 21 novembre 2016, C______ écrit à A______ être rentrée à Genève, 

accompagnée de sa mère. Elle lui indique avoir déclaré à ses parents qu'ils avaient 

couché une seule fois ensemble un an auparavant, ne pouvant leur avouer qu'ils 

l'avaient fait "des millions de fois". Sa mère avait mis les affaires de A______ dans 

un sac qu'il devait venir prendre. Son père disait que s'il avait un honneur, il devait se 

convertir, tandis que sa mère ne voulait même pas d'un mariage parce qu'elle pensait 

qu'il aurait dû la laisser, sachant qu'elle était vierge. Ses parents lui avaient même 

demandé si elle avait été consentante et elle avait "dit que oui évidemment". Elle les 

avait déshonorés et pensait être "une merde" pour ses parents. A______ lui répond 

qu'il refuse de se convertir, d'être forte et de s'imposer. C______ lui demande de ne 

plus lui écrire, ses parents étant susceptibles de prendre son téléphone, et ne lui écrit 

elle-même plus après cette date ;  

- le 24 novembre 2016, A______ s'inquiète, étant depuis trois jours sans nouvelle de 

C______ ;  

- du 26 au 29 novembre 2016, puis le 16 janvier 2017, A______ écrit encore à 

C______, notamment qu'il l'aime, puis lui demande qu'ils s'organisent pour se passer 

leurs affaires.  

a.c. Des photos de C______ et de A______ prises entre les 21 septembre 2014 et 
29 octobre 2016 ont été versées à la procédure. Celles-ci font état des différentes 

activités du couple et de leur intimité. Il en ressort en particulier des photos intimes 

d'eux prises en date des 26 octobre et 6 novembre 2014.  

b.a. A la police, C______ a expliqué avoir indiqué à A______, dès leur rencontre, 
être de religion musulmane et ne pas vouloir entretenir de relations sexuelles avant le 

mariage. Etant lui-même égyptien, il était très au courant de ces coutumes. Après 

deux semaines de relation, il était toutefois devenu très agressif et menaçant à ce 

sujet. Il criait très fort, levant la main dans sa direction, lui disait qu'elle n'était pas 

normale et qu'à cause d'elle, il allait attraper des maladies. Elle l'avait quitté une 

première fois pour cette raison et parce qu'il était très irrespectueux vis-à-vis de sa 

pratique de la religion. Ils s'étaient toutefois remis ensemble une semaine plus tard, 

car il l'avait beaucoup suppliée.    

Ils avaient d'abord dormi ensemble sans faire l'amour. Elle ne se déshabillait jamais. 

Ils se caressaient mais, lorsqu'il allait trop loin, elle retirait sa main. Le soir de 

l'anniversaire de A______, en septembre 2014, ce dernier avait raconté à tout le 

monde qu'ils avaient "couché" ensemble, ce qui n'était pas vrai. Comme il était trop 

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pressant, elle lui avait demandé de ne plus dormir avec elle et, à sa grande surprise, il 

s'était montré compréhensif.  

A la fin du mois d'octobre ou de novembre 2014, alors qu'ils s'embrassaient en soirée 

et que tout se passait très bien, il l'avait d'un coup prise par la main et, d'un pas pressé 

et décidé, l'avait entraînée chez elle. Elle ne lui avait pas posé de question, ne s'étant 

méfiée de rien.  

Arrivés dans sa chambre, elle s'était mise sur le lit, la pièce étant toute petite. D'un 

coup, il lui avait tiré son pantalon et elle s'était retrouvée allongée sur le dos. Elle lui 

avait très clairement dit ne pas vouloir d'un rapport sexuel. Il lui avait tout de même 

enlevé complètement son pantalon et s'était mis sur elle. Elle ne se souvenait pas s'il 

avait enlevé sa culotte ou s'il l'avait simplement écartée. Il l'avait plaquée avec ses 

mains sur le lit pour la retenir, tout en lui écartant les jambes et en baissant son 

propre pantalon, sans se déshabiller entièrement. Il avait commencé à essayer de 

pénétrer son vagin. Elle l'avait supplié en boucle d'arrêter et l'avait repoussé avec ses 

mains contre son torse. Etant parvenue à se dégager, elle était devenue hystérique, le 

frappant sur le torse. Il s'était reculé, de sorte qu'elle s'était calmée et avait commencé 

à pleurer. Après lui avoir donné un mouchoir, il l'avait à nouveau repoussée sur le lit 

et pénétrée vaginalement avec son sexe. Elle n'avait alors plus rien dit, attendant que 

"ça passe". Ne portant pas de préservatif, il avait éjaculé en elle. Elle n'avait plus 

aucun souvenir du reste de la nuit. 

Le lendemain matin, sans autre échange avec A______, elle était allée chercher une 

pilule du lendemain, tandis qu'il était resté dans le lit occupé avec son téléphone. Elle 

ne réalisait pas vraiment la situation. Elle l'avait quitté le jour d'après ou le 

surlendemain, sans évoquer les faits précités comme motif de rupture mais leurs 

problèmes familiaux et religieux. Il l'avait suppliée de rester avec lui.   

 a voisine de c am re,  ______    une fille qu elle ne connaissait "pas plus que ça     
lui avait peu après demandé de venir dans sa chambre et lui avait dit "Je ne suis pas 

ta mère ou ta sœur, mais j'ai entendu qu'il s'est passé quelque chose". Elle lui avait 
donné ses coordonnées, en lui disant qu'elle était disponible si elle souhaitait en 

parler. Elle n'avait rien répondu à sa voisine et n'avait pas gardé ses coordonnées.  

C______ avait, par la suite, rapporté à ses amis, soit M______, K______ (recte : 

K______) et N______ avoir été "violée" par A______, leur en parlant "comme [de] 

quelque chose de banal, sans pleurer". Ils avaient été choqués, mais n'avaient pas 

réagi car elle s'était rapidement remise avec lui.  

A la suite des faits, elle avait coupé tout contact avec A______ pendant environ deux 

semaines. Elle était alors très angoissée à l'idée de le rencontrer à l'université. Elle 

avait toutefois décidé de se confronter à lui lors d'une fête dans sa résidence, à 

laquelle elle savait qu'il se rendrait. La veille, elle avait été tellement stressée qu'elle 

avait fait un malaise, de même que le jour de la fête, ce dont M______ et K______ 

pourraient se souvenir. Finalement, après avoir pris son courage à deux mains, elle 

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était parvenue à lui parler à l'écart. Alors qu'elle avait commencé à lui dire qu'elle 

n'avait pas été d'accord lorsqu'ils avaient couché ensemble, il s'était mis dans une 

colère noire, lui reprochant de l'accuser de viol, avant de changer d'attitude et de 

vouloir lui sauter dans les bras et l'embrasser. Elle n'avait pas voulu qu'il la touche et 

il l'avait laissée partir.  

Après cette confrontation, A______ l'avait suppliée de se remettre avec lui. Elle 

n'avait pas vraiment d'émotion par rapport à ce qui s'était passé, comme si c'était à 

une autre personne "[qu'il] avait fait ça". Comme elle venait d'un milieu où les filles 

non vierges étaient considérées comme déshonorées et qu'il lui avait affirmé qu'ils se 

marieraient, elle l'avait considéré comme "un sauveur". Cela la sortait d'une situation 

"inassurable" dans sa culture. Ils avaient ainsi fini par se remettre ensemble aux 

alentours du mois de décembre 2014. Cela étant, tous les jours, elle avait confié à 

M______ vouloir quitter A______, le craignant, mais ne sachant pas comment se 

sortir de la situation. Par la suite, elle l'avait encore quitté à deux ou trois reprises, 

mais, à chaque fois, il l'avait harcelée, allant jusqu'à rester toute la nuit en bas de 

chez elle, de sorte qu'ils se remettaient ensemble au bout d'une semaine.  

Elle n'était pas parvenue à le quitter, car il la manipulait. Il oscillait entre amour et 

tendresse, et agressivité et humiliation. Il se montrait très contrôlant et jaloux à son 

égard, se comportant toutefois bien en public. Tout au long des deux ans de leur 

relation, elle s'était sentie en "servitude" vis-à-vis de lui, vivant pour le satisfaire 

alors qu'il ne l'était jamais. Elle s'était convaincue qu'il était l'homme avec lequel elle 

allait faire sa vie. Elle n'aimait pas sa personnalité mais était amoureuse de lui. Elle 

avait joué le rôle de la femme heureuse. Elle avait appris par la suite qu'il l'avait 

trompée plusieurs fois. Il mentait beaucoup.   

A______ lui avait énormément mis la pression pour qu'elle parle de leur relation à 

ses parents. Elle leur en avait fait part lors des deux premières semaines, mais elle 

avait tu s'être ensuite remise avec lui. Après deux ans de cachotteries, en novembre 

2016, sa mère avait vu une photo d'eux sur internet. Elle avait alors tout avoué à ses 

parents de leur relation amoureuse, sous réserve de sa durée et du "viol". Ces derniers 

avaient été assez inquiets car A______ n'était pas musulman, ce qui était mal vu en 

Egypte. Ils avaient toutefois été d'accord de le rencontrer. Avant que cela ne se 

concrétise, elle avait avoué à sa mère, qui l'avait rapporté à son père, ne plus être 

vierge. Cela s'était alors mal passé avec ses parents. Elle avait écrit un message à 

A______ lui demandant de ne plus prendre contact avec elle le temps de régler la 

situation. Il lui avait envoyé quelques messages mais elle n'y avait pas répondu. Il 

disait l'aimer et vouloir rencontrer ses parents pour les rassurer.  

Ses amis, K______ et L______, avaient ensuite organisé une rencontre à son insu 

avec A______ à J______. Lors de celle-ci, il lui avait promis qu'il allait pratiquer les 

préceptes de l'islam. Elle lui avait répondu que ce n'était pas le problème mais qu'elle 

ne pouvait pas continuer avec un homme qui l'avait violée lors de leur premier 

rapport. Il avait contesté en lui disant "mais on n'a pas continué", comme s'ils 

n'avaient pas eu de rapport complet. Elle lui avait raconté que ses parents voulaient 

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déposer plainte pour "viol". II avait demandé "de ne pas lui faire de mal". Elle lui 

avait alors imposé une rupture définitive.  

En décembre 2016, elle avait commencé à voir une psychologue, O______, et décidé 

de quitter Genève, comprenant que le seul moyen de se détacher de A______ était de 

s'en éloigner géographiquement et de le bloquer sur tous les réseaux sociaux. Elle 

s'était alors désinscrite de [l'institut universitaire] P______ et avait annulé d'autres 

projets professionnels.  

Depuis septembre 2017, elle était en couple avec Q______, un ami de A______, et 

s'était confiée à lui. Lorsque le premier avait confronté le second, ce dernier lui avait 

rapporté que C______ avait pleuré trente secondes mais qu'après tout s'était bien 

déroulé et qu'elle avait même été "au-dessus de lui lors du rapport sexuel". 

A la même période, elle s'était rappelée de G______ et était parvenue à la contacter 

via Facebook. Celle-ci lui avait alors rapporté avoir entendu qu'elle avait eu une 

relation sexuelle violente et avoir eu des "doutes" sur l'éventualité d'un viol. Elle 

avait alors pensé à déposer plainte car quelqu'un pourrait appuyer ses dires.  

De plus, elle avait réussi à entrer en contact avec R______, S______ et T______, qui 

avaient eu une relation ou une aventure avec A______ et lui avaient confié que ce 

dernier leur avait fait peur.  

L'éloignement géographique lui avait par ailleurs permis de se rendre compte de la 

gravité des faits et de ses séquelles émotionnelles. Elle s'était notamment plusieurs 

fois automutilée et se faisait vomir. Son état avait aussi rendu ses relations avec 

Q______ difficiles.  

b.b.a. Devant le MP, C______ a confirmé ses premières déclarations.  

Elle a ajouté qu'entre août et octobre, voire novembre, 2014, A______ et elle se 

disputaient plusieurs fois par semaine, dans sa chambre d'étudiante, parce qu'elle ne 

voulait pas entretenir de relations sexuelles. Elle l'y avait fait venir parce qu'elle 

s'était sentie coupable de lui refuser des relations sexuelles et que le fait de dormir 

avec lui avait été un moyen de lui donner un peu de l'intimité qu'il demandait. Elle 

avait accepté d'avoir une intimité avec lui dans certaines limites, à savoir se frotter 

l'un à l'autre tout en gardant leurs habits et ne pas toucher leurs parties génitales.  

Le soir du 2 au 3 novembre 2014, à leur arrivée dans sa chambre, elle était contente 

et détendue, n'ayant pas pensé que A______ irait plus loin que d'habitude. 

Visiblement émue, elle a réitéré ses précédentes explications concernant les actes que 

celui-ci lui avait fait subir, sans qu'il n'y ait eu de préliminaires, ainsi que par rapport 

aux événements qui s'en étaient suivis, notamment son départ à la pharmacie, sa 

discussion avec sa voisine de chambre et la rupture consécutive avec A______. Lors 

des faits, elle avait été comme "anesthésiée" et avait fixé le plafond, n'ayant eu plus 

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aucune sensation. Elle ne savait pas exactement ce qu'il lui avait fait, ni le temps que 

cela avait duré, mais elle se souvenait qu'il avait dit en avoir "tellement rêvé". Le 

reste de la nuit restait pour elle comme "un trou noir" et ce sentiment d'être 

"anesthésiée" avait perduré. 

Elle s'était confiée à K______ et à M______ deux jours après les faits. Elle en avait 

également parlé à N______ quelques semaines plus tard. Elle avait alors minimisé 

les faits pour ne pas nuire à A______ et parce qu'elle ne ressentait pas de douleur.  

Confrontée à deux photographies dont A______ disait qu'elles avaient été prises le 6 

novembre 2014 et sur lesquelles on la voyait dénudée et souriante à ses côtés dans un 

lit, elle a relevé que les faits dataient de 2014 et qu'il était possible qu'elle l'ait en 

réalité quitté quelques jours après ceux-ci. Elle n'était pas certaine d'avoir entretenu à 

nouveau des relations sexuelles avec lui entre les faits litigieux et la rupture 

consécutive. 

Elle avait confié à sa mère avoir été forcée à une relation sexuelle environ une 

semaine après lui avoir révélé qu'elle n'était plus vierge. Elle n'avait toutefois pas 

quitté A______ parce que ses parents le lui avaient demandé, mais parce qu'elle 

pensait elle-même que leur relation n'était pas une bonne chose. Après leur rupture, 

elle avait parlé du viol à d'autres personnes, dont U______, Q______ et L______.  

Les messages WhatsApp échangés le 21 novembre 2016 l'avaient été après que ses 

parents avaient appris qu'elle n'était plus vierge, mais avant qu'ils ne sachent que 

c'était suite à un viol. A ce moment, sa volonté était de dissuader le prévenu de 

renouer avec elle.  

b.b.b. Par la suite, C______ a indiqué qu'il était possible qu'elle se soit à nouveau 
retrouvée nue dans un lit avec A______ entre le viol et la rupture consécutive. En 

effet, suite aux faits, elle avait abandonné tous ses principes et ses défenses. Elle 

avait surtout été terrassée par la perte de sa virginité, de sorte qu'elle avait occulté les 

événements. Par ailleurs, éprouvant des sentiments amoureux pour A______, elle 

n'avait pas ressenti de douleur physique ou psychologique. Elle avait eu une prise de 

conscience, à tout le moins partielle, des faits ultérieurement et avait ainsi dû quitter 

A______ quelques jours plus tard. La confrontation avec ce dernier lors d'une fête 

avait eu lieu environ dix jours après leur rupture.  

En lui promettant de l'épouser, A______ avait été susceptible de la "sauver" suite à la 

perte de sa virginité, surtout vis-à-vis d'elle-même, dès lors que sa famille l'aurait 

soutenue en sachant qu'elle avait été violée. Elle l'avait ainsi mis sur un piédestal, ce 

qui l'avait amenée à en oublier qu'il était le responsable de la situation. Dès lors 

qu'elle avait en outre perdu toute estime d'elle-même, le fait qu'il lui avait dit l'aimer 

lui redonnait de l'humanité. A______ étant omniprésent, elle avait eu le sentiment de 

lui appartenir et d'avoir besoin de son accord pour tout, raison pour laquelle elle 

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n'avait plus réussi à le quitter. De toute manière, il ne l'aurait pas accepté. Elle avait 

eu honte de s'être remise avec lui, notant quelque chose d'anormal dans son 

comportement. A la suite du viol, elle avait eu l'impression d'être entrée dans "un 

engrenage".  

Elle avait toujours mis en avant, souvent à l'excès, la problématique liée à leurs 

religions différentes, car elle ne voulait pas "sceller" leur relation et avouer à 

A______ qu'elle ne serait pas heureuse si elle passait sa vie avec lui.  

Elle a admis avoir eu beaucoup de marques d'amour envers A______, de sorte qu'il 

n'avait pas pu se rendre compte de la dualité qui l'habitait. Il avait lui-même 

manifesté énormément de marques d'amour envers elle, lesquelles avaient diminué 

avec le temps, de sorte qu'elle avait essayé de faire toujours plus pour les retrouver.   

b.b.c. C______ a ultérieurement encore déclaré que, lorsqu'elle était rentrée pour un 
week-end à J______ en novembre 2016, elle n'avait pas eu l'intention de rompre, 

étant "au sommet de son amour pour lui" et s'apprêtant à parler de leur relation à ses 

parents, avant que ceux-ci ne voient une photo d'eux sur internet. A l'heure de son 

retour le dimanche à Genève, sa mère avait exprimé le souhait de l'accompagner. Elle 

lui avait alors dit qu'elle trouverait les affaires de A______ dans sa chambre 

d'étudiante. Ses parents ayant compris qu'ils avaient eu des relations sexuelles, elle 

leur avait affirmé n'en avoir eu qu'une seule. Ils avaient été furieux parce que, sur le 

plan religieux, cela était important et ils se sentaient blessés qu'elle le leur ait caché. 

Pendant deux ou trois jours, la situation avait été assez difficile avec ses parents. Elle 

avait alors pensé que sa relation avec A______ serait impossible. Contre toute 

attente, son père avait voulu le rencontrer, étant d'avis que s'ils s'aimaient, il fallait 

voir comment les choses pouvaient s'arranger. Elle avait toutefois eu le sentiment 

d'être un "déshonneur" pour sa famille et de l'avoir trahie. Aussi, elle avait indiqué à 

A______ que ses parents étaient extrêmement fâchés. Quelques jours plus tard, elle 

avait déclaré à ses parents ne pas vouloir qu'ils rencontrent A______ car il l'avait 

violée. Ceux-ci avaient été déroutés.  

Elle avait changé d'état d'esprit par rapport à sa relation avec A______ en voyant 

arriver le moment où ses parents allaient le rencontrer. Elle ne pouvait pas admettre 

que son père lui serre la main après ce qu'il lui avait fait, ce qui aurait représenté une 

trahison supplémentaire de sa part à l'endroit de ses parents. L'imminence de leur 

rencontre avait représenté la collision de deux réalités qui ne s'étaient jusque-là 

jamais rencontrées. Cela avait été le moment ou jamais de prendre la décision d'en 

finir avec cette relation.  

Elle n'avait pas annoncé à A______ qu'elle le quittait, mais avait simplement coupé 

tout contact avec lui. Lorsqu'elle l'avait revu à J______ trois semaines plus tard, entre 

novembre et décembre 2016, elle lui avait dit "tu sais bien que je n'étais pas d'accord 

la première fois", puis, alors qu'il avait tenté de la persuader qu'ils n'étaient pas allés 

jusqu'au bout, elle lui avait répondu "sérieusement ?" et il n'avait plus rien dit. Elle a 

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répété que lorsqu'elle lui avait dit que ses parents étaient au courant, il lui avait 

demandé de ne pas porter plainte et l'avait prise dans les bras.  

Elle avait attendu avril 2018 pour déposer plainte pénale parce que la rupture avait 

été brutale, qu'elle était restée sous l'emprise de A______ pendant plusieurs mois et 

qu'elle avait ressenti de la culpabilité, ne s'expliquant pas être restée deux ans avec 

lui et lui avoir fait des promesses. Elle n'avait jamais pu lui dire durant leur relation 

qu'il lui avait fait subir une relation sexuelle non consentie, car lorsqu'elle avait 

commencé à le confronter, il s'était tout de suite énervé.  

Elle avait pris contact avec différentes filles ayant côtoyé A______, parce qu'elle 

avait eu besoin de comprendre si le problème venait éventuellement d'elle et parce 

qu'elle avait eu écho de ce que certaines d'entre elles avaient pu vivre des choses 

similaires avec lui. Elle ne cherchait pas à se venger, mais elle avait réalisé que ce 

dernier pouvait nuire et que cela devait se savoir. Il n'était pas facile pour elle de 

reparler de tout ce qu'elle avait vécu dans le cadre de la procédure. En outre, 

certaines personnes la regardaient avec animosité en raison de celle-ci.  

b.c. C______ a versé à la procédure :  

- un échange de conversations Facebook entre le 1er septembre et le 1er novembre 
2017 avec G______. C______ demande à son ancienne voisine de chambre du foyer 

H______ si elle se souvient d'elle et du fait de l'avoir fait venir dans sa chambre 

parce qu'elle l'avait entendue pleurer durant une nuit. G______ le lui confirme et lui 

indique, en substance, tout en réservant des imprécisions en raison du temps écoulé, 

que les murs du foyer étant assez fins, une nuit, alors qu'elle essayait de dormir, elle 

avait été réveillée par des sons en provenance de sa chambre, comme si C______ 

avait du sexe avec un homme. Selon ses souvenirs, il s'agissait du même homme que 

celui qui avait déjà dormi à plusieurs reprises dans sa chambre. Après un moment, 

elle avait commencé à penser qu'il la forçait "peut-être" à faire des choses qu'elle ne 

voulait pas. Cela faisait du bruit comme s'ils entretenaient une relation sexuelle 

violente, le lit bougeait notamment beaucoup. Elle entendait des sons de douleurs et 

des pleurs de la part de sa voisine. Elle "pensait" que l'homme était ensuite sorti de la 

chambre pour prendre un appel, avant d'y revenir, mais il se pouvait qu'elle 

"confonde" cet élément avec une autre nuit. Elle avait été inquiète et avait voulu que 

cette dernière sache qu'elle était présente si elle souhaitait se confier, raison pour 

laquelle elle lui avait donné ses coordonnées. Par la suite, elle en avait parlé à son 

petit ami et à son meilleur ami. C______ lui indique que ses souvenirs la soulagent, 

ayant été elle-même jusqu'ici dans le déni, bien qu'elle n'entendait pas porter plainte. 

G______ lui déclare ensuite avoir espéré s'être trompée au sujet des bruits entendus 

et être désolée pour C______. Le 1er novembre 2017, cette dernière demande à son 

ancienne voisine si elle peut montrer leur échange à son conseil, ayant décidé 

entretemps de porter plainte ;  

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- un échange Facebook, non daté, avec S______, qu'elle ne connaît pas. C______ 

indique à son interlocutrice envisager de porter plainte contre A______, sans lui en 

indiquer les motifs et souhaiter savoir quelle avait été sa perception de celui-ci 

pendant qu'ils étaient ensemble. S______ lui relate alors s'être rapidement aperçue de 

la personnalité un peu agressive et possessive de A______, de sorte qu'elle s'était 

rapidement éloignée de lui. Elle se rappelait avoir affirmé à des amis que cela avait 

été la première fois qu'elle sortait avec un garçon, dont elle avait pensé qu'il aurait pu 

la tuer. Sa colocataire, T______, avait également rencontré un problème avec 

A______ ;  

- un échange Facebook avec R______, non daté, dont il ressort que les jeunes 

femmes ne se connaissent pas. C______ interroge également son interlocutrice sur sa 

perception de A______, sans lui détailler les motifs de sa future plainte. R______ lui 

indique ne pas avoir fait l'objet d'une agression de A______, mais qu'il avait fait une 

fois un geste comme s'il allait lui donner une gifle. En revanche, il avait déballé des 

choses intimes de leur relation à des proches, ce qui l'avait gênée. Elle y avait très 

vite mis un terme.  

c.a. Devant le MP, A______ a indiqué que C______ avait été "pratiquement l'amour 
de [s]a vie". Elle n'était pas fâchée contre lui, leur relation ayant pris fin à cause de 

ses parents, qui, après en avoir eu connaissance, étaient venus la chercher à Genève 

pour l'emmener à J______. C______ leur avait avoué avoir eu un rapport sexuel 

consenti avec lui. Il avait su qu'elle était musulmane avant de sortir avec elle mais, à 

son sens, elle n'était pas pratiquante, contrairement à ses parents.  

Au début de leur relation, ils n'avaient pas entretenu de relations sexuelles, car ils 

voulaient être sûrs que leur relation de couple durerait et prendre leur temps pour 

braver cet "interdit" aux yeux des parents de la jeune femme. Néanmoins, ayant tous 

deux ressenti une forte envie d'en avoir, ils avaient dormi ensemble et s'étaient 

"frottés". Les parents de C______ étaient d'avis que leur relation ne poserait pas de 

problème pour autant que A______ se convertisse, ce qui n'était pas possible pour 

lui. Ils s'étaient ainsi quittés deux fois, mais leur amour ayant été plus fort, ils avaient 

décidé de poursuivre leur relation en la cachant aux parents de la jeune femme. La 

question de la virginité avant le mariage n'avait pas été un sujet de discorde entre 

eux, le seul sujet de discussion ayant été la religion de leurs enfants, mais cela "en 

toute tranquillité". Il savait que, dans la religion musulmane en Egypte, on ne 

pratiquait pas le sexe avant le mariage. En revanche, en Europe, cela était fréquent et 

ne posait pas de problème si les deux personnes étaient consentantes.  

Il ne s'était pas montré insistant pour avoir des relations sexuelles avec C______ et 

ils avaient "spontanément" fait l'amour pour la première fois fin octobre ou début 

novembre 2014 chez la jeune femme. Comme il avait vu sur son visage que la 

pénétration était douloureuse pour elle, ils avaient arrêté et réessayé plusieurs jours 

après. Il avait mis un préservatif. Elle ne s'était jamais déshabillée devant lui avant ce 

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premier rapport. Après celui-ci, ils s'étaient pris dans les bras, avaient discuté de 

toute autre chose puis s'étaient endormis. Ils étaient très amoureux. Il n'y avait pas eu 

de dispute, ni de pleurs, y compris pendant la pénétration. C______ ne l'avait pas 

quitté le lendemain ou le surlendemain. Ils avaient eu deux ruptures, mais 

antérieurement à ce premier rapport sexuel.  

Les jours suivants avaient été normaux mais, par la suite, C______ avait commencé à 

avoir des remords vis-à-vis de ses parents, ce qui avait peut-être fait l'objet d'un 

"débriefing" lors de la fête qui avait eu lieu deux semaines plus tard dans sa 

résidence.  

Il ne comprenait pas les accusations de C______, qu'il n'expliquait que par 

l'influence de ses parents. Depuis que ceux-ci étaient venus la chercher, son 

comportement avait complètement changé. Il ne comprenait pas non plus les 

déclarations de G______, qu'il ne connaissait pas. Il savait cependant que C______ 

avait pris contact avec des tiers pour les inciter à témoigner contre lui.  

Leur couple avait été fusionnel, ils vivaient presque ensemble. Elle connaissait toute 

sa famille. Elle savait qu'il n'allait pas se convertir. Il avait été dévasté suite à leur 

rupture.  

S______, avec qui il était sorti pendant trois mois, et R______, qui avait été sa 

première copine en Suisse, n'avaient pas non plus de raison de lui en vouloir. Il en 

allait de même de T______, qu'il avait rencontré à une reprise lors d'une fête. Ils 

avaient flirté, puis elle l'avait invité dans sa chambre pour des préliminaires. Comme 

ils avaient beaucoup bu, il lui avait dit qu'il voulait en rester là et était allé prendre 

une douche. A son retour, il avait constaté qu'elle avait vomi, souillant ses habits, et 

qu'elle était étendue sur le sol.   

c.b. Par la suite, A______ a maintenu qu'il n'y avait pas eu de rupture entre lui et 
C______ après leur première relation sexuelle et qu'elle ne lui avait jamais rapporté 

ne pas avoir été consentante. En fait, il avait eu une confrontation avec elle durant 

une fête ayant eu lieu avant leur premier rapport sexuel et cela à propos du fait qu'il 

l'avait trompée.  

Lors de leur rencontre à J______ en novembre 2016, C______ lui avait déclaré, en 

pleurs, qu'ils ne pouvaient plus continuer ensemble, car son père voulait lui faire du 

mal et avait même demandé l'adresse de sa famille en Egypte. Egalement ému, il lui 

avait demandé s'ils auraient pu continuer leur relation si ses parents n'avaient pas été 

là et elle lui avait répondu par l'affirmative. Il avait dès lors gardé l'espoir qu'ils se 

remettent ensemble.  

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c.c. Il a ultérieurement contesté avoir été confronté par Q______ au sujet du viol de 
novembre 2014 et lui avoir confié qu'il avait commis des erreurs avec C______. 

Lorsque celui-ci lui avait annoncé être en couple avec elle, il lui avait uniquement dit 

"C______ a une autre version de la relation". Etant lui-même en colère, il avait 

uniquement dû lui répondre "je m'en fous que tu sois avec elle". A cette époque déjà, 

il avait entendu de tiers que C______ racontait partout qu'elle n'avait pas été 

consentante. 

Il n'avait aucun souvenir du fait que K______ lui aurait dit que, au début de sa 

relation avec C______, la jeune femme ne voulait pas entretenir de relations 

sexuelles avant le mariage. Il a affirmé ne pas avoir su l'importance pour C______ de 

la virginité avant le mariage. Elle avait d'ailleurs eu un copain avant lui et il n'y avait 

pas eu de sang lors de leur premier rapport. Ils n'avaient pas parlé de sexualité 

auparavant. Compte tenu de l'interdit exprimé par les parents de la jeune fille de 

sortir avec un non musulman, il s'était cependant dit qu'elle était peut-être vierge et 

avait laissé celle-ci dicter le rythme de la relation. Le soir des faits, il avait compris 

qu'elle était prête à entretenir une relation sexuelle, parce qu'elle s'était mise en petite 

tenue sur le lit. Ils avaient commencé par s'embrasser et se caresser, cela ayant été 

"crescendo" jusqu'à la pénétration. Elle n'avait jamais dit non. Il n'avait jamais 

évoqué cette première relation avec K______.  

Il avait eu besoin d'être aidé sur le plan psychiatrique pour aller de l'avant, ne 

pouvant pas parler de la procédure avec sa famille, qui était loin de Genève et qu'il ne 

voulait pas impacter. Depuis l'ouverture de celle-ci, il ne parvenait plus à lier des 

liens d'amitié ni de confiance avec des tiers. Il avait perdu confiance en lui. Son 

travail l'aidait à rythmer ses journées. 

c.d. A______ a produit une attestation établie le 15 juillet 2019 par la Dresse 
V______, psychiatre, selon laquelle il présentait un trouble de l'adaptation mixte 

avec des symptômes de la lignée anxio-dépressive. Devant le MP, celle-ci a déclaré 

suivre A______ depuis le 18 novembre 2018, en principe de manière hebdomadaire, 

et lui avoir prescrit des antidépresseurs. Le patient souffrait des accusations dirigées 

à son encontre et la procédure pénale lui avait causé un stress chronique. Il avait 

cherché à savoir quelle était sa responsabilité, mais il ne voyait pas ce qu'il avait pu 

faire de mal. Il ne comprenait pas comment les plaignantes pouvaient lui faire des 

reproches de cette envergure.   

c.e. A______ a également produit un courriel reçu du directeur du centre H______, 
selon lequel, en 2014, la fête d'accueil des nouveaux résidents avait eu lieu le 

16 octobre.  

 

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 d. Les témoignages suivants ont notamment été recueillis :  

d.a. Dans un courrier du 10 mai 2018, N______ a relaté qu'un soir, C______, très 
perturbée, lui avait expliqué qu'étant de confession musulmane, elle ne voulait pas de 

relations sexuelles avant de se marier, ce qu'elle n'avait pas respecté. A______ lui 

avait beaucoup "pressé la main", jusqu'au jour où il l'avait forcée à coucher avec lui 

dans la chambre de son foyer. Elle avait hurlé pour qu'il arrête, mais A______, 

comme en transe et violent, ne l'avait pas écoutée. Sa voisine de chambre en avait été 

inquiète.  

Devant le MP, N______ a ajouté connaître C______ depuis huit ans et savoir, depuis 

le début de leur amitié, que celle-ci voulait rester vierge avant le mariage. C______ 

lui avait confié les faits, sauf erreur, en 2015. A______ avait été animé d'une pulsion 

et elle n'avait rien pu faire. Son amie avait eu de la difficulté à parler des faits, étant 

"quasi tremblante" et bégayant, et à savoir ce qu'elle devait en faire. Elle n'avait pas 

quitté tout de suite A______ après le viol. Elle avait tenté de le quitter à plusieurs 

reprises, mais était restée avec lui parce qu'elle en avait peur et en était très 

amoureuse. Il y avait là une ambivalence.  

d.b. Selon sa déclaration écrite du 2 mai 2018, M______ avait fait partie du groupe 
d'amis de A______, lequel lui avait présenté C______. Autour du mois de novembre 

2014, celle-ci lui avait parlé de sa première relation sexuelle avec A______, en lui 

confiant ne pas avoir voulu ce genre de relation mais avoir "fini par céder". Après 

quelques semaines, C______ lui en avait rapporté les détails, soit qu'elle avait 

supplié A______ de ne pas "le" faire, qu'elle avait essayé de se protéger avec ses 

mains, qu'elle avait pleuré, mais qu'il n'avait rien voulu entendre et qu'il l'avait 

forcée. Lorsqu'elle avait répondu à C______ qu'il s'agissait d'un viol, ce qu'elle ne 

pouvait pas laisser passer, celle-ci n'avait rien voulu faire. Son amie lui avait affirmé 

être amoureuse du jeune homme et savoir qu'en dépit de ce qui s'était passé, il 

l'aimait vraiment. La relation entre C______ et A______ avait connu des débuts 

houleux, celle-ci ayant pris, à plusieurs reprises, la décision de se séparer de celui-là 

avant de changer d'avis, comme si elle n'y arrivait pas. M______ se souvenait d'une 

fois où ils étaient séparés depuis peu et qu'en voyant A______, C______ s'était mise 

à trembler de manière incontrôlable. Elle avait dû la prendre dans ses bras parce 

qu'elle tenait à peine debout. Elle avait alors essayé, en vain, de la dissuader de se 

remettre avec lui. Au fil des mois, elle s'était convaincue que C______ était vraiment 

amoureuse de A______ et qu'ils étaient faits l'un pour l'autre. Elle avait constaté que 

son amie était de plus en plus soumise au jeune homme, lequel devenait davantage 

jaloux et possessif. Elle s'était dit que c'était leurs caractères. Elle savait que 

A______ était d'un naturel violent, mais ne savait pas s'il l'avait été avec C______. 

Cette dernière lui avait raconté que, lorsque ses parents avaient proposé de donner 

une chance à A______, elle avait réalisé qu'elle ne pourrait jamais faire sa vie avec 

quelqu'un comme lui. Malgré tout l'amour qu'elle avait pour lui, ce qu'il lui avait fait 

n'était pas normal.  

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Devant le MP, M______ a précisé que C______ lui avait dit qu'elle ne voulait pas 

avoir de relations sexuelles avant le mariage en septembre 2014 et que de 

nombreuses personnes de leur entourage s'étaient demandé si elle allait parvenir à 

tenir cet engagement. Il y avait eu plusieurs ruptures entre C______ et A______ 

entre septembre et novembre 2014. Leurs disputes se rapportaient notamment au fait 

que les parents de C______ n'acceptaient pas qu'elle soit en couple avec quelqu'un 

d'une autre religion. S'agissant de leur première relation sexuelle, elle lui avait plus 

précisément relaté que ce soir-là, ils étaient revenus d'une soirée. Elle n'avait pas 

voulu avoir de rapports sexuels, toujours pour les mêmes raisons. A______ avait 

insisté en affirmant que c'était normal et qu'elle devait accepter. Il était monté au-

dessus d'elle. Elle avait mis ses mains pour qu'il ne vienne pas, mais il les avait 

écartées et l'avait pénétrée sans qu'elle ne l'ait voulu. Elle l'avait supplié en pleurant 

de ne pas le faire. En évoquant cet épisode, C______ avait eu "beaucoup 

d'émotions", parlant très vite et étant très agitée, sans sourire. Elle avait répété à 

C______ que si A______ l'avait vraiment violée, elle ne devait pas se remettre avec 

lui, ce à quoi celle-ci lui avait répondu qu'elle l'aimait vraiment et qu'elle pensait 

pouvoir passer au-dessus de ce qui était survenu. C______ avait été très éprise du 

jeune homme et avait envisagé de faire sa vie avec lui. A______ avait un 

tempérament sanguin et s'énervait souvent.  

d.c. U______ a déclaré connaître C______ depuis 2013, laquelle était sa meilleure 
amie. Elles ne voulaient toutes deux pas entretenir de relation sexuelle avant le 

mariage. Toutefois, en 2015, souhaitant elle-même avoir un rapport sexuel avec son 

partenaire de l'époque, elle lui avait demandé si elle se sentait prête avec A______. 

C______ ne lui avait pas tout de suite répondu puis, après hésitation, elle lui avait 

rapporté que cela s'était fait sans qu'elle ne l'ait voulu. Elle avait invité A______ dans 

sa chambre au foyer et ils s'étaient retrouvés au lit. Elle avait voulu arrêter les 

"préliminaires     terme qu elle n avait toutefois  as utilisé – mais A______ ne l'avait 
pas écoutée et était allé "jusqu’au bout". Son amie était bouleversée de sorte qu'elle 
ne lui avait plus posé de questions. Elles en avaient reparlé à d'autres occasions. Elle 

avait demandé à C______ si A______ avait bien compris qu'elle voulait qu'il s'arrête 

et elle lui avait alors affirmé le lui avoir répété plusieurs fois. A la suite de cet 

événement, le couple s'était séparé. C______ avait confronté A______ au foyer 

H______, mais celui-ci avait nié l'absence de consentement. Une dispute s'en était 

suivie et c'était à ce moment-là que K______ avait vu C______ en pleurs et qu'elle 

s'était confiée à lui au sujet du viol. Elle n'avait pas compris comment son amie avait 

ensuite pu retourner avec A______. Celle-ci l'avait assurée que cela allait, tout en 

restant très vague sur le sujet. Fin 2016, C______ était repartie à J______ sans la 

prévenir. En janvier 2017, celle-ci lui avait finalement expliqué que ses parents 

avaient découvert sa relation avec A______ et qu'elle n'avait, en réalité, jamais été 

bien avec lui. Elle était restée avec lui parce qu'elle avait été dans le déni. Elle avait 

elle-même senti que son amie n'avait pas l'air aussi heureuse qu'elle voulait bien le 

laisser paraître. A son sens, C______ avait quitté son ami en raison du viol et de sa 

personnalité, mais ses parents avaient pu jouer un rôle dans sa décision. Elle l'avait 

quelque peu dissuadé de porter plainte, par peur d'éventuelles représailles.  

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d.d. K______ avait noué un lien d'amitié assez fort avec A______ en 2012 dans le 
cadre de leurs études universitaires à Genève. Il avait fait la connaissance de 

C______ en été 2015 par son intermédiaire et ils étaient devenus amis. Cette dernière 

était également devenue amie avec sa copine, L______. Il avait été un confident pour 

A______ et avait pu l'être aussi pour C______, logeant lui-même également à la 

résidence H______. Ces derniers avaient eu un coup de foudre l'un pour l'autre en été 

2015, ce qui avait surpris, la jeune femme ne semblant alors pas trop intéressée par 

les garçons. Bien que A______ l'ait trompée au tout début de leur relation, ils 

s'étaient remis ensemble. Un jour en été 2015, C______ l'avait appelé pour lui parler, 

précisant que c'était assez grave. Elle lui avait alors confié avoir été violée par 

A______ dans sa chambre et qu'une fille l'avait entendue se plaindre. Il avait eu 

l'impression que la situation avait été dure pour elle, car elle aimait A______, mais 

qu'il y avait sa foi au milieu. C______ parlait de sa religion comme de quelque chose 

d'important pour elle. On sentait qu'elle n'était pas bien et qu'il s'était passé quelque 

chose. Il lui avait conseillé de quitter A______ et de porter plainte car il s'agissait de 

faits graves, mais elle n'avait alors pas du tout eu envie de se lancer dans la voie 

judiciaire. Il ne lui avait pas posé davantage de questions, sentant que le sujet était 

délicat. Il y avait alors eu une brève séparation entre eux, mais ils s'étaient revus à 

une fête "d'intégration" à la résidence. Une ou deux semaines plus tard, C______ et 

A______ s'étaient remis ensemble, ce qui l'avait surpris. Il en avait déduit qu'on ne 

pouvait pas parler de viol. Il en avait cependant parlé à A______ en lui relatant, par 

des périphrases, qu'il avait un peu forcé C______, ce que ce dernier avait contesté. 

A______ avait "une grande gueule" et "savait y faire". Il n'était pas colérique, mais il 

n'aimait pas avoir tort. C______ était a priori vierge. Il ne savait pas s'il s'était agi de 

leur première nuit passée ensemble. S'il ne remettait pas en doute ce qu'elle lui avait 

confié, il ne savait pas trop comment se situer dès lors que le couple s'était 

rapidement remis ensemble. C'était un couple beau et solide, même s'ils avaient dû 

cacher leur relation vis-à-vis des parents de la jeune femme. C______ était la "petite 

chérie" de A______ et il était très attentionné envers elle. Celle-ci faisait également 

tout pour qu'il soit heureux. Ils étaient tout le temps ensemble. Elle dormait chez lui 

et vice versa. En septembre 2015, il s'était établi à J______ avec L______.  

C______ et A______ avaient dû se quitter en avril ou mai 2017. A cette période, 

A______ l'avait appelé pour lui demander s'il avait des nouvelles de C______, car les 

parents de celle-ci avaient découvert leur relation et auraient dit à leur fille de ne pas 

rester à proximité de lui, parce qu'elle avait  risé ses vœux de c asteté. C______ 
n'avait plus répondu aux appels de A______ et celui-ci ne le comprenait pas. Son ami 

s'était senti un peu floué, vu qu'il avait lui-même assumé leur relation auprès de ses 

parents en Egypte, et il voulait tout faire pour la revoir. Comme C______ habitait 

alors J______, L______ et lui-même avaient organisé une rencontre entre la jeune 

femme et A______, à l'insu de celle-ci.  

Lors de ce rendez-vous, avant que A______ arrive, C______ lui avait à nouveau 

expliqué, ainsi qu'à L______, pour quelle raison elle avait quitté Genève, soit en 

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particulier parce qu'elle avait révélé à ses parents "ce qui s'était passé cette fameuse 

nuit". Elle n'était en réalité pas si heureuse avec A______. C'était alors la première 

fois qu'elle parlait du viol à L______. Il avait compris des explications de C______ 

que le fait que sa mère ait appris sa relation avec A______ l'avait poussée à faire une 

introspection, à réaliser qu'elle ne s'était plus écoutée et qu'elle ne voulait plus de 

cette relation. Quand A______ était arrivé, C______ avait eu l'air fébrile. Ils avaient 

discuté, puis s'étaient fait la bise. La jeune femme était ensuite partie de son côté et 

A______ avait été assez triste. Pour A______, elle était la femme de sa vie mais ses 

parents s'étaient mis entre eux. Son ami avait affirmé n'avoir jamais commis un viol.  

Par la suite, C______ lui avait dit qu'elle ne voulait pas que L______ et lui arrêtent 

de voir A______. Elle ne voulait pas lui faire de mal et ne souhaitait pas qu'il soit 

inquiété. Il avait l'impression qu'elle l'aimait encore. Aussi, lorsque C______ l'avait 

appelé pour lui faire part de son souhait de porter plainte contre A______, il en avait 

été surpris. Les parents de la jeune femme n'avaient pas été si en colère qu'elle fût en 

couple avec un garçon. Le réel motif de la colère de son père était le fait qu'elle ait 

été contrainte par A______. C______ n'avait pas essayé de l'influencer, mais lui avait 

au contraire dit qu'elle comprendrait qu'il ne veuille pas témoigner.  

d.e. L______ appréciait A______. Depuis son installation à J______ en décembre 
2015, elle l'avait toutefois beaucoup moins fréquenté, tandis qu'elle s'était rapprochée 

de C______, rencontrée par l'intermédiaire du précité. D'un point de vue extérieur, 

A______ et C______ lui avaient semblé complices et heureux. Elle savait néanmoins 

qu'ils avaient beaucoup de questionnements autour de leur religion et de leur avenir. 

Pour C______, il ne fallait absolument pas que A______ vienne à J______, car cela 

aurait pu "déraper" avec ses parents. Juste avant l'arrivée de A______, lors de la 

rencontre qu'elle-même et K______ avaient organisé à J______, C______ lui avait 

révélé avoir été violée par lui. Son amie avait été rassurée que sa voisine ait entendu 

quelque chose, ce qui l'avait confortée dans son sentiment qu'il s'était passé quelque 

chose. Elle lui avait également rapporté que ses parents avaient eu une réaction très 

virulente à l'encontre de A______ lorsqu'elle leur avait annoncé avoir été violée et 

qu'ils avaient voulu déposer plainte contre lui. Lorsqu'elle avait appris la présence de 

A______, C______ s'était mise à trembler de partout. Les deux jeunes gens avaient 

discuté environ trente minutes en tête à tête, puis s'étaient serrés dans les bras pour se 

dire au revoir. C______ avait été en pleurs et, selon K______, cela avait également 

été le cas de A______. Il lui semblait que C______ lui avait dit avoir alors expliqué à 

A______ qu'elle mettait un terme à leur relation en raison du viol.  

C______ et elle s'étaient revues à plusieurs reprises par la suite. La jeune femme 

avait beaucoup réfléchi sur l'opportunité de déposer plainte. Elle ne voulait pas que 

cela arrive à une autre fille et, en même temps, elle ne souhaitait pas porter préjudice 

à A______. Elle avait elle-même parlé, par la suite, des accusations de C______ à 

A______ mais ce dernier ne lui avait pas vraiment donné sa version. En tout cas, elle 

n'était pas aussi détaillée que celle de C______. Il avait simplement répondu qu'elle 

"exagérait" et qu'il ne l'avait pas violée.  

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C______ lui avait relaté que ses parents appréciaient beaucoup Q______, même s'il 

était athée. 

d.f.a. A la police, G______ a déclaré avoir emménagé au foyer H______ en février 
2014 dans la chambre voisine de celle de C______, qu'elle ne connaissait pas. A la 

fin de l'été ou au début de l'automne 2014, elle avait commencé à se faire du souci 

pour elle, son compagnon venant dans sa chambre et ne la traitant pas très bien. En 

septembre 2014, elle l'avait entendu être très violent avec sa voisine durant les nuits, 

lors de leurs relations sexuelles, à raison d'une fois par semaine. Elle n'était alors 

toutefois pas tout à fait sûre de ce qu'il se passait dans la chambre. Elle a notamment 

produit les messages échangés à ce sujet avec son copain, W______, le 26 septembre 

2014 à 03h37, dont il ressortait qu'elle pensait que quelque chose de bizarre s'était 

passé dans la chambre de sa voisine, que cela l'avait empêché de s'endormir, qu'elle 

avait été sur le point d'intervenir et qu'elle entendait parler à cette dernière. Elle avait 

écrit d'autres messages à son ami à ce sujet, en avait parlé à sa meilleure amie ainsi 

qu'à sa thérapeute de l'époque. 

La semaine qui avait précédé les faits du 3 novembre 2014, elle ne parvenait plus à 

dormir en raison du bruit occasionné, les murs de la résidence étant fins. Au début, 

elle avait pensé à des jeux de rôle et n'avait ainsi pas voulu s'en mêler. L'homme 

semblait donner des ordres à sa voisine, comme "Vas-y, ne sois pas aussi 

ennuyeuse". Elle avait eu l'impression qu'ils changeaient de position et qu'il 

continuait à lui faire des choses qu'elle ne voulait pas. Elle avait entendu la jeune 

femme lui dire : "ça suffit maintenant". Si avant la nuit du 3 novembre 2014, elle ne 

pouvait pas être certaine qu'ils aient entretenu des relations sexuelles, cette nuit-là, 

elle avait été sûre qu'il ne s'agissait pas d'une simple relation sexuelle, mais d'un viol. 

Pendant plusieurs heures, par intermittence, cela avait été extrêmement violent. Le lit 

avait tapé contre le mur, comme si l'homme jetait la jeune femme qui avait poussé un 

cri de surprise. Elle était sûre qu'il s'agissait du lit, dès lors qu'il y avait peu de 

mobilier dans les chambres. Ce n'était pas comme "normalement". Elle avait pensé 

qu'il la violait par voie anale, cela donnait l'impression qu'elle avait très mal. Elle 

avait entendu la jeune femme prononcer "non" et "stop" à plusieurs reprises, assez 

fort pour qu'elle l'entende. Elle s'était fait du souci, car elle n'arrivait pas à 

comprendre exactement ce que les protagonistes se disaient. Elle s'était demandée si 

elle devait appeler la police ou frapper à la porte, mais elle avait eu peur d'aggraver la 

situation ou de se tromper, même si, au fond d'elle, elle ne pensait pas qu'il s'agissait 

d'un jeu. A la place, elle avait téléchargé trois applications sur son téléphone pour 

essayer de mieux entendre à travers le mur, comme en attestait la quittance datée du 

3 novembre 2014 qu'elle produisait, mais celles-ci n'avaient pas fonctionné. Elle 

avait appelé son ami et lui avait confié craindre que sa voisine se fasse violer. Cette 

dernière avait beaucoup pleuré lorsque son compagnon était parti. Il s'agissait 

toujours du même homme, qu'elle reconnaissait au son de sa voix.  

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Le soir du 4 novembre 2014, elle avait demandé à C______ de venir dans sa 

chambre. Elle lui avait fait part de ses inquiétudes et l'avait assurée de son soutien en 

cas de besoin, en lui donnant ses coordonnées. La jeune femme lui avait répondu par 

un sourire très faux et l'avait enlacée de manière peu sincère, en lui disant "Oh tu es 

tellement mignonne, tout va bien". Elle avait l'air bouleversée, tout en essayant de 

faire bonne impression. 

Peu après cet événement, G______ avait passé beaucoup plus de temps chez son 

copain et avait déménagé le 18 décembre 2014. Elle avait été très surprise lorsque 

C______ l'avait recontactée sur Facebook. Elle avait des remords de ne pas l'avoir 

aidée davantage à l'époque des faits.  

d.f.b. Entendue une nouvelle fois devant le MP en présence des parties, G______ a 
confirmé ses premières déclarations, relevant que la nuit du 3 novembre 2014 avait 

été beaucoup plus violente que les précédentes. Elle avait déclaré à la police avoir 

pensé que sa voisine avait été violée par voie anale en raison des cris de douleur 

anormaux qu'elle avait entendus.  

d.g.a. A la police, Q______ a expliqué avoir rencontré A______ à l'université, lequel 
était devenu son meilleur ami, et avoir connu C______ par son intermédiaire. La 

relation du couple avait assez mal commencé, le jeune homme ayant eu une relation 

avec une autre fille. C______ n'avait pas voulu continuer mais A______, qui était 

une personne très persuasive et persévérante, pouvant aller jusqu'au harcèlement, 

l'avait dissuadée de rompre. A______ avait toujours eu une tendance à expliquer les 

choses de son point de vue et à ne pas admettre quand il avait tort. Ils étaient très 

amoureux, mais C______ lui avait paru très soumise, tandis que A______ avait été 

très dur avec elle. Il ne l'avait toutefois jamais vu être violent avec la jeune femme. 

En décembre 2016, il avait constaté que A______ n'allait pas très bien. Ce dernier lui 

avait alors rapporté que les parents de C______ avaient appris leur relation et que, 

même si elle était très amoureuse, elle avait préféré sacrifier leur relation et rompre.   

En janvier ou février 2017, Q______ avait repris contact avec C______ pour avoir de 

ses nouvelles. Elle lui avait confirmé qu'il y avait eu un problème avec ses parents, 

mais qu'ils avaient été prêts à rencontrer A______. Cela l'avait étonné au vu de ce 

que ce dernier lui avait raconté. Elle lui avait dit avoir elle-même décidé de quitter le 

jeune homme, car il avait été très dominateur durant ces années et avait "fait des 

choses vraiment pas correctes", sans vouloir lui en dire plus. Entre février et mars 

2017, il avait eu l'occasion de se rendre chez elle à J______ et de se rendre compte 

que ses parents n'étaient pas si fermés que cela.  

En septembre 2017, C______ et lui avaient commencé à sortir ensemble. Elle lui 

avait révélé petit à petit ce qu'il s'était vraiment passé avec A______, soit qu'au 

retour d'une soirée, chez elle, il avait alors fermé la porte et était venu sur elle. Elle 

avait résisté un moment, devenant hystérique et pleurant. Comme il avait plus de 

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force, elle s'était résignée. Elle avait été comme morte et s'était laissée faire jusqu'à la 

fin. Elle avait été choquée que A______ fasse ensuite comme si rien ne s'était passé. 

Q______ ayant eu de la peine à comprendre comment elle avait pu rester deux ans 

avec A______ après avoir été violée, alors qu'en plus elle était vierge, elle lui avait 

expliqué avoir été complètement désorientée et ne pas avoir voulu que A______ aille 

en prison. Elle avait choisi d'accepter la situation au lieu de l'affronter, faisant 

allusion au syndrome de Stockholm. 

Fin septembre 2017, il avait rencontré A______ pour lui annoncer qu'il sortait avec 

C______, ce que ce dernier n'avait pas bien pris. Il avait traité la jeune femme de 

manipulatrice. Lorsqu'il avait rapporté à A______ qu'elle lui avait raconté "des 

choses qui n'avaient pas été", il avait presque avoué à demi-mots. Il lui avait déclaré 

que la jeune femme était amoureuse de lui et avait ajouté que "la première fois, il 

avait fait une erreur, mais qu'après, il avait assumé". Il avait été comme un roi 

pendant deux ans et restait convaincu que leur rupture avait principalement été due à 

leur différence de religion et à cause des parents de la jeune femme. Fâché, A______ 

avait ensuite coupé tout contact avec lui.  

Sa relation avec C______ se déroulait bien. La jeune femme n'avait pas voulu qu'ils 

couchent ensemble au début. Elle faisait parfois des crises d'angoisse, se mettait à 

trembler et à pleurer. Le traumatisme était toujours présent. Leurs relations sexuelles 

étaient un peu difficiles. Elle lui avait confié qu'elle avait toujours eu dans l'idée de 

porter plainte. Même s'il la soutenait, il avait quelques inquiétudes par rapport à la 

réaction de A______, connaissant sa mauvaise foi. Un jour en 2016, A______ lui 

avait confié avoir eu de nombreux comportements incorrects avec C______. C'était 

l'une des rares fois où il s'était un peu remis en question.  

A______ était "accro au sexe" et se dépeignait comme quelqu'un qui y pensait 

toujours. Il disait : "Moi je suis trop sexuel". Insistant, il avait les filles "à l'usure". Il 

lui avait relaté assez crûment sa relation avec "R______", expliquant qu'il était 

frustré parce qu'elle ne voulait pas avoir de rapport sexuel au début, mais qu'ils 

avaient fini par en avoir un. A______ lui avait rapporté que T______ lui avait 

prodigué une fellation alors qu'elle était complétement bourrée et qu'elle s'était 

enfermée dans sa chambre lorsqu'il en était sorti.  

d.g.b. Devant le MP, Q______ a confirmé ses précédentes déclarations. C______ lui 
avait confié, juste après la tromperie de A______, qu'il était exclu pour elle 

d'entretenir des relations sexuelles avant le mariage. K______ l'avait également 

rapporté à A______. C______ avait rompu avec ce dernier en raison de sa tromperie 

six ou sept semaines après le début de leur relation. En outre, le fait qu'il était 

chrétien posait problème dans l'éventualité d'un mariage. A______ était revenu sans 

cesse à la charge, n'acceptant pas la rupture, et C______ avait craqué. Dans les 

premiers temps de la relation, A______ lui avait confié être frustré car C______ 

n'acceptait que de l'embrasser. Il lui était ainsi arrivé de sortir de la chambre de la 

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jeune fille et d'aller se masturber aux toilettes. Il lui avait mis la main sur son pénis à 

une reprise mais elle l'avait retirée instantanément en disant "non, non". A______ lui 

avait dit qu'ils avaient eu leur première relation sexuelle le soir de sa fête 

d'anniversaire.  

Juste après qu'ils se soient mis ensemble, C______ lui avait envoyé un printscreen 

du texte que sa voisine de chambre lui avait adressé, car elle avait du mal à lui en 

parler elle-même, puis lui avait relaté le viol. Ils avaient évoqué le sujet à plusieurs 

reprises. C______ en avait honte et pleurait parfois.  

d.h. X______, amie de C______ depuis 2013 et de A______ depuis 2014, a indiqué 
que ceux-ci avaient beaucoup d'affection l'un pour l'autre. Elle les considérait comme 

"le couple parfait". En septembre 2017, C______ lui avait rapporté avoir été violée 

par A______ au foyer et qu'une fille avait entendu leurs ébats. Au fil du temps, elle 

s'était rendue compte que celle-ci ne voulait en fait que monter les gens contre ce 

dernier. La jeune femme avait cessé de la saluer et elle en ignorait la raison. Elle 

avait toujours vu A______ respectueux et éthique. 

d.i. Y______, tante de A______, chez laquelle il a habité à son arrivée à Genève, a 
déclaré que son neveu et C______ étaient amoureux. Comme cette dernière était 

musulmane, elle en avait averti le père de A______. La mère l'avait mal pris, mais 

finalement, après qu'il se soit rendu en Egypte pour en parler, la relation avait été 

acceptée par leur famille. C______ avait essayé de convaincre ses parents en vain, si 

bien qu'ils avaient rompu, avant de se remettre ensemble. La jeune femme avait fait 

partie de la famille. Après que A______ se soit rendu à J______ pour voir C______, 

il lui avait dit que les parents de la jeune femme étaient tellement fâchés qu'ils ne 

pouvaient pas continuer. Il avait énormément souffert de cette rupture. Elle ne 

croyait pas au viol, la différence de religion ayant gagné sur l'amour. A______ 

souffrait beaucoup en raison de la procédure. Il avait maigri et était dévasté.  

d.j. D'après Z______, cousine de A______, ce dernier et C______ avaient été très 
amoureux. La religion avait été un thème important dans leur relation. Elle avait elle-

même abordé le sujet avec C______ et lui avait dit que A______ ne se convertirait 

pas. Celle-ci lui avait répondu que même si leurs enfants devaient être chrétiens, ça 

ne la dérangerait pas tant qu'elle pouvait leur inculquer les valeurs musulmanes qui 

lui tenaient à cœur. Elle s était laissée aller à  enser que C______  orterait peut-être 
plainte contre son cousin afin de se dédouaner par rapport au regard de ses parents. 

Elle avait quoiqu'il en soit été "hyper" étonnée de sa démarche, celle-ci ayant été 

proche de leur famille et n'ayant pas eu l'air triste tout au long de la relation. 

A______ n'était pas quelqu'un de violent, mais il pouvait être "macho". Elle avait vu 

C______ être très gentille et serviable avec lui.  

d.k. Dans un pli du 8 juillet 2019 adressé au MP, AA______ a indiqué avoir connu 
A______ le 6 octobre 2017 et qu'ils s'étaient mis en couple quelques mois plus tard. 

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Il n'y avait jamais eu de problèmes de jalousie et il n'avait jamais été violent à son 

encontre. Sur le plan sexuel, il était très doux et tendre, faisant attention à elle. Pour 

lui, le sexe et l'amour n'étaient pas séparables.  

d.l. S______ était sortie avec A______ à fin mars 2017 durant environ deux mois. Ce 
dernier avait été assez pressant et contrôlant avec elle. La première fois où ils avaient 

couché ensemble, il avait insisté et elle n'avait pas résisté. Elle ne l'avait pas vécu 

comme quelque chose de traumatisant, mais il ne l'avait pas écoutée, ni n'avait 

respecté son rythme. Elle ne s'était pas sentie confortable avec lui. Il avait commencé 

à devenir de mauvaise humeur. Une fois, il lui avait crié dessus et l'avait fait pleurer 

pour un motif futile. Elle n'avait jamais entretenu de relation avec un tel manque de 

respect. Lors de leurs rapports sexuels, il était un peu agressif. Il la prenait par le cou 

et la serrait comme pour l'étrangler. Elle avait rapporté à ses amis que c'était la 

première fois qu'elle sortait avec quelqu'un qui lui donnait le sentiment de pouvoir la 

tuer. A______ avait un côté sombre. Elle était partie en voyage un mois, ce qui 

l'avait aidée à s'en séparer.  

Avant de sortir avec lui, il lui avait semblé qu'un événement s'était produit lors d'une 

fête entre A______ et sa colocataire, T______. Quand T______, C______ et elle 

s'étaient rencontrées, sa colocataire avait expliqué qu'elle avait été "bourrée" et que 

A______ l'avait forcée à pratiquer du sexe oral. Ce dernier avait minimisé, en disant 

que T______ ne lui plaisait pas. 

A______ lui avait beaucoup parlé de C______ et lui avait notamment dit que celle-ci 

était vierge, comme s'il était fier de cela.  

d.m. T______ a indiqué que, le 31 mars 2017, après une fête, elle s'était retrouvée 
avec A______ dans sa chambre. Elle l'avait croisé auparavant à quelques reprises. 

Elle avait passablement bu, tandis que celui-ci était dans un état normal. Elle se 

souvenait juste qu'il avait fermé les rideaux et qu'elle s'était sentie mal à l'aise et 

confuse. Elle s'était réveillée le matin dans sa chambre complétement nue dans son 

lit, à côté duquel elle avait vomi. A un moment dans la nuit, elle avait dû fermer la 

porte de sa chambre à clé, ce qu'elle ne faisait jamais. Sur le sol, il y avait encore les 

vêtements de A______, son porte-monnaie et un préservatif déroulé, dont elle ne 

savait pas s'il avait été utilisé. Elle se souvenait lui avoir prodigué une fellation, sans 

préservatif. Lorsqu'elle avait demandé à A______ de lui expliquer ce qu'il s'était 

passé, il lui avait répondu de ne pas s'en faire et était parti. Par la suite, A______ lui 

avait envoyé un message selon lequel il espérait qu'elle n'avait pas mal interprété la 

situation. Finalement, elle ne savait pas vraiment ce qu'il s'était passé cette nuit-là. 

Elle pouvait imaginer ne pas avoir été à l'origine de la fellation car c'était un acte 

qu'elle n'aimait pas prodiguer, sans être attachée à son partenaire. Elle avait ensuite 

fait en sorte d'éviter au maximum A______. Elle ne souhaitait toutefois pas déposer 

plainte à son encontre, mais soutenir C______ dans sa démarche.  

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d.n. R______ a déclaré que, durant sa relation avec A______, leurs relations 
sexuelles s'étaient bien déroulées. Elle ne s'était jamais refusée à lui. La dernière fois 

qu'elle s'était rendue chez lui, elle l'avait poussé un peu fort alors qu'ils étaient en 

train de rigoler. II était alors devenu furieux, l'avait saisie par le bras pour l'amener 

vers lui et lui avait dit "Plus jamais tu ne me touches", faisant un geste avec sa main 

comme s'il allait la frapper, ce qui lui avait fait peur. Dès le lendemain, elle ne l'avait 

plus revu, même s'ils avaient encore échangé quelques messages romantiques. Elle 

était ensuite partie à l'étranger et leur relation s'était terminée.  

Elle avait à nouveau vu A______ à l'occasion d'un repas partagé, alors qu'il sortait 

avec C______. Il lui avait confié être très amoureux de la jeune femme mais qu'ils 

avaient des problèmes en raison de leurs religions et parce qu'elle ne se laissait pas 

toucher. Il l'avait raccompagnée au tram, en lui demandant si elle voulait venir chez 

lui. Il ne l'avait ensuite pas lâchée jusqu'à son domicile et avait essayé de l'embrasser. 

Elle était parvenue à s'en débarrasser en téléphonant à sa mère.  

A______ avait un fort caractère, tout lui était dû. Il disait être le plus beau et le 

meilleur. Pour lui, aucune fille ne pouvait lui refuser quoi que ce soit.  

e. C______ a produit les documents médicaux suivants : 

- une attestation du 4 avril 2018 de O______, psychologue à J______, qui l'avait 

reçue régulièrement en consultation de décembre 2016 à juin 2017, en raison d'un 

sentiment de culpabilité en lien avec un vécu de harcèlement et d'agressions 

sexuelles ;  

- un rapport du 23 janvier 2019 de AB______, psychologue, et du Dr AC______, 

psychiatre, auprès du Centre thérapeutique AD______. C______ y avait été suivie du 

13 juin au 27 novembre 2018 à raison de quatorze entretiens. Suite aux faits, la jeune 

fille s'était réfugiée dans le déni, ce qu'il était fréquent d'observer chez les personnes 

exposées à un événement traumatique, surtout lorsqu'il s'agissait d'une agression 

sexuelle commise par un proche. Au vu des symptômes évoqués, le diagnostic était 

une réaction à un facteur de stress sévère, sans précision, et des vomissements 

associés à d'autres perturbations psychologiques.  

Devant le MP, AB______ a confirmé la teneur de ce rapport. Le suivi de C______ 

avait cessé le 27 novembre 2018 parce qu'elle avait accepté une place de stage en 

Valais. Interpellée sur le fait que la jeune femme était restée deux ans avec A______ 

alors qu'elle avait évoqué des violences sexuelles, elle a répondu que cela était 

souvent observé auprès des patients du [Centre thérapeutique] AD______, qui 

faisaient état d'une emprise et d'une dépendance affective. Les marques de stress, les 

tremblements, les palpitations, les crises de boulimie et les scarifications 

observées/rapportées faisaient partie des symptômes observés chez les victimes 

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d'agressions sexuelles. Il s'agissait de peur et de dissociation. Seules des difficultés 

de couple n'auraient pas été de nature à causer les troubles décrits ;  

- une attestation du 19 octobre 2020 de AE______, psychologue à J______. C______ 

l'avait consulté le 29 novembre 2016 et avait évoqué un climat de violence dans sa 

relation avec son copain, ainsi qu'une situation vécue comme un viol. Il avait mesuré 

d'emblée la gravité potentielle de la situation évoquée et pu observer que la jeune 

femme était manifestement traumatisée et désemparée. Il l'avait adressée à sa 

consœur, O______ ;  

- une attestation de suivi psychothérapeutique du 4 novembre 2020 de la 

psychologue AF______, qui l'avait suivie dès le 29 juillet 2020 à raison de sept 

séances. Le comportement évoqué par C______ suite aux faits rapportés 

correspondait à un phénomène d'emprise, où la victime de violence conjugale 

s'adaptait exactement à ce que son partenaire attendait d'elle pour éviter des 

représailles. Les automutilations décrites étaient un phénomène connu en lien avec 

un état de stress post-traumatique. C______ se demandait comment elle avait pu 

rester avec l'homme qui l'avait violée. Ce questionnement, très fréquent chez les 

victimes de violence, était provoqué par un mécanisme de clivage. La violence ne 

dissolvait pas nécessairement le lien, si bien que le fait de se séparer de son agresseur 

pouvait s'avérer difficile, surtout quand un état de stress post-traumatique et un 

sentiment de peur des réactions du partenaire s'y ajoutaient.  

 Faits en relation avec E______ 

 f.a. E______ et A______ se sont rencontrés durant la soirée du 10 au 11 février 2017 
lors d'une fête d'étudiants. Ils ont alors entretenu un premier rapport sexuel consenti 

au domicile de la jeune femme et passé la nuit ensemble.  

Durant la semaine du 13 au 16 février 2017, ils ont entretenu un second rapport 

sexuel consenti au domicile de E______ et, à nouveau, passé la nuit ensemble 

Le 23 février 2017, ils ont entretenu un troisième rapport sexuel au domicile de 

A______. Le 16 octobre 2017, E______ a déposé plainte pénale à l'encontre de ce 

dernier pour agression sexuelle ce soir-là. 

f.b. Il ressort des conversations WhatsApp intervenues entre E______ et A______ en 
février 2017 qu'ils ont échangé sur divers sujets de discussion tels que leurs études, 

leurs sorties et autres activités. Les messages suivants peuvent notamment être 

relevés :  

- le 11 février, elle l'informe de la présence de bleus sur ses seins et ses fesses, en lui 
demandant de faire attention la prochaine fois. Il lui répond "Merde ! Pardon";  

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- le 13 février, ils ont pris un café à l'université ;  

- le 15 février, ils se sont rencontrés au domicile de la mère de E______, avant de se 

rendre chez la jeune fille ;  

- le 23 février, ils se sont vus au domicile de la tante de A______. Ce jour-là, à 

22h55, elle lui a écrit "Je suis arrivée". Il lui a répondu "ok dors bien E______" ;  

- le 24 février à 11h27, A______ a écrit à E______ "Ça va ?" ;  

- le 25 février 2017 à 19h24, E______ a répondu au message précité "hey, je suis 

désolée mais je peux pas continuer avec toi … désolée". A______ lui a répondu à 
19h39 "Salut E______, écoute on a jamais été ensemble, on a tenté de se rapprocher 

mais ça n'a pas marché. donc t'as pas à être dsl". 

g.a. A la police, E______ a préalablement expliqué souffrir de vaginisme, soit d'une 
contraction involontaire du muscle du vagin rendant la pénétration très douloureuse, 

voire impossible. Elle avait fait l'objet d'une agression sexuelle lorsqu'elle avait 14 

ans de la part d'un jeune homme de 16 ans, durant une colonie de vacances, ce qui lui 

avait ultérieurement causé un état de stress post-traumatique.  

Lors de la soirée du 10 au 11 février 2017, A______ et elle s'étaient embrassés, avant 

de se rendre chez elle et d'y entretenir un premier rapport sexuel, protégé selon ses 

souvenirs. Durant celui-ci, A______ avait été violent et lui avait fait mal en la 

saisissant très fort avec ses mains. Elle avait eu l'impression de n'avoir été qu'un 

objet. Lorsqu'ils avaient été boire un café le 13 février 2017, elle lui avait fait part du 

fait que son corps était recouvert de bleus, de la taille d'une pièce de CHF 1.- et de 

CHF 5.- sur ses seins et ses fesses ainsi que de suçons. Il en avait été étonné, arguant 

qu'elle devait être trop sensible et que sa peau devait marquer facilement.  

Leur deuxième rapport sexuel, non protégé, avait été un peu moins brutal, bien que 

A______ l'ait agrippée fortement pour la placer dans telle ou telle position et l'ait 

embrassée en lui mordant la lèvre inférieure. Elle avait dû lui demander d'être plus 

doux, ce qu'il ne parvenait à faire que brièvement. A cette occasion, elle lui avait 

montré les bleus sur son corps et il en avait été fortement surpris.  

Ils s'étaient revus au domicile de A______, dont la chambre était au sous-sol, et leur 

relation sexuelle s'était "très très mal" passée. Elle ne se souvenait plus si elle avait 

confié à A______ souffrir de vaginisme. La pénétration avait été très douloureuse. 

Durant les premières minutes, elle ne lui avait rien dit. Puis, comme elle avait 

constaté qu'il ne s'arrêtait pas devant ses grimaces de douleur, elle lui avait dit 

d'arrêter. Il lui avait répondu "laisse-moi" à plusieurs reprises. Elle lui avait répété sa 

demande pendant plusieurs minutes, en vain. Ils se regardaient pendant l'acte, de 

sorte qu'il voyait l'expression de son visage. Les autres hommes avaient toujours pris 

en compte ses douleurs et s'étaient arrêtés, sans négociation, lorsqu'elle le leur avait 

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demandé. A______ "s'en fichait complétement". A un moment donné, elle avait 

décidé de le repousser fortement avec ses mains. Il s'était alors retiré, s'était mis à 

genoux devant elle et avait posé sa main sur sa tête pour la diriger vers son sexe, afin 

qu'elle lui fasse une fellation. Elle s'était laissée faire, étant à la fois choquée et 

paralysée. Elle s'était sentie considérée comme un objet. Elle avait ensuite tout arrêté, 

se sentant mal. Elle s'était mise à l'écart dans le lit mais le jeune homme était revenu 

vers elle pour que l'acte continue. Il avait pris sa main pour la poser sur son sexe et 

avait essayé de l'embrasser. Elle avait retiré sa main ou tourné la tête. Par la suite, 

elle s'était énervée en lui disant "Je ne vais pas bien! Tu ne vois pas que je ne suis 

pas dans mon état normal?". Frustré, il lui avait d'abord reproché de "faire la gueule" 

avant de lui demander ce qu'elle avait, ce qu'elle n'était pas parvenue à lui expliquer. 

Il l'avait prise dans ses bras pour la réconforter, mais elle l'avait repoussé. Il avait 

commencé à regarder un film sur son ordinateur. Ayant alors décidé de quitter les 

lieux, elle s'était habillée. Il lui avait dit de rester chez lui vu l'heure tardive. Elle 

avait eu l'impression d'avoir besoin de son approbation pour partir. Il l'avait 

finalement accompagnée à l'arrêt de bus, où il l'avait prise dans ses bras. Elle avait 

ressenti du dégoût.  

Le lendemain, il était venu vers elle à l'université et l'avait prise dans ses bras 

"comme si de rien n'était". Elle était restée très froide. Par la suite, elle lui avait 

envoyé un message pour lui dire qu'elle ne souhaitait pas le revoir.   

Durant l'année scolaire, ils s'étaient trouvés à la bibliothèque en même temps, ce qui 

l'avait énormément stressée. Elle s'était montrée vigilante pour ne pas tomber sur lui 

à l'improviste.  

Elle n'avait déposé plainte pénale que plus de huit mois après les faits, parce qu'elle 

n'avait pas de preuve et qu'elle n'était pas parvenue à accepter ce qu'il s'était passé 

avant cela. Depuis le mois de mai 2017, elle était suivie auprès de l'association 

"AG______", ce qui lui avait donné la force de le faire. A______ devait s'expliquer 

pour son comportement.  

Elle était en couple avec AH______ depuis début juin 2017, mais n'entretenait plus 

de relation sexuelle avec lui, de peur de revivre son agression.  

Elle a, par la suite, ajouté avoir gardé A______ comme "ami" sur Facebook pour le 

surveiller afin d'éviter d'aller aux mêmes événements que lui. Elle s'était rendue 

auprès de lui à la bibliothèque de l'université, où il travaillait, pour emprunter un 

livre, parce que son collègue était occupé et qu'elle refusait de se comporter 

autrement dans sa vie universitaire, même si elle avait "tremblé comme une feuille". 

De plus, elle ne souhaitait pas susciter les interrogations de ses amis. 

Alors qu'elle allait bien avant les faits, elle allait à présent très mal et était sous 

antidépresseurs. Etudiante en deuxième année de Master en ______, elle n'était pas 

sûre de parvenir à terminer le semestre universitaire. 

g.b. Devant le MP, E______ a réitéré ses premières explications.  

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Elle a ajouté, s'agissant de la soirée du 23 février 2017, qu'elle n'avait pas pleuré, 

mais qu'elle avait été crispée, en raison de la façon brutale dont se comportait 

A______. Ses muscles étaient tendus et elle n'était pas en train de profiter de la 

relation. Elle ne se souvenait plus si elle avait dit à A______ qu'il lui faisait mal, 

mais elle lui avait demandé à plusieurs reprises d'arrêter, avant de le repousser 

physiquement, alors qu'il était sur elle. Lorsqu'il lui avait pris la tête pour une 

fellation, elle n'avait plus le contrôle d'elle-même, étant choquée et n'ayant plus de 

force. Elle se souvenait lui avoir dit "arrête, tu vois bien que je ne suis pas bien", 

sans se rappeler si c'était avant ou après la fellation. Lorsqu'il avait compris qu'elle ne 

voulait plus, il s'était énervé.  

Elle était ensuite allée dormir chez sa mère. Le compagnon de cette dernière, 

AI______, avait remarqué que quelque chose n'allait pas, mais elle n'avait pas eu 

envie de lui expliquer les événements litigieux. Elle lui avait ensuite laissé un mot 

sur la table de la cuisine, dans lequel elle lui expliquait avoir eu un problème durant 

la soirée, raison pour laquelle elle était présente chez sa mère. Celle-ci lui avait 

ensuite posé des questions et, face à son insistance, elle avait fini par lui confier avoir 

subi un viol. 

L'attitude de A______ à l'arrêt de bus ainsi que le lendemain à l'université l'avait 

surprise, dès lors qu'il s'était passé quelque chose d'horrible. Elle trouvait d'autant 

plus effrayant qu'il "s'en fiche".   

Elle n'allait pas bien du tout. Elle avait développé une dépendance à l'alcool, pour 

laquelle elle consultait un médecin depuis le mois de juin 2018. Elle était sous 

antidépresseurs depuis fin novembre 2017. Elle ressentait une grande colère et 

culpabilité. Elle avait davantage peur en marchant dans la rue et appréhendait de se 

retrouver seule avec un homme. Elle n'avait pas pu restituer son travail de diplôme à 

temps et avait été mise en arrêt maladie. Cela avait été horrible pour elle de devoir 

réviser à la bibliothèque alors que A______ s'y trouvait. Elle avait eu une crise 

d'angoisse, de mauvaises notes à [l'institut universitaire] P______ et échoué à 

certains examens de son Master en raison de ce qu'elle vivait. Le suivi psychiatrique 

entrepris lui permettait d'améliorer sa santé.  

h.a. A la police, A______ a confirmé avoir fait la connaissance de E______ lors 
d'une soirée le 10 février 2017. Ils s'étaient embrassés et elle l'avait invité chez elle, 

où ils avaient entretenu un rapport sexuel protégé. A un moment, ayant vu sur son 

visage que la pénétration lui faisait mal, il lui avait demandé si elle voulait qu'il 

arrête. Comme elle avait répondu par la négative, ils avaient poursuivi le rapport. 

Elle lui avait ensuite demandé d'arrêter, ce qu'il avait fait. Ils s'étaient endormis et il 

était parti le lendemain. Le 11 février 2017, elle lui avait rapporté avoir eu des bleus 

sur les seins et les fesses, ce dont il s'était excusé.  

Le 13 février 2017, ils étaient allés boire un café et, plus tard, elle lui avait proposé 

par message de venir à nouveau chez elle. Ils avaient alors entretenu une nouvelle 

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relation sexuelle protégée, qui s'était bien passée. A cette occasion, il n'avait pas vu 

de bleus sur le corps de la jeune femme.  

Leur dernière rencontre avait eu lieu chez lui le 23 février 2017 et "ça ne s'était pas 

très bien passé". Pour finir, ils n'avaient "rien fait". Ils avaient commencé à dormir, 

puis elle avait souhaité rentrer tout de suite chez elle. En fait, ils avaient commencé à 

s'embrasser, s'étaient déshabillés et elle lui avait mis un préservatif. Juste avant la 

pénétration, elle lui avait déclaré ne pas en avoir envie. Ils avaient donc arrêté et 

commencé à dormir. Il a ensuite ajouté qu'ils s'étaient mutuellement caressé le sexe 

avant de se déshabiller. Après lui avoir mis le préservatif, elle s'était assise à 

califourchon au niveau de son sexe et s'y était frottée, sans qu'il n'y ait eu de 

pénétration. Tout d'un coup, alors qu'elle était excitée et mouillée, elle n'avait plus 

voulu. Il n'avait pas compris et lui avait demandé si cela allait. Il avait essayé de 

continuer à l'embrasser, se disant qu'elle avait besoin de plus de préliminaires. Elle 

l'avait toutefois repoussé en lui disant "non". Plusieurs fois, il lui avait demandé si 

elle allait bien. Elle lui avait répondu que "non" et que ce n'était pas le moment d'en 

parler. Il s'était senti rejeté. Il n'avait pas compris pourquoi elle était venue chez lui 

pour finir par ne plus vouloir faire l'amour. La situation avait été soudainement 

bizarre. Il n'avait jamais vécu cela et n'avait pas été content. Ils s'étaient couchés nus 

l'un à côté de l'autre. Après dix minutes, tandis qu'il était sur son ordinateur, elle 

s'était levée et lui avait annoncé vouloir partir. Il lui avait proposé de rester, ce qu'elle 

avait refusé, puis l'avait accompagnée jusqu'à l'arrêt de bus. En chemin, il avait tenté 

de lui parler et de la réconforter. Ils s'étaient embrassés à l'arrivée du bus et il lui 

avait demandé de lui écrire à son arrivée chez elle, ce qu'elle avait fait. Le lendemain, 

il lui avait écrit, mais elle ne lui avait pas répondu. 

Ils s'étaient ensuite croisés à l'université. Elle avait été distante. Il lui avait à nouveau 

demandé si cela allait et si elle souhaitait boire un café pour discuter. Elle lui avait 

répondu par l'affirmative, puis lui avait envoyé un message lui disant qu'elle était 

désolée et qu'elle ne pouvait pas continuer avec lui. Ils s'étaient ensuite recroisés sur 

le site universitaire et s'étaient salués de manière cordiale. Puis au fil du temps, ils 

étaient devenus plus distants. 

Elle ne lui avait jamais confié souffrir de vaginisme et il ignorait de quoi il s'agissait, 

n'ayant rien remarqué pendant leurs relations sexuelles.  

Interpellé à ce sujet, il s'est souvenu qu'elle lui avait prodigué une fellation, sauf 

erreur, lors de leur première ou deuxième relation sexuelle, de sa propre initiative.  

S'agissant de son état d'excitation lors de ses relations sexuelles avec E______, il a 

répondu que "c'était basique". Ses pratiques sexuelles n'avaient "rien de particulier". 

Il ne se sentait ni dominant, ni dominé.  

Il a contesté les accusations de E______, soutenant que les trois relations sexuelles 

qu'ils avaient entretenues avaient été consenties. Il pensait que sa plainte concernait 

les bleus qui auraient été causés durant leur premier rapport. Il ne comprenait pas 

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pour quelle raison la jeune fille voudrait lui nuire. Il était inquiet pour son futur 

professionnel et se réservait le droit de porter également plainte à l'encontre de cette 

dernière.  

h.b. Devant le MP, A______ a persisté à contester avoir forcé E______ à entretenir 
une relation intime et une fellation. Il ne se souvenait pas qu'elle lui ait demandé 

d'être plus doux avec elle.  

En fait, lorsque la jeune femme s'était mise à califourchon sur lui, il lui avait 

demandé si elle voulait commencer, ce à quoi elle avait simplement répondu "non". 

A ce moment-là, il avait immédiatement arrêté tout acte intime. Elle s'était alors 

enlevée et s'était assise en lui tournant le dos sur le lit, sans vouloir en parler. Il ne lui 

avait pas exprimé son mécontentement. Lorsqu'elle avait voulu partir, il lui avait 

indiqué que ce n'était pas grave s'ils n'avaient pas de relation sexuelle et qu'elle 

pouvait rester dormir, mais elle n'avait pas voulu.  

i. Les témoignages suivants ont été recueillis :  

i.a. AI______ a confirmé être tombé sur E______, la fille de sa compagne, en se 
rendant chez celle-ci vers 22h30 ou 23h00 le 23 février 2017, et avoir remarqué 

qu'elle était un peu fatiguée et stressée. Elle ne devait pas se trouver au domicile de 

sa mère. Il avait fait le lien avec l'agression sexuelle qu'elle avait rapportée plus tard 

à sa compagne.  

i.b. Selon AJ______, mère de la jeune fille, celle-ci avait rapporté avoir passé la 
soirée chez un garçon et que, lorsqu'elle lui avait dit d'arrêter, il ne l'avait pas fait, de 

sorte qu'elle avait subi un viol. Elle n'avait pas évoqué de fellation non consentie. 

Elle était très mal et en pleurs. Elle s'était rendue à son domicile après les faits pour 

être seule parce qu'elle vivait en colocation. Elle n'avait initialement pas voulu 

déposer plainte, mais s'était faite aider par une association. Sa fille lui avait rapporté 

par la suite croiser régulièrement son agresseur à la bibliothèque où elle devait se 

rendre pour étudier et que cela était difficile pour elle. Elle avait observé chez celle-

ci de grands moments de stress et de crises, où elle était en larmes. Elle avait 

également pris du poids.  

Avant 2017, sa fille était déjà suivie sur le plan psychologique en raison de 

difficultés qui l'empêchaient d'avoir des relations sexuelles, sa première fois ne 

s'étant en particulier pas bien passée.  

i.c. AH______, ex-petit ami de E______, a indiqué que, sur la douzaine de fois où ils 
s'étaient vus, depuis fin mai 2017, ils n'avaient entretenu des relations sexuelles avec 

pénétration qu'à quatre ou cinq reprises. Cela ne s'était bien passé que la première 

fois. Sans dire pourquoi, elle lui avait rapporté que d'habitude c'était plus compliqué. 

Lors de leur deuxième ou troisième rapport, il avait vu sur son visage qu'elle souffrait 

un peu et il s'était alors arrêté, sans qu'elle le lui ait demandé. Elle lui avait dit "toi au 

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moins, tu t'arrêtes". Lors de leur troisième ou quatrième rapport, elle s'était mise en 

position fœtale et, trem lante, le regard dans le vide, elle lui avait confié avoir été 
victime d'agression sexuelle. Il lui avait demandé si elle avait déposé plainte, ce à 

quoi elle avait répondu qu'il y avait très peu de chance que celle-ci aboutisse. Par la 

suite, leurs rapports sexuels étaient devenus de plus en plus compliqués, E______ se 

refermant sur elle-même. Dès qu'il lui touchait le sexe, cela posait problème. Elle 

culpabilisait de ne pas pouvoir vivre une relation normale avec lui à cause de son état 

et craignait que cela ne précipite la fin de leur relation. 

Il avait appris les choses "au compte-goutte". Vers mi-août 2017, elle avait traversé 

une période de déprime liés aux faits. Elle lui avait confié avoir rencontré un homme 

et qu'ils avaient eu une relation sexuelle consentie, puis alors qu'il était sur elle et 

qu'il la pénétrait, elle lui avait demandé d'arrêter, car elle avait mal. Il avait continué 

en lui disant "c'est bon", sous-entendu "laisse-moi continuer", et mis du temps à 

s'arrêter. Il l'avait ignorée. E______ en avait été dévastée. Au début, elle n'avait pas 

déposé plainte pénale contre l'homme, car il était violent. Finalement, elle n'avait 

plus pu garder cela pour elle. 

E______ lui avait indiqué souffrir de vaginisme mais leurs difficultés résultaient de 

l'agression subie, la jeune femme disant la revivre lors de relations sexuelles. Il avait 

par ailleurs observé chez elle des difficultés à l'endormissement, de grosses phases de 

blues ainsi que des problèmes de concentration. Elle lui avait avoué avoir une 

consommation d'alcool problématique en raison des faits.  

i.d. AK______, amie de E______ à l'époque des faits, a déclaré que peu avant l'été 
2017, cette dernière lui avait confié avoir rencontré A______ et qu'ils avaient couché 

ensemble. Ils s'étaient vus une seconde fois et, lors du rapport sexuel, il y avait eu 

rupture du consentement au cours de l'acte. Elle lui avait rapporté que tandis qu'ils 

faisaient l'amour chez lui, elle avait eu mal et lui avait dit plusieurs fois d'arrêter. 

A______ avait toutefois continué et "fini". Il lui semblait également que E______ 

avait essayé de "se défaire", soit de le repousser, mais qu'elle n'y était pas parvenue. 

Elle n'avait pas voulu rester chez lui, s'étant sentie extrêmement mal à l'aise, et il 

l'avait raccompagnée à l'arrêt de bus. 

Lorsque E______ s'était ouverte à elle, elle avait pu constater qu'elle n'allait pas bien. 

Quand elle apprenait que A______ serait présent à une soirée, elle était mal et ne s'y 

rendait pas forcément. Si elle évitait autant que possible A______ à l'université, elle 

n'avait toutefois pas envie de s'arrêter de vivre à cause de ce qu'il s'était passé. Elle 

avait pu déceler de l'anxiété chez son amie quand A______ était à proximité.  

Depuis les faits, E______ n'était plus comme avant, quelque chose s'étant clairement 

éteint en elle. Ayant déjà subi un autre viol, elle se méfiait encore plus d'entretenir un 

rapport sexuel. Son amie avait déjà un problème de consommation d'alcool avant les 

faits, mais elle avait recommencé à boire en raison de ceux-ci.  

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j.a. E______ a produit divers documents médicaux : 

- un rapport de consultation ambulatoire du 12 avril 2019 de AL______, 

psychothérapeute, et de la Dre AM______, psychiatre auprès de l'Unité 

interdisciplinaire de médecine et de prévention de la violence (UIMPV) des Hôpitaux 

universitaire de Genève (HUG). E______ était suivie depuis le 17 août 2018. Il en 

ressortait qu'elle avait fait un récit des faits similaire à celui relaté à la police. Le 

diagnostic était un état de stress post-traumatique, en rémission partielle, et un 

syndrome de dépendance à l'alcool. Ces deux troubles étaient souvent associés, la 

prise d'alcool soulageant les réminiscences traumatiques. Grâce à l'accompagnement 

médico-psychologique et judiciaire mis en place et aux ressources de la patiente, une 

amélioration de son état clinique avait été constatée, mais il restait toutefois fragile. 

La procédure judiciaire restait une source majeure de stress pour elle ;  

- deux attestations des 26 juin 2018 et 8 juillet 2019 de AN______, permanente 

psychosociale auprès de l'association "AG______". Au cours d'un premier entretien 

le 25 avril 2017, E______ avait relaté le viol subi le 23 février 2017 en pleurant et du 

stress était observable dans son comportement. Cette agression l'avait plongée dans 

un état de sidération, qui l'avait empêché de réagir. Plusieurs perturbations 

caractéristiques après un événement traumatique avaient été observées. Elle vivait 

des flashbacks, des perturbations du sommeil, des difficultés de concentration, des 

pensées envahissantes, des crises de pleurs et des angoisses. Elle avait développé des 

comportements autodestructeurs tels que l'automutilation et la consommation 

excessive d'alcool. Elle était suivie par un psychiatre et prenait des antidépresseurs. 

Au niveau corporel, elle avait évoqué souffrir de vaginisme, de douleurs, de tensions, 

d'épuisement, d'un sentiment de ne plus être connectée à son corps et d'un stress 

particulièrement aigu. E______ avait eu trente-neuf entretiens psychosociaux et deux 

séances de psychomotricité entre les 25 avril 2017 et 17 décembre 2018. Elle avait 

suivi un groupe de parole pour femmes victimes de violences sexuelles pendant deux 

mois, à raison de huit séances. Les conséquences du viol avaient été lourdes et 

multiples, l'ayant notamment empêchée d'effectuer un stage professionnel, ayant 

compliqué ses recherches de logement et impacté négativement ses relations avec les 

hommes, en particulier sa nouvelle relation avec AH______. Le fait d'être confrontée 

à la présence de A______ au quotidien à l'université avait également eu un impact 

sur elle. Elle avait évoqué des pensées suicidaires ;  

- un certificat médical du 10 juillet 2018 du Dr AO______, selon lequel E______ 

l'avait consulté, suite à l'agression qu'elle disait av