# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 134fbca1-ae63-51c4-846d-4c5bf505aaa5
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-04-15
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Strafkammer 15.04.2015 502 2015 65
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_005_502-2015-65_2015-04-15.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

502 2015 65

Arrêt du 15 avril 2015

Chambre pénale

Composition Président: Roland Henninger
Juges: Hubert Bugnon, Jérôme Delabays
Greffière: Catherine Faller

Parties A.________, plaignant et recourant 

contre

MINISTÈRE PUBLIC DE L’ETAT DE FRIBOURG, intimé

Objet Non-entrée en matière

Recours du 26 mars 2015 contre la décision du Ministère public du 
18 mars 2015

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considérant en fait

A. Le 11 décembre 2014 en début de matinée, B.________ s’est rendu au domicile de 
A.________, pensant y trouver sa copine C.________. Tel fut le cas. A l’intérieur du domicile, une 
dispute a alors éclaté. A.________ était absent. Au cours de cette altercation, le téléphone 
portable de C.________, de même qu’une bouilloire appartenant à A.________, ont été 
endommagés. Lors de son audition par la police, B.________ prétendit que cela avait été 
involontaire, C.________ soutenant au contraire que le précité avait notamment donné des coups 
de poing dans la chaîne stéréo et la bouilloire. A.________ a le même jour déposé plainte pénale 
pour dommage à la propriété. Il s’est porté partie plaignante au pénal mais a renoncé à faire valoir 
des prétentions civiles. C.________ a également déposé plainte pénale.

La conciliation a été vainement tentée par le Préfet de la Broye le 10 mars 2015.

Par décision du 18 mars 2015, le Ministère public n’est pas entré en matière sur les plaintes 
pénales. Il a retenu, en substance, que les versions de B.________ et C.________ étaient 
contradictoires et que faute d’autre élément, il n’était pas possible de retenir que celui-là avait eu la 
volonté d’endommager des objets le 11 décembre 2014.

B. A.________ recourt contre cette décision le 26 mars 2015. Invité à se déterminer, le 
Ministère public a conclu au rejet du recours le 31 mars 2015.

en droit

1. a) En application des art. 310 al. 2, 322 al. 2 et 393 al. 1 let. a du code de procédure 
pénale suisse du 5 octobre 2007 (ci-après: CPP), ainsi que de l’art. 85 al. 1 de la loi du 31 mai 
2010 sur la justice, la voie du recours à la Chambre pénale est ouverte contre une ordonnance de 
non-entrée en matière. Le délai de dix jours des art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP a été 
indéniablement respecté. A.________ a par ailleurs indubitablement qualité pour agir. S’agissant 
de l’exigence de motivation (art. 396 al. 1 CPP), il peut être admis qu’elle est remplie en l’espèce, 
dès lors qu’on comprend pourquoi A.________ s’oppose à la décision du 18 mars 2015.

b) La Chambre statue par ailleurs sans débats (art. 397 al. 1 CPP).

2. Selon l’art. 310 al. 1 let. a CPP, le ministère public rend immédiatement une ordonnance de 
non-entrée en matière s’il ressort de la dénonciation ou du rapport de police que les éléments 
constitutifs de l’infraction ne sont manifestement pas réunis. Une ordonnance de non-entrée en 
matière doit être prononcée pour des motifs de fait ou de droit manifestes, c’est-à-dire lorsqu’il 
apparaît clairement que les faits ne sont pas punissables. En cas de doute il convient d’ouvrir une 
instruction (ATF 137 IV 285 consid. 2.3 et références citées). Une ordonnance de non-entrée en 
matière peut également être rendue en cas d’absence de soupçon suffisant. L’on peut admettre 
que les éléments constitutifs de l’infraction ne sont manifestement pas réunis lorsque rien n’aurait 
jamais permis d’éveiller un soupçon ou bien lorsque le soupçon existant au début de la poursuite 
pénale a été complètement écarté. Ceci est par exemple le cas d’une dénonciation peu crédible 
lorsqu’aucun indice ne laisse présumer l’existence d’un délit ou lorsque la victime est revenue de 
manière crédible sur ses déclarations à charge au cours de la procédure d’investigation. Le 
ministère public ouvre en revanche une instruction lorsqu’il ressort du rapport de police, des 
dénonciations ou de ses propres constatations des soupçons suffisants laissant présumer qu’une 

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infraction a été commise (art. 309 al. 1 let. a CPP). Les indices factuels de la commission d’une 
infraction nécessaires à l’ouverture d’une enquête pénale doivent être sérieux et de nature 
concrète. De simples rumeurs ou présomptions ne sont pas suffisantes. Une enquête ne doit pas 
être davantage engagée pour pouvoir acquérir un soupçon (TF arrêt 6B_830/2013 du 
10 décembre 2013 consid. 1.4; arrêt 502 2014 217 du 12 décembre 2014  de la Chambre pénale 
consid. 2a).

Le principe "in dubio pro duriore" découle du principe de la légalité (art. 5 al. 1 Cst. et 2 al. 2 CPP 
en relation avec les art. 319 al. 1 et 324 CPP; ATF 138 IV 86 consid. 4.2). Il signifie, qu'en principe, 
un classement ou une non-entrée en matière ne peuvent être prononcés par le ministère public 
que lorsqu'il apparaît clairement que les faits ne sont pas punissables ou que les conditions de la 
poursuite pénale ne sont pas remplies. Le ministère public et l'autorité de recours disposent, dans 
ce cadre, d'un pouvoir d'appréciation que le Tribunal fédéral revoit avec retenue. La procédure doit 
se poursuivre lorsqu'une condamnation apparaît plus vraisemblable qu'un acquittement ou lorsque 
les probabilités d'acquittement et de condamnation apparaissent équivalentes, en particulier en 
présence d'une infraction grave (TF arrêt 6B_701/2014 du 14 novembre 2014 consid. 2.1; ATF 
138 IV 86 consid. 4.1.2; 137 IV 285 consid. 2.5). Une non-entrée en matière s'impose lorsque le 
litige est de nature purement civile (ATF 137 IV 285 consid. 2.3).

3. a) En l’espèce, dans son recours, A.________ se plaint essentiellement du fait que 
B.________ n’ait pas été puni pour s’être introduit dans son appartement sans son accord et 
contre l’avis de C.________. La violation de domicile (art. 186 du Code pénal [CP]) n’est toutefois 
punissable que sur plainte. Or, le 17 décembre 2014, A.________ n’a déposé plainte pénale que 
pour les dégâts causés à ses objets, non pour le fait que B.________ serait entré sans droit dans 
son appartement. Cela ressort très clairement du dossier (p. 8). Le délai de trois mois (art. 31 CP) 
est par ailleurs désormais écoulé. Ce grief doit partant être rejeté.

b) S’agissant des objets endommagés, soit la bouilloire et la chaîne stéréo, il convient de 
noter ce qui suit: comme l’a relevé le Ministère public, l’infraction de dommage à la propriété (art. 
144 CP) est intentionnelle. En d’autres termes, celui qui endommage un objet par inadvertance, 
sans le vouloir, n’est pas pénalement punissable. Il ne pourra être condamné qu’à des dommages-
intérêts, mais non à une peine. En l’espèce, s’agissant de la bouilloire, c’est avec raison que 
l’autorité intimée a retenu que la volonté de l’endommager ne pourrait être prouvée sur le vu des 
propos contradictoires de protagonistes. B.________ n’a en effet pas reconnu, lorsqu’il a été 
entendu par la police, avoir volontairement cassé cet objet. En ce qui concerne la chaîne stéréo, 
que B.________ n’a pas reconnu avoir endommagée lors de l’audition précitée, rien au dossier ne 
prouve ces dégâts. A.________ n’a en particulier fourni aucune photographie ou constat 
démontrant un dommage, étant précisé qu’un tel élément fourni des mois après l’altercation ne 
serait plus pertinent. Il n’a pas articulé le moindre montant en réparation et a même renoncé à faire 
valoir des prétentions civiles. Dans ces conditions, il n’y a pas d’autre choix que de confirmer la 
non-entrée en matière prononcée le 18 mars 2015.

4. Les frais de la procédure de recours, fixés à 278 francs (émolument: 200 francs; débours: 
78 francs), seront mis à la charge du recourant qui succombe (art. 428 al. 1 CPP; art. 19 du 
règlement du 30 novembre 2010 sur la justice).

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la Chambre arrête:

I. Le recours est rejeté.

Partant, l’ordonnance de non-entrée en matière prononcée par le Ministère public le 18 mars 
2015 est confirmée.

II. Les frais de la procédure de recours, fixés à 278 francs, sont mis à la charge de 
A.________.

IV. Communication.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours 
qui suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). 
L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 15 avril 2015/jde

Président Greffière