# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 261851c7-0577-574a-ab63-ee3acf08f2e4
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2025-08-20
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 20.08.2025 E-3223/2024
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-3223-2024_2025-08-20.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 

 

  

 

 Cour V 

E-3223/2024 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  2 0  a o û t  2 0 2 5  

Composition 
 Grégory Sauder, juge unique,  

avec l'approbation de Deborah D'Aveni, juge ; 

Jean-Luc Bettin, greffier. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

Syrie,   

représenté par Me Tarig Hassan, avocat, 

recourant,  

  
 

 
contre  

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile (sans exécution du renvoi) ;  

décision du SEM du 19 avril 2024 / N (…). 

 

 

 

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Vu 

la demande d’asile déposée en Suisse, le 10 août 2023, par A._______ (ci-

après : le requérant, l’intéressé ou le recourant), ressortissant syrien 

d’ethnie kurde,  

le procès-verbal de l’audition sur les données personnelles du 17 août 

2023,  

le formulaire d’autorisation de consultation du dossier médical (« Access 

to health data ») et la procuration en faveur de Caritas Suisse, à 

B._______, tous deux signés le même jour,  

le procès-verbal de l’audition (selon l’art. 29 LAsi) du 6 septembre 2023, 

les pièces versées en cause lors de cette audition,  

la décision de passage en procédure étendue du 13 septembre 2023,  

la résiliation du mandat de Caritas Suisse, à B._______, intervenue le 

16 octobre suivant,  

la procuration signée, le 2 novembre 2023, en faveur de l’association 

C._______, 

la demande de consultation du dossier de la cause adressée au Secrétariat 

d’Etat aux migrations (ci-après : le SEM ou l’autorité intimée) le 

15 novembre 2023,   

les pièces complémentaires produites en date du 28 novembre 2023, 

le procès-verbal de l’audition complémentaire du 6 mars 2024, 

la décision du 19 avril 2024, notifiée le 22 avril suivant, par laquelle le SEM 

a dénié au requérant la qualité de réfugié, a rejeté sa demande d’asile, 

considérant que les motifs allégués n’étaient ni vraisemblables ni 

pertinents, et prononcé son renvoi de Suisse, le mettant toutefois au 

bénéfice de l’admission provisoire pour cause d’inexigibilité de l’exécution 

du renvoi en Syrie, 

le recours interjeté, le 22 mai 2024, contre cette décision auprès du 

Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal), concluant, 

principalement, à l’annulation des chiffres 1 et 2 du dispositif de la décision 

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entreprise, à la reconnaissance de la qualité de réfugié et à l’octroi de l’asile 

ou, subsidiairement, au renvoi de la cause à l’autorité intimée pour 

instruction complémentaire et nouvelle décision,  

les demandes d’assistance judiciaire totale et d’exemption de paiement 

d’une avance sur les frais présumés de la procédure dont le recours est 

assorti,  

les pièces jointes au mémoire de recours, dont la procuration en faveur de 

Me Tarig Hassan, avocat à D._______, 

l’ordonnance du 4 juillet 2025, invitant le recourant, lequel occupe un 

emploi au service d’une société basée à E._______, à remplir le formulaire 

« Demande d’assistance judiciaire » dans un délai échéant au 21 juillet 

2025,  

le formulaire précité, ne contenant aucune indication sur les revenus 

perçus, adressé directement par le recourant au Tribunal en date du 

21 juillet 2025, ainsi que les pièces jointes, 

les demandes de prolongation de délai adressées, les 21 juillet et 4 août 

2025, au Tribunal par le mandataire du recourant,  

 

et considérant 

qu’en vertu de l'art. 31 LTAF (RS 173.32), le Tribunal connaît des recours 

contre les décisions au sens de l'art. 5 PA (RS 172.021), prises par les 

autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF, 

qu'en particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile 

peuvent être contestées devant le Tribunal (art. 33 let. d LTAF, applicable 

par renvoi de l'art. 105 LAsi), lequel statue alors définitivement, sauf 

demande d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à se 

protéger (art. 83 let. d ch. 1 LTF [RS 173.110]), exception non réalisée en 

l’espèce, 

que A._______ a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA), 

que présenté dans la forme (art. 52 al. 1 PA) et le délai (art. 108 al. 2 LAsi) 

prescrits par la loi, le recours est recevable, 

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que conformément à l’art. 106 al. 1 LAsi, le requérant peut invoquer, dans 

le cadre d’un recours contre une décision en matière d’asile et sur le 

principe du renvoi (art. 44 1ère phrase LAsi), la violation du droit fédéral, 

notamment l’abus ou l’excès dans l’exercice du pouvoir d’appréciation 

(let. a), ainsi que l’établissement inexact ou incomplet de l’état de fait 

pertinent (let. b), 

que saisi d’un recours contre une décision du SEM rendue en matière 

d’asile, le Tribunal prend en considération l’état de fait et de droit existant 

au moment où il statue (cf. ATAF 2012/21 consid. 5.1 et réf. cit.) ; il s’appuie 

notamment sur la situation prévalant dans l’Etat ou la région concernée, au 

moment de l’arrêt, pour déterminer le bien-fondé – ou non – des craintes 

alléguées de persécutions futures (cf. ATAF 2009/29 consid. 5.1 ; 2008/12 

consid. 5.2 ; 2008/4 consid. 5.4 et réf. cit.), 

que le Tribunal applique le droit d’office ; il peut ainsi admettre le recours 

pour un autre motif que ceux invoqués par le recourant (art. 62 al. 4 PA) ou 

le rejeter en retenant une argumentation différente de celle développée par 

l’autorité intimée (cf. ATAF 2010/54 consid. 7.1 ; 2009/57 consid. 1.2 et 

réf. cit.), 

que sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans 

le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 

ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion, de 

leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou de 

leurs opinions politiques (art. 3 al. 1 LAsi ; cf. ATAF 2007/31 consid. 5.2 à 

5.6), 

que sont notamment considérées comme de sérieux préjudices la mise en 

danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou de la liberté, de même que les 

mesures qui entraînent une pression psychique insupportable (art. 3 al. 2 

LAsi), 

que quiconque demande l’asile doit prouver ou du moins rendre 

vraisemblable qu’il est un réfugié (art. 7 al. 1 LAsi), 

qu’en mars 2011, à la suite de manifestations contre le régime et d’une 

répression de plus en plus violente de la part des forces de sécurité 

syriennes, un conflit a éclaté en Syrie et a finalement débouché sur une 

guerre civile, 

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que depuis lors, la situation est demeurée difficile et instable, tant sur le 

plan des droits humains que sur le plan politique (cf. ATAF 2020 VI/4 

consid. 5.3 ; 2015/3 consid. 6.2 ; arrêt de référence D-5779/2013 du 

25 février 2015 consid. 5.3 et 5.7.2), 

que le 8 décembre 2024, le régime syrien sous la présidence de Bachar 

al-Assad a été renversé, mettant fin à plus de cinquante ans de règne de 

la famille Assad, 

qu’un gouvernement de transition s’est alors formé sous la présidence 

d’Ahmed al-Charaa, chef de Hayat Tahrir al-Cham (HTC, Organisation de 

libération du Levant), le groupe le plus important au sein de la coalition des 

groupes d’opposition armés responsables du renversement, 

que le 13 mars 2025, une « déclaration constitutionnelle » a été adoptée 

afin de servir de base juridique à la phase de transition politique, 

que cette déclaration et les modalités de réformes étatiques restent 

controversées, les principaux acteurs syro-kurdes, notamment les forces 

politiques représentant l’Administration autonome du nord et de l’est de la 

Syrie (en anglais "Democratic Autonomous Administration of North and 

East Syria" [DAANES]), y étant en particulier opposés, 

qu’à l’heure actuelle, l’évolution de la situation en Syrie reste incertaine sur 

de nombreux points, tels le contrôle du territoire, l’usage de la force 

publique, la sécurité générale ainsi que la situation économique et 

humanitaire (cf. sur ces sujets EUROPEAN UNION AGENCY FOR ASYLUM, 

Syria : Country Focus, Country of Origin Information Report, Mars 2025, 

p. 19 ss ; INTERNATIONAL CRISIS GROUP, What lies in store for Syria as a 

new government takes power ?, 25 avril 2025 ; MINISTERIE VAN 

BUITENLANDSE ZAKEN [Ministère néerlandais des Affaires étrangères], 

Rapport officiel général sur la Syrie, mai 2025, p. 8 ss ; arrêts du Tribunal 

E-6325/2023 du 28 juillet 2025 consid. 3.1 et réf. cit. ; D-7647/2024 du 

9 juillet 2025 consid. 6.1 et réf. cit.), 

que lors de l’examen de la qualité de réfugié, la situation du requérant 

au moment du départ de son pays d’origine est en principe prise en 

compte ; toutefois, selon la doctrine et la jurisprudence, lorsque la situation 

dans ce pays s’est par la suite modifiée de manière significative, en faveur 

ou au détriment du requérant, il est tenu compte de la situation existant au 

moment de la décision sur la demande d’asile (cf. ATAF 2011/51 

consid. 6.1 et réf. cit.), 

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que conformément à l’art. 61 al. 1 PA, l’autorité de recours statue 

elle-même sur l’affaire ou la renvoie exceptionnellement à l’autorité 

inférieure avec des instructions impératives,  

que l’annulation de la décision attaquée et le renvoi de la cause à l’instance 

inférieure sont notamment indiqués lorsque l’état de fait doit être complété 

et lorsque des mesures d’instructions d’une certaine ampleur doivent être 

menées,  

que dans de tels cas, l’instance de recours peut certes encore remédier à 

l’impossibilité de statuer, en particulier pour des raisons d’économie de 

procédure, mais elle n’y est pas tenue (cf. ATAF 2012/21 consid. 5), 

qu’en l’occurrence, même si l’évolution de la situation générale en Syrie 

n’est pas encore prévisible à l’heure actuelle, la question des effets de la 

chute de l’ancien régime syrien se pose déjà dans le cas présent, 

qu’il ne s’agit pas seulement d’évaluer la situation actuelle en Syrie à la 

lumière des évènements survenus depuis le 8 décembre 2024, 

qu’il y a surtout lieu d’examiner dans quelle mesure les changements 

fondamentaux intervenus ont une incidence sur les motifs d’asile du 

requérant, 

qu’un examen aussi conséquent n’a pas à être effectué par l’instance de 

recours, mais doit l’être par le SEM, 

qu’ainsi, il y a lieu d’annuler la décision attaquée,  

qu’il appartiendra à l’autorité intimée de procéder à une appréciation au 

regard de la nouvelle situation en Syrie et, au besoin, d’octroyer 

auparavant un droit d’être entendu au requérant, 

que cette solution permet de maintenir le rôle de chaque instance, ce qui 

est d’autant plus important que le Tribunal administratif fédéral est la seule 

autorité judiciaire en matière d’asile et qu’il statue donc définitivement, 

qu’en conséquence, il y a lieu d’admettre le recours, d’annuler les chiffres 

1 à 3 du dispositif de la décision querellée et de renvoyer la cause à 

l’autorité intimée pour instruction complémentaire et nouvelle décision, 

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qu’à toutes fins utiles, le Tribunal rappelle que les présentes injonctions 

sont obligatoires pour le SEM (cf. arrêt du Tribunal fédéral 9C_340/2013 

du 25 juin 2013 consid. 3.1), 

que s’avérant manifestement fondé, le recours est admis dans une 

procédure à juge unique, avec l’approbation d’un second juge (art. 111 

let. e LAsi), 

qu’il est dès lors renoncé à un échange d’écritures, le présent arrêt n’étant 

motivé que sommairement (art. 111a al. 1 et 2 LAsi), 

que la demande de dispense de l’avance des frais de procédure devient 

sans objet avec le présent arrêt, 

que lorsque l’affaire est renvoyée à l’instance précédente pour nouvelle 

décision, dont l’issue reste ouverte, la partie recourante est considérée 

comme ayant obtenu gain de cause, conformément à la jurisprudence du 

Tribunal fédéral (cf. ATF 141 V 281 consid. 11.1 ; 137 V 210 consid. 7.1), 

qu’il n’y a donc pas lieu de percevoir de frais de procédure (art. 63 al. 1 et 

2 PA), 

que la demande d’assistance judiciaire totale devient ainsi sans objet,  

qu’il en va de même de la requête, formulée par le mandataire du recourant 

en date du 4 août 2025, de prolongation du délai pour produire le 

formulaire « Demande d’assistance judiciaire », lequel devait servir à 

déterminer la situation financière du requérant,  

que conformément aux art. 64 al. 1 PA et 7 al. 1 du règlement du 21 février 

2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal 

administratif fédéral (FITAF ; 173.320.2), le recourant, qui a eu gain de 

cause et qui a fait appel à un représentant, a droit à des dépens pour les 

frais nécessaires causés par le litige,  

qu’en l’espèce, en l’absence de note d’honoraires, il y a lieu de fixer le 

montant de l’indemnité, à la charge du SEM, sur la base du dossier (art. 14 

al. 2 FITAF), 

qu’en tenant compte de l’activité indispensable et utile déployée par le 

mandataire du recourant en la présente procédure (art. 8 à 11 FITAF), le 

montant des dépens est arrêté ex aequo et bono à 600 francs, 

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le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est admis au sens des considérants. 

2.  

Les chiffres 1 à 3 de la décision du 19 avril 2024 sont annulés et l’affaire 

est renvoyée au SEM pour nouvelle décision au sens des considérants. 

3.  

Il n’est pas perçu de frais de procédure. 

4.  

Le SEM versera au recourant un montant de 600 francs à titre de dépens. 

5.  

Le présent arrêt est adressé au mandataire du recourant, au SEM et à 

l'autorité cantonale. 

 

Le juge unique :  Le greffier : 

Grégory Sauder  Jean-Luc Bettin 

 

 

Expédition :