# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 7ac176ca-013a-59c7-b6f3-e1d5e0ddac14
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2006-04-06
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 06.04.2006 A/126/2006
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-126-2006_2006-04-06.pdf

## Full Text

Siégeant : Madame Isabelle Dubois, Présidente, Mesdames Doris WANGELER 

et Juliana BALDE, Juges 

  

 

 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/126/2006 ATAS/332/2006 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 

ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 2 

du 6 avril 2006 

 

En la cause 

Monsieur E__________ 

 

 

recourant 

 

contre 

FEDERATION DES ENTREPRISES ROMANDES, 

Administration des allocations familiales, sis 98, rue de St-Jean, 

1211 Genève 11 

 

 

 

Intimée 

 

 

 

 

A/1349/2003 

- 2/5 - 

EN FAIT 

1. Monsieur E__________ (ci-après le recourant) est père d'un enfant, né le 4 mai 

1999. Il travaille à Genève. Sa compagne, S__________, est sans activité lucrative 

depuis la naissance de l'enfant. Le couple et l'enfant vivent à Genève. 

2. Le 28 septembre 2005, le recourant a déposé une demande d’allocation pour 

l'enfant auprès de la FEDERATION DES ENTREPRISES ROMANDES, 

Administration des allocations familiales (ci-après l'intimée), indiquant que la mère 

avait touché des allocations familiales de la naissance de l'enfant jusqu'au 30 avril 

2001, de la caisse d'allocations familiales françaises. Il sollicite le versement de ces 

allocations depuis le 1er mai 2001 jusqu'au 30 novembre 2004, sa compagne 

pouvant percevoir à nouveau des allocations familiales depuis le 1er décembre 

2004, de la CAISSE CANTONALE GENEVOISE DE COMPENSATION.  

3. Par courrier du 12 octobre 2005, le recourant a déposé des pièces complémentaires.  

4. Par décision du 13 octobre 2005, l'intimée a accordé les allocations familiales pour 

la période du 1er octobre 2003 au 30 novembre 2004, au motif que les prestations 

arriérées se prescrivent par deux ans au maximum, le délai partant en l'occurrence 

du 6 octobre 2005, date de la réception de la demande. 

5. Suite à l'opposition du recourant du 15 novembre 2005, l'intimée a confirmé sa 

position par décision sur opposition du 14 décembre 2005.  

6. Dans son recours du 12 janvier 2006, le recourant conclut à ce qu’il soit ordonné à 

l'intimée de verser le montant de 5'800 fr. correspondant aux allocations dues pour 

les mois de mai 2001 à septembre 2003. Il explique ne s'être jamais préoccupé de 

savoir si les allocations familiales lui étaient bien versées, partant de l'idée qu'elles 

étaient incluses dans le versement de son salaire. Il signale, par ailleurs, que la 

caisse vaudoise a versé sans autre un arriéré d'allocations familiales depuis 2001 

pour le même employeur concernant d'autres salariés. 

7. Dans sa réponse du 6 février 2006, l'intimée conclut au rejet du recours. Elle 

rappelle que le système genevois est différent du système vaudois. 

8. Le 21 février 2006, le Tribunal de céans a entendu les parties en comparution 

personnelle.  

A cette occasion, le recourant a expliqué que jusqu'en mars 2005 il avait toujours 

pensé que les allocations familiales lui avaient été versées avec son salaire. La 

société qui l'emploie depuis 1983 a réduit drastiquement son personnel en 1999. 

Depuis cette année, c'est une fiduciaire qui s'occupe de toute la comptabilité de la 

société. C'est sur question de l'administration fiscale cantonale qu'il a découvert en 

 

 

 

 

A/1349/2003 

- 3/5 - 

mars 2005 que les allocations familiales n'étaient pas déclarées aux impôts, pour le 

motif qu'elles ne lui étaient pas versées. Il a entrepris tout d'abord par téléphone des 

démarches auprès de l'intimée et, après avoir réuni les documents nécessaires, a 

déposé une demande formelle le 29 septembre 2005. Il a indiqué pouvoir établir 

que le contact avec l'intimée date du mois de mars 2005. La représentante de 

l'intimée a indiqué qu'elle vérifierait ce point, ainsi que la question de savoir si, 

dans une telle hypothèse, le droit aux allocations arriérées pouvait partir du mois de 

mars 2005 plutôt que du mois d'octobre 2005. 

9. Par courrier du 21 février 2006, le recourant a indiqué par écrit à l'intimée, avec 

copie au Tribunal de céans, que le contact téléphonique datait du 24 février 2005, et 

avait eu lieu avec Mme G__________. Par ailleurs, par courrier du 3 mars 2006 

l'intimée, sans mettre en doute l'entretien téléphonique allégué, a fait savoir au 

Tribunal de céans qu'elle ne pouvait calculer le droit aux allocations familiales qu'à 

partir du dépôt formel de la demande, soit en l'espèce octobre 2005. 

10. Le 9 mars 2006, cette détermination a été transmise au recourant par le Tribunal de 

céans qui a ensuite gardé la cause à juger. 

 

EN DROIT 

1. La loi genevoise sur l’organisation judiciaire (LOJ) a été modifiée et a institué, dès 

le 1
er

 août 2003, un Tribunal cantonal des assurances sociales (TCAS), composé de 

cinq juges, dont un président et un vice-président, cinq suppléants et seize juges 

assesseurs (art. 1 let. r et 56T LOJ). Le Tribunal statue en instance unique, 

notamment sur les contestations relatives à la loi cantonale sur les allocations 

familiales du 1
er

 mars 1996 (ci-après : LAF ; cf. art. 1 let. r, 56 V al. 2 let. e LOJ).  

Suite à l’annulation de l’élection des seize juges assesseurs par le Tribunal fédéral 

le 27 janvier 2004 (ATF 130 I 106), le Grand Conseil genevois a adopté, le 

13 février, une disposition transitoire urgente (art. 162 LOJ) permettant au TCAS 

de siéger sans assesseurs, à trois juges titulaires, dans l’attente de l’élection de 

nouveaux juges assesseurs. 

Sa compétence pour juger du cas d'espèce est ainsi établie. 

2. Déposé dans les forme et délai imposés par la loi, le présent recours est recevable 

(art. 38 al. 1 LAF). 

3. L’objet du recours consiste à déterminer à partir de quelle date le recourant peut 

être mis au bénéfice d’allocations familiales pour son enfant William. Il sollicite le 

versement de ces allocations depuis le mois de mai 2001, tandis que l'intimée 

considère que le droit peut remonter au maximum au mois d'octobre 2003.  

 

 

 

 

A/1349/2003 

- 4/5 - 

4. a) La loi sur les allocations familiales du 1
er

 mars 1996 régit l'octroi de prestations 

sous forme d'allocations familiales pour tout enfant à la charge d'une personne 

assujettie à la loi (cf. art. 1 LAF). L’allocation pour enfant est une prestation 

mensuelle accordée dès le mois qui suit celui de la naissance de l’enfant jusqu’à la 

fin de celui au cours duquel il atteint l’âge de 18 ans, s’il est domicilié en Suisse, ou 

de 15 ans s’il ne l’est pas (art. 7 al. 1 LAF). Elle s'élève à 200.- fr. par mois pour 

l’enfant jusqu’à 15 ans et à 220.- fr. par mois pour l’enfant de plus de 15 ans (cf. 

art. 8 al. 2 LAF). 

b) L’art. 2 al. 1 LAF définit le cercle des personnes assujetties à la loi. En font 

notamment partie les personnes salariées au service d’un employeur tenu de 

s’affilier à une caisse d’allocations familiales. Tel est le cas du recourant, ce qui 

n'est pas contesté, comme d'ailleurs le fait que le recourant peut bénéficier des 

prestations dans la mesure où il assume l’entretien de l'enfant de manière 

prépondérante et durable (art. 3 al. 1 LAF).  

c) Selon l’art. 12 al. 1
er

 LAF, le droit aux allocations familiales arriérées se prescrit 

par deux ans à compter du moment où le bénéficiaire a eu connaissance de son droit 

à percevoir des allocations familiales, mais au plus tard cinq ans après la fin du 

mois pour lequel elles étaient dues. 

Il découle de cette disposition que deux ans d’allocations familiales arriérées 

peuvent être réclamés par l’assuré dans un délai de prescription de cinq ans dès le 

dépôt de la demande. Le texte légal n’indique pas si ces deux ans doivent être 

consécutifs. Il résulte d’une interprétation a contrario de cette norme que cela n’est 

pas le cas. Dès lors, l’assuré a droit à 24 mois d’allocations familiales dans le délai 

de cinq ans, sans qu’il soit nécessaire que cette durée soit ininterrompue (cf. ATAS 

177/2006).  

d) Aux termes de l'art. 35 al. 2 LAF, la demande d'allocations familiales doit être 

formée par écrit, sur une formule officielle remise par la caisse. 

5. En l'espèce, le recourant a eu connaissance de son droit à réclamer les allocations 

familiales lorsqu'il a découvert que son employeur ne les lui versait pas avec son 

salaire, c'est-à-dire vers la fin du mois de février 2005 puisqu'il est rendu 

vraisemblable, et qu'il est non contesté, qu'il a eu un entretien téléphonique avec 

une collaboratrice de l'intimée le 24 février 2005. Il a ensuite collecté les 

documents nécessaires puis a déposé sa demande le 29 septembre 2005.  

Ainsi, le recourant a agi dans le délai de deux ans prévu par l'art. 12 al.1 LAF, de 

sorte que son droit aux allocations familiales arriérées n'est pas prescrit. Cependant, 

le moment à partir duquel il y a lieu de calculer les deux ans de prestations arriérées 

est celui du dépôt de la demande, puisque celui-ci est une condition au versement 

des prestations.  

 

 

 

 

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6. C'est donc bien dès le mois d'octobre 2003 que le recourant à un droit aux 

allocations familiales. Par conséquent, le recours ne peut être que rejeté. 

 

*** 

PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

(conformément à la disposition transitoire de l’art. 162 LOJ) 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. Le rejette. 

3. Dit que la procédure est gratuite. 

 

 

 

 

 

 

Le greffier  

 

 

Pierre Ries 

 La Présidente 

 

 

Isabelle Dubois 

   

 

 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties par le greffe le