# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f44adefb-9671-5f60-8988-8c02a9426787
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-09-15
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Assistance Juridique 15.09.2020 AC/1274/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_005_AC-1274-2020_2020-09-15.pdf

## Full Text

Notification conforme, par pli(s) recommandé(s) du greffier du 22 septembre 2020 

 

R É P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

AC/1274/2020 DAAJ/82/2020 

COUR DE JUSTICE 

Assistance judiciaire 

DÉCISION DU MARDI 15 SEPTEMBRE 2020 

 

 

Statuant sur le recours déposé par : 

 

Madame A______, domiciliée ______, 

 

contre la décision du 27 mai 2020 de la Vice-présidente du Tribunal de première 
instance. 

 

- 2/6 - 

 

AC/1274/2020 

EN FAIT 

A. a. A______ (ci-après : la recourante), de nationalité suisse et âgée de 49 ans, s'oppose, 
depuis août 2016, à son ex-compagnon dans le cadre d'une procédure très conflictuelle 

concernant leur fille, B______. 

b. Dans ce cadre, père et mère déposent régulièrement des plaintes pénales pour, 
principalement, diffamation et calomnie à l'encontre de l'autre parent. 

B. a. Le 19 mai 2020, la recourante a dénoncé C______, procureur, au Conseil supérieur 
de la magistrature (ci-après : CSM) pour "manquements disciplinaires". 

Elle a fait valoir que son enfant subissait les manquements du procureur depuis mars 

2017 dès lors que ce dernier protégeait les intérêts du père, et des parents de ce dernier, 

et couvrait les erreurs de l'avocate D______ (curatrice de représentation de l'enfant), de 

la doctoresse E______ (experte) et de la procureure F______. Selon elle, le 

comportement de C______ était dangereux pour la sécurité publique. 

b. Le même jour, la recourante a sollicité l'assistance juridique pour cette procédure. 

c. Par décision du 27 mai 2020, reçue par la recourante le 3 juin 2020, la Vice-
présidente du Tribunal de première instance a rejeté la requête d'assistance juridique 

formée par la recourante, au motif que sa cause était dénuée de chances de succès. 

Elle a retenu que la recourante, de nationalité suisse, était parfaitement en mesure de 

déposer seule sa dénonciation au CSM, cette démarche ne nécessitant pas l'assistance 

d'un avocat, ce d'autant plus que le CSM établissait les faits d'office et que la recourante 

ne disposait que du statut de dénonciatrice et non de partie à la procédure, de sorte 

qu'aucun frais ne devrait être mis à sa charge. Elle était en outre familière de cette 

procédure puisqu'elle avait déposé une même dénonciation au CSM en avril 2019 à 

l'encontre d'un autre magistrat. Enfin, les chances de succès de sa démarche semblaient 

nulles dès lors qu'elle n'expliquait en rien les "graves manquements" qu'elle reprochait 

au procureur, cette démarche s'inscrivant en réalité dans le cadre des nombreuses autres 

actions vouées à l'échec que la recourante intente afin de tenter de récupérer la garde de 

sa fille. 

C. a. Recours est formé contre cette décision, par acte expédié le 23 juin 2020 à la 
Présidence de la Cour de justice. La recourante conclut à l'annulation de la décision du 

27 mai 2020 et à ce que Me G______ lui soit nommé en qualité de conseil. 

Elle fait valoir que le premier juge n'a manifestement pas lu sa demande, que C______ 

dissimule les infractions pénales de ses confrères et de la Dresse E______ et qu'il vient 

d'ailleurs d'ouvrir une nouvelle procédure contre elle. Elle fait valoir que C______ 

cherche à l'intimider en toute impunité et à lui faire du mal pour qu'elle arrête de 

protester contre son abus d'autorité. 

- 3/6 - 

 

AC/1274/2020 

La recourante produit des pièces nouvelles. 

b. La Vice-présidente du Tribunal de première instance a renoncé à formuler des 
observations. 

EN DROIT 

1. 1.1. La décision entreprise est sujette à recours auprès de la présidente de la Cour de 
justice en tant qu'elle refuse l'assistance juridique (art. 10 al. 3 LPA), compétence 

expressément déléguée au vice-président soussigné sur la base des art. 29 al. 5 LOJ et 

10 al. 1 du Règlement de la Cour de justice (RSG E 2 05.47). Le recours, écrit et 

motivé, est introduit auprès de l'instance de recours dans un délai de 30 jours (art. 10 

al. 3 LPA, 130, 131 et 321 al. 1 CPC, applicables par renvoi des art. 10 al. 4 LPA et 

8 al. 3 RAJ; arrêt du Tribunal fédéral 1B_171/2011 du 15 juin 2011 consid. 2.2). 

1.2. En l'espèce, le recours est recevable pour avoir été interjeté dans le délai utile et en 
la forme écrite prescrite par la loi. 

1.3. Lorsque la Cour est saisie d'un recours (art. 10 al. 3 LPA), son pouvoir d'examen est 
limité à la violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits 

(art. 320 CPC, applicable par renvoi de l'art. 8 al. 3 RAJ; arrêt du Tribunal fédéral 

1B_171/2011 précité). Il appartient en particulier au recourant de motiver en droit son 

recours et de démontrer l'arbitraire des faits retenus par l'instance inférieure (HOHL, 

Procédure civile, tome II, 2
ème

 éd., n. 2513-2515). 

1.4. Il n'y a pas lieu d'entendre la recourante, celle-ci ne le sollicitant pas et le dossier 
contenant suffisamment d'éléments pour statuer (art. 10 al. 3 LPA; arrêt du Tribunal 

fédéral 2D_73/2015 du 30 juin 2016 consid. 4.2). 

2. A teneur de l'art. 326 al. 1 CPC, les allégations de faits et les preuves nouvelles sont 
irrecevables dans le cadre d'une procédure de recours. 

Par conséquent, les allégués de faits dont la recourante n'a pas fait état en première 

instance et les pièces nouvelles ne seront pas pris en considération. 

3. 3.1. Reprenant l'art. 29 al. 3 Cst., l'art. 117 CPC prévoit que toute personne qui ne 
dispose pas de ressources suffisantes a droit à l'assistance judiciaire à moins que sa 

cause paraisse dépourvue de toute chance de succès. 

Un procès est dépourvu de chances de succès lorsque les perspectives de le gagner sont 

notablement plus faibles que les risques de le perdre, et qu'elles ne peuvent donc être 

considérées comme sérieuses, de sorte qu'une personne raisonnable et de condition aisée 

renoncerait à s'y engager en raison des frais qu'elle s'exposerait à devoir supporter; en 

revanche, une demande ne doit pas être considérée comme dépourvue de toute chance 

de succès lorsque les perspectives de gain et les risques d'échec s'équilibrent à peu près 

ou lorsque les premières sont seulement un peu plus faibles que les seconds. Ce qui est 

http://intrapj/perl/decis/1B_171/2011
http://intrapj/perl/decis/1B_171/2011

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AC/1274/2020 

déterminant est de savoir si une partie, qui disposerait des ressources financières 

nécessaires, se lancerait ou non dans le procès après une analyse raisonnable. Une partie 

ne doit pas pouvoir mener un procès qu'elle ne conduirait pas à ses frais, uniquement 

parce qu'il ne lui coûte rien (ATF 142 III 138 consid. 5.1; ATF 128 I 225 consid. 2.5.3). 

3.1.1. Selon la jurisprudence, il se justifie en principe de désigner un avocat d'office à la 
personne indigente lorsque la situation juridique de celle-ci est susceptible d'être 

affectée de manière particulièrement grave. Lorsque, sans être d'une portée aussi 

capitale, la procédure en question met sérieusement en cause les intérêts de l'intéressé, il 

faut en sus que l'affaire présente des difficultés en fait et en droit que le requérant ou son 

représentant légal ne peuvent surmonter seuls (ATF 130 I 180 consid. 2.2 p. 182). Le 

point décisif est toujours de savoir si la désignation d'un avocat d'office est 

objectivement nécessaire dans le cas d'espèce. A cet égard, il faut tenir compte des 

circonstances concrètes de l'affaire, de la complexité des questions de fait et de droit, 

des particularités que présentent les règles de procédure applicables, des connaissances 

juridiques du requérant ou de son représentant, du fait que la partie adverse est assistée 

d'un avocat et de la portée qu'a pour le requérant la décision à prendre, avec une certaine 

réserve lorsque sont en cause principalement ses intérêts financiers (arrêts 1D_1/2013 

du 7 mai 2013 consid. 5.2 et 1D_6/2010 du 10 septembre 2010 consid. 3.1). 

3.1.2. Le Conseil supérieur de la magistrature s'assure que les magistrats du Pouvoir 
judiciaire exercent leur charge avec dignité, rigueur, assiduité, diligence et humanité 

(JUNOD/PERUCCHI/DENTELLA, Jurisprudence du Conseil supérieur de la magistrature de 

la République et canton de Genève de 1992 à 2013, in SJ 2014 II 57). La surveillance 

des magistrats vise à assurer un exercice correct de leur charge et à préserver la 

confiance des justiciables, et non à défendre les intérêts privés des particuliers (ATF  

135 II 145 consid. 6.1 p. 151; 133 II 468 consid. 2 p. 471; arrêts du Tribunal fédéral 

1C_417/2020 du 30 juillet 2020 consid. 2 ; 1C_375/2017 du 3 août 2017 consid. 4.2).  

Dans les procédures disciplinaires engagées contre des personnes exerçant une 

profession réglementée, le dénonciateur n'est pas partie à la procédure (ATA/841/2019 

du 30 avril 2019 et les références citées). Il n'a aucun droit à ce que sa dénonciation soit 

suivie d'effets, car l'autorité saisie peut, après un examen sommaire, décider de la 

classer sans suite; le dénonciateur n'a même pas de droit à ce que l'autorité prenne une 

décision au sujet de sa dénonciation (ATF 133 II 468 consid. 2; ATA/572/2020 du 

9 juin 2020 consid. 4a). 

3.2. En l'espèce, la recourante se limite à reprocher au Tribunal d'avoir considéré que sa 
dénonciation du procureur C______ auprès du CSM serait dénuée de chances de succès. 

En revanche, elle ne remet pas en cause la décision querellée en tant qu'elle considère 

qu'elle était en mesure d'agir seule, sans l'aide d'un conseil juridique, dans cette 

démarche puisqu'elle l'avait déjà fait par le passé, qu'elle n'avait que la qualité de 

dénonciatrice, qu'elle n'était ainsi pas partie à la procédure, que le CSM établissait les 

faits d'office et qu'aucun frais de devrait être mis à sa charge. Dès lors, la décision 

querellée doit être confirmée, étant relevé que l'intervention de la recourante dans cette 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/130%20I%20180
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/1D_1/2013
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/1D_6/2010
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/2014%20II%2057
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AC/1274/2020 

procédure se limitera à la dénonciation, que la recourante a d'ores et déjà déposée sans 

l'aide d'un conseil. 

4. Sauf exceptions non réalisées en l'espèce, il n'est pas perçu de frais judiciaires pour la 
procédure d'assistance juridique (art. 119 al. 6 CPC). 

* * * * * 

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AC/1274/2020 

PAR CES MOTIFS, 
LE VICE-PRÉSIDENT DE LA COUR : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours formé le 23 juin 2020 par A______ contre la décision rendue le 

27 mai 2020 par la Vice-présidente du Tribunal de première instance dans la cause 

AC/1274/2020. 

Au fond : 

Le rejette. 

Déboute A______ de toutes autres conclusions. 

Dit qu'il n'est pas perçu de frais judiciaires pour le recours. 

Notifie une copie de la présente décision à A______ (art. 327 al. 5 CPC et 8 al. 3 RAJ). 

Siégeant : 

Monsieur Patrick CHENAUX, Vice-président; Madame Maïté VALENTE, greffière. 

 

   

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110), la présente décision incidente peut être portée dans les trente jours qui suivent 

sa notification par-devant le Tribunal fédéral par la voie du recours en matière de droit 

public. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 
 

http://intrapj/perl/JmpLex/RS%20173.110