# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c6083fc1-1ceb-5b3f-a5a9-6b604971ed3f
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2012-01-25
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 25.01.2012 A/4270/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-4270-2010_2012-01-25.pdf

## Full Text

Siégeant : Juliana BALDE, Présidente; Rosa GAMBA et Hans KERN, Juges assesseurs 

  

 
 

R E P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/4270/2010 ATAS/50/2012 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 25 janvier 2012 

4
ème

 Chambre 

 

En la cause 

Madame H__________, domiciliée à Versoix recourante 

 

contre 

SERVICE DES PRESTATIONS COMPLÉMENTAIRES, sis route 
de Chêne 54, 1208 Genève 

intimé 

 

 

 

 

 
 
 

 

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EN FAIT 

1. Madame H__________, (ci-après : l'assurée ou la recourante), née en 1948, est au 
bénéfice de prestations complémentaires à sa rente d'invalidité servies par le 
SERVICE DES PRESTATIONS COMPLEMENTAIRES (ci-après : le SPC ou 
l'intimé) depuis 1994. 

2. Par courrier adressé le 26 mars 2010 à Madame H__________, fille de l'assurée, 
c/o Mme H__________, le service du registre fiscal du Département des finances 
l'a invitée à remplir un formulaire relatif à son activité professionnelle.  

3. Par courrier du 30 avril 2010, le SPC, dans le cadre de la révision périodique du 
dossier de l'assurée, lui a demandé un complément de pièces et notamment qu'elle 
indique le nombre de personnes partageant son logement. En particulier, l'assurée 
devait préciser si sa fille HA__________ habitait avec elle, comme mentionné sur 
les registres de l'Office cantonal de la population. 

4. Par courriers des 31 mai et 30 juin 2010, le SPC, sans nouvelles de l'assurée, a 
réitéré sa demande. L'attention de l'intéressée était attirée sur le fait que sans 
réponse de sa part dans un délai de trente jours, le SPC se verrait dans l'obligation 
de supprimer son droit aux prestations et au subside d'assurance maladie. Il serait 
par ailleurs examiné si les prestations ont été versées indûment, auquel cas l'assurée 
serait soumise à restitution. 

5. Par décision datée du 23 août 2010, adressée sous pli recommandé à l'assurée, le 
SPC a supprimé le versement des prestations complémentaires et les subsides de 
l'assurance-maladie dès le 31 août 2010, motif pris qu'elle n'avait pas donné suite à 
sa demande de renseignements dans le délai imparti. 

6. En réponse à la demande liée à l'activité professionnelle de sa fille, l'assurée, par 
courrier du 24 août 2010, reçu par le SPC le 26 août 2010, a indiqué que sa fille 
avait définitivement quitté la Suisse en 2008 pour s'établir à l'étranger où elle avait 
mis au monde une petite fille. Elle a encore précisé qu'elle n'avait pu répondre au 
courrier du SPC du 30 avril 2010, car elle avait été appelée par sa fille 
HA__________ pour l'assister en raison d'une grossesse difficile. Elle est donc 
restée auprès d'elle, ce qui expliquait ces trois mois d'absence. L'assurée a 
communiqué au SPC divers documents, dont un justificatif de son loyer. Elle a 
expliqué qu'elle avait accueilli sa fille chez elle un petit moment, car elle se trouvait 
sans logement et sans ressources en revenant de France. Sa fille avait par ailleurs 
gardé son adresse à l'Office cantonal de la population, pour recevoir son courrier. 

7. Par acte daté du 27 août 2010, l'assurée a formé opposition à la décision du SPC, 
relevant que l'une de ses filles avait eu un entretien téléphonique avec le SPC pour 
donner des explications et demander qu'il en prenne note dans son dossier. Elle 
avait par ailleurs envoyé des justificatifs par courrier daté du 24 août 2010 pour la 

 
 
 

 

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mise à jour de son dossier. Elle expliquait également qu'elle se déplaçait beaucoup 
pour ses enfants et petits-enfants, car elle ne pouvait pas les accueillir dans son petit 
deux pièces avec le strict nécessaire. 

8. Par courrier du 8 septembre 2010, le SPC a accusé réception de l'opposition du 27 
août 2010 et a imparti à l'assurée un nouveau délai au 29 septembre 2010 pour 
produire divers autres documents. 

9. Le 30 septembre 2010, l'assurée a indiqué, s'agissant de sa fille HA__________, 
qu'elle avait gardé son adresse chez elle pour son courrier, qu'elle l'avait accueillie 
en février 2009 pour trois mois avant qu'elle ne reparte en France, puis en Belgique. 
Elle a produit une déclaration de cohabitation légale, datée du 28 mai 2010, établie 
à Frameries (France) par l'agent délégué de l'Officier de l'Etat civil, attestant que 
I__________ et HA__________ H__________ cohabitaient légalement à 
Frameries dès cette date, une attestation sur l'honneur de vie commune, éditée en 
date du 24 novembre 2006 à Viry-Châtillon (France) par-devant le maire, entre 
J__________ et HA__________ H__________, un bulletin de paie établie par la 
Ville de Viry-Châtillon en faveur de HA__________ H__________ pour le mois 
d'octobre 2008, l'attestation d'accouchement de sa petite-fille, ainsi que ses relevés 
bancaires.  

10. Par courrier du 29 novembre 2010, le directeur du SPC a informé l'assurée qu'après 
examen des pièces reçues, le service juridique allait lui adresser une nouvelle 
décision avec réouverture de son droit dès le 1er septembre 2010. Le nouveau calcul 
des prestations tenant compte de la cohabitation avec sa fille en mars, novembre et 
décembre 2008, de janvier à mars 2009 et de mai à juillet 2009, laissait apparaître 
qu'un montant de 4'236 fr. lui avait été versé indûment qui serait déduit du rétroactif 
de 6'681 fr. lui revenant. Elle percevrait par conséquent un montant de 2'445 fr. 
avec ses prestations de décembre 2010.  

11. Par décision du 30 novembre 2010, le SPC a admis l'opposition et rétabli le droit 
aux prestations complémentaires et au subside d'assurance-maladie de l'assurée dès 
le 1er septembre 2010. En annexe figuraient huit plans de calcul des prestations 
complémentaires pour la période du 1er mars 2008 au 31 août 2010, deux plans de 
calculs et décomptes sur opposition comprenant notamment un nouveau plan de 
calcul des prestations complémentaires du 1er au 30 septembre 2010 et dès le 1er 
octobre 2010. S'agissant de la mise à jour de la situation résultant de la révision 
périodique du dossier, le SPC exposait que le droit aux prestations était rétabli pour 
la période du 1er mars 2008 au 31 août 2010, compte tenu des éléments découverts 
lors de la procédure de contrôle. Il en résultait un solde rétroactif, en faveur de la 
recourante, de 6'681 fr. représentant les prestations dues du 1er septembre 2010 au 
30 novembre 2010. Une partie de ce montant, soit 4'236 fr., était affectée au 
remboursement des prestations versées à tort pour la période du 1er mars 2008 au 31 
août 2010 en raison de la cohabitation non déclarée avec sa fille pour les mois où 

 
 
 

 

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aucun justificatif n'avait permis de mettre en doute les indications du registre de 
l'Office cantonal de la population, à savoir les mois de mars 2008, de novembre 
2008 à mars 2009 et de mai à juillet 2009. Par conséquent, durant cette période, le 
loyer de l'appartement était pris en compte pour moitié pendant les mois où la fille 
de l'assurée avait résidé à son domicile. C'était ainsi un solde de 2'445 fr. qui lui 
était versé en complément de sa prestation du mois de décembre 2010. 

12. Dans un courrier du 30 novembre 2010 adressé au directeur du SPC, l'assurée a 
affirmé n'avoir à aucun moment cohabité avec sa fille. Elle soulignait que les pièces 
réunies démontraient que l'adresse de sa fille chez elle n'était qu'une adresse fictive 
pour recevoir son courrier. Elle ne comprenait pas que l'on puisse demander à sa 
fille, qui durant les années 2008 - 2010 avait en effet cohabité avec son compagnon 
en France, de payer son loyer pour une simple visite. 

13.  Le 14 décembre 2010, le SPC a transmis le courrier précité au Tribunal cantonal 
des assurances sociales (TCAS), alors compétent, comme objet de sa compétence. 

14. Par acte du 6 décembre 2010, l'assurée a interjeté recours par-devant le TCAS 
contre la décision sur opposition du 30 novembre 2010, alléguant que son contenu 
n'était pas conforme à la réalité. Elle faisait grief au SPC de n'avoir pas tenu compte 
des pièces et preuves fournies. Elle considérait en substance que l'intimé s'était 
immiscé injustement dans la vie privée de sa fille. Selon la recourante, sa fille était 
devenue autonome en 2001. De 2006 à 2010 elle avait vécu officiellement en 
France, sans changement jusqu'en juillet 2010 où elle était partie en Belgique pour 
fonder une famille. 

15. Par courrier du 17 janvier 2011, la recourante a communiqué à la Chambre des 
assurances sociales de la Cour de Justice (ci-après : la Cour de céans), compétente 
depuis le 1er janvier 2011, copie d'une lettre rédigée par sa fille HA__________, 
notamment quant à son activité professionnelle en France. Elle y indiquait avoir 
travaillé du mois d'avril au mois de décembre 2008 en tant qu'animatrice 
périscolaire et avoir été à la charge de son compagnon en mars 2008, de janvier à 
mars 2009 et de mai à juillet 2009. Elle avait rendu visite à sa mère en février 2008 
notamment et s'était, à cette occasion, inscrite à l'Office cantonal de la population, 
pour avoir une adresse en Suisse où elle pourrait recevoir son courrier. Enfin, dans 
le but d'obtenir son brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur, elle avait suivi en 
France un premier stage théorique du 29 juin au 6 juillet 2008, un stage pratique du 
4 au 21 août 2008 et une session d'approfondissement du 20 au 25 avril 2009. 

16. Dans sa réponse du 19 janvier 2011, l'intimé a conclu au rejet du recours, se 
référant aux pièces du dossier ainsi qu'aux termes de sa décision sur opposition. 
Invité à se déterminer sur les nouveaux moyens de preuve de la recourante, l'intimé 
a persisté dans ses conclusions, motif pris que les pièces produites concernaient des 
périodes non litigieuses. 

 
 
 

 

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17. La Cour de céans a convoqué les parties en audience de comparution personnelle en 
date du 20 avril 2011. La recourante a expliqué qu'en été 2010, elle s'est rendue en 
Belgique auprès de sa fille qui attendait un enfant. Elle y avait séjourné durant trois 
mois, jusqu'à l'accouchement. Dès son retour, elle avait téléphoné à l'intimé en 
disant qu'elle allait répondre à ses questions. Immédiatement après, elle avait reçu 
la décision de suppression de ses prestations, ce qui l'avait choquée. Suite à son 
opposition, l'intimé avait revalidé son droit aux prestations, mais lui avait pris 
environ 6'000 fr, parce qu'elle avait accueilli sa fille. Or, elle a contesté la 
cohabitation avec sa fille, produit tous les documents et donné toutes les 
explications utiles. En particulier, si elle avait inscrit sa fille au Contrôle de 
l'habitant comme étant domiciliée chez elle, ce n'était qu'une adresse fictive, pour 
qu'elle puisse recevoir son courrier. Sa fille vivait en France avec son compagnon. 
Depuis environ deux ans, elle s'était établie en Belgique avec sa famille.  

L'intimé a admis que sa décision sur opposition comportait effectivement, outre le 
rétablissement du droit aux prestations, une demande de restitution accompagnée 
d'une compensation immédiate. 

18. A l'issue de l'audience, la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 56 V al. 1 let. a ch. 3 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 
22 novembre 1941 en vigueur jusqu’au 31 décembre 2010 (aLOJ; RS E 2 05), le 
Tribunal cantonal des assurances sociales connaissait, en instance unique, des 
contestations prévues à l'art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des 
assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA; RS 830.1) relatives à la loi fédérale 
sur les prestations complémentaires à l’assurance-vieillesse, survivants et invalidité 
du 6 octobre 2006 (LPC; RS 831.30). Il statuait aussi, en application de l'art. 56V 
al. 2 let. a aLOJ, sur les contestations prévues à l'art. 43 de la loi cantonale sur les 
prestations cantonales complémentaires à l'assurance-vieillesse et survivants et à 
l'assurance-invalidité du 25 octobre 1968 (LPCC; RS J 7 15). 

Dès le 1er janvier 2011, ces compétences reviennent à la Chambre des assurances 
sociales de la Cour de justice, laquelle reprend la procédure pendante devant le 
Tribunal cantonal des assurances sociales (art. 143 al. 6 de la LOJ du 26 septembre 
2010). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie.  

2. En matière de prestations complémentaires fédérales, les décisions sur opposition 
sont sujettes à recours dans un délai de 30 jours (art. 56 al. 1 et 60 al. 1 LPGA ; cf. 
également art. 9 de la loi cantonale du 14 octobre 1965 sur les prestations fédérales 
complémentaires à l’assurance-vieillesse et survivants et à l’assurance-invalidité 

 
 
 

 

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[LPCF]) auprès du tribunal des assurances du canton de domicile de l’assuré 
(art. 58 al. 1 LPGA). 

S’agissant des prestations complémentaires cantonales, l’art. 43 LPCC ouvre les 
mêmes voies de droit. 

En l’espèce, le recours a été déposé dans les forme et délai imposés par la loi, de 
sorte qu’il est recevable. 

3. Les dispositions de la LPGA, en vigueur depuis le 1er janvier 2003, s’appliquent 
aux prestations complémentaires fédérales à moins que la LPC n’y déroge 
expressément (art. 1 al. 1 LPC). 

Il en va de même en matière de prestations complémentaires cantonales (art. 1A let. 
b LPCC). 

4. L'objet du litige porte sur le calcul des prestations complémentaires effectué avec 
effet rétroactif au 1er mars 2008, plus particulièrement sur la prise en compte par 
l'intimé du loyer pour moitié en raison de la cohabitation de la recourante avec sa 
fille HA__________ durant les mois de mars 2008, novembre 2008 à mars 2009 et 
de mai à juillet 2009. La recourante conteste également la retenue de 4'236 fr. 
opérée par l'intimé sur le rétroactif lui revenant, en compensation des prestations 
complémentaires versées à tort. 

5. Pour les personnes qui ne vivent pas en permanence ou pour une longue période 
dans un home ou dans un hôpital (personnes vivant à domicile), les dépenses 
reconnues sont notamment le loyer d'un appartement et les frais accessoires y 
relatifs (art. 3b al. 1 let. b LPC). 

D'après l'art. 16c de l'ordonnance sur les prestations complémentaires à l'assurance-
vieillesse, survivants et invalidité (OPC-AVS/AI; RS 831.301), lorsque des 
appartements ou des maisons familiales sont aussi occupés par des personnes non 
comprises dans le calcul des prestations complémentaires, le loyer doit être réparti 
entre toutes les personnes. Les parts de loyer des personnes non comprises dans le 
calcul des prestations complémentaires ne sont pas prises en compte lors du calcul 
de la prestation complémentaire annuelle (al. 1). En principe, le montant du loyer 
est réparti à parts égales entre toutes les personnes (al. 2). Par loyer au sens de cette 
disposition, il faut entendre le loyer brut, comprenant l'acompte mensuel pour les 
frais accessoires (art. 3b al. 1 let. b LPC). 

Selon la jurisprudence, le critère déterminant est le logement commun, 
indépendamment du fait de savoir s'il y a bail commun ou si l'un des occupants paie 
seul le loyer (ATF 127 V 17 consid. 6b; ATFA non publié P 53/01 du 13 mars 
2002, consid. 3a/aa). Aussi, lorsque plusieurs personnes occupent le même foyer ou 
font ménage commun, il y a lieu à partage à parts égales du loyer qui est pris en 

 
 
 

 

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compte dans le calcul des prestations complémentaires (ATFA non publié P 66/04 
du 16 août 2005, consid. 2). 

6. Dans la mesure où le droit des assurances sociales fait référence à des notions du 
droit civil, celles-ci doivent en principe être comprises en fonction de ce droit (ATF 
121 V 127 consid. 2c/aa et les arrêts cités): sauf disposition contraire, on présume 
que, lorsqu'il fixe des règles relatives, par exemple, aux effets du mariage, de la 
filiation ou aux droits réels, le législateur, en matière d'assurances sociales, a en vue 
des institutions organisées par les divers domaines du droit civil à considérer 
(ATFA non publié P.41/9 du 25 avril 2002, consid. 2; SPIRA, Les effets de la 
filiation en droit suisse des assurances sociales, in : Problèmes de droit de la 
famille, Recueil de travaux publié par la Faculté de droit et des sciences 
économiques de l'Université de Neuchâtel, 1987, p. 163; voir aussi RIEMER, 
Berührungspunkte zwischen Sozialversicherungs- und Privatrecht, insbesondere die 
Bedeutung des Privatrechtes bei der Auslegung des Sozialversicherungsrechtes 
durch das EVG, in: Mélanges pour le 75ème anniversaire du TFA, Berne 1992, p. 
147 ss). 

Le domicile de toute personne est ainsi au lieu où elle réside avec l'intention de s'y 
établir (art. 23 al. 1 CC). La notion de domicile comporte deux éléments : l'un 
objectif, la résidence dans un lieu donné; l'autre subjectif, l'intention d'y demeurer. 
La jurisprudence actuelle (ATF 127 V 238 consid. 1, 125 V 77 consid. 2a, 120 III 7 
consid. 2a) ne se fonde toutefois pas sur la volonté intime de l'intéressé, mais sur 
l'intention manifestée objectivement et reconnaissable pour les tiers. Le statut de la 
personne du point de vue de la police des étrangers, des autorités fiscales ou des 
assurances sociales, le dépôt des papiers d'identité, ou encore les indications 
figurant dans des jugements et des publications officielles ne sont pas décisifs; ces 
éléments constituent néanmoins des indices sérieux en ce qui concerne l'intention 
de s'établir (ATF 125 III 101 consid. 3; voir aussi Honsell/Vogt/Geiser, Basler 
Kommentar zum schweizerischen Privatrecht, Zivilgesetzbuch I, 2ème éd., n. 23 
ad. art. 23). Toute personne conserve son domicile aussi longtemps qu'elle ne s'en 
est pas créé un nouveau (art. 24 al. 1 CC). Lorsqu'une personne séjourne en deux 
endroits différents et qu'elle a des relations avec ces deux endroits, il faut tenir 
compte de l'ensemble de ses conditions de vie, le centre de son existence se 
trouvant à l'endroit, lieu ou pays, où se focalise un maximum d'éléments concernant 
sa vie personnelle, sociale et professionnelle, de sorte que l'intensité des liens avec 
ce centre l'emporte sur les liens existants avec d'autres endroits ou pays (ATF 125 
III précité). Un séjour effectué à des fins particulières, même de longue durée, ne 
suffit pas pour créer un domicile. En effet, n’ont notamment pas un domicile en 
Suisse les personnes qui s’y rendent uniquement pour faire une visite, faire une 
cure, passer des vacances, faire des études ou acquérir une formation 
professionnelle sans y exercer une activité lucrative. De même, le fait d’être placé 
dans un établissement d’éducation, un hospice, un hôpital ou une maison de 
détention ne constitue pas le domicile (art. 26 CC, RCC 1952 p. 207). 

 
 
 

 

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Il y a lieu de relever qu'en vertu des principes susmentionnés, le dépôt des papiers, 
l'obtention d'un permis de séjour, l'exercice des droits politiques, ne constituent que 
des indices dans l'examen du domicile. Ils ne sont pas à eux seuls déterminants, ce 
qui signifie qu'il ne suffit pas d'être titulaire d'un permis de séjour en règle pour se 
voir reconnaître le domicile. Il faut en plus qu'il soit établi que le centre de ses 
intérêts existe à cet endroit (RCC 1982 p. 171). 

7. En ce qui concerne la preuve, le juge des assurances sociales fonde sa décision, sauf 
dispositions contraires de la loi, sur les faits qui, faute d'être établis de manière 
irréfutable, apparaissent comme les plus vraisemblables, c'est-à-dire qui présentent 
un degré de vraisemblance prépondérante. Il ne suffit donc pas qu'un fait puisse être 
considéré seulement comme une hypothèse possible. Parmi tous les éléments de fait 
allégués ou envisageables, le juge doit, le cas échéant, retenir ceux qui lui 
paraissent les plus probables (ATF 126 V 360 consid. 5b, 125 V 195 consid. 2 et les 
références; ATF 130 III 324 consid. 3.2 et 3.3). Aussi n'existe-t-il pas, en droit des 
assurances sociales, un principe selon lequel l'administration ou le juge devrait 
statuer, dans le doute, en faveur de l'assuré (ATF 126 V 322 consid. 5a). 

8. En l'espèce, la recourante fait grief à l'intimé de retenir que sa fille a cohabité avec 
elle pendant quelques mois en 2008 et 2009, alors même que cette dernière était 
uniquement venue lui rendre visite. Elle soutient que sa fille est indépendante 
depuis 2001, date à laquelle elle a quitté le domicile parental et que, dès 2006 elle 
s'est installée en France pour vivre avec son compagnon, avant de s'établir avec lui 
en Belgique en 2010. Dans cette mesure, son inscription dans les registres de 
l'Office cantonal de la population genevois en 2008 était fictive et visait 
uniquement à ce qu'elle ait une adresse postale où recevoir son courrier. Pour 
preuve, elle précise encore que la cohabitation dans son petit appartement de deux 
pièces serait inenvisageable, de sorte que lorsqu'elle souhaite voir ses filles et ses 
petits enfants, elle fait le déplacement. 

L'intimé considère quant à lui que la recourante a effectivement cohabité avec sa 
fille en mars 2008, de novembre 2008 à mars 2009 et de mai à juillet 2009. Pour 
ces mois, le SPC estime que l'intéressée n'a pas été en mesure de produire de 
justificatif permettant de mettre en doute les indications du registre de l'Office 
cantonal de la population, de sorte qu'en raison de la cohabitation non déclarée avec 
sa fille durant cette période, le loyer de l'appartement doit être pris en compte pour 
moitié. Ainsi, il se justifierait d'opérer une retenue de 4'236 fr. sur le rétroactif 
revenant à la recourante, en compensation des prestations complémentaires versées 
à tort. 

9. De l'avis de la Cour, le fait que la fille de la recourante se soit volontairement 
domiciliée auprès de l'Office cantonal de la population le 6 février 2008 constitue 
un indice de sa résidence effective à Genève jusqu'à l'annonce de son départ le 1er 
août 2009. Néanmoins, les pièces que la fille de la recourante a communiqué à la 

 
 
 

 

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Cour de céans, et en particulier les fiches de paie relatives à une activité 
professionnelle en France, la déclaration sur l'honneur de sa cohabitation avec son 
compagnon et les attestations de formation professionnelle en France démontrent 
que le centre de ses intérêts sociaux, personnels et professionnels se trouve dans ce 
pays depuis 2006. Il est par ailleurs conforme à l'expérience générale de la vie que 
lorsqu'un enfant devenu majeur et indépendant financièrement quitte le domicile 
parental pour s'installer avec un ami - à l'étranger de surcroit -, ce n'est pas dans 
l'intention de revenir au domicile parental. Le simple fait que la fille de la 
recourante ait admis avoir rendu visite à sa mère en février 2008 et qu'elle n'ait, 
pour les périodes litigieuses, pas été en mesure de démontrer qu'elle a exercé une 
activité professionnelle à l'étranger ne sont pas des indices suffisants pour conclure 
qu'elle a effectivement cohabité avec la recourante. Elle a, à ce titre, précisé avoir 
été entretenue par son compagnon pendant les périodes d'inactivité professionnelle, 
ce qui apparaît tout à fait plausible. Sa volonté de faire de la France son domicile 
est par ailleurs consolidée par les démarches qu'elle a entrepris pour poursuivre une 
formation professionnelle dans ce pays, en juin, juillet, août 2008 et en avril 2009. 
Le fait que la recourante vit dans un petit appartement de deux pièces, où il lui est 
impossible d'accueillir sa fille pour de longues périodes excédant les simples visites 
ou vacances, renforce également la théorie selon laquelle la recourante et sa fille 
n'ont pas cohabité à Genève. 

Au vu de ce qui précède, il apparaît hautement vraisemblable que l'inscription de la 
fille de la recourante à l'Office cantonal de la population était purement fictive et 
qu'elle avait pour unique but de lui permettre de réceptionner son courrier. Il sied à 
ce titre de rappeler que le statut de la personne du point de vue de la police des 
étrangers n'est pas, en soi, un élément décisif (ATF 125 III 101 consid. 3). Il 
convient dès lors de retenir que la fille de la recourante s'est constitué un nouveau 
domicile au sens des art. 23 et ss. en faisant de la France le centre de ses intérêts 
personnels, professionnels et sociaux. 

10. En conséquence, la Cour de céans considère que c'est seule que la recourante a 
occupé son logement durant les mois de mars 2008, novembre 2008 à mars 2009 et 
de mai à juillet 2009 et que l'intimé n'était pas en droit de retenir la somme de 4'236 
fr. sur le total des prestations complémentaires dues à l'intéressée.  

11. Il s'ensuit que le recours est admis et la décision de l'intimé du 30 novembre 2010 
est annulée. 

12.  La procédure est gratuite. 

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable 

Au fond : 

2. L'admet. 

3. Annule la décision du 23 août 2010 et la décision sur opposition du 30 novembre 
2010. 

4. Condamne le SPC à verser à la recourante la somme de 4'236 fr. 

5. Dit que la procédure est gratuite. 

6. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public (art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 17 juin 2005 - 
LTF; RS 173.110) aux conditions de l’art. 95 LTF pour ce qui a trait aux 
prestations complémentaires fédérales, par la voie du recours constitutionnel 
subsidiaire (articles 113 ss LTF) aux conditions de l’art. 116 LTF pour ce qui a trait 
aux prestations complémentaires cantonales. Le mémoire de recours doit indiquer 
les conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou 
de son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par 
voie électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l'envoi. 

 
La greffière 

 
 
 
 

Isabelle CASTILLO 

 La présidente 
 
 
 
 

Juliana BALDE 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 
des assurances sociales par le greffe le