# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 7d6151a9-ebd2-5985-be7b-2b79285fd22b
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-04-23
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 23.04.2013 A/2573/2012
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-2573-2012_2013-04-23.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/2573/2012-PE ATA/256/2013  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 23 avril 2013 

2
ème

 section 

   dans la cause 

 

Monsieur S______ 
  

contre 

OFFICE CANTONAL DE LA POPULATION 
 

_________ 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 

27 novembre 2012 (JTAPI/1437/2012) 

- 2/11 - 

A/2573/2012 

EN FAIT 

1.  Monsieur S______, né le ______1978, ressortissant du Maroc, est venu en 
Suisse le 29 août 1998 à la faveur d’un visa touristique. 

2.  Le 23 octobre 2010, il a écrit à l’office cantonal de la population (ci-après : 
OCP) en vue d’obtenir un permis d’établissement dans le canton de Genève. Il 
vivait dans le canton depuis une bonne dizaine d’années et n’avait pas de titre de 
séjour. Il était bien intégré au sein de la société genevoise. Il avait régulièrement, 
durant son séjour à Genève, effectué diverses activités lucratives.  

3.  Le 12 mai 2011, l’OCP a demandé à M. S______ qu’il produise toute 
documentation permettant d’attester de sa présence depuis sa venue en Suisse 
ainsi qu’une copie de son passeport. 

4.  Le 8 juin 2011, M. S______ a transmis une copie de son passeport, mais 
indiqué qu’il lui serait impossible de justifier, par des attestations de travail, des 
activités qu’il a exercées à Genève depuis son arrivée. Il s’agissait de travaux 
occasionnels, pour lesquels il n’avait jamais travaillé officiellement. 

5.  A la demande de l’OCP, M. S______ a déposé un formulaire individuel de 
demande pour ressortissants étrangers n’appartenant pas à l’Union européenne 
auquel il a annexé son curriculum vitae ainsi que des attestations de différents 
ressortissants suisses certifiant de son sérieux et de son honnêteté et appuyant sa 
démarche visant à obtenir un titre de séjour. Selon une attestation de la mosquée 
de Genève, il fréquentait celle-ci depuis 2001 et le signataire de la déclaration 
confirmait sa respectabilité.  

  M. S______ a été entendu par l’OCP le 13 octobre 2011. Il admettait avoir 
utilisé, peu après son arrivée en Suisse, un nom d’alias lors d’un contrôle de 
police dans le canton de Vaud. Il s’était rendu en France en 2003 et il y était resté 
durant une année et demie dans la région de Montpellier. Il avait travaillé dans 
une entreprise appartenant à sa famille. Il n’avait pas été déclaré par ses 
employeurs dans les différents emplois qu’il avait pris en Suisse. Il n’était pas 
assuré pour la maladie, n’avait jamais reçu de prestations d’assistance. Ses 
revenus étaient variables. Il avait une sœur, titulaire d’un permis C, qui l’aidait 
financièrement. Ses frères et sœurs vivaient au Maroc avec sa mère. Il ne voulait 
pas retourner dans son pays car il considérait ne plus avoir d’attaches avec le 
Maroc. Il était actif dans le milieu du bénévolat étant intendant au centre culturel 
islamique de Genève aux Acacias. 

6.  Au cours de la procédure, M. S______ a été autorisé à travailler au service 
de la société X______.  

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7.  Le 22 décembre 2011, M. S______ a été autorisé par l’OCP à se rendre au 
Maroc en rapport avec la liquidation d’un héritage. 

8.  Le 25 avril 2012, M. S______ a informé l’OCP qu’il était à la recherche 
d’un emploi et qu’il était toujours soutenu financièrement par sa sœur. 

9.  Le 10 juillet 2012, l’OCP a fait savoir à M. S______ qu’il refusait de lui 
accorder un permis de séjour pour cas de rigueur. Celui-ci ne remplissait pas les 
conditions particulièrement strictes à l’octroi d’un tel permis. Il ne se trouvait pas 
dans un cas de grave détresse personnelle. Le fait qu’il ait séjourné en Suisse 
pendant une assez longue période et qu’il s’y soit intégré socialement et 
professionnellement sans faire l’objet de plaintes, ne suffisait pas à constituer un 
cas d’extrême gravité. Il n’avait pas une relation avec la Suisse si étroite qu’on ne 
saurait exiger qu’il aille vivre dans un autre pays, notamment dans son pays 
d’origine. En particulier, il n’avait pas d’intégration professionnelle spécialement 
marquée et sa situation ne représentait pas un cas d’extrême gravité au sens de la 
législation. L’OCP refusait d’accéder à sa demande et de soumettre son dossier 
avec un préavis positif à l’autorité fédérale. 

  Son renvoi de Suisse était prononcé et il ne ressortait pas du dossier que 
l’exécution du renvoi ne serait pas possible, pas licite ou ne pouvait pas être 
raisonnablement exigée. Un délai de départ au 10 octobre 2012 lui était accordé 
pour quitter la Suisse.  

10.  Le 24 août 2012, M. S______ a interjeté recours auprès du Tribunal 
administratif de première instance (ci-après : TAPI) contre la décision précitée. 
L’essentiel de son existence s’était déroulée à Genève depuis près de quinze ans et 
il ne pouvait pas imaginer devoir retourner vivre au Maroc. 

11.  Le 17 octobre 2012, l’OCP a conclu au rejet du recours, les arguments 
invoqués par le recourant n’étant pas de nature à modifier sa position. 

12.  Le TAPI a procédé à l’audition des parties le 27 novembre 2012. Selon 
M. S______, il avait vécu en Suisse et avait passé un séjour d’une année et demie 
en France. Il n’avait pas d’autorisation de séjour dans ce pays, n’y travaillait pas 
et vivait chez des amis. Depuis qu’il était en Suisse, il n’avait jamais eu de travail 
fixe. Il était entièrement à la charge de sa sœur à part la période lors de laquelle il 
avait travaillé pour le compte d’une société qui ne l’avait finalement pas engagé. 
Il était soudeur de formation. Il n’avait jamais eu le moindre problème avec la 
justice ni bénéficié d’aucune aide sociale. Il faisait du bénévolat notamment 
auprès de Caritas. Sa famille vivait au Maroc, à part l’une de ses sœurs avec 
laquelle il n’avait plus de lien.  

  Selon l’OCP, le recourant ne remplissait pas les conditions à l’octroi d’un 
permis à titre de rigueur personnelle.  

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13.  Par jugement du 27 novembre 2012, le TAPI a rejeté le recours de 
M. S______. Ce dernier ne remplissait pas les conditions de l’art. 30 al. 1 let. b de 
la loi fédérale sur les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr - RS 142.20), 
lesquelles devaient être appréciées de manière restrictive. Au demeurant, la 
formulation de cette disposition conduisait à ne retenir aucun droit pour un 
étranger à l’octroi d’une dérogation aux conditions d’admission ordinaires au 
séjour en Suisse. M. S______ ne se trouvait pas dans une situation de détresse 
personnelle. Le fait qu’il ait vécu durant un certain nombre d’années en Suisse 
devait être tempéré par le caractère illégal de son séjour. Même si son 
comportement n’avait pas fait l’objet de plainte et qu’il s’était intégré en Suisse 
socialement et professionnellement, cela n’entraînait pas un droit à l’obtention 
d’un permis de séjour pour cas de rigueur personnelle. Dans le cas d’espèce, 
l’intégration sociale et professionnelle de M. S______ n’était pas exceptionnelle. 
C’était à juste titre que l’OCP avait refusé de soumettre favorablement son dossier 
à l’approbation de l’office fédéral des migrations (ci-après : ODM). La décision 
de renvoi était également à confirmer. Le renvoi était possible.  

14.  Par acte posté le 29 décembre 2012, M. S______ a recouru contre le 
jugement du TAPI du 27 novembre 2012, notifié le 29 novembre 2012, concluant 
à son annulation. Il demandait à être mis au bénéfice d’un permis de séjour ne 
serait-ce qu’à titre provisoire. Le TAPI considérait qu’il ne se trouvait pas en 
situation d’extrême gravité. Cela était inexact. Il s’était rendu au Maroc pour 
liquider une succession et s’était rendu compte qu’il était étranger à ce pays, 
même si c’était celui de son origine. Il avait besoin de travailler et sans permis ne 
pourrait le faire. Sa situation était grave car c’était à son âge qu’il pouvait 
construire son avenir. 

15.  Le 31 janvier 2013, l’OCP a conclu au rejet du recours.  

  M. S______ ne remplissait pas les conditions de l’art. 30 al. 1 LEtr. La 
longueur de son séjour devait être relativisée, car il n’avait pas été en mesure de 
prouver qu’il séjournait effectivement et de manière continue en Suisse depuis 
1998. Il avait d’ailleurs admis avoir vécu en France entre 2003 et 2005. Son 
intégration n’était pas particulièrement réussie puisque selon ses propres 
déclarations, il n’avait jamais eu de travail fixe en Suisse. Il était sans emploi et 
dépendant financièrement de sa sœur. Le jugement du TAPI devait être confirmé 
y compris concernant le renvoi de l’intéressé qui était possible. Même si 
M. S______ se heurterait vraisemblablement à des difficultés de réintégration en 
cas de retour au Maroc, il n’était pas établi qu’elles soient plus graves pour lui que 
pour n’importe lequel de ses concitoyens qui se trouveraient dans sa situation, 
appelé à quitter la Suisse au terme de son séjour.  

16.  Le 4 février 2013, le juge délégué a informé les parties que la cause était 
gardée à juger. 

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EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2.  Le recours porte sur le refus d’autorisation de séjour pour cas d’extrême 
gravité et le renvoi de Suisse du recourant. 

3.    Selon l’art. 11 al. 1 LEtr, le séjour en Suisse en vue d’y exercer une activité 
lucrative est soumis à autorisation dont les conditions sont énoncées aux art. 18 à 
26 LEtr. Ladite autorisation doit être requise auprès du canton de prise d’emploi 
(art. 11 al. 1 LEtr). 

4.  a. Selon l’art. 30 al. 1 let. b LEtr, il est possible de déroger aux conditions 
d’admission d’un étranger en Suisse pour tenir compte d’un cas individuel 
d’extrême gravité. 

 b. A teneur de l’art. 31 al. 1 de l’ordonnance relative à l'admission, au séjour et 
à l'exercice d'une activité lucrative du 24 octobre 2007 (OASA - RS 142.201), lors 
de l’appréciation d’un cas d’extrême gravité, il convient de tenir compte 
notamment : 

 a) de l’intégration du requérant ; 

 b) du respect de l’ordre juridique suisse par le requérant ; 

  c) de la situation familiale, particulièrement de la période de scolarisation et 
de la durée de la scolarité des enfants ; 

  d) de la situation financière ainsi que de la volonté de prendre part à la vie 
économique et d’acquérir une formation ; 

  e) de la durée de la présence en Suisse ; 

  f) de l’état de santé ; 

  g) des possibilités de réintégration dans l’Etat de provenance. 

 c. La jurisprudence développée au sujet des cas de rigueur selon le droit en 
vigueur jusqu’au 31 décembre 2007 (art. 13 let. f de l’ancienne ordonnance 
limitant le nombre des étrangers du 6 octobre 1986 - aOLE - RS 142.20) est 
toujours d’actualité pour les cas d’extrême gravité qui leur ont succédé. Les 
dispositions dérogatoires des art. 30 LEtr et 31 OASA présentent un caractère 
exceptionnel et les conditions pour la reconnaissance d’une telle situation doivent 
être appréciées de manière restrictive (ATF 128 II 200 ; ATA/479/2012 du 
31 juillet 2012 ; ATA/750/2011 du 6 décembre 2011). 

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 d. Pour admettre l’existence d’un cas d’extrême gravité, il est nécessaire que 
l’étranger concerné se trouve dans une situation de détresse personnelle. Cela 
signifie que ses conditions de vie et d’existence, comparées à celles applicables à 
la moyenne des étrangers, doivent être mises en cause de manière accrue, c’est-à-
dire que le refus de soustraire l’intéressé à la réglementation ordinaire d’admission 
comporte pour lui de graves conséquences. Le fait que l’étranger ait séjourné en 
Suisse pendant une assez longue période, qu’il y soit bien intégré socialement et 
professionnellement et que son comportement n’ait pas fait l’objet de plaintes ne 
suffit pas, à lui seul, à constituer un cas d’extrême gravité ; il faut encore que sa 
relation avec la Suisse soit si étroite qu’on ne puisse exiger qu’il aille vivre dans 
un autre pays, notamment dans son pays d’origine. A cet égard, les relations de 
travail, d’amitié ou de voisinage que l’intéressé a pu nouer pendant son séjour ne 
constituent normalement pas des liens si étroits avec la Suisse qu’ils justifieraient 
une exception (ATF 124 II 110 consid. 3 ; Arrêt du Tribunal administratif fédéral 
C-6628/2007 du 23 juillet 2009 consid. 5 ; Arrêt du Tribunal fédéral 2A.429/2003 
du 26 novembre 2003 consid. 3 et les références citées ; ATA/750/2011 précité ; 
ATA/648/2009 du 8  décembre 2009 ; A. WURZBURGER, La jurisprudence 
récente du Tribunal fédéral en matière de police des étrangers, in RDAF I 1997 
pp. 267 ss). Son intégration professionnelle doit en outre être exceptionnelle ; le 
requérant possède des connaissances professionnelles si spécifiques qu’il ne 
pourrait les utiliser dans son pays d’origine ; ou alors son ascension 
professionnelle est si remarquable qu’elle justifierait une exception aux mesures 
de limitation (Arrêt du Tribunal fédéral 2A.543/2001 du 25 avril 2002 
consid. 5.2 ; ATA/479/2012 précité ; ATA/774/2010 du 9 novembre 2010). 

 e. En règle générale, la durée du séjour illégal en Suisse ne peut être prise en 
considération dans l’examen d’un cas de rigueur car, si tel était le cas, 
l’obstination à violer la législation en vigueur serait en quelque sorte récompensée 
(Arrêts du Tribunal administratif fédéral C_6051/2008 et C_6098/2008 du 
9 juillet 2010 consid. 6.4 ; ATA/720/2011 du 22 novembre 2011). 

5.  Le recours devant la chambre administrative peut être formé pour violation 
du droit, y compris l’excès et l’abus du pouvoir d’appréciation, ainsi que pour 
constatation inexacte des faits (art. 61 al. 1 LPA). En revanche, celle-ci ne connaît 
pas de l’opportunité d’une décision prise en matière de police des étrangers, dès 
lors qu’il ne s’agit pas d’une mesure de contrainte (art. 61 al. 2 LPA ; art. 10 al. 2 
de la loi d’application de la loi fédérale sur les étrangers du 16 juin 1988 - 
LaLEtr - F 2 10, a contrario ; ATA/479/2012 précité ; ATA/367/2012 du 12 juin 
2012 ; ATA/750/2011 précité). 

6.  En l’espèce, le recourant est venu en Suisse en 1998 pour y trouver un 
emploi. Il a, selon ses dires, également vécu et travaillé en France. Si dans le 
dossier constitué par l’OCP avec sa collaboration, des preuves de son séjour dans 
le canton depuis 2001 et de son intégration dans le tissu social genevois ont pu 

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être recueillies, les affirmations selon lesquelles, il avait régulièrement séjourné et 
travaillé à Genève en effectuant de petits travaux n’ont pu être vérifiées. 

  Quoiqu’il en soit, les éléments développés par le recourant ne suffisent pas 
pour admettre une dérogation aux conditions d’admission ordinaire, au motif d’un 
cas d’extrême gravité au sens des art. 30 al. 1 let. b LEtr et 31 OASA. Les 
conditions auxquelles la reconnaissance d’un cas de rigueur est soumise doivent 
être appréciées de manière restrictive. Or, la relation du recourant avec la Suisse 
n’est pas si étroite qu’on ne puisse exiger de lui qu’il aille vivre dans un autre 
pays, notamment dans son pays d’origine dans lequel il a conservé des liens avec 
sa famille. Rien ne permet de penser que l’intéressé se soit spécialement investi 
dans la vie associative ou culturelle locale depuis son arrivée en Suisse. Il est 
également parfaitement normal qu’une personne ayant effectué un séjour prolongé 
dans un pays s’y soit créé des attaches, se soit familiarisée avec le mode de vie et 
maîtrise au moins l’une des langues nationales, mais les relations d’amitié, de 
même que les relations de travail ou les autres relations sociales qu’il a pu nouer 
durant son séjour sur le territoire suisse, si elles sont prises dans une certaine 
mesure en considération, n’ont pas une intensité telle qu’elles puissent constituer 
des éléments déterminants au sens de l’art. 30 al. 1 let b LEtr. 

  Quant à son intégration professionnelle, elle ne peut être qualifiée de 
remarquable. Son séjour à Genève est caractérisé par une succession d’emplois de 
courte durée à des fonctions inconnues auprès d’employeurs dont on ne connaît 
pas le domaine d’activité. Au regard des emplois qu’il a exercés dont on ignore le 
détail, il n’est pas établi qu’il ait acquis des connaissances ou des qualifications 
spécifiques telles, au sens de la jurisprudence rappelée ci-dessus, qu’il ne pourrait 
plus les exercer au Maroc en cas de retour dans ce pays. Il n’a pas fait preuve 
d’une évolution professionnelle exceptionnelle en Suisse justifiant, à elle seule, 
l’admission d’un cas d’extrême gravité au sens de l’art. 30 al. 1 let. b LEtr. En 
outre, la situation sur le marché du travail au Maroc est peut-être plus incertaine 
qu’en Suisse, mais il n’est pas établi qu’il n’y retrouverait pas un emploi comme 
soudeur, puisqu’il a cette formation, ou dans un autre domaine, notamment grâce 
à l’expérience professionnelle acquise en Suisse. Le fait qu’il n’aurait pas dans 
son pays natal le même niveau de vie qu’en Suisse n’est pas relevant au regard des 
critères de l’art. 31 al. 1 OASA.  

  De plus, le recourant a séjourné illégalement en Suisse depuis son arrivée en 
2003. Ce n’est qu’en décembre 2010 qu’il a déposé une demande d’autorisation 
de séjour auprès de l’OCP. Avant cela, il n’avait pris aucune mesure propre à 
régulariser sa situation et à obtenir une autorisation lui permettant de séjourner 
légalement dans ce pays. Une autorisation de séjour pour cas d’extrême gravité ou 
d’intérêts publics majeurs, au sens de l’art. 30 al. 1 let. b LEtr, a pour but de régler 
une situation exceptionnelle de détresse personnelle et non pas de régulariser une 
situation illégale. Le simple fait pour un étranger de séjourner en Suisse pendant 

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plusieurs années, y compris à titre légal, ne permet pas d’admettre un cas 
personnel d’extrême gravité sans que n’existent d’autres circonstances tout à fait 
exceptionnelles à même de justifier l’existence d’un tel cas. En conséquence, le 
recourant ne saurait tirer parti de la durée de son séjour en Suisse pour bénéficier 
d’une exception aux mesures de limitation.  

  Par ailleurs, un retour dans son pays d’origine ne saurait constituer pour lui 
un déracinement. L’intéressé a en effet gardé des contacts avec sa famille restée 
au Maroc puisqu’il y est retourné en 2011. 

7.  Aux termes de l’art. 64 al. 1 let. c LEtr, tout étranger dont l’autorisation est 
refusée, révoquée ou qui n’est pas prolongée après un séjour autorisé est renvoyé. 
La décision de renvoi est assortie d’un délai de départ raisonnable (art. 64d al. 1 
LEtr). 

8.  a. Le renvoi d’un étranger ne peut toutefois être ordonné que si l’exécution de 
celui-ci est possible, licite ou peut être raisonnablement exigée (art. 83 al. 1 LEtr). 
La portée de cette disposition étant similaire à celle de l’ancien art. 14a de la loi 
fédérale sur le séjour et l’établissement des étrangers du 26 mars 1931(LSEE - RS 
142.20), la jurisprudence rendue et la doctrine en rapport avec cette disposition 
légale restent donc applicables (ATA/244/2012 du 24 avril 2012 ; ATA/750/2011 
précité ; ATA/848/2010 du 30 novembre 2010). 

 b. Le renvoi d’un étranger n’est pas possible lorsque celui-ci ne peut quitter la 
Suisse pour son Etat d’origine, son Etat de provenance ou un Etat tiers, ni être 
renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr). Il n’est pas licite lorsqu’il serait 
contraire aux engagements internationaux de la Suisse (art. 83 al. 3 LEtr). Il n’est 
pas raisonnablement exigible s’il met concrètement en danger l’étranger, par 
exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou de nécessité 
médicale (art. 83 al. 4 LEtr). 

 c. En l’espèce, le recourant n’a pas d’autorisation de séjour. Il doit être 
renvoyé de Suisse, dès lors qu’aucun motif énoncé à l’art. 83 LEtr, qui interdirait 
un tel renvoi, ne ressort du dossier. L’intéressé est retourné récemment au Maroc 
pour une durée d’un mois sans que cela ne pose de problèmes. Même s’il a 
séjourné durant plusieurs années en Suisse, il ne peut aller jusqu’à prétendre que 
ce pays dans lequel il a passé toute son enfance jusqu’à l’âge adulte lui soit 
devenu totalement étranger à tel point qu’il ne puisse, après certes une période de 
réadaptation, y retrouver ses marques. 

9.  Le recours sera rejeté. Le recourant plaidant au bénéfice de l’assistance 
juridique, aucun émolument ne sera mis à sa charge (art. 12 du règlement sur les 
frais, émoluments et indemnités en procédure administrative du 30 juillet 1986 - 
RFPA - E 5 10.03). 

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PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 29 décembre 2012 par Monsieur S______ contre 
le jugement du Tribunal administratif de première instance du 27 novembre 2012 ; 

au fond : 

le rejette ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument, ni alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que, les éventuelles voies de recours contre le présent arrêt, les délais et conditions 
de recevabilité qui leur sont applicables, figurent dans la loi fédérale sur le Tribunal 
fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), dont un extrait est reproduit ci-après. Le 
mémoire de recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie 
postale ou par voie électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les 
pièces en possession du recourant invoquées comme moyens de preuve, doivent être 
joints à l'envoi ; 

communique le présent arrêt à Monsieur S______, à l’office cantonal de la population, 
au Tribunal administratif de première instance ainsi qu'à l'office fédéral des migrations.  

Siégeants : Mme Junod présidente, MM. Dumartheray et Verniory, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

S. Hüsler Enz 

 la présidente siégeant : 
 
 

Ch. Junod 
 
 

 

 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

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Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière : 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extraits de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110) 
consultable sur le site: http://www.admin.ch/ch/f/rs/c173_110.html 

Recours en matière de droit public Recours constitutionnel subsidiaire 

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(art. 82 et ss LTF) (art. 113 et ss LTF) 

Art. 82 Principe 
Le Tribunal fédéral connaît des recours : 
a. contre les décisions rendues dans des causes de droit 
public ; 
… 

Art. 83 Exceptions 
Le recours est irrecevable contre : 
… 
c. les décisions en matière de droit des étrangers qui 

concernent :  
1. l’entrée en Suisse, 
2. une autorisation à laquelle ni le droit fédéral ni le 

droit international ne donnent droit, 
3. l’admission provisoire, 
4. l’expulsion fondée sur l’art. 121, al. 2, de la 

Constitution ou le renvoi, 
5. les dérogations aux conditions d’admission, 
6. la prolongation d’une autorisation frontalière, le 

déplacement de la résidence dans un autre canton, 
le changement d’emploi du titulaire d’une 
autorisation frontalière et la délivrance de 
documents de voyage aux étrangers sans pièces de 
légitimation ; 

d. les décisions en matière d’asile qui ont été rendues :  
1. par le Tribunal administratif fédéral, 
2. par une autorité cantonale précédente et dont 

l’objet porte sur une autorisation à laquelle ni le 
droit fédéral ni le droit international ne donnent 
droit ; 

… 

Art. 89 Qualité pour recourir 
1 A qualité pour former un recours en matière de droit 
public quiconque : 
a. a pris part à la procédure devant l’autorité précédente 

ou a été privé de la possibilité de le faire ; 
b. est particulièrement atteint par la décision ou l’acte 

normatif attaqué, et 
c. a un intérêt digne de protection à son annulation ou à 

sa modification. 
… 

Art. 95 Droit suisse 
Le recours peut être formé pour violation : 
a. du droit fédéral ; 
b. du droit international ; 
c. de droits constitutionnels cantonaux ; 
d. de dispositions cantonales sur le droit de vote des 

citoyens ainsi que sur les élections et votations 
populaires ; 

e. du droit intercantonal. 

Art. 100 Recours contre une décision 
1 Le recours contre une décision doit être déposé devant le 
Tribunal fédéral dans les 30 jours qui suivent la 
notification de l’expédition complète. 
______________________________________________ 

Art. 113 Principe 
Le Tribunal fédéral connaît des recours 
constitutionnels contre les décisions des autorités 
cantonales de dernière instance qui ne peuvent faire 
l’objet d’aucun recours selon les art. 72 à 89. 

Art. 115 Qualité pour recourir 
A qualité pour former un recours constitutionnel 
quiconque : 
a. a pris part à la procédure devant l’autorité 

précédente ou a été privé de la possibilité de le 
faire et 

b. a un intérêt juridique à l’annulation ou à la 
modification de la décision attaquée. 

Art. 116 Motifs de recours 
Le recours constitutionnel peut être formé pour 
violation des droits constitutionnels. 

Art. 100 Recours contre une décision 
1 Le recours contre une décision doit être déposé 
devant le Tribunal fédéral dans les 30 jours qui 
suivent la notification de l’expédition complète. 
___________________________________________ 

 

Recours ordinaire simultané (art. 119 LTF) 
1 Si une partie forme contre une décision un recours ordinaire et un recours constitutionnel, elle doit déposer les 
deux recours dans un seul mémoire. 
2 Le Tribunal fédéral statue sur les deux recours dans la même procédure. 

3 Il examine les griefs invoqués selon les dispositions applicables au type de recours concerné.