# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 7165ffc4-18f6-5cc4-8524-d20fc3d53639
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-10-28
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 28.10.2014 A/2360/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-2360-2013_2014-10-28.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/2360/2013-ICCIFD ATA/834/2014  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 28 octobre 2014 

2ème section 

   dans la cause 

 

Monsieur A______  

contre 

 ADMINISTRATION FISCALE CANTONALE 

et 

ADMINISTRATION FÉDÉRALE DES CONTRIBUTIONS 
 

_________ 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 
6 septembre 2013 (JTAPI/955/2013) 

- 2/6 - 

A/2360/2013 

EN FAIT 

1)  Par deux décisions du 22 avril 2013, l’administration fiscale cantonale (ci-
après : AFC) a déclaré irrecevables les réclamations de Monsieur A______ du 8 
mars 2013 contre les bordereaux d’impôts du 1er octobre 2012 relatifs 
respectivement aux impôts cantonaux et communaux (ci-après : ICC) 2011 et à 
l’impôt fédéral direct (ci-après : IFD) 2011, au motif qu’elles étaient tardives.  

2)  Le 11 juillet 2013, M. A______ a recouru auprès du Tribunal administratif 
de première instance (ci-après : TAPI) contre les décisions susmentionnées. Il 
confirmait ses réclamations, les montants calculés par l’AFC le pénalisaient pour 
un simple délai. Il n’avait pas de dettes  ni de poursuites, deux pensions à payer et 
un salaire unique ainsi que des ennuis de santé.  

3)  Le 25 juillet 2013, le TAPI a invité M. A______ à fournir un acte de recours 
satisfaisant aux exigences légales de forme, son courrier ne comportant pas de 
motivation claire ni de conclusions. Un délai au 6 août 2013 lui était imparti pour 
ce faire, sous peine d’irrecevabilité. Par ailleurs, il devait acquitter une avance de 
frais de CHF 300.- jusqu’au 24 août 2013, sous peine d’irrecevabilité.  

  Adressé sous pli recommandé, le courrier du TAPI a été retourné à son 
expéditeur le 5 août 2013 sans avoir été retiré par son destinataire.  

4)  Le 29 août 2013, le TAPI a reçu une lettre de M. A______. Il était de retour 
de vacances et n’avait pas retiré un recommandé qui avait été retourné à 
l’expéditeur. Si ce courrier venait du TAPI, il souhaitait qu’il lui soit à nouveau 
adressé. 

5)  Par jugement du 6 septembre 2013, le TAPI a déclaré irrecevable le recours 
de M. A______, aucune avance de frais n’ayant été effectuée. Rien ne permettait 
de retenir que l’intéressé aurait été victime d’un empêchement fautif de s’acquitter 
en temps utile du montant réclamé. 

  Le jugement a été notifié à M. A______ le 11 septembre 2013. 

6)  Le 10 octobre 2013, M. A______ a recouru auprès de la chambre 
administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative). Il 
confirmait la contestation de son imposition tant ICC que IFD pour 2011. Après 
une séparation difficile, des ennuis de santé l’avaient perturbé. Il avait reçu tous 
les impôts 2011 à payer.  

7)  Le 15 octobre 2013, la chambre administrative a invité M. A______ à 
satisfaire aux exigences légales formelles pour que son recours soit recevable, cela 

- 3/6 - 

A/2360/2013 

à l’intérieur du délai de recours. Cette demande a été adressée par pli 
recommandé.  

8)  Par courrier daté du 13 novembre 2013, reçu le 18 novembre 2013 au greffe 
de la chambre administrative, M. A______ a transmis les bordereaux ICC et IFD 
2011, les décisions de l’AFC du 22 avril 2013 et le jugement du TAPI du 
6 septembre 2013. Il confirmait sa demande de rectification de son imposition 
2011, s’estimant surtaxé à la suite de sa séparation et proposait une diminution de 
CHF 3'500.- pour l’exercice 2011. 

9)  Le 5 décembre 2013, le TAPI a transmis son dossier sans observations. Il a 
complété cet envoi le 15 juillet 2014.  

10)  Le 11 août 2014, l’AFC s’en est rapporté à justice, le jugement querellé 
ayant pour seul objet la problématique du versement de l’avance de frais dans le 
délai imparti par la juridiction de première instance.  

11)  Le 11 août 2014, les parties ont été informées que la cause était gardée à 
juger.  

EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 
septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2)  La question de savoir si le recourant a valablement complété son recours, 
n’ayant répondu à la demande de la chambre administrative que le 13 novembre 
2013 dans l’hypothèse la plus favorable, demeurera ouverte vu ce qui suit. 

3)  Le recourant a saisi la juridiction de céans après que le TAPI ait déclaré son 
recours irrecevable pour défaut de paiement de l’avance de frais.  

 a. L'exigence de l'avance de frais et les conséquences juridiques en cas de 
non-paiement relèvent du droit de procédure cantonal. Par conséquent, les cantons 
restent libres, dans le respect des garanties constitutionnelles, d'organiser cette 
matière à leur guise (Arrêt du Tribunal fédéral 2C_1022/2012 du 25 mars 2013 
consid. 5.1). 

 b. La procédure administrative genevoise prévoit que la juridiction saisie invite 
le recourant à payer une avance de frais destinée à couvrir les frais et émoluments 
de procédure présumables. À cette fin, elle lui fixe un délai raisonnable (art. 86 
al. 1 LPA). Si l’avance de frais n’est pas faite dans le délai imparti, la juridiction 
déclare le recours irrecevable (art. 86 al. 2 LPA). 

- 4/6 - 

A/2360/2013 

 

  Les juridictions administratives disposent ainsi d'une grande liberté 
d’organiser la mise en pratique de cette disposition. Elles peuvent choisir 
d’envoyer la demande d’avance de frais d’entrée de cause par pli recommandé 
(ATA/280/2012 du 8 mai 2012 consid. 2 ; ATA/594/2009 du 17 novembre 2009). 

4) a. Les délais fixés par la loi sont des dispositions de droit public qui présentent 
un caractère impératif. À ce titre, ils ne sont pas susceptibles d’être prolongés, 
restitués ou suspendus, sauf par le législateur lui-même (art. 21 al. 1 de la loi de 
procédure fiscale du 4 octobre 2001 - LPFisc - D 3 17 - et 16 al. 1, 1ère phr. LPA ; 
Benoît BOVAY, Procédure administrative, Berne 2000, p. 378). De fait, celui qui 
n’agit pas dans le délai prescrit est forclos et la décision en cause acquiert force 
obligatoire (ATA/304/2014 du 29 avril 2014 consid. 4c ; ATA/271/2014 du 
15 avril 2014 consid. 3a ; ATA/234/2014 du 8 avril 2014 consid. 4 et les arrêts 
cités). 

 b. S’agissant d’un acte soumis à réception, telle une décision ou une 
communication de procédure, la notification est réputée faite au moment où 
l’envoi entre dans la sphère de pouvoir de son destinataire (Pierre MOOR/ 
Étienne POLTIER, Droit administratif, Vol. II, 3ème éd., 2011, p. 302 s., 
n. 2.2.8.3). Il suffit que celui-ci puisse en prendre connaissance (ATF 137 III 308 
consid. 3.1.2 ; 118 II 42 consid. 3b ; 115 Ia 12 consid. 3b ; Arrêts du Tribunal 
fédéral 2P.259/2006 du 18 avril 2007 consid. 3.1 ; 2A.54/2000 du 23 juin 2000 
consid. 2a et les références citées). Celui qui, pendant une procédure, omet de 
prendre les dispositions nécessaires pour que les envois postaux lui soient 
transmis ne peut se prévaloir de son absence lors de la tentative de notification 
d’une communication officielle à son adresse habituelle s’il devait s’attendre, avec 
une certaine vraisemblance, à recevoir une telle communication (ATF 130 III 396 
consid. 1.2.3 p. 399 ; arrêt du Tribunal fédéral 1C_549/2009 du 1er mars 2010 
consid. 3.2.1 et les références citées). Un envoi est réputé notifié à la date à 
laquelle son destinataire le reçoit effectivement. 

 c. Pour examiner si l’intéressé a été « empêché sans sa faute d’agir dans le 
délai fixé », la jurisprudence procède par analogie avec les cas susceptibles de 
constituer des cas de force majeure au sens de l’art. 16 al. 1 LPA. 

 d. Tombent sous cette dernière notion les événements extraordinaires et 
imprévisibles qui surviennent en dehors de la sphère d’activité de l’intéressé et qui 
s’imposent à lui de façon irrésistible (ATA/797/2014 du 14 octobre 2014 ; 
ATA/145/2014 du 11 mars 2014 et les références citées). 

5)  Dans le cas d’espère, le recourant a été invité par le TAPI à effectuer 
l’avance de frais nécessaire jusqu’au 24 août 2013. La demande a été faite par pli 
recommandé qui a été retourné à l’expéditeur sans avoir été retiré. Il ressort du 

- 5/6 - 

A/2360/2013 

dossier que M. A______ était en vacances à cette période. Force est de constater 
qu’il n’avait pris aucune mesure pour que les envois postaux lui soient transmis 
durant son absence, alors qu’il avait initié une procédure de recours.  

  Par ailleurs, il ne fait état d’aucune circonstance propre à envisager un cas 
de force majeure, le fait d’alléguer sans aucune précision ni pièce justificative – 
pourtant demandées tant par le TAPI que la chambre de céans – des problèmes de 
santé étant insuffisant. 

  Par conséquent, la chambre de céans ne peut que confirmer le jugement 
d’irrecevabilité du TAPI.   

6)  Mal fondé, le recours sera rejeté dans la mesure où il est recevable. Un 
émolument de CHF 500.- sera mis à la charge du recourant (art. 87 al. 1 LPA). 
Aucune indemnité de procédure ne lui sera allouée (art. 87 al. 2 LPA). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

rejette, dans la mesure où il est recevable, le recours interjeté le 10 octobre 2013 par 
Monsieur A______ contre le jugement du Tribunal administratif de première instance 
du 6 septembre 2013 ; 

met à la charge du recourant un émolument de CHF 500.- ; 

dit qu’il n’est pas alloué d’indemnité ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Monsieur  A______, à l’administration fiscale cantonale, 
à l’administration fédérale des contributions, ainsi qu’au Tribunal administratif de 
première instance. 

 

- 6/6 - 

A/2360/2013 

Siégeants : M. Verniory, président, Mme Junod, M. Dumartheray, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

S. Hüsler Enz 

 le président siégeant : 
 
 

J.-M. Verniory 
 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :