# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** da568394-0dfd-53e0-8337-ccb1d6e9acc7
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2004-04-21
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 21.04.2004 PE.2004.0103
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_PE-2004-0103_2004-04-21.html

## Full Text

CANTON DE VAUD

TRIBUNAL ADMINISTRATIF

Arrêt

du 21 avril 2004

sur le recours interjeté le 27 février 2004
par X._________, ressortissante française née le 2 janvier 1958, et par Y._________,
ressortissant suisse, 

contre

la décision du Service de la population
(ci-après SPOP) du 11 février 2004 refusant de délivrer une autorisation de
séjour CE-AELE à X._________.

* * * * * * * * * * * * * * * *

Composition de la section: Mme Isabelle
Guisan, présidente; M. Rolf Wahl et M. Jean-Daniel Henchoz, assesseurs. Greffière:
Mme Anouchka Hubert.

constate ce qui suit en fait et en
droit :

                        Vu l'arrivée en Suisse
de X._________ le 1er novembre 2002 en vue d'y rechercher un emploi
et de vivre auprès de son ami Y._________, 

                        vu la décision du SPOP
du 11 février 2004, notifié à Françoise Riboulet le 24 février 2004, refusant
de lui accorder une autorisation de séjour CE-AELE aux motifs que les seuls
revenus dont disposaient la requérante et son concubin provenaient, depuis le 1er
octobre 2003, de l'Aide sociale vaudoise (RMR) et que l'intéressée ne faisait
pas état d'une offre ferme d'engagement d'un employeur, et lui fixant un délai
d'un mois, à compter de la réception de la présente décision, pour quitter le
territoire vaudois,

                             vu le recours
interjeté en temps utile par X._________ et son ami Y._________  duquel il
ressort que, malgré les recherches entreprises par la recourante, elle ne
disposait pas d'activité lucrative et que son concubin était lui-même dans une
situation financière difficile,

                        vu le dossier de
l'autorité intimée, en particulier une décision du Centre social régional
d'Orbe allouant à Y._________ une prestation financière RMR depuis le 1er
octobre 2003 pour une durée d'un an d'un montant mensuel de 2'525 francs,

 

                        vu l'art. 35a LJPA, à
teneur duquel un recours apparaissant manifestement mal fondé sera rejeté dans
les meilleurs délais par un arrêt sommairement motivé, rendu sans autre mesure
d'instruction que la production du dossier;

                        aux termes de l'art.
1a LSEE, tout étranger a le droit de résider sur le territoire suisse s'il est
au bénéfice d'une autorisation de séjour ou d'établissement,

                        que selon l'art. 4
LSEE, l'autorité statue librement, dans le cadre des prescriptions légales et
des traités avec l'étranger sur l'octroi de l'autorisation de séjour,

                        que pour les
autorisations, les autorités doivent tenir compte des intérêts moraux et
économiques du pays, ainsi que du degré de surpopulation étrangère (art. 16
LSEE), 

                        qu'ainsi, les
ressortissants étrangers ne bénéficient en principe d'aucun droit à l'obtention
d'une autorisation de séjour et de travail, sous réserve de dispositions
contraires résultant des traités internationaux ou de la loi, 

                        qu'en l'espèce, la
demande de la recourante, de nationalité française, doit être examiné à la
lumière des dispositions de l'Accord du 21 juin 1999 entre la Communauté
Européenne et ses Etats-membres d'une part, et la Confédération suisse d'autre
part, sur la libre circulation des personnes (ci-après ALCP), ainsi que sur la
base des textes d'application de cet accord,

                        que les lettres a et c
de l'art. 1 ALCP indiquent plus particulièrement que l'objectif de l'Accord en
faveur des ressortissants des Etats-membres de la Communauté Européenne et de
la Confédération helvétique, est d'accorder un droit d'entrée, de séjour,
d'accès à une activité économique salariée, d'établissement en temps
qu'indépendant et le droit de demeurer sur le territoire des parties
contractantes, ainsi que d'accorder un droit d'entrée et de séjour, sur le
territoire des parties contractantes, aux personnes sans activité économique
dans le pays d'accueil, 

                        que conformément à
l'art. 6 ALCP, le droit de séjour sur le territoire d'une partie contractante
est garanti aux personnes n'exerçant pas d'activité économique selon les
dispositions de l'Annexe I relatives aux non-actifs,

                        que l'art. 24 § 1 de
l'Annexe I à l'ALCP précise ainsi qu'une personne ressortissante d'une partie
contractante n'exerçant pas d'activité économique dans l'Etat de résidence et
ne bénéficiant pas d'un droit de séjour en vertu d'autres dispositions de
l'Accord reçoit un titre de séjour d'une durée de 5 ans au moins, à condition
qu'elle prouve aux autorités nationales compétentes qu'elle dispose, pour
elle-même et les membres de sa famille, de moyens financiers suffisants pour ne
pas devoir faire appel à l'aide sociale pendant le séjour (lettre a) et d'une
assurance-maladie couvrant l'ensemble des risques (lettre b),

                        que le paragraphe 2 de
cet article indique notamment que sont considérés comme suffisants les moyens
financiers nécessaires qui dépassent le montant en-dessous duquel les
nationaux, eu égard à leur situation personnelle et le cas échéant les membres
de leur famille, peuvent prétendre à des prestations d'assistance,       

                        qu'à la suite de
l'entrée en vigueur de l'ALCP, la LSEE a été modifiée et la lettre a de son
art. 1 al. 1 indique qu'elle n'est applicable aux ressortissants des
Etats-membres de la Communauté Européenne, aux membres de leur famille et aux
travailleurs détachés que si l'ALCP n'en dispose pas autrement ou si la
présente loi prévoit des dispositions plus favorables, 

                        que l'Ordonnance du 22
mai 2002 sur l'introduction progressive de la libre circulation des personnes
entre, d'une part, la Confédération suisse et, d'autre part, la Communauté
Européenne et ses Etats-membres, ainsi qu'entre les Etats-membres de
l'Association Européenne de Libre-Echange (ci-après OLCP) réglemente,
conformément à son art. 1, l'introduction progressive de la libre circulation
des personnes selon les dispositions de l'ALCP et les dispositions de la
Convention instituant l'AELE, compte tenu des dispositions transitoires,

                        que l'art. 16 OLCP est
consacré aux moyens financiers nécessaires en cas de séjour sans exercice d'une
activité lucrative,  

                        que l'art. 16 al. 1
OLCP précise ainsi que les moyens financiers des ressortissants de la
Communauté Européenne et de l'Association Européenne de Libre-Echange, ainsi
que des membres de leur famille, sont réputés suffisants s'ils dépassent les
prestations d'assistance qui seraient allouées en fonction des Directives de la
Conférence Suisse des institutions d'actions sociales (CSIAS), à un
ressortissant suisse, éventuellement aux membres de sa famille, suite à la
demande de l'intéressé et compte tenu de sa situation personnelle,

                        qu'en l'occurrence et
indépendamment des normes du CSIAS permettant de  déterminer les montants
mensuels nécessaires à la couverture de besoins fondamentaux, force est de
constater que la recourante admet ne bénéficier d'aucun revenu lui permettrant
de vivre dans notre pays,

                        que dans son recours,
elle invoque que malgré les recherches de travail entreprises, elle ne dispose
pas d'activité économique et que son concubin se trouve lui-même dans une
situation financière précaire dans la mesure où il est à la charge des services
sociaux, 

                        qu'au vu de ce qui
précède, force est d'admettre que malgré l'attestation de prise en charge de la
recourante signée par son concubin, elle émargerait incontestablement elle
aussi à la charge des services sociaux, 

                        qu’en conclusion, le
recours est manifestement mal fondé et doit être rejeté en application de la
procédure prévue à l'art. 35a LJPA,

                        que, vu la situation
financière de la recourante et de son concubin, les frais du présent arrêt
seront mis à la charge de l’Etat,

                        qu’au surplus, ils
n’ont pas droit à des dépens (art. 55 al. 1 LJPA).

 

Par ces motifs

le Tribunal administratif

arrête:

I.                      Le recours est
rejeté.

II.                     La décision du
Service de la population du 11 février 2004 est maintenue.

III.                     Un délai de
départ au 14 mai 2004 est imparti à X._________, ressortissante
française née le 2 janvier 1958, pour quitter le territoire vaudois.

IV.                    Les frais du
présent arrêt, par 500 (cinq cents) francs, sont mis à la charge de l’Etat,
l'avance de frais effectuée étant restituée à la recourante.

V.                     Il n'est pas
alloué de dépens.

sb/Lausanne, le 21 avril 2004

La présidente:                                                                                           La
greffière:

                                                                     

 

 

 

Le présent arrêt est notifié :

- aux recourants, X._________ et
Y._________, sous pli lettre-signature

- au SPOP

- à l'Office fédéral de l'immigration, de
l'intégration et de l'émigration, IMES, Section Suisse Romande, Canton de Vaud,
Quellenweg 9, 3003 Berne-Wabern.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Annexe pour le SPOP : son dossier en retour