# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** d89ad996-409c-5113-892c-461bcfdb2eda
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2015-01-23
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 23.01.2015 A-2653/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_A-2653-2014_2015-01-23.pdf

## Full Text

A-2653/2014 

Page 1 

 B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

  
 

Décision confirmée par le TF par arrêt 

du 09.11.2015 (2C_128/2015) 

 
 

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour I 

A-2653/2014 

 

 

  A r r ê t  d u  2 3  j a n v i e r  2 0 1 5  

Composition 

 
Jérôme Candrian (président du collège),  

André Moser, Claudia Pasqualetto Péquignot, juges, 

Olivier Bleicker, greffier. 

 

 
 

Parties 

 
1. B._______, 

2. C._______, 

recourants,  

 
 

 
contre 

 

 
1. Romande Energie SA,  

2. Commune de Lausanne, Services industriels 

de Lausanne (SIL), Service d'électricité,   

représentées par Me Luc Pittet, avocat, 

intimées,  

 

Inspection fédérale des installations à courant fort, 

Service juridique, Luppmenstrasse 1, 8320 Fehraltorf,    

autorité inférieure.  

 

Objet 

 
Ligne aérienne 125 kV entre Pierre-de-Plan et Puidoux - 

nouvelle installation fibre optique aérienne. 

 

A-2653/2014 

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Faits : 

A.  

C._______, né en (…), et B._______, né en (…), sont propriétaires 

communs (communauté héréditaire) du bien-fonds dit "D._______" 

(RF […]) sur le territoire de la commune de Puidoux, inscrit à l'inventaire 

des prairies et pâturages secs d'importance nationale. Cette propriété est 

notamment grevée d'une servitude de canalisation en faveur de la 

commune de Lausanne (Ligne électrique […]), portant : « interdiction de 

bâtir » (1), « restriction au droit de planter ou de maintenir des arbres 

dépassant 5 m. de hauteur » (2), « passage de ligne électrique à haute 

tension, et maintien de pylône » (3) et « droit de passage à pied et de 

véhicules pour surveillance et entretien de la ligne » (4), « à intervenir au 

sujet de la ligne 125 kv, Lavey-Lausanne, sur le tronçon traversant la 

propriété D._______ ». Ces inscriptions ont été portées au registre 

foncier le 15 juillet 1957. La réquisition d'inscription précise que  

"D._______ autorise la commune de Lausanne, services industriels 

(service de l'électricité), à maintenir sur les parcelles désignées une ligne 

électrique à haute tension (2 ternes) et un pylône. La commune de 

Lausanne aura en tout temps libre accès à pied et pour tous véhicules 

sur le terrain fonds servant, pour la surveillance et l'entretien des 

installations de la ligne électrique […]". 

B.  

B.a Le 6 décembre 2013, la société Romande Energie SA (ci-après 

aussi : la requérante) a déposé devant l'Inspection fédérale des 

installations à courant fort ESTI une demande d'approbation des plans 

visant à remplacer le conducteur de garde en tête des mâts de la ligne 

aérienne à haute tension mixte (2 x 125 kV) Pierre-de-Plan – Puidoux 

existante, afin de pérenniser les installations de sécurité alentours. 

Il s'agit de remplacer sur 9'147 mètres un câble de garde en acier 

(Ø 12 mm) par une corde en alliage d'aluminium (Aldrey, Ø 22.6 mm) 

avec fibre optique et d'optimiser l'ordre des phases. La demande 

d’approbation des plans a précisé que la fibre optique était installée avec 

les Services industriels de Lausanne (ci-après aussi : l'exploitante) pour 

leur propre usage d'exploitation du réseau. 

B.b Le 17 décembre 2013, l’ESTI, considérant que le dossier présenté 

par la Romande Energie SA était complet, a lancé la procédure ordinaire 

d'approbation des plans. Elle a ordonné la publication de la mise à 

l'enquête publique dans le journal officiel cantonal et dans les organes de 

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publication des communes concernées, notamment celle de Puidoux, et a 

invité la requérante à procéder à l'"avis personnel [les informant des 

droits à exproprier] aux intéressés, si nécessaire". La mise à l'enquête 

publique a eu lieu du 11 février 2014 au 12 mars 2014. Aucune opposition 

ou observation n'a été déposée dans ce délai auprès de la commune de 

Puidoux. 

B.c Par lettre du 13 mars 2014, B._______ a indiqué en particulier ce qui 

suit à l'ESTI:  

"Le délai d'enquête étant terminé, je me réfère à votre projet mentionné 

en marge, qui vise ma propriété de Puidoux, en tant que celle-ci porte 

une partie de l'installation. 

Je relève que l'installation en question ne correspond pas au contenu de 

la servitude qui grève ma parcelle. Cette servitude personnelle est 

prévue pour l'activité dont votre société est concessionnaire à savoir : le 

transport de l'énergie électrique. 

Par conséquent, quel que soit le résultat de l'enquête publique, je vous 

prie de prendre note que je ne consens nullement à une modification de 

l'installation existante, en tant qu'elle permettrait désormais la 

transmission de données, que cela soit à titre interne ou à titre 

commercial.  

J'observe à ce sujet que l'enquête publique indiquait "une dimension 

variable" pour les fibres optiques, ce qui signifie qu'elles peuvent, au 

bénéfice de cette approximation intentionnelle, parfaitement 

correspondre à la satisfaction des besoins de service comme à une 

commercialisation, aujourd'hui ou à terme, d'une capacité de transport 

des données, créant de la sorte et dans les deux cas un circuit parallèle 

aux installations existantes. […]" 

Le 18 mars 2014, l'ESTI a accusé réception de ce courrier et l'a transmis, 

à titre d'information, à la requérante. 

B.d Les 24 janvier, 10 février, 17 février et 10 avril 2014, l'Office fédéral 

des routes OFROU, l'Office fédéral des transports OFT, l'Office fédéral de 

l'environnement OFEV et la Direction générale de l'environnement du 

canton de Vaud ont préavisé favorablement le projet, sous réserve du 

respect de conditions ou de charges particulières. 

C.  

Par décision du 16 avril 2014, l’ESTI, retenant qu'il n'y avait pas eu 

d'opposition, a approuvé le projet sous réserve de conditions et charges. 

Elle a en particulier imposé à l'exploitante la charge suivante (charge 2.7):  

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"La transmission de données pour le compte de tiers ne fait pas l'objet 

de la présente décision d'approbation des plans. Dans le cas d'une 

utilisation future de l'installation aux fins de transmission de données 

pour le compte de tiers, l'exploitant s'assurera avoir préalablement 

acquis les servitudes complémentaires nécessaires auprès des 

propriétaires concernés". 

D.  

Le 13 mai 2014, B._______ et C._______ (les recourants) ont 

conjointement formé un recours contre cette décision. Ils demandent au 

Tribunal administratif fédéral, avec suite de dépens, de constater que 

l'ESTI (l'autorité inférieure) n'était pas l'autorité compétente pour délivrer 

la décision d'approbation des plans et, par conséquent, d'annuler la 

décision du 16 avril 2014.  

Les recourants font valoir, pour l'essentiel, que ni la requérante 

(l'intimée 1) ni l'exploitante (l'intimée 2) ne peuvent se prévaloir, sur le 

plan de leur statut personnel, d'un but portant sur la télécommunication 

et, sur le plan public, d'une concession préexistante en matière de 

télécommunication ou encore d'une servitude les autorisant à réaliser 

autre chose que des conduites électriques ; et que la décision ne contient 

aucune indication sur la manière dont l'intimée 1 va s'y prendre pour 

respecter les dispositions générales et concrètes qui ont été prises par la 

Confédération et le canton de Vaud pour protéger le paysage ("protection 

du Lavaux") et l'allée du domaine de D._______. Ils estiment que l'ESTI 

était en outre tenue d'ouvrir une procédure d'expropriation susceptible de 

rendre juridiquement possible le passage d'un câble de fibres optiques 

sur leur parcelle.  

De leurs griefs, les recourants déduisent que l'ESTI a admis fautivement 

qu'elle était compétente pour approuver un projet en matière de réseau 

de fibres optiques, étant donné que ce type d'installation n'est pas visé 

par la législation sur les installations électriques et ressortit à la législation 

en matière de télécommunication. La décision en cause serait par 

conséquent nulle, respectivement annulable. 

E.  

E.a Le 27 juin 2014, l'intimée 1 a demandé au Tribunal administratif 

fédéral de retirer l'effet suspensif au recours en raison du "piteux" état 

actuel du conducteur de garde en tête des mâts. Certains brins de ce 

câble seraient aujourd'hui visibles à l'œil nu et en de nombreux endroits. 

La vétusté et la dégradation du conducteur de garde nécessiteraient par 

conséquent son remplacement dans les plus brefs délais pour des 

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raisons de sécurité à proximité de la ligne. L'intimée 1 a en outre 

souligné, à cette occasion, que la conduite d'un réseau électrique ne 

s'opère de nos jours plus manuellement dans les différents postes de 

transformation du canton, mais de manière centralisée et à distance. La 

pose de la fibre optique serait, dès lors, essentielle pour la gestion et la 

conduite du réseau à distance, en temps réel. 

E.b Le 2 juillet 2014, les recourants ont conclu au rejet de la requête en 

retrait de l'effet suspensif. Ils ont en particulier mis en doute que 

l'intimée 1 ait attendu que son installation soit inopérante et à ce point 

dégradée pour se lancer dans une longue procédure destinée à son 

remplacement par une installation différente. Il lui serait par ailleurs 

loisible de remplacer le câble par un autre – sans fibre optique – pour 

écarter tout risque pour le réseau ou des tiers.  

Quant au fond, les recourants affirment qu'ils ne remettent pas en 

question l'utilité de la fibre optique pour l'exploitante. Ils estiment qu'elle 

ne saurait toutefois, pour ce motif, réaliser son propre réseau de 

télécommunication, alors qu'elle peut utiliser des réseaux existants. Ils 

sont convaincus que les intimées escomptent réaliser une installation de 

télécommunication "en l'emballant" dans une gaine de mise à terre. Ils 

s'estiment ainsi fondés à invoquer la nullité de la décision litigieuse, en 

tant que prise par une autorité qui n'était "absolument" pas compétente. 

E.c Dans sa réponse du 4 juillet 2014, qui vaut également observations 

sur la requête en retrait de l'effet suspensif, l'autorité inférieure affirme 

qu'elle avait la compétence de prendre la décision d'approbation 

litigieuse, dans la mesure où les conducteurs à fibres optiques à gaine 

conductrice d'électricité doivent être considérés comme des installations 

à courant faible. D'ailleurs, le projet déposé – tout comme la décision 

d'approbation – limite clairement l'usage de la fibre optique à un usage 

interne. Par conséquent, elle considère que le recours est irrecevable, 

dans la mesure où les recourants n'ont pas fait opposition dans le délai 

de la mise à l'enquête publique, et, pour le surplus, qu'il est infondé. Elle 

se rallie, enfin, aux raisons de sécurité invoquées par l'intimée 1 pour 

remplacer sans attendre le câble de garde et se joint à sa demande de 

retirer l'effet suspensif au recours.  

E.d Le 10 juillet 2014, les intimées 1 et 2 ont déposé une réponse 

commune au recours, en concluant à son irrecevabilité et, 

subsidiairement, à son rejet. Elles ont persisté dans la requête en retrait 

de l'effet suspensif. 

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Les intimées affirment, pour l'essentiel, que la décision entreprise se 

limite à autoriser le remplacement du câble de garde en acier par une 

corde en alliage d'aluminium avec fibre optique, dont l'usage est limité à 

la transmission interne des données nécessaires au fonctionnement de la 

ligne. Tant le dossier d'enquête que la charge 2.7 du dispositif de la 

décision attaquée seraient sans équivoque à ce sujet. Il ne saurait par 

conséquent s'agir de la fourniture d'un service de télécommunication. 

Hors du champ d'application de la loi sur les télécommunications, l'ESTI 

était par conséquent bien l'autorité compétente pour rendre la décision 

entreprise ; à tout le moins il n'y a pas d'incompétence qualifiée. Enfin, à 

leur avis, la servitude de canalisation (ligne électrique) à charge de la 

parcelle des recourants permet manifestement, sur son assiette, 

d'installer tout ce qui est nécessaire et propre à assurer le fonctionnement 

de la ligne électrique. L'aggravation dénoncée de la servitude ne 

constituerait, par ailleurs, pas un motif de s'opposer à la décision 

d'approbation des plans, mais devrait être traitée dans une éventuelle 

procédure d'expropriation. 

E.e Le 21 juillet 2014, les recourants se sont adressés à l'autorité 

inférieure, en portant leur écriture à la connaissance du Tribunal 

administratif fédéral. Ils ont demandé à l'ESTI de reconsidérer la décision 

en cause, car leur parcelle serait "bel et bien touchée par le plan de 

protection du Lavaux". L'autorité inférieure aurait par ailleurs, en 

demandant l'approbation d'un plan d'une installation différente de 

l'existante et en omettant de produire les indications nécessaires à la 

protection du Lavaux, dérogé en connaissance de cause aux mesures de 

protection des monuments et paysages. Elle s'acharnerait en outre à 

renouveler une installation, en sa forme actuelle, pour la prolonger loin 

dans le temps. Or, après soixante ans d'exploitation, cette installation 

serait pratiquement amortie. Elle pourrait ainsi être aisément remplacée 

par une installation souterraine. 

E.f Le 25 juillet 2014, les intimées 1 et 2 ont pris spontanément position 

devant l'ESTI sur l'écriture du 21 juillet 2014. Elles relèvent que seule une 

partie très résiduelle de la parcelle des recourants, située du côté Sud-

Ouest de la parcelle, est concernée par les limites du périmètre du plan 

de protection de Lavaux. Les lignes à haute tension sises sur la parcelle 

ne sont toutefois pas concernées par ce plan de protection. Il n'y a donc 

pas lieu d'appliquer les règles cantonales sur le plan de protection de 

Lavaux. Le fait que la villa, sise sur la parcelle (…), et son allée d'accès 

soient recensés selon le droit cantonal ne serait donc pas pertinent.  

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F.  

Par décision incidente du 30 juillet 2014, le Tribunal administratif fédéral a 

rejeté la requête en retrait de l'effet suspensif au recours. 

G.  

G.a Le 19 août 2014, l'autorité inférieure a maintenu ses conclusions 

tendant à l'irrecevabilité sur le fond du recours, respectivement à son 

rejet. Elle a, en outre, indiqué qu'elle n'entendait pas donner suite à la 

requête en réexamen des recourants ou transférer le dossier à une autre 

autorité fédérale. A cet égard, elle considère que l'approbation des plans 

a été réalisée de manière régulière. Le transfert de données à titre interne 

ne représente en effet pas un service de télécommunication. De plus, la 

servitude grevant la parcelle des recourants confère le droit d'établir une 

ligne électrique à haute tension. Selon la jurisprudence du Tribunal 

fédéral, elle couvrirait, donc, également le transport de données, pour 

autant que celles-ci soient utilisées pour l'exploitation de la conduite 

électrique elle-même. Il n'y avait donc pas lieu de procéder à l'envoi d'un 

avis personnel au sens de la loi sur l'expropriation, car le but de la 

servitude n'était pas changé. Il n'y avait également pas lieu de notifier la 

décision attaquée aux recourants, puisqu'ils n'avaient pas formé une 

opposition dans le délai de mise à l'enquête. 

G.b Par réplique du 1er septembre 2014, les recourants ont persisté dans 

les conclusions de leur recours. Ils maintiennent que les intimées 

devaient "passer par une procédure d'expropriation" si elles souhaitaient 

ajouter une fonctionnalité supplémentaire à leur installation, soit de la 

fibre optique. Elles ne sauraient en outre tirer argument du texte de la 

servitude grevant leur parcelle, car celle-ci ne serait pas rédigée en des 

termes abstraits. Ainsi, il ressortirait clairement de l'inscription qu'elle ne 

prévoit aucunement le passage de fibres optiques.  

Ils estiment, en outre, avoir décelé dans le dossier de nouveaux vices 

très lourds. Tout d'abord, la requérante aurait dissimulé dans sa requête 

que son installation traverse le site protégé du Lavaux. Certes, ils 

admettent que leur parcelle n'est que partiellement touchée par le 

classement du Lavaux. A leur avis, cela serait toutefois suffisant, d'autant 

plus que la ligne continuerait à courir ensuite sur le site protégé. A cela 

s'ajoute que l'intimée 1 aurait désigné le périmètre du Lavaux comme une 

"zone agricole protégée". Or ce périmètre a pour vocation de protéger le 

paysage, non l'agriculture. Elle aurait également omis de signaler dans sa 

requête que la villa D._______ et son allée sont protégées par des 

décisions cantonales. La branche lausannoise de l'ESTI aurait, enfin, 

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donné "son coup de pouce aux fâcheux procédés de la requérante" en 

déclarant que le dossier présenté était "complet". En d'autres termes, ils 

estiment que les intimées ont cherché à éviter d'assainir leur installation, 

en comptant sur un manque de diligence de l'ESTI, et qu’elles entendent 

prolonger quasi-indéfiniment l'atteinte portée depuis près de 70 ans au 

paysage, alors que la période d'amortissement de la ligne devrait plutôt 

se limiter à 50 ans par comparaison avec d'autres installations du même 

type. 

G.c Le 10 septembre 2014, dans leur duplique, les intimées observent 

que la qualité des recourants pour demander l'annulation de la décision 

entreprise est conditionnée à leur participation à la procédure d'opposition 

et que celui qui n'a pas participé du tout à la procédure de première 

instance est déchu du droit de présenter ses moyens par-devant l'autorité 

de recours, hormis le cas de la nullité. Les recourants ne sauraient, en 

outre, se prévaloir de la loi sur l'expropriation pour fonder leur qualité de 

recours, car l'on ne se trouve pas en l'espèce dans le cadre d'une 

procédure régie par cette législation. Les recourants auraient du reste 

renoncé à demander la restitution du délai d'opposition ou à déposer une 

quelconque indication à ce sujet.  

G.d Le 11 septembre 2014, les recourants ont pris position sur la 

duplique du 10 septembre 2014, dont ils avaient reçue une copie, en 

contestant son propos. 

G.e Par ordonnance du 7 octobre 2014, le Tribunal a pris, en l'état, 

position sur la production des dossiers de l'ESTI (…) et (…) requise par 

les recourants, en considérant qu'elle n'était pas nécessaire. 

H.  

Les autres faits et arguments de la cause seront abordés, si nécessaire, 

dans les considérants en droit qui suivent. 

Droit : 

1.  

La procédure de recours est régie par la loi fédérale sur la procédure 

administrative, du 20 décembre 1968 (PA, RS 172.021), pour autant que 

la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, 

RS 173.32) n’en dispose pas autrement (art. 37 LTAF). Le Tribunal 

administratif fédéral examine d'office et librement sa compétence (art. 7 

PA) et la recevabilité des recours qui lui sont soumis 

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1.1 Le Tribunal administratif fédéral connaissant de manière générale, 

conformément à l'art. 31 LTAF, des recours contre les décisions au sens 

de l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF, et 

connaissant, en particulier, conformément à l'art. 23 de la loi fédérale 

concernant les installations électriques à faible et à fort courant, du 24 

juin 1902 (RS 734.0), des recours contre les décisions des autorités 

chargées de l'approbation des plans d'installations électrique à courant 

fort ou à courant faible – que sont l'Inspection fédérale des installations à 

courant fort (l'ESTI), l'Office fédéral de l'énergie en ce qui concerne les 

installations pour lesquelles l'ESTI n'a pas réussi à régler les oppositions 

ou à supprimer les divergences entre autorités fédérales, ou l'autorité 

compétente en vertu de la législation applicable aux installations 

destinées exclusivement ou principalement à l'exploitation de chemins de 

fer ou de trolleybus (art. 16 al. 2 let. a, b et c LIE) –, il s’ensuit sa 

compétence pour connaître du présent recours. 

1.2  

1.2.1 La qualité pour recourir suppose, conformément à l’art. 48 al. 1 PA,   

que les recourants aient pris part à la procédure devant l'autorité 

inférieure ou aient été privés de la possibilité de le faire (let. a), qu’ils 

aient été spécialement atteints par la décision attaquée (let. b) et aient un 

intérêt digne de protection à son annulation ou à sa modification (let. c). 

En l'espèce, l'autorité inférieure conteste que les recourants remplissent 

la condition de l'art. 48 al. 1 let. a PA, dans la mesure où, faute pour eux 

d'avoir fait opposition dans le délai de mise à l'enquête publique, ils n'ont 

pas été partie à la procédure qui a abouti à la décision attaquée. Pour 

leur part, les recourants considèrent que la décision de l'autorité 

inférieure serait nulle, en raison de l'incompétence de cette dernière, ce 

dont il suivrait qu'ils seraient recevables à en obtenir le constat par 

recours, indépendamment de la manière dont ils ont participé à la 

procédure devant l’autorité inférieure. 

1.2.2 La nullité d'une décision peut être constatée en tout temps par toute 

autorité (ATAF 2008/59 consid. 4.2 et réf. cit.). Les recourants sont donc 

recevables, en l’espèce, à en demander le constat par la voie d‘un 

recours. Dans un tel cas de figure, pour autant que les autres conditions 

de recevabilité soient réunies, il convient d'entrer en matière sur le 

recours, la question de savoir si les conditions de la nullité sont remplies 

étant examinées avec le fond de la cause. Ainsi, lorsqu'une autorité 

incompétente statue, elle rend une décision qui, annulable ou nulle, 

fondera le bien-fondé du recours (cf. ATF 136 V 7 consid. 2 ; ATAF 2013/3 

consid. 4, ATAF 2010/29 consid. 1.2.3; arrêt du Tribunal administratif 

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fédéral A-5658/2013 du 18 août 2014 consid. 2.2 et réf. cit.; ANDRÉ 

MOSER/MICHAEL BEUSCH/LORENZ KNEUBÜHLER, Prozessieren vor dem 

Bundesverwaltungsgericht, 2ème éd., Bâle 2013, n° 3.10 s.). Le Tribunal 

administratif fédéral est, au demeurant, tenu d'examiner d'office les 

conditions formelles de validité et de régularité de la procédure, soit 

également le point de savoir si c'est à juste titre que l'autorité inférieure 

s’est déclarée compétente pour rendre la décision attaquée (voir consid. 

4.1 ci-après).  

1.3 Les recourants affirment, enfin, que la décision attaquée ne leur a pas 

été communiquée, allégation qui n'est pas démentie par l'autorité 

inférieure. Le délai de recours n'a, ainsi, commencé à courir que le jour 

où ils en ont eu effectivement connaissance (art. 38 PA ; ATAF 2013/51 

consid. 3.2 ; voir ég. ATF 118 Ia 46 consid. 2a et réf. cit.). Le moment de 

la prise de connaissance effective de la décision peut par ailleurs 

demeurer ouvert en l’espèce, dès lors que les recourants ont formé 

recours moins de trente jours après le prononcé de la décision attaquée.  

1.4 Les autres conditions de recevabilité du recours quant à la forme 

(art. 52 PA) sont satisfaites, si bien qu'il y a lieu d'entrer en matière. 

2.  

2.1 En sa qualité d'autorité de recours, le Tribunal dispose en principe 

d'un plein pouvoir d'examen en fait et en droit. Il revoit librement 

l'application du droit par l'autorité inférieure, y compris l'excès ou l'abus 

du pouvoir d'appréciation, la constatation des faits et l'opportunité de la 

décision attaquée (art. 49 PA). En particulier, dans la mesure où les 

recourants contestent l'interprétation et l'application de prescriptions 

légales ou se plaignent d'une violation formelle des règles de procédure, 

le Tribunal examine les griefs soulevés avec un plein pouvoir d'examen 

(cf. JÉRÔME CANDRIAN, Introduction à la procédure administrative 

fédérale, Bâle 2013, n. 191, p. 113 s.). 

2.2 Le Tribunal administratif fédéral applique le droit d'office, sans être lié 

par les motifs invoqués (art. 62 al. 4 PA), ni par l'argumentation juridique 

développée dans la décision entreprise (MOSER/BEUSCH/KNEUBÜHLER, 

op. cit., n° 2.165). 

3.  

3.1 Dans le cadre de la décision attaquée, l’ESTI a admis sa compétence 

pour approuver les plans relatifs au remplacement du conducteur de 

garde en tête des mâts de la ligne aérienne à haute tension mixte par une 

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corde en alliage d’aluminium avec fibre optique. Elle a ensuite approuvé 

le projet, sous charges, en retenant que les dispositions applicables de la 

législation sur l’électricité, l’aménagement du territoire, la protection de 

l’environnement et la protection de la nature et du paysage étaient 

respectées et qu’il n’y avait aucune opposition.      

3.2 Les recourants contestent la compétence de l'autorité inférieure. Ils 

argumentent ainsi : D'une part, l’ESTI n'avait "absolument" pas la 

compétence pour approuver un projet d’approbation de plans en matière 

de réseau de fibres optiques, étant donné que ce type d'installation n'est 

pas visé par la législation sur les installations électriques et ressortit à la 

législation en matière de télécommunication ; d'autre part, l’autorité 

inférieure était tenue de veiller à l'ouverture d'une procédure 

d'expropriation. Ils invoquent également une mauvaise application du 

droit fédéral et cantonal, notamment une application erronée des règles 

sur l'aménagement du territoire (sites protégés). De leurs griefs, ils 

déduisent que la décision est à ce point entachée d'erreurs qu'elle est 

"nulle". 

4.  

Le premier moyen pris de l’incompétence de l’autorité inférieure n’est pas 

fondé. 

4.1 Selon la jurisprudence, les actes administratifs irréguliers ne sont en 

général pas nuls, mais annulables. Ils deviennent valables lorsqu'ils ne 

sont pas attaqués par les voies ordinaires de recours. Une décision est 

nulle, c'est-à-dire absolument inefficace, que si le vice qui l'affecte est 

particulièrement grave, s'il est manifeste ou du moins facilement 

décelable et si, de surcroît, la sécurité du droit n'est pas sérieusement 

mise en danger par la constatation de cette nullité. Des vices de fond 

d'une décision n'entraînent qu'exceptionnellement sa nullité. Entrent 

avant tout en considération, comme motifs de nullité, l'incompétence 

fonctionnelle et matérielle de l'autorité appelée à statuer, ainsi qu'une 

erreur manifeste de procédure. Ainsi, en règle générale, un acte 

administratif illégal est simplement annulable, dès lors que la plupart des 

décisions viciées le sont par leur contenu. Reconnaître la nullité 

autrement que dans des cas tout à fait exceptionnels conduirait à une 

trop grande insécurité (ATF 138 III 49 consid. 4.4.3 et réf. cit.; cf. arrêt du 

Tribunal administratif fédéral A-5658/2013 du 18 août 2014 consid. 3.2.1 

et réf. cit.). Il ne se justifie, en outre, pas d'abaisser les exigences posées 

par la jurisprudence lorsque la demande de constatation de la nullité 

intervient dans le délai de recours, même si la sécurité du droit est ainsi 

A-2653/2014 

Page 12 

moins compromise (cf. arrêt du Tribunal fédéral 1C_620/2013 du 3 avril 

2014 consid. 5.2).  

4.2  

4.2.1 Depuis l’entrée en vigueur de la loi fédérale sur la coordination et la 

simplification des procédures de décision, du 18 juin 1999 (LCoord), le 

1er janvier 2000 (RO 1999 3124), la construction d’ouvrages et 

d’installations publiques est soumise à une procédure unifiée, réglée 

principalement par la procédure de dépôt des plans de la loi fédérale 

sectorielle régissant la construction en cause (installations ferroviaires, 

militaires, électriques, hydroélectriques frontalières, aérodromes, 

transports par conduite, entreprises publiques de navigation et routes 

nationales). Les procédures de décision sont, ainsi, concentrées de telle 

manière qu'une autorité unique puisse contrôler, en première instance, le 

respect des diverses dispositions applicables en droit fédéral et en droit 

cantonal. Les prescriptions relatives à la procédure d'expropriation et 

celles relatives à la procédure de mise à l'enquête publique sont 

regroupées dans la procédure d'approbation des plans. Il est, ainsi, 

possible de soupeser en une seule procédure l'ensemble des avantages 

et des inconvénients d'un projet (cf. arrêts du Tribunal administratif 

fédéral A-4853/2012 du 23 juillet 2014 consid. 4.2 et A-3713/2008 du 15 

juin 2011 consid. 2.1, non publié à l'ATAF 2012/23). 

Cela ne signifie toutefois pas que le non-respect d'une prescription 

(formelle) en matière d'expropriation influence nécessairement la 

procédure d'approbation des plans. Ainsi, si les intéressés reçoivent un 

avis personnel les informant des droits à exproprier postérieurement à la 

publication par la municipalité des plans et des tableaux, le délai de 

production court dès la date de réception de cet avis (cf. art. 31 al. 2 de la 

loi fédérale sur l'expropriation du 20 juin 1930 [LEx, RS 711]). Or, il n'y a 

aucun motif sérieux d'étendre cette règle à la procédure d'approbation 

des plans (cf. arrêt du Tribunal administratif fédéral A-8047/2010 du 25 

août 2011 consid. 5.3), dans laquelle le délai d’opposition court dès la 

publication de la mise à l’enquête publique. Il n'existe d'ailleurs pas de 

droit à se voir personnellement informé de la mise à l'enquête d'une telle 

procédure (ATF 127 II 227 consid. 1b). Le développement de la juridiction 

administrative offre de surcroît aux administrés suffisamment de 

possibilités de contrôle sur le contenu des décisions, ce dont il suit qu’ils 

ont à faire preuve de diligence et à réagir en temps utile à une publication 

dans le journal officiel cantonal. 

A-2653/2014 

Page 13 

4.2.2 En tant que le recours porte sur l'approbation des plans, il convient 

d’emblée de constater que les recourants n'ont pas formé une opposition 

dans le délai de 30 jours de mise à l'enquête (cf. art. 16d al. 2 LIE) et 

qu'ils ne prétendent pas avoir été empêchés de le faire. Faute d'avoir fait 

opposition dans le délai à l'approbation des plans, ils ont ainsi été déchus 

du droit de procéder (cf. art. 16f al. 1 dernière phrase LIE) et l'autorité 

inférieure ne leur a pas reconnu – à juste titre – la qualité de partie (ATAF 

2009/37 consid. 1.3.1). 

Le Tribunal de céans ne saurait par conséquent entrer en matière sur des 

conclusions autres que celles tendant à la reconnaissance de la nullité de 

la décision et du renvoi de la cause à l'autorité compétente (cf. consid. 

1.2.2 ci-avant). Dans l'éventualité où le Tribunal reconnaîtrait le défaut 

allégué de compétence de l'autorité inférieure, il ne saurait d'ailleurs se 

prononcer sur une procédure dont l'objet ferait alors défaut (cf. arrêt du 

Tribunal fédéral 1P.38/2000 du 23 mai 2000 consid. 2d ; arrêt du Tribunal 

administratif fédéral C-1061/2014 du 20 juin 2014 considérant non 

numéroté, p. 5).  

4.3  

4.3.1 La LIE ne contient pas de prescription sur les installations annexes 

aux installations à courant fort ou sur celles qui sont construites avec ces 

dernières, mais qui ne servent pas ou pas principalement à produire, 

transformer, conduire, transporter, distribuer ou utiliser de l'électricité 

(cf. art. 3 ch. 12 de l'ordonnance du 30 mars 1994 sur les installations 

électriques à courant fort [RS 734.2]). L'art. 15 al. 2 de l'ordonnance sur 

la procédure d'approbation des plans des installations électriques, du 2 

février 2000 (OPIE, RS 734.25), prévoit seulement que les modifications 

qui portent atteinte à la sécurité, celles qui touchent les bases 

d'appréciation ou le régime de propriété d'une installation, ainsi que le 

démantèlement de l'installation, doivent être annoncés à l'ESTI (cf. arrêt 

du Tribunal fédéral 1E.12/2004 du 22 décembre 2004 consid. 1.3). Quant 

à la loi fédérale sur les télécommunications, du 30 avril 1997 (LTC, 

RS 784.10), elle ne prévoit aucune procédure fédérale d'approbation des 

plans pour la réalisation ou la modification d'installations de 

télécommunication (ATF 133 II 49 consid. 4).  

4.3.2 En l'espèce, conformément à l'annexe 1 de l'ordonnance sur les 

lignes électriques, du 30 mars 1994 (OLEI, RS 734.31), un conducteur de 

terre avec fibres optiques est un matériau nu ou isolé qui sert à 

l'écoulement des courants de foudre et le retour des courants de défaut et 

qui permet la transmission de signaux par ondes électromagnétiques 

A-2653/2014 

Page 14 

dans la gamme des fréquences optiques. Il s'agit d'un conducteur de 

terre avec câble de télécommunication. 

La question décisive au titre de la compétence est, donc, de savoir si le 

câble de télécommunication (fibres optiques) et le conducteur de terre 

forment entre eux un lien du point de vue de la construction, de leur 

fonction et de l'exploitation, et s'ils présentent un lien nécessaire avec 

l'exploitation d'une ligne électrique. Dans cette hypothèse, selon la 

jurisprudence, l'installation projetée équivaut à une modification d'une 

installation à courant fort (art. 1 al. 1 OPIE ; cf. arrêt du Tribunal fédéral 

1P.38/2000 du 23 mai 2000 consid. 2b). A ce défaut, il pourrait s'agir 

d'une installation "mixte" dont l'approbation incombe, en principe, aux 

autorités cantonales (ATF 133 II 49 consid. 5 et 6.5). 

4.3.3 Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, la mise en place d'un 

câble de fibre optique sur une ligne à haute tension, à condition que les 

données soient nécessaires au fonctionnement de celle-ci, est assimilée 

à l'exploitation d'une ligne électrique (ATF 133 II 49 consid. 5, ATF 132 III 

651 consid. 8.1). Le législateur délégué a, d'ailleurs, pris soin de prévoir 

que les dispositions sur les lignes à courant faible sont applicables aux 

conducteurs à fibres optiques (cf. art. 2 al. 4 OLEI ; cf. ég. art. 3 ch. 5 de 

l'ordonnance sur les installations électriques à courant faible du 30 mars 

1994 [RS 734.1]). Dans ce cadre, le Tribunal administratif fédéral a 

également précisé que l'ESTI était l'autorité compétente pour 

l'approbation des plans (cf. arrêt du Tribunal administratif fédéral 

A-459/2011 du 26 août 2011 consid. 3.2.1.1 et 4.2 ; résumé in : PETER 

HETTICH/CLAUDIA KELLER/STEFAN RECHSTEINER, Telekommunikationsrecht 

- Recht der audiovisuellen Medien - Stromversorgungsrecht 

Entwicklungen 2011, Berne 2012, p. 242 ss ; et confirmé par l'arrêt du 

Tribunal fédéral 1C_424/2011 du 24 février 2012 consid. 2.6).  

Cette jurisprudence est convaincante en l'espèce. Il existe manifestement 

un lien de fonction et d'exploitation entre le conducteur de terre et la fibre 

optique projetée. Il n'y a, en effet, pas de motif objectif de douter des 

affirmations des intimées, selon lesquelles la fibre optique est installée 

pour contribuer à assurer la sécurité du système électrique et véhiculer 

des données (internes), en temps réel, essentielles à la gestion de la 

conduite du réseau. Sa mise en place équivaut, donc, simplement à une 

"modernisation" de l'installation (cf. préavis du 10 avril 2014 de la 

Direction générale de l'environnement DGE [ci-après : préavis cantonal], 

p. 2). Au demeurant, l'ESTI a expressément instauré une charge, selon 

laquelle "la transmission de données pour le compte de tiers ne fait pas 

A-2653/2014 

Page 15 

l'objet de la présente décision d'approbation des plans". Cette charge lie 

les intimées et elle fera l'objet d'un contrôle de la part de l'autorité (cf. art. 

13 OPIE). Enfin, si le réseau de fibre optique devait un jour être ouvert à 

des tiers, les propriétaires du fonds grevé ne seraient pas tenus de tolérer 

l'exercice de la servitude (ATF 132 III 651 consid. 8.1). L'autorité 

inférieure l'a du reste expressément rappelé dans sa décision. 

4.4 De ces considérations, il suit que le projet en cause porte sur un 

câble de télécommunication faisant partie intégrante du conducteur de 

terre et appartenant à l'exploitation d'une installation à courant fort. 

Physiquement, la fibre optique ne se distingue d'ailleurs pas du câble de 

garde (cf. réponse de l'ESTI du 4 juillet 2014, p. 3 ch. 2). Puisque le projet 

présente une unité, l'installation doit être appréhendée comme un tout, au 

cours d'une procédure unique. En conséquence, on ne voit pas en quoi, 

d'un point de vue formel, la décision litigieuse prise par l'ESTI serait 

affectée d'un vice de compétence qui entraînerait d'emblée sa nullité 

absolue. Au contraire, il n'y a pas au dossier de raison sérieuse de douter 

de la compétence décisionnelle de l’autorité inférieure. 

5.  

5.1 Les recourants affirment, ensuite, que la procédure en cause 

nécessitait l'envoi d'un avis personnel les informant des droits à 

exproprier. Ils en déduisent que, fort de cet avis, ils auraient pu faire 

opposition à la décision attaquée dans le délai imparti. 

L’autorité inférieure et les intimées contestent cet argument. Les intimées 

estiment, en particulier, que la servitude de canalisation (ligne électrique) 

à charge de la parcelle des recourants permet manifestement, sur son 

assiette, d’installer tout ce qui est nécessaire et propre à assurer le 

fonctionnement de la ligne électrique existante.    

5.2 Le moyen des recourants pris du défaut de procédure d’expropriation 

n’est pas fondé, car il n’y avait pas lieu à procéder à un avis personnel.  

5.2.1 En tant que le recours porte sur l'expropriation, les recourants sont 

en droit d'alléguer la circonstance qu'ils n'ont pas reçu un avis personnel 

les informant des droits à exproprier (cf. PIERRE MOOR/ETIENNE POLTIER, 

Droit administratif, vol. II, 3ème éd. Berne 2011, p. 373). Conformément à 

l'art. 31 al. 1 LEx, simultanément avec la publication de la municipalité, 

l'expropriant doit, en effet, adresser un double de l'avis à chacun des 

intéressés qui lui sont connus par le registre foncier ou par des registres 

publics ou de toute autre façon. A cette occasion, il indique ce qui est 

A-2653/2014 

Page 16 

réclamé de chaque intéressé. Ainsi, pour les intéressés qui reçoivent un 

avis personnel postérieurement à la publication, le délai de production 

court dès la date de réception de cet avis (cf. art. 31 al. 2 LEx), comme il 

a été vu (cf. consid. 4.2.1. ci-avant). En d'autres termes, le législateur 

fédéral a entendu permettre aux intéressés de déposer ultérieurement (à 

la mise à l'enquête), et à certaines conditions, les oppositions et les 

demandes devant l'autorité chargée de l'approbation des plans (cf. art. 

16f al. 2 LIE). Il s'agit alors d'un délai de péremption (ATF 120 II 420 

consid. 2.2). 

Cela étant, il convient d’emblée de considérer que la question de savoir 

si, pour autant qu’une procédure d’expropriation ait été nécessaire, 

l’absence d’avis personnel donné aux recourants constituerait un vice de 

forme propre à emporter la nullité de la décision d’approbation des plans, 

n’est pas pertinente, dans la mesure où ce vice de forme ne viendrait en 

rien concerner la procédure d’approbation des plans. En d’autres termes, 

le fait que les recourants n’ont pas fait opposition dans la procédure 

d’approbation des plans ne saurait, en toute hypothèse, être suppléé par 

le vice de forme invoqué dans la procédure d’expropriation.   

Le contenu et l'étendue d'une servitude personnelle se déterminent, 

comme pour une servitude foncière, en première ligne d'après l'inscription 

au Registre foncier (art. 738 al. 1 du Code civil suisse du 10 décembre 

1907 [CC, RS 210] en relation avec l'art. 781 CC), et non sur la base 

d'une pesée des intérêts en présence.  Dans la mesure où les droits et 

les devoirs respectifs ressortent clairement de l'inscription, elle est 

décisive pour fixer le contenu de la servitude. Si l'inscription n'est pas 

claire ou fait défaut (cf. art. 676 al. 3 CC), il faut remonter au fondement 

de l'acquisition, c'est-à-dire au contrat constitutif de la servitude. Si le titre 

d'acquisition n'est pas concluant, le contenu de la servitude peut aussi 

être déterminé par la manière dont la servitude a été exercée pendant un 

temps assez long sans contestation et de bonne foi (art. 738 al. 2 CC ; 

ATF 132 III 651 consid. 8 et réf. cit.). Il faut en outre appliquer le principe 

de l'identité de la servitude, selon lequel une servitude ne peut pas être 

maintenue dans un but différent de celui pour lequel elle a été établie. De 

ce principe résulte également que l'exercice de la servitude ne peut pas 

être étendu à un but supplémentaire qui ne serait pas identique avec celui 

visé à l'origine (ATF 132 III 651 consid. 8). 

5.2.2 En l'occurrence, la parcelle des recourants (RF […]) est grevée 

d'une servitude de canalisation en faveur de la commune de Lausanne. 

Elle comporte le passage d'une ligne électrique à haute tension, le 

A-2653/2014 

Page 17 

maintien d'un pylône et le droit de passage à pied et de véhicules pour la 

surveillance et l'entretien de la ligne électrique. La réquisition d'inscription 

précise que la commune de Lausanne aura "en tout temps" libre accès à 

pied et pour tous véhicules sur le terrain du fonds servant, pour la 

surveillance et l'entretien des installations de la ligne électrique.  

Il n'y a dès lors pas lieu de s'écarter, au cas d’espèce, de la jurisprudence 

du Tribunal fédéral, citée par les intimées, selon laquelle le but d'une telle 

servitude couvre le transport de données par fibre optique si "elles sont 

nécessaires pour l'exploitation de la conduite électrique elle-même" (ATF 

132 III 651 consid. 8.1, confirmé in ATF 133 II 49 consid. 5). 

Physiquement, la fibre optique ne se distingue, en effet, pas du câble de 

garde et sa mise en place n'a d'autre but que de permettre une 

rationalisation de la surveillance du réseau. Ainsi, le besoin actuel du 

bénéficiaire de la servitude se tient parfaitement au besoin initial ; soit, un 

libre accès "en tout temps" pour la surveillance des installations de la 

ligne électrique. L'installation projetée ne produit, en outre, aucune 

nuisance supplémentaire et l'ordre des phases des deux ternes sera 

même optimisé. Enfin, les recourants ne prétendent pas – à juste titre – 

que l'avis personnel en cause devait avoir pour objet des droits résultant 

des dispositions sur la propriété foncière en matière de rapports de 

voisinage (cf. art. 5 al. 1 LEx, en relation avec les art. 679 ss CC), soit les 

droits des propriétaires fonciers voisins des bien-fonds, y compris leurs 

droits découlant de la parcelle (…) (la villa D._______), où passe la ligne 

électrique litigieuse, de se défendre contre les immissions, conséquences 

indirectes que l'exercice de la propriété sur un fonds peut avoir sur les 

fonds voisins (ATF 129 II 420 consid. 3.1 et réf. cit.). 

6.  

6.1 Les recourants dénoncent encore, en complément de leur grief en 

nullité, toute une série de vices qui concernent le droit de 

l'environnement, l'aménagement du territoire, le paysage ("protection du 

Lavaux") et l'allée du domaine de D._______. Ils font valoir, notamment, 

que l'intimée 1 a omis de signaler dans sa requête que le projet traversait 

des sites protégés par l'ordonnance concernant l'inventaire fédéral des 

paysages, sites et monuments naturels, du 10 août 1977 (OIFP, RS 

451.11), qu'elle a désigné sur son plan le périmètre de la protection du 

Lavaux comme une "zone agricole protégée", qu'elle n'a pas signalé les 

monuments dignes de protection, comme la Villa D._______ (ancienne 

résidence de 1960 à 1961 de […]), des zones cantonales réservées, et 

qu'elle a imparti le 17 décembre 2013 un trop court délai de quatorze 

A-2653/2014 

Page 18 

jours échéant le 31 décembre 2013 aux différentes autorités pour se 

prononcer sur le caractère complet ou non du dossier. 

6.2 Ces moyens, envisagés sous l'angle de la nullité, ne sont pas 

davantage fondés. 

6.2.1 Selon l'art. 16 al. 1 et al. 4 LIE, une installation électrique à courant 

fort ne peut être mise en place ou modifiée que si les plans du projet ont 

été approuvés par l'autorité compétente (al. 1). Aucune autorisation ni 

aucun plan relevant du droit cantonal ne sont requis. Le droit cantonal est 

pris en compte dans la mesure où il n'entrave pas de manière 

disproportionnée l'accomplissement des tâches de l'exploitant de 

l'installation à courant fort ou à courant faible (al. 4). Il s'ensuit que la 

procédure d'approbation des plans doit permettre, en principe, une 

application coordonnée, matériellement et formellement, des 

prescriptions spéciales sur les installations électriques et des règles 

d'aménagement du territoire, notamment de l'art. 24 de la loi fédérale sur 

l'aménagement du territoire, du 22 juin 1979 (LAT, RS 700).  

6.2.2 En l'espèce, le 17 décembre 2013, l'ESTI s'est adressée à 

l'ensemble des autorités compétentes en matière d'aménagement du 

territoire, fédérales et cantonales, et leur a imparti un délai au 21 février 

2014 (autorités fédérales) et 21 mars 2014 (autorités cantonales) pour se 

déterminer. Elle leur a, en outre, imparti un délai de quatorze jours pour 

contrôler l'intégralité du dossier et, si nécessaire, pour réclamer des 

compléments. Contrairement aux affirmations des recourants, ce délai de 

quatorze jours est suspendu pendant les féries de fin d'année (cf. art. 22a 

al. 1 let. c PA). On ne voit dès lors pas quel désavantage les autorités 

auraient subi, ce d'autant moins qu'elles ne s'en sont pas plaintes. 

Pour le surplus, il ressort clairement des différents préavis, qui sont tous 

favorables, que nul n'a ignoré que le projet concernait des "secteurs 

particulièrement menacés" (cf. préavis cantonal, p. 3) et qu'il est situé 

dans le périmètre de l'objet n° (…) "D._______" de l'inventaire fédéral des 

prairies et pâturages secs d'importance nationale (cf. préavis du 17 

février 2014 de l'Office fédéral de l'environnement, p. 2 ch. 4.1). Pour 

autant, l'ensemble des offices et services ont retenu, en substance, que 

du point de vue de la protection de la nature et du paysage aucun impact 

supplémentaire n'était à déplorer. En effet, comme le rappelle le préavis 

cantonal, l'aspect de la ligne dans sa globalité restera inchangé et le 

projet consiste uniquement à remplacer le câble situé au sommet des 

A-2653/2014 

Page 19 

pylônes par un nouveau système incluant de la fibre optique (cf. préavis 

cantonal, p. 2).  

6.2.3 Dans ces conditions, le Tribunal de céans observe que la procédure 

d'approbation des plans a permis une application coordonnée, 

matériellement et formellement, des prescriptions spéciales sur les 

installations électriques et des règles d'aménagement du territoire. Il 

n'est, dès lors, pas manifeste que le projet soit absolument incompatible 

avec les règles d'aménagement du territoire. Il n'est, en particulier, pas 

insoutenable de considérer que l'aspect de la ligne dans sa globalité 

restera inchangé et que le projet consiste uniquement à remplacer le 

câble situé au sommet des pylônes par un nouveau système incluant de 

la fibre optique (cf. préavis cantonal, p. 2). Il s'ensuit que, s'agissant a 

priori de la simple modernisation d'un conducteur de terre, seule une non-

conformité évidente et grossière, qui aurait échappé pour des raisons 

incompréhensibles à l'ensemble des autorités compétentes, pourrait 

amener le Tribunal à constater la nullité de la décision d'approbation des 

plans contestée (cf. arrêt du Tribunal fédéral 1A.150/2001 du 31 janvier 

2002 consid. 1.1.2 et réf. cit.). Or tel n'est pas le cas. Il faut d'ailleurs 

rappeler, à cet égard, que des vices concernant le fond de l'affaire ne 

sont susceptibles d'entraîner qu'à de très rares exceptions la nullité d'une 

décision (cf. supra, consid. 4.1). Quant à l'annulation stricto sensu de 

cette autorisation pour violation des règles de l'aménagement du 

territoire, elle aurait dû être formée dans le délai d'opposition (cf. art. 16f 

al. 1 dernière phrase LIE; ATAF 2009/37 consid. 1.3.1). Il n'en est plus 

question, en l'état (cf. consid. 4.2.2 ci-avant). 

7.  

Pour les différentes raisons ainsi exposées, le recours s'avère mal fondé. 

Il doit être rejeté. 

8.  

Vu l’issue de la cause, les frais de procédure, qui, par 2'000 francs, 

correspondent au montant de l'avance des frais, sont solidairement mis à 

la charge des recourants (art. 63 al. 1 PA), qui supporteront également 

les dépens dus à l’intimée 1, dans la mesure où elle obtient gain de 

cause (art. 64 al. 1 PA). Ceux-ci sont arrêtés à 5'000 francs. L’intimée 2 

n’aura pas droit à des dépens, en tant qu’autorité partie (art. 7 al. 3 du 

règlement concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal 

administratif fédéral du 21 février 2008 [FITAF, RS 173.320.2]). Quant à 

l'autorité inférieure, elle n'a, au sens de la disposition précitée, pas droit à 

des dépens. 

A-2653/2014 

Page 20 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Les frais de procédure, d'un montant de 2'000 francs, sont mis à la 

charge solidaire des recourants. Ils sont entièrement prélevés, dès 

l'entrée en force du présent arrêt, sur l'avance des frais de procédure. 

3.   

Il est alloué à l'intimée 1 une indemnité de 5'000 francs à titre de dépens, 

à la charge solidaire des recourants. 

4.  

Le présent arrêt est adressé : 

– aux recourants (Acte judiciaire)  

– aux intimées (Acte judiciaire) 

– à l'autorité inférieure (Recommandé) 

– au Secrétariat général du DETEC (Acte judiciaire) 

 

– à l'Office fédéral de l'environnement OFEV (courrier A) 

– à l’Office fédéral des transports OFT (courrier A) 

– à l'Office fédéral des routes OFROU (courrier A) 

– au Canton de Vaud, Direction générale de l'environnement (DGE) 

(courrier A) 

– à la Commune de Puidoux (courrier A) 

– à la Commune de Bourg-en-Lavaux (courrier A) 

– à la Commune de Lutry (courrier A) 

– à la Commune de Belmont-sur-Lausanne (courrier A) 

– à la Commune de Pully (courrier A) 

 

 

Le président du collège : Le greffier : 

  

Jérôme Candrian Olivier Bleicker 

 

A-2653/2014 

Page 21 

Indication des voies de droit : 

Pour autant que les conditions au sens des art. 82 ss, 90 ss et 100 ss 

LTF soient remplies, la présente décision peut être attaquée devant le 

Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par la voie du recours en matière de 

droit public, dans les trente jours qui suivent la notification. Le mémoire 

doit être rédigé dans une langue officielle, indiquer les conclusions, les 

motifs et les moyens de preuve, et être signé. La décision attaquée et les 

moyens de preuve doivent être joints au mémoire, pour autant qu'ils 

soient en mains du recourant (art. 42 LTF). 

 

Expédition :