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**Case Identifier:** ec17fe10-0059-5349-8409-0cee8ee80566
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2011-09-06
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 06.09.2011 A/1724/2009
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-1724-2009_2011-09-06.pdf

## Full Text

Siégeant : Sabina MASCOTTO, Présidente; Diane BROTO et Eugen MAGYARI, Juges 

assesseurs 

  

 
 

R E P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/1724/2009 ATAS/825/2011 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 6 septembre 2011 

2ème Chambre 

 

En la cause 

Madame C___________, domiciliée aux Avanchets, comparant 
avec élection de domicile en l'étude de Maître Georges 
ZUFFEREY  

 

recourante 

 

contre  

OFFICE DE L'ASSURANCE-INVALIDITE DU CANTON DE 
GENEVE, sis rue de Lyon 97, 1203 Genève 

intimé 

 

 
 
 

 

A/1724/2009 

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EN FAIT 

1. Madame C___________ (ci-après l'assurée ou la recourante), née en 1953, a déposé 

une demande de prestations de l'assurance invalidité auprès de l'OFFICE DE 

L'ASSURANCE-INVALIDITE DU CANTON DE GENEVE (ci-après OAI) en 

novembre 2004, en raison d'une dépression. 

2. Par prononcé du 19 septembre 2005, l'OAI a mis la recourante au bénéfice d'une 

rente entière d'invalidité, sur la base d'un taux d'invalidité de 100 % dès le 14 

octobre 2004, la révision de la rente étant prévue à la fin du mois de mars 2006. 

3. Le 14 mars 2007, l'OAI a ouvert une procédure en révision du droit à la rente de la 

recourante. Interpellés, les médecins de cette dernière ont confirmé que son état 

était stationnaire. 

4. Par communication du 15 mai 2007, l'OAI a informé la recourante avoir examiné 

son degré d'invalidité et constaté qu'il n'a pas changé au point d'influencer son droit 

à la rente. 

5. Le 12 mars 2008, l'OAI a ouvert une nouvelle procédure en révision du droit à la 

rente de la recourante. Le 3 mars 2008, la recourante a rempli le formulaire ad hoc à 

l'attention de l'OAI, confirmant que son état était toujours le même. La rubrique 

relative à l'exercice d'une activité n'a pas été remplie. Le médecin traitant de la 

recourante a confirmé par rapport médical intermédiaire du 31 mars 2008 que l'état 

était stationnaire, et la capacité de travail nulle. Le 2 avril 2008, la NATIONALE 

ASSURANCE a informé l'OAI qu'elle cessait le versement de ses prestations, 

l'enquête effectuée en février 2008 ayant établi la reprise d'une activité 

professionnelle quotidienne en matinée. 

6. Par courrier du 16 avril 2008, l'OAI a informé la recourante que dans le cadre de la 

procédure de révision de son droit à la rente d'invalidité, il avait été porté à sa 

connaissance qu'elle avait repris une activité lucrative, sans l’en avertir. Il était dès 

lors possible que la prestation dont elle bénéficie ne soit plus totalement ou 

partiellement justifiée. En conséquence, le versement de la rente était suspendu 

avec effet immédiat. Et l'OAI de préciser que bien entendu, il poursuivait 

l'instruction de la procédure de révision. 

7. Par rapport médical intermédiaire du 17 avril 2008, reçu par l'OAI le 21 avril 2008, 

le psychiatre de la recourante a confirmé que l'état était stationnaire, avec une 

légère amélioration récente, qu'il n'y avait pas de changement de diagnostic et qu'un 

essai de reprise de travail depuis le 7 janvier 2008 à 25 % et avec des conditions de 

travail aménagées était effectué. Il s'agissait d'un essai de réhabilitation, à évaluer 

dans quelques mois. 

 
 
 

 

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8. Par le biais de son mandataire, la recourante a informé l'OAI le 30 avril 2008 

qu'elle contestait la suspension du versement de sa rente. Elle effectuait, depuis 

l'année 2007, de petits travaux de bureau, temporairement et très 

occasionnellement, pour la société X___________ (ci-après la société), sans 

rémunération, selon attestation jointe.  

9. Le 16 mai 2008, l'OAI a sollicité de la recourante des informations 

complémentaires concernant son employeur. Par ailleurs, il résulte du formulaire 

adressé à la société qu'un contrat de travail est en vigueur depuis le 7 janvier 2008 à 

raison d'environ huit heures par semaine, pour un salaire d'environ 700 fr. par mois. 

Il est précisé que l'assurée dispose d'un horaire libre afin de la soustraire au stress 

du rendement, raison pour laquelle le revenu reste faible. Quel que soit 

l'encadrement qui pourrait lui être offert, la recourante ne pourrait pas développer 

une meilleure capacité de travail. Il est relevé qu'elle est d'humeur changeante, très 

angoissée et stressée, avec un manque évident de concentration. Elle effectue de 

petits travaux de bureau, sans responsabilité.  

10. L'OAI a poursuivi les investigations médicales auprès des médecins de la 

recourante. Le 11 juin 2008, le Dr L___________, psychiatre de la recourante, a 

établi à l'attention de l'OAI un rapport médical circonstancié. Le diagnostic est un 

trouble dépressif récidivant et persistant, avec des épisodes moyens et sévères, 

auquel s'ajoute maintenant un trouble mixte de la personnalité, avec traits de 

personnalité émotionnellement labile et narcissique. L'instabilité thymique 

persistante est actuellement le problème majeur. Les limites actuelles sont 

l'incapacité d'accomplir une prestation professionnelle régulière, un trouble de 

l'attention et de la concentration, montée d'angoisse et d'agitation dès qu’elle est 

soumise à une pression ou une exigence de rendement, vulnérabilité excessive à 

toute situation de stress. La tentative de reprise à temps partiel dans un cadre adapté 

est déjà un succès et effectuée dans le cadre légal puisqu'elle a une activité déclarée 

de 25 à 35 heures par mois. Cela ne signifie aucunement qu'elle soit capable 

d'exercer une activité à un taux supérieur. La reprise d'une petite activité a par 

ailleurs une valeur thérapeutique. Il serait regrettable que cela soit un prétexte à 

remettre en cause son statut d'invalide. Cette démarche va dans le sens d'une 

réadaptation et laisse ouverte, à plus long terme, la possibilité d'une reprise 

d'activité plus importante. 

11. Sur demande de la recourante, l'OAI lui a notifié le 27 juin 2008 une décision 

incidente, confirmant la suspension du versement de la rente durant la procédure de 

révision, en raison d'un soupçon d'une perception illicite des prestations, des 

enquêtes étant actuellement en cours. 

12. Il résulte du dossier que l'OAI a sollicité un avis médical complémentaire à 

l'expertise effectuée en 2004, auprès de la doctoresse M___________. Dans son 

rapport du 6 août 2008, cet expert a confirmé les diagnostics retenus par le 

 
 
 

 

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psychiatre traitant, soit un trouble dépressif récurrent épisode actuel sévère, sans 

symptômes psychotiques et des troubles mixtes de la personnalité (anxieuse, 

émotionnellement labile; F 61.0) ainsi que la totale incapacité de travail depuis 

2004. La pathologie de la personnalité s'est accentuée par manque du cadre jadis 

offert par le travail. L'expert confirme également les limitations de la recourante et 

le caractère souhaitable de la poursuite de l'activité protégée, exercée à 25 %, à titre 

occupationnel. La reprise d'une activité professionnelle n'est pas possible à bref 

voire moyen terme. Le médecin précise que la manière avec laquelle la recourante 

s'y est prise pour informer l'OAI de son activité à temps partiel «a été confuse et 

inadéquate, et reflète ses difficultés d'appréciation». 

13. Par recours au Tribunal cantonal des assurances sociales (Chambre des assurance 

sociales de la Cour de Justice dès le 1er janvier 2011) du 27 août 2008, la recourante 

conclut à l'annulation de la décision litigieuse, à ce qu'il soit dit qu'elle conserve un 

droit à une rente entière d'invalidité, qu'il soit mis fin à la suspension du versement 

de la rente, avec suite de dépens. Elle indique avoir effectué cette tentative de 

reprise à 25 % après avoir téléphoné à l'OAI et obtenu la confirmation que, jusqu'à 

concurrence d'une activité de 30 %, son droit à la rente ne serait pas modifié. 

14. Dans sa réponse du 16 octobre 2008, l'OAI allègue avoir eu connaissance d'une 

activité effectuée à raison de quatre heures par jour, de façon régulière. Par 

conséquent, le droit à une rente entière n'est vraisemblablement plus justifié, de 

sorte que la suspension du versement du droit à la rente s'impose. 

15. Par écriture complémentaire du 5 novembre 2008, la recourante a produit plusieurs 

rapports médicaux complémentaires, ainsi que ses certificats de salaire du mois de 

janvier au mois de septembre 2008. Il en ressort qu'elle a effectué une activité se 

situant entre 16 heures et 36 heures par mois, soit une moyenne de 27 heures par 

mois, ou encore une activité de l'ordre de 15 %. Le salaire brut versé à la recourante 

est de 25 fr. de l'heure. 

16. Interpellé par le Tribunal pour connaître la base légale sur laquelle reposait la 

décision incidente litigieuse, l'OAI a indiqué par écriture du 18 décembre 2008 se 

fonder sur l'art. 56 de la procédure administrative fédérale ainsi que sur une 

jurisprudence zurichoise du 20 avril 2007. 

17. Par écriture du 10 février 2009, la recourante a rappelé les conditions de précarité 

dans lesquelles la décision litigieuse l’a plongée, et la pesée des intérêts en présence 

qui doit être faite en l'espèce. Au vu des pièces produites, il apparaît clairement que 

l'état de santé ne s'est pas modifié. Enfin, la suspension du versement de la rente ne 

peut se justifier que dans le cadre d'une procédure en révision, qui doit être menée 

avec diligence. Le retard de l'OAI à prendre une décision sur le fond, malgré les 

éléments figurant aujourd'hui au dossier, est incompréhensible. 

 
 
 

 

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18. Par arrêt du 10 mars 2009, le Tribunal a annulé la décision incidente du 27 juin 

2008, motif pris que selon les éléments du dossier, l'état de santé de la recourante 

ne s'était pas amélioré, ses gains correspondaient à une activité de 15% à 25%, il ne 

se confirmait pas que l'assurée travaillait 4h par jour, sans compter le fait que le 

droit d'être entendu de l'assurée avait été violé. Cet arrêt n'a pas été contesté. 

19. Par décision incidente du 17 avril 2009, l'OAI a, à nouveau, suspendu le droit à la 

rente et retiré l'effet suspensif au recours. La décision indique que l'OAI dispose 

d'un rapport de surveillance prouvant que l'assurée aurait travaillé 4h par jour de 

façon régulière, ce que l'assurée aurait confirmé lors d'un entretien avec les 

représentants de la NATIONALE ASSURANCE le 7 avril 2008. 

20. Par acte du 15 mai 2009, l'assurée a formé recours (A/1724/2009) contre cette 

décision, faisant valoir qu'il est inadmissible de notifier une nouvelle décision 

portant sur le même objet que celle ayant été annulée par le Tribunal par arrêt du 10 

mars 2009, que l'avis de la Dresse M___________ confirmait son état de santé de 

sorte que la décision devait être annulée.  

21. Par pli du 15 juin 2009, l'OAI a conclu au rejet du recours, expliquant que la 

décision incidente a été prise dans le cadre d'une procédure de révision de la rente 

initiée en février 2008, lors de laquelle il est apparu que l'assurée travaillait à 50%. 

A la différence de la situation ayant prévalu lors de l'arrêt du 10 mars 2009, 

l'assurée avait cette fois-ci été entendue. De plus, elle avait admis devant les 

assureurs de la NATIONALE ASSURANCE qu'elle travaillait tous les matins de 

8h à 12h et les décomptes de salaires n'étaient pas déterminants dès lors qu'elle 

avait admis toucher des montants de la main à la main. Elle avait donc omis 

d'annoncer à l'Office cette activité de secrétaire. L'OAI a encore précisé qu'elle 

détenait un rapport de surveillance prouvant que l'assurée travaillait 4h par jour, 

lequel ne pouvait être transmis, car la procédure en révision était encore en cours 

d'instruction. Sur le plan médical, le rapport de l'expertise confiée au Dr 

N__________ était à l'examen au SMR et joint au courrier de l'OAI. Ainsi, une 

décision sur le droit aux prestations pouvait être rendue rapidement. En procédant à 

une pesée des intérêts et à l'examen des prévisions sur l'issue du litige, il se justifiait 

de suspendre le droit à la rente. 

22. Selon le rapport d'expertise du Dr N__________ du 28 mai 2009, l'assurée ne 

souffre d'aucun trouble psychique, ni de l'adaptation, ni dépressif, ni dysthymique, 

ni de la personnalité, notamment anxieuse ou narcissique. Il retient un éventuel 

trouble d'agoraphobie d'intensité légère, de sorte qu'elle est entièrement capable de 

travailler et de s'occuper d'elle-même. Le rapport d'expertise est fondé sur trois 

entretiens avec l'assuré les 17, 23 et 30 avril 2009, totalisant six heures, ainsi que le 

dossier médical fourni. Il contient une anamnèse personnelle succincte, de longues 

descriptions des rapports médicaux du dossier. S'agissant des plaintes de la patiente, 

l'expert retranscrit la description qu'elle fait de son passé, mais ne mentionne pas les 

 
 
 

 

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plaintes de l'assurée liées à son état de santé. Le rapport contient de nombreux 

passages d'explications théoriques de la psychiatrie et de l'expertise. S'agissant de 

l'observation, l'expert la subdivise et décrit une bonne apparence, l'assurée ayant 

des émotions fortes et il y a "beaucoup de larmes avec convenance". La conscience 

est claire, la concentration le langage et la mémoire sont appropriés et dans les 

normes, tous ces éléments étant affirmés sans explication. Suit un long 

développement dans lequel l'expert affirme que les diagnostics posés par le 

Dr L___________ et la Dresse M___________ sont insuffisamment ou pas du tout 

motivés. L'expert décrit les caractéristiques des divers troubles envisagés. Il estime 

que l'assurée a souffert d'un trouble de l'adaptation avec anxiété et humeur 

dépressive suite au licenciement d'octobre 2006, mais que ce trouble n'existe plus 

parce qu'il ne peut pas durer six ans. Il décrit ensuite le trouble dépressif récurrent, 

avec des citations de la littérature médicale et conclut que la continuité invariable 

du mal de l'assurée, sans période significative normo thymique intercalée, ainsi que 

l'ensemble de l'examen montrent que l'assurée ne souffre pas d'un trouble dépressif 

récidivant (récurrent) ou d'un trouble dépressif majeur récurrent. L'expert exclut 

également la dysthymie et tout trouble de la personnalité, l'apparition de ces 

troubles débute au plus tard à l'adolescence ou au début de l'âge adulte, ce qui 

exclut leur présence chez une assurée de cinquante-quatre ans. L'expert conclut 

qu'il ne sait pas pourquoi l'assurée a développé des complications assécurologiques 

après son licenciement traumatique avec progressivement des manifestations 

psychopathologiques à caractère "pathomimique", estimant que l'on peut également 

parler de sinistrose. A noter que le rapport est truffé de points d'interrogation. 

23. Lors de l'audience de comparution des parties du 7 juillet 2009, l'assurée a indiqué 

qu'elle travaillait 8 h par semaine pour l'entreprise X___________, soit les lundis de 

10h à 12h et les mercredis et vendredis de 8h30 à 11h30 ou 12h. Elle tapait des 

soumissions et des devis, mais pas les salaires et avait un poste sans responsabilité. 

Elle avait d'abord fait un essai en octobre et novembre 2007, en accord avec son 

psychiatre et sans véritable salaire. Monsieur D__________ étant d'accord de 

l'engager en janvier 2008, elle a demandé à l'OAI si cela était possible et posé la 

question de façon générale sans faire référence à son cas. Il lui a été répondu qu'elle 

pouvait travailler jusqu'à 30%. Durant les 3 premiers mois, elle a été payée à raison 

de 20 fr. de l'heure de la main à la main. Dès avril, le salaire a été versé sur son 

compte. Lors de son audition à la NATIONALE ASSURANCE, elle avait été 

embrouillée par les questions posées et avait beaucoup pleuré. Elle avait été 

menacée de plainte pénale et ne savait plus ce qu'elle avait dit. 

24. Par ordonnance du 15 septembre 2009, le Tribunal a ordonné la production du 

rapport de surveillance dont l'OAI se prévalait dans ses écritures. 

25. Le rapport d'observation du 22 février 2008 de Monsieur E__________, auprès de 

Y__________, avait été reçu par l'OAI le 19 juin 2008. L'observation a eu lieu les 

mercredi 30 et jeudi 31 janvier, du mardi 5 au vendredi 8 février, du mardi 12 au 

 
 
 

 

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jeudi 14 février, les lundi 18 et vendredi 22 février 2008, sur mandat de la 

NATIONALE ASSURANCE, soit durant 16 jours, l'assurée a été vue dans 

l'entreprise X___________ de 7h35 à 12h environ les mercredi 6, jeudi 7, vendredi 

8, mardi 12, mercredi 13, jeudi 14, lundi 18 et vendredi 22 février 2008. 

26. Par décision du 14 septembre 2009, l'OAI a supprimé la rente AI de l'assurée avec 

effet rétroactif au 1er février 2008, retirant l'effet suspensif au recours, en raison de 

l'activité lucrative effectuée auprès de l'entreprise X___________ à 50% et de la 

capacité de gain de 100% selon l'expertise médicale faite, de sorte que la 

comparaison des gains avec et sans invalidité, compte tenu d'une réduction de 15% 

déterminait un taux d'invalidité de 22,5 %, qui ne donnait droit à aucune rente. 

27. Par acte du 15 octobre 2009, l'assurée a formé recours (A/3714/2009) contre cette 

décision, dont elle demande l'annulation. Elle conclut à l'octroi d'une rente entière 

d'invalidité et à l'audition de la Dresse M___________, des Drs L___________ et 

O__________. Elle fait valoir que l'expertise du Dr N__________ n'a pas de valeur 

probante et est contredite par les avis des Drs M___________, L___________ et 

O__________, de sorte qu'il convient le cas échéant de procéder à une nouvelle 

expertise. Pour le surplus, l'activité professionnelle de l'ordre de 15 à 25 % ne remet 

pas en cause l'octroi d'une rente entière.  

L'assurée a joint à son recours diverses pièces.  

Par pli du 16 juillet 2009, le Dr O__________, médecin traitant de l'assurée, 

confirme le diagnostic posé par la Dresse M___________ ainsi que l'incapacité de 

travail à 100 %, probablement définitive.  

Par pli du 6 septembre 2009, ce médecin conteste les conclusions de l'expertise du 

Dr N__________. Il rappelle que sa patiente le consulte régulièrement depuis juillet 

2000, ce qui démontre qu'elle ressent une grande souffrance, son mal-être ayant 

toujours existé, puisqu'elle a consulté tout au long de sa vie. C'est en 2004 qu'elle a 

accepté de reprendre les consultations spécialisées avec un psychiatre, le 

Dr L___________. Il précise que le Dr L___________ a effectué une longue prise 

en charge et son diagnostic a été juste, puisqu'il a réussi à stabiliser la patiente 

malgré des événements de vie intercurrents ravageurs. Si l'assurée avait été prise en 

charge par un spécialiste avec la vision du Dr N__________, il eut été probable 

qu'elle n'aurait pas eu d'autres choix qu'une auto-agressivité allant jusqu'au suicide. 

L'expertise du Dr N__________ est tellement loin de la réalité qu'elle laisse le Dr 

O__________ perplexe. Elle est dénigrante pour la patiente et pour les médecins 

qui l'ont suivie. Il relève que la sinistrose ne figure pas dans la CIM-10 et que la 

définition donnée par le Dr. N__________ est celle faite par un auteur datant de 

1908. Le Dr. L___________, psychiatre traitant de l'assurée, a également 

commenté l'expertise du Dr N__________ par pli du 27 juin 2009. Il indique que le 

déni du trouble de la personnalité par le Dr N__________ est d'autant plus 

 
 
 

 

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incompréhensible que ce trouble a été discuté avec lui par téléphone et que l'expert 

était d'avis qu'il s'agissait d'un trouble borderline. C'est précisément ce trouble qui 

explique la gravité et l'intensité de la réaction de l'assurée à son licenciement, ainsi 

que la durée de l'incapacité de travail qui a suivi. Le revirement entre l'entretien 

téléphonique et les conclusions écrites du Dr N__________ aurait mérité une 

argumentation plus sérieuse que les conclusions à l'emporte-pièces de la dernière 

page de l'expertise. L'expert commet une erreur de raisonnement en affirmant que le 

diagnostic de trouble de la personnalité doit être éliminé sur le fait de l'apparition 

tardive à cinquante-quatre ans, car en examinant l'anamnèse, l'expert aurait dû voir 

les signes de ce trouble depuis l'adolescence. Le fait qu'il n'ait été diagnostiqué 

formellement que vers cinquante ans ne signifie en aucun cas qu'il n'existait pas 

avant. L'incapacité de travail est bien de 100 % et les conclusions de l'expert sont 

contestées. 

28. Par pli du 11 novembre 2009, l'OAI a conclu au rejet du recours, a résumé les faits 

depuis 2004 et motivé sa décision sur la reprise du travail de secrétariat de l'assurée 

prouvée par le rapport de surveillance et l'entretien avec les assureurs de la 

NATIONALE. D'ailleurs, la NATIONALE SUISSE avait mis un terme aux 

prestations versées depuis fin avril 2008. Sur le plan médical, l'expertise du Dr 

N__________ démontrait que l'assurée était pleinement capable de travailler, les 

courriers des divers médecins de l'assurée de mai à septembre 2009 "n'apportant 

rien à la cause et témoignant d'une mauvaise compréhension interdisciplinaire" 

selon avis du SMR, du Dr P__________, interniste, du 4 novembre 2009. Celui-ci 

précise qu'il lui est difficile de s'écarter de l'expertise du Dr N__________ et ce qui 

a été observé par le Dr L___________ est vraisemblablement des traits d'une 

personnalité perturbée et non un trouble. 

Parmi les pièces jointes, il y a le procès-verbal de l'audition de l'assurée le 7 avril 

2008 par la NATIONALE ASSURANCE. Après avoir posés diverses questions à 

l'assurée, notamment si elle a repris une activité ou envisage de le faire, et suite aux  

réitérées réponses négatives de l'assurée, les assureurs présents lui demandent si 

elle connaît l'entreprise X___________. Après avoir refusé de répondre, l'assurée 

indique "(…) J'ai tenté de reprendre une activité de temps en temps chez Monsieur 

D__________. Il me donne des sous de temps en temps. En fait, il me paie 20 

francs de l'heure (…) J'y suis allée quelques heures, des fois plusieurs matinées" A 

la question posée: "Depuis quand connaissez-vous Monsieur D__________", 

l'assurée répond " Je ne sais plus. Je dirais un an, un an et demi, depuis début 2006. 

Je l'ai connu par une amie F__________ (…). Elle quittait l'entreprise et m'a 

demandé si je voulais la remplacer. A la question répétée "A quelle fréquence vous 

rendez-vous dans cette entreprise, puis "quels sont vos horaires", l'assurée répond 

"J'y vais tous les jours, je fais 8h-12h, je suis seule dans le bureau et certains jours, 

je ne vois personne". 

 
 
 

 

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29. Par décision du 8 octobre 2009, l'OAI a réclamé la restitution des prestations 

perçues de février 2008 à avril 2008. 

30. Par acte du 3 novembre 2009, l'assurée a formé recours (A/3976/2009) contre la 

décision du 8 octobre 2009. Elle fait valoir les mêmes arguments que ceux 

développés à l'appui de son recours du 15 octobre 2009. 

31. Par pli du 3 décembre 2009, l'OAI a conclu au rejet du recours, les arguments étant 

les mêmes que ceux développés à l'appui de la procédure A/3714/2009. Est joint à 

ce pli un courrier de la Caisse de compensation "Assurance" du 10 novembre 2009, 

qui indique que, sur la base de la décision de suspension de l'OAI du 16 avril 2008, 

le versement de la rente a été suspendu dès le mois de mai 2008, de sorte que, sur la 

base de la décision de refus du 14 septembre 2009, avec effet rétroactif au 1er 

février 2008, ce sont les rentes de février à mai 2008 qui doivent être restituées. 

Il ressort de ce courrier que l'arrêt du Tribunal de céans du 10 mars 2009, annulant 

la décision de suspension du 16 avril 2008 n'a pas été communiqué à la caisse de 

compensation. 

32. Par jugement du 27 novembre 2009, le Tribunal a rejeté la demande de récusation 

formée par l'OAI contre Madame G__________ alors présidente de la 2ème 

Chambre pour toutes les causes relevant de l'assurance invalidité dont elle était 

saisie. 

33. Lors de l'audience du 12 janvier 2010, les parties ont accepté de joindre les causes 

et confirmé leurs demandes concernant l'instruction de la cause. 

34. Par ordonnance du 14 janvier 2010, le Tribunal a ordonné la jonction des trois 

causes sous le no A/1724/2009, a fixé un délai au 26 janvier à l'assurée pour se 

déterminer sur les écritures de l'OAI dans les deux autres causes et a ordonné une 

audience de comparution personnelle et d'enquêtes. 

35. Par pli du 26 janvier 2010, l'assurée s'est prononcée sur les déterminations de l'OAI 

s'agissant de la décision de suppression de rente et de celle de restitution de 

prestations. L'avis du Dr P__________, titulaire d'un FMH en médecine interne, et 

sans compétences pour se prononcer sur un dossier relevant de la psychiatrie est 

sans pertinence et ses remarques concernant l'avis du Dr R__________ sont 

inacceptables. D'ailleurs, c'est en vain que le Dr P__________ tente de justifier les 

hésitations et les points d'interrogation du rapport d'expertise du Dr N__________, 

ce qui démontre que ce dernier n'est pas convaincant. L'assurée confirme de plus 

avoir posé la question à l'OAI sur la possibilité d'avoir une petite activité et le fait 

que cette question n'a pas été documentée ne prouve pas son inexistence. S'agissant 

d'une activité inférieure à 30 %, ce fait ne modifie en rien le droit de l'assurée à une 

rente entière. L'activité déployée par celle-ci n'est pas celle d'une secrétaire avec 

toutes les responsabilités que cela implique, l'essentiel de l'activité administrative 

 
 
 

 

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étant effectuée par Monsieur D__________, notamment la préparation des devis, 

l'assurée se limitant à les recopier. Le procès-verbal de la NATIONALE SUISSE a 

été signé par l'assurée sous l'effet de la contrainte et le rapport de surveillance ne 

démontre strictement rien au niveau de l'activité de l'assurée, qui en conteste le 

contenu. Les affirmations de l'OAI tirées du rapport de surveillance au sujet de 

l'activité de l'assurée relèvent de la pure imagination. D'ailleurs, le fait d'aller faire 

ses courses et de sortir son chien n'est pas incompatible avec des troubles 

psychiques. Privée de sa rente, l'assurée a dû avoir recours à l'aide sociale pour faire 

face à ses obligations, car son salaire oscille entre 560 fr. et 750 fr. par mois. 

S'agissant de la demande de restitution, si l'OAI était convaincu de son droit de 

supprimer la rente et d'en demander la restitution en avril 2008 déjà, il aurait dû 

demander cette restitution avant le mois d'avril 2009, conformément au délai de 

l'art. 25 al. 2 LPGA, la prescription étant dès lors acquise, les mensualités faisant 

l'objet de la demande de restitution concernant les mois de février à avril 2008. 

L'assurée a produit plusieurs pièces. L'attestation du 8 janvier 2010 du Dr 

L___________ indique qu'il faut persister à demander une expertise judiciaire, car 

l'élimination du trouble de la personnalité par les Dr N__________ et P__________ 

ne tient pas compte de l'anamnèse de la patiente qui montre que ces troubles 

existaient déjà depuis l'âge de jeune adulte et ont provoqué des altérations du 

fonctionnement bien avant le licenciement. S'agissant du trouble d'adaptation retenu 

par le Dr N__________, la CIM-10 précise que quand les symptômes persistent au-

delà de six mois, on doit modifier le diagnostic pour celui qui correspond au 

diagnostic clinique. Le médecin rappelle que le Dr N__________ avait admis 

l'existence d'un trouble de la personnalité par téléphone, mais que ce diagnostic a 

disparu de l'expertise. La caractéristique de ce type de trouble de la personnalité, 

aussi bien F60.31 que F60.0 est qu'en période de crise, il peut se présenter sous 

forme d'un état dépressif, de crises d'angoisse, de troubles du comportement qui, 

dans un premier temps, masquent le trouble de la personnalité sous-jacent. Il n'est 

donc pas inhabituel que le diagnostic se fasse sur la durée et qu'il n'apparaisse pas 

dans ses premiers rapports. L'assurée produit également un devis manuscrit, à titre 

d'exemple des devis qu'elle doit recopier à la machine à écrire. 

36. Lors de l'audience du 9 mars 2010, plusieurs témoins ont été entendus. 

a) Monsieur H__________, employé de l'entreprise X_________ depuis 26 ans, 

son travail consistant à livrer le matériel sur les chantiers, a déclaré se rendre au 

bureau seulement après 17h et n'y avoir jamais rencontré l'assurée. 

b) Monsieur I__________, employé de l'entreprise depuis 20 ans, part tôt le matin 

sur les chantiers de sorte qu'il ne voit que rarement l'assurée. En général et depuis 

qu'il est devenu directeur en 2007, il est au bureau de 06h.30 à 08h.00, soit jusqu'à 

l'arrivée de M. D_________ Il rencontre donc l'assurée à ce moment-là, les jours où 

elle vient. A sa connaissance, elle vient le lundi, mercredi et vendredi matin. Quand 

 
 
 

 

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il repasse au bureau dans la matinée, il la rencontre parfois mais pas toujours. C'est 

essentiellement M. D_________ qui donne à l'assurée les documents à faire. Pour 

sa part, s'il a besoin qu'un devis soit établi, il transmet la demande à M. 

D_________. Il prépare alors le projet de devis à la main, il mentionne les prix et 

M. D_________ décide s'il veut les modifier. 

c) Monsieur DI D_________, patron de l'entreprise, a déclaré que l'assurée travaille 

dans son entreprise depuis janvier 2008, au secrétariat. Elle copie à l'ordinateur des 

devis qui sont préparés à la main. Il y a 15 à 17 employés, dont 2 s'occupent de 

l'administration, l'assurée incluse. Elle vient environ 3 fois par semaine, sauf quand 

elle se sent mal. En principe, elle vient les lundis matins 2 heures, mercredis et 

vendredis matins 3 ou 4 heures. L'assurée oublie beaucoup de choses, il faut lui 

répéter les instructions et corriger son travail. Elle oublie parfois des éléments des 

devis lorsqu'elle les copie. Elle effectue beaucoup moins de travail que l'autre 

secrétaire, qui mettait 2 heures pour faire le travail de 3 heures de l'assurée. 

Fin 2007, il avait besoin d'un dépannage pour le secrétariat. L'assurée a fait la 

connaissance de son épouse à Balexert. Elle s'ennuie et doit s'occuper. Au départ, 

elle est venue l'aider durant 2 ou 3 mois mais ne voulait pas être payée. La 

secrétaire de l'entreprise qui travaillait à 50 % était partie et l'assurée a effectué le 

strict nécessaire durant cette période, et jusqu'à fin 2009, concernant les devis et les 

factures, mais le comptable de l'entreprise voisine était là pour vérifier et faire le 

reste de l'administration. Le comptable habituel de l'entreprise a continué son 

travail de vérification. Elle a ensuite appelé l'OAI depuis son bureau pour savoir si 

elle pouvait travailler en fixe et il lui a été répondu que c'était possible jusqu'à 30 

%. C'est alors qu'il l'a engagée. Le salaire a été fixé à 20 fr. de l'heure les trois 

premiers mois en 2008, puis à 25 fr. de l'heure. La totalité du salaire est déclarée. 

L'assurée ne fait toutefois pas ce travail pour l'argent. Il arrive que l'assurée vienne 

à l'entreprise sans y travailler, pour ne pas rester seule. Parfois, elle vient durant 4 

heures mais ne travaille que partiellement. A d'autres moments, elle va et elle vient 

à son gré. Ses horaires sont donc irréguliers. Le témoin répète que l'horaire plus ou 

moins convenu est celui déjà indiqué plus haut. L'assurée travaille entre 7 et 8 

heures par semaine en moyenne, sur lesquelles il faut compter un rendement de 2/3. 

Le témoin précise qu'il n'est pas tout le temps au bureau, et lui paye les heures 

qu'elle note, car il lui fait confiance. C'est aussi parce que ça lui remonte le moral 

que Mme C___________ travaille un peu. 

Le témoin confirme son attestation à l'OAI (document 62), en ce sens que l'assurée 

exerce une activité sans aucune responsabilité et que tous ses travaux sont 

contrôlés. Il précise qu'il faut être particulièrement attentifs à l'humeur de l'assurée 

qui parfois pleure, est stressée ou angoissée. 

 
 
 

 

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Il est difficile de chiffrer le nombre de devis et de factures établis chaque mois. En 

moyenne, il y a 6 devis et 3 petites factures par semaine, et 3 à 4 grosses factures à 

la fin du mois. L'assurée recopie ces devis et factures. 

L'autre secrétaire, engagée depuis mars 2010, travaille à 50 %, parfois en même 

temps ou à d'autres horaires que Mme C___________. Les secrétaires ont les clefs 

des bureaux et les ouvriers ont les clefs du dépôt. 

37. A l'issue de l'audience, un délai au 23 mars 2010 a été imparti aux parties pour 

produire des pièces et communiquer les coordonnées des autres témoins à entendre.  

38. Lors de l'audience du  20 avril 2010, plusieurs témoins ont été entendus. 

a) Monsieur J________ s'occupe depuis environ trente ans de la comptabilité de 

l’entreprise X___________, mais pas des salaires. A sa connaissance, l'entreprise a 

toujours eu une secrétaire, en tout cas pas à plein temps, voire même à moins de 

50%, car elle n’était pas souvent là. D’ailleurs, tout le monde appelle le patron de 

l'entreprise sur son téléphone portable, car on ne peut pas joindre l’entreprise 

autrement. Le témoin ne connait pas les circonstances de l’engagement de l'assurée 

et il l'a rencontrée pour la première fois il y a deux ans. Le travail effectué par le 

témoin est le même depuis toujours, mis à part l’évolution régulière de la quantité 

et il n’y a pas eu de période pendant laquelle M. D_________ l’a chargé de tâches 

supplémentaires. 

b) Monsieur K________ est un voisin de l’entreprise X___________ depuis 1989. 

Avant l’arrivée de l'assurée, cette entreprise employait une secrétaire, mais le 

témoin ne connait pas son taux d’activité. Il a toujours aidé M. D_________ avec 

son informatique, au début pour lui expliquer les programmes, puis durant une 

période, celui-ci lui a régulièrement demandé de l’aide, pour créer des documents 

sur Word. Il a alors dû établir des devis, courriels, factures et courriers, sans être 

capable de préciser les dates et la durée pendant laquelle M. D_________ l’a 

sollicité de façon plus fréquente. Il n'a pas été rémunéré spécifiquement pour ce 

travail, car il s'occupe de la comptabilité des sociétés de M. D_________. Depuis 

un certain temps, qu'il ne parvient pas à dater, ce dernier ne lui demande plus 

d’établir ces documents mais le contremaître lui demande encore de temps en temps 

un conseil. Il n’a pas vu travailler l'assurée, de sorte qu'il ne peut pas s’exprimer sur 

la qualité de son travail. Les locaux du témoin sont au même étage que ceux de M. 

D_________. 

c) Monsieur AA________ est employé auprès de la NATIONALE SUISSE 

ASSURANCES et a auditionné l'assurée le 7 avril 2008 en compagnie d'un 

collègue. L’assurance avait des doutes quant à l’activité de l’assurée, car elle ne 

parvenait pas à la joindre au téléphone le matin et un passage inopiné au domicile 

n’a pas permis de la rencontrer, raison pour laquelle un détective a été mandaté, 

dont les conclusions positives ont amené l'assurance à entendre l’assurée. 

 
 
 

 

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L’audition a eu lieu dans un local vitré d’environ 15 m2. Elle s’est bien passée. 

L’assurée avait l’air triste, de sorte qu'ils ont commencé par une discussion. Sur 

question, l’assurée n’admettait pas avoir une activité, de sorte qu'ils l'ont ensuite 

confrontée au rapport de surveillance. Le témoin précise qu'il procède toujours 

ainsi, car parfois les assurés admettent l’activité et donnent une explication 

plausible. Après avoir su qu’une surveillance avait été faite, l’assurée a admis 

qu’elle travaillait tous les matins à l’entreprise X_________ et qu’elle percevait un 

salaire de la main à la main. Elle a parlé de 20 fr. de l’heure et le témoin ne se 

souvient plus si elle a indiqué la fréquence des paiements (par jour, par semaine ou 

par mois). Au début, l’assurée a pleuré en parlant de sa situation de dépression, 

puis, à la fin de l’entretien, elle était en colère. Le témoin conteste avoir exercé une 

quelconque pression sur l’assurée. Après qu'elle a eu nié trois ou quatre fois de 

suite, avoir une quelconque activité, même de bénévolat, il se devait de lui 

communiquer qu'il connaissait l’activité exercée et il ne pense pas que l’assurée 

était perturbée au point de ne pas savoir ce qu’elle disait ou d’admettre des choses 

qui n’existent pas. 

Sur la base des éléments en sa possession, l'assurance a considéré qu’il y avait 

fraude à l’assurance et a mis un terme au versement des prestations depuis avril 

2008, puis a réclamé le remboursement des prestations déjà versées, ainsi que le 

paiement des frais du détective. S’agissant d’un contrat soumis à la LCA, 

l'assurance a la possibilité de résilier le contrat en totalité et pas seulement depuis le 

premier jour de la surveillance. 

Le courrier du 2 avril 2008 contenait un certain nombre de pièces, mais pas le 

rapport de surveillance car l'audition de l'assurée n'avait pas encore eu lieu. Sur 

demande de l’AI sollicitant les autres documents en possession de l'assurance, le 

rapport  a été transmis ultérieurement. 

Il n’y a pas eu de courrier de l’avocat de l’assurée entre juillet 2008 et le récent 

courrier reçu, à la connaissance du témoin. A son souvenir, les courriers contestent 

l’obligation de rembourser, mais ne contestent pas la suppression des prestations 

pour l’avenir. L’avocat de l’assurée a indiqué lors d’un entretien que sa cliente 

n’était pas en mesure de rembourser cette somme et, il y a une semaine, il a sollicité 

la renonciation à invoquer la prescription. Il est toutefois possible que l’avocat de 

l’assurée ait contesté les prétentions de l'assurance par courrier auprès du service du 

contentieux qui détient le dossier depuis l’été 2008. 

Le témoin précise qu'à son souvenir, mais hors procès-verbal d'audition, il a 

suggéré à l’assurée d’annoncer à l’OAI la reprise d’une activité.  

d) Monsieur AB________ est l'enquêteur privé mandaté par l'assurance et l'auteur 

du rapport du 22 février 2008. Il précise qu'il n'a constaté rien de plus que ce qui 

figure dans son rapport et que ce qui a été filmé, à savoir que la surveillance a été 

 
 
 

 

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effectuée onze jours sur quatre semaines, durant lesquels l'assurée s’est présentée à 

l’entreprise X_________ entre 7h20 et 7h40 pour en repartir un peu avant midi. La 

surveillance l’après-midi a eu lieu une seule fois et il n'a pas constaté que l’assurée 

se soit rendue à l’entreprise. Il s'est limité à effectuer la surveillance le matin. Pour 

cibler l’environnement, il procède à la surveillance sur une journée entière. Cela a 

permis d’établir que l'assurée promène son chien le matin et que le premier après-

midi de la surveillance, elle s’est rendue à Balexert, au restaurant « Le Savarin ». 

Le témoin a constaté que l'assurée était assise à un bureau et qu’elle parlait au 

téléphone et classait des papiers. Il est passé dans le couloir pour le constater à deux 

ou trois reprises. Il a effectivement constaté que l'assurée a utilisé un véhicule 

immatriculé au nom de l'entreprise, un matin pendant lequel elle se trouvait à 

l’entreprise. Durant la surveillance, qui s’effectuait depuis l’extérieur, il n'a jamais 

constaté que l'assurée se rendait dans d’autres bureaux que ceux de l'entreprise en 

question. Une fois qu'il avait été constaté qu’elle était entrée dans l’immeuble et, 

suite à deux vérifications de sa présence dans les bureaux de l'entreprise, il en a 

conclu qu’elle se rendait à chaque fois dans ces bureaux-là, au 1er étage, dont les 

stores sont souvent fermés.  

Le mandat de la NATIONALE SUISSE mentionne sous « motif de la 

surveillance » que l'assurée souffre d’un état de dépression profond. Le témoin en 

remet une copie au Tribunal.  

39. Par pli du 28 avril 2010, le Tribunal a informé les parties de son intention de 

procéder à une expertise psychiatrique et leur a transmis le projet de mission 

d'expertise, en leur impartissant un délai au 10 mai 2010 pour se prononcer sur une 

éventuelle récusation de l'expert et les questions libellées dans la mission 

d'expertise. 

40. Par pli du 7 mai 2010, l'OAI s'est montré particulièrement surpris du fait que le 

Tribunal entende ordonner une expertise psychiatrique, le dossier contenant d'ores 

et déjà un rapport d'expertise daté du 28 mai 2009 qui revêt pleine valeur probante. 

De plus, le temps écoulé depuis la notification de la décision de suppression de 

rente, soit presque un an, implique que des éléments subséquents sont susceptibles 

d'influencer de manière notable les conclusions d'une nouvelle expertise, l'assurée 

étant dans une situation financière catastrophique, ce qui influence certainement 

son moral. Ainsi, une nouvelle expertise psychiatrique ne permettra pas de 

constater quel était l'état de santé psychique de l'assurée au moment de la 

notification de la décision de suppression de rente, de sorte que l'OAI s'oppose à la 

réalisation de cette nouvelle expertise. 

41. Par pli du 10 mai 2010, l'assurée a indiqué ne pas avoir d'observations, ni de cause 

de récusation à faire valoir. 

 
 
 

 

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42. Par ordonnance du 12 mai 2010, le Tribunal a commis le Dr S________, 

psychiatre, à titre d'expert et lui a transmis la mission d'expertise. 

43. A la demande du Tribunal, la caisse de compensation a transmis le 31 mai 2010 les 

extraits de comptes des employés de l'entreprise X___________, dont un résumé 

concernant uniquement le salaire réalisé par des femmes occupées au secrétariat, au 

vu de l'activité de l'entreprise, a été communiqué aux parties. Il en ressort que la 

secrétaire employée depuis janvier 2003 a réalisé un salaire annuel brut de 58'390 

fr. (janvier-décembre 2003), 58'321 fr. (janvier-décembre 2004) et 21'056 fr. 

(janvier-avril 2005). Une autre secrétaire a été employée pour un salaire de 10'710 

fr. (juin à septembre 2005). Une troisième secrétaire a travaillé en août 2007 pour 

un salaire de 2'217 fr. Le revenu versé à l'assurée est de 9'067 fr. 20 (janvier-

décembre 2008) et 9'641 fr. 35 (janvier-décembre 2009). 

44. L'expert mandaté a été régulièrement relancé concernant l'avancement de 

l'expertise. 

45. a) Le rapport d'expertise du Dr S________ du 21 mars 2011, reçu le 29 mars 2011 

se fonde sur le dossier mis à disposition, cinq consultations avec l'expertisée, les 10, 

17, 24 et 26 janvier ainsi que de 2 mars 2011, les résultats d'un auto-questionnaire 

destiné à évaluer la structure de la personnalité, les résultats d'un auto-questionnaire 

destiné au dépistage des troubles de la personnalité, un entretien clinique structuré 

pour le diagnostic des troubles de la personnalité. 

L'anamnèse familiale, personnelle et professionnelle est très détaillée. L'anamnèse 

psychiatrique indique un premier épisode dépressif en 1975-1976 puis l'installation 

d'un état dépressif aigu après la perte d'un emploi en octobre 2003, particulièrement 

sévère fin 2003 et durant l'année 2004, l'expertisée étant suivie depuis novembre 

2004 par le Dr L___________, psychiatre. Parmi les éléments d'anamnèse 

psychiatrique extraits du dossier, l'expert mentionne l'expertise de la Dresse 

M___________, psychiatre, du 19 avril 2004 qui diagnostique un épisode dépressif 

sévère sans symptômes psychotiques et considère que l'état psychique actuel est à 

la limite de la nécessité d'une hospitalisation, soulignant la fragilité de la 

personnalité de l'expertisée. L'expert mentionne le rapport médical du 17 avril 2008 

du Dr L___________ mentionnant une légère amélioration et un essai de reprise de 

travail de 25% depuis le 7 janvier 2008, à titre d'essai de réhabilitation ainsi que le 

rapport plus détaillé du Dr L___________ du 11 juin 2008, dans lequel le médecin 

qualifie la dépression de récidivante et persistante, avec des crises d'angoisses et 

des états d'agitation, insistant sur la valeur thérapeutique de la reprise d'une petite 

activité. Le rapport du 6 août 2008 de la Dresse M___________ retient les 

diagnostics de trouble dépressif récurrent, épisodes actuels sévères sans symptômes 

psychotiques et troubles mixtes de la personnalité, et elle signale un état dépressif 

sévère avec des idées suicidaires envahissantes, un isolement social, des troubles du 

sommeil, de l'anxiété, des troubles de la mémoire et de la concentration, la 

 
 
 

 

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pathologie de la personnalité s'étant accentuée par manque de cadre, jadis offert par 

le travail. Les difficultés d'appréciation de l'assurée rendaient compte de la manière 

confuse et inadéquate qu'elle avait eu d'informer l'AI de son activité à 25 % depuis 

janvier 2008. L'expertise du 28 mai 2009 du Dr N__________, psychiatre, conclut 

qu'aucun trouble mental ou du comportement n'est mis en évidence, l'observation 

rapportant aucune anomalie de l'attention ou de la concentration, ni fatigabilité, ni 

ralentissement du discours, etc. L'humeur apparente n'est pas décrite et 

l'appréciation par l'expertisée n'est pas mentionnée, le Dr N__________ relevant 

"beaucoup de larmes avec convenance", le Dr S________ précisant dans son 

expertise que le sens de cette phrase lui échappe. Enfin, un courrier du Dr 

L___________ du 8 janvier 2010 réfute le diagnostic de troubles de l'adaptation et 

soutient que sa patiente souffre également d'un trouble de la personnalité, le 

médecin précisant qu'une anamnèse sérieuse montre que les troubles de l'assurée 

existent depuis l'âge de jeune adulte et qu'ils ont provoqué des altérations du 

fonctionnement social et une souffrance cliniquement significative bien avant les 

troubles qui ont suivi le licenciement. 

b) S'agissant des plaintes de la patiente, celle-ci mentionne des troubles mnésiques 

et de difficultés de concentration. Au travail, elle est vite stressée et débordée, perd 

pied et s'énerve. Elle est incapable d'accomplir un travail exigeant de la 

concentration, de sorte qu'on ne lui confie que des tâches simples et surtout du 

classement. Elle est lente, tendue et irascible, doit tout vérifier, de sorte que son 

rendement est faible, bien que tout soit préparé et contrôlé par son patron, qui 

rédige à la main les devis qu'elle recopie à l'ordinateur. Certains matins, elle se sent 

incapable de se rendre au travail, quand elle a mal et est épuisée, son humeur est 

effondrée et elle ne peut retenir ses larmes. Ses difficultés de concentration la 

gênent aussi dans ses activités d'ordre privé (lecture, ménage, etc.). Son humeur est 

toujours triste, elle pleure sans raison, rumine, ressasse ses échecs et les injustices 

subies. Le travail était sa raison de vivre et elle se sent inutile, pense souvent à la 

mort, mais n'a ni idées, ni projets suicidaires. Elle est impatiente, irritable, 

s'emporte facilement, devient agressive en paroles et ne supporte plus gens. 

Autrefois coquette et soucieuse de plaire, elle est devenue indifférente à son 

apparence, a perdu toute estime de soi, se reproche d'avoir été une mauvaise mère 

et de n'aimer personne. Elle vit repliée sur elle-même, fuyant le contact. 

L'expertisée se plaint aussi de fatigue et de troubles du sommeil, et s'allonge sur le 

canapé à midi. Le soir elle s'endort en 30 minutes, mais se réveille vers 3 ou 4 

heures du matin, inquiète, ruminant des pensées tristes. Elle a peu d'appétit et 

s'alimente mal. L'anhédonie est marquée, seuls les chiens lui apportent un peu de 

joie, et elle les promène très tôt le matin et le soir à la tombée de la nuit, pour éviter 

de rencontrer des gens. Le soir elle regarde la télévision et est souvent prise 

d'angoisses avant d'aller se coucher. Elle ne consomme pratiquement plus d'alcool 

depuis 25 ans et a cessé de fumer. L'investigation psycho-pathologique orientée 

confirme la présence de la plupart des critères du trouble borderline : l'expertisée a 

 
 
 

 

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toujours été très impulsive et agressive, contrôle difficilement sa colère, se dit 

franche et directe, mais constamment sur la défensive, ses relations sont 

tumultueuses, son humeur instable, ses émotions difficiles à contrôler, l'incertitude 

identitaire persiste et elle éprouve souvent un sentiment de vide et d'ennui. Selon 

l'évaluation psychométrique, soit l'inventaire de dépression de Beck, le résultat est 

de 25/39 le 24 janvier 2011, ce score correspondant à un état dépressif sévère. Les 

résultats obtenus au TCI sont en faveur de l'existence d'un trouble sévère de la 

personnalité, l'expertisée ayant obtenu des scores très inférieurs à la norme 

statistique dans les dimensions de caractère "auto-détermination" et "coopérativité", 

ainsi que des scores élevés aux dimensions "évitement du danger" et "recherche de 

la nouveauté". Cela représente une caractéristique commune à tous les troubles de 

la personnalité et témoigne d'une forte impulsivité et d'une tendance marquée à 

l'anxiété, au pessimisme, et aux perturbations de l'humeur. Le trouble de 

personnalité apparaît aussi de la manière la plus nette dans les résultats du 

questionnaire des traits de la personnalité. Tous les items définissant ce trouble sont 

présents, ainsi que de nombreux traits caractérisant d'autres troubles (paranoïaque, 

obsessionnelle, narcissique, etc). 

c) Lors de l'observation, l'expert observe que l'assurée a une expression triste et, à 

plusieurs reprises, elle a pleuré en silence, conservant une certaine réactivité 

émotionnelle et, à de rares moments, esquissant un sourire. Le discours est 

normalement organisé, sans anomalies formelles, articulé d'une voix un peu faible 

et avec un débit discrètement ralenti, répétant des mots pessimistes. Elle a 

constamment montré des signes de nervosité et d'anxiété (faciès inquiet, tension 

apparente, crispation des mains). 

d) L'expert diagnostique un épisode dépressif moyen avec syndrome somatique 

(F32.11) et une personnalité émotionnellement labile, type borderline (F60.31). 

S'agissant de l'appréciation du cas, l'expertisée souffre d'un état dépressif majeur 

d'évolution chronique. Ce trouble n'a pas connu de rémission symptomatique depuis 

sa survenue en octobre 2003, en dépit du traitement pharmacologique et 

psychothérapeutique instauré depuis décembre 2004. 

L'évolution clinique est défavorable et s'explique essentiellement par l'existence 

d'un trouble sévère de la personnalité. Une investigation clinique approfondie 

(anamnèse orientée, entretien semi-structuré, usage d'auto-questionnaires) amène à 

diagnostiquer un trouble borderline, auquel s'ajoute des traits paranoïaques 

(méfiance, rigidité), obsessionnels et narcissiques. La pathologie de la personnalité 

a ses racines dans les traumatismes - l'abandon, le rejet, la maltraitance physique et 

affective - vécus dans l'enfance et l'adolescence, elle est à l'origine des échecs 

répétés que l'expertisée a connus dans sa vie personnelle (isolement, difficultés 

dans les relations interpersonnelles, sentiment d'incompréhension). Ses 

manifestations cliniques se sont accentuées après le licenciement. Le travail était le 

 
 
 

 

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seul domaine pleinement investi, porteur de toutes les valeurs. Sa perte a précipité 

l'effondrement narcissique, elle a provoqué un sentiment d'incapacité et d'inutilité et 

joué un rôle déterminant dans la survenue et la chronicisation de la dépression. 

Le pronostic est très réservé. Il est peu probable que l'expertisée trouve à l'avenir un 

état clinique compatible avec une véritable activité lucrative, même à mi-temps. Sa 

capacité de travail restera limitée par un rendement insuffisant et l'incapacité à 

supporter les stress inhérents à la vie professionnelle. La poursuite du traitement 

psychiatrique intégré est évidemment indispensable. 

e) S'agissant de la capacité de travail de l'assurée, l'expert indique que la diminution 

importante de cette capacité est attribuée aux effets conjugués de l'état dépressif 

chronique et du trouble de la personnalité, la capacité correspond à un taux 

d'activité de 30%, avec un rendement réduit d'environ 50%. L'expertisée a retrouvé 

une capacité de travail durable, mais très limitée, à partir du début de l'année 2008, 

qui peut s'exercer seulement dans un milieu professionnel peu exigeant en termes 

de rendement, et particulièrement tolérant en termes d'absences fréquentes, 

d'horaires relativement libres. Un travail de secrétariat confiné à des tâches simples 

et routinières, exemptées de stress ou d'obligation de rendement est adapté à l'état 

clinique de l'expertisée et doit être encouragé dans une perspective thérapeutique. 

Dans le cadre de son emploi auprès de l'entreprise X___________, la capacité de 

travail de l'assurée n'excède pas une quinzaine d'heures par semaine, soit un taux de 

30% au maximum. L'autonomie professionnelle est réduite et le rendement faible, 

atteignant à peine la moitié de celui que l'on peut exiger dans ce type d'activité ou 

de celui que l'assurée a elle-même eu durant sa vie professionnelle, jusqu'en 2003, 

selon sa propre estimation. D'après les documents et l'anamnèse, l'état dépressif de 

l'expertisée est stable depuis 2006. Bien que l'expert ne puisse pas se prononcer sur 

la capacité de travail de l'assuré en 2006 et 2008, aucun argument ne permet de 

soutenir qu'elle aurait été plus ou moins importante que depuis début 2008. L'état 

de santé de l'assurée n'a pas été notablement modifié par sa situation sociale et 

financière et le degré de sévérité de la dépression ne s'est pas aggravé depuis la 

suspension du versement de la rente. 

e) S'agissant de l'avis des autres psychiatres consultés, l'expert indique qu'il partage, 

pour l'essentiel, les avis du Dr L___________ et de la Dresse M___________. 

Cette dernière a  diagnostiqué chez l'expertisée un "trouble dépressif récurrent" et 

"des troubles mixtes de la personnalité". En août 2008, elle constatait un "état 

dépressif sévère" et signalait une accentuation de la pathologie de la personnalité. 

Quant au Dr L___________, il évoquait en mai 2008 une dépression "récidivante et 

persistante" et une "instabilité thymique marquée avec brusque passage par des 

décompensations majeures, avec idéation suicidaire". Il a ajouté en janvier 2010 

que sa patiente souffrait d'un trouble de la personnalité "… [ayant] provoqué des 

altérations du fonctionnement social et une souffrance cliniquement 

significative…". Par contre, l'expert est en désaccord avec les conclusions de 

 
 
 

 

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l'expertise du Dr N__________. Son anamnèse psychiatrique présente des lacunes, 

il ne tient pas compte des mauvais traitements physiques et affectifs subis par 

l'expertisée, il retient une vie affective et satisfaisante, riche et intéressante, ce qui 

est éloigné des éléments d'anamnèse livrés par l'expertisée. Le trouble de 

l'adaptation retenu n'est pas compatible avec le tableau clinique rapporté par les 

médecins qui ont suivi l'expertisée, l'état clinique de l'expertisée était à l'époque 

beaucoup plus sévère que celui correspondant aux troubles de l'adaptation. 

L'appréciation du Dr N__________ est contestée, car l'assurée n'a pas développé 

des complications assécurologiques, mais bien un état dépressif sévère, dont la 

pérennisation s'explique, entre autres facteurs, par la perte de l'étayage psychique 

que représentait son travail et l'effondrement narcissique qui s'en est suivi, 

aggravant les manifestations d'un trouble de la personnalité présent de longue date. 

f) A propos de la manière dont elle a communiqué avec l'OAI, l'expertisée a indiqué 

à l'expert que son patron et elle-même ont téléphoné à l'OAI afin de s'informer des 

règles concernant la possibilité d'avoir une activité professionnelle à temps partiel. 

Il leur aurait été répondu que les bénéficiaires d'une rente AI peuvent travailler 

jusqu'à un taux d'activité de 30%. L'expertisée n'avait pas donné son nom à son 

interlocuteur et il s'agissait d'une réponse à caractère général. Elle a commencé à 

travailler en 2007, d'abord sans rémunération, précise-t-elle, puis elle a été engagée 

après une période d'essai de trois mois. Par ailleurs, l'expertisée ne se souvient pas 

d'avoir rempli un questionnaire à l'occasion de la procédure de révision de la rente. 

Quant au rapport de l'entretien qu'elle a eu avec des collaborateurs de la 

NATIONALE SUISSE, elle explique l'avoir signé sous pression. "J'ai paniqué et 

j'ai perdu mes moyens, je ne sais pas ce que j'ai signé." a-t-elle dit à l'expert, 

ajoutant que les inspecteurs qui ont mené l'interrogatoire dans leurs bureaux se sont 

montrés intimidants et même menaçants. 

Des mesures médicales adaptées sont mises en œuvre depuis la fin de l'année 2004, 

sous la forme d'un traitement psychiatrique intégré. Ce traitement est nécessaire et 

il doit être poursuivi, mais il n'y a pas lieu d'en attendre une amélioration de la 

capacité de travail. 

46. Le rapport d'expertise a été transmis aux parties avec un délai pour se déterminer. 

47. Par conclusions motivées du 2 mai 2011, l'assurée rappelle les faits importants de la 

cause, cite l'expertise du Dr N__________, de longs passages des témoignages 

recueillis et de l'expertise du Dr S________. Elle fait valoir que son taux 

d'invalidité n'a pas connu de modifications, au sens de l'art. 17 LPGA, puisqu'il est 

resté stationnaire selon les rapports médicaux et expertises produits, seule 

l'expertise du Dr S________, à la différence de celle du Dr N__________, ayant 

pleine valeur probante. S'agissant de l'activité au sein de l'entreprise, l'assurée n'y 

travaille qu'à raison d'environ 8 heures par semaine, ce qui est confirmé par les 

 
 
 

 

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témoignages recueillis, les décomptes de salaire, le rapport de surveillance contesté 

par la recourante ne portant que sur trois jours par semaine et ce durant trois 

semaines, certains jours ne portant aucune mention utile, de sorte qu'il ne saurait 

être crédible et probant. L'attitude de l'OAI, qui est une assurance sociale, est 

inadmissible et doit être sanctionnée. 

L'assurée produit une copie de son certificat de salaire 2008, qui confirme le revenu 

brut de 9'067 fr. 20 ainsi que deux rapports médicaux. Le premier, du Dr 

O__________ du 8 avril 2011 indique que les conclusions de l'expertise du Dr 

S________ sont précises et conformes à la situation que vit la patiente, de sorte que 

les juges ne devraient pas en dévier. Le second, du Dr L___________, du 21 avril 

2011, estime que l'expertise du Dr S________ est bien faite, qu’elle comporte une 

anamnèse complète, un examen clinique détaillé et précis, complété par des 

examens complémentaires sous forme de trois tests psychologiques. Les 

conclusions sont étayées, cohérentes et prennent en compte l'ensemble des données. 

Le médecin partage les conclusions du Dr S________. Les différences entre celle-ci 

et les conclusions du Dr N__________ ne relèvent pas d'une simple divergence de 

points de vue ou d'évaluation. Il y a une différence qualitative majeure entre le 

travail approfondi et exhaustif du Dr S________, et l'évaluation superficielle et 

lacunaire du Dr N__________. Pour la forme, le Dr L___________ précise qu'il n'a 

eu aucun contact avec l'expert, qui s'est donc prononcé en toute indépendance. 

48. Par pli du 2 mai 2011, l'OAI maintient les conclusions exprimées dans les 

précédentes écritures. Il reprend également le déroulement des faits. S'agissant de 

l'état de santé de l'assurée, l'OAI estime que la situation évaluée par l'expert 

S________ s'éloigne de celle existant au moment de la notification de la décision, 

dès lors qu'elle est faite 2 ans plus tard. De plus, selon l'avis du SMR du 8 avril 

2011 joint en annexe, l'expertise du Dr S________ n'est pas probante. Le trouble de 

la personnalité est présent dès l'âge adulte et le Dr S________ le met en évidence 

chez une assurée de 58 ans, qui a été vue par deux autres experts qui n'ont pas 

retenu ce trouble, l'assurée ayant pu travailler de nombreuses années chez le même 

employeur. Or, le Dr S________ se rallie aux conclusions de l'un des autres 

experts, la Dresse M___________, qui n'avait toutefois pas retenu un tel trouble. 

Les explications pour lesquelles le Dr S________ s'écarte de l'expertise du Dr 

N__________ sont sommaires et peu motivées, et le SMR ne peut pas mettre en 

doute les dires de l'assurée ni la neutralité de l'expert N__________, qui a 

clairement démontré que l'assurée ne présentait aucune atteinte psychiatrique. Le 

diagnostic retenu par le Dr S________ repose uniquement sur une expression triste 

et il est fort surprenant que l'assurée présente depuis 2004 toujours le même épisode 

dépressif. L'assurée présente selon le SMR tout au plus un état dépressif réactionnel 

à la suppression de sa rente, qui n'entraîne pas d'incapacité de travail durable. 

49. En second lieu, l'OAI rappelle que l'invalidité est une notion économique, l'atteinte 

à la santé n'étant pas seule déterminante et il faut tenir compte de plusieurs 

 
 
 

 

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éléments objectifs dans le cas d'espèce. Selon les déclarations de l'assurée et les 

témoignages recueillis, l'assurée effectue les tâches d'une secrétaire avec toutes les 

responsabilités que ce poste implique. Elle a déclaré à la NATIONALE SUISSE 

être payée 20 fr. de l'heure depuis 2006, en travaillant tous les matins de 08h.00 à 

12h.00 étant précisé qu'elle a signé toutes les pages du procès-verbal. Elle tente 

aujourd'hui de prouver le contraire, mais il s'avère que l'activité de 08h.00 à midi 

tous les matins est confirmée par le rapport de surveillance. L'assurée a 

manifestement toute la confiance de son employeur et assume régulièrement seule 

la gestion courante de l'entreprise. L'amélioration de l'état de santé de l'assurée est 

telle que celle-ci a une vie sociale complète (courses, promenades avec son chien, 

nombreux contacts dans son quartier, fréquentations d'amis dans des endroits 

publics), l'assurée commençant sa journée de façon matinale en promenant son 

chien avant 7h. du matin, soit avant de se rendre à son travail. Elle a donc un 

programme journalier bien rempli, auquel elle se tient, ce qui est incompatible avec 

la gravité des troubles psychiques allégués. Il est donc clair que l'assurée a repris 

une activité de secrétaire à raison de 4 heures par jour, ce qu'elle a omis d'annoncer 

à l'OAI. Les témoignages recueillis ne permettent pas de confirmer les dires de 

l'assurée. D'une part, le nombre de factures et de devis annoncés par M. 

D_________ semble insignifiant, au vu du nombre d'employés et de ressources de 

la société. Or, ce n'est qu'en mars 2010 qu'une nouvelle secrétaire à 50% a été 

engagée. Par conséquent, il faut retenir que l'assurée a été la seule employée 

administrative de la société à tout le moins depuis fin 2007, durant presque trois 

ans. Ainsi, si l'assurée s'était avérée aussi incompétente qu'elle le prétend, le travail 

effectué par M. AC_______ aurait été suffisamment important pour que le témoin 

se souvienne de façon précise de la période durant laquelle il a été plus 

régulièrement sollicité. L'OAI a réalisé une synthèse des données transmises par la 

Caisse de compensation et il en découle que, de 2003 à 2005, la société comptait 

deux employés administratifs, l'un à plein temps et l'autre à mi-temps, sur la base 

d'un salaire moyen d'environ 5'000 fr. pour une activité de secrétariat, en tenant 

compte du salaire de l'épouse de M. D_________ en 2004. Or, la situation de la 

société est pour le moins étrange par la suite. Malgré une évolution normale de 

l'activité, l'entreprise n'aurait quasiment pas compté d'employés administratifs 

jusqu'à l'arrivée de l'assurée. Or celle-ci, a déclaré qu'elle connaissait M. 

D_________ depuis début 2006, l'ayant connu par une amie, F__________. Il 

s'avère qu'une secrétaire prénommée F__________ a travaillé pour la société 

X___________ en 2005, de sorte que l'assurée a vraisemblablement travaillé 

comme secrétaire dans l'entreprise depuis 2006 déjà. C'est donc à juste titre que 

l'OAI a suspendu le versement de la rente à compter du 1er mai 2008, après avoir 

pris connaissance du rapport de surveillance et du rapport d'entretien de la 

Nationale suisse. Cela implique que l'assurée est tenue à restituer des prestations 

perçues indûment du 1er février au 30 avril 2008. 

50. La cause a été gardée à juger le 5 mai 2011. 

 
 
 

 

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51. Constatant que certains faits n'étaient pas élucidés, la Cour a informé les parties le 

30 juin 2011 qu'une audience d'enquêtes aurait lieu le 23 août 2011. 

52. Lors de l'audience du 23 août 2011, la recourante a confirmé avoir commencé à 

travailler à l’essai et pour la première fois chez M. D_________ en novembre de 

l’année 2007 et non pas en 2006, contrairement à ce que la NATIONALE SUISSE 

indique. D'ailleurs, elle a connu M. D_________ début 2007 seulement. Une 

prénommée F__________ lui a indiqué qu’elle avait travaillé pour M. 

D_________, mais quelques années auparavant et que ce dernier cherchait depuis 

lors à engager une secrétaire pour quelques heures par semaine, mais elle ne lui a 

pas immédiatement succédé. Elle ne se souvient pas précisément comment elle l'a 

connue, mais confirme avoir d’abord fait la connaissance de Mme D_________, en 

buvant un café à BALEXERT. Depuis novembre 2007, et encore actuellement, elle 

se contente de dactylographier les documents rédigés à la main par M. D_________ 

ou les autres employés de l’entreprise et ne sait pas si quelqu’un d’autre effectue 

aussi des travaux de secrétariat. C’est M. D_________ qui lui a montré les devis et 

expliqué ce que qu'elle devait faire. Personne d’autre ne l’a mise au courant.  

S'agissant du procès-verbal de la NATIONALE SUISSE du 7 avril 2008 (pièce 93), 

elle conteste avoir dit qu'elle avait remplacé F__________ et qu'elle connaissait M.  

D_________ depuis début 2006. F__________ n’était pas vraiment une amie, mais 

une connaissance, qu'elle a revu une ou deux fois pour boire un café, mais plus 

ultérieurement.  

La recourante a précisé ne pas avoir discuté de cette audience avec les témoins 

convoqués, M. D_________ lui a simplement dit qu’il était à nouveau convoqué et 

lui a demandé ce que la Cour voulait, ce à quoi elle a répondu qu'elle ne savait pas. 

L'assurée a confirmé qu'elle travaille environ huit heures par semaine et est en 

général seule dans le bureau. Le lundi, elle commence à 10h00 et se présente à 

9h45, les mercredi et vendredi, à 8h30. Ces trois jours, elle termine vers 11h45. 

Lorsqu'elle arrive, le travail à faire est sur son bureau et elle dactylographie les 

projets de devis, de factures et de soumissions et fait beaucoup de classement. Elle 

ne s’occupe ni de la paie, confiée à la caisse du bâtiment, ni de la comptabilité dont 

la fiduciaire se charge; elle a rarement des téléphones car les clients appellent M. 

D_________ ou les employés sur leur portable. S’agissant du rapport du détective, 

qui indique l'avoir vue d’autres jours que ceux susmentionnés, elle précise qu'elle se 

rend parfois à l’entreprise X___________ pour y boire un café et, au début de son 

activité, pour y aménager son bureau à son goût, s'installer, choisir les meubles 

pour travailler dans des conditions agréables. Mis à part au début de son activité, 

elle ne s'est plus rendue tous les jours au bureau. 

53. Monsieur D_________, entendu à nouveau comme témoin le 23 août 2011, a 

confirmé avoir donné pour la première fois du travail à l’assurée fin 2007. L'avant 

 
 
 

 

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dernière secrétaire, a travaillé à plein temps durant trois ans environ, et refusait de 

travailler à mi-temps seulement, tout en passant son temps à envoyer des messages 

à des copines, raison pour laquelle il s'en est séparé. Avec l’avancée de 

l’informatique, il n'a plus besoin d’une secrétaire, et en tout cas pas à plein temps. 

La dernière secrétaire qu'il employait est Mme AC_______ (ex-épouse de M. 

AC_______), laquelle a effectivement travaillé quelques mois, de juin à septembre 

2005. Elle est ensuite retournée chez son précédent employeur. A son départ, il a 

cherché une secrétaire à temps partiel activement, mais celles qui étaient 

compétentes n’acceptaient finalement pas le poste, car elles estimaient que le 

salaire à mi-temps n’était pas suffisamment intéressant et malgré les nombreuses 

réponses aux offres d’emploi, il n'a pas réussi à engager une secrétaire. Certaines 

avaient des prétentions de salaire trop élevées, l'entreprise offrait 4'000 fr. à plein 

temps, mais 2'500 fr. pour le mi-temps proposé. Il est donc resté sans employée de 

bureau de septembre 2005 à novembre 2007 et lui-même et les ouvriers se 

débrouillaient pour faire les choses eux-mêmes. MM. J________ et AC_______ 

l'ont parfois dépanné et, souvent, il demandait aux architectes qui faisaient les 

soumissions de dactylographier les devis. Il n'a pas rémunéré M. AC_______ pour 

l’aide apportée, car ils avaient à l’époque une autre affaire ensemble. Le témoin a 

précisé que c’est toujours la fiduciaire qui s’est occupée de la comptabilité et la 

caisse du bâtiment des salaires. Il ne connait pas F__________, la seule secrétaire 

qu'il a engagée et qui a un nom similaire est AC_______. 

Après que la Cour a précisément attiré l'attention du témoin sur les conséquences 

pénales d’un faux témoignage, ce dernier a confirmé qu’après deux à trois mois 

d’essai fin 2007, c’est depuis janvier 2008 que l'assurée a été engagée dans son 

entreprise et qu'elle n’y a pas travaillé auparavant. Face aux doutes émis par la 

représentante de l’OAI sur la date d’engagement de l’assurée et le fait qu'il l'aurait 

peut-être fait travailler sans la déclarer depuis 2006 déjà, il a confirmé encore que 

l’assurée travaille depuis fin 2007 seulement et il a précisé avoir toujours déclaré 

tous ses ouvriers et employés à l’AVS, même les ouvriers qui parfois n’avaient pas 

de permis de travail.  

Le témoin a aussi confirmé que c’est son épouse qui a connu l'assurée dans un café 

de BALEXERT au courant de l’été 2007. Il cherchait une secrétaire pour quelques 

heures par semaine le matin et ne savait pas alors qu’elle était à l’AI. Durant les 

deux mois de fin 2007, l'assurée ne voulait pas être payée car elle souhaitait 

uniquement s’occuper, mais il lui a toutefois donné un petit défraiement pour cette 

période. Dans la mesure où l’assurée avait vérifié auprès de l’OAI qu’elle pouvait 

travailler à 30 % et qu'il avait précisément besoin de quelqu’un pour seulement sept 

à huit heures par semaine, il l'a engagée dès le 1er janvier 2008. L’engagement de 

l’assurée correspondait à un besoin de l’entreprise. S’agissant de savoir si l’assurée 

correspond aux exigences du poste, le témoin confirme qu’elle fait souvent des 

erreurs. Toutefois, personne d’autre ne serait d’accord de travailler quelques heures 

seulement pour 750 fr. par mois. En 2010, il a engagé durant quelques mois une 

 
 
 

 

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autre secrétaire dans l’espoir de lui confier un peu de comptabilité, notamment la 

TVA, mais elle n’était pas à la hauteur et passait beaucoup de temps à faire d’autres 

choses que son travail et il ne l’a pas gardée. 

Le témoin a précisé ne pas avoir discuté avec l'assurée de l'audience et lui a 

uniquement dit qu'il avait été convoqué. 

54. A l'issue de l'audience et en accord avec les parties, la cause a été gardée à juger.  

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 56 V al. 1 let. a ch. 2 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 

22 novembre 1941 en vigueur jusqu’au 31 décembre 2010 (aLOJ; RS E 2 05), le 

Tribunal cantonal des assurances sociales connaissait, en instance unique, des 

contestations prévues à l'art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des 

assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA; RS 830.1) relatives à la loi fédérale 

sur l’assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI; RS 831.20). 

Dès le 1er janvier 2011, cette compétence revient à la Chambre des assurances 

sociales de la Cour de justice, laquelle reprend la procédure pendante devant le 

Tribunal cantonal des assurances sociales (art. 143 al. 6 de la LOJ du 26 septembre 

2010). 

Sa compétence pour juger du cas est ainsi établie. 

2. La LPGA est entrée en vigueur le 1er janvier 2003, entraînant la modification de 

nombreuses dispositions légales dans le domaine des assurances sociales. Du point 

de vue temporel, sont en principe applicables les règles de droit en vigueur au 

moment où les faits juridiquement déterminants se sont produits et le juge des 

assurances sociales se fonde en principe, pour apprécier une cause, sur l'état de fait 

réalisé à la date déterminante de la décision sur opposition litigieuse (ATF 129 V 1, 

consid. 1; ATF 127 V 467, consid. 1 et les références).  

Les trois décisions litigieuses datent des 17 avril, 14 septembre et 8 octobre 2009 et 

portent sur les prestations dues dès le 1er janvier 2008, soit après l'entrée en vigueur 

de la LPGA et l'entrée en vigueur, le 1er janvier 2004, des modifications de la loi 

fédérale sur l'assurance-invalidité du 21 mars 2003 (4ème révision) et, le 1er janvier 

2008, des modifications de la loi fédérale sur l’assurance-invalidité du 6 octobre 

2006 (5ème révision). Partant, du point de vue matériel, la modification du droit à 

une rente d'invalidité doit être examiné au regard des dispositions de la LPGA et 

des modifications de la LAI consécutives à la 5ème révision, dans la mesure de leur 

pertinence (ATF 130 V 445 et les références; voir également ATF 130 V 329). 

 
 
 

 

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En ce qui concerne la procédure, et à défaut de règles transitoires contraires, le 

nouveau droit s'applique sans réserve dès le jour de son entrée en vigueur (ATF 117 

V 93 consid. 6b, 112 V 360 consid. 4a; RAMA 1998 KV 37 p. 316 consid. 3b).  

3. Interjetés dans les forme et délai prévus par la loi, les trois recours sont recevables 

(art. 56 à 61 LPGA).  

4. Le litige porte sur le droit de l'OAI de suspendre le versement de la rente par 

décision incidente du 17 avril 2009, de supprimer la rente par décision du 14 

septembre 2009 avec effet rétroactif au 1er février 2008 et de réclamer la restitution 

des rentes déjà versées du 1er février au 30 avril 2008, et en particulier sur la 

capacité de travail de l'assurée et l'évolution de son état de santé. 

5. a) La décision de suspension d'une rente constitue une mesure provisionnelle (ATF 

du 3 mars 2010, 9C_1016, consid. 1). Le but d'une telle mesure est de sauvegarder 

un intérêt protégé par la loi et qui paraît menacé. Si l'autorité ne fait que décider une 

mesure dont les effets sont transitoirement les mêmes que ceux qui découlent d'une 

mesure que la loi lui permet de prendre à titre définitif, une base légale expresse 

n'est pas nécessaire (Pierre MOOR, Droit administratif, vol. II: Les actes 

administratifs et leur contrôle, 2ème éd., Berne 2002, p. 528, n° 2.2.6.8, p. 272).  

La demande de restitution de l'effet suspensif constitue une demande de mesures 

provisionnelles (Benoît BOVAY, Procédure administrative, Berne 2000, p. 404). 

Lorsqu'il s'agit d'examiner une mesure provisionnelle ou un retrait de l'effet 

suspensif, il y a lieu de procéder à une pesée des intérêts en présence, qui s'effectue 

selon les mêmes critères (Ueli KIESER, Das Verwaltungsverfahren in der 

Sozialversicherung, p. 190 ss n. 406). On peut donc se référer aux principes légaux 

et jurisprudentiels en matière d'effet suspensif pour examiner la conformité au droit 

de la décision de suspension de la rente.  

b) Selon l'art. 55 al. 1 LPGA, les points de procédure qui ne sont pas réglés de 

manière exhaustive aux art. 27 à 54 de la présente loi ou par les dispositions des 

lois spéciales sont régis par la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure 

administrative (PA ; RS 172.021).http://www.admin.ch/ch/f/rs/830_1/a55.html - fn1#fn1 

Selon l'art. 56 PA, après le dépôt du recours, l’autorité de recours, son président ou 

le juge instructeur peut prendre d’autres mesures provisionnelles, d’office ou sur 

requête d’une partie, pour maintenir intact un état de fait existant ou sauvegarder 

des intérêts menacés. 

Les mesures provisionnelles ne sont légitimes, aux termes de la loi, que si elles 

s'avèrent nécessaires au maintien de l'état de fait ou à la sauvegarde des intérêts 

compromis. En revanche, elles ne sauraient, en principe tout au moins, anticiper sur 

le jugement définitif, ni équivaloir à une condamnation provisoire sur le fond, ni 

non plus aboutir abusivement à rendre d'emblée illusoire le procès au fond (ATF 

 
 
 

 

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119 V 506 consid. 3 et les références citées). Si la protection du droit ne peut 

exceptionnellement être réalisée autrement, il est possible d'anticiper sur le 

jugement au fond par une mesure provisoire, pour autant qu'une protection efficace 

du droit ne puisse être atteinte par la procédure ordinaire et que celle-ci produirait 

des effets absolument inadmissibles pour le requérant (ATF du 24 juin 2002 I 

278/2002). 

Une décision, qui suspend à titre provisoire une rente d'invalidité est une mesure 

provisionnelle (ATF du 3 mars 2010 9C 10616/2009; ATAS/1042/2010 du 

14 octobre 2010). Le but d'une telle mesure est de sauvegarder un intérêt protégé 

par la loi et qui paraît menacé. Si l'autorité ne fait que décider une mesure dont les 

effets sont transitoirement les mêmes que ceux qui découlent d'une mesure que la 

loi lui permet de prendre à titre définitif, une base légale expresse n'est pas 

nécessaire (Pierre MOOR, Droit administratif, vol. II: Les actes administratifs et 

leur contrôle, 2ème éd., Berne 2002, p. 528, n° 2.2.6.8, p. 272). Lorsqu'il s'agit 

d'examiner une mesure provisionnelle ou un retrait de l'effet suspensif, il y a lieu de 

procéder à une pesée des intérêts en présence, qui s'effectue selon les mêmes 

critères (Ueli KIESER, Das Verwaltungsverfahren in der Sozialversicherung, p. 

190 ss n. 406). On peut donc se référer aux principes légaux et jurisprudentiels en 

matière d'effet suspensif pour examiner la conformité au droit de la décision de 

suspension de la rente. 

c) La LPGA ne contient pas de dispositions propres sur l'effet suspensif. Par renvoi 

des art. 55 al. 1 LPGA et 1 al. 3 PA, l'art. 55 al. 2 et 4 PA, concernant le retrait de 

l'effet suspensif, s'applique à la procédure devant les autorités cantonales de 

dernière instance qui ne statuent pas définitivement en vertu du droit public fédéral. 

L'art. 55 PA prévoit que le recours a effet suspensif (al. 1), et que sauf si elle porte 

sur une prestation pécuniaire, la décision de l’autorité inférieure peut prévoir qu’un 

recours éventuel n’aura pas d’effet suspensif (al. 2). Conformément à l'art. 66 PA, 

si aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s’y oppose, la juridiction de 

recours peut, sur la demande de la partie dont les intérêts sont gravement menacés, 

retirer ou restituer l’effet suspensif (al. 3). Est cependant réservé l'art. 97 de la loi 

fédérale sur l’assurance-vieillesse et survivants du 20 décembre 1946 

(LAVS ; RS 831.10), applicable par analogie à l'assurance-invalidité en vertu de 

l'art. 66 LAI, qui permet à la caisse de compensation de prévoir dans sa décision 

qu'un éventuel recours n'aura pas d'effet suspensif, même si la décision porte sur 

une prestation pécuniaire.  

L'entrée en vigueur de la LPGA n'a rien changé à la jurisprudence en matière de 

retrait par l'administration de l'effet suspensif à une opposition ou à un recours ou 

de restitution de l'effet suspensif (ATF du 20 avril 2005, I 196/05, consid. 4.3). 

Ainsi, la possibilité de retirer l'effet suspensif au recours n'est pas subordonnée à la 

condition qu'il existe, dans le cas particulier, des circonstances tout à fait 

 
 
 

 

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exceptionnelles qui justifient cette mesure (ATF du 26 octobre 2006, I 5400/06, 

consid. 2.2). Il incombe bien plutôt à l'autorité appelée à statuer, en application de 

l'art. 55 PA, d'examiner si les motifs qui parlent en faveur de l'exécution immédiate 

de la décision l'emportent sur ceux qui peuvent être invoqués à l'appui de la 

solution contraire. L'autorité dispose sur ce point d'une certaine liberté 

d'appréciation. En général, elle se fondera sur l'état de fait tel qu'il résulte du 

dossier, sans effectuer de longues investigations supplémentaires (ATF du 19 

septembre 2006, I 439/06, consid. 2). En procédant à la pesée des intérêts en 

présence, les prévisions sur l'issue du litige au fond peuvent également être prises 

en considération; il faut cependant qu'elles ne fassent aucun doute (ATF du 24 mai 

2006, I 231/06, consid. 3.3). Par ailleurs, l'autorité ne saurait retirer l'effet suspensif 

au recours lorsqu'elle n'a pas de raisons convaincantes pour le faire (ATF 124 V 88 

consid. 6a). 

S'agissant des intérêts en présence, notre Haute Cour admet que l'intérêt de 

l'administration est généralement prépondérant lorsque la situation financière de 

celui qui bénéficie de prestations ne lui permettrait pas de les restituer s'il s'avérait 

dans le jugement au fond qu'elles étaient perçues à tort (ATF du 14 novembre 2005, 

I 63/05, consid. 5.3; ATF 119 V 503, consid. 4; ATF 105 V 266, consid. 3). 

d) Dans l'arrêt du 19 septembre 2006 (I 439/06), le TFA a considéré que, dans le 

contexte de la révision du droit à la rente, l'intérêt de l'assurée à pouvoir continuer à 

bénéficier de la rente qu'elle percevait jusqu'alors n'était pas d'une importance 

décisive, tant qu'il n'y avait pas lieu d'admettre que selon toute vraisemblance elle 

l'emporterait dans la cause principale. La situation matérielle difficile dans laquelle 

se trouvait l'assurée depuis la diminution du montant de sa rente d'invalidité ne 

saurait à cet égard constituer un élément déterminant. En pareilles circonstances, 

l'intérêt de l'administration apparaissait généralement prépondérant, puisque dans 

l'hypothèse où l'assurée n'obtiendrait pas gain de cause sur le fond matériel de la 

contestation, il était en effet à craindre que la procédure en restitution des 

prestations versées à tort ne se révèle infructueuse (ATF 105 V 269 consid. 3; VSI 

2000 p. 187 consid. 5). S'agissant des prévisions sur l'issue du litige, elles ne 

présentaient pas, pour l'assurée, un degré de certitude suffisant pour qu'elles soient 

prises en considération. Les avis divergeaient aussi bien sur la situation médicale 

concrète de l'assurée que sur l'appréciation de sa capacité résiduelle de travail, 

rendant l'issue du litige tout à fait incertaine. Seul un examen détaillé des pièces 

médicales versées au dossier permettrait de répondre à la question de savoir si la 

révision du droit à la rente était justifiée. Ainsi, l'intérêt de l'assurance-invalidité à 

réduire, même à titre provisoire, le montant de ses prestations l'emportait sur celui 

de l'assurée à percevoir une rente entière d'invalidité durant la durée de la 

procédure. Le retrait de l'effet suspensif par l'autorité était par conséquent justifié. 

e) Lorsqu'une décision de suppression d'une rente, sur révision ou reconsidération 

d'une décision d'octroi de rente ayant force de chose décidée, fait l'objet d'un recours 

 
 
 

 

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et que le Tribunal annule la décision et renvoie la cause à l'OAI pour instruction 

complémentaire, la suppression de la rente continue, car le retrait de l'effet suspensif 

accordé au recours dure jusqu'à la nouvelle décision de l'OAI selon le Tribunal 

Fédéral (ATF 129 V 370; 9C_162/2007). 

6. En l'espèce, on relèvera à titre liminaire que l'OAI était dans l'obligation de verser à 

l'assurée, à fin mars 2009, les rentes dues de mai 2008 à fin mars 2009, dès lors que 

la première décision de suspension avait été annulée par arrêt du 10 mars 2009.  

La seconde décision de suspension du 17 avril 2009 contestée dans le cadre de la 

présente cause prend effet dès le 1er mai 2009 seulement. Jusqu'à la décision du 14 

septembre 2009, le versement des rentes susmentionnées était exigible. Ensuite 

toutefois, l'OAI a retiré l'effet suspensif au recours contre la décision du 14 

septembre 2009 supprimant la rente avec effet rétroactif au 1er février 2008 et 

l'assurée n'a pas conclu à la restitution de l'effet suspensif. D'une part, il ne lui était 

alors plus possible d'obtenir le versement des rentes susmentionnées. D'autre part, 

dans l'hypothèse où elle avait sollicité la restitution de l'effet suspensif dans son 

recours du 15 octobre 2009, celle-ci aurait été refusée par la Cour de céans en 

application de la jurisprudence du Tribunal fédéral, dès lors qu'il appartenait à 

l'assurée de démontrer que les chances de succès de son recours étaient 

suffisamment importantes pour limiter le risque de recouvrement. Or, lors de la 

décision du 14 septembre 2009, les pièces du dossier, en particulier le rapport de 

l'enquêteur mandaté par la NATIONALE ASSURANCE ne permettaient pas de 

l'admettre. Il faut en effet, pour restituer l'effet suspensif, que les chances de succès 

de l'assurée présentent un degré de certitude suffisant. 

Pour les mêmes motifs, le recours contre la décision du suspension de la rente du 17 

avril 2009 aurait été rejeté si, à défaut de jonction des causes, il avait été statué sur 

ce recours séparément des causes au fond concernant les décisions de suppression 

et de restitution, tant il est vrai que l'OAI, auquel incombe l'apport de la preuve 

dans ce cadre-là, démontrait lors de la décision incidente qu'il ressortait des 

éléments déjà recueillis, avec un degré de certitude suffisant, que la suppression de 

la rente se justifiait. 

C'est pour ces motifs que la Cour a maintenu la jonction des causes jusqu'à l'issue 

de l'instruction de l'affaire au fond. 

7. a) Est réputée incapacité de travail toute perte, totale ou partielle, de l’aptitude de 

l’assuré à accomplir dans sa profession ou son domaine d’activité le travail qui peut 

raisonnablement être exigé de lui, si cette perte résulte d’une atteinte à sa santé 

physique ou mentale. En cas d’incapacité de travail de longue durée, l’activité qui 

peut être exigée de lui peut aussi relever d’une autre profession ou d’un autre 

domaine d’activité (art. 6 LPGA). 

 
 
 

 

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b) Aux termes de l’art. 8 al. 1er LPGA, est réputée invalidité l’incapacité de gain 

totale ou partielle qui est présumée permanente ou de longue durée. 

Est réputée incapacité de gain toute diminution de l’ensemble ou d’une partie des 

possibilités de gain de l’assuré sur un marché du travail équilibré dans son domaine 

d’activité, si cette diminution résulte d’une atteinte à sa santé physique, mentale ou 

psychique et qu’elle persiste après les traitements et les mesures de réadaptation 

exigibles (art. 7 al. 1er LPGA). 

L’al. 2 de cette disposition précise que seules les conséquences de l’atteinte à la 

santé sont prises en compte pour juger de la présence d’une incapacité de gain. De 

plus, il n’y a incapacité de gain que si celle-ci n’est pas objectivement surmontable. 

c) En vertu de l’art. 28a al. 1er LAI, l’art. 16 LPGA s’applique à l’évaluation de 

l’invalidité des assurés exerçant une activité lucrative. Cette dernière disposition 

prévoit que, pour évaluer le taux d’invalidité, le revenu que l’assuré aurait pu 

obtenir s’il n’était pas invalide est comparé avec celui qu’il pourrait obtenir en 

exerçant l’activité qui peut raisonnablement être exigée de lui après les traitements 

et les mesures de réadaptation, sur un marché du travail équilibré. 

La mesure dans laquelle les salaires ressortant des statistiques doivent être réduits, 

dépend de l’ensemble des circonstances personnelles et professionnelles du cas 

particulier (limitations liées au handicap, âge, années de service, nationalité ou 

catégorie d’autorisation de séjour et taux d’occupation) et résulte d’une évaluation 

dans les limites du pouvoir d’appréciation. Un abattement global maximum de 25% 

sur le salaire statistique permet de tenir compte des différents éléments qui peuvent 

influencer le revenu d’une activité lucrative (cf. ATF 126 V 75 consid. 5). 

L’art. 28 al. 2 LAI dispose que l’assuré a droit à une rente entière s’il est invalide à 

70% au moins, à trois quarts de rente s’il est invalide à 60% au moins, à une demi-

rente s’il est invalide à 50% au moins ou à un quart de rente s’il est invalide à 40% 

au moins. 

8. a) Chez les assurés actifs, le degré d'invalidité doit être déterminé sur la base d'une 

comparaison des revenus. Pour cela, le revenu que l'assuré aurait pu obtenir s'il 

n'était pas invalide est comparé avec celui qu'il pourrait obtenir en exerçant 

l'activité qui peut raisonnablement être exigée de lui après les traitements et les 

mesures de réadaptation, sur un marché du travail équilibré (art. 16 LPGA). La 

comparaison des revenus s'effectue, en règle générale, en chiffrant aussi exactement 

que possible les montants de ces deux revenus et en les confrontant l'un avec l'autre, 

la différence permettant de calculer le taux d'invalidité. Pour procéder à la 

comparaison des revenus, il convient de se placer au moment de la naissance du 

droit à la rente; les revenus avec et sans invalidité doivent être déterminés par 

rapport à un même moment et les modifications de ces revenus susceptibles 

 
 
 

 

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d'influencer le droit à la rente, survenues jusqu'au moment où la décision est 

rendue, doivent être prises en compte (ATF 129 V 223 consid. 4.1, 128 V 174). 

b) La notion de marché équilibré du travail est une notion théorique et abstraite qui 

sert de critère de distinction entre les cas tombant sous le coup de l'assurance-

chômage et ceux qui relèvent de l'assurance-invalidité. Elle implique, d'une part, un 

certain équilibre entre l'offre et la demande de main d'oeuvre et, d'autre part, un 

marché du travail structuré de telle sorte qu'il offre un éventail d'emplois 

diversifiés, tant au regard des exigences professionnelles et intellectuelles qu'au 

niveau des sollicitations physiques (ATF 110 V 273 consid. 4b p. 276; arrêt I 

350/89 du 30 avril 1991 consid. 3b, in RCC 1991 p. 329).  

c) Lorsqu'il s'agit d'examiner dans quelle mesure un assuré peut encore exploiter 

économiquement sa capacité de gain résiduelle sur le marché du travail entrant en 

considération pour lui, on ne saurait subordonner la concrétisation des possibilités 

de travail et des perspectives de gain à des exigences excessives; l'examen des faits 

doit être mené de manière à garantir dans un cas particulier que le degré d'invalidité 

est établi avec certitude. Il s'ensuit que pour évaluer l'invalidité, il n'y a pas lieu 

d'examiner si un invalide peut être placé eu égard aux conditions concrètes du 

marché du travail, mais uniquement de se demander s'il pourrait encore exploiter sa 

capacité résiduelle de travail lorsque les places de travail disponibles correspondent 

à l'offre de la main d'oeuvre (arrêt I 198/97 du 7 juillet 1998 consid. 3b et les 

références, in VSI 1998 p. 293). On ne saurait toutefois se fonder sur des 

possibilités de travail irréalistes. Ainsi, on ne peut parler d'une activité exigible au 

sens de l'art. 16 LPGA, lorsqu'elle ne peut être exercée que sous une forme 

tellement restreinte qu'elle n'existe pratiquement pas sur le marché général du 

travail ou que son exercice suppose de la part de l'employeur des concessions 

irréalistes et que, de ce fait, il semble exclu de trouver un emploi correspondant 

(arrêts I 350/89 précité consid. 3b; I 329/88 du 25 janvier 1989 consid. 4a, in RCC 

1989 p. 328). 

d) D'après ces critères, il y a lieu de déterminer dans chaque cas et de manière 

individuelle si l'assuré est encore en mesure d'exploiter une capacité de travail 

résiduelle sur le plan économique et de réaliser un salaire suffisant pour exclure une 

rente. Ni sous l'angle de l'obligation de diminuer le dommage, ni sous celui des 

possibilités qu'offre un marché du travail équilibré aux assurés pour mettre en 

valeur leur capacité de travail résiduelle, on ne saurait exiger d'eux qu'ils prennent 

des mesures incompatibles avec l'ensemble des circonstances objectives et 

subjectives (arrêt 9C_313/2007 du 8 janvier 2008 consid. 5.2 in fine et la 

référence). 

9. a) Selon l’art. 17 al. 1er LPGA, si le taux d’invalidité du bénéficiaire de la rente 

subit une modification notable, la rente est, d’office ou sur demande, révisée pour 

l’avenir, à savoir augmentée ou réduite en conséquence, ou encore supprimée. 

 
 
 

 

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Il convient ici de relever que l’entrée en vigueur de l’art. 17 LPGA, le 1er janvier 

2003, n’a pas apporté de modification aux principes jurisprudentiels développés 

sous le régime de l’ancien art. 41 LAI, de sorte que ceux-ci demeurent applicables 

par analogie (ATF 130 V 343 consid. 3.5). 

b) Selon l'art. 77 RAI, l'ayant-droit doit communiquer immédiatement à l'OAI tout 

changement important qui peut avoir des répercussions sur le droit aux prestations, 

en particulier les changements qui concernent l'état de santé, la capacité de gain ou 

de travail, l'impotence ou le besoin de soins découlant de l'invalidité, le lieu de 

séjour déterminant pour fixer le montant de l'allocation pour impotent, la situation 

personnelle et éventuellement économique de l'assuré. 

En vertu de l’art. 88a du règlement du 17 janvier 1961 sur l’assurance-invalidité 

(RAI), si la capacité de gain ou la capacité d’accomplir les travaux habituels d’un 

assuré s’améliore ou que son impotence ou le besoin de soins découlant de 

l’invalidité s’atténue, il y a lieu de considérer que ce changement supprime, le cas 

échéant, tout ou partie de son droit aux prestations dès qu’on peut s’attendre à ce 

que l’amélioration constatée se maintienne durant une assez longue période. Il en 

va de même lorsqu’un tel changement déterminant a duré trois mois déjà, sans 

interruption notable et sans qu’une complication prochaine soit à craindre (al. 1er). 

Si l’incapacité de gain ou la capacité d’accomplir les travaux habituels ou 

l’impotence ou le besoin de soins découlant de l’invalidité d’un assuré s’aggrave, il 

y a lieu de considérer que ce changement accroît, le cas échéant, son droit aux 

prestations dès qu’il a duré trois mois sans interruption notable. L’art. 29bis RAI est 

toutefois applicable par analogie (al. 2). 

Aux termes de l’art. 88bis al. 2 du règlement du 17 janvier 1961 sur l’assurance-

invalidité (RAI), la diminution ou la suppression de la rente ou de l’allocation pour 

impotent prend effet : au plus tôt le premier jour du deuxième mois qui suit la 

notification de la décision (let. a) ; rétroactivement à la date où elle a cessé de 

correspondre aux droits de l’assuré, s’il se l’est fait attribuer irrégulièrement ou s’il 

a manqué, à un moment donné, à l’obligation de renseigner qui lui incombe 

raisonnablement selon l’art. 77 RAI (let. b). 

c) Le point de savoir si un changement notable des circonstances s’est produit doit 

être tranché en comparant les faits tels qu’ils se présentaient au moment de la 

décision initiale de rente et les circonstances qui régnaient à l’époque de la décision 

litigieuse (ATF 130 V 343 consid. 3.5.2). 

Tout changement important des circonstances propre à influencer le degré 

d’invalidité, et donc le droit à la rente, peut motiver une révision selon l’art. 17 

LPGA. La rente peut être révisée non seulement en cas de modification sensible de 

l’état de santé, mais aussi lorsque celui-ci est resté en soi le même, mais que ses 

 
 
 

 

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conséquences sur la capacité de gain ont subi un changement important (cf. ATF 

130 V 343 consid. 3.5). 

Il n’y a pas matière à révision lorsque les circonstances sont demeurées inchangées 

et que le motif de la suppression ou de la diminution de la rente réside uniquement 

dans une nouvelle appréciation du cas (ATF 112 V 372 consid. 2b et 390 

consid. 1b). Un motif de révision au sens de l’art. 17 LPGA doit clairement 

ressortir du dossier ; la réglementation sur la révision ne saurait en effet constituer 

un fondement juridique à un réexamen sans condition du droit à la rente (ATFA 

non publiés des 13 juillet 2006, I 406/05, consid. 4.1 et 31 janvier 2003, I 559/02, 

consid. 3.2 et les arrêts cités). 

10. a) En ce qui concerne la preuve, le juge des assurances sociales fonde sa décision, 

sauf dispositions contraires de la loi, sur les faits qui, faute d'être établis de manière 

irréfutable, apparaissent comme les plus vraisemblables, c'est-à-dire qui présentent 

un degré de vraisemblance prépondérante. Il ne suffit donc pas qu'un fait puisse être 

considéré seulement comme une hypothèse possible. Parmi tous les éléments de fait 

allégués ou envisageables, le juge doit, le cas échéant, retenir ceux qui lui 

paraissent les plus probables (ATF 126 V 360 consid. 5b, 125 V 195 consid. 2 et les 

références; cf. ATF 130 III 324 consid. 3.2 et 3.3). Aussi n'existe-t-il pas, en droit 

des assurances sociales, un principe selon lequel l'administration ou le juge devrait 

statuer, dans le doute, en faveur de l'assuré (ATF 126 V 322 consid. 5a). 

Selon le principe de libre appréciation des preuves, pleinement valable en 

procédure judiciaire de recours dans le domaine des assurances sociales (cf. art. 61 

let. c LPGA), le juge n'est pas lié par des règles formelles, mais doit examiner de 

manière objective tous les moyens de preuve, quelle qu'en soit la provenance, puis 

décider si les documents à disposition permettent de porter un jugement valable sur 

le droit litigieux. En cas de rapports médicaux contradictoires, le juge ne peut 

trancher l'affaire sans apprécier l'ensemble des preuves et sans indiquer les raisons 

pour lesquelles il se fonde sur une opinion médicale et non pas sur une autre. 

L'élément déterminant pour la valeur probante d'un rapport médical n'est ni son 

origine, ni sa désignation, mais son contenu. A cet égard, il importe que les points 

litigieux importants aient fait l'objet d'une étude fouillée, que le rapport se fonde sur 

des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes 

exprimées, qu'il ait été établi en pleine connaissance du dossier (anamnèse), que la 

description des interférences médicales soit claire et enfin que les conclusions de 

l'expert soient bien motivées. Sans remettre en cause le principe de la libre 

appréciation des preuves, le Tribunal fédéral des assurances a posé des lignes 

directrices en ce qui concerne la manière d'apprécier certains types d'expertises ou 

de rapports médicaux (ATF 125 V 352 ss consid. 3). 

b) Lorsque, au stade de la procédure administrative, une expertise confiée à un 

médecin indépendant est établie par