# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 21835fc5-331d-5a52-815b-22227612351b
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-03-06
**Language:** fr
**Title:** Genf Tribunal administratif de première instance en matière fiscale 06.03.2024 A/633/2024
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_TAPI_001_A-633-2024_2024-03-06.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/633/2024 JTAPI/185/2024 

 

JUGEMENT 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

DE PREMIÈRE INSTANCE 

du 6 mars 2024 

 

dans la cause 

 

Madame A______ 

 

contre 

OFFICE CANTONAL DE LA POPULATION ET DES MIGRATIONS 

 

- 2/5 - 

A/633/2024 

EN FAIT 

1. Par décision du 23 janvier 2024, expédiée en courrier A+, l’office cantonal de la 
population et des migrations (ci-après : OCPM) a prononcé le renvoi à Madame 
A______, née le ______ 1986, ressortissante de Mongolie. 

2. Par acte du 23 février 2024, Mme A______ (ci-après : la recourante) a recouru 
contre cette décision auprès du Tribunal administratif de première instance (ci-
après : le tribunal). Elle était consciente d’être hors délai mais elle n’avait compris 
que ce jour la décision et qu’elle pouvait recourir. 

3. Par lettre du 23 février 2024, le tribunal a invité la recourante à produire une copie 
de la décision litigieuse. 

4. Par lettre du 29 février 2024, la recourante a produite ladite décision. 

EN DROIT 

1. Le Tribunal administratif de première instance connaît des recours dirigés, comme 
en l’espèce, contre les décisions de l'office cantonal de la population et des 
migrations relatives au statut d'étrangers dans le canton de Genève (art. 115 al. 1 et 
116 al. 1 de la loi sur l’organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ - E 2 05 ; 
art. 3 al. 1 de la loi d'application de la loi fédérale sur les étrangers du 16 juin 1988 
- LaLEtr - F 2 10). 

2. A teneur de l'art. 72 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 
(LPA - E 5 10), l'autorité de recours peut, sans instruction préalable, par une 
décision sommairement motivée, écarter un recours manifestement irrecevable ou 
rejeter un recours manifestement mal fondé. 

3. La LEI et ses ordonnances d'exécution règlent l'entrée, le séjour et la sortie de Suisse 
des étrangers dont le statut juridique n'est pas réglé par d'autres dispositions du droit 
fédéral ou par des traités internationaux conclus par la Suisse (art. 1 et 2 LEI), ce 
qui est le cas en l’espèce. 

4. Selon l'art. 64 al. 1 LEI, les autorités rendent une décision de renvoi ordinaire à 
l'encontre d'un étranger qui n'a pas d'autorisation alors qu'il y est tenu (let. a), d'un 
étranger qui ne remplit pas ou ne remplit plus les conditions d'entrée en Suisse 
(art. 5 LEI) (let. b) et d'un étranger auquel une autorisation est refusée ou dont 
l'autorisation, bien que requise, est révoquée ou n'est pas prolongée après un séjour 
autorisé (let. c). 

5. La décision visée à l'art. 64 al. 1 let. a et b LEI peut faire l'objet d'un recours dans 
les cinq jours ouvrables suivant sa notification (art. 64 al. 3 LEI). 

6. A teneur de l’art. 17 LPA, le délai de recours commence à courir le lendemain de 
la notification (al. 1). Il est considéré comme respecté si le recours est remis à 
l’autorité de recours, à un office de poste suisse ou à une représentation 

- 3/5 - 

A/633/2024 

diplomatique ou consulaire suisse au plus tard le dernier jour du délai avant minuit 
(al. 4). 

7. Les délais fixés par la loi sont des dispositions impératives de droit public. Ils ne 
sont en principe pas susceptibles d’être prolongés, restitués ou suspendus, si ce n’est 
par le législateur lui-même (ATA/614/2021 du 8 juin 2021 consid. 4a). Ainsi, celui 
qui n’agit pas dans le délai prescrit est forclos et la décision en cause acquiert force 
obligatoire (ATA/413/2021 du 13 avril 2021 consid. 8b ; ATA/286/ 2020 du 
10 mars 2020). 

8. Les règles relatives à ce type de délais nécessitent une stricte application, ceci pour 
des motifs d’égalité de traitement et d’intérêt public lié à une bonne administration 
de la justice et à la sécurité du droit. Ainsi, l’irrecevabilité qui sanctionne le non-
respect d’un délai n’est en principe pas constitutive d’un formalisme excessif 
prohibé par l’art. 29 al. 1 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 
18 avril 1999 (Cst. - RS 101) (ATF 142 V 152 consid. 4.2 in fine ; arrêt du Tribunal 
fédéral 1C_586/2015 du 12 novembre 2015 consid. 2.3 ; ATA/413/2021 du 13 avril 
2021 consid. 8b). 

9. Il appartient à l'administré qui recourt d'établir qu'il l'a fait dans le respect du délai 
légal (ATA/899/2015 du 1er septembre 2015 ; ATA/243/2015 du 3 mars 2015 ; 
ATA/342/2014 du 13 mai 2014 ; ATA/544/2013 du 27 août 2013 ; ATA/740/2012 
du 30 octobre 2012 ; Pierre MOOR/Etienne POLTIER, Droit administratif, vol. II, 
3ème éd., 2011, ch. 2.2.6.7 p. 304). 

10. Les cas de force majeure, soit les événements extraordinaires et imprévisibles qui 
surviennent en dehors de la sphère d'activité de l'intéressé et qui s'imposent à lui de 
l'extérieur de façon irrésistible (cf. ATA/461/2018 du 8 mai 2018 ; ATA/328/2018 
du 10 avril 2018 ; ATA/296/2017 du 14 mars 2017 ; ATA/212/2014 du 1er avril 
2014), demeurent réservés (art. 16 al. 1 2ème phr. LPA ; ATA/461/2018 du 8 mai 
2018 ; ATA/328/2018 du 10 avril 2018).  

11. Pour établir l'existence d'un cas de force majeure, le fardeau de la preuve incombe 
au recourant (cf. ATA/463/2018 du 8 mai 2018 et les références citées). 

12. En l'occurrence, le délai dans lequel la recourante était fondée à contester la 
décision litigieuse est arrivé à échéance le 31 janvier 2024, selon le cours ordinaire 
des choses lors d’un envoi en courrier A+. Or, celle-ci a posté son acte de recours 
le 23 février 2024 soit en dehors du délai de cinq jours pour recourir, ce que la 
recourante reconnait. Le recours est donc manifestement tardif.  

Pour le surplus, la recourante n'a pas fait état d'un élément quelconque qui pourrait 
laisser supposer la survenance d'un cas de force majeur qui l'aurait concrètement 
empêché d'agir en temps utile, ayant elle-même mentionné dans son acte de recours 
qu’elle était consciente d’agir tardivement et faisait simplement valoir, pour 
justifier son retard, qu’elle n’avait compris que tardivement le sens de la décision 
et le fait qu’elle pouvait recourir à son encontre. 

13. Dans ces conditions, son recours sera immédiatement déclaré irrecevable. 

- 4/5 - 

A/633/2024 

14. En application des art. 87 al. 1 LPA et 1 et 2 du règlement sur les frais, émoluments 
et indemnités en procédure administrative du 30 juillet 1986 (RFPA - E 5 10.03), 
aucun émolument ne sera mis à la charge de la recourante. Vu l’issue du litige, 
aucune indemnité de procédure ne sera allouée (art. 87 al. 2 LPA). 

15. En vertu des art. 89 al. 2 et 111 al. 2 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 
(LTF - RS 173.110), le présent jugement sera communiqué au secrétariat d'État aux 
migrations. 

 

- 5/5 - 

A/633/2024 

PAR CES MOTIFS 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

DE PREMIÈRE INSTANCE 

1. déclare irrecevable le recours interjeté le 23 février 2024 par Madame A______ 
contre la décision de l'office cantonal de la population et des migrations du 23 
janvier 2024 ; 

2. renonce à percevoir un émolument ; 

3. dit qu’il n’est pas alloué d’indemnité de procédure ; 

4. dit que, conformément aux art. 132 LOJ, 62 al. 1 let. a et 65 LPA, le présent 
jugement est susceptible de faire l'objet d'un recours auprès de la chambre 
administrative de la Cour de justice (10 rue de Saint-Léger, case postale 1956, 1211 
Genève 1) dans les trente jours à compter de sa notification. L'acte de recours doit 
être dûment motivé et contenir, sous peine d'irrecevabilité, la désignation du 
jugement attaqué et les conclusions du recourant. Il doit être accompagné du présent 
jugement et des autres pièces dont dispose le recourant. 

 

Au nom du Tribunal : 

La présidente 

Sophie CORNIOLEY BERGER 

 

Copie conforme de ce jugement est communiquée aux parties, ainsi qu’au secrétariat 
d'État aux migrations. 

Genève, le  La greffière