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**Case Identifier:** 05337f49-eb27-5556-804d-0cf42561a2ab
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-05-17
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des baux et loyers 17.05.2021 C/21830/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_004_C-21830-2020_2021-05-17.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 18.05.2021. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/21830/2020 ACJC/593/2021 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des baux et loyers 

DU LUNDI 17 MAI 2021 

 

Entre 

SOCIETE COOPERATIVE A______, c/o B______, recourante contre un jugement 
rendu par le Tribunal des baux et loyers le 22 décembre 2020, représentée par B______, 

route ______, ______ (GE), 

et 

1) Madame C______, domiciliée à l'EMS F______, ______ (GE), intimée, représentée 
par le Service de protection de l'adulte (SPAd), bd Georges-Favon 26-28, case postale 

5011, 1211 Genève 11, en les bureaux duquel elle fait élection de domicile, 

2) Monsieur D______, domicilié ______[GE], autre intimé, représenté par l'ASLOCA, 
rue du Lac 12, case postale 6150, 1211 Genève 6, en les bureaux de laquelle il fait 

élection de domicile. 

 

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C/21830/2020 

EN FAIT 

A. a. Par jugement non motivé JTBL/980/2020 du 22 décembre 2020, reçu le 
24 décembre 2020 par la SOCIETE COOPERATIVE A______, le Tribunal des 

baux et loyers (ci-après : le Tribunal), statuant par voie de procédure sommaire, a 

condamné C______ et D______ à évacuer immédiatement de leur personne et de 

leurs biens ainsi que toute autre personne faisant ménage commun avec eux 

l'appartement de 4 pièces situé au 4
ème

 étage de l'immeuble sis 1______ à Genève 

ainsi que la cave n° XX (ch. 1 du dispositif), autorisé la SOCIETE 

COOPERATIVE A______ à requérir l'évacuation par la force publique de 

C______ et D______ dès le 1
er

 janvier 2022 (ch. 2), débouté les parties de toutes 

autres conclusions (ch. 3) et dit que la procédure était gratuite (ch. 4). 

b. Par courrier du 24 décembre 2020, la SOCIETE COOPERATIVE A______ a 
sollicité la motivation écrite du jugement. 

c. Le jugement motivé JTBL/980/2020 a été notifié aux parties le 12 janvier 2021. 

B. a. Le 22 janvier 2021, la SOCIETE COOPERATIVE A______ a formé recours 
contre le chiffre 2 du dispositif de ce jugement, concluant à son annulation et à ce 

que la Cour l'autorise à requérir l'évacuation par la force publique de C______ et 

D______ dès le 30 juin 2021. 

Elle a produit trois pièces nouvelles (pièces 3 à 5).  

b. C______ s'en est rapporté à justice sur l'issue du recours. 

c. D______ a conclu préalablement à l'irrecevabilité des pièces 3 à 5 produites par 
la SOCIETE COOPERATIVE A______ et principalement à la confirmation du 

jugement querellé. 

d. Par avis du 1er mars 2021, les parties ont été informées de ce que la cause était 
gardée à juger. 

C. Les faits pertinents suivants résultent du dossier : 

a. En date du 25 février 1960, la SOCIETE COOPERATIVE A______, 
bailleresse, et E______, locataire, ont conclu un contrat de bail à loyer portant sur 

la location d'un appartement de 4 pièces situé au 4
ème

 étage de l'immeuble sis 

1______ à Genève et de la cave n° XX. 

C______ est devenue seule titulaire du bail par la suite. 

Le montant du loyer et des charges a été fixé en dernier lieu à 727 fr. par mois. 

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C/21830/2020 

b. En décembre 2019, C______ a dû intégrer un EMS et a autorisé son fils 
D______ à demeurer dans l'appartement. 

c. Par courrier du 3 janvier 2020, C______, par l'intermédiaire du Service de 
protection de l'adulte (SPAd), a déclaré résilier le bail pour le 30 avril 2020 et 

informé la bailleresse que son fils D______ occupait encore l'appartement. 

d. La bailleresse a accepté le congé par courrier du 9 janvier 2020 et informé 
D______ qu'il lui appartenait de quitter le logement pour le 30 avril 2020. 

e. Par courrier du 22 janvier 2020, D______ a sollicité un délai d'une année pour 
quitter l'appartement.  

f. La bailleresse a accepté de lui accorder un délai de départ au 31 juillet 2020.  

g. L'Hospice général s'acquitte des mensualités courantes pour le compte de 
D______. 

h. Le 30 octobre 2020, la SOCIETE COOPERATIVE A______ a introduit devant 
le Tribunal des baux et loyers une action en évacuation à l'encontre de C______ et 

D______ par la voie de la protection pour les cas clairs et a sollicité le prononcé 

de mesures d'exécution de l'évacuation. 

i. Lors de l'audience du 22 décembre 2020, la bailleresse s'est déclarée d'accord 
avec un délai de départ d'ici à la fin du 1

er
 semestre 2021. 

D______ a sollicité un délai de départ au 31 décembre 2021. Il a invoqué des 

difficultés psychologiques face à la situation, rendant difficile la recherche d'un 

nouveau logement. Il était assisté dans ses démarches par une assistante sociale 

mais se heurtait au refus des régies, dès lors qu'il était au bénéfice de l'aide de 

l'Hospice général et faisait l'objet d'un acte de défaut de biens. Un délai 

supplémentaire lui permettrait de solliciter des fonds afin de solder l'acte de défaut 

de biens. 

Il a produit un certificat médical daté du 2 décembre 2020, rédigé par le service 

d'addictologie du Département de psychiatrie des HUG, indiquant qu'il présentait 

une dégradation de son état psychique associant une thymie triste et une forte 

anxiété dans un contexte d'annonce d'expulsion, ce qui impactait négativement ses 

capacités organisationnelles et ses démarches de relogement. 

Le Tribunal a gardé la cause à juger à l'issue de l'audience. 

 

 

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C/21830/2020 

EN DROIT 

1. 1.1 Le recours, formé contre les mesures d'exécution de l'évacuation prononcée 
par les premiers juges et interjeté dans le délai et suivant la forme prescrits par la 

loi, est recevable (art. 309 let. a, 319 let. a et 321 CPC).  

1.2 Les conclusions, les allégations de fait et les preuves nouvelles sont 
irrecevables (art. 326 al. 1 CPC). 

Il s'ensuit que les pièces 3 à 5 produites par la recourante sont irrecevables, de 

même que les faits nouveaux y relatifs. 

1.3 Les motifs pouvant être invoqués sont la violation du droit et la constatation 
manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC). 

2. La recourante remet en cause la constatation des faits telle qu'effectuée par le 
Tribunal en tant qu'il n'a pas tenu compte de ses déclarations relatives aux 

difficultés rencontrées par l'intimé avec le voisinage.  

2.1 La Cour ne peut revoir les faits retenus par le Tribunal que si ceux-ci sont 
manifestement inexacts, à savoir s'ils ont été établis de manière arbitraire (art. 320 

let. b CPC). Selon la jurisprudence, il y a arbitraire dans l'établissement des faits 

ou l'appréciation des preuves si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la 

portée d'un moyen de preuve, s'il a omis, sans raison sérieuse, de tenir compte 

d'un moyen important propre à modifier la décision attaquée ou encore si, sur la 

base des éléments recueillis, il a fait des déductions insoutenables (ATF 142 II 

355 consid. 5; 137 I 58 consid. 4.1.2; 136 III 552 consid. 4.2; arrêt du Tribunal 

fédéral 5A_1023/2018 du 8 juillet 2019 consid. 2.2). Le grief de l'arbitraire ne 

peut être invoqué que dans la mesure où ladite appréciation est susceptible d'avoir 

une incidence déterminante sur le sort de la cause; en d'autres termes, 

l'appréciation porte sur des faits pertinents et menant le premier jugement à un 

résultat insoutenable (JEANDIN, in Commentaire romand, Code de procédure 

civile, 2019, n. 5 ad art. 320 CPC et la référence citée).  

2.2 En l'espèce, la recourante n'a pas développé son grief sous l'angle de 
l'arbitraire, de sorte que celui-ci apparaît d'emblée infondé. 

En tout état, la Cour relève que les problèmes de voisinage allégués par la 

recourante ne ressortent que de ses propres déclarations, sont contestés par 

l'intimé et ne sont corroborés par aucun moyen de preuve, étant rappelé que les 

pièces nouvelles produites à l'appui de son recours sont irrecevables. Les seules 

déclarations de la recourante n'étant pas de nature à modifier l'issue du litige, 

aucune constatation manifestement inexacte des faits ne peut être reprochée au 

Tribunal sur ce point. 

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C/21830/2020 

3. Le Tribunal a retenu que l'intimé connaissait une dégradation de son état 
psychique rendant difficiles les démarches en vue d'un relogement. Il ne restait 

cependant pas inactif et avait entrepris, avec l'aide de son assistante sociale, de 

nombreuses démarches dans ce sens, sans succès. Si la recourante avait consenti à 

un délai de départ au 30 juin 2021, un délai supplémentaire au 31 décembre 2021 

permettrait à l'intimé de trouver les fonds nécessaires pour solder son acte de 

défaut de biens et faciliterait ainsi des recherches plus étendues, aucun retard de 

paiement n'étant par ailleurs à déplorer.  

La recourante fait grief au Tribunal d'avoir abusé de son pouvoir d'appréciation et 

violé le principe de proportionnalité en accordant un sursis humanitaire de douze 

mois. Elle soutient que le délai de six mois qu'elle avait proposé tenait compte de 

manière suffisamment équitable de la situation personnelle, financière et médicale 

de l'intimé. De plus un délai plus large serait incompatible avec l'esprit de la loi, 

qui limite la durée du sursis à un délai bref, et reviendrait à accorder une 

prolongation de bail déguisée prohibée par la jurisprudence. 

3.1 L'exécution forcée d'un jugement ordonnant l'expulsion d'un locataire est régie 
par le droit fédéral (cf. art. 335 ss CPC). 

 En procédant à l'exécution forcée d'une décision judiciaire, l'autorité doit tenir 

compte du principe de la proportionnalité. Lorsque l'évacuation d'une habitation 

est en jeu, il s'agit d'éviter que des personnes concernées ne soient soudainement 

privées de tout abri. L'expulsion ne saurait être conduite sans ménagement, 

notamment si des motifs humanitaires exigent un sursis, ou lorsque des indices 

sérieux et concrets font prévoir que l'occupant se soumettra spontanément au 

jugement d'évacuation dans un délai raisonnable. En tout état de cause, 

l'ajournement ne peut être que relativement bref et ne doit pas équivaloir en fait à 

une nouvelle prolongation de bail (ATF 117 Ia 336 consid. 2b; arrêts du Tribunal 

fédéral 4A_232/2018 du 23 mai 2018 consid. 7; 4A_207/2014 du 19 mai 2014 

consid. 3.1). 

L'art. 30 al. 4 LaCC concrétise le principe de la proportionnalité en prévoyant que 

le Tribunal peut, pour des motifs humanitaires, surseoir à l'exécution du jugement 

d'évacuation dans la mesure nécessaire pour permettre le relogement du locataire. 

S'agissant des motifs de sursis, différents de cas en cas, ils doivent être dictés par 

des "raisons élémentaires d'humanité". Sont notamment des motifs de ce genre la 

maladie grave ou le décès de l'expulsé ou d'un membre de sa famille, le grand âge 

ou la situation modeste de l'expulsé. En revanche, la pénurie de logements ou le 

fait que l'expulsé entretient de bons rapports avec ses voisins ne sont pas des 

motifs d'octroi d'un sursis (ACJC/269/2019 du 25 février 2019 consid. 3.1; 

ACJC/247/2017 du 6 mars 2017 consid. 2.1; ACJC/422/2014 du 7 avril 2014 

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consid. 4.2; arrêt du Tribunal fédéral du 20 septembre 1990, in Droit du bail 

3/1991 p. 30 et les références citées).  

Dans l'ACJC/245/2021 du 1
er

 mars 2021 consid. 2.2, la Cour de céans a estimé 

qu'un délai d'une année était largement excessif pour un sursis à l'exécution de 

l'évacuation. 

3.2 En l'espèce, le délai d'un an octroyé par le Tribunal apparaît excessif au regard 
de la jurisprudence précitée. En effet, même dans un cas où la bailleresse n'a pas 

de besoin urgent de récupérer le logement et où l'indemnité pour occupation 

illicite est régulièrement payée, comme en l'espèce, le sursis humanitaire ne peut 

être que relativement bref et ne doit pas équivaloir en fait à une prolongation de 

bail.  

En l'occurrence, le bail principal a été résilié par la locataire pour le 30 avril 2020, 

étant souligné que celle-ci n'occupe plus le logement litigieux.  

Un sursis au 31 décembre 2021 reviendrait à prolonger le bail de vingt mois, ce 

qui est contraire aux principes rappelés ci-dessus, ce d'autant plus que l'intimé 

savait depuis janvier 2020 déjà qu'il devrait quitter l'appartement. La recourante 

s'est par ailleurs montrée conciliante en lui accordant un délai de départ initial au 

31 juillet 2020, puis au 30 juin 2021.  

Ce dernier délai proposé par la recourante, correspondant à un sursis de six mois 

au moment du jugement, apparaît en l'occurrence équitable, compte tenu des 

particularités du cas d'espèce. Il permet en effet de tenir compte adéquatement des 

problèmes psychiques de l'intimé, dont les conséquences sont néanmoins 

atténuées par l'aide qu'il reçoit de son assistante sociale dans le cadre de ses 

démarches, et de sa situation modeste, laquelle rend l'obtention d'un logement 

difficile en dépit de ses recherches, étant rappelé qu'il a déjà bénéficié d'un temps 

non négligeable pour se reloger, supérieur à celui qu'il avait lui-même sollicité en 

janvier 2020. 

Contrairement à ce qu'a retenu le Tribunal, il n'y a pas lieu de considérer qu'un 

délai plus long permettrait à l'intimé d'assainir sa situation financière, dès lors qu'il 

n'a donné aucune information sur les fonds qui devraient lui permettre de solder 

son acte de défaut de biens, ni sur le moment auquel il pourrait en bénéficier. 

Un sursis supérieur à six mois ne se justifie donc pas.  

Au vu de ce qui précède, le chiffre 2 du dispositif du jugement entrepris sera 

annulé et la recourante sera autorisée à requérir l'évacuation de l'intimé par la 

force publique dès le 1
er

 juillet 2021, étant précisé que la cause est devenue sans 

objet s'agissant de l'intimée, dès lors qu'elle n'occupe plus le logement litigieux. 

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4. A teneur de l'art. 22 al. 1 LaCC, il n'est pas prélevé de frais dans les causes 
soumises à la juridiction des baux et loyers. 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre des baux et loyers : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté le 22 janvier 2021 par la SOCIETE 

COOPERATIVE A______ contre le chiffre 2 du dispositif du jugement JTBL/980/2020 

rendu le 22 décembre 2020 par le Tribunal des baux et loyers dans la cause 

C/21830/2020-7-SD. 

Au fond : 

Annule le chiffre 2 précité, statuant à nouveau sur ce point : 

Autorise la SOCIETE COOPERATIVE A______ à requérir l'évacuation par la force 

publique de D______ dès le 1
er

 juillet 2021. 

Dit que le recours est sans objet en tant qu'il est dirigé contre C______. 

Confirme le jugement entrepris pour le surplus. 

Dit que la procédure est gratuite. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Siégeant : 

Monsieur Ivo BUETTI, président; Madame Pauline ERARD, Madame Fabienne 

GEISINGER-MARIETHOZ, juges; Monsieur Jean-Philippe ANTHONIOZ,  

Monsieur Jean-Philippe FERRERO, juges assesseurs; Madame Maïté VALENTE, 

greffière. 

 

Le président : 

Ivo BUETTI 

 La greffière : 

Maïté VALENTE 

 

 

 

 

 

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Indication des voies de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît des recours constitutionnels subsidiaires; la qualité et les 

autres conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 113 à 119 et  

90 ss LTF. Le recours motivé doit être formé dans les trente jours qui suivent la 

notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. L'art. 119 al. 1 LTF prévoit que 

si une partie forme un recours ordinaire et un recours constitutionnel, elle doit déposer 

les deux recours dans un seul mémoire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 
 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 15'000 fr.