# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e559b5bb-4f49-5aac-9cdb-415e1358ceb9
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-09-30
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 30.09.2020 PS/59/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_PS-59-2020_2020-09-30.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

PS/59/2020 ACPR/695/2020 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du mercredi 30 septembre 2020 

 

Entre 

 

A______, domicilié c/o B______, ______, comparant par Me C______, avocat,  

recourant, 

 

contre la décision rendue le 28 avril 2020 par le Service de l'application des peines et 

mesures, 

 

et 

 

LE SERVICE D'APPLICATION DES PEINES ET DES MESURES, route des  

Acacias 82, case postale 1629, 1211 Genève 26,  

intimé. 

- 2/7 - 

PS/59/2020 

EN FAIT : 

A. Par acte déposé au greffe de la Chambre de céans le 31 juillet 2020, A______ recourt 
contre la décision du 24 juillet 2020, notifiée par pli simple, par laquelle le Service 
de l'application des peines et mesures (ci-après : SAPEM) a révoqué son autorisation 
d'exécuter sa peine privative de liberté sous forme de la surveillance électronique. 

Le recourant conclut, avec suite de frais et dépens, à son annulation. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier : 

a. Entre 2015 et 2020, A______ a été condamné, par ordonnances pénales des 
Ministères publics genevois et fribourgeois, à diverses peines pécuniaires et 
amendes, qui ont ensuite été converties en peines privatives de liberté de substitution, 
totalisant 365 jours.  

b. Depuis le 1er novembre 2019, A______ est employé par l'organisme D______ en 
tant que "magasinier manutention de mobilier", à hauteur de 20 heures par semaine. 

c. Le 3 ou 5 décembre 2019 [les deux dates apparaissent au dossier], A______ a, 
par sa signature, confirmé avoir pris connaissance des conditions d'exécution d'une 
peine sous forme alternative à la détention ordinaire. Parmi les conditions principales 
d'accès à la surveillance électronique figurant sur ce document, apparaissent le fait 
que le condamné doit bénéficier d'une activité agréée par le Service de probation et 
d'insertion (ci-après : SPI) à un taux d'occupation minimum de 20 heures par semaine 
et qu'il a notamment l'obligation de maintenir cette condition d'accès durant la totalité 
de l'exécution de sa peine. Il est ajouté que, de ce fait, une perte de travail ou un arrêt 
prolongé de travail peuvent entraîner la suspension par le SPI, voire la révocation par 
le SAPEM, de ce régime particulier d'exécution de peine.  

Il est encore précisé qu'en cas d'arrêt maladie, l'exécution de la peine est maintenue 
au plus tard 21 jours après le début de l'arrêt. Au-delà, le régime est suspendu par le 
SPI et peut être révoqué par le SAPEM. 

d. Le 23 janvier 2020, le SPI a préavisé favorablement la demande de A______ de 
bénéficier d'une surveillance électronique, ce dernier jouissant, notamment, d'une 
activité professionnelle agréée. 

e. Le 29 janvier 2020, le SAPEM a autorisé A______ à exécuter ses peines sous 
surveillance électronique, toutes les conditions légales et réglementaires étant 
remplies. 

f. Le 18 juin 2020, le SPI a suspendu l'exécution de sa peine privative de liberté 
sous cette forme alternative pour avoir constaté que l'intéressé n'en remplissait plus 
les conditions depuis ce jour. En effet, il était en arrêt maladie depuis le 27 mai 2020 
et cet arrêt venait d'être prolongé. 

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g. Le 16 juillet 2020, A______ a informé le SAPEM, par courrier électronique à 
l'adresse générale de cette autorité, avoir repris le travail le 6 juillet précédent et 
demandé des informations quant à l'avancement de la procédure à la suite de la 
suspension de sa surveillance électronique par le SPI.  

h. Le même jour, le SAPEM, par message provenant de cette même adresse 
électronique, lui a répondu qu'une décision de révocation lui parviendrait dans les 
prochains jours. 

C. Dans sa décision querellée, le SAPEM considère que A______ ne remplit plus les 
conditions relatives à l'exécution de ses peines sous surveillance électronique, dès 
lors qu'il était en arrêt maladie depuis plus de 21 jours. Il révoque l'autorisation du 
29 janvier 2020 et ordonne l'exécution des peines concernées en régime de détention 
ordinaire. Il ajoute que, si A______ remplissait les conditions de la semi-détention, il 
lui incombait de déposer une demande en ce sens. 

D. a. Dans son recours, A______ soutient avoir repris son emploi rémunéré le 6 juillet 
2020, à l'issue de son arrêt maladie ayant débuté le 27 mai précédent. Il n'avait ainsi 
ni perdu, ni mis un terme à son activité rémunérée. Il n'avait dès lors jamais cessé de 
remplir les conditions lui permettant d'exécuter sa peine sous la forme de la 
surveillance électronique. 

b. Dans ses observations, le SAPEM expose que le recourant, bien que sachant 
qu'un arrêt prolongé de travail pouvait entraîner la révocation de la surveillance 
électronique, avait cessé son activité rémunérée, durant plus de 21 jours. Ainsi, en 
application de l'art. 40 al. 5 et 6 du Règlement sur les formes alternatives d'exécution 
des peines (RFAEP; E 4 55.13), le SAPEM était en droit de révoquer l'autorisation. 
Dans la mesure où A______ avait rapporté avoir repris son activité de magasinier 
depuis le 6 juillet 2020, il lui appartenait de faire une demande en vue d'exécuter le 
solde de sa peine sous la forme de la semi-détention. 

Il joint plusieurs pièces, parmi lesquelles figurent un échange de courriels entre 
A______ et un intervenant socio-judiciaire du 29 mai 2020 mentionnant un arrêt 
maladie, prolongé jusqu'au 6 juin 2020, un courriel du 5 juin 2020 par lequel 
A______ a transmis au SPI un certificat médical attestant de son incapacité de travail 
débutant le jour même et prenant fin le 21 juin suivant et l'informant que le prochain 
rendez-vous chez son médecin était fixé au 18 juin 2020, ainsi qu'un courriel entre 
deux intervenants socio-judiciaires mentionnant que A______ avait été rendu 
"attentif au 21 jours" (sic). 

c. Dans sa réplique, le recourant relève que le SAPEM n'a pas respecté le délai de 
10 jours prévu par l'art. 42 RFAEP pour rendre sa décision. En effet, cette autorité a 
rendu sa décision le 24 juillet 2020, soit 36 jours après le préavis du SPI et 18 jours 
après qu'il ait repris le travail. 

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Il joint un certificat médical attestant de son incapacité de travail de 100% du 22 juin 
au 5 juillet 2020.  

EN DROIT : 

1. 1.1. Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le 
délai prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une décision rendue par le 
SAPEM, dans une matière pour laquelle il est compétent [art. 40 al. 1 et 5 al. 2 let. e 
de la Loi d'application du code pénal suisse du 27 août 2009 (LaCP; E 4 10)], sujette 
à recours auprès de la Chambre de céans [art. 52 al. 2 RFAEP], les art. 379 à 397 
CPP s'appliquant par analogie, et émaner du condamné visé par la décision querellée, 
qui a un intérêt juridiquement protégé à l'annulation de la décision entreprise (art. 
382 CPP). 

1.2. Il en va de même de la pièce nouvelle produite à l'appui de la réplique 
(arrêts du Tribunal fédéral 1B_368/2014 du 5 février 2015 consid. 3.1 et 3.2 ainsi 
que 1B_768/2012 du 15 janvier 2013 consid. 2.1). 

2. Le recourant reproche au SAPEM d'avoir révoqué l'autorisation d'exécuter le solde 
de ses peines sous surveillance électronique. 

2.1. Conformément à l'art. 79b al. 1 et al. 2 CP, à la demande du condamné, 
l'autorité d'exécution peut ordonner l'utilisation d'un appareil électronique fixé au 
condamné (surveillance électronique), au titre de l'exécution d'une peine privative de 
liberté de 20 jours à 12 mois, que s'il n'y a pas lieu de craindre que le condamné 
s'enfuie ou commette d'autres infractions (let. a); s'il dispose d'un logement fixe 
(let. b); s'il exerce une activité régulière qu'il s'agisse d'un travail, d'une formation ou 
d'une occupation, pendant au moins 20 heures par semaine, ou s'il est possible de l'y 
assigner (let. c); si les personnes adultes faisant ménage commun avec lui y 
consentent (let. d) et s'il approuve le plan d'exécution établi à son intention (let. e). 

Si les conditions prévues à l'art. 79b al. 2, let. a, b ou c CP, ne sont plus remplies ou 
si le condamné enfreint les obligations fixées dans le plan d’exécution, l’autorité 
d’exécution peut mettre fin à l’exécution sous la forme de la surveillance 
électronique et ordonner l’exécution de la peine privative de liberté sous la forme 
ordinaire ou sous celle de la semi-détention ou limiter le temps libre accordé au 
condamné (art. 79b al. 3 CP). 

2.2. Parmi les conditions à remplir pour bénéficier de la surveillance électronique 
prévus par l'art. 4 du règlement du 30 mars 2017 sur l'exécution des peines privatives 
de liberté sous surveillance électronique (RSE; E 4 55.11) se trouvent notamment : 

- la poursuite de l'activité professionnelle ou d'une formation reconnue avec un 
taux d'occupation d'au moins 20 heures par semaine (let. f); 

- des garanties quant au respect des conditions-cadre de l'exécution (let. g). 

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Selon l'art. 12 al. 2 RSE, si la personne condamnée perd son travail, sa formation ou 
son activité, entièrement ou en partie, sans faute de sa part, l’autorité compétente 
peut ne pas interrompre la surveillance électronique à condition que la personne 
condamnée trouve une autre activité appropriée dans les 21 jours et que son 
accompagnement soit garanti pendant la période transitoire. 

2.3. Selon l'art. 40 RFAEP, si la personne condamnée ne remplit plus les 
conditions d’octroi, le SAPEM révoque la surveillance électronique (al. 1).  

Si, sans sa faute, la personne condamnée perd son travail ou doit mettre fin à son 
activité rémunérée ou à sa formation, totalement ou en partie, le SAPEM peut 
surseoir à la révocation de la surveillance électronique, à condition que :  

a) la personne condamnée recherche une activité appropriée et fournisse au 
service de probation et d’insertion la preuve de ses démarches;  

b) la personne condamnée maintienne son suivi auprès du service de probation 
et d’insertion pendant la période transitoire (al. 4). 

Le SPI informe alors immédiatement le SAPEM de la cessation de l’activité ou de la 
formation, impartit à la personne condamnée un délai de 21 jours pour apporter la 
preuve d’une nouvelle activité ou formation et modifie les modalités de l’exécution 
durant ce délai (al. 5).  

Si, après 21 jours, la personne condamnée n’a pas apporté la preuve de la nouvelle 
activité ou formation, le SPI suspend le régime d’exécution et adresse un préavis au 
SAPEM, qui révoque la surveillance électronique (al. 6). 

2.4. Si les faits le justifient, le SPI peut prononcer un avertissement formel 
(art. 41 al. 1 RFAEP). Dans les cas graves, le SAPEM peut révoquer le régime sans 
avertissement préalable du service de probation et d’insertion (art. 41 al. 2 RFAEP). 

Le SPI peut, en cas de motifs graves ou à titre de mesure conservatoire, suspendre la 
surveillance électronique (art. 42 al. 1 RFAEP). Dans un délai de 10 jours dès la 
suspension, le SAPEM rend une décision sur la poursuite ou la révocation du régime. 

2.5. En l'espèce, le SAPEM motive sa décision par l'application de l'art. 40 al. 5 
et 6 RFAEP, le recourant ayant été empêché de travailler durant plus de 21 jours, 
pour cause de maladie.  

Force est toutefois de constater que ni le droit fédéral, ni le droit cantonal ne citent 
l'arrêt maladie – même de longue durée – comme étant, en soi, un motif de 
révocation d'une surveillance électronique, cette notion n'apparaissant que dans les 
formules réglant les conditions d'exécution d'une peine sous forme alternative à la 
détention ordinaire. Ces conditions sont établies par le SPI. Or, à défaut d'autres 
démarches ou circonstances amenant la fin des rapports de travail, l'employé en arrêt 

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maladie conserve son emploi. Un tel empêchement – par définition temporaire – de 
travailler ne peut dès lors, en soi, être assimilé à la perte ou la fin volontaire de 
l'activité professionnelles, au sens de la loi et des règlements susmentionnés. 

À cet égard, il ne ressort pas du dossier que, durant sa maladie, le recourant ait perdu 
son travail, par exemple pour avoir été licencié. Au contraire, à l'issue de son 
empêchement, il a immédiatement repris son activité rémunérée préexistante. Son 
emploi n'a ainsi pas pris fin, de sorte que les conditions d'application l'art. 40 RFAEP 
n'étaient pas remplies. 

En outre, ni l'autorité intimée, ni le SPI ne motivent la suspension, puis la révocation 
de la surveillance électronique par d'autres raisons que la durée de l'incapacité de 
travail du recourant. Par conséquent, il n'apparaît pas que la décision querellée soit 
justifiée par d'autres motifs, le cas échéant suffisamment graves pour ne pas avoir été 
précédée d'un avertissement formel.  

Par conséquent, la décision querellée doit être annulée. 

Vu l'issue du litige, il n'est pas nécessaire d'analyser le grief du recourant portant sur 
le délai dans lequel la décision querellée a été rendue. 

3. Fondé, le recours doit être admis. 

4. L'admission du recours ne donne pas lieu à la perception de frais (art. 428 al. 1 CPP). 

5. En vertu de l'art. 436 al. 2 CPP, le prévenu qui obtient gain de cause à l'issue de la 
procédure de recours a droit à une juste indemnité pour ses dépens. Le recourant - 
dont le conseil a rédigé un recours d'à peine deux pages et une réplique d'une page et 
demi -, n'a pas chiffré ni justifié ses prétentions; il se verra donc allouer, d'office et 
en équité, une indemnité de CHF 900.- TTC, à la charge de l'État. 

* * * * * 

  

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PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

Admet le recours. 

Annule la décision querellée. 

Laisse les frais de la procédure de recours à la charge de l'État. 

Alloue à A______, à la charge de l'État, une indemnité de CHF 900.- TTC pour ses frais de 
défense en instance de recours. 

Notifie le présent arrêt ce jour, en copie, au recourant, soit pour lui son conseil, et au 
SAPEM. 

Le communique, pour information, au SPI. 

Siégeant : 

Madame Corinne CHAPPUIS BUGNON, présidente; Monsieur Christian COQUOZ et 
Madame Daniela CHIABUDINI, juges; Monsieur Xavier VALDES, greffier. 

 

Le greffier : 

Xavier VALDES 

 La présidente : 

Corinne CHAPPUIS BUGNON 

 

 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110); la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les trente jours qui 

suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent 

être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention 

de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse 

(art. 48 al. 1 LTF).