# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 21aa4ccb-afe0-5178-a736-3c712d1e90cb
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-10-20
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Schuldbetreibungs- und Konkurskammer 20.10.2015 105 2015 134
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_003_105-2015-134_2015-10-20.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

105 2015 134

Arrêt du 20 octobre 2015

Chambre des poursuites et faillites

Composition Présidente: Catherine Overney
Juges: Roland Henninger, Dina Beti
Greffière: Frédérique Riesen

Parties A.________, plaignant     

contre

l'Office des poursuites de B.________, autorité intimée

Objet Exécution de la saisie (art. 90, 91 et 99 LP)

Plainte du 12 octobre 2015 contre la saisie du 30 septembre 2015

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considérant en fait

A. A.________ fait l'objet de diverses poursuites. Ayant appris que ce poursuivi n'était plus 
inscrit à l'assurance-chômage et supposant par conséquent qu'il avait trouvé un emploi, l'Office 
des poursuites de B.________ lui a fait parvenir, par courrier du 31 août 2015, une convocation 
pour qu'il se présente à l'office afin de procéder à une révision de sa situation financière. Le 
poursuivi n'a pas donné suite à cette convocation.

Ayant appris que le poursuivi disposait d'un compte bancaire auprès de C.________, l'Office des 
poursuites, par courrier du 30 septembre 2015, a informé cette banque qu'il avait saisi contre elle 
et au préjudice du poursuivi une créance jusqu'à concurrence de CHF 13'825.10. L'office a par 
ailleurs invité la banque à lui verser immédiatement le montant échu de la créance et à procéder 
au blocage du compte.

B. Par courrier du 12 octobre 2015, le poursuivi dépose une plainte à l'encontre de la saisie 
précitée. Il requiert qu'il soit mis fin au blocage et que le montant saisi, à savoir CHF 304.-, lui soit 
restitué. Il se plaint par ailleurs de la détermination du minimum vital effectuée par l'Office des 
poursuites.

C. Dans sa détermination du 15 octobre 2015, l'Office des poursuites conclut au rejet de la 
plainte. Il expose en outre avoir procédé à la saisie et au blocage litigieux afin d'inciter le débiteur à 
se présenter à l'office en vue de revoir sa situation financière.

en droit

1. Sauf dans les cas où la loi prescrit la voie judiciaire, il peut être porté plainte à l'autorité de 
surveillance lorsqu'une mesure de l'office est contraire à la loi ou ne paraît pas justifiée en fait 
(art. 17 al. 1 LP). La plainte doit être déposée dans les dix jours de celui où le plaignant a eu 
connaissance de la mesure (art. 17 al. 2 LP).

En l'espèce, il ne ressort pas des documents déposés par l'Office des poursuites quand l'avis de 
saisie du 30 septembre 2015 a été communiqué au débiteur, ni même si une telle communication 
a eu lieu. Il ressort en revanche des pièces déposées par le plaignant qu'il semble avoir eu 
connaissance de la saisie par courrier de sa banque du 6 octobre 2015. Partant, la plainte du 
12 octobre 2015 a été déposée en temps utile. Motivée et dotée de conclusions, elle est 
recevable.

2. Par courrier du 30 septembre 2015, l'Office des poursuites a informé la banque du plaignant 
qu'il avait saisi contre elle et au préjudice du poursuivi une créance jusqu'à concurrence de 
CHF 13'825.10. L'office a par ailleurs invité la banque à lui verser immédiatement le montant échu 
de la créance et à procéder au blocage du compte. Le plaignant conteste la légalité de cette 
mesure.

a) Aux termes de l'art. 99 LP, lorsque la saisie porte sur une créance, le préposé prévient 
le débiteur que désormais il ne pourra plus s'acquitter qu'en mains de l'office. Comme toutes les 
mesures de sûreté, l'avis au débiteur présuppose en principe une saisie valablement exécutée (cf. 
ATF 134 III 177 consid. 3.3).

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La saisie consiste dans la déclaration par laquelle l'office signifie au débiteur poursuivi, sous la 
menace de sanctions pénales, que certains de ses biens sont mis sous main de justice et donc 
soustraits à sa libre disposition (cf. ATF 107 III 67 consid. 1). La saisie a pour but de déterminer et 
de sauvegarder les éléments du patrimoine du débiteur dont le produit servira à couvrir le montant 
de la créance. L'office est dès lors tenu de faire les investigations nécessaires auprès des tiers qui 
détiennent des biens appartenant au débiteur; il ne peut exécuter valablement la saisie qu'après 
avoir reçu de la sorte les renseignements lui permettant d'individualiser de manière suffisante les 
biens à mettre sous main de justice. Or ces démarches peuvent prendre un certain temps. On doit 
alors permettre à l'office, si les circonstances l'exigent, de préparer la saisie et de sauvegarder les 
intérêts du créancier par une mesure conservatoire bloquant de manière globale les actifs du 
débiteur détenus par certains tiers (cf. ATF 107 III 67 consid. 2). Une telle décision présuppose 
cependant qu'il y ait une urgence particulière. En outre, si une telle mesure paraît s'imposer 
comme urgente, elle doit être désignée comme telle. Il ne faut pas que le tiers débiteur ait 
l'impression qu'une saisie avait déjà été exécutée (cf. ATF 115 III 41 consid. 2). Un blocage 
provisoire peut aussi s'avérer indispensable tant que le tiers, en violation de ses obligations, refuse 
d'indiquer à l'office les actifs qu'il détient pour le débiteur (cf. ATF 107 III 67 consid. 2).

b) En l'espèce, l'Office des poursuites a procédé au blocage du compte du plaignant avant 
d'avoir exécuté la saisie. Il ne fait à cet égard état d'aucune urgence particulière qui aurait 
commandé de procéder à ce blocage à titre préventif. L'Office des poursuites expose en revanche 
avoir été contraint d'agir ainsi au titre des investigations nécessaires dès lors que le plaignant ne 
s'était pas présenté à l'office en vue d'établir sa situation financière actuelle, afin d'inciter le 
débiteur à se présenter à l'office en vue de revoir sa situation financière. Or, une telle manière de 
procéder n'est pas admissible. Si le poursuivi ne se présente pas après qu'une saisie lui a été 
annoncée en application de l'art. 90 LP, il s’expose à une sanction pénale prononcée en 
application de l'art. 323 ch. 1 CP, et l'office des poursuites peut le faire amener par la police (art. 
91 al. 2 LP). Il ne dispose en revanche d'aucun autre moyen de coercition pour obliger le débiteur 
à coopérer (cf. LEBRECHT, in Basler Kommentar SchKG I, 2e éd. 2010, art. 91 n° 21).

L'Office des poursuites fait également valoir qu'il a été contraint de procéder au blocage du compte 
du poursuivi parce que la banque avait refusé de lui fournir des informations sur la situation 
financière du plaignant. Sous cet angle, cette manière de procéder est, en elle-même, acceptable, 
mais elle devait alors être désignée comme telle, à savoir comme une mesure conservatoire. Or, 
dans le cas présent, l'Office des poursuites n'en a rien fait. Il a au contraire établi un "avis 
concernant la saisie définitive d'une créance", alors même qu'aucune saisie n'avait encore été 
exécutée, donnant au tiers débiteur l'impression claire qu'il s'agissait d'une mesure d'exécution 
d'une saisie ordinaire.

Au vu de ce qui précède, l'avis de saisie du 30 septembre 2015 doit être annulé et l'Office des 
poursuites invité à procéder, soit à une saisie en bonne et due forme qu'il pourra exécuter en 
application de l'art. 99 LP, soit à un blocage préventif dûment identifié comme tel. La plainte sera 
admise dans cette mesure.

3. Il n'est pas perçu de frais (art. 20a al. 2 ch. 5 LP), ni alloué de dépens (art. 62 al. 2 de 
l'ordonnance du 23 septembre 1996 sur les émoluments perçus en application de la loi fédérale 
sur la poursuite pour dettes et la faillite [OELP; RS 281.35]).

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la Chambre arrête:

I. La plainte est admise.

Partant, l’avis de saisie établi le 30 septembre 2015 par l’Office des poursuites de 
B.________ au préjudice de A.________ est annulé.

II. Il n’est pas perçu de frais, ni alloué de dépens.

III. Communication.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral dans les dix jours qui 
suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 
par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). L'acte de 
recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 20 octobre 2015/dbe

Présidente Greffière