# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 2ba4948b-29dd-5c36-9620-e57dd592249d
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-06-04
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 04.06.2024 P/12994/2022
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-12994-2022_2024-06-04.pdf

## Full Text

Siégeant : Monsieur Christian ALBRECHT, président ; Madame Francine PAYOT 
ZEN-RUFFINEN et Monsieur Fabrice ROCH, juges ; Madame  
Sophie SCHNEITER, greffière-juriste délibérante.  

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/12994/2022 AARP/310/2024 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 4 juin 2024 

 

Entre 

A______, domicilié ______, comparant par Me B______, avocat,  

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

appelants, 

 

 

contre le jugement JTCO/106/2023 rendu le 2 octobre 2023 par le Tribunal correctionnel, 

et 

C______, partie plaignante, comparant par Me D______, avocate,  

intimée.

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EN FAIT : 

A. a. En temps utile, A______ appelle du jugement JTCO/106/2023 du 2 octobre 2023, par 
lequel le Tribunal correctionnel (TCO) l'a reconnu coupable d'actes d'ordre sexuel avec 
des enfants (art. 187 ch. 1 du Code pénal [CP]) et de contrainte sexuelle (art. 189 al. 1 
CP) à l'encontre de C______, ainsi que d'entrée illégale (art. 115 al. 1 let. a de la loi 
fédérale sur les étrangers et l'intégration [LEI]) et de séjour illégal (art. 115 al. 1 let. b 
LEI). Ce faisant, le TCO l'a condamné à une peine privative de liberté de trois ans, sous 
déduction de 476 jours de détention avant jugement (art. 40 CP), avec sursis partiel, la 
partie ferme étant arrêtée à 18 mois, et un délai d'épreuve de quatre ans (art. 43 et 44 
CP), ainsi qu'à une peine pécuniaire de 60 jours-amende à CHF 10.- l'unité (art. 34 CP), 
avec sursis et un délai d'épreuve de quatre ans (art. 42 et 44 CP). Il a, par ailleurs, 
ordonné une règle de conduite, en la forme d'un suivi psychothérapeutique (art. 44 al. 2 
et 94 CP), ainsi qu'une assistance de probation (art. 44 al. 2 et 93 CP), pendant la durée 
du délai d'épreuve. Il a encore été fait interdiction à vie à A______ d'exercer toute 
activité, professionnelle ou non, impliquant des contacts réguliers avec des mineurs 
(art. 67 al. 3 let. b et c CP). L'expulsion de Suisse du prévenu pour une durée de sept ans 
a, en outre, été ordonnée (art. 66a al. 1 let. h CP), l'exécution de la partie ferme de la 
peine primant celle-ci (art. 66c al. 2 CP), de même que le signalement de cette mesure 
dans le système d'information Schengen (SIS) (art. 20 de l'ordonnance N-SIS). Le 
maintien en détention du prévenu pour des motifs de sûreté a été ordonné, par prononcé 
séparé.  

 Les conclusions en indemnisation de A______ ont été rejetées (art. 429 du Code de 
procédure pénale [CPP]). Ce dernier a été condamné à payer à C______ CHF 10'000.- à 
titre de réparation du tort moral (art. 47 et 49 du Code des obligations [CO]). Diverses 
mesures de restitution ont été ordonnées. A______ a été condamné aux frais de la 
procédure (CHF 22'517.25 y compris un émolument de jugement de CHF 1'500.-).  

 b.a. A______ entreprend intégralement ce jugement, concluant à son acquittement des 
chefs d'infractions d'actes d'ordre sexuel avec des enfants et de contrainte sexuelle, et à 
sa condamnation pour les infractions d'entrée et de séjour illégaux par négligence, 
conduisant au prononcé d'une amende maximale de CHF 500.-. Il sollicite, dès lors, la 
mise à la charge de l'État des frais de la procédure et l'octroi d'indemnités de 
CHF 24'858.- au titre de dommage économique et de CHF 108'400.- au titre de tort 
moral ensuite de détention injustifiée.  

 Il requiert, préalablement, le retrait de la procédure du procès-verbal de police du 
14 juin 2022 ainsi que de l'ensemble des pièces y faisant référence, de même que le 
renouvellement des expertises diligentées sur cette base.  

 b.b. Le Ministère public (MP) forme également appel du jugement précité, concluant au 
prononcé d'une peine privative de liberté de cinq ans à l'encontre du prévenu pour les 

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infractions d'actes d'ordre sexuel avec des enfants et de contrainte sexuelle, à son 
expulsion de Suisse pour une durée de 10 ans, avec inscription au système d'information 
Schengen (SIS) et au prononcé d'un traitement ambulatoire au sens de l'art. 63 CP.  

 Il conclut, par ailleurs, au rejet des questions préjudicielles soulevées par la défense. 

 c.a. Selon l'acte d'accusation du 15 juin 2023, les faits suivants sont reprochés à 
A______ : 

Entre une date indéterminée située début 2018 et le 14 juin 2022, il a, à réitérées 
reprises, commis des actes d'ordre sexuel à l'encontre de C______, née le ______ 2011 
et dont il est l'oncle maternel, étant précisé que les faits se sont déroulés entre 2018 et 
septembre 2020 environ dans l'appartement qu'occupaient C______ et sa famille au 
no. ______, rue 1______ à Genève, puis entre septembre 2020 et octobre 2021 environ 
dans l'appartement qu'occupaient C______ et sa famille au no. ______, rue 2______ à 
Genève et enfin entre octobre 2021 environ et juin 2022 dans l'appartement sis 
no. ______, rue 3______ à E______ [GE] où vivaient notamment A______ et C______. 

Plus précisément, il est reproché à A______ d'avoir, à plusieurs reprises, un nombre 
indéterminé de fois mais à tout le moins plus d'une dizaine de fois, caressé C______ au 
niveau du vagin, avec ses mains, à même la peau ainsi que sur les vêtements, et de lui 
avoir prodigué des cunnilingus. Il lui est reproché d'avoir agi dans les circonstances 
suivantes : 

- à une reprise au no. ______, rue 1______, il a caressé C______ sur le corps et plus 
particulièrement au niveau du vagin, alors qu'elle prenait une douche ; 

- il a agi dans un but d'excitation sexuelle, étant précisé que lors des faits, 
respectivement juste après ceux-ci, il se masturbait ; 

- à réitérées reprises, lorsqu'il manifestait à C______ son désir de lui toucher le vagin 
et/ou de lui prodiguer un cunnilingus, cette dernière lui a dit non et a également pleuré ; 

- il a contraint C______ à subir lesdits actes et a brisé sa résistance en instrumentalisant 
leurs liens familiaux, en profitant du fait qu'il la gardait régulièrement, de même que son 
frère, depuis son arrivée en Suisse en décembre 2016, ainsi qu'en profitant de son jeune 
âge et de son infériorité cognitive ; 

- il se montrait insistant lorsque C______ lui disait non, lui disant à plusieurs reprises 
qu'il souhaitait lui toucher le vagin et/ou lui prodiguer un cunnilingus ; 

- il déshabillait lui-même C______ ;  

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- à plusieurs reprises, il l'a amenée, en la portant, sur un lit afin d'y commettre les actes 
précités ; 

- il a profité du fait que, lors de ses agissements, il était seul dans un appartement ou 
dans une chambre avec C______ et parfois le frère de cette dernière, né en 2007, lequel 
ne se rendait pas compte de ce qu'il se passait ; 

- à réitérées reprises, il a promis à C______ de lui faire des cadeaux si elle se laissait 
faire, respectivement lui a fait des cadeaux. Il lui a acheté un livre de coloriage, des 
bonbons, des chocolats, des écouteurs, des jouets. Il avait également promis de lui 
acheter des crayons de couleurs ; 

- il lui disait également qu'il avait fait la même chose à sa cousine, laquelle ne disait 
rien. Il lui disait que c'était la dernière fois qu'il lui faisait cela ou que cela ne durerait 
pas longtemps ; 

- à tout le moins à une occasion, il a dit à C______, qui protestait, de se taire afin de ne 
pas réveiller son frère qui dormait à proximité ; 

- il disait également à C______ que cela lui faisait du bien à lui ; 

- il a intimé à C______ de ne parler à personne des actes d'ordre sexuel qu'il lui 
imposait. 

c.b. D'après le même acte d'accusation, les faits suivants sont également reprochés à 
A______, originaire du Nicaragua : 

c.b.a. En décembre 2016, il a pénétré en Suisse, à Genève, sans être au bénéfice des 
autorisations nécessaires. 

c.b.b. Entre décembre 2016 et le 27 novembre 2018, veille du dépôt d'une demande 
d'autorisation de séjour, il a séjourné en Suisse, à Genève, sans être au bénéfice des 
autorisations nécessaires.  

B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure : 

 Des relations entre les parties  

a.a. C______, née le ______ 2011, est la fille de F______ et de G______. Elle a un 
frère, H______, né le ______ 2007. 

A______, né le ______ 1998, est le fils de I______ et de J______. Il a une sœur, 
K______, née le ______ 1999, et une demi-sœur, L______, née en 2017. 

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I______, mère de A______, a été mariée avec le père de F______, mère de C______. 
Par la suite, elle a épousé M______. 

A______ est ainsi le demi-frère de F______ et l'oncle de C______. 

a.b. En 2014, F______ a quitté le Nicaragua et s'est installée en Suisse, pays dans lequel 
ses enfants C______ et H______ l'ont rejointe en 2016. En novembre 2018, G______ 
est à son tour venu vivre en Suisse, aux côtés de son épouse et de ses enfants.  

a.c. A______ est arrivé en Suisse en décembre 2016, en provenance du Nicaragua. Il a 
voyagé via la France, référence étant faite au tampon français daté du 6 décembre 2016 
figurant dans son passeport. D'après les données de l'Office cantonal de la population et 
des migrations (OCPM), il réside sur le territoire cantonal depuis le 28 novembre 2018. 
Le 10 mai 2019, bénéficiant d'un regroupement familial, il s'est vu délivrer une 
autorisation de séjour de type B, avec une date de validité fixée au 27 novembre 2023.  

a.d. La famille composée par F______, G______ et leurs enfants, C______ et H______, 
a habité dès mars 2017 dans un appartement situé au no. ______, rue 1______, à 
proximité du boulevard 4______.  

En septembre 2020, ils ont emménagé dans un autre logement, situé au no. ______, 
rue 2______.  

À la suite de la séparation du couple formé par G______ et F______, cette dernière est 
allée vivre, avec ses enfants C______ et H______, dès octobre 2021, dans l'appartement 
sis no. ______, rue 3______, à E______, où vivaient I______, M______, A______, 
K______, L______ ainsi qu'une cousine, N______. 

a.e. Dans l'appartement situé au no. ______, rue 3______, A______ occupait une 
première chambre à coucher, K______ une deuxième, I______, M______ et L______ 
une troisième et F______, avec C______ et H______, une quatrième, N______ 
occupant le salon.  

Selon les photographies prises par la police le 15 juin 2022, la chambre occupée par 
F______, C______ et H______ comportait un lit à étage ainsi qu'un lit simple. 

Du handicap du prévenu 

b.a. A______ est né malentendant, son oreille droite présentant des malformations, qui 
ont nécessité deux opérations, en date des 17 février 2018 et 4 avril 2019. De ce fait, il 
présente une surdité moyenne à sévère et est appareillé à l'oreille gauche.  

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b.b. Entre les mois de février 2018 et d'avril 2022, A______ a commencé un traitement 
logopédique hebdomadaire (représentant environ 80 séances sur la période). Il 
souhaitait obtenir de l'aide pour mieux prononcer le français.  

Lors de son évaluation du 17 janvier 2018, la logopédiste a constaté que l'intéressé 
présentait un assez bon niveau d'espagnol oral. Malgré une voix nasonnée et une 
articulation imprécise, il était intelligible. Sa compréhension auditive de l'espagnol oral 
était assez bonne, lorsqu'il pouvait utiliser la lecture labiale et qu'il se trouvait dans un 
milieu peu bruyant.  

La logopédie permettait à A______ non seulement d'affiner son articulation et donc son 
intelligibilité, mais aussi de développer son vocabulaire. Grâce à ces séances, il pouvait 
mieux s'exprimer et se faire comprendre.  

Du processus de dévoilement des faits et de la plainte pénale déposée 

c.a. Le 14 juin 2022, O______, infirmière scolaire auprès de l'école P______, a contacté 
la police après avoir recueilli les confidences de C______, élève scolarisée en 7P, en 
lien avec des attouchements commis par son oncle.  

L'audition de C______ a été organisée l'après-midi même et O______ a également été 
entendue. 

c.b.a. O______ a rapporté que, le même jour, C______ s'était présentée à l'infirmerie, 
en compagnie de Q______, une camarade de classe. La fillette avait expliqué vivre avec 
son oncle et que celui-ci venait parfois dans sa chambre, avant d'interrompre son récit et 
de demander à Q______ de le terminer. Cette dernière avait alors indiqué que C______ 
avait été "violée" par son oncle. Sur question, C______ avait précisé que la dernière 
fois, "c'était dimanche". Q______ avait indiqué que C______ lui avait révélé les faits au 
mois d'avril 2022 et qu'elle en avait elle-même parlé à sa sœur aînée, qui lui avait dit 
que c'était quelque chose de grave et qu'il fallait en parler. C______ en avait parlé à 
Q______ ainsi qu'à deux autres copines de son école.  

O______ s'était ensuite entretenue seule avec C______, pour comprendre ce qu'il s'était 
passé dimanche. La fillette lui avait expliqué que son oncle était venu dans sa chambre, 
qu'il lui avait demandé s'il pouvait la toucher, qu'elle avait répondu négativement et que, 
comme il voulait que personne ne soit au courant, il était parti. Invitée à raconter ce qu'il 
s'était passé la dernière fois, C______ a expliqué qu'elle était seule, que son frère 
dormait et que son oncle lui avait demandé s'il pouvait la toucher, ce à quoi elle avait 
répondu qu'elle ne voulait pas et avait dit "non". Il lui avait promis que ce serait la 
dernière fois, puis l'avait emmenée dans une chambre, l'avait déshabillée et avait 
commencé à lui toucher les parties intimes. Il lui avait ensuite mis la langue, à un 
endroit que O______ ignorait, puis l'avait laissée tranquille. L'infirmière n'avait pas 

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poursuivi l'entretien avec C______, en raison de l'existence d'un protocole à suivre en 
pareille situation. Elle avait ainsi contacté le médecin de permanence qui avait préconisé 
le recours à la police. 

c.b.b. Devant le MP, O______ a confirmé ses précédentes déclarations. Elle avait 
rencontré pour la première fois C______ le 14 juin 2022. Lors de cet entretien, la fillette 
lui avait dit qu'elle vivait avec son oncle. Q______ avait poursuivi, en indiquant que son 
amie lui avait confié avoir été "violée" par son oncle, sans fournir de détails, puis était 
partie. Une fois seule, C______ lui avait indiqué que le dimanche précédent – le 12 juin 
2022 –, son oncle lui avait demandé de pouvoir venir dans sa chambre, ce qu'elle avait 
refusé, et que les choses s'étaient arrêtées là. O______ ayant demandé à C______ s'il y 
avait eu un autre épisode, la jeune fille avait rapporté, sans donner de date, que son 
oncle était venu dans sa chambre, qu'il lui avait demandé de se déshabiller et qu'il lui 
avait fait "ça". Invitée à fournir des précisions, C______ avait déclaré qu'il lui avait 
touché les "parties intimes" et qu'il avait mis sa langue. La formulation "parties intimes" 
était une notion utilisée à l'école pendant les cours d'éducation sexuelle. L'infirmière 
avait mis fin à la discussion, conformément au protocole du service santé enfance et 
jeunesse. Lors de leur discussion, elle avait trouvé C______ assez calme et presque 
inexpressive, étant relevé qu'il arrivait, dans un contexte de dénonciation d'abus, qu'un 
enfant soit calme.  

c.c. Entendue le 14 juin 2022 par une inspectrice de police, conformément au protocole 
d'audition des enfants victimes d'infractions graves (EVIG) du National Institute of 
Child Health and Human Development (NICHD), C______ a expliqué que son oncle lui 
faisait "un peu des attouchements sexuels" et que cela était arrivé plusieurs fois.  

La dernière fois que cela était arrivé, il lui semblait en mars 2023, son frère dormait 
encore, elle s'était réveillée, était allée préparer son petit-déjeuner et l'avait pris dans le 
salon, où elle comptait regarder un film. Son oncle était venu, avait un peu regardé le 
film, utilisé son téléphone, puis demandé s'il pouvait toucher ses "parties intimes". Elle 
avait répondu "non" mais il avait insisté. Il lui avait dit qu'il lui achèterait quelque 
chose, en vain. Il lui avait alors promis que "c'était la dernière fois". Compte tenu de 
cette promesse, elle s'était dit "allez !" et avait accepté, à contrecœur. Il l'avait emmenée 
dans la chambre de sa tante. Elle lui disait "non" et il rétorquait "chut", car il ne voulait 
pas réveiller son frère, lequel était susceptible de poser des questions sur ses 
agissements. Il avait commencé à la déshabiller, soit à lui enlever son pantalon. Il lui 
avait dit qu'il agissait de la sorte car cela lui faisait du bien et qu'elle ne devait en parler 
à personne. Il l'avait prise, en la portant un peu, et l'avait couchée sur le lit. Lui-même se 
tenait à genoux. En pleurs, elle avait répété qu'elle ne voulait pas, tandis qu'il lui 
répondait de ne pas faire de bruit. Elle avait regardé son téléphone, ne voulant pas 
regarder son oncle, lequel avait commencé à la toucher et à la caresser un peu, avec sa 
main. Elle voulait que cela finisse. Il avait aussi "mis sa langue", à savoir qu'il "léchait" 
et "faisait un peu des bisous". Elle avait eu l'impression qu'il aimait cela, contrairement 
à elle – c'était "dégueulasse". Alors qu'elle manifestait toujours oralement son refus, il 

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avait insisté en répondant "oh encore un p'tit moment !" puis l'avait laissée tranquille. 
Elle était ensuite allée dans sa propre chambre et son frère s'était réveillé. Cet épisode, 
le dernier, était arrivé il y a longtemps. Depuis, son oncle lui avait néanmoins 
"redemandé", mais elle avait toujours répondu "non". 

Elle ne se souvenait pas de la première fois où de tels attouchements avaient eu lieu. 
Elle se rappelait en revanche d'un épisode vers février 2022 lors duquel il était venu 
dans sa chambre et avait voulu qu'ils fassent le même genre de choses, évènement qui 
avait fait suite à une longue période durant laquelle il n'avait rien fait et s'était montré 
gentil – ils jouaient à des jeux de société ou regardaient des films. Il avait agi 
rapidement, car il craignait l'arrivée d'un tiers. Il avait frappé à la porte de sa chambre, 
était entré et, après s'être assuré que son frère était absent, s'était assis sur le lit. Il avait 
regardé son téléphone puis lui avait demandé s'il pouvait "toucher". Elle avait refusé 
mais il avait insisté en disant que "c'était juste un p'tit moment". Il lui semblait qu'il 
avait également promis de lui acheter quelque chose. Alors qu'il la touchait, elle avait 
consulté sa tablette. Elle avait bougé par moment dans le but de mettre fin à son 
comportement, en vain. Après l'avoir "juste touchée", il lui avait demandé s'il pouvait 
"mettre la langue", ce qu'elle avait refusé. Il s'était arrêté, étant précisé que lorsqu'elle 
disait non, il ne l'écoutait pas systématiquement et pouvait insister en disant "s'il te 
plaît". Cela se voyait qu'il était content lorsqu'il la touchait, il souriait.  

Son oncle avait agi de la sorte à plusieurs reprises, mais elle ne pouvait dire combien de 
fois. Quand il mettait sa langue sur ses parties intimes et la léchait, elle était soit 
couchée, soit debout et lui à genoux. Lorsqu'il la touchait, c'était "inconfortable" et "un 
peu dégoûtant", étant précisé qu'il la touchait par-dessous ses vêtements. À un moment 
donné, il avait souhaité faire des photos mais, après qu'elle avait exprimé son désaccord, 
y avait renoncé. Il lui avait dit avoir fait la même chose avec sa cousine, R______, qui 
avait environ le même âge qu'elle. Parfois, son oncle était gentil et il lui achetait des 
"trucs". Lorsqu'il agissait, sa maman travaillait, son frère dormait, sa tante était 
possiblement à l'université et la maman de son oncle tout comme le beau-père de celui-
ci travaillaient. Elle a encore ajouté que Q______ et elle étaient très amies et se disaient 
"tous les secrets". 

c.d.a. À la police, F______, mère de C______, a expliqué qu'avant qu'elle et ses enfants 
emménagent dans l'appartement sis no. ______, rue 3______, ils se voyaient environ 
une fois par mois avec I______, son mari M______ et ses enfants, dont A______. Ils 
avaient toujours eu une relation normale et tranquille. Elle louait une chambre dans leur 
appartement et y dormait avec ses deux enfants. Étant jeune, A______ avait un 
penchant pour l'alcool et la fête. Il avait beaucoup de copines, rentrant régulièrement 
avec des filles, mais pas d'amie intime fixe. Né sourd, A______ avait rencontré des 
difficultés pour apprendre à parler, mais n'avait pas de problème mental.  

Informée du contenu de l'audition de C______, F______ a déclaré que cela était terrible, 
précisant que ses enfants étaient parfois, voire souvent, restés seuls avec A______, 

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notamment lors des vacances scolaires. Ce dernier avait profité de l'innocence de 
C______. Elle-même n'avait eu aucune suspicion. Il avait acheté des choses à C______, 
notamment des écouteurs sans fil en décembre (n.d.l.r. 2021), ce qu'elle avait trouvé 
étrange. Elle avait dit à C______ de ne rien lui demander. Son fils était un gros 
dormeur. 

c.d.b. Devant le MP, F______ a ajouté que la relation entre C______ et A______ était 
une relation normale de "nièce à oncle". Ils jouaient aux cartes et regardaient des films. 
Elle entretenait elle-même de très bonnes relations avec lui, qui était son frère. Avant 
leur installation chez I______ en octobre 2021, elle avait demandé à A______ de l'aider 
en allant chercher ses enfants à l'école, à raison de deux à trois fois par semaine. À ces 
occasions, il était resté seul avec ces derniers jusqu'à son retour, une ou deux heure(s) 
plus tard. À partir du moment où ils avaient habité tous ensemble, il ne s'était plus 
occupé d'aller chercher les enfants à l'école, mais s'était retrouvé seul avec eux, en 
fonction de son emploi du temps, lorsqu'elle-même travaillait. Elle se rappelait qu'il y 
avait un jour de la semaine, possiblement le mercredi, où il avait congé l'après-midi. 
Elle estimait qu'il se trouvait seul avec les enfants environ deux fois par semaine.  

Tant C______ que A______ lui avaient dit que le second achetait des choses à la 
première. C______ avait fait mention d'écouteurs et également de livres. Sa fille lui 
avait parlé des faits le jour de son audition par la police, en pleurant. La jeune fille, sous 
le choc, lui avait demandé comment elle ne s'en était pas rendu compte. Elle avait 
cherché à savoir comment cela était arrivé et C______ lui avait indiqué que cela se 
produisait depuis quatre ans. S'agissant des lieux des actes, C______ avait parlé de 
l'appartement au [boulevard] 4______, où ils habitaient en 2017-2018, et également de 
celui de I______. Sa fille lui avait expliqué que A______ l'avait déshabillée et touchée, 
sans donner de détails, et que lorsque tous deux étaient seuls et que son frère dormait, ce 
dernier "la cherchait" pour lui faire des choses, en particulier pendant les vacances, dans 
l'appartement de I______. Le frère de C______ dormait beaucoup quand il était en 
vacances, et faisait également des siestes pendant le week-end. En son absence, il 
pouvait dormir jusqu'à midi ou 13h00. 

C______ avait consulté un psychologue à deux ou trois reprises, mais elle ne voulait pas 
toujours parler des faits. Ses résultats scolaires avaient été très bons au cours des 
dernières années mais, les derniers mois, F______ avait constaté un changement dans le 
comportement de sa fille, en ce sens que celle-ci était assez énervée. Elle croyait 
C______ et la soutenait dans sa démarche. 

Actes d'enquête 

d.a. Le 15 juin 2022, en présence de A______, la police a procédé à une perquisition de 
son domicile sis no. ______, rue 3______ à E______.  

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Lors de celle-ci, la police a constaté que I______ avait échangé, très brièvement en 
espagnol, quelques mots avec son fils. Le contenu de cet échange a été abordé lors de 
l'audition de cette dernière (infra, let. j.a). 

d.b. Il ressort des rapports de renseignements des 26 septembre 2022 et 21 novembre 
2022 que la police n'a pas trouvé de contenu pédopornographique dans les ordinateurs 
portables saisis ainsi que dans le téléphone portable de A______.  

Sur ce dernier appareil, la police a néanmoins découvert, d'une part, un très grand 
nombre d'images à caractère pornographique ou érotique, de type homosexuel, hentaï, 
transsexuel et hétérosexuel, ainsi qu'une vidéo datant du 2 juin 2022 pouvant 
correspondre au précité en train de se masturber. Dans l'historique Internet du téléphone, 
a également été mise en évidence, sur une période allant du 6 novembre 2021 au 14 juin 
2022, une consultation régulière de sites pornographiques, avec notamment des 
recherches contenant des mots-clés tels que "gay jovenes", "gay", "gayporn" et des titres 
tels que "Older Stepdad can't Stop Fucking his Horny Stepsister" ou "Can't Stop Eating 
and Pounding Perfect Pussy".  

D'autre part, une conversation WhatsApp effacée entre l'intéressé et C______ a été 
découverte. Grâce au téléphone portable de C______, l'entier de cette conversation a pu 
être exporté. Quinze conversations effacées ont été mises en évidence, le nombre de 
discussions étant toutefois susceptible d'être supérieur. 

Extraits des messages WhatsApp échangés entre le prévenu et C______ 

e.a. Le 15 avril 2022 (jour férié, correspondant au Vendredi Saint), entre 06h57 et 
11h24, A______ et C______ ont échangé de nombreux messages, dont les suivants : 

10h31 A______:  Me extrañas ??     je te manques ?? 

10h31 C______: No     non 

10h31 A______: Jajajaja     hahahaha 

10h31 C______: Estas loco    tu es fou 

(...) 

10h32 A______: Estoy acostado solo   je suis couché seul 

10h32 A______: Mmmm     mmmm 

10h33 A______: Jajaja     hahaha 

10h33 A______: Boluda lol    connasse lol 

10h33 C______: Jajaja 😐     hahaha 
10h33 A______: Me tienes miedo ??   tu as peur de moi ?? 

10h34 C______: No     non 
 

  

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e.b. Le 10 mai 2022, entre 21h32 et 21h47, A______ et C______ ont échangé de 
nombreux messages, dont les suivants : 

21h33 A______:  Ya vino tu mama ?    ta mère est déjà venue/arrivée ? 

21h33 C______: No     non 

21h33 A______: Ah ya vale    ah c'est bon 

21h33 A______: Ya te acostaste ?? 😂   tu es déjà au lit ? 

21h33 C______: Si     oui 

(...) 

21h37 A______: Ahora veo que ya no sales del cuarto  je vois que maintenant tu ne sors pas de ta 

cuando no esta tu mama chambre quand ta mère n'est pas là 

21h37 C______: No     non 

21h37 A______: Es que me tienes miedo ??   tu as peur de moi ?? 

21h37 C______: No     non 

21h37 C______: Es que hablo mucho con mis amigos ahora je parles beaucoup avec mes amis maintenant 

21h38 A______: Ah ya vale    ah ok  

21h38 A______: Segura ??     sûre ?? 

21h38 C______: Siiiiii     ouiiii 

21h38 C______: envoi d'une image 

21h38 C______: Solo mis amigos    uniquement mes amis 

21h38 A______: Pensé que por algo por mi de lo hago  je pensais que c'était pour moi, pour ce 

contigo  que je fais avec toi 

21h38 C______:       

21h39 A______: Ah ya vale    ah ok 

21h39 A______:  

21h39 A______: Yo solo queria asi no mas tocar y nada mas je voulais seulement comme ça, 

        seulement toucher 

21h40 A______: Me dices si ya vino tu mama  dis-moi si ta mère est arrivée 

21h40 A______: Te dormiste ??    t'es endormie ?? 

21h40 C______: No     non 

21h41 A______: No que ?    non quoi ? 

21h41 C______: No a venido mi mama   ma mère n'est pas venue 

21h41 A______: Ah ya vale    ah ok 

21h41 A______: Bueno C______    bon C______ 

21h42 C______: Que     quoi 

21h42 C______: Que     quoi 

21h42 C______: Que     quoi 

21h42 A______: La verdad extraño   la vérité ça me manque 

21h42 C______: Que     quoi 

21h42 C______: Te pregunto    je te demande 

21h42 A______: Ya te comprare los colores  je t'achèterai les couleurs 

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21h42 C______: Jajajajaja    ha ha ha ha ha 

21h42 C______: No mentira    non mensonges 

21h42 C______: De todos modos eso tenia que ser mi regalo de toutes manières, cela devait être 

        mon cadeau 

21h42 A______: Jajaja pendeja lol    hahaha connasse lol 

21h43 C______: No me importe    je m'en fous 

(...) 

21h45 C______: Buenas noches    bonne nuit 

21h45 A______: Solo entre tu y yo   seulement entre toi et moi 

21h45 C______: Chao     ciao 

21h45 C______: Chao     ciao 

21h45 C______: Chao     ciao 

21h45 A______: Asi que explicame   alors expliques-moi 

21h45 C______: Noo     noon 

21h45 C______: Chao     ciao 

21h45 C______: Tengo miedo    j'ai peur 

21h45 C______: De mi ama    de ma maman ("mama" a priori) 

21h45 C______: Chao     ciao 

21h45 A______: Nooo tranquila    non tranquille 

21h45 C______: Que si     que si 

21h45 A______: Hoy no haremos nada   aujourd'hui nous n'allons rien faire 

21h45 C______: Chao     ciao 

21h46 A______: Bueno voy a abrir la puerta  bon je vais ouvrir la porte 

21h46 C______: Mañana te digo    demain je te dis 

21h46 A______: Y asi te aviso    et je t'avertis 

21h46 A______: Para que seguimos hablando  pour qu'on continue à se parler 

21h46 C______: No     non 

21h46 C______: Chao     ciao 

21h46 C______: Buenas noches    bonne nuit 

21h46 A______: Jaja vale no pasa nada   haha rien ne se passe, pas grave 

21h46 C______: Bueno     bon 

21h46 A______: Bueno ahi hablamos mañana  bon on parle demain 

(...) 
 

Extraits du journal intime de C______   

f.a. C______ et son amie Q______ ont l'une et l'autre alimenté un journal intime 
partagé. En pages 36 et 37 dudit journal, Q______ a écrit ce qui suit, le 31 mai 2022 
[texte reproduit verbatim]: "Voilà en vraie la chose que je voulais te dire c'est que tu 
devais parler à un adulte de ce qui se passe avec ton oncle. C'est ultra grave ! Tu 
penses que c'est pas grave mais ça l'ai et il faut que t'en parle même si c'est très dificile. 

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Si tu veux je peux t'aider (je veux pas te forcer)". C______ a répondu "OK si tu veux 
m'aider ça me dérange pas".  

f.b. À une date indéterminée, de toute évidence antérieure au 14 juin 2022, C______ 
s'est exprimée ainsi, en page 39: "[…] mais moi je sais pas quoi faire ou comment pour 
que tu m'aide parce que lui (mon oncle) il me donne plus de cadeaux et il va m'acheté 
des stylos magnifique alors si je dis il va arreté d'être cool avec moi mais...j'ai comme 
même vécu ça depuis que j'ai 7 ans je crois, tu vois. Je sais pas quoi faire aide-moi, j'ai 
pas envie de lui dire". 

f.c. À la date du 14 juin 2022, à 18h15, Q______ a écrit ce qui suit (pages 40 et 41): 
"Du coup bah c'était vraiment nul sans toi ma C______ j'espaire que t'a rien et que 
c'est pas trop grave. J'ai trop peur tu sais mais bon je pense que tu as plus peur que moi 
parce que tu n'es pas revenu. Si jamais j'ai pris ton sac chez moi. Surtout ne te sens pas 
obligé de me dir ce qui c'est passé je sais pas où (même si je suis très curieuse) ah oui 
tu avais une question enfin t'avais pas compris le truc ou je n'arrivais pas à 
m'exprimer...Mais on s'en bat les couilles là se qui conte c'est toi...Bon au pire faisons 
comme si tu n'étais pas violer et que tu étais une fille normal". 

f.d. Le 5 septembre 2022, à 10h50, C______ a écrit ces mots (page 61) : "Q______ il y 
a un truc grave que ma mère ma dit le week-end, en faite comme tu le sais mon oncle il 
est en prisons et il a parlé avec le juge et il a dit quelque chose mais je ne sais pas ce 
qu'il a dit du coup mon avocate veut qu'on aille chez elle parce que elle a ecoute tout ce 
que mon oncle a dit au juge donc cette histoire n'est pas fini et j'ai peur imagine il a dit 
un truc qui n'est pas vrai j'ai trop peur !!!". 

f.e. Q______ lui a répondu en ces termes, à 11h15 (pages 61-62) : "C______, ne 
t'inquiète pas...Si il dit un truc faux dis le à ton avocate elle va te défendre. Surtout 
C______ t'es courageuse je le sais et C______ cette histoire ne sera jamais finis elle va 
rester dans ta tête pour toujours mais tu vas la surmonter parce que t'es forte". 

Éléments tirés des procédures pénales P/5______/2019 et P/6______/2021 

g.a. Le 23 novembre 2022, le MP a versé à la procédure des extraits des procédures 
P/5______/2019 et P/6______/2021, ouvertes à la suite de plaintes déposées par 
F______ à l'encontre de G______ pour violences domestiques.  

g.b. Dans le cadre de la procédure P/5______/2019, le 26 juin 2019, la police a procédé 
à l'audition EVIG de C______. Celle-ci avait alors évoqué la tendance de son père à 
s'énerver, à crier, à être injurieux et à les frapper, son frère et elle, étant précisé qu'elle 
avait reçu un coup de ceinture au niveau de la cuisse ainsi qu'un coup de cuillère dans le 
dos. C______ n'avait pas mentionné le fait d'être victime d'actes de nature sexuelle. 

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Cette procédure s'est soldée par une ordonnance pénale rendue le 14 février 2020, 
reconnaissant que G______ s'était notamment rendu coupable, au domicile conjugal sis 
rue 1______ no. ______ à Genève, de menaces et d'injure, entre mars et mai 2019, ainsi 
que de voies de fait, commises dès son arrivée en Suisse le 13 novembre 2018 à 
l'encontre de ses enfants et, le 29 mai 2019, à l'encontre de F______.  

g.c. La procédure P/6______/2021 s'est terminée par une ordonnance pénale et de 
classement partiel rendue le 23 décembre 2021, reconnaissant G______ coupable 
d'injure, de menaces et de voies de fait, faits commis à l'encontre de F______, le 
12 avril 2021, au domicile conjugal, sis rue 2______ no. ______, [code postal] Genève.  

Expertise psychiatrique de crédibilité de C______ 

h.a. Le MP a confié à la Dre S______, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie de 
l'enfant, la mission d'accomplir une expertise psychiatrique afin d'évaluer la crédibilité 
des déclarations de C______. Dans son rapport du 2 février 2023, l'experte a d'abord 
opéré un "rappel des faits", au cours duquel elle a notamment constaté que les actes 
reprochés étaient initialement reconnus (p. 4), avant que le prévenu ne les conteste dès 
le 15 juin 2022 (p. 8).  

Après avoir observé que les conditions de réalisation de l'audition de C______ réalisée 
le 14 juin 2022 étaient conformes (audition EVIG, selon le protocole NICHD), l'experte 
a retenu que l'analyse du contenu de ses déclarations mettait en évidence la présence de 
quinze critères sur dix-neuf, ce qui orientait vers la crédibilité de ses dires, lesquels 
étaient appuyés par des facteurs de pondération, tels que les témoignages recueillis par 
la police. L'experte a notamment relevé que le discours de C______ ne comportait pas 
de contradiction majeure, qu'il ne semblait pas appris ou récité ‒ l'enfant admettant par 
ailleurs certains trous de mémoire ‒, qu'il était peu structuré et qu'il contenait une 
quantité suffisante de détails, ainsi que de nombreux enchâssements contextuels. 
Aucune pression ou coercition familiale n'était décelée. La seule pression qui pouvait 
être retenue était celle de Q______, amie de C______, qui l'avait fortement encouragée 
à parler à un adulte. Le témoignage de l'enfant ne présentait pas de bénéfice secondaire 
par rapport à la séparation de ses parents. Lors de son audition EVIG en juin 2019, 
portant sur les violences conjugales reprochées à son père, elle était restée fidèle aux 
motifs ayant conduit à son audition, ce qui démontrait qu'elle n'était probablement pas 
influencée dans ses propos. L'absence de changement dans le comportement de 
C______ pouvait être compris à la lumière de son parcours de vie, puisqu'elle avait vécu 
différents traumas. Depuis son enfance, elle connaissait un environnement peu 
sécurisant et avait dû se construire seule dans un contexte familial où il existait une 
certaine violence physique et verbale, avec un père souffrant d'alcoolisme. Les 
attouchements sexuels de son oncle complétaient un tableau de maltraitance multiple. 

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L'experte a encore observé que A______ avait confirmé les faits lors de son audition du 
14 juin 2022 et y avait ajouté des éléments qui allaient dans le même sens que le 
témoignage de C______.  

h.b. Devant le MP le 8 mars 2023, la Dre S______ a confirmé le contenu de son rapport 
d'expertise. Lors de son audition réalisée en juin 2019, dans le cadre d'une procédure 
pour violences dirigée contre son père, audition au cours de laquelle elle n'avait pas fait 
état de violences sexuelles, C______ n'avait parlé que des éléments en lien avec les 
questions qui lui étaient posées et était restée fidèle à la manière dont son audition avait 
été diligentée. Les révélations se faisaient rarement rapidement lorsque les actes se 
passaient dans le cadre familial. C______ avait alors été soumise à des questions 
ouvertes, selon le protocole NICHD, mais elle savait pourquoi elle était entendue et que 
cela faisait suite à l'intervention de la police à son domicile. 

S'agissant de l'audition de C______ dans la présente procédure, le protocole NICHD 
avait été, dans l'ensemble, respecté. L'enfant avait donné un récit complet, spontané, 
avec suffisamment de détails. L'absence de changement du comportement de C______, 
ressortant des témoignages à la procédure, s'expliquait par le fait que celle-ci vivait des 
événements traumatiques depuis qu'elle était petite et n'était pas un signe d'absence de 
crédibilité au vu du contexte. Par ailleurs, C______ alléguait des faits s'étant déroulés 
sur plusieurs années et, lorsque les faits étaient chroniques, il n'y avait pas de 
changement de comportement, contrairement à ce qui pouvait se produire à la suite d'un 
fait unique d'agression sexuelle. La pression provenant de Q______ avait simplement 
aidé C______ à témoigner, sans avoir d'impact sur sa crédibilité.  

Emplois du temps   

i.a. A______ a été scolarisé à Genève à compter du 6 février 2017, d'abord en classe 
d'accueil du secondaire II, puis dans des classes d'orientation et d'insertion 
professionnelle. 

i.b. Durant sa scolarité, il a régulièrement été absent aux cours. En particulier, en ce qui 
concerne l'année scolaire 2019-2020 (sans prise en compte du dernier trimestre en 
raison de la pandémie de Covid-19), il a cumulé 98 absences excusées. Son évaluation 
au 8 avril 2020 relève que, parmi les absences excusées, 18 heures étaient couvertes par 
un certificat médical. Dans la période courant du 24 août 2020 au 23 février 2021, son 
relevé individuel fait état de 19 absences non excusées, de 14 absences excusées et de 
59 absences couvertes par un certificat médical.  

i.c. Dans le cadre de son parcours scolaire, A______ a déployé une activité 
professionnelle. Ainsi, à compter du 2 septembre 2021 et jusqu'au 3 juin 2022, date 
correspondant à son dernier jour effectif de travail, il a effectué un stage en qualité 
d'opérateur polyvalent au sein de la Fondation T______. Selon la convention de stage 
signée le 1er septembre 2021, il était prévu qu'il travaille les lundis, mardis et jeudis de 

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07h00 à 12h00 puis de 12h40 à 16h30 ainsi que les vendredis de 07h00 à 11h30 et qu'il 
bénéfice des vacances scolaires et jours fériés usuels. Durant ce stage, il a régulièrement 
été en arrêt de travail, ainsi que le renseignent différents certificats médicaux versés à la 
procédure, soit notamment aux dates suivantes : du 25 au 29 novembre 2021, du 14 au 
22 janvier 2022, du 24 au 25 janvier 2022, du 28 janvier 2022 au 4 février 2022, du 
1er au 6 mars 2022, du 10 au 16 mars 2022, le 28 mars 2022, du 1er au 4 avril 2022 et du 
25 au 26 avril 2022.  

i.d. En parallèle, A______ a aussi exercé une activité dans le domaine du nettoyage, 
d'abord au sein de la société U______ SA d'une date indéterminée jusqu'au 8 janvier 
2021 et ensuite pour le compte de la société V______ SA, du 10 au 11 juillet 2021, puis 
dès le 25 septembre 2021, sur la base d'un contrat à durée indéterminée. Dans le cadre 
de cette dernière activité, son travail hebdomadaire était initialement prévu le lundi et le 
mardi de 16h00 à 18h00 ainsi que le samedi et le dimanche de 06h00 à 09h00 ou 09h15. 
À compter du 12 mars 2022, ledit horaire a été adapté en ce sens qu'une semaine sur 
deux, il travaillait également le samedi de 17h00 à 19h00. En date du dimanche 12 juin 
2022, il avait travaillé durant 3h25 sur le site du W______. 

i.e. Lors de leurs auditions respectives, les personnes constituant l'entourage de 
A______ et de C______ ont fait état de leur propre emploi du temps ainsi que de ceux 
de leurs proches.  

Il en ressort, en substance, que I______, à tout le moins à la date du 4 juillet 2022, 
travaillait en qualité de femme de ménage, de 08h00 à 17h00, du lundi au vendredi, sans 
compter des remplacements pour la société U______ SA, généralement de 18h00 à 
20h00, n'importe quel jour ou durant plusieurs jours. Elle ne travaillait pas les week-
ends.  

À tout le moins à la date du 7 juillet 2022, K______ gardait L______ la journée, suivait 
des cours de 18h00 à 22h00 et n'était pas présente à la maison durant les week-ends.  

Au 14 octobre 2022, M______ travaillait en tant que démolisseur du lundi au vendredi, 
entre 06h30 et 17h30/18h00. Les week-ends, il était toujours à la maison, mais il lui 
arrivait de sortir. 

Selon I______, F______ quittait l'appartement de E______ vers 07h30, rentrait vers 
midi, ressortait l'après-midi et rentrait vers 19h00-19h30. Le samedi, elle travaillait de 
06h00 à 10h00, puis restait à la maison ou sortait. Elle ne travaillait pas le dimanche, 
mais il arrivait qu'elle sorte. Le frère de C______, H______, partait à 07h30 et rentrait 
vers 16h00. Les week-ends, il sortait avec sa mère ou ses amis et il se levait tard, 
notamment le samedi, vers midi. C______ allait à l'école du lundi au vendredi, mais le 
mercredi jusqu'à midi. Le reste de la semaine, sa mère allait la chercher à l'école à 
18h00. Le samedi, la jeune fille dormait jusqu'à midi. Tous les dimanches matin, elle 
allait avec sa mère et son frère à l'Église.  

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Des témoignages recueillis  

j.a. I______ a indiqué avoir une très bonne relation avec son fils A______. Ce dernier 
était un "homme spécial", puisqu'il entendait uniquement avec un tympan, étant né avec 
les tympans fermés. Il portait en permanence un appareil à l'oreille gauche, sans quoi il 
n'entendait rien. Questionnée sur le fait de savoir si elle parvenait à dialoguer et à avoir 
des discussions claires avec son fils, I______ a répondu qu'elle devait parfois lui répéter 
deux fois les choses, car il n'écoutait pas, mais que, de manière générale, cela se passait 
plutôt bien. L'appareil auditif de son fils était contrôlé régulièrement et l'avait été au 
début du mois de juin 2022.  

Lorsque C______ et H______ étaient arrivés à Genève en provenance du Nicaragua, 
leur mère, F______, travaillait toute la journée. A______ s'était ainsi occupé de ces 
derniers, en allant les chercher à l'école et en les emmenant à leur domicile, en attendant 
que leur mère rentre, vers 20h00. Il se trouvait alors seul avec C______ et H______. Il 
s'agissait du studio où F______ et ses enfants habitaient auparavant, étant précisé qu'ils 
avaient d'abord vécu "à [l'adresse] 4______", avant d'aller vivre dans un autre studio 
aux P______. En octobre ou novembre 2021, F______ et ses enfants étaient venus vivre 
chez elle. Elle n'avait jamais remarqué un changement de comportement chez C______. 
Celle-ci avait de bonnes relations avec toute la famille. A______ achetait des cadeaux à 
C______, mais uniquement pour son anniversaire ou Noël. À son sens, leur appartement 
était assez bien isolé, de sorte que l'on n'entendait pas d'une pièce à l'autre, sauf si on 
parlait fort.  

A______ était "très câlin" avec tous les enfants, en ce sens qu'il les saluait et les serrait 
dans ses bras. Durant les vacances d'été 2021, il avait travaillé en tant que cuisinier dans 
une école "pour les petits". La relation entre C______ et A______ était très bonne. 
C______ le serrait dans ses bras quand elle le voyait. Elle n'avait jamais rien vu 
d'anormal entre son fils et les enfants. A______ et C______ ne jouaient jamais seuls. Il 
y avait toujours d'autres personnes, à savoir surtout H______ et K______. Il était 
possible que A______ se soit retrouvé un moment seul avec C______ dans une pièce, 
alors que d'autres personnes se trouvaient dans une autre pièce, voire même en l'absence 
d'adulte dans l'appartement. Son fils avait une télévision dans sa chambre et il lui 
arrivait de la regarder en présence de C______ ou d'autres enfants. A______ n'avait 
jamais gardé C______ et/ou H______ lorsqu'ils vivaient dans l'appartement à X______ 
entre 2017 et 2020.  

Interrogée sur le bref échange verbal qu'elle avait eu, en espagnol, avec A______ lors de 
la perquisition de son domicile, en présence des policiers, elle a expliqué avoir dit au 
précité "mon fils, je ne sais pas ce que tu as fait, mais je demande à Dieu qu'il te donne 
la force, parce que je ne sais pas ce qu'il va arriver". Lorsqu'elle lui avait demandé si ce 
dont on l'accusait était vrai, il avait répondu "oui, oui maman, pardonne-moi, ce 
problème, je l'ai depuis que je suis petit". Elle ignorait pourquoi il lui avait dit cela. Elle 

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ne lui avait pas demandé quel était ce problème. Elle ne savait pas à quoi il faisait 
allusion lorsqu'il lui avait dit cela.  

Le 14 juin 2022, vers 17h00, son fils lui avait dit par téléphone qu'il devait se présenter 
à la police, sans savoir pour quelle raison. Elle lui avait demandé ce qu'il avait fait et il 
avait répondu "rien, je n'ai rien fait maman. Je ne sais pas pourquoi ils m'ont appelé". 
Lors d'un contact avec F______, celle-ci lui avait dit que c'était C______ qui avait 
dénoncé A______, au motif qu'il l'avait touchée d'une manière inadéquate. Déconcertée, 
I______ avait dit qu'elle ne pouvait pas le croire. 

j.b. D'après K______, le fait d'avoir connaissance de la plainte et de toute la situation 
avait été un choc pour tout le monde. Elle n'aurait jamais cru que son frère pourrait 
"faire quelque chose comme ça". C______ ne lui avait rien confié de concret par rapport 
à cette histoire. C______ était une fille joyeuse, intelligente, assez mature et sincère.  

C______ et A______ avaient toujours eu une relation normale. Elle n'avait jamais 
constaté quelque chose de bizarre entre eux. Ils regardaient des films dans le salon, par 
exemple. Il y avait aussi le frère de C______. Plutôt le jeudi, A______ restait avec 
C______ et son frère, étant précisé que, parfois, étaient aussi présentes une cousine et sa 
propre sœur. Elle pensait qu'il était arrivé que A______ se retrouve seul, même durant 
un laps de temps très court, en présence de C______ et/ou d'autres enfants, à leur 
domicile. C'était toutefois dur à dire, car sa famille n'avait pas un horaire concret. Elle-
même n'était pas toujours présente les soirs en semaine, ayant des cours de 18h00 à 
22h00, et elle était absente les week-ends. En journée, il pouvait arriver que A______ et 
elle se retrouvent seuls avec les enfants à l'appartement, respectivement qu'elle-même se 
retrouve seule dans sa chambre, tandis que son frère était avec les enfants. Ceci ne 
durait toutefois pas longtemps, car elle devait s'occuper de sa petite sœur. Elle n'avait 
jamais vu le prévenu se rendre auprès de C______ lorsqu'il rentrait saoul le soir. Par le 
passé, soit à l'arrivée du prévenu en Suisse ou une année après, il était arrivé que celui-ci 
garde C______ et son frère, étant précisé qu'il allait les chercher à l'école puis les 
ramenait chez eux, à [l'adresse] 4______. 

Son frère était malentendant, mais elle parvenait à avoir des discussions normales avec 
lui, si ce n'est que, parfois, elle devait lui expliquer le sens de certains mots ou de 
certaines phrases.  

j.c. M______ n'avait rien de particulier à dire au sujet de C______, n'ayant jamais parlé 
ou joué avec elle. A______ était plus un père qu'un oncle pour C______ et H______. Il 
faisait tout pour eux, notamment à manger, pendant que leur maman travaillait. Il n'était 
toutefois jamais arrivé à A______ de se retrouver seul avec C______, mais cela était 
arrivé avec L______ ou ses neveux. Il n'avait jamais vu A______ se diriger vers 
C______ ou dans la chambre de l'enfant. En fait, il ignorait si les intéressés s'étaient 
retrouvés seuls pendant un certain temps. Il était arrivé que A______ aille chercher 
C______ et son frère à l'école, puis les garde à l'appartement à X______, jusqu'au retour 

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de leur mère. Il ignorait alors ce qu'ils faisaient. Quand le père des enfants avait 
commencé à vivre avec eux, A______ avait cessé d'aller les chercher à l'école. À sa 
connaissance, aucun conflit n'avait opposé C______ à A______ ou à la famille de celui-
ci. Il ne comprenait pas les accusations portées contre A______, alors que ce dernier 
avait tant fait pour C______ et ses proches. Il ignorait ce que C______ avait à gagner en 
faisant de telles déclarations. A______ n'était pas un menteur – il était "trop juste, trop 
cadré". Il n'arrivait pas non plus à C______ de mentir. Il n'avait pas observé de 
changement de comportement chez l'enfant. 

A______ comprenait bien lorsqu'on lui parlait en espagnol, même s'il fallait parfois lui 
répéter les choses. Grâce à son suivi logopédique, il parlait mieux, tant en espagnol 
qu'en français. Il avait cependant un vocabulaire limité dans ces deux langues. M______ 
parvenait lui-même à avoir des discussions claires avec le prévenu.  

Déclarations du prévenu 

k.a. Le 14 juin 2022, la police a entendu A______, en présence d'une traductrice en 
langue espagnole, après l'avoir informé qu'il lui était reproché d'avoir commis des 
attouchements à caractère sexuel sur sa nièce C______ et l'avoir avisé qu'il avait le droit 
de faire appel à un avocat, possibilité à laquelle il a déclaré renoncer. Il a en outre pris 
connaissance du formulaire en espagnol relatif aux droits et obligations d'un prévenu, 
qu'il a par ailleurs signé.  

Sur invitation de la police, A______ a commencé par faire le récit de son parcours de 
vie, au Nicaragua, puis en Suisse. À la question de savoir s'il reconnaissait les faits qui 
lui étaient reprochés, il a répondu : "Oui, c'est vrai. Je me sentais très mal. Je vous 
raconte pourquoi". Évoquant alors les difficultés personnelles rencontrées depuis son 
enfance au Nicaragua (moqueries subies, rejet lié à son handicap, consommation de 
produits toxiques, tentative de suicide, notamment), il a également abordé les 
changements ressentis en Suisse, en particulier en lien avec le port d'un appareil auditif 
lui permettant de bien entendre, les manifestations de respect constatées dans ce pays, 
mais aussi son mal-être, ses relations compliquées avec les femmes ainsi que sa 
bisexualité.  

Il a expliqué avoir commencé à faire des attouchements sexuels sur C______ lorsqu'elle 
vivait avec sa famille dans un studio à 4______. À une période qu'il situait avant la 
pandémie de Covid, vraisemblablement en septembre 2019, il s'occupait de garder 
C______ et son frère le mercredi, jour où il était libre, alors que leur mère travaillait. Il 
traversait alors une mauvaise phase et n'était pas bien dans sa tête. Avec le temps, cela 
lui avait plu de commettre ces attouchements. Lorsqu'il touchait C______, il se sentait 
bien. La première fois, il était passé à l'acte lorsqu'elle était allée se doucher. Tout en 
mimant le geste de se caresser le ventre et le torse, il a expliqué avoir, avec ses mains, 
touché le corps de la fillette, soit son vagin – à l'extérieur uniquement –, ce qu'il avait 
apprécié, puis s'était calmé et avait quitté les lieux. Il avait agi de la sorte pour avoir une 

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érection et se masturber, étant précisé qu'il se masturbait seul dans les toilettes. Il a 
ajouté que plusieurs épisodes avaient eu lieu par la suite, dans d'autres endroits du 
logement. Il avait par exemple agi lorsqu'il jouait aux cartes avec C______. Parfois, le 
frère de celle-ci était présent, mais il ne se rendait pas compte de ce qu'il se passait, 
étant précisé qu'il dormait dans le lit supérieur pendant que A______ et C______ 
jouaient en bas. Lorsque C______ était habillée, il glissait sa main sur ses vêtements et 
la touchait au niveau du vagin, par-dessus les habits, de sorte à "ressentir l'excitation et 
qu'il se lève". Lors de cette dernière déclaration, il a désigné aux agents son pénis. Il ne 
se rendait pas tout le temps au studio et ne touchait pas C______ à chaque fois qu'il y 
allait. Les attouchements n'étaient pas réguliers, il pouvait s'écouler jusqu'à quatre mois 
entre les épisodes.  

Après l'emménagement de la famille de C______ dans son appartement, il avait 
"continué à le faire". Il avait commencé à la toucher peut-être environ cinq mois après 
leur arrivée et les derniers attouchements avaient eu lieu il y avait plus de deux mois, 
sans qu'il ne puisse dire exactement quand. Il lui avait dit qu'il voulait le faire encore 
une fois, mais elle avait répondu "non" et qu'elle était fatiguée. Il s'était alors calmé et 
avait renoncé. Il la touchait environ deux ou trois minutes, tout au plus, ce qui suffisait à 
lui déclencher une érection. Dans son appartement, il procédait aux attouchements 
lorsque tout le monde travaillait et alors que lui-même était en compagnie de ses deux 
sœurs, de C______ et de H______. Il touchait C______ uniquement dans la chambre 
que celle-ci occupait avec sa mère et son frère, sur le lit du bas du lit à étage. Lorsqu'il 
se sentait mal, il disait à la fillette "C______, je peux te toucher" et elle lui disait non, 
étant précisé que parfois, elle le laissait faire. Il lui disait qu'il allait lui acheter quelque 
chose pour qu'elle ne dise rien à personne. Parfois, il savait qu'elle convoitait quelque 
chose et il le lui donnait pour qu'elle se taise. C______ avait voulu un grand paquet de 
crayons de couleur, mais il ne le lui avait pas acheté, s'étant contenté de lui offrir des 
petites choses, comme un livre de coloriage, des bonbons et des chocolats.  

Les attouchements sur C______ s'étaient produits "plus que dix fois, mais moins de 
vingt fois en tout". Sur question, il a précisé que plusieurs fois "mais pas beaucoup", il 
lui avait donné des bisous sur le vagin. Il s'était dit qu'il fallait qu'il arrête avec l'alcool, 
de coucher avec des hommes et des femmes, ainsi que ses agissements avec C______, 
afin de se concentrer sur son travail, qui lui permettait de se distraire. Il se sentait mal 
intérieurement pour lui-même, "pas pour C______".  

Alors que la police lui donnait connaissance des déclarations faites par C______ le jour 
même, A______ a, à chaque point, hoché de la tête affirmativement, fournissant en 
outre des précisions, notamment sur le fait qu'il lui disait "chut", ne voulant pas que 
"son frère entende". Il a aussi évoqué un rapprochement avec sa cousine N______, en 
ce sens que dans le cadre d'une soirée alcoolisée, tous deux s'étaient touchés et 
embrassés. 

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A______ a réfuté être sexuellement attiré par les enfants. Il voulait "toucher", ajoutant 
que "c'était facile avec C______", mais n'avait pas eu d'attirance envers elle. Il cherchait 
seulement à se sentir bien ‒ dès lors que les femmes ne l'acceptaient pas et qu'il se 
sentait de ce fait très seul ‒ et à se masturber. Il sentait qu'il avait commis beaucoup 
d'erreurs vis-à-vis de C______ et se demandait pourquoi il avait agi ainsi. Au terme de 
son audition, alors que la police lui demandait s'il avait quelque chose à ajouter, il a 
déclaré : "Ce que l'enfant vous a raconté, je dois vous dire que c'est la vérité. C'est 
important de vous le dire pour que vous le sachiez. Sur question de votre part, je 
reconnais avoir également léché son sexe. Je pense que c'est grave et je ne sais pas ce 
qui va arriver et m'arriver". 

k.b. Devant le MP le 15 juin 2022, A______, assisté de son conseil, est revenu sur ses 
déclarations faites devant la police.  

Il avait effectivement raconté des choses à celle-ci – il ne se rappelait pas quoi –, mais il 
était très mal et pleurait comme un enfant. Il avait signé le procès-verbal, quand bien 
même il n'avait pas compris ce que la police avait écrit, car on le lui avait demandé. Il 
ne comprenait pas ce qu'on lui reprochait. Confronté à certains de ses aveux, il a affirmé 
que cela était faux.  

Interrogé sur le point de savoir s'il avait fait "des choses sexuelles avec C______", il a 
affirmé que tel n'était pas le cas. Il n'avait rien fait, expliquant toutefois que "la fille 
[était] allée à la douche" et qu'il l'avait "touchée ici et ici", désignant alors le haut du 
bras gauche et le flanc gauche. Il s'était approché et elle avait sursauté. Il l'avait touchée 
sous la douche "pour une bêtise". Il ignorait pourquoi il avait fait cela, mais son 
comportement était dénué de tout caractère sexuel. À la question de savoir s'il avait eu 
une érection, il a d'abord indiqué ne pas savoir ce qu'était une érection et, après 
explication, a répondu par la négative. Il a d'abord expliqué avoir eu peur et s'être 
immédiatement rendu à la cuisine, puis avoir quitté la pièce lorsque C______ lui avait 
parlé, étant précisé qu'elle avait également été effrayée. Il ne se rappelait pas de la date 
de cet évènement.  

Il n'avait pas d'attirance pour les enfants. C______ ne lui plaisait pas. Il ne s'était pas 
retrouvé seul avec elle, étant précisé qu'il n'avait pas de disponibilité en raison de son 
travail. Du lundi au vendredi, il travaillait dans un restaurant "le jour et la nuit". Le 
lundi et le mardi, il avait du temps libre pour aller travailler chez V______. Le samedi et 
le dimanche, il était actif pour cette société durant trois heures, le matin. Il n'avait pas 
acheté de choses à C______, sauf pour son anniversaire. Il n'avait pas une bonne 
relation avec elle, mais il n'était pas capable d'expliquer pour quelle raison, en-dehors de 
la "bêtise" de la douche. À la question de savoir s'il était arrivé à C______ de dire des 
mensonges sur des membres de la famille, pour les embêter, il a déclaré qu'il l'ignorait. 

k.c. Lors de l'audience du 17 juin 2022 devant le Tribunal des mesures de contrainte 
(TMC), A______ a répété ne pas comprendre les faits qui lui étaient reprochés. Il se 

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souvenait avoir été entendu par la police, mais pas du déroulement de l'audition, car il 
avait ressenti de l'angoisse lorsqu'il s'était retrouvé en cellule et ne s'était pas senti bien.  

Après un rappel des faits dénoncés par l'enfant, il a contesté ces derniers, affirmant ne 
lui avoir touché que l'épaule et le bras, puis s'être éloigné lorsqu'elle avait réagi, étant 
précisé qu'elle était nue à ce moment-là. Il n'avait pas pu commettre d'attouchement 
dans la mesure où la famille était toujours présente dans l'appartement, lui-même 
travaillant par ailleurs, dans le nettoyage et la restauration, du lundi au vendredi de 
08h00 à 23h00. Il ignorait pourquoi C______ l'accusait. Il ne se souvenait pas de ce 
qu'il avait dit à la police mais il avait beaucoup parlé. Il ignorait si les agents l'avaient 
bien compris. À l'évocation du risque de réitération, il a déclaré : "je ne le referai pas. 
Je veux tout oublier et reprendre le travail et les études, pour oublier tout ça". Le juge 
lui ayant fait remarquer que cela signifiait qu'il avait fait quelque chose, il a répété que 
"cela ne se répétera plus jamais". Invité à préciser, il a déclaré : "Je parle de ce qu'ils 
ont dit parce que moi j'ai touché sur le bras et sur le flanc, mais après je me suis 
éloigné". 

k.d. Entendu par le MP le 2 septembre 2022, A______ a déclaré, s'agissant de l'épisode 
de la douche, avoir touché C______ sur le dos lorsqu'il avait tiré le rideau. Il avait eu 
peur, étant précisé que, ne portant pas son appareil auditif, il ignorait qu'elle était en 
train de se doucher. Il lui avait ensuite touché l'épaule pour s'excuser. Elle avait 
également eu peur. Il s'était senti mal à cause de sa réaction et il était parti dans sa 
chambre, en attendant qu'elle sorte, pour pouvoir lui-même aller se laver. Ses 
précédentes déclarations, selon lesquelles il l'avait touchée "pour une bêtise", n'étaient 
pas vraies, il était "perdu". Il ne se rappelait pas avoir précédemment indiqué qu'il s'était 
rendu à la cuisine à la suite de cet épisode. 

Il a contesté s'être parfois trouvé seul à la maison avec C______. Il s'était trouvé seul 
avec cette dernière et son frère lorsqu'il allait chercher les enfants à l'école, à 18h00, et 
attendait le retour de leur mère, vers 18h30 ou 19h00, à leur domicile. Les enfants 
étaient cependant couchés et lui-même était occupé avec son téléphone. En 2019-2020, 
le mercredi, il avait des cours et voyait sa logopédiste, de sorte qu'il n'avait jamais gardé 
C______ et son frère ce jour-là. Il ne les avait "presque jamais" gardés – il lui était 
arrivé de le faire pendant les vacances scolaires. À un certain moment, son neveu, soit 
Y______, avait commencé à garder les enfants, de sorte qu'il ne s'en était plus occupé 
seul. Plus tard encore, le père des enfants s'était occupé d'eux. 

Il avait offert des cadeaux à C______, soit des jouets, des habits et des livres, à 
l'occasion de son anniversaire, du jour des enfants et de Noël, de même qu'à son frère et 
à leur mère. Il avait donné à C______ des écouteurs qu'il n'utilisait pas. Il lui était arrivé 
de jouer aux cartes avec C______, ainsi que son frère, dans l'appartement à [l'adresse] 
4______.  

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Il ne se souvenait pas avoir discuté avec sa mère lors de la perquisition de l'appartement, 
ni des échanges rapportés par celle-ci en relation avec la véracité des accusations 
portées à son encontre, respectivement d'un problème qu'il aurait eu depuis l'enfance. 
Cela étant, il avait bien un problème depuis cette époque, relatifs aux brimades qu'il 
avait subies au Nicaragua. Le MP lui ayant rappelé la teneur d'un courrier écrit par ses 
soins durant sa détention, dans lequel il mentionne son intention de demander pardon à 
Dieu, il a expliqué que cela n'était pas en lien avec C______. 

k.e. Lors de l'audience au MP du 10 octobre 2022, A______ a indiqué se souvenir 
quelque peu d'avoir échangé des messages sur WhatsApp avec C______. À la question 
de savoir s'il avait effacé certains de ces messages, il a expliqué qu'il gardait uniquement 
ceux échangés avec les personnes importantes, telles que sa mère, son père et son 
professeur – il effaçait les autres.  

En rapport avec une conversation WhatsApp avec C______ du 10 mai 2022 (supra, e.b), 
il a expliqué qu'ils parlaient "de jeux et de bêtises". Il lui avait demandé si elle avait peur 
de lui ("Es que me tienes miedo") "comme une blague". Lorsqu'ils jouaient ensemble à 
des jeux, il gagnait souvent, raison pour laquelle il lui demandait si elle avait peur de lui 
lorsqu'elle refusait de jouer. Interrogé sur la raison pour laquelle il lui avait écrit qu'il 
pensait qu'elle avait peur de lui en raison de ce qu'il faisait avec elle ("Pensé que por 
algo por mi de lo hago contigo"), il a répondu qu'elle ne supportait pas de blaguer avec 
lui, lui-même s'étant rendu compte qu'elle ne sortait plus de la chambre et qu'elle parlait 
beaucoup avec ses amis – elle avait changé. Par les mots "Yo solo queria asi no mas 
tocar y nada mas" ("Je voulais seulement comme ça, seulement toucher"), il avait voulu 
lui faire peur, mais il avait mal écrit sa phrase. Il ignorait cependant quelle phrase il 
avait initialement voulu écrire, il s'agissait de bêtises. Informé que la lecture de cette 
phrase pouvait faire penser qu'il voulait toucher C______, il l'a contesté. Il avait tout 
mélangé, soit les conversations en personne et par messages. La formule "la verdad 
extrano" ("la vérité ça me manque") signifiait que cela lui manquait de jouer avec 
C______ et ses neveux. S'agissant de la phrase "Ya te comprare los colores" ("Je 
t'achèterai les couleurs"), il avait dit à C______ qu'il lui achèterait des crayons de 
couleurs pour son anniversaire, ce qu'il n'avait toutefois pas fait, faute d'argent, étant 
précisé que l'enfant parlait souvent de son souhait d'en avoir. Il contestait avoir promis 
des cadeaux à C______ pour qu'elle accepte qu'il la touche. S'il avait écrit "Solo entre tu 
y yo" ("Seulement entre toi et moi"), c'était parce que la maman de ses neveux n'aimait 
pas qu'il leur achète des choses. Il ne se souvenait pas de ce qu'il avait voulu par la 
formule "Hoy no haremos nada" ("Aujourd'hui nous n'allons rien faire"). 

A______ a évoqué sa fatigue liée à la procédure, sa "douleur dans l'âme" et le fait de 
souffrir en prison "pour ces bêtises de cette fille folle", respectivement une "fillette 
folle". Les accusations de C______ n'étaient pas vraies. Elle mentait, mais il ne savait 
pas pourquoi. 

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k.f. Devant le MP le 12 décembre 2022, A______ a contesté le diagnostic de trouble 
pédophile, retenu par l''expert-psychiatre.  

Il avait effectivement vécu à Genève sans disposer d'un permis. Il ignorait toutefois qu'il 
n'avait pas le droit de résider en Suisse sans une autorisation, étant précisé qu'à l'époque, 
il n'entendait pas bien. Il avait pris la décision de déposer une demande après avoir 
entendu des gens dire qu'il fallait des papiers. 

k.g. Lors de l'audience du 8 mars 2023, A______ a maintenu ses dénégations et, 
alléguant un défaut de compréhension, n'a pas répondu aux questions du MP qui lui 
faisait remarquer que les déclarations de C______ avaient été considérées comme 
crédibles. Il avait "du mal" avec les accusations formulées à son encontre, car il n'avait 
rien fait. 

k.h. Le 10 mai 2023, A______ a reconnu au MP avoir consulté des sites 
pornographiques, mais pas beaucoup. Il a encore contesté les faits rapportés par 
C______, précisant qu'avec tout ce qu'il s'était passé, il avait "perdu la mémoire". La 
façon dont la police l'avait traité "n'était pas très bien", les agents l'avaient "torturé". Il 
se trouvait en prison "pour rien" et avait perdu une année de scolarité, ainsi que son 
apprentissage et son travail. Au moment de son arrestation, il avait été "perdu". À 
l'époque, il ignorait que la police travaillait avec le procureur, le tribunal, la prison et 
l'avocat. 

k.i. A______ a été placé en détention provisoire du 14 juin 2022 au 13 décembre 2023.  

Au cours de sa détention, il a échangé de nombreux courriers avec ses proches, dans 
lesquels il relate notamment, de façon intelligible, ses activités en prison, se confie sur 
son mal-être et fait part de ses besoins. 

Expertise psychiatrique du prévenu 

l.a. Dans la partie intitulée "Renseignements anamnestiques" de son rapport d'expertise 
psychiatrique du 10 novembre 2022, le Dr Z______ a relevé que A______ était gêné 
lorsqu'il s'agissait de s'exprimer à propos de sa sexualité, tenant des propos flous et 
parfois contradictoires. L'expertisé avait notamment indiqué avoir eu des rapports 
sexuels avec des jeunes filles, mais longtemps auparavant, et affirmé ne s'être jamais 
masturbé. Il avait nié avoir un quelconque intérêt pour les enfants. A______ avait 
déclaré que les accusations portées par C______ à son encontre n'étaient pas vraies, 
précisant que s'il avait tiré le rideau de la douche dans laquelle C______ se lavait, 
effrayant celle-ci, c'était parce qu'il ne portait pas son appareil auditif et qu'il n'avait pas 
pu entendre que la douche coulait. Il avait reconnu que sa main avait pu, par hasard, 
toucher le flanc ou l'épaule de l'enfant. Il était ensuite immédiatement sorti de la salle de 
bains. 

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Dans la partie dédiée au statut psychiatrique de A______, l'expert a noté que ce dernier 
présentait une hypoacousie de l'oreille gauche, malgré le port de matériel favorisant 
l'audition. Eu égard au problème d'audition de l'expertisé, il était relevé que les 
entretiens avaient eu lieu avec l'aide d'une interprète en langue espagnole et que, malgré 
les efforts de celle-ci, il avait souvent été nécessaire de répéter les questions à 
l'intéressé. Les facultés cognitives apparaissaient difficiles à évaluer en raison des 
difficultés liées à la langue et au handicap de surdité. Cependant, lorsqu'il entendait la 
question qui lui était posée, A______ pouvait donner des réponses tout à fait adaptées et 
éventuellement complexes. Selon l'expert, il présentait certes un déficit d'apprentissage 
en rapport avec ses conditions de vie dans l'enfance, mais il ne présentait pas de 
déficience du développement intellectuel. Durant les entretiens, l'expertisé n'avait 
présenté aucun signe de trouble dépressif ou de trouble anxieux pathologique. Au vu des 
propos peu précis et variables tenus au sujet de sa consommation d'alcool et de 
stupéfiants, un diagnostic de dépendance ne pouvait pas être retenu. Il n'y avait pas 
matière à poser un constat de trouble grave de la personnalité.  

La seule pathologie qui pouvait être retenue, dans l'hypothèse d'un verdict de 
culpabilité, était un trouble du développement psychosexuel de type pédophile. La 
sévérité de ce trouble était peu élevée dès lors que, mis à part les accusations dont il 
faisait l'objet, aucune constatation ne permettait de considérer que l'intéressé avait eu un 
comportement compulsivement pédophile consistant à accumuler de la documentation 
de ce type ou commettre des actes auprès de nombreux enfants. Ce trouble n'était pas de 
forte intensité et n'était pas de nature à avoir altéré les facultés de l'expertisé à percevoir 
le caractère illicite des actes commis. Il n'avait pas pu engendrer une altération de sa 
faculté à se déterminer au moment des faits. Sa responsabilité pouvait ainsi être 
considérée comme pleine et entière.  

Sur la base de l'échelle SVR-20, le risque de récidive présenté par A______ était 
considéré comme faible à moyen. Cependant, en tenant compte des spécificités de 
l'expertisé, l'appréciation clinique conduisait à une pondération vers un risque plus 
élevé. En effet, sa difficulté à se remettre en question, sa tendance à se réfugier derrière 
son handicap pour justifier ses déclarations contradictoires et sa difficulté à établir des 
rapports sentimentaux et intimes stables avec des personnes de son âge étaient de nature 
à augmenter le risque de récidive, lequel devait ainsi être considéré comme étant de 
moyen à élevé. Pour diminuer ce risque, l'expert préconisait une prise en charge 
psychothérapeutique avec, si besoin, une prescription médicamenteuse, ceci dans un 
cadre ambulatoire, par exemple auprès d'une consultation publique ou privée de 
sexologie. Ce traitement devait être mis en œuvre pour une durée d'environ cinq ans et 
l'exécution d'une peine privative de liberté était compatible avec celui-ci. L'expertisé 
n'ayant montré aucun intérêt à travailler sur la question d'une éventuelle orientation 
pédophile, la prise en charge ambulatoire, même si elle ne permettait d'espérer que de 
faibles résultats, devrait lui être imposée par décision de justice. 

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l.b. Entendu par le MP le 12 décembre 2022, le Dr Z______ a confirmé qu'avec l'aide 
de l'interprète, il avait pu se faire comprendre de A______, dont il avait également 
compris les réponses durant les entretiens. Il n'y avait pas lieu de poser un diagnostic de 
déficience mentale chez l'intéressé, étant relevé que des difficultés d'audition et 
d'expression ne devaient pas être confondues avec un retard mental. En se basant sur ses 
entretiens avec l'expertisé ainsi que sur les rapports de ses enseignants, il avait constaté 
que les capacités d'apprentissage et d'adaptation culturelle de l'intéressé étaient 
satisfaisantes. Pour lui, A______ percevait tout à fait les enjeux de la situation. Parmi 
les réponses adaptées et éventuellement complexes données par l'expertisé, il pouvait 
citer celles relatives à l'évolution de sa sexualité ou encore à l'impact de sa détention et 
des accusations sur son parcours de vie.  

La pédophilie constituait généralement un "grave trouble mental", dès lorsqu'il s'agissait 
d'une pathologie entraînant une souffrance pour la personne qui la présente et pour les 
victimes. La présence d'un tel trouble n'était pas contredite par le fait que, chez le 
prévenu, la sévérité dudit trouble était qualifiée de peu élevée. Le diagnostic de 
pédophilie n'était pas fondé sur d'autres éléments que les accusations de C______, 
l'expertisé n'ayant pas manifesté un intérêt sexuel pour les enfants. A______ étant doté 
d'une intelligence normale, soutenant être innocent de ce dont il était accusé, on ne 
pouvait pas s'attendre à ce qu'il évoque spontanément des intérêts sexuels pour les 
enfants. Le risque de récidive avait été apprécié dans un premier temps grâce à un outil 
standardisé qui avait conduit à une évaluation faible à moyenne. Le vécu du handicap de 
l'expertisé étant de nature à représenter un facteur de risque supplémentaire pour la 
récidive, le risque initial avait été pondéré, passant de "faible à moyen [à] moyen à 
élevé". 

De l'audience de première instance 

m.a. Sur questions préjudicielles, le TCO a, notamment, refusé de retrancher de la 
procédure le procès-verbal du 14 juin 2022 ainsi que toutes les autres pièces y faisant 
référence ou y répondant.  

m.b. A______ a contesté l'intégralité des faits qui lui étaient reprochés en lien avec 
C______. Il s'agissait de mensonges, il n'avait rien fait. Les contacts sexuels entre un 
adulte et un enfant n'étaient pas permis, il s'agissait d'"un manque de respect". 

Lorsqu'il avait été interrogé par la police, il n'avait pas compris les questions qui lui 
étaient posées. Il s'était expliqué sur l'épisode de la douche. On lui avait posé des 
"questions dégueulasses" et il avait répondu plusieurs fois "non, non ce n'est pas vrai". 
Il avait tenu les mêmes propos lorsque la police lui avait lu les déclarations de C______. 
Il s'était senti très fatigué et stressé. La police avait commencé à l'interroger "plus fort". 
Il s'était senti si mal qu'il avait commencé à "perdre la mémoire" et à "faire oui ou non 
avec [sa] tête". Son appareil auditif avait également mal fonctionné en raison d'une 
batterie très faible. Il n'avait toutefois pas signalé ce problème à la police, car il était 

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mal, perdu et fatigué. Il ne se souvenait pas des aveux qu'il avait faits à la fin de son 
audition, ni des feuilles qu'il avait signées dans le cadre de celle-ci. Il n'arrivait pas à se 
souvenir des propos qu'il avait tenus. Il ne se souvenait même pas du policier qui l'avait 
interrogé. Après que le Tribunal lui a donné lecture de certains propos qu'il avait tenus 
en lien avec son parcours de vie, respectivement sur ses relations avec les femmes, et lui 
a demandé si toutes ses déclarations devant la police étaient fausses ou si tel était 
uniquement le cas de celles concernant C______, il a répondu "La seule chose fausse 
c'est ce qui concerne C______. Tout le reste est vrai".  

S'agissant de l'épisode de la douche, A______ a expliqué qu'un matin, à moitié endormi, 
il était entré dans la salle de bains sans son appareil auditif, comme à son habitude. 
N'ayant pas entendu que la douche était déjà occupée, il avait tiré le rideau et constaté 
que C______ était là. Il avait mis sa main sur son épaule et lui avait dit : "Pardon, je ne 
savais pas que la douche était déjà occupée". Il n'avait pas mis sa main sur un autre 
endroit du corps de C______. Il était retourné dans sa chambre en attendant que la 
douche soit libre.  

En relation avec l'achat de cadeaux pour C______, il a indiqué qu'en décembre 2021, 
l'enfant lui avait demandé de lui acheter des crayons de couleurs. Il avait refusé, car 
c'était trop cher. À l'évocation, par le Tribunal, des messages WhatsApp échangés avec 
C______ le 10 mai 2022 et du fait que quelque chose de malsain semblait s'en dégager, 
il a soutenu que c'était "le Procureur et l'avocate" qui les interprétaient de cette 
manière. C______ lui écrivait beaucoup car ils jouaient à un jeu sur téléphone. À aucun 
moment il ne s'était retrouvé tout seul avec C______, mais il lui était arrivé d'être seul 
avec C______ et H______.  

Il avait toujours respecté les enfants, en particulier C______ qui était sa nièce. Avant 
son arrestation, sa relation avec C______ se passait très bien, de même qu'avec son 
frère. Ils avaient l'habitude de jouer ensemble. Les enfants l'aimaient et étaient heureux 
avec lui, en particulier durant la période où il allait les chercher à l'école. Questionné sur 
un éventuel bénéfice retiré par C______ depuis sa dénonciation à la police, il a, en 
substance, évoqué un traumatisme dû à son père violent, attesté par jugement. Il ne 
comprenait pas pourquoi C______ l'accusait mais il pensait qu'elle voulait éviter de 
vivre avec son père. 

Il n'était pas d'accord avec le diagnostic de l'expert-psychiatre et ne comprenait pas la 
prise en charge recommandée par l'expert. Il souhaitait néanmoins consulter un 
psychologue pour lui parler de sa vie et des souffrances endurées en prison, "pour rien". 
La situation représentait "une grosse injustice". À cause de la prison, il avait également 
perdu beaucoup de choses, soit son travail et ses rendez-vous avec la logopédiste. Il ne 
pardonnerait jamais.  

Grâce aux personnes rencontrées à l'école, il avait compris qu'il était important d'avoir 
un permis de séjour pour pouvoir travailler, ignorant auparavant comment les choses 

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fonctionnaient en Suisse. Il reconnaissait avoir commis des erreurs en n'ayant pas de 
permis et présentait ses excuses pour tout le temps passé sans en disposer.  

m.c. Par l'entremise de son conseil, la partie plaignante a notamment produit :  

- une attestation établie le 4 juillet 2023 par le Dr AA______, pédiatre, indiquant que 
C______ refusait de participer à l'audience du Tribunal, ne voulant pas être à nouveau 
confrontée à son agresseur, décision qui devait être respectée. Elle était très angoissée et 
ne voulait pas revivre les attouchements sexuels commis par son oncle maternel. Depuis 
qu'elle ne voyait plus celui-ci, elle allait mieux et ses notes scolaires s'étaient améliorées ;  

- un rapport établi le 17 août 2023 par AB______, psychologue-psychothérapeute ayant 
suivi C______ entre les 6 juillet et 18 octobre 2022, à raison d'une séance par semaine, 
avec une interruption de quelques semaines entre juillet et début août. C______ avait 
bien investi la psychothérapie. Un état de stress post-traumatique avait été diagnostiqué. 
Les symptômes mis en évidence étaient des troubles du sommeil (cauchemars), une 
difficulté à montrer ses émotions, une tendance à se mettre en retrait avec, à d'autres 
moments, un changement de caractère (impertinence, désobéissance, rébellion face aux 
règles familiales), une anxiété en lien avec sa crainte d'être à nouveau en contact avec 
son oncle, un désir très fort d'être protégée et une faible estime de soi. C______ restait 
fragile émotionnellement, ayant subi un traumatisme qui avait marqué sa vie. La 
praticienne ne pouvait pas se prononcer quant à l'incidence de ce traumatisme sur la vie 
future de l'enfant. 

 Des débats d'appel  

C. a.a. Devant la Chambre pénale d'appel et de révision (CPAR), le 30 mai 2024, A______ 
a, à titre préjudiciel, conclu en particulier à ce que le procès-verbal de police du 14 juin 
2022 soit déclaré inexploitable et retiré de la procédure, de même que toute référence à 
ce document et à ce que l'expertise psychiatrique et l'expertise de crédibilité soient 
renouvelées et confiées à d'autres experts.  

 Les déclarations protocolées dans le procès-verbal de police du 14 juin 2022 
constituaient de "faux aveux". Son handicap auditif, perceptible au premier regard, ne 
lui avait pas permis de comprendre les questions posées par la police. Certes, une 
traductrice avait été présente, mais il n'était pas certain que celle-ci fut placé du côté de 
son "oreille fonctionnelle". Un simple interrogatoire permettait de se rendre compte de 
l'étendue de ses difficultés de compréhension. L'expert qui l'avait examiné avait 
d'ailleurs fait état d'un déficit cognitif. Ses déclarations n'avaient pas été spontanées, il 
s'était borné à valider le résumé des propos tenus par C______. Le vocabulaire employé 
dans ce procès-verbal n'était manifestement pas le sien. Ses "faux aveux" avaient 
contaminé l'ensemble du dossier, notamment les deux expertises réalisées, dont la 
valeur probante était au demeurant douteuse. Il avait pourtant contesté l'ensemble des 

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faits reprochés dès le lendemain de son audition par la police, avant même d'avoir pris 
connaissance du procès-verbal litigieux.  

 En outre, les autorités de poursuite pénales avaient appliqué arbitrairement le principe 
selon lequel il n'y avait pas de défense obligatoire avant l'ouverture de l'instruction, 
s'agissant d'une personne handicapée. Ainsi que cela ressortait tant de la jurisprudence 
du Tribunal fédéral que de la Cour européenne des droits de l'homme, dans la mesure où 
l'ouverture d'une procédure pénale se dessinait concrètement, que les faits étaient graves 
et que le prévenu ne disposait pas de la capacité de se déterminer en connaissance de 
cause – notamment en raison de son handicap et de son manque d'éducation ‒, l'équité 
commandait de lui octroyer l'assistance effective d'un avocat dès sa première audition 
par la police, à plus forte raison lorsqu'elle durait longtemps. D'après la convention 
relative aux droits des personnes handicapées, l'État devait garantir à ces personnes un 
accès effectif à la justice. S'agissant d'un cas qui aurait dû être considéré comme 
nécessitant une défense obligatoire, le prévenu ne pouvait pas y avoir valablement 
renoncé, étant précisé qu'il n'avait pas compris à quels droits il renonçait. Les procès-
verbaux d'instruction ultérieurs faisaient du reste tous état de ses problèmes de 
compréhension. Les témoins avaient également fait état de ses capacités réduites à 
comprendre et à apprécier les choses. 

a.b. Le MP a conclu au rejet de la question préjudicielle. 

Le prévenu s'était confié à la police, en livrant beaucoup de détails, ce qu'il avait fait 
pour soulager sa conscience. À ce stade, il ne se trouvait pas dans un cas de défense 
obligatoire. Le Tribunal fédéral avait du reste rendu un arrêt, durant la procédure, le 
confirmant, et mentionnant que rien n'indiquait que les capacités cognitives du prévenu 
étaient réduites. Les procès-verbaux d'audition du prévenu faisaient état d'un discours 
détaillé, cohérent et spontané. Aucun élément ne démontrait un problème de 
compréhension lors de son audition devant la police. Son appareil auditif avait, à 
l'époque, été récemment contrôlé et le prévenu avait été assisté d'un interprète. Il savait 
lire et écrire, comme le démontraient les courriers échangés avec sa famille depuis la 
prison. L'expertise rendue confirmait que le prévenu n'avait pas de déficit intellectuel. Il 
avait certes un handicap physique, qui avait engendré un déficit éducatif, mais pas un 
handicap psychique. Le prévenu avait lu et signé le formulaire concernant ses droits, 
soumis en espagnol. Il avait eu la capacité de le faire. Il avait ainsi valablement renoncé 
à l'assistance d'un avocat. Il n'y avait aucune raison d'écarter une des pièces du dossier. 
Les preuves devaient être appréciées librement.  

 a.c. C______ a conclu au rejet de la question préjudicielle.   

 La question de la défense obligatoire se posait au moment de l'ouverture de l'instruction. 
Les droits du prévenu lui avaient bien été rappelés et il avait décliné l'offre de faire 
appel à un avocat. Il y avait renoncé de manière explicite, consciente et éclairée. Le 
dossier ne révélait aucun indice de l'existence d'une quelconque difficulté cognitive. Le 

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prévenu avait très bien compris les questions de la police. Ce n'était qu'une fois assisté 
d'un avocat qu'il avait prétendu le contraire, ce qui dénotait une stratégie de défense 
évidente. En tout état de cause, une appréciation de l'équité globale de la procédure 
s'opposait au retrait du procès-verbal litigieux, étant notamment relevé que le prévenu 
n'avait pas été contraint et que d'autres éléments à charge existaient dans le dossier.  

a.d. Après délibérations, la CPAR a rejeté la question préjudicielle pour les motifs 
brièvement développés oralement, renvoyant au surplus les parties à la motivation 
figurant dans les considérants du présent arrêt (infra, consid. 2.2). 

 b. A______ a persisté à contester tout attouchement à caractère sexuel sur sa nièce 
C______. Il n'avait rien à ajouter à ses précédentes déclarations.  

Lors de l'épisode de la douche, il portait son pyjama au moment où il avait tiré le rideau 
de douche. La Cour lui ayant fait remarquer qu'il était surprenant qu'il fut habillé alors 
qu'il s'apprêtait à se doucher, il a répondu qu'en réalité il portait sa serviette et avait 
ouvert le rideau pour "allumer" l'eau chaude, sans savoir que quelqu'un était déjà dans la 
douche. Il avait touché C______ sur l'épaule, pour s'excuser, et était ensuite parti.  

C______ et H______ se comportaient avec lui comme des neveux et le voyaient comme 
"un oncle heureux". Ils le considéraient comme un adulte et le traitaient avec respect. Il 
était d'accord avec les propos de M______, selon lesquels il était finalement plus un 
père qu'un oncle pour eux. Il pensait toujours que C______ avait menti lorsqu'elle avait 
dit qu'il l'avait touchée, mais il ne savait d'où elle avait sorti cette "bêtise". Il ne 
comprenait pas.  

Il n'était pas envisageable pour lui de retourner au Nicaragua, dès lors qu'il appréciait 
vivre dans un pays où il y avait beaucoup de respect, où il pouvait consulter des 
logopédistes, de même qu'un médecin pour la révision de son appareil auditif, et où il 
pouvait travailler dans des environnements sans personnes handicapées. 

c. Les parties ont plaidé :  

c.a. Le MP a persisté dans ses conclusions, concluant en outre à l'arrestation provisoire 
du prévenu et à son placement en détention pour des motifs de sûreté sur la base de 
l'art. 232 CPP, vu notamment les risques de fuite et de récidive.  

Les faits reprochés au prévenu étaient établis par quatre éléments de preuve principaux. 
En premier lieu, les déclarations de C______ étaient crédibles. Elle n'en avait pas 
rajouté et n'avait aucune raison d'en vouloir au prévenu. En second lieu, il ressortait de 
son journal intime que C______ s'était confiée au sujet des actes incriminés à son amie 
Q______ et qu'elle était réticente à l'idée d'en parler en raison des cadeaux promis par 
son oncle. En troisième lieu, le contenu, clair, des messages échangés entre C______ et 

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le prévenu soutenait les accusations de la première, tandis que les explications données 
par le second étaient dénuées de toute crédibilité. Enfin, les déclarations du prévenu lui-
même à la police le 14 juin 2022 étaient incriminantes. En dépit de ses rétractations 
intervenues par la suite, il avait initialement livré un récit détaillé et libre. Ses propos 
lors de la perquisition et devant le TMC allaient dans le sens de ses aveux. Le prévenu 
avait varié dans ses explications concernant l'épisode de la douche. Les courriers 
adressés à sa famille en détention n'étaient par ailleurs par ceux d'une personne clamant 
son innocence. Il y était au contraire question de demander pardon.  

Il était faux de croire que le prévenu n'avait pas pu agir parce que plusieurs personnes 
étaient présentes. Selon ses déclarations et celles de l'enfant, il avait agi, à tout le moins, 
de 10 à 20 reprises. Il était établi que le prévenu était allé chercher C______ et son frère 
à l'école et qu'il était resté seul avec eux le temps que leur mère rentre du travail. Il 
ressortait du dossier, notamment des déclarations de K______, que le prévenu s'était 
également retrouvé seul avec C______ lorsqu'ils habitaient ensemble. Il convenait de 
retenir que les actes avaient débuté en septembre 2019, selon les déclarations du 
prévenu.  

Il s'agissait d'un cas typique de concours entre les infractions aux art. 187 et 189 CP. Le 
prévenu avait une relation familiale avec C______ d'oncle à nièce, empreinte de respect. 
Il était comme un père pour l'enfant. Elle lui avait dit non à plusieurs reprises et avait 
pleuré. Il avait brisé sa résistance en lui faisant des cadeaux et en lui suggérant que ces 
actes étaient normaux, dès lors qu'il les avait également faits à sa cousine. Il l'avait 
portée sur le lit, ce qui constituait également un moyen de contrainte physique. L'enfant 
était déjà fragile en raison de la violence induite par son père. 

 Les infractions à la LEI étaient établies.   

S'agissant de la peine, la faute était très lourde. Le prévenu avait trahi la confiance de sa 
sœur et de sa nièce. Il avait agi a réitérées reprises et sur une longue période. Il avait agi 
au domicile de C______, où elle devait normalement se sentir en sécurité. Il s'en était 
pris à une petite fille déjà fragilisée. Il savait qu'elle était venue habiter chez lui à la 
suite d'épisodes de violences de son père et en avait profité. Sa responsabilité était 
pleine et entière. Il avait agi de manière égoïste. Sa collaboration avait été initialement 
bonne avant de régresser complètement. Sa prise de conscience était nulle, son déni 
perdurant. Il n'avait eu aucun mot d'excuse envers C______. Sa situation était bonne 
malgré son handicap et son histoire passée au Nicaragua. La peine prononcée par le 
TCO était trop faible, au regard de la période pénale, de la multiplicité des actes, de leur 
type et du fait que le prévenu n'était pas conscient de son trouble. Une peine privative de 
liberté de cinq ans devait être prononcée. Il convenait en outre d'ordonner le traitement 
ambulatoire préconisé par l'expert. Le TCO avait, de manière erronée, octroyé le sursis 
avant de juger de la nécessité de la mesure.  

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Il s'agissait d'un cas d'expulsion obligatoire. Le cas de rigueur n'était pas réalisé. Le 
prévenu était célibataire, sans enfant et entretenait des liens forts avec son pays 
d'origine. Il avait des dettes en Suisse. Il avait grandi au Nicaragua et commis les faits 
peu après son arrivée en Suisse. Il avait de bonnes perspectives d'intégration au 
Nicaragua, étant relevé que son état de santé était meilleur que lorsqu'il avait quitté son 
pays d'origine. En tout état de cause, l'intérêt public à son renvoi primait. Au vu de la 
gravité des faits et de la longue période pénale, une durée de 10 ans était adéquate. Il 
convenait d'inscrire l'expulsion au SIS.  

c.b. Par la voix de son conseil, A______ a repris ses conclusions formulées sur question 
préjudicielle et a persisté, pour le surplus, dans celles figurant dans sa déclaration 
d'appel, tout en actualisant à CHF 31'763.- l'indemnité demandée au titre de perte 
patrimoniale et à CHF 109'400.- celle sollicitée au titre du tort moral ensuite de la 
détention injustifiée. Il s'est opposé à la demande de mise en détention formulée par le 
MP, contestant un quelconque risque de fuite ou de récidive.  

Le jugement entrepris était orienté, dès lors qu'il tenait compte de ses déclarations du 
14 juin 2022, lesquelles devait être écartées du dossier. L'expertise psychiatrique se 
basait, de manière erronée, sur l'hypothèse selon laquelle les faits reprochés étaient 
avérés. Au demeurant, s'agissant de l'analyse d'un trouble mental, l'approche par 
hypothèse n'était pas valable, l'expert devant s'en tenir à des critères médicaux. L'expert 
avait posé le diagnostic de trouble de la pédophilie, sans aucune analyse médicale. Au 
contraire, il avait retenu qu'il ne manifestait pas d'intérêt pour les enfants. Il avait retenu 
un grave trouble mental, dont la sévérité était peu élevée, ce qui était contradictoire. 
L'expert avait également mal évalué le risque de récidive. Le prévenu n'était pas dans la 
dénégation, mais dans la contestation. Il y avait un décalage entre le contenu du rapport 
d'expertise et ses conclusions. Or, si le rapport d'expertise était orienté, il fallait s'en 
distancer. À tout le moins, il convenait de l'examiner avec une vigilance accrue. 
L'expertise de crédibilité de C______ comportait également des erreurs et partait de la 
prémisse erronée que les faits étaient reconnus. L'inspecteur ayant entendu C______ 
n'avait pas effectué les questions de contrôle, conformément au protocole, pour 
déterminer si l'enfant était capable de rendre un récit libre.  

Les déclarations de C______ n'étaient pas crédibles. Elles avaient été suggérées, des 
termes non usuels comme celui de "parties intimes" ayant notamment été placés dans sa 
bouche. L'experte n'avait pas pu déterminer l'influence exercée par Q______ sur les 
propos de C______. L'infirmière scolaire n'avait pas pu dire clairement si l'enfant lui 
avait rapporté que son oncle était venu dans sa chambre. Du reste, aucun changement 
dans le comportement de C______ n'avait été observé, hormis selon le rapport du 
17 août 2023, établi pour les besoins de la procédure.  

Il ressortait du dossier que des tiers s'étaient occupés de C______, notamment son père 
entre 2020 et octobre 2021. Les parties avaient vécu dans un appartement occupé par au 
moins neuf personnes, où il y avait eu "un va-et-vient" incessant, et personne n'avait 

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remarqué les actes litigieux. Sur la base des déclarations de l'enfant et de l'infirmière, on 
ne pouvait mettre en exergue que deux, voire trois, épisodes, soit celui de la chambre en 
février 2022, celui de mars 2022, survenu soi-disant un dimanche matin, et celui de la 
douche. Cela étant, les tranches horaires où le prévenu aurait pu se retrouver seul dans 
l'appartement avec C______ étaient très réduites. Certes, il était impossible de retracer 
précisément son emploi du temps, mais il travaillait beaucoup la semaine, de même que 
le week-end. En outre, il avait eu des cours à l'école ainsi que des rendez-vous 
médicaux. Il n'était ainsi pas plausible que 10 à 20 épisodes soient survenus. Il était 
surprenant qu'un épisode ait été relaté un dimanche matin, alors que C______ allait 
généralement à l'Église à ce moment-là.    

Aucun élément concernant C______ ne ressortait des courriers échangés par le prévenu.  

Le TCO avait sélectionné des indices pour fonder la culpabilité du prévenu, tout en 
négligeant les éléments en sa faveur. Il s'était focalisé sur la sincérité de C______, alors 
que rien n'indiquait que le prévenu ne fut pas non plus sincère. Il ne pouvait pas retenir 
que ce dernier était passé aux aveux. Si ses déclarations concernant l'épisode de la 
douche avaient varié, il s'agissait d'inexactitudes mémorielles, qui démontraient que son 
récit n'avait pas été préparé. Il avait acheté des crayons pour l'anniversaire de C______ 
et lui avait offert des écouteurs qu'il n'utilisait pas, étant appareillé. Il n'était pas 
question de cadeaux insensés ou démesurés. On ne pouvait rien déduire des messages 
WhatsApp, ni des déclarations du prévenu devant le TMC, qui ne faisaient référence 
qu'à l'épisode de la douche, où le prévenu avait touché l'épaule de l'enfant.  

Il avait enfreint la LEI par négligence. Il ressortait des déclarations de K______ qu'il 
n'était pas au fait des démarches administratives. Il n'avait pas imaginé la procédure à 
suivre auprès de l'OCPM.  

Il craignait de retourner au Nicaragua, n'y ayant aucune attache particulière.  

c.c. Par l'intermédiaire de son conseil, C______ a persisté dans ses conclusions, y 
compris civiles.  

Le récit des faits de C______ auprès de son amie Q______, de l'infirmière scolaire et 
lors de son audition EVIG était crédible. La relation de confiance entre C______ et son 
amie Q______ avait rendu possible le dévoilement des faits. Le prévenu envoyait des 
messages à C______ tard le soir et celle-ci n'en pouvait plus. Les termes "parties 
intimes" étaient ceux des cours d'éducation sexuelle dispensés à l'école. La crédibilité de 
C______ n'était pas mise à mal du fait qu'elle n'avait pas dévoilé les faits plus tôt. À 
l'époque, elle n'était pas en Suisse depuis longtemps et les actes étaient intervenus dans 
un contexte familial. On ne pouvait pas attendre d'elle qu'elle les dénonçât lors de son 
audition EVIG relative aux violences de son père. Après que C______ s'était confiée, 
elle avait eu un changement de comportement.  

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Il était inutile de reconstituer précisément l'emploi du temps du prévenu, car il avait eu 
un taux d'absentéisme élevé. Il avait par ailleurs eu des vacances scolaires. C______ 
avait pu être agressée alors qu'il y avait une autre personne dans l'appartement. Durant 
une partie importante de la période pénale, le prévenu était à l'école et finissait tôt ses 
cours. Il avait eu un suivi logopédique, mais les séances duraient jusqu'à 16h30 et il y 
avait été mis fin en avril 2022. Le prévenu n'avait commencé son emploi chez V______ 
le week-end qu'à la fin de l'année 2021. Son stage chez AC______ avait eu lieu selon 
les horaires scolaires. Le prévenu avait eu un certain nombre de plages horaires libres. 
C______ n'avait tiré aucun bénéfice de la procédure pénale. Au contraire, ses proches et 
elle avaient perdu un lien avec une grande partie de la famille. C______ était âgée entre 
7 et 11 ans au moment des actes et était dans une situation de grande vulnérabilité. Elle 
s'était réfugiée chez son oncle et le voyait comme une personne de référence, qu'elle 
respectait. Le prévenu était au courant de ses traumatismes et avait profité de sa 
vulnérabilité. Il lui avait promis des cadeaux pour qu'elle se taise. La conversation 
WhatsApp recueillie révélait la peur et la pression subie par l'enfant.  

Le prévenu était revenu de façon peu plausible sur ses aveux. Il s'était alors montré très 
confus au sujet des faits, mais paradoxalement très précis sur d'autres éléments de sa vie 
personnelle. Ses agissements, répétés et intrusifs, étaient graves et avaient durablement 
affecté la santé psychique de C______, qui avait auparavant eu une relation de 
confiance avec son oncle. Un état de stress post-traumatique avait été diagnostiqué chez 
elle, avec notamment pour symptomatologie des troubles du sommeil, des troubles 
émotionnels, des aspects anxieux, un désir fort d'être protégée et une faible auto-estime. 
Le prévenu n'avait exprimé aucune empathie envers sa jeune victime. Le tort moral de 
CHF 10'000.- octroyé par les premiers juges était cohérent avec la jurisprudence et 
devait être confirmé.  

c.d. Au terme des débats, la direction de la procédure a décidé de ne pas donner de suite 
favorable à la demande d'arrestation provisoire formulée par le MP, faute, à ce stade, de 
motifs de détention apparus uniquement devant la juridiction d'appel au sens de 
l'art. 232 al. 1 CPP.  

c.e. Le 4 juin suivant, la CPAR a rendu un dispositif avec une brève motivation orale et, 
après que les parties ont plaidé sur la question de la détention pour des motifs de sûreté, 
a rendu une décision de mesures de substitution visant à pallier les risques de fuite et de 
réitération. 

 De la situation personnelle du prévenu  

D. a. A______, né le ______ 1998, est ressortissant du Nicaragua, arrivé en Suisse en 
décembre 2016, soit à l'âge de 18 ans. Il a été scolarisé en classe d'accueil dès janvier 
2017. Il est titulaire d'un permis de séjour B, renouvelé pour la dernière fois en février 
2024. Il est célibataire et sans enfants. Par décision du 19 mars 2021, sa demande de 
prestations de l'assurance-inv