# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** ea617d74-2f61-5b57-ad19-d08a7566b937
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2016-03-02
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 02.03.2016 C-374/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_C-374-2014_2016-03-02.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour III 

C-374/2014 

 

 
 

  A r r ê t  d u  2  m a r s  2 0 1 6  

Composition 
 Blaise Vuille (président du collège),  

Daniele Cattaneo, Jenny de Coulon Scuntaro, juges, 

Marie-Claire Sauterel, greffière. 
 

 
 

Parties 
 A._______,   

représenté par Maître Frédéric Hainard, avocat, 

Rue Daniel-Jeanrichard 22, 2300 La Chaux-de-Fonds,  

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations SEM,  

Quellenweg 6, 3003 Berne,    

autorité inférieure.  

 
 

 
 

Objet 
 Réexamen d'une décision de renvoi de Suisse. 

 

 

 

C-374/2014 

Page 2 

Faits : 

A.  

A._______, ressortissant éthiopien né le 1er janvier 1982, a contracté ma-

riage le 12 janvier 2006, à Addis Abeba, avec B._______, ressortissante 

suisse. Arrivé en Suisse le 23 juillet 2006 au bénéfice d'un visa d'entrée, il 

a obtenu le 26 juillet 2006 une autorisation de séjour dans le canton de 

Neuchâtel, afin de pouvoir vivre auprès de son épouse. 

Par courrier du 22 janvier 2010, le Service des migrations du canton de 

Neuchâtel (ci-après: SM/NE) a informé A._______ qu'il était amené à se 

prononcer sur une éventuelle révocation de son autorisation de séjour du 

fait que selon les informations à sa disposition (annonce de mutation du 11 

décembre 2009), il vivait séparé de son épouse. 

Par courrier du 22 décembre 2010, le SM/NE a informé A._______ qu'il 

était favorable à la poursuite de son séjour en Suisse, sous réserve de 

l'approbation de l'Office fédéral des migrations (ODM; depuis le 1er janvier 

2015: le Secrétariat d'Etat aux migrations SEM) auquel il transmettait le 

dossier. 

Par décision du 23 février 2011, l'ODM a refusé d'approuver la prolongation 

de l'autorisation de séjour de A._______ et a prononcé son renvoi de 

Suisse. Il a retenu que la vie commune des époux avait duré moins de trois 

ans. En effet, l'intéressé, entré en Suisse le 23 juillet 2006, avait quitté le 

domicile conjugal en mars 2009, ainsi que cela ressortait de la convention 

du 24 novembre 2009.  

Par arrêt du 14 août 2012 (réf. C-1750/2011), le Tribunal administratif fé-

déral (ci-après: le Tribunal ou le TAF) a rejeté le recours interjeté contre 

cette décision. 

Par arrêt du 11 février 2013 (réf. 2C_976/2012), le Tribunal fédéral (ci-

après: le TF) a rejeté, dans la mesure où il était recevable, le recours inter-

jeté contre l'arrêt du TAF du 14 août 2012. 

Par courrier du 15 mai 2013, l'ODM a dès lors fixé à l'intéressé un délai de 

départ au 31 juillet 2013 pour quitter la Suisse.  

B.  

Par lettre du 27 août 2013 adressée à l'ODM, A._______ a sollicité la révi-

sion de la décision de l'ODM du 23 février 2011 au motif qu'il "a participé 

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durant son séjour en Suisse,…, à des manifestations en lien avec la situa-

tion politique en Ethiopie" et "qu'il "risque pour sa vie dans le cadre de 

l'exécution du renvoi". Il a joint à sa requête un CD-ROM en précisant que 

celui-ci attestait de sa participation à des manifestations politiques.  

Au vu des motifs invoqués, le Tribunal, auquel cette requête avait été trans-

mise comme éventuel objet de sa compétence, a en premier lieu examiné 

si l'intéressé souhaitait déposer une demande d'asile. 

Par courrier du 20 novembre 2013, A._______ a répondu qu'il  renonçait à 

déposer une demande d'asile et maintenait sa requête adressée à l'ODM, 

"la question posée par A._______ dans son mémoire de demande de révi-

sion [ayant] trait à l'inexécutabilité du renvoi, précisément en raison de di-

vergences politiques". 

Le 12 décembre 2013, le Tribunal a retourné la requête du 27 août 2013 à 

l'ODM comme objet de sa compétence. Les deux enregistrements sur CD-

ROM de participation à une manifestation ayant été effectués les 17 et 23 

septembre 2012, soit postérieurement à l'arrêt du TAF (C-1750/2011 du 14 

août 2012), celle-ci ne pouvait être traitée que comme une demande de 

réexamen de la décision de l'ODM du 23 février 2011, en particulier sous 

l'angle du renvoi, et non comme une demande de révision.  

C.  

Par décision du 27 décembre 2013, l'ODM a rejeté la demande de réexa-

men de l'intéressé en considérant notamment que la simple participation à 

un rassemblement pacifique ne pouvait conduire, en cas de renvoi, à une 

mise en danger concrète et sérieuse, étant donné que de nombreux res-

sortissants éthiopiens vivant à l'étranger agissaient de la sorte. 

D.  

Par acte du 22 janvier 2014, A._______, par l'entremise de son manda-

taire, a recouru contre la décision précitée auprès du Tribunal. A l'appui de 

son pourvoi, il a indiqué que dans sa requête du 27 août 2013, il avait sol-

licité à être autorisé provisoirement à poursuivre son séjour en Suisse en 

application de l'art. 83 LEtr (RS 142.20) et que la décision de l'ODM du 23 

février 2011 soit révisée, dans la mesure où durant la procédure ordinaire, 

il avait participé à des manifestations d'ordre politique sur territoire suisse, 

hostiles au gouvernement éthiopien (cf. recours ch. 15 p. 3). Il a précisé 

que son activité politique avait débuté alors qu'il ne lui était plus possible 

d'alléguer des faits nouveaux, soit lors de sa procédure de recours au Tri-

bunal fédéral (cf. recours ch. 20 p. 4). Ainsi, il a considéré que c'est à tort 

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que l'ODM avait rejeté sa requête sans examiner si elle était recevable et 

s'était fondé sur la loi sur l'asile, sans examiner l'application de l'art. 83 LEtr 

à son endroit. Il a ainsi conclu à l'annulation de la décision attaquée et au 

renvoi de la cause à l'autorité de première instance pour nouvelle instruc-

tion. 

E.  

Appelé à se prononcer sur le recours, l'ODM en a proposé le rejet par pré-

avis du 20 mars 2014. Cette détermination a été communiquée au recou-

rant pour droit de réplique par ordonnance du 24 mars 2014. A._______ 

n'en a cependant pas fait usage. 

F.  

Invité le 1er décembre 2015 par le Tribunal à faire part des derniers déve-

loppements relatifs à sa situation, le recourant a indiqué par courrier du 12 

janvier 2016 qu'il était membre de l' "X " et qu'il suivait depuis 2010 une 

formation pour obtenir un CFC d'informaticien, tout en mentionnant que les 

examens devaient avoir lieu en 2015. Il n'a toutefois pas rapporté la preuve 

qu'il aurait obtenu le CFC convoité. Il a précisé que depuis son entrée en 

Suisse, il n'avait travaillé que pour deux employeurs, à leur entière satis-

faction. Ainsi, depuis le 1er février 2013, il travaillait au sein du groupe 

Y._______ sous contrat de durée indéterminée. Il a encore joint à son écrit 

une carte de Membre de l'X._______ et une attestation selon laquelle il 

serait membre de l'X._______ depuis le 1er janvier 2013, ainsi que deux 

certificats de travail. 

G.  

Les divers autres arguments invoqués de part et d'autre dans le cadre de 

la procédure de recours seront examinés, si nécessaire, dans les considé-

rants en droit ci-après.  

Droit : 

1.  

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 LTAF, le Tribunal, en 

vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de 

l'art. 5 PA, prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF.  

En particulier, les décisions de réexamen en matière de refus d'approbation 

à l'octroi d'une autorisation de séjour et de renvoi de Suisse rendues par le 

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SEM – lequel constitue une unité de l'administration fédérale telle que dé-

finie à l'art. 33 let. d LTAF – sont susceptibles de recours au Tribunal (art. 

1 al. 2 LTAF).  

1.2 A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant le 

Tribunal est régie par la PA (art. 37 LTAF). 

1.3 A._______ a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA). Présenté dans la 

forme et les délais prescrits par la loi, le recours est recevable (art. 50 et 

52 PA).  

2.  

Le recourant peut invoquer devant le Tribunal la violation du droit fédéral, 

y compris l'excès ou l'abus du pouvoir d'appréciation, la constatation 

inexacte ou incomplète des faits pertinents ainsi que l'inopportunité de la 

décision entreprise, sauf lorsqu'une autorité cantonale a statué comme 

autorité de recours (cf. art. 49 PA). L'autorité de recours, qui applique le 

droit d'office, n'est pas liée par les motifs invoqués par les parties (art. 62 

al. 4 PA), ni par les considérants juridiques de la décision attaquée (cf. arrêt 

du Tribunal fédéral [ci-après: le TF] 2C_221/2014 du 14 janvier 2015 con-

sid. 5.3; ATAF 2009/57 consid. 1.2; voir également ANDRÉ MOSER ET AL., 

Prozessieren vor dem Bundesverwaltungsgericht, Handbücher für die An-

waltspraxis, Tome X, 2ème éd. 2013, pp. 226/227, ad ch. 3.197; MOOR/POL-

TIER, Droit administratif, vol. II, 2011, pp. 300 et 301, ch. 2.2.6.5; BENOÎT 

BOVAY, Procédure administrative, 2000, pp. 192 et 193, par. 6, ainsi que la 

jurisprudence citée). Aussi peut-elle admettre ou rejeter le pourvoi pour 

d'autres motifs que ceux invoqués (cf. notamment ATAF 2007/41 consid. 2, 

et réf. citées; MOSER ET AL., op. cit., p. 24, ch. 1.54; MOOR/POLTIER, op. cit., 

ibidem). Dans son arrêt, elle prend en considération l'état de fait régnant 

au moment où elle statue (cf. ATAF 2014/1 consid. 2, et jurisprudence ci-

tée). 

3.  

3.1 La procédure administrative distingue les moyens de droit ordinaires et 

extraordinaires. Contrairement aux premiers, les seconds sont dirigés 

contre des décisions entrées en force de chose jugée formelle, à savoir 

contre des décisions qui ne peuvent plus être contestées par un moyen de 

droit ordinaire, par exemple du fait que toutes les voies de droit ordinaires 

ont été épuisées, que le délai de recours est venu à échéance sans avoir 

été utilisé, que le recours a été déclaré irrecevable ou en cas de renoncia-

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tion à recourir ou de retrait du recours. La demande de révision (dont l'exa-

men incombe à l'autorité de recours et suppose que la cause ait fait l'objet 

d'une décision matérielle sur recours) et la demande de réexamen ou de 

reconsidération (dont l'examen incombe à l'autorité inférieure) relèvent de 

la procédure extraordinaire (à ce sujet, cf. par exemple THIERRY TANQUE-

REL, Manuel de droit administratif, 2011, n° 1287ss et n° 1414ss et KÖLZ 

ET AL., Verwaltungsverfahren und Verwaltungsrechtspflege des Bundes, 3e 

édition, 2013, n° 710 ; sur la distinction entre la révision et le réexamen 

lorsque la cause a fait l'objet d'une décision matérielle sur recours, cf. no-

tamment les arrêts du TAF E-6899/2014 du 27 avril 2015 p. 3, C-5867/2009 

du 15 avril 2011 consid. 2 et les références citées, ATAF 2013/22 consid. 

5.4). 

3.2 La demande de réexamen - définie comme étant une requête non sou-

mise à des exigences de délai ou de forme, adressée à une autorité admi-

nistrative en vue de la reconsidération d'une décision qu'elle a rendue et 

qui est entrée en force - n'est pas expressément prévue par la PA. La ju-

risprudence et la doctrine l'ont cependant déduite de l'art. 66 PA, qui prévoit 

le droit de demander la révision des décisions, et des art. 8 et 29 al. 2 Cst.. 

Dans la mesure où la demande de réexamen est un moyen de droit ex-

traordinaire, l'autorité administrative n'est tenue de s'en saisir qu'à cer-

taines conditions, ce qui est notamment le cas, selon la jurisprudence et la 

doctrine, lorsque le requérant invoque l'un des motifs de révision prévus 

par l'art. 66 PA (à savoir notamment des faits, respectivement des moyens 

de preuve importants, qu'il ne connaissait pas lors de la première décision 

ou dont il ne pouvait se prévaloir ou n'avait pas de raison de se prévaloir à 

l'époque) ou lorsque les circonstances se sont modifiées dans une mesure 

notable depuis que la première décision a été rendue (cf. ATF 136 II 177 

consid. 2.1, ATF 127 I 133 consid. 6 et la jurisprudence citée; ATAF 2010/5 

consid. 2.1.1 et les références citées, cf. également TANQUEREL, op.cit., n° 

1421ss et KÖLZ ET AL., op.cit., n° 717). 

Selon la pratique en vigueur en matière de révision, applicable par analogie 

à l'institution du réexamen, les faits nouveaux ne peuvent entraîner la révi-

sion ou le réexamen d'une décision entrée en force que s'ils sont pertinents 

et suffisamment importants pour conduire à une nouvelle appréciation de 

la situation (cf. ATF 136 II 177 consid. 2.2.1 et ATF 131 II 329 consid. 3.2). 

3.3 La procédure extraordinaire (de révision ou de réexamen) ne saurait 

servir de prétexte pour remettre continuellement en question des décisions 

entrées en force, ni surtout à éluder les dispositions légales sur les délais 

de recours (cf. notamment ATF 136 II 177 consid 2.1 et l'arrêt du Tribunal 

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fédéral 2C_125/2014 du 12 février 2014 consid. 3.1). Elle ne saurait non 

plus viser à supprimer une erreur de droit, à bénéficier d'une nouvelle in-

terprétation ou d'une nouvelle pratique ou encore à obtenir une nouvelle 

appréciation de faits qui étaient déjà connus en procédure ordinaire. Le 

droit des étrangers n'échappe pas à cette règle (cf. arrêt du Tribunal fédéral 

2C_1007/2011 du 12 mars 2012 consid. 4.2 et jurisprudence citée). 

4.  

4.1 A titre préalable, il est à relever que tant l'ODM (cf. décision du 23 fé-

vrier 2011) que le Tribunal (cf. arrêt du TAF C-1750/2011 du 14 août 2012) 

et le Tribunal fédéral (cf. arrêt du TF 2C_976/2012 du 11 février 2013) ont 

refusé d'approuver une autorisation de séjour fondée sur l'art. 50 al. 1 LEtr 

en faveur de A._______, son union conjugale ayant duré moins de trois 

ans. Dans le cadre de cette procédure, le prénommé n'a à aucun moment 

fait part d'un quelconque obstacle à l'exécution de son renvoi au sens de 

l'art. 83 al. 2 à 4 LEtr (cf. arrêt du TAF C-1750/2011 du 14 août 2012 consid. 

8). 

4.2 Cela étant même si le prénommé a qualifié sa requête du 27 août 2013 

adressée à l'ODM de "demande de révision conformément aux articles 66 

et 67 de la loi sur la procédure administrative fédérale", il y a lieu de relever 

que les dispositions de la LTF régissant la révision, et en particulier les art. 

121 à 123 LTF qui en prévoient les motifs, s'appliquent par analogie à la 

révision des arrêts du Tribunal administratif fédéral (cf. art 45 LTAF). Une 

demande de révision, en tant que moyen juridictionnel extraordinaire sus-

ceptible d'être exercé contre un arrêt doué de force de chose jugée, n'est 

recevable qu'à de strictes conditions. La révision d'un arrêt peut notam-

ment être demandée si le tribunal n'a pas statué sur certaines conclusions 

ou si, par inadvertance, il n'a pas pris en considération des faits pertinents 

qui ressortent du dossier (cf. art. 121 let. c et d LTF). 

Aux termes de l'art. 123 al. 2 let. a LTF, la révision peut être demandée 

dans les affaires de droit civil et les affaires de droit public si le requérant 

découvre après coup des faits pertinents ou des moyens de preuve con-

cluants qu'il n'avait pas pu invoquer dans la procédure précédente, à l'ex-

clusion des faits ou moyens de preuve postérieurs à l'arrêt. Fondée sur ce 

motif de révision, la demande n'est admissible que si l'intéressé invoque 

des pseudo-nova, à savoir des faits, respectivement des moyens de 

preuve qui existaient déjà à la date de l'arrêt rendu sur recours, mais qui 

n'étaient, à cette époque, pas connus du requérant (cf. notamment: KARL 

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SPÜLER ET AL., in Kurzkommentar zum Bundesgerichtsgesetz, Zu-

rich/Saint-Gall 2006, p. 228 s.; ATF 134 IV 48 consid. 1.2). 

4.3 A._______, dans sa requête du 27 août 2013, a indiqué solliciter "la 

révision de la décision de l'Office fédéral des migrations du 23 février 2011 

au motif nouveau que le recourant risque pour sa vie dans le cadre de 

l'exécution du renvoi". Il a joint à sa requête un CD-ROM en précisant que 

celui-ci attestait de sa participation à des manifestations politiques. Or, les 

deux enregistrements figurant sur ce CD-ROM ont été effectués les 17 et 

23 septembre 2012 et sont donc tous deux postérieurs à l'arrêt du Tribunal 

du 14 août 2012. L'intéressé invoquant des faits nouveaux postérieurs à 

l'arrêt du TAF du 14 août 2012, sa requête du 27 août 2013 doit être exa-

minée non pas sous l'angle de la révision par le Tribunal, mais comme de-

mande de réexamen par l'autorité de première instance. 

4.4 Dans le cas particulier, l'instance inférieure est entrée en matière sur la 

demande de réexamen du recourant, elle a procédé à un examen matériel 

et, sur cette base, a rendu une nouvelle décision le 27 décembre 2013. Le 

Tribunal dispose par conséquent d'un plein pouvoir d'examen pour déter-

miner si la décision du 27 décembre 2013 de l'autorité intimée est conforme 

au droit (cf. l'arrêt du TAF C-4750/2014 du 13 mai 2015 consid. 2 et les 

références citées). 

5.  

5.1 A titre préalable, il convient de relever que l'autorité de première ins-

tance a, dans sa décision du 27 décembre 2013, rejeté sur le fond la de-

mande de réexamen du 27 août 2013. Elle a ainsi implicitement admis la 

recevabilité de celle-ci. Ainsi, la conclusion du recourant tendant au renvoi 

de la cause à l'autorité de première instance pour qu'elle se prononce sur 

la recevabilité de sa demande de réexamen est sans objet. 

5.2 Cela étant, il y a lieu d'examiner si les faits nouveaux postérieurs au pro-

noncé de l'arrêt du Tribunal du 14 août 2012 invoqués dans le cadre de cette 

procédure de réexamen, soit la participation à une manifestation à Genève 

le 17 septembre 2012 et la diffusion d'une partie de cette manifestation sur 

un canal de télévision le 23 septembre 2012 (cf. CD-ROM produit à l'appui 

de la demande de réexamen), constituent un changement notable de cir-

constances, tel que défini ci-dessus, de nature à remettre en cause la déci-

sion du 23 février 2011, s'agissant notamment du caractère illicite de l'exé-

cution du renvoi. 

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Page 9 

6.  

6.1 L'exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement 

exigible et possible. Si ces conditions ne sont pas réunies, l'admission pro-

visoire doit être prononcée. Celle-ci est réglée par l'art. 83 LEtr.  A cet 

égard, il sied de relever que les dispositions régissant l'admission provi-

soire (art. 83 et 84 LEtr), s'appliquent aux étrangers, comme aux requé-

rants d'asile déboutés, par renvoi de l'art. 44 2ème phrase LAsi (RS 142.31) 

aux dispositions de la LEtr sur l'admission provisoire.    

6.2 L'exécution du renvoi n'est pas possible lorsque l'étranger ne peut pas 

quitter la Suisse pour son Etat d'origine, son Etat de provenance ou un Etat 

tiers, ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr). 

In casu, le recourant est en possession de documents suffisants pour ren-

trer dans sa patrie ou, à tout le moins, est en mesure d'entreprendre toute 

démarche nécessaire auprès de la représentation de son pays d'origine en 

vue de l'obtention de documents de voyage le lui permettant. Rien ne per-

met dès lors de penser que son renvoi se heurterait à des obstacles d'ordre 

technique et s'avérerait ainsi matériellement impossible au sens de l'art. 83 

al. 2 LEtr. 

6.3 L'exécution n'est pas licite lorsque le renvoi de l'étranger dans son Etat 

d'origine ou de provenance ou dans un Etat tiers est contraire aux enga-

gements de la Suisse relevant du droit international (art. 83 

al. 3 LEtr). Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traite-

ments inhumains ou dégradants (art. 3 CEDH). Aucun Etat partie n'expul-

sera, ne refoulera, ni n'extradera une personne vers un autre Etat où il y a 

des motifs sérieux de croire qu'elle risque d'être soumise à la torture (art. 3 

de la Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines 

ou traitements cruels, inhumains ou dégradants [Conv. torture, RS 0.105]). 

6.3.1 Si l'interdiction de la torture, des peines et traitements inhumains (ou 

dégradants) s'applique indépendamment de la reconnaissance de la qua-

lité de réfugié, cela ne signifie pas encore qu'un renvoi ou une extradition 

serait prohibée par le seul fait que dans le pays concerné des violations de 

l'art. 3 CEDH devraient être constatées ; une simple possibilité de subir des 

mauvais traitements ne suffit pas. Il faut au contraire que la personne qui 

invoque cette disposition démontre à satisfaction qu'il existe pour elle un 

véritable risque concret et sérieux d'être victime de tortures, ou de traite-

ments inhumains ou dégradants en cas de renvoi dans son pays. Il en res-

sort qu'une situation de guerre, de guerre civile, de troubles intérieurs 

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graves ou de tension grave accompagnée de violations des droits de 

l'homme ne suffit pas à justifier la mise en œuvre de la protection issue de 

l'art. 3 CEDH, tant que la personne concernée ne peut rendre hautement 

probable qu'elle serait visée personnellement – et non pas simplement du 

fait d'un hasard malheureux – par des mesures incompatibles avec la dis-

position en question. L'art. 3 CEDH s'applique principalement lorsque le 

risque pour la personne menacée de refoulement d'être soumise à des 

mauvais traitements dans le pays de destination découle d'actes des auto-

rités de ce pays ou d'organismes indépendants de l'Etat contre lesquels 

les autorités ne sont pas en mesure d'offrir une protection appropriée 

(ATAF 2010/42 consid. 11.2 et 11.3 ; ATAF 2009/2 consid. 9.1 ; Jurispru-

dence et informations de la Commission suisse de recours en matière 

d'asile [JICRA] 1996 no 18 consid. 14b let. ee p. 186 s. ; Cour européenne 

des droits de l'homme [ci-après : CourEDH], arrêt F.H. c. Suède, 

n° 32621/06 du 20 janvier 2009 et arrêt Saadi c. Italie n° 37201/06 du 

28 février 2008, par. 124 à 127 et réf. cit.). 

6.3.2 Ainsi, dans sa décision du 27 décembre 2013, l'ODM a relevé que le 

requérant n'avait pas démontré par de sérieux indices que l'activité dé-

ployée en Suisse était de nature à l'exposer à de sérieux préjudices et que 

l'Etat d'origine ou de provenance était informé de son engagement politique 

à l'étranger susceptible d'entraîner des sanctions en cas de retour au pays.  

Selon l'autorité de première instance, le simple fait de manifester de ma-

nière pacifique, avec d'autres, même si cette manifestation était filmée et 

son enregistrement diffusé sur un canal de télévision, ne justifiait pas, en 

tant que tel, et en l'absence de tout comportement particulièrement actif, 

virulent, voire provocateur, une crainte objective d'être exposé à de sérieux 

préjudices.  

6.3.3 A l'appui de son recours, A._______ a produit le même reportage sur 

support numérique qu'il avait produit à l'appui de sa demande de réexa-

men, soit un enregistrement qui a eu lieu le 17 septembre 2012 et  qui le 

montre aux côtés d'autres compatriotes, à l'occasion d'une manifestation 

pacifique d'une trentaine de personnes qui a eu lieu à Genève contre le 

gouvernement éthiopien, ainsi qu'un enregistrement du 23 septembre 

2012, montrant la diffusion d'une partie de cette manifestation sur un canal 

de télévision.  

6.3.4 Or, il tombe sous le sens que si les services secrets éthiopiens de-

vaient exercer une surveillance des activités politiques déployées à l'étran-

ger par des opposants au régime en place, leur attention se concentrerait 

en premier lieu et essentiellement sur les personnes présentant un profil 

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politique particulier, sortant du cadre de l'opposition de masse et qui exer-

cent des fonctions en vue ou des activités susceptibles de représenter une 

menace sérieuse pour le gouvernement.  

En l'espèce, en procédure ordinaire, A._______ n'a fait état d'aucune acti-

vité politique qui s'opposerait à l'exécution de son renvoi (cf. arrêt du TAF 

C-1750/2011 du 14 août 2012 consid. 8). Aussi, le seul fait que le pré-

nommé, qui ne présente pas un profil politique à risque, ait participé à Ge-

nève - après l'issue négative de sa procédure ordinaire - à un seul rassem-

blement pacifique comprenant une trentaine de personnes (cf. CD- ROM 

produit à l'appui de la requête du 27 août 2013 et du recours) ne saurait 

assurément suffire à le faire apparaître comme un opposant politique mili-

tant, susceptible d'attirer l'attention des services secrets éthiopiens, même 

si cette manifestation a fait l'objet d'un bref reportage sur une chaîne de 

télévision. A cela s'ajoute que le Tribunal a expressément invité  l'intéressé, 

par ordonnance du 13 novembre 2015, à faire valoir tout autre élément 

déterminant. Par courrier du 12 janvier 2016, l'intéressé s'est limité à indi-

quer qu'il était membre depuis le 1er janvier 2013 de l'X._______ et a versé 

au dossier une carte de membre de cette association et une attestation de 

l'X._______. Cette dernière attestation, établie le 1er janvier 2013, men-

tionne certes que l'intéressé participe aux manifestations de l'association de-

puis cette même date, mais est complètement muette s'agissant d'un enga-

gement politique plus affiché (p. ex. une fonction de cadre ou toute autre 

activité allant au-delà du cadre habituel d’opposition de masse), d’une nature 

telle qu’il pourrait être considéré comme une réelle menace par les autorités 

éthiopiennes. Au demeurant, ce document versé en cause le 12 janvier 

2016, fait état de la qualité de membre de l'X._______ de A._______ depuis 

le 1er janvier 2013. Il est dès lors surprenant que la carte de membre et l'at-

testation, bien qu'établies le 1er janvier 2013, n'aient pas été produites plus 

tôt, soit avec la demande de réexamen du 27 août 2013, soit avec le recours 

du 22 janvier 2014. Par ailleurs, de manière tout aussi incongrue, cette at-

testation mentionne à propos de A._______ "he has applied for reconsidéra-

tion of him asylum case and he has informed us that his request will not be 

taken in to consideration". Or, la demande de révision/réexamen de 

A._______ n'a été adressée à l'autorité de première instance que le 27 août 

2013. Au 1er janvier 2013, le prénommé ne pouvait pas savoir que sa requête 

serait rejetée. Ainsi, l'attestation du 1er janvier 2013, manifestement antida-

tée, semble avoir été réalisée pour les seuls besoins de la cause. Enfin, rien 

ne démontre que les activités prétendument exercées en Suisse seraient 

connues des autorités éthiopiennes et seraient susceptibles d'entraîner 

pour lui des mesures de représailles. Ainsi, A._______ n'a pas rendu cré-

dible qu'il existerait pour lui un véritable risque concret et sérieux d'être 

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Page 12 

soumis en Ethiopie à des traitements inhumains ou dégradants au sens de 

l'art. 3 CEDH ou 3 Conv. torture. Dès lors, l'exécution du renvoi du recou-

rant en Ethiopie ne transgresse aucun engagement de la Suisse relevant 

du droit international, de sorte qu'elle s'avère licite (cf. art. 83 al. 3 LEtr). 

6.4 Selon l'art. 83 al. 4 LEtr, l'exécution de la décision peut ne pas être rai-

sonnablement exigée si le renvoi ou l'expulsion de l'étranger dans son pays 

d'origine ou de provenance le met concrètement en danger, par exemple 

en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou de nécessité 

médicale. Cette disposition s'applique en premier lieu aux "réfugiés de la 

violence", soit aux étrangers qui ne remplissent pas les conditions de la 

qualité de réfugié parce qu'ils ne sont pas personnellement persécutés, 

mais qui fuient des situations de guerre, de guerre civile ou de violence 

généralisée, et ensuite aux personnes pour qui un retour reviendrait à les 

mettre concrètement en danger, notamment parce qu'elles ne pourraient 

plus recevoir les soins dont elles ont besoin (ATAF 2011/50 consid. 8.1-

8.3). 

En l'espèce, l'exécution du renvoi de A._______ est également raisonna-

blement exigible (art. 83 al. 3 LEtr), dans la mesure où elle ne fait pas ap-

paraître une mise en danger concrète de l'intéressé. En effet, l'Ethiopie ne 

se trouve pas en proie à une guerre, une guerre civile ou une violence 

généralisée (cf. arrêt du TAF D-180/2013 du 12 février 2013, p. 7) et le seul 

fait d'avoir participé à une manifestation en Suisse ne rend pas son renvoi 

inexigible au sens de l'art. 83 al. 4 LEtr. Par ailleurs, le recourant, jeune, 

n'a fait état d'aucun problème de santé. Ainsi, il peut être exigé de lui qu'il 

surmonte les difficultés qui l'attendent dans sa réinstallation dans son pays.  

6.5 En considération de ce qui précède, les éléments nouveaux invoqués 

par le recourant, soit sa participation, le 17 septembre 2012 à une mani-

festation pacifique à Genève et son adhésion le 1er janvier 2013 à 

l'X._______, ne sont pas de nature à justifier le prononcé d'une mesure de 

remplacement se substituant à l'exécution du renvoi (admission provi-

soire). 

7.  

En définitive, il apparaît que A._______ n'a allégué, à l'appui de sa de-

mande de réexamen du 27 août 2013, aucun fait nouveau déterminant ni 

aucun changement notable de circonstances survenu postérieurement à 

l'arrêt du TAF du 14 août 2012, confirmant la décision de l'ODM du 23 fé-

vrier 2011, qui permettrait de considérer que son renvoi n'est pas possible, 

n'est pas licite ou ne peut être raisonnablement exigé et de prononcer son 

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Page 13 

admission provisoire en Suisse en application de l'art. 83 al. 3 et 4 LEtr.

  

En conséquence, le Tribunal est amené à conclure que la décision querel-

lée est conforme au droit (cf. art. 49 PA).  

(dispositif page suivante)  

 

 

  

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Page 14 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Les frais de procédure d'un montant de 1'200 francs sont mis à la charge 

du recourant. Ce montant est compensé par l'avance de frais versée le 5 

février 2014.  

3.  

Le présent arrêt est adressé : 

– au recourant, par l'intermédiaire de son conseil (Recommandé) 

– à l'autorité inférieure, avec dossier Symic 6154901.8 en retour 

– au Service des migrations du canton de Neuchâtel, en copie pour 

information, avec dossier cantonal en retour. 

 

Le président du collège : La greffière : 

  

Blaise Vuille Marie-Claire Sauterel 

 

 

Expédition :