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**Case Identifier:** 698bf4a2-c3b0-5844-a8b2-2ef16d2ca906
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-06-09
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 09.06.2020 C/15193/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-15193-2019_2020-06-09.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 26.06.2020. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/15193/2019 ACJC/793/2020 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU MARDI 9 JUIN 2020 

 

Entre 

Madame A______, domiciliée chemin ______, ______ [GE], appelante et intimée d'un 
jugement rendu par la  

5ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 28 janvier 2020, 

comparant par Me Philippe Girod, avocat, boulevard Georges-Favon 24, 1204 Genève, 

en l'étude duquel elle fait élection de domicile,  

et 

Monsieur B______, domicilié c/o Monsieur C______, rue _______, ______ [GE], 
intimé et appelant, comparant par Me Imed Abdelli, avocat, rue du Mont-Blanc 9, 1201 

Genève, en l'étude duquel il fait élection de domicile. 

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C/15193/2019 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/1624/2020 du 28 janvier 2020, reçu par les parties le  
29 janvier 2020, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures 

protectrices de l'union conjugale, a autorisé les époux B______ et A______ à 

vivre séparés (chiffre 1 du dispositif), attribué à cette dernière la jouissance 

exclusive du domicile conjugal (ch. 2), ainsi que la garde des enfants E______ et 

F______ (ch. 3), réservé à B______ un droit de visite sur ces derniers devant 

s'exercer, à défaut d'accord entre les parties, à raison d'un week-end sur deux et de 

la moitié des vacances scolaires, étant précisé qu'à défaut de logement adéquat 

pour accueillir les enfants ce droit de visite s'exerçait uniquement en journée (ch. 

4), ordonné la mise en place d'une curatelle d'organisation et de surveillance de ce 

droit de visite, transmis la cause au Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant 

pour la désignation d'un curateur, dit que les éventuels frais de curatelle seraient 

répartis par moitié entre les parties (ch. 5) et condamné B______ à verser à 

A______, par mois et d'avance, 550 fr. à titre de contribution à son entretien (ch. 

6). 

 Le Tribunal a arrêté les frais judiciaires à 200 fr., compensés avec l'avance de frais 

fournie par A______ et répartis par moitié entre les parties, condamné en 

conséquence B______ à verser 100 fr. à cette dernière (ch. 7), dit qu'il n'était pas 

alloué de dépens (ch. 8) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 9). 

B. a. Par acte du 10 février 2020, A______ appelle de ce jugement, dont elle sollicite 
l'annulation des chiffres 6 et 9 de son dispositif. Cela fait, elle conclut à la 

condamnation de B______ à lui verser, par mois et d'avance, 700 fr. pour son 

entretien et 500 fr. pour celui de chaque enfant, allocations familiales non 

comprises, ainsi qu'à la compensation des dépens.  

 b. Par acte du 10 février 2020, B______ appelle également de ce jugement, dont il 
sollicite l'annulation du chiffre 6 de son dispositif. Cela fait, il conclut à ce que la 

Cour dise qu'aucune contribution d'entretien n'est due à A______, sous suite de 

frais et dépens.  

 c. Dans leurs réponses respectives, les parties ont conclu au rejet de l'appel formé 
par l'autre. B______ a produit une pièce nouvelle, qui concerne sa situation 

financière actuelle.  

 d. Les parties ont répliqué et dupliqué sur chacun des appels, persistant dans leurs 
conclusions respectives. B______ a produit une pièce nouvelle, qui concerne les 

enfants.  

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C/15193/2019 

 e. Par avis du greffe de la Cour du 24 avril 2020, les parties ont été avisées de ce 
que la cause était gardée à juger. 

C. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure :  

 a. A______, née le ______ 1972, et  
B______, né le ______ 1978, se sont mariés le ______ 2010 à D______ (Tunisie).  

 Ils sont les parents de E______ et F______, tous deux nés à Genève, le  

______ 2014, respectivement le ______ 2017.  

 A______ est également la mère de deux filles majeures, nées d'une précédente 

union, soit G______, née le ______ 1995, et H______, née le  

______ 1999.  

 b. Après une première séparation, le Tribunal a, par jugement du 21 juin 2013 
rendu sur mesures protectrices de l'union conjugale, notamment débouté A______ 

de sa conclusion visant au paiement d'une contribution pour son entretien. 

 Les parties ont repris la vie commune à une date indéterminée.  

 c. Après une seconde séparation, le Tribunal a, par jugement du 5 août 2015 rendu 
sur mesures protectrices de l'union conjugale, notamment attribué la garde de 

E______ à A______, un droit de visite étant réservé au père à raison d'un week-

end sur deux, et donné acte à ce dernier de son engagement de verser 500 fr. par 

mois pour l'entretien de E______. 

 Dans le cadre de cette procédure, A______ a allégué percevoir une rente entière 

d'invalidité, en raison de problèmes psychologiques, d'arthrose et de surcharge 

pondérale. 

 Le Tribunal a arrêté la situation financière des parties en prenant en compte leurs 

charges incompressibles, composées des loyers, des primes d'assurance-maladie 

LAMal, des montants de base OP et des frais de transport limités à un 

abonnement TPG. A cet égard, le Tribunal a écarté les frais de véhicule des 

parties (parking, assurance et leasing), le caractère nécessaire de ceux-ci n'ayant 

pas été rendu vraisemblable.  

 Par arrêt ACJC/1578/2015 du 18 décembre 2015, la Cour a confirmé ce jugement, 

précisant que les charges des parties avaient été correctement établies, et a, au 

surplus, ordonné la mise en place d'une curatelle d'organisation et de surveillance 

du droit de visite octroyé au père.  

  

Les parties ont repris la vie commune à une date indéterminée.  

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C/15193/2019 

 d. Les parties se sont à nouveau séparées le 16 avril 2019, date à laquelle  
B______ a quitté le domicile conjugal.  

 Depuis leur séparation, B______ a versé 500 fr. par mois à titre de contribution à 

l'entretien de chaque enfant.  

 e. Par acte du 4 juillet 2019, A______ a requis le prononcé de mesures 
protectrices de l'union conjugale, par lesquelles elle a notamment conclu au 

versement de 700 fr. par mois pour son entretien et de 500 fr. par mois pour celui 

de chaque enfant.  

 Elle a allégué que B______ n'avait plus aucun contact avec ses enfants depuis la 

séparation, de sorte qu'elle s'en occupait seule. Elle était par conséquent dans un 

état d'épuisement et de souffrance psychologique.  

 f. Lors de l'audience du 18 novembre 2019, B______ a confirmé ne pas avoir eu 
de contact avec ses enfants, précisant qu'il souhaitait en avoir. Son logement 

actuel ne lui permettait pas d'accueillir ces derniers la nuit. Il proposait donc un 

droit de visite usuel à exercer en journée, un week-end sur deux et la moitié des 

vacances scolaires. Il était à la recherche d'un logement plus grand. Il a allégué 

utiliser son véhicule pour des besoins professionnels.  

 A______ a allégué avoir été absente de Genève avec les enfants du 26 juin au 9 

septembre 2019.  

 g. Dans sa réponse, B______ a notamment conclu à ce que le Tribunal lui donne 
acte de son engagement de verser 400 fr. par mois pour l'entretien de chaque 

enfant et dise que les parties ne se devaient aucune contribution d'entretien.  

 Il a allégué que A______ se rendait fréquemment en Tunisie, le privant ainsi de 
ses enfants. Les revenus de cette dernière étaient amplement suffisants pour 

couvrir ses charges mensuelles.  

 h. Lors de l'audience du 10 janvier 2020, A______ a allégué que les enfants 
n'avaient pas vu leur père depuis la dernière audience. Elle était d'accord pour que 

le droit de visite s'exerce comme proposé par le père.  

 B______ a allégué avoir tenté d'exercer son droit de visite, mais les dates 

proposées à la mère ne convenaient pas à celle-ci. Il ne bénéficiait pas de subsides 

de l'assurance-maladie.  

 Les parties ont plaidé et persisté dans leurs conclusions. 

 i. Le Tribunal a gardé la cause à juger le 14 janvier 2020.  

 

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C/15193/2019 

 j. La situation personnelle et financière des parties est la suivante :  

 j.a B______ est employé en qualité de réceptionniste et comptable par l'Hôtel  
K______ à Genève pour un revenu mensuel net de 4'476 fr. 75, 13

ème
 salaire 

compris.  

 Selon une attestation de son employeur du 28 mars 2020, B______ était au 

chômage partiel à partir du 23 mars 2020, en raison de la fermeture temporaire de 

l'hôtel liée à la pandémie actuelle, et ne recevait plus que 80% de son salaire 

"jusqu'à la réouverture de l'Hôtel et la reprise de son travail".  

 Il sous-loue une partie d'un appartement de 2,5 pièces pour un loyer de 1'100 fr. 

par mois.  

 Le Tribunal a retenu que ses charges mensuelles s'élevaient à 3'710 fr., 

comprenant son entretien de base selon les normes OP (1'200 fr.), un loyer 

hypothétique (arrêté à 1'800 fr., comme requis par B______, pour qu'il puisse 

accueillir ses enfants de manière adéquate), sa prime d'assurance-maladie LAMal 

(340 fr.) et ses frais de transport (370 fr., composés de 300 fr. de frais de leasing 

de l'ancienne voiture familiale et de 70 fr. d'abonnement TPG). 

 Il s'acquitte en outre d'une place de parking à hauteur de 250 fr. par mois.  

 j.b A______ est au bénéfice d'une rente entière d'invalidité de 1'515 fr. par mois, 
d'une rente 2ème pilier de 404 fr. 60 par mois et de prestations complémentaires. 

 Le Tribunal a retenu que ses charges mensuelles s'élevaient à 2'357 fr., 

comprenant son entretien de base selon les normes OP (1'350 fr.), son loyer (895 

fr., soit 70% de 1'278 fr., compte tenu du fait que trois enfants vivaient auprès 

d'elle), sa cotisation AVS (42 fr.) et ses frais de transport (70 fr.). 

 Elle s'acquitte en outre d'une place de parking à concurrence de 50 fr. par mois et 

de sa prime d'assurance-maladie LCA à hauteur de 42 fr. 15 par mois. 

 Sa fille majeure H______ vit auprès d'elle. En 2018/2019, H______ était inscrite 

auprès de l'école I______ pour y suivre l'année de préparation à la maturité 

professionnelle, dont les frais d'écolage se sont élevés à un total de 11'850 fr. 

A______ s'acquitte également de sa prime d'assurance-maladie de 409 fr. 90 par 

mois. B______ a allégué qu'actuellement H______ travaillait, ce que sa mère a 

contesté.  

 Sa fille majeure G______ est indépendante financièrement. A______ a allégué 

que celle-ci habitait auprès de son père, ce que  

B______ a contesté, soutenant qu'elle habitait auprès de sa mère.  

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 Il ressort de ses relevés bancaires que A______ a effectué, entre janvier et 

décembre 2018, des retraits en espèces pour des montants de 20'900 fr., 5'000 fr., 

4'800 fr. ou encore de 10'000 fr. à deux reprises.  

 j.c E______ est actuellement âgée de 5 ans et est scolarisée depuis la rentrée 
2019.  

 A teneur des pièces produites, ses frais médicaux non remboursés se sont élevés à 
41 fr. 05 en novembre 2019. Ses frais de restaurant scolaire se sont montés à 48 fr. 

pour six repas, en novembre 2019, et à 115 fr. 20 pour une prise en charge de 

quatre jours par semaine en décembre 2019. 

 Le Tribunal a retenu que ses besoins mensuels s'élevaient à 832 fr., comprenant 

son entretien de base selon les normes OP (400 fr.), une participation de 10% au 

loyer de sa mère (128 fr.), ses primes d'assurance-maladie LAMal, subside déduit, 

et  

LCA (67 fr.), ses frais médicaux non remboursés (3 fr.) et ses frais de cours 

d'anglais (180 fr.) et de natation (54 fr.).  

 A______ perçoit 547 fr. par mois à titre de rente pour enfant pour E______ et 300 

fr. par mois à titre d'allocations familiales.  

 j.d F______ est actuellement âgé de 3 ans.  

 A______ a allégué s'acquitter de 556 fr. 50 par mois à titre de frais de crèche pour 

F______. A cet égard, elle a produit des preuves de paiements de ce montant en 

mains de la Fondation en faveur de la jeunesse de J______  [GE] pour les mois 

d'octobre 2018, novembre 2018, mars 2019 et mai 2019. 

 Le Tribunal a retenu que ses besoins mensuels s'élevaient à 590 fr., comprenant 

son entretien de base selon les normes OP (400 fr.), une participation de 10% au 

loyer de sa mère (128 fr.) et ses primes d'assurance-maladie LAMal, subside 

déduit, et LCA (62 fr.). 

 A______ perçoit 547 fr. par mois à titre de rente pour enfant pour F______ et 400 

fr. par mois à titre d'allocations familiales. 

 j.e En appel, B______ a allégué qu'un calendrier avait été mis en place par le 
Service de protection des mineurs pour l'exercice de son droit de visite. Il avait 

par ailleurs pris en charge ses enfants en dehors dudit calendrier, A______ ayant 

été récemment contaminée par le Coronavirus. Cette dernière a, quant elle, 

persisté à alléguer que les enfants n'avaient pas revu leur père depuis la séparation 

des parties.  

EN DROIT 

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1. 1.1 L'appel est recevable contre les jugements de mesures protectrices, qui doivent 
être considérés comme des décisions provisionnelles au sens de l'art. 308 al. 1  

let. b CPC, lorsque l'affaire est de nature pécuniaire, si la valeur litigieuse au 

dernier état des conclusions devant le Tribunal atteint 10'000 fr. (art. 308 al. 2 

CPC). 

 En l'espèce, la cause porte sur les contributions d'entretien dues, qui, capitalisées 

selon l'art. 92 al. 2 CPC, sont supérieures à 10'000 fr. La voie de l'appel est dès 

lors ouverte. 

 1.2 Interjetés dans le délai utile de dix jours (art. 271 lit. a et 314 al. 1 CPC) et 
suivant la forme prescrite par la loi (art. 130, 131, 311 al. 1 CPC), les appels sont 

recevables. 

 Dirigés contre le même jugement et comportant des liens étroits, il se justifie de 

les joindre et de les traiter dans un seul arrêt (art. 125 CPC). 

 Par souci de simplification et pour respecter le rôle initial des parties en première 

instance, A______ sera désignée en qualité d'appelante et B______ en qualité 

d'intimé. 

2. La Cour revoit la cause avec un plein pouvoir d'examen en fait et en droit  
(art. 310 CPC). Les mesures provisionnelles étant soumises à la procédure 

sommaire, avec administration restreinte des moyens de preuve, la cognition du 

juge est toutefois limitée à la simple vraisemblance des faits et à un examen 

sommaire du droit (ATF 127 III 474 consid. 2b/bb; arrêt du Tribunal fédéral 

5A_442/2013 du 24 juillet 2013 consid. 2.1 et 5.1). 

 Les maximes d'office et inquisitoire illimitée s'appliquent pour les questions 
concernant l'enfant (art. 296 al. 3 CPC). La Cour n'est ainsi pas liée par les 

conclusions des parties (art. 296 al. 3 CPC). De plus, l'obligation du juge d'établir 

d'office les faits n'est pas sans limite. En effet, la maxime inquisitoire ne dispense 

pas les parties de collaborer activement à la procédure et d'étayer leurs propres 

thèses; il leur incombe de renseigner le juge sur les faits de la cause et de lui 

indiquer les moyens de preuve disponibles (ATF 128 III 411 consid. 3.2.1; arrêt 

du Tribunal fédéral 5A_808/2012 du 29 août 2013 consid. 4.3.2). 

 En revanche, la maxime de disposition est applicable s'agissant de la contribution 

d'entretien due à l'un des époux (ATF 129 III 417 précité; arrêts du Tribunal 

fédéral 5A_757/2013 du 14 juillet 2014 consid. 2.1 et 5A_574/2013 du 9 octobre 

2013). 

3. L'intimé a produit des pièces nouvelles devant la Cour.  

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 3.1 Selon l'art. 317 al. 1 CPC, les faits et les moyens de preuves nouveaux ne sont 
pris en considération en appel que s'ils sont invoqués ou produits sans retard (let. 

a) et s'ils ne pouvaient pas être invoqués ou produits devant la première instance 

bien que la partie qui s'en prévaut ait fait preuve de la diligence requise (let. b). 

 Cependant, lorsque le juge est saisi de questions relatives aux enfants dans les 

affaires de droit de la famille, les pièces nouvelles sont recevables même si les 

conditions de l'art. 317 al. 1 CPC ne sont pas réunies, eu égard à la maxime 

inquisitoire illimitée (ATF 144 III 349 consid. 4.2.1). 

 3.2 En l'espèce, les pièces nouvelles produites par l'intimé, ainsi que les faits qui 
s'y rapportent, sont recevables dans la mesure où ceux-ci concernent les enfants 

mineurs ou sa situation financière actuelle, laquelle est susceptible d'influencer la 

contribution d'entretien due à ces derniers. 

4. Le Tribunal a retenu que les charges des enfants étaient entièrement couvertes par 
les allocations familiales et les rentes perçues pour eux par leur mère, de sorte que 

l'intimé n'avait pas à contribuer à leur entretien. A cet égard, le Tribunal a écarté 

les frais de restaurant scolaire au motif que puisque l'appelante ne travaillait pas, 

elle pouvait s'occuper de E______ en dehors des heures scolaires. Le Tribunal a 

considéré que le disponible mensuel de l'intimé, soit 750 fr. (4'476 fr. 75 de 

revenu – 3'710 fr. de charges), devait être réduit de 160 fr. pour la prise en charge 
des enfants durant l'exercice du droit de visite. Son disponible était ainsi arrêté à 

590 fr., soit un montant suffisant pour couvrir le déficit mensuel de l'appelante de 

437 fr. 

(1'919 fr. 60 de revenu – 2'357 fr. de charges). L'excédent de 153 fr. devait être 
réparti entre les parties à raison des 3/4 pour l'appelante et d'1/4 pour l'intimé. Ce 

dernier était ainsi condamné à contribuer à l'entretien de l'appelante à hauteur de 

550 fr. par mois à compter du jugement entrepris, dès lors qu'il avait 

spontanément versé 1'000 fr. par mois pour l'entretien de la famille dès la 

séparation des parties.  

 L'appelante fait valoir que le Tribunal a mal apprécié les charges des parties, ainsi 

que celles des enfants. Il avait arrêté son budget de manière trop stricte, en 

comparaison de celui de l'appelant.  

 L'intimé soutient quant à lui que l'octroi d'une contribution d'entretien en faveur 

de l'appelante est abusif. Cette dernière bénéfice de revenus plus importants que 

ceux retenus par le premier juge, qui avait omis les prestations complémentaires et 

les revenus de ses filles majeures, qui vivent auprès d'elle. Par ailleurs, les critères 

applicables à l'octroi d'une pension post-divorce doivent, selon lui, s'appliquer, dès 

lors qu'il s'agit de la troisième séparation du couple. Enfin, il soulève que le 

Tribunal n'a pas pris en compte l'ensemble de ses charges mensuelles.  

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 4.1.1 A la requête des conjoints et si la suspension de la vie commune est fondée, 
le juge des mesures protectrices fixe la contribution pécuniaire à verser par l'une 

des parties à l'autre (art. 176 al. 1 ch. 1 CC) et ordonne les mesures nécessaires 

pour les enfants mineurs d'après les dispositions sur les effets de la filiation (art. 

176  

al. 3 CC). 

 4.1.2 Le principe et le montant de la contribution d'entretien due au conjoint selon 
l'art. 176 CC se déterminent en fonction des facultés économiques et des besoins 

respectifs des époux (ATF 121 I 97 consid. 3b; 118 II 376 consid. 20b). Même 

lorsqu'on ne peut plus sérieusement compter sur une reprise de la vie commune, 

l'art. 163 CC demeure la cause de l'obligation d'entretien réciproque des époux. 

Tant que dure le mariage, les époux doivent ainsi contribuer, chacun selon leurs 

facultés, aux frais supplémentaires engendrés par l'existence parallèle de deux 

ménages (ATF 140 III 337 consid. 4.2.1; 138 III 97 consid. 2.2; 137 III 385 

consid. 3.1). 

 4.1.3 L'art. 285 CC prévoit que la contribution d'entretien doit correspondre aux 
besoins de l'enfant ainsi qu'à la situation et aux ressources de ses père et mère; il 

est tenu compte de la fortune et des revenus de l'enfant (al. 1). La contribution 

d'entretien sert aussi à garantir la prise en charge de l'enfant par les parents et les 

tiers (al. 2). 

 En principe, la contribution de prise en charge est due à l'enfant qui a un besoin de 

prise en charge (arrêt du Tribunal fédéral 5A_931/2017 du 1
er

 novembre 2018 

consid. 3.2.2). Si cette prise en charge est assurée par l'un des parents, l'obligeant 

ainsi à réduire son activité professionnelle, la contribution de prise en charge doit 

permettre de garantir sa présence aux côtés de l'enfant. Cela nécessite de financer 

les frais de subsistance du parent qui s'occupe de l'enfant (Message du Conseil 

fédéral concernant la révision du Code civil suisse (entretien de l'enfant) du  

29 novembre 2013, FF 2014 p. 556; STOUDMANN, Le nouveau droit de l'entretien 

de l'enfant en pratique, RMA 2016, p. 429 et ss). 

 Les besoins de l'enfant doivent être répartis entre les père et mère en fonction de 

leurs capacités contributives respectives (ATF 120 II 285 consid. 3a/cc). Le fait 

qu'un parent apporte déjà une part de l'entretien en nature doit être pris en 

considération. La fourniture de prestations en nature reste un critère essentiel dans 

la détermination de l'entretien de l'enfant, en particulier lorsqu'il s'agit de savoir 

qui doit supporter son entretien en espèces (arrêts du Tribunal fédéral 

5A_584/2018 du 10 octobre 2018 consid. 4.3; 5A_119/2017 du 30 août 2017 

consid. 7.1; 5A_892/2013 du 19 juillet 2014 consid. 4.4.3).  

 4.1.4 Que ce soit pour la contribution en faveur du conjoint ou de l'enfant, la loi 
n'impose pas de méthode de calcul particulière. Sa fixation relève de l'appréciation 

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du juge, qui jouit d'un large pouvoir d'appréciation et applique les règles du droit 

et de l'équité (art. 4 CC; ATF 140 III 337 consid. 4.2.2; 128 III 161, cons. 2c/aa). 

 En présence de situations financières modestes ou moyennes, les charges de 

l'enfant et de ses parents se calculent en se fondant sur le minimum vital de base 

du droit des poursuites (art. 93 LP), élargi des dépenses incompressibles, tels que 

les frais de logement, les cotisations d'assurance-maladie obligatoire et les frais de 

transports publics (arrêt du Tribunal fédéral 5A_329/2016 du 6 décembre 2016 

consid. 4.1; BASTONS-BULLETTI, L'entretien après divorce : méthode de calcul, 

montant, durée et limites, in SJ 2007 II p. 77 ss, p. 84 ss et 101 ss). Si les 

conditions financières sont favorables, il est possible d'ajouter au minimum vital 

du droit des poursuites d'autres charges, comme les impôts, certaines primes 

d'assurances non obligatoires (RC privée, ménage, complémentaires d'assurance-

maladie), la part de frais médicaux non couverte par l'assurance de base pour 

autant que leur caractère régulier soit établi (BASTONS- BULLETTI, op. cit., p. 90, 

91 et 102).  

 Les frais de véhicule sont pris en considération uniquement s'ils sont nécessaires à 

l'exercice d'une profession ou indispensables pour un autre motif, tel un handicap 

(ATF 110 III 17 consid. 2b; ATF 108 III 60, in JdT 1984 II 130; arrêts du 

Tribunal fédéral 5A_65/2013 du 4 septembre 2013 consid. 3.1.2 et 5A_837/2010 

du  

11 février 2011 consid. 3.2; COLLAUD, Le minimum vital selon l'article 93 LP, in 

RFJ 2012, p. 299 ss, p. 317). Le loyer d'une place de parc peut également être pris 

en considération s'il est lié au bail principal (ACJC/1674/2019 du  

12 novembre 2019 consid. 4.1.3; ACJC/187/2016 du 12 février 2016 consid. 

3.3.3). 

 Les frais liés à l'exercice des relations personnelles sont en principe à la charge du 
parent ayant droit. Des circonstances particulières, tel qu'un éloignement 

géographique décidé par le parent gardien, peuvent justifier une répartition 

différente de ces frais entre les parents, à condition que cette solution apparaisse 

équitable sur le vu de la situation financière de chacun d'eux et qu'elle ne soit pas 

préjudiciable à l'enfant, qui verrait les moyens indispensables à son entretien 

affectés à la couverture des frais liés à l'exercice des relations personnelles (arrêts 

du Tribunal fédéral 5A_964/2018 du 26 juin 2019 consid. 3.2.4 et 5A_565/2016 

du 16 février 2017 consid. 6.1). 

 Seules les charges effectives, dont le débirentier ou le crédirentier s'acquitte 

réellement doivent être prises en compte (ATF 140 III 337 consid. 4.2.3, 121 III 

20 consid. 3a; arrêts du Tribunal fédéral 5A_65/2013 du 4 septembre 2013  

consid. 3.2.1 et 5A_860/2011 du 11 juin 2012 consid. 2.1). Dans certains cas, il 

est toutefois admissible de prendre en compte un loyer hypothétique raisonnable 

(arrêts du Tribunal fédéral 5A_905/2014 du 12 mai 2015 consid. 3.3 et 

- 11/18 - 

 

C/15193/2019 

5A_365/2014  

du 25 juillet 2014 consid. 3.1).  

 L'obligation d'entretien trouve sa limite dans la capacité contributive du 

débirentier, en ce sens que le minimum vital de celui-ci doit être préservé (ATF 

135 III 66 consid. 2, 123 III 1 consid. 3b/bb et consid. 5 in fine). 

 4.1.4 Pour déterminer la capacité contributive des parties, il faut prendre en 
considération en premier lieu le revenu effectif, mais aussi le revenu de 

substitution, dont font partie les prestations des assurances sociales et privées 

destinées à couvrir la perte de gain, passagère ou durable, liée à la réalisation des 

risques assurés (chômage, accident, maladie ou invalidité) (ATF 134 III 581 

consid. 3.4 = JdT 2009 I 267). En revanche, le revenu déterminant ne comprend ni 

l'assistance sociale ni les prestations complémentaires AVS/AI, car celles-ci sont 

subsidiaires aux contributions du droit de la famille (arrêts du Tribunal fédéral 

5A_128/2016 du  

22 août 2016 consid. 5.1.4.1 et 5A_158/2010 du 25 mars 2010 consid. 3.2). 

 4.1.5 Les allocations familiales doivent être retranchées du coût de l'enfant (arrêt 
du Tribunal fédéral 5A_511/2010 du 4 février 2011 consid. 3). De même que les 

rentes d'assurances sociales ou les autres prestations destinées à l'entretien de 

l'enfant qui reviennent par la suite au père ou à la mère en raison de son âge ou de 

son invalidité et en remplacement du revenu d'une activité (art. 285a al. 3 CC;  

ATF 137 III 59 consid. 4.2.3; 128 III 305 consid. 4b; arrêt du Tribunal fédéral 

5A_372/2016 du 18 novembre 2016 consid. 5.1.1). 

 4.2.1 En l'espèce, l'intimé perçoit un revenu mensuel net de 4'476 fr. 75. 

 Actuellement, il sous-loue une partie d'un appartement de 2,5 pièces, raison pour 

laquelle son droit de visite exclut les nuits. Dans ces circonstances, bien qu'il n'ait 

pas rendu vraisemblable ses recherches pour un logement plus grand, il n'est pas 

critiquable d'avoir retenu dans son budget un loyer hypothétique de 1'800 fr. par 

mois. Outre le fait que celui-ci est raisonnable, il est effectivement dans l'intérêt 

des enfants que l'intimé puisse pleinement exercer son droit de visite, afin de 

maintenir au mieux les relations personnelles entre eux, et les accueillir de 

manière adéquate. A cet égard, les déclarations contradictoires des parties ne 

permettent pas de retenir que l'intimé n'aurait plus revu ses enfants depuis la 

séparation des parties. En tous les cas, afin d'encourager l'exercice complet de son 

droit de visite, un loyer hypothétique de 1'800 fr. sera confirmé.  

 En revanche, les frais de leasing de son véhicule, ainsi que ceux afférents à la 

location d'une place de parking, ne seront pas pris en compte dans le calcul de ses 

charges incompressibles. En effet, l'intimé n'a pas rendu vraisemblable le 

caractère nécessaire de son véhicule pour ses déplacements professionnels ou pour 

un autre motif. Par ailleurs, compte tenu de la situation financière des parties, 

- 12/18 - 

 

C/15193/2019 

même si le contrat de leasing avait été conclu durant la vie commune pour la 

voiture familiale, les frais afférents ne seraient pas retenus, ceux-ci ne constituant 

pas une charge incompressible. Pour ce même motif, la charge fiscale de l'intimé, 

dont le montant n'a même pas été allégué, ne sera pas comptabilisée dans son 

budget.  

 Contrairement à ce que soutient l'appelante, aucun élément du dossier ne permet 

de retenir que l'intimé bénéficierait de subsides de l'assurance-maladie, de sorte 

que le montant de sa prime ne sera pas réduit.  

 Le Tribunal a déduit de son disponible mensuel un montant, non contesté en 

appel, de 160 fr. à titre de frais de prise en charge des enfants durant l'exercice de 

son droit de visite, ce qui n'est pas critiquable, conformément aux principes 

rappelé supra.  

 Les charges de l'intimé se montent ainsi à 3'570 fr. par mois, comprenant son 
entretien de base selon les normes OP (1'200 fr.), son loyer (1'800 fr.), sa prime 

d'assurance-maladie LAMal (340 fr.), ses frais de transport (70 fr.) et ses frais de 

prise en charge durant l'exercice de son droit de visite (160 fr.). 

 L'intimé dispose donc d'un solde mensuel de 906 fr. 75 par mois (4'476 fr. 75 – 
3'570 fr.). 

 4.2.2 Pour déterminer la capacité financière de l'appelante, seule ses rentes 
d'invalidité (1'515 fr.) et de 2ème pilier (404 fr. 60) seront retenues à titre de 

revenus de substitution au sens des principes rappelés supra. En effet, 

contrairement à ce que soutient l'intimé, les prestations complémentaires perçues 

en sus par l'appelante ne doivent pas être prises en compte, celles-ci étant 

subsidiaires aux contributions du droit de la famille. En outre, il n'y pas lieu de 

tenir compte des revenus de ses filles majeures pour établir sa situation financière.  

 L'appelante perçoit donc un revenu total de 1'919 fr. 60 par mois (1'515 fr. + 

404 fr. 60). 

 Au vu de la situation financière des parties, sa prime d'assurance-maladie LCA ne 

sera pas retenue dans ses charges mensuelles. En effet, le calcul de son budget 

doit se fonder sur le minimum vital du droit des poursuites, élargi uniquement des 

dépenses incompressibles, ce que la Cour avait déjà confirmé dans son arrêt 

ACJC/1578/2015 du 18 décembre 2015. Pour ce même motif, ses frais de parking 

ne seront pas retenus, d'autant plus qu'elle n'a pas rendu vraisemblable, ni même 

allégué, la nécessité d'utiliser un véhicule.  

 Il n'y a également pas lieu de comptabiliser les charges dont elle s'acquitte pour sa 

fille majeure H______ et ce, même si celle-ci vit auprès d'elle et n'est pas 

- 13/18 - 

 

C/15193/2019 

indépendante financièrement. En effet, l'intimé n'a pas à contribuer à l'entretien 

d'un enfant majeur qui n'est pas issu de l'union des parties.  

 Ses autres charges mensuelles, telles qu'arrêtées par le premier juge, ne sont pas 

remises en cause par les parties, de sorte qu'elles seront confirmées par la Cour.  

 Les charges de l'appelante s'élèvent ainsi à 2'357 fr. par mois, comprenant son 

entretien de base selon les normes OP (1'350 fr.), son loyer (895 fr.), sa cotisation 

AVS (42 fr.) et ses frais de transport (70 fr.). 

 Elle subit ainsi un déficit mensuel de 437 fr. 40 (1'919 fr. 60. – 2'357 fr.). 

 4.2.3 S'agissant des besoins de E______, l'appelante a établi que les frais 
médicaux non remboursés de celle-ci étaient de 41 fr. 05 pour le mois de 

novembre 2019. Cela étant, le caractère régulier de ceux-ci n'a pas été allégué, ni 

a fortiori rendu vraisemblable, de sorte qu'ils ne seront pas retenus.  

 Il est établi que E______ a fréquenté le restaurant scolaire en novembre et 

décembre 2019. Il s'agit donc de frais effectifs qui doivent être retenus dans le 

budget de l'enfant et ce, même si l'appelante ne travaille pas. Cette dernière 

perçoit une rente entière d'invalidité en raison de ses problèmes de santé, de sorte 

qu'il ne peut vraisemblablement pas être exigé d'elle de s'occuper à plein temps de 

deux enfants en bas âge. Les frais de restaurant scolaire seront arrêtés à 82 fr., 

correspondant à la moyenne desdits frais sur les deux mois précités [(115 fr. 20 + 

48 fr. / 2 mois)].  

 Les frais de crèche de F______ à hauteur de 556 fr. 50 seront également retenus 

dans le budget de l'enfant. Bien que les pièces produites à cet égard ne permettent 

pas de retenir avec certitude que les paiements effectués en mains de la Fondation 

en faveur de la jeunesse de J______ concernaient les frais de crèche de F______, 

elles établissent que les parties s'acquittaient de frais garde à hauteur de ce 

montant auprès de cette institution durant la vie commune, les paiements établis 

datant d'avant la séparation des parties.  

 Les autres besoins mensuels des enfants, tels qu'arrêtés par le Tribunal, ne sont 

pas contestés par les parties et correspondent aux pièces du dossier, de sorte qu'ils 

seront repris par la Cour. 

 Les besoins mensuels de E______ se montent ainsi à 911 fr., comprenant son 

entretien de base selon les normes OP (400 fr.), une participation de 10% au loyer 

de sa mère (128 fr.), sa prime d'assurance-maladie LAMal, subside déduit, et LCA 

(67 fr.), ses frais de restaurant scolaire (82 fr.) et ses frais de cours d'anglais (180 

fr.) et de natation (54 fr.). 

- 14/18 - 

 

C/15193/2019 

 Ceux de F______ s'élèvent à 1'146 fr. 50, comprenant son entretien de base selon 

les normes OP (400 fr.), une participation de 10% au loyer de sa mère (128 fr.), sa 

prime d'assurance-maladie LAMal, subside déduit, et LCA (62 fr.) et ses frais de 

crèche (556 fr. 50). 

 Après déduction de 300 fr. d'allocations familiales pour E______, respectivement 

de 400 fr. pour F______, et de 547 fr. de rentes pour chaque enfant, les besoins 

mensuels de E______ se montent à 64 fr. et ceux de F______ à 199 fr. 50. 

 4.2.4 Compte tenu du disponible mensuel de l'intimé de 906 fr. 75 en comparaison 
avec le déficit mensuel de l'appelante de 437 fr. 40 et le fait que cette dernière 

pourvoit essentiellement en nature à ses obligations d'entretien envers les enfants, 

dès lors qu'elle en a la garde, il incombe à l'intimé d'assurer financièrement l'entier 

de l'entretien de E______ et F______.  

Les contributions dues à l'entretien des enfants, allocations familiales non 

comprises, seront donc arrêtées, en équité, à 100 fr. par mois pour E______ et à 

200 fr. par mois pour F______.  

 Après le paiement de ces montants, le disponible de l'intimé est encore de 600 fr. 

par mois (montant arrondi), ce qui permet de couvrir l'entier du déficit mensuel de 

l'intimée de 437 fr. 40. Compte tenu de l'excédent de 163 fr. par mois à répartir 

ensuite entre les parties, la contribution due à l'entretien de l'appelante sera arrêtée 

en équité à 500 fr. par mois. 

 Contrairement à ce que soutient l'intimé, les retraits en espèces effectués sur le 

compte bancaire de l'appelante ne démontrent pas que celle-ci dispose 

actuellement de suffisamment de ressources financières pour subvenir à ses 

besoins, lesdits retraits ayant été effectués en 2018 durant la vie commune. En 

outre, il ne se justifie pas d'appliquer à ce stade les principes du clean break pour 

déterminer si elle a droit ou non à une pension. En vertu de son obligation 

d'entretien, il doit, sur mesures protectrices de l'union conjugale, continuer à 

contribuer à l'entretien de l'appelante, dont le budget est déficitaire. A cet égard, 

l'intimé a d'ailleurs expliqué que, durant la vie commune des parties, il assurait 

l'essentiel de l'entretien de la famille.  

En outre, depuis la séparation des parties, l'intimé s'est acquitté de 1'000 fr. par 

mois pour l'entretien des enfants, de sorte qu'il est mesure de verser les 

contributions d'entretien précitées totalisant 800 fr. par mois. Par ailleurs, dans ses 

conclusions de première instance, l'intimé s'était engagé à verser mensuellement 

ce montant pour l'entretien des enfants.  

4.2.5 Le dies a quo du versement de ces contributions d'entretien au prononcé du 
jugement entrepris, soit à partir du 1

er
 février 2020, n'est pas remis en cause en 

appel, de sorte qu'il sera confirmé.  

- 15/18 - 

 

C/15193/2019 

L'intimé a été mis au chômage partiel à partir du 23 mars 2020 en raison de la 

pandémie de Covid-19, l'hôtel dans lequel il travaille ayant temporairement fermé. 

En ne percevant plus que 80% de son salaire, soit 3'582 fr. (80% de 4'477 fr.), il 

n'est plus en mesure de verser les contributions d'entretien dues, compte tenu de 

ses charges mensuelles (3'570 fr.). Compte tenu de la cause de la fermeture de 

l'hôtel, il est vraisemblable que cet état de fait soit temporaire. La durée de cette 

fermeture peut être estimée, sous l'angle de la vraisemblance et compte tenu de 

l'évolution de la pandémie, à deux mois. L'intimé sera par conséquent libéré de 

son obligation de contribuer à l'entretien des enfants et de l'appelante pour les 

mois d'avril et mai 2020.  

Il sied de relever que, durant ces mois, les enfants n'ont pas fréquenté l'école ou la 

crèche, de sorte que leurs besoins ont été entièrement couverts par les allocations 

familiales et les rentes pour enfant perçues par l'appelante (847 fr. de revenus pour 

E______ pour 829 fr. de charges, soit une différence de 18 fr., et 947 fr. de 

revenus pour F______ pour 590 fr. de charges, soit une différence de 357 fr.). Le 

surplus de 375 fr. (357 fr. + 18 fr.) a ainsi pu servir à réduire le déficit mensuel de 

l'appelante, ramenant celui-ci à 62 fr. pour les mois d'avril et mai 2020.  

Partant, les chiffres 6 et 9 du dispositif du jugement entrepris seront annulés et il 

sera statué, à nouveau sur ces points, dans le sens qui précède.  

5. 5.1 Lorsque la Cour statue à nouveau, elle se prononce sur les frais fixés par le 
Tribunal de première instance (art. 318 al. 3 CPC). 

Les frais sont mis à la charge de la partie qui succombe (art. 95 et 106 al. 1 CPC). 

Lorsqu'aucune des parties n'obtient entièrement gain de cause, les frais sont 

répartis selon le sort de la cause (art. 106 al. 2 CPC). Le juge peut s'écarter des 

règles générales et répartir les frais selon sa libre appréciation, notamment lorsque 

le litige relève du droit de la famille (art. 107 al. 1 let. c CPC). 

Les parties ne critiquent ni la quotité ni la répartition des frais de première 

instance, laquelle apparaît au demeurant conforme au règlement fixant le tarif des 

frais en matière civile (RTFMC; E 1 05.10). Ces éléments seront donc confirmés. 

5.2 Les frais judiciaires des appels seront arrêtés à un total de 1'600 fr. (art. 31 et  
35 RTFMC). Compte tenu de la nature du litige, ils seront répartis à parts égales 

entre les parties et entièrement compensés avec les avances de frais de 800 fr. 

opérées par chacune d'elles, lesquelles demeurent acquises à l'Etat de Genève  

(art. 111 al. 1 CPC).  

Pour le surplus, chaque partie supportera ses propres dépens d'appel (art. 107 al. 1 

let. c CPC). 

- 16/18 - 

 

C/15193/2019 

* * * * * 

  

- 17/18 - 

 

C/15193/2019 

 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevables les appels interjetés le 10 février 2020 par A______ et par B______ 

contre le jugement JTPI/1624/2020 rendu le 28 janvier 2020 par le Tribunal de première 

instance dans la cause C/15193/2019-5. 

Au fond : 

Annule les chiffres 6 et 9 du dispositif de ce jugement et, statuant à nouveau : 

Condamne B______ à verser en mains de A______, par mois et d'avance, allocations 

familiales non comprises, 100 fr. à titre de contribution à l'entretien de E______, dès le 

1
er

 février 2020.  

Condamne B______ à verser en mains de A______, par mois et d'avance, allocations 

familiales non comprises, 200 fr. à titre de contribution à l'entretien de F______, dès le 

1
er

 février 2020. 

Condamne B______ à verser à A______, par mois et d'avance, 500 fr. à titre de 

contribution à son entretien, dès le 1
er

 février 2020. 

Dit que B______ est dispensé du versement des contributions précitées pour les mois 

d'avril et mai 2020.   

Confirme le jugement entrepris pour le surplus. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires des appels à 1'600 fr., les met à la charge des parties pour 

moitié chacune et dit qu'ils sont entièrement compensés par les avances fournies, qui 

demeurent acquises à l'Etat de Genève. 

 

 

 

- 18/18 - 

 

C/15193/2019 

Dit que chaque partie supporte ses propres dépens d'appel. 

Siégeant : 

Monsieur Laurent RIEBEN, président; Monsieur Patrick CHENAUX,  

Madame Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ, juges; Madame Sophie MARTINEZ, 

greffière. 

Le président : 

Laurent RIEBEN 

 La greffière : 

Sophie MARTINEZ 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 

30'000 fr. 

 

 

http://intrapj/perl/JmpLex/RS%20173.110