# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** ca9a6d86-e336-5451-9a5e-a76d7e7bbd83
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-12-11
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 11.12.2008 A/3736/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-3736-2008_2008-12-11.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET 

 

CANTON DE GENEVE 

 

POUVOIR JUDICIAIRE 
 

 

DCSO/539/08 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 

17 juin 2005 (LTF ; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Commission de 

surveillance des Offices des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance 

en matière de poursuite pour dettes et faillite (art. 56R al. 3 LOJ). Il doit être déposé devant le 

Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les dix jours qui suivent la notification de l'expédition 

complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2 let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière 

de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). Le recours doit être rédigé dans 

une langue officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens 

de preuve, et être signé (art. 42 LTF). 

DÉCISION 

DE LA COMMISSION DE SURVEILLANCE 
DES OFFICES DES POURSUITES ET DES FAILLITES 

SIÉGEANT EN SECTION 

DU JEUDI 11 DECEMBRE 2008 

Cause A/3736/2008, plainte 17 LP formée le 17 octobre 2008 par M. E______ et 
G______ SA, élisant domicile en l'étude de Me Christian FISCHELE, avocat à Genève. 

 

Décision communiquée à : 

- M. E______ 

domicile élu : Etude de Me Christian FISCHELE, avocat 
Rue du Clos 5-7 

 1207 Genève  
 

- G______ SA 

domicile élu : Etude de Me Christian FISCHELE, avocat 
Rue du Clos 5-7 

 1207 Genève  
 

- M. C______ 

domicile élu : Etude de Me François CANONICA, avocat 
Rue François-Bellot 2 

 1206 Genève  
 

- Office des poursuites 

 

 - 2 - 

 

E N   F A I T  

A. Le 8 septembre 2008, l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) a enregistré deux 

réquisitions de poursuites dirigées par M. C______ contre M. E______ et 

G______ SA, pris conjointement et solidairement, en recouvrement de 920'000 fr. 

plus intérêts à 5 % dès le 9 avril 2008, au titre d'indemnités pour acte illicite de la 

société, respectivement du prénommé, suite à la non-tenue d'engagement pris vis-

à-vis du créancier dans le cadre de la promotion "D______ à T______/France, 

selon porte-fort signé par le débiteur en date du 4 septembre 2006, sous réserve 

d'amplification.  

 Un commandement de payer, poursuite n° 08 xxxx64 B, a été notifié le 8 octobre 

2008 G______ SA. 

 Un commandement de payer, poursuite n° 08 xxxx63 C, a été notifié le 9 octobre 

2008 à M. E______. 

 Les deux poursuivis ont formé opposition. 

B. Par acte posté le 17 octobre 2008, G______ SA et M. E______ ont formé plainte 

contre ces notifications dont ils demandent l'annulation. A titre préalable, ils 

concluent à ce qu'il soit ordonné à M. C______ de produire l'avenant du 4 

septembre 2006 mentionné dans les poursuites considérées. En substance, les 

plaignants exposent qu'en dépit de leurs réitérées demandes M. C______ ne leur a 

pas transmis le porte-fort du 4 septembre 2008, que ce document est inexistant et 

qu'il y a erreur dans la mention du créancier, le prénommé n'ayant aucun lien avec 

la construction des villas à T______.  

 Dans son rapport du 3 novembre 2008, l'Office relève que les questions relatives à 

l'existence de la créance et à la qualité de créancier sont de la compétence 

exclusive du juge du fond sous réserve d'un abus de droit manifeste, lequel ne 

saurait être retenu en l'espèce. Il conclut au rejet de la plainte dans la mesure de sa 

recevabilité.   

 Par courrier du 11 novembre 2008, M. C______ a informé la Commission de 

céans qu'il donnait contrordre aux deux poursuites, si bien que la présente cause 

devenait sans objet. 

 Dans le délai qui leur avait été imparti, les plaignants ont répondu qu'ils 

maintenaient leur plainte et les conclusions y relatives, plus particulièrement celle 

consistant à ordonner à M. C______ la production de l'avenant du 4 septembre 

2008, l'abus de droit commis par ce dernier étant manifeste.  

  

 

 - 3 - 

  

 Il ressort des éditions des poursuites n
os

 08 xxxx63 C et 08 xxxx64 B que l'Office 

a enregistré leur retrait, par le créancier, en date du 13 novembre 2008. 

  

E N   D R O I T  

1. La Commission de céans est compétente pour connaître des plaintes dirigées 

contre des mesures prises par des organes de l’exécution forcée qui ne sont pas 

attaquables par la voie judiciaire ou des plaintes fondées sur un prétendu déni de 

justice ou retard injustifié (art. 17 LP ; art. 10 al. 1 et art. 11 al. 2 LaLP ; art. 56R 

al. 3 LOJ). 

 La notification d'un commandement de payer constitue un acte sujet à plainte.  

 Les plaignants, en tant que poursuivis, ont la qualité pour agir par cette voie. 

 Leur plainte a été déposée dans le délai (art. 17 al. 2 LP) et les formes prescrites 

(art. 13 al. 1, 2 et  5 LaLP ; art. 65 LPA). 

 Cela étant, sous réserve d'un abus de droit manifeste, il n'appartient ni aux offices 

des poursuites ni aux autorités de surveillance de décider si une prétention est 

exigée à bon droit ou non (ATF non publié 7B.219/2006 et 7B.220/2006 du 16 

avril 2007 consid. 3.3 ; ATF 115 III 21, SJ 1989 p. 400 consid. 3b ; ATF 113 III 

2, JdT 1989 II 120/121 consid. 2b ; ATF 112 III 48, JdT 1988 II 145 ss ;). La 

plainte ne peut donc jamais aboutir à un jugement sur le fond du droit qui fait 

l’objet de l’exécution forcée : un tel jugement relève exclusivement de la 

juridiction civile ou administrative (Pierre-Robert Gilliéron, Poursuite pour dettes, 

faillite et concordat, 4
ème

 éd., p. 43). Le débiteur qui entend contester la créance en 

poursuite doit agir par le biais de l'opposition et faire valoir ses griefs dans le 

cadre de la procédure de mainlevée, et le cas échéant dans le cadre d'une action en 

libération de dette, de l'annulation ou de la suspension de la poursuite (art. 85 et 

85a LP), voire, en dernier ressort, de l'action en répétition de l'indu (art. 86 LP), 

domaines qui relèvent tous de la compétence exclusive du juge ou des tribunaux 

ordinaires. 

 En l'espèce, il appert que les plaignant contestent l'existence même de la créance à 

leur encontre ainsi que la qualité de créancier du poursuivant.  

 Or, comme rappelé ci-dessus, il n'appartient pas à la Commission de céans de 

revoir la justification de cette créance. 

 Il s'ensuit que  la plainte doit être déclarée irrecevable.  

 

 - 4 - 

 Partant, il n'y a pas lieu de statuer sur la conclusion prise par les plaignants à titre 

préalable tendant à ce que le poursuivant produise le titre de sa prétendue créance. 

En tout état, il sied de rappeler que le refus de produire ses moyens de preuve n'a 

aucune conséquence directe pour le poursuivant - le juge pouvant cependant en 

tenir compte en statuant sur les frais de procès consécutifs (art. 73 al. 2 2
ème

 phr. 

LP ; BlSchK 1982 189) - et que ce seul fait ne permet pas démontrer l'existence 

d'un abus de droit, et donc de considérer la poursuite comme nulle (BlSchK 1994 

96). 

2. A titre superfétatoire, la Commission de céans relèvera que, même si la présente 

plainte devait être interprétée (cf. Pauline Erard, in CR-LP, ad art. 17 n° 33 ; 

Pierre-Robert Gilliéron, Commentaire, ad art. 18 n° 63 et ad art. 20a n° 71 in fine 

DCSO/578/2007 du 6 décembre 2007) comme tendant à ce que les poursuites 

considérées soient déclarées nulles, au motif qu'elles procéderaient d'un abus de 

droit, (ATF non publié dans les causes 7B.219/2006 et 7B.220/2006 du 16 avril 

2007, consid. 4.2 ; ATF 115 III 18 consid. 3b, SJ 1989 p. 400, JdT 1991 II 76 ; 

ATF 113 III 2 consid. 2b, JdT 1989 II 120 ; ATF 112 III 47 consid. 1, JdT 1988 II 

145 ; SJ 1987 p. 156), force serait de considérer qu'elle est devenue sans objet en 

cours de procédure. 

 Il ressort, en effet, de l'instruction de la cause que les poursuites litigieuses ont été 

retirées par le créancier. 

 Or, à l'instar des poursuites nulles ainsi que de celles qui ont été annulées sur 

plainte, les poursuites retirées par le créancier ne doivent pas être portées à la 

connaissance de tiers (art. 8a al. 3 let. a et c ; ATF 126 III 476, JdT 2000 80). 

L'exclusion de la consultation de ces poursuites constitue un équivalent à la 

radiation (cf. Message du Conseil fédéral concernant la révision de la LP du 8 mai 

1991, p. 39 ss), le droit fédéral - à part les art. 149a al. 3 et 265 al. 2 LP qui 

prévoient une véritable radiation, limitée toutefois au registre des actes de défaut 

de biens que les cantons peuvent tenir -  ne ménageant, en effet, aucune possibilité 

de radier l'inscription d'une poursuite dans les livres avant l'échéance prévue à 

l'art. 2 al. 2 OCDoc, lequel énonce que "les livres des poursuites, avec les registres 

des personnes qu'ils concernent, seront conservés pendant trente ans dès leur 

clôture". (ATF non publié du 19 septembre 2006 7B.88/2006 et les références 

citées).  

 Il s'ensuit que les données relatives aux poursuites n
os

 08 xxxx63 C et                 

08 xxxx64 B ne devront pas figurer sur les extraits du registre des poursuites que 

toute personne, pour autant qu'elle rende son intérêt vraisemblable, peut se faire 

délivrer (art. 8a al. 1 LP). 

  

* * * * * 

 

 - 5 - 

 

P A R   C E S   M O T I F S ,  

L A   C O M M I S S I O N   D E   S U R V E I L L A N C E    

S I É G E A N T   E N   S E C T I O N   :  

 

Déclare irrecevable la plainte formée le 17 octobre 2008 par M. E______ et              

G______ SA contre la notification des commandements de payer, poursuites               

n
os

 08 xxxx63 C et 08 xxxx64 B. 

 

 

 

 

Siégeant : Mme Ariane WEYENETH, présidente ; MM. Philipp GANZONI et 
Philippe VEILLARD, juges assesseurs.  

 

 

Au nom de la Commission de surveillance : 

 

Véronique PISCETTA      Ariane WEYENETH 

         Greffière :                        Présidente : 

 

 

 

 

 

La présente décision est communiquée par courrier A à l’Office concerné et par courrier 

recommandé aux autres parties par la greffière le