# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 85c60ee1-d311-5731-8f89-62e062d7fe84
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2014-02-07
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 07.02.2014 C-4606/2012
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_C-4606-2012_2014-02-07.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour III 

C-4606/2012 

 

 

  A r r ê t  d u  7  f é v r i e r  2 0 1 4  

Composition 

 
Jenny de Coulon Scuntaro (présidente du collège),  

Marianne Teuscher, Blaise Vuille, juges, 

Georges Fugner, greffier. 

 

 
 

Parties 

 
A._______, 

B._______, 

les deux représentées par Maître Sara Lopes, 

Etude Obrist & Lopes, Rue de l'Hôpital 11, 

Case postale 2251, 2001 Neuchâtel 1, 

recourantes,  

 
 

 
Contre 

 

 
Office fédéral des migrations (ODM), 

Quellenweg 6, 3003 Bern, 

autorité inférieure.  

 

Objet 

 
Refus de l'approbation à la prolongation de l'autorisation de 

séjour et renvoi. 

 

 

C-4606/2012 

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Faits : 

A.  

A._______, ressortissante dominicaine née en 1973, est arrivée en Suis-

se le 11 novembre 2002 pour y rejoindre D._______, un ressortissant 

suisse né en 1935, qu'elle avait épousé à St Domingue le 15 août 2002. 

Elle a alors été mise au bénéfice d'une autorisation de séjour par regrou-

pement familial, laquelle a été renouvelée jusqu'au 11 novembre 2007. 

A._______ a été rejointe en Suisse le 16 février 2005 par les deux en-

fants qu'elle avaient eus de précédentes relations en République domini-

caine, soit C._______, né en 1992, et B._______, née en 2001. 

B.  

Le 2 mars 2006, la Police cantonale neuchâteloise est intervenue au do-

micile de E._______, un ressortissant espagnol contre lequel C._______ 

avait proféré des menaces de mort. Interrogé par la police, E._______ a 

déclaré qu'il était depuis deux ans l'ami intime de A._______ et que celle-

ci venait parfois chez lui avec ses enfants pour y passer la nuit. Egale-

ment interrogé ce jour-là par la police, C._______ a déclaré que sa mère, 

sa sœur et lui-même étaient domiciliés chez E._______ depuis plus d'une 

année. 

C.  

Par courrier du 17 janvier 2007, A._______ et D._______ ont informé le 

Service des migrations du canton de Neuchâtel (ci-après: SMIG) qu'ils vi-

vaient séparés depuis le 1
er
 novembre 2006, mais qu'ils allaient reprendre 

prochainement la vie commune. Se fondant sur ces déclarations, le SMIG 

a renouvelé l'autorisation de séjour de A._______ jusqu'au 11 novembre 

2007. 

Le 9 novembre 2007, A._______ a sollicité la prolongation de son autori-

sation de séjour. 

D.  

Informé que les époux A._______-D._______ étaient à nouveau séparés, 

le SMIG a chargé la Police cantonale neuchâteloise, le 30 novembre 

2007, de procéder à l'audition des intéressés au sujet de leur situation 

matrimoniale. 

E.  

Lors de son audition du 10 janvier 2008 par la Gendarmerie de Neuchâ-

tel, A._______ a exposé qu'elle était toujours mariée à D._______, mais 

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que celui-ci avait quitté le domicile conjugal deux à trois semaines aupa-

ravant. Elle a expliqué qu'elle avait épousé le prénommé, en précisant "il 

est gentil et m'a toujours aidée". Interrogée sur ses faibles connaissances 

du français après plusieurs années de séjour en Suisse, la prénommée a 

déclaré avoir enfin pris des cours de français "l'année dernière". Elle a re-

levé au surplus qu'elle réalisait un revenu mensuel net de Fr. 1'200.- pour 

un emploi à 50%, qu'elle avait pour environ Fr. 10'000.- de poursuites et 

que les services sociaux lui payaient le loyer. 

F.  

Lors de son audition du 24 janvier 2008 par la Gendarmerie de Neuchâ-

tel, D._______ a déclaré qu'il était définitivement séparé de son épouse 

depuis le mois de novembre 2007 au motif que "cela n'allait plus avec ses 

enfants" et qu'il avait au demeurant appris que celle-ci était enceinte d'un 

autre homme. Il a ajouté qu'il n'avait pas pour autant l'intention de divor-

cer car "cela ne me rapporte rien et coûte cher". 

G.  

Le 30 juillet 2008, A._______ a donné naissance à un enfant prénommé 

F._______. 

H.  

Le 28 juin 2010, le SMIG a procédé à une nouvelle audition de 

D._______, au cours de laquelle celui-ci a déclaré ne pas être sûr d'être 

le père de F._______, mais indiqué n'avoir pas l'intention de faire un test 

ADN et vouloir considérer cet enfant comme son fils. 

I.  

Saisi par A._______ d'un recours pour déni de justice en raison de l'ab-

sence de décision du SMIG sur la demande de prolongation de l'autorisa-

tion de séjour de la prénommée, le Conseiller d'Etat chef du Département 

de l'Economie du canton de Neuchâtel l'a rejeté, par décision du 28 juin 

2011, décision contre laquelle la requérante a ensuite recouru auprès du 

Tribunal cantonal neuchâtelois. 

J.  

Par décision du 6 décembre 2011, le SMIG a refusé l'octroi d'une autori-

sation d'établissement à A._______ et à sa fille B._______, mais a pro-

longé leurs autorisations de séjour, à la condition que A._______ mette 

tout en œuvre pour conserver l'indépendance financière partielle qu'elle 

avait acquise et qu'elle cherche une activité lucrative complémentaire. Le 

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SMIG a par ailleurs informé la requérante que sa décision était soumise à 

l'approbation de l'Office fédéral des migrations (ci-après: ODM). 

K.  

Le 14 mai 2012, l'ODM a informé A._______ qu'il envisageait de refuser 

de donner son approbation à la prolongation de son autorisation de sé-

jour, ainsi que celle de sa fille B._______, et de prononcer leur renvoi de 

Suisse, tout en donnant à l'intéressée l'occasion de faire part de ses dé-

terminations avant le prononcé d'une décision. 

L.  

Dans les observations qu'elle a adressées à l'ODM le 15 juin 2012, par 

l'entremise de sa mandataire, A._______ a relevé qu'elle séjournait de-

puis près de dix ans en Suisse et que son intégration pouvait être consi-

dérée comme réussie, nonobstant le fait qu'elle n'avait pas réussi à y ac-

quérir son indépendance financière. Elle s'est prévalue de l'art. 50 de la 

loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers (LEtr, RS 142.20), 

ainsi que de l'art. 8 de la Convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde 

des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CEDH, RS 0.101), 

eu égard à la nationalité suisse de son fils F._______. Elle a par ailleurs 

sollicité l'octroi de "l'assistance judiciaire et administrative" totale. 

M.  

Le 4 juillet 2012, l'ODM a rendu à l'endroit de A._______ et de sa fille 

B._______ une décision de refus d'approbation à la prolongation de leurs 

autorisations de séjour et de renvoi de Suisse. Dans la motivation de sa 

décision, l'autorité intimée a considéré en substance que, nonobstant la 

durée de son séjour en Suisse, A._______ n'y avait pas réussi son inté-

gration socioprofessionnelle, n'y avait travaillé qu'à temps partiel et y 

avait bénéficié, depuis le 7 novembre 2007, de prestations d'assistance 

pour un montant supérieur à Fr.100'000.-. L'autorité inférieure a relevé 

par ailleurs que sa fille B._______ n'avait pas encore atteint en Suisse un 

niveau scolaire tel qu'elle ne puisse plus poursuivre sa formation en Ré-

publique dominicaine. L'ODM a exposé enfin que l'enfant F._______, au-

quel la requérante avait donné naissance le 30 juillet 2008, était certes de 

nationalité suisse, mais que plusieurs éléments du dossier faisaient dou-

ter que D._______ en fut réellement le père biologique et que, dans ces 

circonstances, l'intérêt privé de la requérante et de son fils à demeurer en 

Suisse ne l'emportaient pas sur l'intérêt public à une politique migratoire 

restrictive. 

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Page 5 

Dans sa décision, l'ODM a également rejeté la demande d'assistance ju-

diciaire de la requérante, en considérant que le droit d'être entendu qui lui 

avait été accordé le 14 mai 2012 ne présentait pas un contenu qui n'était 

pas à sa portée. 

N.  

Agissant par l'entremise de sa mandataire, A._______ a recouru contre 

cette décision le 5 septembre 2012 auprès du Tribunal administratif fédé-

ral (ci-après: le Tribunal), en concluant à son annulation, à l'approbation 

de la prolongation des autorisations de séjour, pour elle et sa fille 

B._______ et à l'octroi de "l'assistance judiciaire et administrative totale". 

La recourante a repris l'argumentation précédemment développée devant 

l'autorité de première instance, en soulignant en particulier la nationalité 

suisse de son fils F._______, les relations que celui-ci entretenait avec 

D._______ et les difficultés auxquelles cet enfant serait exposé s'il devait 

grandir en République dominicaine. S'agissant de la question de l'assis-

tance judiciaire, elle a allégué que, compte tenu de la complexité du dos-

sier, elle ne disposait pas de connaissances de français suffisantes pour 

défendre ses intérêts et que l'ODM avait violé le droit fédéral en lui refu-

sant l'assistance d'un avocat d'office.  

Par décision du 24 octobre 2012, le Tribunal a accordé à A._______ l'as-

sistance judiciaire totale pour la procédure de recours. 

O.  

Appelé à se prononcer sur le recours, l'ODM en a proposé le rejet. Dans 

sa réponse du 26 novembre 2012, l'autorité inférieure a renvoyé aux 

considérants de sa décision du 4 juillet 2012. 

P.  

Dans sa réplique du 17 décembre 2012, la recourante s'est référée aux 

moyens précédemment invoqués. 

Q.  

Le 8 mai 2013, A._______ a encore versé au dossier ses fiches de salai-

res pour les mois de janvier à mars 2013 et produit en copie son nouveau 

contrat de travail du 28 février 2013 avec l'entreprise G._______ à Genè-

ve. 

 

Droit : 

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Page 6 

1.  

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 de la loi fédérale du 

17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32), le Tri-

bunal administratif fédéral (ci-après: le Tribunal ou le TAF), en vertu de 

l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 

de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative 

(PA, RS 172.021) prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. 

En particulier, les décisions en matière de refus d'approbation à la pro-

longation d'une autorisation de séjour et de renvoi de Suisse prononcées 

par l'ODM – lequel constitue une unité de l'administration fédérale telle 

que définie à l'art. 33 let. d LTAF – sont susceptibles de recours au TAF 

(cf. art. 1 al. 2 LTAF). 

1.2 A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant le 

TAF est régie par la PA (art. 37 LTAF). 

Agissant en son nom et en celui de sa fille B._______, A._______ a quali-

té pour recourir (art. 48 PA). Présenté dans la forme et les délais prescrits 

par la loi, son recours est recevable (art. 50 et art. 52 PA). 

2. 

La recourante peut invoquer devant le Tribunal la violation du droit fédé-

ral, y compris l'excès ou l'abus du pouvoir d'appréciation, la constatation 

inexacte ou incomplète des faits pertinents ainsi que l'inopportunité de la 

décision entreprise, sauf lorsqu'une autorité cantonale a statué comme 

autorité de recours (cf. art. 49 PA). L'autorité de recours n'est pas liée par 

les motifs invoqués à l'appui du recours (cf. art. 62 al. 4 PA), ni par les 

considérants de la décision attaquée (cf. ANDRÉ MOSER, MICHEL BEUSCH, 

LORENZ KNEUBÜHLER, Prozessieren vor dem Bundesverwaltungsgericht, 

Handbücher für die Anwaltspraxis, Tome X, Bâle 2013, ch. 3.197). Aussi 

peut-elle admettre ou rejeter le pourvoi pour d'autres motifs que ceux in-

voqués. Dans son arrêt, elle prend en considération l'état de fait existant 

au moment où elle statue (cf. ATAF 2012/21 consid. 5.1 et 2011/43 

consid. 6.1). 

3. 

3.1 L'entrée en vigueur, le 1
er

 janvier 2008, de la LEtr a entraîné l'abroga-

tion de la loi fédérale du 26 mars 1931 sur le séjour et l'établissement des 

étrangers (LSEE de 1931, RS 1 113), conformément à l'art. 125 LEtr, en 

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relation avec le chiffre I de son annexe 2, ainsi que celle de certaines or-

donnances d'exécution (cf. art. 91 de l'ordonnance du 24 octobre 2007 

relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative 

[OASA, RS 142.201]), tels notamment le règlement d'exécution du 1
er
 

mars 1949 de la loi fédérale sur le séjour et l'établissement des étrangers 

(RSEE, RO 1949 I 232), l'ordonnance du 6 octobre 1986 limitant le 

nombre des étrangers (OLE de 1986, RO 1986 1791) et l'ordonnance du 

20 avril 1983 sur la procédure d’approbation en droit des étrangers (ci-

après: OPADE de 1983, RO 1983 535). 

3.2 En l'espèce, la demande (de prolongation de l'autorisation de séjour) 

objet de la présente procédure a été déposée par A._______ le 9 novem-

bre 2007, soit avant l'entrée en vigueur de la LEtr, alors que la décision 

de refus d'approbation et de renvoi a été rendue par l'ODM 4 juillet 2012, 

soit après l'entrée en vigueur de la LEtr. 

En vertu de la réglementation transitoire prévue par l'art. 126 al. 1 LEtr, 

l'ancien droit demeure applicable, au plan matériel, s'agissant de la ques-

tion de la prolongation de l'autorisation de séjour (cf. ATAF 2008/1 con-

sid. 2 p. 2ss); en revanche, s'agissant du renvoi et de l'existence d'éven-

tuels obstacles à l'exécution de cette mesure, la LEtr est applicable, puis-

que cette procédure (prononcé du renvoi de Suisse par l'ODM) a été ou-

verte après l'entrée en vigueur de la LEtr (cf. à cet égard la jurisprudence 

récente du Tribunal administratif fédéral, notamment l'arrêt C-4682/2011 

du 12 septembre 2012 et les références citées). La présente cause est 

par ailleurs régie par le nouveau droit de procédure, conformément à l'art. 

126 al. 2 LEtr. 

4. 

4.1 Selon l'art. 99 LEtr, le Conseil fédéral détermine les cas dans lesquels 

les autorisations de courte durée, de séjour ou d'établissement, ainsi que 

les décisions préalables des autorités cantonales du marché du travail 

sont soumises à l'approbation de l'ODM. Celui-ci peut refuser son appro-

bation ou limiter la portée de la décision cantonale (cf. art. 40 al. 1 LEtr). 

L'ODM a la compétence d'approuver l'octroi et le renouvellement des au-

torisations de séjour et de courte durée, ainsi que l'octroi de l'éta-

blissement, lorsqu'il estime qu'une procédure d'approbation est néces-

saire pour certaines catégories de personnes afin d'assurer une pratique 

uniforme de la loi ou lorsqu'une procédure d'approbation se révèle indis-

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pensable dans un cas d'espèce. Il peut refuser son approbation ou l'as-

sortir de conditions (art. 85 al. 1 let. a et b et art. 86 al. 1 OASA). 

Au plan formel, l'art. 86 al. 2 let. a et c OASA prévoit que l'ODM refuse 

d'approuver l'octroi de l'autorisation initiale et le renouvellement notam-

ment lorsque les conditions d'admission ne sont plus remplies. 

4.2 En l'espèce, la compétence décisionnelle appartient à la Confédéra-

tion en vertu des règles de procédure précitées (cf. également ch. 1.3.1.1 

et 1.3.1.4. let. e des Directives et commentaires de l'ODM, en ligne sur 

son site > Documentation > Bases légales > > Directives et circulaires > 

Domaine des étrangers, version du 25 octobre 2013, consultées en jan-

vier 2014). Il s'ensuit que ni le Tribunal administratif fédéral, ni l'ODM, ne 

sont liés par la décision du SMIG du 6 décembre 2011 de prolonger l'au-

torisation de séjour de A._______ et de sa fille B._______ et peuvent par-

faitement s'écarter de l'appréciation faite par cette autorité. 

5. 

5.1 Tout étranger a le droit de résider sur le territoire suisse s'il est au bé-

néfice d'une autorisation de séjour ou d'établissement, ... ou si, selon la 

présente loi, il n'a pas besoin d'une telle autorisation (art. 1a LSEE). 

5.2 L'autorité statue librement dans le cadre des prescriptions légales et 

des traités avec l'étranger sur l'octroi de l'autorisation de séjour ou d'éta-

blissement (art. 4 LSEE). Cette liberté demeure entière quelles que soient 

les dispositions prises par le requérant (art. 8 al. 2 RSEE). 

Lorsqu'elles sont appelées à statuer en matière d'autorisations, les autori-

tés doivent tenir compte des intérêts moraux et économiques du pays, 

ainsi que du degré de surpopulation étrangère (cf. art. 16 al. 1 LSEE et 

art. 8 al. 1 RSEE), et veiller à maintenir un rapport équilibré entre l'effectif 

de la population suisse et celui de la population étrangère résidante (cf. 

art. 1 let. a OLE), objectif resté au demeurant inchangé dans le cadre de 

la nouvelle législation sur les étrangers (cf. notamment en ce sens Mes-

sage du Conseil fédéral concernant la loi sur les étrangers du 8 mars 

2002, in FF 2002 p. 3480 ch. 1.1.3; voir également art. 3 al. 3 LEtr). 

5.3 L'étranger n'a en principe pas un droit à la délivrance d'une autorisa-

tion de séjour ou d'établissement, à moins qu'il ne puisse se prévaloir 

d'une disposition particulière du droit fédéral ou d'un traité lui conférant un 

tel droit (ATF 135 II 1 consid. 1.1 et jurisprudence citée). 

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A teneur de l'art. 7 al. 1 LSEE, le conjoint étranger d'un ressortissant 

suisse a droit à l'octroi et à la prolongation de l'autorisation de séjour 

(1ère phrase). Il a droit à l'autorisation d'établissement après un séjour 

régulier et ininterrompu de cinq ans (2ème phrase). 

6. 

6.1 En l'espèce, A._______ a contracté mariage avec D._______, ressor-

tissant suisse, le 15 août 2002 à St Domingue, puis est venue rejoindre 

son mari en Suisse le 11 novembre 2002. Séparés une première fois en 

2006, les époux A._______-D._______ se sont définitivement quittés le 

1
er

 novembre 2007, date à laquelle D._______ a pris un nouveau domi-

cile. 

Bien que le mariage des époux A._______-D._______ ait duré au-delà du 

délai de cinq ans prévu à l'art. 7 al. 1 2
ème

 phrase LSEE, la recourante ne 

remplit pas les conditions d'octroi d'une autorisation d'établissement, 

comme l'a d'ailleurs constaté le SMIG dans sa décision du 6 décembre 

2011. En effet, d'après la jurisprudence, le fait d'invoquer l'art. 7 al. 1 

LSEE peut être constitutif d'un abus de droit lorsque le conjoint étranger 

invoque un mariage n'existant plus que formellement dans le seul but 

d'obtenir une autorisation de séjour, car ce but n'est pas protégé par l'art. 

7 al. 1 LSEE (ATF 128 II 145 consid. 2 et 3 ; 127 II 49 consid. 5a; arrêt du 

Tribunal administratif fédéral C-523/2006 du 24 juillet 2008 consid. 4.2.1 

et jurisprudence citée). Le mariage n'existe plus que formellement lorsque 

l'union conjugale est rompue définitivement, c'est-à-dire lorsqu'il n'y a plus 

d'espoir de réconciliation; les causes et les motifs de la rupture ne jouent 

pas de rôle (ATF 131 II 265 consid. 4.2; ATF 130 II 113 consid. 4.2 et ju-

risprudence citée). Commet également un abus de droit le recourant qui 

se prévaut d'un mariage qui n'existait plus que formellement avant l'écou-

lement du délai de cinq ans (ATF 121 II 97 consid. 4c.) 

Les époux A._______-D._______ se sont séparés le 1
er
 novembre 2007, 

soit après moins de cinq ans de vie commune et cette séparation s'est 

révélée être définitive. 

En conséquence, la recourante ne peut, depuis lors, prétendre, ni à la 

prolongation de son autorisation de séjour en application de l'art. 7 al. 1 

1
ère

 phrase LSEE, ni à l'octroi d'une autorisation d'établissement en appli-

cation de l'art. 7 al. 1 2
ème

 phrase LSEE. 

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Page 10 

La question de la poursuite de son séjour en Suisse doit ainsi être exami-

née sur la base de la réglementation ordinaire de police des étrangers, en 

relation avec l'ensemble des circonstances du cas d'espèce. En effet, 

lorsqu'un étranger ne peut plus se prévaloir d'un droit à la délivrance 

d'une autorisation de séjour, l'autorité peut également examiner si son in-

tégration est si particulière qu'elle justifierait, malgré tout, la poursuite de 

son séjour sur territoire helvétique. 

6.2 Dans ce contexte, l'ODM a précisé, dans ses directives relatives à la 

LSEE - qui ont été abrogées suite à l'entrée en vigueur de la LEtr, mais 

auxquelles il convient de se référer dans la mesure où l'ancien droit est 

applicable en l'espèce (cf. consid. 3.2 supra) - que dans certains cas, no-

tamment pour éviter des situations d'extrême rigueur, l'autorisation de sé-

jour pouvait être renouvelée après la dissolution du mariage ou de la 

communauté conjugale. Les circonstances suivantes sont alors détermi-

nantes : la durée du séjour, les liens personnels avec la Suisse, la situa-

tion professionnelle, la situation économique et sur le marché du travail, 

le comportement et le degré d'intégration et les circonstances qui ont 

conduit à la dissolution du lien matrimonial (cf. arrêt du Tribunal adminis-

tratif fédéral C-567/2006 du 22 juin 2008 consid. 7.2 et jurisprudence ci-

tée), ce qui a d'ailleurs été expressément prévu par le nouveau droit (cf. 

notamment en ce sens Message, FF 2002 p. 3512; voir également art. 50 

LEtr). 

Ces critères d'appréciation sont ainsi applicables à la recourante, dès lors 

que celle-ci a été autorisée à séjourner en Suisse en vertu des disposi-

tions régissant le regroupement familial. Il convient donc de déterminer si 

c'est à bon droit que l'autorité intimée a refusé, en vertu de son libre pou-

voir d'appréciation (art. 4 LSEE) et en tenant compte des intérêts moraux 

et économiques du pays ainsi que du degré de surpopulation étrangère 

(art. 16 LSEE), de donner son aval à la poursuite de son séjour en 

Suisse. 

6.3 Conformément à l'art. 16 LSEE, lorsqu'elles délivrent une autorisation 

de séjour, les autorités doivent procéder à une pondération des intérêts 

publics et privés en présence. 

En ce qui concerne l'intérêt public, il faut retenir que la Suisse mène une 

politique restrictive en matière de séjour des étrangers pour assurer un 

rapport équilibré entre l'effectif de la population suisse et celui de la popu-

lation étrangère résidante, ainsi que pour améliorer la situation du marché 

C-4606/2012 

Page 11 

du travail et assurer un équilibre optimal en matière d'emploi (cf. art. 16 

LSEE et art. 1 OLE). 

S'agissant de l'intérêt privé, il y a lieu d'examiner si l'on peut exiger d'un 

étranger, qui a régulièrement résidé en ce pays durant son mariage, qu'il 

quitte la Suisse. L'ODM a précisé à ce propos au chiffre 654 des direc-

tives précitées que, dans certains cas, notamment pour éviter des situa-

tions d'extrême rigueur, l'autorisation de séjour peut être renouvelée. 

Pour trancher cette question, l'autorité ne doit pas statuer en fonction des 

convenances personnelles de l'intéressé, mais prendre objectivement en 

considération sa situation personnelle et l'ensemble des circonstances. 

7. 

7.1 En l'espèce, le Tribunal constate que A._______ réside en Suisse de 

manière ininterrompue depuis le 11 novembre 2002 et peut donc se pré-

valoir d'un séjour d'une certaine durée dans ce pays. Il n'apparaît toute-

fois pas qu'elle s'y soit créé des attaches sociales et professionnelles à 

ce point profondes et durables qu'il ne puisse plus être exigé d'elle qu'elle 

se réadapte aux conditions de vie de son pays d'origine. 

7.2 Il convient d'abord de relever que l'autorisation de séjour que les au-

torités cantonales ont délivrée à la recourante à la suite de son mariage 

avec un ressortissant suisse est arrivée à échéance le 11 novembre 

2007. Depuis lors, celle-ci ne réside en Suisse que dans le cadre de la 

procédure ayant trait à la prolongation de son titre de séjour et la durée 

de son séjour en territoire helvétique doit ainsi être relativisée. 

7.3 L'examen du dossier amène par ailleurs à constater que A._______ 

ne peut guère se prévaloir d'une intégration particulière en Suisse. Sur le 

plan professionnel, la recourante n'y a exercé que des emplois à temps 

partiel, n'a pas réussi à y assurer son indépendance financière et y a per-

çu des prestations d'assistance pour un montant considérable (soit plus 

de Fr. 100'000.-). 

Il convient de remarquer en outre que A._______ n'a pas démontré s'être 

créé des attaches particulières avec son environnement social. Ses 

connaissances du français sont par ailleurs limitées, si l'on se réfère aux 

constatations faites à ce sujet en procédure cantonale. 

Dans ces circonstances, et compte tenu de l'ensemble des faits perti-

nents de la cause (soit en particulier l'inaptitude de la recourante à assu-

C-4606/2012 

Page 12 

mer son indépendance financière en Suisse), le Tribunal est amené à 

considérer que l'ODM a estimé à bon droit que celle-ci n'y avait pas ac-

compli un processus d'intégration suffisant à justifier la prolongation de 

son autorisation de séjour dans ce pays en application des art. 4 et 16 

LSEE. 

Le Tribunal peut toutefois se dispenser d'examiner cette question de ma-

nière plus approfondie, dès lors que le recours doit être admis pour 

d'autres motifs, qui seront exposés au considérant 8 ci-après. 

8. 

8.1 La recourante a en effet également fondé son argumentation sur la 

présence en Suisse de son fils F._______, de nationalité suisse, pour 

prétendre à l'octroi d'une autorisation de séjour en vertu de l'art. 8 CEDH. 

8.2 La CEDH ne garantit pas le droit de séjourner dans un Etat partie à 

ladite convention. Elle ne confère ni le droit d'entrer dans un Etat déter-

miné, ni le droit de choisir le lieu apparemment le plus adéquat pour la vie 

familiale. L'art. 8 par. 1 CEDH n'est a priori pas violé si le membre de la 

famille jouissant d'un droit de présence en Suisse peut quitter ce pays 

sans difficultés avec l'étranger auquel une autorisation de séjour a été re-

fusée. En revanche, si le départ du membre de la famille pouvant rester 

en Suisse ne peut être exigé sans autre, il convient de procéder à la pe-

sée des intérêts prévue par l'art. 8 par. 2 CEDH (cf. ATF 137 I 247 consid. 

4.1.1 p. 249, ATF 135 I 153 consid. 2.1 p. 154s., et la jurisprudence citée; 

arrêt du TF 2C_505/2009 du 29 mars 2010 [partiellement publié in: ATF 

136 I 285] consid. 5.1). 

Le droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l'art. 8 par. 1 

CEDH n'est pas absolu. Une ingérence dans l'exercice de ce droit est 

possible, selon l'art. 8 par. 2 CEDH, pour autant qu'elle soit prévue par la 

loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, 

est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être 

économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infrac-

tions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protec-

tion des droits et libertés d'autrui. L'application d'une politique migratoire 

restrictive (qui vise à assurer un rapport équilibré entre l'effectif de la po-

pulation suisse et celui de la population étrangère résidante, à améliorer 

la situation du marché du travail et à garantir un équilibre optimal en ma-

tière d'emploi) répond à un intérêt public légitime sous l'angle de l'art. 8 

par. 2 CEDH. La question de savoir si, dans un cas d'espèce, les autori-

C-4606/2012 

Page 13 

tés de police des étrangers sont tenues d'accorder une autorisation de 

séjour fondée sur l'art. 8 CEDH doit être résolue sur la base d'une pesée 

de tous les intérêts privés et publics en présence, en tenant compte de 

l'ensemble des circonstances (cf. ATF 137 I précité consid. 4.1 p. 249s.,  

ATF 135 I 153 précité consid. 2.1 p. 154s., ATF 135 I 143 précité consid. 

2.1 et 2.2 p. 147, et la jurisprudence citée). 

8.3 Le Tribunal fédéral s'est déjà prononcé sur le droit de séjour en 

Suisse du parent étranger ayant l'autorité parentale et le droit de garde 

sur son enfant suisse, fondé sur la protection de la relation parent/enfant 

garantie par l'art. 8 CEDH ("regroupement familial inversé", "umgekehrter 

Familiennachzug"). Initialement, il considérait qu'on pouvait en règle gé-

nérale attendre d'un enfant suisse, en particulier s'il était en bas âge (res-

pectivement à un âge où il pouvait facilement s'adapter à un nouvel envi-

ronnement), qu'il suive à l'étranger le parent détenteur de l'autorité paren-

tale et de la garde auquel une autorisation de séjour avait été refusée, 

dont il partageait le sort (cf. ATF 135 I 143 précité consid. 2.2 p. 147, ATF 

127 II 60 consid. 2a p. 67, ATF 122 II 289 consid. 3c p. 298, et la jurispru-

dence citée). Il a toutefois ultérieurement relativisé cette jurisprudence, en 

soulignant la nécessité de tenir davantage compte des droits découlant 

de la nationalité suisse de l'enfant (en particulier des art. 11, 24 et 25 al. 1 

de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 

[Cst., RS 101]) et de la Convention relative aux droits de l'enfant (en par-

ticulier des art. 3 al. 1, 10 al. 1 et 16 al. 1 CDE), tout en rappelant que l'on 

ne pouvait déduire de ces dispositions une prétention directe à l'obtention 

d'une autorisation de séjour (cf. ATF 135 I 153 précité consid. 2.2.2 p. 

156s.; cf. également ATF 137 I précité consid. 4.2.1 p. 250, ATF 136 

I précité consid. 5.2 p. 287 et ATF 135 I 143 précité consid. 2.3 p. 148). Il 

a également relevé que le fait que les conditions de vie et d'éducation 

soient meilleures en Suisse ne constituait pas, à lui seul, un motif suffi-

sant pour empêcher un jeune enfant de suivre sa mère - en tant que dé-

tentrice de l'autorité parentale et du droit de garde - à l'étranger (cf. ATF 

136 I précité consid. 5.3 p. 288, et la jurisprudence citée). 

Selon la jurisprudence récente du Tribunal fédéral, pour que l'on puisse 

contraindre un enfant suisse à suivre le parent détenteur de l'autorité pa-

rentale et du droit de garde à l'étranger, il faut en principe non seulement 

que son départ paraisse exigible, mais encore qu'il existe des motifs 

d'ordre et de sécurité publics pouvant justifier cette conséquence. L'inté-

rêt public à mener une politique migratoire restrictive n'est généralement 

pas suffisant pour justifier cette conséquence. Si rien ne fait apparaître le 

parent étranger détenteur de l'autorité parentale et de la garde comme 

C-4606/2012 

Page 14 

indésirable en Suisse et en l'absence d'indices d'un comportement abusif 

de sa part en vue d'obtenir une autorisation de séjour, il y a en règle gé-

nérale lieu d'admettre que l'on ne peut attendre de l'enfant suisse qu'il 

suive son parent à l'étranger et que, dans le cadre de la pesée des inté-

rêts selon l'art. 8 par. 2 CEDH, l'intérêt privé de l'enfant à demeurer en 

Suisse l'emporte en principe sur l'intérêt de la Suisse à mener une politi-

que migratoire restrictive (cf. ATF 137 I précité consid. 4.2.1 et 4.2.2 

p. 250s., ATF 135 I 153 consid. 2.2.4 p. 158).  

Selon la Haute Cour, seule une atteinte d'une certaine gravité à l'ordre et 

à la sécurité publics peut généralement l'emporter sur l'intérêt privé de 

l'enfant suisse à pouvoir grandir dans sa patrie avec le parent étranger 

détenteur de l'autorité parentale qui en a la garde. Des infractions en rela-

tion étroite avec l'illégalité du séjour en Suisse, réprimées par les disposi-

tions pénales du droit des étrangers (soit le droit pénal administratif), n'at-

teignent en principe pas le degré de gravité requis (cf. ATF 136 I 285 con-

sid. 5.2 et 5.3 p. 287ss). L'interdiction de l'abus de droit peut également 

constituer une restriction d'ordre éthique à l'exercice d'un droit, pourtant 

formellement reconnu par l'ordre juridique. Il y a abus de droit notamment 

lorsqu'une institution juridique est utilisée à l'encontre de son but pour 

réaliser des intérêts que cette institution juridique ne veut pas protéger, 

étant précisé que seul l'abus manifeste peut être pris en considération 

("Nur stossendes, zweckwidriges Verhalten […] soll über das Rechtsmiss-

brauchsverbot sanktioniert werden."). La construction d'un édifice de 

mensonges, les fausses déclarations ou le recours à un acte juridique du 

droit de la famille (une reconnaissance, une adoption ou un mariage) vi-

sant à éluder la législation sur les étrangers (tel un mariage fictif ou de 

complaisance) représentent des comportements abusifs susceptibles de 

justifier le refus d'une autorisation de séjour au parent étranger ayant l'au-

torité parentale et le droit de garde sur un enfant suisse. La Haute Cour a 

toutefois précisé qu'il convenait aussi en présence d'un comportement 

abusif de tenir compte de manière objective et sans schématisme de l'in-

térêt de l'enfant de nationalité suisse, lequel devait être mis en balance 

avec l'intérêt public à combattre l'abus de droit. Certes, le fait pour un 

étranger de se marier ou d'établir un lien de parenté dans le seul but 

d'entrer ou de séjourner en Suisse ne mérite aucune protection (constitu-

tionnelle ou conventionnelle), ce que le législateur a clairement exprimé 

dans l'intervalle en amendant le Code civil (cf. art. 97a, art. 98 al. 4, 

art. 99 al. 4 et art. 105 ch. 4 du Code civil suisse du 10 décembre 1907 

[CC, RS 210], en relation avec l'art. 106 al. 1 et l'art. 109 al. 3 CC). Toute-

fois, dans le cadre de la pesée des intérêts, de simples soupçons ou in-

dices tendant à penser que le parent étranger détenteur de l'autorité pa-

C-4606/2012 

Page 15 

rentale et de la garde pourrait avoir tenté d'obtenir un titre de séjour de 

manière abusive ("unerhärtete Hinweise dafür, dass der ausländische El-

ternteil versucht haben könnte, ein Anwesenheitsrecht zu erwirken", res-

pectivement "ein bloss mutmasslich missbräuchliches Verhalten") ne sau-

raient généralement suffire, à eux seuls, à prévaloir sur l'intérêt de l'enfant 

suisse à pouvoir demeurer dans sa patrie. Dans ces cas également, des 

motifs supplémentaires, relevant notamment de l'ordre et de la sécurité 

publics, doivent être donnés pour justifier les graves conséquences liées 

à un départ de Suisse. Par ailleurs, il y a lieu de tenir compte de la possi-

bilité pour le parent suisse vivant sur le territoire helvétique d'exercer le 

droit de visite qui lui a été conféré (cf. ATF 137 I précité consid. 5.1.1 à 

5.1.3 p. 252ss). Enfin, le fait que le parent étranger détenteur de l'autorité 

parentale et de la garde dépende de façon continue et dans une large 

mesure de l'aide sociale et que cette situation ne semble pas devoir évo-

luer favorablement peut également constituer un motif conduisant à lui re-

fuser une autorisation de séjour (cf. ATF 137 I précité consid. 5.2.5 p. 

256, et la jurisprudence citée). 

8.4 Dans la présente cause, plusieurs éléments du dossier (soit notam-

ment les déclarations successives de D._______, ainsi que les déposi-

tions de E._______ et de C._______ concernant la communauté conju-

gale des époux A._______-D._______ et les relations entretenues par la 

recourante avec E._______) donnent certes à penser que l'enfant 

F._______ n'est probablement pas le fils biologique de D._______. Il ap-

paraît toutefois que celui-ci a expressément déclaré ne pas vouloir faire 

de test ADN (et implicitement vouloir renoncer à une éventuelle action en 

désaveu de paternité), tout en exprimant clairement sa volonté de consi-

dérer F._______ comme son fils, nonobstant ses propres doutes au sujet 

de sa paternité sur cet enfant. 

Dans ces circonstances et en l'état du dossier, F._______ est titulaire de 

la nationalité suisse qu'il a acquise à sa naissance (cf. art 1 al. 1 let. a de 

la loi sur la nationalité du 29 septembre 1952 [LN, RS 141.0]). Cela signi-

fie que A._______, laquelle entretient une relation étroite et effective avec 

son fils, peut se prévaloir du droit au respect de la vie familiale garanti par 

l'art. 8 par. 1 CEDH en raison de ses liens familiaux avec une personne 

bénéficiant d'un droit de présence assuré en Suisse (cf. ATF 135 I 143 

consid. 1.3 p. 145s., ATF 130 II précité consid. 3.1 p. 285s., et les réfé-

rences citées; ATAF 2007/45 consid. 5.3 p. 591s., et la jurisprudence ci-

tée).  

C-4606/2012 

Page 16 

Dans la mesure où F._______ a la citoyenneté helvétique, il convient par 

ailleurs d'admettre que son départ de Suisse, malgré son jeune âge, ne 

peut être exigé sans autre, de sorte qu'il s'impose de procéder à la pesée 

des intérêts prévue par l'art. 8 par. 2 CEDH, en tenant compte de l'en-

semble des circonstances et en prêtant une attention particulière à l'inté-

rêt bien compris de l'enfant (cf. consid. 8.3 supra, et la jurisprudence ci-

tée). 

8.5 Selon la jurisprudence constante, cette pesée des intérêts suppose 

que soient pris en considération tous les intérêts privés et publics en pré-

sence (cf. ATF 137 I précité consid. 4.1.1 p. 249, ATF 135 I 143 précité 

consid. 2.1 p. 147, ATF 135 I 143 précité consid. 2.1 p. 147, et la jurispru-

dence citée: "[…] Abwägung der sich gegenüberstehenden individuellen 

Interessen an der Erteilung der Bewilligung einerseits und der öffentlichen 

Interessen an deren Verweigerung andererseits"). Constituent des inté-

rêts publics légitimes sous l'angle de l'art. 8 par. 2 CEDH notamment l'in-

térêt au maintien de la sécurité et de l'ordre publics et l'intérêt à appliquer 

une politique migratoire restrictive (cf. consid. 6.3.1 supra, et la jurispru-

dence citée), qui comprend également l'intérêt à combattre les abus dans 

le domaine du droit des étrangers (cf. Message du Conseil fédéral con-

cernant la loi sur les étrangers du 8 mars 2002, FF 2002 3469, spéc. 

p. 3472 in fine, p. 3474, p. 3480 in initio). Ces intérêts publics doivent être 

mis en balance avec les intérêts privés de toutes les personnes visées 

par la mesure étatique d'éloignement portant atteinte à leur vie familiale. 

Selon la jurisprudence constante, cette pesée des intérêts doit en outre 

tenir compte de l'ensemble des circonstances entourant la cause (cf. ATF 

135 I 153 précité consid. 2.1 p. 155, et la jurisprudence citée: "[…] Inte-

ressenabwägung, welche sämtlichen Umständen umfassend Rechnung 

trägt"), par quoi il faut entendre notamment la durée du séjour en Suisse, 

l'intégration sociale et professionnelle, la situation financière, l'âge et le 

degré de scolarisation des enfants, les attaches familiales en Suisse et à 

l'étranger, l'état de santé et les possibilités de réintégration dans l'Etat de 

provenance. Si les parents ne sont pas mariés et/ou ne font pas ménage 

commun, des éléments supplémentaires doivent être pris en compte, tels 

le lieu de séjour du parent détenteur du droit de visite, la question de sa-

voir si ce droit de visite est véritablement exercé et, le cas échéant, la 

possibilité pour ce parent et pour l'enfant de poursuivre leur relation. En 

outre, dans la mesure où il est question de renvoyer de Suisse un enfant 

bénéficiant de la citoyenneté helvétique, l'intérêt bien compris de l'enfant 

suisse constituera un élément central à prendre en considération dans le 

cadre de la pondération des intérêts. 

C-4606/2012 

Page 17 

8.6 S'agissant de l'intérêt de la recourante (de nationalité dominicaine) à 

pouvoir poursuivre son séjour sur le territoire helvétique, il convient de 

rappeler qu'elle réside certes depuis plus de dix ans dans ce pays, mais 

que son intégration sociale et professionnelle y est limitée et qu'elle n'est 

pas parvenue à y assurer son indépendance financière au point d'accu-

muler une dette d'assistance d'un montant considérable. 

Aussi, au regard de l'ensemble des circonstances, il convient d'admettre 

que l'intérêt public à l'éloignement de la recourante de Suisse l'emporte 

sur son intérêt privé à pouvoir y poursuivre son séjour, même si celle-ci 

n'a pas commis d'atteintes à la sécurité et à l'ordre publics, d'une part, et 

si le comportement qu'elle a adopté en vue d'obtenir un titre de séjour 

dans ce pays (par un mariage avec un ressortissant suisse de 38 ans son 

aîné) n'est pas à proprement parler constitutif d'un abus de droit tel que 

défini par la jurisprudence, d'autre part (sur ces questions, cf. consid. 8.7 

infra). 

8.7 S'agissant de l'enfant F._______, le Tribunal se doit de constater que 

celui-ci est de nationalité suisse par sa naissance, bien qu'il n'apparaisse 

pas établi, faute de procédure introduite à ce sujet, qu'il soit réellement le 

fils biologique de D._______. 

Il n'en demeure pas moins que, selon la jurisprudence du Tribunal fédé-

ral, il convient d'éviter qu'un enfant bénéficiant de la citoyenneté helvé-

tique - qui a la possibilité de revenir en tout temps en Suisse à sa majorité 

- ne soit contraint de quitter ce pays sans motifs sérieux ("ohne gewich-

tige Gründe"), au regard des problèmes de réintégration relativement im-

portants auxquels il pourrait se trouver confronté à son retour (cf. ATF 137 

I précité consid. 5.1.3 p. 254).  

Or, dans le cadre de la présente cause, aucun motif sérieux - tel que dé-

fini par la jurisprudence de la Haute Cour - ne commande de contraindre 

F._______ de suivre sa mère (en tant que détentrice de l'autorité paren-

tale et de la garde) à l'étranger. En effet, selon la jurisprudence du Tribu-

nal fédéral, seul un comportement constitutif d'un abus manifeste -

 constaté par exemple dans le cadre d'une procédure civile ou administra-

tive au terme d'un examen approfondi - peut être retenu sous l'angle de 

l'abus de droit (cf. ATF 137 I précité consid. 5.2.3 p. 255, et la jurispru-

dence citée). Or, en l'espèce, il est certes permis de penser, au regard du 

comportement adopté par la recourante (soit son mariage avec un ressor-

tissant suisse de 38 ans son aîné, puis la conception d'un enfant dans ce 

pays, que ce soit avec son époux ou avec un tiers qui n'a pas reconnu sa 

C-4606/2012 

Page 18 

paternité), que celle-ci a cherché par tous les moyens à imposer sa pré-

sence en Suisse. Cette appréciation doit toutefois être nuancée, du mo-

ment qu'aucun élément du dossier ne permet de remettre clairement en 

cause la réalité de la communauté conjugale que la recourante a formée 

avec D._______. En tout état de cause, dite appréciation n'est fondée 

que sur des indices; or, de simples indices ne sauraient généralement 

primer sur l'intérêt de l'enfant suisse à pouvoir demeurer sur le territoire 

helvétique, selon la jurisprudence du TF (cf. consid. 8.3 supra).  

La présente cause peut en l'occurrence être rapprochée de celle, présen-

tant certains aspects plus abusifs, à la base de l'ATF 137 I précité (con-

sid. 5.2.1 à 5.2.5 p. 254ss), où le Tribunal fédéral avait considéré que 

l'enfant de nationalité suisse avait un intérêt prépondérant à pouvoir 

poursuivre son séjour sur le territoire helvétique avec sa mère étrangère 

(qui en avait la garde) en dépit du fait que l'intéressée avait été condam-

née à plusieurs reprises (pour entrées et séjours sans autorisation et pour 

exercice illégal de la prostitution) et se trouvait à la charge de l'assistance 

publique, et malgré l'existence de sérieux indices permettant de penser 

qu'elle avait conclu un mariage fictif ou de complaisance ("Scheinehe") 

avec un ressortissant suisse de plus de 20 ans son aîné et qui n'était pas 

le père de l'enfant, la vie commune des époux sur le territoire helvétique 

n'ayant duré que quelques semaines. 

L'argumentation développée par la Haute Cour dans l'arrêt susmentionné 

s'applique donc à plus forte raison dans le cas présent. 

Aussi, en considération de la jurisprudence développée par le Tribunal 

fédéral, qu'il est tenu de respecter, le Tribunal est amené à conclure que 

l'intérêt privé de F._______ à pouvoir poursuivre son séjour en Suisse 

aux côtés de sa mère A._______ doit être jugé prépondérant dans le 

cadre de la pesée des intérêts privés et publics en présence. 

En conséquence, la nationalité suisse de son fils F._______ justifie la pro-

longation de l'autorisation de séjour de la recourante. Il en est de même 

de sa fille B._______, actuellement âgée de 12 ans et qui suit naturelle-

ment le sort de la recourante dans la présente procédure. 

9. 

9.1 Dans sa décision du 4 juillet 2012, l'ODM a refusé de mettre 

A._______ au bénéfice de l'assistance judiciaire, en considérant que la 

procédure d'octroi d'une autorisation de séjour qu'elle avait introduite ne 

C-4606/2012 

Page 19 

contenait pas de questions de fait ou de droit d'une telle complexité 

qu'elles auraient nécessité l'assistance d'un avocat. 

9.2 Conformément à l'art. 65 al 1 et al. 2 PA, la partie qui ne dispose pas 

de ressources suffisantes et dont les conclusions ne paraissent pas 

d’emblée vouées à l’échec est, à sa demande, dispensée par l'autorité 

compétente de payer les frais de procédure et l'autorité lui attribue en ou-

tre un avocat, si la sauvegarde de ses droits le requiert. 

Bien que ces dispositions figurent dans la PA au chapitre relatif à la pro-

cédure de recours, elles sont applicables non seulement en procédure 

contentieuse, mais également en procédure non contentieuse, dès lors 

que le droit à l'assistance judiciaire est un droit constitutionnel  (cf art. 29 

al. 3 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 

1999 [CF, RS 101]; MARTIN KAYSER, in: Auer/Müller/Schindler (Hrsg.), 

Kommentar zum Bundesgesetz über das Verwaltungsverfahren (VwVG), 

Zürich 2008, Rz. 2 zu Art. 65; MARCEL MAILLARD, in: Praxiskommentar 

VwVG, Waldmann/Weissenberger (Hrsg.), Zürich 2009, Art. 65 N 4; cf. 

également arrêt du Tribunal administratif fédéral A-3535/2010 du 14 juillet 

2010 consid. 3). Les conditions posées par le Tribunal fédéral à l'attribu-

tion d'un avocat d'office en procédure non contentieuse sont également 

applicables aux procédures de première instance devant les autorités fé-

dérales, qui sont régies par la PA, et donc également aux procédures in-

troduites auprès de l'ODM (cf. arrêt du Tribunal administratif fédéral C-

4017/2012 du 15 juillet 2013 consid. 3.1 et la jurisprudence citée). 

9.3  Dans la présente cause, l'ODM n'a pas contesté que la recourante 

ne disposait pas de ressources suffisantes et n'a pas considéré que ses 

conclusions étaient vouées à l'échec. L'autorité inférieure a toutefois es-

timé que le droit d'être entendu qu'elle avait accordé à la recourante le 14 

mai 2012 ne présentait pas un contenu qui nécessitait l'assistance d'un 

avocat d'office, motif pour lequel elle a rejeté sa demande d'assistance 

judiciaire. 

C'est ici le lieu de rappeler que la nécessité de l'attribution d'un avocat 

d'office doit être examinée en relation avec les particularités du cas d'es-

pèce, soit notamment la complexité juridique de la cause, ainsi que les 

éléments personnels de la partie, tels que son âge, sa situation sociale, 

ses connaissances linguistiques ou son état physique ou psychique (cf à 

cet égard l'arrêt du Tribunal administratif fédéral C-4017/2012 précité, 

consid. 3.2). 

C-4606/2012 

Page 20 

Or, dans le cas d'espèce, l'examen du dossier amène le Tribunal à cons-

tater que, malgré la durée de son séjour en Suisse, les connaissances 

linguistiques et le niveau de formation de la recourante apparaissent in-

suffisants à lui permettre de défendre de manière adéquate ses intérêts 

dans une procédure relative au règlement de ses conditions de séjour en 

Suisse. Aussi le Tribunal est-il amené à conclure que c'est à tort que 

l'ODM lui a refusé l'attribution d'un avocat d'office pour la procédure de 

première instance ayant abouti à la décision attaquée. 

10. 

Le recours doit en conséquence être admis, tant en ce qui concerne le re-

fus d'approbation à la prolongation de l'autorisation de séjour de 

A._______ et de sa fille B._______, que le rejet de la demande d'assis-

tance judiciaire pour la procédure devant l'ODM. 

L'autorité inférieure est invitée à approuver la prolongation des autorisa-

tions de séjour de A._______ et de sa fille B._______ et à prendre en 

charge les frais d'assistance du défenseur des prénommées pour la pro-

cédure de première instance. Ceux-ci sont fixés ex aequo et bono à Fr. 

800.-. 

Obtenant gain de cause, les recourantes n'ont pas à supporter de frais de 

procédure (cf. art. 63 al. 1 phr. 1 a contrario PA), pas plus que l'autorité 

inférieure qui succombe (cf. art. 63 al. 2 PA). 

Il convient par ailleurs d'allouer aux intéressées une indemnité équitable à 

titre de dépens pour les frais "indispensables" et relativement élevés oc-

casionnés par la procédure de recours (cf. art. 64 al. 1 PA). Conformé-

ment à l'art. 14 du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dé-

pens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 

173.320.2), le Tribunal, à défaut de décompte, fixe cette indemnité sur la 

base du dossier (cf. arrêt du TF 2C_422/2011 du 9 janvier 2012 

consid. 2). Au regard de l'ensemble des circonstances, notamment de 

l'importance et du degré de complexité de la cause, respectivement du 

temps nécessaire à la défense des intérêts des recourantes (qui étaient 

déjà défendues par la même mandataire dans le cadre de la procédure 

de première instance) et du tarif applicable in casu, l'indemnité à titre de 

dépens est fixée ex aequo et bono à un montant global de Fr. 1'200.-, dé-

bours et TVA compris (cf. art. 8 à 11 FITAF).  

 

C-4606/2012 

Page 21 

dispositif page suivante 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

C-4606/2012 

Page 22 

1.  

Le recours est admis. 

2.  

L'ODM est invité à approuver la prolongation des autorisations de séjour 

de A._______ et de B._______. 

3.  

L'ODM s'acquittera d'un montant de Fr. 800.- pour les frais liés à la dé-

fense des recourantes en première instance.  

4.  

Il n'est pas perçu de frais. 

5.  

Il est alloué aux recourantes Fr. 1'200.- à titre de dépens, à la charge de 

l'autorité inférieure. 

6.  

Le présent arrêt est adressé : 

– aux recourantes (Acte judiciaire) 

– à l'autorité inférieure, dossiers Symic 4186692.6 + 5341966.3 en 

retour) 

– au Service des migrations du canton de Neuchâtel (annexe: dossier 

NE 164 715 en retour). 

 

L'indication des voies de droit se trouve à la page suivante. 

 

La présidente du collège : Le greffier : 

  

Jenny de Coulon Scuntaro Georges Fugner 

 

 

 

C-4606/2012 

Page 23 

Indication des voies de droit : 

Le présent arrêt peut être attaqué devant le Tribunal fédéral, 

1000 Lausanne 14, par la voie du recours en matière de droit public, dans 

les trente jours qui suivent la notification (art. 82 ss, 90 ss et 100 de la loi 

fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]). Le 

mémoire doit être rédigé dans une langue officielle, indiquer les 

conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. L'arrêt 

attaqué et les moyens de preuve doivent être joints au mémoire, pour 

autant qu'ils soient en mains du recourant (art. 42 LTF). 

 

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