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**Case Identifier:** bb3c44e3-6ec5-528f-b324-8a2a7ac1a048
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour d'appel civile 14
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_002_14-----------_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

JL20.031762-211950

 14

 

 

cour
d’appel CIVILE

_____________________________

Arrêt du
17 janvier 2022

_______________________

Composition
:               Mme             
Giroud
Walther, présidente

             
              M.             
Hack et Mme Cherpillod, juges

Greffière
:              Mme             
Bourqui

 

 

*****

 

 

Art.
257d CO ; 311 al. 1 CPC

 

 

             
Statuant sur l’appel interjeté par Q.________,
à [...], contre la décision rendue le 21 mai 2021 par la Juge de paix des districts du Jura
– Nord vaudois et du Gros-de-Vaud dans la cause divisant l’appelant d’avec
N.________,
à [...], la Cour d’appel civile du Tribunal cantonal considère :

 

             
En fait et en droit :

 

 

1.             
Le 1er
août 2017, A.X.________ et B.X.________ en tant que bailleurs, et Q.________ en tant que locataire,
ont conclu un contrat de bail à loyer portant sur la location d’un appartement situé
dans l’immeuble sis [...], avec effet au 1er
novembre 2017, pour un loyer mensuel de 1'600 fr., soit 1'200 fr. de loyer net et 400 fr. de charges.

 

2.             
Par demande du 11 août 2020, A.X.________ et B.X.________ ont conclu à ce que le locataire
quitte les locaux loués dans les 10 jours suivant l’entrée en force de la décision.

 

             
Le 29 juillet 2021, A.X.________ et B.X.________ ont vendu l’appartement précité à
N.________.

 

3.             
Par décision du 21 mai 2021, dont le dispositif a été adressé aux parties le même
jour et dont les considérants écrits ont été envoyés aux parties pour notification
le 15 novembre 2021, la juge de paix a notamment ordonné au défendeur et locataire Q.________
de quitter et rendre libres de tout objet et tout occupant pour le mardi 22 juin 2021 à midi, les
locaux occupés dans l’immeuble sis à [...] (appartement de trois pièces au rez-de-chaussée
et toute dépendance) (I), a dit qu’à défaut pour la partie locataire de quitter
volontairement ces locaux, l’huissier de la Justice de paix serait chargé, sous la responsabilité
du Juge de paix, de procéder à l’exécution forcée de la décision sur requête
de la bailleresse actuelle N.________, avec au besoin l’ouverture forcée des locaux (II),
a arrêté les frais judiciaires, les a mis à la charge de la partie locataire et a prévu
leur remboursement (IV à IX), a dit que la partie locataire devait verser la somme de 1'575 fr.
à titre de dépens aux demandeurs et précédents propriétaires A.X.________ et
B.X.________, solidairement entre eux (X) et a rejeté toutes autres ou plus amples conclusions (XI).

 

             
En droit, le premier juge a considéré
que le locataire ne s’était pas acquitté dans le délai comminatoire de l’arriéré
de loyer correspondant à un montant total de 5’112 fr. 50 représentant les loyers dus
pour la période du 1er
décembre 2019 au 31 mars 2020. Il n’avait en outre pas démontré qu’il avait
invoqué la créance compensatoire qu’il alléguait détenir à l’encontre
des précédents bailleurs dans le délai qui lui avait été imparti pour payer
les arriérés de loyer réclamés, créance qu’il n’avait au demeurant
pas prouvée. Le premier juge a dès lors considéré que la résiliation signifiée
par les précédents bailleurs était valablement fondée sur l’art. 257d
CO.

 

4.             
Par acte du 20 décembre 2021, Q.________ a interjeté appel contre cette décision. 

 

5.

5.1             
L'appel est ouvert contre les décisions finales de première instance pour autant que la valeur
litigieuse, au dernier état des conclusions devant l'autorité inférieure, soit de 10'000
fr. au moins (art. 308 al. 1 let. a et al. 2 CPC [Code de procédure civile du 19 décembre 2008
; RS 272]). Lorsque la décision est rendue en procédure simplifiée, le délai d'appel
est de trente jours (art. 311 al. 1 CPC).

 

             
En cas de litige portant sur la résiliation d'un bail, la valeur litigieuse se détermine selon
le loyer dû pour la période durant laquelle le contrat subsiste nécessairement, en supposant
que l'on admette la contestation, et qui s'étend jusqu'au moment pour lequel un nouveau congé
aurait pu être donné ou l'a été effectivement. En principe, la durée déterminante
pour le calcul de la valeur litigieuse ne saurait être inférieure à la période de
trois ans pendant laquelle l'art. 271a al. 1 let. e CO consacre l'annulabilité d'une
résiliation (ATF 137 III 389 consid. 1.1). 

 

             
En l’espèce, l’appel a été formé en temps utile par une partie qui a
un intérêt digne de protection (art. 59 al. 2 let. a CPC) et la valeur litigieuse est supérieure
à 10'000 francs.

 

5.2             
L’appel doit être motivé (art. 311 al. 1 CPC), soit démontrer le caractère
erroné de la motivation attaquée. L’appelant doit expliquer en quoi son argumentation
peut influer sur la solution retenue par les premiers juges (TF 4A_474/2013 du 10 mars 2014 consid.
3.1 ; TF 5A_438/2012 du 27 août 2012 consid. 2.2, in
RSPC 2013 p. 29 ; TF 4A_659/2011 du 7 décembre 2011 consid. 3 et 4, in SJ 2012 I 131 ;
CACI 8 juillet 2021/332 consid. 5). La motivation doit être suffisamment explicite pour que l’instance
d’appel puisse la comprendre aisément, ce qui suppose une désignation précise des
passages de la décision que l’appelant attaque et des pièces du dossier sur lesquelles
repose sa critique (ATF 138 III 374 consid. 4.3.1 ; TF 4A_610/2018 du 29 août 2019 consid. 5.2.2.1 ;
TF 5A_396/2013 du 26 février 2014 consid. 5.3.1). Si la motivation de l’appel ne contient
que des critiques toutes générales et superficielles de la décision attaquée, elle
ne satisfait pas aux exigences de l’art. 311 al. 1 CPC et l’instance d’appel ne peut
entrer en matière (TF 4A_218/2017 du 14 juillet 2017 consid. 3.1.2). A défaut de motivation
suffisante, l’appel est irrecevable (TF 4A_610/2018 précité consid. 5.2.2.1 ; TF 5A_209/2014
du 2 septembre 2014 consid. 4.2.1 ;
TF 4A_101/2014 du 26 juin 2014 consid. 3.3).

 

             
En outre, à l’instar de l’acte introductif d’instance, l’acte d’appel
doit contenir des conclusions au fond. Il faut donc que l’appelant explicite dans quelle mesure
la décision attaquée doit être modifiée ou annulée (ATF 137 III 617 consid. 4.2.2,
JdT 2012 III 23 et réf. cit. ; TF 5A_978/2018 du 15 avril 2019 consid. 1.2), ses
conclusions pouvant être interprétées à la lumière de la motivation de l'appel.
Les conclusions doivent être suffisamment précises pour qu’en cas d’admission de
l’appel, elles puissent être reprises telles quelles dans le dispositif (ATF 137 III 617 consid.
4.3 et 6.1, JdT 2014 II 187 ; TF 5A_775/2018 du 15 avril 2019 consid. 3.4 ; TF 4A_383/2013 du 2 décembre
2013 consid. 3.2.1, in
RSPC 2014 p. 221TF ; TF 4D_8/2013 du 15 février 2013 consid. 4.2). L'appelant ne saurait, sous
peine d'irrecevabilité, se limiter à conclure à l'annulation de la décision attaquée,
l’appel ordinaire ayant un effet réformatoire, et doit au contraire prendre des conclusions
au fond permettant à l’instance d’appel de statuer à nouveau. Il n’est fait
exception à la règle de l’irrecevabilité des seules conclusions en annulation que
si l’autorité, en cas d’admission de l’appel, ne serait de toute manière
pas en mesure de statuer elle-même sur le fond, en particulier faute d’un état de fait
suffisant, et ne pourrait que renvoyer la cause à l’autorité inférieure (ATF 134
III 379 consid. 1.3, JdT 2012 III 23 ; TF 4A_426/2019 du 12 septembre 2019 consid. 5.1 ;
TF 5A_792/2016 du 23 janvier 2017 consid. 1.2). Il ne saurait être remédié à
des conclusions déficientes par la fixation d'un délai de l’art. 132 CPC, un tel vice
n'étant pas d'ordre purement formel et affectant l'appel de façon irréparable (ATF 137
III 617 consid. 6.4, JdT 2014 Il 187 ; TF 4A_659/2011 du 7 décembre 2011 consid. 5 in
SJ 2012 I 31 ; Jeandin, CR-CPC, n. 5 ad art. 311 CPC ; CACI 25 février 2020/99 consid. 2.2).
Il peut toutefois être remédié à des conclusions formellement déficientes, lorsqu’on
comprend à la lecture de la motivation ce que demande l’appelant (Colombini, CPC Condensé
de jurisprudence, 2018, n. 9.3.1 ad art. 311 CPC et réf. cit.).

 

5.3             
En l’espèce, l’appelant expose
que ses anciens bailleurs auraient mis l’abonnement de gaz à son nom propre, si bien qu’il
se serait personnellement acquitté des acomptes de gaz directement au fournisseur pour l’appartement
qu’il louait. Ce serait pour cette raison qu’il avait diminué les acomptes de frais
accessoires de son loyer en ne le payant que partiellement. 

 

             
L’argumentation de l’appelant est similaire à ce qu’il avait invoqué devant
le premier juge. Or, à cet égard, le premier juge a considéré que l’intéressé
n’avait pas allégué la compensation – qui n’était au demeurant pas valablement
invoquée, la créance compensante n’étant pas prouvée – dans le délai
comminatoire qui lui avait été imparti pour payer les arriérés de loyer réclamés
– et que ceux-ci n’avaient pas été payés dans ledit délai, de sorte que
la résiliation intervenue ensuite était valable. L’appelant ne formule aucune critique
contre le raisonnement du premier juge et n’explique notamment pas les raisons pour lesquelles
la solution retenue par le magistrat serait erronée. L’écriture de l’appelant ne
réalise donc pas les exigences de motivation posées au sens de l’art. 311 al. 1 CPC

 

             
On remarquera au demeurant que la motivation du premier juge sur ce point échappe à toute critique.

 

6.

6.1             
Au vu de ce qui précède, l’appel doit être déclaré irrecevable, à
défaut de motivation et de conclusions suffisantes, ce qui constitue des vices irréparables

(cf. TF 5A_206/2016 du 1er
juin 2016 consid. 4.2.2).

 

6.2             
Vu l’effet suspensif lié à l’appel
(art. 315 al. 1 CPC), le dossier de la cause sera retourné à la juge de paix afin qu’elle
fixe à Q.________ un nouveau délai pour libérer les locaux litigieux. On remarquera d’ailleurs
que le délai fixé par le premier juge est antérieur à la notification du prononcé
motivé.

 

6.3             
Le présent arrêt peut être rendu sans frais judiciaires (art. 11 TFJC [tarif des frais
judiciaires civils du 28 septembre 2010 ; BLV 270.11.5]).

 

6.4             
Vu le sort de l’appel, la requête d’assistance judiciaire déposée par l’appelant
doit être déclarée sans objet.

 

6.5             
Il n’y a pas matière à l’allocation de dépens, l’intimée n’ayant
pas été invitée à se déterminer. 

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour d’appel civile

prononce
:

 

             
I.             
L’appel est irrecevable.

 

             
II.             
La requête d’assistance judiciaire est sans objet.

 

             
III.             
Le dossier de la cause est renvoyé au Juge de paix des districts du Jura – Nord vaudois et
du Gros-de-Vaud pour qu’il fixe à Q.________ un nouveau délai pour libérer les locaux
qu’il occupe dans l’immeuble sis [...] (appartement de trois pièces au rez-de-chaussée
et toute dépendance).

 

             
IV.             
L’arrêt, rendu sans frais judiciaires de deuxième instance, est exécutoire.

 

La
présidente :               La greffière
:

 

 

 

 

Du

 

             
Le présent arrêt, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est
notifié à :

 

‑             
M. Q.________,

‑             
Me Carmela Schaller (pour N.________),

 

             
et communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme la Juge de paix des districts du Jura – Nord vaudois et du Gros-de-Vaud.

 

             
La Cour d’appel civile considère que la valeur litigieuse est supérieure à 15'000
francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), le cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss
LTF. Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la
valeur litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et
de droit du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés
devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification
(art. 100 al. 1 LTF).

 

             
La greffière :