# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 23d6cbf7-d779-5a44-b7df-6f62f7ed5833
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-09-07
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 07.09.2016 PE.2016.0141
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_PE-2016-0141_2016-09-07.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 7 septembre 2016 

  
	
  Composition

  	
  Mme Isabelle Guisan, présidente; MM. Raymond Durussel et Roland
  Rapin, assesseurs. 

  

 

	
  Recourant

  	
   

  	
  A.________, à ********, 

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Service de la population (SPOP),
   

  

   

 

	
  Objet

  	
          Révocation   

  
	
   

  	
  Recours A.________ c/ décision du Service de la population
  (SPOP) du 26 février 2016 (révoquant son autorisation de séjour UE/AELE et
  prononçant son renvoi de Suisse)

  

 

Vu les faits suivants

A.                    
A.________ (ci-après : A.________), né le ******** 1970, de nationalité finlandaise,
est entré en Suisse le 1er janvier 2014 et a obtenu une autorisation
de séjour pour activité lucrative (valable jusqu'au 1er août 2019)
suite à sa prise d'emploi le 4 août 2014, d'une durée indéterminée, en qualité
de téléphoniste au service de B.________ Sàrl, à ********.

L'intéressé a bénéficié des prestations de
l'assistance publique (RI) depuis juillet 2015. Selon l'attestation établie par
le Centre social régional de ******** le 8 février 2016, A.________ avait
bénéficié, à cette date, d'un montant total d'assistance de 13'397 fr. 10.

Le 9 décembre 2015, le SPOP a informé A.________ de
ce qu'il avait l'intention de révoquer son autorisation de séjour, au vu de sa
situation financière et du fait qu'il avait perdu la qualité de travailleur; il
lui a octroyé un délai pour se déterminer à ce sujet. L'intéressé a répondu le
16 décembre 2015 en exposant notamment qu'il avait conclu un contrat de durée
indéterminée avec la société C.________ SA, à ********, le 18 décembre 2014, en
qualité d'employé d'entretien à temps partiel (du lundi au vendredi, à
concurrence de 2 heures/jour) et, qu'en parallèle, il recherchait des emplois
complémentaires. 

B.                    
Par décision du 26 février 2016, le SPOP a révoqué l'autorisation de
séjour UE/AELE de l'intéressé et a prononcé son renvoi de Suisse, précisant
qu’un délai non prolongeable au 25 mai 2016 lui était imparti pour quitter le
pays. Cette décision a été notifiée à l'intéressé le 24 mars 2016.

C.                    
Le 22 avril 2016, A.________ (ci-après: le recourant) a recouru contre
cette décision devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal
cantonal (CDAP). Il expose qu'il a été victime d'un accident le 14 janvier
2016, qui l'a conduit à une hospitalisation au CHUV avec deux opérations (suite
à une fracture de la malléole externe gauche), suivie d'une incapacité de
travail à 100% jusqu'au 30 avril 2016, avec une réévaluation de sa situation
dans un délai de six semaines après l'échéance de la date précitée. Il conclut
à l'annulation de la décision entreprise et à l'octroi d'un délai au 30 juin
2016 pour lui permettre de poursuivre sa rééducation et lui laisser le temps de
retrouver ensuite une activité salariale suffisante. 

Le SPOP (ci-après: l'autorité intimée) a répondu le 24
mai 2016 que les arguments invoqués n'étaient pas de nature à modifier sa
décision. Le recourant n'a pas déposé d'écritures complémentaires dans le délai
imparti à cet effet au 15 juin 2016.

D.                    
Les arguments respectifs des parties seront repris ci-dessous dans la
mesure utile.

Considérant en droit

1.                     
Déposé dans le délai de trente jours fixé par l’art. 95 de la loi
vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; RSV
173.36), le recours est intervenu en temps utile. Il respecte au surplus les
conditions formelles énoncées à l’art. 79 LPA-VD, applicable par renvoi de
l’art. 99 LPA-VD.

Partant, le recours est recevable.

2.                     
Sont litigieux en l'espèce la révocation de l’autorisation de séjour
UE/AELE du recourant ainsi que son renvoi de Suisse.

a) Ressortissant finlandais, le recourant peut se
prévaloir de l'Accord du 21 juin 1999 entre, d'une part, la Confédération suisse, et, d'autre part, la Communauté européenne et ses Etats membres sur la libre circulation des personnes (ALCP; RS 0.142.112.681). La loi fédérale
sur les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr; RS 142.20) n'est applicable aux
ressortissants des Etats membres de la Communauté européenne, aux membres de leur famille et aux travailleurs détachés par un employeur ayant son siège ou son
domicile dans un de ces Etats que dans la mesure où l’ALCP n'en dispose pas
autrement ou lorsque la LEtr prévoit des dispositions plus favorables (art. 2
al. 2 LEtr).

b) L’ALCP a notamment pour objectif d'accorder un
droit d'entrée, de séjour et d'accès à une activité économique salariée, sur le
territoire des parties contractantes, à leurs ressortissants (art. 1er
let. a ALCP) et de leur accorder les mêmes conditions de vie, d’emploi et de
travail que celles accordées aux nationaux (art. 1er let. d ALCP).
Le droit de séjour est cependant soumis aux conditions exposées dans l’annexe I
de l’ALCP (cf. art. 4-7 ALCP).

c) Selon l’art. 2 par. 1 annexe I ALCP, les
ressortissants d’une partie contractante ont le droit de séjourner et d’exercer
une activité économique sur le territoire de l’autre partie contractante selon
les modalités prévues aux chapitres II à IV. Ainsi, l'art. 6 annexe I ALCP
dispose ce qui suit:

"(1) Le travailleur salarié
ressortissant d’une partie contractante (ci-après nommé travailleur salarié)
qui occupe un emploi d’une durée égale ou supérieure à un an au service d’un
employeur de l’Etat d’accueil reçoit un titre de séjour d’une durée de cinq ans
au moins à dater de sa délivrance. Il est automatiquement prolongé pour une
durée de cinq ans au moins. Lors du premier renouvellement, sa durée de
validité peut être limitée, sans pouvoir être inférieure à un an, lorsque son
détenteur se trouve dans une situation de chômage involontaire depuis plus de
douze mois consécutifs.

(2) Le travailleur salarié qui
occupe un emploi d’une durée supérieure à trois mois et inférieure à un an au
service d’un employeur de l’Etat d’accueil reçoit un titre de séjour d’une
durée égale à celle prévue dans le contrat.

Le travailleur salarié qui occupe
un emploi d’une durée ne dépassant pas trois mois n’a pas besoin d’un titre de
séjour.

(…)

(6) Le titre
de séjour en cours de validité ne peut être retiré au travailleur salarié du
seul fait qu’il n’occupe plus d’emploi, soit que l’intéressé ait été frappé
d’une incapacité temporaire de travail résultant d’une maladie ou d’un
accident, soit qu’il se trouve en situation de chômage involontaire dûment
constatée par le bureau de main-d’oeuvre compétent".

d) Notion autonome de droit communautaire, la
qualité de travailleur (salarié) doit s'interpréter en tenant compte de la
jurisprudence pertinente de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE),
anciennement Cour de justice des communautés européennes (CJCE) (ATF 131 II 339
consid. 3.1 ss p. 344 ss, avec nombreuses références à des arrêts de la CJUE/CJCE et à la doctrine; voir également Laurent Merz, Le droit de séjour selon l'ALCP et
la jurisprudence du Tribunal fédéral, in RDAF 2009 p. 248, p. 269
ss). Le Tribunal fédéral a ainsi considéré qu'elle devait être interprétée de
façon extensive. Une personne doit être considérée comme travailleur salarié,
si elle accomplit pendant un certain temps, en faveur d'une autre personne et
sous la direction de celle-ci, des prestations en contrepartie desquelles elle
touche une rémunération (ATF 131 précité consid. 3.2 p. 345). La prestation de
travail doit toutefois porter sur des activités économiques réelles et
effectives, à l'exclusion d'activités tellement réduites qu'elles se présentent
comme purement marginales et accessoires (ATF 131 précité consid. 3.3
p. 346). 

Pour apprécier si l'activité exercée est réelle et
effective, on peut tenir compte de l'éventuel caractère irrégulier des
prestations accomplies, de leur durée limitée, ou de la faible rémunération
qu'elles procurent. La libre circulation des travailleurs suppose, en règle
générale, que celui qui s'en prévaut dispose des moyens d'assurer sa
subsistance, surtout dans la phase initiale de son installation dans le pays
d'accueil. Ainsi, le fait qu'un travailleur n'effectue qu'un nombre très réduit
d'heures - dans le cadre, par exemple, d'une relation de travail fondée sur un
contrat de travail sur appel - ou qu'il ne gagne que de faibles revenus peut
être un élément indiquant que l'activité exercée n'est que marginale et
accessoire. Par ailleurs, même si la notion d'activité salariée suppose que
l'on se fonde sur des critères objectifs et que l'on ne s'attache pas, en
principe, aux éléments touchant au comportement du travailleur avant et après
la période d'emploi, ni même aux intentions qui ont pu l'inciter à chercher du
travail dans un autre Etat membre, les situations d'abus de droit n'en doivent
pas pour autant être protégées (ATF 131 précité consid. 3.4 p. 347).

Les périodes de chômage involontaire, ainsi que
celles d’incapacité de travail ne peuvent pas être assimilées à des périodes
d’emploi dans le calcul de la durée de l’emploi nécessaire à l’acquisition du
statut de travailleur selon l’art. 6 al. 1 annexe I ALCP (sur l'ensemble des
éléments précités, cf. arrêts PE.2013.0448 du 14 janvier 2015
consid. 1a; PE.2013.0478 du 4 août 2014 consid. 2; PE.2014.0090 du 10
juin 2014 consid. 3a). La personne qui n'a pas occupé un emploi d'une
durée égale ou supérieure à un an ni occupé plusieurs emplois consécutifs d'une
durée totale égale ou supérieure à un an n'a ainsi pas acquis le statut de
travailleur selon l'art. 6 al. 1 annexe I ALCP (cf. PE.2013.0478 du 4 août
2014 consid. 2).

e) Une fois que la relation de travail a pris fin,
l'intéressé perd en principe la qualité de travailleur, étant entendu cependant
que, d'une part, cette qualité peut produire certains effets après la cessation
de la relation de travail et que, d'autre part, une personne à la recherche
réelle d'un emploi doit être qualifiée de travailleur. La recherche réelle d'un
emploi suppose que l'intéressé apporte la preuve qu'il continue à en chercher
un et qu'il a des chances véritables d'être engagé, sinon il n'est pas exclu
qu'il soit contraint de quitter le pays d'accueil après 6 mois (TF 2C_390/2013
du 10 avril 2014 consid. 3.1 et les références). Sous réserve d'une situation
d'abus de droit où un ressortissant communautaire se rendrait dans un autre
Etat membre pour y exercer un travail fictif ou d'une durée extrêmement limitée
dans le but de bénéficier de certaines aides (ATF 131 précité consid. 3.4), les
intentions ou le comportement de l'intéressé avant ou après sa période d'emploi
ne sont pas déterminants pour examiner sa qualité de travailleur salarié. Seuls
comptent les critères objectifs énoncés par la jurisprudence (ATF 131 précité
consid. 4.3).

3.                     
En vertu de l'art. 23 al. 1 de l'ordonnance fédérale du 22 mai 2002 sur
l'introduction de la libre circulation des personnes (OLCP; RS 142.203), les
autorisations de séjour de courte durée, de séjour et frontalières UE/AELE
peuvent être révoquées ou ne pas être prolongées, si les conditions requises
pour leur délivrance ne sont plus remplies.

Cela ne signifie cependant pas que ces conditions
initiales doivent rester remplies sur le long terme; ainsi, une personne qui a
obtenu une autorisation de séjour CE/AELE au regard de sa qualité de
travailleur, puis qui tombe au chômage involontaire ou se trouve en incapacité
temporaire de travail due à une maladie ou à un accident continue à bénéficier
de son autorisation et celle-ci peut même, à certaines conditions, être
prolongée (TF 2C_390/2013 précité consid. 3.2 et les références). En revanche,
une personne qui serait au chômage volontaire ou qui se comporterait de façon
abusive (p. ex. en se rendant dans un autre Etat membre pour y exercer un
travail fictif ou d'une durée extrêmement limitée dans la seule intention de
bénéficier de certaines aides, telles que des prestations sociales meilleures
que dans son Etat d'origine) peut se voir retirer son autorisation (ATF 131
précité consid. 3.4 p. 347).

Dans la perspective d'une interprétation extensive
de la notion de travailleur salarié, il faut être prudent et circonspect avant
de dénier le caractère "involontaire" du chômage (ATF 131 précité consid.
3.2 p. 345). Selon la doctrine européenne et la jurisprudence qu'elle cite (Ulrich Forsthoff, Das Recht der Europäischen Union, état
septembre 2010, n° 111 ad art. 45 TFUE), le chômage peut être involontaire
même si le travailleur a lui-même résilié son contrat de travail; le
travailleur doit cependant chercher un nouvel emploi comme doit normalement le
faire un chômeur dans l'Etat d'accueil.

Le Tribunal fédéral n'a jamais eu à déterminer à
partir de quel moment exactement un étranger perd la qualité de travailleur une
fois au chômage involontaire; il a en revanche déjà jugé que le détenteur d'une
autorisation de séjour CE/AELE au chômage involontaire depuis 18 mois - mois
durant lesquels la personne était restée inactive et avait touché des
indemnités de chômage puis des prestations d'assistance - perdait le statut de
travailleur (RtiD 2012 I p. 152 consid. 4.3, TF 2C_967/2010 du 17 juin 2011;
dans ce sens aussi PE.2015.0100 du 23 avril 2015). Il en a jugé de même dans le
cas d'une personne au chômage depuis 18 mois qui avait épuisé son droit
aux indemnités et émargeait à l'aide sociale; de plus, cette personne ne
semblait pas être en mesure de trouver un emploi durable au regard notamment de
18 mois passés sans activité lucrative (hormis un emploi d'insertion), de ses
très nombreux arrêts maladie et de son manque de qualification professionnelle.
A cette occasion, le Tribunal fédéral avait également jugé que deux emplois
occupés ultérieurement, soit un emploi d'insertion obtenu en qualité de
bénéficiaire de l'aide sociale (emploi prévu pour trois mois et quitté après
deux mois) et un emploi de trois mois maximum en qualité de
"pickeur", n'avaient pas permis à l'intéressée de retrouver son statut
de travailleuse. Le Tribunal fédéral relevait à cet égard la brièveté de ces
emplois, le fait qu'ils suivaient de longues périodes de chômage et le fait
qu'ils avaient été séparés par plus de 6 mois d'inactivité (TF 2C_390/2013
précité consid. 4.3).

a) En l'espèce, le recourant a été mis au bénéfice
tout d'abord d'une autorisation de séjour pour l'exercice d'une activité
lucrative, d'une durée indéterminée, au service de la société B.________ Sàrl à
compter du 4 août 2014. Depuis juillet 2015, il bénéficie des prestations de
l'assistance publique (RI). Il n'a pas retrouvé d'activité lucrative complète
depuis lors, celle exercée auprès d'C.________ SA s'avérant à l'évidence
marginale et accessoire (2heures/jour du lundi au vendredi). Au
vu de la jurisprudence précitée, c'est sans abus de son pouvoir
d’appréciation que le SPOP a retenu que le recourant avait perdu sa qualité de
travailleur au sens de l’art. 6 annexe I ALCP et ne remplissait plus les
conditions pour le maintien de son autorisation de séjour.

b) Il convient d'examiner encore si le recourant
remplit les conditions qui lui permettraient de continuer à séjourner en Suisse
en qualité de personne n'exerçant pas d'activité économique.

aa) Selon l’art. 2 par. 2 annexe I ALCP, les
ressortissants des parties contractantes n’exerçant pas d’activité économique
dans l’Etat d’accueil et qui ne bénéficient pas d’un droit de séjour en vertu
d’autres dispositions de cet accord ont, pour autant qu’ils remplissent les
conditions préalables requises dans le chapitre relatif aux personnes
n’exerçant pas une activité économique, un droit de séjour. L'art. 24 par. 1
annexe I ALCP, figurant sous le chapitre V intitulé "Personnes n'exerçant
pas une activité économique", prévoit qu'une personne ressortissante d'une
partie contractante n'exerçant pas d'activité économique dans l'Etat de
résidence et qui ne bénéficie pas d'un droit de séjour en vertu d'autres
dispositions de l'ALCP reçoit un titre de séjour d'une durée de cinq ans au
moins à condition qu'elle prouve aux autorités nationales compétentes qu'elle
dispose pour elle-même et les membres de sa famille de moyens financiers
suffisants pour ne devoir faire appel à l'aide sociale pendant leur séjour
(let. a) et d'une assurance-maladie couvrant l'ensemble des risques (let. b).
Sont considérés comme suffisants les moyens financiers nécessaires qui
dépassent le montant en dessous duquel les nationaux, eu égard à leur situation
personnelle et, le cas échéant, à celle des membres de leur famille, peuvent
prétendre à des prestations d’assistance; lorsque cette condition ne peut
s’appliquer, les moyens financiers du demandeur sont considérés comme
suffisants lorsqu’ils sont supérieurs au niveau de la pension minimale de
sécurité sociale versée par l’Etat d’accueil (art. 24 par. 2 annexe I ALCP).
Selon l'art. 16 al. 1 OLCP, tel est le cas si ces moyens dépassent les
prestations d’assistance qui seraient allouées en fonction des directives
"Aide sociale : concepts et normes de calcul" (directives CSIAS), à
un ressortissant suisse, éventuellement aux membres de sa famille, suite à la
demande de l’intéressé et compte tenu de sa situation personnelle. En d'autres
termes, on considère que la condition de l'art. 16 al. 1 OLCP est remplie si
les moyens financiers d'un citoyen suisse, dans la même situation, lui
fermeraient l'accès à l'aide sociale (ATF 135 II 265 consid. 3.3. p. 269;
2C_574/2010 du 15 novembre 2010 consid. 2.2.2; CDAP, arrêt PE.2010.0280 du 16
novembre 2011 consid. 7a).

bb) Dans le cas présent, comme rappelé ci-dessus, le
recourant est au bénéfice de l'assistance sociale depuis juillet 2015. A tout
le moins l'était il encore en février 2016 (cf. attestation du Centre social
régional de ******** du 8 février 2016) et il ne ressort pas du dossier que tel
ne serait plus le cas actuellement. Il ne satisfait dès lors manifestement pas aux
conditions pour l'obtention d'un titre de séjour pour personnes n'exerçant pas
une activité économique, qui supposent l'existence de moyens suffisants pour ne
pas devoir faire appel à l'aide sociale pendant le séjour. C’est par conséquent
également à juste titre que le SPOP a considéré que le recourant ne pouvait se
prévaloir de l’art. 24 annexe I ALCP.

c) Il convient enfin d’examiner si le recourant peut
prétendre à la délivrance d'une autorisation de séjour sur la base de l'art. 20
OLCP, qui prévoit que si les conditions d’admission sans activité lucrative ne
sont pas remplies au sens de l’ALCP ou de la Convention instituant l’AELE, une autorisation de séjour UE/AELE peut être délivrée lorsque des
motifs importants l’exigent.

aa) Cette disposition doit être interprétée par
analogie avec les art. 13 let. f et 36 de l’ancienne ordonnance fédérale du 6
octobre 1986 limitant le nombre des étrangers (aOLE) en vigueur jusqu'au 31
décembre 2007 et remplacée par l’art. 31 de l'ordonnance fédérale du 24 octobre
2007 relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative
(OASA; RS 142.201) (arrêt PE.2011.0427 du 28 mars 2012 consid. 3a et les réf.
cit.). L'art. 31 al. 1 OASA précise qu'une autorisation de séjour peut être
octroyée dans les cas individuels d'extrême gravité et que, lors de
l'appréciation, il convient de tenir compte notamment de l'intégration du
requérant (let. a), du respect de l'ordre juridique suisse par le requérant
(let. b), de la situation familiale, particulièrement de la période de
scolarisation et de la durée de la scolarité des enfants (let. c), de la
situation financière et de la volonté de prendre part à la vie économique et
d'acquérir une formation (let. d), de la durée de la présence en Suisse (let.
e), de l'état de santé (let. f) et des possibilités de réintégration dans
l'Etat de provenance (let. g). La jurisprudence n'admet que restrictivement
l'existence d'un cas personnel d'extrême gravité (cf. ATF 130 II 39 consid. 3;
128 II 200 consid. 4; 124 II 110 et les arrêts cités; v. arrêt PE.2013.0093 du
8 octobre 2013 et réf. cit.).

bb) En l'occurrence, les conditions pour la délivrance
d'une autorisation de séjour sur la base de l'art. 20 OLCP ne sont pas
réalisées. En effet, le recourant, âgé de 46 ans, n'est en Suisse que depuis à
peine plus de deux ans maintenant. Il a passé environ la moitié de son séjour
dans notre pays sans exercer d’activité lucrative suffisante pour lui permettre
de subvenir à ses besoins. Il dépend de l’aide sociale depuis juillet 2015.
Certes, le recourant évoque des problèmes de santé, mais ceux-ci ont été
soignés, en Suisse. A l'appui de son recours, il exposait que, selon un
certificat médical du 18 mars 2016, une reprise du travail ferait l'objet d'une
réévaluation six semaines plus tard. Ce délai est aujourd'hui largement échu et
l'intéressé n'a ni allégué ni établi être toujours en incapacité médicale de
travailler. Par ailleurs, son pays d'origine bénéficie manifestement des
infrastructures médicales nécessaires pour traiter ses éventuelles pathologies.
Le recourant ne démontre par ailleurs pas qu'il serait particulièrement intégré
en Suisse; il n’allègue au demeurant pas qu’il aurait des membres de sa famille
dans le pays ou qu’il aurait noué des liens particulièrement étroits avec des
personnes en Suisse.

Il résulte ainsi de l’ensemble des circonstances susmentionnées
que le recourant ne se trouve pas dans un cas de détresse personnelle, n’ayant
pas établi de liens si étroits avec la Suisse qu’ils soient dignes de protection. Son retour en Finlande, pays relativement proche dont il a la
nationalité, ne l’expose pas à des conséquences personnelles particulièrement
graves.

En conclusion, la décision entreprise ne viole pas
l'ALCP ni le droit interne; elle ne procède pas davantage d'un abus du pouvoir
d'appréciation du SPOP. La révocation de l'autorisation de séjour du recourant étant
pleinement justifiée, c’est à juste titre que le SPOP a prononcé le renvoi de
Suisse de l’intéressé (art. 64 al. 1 let. c LEtr).

4.                     
Au vu des considérants qui précèdent, le recours doit être rejeté et la
décision attaquée confirmée. Vu l'issue du pourvoi, les frais du présent arrêt
seront mis à la charge du recourant, qui n'a pas droit à des dépens (art. 49,
55, 91 et 99 LPA-VD).

Par
ces motifs

la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

I.                      
Le recours est rejeté.

II.                     
La décision du SPOP du 26 février 2016 est confirmée.

III.                   
Un émolument de 600 (six cents) francs est mis à la charge du recourant.

IV.                   
Il n'est pas alloué de dépens.

 

 

Lausanne, le 7 septembre 2016

 

                                                         La
présidente:                                  

 

 

 

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de
l'avis d'envoi ci-joint ainsi qu'au SEM.

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa
notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le recours en matière de droit
public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur
le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours constitutionnel subsidiaire
à celles des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans
une langue officielle, indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de
preuve, et être signé. Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte
attaqué viole le droit. Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent
être jointes au mémoire, pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il
en va de même de la décision attaquée.