# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** cf9001f3-999d-56c8-991b-2e8291785aeb
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2025-08-15
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 15.08.2025 E-4547/2025
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-4547-2025_2025-08-15.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 

Le TF a refusé d'entrer en matière sur 

le recours par décision du 26.09.2025 

(2C_539/2025) 

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour V 

E-4547/2025 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  1 5  a o û t  2 0 2 5  

Composition 
 Deborah D'Aveni, juge unique,  

avec l'approbation de Gérald Bovier, juge ; 

Alessandra Stevanin, greffière. 

   

Parties 
 A._______, née le (…), 

Turquie,   

représentée par Me Hüsnü Yilmaz,  

Étude d'avocats rumine 17,  

recourante,  

 

agissant en faveur de son époux, 

B._______, né le (…), 

Turquie, 

  
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Regroupement familial (asile) ;  

décision du SEM du 23 mai 2025. 

 

 

E-4547/2025 

Page 2 

Vu 

la demande d'asile déposée en Suisse, le 23 août 2024, par A._______ 

(ci-après aussi : l’intéressée ou la recourante), pour elle et ses deux 

enfants, 

les procès-verbaux de ses auditions des 30 août et 26 septembre 2024, 

la décision du 15 janvier 2025, par laquelle le Secrétariat aux migrations 

(ci-après : le SEM ou l’autorité inférieure) lui a reconnu la qualité de réfugié 

et lui a accordé l’asile, ainsi qu’à ses deux enfants, 

la demande du 25 février suivant, par laquelle l’intéressée a requis une 

autorisation d’entrée en Suisse en faveur de son époux, B._______, au 

titre de l’asile familial, 

le courrier du 2 mai 2025 (date du sceau postal), par lequel elle a alerté le 

SEM sur la situation psychologique préoccupante de ses deux enfants 

suite à leur séparation d’avec leur père ainsi que sur sa vulnérabilité 

personnelle en raison d’un état de santé fragile et sollicité du SEM qu’il 

statue rapidement sur sa demande de regroupement familial, 

la décision du 23 mai 2025, notifiée le 30 mai suivant, par laquelle le SEM 

a refusé l'autorisation d'entrée en Suisse de l'époux de l’intéressée et rejeté 

la demande de regroupement familial déposée en sa faveur,  

le recours interjeté, le 23 juin 2025, auprès du Tribunal administratif fédéral 

(ci-après aussi : le Tribunal) contre cette décision, par lequel l’intéressée, 

désormais représentée par Me Hüsnü Yilmaz, a conclu à son annulation 

et, à titre principal, à l’octroi d’une autorisation d’entrée en Suisse en faveur 

de son époux ou, à titre subsidiaire, au renvoi de la cause au SEM pour 

nouvelle instruction et nouvelle décision,  

les demandes de dispense du versement de l’avance de frais, d’assistance 

judiciaire totale et d’octroi d’un délai pour compléter le recours après 

consultation du dossier dont il est assorti, 

les pièces annexées au recours, à savoir notamment le certificat de 

mariage de l’intéressée et son certificat de famille délivré par le Haut 

Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, son titre de séjour en 

Suisse et celui de ses enfants, un lot de photographies ainsi que deux 

certificats médicaux concernant ses enfants, 

E-4547/2025 

Page 3 

l’ordonnance du 1er juillet 2025, par laquelle le SEM a été invité à donner 

consultation du dossier d’asile de la recourante à son mandataire et a 

précisé qu’il serait statué ultérieurement sur la demande d’octroi d’un délai 

pour compléter le recours,  

le courrier du 3 juillet suivant, par lequel le SEM a informé le Tribunal de la 

transmission des copies des pièces soumises à consultation au mandataire 

de la recourante, 

la décision incidente du 11 juillet 2025, par laquelle la juge instructeur, 

considérant d’emblée vouées à l’échec les conclusions du recours, a rejeté 

les demandes de dispense du versement de l’avance de frais et 

d’assistance judiciaire totale ainsi que celle tendant à l’octroi d’un délai 

pour compléter le recours et a imparti à la recourante un délai au 

28 juillet 2025 pour s’acquitter d’une avance de frais de 750 francs, sous 

peine d’irrecevabilité du recours, sous suite de frais, 

le courrier du 15 juillet 2025, par lequel la recourante a sollicité du Tribunal 

la reconsidération de la décision incidente précitée,  

la décision incidente du 22 juillet suivant, par laquelle la juge instructeur a 

rejeté cette demande et maintenu sa décision incidente du 11 juillet 2025 

ainsi que le délai imparti dans celle-ci pour verser l’avance de frais requise, 

le courrier du 23 juillet 2025, par lequel la recourante a fait parvenir au 

Tribunal une confirmation de paiement de la C._______ à hauteur de 

750 francs et a sollicité qu’il statue dans les jours suivants afin de pouvoir 

déférer l’affaire au Tribunal fédéral, 

le versement de l'avance de frais sur le compte du Tribunal, 

le 23 juillet 2025, 

 

et considérant 

qu’en vertu de l'art. 31 LTAF, le Tribunal connaît des recours contre les 

décisions au sens de l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à 

l'art. 33 LTAF, 

qu'en particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile 

peuvent être contestées devant le Tribunal (cf. art. 33 let. d LTAF, 

applicable par renvoi de l'art. 105 LAsi), lequel statue alors définitivement, 

E-4547/2025 

Page 4 

sauf demande d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à 

se protéger (cf. art. 83 let. d ch. 1 LTF), exception non réalisée en l’espèce, 

que le Tribunal est donc compétent pour connaître du présent recours,  
 

que la recourante, agissant pour son époux, a qualité pour recourir 

(cf. art. 48 al. 1 PA), 

que, présenté dans la forme et le délai prescrits par la loi (cf. art. 52 PA et 

108 al. 6 LAsi), le recours est recevable, 

qu'à l'appui de sa demande de regroupement familial, l’intéressée a pour 

l’essentiel invoqué que son époux vivait actuellement à D._______, en 

E._______, et qu’elle avait été empêchée de prendre la route de l’exil avec 

lui pour des raisons de sécurité, 

que, dans sa décision, le SEM a rejeté sa demande, au motif que la 

condition de la séparation de la famille en raison de la fuite du pays 

d'origine n'était pas remplie, dès lors que l’intéressée et son époux avaient 

formé une communauté familiale dans un pays tiers, à savoir E._______, 

que, dans son recours, l’intéressée allègue que son époux et elle ont tous 

les deux quitté la Turquie avec leurs familles respectives alors qu’ils étaient 

très jeunes et ont vécu dans différents camps pour réfugiés avant de se 

marier et s’installer ensemble dans le camp de F._______, 

qu’elle soutient que la communauté familiale existait des années avant sa 

fuite du camp précité, si bien que la condition de préexistence d’une 

communauté conjugale serait remplie, 

qu’elle reproche au SEM de procéder à une interprétation contraire au droit 

international, à la morale et à la dignité humaine, en examinant l’antériorité, 

respectivement la postériorité du lien familial, selon le lieu où leur union 

aurait dû débuter, 

que, se référant à des rapports d’organisations internationales dont elle cite 

des extraits, elle considère qu’une continuité dans l’exil entre celui de son 

pays d’origine et celui du premier pays d’accueil, en l’occurrence la Turquie 

et E._______, devrait être retenue pour assurer l’unité familiale des 

réfugiés et la garantie de l’art. 8 CEDH (RS 0.101),  

qu’elle estime ainsi que faire dépendre le droit au regroupement familial à 

l’existence d’une vie familiale dans le pays d’origine confine à l’arbitraire, 

E-4547/2025 

Page 5 

qu’elle se prévaut encore de l’intérêt supérieur de ses enfants à être à 

nouveau réunis avec leur père et fait valoir une discrimination indirecte à 

l’encontre des femmes au sens de la Convention du 18 décembre 1979 sur 

l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes 

(CEDEF ; RS 0.108) dans la mesure où elle serait dans l’incapacité de 

travailler en Suisse, ne connaissant pas le français et n’étant titulaire 

d’aucun diplôme reconnu en Suisse, 

qu’elle dénonce au demeurant une violation de la liberté de choisir 

librement son domicile telle que garantie par l’art. 15 al. 4 CEDEF et 

considère la Suisse comme le seul pays où sa communauté familiale peut 

être reconstituée, 

qu'en vertu de l'art. 51 al. 1 LAsi, le conjoint d'un réfugié et ses enfants 

mineurs sont reconnus comme réfugiés et obtiennent l'asile, pour autant 

qu'aucune circonstance particulière ne s'y oppose,  

que si les ayants droit définis à l'alinéa précité ont été séparés par la fuite 

et se trouvent à l'étranger, leur entrée en Suisse sera autorisée sur 

demande (cf. art. 51 al. 4 LAsi),  

que l’art. 51 LAsi constitue une disposition spéciale, permettant d'accorder 

aux personnes qui en remplissent les conditions un statut plus favorable 

que celui découlant d'une autorisation cantonale de séjour fondée sur 

les prescriptions de la loi fédérale sur les étrangers et l’intégration (LEI, 

RS 142.20), 

qu’il en découle que cette disposition ne saurait être interprétée de manière 

extensive, dès lors que le droit ordinaire de police des étrangers demeure 

applicable (cf. ATAF 2015/29 consid. 4.2.1 et jurisp. cit.), 

que l’art. 51 al. 4 LAsi a pour finalité de régler de manière uniforme le statut 

du noyau familial tel qu'il existait au moment de la fuite et non de créer de 

nouvelles communautés familiales ou de permettre la reprise de relations 

interrompues pour d’autres motifs que la fuite ou des raisons impérieuses 

dans le pays d’origine (cf. ATAF 2017 VI/4 consid. 3.1), 

que cette idée repose sur la présomption que les proches du réfugié, ayant 

vécu avec lui dans leur pays d'origine, ont souffert eux aussi de la 

persécution qui lui a valu la reconnaissance de la qualité de réfugié ou 

qu'ils ont risqué d'y être exposés, 

E-4547/2025 

Page 6 

que l'octroi de l'asile familial n'est donc possible qu'aux conditions 

restrictives et cumulatives de l'art. 51 LAsi,  

qu'ainsi, il est nécessaire que le parent vivant en Suisse ait été reconnu 

réfugié à titre originaire, que sa séparation des personnes aspirant au 

regroupement familial ait eu lieu en raison de sa fuite de son pays d'origine, 

que les intéressés aient vécu en ménage commun avant celle-ci, qu’ils 

aient la volonté de poursuivre leur vie familiale, que la Suisse apparaisse 

comme étant le seul pays où la communauté familiale séparée puisse 

raisonnablement être reconstituée, non pas par commodité, mais par 

nécessité, et, enfin, qu’aucune circonstance particulière ne s’oppose à 

l’octroi de l’asile familial (cf. ATAF 2017 VI/4 précité consid. 3.1 et 4.4.2; 

2012/32 consid. 5.1 et 5.4 et jurisp. cit. ; arrêts du Tribunal D-6862/2023 du 

14 février 2024 consid. 6.2, D-1982/2022 du 9 mai 2022 consid. 5.2 et 

E-594/2022 du 23 février 2022 ; MINH SON NGUYEN, in : Code annoté de 

droit des migrations, vol. IV : Loi sur l’asile, 2015, art. 51 LAsi, no 14 p. 406),  

qu'en l'espèce, la recourante s'est vu reconnaître la qualité de réfugié et 

octroyer l'asile à titre originaire par décision du 15 janvier 2025,  

que la première condition de l'art. 51 LAsi est donc remplie,  

qu'il reste à déterminer si la recourante et son époux formaient une 

communauté familiale dans « le pays d’origine » et, dans l'affirmative, s'ils 

ont été séparés en raison de la fuite de l'intéressée de ce pays, 

qu'il ressort des allégations de la recourante ainsi que de ses déclarations 

d’auditions qu’elle a rencontré son époux en E._______, après leur fuite 

respective de leur pays d’origine, qu’ils s’y sont installés ensemble dans le 

camp de réfugiés de F._______ et qu’ils ont contracté mariage ainsi que 

donné naissance à leurs deux enfants dans ce pays, 

que, sur la base de ce qui précède, la condition de l'existence d'un ménage 

commun effectif, qui aurait été rompu en raison de la fuite de la recourante 

de son pays d’origine, n'est manifestement pas remplie, 

que seule la Turquie saurait être qualifiée de « pays d’origine » en l’espèce 

et c’est d’ailleurs par rapport à ce pays que la recourante s’est vu octroyer 

l’asile,  

que, dans ces conditions, le fait que la recourante ait formé une 

communauté familiale avec son époux durant plusieurs années en 

E._______ est sans incidence, 

E-4547/2025 

Page 7 

que les références aux conventions internationales citées dans le recours 

ne sont pas de nature à renverser cette appréciation,  

qu’en effet, en l'absence de réalisation de l'une des conditions fixées à 

l'art. 51 LAsi, il n'appartient pas aux autorités compétentes en matière 

d'asile d'examiner l'affaire sous l'angle de l'art. 8 CEDH, dans la mesure où 

cette question est du seul ressort des autorités compétentes en matière 

d'autorisation de séjour au titre du regroupement familial relevant du droit 

ordinaire des étrangers (cf. ATAF 2020 VI/7 consid. 3.6 et jurisp. cit.), 

que, par ailleurs, l’intérêt supérieur des enfants de la recourante à être 

réunis avec leur père ne saurait être déterminant en l’espèce,  

que, sans minimiser d’aucune façon les conséquences de leur séparation 

sur leur développement, celle-ci n'est pas susceptible de permettre une 

dérogation aux conditions légales strictes de l'art. 51 LAsi, 

qu’il en va de même s’agissant de la fragilité de l’état de santé de la 

recourante et de sa vulnérabilité psychique, 

qu’enfin, les arguments tirés d’une violation de la CEDEF doivent être 

écartés, 

qu’aucune discrimination indirecte à l’encontre des femmes ne saurait être 

retenue au motif que la recourante serait dans l’incapacité de travailler en 

Suisse, aucun élément ne l’empêchant d’y exercer une activité lucrative 

depuis qu’elle s’est vu reconnaître la qualité de réfugié, voire 

d’entreprendre une formation dans ce sens, notamment en apprenant le 

français, 

que l’intéressée n’est pas non plus légitimée à se prévaloir de 

l’art. 15 al. 4 CEDEF pour fonder son droit à être réunie en Suisse avec 

son époux, 

qu’a fortiori, se prévaloir d’une discrimination à raison du sexe au motif que 

la décision litigieuse l’empêcherait de pouvoir compter sur le soutien 

financier de son époux apparaît en contradiction avec le but et la portée de 

la CEDEF, 

que, compte tenu de ce qui précède, les pièces annexées au recours ne 

lui sont d’aucun secours,  

E-4547/2025 

Page 8 

qu'en conclusion, c'est à bon droit que le SEM a refusé l'autorisation 

d'entrée en Suisse au titre de l'asile familial à l’époux de la recourante, 

que le recours doit donc être rejeté,  

que la présente décision ne préjuge en rien celle qui pourrait être prise 

sous l’angle d’une demande d’autorisation de séjour basée sur la LEI, si 

bien qu’il est loisible à la recourante de s’adresser aux autorités cantonales 

compétentes en ce sens, 

que, s’avérant manifestement infondé, le recours est rejeté dans une 

procédure à juge unique, avec l’approbation d’un second juge 

(cf. art. 111 let. e LAsi), 

qu’il est dès lors renoncé à un échange d’écritures, le présent arrêt n’étant 

motivé que sommairement (cf. art. 111a al. 1 et 2 LAsi), 

que, compte tenu de l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de 

procédure à la charge de la recourante, conformément aux art. 63 al. 1 PA 

ainsi que 2 et 3 let. a du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, 

dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, 

RS 173.320.2), 

que ceux-ci sont entièrement couverts par l'avance de frais du même 

montant versée le 23 juillet 2025, 

 

(dispositif : page suivante) 

 

  

E-4547/2025 

Page 9 

le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Les frais de procédure, d'un montant de 750 francs, sont mis à la charge 

de la recourante. Ils sont entièrement couverts par l'avance de frais de 

même montant déjà versée le 23 juillet 2025. 

3.  

Le présent arrêt est adressé à la recourante, au SEM et à l'autorité 

cantonale. 

 

La juge unique : La greffière : 

  

Deborah D'Aveni Alessandra Stevanin 

 

 

Expédition :