# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 5f18ce14-9a7b-5d1c-9975-3d4ee38f982f
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2015-05-08
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 08.05.2015 E-6670/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-6670-2013_2015-05-08.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour V 

E-6670/2013 

 

 

 
 A r r ê t  d u  8  m a i  2 0 1 5  

Composition 
 William Waeber (président du collège),  

Gérald Bovier, Muriel Beck Kadima, juges, 

Isabelle Fournier, greffière. 

 
  

Parties 
 A._______, né le (…) 

B._______, née le (…), 

C._______, né le (…),  

D._______, née le (…), 

Kosovo et Serbie, 

représentés par Me Bernhard Zollinger, avocat,  

recourants,  

 
 

 contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations 

(SEM ; anciennement Office fédéral des migrations,ODM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne,    

autorité inférieure.  

 

Objet 
 Asile et renvoi ; 

décision de l'ODM du 25 octobre 2013 / N (…). 

 

 

E-6670/2013 

Page 2 

 

Faits : 

A.  

A._______ et B._______, accompagnés de leurs enfants mineurs  

(ci-après : les recourants) ont déposé, le 4 mai 2012, des demandes d'asile 

en Suisse. Leur fils majeur et son épouse ont également déposé, le même 

jour, des demandes d'asile, pour eux-mêmes et leurs enfants mineurs, et 

font l'objet d'une procédure distincte (cf. E-6672/2013).    

Le 18 mai 2012, les recourants ont été entendus au Centre 

d'enregistrement et de procédure (ci-après: CEP) d'Altstätten sur leurs 

données personnelles. A._______ a déclaré être ressortissant du Kosovo, 

d'ethnie et de langue maternelle rom, avec de très bonnes connaissances 

de la langue serbe, et avoir été domicilié jusqu'à son départ du pays, en 

mai 2012, à E._______. Son épouse B._______ a également déclaré être 

ressortissante du Kosovo, d'ethnie et de langue maternelle rom. Elle a 

toutefois précisé être née à F._______, en Serbie, où elle a dit avoir habité 

jusqu'à son mariage. Quant à leurs enfants C._______ et D._______, ils 

ont tous deux indiqué être de nationalité kosovare et de langue maternelle 

serbe. Selon leurs déclarations, les intéressés ont quitté E._______ le 2 

mai 2012, à bord d'un minibus qui les aurait conduits jusqu'en Suisse, où 

ils seraient entrés clandestinement deux jours plus tard. Le voyage leur 

aurait coûté mille euros. Ils se sont légitimés au moyen de cartes d'identité 

établies au début janvier 2011, à l'exception de D._______ qui a déclaré 

n'avoir pas encore été titulaire d'un tel document, et ont affirmé n'avoir 

jamais possédé de passeport. 

B.  

La consultation de la banque de données Eurodac a révélé que les 

recourants avaient été enregistrés en tant que requérants d'asile en Suède 

le 2 mars 2011, respectivement en Norvège le 1er juillet 2011. Les 

intéressés ont confirmé avoir déposé une demande d'asile dans ces deux 

pays. De Norvège, ils auraient, selon leurs déclarations, été transférés en 

Suède, d'où ils auraient été renvoyés au Kosovo l'hiver suivant.  

En réponse à une demande d'information de l'ODM, les autorités 

suédoises lui ont indiqué, le 30 mai 2012, que les intéressés avaient quitté 

ce pays le (…) 2011 à destination de la Serbie. 

E-6670/2013 

Page 3 

C.  

Le 18 septembre 2012, l'ODM a procédé aux auditions des intéressés sur 

leurs motifs d'asile. 

En substance, A._______ a fait valoir qu'au début de la guerre, avant les 

bombardements de l'OTAN, il avait été contraint de travailler comme 

coursier pour le gouvernement serbe, en particulier pour distribuer des 

convocations pour les exercices militaires. Pour cette raison, il aurait 

ultérieurement fait l'objet de l'animosité de ses voisins albanais. Il aurait 

reçu des menaces et se serait décidé à quitter le pays. A son retour de 

Suède, il aurait trouvé sa maison détruite. Un voisin en particulier – un 

Albanais haut placé dans l'UCK – l'aurait menacé de mort s'il osait se 

plaindre aux autorités. A._______ aurait alors été contraint de s'installer, 

avec sa famille, dans un autre quartier, à E._______. Il ne se serait 

toutefois pas senti en sécurité et aurait assuré difficilement la subsistance 

des siens en ramassant et revendant de la ferraille. Il aurait reçu de l'Etat 

kosovar une petite aide de 30 euros insuffisante pour vivre. Il se serait ainsi 

résolu à quitter le Kosovo, tant par nécessité économique que par crainte 

des Albanais qui le menaçaient. 

Son épouse B._______ a exposé de manière analogue les motifs pour 

lesquels la famille aurait été contrainte de quitter E._______. C._______ 

et D._______ ont, en outre, fait valoir qu'ils avaient été en butte à différents 

comportements hostiles de la part d'Albanais.  

A l'appui de leurs demandes, les recourants ont déposé divers moyens de 

preuve auprès de l'ODM. Selon le procès-verbal de l'audition de 

B._______, il s'agit de pièces relatives à la propriété de A._______ à 

E._______, ainsi qu'à l'appartement que les intéressés auraient loué dans 

cette ville. 

Par courriel du 26 septembre 2012, les recourants ont déposé des rapports 

médicaux concernant B._______ et sa fille. Ont encore été déposés 

ultérieurement de nouveaux rapports, datés du 17 décembre 2012 et du 

25 février 2013, concernant l'état de santé de B._______.  

D.   

Suite aux auditions des intéressés, l'ODM a demandé à la représentation 

suisse à Pristina, par courrier du 26 novembre 2012, de procéder à 

certaines vérifications à E._______. Celle-ci a transmis son rapport le 

E-6670/2013 

Page 4 

31 décembre 2012. Un complément d'enquête a été sollicité le 

7 janvier 2013 ; l'ambassade a répondu le 16 mai 2013.  

Le 1er juillet 2013, l'ODM a communiqué aux recourants le contenu 

essentiel des rapports reçus de l'ambassade. Aux termes de ce courrier, il 

ressort des enquêtes effectuées que pratiquement tous les Serbes d'ethnie 

rom ont quitté la région de E._______ après la guerre, que la maison de 

A._______ a été détruite durant la guerre, que celui-ci a vendu son terrain 

en 2009 ou 2010 et que, très vraisemblablement, les recourants n'ont plus 

vécu à E._______ depuis 1999 et se sont déplacés à F._______, en 

Serbie, où habitent des membres de leur famille, avant de quitter cette 

dernière ville, au printemps 2012, pour la Suisse.   

E.   

Invités à se déterminer sur les résultats de l'enquête, les recourants ont 

répondu par courrier du 10 juillet 2013. Ils ont confirmé avoir quitté 

E._______ durant l'année 1999 et s'être déplacés à F._______, où ils 

auraient vécu durant huit mois dans un camp, avant de pouvoir s'installer 

dans la maison du frère de B._______, lui-même établi en Allemagne. 

Depuis lors, celui-ci aurait vendu cette maison et en aurait acquis une 

autre, habitée par sa propre famille. En 2010, les recourants se seraient 

rendus en Suède, puis en Norvège. Après leur transfert en Suède, ils 

auraient été renvoyés au Kosovo. Ils y auraient vécu six ou sept mois dans 

un appartement de location, avant de partir pour la Suisse. Ils ont allégué 

que A._______ n'avait jamais pu vendre son terrain de E._______ ; en 

effet, il n'aurait pas obtenu les documents de propriété nécessaires car un 

Albanais en aurait pris possession et aurait détruit la maison. Il aurait 

entrepris des démarches pour dénoncer ces agissements. Pour cette 

raison, il aurait redouté les représailles de cet individu – une personne haut 

placée au sein de l'UCK – car celui-ci l'aurait menacé de mort s'il le 

dénonçait et également car il était connu pour avoir collaboré avec les 

Serbes. Enfin, les intéressés ont fait valoir qu'ils n'avaient plus de famille 

ni de logement au Kosovo, et qu'en Serbie ils n'avaient pas non plus de 

réseau familial ni de moyens de subsistance, raison pour laquelle ils 

avaient fui ce pays pour se rendre en Suède.   

F.  

Par décision du 25 octobre 2013, l'ODM a refusé de reconnaître la qualité 

de réfugié aux recourants et a rejeté leurs demandes d'asile, au motif que 

leurs déclarations étaient vagues et incohérentes, qu'ils avaient tenté 

d'adapter leur récit après avoir reçu communication des résultats de 

E-6670/2013 

Page 5 

l'enquête de l'ambassade et que leurs allégués ne satisfaisaient en 

conséquence pas aux exigences de vraisemblance posées par la loi. Il a 

relevé au surplus que le rapport de l'ambassade démontrait qu'ils 

disposaient d'une alternative de fuite en Serbie. 

Par la même décision, l'ODM a prononcé le renvoi de Suisse des 

intéressés et ordonné l'exécution de cette mesure, considérée comme 

licite, possible et raisonnablement exigible. Il a relevé sur ce point que la 

situation en matière de sécurité au Kosovo s'était améliorée, ou tout au 

moins stabilisée, mais qu'on ne pouvait toujours pas exclure toute menace 

concrète pour les Roms de langue serbe en dehors de certaines enclaves. 

Il a ainsi retenu qu'un retour des intéressés au Kosovo, notamment à 

E._______, n'était pas raisonnablement exigible. Il a considéré en 

revanche qu'ils disposaient d'une alternative de domicile en Serbie, où les 

Roms de langue serbe du Kosovo continuaient à être considérés comme 

ressortissants de Serbie et où eux-mêmes avaient vécu durant de 

nombreuses années et disposaient d'un large réseau familial. Il a estimé 

que les rapports médicaux fournis concernant B._______ et sa fille 

n'établissaient pas qu'elles souffraient de problèmes de santé qui ne 

pourraient pas être pris en charge et traités au Kosovo et en Serbie et 

qu'elles pouvaient obtenir si nécessaire une aide au retour pour financer 

dans un premier temps les éventuels traitements médicamenteux.  

G.  

Par acte du 27 novembre 2013, les intéressés ont déposé un recours 

contre cette décision, en concluant à son annulation, à la reconnaissance 

de leur qualité de réfugiés et à l'octroi de l'asile et, subsidiairement, à 

l'octroi d'une admission provisoire, ainsi que, plus subsidiairement encore, 

au renvoi de la cause à l'ODM pour mesures d'instruction 

complémentaires. Ils ont argué qu'au Kosovo ils seraient exposés à des 

préjudices de la part de la population civile, contre laquelle ils ne pourraient 

obtenir une protection effective de la part des autorités étatiques. Ils ont 

par ailleurs fait valoir que A._______ souffrait de problèmes psychiques, 

qui ne pouvaient être traités dans leur pays d'origine. Ils ont fait grief à 

l'ODM de n'avoir pas procédé aux vérifications approfondies exigées par 

la jurisprudence et argué que l'interprète qui avait participé à l'audition était 

de même appartenance ethnique que les personnes qui les persécutaient, 

ce qui justifiait qu'il soit procédé à une nouvelle audition. Les recourants 

ont encore conclu à l'octroi de l'assistance judiciaire totale, motif pris de 

leur indigence et de leur ignorance d'une quelconque langue officielle 

suisse. 

E-6670/2013 

Page 6 

Ils ont produit à l'appui de leur recours un rapport médical concernant 

A._______, daté du 23 novembre 2013. Selon le diagnostic posé, celui-ci 

souffre de troubles paranoïdes délirants.  

H.  

La demande des recourants tendant à la nomination d'un avocat d'office a 

été rejetée par décision incidente du 11 décembre 2013.  

I.  

Invité à donner sa réponse au recours, l'ODM en a proposé le rejet, en date 

du 3 mars 2014. Il a en particulier relevé que les troubles psychiques dont 

souffrait A._______ pouvaient être traités en Serbie. 

J.  

Dans leur réplique du 20 mars 2014, les recourants ont contesté, en se 

basant, sur le rapport médical produit, que les troubles de A._______ 

puissent être soignés dans son pays d'origine.  

K.  

Par courrier du 18 février 2015, les recourants ont encore fait parvenir au 

Tribunal, à sa demande, un rapport médical daté du 15 février 2015 

concernant A._______. Le 30 mars 2015, ils ont déposé un rapport médical 

daté du 15 septembre 2014 concernant B._______. 

 

Droit : 

1.  

1.1 Le Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal), en vertu de 

l’art. 31 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, 

RS 173.32), connaît des recours contre les décisions au sens de l’art. 5 de 

la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA, 

RS 172.021) prises par les autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF. 

En particulier, les décisions rendues par l'ODM (aujourd'hui, le SEM) 

concernant l’asile peuvent être contestées, par renvoi de l’art. 105 de la loi 

du 26 juin 1998 sur l’asile (LAsi, RS 142.31), devant le Tribunal, lequel 

statue alors définitivement, sauf demande d’extradition déposée par l’Etat 

dont le requérant cherche à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 

E-6670/2013 

Page 7 

17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]), exception non 

réalisée en l'espèce. 

Partant, le Tribunal est compétent pour statuer définitivement sur la 

présente cause. 

1.2 Les recourants ont qualité pour recourir. Présenté dans la forme et 

dans le délai prescrits par la loi, le recours est recevable (cf. art. 48 et 52 PA 

et art. 108 al. 1 LAsi). 

2.  

2.1 Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d’origine ou dans 

le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 

ou craignent à juste titre de l’être en raison de leur race, de leur religion, 

de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou 

de leurs opinions politiques. Sont notamment considérées comme de 

sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l’intégrité corporelle ou 

de la liberté, de même que les mesures qui entraînent une pression 

psychique insupportable. Il y a lieu de tenir compte des motifs de fuite 

spécifiques aux femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi ; cf. également ATAF 2007/31 

consid. 5.2‒5.6 p. 379‒381). 

2.2 Quiconque demande l’asile (requérant) doit prouver ou du moins 

rendre vraisemblable qu’il est un réfugié. La qualité de réfugié est 

vraisemblable lorsque l’autorité estime que celle-ci est hautement 

probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur 

des points essentiels, ne sont pas suffisamment fondées, qui sont 

contradictoires, qui ne correspondent pas aux faits ou qui reposent de 

manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés 

(art. 7 LAsi).   

3.   

3.1 Les recourants ont fait valoir, comme grief formel devant entraîner 

l'annulation de la décision entreprise, que l'interprète fonctionnant lors de 

leurs auditions était de la même appartenance ethnique que la personne 

qui les avait persécutés au Kosovo et qu'en conséquence le dossier devait 

être renvoyé à l'ODM (aujourd'hui : le SEM) pour qu'ils soient entendus en 

présence d'un autre interprète. Ce grief doit être écarté. Les recourants 

maîtrisent tous deux la langue serbo-croate, dans laquelle leur audition a 

eu lieu. Ils n'étayent leur affirmation d'aucun indice concret démontrant que 

E-6670/2013 

Page 8 

l'interprète n'aurait pas traduit fidèlement leurs propos. Ils n'ont par ailleurs 

pas fait référence à un problème de compréhension dans leur 

détermination du 10 juillet 2013, par laquelle ils ont implicitement reconnu 

avoir fait de fausses déclarations lors de leurs auditions, en cachant qu'ils 

avaient quitté le Kosovo en 1999 déjà. Dans ces conditions, il n'y a aucune 

raison d'annuler la décision entreprise pour violation du droit d'être entendu 

des recourants. 

3.2  Par ailleurs, les recourants reprochent à l'ODM de n'avoir pas procédé 

à une enquête sur place qui s'imposerait du fait de leur appartenance à 

une ethnie minoritaire. Cette argumentation non pertinente en l'espèce doit 

être rejetée. Dans le cas concret, l'ODM a en effet diligenté une enquête 

sur place, par l'intermédiaire de la représentation suisse à Pristina, 

concernant les intéressés. Cette enquête a permis d'établir que ceux-ci 

avaient caché leur précédent séjour en Serbie. Ils sont donc 

particulièrement mal fondés à reprocher à l'ODM une violation de son 

devoir d'instruction d'office.  

4.  

4.1 Les recourants ont fait valoir, comme motif de leur demande d'asile, 

des menaces reçues de tiers à E._______ en raison à la fois de l'activité 

de A._______ en faveur des Serbes et d'un litige l'opposant à un Albanais 

qui se serait approprié la maison, respectivement un terrain lui 

appartenant. L'ODM a considéré que leurs déclarations ne satisfaisaient 

pas aux conditions de vraisemblance fixées par la loi. Il a notamment relevé 

que les intéressés avaient, dans un premier temps, caché avoir quitté le 

Kosovo en 1999 déjà, qu'ils avaient ensuite tenté d'adapter leur récit en 

fonction des résultats du rapport de la représentation suisse et que, de 

manière générale, leurs déclarations étaient confuses. Dans leur recours, 

les recourants ne font que réitérer leurs précédentes affirmations en 

rapport avec les menaces reçues à E._______.  

4.2 Force est de constater que les intéressés ont clairement tu, lors du 

dépôt de leurs demandes d'asile et de leurs auditions, leurs liens avec la 

Serbie et le fait qu'ils avaient vécu à F._______ entre 1999 et leur départ 

pour la Suède. Ce fait est de nature à entacher considérablement leur 

crédibilité. En outre, les vérifications faites démontrent que les intéressés 

n'ont pas quitté le Kosovo à l'époque et dans les circonstances décrites 

lors de leurs auditions. Enfin, leurs déclarations concernant la destruction 

de leur maison par un voisin sont vagues et contradictoires. Le Tribunal 

E-6670/2013 

Page 9 

peut sur ce point renvoyer à l'argumentation pertinente de la décision 

entreprise, le recours ne contenant aucun argument de nature à contester 

valablement cette motivation.  

4.3 Cela dit, l'ODM est, de toute façon, parti du principe que les intéressés 

disposaient d'une alternative de domicile en Serbie et n'a envisagé leur 

renvoi qu'en fonction de la situation dans laquelle ils se trouveraient en cas 

de retour dans cet Etat.   

C'est le lieu de rappeler que ne peut prétendre à la qualité de réfugié que 

celui qui a besoin de la protection d'un Etat autre que celui dont il est 

ressortissant. En l'occurrence, l'ODM a désigné les intéressés, dans sa 

décision, comme ressortissants du Kosovo (cf. dernière page). Cependant, 

il a – implicitement en retenant l'existence d'une "alternative de fuite" et 

explicitement dans le cadre de l'examen de l'exécution du renvoi – retenu 

que les recourants, en tant que Roms de langue serbe, étaient considérés 

comme des Serbes par les autorités serbes, qui n'ont pas reconnu 

l'indépendance du Kosovo. Il a également admis que les intéressés 

pourraient obtenir des documents de voyage auprès des représentations 

serbes à l'étranger. Les recourants n'ont fait valoir ni dans leurs 

déclarations ni dans leur recours d'éléments de nature à amener le Tribunal 

à une autre conclusion. A._______ a, certes, affirmé ne pas avoir la 

nationalité serbe et ne pas posséder de documents d'identité serbes (cf. 

pv de l'audition sur les motifs Q. 33 p. 5). Le fait que ses documents 

d'identité ont, selon ses déclarations, été établis au Kosovo ne signifie pas 

que les autorités serbes, qui ne reconnaissent pas cet Etat, refusent de le 

considérer comme un Serbe. La décision de l'ODM est à cet égard 

conforme aux les constatations faites par le Tribunal dans sa jurisprudence 

publiée sous ATAF 2010/41 (en partic. consid. 6.4.2. p. 580). Le fait que les 

recourants ont déposé des cartes d'identité du Kosovo établies en 2011 

permet uniquement d'affirmer qu'ils devaient être inscrits dans les registres 

au Kosovo, mais non que l'Etat serbe leur dénie la nationalité serbe (sur 

ces questions, cf. également ATAF 2010/41 consid. 8.3.3.2). Il sied 

également de souligner que B._______ est née en Serbie et a déclaré avoir 

possédé à sa naissance la nationalité serbe (cf. pv de l'audition au CEP). 

Or, les recourants n'ont fait valoir ni lors de leurs auditions ni dans leur 

recours de persécutions, au sens de l'art. 3 LAsi, subies ou redoutées en 

Serbie.  

E-6670/2013 

Page 10 

4.4 Il s’ensuit que le recours, en tant qu’il conteste le refus de l’asile, doit 

être rejeté. 

5.  

5.1 Lorsqu’il rejette la demande d’asile ou qu’il refuse d’entrer en matière 

à ce sujet, l’ODM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en 

ordonne l’exécution ; il tient compte du principe de l’unité de la famille 

(art. 44 al. 1 LAsi). Le renvoi ne peut être prononcé, selon l’art. 32 de 

l’ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l’asile relative à la procédure (OA 1, 

RS 142.311), lorsque le requérant d’asile dispose d’une autorisation de 

séjour ou d’établissement valable, ou qu’il fait l’objet d’une décision 

d’extradition ou d’une décision de renvoi conformément à l’art. 121 al. 2 de 

la Constitution fédérale du 18 avril 1999 (Cst., RS 101). 

5.2 Aucune exception à la règle générale du renvoi n’étant en l’occurrence 

réalisée, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette mesure. 

6.  

6.1 L’exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement 

exigible et possible (art. 44 al. 2 LAsi). Si ces conditions ne sont pas 

réunies, l’admission provisoire doit être prononcée. Celle-ci est réglée par 

l’art. 84 de la loi fédérale sur les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr, RS 

142.20). 

6.2 L’exécution n’est pas licite lorsque le renvoi de l’étranger dans son Etat 

d’origine ou de provenance ou dans un Etat tiers est contraire aux 

engagements de la Suisse relevant du droit international (art. 83 al. 3 LEtr). 

Aucune personne ne peut être contrainte, de quelque manière que ce soit, 

à se rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa liberté 

serait menacée pour l’un des motifs mentionnés à l’art. 3 al. 1 LAsi, ou 

encore d’où elle risquerait d’être astreinte à se rendre dans un tel pays 

(art. 5 al. 1 LAsi). Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou 

traitements inhumains ou dégradants (art. 3 de la convention du 

4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés 

fondamentales [CEDH, RS 0.101]). 

6.3 L’exécution du renvoi ne peut pas être raisonnablement exigée si le 

renvoi ou l’expulsion de l’étranger dans son pays d’origine ou de 

provenance le met concrètement en danger, par exemple en cas de guerre, 

E-6670/2013 

Page 11 

de guerre civile, de violence généralisée ou de nécessité médicale (art. 83 

al. 4 LEtr). 

6.4 L’exécution n’est pas possible lorsque l’étranger ne peut pas quitter la 

Suisse pour son Etat d’origine, son Etat de provenance ou un Etat tiers, ni 

être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr). 

7.  

7.1 L’exécution du renvoi est illicite, lorsque la Suisse, pour des raisons de 

droit international public, ne peut contraindre un étranger à se rendre dans 

un pays donné ou qu’aucun autre Etat, respectant le principe du non-

refoulement, ne se déclare prêt à l’accueillir ; il s’agit d’abord de l’étranger 

reconnu réfugié, mais soumis à une clause d’exclusion de l’asile, et ensuite 

de l’étranger pouvant démontrer qu’il serait exposé à un traitement prohibé 

par l’art. 3 CEDH ou encore l’art. 3 de la convention du 10 décembre 1984 

contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou 

dégradants (Conv. torture, RS 0.105). 

7.2 En l'occurrence, l’exécution du renvoi ne contrevient pas au principe de 

non-refoulement de l’art. 5 LAsi. Comme exposé plus haut, les recourants 

n'ont pas rendu vraisemblable qu’en cas de retour en Serbie, ils seraient 

exposés à de sérieux préjudices au sens de l’art. 3 LAsi. 

7.3 En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant du 

droit international, il sied d’examiner particulièrement si l’art. 3 CEDH, qui 

interdit la torture, les peines ou traitements inhumains, trouve application 

dans le présent cas d’espèce. 

7.3.1 Si l’interdiction de la torture, des peines et traitements inhumains (ou 

dégradants) s’applique indépendamment de la reconnaissance de la 

qualité de réfugié, cela ne signifie pas encore qu’un renvoi ou une 

extradition serait prohibée par le seul fait que dans le pays concerné des 

violations de l’art. 3 CEDH devraient être constatées ; une simple 

possibilité de subir des mauvais traitements ne suffit pas. Il faut au contraire 

que la personne qui invoque cette disposition démontre à satisfaction qu’il 

existe pour elle un véritable risque concret et sérieux d’être victime de 

tortures, ou de traitements inhumains ou dégradants en cas de renvoi dans 

son pays. Il en ressort qu’une situation de guerre, de guerre civile, de 

troubles intérieurs graves ou de tension grave accompagnée de violations 

des droits de l’homme ne suffit pas à justifier la mise en œuvre de la 

protection issue de l’art. 3 CEDH, tant que la personne concernée ne peut 

E-6670/2013 

Page 12 

rendre hautement probable qu’elle serait visée personnellement – et non 

pas simplement du fait d’un hasard malheureux – par des mesures 

incompatibles avec la disposition en question (Jurisprudence et 

informations de la Commission suisse de recours en matière d’asile 

[JICRA] 1996 no 18 consid. 14b let. ee p. 186 s.). 

7.3.2  En l'occurrence, le Tribunal considère, pour les mêmes raisons que 

celles exposées plus haut, que les recourants, qui ont fait valoir des 

menaces reçues de tiers au Kosovo, n'ont en aucun cas établi ni même 

allégué qu'ils pourraient être soumis à la torture ou à des traitements 

prohibés en cas de retour en Serbie, où ils ont, comme ils l'ont finalement 

reconnu, déjà vécu plusieurs années. 

7.4 Dès lors, l'exécution du renvoi de leur renvoi sous forme de refoulement 

ne transgresse aucun engagement de la Suisse relevant du droit 

international, de sorte qu'elle s'avère licite (cf. art. 44 LAsi et art. 83 al. 3 

LEtr).   

8.  

8.1 Selon l’art. 83 al. 4 LEtr, l’exécution de la décision peut ne pas être 

raisonnablement exigée si le renvoi ou l’expulsion de l’étranger dans son 

pays d’origine ou de provenance le met concrètement en danger, par 

exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou de 

nécessité médicale.  

8.1.1 Cette disposition s’applique en premier lieu aux «réfugiés de la 

violence», soit aux étrangers qui ne remplissent pas les conditions de la 

qualité de réfugié parce qu’ils ne sont pas personnellement persécutés, 

mais qui fuient des situations de guerre, de guerre civile ou de violence 

généralisée, et ensuite aux personnes pour qui un retour reviendrait à les 

mettre concrètement en danger, notamment parce qu’elles ne pourraient 

plus recevoir les soins dont elles ont besoin. En revanche, les difficultés 

socio-économiques qui sont le lot habituel de la population locale, en 

particulier en matière de pénurie de logements et d'emplois, ne suffisent 

pas en soi à réaliser une telle mise en danger (cf. ATAF 2010/41 consid. 

8.3.6, ATAF 2009/52 consid. 10.1, ATAF 2008/34 consid. 11.2.2).   

8.1.2  S'agissant plus spécifiquement des personnes en traitement médical 

en Suisse, l'exécution du renvoi ne devient inexigible, en cas de retour 

dans leur pays d'origine ou de provenance, que dans la mesure où elles 

pourraient ne plus recevoir les soins essentiels garantissant des conditions 

E-6670/2013 

Page 13 

minimales d'existence ; par soins essentiels, il faut entendre les soins de 

médecine générale et d'urgence absolument nécessaires à la garantie de 

la dignité humaine (GABRIELLE STEFFEN, Droit aux soins et rationnement, 

Berne 2002, p. 81 s. et 87). L'art. 83 al. 4 LEtr, disposition exceptionnelle 

tenant en échec une décision d'exécution du renvoi, ne saurait en revanche 

être interprété comme une norme qui comprendrait un droit de séjour lui-

même induit par un droit général d'accès en Suisse à des mesures 

médicales visant à recouvrer la santé ou à la maintenir, au simple motif que 

les structures hospitalières et le savoir-faire médical dans le pays d'origine 

ou de destination de l'intéressé n'atteignent pas le standard élevé qu'on 

trouve en Suisse (ATAF 2009/2 consid. 9.3.2 ; JICRA 2003 n° 24 

consid. 5b p. 157s. et jurisp. cit.). 

La gravité de l'état de santé, d'une part, et l'accès à des soins essentiels, 

d'autre part, sont déterminants. Ainsi, l'exécution du renvoi demeure 

raisonnablement exigible si les troubles physiologiques ou psychiques ne 

peuvent être qualifiés de graves, à savoir s'ils ne sont pas tels qu'en 

l'absence de possibilités de traitement adéquat, l'état de santé de 

l'intéressé se dégraderait très rapidement au point de conduire d'une 

manière certaine à la mise en danger concrète de sa vie ou à une atteinte 

sérieuse, durable, et notablement plus grave de son intégrité physique.  

L'exécution du renvoi est raisonnablement exigible si l'accès à des soins 

essentiels, au sens défini ci-dessus, est assuré dans le pays d'origine ou 

de provenance. Il pourra s'agir, cas échéant, de soins alternatifs à ceux 

prodigués en Suisse, qui - tout en correspondant aux standards du pays 

d'origine - sont adéquats à l'état de santé de l'intéressé, fussent-ils d'un 

niveau de qualité, d'une efficacité de terrain (ou clinique) et d'une utilité 

(pour la qualité de vie) moindres que ceux disponibles en Suisse ; en 

particulier, des traitements médicamenteux (par exemple constitués de 

génériques) d'une génération plus ancienne et moins efficaces, peuvent, 

selon les circonstances, être considérés comme adéquats. 

8.2  En l’occurrence, l'ODM est parti du constat qu'un retour des intéressés 

au Kosovo n'était pas raisonnablement exigible. C'est donc en rapport à 

une installation en Serbie qu'il convient d'examiner si l'exécution du renvoi 

est conforme à l'art. 83 al. 4 LEtr. Les arguments du recours relatifs à 

l'inexigibilité de leur renvoi au Kosovo ne sont pas pertinents. 

8.2.1 Dans son arrêt de principe précité, le Tribunal a mis en évidence que 

les personnes venant du Kosovo et présentes sur le territoire de la Serbie, 

E-6670/2013 

Page 14 

qu'elles soient déplacées internes ou non, devaient se faire enregistrer en 

Serbie pour accéder au système social, ce qui supposait au préalable, en 

particulier, qu'elles puissent se faire délivrer une carte d'identité et produire 

une attestation de domicile (ATAF 2010/41 consid. 8.3.3.4). Ces exigences 

ont notamment posé problème pour les personnes sans carte d'identité et 

sans domicile fixe, dont de très nombreux Roms.  

8.2.2 Dans le même arrêt, le Tribunal a estimé que l'exécution du renvoi 

vers la Serbie de ressortissants d'ethnie serbe dont le dernier domicile était 

au Kosovo apparaissait de façon générale raisonnablement exigible ; il a 

précisé qu'il y avait toutefois lieu de pondérer, dans chaque cas, des 

éléments – critères du refuge interne – tels que l'assurance d'un minimum 

vital sur le plan économique, les liens avec la Serbie et l'intégration sociale. 

Il a également relevé que les personnes d'ethnie serbe déjà enregistrées 

comme personnes déplacées internes pouvaient en général plus 

facilement se réinsérer en Serbie que celles qui n'y avaient jamais été 

enregistrées avec ce statut (ATAF 2010/41 consid. 8.3.3.6). Eu égard aux 

conditions de vie des minorités en Serbie (cf. ATAF 2009/51 consid. 5.7 ; 

voir également ATAF 2010/41 consid. 8.3.3.4), il y a lieu d'admettre que 

les personnes d'ethnie rom originaires du Kosovo sont confrontées à des 

difficultés de réinsertion en Serbie plus importantes que les personnes 

d'ethnie serbe. Par conséquent, dans l'examen de l'exigibilité de l'exécution 

du renvoi vers la Serbie, les critères généraux de refuge interne, qu'il y a 

lieu d'utiliser et de pondérer, doivent également prendre en compte 

l'appartenance à une minorité ethnique. 

8.3 En l'espèce, les recourants ont finalement reconnu avoir vécu en 

Serbie, plus précisément à F._______, entre 1999 et leur départ pour la 

Suède en mars 2010, ce qui ressortait également de l'enquête réalisée par 

l'ambassade. Il y a aussi lieu d'admettre que, contrairement à ce qu'ils 

affirment dans leur détermination du 10 juillet 2013 (cf. let. E), ils ont 

également vécu en Serbie après leur retour de Suède en hiver 2011. En 

effet, l'enquête menée sur place confirme qu'ils ont quitté le Kosovo depuis 

1999 et ils n'ont pas de preuve d'une réinstallation au Kosovo après leur 

retour de Suède, même s'il n'est pas exclu qu'ils aient tenté des démarches 

à cette fin. Ils possèdent des documents d'identité, disposaient d'une 

adresse et ils ont de la famille en Serbie, notamment à F._______, où 

B._______ a vécu jusqu'à son mariage. Dans ces conditions, il y a tout lieu 

d'admettre que les recourants ont pu être enregistrés en Serbie durant les 

dix années où ils ont vécu dans ce pays avant de se rendre en Suède. Ils 

n'ont ainsi pas établi à satisfaction de droit qu'en cas de retour en Serbie, 

E-6670/2013 

Page 15 

ils rencontreraient des difficultés excessives pour se faire enregistrer – cas 

échéant réenregistrer – et accéder au système de protection sociale et, 

notamment, à l'aide sociale et médicale.   

8.3.1 Les recourants prétendent qu'ils ne disposeraient plus de la maison, 

dans laquelle ils disent avoir habité à F._______. Dans leur courrier du 

10 juillet 2013, ils allèguent que le frère de B._______, à laquelle cette 

maison aurait appartenu, n'en serait plus propriétaire. Il aurait acquis un 

autre logement, lequel serait occupé par sa propre famille. Ces allégations 

ne sont pas étayées. Quoi qu'il en soit, et même s'ils ne disposent plus d'un 

logement à F._______, il ressort de l'enquête effectuée sur place qu'ils ont 

encore des proches qui vivent en Serbie. B._______ a certes déclaré que 

ses sœurs étaient décédées, mais cela ne suffit pas à établir qu'elle n'aurait 

plus aucune parenté dans la région. En outre, les recourants déclarent 

dans leur détermination que le frère de B._______ a acquis un nouveau 

logement pour sa famille à F._______. Ainsi, ils disposeraient pour le moins 

d'un point de chute et du soutien potentiel des membres de leur famille, en 

Serbie ou à l'étranger, pour les aider dans un premier temps. 

8.3.2 Le Tribunal n'ignore pas que la situation des minorités non serbes en 

Serbie (en particulier les Roms), pourtant censés bénéficier des mêmes 

droits que les Serbes de souche, est précaire sur le plan du travail, de 

l'accès à l'infrastructure dans plusieurs domaines, comme les soins 

médicaux et scolarité notamment. En dépit des efforts importants entrepris 

par les autorités serbes pour promouvoir l'égalité sociale des membres de 

la minorité rom, ceux-ci sont toujours la cible de diverses discriminations, 

notamment dans les domaines du logement, de l'éducation, du travail, et 

de la santé. De fait, un grand nombre d'entre eux vivent dans des 

conditions de grande précarité et sont en outre largement touchés par le 

chômage. Cependant, les recourants, qui ont vécu plusieurs années en 

Serbie et ont d'ailleurs réuni les moyens financiers pour se rendre en 

Suède d'abord, puis en Suisse, ne sauraient prétendre que la situation est 

telle qu'ils seraient dans l'incapacité totale d'assurer leur subsistance et, de 

ce fait, concrètement en danger. Au contraire, il y a lieu d'admettre qu'ils 

pourront, comme par le passé, trouver les moyens d'assurer leur 

subsistance. Certes, selon le rapport médical déposé, A._______ présente 

une incapacité de travail en raison de ses troubles psychiques. Son fils 

C._______ est cependant en âge de travailler et d'assurer les besoins de 

la famille ou d'aider ses parents dans leurs démarches administratives en 

vue d'obtenir une aide étatique. Enfin, comme déjà dit, les recourants n'ont 

E-6670/2013 

Page 16 

pas rendu vraisemblable l'absence de toute possibilité de soutien familial 

à leur retour en Serbie. 

8.4  Les recourants ont également fait valoir que l'exécution de leur renvoi 

n'était pas raisonnablement exigible en raison de leur état de santé. 

8.4.1 B._______ a allégué qu'elle souffrait de divers problèmes de santé 

(troubles de l'audition et céphalées, rhumatisme, problèmes 

gynécologiques). En 2014, elle aurait subi une intervention traitée de 

manière ambulatoire en clinique ORL. Il ne ressort toutefois pas des 

rapports produits que ces affections sont graves au point qu'elles 

mettraient en péril sa vie ou conduiraient à une péjoration rapide et 

importante de son état de santé si elle ne pouvait pas poursuivre en Serbie 

les traitements commencés en Suisse. Il en va de même pour sa fille, qui 

souffre d'asthme. Il convient de relever ici que les intéressées peuvent, 

comme l'a relevé l'ODM, demander à bénéficier de l'aide médicale au 

retour, si elles en remplissent les conditions. Cette aide devrait leur 

permettre d'assurer dans un premier temps tout au moins la poursuite de 

leur traitement, si celle-ci s'avère toujours nécessaire. En outre, dès lors 

que, comme dit plus haut, les recourants ont vécu plusieurs années en 

Serbie et doivent y avoir été enregistrés – ou pouvoir le cas échéant 

effectuer une démarche dans ce but – ils peuvent bénéficier du système 

social en Serbie.  

8.4.2 Quant à A._______, il souffre, selon le dernier rapport médical 

produit, du 15 février 2015, de troubles psychotiques délirants persistants 

de type paranoïde, lesquels ont même entraîné une hospitalisation de 

courte durée en août 2013. Ces troubles se traduisent en particulier par la 

persistance d'une humeur dépressive avec des angoisses psychotiques 

délirantes, de la nervosité, de l'intolérance à la frustration, des problèmes 

de sommeil, une diminution de l'endurance et de la résistance et un retrait 

social avec des tendances à l'isolement. Selon le médecin, la persistance 

de ces troubles influence fortement sa capacité de travail et il le considère 

du point de vue médico-psychiatrique comme incapable de travailler. 

A._______ nécessite, selon le praticien, un suivi psychiatrique ambulatoire 

régulier et une médication (non précisée). Selon le médecin, il doit toujours 

être considéré comme incapable de voyager et inapte au transport, du 

point de vue médico-psychiatrique. Le pronostic est, à défaut de traitement, 

clairement défavorable et une interruption du suivi actuel entraînerait une 

nouvelle aggravation des troubles. Le médecin expose encore qu'une 

poursuite du traitement ne serait catégoriquement pas possible en cas de 

E-6670/2013 

Page 17 

retour forcé au Kosovo, qui entraînerait pour le patient une surcharge 

émotionnelle insupportable. 

Le Tribunal n'entend pas mettre en cause les observations du médecin. 

S'agissant de l'aptitude au voyage ou au transport, il estime toutefois que 

le constat du praticien n'est fondé sur aucune observation ou motivation 

médicale. Ce constat est lié, dans le rapport produit, au pronostic avec la 

poursuite d'un traitement dans un environnement favorable. Le rapport ne 

contient aucune démonstration permettant de conclure qu'il existe 

véritablement un empêchement d'ordre médical au transport lui-même. 

Quant aux conséquences de l'exécution du renvoi, le Tribunal rappelle que 

la question de l'exigibilité de l'exécution du renvoi est une question de droit 

qu'il examine lui-même, sur la base des sources d'information dont il 

dispose. En outre, le médecin formule des observations en relation avec 

un renvoi au Kosovo, qui n'a pas été envisagé par l'ODM et ne l'est pas 

non plus par le Tribunal.  

La Serbie dispose de structures de soins et des médicaments nécessaires 

au traitement des maladies psychiques et physiques ; les personnes 

enregistrées dans ce pays y ont accès moyennant une modique 

contribution, voire gratuitement (arrêt E-4529/2013 du 18 décembre 2013, 

consid. 6.7.1, et les références citées). Plusieurs initiatives ont également 

été prises pour améliorer l'accès des Roms aux soins, telles que l’adoption 

par le gouvernement d’une décision selon laquelle ils ont droit à ces soins 

même s’ils sont sans emploi et n’ont pas de résidence permanente, et la 

mise en place d'un service de médiateurs roms (OSAR, Accès des 

membres de l'ethnie rom aux services de santé et à l'aide sociale en 

Serbie, octobre 2012 ; arrêt du Tribunal E-1133/2014 du 1er juillet 2014, 

consid. 5.4.2, et les références citées).  

Dans ces conditions, on peut raisonnablement admettre que A._______ 

disposera en cas de retour en Serbie des soins indispensables, même si 

ceux-ci n'atteignent pas l'ampleur du suivi actuel. Il appartient également à 

son médecin, qui insiste sur l'importance d'un traitement dans la langue du 

patient, de le préparer à un retour. Il y a enfin lieu de relever que les enfants 

de A._______ sont adultes et que ce dernier devrait également pouvoir 

s'appuyer sur ce soutien familial pour affronter les difficultés d'une 

réinstallation en Serbie.   

8.5 Au vu de ce qui précède, les recourants n'ont pas démontré que leur 

retour en Serbie les mettra concrètement en danger au sens de 

E-6670/2013 

Page 18 

l'art. 83 al. 4 LEtr. Partant, l’exécution de leur renvoi doit être considérée 

comme raisonnablement exigible. 

9.  

Enfin, les recourants sont en possession de documents suffisants pour 

rentrer dans leur pays ou, à tout le moins, sont en mesure d’entreprendre 

toute démarche nécessaire auprès de la représentation de leur pays 

d’origine en vue de l’obtention de documents de voyage leur permettant de 

quitter la Suisse. L’exécution du renvoi ne se heurte donc pas à des 

obstacles insurmontables d’ordre technique et s’avère également possible 

(cf. ATAF 2008/34 consid. 12 p. 513‒515). 

10.  

10.1 Cela étant, l’exécution du renvoi doit être déclarée conforme aux 

dispositions légales. 

10.2 Il s’ensuit que le recours, en tant qu’il conteste la décision de renvoi 

et son exécution, doit être également rejeté. 

11.  

11.1  Au vu de l’issue de la cause, il y aurait lieu de mettre les frais de 

procédure à la charge des recourants, conformément aux art. 63 al. 1 PA 

et art. 2 et 3 let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, 

dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, 

RS 173.320.2).  

11.2  Ceux-ci ont toutefois requis la dispense des frais de procédure. Etant 

donné que leurs conclusions ne pouvaient être considérées comme, 

d'emblée, vouées à l'échec, et qu'il y a lieu d'admettre leur indigence, leur 

demande est admise (cf. art. 65 al. 1 PA). 

11.3 Partant, il n'est pas perçu de frais. 

 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

E-6670/2013 

Page 19 

2.  

La demande d'assistance judiciaire partielle est admise.  

3.  

Il n'est pas perçu de frais de procédure. 

4.  

Le présent arrêt est adressé aux recourants, au SEM et à l’autorité 

cantonale. 

 

Le président du collège : La greffière : 

  

William Waeber Isabelle Fournier 

 

 

Expédition :