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**Case Identifier:** 7409eb13-57e9-50d4-8b37-b409620bf8a3
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-05-24
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 24.05.2018 A/4084/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-4084-2017_2018-05-24.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/4084/2017-CS, A/2______ET A/3______  DCSO/327/18 

DECISION 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre de surveillance 
des Offices des poursuites et faillites 

DU JEUDI 24 MAI 2018 

 

Causes jointes A/4084/2017-CS, A/2______ et A/3______; Plaintes 17 LP formées en 

date des 9 octobre 2017, 29 janvier 2018 et 10 février 2018 par A______ et B______.  

 

* * * * * 

 

Décision communiquée par courrier A à l'Office concerné 

et par pli recommandé du greffier du                            

à : 

- B______ et A______  

______. 

- Office des faillites. 

 

 

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A/4084/2017-CS 

EN FAIT 

A. a. Par jugement rendu le 21 septembre 2017, le Tribunal de première instance a 

déclaré la faillite de A______. 

Le 9 octobre 2017, A______ a recouru contre ce jugement.  

Par ordonnance rendue le 12 octobre 2017, la Cour de justice a suspendu l'effet 

exécutoire attaché au jugement du 21 septembre 2017. 

Par arrêt rendu le 4 décembre 2017, aujourd'hui entré en force, la Cour a déclaré 

irrecevable le recours interjeté le 9 octobre 2017. 

b. A réception, le 27 septembre 2017, du jugement déclarant la faillite, l'Office 

des faillites (ci-après : l'Office) a adressé à A______ un courrier, daté du  

29 septembre 2017, la convoquant dans ses locaux pour y être interrogée sur son 

patrimoine et attirant son attention sur les obligations qu'entraînait pour elle la 

déclaration de faillite. 

Le 29 septembre également, un employé de l'Office s'est rendu au domicile de la 

faillie et de son époux afin de procéder à l'inventaire des biens s'y trouvant. Il 

résulte des pièces du dossier que ces derniers ont dans un premier temps refusé 

l'accès de leur logement à l'employé de l'Office, avant de l'autoriser, après qu'il 

leur ait fait part de son intention de faire appel à la force public, à effectuer 

l'inventaire de son contenu. 

Par lettre datée du 3 octobre 2017, B______ et A______  se sont plaints auprès de 

l'Office des mesures entreprises par ce dernier suite à la déclaration de faillite, 

indiquant d'une part avoir formé "opposition" contre cette décision et soutenant 

d'autre part que ces mesures étaient disproportionnées et choquantes au vu du 

montant de 767 fr. de la créance réclamée dans la poursuite ayant conduit à la 

déclaration de faillite (ci-après : la créance litigieuse), dont ils avaient toujours 

indiqué qu'ils s'en acquitteraient le moment venu. 

Ayant reçu le 17 octobre 2017 communication de l'ordonnance rendue le  

12 octobre par la Cour, suspendant l'effet exécutoire de la déclaration de faillite, 

l'Office a provisoirement interrompu ses diligences. 

c. Il les a reprises après avoir reçu communication, le 13 décembre 2017, de l'arrêt 

rendu le 4 décembre 2017 par la Cour, déclarant irrecevable le recours interjeté 

par A______ contre la décision déclarant sa faillite. 

Par courriers datés des 20 décembre 2017 et 25 janvier 2018, l'Office a ainsi 

convoqué la faillie en ses locaux pour l'interroger, en attirant son attention sur son 

devoir de collaboration et les conséquences pénales pouvant découler de sa 

violation, de même que sur son dessaisissement et l'impossibilité en résultant pour 

elle de disposer des actifs tombant dans la masse. A______ n'a toutefois donné 

suite à aucune de ces convocations et n'a remis à l'Office aucun document 

comptable ou liste de créanciers et débiteurs. 

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A/4084/2017-CS 

Le 21 décembre 2017, l'Office a fait procéder, par l'intermédiaire de l'Office des 

poursuites de ______, à l'inscription au Registre foncier d'une mention relative à 

la faillite de A______ au feuillet de la parcelle n° 1______ de la commune de 

C______, lui appartenant en copropriété. 

L'ouverture de la faillite a fait l'objet d'une publication dans la Feuille officielle 

suisse du commerce (FOSC) le 22 décembre 2017. 

Confronté à l'absence de toute collaboration de la faillie, l'Office a institué un 

séquestre postal.  

Informé par D______ que A______ était titulaire en ses livres d'un compte 

présentant un solde positif, l'Office en a maintenu le blocage. Il a en revanche 

renoncé à maintenir le blocage portant sur un second compte bancaire dont la 

faillie était titulaire dans les livres de la E______, de manière à lui permettre de 

couvrir ses dépenses courantes. 

Par courrier recommandé daté du 4 mai 2018, l'Office a invité la faillie à se 

présenter le 14 mai 2018 dans ses locaux pour y prendre position au sujet des 

productions formulées par les créanciers, une liste de ces dernières étant annexée. 

B. a. Par de nombreux actes adressés à la Chambre de surveillance entre les 9 

octobre 2017 et 12 mai 2018, les époux A______ et B______ se sont plaints des 

mesures prises par l'Office. 

 a.a Par courrier daté du 9 octobre 2017, complété par un second courrier daté du 

23 octobre 2017, ils ont déclaré former une plainte contre la lettre de l'Office 

convoquant A______ en ses locaux pour le 5 octobre 2017 ainsi que contre 

l'inventaire effectué le 29 septembre 2017 à leur domicile, aux motifs que ces 

mesures étaient prématurées et disproportionnées. 

 Cette plainte a été enregistrée sous cause A/4084/2017. 

 Par lettre datée du 6 janvier 2018, les époux A______ et B______ ont amplifié 

leurs conclusions. Outre l'annulation de l'inventaire effectué le 29 septembre 2017 

à leur domicile et du courrier de l'Office daté du même jour, ils ont sollicité 

l'octroi d'une indemnité pour tort moral liée audit inventaire, à l'annulation du 

courrier de l'Office daté du 20 décembre 2017 convoquant A______ en ses locaux 

et à la levée du blocage touchant le compte dont celle-ci était titulaire auprès de 

D______. 

 Par courrier daté du 22 janvier 2018, les époux A______ et B______ ont encore 

reproché à l'Office de ne pas encore avoir dressé de procès-verbal de saisie. Ils se 

sont une nouvelle fois plaints du blocage du compte auprès de D______, 

invoquant une disproportion entre le montant bloqué et la créance litigieuse. 

 

 a.b Par courrier daté adressé le 29 janvier 2018 à la Chambre de surveillance, les 

époux A______ et B______ ont repris leurs conclusions en annulation des 

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A/4084/2017-CS 

mesures prises par l'Office le 29 septembre 2017, de la convocation adressée le 20 

décembre 2017 par l'Office à A______ et en levée du blocage touchant le compte 

auprès de D______. Ils ont en outre conclu à l'annulation d'une communication 

datée du 11 janvier 2018, adressée à B______ par l'Office, invitant celui-là à 

produire une procuration l'autorisant à représenter son épouse faute de quoi il ne 

serait pas répondu à ses demandes. Selon les plaignants en effet, cette décision 

était arbitraire dès lors que la facture relative à la créance litigieuse avait été 

adressée à B______. 

 Cette plainte a été enregistrée sous cause A/2______. 

 Par courrier daté du 15 février 2018, les époux A______ et B______ ont indiqué à 

la Chambre de surveillance que la facture litigieuse avait été acquittée. 

 Par courrier daté du 28 mars 2018, les époux A______ et B______ ont encore 

conclu à l'établissement d'un procès-verbal de saisie ainsi que, nouvellement, à la 

levée du séquestre postal. 

 a.c Par courrier adressé le 10 février 2018 à la Chambre de surveillance, les époux 

A______ et B______ ont déclaré former une nouvelle plainte contre le courrier de 

l'Office daté du 25 janvier 2018 convoquant derechef A______ en ses locaux. 

 Cette plainte a été enregistrée sous cause A/3______. 

 Par courrier daté du 9 mars 2018, les époux A______ et B______ ont derechef 

conclu à la levée du séquestre postal. Ils ont en outre dénoncé l'inscription au 

Registre foncier de F______ de la mention relative à la faillite de A______ et se 

sont étonnés qu'il n'ait pas été tenu compte du paiement de la créance litigieuse. 

 Par courrier daté du 28 mars 2018, les époux A______ et B______ sont revenus 

sur certaines des doléances déjà exprimées auparavant. 

 a.d Par courrier adressé le 30 avril 2018 à la Chambre de surveillance, les époux 

A______ et B______ ont déclaré former une nouvelle plainte contre la mise en 

œuvre, par l'Office, de l'office des poursuites de F______ en vue de l'inventaire et 
de l'estimation de l'immeuble ______ à C______, appartenant en copropriété à la 

faillie. 

 a.f Par courrier adressé le 12 mai 2018 à la Chambre de surveillance, les époux 

A______ et B______ ont déclaré former un "complément de plainte" à l'encontre 

du courrier de l'Office daté du 4 mai 2018, invitant la faillie à se présenter le 14 

mai 2018 dans ses locaux pour se déterminer sur les productions reçues.  

 b. Dans les observations datées des 16 novembre 2017, 23 février, 5 et 16 mars 

2018 qu'il a déposées dans les causes A/4084/2017, A/2______ et A/3______, 

l'Office a conclu au rejet des plaintes, expliquant en résumé avoir agi 

conformément aux art. 221 ss. LP. Aucune observation n'a été requise en relation 

avec les "compléments de plainte" déposés les 30 avril et 12 mai 2018.    

 

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A/4084/2017-CS 

EN DROIT 

1. Les "plaintes" déposées les 9 et 23 octobre 2017, 6, 22 et 29 janvier 2018,  

10 février 2018, 9 et 28 mars 2018 et 30 avril 2018 ont été formées par les mêmes 

personnes, concernent la même procédure de faillite et sont fondées sur des motifs 

similaires, voire identiques.  

Leur jonction sera donc ordonnée en application de l'art. 70 al. 1 LPA.  

2. 2.1 La Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes 

formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 125 et 126 al. 2 let. c LOJ; art. 6 

al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures prises par l'office qui ne peuvent être 

attaquées par la voie judiciaire (art. 17 al. 1 LP). 

Par mesure de l'Office, il faut entendre tout acte matériel d'autorité accompli par 

l'Office en exécution d'une mission officielle dans une affaire concrète, ayant pour 

objet la continuation ou l'achèvement de la procédure d'exécution forcée et 

produisant des effets externes (ATF 116 III 91 consid. 1).  

 A qualité pour former une plainte toute personne lésée ou exposée à l'être dans ses 

intérêts juridiquement protégés, ou tout au moins touchée dans ses intérêts de fait, 

par une décision ou une mesure de l'office (ATF 138 III 628 consid. 4; 138 III 219 

consid. 2.3; 129 III 595 consid. 3; 120 III 42 consid. 3).  

La plainte doit être déposée, sous forme écrite et motivée (art. 9 al. 1 et 2 LaLP; 

art. 65 al. 1 et 2 LPA, applicable par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP), dans les dix 

jours de celui où le plaignant a eu connaissance de la mesure (art. 17 al. 2 LP). La 

motivation peut être sommaire mais doit permettre à l'autorité de surveillance de 

comprendre les griefs soulevés par la partie plaignante ainsi que ce qu'elle 

demande (ERARD, op. cit., n° 32 et 33 ad art. 17 LP). 

2.2 En l'espèce, la recevabilité au titre de plaintes au sens de l'art. 17 LP des actes 

déposés par les plaignants auprès de la Chambre de surveillance paraît à maints 

égards douteuse. 

En premier lieu, le plaignant n'apparaît éventuellement touché dans ses intérêts 

juridiquement protégés ou ses intérêts de fait que par la décision de l'Office de 

soumettre sa reconnaissance en qualité de représentant de son épouse à la 

production d'une procuration de cette dernière. Dès lors qu'il ne dispose pas pour 

le surplus de la qualité pour former plainte, les plaintes devraient, en ce qui le 

concerne, être déclarées irrecevables. Le fait qu'il ait ou non été le récipiendaire 

de la facture ayant, après poursuite, conduit à la faillite de la plaignante est à cet 

égard dénué de tout pertinence.  

En deuxième lieu, certaines des actions de l'Office contestées par les plaignants, 

telles les convocations successives adressées à la faillie, ne paraissent a priori pas 

devoir être qualifiées de mesures au sens de l'art. 17 LP. 

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En troisième lieu, le mélange par les plaignants, dans la plupart de leurs actes, de 

conclusions nouvelles et de conclusions anciennes reformulées rend difficile 

l'examen du respect dans chaque cas du délai de dix jours prévu par l'art. 17 al. 2 

LP. 

En quatrième lieu enfin, la motivation invoquée à l'appui des plaintes, qui se 

résume à une suite de termes juridiques employés hors de leur contexte et sans 

autre développement (arbitraire, disproportionné, déni de justice, etc.), rend 

presque impossible l'identification de griefs concrets. 

Dans la mesure toutefois où certains reproches ont été articulés en temps utile et 

de manière recevable par la faillie, qui dispose de la qualité pour former plainte, il 

se justifie d'entrer en matière sur l'ensemble des actes déposés par les plaignants. 

3. 3.1 La faillite est une voie d'exécution générale, ce qui signifie qu'elle porte sur 

tous les éléments patrimoniaux appartenant au débiteur, lesquels sont réalisés afin 

de désintéresser tous ses créanciers (STOFFEL/CHABLOZ, Voies d'exécution,  

3
ème

 édition, 2016, p. 283). Une fois prononcée, elle est définitive sous réserve de 

sa révocation (art. 195 LP). Elle entraîne de plein droit le dessaisissement du failli, 

qui perd le droit de disposer de son patrimoine, sous réserve, pour ce qui est des 

personnes physiques, des biens insaisissables (art. 197 et 224 LP). 

 Dès qu'il a reçu communication de l'ouverture de la faillite, l'Office procède à 

l'inventaire des biens du failli et prend les mesures nécessaires pour leur 

conservation. L'inventaire – qui doit comporter une estimation de tous les actifs 
qu'il mentionne (art. 227 LP) – porte notamment sur les immeubles, les objets 
mobiliers, les papiers-valeurs, les créances et prétentions diverses et le numéraire 

(art. 25 al. 1 OAOF). Aux fins d'établir l'inventaire, l'Office est tenu d'interroger le 

failli – lequel a l'obligation de coopérer (art. 222 al. 1 et 229 al. 1 LP) – sur ses 
créanciers connus, l'existence de procès en cours, l'existence de polices 

d'assurance et les éventuelles mesures de curatelle dont il fait l'objet (art. 37 

OAOF) . Lorsque cette mesure est nécessaire pour sauvegarder les intérêts des 

créanciers, par exemple parce que le failli ne respecte pas son devoir de 

collaboration et qu'il y a des raisons de penser qu'il n'a pas divulgué l'existence de 

certains actifs, l'Office peut en outre procéder au séquestre des envois postaux qui 

lui sont destinés (DCSO/210/15 consid. 3.4). 

 A l'expiration du délai fixé aux créanciers pour annoncer leurs productions, 

l'Office les examine puis, après avoir procédé aux vérifications nécessaires et 

avoir recueilli la détermination du failli (art. 244 LP et 55 OAOF), statue sur leur 

admission au passif (art. 245 LP). 

 3.2 Dans le cas d'espèce, les arguments soulevés par les plaignants pour contester 

les actions de l'Office (arbitraire, manque de proportionnalité, etc.) reposent sur 

plusieurs confusions. 

 En premier lieu, le montant de la créance litigieuse – soit celle faisant l'objet de la 
poursuite ayant conduit à la déclaration de faillite de la plaignante – est en soi 

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dénué de pertinence à compter de la déclaration de faillite. Cette voie d'exécution 

ayant une portée générale, elle englobe en effet tous les biens de la plaignante et 

toutes ses dettes. De même le paiement allégué de cette créance litigieuse, 

intervenu selon les plaignants pendant la procédure de plainte, est-il dénué de tout 

effet sur la procédure de faillite elle-même, si ce n'est éventuellement dans le 

cadre de l'établissement futur de l'état de collocation. 

 En deuxième lieu, l'Office était tenu de par la loi d'intervenir immédiatement afin 

de dresser l'inventaire des avoirs de la plaignante et de prendre les mesures de 

sûreté nécessaires à leur sauvegarde. Il ne pouvait donc, comme les plaignants 

l'auraient apparemment souhaité, patienter jusqu'à droit jugé dans les différents 

recours et plaintes déposés par leur soin, et moins encore jusqu'au règlement du 

litige relatif à la créance ayant donné lieu à la déclaration de faillite. Sous réserve 

de la période courant du 12 octobre au 4 décembre 2017, pendant laquelle l'effet 

exécutoire du jugement déclarant la faillite a été suspendu par ordonnance de la 

Cour (cf. let. A.a ci-dessus), cette décision a déployé tous ses effets. Aucune des 

plaintes déposées par les plaignants n'a par ailleurs bénéficié d'un effet suspensif, 

de telle sorte que les actes contestés étaient exécutoires. 

 En troisième lieu enfin, les plaignants n'ont manifestement saisi ni la portée du 

devoir de collaboration incombant à la plaignante, en sa qualité de faillie, en vertu 

des art. 222 al. 1 et 229 al. 1 LP, ni les conséquences résultant de la violation de 

ce devoir, sous forme de la nécessité pour l'Office de prendre des mesures plus 

incisives pour dresser l'inventaire et assurer la conservation des éléments de 

patrimoine tombant dans la masse ou, le cas échéant, d'ouverture d'une procédure 

pénale. 

 Analysés individuellement, les griefs soulevés par les plaignants appellent les 

remarques suivantes. 

 C'est à juste titre que l'Office, dans le cadre de l'établissement de l'inventaire et en 

application des art. 222 al. 1 et 229 al. 1 LP et 37 OAOF, a, à plusieurs reprises, 

convoqué la plaignante dans ses locaux afin de pouvoir l'y interroger sur les 

éléments de son patrimoine. Les plaintes sont à cet égard mal fondées et c'est à 

tort, et en violation de ses devoirs, que la plaignante n'a pas déféré à ces 

convocations. 

 C'est également à juste titre que l'Office, en application des art. 221 al. 1 et 223 

LP, a procédé le 29 septembre 2017 à l'inventaire du mobilier se trouvant au 

domicile de la plaignante, laquelle avait, là aussi, l'obligation de collaborer. La 

délégation à l'Office des poursuites de F______ de la visite et de l'expertise de 

l'immeuble appartenant en copropriété à la plaignante sur la commune de 

C______ est de même justifiée par l'obligation incombant à l'Office d'inventorier 

et d'estimer la part de copropriété immobilière tombant dans la faillite. Les 

plaintes sont donc mal fondées de ces points de vue également. 

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 La mise sous mains de justice du compte dont la plaignante est titulaire dans les 

livres de D______ résulte de l'obligation pour les débiteurs du failli, prévue par 

l'art. 222 al. 4 LP, de remettre à l'Office les valeurs patrimoniales concernées. 

C'est pour le surplus à juste titre que l'Office a maintenu ce blocage, les avoirs 

déposés sur ce compte tombant dans la masse. La plaignante ne soutient au 

demeurant pas que tout ou partie de ces avoirs lui seraient nécessaires pour 

pouvoir couvrir son entretien de base. 

 Le séquestre postal de la correspondance reçue par la faillite était justifié au début 

de la procédure de liquidation, dès lors que le manque total de collaboration de 

cette dernière faisait craindre une dissimulation de certains actifs. Dans la mesure 

toutefois où l'on peut penser que l'Office a pu aujourd'hui, quelque sept mois après 

la déclaration de faillite, identifier l'ensemble des avoirs de la faillie, ce séquestre 

ne paraît plus indispensable à la sauvegarde des intérêts des créanciers. Sa levée 

sera donc ordonnée. 

 C'est à juste titre que l'Office a exigé du plaignant, comme il le fait à l'égard de 

tout mandataire, de justifier de ses pouvoirs de représentant par la production 

d'une procuration. Dans la mesure où un acte effectué par un représentant sans 

pouvoir est nul, il appartient en effet à l'Office de vérifier, par l'exigence de la 

production d'une procuration, l'existence d'un tel pouvoir. 

 La convocation de la faillie dans les locaux de l'Office pour s'y déterminer sur les 

productions reçues résulte de l'application des art. 244 LP et 55 OAOF et ne 

saurait donc être critiquée. Contrairement à ce qu'il paraît considérer, l'époux de la 

plaignante n'a pour sa part pas à être entendu sur les productions. 

 Enfin, il ne saurait être exigé de l'Office qu'il établisse un procès-verbal de saisie 

au sens de l'art. 112 LP : l'établissement d'un tel acte incombe en effet à l'Office 

des poursuites dans le cadre d'une procédure d'exécution spéciale, alors que la 

plaignante fait l'objet d'une procédure d'exécution générale touchant la totalité de 

son patrimoine. 

 Sous réserve du séquestre postal, initialement justifié mais dont la levée doit 

aujourd'hui être ordonnée, les plaintes sont ainsi mal fondées. 

4. La procédure de plainte est en principe gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61  

al. 2 let. a OELP) et il ne peut être alloué aucuns dépens dans cette procédure  

(art. 62 al. 2 OELP). Le principe de la gratuité de la procédure de plainte trouve 

toutefois une exception à l'art. 20a al. 2 ch. 5 2
ème

 phr. LP, qui prévoit que la partie 

ou son représentant qui use de procédés téméraires ou de mauvaise foi peut être 

condamné à une amende de 1'500 fr. au plus ainsi qu'au paiement des émoluments 

et des débours. 

 Dans le cas d'espèce, les plaignants ont systématiquement contesté par des 

"plaintes" chaque démarche prise par l'Office en vue de la liquidation de la 

faillite, jusqu'à la plus simple (demande d'une procuration). Ne tenant aucun 

compte des observations déposées dans les diverses procédures, ils se sont bornés 

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à reprendre au fil de celles-ci une liste de griefs de plus en plus longue, se 

prévalant d'une argumentation détachée du texte légal et de la jurisprudence. 

 Bien qu'un tel comportement procédural soit susceptible, en soi, de justifier une 

condamnation à un émolument et une amende, il y sera renoncé en l'occurrence, 

dans la mesure où l'on peut encore admettre qu'il résulte davantage d'une 

méconnaissance de la loi que d'une volonté d'abuser des possibilités ouvertes par 

la procédure de plainte.   

  

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre de surveillance : 

A la forme : 

Ordonne la jonction des "plaintes" formées les 9 et 23 octobre 2017, 6, 22 et 29 janvier 

2018, 10 février 2018, 9 et 28 mars 2018 et 30 avril 2018 par B______ et A______ 

contre diverses mesures prises par l'Office des faillites dans la liquidation de la faillite 

de A______. 

Les déclare recevables. 

Au fond : 

Ordonne à l'Office des faillites de lever le séquestre postal portant sur le courrier 

adressé à A______. 

Rejette les plaintes pour le surplus. 

Siégeant : 

Monsieur Patrick CHENAUX, président; Messieurs Georges ZUFFEREY et Eric 

DE PREUX, juges assesseurs; Madame Véronique PISCETTA, greffière. 

 

Le président : 

 

Patrick CHENAUX 

 La greffière : 

 

Véronique PISCETTA 

 

 

 

Voie de recours : 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Chambre de surveillance des Offices 

des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance en matière de poursuite pour 

dettes et faillite (art. 126 LOJ). Il doit être déposé devant le Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les 

dix jours qui suivent la notification de l'expédition complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2  

let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). 

L’art. 119 al. 1 LTF prévoit que si une partie forme un recours ordinaire et un recours constitutionnel, 
elle doit déposer les deux recours dans un seul mémoire. Le recours doit être rédigé dans une langue 

officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens de preuve, et être 

signé (art. 42 LTF).  

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.