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**Case Identifier:** 41faf06f-3e72-5303-a114-c50cac030a52
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-10-27
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 27.10.2022 A/3257/2022
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-3257-2022_2022-10-27.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/3257/2022-MC ATA/1077/2022  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 27 octobre 2022 

en section 

    dans la cause  

 

Monsieur A______ 
représenté par Me Raphaëlle Bayard, avocate  

contre 

COMMISSAIRE DE POLICE 
 

_________ 

 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 

7 octobre 2022 (JTAPI/1054/2022) 

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A/3257/2022 

EN FAIT 

1)  Monsieur A______, né le ______ 1985, indiquant être originaire du Nigéria, 
a déposé une demande d'asile en Suisse, le 15 octobre 2018. 

2)  Par décision du 15 novembre 2018, le Secrétariat d'État aux migrations 
(ci-après : SEM) n'est pas entré en matière et a prononcé son renvoi de Suisse à 
destination de l'Italie, État compétent pour l'examen de sa demande de protection 
internationale en vertu des accords Dublin.  

  La prise en charge de l'intéressé et l'exécution de son renvoi ont été confiées 
au canton de Fribourg, lequel n’a pas réussi à transférer M. A______ en Italie 
dans le délai prévu par les accords Dublin précités, l’intéressé ayant disparu.  

3)  Le 13 août 2020, le Ministère public du canton de Genève (ci-après : MP) a 
condamné M. A______ à une peine privative de liberté de six mois, pour 
infractions à l'art. 19 al. 1 let. c et d de la loi fédérale sur les stupéfiants et les 
substances psychotropes du 3 octobre 1951 (LStup - RS 812.121). Il lui était 
notamment reproché d'avoir vendu à Genève quinze boulettes de cocaïne entre les 
mois de décembre 2019 et juin 2020, et d’avoir détenu, dans l'appartement qu'il 
occupait à Carouge, vingt-quatre boulettes de cocaïne et deux « parachutes » de 
cette drogue destinés à la vente. 

4)  Le 25 mars 2021, M. A______ a été interpellé par les services de police au 
24, route des Acacias pour infractions à la LStup et à la loi fédérale sur les 
étrangers et l'intégration du 16 décembre 2005 (LEI - RS 142.20 ; séjour illégal). 

  Selon le rapport d'arrestation, l’intéressé avait été observé en train de 
procéder à une transaction douteuse avec un tiers, qui avait reconnu lui avoir 
acheté une demi-boulette de cocaïne (0,62 g) pour une valeur de CHF 27.-. 
M. A______ disposait d’un document intitulé « carta d’identità », délivré par la 
commune de Frassinelle Polesine (Italie), valable du 18 septembre 2018 au 
12 décembre 2028. Il est précisé sur ce document que l’intéressé est citoyen 
nigérian. 

  M. A______ a nié se livrer au trafic de cocaïne sur le territoire genevois. Il 
fumait de la marijuana environ deux fois par semaine. Il était venu avec sa fiancée 
et leur fille à Genève en 2018, depuis l'Italie. Il séjournait à une adresse qu'il ne 
souhaitait pas divulguer et travaillait dans un salon de coiffure au sujet duquel il 
ne voulait pas donner de détails.  

5)  Le 26 mars 2021, M. A______ a été condamné par ordonnance pénale du 
MP pour les faits ayant conduit à son arrestation, puis a été remis en mains des 
services de police. 

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6)  Le même jour, le commissaire de police lui a fait interdiction de pénétrer 
dans le canton de Genève pour une durée de douze mois.  M. A______ a été 
acheminé dans le canton de Fribourg.  

7)  Le 1er décembre 2021, M. A______ a été appréhendé par les services de 
police dans le quartier des Eaux-Vives. Il ressort notamment du rapport de police 
qu’il a été formellement reconnu par une femme comme étant son vendeur de 
cocaïne, à qui elle avait acheté environ treize boulettes.  

8)  Prévenu d'infractions à la LStup (trafic de cocaïne) et à la LEI, M. A______ 
a été mis à disposition du MP, puis maintenu en détention provisoire dans l'attente 
de son jugement, faisant également l’objet d’un mandat d’arrêt pour une peine 
privative de liberté pour une durée de cent dix jours.  

9)  Par jugement du 28 avril 2022, le Tribunal de police (ci-après : TP) a 
déclaré M. A______ coupable d'infractions à la LStup (art. 19 al. 1 let. c et d) et à 
la LEI (art. 115 al. 1 let. a LEI, entrée illégale ; art. 115 al. 1 let. b LEI , séjour 
illégal) et de non-respect d’une assignation à un lieu de résidence ou d’une 
interdiction de pénétrer dans une région déterminée (art. 119 al. 1 LEI) et l’a 
notamment condamné à une peine privative de liberté de quatre mois. Le Tribunal 
pénal a également ordonné son expulsion de Suisse pour une durée de trois ans, 
selon l’art. 66a bis du Code pénal suisse du 21 décembre 1937 (CP - RS 311.0).  

10)  Le 5 septembre 2022, M. A______ a été libéré par le Tribunal d’application 
des peines et des mesures (ci-après : TAPEM) et remis entre les mains des 
services de police.  

11)  Le 5 octobre 2022, à 17h35, le commissaire de police a émis un ordre de 
mise en détention administrative à l'encontre de M. A______ pour une durée de 
deux mois, en application des art. 76 al. 1 let. b ch.1 LEI en lien avec 75 al. 1 let. 
b et g LEI. L’intéressé devait être auditionné par les membres d’une délégation du 
Nigéria le 18 octobre 2022.  

  Au commissaire de police, M. A______ a déclaré qu’il s'opposait à son 
renvoi au Nigéria car il était italien.  

12)  Le commissaire de police a soumis cet ordre de mise en détention au 
Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) le même jour. 

  Lors de l’audience devant le TAPI, M. A______ a indiqué qu'il n'était pas 
d'accord d'être renvoyé au Nigéria car il n'était pas originaire de ce pays. Il était en 
revanche d'accord d'être renvoyé en Italie. Il y disposait d'une carte d'identité 
depuis dix ans, qui valait titre de séjour, ce que son avocat italien, Me B______, 
pouvait confirmer. Il s’engageait à retourner immédiatement en Italie s’il était 
remis en liberté. Il avait de l'argent pour acheter son billet de retour, disposant de 
CHF 864.- et EUR 1'500. L’ordre de mise en détention ne tenait notamment pas 

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compte du préavis favorable pour bonne conduite prononcé dans le cadre de sa 
détention pénale. 

  La représentante du commissaire de police a indiqué que le document 
intitulé carte d'identité n'était pas considéré comme un titre de séjour. C'était un 
document émis dans le cadre de la procédure Dublin, laquelle était désormais 
close. Les autorités suisses n’avaient pas d'autre choix que de faire des démarches 
en vue d'un renvoi au Nigéria, à condition que l'intéressé soit identifié comme leur 
ressortissant. M. A______ était toujours inscrit à l'audition du 18 octobre 2022. La 
suite de la procédure dépendait du résultat de cette audition, raison pour laquelle 
une détention de deux mois avait été requise.  

13)  Par jugement du 7 octobre 2022, le TAPI a rejeté le recours. 

  M. A______ faisait l'objet d'une décision d'expulsion pénale prononcée par 
le TP le 28 avril 2022 pour une durée de trois ans. Il avait été reconnu coupable à 
plusieurs reprises, la dernière fois par le jugement précité, notamment 
d’infractions à l'art. 19 al. 1 LStup et de non-respect d'une mesure d'assignation 
territoriale. Il était démuni de toutes ressources financières légales et n’en était pas 
à sa première condamnation pour trafic de drogue. En conséquence, il pouvait être 
retenu qu’il aurait sans aucun doute poursuivi cette activité s'il n'avait pas été 
interpellé par la police. Sa détention administrative était ainsi justifiée sur la base 
des art. 76 al. 1 let. b ch. 1 et 75 al. 1 let. b et g LEI, sans qu’il soit nécessaire 
d’examiner si elle pouvait l’être également en application de l’art. 76 al. 1 let. b 
ch. 3 et 4 LEI. 

  L’assurance de son départ de Suisse répondait à un intérêt public certain et 
toute autre mesure moins incisive que la détention administrative serait vaine pour 
assurer sa présence au moment où il devrait monter dans l’avion devant le 
reconduire au Nigéria, étant relevé que l’intéressé n’avait ni résidence fixe ni 
source légale de revenu en Suisse et que les autorités suisses devaient s'assurer du 
fait qu'il quitterait effectivement le territoire. Il ne pourrait ainsi pas, comme il le 
souhaitait, être simplement remis en liberté pour se rendre en Italie par ses propres 
moyens. Sa mise en détention respectait donc le principe de la proportionnalité. 

  L'autorité chargée du renvoi avait agi avec diligence et célérité, dès lors que 
l’intéressé était convoqué aux fins de son audition par les membres d’une 
délégation du Nigéria le 18 octobre 2022. 

14)  Par acte du 17 octobre 2022, M. A______ a interjeté recours auprès de la 
chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre 
administrative) contre le jugement précité, concluant à son annulation, à sa mise 
en liberté immédiate ainsi qu'à l'octroi d'une indemnité de procédure. 
Subsidiairement, sa détention devait être réduite à cinq jours, le temps d’organiser 
son renvoi vers l’Italie. 

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  Il avait reçu, le 12 octobre 2022, de nouvelles pièces, qu’il était autorisé à 
produire en application de l’art. 68 de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 (LPA-GE - E 5 10). Il avait interjeté recours en Italie le 8 
juillet 2019 car il courait un véritable danger en cas de retour au Nigeria en raison 
de ses idéaux politiques. Selon un procès-verbal d’audience du 8 octobre 2021 du 
Tribunal ordinaire de Venise, une nouvelle audience était fixée le 13 février 2025 
à 12h30. L’audience étant agendée dans le cadre de la procédure de demande de 
protection internationale en Italie, il était erroné de considérer que la procédure 
Dublin était « forclose ». Sa carte d’identité était toujours valable et permettait de 
solliciter sa réadmission en Italie. Des démarches pouvaient être effectuées dans 
ce sens rapidement, puisqu’il s’était pour le surplus engagé à y retourner 
immédiatement dès sa libération. Sa détention violait le principe de la 
proportionnalité. 

  Il a produit une « carta d’identità » de la République italienne, émise le 
18 septembre 2018, valable jusqu’au 12 décembre 2028 et contenant la mention 
« non valida per l’espatrio ». 

15)  Dans le bref délai imparti par le juge délégué, le recourant a traduit 
librement en français les passages jugés pertinents des pièces versées en italien à 
la procédure. 

 a. Il ressort du procès-verbal d’audience du Tribunal ordinaire de Venise, 
tenue en vidéo conférence le 8 octobre 2021, que la cause portait sur un recours 
contre la décision de non-reconnaissance de protection internationale, protection 
subsidiaire et protection humanitaire. Le recourant n’avait pas pu être joint. Son 
avocate sollicitait la reconvocation de l’audience. Le document en italien n’était 
pas signé par la juge honoraire mentionnée.  

 b. Sa requête de protection internationale décrivait des faits qui se seraient 
déroulés en 2015 au Nigéria. Il y aurait été accusé à tort d’un enlèvement, en 
représailles au refus de soutenir une candidature aux élections gouvernementales 
de 2015. Il concluait à l’annulation d’une ordonnance du 24 octobre 2018, notifiée 
le 18 juin 2019, à la reconnaissance de son droit à une protection internationale, 
voire à une protection subsidiaire et à la délivrance d’un permis de séjour 
« approprié ». 

16)  Le 24 octobre 2022, le commissaire de police a conclu au rejet du recours. 

  Le recourant avait mis en échec son renvoi en Italie en 2018. La carte 
d’identité produite précisait expressément n’avoir aucune valeur hors de l’Italie. Il 
ressortait par ailleurs du jugement du TP que l’intéressé avait indiqué n’avoir 
jamais vécu au Nigéria. Sa demande d’asile avait été rejetée par les autorités 
italiennes. Le résultat de l’audition du 18 octobre 2022 par les autorités nigérianes 
n’était pas encore connu. L’intéressé refusait de quitter la Suisse et s’était opposé 

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à son transfert à Berne pour ladite audition. Il avait fallu affecter spécialement une 
patrouille de police pour l’y mener. L’art. 69 al. 2 LEI n’imposait aucune 
obligation aux autorités suisses quant au pays de destination du renvoi. Le 
recourant n’établissait nullement être autorisé à se rendre légalement en Italie. Par 
ailleurs, les autorités helvétiques n’étaient plus en mesure de procéder à un 
transfert en Italie, le délai maximal de dix-huit mois, en application de l’art. 29 § 2 
du Règlement Dublin III (Règlement UE 604/2013 du Parlement européen et du 
Conseil de l’Europe du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de 
détermination de l’État membre responsable de l’examen d’une demande de 
protection internationale introduite dans l’un des États membres par un 
ressortissant de pays tiers ou un apatride) qui se calculait en l’espèce dès le 13 
novembre 2018, étant largement échu. 

17)  Dans sa réplique, M. A______ a relevé que la validité de la carte d’identité 
hors de l’Italie n’était pas pertinente dès lors qu’elle l’autorisait, en fonction du 
droit italien, à résider dans cet État. Il était faux de prétendre que sa demande 
d’asile avait été rejetée en Italie. La procédure était toujours pendante. Le 
recourant refusait uniquement de collaborer à un renvoi au Nigéria, où il risquait 
sa vie. Il souhaitait quitter la Suisse en direction de l’Italie. L’interprétation que 
faisait le commissaire de l’art. 29 § 2 du Règlement Dublin III était alambiquée. 
L’Italie restait libre de refuser l’intéressé si la demande de le reprendre était 
formulée. Or non seulement les autorités suisses n’étaient pas intervenues dans ce 
sens, mais l’État italien avait déjà manifesté son accord à l’époque. Il maintenait 
ses conclusions. 

18)  Sur ce, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger. 

  Le contenu des pièces sera repris, en tant que de besoin, dans la partie en 
droit du présent arrêt. 

EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2)  Selon l'art. 10 al. 2 de la loi d'application de la loi fédérale sur les étrangers 
du 16 juin 1988 (LaLEtr - F 2 10), la chambre administrative doit statuer dans les 
dix jours qui suivent sa saisine. Ayant reçu le recours le 19 octobre 2022 et 
statuant ce jour, elle respecte ce délai. 

  En outre, à teneur dudit art. 10 LaLEtr, elle est compétente pour apprécier 
l'opportunité des décisions portées devant elle en cette matière (al. 2 2ème phr.) ; 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/JmpLex/F%202%2010

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elle peut confirmer, réformer ou annuler la décision attaquée ; le cas échéant, elle 
ordonne la mise en liberté de l'étranger (al. 3 1ère phr.). 

3)  La détention administrative porte une atteinte grave à la liberté personnelle 
et ne peut être ordonnée que dans le respect de l'art. 5 CEDH (ATF 135 II 105 
consid. 2.2.1) et de l'art. 31 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse 
du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101), ce qui suppose en premier lieu qu'elle repose sur 
une base légale. 

 a. En vertu de l'art. 76 al. 1 let. b ch. 1 LEI en lien avec l'art. 75 al. 1 LEI, 
après notification d'une décision de première instance d'expulsion au sens de la 
LEI ou des art. 66a ou 66abis CP, l'autorité compétente peut, afin d'en assurer 
l'exécution, notamment mettre en détention la personne concernée pour les motifs 
notamment cités à l’art. 75 al. 1 let. b LEI, soit qu’elle ait pénétré dans une zone 
qui lui était interdite en application de l’art. 74 LEI, ou qu’elle menace 
sérieusement d’autres personnes ou met gravement en danger leur vie ou leur 
intégrité corporelle et a été condamnée pour ce motif (art. 75 al. 1 let. g LEI). 

 b.  En l'espèce, le TP a prononcé le 28 avril 2022 l’expulsion pénale du 
recourant (art. 66abis CP). L’intéressé a été condamné à trois reprises pour des 
infractions à la LStup, soit les 13 août 2020 pour délit (art. 19 al. 1 let. c et d), le 
26 mars 2021 pour délit (art. 19 al. 1 let. c) et contravention à l’art. 19a ainsi que 
par jugement du TP du 28 avril 2022 pour infraction à l’art. 19 al. 1 let. c et d. Les 
faits portaient sur de la vente de cocaïne, soit une drogue dite dure. Il a par ailleurs 
été reconnu coupable de non-respect d’une interdiction de pénétrer sur le territoire 
genevois du 26 mars 2021, notifiée le même jour. Les conditions d'une mise en 
détention administrative en application des art. 76 al. 1 let. b ch. 1 LEI en lien 
avec l'art. 75 al. 1 let. b et g LEI sont donc remplies, ce que le recourant ne remet, 
au demeurant, pas en cause. 

4)  Le recourant invoque une violation du principe de la proportionnalité. 

 a. Ce principe, garanti par l'art. 36 al. 3 Cst. se compose des règles d'aptitude - 
qui exige que le moyen choisi soit propre à atteindre le but fixé - de nécessité - qui 
impose qu'entre plusieurs moyens adaptés, l'on choisisse celui qui porte l'atteinte 
la moins grave aux intérêts privés - et de proportionnalité au sens étroit - qui met 
en balance les effets de la mesure choisie sur la situation de l'administré et le 
résultat escompté du point de vue de l'intérêt public (ATF 140 I 218 consid. 6.7.1 ; 
136 IV 97 consid. 5.2.2). 

  Conformément à l'art. 76 al. 4 LEI, les démarches nécessaires à l'exécution 
du renvoi ou de l'expulsion doivent être entreprises sans tarder. 

 b.  En l'espèce, on ne peut suivre le recourant lorsqu'il tente de faire valoir 
qu'une mesure moins incisive que la détention permettrait de sauvegarder le but 

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recherché par la mesure. Il a fait l'objet de plusieurs condamnations pénales et est 
revenu à Genève alors qu’il savait ne pas y être autorisé. Il avait par ailleurs déjà 
disparu en 2018 alors que les autorités suisses tentaient de le renvoyer en Italie. 

  Les autorités compétentes ont entrepris avec célérité les démarches 
nécessaires en vue du renvoi du recourant, conformément à l'art. 76 al. 4 LEI, 
notamment en organisant l’audition avec les autorités nigérianes le 18 octobre 
2022. 

  Aucune autre mesure, moins incisive que la mise en détention 
administrative, n'est apte à garantir la présence du recourant lors de l'exécution du 
renvoi, celui-ci ayant clairement affirmé sa volonté de ne pas être renvoyé dans 
son pays d'origine, le Nigéria, volonté qui s'est encore manifestée récemment 
lorsqu'il a refusé de se rendre à l’audition organisée le 18 octobre 2022 à Berne, 
comme le confirme les pièces produites par l’autorité. 

  La détention est en conséquence apte à atteindre le but voulu par le 
législateur, s'avère nécessaire compte tenu de l'attitude adoptée par le recourant et 
proportionnée au sens étroit, dès lors que conformément à la jurisprudence, si 
l'intérêt du recourant est grand à ne pas être renvoyé, l'intérêt public au respect des 
décisions de justice doit primer. La détention est en conséquence proportionnée. 

5)  Le recourant se prévaut d’une carte d’identité italienne et sollicite son 
renvoi dans ce pays. 

 a. Si l'étranger a la possibilité de se rendre légalement dans plusieurs États, 
l'autorité compétente peut le renvoyer ou l'expulser dans le pays de son choix 
(art. 69 al. 2 LEI). La possibilité de choisir le pays de destination présuppose 
toutefois que l'étranger ait la possibilité de se rendre de manière effective et 
admissible dans chacun des pays concernés par son choix. Cela implique qu'il se 
trouve en possession des titres de voyage nécessaires et que le transport soit 
garanti (arrêts du Tribunal fédéral 2C_285/2013 du 23 avril 2013 consid. 7). Le 
renvoi ou l'expulsion dans un pays tiers du choix de l'étranger constitue par 
ailleurs seulement une faculté de l'autorité compétente (arrêts du Tribunal fédéral 
2C_285/2013 du 23 avril 2013 consid. 7 ; 2C_935/2011 du 7 décembre 2011 
consid. 6 ; 2C_393/2009 du 6 juillet 2009 consid. 3.4 ; ATA/646/2020 du 6 juillet 
2020 consid. 5b). 

 b. La chambre de céans a déjà jugé, qu’en application notamment de l’art. 3 
al. 1 et 2 de l’accord de réadmission que la seule détention d’une carte d’identité 
italienne ne suffisait pas à lever une détention administrative, en l’absence de 
l’accord de autorités italiennes d’accepter la réadmission de l’intéressé 
(ATA/1273/2019 du 23 août 2019 consid. 5). 

https://decis.justice.ge.ch/ata/show/2423911
https://decis.justice.ge.ch/ata/show/2191762

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  Par ailleurs, la titularité d'une carte d'identité italienne, non valable à 
l'étranger, d’un titre de voyage et des documents délivrés par les autorités 
italiennes aux personnes qui bénéficient du statut conféré par la protection 
subsidiaire ne suffisent pas à assurer le retour de l'intéressé en Italie, en l'absence 
du permis de séjour. C'est en effet cette pièce, prévue par l'art. 23 du décret 
Decreto legistativo du 19 novembre 2007, n. 251, qui est déterminante pour 
prouver le droit du recourant de séjourner en Italie (ATA/1347/2019 du 9 
septembre 2019 consid. 7). 

 c. En l’espèce, quand bien même l’intimé ne précise pas les raisons pour 
lesquelles les autorités helvétiques n’interpelleraient pas, même hors procédure 
Dublin, leurs homologues italiennes sur une hypothétique reprise de l’intéressé 
par l’Italie, les autorités helvétiques peuvent renvoyer l’intéressé dans le pays de 
leur choix (art. 69 al. 2 LEI). 

  Le recourant ne démontre pas remplir les conditions pour pouvoir être 
renvoyé en Italie, en l’absence d’un permis de séjour et de documents de voyage. 
Pour le surplus, il ne conteste pas que, vu l’échéance du délai de dix-huit mois, les 
autorités helvétiques ne sont plus en mesure de procéder à son transfert dans ce 
pays.  

  Mal fondé, le recours sera donc rejeté. 

6)  Vu la nature du litige, aucun émolument ne sera perçu (art. 87 al. 1 LPA) et, 
vu l'issue de celui-ci, aucune indemnité de procédure ne sera allouée (art. 87 
al. 2 LPA). 

    

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 17 octobre 2022 par Monsieur A______ contre 
le jugement du Tribunal administratif de première instance du 7 octobre 2022 ; 

au fond : 

le rejette ; 

dit qu'il n'est pas perçu d'émolument ni alloué d'indemnité de procédure ; 

https://decis.justice.ge.ch/ata/show/2203177

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dit que conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l'envoi ; 

communique le présent arrêt à Me Raphaëlle Bayard, avocate du recourant, au 
commissaire de police, à l'office cantonal de la population et des migrations, au 
Tribunal administratif de première instance, au secrétariat d'État aux migrations ainsi 
qu'à l’établissement de Favra, pour information. 

Siégeant : Mme Payot Zen-Ruffinen, présidente, M. Verniory, Mme Michon Rieben, 
juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière : 
 
 

C. Marinheiro 
 

 la présidente siégeant : 
 
 

F. Payot Zen-Ruffinen 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :