# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 04399c6c-9fba-5031-b32c-406902e70db9
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours civile HC / 2014 / 386
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_010_HC---2014---386_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

TI13.036381-140533

139 

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS CIVILE

_________________________________________

Arrêt du
15 avril 2014

__________________

Présidence
de               M.             
Winzap,
président

Juges             
:              MM.             
Giroud et  Pellet 

Greffière             
:              Mme             
Juillerat Riedi

 

 

*****

 

 

Art.
67 al. 1 et 2 CPC

 

 

             
Statuant à huis clos sur le recours interjeté par 
X.________,
à Bex, contre le prononcé rendu le 6 février 2014 par le Tribunal civil de l’arrondissement
de Lausanne dans la cause divisant Q.________
d’avec S.________
et F.________,
la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal voit :

             
En fait :

 

 

A.             
Par prononcé du 6 février 2014, le Tribunal civil de l’arrondissement de Lausanne a astreint
X.________ au paiement d’une amende de 100 fr. (I) et rendu sa décision sans frais (II).

 

             
En droit, le premier juge a considéré que dans le cadre de la procédure en désaveu
de paternité introduite par Q.________ contre S.________ et F.________, X.________ n’avait
pas donné suite à sa convocation en qualité de témoin à l’audience du
21 janvier 2014, à laquelle elle avait été régulièrement citée, et qu’il
y avait ainsi lieu de lui infliger une amende en application de l’art. 167 CPC (Code de procédure
civile du 19 décembre 2008 ; RS 272).

 

 

B.             
Par acte du 18 février 2014, X.________ a
recouru contre ce prononcé, concluant à l’annulation de l’amende infligée.

 

 

C.             
La Chambre des recours civile fait sien dans son entier l'état de fait du jugement, complété
par les pièces du dossier, dont il ressort notamment ce qui suit :

 

1.             
Le 23 août 2013, Q.________ a introduit une action en désaveu contre S.________ et F.________.

 

2.             
Par lettre recommandée du 29 octobre 2013,
X.________ a été citée à comparaître en qualité de témoin à l’audience
du 21 janvier 2014 pour être entendue dans la cause précitée. Son attention a été
attirée sur son obligation de donner suite à cette citation et à la possibilité,
notamment, de lui infliger une amende de l’ordre de 1'000 fr. au plus en cas de défaut sans
motif reconnu. 

 

3.
              X.________
ne s’est pas présentée à l’audience en question.

 

 

             
En droit
:

 

 

1.             
Selon l’art. 319 let. b ch. 1 CPC, le recours
est recevable contre les décisions et ordonnances d’instruction de première instance
dans les cas prévus par la loi. Il en va ainsi lorsque le tribunal rend une décision à
l’encontre d’un tiers à la suite d’un refus injustifié de collaborer ou d’un
défaut, seul le tiers étant habilité à recourir de par la loi (art. 167 al. 3 CPC).
Le délai de recours est de 30 jours, le prononcé attaqué devant être qualifié
« d’autre décision » au sens de l’art. 319 let. b CPC et non d’ordonnance
d’instruction (Jeandin, CPC commenté, n. 15 ad art. 319).

 

             
              En l’espèce,
formé en temps utile par le tiers visé par le prononcé, le recours est recevable à
la forme.

 

 

2.             
              Le
recours est recevable pour violation du droit et constatation manifestement inexacte des faits (art.
320 CPC). 

 

             
S’agissant de la violation du droit, l’autorité
de recours dispose d’un plein pouvoir d’examen (Spühler, in Schweizerische Zivilprozessordnung,
Bâle 2010, n. 12 ad art. 319 CPC) ; elle revoit librement les questions de droit soulevées
par le recourant et peut substituer ses propres motifs à ceux de l’autorité précédente
ou du recourant (Hohl, Procédure civile, Tome II, 2e
éd., n. 2508, p. 452).

 

             
En ce qui concerne la constatation manifestement inexacte des faits, ce grief, comme pour l’art.
97 al. 1 LTF (Loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral ; RS 173.110), ne permet que
de corriger une erreur évidente, la notion se recoupant en définitive avec l’appréciation
arbitraire des preuves (Corboz et alii, Commentaire de la LTF, Berne 2009, n. 19 ad art. 97 LTF). Les
constatations de fait et l’appréciation des preuves sont arbitraires lorsqu’elles sont
évidemment fausses, contredisent d’une manière choquante le sentiment de la justice et
de l’équité, reposent sur une inadvertance manifeste ou un abus du pouvoir d’appréciation,
par exemple si l’autorité s’est laissé guider par des considérations aberrantes
ou a refusé de tenir compte de faits ou de preuves manifestement décisifs. Une constatation
de fait n’est donc pas arbitraire pour la seule raison que la version retenue par le juge ne coïncide
pas avec celle du recourant ; encore faut-il que l’appréciation des preuves soit manifestement
insoutenable, en contradiction flagrante avec la situation effective, qu’elle repose sur une inadvertance
manifeste, ou encore qu’elle heurte de façon grossière le sentiment de la justice et
de l’équité (ATF 129 I 8 c. 2.1).

 

 

3.             
a)
Tout en admettant avoir reçu la citation à comparaître, la recourante invoque une erreur
au sujet de la date de sa comparution au tribunal en qualité de témoin et fait valoir qu’elle
avait « la tête fatiguée» pour expliquer son erreur. Elle produit un certificat médical
indiquant qu’elle était en incapacité de travail à 100% du 1er
au 30 novembre 2013.

 

             
b)
L’art. 167 al. 1 et 2 CPC a la teneur suivante:

1
Lorsqu’un tiers refuse
de manière injustifiée de collaborer, le tribunal peut :

a.
              lui infliger une amende
d’ordre de 1’000 francs au plus;

b.
              le menacer de prendre
les sanctions prévues à l’art. 292 CP ; 

c.             
ordonner la mise en oeuvre de la force publique;

d.             
mettre les frais causés par le refus de collaborer à la charge du tiers.

2
En cas de défaut, le tiers encourt les mêmes conséquences que s’il avait refusé
de collaborer sans motif valable.

 

             
L’amende d’ordre prévue à l’art. 167 al. 1 let. a CPC, d’un montant
maximum de 1’000 fr., est une sanction de nature procédurale et non pénale (Jeandin,
op. cit., n. 3 ad art. 167). En vertu de l’alinéa deux de cette disposition, le défaut
s’assimile à un refus de collaborer indépendamment de son caractère intentionnel,
cette composante pouvant toutefois entrer en ligne de compte lors de la détermination de la sanction
(Jeandin, op. cit., n. 8 ad. art. 167).

 

             
c)
En l’espèce, la recourante ne conteste pas avoir été informée valablement de
la date de sa comparution et il importe peu que son défaut repose sur une erreur, cette circonstance
ne pouvant jouer un rôle que sur le montant de l’amende. Or, le premier juge a choisi de s’en
tenir à un montant modeste et, par conséquent, conforme au caractère involontaire du défaut.
Pour le reste, le certificat médical produit par la recourante ne lui est d’aucun secours,
puisqu’elle était apte à comparaître à la date de sa convocation comme témoin.

 

 

4.
              Le recours doit donc être
rejeté. Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 100 fr., sont
mis à la charge de la recourante qui succombe (art. 106 al. 1 CPC).

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours civile du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

en
application de l'art. 322 al. 1 CPC,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
Le prononcé est confirmé.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 100 fr. (cent francs), sont
mis à la charge de la recourante X.________.

 

             
IV.             
L’arrêt motivé est exécutoire.

 

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du
16 avril 2014

 

             
Le dispositif de l'arrêt qui précède est communiqué par écrit aux intéressés.

 

             
La greffière :

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié en expédition complète, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme X.________.

 

             
La Chambre des recours civile considère que la valeur litigieuse est de 100 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Tribunal civil de l’arrondissement de Lausanne.

 

             
La greffière :