# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 29e0cbd7-c6aa-5bd2-8232-54c48a308393
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-04-11
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Kindes- und Erwachsenenschutzhof 11.04.2022 106 2022 33
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_004_106-2022-33_2022-04-11.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00
tribunalcantonal@fr.ch
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

106 2022 33
106 2022 34

Arrêt du 11 avril 2022

Cour de protection de l’enfant et de l’adulte

Composition Présidente : Sandra Wohlhauser
Juges : Jérôme Delabays, Laurent Schneuwly
Greffière-rapporteure : Catherine Faller

Parties A.________, recourante, représentée par Me Marie-Eve Guillod, 
avocate

Objet Protection de l'adulte

Recours du 17 février 2022 contre la décision de la Justice de paix de 
l'arrondissement de la Veveyse du 3 janvier 2022

Requête d’assistance judiciaire

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considérant en fait

A. Le 7 décembre 2021, le Service social B.________ a abordé la Justice de paix de 
l’arrondissement de la Veveyse (ci-après : la Justice de paix) afin qu’elle examine la nécessité 
d’ordonner des mesures de protection en faveur de A.________. Il relevait dans ce courrier que la 
précitée vit avec sa fille C.________ et le fils de celle-ci D.________ né en 2018 et qui serait en 
situation de handicap; ne disposant pas d’assez de moyens financiers, elle a sollicité l’aide sociale 
sans pour autant déposer une demande formelle, ce qui a de graves conséquences pour la famille; 
en particulier, elle risque d’être expulsée de son logement.

La Juge de paix a entendu sur délégation le 23 décembre 2021 A.________. Celle-ci a alors déclaré 
être dans l’attente d’une décision de l’AI (importantes douleurs physiques au niveau du nerf 
abdominal qui s'est coincé suite à une chirurgie) et vivre d’une rente de veuve (CHF 1'560.-) et du 
chômage jusqu’en février 2022 (environ CHF 2'500.-). Elle espère être engagée comme « pôliste » 
dans un EMS pour les week-ends. Elle ne peut pas compter sur un soutien financier de sa fille. Elle 
a précisé ne pas avoir de poursuite en cours mais des actes de défaut de biens. Elle a reconnu vivre 
un passage difficile mais cette gêne n’est que momentanée, étant dans l’attente de réponses 
(subsides; aide pour son arriéré de loyer) et de rentrées d’argent. Elle s’est opposée à une « curatelle 
complète » mais s’est déclarée favorable à un « coaching pour pouvoir téléphoner et demander des 
papiers ». Elle a enfin relevé qu’elle avait pu bénéficier de l’aide efficace de E.________ mais qu’en 
revanche le Service social B.________ ne lui avait été d’aucune utilité, ledit Service la considérant 
comme une personne seule alors qu’elle soutient ses deux enfants. Selon elle, son signalement à 
la Justice de paix dépasse l’entendement.

Par décision du 3 janvier 2022, la Justice de paix a instauré en faveur de A.________ une curatelle 
de représentation et de gestion du patrimoine, sans privation des droits civils, désignant avec effet 
au 1er février 2022 F.________ du Service officiel des curatelles de la Veveyse à cette fonction. Elle 
n’a pas perçu de frais de justice.

B. Le 17 février 2022, A.________ a déposé un recours contre cette décision, dont elle sollicite 
l’annulation, subsidiairement sa réforme dans le sens qu’une curatelle d’accompagnement est 
instaurée, encore plus subsidiairement au renvoi de la cause à la Justice de paix pour nouvelle 
décision.

Elle a par ailleurs requis le bénéfice de l’assistance judiciaire pour la procédure de recours.

La Justice de paix a renoncé à se déterminer le 24 février 2022.

en droit

1.

Déposé auprès de l’autorité compétente (art. 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de 
l'enfant et de l'adulte [LPEA]), dans le délai légal (art. 450b al. 1 CC) et dans les formes prescrites 
(art. 450 al. 3 CC) par la personne visée par la mesure de protection et qui a dès lors qualité pour 
recourir (art. 450 al. 2 ch. 1 CC), le recours du 17 février 2022 est recevable.

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2.

2.1. Dans sa décision du 3 janvier 2022, la Justice de paix est revenue tout d’abord sur les 
difficultés rencontrées par A.________ avec son fils G.________ né en 2000 (intervention de la 
police suite à une dispute en décembre 2020, prélèvements que sa mère aurait effectués pour ses 
dépenses personnelles sur le compte bancaire où sont versés les loyers de l’immeuble propriété de 
son fils et de sa fille; plainte pénale déposée en conséquence le 7 juin 2021), en faveur duquel une 
procédure de protection a également été ouverte.

Ensuite, l’autorité intimée a relevé que A.________ rencontre de grandes difficultés financières liées 
à sa baisse de revenu consécutive à ses problèmes de santé. Elle assume en outre seule l’entretien 
de sa fille et de son petit-fils. Elle n’arrive plus à payer son loyer, de sorte qu’il est à craindre qu’elle 
se trouve sans logement à court terme. Malgré le fait qu’elle s’estime à même de gérer ses affaires 
administratives et financières et ne pas avoir besoin d’une curatelle, elle peine à se positionner à 
l'égard de sa fille et n'entend pas mettre les limites nécessaires visant à la sauvegarde de ses 
propres intérêts, souhaitant continuer à assurer l'entretien de sa fille majeure et de son petit-fils bien 
qu'elle ne dispose pas des ressources nécessaires. Elle semble ainsi être actuellement dans le déni 
de sa problématique. A cet effet, l'institution d'une curatelle de représentation apparaît donc 
nécessaire et appropriée afin que A.________ puisse être représentée par un tiers neutre à l'égard 
de sa fille ainsi que du Service social, en vue de l'obtention de meilleurs revenus; une curatelle 
d'accompagnement est insuffisante en l'état puisque le curateur n'aurait pas la possibilité 
d'entreprendre les démarches nécessaires au nom de la recourante.

La Justice de paix a relevé au surplus que A.________ totalise un montant élevé de poursuites 
(CHF 50'012.28) et fait l'objet d'une procédure pénale pour appropriation illégitime, abus de 
confiance et gestion déloyale. Tout porte par conséquent à croire qu’elle rencontre des carences en 
matière de gestion financière et a besoin d'être assistée et représentée également dans ce cadre.

2.2. Pour A.________, cette motivation viole le droit fédéral. Elle relève que la Justice de paix 
s’est limitée à exposer ses difficultés financières sans expliquer en quoi une cause de curatelle serait 
réalisée, ce qui n’est pas le cas. Elle considère que ses difficultés financières par ailleurs passagères 
ne suffisent pas. Elle expose qu’elle a entrepris sans l’aide de tiers plusieurs démarches qui ont 
abouti, qu’elle a trouvé du travail à partir du 1er février 2022, sa fille commençant de son côté une 
formation de secrétaire médicale à cette date, qu’elle est à jour s’agissant de ses paiements, en 
particulier son loyer, et qu’elle sollicitera de l’aide si nécessaire comme elle l’a déjà fait par le passé. 
Quant au fait qu’elle est visée par une procédure pénale pour des faits qu’elle conteste et sur 
lesquels la Justice de paix ne l’a pas entendue, cela ne justifie pas non plus le prononcé d’une 
mesure de protection.

2.3. La critique de la recourante est fondée. Selon l'art. 390 al. 1 ch. 1 CC, l'autorité de protection 
de l'adulte institue une curatelle lorsqu'une personne majeure est partiellement ou totalement 
empêchée d'assurer elle-même la sauvegarde de ses intérêts en raison d'une déficience mentale, 
de troubles psychiques ou d'un autre état de faiblesse qui affecte sa condition personnelle. Il faut 
que l'existence de l'une des causes précitées empêche partiellement ou totalement la personne 
concernée d'assurer elle-même la sauvegarde de ses intérêts (arrêt TF 5A_30/2022 du 24 février 
2022 consid. 4.1). Or, en l’espèce, la Justice de paix n’indique pas quelle cause serait réalisée, ce 
qu’il lui incombait de faire.

Rien au dossier, qui est vide de tout renseignement médical, ne permet de supposer que 
A.________ souffrirait d'une déficience mentale ou de troubles psychiques. Quant à la notion d’état 
de faiblesse, elle permet de protéger les personnes très âgées, celles qui souffrent de graves 

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handicaps physiques (paralysie grave ou cécité doublée d'une surdité), ou celles que des cas 
extrêmes d’inexpérience, de gaspillage et de mauvaise gestion empêchent de gérer leurs affaires 
conformément à leurs intérêts (arrêt TF 5A_844/2017 du 15 mai 2018 consid. 3.4.1; 
STEINAUER/FOUNTOULAKIS, Droit des personnes physiques et de la protection de l’adulte, 2014 p. 43 
n. 133). Cette notion ne peut dès lors être appliquée à la recourante sur la base des faits retenus 
par la Justice de paix et résumés ci-avant.

2.4. Il s’ensuit l’admission du recours et l’annulation de la décision. 

3.

Les frais judiciaires, par CHF 300.-, seront mis à la charge de l’Etat (art. 106 al. 1 CPC). Des dépens 
ne peuvent en revanche être alloués car, selon l’art. 6 al. 3 LPEA, l’Etat ne peut pas être condamné 
au paiement de dépens; cette dispense ne viole pas le droit fédéral (ATF 142 III 110).

4.

A.________ sollicite l’assistance judiciaire pour la procédure de recours. Cette requête sera admise, 
sa position n’étant pas dépourvue de chance de succès et son indigence étant établie, ses charges 
étant alléguées de manière vraisemblable à plus de CHF 4'100.-, ce qui est supérieur à ses revenus. 
Me Marie-Eve Guillod lui sera désignée avocate d’office. Les frais étant mis à la charge de l’Etat, il 
n’y a pas lieu d’étendre l’assistance judiciaire à leur dispense.

Conformément à l'art. 57 al. 1 RJ, l'indemnité équitable allouée au défenseur d'office est fixée 
compte tenu du travail requis ainsi que de l'importance et de la difficulté de l'affaire. Les dépens 
étant fixés de manière globale dans ce domaine, l'indemnité de défenseur d'office le sera aussi, ce 
que permet l'art. 57 al. 2 RJ. En tenant compte du travail requis, de la nature et de la difficulté de la 
cause, il se justifie d'allouer un montant de CHF 1’000.-, débours compris mais TVA par CHF 77.- 
(7.7 %) en sus, à Me Marie-Eve Guillod.

(dispositif en page suivante)

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la Cour arrête :

I. Le recours est admis.

Partant, la décision de la Justice de paix de l’arrondissement de la Veveyse du 3 janvier 2022 
est annulée.

II. Les frais judiciaires de la procédure de recours, par CHF 300.-, sont mis à la charge de l’Etat.

Il n’est pas alloué de dépens.

III. La requête d’assistance judiciaire de A.________ est admise dans le sens que, pour la 
procédure devant l’autorité de recours, une défenseure d'office rémunérée par l'Etat lui est 
désignée en la personne de Me Marie-Eve Guillod, avocate à Fribourg.

L'indemnité équitable de défenseur d'office de Me Marie-Eve Guillod pour la procédure de 
recours est fixée à CHF 1’000.-, TVA par CHF 77.- (7.7 %) en sus.

IV. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral dans les trente jours qui 
suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 
par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). L'acte de recours 
motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 11 avril 2022/jde

La Présidente : La Greffière-rapporteure :