# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** daa4dec8-015f-59aa-93d9-8d7a516228c9
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-04-30
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Zivilappellationshöfe 30.04.2015 102 2015 59
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_001_102-2015-59_2015-04-30.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

102 2015 59

Arrêt du 30 avril 2015

IIe Cour d’appel civil

Composition Président: Adrian Urwyler
Juges: Catherine Overney, Michel Favre
Greffière: Violaine Badoux 

Parties A.________, requérante et recourante, représentée par 
B.________ SA

contre

C.________, opposant et intimé     

Objet Mainlevée provisoire (art. 82 LP)

Recours du 9 mars 2015 contre le jugement du Président du 
Tribunal civil de l'arrondissement de la Sarine du 20 février 2015

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considérant en fait

A. Le 13 juin 2014, l’Office des poursuites de la Sarine a notifié à C.________ le 
commandement de payer n° ddd, établi à l’instance de A.________. Celle-ci y poursuit le 
recouvrement de la somme de 3'720 francs, correspondant au solde dû par C.________ en raison 
des loyers pour janvier, avril et mai 2012. 

C.________ a formé opposition totale à ce commandement de payer le 13 juin 2014.

B. Par décision du 20 février 2015, le Président du Tribunal civil de la Sarine (ci-après: le 
Président) a rejeté la requête de mainlevée de l’opposition formée par C.________ dans la 
poursuite n° ddd de l’Office des poursuites de la Sarine intentée par A.________ et a mis les frais 
judiciaires à la charge de cette dernière. 

C. Par mémoire du 9 mars 2015, A.________ (ci-après: la recourante) a interjeté recours contre 
la décision du 20 février 2015, concluant implicitement à son annulation et à la mainlevée de 
l’opposition formée par C.________ (ci-après: l’intimé). 

D. Le recours étant manifestement infondé, la partie adverse n’a pas été invitée à se 
déterminer.

en droit

1. a) Seule la voie du recours (art. 319 ss du Code de procédure civile suisse [CPC]) au 
Tribunal cantonal est ouverte (art. 319 let. a CPC), l'appel n'étant pas recevable contre une 
décision de mainlevée (art. 309 let. b ch. 3 CPC).

b) En vertu de l'art. 321 al. 2 CPC, le délai pour faire recours contre la décision de mainlevée 
est de 10 jours à compter de sa notification, la procédure de mainlevée étant sommaire (art. 251 
let. a CPC). Posté le 9 mars 2015, le recours respecte ce délai, la décision querellée ayant été 
notifiée à la recourante le 2 mars 2015.

c) La cognition de la Cour d’appel est pleine et entière en droit ; s’agissant des faits, elle est 
limitée à leur constatation manifestement inexacte (art. 320 CPC).

d) La valeur litigieuse est de 3'720 francs. 

e) Aux termes de l'art. 327 al. 2 CPC, la Cour d'appel peut statuer sur pièces, sans tenir 
d’audience. 

2. a) Aux termes de l'art. 82 LP, le créancier dont la poursuite se fonde sur une reconnaissance 
de dette constatée par acte authentique ou sous seing privé peut requérir la mainlevée provisoire 
(al. 1); le juge la prononce si le débiteur ne rend pas immédiatement vraisemblable sa libération 
(al. 2). Constitue une reconnaissance de dette au sens de l'art. 82 al. 1 LP l'acte signé par le 
poursuivi – ou son représentant (ATF 112 III 88) – duquel il ressort sa volonté de payer au 

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poursuivant, sans réserve ni condition, une somme d'argent déterminée ou aisément déterminable 
et échue. Elle peut découler du rapprochement de plusieurs pièces, pour autant que les éléments 
nécessaires en résultent (ATF 132 III 480 consid. 4.1 et les arrêts cités).

Selon la volonté du législateur, le droit en matière de poursuite admet que l'on puisse poursuivre 
une personne même pour des créances qui ne se basent sur aucun jugement, sur aucun 
document public, pas même sur un titre privé; le complément nécessaire d'un droit de poursuite 
aussi étendu est la possibilité pour le poursuivi de faire opposition (Message du Conseil fédéral 
concernant la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite du 23 février 1886, in FF 1886 II 
61/62). Dans la procédure de mainlevée définitive ou provisoire, qui est une pure procédure 
d'exécution forcée (ATF 94 I 365 consid. 6 p. 373; ATF 136 III 583 consid. 2.3), un incident de la 
poursuite, le juge doit examiner le jugement exécutoire ou les titres y assimilés, respectivement le 
titre – public ou privé – qu'est la reconnaissance de dette et statuer sur le droit du créancier de 
poursuivre le débiteur, c'est-à-dire décider si l'opposition doit ou ne doit pas être maintenue. Selon 
la jurisprudence, le juge de la mainlevée provisoire est autorisé à lever provisoirement l'opposition 
du débiteur à la poursuite sur le seul vu d'une reconnaissance de dette sous seing privé et même 
d'un contrat, si le débiteur ne rend pas immédiatement vraisemblable sa libération, et cela peut 
avoir pour conséquence de permettre au créancier de faire réaliser les biens du débiteur et 
d'obtenir ainsi satisfaction si ce dernier n'ouvre pas action en libération de dette en temps utile 
(ATF 74 II 47 consid. 3 p. 51/52). La procédure de mainlevée provisoire, comme la procédure de 
mainlevée définitive, est une procédure sur pièces (Urkundenprozess), dont le but n'est pas de 
constater la réalité de la créance en poursuite, mais l'existence d'un titre exécutoire: le créancier 
ne peut motiver sa requête qu'en produisant le titre et la production de cette pièce, considérée en 
vertu de son contenu, de son origine et de ses caractéristiques extérieures comme un tel titre, 
suffit pour que la mainlevée soit prononcée si le débiteur n'oppose pas et ne rend pas 
immédiatement vraisemblables des exceptions (ATF 58 I 363 consid. 2 p. 369/370). Le juge de la 
mainlevée provisoire examine donc seulement la force probante du titre produit par le créancier, sa 
nature formelle – et non la validité de la créance – et il lui attribue force exécutoire si le débiteur ne 
rend pas immédiatement vraisemblables ses moyens libératoires (TF, arrêt 5P.171/2005 du 
7 octobre 2005 consid. 4.1.1 et réf. citées).

b) Selon l'art. 320 CPC, le recours est recevable pour violation du droit et pour constatation 
manifestement inexacte des faits; il doit être motivé (art. 321 al. 1 CPC).

Par "motivé", il faut comprendre que le recourant doit définir les modifications qui devraient être 
apportées au jugement attaqué et décrire les raisons qui justifieraient de telles modifications. En 
d’autres termes, cela signifie que le recourant a le fardeau d’expliquer pourquoi le jugement 
attaqué doit être annulé et modifié, par référence à l’un ou l’autre motif(s) prévu(s) à l’art. 320 CPC 
(CPC-JEANDIN, art. 321 N 4 et art. 311 N 3). L’instance supérieure doit pouvoir comprendre ce qui 
est reproché au premier juge sans avoir à rechercher des griefs par elle-même, ce qui exige une 
certaine précision quant à l’énoncé et à la discussion des griefs (CPC-JEANDIN, art. 311 N 3; cf. ég. 
F. CHAIX, Introduction au recours de la nouvelle procédure civile fédérale in SJ 2009 II p. 262 ss). 
A défaut de motivation ou de motivation suffisante, comme pour l'appel, l'autorité de recours 
n'entre pas en matière (ATF 133 IV 286 consid. 1.4).

S’agissant des exigences de motivation, il y a lieu de faire montre d’une certaine souplesse dans le 
cas d’espèce dès lors que la recourante ne dispose de toute évidence pas de connaissances 
juridiques particulières (CPC-JEANDIN, art. 321 N 4 et art. 311 N 3). De plus, elle n’était pas 

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représentée par un mandataire professionnel. En tout état de cause, l'instance supérieure doit 
pouvoir comprendre sous quel angle la recourante s’en prend à la décision attaquée sans avoir à 
rechercher des griefs par elle-même, ce qui représente le seuil inférieur de motivation, qui, en 
l’espèce, est atteint. Il s’ensuit que le recours est recevable en la forme.

3. a) Conformément à l'art. 326 al. 1 CPC, les allégations de faits et les preuves nouvelles sont 
irrecevables. Cela signifie que l’autorité de recours contrôle la conformité au droit de la décision 
attaquée dans les mêmes conditions que celles dans lesquelles se trouvait l’autorité de première 
instance (F. HOHL, Procédure civile, Tome II, Berne 2010, N 2516). L’impossibilité d’invoquer des 
faits nouveaux est totale: elle englobe aussi bien les vrais que les pseudo-nova, même dans les 
procédures soumises à la maxime inquisitoire (FREIBURGHAUS/AFHELDT IN SUTTER-SOMM/ 
HASENBÖHLER/LEUENBERGER, Kommentar zur schweizerischen Zivilprozessordnung, Zurich/ Bâle/ 
Genève 2013, art. 326 N 4).

b) La recourante allègue être la bailleresse depuis le 14 septembre 2006 et soumet une 
preuve nouvelle, soit le contrat d’exploitation entre A.________ et B.________ SA du 
14 respectivement 19 septembre 2006. En l’espèce, ce contrat soumis par la recourante constitue 
une preuve nouvelle, compte tenu du fait qu’elle a été soulevée pour la première fois à ce stade de 
la procédure seulement, soit tardivement; elle est irrecevable. 

Il convient de relever que dans la mesure où il ne ressort aucunement de ce contrat que le bail 
initialement conclu entre E.________ et l’intimé ait été repris par la recourante, ce moyen de 
preuve n’aurait eu aucune incidence sur le sort de l’affaire. 

Au vu de ce qui précède, le grief doit être rejeté. 

4. a) Les frais de la procédure de recours sont mis à la charge de la recourante, qui succombe 
(art. 106 CPC). Ils comprennent les frais judiciaires, fixés forfaitairement à 150 francs (art. 48 et 61 
al. 1 OELP).

b) En l’absence de détermination, il n’est pas alloué de dépens à l’intimé.

(Dispositif en page suivante)

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la Cour arrête:

I. Le recours est rejeté.

Partant, la décision rendue par le Président du Tribunal civil de l’arrondissement de la Sarine 
le 20 février 2015 est confirmée.

II. Les frais de la procédure de recours sont mis à la charge de A.________.

Pour la procédure de recours, les frais judiciaires sont fixés forfaitairement à 150 francs.

Il n’est pas alloué de dépens.

III. Communication.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours constitutionnel au Tribunal fédéral dans les trente jours qui 
suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 
par les art. 113 à 119 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). L'acte de 
recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 30 avril 2015/rbr

Président Greffière
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