# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** fdeeaed4-a80d-5323-bfb6-92edb4acbce0
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-03-18
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 18.03.2016 P/12118/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-12118-2014_2016-03-18.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  

 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/12118/2014 AARP/237/2016

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 18 mars 2016 

 

Entre 

A______, actuellement détenu à la prison de Champ-Dollon, chemin de Champ-Dollon 22, 

1241 Puplinge, comparant par Me B______, avocat, ______, 

C______, actuellement détenu à la prison de Champ-Dollon, chemin de Champ-Dollon 22, 

1241 Puplinge, comparant par Me D______, avocate, ______, 

E______, actuellement détenu à la prison de Champ-Dollon, chemin de Champ-Dollon 22, 

1241 Puplinge, comparant par Me F______, avocat, ______, 

appelants et intimés sur appel joint, 

 

contre le jugement JTCO/139/2015 rendu le 14 octobre 2015 par le Tribunal correctionnel, 

et 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimé et appelant sur appel joint.

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EN FAIT : 

A. a. Par actes expédiés les 15, 16 et 26 octobre 2015, respectivement  
C______, A______ et E______, ont annoncé entreprendre le jugement du  
14 octobre 2015, dont les motifs ont été notifiés le 9 décembre suivant, par lequel le 
Tribunal correctionnel a : 

- reconnu E______ coupable d'infraction grave à loi fédérale sur les stupéfiants et 
les substances psychotropes du 3 octobre 1951 (art. 19 al. 1 et 2 let. a LStup ; 
RS 812.121), l'a acquitté partiellement des faits figurant au point C.I.4 de l'acte 
d'accusation du Ministère public du 29 juillet 2015 et l'a condamné à une peine 
privative de liberté de quatre ans et six mois, sous déduction de 452 jours de 
détention avant jugement, 

- reconnu A______ coupable d'infraction grave à la LStup au sens de l'art. 19 al. 1 
et 2 let. a de cette loi, d'entrée illégale et de séjour illégal (art. 115 al. 1 let. a et b 
loi fédérale sur les étrangers du 16 décembre 2005 [LEtr ; RS 142.20]) et l'a 
condamné à une peine privative de liberté de quatre ans et neuf mois, sous 
déduction de 408 jours de détention avant jugement, 

- reconnu C______ coupable d'infraction grave à la LStup au sens de l'art. 19 al. 1 
et 2 let. a de cette loi, l'a acquitté partiellement des faits figurant au point F.I.1 
[premier point de l'acte d'accusation] et l'a condamné à une peine privative de 
liberté de quatre ans, sous déduction de 372 jours de détention avant jugement, 

tous trois ayant été maintenus en détention pour des motifs de sûreté et condamnés, 
avec leurs co-prévenus, G______ et H______, aux frais de la procédure s'élevant à 
CHF 87'429.84 et comprenant un émolument de jugement de CHF 10'000.-. 

Le Tribunal correctionnel a également ordonné diverses mesures de confiscation - 
portant notamment sur des espèces et des téléphones portables - et de destruction ou 
de restitution. 

 b.a Par déclaration d'appel du 9 décembre 2015, C______ conteste partiellement le 
verdict de culpabilité, la quotité de la peine qui lui a été infligée et sa condamnation 
aux frais de la procédure, concluant à son acquittement pour les autres faits visés 
sous point F.I.1 premier, deuxième et quatrième points de l'acte d'accusation, à 
l'exception de la réception de 520 grammes de cocaïne qu'il admet, et au prononcé 
d'une peine privative de liberté de trois ans, assortie du sursis partiel et d'un délai 
d'épreuve de quatre ans, la partie de la peine à exécuter devant être fixée à 15 mois. 
A titre de réquisition de preuve, il sollicite l'apport de la P/1______, soit de la 
procédure simplifiée accordée à I______, motif pris que celui-ci l'avait impliqué à 

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tout le moins lors d'une audience ayant suivi la disjonction de la procédure le 
concernant. 

 b.b Par déclaration d'appel du 11 décembre 2015, A______ conteste le jugement 
dans son ensemble, concluant au prononcé de son acquittement, d'une indemnisation 
pour la détention injustifiée subie à compter du 2 septembre 2014, à la restitution des 
téléphones portables saisis à son préjudice, ainsi que des valeurs figurant sous 
chiffres 7, 16, 22 et 23 de l'inventaire du 3 septembre 2014 et à ce que les frais de la 
procédure soient laissés à la charge de l'Etat. Il ne formule pas de réquisition de 
preuve, mais déclare ultérieurement appuyer celle présentée par C______, tout en 
produisant une photocopie de son permis de séjour espagnol. 

 b.c Par déclaration d'appel du 29 décembre 2015, E______ conclut à son 
acquittement pour les faits figurant aux points C.I.1 et C.I.2 de l'acte d'accusation, 
soit d'avoir détenu 1'098,7 grammes brut de cocaïne dans l'appartement qu'il occupait 
et d'avoir été le réceptionnaire des 52 doigts transportés par G______, dans la nuit du 
19 au 20 juillet 2014, sans toutefois remettre en cause sa culpabilité d'infraction 
grave à la LStup pour les autres faits retenus à son encontre, et conteste la quotité de 
la peine prononcée, concluant au prononcé d'une peine plus clémente assortie du 
sursis partiel. 

 c. Le 15 janvier 2016, le Ministère public déclare s'en rapporter à justice quant à la 
recevabilité des appels interjetés et conclut à leur rejet. Il forme également appel 
joint, contestant les peines infligées et concluant au prononcé d'une peine privative 
de liberté de cinq ans et six mois à l'encontre tant de A______ que  
de E______ et de quatre ans et six mois contre C______. Il conclut au rejet de la 
réquisition de preuve présentée par C______. 

 d. A la requête de E______, la Chambre pénale d'appel et de révision  
(ci-après : CPAR) l'a autorisé, le 2 février 2016, à exécuter de manière anticipée sa 
peine privative de liberté (OARP/22/2016). 

 e.a.a Selon l'acte d'accusation du 29 juillet 2015, il est reproché à E______ d'avoir 
été actif dans un trafic international de cocaïne, pour avoir : 

- C.I.1 et C.I.2 : commandité auprès du fournisseur "J______" la livraison effectuée 
par G______, puis réceptionné, dans la nuit du 19 au 20 juillet 2014, 52 doigts de 
cocaïne, étant précisé que dix doigts, soit environ 100 grammes brut, déjà 
expulsés, ont été retrouvés dans sa salle de bains au moment de l'intervention 
policière, et les 42 autres doigts, pour un poids total de 517,4 grammes brut avec 
un taux de pureté moyen de 59,53%, expulsés au quartier cellulaire des Hôpitaux 
Universitaire de Genève (ci-après : HUG) ; 

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- C.I.1 : détenu, lors de son interpellation par les forces de police le 20 juillet 2014, 
dans l'appartement qu'il occupait sis au ___, à Genève, 1'098,7 grammes brut de 
cocaïne (deux boulettes, soit 6,6 grammes brut dans sa chambre ; 52 doigts, soit 
698,2 grammes brut dans la salle de bains ; 14 doigts, soit 181,7 grammes brut 
dans une chaussette noire ; 14 doigts, soit 212,2 grammes brut dans une autre 
chaussette) avec un taux de pureté oscillant entre 28,8% et 60,8%, drogue destinée 
à la vente à des dealers genevois, étant précisé que deux balances électroniques, 
plusieurs téléphones et des fortes sommes d'argent (CHF 22'070.- et EUR 529.50) 
ont été retrouvés dans l'appartement. 

e.a.b Il est encore reproché à E______ d'avoir : 

- C.I.1 : commandité auprès du fournisseur "J______" les livraisons, effectuées par 
G______, puis réceptionné les quantités suivantes, transportées de Madrid à 
Genève : 

o vers le 20 juin 2014, une quantité indéterminée de cocaïne, mais au moins  
dix doigts, soit 100 grammes ; 

o vers le 7 juillet 2014, une quantité indéterminée de cocaïne, mais au moins  
20 doigts, soit 200 grammes. 

- C.I.3 à C.I.5 : courant juillet 2014 : 

o C.I.3 : vendu dix doigts de cocaïne pour un poids total d'environ 100 grammes, 
par trois livraisons successives à K______, dealer, dont sept doigts, le  
20 juillet 2015, au prix de CHF 4'000.-, drogue destinée à la vente sur le 
marché genevois ; 

o C.I.4 : remis trois doigts et deux grosses boulettes pour un poids total de  
56,8 grammes à L______, drogue destinée à la vente sur le marché genevois ;  

o C.I.5 : vendu deux doigts pour un poids total d'environ 20 grammes à un 
compatriote guinéen résidant en Suisse allemande, drogue destinée à la vente. 

E______ a été partiellement acquitté par les premiers juges, sans que le Ministère 
public ne le conteste, du point C.I.4 de l'acte d'accusation, soit d'avoir vendu, courant 
juillet 2014, deux grosses boulettes de cocaïne à L______. 

e.b Par ce même acte, il est reproché à A______ d'avoir été actif dans un trafic 
international de cocaïne pour avoir : 

- E.I.1 : le 11 août 2014, en vue de revente à des dealers genevois, acquis, auprès du 
fournisseur "J______", 180 grammes de cocaïne qui lui ont été remis par 
H______ dans l'appartement qu'il occupait, sis au ___, à Genève ; 

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- E.I.2 : le 2 septembre 2014, en vue de revente à des dealers genevois, acquis, 
auprès du même fournisseur, 65 doigts de cocaïne pour un poids total net de  
721,8 grammes avec un taux de pureté oscillant entre 33,2% et 50,6% qui lui ont 
été livrés par H______ dans l'appartement qu'il occupait, sis au ___, à Genève, 
dans lequel ils ont été tous les deux interpellés par la police alors que H______ 
était en train d'expulser la drogue ingérée préalablement ; 

- E.I.3 : détenu, dans le même appartement, outre les 12 doigts que H______ venait 
d'expulser, quatre autres doigts de cocaïne pour un poids total de 44,7 grammes 
brut avec un taux de pureté oscillant entre 24,3% et 36,4%, étant précisé que trois 
balances électroniques, des rouleaux de cellophane, du produit de coupage, de 
nombreux téléphones portables ainsi qu'une somme de CHF 2'600.- y ont 
également été retrouvés ; 

- E.II.4 et E.II.5 : pénétré sur le territoire suisse courant août 2014 alors qu'il faisait 
l'objet d'une mesure d'interdiction d'entrée en Suisse depuis le 17 juin 2009 
jusqu'au 31 décembre 2099, décision notifiée le 17 août 2009, et d'y avoir résidé 
sans autorisation jusqu'au 2 septembre 2014, date de son interpellation. 

e.c.a Il est reproché à C______, alors qu'il était actif dans le trafic international de 
cocaïne et en contact avec le fournisseur "J______", d'avoir acquis, détenu et 
revendu à des dealers genevois et vaudois, entre juillet 2014 et le 8 octobre 2014, 
date de son arrestation, au moins 890 grammes de ce stupéfiant, soit : 

- F.I.1 premier point : 250 grammes, début juillet 2014 ; 

- F.I.1 deuxième point : 20 grammes de bonne qualité, début août, pour redonner 
confiance à des clients déçus ; 

- F.I.1 quatrième point : 100 autres grammes livrés par une femme nigériane, le  
25 août 2014 ; 

étant précisé que des emballages ayant contenu de la cocaïne, du matériel de 
conditionnement et plusieurs téléphones portables ont été retrouvés, lors de son 
interpellation par les forces de police, dans l'appartement qu'il occupait sis à ___, à 
Genève. 

Le Tribunal correctionnel a partiellement acquitté C______ du premier point figurant 
sous F.I.1, en ce sens qu'il a retenu que ce dernier disposait, début juillet 2014, de 
140 grammes de cocaïne et non pas de 250 grammes, ce que le Ministère public ne 
conteste pas. 

e.c.b Il est également reproché à C______ d'avoir acquis, détenu et revendu, à des 
trafiquants genevois et vaudois, 520 grammes livrés par H______, le 10 août 2014 
(F.I.1 troisième point). 

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B. Les faits pertinents pour l'issue de la cause sont les suivants : 

 a Suspectant des personnes originaires d'Afrique de l'ouest de s'adonner à un 
important trafic de cocaïne à Genève, la police a enquêté pendant plusieurs mois 
durant lesquels divers dispositifs de surveillance ont été mis en place. Cette 
investigation a conduit notamment aux trois perquisitions, développées infra sous 
b.a, c.a et d.a, et a permis de démanteler plusieurs filières qui étaient approvisionnées 
notamment par un même fournisseur guinéen, basé en Espagne et surnommé 
"J______". 

 Ont notamment fait l'objet de ces mesures : E______, alias "M______", A______, 
surnommé "N______" et C______, répondant aux pseudonymes de "O______" ou 
"P______", tous trois résidents genevois. 

 Perquisitions des 20 et 23 juillet 2014 (E______) 

b.a Le 20 juillet 2014, la police, apprenant que E______ attendait une importante 
livraison de drogue, a mis en place un dispositif de surveillance autour de son 
domicile, sis au ___, à Genève, dans lequel il logeait en compagnie de L______. Elle 
a ainsi constaté que E______ s'était rendu, en fin de matinée, chez un premier client à 
___, soit K______, puis, en début d'après-midi, chez un autre client au ___. En début 
de soirée, E______ était rentré chez lui en compagnie d'un transporteur, G______. 
Estimant le moment opportun, la police a procédé à une perquisition, à 20h30, au 
domicile précité. Trois personnes étaient présentes dans l'appartement, à savoir 
E______, L______ ainsi que G______, qui se trouvait dans les toilettes verrouillées 
de l'intérieur, entièrement nu, en train d'expulser des doigts de cocaïne. 

Selon les rapports de police, ont été découverts lors de la perquisition :  
deux boulettes de cocaïne (soit 6,6 grammes brut) dans la chambre et 52 doigts de 
cocaïne (soit 698,2 grammes brut équivalent à 514,3 grammes net) dans la salle de 
bains, dont dix doigts, encore enduits d'excréments, dans le lavabo, 30 doigts au 
minimum dans le vide sanitaire, étant précisé que ce dernier était ouvert lors de 
l'arrivée de la police, et deux doigts au minimum sur le sol. En outre, plusieurs 
téléphones portables, dont le raccordement 077/2______, deux balances 
électroniques ainsi que les sommes de CHF 22'070.-, EUR 529.50 et £ 20.- ont été 
retrouvés.  

Transporté aux HUG, G______ a encore expulsé 42 doigts de cocaïne (soit  
517,4 grammes brut équivalent à 425,5 grammes net). 

b.b Sur la base des déclarations de L______ par devant le Ministère public, le  
22 juillet 2014, selon lesquelles il lui semblait que, lors de la perquisition, la police 
n'avait pas trouvé toute la drogue, notamment 65 grammes de cocaïne cachés dans 

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des chaussures, l'appartement a été perquisitionné une seconde fois le lendemain. 
Trois doigts et deux boules de cocaïne (soit 56,8 grammes brut équivalent à  
52,30 grammes net) ont ainsi été retrouvés dans une chaussure. Par ailleurs, 14 doigts 
(soit 181,7 grammes brut équivalent à 138 grammes net) et 14 doigts, cinq boulettes 
ainsi qu'un sachet (soit 212,2 grammes brut équivalent à 174 grammes net) ont 
encore été saisis dans deux chaussettes. 

b.c La drogue expulsée par G______ au quartier cellulaire des HUG présentait un 
taux de pureté moyen de 59,53%. Quant à la cocaïne découverte dans l'appartement, 
son taux de pureté oscillait entre 28,8% et 60,7%, étant précisé que celui de la drogue 
localisée dans la salle de bains était de 57,44%, celui de la cocaïne retrouvée dans la 
chaussure de 33,8% et dans chacune des chaussettes de 49,825%, respectivement 
48,92%. En outre, le profil chimique des doigts de cocaïne retrouvés dans la salle de 
bains, dans la chaussure et dans les deux chaussettes était identique à celui des doigts 
expulsés par G______. Seule l'une des deux boulettes retrouvées dans la chaussure 
présentait un profil chimique différent. L'analyse de cette boulette a permis de mettre 
en évidence le profil ADN de L______. L'analyse de la cocaïne saisie dans les deux 
chaussettes a révélé le profil ADN de E______. 

b.d Dans le cadre de l'enquête policière, plusieurs raccordements téléphoniques ont 
été mis sous écoute, dont le raccordement 077/2______, ce à partir du 7 juillet 2014, 
permettant la mise en évidence des éléments suivants : 

Concernant le trafic de E______ 

- le 8 juillet 2014 :  

o à 18h07, E______ (077/2______) parle avec un client (077/3______) : "ha 
dieu merci tu me ramènes 10" ; 

o à 22h18, un autre client (077/4______) lui demande : "si tu arrives là-bas tu 
me ramènes 5" ; 

- le 10 juillet 2014, à 01h08, un nouveau client (077/5______) souhaiterait savoir si 
: "tu peux me prêter 1 n'est-ce pas ?" ; 

- le 11 juillet 2014, à 22h39, E______ appelle un client (077/6______) qui lui 
demande : "tu pourras me ramener 5" ; 

- le 12 juillet 2014, à 22h24, le 14 juillet 2014, à 16h25, et le 15 juillet 2014, à 
16h05, un client (077/4______) lui passe une commande de "5" ; 

  

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- le 19 juillet 2014 : 

o à 16h19, E______ discute avec un autre client (077/7______) : "combien de 
papiers tu veux que je te ramène ?". Le client lui répond : "un seul juste" ; 

o à 18h53, un client (077/6______) lui demande : "tu peux amener 5 à cette 
heure-là ?" ; 

- le 20 juillet 2014, à 01h14, E______ explique à un autre client (077/8______) : "je 
pense qu'on peut avoir ici 6 voire 7 là". 

Concernant la réception du 7 juillet 2014 

- le 8 juillet 2014, à 22h38, G______ (+34/9______) informe E______ 
(077/2______) : "je suis arrivé ok [...] juste donner des nouvelles ok". E______ 
lui répond alors : "salutation à J______ merci". 

Concernant la réception du 20 juillet 2014 

- le 11 juillet 2014 : 

o  à 21h17, "J______" (+34/10______) explique à E______ : "ce qui va venir là 
c'est la même chose mais ça ne suffira pas parce que tu sais cette fois si le petit 

aura sa part"; 

o à 21h21, "J______" appelle C______ (077/11______) pour lui préciser : "je me 
suis dit je ne sais pas comment on va faire car j'aimerais donner aussi à l'autre 

jeune là un peu" ; 

o à 23h24, C______ rappelle "J______" et lui dit : "les francs suisses sont là 
quoi". De son côté, "J______" déclare : "ok pas de problème on attend la 
semaine prochaine de demain"; 

- le 18 juillet 2014 : 

o à 23h09, C______ contacte "J______" et lui annonce : "je dois aller voir mon 
petit frère demain matin [...] il est à Lille". Apprenant cela, "J______" réplique 
: "je vais voir si c'est possible que puisses avoir de dans ok je dis qu'il t'en 
garde si ce n'est pas possible ben là tu vas patienter jusqu'à la semaine 

prochaine d'aujourd'hui ha la semaine prochaine de ce jour-là trouve que 

quelqu'un est encore parti si dieu le veut" ; 

o à 23h20, C______ rappelle "J______" pour lui demander : "si ça vient là 
comment je peux en avoir quelque chose là ? je pourrai en avoir 200, 300 ?". 
"J______" s'exclame alors : "silence ! ha je verrai si tu pourras avoir 200 
parce que j'ai dit à Q______, j'ai dit à Q______ il a commencé à faire des 

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problèmes ben moi les problèmes ne me plaisent pas je vais voir si tu pourras 

avoir 200 ok" ; 

- le 20 juillet 2014 : 

o à 18h20, "J______" parle avec I______ (077/12______), vraisemblablement au 
sujet de C______, qui lui précise : "je pense que mardi trouvera qu'il sera de 
retour mardi ou mercredi je ne sais pas donc il avait dit mardi ou mercredi je 

ne me souviens plus" ; 

o à 19h56, "J______" (+34/13______) explique à E______ (077/2______) : "il a 
dit de venir le il a dit de venir le chercher là où tu l'avais trouvé l'autre jour". 
Il lui annonce enfin : "il est arrivé". 

La première perquisition au domicile de E______ a eu lieu quelques minutes après 
cette conversation (voir supra b.a), soit à 20h30. Or, le lendemain, soit : 

- à 14h17, "J______" (+34/10______), très affecté, explique à I______ 
(077/12______) : "je te dis là je suis déplumé là déplumé là total là car celui-là ce 
qu'il a ramené là-bas là 9 papiers et 5" ; 

- le 26 juillet 2014, à 19h53, "J______" (+34/14______), toujours sous le choc, 
précise à une tierce personne (077/15______) : "ça là ça me fait tomber en faillite, 
en faillite complètement, complètement car il était parti avec 9 et 5 [...] qu'il me 

devait là-bas 42 mille". 

b.e.a.a Entendu par la police, E______ a admis s'adonner au trafic de stupéfiants. Il 
agissait exclusivement pour le compte d'un dénommé "R______", un guinéen parlant 
peul qu'il connaissant depuis plusieurs années et qui habitait à Madrid. Son numéro 
de téléphone était enregistré dans son répertoire sous "R______ J______". 

Le 20 juillet 2014, il était allé chercher G______, en provenance de Madrid, à l'arrêt 
de bus ___ et il l'avait accueilli chez lui pour qu'il puisse expulser la drogue qu'il 
transportait. Il avait réceptionné de la drogue livrée par le même transporteur deux 
fois auparavant, soit dix doigts lors de la première livraison, un mois auparavant, et 
20 doigts lors de la deuxième livraison, une vingtaine de jours auparavant, étant 
précisé que la taille de ces 30 doigts était identique à celle des doigts retrouvés dans 
son domicile. Une fois la drogue expulsée, il attendait les instructions de "R______" 
quant à la distribution de la drogue, qu'il remettait telle quelle aux clients. Il n'était 
lui-même qu'un intermédiaire. A la demande de "R______", il remettait ensuite le 
produit des ventes, dont il ignorait les montants, à G______ qui repartait vers 
Madrid. E______ touchait une commission de CHF 5.- par doigt de cocaïne remis 
aux clients. À chaque fois, le mode opératoire était le même, à savoir que G______ 
venait expulser la drogue à son domicile pour la lui remettre, y passait la nuit et 
repartait le lendemain. Une partie de la drogue provenant des trois livraisons 

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successives de G______ était toutefois également destinée à son colocataire, 
L______, surnommé "S______", qui la revendait lui aussi pour le compte de 
"R______". Seul G______ était déjà venu à son domicile acheminer de la drogue, à 
l'exclusion de toute autre transporteur.  

Par ailleurs, il a admis avoir remis de la cocaïne à K______, dénommé "T______", 
par trois livraisons successives pour un total de 15 doigts, à un dénommé "Q______", 
résident lausannois, ainsi qu'à un autre client, vraisemblablement domicilié en Suisse 
allemande. 

S'agissant des deux boulettes de cocaïne retrouvées dans sa chambre (soit  
6,6 grammes brut), l'intéressé a expliqué qu'il avait conservé cette quantité pour sa 
consommation personnelle. Il était le seul utilisateur du raccordement 077/2______ 
qu'il avait acquis un mois et demi auparavant. Concernant l'argent retrouvé à son 
domicile, seuls CHF 1'000.- et EUR 500.- lui appartenaient et provenaient de la 
revente de la drogue fournie par "R______", respectivement d'économies réalisées en 
Espagne. Le reste, soit l'argent qui était enroulé dans du papier journal, provenait des 
transactions de cocaïne et était destiné à G______ qui devait le remettre à 
"R______".  

Il était arrivé en Suisse un mois et demi avant son arrestation. 

b.e.a.b Devant le Ministère public, il a confirmé ses déclarations faites à la police. Il 
a précisé le mode opératoire de ces livraisons. Chaque fois, "R______" l'informait 
par téléphone que G______ était arrivé et qu'il fallait l'accueillir au même arrêt de 
bus. Il n'était jamais informé en avance et ne recevait aucune indication sur la 
quantité qui serait livrée. Lors des deux premières livraisons effectuées par G______, 
"R______" lui avait précisé le nombre exact de doigts qui devaient revenir à 
L______. 

En audience de confrontation, il est, dans un premier temps, revenu sur ses 
déclarations, affirmant n'avoir vendu que sept doigts au total à K______, avant 
d'admettre lui avoir remis dix doigts au total. Il a précisé avoir également vendu  
trois doigts à L______ et deux doigts à un compatriote en Suisse allemande.  

Concernant la drogue retrouvée dans les deux chaussettes (soit 14 doigts dans une 
chaussette et 14 doigts et des boulettes dans une autre chaussette), E______ a 
constamment varié dans ses déclarations. Il a en effet admis, lors des audiences des 
6, 28 août et 16 décembre 2014, que la drogue retrouvée dans les deux chaussettes lui 
appartenait et provenait des deux premières livraisons de G______. Par contre, les  
9 septembre 2014 et 26 juin 2015, seule la cocaïne retrouvée sous forme de doigts 
dans une des deux chaussettes lui appartenait. 

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Il ignorait que de la drogue se trouvait dans le vide sanitaire et dans la chaussure. 

Se prononçant sur un certain nombre d'écoutes téléphoniques, E______ a expliqué ne 
pas se souvenir s'il avait été l'utilisateur du raccordement 077/2______, retrouvé chez 
lui, même s'il a admis avoir beaucoup parlé avec "J______" au téléphone. 

Il a en particulier précisé que les conversations des 8 juillet 2014, à 18h07, au  
20 juillet 2014, à 01h14, "concernant le trafic de E______" (cf. supra sous B.b.d), ne 
se rapportaient pas à des transactions de drogues. Il était toutefois possible que, 
parmi ces conversations, figure celle qu'il avait eue avec K______ au cours de 
laquelle ils avaient parlé de la cocaïne que E______ lui avait vendue. S'agissant de la 
discussion du 11 juillet 2014, il ne se rappelait pas avoir parlé avec "J______" de 
l'argent qu'il devait réunir pour le transporteur. 

b.e.a.c Devant les premiers juges, E______ a admis les faits figurant aux points C.I.3 
et C.I.5 de l'acte d'accusation, ne s'exprimant pas sur le point C.I.4. S'agissant des 
points C.I.1 et C.I.2, il a reconnu les deux premières livraisons effectuées par 
G______. Concernant la troisième livraison de 52 doigts de cocaïne, il ne connaissait 
pas la quantité de drogue qui avait été transportée par G______ et quelle quantité lui 
était destinée. Il estimait qu'au maximum 100 grammes devaient lui revenir, car il 
n'était en Suisse que depuis un mois et demi et n'avait pas encore de clients. Il a 
confirmé qu'il devait rémunérer en partie G______, mais qu'il n'avait reçu aucune 
instruction précise à ce sujet avant son interpellation. S'agissant de la drogue 
retrouvée dans l'appartement, seule la cocaïne cachée dans l'une des deux chaussettes 
lui appartenait. Cette quantité représentait le solde de la drogue livrée précédemment 
par G______ qu'il n'avait pas vendue. Il ignorait la présence de cocaïne dans le vide 
sanitaire. D'autres personnes que lui vivaient dans l'appartement. De plus, il n'était 
pas allé aux toilettes entre le moment où il était entré dans l'appartement avec 
G______ et l'intervention de la police, de sorte qu'il ne savait pas ce qui s'y trouvait.  

Sur les CHF 22'000.- retrouvés dans l'appartement, seuls CHF 10'000.- 
correspondant au produit des trois ventes de cocaïne devaient revenir au fournisseur. 

b.e.b.a Entendu par la police, G______ a admis avoir ingurgité et transporté de la 
cocaïne, dont il ignorait la quantité, en train en provenance de Madrid via Lyon, le  
20 juillet 2014, sur instructions d'un fournisseur africain rencontré à Madrid. Il devait 
être rémunéré à hauteur de EUR 2'000.- pour ce service. E______ l'avait accueilli 
chez lui à Genève. Il a contesté avoir effectué, d'autres livraisons destinées en 
particulier à ce dernier ou à L______. 

b.e.b.b Devant le Ministère public, il a en substance confirmé ses déclarations faites 
à la police. Il ne connaissait pas le nom du fournisseur africain, qu'il nommait 
"U______".  

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En confrontation, il est revenu sur ses précédentes déclarations et a admis avoir 
effectué trois transports de cocaïne au total, car il n'avait pas réussi à ingérer en une 
seule prise tous les doigts que lui avait confiés "V______". La première fois, vers le 
20 juin 2014, il estimait avoir avalé une dizaine de doigts et, la deuxième, vers le  
7 juillet 2014, le double. Le 20 juillet 2014, il en avait ingéré beaucoup plus, car il y 
avait été contraint par "V______". Il n'avait pas vu la drogue retrouvée lors de la 
perquisition dans la salle de bains, soit dans le vide sanitaire et par terre. Il n'avait pas 
eu le temps de nettoyer les doigts qu'il avait expulsés avant l'arrivée de la police. 

b.e.b.c Devant le Tribunal correctionnel, il a confirmé avoir effectué trois livraisons 
successives à E______ dans les termes admis en confrontation devant le Ministère 
public. Toute la drogue qu'il transportait était destinée exclusivement à E______, ce 
dernier et un tiers en Espagne devant le rémunérer.  

b.e.c.a Entendu par la police le 21 juillet 2014, L______ a déclaré qu'il n'avait rien à 
voir avec la drogue retrouvée dans l'appartement. Il avait vu G______ pour la 
première fois la veille. Il s'agissait d'une connaissance de E______. 

b.e.c.b Devant le Ministère public, il est revenu sur ses déclarations en admettant 
s'être adonné au trafic de stupéfiants. Il a déclaré avoir acquis auprès de E______, 
deux semaines avant son arrestation, 65 grammes de cocaïne, constitués de six doigts 
et de cinq ou six boulettes, qui se trouvaient dans des chaussures. Il est également 
revenu sur ses déclarations, dans le sens où il avait vu G______ à trois reprises dans 
son appartement, dont le 20 juillet 2014. 

En confrontation, L______ a confirmé que la cocaïne retrouvée dans une chaussure, 
soit 56,8 grammes constitués de trois doigts et deux grosses boulettes, lui appartenait 
et qu'elle lui avait été remise par E______. Ultérieurement, il a déclaré qu'il avait pris 
les deux grosses boulettes dans les affaires de E______, à savoir dans une chaussette 
qui se trouvait dans un sac, sans rien n'en dire à personne. Enfin, il a modifié ses 
déclarations en affirmant s'être effectivement approprié deux grosses boulettes, mais 
il ignorait à qui elles appartenaient. Il ne savait pas qu'il y avait de la drogue dans le 
vide sanitaire. 

b.e.d Après avoir nié que E______ lui ait fourni de la drogue, K______ a finalement 
admis en avoir acheté auprès de ce dernier à trois reprises, pour un total de  
sept doigts. 

b.f En cours d'instruction, la procédure visant L______ et K______ a été disjointe. 

  

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Perquisition du 2 septembre 2014 (A______) 

c.a Dans le cadre de la même enquête policière, il est apparu que A______, logeant 
dans un appartement sis au ___, à Genève, s'adonnait lui aussi à un important trafic 
de stupéfiants à Genève.  

Le 2 septembre 2014, la police a appris que ce dernier attendait une importante 
livraison de drogue qu'un transporteur devait lui remettre. Ainsi, un dispositif de 
surveillance a été installé aux alentours de son domicile. Une perquisition a été 
menée dans le logement précité, après l'arrivée du transporteur, H______. 

La fouille du logement a notamment permis la découverte d'un sachet bleu contenant 
12 doigts de cocaïne (soit 239, 5 grammes brut équivalent à 193,9 grammes net) aux 
pieds de H______, d'une boîte contenant quatre doigts de cocaïne (soit 44,7 grammes 
brut équivalent à 36,3 grammes net) et de produit de coupage (soit 1098,6 grammes 
brut équivalent à 881 grammes net), de matériel de conditionnement, de plusieurs 
téléphones portables, dont le raccordement 077/16______, ainsi que des sommes de 
EUR 180.- et CHF 3'277.55, dont CHF 550.- dans une commode et CHF 2'600.- dans 
une table de nuit. 

Transporté aux HUG, H______ a expulsé 53 doigts de cocaïne (soit 527,9 grammes 
net). 

c.b Le profil chimique de la cocaïne présente dans le sachet retrouvé aux pieds de 
H______ était identique à celui de la cocaïne expulsée par ce dernier aux HUG. Le 
taux de pureté des 65 doigts, représentant un poids total net de 721,8 grammes, 
variait entre 33,2% et 50,6%. Par ailleurs, l'analyse de cette drogue a permis de 
mettre en évidence le profil ADN de H______. Les quatre doigts de cocaïne 
retrouvés dans la boîte présentaient un taux de pureté variant entre 24,3% et 36,4%. 

c.c A______ a fait l'objet d'une interdiction d'entrée sur le territoire suisse, décision 
qui lui a été notifiée le 17 août 2009 et valable du 17 juin 2009 au 31 décembre 2099. 

c.d Dans le cadre de l'enquête policière, plusieurs raccordements téléphoniques ont 
été mis sous écoute, dont le raccordement 077/16______, ce à partir du 18 août 2014, 
permettant la mise en évidence des éléments suivants : 

Concernant la livraison du 10 août 2014 

- Le 8 août 2014, à 22h14, "J______" (17______) explique à C______ 
(077/11______) : "celui qui part à Coya […] ce sont 70 voitures qu'il va ramener 
[...] je ne sais pas si tu peux être le responsable de toutes [...] ben tu prends 5 puis 

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tu donnes à l'autre 2 il n'y a pas de problème". C______ termine la conversation 
en précisant : "je t'ai dit la maison là c'est ta maison je pris le numéro de ma 
femme je te l'ai envoyé" ; 

- Le 10 août 2014 : 

o à 20h00, C______ (077/18______) s'entretient avec "J______" 
(+34/14______) et lui demande : " les 5 je prends ? ha les 500 là ? [...] ha oui 
les 500 quoi". "J______" répond alors : "ha on ne fait pas 4 ?", avant que 
C______ ne finisse par dire : "laissez comme ça". C______ déclare ensuite : 
"puis l'autre aussi prends ça demain matin". "J______" finit par lui couper la 
parole, en indiquant : "ben là attend que j'appelle mon ami qui se trouve à 
Lausanne là je lui dis" ; 

o à 20h18, "J______" précise à "N______" (077/16______) : "ben là je vais 
donner ton numéro à l'autre" ; 

o à 20h20, "J______" parle à C______ de "N______", avec qui il vient de 
discuter : "je te donne son numéro tu l'appelles car il a dit que lui les voitures 
c'est aujourd'hui qu'il a besoin s'il les aura ben là tout ce qu'il y a tu lui donnes 

s'il y a 2 tu lui donnes". C______ précise encore : "il est arrivé mais il ne peut 
pas pour l'instant hein (il est un peu fatigué là) dites-lui qu'il patiente ben 

donnez-lui mon numéro vous lui dites qu'il m'appelle quoi" ; 

o à 20h25, "J______" transmet le numéro de C______ à "N______" : "ha ok ben 
77 943 04 22" ; 

o à 20h48, C______ (077/11______) appelle un tiers (077/19______) et lui 
explique : "j'ai dit que vais voir ici là si je peux avoir pour nous même 400 
jusqu'à 500 quoi des 700 qu'ils ont amené là", avant de lui préciser "mais tu 
sais ce qu'ils ont amené là ce n'est pas pour moi tout seul grand" ;  

o à 23h24, C______ (077/18______) propose à "N______" : "on peut se croiser 
aux acacias je prends le tram j'y vais on se croise là-bas". "N______" répond 
alors : "c'est bon merci je suis content laissons tomber quoi pas que je te coince 
ok", ce que C______ accepte : "ok ben appelle le vieux tu lui dis qu'on laisse 
tomber quoi appelle-le tu lui expliques" ; 

- Le 11 août 2014, à 12h48, "N______" informe "J______" : "je lui ai donné 5 mille 
de votre argent [...] nous sommes revenus il a acheté le billet il part à 17h" ; 

- Le 18 août 2014, à 19h57, "J______" précise à C______ : "j'ai fait un calcul là 
l'autre m'a dit qu'il a reçu 18" et ce dernier lui répond : "moi j'avais reçu 5 et 20" ; 

  

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- Le 20 août 2014 : 

o à 12h16, "J______" (+34/14______) explique à I______ (077/20______) : 
"parce que tu sais ce qui était parti là c'est 7 [...] il a pris 5 [...] il a donné à 
quelqu'un d'autre 2 [...] ha 18 excuse", précisant : "l'autre qui a pris 2 là [...] il 
peut avoir 3 enveloppes il me doit 2 donc ça va faire 5 il m'ajoute dans ça" ; 

o à 19h29, I______, se trouvant vraisemblablement aux côtés de "N______" 
(077/16______) ("attendez que je vous le passe il est là ok"), s'entretient avec 
"J______" (+34/14______) et lui explique : "ha c'est comment il m'a donné ici 
là 6150 n'est-ce pas c'est ça que tu as dit je ne les ai pas comptés hein ! Mais 

c'est ça qu'il m'a dit puis il a dit aussi d'aller les changer en euros quoi" ; 

o à 21h30, "N______" (077/21______) demande à "J______" une précision : 
"180 euros l'heure c'est 4 euros n'est-ce pas ?", avant de lui déclarer : "4 euros 
ha ça fait une somme totale de 7200 mille n'est-ce pas ?". Il lui confirme aussi : 
"les sous sont partis là". 

Concernant la livraison du 2 septembre 2014 

- Le vendredi 29 août 2014, à 21h00, "J______" informe "N______" 
(077/16______) en parlant du transporteur, vraisemblablement de H______ : "il 
m'a dit qu'il revient le dimanche soir ici il m'a dit si j'ai préparé là je lui ai dit que 

ben oui j'ai tout préparé je l'attends [...] s'il arrive ben il pourra amener le truc 

[…] mardi […] il pourra prendre les papiers les ramener mardi je lui ai dit que 

ok" ; 

- Le 1er septembre 2014 : 

o à 14h34, "J______" demande à "N______" : "j'ai dit là que tu regardes himm 
de regarder si l'autre arrive à Coya c'est comment il arrive à Conakry ?" 
"N______" lui répond alors, en parlant toujours du transporteur : "ma femme 
l'attendra là-bas tu sais je t'avais dit elle, elle peut conduire [...] je vais écrire 
un message je vais lui envoyer le numéro de ma femme par message elle n'a 

pas problème quoi celle-là, celle-là elle sait déjà où se trouve ma maison là" ; 

o à 14h59, "N______" informe un tiers (+33/22______), probablement le passeur 
: "j'ai dit là que je vais donner ton numéro à quelqu'un là. Il va t'appeler 
demain tu me posteras des papiers ok […] vous allez vous rencontrer comme 

vous avez l'habitude de vous rencontrer là je vais lui donner tout de suite ton 

numéro il t'appelle [...] c'est l'heure comme d'habitude" ; 

o à 17h46, "N______" dit au "passeur" : "on a discuté tu sais là où il t'a indiqué 
tu sais il y a une pharmacie là à côté puis il y a la publicité ou quoi là". 
"N______" donne ensuite la description de H______ : "il a dit qu'il a un sac 

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moyen quoi […] sac à dos qu'on porte au dos [...] son ventre est un peu gros 

[...] noir et grand [...] un crâne rasé" ; 

- Le 2 septembre 2014 : 

o à 12h59, "N______" dit au "passeur", vraisemblablement au sujet de  
H______ : "à 3 h 30 qu'il a dit là", puis : "tu sais que c'est par avion n'est-ce 
pas ?", ce à quoi le passeur lui répond : "ha ok ce que vous vous êtes convenus 
là je pense que c'est ça au serpent n'est-ce pas à la gare ? [...] ha oui […] il 

m'a dit au station" ; 

o à 16h16, "J______" répond à "N______", qui s'impatiente : "ha non tu sais 
souvent c'est 4h donc c'est à 4h juste". 

Il ressort du rapport de police du 31 décembre 2014 que le vol EASYJET 23______, 
sur lequel était enregistré H______, en provenance de Madrid a atterri à Lyon le  
2 septembre 2014 à 15h___, soit avec quatre minutes de retard. Selon la police, le 
terme "Coya" signifiait Lyon, alors que celui de "Conakry" se rapportait à Genève. 

o à 18h40, "N______" demande au "passeur" : "tu connais chez moi n'est-ce 
pas ?". Ce dernier lui répond alors : "je ne connais pas chez toi [...] ce jour-là 
j'étais allé avec un GPS". Puis, "N______" lui explique : "si tu regardes le bus 
c'est écrit direction ___ le bus 9". Le passeur finit par lui demander de lui 
envoyer un message : "si tu peux envoyer par message envoie message" ; 

o à 18h56 et deux secondes, "N______" envoie son adresse par SMS au 
"passeur" : "Cn ___ GENEVE" ; 

o à 18h56 et 43 secondes, "N______" précise au "passeur" : "je t'ai envoyé 
message" et lui demande : "poste-moi les papiers jusqu'ici s'il te plait tu vas me 
trouver devant la porte" ;  

o à 19h55, "N______" rassure "J______" : "j'ai appelé tout de suite là Conakry 
[...] ha ils ont dit que le mariage s'est passé comment c'est prévu j'ai appelé j'ai 

discuté avec la famille". 

Quelques minutes après cette dernière conversation, la police a procédé à la 
perquisition au ___, ainsi qu'à l'arrestation de A______ et H______ (voir supra c.a). 

c.e Le 11 août 2014 au matin un dispositif de surveillance a été mis en place par la 
police aux alentours du domicile de C______. Dans le cadre de cette surveillance, 
plusieurs photographies ont été prises le même jour. 

Selon le rapport de police du 11 novembre 2014, on aperçoit sur ces photographies, 
dans un premier temps, H______ sortir de l'immeuble où loge C______ en 

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compagnie de ce dernier et emprunter un taxi (photographie C-297). Puis, la 
photographie C-292, prise devant le domicile de A______, montre H______ en 
compagnie de ce dernier, réglant sa course de taxi (C-296). La photographie C-293 a 
été prise au moment où H______ et A______ sortaient de chez ce dernier, pour se 
rendre au centre ville, notamment dans un bureau de change (photographies C-294 et 
C-295). 

c.f.a.a Entendu par la police, A______ a contesté être impliqué dans un trafic de 
stupéfiants. Un dénommé "W______" lui avait proposé d'héberger H______ en 
échange de CHF 700.-, ce qu'il avait accepté en raison de ses difficultés financières. 
Il ne savait rien de H______ ou de la drogue qu'il transportait. Il l'avait rencontré 
pour la première fois la veille et avait connu "W______" environ un mois auparavant 
dans une discothèque. A______ vivait seul au ___, depuis trois mois environ. 
L'argent saisi lui appartenait. En particulier, les CHF 2'600.- provenaient d'un prêt et 
les CHF 550.- remis par "W______" pour l'hébergement de H______. La drogue et le 
matériel de conditionnement retrouvés dans ce logement appartenaient à "W______", 
hormis une balance électronique qu'il utilisait pour la cuisine. Celui-ci était arrivé 
dans l'appartement peu de temps avant l'intervention de la police et était ressorti 
acheter des cigarettes. Il ne connaissait pas son numéro de téléphone. 

Le raccordement 077/16______, qui se trouvait sur la table du salon, lui appartenait. 
Il lui était arrivé de le prêter à des amis. 

S'agissant de son séjour en Suisse, il pensait que l'interdiction de séjour dont il faisait 
l'objet était d'une durée limitée à cinq ans et qu'elle était désormais échue. 

c.f.a.b Entendu par le Ministère public, A______ a déclaré qu'il avait cessé tout trafic 
de stupéfiants depuis sa dernière condamnation, car il avait à présent une fille. Il 
vivait de matériel d'occasion qu'il revendait en Afrique, ce qui lui procurait des 
revenus irréguliers, qu'il ne pouvait pas évaluer. Il savait que H______ transportait 
de la drogue, ce que "W______" lui avait expliqué, mais il n'en connaissait pas les 
modalités. 

En confrontation, il a précisé qu'il lui était arrivé de prêter le raccordement 
077/16______ à "W______", selon son souvenir, notamment le jour de son 
interpellation. Il l'avait également prêté à d'autres personnes lorsqu'il se rendait dans 
des bars. À ces occasions, des Africains lui demandaient s'ils pouvaient utiliser son 
téléphone pour envoyer un message. Il a déclaré qu'il n'avait jamais parlé à H______ 
au téléphone. Il n'était pas non plus surnommé "N______". Le 2 septembre 2014, 
"W______" avait quitté l'appartement 10 à 15 minutes avant l'intervention de la 
police, bien qu'il ait été confronté au fait que la police, qui était en observation 
devant l'appartement, n'en avait vu ressortir personne. A______ a contesté être le 
récipiendaire de la livraison du 11 août 2014.  

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Confronté aux contrôles techniques sur le raccordement 077/16______, il a, dans un 
premier temps, changé de version en déclarant qu'il ne pouvait plus dire s'il en était 
l'utilisateur. Il a ensuite confirmé que les téléphones portables retrouvés sur la table 
du salon, dont le raccordement 077/16______, lui appartenaient effectivement. Il ne 
se souvenait en revanche plus depuis combien de temps il les avait. Ce raccordement 
lui avait été donné environ deux mois avant son interpellation. Avant cela, son 
détenteur précédent l'avait utilisé. 

Se prononçant sur un certain nombre d'écoutes téléphoniques, A______ a expliqué ce 
qui suit : 

Concernant la livraison du 10 août 2014 

- du 10 août 2014: 

o à 20h25, il contestait avoir reçu le numéro de C______ par le biais de 
"J______". Il ne se souvenait plus de ses numéros de téléphone, mais en tout 
cas, il n'avait pas participé à cette conversation ; 

o à 23h24, il contestait être l'interlocuteur de C______ auquel il n'avait d'ailleurs 
jamais parlé au téléphone ; 

- du 11 août 2014, à 12h48, ce n'était pas sa voix que l'on entendait dans cet 
échange téléphonique ; 

- du 20 août 2014, à 19h29 et 21h30, il n'était pas l'une des personnes qui parlaient 
dans cette conversation. 

Concernant la livraison du 2 septembre 2014 

- du 29 août 2014, à 21h00, ce n'était pas lui qui s'exprimait ; 

- du 1er septembre 2014, à 17h46, il contestait avoir participé à cette dernière 
conversation ; 

- du 2 septembre 2014 : 

o à 18h56, il niait avoir envoyé ce SMS comportant son adresse. Il ne savait lire 
et écrire qu'en arabe ; 

o à 19h55, il n'avait pas participé à cette conversation. 

Confronté aux photographies C-291 à C-297, il n'a cessé de varier dans ses 
déclarations. S'agissant du cliché C-296, sur lequel il s'est finalement reconnu, il a 
expliqué qu'il avait lui-même pris et payé le taxi. 

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c.f.a.c Devant les premiers juges, A______ a contesté l'intégralité des faits reprochés 
et confirmé ses déclarations. "W______" était arrivé dans l'appartement après 
H______, avait déposé le matériel de conditionnement et le sac plastique, dont il 
ignorait le contenu, et était sorti acheter des cigarettes, voire une carte de téléphone. 
S'agissant des photographies le représentant payant un chauffeur de taxi, il a indiqué 
qu'elles correspondaient à un autre jour que le jour indiqué par le Ministère public, 
soit le 11 août 2014, car ce jour était celui de l'anniversaire de sa petite fille, dont il 
ne se rappelait plus la date, et il n'avait pas pris de taxi ce jour-là. Il ne connaissait 
pas H______ qui figurait sur la photographie C-292 et ne savait pas pourquoi ce 
dernier le mettait en cause. Il n'avait pas non plus remis d'argent à I______, qu'il 
n'avait jamais vu, contrairement à ce qu'avait déclaré ce dernier. 

Les CHF 2'600.- retrouvés dans sa chambre, provenaient d'un emprunt en vue 
d'acheter une voiture qu'il souhaitait revendre en Afrique. 

Il avait passé la journée du 2 septembre 2014 avec "W______", en allant au 
restaurant puis dans un internet-café. Ils s'étaient séparés durant quelques minutes et 
il était rentré chez lui avec H______. Par la suite, la police était arrivée. 

Enfin, A______ a contesté l'infraction à la LEtr, affirmant d'abord qu'il ignorait faire 
l'objet d'une interdiction d'entrée et déclarant ensuite qu'il pensait que cette 
interdiction était limitée à cinq ans. 

c.f.b.a Entendu par la police, H______ a admis avoir ingéré 60 doigts de cocaïne 
pour un poids total de 600 ou 700 grammes, puis les avoir livrés, le  
2 septembre 2014, à A______. Ce dernier l'avait contacté pour lui proposer 
d'effectuer un transport de cocaïne pour lequel il devait recevoir EUR 2'000.-. C'était 
la première fois qu'il transportait de la drogue. La cocaïne lui avait été remise par un 
inconnu en Espagne. L'argent donné par ce fournisseur lui avait permis de voyager 
de Madrid à Lyon en avion avec EASYJET, puis de Lyon à Genève escorté en 
voiture. Sa prise en charge à Lyon avait été organisée par A______, qui lui avait 
donné comme instruction d'attendre dans cette ville à un point de rendez-vous près 
d'une pharmacie où quelqu'un était venu le chercher pour le conduire à Genève. À 
l'arrivée de la police dans le logement, il avait déjà expulsé une partie de la drogue, 
soit 12 doigts de cocaïne (193,9 grammes net), qui se trouvaient dans un sac bleu à 
ses pieds. 

c.f.b.b Entendu par le Ministère public, il a confirmé ses précédentes déclarations. 
Toutes les instructions liées au transport de la drogue, notamment celle de passer par 
Lyon, lui avaient été données par A______, qu'il connaissait sous le nom de 
"X______" et qui vivait auparavant en Espagne. Il était arrivé chez ce dernier environ 
une heure avant l'intervention de la police.  

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En confrontation, il a confirmé ses aveux. Il avait transporté non pas 60, mais  
65 doigts de cocaïne, le 2 septembre 2014, entre Madrid et Genève. Il est revenu 
partiellement sur ses déclarations, en ce que ses conversations téléphoniques avec 
A______ avaient porté sur le fait que ce dernier devait le recevoir chez lui, mais 
qu'ils n'avaient pas directement parlé de drogue. Il devait déposer la drogue chez ce 
dernier, en échange de EUR 2'000.-. 

Il a en revanche contesté avoir livré de la cocaïne les 10 et 11 août 2014. Il se 
trouvait certes à Genève à ces dates, mais il y était venu vers 16h00 ou 17h00 afin de 
déjeuner dans un restaurant africain.  

Concernant la livraison du 2 septembre 2014, A______ a expliqué, s'agissant des 
conversations :  

- du 29 août 2014, à 21h00, qu'il contestait être le transporteur dont il était question. 
Il était certes rentré du Maroc le 31 août 2014 dans l'après-midi et était venu à 
Genève, le 2 septembre 2014, mais il s'agissait d'une coïncidence. En effet, il y 
avait de nombreux Africains sur le vol en provenance du Maroc et il n'avait 
certainement pas été le seul à être venu à Genève ce jour-là ; 

- du 1er septembre 2014, à 17h46, qu'il ne pouvait pas dire si la conversation portait 
sur lui. Il n'avait pas de sac à dos et était venu avec une mallette. 

Confronté à plusieurs photographies prises le 11 août 2014, il s'est reconnu, de même 
que A______, sur les photographies C-294, C-295 et C-296. Il avait rencontré 
beaucoup de gens lors de sa venue à Genève. Il ne savait pas à quel endroit les 
photographies avaient été prises, de sorte qu'il ne pouvait pas expliquer pourquoi il 
s'était trouvé à tel endroit. Il avait pris quatre ou cinq taxis ce jour-là. Il ne pouvait 
pas dire s'il avait pris le taxi figurant sur la photographie C-296. 

c.f.b.c Devant les premiers juges, il a maintenu ses déclarations, à savoir qu'il 
reconnaissait la livraison du 2 septembre 2014 mais contestait celle du 11 août 2014. 
Il était allé dans un restaurant africain. Il ne se souvenait pas avoir rencontré 
C______ avant leur audition au Ministère public. Il connaissait A______ de Madrid, 
mais ne se souvenait pas l'avoir vu à Genève. 

c.f.c Dans le cadre de la procédure, I______ a été confronté à la planche 
photographique C-735. Il n'a d'abord pas reconnu A______. Néanmoins, lorsqu'une 
photographie plus récente de ce dernier (C-737) lui a été soumise, il l'a reconnu 
comme quelqu'un avec qui il avait eu des contacts téléphoniques et qu'il avait 
rencontré à une reprise dans une rue dont le nom contenait le mot "___". À cette 
occasion, il s'était vu remettre une somme d'argent en francs suisses par A______, 
montant qu'il devait changer en euros. A______ avait d'ailleurs appelé "J______" au 

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moment de la transaction afin de lui confirmer que celle-ci s'était bien déroulée. 
Ultérieurement, il est revenu sur ses déclarations, doutant que A______ lui ait remis 
de l'argent. 

I______ a expliqué qu'il avait participé à la conversation du 20 août 2014, à 19h29, 
au cours de laquelle, il s'était entretenu avec "J______" et avec la personne qui lui 
avait remis les CHF 6'150.-, désignée, lors d'une audience de confrontation, comme 
étant A______. Il avait néanmoins un doute. Durant la même audience, il a été relevé 
par le Procureur que A______ se présentait depuis quelques audiences avec une 
longue barbe. 

c.f.d.a Entendu par la police, C______ a expliqué que 720 grammes de cocaïne lui 
avaient été remis. Son fournisseur était "J______". Sur ces 720 grammes, seuls  
120 grammes lui étaient destinés. Le reste devait être remis à d'autres personnes, qu'il 
ne connaissait pas, conformément aux instructions de "J______".  

c.f.d.b Entendu par le Ministère public, il a précisé que sur les 720 grammes de 
cocaïne qui lui avaient été livrés, il en avait gardé 120 afin de les revendre tels quels 
à un Guinéen à Nyon et à un Sénégalais à Payerne. Il avait revendu les 600 grammes 
restant à des Guinéens, conformément aux instructions de "J______". 

En confrontation, C______ est revenu sur ses déclarations. Sur les 720 grammes de 
cocaïne qui lui avaient été livrés, 520 grammes lui étaient destinés. Le transporteur, 
qui n'était pas H______, était reparti avec le solde, soit les 200 grammes qui étaient 
destinés à un tiers, qu'il ne connaissait pas et avec lequel il avait parlé au téléphone 
en peul le jour de la livraison. "J______" avait accepté de lui avancer cette quantité 
sans aucune avance de sa part, sinon qu'il avait dû donner deux numéros de téléphone 
de sa famille en Guinée comme garantie. Il ne savait pas si "J______" avait 
effectivement pris contact avec sa famille, mais il avait en tout cas accepté de le 
fournir. Il était possible qu'il ait parlé à une reprise à A______, comme pouvaient 
l'indiquer les relevés téléphoniques, mais il pouvait aussi s'agir d'une autre personne. 

C______ s'est déterminé sur plusieurs discussions téléphoniques qui concernaient la 
livraison du 10 août 2014. Il a déclaré, s'agissant des conversations : 

- du 8 août 2014, à 22h14, qu'il s'entretenait avec "J______" au sujet des  
520 grammes qui lui avaient finalement été livrés. Lorsqu'ils parlaient de  
"70 voitures", il s'agissait en réalité de 700 grammes de cocaïne. Lorsqu'ils 
parlaient de "cinq qu'il devait prendre" et "de deux qu'il devait donner à l'autre", 
il s'agissait bien de 500 grammes pour lui et de 200 grammes pour un Guinéen à 
Genève, qu'il ne connaissait pas. "Coya" correspondait au nom d'un village en 
Guinée, ignorant qu'il s'agissait d'un code pour une ville européenne, comme Lyon 
par exemple. Dans la même conversation, il avait donné à "J______" le numéro 

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de téléphone de sa femme et de son père en Guinée en guise de caution, car il 
n'avait pas l'argent pour payer les 520 grammes ; 

- du 10 août 2014 : 

o à 20h20, qu'il parlait avec "J______" des 200 grammes qui étaient destinés à 
un tiers. "J______" lui avait demandé de transmettre les 200 grammes le  
soir-même. Il avait répondu à "J______" qu'il fallait attendre, car le 
transporteur n'avait encore rien expulsé ; 

o à 23h24, qu'il s'entretenait avec la personne qui devait récupérer les  
200 grammes, dont il ignorait l'identité et qu'il n'avait jamais vue. Par ailleurs, 
il a confirmé que le "Vieux" dont il parlait visait "J______" ; 

- du 18 août 2014, à 19h57, qu'il avait confirmé à "J______" avoir reçu les  
520 grammes. 

Confronté à la photographie C-297, C______ a reconnu H______, précisant qu'il ne 
l'avait connu que dans le cadre de la présente procédure et qu'il ne l'avait jamais vu 
auparavant. S'agissant du fait que la photographie le représentait à l'entrée de son 
immeuble aux côtés de H______, il a expliqué qu'il croisait de nombreux Africains et 
qu'ils se saluaient même lorsqu'ils ne se connaissaient pas. Puis, il a expliqué qu'il 
sortait souvent le matin pour acheter du pain et qu'il lui arrivait alors de croiser 
beaucoup de monde.  

c.f.d.c Devant les premiers juges, C______ a maintenu sa dernière version au sujet 
des 520 grammes fourni par "J______". Ce n'était pas H______ qui avait transporté 
cette drogue, mais une autre personne en fin d'après-midi. Il n'avait pas remarqué la 
présence de H______ au bas de son immeuble le matin. "J______" lui avait donné le 
nom de trois personnes à qui il devait remettre la cocaïne. Après leur avoir livré la 
drogue, il avait ensuite lui-même vendu les 120 grammes qui lui restaient. 
Concernant les 200 grammes supplémentaires destinés à un tiers, il était possible 
qu'il ait parlé avec A______ afin que le transporteur aille lui livrer la drogue. Il ne 
savait toutefois pas à qui il s'adressait. C______ ne voulait pas être mêlé à cette 
livraison, de sorte que le transporteur était venu chez lui vers 17h00-18h00, avait 
expulsé les 520 grammes et était reparti vers 21h00. 

c.g Y______, l'un des inspecteurs chargés de l'enquête et entendu comme témoin, a 
confirmé la teneur des rapports de police versés à la procédure. Il n'était en revanche 
pas l'auteur des clichés annexés au rapport du 11 novembre 2014 (C-291 à C-297). 
La police avait appris par le biais des contrôles techniques que C______ devait 
recevoir une livraison le 10 août 2014. Ils avaient également appris que le 
transporteur devait se rendre chez C______, puis chez A______. Un dispositif de 
surveillance avait donc été mis en place, le 11 août 2014 au matin, aux alentours du 
domicile de C______. Sur la base des informations transmises par sa collègue et 

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auteur des clichés, l'inspecteur Y______ a expliqué que, sur la photographie C-297, 
l'on apercevait H______ sortir de chez C______, le 11 août 2014 au matin, après y 
avoir passé la nuit. En revanche, aucun dispositif de surveillance n'avait été déployé, 
le 10 août 2014 au soir, de sorte que l'arrivée de H______ chez C______ n'avait pas 
pu être photographiée ni même observée. La photographie C-291 avait été faite 
lorsque H______ était sorti du taxi (C-292 et C-296) qu'il avait pris, le 11 août 2014, 
au ___ pour se rendre au ___. 

c.h En cours d'instruction, la procédure visant I______ a été disjointe. 

Perquisition du 8 octobre 2014 (C______) 

d.a La même enquête policière a finalement permis d'observer que C______, qui 
logeait dans un appartement sis à ___, s'adonnait également au trafic de cocaïne. 

Le 8 octobre 2014, à 9h30, une perquisition a ainsi été menée à l'adresse précitée. La 
fouille du logement, occupé par C______, a notamment permis la découverte de 
quatre emballages contenant de la cocaïne (105,4 grammes brut équivalent à  
100,3 grammes net), de dix emballages d'ovules vides, de matériel de 
conditionnement dont du produit de coupage (2,4 grammes équivalent à 2,2 grammes 
net) et une balance contenant des résidus de cocaïne, de plusieurs téléphones 
portables, dont les raccordements 077/18______ et 077/11______, ainsi que de  
1,1 gramme de marijuana. 

d.b Trois traces papillaires appartenant à C______ ont été relevées sur les sachets en 
plastique retrouvés à son domicile, qui contenaient les dix emballages d'ovules vides, 
le produit de coupage et divers sachets plastiques. 

d.c Dans le cadre de l'enquête policière, les raccordements 077/18______ et 
077/11______ ont notamment été mis sous écoute, ce à partir respectivement du  
10 août 2014 et du 14 juillet 2014, permettant la mise en évidence des éléments 
suivants : 

Concernant la détention de 140 grammes par C______ début juillet 2014 

- Le 30 juillet 2014, à 18h58, un individu non identifié (077/24______) téléphone à 
C______ (077/11______) et lui explique : "quelqu'un d'autre m'a appelé il a crié 
là il a dit que ce n'est pas bien quoi comme on avait quoi ok [...] il a dit que ce 

n'est pas vraiment bien là ça prend la bouche ces genres de trucs quoi donc ce 

n'est pas vraiment bien si c'est ce qu'on avait hier là ou bien ces jour-là". 
Incrédule, C______ rétorque : "ça là c'est le truc du vieux [...] l'arabe là lui aussi 
a dit que celui-ci est mieux que celui-là ha tu sais les gens là ha [...] le portugais 

aussi hier il était venu ici on a regardé il était content il a même pris quelque 

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chose il est parti avec [...] l'albanais est venu 3 fois c'est dans ça qu'il a eu il ne 

m'a rien dit de cela" ; 

- Le 31 juillet 2014, à 13h36, ce même individu expose à C______ : "mais le truc là 
grand les gens crient bien hein ! Même mon client là que je t'avais dit hier qu'il 

est venu ici il m'a payé [...] il a pris quelque chose il est parti avec mais il m'a 

demandé si j'ai autre chose là il revient mais ça se trouve que c'est la même 

qualité il ne vient pas mais bon je te jure". Puis de préciser : "voilà donc tu sais 
que ce que j'ai touché là il y a 10 petites dans un même emballage [...] c'est ça 
c'est hier que l'attache de 10 là c'est hier que j'ai fait petite par petite", mais 
C______ le corrige : "ha non tu as oublié grand. Tu as oublié de quelque chose 
grand il manque quelque chose là. Ha l'autre 5 là l'autre attache qu'est attachée 

là c'est par 25 doigts 25 doigts que c'est attaché là". Enfin, C______ s'énerve : 
"ben c'est là tout est là tous les doigts sont là posés hein ! J'y vais lui redonner ça 
ce fils de pute Q______ ha ce Q______ ha putain de merde !". 

Concernant l'acquisition de 20 grammes de cocaïne par C______ début août 2014 

- Le 4 août 2014, à 17h50, C______ parle avec un tiers (077/25______) : "ha grand 
ben là je suis allé voir quelqu'un là c'est qui m'a amené quoi il m'a dit que lui c'est 

60 francs quoi 10 pour 600 francs quoi grand. Ha je te jure vu que je suis coincé 

puis j'ai besoin ben j'ai pris 20 quoi je te jure […]. Je ne vais rien mettre dedans 

c'est d'aller voir si je peux récupérer mes clients là quoi". 

Concernant la livraison du 10 août 2014 

Voir supra c.d. 

Concernant la transaction du 25 août 2014 

- Le 20 août 2014 : 

o à 13h07, un individu non identifié (077/26______) contacte C______ 
(077/11______), qui lui dit : "à vrai dire là ce que j'ai ici ne suffit pas du tout 
pour faire déplacer quelqu'un là vu que c'est 3000 francs tu vois non", puis : "il 
peut venir même dormir il pourra le faire chez moi" ; 

o à 17h56, C______ s'entretient avec la même personne qui l'informe, en parlant 
d'une personne tierce, probablement du fournisseur : "parce que là, lui il 
cherche avec qui travailler en fait un individu sérieux pas un qui". L'individu 
lui indique ensuite quels sont les tarifs : "il a dit que mais comment il reçoit là 
c'est comme ça qu'il va te donner le truc moi je lui ai dit le problème là tu sais 

encore ben là parce que si tu veux 100 […] ou bien 200 tu sais que 100 c'est 

une somme de 8000 ha non 4000". Il lui rappelle par ailleurs : "parce que là 
c'est la 1ère fois le commencement", mais déclare : "mais il se peut que tu vas 

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demander 200 voire 300 tu lui dis ce que tu veux mais ça là aussi si tu sais que 

d'ici 2 semaines il pourra récupérer ce qu'est à lui". L'inconnu dit également à 
C______ : "ha ben tu vas lui donner les 4000 francs puis il te donne 300 
jusqu'à que tu regardes parce que je lui ai dit si c'est bien ça va se vendre tout 

seul ben si ce n'est pas bien ben là il m'a dit que ça là il ne faut pas avoir peur 

tu as compris ?", et C______ lui répond : "moi je peux lui avoir même 5 je 
l'aurai pour lui les 2000 mille francs je les aurai ce week-end là je les rajoute 

dans ça quoi". Enfin, l'inconnu termine la conversation en indiquant : "tu sais 
lui là il travaille avec sa femme [...] c'est sa femme vraie dans la vie [...] elle 

comprend le français [...] je ne sais pas si je vais lui donner ton numéro puis 

sa femme t'appellera ou bien c'est toi qui vas appeler ben là quand je vais 

discuter avec lui ben je te dirai" ; 

o à 20h20, C______ s'entretient avec un tiers, identifié plus tard comme étant la 
femme francophone qui transportait la drogue (+31/27______), au sujet de la 
date de livraison : "ok pour cela il n'y a pas de soucis, si tu veux, je vais… je 
vais être là en […] je sais pas, euh lundi ?". La femme lui répond alors : "ok 
oui, oui, y'a pas de problème" ; 

- Le 21 août 2014 : 

o à 20h02, C______ informe l'individu non identifié de sa conversation 
précédente : "la femme a appelé hier nous avons discuté un peu […] elle a dit 
qu'elle viendra le lundi" ; 

o à 21h31, C______ répond à l'individu non identifié : "les 4 que tu as dit sont 
posés ici là" ; 

- Le 24 août 2014, à 20h35, la femme (+34/28______) s'entretient à nouveau avec 
C______ au sujet de sa venue : "alors je vais te dire à quelle heure j'ai mon train. 
Au plus tôt à 07h00 je suis déjà à la gare d'ici et je vais te dire à quelle heure je 

suis là", ce à quoi C______ répond : "dès que toi tu bouges là-bas tu me dis 
seulement à quelle heure que t'arrives ici. Moi je vais aller te trouver là-bas, 

d'accord ?" ; 

- Le 25 août 2014 : 

o à 06h57, la femme (+34/29______) envoie un SMS à C______ l'informant de 
son arrivée : "bonjour, je suis là à 9h15" ; 

o à 11h21, C______ informe l'inconnu (077/30______) que la femme est  
arrivée : "c'est celui-là qui a dit de t'appeler voir si tu t'es vu avec sa femme ? 
[...] ha je me suis vu avec sa femme" ; 

- Le 28 août 2014 à 17h34, C______ se plaint auprès de l'individu non identifié : 
"j'ai dit que c'est juste que la femme qui était venue là […] je te jure que ses petits 

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ne sont bien hein ! […] mais moi je n'ai rien mis de dans [...] Puis j'ai donné à 

quelqu'un là que j'ai confiance en plus vraiment il est parti il a tout puis il est 

revenu me redonner tout encore il a juste ôté un petit de dans il a dit que non, non 

ça là ce n'est pas bien […]. Je vais appeler la femme qu'elle revienne prendre ce 

qu'elle a amené […]" ; 

- Le 30 août 2014, à 11h54, C______ s'entretient encore à ce sujet avec la femme 
(+31/27______) qui lui dit : "mais le problème est, je pense que c'est les trucs 
qu'ils ont utilisé… pour… couper". Quant à C______, il répète : "ça va pas du 
tout, quoi [...] Je te mens pas je te le jure. J'ai pris comme ça. Je connais un 

Sénégalais j'ai confiance en lui 100%. J'ai dit : regarde ça mon gars. Après il est 

parti, il a regardé les […]. Tiens, ça je ne veux pas. Donne-moi ce que tu avais 

avant. Je te le jure hein […]. Je te le jure, c'est comme ça qu'il m'a parlé. Et puis 

c'est pour cela qu'il dit si tu viens toi-même, comme tu m'avais donné […]. C'est 

tout à la maison, comme ça, j'ai laissé comme ça à la maison. C'est même pas 

touché. J'ai touché seulement… une seule personne. J'ai donné à mon ami. Tu 

vois ce que je veux dire". 

d.d S'agissant de la transaction du 25 août 2014, divers clichés ont été pris par la 
police, au cours d'une surveillance effectuée le même jour. Il ressort du rapport de 
police du 11 novembre 2014 qu'une femme a rejoint C______ à un arrêt de tram 
(photographies C-346 à C-354). 

L'analyse des photographies prises le 10 août 2014 figure supra sous sous c.e. 

d.e.a.a Entendu par la police, C______ a admis s'adonner au trafic de cocaïne. Il 
n'avait rien à voir avec la livraison de drogue du 25 août 2014 et celle du  
10 août 2014 était la seule dans laquelle il avait été impliqué. Les déclarations de 
l'intéressé concernant la livraison du 10 août 2014 figurent supra sous c.f.d. 

Il a précisé que le logement à ___ ne lui appartenait pas. Plusieurs personnes 
venaient y dormir et il ne savait pas que de la drogue s'y trouvait encore. Le sac de 
voyage noir et le matériel de conditionnement ne lui appartenaient pas. Par contre, il 
était le seul utilisateur du raccordement 077/18______ qui lui appartenait. 

Jusqu'à son interpellation, il avait été logé gratuitement en Suisse et vivait des ventes 
de la drogue fournie par "J______". Il n'avait consommé de la cocaïne qu'à une seule 
et unique reprise mais fumait quatre à six joints de marijuana par jour. 

d.e.a.b Entendu par le Ministère public, C______ a confirmé ses déclarations. Il était 
venu en Suisse en avril ou mai 2013. À Genève, un ami lui avait proposé de loger 
dans l'appartement sis au ___. Il n'y passait qu'une à deux nuits avant de repartir.  

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La revente de la drogue livrée le 10 août 2014 lui avait permis de gagner  
CHF 2'000.-, ce qui lui avait donné les moyens de rentrer en Guinée. Il avait dès lors 
refusé la seconde livraison proposée par "J______". 

En confrontation, il a indiqué avoir été l'utilisateur du raccordement 077/11______. Il 
ne se souvenait en revanche plus s'il avait utilisé le raccordement 077/18______. Il a 
admis avoir remis CHF 5'000.- à I______ après la réception des 520 grammes de 
cocaïne. Pour le reste, il contestait les faits qui lui étaient reprochés. 

Se prononçant sur un certain nombre d'écoutes téléphoniques, l'intéressé a expliqué 
ce qui suit : 

Concernant la détention de 140 grammes par lui-même début juillet 2014 

- du 31 juillet 2014, à 13h36, il était l'un des deux interlocuteurs de cette 
conversation. Il s'entretenait avec un tiers qu'il dénommait "Vieux", lequel 
souhaitait que C______ reprenne la marijuana qu'il lui avait livrée, au motif que la 
livraison était incomplète. Le terme "petite" était utilisé pour désigner quelqu'un 
comme lorsque l'on disait "petit frère" à quelqu'un que l'on connaissait. 
Questionné sur la phrase "voilà donc tu sais que ce que j'ai touché là il y a  
10 petites dans un même emballage", il a répondu qu'il n'en avait alors pas 
compris la signification, sinon il ne lui aurait pas répondu qu'il viendrait reprendre 
le tout. Le terme "attache" pouvait signifier beaucoup de choses. Lorsqu'il parlait 
de 25 doigts, cela signifiait 25 grammes de marijuana. En aucun cas il n'était 
question de cocaïne dans cette conversation. C'était la marijuana qui était de 
mauvais qualité et non la cocaïne. I______ ne lui avait jamais vendu de drogue. 

Concernant l'acquisition de 20 grammes de cocaïne par lui-même début août 2014 

- du 4 août 2014, à 17h50, il était l'un des deux interlocuteurs de cette conversation. 
Il s'entretenait avec un dénommé "P______" de marijuana. Lorsqu'il indiquait "10 
pour 600 francs", il s'agissait du prix, soit CHF 600.- les 10 grammes de 
marijuana en fonction de la qualité. Il avait effectivement acquis 20 grammes de 
marijuana. En aucun cas il n'était question de cocaïne. 

Concernant la transaction du 25 août 2014 

- du 28 août 2014, à 17h34, il discutait avec un ami de "J______" au sujet des  
520 grammes fournis par ce dernier. Une femme nigériane avait été envoyée chez 
lui afin de contrôler elle-même la qualité de la drogue pour le compte de 
"J______". Elle n'avait pas elle-même apporté de drogue. Il n'avait pas transmis 
de drogue à une autre personne de confiance en vue de la faire contrôler. Par "ses 
petits ne sont bien", il entendait que les doigts de cocaïne livrés par "J______" 

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n'étaient pas de bonne qualité. Lorsqu'il disait "moi je n'ai rien mis dedans", cela 
signifiait qu'il n'avait pas coupé la drogue et l'avait vendue telle qu'elle. Lorsqu'il 
avait dit "je vais appeler la femme qu'elle revienne prendre ce qu'elle a amené là 
[…]", cela ne signifiait pas que cette femme avait apporté de la drogue. C'était une 
tournure en peul. Il voulait dire par là qu'elle devait venir prendre la drogue qui lui 
restait des 520 grammes livrés et qui n'était pas de bonne qualité. Elle n'était 
jamais venue la chercher. 

Confronté aux photographies C-346 à C-354, il s'est reconnu ainsi que la femme 
l'accompagnant. Cette dernière lui avait été envoyée par "J______" afin de reprendre 
un échantillon de la drogue qui lui avait été livrée et dont il s'était plaint. "J______" 
avait ainsi souhaité en récupérer un échantillon afin de vérifier ses dires. 

d.e.a.c Devant les premiers juges, il a contesté les faits reprochés, hormis la livraison 
des 520 grammes du 10 août 2014. Il n'avait remis de l'argent à I______ qu'à une 
seule reprise, soit EUR 5'000.- correspondant à cette livraison. Il n'avait jamais été en 
possession de cocaïne avant cette livraison. Enfin, il n'avait ni vendu ni reçu de 
drogue de la part de I______. 

C______ a confirmé qu'il parlait de marijuana dans les conversations téléphoniques 
écoutées lors des audiences devant le Ministère public. Il n'avait jamais indiqué que 
10 grammes de marijuana coûtaient CHF 600.-. Lorsqu'il parlait de doigt, il s'agissait 
d'un gramme de marijuana qui se vendait entre CHF 8.- et CHF 10.-. 

d.e.b Interpellé en mars 2015, I______ a admis s'être lui-même adonné au trafic de 
stupéfiants. Il avait remis, l'année précédente à une date dont il ne se souvenait plus, 
140 grammes de cocaïne sous forme de doigts à C______, qu'il surnommait 
"O______", et qu'il a immédiatement reconnu sur la planche photographie C-735. Il 
s'est ensuite rétracté avant de confirmer à nouveau, par le biais de son conseil, puis 
en audience de confrontation, qu'il avait effectivement vendu à C______  
140 grammes de cocaïne fournie par "J______". Il avait fait l'objet de pressions de la 
part des autres prévenus, ce qui expliquait la variation de ses déclarations. Il a 
également déclaré avoir changé de l'argent pour le compte de C______ destiné à 
"J______", à plusieurs reprises, sachant que cet argent provenait de la vente de 
cocaïne et non de marijuana. Il avait finalement véhiculé C______ entre Payerne, 
Lausanne et Genève, plusieurs fois, sans poser de questions. 

I______ s'est déterminé sur la conversation du 31 juillet 2014, à 13h36. Il s'agissait 
certainement de lui lorsqu'il était fait référence à "Q______", dès lors qu'il s'agissait 
de son surnom et qu'il avait effectivement déjà vendu à cette date les 140 grammes 
de cocaïne à C______, lequel s'était plaint de la qualité. 

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d.e.c Les déclarations de A______ et de H______ s'agissant de la livraison du  
10 août 2014 figurent supra respectivement sous c.f.a et c.f.b. 

d.f L'inspecteur Y______ a précisé qu'il n'était pas l'auteur des clichés pris le  
25 août 2014 (C-346 à C-354) et qu'il n'était pas non plus sur place ce jour-là. Les 
clichés avaient été faits lorsqu'une femme nigériane francophone avait été prise en 
charge par C______ et lui avait livré une quantité indéterminée de cocaïne. La 
quantité pouvait néanmoins être évaluée à 100 grammes en fonction de l'argent dont 
C______ disait disposer, soit CHF 4'000.-, et de la valeur de la cocaïne sur le 
marché, soit CHF 4'000.- pour 100 grammes. Le témoignage de l'inspecteur 
s'agissant de la livraison du 10 août 2014 figure supra sous c.g. 

C. a. Par ordonnance OARP/30/2016 du 8 février 2016, la Présidente de la CPAR a 
ordonné la procédure orale et rejeté la réquisition de preuve présentée par C______ 
dont les motifs figurent dans l'ordonnance. 

 b.a.a Interrogé lors des débats d'appel du 15 mars 2015, A______ a déclaré avoir été 
informé par le dénommé "W______" que H______, qu'il hébergeait pour le compte 
de "W______" en échange de CHF 700.-, transportait de la cocaïne. Il n'avait jamais 
eu de contact avec H______ avant le 2 septembre 2014, en particulier, ce dernier ne 
lui avait jamais livré de cocaïne. La photographie, prise le 11 août 2014 sur laquelle 
ils se trouvaient tous les deux, avait été prise le jour de l'anniversaire de sa petite 
fille. Le téléphone portable retrouvé chez lui avait été utilisé par "W______", qui le 
lui avait remis avec une carte SIM.  

 b.a.b A______ a persisté dans ses conclusions. Il a requis qu'une indemnité de  
CHF 112'000.-, avec intérêts à 5% l'an dès le 2 septembre 2014, lui soit allouée en 
cas d'acquittement, à titre de réparation du tort moral conformément à l'art. 429 al. 1 
let. c CPP. A titre subsidiaire, il a conclu au prononcé d'une peine privative de liberté 
assortie du sursis partiel, permettant sa libération immédiate. La peine privative de 
liberté devait tenir compte des conditions illicites de sa détention, entre le  
4 septembre 2014 et le 30 septembre (recte : 2 octobre) 2015. 

 A cet égard, il s'est référé à la procédure alors pendante devant la Chambre pénale de 
recours (ci-après : CPR) [PS/31______], dans le cadre de laquelle il contestait que 
les conditions dans lesquelles s'était déroulée sa détention avant jugement, dans la 
période précitée, avaient respecté les exigences légales, constitutionnelles et 
conventionnelles en matière de conditions de détention (OTMC/32______). 

 Selon son conseil, le rôle de la police n'était pas d'instruire. Pourtant, dans ce dossier, 
les inspecteurs avaient allégrement orienté l'enquête. En outre, le seul inspecteur 
auditionné n'avait pas participé à la filature des prévenus.  

- 30/59 - 

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 L'implication de A______ dans la livraison de cocaïne du 11 août 2014 devait être 
niée, eu égard au fait qu'il existait un doute suffisant compte tenu des déclarations de 
H______ et de C______, qui ont toujours contesté cette livraison. Il n'y avait aucune 
certitude qu'il soit bien l'interlocuteur de C______ ni même que les "5 mille" 
évoqués, dans la conversation téléphonique du 11 août 2014, à 12h48, soient liés au 
trafic de drogue. 

 Quant à la livraison de 65 doigts de cocaïne du 2 septembre 2014 et la détention de 
quatre doigts, "W______" était le seul destinataire et détenteur de cette drogue. En 
effet, aucune analyse vocale n'avait été effectuée sur les écoutes téléphoniques 
curieusement sélectionnées par la police, de sorte qu'il y avait un doute sur le fait 
qu'il soit impliqué dans ces conversations. Par ailleurs, dans la mesure où certaines 
des déclarations de H______ avaient été écartées, car jugées peu crédibles, il devait 
en aller de même de la déclaration de ce dernier selon laquelle il avait livré A______ 
au mois de septembre. L'acte d'accusation était lacunaire, puisque ses déclarations 
quant à l'existence de "W______" n'y figuraient pas, ce qui devait déjà suffire à le 
faire acquitter. Enfin, aucune de ses empreintes n'avait été retrouvée sur les quatre 
doigts de cocaïne découverts chez lui. 

 A______ devait être mis au bénéfice d'une erreur sur les faits pour l'infraction à la 
LEtr, dès lors qu'il pensait que la validité de l'interdiction d'entrer sur le territoire 
suisse qui lui avait été signifiée était de cinq ans. Par ailleurs, étant détenteur d'un 
permis de séjour espagnol, il bénéficiait d'un délai de 90 jours durant lequel il n'avait 
pas besoin d'obtenir une autorisation de séjour. 

 b.a.c Me B______ a produit un état de frais pour la procédure d'appel, comportant  
18 heures d'activité de chef d'étude, dont deux heures et 15 minutes au titre de visites 
du client à la prison de Champ-Dollon, les 4 novembre et 10 décembre 2015, durée 
d'audience non comprise. 

 b.b.a Devant la CPAR, C______ a déclaré que ce n'était pas H______ qui lui avait 
livré les 520 grammes de cocaïne, le 10 août 2014, et qu'il ne savait dès lors pas de 
quelle manière il avait pu être photographié en compagnie de ce dernier. Une partie 
de cette livraison était destinée à un tiers dont il ignorait l'identité. Il contestait 
toujours les livraisons de cocaïne intervenues début juillet 2014 (140 grammes), 
début août 2014 (20 grammes) et le 25 août 2014 (100 grammes). Des erreurs de 
traductions avaient été faites s'agissant des écoutes téléphoniques des 4 août 2014, à 
17h50, et 28 août 2014, à 17h34. Il fallait comprendre "6 personnes" et non pas  
"600 francs", respectivement "que la personne devait chercher ce qui est posé" à la 
place de "une personne devait venir chercher ce qu'elle a amené", ceci dans le cadre 
de la livraison des 520 grammes de mauvaise qualité précédemment fournis par 
"J______". S'il avait donné de l'argent à I______, c'était seulement afin qu'il le 
transmette à "J______" pour l'achat des 520 grammes. Il était consommateur de 

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marijuana et réunissait de l'argent afin d'en acheter en plus grande quantité à un 
meilleur prix. 

b.b.b Le conseil de C______ a persisté dans les conclusions de la déclaration d'appel 
et sollicité, en conséquence, la libération immédiate de son mandant. Il a conclu au 
rejet de l'appel joint du Ministère public. 

 Les traductions des écoutes téléphoniques étaient mauvaises et il n'y avait aucun 
moyen d'en vérifier la teneur, alors même que l'entier du dossier reposait sur leur 
contenu. Les rapports de police n'étaient pas fiables, dans la mesure où les autorités 
(police, Ministère public et Tribunal correctionnel) en tiraient des conclusions 
différentes, voire contradictoires. Les conversations téléphoniques devaient être 
rattachées au trafic de marijuana, ce d'autant plus que C______ en était un 
consommateur et qu'il avait été condamné par le passé pour en avoir détenu. 

 Les déclarations de I______ selon lesquelles il lui avait vendu 140 grammes de 
cocaïne, début juillet 2014, devaient être écartées, dès lors que ce dernier, jugé en 
procédure simplifiée, avait vraisemblablement tenté d'obtenir une peine plus 
clémente en le chargeant. En outre, le fait que C______ ait été contrait de fournir des 
garanties à "J______" pour recevoir la drogue laissait penser qu'il n'avait jamais 
travaillé avec ce dernier auparavant. 

 Concernant les 20 grammes acquis début août 2014, le fait qu'il conteste une aussi 
faible quantité de cocaïne devait amener la Cour de céans à retenir sa version. A 
nouveau, les conversations téléphoniques n'étaient pas claires, il fallait notamment 
retenir que, le 4 août 2014, à 17h50, il parlait de "6 personnes" et non pas de  
"600 francs". 

 Enfin, il n'existait aucune preuve permettant de retenir que 100 grammes de cocaïne 
lui avaient été livrés par une femme nigériane, le 25 août 2014. Les rapports de 
police des 8 octobre et 11 novembre 2014 devaient être écartés au vu des 
inexactitudes qu'ils comportaient. Par ailleurs, seules la saisie de la drogue et une 
arrestation en flagrant délit auraient permis d'établir avec certitude la quantité de 
drogue livrée et son taux de pureté, étant précisé que la quantité de 100 grammes ne 
ressortait d'aucune conversation téléphonique. Enfin, la femme était revenue 
"chercher ce qui [était] posé" et non "ce qu'elle [avait] amené" (entretien 
téléphonique du 28 août 2014, à 17h34). 

 b.b.c Me D______, défenseur d'office de C______, a déposé son état de frais pour 
ses prestations fournies durant la procédure d'appel comprenant 14 heures d'activité 
de chef d'étude, dont deux heures au titre de l'audience d'appel et une heure et 30 
minutes au titre de conférence avec le client à la prison de Champ-Dollon, le  

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21 octobre 2015. Elle a également produit une facture relative à des frais de 
traduction de CHF 192.80. 

 b.c.a E______ a déclaré, pour sa part, qu'il n'était pas le commanditaire de l'entier de 
la livraison intervenue le 20 juillet 2014, mais seulement de 100 grammes. Il n'avait 
d'ailleurs pas les moyens financiers d'en acheter davantage. Seule la cocaïne 
retrouvée dans l'une des deux chaussettes lui appartenait. 

 b.c.b Le conseil de E______ a persisté dans ses conclusions, sollicitant le prononcé 
d'une peine assortie du sursis partiel avec une partie ferme compensée par la 
détention déjà subie, subsidiairement, d'une peine clémente. 

 Les éléments figurant au dossier, en particulier les prélèvements ADN, les 
déclarations du mandant et le fait qu'il partageait l'appartement de L______, ne 
permettaient pas de lui imputer la détention de la drogue retrouvée dans le vide 
sanitaire. En outre, s'il avait avoué avoir détenu la drogue retrouvée dans la deuxième 
chaussette, c'est seulement parce qu'il avait mal compris que certaines questions 
portaient sur les deux chaussettes et non sur une seule. D'ailleurs, à partir du moment 
où il avait saisi cela, il était resté constant dans ses déclarations. 

 Le jugement du Tribunal correctionnel présentait un défaut de motivation et violait le 
principe du droit d'être entendu s'agissant de la livraison du 20 juillet 2014. En effet, 
seuls les 100 grammes admis par E______ devaient être retenus, puisqu'il ressortait 
du rapport de police du 27 novembre 2014 que l'entier de la livraison ne lui était pas 
destiné. 

 Enfin, il avait bien plus joué le rôle d'un larbin que d'un grossiste et aucun élément 
dans le dossier ne démontrait qu'il avait eu un pouvoir décisionnel dans ce trafic. Au 
vu de sa situation personnelle, il avait par ailleurs agi sous l'emprise d'une détresse 
profonde ou de "motifs honorables". 

 b.c.c Me F______ a produit un état de frais, comportant 30 heures et cinq minutes 
d'activité de stagiaire pour la procédure d'appel, dont 11 heures et 45 minutes pour un 
total de huit visites à la prison de Champ-Dollon entre le 23 octobre 2015 et le  
14 mars 2016, une heure et 40 minutes de recherches juridiques et une heure et  
cinq minutes de rédaction d'écritures, ainsi qu'une heure d'activité de chef d'étude, 
durée d'audience non comprise. 

 c. Le Ministère public a persisté dans ses conclusions, tout en sollicitant également le 
maintien en détention pour des motifs de sûreté de A______ et de C______. Les 
peines prononcées étaient trop clémentes, compte tenu de l'ampleur du trafic et de 
l'attitude des appelants durant toute la procédure. 

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 e. A l'issue des débats, la cause a été gardée à juger avec l'accord des parties, 
moyennant la communication du dispositif de l'arrêt à bref délai sans nouvelle 
audience publique, lequel leur a été communiqué le 18 mars 2016. 

D. a. Né le ___ 1968, E______ est de nationalité guinéenne. Les membres de sa famille, 
soit sa femme et ses deux filles, âgées de 16 et 12 ans, dont l'une a des troubles 
mentaux, vivent en Espagne. Sa mère se trouve en Guinée. 

Il est tailleur de profession. Il a quitté la Guinée une première fois il y a plus de  
vingt ans pour se rendre en Espagne où il a vécu pendant une vingtaine d'années, 
gagnant sa vie en travaillant, notamment dans le bâtiment, l'agriculture et dans une 
usine d'aluminium. Il est ensuite parti, car il n'y avait plus de travail. Au bénéfice 
d'un permis de séjour espagnol, il est venu en Suisse une première fois en 2013 pour 
trouver du travail dans le domaine de la restauration ou du bâtiment, sans succès. 
Après quatre mois, il est retourné en Guinée. Une personne lui a alors proposé du 
travail à Genève. Il a accepté et est revenu en Suisse dans le courant du mois de juin 
2014. Il consommait très occasionnellement de la cocaïne. Avant son interpellation, 
il n'avait que EUR 500.- d'économies, mais aucun revenu. Son épouse travaille 
actuellement dans l'hôtellerie et gagne environ EUR 800.- par mois, dont EUR 400.- 
sont versés à la banque en raison d'une dette hypothécaire. Leur maison avait été 
saisie, de sorte qu'elle n'en jouissait plus. À sa sortie de prison, il souhaitait rentrer en 
Guinée ou en Espagne et chercher du travail dans l'agriculture ou le bâtiment. 

A son arrivée à Champ-Dollon, il a immédiatement demandé à travailler, obtenant un 
poste dans la reliure. A présent, il fournit les repas sur les étages, ce qui lui permet 
d'envoyer davantage d'argent à sa famille, en particulier sa mère malade, âgée de  
75 ans. 

Selon l'extrait du casier judiciaire suisse, il n'a pas d'antécédent. Selon l'extrait du 
casier judiciaire espagnol, il a été condamné en novembre 2012 à quatre ans de 
prison et à une amende de EUR 5'000.- pour délit contre la santé publique. Selon ses 
explications, il avait été condamné à tort sur la base d'écoutes téléphoniques dans le 
cadre d'un trafic de stupéfiants. 

b. A______, né le ___ 1982, aussi connu sous l'alias Z______, est de nationalité 
sierra-léonaise. Il est marié et père de deux filles mineures en Guinée et d'une fille à 
Genève. Il est également père de deux jumelles en Espagne, nées au cours de sa 
détention, qui vivent à Madrid avec leur mère. Il n'a jamais été à l'école, mais 
explique qu'il est couturier de formation et vivait de la vente de matériel d'occasion 
qu'il envoyait ou ramenait en Afrique. Avant son interpellation, il n'avait plus aucun 
revenu. Il est arrivé en Suisse un à deux mois avant son interpellation et vivait dans 
l'appartement du ___, s'acquittant d'un loyer mensuel minimum de CHF 800.-. Il a 
payé le premier mois de loyer avec ses économies et a demandé de l'aide à un ami 

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pour le deuxième mois. À sa sortie de prison, il souhaite retourner auprès de sa 
famille en Espagne, étant au bénéfice d'un titre de séjour espagnol. La situation de 
son amie intime depuis la naissance des jumelles est difficile, dès lors qu'elle ne 
travaille pas et ne reçoit plus d'aide. 

Il n'exerce aucune activité à la prison de Champ-Dollon depuis son arrivée, ceci pour 
des questions de santé. 

Selon l'extrait du casier judiciaire suisse, il a été condamné par le Tribunal de police, 
le ___ juin 2008, à une peine privative de liberté de trois ans pour crime contre la 
LStup, peine assortie d'un sursis partiel de 18 mois avec un délai d'épreuve de  
cinq ans. Il a déclaré n'avoir pas d'antécédent en Espagne. 

c. Né le ___ 1981, C______, aussi connu sous l'alias de AA______, est de nationalité 
guinéenne. Il est marié et père d'une fille en Guinée. Il expose n'avoir pas été 
scolarisé et ne pas savoir lire ni écrire. Il est venu en Suisse une première fois en 
2002, mais sa demande d'asile a été rejetée. Il est revenu en Suisse en 2013 pour 
retrouver son amie intime avec laquelle il vivait avant son interpellation. Il dit 
consommer beaucoup de marijuana. À sa sortie de prison, il souhaite retourner en 
Espagne, étant au bénéfice d'un titre de séjour, afin d'y entreprendre une formation. 
Son oncle et sa cousine qui y résident pourront par ailleurs l'aider. 

Il travaille à Champ-Dollon depuis seulement deux mois, bien qu'il en ait fait la 
demande dès son incarcération. 

Selon l'extrait du casier judiciaire suisse, il a été condamné par le Ministère public de 
l'arrondissement du Nord vaudois, le ___ octobre 2012, à une peine privative de 
liberté de 120 jours pour infraction à la LStup et à la LEtr, peine constituant une 
peine d'ensemble avec un jugement du ___ septembre 2010 de la préfecture du 
district de la Riviera pour séjour illégal. Il a déclaré n'avoir pas d'antécédent en 
Espagne. 

EN DROIT : 

1. L'appel est recevable pour avoir été interjeté et motivé selon la forme et dans les 
délais prescrits (art. 398 et 399 CPP). 

 Il en va de même de l'appel joint (art. 400 al. 3 let. b et 401 CPP). 

 La partie qui attaque seulement certaines parties du jugement est tenue d'indiquer 
dans la déclaration d'appel, de manière définitive, sur quelles parties porte l'appel, à 
savoir (art. 399 al. 4 CPP) : la question de la culpabilité, le cas échéant en rapport 

- 35/59 - 

P/12118/2014 

avec chacun des actes (let. a) ; la quotité de la peine (let. b) ; les mesures qui ont été 
ordonnées (let. c) ; les frais, les indemnités et la réparation du tort moral (let. f). 

 La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel (art. 404 
al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP). 

2. 2.1.1 Le principe in dubio pro reo, qui découle de la présomption d'innocence, 
garantie par l'art. 6 ch. 2 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et 
des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 (CEDH ; RS 0.101) et, sur le plan 
interne, par les art. 32 al. 1 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 
18 avril 1999 (Cst. ; RS 101) et 10 al. 3 CPP, concerne tant le fardeau de la preuve 
que l'appréciation des preuves. 

En tant que règle sur le fardeau de la preuve, ce principe signifie qu'il incombe à 
l'accusation d'établir la culpabilité de l'accusé, et non à ce dernier de démontrer son 
innocence. Il est violé lorsque le juge rend un verdict de culpabilité au seul motif que 
l'accusé n'a pas prouvé son innocence ; lorsqu'il résulte du jugement que, pour être 
parti de la fausse prémisse qu'il incombait à l'accusé de prouver son innocence, le 
juge l'a condamné parce qu'il n'avait pas apporté cette preuve (ATF 127 I 38 consid. 
2a p. 40 et les arrêts cités) ou encore lorsque le juge condamne le prévenu au seul 
motif que sa culpabilité est plus vraisemblable que son innocence (arrêts du Tribunal 
fédéral 6B_1145/2014 du 26 novembre 2015 consid. 1.2 et 6B_748/2009 du  
2 novembre 2009 consid. 2.1). 

Comme règle de l'appréciation des preuves, le principe in dubio pro reo interdit au 
juge de se déclarer convaincu d'un état de fait défavorable à l'accusé, lorsqu'une 
appréciation objective des éléments de preuve recueillis laisse subsister un doute 
sérieux et insurmontable quant à l'existence de cet état de fait. Des doutes abstraits ou 
théoriques, qui sont toujours possibles, ne suffisent certes pas à exclure une 
condamnation. La présomption d'innocence n'est invoquée avec succès que si le 
recourant démontre qu'à l'issue d'une appréciation exempte d'arbitraire de l'ensemble 
des preuves, le juge aurait dû éprouver des doutes sérieux et irréductibles sur sa 
culpabilité (ATF 120 Ia 31 consid. 2 p. 33 ss ; 124 IV 86 consid. 2a p. 87 ss). 

2.1.2 L'art. 10 al. 2 CPP consacre le principe de la libre appréciation des preuves, en 
application duquel le juge donne aux moyens de preuve produits tout au long de la 
procédure la valeur qu'il estime devoir leur attacher pour se forger une intime 
conviction sur la réalité d'un fait (arrêt du Tribunal fédéral 6B_348/2012 du  
24 octobre 2012 consid. 1.3). 

Le juge du fait dispose d'un large pouvoir dans l'appréciation des preuves (ATF 120 
Ia 31 consid. 4b p. 40). Confronté à des versions contradictoires, il forge sa 
conviction sur la base d'un ensemble d'éléments ou d'indices convergents. 

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L'appréciation des preuves doit être examinée dans son ensemble et l'état de fait 
déduit du rapprochement de divers éléments ou indices. Un ou plusieurs arguments 
corroboratifs peuvent demeurer fragiles si la solution retenue peut être justifiée de 
façon soutenable par un ou plusieurs arguments de nature à emporter la conviction 
(ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9 ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_109/2014 du  
25 septembre 2014 consid. 2.1 ; 6B_398/2013 du 11 juillet 2013 consid. 2.1 et 
6B_642/2012 du 22 janvier 2013 consid. 1.1). 

2.1.3 L'aveu est une preuve ordinaire qui n'a pas de valeur particulière. Il permet la 
condamnation de l'auteur lorsque le juge est convaincu qu'il est intervenu sans 
contrainte et paraît vraisemblable. Face à des aveux, suivis de rétractation, le juge 
doit procéder conformément au principe de la libre appréciation des preuves. Est 
déterminante la force de conviction attachée à chaque moyen de preuve et non pas le 
genre de preuve administrée, sur la base d'une évaluation globale de l'ensemble des 
preuves rassemblées au dossier. Le juge doit en particulier se forger une conviction 
aussi bien sur les premières déclarations du prévenu que sur les nouvelles, valant 
rétractation, et apprécier les circonstances dans lesquelles celui-ci a modifié ses 
déclarations initiales (arrêt du Tribunal fédéral 6B_275/2014 du 5 novembre 2014 
consid. 6.2). 

2.1.4 Les déclarations successives d'un même témoin ne doivent pas nécessairement 
être écartées du seul fait qu'elles sont contradictoires ; il appartient au juge de retenir 
la version qui lui paraît la plus convaincante et de motiver les raisons de son choix 
(arrêt du Tribunal fédéral 6B_429/2008 du 7 novembre 2008 consid. 4.2.3). 

2.2.1 L'art. 19 al. 1 LStup punit d'une peine privative de liberté de trois ans au plus 
ou d'une peine pécuniaire notamment celui qui, sans droit, entrepose, expédie, 
transporte, importe ou exporte des stupéfiants ou les passe en transit (let. b), aliène 
ou prescrit des stupéfiants, en procure de toute autre manière à un tiers ou en met 
dans le commerce (let. c), ou possède, détient ou acquiert des stupéfiants ou s’en 
procure de toute autre manière (let. d). 

2.2.2 A teneur de l'art. 19 al. 2 LStup, l'auteur de l'infraction est puni d'une peine 
privative de liberté d'un an au moins, cette sanction pouvant être cumulée avec une 
peine pécuniaire, notamment s'il sait ou ne peut ignorer que l'infraction peut 
directement ou indirectement mettre en danger la santé de nombreuses personnes 
(let. a). 

S'agissant de la cocaïne, la circonstance aggravante est objectivement remplie, selon 
la jurisprudence développée sous l'ancien droit, dès que l'infraction porte sur une 
quantité contenant 18 grammes de substance pure (ATF 138 IV 100 consid. 3.2 ;  
109 IV 143 consid. 3b p. 145 ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_107/2013 du  
15 mai 2013 consid. 2.1.1 ; 6B_632/2008 du 10 mars 2009 consid. 2 ; B. CORBOZ, 

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Les infractions en droit suisse, 3e éd., Berne 2010, vol. II, n. 81 ad art. 19 LStup). Si 
l'auteur commet plusieurs actes distincts, les quantités qui en sont l'objet doivent être 
additionnées (ATF 112 IV 109 consid. 2b p. 113). Dans ce cadre, il sied de 
déterminer la quantité de drogue pure sur laquelle a porté l'infraction, qui est seule 
décisive (ATF 121 IV 193 consid. 2b/aa). 

En l'absence d'analyse de la drogue et faute d'autres éléments, le juge peut admettre 
que la drogue était d'une qualité moyenne et se référer au degré de pureté habituel sur 
le marché à l'époque et au lieu concerné (B. CORBOZ, op.cit., n. 86 ad art. 19 
LStup).  

2.3.1 À teneur de l'art. 115 al. 1 LEtr, sera puni d'une peine privative de liberté d'un 
an au plus ou d'une peine pécuniaire, quiconque contrevient aux dispositions sur 
l'entrée en Suisse prévues à l'art. 5 LEtr (let. a) ou y séjourne illégalement (let. b). 

2.3.2 Selon l'art. 5 LEtr, pour entrer en Suisse, tout étranger doit avoir une pièce de 
légitimation reconnue pour le passage de la frontière et être muni d'un visa si ce 
dernier est requis (let a.), disposer des moyens financiers nécessaires à son séjour 
(let. b), ne représenter aucune menace pour la sécurité et l'ordre publics ni pour les 
relations internationales de la Suisse (let. c), ne faire l'objet d'aucune mesure 
d'éloignement (let. d). 

Les conditions d’entrée visées à l’art. 5 LEtr doivent être remplies pendant toute la 
durée du séjour non soumis à autorisation (al. 2). 

E______ 

2.4.1.1 En l'espèce, il est établi que plus de 800 grammes net de cocaïne au total ont 
été retrouvés, les 20 et 23 juillet 2014, dans l'appartement que l'appelant partageait 
avec L______ à l'avenue de ___, hormis la drogue retrouvée dans la chaussure 
appartenant à ce dernier. 

Si l'appelant reconnaît avoir détenu la drogue qui se trouvait dans sa chambre, dans le 
lavabo et sur le sol de la salle de bains ainsi que dans une des deux chaussettes  
(14 doigts), il conteste toutefois avoir été le possesseur de la cocaïne retrouvée dans 
l'autre chaussette (14 doigts et des boulettes) et dans le vide sanitaire (30 doigts au 
minimum) de la salle de bains. 

Ses dénégations ne convainquent pas pour les motifs suivants. 

Elles se heurtent, en premier lieu, au profil chimique identique de la drogue retrouvée 
non seulement dans les deux chaussettes et dans le vide sanitaire mais aussi dans les 

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autres doigts découverts dans la salle de bains et dans la chaussure, ainsi que dans les 
42 doigts expulsés ultérieurement par G______. De plus, le profil ADN de l'appelant 
a été retrouvé sur les deux chaussettes. 

Les dénégations et explications de l'appelant se heurtent, en deuxième lieu, à ses 
propres déclarations qui n'ont cessé de varier au cours de la procédure, s'agissant de 
la cocaïne qui se trouvait dans les deux chaussettes, ainsi qu'aux déclarations de 
L______. L'appelant prétend en effet qu'à partir du moment où le quiproquo avait été 
dissipé, il aurait déclaré de manière constante être le détenteur des 14 doigts cachés 
dans l'une des deux chaussettes seulement. Or, l'appelant qui a d'abord admis les 
faits, lors des audiences des 6 et 28 août 2014, est ensuite revenu sur ses déclarations, 
le 9 septembre 2014, pour se contredire à nouveau, le 16 décembre 2014, 
reconnaissant alors expressément que la cocaïne retrouvée dans les deux chaussettes 
lui appartenait. Il a finalement à nouveau contesté, le 26 juin 2015 et à l'audience de 
jugement, que la drogue trouvée dans la deuxième chaussette était à lui. A l'inverse, 
L______ a admis que la cocaïne découverte dans une chaussure lui appartenait, à 
l'exclusion du reste de la drogue retrouvée dans l'appartement, et qu'elle provenait 
des affaires de l'appelant. Cette dernière version est corroborée par la similitude des 
profils chimiques entre les différentes drogues présentes dans l'appartement et par le 
fait que le profil ADN de L______ a été mis en évidence sur l'une des boulettes 
enfouies dans la chaussure. Enfin, si L______ a donné, spontanément et dès le début 
de l'instruction, des indications au sujet de la drogue cachée dans une chaussure, non 
encore découverte, il n'a jamais rien dit s'agissant des chaussettes. 

En troisième lieu, les dénégations de l'appelant sont contredites par plusieurs 
éléments qui démontrent de manière probante qu'il était le détenteur de la drogue 
entreposée dans le vide sanitaire, dès lors qu'il ne pouvait en ignorer l'existence. Il a 
ainsi reconnu