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**Case Identifier:** ac18c385-22d8-5ea7-9003-7d82a918423e
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-10-16
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 16.10.2018 A/1507/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1507-2018_2018-10-16.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/1507/2018-PE ATA/1103/2018  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 16 octobre 2018 

2
ème

 section 

dans la cause 

 

Monsieur A______ 
représenté par Me Martin Ahlström, avocat  

contre 

OFFICE CANTONAL DE LA POPULATION ET DES MIGRATIONS 
 

_________ 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 

2 juillet 2018 (JTAPI/640/2018) 

- 2/7 - 

A/1507/2018 

EN FAIT 

1.  Par jugement du 2 juillet 2018, le Tribunal administratif de première 
instance (ci-après : TAPI) a déclaré irrecevable le recours formé par 
Monsieur A______ contre la décision de l’office cantonal de la population et des 
migrations (ci-après : OCPM) du 24 avril 2018. 

  Le TAPI a retenu que l’intéressé ne s’était pas acquitté de l’avance de frais 
requise dans le délai échéant le 15 juin 2018. 

2.  Par acte déposé le 23 juillet 2018 à la chambre administrative de la Cour de 
justice, M. A______ a demandé, principalement, l’annulation de ce jugement, la 
constatation de l’existence d’un cas de force majeure et l’octroi d’un nouveau 
délai pour effectuer l’avance de frais. 

  Il souffrait d’un épisode dépressif sévère à la suite d’une chute sur un 
chantier de travail le 27 mars 2017. Une nouvelle chute subie en descendant du 
tram en mai 2018 avait entraîné une aggravation de sa santé mentale. Ces troubles 
de santé, comparables à un cas de force majeure, l’avaient empêché de procéder 
dans le délai imparti au paiement de l’avance de frais. 

  Selon le certificat médical établi le 9 juillet 2018 par le Docteur B______, 
médecin psychothérapeute, M. A______ avait, à la suite d’une chute de sa hauteur 
sur un chantier survenue le 27 mars 2010, souffert d’un syndrome douloureux 
somatoforme et d’un épisode dépressif sévère. À la fin du mois de mai 2018, le 
patient avait rapporté avoir été victime d’une chute en descendant du tram. Cette 
chute avait occasionné une aggravation de sa santé mentale. Cela avait, en outre, 
réveillé le syndrome précité et entraîné une impotence fonctionnelle partielle. M. 
A______ présentait un trouble psychique chronique de type dépressif et des 
plaintes douloureuses localisées au niveau lombaire. Son incapacité de travail était 
de 50 %. 

3.  Le TAPI n’a pas formulé d’observations. 

  L’OCPM a conclu au rejet du recours. Le médecin traitant n’avait pas fait 
état d’un évènement extraordinaire et imprévisible empêchant son patient de 
s’acquitter de l’avance de frais dans le délai prolongé. Par ailleurs, le 
2 juillet 2018, l’intéressé s’était présenté auprès de l’OCPM pour obtenir un visa 
de retour de deux mois pour se rendre en Espagne, en France et au Kosovo. 

4.  Dans sa réplique, le recourant a exposé que son état dépressif était fluctuant 
et que les conséquences de la chute subie au mois de mai 2018, encore présentes 
le 15 juin 2018, s’étaient estompées le 2 juillet 2018. 

- 3/7 - 

A/1507/2018 

5.  Lors de l’audience, qui s’est tenue le 8 octobre 2018 devant la chambre de 
céans, le Dr B______ a confirmé le certificat médical susmentionné.  

  Il suivait M. A______ depuis le 26 mars 2017, tant sur le plan somatique 
que psychique. Au mois d’avril 2018, ce dernier s’était péjoré à tel point qu’il 
avait proposé une hospitalisation à son patient. À l’état dépressif, qui fluctuait 
entre gravité moyenne et sévère, était venu s’ajouter un problème d’alcool et de 
jeu pathologique. Par ailleurs, M. A______ présentait également des difficultés 
d’ordre cognitif ; des oublis étaient fréquents. M. A______ avait d’abord accepté 
l’hospitalisation, mais ensuite changé d’avis, devant se rendre dans sa famille au 
Kosovo. Celui-ci était revenu le consulter fin mai en urgence, à la suite d’une 
chute faite en descendant du tram, qui avait occasionné des douleurs au bassin. 
La vie de son patient avait été « chaotique » entre avril et juillet 2018. Il ne 
pensait pas que pendant cette période, M. A______ était en mesure de s’organiser, 
notamment pour procéder au versement de l’avance de frais ou demander de 
l’aide à un tiers pour respecter le délai imparti. Début juillet 2018, une légère 
amélioration avait eu lieu. 

  À l’issue de l’audience, les parties ont été informées que la cause était 
gardée à juger.  

EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2.  Est litigieuse la question de savoir si le recourant peut se prévaloir d’un cas 
de force majeure l’ayant empêché de procéder dans le délai imparti par le TAPI au 
paiement de l’avance de frais, de sorte qu’il y a lieu à restitution de ce délai. 

 a. Aux termes de l’art. 16 LPA, la restitution pour inobservation d’un délai 
imparti par l’autorité peut être accordée si le requérant ou son mandataire a été 
empêché sans sa faute d’agir dans le délai fixé. La demande motivée doit être 
présentée dans les dix jours à compter de celui où l’empêchement a cessé (al. 3). 

  Selon la jurisprudence, il y a lieu d’appliquer par analogie la notion du cas 
de force majeure pour déterminer si l’intéressé a été empêché sans sa faute de 
verser l’avance de frais dans le délai fixé (ATA/1376/2017 du 10 octobre 2017 
consid. 5d et la jurisprudence citée). Le fardeau de la preuve d’un empêchement 
non fautif incombe à l’intéressé (ATA/606/2014 du 29 juillet 2014 consid. 3d).  

https://intrapj/perl/decis/ATA/1376/2017
https://intrapj/perl/decis/ATA/606/2014

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  Tombent sous la notion de force majeure les événements extraordinaires et 
imprévisibles qui surviennent en dehors de la sphère d’activité de l’intéressé et qui 
s’imposent à lui de façon irrésistible (ATA/1262/2017 du 5 septembre 2017 
consid. 4 et les références citées). A été considéré comme un cas de force majeure 
donnant lieu à restitution de délai le fait qu’un détenu, qui disposait d’un délai de 
recours de trois jours, n’ait pu expédier son recours dans ce délai, du fait qu’il ne 
pouvait le poster lui-même et qu’en outre ce pli avait été soumis à la censure de 
l’autorité (ATA/515/2009 du 13 octobre 2009 consid. 6). La maladie peut être 
considérée comme un empêchement non fautif si elle met l'administré ou son 
représentant légal objectivement ou subjectivement dans l'impossibilité d'agir par 
soi-même ou de charger une tierce personne d'agir en son nom dans le délai (ATF 
119 II 86 consid. 2 ; arrêt du Tribunal fédéral 1C_520/2015 du 13 janvier 2016 
consid. 2.2). Partant, une opération de l’épaule ne peut constituer un cas de force 
majeure (ATA/709/2014 du 2 septembre 2014). 

 b. En l’espèce, le recourant a fait valoir des problèmes de santé qui l’auraient 
empêché d’agir dans le délai imparti. Son médecin traitant a, dans le certificat 
médical établi le 9 juillet 2018, évoqué l’épisode de dépression sévère traversé par 
son patient à la suite d’un accident de chantier survenu en mars 2017. Un nouvel 
accident ayant eu lieu en mai 2018, à savoir, selon le recourant, une chute en 
descendant d’un tram, avait occasionné, de l’avis du médecin, une « aggravation 
de [l]a santé mentale » et réveillé un syndrome douloureux du bras gauche et au 
niveau lombaire, entraînant une impotence fonctionnelle partielle. Le patient 
présentait un trouble psychique chronique de type dépressif. 

  Lors de l’audience, qui s’est tenue devant la chambre de céans, le médecin 
traitant a précisé qu’au mois d’avril 2018, était venu s’ajouter à l’état  
dépressif – qui fluctuait entre le degré de gravité moyenne et sévère – un 
problème d’alcool et de jeu pathologique. Le patient présentait également des 
troubles cognitifs, notamment des oublis. Le médecin avait alors proposé une 
hospitalisation, que le recourant avait, dans un premier temps, acceptée avant de 
changer d’avis. Selon le praticien, la vie de son patient avait été « chaotique » 
entre avril et début juillet 2018. Il estimait que les problèmes de santé de celui-ci 
l’avaient empêché d’agir, que ce soit par lui-même ou en requérant l’aide d’un 
tiers, pour effectuer le versement dû dans le délai imparti. 

  Quand bien même il convient d’apprécier avec une certaine retenue la 
déposition du médecin traitant, compte tenu du lien thérapeutique l’unissant au 
recourant, il n’y a pas de motif de douter de l’existence des difficultés de santé 
diagnostiquées par le praticien. Or, le cumul des différentes comorbidités décrites, 
à savoir des difficultés physiques, un état dépressif de gravité moyenne, voire 
sévère, un problème d’alcool et de jeu pathologique et des troubles cognitifs, 
conjonction justifiant d’ailleurs selon le médecin une hospitalisation, avait atteint 
pendant la période d’avril à fin juin 2018 une importance telle qu’il y a lieu de 

https://intrapj/perl/decis/ATA/1262/2017
https://intrapj/perl/decis/ATA/515/2009
https://intrapj/perl/decis/119%20II%2086
https://intrapj/perl/decis/1C_520/2015
https://intrapj/perl/decis/ATA/709/2014

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retenir que le recourant se trouvait subjectivement dans l'impossibilité d'agir par 
lui-même ou de charger une tierce personne d'agir en son nom dans le délai 
imparti pour procéder au paiement de l’avance de frais. 

  Compte tenu de ces circonstances, il convient d’admettre l’existence d’un 
cas de force majeure au sens de l’art. 16 LPA. Le recours sera ainsi admis, le 
jugement attaqué annulé et la cause renvoyée au TAPI afin qu’il fixe un nouveau 
délai au recourant pour effectuer le versement de l’avance de frais ; l’attention de 
ce dernier est attirée sur le fait que l’absence de paiement dans le nouveau délai 
entraînera l’irrecevabilité de son recours, de sorte qu’il lui appartient, le cas 
échéant, avec l’aide d’un tiers de prendre les dispositions nécessaires pour 
procéder audit versement dans le nouveau délai. 

3.  Vu l’issue du recours, il n’est pas perçu d’émolument (art. 87 al. 1 LPA). 
Une indemnité de procédure de CHF 800.- sera allouée au recourant, qui y a 
conclu (art. 87 al. 2 LPA). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 23 juillet 2018 par Monsieur A______ contre le 
jugement du Tribunal administratif de première instance du 2 juillet 2018 ; 

au fond : 

l’admet ; 

annule le jugement précité ; 

renvoie la cause au Tribunal administratif de première instance dans le sens des 
considérants ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument ; 

alloue une indemnité de procédure de CHF 800.- à Monsieur A______, à la charge de 
l’État de Genève ; 

dit que les éventuelles voies de recours contre le présent arrêt, les délais et conditions de 
recevabilité qui leur sont applicables, figurent dans la loi fédérale sur le Tribunal fédéral 
du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), dont un extrait est reproduit ci-après. Le mémoire 

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de recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou 
par voie électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l'envoi ; 

communique le présent arrêt à Me Martin Ahlström, avocat du recourant, à l’office 
cantonal de la population et des migrations, au Tribunal administratif de première 
instance , ainsi qu'au secrétariat d'État aux migrations. 

Siégeant : Mme Krauskopf, présidente, Mme Junod, M. Verniory, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

D. Werffeli Bastianelli 
 

 
la présidente siégeant : 

 
 

F. Krauskopf 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière : 
 
 
 
 
 

 

  

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Extraits de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110) 
consultable sur le site: http://www.admin.ch/ch/f/rs/c173_110.html 

Recours en matière de droit public 

(art. 82 et ss LTF) 
Recours constitutionnel subsidiaire 

(art. 113 et ss LTF) 

Art. 82 Principe 
Le Tribunal fédéral connaît des recours : 
a. contre les décisions rendues dans des causes de droit 
public ; 
… 
Art. 83 Exceptions 
Le recours est irrecevable contre : 
… 
c. les décisions en matière de droit des étrangers qui 

concernent :  
1. l’entrée en Suisse, 
2. une autorisation à laquelle ni le droit fédéral ni le 

droit international ne donnent droit, 
3. l’admission provisoire, 
4. l’expulsion fondée sur l’art. 121, al. 2, de la 

Constitution ou le renvoi, 
5. les dérogations aux conditions d’admission, 
6. la prolongation d’une autorisation frontalière, le 

déplacement de la résidence dans un autre canton, 
le changement d’emploi du titulaire d’une 
autorisation frontalière et la délivrance de 
documents de voyage aux étrangers sans pièces de 
légitimation ; 

d. les décisions en matière d’asile qui ont été rendues :  
1. par le Tribunal administratif fédéral, 
2. par une autorité cantonale précédente et dont 

l’objet porte sur une autorisation à laquelle ni le 
droit fédéral ni le droit international ne donnent 
droit ; 

… 
Art. 89 Qualité pour recourir 
1 A qualité pour former un recours en matière de droit 
public quiconque : 
a. a pris part à la procédure devant l’autorité précédente 

ou a été privé de la possibilité de le faire ; 
b. est particulièrement atteint par la décision ou l’acte 

normatif attaqué, et 
c. a un intérêt digne de protection à son annulation ou à 

sa modification. 
… 
Art. 95 Droit suisse 
Le recours peut être formé pour violation : 
a. du droit fédéral ; 
b. du droit international ; 
c. de droits constitutionnels cantonaux ; 
d. de dispositions cantonales sur le droit de vote des 

citoyens ainsi que sur les élections et votations 
populaires ; 

e. du droit intercantonal. 

Art. 100 Recours contre une décision 
1 Le recours contre une décision doit être déposé devant le 
Tribunal fédéral dans les 30 jours qui suivent la 
notification de l’expédition complète. 
______________________________________________ 

Art. 113 Principe 
Le Tribunal fédéral connaît des recours 
constitutionnels contre les décisions des autorités 
cantonales de dernière instance qui ne peuvent faire 
l’objet d’aucun recours selon les art. 72 à 89. 
Art. 115 Qualité pour recourir 
A qualité pour former un recours constitutionnel 
quiconque : 
a. a pris part à la procédure devant l’autorité 

précédente ou a été privé de la possibilité de le 
faire et 

b. a un intérêt juridique à l’annulation ou à la 
modification de la décision attaquée. 

Art. 116 Motifs de recours 
Le recours constitutionnel peut être formé pour 
violation des droits constitutionnels. 

Art. 100 Recours contre une décision 
1 Le recours contre une décision doit être déposé 
devant le Tribunal fédéral dans les 30 jours qui 
suivent la notification de l’expédition complète. 
___________________________________________ 

 

Recours ordinaire simultané (art. 119 LTF) 
1 Si une partie forme contre une décision un recours ordinaire et un recours constitutionnel, elle doit déposer les 
deux recours dans un seul mémoire. 
2 Le Tribunal fédéral statue sur les deux recours dans la même procédure. 

3 Il examine les griefs invoqués selon les dispositions applicables au type de recours concerné.