# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 21051a08-fa7b-5779-b033-4e656f590276
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-04-18
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 18.04.2024 P/3866/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-3866-2020_2024-04-18.pdf

## Full Text

Siégeant : Monsieur Christian ALBRECHT, président ; Madame  
Alessandra CAMBI FAVRE-BULLE et Monsieur Vincent FOURNIER, 
juges ; Madame Déborah MO-COSTABELLA, greffière-juriste 
délibérante. 

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/3866/2020 AARP/154/2024 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 18 avril 2024 

 

Entre 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

appelant, 

 

contre le jugement JTDP/493/2023 rendu le 5 mai 2023 par le Tribunal de police, 

 

et 

A______, domicilié ______ [GE], comparant par Me B______, avocat,  

C______, domicilié ______ [GE], comparant par Me B______, avocat,  

D______, domicilié ______ [GE], comparant par Me E______, avocat,  

intimés.

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EN FAIT : 

A. a.a En temps utile, le Ministère public (MP) appelle du jugement JTDP/493/2023, 
par lequel le Tribunal de police (TP) a acquitté : 

- A______ de discrimination raciale (art. 261bis al. 3 du Code pénal [CP]) et 
d'infraction à l'art. 33 al. 1 let. a de la Loi fédérale sur les armes (LArm) ; 

- C______ de discrimination raciale (art. 261bis al. 3 CP) et de représentation de la 
violence (art. 135 al. 1bis CP) ; 

- D______ de discrimination raciale (art. 261bis al. 3 CP) et d'infraction à l'art. 33 
al. 1 let. a LArm. 

Plusieurs mesures (restitution et destruction) ont été ordonnées.  

 a.b.  Le MP conclut au prononcé d'un verdict de culpabilité à l'égard des prévenus 
pour les chefs d'infraction précités, au prononcé d'une peine pécuniaire de 90 jours-
amende à CHF 30.- l'unité pour A______ et C______, de 120 jours-amende à 
CHF 70.- l'unité pour D______, peines assorties du sursis (délai d'épreuve : trois 
ans). Il sollicite en sus le prononcé d'une amende à titre de sanction immédiate de 
CHF 540.- (assortie d'une peine privative de liberté de substitution de 18 jours) à 
l'égard de A______ et de CHF 1'680.- (assortie d'une privative de liberté de 
substitution de 24 jours) à l'égard de D______. Enfin, il requiert la confiscation et à 
la destruction de l'ordinateur AC______ saisi chez C______. 

 b.a. Selon les ordonnances pénales des 19 avril et 12 octobre 2022, valant actes 
d'accusation, il est reproché à A______, C______ et D______ d'avoir, le 31 octobre 
2019 à Genève, devant l'Université (bâtiment Uni-Mail) sis Boulevard Carl Vogt, 
participé à un rassemblement avec d'autres membres du groupuscule genevois 
d'extrême-droite "G______", notamment H______, I______, J______, K______ et 
L______, lors duquel les participants ont, de concert, perpétré devant des passants 
des signes hitlériens, soit des gestes à symbolique nazie, dans le but de diffuser 
l'idéologie idoine, et collé sur les murs des autocollants de propagande du groupe.  

 b.b. Il est également reproché à :  

 - A______ d'avoir, à Genève, le même jour, détenu sans droit un spray d'autodéfense 
avec une inscription en cyrillique, dont la substance n'a pas été identifiée ; 

- C______ d'avoir, à Genève, à tout le moins en août 2020, possédé sur son 
ordinateur portable deux images illustrant des actes de cruauté envers les êtres 

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humains et ne présentant aucune valeur d'ordre culturel ou scientifique, soit un cliché 
montrant plusieurs personnes décédées et pendues à des grues de chantier, ainsi 
qu'une photographie illustrant un individu exécuté d'un coup de feu ;  

- D______ d'avoir, à Genève, le 27 juillet 2020, à son domicile, détenu sans droit et 
sans permis d'acquisition, un fusil à pompe, un pistolet M______/2______ [marque, 
modèle], un mousqueton et une carabine à canon rayé, deux magasins M______, 
cinq magasins de trois modèles différents et une carabine à canon rayon. 

B. Les faits suivants, encore pertinents en appel, ressortent de la procédure : 

 a. Selon leur site internet, les membres du groupe G______ se revendiquaient 
comme les représentants de la "jeunesse enracinée de Genève qui ne se reconnaît ni 
dans le système électoraliste actuel, ni dans la jeunesse 'alternative' dite genevoise 

(…) et dont "jeunesse, sport et identité" étaient les "maîtres-mots". Par "amour de la 
patrie et de l'Europe, face au mondialisme et au cosmopolitisme", ils "[luttaient] 
pour préserver [leur] identité". Leur logo était un cercle rouge et blanc sur lequel 
apparaît la croix suisse et à l'intérieur duquel figure ______. À teneur d'un 
communiqué d'autodissolution du 26 août 2020, le groupe a mis un terme à ses 
activités. 

b.a. Selon le rapport de renseignements du 26 août 2020, le 31 octobre 2019, vers 
21h00, des membres ou sympathisants du groupe G______, groupuscule d'extrême 
droite genevois, se sont réunis sur la place située devant le bâtiment de l'Uni-Mail 
pour se prendre en photographie dos au [local] N______, soit un espace autogéré par 
des étudiants faisant partie de la mouvance gauchiste. Cette action avait pour but de 
répondre à un cliché pris précédemment par des extrémistes de gauche devant le bar 
où le groupe G______ avait ses habitudes. 

Trois policiers qui se trouvaient en mission d'observation, dont O______ et P______, 
ont constaté que, sur la place susmentionnée, plusieurs individus, dont la plupart 
avaient le visage dissimulé, faisaient des "signes hitlériens" (soit des gestes à 
symbolique nazie). Un litige semblait avoir éclaté avec un tiers, qui n'a pas été 
identifié, et des passants, dont l'attention était attirée par la situation, et qui en 
paraissaient choqués. 

Les agents ont décidé de procéder au contrôle des intéressés, alors que ceux-ci se 
trouvaient sur la plaine de Plainpalais. Dans ce cadre, la police a interpellé A______, 
lequel était en possession d'un "spray au poivre interdit en Suisse" dont l'étiquette 
comportait des inscriptions en cyrillique, L______ (ndlr : alors mineur), I______ et 
K______. Ils étaient porteurs de flyers et de stickers du mouvement G______. Le 
reste du groupe est parvenu à prendre la fuite en courant, après que les policiers, en 
civil, se sont légitimés. Oralement, les individus interpellés ont déclaré aux agents 
que les leaders du groupe faisaient partie des personnes qui étaient parvenues à fuir. 

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A______ a déclaré que l'un d'eux était surnommé "Q______" ou "R______" et a 
fourni son numéro de téléphone. 

Une photographie du groupe, prise devant le N______, a été obtenue par la police et 
versée au dossier. Sur celle-ci, on observe huit individus affublés de vêtements 
sombres ainsi que de couvre-chefs, foulards ou cagoules, dissimulant leur visage. 
L'un d'eux, accroupi au premier rang, porte une cagoule rouge et blanche. 

Sur la base de cette photographie et des auditions de A______, L______, I______ et 
K______, la police a pu identifier quatre autres personnes présentes au moment des 
faits, soit H______, D______, J______ et C______. 

b.b. Selon la traduction de l'étiquette du spray saisi sur A______, celle-ci comportait 
notamment les écritures suivantes : "Aérosol avec un irritant 'S______'. Toxique ! 
Contient 0.2% de solution de la substance F______ (Dibenzoxazépine) (…) 
Fabricant – Laboratoire de la chimie industrielle de T______ [Ukraine]". 

c. Diverses visites domiciliaires et perquisitions ont été menées par la police. 

c.a. La perquisition effectuée au domicile de A______ a permis la découverte de très 
nombreux autocollants du groupe G______. 

c.b. Un flyer relatif au même groupe a été saisi au domicile de D______. La police a 
par ailleurs découvert plusieurs armes stockées dans un coffre situé au sous-sol du 
logement. L'une d'entre elles, soit un fusil à pompe [de marque] U______, n'était pas 
enregistrée dans les bases de données officielles.  

c.c. Plusieurs téléphones portables et un ordinateur ont été saisis au domicile de 
C______. L'analyse de ce dernier a permis la découverte de 117 images et d'une 
vidéo à caractère fasciste ou nazi, soit notamment :  

- une photographie sur laquelle apparaît un enfant d'origine africaine dont un 
individu touche la tête de la main, tandis qu'un second individu tend son bras droit, 
avec la main droite ouverte, en direction de l'objectif ;  

- un cliché illustrant Adlof HITLER en train de faire un salut nazi avec l'inscription 
"Keep calm and Hei Hitler"; 

L'appareil comportait en outre les images décrites supra (cf. A.b.b. troisième tiret). 
Les fichiers se trouvaient soit dans le cache d'un des navigateurs, soit avaient été 
effacés.  

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Enfin, l'ordinateur présentait des connexions régulières au site internet 
https://kalvingradpatriote.wordpress.com en utilisant la console d'administration. 

c.d. L'examen du téléphone de H______ a notamment permis la découverte, dans son 
répertoire, de plusieurs contacts associés aux lettres [du mouvement] "G______", en 
particulier "D______ G______" associé aux numéros de téléphone +41_4______ et 
+38_5______, "A______ G______" associé au numéro de téléphone +41_6______ et 
"C______ G______" associé au numéro +41_7______.  

d.a. Entendu par la police en présence de sa mère le 23 juin 2020, L______ a 
expliqué que, le soir des faits, il avait eu rendez-vous avec le groupe G______, dont 
il avait fait partie. "C______" avait voulu prendre une photographie devant Uni-Mail, 
lieu fréquenté par des antifascistes, en réponse à un cliché que ces derniers avaient 
pris devant le bar où se réunissait le groupe G______. "C______", qui leur avait 
remis des autocollants dudit groupe, n'aimait pas qu'on le désigne comme son chef, 
mais c'était lui qui organisait les événements, c'était un leader. Il était lui-même 
l'auteur de la photographie prise ce soir-là. Sur présentation de celle-ci, il a identifié 
"C______" comme le porteur de la cagoule rouge et blanche. Étaient également 
présents "Q______" (au-dessus de "C______"), "K______" (tout à droite), 
"D______" (avec le béret, à la gauche de "K______"), "A______" (en bas à droite 
avec la casquette grise) et peut-être "J______" (avec la capuche). Il y avait aussi 
"V______" ainsi qu'un huitième homme dont il ne se souvenait plus de l'identité.  

Alors que les membres du groupe s'en allaient, "Q______", resté en arrière, avait fait 
un salut nazi en direction de tiers présents sur les lieux. "Q______" était le meilleur 
ami de "D______". Ils étaient tous partis en direction de la plaine de Plainpalais. 
"A______" et "K______" avaient par la suite été interpellés en sa compagnie.  

d.b. Entendu le 24 août 2022 par le MP, en présence des prévenus, L______ a 
confirmé ses premières déclarations. Il a reconnu A______, D______ et C______. Il 
n'était pas sûr qu'ils avaient été présents le soir du 31 octobre 2019 devant Uni-Mail, 
compte tenu du temps écoulé. Ils avaient été en groupe. Il ne se souvenait pas de 
"Q______", ni du fait que ce dernier avait effectué un salut nazi. Toutefois, s'il avait 
fait des déclarations en ce sens, c'est que cela était vrai. Il ne se rappelait pas non plus 
d'avoir mentionné l'existence d'un leader au sein du groupe G______. Il était bien 
l'auteur de la photographie prise devant le bâtiment. Il ne se rappelait pas de l'identité 
de la personne qui portait une cagoule rouge et blanche sur celle-ci. Il n'était "pas 
impossible" qu'il ait mal compris les questions qui lui étaient posées par la police en 
raison du stress qu'il avait pu ressentir au moment de son audition. S'il avait désigné 
l'individu portant une cagoule rouge et blanche comme étant "C______", c'était soit 
en raison des pressions de la police, soit parce que cette information était plus fraîche 
dans son esprit à l'époque. Il confirmait que c'était "C______" qui remettait aux 
membres du groupe, à leur demande, des autocollants du groupe G______. 

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e. Entendu par la police, K______ a expliqué que le soir des faits, le groupe 
G______ dont il était membre avait pris la photographie en question. Il ignorait 
pourquoi celle-ci avait été prise devant Uni-Mail – il avait simplement suivi le 
mouvement. Il se trouvait tout en haut, à droite, sur le cliché qui lui a été présenté. Il 
n'avait vu personne faire de signe nazi. Plus tard, ils avaient néanmoins parlé du fait 
qu'un tel geste avait été réalisé et s'étaient dits que c'était une "connerie". Ils n'avaient 
pas évoqué l'auteur dudit geste. Leur groupe n'avait pas de leader. 

f. Entendu par la police, I______ a déclaré avoir bu un verre avec les membres du 
groupe G______. Ils avaient ensuite voulu se rendre devant Uni-Mail. Sur le chemin, 
"C______", qui était le président et le leader de l'association, et dont le numéro était 
le +41_7______, leur avait remis des stickers. Ils avaient fait une photographie 
devant le N______, puis la situation avait "dégénéré" et il y avait eu un salut nazi, 
étant précisé que, dans le groupe, il y avait des nationaux-socialistes ou des néonazis. 
Ce salut nazi, qu'il n'avait pas lui-même vu, avait "fort possiblement" été effectué par 
"Q______". Il se pouvait que d'autres personnes aient fait le geste mais, hormis 
"Q______", aucun membre du groupe n'avait de discours hitlérien ou extrémiste. Il 
ne pensait pas que "C______" avait effectué un tel geste. Alors que la situation 
s'agitait, il s'était éloigné avec trois autres hommes avant de faire l'objet d'un contrôle 
de police.  

Sur présentation de la photographie du groupe, I______ s'est identifié comme le 
deuxième individu en haut à gauche. "Q______" était en bas à gauche de la photo et 
"C______" portait la cagoule rouge et blanche. En haut à gauche se trouvait 
"A______" (dont le numéro de téléphone était +41_6______) et, en bas à droite, 
figurait "D______" (dont le raccordement était +33_5______). "J______" était 
également présent mais il n'était pas en mesure de le placer sur la photographie. 

g. Entendu par la police, H______, qui a indiqué avoir des origines ukrainiennes, a 
d'abord contesté les faits avant de revenir sur ses déclarations, après l'exécution d'une 
perquisition à son domicile. Il a, en substance, admis bien connaître le groupe 
G______ dont il faisait partie et avoir participé au rassemblement du 31 octobre 
2019. Des usagers du N______ étaient sortis et les avaient traités de nazis. Des 
insultes avaient été échangées. Il a reconnu avoir effectué des gestes nazis en 
direction de l'université. Il n'était pas le leader du groupe G______, contrairement à 
l'individu qui portait une cagoule rouge et blanche sur la photographie, dont il ne 
souhaitait pas divulguer le nom. Sur cette même photographie, lui-même était 
accroupi en bas à gauche. 

Interrogé sur les contacts, composés d'un prénom suivi d'un "G______", enregistrés 
dans son répertoire téléphonique, il a indiqué qu'ils faisaient tous partie du groupe 
G______. 

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h. J______ a admis s'être trouvé devant l'université lors des évènements du 
31 octobre 2019. Il n'avait toutefois ni collé d'autocollant ni effectué de geste nazi. 
Sur présentation de la photographie prise à cette occasion, il a expliqué qu'ils avaient 
eu la volonté de s'afficher sur les réseaux sociaux et de montrer aux W______ 
("W______" [mouvement]) qu'ils "étaient là". Il a désigné "C______" comme la 
personne portant la cagoule rouge et blanche, dont on pouvait dire qu'il était le leader 
du groupe. "Q______" portait la cagoule noire. "D______" était en bas à droite et 
portait une casquette. "K______" était debout, tout à droite et "A______" en haut tout 
à gauche. Lui-même se trouvait debout, à côté de "A______". 

i. Entendu par le MP, P______ a expliqué que le soir du 31 octobre 2019, alors qu'il 
faisait très sombre, ses deux collègues et lui-même avaient entendu du bruit sur la 
place devant l'Université et s'étaient rapprochés. Ils avaient observé un groupe de 
huit ou neuf individus vêtus de noir ou d'habits sombres qui faisaient des saluts 
fascistes, soit un geste avec le bras droit tendu vers le haut, face à l'Université. Ils 
étaient cagoulés et impressionnants. Les passants étaient visiblement choqués. Une 
ou deux minutes plus tard, un conflit avait éclaté entre le groupe et une femme qui se 
trouvait devant le local à côté de l'Université. Des injures avaient été échangées 
durant une vingtaine de secondes puis le groupe s'était dirigé en direction de la plaine 
de Plainpalais, où les policiers avaient décidé de procéder à une interpellation. 
P______ a plusieurs fois déclaré que, de mémoire, tous les participants avaient fait le 
geste précité avant de préciser, sur question de la défense, qu'il était possible qu'une 
personne du groupe ne l'ait pas effectué. Il était en tout cas faux de dire qu'une seule 
personne l'avait adopté. 

j.a. Entendu par la police, le MP et le TP, A______ a déclaré que, le soir des faits, 
vers 21h00, il avait rejoint des amis, puis une bande à Plainpalais dont il ne 
connaissait aucun des membres, hormis H______. Tous deux étaient convenus de se 
retrouver le soir en question. Certains des individus présents portaient une cagoule et 
avaient voulu faire une photographie de groupe devant un local de l'Université. Des 
personnes étaient sorties de celui-ci, notamment une femme qui était devenue 
"hystérique" et avait crié qu'ils étaient des "fachos" lorsqu'elle avait vu des gens 
cagoulés. Lui-même ne figurait pas parmi les individus ayant posé pour la 
photographie. À un certain moment, il y avait eu une altercation et H______ avait 
fait "ce geste". Il était allé vers lui pour lui dire cesser. Il ne comprenait pas pourquoi 
il était "affilié" à cette personne. Il n'avait pas demandé à H______ de faire ce geste, 
avec lequel il n'était pas d'accord "dans ce contexte". Interrogé ultérieurement sur le 
mouvement qu'avait fait H______, il a évoqué de "grands gestes avec les bras". Il 
n'était toutefois pas en mesure de dire s'il s'agissait d'un salut hitlérien.  

Il n'avait ni distribué, ni collé des affiches ou des autocollants et n'avait pas participé 
à une action de propagande. Les stickers retrouvés sur lui faisaient partie de sa 
collection privée. H______ lui avait donné les autocollants du groupe G______. Il ne 

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faisait pas partie de ce groupe mais en fréquentait "d'assez loin" les membres et 
participait aux cercles de lecture. Il était ami avec C______. 

j.b. Il avait commandé le spray saisi lors de son interpellation sur un site internet 
ukrainien, dont les pages étaient en caractères cyrilliques. L'objet n'avait pas coûté 
grand-chose. Il l'avait acquis pour s'en servir comme moyen de défense, car il avait 
été victime d'une agression en 2018. Il a d'abord déclaré qu'il ignorait qu'un tel objet 
était interdit en Suisse avant de soutenir qu'à sa connaissance, il n'était pas interdit de 
se munir ou d'utiliser un spray au poivre. En outre, la substance n'avait pas été 
identifiée et l'objet détruit après sa saisie, de sorte qu'aucune faute ne pouvait lui être 
imputée. Il a finalement affirmé qu'il s'agissait d'un spray au poivre – à tout le moins 
il lui avait été vendu comme tel –, précisant qu'il savait que les sprays lacrymogènes 
étaient quant à eux interdits en Suisse.  

k.a. Entendu par la police, le MP et le TP, D______, dont le raccordement était le 
+41_4______, a d'abord indiqué qu'il était "totalement improbable" qu'il ait fait 
partie d'un groupe dont certains membres auraient effectué des gestes à symbolique 
nazie. Il n'aurait jamais pris le risque de commettre des actes de ce genre. Il n'avait 
pas été présent sur les lieux. Il ne connaissait pas le groupe G______. H______, 
également appelé "Q______", était un "pote" du fitness et il connaissait A______ de 
nom, mais pas L______, I______ ni C______. La photographie prise le soir du 
31 octobre 2019 ne lui évoquait rien de particulier. Confronté au résultat de la fouille 
de son téléphone, D______ a précisé avoir récemment passé beaucoup de temps avec 
H______ et a reconnu connaître "vaguement" C______, lequel était un ami de 
"Q______". Ils s'étaient vus quelques fois. Il a également admis connaître en réalité 
le groupe G______. Il avait initialement dit le contraire de peur d'être assimilé à ses 
membres. Il n'avait toutefois jamais participé aux activités de ce groupe et n'avait pas 
connaissance de cercles de lecture. 

Dans un deuxième temps, D______ a contesté avoir été présent au moment où "ces 
gestes" auraient été effectués. Il s'était trouvé à un certain moment devant Uni-Mail 
le soir du 31 octobre 2019, mais avait quitté les lieux avant les faits. Il ne faisait pas 
partie des individus présents sur la photographie produite au dossier. Il lui avait été 
rapporté par la suite que H______ avait eu une altercation avec des personnes 
présentes dans le local du N______, à l'exclusion de gestes à connotation nazie. Il 
n'était pas membre du groupe G______ mais avait fréquenté quelques-uns de ses 
membres. Il avait également assisté, plusieurs fois, à des cercles de lecture. Ce 
groupe ne promouvait pas une idéologie nazie. 

k.b.a. D______ a d'abord déclaré avoir acheté le fusil à pompe U______ au 
printemps 2020, au début de la pandémie liée au COVID, à un ami bernois dont il 
attendait le retour à Genève pour effectuer les démarches administratives utiles. 
L'arme était restée dans son coffre. Il a dans un second temps expliqué avoir envisagé 
l'acquisition de cette arme mais, dans la mesure où il avait dû partir à l'armée, son 

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ami lui avait remis le fusil à pompe sur la base d'un contrat de prêt. Il avait pour 
projet de l'essayer sur un stand de tir et de régulariser ensuite la situation en vue d'un 
éventuel achat, ce qui fut impossible en raison du COVID et de la fermeture des 
bureaux de police. Le vendeur avait par ailleurs été mobilisé par l'armée. 

k.b.b. D______ a produit une attestation émanant de X______ ainsi qu'un document 
intitulé "Quittance de prêt d'arme" daté du 1er avril 2020. Ce dernier mentionne, 
notamment, qu'un fusil à pompe est prêté par X______ à D______ en vue d'un 
éventuel achat et qu'un "prépaiement" de CHF 200.-, à déduire de la somme totale 
d'achat, a été fait par D______. 

l.a Entendu par la police, le MP et le TP, C______ a nié sa présence lors du 
rassemblement du 31 octobre 2019. La photographie prise à cette occasion ne lui 
évoquait rien. Il a d'abord affirmé ne pas connaître le groupe G______ avant de 
soutenir en avoir été un sympathisant. Ceux qui le mettaient en cause comme le 
leader et l'organisateur de ce groupe étaient des menteurs qui cherchaient à se 
"dédouaner de quelque chose". Il en voulait pour preuve que L______ et I______ ne 
s'étaient mutuellement pas mis en cause. Il était ami avec A______ depuis plusieurs 
années et connaissait D______. 

l.b. S'agissant des images d'exécution retrouvées dans son ordinateur, il ne se 
souvenait ni de les avoir possédées, ni de les avoir vues. Il n'était pas adepte de ce 
genre de vidéos "gores". Il ne les avait aucunement transmises. Il ignorait comment il 
avait obtenu ces images, évoquant avoir peut-être reçu des "spams" via l'application 
Whatsapp, qu'il supprimait usuellement. S'il avait su qu'il possédait ces images, c'est 
d'ailleurs ce qu'il aurait fait. Il relevait néanmoins qu'elles provenaient d'un site de 
presse, quand bien même elles ne lui inspiraient rien de bon. Ce n'était pas quelque 
chose que l'on avait envie de voir. Sur la photographie susmentionnée (cf. supra 
B.c.c. premier tiret), ils s'amusaient en soirée. Le garçon d'origine africaine était un 
ami prénommé Y______.  

l.c. Par-devant le TP, C______ a produit un article du site Z______.fr relatif à 
l'exécution de trafiquants de drogue en Iran le 26 décembre 2011, une page 
provenant du site AA______ relative à l'Épuration à AB______ [France], une capture 
d'écran des archives américaines à ce sujet, un article de blog sur la collaboration à 
AB______ ainsi qu'une pochette d'album, lesquels comportent les photographies 
décrites supra (cf. A.b.b.). 

m. En première instance, D______ a requis une indemnité de CHF 7'750.75, TVA 
incluse, pour ses honoraires d'avocat du 12 juillet 2020 au 2 mai 2023, tandis que 
A______ a sollicité une indemnité de CHF 3'374.65, TVA incluse, pour l'activité 
déployée par Me B______ du 24 août 2020 au 2 mai 2023. 

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 n. Me B______, également défenseur d'office de C______, dépose un état de frais 
pour la procédure d'appel – commun à ses deux mandants et dont on peine à 
distinguer quelle activité est afférente à la défense privée ou d'office –facturant, sous 
des libellés divers, quatre heures et 50 minutes de travail de chef d'étude, hors débats 
d'appel, lesquels ont duré trois heures et cinq minutes, dont la prise de connaissance 
du jugement de première instance et d'une ordonnance (30 minutes au total) et la 
réception et la transmission de divers avis d'audience/annulation (15 minutes au 
total), ainsi que deux heures et 55 minutes d'activité de stagiaire, dont un appel au 
client et au MP (25 minutes) et une demande de consultation du dossier auprès de la 
Chambre de céans (cinq minutes). 

 Il a été taxé pour 12 heures et 35 minutes d'activité en première instance. 

C. a.a. En vue des débats d'appel, la Cour de céans a versé au dossier des informations, 
disponibles sur internet, relatives au spray "S______".  

a.b. À l'ouverture des débats d'appel, la Cour a informé les parties de ce que les faits 
qualifiés d'infraction à l'art. 261bis al. 3 CP dans les ordonnances pénales seraient 
également examinés sous l'angle de l'art. 261bis al. 4 CP en application de l'art. 344 
du Code de procédure pénale (CPP).  

 b. La Cour a procédé à l'audition de O______. Celle-ci a expliqué que l'attention des 
agents, en civil, avait été captée par un mouvement de foule devant l'Université. Ils 
avaient observé un groupe de gens cagoulés, comptant environ dix individus, qui 
effectuaient des gestes à connotation nazie (le témoin a mimé ledit geste en levant le 
bras droit vers le haut avec la main tendue) en direction d'un café d'étudiants situé à 
l'angle du bâtiment. Elle n'était pas en mesure de dire combien de personnes avaient 
fait le geste en question, mais elles avaient été plusieurs. Il était cependant plausible 
que certains des individus du groupe ne l'eussent pas effectué. Cela avait été très 
rapide. Il y avait beaucoup de monde dehors ce soir-là. Elle a précisé que l'un des 
membres du groupe était porteur d'une cagoule rouge et blanche, mais elle n'était pas 
capable de dire s'il avait effectué ce geste. Elle n'avait pas le souvenir que certaines 
des personnes du groupe tentaient d'empêcher les autres de le faire. Ils avaient 
également constaté qu'une personne criait et que des échanges verbaux avaient lieu 
entre celle-ci et le groupe, sans en saisir la teneur. Tout au plus une à deux minutes 
après avoir vu le groupe, ils s'étaient rendus au contact de ce dernier dans le but 
d'interpeller les participants. Ils étaient parvenus à en contrôler quatre, étant précisé 
que les autres avaient pris la fuite en courant. Ils n'avaient pas pu interroger d'autres 
personnes ou obtenir des images de vidéosurveillance relatives à ces faits. Elle 
n'avait pas récemment reparlé des faits avec l'agent P______. 

  

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 c. A______, C______ et D______ ont confirmé leurs déclarations précédentes et 
ajouté ce qui suit :   

c.a. A______ a dit qu'invité à une soirée d'Halloween, il n'avait aucune raison de 
prendre part à la photographie de groupe. Ce n'était pas H______ qui l'avait invité. 
Confronté aux déclarations du témoin P______ devant le MP, il a indiqué que si le 
précité n'était pas en mesure d'identifier qui avait fait le geste litigieux, ses 
déclarations étaient "invalides". Il n'était pas acceptable de faire un salut nazi, quel 
que soit le contexte. Il ignorait si I______, L______ et J______ avaient des raisons 
de lui en vouloir. Au moment où il avait commandé le spray retrouvé en sa 
possession, il ignorait quel produit il contenait. Pour lui, un spray d'autodéfense était 
toutefois de facto un spray au poivre, achetable légalement. Il n'avait pas 
connaissance de sprays d'autodéfense contenant d'autres substances que le poivre. Il 
avait commandé cet objet en Ukraine car cela était moins cher. 

 c.b. D______ a déclaré ne pas se rappeler du contexte dans lequel il s'était retrouvé 
devant l'Université ce soir-là, tout en relevant qu'il lui arrivait de participer à des 
cercles de lecture du groupe G______. Il n'avait pas posé pour une photographie ni 
participé à un rassemblement lors duquel des saluts nazis avaient été effectués. S'il 
avait été témoin de tels gestes, il aurait quitté les lieux. L______, I______ et J______ 
l'avaient situé sur la photographie en question, selon lui en raison de pressions 
policières subies, étant précisé qu'il n'avait aucun conflit avec eux. Il estimait que la 
possession du fusil à pompe était légale dans la mesure où il avait conclu un contrat 
de prêt y relatif. Un permis d'acquisition ne devait être obtenu qu'en cas d'achat. 
Confronté au fait qu'il avait d'abord évoqué une vente avant de mentionner 
l'existence d'un prêt, l'intimé a déclaré qu'il considérait avoir complété sa réponse en 
cours de procédure. 

c.c. C______ avait nié, devant la police, connaître le groupe G______ car il était 
intimidé. Interrogé sur le cliché mentionné supra (cf. B.c.c. premier tiret), il a 
soutenu ne pas apparaître sur celui-ci, quand bien même la Cour lui a fait remarquer 
qu'il existait une certaine ressemblance entre l'individu présent au premier plan, 
effectuant un geste du bras droit, et sa personne, notamment avec la photographie 
présente sur ses documents d'identité figurant à la procédure. Il n'était pas admissible 
de faire des saluts hitlériens, quel que soit le contexte. Invité à développer son 
propos, il a répondu : "Je ne crois pas que ce soit le sujet. Je n'en pense rien".  

 d. Le MP persiste dans ses conclusions, précisant requérir une amende à titre de 
sanction immédiate de CHF 540.- (assortie d'une peine privative de liberté de 
substitution de 18 jours) à l'égard de l'intimé C______.  

 Les dénégations des intimés n'étaient pas crédibles. Leur participation au 
rassemblement était établie par les déclarations des autres membres, qui n'avaient 
aucune raison de les accabler, par celles des témoins O______ et P______ et 

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corroborées par les fichiers découverts au cours des perquisitions. Vêtus de 
vêtements sombres et cagoulés, ils avaient effectué devant de nombreuses personnes 
un geste à connotation antisémite et perceptible comme tel. Il importait peu de savoir 
si l'un ou l'autre n'avait pas fait le geste incriminé ou n'avait pas collé de stickers 
puisqu'ils avaient agi de concert dans le cadre d'une action de propagande des idées 
nazies.  

L'intimé D______ avait détenu durant quatre mois un fusil sans permis. Or, une 
autorisation pour cette arme était nécessaire qu'il s'agisse d'une vente ou d'un prêt.  

L'intimé A______ avait acquis un spray soumis à autorisation et ne pouvait se 
prévaloir d'une erreur en important un objet de ce type depuis l'étranger. Il lui 
appartenait de se renseigner, ce qu'il aurait pu faire sur internet sans difficulté. 

L'intimé C______ ne pouvait pas se prévaloir de critères libératoires dans la mesure 
où les images découvertes dans son ordinateur avaient été sorties de leur contexte. Il 
n'avait jamais prétendu, avant l'audience de première instance, les avoir consultées 
dans un but culturel, mais uniquement évoqué l'idée de les avoir reçues comme 
"spams". Il les avait consciemment et volontairement possédées via le cache du 
navigateur de sa machine.  

La faute des intimés était importante. Ils avaient cédé à des mobiles égoïste et porté 
atteinte à la paix publique ainsi que participé au sentiment d'insécurité grandissant de 
la communauté juive. Ils avaient agi en faisant fi du cadre légal entourant la 
détention d'armes. Leur prise de conscience n'avait pas débuté. Leur collaboration 
avait été mauvaise.  

e.a. Par la voix de son conseil, l'intimé D______ persiste dans ses conclusions.  

 Sa présence lors du rassemblement n'était pas établie et le dessein de propagande 
faisait défaut. Il avait reçu en prêt le fusil et était sur le point de régulariser la 
situation, ce qu'il avait expliqué de manière constante. Il s'agissait "tout au plus d'un 
cas de peu de gravité justifiant une exemption de peine au sens de l'art. 33 al. 2 

LArm [ndlr : selon aLArm]."  

e.b. Il produit une note d'honoraires pour l'activité déployée par son conseil le 
11 mars 2024, soit quatre heures d'activité de chef d'étude au tarif horaire de 
CHF 400.-, TVA en sus.  

 f.a. Par la voix de leur conseil, C______ et A______ persistent dans leurs 
conclusions.  

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 Il n'était pas établi que l'intimé C______ se trouvait sur place, tandis que la présence 
de l'intimé A______ ne permettait pas de lui imputer une adhésion au geste de 
H______. On ignorait d'ailleurs quel geste avait été effectué par ce dernier. Les 
éléments constitutifs de l'infraction à l'art. 261bis al. 3 et 4 CP n'étaient pas remplis. 

 On ne pouvait pas formuler de reproche à l'encontre de l'intimé A______ pour ne pas 
avoir vérifié la substance qui composait le spray, la police elle-même n'ayant pas été 
en mesure de l'analyser. Il l'avait commandé de bonne foi et devait pouvoir compter 
sur la légalité d'un produit commercialisé sur internet. 

 Aucun parallèle ne pouvait être fait entre la possession d'images 
pédopornographiques dans le cache du navigateur et celles découvertes dans 
l'ordinateur de l'intimé C______, de sorte que le comportement typique n'était pas 
rempli. De plus, les images en question provenaient de sources journalistiques, 
publiques, et avaient une valeur scientifique.  

 f.b. Ils produisent une note d'honoraires commune, comme déjà évoqué supra (cf. 
B.n), le tarif pratiqué par l'avocat dans le cadre de la défense privée étant de 
CHF 450.-/heure pour son travail et de CHF 250.-/heure pour l'activité de son 
stagiaire. 

D. a. A______, ressortissant suisse né le ______ 1999, est célibataire sans enfants. Il est 
en deuxième année d'apprentissage de ______. Son salaire mensuel brut s'élève à 
CHF 1'375.-. Son père, avec lequel il vit, prend en charge le loyer et sa prime 
d'assurance-maladie. Il n'a pas de dette et a reçu un héritage de CHF 200'000.-.  

 Il n'a jamais été condamné en Suisse. 

 b. D______, ressortissant suisse né le ______ 1995, est célibataire sans enfants. Il est 
employé de ______. Son revenu mensuel net est de CHF 6'000.-, son loyer de 
CHF 600.- et sa prime d'assurance maladie supérieure à CHF 400.-.  

 Il n'a jamais été condamné en Suisse. 

EN DROIT : 

1. L'appel est recevable pour avoir été interjeté et motivé selon la forme et dans les 
délais prescrits (art. 398 et 399 CPP).  

 La Chambre n'examine que les points attaqués du jugement de première instance 
(art. 404 al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 
CPP), sans être liée par les motifs invoqués par les parties ni par leurs conclusions, à 
moins qu'elle ne statue sur une action civile (art. 391 al. 1 CPP). 

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2. 2.1. La présomption d'innocence, garantie par les art. 10 CPP, 32 al. 1 de la 
Constitution fédérale (Cst.), 14 par. 2 Pacte ONU II et 6 par. 2 de la convention de 
sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (CEDH), ainsi que 
son corollaire, le principe in dubio pro reo, concernent tant le fardeau de la preuve 
que l'appréciation des preuves au sens large.  

2.2. En tant que règle sur le fardeau de la preuve, elle signifie, au stade du jugement, 
que le fardeau de la preuve incombe à l'accusation et que le doute doit profiter au 
prévenu. Comme règle d'appréciation des preuves, la présomption d'innocence 
signifie que le juge ne doit pas se déclarer convaincu de l'existence d'un fait 
défavorable à l'accusé si, d'un point de vue objectif, il existe des doutes quant à 
l'existence de ce fait. Il importe peu qu'il subsiste des doutes seulement abstraits et 
théoriques, qui sont toujours possibles, une certitude absolue ne pouvant être exigée. 
Il doit s'agir de doutes sérieux et irréductibles, c'est-à-dire de doutes qui s'imposent à 
l'esprit en fonction de la situation objective (ATF 148 IV 409 consid. 2.2). 

 2.3.1. Selon l'art. 261bis CP dans sa teneur jusqu'au 30 juin 2020, est punissable celui 
qui, publiquement, incite à la haine ou à la discrimination envers une personne ou un 
groupe de personnes en raison de leur appartenance raciale, ethnique ou religieuse 
(al. 1), propage une idéologie visant à rabaisser ou à dénigrer de façon systématique 
cette personne ou ce groupe de personnes (al. 2), organise ou encourage, dans le 
même dessein, des actions de propagande ou y prend part (al. 3), abaisse ou 
discrimine, par la parole, l’écriture, l’image, le geste, des voies de fait ou de toute 
autre manière, d’une façon qui porte atteinte à la dignité humaine une personne ou un 
groupe de personnes en raison de leur appartenance raciale, ethnique ou religieuse ou 
qui, pour la même raison, nie, minimise grossièrement ou cherche à justifier un 
génocide ou d’autres crimes contre l’humanité (al. 4), ou qui refuse à une personne 
ou à un groupe de personnes, en raison de leur appartenance raciale, ethnique ou 
religieuse, une prestation destinée à l’usage public (al. 5). 

2.3.2. Les alinéas 1 à 3 de l'art. 261bis CP visent l'agitation raciale ; il s'agit d'appels 
qui s'adressent à un nombre indéterminé de personnes, mais qui peuvent avoir pour 
but l'excitation publique envers une ou plusieurs personnes. Les alinéas 4 à 5 
concernent quant à eux de véritables attaques ayant pour motif la discrimination 
raciale et qui sont donc dirigées directement contre un ou plusieurs membres du 
groupe visé, le seul fait que l'auteur se soit adressé à des tiers et non aux personnes 
visées ne suffisant pas à exclure l'application de l'art. 261bis al. 4 CP (ATF 126 IV 20 
consid. 1.a à 1.c). 

2.3.3. Pour toutes les infractions réprimées par l'art. 261bis CP, l'auteur doit agir 
publiquement, ce qui suppose qu'il s'adresse à un large cercle de destinataires 
déterminés ou qu'il s'exprime de manière telle qu'un cercle indéterminé de personnes 
peuvent prendre connaissance de son message (ATF 130 IV 111 consid. 3.1 ; ATF 
126 IV 20 consid. 1 c ; ATF 126 IV 176 consid. 2b ; ATF 126 IV 230 consid. 2b/aa ; 

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ATF 124 IV 121 consid. 2b ; ATF 123 IV 202 consid. 3d). Sont prononcées 
publiquement, au sens de cette disposition, les allégations qui n'interviennent pas 
dans un cadre privé, soit dans un cercle familial ou d'amis ou dans un environnement 
de relations personnelles ou empreint d'une confiance particulière (ATF 143 IV 308 
consid. 5.1). 

2.3.4. Par "idéologie" (al. 2), on entend toute expression structurée de la pensée (M. 
DUPUIS / B. GELLER / G. MONNIER / L. MOREILLON / C. PIGUET / C. 
BETTEX / D. STOLL (éds), Code pénal, Petit commentaire, Bâle 2012, n. 35 ad 
art. 261bis ; cf. M. NIGGLI, op. cit., nos 1124 ss). Par rapport à l'alinéa 1 de 
l'art. 261bis CP, les idées supposent plus d'efforts intellectuels et de subtilité (ATF 
123 IV 202 consid. 3b ; arrêt du Tribunal fédéral 6S_719/1999 du 22 mars 2000 
consid. 3.d). Il convient néanmoins d'appliquer une conception relativement large de 
l’idéologie (arrêt du Tribunal fédéral 6S_719/1999 du 22 mars 2000 consid. 3.d.bb), 
qui doit viser à rabaisser ou à dénigrer de façon systématique les membres d'une race, 
d'une ethnie ou d'une religion ; il s'agit donc, en s'adressant à des tiers, de développer 
des idées méprisantes sur une ethnie, une race ou une religion et d'inciter ainsi à la 
haine ou à la discrimination (ATF 124 IV 121 consid. 2b ; B. CORBOZ, Les 
infractions en droit suisse, vol. II, 3ème éd., Berne 2010, n. 24-25 ad art. 261bis CP; 
arrêt du Tribunal fédéral 6S_719/1999 du 22 mars 2000 consid. 3.d). 

L'affirmation de l'infériorité, ou de la supériorité, d'un groupe spécifique relève du 
droit pénal seulement lorsque la position d'égalité de droit et de valeur d'un homme 
est remise en question. Il s'agit de définir quelles conséquences un public moyen tire 
des différences affirmées. Pour exemple, le fascisme (supériorité de la "race" 
blanche, infériorité des autres groupes) induit – implicitement – pour le destinataire 
moyen, l'affirmation de l'accès limité ou interdit aux droits de l'homme pour les 
autres groupes (M. NIGGLI, op. cit., nos 1137 ss). En somme, le terme "rabaisser" 
(al. 2) désigne toutes les idéologies qui affirment, explicitement ou implicitement, 
l'infériorité d'un groupe spécifique et lui dénie – ou lui limite –, par conséquent, 
l'accès aux droits fondamentaux (M. NIGGLI, op. cit., no 1163). 

Quant au terme "dénigrer" (al. 2), il permet d'étendre la répression de toute idéologie 
empreinte de mauvaise foi et cherchant délibérément à donner une image négative 
d'un groupe racial, ethnique ou religieux (M. DUPUIS / B. GELLER / G. MONNIER 
/ L. MOREILLON / C. PIGUET / C. BETTEX / D. STOLL (éds), op. cit., no 38 ad 
art. 261bis). Ce type d'idéologie présuppose que leur représentant sait pertinemment 
qu'elle est fausse et n'y croit pas lui-même (M. NIGGLI, op. cit., no 1165). 

La "propagation" (al. 2) consiste en toute action ou déclaration qui s'adresse à un 
public dont le nombre est déterminé ou indéterminé. L'acte délictueux a pour objectif 
de porter à la connaissance de ceux à qui l'on s'adresse un certain contenu, une 

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situation ou une évaluation et donc, implicitement, d'en faire propagande (M. 
NIGGLI, Rassendiskriminierung, Ein Kommentar zu Art. 261bis StGB und Art. 171c 
MStG, 2ème éd., Zurich 2007, no 1120). 

2.3.5. Constituent un "abaissement" ou une "discrimination" (al. 4) tous les 
comportements qui dénient à des membres de groupes humains, en raison de leur 
race, de leur appartenance ethnique ou de leur religion, une valeur égale en tant 
qu’être humain ou des droits de l’homme identiques, ou du moins, qui remettent en 
question cette égalité (ATF 140 IV 67 consid. 2.1.1 ; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_1100/2014 du 14 octobre 2015 consid. 3.2). 

Pour apprécier si une expression relève du droit pénal, il faut se fonder sur le sens 
qu'un tiers moyen non averti doit, dans les circonstances d'espèce, lui attribuer. Une 
expression faite publiquement relève de l'art. 261bis al. 4 1ère partie CP lorsqu'elle 
serait comprise par un tiers moyen non averti dans les circonstances d'espèce comme 
relevant de la discrimination raciale et que le prévenu s'est accommodé du fait que 
son expression puisse être interprétée dans ce sens. Les circonstances tenant à la 
personne du prévenu et celles tenant à la personne visée appartiennent aussi aux 
critères essentiels d'interprétation de l'expression, tout comme les circonstances de 
l'acte en tant que tel (ATF 140 IV 67 consid. 2.1.2). 

2.3.6. Le salut hitlérien reflète la manifestation d'une idéologie visant à rabaisser ou à 
dénigrer de façon systématique les membres d'une race, d'une ethnie ou d'une 
religion au sens l'art. 261bis al. 2 CP, ce geste n'apparaissant pas, de nos jours, dans 
notre pays et pour le destinataire moyen et non averti comme une simple provocation 
ou un acte artistique, mais bien comme le signe de l'appartenance de son auteur, en 
partie tout au moins, au mouvement du national-socialisme (ATF 140 IV 102 
consid. 2.2.1). Si le salut hitlérien n'est pas effectué en public mais dans un cadre 
privé, l'art. 261bis CP n'est pas applicable, car il manque l’élément de la publicité. Si 
ledit salut est effectué en public mais entre partisans, il ne tombe pas non plus sous le 
coup de la norme pénale en question, car il manque l'élément de la propagande 
publique et donc celui de la "propagation". Il ne suffit pas que le salut hitlérien soit 
publiquement adressé à des tiers pour que les éléments constitutifs de l’art. 261bis 
al. 2 CP soient réalisés (ATF 140 IV 102 consid. 2.2.5). Ainsi, son exécution durant 
une vingtaine de secondes lors d'un événement organisé par un parti sur la prairie du 
Grütli, en présence de 150 participants et d'agents de police, mais également de 
quelques tiers, soit des marcheurs et promeneurs qui pouvaient prendre connaissance 
de la manifestation, ne s'apparentait pas à un acte de propagation de l'idéologie nazie 
dans la mesure où il n’était pas destiné à rallier à celle-ci des tiers non impliqués, ni à 
la promouvoir. Tout au plus consistait-il à manifester la propre orientation de 
l'auteur. Même si cela n'était pas le cas en l'espèce, l'utilisation publique du salut 
hitlérien, peut, selon les circonstances, les particularités locales et/ou le cercle des 

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destinataires, remplir les conditions de l’art. 261bis al. 4 1ère partie CP (ATF  
140 IV 102 consid. 2.3 et 2.4). 

2.3.7. Dans un arrêt ATF 143 IV 308, le Tribunal fédéral a confirmé la condamnation 
d'un individu ayant exécuté de concert avec deux autres hommes une "quenelle" 
devant une synagogue tout en ayant le visage dissimulé, étant précisé que l'un d'eux 
portait la tenue d'assaut de l'armée suisse. Le geste en question, empreint d'une 
connotation antisémite, devait être considéré comme obscène et méprisant. Un 
passant non averti aurait compris que le message s'adressait à l'ensemble de la 
confession juive représentée par le lieu de culte. Le choix de la toile de fond, de 
même que l'équipement des trois hommes venaient renforcer l'idée qu'ils cherchaient 
à véhiculer un message antisémite et que cela ne relevait pas de l'humour (cf. 
consid. 4.3). 

2.3.8. Sur le plan subjectif, la discrimination raciale implique un comportement 
intentionnel, le dol éventuel suffit (ATF 123 IV 202 consid. 4c). L'intention doit 
porter sur tous les éléments constitutifs objectifs de l'infraction, soit ceux propres à 
chaque variante de l'art. 261bis CP (arrêts de la Chambre pénale d'appel et de révision 
AARP/123/2022 du 28 avril 2022 ; AARP/214/2016 du 15 mai 2016). 

2.3.9. Est un coauteur celui qui collabore, intentionnellement et de manière 
déterminante, avec d'autres personnes à la décision de commettre une infraction, à 
son organisation ou à son exécution, au point d'apparaître comme l'un des 
participants principaux. Il faut que, d'après les circonstances du cas concret, la 
contribution du coauteur apparaisse essentielle à l'exécution de l'infraction. La seule 
volonté quant à l'acte ne suffit pas. Il n'est toutefois pas nécessaire que le coauteur ait 
effectivement participé à l'exécution de l'acte ou qu'il ait pu l'influencer. La coactivité 
suppose une décision commune, qui ne doit cependant pas obligatoirement être 
expresse, mais peut aussi résulter d'actes concluants, le dol éventuel quant au résultat 
étant suffisant. Il n'est pas nécessaire que le coauteur participe à la conception du 
projet, auquel il peut adhérer ultérieurement. Il n'est pas non plus nécessaire que 
l'acte soit prémédité ; le coauteur peut s'y associer en cours d'exécution. Ce qui est 
déterminant, c'est que le coauteur se soit associé à la décision dont est issue 
l'infraction ou à la réalisation de cette dernière, dans des conditions ou dans une 
mesure qui le font apparaître comme un participant non pas secondaire mais 
principal. La jurisprudence exige même que le coauteur ait une certaine maîtrise des 
opérations et que son rôle soit plus ou moins indispensable (ATF 135 IV 152 
consid. 2.3.1 ; 130 IV 58 consid. 9.2.1 ; 125 IV 134 consid. 3a). Ce concept de 
coactivité montre qu'une personne peut être considérée comme auteur d'une 
infraction, même si elle n'en est pas l'auteur direct, c'est-à-dire si elle n'a pas 
accompli elle-même tous les actes décrits dans la disposition pénale (ATF 120 IV 17 
consid. 2d). 

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 2.3.10. En l'espèce, il est établi par la procédure, notamment par les constatations de 
police corroborées par les témoignages des policiers P______ et O______, par la 
photographie produite au dossier, par les déclarations concordantes de L______, 
I______, J______, K______, H______ et, dans une certaine mesure, par celles de 
l'intimé A______, qu'un groupe d'au moins neuf personnes, tous membres ou 
sympathisants du mouvement G______, s'est rendu devant le bâtiment d'Uni-Mail 
pour se photographier devant le local N______, local fréquenté notamment par des 
étudiants positionnés à l'extrême gauche, en guise de représailles à une action 
similaire entreprise par des antifascistes devant le bar où le groupe G______ avait 
l'habitude de se réunir. À l'occasion de ce rassemblement, plusieurs individus, parmi 
lesquels H______, ont effectué un salut nazi en direction de tiers, soit le fait de 
tendre vers le haut le bras droit, la main droite ouverte.  

S'agissant du nombre exact de personnes ayant effectué ce geste, sur la base des 
déclarations des agents de police, la Cour retient qu'il n'est pas possible de l'arrêter à 
plus de deux – dont H______ – compte tenu, en particulier, des réserves manifestées 
par le témoin O______ lors de son audition, puisqu'elle a déclaré qu'il était possible 
que plusieurs individus du groupe n'aient pas effectué de salut nazi, étant également 
rappelé que le témoin P______ n'a pas pu exclure qu'un membre du groupe n'ait pas 
commis ce geste litigieux. 

Ceci étant précisé, au vu de la jurisprudence du Tribunal fédéral, il n'existe aucun 
doute possible quant au fait que le salut hitlérien constitue une manifestation de la 
pensée du national-socialisme, idéologie visant à rabaisser ou à dénigrer de façon 
systématique les membres d'une race, d'une ethnie ou d'une religion. De même, il est 
évident que c'est également le sens qu'un tiers moyen non averti donnerait à un tel 
geste, peu importe le contexte dans lequel il est exécuté. Les intimés étaient au 
demeurant parfaitement conscients de la signification de ce geste, puisqu'ils ont tous 
trois indiqué, à un moment ou un autre de la procédure, qu'il n'était pas acceptable. 

La condition de la publicité est également réalisée, les gestes en question ayant été 
effectués à tout le moins pendant plusieurs secondes sur le domaine public, devant un 
bâtiment universitaire, un soir où il y avait beaucoup de monde dans la rue – le soir 
d'Halloween.  

 2.3.11. Les intimés D______ et C______ contestent s'être trouvés sur place au 
moment des faits, tandis que l'intimé A______ affirme s'être tenu à l'écart du groupe 
dans lequel ces gestes ont été commis.   

Les dénégations des intimés n'emportent pas la conviction de la Cour.  

Il ressort des déclarations concordantes de I______, L______ et J______ que trois 
individus, portant les mêmes prénoms que les intimés, étaient présents devant 
l'Université le soir des faits et qu'ils figuraient par ailleurs tous trois sur la 

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photographie prise ce soir-là. Sur celle-ci, "C______" était la personne portant la 
cagoule rouge et blanche. I______ et J______ ont par ailleurs situé "A______" en 
haut à gauche et "D______" en bas à droite sur la photographie. I______ a en outre 
fourni les numéros de téléphone de "C______", qu'il a désigné comme le "président 
de l'association", de "A______" et de "D______", numéros correspondant à ceux 
utilisés par les intimés. Ces mêmes numéros de téléphone étaient par ailleurs 
enregistrés dans le répertoire téléphonique de H______ sous les prénoms des intimés, 
auxquels étaient associées les initiales "G______". Il n'existe dès lors aucun doute 
quant au fait que les intimés correspondent aux personnes désignées par I______, 
L______ et J______. 

La thèse défendue par C______ et D______, selon laquelle les trois précités auraient 
cherché à se dédouaner en mentionnant leur présence sur les lieux, ne trouve aucune 
assise dans le dossier. L______, I______ et J______ ont admis leur présence ce soir-
là. À teneur de la procédure, les deux derniers, majeurs à l'époque des faits, n'ont pas 
contesté leur condamnation, ce qui démontre qu'ils assumaient pleinement leur 
responsabilité. I______ a de surcroît fait des déclarations favorables à l'intimé 
C______ puisqu'il a déclaré ne pas penser que celui-ci avait effectué un salut 
hitlérien. De même, la thèse de pressions policières subies par le mineur L______ 
lors de son audition n'est corroborée par aucun élément objectif, étant rappelé qu'il a 
été entendu en présence de sa mère. S'il a indiqué, devant le MP en présence des 
intimés, ne pas être en mesure de confirmer certaines informations données à la 
police, il ne les a, d'aucune manière, infirmées. Tout au plus s'est-il borné à dire qu'il 
ne s'en souvenait pas. 

Enfin, les intimés n'ont cessé de varier dans leurs déclarations s'agissant de leur 
relation avec le groupe G______. Ils ont tous trois minimisé leur implication dans ce 
dernier, D______ et C______ prétendant même ignorer son existence dans un 
premier temps, avant d'admettre, du bout des lèvres, l'existence de certains liens avec 
celui-ci, après avoir été confrontés aux résultats de l'enquête, notamment des 
perquisitions et des analyses informatiques. À la lumière de ces derniers éléments, 
des connexions de l'intimé C______ sur la console d'administration du site internet 
du groupe et des déclarations des diverses personnes entendues en cours de 
procédure, il ne fait aucun doute que les trois intimés étaient des membres officiels 
ou de fait du groupe G______ ou, à minima, qu'ils prenaient part aux activités 
organisées par celui-ci. 

L'ensemble des éléments qui précèdent démontre que les intimés ont bien pris part au 
rassemblement du groupe G______ devant le bâtiment d'Uni-Mail le 31 octobre 
2019, au cours duquel H______ et une autre personne ont effectué des saluts 
hitlériens.  

 2.3.12. Les éléments du dossier ne permettent cependant pas de retenir, au-delà d'un 
doute raisonnable, que l'un ou l'autre des intimés a, à l'instar de H______, effectué 

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personnellement un salut hitlérien, étant rappelé que le rassemblement comptait à 
tout le moins neuf personnes. 

Se pose encore la question de la coactivité entre les intimés et les individus ayant 
effectué les gestes litigieux, compte tenu de leur participation à l'action du groupe 
G______.  

Il est d'abord établi par les constatations de police et par les déclarations de plusieurs 
protagonistes que le rassemblement devant l'Université a été organisé en réponse à 
une action similaire menée par des antifascistes devant le bar où le groupe G______ 
avait l'habitude de se réunir. Il était ainsi question de se photographier devant un 
local fréquenté par des étudiants d'extrême gauche, voire de coller des autocollants 
de leur groupe dans les environs dudit local. Il s'agissait ainsi d'une action de 
représailles, pour démontrer leur présence et le fait qu'ils ne resteraient pas sans 
réagir. La procédure ne démontre pas que les personnes présentes lors de ce 
rassemblement étaient préalablement convenues ou avaient envisagé, d'effectuer des 
saluts hitlériens devant l'Université. À cet égard, si le site internet, tout comme les 
flyers et autocollants relatifs au groupe G______, ne laissent planer aucun doute sur 
les convictions nationalistes et d'extrême droite de ses partisans, ils ne permettent 
pas, pour autant, d'établir que ces derniers auraient été coutumiers des saluts 
hitlériens en public et que tel aurait été l'objectif poursuivi le soir des faits. 

Il n'est pas non plus possible de retenir chez les intimés une adhésion, en cours 
d'exécution, au geste effectué par H______ ou par un autre membre du groupe. On 
ignore en effet à quel moment précis du rassemblement ces saluts nazis ont été 
effectués ou s'ils ont été réalisé à plusieurs reprises. Du reste, interrogée sur la durée 
pendant laquelle ces gestes avaient été commis, le témoin O______ a répondu que 
cela avait été "très rapide" et que les agents n'avaient pu observer le groupe que "très 
peu de temps", étant précisé qu'ils s'étaient rapidement rendus au contact de celui-ci.  

En conséquence, une coactivité entre les intimés et les individus ayant effectué les 
gestes litigieux ne saurait être retenue. 

 2.3.13. Ainsi, les faits qualifiés d'infraction à l'art. 261bis al. 3 CP, respectivement à 
l'art. 261bis al. 4 CP, ne sont pas établis. L'acquittement des intimés sera confirmé et 
l'appel rejeté sur ce point. 

 2.4.1. Celui qui aura fabriqué, importé ou pris en dépôt, mis en circulation, promu, 
exposé, offert, montré, rendu accessibles ou mis à disposition des enregistrements 
sonores ou visuels, des images, d'autres objets ou des représentations qui illustrent 
avec insistance des actes de cruauté envers des êtres humains ou des animaux portant 
gravement atteinte à la dignité humaine, sans présenter aucune valeur d'ordre culturel 
ou scientifique digne de protection, sera puni d’une peine privative de liberté de trois 

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ans au plus ou d'une peine pécuniaire (art. 135 al. 1 aCP dans sa teneur jusqu'au 
30 juin 2023).  

Celui qui aura acquis, obtenu par voie électronique ou d'une autre manière ou 
possédé des objets ou des représentations visées à l'al. 1, dans la mesure où ils 
illustrent des actes de violence contre des êtres humains ou des animaux, sera puni 
d'une peine privative de liberté d'un an au plus ou de l'amende (art. 135 al. 1bis aCP). 

2.4.2. Une représentation de violence n'est illicite qu'en l'absence de valeur culturelle 
ou scientifique digne de protection, notion qui doit s'interpréter de façon large (M. 
DUPUIS / L. MOREILLON / C. PIGUET / S. BERGER / M. MAZOU / V. 
RODIGARI [éds], Commentaire romand, Code pénal II, vol. II, Partie spéciale : 
art. 111-392 CP, Bâle 2017, N 10 ad art. 135). Le caractère digne de protection 
s'examine du point de vue d'un spectateur ouvert aux différentes formes d'expression 
artistique, dans le cercle visé par ladite représentation (ATF 131 IV 64 
consid. 10.1.3). Il ne peut être retenu de valeur digne de protection lorsque les 
contenus ont pour unique objectif l'apologie ou la banalisation de la violence, ou le 
divertissement du public. L'absence d'intérêt digne de protection doit toutefois être 
manifeste ; en cas de doute, l'illicéité doit être déniée (jugement de la Cour des 
affaires pénales SK.2019.49 du 3 septembre 2020 consid. 6.3.6). Même lorsqu'elles 
proviennent originellement de sources à caractère scientifique, les représentations ne 
sont pas dignes de protection lorsqu'elles sont présentées hors de leur contexte initial, 
sans lien avec celui-ci (jugement de la Cour des affaires pénales SK.2019.38 du 
26 juin 2020 consid. 6.1.3). Par contre, des images imprécises d'assassinat de civils 
dont on ne peut exclure qu'elles soient assimilables à celles d'un reportage de guerre, 
des images de cadavres défigurés se référant à un fait d’actualité visant à dénoncer 
une action de la police ou des images d'assassinat reprises d’un reportage officiel 
n'ont pas été considérées comme illicites, car elles pouvaient relever de l'illustration 
de faits d’actualité (jugement de la Cour des affaires pénales SK.2007.4 du 21 juin 
2007 consid. 6.2.4 à 6.2.6). 

2.4.3. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral en matière de possession de 
pornographie (applicable par analogie à l'infraction de l'art. 135 al. 1bis aCP vu 
l'identité du comportement réprimé), l'utilisateur d'un ordinateur dispose d'un pouvoir 
de disposition sur les données pornographiques interdites qui se trouvent dans la 
mémoire-cache de ce dernier L'élément subjectif de la possession de données 
pornographiques dans la mémoire-cache doit cependant être admis avec retenue. 
L'utilisateur inexpérimenté d'un ordinateur ou d'internet, qui ignore tout de 
l’existence d'une telle mémoire et des données qu'elle contient, ne peut être considéré 
comme l'auteur d’une infraction à l’art. 197 ch. 3bis CP. Il faut déterminer selon les 
circonstances concrètes du cas d'espèce s'il a connaissance de ces données. Celui qui 
consciemment laisse des données pornographiques interdites dans la mémoire-cache 
remplit l'élément constitutif de la possession. Des indices peuvent résulter, par 
exemple, de la modification des paramètres automatiques d'internet, de la présence 

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de programmes tels que "cache-viewer" ou "cache-reader", de l'effacement manuel 
de la mémoire cache, de la preuve d'un accès hors ligne ou de ses connaissances 
générales en matière d'informatique et d'Internet (ATF 137 IV 208 consid. 4.2.2 ; 
arrêt du Tribunal fédéral 6B_1325/2023 du 11 janvier 2024 consid. 1.2.2). 

2.4.4. L'intimé C______ a déclaré devant le MP qu'il ignorait comment il avait 
obtenu les images d'exécution retrouvées dans son ordinateur, précisant qu'il n'était 
pas adepte d'images "gores". Ce n'est que lors des débats de première instance qu'il a 
soutenu, pour la première fois, que lesdites images provenaient de sources 
journalistiques. Il est dès lors douteux qu'il puisse se prévaloir de la valeur 
scientifique ou culturelle de celles-ci, compte tenu du fait qu'elles apparaissent avoir 
été sorties de leur contexte d'origine. Cette question peut néanmoins demeurer 
ouverte dans la mesure où, sur le plan subjectif, aucun élément du dossier ne permet 
d'établir que l'intimé conservait, avec conscience et volonté, les images litigieuses 
dans la mémoire-cache de son ordinateur. Pour le surplus, il sera relevé que la simple 
consommation de ce type de fichiers n'était pas punissable à l'époque des faits, la 
modification de la loi à cet égard étant entrée en vigueur le 1er juillet 2023. 

2.4.5. Ainsi, il convient de confirmer le verdict d'acquittement. L'appel sera rejeté sur 
ce point.  

 2.5.1. Toute personne qui acquiert une arme ou un élément essentiel d'arme doit être 
titulaire d'un permis d'acquisition d'armes (art. 8 al. 1 LArm). La notion d'acquisition 
au sens de la LArm comprend toutes les formes de transfert de la propriété ou de la 
possession, notamment l'achat, l'échange, la donation, l'héritage, la location ou le prêt 
à usage, peu importe que le transfert ne se fasse que dans un but temporaire 
(ATF 143 IV 347 consid. 3.4 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_376/2019 du 16 avril 
2019 consid. 2.1).  

Est puni d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine 
pécuniaire quiconque, intentionnellement sans droit, offre, aliène, acquiert, possède, 
fabrique, modifie, transforme, porte, exporte vers un État Schengen ou introduit sur 
le territoire suisse des armes, des éléments essentiels d'armes, des composants 
d’armes spécialement conçus, des accessoires d'armes, des munitions ou des 
éléments de munitions, ou en fait le courtage (art. 33 al. 1 let. a LArm).  

2.5.2. L'art. 33 al. 2 aLArm (dans sa teneur jusqu'au 30 juin 2023) prévoit que si 
l'auteur agit par négligence, la peine est une amende. Dans les cas de peu de gravité, 
le juge peut exempter l'auteur de toute peine. 

 2.5.3. Par armes, on entend notamment : les engins qui permettent de lancer des 
projectiles au moyen d'une charge propulsive et peuvent être portés et utilisés par une 
seule personne, ou les objets susceptibles d'être transformés en de tels engins (armes 
à feu) ou les engins conçus pour porter durablement atteinte à la santé de l'être 

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humain par pulvérisation ou par vaporisation de substances (art. 4 al. 1 let. a et let. b 
LArm).  

Les sprays d'autodéfense contenant la substance irritante suivante : CR (dibenz(b,f)-
1,4-oxazépine) sont considérés comme des armes (art. 1a et annexe 2 de 
l'Ordonnance sur les armes [OArm]).  

 2.5.4.1. S'agissant du spray saisi sur l'intimé A______, il ressort de la traduction de 
l'étiquette, effectuée à la demande de la police, ainsi que des informations 
disponibles sur internet relatives à ce même objet, qu'il contient du dibenzoxazépine. 
Il n'existe aucun motif objectif de douter de la véracité de ces renseignements. Eu 
égard à cet élément, la défense plaide en vain que la police n'a pas analysé le contenu 
du spray, étant relevé qu'une telle analyse n'est, de loin, pas systématique et qu'elle 
ne constitue qu'un moyen de preuve parmi d'autres.  

Un spray contenant du dibenzoxazépine est une arme. 

L'intimé A______ admet avoir fait l'acquisition de ce spray pour pouvoir se 
défendre, à savoir pour blesser autrui. Il ne saurait toutefois être suivi lorsqu'il 
soutient avoir eu la conviction qu'il faisait l'acquisition d'un spray au poivre, dont la 
détention n'est pas sujette à autorisation en Suisse. En effet, de l'aveu même de 
l'intéressé, il a effectué cet achat sur un site ukrainien, dont il ne comprenait pas la 
langue, au motif que l'objet en question n'était pas onéreux. L'étiquette apposée sur le 
spray était par ailleurs en écriture cyrillique, de sorte qu'il ne pouvait procéder à 
aucune vérification quant au contenu de ce dernier. À cet égard, il n'est aucunement 
crédible lorsqu'il soutient, pour la première fois en appel, avoir ignoré qu'il existait 
des sprays de défense contenant d'autres substances que du poivre. Il avait d'ailleurs 
soutenu le contraire devant le TP, puisqu'il avait déclaré savoir que les sprays 
lacrymogènes étaient interdits en Suisse. 

Il découle des éléments qui précèdent que dès le moment de son achat, l'intimé n'a, à 
minima, pu qu'envisager et accepter qu'il faisait l'acquisition d'une arme qui pouvait 
être interdite en Suisse. Il s'est bien rendu coupable d'une infraction à l'art. 33 al. 1 
let. a LArm. 

L'appel sera admis sur ce point et le jugement querellé réformé en ce sens.  

2.5.4.2. Il est établi et non contesté par l'intimé D______ qu'un fusil à pompe 
constitue une arme dont la possession est sujette à autorisation. Dans cette mesure, il 
importe peu de savoir si le précité a acheté ou s'est vu prêter le fusil à pompe, dès 
lors qu'un permis était nécessaire dans les deux cas. L'intimé plaide vainement avoir 
considéré qu'un contrat de prêt était suffisant à cet égard, étant rappelé qu'il 

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bénéficiait de solides connaissance en matière d'armes – il en possédait d'ailleurs 
plusieurs à l'époque des faits –, ce que son conseil n'a pas manqué de rappeler.  

L'intimé ne saurait non plus se prévaloir de la période de pandémie comme un 
empêchement de régulariser la situation, puisqu'il a conservé l'arme litigieuse 
pendant une durée conséquente, soit quatre mois, laquelle lui permettait aisément 
d'accomplir les démarches nécessaires. Eu égard également à la durée importante 
pendant laquelle l'intimé a conservé cette arme à feu en étant démuni d'autorisation, 
le cas ne saurait être qualifié de peu de gravité au sens de l'art. 33 al. 2 aLArm.  

2.5.5. Au vu de ce qui précède, l'intimé D______ s'est rendu coupable de délit à la loi 
sur les armes (art. 33 al. 1 LArm). L'appel est admis sur ce point et le jugement 
querellé sera réformé en ce sens.  

3. 3.1. Selon l'art. 47 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabilité de l'auteur. Il prend 
en considération les antécédents et la situation personnelle de ce dernier ainsi que 
l'effet de la peine sur son avenir (al. 1). La culpabilité est déterminée par la gravité de 
la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, par le caractère 
répréhensible de l'acte, par les motivations et les buts de l'auteur et par la mesure 
dans laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, compte tenu de 
sa situation personnelle et des circonstances extérieures (al. 2). 

3.2. La culpabilité de l'auteur doit être évaluée en fonction de tous les éléments 
objectifs pertinents, qui ont trait à l'acte lui-même, à savoir notamment la gravité de 
la lésion, le caractère répréhensible de l'acte et son mode d'exécution. Du point de 
vue subjectif, sont pris en compte l'intensité de la volonté délictuelle ainsi que les 
motivations et les buts de l'auteur. À ces composantes de la culpabilité, il faut ajouter 
les facteurs liés à l'auteur lui-même, à savoir les antécédents (judiciaires et non 
judiciaires), la réputation, la situation personnelle (état de santé, âge, obligations 
familiales, situation professionnelle, risque de récidive, etc.), la vulnérabilité face à la 
peine, de même que le comportement après l'acte et au cours de la procédure pénale 
(ATF 142 IV 137 consid. 9.1 ; 141 IV 61 consid. 6.1.1). L'art. 47 CP confère un large 
pouvoir d'appréciation au juge (ATF 144 IV 313 consid. 1.2). 

3.3. Le juge peut prononcer, en plus d'une peine avec sursis, une amende 
conformément à l'art. 106 CP (art. 42 al. 4 CP). 

Selon la jurisprudence, la combinaison de peines prévue par l'art. 42 al. 4 CP se 
justifie lorsque le sursis peut être octroyé mais que, pour des motifs de prévention 
spéciale, une sanction ferme accompagnant la sanction avec sursis paraît mieux à 
même d'amener l'auteur à s'amender. Elle doit contribuer, dans l'optique de la 
prévention tant générale que spéciale, à renforcer le potentiel coercitif de la peine 
avec sursis. Cette forme d'admonestation adressée au condamné doit attirer son 

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attention (et celle de tous) sur le sérieux de la situation en le sensibilisant à ce qui 
l'attend s'il ne s'amende pas (ATF 134 IV 60 consid. 7.3.1). 

Cette combinaison de peines ne doit pas conduire à une aggravation de la peine 
globale ou permettre une peine supplémentaire. Pour tenir compte du caractère 
accessoire des peines cumulées, il se justifie en principe d'en fixer la limite 
supérieure à un cinquième, respectivement à 20 %, de la peine principale (ATF 
135 IV 188 consid. 3.4.4). 

3.4.1. La faute de l'intimé A______ est légère à moyenne. Il a commandé sur un site 
étranger un spray dont il ne pouvait ignorer l'illégalité potentielle sur le sol suisse. Il 
a porté cette arme dans le but de l'utiliser comme moyen de défense.  

Son mobile est égoïste. Il a agi par convenance personnelle et au mépris de la 
législation sur les armes, alors qu'il lui appartenait de se renseigner en cas de doute.  

Sa collaboration est mauvaise et sa prise de conscience n'est pas amorcée. Il n'a pas 
cessé de se retrancher derrière le fait que la police n'avait pas pu analyser le contenu 
du spray sans questionner son propre comportement. 

Il n'a pas d'antécédent.  

Sa situation personnelle, plutôt bonne, est sans lien avec les faits.   

3.4.2. Au vu de ce qui précède, une peine pécuniaire de 15 jours-amende sera 
prononcée avec un montant du jour-amende fixé à CHF 45.-, compte tenu de ses 
revenus bruts de CHF 1'375.- et du fait que son loyer et sa prime d'assurance-maladie 
sont payés par son père.  

3.4.3. Vu son absence d'antécédent, les conditions du sursis sont remplies (art. 42 
al. 1 et 2 CP). La durée du délai d'épreuve sera arrêtée à trois ans. Compte tenu de 
l'absence de prise de conscience, pour attirer l'attention de l'intimé sur le caractère 
sérieux de la situation, une amende additionnelle de CHF 140.- sera prononcée 
(art. 42 al. 4 CP).  

3.5.1. La faute de l'intimé D______ est légère à moyenne. Il a acquis et conservé à 
son domicile une arme au sens de la loi, alors qu'il ne pouvait qu'être conscient que 
sa détention nécessitait une autorisation administrative quel que soit le titre fondant 
sa possession. Sa faute doit toutefois être nuancée par le fait qu'il l'a conservée dans 
un coffre.  

Son mobile est égoïste. Il a agi par convenance personnelle et au mépris de la 
législation sur les armes qu'il connaissait très bien. 

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Sa collaboration a été sans particularité. Il a attendu les débats de première instance 
pour produire des documents en lien avec le prêt de l'arme. Sa prise de conscience n'a 
pas débuté puisqu'il persiste, à nouveau en appel, à se retrancher derrière l'existence 
d'un contrat de prêt qui le dédouanerait.  

Il n'a pas d'antécédent.  

Sa situation personnelle, plutôt bonne, est sans lien avec les faits. 

3.5.2. Au vu de ce qui précède, une peine pécuniaire de 20 jours-amende sera 
prononcée, avec un montant du jour-amende fixé à CHF 130.- compte tenu de ses 
revenus bruts de CHF 6'000.-, de son loyer de CHF 600.- et de sa prime d'assurance 
maladie de plus de CHF 400.-.  

3.4.3. Vu l'absence d'antécédent, les conditions du sursis sont remplies (art. 42 al. 1 
et 2 CP). La durée du délai d'épreuve sera arrêtée à trois ans.  

Compte tenu de l'absence de prise de conscience, pour attirer l'attention de l'intimé 
sur le caractère sérieux de la situation et pour mieux l'amener à s'amender, il sera 
condamné, à titre de sanction immédiate, à une amende additionnelle de CHF 520.-.  

4.  Au vu des différents verdicts, il ne se justifie pas de revenir sur la restitution des 
objets saisis ainsi que sur la confiscation et destruction du spray interdit (art. 69 CP).  

5. 5.1. Les intimés A______ et D______ qui succombent partiellement supporteront 
15% chacun des frais de la procédure envers l'État (art. 428 al. 1 CPP), y compris un 
émolument d'arrêt de CHF 1'600.-, le solde étant laissé à la charge de l'État.  

 5.2. Vu la réformation du premier jugement, la même répartition sera appliquée aux 
frais de la procédure préliminaire et de première instance (art. 428 al. 3 CPP). 

6.  6.1. À teneur de l'art. 429 al. 1 CPP, si le prévenu est acquitté totalement ou en partie 
ou s'il bénéficie d'une ordonnance de classement, il a notamment droit à une 
indemnité pour les dépenses occasionnées par l'exercice raisonnable de ses droits de 
procédure (let. a) et à une indemnité pour le dommage économique subi au titre de sa 
participation obligatoire à la procédure pénale (let. b). 

La question de l'indemnisation doit être traitée après celle des frais, la décision sur 
les frais préjugeant de celle à rendre sur l'indemnisation. En d'autres termes, si le 
prévenu supporte les frais en application de l'art. 426 al. 1 ou 2 CPP, une indemnité 
est en règle générale exclue, alors que le prévenu y a en principe droit si l'État 
supporte les frais de la procédure pénale (ATF 147 IV 47 consid. 4.1 ; 144 IV 207 

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consid. 1.8.2 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_1169/2022 du 30 juin 2023 consid. 
4.1.2). 

L'État doit en principe indemniser la totalité des frais de défense, ceux-ci devant 
toutefois demeurer raisonnables compte tenu de la complexité et de la difficulté de 
l'affaire (ATF 142 IV 163 consid. 3.1.2 ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_380/2021 du 
21 juin 2022 consid. 2.2.2 ; 6B_706/2021 du 20 décembre 2021 consid. 2.1.1). Le 
juge ne doit ainsi pas avaliser purement et simplement les notes d'honoraires qui lui 
sont le cas échéant soumises, mais, au contraire, examiner si l'assistance d'un conseil 
était nécessaire puis, dans l'affirmative, apprécier objectivement la pertinence et 
l'adéquation des activités facturées, par rapport à la complexité juridique et factuelle 
de l'affaire et, enfin, dire si le montant des honoraires réclamés, même conforme au 
tarif pratiqué, est proportionné à la difficulté et à l'importance de la cause (cf. 
ACPR/140/2013 du 12 avril 2013). 

6.2. La Cour de justice applique au chef d'étude un tarif horaire de CHF 450.- (arrêt 
du Tribunal fédéral 2C_725/2010 du 31 octobre 2011 ; ACPR/279/2014 du 27 mai 
2014) ou de CHF 400.- (ACPR/282/2014 du 30 mai 2014), notamment si l'avocat 
concerné avait lui-même calculé sa prétention à ce taux-là (ACPR/377/2013 du 
13 août 2013). Elle retient un taux horaire de CHF 150.- pour les avocats stagiaires 
(ACPR/187/2017 du 22 mars 2017 consid 3.2 ; AARP/65/2017 du 23 février 2017). 

 6.3. Dans le prolongement de ce qui vaut pour les frais, les intimés A______ et 
D______ peuvent prétendre à l'indemnisation de 85% de leurs frais d'avocat.  

Les notes d'honoraires produites remplissent globalement les principes développés 
supra, à l'exception du tarif horaire des stagiaires de Me B______ qui doit être réduit 
à CHF 150.- conformément à la jurisprudence de la Cour en la matière.  

Relevons également que dans la mesure où il est impossible de distinguer, hormis un 
appel à chaque client, quelle activité a trait à la défense privée de l'intimé A______ et 
celle de la défense d'office de l'intimé C______, seule la moitié des heures alléguées 
pour la procédure d'appel seront prises en compte ici. 

 Au vu de ce qui précède, seront allouées à la charge de l'État à : 

- l'intimé D______, pour la procédure préliminaire et de première instance, une 
indemnité de CHF 6'588.10 (85% de CHF 7'750.75), TVA comprise, et pour la 
procédure d'appel, une indemnité de CHF 2'603.40, soit 85% de sept heures et 
cinq minutes d'activité au tarif de CHF 400.-/heure (CHF 2'833.30) et la TVA à 
8.1% (CHF 229.50) ; 

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- l'intimé A______, pour la procédure préliminaire et de première instance une 
indemnité de CHF 2'868.50 (85% fois CHF 3'374.65), TVA comprise, et pour la 
procédure d'appel, une indemnité de CHF 1'893.50, soit 85% de trois heures et 
cinquante-sept minutes au tarif de CHF 450.-/heure (CHF 1'777.50) et une heure et 
vingt-sept minutes au tarif de 150.-/heure (le tarif pratiqué par l'avocat a été ramené 
à celui usuellement appliqué par la Cour pénale) (CHF 217.50), TVA à 7.7% 
(CHF 22.10) et 8.1% (CHF 210.60) en sus. 

7. 7.1. Selon l'art. 135 al. 1 CPP, le défenseur d'office ou le conseil juridique gratuit est 
indemnisé conformément au tarif des avocats de la Confédération ou du canton du 
for du procès. S'agissant d'une affaire soumise à la juridiction cantonale genevoise, 
l'art. 16 s'applique. 

 7.2. L'activité consacrée aux conférences, audiences et autres actes de la procédure 
est majorée de 20% jusqu'à 30 heures de travail, décomptées depuis l'ouverture de la 
procédure, et de 10% lorsque l'état de frais porte sur plus de 30 heures, pour couvrir 
les démarches diverses, telles la rédaction de courriers ou notes, les entretiens 
téléphoniques et la lecture de communications, pièces et décisions (arrêt du Tribunal 
fédéral 6B_838/2015 du 25 juillet 2016 consid. 3.5.2 ; voir aussi les décisions de la 
Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral BB.2016.34 du 21 octobre 2016 
consid. 4.1 et 4.2 et BB.2015.85 du 12 avril 2016 consid. 3.5.2 et 3.5.3). Des 
exceptions demeurent possibles, charge à l'avocat de justifier l'ampleur d'opérations 
dont la couverture ne serait pas assurée par le forfait. 

7.3. Sera retranché de l'état de frais de Me Pascal JUNOD, dont seule la moitié du 
volume sera considérée ici, le temps consacré à la prise de connaissance de document 
(15 minutes au total), à la réception/transmission d'avis (d'annulation) d'audience 
(cinq minutes environ), les différents appels (20 minutes) et la demande de 
consultation du dossier auprès de la Chambre de céans (cinq minutes), l'activité 
adéquate à ce titre étant couverte par le forfait.  

 La rémunération sera ainsi arrêtée à CHF 1'845.60 correspondant à six heures 
d'activité au tarif de CHF 200.-/heure (CHF 1'200.-) ainsi que 1.5 heures au tarif de 
CHF 110.-/heure (CHF 165.-), plus la majoration forfaitaire de 20% (CHF 273.-), le 
déplacement (CHF 100.-) et la TVA à 7.7% (CHF 5.30) et 8.1% (CHF 102.30).  

* * * * * 
  

- 29/32 - 

P/3866/2020 

 

PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

Reçoit l'appel formé par le Ministère public contre le jugement JTDP/493/2023 rendu le 
5 mai 2023 par le Tribunal de police dans la procédure P/3866/2020. 

L'admet partiellement. 

Annule ce jugement : 

Et statuant à nouveau : 

Acquitte A______ de discrimination raciale (art. 261bis al. 3 et 4 CP). 

Déclare A______ coupable d'infraction à l'art. 33 al. 1 let. a LArm. 

Le condamne à une peine pécuniaire de 15 jours-amende (34 CP).  

Fixe le montant du jour-amende à CHF 45.-.  

Met A______ au bénéfice du sursis et fixe la durée du délai d'épreuve à trois ans (art. 42 et 
44 CP).  

Le condamne à une amende additionnelle de CHF 140.- (art. 42 al. 4 CP).  

Prononce une peine privative de liberté de substitution d'un jour. 

Dit que la peine privative de liberté de substitution sera mise à exécution si, de manière 
fautive, l'amende n'est pas payée. 

Acquitte D______ de discrimination raciale (art. 261bis al. 3 et 4 CP). 

Déclare D______ coupable d'infraction à l'art. 33 al. 1 let. a LArm. 

Le condamne à une peine pécuniaire de 20 jours-amende (34 CP).  

Fixe le montant du jour-amende à CHF 130.-.  

Met D______ au bénéfice du sursis et fixe la durée du délai d'épreuve à trois ans (art. 42 et 
44 CP).  

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P/3866/2020 

Le condamne à une amende additionnelle de CHF 520.- (art. 42 al. 4 CP).  

Prononce une peine privative de liberté de substitution de cinq jours. 

Dit que la peine privative de liberté de substitution sera mise à exécution si, de manière 
fautive, l'amende n'est pas payée. 

Acquitte C______ de discrimination raciale (art. 261bis al. 3 et 4 CP) et de représentation 
de la violence (art. 135 al. 1bis CP). 

Ordonne la restitution à X______ du fusil à pompe "U______" figurant sous ch. 1 de 
l'inventaire n° 8______ (art. 267 al. 1 et 3 CPP). 

Ordonne la restitution à D______ des armes et éléments d'armes figurant sous ch. 1 à 5 de 
l'inventaire n° 9______ (art. 267 al. 1 et 3 CPP). 

Ordonne la restitution à C______ de l'ordinateur portable [de marque] AC______ figurant 
sous ch. 1 de l'inventaire n° 11______ (art. 267 al. 1 et 3 CPP). 

Ordonne la confiscation et la destruction du spray au poivre figurant sous ch. 1 de 
l'inventaire n° 12______ (art. 69 CP). 

Condamne l'État de Genève à verser à D______ CHF 6'588.10 à titre d'indemnité pour les 
dépenses occasionnées par l'exercice raisonnable de ses droits de procédure pour la 
procédure préliminaire et de première instance et CHF 2'603.40 pour la procédure d'appel 
(art. 429 al. 1 let. a CPP). 

Condamne l'État de Genève à verser à A______ CHF 2'868.50 à titre d'indemnité pour les 
dépenses occasionnées par l'exercice raisonnable de ses droits de procédure pour la 
procédure préliminaire et de première instance et CHF 1'863.50 pour la procédure d'appel 
(art. 429 al. 1 let. a CPP).  

Prend acte de ce que le Tribunal de police a fixé à CHF 2'974.65 l'indemnité de procédure 
due à Me B______, défenseur d'office de C______, pour ses diligences en procédure 
préliminaire et de première instance (art. 135 CPP). 

Prend acte de ce que le Tribunal de police a arrêté les frais de première instance à 
CHF 5'456.- et condamne A______ et D______ à 15% de ces frais chacun, soit 
CHF 818.40 chacun, et laisse le solde à charge de l'État.  

Arrête les frais de la procédure d'appel à CHF 2'215.-, y compris un émolument d'arrêt de 
CHF 1'600.-. 

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P/3866/2020 

Met 15% de ces frais à la charge, chacun, de A______ et de D______, soit CHF 332.25 
chacun, et laisse le solde à la charge de l'État. 

Arrête à CHF 1'845.60, TVA comprise, le montant des frais et honoraires de Me B______, 
défenseur d'office de C______, pour la procédure d'appel. 

Notifie le présent arrêt aux parties. 

Le communique, pour information, au Tribunal de police et à l'Office fédéral de la police. 

 

La greffière : 

 Lylia BERTSCHY 

 Le président : 

Christian ALBRECHT 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 78 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral (LTF), le présent 

arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec expédition 

complète (art. 100 al. 1 LTF), par-devant le Tribunal fédéral (1000 Lausanne 14), par la 

voie du recours en matière pénale. 
  

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P/3866/2020 

 ETAT DE FRAIS  

 

 COUR DE JUSTICE  

 

Selon les art. 4 et 14 du règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais et dépens 
en matière pénale (E 4 10.03). 

 

 

Total des frais de procédure du Tribunal de police : CHF 5'456.00 

Bordereau de frais de la Chambre pénale d'appel et de révision   

Délivrance de copies et photocopies (let. a, b et c) CHF 00.00 

Mandats de comparution, avis d'audience et divers (let. i) CHF 360.00 

Procès-verbal (let. f) CHF 180.00 

Etat de frais CHF 75.00 

Emolument de décision CHF 1'600.00 

Total des frais de la procédure d'appel : CHF 2'215.00 

Total général (première instance + appel) : CHF 7'671.00