# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e4944da1-253b-5ee7-bada-4d5a12d21a4e
**Source:** Bern Gerichte (BE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2019-06-25
**Language:** fr
**Title:** Bern Obergericht Strafkammern 25.06.2019 SK 2018 285
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/BE_ZivilStraf/BE_OG_005_SK-2018-285_2019-06-25.pdf

## Full Text

1

Cour suprême
du canton de Berne

2e Chambre pénale

Obergericht
des Kantons Bern

2. Strafkammer

Jugement 
SK 18 285

Hochschulstrasse 17
Case postale
3001 Berne
Téléphone +41 31 635 48 13
Fax +41 31 634 50 55
coursupreme-penal.berne@justice.be.ch
www.justice.be.ch/coursupreme

Berne, le 25 juin 2019
(Expédition le 15 juillet 2019)

Composition Juge d’appel Geiser (Président e.r.), Juge d’appel suppléant 
Brechbühl et Juge d’appel Niklaus
Greffière Saïd

Participants à la procédure A.________
représenté d'office par Me B.________
prévenu/appelant par voie de jonction

Parquet général du canton de Berne, Nordring 8, 3013 Berne
appelant

D.________
représentée d'office par Me E.________
partie plaignante demanderesse au pénal et au civil/appelante

Préventions voies de fait évent. lésions corporelles simples, contrainte évent. 
menaces évent. tentatives des mêmes infractions (et pour partie 
évent. tentative de contrainte sexuelle), viols et violations du 
devoir d'assistance ou d'éducation

Objet appel contre le jugement du Tribunal régional Jura bernois-
Seeland, Agence du Jura bernois, du 13 avril 2018 (PEN 2018 28)

2

Considérants 

I. Procédure
Note : la signification des abréviations générales employées est décrite sur la dernière page du 

présent jugement. Les autres abréviations utilisées seront explicitées dans le texte du  
jugement.

1. Mise en accusation

1.1 Par acte d’accusation du 4 janvier 2018 (ci-après également désigné par AA), le 
Ministère public du canton de Berne a demandé la mise en accusation de 
A.________ pour les faits et infractions suivants (dossier [ci-après désigné par D.], 
pages 442-447 ; numérotation rajoutée par la Cour) :
I.1 Voies de fait, éventuellement lésions corporelles simples (art. 126 al. 2 et 123 al. 2 CP), 

infractions commises à réitérées reprises, entre le 18 février 2016 et le 18 juin 2017, à 
C.________, au centre d’accueil pour requérants et à F.________ (domicile commun), au 
préjudice de son épouse D.________, par le fait

1. d’avoir donné, entre le 18 février 2016 et le 24 août 2016, des coups avec les pieds et les 
mains à la lésée, sur différentes parties du corps cachées par les vêtements, où l’on ne 
peut pas voir les marques, notamment sur le bas du corps (bas du ventre, jambes et 
pieds), à raison d’une à deux fois par semaine, 

2. dans le cadre des faits précédents, d’avoir saisi parfois la lésée par le cou et de lui avoir 
mis une main sur la bouche, la lui fermant, avant et pendant qu’il la frappait, pour 
l’empêcher de crier et de se faire entendre,

3. d’avoir donné, entre avril/mai 2017 et le 19 juin 2017, un coup de pied dans le dos de la 
lésée, dans la cuisine commune de l’appartement occupée par différentes familles.

I.2. Voies de fait, éventuellement lésions corporelles simples (art. 126 al. 2 et 123 al. 2 CP), 
infractions commises à réitérées reprises, entre début mai 2016 et le 24 août 2016, à 
F.________ (domicile commun), au préjudice de son fils G.________, par le fait 

1. d’avoir giflé le lésé fortement, le menant parfois presque à l’évanouissement, à des 
moments où il s’en prenait également physiquement à son épouse dans le cadre de 
disputes de couple,

2. d’avoir pris le lésé par le cou, de l’avoir soulevé du sol et de l’avoir jeté/lancé par terre.

I.3. Contraintes, évtl. menaces, évtl. tentatives des mêmes infractions (art. 180 al. 2 et 181 
CP), infractions commises entre le 18 février 2016 et le 18 juin 2017, à C.________, au 
centre d’accueil pour requérants et à F.________ (domicile commun), au préjudice de 
D.________, son épouse, par le fait

1. d’avoir dit régulièrement à la lésée qu’il divorcerait si elle ne lui donnait pas d’autres 
enfants et qu’il la tuerait,

2. d’avoir dit régulièrement à la lésée qu’il la tuerait si elle engageait une procédure de 
divorce, 

3. d’avoir dit à la lésée que si elle voulait vivre comme les femmes en Suisse, il la 
ramènerait en Afghanistan et lui ferait son compte là-bas, soit la tuerait,

4. d’avoir, à plusieurs reprises, mis une main sur la bouche de la lésée, d’avoir téléphoné à 
la mère de celle-ci, domiciliée en Iran, et d’avoir dit qu’il les tuerait (sous-entendu la 
famille en Iran), si la lésée divorçait, faisant craindre à la lésée ce sort pour ses parents 
et elle-même,

5. d’avoir dit, entre début mai 2016 et le 24 août 2016, lors d’une dispute, qu’il pourrait tuer 
la lésée et leur fils,

6. d’avoir pris en main un couteau de table au moment d’un repas, probablement en août 
2016, et de l’avoir brandi devant la lésée, en lui disant « j’ai envie de te tuer », parce 
qu’elle avait appelé sa mère en Iran, sans pouvoir contrôler la conversation,

7. entre le 25 août 2016 et le 1er mars 2017, alors que la lésée séjournait au centre de 
requérants H.________, d’avoir appelé la mère de la lésée en Iran, pour lui annoncer 
qu’il allait tuer l’enfant et se tuer lui-même, en lui envoyant un film sur son téléphone 
portable montrant l’enfant G.________ allongé sur le lit comme s’il était mort, la mère 
de la lésée informant immédiatement la lésée de la situation, obligeant celle-ci à 

3

téléphoner au centre de requérants à F.________ pour vérifier qu’aucun mal n’avait été 
fait à son fils, 

8. entre le 25 août 2016 et le 1er mars 2017, vraisemblablement peu avant le 9 novembre 
2016, alors que la lésée séjournait au centre de requérants H.________, d’avoir appelé 
la mère de la lésée en Iran et de lui avoir dit que si la lésée refusait de revenir au 
domicile, il fuirait avec son fils en Afghanistan ou au Canada, la mère de la lésée 
informant celle-ci de ces propos, 

9. en novembre/décembre 2016, dans l’appartement familial, alors que la lésée séjournait 
au centre de requérants H.________ et qu’elle s’est rendue à F.________ pour rendre 
visite à son fils G.________, par le fait d’avoir pris la lésée par la main, de l’avoir 
poussée contre le mur, envisageant de l’embrasser ou de la toucher aux parties 
génitales, la lésée le repoussant et se sauvant, 

10. entre le 25 août 2016 et le 1er mars 2017, vraisemblablement début décembre 2016, 
alors que la lésée séjournait au centre de requérants H.________, d’avoir ordonné à la 
lésée de retourner vivre auprès de lui d’ici la fin de la semaine, sans quoi il tuerait son 
fils et se tuerait lui-même, 

11. d’avoir interdit à la lésée de discuter avec d’autres personnes et de se rendre vers une 
voisine du centre, d’aller à l’école pour suivre un cours de langue et de lui avoir 
également interdit de sortir, l’obligeant à rester confinée au centre de requérants pour 
qu’elle s’occupe de leur enfant, la menaçant de la tuer, si elle ne respectait pas ses 
injonctions, 

12. d’avoir interdit à la lésée de parler à sa famille par téléphone, celle-ci étant domiciliée 
en Iran, obligeant celle-ci à se cacher aux toilettes pour parler à ses proches,

13. d’avoir cassé le téléphone portable de la lésée, afin qu’elle ne puisse plus 
communiquer avec des tiers, le prévenu étant suspicieux quant aux fréquentations de 
son épouse, obligeant la lésée à utiliser son téléphone à lui pendant une période, 
respectivement lui refusant l’accès à cet appareil, et l’empêchant ainsi de 
communiquer, notamment avec sa famille,

14. d’avoir dit à la lésée le 18 juin 2017 que si elle affirmait en audition par-devant le MP le 
lendemain, qu’elle souhaite divorcer et partir avec son fils, il allait la tuer ainsi que son 
fils, et d’avoir indiqué que si sa femme et son fils étaient mis sous protection en Suisse, 
il partirait d’abord tuer la famille de la lésée en Iran, 

15. peu avant le 18 juin 2017, d’avoir dit à la lésée qu’il allait publier sur Facebook des 
photos datant de l’époque de leur mariage, photos montrant la lésée en tenue légère, 
tentant ainsi de discréditer la lésée et de le faire passer pour une personne amorale 
aux yeux de la diaspora afghane, vu la tenue vestimentaire stricte exigée de la femme 
dans son pays d’origine,

toutes les déclarations et actions du prévenu faisant craindre fortement à la lésée pour son 
intégrité, celle de de son fils et celle de ses parents en Iran, ainsi que pour sa crédibilité à 
l’égard de la famille et de la société.

I.4 Viols (art. 190/1 CP), infractions commises entre le 1er mai 2016 et le 24 août 2016, puis 
entre le 1er mars 2017 et le 17 mai 2017, à F.________ (domicile commun), au préjudice de 
D.________, son épouse, par le fait 
d’avoir imposé l’acte sexuel à la lésée à raison d’une ou deux fois par semaine dans la 
première période, et de deux fois par semaine en moyenne dans la seconde période, 
agissant ainsi à 15 reprises au moins dans chaque période, soit au moins 30 fois au total, la 
première fois une semaine après leur arrivée à F.________, à la suite du départ du frère de 
la lésée, 

d’avoir agi après s’être énervé contre son épouse et de l’avoir montrée en lançant des objets 
ou en s’exprimant vulgairement, 

d’avoir essayé dans un premier temps de dévêtir son épouse et de la toucher au niveau des 
parties génitales, la lésée refusant ces avances verbalement et en le repoussant, 

d’avoir agi en général le soir, en présence du fils commun dormant à proximité dans la même 
pièce, sur un lit à étages, 

le prévenu criant fortement au vu des refus de la lésée et prenant le risque de réveiller 
l’enfant, la lésée ne supportant pas l’idée que l’enfant puisse être réveillé et assister aux 
relations sexuelles forcées, imposant ainsi à la lésée d’enlever d’elle-même tout ou partie de 
ses vêtements, 

le prévenu procédant systématiquement de la même manière en se plaçant de force sur la 
lésée, elle-même couchée sur le dos et sur le lit, le prévenu n’usant pas de préservatif pour 
la pénétrer dans le vagin et éjaculant systématiquement sur une serviette,

4

sachant que le prévenu frappait par ailleurs régulièrement la lésée (voir prévention 1), qu’il 
frappait également le fils de la lésée (voir prévention 2) et qu’il menaçait la lésée 
régulièrement de conséquences graves pour son intégrité (voir prévention 3),

sachant qu’il a parfois pris la lésée par le cou et lui a mis la main sur la bouche pour 
l’empêcher de crier, au moment de ses agissements, 

sachant également que la plaignante avait par ailleurs clairement dit au prévenu, à la suite 
de son séjour au centre de requérants H.________ entre le 25 août 2016 et le 1er mars 2017, 
qu’elle ne retournerait au domicile de F.________, qu’en cas d’abstinence sexuelle totale du 
prévenu à son égard.

I.5 Violations du devoir d’assistance ou d’éducation (219/1 CP) infractions commises à 
réitérées reprises, entre début mai 2016 et le 18 juin 2017, à F.________ (domicile 
commun), au préjudice de son fils G.________, par le fait, alors qu’il avait une position de 
garant envers son fils, 

1. d’avoir giflé plusieurs fois son fils fortement,

2. d’avoir pris le lésé par le cou, de l’avoir soulevé du sol et de l’avoir jeté/lancé par terre,

3. d’avoir cédé à tous les désirs du lésé, notamment en lui achetant tout ce qu’il voulait, le 
gâtant exagérément, en vue de placer la mère de l’enfant en position défavorable,

4. d’avoir donné des coups à son épouse en présence du lésé,

5. de s’être disputé violemment avec son épouse, en l’injuriant gravement, de l’avoir 
également rabaissée verbalement en présence du lésé, péjorant l’image que ce dernier 
pouvait avoir de ses parents et de sa mère en particulier,

6. d’avoir dit au lésé, entre le 25 août 2016 et le 16 novembre 2016, qu’il ne reviendrait plus 
auprès de lui, s’il allait chez/avec sa maman et de l’avoir ainsi effrayé à la perspective de 
se rendre chez sa maman ou de la rencontrer,

7. d’avoir dit ou fait comprendre au lésé entre le 25 août 2016 et le 2 novembre 2016, qu’il 
ne fallait pas qu’il aille voir sa maman, amenant l’enfant à dire qu’il ne voulait plus la voir 
et que si elle ne veut pas rester avec son père, elle est une mauvaise femme,

le prévenu mettant ainsi en danger le développement psychique de son fils par le 
dénigrement systématique de son épouse, ses tentatives multiples d’éloignement de l’enfant 
par rapport à sa mère, ainsi qu’en lui inculquant des valeurs ne correspondant pas à l’usage 
dans notre société, tous ces éléments étant susceptibles de contrecarrer de manière 
sérieuse l’éducation et l’intégration de l’enfant.

2. Première instance

2.1 Pour la description des différentes étapes de la procédure préliminaire et de 
première instance, il est renvoyé aux motifs du jugement du 13 avril 2018 (D. 907-
918).

2.2 Par jugement du 13 avril 2018 (D. 872 ss), le Tribunal régional Jura bernois-
Seeland, Agence du Jura bernois, (n’)a :
I.

1. libéré A.________ des préventions de :

1.1. voies de fait, éventuellement lésions corporelles simples, infractions 
prétendument commises à réitérées reprises entre début mai 2016 et le 24 août 
2016, à F.________, au préjudice de G.________ (acte d’accusation ch. 2, 
partiellement) ;

1.2. viols, infractions prétendument commises entre le 1er mai 2016 et le 24 août 2016 
puis entre le 1er mars 2017 et le 17 mai 2017, à F.________, au préjudice de 
D.________ (acte d’accusation ch. 4) ;

1.3. violations du devoir d’assistance ou d’éducation, infractions prétendument 
commises à réitérées reprises, entre début mai 2016 et le 18 juin 2017, à 
F.________, au préjudice de G.________ (acte d’accusation ch. 5, partiellement) ;

2. mis les frais de cette partie de la procédure, composés de CHF 14'036.00 d'émoluments et 
de CHF 22'205.60 de débours (y compris les honoraires de la défense d'office), soit un total 
de CHF 36'241.60, à la charge du canton de Berne ; 

3. pas alloué d’indemnité à A.________ au sens de l’art. 429 al. 1 let. c et 431 CPP.

5

II.

reconnu A.________ coupable de :

1. voies de fait, infractions commises à réitérées reprises entre le 18 février 2016 et le 18 juin 
2017, à C.________ et à F.________, au préjudice de D.________ (AA ch. 1) ;

2. voies de fait, infraction commise entre début mai 2016 et le 24 août 2016, à F.________, au 
préjudice de G.________ (AA ch. 2, partiellement) ;

3. contraintes, infraction commise à réitérées reprises entre le 18 février 2016 et le 18 juin 
2017, à C.________ et à F.________, au préjudice de D.________ (AA ch. 3.11. à ch. 3.13.) 
;

4. menaces, infraction commise à réitérées reprises entre le 18 février 2016 et le 18 juin 2017, 
à C.________ et à F.________, au préjudice de D.________ (AA ch. 3.1. à ch. 3.7. et ch. 
3.15.) ;

5. tentatives de contrainte, infraction commise à réitérées reprises entre le 18 février 2016 et 
le 18 juin 2017, à C.________ et à F.________, au préjudice de D.________ (AA ch. 3.8. à 
ch. 3.10. et ch. 3.14.) ;

6. violations du devoir d’assistance ou d’éducation, infractions commises à réitérées 
reprises, entre début mai 2016 et le 18 juin 2017, à F.________, au préjudice de 
G.________ (AA ch. 5, partiellement) ;

III.

condamné A.________ :

1. à une peine privative de liberté de 10 mois ;

la détention provisoire et pour des motifs de sûreté de 299 jours est imputée à raison de 299 
jours sur la peine privative de liberté prononcée ;

le sursis à l’exécution de la peine privative de liberté est accordé, le délai d’épreuve étant fixé 
à 2 ans ;

2. à une amende contraventionnelle de CHF 1'000.00, la peine privative de liberté de 
substitution étant fixée à 15 jours en cas de non-paiement fautif ;

3. au paiement des frais de procédure afférents à la condamnation, composés de 
CHF 14'036.00 d'émoluments et de CHF 22'205.50 de débours (y compris les honoraires de 
la défense d'office), soit un total de CHF 36'241.50 (honoraires de la défense d'office non 
compris: CHF 21'526.50 ; les frais de procédure réduits s’élevant à CHF 35'241.50 
(honoraires de la défense d'office non compris: CHF 20'526.50) ;

II.

- fixé comme suit l’indemnité pour la défense d’office et les honoraires de Mes I.________ et 
B.________, défenseurs d'office de A.________ :

Prestations jusqu'au 31.12.2017
Nbre heures Tarif

Indemnité pour la défense d'office 40.00 200.00 CHF 8'000.00
Supplément en cas de voyage CHF 600.00

CHF 657.45
TVA 8.0% de CHF 9'257.45 CHF 740.60

CHF 1'493.45
Total à verser par le canton de Berne CHF 11'491.50

Honoraires d'un défenseur privé CHF 11'200.00
Supplément en cas de voyage CHF 600.00

CHF 657.45
TVA 8.0% de CHF 12'457.45 CHF 996.60

CHF 1'493.45
Total CHF 14'947.50

Montant à rembourser ultérieurement par le prévenu CHF 3'456.00

Frais soumis à TVA

Frais non soumis à TVA

Frais soumis à TVA

Frais non soumis à TVA

6

Prestations dès le 01.01.2018
Nbre heures Tarif

Indemnité pour la défense d'office 57.75 200.00 CHF 11'550.00
Supplément en cas de voyage CHF 600.00

CHF 507.15
TVA 7.7% de CHF 12'657.15 CHF 974.60

CHF 4'306.80
Total à verser par le canton de Berne CHF 17'938.55

Honoraires d'un défenseur privé CHF 16'170.00
Supplément en cas de voyage CHF 600.00

CHF 507.15
TVA 7.7% de CHF 17'277.15 CHF 1'330.35

CHF 4'306.80
Total CHF 22'914.30

Montant à rembourser ultérieurement par le prévenu CHF 4'975.75

Frais soumis à TVA

Frais non soumis à TVA

Frais soumis à TVA

Frais non soumis à TVA

- dit que le canton de Berne indemnise Mes I.________ et B.________ de la défense d’office 
de A.________ par un montant de CHF 29'430.05 ;

- dit que dès sa situation financière le permet, A.________ est tenu de rembourser d'une part 
au canton de Berne la rémunération allouée pour sa défense d'office, d'autre part à 
Mes I.________ et B.________ la différence entre cette rémunération et les honoraires que 
ceux-ci auraient touchés comme défenseurs privés (art. 135 al. 4 CPP) ;

- fixé comme suit les honoraires de Me J.________, mandataire d'office de D.________ : 

Prestations jusqu'au 31.12.2017
Nbre heures Tarif

Indemnité pour le conseil juridique gratuit 8.17 200.00 CHF 1'633.40
Supplément en cas de voyage CHF 0.00

CHF 220.50
TVA 8.0% de CHF 1'853.90 CHF 148.30

CHF 0.00
Total à verser par le canton de Berne CHF 2'002.20

Honoraires d'un mandataire privé CHF 2'041.65
Supplément en cas de voyage CHF 0.00

CHF 220.50
TVA 8.0% de CHF 2'262.15 CHF 180.95

CHF 0.00
Total CHF 2'443.10

Montant à rembourser ultérieurement par le prévenu CHF 440.90

Frais soumis à TVA

Frais non soumis à TVA

Frais soumis à TVA

Frais non soumis à TVA

7

Prestations dès le 01.01.2018
Nbre heures Tarif

Indemnité pour le conseil juridique gratuit 43.00 200.00 CHF 8'600.00
Supplément en cas de voyage CHF 300.00

CHF 209.60
TVA 7.7% de CHF 9'109.60 CHF 701.45

CHF 274.00
Total à verser par le canton de Berne CHF 10'085.05

Honoraires d'un mandataire privé CHF 10'750.00
Supplément en cas de voyage CHF 300.00

CHF 209.60
TVA 7.7% de CHF 11'259.60 CHF 867.00

CHF 274.00
Total CHF 12'400.60

Montant à rembourser ultérieurement par le prévenu CHF 2'315.55

Frais soumis à TVA

Frais non soumis à TVA

Frais soumis à TVA

Frais non soumis à TVA

- dit que le canton de Berne indemnise Me J.________ du mandat d’office de D.________ par 
un montant de CHF 12'087.25 ;

-   dit que A.________ est tenu de rembourser au canton de Berne la moitié de l'indemnité 
allouée pour le mandat d'office de D.________, soit un montant de CHF 6'043.60, si celui-ci 
bénéficie d’une bonne situation financière (art. 138 al. 2 en relation avec l'art. 426 al. 4 CPP) 
;

- dit que A.________ est tenu de rembourser à D.________, à l’attention de Me J.________, la 
moitié de la différence entre cette indemnité et les honoraires que celle-ci aurait touchés 
comme mandataire privée, soit un montant de CHF 1'378.20 (art. 433 al. 1 CPP) ;

III.

sur le plan civil :

1. condamné A.________, en application des art. 41 et 49 CO, 126, 432ss CPP, à verser à la 
partie plaignante demanderesse au pénal et au civil D.________ un montant de 
CHF 1'500.00 à titre d’indemnité pour tort moral, avec intérêts à 5 % dès le 1er novembre 
2016 ;

2. rejette pour le surplus les conclusions civiles de la partie plaignante demanderesse au pénal 
et au civil D.________ tendant à une indemnité pour tort moral ;

3. renvoie la partie plaignante demanderesse au pénal et au civil D.________ à agir par la voie 
civile pour la détermination du montant des dommages-intérêts (art. 126 al. 3 CPP) ;

4. dit que le jugement de l’action civile n'a pas engendré de frais particuliers 

IV.  

ordonné :

1. la mise en liberté immédiate de A.________ ;

2. que les frais de traduction engendrés par le fait que le prévenu est allophone soient mis à la 
charge de l’Etat (art. 426 al. 2 let. b CPP) ;

3. la confiscation pour destruction des courriers séquestrés par ordonnance du 5 juillet 2017 
(art. 69 CP) ;

4. que l’effacement du profil d’ADN prélevé sur la personne de A.________ et répertorié sous le 
PCN K.________ soit effectué (art. 16 al. 1 let. e de la Loi sur les profils d’ADN) ;

5. que l’effacement des données signalétiques biométriques prélevées soit effectué par le 
service chargé de la gestion d’AFIS après l’échéance du délai prévu par la loi (art. 17 al. 1 
let. e en relation avec l’art. 19 al. 1 de l’Ordonnance sur le traitement des données 
signalétiques biométriques) ;

6. (…)

8

2.3 Par courrier du 17 avril 2018 (D. 894), le Ministère public du canton de Berne, 
Région Jura bernois-Seeland, a annoncé l'appel. Par courrier du 23 avril 2018 
(D. 899), Me J.________ a annoncé l'appel pour D.________. 

3. Deuxième instance

3.1 Par mémoire du 20 juillet 2018 (D. 982 ss), le Parquet général a déclaré l'appel. 
L’appel est limité à la libération pour les préventions de viols, infractions commises 
à réitérées reprises (ch. I.1.2 du dispositif attaqué), à la peine (à l’exception de 
l’amende contraventionnelle) et à la répartition des frais. Par mémoire du 19 juillet 
2018 (D. 979 ss), Me J.________ a déclaré l'appel pour D.________. L’appel est 
limité à la libération du prévenu pour les préventions de viols commises à réitérées 
reprises au préjudice de la partie plaignante (ch. I.1.2 du jugement attaqué), aux 
éléments du jugement qui en découlent, en particulier la quotité de la peine et la 
répartition des frais, ainsi qu’au montant de l’indemnité pour tort moral alloué à la 
partie plaignante (ch. V.1 et 2 du jugement attaqué). Dans sa lettre du 9 août 2018 
(D. 993 s.), Me B.________ a déclaré l'appel joint pour A.________ portant sur 
l’ensemble des verdicts de culpabilité, les conclusions civiles de la partie plaignante 
ainsi que la liquidation des frais et dépens. 

3.2 Par courrier du 21 mai 2019, Me J.________ a demandé à être relevée de son 
mandat d’office. Elle a indiqué que Me E.________ était prêt à reprendre le mandat 
et la partie plaignante a signé une procuration en faveur de l’avocat précité. 

3.3 Le Président e.r. a relevé Me J.________ de son mandat par ordonnance du 22 
mai 2019 et nommé Me E.________ en qualité de mandataire d’office de la partie 
plaignante avec effets au 23 mai 2019 (D. 1020-1021).

3.4 Un nouvel extrait du casier judiciaire suisse a été requis (D. 1052).

3.5 En vue des débats en appel, il a été ordonné la comparution personnelle des 
parties (voir citations, D. 1024-1029).

3.6 Par courrier du 28 mai 2019, Me B.________ a requis l’édition du dossier civil de 
mesures protectrices de l’union conjugale ainsi que l’audition de L.________ aux 
débats d’appel (D. 1050).

3.7 Par ordonnance du 6 juin 2019, la 2e Chambre pénale a admis la réquisition de 
preuve relative à l’édition du dossier civil de mesures protectrices de l’union 
conjugale et rejeté celle relative à l’audition de L.________ aux débats d’appel (D. 
1053 s.)

3.8 Lors de l’audience des débats en appel le 19 juin 2019, les parties ont retenu les 
conclusions finales suivantes, étant rappelé qu’il est conforme au droit fédéral de 
faire plaider la partie appelante en premier (arrêt du Tribunal fédéral 6B_532/2012 
du 8 avril 2013 consid. 2.2).

Le Parquet général (D. 982 ss) :
1. Constater que le jugement du Tribunal régional Jura bernois-Seeland du 13 avril 2018 est entré 

en force dans la mesure où il libère A.________ des préventions de :

- voies de fait, éventuellement lésions corporelles simples, infractions prétendument commises 
à réitérées reprises entre début mai 2016 et le 24 août 2016, à F.________, au préjudice de 
G.________ (ch. I.1.1 du dispositif) ;

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- violations du devoir d’assistance ou d’éducation, infraction prétendument commise à 
réitérées reprises, entre début mai 2016 et le 18 juin 2017, à F.________, au préjudice de 
G.________ (ch. I.1.3 du dispositif) ;

2. En confirmation du jugement entrepris, reconnaître A.________ coupable de :

- voies de fait, infractions commises à réitérées reprises entre le 18 février 2016 et le 18 juin 
2017, à C.________ et à F.________, au préjudice de D.________ (ch. II.1 du dispositif) ;

- voies de fait, infraction commise entre début mai 2016 et le 24 août 2016, à F.________, au 
préjudice de G.________ (ch. II.2. du dispositif) ;

- contraintes, infraction commise à réitérées reprises entre le 18 février 2016 et le 18 juin 
2017, à C.________ et à F.________, au préjudice de D.________ (ch. II.3 du dispositif) ;

- menaces, infraction commise à réitérées reprises entre le 18 février 2016 et le 18 juin 2017, 
à C.________ et à F.________, au préjudice de D.________ (ch. II.4 du dispositif) ;

- tentatives de contrainte, infraction commise à réitérées reprises entre le 18 février 2016 et le 
18 juin 2017, à C.________ et à F.________, au préjudice de D.________ (ch. II.5 du 
dispositif) ;

- violation du devoir d’assistance ou d’éducation, infraction commise à réitérées reprises, entre 
début mai 2016 et le 18 juin 2017, à F.________, au préjudice de G.________ (ch. II.6 du 
dispositif) ;

3. En outre, en modification du jugement entrepris, déclarer A.________ coupable de viols, 
infraction commise à réitérées reprises entre le 1er mai 2016 et le 24 août 2016, puis entre le 1er 
mars 2017 et le 17 mai 2017, à F.________, au préjudice de D.________ (ch. I.1.2 du 
dispositif).

4. Partant, condamner A.________ à :

- une peine privative de liberté de 7 ans, sous déduction de la détention provisoire et de la 
détention pour des motifs de sûreté déjà subies ;

- une amende contraventionnelle de CHF 1'000.00, correspondant à 15 jours de peine 
privative de liberté de substitution.

5. Mettre 9/10 des frais de procédure de première instance ainsi que la totalité des frais de la 
seconde instance à la charge du prévenu et ne pas lui allouer d’indemnité.

6. Ordonner l’expulsion de A.________ du territoire suisse pour une durée de 10 ans en 
application de l’art. 66a al. 1 let. h CP.

7.  Mettre les frais de traduction non imputables au prévenu à la charge de l’Etat.

8. Confisquer les courriers séquestrés par ordonnance du 5 juillet 2017 en vue de leur destruction 
en application de l’art. 69 CP.

9. Rendre les ordonnances d’usage (honoraires, ADN, données signalétiques, communications).

(Le Parquet général se propose de fixer l’émolument selon l’art. 21 DFP à CHF 500.00)

Me E.________ pour D.________ (D. 979 ss) :
1. En sus des déclarations de culpabilité pour voies de fait et violations du devoir d’assistance 

commises au préjudice de G.________, confirmer, respectivement reconnaître A.________ 
coupable de :

1.1 voies de fait, infractions commises à réitérées reprises entre le 18 février 2016 et le 18 juin 
2017, à C.________ et à F.________, au préjudice de D.________ ;

1.2 contrainte, infraction commise à réitérées reprises entre le 18 février 2016 et le 18 juin 
2017, à C.________ et à F.________, au préjudice de D.________ ;

1.3 menaces, infractions commises à réitérées reprises entre le 18 février 2016 et le 18 juin 
2017, à C.________ et à F.________, au préjudice de D.________ ;

1.4 tentatives de contrainte, infractions commises à réitérées reprises entre le 18 février 2016 
et le 18 juin 2017, à C.________ et à F.________, au préjudice de D.________ ;

1.5 viol, infraction commise à réitérées reprises entre le 1er mai 2016 et le 24 août 2016, puis 
entre le 1er mars 2017 et le 17 mai 2017, à F.________, au préjudice de D.________.

Partant,

2. Condamner A.________, en application des dispositions légales topiques, à une peine à dire de 
justice ;

10

3. Condamner A.________ au paiement des frais de procédure de première instance afférents aux 
déclarations de culpabilité :

4. Condamner A.________, sans distraction de frais, à verser à la partie plaignante D.________, 
demanderesse au pénal et au civil, un montant de CHF 25'000.00, avec intérêts à 5% dès le 1er 
novembre 2016, à titre d’indemnité pour tort moral ;

5. Pour le surplus, confirmer le jugement de première instance ;

6. Condamner A.________ au paiement des frais de procédure de deuxième instance ;

7. Taxer les notes d’honoraires déposées en deuxième instance par les mandataires d’office de la 
partie plaignante D.________ ;

8. Condamner A.________ à verser aux mandataires d’office de la partie plaignante D.________ la 
différence entre l’indemnité et les honoraires ordinaires dès que sa situation financière le 
permet ;

9. Pour le surplus, rendre d’office les autres ordonnances nécessaires. 

Me B.________ pour A.________ (D. 993) :
1. Acquitter M. A.________ de l’ensemble des charges retenues à son encontre ;

2. Débouter la partie plaignante de l’ensemble de ses conclusions civiles ;

3. Mettre les frais de l’ensemble de la procédure à la charge de l’Etat, respectivement à la partie 
plaignante ;

4. Allouer une indemnité au sens de l’art. 429 CPP, pour la détention injustifiée, à raison de 
CHF 150.00 par jour de détention subie ;

5. Taxer l’indemnité de défenseur d’office pour la deuxième instance.

3.9 Prenant la parole en dernier, A.________ a déclaré qu’il aurait aimé dire des 
choses, mais qu’il n’a pas l’impression que ses paroles soient prises en compte. 
Même quand on l’a amené en prison, on ne lui a rien expliqué. Il aimerait parler, 
mais on ne l’écoute pas. Il cède ainsi à tout ce qu’on décide pour lui et il est 
d’accord. 

4. Objet du jugement de deuxième instance

4.1 La 2e Chambre pénale limitera son examen aux points qui ont été attaqués. Les 
points qui n’ont pas été attaqués ont d’ores et déjà acquis force de chose jugée en 
vertu de l’art. 402 du Code de procédure pénale suisse (CPP ; RS 312.0), sous 
réserve de la disposition de l’art. 404 al. 2 CPP qui donne à la juridiction d’appel la 
possibilité de réexaminer en faveur du prévenu des points du jugement qui ne sont 
pas attaqués, afin de prévenir des décisions illégales ou inéquitables.

4.2 En l’espèce et sur le plan pénal, doit être examinée la question de la culpabilité du 
prévenu pour toutes les infractions retenues à son encontre dans le jugement de 
première instance ainsi que la libération du prévenu des infractions de viols. Sur le 
plan civil, tant le montant que le principe du tort moral doivent être revus. La partie 
plaignante n’a plus fait valoir d’autres conclusions sur le plan civil. 

5. Maxime d’instruction, pouvoir de cognition et pouvoir d’examen

5.1 Lorsqu’elle rend sa décision, la 2e Chambre pénale n’est pas liée par les motifs 
invoqués par les parties ni par les conclusions des parties, sauf lorsqu’elle statue 
sur une action civile (art. 391 al. 1 CPP).

5.2 Dans la présente procédure, elle n’est pas liée par l’interdiction de modifier le 
jugement en défaveur (reformatio in peius) de A.________ en vertu de l’art. 391 
al. 2 CPP, sauf sur les points où il est le seul à avoir fait appel. La 2e Chambre 

https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a402
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a404
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a391
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a391

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pénale peut modifier le jugement en faveur (reformatio in melius) ou en défaveur 
(reformatio in peius) de A.________.

5.3 La 2e Chambre pénale jouit d’un plein pouvoir d’examen sur tous les points 
attaqués du jugement (art. 398 al. 2 CPP). L’appel peut être formé pour violation du 
droit, y compris l’excès et l’abus du pouvoir d’appréciation, le déni de justice et le 
retard injustifié, pour constatation incomplète ou erronée des faits ou pour 
inopportunité (art. 398 al. 3 CPP).

6. Renvoi aux motifs du jugement de première instance

6.1 Conformément à l’art. 82 al. 4 CPP, lors de la procédure d’appel, la 2e Chambre 
pénale peut, s’agissant de l’appréciation en fait et en droit des faits faisant l’objet 
de l’accusation, renvoyer à l’exposé des motifs du jugement du Tribunal régional 
Jura bernois-Seeland, Agence du Jura bernois. Selon la jurisprudence du Tribunal 
fédéral, la possibilité de renvoyer à l’exposé des motifs de l’autorité inférieure doit 
cependant être utilisée avec réserve. Un renvoi n’entre en considération, lorsque 
l’état de fait ou l’application du droit est contesté, que lorsque l’autorité de 
deuxième instance fait (totalement) siennes les considérations de l’autorité 
précédente (ATF 141 IV 244 consid. 1.2.3). 

Les arguments de la partie appelante doivent en outre être traités avant une 
éventuelle confirmation du premier jugement concernant l’appréciation en fait et en 
droit (arrêt du Tribunal fédéral 6B_731/2015 du 14 avril 2016 consid. 1.4).

6.2 Sur la base de cette jurisprudence, la 2e Chambre pénale ne renverra aux motifs 
de première instance susceptibles d’être confirmés qu’après avoir traité les 
arguments soulevés par les parties en procédure d’appel. Elle désignera les pages 
auxquelles il est renvoyé et indiquera en outre si des corrections ou compléments 
doivent être apportés et, le cas échéant, sur quels points précis.

II. Faits et moyens de preuve

7. Bref historique

7.1 Pour situer le cadre de cette affaire, il convient de revenir brièvement sur la 
situation du couple et de leur enfant. La famille est composée du père, 
A.________, né en 1984, de la mère, D.________, née en 1994 et de leur fils, 
G.________, né en 2009. Le couple s’est marié en Iran, vraisemblablement en 
2009. Selon les propos des époux, il s’agissait d’un mariage arrangé par les 
familles respectives, avec le choix des époux de le refuser. Ils sont d’origine 
afghane et ont vécu principalement en Iran. Les familles respectives des deux 
époux résidaient à cette époque également en Iran. Pour des raisons relativement 
obscures, les déclarations faites à ce sujet auprès des autorités d’asile n’étant pas 
d’une grande limpidité, la famille a fui ce pays en passant notamment par la 
Turquie pour finalement arriver le 18 février 2016 au centre d’accueil de 
C.________. Après quelques jours, ils ont été déplacés au centre de Sarnen, puis 
en mai 2016 au centre de F.________. La famille occupait alors une chambre d’un 
appartement partagé avec d’autres réfugiés. Le 19 août 2016, D.________ s’est 
rendue au bureau du centre d’accueil de F.________ et a parlé d’une dispute 
qu’elle aurait eue avec son époux. Suite à cet entretien, D.________ a été 

https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a398
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a398
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a82
http://relevancy.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE-141-IV-244&lang=fr&zoom=&system=
http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=6B_731%2F2015&rank=1&azaclir=aza&highlight_docid=aza%3A%2F%2F14-04-2016-6B_731-2015&number_of_ranks=1

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entendue par la Police cantonale bernoise, le 23 août 2016. Au vu de la situation 
décrite par D.________, soit des contraintes, menaces et violences de la part de 
son époux, il a été décidé, conformément au souhait de cette dernière, de la 
transférer au centre d’accueil H.________, après un bref passage dans une 
maison pour femmes. Au départ de la mère pour H.________, le fils G.________ 
n’a pas voulu suivre sa mère et est resté à F.________ avec son père pendant 
toute l’absence de celle-ci. D.________ est restée au centre H.________ durant 
environ 6 mois, soit jusqu’à fin février 2017. Elle a alors rejoint son époux et son fils 
au centre de F.________. Au  vu des événements, une curatelle au sens de l’art. 
308 al. 1 et 2 CC a été instituée en faveur d’G.________. Une procédure pénale a 
été ouverte le 20 octobre 2016 sans qu’une plainte ait été déposée par 
D.________. Entendue le 19 juin 2017 par le Procureur, cette dernière a expliqué 
qu’elle avait eu des relations sexuelles forcées, ce qui a conduit à l’arrestation et à 
la mise en détention d’A.________. D.________ est restée, depuis lors, au centre 
de F.________ avec son fils. A l’issue du jugement de première instance le 13 avril 
2018, le prévenu a été immédiatement remis en liberté. 

En date du 16 mai 2018, A.________ a engagé une procédure de protection de 
l’union conjugale auprès du Tribunal régional Jura bernois-Seeland pour obtenir 
notamment un droit de visite sur son fils. La décision du 23 mai 2019 a fait l’objet 
d’un appel de D.________ en date du 6 juin 2019 et est actuellement pendant par-
devant la Section civile de la Cour suprême du canton de Berne.

8. Résumé des faits et moyens de preuve dans le jugement de première 
instance

8.1 Les motifs du jugement de première instance contiennent une liste complète des 
divers moyens de preuve (D. 918-921). Les parties n’ayant pas contesté ce résumé 
et étant donné qu’il n’y a pas d’intérêt à réécrire les mêmes développements en 
d’autres termes, la 2e Chambre pénale renvoie intégralement à cet exposé.

9. Moyens de preuve administrés en procédure d’appel

9.1 En procédure d’appel, lors de l’audience des débats, il a été procédé à l’audition de 
D.________ et A.________.

9.2 Les déclarations respectives seront reprises dans le chapitre relatif à l’appréciation 
des preuves. 

9.3 Le dossier de mesures protectrices de l’union conjugale a été édité.

9.4 L’appréciation de ces moyens de preuve n’a pas été sujette à controverse de la 
part des parties. Elle ne nécessite pas d’être particulièrement discutée. Les 
éventuelles remarques à ce propos seront effectuées ci-après, dans la mesure 
nécessaire. 

III. Appréciation des preuves

10. Règles régissant l’appréciation des preuves

10.1 En ce qui concerne l’approche légale de l’appréciation des preuves et le principe 
de la libre appréciation des preuves (art. 10 al. 2 CPP), la 2e Chambre pénale se 
réfère aux motifs de première instance (D. 921-924), sans les répéter.

https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a10

13

10.2 En raison de conditions propres à la psychologie de la mémoire, la première 
déclaration revêt une importance décisive (ATF 129 I 49 consid. 6.1). De ce fait, en 
cas de déclarations contradictoires d’une même personne au cours de la 
procédure, il y a lieu d’appliquer la règle d’appréciation des preuves selon laquelle 
les premières déclarations spontanées sont en général exemptes de prévention et 
plus fiables que les déclarations subséquentes, ces dernières pouvant être 
influencées de manière consciente ou inconsciente par des réflexions postérieures, 
notamment au sujet de leur portée et de leurs conséquences (ATF 115 V 133 
consid. 8.c ; ATF 121 V 45 consid. 2.a).

11. Examen de la crédibilité générale des personnes entendues

11.1 Crédibilité de G.________ 

11.1.1 S’agissant de ce point, la 2e Chambre pénale fait siennes les réflexions de la 
première instance qu’elle confirme entièrement. Il est en effet frappant, tout au long 
du dossier, de relever à quel point les déclarations de G.________ sont 
ambivalentes et peu cohérentes. Aux yeux de la 2e Chambre pénale, cela peut 
s’expliquer par le conflit de loyauté intense dans lequel se trouve cet enfant. Dans 
ces circonstances, il ne saurait être tenu compte des déclarations faites par 
G.________ . 

11.2 Crédibilité de L.________

11.2.1 En tout premier lieu, la Cour relève que, contrairement à ce qu’a retenu la première 
instance, il ne saurait être tiré aucune conclusion du certificat médical du Dr 
M.________ (D. 756) quant à la capacité à témoigner de L.________ lors que son 
audition du 23 août 2017. Cette question ne fait nullement l’objet dudit certificat 
médical et aucune question n’a été posée au psychiatre précité s’agissant de ce 
point. En revanche, la Cour ne saisit pas sur quoi la défense se base pour affirmer 
que lors de son audition du 23 août 2017, L.________ aurait tenu des propos 
« complètement hallucinants » et « des plus contradictoires » (D. 784). En aucun 
cas il ne ressort du procès-verbal de cette audition que le témoin précité aurait eu 
un comportement ou une manière de parler qui aurait laissé penser qu’elle souffrait 
d’un trouble psychiatrique. Au contraire, il en ressort qu’elle a répondu précisément 
aux questions lui ayant été posées. Par ailleurs et comme il le sera encore 
développé plus loin, certaines de ses déclarations sont corroborées par les 
déclarations d’autres personnes, voire du prévenu lui-même (notamment s’agissant 
de l’épisode du téléphone portable brisé). Il est également relevé que L.________ 
a premièrement refusé que son nom figure dans le dossier, de peur que le prévenu 
n’apprenne qu’elle avait fait des déclarations. La Cour relève au surplus, qu’à 
aucun moment il ne ressort du procès-verbal d’audition qu’elle chargerait 
inutilement le prévenu ; au contraire, elle est restée mesurée dans ses propos. Il en 
découle que L.________ est crédible. A ce sujet et par souci d’être complet, il est 
relevé que la défense était présente lors de l’audition du 23 août 2016 et que ces 
déclarations sont donc pleinement exploitables.  

11.3 S’agissant des autres témoins, leur crédibilité n’a pas été remise en question par 
les parties et la Cour de céans considère également qu’aucun élément ne pourrait 
remettre en cause leur crédibilité.

http://relevancy.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE-129-I-49&lang=fr&zoom=&system=
http://relevancy.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE-115-V-133&lang=fr&zoom=&system=
http://relevancy.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE-121-V-45&lang=fr&zoom=&system=

14

11.4 Crédibilité des parties

11.4.1 En tout premier lieu et comme l’a relevé le Tribunal de première instance, il sied de 
relever que le présent cas présente une difficulté particulière en raison de 
l’importance de la barrière de la langue et du fossé culturel opposant la Suisse à 
l’Afghanistan, respectivement l’Iran. Par ailleurs, il doit être souligné que les parties 
n’ont suivi qu’une scolarité de base. 

11.4.2 En outre, la Cour relève que les différents intervenants professionnels ont souligné 
leur difficulté à cerner ce qui se passait précisément au sein de cette famille. 

Ainsi, N.________ a expliqué qu’il était compliqué de travailler avec cette famille 
« car il n’y a pas de faits observables » (D. 222 l. 22-23 ; également en D. 646 
l. 24) et que les déclarations des différents protagonistes de la famille étaient 
contradictoires (D. 642 l. 40). Lors des débats de première instance, O.________ a 
déclaré « je ne peux encore actuellement pas démêler le vrai du faux. C’est très 
spécial » (D. 816 l. 31-32). Dans son rapport d’enquête sociale P.________ a 
conclu que la situation lui paraissait réellement complexe du fait des discours 
divergents entre les deux parents (D. 123). Elle a en outre déclaré lors des débats 
de première instance être dans l’impossibilité de déterminer quelle version des faits 
était vraie (D. 805 l. 31). Enfin, la curatrice de l’enfant Q.________ a expliqué, 
s’agissant de l’épisode du couteau en particulier, que l’on n’avait jamais su « qui 
avait fait quoi » (D. 636 l. 24-25). Dans ce contexte, la 2e Chambre pénale se doit 
de souligner que ces intervenants ont été aidées pour la communication par des 
personnes qui n’étaient pas des traducteurs professionnels, ce qui a été 
susceptible de donner une image moins précise encore. 

11.4.3 S’agissant du prévenu en particulier, la Cour ne peut que constater que sa 
crédibilité est mauvaise. Tout au long de la procédure, il a donné l’image d’une 
personne autoritaire supportant mal d’être contredite (à titre d’exemple : D. 292 l. 1-
2). A de nombreuses reprises, ses déclarations ont évolué au fil des auditions, ce 
qui démontre un manque évident de sincérité. Il a uniquement reconnu avoir cassé 
le téléphone portable de la partie plaignante ; il ne saurait en revanche être tiré 
aucun argument en faveur de sa sincérité, puisqu’il s’agissait d’un élément établi et 
notoire au sein du centre de réfugiés de F.________, étant rappelé que le prévenu 
avait racheté un téléphone portable pour sa femme, sur conseils appuyés du 
personnel encadrant. Le prévenu a également tenté de décrédibiliser la partie 
plaignante, affirmant qu’elle serait alcoolique (D. 302 l. 359) et qu’elle aurait eu un 
autre homme (D. 850) – étant précisé que si ce sont deux choses qui sont mal 
vues socialement dans notre culture, elles sont très graves dans la leur. Le 
prévenu a déclaré que le problème venait de la partie plaignante (D. 290 l. 119). Il 
a par ailleurs utilisé des mots vulgaires pour qualifier sa femme (D. 296 l. 156-157) 
et mis la faute de sa situation sur les traducteurs, respectivement traductrices 
(D. 292 l. 4-8 ; D. 297 l. 159-160 ; D. 303 l. 416 ; D. 850). Le prévenu a répondu 
parfois à côté de la question qui lui était posée, n’y a pas répondu du tout ou 
uniquement après que la question lui a été posée une nouvelle fois (D. 823 l. 2-5 et 
22-30, D. 824 l. 29-36, D. 825 l. 37-42). Il a également tenu des propos 
contradictoires ; par exemple, il a déclaré lors de sa première audition qu’il était 
arrivé « deux ou trois fois » qu’il prenne un couteau en Iran (D. 290 l. 100), alors 
qu’il a ensuite déclaré lors des débats de première instance n’avoir « jamais touché 
à un couteau » (D. 821 l. 28).

15

Le prévenu a également cherché à justifier ses actes par des explications peu 
crédibles, par exemple lorsqu’il admet avoir menacé sa femme, mais uniquement 
pour la dissuader de le menacer (D. 290 l. 100-102) ; non seulement cette 
explication et pour le moins insolite, mais elle est extrêmement peu crédible en 
l’espèce, étant donné le rapport de domination établi entre le prévenu et la partie 
plaignante. 

S’agissant précisément de ce point, la Cour ne peut que constater que le caractère 
dominateur, autoritaire et tyrannique du prévenu transparaît tout au long du dossier 
et relève, à l’instar de la première instance, qu’une attitude telle que la sienne à 
l’audience d’arrestation est peu commune. Il doit tout de même être relevé que le 
prévenu s’est comporté correctement à l’audience des débats d’appel. Même s’il ne 
peut pas être affirmé que le prévenu ment de manière systématique, sa crédibilité 
générale en lien avec les infractions qui lui sont reprochées est toutefois 
extrêmement faible. 

11.4.4 En ce qui concerne la partie plaignante, une conclusion légèrement plus nuancée 
s’impose. En particulier en raison de ce qui a été relevé plus haut s’agissant de son 
parcours scolaire, de la barrière de la langue, du fossé culturel et d’une certaine 
forme de pudeur par rapport à son intimité, il est parfois difficile de suivre la logique 
de ses déclarations. On a parfois l’impression qu’elle ne saisit pas véritablement le 
sens des questions qui lui sont posées. A ce stade déjà, la Cour tient à préciser 
qu’aucune volonté de vengeance ou de nuire au prévenu n’a pu être décelée dans 
le cas présent. Si tel avait été le cas, la plaignante s’y serait prise autrement. Par 
exemple, elle aurait directement parlé des prétendues contraintes sexuelles, 
respectivement viols lorsqu’elle a été entendue par la police. La partie plaignante 
n’a en outre nullement chargé inutilement le prévenu et n’a pas cherché à exagérer 
les faits. Par exemple, s’agissant de l’épisode du téléphone portable, elle n’a pas 
déposé plainte contre le prévenu (D. 278 l. 244-245). La partie plaignante a 
également déclaré qu’il était déjà arrivé que le prévenu sorte un couteau, mais qu’il 
ne l’avait jamais frappée avec (D. 269 l. 69). S’agissant de la fréquence des coups, 
la partie plaignante a déclaré que s’ils se disputaient tous les jours, le prévenu ne 
la frappait « que » une à deux fois par semaine (D. 273 l. 84-91). Elle n’a par 
ailleurs pas hésité à relever l’amélioration du comportement du prévenu depuis 
qu’elle était revenue à F.________, respectivement qu’elle était allée le dénoncer à 
la police (D. 274 l. 99-101 ; D. 274 l. 105-108 ; D. 276 l. 178-184 ; D. 278 l. 260-
271). La partie plaignante a également déclaré qu’il n’y avait jamais eu de 
problème en relation avec l’argent entre eux et que le prévenu lui avait toujours 
donné de l’argent (D. 277 l. 209-225). Elle n’a pas tenté de cacher les éléments qui 
lui étaient défavorables. Par exemple, elle a admis fesser parfois son fils lorsqu’il 
faisait des bêtises (D. 270 l. 77 ; D. 276 l. 198-199 ; D. 833 l. 4-5). Elle a également 
admis avoir mordu le prévenu dans le dos lorsque ce dernier lui a brisé son 
téléphone portable (D. 790 l. 22). 

11.5 Il est également perceptible que la partie plaignante, au contact de la culture suisse 
et en particulier des droits de la femme dans notre société, s’est « rebellée » et a 
décidé de s’affranchir d’une situation qui lui était extrêmement pénible dès lors 
qu’elle a pu constater que ce n’était pas les mêmes codes qui prévalaient en 
Suisse qu’en Afghanistan, respectivement en Iran. Elle a ainsi décidé de parler et 

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de ne plus subir. En ce qui concerne l’impression personnelle qu’a faite la partie 
plaignante à la Cour, celle-ci peut être qualifiée de bonne.

11.6 Au vu de tout ce qui précède, la Cour est d’avis que la partie plaignante jouit 
globalement d’une bonne crédibilité, ce qui n’exclut toutefois pas certaines failles 
dans ses explications. 

Au vu toutefois des différences culturelles et des difficultés de communication, il 
convient de se montrer prudent et de ne pas retenir sans un minimum d’esprit 
critique tout ce que la partie plaignante a dit, en particulier s’agissant des viols mis 
en accusation. Il sera ainsi fait usage des règles générales et usuelles sur l’analyse 
des déclarations de parties. Par ailleurs, ces déclarations doivent être examinées à 
l’aune des témoignages recueillis, pour autant qu’ils permettent d’apporter certains 
éclaircissements.

12. Ad voies de fait (ch. I.1 AA)

12.1 Lors de l’audience des débats d’appel, la partie plaignante a déclaré que le 
problème des coups a toujours été présent, mais que lors l’arrivée du couple en 
Suisse, celui-ci s’est aggravé. S’agissant de la fréquence de ces coups, elle a 
déclaré ne pas pouvoir les compter et a précisé que le prévenu la frappait avec sa 
main, sur le bas du corps. Il la frappait également avec une ceinture et des fois, il 
sortait même un couteau. 

12.2 Quant au prévenu, il a déclaré qu’il y avait bien des disputes, mais que celles-ci se 
limitaient aux mots. 

12.3 Le caractère violent et colérique du prévenu est établi au dossier. Non seulement 
plusieurs témoins l’ont mentionné (Q.________, D. 212 l. 27-28 ; R.________, D. 
228 l. 59), mais il s’est également distingué comme tel tout au long de la 
procédure. A titre d’exemple, il est renvoyé à son comportement lors de l’audience 
d’arrestation du 19 juin 2017 ainsi que lors de la visite de son fils en prison (D. 
739). Il est en outre établi au dossier que le prévenu a brisé le téléphone portable 
de la partie plaignante suite à la réception d’un sms lui ayant déplu. L.________ a 
déclaré avoir vu le prévenu donner un coup de pied au dos de la partie plaignante ; 
comme il l’a été établi plus haut, ces déclarations sont parfaitement crédibles, 
même si elles ne constituent qu’un indice de ce qui s’est passé. 

Quant à la partie plaignante, ses déclarations sur ce point sont cohérentes et 
dignes de foi. Elle a donné des détails et ne s’est pas contredite. Dès sa première 
audition auprès de la police, elle a déclaré s’être fait frapper par son mari (D. 269 
l. 47) et l’a répété dans son audition subséquente (D. 274 l. 91). Elle a précisé avoir 
reçu des coups de poing et des coups de pieds sur le corps, à des endroits non-
visibles lorsqu’elle est habillée, soit le bas du corps, notamment le bas du ventre 
(D. 269 l. 67-68, D. 274 l. 94-97). En outre, la plaignante a décrit, lors de son 
audition par-devant le Ministère public, comment le prévenu l’avait prise par le cou, 
l’avait frappée avec les pieds et une main et lui avait fermé la bouche avec l’autre 
main afin qu’elle ne crie pas (D. 274 l. 94-96). Il sied de relever que la partie 
plaignante, lors des débats de première instance, n’a pas hésité à déclarer, sur 
demande, qu’il y avait eu un malentendu s’agissant des éventuelles violences avec 
une ceinture et qu’elle ne savait pas qui avait parlé de ces violences (D. 832 l. 23-
25).

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12.4 Le prévenu quant à lui a systématiquement nié avoir frappé sa femme (D. 289 l. 32, 
D. 294 l. 82-83, D. 306 l. 32 D. 821 l. 16). 

Alors qu’il lui a été demandé s’il arrivait aussi que sa femme le frappe, il a 
répondu : « Oui, mon épouse levait aussi la main sur moi. » (D. 306 l. 36-37). Ces 
déclarations ne sont pas crédibles et faites pour les besoins de la cause.

12.5 Il peut être ainsi retenu que le prévenu a été à plusieurs reprises violent avec sa 
femme, en lui donnant des coups avec les pieds et les mains, sur différentes 
parties du bas du corps, dont notamment le dos, tout en lui mettant à une occasion 
au moins une main sur la bouche afin qu’elle ne puisse pas crier. S’agissant de la 
fréquence de ces violences la partie plaignante a déclarée, que le prévenu la 
frappait « une à deux fois par semaine » (D. 274 l. 91). Il convient de relever que la 
période mentionnée dans l’acte d’accusation est trop large, sachant que les 
premiers coups de pied et de poing ont été donnés à F.________, soit dès le 3 mai 
2016 et qu’après la dispute du 19 août 2016, D.________ a été transférée fin août 
2016 au centre H.________ et n’a donc plus pu être battue par le prévenu jusqu’à 
ce qu’elle revienne à F.________ en février 2017.

12.6 Au vu des éléments qui précèdent, la Cour rejoint partiellement l’analyse faite par 
le Tribunal de première instance et retient les faits suivants : durant la période de 
mai 2016 au 20 août 2016 puis celle de février 2017 au 18 juin 2017, le prévenu a, 
avec une fréquence d’une à deux fois par semaine, donné des coups avec les 
pieds et les mains sur différentes parties du corps de la partie plaignante, cachées 
par les vêtements, où l’on ne pouvait pas voir les marques éventuelles, notamment 
sur le bas du corps, le bas-ventre, les jambes et les pieds.

13. Ad voies de fait au préjudice d’G.________ (ch. I.2.2 AA)

13.1 S’agissant de la première partie des faits décrits dans l’acte d’accusation, la 
première instance a considéré que dès lors que personne n’avait pu observer de 
réaction de crainte d’G.________ envers son père, soit des gestes réflexes, les 
fortes gifles prétendument données par le prévenu lors des disputes conjugales ne 
pouvaient être établies. Au vu de la portée des appels du Parquet général et de la 
partie plaignante, ce point ne peut être revu et est entré en force. 

13.2 En ce qui concerne le second point de l’accusation, il ressort des auditions des 
différentes personnes appelées à donner des renseignements qu’aucune d’entre 
elles n’a jamais vu le prévenu être violent avec son fils (S.________ D. 247 l. 87-
88, T.________ D 242 l. 66, U.________ D. 238 l. 74, L.________ D. 234 l.129, 
R.________ D. 228 l. 88, N.________ D. 224 s l. 103,  O.________ D. 812 l. 9, 
V.________ D. 828 l. 13).  

13.3 S’agissant de la manière dont il tapait l’enfant, la partie plaignante a déclaré qu’il 
prenait l’enfant par le cou, qu’il l’élevait en hauteur et qu’il le lançait parterre. Sur 
question du Procureur, elle a précisé que le prévenu giflait souvent l’enfant, mais 
que quand il était trop énervé, il prenait alors l’enfant par le cou et le lançait par 
terre (D. 276 l. 186-192). Elle a ensuite confirmé ses déclarations lors de l’audience 
du 11 avril 2018, soit près d’une année plus tard. La partie plaignante a déclaré 
que lorsque le prévenu s’énervait, « il faisait exactement ça », en précisant que 
c’était arrivé plusieurs fois pendant les quatre mois qu’elle était avec le prévenu en 

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2016, mais uniquement pendant la période avant qu’elle ne dépose plainte (D. 789 
l. 5-16). 

Le fait qu’il ait changé son comportement après le dépôt de plainte de la partie 
plaignante a été relevé plusieurs fois tout au long de la procédure par cette 
dernière et en relation avec un bon nombre d’infractions mises en accusation. 

13.4 Quant au prévenu, il a toujours nié les faits. Lors de sa première audition par-
devant la police, il a déclaré qu’il ne frappe pas son fils, mais qu’il est arrivé qu’il le 
ramène de force à la maison lorsqu’il fait trop de bruit à l’extérieur (D. 289 l. 57-58). 
Confronté aux accusations de son épouse, il a alors prétendu que ce serait elle qui 
le frapperait « à n’importe quel moment » et qu’il serait même arrivé qu’elle le gifle 
si fort que l’enfant a saigné du nez (D. 289 l. 63-68). Par-devant le Procureur, il a 
expliqué ne jamais avoir tapé son fils et qu’il lui explique les choses avec des mots. 
Il a ensuite reproché à son épouse de ne pas s’occuper de leur fils, de ne pas y 
penser et d’être tout le temps sur son téléphone ou en train de « blaguer avec les 
voisins » (D. 295 l. 85-102). Lors de sa deuxième audition par-devant le Procureur, 
il a à nouveau nié les faits et accusé son épouse de lever la main sur leur fils. A 
cette occasion, il a déclaré que l’oncle de l’enfant (soit le frère de la partie 
plaignante) le tapait également et qu’ « une fois, mon fils a saigné du nez à cause 
de lui » (D. 307 l. 77-78). S’agissant précisément de ce point, il est relevé que le 
prévenu avait déclaré lors de sa première audition par-devant le Procureur que 
l’enfant avait saigné suite à une gifle de la partie plaignante et non de son oncle 
(D. 289 l. 68). Il a également déclaré que son fils avait même une brûlure au pied 
que sa mère lui aurait faite avec une cuillère (D. 307 l. 73-74), alors qu’il avait 
évoqué une brûlure de la jambe et du pied de l’enfant lors de l’audition devant le 
Ministère public du 19 juin 2017, ne mettant absolument pas cette blessure en 
relation avec une quelconque action de son épouse, laissant bien plus entendre 
que l’enfant s’était blessé seul (D. 295 l. 85-89), réponse au demeurant sans aucun 
rapport avec la question posée. 

13.5 On remarque donc une claire stratégie systématique du prévenu ; nier les faits, 
puis charger sa femme. Les déclarations du prévenu sont pour le reste vagues et 
contradictoires. Ce constat conjugué à l’absence de crédibilité du prévenu conduit 
la Cour à considérer que les déclarations de la partie plaignante sont sur ce point 
globalement crédibles. Il peut donc être retenu que le prévenu a soulevé son fils 
par le cou et l’a jeté par terre. Même si elle ne partage pas le point de vue du 
Tribunal de première instance qui a retenu que cet incident ne s’était produit qu’à 
une seule reprise, la Cour ne saurait retenir plusieurs actes de ce genre, faute de 
quoi elle violerait le principe de l’interdiction de la reformatio in peius. Cela a pour 
conséquence qu’en l’absence de plainte pénale, la procédure doit être classée sur 
ce point.

14. Ad contraintes, év. menaces, év. tentatives des mêmes infractions (ch. I.3 
AA)

14.1 Lors de l’audience des débats d’appel, la partie plaignante a déclaré que le 
prévenu lui interdisait d’appeler sa famille, sa sœur et sa mère en Iran, qu’il 
contrôlait ses fréquentations, l’empêchait de voir ses amis et que si elle ne se pliait 
pas à ses exigences, il la frappait. Elle a également expliqué qu’un jour, il l’a 
attaquée avec un couteau dans la cuisine du centre, devant témoins ; il ne l’a pas 

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touchée, mais il l’a menacée. S’agissant de l’épisode du couteau, elle a précisé 
que les témoins étaient une famille kurde et une femme afghane avec un enfant, 
que le couteau était dans la cuisine et qu’il a attrapé le couteau, qu’elle lui a dit « si 
tu es un mec attaque-moi » et qu’ensuite, elle a attrapé le couteau et elle a fait un 
geste mimant un suicide. C’est une amie qui était présente qui l’a empêchée de le 
faire, précisant que le prévenu avait filmé la scène. Sur question complémentaire, 
elle a encore déclaré que la dispute avait commencé, car le prévenu avait cassé 
son téléphone portable. 

14.2 Quant au prévenu, s’agissant de l’épisode du couteau, il a déclaré que c’est la 
partie plaignante qui est allée chercher le couteau dans la cuisine et que c’est elle 
qui l’avait menacé. Il a confirmé que la dispute avait commencé en raison du 
téléphone portable brisé. 

14.3 S’agissant des ch. I.3.1-5, 8, 10 et 14 AA, la partie plaignante a déclaré lors de sa 
première audition qu’elle subi des menaces de son mari. Elle a ensuite précisé qu’il 
téléphonait à sa famille à l’étranger pour les menacer de mort si elle divorçait, que 
si elle ne lui donne pas plus d’enfants, il divorcera et qu’il l’a également 
régulièrement menacée de mort. Elle a précisé que son mari ne souhaitait pas 
qu’elle vive comme les femmes en Suisse et qu’il l’a donc aussi menacée de la 
ramener en Afghanistan pour lui « faire son compte » là-bas (D. 269 l. 49-65). Lors 
de son audition par-devant le Ministère public, elle a confirmé ses déclarations 
(D. 274 l. 110-117 ; D. 275 l. 132-141). La plaignante a également confirmé que le 
prévenu la menaçait de mort si elle souhaitait vivre comme les femmes en Suisse. 
Elle a précisé que lorsqu’elle se trouvait à H.________, le prévenu lui avait 
téléphoné pour lui dire qu’il voulait la prendre pour la ramener en Afghanistan et la 
tuer là-bas (D. 275 l. 125-130). La partie plaignante a donc été constante dans ses 
déclarations et est restée mesurée, ce qui parle pour sa crédibilité. 

14.4 Lors de sa première audition, le prévenu a nié proférer des menaces de mort 
envers sa femme mais a admis avoir appelé une fois la mère de son épouse pour 
lui dire que sa fille « créé des problèmes entre nous et qu’elle lui met la honte en 
Suisse », précisant que si elle l’humilie en Suisse, c’est sa famille qui sera humiliée 
dans son pays (D. 289 l. 39-41). Lors de son audition d’arrestation, s’agissant des 
menaces de divorce en rapport avec le refus de la partie plaignante d’agrandir la 
famille, il a nié avoir proféré de telles menaces mais a admis vouloir d’autres 
enfants, précisé que sa femme n’est pas d’accord et qu’il ne « peut pas vivre 
comme ça » (D. 295 l. 114-120). Lors de son audition du 2 novembre 2017, le 
prévenu a également nié en bloc toute menace de mort, alors que, dans cette 
même audition, il a menacé de se suicider si on ne le laissait pas tout de suite 
repartir en Afghanistan (D. 301 l. 321-322). Confronté aux accusations de menaces 
de mort envers son épouse si celle-ci voulait vivre comme les femmes en Suisse, il 
a répondu : « je n’ai jamais dit une chose pareille, si j’avais parlé de la tuer ou quoi 
que ce soit, je ne serais jamais venu en Suisse » (D. 308 l. 143-144), réponse au 
demeurant sans aucun rapport avec la question posée. Il a également nié les faits 
lors de l’audience des débats de première instance (D. 821 l. 33). Ces 
contradictions conduisent la Cour à considérer que le prévenu n’est pas crédible.

14.5 Quant aux autres personnes, R.________ a déclaré que les deux époux se 
disputaient beaucoup et fort et qu’il avait entendu une fois, lors d’une dispute, le 
prévenu dire à sa femme qu’il pourrait la tuer, elle et leur fils (D. 227 l. 42-43). 

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Q.________ a rapporté que le prévenu avait tenu des propos suicidaires lors d’une 
discussion (D. 213 l. 66-67). Il semble par ailleurs que la partie plaignante lui a 
rapporté se faire menacer de mort par son époux (D. 213 l. 85-86). N.________ a 
également évoqué ces menaces (D. 224 l. 122-123 ; D. 645 l. 1-4), de même que 
P.________ (D. 806 l. 23-26). 

14.6 Toutes ces considérations, conjuguées au caractère colérique du prévenu établi au 
dossier, conduisent la Cour à considérer comme établis les faits mis en accusation 
au ch. ch. I.3.1-5, 8, 10 et 14 AA.

14.7 En ce qui concerne le ch. I.3.6 AA, force est de constater que les déclarations des 
différentes personnes sont confuses et qu’elles ne se recoupent pas. Par exemple, 
Q.________ a déclaré que le prévenu avait menacé de mort la partie plaignante, 
que cette dernière était allée chercher un couteau à la cuisine et que quand elle 
était revenue dans la chambre, le prévenu était en train de la filmer (D. 213 l. 85-
88). Lors de l’audience des débats de première instance, Q.________ a déclaré 
qu’il y avait des menaces avec un couteau, « mais on n’a jamais su qui avait fait 
quoi » (D. 636 l. 24.25). Quant à la partie plaignante, elle a déclaré lors de sa 
première audition : « il est déjà arrivé qu’il sorte un couteau et qu’il me menace, 
mais il ne m’a jamais frappée avec le couteau » (D. 269 l. 68-69). Elle a précisé 
lors de son audition par-devant le Ministère public qu’en Iran, « il le sortait, mais ici 
qu’une seule fois » et qu’ils étaient assis pour manger et il a pris le couteau sur la 
table (D. 275 l. 152-157). Quant à la question de savoir quand cela s’était passé, 
elle a répondu ne pas pouvoir donner de dates exactes, mais que c’était durant la 
fin du Ramadan de l’année passée (D. 275 l. 150), étant précisé que le Ramadan 
2016 a eu lieu entre le 6 juin et le 5 juillet 2016. Le prévenu se serait énervé pour 
des petites choses très banales, notamment car elle avait appelé sa mère (D. 276 l. 
171). Le prévenu enfin a déclaré avoir voulu faire un câlin à sa femme et que celle-
ci aurait réagi en prenant un couteau et l’aurait menacé en lui disant « je le fais ou 
pas », il aurait répondu qu’elle le fasse et il a ensuite pris le couteau à sa femme et 
l’a remis à sa place (D. 290 l. 94-96). Il a concédé qu’en Iran, c’était arrivé deux ou 
trois fois qu’il prenne un couteau pour la menacer, mais que c’était pour répondre à 
une de ses menaces à elle (D. 290 l. 100-101). Lors de l’audience d’arrestation, il a 
déclaré ne pas avoir « mis la main sur le couteau » (D. 297 l. 170). Lors de son 
audition par-devant le Ministère public, il a déclaré ne jamais avoir pris de couteau 
en main (D. 309 l. 190), que c’était son épouse qui avait le couteau en main, car il 
lui avait brisé son téléphone portable, qu’elle aurait voulu qu’il lui achète le plus vite 
possible un nouveau téléphone et vu qu’il lui avait répondu qu’elle devait encore 
patienter, elle était tellement enragée qu’elle est directement allée à la cuisine pour 
prendre ce couteau. A l’audience des débats de première instance, il a déclaré ne 
jamais avoir touché à un couteau et que c’était elle qui avait pris le couteau (D. 821 
l. 28). Enfin, à cette même audience, sur opposition des déclarations de 
Q.________, la partie plaignante a confirmé ses propos et a déclaré que le 
prévenu l’avait menacée de mort et qu’elle était allée chercher ce couteau et lui 
avoir dit de « le faire », précisant que L.________ et une famille kurde avaient été 
témoins de la scène (D. 832 l. 41-45). Lors de l’audience des débats d’appel, la 
partie plaignante a confirmé l’identité des témoins et a déclaré que le couteau était 
dans la cuisine. C’est le prévenu qui l’a attrapé et c’est donc lui qui avait le couteau 
au départ dans la main. Elle lui a alors dit « si t’es un mec, attaque-moi » et ensuite 
elle a attrapé le couteau et a fait un geste mimant un suicide. Une amie l’a 

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empêchée de faire cela et le prévenu a filmé la scène. La partie plaignante a 
précisé que cette dispute avait éclaté suite au téléphone portable brisé. Le prévenu 
a déclaré à ce sujet devant la 2e Chambre pénale que lorsqu’il a brisé le téléphone 
portable de la partie plaignante, celle-ci était ensuite arrivée en courant avec un 
couteau à la main en le menaçant « soit tu m’achètes ce téléphone, soit je te tue » 
et qu’une famille de kurde syriens est sortie pour voir ce qui se passait. La femme a 
crié lorsqu’elle a vu le couteau et l’homme a pris le couteau des mains de la partie 
plaignante pour le remettre à la cuisine.

14.8 Il ressort de ces différentes déclarations qu’il n’est pas possible de démêler le vrai 
du faux, tant les déclarations sont confuses et contradictoires. En particulier, la 
partie plaignante n’a pas fait des déclarations constantes sur ce point précis et 
s’est contredite à diverses reprises, livrant plusieurs versions des faits au fil de ses 
auditions, également concernant la période durant laquelle elle aurait été menacée 
avec un couteau. Ces circonstances conduisent la 2e Chambre pénale à considérer 
que les déclarations de la partie plaignante ne sont pas assez précises pour 
pouvoir retenir le déroulement précis des faits. Quant au prévenu, il est resté 
constant dans ses déclarations, même si de sérieux doutes existent quant à la 
réalité de sa version. Enfin, même si ses déclarations ne sauraient être retenues, 
les explications d’G.________ à ce sujet rajoutent encore à la confusion (cf. D. 
257). Il n’est ainsi pas possible de retenir à suffisance de droit que le prévenu a pris 
en main un couteau de table et l’a brandi devant la lésée en la menaçant de mort. 

14.9 En ce qui concerne le ch. I.3.7 AA, la partie plaignante a déclaré de manière 
crédible que le prévenu lui avait téléphoné pour la menacer de tuer leur fils et lui-
même si elle ne revenait pas à F.________ et que dès lors qu’elle n’avait plus 
répondu, il avait appelé sa mère pour lui dire la même chose et qu’il lui avait 
ensuite envoyé une vidéo montrant leur fils allongé comme s’il était mort. Avertie 
par sa mère, la partie plaignante a alors téléphoné au Centre de F.________ pour 
qu’un contrôle soit effectué (D. 279 l. 277-285). Lors de son audition par-devant la 
première instance, W.________, veilleuse au centre de F.________, a confirmé 
avoir reçu un appel du veilleur du centre H.________, vers lequel la partie 
plaignante était allée en pleurs et toute perturbée. Elle est alors allée demander au 
prévenu comment allait G.________, lequel lui a répondu qu’il dormait ; elle est 
allée contrôler et a constaté qu’G.________ dormait. Elle a ensuite expliqué que le 
prévenu est venu au bureau pour lui demander si elle « avait du stress au sujet 
d’G.________ ». Elle a alors répondu que non et qu’elle voulait juste contrôler (D. 
316 l. 6-39). 

14.10 Quant au prévenu, il a nié les faits. Lorsque le Procureur lui a demandé si les 
accusations de son épouse à ce sujet étaient fondées, sans donner de précision 
quant à la date de l’évènement en question, le prévenu a répondu : « mon fils 
dormait sur le canapé. Ce n’est pas vrai. En plus, ce soir-là un Monsieur est venu 
contrôler si mon fils allait bien, c’était notre chef du centre. Mon fils dormait sur le 
canapé » (D. 298 l. 208-212). Il est donc éloquent de constater que le prévenu sait 
parfaitement à quoi il est fait référence, puisqu’il est capable de mettre en relation 
le contrôle inopiné de son enfant par W.________ et les menaces proférées à sa 
femme, respectivement sa belle-mère. Si le prévenu n’avait véritablement rien à se 
reprocher, il n’aurait nullement été capable de faire le rapprochement entre ces 
deux évènements.

22

14.11 Ce dernier point ainsi que la bonne crédibilité de la partie plaignante conduisent la 
Cour à considérer pour établis les faits mis en accusation au ch. I.3.7 AA. 

14.12 S’agissant du ch. I.3.9 AA, cet élément est ressorti pour la première fois du rapport 
d’enquête sociale du 7 décembre 2016 (D. 121). Questionnée à ce sujet par le 
Procureur, la partie plaignante a alors déclaré que le prévenu avait voulu la toucher 
devant leur fils et avoir une relation avec elle, mais qu’elle l’avait repoussé et était 
partie et que ce n’était arrivé qu’une seule fois (D. 284 l. 483-487). Elle a ajouté en 
avoir parlé à une jeune dame du centre qui n’était pas Q.________ (D. 284 l. 496). 
Elle a également été capable de préciser l’évènement, donnant des éléments 
périphériques tels que le positionnement des protagonistes et le déroulement 
précis dans l’espace de l’épisode (D. 284 l. 499-501 et D. 285 l. 503-511). Elle a 
enfin précisé que le prévenu ne l’avait touchée nulle part ailleurs qu’à la main 
(D. 285 l. 507). A cela s’ajoute que, comme l’a relevé la première instance, la partie 
plaignante, dans ses déclarations, a clairement distingué entre les faits et ses 
impressions. Ces éléments rendent les déclarations de la partie plaignante à ce 
sujet particulièrement crédibles. En revanche et à l’instar de la première instance, il 
ne peut être établi que le comportement du prévenu avait une connotation sexuelle.  

14.13 S’agissant des ch. I.3.11 et 12 AA, tout ce qui a été développé aux considérants 
qui précèdent conjugués au caractère autoritaire et colérique du prévenu, de même 
qu’à sa vision réductrice de la femme et dominante de l’homme, conduisent à 
considérer que ces faits sont également bel et bien établis. La Cour rejoint en effet 
la première instance et considère que le prévenu voulait ainsi assoir son contrôle 
sur son épouse et empêcher toute émancipation. 

14.14 L’évènement relatif au téléphone portable de la partie plaignante brisé par le 
prévenu (ch. I.3.13 AA) a été admis par ce dernier et la Cour ne peut ainsi que 
renvoyer à la partie en droit s’agissant de ce point.

14.15 Concernant enfin le ch. I.3.15, Q.________ a déclaré lors de son audition que la 
partie plaignante avait demandé que l’on retrouve deux cartes mémoires 
appartenant à son mari contenant des photos d’elle peu habillée, car le prévenu 
l’avait menacée de les publier sur Facebook (D. 210-211 l. 98-101). Il est relevé 
que ces menaces n’ont pas été évoquées par la partie plaignante dans le cadre de 
la procédure pénale en tant que telle. Il sied d’ajouter que les photos en question 
ne se trouvent pas au dossier et que la 2e Chambre pénale ne peut dès lors se 
faire une idée sur la nature exacte de celles-ci. Ainsi, si la Cour considère les faits 
pour établis, il est renvoyé au droit s’agissant de la subsomption. 

15. Ad viols (ch. I.4 AA)

15.1 Lors de l’audience des débats d’appel, la partie plaignante a déclaré s’agissant des 
contradictions relevées par la première instance quant à la question de savoir qui 
criait pour réveiller l’enfant, « il m’obligeait, je n’avais pas d’autre choix ». Après 
que la question lui a été répétée, elle a déclaré rester sur ses déclarations et que 
même si cela pouvait paraître contradictoire, c’était la vérité. Au départ, elle 
essayait de réveiller l’enfant pour empêcher son mari de la forcer, puis, comme son 
enfant ne réagissait pas, elle était obligée de céder. La question lui a été posée de 
savoir ce qu’elle avait à dire sur le fait que le Parquet général réclamait 7 ans de 
peine privative de liberté en relation avec ces viols et la partie plaignante a déclaré 
« je n’ai pas d’avis là-dessus, je veux juste divorcer de lui ». Elle a également 

23

déclaré que lorsque son époux venait vers elle, elle tirait la couverture sur sa tête 
ou que lorsqu’elle ne souhaitait pas de relation sexuelle, elle restait longtemps 
dans la cuisine avec ses amis pour tuer le temps jusqu’à ce qu’il s’endorme. 
S’agissant de la manifestation de son refus, elle a précisé l’avoir exprimé avec les 
mots et avoir clairement dit non, précisant qu’elle le repoussait. Elle a également 
déclaré que lorsqu’elle refusait de coucher avec lui, le prévenu dormait soit sur un 
lit à côté, soit il dormait parterre. Quand elle cédait, elle n’avait pas de raison 
spéciale de céder, elle se sentait juste obligée. Elle a rapproché les lits à son retour 
à F.________ car la pièce était trop petite. 

15.2 Quant au prévenu, il a déclaré que c’était une honte pour lui de parler de ce genre 
de choses en public, mais qu’il n’avait jamais forcé sa femme, que c’était elle-
même qui enlevait ses habits. Ce n’était que quand elle montrait une envie qu’il 
avait un rapport sexuel. Il a précisé qu’après le retour de son épouse à 
F.________, s’il y a eu des rapports sexuels, c’est parce qu’elle l’avait demandé. 

15.3 En tout premier lieu, il est ici relevé encore une fois qu’il existe un fossé abyssal 
entre la culture dans laquelle évoluent, respectivement évoluaient le prévenu et la 
partie plaignante, et la culture helvétique. Les protagonistes du présent dossier 
viennent en effet d’un monde où les relations intimes entre un homme et une 
femme sont taboues et où le mari occupe une position dominante sur sa femme, 
laquelle n’a que très peu de droits. Ces éléments imprègnent tout le dossier, lequel 
doit être lu en gardant cela en tête. A titre d’exemple, il peut être mentionné le fait 
que la partie plaignante justifie le fait de ne pas avoir parlé des « relations 
sexuelles forcées » par-devant la police, ou très peu, dès lors que l’interprète était 
un « homme célibataire » (D. 286 l. 567 ; D. 799 l. 17-18).  

15.4 La Cour constate que les déclarations de la partie plaignante sont en partie 
confuses s’agissant de ce point. Elle a par exemple déclaré qu’elle avait peur que 
le prévenu crie et qu’il réveille l’enfant et qu’elle enlevait donc ses vêtements, pour 
qu’il arrête de crier (D. 281 l. 353-373 ; D. 285 l. 535-538). Pourtant, elle a 
également déclaré qu’elle ne laissait pas le prévenu éjaculer en elle et que pour ce 
faire, elle menaçait de crier pour réveiller l’enfant (D. 283 l. 446-464). La 
2e Chambre pénale peine à saisir la logique de ces déclarations et celles-ci 
apparaissent clairement contradictoires. Par ailleurs et à ce sujet, le fait que la 
partie plaignante a admis avoir demandé de mettre les lits ensemble lorsqu’elle est 
retournée au centre de F.________ et avoir même demandé qu’une planche soit 
enlevée pour que les lits soient au même niveau interpelle (D. 799-800 l. 45-11). A 
ce sujet, la partie plaignante a expliqué que lors de son retour à F.________ depuis 
H.________, elle avait dit au prévenu qu’elle ne voulait plus d’enfant, qu’on lui avait 
mis un implant dans ce but et qu’elle ne lui avait pas dit qu’elle ne voulait plus de 
relations sexuelles (D. 796 l. 9-13). Il est en effet peu commun pour une victime qui 
prétend avoir subi des rapports sexuels forcés de la part de son mari, qui a quitté le 
domicile conjugal pendant plus de six mois et qui y retourne, sous condition de ne 
plus avoir de relation sexuelle, de veiller aussi soigneusement à partager le même 
lit avec son prétendu abuseur. 

15.5 Au sujet de la contrainte concrètement employée par le prévenu dans ce contexte, 
force est de constater que la partie plaignante a été très vague lors de ses 
auditions jusqu’à et y compris celle devant la Cour de céans. Tout au plus a-t-elle 
déclaré que le prévenu criait pour réveiller l’enfant si elle s’opposait à une relation 

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sexuelle (D. 281 l. 353-370 ; D. 285 l. 535-538). A ce sujet, et comme déjà relevé, 
la plaignante a toutefois également déclaré non seulement que c’est elle qui 
menaçait de crier si le prévenu voulait « terminer » en elle (D. 283 l. 446-464), mais 
aussi qu’elle criait pour que l’enfant se réveille lorsqu’elle ne voulait pas de relation 
(D. 796 l. 19-23). Toutes ces déclarations sont contradictoires et on peine à en 
saisir la logique. A la question de savoir comment elle expliquait que le prévenu 
respectait sa volonté de ne pas avoir d’enfant mais pas sa volonté de ne pas avoir 
de relations sexuelles, la partie plaignante a répondu : « je n’ai rien à dire là-
dessus » (D. 793 l. 32-35). Q.________ a déclaré que la partie plaignante lui avait 
expliqué que les relations sexuelles forcées se déroulaient de deux manières ; soit 
le prévenu la suppliait jusqu’à ce qu’elle cède, soit lorsqu’il tentait de la contraindre, 
elle criait et il renonçait (D. 632 l. 32-37 ; D. 633 l. 11-15). Q.________ et 
X.________ ont toutes deux rapporté que lors d’un entretien sur cette thématique, 
le prévenu avait déclaré qu’il suppliait la partie plaignante mais qu’il ne la forçait 
pas (D. 632 l. 36 ; D. 650 l. 39). Dans la même veine, la partie plaignante a déclaré 
lors des débats de première instance que si le prévenu avait voulu d’autres 
relations sexuelles que des relations « classiques », elle ne l’aurait pas laissé faire 
et aurait réveillé son fils (D. 793 l. 15-25). Par ailleurs, L.________ a déclaré que la 
partie plaignante lui avait raconté ne plus vouloir de relations sexuelles avec le 
prévenu parce qu’elle n’avait plus de sentiments pour lui (D. 233 l. 65-66). 

15.6 Dans ce contexte, la Cour se doit de relever que la signification du terme « viol », 
en dari concerne uniquement des étrangers, soit un homme et une femme non 
mariés (D. 652 l. 3-6). Il a donc une toute autre signification que celle qui prévaut 
dans notre ordre juridique et dans notre culture. Les termes utilisés dès lors par la 
partie plaignante et la traductrice signifiaient uniquement « contrainte » (D. 652 
l. 14-36). Par ailleurs, la 2e Chambre pénale a le sentiment que la partie plaignante 
confond les relations sexuelles en vue de concevoir un enfant et les relations 
sexuelles n’ayant pas cette finalité. Elle a par exemple déclaré lors de l’audience 
de première instance, à la question « pour vous, peut-on avoir des relations intimes 
pour le plaisir ou est-ce nécessairement lié au fait d’avoir des enfants », « je pense 
que son but à lui était d’avoir des enfants. Je n’étais pas d’accord avec ça et je n’ai 
pas aimé. C’est pour ça que je le rejetais » (D. 832 l. 30-39). Elle a également 
déclaré qu’elle n’avait pas dit au prévenu, lorsqu’elle était revenue de H.________, 
qu’elle ne voulait plus de relations sexuelles avec lui, mais qu’elle lui avait dit 
qu’elle ne voulait plus d’enfant et qu’on lui avait mis un implant pour qu’elle n’en ait 
plus (D. 796 l. 9-13). La Cour ne peut ainsi retenir avec certitude que la partie 
plaignante ne désirait vraiment aucune des relations sexuelles en tant que telles et 
non pas uniquement le fait de prendre le risque de tomber enceinte. 

15.7 Il est en outre relevé que lorsque la partie plaignante s’est présentée au bureau du 
centre de F.________, elle a uniquement dénoncé des faits de violence physique 
et de menaces, de même que lors de sa première audition par-devant la police. 
Même si cela pourrait s’expliquer par le fait que la partie plaignante vient d’une 
culture dans laquelle ce genre de sujet est tabou, la Cour ne saurait faire 
abstraction de cet élément. En allant dénoncer son mari, la plaignante a franchi 
une étape extrêmement importante et elle ne pouvait ignorer qu’un retour en arrière 
n’était plus possible.

25

15.8 Quant au prévenu, il conteste intégralement les faits qui lui sont reprochés dans ce 
contexte. S’il considère qu’il a le droit d’entretenir des relations sexuelles avec son 
épouse  (D. 293 l. 22-23 ; D. 299 l. 266-267), il ne peut en être conclu qu’il a 
commis les faits tels qu’ils ont été mis en accusation. Lors de la discussion ayant 
eu lieu entre le prévenu, la partie plaignante, Q.________ ainsi que X.________ 
officiant en tant que traductrice, le prévenu s’est certes excusé auprès de la partie 
plaignante, alors que la thématique des relations sexuelles avait été abordée (D. 
212 l. 40-43 ; D. 631 l. 21-35 et D. 632 l. 1-11), il ne saurait toutefois rien en être 
tiré et surtout pas une quelconque forme d’aveu. D’une part, il n’est pas possible de 
retenir que le prévenu a clairement compris ce qui lui était reproché, en raison 
notamment de son passif culturel et des difficultés de communication faute d’avoir 
une retranscription fidèle de ce qui a été dit lors de cet entretien. D’autre part, il 
ressort du dossier qu’à ce moment-là le prévenu voulait que sa femme réintègre le 
domicile conjugal et il était ainsi prêt à faire des efforts pour que son souhait se 
concrétise. Il est ainsi tout à fait plausible qu’il se soit excusé uniquement dans 
cette optique. 

15.9 Le prévenu a du reste déclaré que lorsqu’il veut s’approcher de sa femme ou la 
toucher, il se fait chasser et elle hurle (D. 289 l. 32-34 ; D. 300 l. 277-281), ce qui 
est corroboré en partie par les déclarations de la partie plaignante elle-même 
(D. 796 l. 19-23). Le prévenu a également déclaré qu’il dormait par terre quand la 
partie plaignante ne voulait pas de relation sexuelle avec lui (D. 314 l. 404-405 ; 
D. 316 l. 430-431 ; D. 316 l. 471 ; D. 825 l. 42) ; le fait qu’il lui arrivait de dormir par 
terre a été confirmé lors des débats de première instance par la partie plaignante 
(D. 800 l. 13-15). D’ailleurs, le prévenu s’est plaint envers des amis de l’absence de 
désir chez sa femme (D. 227 l. 33-34 ; D. 251 l. 65-71 et 86-88). Il aurait même 
demandé où trouver des prostituées (D. 229 l. 75). Ces éléments plaident en faveur 
d’une certaine crédibilité des déclarations du prévenu dans ce contexte. En effet, si 
véritablement il forçait sa femme à avoir des relations sexuelles avec lui, il n’aurait 
pas à s’interroger sur le sujet, ni à s’en plaindre. Par ailleurs, étant donné que dans 
leur culture, ce genre de sujet est gênant, voire tabou, à aborder, il ne fait nul doute 
qu’il l’aurait évité dans le cas contraire, étant également relevé qu’il est humiliant 
pour un homme d’admettre que sa femme n’éprouve aucun désir pour lui.

15.10 Enfin, et en tout dernier lieu, la Cour relève que la partie plaignante n’est pas une 
femme sans défense entièrement soumise à son mari. Il ressort du dossier que la 
partie plaignante criait et se disputait violemment avec le prévenu, allant même 
jusqu’à le mordre dans le dos lorsqu’il lui a brisé son téléphone portable. Comme 
déjà relevé, elle savait que si elle criait pour réveiller son fils, le prévenu cesserait 
ses avances. Elle a enfin été en mesure de chercher l’aide dont elle avait besoin 
auprès du bureau du centre de F.________. N.________ a déclaré à ce sujet que 
la partie plaignante savait qu’en cas de nécessité, elle pouvait demander de l’aide 
au bureau du centre d’accueil (D. 643 l. 36-37). Il en découle que la partie 
plaignante disposait de certains moyens de défense et de résistance envers le 
prévenu. A ce sujet, il est d’ailleurs éloquent de relever les déclarations de la partie 
plaignante lors des débats d’appel. Cette dernière a répondu à la question de 
savoir si elle pouvait estimer à combien de reprises elle avait eu des relations 
sexuelles prétendument forcées : « si je compte le nombre de fois que lui 
demandait, c’était tous les jours. Mais le nombre de fois que j’ai dû céder, par 
force, une fois par semaine ». La Cour peut ainsi légitimement se poser la question 

26

de savoir pourquoi la partie plaignante pouvait en moyenne « résister » six jours 
sur sept et non le septième jour. Ces déclarations mettent définitivement à mal la 
thèse du Parquet général et de l’avocat de la partie plaignante qui ont essayé de 
construire une trentaine de viols qui auraient été commis dans un contexte de 
violence structurelle. 

15.11 Enfin, la Cour ne peut s’empêcher de relever que lors de l’audience des débats en 
appel, la partie plaignante a déclaré ne rien avoir à dire au fait que le Parquet 
général requérait une peine privative de liberté de 7 ans en relation notamment 
avec les préventions de viol. Il s’agit d’une réponse peu commune pour une 
prétendue victime de ce genre d’infraction. En effet, on pourrait s’attendre à ce 
qu’une victime déclare considérer qu’une telle peine est à la hauteur du crime 
commis et des souffrances infligées par exemple. A cela s’ajoute que la partie 
plaignante a également déclaré attendre uniquement de l’issue de cette procédure 
de pouvoir divorcer et garder son enfant. Une telle indifférence en relation avec une 
trentaine de viols prétendument subis est surprenante et rajoute encore aux doutes 
insurmontables auxquels doit faire face la 2e Chambre pénale en relation avec 
cette prévention. 

15.12 Dans ces circonstances, la Cour considère que s’il est vraisemblable que la partie 
plaignante a eu des relations sexuelles avec le prévenu sans véritablement en 
avoir envie, ce dernier n’a utilisé ni violence, ni menace pour arriver à ses fins. Il 
s’est limité à essayer de convaincre sa femme ou à faire des concessions pour 
obtenir ce qu’il désirait. La Cour rejoint ainsi presque entièrement l’analyse faite par 
le Tribunal de première instance et retient que la partie plaignante ne désirait pas 
d’autre enfant. Elle ne souhaitait pas entretenir de relations sexuelles avec le 
prévenu pour cette raison et aussi parce qu’elle n’avait plus de sentiments pour lui. 
Parfois, le prévenu la suppliait jusqu’à ce qu’elle cède, mais la partie plaignante 
n’acceptait toutefois qu’à condition que la relation se termine par une éjaculation 
dans une serviette, car son but premier était de ne plus avoir d’enfants avec son 
mari. A d’autres reprises, D.________ refusait d’avoir une relation intime et le 
prévenu dormait par terre. Enfin, la partie plaignante utilisait régulièrement la 
présence de leur enfant qui dormait dans la même pièce pour éviter une relation 
sexuelle en menaçant de le réveiller.

16. Ad violations du devoir d’assistance ou d’éducation (ch. I.5.4 à ch. I.5.7 AA)

16.1 Au vu de la portée des appels du Parquet général et de la partie plaignante, seuls 
les faits renvoyés aux ch. I.5.4 à 7 AA doivent être examinés.

16.2 S’agissant du ch. I.5.4 AA et en tout premier lieu, il est rappelé que la Cour a 
retenu pour établis les faits renvoyés sous ch. I.1 AA. Dans ce contexte, la partie 
plaignante a déclaré de manière constante et crédible que les faits en question se 
déroulaient dans l’intimité de la pièce unique que la famille occupait dans 
l’appartement au centre de F.________ et que son fils était présent lors des 
disputes et lorsqu’elle se faisait frapper par le prévenu. Il est cohérent et crédible 
que dès lors que l’enfant était presque tout le temps avec ses parents et que la 
famille n’avait qu’une pièce à disposition, l’enfant G.________ a été témoin des 
coups portés par son père sur sa mère. A ce sujet, il est relevé que N.________ a 
déclaré que l’enfant G.________ était quasiment tout le temps présent lorsqu’il y 
avait des problèmes entre ses parents (D. 223 l. 78-79) et Y.________ a 

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également déclaré que les parents se disputaient devant leur fils (D. 252 l. 107). 
Dans ces circonstances, il convient de retenir les faits renvoyés au ch. I.5.4 AA 
comme établis.

16.3 En ce qui concerne le ch. I.5.5 AA, il peut être retenu sur la base du dossier et en 
particulier des déclarations des témoins N.________ et Y.________ que le prévenu 
s’est régulièrement et violemment disputé avec la partie plaignante en l’injuriant et 
en la rabaissant verbalement en présence de leur fils, ce qui a eu pour 
conséquence de péjorer l’image qu’G.________ pouvait avoir de son père, 
respectivement de sa mère en particulier.

16.4 La Cour considère également comme établi que le prévenu a instrumentalisé son 
fils en le menaçant de ne plus revenir auprès de lui s’il allait chez sa mère, 
effrayant ainsi ce dernier à la perspective de se rendre chez la partie plaignante 
(ch. I.5.6 AA).

16.5 S’agissant du ch. I.5.7 AA, il est constaté que les intervenants professionnels de la 
famille ont relevé une attitude ambivalente du prévenu. Par exemple, Q.________ 
a déclaré que les deux parents sont très aimants vis-à-vis de leur fils qui 
représente tout peur eux et qu’G.________ est très proche de son père. En 
revanche, elle a également déclaré que l’enfant G.________ considère que si sa 
mère ne veut pas rester avec son père, c’est que c’est une mauvaise femme et 
qu’il ne veut pas vivre avec (D. 216 l. 120-122). O.________ quant à elle a déclaré 
que lorsqu’G.________ devait aller à H.________ ou que la partie plaignante 
devait venir à F.________, le prévenu demandait toujours l’avis à son fils. S’il disait 
non, elle n’a pas besoin de venir, on voyait un sourire en coin dans la bouche du 
prévenu, comme s’il était content que son fils refuse (D. 220 l. 109-112). Enfin, 
N.________ a déclaré : « j’ai vu une différence quand madame est revenue. Il a 
pris une posture presque autoritaire, comme s’il avait gagné le retour de sa femme. 
Il est devenu beaucoup plus froid. Il s’investissait moins pour son fils puisqu’ils 
étaient deux à assumer les tâches. On a senti que l’enfant était tiraillé lorsque les 
parents étaient séparés. Il était sous une certaine emprise de son père. (…) On a 
été surpris que le fils refuse de partir avec sa mère. Ça nous a fait nous poser des 
questions. Certains moments, il ne voulait pas serrer la main de sa maman » 
(D. 223 l. 88-99). Enfin, il est rappelé l’épisode de la visite en prison d’G.________, 
où suite à l’interruption de la visite en raison du fait que le prévenu ne respectait 
pas les consignes qui lui avaient été imposées, il a crié des injures particulièrement 
vulgaires au sujet de sa femme envers son fils (D. 739). Au vu de ces éléments, la 
Cour retient pour établis les faits renvoyés au ch. I.5.7 AA. 

IV. Droit

17. Voies de fait

17.1 Pour ce qui est de la description des éléments constitutifs de l’infraction de voies 
de fait au sens de l’art. 126 CP, ainsi que de la doctrine et de la jurisprudence y 
relatives, il peut être renvoyé aux motifs pertinents de la première instance (D. 943-
945).

17.2 En l’espèce, les faits décrits au chiffre 1 de l’AA sont établis. Le verdict de 
culpabilité pour voies de fait n’ayant pas été remis en cause par le Parquet général 

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ou la partie plaignante, cette qualification lie la Cour, étant précisé qu’en l’absence 
de constat médical ou autre, rien de permettrait de considérer qu’il s’agirait de 
lésions corporelles simples.

17.3 Pour ce qui est de G.________ , un classement doit intervenir dès lors qu’il a été 
retenu en première instance qu’un seul acte de ce genre avait été commis. En 
l’absence d’une plainte pénale, une condition à l’action pénale fait défaut. 

18. Contraintes et menaces

18.1 Pour ce qui est de la description des éléments constitutifs de l’infraction contrainte 
au sens de l’art. 181 du Code pénal suisse (CP ; RS 311.0) et de ceux de menace 
au sens de l’art. 180 CP, ainsi que de la doctrine et de la jurisprudence y relatives, 
il peut être renvoyé aux motifs pertinents de la première instance (D. 946- 948).

18.2 Les faits retenus conformément au ch. 3 AA ont été répartis en trois catégories 
(menaces, contraintes, tentatives de contrainte) par le Tribunal de première 
instance selon que le prévenu est parvenu ou non à ses fins, et selon que le 
comportement qu’il voulait induire était concret ou hypothétique. Cette 
systématique n’a pas été contestée par les parties, le prévenu se limitant à 
contester l’ensemble des faits et à demander son acquittement complet. Elle peut 
être reprise, étant précisé que – comme l’a retenu le Tribunal de première instance 
– tant les éléments objectifs que subjectifs des infractions concernées sont remplis 
pour toutes les infractions à l’exception de deux comme il le sera développé plus 
loin. Au vu du fait que le cadre légal de la peine est le même pour la contrainte que 
pour la menace et que pour fixer la peine individuellement pour chaque état de fait 
retenu, il convient d’appliquer les règles ordinaires, une possible requalification 
(menace ou tentative de contrainte) n’aurait qu’une portée théorique sans influence 
sur la sanction à infliger. 

18.3 Si les éléments constitutifs des infractions précitées sont remplis pour presque tous 
les points évoqués, deux états de fait sont toutefois problématiques :

18.4 Le fait d’avoir pris la main de la lésée lorsqu’elle s’est rendue à F.________ pour 
visiter son fils G.________ et de l’avoir poussée contre le mur n’a pas une intensité 
suffisante pour constituer une tentative de contrainte. Le terme d’entrave doit en 
effet être interprété de manière restrictive, n’importe quelle pression de peu 
d’importance ne suffit pas et l’entrave doit, de par son intensité et ses effets, être 
comparable à une violence ou une menace. En l’espèce, les actes retenus sont 
clairement insuffisants et une libération doit donc intervenir sur ce point.

18.5 La destruction du téléphone portable constitue un dommage à la propriété (ne 
pouvant être sanctionné faute de plainte pénale) mais non une contrainte au sens 
de l’art. 181 CP. On ne saurait retenir que le prévenu a usé de violence ou menace 
pour parvenir à ses fins, mais qu’il a agi dans un moment de colère en détruisant le 
téléphone portable de la partie plaignante. Il serait artificiel de construite une 
contrainte consécutive à cet acte, étant précisé qu’un dommage à la propriété 
« contraint » régulièrement celui qui en est victime de prendre des dispositions 
pour remplacer le bien ou le réparer, sans pour autant que l’auteur de la 
déprédation soit sanctionné sous l’angle de l’art. 181 CP. L’entrave passagère faite 
à la partie plaignante de pouvoir appeler sa famille avec son propre téléphone est 

https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19370083/index.html

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bien plus la conséquence indirecte de la destruction de son téléphone qu’un but 
direct poursuivi par le prévenu. Une libération doit dès lors intervenir. 

18.6 En ce qui concerne la publication des photos sur Facebook (ch. I. 3.15 AA), les 
clichés en question ne sont pas au dossier. A défaut de connaître la réelle nature 
des photos, la Cour ne peut ainsi déterminer s’il s’agit d’une menace grave au sens 
de la loi, à savoir que ce serait objectivement de nature à alarmer ou effrayer la 
victime. Ainsi, le prévenu doit être mis au bénéfice du doute et une libération doit 
intervenir sur ce point. 

18.7 En résumé, le prévenu s’est donc rendu coupable de menaces

- en disant régulièrement à la lésée qu’il divorcerait si elle ne lui donnait pas 
d’autres enfants et qu’il la tuerait (ch. I.3.1)

- en disant régulièrement à la lésée qu’il la tuerait si elle engageait une 
procédure de divorce (ch. I.3.2)

- en ayant dit à la lésée que si elle voulait vivre comme les femmes en Suisse, il 
la ramènerait en Afghanistan et lui ferait son compte là-bas, à savoir qu’il la 
tuerait (ch. I.3.3)

- en ayant téléphoné à la mère de la lésée en Iran et en disant qu’il allait tuer la 
famille en Iran si la lésée divorçait, faisant craindre ce sort pour les parents de 
la lésée et elle-même (ch. I.3.4)

- en ayant dit lors qu’une dispute qu’il pourrait tuer la lésée et leur fils (ch. I.3.5)

- en ayant appelé la mère de la lésée en Iran pour lui annoncer qu’il allait tuer 
l’enfant et se tuer lui-même, la mère de la lésée informant immédiatement sa 
fille de la situation (ch. I.3.7).

18.8 Le prévenu s’est donc rendu coupable de contrainte

- en interdisant à la lésée de discuter avec d’autres personnes, de sortir, de 
suivre certains cours de langue, la menaçant de la tuer si elle ne respectait pas 
ses injonctions (ch. I.3.11)

- en interdisant à la lésée de parler à sa famille par téléphone, celle-ci étant 
domiciliée en Iran (ch. I.3.12)

18.9 Le prévenu s’est rendu coupable de tentatives de contrainte 

- en a