# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 417a3451-7387-5c16-86ae-a58ca82a6d25
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-12-22
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 22.12.2008 A/3974/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-3974-2008_2008-12-22.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/3974/2008-VG ATA/647/2008 

DÉCISION 

DE LA 

PRÉSIDENTE DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 22 décembre 2008 

sur effet suspensif 

 

dans la cause 

 

SERBECO S.A. 
représentée par Me Pierre Gabus, avocat  

contre 

VILLE DE GENÈVE 
 

- 2/5 - 

A/3974/2008 

 Vu l’appel d’offres VVP-CARD-1 de la Ville de Genève, département de 
l’environnement de l’urbanisme et de la sécurité (ci-après  : Ville de Genève-Deus) 
publié dans la Feuille d’avis officielle du 14 juillet 2008 pour une procédure ouverte 
concernant le transfert de l’activité Cardinal, soit le traitement, la valorisation et le 
recyclage des déchets encombrants , le prix des prestations étant estimé à 
CHF 3'160'000.- ; 

 vu la décision du 17 octobre 2008 d’adjuger le marché à Sogetri S.A. ; 

 vu le recours déposé le 6 novembre 2008 par Serbeco S.A. ; 

 vu les conclusions en restitution de l’effet suspensif contenues dans ledit recours ; 

 vu la détermination de la Ville de Genève-Deus du 15 décembre 2008, s’opposant 
à une telle restitution de l’effet suspensif ; 

 attendu, en fait  : 

 que le marché a été accordé à Sogetri S.A. pour une offre de CHF 3'981'200.-, 
Serbeco S.A. étant classé en 3ème position avec une offre de CHF 5'470'115.- ; 

 que Serbeco S.A. soutient à l’appui de son recours que les deux autres candidats 
ont été favorisés à son détriment ; 

 qu’elle allègue que ces deux sociétés ne remplissent pas, contrairement à elle, une 
condition éliminatoire, soit celle de disposer des autorisations nécessaires au traitement 
du volume de déchets encombrants requis dans le cahier des charges, soit 4'000 tonnes, 
tandis qu’une importance exagérée avait été donnée au fait qu’elle-même ne disposait 
pas encore du site de traitement requis pour installer le centre de traitement dans un 
périmètre de 2,5 kilomètres, calculé à partir du garage VVP de la 
rue François-Dussaud  ; 

 qu’elle précise qu’aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s’oppose à la 
restitution de l’effet suspensif, dans la mesure où le traitement et l’évacuation des 
déchets encombrants est actuellement assuré par elle-même depuis des années ; 

 que l’intimée conteste toute favorisation de Sogetri S.A. dont l'offre a été retenue 
conformément aux règles et s’oppose à la restitution de l’effet suspensif, le maintien du 
contrat avec Serbeco S.A. occasionnant un coût supplémentaire de CHF 50'000.- par 
mois de retard et une saine gestion des deniers publics étant d’intérêt public évident ; 

 qu’elle réfute l’argument selon lequel la société adjudicataire ne bénéficie pas de 
l’autorisation d’exploitation requise et produit une attestation du 5 août 2008, émanant 
du service de géologie, sol et déchets du département du territoire, indiquant qu’elle en 
détient une ; 

- 3/5 - 

A/3974/2008 

 que, selon la Ville de Genève-Deus, la question de la situation du site de 
traitement constitue un critère fondamental d'évaluation de l'offre sous l'angle de 
l'appréciation des qualités environnementales.  

 Considérant en droit  : 

 qu’interjeté en temps utile devant l’autorité compétente, le recours est, prima 
facie, recevable de ce point de vue (art. 15 de l’accord intercantonal sur les marchés 
publics du 25 novembre 1994 - AIMP - L 6 05 ; art. 3 al. 1 et 2 lettre 1 de la loi 
autorisant le Conseil d’Etat à adhérer à l’accord intercantonal sur les marchés publics du 
12 juin 1997 (L - AIMP - L 6 05.0) 

 que le recours n’a pas d’effet suspensif (art. 17 al. 1 AIMP), celui-ci pouvant être 
restitué par l’autorité de recours, d’office ou sur demande, pour autant que le recours 
paraisse suffisamment fondé et qu’aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s’y 
oppose (art. 17 al. 2 AIMP), cette formulation s’inspirant de celle de l’article 66 alinéa 2 
de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA - E 5 10) 
(ATA/858/2005 du 15 décembre 2005) ; 

 qu’en matière de marché public, la restitution de l’effet suspensif au recours 
constitue cependant une exception (ATA/572/2008 du 6 novembre 2008 ; 
ATA/473/2008 du 12 septembre 2008 ; A/376/2008 du 17 juillet 2008 et les références 
citées) ; 

 que les exceptions au principe de l’effet suspensif sont à interpréter 
restrictivement à teneur de la jurisprudence précitée ; 

 qu’il ressort des pièces produites que le marché a été accordé à l’entreprise ayant 
présenté l’offre la moins disante, mais aussi à celle qui avait récolté les meilleurs 
résultats selon la notation résultant de celle effectuée par les membres du comité 
d’évaluation, ainsi que cela ressort du tableau récapitulatif annexé à la décision et du 
détail de celui-ci transmis par l’intimée ; 

 que Sogetri S.A., contrairement à ce que la recourante allègue, bénéficie de 
l’autorisation d’exploiter nécessaire, selon la documentation produite par l'intimée ; 

 que, selon le cahier des charges de l’appel d’offres, ce n’est pas une quantité de 
4000 tonnes de déchets encombrants qui doit être traitée, mais celle de 4000 tonnes de 
déchets dont environ 1360 tonnes constituent des déchets encombrants 
(appel d’offres, p. 27 à 29) ; 

 qu’en outre, prima facie, ce n’est pas de manière arbitraire que la recourante a été 
moins bien évaluée que l’adjudicataire, s'agissant des qualités environnementales de son 
offre, parce qu'elle ne disposerait pas encore, comme requis par le cahier des charges, 
d’un terrain situé dans le périmètre requis pour entreposer les déchets à traiter, la 
procédure d'obtention de l'autorisation d'exploiter un tel terrain étant en cours; 

- 4/5 - 

A/3974/2008 

 que dans la pesée des intérêts à effectuer dans le cadre de l'examen de la 
restitution de l'effet suspensif, entre les intérêts privés de Serbeco S.A. à pouvoir obtenir 
le marché et l’intérêt public de la commune à se doter d’un centre de traitement des 
déchets encombrants effectuant ce traitement aux meilleurs coûts et moindres nuisances 
écologiques, c’est ce dernier intérêt qui l’emporte ; 

 que la question des éventuels coûts supplémentaires engendrés par un retard dans 
la signature du contrat n'est en revanche pas déterminante (ATA/570/2007 du 
7 septembre 2007) ; 

 que l’effet suspensif ne sera pas restitué ; 

 que cette décision respecte le principe de proportionnalité, aucune autre mesure 
n’étant adéquate, vu la nature du litige ; 

 que les frais de l’incident seront réservés jusqu’à droit jugé au fond. 

LA PRÉSIDENTE DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

rejette la demande de restitution de l’effet suspensif au recours ; 

réserve le sort des frais de la procédure jusqu’à droit jugé au fond ; 

dit que, conformément aux articles 82 et suivants de la loi fédérale sur le Tribunal 
fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), la présente décision peut être portée dans 
les trente jours qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du 
recours en matière de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, 
motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il 
doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l’article 42 LTF. La présente décision et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l’envoi ;  

communique la présente décision, en copie, à Me Pierre Gabus, avocat de la recourante 
ainsi qu'à la Ville de Genève. 

 

 La présidente du Tribunal administratif : 
 
 
 

L. Bovy 

 

 

 

- 5/5 - 

A/3974/2008 

Copie conforme de cette décision a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 

 

 la greffière :