# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 305e26b3-56de-5ffb-bc4d-cb6cb4fb545f
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2011-10-31
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 31.10.2011 BH.2011.6
**Docket/Reference:** BH.2011.6
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_BH-2011-6_2011-10-31

## Full Text

Prolongation de la détention provisoire (art. 227 en lien avec l'art. 222 CPP). Assistance judiciaire (art. 29 al. 3 Cst.).;;Prolongation de la détention provisoire (art. 227 en lien avec l'art. 222 CPP). Assistance judiciaire (art. 29 al. 3 Cst.).;;Prolongation de la détention provisoire (art. 227 en lien avec l'art. 222 CPP). Assistance judiciaire (art. 29 al. 3 Cst.).;;Prolongation de la détention provisoire (art. 227 en lien avec l'art. 222 CPP). Assistance judiciaire (art. 29 al. 3 Cst.).

Décision du 31 octobre 2011  
Ire Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Tito Ponti, président,  
Emanuel Hochstrasser et Patrick Robert-Nicoud,  
la greffière Claude-Fabienne Husson Albertoni  

   

Parties  A., représenté par Me Aude Bichovsky 
recourant 

 

 contre 
   
  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION, 

partie adverse 
 
TRIBUNAL DES MESURES DE CONTRAINTE, 

autorité qui a rendu la décision attaquée 
 

   

Objet  Prolongation de la détention provisoire (art. 227 en 
lien avec l'art. 222 CPP), assistance judiciaire  
(art. 29 al. 3 Cst.) 

 
 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéro de dossier:  BH.2011.6 
Procédure secondai re:  BP.2011.54 

 
 

 

 

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Faits: 
 

A. Le 7 avril 2009, le Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC) a 
ouvert une enquête de police judiciaire pour soupçon de participation à une 
organisation criminelle (art. 260ter CP) à l’encontre des dénommés B. et C. 
(dossier MPC, classeurs gris, fasc. 1). L’enquête a par la suite été étendue 
à plusieurs personnes suspectées d’entretenir des liens avec l’organisation 
en question, dont le prévenu (dossier MPC, fasc. 2). 

Selon les éléments recueillis au stade actuel de l’enquête, il apparaît 
qu’une organisation criminelle internationale, « Les Voleurs dans la loi », 
fortement hiérarchisée, dirigée depuis l’Espagne et active principalement 
dans le vol par effraction, le vol et le recel, exerce son activité en Suisse. 
Une caisse commune dénommée « Obschak » serait alimentée par les 
produits des méfaits commis par les membres de l’organisation (dossier 
MPC, fasc. 8 – 10). 

L’enquête helvétique a permis de déterminer que le responsable, pour 
toute la Suisse, de la récolte mensuelle destinée à alimenter l’« Obschak » 
est le dénommé D., lequel a été en contact régulier avec les dirigeants de 
l’organisation basés en Espagne et ce jusqu’à son arrestation le 15 mars 
2010 (dossier MPC, fasc. 8, rapport de la Police judiciaire fédérale [ci-
après : PJF] du 19 février 2010, p. 9 ss). 

Le 15 mars 2010, à la demande des autorités suisses, A., frère présumé de 
D., a été arrêté à son domicile à Z. (France; dossier MPC, fasc. 3 – 5). Il a 
été transféré aux autorités pénales helvétiques le 5 juillet 2011. Par ordon-
nance du 8 juillet 2011, le Tribunal des mesures de contraintes (ci-après: 
TMC) a ordonné sa détention provisoire pour une durée maximale de trois 
mois échéant le 5 octobre 2011 pour appartenance ou soutien à une orga-
nisation criminelle (art. 260ter CP). 
 
 

B. Par demande du 26 septembre 2011, le MPC a requis la prolongation de la 
détention provisoire de A. invoquant l’existence d’indices suffisants, de ris-
que de fuite et de réitération.  

Par ordonnance du 5 octobre 2011, le TMC a prononcé la prolongation de 
la détention provisoire pour une durée maximale de trois mois, soit au plus 
tard jusqu’au 5 janvier 2012. Il a considéré que les soupçons à l’encontre 
du prévenu étaient fondés et à tout le moins solides, les rapports PJF lui 
prêtant une implication au sein de l’organisation criminelle concernée bien 
plus importante qu’il ne le prétend. Il a retenu également un risque de fuite 

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et de réitération notamment en raison du fait que le prévenu a été condam-
né à trois reprises par les autorités genevoises et fribourgeoises, principa-
lement pour vols, dommages à la propriété et violation de domicile 
(act. 1.1). 
 
 

C. Par acte du 17 octobre 2011, A. recourt contre cette décision et conclut à la 
réforme de celle-ci et à sa libération immédiate (act. 1). Il requiert égale-
ment être admis au bénéfice de l’assistance judiciaire gratuite en indiquant 
que son indigence est totale, élément reconnu par le MPC (act. 1, p. 2).  

Invité à répondre, le TMC a informé la Cour de céans qu’il renonçait à dé-
poser des observations complémentaires et se référait intégralement à son 
ordonnance (act. 3). Quant au MPC, il a indiqué ne pas avoir 
d’observations à formuler et s’est référé à sa demande de prolongation ain-
si qu’à la décision attaquée, annexant à son envoi le procès-verbal 
d’audition du prévenu du 19 octobre 2011 (act. 4).  

Appelé à répliquer, le recourant a, par écriture du 24 octobre 2011, confir-
mé les conclusions exposées dans son recours (act. 5). 

Les arguments et moyens de preuve des parties seront repris, si néces-
saire, dans les considérants en droit.  

 
 
 
 
La Cour considère en droit: 
 

1.  
1.1 La Cour des plaintes examine d’office et en pleine cognition la recevabilité 

des recours qui lui sont adressés (ATF 122 IV 188 consid. 1 et arrêts cités). 

1.2 Le détenu peut attaquer devant l’autorité de recours les décisions du tribu-
nal des mesures de contrainte ordonnant une mise en détention provisoire 
ou une mise en détention pour des motifs de sûreté ou encore la prolonga-
tion ou le terme de cette détention (art. 222 et 393 al. 1 let. c CPP). 
La Ire Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral est compétente pour sta-
tuer sur les recours contre les décisions des tribunaux des mesures de 
contrainte cantonaux dans les affaires relevant de la juridiction fédérale 
(art. 37 al. 1 et 65 al. 1 et 3 LOAP en lien avec l’art. 19 al. 1 du Règlement 
du 31 août 2010 sur l’organisation du Tribunal pénal fédéral [ROTPF; 
RS 173.713.161]). Le recours est recevable à la condition que le détenu 

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dispose d’un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modifica-
tion de la décision entreprise (art. 382 al. 1 CPP). Le recours contre les dé-
cisions notifiées par écrit ou oralement doit par ailleurs être motivé et 
adressé par écrit, dans le délai de dix jours à l’autorité de céans (art. 396 
al. 1 CPP). 

En l’espèce, la décision entreprise a été notifiée au recourant et à son 
conseil le 5 octobre 2011 (act. 1.1). Le recours déposé le 17 octobre 2011 
par le recourant l’a dès lors été en temps utile (art. 90 al. 2 CPP). L’intérêt 
juridiquement protégé du détenu à entreprendre une décision ordonnant la 
prolongation de sa mise en détention provisoire ne faisant aucun doute, ce 
dernier est légitimé à recourir. Le recours est ainsi recevable en la forme. 

1.3 En tant qu’autorité de recours, la Ire Cour des plaintes examine avec plein 
pouvoir de cognition en fait et en droit les recours qui lui sont soumis 
(cf. Message relatif à l’unification du droit de la procédure pénale du 21 dé-
cembre 2005, FF 2006 1057, 1296 in fine; STEPHENSON/THIRIET, Commen-
taire bâlois, Schweizerische Strafprozessordnung, no 15 ad art. 393; KEL-
LER, Kommentar zur Schweizerischen Strafprozessordnung [StPO], [Do-
natsch/Hansjakob/Lieber, éd.], no 39 ad art. 393; SCHMID, Handbuch des 
schweizerischen Strafprozessrechts, Zurich/Saint-Gall 2009, no 1512). 

 

2. Le recourant conteste l’existence de soupçons fondés. Il nie d’abord être le 
frère de D. et relève que même si cet élément était avéré, cela ne saurait 
fonder en tant que tel, son implication dans l’organisation criminelle 
concernée. Il récuse la validité des témoignages qui pourraient le mettre en 
cause dans des cambriolages, ceux pouvant lui être le cas échéant impu-
tés ne pouvant être qu’au nombre de deux. Il considère que le fait que le 
MPC soutienne qu’il est le référent, le superviseur ou le protecteur de D. 
depuis la France est fantaisiste. Il ne saurait donc être mis personnellement 
en cause dans l’implication de l’appartenance à une organisation criminelle. 
Il souligne encore qu’aucune nouvelle mesure d’instruction n’a été entre-
prise depuis un certain temps déjà. Il réfute enfin tout risque de fuite et de 
réitération. Le MPC pour sa part retient que le prévenu est présumé avoir 
été un membre de l’équipe rapprochée de D. en 2009 et 2010 à Y. et de lui 
avoir servi d’adjoint, voir de commandant en second en donnant des ins-
tructions aux membres de l’organisation et en les disciplinant notamment 
durant des réunions de l’organisation. Il rappelle notamment que la liste de 
l’ « Obschak » pour la Suisse a été retrouvée au domicile du recourant en 
France. Celui-ci aurait de plus transporté la caisse de Suisse vers 
l’Espagne et il était en contact direct téléphonique avec les chefs présumés 

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de l’organisation dans ce dernier pays. Il aurait également organisé deux 
cambriolages en 2009 à Y. et à X. en compagnie d’autres membres de 
l’organisation, au nombre desquels D. (classeur TMC, demande de prolon-
gation de la détention provisoire), 

 

3. La détention provisoire ne peut être ordonnée que lorsque le prévenu est 
fortement soupçonné d’avoir commis un crime ou un délit et qu’il y a sé-
rieusement lieu de craindre qu’il se soustraie à la procédure pénale ou à la 
sanction prévisible en prenant la fuite, ou qu’il compromette la recherche 
de la vérité en exerçant une influence sur des personnes ou en altérant des 
moyens, ou encore qu’il compromette sérieusement la sécurité d’autrui par 
des crimes ou des délits graves après avoir déjà commis des infractions du 
même genre (art. 221 al. 1 CPP). La détention peut également être ordon-
née s’il y a sérieusement lieu de craindre qu’une personne passe à l’acte 
après avoir menacé de commettre un crime grave (art. 221 al. 2 CPP). A 
l’instar de toutes les autres mesures de contrainte, la détention provisoire 
ne peut être ordonnée que si les buts poursuivis ne peuvent pas être at-
teints par des mesures moins sévères, et qu’elle apparaît justifiée au re-
gard de la gravité de l’infraction (art. 197 al. 1 let. c et d CPP). 

 
3.1  Il existe de forts soupçons lorsqu’il est admissible, pour un tiers et sur la 

base de circonstances concrètes, que la personne ait pu commettre 
l’infraction ou y participer avec un haut degré de probabilité; il faut en 
d’autres termes que pèsent sur ladite personne de graves présomptions de 
culpabilité (SCHMOCKER, Commentaire romand, Code de procédure pénale 
suisse, no 8 ad art. 221 et références citées en note de bas de page 4). Se-
lon la jurisprudence du Tribunal fédéral – toujours d’actualité sous l’empire 
du CPP dans la mesure où ce dernier ne fait pratiquement que codifier la 
pratique de la Haute Cour en la matière (SCHMOCKER, op. cit., no 6  
ad art. 221) –, l’intensité des charges justifiant une détention n’est pas la 
même aux divers stades de l’instruction pénale. Des soupçons encore peu 
précis peuvent être considérés comme suffisants dans les premiers temps 
de l’enquête, mais la perspective d’une condamnation doit paraître vrai-
semblable après l’accomplissement de tous les actes d’instruction envisa-
geables (ATF 116 Ia 143 consid. 3c; arrêts du Tribunal fédéral 1S.3/2004 et 
1S.4/2004 du 13 août 2004, consid. 3.1). 

3.2 L’enquête est en l’occurrence ouverte depuis plus de deux ans; même si 
c’est la première fois que l’autorité de céans est appelée à examiner la si-
tuation du recourant, on ne peut admettre que la cause en est à ses dé-
buts, de sorte que les charges pesant contre la personne détenue doivent 

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effectivement s’être renforcées (SCHMOCKER, op. cit., no 8 ad art. 221;  
DONATSCH/HANSJAKOB/LIEBER, op. cit., no 5 p. 1084). En l’espèce, il est re-
proché au recourant d’être un membre de l’équipe rapprochée de D., lequel 
est présumé être le chef national helvétique de l’organisation criminelle des 
« Vor v Zakone ». L’instance précédente a retenu notamment que les 
soupçons à l’encontre du prévenu « sont fondés et à tout le moins soli-
des », les rapports de la PJF lui prêtant une implication dans l’organisation 
criminelle concernée plus importante que celle qu’il veut bien admettre; elle 
a également retenu sa participation à l’organisation et à la réalisation de 
« plusieurs cambriolages ».  

3.3 Les autorités judiciaires ont déjà eu l’occasion de se pencher à diverses 
reprises sur complexe de faits dans lequel se meuvent les prévenus et ont 
admis dans ce contexte la vraisemblance de l’existence de l’organisation 
criminelle précitée dont D. est présumé être le chef national helvétique (cf. 
entre autres arrêt du Tribunal fédéral 1B.414/2011 du 5 septembre 2011). Il 
ressort du dossier, et notamment des contrôles téléphoniques effectués sur 
les raccordements utilisés tant pas le prévenu que par D., que ceux-ci ont 
eu des contacts très réguliers (act. 4.1). Lors de ces conversations, ils ont 
discuté entre autres de diverses questions organisationnelles pour des 
transports, des ventes de marchandises volées (act. 4.1 annexes 31, 33, 
34) mais également de l’organisation de cambriolages, envisageant en-
semble quels pouvaient en être les participants (act. 4.1 annexes 1, 27) et 
à qui s’adresser pour obtenir les outils nécessaires pour ces actions illicites 
(act. 4.1 annexes 3, 7, 13, 27). Le prévenu est d’ailleurs mis en cause dans 
deux cambriolages. Le premier a eu lieu en novembre 2009 à Y., mais n’a 
pas abouti, les malfrats n’ayant pas réussi à ouvrir la porte. Les termes qui 
ressortent des contrôles téléphoniques effectués à cette occasion démon-
trent que c’est le prévenu qui dirigeait les opérations et qui faisait le guet 
(classeur MPC fasc. 8, rapport PJF du 7 décembre 2009 p. 50 - 52; act. 4.1 
annexes 15, 16, 18, 19, 21, 22, 23). L’autre cambriolage a eu lieu à X. en 
septembre 2009. Les conversations téléphoniques enregistrées alors mon-
trent que le prévenu E. qui a pris part au vol fait un compte rendu du butin 
directement au prévenu qui apparaît en être le commanditaire (dossier 
TMC, audition du 30 septembre 2011 de E. p. 4, 5; rapport PJF du 7 dé-
cembre 2009 p. 42). 

Par ailleurs, selon un rapport établi par la police espagnole, en jan-
vier 2010, A. a amené la caisse commune pour la Suisse à un des respon-
sables en Espagne de la grande caisse commune des « Voleurs dans la 
loi », F. (classeur MPC fasc. 8, rapport PFJ du 5 septembre 2011 p. 25). 
Pour ce faire, il semble être passé par la France où il a attendu la récolte 
de plusieurs villes de Suisse et que l’argent soit changé de Francs suisses 

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en euro (classeur MPC fasc. 8 rapports PJF du 5 septembre 2011 p. 31; du 
19 février 2010 p. 11-12; du 21 juillet 2010 p. 10). La liste de l’« Obschak » 
suisse sera retrouvée à son domicile le jour de son interpellation. Par ail-
leurs, en octobre 2009, il semble que c’est le caissier de l’ « Obschak » eu-
ropéenne qui souhaitait le contacter (act. 4.1 p. 3, annexe 1). En outre, dif-
férentes sommes d’argent ont été versées de la part de plusieurs person-
nes mises en cause dans l’organisation criminelle concernée, sur le compte 
de l’épouse du recourant (act. 4.1 p. 10 et 11), laquelle était parfaitement 
au courant des activités de son époux (act. 4.1 annexe 33). Entre mars 
2009 et janvier 2010, ce sont ainsi quelques Fr. 2094.11 qui ont été versés 
sur ladite relation bancaire, certaines sommes y ayant été virées à la de-
mande exprès de D. (rapports PJF du 21 juillet 2010 p. 14, 15, 19, 20). 
Dans ce contexte, il y a lieu de relever que c’est le prévenu qui a adressé 
un sms à D. lui disant «  Salut G., il faut que tu réveilles les gars pour qu’ils 
m’envoient de l’argent. Il ne faut plus repousser aujourd’hui » (rapport PJF 
du 21 juillet 2010 p. 20), ce qui, ainsi que le soutient le MPC, démontre 
l’ascendant que le premier a sur le second. Enfin, un ordinateur volé à Ge-
nève en janvier 2010 a été retrouvé au domicile du prévenu lors de son ar-
restation (dossier MPC, fasc. 9, rapport PJF du 19 mai 2010, p. 21). 

3.4 Il y a dès lors lieu de conclure, au vu de ce qui précède, que l’argument se-
lon lequel le recourant n’aurait pas joué un rôle important dans 
l’organisation criminelle concernée est dénué de fondement. Il était informé 
des transferts d’argent, en a livré une partie aux dirigeants en Espagne, il a 
pris part à l’organisation et à la réalisation des cambriolages, principale 
source de revenu de cette dernière et apparaît y avoir eu un rôle de diri-
geant avec D.; ces activités criminelles ont été exécutées dans la durée. Il 
sied de rappeler à ce sujet qu’il n’est pas nécessaire, au stade de l’examen 
de la détention provisoire, que la condamnation du prévenu soit « quasi-
ment certaine » mais il suffit bien plutôt d’un faisceau d’indices de sa 
culpabilité (arrêt du Tribunal fédéral 1B_131/2008 du 4 août 2010, consid. 
3.2). En l’espèce, lesdits indices paraissent concluants. 

 

4. Le recourant se plaint de ce que la détention préventive ne serait plus pro-
portionnée à ce jour. 

4.1 En vertu des art. 31 al. 3 Cst. et 5 par. 3 CEDH, toute personne qui est 
mise en détention préventive a le droit d’être jugée dans un délai raisonna-
ble ou d’être libérée pendant la procédure pénale. Une durée excessive de 
la détention préventive constitue une limitation disproportionnée du droit à 
la liberté personnelle, qui est notamment violé lorsque la durée de la déten-

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tion préventive dépasse la durée probable de la peine privative de liberté à 
laquelle il faut s’attendre. Dans l’examen de la proportionnalité de la durée 
de la détention, il y a lieu de prendre en compte la gravité des infractions 
faisant l’objet de l’instruction. Le juge peut maintenir la détention préventive 
aussi longtemps qu’elle n’est pas très proche de la durée de la peine priva-
tive de liberté à laquelle il faut s’attendre concrètement en cas de condam-
nation (ATF 133 I 168 consid. 4.1; 132 I 21 consid. 4.1; 107 Ia 256 
consid. 2 et 3 et jurisprudence citée). L’incarcération peut aussi être dis-
proportionnée en cas de retard injustifié dans le cours de la procédure pé-
nale (ATF 128 I 149 consid. 2.2.1; 123 I 268 consid. 3a; 116 Ia 147 
consid. 5a; 107 Ia 257 consid. 2 et 3). Il doit toutefois s’agir d’un manque-
ment particulièrement grave, faisant au surplus apparaître que l’autorité de 
poursuite n’est plus en mesure de conduire la procédure à chef dans un 
délai raisonnable (ATF 128 I 149 consid. 2.2.1). 

4.2 Le recourant est détenu provisoirement depuis le 15 mars 2010. Il a donc 
subi à ce jour plus d’une année et demi de détention. Il est soupçonné 
d’avoir participé à une organisation criminelle internationale à raison des 
faits mentionnés ci-dessus. A elle seule, cette dernière infraction est passi-
ble d’une peine privative de liberté de cinq ans au plus (art. 260ter CP). Par 
conséquent, compte tenu de la gravité des faits reprochés au recourant 
ainsi que de ses antécédents (ce dernier ayant déjà été condamné dans 
notre pays; dossier MPC, fasc. 4), la durée de la détention avant jugement 
subie à ce jour est encore compatible avec la peine encourue concrète-
ment en cas de condamnation. Il convient de rappeler ici que dans un arrêt 
du 5 septembre 2011, rendu à l’égard de D., co-prévenu du recourant et ar-
rêté le même jour, le Tribunal fédéral a considéré que vu la gravité des 
éléments retenus à charge de ce dernier, la durée de détention était encore 
proportionnée (arrêt du Tribunal fédéral 1B.414/2011 du 5 septembre 2011 
consid. 5.2). L’on ne saurait par ailleurs considérer que l’enquête a subi 
des retards injustifiés. Celle-ci est menée sans désemparer et touchera par 
ailleurs prochainement à sa fin. En effet, le MPC a annoncé dans sa de-
mande de prolongation de la détention la préparation de la mise en accusa-
tion, laquelle devrait être engagée d’ici la fin de l’année.  

 

5. Le recourant conteste également l’existence d’un risque de fuite et de réité-
ration. 

5.1 Le TMC a considéré que le risque de fuite était réalisé notamment au re-
gard de la peine privative de liberté excluant le sursis, envisageable en 
l’espèce, ainsi que de l’absence d’attaches du recourant avec la Suisse 

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(act. 1.1, p. 5). Il en irait de même en ce qui concerne le risque de réitéra-
tion, celui-ci se fondant aussi bien sur les antécédents du prévenu en ma-
tière d’atteintes au patrimoine que sur le mode de fonctionnement même 
de l’organisation criminelle des « Voleurs dans la loi », laquelle génère une 
authentique culture de la délinquance (act. 1.1, p. 7). 

5.2 En l’espèce, contrairement à ce qu’avance le recourant, le risque de fuite 
est réalisé. Il est rappelé que celui-ci existe si, compte tenu de la situation 
personnelle de l’intéressé et de l’ensemble des circonstances, il est vrai-
semblable que ce dernier se soustraira à la poursuite pénale ou à 
l’exécution de la peine s’il est libéré (arrêt du Tribunal fédéral 1P.430/2005 
du 29 juillet 2005, consid. 5.1 et arrêts cités, notamment ATF 117 Ia 69 
consid. 4a). En l’occurrence, le recourant, né en Géorgie, n’a pas d’attache 
en Suisse et ne dispose d’aucun titre de séjour valable, de sorte que, en 
cas de libération, il sera refoulé du territoire helvétique. Compte tenu de la 
peine privative de liberté à laquelle il s’expose, il est fort à craindre que le 
recourant se soustraira à la poursuite pénale, notamment au vu de ce que 
la peine, contrairement à ce qu’il affirme, est susceptible d’outrepasser la 
durée de la détention préventive effectuée à ce jour. Un tel risque est 
d’autant plus probable que le recourant persiste à nier les faits qui lui sont 
reprochés même lorsque ceux-ci apparaissent incontestables. Les argu-
ments avancés par le recourant, notamment le fait qu’il a un domicile connu 
en France, une épouse et une fille de 11 ans, qui souffre d’un handicap, ne 
sauraient pallier le risque qu’il quitte le territoire suisse s’il devait être libéré. 

5.3 La constatation de l’existence d’un risque de fuite dispense d’examiner la 
réalisation d’un risque de réitération au sens de l’art. 221 al. 1 let. c CPP. 
La Cour de céans relève toutefois à cet égard que les antécédents du re-
courant, qui a déjà été condamné à plusieurs reprises en Suisse à des pei-
nes privatives de liberté pour vol, dommages à la propriété, recel et viola-
tion de domicile (dossier MPC fasc. 4) et qui fait l’objet d’une autre instruc-
tion pénale pour deux cambriolages en septembre et décembre 2009 ne 
peuvent vraisemblablement mener à un pronostic favorable quant à la réci-
dive du recourant, au contraire. Le risque de réitération doit ainsi égale-
ment être considéré comme vraisemblable. 

 

6. En résumé, le recours, mal fondé, doit être rejeté. 
 
 

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7. Le recourant a requis l’assistance judiciaire faisant valoir son indigence to-
tale.  

 
7.1 A teneur de l'art. 29 al. 3 Cst., toute personne qui ne dispose pas de res-

sources suffisantes a droit, à moins que sa cause paraisse dépourvue de 
toute chance de succès, à l'assistance judiciaire gratuite. Dans le CPP, 
c'est l'art. 132 al. 1 let. b (par renvoi de l'art. 379 CPP pour la procédure de 
recours) qui précise qu'une défense d'office est ordonnée si le prévenu ne 
dispose pas des moyens nécessaires et que l'assistance d'un défenseur 
est justifiée pour sauvegarder ses intérêts. Cela ne définit cependant pas 
l'assistance judiciaire gratuite (HARARI/ALIBERTI, Commentaire romand, 
Code de procédure pénale suisse, nos 3 et 20 ad art. 132). Pour une défini-
tion de cette dernière, il convient de se référer à l'art. 136 CPP dans la sec-
tion de l'assistance judiciaire de la partie plaignante. Cette disposition pré-
cise que l'assistance judiciaire gratuite comprend notamment l'exonération 
des frais de procédure (al. 2 let. b; HARARI/ALIBERTI, op. cit., no 21 ad art. 
132). De jurisprudence constante, est considéré comme indigent celui qui 
ne peut assumer les frais liés à la défense de ses intérêts sans porter at-
teinte au minimum nécessaire à son entretien et à celui de sa famille (ATF 
125 IV 161 consid. 4a p. 164; 124 I 1 consid. 2a p. 2). L'indigence s'évalue 
en fonction de l'entière situation économique du requérant au moment du 
dépôt de sa demande d'assistance judiciaire, ce qui comprend d'une part 
toutes les obligations financières et, d'autre part, les revenus et la fortune 
(ATF 124 I 1 consid. 2a; 120 Ia 179 consid. 3a et références citées). Pour 
définir ce qui est nécessaire pour couvrir les besoins fondamentaux, l'auto-
rité appelée à trancher ne doit pas se baser de façon schématique sur le 
minimum vital résultant de la législation relative à la poursuite et faillite, 
mais doit prendre en considération les circonstances personnelles du re-
quérant. Un éventuel excédent découlant de la comparaison entre le reve-
nu à disposition et le montant nécessaire pour couvrir les besoins fonda-
mentaux doit pouvoir être utilisé pour faire face aux frais et sûretés judiciai-
res prévus dans un cas concret (ATF 118 Ia 369 consid. 4a); dans ce cas, 
le solde positif mensuel doit permettre d'acquitter la dette liée aux frais judi-
caires; pour les cas les plus simples, dans un délai d'une année et pour les 
autres dans les deux ans (arrêt du Tribunal fédéral 5P.457/2003 du 
19 janvier 2004, consid. 1.2). Enfin, l'obligation de l'Etat de fournir l'assis-
tance judiciaire est subsidiaire au devoir d'assistance dérivant du droit de la 
famille, en particulier du droit du mariage (art. 159 al. 3 et 163 al. 1 CC;  
ATF 127 I 202 consid. 3b; BÜHLER, Betreibungs- und prozessrechtliches 
Existenzminimum, in: PJA 2002 p. 644 ss, p. 658; MEICHSSNER, Aktuelle 
Praxis der unentgeltlichen Rechtspflege, in Jusletter du 7 décembre 2009, 
p. 6), ce qui est valable également pour les procédures devant l'autorité de 

- 11 - 

 

 

céans (arrêt du Tribunal pénal fédéral BB.2010.2 du 21 janvier 2010, 
consid. 3.2). Dès lors, pour évaluer l'existence ou non de l'indigence, sont 
pris en considération les éléments de revenu et de fortune des deux 
conjoints (arrêt du Tribunal pénal fédéral BB.2010.2 précité, ibidem, et réfé-
rences citées). 

 
7.2 A l’appui de sa requête, le recourant produit une attestation de paiement de 

la Caisse des allocations familiales de la Vienne (France; BP.2011.54 
act. 1.1) dont il ressort que pour le mois d’avril 2010, la famille s’est vue 
verser une allocation pour l’éducation de l’enfant handicapé d’environ eu-
ro 125, une allocation de logement d’environ euro 362 et un revenu de soli-
darité active d’environ euro 580 pour un total de euro 1040,86. Les mon-
tants précités mettent en exergue le fait que le revenu de solidarité active a 
été calculé comme montant forfaitaire pour personne seule avec un enfant. 
On peut en déduire d’une part que c’est l’épouse du recourant qui touche 
ces montants et d’autre part que le prévenu lui-même n’a effectivement au-
cun revenu. La deuxième pièce produite (BP.2011.54 act. 1.2) atteste d’un 
prêt accordé au couple A. de la part du Fonds Solidarité Logement de la 
Vienne pour un montant de euro 390,75 dont le remboursement doit être 
fait d’ici fin janvier 2012. Les éléments qui précèdent démontrent 
l’indigence du recourant, toutefois l’assistance judiciaire ne peut être oc-
troyée que si la cause ne paraît pas dépourvue de toute chance de succès 
(art. 29 al. 3 Cst.) et ce, lors d’une appréciation sommaire et anticipée au 
moment du dépôt de la requête. Tel n’était en l’occurrence pas le cas de 
sorte que la requête doit être admise. Il sera donc statué sans frais. 

 

8.  
8.1 Un avocat d’office a été désigné au recourant en la personne de Me Aude 

Bichovsky à Lausanne. L’art. 135 al. 2 CPP prévoit que le ministère public 
ou le tribunal qui statue au fond fixent l’indemnité à la fin de la procédure. 
Même si, à rigueur de texte, l’autorité de céans n’intervient pas en tant que 
juge du fond, cette fonction étant revêtue, dans la juridiction pénale fédé-
rale, par la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal fédéral (art. 35 
LOAP), il a été prévu, dans le règlement sur les frais, de s’en tenir à 
l’ancienne pratique en matière d’indemnisation du défenseur d’office dans 
le cadre d’une procédure de recours devant l’autorité de céans, à savoir 
que la Caisse du Tribunal pénal fédéral prend en charge cette dernière tout 
en en exigeant, le cas échéant, le remboursement par le recourant (art. 21 
al. 2 et 3 du règlement du 31 août 2010 sur les frais, émoluments, dépens 
et indemnités de la procédure pénale fédérale [RFPPF; RS 173.713.162). 
Pareille solution, en plus de simplifier la tâche de l’autorité appelée à in-

- 12 - 

 

 

demniser le défenseur d’office en fin de procédure (MPC ou Cour des affai-
res pénales), en ce sens qu’elle règle clairement la problématique des 
frais/indemnités liés aux procédures incidentes, présente également 
l’avantage pour le défenseur lui-même d’être indemnisé dans des délais 
plus courts pour les opérations relatives aux procédures incidentes devant 
la Cour de céans. 

8.2 L’art. 12 al. 1 RFPPF prévoit que les honoraires des avocats sont fixés en 
fonction du temps effectivement consacré à la cause et nécessaire à la dé-
fense de la partie représentée. Le tarif horaire, lequel s’applique également 
aux mandataires d’office, est de Fr. 200.-- au minimum et de Fr. 300.-- au 
maximum (art. 12 al. 1 RFPPF), étant précisé que le tarif usuellement ap-
pliqué par la Cour de céans est de Fr. 220.-- par heure (arrêt du Tribunal 
pénal fédéral BB.2009.17 du 18 août 2009, consid. 6.2). En l’absence d’un 
mémoire d’honoraires, l’autorité saisie de la cause fixe l’indemnité selon sa 
propre appréciation (art. 12 al. 2 RFPPF). Compte tenu de la nature de 
l’affaire et de l’activité déployée par le défenseur dans le cadre de la procé-
dure inhérente au recours, une indemnité d’un montant de Fr. 1'000.-- (TVA 
incluse) paraît justifiée. Ainsi que précisé au considérant précédent, la 
Caisse du Tribunal pénal fédéral versera cette indemnité au défenseur du 
prévenu. Celle-ci lui sera remboursée par le recourant s'il devait revenir à 
meilleure fortune (art. 135 al. 4 lit. a CPP; Message FF 2006 1057, 1160; 
art. 21 al. 3 RFPPF).  

- 13 - 

 

 

Par ces motifs, la Ire Cour des plaintes prononce: 

1. Le recours est rejeté. 

2. La demande d’assistance judiciaire est admise. 

3. Il est statué sans frais. 

4. L'indemnité de Me Aude Bichovsky, avocat d'office, pour la présente procé-
dure est fixée à Fr. 1'000.--, TVA comprise. Elle sera acquittée par la caisse 
du Tribunal pénal fédéral, laquelle en demandera le remboursement au re-
courant s'il revient à meilleure fortune. 

 
Bellinzone, le 2 novembre 2011 
 
Au nom de la Ire Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
Le président: La greffière:  
 
 
 
 
 
 
 
 
Distribution 
 
- Me Aude Bichovsky, avocate, av. de la Gare 6, case postale 910, 

1001 Lausanne  
- Tribunal des mesures de contrainte, av. de Longemalle 1, 1020 Renens 
- Ministère public de la Confédération, à l’att. de Félix Reinmann, Procureur 

fédéral, case postale 334, 1000 Lausanne 22  
 
 
Indication des voies de recours 

Dans les 30 jours qui suivent leur notification, les ordonnances de la Ire Cour des plaintes relatives 
aux mesures de contrainte sont sujettes à recours devant le Tribunal fédéral (art. 79 et 100 al. 1 de 
la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral; LTF). La procédure est réglée par les art. 90 
ss LTF. 

Le recours ne suspend l’exécution de l'ordonnance attaquée que si le juge instructeur l’ordonne 
(art. 103 LTF).