# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** d1722dc9-2d19-5725-9a1b-6a960171c354
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2011-04-08
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 08.04.2011 SK.2010.25
**Docket/Reference:** SK.2010.25
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_SK-2010-25_2011-04-08

## Full Text

Faux dans les titres et complicité de faux dans les titres (art. 25 et 251 CP).;;Faux dans les titres et complicité de faux dans les titres (art. 25 et 251 CP).;;Faux dans les titres et complicité de faux dans les titres (art. 25 et 251 CP).;;Faux dans les titres et complicité de faux dans les titres (art. 25 et 251 CP).

Arrêt du 8 avril 2011 
Cour des affaires pénales 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Jean-Luc Bacher, 
président, Walter Wüthrich et Nathalie Zufferey,          
la greffière Joëlle Braghini. 

Parties  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION, 
représenté par Patrick Lamon, Procureur fédéral, 
 
 

 contre 

 
 1. A., défendu par Me Christian Favre, 

2. B., défendu par Me Stéphane Riand,  

Objet 
 

Faux dans les titres et complicité de faux dans les 
titres (art. 25 et 251 CP). 

 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t  

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéro du dossier:  SK.2010.25 
 

 

 

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Faits: 

A. Déroulement de la procédure  

A.1 Le 15 octobre 2004, le Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC) a 
formellement ouvert une enquête de police judiciaire à l’encontre de A. pour blan-
chiment d’argent au sens de l’art. 305bis CP. Son frère C. et D. étaient également 
visés, l’enquête ayant démarré à la suite de l’investissement d’un million de francs 
que chacun d’eux avait fait dans la société E. en Valais en vue d’obtenir des per-
mis B (arrêt du Tribunal pénal fédéral SK.2010.9 du 24 novembre 2010, p. 3-4). 
Les charges étaient liées à une procédure pénale pour escroquerie ouverte en 
Russie notamment contre le prénommé F. qui était soupçonné d’avoir reçu et 
écoulé le produit de malversations au détriment de la ville de X. lors de travaux 
d’aménagement de sa ceinture autoroutière (cl. 1 pag. 020097 ss). 

A.2 Dans le cadre de cette enquête, la Police judiciaire fédérale (ci-après: PJF) a 
perquisitionné, le 16 novembre 2004, les locaux de la société G. à Aigle, laquelle a 
son siège à Ayent et dont A. est le directeur et le président du conseil 
d’administration (cl. 1 pag. 020036 ss). La société H. à Anzère, qui est l’organe de 
révision de la société G., a été perquisitionnée le même jour (cl. 1 pag. 020023 
ss). A cette occasion, plusieurs documents ont été saisis, dont les pièces compta-
bles de la société G. concernant les années 1999 et 2000. 

A.3 Le 9 mars 2006, le MPC a requis du Juge d’instruction fédéral (ci-après: JIF) 
l’ouverture d’une instruction préparatoire (art. 108 aPPF). Le JIF y a donné suite le 
10 mars 2006 (cl. 2 pag. 020556-57). 

A.4 Au cours de son enquête, le JIF a procédé à de nombreuses auditions. Le 10 
septembre 2007, il a donné la mission à I., expert financier auprès de l’Office des 
juges d’instruction fédéraux, de dresser un rapport portant sur les activités de la 
société G. à partir de sa constitution en 1994. 

A.5 Dans son rapport du 29 février 2008, I. relève qu’en 2000 et 2001, les activités de 
transport de la société G. n’avaient pas suffi à couvrir ses charges et que pour y 
remédier, les administrateurs A. et J., d’entente avec le réviseur B., avaient décidé 
d’émettre des factures antidatées comptabilisées comme des produits (cl. 10 pag. 
023008). Auditionné par le JIF le 17 janvier 2008, B. a admis ces faits et a reconnu 
n’avoir pas respecté les règles de déontologie régissant sa profession (cl. 9 pag. 
022667). 

A.6 Le 24 juin 2008, B., J. et A. se sont ainsi vus inculpés de faux dans les titres selon 
l’art. 251 CP. Le but de l’instruction était de vérifier si la comptabilité de la société 

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G. avait été l’objet de manipulations comptables et si de fausses factures avaient 
été émises (cl. 12 pag. 023757-023759). 

A.7 Par ordonnance du 15 juillet 2008 notifiée au Juge d’instruction cantonal du Valais, 
le JIF a joint les procédures de blanchiment d’argent et de faux dans les titres. 

A.8 B. a été entendu comme inculpé les 17 juillet et 10 septembre 2008. A. n’a, quant 
à lui, pas été entendu en instruction sur la question du faux dans les titres, son dé-
fenseur ayant communiqué au magistrat instructeur que son client n’entendait pas 
faire de déclarations et qu’il exercerait son droit de se taire (cl. 23 pag. 084423). A. 
a donc été informé de son inculpation pour faux dans les titres par le biais d’un 
courrier du JIF du 30 juillet 2008 adressé à son conseil (cl. 23 pag. 084413 s.). 

A.9 Au cours de l’instruction préparatoire, B. s’est opposé à l’audition de K., spécialiste 
de l’audit (cl. 25 pag. 088020) que le JIF voulait entendre comme témoin le 10 oc-
tobre 2008. Quant au JIF, il a rejeté la requête d’expertise comptable formée par 
B. le 29 août 2008 (cl. 25 pag. 088016). C’est ainsi que I. a été invité à établir un 
rapport complémentaire à celui du 29 février 2008 (v. supra lettre A.5) consistant 
en «une analyse de la réglementation topique et de la pratique en matière de révi-
sion comptable en relation avec les manipulations comptables présumées au sein 
de la société G.». Dans son rapport du 20 octobre 2008, I. décrit les opérations 
comptables passées lors de la clôture des comptes des exercices 1999 et 2000, et 
arrive à la conclusion que quatre factures ont été antidatées et qu’elles sont pro-
bablement fausses. I. ajoute qu’elles sont adressées à des sociétés dont certaines 
seraient fictives et qu’elles ont été établies dans le but d’éliminer une perte comp-
table qui aurait placé la société G. en situation de surendettement, circonstances 
qui auraient vraisemblablement compromis le renouvellement du permis de séjour 
de A. S’agissant de B., I. est d’avis qu’il n’a pas vérifié la réalité économique des 
factures et qu’il a failli à ses devoirs de réviseur (cl. 12 pag. 023936-023949). 

A.10 Le JIF a rendu son rapport final le 26 mars 2009 (cl. 13 pag. 024077-125). En date 
du 1er avril 2010, le MPC a dressé un acte d’accusation contre A. et B. (cl. 105/I 
pag. 105100.1-23). Il était reproché au premier des actes de blanchiment ainsi que 
l’infraction de faux dans les titres en lien avec les manipulations comptables sus-
mentionnées. En ce qui concerne B., l’infraction de faux dans les titres était rete-
nue pour les rapports de révision 1999 et 2000. Quant à J., la procédure a été 
classée par ordonnance du 22 avril 2010. 

A.11 Les débats se sont tenus du 16 au 18 novembre 2010. En audience, C. – tiers 
saisi dans la procédure relative au blanchiment d’argent – a, par l’entremise de 
l’avocat de A., requis le versement au dossier de pièces démontrant l’existence 
des sociétés russes avec lesquelles la société G. avait été en relation d’affaires 

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dans les années 1999 et 2000. Ces pièces ont toutefois été remises en leur 
grande partie en langue russe. La Cour a décidé de les accepter et de les faire 
traduire. Afin de ne pas retarder le jugement pour blanchiment d’argent, la procé-
dure pour faux dans les titres a été disjointe par décision rendue le 17 novembre 
2010. De nouveaux débats ont ainsi dû être fixés pour ce volet. 

A.12 Le 17 novembre 2010, le président de la Cour des affaires pénales (ci-après: le 
président) a imparti aux parties un délai pour présenter leurs offres de preuves 
pour le volet restant (cl. 105/IV pag. 105910.15).  

A.13 Par lettre du 25 novembre 2010, Me FAVRE a requis l’audition en qualité de té-
moin de L., M.  et de N., tous trois domiciliés en Russie. Le président a, par déci-
sion du 22 décembre 2010, rejeté cette requête parce que tardive et parce qu’il es-
timait que l’existence des sociétés pouvait être établie par des moyens plus res-
pectueux du principe de célérité. Le président a par ailleurs confirmé le versement 
au dossier des pièces déposées par C. lors de l’audience du 17 novembre 2010. 
Ces pièces ont été traduites et transmises aux parties le 7 février 2011. 

A.14 Le 1er février 2011, Me FAVRE a requis le versement de six nouvelles pièces 
rédigées en russe accompagnées de leur traduction. Il s’agit des déclarations écri-
tes de L., N. et M., ainsi que de deux extraits du registre russe du commerce 
concernant les sociétés O. et P., enfin, d’un écrit du Ministère russe des finances 
concernant la société Q. (cl. 106/I pag. 106521.2-60). La Cour a versé ces pièces 
au dossier lors des débats du 9 mars 2011. 

A.15 Le 22 février 2011, le MPC a dressé un acte d’accusation complémentaire à celui 
du 1er avril 2010. A. y est décrit comme complice des infractions reprochées à B. 
S’agissant de B., les actes qui lui sont reprochés dans l’acte du 1er avril 2010 sont 
complétés par référence aux règles régissant la profession de réviseur (cl. 106/I 
pag. 106100.24-31).  

A.16 Par lettre du 28 mars 2011, le MPC a requis l’audition de C. Par décision du 30 
mars 2011, le président a accepté cette requête. 

A.17 Les débats se sont déroulés les 9 et 10 mars 2011. Lors de l’audience du 9 mars 
2011, le conseil de A. a requis le dépôt d’une liasse de nouvelles pièces concer-
nant la société G. Il s’agit de factures témoignant des charges assumées par la 
société G. dans le cadre de sa collaboration avec les sociétés G. Moscou et Q. La 
Cour a admis leur versement au dossier. La Cour a à nouveau dû interrompre les 
débats afin de donner à toutes les parties l’occasion d’en prendre connaissance. 
Les débats ont repris le 7 avril 2011. 

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B. Les débats 

B.1 Les représentants du MPC, A. et B. accompagnés de leurs conseils respectifs ont 
comparu devant la Cour à Bellinzone le 7 avril 2011. 

B.2 C. a été auditionné en qualité de personne entendue à titre de renseignements.  

C. Les conclusions des parties 

 A l’issue des débats, les parties ont pris les conclusions suivantes: 

C.1 En ce qui concerne A., le MPC a conclu à ce qu’il soit reconnu coupable de faux 
dans les titres et de complicité de faux dans les titres. Il a requis sa condamnation 
à une peine pécuniaire de 180 jours-amende à raison de  
CHF 200.- le jour-amende. Il a également requis que les frais évalués à  
CHF 26’165.95 soient partagés entre les deux accusés. 

C.2 En ce qui concerne B., le MPC a conclu à ce qu’il soit reconnu coupable de faux 
dans les titres. Il a requis sa condamnation à une peine pécuniaire de 180 jours-
amende à raison de CHF 500.- le jour-amende et à la mise à sa charge de la moi-
tié des frais. 

C.3 Plaidant pour l’accusé A., Me FAVRE a conclu à ce que son client soit acquitté 
avec suite de frais, et à ce que le tribunal prononce une indemnité équitable à titre 
de dépens en sa faveur. 

C.4 Plaidant pour l’accusé B., Me RIAND a conclu à ce que son client soit acquitté, à 
ce que les frais de la cause soient mis à la charge de la Confédération et à ce que 
le tribunal prononce une indemnité équitable à titre de dépens en faveur de B. 

D. Le dispositif du présent jugement a été lu en audience publique le 8 avril 2011. Les 
parties n’étaient pas présentes, ni représentées. Le jour même, il leur a été com-
muniqué par fax. Dans la mesure où d’autres précisions de faits sont nécessaires 
au jugement de la cause, elles seront apportées dans les considérants qui suivent. 

E. La situation personnelle des accusés 

E.1 A. 

A. est né à W., en Russie. Il est marié à R. et a un fils. 

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A. est diplômé de l’Institut de culture physique en Russie et a été champion de 
Russie dans la discipline de la lutte gréco-romaine. Par la suite et jusqu’en 1992, il 
a travaillé en Russie comme homme d’affaires indépendant dans différents domai-
nes. Il a ouvert une usine de vodka, a travaillé dans le domaine du transport inter-
national et a œuvré pour l’entreprise S. en Russie. En 1992, il s’est installé en 
Suisse et a acheté des appartements à Z. En 1994, il a fondé la société G. à Y. 
pour ensuite transférer son siège dans le canton du Valais. A. est l’administrateur 
de cette société qui est active dans le domaine des transports internationaux. Il 
dispose d’un permis de séjour depuis le 24 janvier 1996. 

Depuis le 1er mars 2009, A. travaille comme représentant de la société E. pour les 
pays de l’Est européen et notamment la Russie (cl. 105/IV pag. 105910.241-242). 
Son salaire mensuel brut s’élève à CHF 3’000.-. Il ressort de l’extrait du registre 
des poursuites que les dettes de l’accusé s’élèvent à CHF 1’281’148.35 (cl. 105/III 
pag. 105693.4). 

A. a été condamné par la Préfecture de Lausanne à une reprise à CHF 650.- 
d’amende avec sursis, le 18 juin 2004, pour violation grave des règles de la circu-
lation routière. 

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E.2 B. 

B. est né en Valais. Il est marié à T. et a deux enfants. 

Il a suivi ses écoles obligatoires à Ayent puis à Sion. Par la suite, il a fait un ap-
prentissage d’employé de commerce dans une banque. Il dispose d’un diplôme de 
comptable et depuis 1978, il travaille auprès de la société AA. en qualité de comp-
table et de réviseur, société dont il est par ailleurs le responsable (cl. 1 
pag. 020074).  

Il ressort de la décision de taxation du 2 février 2011 concernant l’année 2008 
(cl. 106/I pag. 106683.5-6) que le revenu annuel de B. s’élève à CHF 117’172.- 
(98’829+15’000+3'343). Il n’a aucune poursuite et n’a jamais été l’objet d’une 
condamnation pénale. 

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La Cour considère en droit: 

Sur les questions préjudicielles 

Les faits de la cause et les requêtes des parties appellent les considérations suivantes: 

1. Alors qu’aucune contestation ne s’est élevée à ce propos, il incombe à la Cour 
d’examiner d’office sa compétence pour connaître de la présente affaire. 
L’infraction de faux dans les titres (art. 251 CP) n’est pas mentionnée dans la liste 
des infractions qui relèvent de la juridiction fédérale au sens des art. 336 et 337 
aCP (remplacés par les art. 23 et 24 CPP, entrés en vigueur le 1er janvier 2011). 
Selon l’art. 18 al. 2 aPPF (équivalant à l’art. 26 al. 2 CPP), en cours d’instruction, 
lorsqu’une affaire de droit pénal fédéral était soumise aussi bien à la juridiction fé-
dérale qu’à la juridiction cantonale, le procureur général pouvait ordonner la jonc-
tion des causes en mains de l’autorité fédérale. La jonction supposait toutefois que 
le MPC rende une décision formelle, notifiée aux cantons et aux parties concer-
nées, les uns et les autres étant habilités à recourir auprès de la Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral (art. 18 al. 4 aPPF, équivalent à l’art. 28 CPP).  

En l’occurrence, par ordonnance du JIF du 15 juillet 2008 (cl. 12 pag. 023761 s.), 
l’infraction de faux dans les titres a été jointe en mains de l’autorité fédérale qui 
était saisie d’une procédure pour blanchiment d’argent relevant de la juridiction fé-
dérale (v. supra lettre A.1; arrêt du Tribunal pénal fédéral SK.2010.9 du 24 no-
vembre 2010, consid. 1). Cependant, cette ordonnance pose problème parce 
qu’elle a été établie par une autorité incompétente, à savoir le JIF, et non par le 
MPC comme l’exigeait l’art. 18 al. 2 aPPF. Ainsi, cette disposition ne saurait entrer 
en considération pour justifier une attraction de compétence en faveur de la 
Confédération pour l’infraction de faux dans les titres qui relève de la juridiction 
cantonale, soit le canton du Valais dans le cas d’espèce. En principe, la compé-
tence du Tribunal pénal fédéral ne serait donc pas donnée et la Cour devrait se 
déclarer incompétente.  

Toutefois, selon la jurisprudence du Tribunal fédéral (ATF 133 IV 235 consid. 7) et 
en application de l’art. 6 § 1 CEDH, les principes d’efficacité et de célérité interdi-
sent au Tribunal pénal fédéral de remettre en cause sa compétence, même en 
l’absence d’accord explicite entre les autorités de la Confédération et des cantons, 
exception faite des cas où des motifs impérieux (triftige Gründe), non donnés en 
l’espèce, imposeraient une telle solution. En effet, la transmission de la cause au 
canton du Valais aurait eu comme conséquence de prolonger inutilement cette 
procédure qui dure depuis presque trois ans. Or, vu son enjeu non négligeable 
pour les accusés, un dénouement rapide s’impose. La Cour admet donc sa com-
pétence pour connaître de l’infraction de faux dans les titres. 

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2. Le 1er janvier 2011, le nouveau Code de procédure pénale est entré en vigueur. Il 
convient de déterminer le droit de procédure applicable dans le cas d’espèce dans 
la mesure où les débats ont été ouverts en novembre 2010 et qu’ils ont été pour-
suivis en mars et avril 2011. L’art. 450 CPP prévoit que lorsque les débats ont été 
ouverts avant l’entrée en vigueur du CPP, ils se poursuivent selon l’ancien droit 
devant le tribunal de première instance compétent jusqu’alors. En l’occurrence, il 
s’agit donc d’appliquer l’ancienne loi de procédure pénale fédérale. 

En ce qui concerne A. 

3. A. est accusé de faux dans les titres au sens de l’art. 251 ch. 1 CP (let. A. ch. 2 de 
l’acte d’accusation) pour avoir entre le 30 décembre 1999 et le 30 décembre 2000 
et en mars 2001 établi et signé de sa main, en sa qualité de directeur de la société 
G., quatre fausses factures destinées à combler les pertes subies par la société 
dans les années 1999 et 2000. La société G. pouvait ainsi éviter l’avis de suren-
dettement (art. 725 CO) et même afficher un bénéfice, ce qui permettait à A. et à 
sa famille de conserver leur droit de demeurer en Suisse. Il est également repro-
ché à A. d’avoir prêté assistance à B., réviseur de la société G., pour 
l’établissement de faux rapports de révision pour les années comptables 1999 et 
2000. 

3.1 

3.1.1 Il est établi que depuis 1997, A. est le président du conseil d’administration de la 
société G. (cl. 10 pag. 023139). En 1994, il en était seulement l’administrateur, tout 
comme BB., frère de B., et J. A. assure la direction opérationnelle de la société G. 
depuis le début des activités de la société en 1994 (cl. 1 pag. 020048), étant préci-
sé qu’à l’heure actuelle, elle n’a plus d’activités (cl. 106/II pag. 106910.63). Il est 
également établi que la fiduciaire AA. fonctionne depuis 1994 comme organe de 
révision (cl. 10 pag. 023133 et cl. 106/II pag. 106910.36), sous la responsabilité de 
B. (cl. 1 pag. 020074). Ce dernier a déclaré qu’à partir de 1996, il s’était vu en ou-
tre confier un mandat fiduciaire consistant en «la gestion de la comptabilité, des 
salaires et de la TVA notamment» (cl. 106/II pag. 106910.36). Il est cependant 
ressorti de la procédure que la fiduciaire AA. participait à l’élaboration de la comp-
tabilité de la société G. déjà en 1994 (cl. 11 pag. 023308). 

3.1.2 Pour la clôture annuelle des comptes de la société G., il était d’usage que l’organe 
de révision (B.) soumette un projet à A. Le projet était discuté de vive voix entre B. 
et A., assisté de J., qui fonctionnait pour l’occasion également comme traducteur. 
Quant à BB., il se contentait de prendre connaissance des chiffres des bilans révi-
sés et de contrôler l’évolution générale de la société et le nombre «d’emplois pro-
duits» (cl. 9 pag. 022781). 

- 10 - 

Les comptes provisoires de la société G. pour l’exercice 1999 ont été soumis à A. 
lors d’un entretien qui a eu lieu le 19 février 2000. A cette occasion, B. a rendu A. 
et J. attentifs au fait que les comptes présentaient un déficit de CHF 440’385.83 
(cl. 9 pag. 022667 et cl. 12 pag. 023951-023953). Après la réunion du 19 février 
2000, la société G. a facturé un montant de CHF 132’000.- à la société G. à Mos-
cou. La facture portait la date du 30 décembre 1999 et était donc antidatée. Elle 
avait le libellé suivant: «Direction et organisation administratives de la société. 
Prospection et démarches auprès des clients européens» (cl. 9 pag. 022667 et cl. 
12 pag 023960). Ne maîtrisant pas suffisamment le français, A. n’a pas établi de 
sa main la facture en question mais en a donné l’instruction à sa secrétaire CC. 
(cl. 1 pag. 020202). Le montant de CHF 132’000.- a ensuite été introduit dans le 
bilan définitif de 1999 où il a été placé dans les produits extraordinaires sous «au-
tres recettes» (cl. 12 pag. 023957). Le compte actionnaire n° 2400 a été débité en 
parallèle de cette même somme. C’est donc le compte actionnaire qui a servi à ali-
menter le compte produits «autres recettes» (cl. 12 pag. 023952-023957). Si l’on 
compare le projet de comptes 1999 et les comptes définitifs, on constate par ail-
leurs que suite à la séance du 19 février 2000, quatre écritures qui figuraient sur 
les comptes provisoires de charges n’y sont plus. Il s’agit des montants de       
CHF 201’164.05 («carburants G.»), CHF 51’448.47 («réparations G.»),            
CHF 50’000.- («tél., fax, natel») et CHF 16’000.- («loyers et charges»). 

Grâce aux corrections apportées, le bilan 1999 pouvait désormais montrer un bé-
néfice de CHF 10’266.69 (cl. 12 pag. 023955). 

3.1.3 Lors de la réunion du 12 mars 2001 portant sur les comptes de l’année 2000, B. a 
informé A. et J. que la société G. présentait une perte de CHF 523’776.25 (cl. 9 
pag. 022671 et cl. 12 pag. 023967). Au cours de cette séance, A., dont les propos 
étaient traduits par J., a annoncé qu’il avait encore des prestations à facturer à des 
sociétés en Russie (cl. 12 pag. 023766 et 023770). C’est ainsi qu’après la séance, 
trois factures ont été établies, à savoir une facture datée du 28 août 2000 d’un 
montant de CHF 170’000.- adressée à la société PP. Cette facture se réfère à des 
transports et à des locations de véhicules en Russie pour la période du 1er novem-
bre 1999 au 30 octobre 2000. Une seconde facture portant la date du 30 décem-
bre 2000 pour un montant de CHF 40’000.- adressée à la société O. se rapporte à 
des transports de marchandises. 

Enfin, une ultime facture datée du 30 décembre 2000 d’un montant de 
CHF 150’000.- est destinée à la société Q. Elle a plus ou moins le même libellé 
que la facture destinée à la société G. Moscou («Direction, organisation adminis-
trative, gestion de la facturation et des débiteurs ainsi que prospection et démar-
ches auprès de la clientèle européenne»). Cette facture concerne la période du 1er 
janvier au 31 décembre 2000 (cl. 12 pag. 023766 et 023818-023820). Ne parlant 

- 11 - 

et ne comprenant pas suffisamment le français, A. a fait établir ces trois factures 
par l’un de ses collaborateurs sur la base de projets préparés par B. (v. infra 
consid. 4.3.3.1) (cl. 106/II pag. 106910.19). Tout comme la facture du 30 décem-
bre 1999, les trois factures susmentionnées étaient antidatées. 

Il ressort de la documentation bancaire séquestrée que la société DD. qui appar-
tient à A. (cl. 12 pag. 023968 à 023974) a versé en faveur de la société G.  
CHF 170’000.- le 4 mai 2000. L’avis de versement fait référence à une «avance 
transport» (cl. 12 pag. 023969). Le 19 décembre 2000, la société DD. a par ailleurs 
viré à la société G. CHF 150’000.- sans motif apparent selon l’avis de crédit (cl. 12 
pag. 023972). Enfin, le 14 décembre 2000, la société G. s’est vue créditer une 
somme de CHF 40’000.- versée directement par A. (cl. 12 pag. 023976). Il est éta-
bli qu’en date du 12 mars 2001, ces montants se trouvaient sur le compte action-
naire n° 2400 dans son état provisoire (cl. 12 pag. 023975). Interrogé sur leur dis-
parition de ce compte, B. a déclaré qu’ils y avaient été enregistrés par erreur. Se-
lon son interprétation, ils étaient en attente sur le compte actionnaire et la séance 
du 12 mars 2001 avait pour but de décider de leur affectation définitive (cl. 12 pag. 
023806). Après celle-ci, ils ont été ventilés sur les comptes appropriés (cl. 12 pag. 
023768 et cl. 106/II pag. 106910.40-42). On peut constater qu’après la séance du 
12 mars 2001, les CHF 150’000.- ont effectivement été affectés au compte de re-
cettes n° 6500 dans les «autres produits» valeur 19 décembre 2000, tandis que 
les montants de CHF 170’000.- et CHF 40’000.- ont été placés dans le compte  
n° 6100 dans les «recettes transports» valeur 4 mai 2000, resp. valeur 14 décem-
bre 2000. 

Grâce à ces factures, la société G. a pu dégager pour l’année 2000 un excédent 
de CHF 17’705.39 (cl. 12 pag. 023989-023992). 

3.2 L’art. 251 ch. 1 CP punit d’une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou 
d’une peine pécuniaire celui qui aura, dans le dessein de porter atteinte aux inté-
rêts pécuniaires ou aux droits d’autrui, ou de se procurer ou de procurer à un tiers 
un avantage illicite, aura créé un titre faux, falsifié un titre, abusé de la signature ou 
de la marque à la main réelles d’autrui pour fabriquer un titre supposé, ou constaté 
ou fait constater faussement, dans un titre, un fait ayant une portée juridique. La 
même peine est réservée à celui qui, pour tromper autrui, fait usage d’un tel titre. 
Le faux réprimé par l’art. 251 CP ne vise pas n’importe quel document écrit. Il faut 
qu’il corresponde à la notion de titre, telle qu’elle est définie par  
l’art. 110 al. 4 CP, c’est-à-dire qu’il soit destiné et propre à prouver un fait ayant 
une portée juridique, mais qui doit aussi présenter une force probante accrue  
(CEDRIC REMUND/SYLVIE BOSSARD/OLIVIER THORMANN, Le faux intellectuel dans le 
droit pénal économique, Genève, Zurich, Bâle 2011, p. 290-291). L’art. 251 CP a 
pour but de protéger la confiance que l’on accorde à un titre en tant que moyen de 

- 12 - 

preuve et à protéger les particuliers dans leurs relations d’affaires (BRUNO KISTLER, 
Le faux dans les titres, récente jurisprudence du Tribunal fédéral, L’Expert-
comptable suisse 1999, p. 828).  

L’art. 251 CP réprime non seulement le faux matériel, qui consiste dans la fabrica-
tion d’un titre faux ou sa falsification, mais également le faux intellectuel qui n’est 
pas d’ordre matériel mais constitue uniquement une altération de la vérité par le 
contenu de l’écrit (BERNARD CORBOZ, Les infractions en droit suisse, vol. II, Berne 
2010, art. 251 n° 103 à 109). Un simple mensonge écrit ne constitue pas un faux 
intellectuel. La jurisprudence exige, dans le cas du faux intellectuel, que le docu-
ment ait une crédibilité accrue et que son destinataire puisse s’y fier raisonnable-
ment. Une simple allégation, par nature sujette à vérification ou discussion, ne suf-
fit pas; il doit résulter des circonstances ou de la loi que ce document est digne de 
confiance, de telle sorte qu’une vérification par le destinataire n’est pas nécessaire 
et ne saurait donc être exigée. Tel est le cas lorsqu’une disposition légale pose 
des exigences quant à son contenu (ATF 131 IV 125 consid. 4.1, p. 127 s., 129 IV 
130 consid. 2.1, 126 IV 65 consid. 2a, p. 68). Enfin, il faut noter que la limite entre 
le mensonge écrit et le faux intellectuel dans les titres doit être fixée de cas en cas 
en fonction des circonstances concrètes (ATF 125 IV 17 consid. 2a/aa p. 23).  

3.3 Avant de se demander si les quatre factures décrites sous les considérants 3.1.1 à 
3.1.3 ci-dessus sont fausses, il faut déterminer si elles sont des titres.  

Selon la jurisprudence, la comptabilité commerciale et ses composantes (justifica-
tifs, livres, extraits de compte, bilans ou compte de résultat) sont des titres 
(art. 957 ss et 962 ss CO) destinés et propres à prouver un fait ayant une portée 
juridique (ATF 125 IV 17 consid. 2a/aa p. 23, 122 IV 25 consid. 2b). La comptabili-
té commerciale comprend les bilans, les comptes d’exploitation et les inventaires 
(art. 957 et 958 CO), ainsi que tous les documents qui permettent d’établir ces ré-
capitulations périodiques, soit les livres, fichiers ou systèmes informatiques dans 
lesquels les données sont régulièrement enregistrées. Les pièces justificatives tra-
ditionnelles (bulletins de livraisons, quittances, factures, etc.) sont également des 
titres car elles sont destinées à servir de preuves quant aux opérations comptabili-
sées (CEDRIC REMUND/SYLVIE BOSSARD/OLIVIER THORMANN, op. cit., p. 308 et arrêt 
du Tribunal fédéral 6P.76/2004 du 1er octobre 2004, consid. 6.3). 

Ainsi, la comptabilité commerciale apporte la preuve, par l’effet de la loi (art. 957 
CO), de la situation et des opérations qu’elle représente. Cette aptitude à prouver 
qui s’attache à toutes les composantes de cette comptabilité, y compris les pièces 
justificatives, permet d’affirmer qu’une facture incorporée à la comptabilité pour 
justifier d’une prestation constitue un titre. C’est l’intégration de la facture dans la 

- 13 - 

comptabilité qui lui donne cette force probante accrue (arrêt 6S.66/1997 du 
19 mars 1997 publié dans SJ 1997 p. 584). 

En l’occurrence, les quatre factures litigieuses sont de toute évidence des titres. 

3.4 Des opérations qui améliorent la présentation des comptes à une date déterminée 
ne conduisent pas nécessairement à une comptabilité fausse si l’opération corres-
pond à la réalité juridique et si elle ne vise pas à tromper les tiers (ANDRÉ COTTIER, 
Traité de comptabilité générale, Plans comptables, Analyse du bilan et du compte 
de résultat, 3e éd., Genève 1998, p. 160; arrêt du Tribunal fédéral 6S.438/1999 du 
24 février 2000, consid. 11b; BERNARD CORBOZ, op. cit., art. 251 n° 41 et jurispru-
dence citée). Des évènements postérieurs au bilan peuvent aussi être pris en 
compte et des factures antidatées, mais il doit s’agir uniquement de transactions 
économiquement justifiées et non d’opérations fictives, à la condition que le contrat 
lui-même ne soit pas antidaté (CHAMBRE FIDUCIAIRE, Manuel suisse d’audit [MSA] 
1998, Tome 1, n° 2.38422 p. 405). En d’autres termes, les évènements dont 
l’origine remonte à l’exercice écoulé et connus après la date du bilan jusqu’à 
l’adoption des comptes peuvent et doivent même être intégrés dans les comptes 
annuels (PASCAL MONTAVON/JEAN-MARC WICHSER, Droit suisse de la SA, Lau-
sanne 2004, p. 272). 

In casu, il s’agit d’examiner si les factures sont fausses, à savoir si elles expriment 
des transactions et des rapports juridiques fictifs. 

3.4.1 En ce qui concerne la facture du 30 décembre 1999 d’un montant de  
CHF 132’000.- (v. supra consid. 3.1.2), du point de vue de l’accusation, celle-ci est 
fausse parce qu’elle documente des prestations qui n’ont pas été effectuées. 
Preuve en serait qu’il n’existe aucun justificatif, aucun contrat ou autre convention 
qui témoigne d’une collaboration entre les sociétés G. et G. Moscou. Le fait aussi 
que la facture ait été antidatée permettrait déjà de douter de son authenticité. 

La Cour considère que même si les circonstances de l’établissement de la facture 
sont suspectes, l’accusation n’est pas parvenue à démontrer qu’il s’agissait d’un 
faux. A. a pour sa part contesté avoir rédigé une fausse facture. Il n’est pas exclu 
que la facture litigieuse corresponde à des prestations effectives fondées sur 
l’accord de collaboration entre les sociétés G. et G. Moscou qui a été produit lors 
des débats le 16 novembre 2010. En vertu de cet accord qui daterait du 1er janvier 
1999 (cl. 105/IV pag. 105910.112-116 et cl. 106/I pag. 106682.32-38), la première 
société était chargée de trouver des clients intéressés à faire transporter des mar-
chandises. La société G. Moscou, quant à elle, mettait à disposition ses véhicules 
et ses chauffeurs. Il semblait convenu que la société G. assume les frais 
d’assurance, le carburant, les dépenses de téléphone, les frais de douanes, les 

- 14 - 

réparations des camions et les coûts afférents à la sécurité des convois (cl. 106/II 
pag. 106910.18-19). Outre les éléments déjà mentionnés, le contrat prévoyait que 
le transitaire, soit la société G., avait droit à des honoraires (art. 4 du contrat). 

La Cour a demandé à A. et à son frère pourquoi la société G. avait décidé de fac-
turer le montant de CHF 132’000.- et non davantage, ou même moins. A. a expli-
qué que ce montant résultait du total annuel des gains encaissés en Suisse par la 
société G. moins les frais encourus. C. en a fait la démonstration à la Cour en se 
basant sur des décomptes qu’il a lui-même établis en novembre 2010. Ces dé-
comptes établis a posteriori sont d’un abord difficile. Mais la Cour a pu constater 
qu’ils n’étaient rien de plus que la somme de toutes les factures réglées par la so-
ciété G. pour des transports en camion, factures dont une partie a été saisie lors 
de la perquisition des locaux à Aigle le 16 novembre 2004 et l’autre, apportée par 
l’accusé aux débats le 10 mars 2011 (v. supra lettre A.17). Si l’on peut s’étonner 
que des pièces supposées contenir des informations intéressant l’accusation 
n’aient pas été séquestrées en son temps et qu’elles soient produites, à décharge, 
seulement au stade des débats, cela ne suffit pas pour affirmer qu’elles ne sau-
raient contribuer à expliquer le bien-fondé de la facture de CHF 132’000.-. Ce qui 
est établi par contre, c’est qu’un grand nombre de factures concernant l’année 
1999, séquestrées en novembre 2004, témoignent de transports effectués au vo-
lant de camions immatriculés en Russie pris en charge par la société G. depuis la 
Suisse. La Cour a pu constater que ces factures avaient été adressées par la so-
ciété G. à des sociétés de transport en Suisse et en Espagne (pièces séquestrées 
HD5/Bureau pièce n° 10). A la lecture de la documentation bancaire disponible, la 
Cour constate que les montants facturés aux clients ont au demeurant bien été 
acquittés par leur débiteur. Ainsi, la Cour retient qu’il n’y a pas matière à douter, 
qu’en 1999, la société G. collaborait avec une société russe sur la base d’un ac-
cord, fût-il intitulé de transit. Cette conclusion est d’ailleurs confirmée par la pré-
sence des postes de charges dans l’état provisoire des comptes 1999 qui portent 
la mention explicite «société G.», qui se réfèrent donc à la société G. Moscou. Ain-
si en va-t-il des dépenses de carburants pour CHF 201’164.05 et de réparations 
pour CHF 51’488.47. Ces circonstances accréditent le fait que les sociétés G. et 
G. Moscou étaient en rapports d’affaires en 1999. 

De ce constat, il résulte que les seuls indices à charge présentés par le MPC rési-
dent dans le fait que la facture du 30 décembre 1999 a été établie après la fin de 
l’exercice 1999 et qu’elle a été antidatée. La conclusion qu’en tire l’accusation re-
pose toutefois sur des conjonctures. Les preuves recueillies ne suffisent pas pour 
conclure à une vraisemblance confinant à la certitude que la facture est fausse 
comme le soutient l’acte d’accusation. Le doute devant profiter à l’accusé, il sera 
donc acquitté de ce chef. 

- 15 - 

3.4.2 Pour les mêmes motifs que ceux exposés au considérant 3.4.1, l’accusation sou-
tient que la facture du 28 août 2000 d’un montant de CHF 170’000.- adressée à la 
société PP. (v. supra consid. 3.1.3) est fausse quant à son contenu, ce d’autant 
que l’existence de cette société est sujette à caution.  

3.4.2.1A titre liminaire, il faut préciser que la société destinataire de la facture est nommée 
tantôt P., tantôt PP. Il s’agit toutefois de la même société dont le nom a parfois été 
déformé lors de la traduction (cl. 105/IV pag. 105910.99-100). 

 La facture se réfère à des véhicules loués par la société G. à la société P. entre le 
1er novembre 1999 et le 30 octobre 2000. Lors des débats, plusieurs documents 
ont été produits à l’appui de cette facture dont un contrat de location entre les so-
ciétés G. et P. du 16 octobre 1999 (cl. 105/IV pag. 105910.187-189 et cl. 106/I 
pag. 106682.72-75) et une déclaration du 21 janvier 2011 de M., ex-directeur de la 
société P., dans laquelle il affirme, entre autres, que le parc automobile de la so-
ciété P. se compose de véhicules loués. C. a aussi consigné à la Cour une série 
de pièces intitulées «factures». Ces «factures» sont un récapitulatif des périodes 
de location et des montants prétendument perçus par la société G. pour chacune 
d’elles (cl. 105/IV pag. 105910.192-197). De plus, trois «reçus» signés par A. ten-
dent à attester qu’il a reçu à trois reprises USD 35’000.- de la société P. en vertu 
de leur contrat de location (cl. 106/I pag. 106682.86-90). A. a déclaré à la Cour 
que les fonds lui avaient été remis en cash en Russie (cl. 106/II pag. 106910.24-
26). Enfin, ont été produits un état des comptes pour l’année 2000, un contrat de 
transit (du 14 janvier 2002) ainsi que d’autres documents qui, étonnamment, ne 
concernent pas les années qui intéressent les faits pénaux (1999/2000), mais 
l’année 2002 (cl. 105/IV pag. 105910.201-202 et cl. 106/I pag. 106682.97-103).  

 Certes, le MPC doutait de l’existence de la société P. et il a donc repris, dans l’acte 
d’accusation, le rapport final du JIF qui met en doute son existence, s’appuyant en 
cela sur l’audition de EE. qui était chargé d’une enquête contre la société G. 
conduite par l’Administration fédérale des douanes (ci-après: AFD). Or ce témoin 
ne fournit guère d’éléments. Il se contente de déduire qu’ayant trouvé à l’adresse 
présumée de la société P. en Russie une fabrique de conserves, il avait eu 
l’impression que la société était fictive. Des impressions ne suffisent cependant 
pas à établir des faits d’autant que l’accusé a produit un extrait du registre russe 
du commerce qui démontre que la société existe réellement. En l’occurrence, il y a 
plutôt lieu de se questionner sur la réalité des prestations facturées. La Cour a en-
tendu C. le 7 avril 2011. Sa déposition a au moins permis de clarifier un aspect: 
parmi les pièces qu’il a versées au dossier le 16 novembre 2010, plusieurs ont été 
créées peu avant les débats, soit au début du mois de novembre 2010 bien 
qu’étant datées de 1999 ou 2000. C’est le cas des documents intitulés «factures» 

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évoqués ci-dessus (cl. 106/II pag. 106910.64-66). C. a d’ailleurs admis avoir anti-
daté ces «factures», expliquant qu’il voulait faciliter la tâche du tribunal. 

 Dans ces circonstances, il y a tout lieu de s’interroger sur l’authenticité des autres 
justificatifs qu’il a produits, en particulier du contrat de location et des récépissés. 
A. prétend que ces documents se trouvaient en Russie et que c’est le directeur de 
la société P. qui les lui a remis en automne 2010 (cl. 160/II pag. 106910.24). Cette 
thèse n’est cependant pas crédible. En premier lieu, elle contredit de précédentes 
déclarations faites notamment par C., sur la Russie, selon lesquelles il n’était pas 
d’usage dans les années nonante de faire des contrats ou de demander des quit-
tances (cl. 1 pag. 020252-020253). En second lieu, elle est en contradiction avec 
les réponses fournies par A. aux enquêteurs de l’AFD dans le cadre de l’enquête 
douanière susmentionnée. Interrogé au sujet des relations entre les sociétés P. et 
G., A. a assuré à l’AFD qu’elles avaient débuté en 2002. Il a aussi produit un 
contrat daté du 11 juillet 2002, dénommé «procuration», par lequel la société G. 
avait reçu de la société P. les pleins pouvoirs pour la représenter en Europe (cl. 88 
pag. 000177). Il faut ajouter que lors de son interrogatoire, A. s’est aussi référé à 
des locations, mais à des locations de semi-remorques – et non de camions –, 
immatriculées en Valais – et non en Russie – et qui étaient louées prétendument 
gratuitement (cl. 88 pag. 000183-191).  

 Rien ne permet non plus de comprendre à quoi servent les autres documents 
remis à la Cour qui remontent aux années postérieures à la période pénale et l’on 
ne peut que s’étonner que des accords au contenu aussi similaire que le contrat 
de transit du 14 janvier 2002 et la «procuration» du 11 juillet 2002 aient été 
conclus à des dates aussi proches. Le fait que A. n’ait pas à l’époque remis le 
premier contrat à l’AFD pour expliquer les rapports entre les sociétés P. et G. n’a 
pas non plus trouvé d’explication. Pour reconstituer la date du début de la collabo-
ration entre les sociétés G. et P., la Cour s’appuiera donc sur des documents dont 
il est indubitable qu’ils se trouvaient parmi les pièces séquestrées à Aigle le 16 no-
vembre 2004. Or, ils ne comportent aucune trace documentaire d’une collaboration 
en 1999 ou 2000, mais seulement à partir de 2002 et 2003.  

 La facture du 28 août 2000 énumère les camions prétendument donnés en loca-
tion par la société G. Toutefois, l’instruction a mis en évidence que certains de ces 
véhicules n’appartenaient plus à la société G. au moment de la location. C’est le 
cas des tracteurs immatriculés AB 132 C 77 et AB 133 C 77 vendus en 1997 par la 
société G. à la société G. Moscou (cl. 11 pag. 023348 et 023349 ainsi que cl. 10 
pag. 022949). Aussi, n’en étant plus propriétaire, la société G. n’a pu les louer à la 
société P. Un dernier élément qui n’a pas trouvé de réponse est que selon la fac-
ture litigieuse, un montant de CHF 56’666.78 concerne des produits réalisés en 
1999, et non en 2000 (cl. 105/IV pag. 105910.196-197). Par conséquent, le mon-

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tant précité aurait dû être enregistré dans la comptabilité de 1999 et non dans celle 
de l’année 2000. 

 Pour tous ces motifs, la Cour considère que la facture du 28 août 2000 est fausse 
dans son contenu. 

3.4.2.2La comptabilité commerciale se doit d’être le reflet de la situation financière vérita-
ble d’une entreprise. Elle est soumise au principe de la sincérité, qui interdit tout 
enregistrement d’une opération fictive (GÉRALD-CHARLES BOURQUIN, Le principe de 
sincérité du bilan, Genève 1976, p. 305; KARL KÄFER, Berner Kommentar, vol. VIII, 
2e partie, ad art. 959 CO n° 289 et 290). Le compte d’exploitation et le bilan doi-
vent être établis dans le respect de ce principe (art. 959 CO; KARL KÄFER, op. cit., 
ad art. 959 CO n° 288). 

La facture du 28 août 2000 était destinée à entrer dans la comptabilité de la socié-
té G. en vue de légitimer une recette de CHF 170’000.-. Il ressort de cette compta-
bilité que la facture a été effectivement encaissée valeur 4 mai 2000 par le débit du 
compte actionnaire (v. supra consid. 3.1.3, 2e par.). Dans la mesure toutefois où 
elle correspond à des prestations qui n’ont pas été fournies, son encaissement 
n’était pas dû et le recours à la fausse facture a permis de camoufler la réelle si-
tuation de la société G. en en augmentant fictivement le bénéfice. Les comptes ont 
ainsi été matériellement falsifiés. 

3.4.2.3 L’infraction étant réalisée d’un point de vue objectif, il faut encore se demander si 
elle l’est sur le plan subjectif et si A. était animé d’un dessein spécial. 

Lors des débats, A. a expliqué qu’il n’aimait pas les chiffres et que ce n’était pas lui 
qui était en charge de la comptabilité de la société G. Il est cependant incontesté 
que l’expérience d’homme d’affaires de A. était déjà fort étendue lorsqu’il est arrivé 
en Suisse. Il avait à son actif une grande expérience dans le domaine du com-
merce qu’il a acquise en Russie. Il avait en effet été le propriétaire de plusieurs 
magasins et avait déjà travaillé dans la branche des transports internationaux  
(cl. 105/IV pag. 105910.23). Ainsi, l’accusé ne saurait se libérer en arguant qu’il ne 
comprenait pas la comptabilité. En 2000, A. avait une bonne connaissance du 
fonctionnement des affaires en Suisse puisqu’il y vivait depuis 1994 et qu’il était di-
recteur de la société G. et administrateur depuis 1997. Dès lors, il connaissait ses 
droits et ses obligations. Il savait qu’il devait tenir une comptabilité conforme à la 
réalité. Propriétaire de la société G. depuis 1994, il savait ce qu’était un bilan et ce 
que signifiait l’approbation des comptes. Il savait qu’en établissant une facture qui 
ne se rapporte à aucune prestation, il établissait un faux document et qu’en 
l’insérant dans la comptabilité, il présentait une fausse image de la société. 
L’accusé a agi avec conscience et volonté, soit intentionnellement. 

- 18 - 

3.4.2.4 L’infraction de faux dans les titres suppose un dessein spécial qui peut se présen-
ter sous deux formes alternatives: le dessein de nuire ou le dessein de se procurer 
ou de procurer à un tiers un avantage illicite. Le dol spécial peut consister dans la 
volonté de permettre aux dirigeants d’une entreprise d’éviter de faire un avis de 
surendettement (FRANÇOIS CHAUDET, La responsabilité de droit public de l’organe 
de révision, L’expert-comptable suisse 2000, p. 605 à 607). 

A. a agi dans le dessein de se procurer un avantage indu, en l’occurrence celui 
d’obtenir du Service des étrangers du canton du Valais le renouvellement de son 
permis de séjour. 

Le 24 janvier 1996, un premier permis de séjour a été délivré à A. (cl. 12 pag. 
023706). Saisie d’une demande de prolongation pour l’année 1997, la société pour 
le développement de l’économie valaisanne (ci-après: SODEVAL) a émis un pré-
avis négatif car la société G. n’avait pas respecté les conditions de la délivrance 
du permis de séjour, notamment quant à l’engagement de personnel, à l’achat de 
camions et quant aux promesses de chiffre d’affaires (cl. 12 pag. 023704). Après 
cet avis défavorable, l’ex-député FF. et d’autres personnes bien placées sont in-
tervenus auprès des services et personnes compétents (cl. 12 pag. 023640 et 
023712). Grâce à leur intervention, SODEVAL a révoqué sa décision et préavisé 
favorablement le renouvellement du permis. Le permis de séjour de A. a ainsi pu 
être prolongé pour l’année 1997. Pour l’année 1998, A. a à nouveau connu des dif-
ficultés pour le renouvellement de son permis, toujours pour les mêmes motifs  
(cl. 12 pag. 023641). A partir de 1999, A. avait manifestement compris que s’il ne 
voulait pas se retrouver dans la même situation qu’en 1997 et 1998, il fallait pré-
senter la société G. sous un jour favorable. En effet, B. lui avait bien fait compren-
dre et ce même par écrit qu’il importait que la société G. affiche un bénéfice en 
vue du renouvellement du permis de séjour: Une note de B., qui figure sur le projet 
de comptes de l’année 1998, dit: «Bouclement des comptes, par le compte action-
naire, extourner les avances au titre de recettes à concurrence du déficit et un bé-
néfice à laisser apparaître. Bon pour accord, le document étant nécessaire à la 
demande de permis» (pièce séquestrée n° 22/perquisition du 16 novembre 2004 
de la fiduciaire AA.). La Cour n’a eu connaissance d’aucune autre motivation plau-
sible susceptible d’expliquer le comportement de A. Aussi, retient-elle que celui-ci 
poursuivait le dessein de se procurer un avantage illicite. 

3.4.2.5 Enfin, l’auteur d’un faux dans les titres doit avoir voulu tromper autrui pour se 
procurer ou procurer à un tiers un avantage illicite (BERNARD CORBOZ, op. cit.,  
art. 251 n° 172, se référant à ATF 135 IV 12 consid. 2.2; MARKUS BOOG, in: Basler 
Kommentar, Strafrecht II, 2e éd. 2007, Art. 251 StGB n° 87). L’art. 251 CP vise à 
protéger la bonne foi en affaires. L’intention d’induire en erreur est nécessaire pour 
créer la mise en danger réprimée par l’art. 251 CP. Pour que ce bien soit menacé, 

- 19 - 

il faut que le faussaire ait eu la volonté d’agir pour tromper autrui dans les relations 
commerciales (ATF 101 IV 53 consid. I.3.a). Ce n’est donc qu’avec la volonté de 
tromper que le titre falsifié constitue une menace (STEFAN TRECHSEL/LORENZ ERNI, 
Schweizerisches Strafgesetzbuch, Praxiskommentar, Zurich/St Gall 2008, vor Art. 
251 n° 12). A ce propos, le Tribunal fédéral considère que celui qui établit un bilan 
commercial falsifié d’une société anonyme accepte qu’il soit utilisé dans des do-
maines non fiscaux et qu’il puisse tromper des tiers. Il n’est pas besoin que l’auteur 
ait su d’emblée à quoi servirait le faux (ATF 133 IV 303 consid. 4.6). 

En l’occurrence, il n’y a pas lieu de douter que A. avait conscience que le faux bi-
lan de l’année 2000 de la société G. tromperait de potentiels destinataires. Ce bi-
lan était destiné à être remis notamment aux autorités concernées dans le cadre 
du renouvellement du permis de séjour (cl. 12 pag. 023749). Les éléments consti-
tutifs objectifs et subjectifs du faux dans les titres sont tous réalisés et A. doit donc 
être reconnu coupable de ce chef d’accusation pour l’établissement et la signature 
de la facture du 28 août 2000 adressée à la société PP. 

3.4.3 Toujours pour les mêmes raisons que celles exposées au considérant 3.4.1, 
l’accusation considère que la facture du 30 décembre 2000 d’un montant de  
CHF 40’000.- adressée à la société O. (v. supra consid. 3.1.3) exprime une opéra-
tion fictive. 

3.4.3.1 Cette facture n’est pas signée et comme on l’a vu plus haut, elle a été rédigée par 
un collaborateur de A., à sa demande et sur la base de projets préparés par B.  
(v. supra consid. 3.1.3). Ce point est toutefois sans importance car l’art. 251 CP ré-
prime aussi le faux commis par personne interposée («fait constater»; cf. BERNARD 
CORBOZ, op. cit., art. 251 n° 81 ss).  

Pour ce troisième montant, mise à part la facture elle-même, il n’existe pas d’autre 
pièce justificative. En audience, des documents ont bien été produits: premièrement 
un contrat de transit du 1er janvier 2000 entre A. et la société O., deuxièmement 
quatre récépissés pour une somme totale de USD 40’000.- paraphés par A. selon 
lesquels il aurait reçu ces fonds en vertu d’un contrat de prêt daté du 11 novembre 
1999, et troisièmement ledit contrat de prêt. Pour les motifs qui ont été exposés au 
considérant 3.4.2.1, ces pièces ont selon toute vraisemblance été créées après 
coup. La Cour ne leur reconnaît donc aucune valeur probante, d’autant que les re-
çus susmentionnés se réfèrent à un prêt et non pas à des transports. A cela s’ajoute 
que la Cour n’a eu connaissance d’aucun contrat de transport qui lierait les deux 
sociétés, ni de facture similaire à celles que la société G. avait pourtant l’habitude 
d’établir en 2000 en y incluant la date du transport, le nom du chauffeur, la plaque 
d’immatriculation du camion transporteur, etc.  

- 20 - 

Il ressort par ailleurs des notes de B. du 15 mars 2001, saisies en mains de la fi-
duciaire AA., que lorsque le projet de facture a été confectionné, A. n’avait pas en-
core défini à qui le montant de CHF 40’000.- devait être facturé (cl. 9 pag. 022749 
et 022755). Enfin, A. a lui-même déclaré à l’AFD les 14 février et 15 décembre 
2003 que ni lui ni la société G. n’avaient été en rapport d’affaires avec la société O. 
(cl. 88 pag. 000167 et 000155). Tous ces éléments permettent de conclure que les 
explications et les documents remis après coup par A. sont fantaisistes et motivés 
par le souci de présenter de la preuve coûte que coûte. 

Au vu de ce qui précède, la Cour retient que la facture de CHF 40’000.- adressée 
à la société O. est une fausse facture qui a augmenté fictivement le bénéfice de la 
société G., même si l’encaissement d’une telle somme a bel et bien eu lieu, le 14 
décembre 2000, par le débit du compte actionnaires (v. supra consid. 3.1.3). 

3.4.3.2 S’agissant de l’aspect subjectif du faux dans les titres, les développements qui ont 
été faits aux considérants 3.4.2.2 à 3.4.2.5 quant à l’intention de l’accusé d’établir 
un faux dans les titres peuvent être repris ici. En effet, l’accusé a indubitablement 
agi avec conscience et volonté, soit intentionnellement et l’a fait dans le dessein de 
se procurer un avantage indu, en l’occurrence d’obtenir le renouvellement de son 
permis de séjour par le Service des étrangers du canton du Valais. La Cour retient 
également que A. a agi avec l’intention de tromper autrui. Les éléments constitutifs 
objectifs et subjectifs du faux dans les titres sont tous réalisés et A. doit donc être 
reconnu coupable de faux dans les titres pour l’établissement de la facture du 30 
décembre 2000 adressée à la société O. 

3.4.4 En ce qui concerne la dernière facture, soit celle du 30 décembre 2000 adressée à 
la société Q. et d’un montant de CHF 150’000.- (v. supra consid. 3.1.3), la Cour re-
tient que même si les circonstances de son établissement peuvent sembler sus-
pectes, l’accusation n’est pas parvenue à démontrer qu’il s’agissait d’un faux. Par 
contre, les explications de A., appuyées par celles de C., apparaissent plausibles. 
La facture se base apparemment sur des relations contractuelles identiques à cel-
les qu’entretenaient la société G. avec la société G. Moscou en 1999 (v. supra 
consid. 3.4.1). Lors des débats, C. a en effet produit des contrats, de transit et de 
prêt, témoignant de rapports similaires. Comme pour la société G. Moscou, il y a 
des raisons de penser que la société G. collaborait en 2000 avec une entreprise 
établie en Russie, notamment au vu d’un grand nombre de factures de transports 
effectués en 2000 au moyen de camions immatriculés en Russie (pièces séques-
trées HD5/Bureau pièce n° 4). Ces factures aussi sont semblables à celles dont la 
Cour a pu relever la présence dans la comptabilité de l’année 1999. L’accusation 
n’a jamais prétendu que toute la comptabilité était fausse. Dans ces conditions, la 
Cour retient pour vraisemblable qu’en 2000, la société Q. ait pris la place de la so-
ciété G. Moscou par ses relations avec la société G., ce que porte du reste à pen-

- 21 - 

ser une pièce déposée au cours des débats de mars 2011 (cl. 106/IV pag. 
106910.665-666) dont il n’y a aucun doute qu’elle est authentique. Il s’agit d’une 
facture établie par la société GG. en mars 2000 pour un montant de ESP 558’955.- 
adressée à la société Q. La Cour a pu constater que la facture a été payée par la 
société G. le 6 avril 2000. Si, comme semble le suggérer l’acte d’accusation, le re-
présentant du MPC avait un doute quant à l’existence même de la société Q., il lui 
eût été possible d’adresser une commission rogatoire à la Russie pour tenter de 
lever ce doute. En définitive, si, à divers égards, il n’y a lieu que de douter du bien-
fondé de la facture adressée à la société Q., il n’est pas possible à la Cour de se 
convaincre avec un degré de certitude suffisant qu’elle relate un fait faux. Le doute 
profitant à l’accusé, A. doit par conséquent être acquitté de ce chef d’accusation.  

3.5 Complicité de faux dans les titres (art. 25 et 251 CP)  

 L’accusation reproche à A. d’avoir permis à B. d’établir de faux rapports de révi-
sion pour les années comptables 1999 et 2000 et de s’être ainsi rendu coupable 
de complicité de faux dans les titres (let. A. ch. 2 de l’acte d’accusation complé-
mentaire, cl. 106 pag. 106100.25-27). 

 Agit comme complice celui qui prête intentionnellement assistance à l’auteur pour 
commettre un crime ou un délit (art. 25 CP). Objectivement, la complicité, qui est 
une forme de participation accessoire à l’infraction, suppose que le complice ait 
apporté à l’auteur principal une contribution causale à la réalisation de l’infraction, 
de telle sorte que les événements ne se seraient pas déroulés de la même ma-
nière sans cette contribution. Il n’est pas nécessaire que l’assistance du complice 
ait été une condition sine qua non de la réalisation de l’infraction; il suffit qu’elle 
l’ait favorisée. L’assistance prêtée par le complice peut être matérielle, intellec-
tuelle ou consister en une simple abstention (ATF 132 IV 49 consid. 1.1 p. 51 s., 
121 IV 109 consid. 3a p. 119 s.). 

 Les faits énumérés dans l’acte d’accusation ne décrivent pas en quoi consisterait 
l’assistance fournie par l’accusé et en quoi elle relèverait de la complicité. L’usage, 
dans l’acte d’accusation, du terme «d’entente», en lien avec le comportement de 
B. suggère plutôt une participation à titre de coauteur, sans que cette coactivité ne 
soit décrite à satisfaction. En cas de défaut de l’acte d’accusation, ce dernier doit 
en principe être renvoyé à son auteur pour être complété (ATF 133 IV 93 consid. 2 
et art. 329 al. 2 CPP). Cependant, en l’espèce, l’acte d’accusation a déjà été ren-
voyé au MPC le 21 janvier 2011 pour être complété. Un renvoi ultérieur eût été 
peu compatible avec le principe de célérité. Dès lors, l’acquittement doit être pro-
noncé.  

- 22 - 

En ce qui concerne B. 

4. B. est accusé de faux dans les titres (art. 251 ch. 1 CP) pour avoir contrevenu aux 
règles régissant la profession de réviseur (let. B. ch. 1 de l’acte d’accusation). Il lui 
est reproché en substance d’avoir, entre les 30 décembre 1999 et 2000 ainsi qu’en 
mars 2001, en sa qualité de réviseur de la société G., participé à l’établissement 
d’une première facture, établi les projets manuscrits de trois factures subséquen-
tes, puis d’avoir accepté ces factures qu’il devait savoir être fausses et présenté 
sur cette base, de faux rapports de révision basés sur de faux bilans comptables 
pour les exercices 1999 et 2000 (pour mémoire, seules les factures des 28 août et 
30 décembre 2000 adressées aux sociétés PP. et O. peuvent être qualifiées de 
fausses factures). B. aurait établi de faux rapports pour rendre un service à A., afin 
que ce dernier puisse conserver le droit de rester sur le territoire helvétique. 

Dans son complément du 22 février 2011, le MPC précise ses reproches à 
l’endroit de B. L’accusé n’aurait pas procédé aux vérifications habituelles sur la 
base des pièces justificatives, aurait omis de mettre une note dans ses rapports de 
révision, et aurait établi à tort des rapports sans réserve. 

4.1 Selon l’acte d’accusation, les comportements reprochés à B. consistent tant en 
l’établissement, respectivement en la participation à l’établissement de fausses 
factures, qu’en la création d’un faux rapport de révision, soit en réalité des compor-
tements différents se rapportant à des titres tout aussi différents. En l’occurrence, 
la Cour constate qu’il incombe d’examiner si B. s’est rendu coupable de faux dans 
les titres dans le cadre de ses activités de révision. En effet, bien que B. ait assis-
té, avant même d’effectuer son travail de réviseur, à la réunion du 12 mars 2001 
lors de laquelle il a été décidé d’établir trois factures additionnelles – dont deux se 
sont finalement révélées fausses –, il n’y a pas lieu selon la Cour de se demander 
si, au moment de rédiger les brouillons de ces factures, il savait ou s’il avait alors 
des motifs suffisants de penser qu’il contribuait vraisemblablement à l’élaboration 
de fausses factures. Ce d’autant moins que l’acte d’accusation ne reproche 
concrètement à B. aucune forme de participation (art. 24 CP) à un faux dans les ti-
tres.  

Les rapports de révision ont été rédigés en février 2000 et en mars 2001. Il 
convient donc d’appliquer les dispositions du Code des obligations en usage avant 
l’adoption du nouveau droit de la société anonyme entré en vigueur le 1er janvier 
2008. 

4.2 La société anonyme est soumise à l’obligation de révision (art. 728 et 729 aCO). 
Le rapport de révision est exigé par l’art. 729 aCO qui en définit le contenu. Ce 
rapport renseigne sur le résultat des travaux d’audit (CHAMBRE FIDUCIAIRE, MSA 

- 23 - 

1998, Tome 2, n° 4.113 p. 389), son objet étant de vérifier si la comptabilité, les 
comptes annuels (art. 662 al. 2 CO: bilan, pertes et profits, annexe) et la proposi-
tion sur l’emploi du bénéfice résultant du bilan sont conformes à la loi et aux sta-
tuts (art. 728 aCO). Le rapport est présenté à l’assemblée générale, avec 
l’appréciation du réviseur qui propose l’acceptation des comptes annuels avec ou 
sans réserve, ou leur renvoi aux administrateurs (art. 729 al. 1 aCO; CHAMBRE FI-
DUCIAIRE, op. cit., Tome 2, n° 4.1208 p. 396 ss). Quelle que soit sa proposition, 
l’assemblée générale des actionnaires, en tant que pouvoir suprême de la société, 
décide l’approbation des comptes annuels, leur modification ou leur renvoi au 
conseil d’administration. Une fois approuvés, les comptes acquièrent leur forme 
définitive et ne peuvent plus être modifiés (art. 698 al. 1 et 698 al. 2 ch. 3 CO). 

 S’agissant de la notion de titre, les développements faits au considérant 3.3 
s’appliquent sans réserve. Selon la jurisprudence (ZBJV 1997, p. 62 ss), le rapport 
de révision occupe une place centrale en droit de la société anonyme (art. 698 al. 
2 et 3, 689 al. 1 et 696 CO). A défaut d’un tel rapport, l’assemblée générale ne 
peut se prononcer (art. 729 al. 1 aCO et PETER BÖCKLI, Schweizer Aktienrecht, 
3e éd., Zurich 2004, § 12 n° 152 p. 1293). L’organe de révision est choisi en fonc-
tion de ses compétences en matière de comptabilité (art. 727a aCO) et de son ap-
titude à interpréter les comptes, facultés qui font souvent défaut aux membres de 
l’assemblée générale (ZBJV 1997, p. 62). De par la loi, ce rapport jouit d’une cré-
dibilité accrue et il s’agit d’un titre au sens de l’art. 110 al. 4 CP (MARKUS BOOG, in: 
Basler Kommentar, Strafrecht II, 2e éd. 2007, Art. 251 StGB n° 59, avec renvois; 
STEFAN TRECHSEL/LORENZ ERNI, Schweizerisches Strafgesetzbuch, Praxiskom-
mentar, Zurich/St Gall 2008, vor Art. 251 n° 23 p. 1071; FRANÇOIS CHAUDET, op. 
cit., p. 606). Le rapport de révision tombe sous le coup du faux intellectuel dans les 
titres lorsqu’il constate un fait faux (arrêt du Tribunal fédéral 6B_772/2008 du 
6 mars 2009, consid. 4.4 non publié aux ATF 135 IV 130; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_684/2010 du 15 novembre 2010, consid. 3.1.4). La jurisprudence admet par 
ailleurs que le rapport de révision a aussi pour vocation de protéger les créanciers 
(ATF 132 IV 12 consid. 9.3.3 p. 20 et renvois), et même la collectivité en général 
(arrêt du Tribunal fédéral 4C.13/1997 du 19 décembre 1997, consid. 4a publié 
dans Praxis 1998 n° 121 p. 681). 

4.3 En l’espèce, il s’agit de déterminer si l’on se trouve en présence de rapports éta-
blis de manière à ne pas induire leurs destinataires en erreur de par leur contenu, 
ce qui revient à se demander si B. a agi conformément à ses devoirs de réviseur. 
Cette question doit être résolue au regard des règles du droit civil sur 
l’établissement du rapport de révision (MARKUS BOOG, op. cit., Art. 251 StGB n° 60; 
NIKLAUS SCHMID, La responsabilité pénale du réviseur, Publications de la Chambre 
fiduciaire, vol. 149, Zurich 1997, n° 6 p. 36). Le Code des obligations ne contient 
aucune disposition sur la manière d’effectuer un audit. Pour affirmer que les 

- 24 - 

contrôles sont suffisants, la pratique, suivie par la  jurisprudence, se réfèrent aux 
principes préconisés par la Chambre suisse des experts comptables, fiduciaires et 
fiscaux (également nommée «Chambre fiduciaire»; voir arrêt du Tribunal fédéral 
6B_284/2010 du 15 novembre 2010, consid. 3.3.2), soit les Normes de révision et 
le Manuel suisse d’audit dans leurs éditions de 1996, respectivement de 1998 
(ROLF WATTER, in: Basler Kommentar, OR II, 2e éd., 2002, art. 728 CO n° 17). 

4.3.1 C’est bien B. qui a établi les rapports de révision des 29 février 2000 et 28 mars 
2001 relatifs aux exercices 1999 et 2000, mais ces rapports sont co-signés par 
HH., employé de la AA. (cl. 55 pag. IGA-0502-002021 et 002034), qui s’occupait 
aussi de la comptabilité de la société G. (cl. 106/II pag. 106910.36-37). Les au-
teurs déclarent que la révision a été effectuée selon les normes de la profession et 
que les comptes annuels et les indications fournies dans ceux-ci ont été révisés 
par le biais d’analyses et d’examens par sondages. Ils concluent que la comptabili-
té et les comptes annuels de la société G. sont conformes à la loi et aux statuts. 
Les rapports sont en revanche muets quant au respect de l’exigence 
d’indépendance telle qu’elle était prévue par l’art. 729 al. 2 aCO. 

L’organe de révision vérifie notamment si la comptabilité et les comptes annuels 
sont conformes à la loi et aux statuts. Les contrôleurs doivent s’assurer que les ac-
tifs portés au bilan existent réellement et que les passifs de la société sont entiè-
rement comptabilisés (ATF 116 II 533 consid. 5b). Le contrôle porte non seule-
ment sur l’évaluation correcte des actifs, mais également sur le respect des princi-
pes légaux et statutaires en matière d’évaluation (ATF 112 II 461 consid. 3c 
p. 462). L’organe de révision n’est en revanche pas tenu de contrôler la gestion de 
la société ni de rechercher systématiquement d’éventuelles irrégularités (ATF 133 
III 453 consid. 7.3, 129 III 129 consid. 7.1; arrêt du Tribunal fédéral 6B_772/2008 
du 6 mars 2009, consid. 4.3 non publié aux ATF 135 IV 130), mais si, au cours de 
sa vérification, il constate des violations de la loi ou des statuts, il doit en aviser par 
écrit le conseil d’administration et, dans les cas graves, également l’assemblée 
générale (art. 729b al. 1 aCO; ROLF WATTER, op. cit., 2002, n° 2 ad art. 729b CO). 
Ce devoir d’avis n’est pas limité aux objets sur lesquels porte la vérification du ré-
viseur, mais s’applique à toutes les irrégularités constatées (ATF 129 III 129 
consid. 7.1 p. 130 et références). Celui qui déclare faussement avoir exécuté des 
travaux de vérification alors qu’il n’en a pas fait ou qu’il a vérifié, mais de manière 
insuffisante pour pouvoir attester de la régularité de la tenue des comptes (art. 728 
al. 1 aCO), se rend coupable de faux dans les titres au sens de l’art. 251 CP  
(RSJB 133/1997 p. 62 ss;  NIKLAUS SCHMID, op. cit., n° 65 p. 66, n° 68 p. 68; UWE 
BRUGGMANN, Die Verantwortlichkeit der aktienrechtlichen Revisionsstelle im Stra-
frecht, Thèse Zurich 1996, p. 105). 

- 25 - 

Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, les tâches supplémentaires confiées à 
l’organe de révision sur la base d’un mandat conclu avec la société qu’il est censé 
contrôler ne sont pas sans incidence lors de l’appréciation de l’étendue de ses de-
voirs. L’organe de révision qui accepte d’effectuer d’autres activités pour la socié-
té, souvent au mépris de son devoir d’indépendance (art. 727c al. 1 aCO; ATF 129 
III 129 consid. 7.2 et renvois), prend le risque de voir sa responsabilité accrue. En 
l’occurrence, B. est intervenu à double titre au sein de la société G., soit en qualité 
de réviseur mais aussi de comptable (cl. 106/II pag. 106910.36-37). Le réviseur 
doit adopter une attitude critique (CHAMBRE FIDUCIAIRE, op. cit., Tome 2,  
n° 3.24242 p. 138 s.; Directives sur l’indépendance, 1998, 2.2). Le principe de 
l’importance relative (materiality; art. 662a al. 2 ch. 2 aCO) joue un rôle central 
dans la vérification des comptes annuels (PETER BÖCKLI, op. cit., § 8 n° 147 p. 
791; CHAMBRE FIDUCIAIRE, op. cit., Tome 2, n° 3.152 p. 66). L’étendue des opéra-
tions de vérification en dépend. Selon le Manuel suisse d’audit (CHAMBRE FIDU-
CIAIRE, op. cit., Tome 2, n° 3.2425 p. 139), «le principe de l’importance relative re-
quiert la présentation et la prise en compte de tous les éléments matériels impor-
tants pour les destinataires des comptes annuels […]. L’application du principe de 
l’importance relative aide donc le réviseur à prendre une décision sur l’ampleur et 
l’intensité des opérations d’audit à exécuter […]. Les comptes annuels ne peuvent 
contenir aucune anomalie essentielle […] qui pourrait influencer les destinataires 
des comptes annuels audités, s’ils en avaient eu connaissance, dans leur décision 
sur le versement d’un dividende ou l’exécution d’un assainissement par exemple 
[…]». «Pour l’application de ce principe, le réviseur fixera des limites d’importance 
relative, sur la base desquelles il peut décider des secteurs à vérifier et dans 
quelle mesure, ainsi que des erreurs qui peuvent encore être tolérées […]. Si le 
réviseur arrive à la conclusion que les erreurs peuvent être importantes, l’étendue 
des opérations de vérification devrait être augmentée pour réduire le risque 
d’audit» (CHAMBRE FIDUCIAIRE, op. cit., Tome 2, n° 3.332 p. 218, resp. 3.333 
p. 220). En règle générale, le réviseur procède à la révision par des sondages 
(CHAMBRE FIDUCIAIRE, op. cit., Tome 2, n° 3.34 p. 223), et en tenant compte du 
principe de l’importance relative. L’étendue du contrôle dépend aussi de la situa-
tion financière de la société, de la qualité du système de contrôle interne, de 
l’expérience de contrôles antérieurs (ROLF WATTER, op. cit., n° 19 ad art. 728 CO), 
et encore, de l’origine et de la fiabilité des informations disponibles. Si, au cours de 
son travail, le réviseur vient à rencontrer des faits qui lui paraissent insolites, il les 
examinera à fond. Si à cette occasion, il arrive à la conclusion qu’un évènement ou 
une transaction n’a pas été correctement comptabilisée, il s’en entretiendra avec la 
direction de l’entreprise et fera, au besoin, une remarque dans son rapport (Nor-
mes d’audit 1996, norme 1, 4.28). 

Conformément aux art. 662a et 959 CO, les comptes annuels doivent observer le 
principe de la justification (documentation), corollaire du principe de sincérité: 

- 26 - 

l’exactitude de la saisie et du traitement doit en tout temps permettre un contrôle 
ultérieur de la comptabilité (CHAMBRE FIDUCIAIRE, op. cit., Tome 1, n° 2.124 p. 17; 
ég. PETER BÖCKLI, op. cit., n° 152 p. 793). Selon la norme 5 des Normes d’audit 
1996 (4.12), la décision portant sur la question de savoir si et dans quelle mesure 
des confirmations de soldes de ventes et de prestations doivent être demandées 
dépend de différents critères, et notamment de la nature et de l’importance des 
chiffres d’affaires réalisés sur livraisons et prestations, mais également du carac-
tère insolite de certaines opérations (CHAMBRE FIDUCIAIRE, op. cit., Tome 2, 
n° 3.3262 p. 209 ss). 

4.3.2 Les reproches adressés à B. consistent aussi dans le fait qu’il a enregistré des 
factures antidatées sans en avoir contrôlé l’arrière-plan. 

 Si un réviseur soutient faussement et intentionnellement avoir révisé des comptes, 
alors qu’il n’a pas exécuté les travaux utiles de vérification, il commet un faux dans 
les titres (commission par omission). En effet, par rapport aux destinataires du 
rapport, le réviseur occupe une position de garant (NIKLAUS SCHMID, op. cit.,  
n° 15). 

B. a déclaré s’être fié aux explications données par A. en qui il avait confiance  
(cl. 9 pag. 022667, 022670 et 022673), sans requérir d’autres justificatifs que les 
factures litigieuses. Précisant ses propos antérieurs, devant le Tribunal pénal fédé-
ral, B. a affirmé qu’il avait demandé des justificatifs, à savoir ces mêmes factures, 
et que celles-ci suffisaient (cl. 106/II pag. 106910.48). En ce qui concerne le rap-
port de révision de l’année 1999, la Cour est d’avis que la documentation dont 
l’accusé disposait au moment de la révision contenait assez d’informations attes-
tant des activités de la société G. Comme il est apparu plus haut (v. supra consid. 
3.4.1), un certain nombre d’éléments tendaient à démontrer qu’en effet, la société 
G. était liée en 1999 par des relations de transit à la société G. Moscou. Cela res-
sortait notamment des factures classées dans sa comptabilité. En en prenant 
connaissance, B. pouvait raisonnablement en déduire que la société G. et la socié-
té G. Moscou étaient en relation d’affaires. B. savait par ailleurs que A. avait ache-
té quarante camions qui avaient été immatriculés à Moscou et qui appartenaient à 
une société russe dans laquelle A. avait des participations (cl. 9 pag. 022663). 
L’accusé avait du reste pu constater que la société G. payait les frais de transports 
desdits camions (cl. 9 pag. 022662 s. et cl. 106/II pag. 106910.41). Comme énon-
cé au considérant 3.4.1, le bilan provisoire de l’exercice 1999 contenait en outre 
deux positions intitulées «carburants société G.» et «réparations et services socié-
té G.» (cl. 12 pag. 023952). Dans ces conditions, il n’y avait rien d’insolite à ce que 
la société G. facture un certain montant à la société G. Moscou puisque des char-
ges de carburants et de réparations avaient été avancées par la première. Au vu 
de ces circonstances, la simple production de la facture en cause pouvait sembler 

- 27 - 

suffisante. Aucun manquement, ni aucune faute ne saurait donc être mis à la 
charge de B. pour le rapport de révision de 1999. Il doit dès lors être acquitté du 
chef de faux dans les titres pour ce rapport. 

4.3.3 Pour l’exercice 2000, il convient de déterminer si B., au moment de rendre son 
rapport de révision, disposait de suffisamment d’informations sur les sociétés des-
tinataires des factures et sur leurs liens avec la société G. pour ne pas en exiger 
d’autres. Faute de disposer des notes d’audit de B. ou d’autres preuves directes, 
la Cour s’appuiera sur son interrogatoire et sur ses annotations des 12 et 15 mars 
2001 apposées sur la première version des comptes 2000 (cl. 106/II pag. 106910. 
35-61, cl. 11 pag. 023500 et cl. 12. pag. 023965). 

4.3.3.1A la séance de bouclement du 12 mars 2001 (cl. 12 pag. 023965), A. a informé B., 
par l’intermédiaire de J., que la société G. devait encore facturer des prestations 
(v. supra consid. 3.1.3). Il ne s’agissait pas d’arriérés, puisque les montants factu-
rables avaient déjà été payés précédemment (v. supra consid. 3.1.3, 2e paragra-
phe: CHF 170’000.- et CHF 150’000.- le 4 mai 2000, resp. le 19 décembre 2000, 
par le truchement de la société DD., CHF 40’000.- le 14 décembre 2000, par A.). 
B. a pris note des écritures comptables à passer (cl. 12 pag. 023766 et 023770). 
Ces écritures entraînaient une diminution de l’ordre de CHF 360’000.- du solde 
débiteur du compte actionnaire, permettant l’inscription de recettes pour le même 
montant. B. dit avoir exigé que ces recettes soient justifiées par des factures  
cl. 106/II pag. 106910.48).  

 Comme A. ne maîtrisait pas suffisamment le français écrit, B. a préparé à son 
attention trois projets de facture pour qu’il puisse les recopier et les signer (cl. 12 
pag. 023766, 023806 ss). Les opérations de clôture ont été enregistrées environ 
deux semaines après la séance du 12 mars, au moment de dresser le bilan défini-
tif et le rapport de révision (cl. 12 pag. 023773). Pour vérifier la comptabilité et les 
comptes annuels de la société G., B. disposait aussi des pièces comptables dont il 
avait eu connaissance en tant que fiduciaire participant à la tenue des comptes. B. 
n’a jamais prétendu avoir eu connaissance d’autres faits, ni avoir oublié ce que A. 
lui avait précisément expliqué pour l’inciter à accepter les dernières factures.  

Se prévalant des factures émises et de la disponibilité des fonds sur le compte ac-
tionnaire, l’accusé soutient qu’il pouvait boucler l’exercice et émettre son rapport 
de révision sans effectuer de plus amples contrôles. En d’autres termes, les factu-
res assorties des explications de A., se seraient suffies à elles-mêmes. S’agissant 
du comportement de B. en rapport avec la vérification des comptes annuels (art. 
728 et 729 aCO), les reproches de l’accusation ne sont pas tous fondés. En pre-
mier lieu, pour des raisons évidentes, il était difficile pour B. de formuler une opi-
nion valable au sujet de la société G.. Cela revenait en effet à apprécier le travail 

- 28 - 

effectué par sa propre fiduciaire et en l’occurrence, à sanctionner des insuffisan-
ces dont il aurait été lui-même l’auteur. Sur la base de ce constat, on ne saisit ainsi 
pas l’utilité d’une réserve. On n’en voit pas davantage l’opportunité. Le rapport de 
révision et une éventuelle réserve du réviseur sont destinés à l’assemblée géné-
rale, afin qu’elle puisse se prononcer sur les comptes annuels en toute objectivité 
(art. 729 al. 1 aCO). Or, A. étant actionnaire principal de la société G. (98%, cl. 23 
pag. 084362), il était aussi le principal destinataire du rapport tout en étant respon-
sable des faits qu’il s’agissait de dénoncer à travers la réserve. En second lieu, la 
Cour devant s’en tenir aux faits énoncés dans l’acte d’accusation (art. 169 aPPF), 
la preuve d’une éventuelle impossibilité de vérifier qui aurait également pu entraî-
ner une réserve (CHAMBRE FIDUCIAIRE, op. cit., Tome 1, n° 4.12106 p. 405) n’est ni 
rapportée, ni même offerte, de telle sorte que la procédure définie par le manuel 
n’était pas applicable. En troisième lieu, l’acte d’accusation retient que la société 
G. était surendettée et que le réviseur devait le signaler dans son rapport de révi-
sion. Cette assertion est cependant inexacte et fait fi de l’état final des comptes. Il 
sied en effet de considérer que les discussions relatives au bouclement ont eu lieu 
sur la base d’un «projet de comptes», comme l’a relevé B. Si le projet mettait en 
évidence un surendettement, les comptes définitifs, eux, n’en comportaient plus. 
Au moment où les comptes ont été approuvés, la société G. n’avait nul besoin 
d’être assainie. Il s’ensuit qu’aucun reproche ne peut être fait à B. sous l’angle des 
articles 728 et 729 al. 1 aCO (respect des prescriptions légales ou statutaires en 
matière de tenue des comptes). 

 Il n’incombe pas tant à la Cour de constater que la comptabilité et les comptes 
annuels sont ou non conformes aux dispositions légales et statutaires que de sa-
voir si un rapport de révision donne des indications inexactes sur le travail exécuté 
par son auteur. Il n’a pas pu échapper à l’accusé que si les comptes avaient été 
adoptés dans leur état avant la séance du 12 mars 2001, la société G. aurait dû 
déposer le bilan (art. 725 al. 2 CO). B. ne pouvait ignorer – et ne prétend pas avoir 
ignoré – que les opérations voulues par son coaccusé lors des discussions ayant 
eu lieu quant au bouclement entraîneraient un changement radical de la situation 
au 31 décembre 2000. La société G. n’était alors plus surendettée et pouvait 
même afficher un résultat positif. B. a lui-même expliqué que l’éventualité d’un su-
rendettement avait été évoquée, tant en 1999 qu’en 2000 (cl. 106/II pag. 
106910.43). Cette seule circonstance exigeait que B., en tant que professionnel de 
la révision, fasse preuve d’esprit critique. 

Si le contrat lui-même n’est pas antidaté, le manuel régissant la profession de ré-
viseur autorise la prise en compte d’évènements postérieurs au bilan, et même de 
factures antidatées, mais il doit s’agir de transactions économiquement justifiées et 
non d’opérations fictives (CHAMBRE FIDUCIAIRE, op. cit., Tome 1, n° 2.38422  
p. 405). Or, pour s’en assurer, B. devait obtenir plus d’éléments que de simples 

- 29 - 

factures. Il ne pouvait se contenter de constater la présence des fonds sur le 
compte actionnaire. B. ne peut sérieusement soutenir que l’obligation de justifica-
tion (art. 662a CO) s’épuise dans la simple obtention de factures. Il affirme s’être 
basé sur la bonne foi de l’administrateur, sans être plus précis, et sans prétendre 
non plus n’avoir pas été en mesure de vérifier. Il aurait ainsi pu et dû requérir des 
explications complémentaires sur les sociétés destinataires des factures. S’il 
s’était heurté à un refus de renseignements, il pouvait se prémunir contre 
d’ultérieurs reproches en gardant une trace écrite, par exemple des notes d’audit 
qu’il lui aurait été aisé de produire. Lors des débats, B. a soutenu, en se fondant 
sur l’inscription «contrats» sur le projet de bilan (cl. 12 pag. 023967), avoir requis 
ce type de justificatif, tout en reconnaissant n’avoir pas vérifié si des contrats 
avaient été fournis (cl. 106/II pag. 106910.44). Cette déclaration n’est cependant 
guère convaincante et ne saurait être retenue. En effet, elle contredit les précé-
dentes déclarations de l’accusé qui a, de manière constante, affirmé s’être fié à la 
parole de A. (cl. 9 pag. 023767, 023808, 023814). B. a aussi allégué avoir vu des 
contrats, mais seulement à partir de l’année 2002 (cl. 9 pag. 022676, cl. 12 pag. 
023814), ce qui tend à démontrer qu’il estimait ne pas disposer de tous les élé-
ments nécessaires pour les années antérieures mais qu’il en a fait abstraction. 

A cela s’ajoute que les corrections exigées par A. correspondaient à des sommes 
nettement supérieures aux recettes habituelles de la société G. De surcroît, plus 
de deux mois s’étaient écoulés depuis la fin de l’exercice. Ayant examiné la comp-
tabilité 2000, la Cour n’a en outre pas trouvé trace de supposés rapports de loca-
tion entre la société P. et la société G., ni de pièces qui témoigneraient de contacts 
commerciaux entre ces sociétés. Faute d’avoir disposé d’éléments comptables en 
suffisance, contrairement à ce qu’il affirme, B. devait, avant de pouvoir rendre son 
rapport, en clarifier l’arrière-plan économique. Il devait demander des contrats, des 
pièces de correspondance, des justificatifs des frais pris en charge par la société 
G., des pièces démontrant l’existence des sociétés, etc., autant de documents que 
B. a découverts, le cas échéant, seulement à l’occasion des débats. Quant à A., il 
avait du reste l’obligation de lui fournir de tels justificatifs (art. 728 al. 2 aCO). 

 B. ne saurait se disculper en invoquant que la facture libellée au nom de la société 
P. se rapportait à un avis de crédit du 4 mai 2000 portant la mention «avance 
transport». D’une part, ce montant a été versé non par la société P. mais par la 
société DD. Or, de cette société, B. a déclaré ne savoir quasiment rien hormis qu’il 
s’agissait d’une offshore intervenant comme intermédiaire (cl. 9 pag. 022755; cl. 9 
pag. 022764 s.), ce qui était aussi de nature à éveiller des soupçons. D’autre part, 
l’avis de crédit se réfère à des transports, et non à un contrat de location. B. exa-
gère en outre la portée et la signification qu’il s’agit d’accorder au constat par lui-
même que les quatre factures avaient été honorées (cl. 12 pag. 023767). En 
l’occurrence, ce constat n’avait rien de concluant puisque les factures ont été ac-

- 30 - 

quittées par A. et par la société DD. Si, comme l’a expliqué B., la société G. avait 
la faculté d’épurer ses comptes en fin d’exercice (cl. 12 pag. 023768), cela ne veut 
pas dire que le réviseur soit dispensé de tout sens critique sur les modalités de 
cette opération. S’il pouvait tolérer que le compte actionnaire soit utilisé en cours 
d’exercice comme compte «fourre-tout», en tant que réviseur, il devait faire montre 
de plus de rigueur. L’acceptation dans les comptes de la société de postes repo-
sant sur de simples justificatifs au demeurant douteux n’est pas digne du travail 
dont doit s’acquitter un réviseur dans l’exercice de son mandat.   

 Il n’est pas exigé du réviseur qu’il procède à des investigations systématiques et 
détaillées de toute la comptabilité, les contrôles se faisant en principe par pointage 
(pas de contrôle intégral, CHAMBRE FIDUCIAIRE, op. cit., Tome 2, n° 3.34 p. 223). 
En l’occurrence, les corrections apportées entre les 12 et 28 mars 2001 influen-
çaient de façon essentielle les comptes de la société G. Elles exigeaient donc une 
investigation, ce d’autant que les fausses factures ont finalement amélioré artifi-
ciellement la structure du bilan au 31 décembre 2000 par une augmentation fictive 
du bénéfice de la société G., permettant à la société d’éluder les exigences de 
l’art. 725 CO. La Cour retiendra donc que l’affirmation selon laquelle «les postes 
des comptes annuels ont été révisés suivant les exigences du droit civil» est 
fausse. Dans cette mesure, le rapport de révision du 28 mars 2001 est menson-
ger. 

4.3.3.2 L’infraction étant ainsi réalisée d’un point de vue objectif, il faut encore se deman-
der si elle l’est sur le plan subjectif et si B. était animé d’un dessein spécial. 

 S’agissant de la fausseté de ses écrits, B. n’a jamais contesté être l’auteur du 
rapport de révision du 28 mars 2001, rapport qu’il a consciemment rédigé et dont il 
connaissait le contenu. Il savait que l’affirmation selon laquelle «les postes des 
comptes annuels avaient été révisés suivant les exigences du droit civil» était 
fausse puisqu’il s’était abstenu de contrôler les factures. B. a admis n’avoir vu au-
cun contrat (cl. 1 pag. 020272 et cl. 106/II pag. 106910.44) et s’être fié aux décla-
rations de A., en qui il avait confiance, en croyant que les prestations correspon-
daient à des services effectivement rendus (cl. 9 pag. 022662). Chargé de la 
comptabilité de la société G., B. savait que la société G. n’était pas aussi prospère 
que prévu et que c’était A. qui à l’occasion renflouait les caisses de la société. Que 
B. ait pu constater, d’une part, dans le compte de charges, des postes qui lui per-
mettaient de penser que la société G. avait fourni des prestations pour des véhicu-
les (cl. 9 pag. 022671) et, d’autre part, sur la pièce n° 22754, la mention «avance 
transport» (cl. 12 pag. 02380) ne l’autorisait pas à faire l’économie des vérifica-
tions d’usage, et ce surtout pas en sa qualité de réviseur. En effet, les factures liti-
gieuses avaient été établies seulement après que A. a su que la société G. était 
déficitaire. Elles ne pouvaient tenir lieu de justificatifs sans être étayées par 

- 31 - 

d’autres pièces. B. avait pu prendre connaissance de par lui-même des résultats 
provisoires de la société G. et, comme il l’a reconnu, était conscient que si les pro-
jets de bouclement avaient été adoptés tels quels, la société G. aurait été suren-
dettée. B. était à l’évidence conscient que les factures permettaient de donner une 
image très différente de la société G. Il ne pouvait donc ignorer l’influence décisive 
que les factures avaient sur les résultats de la société. Il a du reste reconnu avoir 
été conscient de ne pas respecter les règles de sa profession en se fondant sur la 
simple bonne foi de l’administrateur pour s’assurer de la réalité d’une facture (cl. 9 
pag. 022667, 022673). 

Revenant partiellement sur ses propos antérieurs, l’accusé a reconnu qu’il eût été 
judicieux, mais non impératif selon lui, de contrôler les montants facturés aux so-
ciétés russes en demandant des confirmations de solde (cl. 12 pag. 023813). Il se 
défend cependant de sa passivité en arguant que les factures suffisaient (cl. 12 
pag. 023769 s.). B. semble toutefois oublier que «dans la comptabilité, la meilleure 
justification peut être adéquate pour la documentation, mais qu’elle n’est pas for-
cément suffisante pour la révision» (CHAMBRE FIDUCIAIRE, op. cit., Tome 1,  
n° 2.124 p. 17 s.). Ainsi, s’il pouvait croire à la réalité comptable des opérations en 
tant que comptable, en sa qualité de réviseur, il devait recourir à des justificatifs 
tels qu’une confirmation de soldes (CHAMBRE FIDUCIAIRE, op. cit., Tome 2,  
n° 3.3261 ss p. 208 ss) ou demander des informations sur le type de services ren-
dus (v. supra consid. 4.3.3.1). 

4.3.3.3 Par son comportement, B. a permis à A. et à sa famille de voir leur permis de 
séjour renouvelé sans complication. B. savait que le renouvellement du permis de 
séjour de A. dépendait de l’évolution de la société G. (cl. 9 pag. 022673). Sans 
l’intervention de son frère BB., de J. et d’autres personnages, hauts placés sur la 
scène politique valaisanne, les autorités compétentes n’auraient probablement pas 
accordé de permis de séjour à A. et n’auraient en tout cas pas renouvelé ce per-
mis en 1997 et 1998 (v. supra consid. 3.4.2.4). B. était conscient de l’importance 
de l’évolution de la société G., comme en témoigne une inscription dont il est 
l’auteur sur le projet de compte 1998 qui disait: «Bouclement des comptes, par le 
compte actionnaire, extourner les avances au titre de recettes à concurrence du 
déficit et un bénéfice à laisser apparaître. Bon pour accord, le document étant né-
cessaire à la demande de permis» (pièce séquestrée n° 22/perquisition du 16 no-
vembre 2004 de la fiduciaire AA. et cl. 12 pag. 023708, 023713, 023717 et 
023728). 

Interrogé par le JIF, l’accusé a reconnu que, sans les apports effectués par 
l’actionnaire, la société G. aurait été virtuellement en faillite (cl. 1 pag. 020272). Il 
en avait d’ailleurs informé son frère BB. (cl. 1 pag. 020232). B. savait que la socié-
té G. avait des dettes et que les montants facturés, notamment à la société Q. et à 

- 32 - 

la société P. étaient destinés à les éponger et à améliorer la présentation des 
comptes (cl. 1 pag. 020272; cl. 9 pag. 022662, 022673-022674). D’ailleurs, B. était 
conscient que A. renflouait parfois les caisses de la société au travers du compte 
actionnaire (cl. 1 pag. 020272; cl. 9 pag. 022662-022663) et que c’était ce compte 
qui avait servi à honorer les factures litigieuses (cl. 12 pag. 023767 à 023769;  
cl. 12 pag. 023806). 

4.3.3.4 S’agissant de l’intention de tromper autrui (MARKUS BOOG, op. cit., Art. 251 StGB 
n° 59), pour renouveler le permis de séjour, la société G. devait produire ses 
comptes dont il n’y a pas lieu de douter qu’ils étaient importants et essentiels pour 
les autorités compétentes. B. poursuivait d’autant plus certainement le but de favo-
riser l’obtention par A. du renouvellement de son permis de séjour que l’Office fé-
déral des étrangers (ci-après: OFE) notamment avait très clairement signifié 
l’importance que revêtait à ses yeux l’état des comptes de la société G. pour ac-
corder ou non un renouvellement du permis de séjour. L’OFE avait en effet écrit le 
10 mai 2000 (cl. 12 pag. 023744): «Nous constatons, notamment à la lecture du 
bilan des années 99 et 98, que la société G. peine à réaliser les objectifs fixés lors 
de sa création; depuis plusieurs années, elle rencontre de grosses difficultés à 
équilibrer ses comptes – CHF 10'266.- en 99 et CHF 19'434.- en 98»). D’ailleurs, il 
appert que A. a effectivement rencontré des difficultés pour obtenir le renouvelle-
ment de son permis en 1997 et 1998, en raison des résultats insuffisants de la so-
ciété de transport (v. supra consid. 3.4.2.4). B. savait pertinemment que le rapport 
de révision ne serait pas lu que par le fisc, mais par d’autres services administra-
tifs susceptibles de valoir, à A., un avantage tout à fait concret.  

Compte tenu de ce qui précède, B. doit être reconnu coupable de faux dans les ti-
tres pour le rapport de révision du 28 mars 2001. 

5. Peines 

5.1 Les actes retenus à la charge des accusés ont été commis avant l’entrée en vi-
gueur, le 1er janvier 2007, des nouvelles dispositions régissant le droit des sanc-
tions. Ainsi, en application du principe de la lex mitior (art. 2 al. 2 CP), il convient 
de se demander quel est le droit le plus favorable aux accusés. A cette fin, il faut 
considérer l’ancien et le nouveau droit dans leur ensemble et dans leur application 
concrète au cas d’espèce (ATF 119 IV 145 consid. 2c; FRANZ RIKLIN, Revision des 
Allgemeinen Teils des Strafgesetzbuchs. Fragen des Übergangsrechts, PJA 2006 
p. 1473; JOSÉ HURTADO POZO, Droit pénal. Partie générale, Genève/Zurich/Bâle 
2008, n° 335-337). Le nouveau droit doit être appliqué s’il conduit effectivement à 
un résultat plus favorable au condamné (ATF 114 IV 1 consid. 2a p. 4; arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_202/2007 du 13 mai 2008, consid. 3.2). L’ancien et le nouveau 
droit ne peuvent être combinés. Ainsi, on ne saurait, à raison d’un seul et même 

- 33 - 

état de fait, appliquer l’ancien droit pour déterminer quelle infraction a été commise 
et le nouveau droit pour décider si et comment l’auteur doit être puni. Si l’un et 
l’autre droit conduisent au même résultat, c’est l’ancien droit qui est applicable 
(ATF 134 IV 82 consid. 6.2, 126 IV 5 consid. 2c; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_33/2008 du 12 juin 2008, consid. 5.1).  

L’infraction de faux dans les titres était punie selon l’ancien droit de la réclusion 
pour cinq ans au plus ou de l’emprisonnement (art. 251 CP). Les nouvelles peines 
prévues pour cette disposition sont la peine privative de liberté de cinq ans au plus 
ou la peine pécuniaire. Ainsi, dans la mesure où en tant que peine patrimoniale, la 
peine pécuniaire est plus favorable qu’une peine privative de liberté selon l’ancien 
droit, le nouveau droit doit être appliqué déjà pour cette première raison (ATF 134 
IV 82 consid. 7.2.2). De plus, selon l’ancien droit, le sursis était possible pour des 
peines privatives de liberté n’excédant pas 18 mois et était exclu en cas d’amende 
(art. 41 ch. 1 aCP). Le nouveau droit permet d’assortir du sursis les peines privati-
ves de liberté de six mois au moins et de deux ans au plus ainsi que la peine pé-
cuniaire et le travail d’intérêt général (art. 42 al. 1 CP). Alors que, sous l’ancien 
droit, l’octroi du sursis était subordonné à l’existence d’un pronostic favorable, l’art. 
42 al. 1 CP crée la présomption du pronostic favorable en exigeant que soit formé, 
le cas échéant, un pronostic défavorable (DU-
PUIS/GELLER/MONNIER/MOREILLON/PIGUET, Code pénal, Partie générale, Bâle 
2008, n° 9 ad art. 42). Comme la loi présume ainsi l’existence d’un pronostic favo-
rable, cette présomption doit être renversée par le juge pour que soit exclu le sur-
sis. Celui-ci constitue la règle dont on ne peut ainsi s’écarter qu’en présence d’un 
pronostic défavorable. Il prime en cas d’incertitude (ATF 134 IV 1 consid. 4.2.2; ar-
rêts du Tribunal fédéral 6B_713/2007 du 4 mars 2008 consid. 2.1, publié dans SJ 
2008 I p. 277 ss; 6B_435/2007 du 12 février 2008, consid. 3.2). En outre, le nou-
veau droit prévoit la possibilité, inconnue auparavant, du sursis partiel à l’exécution 
d’une peine pécuniaire, d’un travail d’intérêt général ou d’une peine privative de li-
berté d’un an au moins et de trois ans au plus, aux conditions définies à l’art. 43 
CP. Au vu des nouvelles règles en matière de sursis, le nouveau droit se révèle 
donc dans son ensemble plus favorable au prévenu et doit par conséquent être 
appliqué dans le cas d’espèce. 

5.2 La peine doit être fixée d’après la culpabilité de l’auteur, en prenant en considéra-
tion les antécédents et la situation personnelle de ce dernier ainsi que l’effet de la 
peine sur son avenir (art. 47 al. 1 CP). La culpabilité est notamment déterminée 
par la gravité de la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, par 
le caractère répréhensible de l’acte, par la motivation et les buts de l’auteur et par 
la mesure dans laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, 
compte tenu de sa situation personnelle et des circonstances extérieures  
(art. 47 al. 2 CP). Les critères à prendre en considération pour la fixation de la 

- 34 - 

peine selon cette nouvelle disposition sont ainsi essentiellement les mêmes que 
ceux que la jurisprudence appliquait dans le cadre de l’ancien art. 63 CP (ATF 129 
IV 6 consid. 6.1). Comme sous l’ancien droit, la peine doit être fixée de sorte qu’il 
existe un certain rapport entre la faute commise par le condamné et l’effet que la 
sanction produira sur lui. Les critères déterminants sont dès lors la faute, d’une 
part, les antécédents et la situation personnelle, notamment la sensibilité du 
condamné à la peine, d’autre part. L’importance de la faute dépend aussi de la li-
berté de décision dont disposait l’auteur; plus il lui aurait été facile de respecter la 
norme enfreinte, plus sa décision de l’avoir transgressée pèse lourdement et par-
tant, sa faute est grave; et vice-versa (ATF 127 IV 101 consid. 2a, 122 IV 241 con-
sid. 1a; HANS WIPRÄCHTIGER, in: Basler Kommentar, Strafrecht I, 2e éd., 2007,  
Art. 47 StGB n° 90; GÜNTER STRATENWERTH, Schweizerisches Strafrecht, Allge-
meiner Teil II, 2e éd., Berne 2006, § 6 n° 13). Le texte du nouvel art. 47 CP ajoute 
aux critères mentionnés par l’ancien art. 63 CP la nécessité de prendre en consi-
dération l’effet de la peine sur l’avenir du condamné. Il ne fait en cela que codifier 
la jurisprudence selon laquelle le juge doit éviter les sanctions qui pourraient dé-
tourner l’intéressé de l’évolution souhaitable (ATF 128 IV 73 consid. 4, 127 IV 97 
consid. 3, 121 IV 97 consid. 2c, 119 IV 125 consid. 3b, 118 IV 337 consid. 2c). 
Sous réserve de ce que prévoient les dispositions relatives au sursis, cette consi-
dération de prévention spéciale n’autorise que des tempéraments marginaux, 
l’effet de la peine devant toujours rester proportionné à la faute (arrêt du Tribunal 
fédéral 6B_673/2007 du 15 février 2008, consid. 3.1); le juge ne saurait, par 
exemple, renoncer à toute sanction en cas de délits graves (STRATEN-
WERTH/WOHLERS, Schweizerisches Strafgesetzbuch, Handkommentar, Berne 
2007, n° 17-18 ad art. 47 CP; SCHWARZENEGGER/HUG/JOSITSCH, Strafrecht II. Stra-
fen und Massnahmen, 8e éd., Zurich 2007, p. 104). Comme l’ancien art. 63 CP, le 
nouvel art. 47 CP confère un large pouvoir d’appréciation au juge (arrêt du Tribu-
nal fédéral 6B_207/2007 du 6 septembre 2007, consid. 4.2.1, publié in forumpoe-
nale 2008, n° 8, p. 25 ss). 

 En vertu du nouvel art. 50 CP – qui reprend les exigences précédemment fixées 
par la jurisprudence (Message du Conseil fédéral concernant la modification du 
code pénal suisse du 21 septembre 1998, FF 1998 p. 1787 ss, spéc. p. 1869) – le 
juge doit indiquer dans sa décision de quels éléments, relatifs à l’acte ou à l’auteur, 
il tient compte pour fixer la peine, de façon à ce que l’on puisse vérifier si tous les 
aspects pertinents ont été pris en considération et, le cas échéant, comment (arrêt 
du Tribunal fédéral 6B_207/2007 du 6 septembre 2007, consid. 4.2.1, publié in fo-
rumpoenale 2008, n° 8, p. 26 ss). Le juge n’est pas obligé d’exprimer en chiffres 
ou en pourcentages l’importance qu’il accorde à chacun des éléments qu’il cite, 
mais la motivation de son jugement doit permettre aux parties et à l’autorité de re-
cours de suivre le raisonnement qui l’a conduit à adopter le quantum de la peine 

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prononcée (ATF 127 IV 101 consid. 2c; STRATENWERTH/WOHLERS, op. cit., n° 2  
ad art. 50 CP). 

Fixation de la peine en ce qui concerne A. 

6. A. est reconnu coupable de faux dans les titres pour les factures des 28 août et 30 
décembre 2000 (v. supra consid. 3.4.2 ss et 3.4.3 ss). Il s’expose à une peine pri-
vative de liberté de cinq ans au plus ou à une peine pécuniaire. Les deux actes 
consistant en l’établissement de fausses factures constituent une infraction unique 
et n’entrent donc pas en concours au motif qu’ils procèdent d’une décision unique 
prise le 12 mars 2001 et apparaissent objectivement comme un ensemble en rai-
son de leur relation étroite dans le temps et dans l’espace. 

6.1 A charge de A., il faut relever en priorité que par son comportement, l’accusé a 
permis à la société G. d’afficher des comptes plus favorables qu’ils n’auraient dû 
l’être en réalité. Dans ce contexte, on rappellera que le bilan est une pièce maî-
tresse en droit de la société anonyme. Il exprime la situation financière d’une so-
ciété et sa santé économique. Vis-à-vis des actionnaires, les comptes jouent un 
rôle essentiel. Ils constituent l’instrument d’information par excellence sur le béné-
fice réalisé par la société (art. 696 al. 1 CO). Le bilan permet aussi à des tiers de 
se déterminer en connaissance de cause (banques, etc.), comme en l’occurrence 
à des autorités de police des étrangers lorsqu’elles s’interrogent sur l’opportunité 
de renouveler un permis de séjour. A cet égard, l’accusé a usé de moyens impor-
tants pour induire en erreur les autorités dont il dépendait que son permis de sé-
jour soit ou non renouvelé.  

Il semble relativement important à la Cour de considérer que, jusqu’aux débats, il 
n’a manifesté aucun regret, ni remord, préférant s’en tenir à une dénégation de 
toute faute ou responsabilité. Il a agi dans son seul intérêt personnel dès lors qu‘il 
a travesti la situation comptable de la société G. aux fins d’éviter de nouvelles diffi-
cultés lors de la prolongation de son permis de séjour. Ce comportement est 
d’autant moins excusable qu’il est parfaitement contraire à ce que l’on peut raison-
nablement attendre d’un administrateur et dirigeant d’entreprise responsable et 
soucieux d’agir dans le respect des lois. Il semble aussi fort important à la Cour de 
relever que, depuis son arrivée en Suisse et depuis qu’il avait repris la direction de 
la société G. en 1994, l’accusé était pourtant entouré de personnes qualifiées qui 
connaissaient les obligations d’administrateur de société anonyme et à qui il pou-
vait en tout temps s’adresser. C’est dire que lorsqu’il s’est installé en Suisse, A. a 
pu compter sur la présence de nombreuses personnes à qui il pouvait demander 
conseil, parmi lesquels J., BB. (également administrateurs de la société G.), Me II. 
ou encore l’ex-administrateur de la société G. JJ. (décédé) (cl. 105/IV 
pag. 105910.51-53). Même si l’accusé est originaire d’un pays où la gestion des 

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affaires est différente qu’en Suisse et qu’il a quitté la Russie durant la période de la 
Perestroika (restructuration de l’organisation économique et politique en Russie), 
lors des faits incriminés, il dirigeait la société G. depuis déjà six années. 

A la décharge de A., et cela vaut aussi pour B., il sied de relever q