# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 861c2f1e-b355-577a-8016-ff5805678ad9
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-05-06
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 06.05.2008 A/644/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-644-2008_2008-05-06.pdf

## Full Text

Siégeant : Doris WANGELER, Présidente; Monique STOLLER FÜLLEMAN et 
Norbert HECK, Juges assesseurs 

  

 

 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/644/2008 ATAS/540/2008 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 
ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 1 

du 6 mai 2008 
 

 

 

En la cause 

 

 

 

Madame B________, domiciliée à CHAVANNES, comparant 

avec élection de domicile en l'étude de Maître SALAMIN 

Antoinette 

demanderesse 

 

 

 

contre 

 

 

 

CAISSE DE PENSION DE LA SOCIETE SUISSE DE 

PHARMACIE, sise rue Pedro-Meylan 7, case postale 260,  

1211 Genève 17 

défenderesse 

 

 

 

 

 

A/644/2008 

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EN FAIT 

1. Madame B________, née C_______, a épousé Monsieur B________ le 5 juin 

1965. Celui-ci a durant le mariage, travaillé à la Pharmacie X__________à Genève 

et a été affilié en tant que tel auprès de la CAISSE DE PENSION DE LA SOCIETE 

SUISSE DE PHARMACIE (ci-après la caisse).  

2. Le 8 mars 2007, la demanderesse, domiciliée dans le canton de Vaud, a déposé une 

requête unilatérale de divorce auprès des Tribunaux vaudois. Au cours de la 

procédure qui s'en est suivie, elle a appris que son époux avait obtenu le versement 

de son capital de prévoyance professionnelle.  

3. Interrogée par le Tribunal d'arrondissement de la Côte du canton de Vaud, la caisse 

a indiqué que Monsieur B________ ne faisait plus partie de ses assurés et qu'elle 

avait transféré deux prestations de libre passage, la première correspondant à son 

affiliation pour la période du 1
er

 janvier 1987 au 31 décembre 1997, s'élevant à 

119'666 fr. 65, avait été versée le 31 décembre 1997 à la RENTENANSTALT à 

Zurich, la seconde correspondant à son affiliation du 1
er

 juillet 2000 au 31 mai 

2003, s'élevant à 32'813 fr. 70, avait été remboursée en espèces en date du 30 juin 

2004, sur demande de Monsieur B________, au motif qu'il s'établissait à son propre 

compte. La caisse a précisé que celui-ci avait indiqué, sur le formulaire rempli le 26 

mai 2004, qu'il n'avait pas de conjoint.  

A noter que dans sa demande d'admission datée du 7 juillet 2000, Monsieur 

B________ avait déclaré qu'il était séparé.  

4. La demanderesse a déposé le 25 février 2008 auprès du Tribunal de céans une 

requête visant à ce qu'il soit dit et constaté que le versement par la caisse en mains 

de Monsieur B________ de la somme de 32'813 fr. 70 l'avait été sans droit, et dire 

en conséquence que la demanderesse peut obtenir dans le cadre du divorce qui doit 

être prononcé par le Tribunal d'arrondissement de la Côte, la constatation qu'elle est 

en droit d'exiger de la caisse le paiement de la moitié de l'avoir de prévoyance 

constitué par Monsieur B________, soit 16'406 fr. 85.  

5. Dans sa réponse du 3 avril 2008, la caisse reconnaît les faits tels que présentés par 

la demanderesse dans sa requête. Elle entend toutefois souligner que la 

demanderesse est à ce jour toujours mariée et que la procédure de divorce a été 

ouverte dans le canton de Vaud. Elle en conclut, d'une part, qu'il appartient au juge 

du divorce de se prononcer dans un premier temps et, d'autre part, que le juge 

compétent au sens de l'art. 73 al. 1 LPP est le Tribunal des assurances du canton de 

Vaud.  

6. Par courrier du 17 avril 2008, la demanderesse relève que si elle n'intente pas la 

présente procédure avant le prononcé du divorce, le juge du divorce ne pourra que 

 

 

 

 

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constater qu'il n'y a plus d'avoir de prévoyance à partager. Elle souligne par ailleurs 

que dans la mesure où la caisse ne conteste pas son erreur, il serait contraire à une 

saine économie de procédure de l'obliger à attendre qu'un divorce soit prononcé 

avant de recommencer une procédure identique pour obtenir le même résultat.  

7. Ce courrier a été transmis à la caisse et la cause gardée à juger.  

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 56V al. 1 let. b de la loi genevoise sur l'organisation 

judiciaire (LOJ), le Tribunal cantonal des assurances sociales connaît en instance 

unique des contestations relatives à la prévoyance professionnelle opposant 

institutions de prévoyance, employeurs et ayants droit, y compris en cas de divorce, 

ainsi qu’aux prétentions en responsabilité (article 331 à 331e du code des 

obligations ; articles 52, 56a, alinéa 1, et article 73 de la loi fédérale sur la 

prévoyance professionnelle, vieillesse, survivants et invalidité du 25 juin 1982 ; 

article 142 code civil). 

2.1 Aux termes de l'art. 73 al. 1 LPP, dans sa teneur en vigueur depuis le 1er janvier 

1997, chaque canton désigne un tribunal qui connaît, en dernière instance 

cantonale, des contestations opposant institutions de prévoyance, employeurs et 

ayants droit. Le tribunal statue de même sur les prétentions en matière de 

responsabilité selon l'art. 52 et sur le droit de recours selon l'art. 56a al. 1. D'après 

l'art. 73 al. 4 LPP, les décisions des tribunaux cantonaux peuvent être déférées au 

Tribunal fédéral des assurances (TFA) par la voie du recours de droit administratif. 

Cette disposition s'applique d'une part aux institutions de prévoyance enregistrées 

de droit privé ou de droit public - aussi bien en ce qui concerne les prestations 

minimales obligatoires qu'en ce qui concerne les prestations s'étendant au-delà 

(art. 49 al. 2 LPP) - et, d'autre part, aux fondations de prévoyance en faveur du 

personnel non enregistrées, dans le domaine des prestations qui dépassent le 

minimum obligatoire (art. 89 bis al. 6 CC; ATF 122 V 323 consid. 2a). 

2.2 Selon l'art. 73 al. 3 LPP, le for est au siège ou domicile suisse du défendeur ou au 

lieu de l’exploitation dans laquelle l’assuré a été engagé.  

Le siège de la caisse étant à Genève, et l'époux de la demanderesse ayant travaillé à 

Genève, il ne peut être contesté que le Tribunal de céans est compétent à raison du 

lieu.  

2.3 La compétence des autorités visées par l'art. 73 LPP est doublement définie. Elle 

l'est, tout d'abord, quant à la nature du litige : il faut que la contestation entre les 

parties porte sur des questions spécifiques de la prévoyance professionnelle, au sens 

étroit ou au sens large. Ce sont donc principalement des litiges qui portent sur des 

prestations d'assurance, des prestations de libre passage (actuellement prestations 

 

 

 

 

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d'entrée ou de sortie) et des cotisations. En revanche, les voies de droit de l'art. 73 

LPP ne sont pas ouvertes lorsque la contestation a un fondement juridique autre que 

le droit de la prévoyance professionnelle, même si elle devait avoir des effets 

relevant de celui-ci (ATF 128 V 44 consid. 1b, 127 V 35 consid. 3b et les 

références). 

La compétence des autorités visées à l'art. 73 LPP est également limitée par le fait 

que la loi désigne de manière non équivoque les parties pouvant être liées à une 

contestation, savoir les institutions de prévoyance, les employeurs et les ayants 

droit (ATF 127 V 35 consid. 3b et les références; sur cette question, voir : Meyer-

Blaser, Die Rechtswege nach dem BVG, RDS [106] 1987 I p. 610 ss; 

Schwarzenbach-Hanhart, Die Rechtspflege nach dem BVG, RSAS 1983 p. 174). 

2.4 Selon la jurisprudence, la question du dommage éventuel, résultant du fait que la 

prévoyance professionnelle d'un assuré n'a pas été maintenue au moyen d'une 

police de libre passage ou d'un compte de libre passage, échappe au pouvoir 

d'examen du Tribunal de céans. 

Le TFA a en effet considéré que l'autorité juridictionnelle désignée par l'art. 73 al. 1 

LPP était incompétent pour connaître d'une action en responsabilité civile intentée 

contre une institution de prévoyance (ATF 120 V 32 ; 117 V 42 consid. 3d et les 

références).  

La modification de l'art. 73 al. 1 LPP, par la novelle du 21 juin 1996, a étendu les 

attributions du juge aux prétentions en matière de responsabilité, au sens de l'art. 52 

LPP, et de recours et de droit au remboursement, selon l'art. 56a al. 1 LPP. 

Toutefois, ces deux dispositions légales ne visent que les personnes chargées de 

l'administration, de la gestion ou du contrôle de l'institution de prévoyance (art. 52) 

ainsi que celles qui sont responsables de l'insolvabilité de l'institution (art. 56a 

al. 1). Les institutions de prévoyance elles-mêmes ne sont pas concernées et rien ne 

permet d'admettre que le législateur avait l'intention de modifier cette situation ou 

d'étendre davantage la compétence du juge de l'art. 73 LPP (FF 1996 I 529 ad 

art. 73). Dès lors, comme sous l'empire de l'art. 73 al. 1 LPP dans sa teneur 

originaire, il convient d'admettre qu'une action en responsabilité civile intentée 

contre une institution de prévoyance n'est pas recevable devant les autorités 

juridictionnelles désignées à l'art. 73 LPP. 

3. En l'espèce, la demanderesse a déposé auprès du Tribunal de céans une action en 

constatation de droit visant à ce qu'il soit dit qu'elle sera en droit d'exiger de la 

caisse le partage par moitié de l'avoir LPP accumulé par celui qui sera son ex-

époux. 

Selon l'art. 22 LFLP (nouvelle teneur en vigueur depuis le 1er janvier 2000), en cas 

de divorce, les prestations de sortie acquises durant le mariage sont partagées 

conformément aux art. 122, 123, 141 et 142 CC; les art. 3 à 5 LFLP s'appliquent 

 

 

 

 

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par analogie au montant à transférer (al. 1). Pour chaque conjoint, la prestation de 

sortie à partager correspond à la différence entre la prestation de sortie, augmentée 

des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment du divorce, et la 

prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement 

au moment de la conclusion du mariage (cf. art. 24 LFLP). Pour ce calcul, on ajoute 

à la prestation de sortie et à l'avoir de libre passage existant au moment de la 

conclusion du mariage les intérêts dus au moment du divorce (ATF 128 V 230; 

ATF 129 V 444). 

4. Il y a lieu de constater d'emblée que le divorce des époux B________ n'a pas encore 

été prononcé par le juge vaudois. Cela étant, la caisse reconnait avoir versé à celui-

ci la somme de 32'813 fr. 70 le 30 juin 2004 conformément à l'art. 5 al. 1 let. b 

LFLP, aux termes duquel : 

"l’assuré peut exiger le paiement en espèces de la prestation de sortie: lorsqu’il 

s’établit à son compte et qu’il n’est plus soumis à la prévoyance professionnelle 

obligatoire." 

Elle n'a en revanche pas tenu compte de l'art. 5 al. 2 LFPL qui exige le 

consentement écrit du conjoint, ayant considéré que son affilié n'était pas marié.  

On peut s'étonner de ce que la caisse n'ait pas jugé utile d'investiguer sur ce point, 

d'autant plus que dans le questionnaire d'affiliation, Monsieur B________ avait 

indiqué qu'il était séparé.  

Force est cependant de constater qu'un tel litige ne relève pas spécifiquement de la 

prévoyance professionnelle, au sens de l'art. 73 al. 1 LPP. En effet, il s'agit-là 

manifestement d'une action en responsabilité civile du fait d'un dommage, intentée 

contre l'institution de prévoyance.  

Or, de ce qui précède, il découle que le Tribunal de céans n'est pas habilité, en sa 

qualité de juge de l'art. 73 LPP, de connaître de la demande portée devant lui.  

 

 

 

 

 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

 

1. Se déclare incompétent rationae materiae 

2. Déclare la demande irrecevable. 

3. Dit que la procédure est gratuite. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 

dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 

(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 

public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 

juin 2005 (LTF); le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 

moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit 

être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie électronique aux 

conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du 

recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l'envoi. 

 

La greffière 

 

 

Marie-Louise QUELOZ 

 La Présidente 

 

 

Doris WANGELER 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 

des assurances sociales par le greffe le