# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a2ec83dd-2008-59a7-bde1-c4504e1a88ed
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-01-19
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 19.01.2024 C/13098/2023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-13098-2023_2024-01-19.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 19 janvier 2024. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/13098/2023 CAPH/5/2024 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des prud'hommes 

DU VENDREDI 19 JANVIER 2024 

 

Entre 

A______ SA, sise ______ [GE], appelante d'un jugement rendu par le Tribunal des 
prud'hommes le 22 décembre 2023 (JTPH/422/2023), représentée par Me Stéphanie 
FULD, avocate, BIANCHISCHWALD SÀRL, rue Jacques-Balmat 5, case postale 
1203, 1211 Genève 1,  

  

et 

Monsieur B______, domicilié ______ [GE], intimé, représentée par Me Pierluca 
DEGNI, avocat, Degni & Vecchio, rue du Général-Dufour 12, case postale 220, 1211 
Genève 8. 

  

  

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C/13098/2023  

 

Vu, EN FAIT, la requête du 23 juin 2023 par laquelle A______ SA a saisi le 
Tribunal de prud'hommes d'une requête de mesures provisionnelles, concluant à 
ce qu'il soit fait interdiction à B______, sous menace des peines prévues à 
l'art. 292 CP, d'exploiter, consulter, communiquer ou utiliser de quelque manière 
que ce soit pour son propre compte ou celui d'un tiers, les données en sa 
possession provenant de son activité auprès d'elle en particulier les documents 
visés en pièces 24 à 26 ainsi que leurs annexes, de contacter de quelque manière 
que ce soit, en agissant directement ou indirectement pour son propre compte ou 
celui d'un tiers, les clients ou employés de A______ aux fins de les inciter à 
modifier de quelque manière que ce soit leurs relations commerciales ou 
contractuelles avec cette dernière, d'entreprendre tout acte quelconque discréditant 
A______ auprès de tiers ou de sa clientèle de nature à entamer sa réputation 
commerciale, à ce qu'il soit ordonné à B______ de déposer immédiatement en 
mains du Tribunal des prud'hommes tous les supports électroniques, notamment 
mais non exclusivement ses ordinateurs et téléphones portables sur lesquels se 
trouvaient les données en sa possession provenant de son activité auprès de 
A______ en particulier les documents précités, sans fourniture de sûretés; 

Attendu qu'elle a pris les mêmes conclusions à titre superprovisionnel; 

Vu l'ordonnance rendue le 28 juin 2023 par le Tribunal, qui, statuant à titre 
superprovisionnel, a donné droit aux conclusions en interdiction formulées par 
A______; 

Vu la réponse de B______, et les déterminations subséquentes des parties; 

Vu le jugement rendu par le Tribunal des prud'hommes le 22 décembre 2023, par 
lequel celui-ci a rejeté la requête de mesures provisionnelles de A______ et 
révoqué son ordonnance rendue à titre superprovisionnel (ch. 10 et 11), et statué 
sur les frais (ch. 12 à 15); 

Vu l'appel formé le 8 janvier 2024 par A______ contre les chiffres 10 à 13 du 
dispositif de ce jugement; 

Attendu que A______ a conclu à l'annulation desdits chiffres, cela fait a repris en 
substance ses conclusions de première instance, avec suite de frais judiciaires et 
dépens; 

Qu'elle a, préalablement, requis l'octroi de l'effet suspensif de sorte que soit 
suspendue l'exécution du jugement susmentionné, soit "précisément les chiffres 
10 et 11 du dispositif" jusqu'à décision définitive et exécutoire sur la procédure 
d'appel, et la constatation que les mesures superprovisionnelles ordonnées le 
28 juin 2023 par le Tribunal resteraient en vigueur durant la procédure d'appel; 

- 3/5 - 
 

 

C/13098/2023  

Qu'elle a notamment fait valoir sur ce point qu'il était vraisemblable que B______ 
se livrait à du démarchage de ses clients, que son appel n'était pas infondé, qu'elle 
était exposée à un préjudice irréparable de par le risque d'une perte de réputation 
et de confiance ainsi que de clientèle; 

Qu'invité à se déterminer sur la requête d'effet suspensif, B______ a conclu au 
rejet de celle-ci, sous suite de frais et dépens; 

Qu'il a notamment contesté avoir procédé ou eu l'intention de procéder à du 
démarchage de clients de A______ ou d'utiliser des données de celle-ci, et 
soutenu que le préjudice difficilement réparable prétendu par A______ demeurait 
théorique; 

Que, par avis du 16 janvier 2024, les parties ont été informées de ce que la cause 
était gardée à juger sur effet suspensif; 

Considérant, en droit, que l'appel n'a pas d'effet suspensif lorsqu'il a pour objet 
une décision portant sur des mesures provisionnelles; que l'exécution des mesures 
provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée 
risque de subir un préjudice difficilement réparable (art. 315 al. 4 let. b et al. 5); 

Que, saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, 
l'autorité cantonale d'appel doit procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre 
les deux préjudices difficilement réparables, du demandeur et du défendeur à 
l'action (ATF 138 III 328 consid. 6.3); 

Qu'en principe l'effet suspensif ne peut être octroyé à un recours ayant pour objet 
une décision rejetant une demande (arrêt du Tribunal fédéral 5A_881/2017 du 
23 janvier 2018 consid. 2.3); que d'aucuns considèrent toutefois que l'octroi de 
l'effet suspensif entre en ligne de compte lorsque des mesures 
superprovisionnelles ont été ordonnées avant le rejet des mesures provisionnelles, 
avec pour effet de faire renaître les mesures superprovisionnelles; que certains 
auteurs affirment même que le dépôt de l'appel (ou du recours) maintiendrait la 
validité des mesures superprovisionnelles; que le Tribunal fédéral n'a pas tranché 
la question de l'éventuelle renaissance des mesures superprovisionnelles 
ordonnées en première instance en cas d'effet suspensif octroyé à un appel 
interjeté contre une décision négative rendue sur mesures provisionnelles (arrêt du 
Tribunal fédéral 5A_197/2022 du 24 juin 2022, consid. 3.4); 

Qu'une décision de mesures superprovisionnelles prise en raison d'une urgence 
particulière (décision d'urgence) doit obligatoirement être suivie - après audition 
des parties à la procédure - d'une décision de mesures provisionnelles (décision 
ordinaire de mesures provisionnelles), qui confirme, modifie ou supprime, et 
ainsi, remplace, les mesures superprovisionnelles précédemment ordonnées 
(ATF 139 III 86; ATF 140 III 529, JdT 2015 II 135); 

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C/13098/2023  

Qu'en l'occurrence, la décision attaquée a rejeté la requête de mesures 
provisionnelles, alors qu'il avait été fait droit, ex parte, à ces conclusions; 

Que l'appelante soutient qu'elle subirait un préjudice difficilement réparable si les 
mesures ordonnées à titre superprovisionnel ne subsistaient pas durant la 
procédure d'appel; 

Que l'intimé, s'il conteste le comportement que l'appelante lui impute sous l'angle 
de la vraisemblance ainsi que l'existence du préjudice soutenu par la précitée, ne 
se prévaut pour sa part pas d'un risque particulier auquel il serait exposé si les 
mesures ordonnées par le Tribunal à titre superprovisionnel se perpétuaient; 

Qu'ainsi, au vu des intérêts respectifs des parties tels qu'exposés dans leurs 
déterminations, il y a lieu de maintenir la situation en vigueur depuis l'ordonnance 
superprovisionnelle de première instance; 

Que la suspension de l'effet exécutoire requise sera dès lors accordée en ce sens 
que les mesures ordonnées par le Tribunal le 28 juin 2023 demeureront en vigueur 
jusqu'à droit jugé sur l'appel; 

Qu'il sera statué sur les frais dans l'arrêt au fond; 

 

* * * * * 

- 5/5 - 
 

 

C/13098/2023  

PAR CES MOTIFS, 
La Chambre des prud'hommes, : 

Statuant sur requête de suspension de l'effet exécutoire du jugement entrepris : 

Admet la requête de A______ SA, en ce sens que la décision de mesures 
superprovisionnelles du Tribunal des prud'hommes du 28 juin 2023 demeurera en 
vigueur jusqu'à droit jugé sur l'appel. 

Dit qu'il sera statué sur les frais liés à la présente décision dans l'arrêt rendu sur le fond. 

Siégeant : 

Madame Sylvie DROIN, présidente; Madame Fabia CURTI, greffière. 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours et valeur litigieuse : 

 
Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 
Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 
Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 

15'000  fr.