# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b701660d-32f5-5a38-a9a7-368e656b52a6
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2002-02-27
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 27.02.2002 C/18070/2000
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-18070-2000_2002-02-27.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE  Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/18070/2000-3 
 

POUVOIR  JUDICIAIRE * COUR D’APPEL* 

 

 

 

 

 

 

Monsieur T__________ 

 

 

 

 

 

 

 

Partie appelante 
 

 

 

CAISSE DE CHOMAGE DU SIT 

Rue des Chaudronniers 16 

Case postale 3287 

1211 GENEVE 3 

 

 

 

Partie intervenante 
 

 

D’une part 

 

 

E__________ S.A. EUROPE 

 

 

 

 

 

 

 

Partie intimée 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
D’autre part 

 

 

 

 

 

ARRET 
 

rendu suite à l’audience du mercredi 27 février 2002 

 
 

  M. Christian MURBACH, président 

 

 

  MM. Dominique BALTHASAR et Jacques ELMER, juges employeurs 

 

  Mme Patricia ADLER et M. Bernard CASEYS, juges salariés 

 

 

  M. Martin SPYRAKOS, greffier d’audience 

 

 

 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/18070/2000-3 

2 
 * COUR D’APPEL * 

 

 

 

 

EN FAIT 
 

 

 

A. a) Z_______ SA - dont la raison sociale est devenue, le 30 novembre 1999, 

E__________ SA - est une société anonyme inscrite au Registre du commerce de 

Genève ayant pour but, notamment, l’importation et l’exportation de matériaux 

relevant du domaine de la construction. 

 

Depuis la création de la société, M. A___________ en est l’administrateur unique 

avec signature individuelle. 

 

Par contrat du 29 mai 1998, T__________ a été engagé par Z_______ SA, avec 

entrée en fonction le 1
er

 juin 1998, en qualité de technicien commercial, 

responsable du département des ventes. 

 

Son salaire était fixé à 5'800.-- fr. par mois, versé treize fois l’an. 

 

Un véhicule de fonction a été mis à sa disposition, mais les frais d’essence 

restaient à sa charge. Le 1
er

 août 1999, Z_______ SA a autorisé T__________ à 

utiliser la voiture de fonction à titre privé. 

 

b) La société canadienne Y___________, animée par B___________, qui en était 

l’actionnaire, fournissait à E__________ SA les produits commercialisés par 

celle-ci. 

 

c) T__________ et son employeur se sont régulièrement achoppés sur les 

problèmes salariaux, de sorte que les relations entre le premier nommé et 

A___________ se sont peu à peu détériorées 

 

d) Par courrier recommandé du 11 avril 2000, E__________ SA a reproché à 

T__________ d’avoir, en la présence de B___________, proféré des allégations 

susceptibles de causer un grave préjudice à la société ; l’intéressé était informé  

que son attitude, qui n’était pas nouvelle, ne serait plus tolérée à l’avenir.  

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/18070/2000-3 

3 
 * COUR D’APPEL * 

 

 

En raison de ces agissements, T__________ a, en outre, été «  mis à pied sans 

solde pendant trois jours » et « informé que la prochaine sanction sera suivie d’un 

licenciement avec effet immédiat ». 

 

Par pli recommandé du 20 avril 2000, T__________ a contesté les griefs qui lui 

avaient été adressés par son employeur. 

 

e) En date du 15 mai 2000, E__________ SA a engagé C___________ en qualité 

d’employé commercial. 

 

f) Le 23 mai 2000, A___________ et T__________ ont eu un entretien dont le 

teneur est contestée. Selon T__________, A___________ lui a fait part de 

difficultés de la société à la suite d’une baisse des ventes. Quant à 

A___________, il affirme qu’il voulait simplement rendre conscient son 

employé, qui n’avait plus rien vendu depuis 5 mois, de la nécessité d’augmenter 

son rendement. 

 

g) Par lettre recommandée du 26 mai 2000, E__________ SA a licencié 

T__________ pour le 30 juin 2000 aux motifs que ses « cinq mois de carence » 

avaient « provoqué une situation financière qui ne permettait plus d’assumer son 

salaire ». A___________ se disait toutefois prêt à reprendre son employé, sur la 

base d’un nouveau contrat, pour autant qu’il change radicalement sa façon de 

travailler et obtienne des résultats plus probants durant le mois de juin. 

 

Ultérieurement, A___________ a admis que le congé aurait dû être donné pour le 

31 juillet 2000, et non le 30 juin 2000. 

 

h) En date du 2 juin 2000, T__________ a adressé à B___________ un fax 

comportant notamment les passages suivants : 

 

« Je fais suite à tes deux appels téléphoniques d’hier et te prie de bien vouloir 

pendre note des éléments suivants : 

…. 

L’accès aux dépôts du Port-Franc nous est actuellement impossible : l’ordre a 

été donné de bloquer toute marchandise pour E__________ SA. 

A partir de là, je te laisse le soin d’imaginer ce qui peut se passer sur les 

territoires suisse et européen. 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/18070/2000-3 

4 
 * COUR D’APPEL * 

 

 

Si la situation actuelle a un tel degré de gravité, il est bon de souligner que : 

…. 

le problème E__________ SA n’est pas un problème d’entente entre deux 

personnes (aux caractères certes opposés) mais un réel problème d’absence de 

cohésion, un manque total de structure, un degré d’incompétence très élevé et 

un intérêt trop sporadique pour pouvoir réaliser des objectifs… pourtant tout 

à fait à portée. 

Pour terminer, je tiens à dire que si, en septembre 1999, A___________ 

n’avait pas trouvé le soutien financier (100'000.-- fr.) de D___________, la 

société Z_______ aurait été liquidée avant la fin de l’exercice 1999. De plus, 

A___________ voulait tenir en stock six containers pour la société 

E__________ SA Europe. Explique-moi alors pourquoi aujourd’hui, il ose (et 

tu oses à ton tour) me juger responsable d’un crack qui apparaît inévitable 

depuis de longs mois arguant du fait que j’aurais forcé mon patron à trop 

acheter de produits. 

…. 

Au passage, tu me permettras également de souligner que la structure de 

E__________ SA se doit être européenne puisque …. 

Je suis impressionné par la qualité de bêtise exprimée et surtout par celle 

répétée. 

Dire une connerie n’est pas trop grave en soi, la répéter si ! 

Je reste cependant à ta disposition et souhaite que tu fasses preuve d’un peu 

plus de retenue car au stade actuel, les tensions sont suffisamment difficiles à 

vivre pour que tu ne rajoutes encore un peu d’huile sur le feu - même si je sais 

que tu y trouves du plaisir - moi pas. Merci de t’en souvenir. 

…. ». 

 

    

Le dimanche 4 juin 2000, B___________ a téléphoné à A___________ pour lui 

lire le fax susmentionné. 

 

Le même jour, A___________ a, par messagerie téléphonique, licencié 

T__________ avec effet immédiat, lui ordonnant de restituer sans délai le 

véhicule, le natel, ainsi que les clés du bureau et différents objets appartenant à 

l’entreprise qui se trouvaient en sa possession. 

 

Par lettre recommandée du 5 juin 2000, E__________ SA a confirmé à 

T__________ le licenciement avec effet immédiat dont il avait fait l’objet la 

veille, justifiant ce dernier par le fait que ses agissements, dénoncés dans le 

courrier du 11 avril 2000, s’étaient « répétés à plusieurs reprises par téléphone et 

par lettre », ce qui constituait de sa part « une faute très grave ». 

 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/18070/2000-3 

5 
 * COUR D’APPEL * 

 

 

 

i) En date du 23 juin 2000, le Syndicat interprofessionnel de travailleuses et 

travailleurs (ci-après : SIT) a adressé à E__________ SA une lettre pour 

contester les deux licenciements dont T__________ avait fait l’objet. 

 

j) Par demande du 2 août 2000 adressée au greffe de la juridiction des 

prud’hommes, T__________ a assigné E__________ SA en paiement d’un 

montant de 56'422,55 fr. 

 

Lors de l’audience du 2 février 2001 devant le Tribunal des prud’hommes, 

T__________ a réduit ses prétentions à fr. 56'331,45,  soit : 

 

- 11'600.--  fr.  à titre de délai de congé (juin-juillet 2000) ; 

- 7'975,05 fr.  à titre de 13
e
 salaire pour les années 1998, 1999 et 2000 ; 

- 1'336,40 fr.  à titre d’ « heures de déplacement » pour les mois de février 

et mars 2000 ; 

- 260.-- fr. à titre de remboursement de frais de téléphone portable pour 

le mois de mai 2000 ; 

- 360.-- fr.  à titre de note de frais de représentation pour le mois de mai 

2000 ; 

- 34'800.-- fr.  à titre d’indemnité (6 mois) selon l’article 337 al. 3 CO.  

 

k) Le Tribunal a procédé à l’audition de témoins dont les déclarations seront 

reprises dans la mesure utile ci-dessous dans la partie « EN DROIT ». 

 

l) Par jugement rendu suite à l’audience de délibération du 22 juin 2001, le 

Tribunal des prud’hommes, après avoir considéré que le contenu du fax adressé 

le 2 juin 2000 à B___________ par T__________ justifiait le licenciement 

immédiat de ce dernier, a condamné E__________ SA à payer à son ex-employé 

les montants suivants : 

 

- 381,45 fr.  à titre de salaire des 1
er

 et 2 juin 2000 ; 

- 7'301,90 fr.  à titre de 13
e
 salaire pour 1998, 1999 et 2000 ; 

- 248,10 fr.  à titre de frais de téléphone portable ; 

 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/18070/2000-3 

6 
 * COUR D’APPEL * 

 

 

Par ailleurs, E__________ SA a été condamnée à fournir à T__________ un 

certificat de salaire pour l’année 2000. 

 

Enfin, bien que le Tribunal des prud’hommes ait omis de l’indiquer dans le 

dispositif de son jugement, la Caisse de chômage du SIT, intervenante à la 

procédure, – qui affirmait être subrogée à hauteur de 3'368,80 fr. dans les droits de 

T__________ pour les prestations de chômage qu’elle lui avait versées en juin et 

juillet 2000 - a été déboutée de ses prétentions dans la mesure où ces dernières 

portaient sur une  période pour laquelle son sociétaire avait lui-même été débouté 

de toutes ses conclusions, son droit au salaire ayant pris fin avec son licenciement 

immédiat. 

 

B. Par courrier déposé au greffe de la juridiction des prud’hommes le 26 octobre 

2001, T__________, par l’intermédiaire du SIT, appelle de ce jugement en tant 

qu’il a admis le bien-fondé de son licenciement immédiat et, partant, l’a débouté 

de ses prétentions postérieures audit licenciement ainsi que des frais de 

représentation (365,60 fr.), de « déplacement » (1'336,40 fr. ) et du salaire pour le 

samedi 29 janvier 2000 (367,50 fr.) dont il réclamait le paiement. 

 

E__________ SA, pour sa part, conclut au rejet de l’appel et la confirmation du 

jugement entrepris. 

 

Quant à la caisse de chômage du SIT, elle a, par lettre du 27 février 2001, indiqué 

qu’elle « maintenait sa subrogation dans la procédure » pour un montant de 

3'368,80 fr. net, avec intérêts à 5% dès le 4 août 2000. 

 

La motivation du Tribunal, ainsi que les arguments des parties seront repris dans 

la mesure utile ci-dessous. 

 

EN DROIT 
 
 

1. Interjeté dans le délai et la forme prévus à l’art. 59 de la loi sur la juridiction 

des prud’hommes (ci-après : LJP), l’appel est recevable. 

 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/18070/2000-3 

7 
 * COUR D’APPEL * 

 

 

2. a) T__________ soutient que son licenciement avec effet immédiat du 4 juin 2000 

n’était pas justifié, faisant valoir à cet égard que le fax qu’il avait adressé le 2 juin 

2000 à B___________ ne trahissait aucun secret professionnel, ce dernier 

connaissant depuis longtemps les problèmes, notamment financiers, rencontrés par 

l’intimée, ce qu’avait confirmé le témoin F___________ lors de sa déposition. Par 

ailleurs, le passage du fax où il était indiqué que « dire une connerie, ce n’est pas 

trop grave, la répéter si », était destiné à B___________.  

 

      Ce point de vue ne saurait être suivi.   

 

En effet, il ne ressort nullement du témoignage de F___________ - responsable 

du transport au Port-Franc de Genève -, entendu par le Tribunal le 3 novembre 

2000, que B___________ était au courant de difficultés, notamment financières, 

affectant prétendument E__________ SA. Au contraire, ce témoin a expressément 

déclaré qu’en ce qui le concernait, il n’avait pas rencontré de problèmes financiers 

avec l’intimée, précisant que « les choses roulaient correctement ». L’indication 

donnée par F___________ qu’il avait cependant menacé E__________ SA de 

bloquer la marchandise si cette société n’effectuait pas un paiement en sa faveur, 

ce qu’elle avait fait dans les 5 jours, ne saurait être considéré comme la preuve des 

allégations de l’appelant concernant la situation financière de l’intimée. 

 

Par ailleurs, il est manifeste que le fax du 2 juin 2000 adressé à B___________ 

contient des critiques (« réel problème d’absence de cohésion, manque total de 

structures, degré d’incompétence très élevé, intérêt trop sporadique pour pouvoir 

réaliser des objectifs pourtant tout à fait à portée ») relatives à la politique 

commerciale et d’entreprise suivie E__________ SA, critiques visant du même 

coup son administrateur A__________. 

 

Enfin, ce même fax comportait l’indication - dont l’appelant n’a pas non plus 

établi la véracité - qu’au mois de septembre 1999, la société de A___________ 

aurait été liquidée si elle n’avait pas trouvé un soutien financier de 100'000.-- fr. 

 

        b) Selon l’art. 337 CO, l’employeur et le travailleur peuvent résilier immédiate-  

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/18070/2000-3 

8 
 * COUR D’APPEL * 

 

 

ment le contrat en tout temps pour de justes motifs (al. 1). Sont notamment 

considérés comme de justes motifs, toutes les circonstances qui, selon les règles 

de la bonne foi, ne permettent pas d’exiger de celui qui a donné le congé   

         la continuation des rapports de travail (al. 2). 

 

Mesure exceptionnelle, la résiliation immédiate pour justes motifs doit être 

admise de manière restrictive (ATF du 29.06.1999 SARB 2000 p. 923). 

 

Doivent être considérés comme de justes motifs les faits propres à détruire la 

confiance qu’impliquent dans leur essence les rapports de travail, ou à l’ébranler 

de telle façon que la poursuite du travail ne peut plus être exigée et qu’il n’y a 

d’autre issue que la résiliation immédiate du contrat (ATF du 29.06.1999 SARB 

2000 p. 923 ; ATF du 23.12.1998 JAR 1999 p. 271 ; ATF du 2.9.1993 SJ 1995 

p. 806 ; ATF 116 II 142 c. 5c ; ATF 112 II 41 c. 3a ; ATF 108 II 444 c. 2). 

 

Les motifs d’une résiliation immédiate sont donnés lorsque les conditions 

essentielles de nature objective ou personnelle à la base de la conclusion du 

contrat de travail ont disparu (ATF 101 I a. 545 c. 2c). C’est notamment le cas 

lorsqu’une partie viole gravement ses obligations découlant du contrat de travail 

(ATF du 11.10.1994 JAR 1995 p. 193). Les faits invoqués doivent objectivement 

revêtir une certaine gravité (ATF 116 II 145 c. 5a) ; (ATF 111 II 245 c. 3) et le 

renvoi immédiat constitue une « ultima ratio » par rapport à l’éventualité d’un 

congé ordinaire, qui ne peut être admise que si la situation exclut de manière 

absolue la continuation des rapports de travail jusqu’au terme ordinaire du contrat 

(CAPH du 4.05.1993, H. c/ S., cause No VII/187/92). Seuls des manquements 

particulièrement graves du travailleur à ses obligations découlant de son contrat 

de travail, en particulier à son obligation d’exécuter le travail ou son devoir de 

fidélité (321a CO), justifient la résiliation immédiate du contrat (ATF du 

29.06.1999 SARB 2000 p. 923 ; ATF du 21.10.1996 SJ 1997 p. 149 ; ATF 117 II 

72 c. 3). Le comportement du travailleur doit être apprécié de manière globale 

même si les manquements pris séparément ne présentent pas chacun un caractère 

de gravité suffisant pour justifier une résiliation abrupte du contrat de travail 

(CAPH du 30.03.1999 JAR 2000 p. 131). La fonction et les responsabilités du 

travailleur, la nature et la durée des rapports contractuels, le genre et la gravité des 

griefs articulés par l’employeur, la longueur du délai de congé ordinaire sont 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/18070/2000-3 

9 
 * COUR D’APPEL * 

 

 

autant de critères qui doivent être pris en considération (ATF 23.12.1998, JAR 

1999 p. 271 ; ATF 111 II 245 c. 3 ; ATF 104 II 28 c. 1). 

 

L’employeur a un intérêt particulier à pouvoir se fier à la rectitude absolue du 

travailleur lorsque ce dernier exerce une fonction à responsabilités où il devrait 

être à même d’agir seul, sans le contrôle de son employeur (ATF 108 II 444 c. 2 

b), notamment quand il est en contact direct avec la clientèle (ATF 166 II 145 c. 6 

b). 

 

Lorsque le manquement est moins grave, il peut néanmoins donner lieu à une 

résiliation immédiate du contrat de travail lorsqu’il a été précédé de vains 

avertissements de l’employeur (ATF 117 II 560 ; ATF 116 II 145 c. 6a ; ATF 112 

II 41 c. 3a). L’avertissement doit comprendre la menace d’un renvoi immédiat 

(CAPH du 11.02.1998, SARB 1999 p. 498). 

 

Il appartient à la partie qui se prévaut de justes motifs de résiliation immédiate 

d’en établir l’existence (art. 8 CC). Le fardeau de la preuve d’une résiliation 

intervenue en temps utile incombe également à la partie qui donne le congé (ATF 

du 22.02.1996, JAR 1997 p. 201). 

 

c) En l’espèce, en divulguant à Y___________ des informations concernant la 

situation financière de l’intimée et en émettant des critiques au sujet de la 

politique commerciale, de l’organisation et des compétences tant de 

E__________ que de son administrateur, l’appelant a manifestement contrevenu 

aux devoirs de fidélité à l’égard de son employeur que lui imposait l’art. 321a al. 

1 CO, qui exige du travailleur qu’il sauvegarde fidèlement les intérêts légitimes 

de son employeur. 

 

Dès lors qu’il avait déjà fait l’objet d’un avertissement préalable concernant son 

manque de discrétion au sujet de la situation de la société, la résiliation immédiate 

du contrat de travail de l’appelant, à la suite du fax du 2 juin 2000, apparaît 

justifiée, la poursuite des relations de travail entre les parties ne pouvant être 

exigée. 

 

Dès lors, la décision des premiers juges sur ce point ne peut qu’être confirmée. 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/18070/2000-3 

10 
 * COUR D’APPEL * 

 

 

 

 

3.  Il en découle, notamment, que les prétentions de la Caisse de chômage du SIT,   

subrogée au montant reçu par T__________ en juin et juillet 2000 peuvent être 

admises jusqu’à la date effective du licenciement de T__________ qui, intervenue 

par communication téléphonique le 4 juin 2000, a pris effet le lendemain. 

 

Ainsi, l’intervenante sera subrogée aux droits de T__________ en ce qui concerne 

le salaire octroyé à ce dernier pour les quatre premiers jours du mois de juin 2000, 

ce qui correspond à une somme nette de 762,88 fr., arrondie à 763.--   fr. (365 

jours : 12 mois = 30,41 jours ; 5'800.-- fr. : 30,41 jours = 190,72 fr. x 4 jours = 

762,88 fr.). 

 

La décision querellée sera complétée sur ce point. 

 

4. L’appelant reproche également au Tribunal de n’avoir pas condamné sa partie 

adverse à lui payer la somme de 365,60 fr. pour des frais de représentation 

correspondant à des frais de repas qu’il avait payés pour C___________, l’autre 

employé de l’intimée. 

 

C’est toutefois à juste titre que les premiers juges ont écarté ce chef des 

conclusions de T__________, ce dernier, alors qu’il en avait la charge, n’ayant 

pas prouvé l’existence d’un accord avec son employeur à cet égard. 

 

Le jugement entrepris sera, ainsi, confirmé également sur ce point. 

 

5. En revanche, tel ne sera pas le cas des « frais de déplacement » de 1'336,40 fr. et 

du paiement de 367,50 fr. pour le samedi 29 janvier 2000 durant lequel l’appelant 

a travaillé, que le Tribunal ne lui a pas octroyés. 

 

a) En effet, les premiers juges ont débouté l’appelant de ses conclusions de frais 

de déplacement – qui constituent, en réalité, des heures supplémentaires, ce que 

l’intimée ne conteste pas -, aux motifs que T__________ occupait dans 

l’entreprise une position « proche d’un cadre dirigeant », de sorte qu’il était tenu 

d’effectuer des heures supplémentaires sans être payé. 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/18070/2000-3 

11 
 * COUR D’APPEL * 

 

 

 

Or, outre le fait que ni la loi ni la jurisprudence ne connaissent la notion de « quasi 

cadre », il ne résulte pas de la procédure que l’appelant avait une position 

dirigeante dans l’entreprise, ce que E__________ SA ne soutient du reste pas. 

 

Dès lors, conformément à l’art. 321c al. 3 CO, il doit être fait droit aux prétentions 

de l’appelant sur ce point ; le jugement entrepris sera modifié en conséquence. 

 

b) Il en va de même, et pour des motifs identiques, s’agissant du paiement du 

travail effectué par T__________ le samedi 29 janvier 2000, prétention au 

sujet de laquelle le Tribunal a omis de statuer en dépit des conclusions claires 

prises à cet égard par l’appelant. 

 

En effet, il n’est pas contesté que T__________ a effectivement travaillé ce jour-

là pour le compte de son employeur, de sorte que ces heures supplémentaires 

doivent être également lui être payées par l’intimée. 

 

Le jugement sera, dès lors, modifié également sur ce point. 

 

6. En tant qu’il succombe, T__________ supportera l’émolument d’appel (art. 78 al. 

1 LJP). 

 

PAR CES MOTIFS 

 

 

La Cour d’appel des prud’hommes, groupe 3 

 

A la forme : 

- Déclare recevable l’appel interjeté par T__________ contre le jugement du 

Tribunal des prud’hommes rendu suite à l’audience du 22 juin 2001 dans la cause 

C/18070/2000-3 . 

 

Au fond : 

- Annule ce jugement en tant qu’il a débouté, d’une part, T__________ de ses 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/18070/2000-3 

12 
 * COUR D’APPEL * 

 

 

conclusions tendant au paiement d’un montant de 1'703,90 fr. à titre d’heures 

supplémentaires et, d’autre part, la Caisse de chômage du SIT de toutes ses 

conclusions d’intervenante. 

 

Et statuant à nouveau sur ces points : 

- Condamne E__________ SA à payer à T__________ la somme de 1'703,90 fr. 

brut avec intérêts à 5% dès le 2 août 2000. 

- Invite la partie qui en a la charge à opérer sur ce montant les déductions sociales 

et légales usuelles. 

- Confirme, pour le surplus, le jugement entrepris. 

- Condamne E__________ SA à payer à la Caisse de chômage du SIT, en 

déduction des montants dus à T__________, la somme nette de 763.-- fr. 

- Met à charge de T__________ l’émolument d’appel qu’il a payé. 

- Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le greffier de juridiction   Le président