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**Case Identifier:** 895d7123-2b17-5a20-a3a8-89dd12c49e5e
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-03-05
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 05.03.2024 C/25548/2023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-25548-2023_2024-03-05.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué à la partie recourante par pli recommandé du 7 mars 

2024. 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/25548/2023 ACJC/307/2024 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU MARDI 5 MARS 2024 

 

 

Madame A______, domiciliée ______, recourante contre un jugement rendu par la 

19ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 11 janvier 2024. 

 

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C/25548/2023 

EN FAIT 

A. a. Le 24 novembre 2023, A______ a déposé devant le Tribunal de première 
instance une requête par laquelle elle demandait le prononcé de sa faillite 

personnelle.  

Elle a expliqué qu'elle percevait des rentes AI d'un montant mensuel de 2'078 fr. 

ainsi que des prestations complémentaires d'un montant mensuel de 1'449 fr, y 

compris 541 fr. réservé au paiement de ses primes d'assurance maladie, et 

disposait d'un solde de 808 fr. par mois. Selon la décision du 29 juin 2023 du 

Service des prestations complémentaires, elle devait percevoir un rétroactif de 

21'353 fr., dont il lui restait environ 15'000 fr. Des actes de défaut de bien avaient 

été délivrés à son encontre à hauteur de 75'062 fr. et des poursuites avaient été 

engagées contre elle à concurrence de 7'000 fr. Il était dès lors manifeste qu'elle se 

trouvait dans une situation d'insolvabilité. Elle disposait néanmoins d'un certain 

montant lui permettant de prendre un nouveau départ. 

 Il ressort des pièces produites par A______ qu'elle fait l'objet de deux poursuites, 

fondées sur un acte de défaut de biens, pour des montants de 3'912 fr. et 3'031 fr., 

et de 52 actes de défauts de biens, pour un montant total de 75'658 fr. Elle a 

également produit une décision du Service des prestations complémentaires du 

29 juin 2023 dont il ressort qu'elle peut bénéficier d'un rétroactif de prestations 

d'un montant de 21'353 fr. Quant au relevé bancaire produit, il fait état d'un solde 

de 12'474 fr. au 17 août 2023 et de 4'465 fr. au 10 novembre 2023.  

b. A______ s'est acquittée d'une avance de frais totale de 3'550 fr. dans le cadre 
de la présente procédure, dont 3'500 fr. d'avance de frais de liquidation sommaire 

de la faillite par l'Office des faillites. 

B. Par jugement du 11 janvier 2024, le Tribunal a rejeté la requête de faillite 
personnelle formée le 24 novembre 2023 par A______ (ch. 1 du dispositif), mis 

les frais judiciaires, arrêtés à 50 fr., à sa charge (ch. 2 et 3) et débouté celle-ci de 

toutes autres conclusions (ch. 4). 

Le Tribunal a considéré que A______ n'avait aucune fortune mobilière ou 

immobilière et que ses revenus étaient uniquement constitués de ses rentes. 

L'absence de biens de la précitée à abandonner à ses créanciers constituait un 

obstacle rédhibitoire à l'admission de la requête. 

C.  a. Par acte expédié le 24 janvier 2024 à la Cour de justice, A______ a formé 
recours contre ce jugement. Elle a conclu à son annulation et au prononcé de sa 

faillite personnelle, avec suite de frais. 

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C/25548/2023 

Elle a allégué des faits nouveaux et produit des pièces nouvelles en relation avec 

l'appartement HBM qu'elle occupe actuellement. 

b. La cause a été gardée à juger le 5 février 2024. 

EN DROIT 

1. 1.1 L'appel étant irrecevable dans les affaires relevant de la compétence du 
tribunal de la faillite selon la LP (art. 309 let. b ch. 7 CPC), seule la voie du 

recours est ouverte (art. 319 let. a CPC; art. 174 al. 1 LP par renvoi de l'art. 194 

al. 1 LP). 

Le recours a été interjeté dans le délai utile de 10 jours (art. 174 al. 1 LP) et selon 

la forme prescrite. Il est partant recevable. 

1.2 En vertu de l'art. 174 al. 1 2ème phrase LP – applicable par renvoi de l'art. 194 
al. 1 LP –, les parties peuvent faire valoir devant l'instance de recours des faits 
nouveaux lorsque ceux-ci se sont produits avant le jugement de première instance. 

Cette disposition spéciale de la loi, au sens de l'art. 326 al. 2 CPC, vise les faits 

nouveaux improprement dits (faux nova ou pseudo-nova), à savoir ceux qui 

existaient déjà au moment de l'ouverture de la faillite et dont le premier juge n'a 

pas eu connaissance pour quelque raison que ce soit; ces faits peuvent être 

invoqués sans restriction et prouvés par pièces, pour autant qu'ils le soient dans le 

délai de recours (ATF 139 III 491 consid. 4.4; arrêt du Tribunal fédéral 

5A_243/2019 du 17 mai 2019 consid. 3.1, publié in SJ 2019 I p. 376).  

Les allégations et pièces nouvelles de la recourante, relatives à des faits antérieurs 

au jugement attaqué, sont ainsi recevables. Elles ne sont cependant pas 

déterminantes pour l'issue du litige. 

1.3 La cognition de la Cour est limitée à la violation du droit et à la constatation 
manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC et 278 al. 3 LP). 

2.  La recourante soutient que le Tribunal a retenu de manière manifestement 
inexacte qu'elle ne disposait d'aucune fortune mobilière ou immobilière puisqu'il 

ressortait des pièces produites qu'elle disposait d'une somme d'environ 15'000 fr. 

provenant d'un arriéré de rentes SPC. Elle disposait dès lors de biens qui 

pourraient être distribués à ses créanciers et le Tribunal aurait dû considérer que 

les conditions pour le prononcé de sa faillite personnelle étaient remplies. 

2.1.  
2.1.1 Aux termes de l'art. 191 LP, le débiteur peut lui-même requérir sa faillite en 
se déclarant insolvable en justice (al. 1); lorsque toute possibilité de règlement 

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C/25548/2023 

amiable des dettes selon les art. 333 ss est exclue, le juge prononce la faillite 

(al. 2). 

La faillite sur déclaration d'insolvabilité du débiteur offre à celui-ci d'importants 

avantages. En effet, les saisies à son encontre (même les saisies de salaire) 

tombent. En outre, cette institution lui procure immédiatement la tranquillité 

nécessaire pour se reprendre financièrement: déjà après l'ouverture de la faillite, il 

peut disposer librement de son salaire courant (c'est-à-dire les versements devenus 

exigibles après l'ouverture de la faillite). De plus, il peut à nouveau être poursuivi 

pour les créances nées avant la faillite uniquement après son retour à meilleure 

fortune (AMON/WALTHER, Grundriss des Schuldbetreibungs- und Konkursrechts, 

9ème éd., 2013, § 38 n. 22-23). 

Le requérant n'a pas un droit inconditionnel au prononcé de sa faillite (ATF 

133 III 614 consid. 6.1.2). Pour que la faillite puisse être prononcée ensuite d'une 

déclaration d'insolvabilité en justice, il faut que se réalise une condition positive, 

soit un état d'insolvabilité, et que, simultanément, ne soit satisfaite aucune 

condition négative, à savoir la possibilité de règlement amiable des dettes, un 

ajournement de la décision de faillite en raison d'un sursis concordataire ou 

extraordinaire, une procédure de faillite déjà en cours, une procédure de 

détermination de retour à meilleure fortune en cours ou un abus de droit manifeste 

au sens de l'art. 2 al. 2 CC (COMETTA, Commentaire romand, Poursuite et faillite, 

2005, n. 4 ad art. 191 LP). 

L'interdiction de l'abus de droit est applicable à tout l'ordre juridique, donc 

également en matière de poursuites et faillite. Dans la procédure de faillite sur 

déclaration d'insolvabilité du débiteur, le juge doit ainsi vérifier d'office 

l'application de ce principe à la lumière des circonstances particulières du cas 

d'espèce (ATF 118 III 27, 113 III 2 consid. 2a). 

A titre d'exemple, un débiteur commet un abus de droit lorsqu'il requiert sa 

faillite, en sachant que la masse en faillite ne comprendrait aucun actif ou lorsqu'il 

souhaite par ce moyen faire tomber une saisie de salaire (ATF 145 III 26 

consid. 2.2; arrêt du Tribunal fédéral 5A_776/2008 du 15 janvier 2009 consid. 2.1 

in fine; cf. également ATF 123 III 402 consid. 3a/aa = JdT 1999 II 102, p. 103). 

La faillite volontaire prévue à l'art. 191 LP n'est pas une procédure visant à régler 

la problématique du surendettement des particuliers obérés. Si l'on devait agréer la 

demande de faillite volontaire de chaque débiteur qui poursuit le but de faire 

tomber une saisie sur ses revenus, l'art. 93 LP serait pratiquement vidé de sa 

substance; il ne saurait y avoir libre choix entre la saisie des revenus et la 

déclaration d'insolvabilité, car les intérêts des créanciers doivent également être 

pris en compte; dans ce domaine, il ne peut s'agir de faire triompher uniquement 

le point de vue du débiteur (ATF 145 III 26 consid. 2.2 et les références citées). 

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2.1.2 En matière d'appréciation des preuves et d'établissement des faits, il y a 
arbitraire lorsque le juge n'a manifestement pas compris le sens et la portée d'un 

moyen de preuve, lorsqu'il a tiré des déductions insoutenables des éléments 

recueillis, ou encore lorsqu'il a omis, sans raison sérieuse, de tenir compte d'un 

moyen important propre à modifier la décision attaquée (ATF 138 I 305 

consid. 4.3; 137 I 58 consid. 4.1.2; arrêt du Tribunal fédéral 4A_583/2014 du 

23 janvier 2014 consid. 1.1). 

Il ne suffit pas d'affirmer que le premier juge a "arbitrairement" retenu un fait; il 

faut au contraire décrire l'élément de fait taxé d'arbitraire, puis se référer aux 

pièces du dossier qui contredisent l'état de fait arrêté par le premier juge. Il ne 

suffit pas de présenter sa propre version des faits ou d'opposer son appréciation 

des preuves à celle du premier juge (ATF 140 III 264 consid. 2.3; 138 III 232 

consid. 4.1.2 in JdT 2012 II 511; 137 III 226 consid. 4.2). 

2.2 En l'espèce, la recourante soutient que le Tribunal a constaté de manière 
manifestement inexacte, et donc arbitraire, qu'elle ne disposait pas de fortune alors 

que l'examen des pièces produites laissait apparaître qu'elle disposait d'une fortune 

de 15'000 fr. environ provenant d'un arriéré de prestations du SPC. Elle n'indique 

cependant pas quelle pièce ferait état d'une telle fortune. Il ressort effectivement 

de la décision du 29 juin 2023 qu'elle devait percevoir un arriéré de prestations 

sociales de 21'353 fr. Toutefois, selon l'extrait de son compte bancaire, elle ne 

dispose plus de cette somme puisque le solde de son compte était de 4'465 fr. au 

10 novembre 2023, avant paiement de l'avance de frais de 3'550 fr. qui lui a été 

demandée dans le cadre de la présente procédure. 

Dans ces circonstances, il ne peut être retenu que le Tribunal aurait omis de 

manière manifestement inexacte de constater que la recourante disposerait d'une 

somme de 15'000 fr. 

Au vu de la situation financière de la recourante, et en particulier de la fortune 

dont elle dispose, soit 4'465 fr., voire 915 fr. après paiement de l'avance de frais 

pour la liquidation de sa faillite, et compte tenu du montant de ses dettes, il doit 

être considéré qu'elle ne dispose pas d'actif suffisants à abandonner à ses 

créanciers, ainsi que l'a jugé le Tribunal. Les conditions nécessaires à l'application 

de l'art. 191 LP ne sont donc pas réunies. 

Enfin, il apparaît que la recourante a requis sa faillite personnelle en particulier 

parce qu'elle craint que le loyer de son logement HBM augmente de manière 

significative après que son fils aura commencé à travailler et percevra un salaire et 

qu'elle souhaiterait trouver un autre appartement, ce qui ne serait pas possible 

compte tenu des poursuites dont elle fait l'objet. Un tel motif n'est toutefois pas de 

nature à permettre le prononcé de la faillite personnelle de la recourante. 

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C/25548/2023 

Le recours n'est dès lors pas fondé, de sorte qu'il sera rejeté. 

3. La recourante, qui succombe, sera condamnée aux frais judicaires, arrêtés à 75 fr. 
(art. 48 et 61 OELP), compensés avec l'avance qu'elle a fournie, qui reste acquise 

à l'Etat de Genève.  

* * * * * 

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C/25548/2023 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

 
A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté le 24 janvier 2024 par A______ contre le 

jugement JTPI/359/2024 rendu le 11 janvier 2024 par le Tribunal de première instance 

dans la cause C/25548/2023–S1 SFC. 

Au fond : 

Rejette ce recours. 

Déboute A______ de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires à 75 fr., les met à la charge de A______ et les compense avec 

l'avance fournie, qui reste acquise à l'Etat de Genève. 

Siégeant : 

Monsieur Laurent RIEBEN, président; Madame Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ, 

Madame Nathalie RAPP, juges; Madame Laura SESSA, greffière. 

 

Le président : 

Laurent RIEBEN 

 La greffière : 

Laura SESSA 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.