# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 4f5b6285-f79d-5abe-804a-4e4a38d16dba
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-09-24
**Language:** fr
**Title:** Genf Tribunal pénal 24.09.2018 P/19786/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_TP_001_P-19786-2014_2018-09-24.pdf

## Full Text

Siégeant : Mme Sabina MASCOTTO, présidente, M. Vincent FOURNIER et M. 
Yves MAURER-CECCHINI, juges, M. Patrick MUTZENBERG, Mme Valérie 
GLASSON, M. Marc SINNIGER et Mme Sophie FLORINETTI, juges assesseurs, 
Mme Chloé MAGNENAT, greffière-juriste, Mme Katia BRUSCO, greffière  

P/19786/2014  

RÉPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E   
 

JUGEMENT  

DU TRIBUNAL CRIMINEL  

 

Chambre 18 

 
24 septembre 2018  

 

 

 

MINISTÈRE PUBLIC  

A______, domicilié rue ______, ______Genève, partie plaignante, assisté de 
Me D______ 
 
B______, actuellement détenu à la Prison de Champ-Dollon, 1241 Puplinge, partie 
plaignante, assisté de Me E______ 

contre  

X______, né le ______1994, actuellement détenu à la Prison de Champ-Dollon, 1241 
Puplinge, prévenu, assisté de Me F______ 

 

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CONCLUSIONS FINALES DES PARTIES : 

Le Ministère public conclut à un verdict de culpabilité du chef d'assassinat, avec une 
responsabilité très légèrement restreinte, des chefs de tentative de lésions corporelles 
graves et de menaces, avec une responsabilité légèrement restreinte, au prononcé d'une 
peine privative de liberté de 19 ans et d'une mesure d'internement, au rejet de la 
demande de constat de la violation du principe de la présomption d'innocence, à ce que 
le prévenu soit maintenu en détention pour des motifs de sûreté et condamné aux frais 
de la procédure et, finalement, à ce que le Tribunal fasse bon accueil aux conclusions 
civiles de B______. 

A______ conclut à un verdict de culpabilité du chef d'assassinat et à ce que les effets 
personnels de la victime portés à l'inventaire soient détruits.  

B______ conclut à un verdict de culpabilité des chefs de tentative de lésions corporelles 
graves et de menaces et persiste dans ses conclusions civiles. 

X______ conclut à son acquittement et persiste dans ses conclusions en indemnisation, 
à hauteur de CHF 148'500.- pour la perte de gain (CHF 4'500.-/mois durant 33 mois) et 
CHF 203'000.- pour la détention injustifiée (CHF 200.-/jour durant 1015 jours). Il 
conclut au rejet des conclusions civiles de B______ et à ce que le Tribunal constate la 
violation du principe de la présomption d'innocence par le Ministère public dans son 
communiqué du 26 avril 2018. 

EN FAIT 

A. a. Par acte d'accusation du 25 avril 2018, il est reproché à X______ d'avoir, aux 
Philippines, à une date indéterminée antérieure au 6 septembre 2014, pris la décision de 
tuer G______ et d'avoir, dès le 6 septembre 2014, eu des premiers contacts avec 
plusieurs interlocuteurs dans le but de commanditer son meurtre, puis d'avoir 
activement cherché une façon de tuer G______ et sélectionné un tueur à gages entre le 9 
et le 12 septembre 2014, chargeant celui-ci de tuer G______ sur l'île de Mindanao, à 
proximité de Surigao City (Philippines),  

d'avoir versé une somme entre CHF 733.- et CHF 2'620.- au tueur et à un complice de 
ce dernier, afin de rémunérer l'acte d'homicide, utilisant, en totalité ou en partie, l'argent 
appartenant à G______ que ce dernier avait fait verser par l'intermédiaire de H______ le 
3 septembre 2014 sur le compte bancaire de X______ ouvert dans les livres d'I______ 
SA,  

d'avoir le 6 octobre 2014, sur la base d'un prétexte, à savoir l'acquisition de fournitures 
pour le bar que G______ pensait qu'il exploiterait avec lui, convaincu celui-ci de se 
rendre à Surigao City, à bord d'un bateau sur lequel se trouvait également le tueur à 
gages, puis de l'avoir conduit le 7 octobre 2014 peu après minuit, à AI______, en lui 
faisant faussement croire qu'ils sortaient pour manger, au lieu convenu avec le tueur à 

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gages, soit le long d'une route bordée de chaque côté par des terrains agricoles, endroit 
où un ou deux individu(s) ont infligé à G______ un coup de couteau à la cuisse gauche 
et l'ont tué d'un coup de couteau au cœur,  

d'avoir agi ainsi en préméditant son crime pendant plusieurs semaines, discutant avec 
plusieurs personnes afin de trouver un tueur à gages, en échafaudant un plan dans les 
moindres détails et trompant sa victime en exploitant sa confiance pour le conduire de 
nuit en un lieu isolé, et mettant son plan à exécution de façon réfléchie, décidée, 
constante et minutieusement préparée, en démontrant le plus complet mépris pour la vie 
d'autrui, en faisant preuve d'une grande perfidie et d'une grande cruauté, en allant 
jusqu'à payer le tueur à gages et un complice de ce dernier, en totalité ou en partie, au 
moyen d'argent appartenant à sa victime et effectuer le trajet sur un bateau avec 
G______ et ceux qui, de concert, planifiaient son assassinat imminent, et enfin dans un 
but particulièrement odieux, puisqu'il a agi afin de garder par devers lui l'argent que 
G______ avait fait verser sur son compte et de s'épargner les désagréments causés par 
les divergences entre eux au sujet de cet argent,  

faits qualifiés de meurtre avec la circonstance aggravante de l'assassinat au sens de l'art. 
112 CP.  

b. Par le même acte d'accusation, il est reproché à X______ d'avoir, à Genève, le 27 juin 
2017, alors qu'il était détenu à la prison de Champ-Dollon et qu'il partageait sa cellule 
avec B______, essayé de porter un coup à la gorge de ce dernier au moyen d'un tesson 
d'une tasse, geste de nature à causer une blessure mettant en danger la vie, étant précisé 
que la blessure n'a pas été infligée, B______ étant parvenu à retenir X______,  

faits qualifiés de tentative de lésions corporelles graves au sens des art. 122 et 22 CP,  

puis de s'être dirigé de façon menaçante en tenant une fourchette dans l'une de ses mains 
en direction de B______, l'effrayant de la sorte,  

faits qualifiés de menaces au sens de l'art. 180 CP. 

B.  Il ressort du dossier les éléments pertinents suivants.  

I.  S'agissant de la mort de G______ à Surigao City, Philippines 

Découverte du corps et premiers éléments de l'enquête philippine  

a.a. Le 8 octobre 2014, la Brigade criminelle de la police judiciaire genevoise (ci-
après : BCrim) a été informée par le Département fédéral des affaires étrangères (ci-
après : DFAE) du décès de G______, ressortissant suisse né le ______1991, intervenu 
le jour précédent aux Philippines.  

Le corps de G______ avait été retrouvé le 7 octobre 2014 vers 08h00 dans une rizière 
de AI______, près de Surigao City, sur l'île de Mindanao (Philippines). Selon les pièces 
du dossier des autorités philippines, transmises par le DFAE, la police avait constaté sur 
la victime des coups de couteau au torse, des lacérations à la jambe droite et à la tête et 
des contusions au dos. La victime avait un portefeuille dans sa poche, dans lequel un 
permis de conduire suisse avait permis de l'identifier comme étant G______. 

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Des photographies montrent le corps de G______ lors de sa découverte dans un champ 
de riz et l'intervention de la police scientifique. Le corps se trouvait allongé, face contre 
terre. Des lésions sont visibles à l'arrière de la tête, au thorax et à la cuisse, ainsi que 
quelques traces sur le haut du dos à droite. La lésion au thorax semble particulièrement 
nette et précise, au centre de la poitrine. G______ portait des baskets dont l'arrière au 
niveau des talons était totalement déchiré, formant de grands trous qui laissaient 
apparaître ses chaussettes.  

a.b. A teneur du rapport de la police de Surigao City du 10 octobre 2014, des traces de 
pneus (4 roues) ont été relevées à l'endroit où le corps a été retrouvé alors qu'il n'y avait 
aucune trace de lutte. Les investigations auprès du J______, proche de l'endroit où le 
corps avait été retrouvé, avaient révélé que G______ s'était enregistré le 6 octobre 2014 
à 14h16 dans la chambre 607.  

Le rapport médico-légal de la police nationale des Philippines du 13 octobre 2014 
relève que la victime présentait des contusions sur la région occipitale gauche, des 
lacérations sur la région occipitale droite, une blessure par arme blanche de 10 cm de 
profondeur et de 1 cm de largeur au niveau du cœur, ainsi que quatre brûlures de 
cigarettes sur le bras droit. La mort avait été causée par strangulation et par un coup 
d'arme blanche dans la poitrine.  

a.c. Selon le dossier transmis par le DFAE, l'ambassade suisse aux Philippines avait été 
contactée par X______ le matin du 8 octobre 2014. Il avait expliqué qu'il était avec 
G______ juste avant sa mort. Ils avaient eu des problèmes avec deux philippins, puis ils 
avaient fui séparément et il n'avait plus revu G______. Il avait appris la mort de ce 
dernier par la suite via Facebook. Il était paniqué et demandait ce qu'il devait faire. Il 
avait peur et ne voulait pas se rendre à la police car il ne faisait pas confiance à la police 
locale. Il voulait rentrer aussi vite que possible en Suisse. Le 10 octobre 2014, X______ 
a appelé l'ambassade des Philippines à Berne, indiquant qu'il voulait se blanchir puisque 
la police le considérait comme un suspect dans ce meurtre. De plus, il souhaitait 
retourner aux Philippines pour être avec sa famille mais avait peur pour sa vie. Il 
cherchait l'aide de l'ambassade pour le mettre hors de cause.  

Le 13 octobre 2014, X______ a adressé une lettre à l'ambassade philippine à Berne, 
dans laquelle il a expliqué la même version que celle livrée à la police lors de sa 
première audition (cf. infra) et dans un courrier à un journaliste. Il a terminé en 
indiquant qu'il était actuellement en Suisse et qu'il était innocent. Il souhaitait pouvoir 
revoir sa petite-amie et sa fille qui étaient restées aux Philippines. 

Par courrier du 12 novembre 2014, l'ambassade suisse à Manille a été informée par la 
police nationale des Philippines qu'une enquête avait été ouverte le 16 octobre 2014 
contre "K______ a.k.a. L______/M______/N______" ou contre inconnu.  

a.d. A______, frère de G______, s'est constitué partie plaignante le 13 octobre 2014. 

Premières déclarations de X______ le 12 octobre 2014 

b.a. Le 11 octobre 2014 à 18h45, O______, le beau-père de X______, a pris contact 
avec la centrale d'alarme de la police genevoise (CECAL) indiquant que son fils 

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P______, âgé de 10 ans, avait vu trois individus aux visages dissimulés par des 
capuches et un bandana rouge sur la bouche devant l'allée de leur domicile, sis avenue 
de ______. Les individus avaient fait le code de la porte d'entrée avec succès puis 
étaient repartis immédiatement à bord d'une Toyota noire. O______ pensait qu'il 
s'agissait de copains de G______, probablement venus dans un but de vengeance.  

Il a été convenu avec les inspecteurs dépêchés sur place que X______ se présenterait le 
lendemain à la police afin d'y être entendu.  

b.b.a. Le 12 octobre 2014, X______ a remis son téléphone portable SAMSUNG Galaxy 
à la police à son arrivée, puis il s'est entretenu avec son avocat durant 40 minutes. 
L'extraction du téléphone a eu lieu dès 9h20, puis l'audition a débuté à 9h50. Au cours 
de son audition, il a autorisé l'examen du contenu de son téléphone. 

X______ a expliqué ses projets aux Philippines et sa rencontre avec G______.  

Il avait eu longtemps le projet de s'expatrier et de faire le tour du monde. En cherchant 
sur internet, il avait saisi l'opportunité de partir aux Philippines, pour travailler dans la 
restauration dans un hôtel tenu par deux Français sur l'île de Surigao, le Q______ (ci-
après : le Q______), à compter de juillet 2013. Avant de partir, il ne connaissait 
personne aux Philippines mais, désormais, il connaissait toute l'île et était connu de 
tous. Il était nourri et logé par l'hôtel dans lequel il travaillait. Il n'avait pas de visa pour 
travailler mais uniquement un visa de touriste, qu'il renouvelait de mois en mois. Au 
mois de novembre 2013, il avait quitté le Q______ pour rentrer en Suisse afin de gagner 
de l'argent rapidement. A Surigao, il ne gagnait que l'équivalent d'environ CHF 200.- 
par mois ce qui suffisait pour ses dépenses courantes, mais ne lui permettait pas 
d'économiser. Il avait fait la connaissance d'une jeune Philippine nommée R______ en 
juillet 2013, qui lui avait annoncé être enceinte en novembre 2013. R______ avait 
volontairement arrêté de prendre des contraceptifs sans l'en informer. A Genève, il 
s'était inscrit dans une entreprise de travail intérimaire de novembre 2013 à janvier 
2014, puis était reparti aux Philippines le 27 janvier 2014 avec quelques économies 
lesquelles étaient encore insuffisantes, puisque le 26 février 2014, à court d'argent, il 
avait dû revenir une nouvelle fois à Genève.  

Le 16 avril 2014, il était reparti aux Philippines avec l'intention de s'y installer 
définitivement et de travailler dans le domaine informatique, afin de vivre auprès de sa 
compagne et de son enfant à venir. Il n'avait que très peu d'économies, soit juste assez 
pour financer son billet d'avion et couvrir une partie des frais d'accouchement de sa 
compagne. Il gagnait de l'argent en réparant des ordinateurs et des téléphones, depuis 
son domicile. Ils vivaient dans une maison d'une pièce d'environ 30 m2 dans le village 
de S______ à T______ avec R______ et leur fille U______, née le ______2014. Il avait 
dû demander de l'aide financière pour la naissance de sa fille à ses parents et grands-
parents, à hauteur de CHF 2'000.-, ainsi qu'au beau-frère de sa compagne qui avait versé 
environ CHF 1'000.-. En parallèle, il avait travaillé au mois d'août en remplacement 
dans un hôtel, ainsi que pour la création de leur site Internet et quelques réparations. 
L'activité commençait à manquer et il était dans l'urgence d'obtenir de l'argent pour ses 
dépenses quotidiennes et celles de sa famille. Il avait l'intention d'ouvrir un bar et en 

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avait largement parlé à des expatriés sur place pour trouver un associé et obtenir un 
financement, mais aucun d'entre eux ne s'était montré intéressé.  

Il avait fait la connaissance de G______ par l'intermédiaire de V______, un ami 
commun qu'il avait rencontré à Genève alors qu'il travaillait à l'hôtel W______, où 
celui-ci était apprenti de cuisine. Il était resté ami avec V______ sur Facebook. En 
2013, il avait contacté V______ pour lui proposer de travailler au Q______ qui 
cherchait à engager un chef cuisinier. V______ avait immédiatement accepté et était 
venu le rejoindre aux environs du mois d'octobre 2013. V______ était finalement rentré 
en Suisse en janvier 2014.  

Il avait eu plusieurs dissensions avec V______. Ce dernier n'appréciait pas son goût 
pour le luxe car il s'attendait à dépenser un minimum sur place. V______ avait eu une 
aventure avec C______, une ressortissante philippine qui travaillait comme serveuse au 
Q______. V______ rentrait souvent saoûl le soir et avait des mauvaises fréquentations, 
avec des gens qui fumaient, voire trafiquaient de la marijuana. Il lui avait conseillé de 
changer de conduite car les philippins n'appréciaient pas les étrangers qui se 
comportaient mal sur leur île. Il en avait lui-même fait l'expérience car des locaux 
avaient voulu lui "casser la gueule" car il roulait toujours beaucoup trop vite avec sa 
moto. Une autre dispute avec V______ avait eu lieu au sujet du financement d'une moto 
qu'ils avaient acheté en commun, ce qui s'était mal terminé. Il avait ensuite mal pris que 
V______ l'ignore puis "l'envoie balader" lorsqu'il était rentré en Suisse et ils avaient eu 
des échanges houleux sur Facebook. A fin août ou début septembre 2014, il avait 
transmis à la mère de V______ des conversations entre V______ et G______, dans 
lesquelles il était question de consommation de marijuana, ce que les intéressés avaient 
peu apprécié. Ils avaient cessé de se contacter dès le début de l'année 2014 et étaient 
restés en mauvais termes. 

Malgré cela, au début de l'été 2014, alors qu'il cherchait des partenaires pour ouvrir son 
bar, V______ lui avait parlé de G______ qui pouvait être intéressé. G______ voulait 
quitter la Suisse, ayant des ennuis avec la justice et ne payant plus ses factures. Il avait 
eu des échanges sur Facebook avec G______, qui était ensuite rapidement venu le 
rejoindre aux Philippines. Dans ses premiers messages, G______ avait expliqué en 
substance qu'il venait aux Philippines pour refaire sa vie, parce qu'il n'avait pas le choix, 
et qu'il tuerait celui qui essayerait de le trahir. Il avait tenté de le rassurer en disant qu'il 
avait lui aussi absolument besoin que ce projet de bar se concrétise. Il était convenu 
qu'il s'occupe de la mise en œuvre du bar et que G______ apporte le financement. Les 
bénéfices seraient répartis à hauteur de 80% pour G______ et 20% pour lui. G______ 
lui avait d'abord dit qu'il disposerait de EUR 30'000.-, y compris une projection sur 
l'argent qu'il allait gagner par le biais de la vente de marijuana qu'il faisait avec 
V______. A son arrivée, G______ n'avait réellement à disposition que USD 11'000.-. 
G______ avait finalement fait verser environ CHF 9'000.- sur son compte car le sien ne 
lui permettait pas de faire des retraits à l'étranger, ce dont il ne s'était aperçu qu'après 
son arrivée aux Philippines.  

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Dès l'arrivée de G______ à Siargao le 14 août 2014, ils avaient recherché ensemble un 
établissement à reprendre. Le début de leur collaboration s'était bien passé et ils 
s'entendaient bien. G______ ne parlait quasiment pas anglais, de sorte qu'il était assez 
dépendant de lui. Toutefois, rapidement, certaines personnes avaient demandé pourquoi 
il s'associait avec ce genre de personne. R______ lui avait même dit que des locaux 
avaient envie de frapper G______. En effet, G______ arborait une dégaine de voyou, se 
baladait torse nu pour exhiber ses tatouages et portait un bandana noué autour du bras 
qui laissait penser qu'il appartenait à un gang. Il était très prétentieux, sortait tous les 
soirs faire la fête et se comportait comme un roi.  

Trois semaines après son arrivée, G______ lui avait, au cours d'une conversation au 
sujet de leur projet de bar, dit que s'il essayait de l'arnaquer, il avait un contact à Genève 
qui connaissait l'adresse de ses parents et celle de l'école où allait sa petite-sœur et qu'il 
lui suffisait d'envoyer un message pour que quelqu'un s'en prenne à eux. Y______, un 
francophone qui avait assisté à cette conversation, avait fait une remarque à G______ au 
sujet de cette menace. Si G______ avait de telles idées en tête, c'était en raison de ce 
que lui avait raconté V______, qui n'arrêtait pas de lui dire de se méfier de X______. 
Ces menaces l'avaient réellement perturbé. Il était paniqué et avait pensé à mettre 
également un "contrat" sur la tête de G______, soit de trouver des gens pour lui "casser 
la gueule". Il n'avait pas imaginé le faire lui-même; il ne s'était jamais battu de sa vie et 
ne saurait pas comment faire. Il s'agissait seulement d'idées qui lui avaient traversé 
l'esprit, même si, sous le coup de la colère, il avait dit à sa mère "ses jours sont comptés, 
je vais trouver quelqu'un". Il en avait parlé à la mère de V______, qui lui avait expliqué 
que G______ ne disait que des bêtises, ce qui l'avait beaucoup rassuré. Il était tombé sur 
des conversations entre G______ et V______ car un jour G______ s'était connecté à 
Facebook avec son téléphone et avait oublié de se déconnecter. Les messages parlaient 
d'un trafic de drogue, alors il avait pris des captures d'écran pour les envoyer à la mère 
de V______, lui rapportant que ce dernier faisait du trafic de marijuana à Genève avec 
G______. Dans d'autres messages, G______ disait qu'il voulait le frapper mais qu'il 
avait besoin de lui pour le moment. Après un moment de panique, rassuré par la mère de 
V______, il en avait parlé avec G______. Ce dernier s'était excusé, admettant que, sans 
lui, il n'était pas en mesure de faire grand-chose.  

Une fois cette mise au point effectuée, ils avaient poursuivi leurs recherches de bar. 
G______ était un peu jaloux de sa vie sociale mais, dans l'ensemble, tout se déroulait 
bien. Au début du mois d'octobre, ils avaient trouvé un bar sur l'île de Siargao, nommé 
Z______, tenu par un Australien AA______ qui souhaitait en remettre l'exploitation. Il 
était question qu'ils aient accès à une propriété de 1'050 m2, sur laquelle étaient 
construits le bar et une maison, pour environ CHF 250.- par mois. Ils avaient racheté à 
moitié prix les bouteilles fermées, le congélateur, la télévision et d'autres objets. Le bar 
était à disposition dès le 8 octobre 2014 et, une semaine avant, ils avaient versé CHF 
3'000.-, soit trois mois de garantie de loyer, un mois de garantie en cas de casse du 
matériel et les rachats. Ce montant avait été retiré en espèces, soit en monnaie locale 
PHP 150'000.- par le biais d'un retrait effectués dans un commerce. Une fois l'acompte 

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versé, il était allé avec G______ sur l'île de Mindanao, dans la province de Surigao del 
Norte, pour acheter des verres et du matériel pour le bar.  

b.b.b. X______ a ensuite décrit le jour du drame.  

Le lundi 6 octobre 2014, ils avaient prévu de retourner à Mindanao pour acheter des 
chaises, des jetons de poker et éventuellement une moto. Il n'y avait qu'un bateau à 
11h30 pour le retour de sorte qu'ils devaient passer une nuit sur place. Ce matin-là, il ne 
s'était pas réveillé pour le bateau de 05h30 et ils avaient pris celui de 10h00. Ils étaient 
arrivés en début d'après-midi. Il portait avec lui son ordinateur portable, ses cartes de 
crédit, CHF 150.- en liquide, son téléphone portable, des vêtements de rechange et des 
affaires de toilettes et son passeport. G______ avait, quant à lui, environ PHP 70'000.- 
en coupures de PHP 1'000.-, ce qui représentait une grosse liasse, son iPhone, ses 
écouteurs, des vêtements et des affaires de toilettes, le tout contenu dans un sac. Ils 
avaient réservé deux chambres au J______. Ils étaient d'abord allés manger au 
BE______ avant de se rendre à l'hôtel. Il avait donné le nom de "M______" pour la 
chambre 608 et G______ avait donné son vrai nom pour la chambre 607. Ils étaient 
ensuite repartis de l'hôtel pour se rendre au magasin AB______, puis au AX______, où 
ils avaient repéré des objets à acheter pour le bar.  

Sur place, G______ avait indiqué qu'il avait l'intention de profiter de ce voyage pour 
acheter une arme à feu. Il avait déjà évoqué ce projet par le passé et avait contacté 
C______, l'ex-petite-amie de V______, dans ce but. G______ avait dit qu'il possédait 
déjà une arme en Suisse. G______ avait prévu un rendez-vous avec des locaux pour une 
transaction d'arme, qui devait avoir lieu le soir-même, à une centaine de mètres du 
J______. A cette nouvelle, il avait senti les problèmes arriver et avait dit à G______ 
qu'il ne voulait pas être mêlé à cette histoire. Il avait alors réservé par sécurité une 
chambre dans un autre hôtel, le AD______, où ils auraient pu aller si cela tournait mal.  

Le soir, ils étaient allés une nouvelle fois au BE______ avant de rentrer à l'hôtel vers 
21h00. Le rendez-vous était fixé à minuit. Il avait accepté d'accompagner G______ et 
de rester à distance pendant la transaction, afin de s'assurer que tout se passe bien. A 
minuit, G______ était venu frapper à sa porte et ils étaient sortis. Il avait emmené toutes 
ses affaires car il ne souhaitait jamais laisser ses valeurs dans une chambre d'hôtel. En 
sortant, ils avaient pris à droite sur environ 200 mètres, étaient passés devant un 
bâtiment de type dépôt, puis devant une série de rizières. A cet endroit, alors qu'ils 
marchaient, une moto HONDA modèle XR 200 cm3, s'était arrêtée à la hauteur de 
G______ et les deux hommes sur la moto, dont il n'avait pas vu le visage, lui avaient 
parlé. Le passager de la moto avait sorti une arme à feu. La transaction ne s'était pas 
faite car G______ avait marché sur une dizaine de mètres. La moto l'avait suivi, s'était 
arrêtée devant lui pour lui barrer le passage et le passager était descendu de la moto en 
menaçant G______ avec l'arme. Il s'agissait d'un revolver avec un très long canon. Tout 
en le menaçant avec son arme, cet homme avait dit "Your money, your money". 
G______ avait pris la fuite et il s'était lui-même enfuit à travers les rizières dans la 
direction opposée. Il avait couru environ 100 à 200 mètres et s'était accroupi dans les 
hautes herbes. Il avait attendu 5 à 10 minutes dans cette position. Ne voyant personne, il 

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en avait profité pour téléphoner à R______, qui était très inquiète. Il était ensuite reparti 
vers le lieu de la transaction, avait traversé la route en appelant G______ discrètement. 
Il l'avait cherché pendant une quinzaine de minutes, s'aidant de la lumière de son 
téléphone. Comme il ne le trouvait pas, il avait pensé qu'il se cachait dans la forêt. Il 
avait alors pris un touk-touk pour se rendre au BE______, avait commandé un Coca-
cola et rappelé R______ pour prendre le temps de lui expliquer ce qu'il venait de se 
passer. Il était ensuite allé dormir au AD______, sans savoir encore ce qu'il était advenu 
de G______. Avant de se coucher, il avait envoyé des messages à G______ sur 
Facebook pour lui demander où il était. Le lendemain matin, soit le 7 octobre 2014, il 
avait quitté le AD______ vers 09h30 et était allé au bureau de l'immigration pour 
renouveler son visa, puis était allé manger avec un français qu'il venait de rencontrer. Il 
s'inquiétait un peu pour G______ mais ce dernier s'était tellement vanté d'être capable 
de se camoufler et de monter des bivouacs qu'il avait pensé qu'il devait être caché 
quelque part. Il avait alors attendu qu'il le contacte. Il avait pris le bateau à 11h30 pour 
Siargao et avait fait quelques achats à la pharmacie pour sa fille avant de rentrer chez 
lui.  

Vers 02h00 le 8 octobre 2014, des connaissances lui avaient envoyé une photographie 
du corps de G______ qui était diffusée par la presse locale. Il avait tout de suite compris 
que c'était G______ et que l'issue de la transaction avait été fatale. Il était en pleurs 
quand Y______ l'avait appelé. Il l'avait rejoint à son hôtel et il avait appelé l'ambassade 
pour donner son identité et celle de G______ ainsi que les références de son passeport. 
Il avait rappelé le lendemain matin l'ambassade pour expliquer qu'il était avec G______ 
lors de l'agression et il avait reçu le conseil de quitter le pays, pour se mettre à l'abri de 
représailles. Il s'était rendu directement à l'aéroport de l'île et avait pris un vol pour 
Cebu, puis pour Manille et enfin un vol Emirates de Manille à Genève. Il était arrivé à 
Genève le 9 octobre 2014 à 13h45.  

Il ne s'était pas adressé à la police à Genève, pensant que ses interlocuteurs étaient les 
ambassades, précisant qu'il ne s'était pas caché non plus puisqu'il était chez ses parents. 
Il avait fui les représailles mais également la police locale, car il ne pouvait totalement 
exclure que les agresseurs soient liés aux autorités d'une manière ou d'une autre. Il se 
faisait beaucoup de soucis pour sa compagne et sa fille, qu'il souhaitait mettre en 
sécurité en Suisse. Il avait voulu se justifier, motif pour lequel il avait beaucoup 
communiqué sur les faits, avec l'ambassade mais aussi avec des médias, notamment le 
AE______, un journal local, et avec un inspecteur philippin du nom de AF______. Par 
ses contacts avec ledit inspecteur, il savait que G______ était mort d'un coup de 
couteau. Cela était effectivement en contradiction avec le fait que l'agresseur l'avait 
menacé avec une arme à feu. Il n'avait entendu aucun coup de feu. Il a précisé que la 
liasse que G______ détenait, qui représentait l'équivalent de CHF 1'400.-, n'avait pas été 
retrouvée et qu'elle avait donc sûrement été volée par les agresseurs.  

Premiers éléments matériels recueillis par l'enquête 

c.a. Selon le passeport de G______ remis à la police par X______, G______ est arrivé 
le 14 août 2014 aux Philippines et a renouvelé son visa le 13 septembre 2014. 

- 10 -  

 
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c.b. Le corps de G______ a été rapatrié en Suisse le 21 octobre 2014 et a fait l'objet 
d'une autopsie par le Centre universitaire romand de médecine légale (ci-après : 
CURML) le 23 octobre 2014.  

Le rapport rédigé par les Dr. AG______ et AH______ le 18 mai 2015 ne décrit aucune 
trace de strangulation. Pour l'essentiel, le corps de G______ démontrait une plaie au 
niveau de la région sternale avec une perforation du sternum, du ventricule droit du 
cœur et du septum interventriculaire, ainsi qu'une plaie au niveau de le la face latérale 
de la cuisse gauche avec atteinte du muscle vaste latérale mais pas d'atteinte vasculaire 
majeure. Il présentait également une plaie contuse au niveau de la région occipitale 
supérieure centrale. Le décès avait été causé par la plaie à l'arme blanche avec atteinte 
au cœur. 

Un CT-scanner post-mortem a permis, selon le rapport du 16 décembre 2014 de l'unité 
d'imagerie forensique du CURML, de confirmer la présence de deux lésions pouvant 
avoir été causées par une arme blanche. La première, au niveau thoracique, décrit une 
trajectoire allant de l'avant vers l'arrière et de la droite vers la gauche, qui a causé une 
perforation de la paroi antérieure du ventricule droit et du septum interventriculaire du 
cœur. La seconde, au niveau de la cuisse gauche, a atteint les tissus jusqu'au muscle 
avec un trajet pénétrant tangentiellement vers l'avant et le haut sur 3 cm. La trajectoire 
se dirige d'arrière en avant, de bas en haut et de gauche à droite. 

Les analyses toxicologiques n'ont, selon le rapport du 30 décembre 2014, révélé aucune 
trace de stupéfiants.  

c.c. Par commission rogatoire du 7 novembre 2014, le Ministère public a requis le 
dossier de la police philippine, lequel lui a été transmis par courrier du 10 avril 2015.  

c.c.a. Selon le rapport de l'enquêteur de police AF______ du 16 octobre 2014, ont été 
retrouvés, sur le corps de G______, un portefeuille contenant son permis de conduire 
suisse, une carte HELSANA, une carte MASTERCARD, une carte BCGE, un 
préservatif et deux pièces de monnaie. G______ portait également sur lui un IPhone 
avec une carte SIM prépayée insérée et une autre carte SIM, un briquet blanc, une clé 
avec le numéro 607, un porte-clés, un paquet de cigarette, un collier en or et un bracelet 
en argent. G______ avait des tatouages sur le corps, notamment l'inscription "NEVER 
AGAIN" sur la poitrine, des ailes et un motif tribal sur le dos et un pique sur la gauche 
de son ventre ainsi qu'un piercing à l'arcade sourcilière gauche.  

c.c.b. Selon les investigations conduites par la police locale, G______ s'était enregistré 
à 14h16 le 6 octobre 2014 à l'hôtel J______, situé à T______, AI______, Surigao City, 
dans la chambre 607. Un sac Eastpack gris avait été retrouvé dans la chambre contenant 
ses effets personnels. G______ était accompagné d'une autre personne s'étant 
enregistrée en même temps dans la chambre 608, sous le nom de "M______". L'agent de 
sécurité de l'hôtel les avait vus quitter ensemble l'hôtel dans la soirée du 7 octobre 2014 
et ils n'étaient pas revenus ensuite.  

c.c.c. Les autorités locales ont procédé à l'audition de plusieurs témoins, dont les 
déclarations sont retranscrites dans des affidavits datés du 16 octobre 2014.  

- 11 -  

 
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AJ______, employée du AD______, a expliqué qu'elle avait reçu un appel d'un homme 
à 16h54 le 6 octobre 2014 pour réserver une chambre au nom de L______. Elle avait 
alors réservé la chambre 407 pour lui. Cet homme était arrivé à l'hôtel à 01h55 le 7 
octobre 2014 et lui avait paru inquiet, parlant au téléphone avec quelqu'un. Il avait 
quitté l'hôtel à 08h55. Sur présentation d'une photographie, elle a reconnu X______, qui 
était par ailleurs un client régulier de l'hôtel, où il était venu auparavant avec un ami ou 
avec sa petite amie.  

AK______, agent de sécurité du J______, a indiqué qu'il avait vu que G______ et un 
certain M______ avaient brièvement quitté l'hôtel vers 15h00. Ils étaient repartis après 
minuit et n'étaient jamais revenus, aucun des deux n'ayant fait de check out. Sur 
présentation d'une photographie de X______, il l'a reconnu comme étant la personne 
enregistrée sous le nom de M______.  

AL______, employée du J______, a confirmé que les deux protagonistes étaient arrivés 
le 6 octobre 2014 à 14h15 et qu'ils avaient brièvement quitté l'hôtel vers 15h00. Ces 
deux hommes n'avaient pas fait de check out. Elle a également reconnu sur présentation 
d'une photographie X______ comme étant la personne enregistrée sous le nom de 
M______. 

AM______ était celui qui avait retrouvé le corps de G______ gisant, face contre terre, 
sur le sol dans une rizière le 7 octobre 2014 aux environs de 08h00.  

AN______ a dit avoir vu G______ et X______ dans son magasin le 6 octobre 2014 aux 
environs de 15h00, achetant de la nourriture.  

c.c.d. Le téléphone de G______ a été analysé par la police nationale philippine et 
contenait des messages jusqu'au 13 août 2014 seulement, soit au moment où G______ 
est parti aux Philippines, dont il ressort que G______ consommait et cultivait de la 
marijuana, voire en vendait.  

c.c.e. Les images de vidéosurveillance du J______ du 6 octobre 2014 montrent, à 
14h58, G______ et X______ sortir de l'hôtel ensemble. Les deux portent un sac à dos. 
X______ porte un t-shirt noir et un short avec des rayures de couleur. G______ porte un 
débardeur noir et un short bleu.  

Les images de vidéosurveillance du BE______ de Surigao City montrent X______ et 
G______ commander un repas à 13h18 le 6 octobre 2014. A 01h23, le 7 octobre 2014, 
X______ revient seul et passe commande au comptoir. A 1h24, il passe un appel avec 
son téléphone portable, s'éloigne et parle au téléphone en se déplaçant, de sorte que 
lorsque sa boisson est déposée sur son plateau à 1h25, il n'est pas présent, alors qu'il a 
laissé son sac sur le comptoir. A 1h29, il n'est toujours pas revenu.  

Les images de vidéosurveillance du AD______ montrent X______ faire son 
enregistrement à la réception à 01h55 le 7 octobre 2014. Il achète une bouteille d'eau et 
prend un cachet que la réceptionniste vient de lui donner à 01h57 et prend possession de 
la clé de sa chambre à 02h03. X______ fait le check out le lendemain matin à 08h55.  

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c.c.f. Le 25 juin 2015, l'Ambassade philippine à Berne a informé le DFAE de ce que la 
procédure pour homicide à l'encontre de X______ avait été classée par décision du 
18 février 2015.  

Les derniers développements de l'enquête sont décrits dans un rapport de la police 
philippine du 24 juillet 2015 transmis à la police genevoise.  

X______ et G______ avaient travaillé au Q______, également avec un autre suisse 
dénommé V______. G______ et X______ partageaient un appartement dans le 
AO______ situé juste à côté. X______ y vivait avec sa petite amie, R______.  

Selon AP______, propriétaire du AO______, X______ et G______ venaient toujours 
ensemble au bar car G______ avait de la peine à s'exprimer en anglais. X______ 
souhaitait tenir un bar et pensait reprendre le Z______, un bar situé dans le resort et tenu 
par un australien nommé AQ______ et son amie AR______. X______ n'ayant pas assez 
argent, il avait demandé de l'aide à G______ et avait prévu de reprendre le bar pour 
PHP 51'000.-. G______ demandait toujours où il pouvait trouver une arme, pour sa 
protection et C______ avait pu lui en procurer une. 

R______, la petite amie de X______, a expliqué que le 6 octobre 2014, X______ et 
G______ s'étaient rendus à Surigao City pour acheter des objets pour le bar, mais aussi 
une arme. Elle avait indiqué à G______ qu'il était illégal de détenir une arme aux 
Philippines, mais celui-ci avait tout de même contacté sa source pour en acheter une à 
Surigao City. C'était la première fois que R______ n'était pas venue avec eux pour un 
tel déplacement. A 02h30 le 7 octobre 2014, X______ l'avait appelée pour lui raconter 
ce qu'il s'était passé : ils avaient rencontré deux hommes en motocycle qui devaient leur 
vendre l'arme ce soir-là, mais la transaction avait mal tourné lorsque G______ avait 
voulu y mettre un terme. Les deux hommes avaient agrippé G______ alors qu'il résistait 
et X______ avait pris peur et pris la fuite à pied en direction de la ville, laissant 
G______ entre les mains des deux hommes.  

Selon le rapport de l'inspecteur philippin AF______, X______ lui avait indiqué le même 
scénario lorsqu'ils avaient discuté après les faits sur Facebook.  

En février 2015, X______ avait demandé à AR______, la propriétaire du Z______ et 
épouse de AQ______, de lui rembourser l'argent avancé pour le bar mais cet argent 
avait déjà été remis à AS______, la sœur de R______, en remboursement de ce qu'elle 
avait avancé pour la naissance de l'enfant de X______.  

c.d.a. Entendue le 6 novembre 2014 par la BCrim, AT______ a indiqué avoir fait la 
connaissance de G______ car c'était un ami de ses enfants AU______ et V______ 
depuis le cycle d'orientation. G______ vivait en foyer, son père étant décédé et sa mère 
ne pouvant pas s'occuper de lui. Il venait régulièrement chez eux et demandait parfois 
des conseils à leur famille. G______ avait quitté son foyer à sa majorité et avait vécu à 
Annemasse avec sa copine durant environ une année, soit jusqu'en 2010. Il avait ensuite 
décroché un petit emploi à la AV______ comme cableman.  

Son fils V______ avait commencé un apprentissage de cuisinier à l'hôtel W______ en 
2009 ou 2010 et avait ainsi fait la connaissance de X______ qui y avait commencé un 

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apprentissage de serveur, avant d'y mettre un terme pour partir en Asie, avec des projets 
en tête. Il avait proposé à plusieurs personnes de se joindre à ses projets. Entre fin 2011 
et début 2012, il avait proposé à V______ de le rejoindre aux Philippines pour travailler 
au Q______ à Siargao comme cuisinier. V______ était parti en septembre 2012 aux 
Philippines et elle l'avait rejoint avec la famille pour les vacances de fin d'année 2012. 
Ils avaient alors rencontré la petite amie de V______, C______. Elle n'avait pas 
rencontré X______ car celui-ci était rentré en Suisse pour les fêtes, mais à cette époque, 
V______ était fâché contre lui en lien avec des histoires d'argent. Il y avait notamment 
eu une dispute autour de l'achat d'une moto en commun. Pour une moto à CHF 1'000.-, 
V______ avait payé la moitié et X______ avait donné son IPad en caution au vendeur. 
X______ avait ensuite prétendu que l'IPad valait plus que sa part, de sorte que V______ 
lui avait donné la somme de CHF 500.- en sus. X______ n'avait ni récupéré son IPad ni 
rendu l'argent à V______, lequel avait revendu la moto et gardé le produit de la vente. 
Par ailleurs, V______ se plaignait de souvent payer les repas pris avec X_______ et sa 
copine dans des restaurants de luxe que X______ appréciait. 

A l'été 2014, V______ prévoyait de retourner aux Philippines avec G______ pour 
monter une affaire ensemble. Finalement, V______ avait abandonné, par manque de 
moyens, et dirigé G______ vers X______ pour concrétiser son projet. X______ devait 
lui être utile pour lui présenter des personnes sur place et pour l'aider, G______ ne 
parlant pas anglais. V______ l'avait toutefois averti de ne pas se "faire entuber" par 
X______. En arrivant sur place, G______ avait très rapidement intimidé X______ en lui 
disant qu'il avait payé un complice et n'avait qu'un ordre à passer pour que quelqu'un 
"s'occupe" de sa famille en Suisse pour le cas où il chercherait à "l'entuber". X______ 
avait voulu se venger de ces menaces, qu'il avait prises au sérieux, et avait commencé à 
lui écrire des messages. Il avait dit à AT______ que V______ travaillait pour G______ 
dans le cadre d'un trafic de marijuana et que les Philippins n'aimaient pas G______ car 
il traitait les femmes philippines de façon irrespectueuse et se comportait comme un 
caïd, se promenant à torse nu pour exhiber ses tatouages. X______ était allé jusqu'à dire 
qu'un contrat avait été placé sur la tête de G______ pour ces raisons. Elle avait 
effectivement découvert un carton contenant trois plans de cannabis dans le garage de 
leur logement à Genève, que V______ et G______ avaient cultivé. Vers le 17 
septembre 2014, X______ lui avait dit que les choses étaient arrangées et que tout allait 
bien. 

AT______ était persuadée que G______ avait bien proféré des menaces, mais elle était 
certaine qu'elles n'étaient pas sérieuses et qu'il ne les aurait jamais mises à exécution. 
G______ était une "grande gueule" et disait de lui-même qu'il jouait au "caïd". Il avait 
plusieurs tatouages, dont une inscription "Never Again" qui faisait suite à sa rupture 
avec sa copine et une aile d'ange dont il expliquait la signification en disant "j'aime 
taquiner mais je suis un ange au fond de moi". G______ était au fond un gentil garçon 
et non pas une crapule; il pouvait menacer mais ne passait pas à l'acte.  

c.d.b. AT______ a déposé des copies de ses conversations sur Facebook avec X______, 
C______ et G______ ainsi que des messages reçus d'un inconnu qui lui avait envoyé les 
photos du corps de G______ le 9 octobre 2014.  

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Il ressort des messages échangés que le 7 septembre 2014, X______ a écrit à l'intéressée 
pour lui parler de G______ :  

"Loin de moi l'idée d'entuber une personne pareil mais quand une personne que je 
connais pas commence par menacer ma famille avant de faire connaissance avec moi je 

suis un peux perplexe quand a sa durée de vie ici. Peux être qu'en suisse il était "un 

cador" Ici se c'est qu'une merde rien de plus. Surtout quand on prend les gens pour les 

cons et qu'on fais le malin devant les Philippins. Les gens ici frappe juste pour le plaisir 

alors un merdeux comme sa en général sa fais pas long feux. Ici rien a foutre qu'il aie 

fait 5 mois d'armée il arrive a 10 avec des machettes est c'est finis. Alors si on me 

chauffe sa pars très très vite" (07.09.2014 à 19h12). 

"Quand a V______ a qui j'ai offert un contrat et qui en me remerciant dis a G______ il 
va t'entuber vous pouvez lui dire merci. J'apprécie vraiment! J'ai fais beaucoup pour lui 

ici mais pour lui c'est de la merde. Pas de merci rien du tout. En échange juste des 

mensonges qui ont mis ma famille en danger! Alors merci V______!" (07.09.2014 à 
19h17). 

"G______ a payer une personne en Suisse pour que si un jour l'envie me prend de 
l'entuber il irait voir ma famille avec un pistoler" (07.09.2014 à 19h20). 

"Moi je fais rien mais les Philippains ont déjà mis un contrat sur sa tete" (07.09.2014 à 
19h24). 

"Les jours de G______ sont compter ici comme dis plus haut sa tete est mise a prix Il 
cherche la merde au Philippain Il fait le malin avec ses tatouages torse nu Prend les 

meufs pour des puttes Et se prend pour le cador de l ile Ici pas de police c est regler 

avec une machette N'envoyez pas de messages a G______ svp Les histoires vont se 

reglez ici dans pas lontemps" (07.09.2014 à 19h28).  

Après que AT______ lui a répondu "bon ok, c'est un petit con, mais ça ne vaut pas la 
mort tout de même..." (07.09.2014 à 19h32), X______ lui a écrit : "Non pas la mort 
mais une grosse remise en place tres tres grosse remise en place" (07.09.2014 à 19h32); 
"Merci tu ma déjà dis que c etais une merde qui ouvrait sa gueule pas besoins de plus 
Je sais que tout est du pipo Je suis rassurer" (07.09.2014 à 19h33).  

AT______ a écrit à X______ que G______ avait eu une jeunesse difficile, ce qui 
n'excusait pas son attitude mais pouvait l'expliquer. Elle le connaissait depuis 
longtemps, c'était une "grande gueule" et elle devait se retenir de ne pas le remettre en 
place suite aux menaces qu'il avait proférées. X______ lui a répondu que tous les 
français et la plupart des Philippins le soutenaient de sorte que si G______ jouait au 
cow-boy, il en subirait les conséquences. Il a enfin précisé : "là si je veux je peux 
demander à des Philppins de lui peter sa porte et sa gueule avec. Je suis intouchable 

ici. En plus avec R______ qui est de la famille du chef de la police laisse tomber" 

(07.09.2014 à 19h54). 

A plusieurs reprises, X______ a demandé à AT______ de ne rien dire à G______, tout 
en espérant que V______ ne parlerait pas non plus à ce dernier "sinon c'est cuit". 
AT______ lui a annoncé que V______ lui avait fait lire leurs échanges de messages et 

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qu'elle avait constaté qu'il avait aussi proféré des menaces. X______ a répondu "j'ai eu 
très peur de G______ mais je suis content que ce soit du pipo j'ai bien eu peur mes 

parents sont au courant aussi" (07.09.2014 à 20h11).  

AT______ a écrit un message à G______ le 8 septembre 2014 pour lui dire d'arrêter de 
menacer X______ et le prévenir des conséquences possible : "Tu n'es plus en Europe et 
les Philippins ne plaisantent pas, c'est même un peuple dangereux et étant donné que 

X______ est depuis plus longtemps que toi là-bas, il a beaucoup de connaissances. (…) 
Ne continues plus… sinon tu risques gros, ils ne jouent pas…" (08.09.2014 à 10h57).  

Le 17 septembre 2014, AT______ a demandé à X______ si ces histoires s'étaient 
calmées. Le 18 septembre 2014, X______ a répondu "Il se calme je crois qu'il a 
compris" (18.09.2014 à 05h22).  

c.d.c. Le 11 novembre 2014 à la police, V______ a expliqué qu'il connaissait G______ 
depuis huit ans et qu'ils étaient devenus amis depuis deux ans environ, se voyant trois à 
quatre fois par semaine.  

Il avait fait la connaissance de X______ lors de sa dernière année d'apprentissage à 
l'hôtel W______ en 2012. Ils s'entendaient bien. X______ avait quitté son emploi en 
mars 2013 et il avait appris via Facebook que X______ était parti aux Philippines en été 
2013. Ce dernier lui avait proposé en septembre 2013 de le rejoindre pour un poste de 
chef au Q______ à Siargao, ce qu'il avait accepté tout de suite. Il avait commencé à 
travailler dès le mois d'octobre dans cet hôtel tenu par AW______. A son arrivée, 
X______ lui avait fait visiter l'île. Il l'accompagnait partout et lui avait présenté des 
contacts sur place, qui étaient pour la plupart des amis de sa petite amie R______. Après 
environ un mois, X______ lui avait proposé de se mettre ensemble afin de racheter une 
moto à AW______, chacun devant payer la moitié du prix de la moto qui se montait à 
PHP 30'000.-, soit environ CHF 600.-. Il avait versé CHF 300.- au vendeur et X______ 
avait donné son IPad en guise de paiement. Il était convenu que X______, qui souhaitait 
rester aux Philippines, rachète la part de V______ lorsque ce dernier rentrerait en 
Suisse. Toutefois, X______ s'était fait renvoyer du Q______ en novembre 2013 et 
cherchait à rentrer en Suisse. X______ lui avait alors dit qu'il devait lui verser PHP 
15'000.- pour conserver la moto. X______ étant sur le départ, il avait été contraint 
d'accepter de lui payer cette somme, ce qui l'avait beaucoup agacé. Il s'était également 
disputé avec X______ en raison de son comportement, lui qui voulait tout décider, avait 
toujours le dernier mot, s'énervait vite et disait rapidement des choses bêtes. Un jour, 
X______ l'avait même menacé de lui faire casser la gueule. Après le départ de X______ 
en novembre 2013 pour la Suisse, ils ne s'étaient plus revus. A son retour à Genève en 
janvier 2014, il avait revu G______ et ils avaient envisagé de partir ensemble aux 
Philippines et d'ouvrir un restaurant. X______ avait accepté de les héberger sur place le 
temps de trouver un logement et avait même imaginé faire partie du projet de restaurant, 
alors que lui projetait plutôt de travailler avec G______ et un philippin. X______ lui 
avait aussi proposé de s'associer dans l'achat d'une machine pour copier des fausses 
cartes de crédit. En février 2014, il avait commencé avec G______ à cultiver des plants 

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de marijuana. Finalement, à l'été 2014, il n'avait plus d'argent, une nouvelle petite amie 
et un nouveau travail, de sorte qu'il avait abandonné son projet de partir aux Philippines.  

G______ était parti seul le 13 août 2014, avec l'idée de débuter une nouvelle vie au 
soleil, quittant la Suisse en laissant des dettes. Avant son départ, il avait averti G______ 
de se méfier de X______, en particulier concernant l'argent. G______ était au courant 
des différends qu'il avait eu avec X______. Peu après son arrivée aux Philippines, 
G______ l'avait informé avoir de la peine à trouver un bar à reprendre mais qu'il 
projetait de faire un braquage avec X______. Une semaine plus tard, il avait reçu une 
série de messages de X______ qui était très agité, agressif et insultant, disant que 
G______ avait mis un contrat sur sa famille en Suisse et demandant pourquoi il lui avait 
envoyé une "merde pareille", lui disant qu'il allait écrire à sa mère pour la prévenir de la 
situation. G______ avait proféré des menaces "en l'air", juste pour faire peur à 
X______. Il avait alors écrit à G______ pour lui dire "d'arrêter ses conneries".  

Il avait appris la mort de G______ par un message de C______ sur Facebook. Il n'avait 
jamais vu X______ être violent. A sa connaissance, celui-ci ne prenait pas drogue mais 
buvait de l'alcool de temps en temps. X______ aimait le luxe, le confort et dépensait 
énormément d'argent, sortait dans des resorts luxueux. Quant à G______, il pouvait se 
montrer agressif en paroles, mais ce n'était pas quelqu'un de violent. Lui-même ne 
faisait pas partie d'un gang ou d'une bande et ne savait rien des individus qui seraient 
allés au domicile de la famille de X______.  

c.d.d. V______ a remis à la police des messages échangés avec X______, G______ et 
R______ via Facebook et Whatsapp.  

Il ressort des échanges avec X______ du 4 au 6 juin 2014 que celui-ci avait déjà en vue 
de reprendre le Z______ et qu'il s'inquiétait de savoir si G______ avait assez d'argent.  

Les messages échangés le 16 août 2014 confirment que G______ a utilisé le compte 
Facebook de X______ pour écrire à V______.  

Le 4 septembre 2014, X______ a demandé à V______ pourquoi il avait dit à G______ 
qu'il allait l'arnaquer. Sans réponse de V______, X______ a insisté : "G______ a mis 
une assurance sur ma famille en Suisse il a payer une personne pour si je l'entube il va 

voir ma famille avec un gun. Il ma dis c est V______ qui me repete tout les jours que tu 

va m entuber alors j'ai pris mes precaution (…) si un truc se passe ici c'est entre moi et 
lui pas ma famille"" (05.09.2014 à 04h31 UTC+0).  

Dans la nuit du 4 au 5 septembre 2014, V______ et G______ ont échangés des 
messages à propos des menaces faites à X______ :  

V______ :  Mais mec quesque tes aller dire à X______ t'es vraiment une bite  

G______ :  Bah jlui ai juste dit que je savais ou habitait sa famille alors qu'il 
fasse pas le con  

V______ :  Mais mec. Alalalal ptit renard ;)  

G______ :  J'etais obligé de lui dire ca 

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V______ :  Pourquoi 

G______ :  Hahahah. Parce que je prefere lui mettre la pression histoire que 
si il veut me culan qu'il reflechisse a 2 fois …Pression quoi…(…) 

G______ : Bah tu m'as pas beaucoup rassuré sur ce pelo quand même 

G______ :  On s'en fou c une pedale  

V______ :  Bah oui mais bon dis pas tout mon dieu mtn il me casse les couille 
ouai je sais il a dit quoi quand tu lui a dit ça 

G______ :  Il a balizé. Il avait l'air tt pas bien ….Hahahahah 

V______ et G______ se sont régulièrement écrit au sujet de la vie aux Philippines, des 
Philippins, de la recherche de travail et des conquêtes de G______. Dans le même 
temps, V______ a partagé quelques fois avec G______ les messages qu'il recevait de 
X______ cités ci-dessus. G______ a appris que X______ s'était plaint de ses menaces à 
plusieurs personnes, dont Y______ et a écrit: "Ouai mais tu me connais je suis un petit 
rnard fou Mais ouai jvais essaier de calmer le jeu (…) Mais jaime pas trop comme il 
fait le fou av toi", puis il a transmis l'adresse de AC______ et le code de la porte "c'est 
son adresse si jamais" (05.09.2014 à 07h12 UTC+0).  

Le 8 septembre 2014, V______ et G______ ont continué leur discussion sur Whatsapp 
au sujet du fait que X______ avait dénoncé leur culture de marijuana à la mère de 
V______ et lui avait transmis copies des messages échangés, la mère de V______ ayant 
jeté les plants trouvés :  

V______ :  Moi le jour ou je reviens ce qui va prendre du temps à cause de 
l'autre connard mais toi t'es un con aussi la. Je lui fait ça. (image)  

G______ :  Mais tg. Il a fait ça. Mais mec  

V______ :  Je t'avais prévenu tu m'as écouter voilà !!  

   Je t'avais dit de rien faire avec tes trop con  

Il ma fait la même chose mais avec AY______ 

G______ :  Va mettre un balle a sa salope de mere. Il nous a fait perde 
combien ? 

V______ :  Mais mec j'ai tout tailler y'a peut être 2-4 plantes dehors 

Je vais rien faire à ça mère tes trop con ou bien mtn que tu lui as 

dis tout ça  

G______ :  On s'en fou bute la. Ou sa sœur… Il va payer pour ca… Crois moi  

V______ :  Fallait le menacer lui pas sa famille 

G______ :  Tkt jvais lui faire u. Coup de pute et quand tu sera la il va 
regretter ce qu'il a fait  

- 18 -  

 
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G______ a ensuite expliqué à V______ qu'il avait prévu de faire un cambriolage avec 
X______ et de partager le butin entre eux, mais que celui-ci ne toucherait finalement 
pas un "peso" et qu'ensuite "on lui arrachera la bite toi et moi". 

Le 20 septembre 2014, G______ a proposé à V______ de le rejoindre aux Philippines 
pour exploiter ensemble le Z______ (20.09.2014 à 10h44 et 11h02 UTC+0). V______ 
lui a indiqué que tant qu'il faisait affaire avec X______, il ne préférait pas le rejoindre 
car il ne le supportait plus : "Si je le vois je l'enterre", ce à quoi G______ a répondu : "C 
prevu tkt" (20.09.2014 à 11h16 UTC+0).  

Les 23 et 24 septembre 2014, G______ a informé V______ qu'il ouvrait son bar en 
octobre et qu'il devait acheter le stock, signer les contrats et aller à Surigao vendredi. 

c.e.a. Sur ordre de dépôt du 14 avril 2015, la AZ______ a produit les documents relatifs 
au compte bancaire de G______ n°H 1______. 

Selon les relevés de compte, entre le 23 juillet 2014 et le 11 août 2014, G______ a 
effectué une série de retraits en espèces pour une somme totale de CHF 17'020.-, 
soldant presque intégralement son compte. Ce compte était alimenté chaque mois, de 
janvier à août 2014, de rentes (CHF 734.- et CHF 319) et d'allocations (CHF 400.-), 
ainsi que de salaires ou d'indemnités perte de gain, oscillant entre CHF 205.- et 
CHF 2'240.-/mois. 

c.e.b. Sur ordre de dépôt du 14 avril 2015, I______ SA a transmis les documents 
bancaires concernant X______.  

Il en ressort que l'intéressé détenait un compte n°2______. Les relevés du compte du 1er 
janvier au 31 décembre 2014 révèlent un crédit de CHF 11'256.70 de la part de 
H______ le 3 septembre 2014, montant transféré en deux fois, soit CHF 5'000.- le 
8 septembre 2014 et CHF 6'170.- le 12 septembre 2014, sur le compte n° "xxxx xxxx 
3______", qui correspond à la carte de crédit prépayée de X______.  

c.f. Le 23 septembre 2015, H______ a été entendue par la police.  

G______ était un ami de son fils BA______ et elle le connaissait depuis qu'il avait 13 
ans. Comme G______ vivait en foyer, il était régulièrement avec eux durant le week-
end et ils s'étaient souvent occupés de lui. G______ était un garçon qui n'en faisait qu'à 
sa tête mais il était toujours gentil avec eux. A sa majorité, il avait commencé le service 
militaire, puis avait parlé de quitter la Suisse; il avait tout "foiré" à Genève et rêvait de 
la vie facile. Il était vrai qu'il n'avait pas eu beaucoup de chance dans la vie. Quand il 
était aux Philippines, elle avait eu quelques nouvelles de l'intéressé par le biais de son 
fils. Elle savait qu'il voulait ouvrir un bar mais elle n'avait pas eu de détails à ce sujet.  

Avant de partir aux Philippines, G______ lui avait confié USD 12'648.- en espèces dans 
une enveloppe et aussi remis USD 2'000.- à son fils. Dès le 28 août 2014, G______ 
avait demandé à ce qu'elle lui verse l'argent sur le compte de X______, ce qu'elle avait 
fait non sans tenter d'abord de le dissuader de dépenser toutes ses économies, lui 
conseillant de travailler d'abord comme salarié pour se faire un peu d'argent. Elle n'avait 

- 19 -  

 
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plus eu de contact avec G______ après cela. Le montant de USD 2'000.- détenu par son 
fils BA______ avait été versé au frère de G______ après sa mort.  

c.g. Le téléphone SAMSUNG Galaxy remis par X______ à la police lors de son 
audition, ainsi que son ordinateur ont fait l'objet d'une analyse par la BCrim résumée 
dans le rapport de police du 18 février 2015. 

c.g.a. L'analyse de l'ordinateur de X______ a révélé que celui-ci avait effectué les 
recherches sur Internet des mots "trancher la gorge" le 14 septembre 2014 et "carotide" 
le 15 septembre 2014.  

c.g.b. Les messages Facebook échangés entre X______ et G______ qui ont pu être 
retrouvés ne laissent apparaître aucun conflit entre eux.  

Certains messages du 6 octobre 2014 permettent d'établir qu'à 09h06 (heure locale 
philippine), X______ a dit à G______ qu'il n'avait pas entendu le réveil, puis qu'à 
16h53, ils étaient tous les deux à Surigao à l'hôtel J______ puisque X______ demandait 
le mot de passe du Wifi. 

Le 7 octobre 2014 à 08h22, soit après que le corps de G______ avait été découvert, 
X______ a envoyé à ce dernier les messages suivants : "Mec dis mois ou tu es !!! 
j'arrete pas de t'appeler putain Je t'ai chercher partout Reponds gas putain j ai les 

boules !!".  

c.g.c. Le 6 octobre 2014, à 14h20, X______ a écrit à AA______, le propriétaire du 
Z______ qu'ils devaient encore signer le contrat mais qu'il se trouvait à Surigao, pour 
retirer de l'argent et refaire son visa, de sorte qu'il pouvait simplement donner la clef à 
R______ et lui envoyer un message pour les détails concernant la maison et le matériel 
du bar.  

c.g.d. Il ressort également des messages retrouvés sur les appareils de X______ que 
l'intéressé a donné à plusieurs personnes des explications différentes sur la mort de 
G______, après que celle-ci ait été relayée par la presse locale.  

Ainsi, il a écrit à AU______: "Oui, on c est fais agresser lundi soir au couteaux" 
(08.10.2014 à 07h51) et à BB______ "On c est fais attaquer au pistolet dans la nuit par 
deux personnes sur une moto", "ils ont du nous voir retirer les sous au bancomat" 
(09.10.2014 à 09h36). A AT______, X______ a indiqué "On c est fais agresser Je peux 
pas trop en parler la" (08.10.2014 à 14h56). Après que AT______ a exprimé ses doutes 
sur les explications données par X______, ce dernier lui a écrit "Mais tu veux que je 
fasse quoi de plus? (…) Je devais faire un bar avec G______ on c'étais arranger je lui 
avait parler yeux dans les yeux tout le monde ici pourra te dire que l'on c'etais 

rabibocher alors oui je suis desole mais je pense aussi a ma famille au Philippine car je 

suis le seul temoins et que les agresseurs ont vue ma tete je fais le maximum pour lui 

mais un moment j'ai plus besoins d'aide car je vais pas y arriver tout seul c'est pas 

facile comme situation pour moi et pour sa famille d'accord. J'ai rien a me reprocher je 

me suis jamais battue de ma vie et j'ai pas de sous pour payer une personne. toutes sa 

thune a été investies dans le bar les accessoires etc…" (09.10.2014 à 21h46).  

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c.g.e. Après son retour en Suisse les 10 et 11 octobre 2014, X______ a écrit à R______ 
pour lui demander d'effacer les messages qu'ils avaient échangés et de ne surtout pas 
dire qu'il lui avait demandé le numéro de téléphone du AD______.  

c.g.f. Les 10 et 11 octobre 2014, X______ a également échangé des messages Facebook 
avec le policier en charge de l'enquête de la police philippine, AF______, qui l'a 
interrogé par ce biais. Alors que le policier semble considérer X______ comme suspect, 
ce dernier lui rapporte en substance la même version des faits que celle donnée à la 
police genevoise le 12 octobre 2014.  

c.g.g. A propos de l'argent de G______ déposés sur son compte, X______ a répondu le 
10 octobre 2014 à BA______ que, du total de CHF 11'000.- qu'il avait reçu sur son 
compte, il ne restait que CHF 1'500.- mais que cette somme ne pouvait pas être restituée 
car elle avait été mise en caution pour le bar.  

Commission rogatoire aux Philippines du 14 au 26 novembre 2015 

d.a. Sur commission rogatoire, les inspecteurs BX______ et BD______ se sont rendus 
aux Philippines, sur les îles de Mindanao et de Siargao, du 14 au 26 novembre 2015.  

Il ressort du rapport de renseignements de la BCrim du 14 janvier 2016 que le lieu de 
découverte du corps de G______ se situe à un peu moins de 500 mètres du J______. 
Ces deux lieux se trouvent dans une zone principalement agricole, à l'extérieur de la 
ville de Surigao City, dans laquelle se trouvent le BE______ et le AD______. Le trajet 
entre le lieu de découverte du corps et le J______ prend environ une minute en voiture 
et 6 minutes à pied, alors que le trajet entre le lieu de découverte du corps et le 
BE______ de Surigao City est de 6 à 8 minutes en voiture et de plus de 40 minutes à 
pied. Enfin, le trajet entre le BE______ et le AD______ est d'environ 2 minutes en 
voiture et 12 minutes à pied.  

Selon les images de vidéosurveillance du J______, X______ et G______ avaient quitté 
l'établissement le 7 octobre 2014 à 00h15. Les images de vidéosurveillance du 
BE______ de Surigao City montrent X______ qui commandent une boisson au 
comptoir à 01h24. Aucune caméra de vidéosurveillance ne se trouvait à proximité du 
lieu de découverte du corps.  

Les constatations médico-légales philippines relevaient des traces circulaires noirâtres 
sur le bras droit de la victime, assimilées à des brûlures de cigarettes. Les enquêteurs 
philippins en avaient conclu que la victime avait pu être torturée. Ses chaussures étaient 
particulièrement abimées au niveau du talon, présentant des larges trous, ce qui laissait 
penser que G______ avait pu être traîné depuis un véhicule avec l'arrière des pieds qui 
touchait le sol.  

d.b. Huit témoins ont été entendus lors de cette commission rogatoire.  

d.b.a. C______ a été entendue le 19 novembre 2015. Elle avait été contactée en 
septembre 2014 par G______, un ami de son ex-compagnon V______, qui cherchait à 
acheter une arme à feu aux Philippines. Elle avait refusé de l'aider dans cette recherche.  

- 21 -  

 
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d.b.b. BF______ a été entendu le 20 novembre 2015. Il était le cousin de C______ et 
ami de R______. Il allait de temps en temps avec X______, G______ et R______ dans 
la boîte de nuit le "BG______". Il avait assisté à des querelles verbales entre X______ 
et G______. Il avait appris que les deux hommes avaient l'intention de louer le Z______ 
et que G______ allait verser son argent sur le compte de X______ car il n'arrivait pas à 
retirer de l'argent avec sa propre carte.  

d.b.c. AQ______, le propriétaire du Z______ surnommé "AA______", a été entendu le 
20 novembre 2015. Il avait rencontré X______ en 2013 et G______ en septembre 2014. 
X______ était un client régulier de son bar. Il réparait parfois des ordinateurs pour des 
personnes de l'île et il avait marqué de l'intérêt pour reprendre son bar avant l'arrivée de 
G______. Ensuite, ils avaient convenu que X______ et G______ lui louerait le bar ainsi 
que la maison et les terrains attenants pour un loyer mensuel de PHP 18'000.- 
(équivalent de CHF 380.-) et qu'ils lui verseraient PHP 54'000.- (équivalent de CHF 
1'150.-) d'investissement pour le matériel. Une avance de trois mois de loyer, ainsi que 
l'investissement initial avaient déjà été versés, totalisant une somme de PHP 108'000.- 
en liquide (équivalent de CHF 2'300.-). A sa connaissance, il s'agissait de l'argent de 
G______ mais c'était X______ qui le lui avait remis en mains propres, en présence de 
G______.  

Le 5 octobre 2014, il avait organisé une soirée au Z______ spécialement dans le but de 
présenter X______ et G______ aux clients comme étant les nouveaux gérants. Les deux 
compères semblaient toutefois désinvestis et avaient quitté tôt la fête. Il les avait 
interceptés pour leur indiquer qu'ils n'avaient encore pas signé le contrat, mais ils 
avaient une nouvelle fois repoussé la signature.  

Le 9 octobre 2014, X______ lui avait écrit un SMS pour lui dire que G______ était 
décédé et qu'il annulait la reprise du bar. X______ demandait le remboursement de la 
somme versée, ce qu'il avait refusé. Il avait finalement rendu PHP 54'000.- à la sœur de 
R______, envers qui X______ avait une dette. Il avait conservé le reste, soit l'avance de 
PHP 54'000.-. 

d.b.d. AW______, l'un des deux propriétaires du Q______, a été entendu le 21 
novembre 2015. Il avait d'abord engagé X______ comme chef de rang en juillet 2013, 
puis son ami V______ en septembre 2013 en qualité de cuisinier. Les deux intéressés 
avaient eu une dispute au sujet de l'acquisition d'une moto. X______ était quelqu'un 
d'un peu tricheur mais pas agressif; il tentait régulièrement de changer les règles à son 
avantage. X______ avait arrêté de travailler au Q______ en janvier 2014 et était rentré 
en Suisse, avant de revenir en mai ou juin 2014.  

G______, un jeune homme réservé qui voulait se faire passer pour un gangster, lui avait 
été présenté par X______. Ceux-ci ne semblaient pas être de bons amis. G______ avait 
l'habitude de parler à X______ de manière grossière, mais il n'avait jamais assisté à une 
réelle dispute. En revanche, il avait entendu une discussion entre les deux hommes lors 
de laquelle G______ avait menacé X______ d'envoyer des tueurs en Suisse pour 
s'occuper de sa mère pour le cas où il ne lui restituait pas l'argent qu'il avait fait verser 

- 22 -  

 
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sur son compte bancaire. G______ fumait des cigarettes et du cannabis. X______ était 
non-fumeur.  

d.b.e. Y______, le propriétaire du BH______, a été entendu le même jour. Il a indiqué 
qu'à sa connaissance, X______ et G______ n'étaient pas amis lorsque ce dernier était 
arrivé aux Philippines. G______ cherchait à attirer l'attention, disant à qui voulait bien 
l'entendre qu'il était un militaire en Suisse et qu'il voulait s'acheter une arme à feu, pour 
sa sécurité, ce qui n'était pas inhabituel à Siargao. L'attitude de G______ agaçait un peu 
les gens. G______ avait fait verser PHP 700'000.- sur le compte de X______. Il l'avait 
entendu à deux reprises menacer X______ si cette somme ne lui était pas restituée. Il 
était alors intervenu en disant à G______ qu'il ne pouvait pas dire cela, X______ 
paraissant vraiment apeuré. X______ lui avait ensuite parlé à plusieurs reprises de ces 
menaces et lui avait même demandé s'il ne devait pas payer quelqu'un sur l'île pour 
frapper G______. Il avait l'impression que G______ n'avait pas grande confiance en 
X______, mais malgré cela, ils continuaient à chercher un bar à exploiter ensemble. Ils 
avaient finalement convenu d'une reprise pour l'établissement du Z______. Quelques 
jours après, G______ et X______ étaient allés à Surigao City pour acheter des meubles 
et du matériel pour le bar.  

Le 8 octobre 2014 vers 01h00, il avait reçu de AW______ une photo d'un corps 
retrouvé la veille à Surigao. Il avait immédiatement reconnu G______ grâce à ses 
tatouages. Il avait appelé BI______, une ressortissante suisse qui tenait également un 
hôtel à Siargao, pour l'informer et elle l'avait rejoint immédiatement. Il avait appelé 
X______, qui avait réagi très bizarrement à l'évocation de l'image du corps de G______ 
sur Internet. Il avait ensuite appelé l'ambassade suisse aux Philippines pour annoncer le 
décès. X______ était arrivé au resort aux environs de 02h00. Après avoir vu la photo, 
X______ avait eu une réaction encore plus bizarre, en répétant qu'ils avaient un 
"business" ensemble et que c'était un problème pour lui qu'il soit décédé. X______ 
n'avait pas l'air particulièrement touché par la mort de G______. X______ avait ensuite 
expliqué que G______ avait donné rendez-vous à deux locaux pour acheter une arme, 
mais qu'il s'était rétracté car l'arme était trop ancienne. Les deux hommes étaient 
devenus très agressifs et avaient pointé l'arme sur G______. Ils avaient alors tenté de 
fuir, mais G______ s'était fait rattraper. Ce dernier élément lui avait paru très étrange 
car G______ était plus sportif que X______. De plus, il avait appris ensuite que 
G______ avait été tué d'un coup de couteau et non avec une arme à feu. X______ avait 
mal réagi en apprenant qu'il avait appelé l'ambassade pour annoncer le décès et voulait 
savoir ce qu'il avait dit. Il avait alors rappelé l'ambassade et passé le téléphone à 
X______, selon lequel l'ambassade lui avait conseillé de rapporter l'incident à la police, 
ce que X______ avait dit qu'il ferait le lendemain. Il n'avait pas été question d'un conseil 
visant à quitter les Philippines. Mis à part un message de sa part dans l'après-midi lui 
confirmant qu'il rentrait en Suisse, il n'avait plus eu de contact direct avec X______. Il 
avait seulement été marqué par le fait qu'en mars 2015, lorsque la police philippine avait 
classé l'affaire, X______ avait posté sur Facebook une image disant "Bitch I watch CSI. 
I can make your death look like an accident".  

- 23 -  

 
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d.b.f. BJ______ a été entendu le 21 novembre 2015. Il connaissait R______ depuis de 
nombreuses années. Il avait rencontré X______ car il était venu dans son camp militaire 
pour tenter d'acheter une arme, prétendument pour sa sécurité personnelle. Plusieurs 
militaires étaient présents à ce moment-là et ils avaient tous refusé. X______ était alors 
reparti. Il n'avait pas connaissance de la raison pour laquelle le précité cherchait à 
acquérir une arme, ni d'un "contrat" pour agresser G______. Il a refusé de donner suite 
à la demande de la police de lui fournir une photographie de lui-même.  

d.b.g. R______ a été entendue le 22 novembre 2015. Elle a expliqué avoir rencontré 
X______ en juillet 2012 (recte : 2013) au Z______ et avoir entretenu une relation avec 
celui-ci pendant quatre mois alors qu'il travaillait au Q______ et avant que celui-ci ne 
rentre en Suisse. X______ était en Suisse quand elle lui avait annoncé qu'elle était 
enceinte. Cela n'était pas prévu et il avait été surpris mais content de cette nouvelle. 
X______ était revenu à Siargao quelques mois plus tard et ils avaient emménagé 
ensemble dans une maison du village. Tout se passait bien; X______ était toujours 
gentil avec elle. C'était un garçon plutôt timide. Leur fille était née ______2014.  

X______ lui avait présenté G______ en septembre 2014. Il habitait dans le même 
quartier et il venait souvent à la maison pour manger et regarder la télévision avec 
X______, avec lequel il était très ami. Elle n'avait jamais vu X______ et G______ se 
disputer. 

Le 6 octobre 2014, X______ et G______ avaient pris le ferry pour se rendre à Surigao 
City afin d'acheter des meubles pour le bar qu'ils prévoyaient de louer. Une fois qu'ils 
étaient arrivés à Surigao, X______ l'avait appelée pour lui dire qu'ils étaient bien arrivés 
et qu'ils mangeaient au BE______. Elle ne savait pas ce qu'ils avaient fait ensuite. Aux 
environs de minuit, X______ l'avait à nouveau appelée, il pleurait et était stressé. Il lui 
avait expliqué qu'ils avaient rencontré deux personnes car G______ voulait acheter une 
arme, mais que ce dernier avait été agressé par ces deux hommes qui étaient à moto, 
alors que lui-même avait réussi à s'enfuir. Il avait dit être en train de se cacher dans la 
jungle. Elle avait été en colère en raison de cet achat d'arme, dont G______ parlait 
depuis son arrivée aux Philippines, ayant été en contact avec C______ à ce propos, mais 
elle avait cru que ce projet avait été abandonné. Quelques minutes plus tard, X______ 
avait rappelé depuis le BE______, disant qu'il n'arrivait pas à contacter G______. 
X______ avait peur, il ne savait pas que G______ était mort. X______ était revenu à 
Siargao le 7 octobre 2014 vers 15h00. Il avait appris la mort de G______ seulement le 8 
octobre 2014, lorsqu'il avait reçu une photo du corps de G______. X______ s'était mis à 
pleurer et était allé directement au resort pour voir Y______. Il était ensuite rentré à la 
maison tôt le matin, avait appelé sa famille en Suisse, puis avait préparé son sac pour 
partir à l'aéroport, car il avait peur des personnes qui avaient tué G______. Il lui 
semblait que c'était la mère ou la grand-mère de X______ qui avait payé son billet 
d'avion. Elle n'avait plus jamais revu X______. Ils avaient rompu par Facebook un peu 
plus tard, en raison du fait que X______ travaillait dans un bar avec des filles nues, ce 
qui l'avait rendue jalouse. Ils avaient néanmoins toujours des contacts par Facebook ou 
par téléphone. X______ lui avait versé de l'argent jusqu'à septembre 2015, environ PHP 
5'000.-, parfois jusqu'à PHP 10'000.- par mois. X______ lui avait dit qu'il avait perdu 

- 24 -  

 
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son travail et qu'il ne parlait plus avec sa famille. Il avait dit avoir fait les démarches 
pour que R______ puisse venir en Suisse avec sa fille mais elle n'avait jamais reçu les 
papiers.  

Confrontée aux messages Facebook qu'elle avait échangés avec X______, R______ a 
indiqué qu'avant de partir à Surigao, X______ lui avait demandé le numéro de 
téléphone du AD______, prétendument pour la femme de "BK______". Elle ne savait 
pas qui était "BK______", mais X______ était très insistant. Il cachait 
vraisemblablement quelque chose et lui mentait. Il était revenu de Surigao sans une 
égratignure et les habits propres. Il n'avait sûrement pas tué G______ lui-même mais il 
devait être impliqué dans le meurtre. X______ lui avait demandé d'effacer les messages 
qu'ils avaient échangés lorsqu'il était au BE______ dans la nuit du 6 au 7 octobre 2014. 
Ces messages parlaient du fait qu'elle était fâchée en raison de leur rendez-vous pour 
acheter une arme et X______ disait qu'il était important que les deux aient la même 
version pour la police.  

d.b.h. BL______ a été entendue le 22 novembre 2015. Habitante du village de Siargao, 
elle avait eu une discussion en septembre 2014 avec BM______, la compagne de 
BJ______, lors de laquelle celle-ci lui avait désigné X______ en lui disant qu'il était fou 
et qu'il avait demandé à deux reprises à BJ______ de tuer son ami. Elle avait ensuite 
expliqué qu'il s'agissait de l'ami maigre qui était toujours avec X______. BM______ 
avait précisé que BJ______ avait refusé de se charger de ce contrat pour PHP 10'000.-. 
Elle avait rapporté ces propos à "BN______" son ami, qui n'avait pas pris cela au 
sérieux. 

Le soir du 7 octobre 2014, X______ était venu manger au BO______ avec R______. A 
ce moment-là, personne ne savait encore que G______ était mort. X______ et R______ 
agissaient de manière normale. X______ avait parlé en français avec "BN______" de 
l'incident qui s'était déroulé à Surigao, en disant que G______ et lui s'étaient fait 
agresser alors qu'ils marchaient dans la rue. Elle avait été surprise que X______ n'ait pas 
contacté la police et qu'il ait quitté l'île de Surigao sans son ami. Ainsi, lorsque dans la 
nuit elle avait appris que G______ était mort, elle avait tout de suite pensé que X______ 
était impliqué. X______ lui avait parlé de menaces de la part de G______ au sujet de 
ses parents en Suisse. Elle ne connaissait pas d'ennemi à G______, bien que plusieurs 
personnes le trouvent bizarre car il répétait toujours qu'il était dans l'armée en Suisse.  

d.c.a. Le raccordement téléphonique de X______ a été mis sur écoute à compter du 26 
octobre 2015.  

Il ressort des écoutes téléphoniques que X______ a appelé R______ pendant que les 
policiers étaient en commission rogatoire aux Philippines. Le 16 novembre 2015, il lui a 
expliqué que tout était entre ses mains, celles de AA______ et de C______. En fonction 
de ce qui serait dit, il pourrait aller en prison pendant une quinzaine d'années, ce dont il 
avait très peur. Il voulait tout oublier. Lorsque R______ l'avait informé que l'argent mis 
en caution pour le bar avait été restitué à sa famille, X______ s'était montré très agacé, 
car la police penserait alors qu'il avait tué G______ pour l'argent.  

- 25 -  

 
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Le 21 novembre 2015, X______ s'est renseigné auprès de R______ pour savoir ce que 
les personnes interrogées avaient dit à la police et s'est énervé en apprenant que 
Y______ avait déclaré qu'il avait cherché quelqu'un pour tuer G______, disant que tout 
le monde parlait sans avoir de preuves. 

d.c.b. Le même jour, X______ a également discuté des auditions aux Philippines avec 
sa mère, AC______. Lorsque X______ lui a indiqué que le plus important était ce que 
R______ allait dire, sa mère lui a demandé "Elle sait?", ce à quoi X______ a répondu 
"Non, personne". Au cours de cette conversation, AC______ a demandé à son fils : "Ils 
savent ce qu'est devenu ou ce que sont devenus les types qui ont fait ça?".  

Quelques minutes plus tard, X______ a parlé avec son beau-père O______, lequel l'a 
rassuré en lui disant : "Vous étiez que tous les deux, et puis les voyous qui y avait là-bas. 
Tant qu'ils ne trouveront pas ces voyous qui ont fait ça…".  

d.c.c. Le 22 novembre 2015, quelques heures après l'audition de R______, cette 
dernière a expliqué avec énervement à X______ ce qui s'était dit. Juste après son appel 
à R______, X______ a appelé sa mère, très remonté, en particulier à l'encontre de 
l'inspecteur philippin AF______. Après l'avoir raisonné, sa mère lui a indiqué : "Si tu 
savais comme je réfléchis à ça et d'un côté je me dis, mentir toute sa vie, voilà s'il part 

du principe que c'était une légitime défense. Non, ce n'était pas du tout une légitime 

défense, c'était parce que on t'a menacé et que tu t'es senti menacé et voilà (…)".  

d.c.d. Le 26 novembre 2015, X______ a expliqué à sa mère que les inspecteurs de la 
BCrim avaient rencontré aux Philippines "le gars qu'il fallait pas qu'ils trouvent".  

Déclarations de X______ les 10 et 11 décembre 2015 

e. Le 10 décembre 2015, X______ a été arrêté à son domicile au 4______, rue ______ à 
Genève, où il vivait avec BP______. Il a été entendu par la police ce même jour, puis 
par le Ministère public le 11 décembre 2015.  

e.a.a. Spontanément, en début d'audition le 10 décembre 2015, X______ a indiqué avoir 
payé quelqu'un pour tuer G______. Il avait dû faire un choix et se devait de protéger la 
mère de sa fille, sa fille et lui-même.  

Quand G______ était arrivé sur l'île de Siargao, ce dernier avait déjà un ressentiment 
envers lui car V______ lui avait raconté des histoires. G______ avait déjà vendu de la 
marijuana en Suisse et possédait une arme. Dès le début, il ne s'était pas spécialement 
bien entendu avec lui. Deux à trois semaines après l'arrivée de G______ aux 
Philippines, il avait eu accès aux conversations de G______ avec V______. G______ 
parlait à V______ de R______ et de sa fille. Ils disaient aussi de lui qu'ils allaient lui 
faire la peau, qu'il ne savait pas se battre et qu'ils savaient où sa mère habitait à Genève. 
Il avait décidé d'écrire à la mère de V______ pour l'informer de cela. Il avait dit à cette 
dernière que si G______ ne se calmait pas, il allait lui arriver quelque chose, ajoutant 
qu'il y avait aussi beaucoup de Philippins qui lui en voulaient à cause de son attitude sur 
place et parce qu'il était tout le temps en train de "chercher la merde". Il s'était 
également plaint auprès de sa propre mère, en disant qu'il devait faire quelque chose, car 
il ne supportait plus le comportement de G______. Il avait néanmoins continué de le 

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côtoyer, principalement dans le but de le surveiller. Il avait ainsi pu apprendre que 
G______ cherchait à se procurer une arme et qu'il avait aussi une baïonnette avec lui. 
G______ l'avait menacé en disant que dès qu'il aurait une arme, il le tuerait ainsi que sa 
fille et R______. Il avait pris ces menaces très au sérieux. G______ avait fait l'armée en 
Suisse, disait posséder une arme à Genève et avoir déjà fait de la prison. Il avait peur de 
lui, d'autant plus que G______ connaissait l'adresse de sa famille à Genève.  

La situation avait empiré en septembre 2014, lorsque G______ avait appris qu'il les 
avait dénoncés à la mère de V______, AT______. G______ continuait à proférer des 
menaces tous les jours, mais ils avaient néanmoins fait des projets ensemble. G______ 
faisait des sous-entendus, par exemple lorsqu'ils discutaient du projet de bar, celui-ci 
disait que, dans tous les cas, ils ne finiraient pas le "business" ensemble. Cela étant, ils 
étaient trop liés l'un à l'autre par le fait que c'était lui qui avait l'argent de G______ sur 
son compte et qu'il ne pouvait pas le retirer d'une seule traite. Il souhaitait vraiment 
concrétiser ce projet de bar et c'était G______ qui détenait les fonds pour y parvenir. Il 
comptait sur lui pour ouvrir le bar, puisque son argent lui évitait de devoir rentrer en 
Suisse pour travailler.  

Peu avant sa mort, les menaces de G______ étaient vraiment très dures envers lui et sa 
famille, la pire des choses étant qu'il avait aussi menacé sa famille en Suisse et qu'il 
pouvait concrétiser ces menaces en Suisse par le biais de V______. Un jour, il en avait 
eu marre et il était allé dans une caserne d'une petite armée qui se trouvait sur l'île de 
Siargao pour dire qu'il mettait un contrat sur la tête d'un homme qui voulait faire du mal 
à sa famille aux Philippines. Son idée était clairement de le faire tuer. Il avait donné le 
nom de G______ à plusieurs personnes, faisant savoir assez largement qu'il mettait un 
contrat sur sa vie. Un militaire avait voulu lui vendre une arme afin qu'il s'en occupe lui-
même, mais il avait refusé car il n'aimait pas les armes à feu et se sentait incapable de 
commettre un meurtre. R______ était présente ce jour-là et elle savait à quoi devait 
servir cette arme. Elle lui avait dit que c'était une mauvaise idée et que, de toute façon, 
quelqu'un d'autre finirait bien par s'en charger vu l'attitude de G______. R______ avait 
aussi informé sa famille, notamment son frère BQ______, des menaces de G______ à 
l'encontre de R______ et de leur fille. A la communauté francophone sur place, avec qui 
il était en contact, il avait uniquement dit que si G______ persistait dans son 
comportement, il allait devoir payer quelqu'un pour s'en prendre à lui. Etant donné qu'il 
en avait parlé à de nombreuses personnes, il ignorait qui avait finalement "honoré le 
contrat".  

Par la suite, X______ a admis qu'il connaissait le tueur à gages sous le nom de 
BR______ et l'a reconnu sur planche photographique. Il s'agissait de BJ______ que la 
police avait auditionnée aux Philippines. BR______ était la personne qui conduisait la 
moto le soir du meurtre et qui l'avait ensuite ramené en moto jusqu'au BE______. Il 
l'avait aperçu auparavant à Siargao et lorsqu'il était allé à la caserne, les militaires lui 
avaient dit qu'un certain BR______ pourrait être intéressé par ce contrat. En août 2014, 
BR______ l'avait approché en lui proposant de "casser la gueule" à G______ mais il 
avait refusé car il ne le connaissait pas. A cette époque, il avait cherché quelqu'un pour 
faire taper G______ mais lorsque les menaces de ce dernier s'étaient précisées, il avait 

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changé ses plans et envisagé de le faire tuer. Il en avait discuté avec BR______ environ 
un mois avant le meurtre.  

Le 6 octobre 2014, il avait prétexté auprès de G______ qu'ils devaient se rendre à 
Surigao City pour faire des achats en vue de leur reprise du Z______. Ils s'y étaient 
rendus en ferry, sur un bateau baptisé "BS______". Une heure après être descendu du 
ferry, il avait reçu un message sur son téléphone portable philippin en provenance d'un 
numéro inconnu disant en substance en anglais : "je sais que tu es arrivé sur l'ile, si tu 
veux que j'exécute le contrat sors de l'hôtel à minuit, tourne à droite et marche. Nous 

nous occuperons du reste". Sur le coup, il avait beaucoup tergiversé mais il avait 
rapidement décidé qu'il allait faire ce qu'il fallait, avant que G______ ne réussisse à se 
procurer une arme. Il n'avait plus le choix.  

Dans la journée, ils avaient fait les magasins pour acheter des meubles et du matériel de 
poker pour le bar. C'était G______ qui avait choisi de résider au J______, pour sa 
proximité avec les magasins. Il avait donné un faux nom à la réception, comme il aimait 
bien le faire, mais cela n'était en rien lié à ce qui était prévu pour le soir-même. Pendant 
qu'ils faisaient leurs achats, il avait pensé à ce qui allait se passer et accepté 
mentalement l'idée d'aller au bout de son projet qui conduirait G______ à la mort. Il 
avait téléphoné au AD______ pour réserver une chambre afin de s'y réfugier après les 
faits. Il avait très peur des hommes qui allaient commettre cet acte. Après avoir mangé 
dans la zone commerciale proche de l'aéroport, ils étaient allés chacun dans leur 
chambre au J______. Il se sentait mal et avait une certaine appréhension. Pour se 
conforter, il avait relu tous les messages que G______ avait envoyés à V______ et 
s'était remémoré toutes ses menaces, tout ce qu'il lui avait dit et tout ce qu'il avait voulu 
lui faire. Il était évident qu'une fois que G______ aurait réussi à s'acheter une arme, ce 
serait trop tard.  

Aux alentours de minuit, il avait proposé à G______ de sortir pour aller manger. En 
sortant de l'hôtel, ils avaient pris à droite et marché une cinquantaine de mètres. Deux 
hommes à moto étaient descendus à leur hauteur. Tout était ensuite allé très vite. 
L'homme assis à l'arrière de la moto avait poussé G______. Il n'avait pas vu si ces 
hommes étaient armés. Pour sa part, il était parti en courant vers la rizière au bord de la 
route, en direction de l'aéroport. Le terrain était un peu mouillé. Dans sa fuite, il n'avait 
rien vu ni entendu, de sorte qu'il ignorait ce qu'il s'était passé entre G______ et ses deux 
agresseurs. Il s'était caché en s'accroupissant dans la rizière derrière une petite bute et 
avait attendu là entre 10 et 20 minutes. Depuis cet endroit, il ne voyait pas G______. Il 
avait téléphoné à R______ et lui avait dit qu'ils s'étaient fait attaquer par des hommes, 
suite à un achat d'arme qui avait mal tourné. Au moment de cet appel, il avait été 
réellement paniqué et pleurait, il ne faisait pas semblant. Après avoir raccroché, il avait 
vérifié qu'il n'y avait personne et avait marché vers la route pour chercher G______ et 
savoir ce qu'il s'était passé, mais, environ à l'endroit où le corps de G______ avait par la 
suite été retrouvé, il n'avait rien vu. Il avait crié le nom de G______ mais il n'y avait 
personne aux alentours. Il avait pris un touk-touk pour aller au BE______ de Surigao 
City, d'où il avait à nouveau appelé R______ qui lui avait conseillé d'aller voir la police. 
Il lui avait répondu qu'il ne le ferait pas car il ne faisait pas confiance à la police.  

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Il était allé au AD______ vers 03h00 ou 04h00, s'était enregistré sous son vrai nom et 
avait payé avec sa carte de crédit. Il avait reçu un SMS lui demandant de virer la somme 
de PHP 35'000.- ou PHP 45'000.- via une société de transfert de fonds. Il avait effectué 
le virement le lendemain matin depuis Surigao City au moyen de l'argent qu'il lui restait 
de G______. Pour ce transfert d'argent, il n'avait pas eu besoin de donner son identité, 
mais uniquement un numéro de téléphone philippin, Il suffisait ensuite de transmettre 
un code à cette personne par messagerie. Il était allé ensuite au bureau de l'immigration 
pour demander une extension de son visa, avant de monter dans le ferry vers 10h30, 
pour rentrer à Siargao.  

Concernant l'argent, il a précisé que G______ avait déjà dépensé une grande partie de la 
somme qu'il avait fait transférer sur son compte bancaire, en achetant une PlayStation 
mais aussi en payant l'avance pour le Z______ et les charges de la maison. Après avoir 
versé le prix au tueur à gages, il ne lui restait plus qu'environ PHP 55'000.- en liquide, 
sur lesquels il avait ramené entre PHP 15'000.- et 20'000.- (équivalent de CHF 280.- à 
370.-) avec lui en Suisse, alors que le solde devait avoir été retrouvé sur le corps de 
G______. S'il avait initialement prévu d'utiliser son propre argent pour payer le tueur à 
gages, il avait finalement utilisé celui de G______ car il avait été pris de court lorsque 
les exécutants l'avaient contacté de manière inattendue à son arrivée à Surigao City.  

e.a.b. Au cours de son audition, X______ est revenu sur certaines de ses déclarations.  

Contrairement à ce qu'il avait indiqué, BR______ l'avait l'avait ramené en moto au 
BE______ à Surigao City. Il était en contact avec BR______, dont il avait le numéro de 
téléphone lorsqu'il l'avait approché à Siargao, et ils s'étaient rencontrés à deux reprises, 
au lieu des combats de coqs. Il avait reçu un SMS de sa part lorsqu'il était arrivé à 
Surigao. Lorsque le meurtre avait eu lieu, BR______ avait sûrement pris l'argent que 
G______ avait sur lui. Il avait envoyé des messages à G______ le lendemain matin en 
prétendant être à sa recherche uniquement dans le but de se forger un alibi. Le 
lendemain, BR______ lui avait demandé par SMS de verser la somme convenue via un 
système de transfert de fonds. Il était vrai qu'il n'avait à ce moment-là aucune certitude 
que G______ était bien mort. Il avait néanmoins payé, en pensant que "le boulot avait 
bien été fait" car il avait peur de représailles de la part de BR______. 

Il était rentré à Siargao le 7 octobre 2014 vers 14h00. Il avait raconté à R______ qu'ils 
avaient été victimes d'un braquage dans le cadre d'une transaction d'arme qui avait mal 
tourné, puis le soir, ils étaient sortis manger au BO______. Dans la nuit du 7 au 8 
octobre, Y______ lui avait envoyé une image du corps de G______ retrouvé mort. Il 
avait rejoint Y______ et BI______ au BH______ et ils avaient appelé l'ambassade pour 
donner les détails de l'identité de G______. Il détenait le passeport de G______ car ce 
dernier le lui avait remis pour le mettre en sécurité dans son coffre-fort. Une personne 
de l'ambassade lui avait fortement conseillé de rentrer en Suisse. On lui avait aussi 
conseillé de passer à l'ambassade pour déposer le passeport de G______ mais il ne 
l'avait pas fait. Il avait quitté les Philippines sur les conseils de l'ambassade, mais aussi 
de sa mère, et non pas pour fuir les conséquences judiciaires aux Philippines. Il était 
arrivé à Genève le 9 octobre 2014.  

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e.a.c. X______ a indiqué qu'il regrettait à moitié ce qu'il avait fait. Il regrettait la 
situation dans laquelle il se trouvait actuellement, mais ne regrettait pas le choix qu'il 
avait fait car il estimait que c'était "lui ou moi". Emu, il a souligné qu'il avait voulu 
protéger sa famille et que sa vie s'effondrait d'un coup, juste pour avoir voulu la 
protéger. Il avait dit toute la vérité à sa mère et à son beau-père lorsque la police se 
trouvait aux Philippines. 

e.b.a. Devant le Ministère public le 11 décembre 2015, X______ a ajouté qu'il était prêt 
à donner les noms des personnes qui l'avaient assisté dans le meurtre de G______, à la 
condition que R______ et sa fille soient mises en sécurité.  

Un militaire de la caserne qui se trouve sur l'île de Siargao lui avait donné le contact 
d'un certain BR______, qu'il avait alors contacté par téléphone puis rencontré au mois 
de septembre à Siargao près du lieu des combats de coqs. Il lui avait donné le nom de 
G______ et lui avait fourni une avance d'environ PHP 10'000.- pour qu'il le tue. Cet 
argent lui appartenait. C'était la femme de BR______ qui avait fait office 
d'intermédiaire afin de traduire à BR______ car ce dernier ne parlait pas très bien 
anglais. Il avait eu au total entre 4 et 5 contacts avec BR______. Il n'avait donné aucune 
indication à BR______ au sujet de la façon dont devait mourir G______ ou sur ce qui 
devait lui être fait avant qu'il ne soit tué. 

Il avait trouvé louche que G______, qui voulait se procurer une arme, ait choisi la date 
de leur déplacement et l'hôtel dans lequel il logeait. Il avait ainsi imaginé que dès le 
moment où G______ aurait une arme, il allait mettre ses menaces à exécution et faire du 
mal aussi à sa fille et à R______. Il se devait donc d'agir en premier. Il avait pensé à sa 
famille et à rien d'autre. Les menaces auxquelles il faisait allusion ressortaient des 
messages que G______ avait envoyés à V______, de menaces verbales mais aussi du 
fait qu'il voulait se procurer une arme, prétendument pour se défendre. Dans un message 
à V______, G______ avait dit qu'il pouvait le "niquer comme il voulait" et qu'il n'avait 
pas peur, ni de X______, ni des philippins. Quand G______ avait fait verser l'argent sur 
son compte, il lui avait annoncé "Si tu essaies de me niquer, je te bute". Les menaces 
concernaient aussi sa famille en Suisse puisqu'il avait lu que G______ avait donné à 
V______ leur adresse à Genève. Ces deux derniers avaient fait du trafic de drogue en 
Suisse et il avait vu une vidéo d'eux dans laquelle ils faisaient du tir avec une arme, ce 
qui ne l'avait pas du tout rassuré. Cela l'avait amené à se dire qu'il devait réagir vis-à-vis 
de sa famille. Il avait parlé de ces menaces à R______, laquelle était également effrayée 
par G______ et son comportement vis-à-vis des philippins.  

Il avait envoyé un SMS à BR______ lorsqu'il était parti en ferry avec G______ pour 
indiquer le nom de l'hôtel où ils se rendaient puis BR______ lui avait donné des 
instructions, notamment qu'il devait sortir de l'hôtel à minuit. Après être sorti de l'hôtel 
vers minuit, ils avaient pris à droite et avaient marché le long la route. Tout à coup, deux 
personnes étaient arrivées sur une moto blanche de marque RACAL. Il avait 
formellement reconnu BR______, qui avait commencé à attaquer G______, en le tenant 
par le col. Il était alors parti en courant pour se cacher dans la rizière. Il avait attendu 
qu'il n'y ait plus de bruit, paniqué et en état de choc. Il ignorait la façon dont les choses 

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allaient se passer et ne pensait pas vraiment que BR______ irait "jusqu'au bout", 
imaginant plutôt que G______ serait passé à tabac. N'ayant pas retrouvé G______, il 
avait appelé BR______ qui lui avait confirmé "c'est fait, j'ai besoin de mon argent". 
BR______ était ensuite revenu seul le récupérer sur sa moto blanche et l'avait amené au 
BE______ de Surigao City, où il avait dû lui remettre le reste de l'argent, soit environ 
PHP 20'000.-. Sur ce montant, une partie lui appartenait et une autre à G______, mais il 
ne savait pas dans quelle proportion. Le lendemain, BR______ lui avait fait du chantage 
pour qu'il verse encore un montant supplémentaire d'environ PHP 12'000.- ou 15'000.-. 
Ce montant supplémentaire provenait de l'argent de G______. G______ et lui avaient 
chacun une partie de ces espèces sur eux, puisqu'ils étaient supposés s'en servir pour 
acheter du matériel pour le bar. La somme totale utilisée pour engager BR______ se 
montait ainsi à un peu moins de CHF 1'000.- (environ PHP 53'000.-). Le 9 octobre 
2014, c'était son anniversaire et il allait recevoir de l'argent de la part de sa famille ce 
qui lui aurait permis de se servir de cet argent. Il avait peur que BR______ se retourne 
contre sa famille s'il ne payait pas immédiatement, motif pour lequel il avait utilisé 
l'argent de G______ qu'il avait à disposition. Il avait demandé à G______ de lui 
remettre son passeport dans le but de l'empêcher de quitter le territoire s'il devait arriver 
quelque chose à sa famille ou à lui-même. Depuis que G______ avait fait virer son 
argent sur son compte, il avait essayé de limiter au maximum les retraits.  

Avant le 7 octobre 2014, il n'avait pas fait de plans précis pour la suite, hésitant entre 
revenir en Suisse ou continuer ses activités à Siargao, mais il n'avait en tout cas pas 
l'intention de reprendre le Z______ seul. Lorsque, dans la nuit, il était allé voir Y______ 
et BI______, il était très stressé et avait peur. Il était soulagé car tant sa famille que lui-
même étaient en sécurité, mais en même temps il avait peur des conséquences de ses 
actes.  

e.b.b. L'attitude de G______ avait suscité en lui un tel sentiment de haine et de colère, 
qu'il l'aurait frappé lui-même si seulement il en avait été capable. Il lui avait demandé de 
cesser ses menaces mais cela ne servait à rien. Il avait pleuré auprès de sa mère et 
auprès de R______ à cause de cela. G______ avait commencé à le menacer déjà une 
semaine après son arrivée. Les menaces avaient pris une telle ampleur qu'il n'était plus 
suffisant d'engager quelqu'un pour lui faire peur ou pour le frapper, car ce n'était qu'une 
question de temps pour que G______ mette ses menaces à exécution. Il avait dû agir le 
plus rapidement possible, sans quoi il allait y passer. Deux ou trois semaines avant le 
6 octobre 2014, il avait décidé de rester passif, en étant le plus docile possible en 
attendant que le contrat soit mis à exécution. Concrètement, les menaces de G______ 
étaient bien des menaces de mort contre lui-même et les membres de sa famille. 
G______ disait qu'il allait contrôler l'île et qu'il allait devenir le nouveau dealeur de 
Siargao, ayant des graines de marijuana qu'il voulait faire pousser et, alors que V______ 
devait le rejoindre pour poursuivre le business avec lui. Il estimait que ce n'était pas des 
paroles en l'air.  

e.b.c. Il n'avait aucun regret dans la mesure où il avait agi pour protéger sa famille. Il 
était conscient d'avoir commis un crime mais estimait que c'était de la légitime défense. 
Il n'avait pas fait cela pour l'argent car s'il avait été dans le besoin, il pouvait toujours 

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faire un aller-retour en Suisse, comme il l'avait fait auparavant pour gagner un peu 
d'argent. D'ailleurs sa famille avait de l'argent, vivant à Monaco ou en Suisse. Il n'avait 
jamais voulu se battre, ni trop "se mouiller" et avait toujours respecté une ligne de 
conduite. En dehors de quelques petites erreurs, il avait toujours respecté la loi. 
Pourtant, dès le moment où l'on s'attaquait à sa famille et dans la mesure où ni la loi ni 
aucune juridiction ne pouvait le protéger, il avait dû prendre les devants. Si une telle 
situation avait eu lieu en Suisse, il se serait rendu à la police, puisqu'il avait confiance 
en la justice de son pays. Ce n'était pas le cas aux Philippines, car la police n'était pas 
efficace et si G______ était passé à l'acte, il était persuadé qu'il n'y aurait eu aucune 
conséquence pour lui. La police n'aurait rien fait s'il était allé s'en plaindre. Il a fini par 
déclarer : "Tout le monde aurait fait la même chose pour sa famille, mais aujourd'hui 
c'est moi qui ai des problèmes." 

e.c. Entendu par le Tribunal des mesures de contrainte le 13 décembre 2015, dans le 
cadre de sa mise en détention provisoire, X______ a indiqué qu'il avait dit la vérité, 
contrairement à la première fois en octobre 2014. En effet, à cette époque, il avait eu 
très peur, d'autant que ce n'était pas une chose facile à avouer. Il l'avait fait désormais 
car il était difficile pour lui de vivre avec ce secret. Les policiers de la BCrim étant 
revenus des Philippines, il ne voyait plus de raison de cacher la vérité, pensant que les 
policiers arriveraient à comprendre les circo