# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 8826e116-2e49-5169-a771-9d75024a324a
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours civile HC / 2016 / 1101
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_010_HC---2016---1101_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

VD16.040146-161814

466 

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS CIVILE

_________________________________________

Arrêt du
18 novembre 2016

______________________

Composition
:               M.             
Winzap,
président

             
              M.             
Pellet et Mme Courbat, juges

Greffière
:              Mme             
Cuérel

 

 

*****

 

 

Art.
118 al. 3 CPC

 

 

             
Statuant à huis clos sur le recours interjeté par R.________,
actuellement détenu à l’établissement de La Croisée, à Orbe, contre la
décision rendue le 6 octobre 2016 par le Président du Tribunal civil de l’arrondissement
de l’Est vaudois dans la cause le concernant, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal
considère :

             
En fait :

 

 

A.             
Par décision du 6 octobre 2016, le Président du Tribunal civil de l’arrondissement de
l’Est vaudois a accordé à R.________ le bénéfice de l’assistance judiciaire
dans la cause en expulsion du domicile qui l’oppose à [...] avec effet au 29 septembre 2016
(I), a dit que l’assistance judiciaire comportait notamment l’assistance d’un conseil
d’office en la personne de Me [...] (II), R.________ étant astreint à payer une franchise
mensuelle de 100 fr. dès et y compris le 1er
novembre 2016 (III).

 

             
Le premier juge a considéré que R.________ remplissait les deux conditions cumulatives de l’art.
117 CPC et que le paiement d’une franchise mensuelle de 100 fr. se justifiait compte tenu de sa
situation financière.  

 

 

B.             
Par acte du 12 octobre 2016, R.________ a recouru
contre cette décision, en concluant en substance à ce qu’aucun conseil d’office
ne lui soit désigné.

 

 

C.             
La Chambre des recours civile fait sien dans son entier l'état de fait du jugement, complété
par les pièces du dossier, dont il ressort notamment ce qui suit :

 

             
Une procédure en expulsion de domicile au sens de l’art 28b al. 4 CC  a été
ouverte par [...] contre R.________.

 

             
Le 29 septembre 2016, R.________ a déposé une demande d’assistance judiciaire dans le
cadre de cette procédure. Il a notamment indiqué qu’il souhaitait la désignation
de Me [...] en qualité de conseil d’office. 

 

 

 

 

 

 

             
En droit
:

 

1.             
              

1.1             
              L’art. 319 let.
b ch. 1 CPC ouvre la voie du recours contre les décisions et ordonnances d’instruction de
première instance pour lesquelles un recours est expressément prévu par la loi. Aux termes
de l'art. 121 CPC, les décisions refusant ou retirant totalement ou partiellement l’assistance
judiciaire peuvent faire l'objet d'un recours. Bien que cela ne résulte pas expressément de
son texte, cette disposition s'applique aussi à d’autres décisions en matière d'assistance
judiciaire ne donnant pas satisfaction au requérant (Tappy, CPC commenté, Bâle 2011, n.
2 ad art. 121 CPC). 

 

             
Lorsque la décision a été rendue
en procédure sommaire, par exemple lorsque le juge statue en matière d'assistance judiciaire
(art. 119 al. 3 CPC), le recours, écrit et motivé, doit être déposé dans un
délai de dix jours à compter de la notification de la décision (art. 321 al. 2 CPC) auprès
de l'instance de recours, soit la Chambre des recours civile (art. 73 al. 1 LOJV [loi vaudoise d'organisation
judiciaire du 12 décembre 1979 ; RSV 173.01]).             

 

1.2             
              En
l’espèce, déposé en temps utile par une partie qui a un intérêt digne
de protection (art. 59 al. 2 let. a CPC), le recours est recevable.

 

2.             
              Le recours est recevable
pour violation du droit (art. 320 let. a CPC) et constatation manifestement inexacte des faits (art.
320 let. b CPC). L'autorité
de recours dispose d'un plein pouvoir d'examen s'agissant de la violation du droit (Spühler, Basler
Kommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung, 2e
éd., Bâle 2013, n. 1 ad art. 320 CPC). Elle revoit librement les questions de droit soulevées
par le recourant et peut substituer ses propres motifs à ceux de l'autorité précédente
ou du recourant (Hohl, Procédure civile, tome II, 2è
éd., 2010, n. 2508). Comme pour l'art. 97 al. 1 LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral
; RS 173.110), le grief de la constatation manifestement inexacte des faits ne permet que de corriger
une erreur évidente, la notion se recoupant en définitive avec l'appréciation arbitraire
des preuves (Jeandin, CPC commenté, Bâle 2011, nn. 5 et 6 ad art. 320 CPC ; Corboz, Commentaire
de la LTF, 2e
éd., Berne 2014, n. 27 ad art. 97 LTF).

 

 

 

3.             
Le recourant formule diverses réquisitions
à l’attention du premier juge, en relation avec l’instruction de la procédure de
première instance, qui n’ont dès lors pas à être examinées dans le cadre
de la procédure de recours et qui sont en conséquence des griefs irrecevables. 

 

4.             

4.1             
Le recourant fait valoir que l’une des présidentes du tribunal de première instance chargé
de sa cause est la compagne de son conseil d’office, de sorte que ce dernier lui aurait « demandé
de le désister ». Il ajoute vouloir se défendre seul. 

 

4.2             
La désignation d’un conseil d’office,
rémunéré par l’Etat, suppose que l’intervention d’un mandataire professionnel
apparaisse indispensable (Tappy, 
op. cit.,
n. 20 ad art. 117 CPC). Pour déterminer si l’intervention d’un représentant professionnel
est nécessaire, il faut d’abord tenir compte d’éléments objectifs, notamment
l’enjeu et la complexité de la cause ou les règles de procédure applicables. On
doit alors se demander si un plaideur raisonnable placé dans une situation semblable et disposant
de ressources suffisantes mandaterait un avocat. La soumission à la maxime inquisitoriale,
voire à la maxime d'office, est évidemment un facteur permettant plus aisément d'agir
seul, mais ne saurait exclure en principe la commission d'un conseil juridique, en particulier si la
procédure est susceptible de porter une grave atteinte à la situation juridique du requérant
(Tappy, op. cit., n. 13 ad art. 118 CPC et les réf. citées). Il convient ensuite de tenir compte
d’éléments subjectifs, notamment les aptitudes personnelles du requérant ou sa familiarité
avec la pratique judiciaire (ATF 128 I 225 consid. 2.5.2, JdT 2006 IV 47). Il découle de l’art.
118 al. 1 let. c CPC que le principe de l’égalité des armes entre les parties doit être
particulièrement pris en considération et qu’il se justifie d’admettre plus facilement
la commission d’un conseil d’office quand la partie adverse a elle-même mandaté
un représentant professionnel ; ce principe n’est toutefois pas absolu et un conseil
d’office peut être refusé à un justiciable dans des causes minimes ou si l’intéressé
dispose d’une expérience judiciaire, nonobstant le fait que la partie adverse est représentée
(Tappy, op. cit., nn. 12 et 17 ad art. 118 CPC ; Emmel, in :
Sutter-Somm/Hasenböhler/Leuenberger [éd.], Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung,
2e
éd., Bâle 2013, n. 9 ad art. 118 CPC ; CREC 25 avril 2016/140 ; CREC 5 juin 2014/197).

 

4.3             
En premier lieu, les relations entre l’une
des présidentes du Tribunal d’arrondissement de l’Est vaudois et le conseil d’office
désigné au recourant sont sans incidence en l’espèce, dès lors que ce n’est
à l’évidence pas cette magistrate qui se chargera de la cause à laquelle le recourant
est partie. 

 

             
Du reste, il faut admettre, au vu notamment du contenu du recours, que l’assistance d’un
conseil d’office dans la procédure est nécessaire. Le recourant a d’ailleurs rempli
et signé personnellement la requête d’assistance judiciaire comportant la demande de
désignation de Me [...], l’avis exprimé dans son recours étant ainsi en contradiction
avec sa démarche initiale. En outre, le recourant est détenu et la cause comporte un enjeu
qui n’est pas de peu d’importance, s’agissant de l’expulsion de son domicile.

 

             
En définitive, les modalités de l’assistance judiciaire telles que fixées dans la
décision attaquée doivent être confirmées. 

 

5.             
En conclusion, le recours doit être rejeté
selon le mode procédural de l’art. 322 al. 1 CPC et la décision attaquée confirmée.

 

             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 100 fr. (art. 69 al. 3 TFJC
[tarif des frais judiciaires en matière civile du 28 septembre 2010 ; RSV 270.11.5]) sont mis
à la charge du recourant qui succombe (art. 106 al. 1 CPC). 

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours civile du Tribunal cantonal,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
La décision est confirmée.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 100 fr. (cents francs), sont
mis à la charge du recourant R.________.

 

             
IV.             
L’arrêt est exécutoire. 

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

‑             
M. R.________, actuellement détenu à La Croisée,

‑             
Me [...].

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. le Président du Tribunal civil de l’arrondissement de l’Est vaudois.

 

             
La greffière :