# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** bd76157e-6b0b-595d-8662-18757ef734bb
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-09-17
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 17.09.2020 P/13748/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-13748-2019_2020-09-17.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/13748/2019 ACPR/653/2020 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du jeudi 17 septembre 2020 

Entre 

A______, domicilié c/o Consulat de la République du B______, ______ [GE], comparant 
par Me Robert ASSAEL, avocat, Poncet Turrettini, rue de Hesse 8-10, case postale 5715, 

1211 Genève 11, 

C______, p.a. Me D______, ______ [GE], avocat, 

E______, sans domicile connu, comparant par Me Fateh BOUDIAF, avocat, rue de 

l'Arquebuse 14, case postale 5006, 1211 Genève 11, 

F______, sans domicile connu, comparant par Me Loris BERTOLIATTI, avocat, Borel & 

Barbey, rue de Jargonnant 2, case postale 6045, 1211 Genève 6, 

G______, sans domicile connu, comparant par Me Eric VAZEY, avocat, Montavon 

Mermier Vazey Réalini, rue du Nant 6, case postale 6509, 1211 Genève 6, 

H______, domiciliée Ambassade du B______, ______, Allemagne, comparant par 

Me Sébastien LORENTZ, avocat, c/o Lawffice SA, rue Général-Dufour 22, case postale 

5539, 1211 Genève 11, 

recourants, 

contre l'ordonnance rendue le 5 juin 2020 par le Ministère public, 

et 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimé. 

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EN FAIT : 

A. Par actes séparés, expédiés au greffe de la Chambre de céans les 19 et 20 juin 2020, 
A______, C______, E______, G______, F______ et H______ recourent contre les 
ordonnances du 5 juin 2020, notifiées les 9 et 10 juin 2020, par lesquelles le 
Ministère public a constaté qu'ils n'étaient au bénéfice d'aucune immunité 
diplomatique. 

Les recourants concluent, sous suite de frais, à l'annulation de l'ordonnance les 
concernant, à ce qu'il soit dit qu'ils sont au bénéfice de l'immunité de juridiction des 
agents de l'État et de celle du chef d'État, qu'il existe donc un obstacle absolu à 
l'exercice de l'action publique et que la P/13748/2019 doit être classée, voire à ce 
qu’elle soit renvoyée au Ministère public pour nouvelle décision, dans le sens des 
considérants.  

B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier : 

a. Selon un décret du 9 décembre 2011 intitulé "organisation de la Direction 
I______", il existe au B______ un [service] chargé de la protection rapprochée du 
Chef de l'État, dont les contours ont été précisés par un décret n° 1______ du 
______ 2015 de J______, Président de la République du B______, "portant 
organisation de la Direction I______". Selon celui-ci, ladite [Direction I______] 
relève directement du Président de la République (art. 1) et comprend, entre autres 
services, le "K______" chargé "de la protection rapprochée du Chef de l'État, des 
membres de sa famille, des personnes travaillant à la Présidence de la 
République  [...]" (art. 4), ainsi que "de la protection des itinéraires à emprunter par 
le Chef de l'État [...]" (art. 13 al. 1). Ce [service] comprend, hors du B______, une 
compagnie de Commandement et de Service et trois compagnies de "______" 
[sécurité] (art. 13 al. 3), qui "sont des unités à effectifs déterminés spécialement 
formées et entraînées, travaillant soit en civil, soit en tenue militaire ______", dont 
les membres "sont chargés de la sécurité rapprochée du Chef de l'État, qu’ils 
escortent à l'occasion des sorties officielles ou privées" (art. 17). 

b. G______ et C______, officiers de recherche, A______, F______ et E______, 
officiers de sécurité, font partie du [service K______] et bénéficient d'un passeport 
de service. Ils sont arrivés en Suisse en juin 2019 porteurs d'un ordre de mission du 
20 juin 2019 ayant pour motifs "LIAISON AMBASSADE", établi par le Ministre 
d'État, Secrétaire général de la présidence de la République du B______. 
H______, deuxième secrétaire de l'ambassade du B______ en Allemagne, a reçu un 
ordre de mission du 21 juin 2019 à Berlin, lui enjoignant d'assurer la sécurité du Chef 
de l'État B______ en Suisse. 

c. L'avion présidentiel a été autorisé à atterrir à Genève par le Département fédéral 
des affaires étrangères (ci-après DFAE) ("The Diplomatic Clearance application has 
been approved").  

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d. Le 24 juin 2019, l'ambassade de la République du B______ à Berne a fait savoir 
aux autorités fédérales que des activistes B______ violents avaient saccagé les 
ambassades du B______ en France et en Allemagne. Elle attirait l'attention sur la 
dangerosité des individus qui projetaient de déferler sur la Suisse le samedi 29 juin 
2019 et invitait le DFAE à prendre les mesures nécessaires afin d'éviter la survenance 
d'événements malheureux. 

e. J______ s'est rendu à Genève pour une visite privée, dépourvue de caractère 
officiel, et a séjourné à l'hôtel L______ dès le 24 juin 2019. Sa sécurité était assurée 
par, entre autres, A______, F______, G______, C______, E______ et H______. 

f. Selon les images de vidéosurveillance de l'hôtel L______, versées à la 
procédure, le 26 juin 2019 peu après 18 heures, neuf personnes sont arrivées sur 
l'esplanade située devant cet hôtel. Elles sont apparues en ordre disparate et 
aucune d’elles ne portait d’objet ou de pancartes, excepté un drapeau. Arrivant par 
l’autre côté du chemin 2______, M______, journaliste qui n'affichait aucun signe 
distinctif de sa profession, a salué un des participants de ce groupe puis a filmé la 
scène avec son téléphone portable. Ce groupe hétéroclite, évoluant calmement, 
s’est porté à la hauteur des agents de sécurité B______ stationnés devant l’hôtel 
puis, approximativement une minute plus tard, s'est retiré et a traversé la route 
pour se positionner le long d'un mur, sur le trottoir d'en face, sans crier ni 
manifester, le tout alors que deux policiers suisses étaient présents à proximité des 
agents B______. Quelques minutes plus tard, ces derniers ont quitté le périmètre 
de l'hôtel et traversé le chemin 2______. Ils ont entrepris de disperser les neuf 
personnes toujours stationnées devant le mur, ce qu'ils sont parvenus à faire 
rapidement, sans heurt, résistance ou opposition. Un agent helvétique était 
également présent et a suivi, sinon provoqué, le départ de ces personnes. Alors 
que les agents B______ s'en revenaient vers l'hôtel et après avoir pratiquement 
retraversé la route, ils sont passés devant M______ qui, seul, était resté sur place. 
Il ne filmait pas ni ne faisait rien de particulier. Faisant usage de violence 
physique, les agents lui ont arraché son téléphone, son portemonnaie et son sac à 
dos, tout en lui bloquant les bras, lui causant ainsi des lésions et endommageant 
ses affaires. 

g. M______ a déposé plainte pénale en raison de ces faits le jour même. 

h. Entendus par la police le 2 juillet 2019 en qualité de prévenus, les agents de 
sécurité B______ se sont prévalus de la même immunité diplomatique que leur 
Président ou d'une immunité diplomatique plus générale. Ils étaient assistés d'un 
commissaire de leur pays qui, lors de ces auditions, a invoqué pour tous le bénéfice 
d'une immunité ratione materiae en raison d'un ordre de mission émanant du 
Président de la République.  

i. Interpellé par le Procureur général, le DFAE, par l’intermédiaire de N______, de la 
section du droit diplomatique et consulaire (DDIP), a exposé par courriel du 2 juillet 

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2019 que les agents B______ n’étaient pas connus du DFAE, n’étant "[...] pas 
membres du personnel d'une mission diplomatique en Suisse, d'une mission 
permanente auprès des organisations internationales à Genève, d'un poste 
consulaire en Suisse ou d'une organisation internationale avec siège en Suisse [...]", 
ni "[...] membres d'une délégation officielle auprès de la Suisse ou auprès d'une 
organisation internationale avec siège en Suisse". Par conséquent, sur cette base et 
en l'état des informations communiquées, ils n’étaient pas au bénéfice d'une 
immunité de juridiction. Par ailleurs, le DFAE ignorait les raisons de la présence en 
Suisse de H______, dont le statut diplomatique ne lui conférait une immunité de 
juridiction qu’en Allemagne ; conformément à l'art. 40 de la Convention de Vienne 
sur les relations diplomatiques du 18 avril 1961 (CVRD ; RS 0.191.01), l'immunité 
diplomatique ne pouvait lui être accordée par un État tiers que si elle traversait le 
territoire ou se trouvait sur le territoire de l'État tiers pour y assumer ses fonctions, 
rejoindre son poste ou rentrer dans son pays, ce qui n’était pas son cas. 

j. Après avoir confronté les prévenus le 3 juillet 2019, considérant l’absence 
d’immunité confirmée par le DFAE, le Ministère public a rendu contre chacun d'eux 
une ordonnance pénale. Tous y ont fait opposition en temps utile. 

k. Sollicité par l'agent de sécurité A______, O______, professeur à la faculté de 
droit des sciences criminelles et d'administration publique de l'université de 
P______, lui a délivré un avis de droit le 14 août 2019, concluant à l'existence d'une 
immunité ratione materiae en faveurs des prévenus, subsidiairement et par 
extension, d'une immunité du chef d'État.  

Ce document, versé à la procédure, retient les faits suivants : "il n'est pas contesté 
que Monsieur A______ a été impliqué dans les faits qui lui sont reprochés par le 
Ministère public genevois, en sa qualité de membre du service de sécurité de 
Monsieur J______, Président de la République du B______. Il découle, en effet, du 
dossier de la procédure pénale que c'est en voulant repousser les manifestants qui 
s'étaient regroupés devant l'hôtel L______ où séjournait Monsieur J______, pour 
protéger et assurer la sécurité de ce dernier, que Monsieur A______ a accosté 
Monsieur M______, principalement pour le tenir à l'écart et l'empêcher de filmer la 
scène impliquant des manifestants. Monsieur A______ ayant agi en qualité d'agent 
de l'État étranger, la première condition de l'immunité ratione materiae est donc 
remplie".  

Cette immunité supposait aussi que l'agent étranger ait accompli l'acte imputé "à titre 
officiel", ce qui, selon les travaux en cours de la Commission de droit international de 
l’ONU (CDI), correspond à la définition suivante : "s'entend de tout acte accompli 
par un représentant de l'État dans l'exercice de l'autorité étatique". Selon ces mêmes 
travaux, l'expression relativement large d’"autorité étatique" aurait été retenue pour, 
notamment, ne pas limiter cette immunité aux seules prérogatives relevant de la 
puissance publique ; elle devait se comprendre comme visant tout individu qui 

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"représente l'État ou exerce des fonctions étatiques", ce qui confère à l'immunité 
ratione materiae un champ plus large que celui de l'immunité ratione personae. 

Concrètement, les prévenus avaient tous agi en leur qualité de membres du service de 
sécurité du Président de la République du B______, conformément au décret 
présidentiel du ______ 2015 et alors qu'ils étaient en possession d'un passeport de 
service établi officiellement, délivré à ceux qui accomplissent des missions ou qui 
sont affectés à l'étranger pour le compte du gouvernement B______. Leur qualité 
d'agents de sécurité entrainait l'inapplicabilité de la CVRD puisqu'ils ne répondaient 
pas aux exigences d'accréditation prévues par cette convention. Mais l’immunité 
ratione materiae devait leur être accordée puisqu'ils avaient agi pour la protection de 
J______ lors de son séjour à Genève selon un ordre de mission décerné le 20 juin 
2019 par une personne compétente et qu'ils étaient sous les ordres de H______, leur 
supérieure hiérarchique, chargée expressément d"'assurer la sécurité du chef de 
l'État B______". 

En conséquence, il ne faisait aucun doute que les actes litigieux, visés par la 
procédure pénale P/13748/2019, n'avaient pas été commis par les agents de sécurité à 
titre privé, mais à titre officiel, le caractère privé du séjour de J______ à Genève 
étant dénué de pertinence puisque seule était décisive la nature officielle de la 
mission accomplie par l'agent de l'État étranger. La deuxième condition de 
l'immunité ratione materiae était donc réalisée et les agents de sécurité pouvaient 
s'opposer à la compétence juridictionnelle des autorités pénales suisses en rapport 
avec les événements du 26 juin 2019, la procédure devant être classée.  

Par ailleurs, l'immunité ratione materiae ayant aussi pour but de prémunir les États 
étrangers contre une ingérence de l'État du for dans leur organisation interne, les 
autorités suisses n’étaient pas légitimées à mettre en doute, critiquer ou s'immiscer 
dans l'organisation interne de la République du B______, dans un domaine aussi 
sensible que la sécurité présidentielle. La Suisse se devait donc de respecter le choix 
opéré souverainement par la République du B______ de confier la sécurité 
présidentielle à des agents étatiques, conformément à ses règles internes. 

Sur un autre plan, à teneur du droit international coutumier, l'auteur de l'avis de droit 
considère que les agents B______ pouvaient se prévaloir de l'immunité des chefs 
d'État découlant de l'immunité et de la souveraineté de l'État. Les chefs d'États 
jouissent d'une immunité de juridiction en principe absolue, qui empêche toute 
poursuite pénale pour leurs actes officiels ou privés et est étendue aux chefs de 
gouvernement et aux ministres des affaires étrangères (personnes communément 
désignées par le terme de "Triade"). Un courant doctrinal prônerait l'extension de 
cette immunité ratione personae aux membres de leur famille et de la suite qui les 
accompagnent lorsqu’ils se trouvent à l'étranger, conformément à la théorie de 
l'intérêt de la fonction. Cette extension était consacrée par la pratique diplomatique 
suisse et corroborée par plusieurs dispositions conventionnelles et le Tribunal fédéral 
s'est exprimé dans ce sens, par un considérant qui n’a toutefois reçu depuis sa 

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parution aucune explication supplémentaire, mais n’a pas non plus été nuancé ou 
contredit, de sorte qu'il conserverait sa pertinence dans l'examen de cette question : 
"Cette immunité de juridiction est également reconnue au chef d'État qui séjourne 
dans un État étranger à titre privé et s'étend dans ces circonstances, aux membres 
les plus proches de sa famille qui l'accompagnent, ainsi qu'aux membres de sa suite 
ayant un rang élevé. Ces personnes ne peuvent par conséquent faire l'objet de 
poursuites pénales ou même d'une assignation à comparaître devant un tribunal" 
(ATF 115 Ib 496 p. 499). 

Le cercle exact des bénéficiaires de l’immunité du chef d'État n'était pas clairement 
défini et les sources consultées ne traitaient pas spécifiquement du cas des personnes 
rattachées au service de sécurité d'un chef d'État. Cela étant, au regard de 
l'importance centrale de la fonction exercée par le service de sécurité du chef d'État, 
le rôle des agents de sécurité spécialement affectés à cette tâche apparaît 
indissociable de celui de chef d'État et il apparaitrait inconcevable, dans le climat 
d'instabilité politique et sécuritaire actuel, qu'un chef d'État se déplace à l'étranger 
sans être accompagné de son propre service de sécurité. L'omniprésence de la 
Direction de la Sécurité Présidentielle et des différentes sections qui la composent 
dans le quotidien du Président de la République du B______ ressort du décret du 
______ 2015. Par conséquent, en référence à la doctrine qui se fonde sur la théorie 
dite de l'intérêt de la fonction de chef d'État, il pourrait être soutenu que 
"l'indépendance d'un chef d'État serait compromise [...]" si son immunité n'était pas 
étendue à son service de sécurité, à l'instar de ce qui est déjà admis, notamment par le 
Tribunal fédéral, pour les membres de la famille du chef d'État et sa suite. Mais cette 
approche n'a, à ce jour, pas été "testée" par la jurisprudence. 

la. Sollicitée par le Procureur général, la DDIP a, par courrier du 14 mai 2020, 
maintenu la position exprimée dans le courriel du 2 juillet 2019, nonobstant les 
éléments mentionnés dans l'avis de droit du professeur O______, sans vraiment 
remettre en cause la plupart des considérations générales exprimées. Toutefois, la 
DDIP observe que les travaux de la CDI sur lesquels l’avis se basait étaient en cours 
et n'avaient pas abouti à un texte définitif présenté à l'Assemblée générale de l'ONU, 
ni à un consensus international. Par ailleurs, l'immunité ratione personae définie par 
la CDI concernait uniquement les personnes ayant une "fonction de représentation de 
l'État dans les relations internationales", ce que n’étaient pas des membres du 
service de sécurité d'un chef d'État, alors que l’immunité ratione materiae devait 
réunir trois conditions cumulatives pour être retenue, soit : (i) être considéré comme 
un représentant de l'État; (ii) avoir accompli un acte officiel en cette qualité; 
(iii) avoir accompli cet acte pendant ses fonctions. Les pratiques nationales 
admettaient une immunité pour les représentants de rang supérieur ou intermédiaire, 
très rarement pour des personnes de rang subalterne, car les représentants d'un certain 
rang étaient investis de l'exercice de la puissance publique telle qu'elle doit ressortir 
des conditions de l'immunité ratione materiae, et non de toute personne qui serait 
désignée par un État comme l’un de ses représentants. Pour qu'il y ait "acte officiel" 

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ou "acte accompli à titre officiel", la CDI requérait que "l'acte accompli à titre 
officiel ne soit pas seulement attribuable à l'État et réalisé pour son compte mais 
puisse aussi être considéré comme une manifestation de la souveraineté et constituer 
une forme d'exercice des prérogatives de la puissance publique". 

Concrètement, en conséquence du caractère privé de la visite du Président B______, 
l'analyse ne devait pas porter sur les activités d'un service de sécurité dans le cadre 
d'une visite officielle et la notion d'acte officiel devait être évaluée de manière 
circonstanciée. Dans tous les cas, à supposer que la fonction de garde du corps 
chargé d’assurer la sécurité personnelle du chef d'État puisse être envisagée comme 
entrant dans la notion d'acte officiel, l'agression d'un journaliste ne pouvait constituer 
un "acte officiel qu'il accomplit dans le cadre de ses fonctions" et, commise dans un 
État étranger, cette agression ne pouvait être considérée comme une manifestation de 
souveraineté. La notion d'acte officiel excluait des activités s'éloignant de l'exercice 
des fonctions de l'État protégées par la coutume internationale au nom des principes 
de souveraineté et d'immunité diplomatique. De plus, la personne à protéger ne se 
trouvait pas sur le lieu de l'incident et la présence d'un journaliste sur le domaine 
public ne constituait pas en soi un risque sécuritaire. Dès lors que le chef de l'État 
B______ n'était pas confronté à un tel risque, l’activité des intéressés n’entrait pas 
dans la définition de l'immunité ratione materiae telle qu'entendue par la CDI.  

La DDIP s'oppose vigoureusement à l'extension de l'immunité du chef d'État aux 
agents de sécurité envisagée dans l'avis de droit. Les chefs d'État qui séjournent à 
l'étranger bénéficient d'une immunité de juridiction pénale complète et absolue 
couvrant aussi bien les actes qu'ils accomplissent dans l'exercice de leurs fonctions 
officielles ou dans leurs actes privés, tant qu'ils sont en fonction. L’étendue de cette 
immunité justifie une interprétation restrictive du cercle des bénéficiaires, qui n'est 
pas clairement défini à ce jour. La DDIP récuse, cela étant, qu'une opinio juris suffise 
à étendre l'immunité d'un chef d'État se trouvant à l'étranger aux membres de la suite 
qui l'accompagnent, surtout à l'occasion d'une visite privée. 

L'immunité ratione personae de la "Triade" protège un cercle limité de représentants 
de l'État de haut rang contre les juridictions étrangères pendant la durée de leur 
mandat. Les autres représentants de l'État ne bénéficient pas d'une immunité aussi 
étendue en vertu du droit international coutumier. Bien qu'il soit possible que, selon 
le droit national B______ et sur la base d'un décret ad hoc, le personnel de sécurité 
appartienne au "cercle étroit" de l'entourage du chef de l'État, ce décret n'a pas d'effet 
obligatoire envers des États tiers. De même, l’existence d'un climat politiquement 
instable dans un État ne peut pas être considérée comme une indication qu'un groupe 
de personnes accompagnant un Président devrait bénéficier de l'immunité des chefs 
d'État dans un pays tiers. Partant, les membres du service de sécurité du Président 
B______ ne pouvaient bénéficier de l'immunité des chefs d'État et les prévenus ne 
pouvaient se prévaloir d'une immunité de juridiction en Suisse pour les faits 
reprochés. 

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lb. Le Procureur général n'a pas transmis cet avis de la DDIP aux avocats constitués 
pour les agents B______ mais il a été versé à la procédure. 

m.  Invité par son client à répliquer à la prise de position de la DDIP, le professeur 
O______ a, le 18 juin 2020, développé les motifs pour lesquels il n'entendait pas 
modifier les termes de sa consultation du 14 août 2019.  

La réserve de la DDIP au sujet des travaux en cours de la CDI l’étonnait dès lors 
qu'elle s'y référait extensivement. Selon lui, les réflexions approfondies de cette 
commission comporteraient des indications utiles et pertinentes quant à la portée que 
la communauté internationale entendait donner à certaines notions en matière 
d'immunité de juridiction et à la manière dont celles-ci devaient être interprétées. 

Il écarte l’approche de la DDIP s’agissant de l'immunité ratione materiae, en tant 
que cette immunité serait refusée aux personnes de rang subalterne, laquelle ne 
trouverait pas appui dans la définition proposée par la CDI ("On entend par 
'immunité ratione materiae' l'immunité de juridiction pénale étrangère qui s'attache 
au fonctionnaire de l'État pour les actes qu'il accomplit dans l'exercice de ses 
fonctions et qui peuvent être qualifiés d'"actes officiels". Dès 2008 déjà, la CDI 
constatait que cette immunité avait vocation à s'appliquer à tout agent étatique, 
indépendamment de son rang hiérarchique. Dans le cadre des travaux relatifs à la 
définition du cercle des bénéficiaires de cette immunité, la CDI avait renoncé à 
établir une liste exhaustive des individus pouvant en jouir, "compte tenu de la 
diversité des fonctions des individus à qui cette immunité pourrait être appliquée et 
de la variété des systèmes juridiques des États qui définissent qui sont leurs 
représentants", le professeur ajoutant à ceux-ci leurs agents. La CDI avait néanmoins 
énuméré, à des fins illustratives, des représentants de l'État que la jurisprudence 
interne et internationale avait pris en considération, soit "plusieurs fonctionnaires de 
rang subalterne d'un État fédéré (un procureur et ses assistants juridiques, un 
enquêteur du Bureau du procureur et un avocat d'un organisme public), des 
militaires de rangs divers, et divers membres des services ou forces de sécurité de 
l'État, [...] des gardes-frontières [...] et le responsable d'un service des archives 
publiques". Toujours selon la CDI, "la notion de 'représentant de l'État' est fondée 
uniquement sur le fait que la personne en question représente l'État ou exerce des 
fonctions étatiques, le rang hiérarchique occupé n'est pas pertinent aux seules fins de 
la définition. Ainsi, bien que les personnes reconnues comme des représentants de 
l'État aux fins de bénéficier de l'immunité soient souvent de rang hiérarchique 
supérieur ou intermédiaire, il est possible de trouver aussi quelques exemples de 
personnes de rang subalterne. Le rang hiérarchique n'est donc pas un élément 
faisant partie intégrante de la définition de représentant de l'État". 

Par conséquent, le rang hiérarchique de l'agent étatique était dénué de pertinence 
pour déterminer s'il pouvait prétendre à l'immunité ratione materiae. Dès lors, même 
à considérer que les prévenus n'occupaient pas un poste particulièrement élevé dans 

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la hiérarchie de l'appareil étatique du B______, rien ne s’opposait à ce qu'ils puissent 
en bénéficier. 

D’un autre point de vue, l'immunité fonctionnelle visant à protéger l'organisation 
interne des États en tant que composante de leur souveraineté, la DDIP s'était 
immiscée à tort dans l'organisation interne du B______ en portant un jugement de 
valeur sur le rang hiérarchique des prévenus, leur refusant pour ce motif non 
pertinent le bénéfice de l'immunité de juridiction. 

Pour envisager l'immunité ratione materiae, seul était décisif le point de savoir si les 
prévenus, en tant qu'agents étatiques, avaient accompli un acte à titre officiel, ce qui 
était selon lui le cas en l'espèce. Faisant partie du cordon de sécurité présidentiel, ils 
avaient été amenés à adopter le comportement qui leur était reproché dans le cadre de 
l'exercice de leurs fonctions officielles, qui relevait bien d'une activité inhérente à la 
souveraineté de l'État étranger. Le fait que le comportement reproché aux prévenus 
fût pénalement relevant aux termes du Code pénal suisse ne modifiait pas le caractère 
officiel de leur intervention ni, partant, l'application de l'immunité ratione materiae. 
On pouvait faire l'analogie avec l'activité déployée par la police étatique, 
typiquement à l'occasion de manifestations, autorisées au non, notamment pour 
contenir de potentiels débordements ou pour disperser d'éventuels "casseurs". 

L’extension de l’immunité des chefs d'État séjournant à l'étranger à ses agents devait 
être maintenue, ne serait-ce qu'au titre de la courtoisie internationale, eu égard à des 
considérations de politique étrangère, ce d’autant que la doctrine et la jurisprudence 
s'y étaient montrés favorables. Une note du 9 mars 1983 adressée par le DFAE à 
l'ambassade d'un État étranger à Berne allait dans ce sens, considérant que la 
possibilité d'étendre l'immunité du chef d'État à sa famille et aux membres de la suite 
qui l'accompagne serait consacrée par la pratique diplomatique suisse. 

En conséquence, la conclusion de la DDIP à ce sujet était trop péremptoire et ne 
tenait pas compte de l'opinion soutenue par la doctrine et certaines jurisprudences. Eu 
égard à la place centrale et omniprésente qu'occupe le service de sécurité d'un chef 
d'État au quotidien et dans tous ses déplacements, qu'ils soient officiels ou privés, il 
existait de bonnes raisons pour que son immunité soit étendue aux prévenus, tous 
rattachés à sa sécurité. Une telle extension paraissait d'autant plus légitime dans le 
cas d'espèce que les prévenus avaient agi dans le cadre de leurs fonctions officielles, 
nonobstant le caractère privé du séjour du Président de la République du B______, et 
qu’il n’était pas question de les soustraire à la justice suisse pour des infractions 
alléguées, par hypothèse commises dans un contexte privé, mais survenues bien plus 
dans l'accomplissement de leur mission officielle, relevant de prérogatives de 
puissance publique respectivement d'actes de souveraineté.  

C. Dans ses décisions querellées, le Ministère public a rappelé les conditions de droit 
coutumier permettant de retenir une immunité ratione materiae des agents de l'État, 
soit une immunité fonctionnelle accordée à des représentants d'un État d'un certain 

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rang, ce que n'étaient ni les agents de sécurité ni la deuxième secrétaire d'une 
ambassade étrangère n'exerçant pas sa fonction sur sol étranger. De surcroît, au 
regard du caractère privé de la visite de J______, l'intervention de son service de 
sécurité destinée à disperser des opposants au régime et à empêcher un journaliste 
d'exercer son métier ne pouvait en aucun cas être considérée comme une 
manifestation de la souveraineté de l'état B______. Par ailleurs, l'immunité du chef 
de l'État, qui découlait également du droit coutumier, couvrait l'intégralité de ses 
actes, accomplis dans l'exercice de ses fonctions officielles ou à titre privé, mais ne 
pouvait en aucun cas englober tous les membres de sa délégation.  

D. a. À teneur de leurs écritures, les recourants, avec plus ou moins de considérations 
personnelles et d’ajouts de détails, se réfèrent systématiquement et intégralement aux 
arguments exprimés par le professeur O______, en insistant sur le fait que l'approche 
restrictive de la DDIP, reprise par le Procureur général, ne se retrouvait pas dans les 
considérations de la CDI sur lesquelles pourtant tous deux disaient s’appuyer. Selon 
les recourants, l'immunité ratione materiae, qui aurait dû être examinée in limine 
litis, sans référence aux faits, concernait tout fonctionnaire de l'État auquel il 
appartenait et pour lequel il accomplissait un acte officiel dans l'exercice de ses 
fonctions. La liste de ces fonctionnaires n'étant pas établie, elle pouvait, selon la CDI, 
comprendre des personnes exerçant des fonctions diverses, soit des procureurs et 
leurs assistants juridiques, des avocats d'un organisme public, des militaires de rangs 
divers, certains membres des services ou des forces de sécurité de l'État, des gardes-
frontières ou des responsables d'un service d'archives publiques. Par ailleurs, il 
n'appartenait ni à la DDIP ni au Ministère public genevois de s'immiscer dans 
l'organisation interne de la République du B______ en portant un jugement de valeur 
sur le rang hiérarchique des agents de sécurité. De même, la nature privée du séjour 
du Président était irrelevante et ne changeait rien au caractère officiel de la mission 
confiée aux recourants, soit d’assurer la sécurité du Président, qui était une activité 
inhérente à la souveraineté de l'État étranger. Les recourants bénéficiaient en 
conséquence d’une immunité ratione materiae qui les soustrayait à toute sanction ou 
pénalité pour leurs actions entreprises au nom de l'État, sans égard à la licéité ou 
l'illicéité des actes accomplis, y compris pour des actes ultra vires. Leurs activités, 
accomplies dans le cadre de leurs fonctions officielles, leur ouvrait le droit à 
l'immunité du chef d'État en tant qu'elles relevaient de prérogatives de puissance 
publique, respectivement d'actes de souveraineté, quel que fût le caractère du séjour 
de celui-ci.  

 Les recourants relèvent encore que, selon l’art. 7 du Projet d'articles de la CDI 
"Excès de pouvoir ou comportement contraire aux instructions", "le comportement 
d'un organe de l'état ou d'une personne ou entité habilitée à l'exercice de 
prérogatives de puissance publique est considérée comme un fait de l'état d'après le 
droit international si cet organe ou cette entité agit en cette qualité, même s'il 
outrepasse sa compétence ou contrevient à ses instructions". Ces questions avaient 
été examinées sans être totalement résolues (ATF 115 Ib 496) mais le Tribunal pénal 

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fédéral avait posé que l’immunité ratione materiae concernait tous les agents de 
l'État, indépendamment de leur rang hiérarchique (TPF BB. 2011.140 consid 5.3.2), 
et cette immunité découlait de l'accomplissement d'actes dans l'exercice des fonctions 
officielles sauf lorsqu'il s'agissait de crimes graves. Les actes reprochés aux 
recourants visaient à protéger le Président du B______, à assurer sa sécurité et à 
empêcher un journaliste de faire son travail. Ils étaient accomplis par les agents de 
sécurité qui étaient les membres les plus proches du Président et leur activité était 
donc protégée par l'immunité.  

 Le zèle apporté à cette affaire par les autorités locales n'aurait pas été le même si une 
grande nation avait été en cause et qu'il n'y eût point de journaliste. 

 Le recourant F______ se prévaut seul d'une violation de son droit d'être entendu, 
considérant que la prise de position de la DDIP, qui ne lui avait pas été soumise 
avant la notification de l'ordonnance du 5 juin 2020, l’avait empêché de la contester 
et de verser à la procédure la seconde consultation [du professeur] O______.  

 H______ invoque en sus, et elle seulement, son immunité diplomatique.  

 b. Par une seule écriture du 2 juillet 2020, le Ministère public propose le rejet des 
recours, avec suite de frais. Sa décision était fondée sur la prise de position de la 
DDIP, garante du respect en Suisse des règles et usages applicables en matière 
d'immunité, et il n'avait pas à suivre la position d'un professeur d'université, quelle 
que soit sa compétence. La thèse des recourants, à savoir qu'ils avaient été mandatés 
pour assurer la sécurité du président B______ pour assurer sa sécurité lors de ses 
vacances en Suisse leur garantissant une immunité ratione materiae découlant de 
leur qualité de fonctionnaire accomplissant un acte officiel, aboutirait à des résultats 
indésirables et ne trouvait aucun fondement dans les pratiques internationales. Ils 
s'étaient livrés à des actes de maintien de l'ordre sur le domaine public en violation 
de l'art. 271 ch. 1 CP, sans autorisation, et sans pouvoir prétendre au bénéfice des 
dispositions relatives à la légitime défense (art. 15 CP). En aucun cas, la violence 
exercée contre le journaliste ne pouvait être considérée comme une manifestation de 
la souveraineté de l'État B______. Il n'y avait donc aucune immunité ratione 
materiae. L'immunité du chef d'État ne s'attachant qu'à sa personne, à son conjoint et 
aux membres de sa suite ayant un rang élevé, ce que n’étaient pas les recourants, ne 
pouvait être évoquée. Enfin, en rendant sa décision sans avoir communiqué la 
réponse du professeur O______, le Ministère public n'avait pas violé le droit d'être 
entendu de F______ puisqu'il s'agissait de trancher une question juridique et que la 
Chambre de céans disposait d'un plein pouvoir d'examen. 

 c. Tous les recourants ont répliqué, par observations séparées, le 13 juillet 2020. 

 ca. F______ reprend ses reproches, à savoir que le Ministère public avait abordé les 
éléments de fond alors que la question de l'immunité devait être examinée 
prioritairement. Par ailleurs, considérant que l'avis de la DDIP se fondait sur le même 

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projet de la CDI que la consultation du professeur O______, il s'étonne que le 
Ministère public ait suivi servilement le premier sans vraiment examiner les 
arguments du second. Il répète également que le caractère privé du séjour de J______ 
ne changeait rien à l’aspect officiel de sa mission, puisqu'il se trouvait en Suisse dans 
l'exercice de ses fonctions officielles, au service d'un Président se sachant clairement 
exposé à certains risques liés au contexte politique tendu et instable régnant au 
B______.  

 cb. A______ conteste que les faits soient établis et que le Ministère public puisse les 
relater ainsi qu’il l’a fait. Selon lui, il devait assurer la sécurité du Président J______, 
activité inhérente à la souveraineté du B______ et qui n'atteignait en rien la 
souveraineté de la Suisse ni n'avait violé l'intégrité physique et matérielle d'un 
ressortissant suisse sur son sol. Pour le reste, il s'en rapporte à ses écritures de 
recours et à l’avis de droit qu’il a sollicité. 

 cc. C______ reproche au Ministère public d'avoir abordé les éléments de fond alors 
que la question de l'immunité devait être examinée prioritairement. Au surplus, le 
Procureur général semblait suivre l'avis de la DDIP pour justifier les arrestations et 
condamnations prononcées sans vraiment en discuter les arguments. La Chambre de 
céans, gardienne de l'application du droit, se devait d'être critique et rien ne 
l'empêchait de suivre l'opinion d'un éminent professeur et d'appliquer le droit 
international public, supérieur au droit interne, et de considérer que l'immunité d'un 
chef d'État s'étendait à sa suite, y compris sa garde rapprochée, sans quoi il pourrait 
se voir privé de toute escorte et mis en danger. J______ avait été privé de manière 
inadmissible de sa protection et une entrave gravissime à la souveraineté de l'État du 
B______ avait été commise par la Suisse, dont la seule réaction possible eût consisté 
à, en cas de manquement supposé du service de sécurité, retirer les accréditations 
concernées. 

 cd. E______ considère que la question de l'immunité doit être examinée 
indépendamment des faits, conformément à une déclaration de la Suisse faite lors de 
la 72ème session de l'Assemblée générale des Nations Unies au sujet du projet 
d'article sur l'immunité de juridiction pénale étrangère, dont il produit une copie. Le 
Ministère public n'avait donc pas à se prononcer sur la licéité de l'acte car il avait été 
accompli dans le cadre de fonctions officielles au service de la sécurité du Président 
J______. Il précise à ce sujet que "le fait d'empêcher des manifestants d'accéder à 
l'hôtel où séjournait le Président de la République B______" entrait dans le cadre de 
sa mission de protection rapprochée, ajoutant qu'il "ne s'agissait pas d'une 
altercation isolée".  

 ce. G______ reproche au Ministère public de ne pas avoir requis les observations de 
l'État du B______ avant de considérer l'inexistence de l'immunité de ses agents, qu'il 
a au surplus écartée sans motivation. La conséquence choquante dans la présente 
procédure serait qu'un chef d'État ne pourrait être défendu par ses gardes du corps 
dans toute situation incongrue sous peine de sanction pénale. Sur le fond, le 

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recourant considère qu'il serait en droit de se prévaloir de l'art. 21 CP car il avait agi 
uniquement dans le but de mener à bien sa mission de protection du Président 
J______. 

 cf. H______ invite la Chambre de céans à suivre l'avis de droit produit plutôt que 
celui d'une administration dont elle est précisément chargée de contrôler la légalité 
de l'action. Elle reproche aux autorités helvétiques de ne pas avoir pris au sérieux les 
menaces d'un danger concret et imminent pesant sur le chef d'État B______ et 
persiste à se prévaloir de son immunité diplomatique.  

 d. Par courrier du 9 juillet 2020, M______, par l'intermédiaire de son conseil, a 
demandé à pouvoir prendre connaissance des recours et à se déterminer sur ceux-ci. 

 e. Par pli reçu le 9 septembre 2020, Me D______ a informé la Chambre de céans 
ne plus représenter C______ et que l'élection de domicile en son Étude était 
révoquée. 

EN DROIT : 

1. La connexité des recours, reposant sur des faits et moyens identiques, commande 
leur jonction. Il sera statué par un seul arrêt. 

2. Les recours sont recevables pour avoir été déposés selon la forme et dans le délai 
prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner des ordonnances sujettes à 
recours auprès de la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP) et émaner des 
prévenus qui, parties à la procédure (art. 104 al. 1 let. a CPP), ont qualité pour agir, 
ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la 
décision querellée (art. 382 al. 1 CPP). 

3. Vu l'issue des recours, il n'y avait pas lieu d'interpeller M______ sur ceux-ci, le 
plaignant n'étant pas directement touché par les décisions querellées, lesquelles ne 
lui ont d'ailleurs pas été notifiées par le Ministère public, et ne subissant aucun 
préjudice du fait du présent arrêt. 

4. Invoquant une violation de son droit d'être entendu (art. 6 CEDH et 29 al. 2 Cst.), le 
recourant F______ considère que l'avis de la DDIP du 14 mai 2020 eût dû lui être 
communiqué.   

4.1. Le droit d'être entendu, garanti à l'art. 29 al. 2 Cst. (cf. aussi art. 3 al. 2 let. c 
CPP et 107 CPP), comprend notamment le droit pour le justiciable de s'expliquer 
avant qu'une décision ne soit prise à son détriment, celui de fournir des preuves 
quant aux faits de nature à influer sur le sort de la décision, celui d'avoir accès au 
dossier, celui de participer à l'administration des preuves, d'en prendre 
connaissance et de se déterminer à leur propos (ATF 142 II 218 consid. 2.3 p. 222; 
140 I 285 consid. 6.3.1 p. 299).   

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4.2. L'absence de communication d'une prise de position juridique d'un tiers en 
cours d'instruction n'affecte pas les droits du recourant qui, ainsi qu'il le fait en 
l'espèce, peut en contester la pertinence devant la Chambre de céans, qui revoit la 
cause avec un plein pouvoir d'examen. Cet argument doit par conséquent être 
écarté, étant précisé que la prise de position en question était produite par un 
coprévenu et que le Ministère public en était nanti, de sorte que l’on ne voit pas de 
quel droit supplémentaire ce recourant aurait été privé puisqu’il se plaint de n’avoir 
pu produire un document figurant déjà au dossier. 

5. La recourante H______ considère qu'elle peut se prévaloir de son immunité 
diplomatique.   

5.1. La protection dont peut se prévaloir un agent diplomatique a certaines 
limites. Ainsi, un agent diplomatique ne peut l'invoquer que sur le territoire de 
l'État accréditaire. Cette limitation découle des termes utilisés par la CVRD qui ne 
se réfère pas aux "États parties", mais aux "État accréditant" et "État accréditaire"; 
cela vaut en particulier dans les dispositions relatives à la fonction d'une mission 
diplomatique (art. 3 CVRD), ainsi qu'aux privilèges et immunités liés 
spécifiquement à la personne de l'agent (art. 29 et 31 CVRD). Si un autre État est 
concerné, la Convention utilise la terminologie "État tiers"; tel est notamment le 
cas s'agissant des immunités et privilèges dont peut bénéficier un agent 
diplomatique voyageant entre le pays accréditant et celui accréditaire (cf. art. 40 
ch. 1 et 2 CVRD).  

5.2. Au bénéfice d'une accréditation délivrée par l'Allemagne pour son activité 
de deuxième secrétaire de l'ambassade du B______ en Allemagne, la recourante ne 
bénéficie donc d'une immunité diplomatique qu’en Allemagne, sauf à remplir les 
conditions visées à l'art. 40 CVRD, à savoir qu'elle traverserait un territoire tiers ou 
s'y trouverait pour y assumer ses fonctions, rejoindre son poste ou rentrer dans son 
pays. Aucune de ces conditions n'étant réalisée en l’espèce, la recourante ne saurait 
invoquer le bénéfice d'une immunité diplomatique. 

6. 6.1.1. L'ensemble du droit diplomatique et consulaire est fondé sur les rapports de 
confiance particuliers qu'entretiennent les États contractants. À l'obligation 
internationale de l'État accréditaire de s'abstenir de tout comportement susceptible 
d'empêcher l'État accréditant de s'occuper convenablement de ses affaires, 
correspond l'obligation de l'État accréditant de veiller à ce que les diplomates qui 
dépendent de lui n'outrepassent pas le cadre de leurs fonctions dans l'État 
accréditaire. La Convention de Vienne sur les relations consulaires du 24 avril 1963 
(RS 0.191.02) souligne, dans son préambule, que les privilèges et immunités ne 
sont pas destinés à avantager des individus, mais à "assurer l'accomplissement 
efficace de leurs fonctions par les postes consulaires au nom de leurs États 
respectifs". Il en découle que les relations consulaires, empreintes de formalisme 
dans leur établissement, ont pour corollaire un degré élevé de confiance réciproque 
entre les États qui se les accordent.  

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6.1.2. Le droit international coutumier, partie intégrante du droit interne suisse, a 
de tout temps reconnu aux chefs d'État - ainsi qu'aux membres de leur famille et à 
leur suite lorsqu'ils séjournent dans un État étranger - les privilèges de l'inviolabilité 
personnelle et de l'immunité de juridiction pénale (immunité ratione personae). 
Cette immunité de juridiction est également reconnue au chef d'État qui séjourne 
dans un État étranger à titre privé et s'étend, dans ces circonstances, aux membres 
les plus proches de sa famille qui l'accompagnent, ainsi qu'aux membres de sa suite 
ayant un rang élevé. Ces personnes ne peuvent par conséquent faire l'objet de 
poursuites pénales ou même d'une assignation à comparaître devant un tribunal 
(ATF 115 Ib 496 ss. ; CAFLISCH, La pratique suisse en matière de droit 
international public, 1983, p. 183). Les chefs d'État sont exempts, "ratione 
personae", de toute contrainte étatique et de toute juridiction d'un État étranger en 
raison d'actes qu'ils auraient commis, où que ce soit, dans l'exercice des fonctions 
officielles (ATF 115 Ib consid. 5b et doctrine citée). L'immunité des chefs d'États 
dérive de l'immunité et de la souveraineté de l'État (Avis de droit de la DDIP du 
22 février 2001, RSDIE 2004, p. 684) et la doctrine retient uniquement 
l’application de l’immunité personnelle aux membres de la "Triade" ainsi qu’aux 
membres du corps diplomatique et consulaire dûment accrédités (CHERVAZ, La 
lutte contre l’impunité en droit suisse : Compétence universelle et crimes 
internationaux, 2e éd., TRIAL 2015, p. 38, n° 9).  

6.1.3. Dans le domaine de l'immunité se retrouvent généralement deux notions, 
soit l'immunité personnelle (ratione personae), décrite ci-dessus, et l'immunité 
fonctionnelle (ratione materiae).  

L'immunité ratione personae peut s'appliquer, au-delà des membres de la "Triade", 
à des fonctionnaires qui ne jouissent pas d'autres immunités en tant que membres 
du corps diplomatique ou consulaire ou en tant que fonctionnaires d'une 
organisation internationale couverts par l'accord du siège de cette organisation 
internationale ou de droit national. Cette immunité découle des actes accomplis 
dans l'exercice des fonctions officielles afin de protéger le fonctionnaire étranger 
des conséquences des actes imputables à l'État pour lequel il a agi et d'assurer par là 
même le respect de la souveraineté de l'État (TPF BB. 2011.140 consid 5.3.2).  

6.2.1. Il résulte de ce qui précède qu'en l'état de la législation et du droit 
coutumier, les agents de sécurité ne sont pas membres de la suite d'un chef d'État 
ayant un rang élevé et ne sauraient ainsi bénéficier du privilège de l'immunité de 
juridiction pénale, par extension, des chefs d'États. Peu importent les travaux en 
cours pour éclaircir, élargir ou modifier cette notion. On ne saurait en déduire que 
les textes normatifs élaborés sous l'égide des Nations-Unies établiraient pour les 
chefs d'États étrangers une protection inférieure à celle des représentants 
diplomatiques de l'État qu'ils dirigent ou qu'ils représentent universellement. 

6.2.2. Pour que le bénéfice de l'immunité ratione materiae soit retenue en faveur 
des recourants, il leur appartenait de réunir trois conditions cumulatives, soit : 

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(i) être considéré comme un représentant de l'État; (ii) avoir accompli un acte 
officiel en cette qualité; (iii) avoir accompli cet acte pendant leurs fonctions. L'on 
peut aisément conclure à la réalisation des première et troisième conditions mais 
l'on doit tout aussi clairement considérer que la seconde n'est pas satisfaite.  

En effet, un acte est considéré comme imputé "à titre officiel" pour autant qu'il soit 
accompli dans l'exercice de l'autorité étatique c'est-à-dire, au regard des ordres de 
mission des agents B______, afin d'assurer la sécurité du Président de la 
République. Or, en l'occurrence, l'acte en cause doit être examiné au regard des 
faits et non abstraitement de sorte que l’examen in limine litis proposé par les 
recourants n’entre pas en considération.  

Le 26 juin 2019, neuf personnes dépourvues d'organisation, de moyens de 
propagande ou d'objets pouvant représenter un danger sécuritaire, se sont 
approchées, sur la voie publique, des agents B______. Le chef d'État que ceux-ci 
étaient censés protéger n'était pas à proximité. Sans qu'il y ait une quelconque 
manifestation de violence ou d'excitation de leur part, après moins d'une minute de 
face à face, les membres de ce groupe hétéroclite se sont spontanément retirés, ont 
traversé la route et sont restés debout, sur un trottoir et devant un mur. Alors qu’ils 
n’étaient nullement provoqués, quelques minutes plus tard, les agents B______ ont 
à leur tour traversé la route et entrepris de disperser ces personnes, ce que celles-ci 
ont accepté, rapidement et sans heurt, en présence d'un policier local. On ne voit 
pas à quelle mission sécuritaire officielle ce déploiement d’agents étrangers sur le 
domaine public répondait alors que des policiers locaux étaient présents et auxquels 
les recourants auraient pu, en cas de nécessité, faire appel, ce qu'ils n'ont nullement 
cherché à faire. Leur mission à titre officiel ne saurait par conséquent entrer en 
considération. Il en va de même, a fortiori, s'agissant de leur intervention musclée 
envers l’auteur de la plainte, après que les passants dont la présence les dérangeait 
s’étaient dispersés. En effet, ce dernier était seul sur la route lorsque les agents s'en 
revinrent à l'hôtel, ne filmait pas et aucun quidam n'était à proximité de lui. C'est 
donc sans objectif sécuritaire possible qu'ils s'en seraient pris à lui. 
L'accomplissement d'une telle activité, dépourvue de connotation de sécurité sinon 
d’utilité, ne saurait bénéficier d'une quelconque immunité et la décision entreprise 
doit être confirmée.  

On pourrait par surabondance de moyen et en réponse à certains recourants qui 
insistent sur le climat délétère entourant la présence du Président B______ en 
Europe, réitérer que celui-ci n’était pas présent, n’avait pas été directement menacé, 
apostrophé ou injurié et qu’aucun geste de violence n’avait émané des passants 
hétéroclites s’étant brièvement rendus à proximité de son lieu de villégiature privée. 
À défaut d’acte préalable commis à Genève, de suspicion d’événement sérieux à 
venir, en présence sur les lieux publics où se trouvaient également des policiers 
locaux, les agents étrangers n’avaient aucun motif pour justifier leur intervention 
sur la voie publique et, en le constatant, le Ministère public ne s’est pas immiscé 
dans la souveraineté d’un pays étranger mais a simplement veillé à ce que l'inverse 

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ne se produise pas. Pour ces raisons également, la décision entreprise doit être 
confirmée. 

7. Les recourants, qui succombent, supporteront, à hauteur d'un sixième 
chacun, les frais envers l'État, qui seront fixés en totalité à CHF 3'000.- (art. 428 
al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, 
RTFMP ; E 4 10.03), y compris un émolument de décision. 

8. C______ n'ayant pas désigné une autre adresse de notification en Suisse, la 
notification du présent arrêt chez son conseil reste valable quand bien même celui-
ci a cessé d'occuper (art. 87 al. 2 CPP). 

* * * * * 

  

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PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

Joint les recours. 

Les rejette. 

Condamne A______, C______, E______, G______, F______ et H______ aux frais de la 
procédure de recours, arrêtés à CHF 3'000.-, à hauteur de 1/6ème chacun. 

Notifie le présent arrêt ce jour, en copie, à A______, E______, G______, F______ et 
H______ soit, pour eux, leurs défenseurs, à C______ et au Ministère public. 

Le communique pour information à M______, soit pour lui son conseil. 

 

Siégeant : 

Madame Corinne CHAPPUIS BUGNON, présidente; Monsieur Christian COQUOZ, juge 
et Monsieur Louis PEILA, juge suppléant; Monsieur Xavier VALDES, greffier. 

 

Le greffier : 

Xavier VALDES 

 La présidente : 

Corinne CHAPPUIS BUGNON 

 
 
 
 
 
Voie de recours : 
 
Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 
matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 
RS 173.110); la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 
par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les trente jours qui 
suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 
 
Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent 
être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention 
de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse 
(art. 48 al. 1 LTF).  

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P/13748/2019 ÉTAT DE FRAIS   

 
 

 
COUR DE JUSTICE 

 

 
 
 
Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais en matière pénale 
(E 4 10.03). 
 

Débours (art. 2) 

- frais postaux CHF 60.00 

Émoluments généraux (art. 4)  

- délivrance de copies (let. a) CHF       

- délivrance de copies (let. b) CHF       

- état de frais (let. h) CHF 75.00 

Émoluments de la Chambre pénale de recours (art. 13)   

- décision sur recours (let. c) CHF 2'865.00 

-  CHF       

Total  CHF   3'000.00