# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1c51dc10-db1e-576b-a6dd-350a3583aa3a
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2019-05-27
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 27.05.2019 F-229/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_F-229-2018_2019-05-27.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour VI 

F-229/2018 

 

 
 

  A r r ê t  d u  2 7  m a i  2 0 1 9  

Composition 
 Gregor Chatton (président du collège),  

Yannick Antoniazza-Hafner, Andreas Trommer, juges, 

Noémie Gonseth, greffière. 
 

 
 

Parties 
 X._______,   

représenté par Maître Minh Son Nguyen, avocat, 

Rue du Simplon 13, case postale 779,  

1800 Vevey,  

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations SEM,  

Quellenweg 6, 3003 Berne,    

autorité inférieure.  

 
 

 
 

Objet 
 Refus d'approbation à l'octroi d'une autorisation de séjour. 

 

 

 

F-229/2018 

Page 2 

Faits : 

A.  

En date du 22 avril 2012, X._______, ressortissant éthiopien né le (…) 

1982, est entré en Suisse et y a déposé une demande d’asile. 

Par décision du 26 mars 2015, le Secrétariat d’Etat aux migrations (ci-

après : le SEM) a rejeté la demande d’asile du prénommé et prononcé son 

renvoi de Suisse. Dans son arrêt E-2591/2015 du 11 décembre 2015, le 

Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal ou le TAF) a rejeté le 

recours formé par l’intéressé contre ladite décision. Un nouveau délai de 

départ au 15 janvier 2016 a été fixé au requérant pour quitter la Suisse. 

B.  

Le 24 mai 2017, X._______, agissant par le biais de son représentant, a 

sollicité auprès du Service de la population du canton de Vaud (ci-après : 

le SPOP) l’octroi d’une autorisation de séjour fondée sur l’art. 14 al. 2 LAsi 

(RS 142.31). 

Par lettre du 15 août 2017, le SPOP a informé le prénommé qu’il était dis-

posé à lui octroyer l’autorisation de séjour sollicitée et qu’il soumettait au 

SEM une proposition en ce sens pour approbation. 

Par courrier du 5 septembre 2017, le SEM a communiqué au requérant 

son intention de refuser de donner son approbation à l’octroi en sa faveur 

d’une autorisation de séjour fondée sur l’art. 14 al. 2 LAsi, considérant qu’il 

ne pouvait se prévaloir d’une intégration poussée au sens de ladite dispo-

sition. Il a imparti un délai à l’intéressé pour se déterminer. 

Dans le délai prolongé, le requérant a fait usage de son droit d’être entendu 

par lettre du 6 octobre 2017. 

C.  

Par décision du 5 décembre 2017, le SEM a refusé d’approuver l’octroi en 

faveur de l’intéressé d’une autorisation de séjour en application de l’art. 14 

al. 2 LAsi. Cette décision a été notifiée au requérant le 12 décembre 2017. 

D.  

Le 11 janvier 2018, l’intéressé, agissant toujours par le biais de son man-

dataire, a interjeté recours contre la décision précitée par-devant le Tribu-

nal, concluant - sous suite de frais et dépens - à l’admission de son recours 

et à la réforme de la décision attaquée, dans le sens où l’octroi, par le can-

ton de Vaud, d’une autorisation de séjour en sa faveur est approuvé. 

F-229/2018 

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Dans sa réponse du 10 avril 2018, l’autorité inférieure a proposé le rejet du 

recours. 

Par courrier du 17 mai 2018, le recourant a produit ses observations sur le 

contenu de la réponse de l’autorité inférieure, confirmant les conclusions 

prises dans son mémoire de recours. Lesdites observations ont été trans-

mises pour information à l’autorité inférieure. 

E.  

Faisant suite à un courrier du recourant concernant l’état d’avancement de 

la procédure, le Tribunal l’a informé, par courrier du 1er mai 2019, qu’il 

n’avait pas encore été en mesure de se prononcer sur son pourvoi, mais 

qu’il ferait son possible pour rendre un arrêt dans les meilleurs délais pos-

sibles. 

F.  

Les autres éléments contenus dans les écritures précitées seront exami-

nés, si nécessaire, dans les considérants en droit ci-dessous. 

Droit : 

1.  

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 LTAF, le Tribunal, en 

vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de 

l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. En particu-

lier, les décisions relatives à l'octroi d'une autorisation de séjour dans des 

cas de rigueur grave au sens de l'art. 14 al. 2 LAsi rendues par le SEM - 

lequel constitue une unité de l'administration fédérale telle que définie à 

l'art. 33 let. d LTAF - sont susceptibles de recours au Tribunal, qui statue 

définitivement (cf. 1 al. 2 LTAF en relation avec l’art. 83 let. c ch. 2 LTF ; 

voir également arrêt du Tribunal fédéral [ci-après : TF] 2C_1068/2014 du 

1er décembre 2014 consid. 4). 

1.2 La procédure devant le Tribunal est régie par la PA (cf. art. 37 LTAF), à 

moins que la LAsi n'en dispose autrement (art. 6 LAsi). 

1.3 Le recourant a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA). Présenté par 

ailleurs dans la forme et les délais prescrits par la loi, le recours est rece-

vable (cf. art. 50 et 52 PA). 

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Page 4 

2.  

Le Tribunal examine les décisions qui lui sont soumises avec un plein pou-

voir d'examen en fait et en droit. Le recourant peut ainsi invoquer devant 

le Tribunal la violation du droit fédéral, y compris l'excès ou l'abus du pou-

voir d'appréciation, la constatation inexacte ou incomplète des faits perti-

nents ainsi que l'inopportunité de la décision entreprise, sauf lorsqu'une 

autorité cantonale a statué comme autorité de recours (art. 49 PA). L'auto-

rité de recours applique le droit d'office, sans être liée par les motifs invo-

qués par les parties (art. 62 al. 4 PA), ni par les considérants juridiques de 

la décision attaquée (ATAF 2014/24 consid. 2.2 et ATAF 2009/57 consid. 

1.2 ; voir également arrêt du TF 1C_214/2015 du 6 novembre 2015 consid. 

2.2.2). Aussi peut-elle admettre ou rejeter le pourvoi pour d'autres motifs 

que ceux invoqués. Dans son arrêt, elle prend en considération l'état de 

fait existant au moment où elle statue (cf. ATAF 2014/1 consid. 2). 

3.  

Le 1er janvier 2019, la loi sur les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr, RS 

142.20) a connu une modification partielle comprenant également un chan-

gement de sa dénomination (modification de la LEtr du 16 décembre 2016). 

Ainsi, la LEtr s'intitule nouvellement loi fédérale sur les étrangers et l'inté-

gration du 16 décembre 2005 (LEI, RO 2018 3171). En parallèle, est entrée 

en vigueur la modification du 15 août 2018 de l'ordonnance relative à l'ad-

mission, au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative du 24 octobre 2007 

(OASA, RO 2018 3173). 

En l'occurrence, la décision querellée a été prononcée avant l'entrée en 

vigueur du nouveau droit au 1er janvier 2019. Partant, comme autorité de 

recours, le Tribunal de céans ne saurait en principe appliquer celui-ci qu'en 

présence d'un intérêt public prépondérant susceptible de justifier une ap-

plication immédiate des nouvelles dispositions de droit matériel. Cela étant, 

dès lors que, dans le cas particulier, l'application du nouveau droit ne con-

duirait pas à une issue différente que l'examen de l'affaire sous l'angle des 

anciennes dispositions, il n'est pas nécessaire de déterminer s'il existe des 

motifs importants d'intérêt public à même de commander l'application im-

médiate du nouveau droit et il y a lieu d'appliquer la LEtr dans sa teneur en 

vigueur jusqu'au 31 décembre 2018 (dans le même sens, cf. ATF 135 II 

384 consid. 2.3), y compris en rapport avec la dénomination de cette loi. Il 

en va de même en rapport avec l'OASA (cf., dans ce sens, arrêt du TAF  

F-1734/2018 du 20 février 2019 consid. 2). 

 

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4.  

4.1 En vertu de l'art. 14 al. 2 LAsi, le canton peut, sous réserve de l'appro-

bation du SEM, octroyer une autorisation de séjour à toute personne qui 

lui a été attribuée conformément aux dispositions en vigueur en matière 

d'asile, aux conditions (cumulatives) suivantes : la personne concernée sé-

journe en Suisse depuis au moins cinq ans à compter du dépôt de la de-

mande d'asile (let. a) ; le lieu de séjour de la personne concernée a toujours 

été connu des autorités (let. b) ; il s'agit d'un cas de rigueur grave en raison 

de l'intégration poussée de la personne concernée (let. c) ; il n'existe aucun 

motif de révocation au sens de l'art. 62 LEtr (let. d). 

4.2 Par rapport à l’ancienne règlementation (art. 44 al. 3 à 5 LAsi, RO 2006 

4745), l’art. 14 al. 2 LAsi a élargi le cercle des bénéficiaires aux requérants 

d'asile déboutés, améliorant, par ailleurs, le statut juridique conféré à ces 

personnes, en ce sens que celles-ci se voient désormais octroyer une auto-

risation de séjour (sur ces questions, cf. ATAF 2009/40 consid. 3.1). 

4.3 Lorsqu'il entend faire usage de l'art. 14 al. 2 LAsi, le canton le signale 

immédiatement au SEM (art. 14 al. 3 LAsi). 

5.  

5.1 En vertu de l'art. 40 al. 1 LEtr, il appartient aux cantons de délivrer les 

autorisations de séjour sous réserve des compétences de la Confédération 

(plus spécialement, du SEM) en matière de procédure d'approbation 

(art. 99 LEtr) et de dérogations aux conditions d'admission (art. 30 LEtr) 

notamment. Or, l'art. 14 al. 2 LAsi prévoit précisément que la délivrance 

d'une autorisation de séjour pour cas de rigueur grave est soumise à l'ap-

probation du SEM. 

5.2 La procédure d'approbation mentionnée à l'art. 14 al. 2 LAsi revêt tou-

tefois, au vu de ses spécificités (cf., à ce sujet, ATF 137 I 128 consid. 4.1 ; 

voir, aussi, ATAF 2009/40 consid. 3.4.1 et 3.4.2), une nature particulière 

par rapport à celle prévue dans la LEtr, en dépit de la terminologie similaire 

utilisée par les deux textes législatifs. 

6.  

6.1 Les critères à prendre en considération lors de l'appréciation d'un cas 

de rigueur au sens de l'art. 14 al. 2 LAsi - en particulier lors de l'examen de 

la condition stipulée à la lettre c - sont précisés à l'art. 31 al. 1 OASA, cette 

liste de critères n’étant pas exhaustive (« […], il convient de tenir compte 

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notamment […] » ; cf. ATAF 2009/40 consid. 6.2 ; voir, également, arrêt du 

TAF F-8374/2015 du 12 février 2019 consid. 5.2). 

6.2 A l'instar de l'art. 30 al. 1 let. b LEtr, l'art. 14 al. 2 LAsi (qui consacre 

une exception au principe de l'exclusivité de la procédure d'asile) constitue 

une disposition dérogatoire présentant un caractère exceptionnel, de sorte 

que les conditions mises à la reconnaissance d'une situation de rigueur 

grave doivent être appréciées de manière restrictive (cf. ATAF 2009/40 

consid. 6.1). 

6.3 Conformément à la pratique et à la jurisprudence constantes en la ma-

tière, initialement développées en relation avec l'art. 13 let. f de l'ordon-

nance du 6 octobre 1986 limitant le nombre des étrangers (OLE, RO 1986 

1791), la reconnaissance d'un cas de rigueur au sens de l'art. 30 al. 1 let. b 

LEtr et de l'art. 14 al. 2 LAsi suppose que l'étranger concerné se trouve 

dans une situation de détresse personnelle. Cela signifie que ses condi-

tions de vie et d'existence, comparées à celles applicables à la moyenne 

des étrangers, doivent être mises en cause de manière accrue, autrement 

dit qu'une décision négative prise à son endroit comporte pour lui de graves 

conséquences. Lors de l'appréciation d'un cas de rigueur, il y a lieu de tenir 

compte de l'ensemble des circonstances du cas d'espèce (notamment de 

la situation particulière des requérants d'asile, cf. ATF 124 II 110 consid. 3 

et 123 II 125 consid. 3). La reconnaissance d'un cas individuel d'extrême 

gravité n'implique pas forcément que la présence de l'étranger en Suisse 

constitue l'unique moyen pour échapper à une situation de détresse. Par 

ailleurs, le fait que l'étranger ait séjourné en Suisse pendant une assez 

longue période, qu'il s'y soit bien intégré (au plan professionnel et social) 

et que son comportement n'ait pas fait l'objet de plaintes ne suffit pas, à lui 

seul, à constituer un cas individuel d'extrême gravité ; encore faut-il que la 

relation de l'intéressé avec la Suisse soit si étroite qu'on ne puisse exiger 

de lui qu'il aille vivre dans un autre pays, notamment dans son pays d'ori-

gine (cf. ATAF 2009/40 consid. 6.2 et arrêts du TAF F-1734/2018 précité 

consid. 6.4 et F-6480/2016 du 15 octobre 2018 consid. 5.3 et les réf. cit., 

voir également VUILLE/SCHENK, L'article 14 alinéa 2 de la loi sur l'asile et la 

notion d'intégration, in : Cesla Amarelle [éd.], L'intégration des étrangers à 

l'épreuve du droit suisse, 2012, p. 114 s.). 

7.  

En l’occurrence, il ressort des pièces au dossier que le recourant séjourne 

en Suisse depuis le 22 avril 2012 et qu’il remplit par conséquent les condi-

tions temporelles posées à l’application de l’art. 14 al. 2 let. a LAsi. Par 

ailleurs, le canton de Vaud est habilité à lui octroyer une autorisation de 

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séjour sur son territoire, compte tenu de son attribution à ce canton en ap-

plication de la loi sur l'asile (cf. art. 14 al. 2 LAsi). Le lieu de séjour du 

recourant ayant toujours été connu des autorités, il remplit également la 

condition posée à l'art. 14 al. 2 let. b LAsi. Par ailleurs, le dossier de l’inté-

ressé a été transmis à l'autorité inférieure pour approbation sur proposition 

du SPOP, conformément à l'art. 14 al. 3 LAsi. 

Le Tribunal doit par contre examiner si la situation du recourant relève d'un 

cas de rigueur grave en raison de son intégration poussée en Suisse, au 

sens de l'art. 14 al. 2 let. c LAsi en relation avec l'art. 31 OASA. 

7.1 Dans la décision contestée, l’autorité inférieure a considéré, en subs-

tance, que le recourant avait, certes, fait des efforts d’intégration, qu’il avait 

démontré sa capacité à s’insérer dans la vie sociale et vouloir s’intégrer 

économiquement, mais que son intégration ne revêtait aucun caractère ex-

ceptionnel et ne saurait être considérée comme poussée. L’autorité infé-

rieure a relevé le fait que l’intéressé était actuellement sans emploi et 

n’était pas indépendant financièrement. Il n’avait jamais eu d’autonomie 

financière, malgré ses emplois de courte durée, n’avait pas connu une im-

portante ascension professionnelle, ni développé en Suisse des qualifica-

tions ou des connaissances spécifiques qu’il ne pourrait mettre en pratique 

dans son pays d’origine. Les liens sociaux qu’il aurait noués en Suisse ne 

sauraient, par ailleurs, justifier en soi l’approbation à l’octroi d’une autori-

sation de séjour. Sous l’angle des possibilités de réintégration dans son 

pays d’origine, l’autorité inférieure a relevé que l’intéressé était jeune, sans 

charges familiales et en bonne santé. Les années de séjour qu’il avait ac-

complies en Suisse depuis 2012 n’étaient pas suffisantes pour le rendre 

totalement étranger à son pays de provenance et l’empêcher de se réinté-

grer en Ethiopie, après une période de réadaptation. 

A l’appui de son recours, l’intéressé s’est prévalu du fait qu’il parlait parfai-

tement le français, qu’il disposait de plusieurs attestations relatives à des 

formations suivies en Suisse, qu’il avait effectué plusieurs stages, qu’il 

avait œuvré en tant que bénévole auprès de l’Ecole de cirque A._______, 

qu’il était très apprécié et bénéficiait d’un immense soutien dans le cadre 

de cette activité, preuve en étant les 55 lettres de soutien produites, qu’il 

avait participé au Marathon de Lausanne en 2016, qu’il pourrait, s’il était 

mis au bénéfice d’une autorisation de séjour, travailler à 80%, pour une 

durée indéterminée, comme enseignant en art du cirque, avec un salaire 

mensuel brut de 4’200 francs, auprès de l’Ecole de cirque précitée, qu’il ne 

faisait pas l’objet de poursuites, son casier judiciaire étant également 

vierge, et que sa réintégration en Ethiopie, au vu des circonstances de son 

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départ et de la situation dans ce pays, était gravement compromise. Dans 

ses observations du 17 mai 2018, le recourant a précisé qu’il suivait un 

cours à distance auprès de l’Ecole nationale de cirque au Y._______, qu’il 

était en train d’élaborer un projet de cirque social, pour lequel il entreprenait 

les démarches nécessaires en vue de son financement, et qu’il faisait 

montre d’une intégration exceptionnelle, contribuant grandement, par sa 

créativité et son énergie, au vivre-ensemble. 

7.2 Le Tribunal constate, pour sa part, que le recourant séjourne en Suisse 

depuis avril 2012, soit depuis sept ans maintenant. A ce titre, il relève tou-

tefois que le simple fait pour un étranger de séjourner en Suisse pendant 

de longues années, y compris à titre légal, ne permet pas d'admettre un 

cas personnel d'extrême gravité, sans que n'existent d'autres circons-

tances tout à fait exceptionnelles à même de justifier l'existence d'un cas 

de rigueur (à ce sujet, cf. notamment ATAF 2007/16 consid. 7 et arrêt du 

TAF F-2679/2016 du 24 mars 2017 consid. 6.2.1 et les réf. cit.). Ceci vaut 

à plus forte raison dans le cas particulier, dès lors que la demande d'asile 

de l’intéressé a été refusée et son renvoi prononcé par décision du SEM 

du 26 mars 2015, décision confirmée par le Tribunal de céans en date du 

11 décembre 2015 (E-2591/2015). Depuis lors, l'intéressé séjourne sur le 

territoire helvétique en raison d'une simple tolérance cantonale (à ce sujet, 

notamment ATAF 2007/45 consid. 6.3 et ATAF 2007/44 consid. 5.2 et les 

réf. cit. ; arrêts du TAF F-2994/2017 du 27 décembre 2018 consid. 6.1 et 

F-2027/2017, 2028/2017, 2029/2017 du 23 mai 2018 consid. 7.1). Or, un 

séjour effectué sans autorisation idoine, illégal ou précaire, ne saurait être 

considéré comme un élément constitutif d'un cas personnel d'extrême gra-

vité ; ces années ne peuvent dès lors être, en principe, prises en considé-

ration ou alors seulement d'une manière restreinte (cf. ATAF 2007/45 con-

sid. 6.3 et ATAF 2007/44 consid. 5.2 et les réf. cit.). 

7.3  

7.3.1 Sur le plan socio-professionnel, le recourant attestait, en août 2016, 

d’un niveau de français B1/B2 (cf. certificat de qualification en français de 

l’Université de Lausanne du […] août 2016). Durant son séjour sur le terri-

toire helvétique, l’intéressé - au bénéfice d’une formation d’informaticien 

effectuée dans son pays d’origine et de connaissances dans le domaine 

du cirque acquises en Ethiopie (cf. copie du diplôme en « Computer 

Science » et de l’attestation d’obtention d’un « Bachelor of Science - Com-

puter Science », contenus au dossier cantonal ; voir, également, la lettre 

de l’Ecole de cirque du 20 mars 2017, la publication de l’Etablissement 

F._______ concernant le recourant et le formulaire « Demande sociale » 

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de [l’Etablissement F._______], p. 2, contenus au dossier de l’autorité in-

férieure) - a effectué, tout d’abord, différents cours de formation de base 

dispensés par l’[Etablissement F._______] (cf. attestation de réussite du 

cours de préformation, niveau « Débutant », du […] avril 2013, attestation 

de réussite du cours d’acquisition de qualifications de base, classe AQB 1 

- niveau de français A1, du […] août 2013 et attestation de réussite du 

cours d’acquisition de qualifications de base, classe AQB 2 - niveau de 

français A2 [oral] et A1 [écrit] du […] décembre 2013). Il aurait, en outre, 

accompli dernièrement une formation à distance en arts du cirque auprès 

de l’Ecole nationale de cirque de Z._______ et aurait débuté un pro-

gramme de formation en informatique, en ligne, auprès de l’Ecole polytech-

nique fédérale de Lausanne (EPFL) (cf. attestation d’admission, respecti-

vement d’inscription à un cours de formation d’instructeur en ligne de 

l’Ecole nationale de cirque de Z._______ du […] octobre et […] décembre 

2017, dossier TAF act. 7, et confirmation de participation au programme 

« Web Application Development » de l’EPFL, contenue au dossier canto-

nal). Le recourant a également accompli plusieurs stages dans les do-

maines du cirque et de l’informatique (cf. certificat de stage établi par la 

société B._______ du […] avril 2015, attestation de stage établie par la 

Fédération suisse des écoles du cirque des […] octobre et […] novembre 

2015 et attestation de participation au programme d’occupation « Média-

tion Communautaire - Cybercafés » établie par l’[Etablissement 

F._______] le […] mai 2015). Il a travaillé du (…) octobre 2013 au (…) dé-

cembre 2015 en tant qu’enseignant spécialisé des arts du cirque, à temps 

partiel, auprès de l’Ecole de cirque de A._______ et du (…) mars au (…) 

juillet 2015 auprès de l’association D._______ à Lausanne (cf., notam-

ment, contrat de travail du 11 octobre 2013, contenu au dossier cantonal, 

aperçu des prestations d’assistance perçues du 6 juin 2017, p. 2, et extrait 

du compte individuel AVS du 28 juin 2017, contenus au dossier de l’autorité 

inférieure). Il ressort de la lettre de soutien rédigée par la direction de 

l’Ecole de cirque que son travail et ses qualités humaines ont été très ap-

préciées (cf. lettre de soutien du 20 mars 2017, contenue au dossier de 

l’autorité inférieure).  

On notera, toutefois, que ces activités économiques ne lui ont pas permis 

d’atteindre une autonomie financière, ayant continué de bénéficier d’une 

assistance totale ou partielle durant les années 2013 et 2014 et ses reve-

nus étant restés insuffisants (cf. aperçu des prestations d’assistance per-

çues établi par l’[Etablissement F._______] le 6 juin 2017 et extrait du 

compte individuel AVS). Le recourant, qui bénéficie actuellement de l’aide 

d’urgence, peut se prévaloir d’une promesse d’engagement en tant qu’en-

seignant en art du cirque à 80% pour une durée indéterminée et un salaire 

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mensuel brut de 4'200 francs (cf. promesse d’engagement du 9 avril 2017 

établie par l’Ecole de cirque de A._______).  

7.3.2 Malgré les efforts indéniables et louables fournis par le recourant 

pour se former et participer à la vie économique en Suisse, efforts attestés 

dans une publication que lui a consacré l’[Etablissement F._______] en fin 

d’année (…), il ne peut se prévaloir d’une ascension professionnelle remar-

quable. La mise en application des qualifications et expériences profes-

sionnelles qu’il a acquises durant son séjour dans ses domaines de prédi-

lection (c’est-à-dire l’art du cirque et l’informatique) n’est, par ailleurs, pas 

confinée au territoire suisse, ces activités pouvant tout aussi bien être exer-

cées dans d’autres pays. S’agissant de son apprentissage de la langue, le 

Tribunal reconnaît que le recourant avait atteint, en 2016 déjà, un niveau 

solide de français (niveau B1/B2), connaissances qu’il a certainement pu 

encore perfectionner entretemps. Cette circonstance, bien que positive, 

n’est toutefois pas, en soi, révélatrice d'attaches particulièrement fortes et 

étroites avec la Suisse. 

Le fait que l’intéressé ne fait, par ailleurs, pas l’objet de poursuites ni 

d’actes de défaut de biens et dispose d’un casier judiciaire vierge (cf. extrait 

du registre des poursuites du […] mars 2017 et extrait du casier judiciaire 

suisse du […] mars 2017) est, certes, un élément favorable mais n’est pas 

en soi extraordinaire, étant même attendu de quiconque vit en Suisse. 

Quant aux très nombreuses lettres de soutien produites par l’intéressé, 

dont il ressort qu’il est très apprécié par toutes les personnes qui l’ont cô-

toyé, son engagement reconnu et attesté en tant que bénévole au sein de 

l’Ecole de cirque A._______, sa participation au Marathon de Lausanne en 

2016 et son projet récent de cirque social, ils témoignent d’une très bonne 

intégration sociale, qui parle en faveur de l’intéressé. Il s’agit toutefois de 

vérifier si, au vu de l’ensemble des circonstances du cas d’espèce, l’octroi 

d’une autorisation de séjour pour cas de rigueur grave au sens de l’art. 14 

al. 2 LAsi se justifie. 

7.4  

7.4.1 S’agissant des possibilités de réintégration du recourant dans son 

pays d’origine, le Tribunal constate qu’il est encore jeune (c’est-à-dire âgé 

actuellement de 37 ans) et en bonne santé. En outre, il dispose d’une for-

mation d’informaticien acquise dans son pays d’origine. Selon la publica-

tion de l’[Etablissement F._______] consacré au recourant, ce dernier au-

rait tout d’abord décroché, en Ethiopie, un poste de chef de projet en dé-

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veloppement informatique, aurait ensuite fondé sa propre société et se se-

rait trouvé, en l’espace de cinq ans, à la tête de quarante et un dévelop-

peurs et analystes programmateurs (cf. publication de l’[Etablissement 

F._______] dédiée au recourant, contenue dans le dossier de l’autorité in-

férieure). Ces informations sont corroborées par les constatations du Tri-

bunal de céans dans son arrêt E-2591/2015 (consid. 7.2), selon lesquelles 

l’intéressé bénéficiait d’une expérience professionnelle en tant qu’informa-

ticien et avait été directeur d’une entreprise informatique dans son pays 

d’origine (cf., aussi, procès-verbal de l’audition de la personne du […] mai 

2012, p. 4). Compte tenu de ce parcours professionnel et des qualifications 

et expériences professionnelles supplémentaires acquises en Suisse (éga-

lement dans le domaine de l’art du cirque), il y a lieu de conclure que l’in-

téressé dispose de bonnes conditions pour se réintégrer économiquement 

en Ethiopie. Si cela fait maintenant sept ans que le recourant vit en Suisse, 

il y a lieu de relever qu’il y est arrivé à l’âge de 30 ans et qu’il a donc passé 

toute son enfance, son adolescence et les premières années de sa vie 

d’adulte dans son pays d’origine, de sorte que les années passées en 

Suisse ne sauraient suffire à le rendre complètement étranger à sa patrie 

et qu’il saura se réintégrer socialement à son retour dans son pays. De 

plus, tout laisse penser - faute d’informations contraires - qu’il dispose tou-

jours de membres de sa famille sur place, comme l’avait retenu du reste le 

Tribunal dans son arrêt E-2591/2015 (ibid.) (cf., également, procès-verbal 

de l’audition de la personne du […] mai 2012, p. 4, contenu au dossier 

cantonal). 

7.4.2 En ce qui concerne « les circonstances de son départ » et « la situa-

tion qui prévaut actuellement en Ethiopie », dont se prévaut le recourant 

dans son mémoire de recours pour justifier une réintégration fortement 

compromise (cf. mémoire de recours, ch. 12), le Tribunal rappelle, comme 

l’avait précisé le Tribunal fédéral s’agissant de l’application de l’art. 13 let. f 

OLE, que la reconnaissance d'un cas personnel d'extrême gravité ne tend 

pas à protéger l'étranger contre les conséquences de la guerre ou contre 

des abus des autorités étatiques, de telles considérations relevant de la 

procédure d'asile ou de l'examen de l'exigibilité (respectivement de la li-

céité) de l'exécution du renvoi. Elle n'a pas non plus pour but de soustraire 

un ressortissant étranger aux conditions de vie prévalant dans sa patrie, à 

savoir aux circonstances générales (économiques, sociales, sanitaires ou 

scolaires) affectant l'ensemble de la population restée sur place. Ce sont 

des raisons purement humanitaires qui sont déterminantes, ceci n'excluant 

pas toutefois de prendre en considération les difficultés que le recourant 

rencontrerait dans son pays du point de vue personnel, familial et écono-

mique (ATF 123 II 125 consid. 3 ; voir, aussi, arrêts du TAF F-643/2016 du 

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24 juillet 2017 consid. 4.5 et F-2679/2016 du 24 mars 2017 consid. 4.5 et 

les réf. cit.). Si le recourant entendait donc invoquer les mêmes motifs que 

ceux qu’il avait fait valoir à l’appui de sa demande d’asile et qui ont été 

examinés par le Tribunal de céans dans son arrêt E-2591/2015, ces motifs 

ne pourraient faire l’objet d’un nouvel examen sous l’angle du cas de ri-

gueur dans le cadre de la présente procédure (cf., également, arrêt du TAF  

F-6480/2016 du 15 octobre 2018 consid. 8.3). Pour le surplus, l’intéressé 

n’a pas précisé quelles seraient les circonstances particulières person-

nelles qui compromettraient gravement sa réintégration dans son pays 

d’origine. 

7.4.3 Au vu de ce qui précède et bien que les efforts consentis par l’inté-

ressé pour s’intégrer à la société suisse soient louables, ils n’atteignent pas 

encore le niveau requis pour que la réintégration du recourant en Ethiopie 

doive être considérée comme fortement compromise. 

7.5 S’il ressort du dossier cantonal de l’intéressé que ce dernier a entrepris 

des démarches en vue d’un mariage avec une compatriote naturalisée 

suisse, une demande de mariage ayant été déposée par leur soin le 

[…] août 2018 auprès des autorités vaudoises (cf. formulaire « Demande 

de détermination sur le séjour en Suisse » du 30 octobre 2018 et lettres 

des 7 et 21 novembre 2018 et du 7 janvier 2019), le Tribunal relève qu’il 

n’en a pas été activement informé par le recourant, assisté d’un mandataire 

professionnel. Faute d’indications contraires, il y a lieu d’admettre que le 

mariage n’a, pour l’heure, pas encore été conclu. Cette circonstance n’a, 

dès lors, pas d’influence directe sur la présente procédure de recours. Sur 

le plan familial, l’intéressé ne peut, en effet, se prévaloir d’éléments, no-

tamment la présence d’enfants scolarisés en Suisse, qui pourraient éven-

tuellement justifier l’octroi d’une autorisation de séjour pour cas de rigueur 

grave au sens de l’art. 14 al. 2 LAsi. Rien n’empêche, le cas échéant, le 

couple de continuer les démarches entreprises auprès des autorités can-

tonales compétentes en vue de la concrétisation de leur mariage et, lors-

que le mariage aura été contracté, en vue du règlement des conditions de 

séjour de l’intéressé par le biais du regroupement familial.  

7.6 Compte tenu de l’ensemble des circonstances du cas d’espèce et des 

conditions restrictives posées par la jurisprudence à l’admission d’un cas 

de rigueur grave, il y a lieu de retenir que la très bonne intégration sociale 

dont peut se prévaloir l’intéressé en Suisse ne suffit pas à justifier l’octroi 

en sa faveur d’une autorisation de séjour sur la base de l’art. 14 al. 2 LAsi, 

étant précisé qu’il n’avait, à l’époque, pas réussi, malgré les deux emplois 

à temps partiels qu’il avait assumés, à atteindre une autonomie financière, 

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Page 13 

qu’il ne peut se prévaloir d’une ascension professionnelle extraordinaire, ni 

d’une réintégration fortement compromise dans son pays d’origine. 

Par sa décision du 5 décembre 2017, l'autorité intimée n'a, dès lors, ni violé 

le droit fédéral ni constaté des faits pertinents de manière inexacte ou in-

complète ; en outre, cette décision n'est pas inopportune (art. 49 PA). 

En conséquence, le recours est rejeté. 

8.  

Vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la charge 

du recourant (cf. art. 63 al. 1 PA en relation avec les art. 1 à 3 du règlement 

du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le 

Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]). 

N’ayant pas obtenu gain de cause, il n’y a pas lieu de lui allouer des dépens 

(art. 64 al. 1 a contrario PA). 

(dispositif sur la page suivante) 

  

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Page 14 

 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Les frais de procédure de 1’200 francs sont mis à la charge du recourant. 

Cette somme est prélevée sur l’avance de frais du même montant versée 

le 23 mars 2018. 

3.  

Le présent arrêt est adressé : 

– au recourant (Recommandé) 

– à l'autorité inférieure, avec dossier en retour 

– en copie, au Service de la population du canton de Vaud, pour 

information 

 

 

Le président du collège : La greffière : 

  

Gregor Chatton Noémie Gonseth 

 

 

Expédition :