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**Case Identifier:** 0b746448-84b9-5bdf-8475-2e4446e61a12
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2019-07-01
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 01.07.2019 A/2381/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-2381-2019_2019-07-01.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/2381/2019-DIV  ATA/1114/2019  

 

 COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative 

Décision du 1
er

 juillet 2019 

sur effet suspensif 

 

dans la cause 

 

Madame A______ 

représentée par Me Christophe Gal, avocat  

contre 

VILLE DE B______ 

représentée par Me Peter Pirkl, avocat 

 

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A/2381/2019 

 Vu la décision du Conseiller administratif de la Ville de B______ du 21 mai 2019 

impartissant un délai de trente jours à Madame A______ pour procéder à l’enlèvement de 
l’urne de Monsieur C______, son père, de la tombe 1______ du cimetière de B______ ; 
que la Ville de B______ avait été informée par Monsieur D______ qu’il n’avait jamais 
abandonné sa responsabilité de répondant des deux tombes 2______ et 1______, 

contrairement à ce qu’avait affirmé Mme A______, épouse de feu E______, frère de M. 
D______ ; que, si Mme A______ n’y donnait pas suite dans le délai indiqué, la Ville de 
B______ se verrait dans l’obligation de procéder elle-même à l’enlèvement de l’urne de 
M. C______ ; que, vu le trouble de la paix des défunts causé par ses déclarations 

trompeuses et l’absence de lien de famille direct entre M. C______ et la famille A______, 
la décision était exécutoire nonobstant recours ; 

 que, par acte du 21 juin 2019, Mme A______ a recouru auprès de la chambre 

administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre la 

décision précitée ; qu’elle a conclu à l’annulation de la décision et à ce qu’il soit constaté 
que l’urne funéraire de M. C______ avait été déposée à bon droit dans la tombe 1______ ; 
qu’elle a préalablement conclu à la restitution de l’effet suspensif au recours ; qu’en 
septembre 2017, lorsqu’elle avait contacté la Ville de B______ afin de savoir s’il était 
possible de déposer l’urne de son père aux côtés de feu son époux, son interlocutrice de 
l’administration communale s’était réjouie de cette demande, demeurant sans nouvelle du 
répondant des tombes 2______ et 1______ malgré de multiples interpellations ; que la 

concession de la tombe 2______ était même arrivée à échéance le 31 décembre 2015 ; que 

dans ces circonstances, elle avait été d’accord de reprendre la responsabilité des deux 
tombes en question ; qu’en conséquence la mise en terre de l’urne funéraire de son père 
avait été effectuée ;  

 qu’elle produisait copie d’un courriel de l’administration communale confirmant un 
entretien aux fins de discussions entre les parties début juillet 2019 ; 

 que la Ville de B______ s’est opposée à la restitution de l’effet suspensif, laquelle 
reviendrait à maintenir plus longtemps une situation de fait non conforme au droit, celle-ci 

ayant été obtenue par la recourante grâce à des déclarations non conformes à la réalité ; que 

l’urne funéraire de M. C______ n’aurait jamais dû être déposée à cet endroit où elle causait 
une grave atteinte à la paix des défunts et à la famille A______ ; que l’intérêt à la remise 
de l’état antérieur était plus important que l’intérêt de la recourante à ne pas déplacer l’urne 
de son père, quand bien même celle-ci était déposée à cet endroit depuis environ deux ans ; 

 que par réplique sur effet suspensif, la recourante a persisté dans ses conclusions ; 

 

 

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A/2381/2019 

Considérant en droit : 

 que les décisions sur effet suspensif et sur mesures provisionnelles sont prises par le 

président de la chambre administrative, respectivement par le vice-président, ou en cas 

d'empêchement de ceux-ci, par un juge (art. 21 de la loi sur la procédure administrative du 

12 septembre 1985 - LPA - E 5 10 et 9 al. 1 du règlement de la chambre administrative du 

26 septembre 2017) ; 

  que sauf disposition légale contraire, le recours a effet suspensif à moins que 

l’autorité qui a pris la décision attaquée n’ait ordonné l’exécution nonobstant recours (art. 
66 al. 1 LPA) ; que toutefois, lorsque aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s’y 
oppose, la juridiction de recours peut, sur la demande de la partie dont les intérêts sont 

gravement menacés, retirer ou restituer l’effet suspensif (art. 66 al. 3 LPA) ; 

 que, selon la jurisprudence constante de la chambre administrative, des mesures 

provisionnelles – au nombre desquelles compte la restitution de l'effet suspensif (Philippe 
WEISSENBERGER/Astrid HIRZEL, Der Suspensiveffekt und andere vorsorgliche 

Massnahmen, in Isabelle HÄNER/Bernhard WALDMANN [éd.], Brennpunkte im 

Verwaltungsprozess, 2013, 61-85, p. 63) – ne sont légitimes que si elles s’avèrent 
indispensables au maintien d’un état de fait ou à la sauvegarde d’intérêts compromis  
(ATF 119 V 503 consid. 3 ; ATA/1205/2018 du 12 novembre 2018 ; ATA/1167/2018 du 

1er novembre 2018) ; 

 que l’octroi de mesures provisionnelles présuppose l’urgence, à savoir que le refus de 
les ordonner crée pour l’intéressé la menace d’un dommage difficile à réparer (ATF 130 II 
149 consid. 2.2 ; 127 II 132 consid. 3 = RDAF 2002 I 405 ; ATA/941/2018 du 18 

septembre 2018) ; 

 qu’elles ne sauraient, en principe tout au moins, anticiper le jugement définitif ni 
équivaloir à une condamnation provisoire sur le fond, pas plus qu’aboutir abusivement à 
rendre d’emblée illusoire la portée du procès au fond (arrêts précités). Ainsi, dans la 
plupart des cas, les mesures provisionnelles consistent en un minus, soit une mesure moins 

importante ou incisive que celle demandée au fond, ou en un aliud, soit une mesure 

différente de celle demandée au fond (Isabelle HAENER, Vorsogliche Massnahmen in 

Verwaltungsverfahren und Verwaltungsprozess, RDS 1997 II 253-420, p. 265) ; 

 que selon la jurisprudence, il y a lieu d’effectuer une pesée entre les intérêts publics 
et privés en jeu, étant précisé que l’autorité peut aussi tenir compte des chances de succès 
du recours (ATA/1201/2018 du 7 novembre 2018 ; ATA/962/2016 du 14 novembre 2016 ; 

ATA/192/2014 du 31 mars 2014) ; 

 que l’autorité de recours dispose d’un large pouvoir d’appréciation qui varie selon la 
nature de l’affaire. Pour effectuer la pesée des intérêts en présence, elle n’est pas tenue de 
procéder à des investigations supplémentaires, mais peut statuer sur la base des pièces en 

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A/2381/2019 

sa possession (arrêt du Tribunal fédéral 1C_435/2008 du 6 février 2009 consid. 2.3 et les 

références citées ; ATA/1205/2018 précité ; ATA/962/2016 précité) ; 

 qu’en l’espèce, l’urne du père de la recourante repose dans la tombe 1______ depuis 
2017 ;  

 que la commune a pris la décision litigieuse en mai 2019, en l’absence d’une réponse 
à sa précédente correspondance du 12 novembre 2018 ; 

 qu’ainsi, six mois se sont écoulés avant la décision querellée ; 

 que les parties ont prévu de se réunir début juillet 2019 pour discuter de la situation ; 

 qu’en l’état les déclarations trompeuses dont la recourante est accusée ne sont pas, 
prima facie, établies et sont contestées ; 

 que, dans ces circonstances, il n’y a pas d’urgence à ce que l’urne soit enlevée de 
terre avant que la chambre de céans n’ait pu se prononcer ; 

 qu’en l’état du dossier et prima facie, l’intérêt privé de la recourante prime l’intérêt 
public au rétablissement d’une situation conforme au droit ; 

 que toutefois, en application de l’art. 71 LPA, l’autorité peut ordonner d’office ou sur 
requête l’appel en cause de tiers, dont la situation juridique est susceptible d’être affectée 
par l’issue de la procédure ; la décision leur devient dans ce cas opposable. L’appelé en 
cause peut exercer les droits qui sont conférés aux parties ;  

 que la question de l’appel en cause de M. D______ se pose ; 

 qu’un délai au 24 juillet 2019 sera imparti aux deux parties pour se déterminer sur la 
question dudit appel en cause ; 

 que les frais de la présente décision seront réservés jusqu’à droit jugé au fond ; 
 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

restitue l’effet suspensif au recours ; 

impartit un délai au 24 juillet 2019 aux parties pour se déterminer sur l’appel en cause de 
Monsieur D______ ; 

réserve le sort des frais de la procédure jusqu’à droit jugé au fond ; 

dit que conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 

2005 (LTF - RS 173.110), la présente décision peut être portée dans les trente jours qui 

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A/2381/2019 

suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière de 

droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de 

preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au 

Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 

conditions de l’art. 42 LTF. La présente décision et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique la présente décision à Me Christophe Gal, avocat de la recourante, ainsi qu'à 

Me Peter Pirkl, avocat de Ville de B______. 

 
 

 La vice-présidente : 
 
 
 

F. Krauskopf 

 

 
 

 

Copie conforme de cette décision a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 

 

 la greffière :