# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 5bdb73f2-13f3-50d0-a073-895047f98e24
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-04-23
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 23.04.2013 A/2964/2012
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-2964-2012_2013-04-23.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/2964/2012-TAXIS ATA/257/2013  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 23 avril 2013 

2
ème

 section 

   dans la cause 

 

Monsieur S______ 
représenté par Me Jean-Charles Sommer, avocat  

contre 

SERVICE DU COMMERCE 
 

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A/2964/2012 

EN FAIT 

1.  Monsieur S______ est chauffeur de taxis.  

2.  Le 8 mai 2006, il a déposé une requête en vue d’obtenir la carte 
professionnelle l’autorisant à exercer comme chauffeur ou dirigeant d’entreprise 
selon la loi sur les taxis et limousines (transport professionnel de personnes au 
moyen de voitures automobiles) du 21 janvier 2005 (LTaxis - H 1 30).  

3.  Le 19 mai 2006, le service des autorisations et patentes, devenu depuis lors 
le service du commerce (ci-après : Scom), lui a retourné cette requête. Elle devait 
être traitée conjointement avec une requête en vue d’obtenir l’autorisation 
d’exploiter un taxi de service privé.  

4.  Le 24 mai 2006, M. S______ a déposé à nouveau la requête précitée 
accompagnée de la requête en vue de l’obtention de l’autorisation d’exploiter un 
taxi de service privé en qualité d’indépendant.  

5.  Le 11 juillet 2006, le département de l’économie et de la santé devenu 
depuis lors le département des affaires régionales, de l’économie et de la santé (ci-
après : le département) lui a accordé l’autorisation d’exploiter en qualité 
d’indépendant un taxi de service privé immatriculé sous plaque de police 
GE 2696. 

6.  Le 18 février 2009, M. S______ a déposé auprès du Scom une demande 
d’autorisation d’exploiter un taxi de service public en qualité d’indépendant.  

7.  Le 19 février 2009, le Scom a accusé réception de la demande précitée et a 
informé M. S______ qu’il était inscrit sur la liste d’attente prévue par la loi, son 
rang étant déterminé en fonction de la date d’inscription. 

8.  Le 3 octobre 2011, M. S______ a demandé au Scom à quel rang il se situait 
sur la liste d’attente pour obtenir l’autorisation précitée. 

9.  Le Scom lui a répondu le 5 octobre 2011. Il se trouvait au 114ème rang.  

10.  Le 11 novembre 2011, M. S______ a écrit au Scom. Il avait établi la 
chronologie des différentes requêtes dont il avait saisi ce service afin de pouvoir 
exploiter dans les plus brefs délais un taxi de service public :  

- il avait formé une première demande le 9 mars 2005 auprès du Scom, mais 
celui-ci lui avait fait savoir qu’il devait d’abord déposer une demande 
d’autorisation d’exploiter un taxi de service privé ;  

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- il avait effectué cette dernière démarche le 8 mai 2006. Il avait été reçu à cette 
occasion par Madame H______ qui lui avait remis les formulaires relatifs à la 
requête d’exploiter un tel taxi. Elle lui avait simultanément indiqué que la date 
d’inscription faisait foi sur la liste d’attente pour l’obtention de l’autorisation 
d’exploiter un taxi de service public, puis lui avait retourné son dossier dix 
jours plus tard en lui indiquant qu’elle ne pouvait pas traiter sa demande ; 

- la réception le 11 juillet 2006 de l’autorisation d’exploiter un taxi de service 
privé lui avait donné l’espoir que, dans un futur proche, il pourrait obtenir 
l’autorisation d’exploiter un taxi de service public ;  

- après quelques années, après discussions avec ses collègues, il s’était rendu au 
Scom pour demander en quelle position il se trouvait et avait appris qu’il ne 
figurait pas sur la liste. Il s’était alors inscrit le jour même et avait été 
enregistré dans la liste d’attente en fonction de cette date qui ne correspondait 
pas à la réalité ; 

 - le 1er septembre 2010, son premier avocat avait écrit un courrier au Scom 
pour demander la rectification de son rang, mais sa demande était restée sans 
réponse. Il réitérait cette démarche et demandait la rectification de la liste 
d’attente. 

11.  Le 13 janvier 2012, le Scom a écrit à M. S______. Le seul document 
justifiant son inscription sur la liste d’attente des autorisations d’exploiter un taxi 
de service public était la demande qu’il avait déposée le 18 février 2009 à son 
guichet. Il confirmait donc son courrier du 5 octobre 2011.  

12.  Le 18 juin 2012, M. S______, par la plume de son actuel conseil, a écrit au 
Scom. Il était détenteur d’une autorisation d’exploiter un taxi de service privé en 
qualité d’indépendant depuis mars 2005. Il avait sollicité à l’époque le droit d’être 
inscrit sur la liste d’attente pour obtenir une autorisation d’exploiter un taxi de 
service public en qualité d’indépendant. La préposée à la tenue de la liste était 
Mme H______ qui lui avait indiqué qu’il était automatiquement inscrit. 
Constatant que ses collègues obtenaient l’autorisation sollicitée, il avait demandé 
au Scom la raison pour laquelle on ne lui proposait jamais la bonbonne jaune. Le 
Scom était prié de se déterminer.  

13.  Le 27 juin 2012, Me Sommer a écrit au Scom par pli recommandé. Son 
courrier du 18 juin 2012 n’avait eu aucun écho. Un délai au 10 juillet 2012 lui 
était accordé pour prendre une décision, à défaut de quoi M. S______ 
considèrerait être victime d’un déni de justice lui ouvrant les voies d’un recours.  

14.  Le 19 juillet 2012, le Scom a écrit à Me Sommer. M. S______ n’était pas au 
bénéfice d’une autorisation d’exploiter un taxi de service privé depuis mars 2005. 
La carte professionnelle de chauffeur de taxis employé lui avait été délivrée le 

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11 juillet 2006 avec l’autorisation d’exploiter un taxi de service privé comme 
indépendant. Ni la LTaxis ni son règlement d’exécution ne prévoyaient 
l’automaticité d’inscription sur la liste d’attente. Il avait déposé une demande le 
18 février 2009 et c’était depuis cette date qu’il était inscrit sur la liste. 
M. S______ avait déjà reçu réponse à ses demandes de renseignement et le Scom 
ne pouvait que confirmer la teneur de ce qu’il lui avait déjà expliqué.  

15.  Le 2 octobre 2012, M. S______ a interjeté recours auprès de la chambre 
administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre 
l’absence de décision du Scom suite à sa requête. Il conclut à ce qu’une 
autorisation d’exploiter un taxi de service public en qualité d’indépendant lui soit 
accordée. 

  Il avait demandé au Scom, le 18 juin 2012, la raison pour laquelle on ne lui 
délivrait pas d’autorisation d’exploiter un taxi de service public. N’ayant pas reçu 
de réponse, il avait relancé le Scom. Celui-ci avait contesté le 19 juillet 2012 son 
argumentation et soutenait qu’il n’y avait pas d’automaticité d’inscription sur la 
liste d’attente. Malgré sa demande expresse, le Scom n’avait toujours pas rendu de 
décision formelle, ce qui justifiait la présente action.  

16.  Le 13 novembre 2012, le Scom a conclu à l’irrecevabilité du recours 
subsidiairement à son rejet. Il n’y avait pas de déni de justice. Il avait répondu le 
19 juillet 2012 aux deux courriers envoyés en juin 2012 par M. S______. Au 
surplus, sa demande était infondée.  

17.  Le 19 novembre 2012, le juge délégué a informé les parties que la cause 
était gardée à juger.  

EN DROIT 

1.  Toute personne a droit à ce que sa cause soit traitée équitablement (art. 29 al. 1 
de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999  - Cst. - RS 
101). Une autorité est tenue de traiter une requête qui lui est adressée et ne saurait 
garder le silence à propos d’une demande qui exige une décision. Le principe vaut 
pour toutes les requêtes, même celles qui ne revêtent pas la forme prescrite. Il existe 
donc un droit d’obtenir une décision par lequel l’autorité explique qu’elle justifie la 
position qu’elle entend adopter (A. AUER / G. MALINVERNI / M. HOTTELIER, 
Droit constitutionnel suisse, vol. 2, 2ème éd., 2006, nos 1220 et 1221, p. 570). La 
décision doit, de plus, intervenir dans un délai raisonnable. Celui-ci s’apprécie dans 
chaque cas suivant les circonstances de la cause (ATA/527/2007 du 16 octobre 
2007), en particulier en fonction de la complexité de la procédure, du temps qu’exige 
son instruction, du comportement de l’intéressé et des autorités, ainsi que de 
l’urgence de l’affaire (J.-F. AUBERT / P. MAHON, Petit commentaire de la 
Constitution fédérale de la Confédération suisse, 2003, p. 265). 

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2.  Les décisions sont les mesures individuelles et concrètes prises par l’autorité 
dans les cas d’espèce fondées sur le droit public fédéral, cantonal, communal et ayant 
pour objet soit de créer, de modifier ou d’annuler des droits ou des obligations, soit 
de constater l’existence, l’inexistence ou l’étendue de droits, d’obligations ou de faits 
ou encore de rejeter ou de déclarer irrecevables des demandes tendant à créer, 
modifier, annuler ou constater des droits ou obligations (art. 4 al. 1 de la loi sur la 
procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

3.  Lorsqu’une autorité, mise en demeure préalablement, refuse sans droit de 
statuer ou tarde à se prononcer, son silence est assimilé à une décision (art. 4 al. 4 
LPA), ce qui ouvre la voie à un recours. 

4.  En l’occurrence, le 27 juin 2012, le recourant a mis en demeure le Scom de 
répondre au courrier qu’il lui avait adressé le 18 juin 2012. A teneur dudit courrier,  
l’intéressé ne requérait pas la délivrance d’une autorisation d’exploiter un taxi de 
service public, mais cherchait à savoir pour quelle raison ce service ne lui délivrait 
pas l’autorisation sollicitée dès lors que, selon lui, il avait été automatiquement 
inscrit sur la liste des requérants depuis 2005. Le Scom lui a répondu le 19 juillet 
2012, contestant toute automaticité d’inscription et rappelant ses explications 
antérieures, à savoir que le recourant était inscrit sur la liste depuis le 18 février 
2009. Cette réponse étant complète au regard de la question posée, les conditions 
d’un déni de justice ne sont aucunement réalisées, n’ouvrant la voie à aucun recours 
et a fortiori à aucun examen par la chambre du litige sur le fond.  

5.   Le recours est irrecevable. Un émolument de CHF 500.- sera mis à la charge 
du recourant, vu l’issue du litige (art. 87 al. 1 LPA). Aucune indemnité ne lui sera 
allouée (art. 87 al. 2).  

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

déclare irrecevable le recours interjeté le 2 octobre 2012 par Monsieur S______ contre 
l’absence de décision du service du commerce ; 

met à la charge de Monsieur S______ un émolument de CHF 500.-. ; 

dit qu’il ne lui est pas alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 

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au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Me Jean-Charles Sommer, avocat du recourant, ainsi 
qu’au service du commerce. 

Siégeants : Mme Junod, présidente, MM. Dumartheray et Verniory, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière- juriste : 
 
 

S. Hüsler Enz 

 la présidente siégeant : 
 
 

Ch. Junod 
 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :