# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1c64a230-a431-5df4-b3bf-ee63f1cf363b
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2014 / 22
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2014---22_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC13.008202-132506

 

 25

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
24 janvier 2014

___________________

Présidence
de               M.             
Sauterel,
président

Juges             
:              M.             
Hack et Mme Byrde 

Greffier
              :             
Mme              Debétaz Ponnaz

 

 

*****

 

 

Art.
239 al. 2 et 321 al. 1 CPC

 

 

             
Vu la décision rendue le 29 avril 2013, à la suite de l'audience du 8 avril 2013, par le Juge
de paix du district du Jura-Nord vaudois, prononçant la mainlevée provisoire, à concurrence
de 12'253 fr. 85, plus intérêt au taux de 6 % l'an dès le 26 février 2012, de
l'opposition formée à la poursuite n° 6'423'993 de l'Office des poursuites du district
du Jura-Nord vaudois exercée à l'instance de A.________AG,
à Herzogenbuchsee (BE), contre 
J.________,
au Sentier, arrêtant à 360 fr. les frais judiciaires, compensés avec l'avance de frais
de la poursuivante, et les mettant partiellement à la charge du poursuivi, qui doit en conséquence
rembourser à la poursuivante la moitié de son avance de frais, à concurrence de 180 francs,
sans allocation de dépens pour le surplus, 

 

             
vu la notification de ce dispositif à la poursuivante le 30 avril 2013,

 

             
vu la lettre mentionnant comme objet "Recours", adressée le 6 mai 2013 au Juge de paix
du district du Jura-Nord vaudois par la poursuivante, faisant valoir que sa requête de mainlevée
portait sur un montant de 44'917 fr. 95, sur la base de deux factures, plus intérêts à
8,5 % dès le 4 octobre 2012, et demandant au premier juge "de bien vouloir vérifier cette
problématique afin d'assurer que l'action juridique puisse être poursuivie", lettre que
ledit magistrat a considérée comme une demande de motivation, 

 

             
vu les motifs du prononcé de mainlevée adressés aux parties le 18 et notifiés à
la poursuivante le 19 novembre 2013, 

 

             
vu la transmission du dossier par le juge de paix à la cour de céans, autorité de recours,
le 17 décembre 2013;

 

 

             
attendu que le recours au sens des art. 319 ss CPC [Code de procédure civile; RS 272] doit être
introduit auprès de l'instance de recours par acte écrit et motivé (art. 321 al. 1 CPC),
dans les dix jours à compter de la notification de la décision motivée (art. 321 al. 2
CPC),

 

             
que le droit de recourir peut déjà s'exercer dans le délai de demande de motivation, lequel
est de dix jours à compter de la communication de la décision sous forme de dispositif (art.
239 al. 1 et 2 première phrase CPC), un acte de recours déposé dans ce délai étant
alors considéré comme une demande de motivation, 

 

             
qu'en outre, le principe selon lequel est réputé observé un délai si le mémoire
a été adressé à l'autorité précédente, qui vaut pour les recours au
Tribunal fédéral (art. 48 al. 3 LTF [loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral;
RS 173.110]), doit être également appliqué dans la procédure de recours régie
par le CPC (Tappy, Les voies de droit du nouveau Code de procédure civile, in JT 2010 III 115, spéc.
p. 131),

             

             
que le recours adressé le 6 mai 2013 au Juge de paix du district du Jura-Nord vaudois a ainsi été
déposé en temps utile; 

 

             
attendu que la partie qui entend user d'une voie de droit a la charge de se conformer à certaines
règles de forme, à défaut de quoi sa démarche sera frappée d'irrecevabilité
(Jeandin, in Bohnet/Haldy/Jeandin/Schweizer/Tappy (éd.), Code de procédure civile commenté,
Bâle 2011, n. 1 ad art. 321 CPC), 

 

             
qu'en particulier, selon l'art. 321 al. 1 CPC, le recours doit être motivé, 

             

             
que les exigences sont à cet égard similaires en matière d'appel et de recours,

             

             
que cela signifie que, sous peine d'irrecevabilité, le recourant doit expliquer les motifs pour
lesquels la décision de première instance devrait être annulée ou modifiée et
prendre des conclusions au fond tendant à l'annulation ou à la réforme de cette décision
(CREC, 13 octobre 2011/187; Jeandin, op. cit., nn. 3 et 5 ad art. 311 CPC; Reetz/Teiler, in Sutter-Somm/Hasenböhler/Leuenberger,
Kommentar zum Zivilprozessordnung (éd.), Zurich 2010, n. 33 ad art. 311 CPC; Staehelin/Staehelin/Grolimund,
Zivilprozessrecht, Zurich 2008, § 25, n° 22), 

 

             
que l'obligation de prendre des conclusions ne découle pas de la lettre des art. 311 et 321 CPC,
mais, implicitement, du devoir de motiver (Reetz/Teiler, op. cit., n. 34 ad art. 311 CPC 
et réf. cit.), 

 

             
que l'instance de recours doit pouvoir comprendre ce qui est reproché au premier juge sans avoir
à rechercher des griefs par elle-même, ce qui exige une certaine précision quant à
l'énoncé et à la discussion des griefs (CREC, 23 août 2011/143; CREC, 11 mai 2012/173;
Jeandin, ibidem), 

 

             
qu'en l'espèce, le recours du 6 mai 2013 ne contient aucune conclusion ni aucun grief, motif ou
moyen de recours reconnaissable contre la décision de mainlevée, la recourante relevant en
substance qu'elle n'a pas obtenu ce qu'elle avait demandé et demandant au juge de revoir la cause,
ce qui est insuffisant pour répondre aux exigences légales de motivation,

 

             
que la recourante n'a pas déposé d'autre acte après réception de la décision
de mainlevée motivée,

 

             
que l'absence de motivation du recours est un vice qui n'est pas réparable,

 

             
que l'art. 132 CPC, selon lequel le tribunal peut fixer un délai pour la rectification de certains
vices affectant un acte, ne s'applique pas dans le cas d'un acte de recours dépourvu de motivation
(TF 4A_659/2011 du 7 décembre 2011 c. 5),

 

             
qu'en effet, l'absence de motivation ne constitue pas un vice purement formel visé par l'art. 132
al. 1 CPC, tel que l'absence de signature ou de procuration, et n'est pas non plus assimilable à
une motivation incompréhensible au sens de l'art. 132 al. 2 CPC,

 

             
que l'art. 56 CPC, selon lequel le tribunal donne aux parties l'occasion de clarifier ou de compléter
leurs actes ou déclarations peu clairs ou manifestement incomplets, concerne des allégations
de fait et n'est pas applicable non plus en cas d'absence de motivation d'un acte de recours,

 

             
que l'acte de recours du 6 mai 2013, faute d'être motivé, ne satisfait pas aux exigences de
forme posées par la loi et doit par conséquent être déclaré irrecevable;

 

             
attendu que le présent arrêt peut être rendu sans frais ni dépens.

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est irrecevable.

 

             
II.             
L’arrêt, rendu sans frais ni dépens, est exécutoire.

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du
24 janvier 2014

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, prend date de ce jour.

 

             
Il est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
A.________AG,

‑             
M. J.________.

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 32'664 fr. 10.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe 
(art.
74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les
trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
M. le Juge de paix du district du Jura-Nord vaudois.

 

             
La greffière :