# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e2f81627-0687-5e49-a4e8-a6f1d88b71d3
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-01-09
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Sozialversicherungsgerichtshöfe 09.01.2023 608 2022 159
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_011_608-2022-159_2023-01-09.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00

www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

608 2022 159
608 2023 3

Arrêt du 9 janvier 2023

IIe Cour des assurances sociales

Composition Présidente : Daniela Kiener
Juges : Johannes Frölicher, Marc Sugnaux 
Greffière-rapporteure : Carine Sottas 

Parties A.________, recourante, représentée par B.________

contre

CAISSE DE COMPENSATION DU CANTON DE FRIBOURG, 
autorité intimée 

Objet Assurance-vieillesse et survivants (cotisations, personne sans activité 
lucrative)

Recours du 13 octobre 2022 contre la décision sur opposition du 
29 septembre 2022 (608 2022 159) et requête d'assistance judiciaire 
partielle du 9 novembre 2022 (608 2023 3)

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considérant en fait

A. A.________, domiciliée à C.________, a été mariée avec D.________ sous le régime de la 
séparation de biens depuis 1982 jusqu'au 29 mars 2022, date du divorce.

Par décision du 11 février 2020, confirmée sur opposition le 17 avril 2020, la Caisse de compensation 
du canton de Fribourg (ci-après: la Caisse) l'a affiliée en tant que personne sans activité lucrative 
pour l'année 2016, son mari n'ayant pas versé le double de la cotisation minimale qui aurait permis 
de l'exonérer du paiement des cotisations AVS/AI/APG. La Caisse lui a dès lors réclamé des 
cotisations personnelles pour cette même année de CHF 501.90 plus intérêts moratoires par 
CHF 78.15, pour un total de CHF 580.05. Cette décision sur opposition n'a pas été contestée.

B. Le 3 mai 2022, la Caisse a à nouveau affilié l'assurée en tant que personne sans activité 
lucrative pour l'année 2018, son époux n'ayant pas payé la double cotisation AVS comme 
indépendant. Par décision du 22 juin 2022, elle lui a réclamé, pour cette année-là, des cotisations 
AVS/AI/APG d'un montant de CHF 501.90 et des intérêts moratoires par CHF 80.30, pour un total 
de CHF 582.20. Cette décision a été confirmée par décision sur opposition le 29 septembre 2022.

C. Le 13 octobre 2022, A.________, représentée par B.________, interjette recours contre la 
décision sur opposition du 29 septembre 2022 et conclut, sous suite de frais, à son annulation. A 
l'appui de sa conclusion, elle soutient que la Caisse n'a pas tenu compte du régime de la séparation 
de biens et qu'elle ne dispose pas de fortune. Le 9 novembre 2022, elle dépose une requête 
d'assistance judiciaire partielle.

Dans ses observations du 6 décembre 2022, la Caisse conclut au rejet du recours. Elle soutient 
avoir respecté le délai de cinq ans dès la fin de l'année civile pour laquelle les cotisations sont dues 
lui permettant de réclamer lesdites cotisations puisqu'elle a constaté une lacune de cotisations pour 
l'année 2018 et rendu sa décision le 22 juin 2022. Ensuite, les cotisations des assurés mariés, 
comme les époux A.________ et D.________ en 2018, se déterminent indépendamment du régime 
matrimonial et sur la base de la moitié de la fortune et du revenu acquis sous forme de rente du 
couple, cette règle valant également en cas de séparation de corps judiciaire et dans les cas où un 
seul conjoint est assuré à l'AVS et soumis à l'obligation de cotiser.

Aucun autre échange d'écritures n'a été ordonné entre les parties.

Il sera fait état des arguments, invoquées par elles à l'appui de leurs conclusions respectives, dans 
les considérants en droit du présent arrêt pour autant que cela soit utile à la solution du litige.

en droit

1.

Interjeté en temps utile et dans les formes légales auprès de l'autorité judiciaire compétente par une 
assurée directement touchée par la décision attaquée et dûment représentée, le recours est 
recevable.

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2.

2.1. Selon l'art. 1a al. 1 let. a de la loi du 20 décembre 1946 sur l'assurance-vieillesse et survivants 
(LAVS; RS 831.10), les personnes physiques domiciliées en Suisse sont assurées de manière 
obligatoire.

2.2. En vertu de l'art. 3 al. 1 LAVS, les assurés sont tenus de payer des cotisations tant qu’ils 
exercent une activité lucrative. Les personnes sans activité lucrative sont également tenues de payer 
des cotisations à compter du 1er janvier de l’année qui suit la date à laquelle elles ont eu 20 ans 
jusqu’à la fin du mois où ils atteignent l’âge de 64 ans (pour les femmes), respectivement 65 ans 
(pour les hommes). L'al. 3 let. a précise que sont réputés avoir payé eux-mêmes des cotisations, 
pour autant que leur conjoint ait versé des cotisations équivalant au moins au double de la cotisation 
minimale, les conjoints sans activité lucrative d’assurés exerçant une activité lucrative.

L’art. 10 al. 1 LAVS prévoit que les assurés n’exerçant aucune activité lucrative paient une cotisation 
selon leur condition sociale. En 2018, la cotisation AVS s'élevait au minimum à CHF 392.- et au 
maximum à cinquante fois cette cotisation minimale.

2.3. Aux termes de l'art. 28 al. 4 du règlement du 31 octobre 1947 sur l’assurance-vieillesse et 
survivants (RAVS; RS 831.101), si une personne mariée doit payer des cotisations comme personne 
sans activité lucrative, ses cotisations sont déterminées sur la base de la moitié de la fortune et du 
revenu sous forme de rente du couple. Il en va de même pour toute l’année de la conclusion du 
mariage. Pour toute l’année durant laquelle le divorce a été prononcé, les cotisations sont 
déterminées selon l’al. 1. Celui-ci s’applique également à la période postérieure au décès du 
conjoint. Selon l'al. 5, les conjoints sans activité lucrative, dont les cotisations ne sont pas 
considérées comme payées (art. 3 al. 3 LAVS), doivent s’annoncer auprès de la caisse de 
compensation du canton de leur domicile.

L'art. 29 al. 3 RAVS prévoit que, pour établir la fortune déterminante, les autorités fiscales cantonales 
se fondent sur la taxation passée en force de l’impôt cantonal. Elles tiennent compte des valeurs de 
répartition intercantonales.

D'après la jurisprudence fédérale, toute taxation fiscale est présumée conforme à la réalité. Cette 
présomption ne peut être infirmée que par des faits. Dès lors que les caisses de compensation sont 
liées par les données fiscales, et que le juge des assurances sociales examine, en principe, 
uniquement la décision de la caisse quant à sa légalité, le juge ne saurait s'écarter des décisions de 
taxation entrées en force que si celles-ci contiennent des erreurs manifestes et dûment prouvées, 
qu'il est possible de rectifier d'emblée, ou s'il s'impose de tenir compte d'éléments de fait sans 
pertinence en matière fiscale mais déterminants sur le plan des assurances sociales. A cet égard, 
de simples doutes sur l'exactitude d'une taxation fiscale ne suffisent pas. La détermination du revenu 
est, en effet, une tâche qui incombe aux autorités fiscales, et il n'appartient pas au juge des 
assurances sociales de procéder lui-même à une taxation (arrêts TF 9C_253/2014 du 28 juillet 2014 
consid. 6.3.1; H 381/01 du 7 juin 2002 consid. 3).

3.

Est en l'espèce litigieuse la question des cotisations AVS/AI/APG pour personne sans activité 
lucrative réclamées à la recourante pour l'année 2018.

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3.1. L'autorité intimée demande à l'assurée, pour 2018, le versement de cotisations d'un montant 
de CHF 501.90 (AVS: CHF 392.-, AI: CHF 65.-, APG: CHF 21.-), y compris les frais d'administration 
de CHF 23.90, son mari n'ayant pas versé le double de la cotisation minimale qui aurait permis de 
l'exonérer du paiement.

La recourante estime quant à elle qu'il y a lieu de tenir compte du fait qu'elle était mariée sous le 
régime de la séparation de biens et qu'elle ne dispose pas de fortune. Elle ne conteste pas le fait 
que son époux n'a pas versé le double de la cotisation minimale, ni qu'elle doit de ce fait être affiliée 
comme personne sans activité lucrative.

3.2. A titre liminaire, il est d'emblée précisé que seuls le fait que les époux étaient mariés en 2018 
et leur situation financière durant cette même année sont déterminants. Par conséquent, il n'y a pas 
lieu de prendre ici en compte l'absence actuelle de fortune de la recourante, qui pourrait cependant 
l'être dans le cadre d'une éventuelle demande de remise.

L'assurée allègue avoir été mariée sous le régime de la séparation de biens. La jurisprudence 
fédérale a cependant constaté à plusieurs reprises que le fait que les époux soient mariés sous ce 
régime n'est pas décisif (ATF 135 V 361 consid. 5.1; arrêt TF 9C_228/2022 du 30 septembre 2022 
consid. 3.3). En effet, l'époux séparé de biens est réputé retirer un avantage économique du 
patrimoine de son conjoint et ne saurait se prévaloir de n'en avoir tiré aucun avantage même lorsque 
cela est établi (ATF 103 V 49).

Par conséquent, les cotisations doivent être déterminées sur la base de la moitié de la fortune et du 
revenu sous forme de rente du couple. La Caisse a en l'espèce calculé correctement les éléments 
du calcul des cotisations en se basant sur l'avis de taxation fiscale de 2018, lequel n'est pas contesté. 
Elle a tenu compte de l'absence de revenu sous forme de rente et a pris en compte une fortune nette 
de CHF 166'688.-, à laquelle elle a ajouté un montant de CHF 31'100.- pour tenir compte du facteur 
de répartition intercantonale des immeubles non agricoles de 110% selon le ch. 2 de la circulaire 
n° 22 du 22 mars 2018 de la Conférence suisse des impôts sur les Règles concernant l’estimation 
des immeubles en vue des répartitions intercantonales des impôts, et divisé le résultat obtenu de 
CHF 197'788.- par deux, soit CHF 98'894.-. 

Quant au montant des cotisations, il a été fixé sur la base de cette fortune et correspond au minimum 
dû en vertu des art. 28 RAVS, 1bis al. 2 du règlement du 17 janvier 1961 sur l'assurance-invalidité 
(RS 831.201) et 36 al. 2 du règlement du 24 novembre 2004 sur les allocations pour perte de gain 
(RS 834.11) dans leur version en vigueur au 1er janvier 2018.

C'est dès lors à juste titre que la Caisse réclame à l'assurée des cotisations d'un montant de 
CHF 478.- plus les frais d'administration qu'elle est en droit de prélever en vertu de l'art. 69 al. 1 
LAVS par CHF 23.90, soit CHF 501.90, pour l'année 2018.

4.

La recourante ne conteste pas la décision, rendue séparément le 22 juin 2022, relative aux intérêts 
moratoires dus par CHF 80.30. Ceux-ci ont au demeurant été calculés correctement et réclamés 
dans le délai de cinq ans dès la fin de l'année civile pour laquelle les cotisations sont dues 
(cf. art. 16 LAVS).

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5.

Au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté et la décision sur opposition confirmée. Partant, 
l'assurée est tenue de verser pour l'année 2018 CHF 501.90 au titre des cotisations AVS/AI/APG, 
plus CHF 80.30 d'intérêts moratoires, soit au total CHF 582.20.

6.

La recourante a également sollicité le bénéfice de l'assistance judiciaire gratuite partielle (608 2023 
3) dans le cadre de la présente procédure de recours.

6.1. Selon l'art. 61 let. f, 2ème phr. de la loi du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des 
assurances sociales (LPGA ; RS 830.1), lorsque les circonstances le justifient, l'assistance judiciaire 
gratuite est accordée au recourant.

Aux termes de l'art. 142 du code fribourgeois du 23 mai 1991 de procédure et de juridiction 
administrative (CPJA; RSF 150.1) a droit à l'assistance judiciaire la partie qui ne dispose pas de 
ressources suffisantes pour supporter les frais d'une procédure sans s'exposer à la privation des 
choses nécessaires à son existence ou à celle de sa famille (al. 1). L'assistance n'est pas accordée 
lorsque la procédure paraît d'emblée vouée à l'échec pour un plaideur raisonnable (al. 2). 
L'assistance est retirée lorsque les conditions de son octroi disparaissent en cours de procédure 
(al. 3).

D'après l'art. 143 CPJA, l'assistance judiciaire comprend, pour le bénéficiaire, la dispense totale ou 
partielle des frais de procédure (al. 1 let. a) et de l'obligation de fournir une avance de frais ou des 
sûretés (al. 1 let. b). Elle comprend également, si la difficulté de l'affaire la rend nécessaire, la 
désignation d'un défenseur, choisi parmi les personnes habilitées à représenter les parties (al. 2).

6.2. Il convient d'examiner les deux conditions permettant l'octroi de l'assistance judiciaire 
gratuite, à savoir celle de la situation financière difficile et celle des chances de succès.

La recourante a pour seul revenu une rente AVS mensuelle de CHF 1'412.90. Ses charges se 
composent du minimum vital pour une personne seule de CHF 1'500.- (soit CHF 1'200.- plus 25%), 
du loyer par CHF 1'823.10 et des primes de l'assurance-maladie par CHF 402.90, pour un total de 
CHF 3'726.-. Il n'y a par contre pas lieu de tenir compte de ses dettes, étant donné qu'il n'est pas 
établi par pièces qu'elles sont régulièrement remboursées. Il résulte de la différence entre les 
revenus de CHF 1'412.90 et les charges de CHF 3'726.- un solde négatif de CHF 2'313.10. Partant, 
l'assurée ne dispose manifestement pas des ressources suffisantes pour supporter les frais de 
procédure sans s'exposer à la privation des choses nécessaires à son existence.

Même si le recours paraît d'emblée dénué de chances de succès, de telle sorte que la seconde 
condition permettant d'accorder l'assistance judiciaire n’est pas remplie et que la requête 
d'assistance judiciaire partielle doit dès lors être rejetée, il est exceptionnellement renoncé à 
percevoir des frais de justice.

(dispositif en page suivante)

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la Cour arrête :

I. Le recours (608 2022 159) est rejeté.

II. La requête d'assistance judiciaire partielle (608 2023 3) est rejetée.

III. Il n'est pas perçu de frais de justice.

IV. Notification.

Un recours en matière de droit public peut être déposé auprès du Tribunal fédéral contre le présent 
jugement dans un délai de 30 jours dès sa notification. Ce délai ne peut pas être prolongé. Le 
mémoire de recours sera adressé, en trois exemplaires, au Tribunal fédéral, Schweizerhofquai 6, 
6004 Lucerne. Il doit indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve et être signé. Les 
motifs doivent exposer succinctement en quoi le jugement attaqué viole le droit. Les moyens de 
preuve en possession du (de la) recourant(e) doivent être joints au mémoire de même qu’une copie 
du jugement, avec l’enveloppe qui le contenait. La procédure devant le Tribunal fédéral n’est en 
principe pas gratuite.

Fribourg, le 9 janvier 2023/cso

La Présidente : La Greffière-rapporteure :