# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 36b15c06-f8c2-56b9-a3b9-ec4c8d5ce662
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-08-04
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 04.08.2015 PM/696/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_PM-696-2015_2015-08-04.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties, à l'établissement de La Brenaz, à l'OCPM,  
à la BLMI, au SAPEM et à l'autorité inférieure, le 6 août 2015. 

 

RÉPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

PM/696/2015 AARP/330/2015

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 4 août 2015 

 

Entre 

A______, alias B______, actuellement détenu à l'établissement de La Brenaz, chemin de 

Favra 12, 1241 Puplinge, comparant en personne, 

appelant, 

 

contre le jugement JTPM/488/2015 rendu le 16 juillet 2015 par le Tribunal d'application  

des peines et des mesures, 

 

et 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimé. 

 

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EN FAIT : 

A. Par courrier daté du 24 juillet 2015 et reçu au greffe de la Chambre pénale d'appel et 
de révision (ci-après : CPAR) le 30 juillet suivant, A______, alias B______ 
(ci-après : A______) conteste le jugement du 16 juillet 2015, notifié le même jour, 
par lequel le Tribunal d'application des peines et des mesures (TAPEM) lui a accordé 
le bénéfice de la libération conditionnelle avec effet au jour où son départ (ndr : vers 
la C______) aura pu être organisé.  

Il conteste la "mesure" de renvoi dans son pays où il aurait des problèmes et 
risquerait sa vie. 

B. Les faits pertinents pour l'issue de la procédure sont les suivants : 

 a. Selon l'avis de détention du Service de l'application des peines et mesures 
(SAPEM) du 8 mai 2015, A______, ressortissant C______ né le 13 février 1981, est 
entré en détention le 14 novembre 2012 pour purger une peine privative de liberté 
d'une durée de quatre ans, dont à déduire 544 jours de détention avant jugement, pour 
brigandage (art. 140 ch. 1 du Code pénal suisse du 21 décembre 1937 [CP - 
RS 311.0]) et infraction à l'art. 115 let. b de la loi fédérale sur les étrangers du 16 
décembre 2005 [LEtr - RS 142.20], selon condamnation prononcée le 9 mai 2014 par 
le Tribunal correctionnel. 

Les deux tiers de la peine sont arrivés à échéance le 11 juillet 2015, alors que la fin 
en est fixée au 11 novembre 2016. 

 b. Le casier judiciaire de A______ fait état d'autres condamnations, au nombre de 
trois, entre janvier et juin 2008, pour recel (art. 160 al. 1 CP), ainsi que pour des 
infractions à la loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes du 3 
octobre 1951 [LStup - RS 812.121] et à la LEtr.  

 Il n'a à ce jour pas bénéficié d'une libération conditionnelle. 

 c. A______ est démuni de tout titre de séjour. Une copie conforme datée du 10 juin 
2015 d'un acte de naissance au nom d’A______, né le 12 février 1981 à D______, 
C______, figure à la procédure. Selon un mail du 1er juillet 2015 de l'Office cantonal 
de la population et des migrations, Service asile et départ, un tel acte de naissance 
facilite l'identification d'une personne. Les demandes de réadmission donnent 
actuellement de bons résultats avec la C______, dans un délai de un à six mois. 

 d. Le 14 avril 2015, A______ a sollicité sa libération conditionnelle en exposant être 
célibataire, sans enfants et non autorisé à séjourner en Suisse. A sa sortie de prison, il 

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souhaitait retourner en E______, à F______, auprès de sa compagne, dont il donnait 
l'identité et l'adresse et avec laquelle il avait le projet de se marier. Il comptait à 
terme travailler sur les marchés. 

 e. Le 17 avril 2015, l'établissement de La Brenaz a préavisé favorablement sa 
demande de libération conditionnelle, dès lors qu'il s'est bien comporté en prison, 
tant au travail que dans les lieux de vie commune.  

f. La Commission d'évaluation de la dangerosité (CED) a, le 25 mai 2015, préavisé 
négativement la demande de libération conditionnelle de A______ du fait de 
l'absence de papiers d'identité permettant son expulsion et l'absence de projet de vie 
concret. Lors de son audition, A______ a indiqué vouloir rentrer en C______, en 
transitant par la E______, s'étant engagé à effectuer des démarches pour récupérer 
son acte de naissance. Il ne pouvait fournir de passeport, faute d'avoir effectué son 
service militaire en C______. 

 g. Dans ses observations du 30 juin 2015, le SAPEM a conclu à l'octroi de la 
libération conditionnelle d’A______ "suspendue" à son renvoi effectif de Suisse, 
désormais possible.  

 h. Par requête du 7 juillet 2015, le Ministère public a préavisé favorablement cette 
libération conditionnelle à la condition que la mise en liberté ne prenne effet qu'au 
jour où le renvoi de Suisse de A______ pourrait être exécuté. Ce dernier n'a en 
Suisse aucune possibilité de s'assurer un cadre de vie par des moyens légaux et ses 
projets de vie prétendument en E______ paraissent peu élaborés et encore moins 
réalisables, si bien que le risque de délinquance contre les personnes et le patrimoine 
est très important. Ce pronostic, défavorable, pourrait être atténué pour autant que 
son expulsion soit menée à bien, étant relevé qu'il semblait commencer à coopérer 
dans ce sens en ayant admis son identité C______ et entrepris des démarches pour 
obtenir des documents de voyage. 

 i. Devant le TAPEM, A______ a indiqué vouloir à sa sortie de prison quitter la 
Suisse et se rendre en E______, où vit sa fiancée avec laquelle il aimerait se marier. 
Cette dernière était venue le voir régulièrement en détention et était prête à 
l'accueillir chez elle, à F______. Il n'avait pas de titre de séjour en E______. Il avait 
obtenu son acte de naissance et celui de ses parents, pouvant permettre l'obtention 
d'un laissez-passer, ce qui pourrait toutefois prendre du temps. Il ne souhaitait pas 
"passer" par la C______ où il risquait de rencontrer des problèmes pour ne pas avoir 
fait l'armée. Il était néanmoins d'accord d'y être refoulé, si c'était la seule solution, et 
prêt à collaborer avec les autorités C______. Il avait un pécule pour indemniser  
les victimes mais ne pouvait plus le faire depuis son arrivée à La Brenaz (ndr : le  
23 mars 2015). Il touchait depuis lors environ CHF 90.- par mois de son travail. Il 

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regrettait ses agissements qui étaient dus à de mauvaises fréquentations. Il 
reconnaissait sa faute mais avait l'impression d'avoir été manipulé.  

 j. A l'audience devant la CPAR, A______ a conclu à l'octroi de la libération 
conditionnelle. Il n'entendait pas se rendre en C______, dans sa ville natale, où sa vie 
était menacée pour ne pas avoir fait l'armée. Il n'en avait pas fait part aux juges de 
première instance par timidité. Il avait demandé et obtenu son acte de naissance 
C______ et des documents concernant ses parents pour prouver son identité et dans 
le but de se marier. Sa compagne, qui était d'accord de l'héberger à F______, était 
celle chez qui il vivait, en mai 2012, dans la région de G______. Elle travaillait dans 
une maison de retraite depuis 2011. Il avait été entraîné par un ami dans la 
commission du brigandage du 7 mai 2012. Il avait commencé à indemniser les 
victimes à raison de CHF 50.- par mois, produisant cinq récépissés de bulletins de 
versement en faveur du Service des contraventions, précisant en avoir perdu quatre 
autres. 

EN DROIT : 

1. 1.1. Selon l'arrêt 6B_158/2013 du Tribunal fédéral du 25 avril 2013, consid. 2.1, la 
procédure en libération conditionnelle n'est pas directement régie par le Code de 
procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 (CPP ; RS 312.0), lequel pourrait tout au 
plus s’appliquer au titre de droit cantonal supplétif. La législation genevoise ne 
comportant ni disposition fixant la procédure, au-delà de l’attribution de compétence 
au TAPEM et à la CPAR (art. 3 let. za, 42 al. 2 et 41 de la loi d’application du code 
pénal suisse et d’autres lois fédérales en matière pénale, du 27 août 2009 [LaCP ; RS 
E 4 10]), ni renvoi exprès au CPP à titre de droit supplétif, les autorités judiciaires 
cantonales en sont en l’état réduites à faire œuvre de législateur, dans l’attente de son 
intervention. Pour assurer un minimum de sécurité juridique et par cohérence avec la 
procédure suivie jusqu'à présent, la CPAR applique, selon sa jurisprudence, par 
analogie les dispositions du droit fédéral, plus particulièrement, à ce stade de la 
procédure, celles concernant l’appel. 

1.2. Interjeté et motivé dans la forme et les délais prescrits (art. 398 et 399 al. 3 CPP 
par analogie), l'appel est recevable. 

2.  2.1. A teneur de l’art. 86 al. 1 du Code pénal suisse du 21 décembre 1937 (CP - RS 
311.0), l’autorité compétente libère conditionnellement le détenu qui a subi les deux 
tiers de sa peine, mais au moins trois mois de détention, si son comportement durant 
l’exécution de la peine ne s’y oppose pas et s’il n’y a pas lieu de craindre qu’il ne 
commette de nouveaux crimes ou de nouveaux délits. Lorsque l’autorité libère 
conditionnellement un détenu, elle lui impartit un délai d’épreuve égal à la durée du 
solde de la peine, mais d’un an au moins et de cinq ans au plus (art. 87 al. 1 CP). 

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La libération conditionnelle constitue la règle, son refus l’exception, laquelle ne sera 
admise que pour de bonnes raisons (ATF 133 IV 201 consid. 2.2 p. 203 ; ATF 124 
IV 193 consid. 3 et 4d p. 194 et 198). La doctrine précise que le détenu dispose d’une 
prétention, respectivement d’un droit à l’obtention de la libération conditionnelle  
(M. A. NIGGLI / H. WIPRÄCHTIGER, Basler Kommentar, Strafrecht I, Bâle  
2007, n. 5 ad. art. 86 ; S. TRECHSEL, Schweizerisches Strafgesetzbuch : Praxis-
kommentar, Zurich 2008, n. 2 ad. art. 86). 

La libération conditionnelle sera accordée en l’absence de pronostic défavorable. 
Dans ce contexte, doivent être notamment pris en considération les antécédents 
judiciaires du détenu, les caractéristiques de sa personnalité, son comportement par 
rapport à son acte, son comportement en détention, au travail ou en semi-liberté, les 
conditions futures dans lesquelles il est à prévoir que le condamné vivra,  
s’agissant en particulier de sa famille, de son travail, de son logement, ainsi que le 
genre de risque que fait courir une libération conditionnelle à autrui (ATF 124 IV 
193 consid. 3 et 4d p. 194 et 198 ; A. KUHN / L. MOREILLON / B. VIREDAZ /  
A. BISCHOFSKY, La nouvelle partie générale du Code pénal suisse, Berne 2006,  
p. 361 ; S. TRECHSEL, op. cit., n. 8-9 ad. art. 86 CP). Il convient par ailleurs 
d’examiner si le danger que représente le détenu au moment de sa libération 
augmenterait, diminuerait ou resterait inchangé en cas d’exécution complète de la 
peine (A. KUHN / L. MOREILLON / B. VIREDAZ / A. BISCHOFSKY, op. cit., 
ibidem). 

2.2. En l’espèce, la condition objective prévue par l’art. 86 al. 1 CP est réalisée 
depuis le 11 juillet 2015. 

S'agissant de la condition subjective, le préavis positif de la direction de la prison de 
La Brenaz constitue un élément favorable qui ne saurait à lui seul conduire à l’octroi 
d’une libération conditionnelle. Ceux du SAPEM et du Ministère public sont positifs 
à la condition expresse que sa prise d'effet n'intervienne qu'au jour du départ effectif 
de l'appelant vers la C______. Autrement dit, un tel pronostic est défavorable dans la 
situation où l'appelant resterait en Suisse à sa sortie de prison, respectivement se 
rendrait en E______ où il n'a pas davantage de titre de séjour.  

La CPAR relèvera que l'appelant a été condamné par trois fois en 2008, dont pour 
recel et infraction à la LStup. S'il n'a pas été condamné ensuite avant l'arrêt du 9 mai 
2014 du Tribunal correctionnel, il n'en demeure pas moins qu'il a persisté durant 
toutes ces années à séjourner en toute illégalité en Suisse, sans source de revenu 
licite. Il est par ailleurs allé crescendo dans les infractions commises, n'hésitant pas à 
s'en prendre avec violence et à plusieurs à autrui pour parvenir à leurs fins lors du 
braquage de mai 2012, ce dans l'exécution d'un plan finement élaboré. S'y ajoute 
l'absence de tout projet de réinsertion concret, étayé et qu'il n'aurait déjà pu mettre à 
exécution par le passé. Sa sortie n'est ainsi pas du tout préparée et l'appelant se 

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retrouvera dans les mêmes conditions qu'au moment de ses précédentes 
interpellations, à séjourner illégalement en Suisse, moins probablement en E______, 
sans revenu régulier. C'est ainsi un pronostic clairement défavorable qui doit être 
posé le concernant, lequel pourrait toutefois être relativisé à la seule condition d'un 
retour effectif dans son pays d'origine, comme l'a justement décidé le TAPEM.  

A cet égard, l'appelant se moque ouvertement de la justice en formant un appel 
contre un jugement reprenant précisément l'accord donné par lui-même à l'instance 
inférieure pour un retour en C______ qu'il vient remettre en cause en appel, ce qui au 
demeurant dénote bien que son accord n'était alors que de pure circonstance, de 
même que l'obtention de documents C______, et articulé dans le seul but d'obtenir 
une libération conditionnelle.  

L'appel sera donc rejeté. 

3.  L'appelant, qui succombe, supportera les frais de la procédure envers l'Etat 
comprenant un émolument de jugement de CHF 500.- (art. 428 CPP). 

* * * * * 

  

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PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

 
Reçoit l'appel formé par A______, alias B______, contre le jugement JTPM/488/2015 
rendu le 16 juillet 2015 par le Tribunal d’application des peines et des mesures dans la 
procédure PM/696/2015. 

Le rejette. 

Condamne A______, alias B______, aux frais de la procédure d'appel, qui comprennent un 
émolument de CHF 500.-. 

Siégeant : 

Madame Valérie LAUBER, présidente; Monsieur Pierre MARQUIS et Madame Yvette 
NICOLET, juges; Monsieur Adrien RAMELET, greffier-juriste. 

 

Le greffier-juriste : 

Adrien RAMELET 

 La présidente : 

Valérie LAUBER 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 78 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110), le 

présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec expédition complète  

(art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du recours en matière pénale. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

  

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PM/696/2015 ETAT DE FRAIS AARP/330/2015

 
 

 
COUR DE JUSTICE 

 
 
Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais et dépens en matière 
pénale (E 4 10.03). 
 
 

Bordereau de frais de la Chambre pénale d'appel et de révision 

Délivrance de copies (let. a, b et c) CHF 0.00 

Mandats de comparution, avis d'audience et divers (let. i) CHF 260.00 

Procès-verbal (let. f) CHF 30.00 

État de frais CHF 75.00 

Émolument de décision CHF 500.00 

Total des frais de la procédure d'appel CHF 865.00