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**Case Identifier:** c2406143-370d-5785-b483-206fb93fa68b
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2007-03-27
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 27.03.2007 A/3516/2005
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-3516-2005_2007-03-27.pdf

## Full Text

Siégeant : Isabelle DUBOIS , Présidente; Christine BULLIARD MANGILI et Bertrand 

REICH, Juges assesseurs 

  

 
 

R E P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/3516/2005 ATAS/328/2007 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 

ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 2 

du 27 mars 2007 

 

En la cause 

Madame Z__________, domiciliée , 1205 GENEVE, comparant 
avec élection de domicile en l'étude de Maître GAVIN Catherine 

 

recourante 

 

contre 

OFFICE CANTONAL DE L'ASSURANCE INVALIDITE, rue de 
Lyon 97, case postale 425, 1211 GENEVE 13 

 

Intimé 

 

 
 
 

 

A/3516/2005 

- 2/7 - 

Attendu en fait que Madame Z__________ (ci-après la recourante), née le 1956, a 
déposé une demande de prestations auprès de l’Office cantonal de l’assurance-invalidité 
(ci-après : OCAI) le 7 novembre 2003, en raison d'une atteinte à l'épaule droite faisant 
suite à un accident, et concluant à une orientation professionnelle, un reclassement, un 
placement ou une rente ; 

Que l'OCAI lui a refusé l’octroi de toute prestation par décision du 4 mai 2005, 
confirmée par décision sur opposition du 30 août 2005, sur la base des constatations du 
Dr A__________ de la SUVA, et de celles du SERVICE MÉDICAL RÉGIONAL (ci-
après SMR); 

Que l'OCAI concluait de ces documents médicaux que, sur le plan physique, seules des 
incapacités de travail de courte durée avaient été médicalement reconnues, et que sur le 
plan psychique, aucun spécialiste ne faisait état d'une éventuelle atteinte à la santé ; 

Que la recourante a interjeté recours contre cette décision en date du 4 août 2005, 
complété par écritures du 31 janvier 2006, en concluant à ce qu'il soit dit et constaté 
qu'elle a droit à une rente d'invalidité entière depuis le 7 novembre 2003, après 
ordonnance de toutes les mesures probatoires utiles, y compris une comparution 
personnelle des parties et une expertise multidisciplinaire; 

Qu'elle relevait, en particulier, qu'un état dépressif réactionnel chronique avait été 
constaté par différents médecins au fil du temps, plus récemment diagnostiqué comme 
un stress post-traumatique massif, par la psychologue du centre LAVI ; 

Que dans sa réponse au fond du 10 mars 2006, l’OCAI a persisté dans ses conclusions, 
en rappelant que le SMR n'avait retenu des symptômes psychiatriques qu'à partir du 
mois de mai 2005, et donc postérieurement à la décision litigieuse, et qu'en outre des 
symptômes dépressifs réactionnels n'était pas susceptibles de causer un cas d'invalidité; 

Que lors de l’audience de comparution personnelle des parties qui s’est tenue en date du 
11 avril 2006, la recourante a rappelé que l'élément psychique n'avait pas été investigué 
et a persisté à demander une expertise multidisciplinaire ; 

Que l'OCAI s'est dit d'accord avec une expertise psychiatrique ou avec une expertise 
disciplinaire, faite par un interniste et un psychiatre, par exemple dans le cadre des 
hôpitaux universitaires ; 

Que, sur quoi, le Tribunal a ordonné une expertise bidisciplinaire de la recourante en 
date du 4 mai 2006, soit un examen par un interniste des aspects rhumatologiques, 
endocrinologiques, neurologiques et cardio-vasculaires, ainsi qu'un examen 
psychiatrique ; 

 
 
 

 

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- 3/7 - 

Que l'expertise psychiatrique a été effectuée par le Dr B__________, médecin adjoint 
du département de psychiatrie des "établissemen hospitalier", psychiatre et 
psychothérapeute F. M. H., et le rapport rendu le 19 juillet 2006 ; 

Que l'évaluation neurologique a fait l'objet d'un rapport du 1er décembre 2006, établi 
par les médecins du service de neurologie des "établissemen hospitalier", unité 
d'épileptologie clinique et d'électro-encéphalographie ; 

Que le rapport d'expertise médicale a été rendu le 22 décembre 2006, et l'expertise 
effectuée par le médecin chef de service, le professeur C__________, et la doctoresse 
D__________ des "établissemen hospitalier", polyclinique de médecine ; 

Qu'il ressort en résumé de ces rapports d'expertise que sur le plan physique la recourante 
souffre principalement d'une déchirure partielle transfixiante à deux niveaux du sus-
épineux droit et d'une capsulite rétractile de l'épaule droite, que l'impotence 
fonctionnelle due à l'épaule gelée affecte sévèrement l'activité d'infirmière, pour 
laquelle la capacité de travail est chiffrée à 0 % tenant compte également du fait que 
l'accident s'est produit en milieu hospitalier et de l'expertise psychiatrique, tandis qu'elle 
est de 50 % dans une activité adaptée, comme par exemple réceptionniste ou 
téléphoniste;  

Que l'incapacité de travail remonte au 11 novembre 2003, jour de l'accident ;  

Qu'en outre une prise en charge thérapeutique optimale permettra de maintenir cette 
capacité à 50 % mais ne pourra en aucun cas la modifier ; 

Que l'expert psychiatre a retenu, au terme de l'étude du dossier mis à sa disposition, de 
quatre entretiens avec la recourante, d'une évaluation psychopathologique et des 
résultats d'un auto questionnaire destiné à évaluer la structure de la personnalité, le 
diagnostic d'épisode dépressif moyen ; que ce trouble empêche l'activité d'infirmière en 
raison également du fait que dans ce métier elle est particulièrement exposée aux crises 
d'angoisse et à l'image récurrente de son agresseur, suite à l'accident ; qu'en revanche, 
dans un emploi compatible avec les limitations physiques qui pourraient être reconnues 
à l'expertisée, les limitations d'ordre strictement psychiatrique seraient en lien avec l'état 
dépressif actuel, à l'heure de l'expertise d'un degré de sévérité moyen, qui peut réduire la 
capacité de travail de 50 %, étant précisé que traité comme il se doit cet épisode 
dépressif doit pouvoir évoluer favorablement ; que l'état dépressif est devenu plus 
marqué dans l'année 2005 et les angoisses qui l'accompagnent invalidantes vers la fin de 
2005, période à laquelle remonte la réduction de la capacité de travail lié aux troubles 
psychiatriques en tant que tels ; 

Que suite à ces expertises, dont les rapports ont été remis aux parties, le Tribunal a 
convoqué la cause en comparution des mandataires, pour le 6 mars 2007 ; 

 
 
 

 

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- 4/7 - 

Qu'à cette occasion, la représentante de l'OCAI a produit l'avis du SMR du 5 février 
2007, et déclaré persister dans ses conclusions au rejet du recours, tandis que la 
recourante a déclaré renoncer à des écritures complémentaires, de sorte que la cause a 
été gardée à juger ; 

Que l'avis médical précité retient, en substance, qu'il n'est « médicalement pas possible 
que cette atteinte dure depuis les suites de l'accident de novembre 2002 », parlant de 
l'atteinte à l'épaule, et que le diagnostic psychiatrique « doit être réfuté », considérant 
ainsi que les expertises n'ont pas de valeur probante ; 

Attendu en droit que la compétence du Tribunal de céans ainsi que la recevabilité du 
recours ont déjà été constatées dans l'arrêt incident rendu le 20 décembre 2005 sur la 
question de la recevabilité du recours ; 

Qu'il convient de rappeler que la plupart des éventualités assurées (par exemple la 
maladie, l'accident, l'incapacité de travail, l'invalidité, l'atteinte à l'intégrité physique ou 
mentale) supposent l'instruction de faits d'ordre médical. Or, pour pouvoir établir le 
droit de l'assuré à des prestations, l'administration ou le juge a besoin de documents que 
le médecin doit lui fournir. L'appréciation des données médicales revêt ainsi une 
importance d'autant plus grande dans ce contexte (ATF 122 V 158 consid. 1b et les 
références; SPIRA, La preuve en droit des assurances sociales, in : Mélanges en 
l'honneur de Henri-Robert SCHÜPBACH - Bâle, 2000, p. 268); 

Que dans l'assurance-invalidité, l'instruction des faits d'ordre médical se fonde sur le 
rapport du médecin traitant destiné à l'Office de l'assurance-invalidité, les expertises de 
médecins indépendants de l'institution d'assurance, les examens pratiqués par les 
Centres d'observation médicale de l'AI (ATF 123 V 175), les expertises produites par 
une partie ainsi que les expertises médicales ordonnées par le juge de première ou de 
dernière instance (VSI 1997, p. 318 consid. 3b; BLANC, La procédure administrative 
en assurance-invalidité, thèse Fribourg 1999, p. 142). Lors de l'évaluation de l'invalidité, 
la tâche du médecin consiste à porter un jugement sur l'état de santé et à indiquer dans 
quelle mesure et pour quelles activités l'assuré est incapable de travailler. En outre, les 
données médicales constituent un élément utile pour déterminer quels travaux on peut 
encore, raisonnablement, exiger de l'assuré (ATF 125 V 261 consid. 4 et les références); 

Qu'en ce qui concerne la preuve, le juge des assurances sociales fonde sa décision, sauf 
dispositions contraires de la loi, sur les faits qui, faute d'être établis de manière 
irréfutable, apparaissent comme les plus vraisemblables, c'est-à-dire qui présentent un 
degré de vraisemblance prépondérante; parmi tous les éléments de fait allégués ou 
envisageables, le juge doit, le cas échéant, retenir ceux qui lui paraissent les plus 
probables (ATF 126 V 360 consid. 5b, 125 V 195 consid. 2 et les références; cf. ATF 
130 III 324 consid. 3.2 et 3.3); 

Qu'en ce qui concerne la valeur probante d'un rapport médical, ce qui est déterminant 
c'est que les points litigieux aient fait l'objet d'une étude circonstanciée, que le rapport 

 
 
 

 

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- 5/7 - 

se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes 
exprimées par la personne examinée, qu'il ait été établi en pleine connaissance de 
l'anamnèse, que la description du contexte médical et l'appréciation de la situation 
médicale soient claires et enfin que les conclusions de l'expert soient dûment motivées 
(ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références); 

Qu'en particulier on rappellera que le juge ne s'écarte en principe pas sans motifs 
impératifs des conclusions d'une expertise médicale judiciaire, la tâche de l'expert étant 
précisément de mettre ses connaissances spéciales à la disposition de la justice afin de 
l'éclairer sur les aspects médicaux d'un état de fait donné. Selon la jurisprudence, peut 
constituer une raison de s'écarter d'une expertise judiciaire le fait que celle-ci contient 
des contradictions, ou qu'une surexpertise ordonnée par le tribunal en infirme les 
conclusions de manière convaincante. En outre, lorsque d'autres spécialistes émettent 
des opinions contraires aptes à mettre sérieusement en doute la pertinence des 
déductions de l'expert, on ne peut exclure, selon les cas, une interprétation divergente 
des conclusions de ce dernier par le juge ou, au besoin, une instruction complémentaire 
sous la forme d'une nouvelle expertise médicale (ATF 125 V 352 consid. 3b/aa et les 
références); 

Qu'en l'espèce les expertises revêtent pleine valeur probante, l'ensemble des critères 
jurisprudentiels étant remplis ; on observera en particulier que des anamnèses complètes 
ont été effectuées tant dans l'expertise somatique que dans l'expertise psychiatrique, que 
les plaintes ont été prises en considération, l'examen clinique effectué, et que des 
réponses claires et convaincantes ont été apportées aux questions du Tribunal ; 

Que s'agissant des troubles à l'épaule, les experts ont indiqué qu'ils empêchaient la 
recourante d'utiliser de façon active son bras droit, ce qui à l'évidence correspond à une 
limitation fonctionnelle importante, et qu'ils ont cité des métiers dans lesquels la 
recourante pourrait être reclassée ; 

Que l'expert psychiatre, quant a lui, a très bien motivé ses conclusions et pris le temps 
de recevoir la recourante à quatre reprises, ce qui n'est à l'évidence pas le cas des 
médecins de SMR ; 

Que l'on peut se demander ce qui fonde ces médecins, dont il convient de rappeler qu'ils 
sont liés par un contrat de travail à l'Office et ne peuvent être qualifié d'experts, à se 
poser en sur experts ; que si le TRIBUNAL FÉDÉRAL DES ASSURANCES a déjà 
relevé que l'on ne saurait mettre sur un même pied le rapport des experts du COMAI et 
le rapport des médecins de SMR (ATF 123 V 175), a fortiori ne peut-on admettre qu'un 
simple avis médical de SMR remette en cause des expertises judiciaires, dont il sera 
rappelé qu'il appartient au juge, et non aux médecins de l'office, de juger de la valeur 
probante ; 

 
 
 

 

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Qu'en tout état de cause les remarques de SMR ne sont pas de nature à faire douter de la 
pertinence des conclusions des experts ni à remettre en cause leurs diagnostics 
respectifs; 

Que par conséquent il y a lieu de suivre ces conclusions, et de constater que la 
recourante est totalement incapable de travailler dans son métier d'infirmière, tant pour 
des raisons physiques que psychiques, et qu'une capacité résiduelle de travail de 50 % 
doit lui être reconnue dans temps un travail adapté, depuis le mois de novembre 2003 ; 

Que l'OCAI devra mettre en place les mesures de réadaptation nécessaires à limiter la 
perte de gain, puis examiner cas échéant le droit à la rente de la recourante ; 

Que celle-ci obtient gain de cause et a droit à des dépens, fixés en l'espèce à 2'000 fr.; 

Qu'en outre, l'ordonnance d'expertise s'est révélée nécessaire en raison du caractère 
incomplet des investigations de l'OCAI, de sorte qu'il se justifie de mettre à sa charge 
une partie des frais d'expertise, soit 1'000 fr. (art. 38, 87 et 89H LPA et 69 al. 1bis LAI). 

 

*** 

 
 
 

 

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- 7/7 - 

PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

(conformément à la disposition transitoire de l’art. 162 LOJ) 

Au fond : 

1. Admet le recours, et annule les décisions des 4 mai et 30 août 2005. 

2. Dit et constate que la recourante est capable de travailler dans une activité adaptée à 
raison de 50 %, depuis le mois de novembre 2003. 

3. Invite l'OCAI à mettre en place les mesures de réadaptation professionnelle, le cas 
échéant, puis à évaluer le taux d'invalidité. 

4. Condamne l'OCAI au versement d'une indemnité en faveur de la recourante de  
2000 fr. 

5. Met à la charge de l'OCAI les frais d'expertise à hauteur de 1'000 fr. 

6. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 
juin 2005 (LTF); le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 
moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit 
être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du 
recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l'envoi. 

 

 
Le greffier 

 
 

Pierre RIES 

 La présidente 
 
 

Isabelle DUBOIS  

 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 
des assurances sociales par le greffe le