# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a126b872-88a7-586b-b951-22f9fcc87f96
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2011-12-21
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 21.12.2011 E-6274/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-6274-2011_2011-12-21.pdf

## Full Text

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t

T r i buna l   adm in i s t r a t i f   f édé ra l

T r i buna l e   ammin i s t r a t i vo   f ede ra l e

T r i buna l   adm in i s t r a t i v   f ede ra l

Cour V
E­6274/2011

 

A r r ê t   d u   2 1   d é c emb r e   2 0 1 1

Composition Jenny de Coulon Scuntaro (présidente du collège),
Martin Zoller, François Badoud, juges,
Jean­Claude Barras, greffier.

Parties A._______,
et son épouse, B._______,
Mongolie, 
recourants, 

contre

Office fédéral des migrations (ODM),
Quellenweg 6, 3003 Berne,
autorité inférieure.

Objet Asile (non­entrée en matière) et renvoi ;
décision de l'ODM du 7 novembre 2011 / N (…)

E­6274/2011

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Fait :

A. 
A.a. Le 20 juillet 2011, au Centre d’enregistrement et de procédure (CEP) 
de  (…), A._______ et son épouse, B._______, ont demandé  l’asile à  la 
Suisse.  Le  même  jour,  il  leur  a  été  remis  une  notice  dans  laquelle 
l’autorité  compétente  attirait  leur  attention  sur  la  nécessité  de  déposer 
dans les 48 heures leurs documents de voyage ou leurs pièces d’identité 
sous peine de s'exposer à un refus d'entrer en matière sur sa demande 
d'asile. 

A (…), les époux ont été auditionnés une première fois, le 29 juillet 2011 
puis ils ont encore été entendus sur leurs motifs d’asile le 9 août suivant.

A.b. Des  auditions  du  recourant,  il  ressort  que  le  9  avril  2011,  il  serait 
devenu  membre  de  "C._______",  une  association  mongole  pour  la 
protection de l'environnement dont l'un des buts est de mettre un terme à 
la  surexploitation  des  ressources  minières  de  la  Mongolie  et  à  ses 
conséquences fâcheuses pour la paysannerie du pays. Pour atteindre ce 
but,  les  activistes  de  "C._______"  n'hésiteraient  pas  à  user  parfois  de 
violence. En septembre 2010, un membre de l'association aurait ainsi tiré 
à  vingt­deux  reprises  contre  les  équipements  d'une  entreprise  de 
prospection d'or. En juin 2011, lors d'une manifestation pour la protection 
de  la nature à Oulan­Bator,  le  recourant et quelques autres participants 
auraient  décoché  quelques  flèches  contre  le  bâtiment  du  Parlement 
national  après  que  le  chef  du  gouvernement  eût  refusé  de  les  recevoir 
conformément à la tradition. A l'époque, "C._______" aurait aussi écrit à 
"D._______", une société exploitant une mine d'or à E._______, dans la 
région de F._______ dans la province de G._______, pour lui demander 
de mettre un  terme à ses activités à cause des dégâts qu'elle causait à 
l'environnement.  La  société  n'ayant  pas  donné  suite  à  cette  requête,  le 
recourant se serait alors lui­même rendu, le 16 juin 2011, dans les locaux 
de  la  police  nationale  à  Oulan­Bator  pour  informer  les  autorités  de 
l'intention  de  "C._______"  d'entreprendre  une  action  contre  la  mine  de 
"D._______"  à  E._______.  Le  18  juin  2011,  lui­même  et  quatre  autres 
membres  du  comité  de  "C._______"  seraient  partis  à  E._______  en 
voiture. Le  lendemain, accompagnés d'une quinzaine de cavaliers de  la 
région, ils auraient demandé à être reçus par le directeur de "D._______" 
pour  lui  remettre  une  pétition  et  pour  lui  demander  de  mettre 

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immédiatement  un  terme  aux  activités  de  son  entreprise.  L'adjoint  du 
directeur leur aurait alors répondu que ce dernier n'étant pas là, lui­même 
n'était pas habilité à satisfaire à leurs exigences. Devant l'intransigeance 
de  cet  adjoint,  le  responsable  de  "C._______"  aurait  alors  demandé au 
recourant  de  tirer  sur  l'installation  servant  à  nettoyer  le  minerai.  Au 
second  coup  de  feu,  surgi  d'une  yourte  voisine,  le  directeur  de 
"D._______"  aurait  promis  à  ses  cinq  interlocuteurs  de  mettre 
immédiatement  un  terme aux activités  de  son entreprise  et  de  remettre 
les lieux en état. Il les aurait aussi informés de son intention de leur faire 
un  don  d'un  demi­million  de  Tugrug  (soit  environ  Fr.  340.­)  puis  il  les 
aurait encore invités à partager un repas. Le surlendemain 21 juin 2011, 
à H._______,  une  localité  des  environs,  le  recourant  et  ses  comparses 
auraient tenu un meeting pour parler de leur action. A cette occasion,  le 
chef de  la province  leur aurait  fait connaître son désir de  les rencontrer. 
N'ayant pas été à même d'être présent au rendez­vous qu'il leur avait fixé 
le  jour même,  il aurait  fait en sorte de  les  loger dans un motel  jusqu'au 
lendemain. La nuit venue, le recourant serait sorti faire quelques pas. Au 
bout de quelques minutes,  il aurait vu arriver quatre véhicules de police. 
Leurs occupants en seraient rapidement descendus et auraient procédé à 
l'arrestation de ses camarades dans le motel. Couché dans la pénombre, 
celui­ci aurait attendu le départ du convoi puis aurait, tantôt couru deux à 
trois kilomètre avant de trouver une fosse où passer la nuit, tantôt marché 
pendant  deux  heures  avant  de  repérer  une  cavité  où  s'abriter.  Le 
lendemain, ayant avisé une yourte dans les environs de la tranchée où il 
s'était  réfugié,  il  aurait  obtenu  de  son  occupant  qu'il  l'emmènât  à 
motocyclette  chez  un  ami,  à  I._______.  Là,  il  aurait  téléphoné  à  son 
épouse. En pleurs, celle­ci lui aurait appris que, passés à leur domicile le 
22 juin au matin, des policiers lui avaient demandé où il se trouvait et s'ils 
avaient chez eux des armes et des tracts ; ensuite, les agents lui auraient 
présenté un mandat de perquisition. Celle­ci terminée, ils auraient intimé 
à  la  recourante  l'ordre  de  les  suivre  au  poste  pour  un  interrogatoire, 
emportant avec eux tous les documents d'identité du couple. De son côté, 
tantôt  le  recourant  aurait  immédiatement  fait  part  à  son  épouse  de 
l'arrestation de ses complices à J._______, tantôt il ne lui en aurait parlé 
qu'à son second appel. Il a aussi précisé que si son épouse ne l'avait pas 
d'abord appelé à son retour du poste de police, c'est parce qu'ils auraient 
convenu  de  longue  date  que  ce  serait  toujours  à  lui  de  l'appeler  en 
premier et non l'inverse. De même, à la question de savoir si les policiers 
étaient repassés à leur domicile après le 22 juin 2011, tantôt il a répondu 
que, selon ce que son épouse  lui en avait dit,  tel n'avait plus été  le cas 
tantôt  qu'ils  étaient  revenus  le  1er  juillet  suivant.  A  I._______,  il  aurait 

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aussi  appelé une  connaissance à Oulan Bator. Celle­ci  lui  aurait  appris 
que  les  autorités  avaient  aussi  fait  arrêter  les  trois  autres membres  du 
comité  de  leur  association  et  qu'il  valait  mieux  pour  lui  de  ne  pas 
retourner à Oulan Bator. Ayant ensuite chevauché jusqu'à K._______, il y 
aurait passé la nuit puis il se serait rendu à L._______. Le 12 juillet 2011, 
il  y  aurait  rejoint  son  épouse  montée,  à  Oulan  Bator,  dans  un  train  à 
destination de Moscou. Les deux auraient  voyagé munis de passeports 
mongols  que  leur  aurait  remis  le  passeur  qui  les  accompagnait.  Le 
18 juillet 2011, munis de passeports russes, ils seraient partis à Berlin. Le 
lendemain,  ils  auraient  pris  un  train  pour  Stuttgart,  le  surlendemain  un 
autre pour Zurich.

A.c.  Interrogés  sur  leurs  démarches  en  vue  de  se  faire  envoyer  des 
documents  d'identité  de  leur  pays,  les  recourants  ont  répondu  que  leur 
fils,  à M._______,  auquel  ils  auraient  demandé de  leur  faire établir  une 
attestation de domicile par  leur  "bureau de quartier", n'avait pas pu  leur 
en  obtenir  une,  car  il  fallait  qu'ils  se  présentent  eux­mêmes  avec  leur 
carte d'identité. Ils n'auraient pas pu non plus s'en remettre à l'avocat de 
l'association  "C._______"  car  celui­ci  aurait  été  arrêté  après  les 
événements  du  19  juin  2011.  Enfin,  selon  le  recourant,  aucun  autre 
avocat n'aurait accepté de le représenter s'il en avait sollicité un.

B. 
Par  décision  du  7  novembre  2011,  notifiée  le  10  novembre  suivant, 
constatant que les recourants n'avaient produit aucun document d’identité 
ou de  voyage,  l’Office  fédéral  des migrations  (ODM) n’est  pas entré en 
matière sur la demande d’asile des recourants en application de l’art. 32 
al.  2  let.  a  de  la  loi  du  26  juin  1998  sur  l’asile  (LAsi,  RS  142.31),  a 
prononcé leur renvoi de Suisse et a ordonné l’exécution de cette mesure 
un jour après son entrée en force. L’autorité de première instance a aussi 
estimé  qu’aucune  des  exceptions  visées  par  l’art.  32  al.  3  LAsi  n’était 
réalisée.

Pour  l'ODM,  peu  plausibles  et  loin  d'être  excusables,  les  motifs  pour 
lesquels  les  recourants  n'auraient  pas  cherché  à  se  faire  envoyer  de 
Mongolie  des  documents  d'identité  ou  à  prouver,  indirectement,  leur 
identité en produisant des documents d'identité de leurs parents faisaient 
sérieusement douter de leur volonté de collaborer. L'ODM n'a notamment 
pas estimés crédibles  les affirmations des époux selon  lesquelles  ils ne 
se souviendraient pas des données figurant dans  les passeports utilisés 
pour entrer dans  l'espace  "Schengen" car des  justifications de ce genre 

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étaient souvent avancées par les requérants d'asile qui ne souhaitent pas 
remettre  aux  autorités  leurs  documents  de  voyage  dans  le  but  de 
dissimuler  les  circonstances  exactes  de  leur  entrée  dans  l'espace 
Schengen. N'étaient pas plus   crédibles  la confiscation, par  les autorités 
mongoles de tous les documents d'identité du recourant du moment que 
la seule saisie de son passeport aurait suffi à  l'empêcher de quitter son 
pays.

De  même,  l'ODM  a  considéré  que  l'inconstance  dont  les  recourants 
avaient  fait  preuve  dans  la  présentation  des  événements  à  l'origine  de 
leur  fuite  empêchait  de  conclure  à  l'existence  d'indices  de  persécutions 
un  tant  soit  peu  fondés  dans  leur  cas.  L'ODM  a  ainsi  relevé  que  les 
déclarations du recourant sur le nombre de fois où des policiers seraient 
passés à son domicile après le 22 juin 2011, sur le temps qu'il aurait mis 
à trouver un endroit où se cacher après l'arrestation de ses camarades ou 
encore sur le moment où il aurait informé son épouse de leur arrestation 
différaient  d’une  audition  à  l’autre,  qu'il  en  allait  de  même  des 
déclarations  de  son  épouse  sur  ce  dernier  point  ou  encore  sur  les 
questions qu'on lui aurait posées au poste de police. L'ODM a aussi noté 
que,  sur  ces  deux  points,  les  déclarations  des  époux  ne  concordaient 
pas. L'ODM a également souligné  l'inanité de  leurs déclarations sur des 
motifs  centraux  de  leur  demande  d'asile  de même  que  la minceur  des 
connaissances du recourant sur l'association dont il dit être membre sans 
en apporter la preuve. Il a aussi exclu la présence des cinq comparses à 
J._______  à  l'heure  indiquée  par  le  recourant,  dans  la  mesure  où,  au 
moment où le chef de la province de G._______ leur avait demandé d'y 
venir au téléphone,  ils se seraient encore trouvés à H._______, distante 
de  J._______  de  bien  plus  de  deux  heures.  L'ODM  n'a  pas  non  plus 
estimé  plausibles  ni  les  explications  des  époux  pour  justifier  le 
comportement  de  la  recourante  qui  n'avait  pas  jugé  utile  d'appeler  son 
mari  après  la  fouille  de  leur  domicile  ni  les  raisons  avancées  par  le 
recourant pour expliquer son incapacité à produire un moyen à même de 
prouver son affiliation à l'association dont il prétend être membre.

C. 
Les  époux  ont  interjeté  recours  le  17  novembre  2011.  A  réception  du 
recours,  le Tribunal administratif  fédéral  (le Tribunal) a  requis de  l’ODM 
l’apport  du  dossier  relatif  à  la  procédure  de  première  instance ;  il  a 
réceptionné ce dossier le 21 novembre suivant.

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D. 
D.a. Par décision incidente du 22 novembre 2011, notifiée au recourant le 
25 novembre  suivant,  le  Tribunal  constatant  que  le  recours  n'était  pas 
rédigé dans une des langues officielles de la Confédération a imparti aux 
recourants  un  délai  de  sept  jours  pour  le  régulariser,  sous  peine 
d'irrecevabilité (art. 52 al. 2 et 3 PA).

D.b.    Les  recourants  ont  fait  suite  à  l'ordonnance  du  Tribunal  le 
2 décembre 2011.

Dans  leur  écrit,  les  époux  maintiennent  avoir  fui  leur  pays  dans  les 
conditions décrites lors de leurs auditions. Ils redisent aussi n'être pas en 
mesure de présenter des document d'identité,  les autorités de  leur pays 
les  leur  ayant  tous  confisqués.  Le  recourant  maintient  également  que 
pour s'en être pris aux compagnies minières dans son pays,  il se serait 
retrouvé  dans  le  collimateur  des  autorités  qui  jugeaient  dérisoire  son 
combat contre la surexploitation des ressources minières de la Mongolie 
et pour la sauvegarde de l'environnement. En outre, eu égard à la portée 
de  ses actions,  il  estime qu'on ne  saurait  retenir  à  son détriment  le  fait 
qu'il  n'a  été  membre  de  l'association  pour  laquelle  il  s'est  engagé  que 
pendant  deux  mois.  Par  ailleurs,  quand  bien  même  ses  complices 
auraient, entretemps, tous été libérés sous caution, il reste celui qui a usé 
d'une  arme  à  feu.  Dès  lors,  de  tous  ceux  qui  ont  participé  aux 
événements du 19 juin 2011,  il est celui qui encourt  le châtiment  le plus 
lourd,  raison  pour  laquelle  les  autorités  de  son pays  sont  toujours  à  sa 
recherche comme le lui a fait savoir un membre de l'association. Enfin, il 
n'a  plus  de  contacts  avec  ses  acolytes  parce  qu'il  considère  qu'il  serait 
dangereux  d'en  avoir.  Les  époux  concluent  implicitement  à  ce  qu'il  soit 
entré en matière sur leur demande d'asile.

Droit :

1. 
1.1.  En  vertu  de  l’art.  31  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal 
administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32),  ledit  Tribunal,  connaît  des 
recours contre  les décisions au sens de  l’art.  5 de  la  loi  fédérale du 20 
décembre 1968 sur  la procédure administrative (PA, RS 172.021) prises 
par les autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF.

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En particulier, les décisions rendues par l’ODM concernant l’asile peuvent 
être  contestées,  par  renvoi de  l’art.  105 LAsi,  devant  le Tribunal,  lequel 
statue alors définitivement, sauf demande d’extradition déposé par  l’Etat 
dont le requérant cherche à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 
juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]).

1.2.  Les  recourants  ont  qualité  pour  recourir  (cf.  art.  48  al.  1  PA). 
Présenté dans la forme (cf. art. 52 PA) et le délai (cf. art. 108 al. 2 LAsi) 
prescrits par la loi, le recours est recevable.

1.3. Saisi d’un recours contre une décision de non­entrée en matière sur 
une demande d’asile, le Tribunal se limite à examiner le bien­fondé d’une 
telle décision (cf. Jurisprudence et informations de la Commission suisse 
de recours en matière d’asile  [JICRA] 2004 n° 34 consid. 2.1. p. 240s. ; 
1996 n° 5 consid. 3 p. 39 ; 1995 n° 14 consid. 4 p. 127s., et  jurisp. cit.). 
Dans  les  cas  de  recours  dirigés  contre  les  décisions  de  non­entrée  en 
matière fondées sur l’art. 32 al. 2 let. a LAsi, dans sa nouvelle teneur en 
vigueur depuis le 1er janvier 2007, l’examen du Tribunal porte – dans une 
mesure  restreinte  –  également  sur  la  question  de  la  qualité  de  réfugié. 
L’autorité  de  céans  doit  examiner  si  c’est  à  juste  titre  que  l’ODM  a 
constaté que le recourant concerné ne remplissait manifestement pas les 
conditions posées par les art. 3 et 7 LAsi (cf. ATAF 2007/8 consid. 2.1 p. 
73 ;  cf.  pour  plus  de  détails  concernant  cet  examen  le  consid.  2.3  ci­
après).

2. 
2.1. Seul  est  à déterminer,  en  l’occurrence,  si  l’ODM était  fondé à  faire 
application de l’art. 32 al. 2 let. a LAsi, disposition aux termes de laquelle 
il n’est pas entré en matière sur une demande d’asile si  le  recourant ne 
remet pas aux autorités, dans un délai de 48 heures après le dépôt de sa 
demande,  ses  documents  de  voyage  ou  ses  pièces  d’identité ;  cette 
disposition  n’est  applicable  ni  lorsque  le  recourant  rend  vraisemblable 
que, pour des motifs excusables, il ne peut pas le faire, ni si sa qualité de 
réfugié  est  établie  au  terme de  l’audition,  conformément  aux art.  3  et  7 
LAsi,  ni  si  l’audition  fait  apparaître  la  nécessité  d’introduire  d’autres 
mesures d’instruction pour établir  la qualité de réfugié ou pour constater 
l’existence  d’un  empêchement  à  l’exécution  du  renvoi  (cf.  art.  32  al.  3 
LAsi).

2.2. Selon l’art. 1a de l’ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l’asile relative à 
la procédure (OA 1, RS 142.311), constitue un document de voyage, tout 

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document officiel autorisant l’entrée dans l’État d’origine ou dans d’autres 
États,  tel qu’un passeport ou un document de voyage de  remplacement 
(let.  b),  tandis  qu’est  considéré  comme  pièce  d’identité  tout  document 
officiel  comportant  une  photographie  délivré  dans  le  but  de  prouver 
l’identité  du  détenteur  (let.  c).  Conformément  à  la  jurisprudence,  le 
document  en  cause  doit  prouver  l’identité,  y  compris  la  nationalité,  de 
sorte qu’il ne subsiste aucun doute sur le retour de son titulaire dans son 
pays  d’origine  sans  démarches  administratives  particulières ;  seuls  les 
documents  de  voyage  (passeports)  ou  pièces  d’identité  remplissent  en 
principe  les  exigences  précitées,  au  contraire  des  documents  établis  à 
d’autres fins, comme les permis de conduire, les cartes professionnelles, 
les  certificats  scolaires  et  les  actes  de  naissance  (cf.  ATAF  2007/7  p. 
55ss).

2.3. Avec la nouvelle réglementation prévue à l’art. 32 al. 2 let. a et à l’art. 
32  al.  3  LAsi,  le  législateur  a  également  voulu  instaurer  une  procédure 
d’examen  matériel  sommaire  et  définitif  de  l’existence  ou  non  de  la 
qualité  de  réfugié.  Ainsi,  selon  le  nouveau  droit,  il  n’est  pas  entré  en 
matière sur une demande d’asile si, déjà sur  la base d’un tel examen,  il 
peut  être  constaté  que  le  recourant  ne  remplit  manifestement  pas  les 
conditions de  la qualité de  réfugié. Le caractère manifeste de  l’absence 
de la qualité de réfugié peut tout aussi bien ressortir de l’invraisemblance 
du  récit  que  de  son  manque  de  pertinence  sous  l’angle  de  l’asile.  En 
revanche, si le cas requiert, pour l’appréciation de la vraisemblance ou de 
la  pertinence  des  allégués,  des  mesures  d’instruction  complémentaires 
au  sens  de  l’art.  32  al.  3  let.  c  LAsi,  la  procédure  ordinaire  devra  être 
suivie.  Il  en  ira  de  même  lorsqu’il  n’apparaît  pas  clairement,  sans 
dépasser  le  cadre  limité  d’un  examen  sommaire,  qu’il  n’y  a  pas  lieu 
d’ordonner de mesures d’instruction, au sens de  l’art. 32 al. 3  let. c LAsi 
et  de  la  jurisprudence,  tendant  à  constater  l’illicéité  de  l’existence  d’un 
empêchement à l’exécution du renvoi au sens de l’art. 32 al. 3 let. c LAsi 
(cf.  ATAF  2007/8  consid.  5.6.5­5.7  p.  90ss)  et  de  la  jurisprudence  (cf. 
ATAF 2009/50 consid. 5­8 p. 725­733).

3. 
3.1.  En  l’espèce  les  recourants  n'ont  pas  remis  aux  autorités  leurs 
documents de voyage ou leurs pièces d’identité, au sens défini ci­dessus, 
et n'ont rien entrepris dans les 48 heures dès le dépôt de leur demande 
d’asile pour s’en procurer. 

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Les recourants n'ont pas non plus avancé de motif excusable à même de 
justifier leur incapacité à produire de tels documents, au sens de l’art. 32 
al. 3 let. a LAsi. Il y a motif excusable au sens de cette disposition lorsque 
le  requérant  rend  vraisemblable  qu’il  s'est  rendu  en  Suisse  en  laissant 
ses papiers  dans  son pays d’origine et  qu’il  s’efforce  immédiatement  et 
sérieusement  de  se  les  procurer  dans  un  délai  approprié  (cf.  ATAF 
2010/2 consid. 6 p. 28­29).

En  l'occurrence,  le Tribunal n'estime pas crédibles  les recourants quand 
ils prétendent ne se souvenir ni du pays dont un visa valable figurait sur 
les  passeports  russes  dont  ils  se  sont  servi  pour  entrer  dans  l'espace 
"Schengen" ni des identités complètes inscrites sur ces passeports tant la 
connaissance de ces identités devait s'imposer à eux au cas où un garde­
frontière  se  serait  avisé  de  la  leur  demander.  Certes,  ils  disent  avoir 
entre­temps  demandé  en  vain  à  leur  fils,  auquel  ils  n'auraient  pas  dit 
qu'ils  avaient  demandé  l'asile  à  la  Suisse,  de  leur  faire  établir  une 
attestation  de  domicile.  Ils  n'amènent  toutefois  rien  qui  puisse  laisser 
penser  qu'ils  ont  effectivement  entrepris  cette  démarche.  En  outre,  dès 
juin 2000,  la Mongolie a été rangée par  la Confédération dans  les Etats 
considérés  comme  exempts  de  persécutions  (cf.  Arrêté  du  Conseil 
fédéral du 28 juin 2000). Dès lors il ne paraît pas au Tribunal qu'il eut été 
impossible  à  leur  fils,  dont  les  recourants  ne  disent  pas  qu'il  aurait  lui 
aussi  été  recherché,  de  leur  obtenir  une  attestation  d'identité  ou  de 
domicile.

Vu ce qui précède, les explications données à ce sujet dans le recours ne 
sont  pas  de  nature  à  remettre  en  cause  les  motifs  de  la  décision 
attaquée,  auxquels  il  est  renvoyé  (cf.  JICRA  1999  n°  16  consid.  5  p. 
108ss).

3.2. 
3.2.1.  Par  ailleurs,  dans  le  cas  d’espèce,  le  Tribunal  considère  qu’il 
n’existe pas d’indices de qualité de réfugié au sens de l’art. 32 al. 3 let. b 
LAsi  (cf.  ATAF  2007/8  consid.  5.6.5­5.7  p.  90ss).  Il  ne  ressort  pas  non 
plus  du  dossier  qu’il  y  ait  illicéité  de  l’exécution  du  renvoi  qui 
nécessiteraient  des  mesures  d’instruction  complémentaires  au  sens  de 
l’art. 32 al. 3 let. c LAsi (cf. ATAF 2009/50 précité).

De  fait,  dans  ses  attendus,  l'ODM  ne  conteste  ni  l'existence  de 
l'association "C._______" ni les événements survenus le 19 juin 2011 à la 
mine que  la société "D._______" exploite à E._______ dans  la province 

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de G._______, événements auxquels auraient pris part des membres de 
l'association précitée. L'ODM considère par contre qu'on ne peut tirer des 
déclarations  des  époux  aucun  indice  de  persécution  qui  ne  serait  pas 
manifestement  sans  fondement.  Au  contraire,  pour  l'autorité 
administrative,  les  contradictions,  nombreuses,  qu'on  peut  déceler  dans 
ces  déclarations,  leurs  divergences  sur  des  points  significatifs  des 
événements  auxquels  elles  se  rapportent,  de même que  l'incapacité  du 
recourant  à  établir  matériellement  son  affiliation  à  l'association 
"C._______" font douter de la participation du recourant aux événements 
précités.  Pour  sa  part,  le  Tribunal  constate  que,  mis  à  part  la  date  de 
l'arrestation de ceux que le recourant présente comme ses complices (ce 
qui  en  soi  n'est  pas  négligeable),  le  récit  que  celui­ci  a  fait  des 
événements du 19 juin 2011 à E._______ correspond à ce qu'en ont dit 
les médias de son pays qui ont abondamment relaté ces événements en 
en citant les protagonistes parmi lesquels le nom du recourant n'apparaît 
pas. Dans ces conditions, aussi explicite soit­il, son récit ne suffit pas en 
lui­même  à  rendre  vraisemblable  ni  son  affiliation  à  l'association 
"C._______" ni sa participation à ses événements ni les poursuites dont il 
affirme  faire  l'objet dans son pays, cela d'autant moins que bon nombre 
de ses déclarations sur  les événements survenus après  le 21  juin 2011 
ne concordent pas avec celles de son épouse et qu'il n'a rien su dire des 
activités  des  organisations  de  défense  de  la  nature  dans  son  pays. De 
fait, le Tribunal ne peut exclure que le recourant et son épouse se soient 
inspirés  des  révélations  des médias  sur  les  événements  de  E._______ 
pour en faire le fondement de leur demande d'asile. Il  leur revenait donc 
de s'efforcer de  rendre un  tant soit peu plausibles, par  le biais d'indices 
convaincants,  les  liens  du  recourant  avec  "C._______"  ainsi  que  les 
poursuites dont celui­ci dit faire l'objet, une tâche dont le Tribunal estime 
qu'elle n'était pas insurmontable pour les époux. Ceux­ci avaient en effet 
la  possibilité  de  s'adresser  à  leur  fils,  à  M._______,  qui,  ne  pouvait 
ignorer  ce  qui  s'était  passé  à  E._______  vu  la  couverture  médiatique 
consacrée à cet événement où encore à l'avocat de "C._______", arrêté 
en  juin  2011  avec  les  sept  membres  du  comité  de  cette  association 
(quatre  d'entre  eux  ayant  été  de  l'expédition  du  19  juin  2011  à 
E._______) puis relaxé avec eux dès le 22 juillet suivant. Les recourants 
n'en ayant rien fait,  le Tribunal ne peut dès  lors que partager  les doutes 
émis par l'ODM au sujet de leur crédibilité en ce que les événements (en 
particulier ceux survenus après le 21 juin 2011) dont ils se prévalent, ont 
été relatés de manière  imprécise voire erronée tant pour ce qui a  trait à 
leur existence qu'à leur localisation dans le temps. S'y ajoute que le poids 
des  incohérences  relevées  par  l'ODM  dans  les  déclarations  des  époux 

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n'est pas amoindri par les explications fournies dans leur mémoire. Enfin, 
la passivité, en Suisse, du recourant qui n'a pas cherché à savoir ce qu'il 
était advenu de ceux dont il dit qu'ils auraient été ses complices ­ ce qui 
lui aurait permis d'apprendre que ceux­ci avaient entre­temps été libérés 
sous  caution  et  par  conséquent  de  leur  demander  de  confirmer  sa 
participation aux événements du 19 juin à E._______ – amène le Tribunal 
à penser que le recourant n'est en rien lié ni aux membres du comité de 
"C._______" ni aux événements du 19 juin 2011 à E._______. 

3.2.2. Les déclarations des recourants ne satisfaisant manifestement pas 
aux exigences requises pour  la reconnaissance de  la qualité de réfugié, 
l'exception prévue à l'art. 32 al. 2 let. b LAsi ne s'applique pas.

3.3. 
3.3.1.  Par  ailleurs,  les  auditions  des  recourants  ne  font  pas  non  plus 
ressortir  la  nécessité  d'entreprendre  des  mesures  d’instruction 
complémentaires  au  sens  de  l’art.  32  al.  3  let.  c  LAsi  pour  établir  leur 
qualité de réfugié.

3.3.2.  En  outre,  il  n'est  pas  plus  nécessaire  de  procéder  à  de  telles 
mesures  d'instruction  pour  constater  un  empêchement  à  l’exécution  du 
renvoi  sous  peine  d'illicéité  (cf.  ATAF  2009/50  précité,  ibid.).  Les 
recourants n'ayant manifestement pas la qualité de réfugié, ils ne peuvent 
par conséquent se prévaloir de l’art. 5 LAsi, qui reprend en droit interne le 
principe  de  non­refoulement  énoncé  à  l’art. 33  de  la  convention  du 
28 juillet  1951  relative  au  statut  des  réfugiés  (Conv.  réfugiés,  RS 
0.142.30). Par ailleurs, au vu de ce qui précède,  ils n'ont manifestement 
pas  non  plus  rendu  crédible  qu'ils  pourraient  être  victimes,  en  cas  de 
retour en Mongolie, de  traitements prohibés par  l'art. 3 de  la convention 
du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés 
fondamentales  (CEDH,  RS  0.101),  respectivement  par  l'art. 3  de  la 
convention  du  10 décembre  1984  contre  la  torture  et  autres  peines  ou 
traitements cruels, inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105).

3.3.3.  Il  ressort de ce qui précède que l'exception prévue à  l'art. 32 al. 2 
let. c LAsi n'est pas non plus réalisée en l'occurrence.

3.4.  La  décision  de  non­entrée  en  matière  sur  la  demande  d’asile  des 
recourants, prononcée par l’ODM, est dès lors confirmée.

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Page 12

4. 
4.1.  Aucune  exception  à  la  règle  générale  du  renvoi  n’étant  en 
l’occurrence réalisée (cf. art. 32 OA 1), le Tribunal est tenu, de par la loi, 
de confirmer cette mesure (cf. ATAF 2009/50 consid. 9 p. 733). Le renvoi 
peut être exécuté si cette mesure apparaît licite, raisonnablement exigible 
et  possible  (art. 83  al. 1  de  la  loi  fédérale  sur  les  étrangers  du 
16 décembre 2005 [LEtr, RS 142.20]).

4.2. Comme relevé ci­dessus,  l'exécution du renvoi s'avère  licite  (art. 83 
al. 3 LEtr ;  JICRA 1996 n° 18 consid. 14b  let.  ee p. 186s. et  références 
citées).

4.3. Elle est également raisonnablement exigible (cf. art. 83 al. 4 LEtr.  Il 
est notoire la Mongolie ne connaît pas une situation de guerre, de guerre 
civile ou de violence généralisée. En outre, il ne ressort du dossier aucun 
élément dont on pourrait inférer un risque concret pour les recourants en 
cas  d'exécution  du  renvoi.  Dans  la  force  de  l'âge,  ceux­ci  sont  sans 
charge  de  famille  et  en  mesure  de  travailler  pour  subvenir  à  leurs 
besoins ; enfin, ils n'ont pas établi ni même invoqué souffrir de problèmes 
de santé.

4.4. L’exécution du renvoi est enfin possible (cr. art. 83 al. 2 LEtr) et  les 
recourants  sont  tenus  de  collaborer  à  l’obtention  de  documents  de 
voyage  leur permettant de quitter  la Suisse  (cf.  art.  8 al.  4 LAsi ; ATAF 
2008/34 consid. 12 p. 513­515).

4.5. C’est donc également à bon droit que l’autorité de première instance 
a prononcé le renvoi des recourants et l’exécution de cette mesure.

5. 
5.1. 
Infondé, le recours est rejeté sans qu'il soit nécessaire de procéder à un 
échange un échange d’écritures (cf. art. 111a al. 1 LAsi).

5.2. Vu l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais (600 francs) à la 
charge des recourants (cf. art. 63 al. 1 PA et 2 et 3 let. b du règlement du 
21  février  2008  concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le 
Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]).

(dispositif page suivante)

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le Tribunal administratif fédéral prononce:

1. 
Le recours est rejeté.

2. 
Les  frais de procédure, d’un montant de Fr. 600.­,  sont mis à  la charge 
des  recourants.  Ce  montant  doit  être  versé  sur  le  compte  du  Tribunal 
dans les 30 jours dès l’expédition du présent arrêt.

3. 
Le  présent  arrêt  est  adressé  aux  recourants,  à  l’ODM  et  à  l’autorité 
cantonale compétente. 

La présidente du collège : Le greffier :

Jenny de Coulon Scuntaro Jean­Claude Barras

Expédition :