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**Case Identifier:** 387fc868-3292-59af-a108-2ba177310728
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-12-18
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour d'appel civile 18.12.2023 (publié) HC / 2023 / 776
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_002_HC---2023---776_2023-12-18.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

MP22.051782-231411

454 

  

 

 

cour
d’appel CIVILE

____________________________

Arrêt du
10 novembre 2023

__________________

Composition
:               Mme             
giroud
walther, juge unique

Greffière             
:              Mme             
Juillerat Riedi

 

 

*****

 

 

Art.
239, 261 al. 1, 265 al. 1 CPC

 

 

 

             
Statuant sur l’appel interjeté par 
M.________,
à [...], intimé, contre l’ordonnance de mesures superprovisionnelles rendue le 6 octobre
2023 par la Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement de l’Est vaudois  dans
la cause divisant l’appelant d’avec 
C.________,
à [...], requérante, la juge unique de la Cour d’appel civile du Tribunal cantonal considère :

             
En fait et en droit :

 

             
Vu la cause en fixation de contributions d’entretien et droit parentaux en faveur d’[...],
enfant des parties,

             

             
vu la requête de mesures superprovisionnelles et provisionnelles déposée le 20 décembre
2022 par C.________, tendant notamment à obtenir l’autorisation de quitter le logement qu’elle
occupait avec M.________, ainsi que le territoire suisse, avec leur enfant commun [...] et la fixation
de contributions d’entretien, 

 

             
vu le rejet de la requête de mesures superprovisionnelles le 22 décembre 2022 et la fixation,
le même jour, d’une audience de mesures provisionnelles le 28 février 2023,

 

             
vu la reconsidération de cette décision, sur requête de l’intimée, par ordonnance
du lendemain, qui a notamment autorisé C.________ à quitter avec l’enfant [...] le logement
en question, ainsi que le territoire suisse du 23 décembre 2022 au 8 janvier 2023, et fixé
une contribution d’entretien mensuelle de 1'707 fr., allocations familiales en sus, en faveur de
l’enfant, à charge de M.________,

 

             
vu le renvoi de l’audience du 28 février 2022 en raison de pourparlers transactionnels entre
les parties, 

 

             
vu l’échec des pourparlers et la reprise de la procédure le 9 juin 2023 par la fixation
d’une audience de mesures provisionnelles le 28 août 2023, 

 

             
vu l’ordonnance de mesures superprovisionnelles du 30 juin 2023, rendue sur requête de C.________,
fixant le planning de la prise en charge de l’enfant pour les vacances d’été,

 

             
vu la nouvelle ordonnance de mesures superprovisionnelles du 6 juillet 2023, modifiant le planning des
vacances à la suite des déterminations spontanée de M.________, 

 

             
vu les déterminations de M.________ du 25 août 2023 sur la requête de mesures provisionnelles,
du 20 décembre 2022, ainsi que les pièces produites à l’appui de cette écriture,

 

             
vu le courrier du 25 août 2023, dans lequel C.________ a augmenté ses conclusions s’agissant
de la contribution due en faveur de son fils, 

 

             
vu l’audience de mesures provisionnelles du 28 août 2023 et l’accord intervenu
entre les parties au sujet de la prise en charge de l’enfant, ratifié séance tenante
par la présidente pour valoir ordonnance de mesures superprovisionnelles, 

 

             
vu le procès-verbal de cette audience, dont il ressort que les parties ont été entendues,
mais pas formellement interrogées, 

 

             
vu les écritures complémentaires déposées par les parties les 25 septembre et 2 octobre
2023, portant également sur des novas, 

 

             
vu l’audience du 2 octobre 2023, durant laquelle seule C.________ a pu être interrogée
à teneur de l’art. 191 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS 272),
faute d’avoir suffisamment temps à disposition, et à l’issue de laquelle cette
dernière a requis qu’il soit statué à titre superprovisionnel sur la contribution
d’entretien de l’enfant, 

 

             
vu le courrier du 4 octobre 2023, dans lequel M.________ a conclu au rejet de la requête précitée,

 

             
vu la décision rendue le 6 octobre 2023, intitulée ordonnance de « mesures superprovisionnelles »,
qui révoque l’ordonnance du 23 décembre 2022 s’agissant de l’entretien d’[...]
et fixe notamment la contribution d’entretien en faveur de celui-ci à hauteur de 2'576 fr.
par mois, allocations familiales en sus, à la charge de M.________, tout en indiquant que l’ordonnance
est immédiatement exécutoire et reste en vigueur jusqu’à décision sur la requête
de mesures provisionnelles, 

 

             
vu la motivation de l’ordonnance précitée, limitée à un bref rappel des actes
de procédure et au renvoi en droit à l’art. 265 CPC, 

 

             
vu le courrier de M.________ du 10 octobre 2023, qui interroge la présidente au sujet du type de
décision rendue et demande sa motivation dans l’hypothèse où il ne s’agirait
pas d’une décision motivée sujette à recours,

 

             
vu l’indication de la présidente, selon laquelle l’ordonnance du 6 octobre 2023 n’est
ni une décision motivée sujette à recours, ni une décision qui pourrait faire l’objet
d’une requête de motivation dans les 10 jours, précisant que le CPC ne prévoyait
en effet ni appel ni recours contre les ordonnances de mesures superprovisionnelles, 

 

             
vu l’appel déposé contre l’ordonnance précitée par M.________ (ci-après :
l’appelant) le 19 octobre 2023, qui conclut avec suite de frais à qu’il soit dit que
cette décision est nulle, subsidiairement annulée, et à ce que la requête du 2 octobre
2023 soit rejetée,

 

             
vu la requête d’effet suspensif contenue dans l’appel, 

 

             
vu la réponse déposée le 1er
novembre 2023 par C.________ (ci-après : l’intimée), qui conclut au rejet de la
requête d’effet suspensif et à l’irrecevabilité de l’appel ; 

 

              attendu qu’aux termes
de l’art. 261 al. 1 CPC, le tribunal ordonne les mesures provisionnelles nécessaires lorsque
le requérant rend vraisemblable qu'une prétention dont il est titulaire est l'objet d'une atteinte
ou risque de l'être (let. a) et que cette atteinte risque de lui causer un préjudice difficilement
réparable (let. b),

 

             
              que conformément
à l’art. 265 al. 1 CPC, en cas d'urgence particulière, notamment s'il y a risque d'entrave
à leur exécution, le tribunal peut ordonner des mesures provisionnelles immédiatement,
sans entendre la partie adverse,

 

 

             
que l’art. 308 al. 1 let. b CPC prévoit que les décisions de mesures provisionnelles
peuvent faire l’objet d’un appel,

 

             
que le CPC ne prévoit en revanche ni appel ni recours contre les ordonnances de mesures superprovisionnelles,
y compris en cas de refus de telles mesures (art. 265 al. 1 CPC ; ATF 137 III 417 consid. 1.3 et réf.
cit., RSPC 2012 p. 18 note Bohnet ; TF 5A_351/2021 du 29 septembre 2021 consid. 2.3 ; Tappy,
Commentaire romand, Code de procédure civile, 2e
éd, 2019, n. 16 ad art. 273 CPC) ;

 

             
attendu qu’en l’espèce, la décision attaquée a été rendue dix mois
après le dépôt de la requête, alors que les parties ont été entendues à
deux audiences d’instruction et que la partie intimée aux mesures provisionnelles –
en l’occurrence l’appelant – s’est extensivement déterminé sur les
allégués de la requérante, notamment en justifiant par pièces de sa situation personnelle
et financière, 

 

             
que malgré cela, il faut constater que l’instruction des mesures provisionnelles n’est
pas terminée,

 

             
qu’une prochaine audience est d’ailleurs d’ores et déjà fixée le 13
décembre 2023 pour interroger l’appelant et, on l’espère, mettre un terme à
l’instruction,

 

             
que la décision attaquée, intervenue en cours d’instruction, ne saurait ainsi être
qualifiée d’ordonnance de mesures provisionnelles,  

 

             
que partant, l’appel, en tant qu’il est déposé contre une ordonnance de mesures
superprovisionnelles, est irrecevable ; 

 

             
attendu que cela étant, on constate que pour la période courant depuis le dépôt de
la requête des mesures provisionnelles, la première juge n’a statué que par voie
de mesures superprovisionnelles non motivées au sujet de l’entretien de l’enfant [...],

             

             
              que force est d’admettre
que la décision attaquée en particulier ne peut en effet être considérée comme
motivée, puisqu’elle n’explique aucunement, même brièvement, comment la première
juge parvient aux montants de l’entretien convenable de l’enfant et la contribution d’entretien
arrêtée, 

 

             
qu’il faut donc constater que cette nouvelle décision de mesures superprovisionnelles, non
motivée, pourrait constituer un déni de justice formel consacré par l’art. 29 al.
1 Cst. en tant qu’elle restreint durablement l’accès à la justice à l’appelant
(cf. ATF 144 II 184 consid. 3.1 ; TF 5A_945/2021 du 27 avril 2022 consid. 4.2.1 ; TF 4A_410/2020 du 20
octobre 2020 consid. 2.1), 

 

             
que la Cour d’appel civile n’est toutefois pas compétente pour juger ce cas de figure,

 

             
qu’en effet, ce n’est pas par la voie de l’appel qu’il y a lieu de s’en
plaindre, mais par celle d’un recours à la Chambre des recours du Tribunal cantonal (art.
319 let. c CPC et art. 73 al. 1 LOJV [Loi d'organisation judiciaire du 12 décembre 1979 ; BLV 173.01]) ;

 

             
              attendu qu’en définitive,
l’appel, en tout état de cause, doit être déclaré irrecevable, 

             
              

             
              qu’exceptionnellement,
les frais judiciaires de deuxième instance, fixés à 600 fr. (art. 65 al. 2 TFJC), seront
mis à la charge de l’Etat en application de l’art. 107 al. 2 CPC, 

 

             
              qu’en outre, les
dépens seront compensés (art. 107 al. 1 let. f CPC). 

 

 

 

Par
ces motifs,

la
juge unique

de
la Cour d’appel civile 

prononce
:

 

             
I.             
L’appel est irrecevable.

 

             
II.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 600 fr. (six cents francs),
sont laissés à la charge de l’Etat. 

 

             
III.             
Les dépens de deuxième instance sont compensés. 

 

             
IV.             
L’arrêt est exécutoire. 

 

La
juge unique :               La greffière
:

 

 

 

Du

 

             
Le présent arrêt, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est
notifié en expédition complète, par voie recommandée et par e-fax, à :

 

‑             
Me Patrick Fontana (pour M.________),

‑             
Me Nicolas Mattenberger (pour C.________),

-             
Me Tiphanie Chappuis, curatrice de l’enfant [...])

             
et communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme la Vice-Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement de l’Est vaudois. 

 

             
La juge unique de la Cour d’appel civile considère que la valeur litigieuse est supérieure
à 30’000 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), le cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss
LTF. Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la
valeur litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et
de droit du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés
devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification
(art. 100 al. 1 LTF).

 

             
La greffière :