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**Case Identifier:** a3d4301a-14da-56a4-99b6-f9f5c6dd7f3c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-05-06
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 06.05.2021 A/44/2021
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-44-2021_2021-05-06.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/44/2021-CS DCSO/167/21 

DECISION 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre de surveillance 
des Offices des poursuites et faillites 

DU JEUDI 6 MAI 2021 

 

Plainte 17 LP (A/44/2021-CS) formée en date du 6 janvier 2021 par A______, élisant 

domicile en l'étude de Me Peter PIRKL, avocat. 

 

* * * * * 

 

Décision communiquée par courrier A à l'Office concerné 

et par plis recommandés du greffier du 6 mai 2021 
à : 

- A______ 
c/o Me PIRKL Peter 

REGO AVOCATS 

Esplanade de Pont-Rouge 4 

Case postale 

1212 Genève 26. 

- B______ 

c/o Me CRISANTE Marco 

Rue du Conseil-Général 18 

1205 Genève. 

- Office cantonal des poursuites. 

 

 

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A/44/2021-CS 

EN FAIT 

A. a. Le 22 janvier 2020, l'Office cantonal des poursuites (ci-après: l'Office) a fait 

notifier à A______, sur réquisition de B______, un commandement de payer, 

poursuite n° 1______, pour 790'800 fr., plus intérêts à 7% dès le 26 juillet 2018, 

réclamés à titre de "reconnaissance de dette du 26.07.2018". Le même jour, 

A______ a formé opposition totale à la poursuite. 

 b. Par jugement du 28 octobre 2020, confirmé par la Cour de justice aux termes 

d'un arrêt du 11 février 2021, le Tribunal de première instance a prononcé la 

mainlevée provisoire de l'opposition formée au commandement de payer, 

poursuite n° 1______. 

 c. Le 19 novembre 2020, A______ a déposé une action en libération de dette 

contre B______. 

 d. Le 24 novembre 2020, B______ a requis la continuation de la poursuite, 

indiquant à l'Office que A______ était propriétaire d'un bien immobilier à Genève 

ainsi que titulaire de comptes bancaires auprès de D______ SA, de C______ SA 

(ci-après: C______) et de E______. 

 e. Par courrier du 30 novembre 2020, l'Office a communiqué à A______ un avis 

de saisie. Le poursuivi était invité à se présenter à l'Office le 15 janvier 2021 pour 

y être interrogé sur sa situation patrimoniale, et ce afin de procéder à la saisie des 

biens nécessaires pour couvrir le montant dû au créancier, se montant à 931'024 

fr. au 15 janvier 2021. Un paiement parvenu à l'Office avant cette date rendait 

l'avis de saisie sans objet. 

 f. En date du 7 décembre 2020, l'Office a adressé à C______ SA (ci-après: 

C______), un avis concernant la saisie d'une créance au sens de l'art. 99 LP, et ce 

jusqu'à concurrence de 1'000'000 fr., plus intérêts et frais. 

 g. Par courrier du 16 décembre 2020, C______ a informé l'Office que A______ 

détenait, conjointement avec un tiers, un compte sur lequel étaient déposés 13'226 

fr. 34. Aucun autre actif bancaire n'a été mis en évidence. 

 h. En date du 4 janvier 2021, l'Office a invité le service du Registre foncier à 

annoter une restriction du droit d'aliéner visant les unités de PPE 3______ et  

4______, Genève-F______ [quartier], dont A______ était copropriétaire, avec son 

épouse, à parts égales. 

 i. Par courrier du 13 janvier 2021, A______ a écrit à l'Office qu'il ne pouvait pas 

se présenter à l'interrogatoire fixé au vendredi 15 janvier 2021, et ce pour des 

raisons médicales. 

 j. Le 1
er

 février 2021, l'Office a demandé au C______ de lui transférer 12'026 fr. 

30, la saisie du compte étant levée après ce versement. 

 k. Par courrier du 1
er

 février 2021, le conseil de A______ a écrit à l'Office, 

sollicitant la levée immédiate de la mesure de blocage du compte bancaire, 

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laquelle était disproportionnée, vu la valeur des immeubles dont il était 

propriétaire. Il a également sollicité la levée de la mesure concernant la part de 

PPE n° 4______. 

 l. L'Office a répondu à A______ le 3 février 2021. La mesure concernant le 

compte auprès du C______ avait été levée, l'Office ayant rapatrié 12'026 fr. 30. 

Un calcul du minimum vital n'avait pas été possible, A______ n'ayant fourni 

aucun renseignement sur sa situation financière. Quant aux biens immobiliers, ils 

faisaient l'objet d'un gage collectif, à hauteur de  

2'250'000 fr., et A______ n'en détenait que la moitié de sorte qu'il n'était pas 

possible de considérer qu'ils couvraient l'intégralité de la créance en poursuite.  

B. a. Par acte posté le 6 janvier 2021, A______ a formé une plainte auprès de la 

Chambre de surveillance contre l'avis concernant la saisie d'une créance du  

7 décembre 2020 adressé au C______, dont il avait eu connaissance le  

21 décembre 2020. 

 B______ n'était pas le titulaire de la créance déduite en poursuite et lui-même n'en 

était pas le débiteur. L'avis de saisie violait selon lui le principe de 

proportionnalité, l'article 99 LP et les bases légales applicables à la saisie et portait 

atteinte à son minimum vital. A______ s'étonnait par ailleurs que l'Office ait saisi 

le seul compte bancaire dont il était titulaire, avant même de l'interroger ou 

d'analyser sa situation patrimoniale. 

 Les mesures prises par l'Office étaient d'autant plus disproportionnées que la 

saisie n'était que provisoire. 

 b. Dans sa détermination sur effet suspensif, l'Office a indiqué que dès lors que 

A______ avait quitté officiellement Genève le 1
er

 janvier 2019, ce qu'il avait 

annoncé à l'Office cantonal de la population et des migrations (OCPM), il existait 

un risque qu'il ne se présente pas à la saisie fixée au 15 janvier 2021. Aussi, à titre 

de mesures de sûretés, l'Office avait adressé le 7 décembre 2020 des avis 

concernant la saisie d'une créance à 38 établissements bancaires, et non pas 

uniquement au C______. Il avait ensuite aussi fait annoter une restriction du droit 

d'aliéner auprès du Registre foncier. Il s'agissait de mesures conservatoires 

destinées à éviter que les actifs soient soustraits à la saisie. 

 c. Par ordonnance du 15 janvier 2021, la Chambre de surveillance a refusé l'effet 

suspensif à la plainte. Cette ordonnance, accompagnée de la détermination de 

l'Office sur effet suspensif, a été reçue par le conseil de A______ le  

18 janvier 2021. 

 d. Dans son rapport du 3 février 2021, l'Office, qui a conclu au rejet de la plainte, 

a précisé qu'après avoir procédé au rapatriement des fonds déposés auprès de 

C______ à hauteur de 12'026 fr. 30, laissant 1'200 fr. au poursuivi, correspondant 

au montant de base LP, il avait levé la mesure. L'annotation au registre foncier 

était proportionnée, dès lors que l'hypothèque grevant les deux biens, dont le 

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poursuivi était copropriétaire, se montait à 2'250'000 fr. alors que l'estimation 

fiscale était de 2'262'500 fr.  

 Le poursuivi ayant demandé un report de son audition, sans fournir d'indications 

sur sa situation patrimoniale, l'Office devait étendre ses investigations en vue de 

compléter la saisie.  

 Pour le surplus, l'Office a indiqué qu'il n'y avait eu aucun échange entre le service 

de la saisie et B______, hormis la correspondance ordinaire demandée aux 

créanciers lors d'une mise en poursuite. 

 e. Aux termes de sa réponse du 10 février 2021, B______ a conclu au rejet de la 

plainte, laquelle frisait la témérité. En particulier, les mesures prises par l'Office 

n'étaient aucunement disproportionnées. Le plaignant avait certes acquis en 2012 

les parts de PPE 3______ et 4______, Genève-F______ [quartier], pour un prix de 

4'525'000 fr. Il les détenait toutefois en copropriété avec son épouse, à parts 

égales. De plus, l'immeuble était grevé d'une hypothèque. Il n'était ainsi pas 

possible de considérer que la réalisation de la part de copropriété de A______ 

permettrait sans autre de couvrir la créance déduite en poursuite, rendant superflue 

la saisie mobilière. 

 f. Par courrier du 10 février 2021, A______ a "complété" sa plainte, faisant 

référence au courrier de l'Office du 3 février 2021. Il réitérait qu'il convenait de 

lever la saisie sur son compte bancaire, motif pris que la valeur des biens saisis 

était de 2'274'526 fr. 30, alors que le montant pour solder la poursuite au 12 

février 2021 était de 935'731 fr. A______ sollicitait également la levée de la saisie 

sur ses biens immobiliers, à tout le moins s'agissant de la part de PPE 4______, 

Genève, Section F______ [quartier]. A______ estimait son interrogatoire par 

l'Office inutile, les biens d'ores et déjà identifiés ayant une valeur largement 

supérieure au solde de la poursuite en cours. 

 g. B______ s'est déterminé le 24 février 2021, persistant dans ses conclusions. 

 h. Sur ce, la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1. 1.1.1 La voie de la plainte au sens de l'art. 17 LP est ouverte contre les mesures de 

l'Office ne pouvant être contestées par la voie judiciaire (al.1), ainsi qu'en cas de 

déni de justice ou de retard à statuer (al. 3). L'autorité de surveillance doit par 

ailleurs constater, indépendamment de toute plainte et en tout temps (ATF 136 III 

572 consid. 4), la nullité des mesures de l'Office contraires à des dispositions 

édictées dans l'intérêt public ou dans l'intérêt de personnes qui ne sont pas parties 

à la procédure (art. 22 al. 1 LP). 

 Par mesure de l'Office, il faut entendre tout acte matériel d'autorité accompli par 

l'Office en exécution d'une mission officielle dans une affaire concrète, ayant pour 

objet la continuation ou l'achèvement de la procédure d'exécution forcée et 

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produisant des effets externes (ATF 116 III 91 consid. 1). Ne constituent en 

conséquence pas des mesures sujettes à plainte la simple confirmation d'une 

décision déjà prise, une communication de l'Office sur ses intentions ou un avis 

(Erard, in CR LP, 2005, n° 10 ad art. 17 LP). 

 1.1.2 La plainte doit être déposée, sous forme écrite et motivée (art. 9 al. 1 et 2 

LaLP; art. 65 al. 1 et 2 LPA, applicable par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP), dans les 

dix jours de celui où le plaignant a eu connaissance de la mesure (art. 17 al. 2 LP). 

Elle peut également être déposée en tout temps en cas de nullité de l'acte contesté 

(art. 22 al. 1 LP), de retard à statuer et de déni de justice (art. 17 al. 3 LP). 

 Les délais ne cessent pas de courir pendant la durée des féries et des suspensions 

des poursuites. Toutefois, si la fin d'un délai à la disposition du débiteur, du 

créancier ou d'un tiers coïncide avec un jour des féries ou de la suspension, le 

délai est prolongé jusqu'au troisième jour utile. Pour le calcul du délai de trois 

jours, le samedi, le dimanche et les jours légalement fériés ne sont pas comptés 

(art. 63 LP). 

 1.2.1 En l'espèce, la plainte est dirigée contre l'avis au tiers débiteur du  

7 décembre 2020, soit contre une mesure de sûreté prise à titre provisionnel en 

vue de l'exécution de la saisie (cf. ATF 142 III 643 consid. 2.1). Le plaignant 

indique, sans être contesté, avoir eu connaissance de cette mesure le 21 décembre 

2020. Le délai de dix jours a ainsi commencé à courir le 22 décembre 2020 pour 

terminer le 31 décembre 2020, soit un jour férié à Genève qui coïncide au surplus 

avec un jour des féries des poursuites (art. 56 ch. 2 cum art. 63 LP). Aussi, le délai 

était prolongé jusqu'au troisième jour utile. Dès lors que le vendredi 1
er

 janvier 

2021, jour légalement férié, et les samedi et dimanche 2 et 3 janvier 2021 ne sont 

pas comptés, le troisième jour utile tombait le 6 janvier 2021, date de dépôt de la 

plainte, laquelle est ainsi recevable.  

 1.2.2 Le "complément de plainte" du 10 février 2021 est irrecevable en tant qu'il 

vise le courrier de l'Office du 3 février 2021, lequel n'est pas une décision sujette à 

plainte, mais une simple confirmation des mesures déjà prises, soit l'avis au 

débiteur et l'annotation au registre foncier d'une restriction du droit d'aliéner les 

parts de PPE dont le plaignant est copropriétaire.  

 A supposer qu'il vise en réalité la mesure d'annotation au registre foncier précitée, 

il sera observé que le plaignant en a eu connaissance au plus tard à réception de la 

détermination de l'Office sur effet suspensif, qu'il a reçue le 18 janvier 2021, en 

même temps que l'Ordonnance de la Chambre de céans. Le délai de dix jours pour 

former plainte contre cette mesure arrivait ainsi à échéance au plus tard le  

28 janvier 2021. Aussi, la plainte est tardive en tant qu'elle vise la mesure 

d'annotation au registre foncier. 

 1.2.3 Les conclusions tendant à obtenir la production de "l'ensemble de la 

correspondance échangée entre l'Office et le poursuivi" (l'on comprend qu'il s'agit 

du poursuivant) sont devenues sans objet, dans la mesure où l'Office a produit le 

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dossier de la saisie, en particulier la réquisition de continuer la poursuite et le 

courrier du conseil du poursuivant du 24 novembre 2020, sans que le plaignant ne 

rende vraisemblable l'existence d'autres échanges qui devraient être portés à la 

connaissance de la Chambre de céans en vue de statuer sur la plainte, étant précisé 

que l'Office a indiqué, dans son rapport, qu'il n'y avait pas eu d'autres échanges 

avec l'intimé ou son conseil. 

2. 2.1.1 Lorsque le débiteur est sujet à la poursuite par voie de saisie, l'Office, après 

réception de la réquisition de continuer la poursuite, procède sans retard à la saisie 

ou y fait procéder par l'office du lieu où se trouvent les biens à saisir (art. 89 LP).  

 L'Office doit déterminer d'office les faits pertinents à cet égard (ATF 108 III 10, 

in JdT 1984 II 18 et les références citées). Quand bien même le poursuivi est tenu 

par l'art. 91 al. 1 LP d'indiquer tous les biens qui lui appartiennent, même ceux qui 

ne sont pas en sa possession, l'Office doit adopter un comportement actif et une 

position critique dans l'exécution de la saisie. 

 Afin de pourvoir au meilleur désintéressement possible des créanciers, l'Office 

doit procéder avec diligence, autorité et souci de découvrir les droits patrimoniaux 

du poursuivi. Il est doté à cette fin de pouvoirs d'investigation et de coercition 

étendus, "à l'instar d'un juge chargé d'instruire une enquête pénale ou d'un officier 

de police judiciaire" (arrêt du Tribunal fédéral 5A_267/2009 du 5 juin 2009 

consid. 3.1; GILLIERON, Commentaire LP, n. 12 ad art. 91 LP). Dans le cadre de 

ses investigations, il revient à l'Office d'interroger le poursuivi sur la composition 

de son patrimoine, d'inspecter sa demeure, principale ou secondaire, de même que 

les locaux où il exerce son activité professionnelle, voire les locaux qu'il loue à 

des tiers comme bailleur ou comme locataire, de façon proportionnée aux 

circonstances (GILLIERON, op. cit., n. 13 et 16 ad art. 91 LP). Le poursuivi est tenu 

envers l'Office de collaborer ; il doit fournir les éventuels moyens de preuve au 

moment de la saisie déjà (ATF 119 III 70 consid. 1). L'Office ne saurait se 

contenter de vagues indications données par le poursuivi, ni se borner à 

enregistrer ses déclarations. Il doit les vérifier, en exigeant la production de toutes 

pièces utiles et au besoin en se rendant sur place. Il lui faut également prêter 

attention aux indications que le poursuivant lui donnerait sur l'existence de droits 

patrimoniaux du poursuivi (GILLIERON, op. cit., n. 19 in fine ad art. 91 LP). 

 2.1.2 L'Office doit également s'intéresser aux créances dont le poursuivi est 

titulaire et doit effectuer les enquêtes nécessaires auprès de tiers détenant des 

biens appartenant au débiteur ou envers lesquels ce dernier dispose d'une créance 

(ATF 129 III 239 consid. 1, in SJ 2003 I 456; ATF 107 III 7 consid. 2). Ceux-ci 

sont soumis ex lege à la même obligation de renseigner que le débiteur poursuivi 

(art. 91 al. 4 LP; GILLIERON, op. cit., n. 19 ad art. 91 LP; JEANDIN, in CR LP, 

2005, n. 15 ad art. 91 LP; OCHSNER, in CR LP, 2005, n. 25 ad art. 93 LP). 

 2.1.3 Selon l'art. 99 LP, lorsque la saisie porte sur une créance, le préposé prévient 

le tiers débiteur qu'il ne pourra désormais plus s'acquitter qu'en mains de l'office. 

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Cet avis ne constitue pas une saisie. Celle-ci consiste en effet dans la déclaration 

par laquelle l'office signifie au débiteur poursuivi, sous la menace des sanctions 

pénales, que certains biens sont mis sous-main de justice et donc soustraits à sa 

libre disposition (art. 96 al. 1 in fine LP; ATF 109 III 11 consid. 2; ATF 107 III 67 

consid. 1). L'avis donné au tiers détenteur ou débiteur des créances saisies est une 

simple mesure de sûreté qui a pour effet d'obliger le tiers à ne se dessaisir de la 

chose ou à ne s'acquitter de son dû qu'en mains de l'office, à l'exclusion de toute 

autre remise directe au débiteur poursuivi. Autrement considéré, il a pour effet 

d'empêcher que ce dernier ne se fasse remettre des actifs détenus par le tiers et ne 

les soustraie ainsi à l'exécution (ATF 115 III 109 consid. 2a; ATF 109 III 11 

consid. 2; ATF 107 III 67 consid. 1 et les arrêts cités). 

 L'avis au tiers débiteur de l'art. 99 LP suppose une saisie valablement exécutée 

(ATF 134 III 177 consid. 3.3). Pour pouvoir procéder à la saisie, l'office est 

toutefois tenu de faire les investigations nécessaires auprès des tiers qui détiennent 

des biens appartenant au débiteur poursuivi; il ne peut en effet exécuter 

valablement la saisie qu'après avoir reçu de la sorte les renseignements lui 

permettant d'individualiser de manière suffisante les biens à mettre sous-main de 

justice. 

 Ces démarches pouvant prendre un certain temps, la jurisprudence a admis que 

l'office peut, si les circonstances l'exigent et à certaines conditions, préparer la 

saisie et sauvegarder les intérêts du créancier par une mesure conservatoire 

bloquant de manière globale les actifs du débiteur détenus par certains, l'exécution 

de la saisie et l'avis au débiteur (art. 90 LP) intervenant dès l'obtention des 

informations permettant d'individualiser les actifs du débiteur en mains de tiers. 

La mesure de sûreté ainsi prise, avant même que le poursuivi n'ait été avisé de la 

saisie, l'est à titre de mesures provisionnelles (BGE 142 III 643 consid. 2.1 et les 

références). 

 L'avis au tiers débiteur de l'art. 99 LP ne constitue pas une mesure d'instruction 

mais une mesure de sûreté, dont le but premier consiste à éviter que le débiteur ne 

se fasse remettre par un tiers les actifs détenus par celui-ci pour son compte et ne 

les soustraie ainsi à l'exécution forcée. S'il est possible dans certaines 

circonstances - par exemple en cas de risque de disparition des actifs, d'absence de 

collaboration systématique de la part du poursuivi ou encore lorsque ce dernier 

s'efforce de se soustraire à la saisie (SCHLEGEL/ZOPFI, in Kommentar SchKG, 

2017, Kren Kostkiewicz/Vock [éd.], N 3 ad art. 99 LP) - de procéder à l'envoi de 

tels avis à titre provisionnel, soit avant l'exécution de la saisie, cette mesure doit 

rester destinée à la préparation de ladite saisie (ATF 142 III 643 consid. 2.1). 

L'Office est tenu de prendre une telle mesure de sûreté, le canton répondant du 

dommage qui pourrait résulter de son omission (GILLIERON, op. cit., n. 13  

ad art. 99 LP). 

 L'art. 99 est applicable en cas de saisie provisoire (art. 83 LP) comme en cas de 

saisie définitive (DE GOTTRAU, CR-LP, n° 2 ad art. 99 LP). 

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 2.1.4 La proportionnalité des démarches entreprises devra être examinée dans 

chaque cas d'espèce et non de manière abstraite (arrêt du Tribunal fédéral 

5A_703/2013 du 6 février 2014 consid. 2.2; WINKLER, in Kommentar SchKG, 

Kren Kostkiewicz/Vock [éd.] 4ème éd., 2017, n. 30 ad. art. 91 LP; STAEHELIN, in 

BlSchK Ergänzungsband zur 2. Auflage, 2017, ad n. 26, ad art. 91 LP). 

 2.2.1 Le plaignant reproche en premier lieu à l'Office d'avoir pris des mesures 

disproportionnées, en envoyant un avis aux banques, avant même son audition et 

alors qu'il n'y avait aucune urgence particulière.  

 Il est à cet égard exact que l'Office a envoyé l'avis au tiers débiteur contesté avant 

l'interrogatoire du poursuivi, prévu pour le 15 janvier 2021 et destiné à déterminer 

les actifs saisissables.  

 Toutefois, tant la jurisprudence que la doctrine s'accordent pour reconnaître à 

l'Office un pouvoir d'investigation étendu en vue d'établir les faits pertinents pour 

l'exécution de la saisie.  

 La Chambre de céans a jugé que le texte légal n'impose pas à l'Office de limiter 

ses demandes de renseignements au moment de l'exécution de la saisie, la 

jurisprudence relative à la nature provisionnelle de certaines mesures de l'Office 

tendant d'ailleurs à confirmer le fait que les investigations à mener s'étendent aussi 

bien à la période antérieure qu'à celle postérieure à la saisie (DCSO/596/2018). 

 Dans le cas d'espèce, au vu des prérogatives étendues dont l'Office est investi, 

l'envoi d'un avis au tiers débiteur avant l'interrogatoire du poursuivi, mais après 

l'envoi de l'avis de saisie, n'apparaît pas disproportionné, et ce compte tenu aussi 

bien de la quotité importante de la poursuite que du fait que le plaignant entretient 

une certaine confusion sur son domicile. Il se déclare en effet toujours domicilié à 

Genève (cf. notamment action en libération de dette du 19 novembre 2020) alors 

qu'il a annoncé à l'OCPM son départ pour la Russie, son pays d'origine, à compter 

du 1
er

 janvier 2019. 

 Le fait que l'Office ait d'abord visé les comptes bancaires, alors même qu'il avait 

été renseigné de l'existence de biens immobiliers appartenant au poursuivi, n'est 

pas non plus critiquable. En effet, ce mode de faire respecte l'ordre prévu à l'art. 

95 LP, qui dispose clairement que les immeubles ne sont saisis qu'à défaut de 

biens meubles suffisants pour couvrir la créance (art. 95 al. 2 LP). C'est d'ailleurs 

après avoir reçu les réponses des banques, que l'Office a requis l'annotation d'une 

restriction du droit d'aliéner au registre foncier. 

 Compte tenu du montant de la poursuite, l'envoi d'une quarantaine d'avis au tiers 

débiteur ne prête pas non plus le flanc à la critique. 

 2.2.2 On ne saurait non plus considérer, comme le soutient le plaignant, que les 

démarches de l'Office seraient disproportionnées en raison du fait que la saisie 

était en l'occurrence provisoire et non définitive. En effet, si le créancier dont la 

saisie n'est que provisoire ne peut requérir la réalisation des biens saisis (art. 118 

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1ère phrase LP), le processus de saisie est le même, l'art. 99 s'appliquant aussi à la 

saisie provisoire.  

 2.2.3 L'argument selon lequel le blocage du compte bancaire aurait porté atteinte à 

son minimum vital n'est aucunement étayé ni documenté, le plaignant n'ayant 

fourni aucune indication sur ses revenus et sa fortune.  

 2.2.4 Le plaignant soutient que l'Office aurait saisi plus que nécessaire, vu la 

valeur de ses immeubles. En l'état, l'Office n'a pas encore établi de procès-verbal 

de saisie, contre lequel le plaignant pourra le cas échéant porter plainte, de sorte 

qu'il n'est pas possible de retenir à ce stade une violation de l'art. 97 al. 2 LP. 

 Compte tenu du caractère subsidiaire de la saisie des immeubles, c'est du reste à 

raison que l'Office a recherché les biens meubles, plus aisément réalisables. Le 

plaignant - qui en l'état n'a toujours pas fourni un quelconque renseignement sur 

sa situation patrimoniale et qui ne semble pas vouloir collaborer, ayant indiqué 

qu'il jugeait son interrogatoire inutile -, ne soutient pas qu'il ne détiendrait aucun 

autre compte bancaire ou d'autres biens meubles. Il n'allègue pas non plus que les 

circonstances du cas d'espèce justifieraient qu'il soit dérogé à l'ordre prévu à  

l'art. 95 al. 1 LP (art. 95 al. 4bis LP) ni qu'il aurait trouvé un accord avec le 

poursuivant à ce sujet.  

 Enfin, la Chambre de céans n'est pas compétente pour se prononcer sur les autres 

arguments de fond en lien avec la titularité de la créance, du ressort du juge civil. 

 2.2.5 En définitive, il sera considéré que l'Office n'a pas abusé de son pouvoir 

d'appréciation en prenant la mesure contestée.  

 Les conclusions tendant à la levée de la mesure sont pour le surplus devenues sans 

objet, celle-ci ayant été levée dans l'intervalle.  

 Mal fondée, la plainte sera rejetée. 

3.  La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP; art. 61 al. 2 let. a 

OELP) et ne donne pas lieu à l'allocation de dépens (art. 62 al. 2 OELP). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre de surveillance : 

A la forme : 

Déclare recevable la plainte formée le 6 janvier 2021 par A______ contre l'avis 

concernant la saisie d'une créance du 7 décembre 2020 adressé au C______ SA, série n° 

2______. 

Au fond : 

La rejette. 

Siégeant : 

Madame Verena PEDRAZZINI RIZZI, présidente; Madame Ekaterine BLINOVA et 

Monsieur Denis KELLER, juges assesseur(e)s; Madame Véronique AMAUDRY-

PISCETTA, greffière. 

 

La présidente :           La greffière : 

 

       Verena PEDRAZZINI RIZZI            Véronique AMAUDRY-PISCETTA 

 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Chambre de surveillance des Offices 

des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance en matière de poursuite pour 

dettes et faillite (art. 126 LOJ). Il doit être déposé devant le Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les 

dix jours qui suivent la notification de l'expédition complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2  

let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). 

L’art. 119 al. 1 LTF prévoit que si une partie forme un recours ordinaire et un recours constitutionnel, 
elle doit déposer les deux recours dans un seul mémoire. Le recours doit être rédigé dans une langue 

officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens de preuve, et être 

signé (art. 42 LTF).  

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.