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**Case Identifier:** 04321324-eb83-5d45-b5a7-da19420cf1ca
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2007-04-26
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 26.04.2007 A/3222/2006
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-3222-2006_2007-04-26.pdf

## Full Text

Siégeant : Karine STECK, Présidente, Norbert HECK et Olivier LEVY, Juges assesseurs 

  

 

 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/3222/2006 ATAS/468/2007 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 

ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 3 

du 26 avril 2007 

 

En la cause 

Monsieur L_________, domicilié , LA PLAINE recourant 

 

contre 

OFFICE CANTONAL DE L'ASSURANCE INVALIDITE, sis rue 

de Lyon 97, case postale 425, GENEVE  

intimé 

 

 

 

 

 

A/3222/2006 

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EN FAIT 

1. Monsieur L_________, né le 1962, de nationalité portugaise, a exercé la profession 

de chauffeur-livreur.  

2. En juillet 2001, il a déposé une demande de prestations auprès de l'Office cantonal 

de l'assurance-invalidité (OCAI) en invoquant un syndrome douloureux chronique 

du dos et du bras droit.  

3. Par décision du 30 juin 2004, l'intéressé été mis au bénéfice d'une demi-rente 

d'invalidité à compter du 1
er

 juillet 2004 (compte tenu d'un degré d'invalidité de 

51,26%; cf. pce 35 OCAI).  

4. Cette décision d'octroi de rente a été rendue sur la base des rapports médicaux 

recueillis dans le cadre de l'instruction du dossier :  

- Le Dr  A_________, médecin-traitant de l'assuré, avait retenu les diagnostics 

suivants : syndrome douloureux chroniques avec cervicobrachialgies à droite et 

dorsalgies et état dépressif réactionnel. S'y ajoutaient, sans répercussion sur la 

capacité de travail, un œsophage de Barett, connu depuis 2000, et la persistance 

d'un corps étranger dans l'œil gauche après un accident de chasse survenu en 

1982. Ce médecin concluait à une incapacité totale de travail à compter du 

mois de février 2001.  

- Le Dr. B_________, psychiatre à ("établissement hospitalier") avait confirmé 

le syndrome douloureux chronique et le trouble dépressif récurrent. Il y a 

ajouté un trouble de personnalité paranoïaque.  

- Une expertise avait au surplus été demandée au Centre d'observation 

médicale de l'assurance-invalidité (COMAI). Le Dr. C__________, spécialiste 

FHM en rhumatologie et le Dr . D__________, spécialiste FMH en psychiatrie 

et psychothérapie, ont conclu, dans leur rapport du 19 mars 2004, à une 

personnalité paranoïaque non compensée présente depuis la moitié de l'année 

2003, à un épisode dépressif léger sans syndrome somatique (moyen depuis 

début 2001 et léger depuis fin 2003). Ils y ont ajouté, à titre de diagnostics sans 

répercussion sur la capacité de travail : un syndrome douloureux persistant 

présent depuis 2000, des troubles dégénératifs radiologiquement modérés du 

rachis dorsal présent depuis 2000, un œsophage de Barett connu depuis 2000, 

et la persistance d'un corps étranger dans l'œil gauche après accident de chasse 

en 1982. Sur le plan physique, ils ont estimé que les atteintes organiques 

n'entraînaient pas de limitations significatives. En revanche, la personnalité 

paranoïaque non compensée et l'épisode dépressif léger engendraient des 

limitations quantitatives dont les médecins ont tenu compte pour fixer la 

capacité résiduelle de travail à 50%, précisant que l'activité exercée jusqu'alors 

était encore exigible à raison d'environ quatre heures par jour (pce 28 OCAI). 

 

 

 

 

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5. La décision de l'OCAI du 30 juin 2004 a été confirmée sur opposition le 

20 octobre 2004. L'OCAI a expliqué s'être fondé, pour fixer le degré d'invalidité, 

sur l'expertise du COMAI, dont il a estimé, en substance, qu'elle pouvait se voir 

reconnaître une entière valeur probante et qu'elle était plus détaillée et 

circonstanciée que l'avis du médecin-traitant de l'assuré (pce 41 OCAI). 

6. Le 30 mai 2006, l'assuré - auquel il avait été demandé de remplir un questionnaire 

dans le cadre de la procédure de révision de sa rente -, a indiqué qu'il n'exerçait plus 

aucune activité professionnelle. Il a produit un certificat établi par son nouveau 

médecin-traitant, le Dr. E__________, lequel indiquait brièvement que son patient 

était dans l'incapacité totale de travailler depuis juillet 2000 (pce 47 OCAI).  

7. Interrogé par l'OCAI, le Dr E__________, a expliqué, dans un rapport daté du 26 

juin 2006, que son patient souffrait de trouble dépressif récurrent avec syndrome 

somatique, de personnalité paranoïaque et dyssociale depuis 2000. Il a émis 

l'opinion que l'activité exercée précédemment par le patient n'était plus exigible, pas 

plus qu'une autre (pce 49 OCAI).  

8. Dans un second rapport daté du 30 juin 2006, le Dr E__________ a précisé les 

diagnostics ayant une répercussion sur la capacité de travail : trouble somatoforme 

douloureux, dorsalgies chroniques, trouble dépressif récurrent, personnalité 

paranoïaque et dyssociale, problèmes urologiques (spasticité vésicale, status post 

incision vésico-prostatique et douleurs testiculaires d'origine indéterminée). Il a 

conclu à une incapacité totale de travail à compter du 12 avril 2000. 

9. L'assuré, auquel un projet de décision a été adressé en date du 7 juillet 2006 - qui 

concluait que son degré d'invalidité n'avait pas changé et qu'il continuerait donc à 

bénéficier de la même rente que jusqu'alors -, a fait part de son désaccord par 

courrier du 21 juillet 2006. Il a allégué que son état de santé s'était aggravé, 

notamment en ce qui concernait les douleurs urologiques mentionnées par le Dr 

E__________. 

10. Le 8 août 2006, l'OCAI a rendu une décision concluant à l'absence d'aggravation de 

l'état de santé de l'assuré. Une demi-rente continuerait à lui être versée. 

11. Par courrier du 6 octobre 2006, l'assuré a interjeté recours contre cette décision en 

alléguant que, selon le Dr E__________, son état de santé s'est aggravé. 

12. Invité à se prononcer, l'OCAI, dans sa réponse du 28 septembre 2006, a conclu au 

rejet du recours. Il a fait remarquer que le seul nouveau diagnostic intervenu est 

celui relatif aux problèmes urologiques. Or, le service médical régional AI (SMR), 

auquel il a été demandé si cette atteinte était susceptible d'entraîner une incapacité 

de travail, a estimé qu'elle ne justifiait aucune incapacité, ce qui était d'ailleurs 

confirmé par les activités de l'assuré, dont le Dr E__________ avait précisé qu'il se 

déplaçait normalement et conduisait sa voiture sur de longues distances. Aucune 

 

 

 

 

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notion d'aggravation récente ne ressortant du rapport du Dr E__________, le SMR 

en a tiré la conclusion qu'aucun changement de l'état de fait susceptible d'influencer 

le degré d'invalidité du recourant n'était intervenu (cf. avis établi le 25 septembre 

2006 par le Dr F__________, du SMR). Le SMR a relevé que les lésions 

dégénératives au niveau dorso-lombaire expliquent les lombalgies, que le problème 

urologique ne justifie aucune incapacité de travail, que l'incapacité de travail a déjà 

été estimée à 100% en 2000, par le médecin traitant d'alors, le Dr A_________, 

mais que le COMAI ne l'a pas corroborée et n'a retenu, essentiellement pour des 

raisons psychiatriques, qu'une capacité résiduelle de 50% qui est certainement 

encore envisageable à la lecture du dernier rapport du Dr E__________. 

13. Après communication de cette écriture au recourant, la cause a été gardée à juger.  

 

EN DROIT 

1. La loi genevoise du 22 novembre 1941 sur l’organisation judiciaire (LOJ ; E 2 O5) 

a été modifiée et a institué, dès le 1er août 2003, un Tribunal cantonal des 

assurances sociales, lequel, conformément à l'art. 56 V al. 1 let. a ch. 2 LOJ, 

connaît en instance unique des contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur 

la partie générale des assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPGA), relatives à la 

loi sur l’assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI). Sa compétence pour juger du 

cas d’espèce est donc établie.  

2. Interjeté dans les forme et délai prévus par la loi le présent recours est recevable 

(art. 56 à 60 LPGA). 

3. La LPGA est entrée en vigueur le 1er janvier 2003, entraînant la modification de 

nombreuses dispositions légales dans le domaine des assurances sociales. Sur le 

plan matériel, le point de savoir quel droit s'applique doit être tranché à la lumière 

du principe selon lequel les règles applicables sont celles en vigueur au moment où 

les faits juridiquement déterminants se sont produits (ATF 127 V 467 consid. 1, 

126 V 136 consid. 4b et les références). En revanche, en ce qui concerne la 

procédure, et à défaut de règles transitoires contraires, le nouveau droit s'applique 

sans réserve dès le jour de son entrée en vigueur (ATF 117 V 93 consid. 6b, 112 V 

360 consid. 4a; RAMA 1998 KV 37 p. 316 consid. 3b). C'est pourquoi les 

procédures pendantes au 1er janvier 2003 ou introduites après cette date devant un 

tribunal cantonal compétent en matière d'assurances sociales sont régies par les 

nouvelles règles de procédure contenues dans la LPGA et par les dispositions de 

procédure contenues dans les différentes lois spéciales modifiées par la LPGA.    

Dans le cas d’espèce, les faits déterminants ayant conduit à la décision du 8 août 

2006 remontent aux mois précédant la procédure de révision introduite en mai 

 

 

 

 

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2006. Sur le plan matériel, le cas d’espèce est donc régi par la loi fédérale sur 

l’assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI) dans sa version en vigueur depuis le 

1
er

 janvier 2003. De même, en ce qui concerne la procédure, le cas d’espèce est régi 

par les nouvelles règles contenues dans la LPGA et par les dispositions contenues 

dans les différentes lois spéciales modifiées par la LPGA.   

4. Le litige porte sur la question de savoir si l’état de santé du recourant s’est aggravé 

depuis la décision du 30 juin 2004 - confirmée sur opposition le 20 octobre 2004 - 

lui octroyant une demi-rente d'invalidité. 

 5. Selon l'art. 41 LAI, dans sa teneur en vigueur jusqu’au 31 décembre 2002, si 

l'invalidité d'un bénéficiaire de rente se modifie de manière à influencer le droit à la 

rente, celle-ci est, pour l'avenir, augmentée, réduite ou supprimée. Tout changement 

important des circonstances, propre à influencer le degré d'invalidité, donc le droit à 

la rente, peut donner lieu à une révision de celle-ci. Le point de savoir si un tel 

changement s'est produit doit être tranché en comparant les faits tels qu'ils se 

présentaient au moment de la décision initiale de rente et les circonstances régnant 

à l'époque de la décision litigieuse (ATF 109 V 265 consid. 4a ; 106 V 87 consid. 

1a ; 105 V 30; ATF 112 V 372 consid. 2b et 390 consid. 1b).  

 Le nouvel 17 al. 2 LPGA, qui stipule que si le taux d’invalidité du bénéficiaire de la 

rente subit une modification notable, la rente est d’office ou sur demande, révisée 

pour l’avenir, à savoir augmentée ou réduite en conséquence, ou encore supprimée, 

n'a pas apporté de modification aux principes jurisprudentiels développés sur la 

base de l’art. 41 LAI sous le régime du droit en vigueur jusqu'au 31 décembre 2002 

(ATFA du 30 avril 2004, en la cause I 626/03, consid. 3.5).  

 En outre, selon l’art. 87 al. 2 du règlement sur l’assurance-invalidité du 17 janvier 

1961 (RAI), la révision a lieu d’office lorsqu’en prévision d’une modification 

importante possible du degré  d’invalidité ou d’impotence, un terme a été fixé au 

moment de l’octroi de la rente ou de l’allocation pour impotent, ou lorsque des 

organes de l’assurance ont eu connaissance de faits ou ordonnent des mesures qui 

peuvent entraîner une modification importante du degré d’invalidité ou 

d’impotence. 

6. Aux termes de l'art. 8 LPGA, l'invalidité est la diminution de la capacité de gain, 

présumée permanente ou de longue durée, qui résulte d'une atteinte à la santé 

physique ou mentale, provenant d'une infirmité congénitale, d'une maladie ou d'un 

accident. 

Il y a lieu de préciser que selon la jurisprudence, la notion d’invalidité, au sens du 

droit des assurances sociales, est une notion économique et non médicale : ce sont 

les conséquences économiques objectives de l’incapacité fonctionnelle qu’il 

importe d’évaluer (ATF 110 V 275 consid. 4a ; 105 V 207 consid. 2).  

 

 

 

 

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7. Les atteintes à la santé psychique peuvent, comme les atteintes physiques, entraîner 

une invalidité au sens de la loi. On ne considère pas comme des conséquences d'un 

état psychique maladif, donc pas comme des affections à prendre en charge par 

l'assurance-invalidité, les diminutions de la capacité de gain que l'assuré pourrait 

empêcher en faisant preuve de bonne volonté; la mesure de ce qui est exigible doit 

être déterminée aussi objectivement que possible (ATF 102 V 165; VSI 2001 p. 

224 consid. 2b et les références; cf. aussi ATF 127 V 298 consid. 4c in fine). 

La reconnaissance de l'existence d'une atteinte à la santé psychique, soit aussi de 

troubles somatoformes douloureux persistants, suppose d'abord la présence d'un 

diagnostic émanant d'un expert (psychiatre) et s'appuyant lege artis sur les critères 

d'un système de classification reconnu (ATF 130 V 398 ss. consid. 5.3 et consid. 6). 

Comme pour toutes les autres atteintes à la santé psychique, le diagnostic de 

troubles somatoformes douloureux persistants ne constitue pas encore une base 

suffisante pour conclure à une invalidité. Au contraire, il existe une présomption 

que les troubles somatoformes douloureux ou leurs effets peuvent être surmontés 

par un effort de volonté raisonnablement exigible. Le caractère non exigible de la 

réintégration dans le processus de travail peut résulter de facteurs déterminés qui, 

par leur intensité et leur constance, rendent la personne incapable de fournir cet 

effort de volonté. Dans un tel cas, en effet, l'assuré ne dispose pas des ressources 

nécessaires pour vaincre ses douleurs. La question de savoir si ces circonstances 

exceptionnelles sont réunies doit être tranchée de cas en cas à la lumière de 

différents critères. Au premier plan figure la présence d'une comorbidité 

psychiatrique importante par sa gravité, son acuité et sa durée. D'autres critères 

peuvent être déterminants. Ce sera le cas des affections corporelles chroniques, d'un 

processus maladif s'étendant sur plusieurs années sans rémission durable 

(symptomatologie inchangée ou progressive), d'une perte d'intégration sociale dans 

toutes les manifestations de la vie, d'un état psychique cristallisé, sans évolution 

possible au plan thérapeutique, résultant d'un processus défectueux de résolution du 

conflit, mais apportant un soulagement du point de vue psychique (profit primaire 

tiré de la maladie, fuite dans la maladie), de l'échec de traitements ambulatoires ou 

stationnaires conformes aux règles de l'art (même avec différents types de 

traitement), cela en dépit de l'attitude coopérative de la personne assurée (ATF 130 

V 352). Plus ces critères se manifestent et imprègnent les constatations médicales, 

moins on admettra l'exigibilité d'un effort de volonté (MEYER-BLASER, Der 

Rechtsbegriff der Arbeitsunfähigkeit und seine Bedeutung in der 

Sozialversicherung, in: Schmerz und Arbeitsunfähigkeit, St. Gall 2003, p. 77). 

Si les limitations liées à l'exercice d'une activité résultent d'une exagération des 

symptômes ou d'une constellation semblable, on conclura, en règle ordinaire, à 

l'absence d'une atteinte à la santé ouvrant le droit à des prestations d'assurance. Au 

nombre des situations envisagées figurent la discordance entre les douleurs décrites 

et le comportement observé, l'allégation d'intenses douleurs dont les 

caractéristiques demeurent vagues, l'absence de demande de soins, les grandes 

 

 

 

 

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divergences entre les informations fournies par le patient et celles ressortant de 

l'anamnèse, le fait que des plaintes très démonstratives laissent insensible l'expert, 

ainsi que l'allégation de lourds handicaps malgré un environnement psychosocial 

intact (voir KOPP/WILLI/KLIPSTEIN, Im Graubereich zwischen Körper, Psyche 

und sozialen Schwierigkeiten, in: Schweizerische Medizinische Wochenschrift 

1997, p. 1434, avec référence à une étude approfondie de Winckler et Foerster; voir 

sur l'ensemble du sujet ATF 131 V 49 consid. 1.2.). 

Enfin, selon la doctrine médicale (cf. notamment DILLING / MOMBOUR / 

SCHMIDT [éd.], Internationale Klassifikation psychischer Störungen, ICD-10 

Kapitel V [F], 4ème édition, p. 191), sur laquelle se fonde le Tribunal fédéral des 

assurances, les états dépressifs constituent des manifestations (réactives) 

d'accompagnement des troubles somatoformes douloureux, de sorte qu'un tel 

diagnostic ne saurait être reconnu comme constitutif d'une comorbidité 

psychiatrique autonome des troubles somatoformes douloureux (ATF 130 V 358 

consid. 3.3.1 in fine; Meyer-Blaser, op. cit., p. 81, note 135).  

8. Pour pouvoir calculer le degré d’invalidité, l’administration (ou le juge, s’il y a eu 

recours) a besoin de documents que le médecin, éventuellement aussi d’autres 

spécialistes, doivent lui fournir. La tâche du médecin consiste à porter un jugement 

sur l’état de santé et à indiquer dans quelle mesure et pour quelles activités l’assuré 

est incapable de travailler. En outre, les données médicales constituent un élément 

utile pour déterminer quels travaux on peut encore, raisonnablement, exiger de 

l’assuré (ATF 125 V 261 consid. 4; 115 V 134 consid. 2; 114 V 314 consid. 3c ; 

105 V 158 consid. 1).  

Le juge des assurances sociales doit examiner de manière objective tous les moyens 

de preuve, quelle qu'en soit la provenance, puis décider si les documents à 

disposition permettent de porter un jugement valable sur le droit litigieux. Si les 

rapports médicaux sont contradictoires, il ne peut liquider l'affaire sans apprécier 

l'ensemble des preuves et sans indiquer les raisons pour lesquelles il se fonde sur 

une opinion médicale et non pas sur une autre. C'est ainsi qu'il importe, pour 

conférer pleine valeur probante à un rapport médical, que les points litigieux aient 

fait l'objet d'une étude circonstanciée, que le rapport se fonde sur des examens 

complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées par la 

personne examinée, qu'il ait été établi en pleine connaissance de l'anamnèse, que la 

description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale soient 

claires et enfin que les conclusions du médecin soient dûment motivées. Au 

demeurant, l'élément déterminant pour la valeur probante n'est ni l'origine du 

moyen de preuve ni sa désignation comme rapport ou comme expertise, mais bel et 

bien son contenu (ATF 125 V 352 consid. 3a et les références; 122 V 160 consid. 

1c et les références).  

 

 

 

 

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Il convient enfin de préciser que selon une jurisprudence constante, le juge des 

assurances sociales apprécie la légalité des décisions attaquées, en règle générale, 

d’après l’état de fait existant au moment où la décision litigieuse a été rendue 

(ATF 121 V 366 consid. 1b et les arrêts cités). Les faits survenus postérieurement, 

et qui ont modifié cette situation, doivent normalement faire l’objet d’une nouvelle 

décision administrative (ATF 121 V 366 consid. 1b et la référence).  

9. En l’occurrence, l'OCAI, avant de rendre sa décision en 2004, a soumis le recourant 

à une expertise rhumatologique ainsi qu’à une expertise psychiatrique. C'est sur la 

base du rapport rendu par les experts en date du 19 mars 2004 que l'OCAI a mis 

l'assuré au bénéfice d'une demi-rente d'invalidité.  

A l'époque, ont été retenus à titre de diagnostics invalidants : une personnalité 

paranoïaque non compensée et un épisode dépressif léger sans syndrome 

somatique. Ont également été mentionnés, étant précisé qu'ils étaient sans 

répercussion sur la capacité de travail : un syndrome douloureux persistant, des 

troubles dégénératifs radiologiquement modérés du rachis dorsal, un œsophage de 

Barett et la persistance d'un corps étranger dans l'œil gauche. Alors même que le 

médecin-traitant de l'assuré concluait à une totale incapacité de travail, les experts, 

ont estimé que, sur le plan physique, les atteintes organiques n'entraînaient pas de 

limitations significatives, qu'en revanche, la personnalité paranoïaque non 

compensée et l'épisode dépressif léger engendraient des limitations quantitatives 

mais seulement à hauteur de 50% dans l'activité exercée jusqu'alors. 

Certes, il ressort de l'anamnèse faite par le Dr E__________ dans son dernier 

rapport que les douleurs dorsales de l'assuré ont augmenté de manière très 

importante en parallèle avec son état dépressif qui s'est aggravé au point qu'il ait 

des idées de meurtre envers son patron et des idées de suicide qui ont nécessité une 

hospitalisation non volontaire à Belle-Idée. Le médecin fait également référence au 

syndrome douloureux dont il indique qu'il s'est compliqué dès 2003 de douleurs du 

globe oculaire gauche. Force est cependant de constater que ces faits sont antérieurs 

à la décision initiale de l'OCAI et qu'ils ont été pris en compte par les experts à ce 

moment-là. Il ne s'agit donc pas de faits nouveaux puisqu'il apparaît que le 

syndrome douloureux ne s'est pas aggravé postérieurement à la décision initiale. 

Le seul fait nouveau intervenu depuis la décision de l'OCAI d'octroyer à l'assuré 

une demi-rente consiste dans les douleurs urologiques. Le Dr E__________ a 

indiqué que de nombreuses investigations avaient permis de retenir le diagnostic de 

spasticité vésicale et de pratiquer une incision vésico-prostatique. Les troubles 

mictionnels se sont alors améliorés mais des douleurs ont persisté et sont restées 

inexpliquées.  

Il ressort du rapport du Dr E__________ que le syndrome douloureux a persisté 

mais de manière plus atténuée et a concerné alors surtout les douleurs urologiques. 

 

 

 

 

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Il a précisé que le patient mangeait et se déplaçait normalement, était capable de 

conduire sa voiture sur de longues distances et ne rencontrait ni troubles digestifs ni 

troubles mictionnels; il restait d'humeur dépressive.  

Il ressort également de son rapport que le patient rencontre peu de troubles 

fonctionnels puisqu'il bouge et se déplace normalement. 

Certes, le Dr E__________ conclut à des troubles somatoformes douloureux graves 

avec troubles psychiatriques graves mais il ressort de son rapport qu'il n'y a pas eu 

aggravation depuis la période qui a précédé la décision initiale de l'OCAI, au 

contraire, puisque le trouble somatoforme s'est atténué. Il s'agit donc simplement 

d'une appréciation médicale différente de celle des experts du COMAI, laquelle 

s'est vu reconnaître à l'époque entière valeur probante. Celle-ci ne saurait par 

ailleurs être remise en cause par le rapport du médecin traitant. Il convient de 

rappeler à cet égard que le juge peut et doit tenir compte du fait que, selon 

l’expérience, le médecin traitant est généralement enclin, en cas de doute, à prendre 

parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui l’unit à ce dernier. 

Eu égard aux considérations qui précèdent, le recours est rejeté. 

 

 

 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable.  

Au fond : 

2. Le rejette. 

3. Condamne l'intimé à un émolument de 200 fr. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 

dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 

(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 

public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 

juin 2005 (LTF); le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 

moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit 

être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie électronique aux 

conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du 

recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l'envoi. 

 

La greffière 

 

 

 

 

 

 

Janine BOFFI 

 La Présidente : 

 

 

 

 

 

 

Karine STECK 

 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral  

par le greffe le