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**Case Identifier:** e9b95610-9a8d-5aa9-9aa2-a2b007d20034
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-11-27
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des baux et loyers 27.11.2023 C/23612/2021
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_004_C-23612-2021_2023-11-27.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 27.11.2023. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/23612/2021 ACJC/1556/2023 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des baux et loyers 

DU LUNDI 27 NOVEMBRE 2023 

 

Entre 

COMPAGNIE NATIONALE A______, p.a. ______, [État du] B______, appelante 
d'un jugement rendu par le Tribunal des baux et loyers le 25 avril 2023, représentée par 

Me Laurent STRAWSON, avocat, rue De-Beaumont 3, case postale 24,  

1211 Genève 12,  

et 

CAISSE DE PRÉVOYANCE C______, sise ______ [GE], intimée, représentée par 

Me Boris LACHAT, avocat, rue des Deux-Ponts 14, case postale 219, 1211 Genève 8. 

 

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EN FAIT 

A. Par jugement JTBL/312/2023 du 25 avril 2023, le Tribunal des baux et loyers a 
déclaré irrecevable la demande formée le 3 mai 2022 par "COMPAGNIE 
NATIONALE A______, D______ [État du B______], succursale de Genève", à 
l'encontre de la CAISSE DE PRÉVOYANCE C______ (ch. 1 du dispositif), a 
débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 2) et a rappelé que la 
procédure était gratuite (ch. 3). 

 Le Tribunal a retenu que la demande initiale avait été déposée au nom de la 
succursale de Genève de COMPAGNIE NATIONALE A______. Bien qu'une 
rectification de la désignation de la partie demanderesse ait été sollicitée, aucune 
procuration justifiant des pouvoirs de son conseil de représenter la société 
principale n'avait été produite. La procuration déposée en février 2023, établie au 
nom de la précitée, avait été signée par une personne ne figurant pas dans la liste 
des représentants mentionnés dans la fiche légale simplifiée de la société en cause. 
Une rectification de la désignation de la partie demanderesse ne pouvait pas être 
opérée, de sorte que la demande, déposée par une succursale n'ayant pas la 
personnalité juridique, devait être déclarée irrecevable.  

B. a. Par acte déposé le 31 mai 2023 à la Cour de justice, COMPAGNIE 
NATIONALE A______ a formé appel de ce jugement, sollicitant son annulation, 
et cela fait, le renvoi de la cause en première instance. 

 Elle s'est plainte d'une violation de l'art. 132 CPC, le Tribunal ne lui ayant pas fixé 
de délai pour fournir une procuration en faveur de son conseil signée par une 
personne autorisée à la représenter. 

 b. Dans sa réponse du 7 juin 2023, la CAISSE DE PRÉVOYANCE C______ (ci-
après : la C______) a conclu, principalement, à l'irrecevabilité de l'appel, et, 
subsidiairement, à la confirmation du jugement entrepris et à ce qu'il soit imparti 
au conseil de COMPAGNIE NATIONALE A______ un délai de dix jours pour 
produire une procuration justifiant de ses pouvoirs de représentation de sa cliente. 

 c. Par réplique du 10 juillet 2023, COMPAGNIE NATIONALE A______ a 
persisté dans ses conclusions. Elle a versé une procuration signée le 30 mai 2023 
par E______, son président directeur général, et comportant un timbre humide de 
la présidence de la direction générale de la société.  

 d. Par duplique du 12 juillet 2023, la C______ a pris acte de la procuration 
produite, justifiant les pouvoirs du conseil de COMPAGNIE NATIONALE 
A______ pour introduire l'acte d'appel. Cet acte devait néanmoins être déclaré 
irrecevable, faute d'avoir été introduit par une partie à la procédure de première 

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instance.  

e. Les parties ont été avisées par plis du greffe du 19 septembre 2023 de ce que la 
cause était gardée à juger. 

C. Les faits pertinents suivants résultent de la procédure : 

a. La C______ est propriétaire de l'immeuble sis no. ______, rue 1______ à 
Genève. 

b. COMPAGNIE NATIONALE A______, sise 2______ à D______ ([État du] 
B______), est une société anonyme de droit B______, active dans l'exploitation 
de transports et la formation théorique et pratique du personnel aéronautique de 
tous types et toutes catégories. 

c. Par contrat du 24 avril 1975, "A______" a pris à bail des locaux commerciaux 
dans l'immeuble susmentionné, alors propriété de la F______ [devenue C______ 
par la suite]. Le loyer annuel initial a été fixé à 38'500 fr., charges non comprises. 

Les locaux, destinés à l'usage de bureaux, sont occupés par la COMPAGNIE 
NATIONALE A______, D______, succursale de Genève, entité inscrite au 
Registre du commerce genevois.  

d. Par requête du 29 novembre 2021, déclarée non conciliée à l'audience de la 
Commission de conciliation en matière de baux et loyers du 6 avril 2022 et portée 
devant le Tribunal le 3 mai 2022, "COMPAGNIE NATIONALE A______, 
D______, succursale de Genève, société ayant son siège à Genève, no. ______, 
rue 1______, [code postal] Genève" (ci-après : la partie demanderesse) a assigné 
la C______ en validation de la consignation du loyer, en exécution de travaux, en 
réduction de loyer à raison de 50% dès le 1er mars 2018 et en restitution du trop-
perçu de loyer en découlant. 

Le conseil de la partie demanderesse a notamment produit une procuration 
justifiant de ses pouvoirs établie le 25 novembre 2021 par "COMPAGNIE 
NATIONALE A______, D______, succursale de Genève" et un extrait du 
Registre du commerce de ladite succursale. 

e. Dans sa réponse du 30 juin 2022, la C______ a conclu à la limitation de la 
procédure à la question de la recevabilité de la demande du 3 mai 2022. 

Elle a soutenu que ladite demande devait être déclarée irrecevable pour avoir été 
déposée par une succursale, établissement dépourvu d'existence juridique n'ayant 
ni la capacité d'être partie, ni celle d'ester en justice. 

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f. Par ordonnance OTBL/143/2022 du 29 juillet 2022, le Tribunal a limité la 
procédure à la question de la recevabilité de la demande et a fixé des délais aux 
parties pour se déterminer sur cette question. 

g. Par acte du 15 septembre 2022, le conseil de la partie demanderesse a requis du 
Tribunal qu'il apporte à la demande du 3 mai 2022 les rectifications utiles, en 
supprimant la mention de la succursale genevoise, et a joint à cet effet la page de 
garde et les conclusions de ladite demande, dûment rectifiées. 

h. Par ordonnance OTBL/174/2022 du 1er novembre 2022, le Tribunal, 
considérant que la partie demanderesse ayant rectifié son identité, il ne se justifiait 
pas de limiter la procédure, a rejeté la requête tendant à limiter la procédure à la 
recevabilité de la demande et fixé un délai à la défenderesse pour répondre au 
fond. 

i. Dans sa réponse du 20 décembre 2022, la C______ a conclu, principalement, à 
l'irrecevabilité de la demande du 3 mai 2022, subsidiairement, à son rejet et à 
l'attribution en sa faveur des loyers consignés et, plus subsidiairement, à ce qu'il 
soit dit que les prétentions de la partie demanderesse étaient compensées par la 
créance qu'elle détenait en paiement du loyer. 

j. Par ordonnance OTBL/3/2023 du 6 janvier 2023, le Tribunal, sans autre 
motivation que la mention de la procédure et de la réponse de la C______ 
précitée, a limité la procédure à la recevabilité de la demande. 

k. Par déterminations du 25 janvier 2023, COMPAGNIE NATIONALE A______ 
s'est référée à son argumentation du 15 septembre 2022 et persisté à conclure à la 
rectification de la qualité de partie demanderesse figurant sur la demande du 3 mai 
2022.  

l. Par déterminations du 15 février 2023, la C______ a relevé que la procuration 
produite n'était pas établie au nom de COMPAGNIE NATIONALE A______ et 
n'était pas signée par l'un de ses représentants autorisés. 

m. Le 27 février 2023, le conseil de la partie demanderesse a produit une 
procuration établie le 23 février 2023 en sa faveur par "COMPAGNIE 
NATIONALE A______, D______", signée par G______, directrice de la 
succursale de Genève. 

n. Par courrier du 22 mars 2023, la C______ a notamment relevé que la 
procuration produite le 27 février 2023 était signée par une personne ne figurant 
pas dans la liste des représentants mentionnés dans la fiche légale simplifiée de 
COMPAGNIE NATIONALE A______. 

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EN DROIT 

1. 1.1 Selon l'art. 308 al. 1 let. b et al. 2 CPC, l'appel est recevable contre les 
décisions de première instance sur les mesures provisionnelles, si 
la valeur litigieuse est d'au moins 10'000 fr., la cause étant de nature patrimoniale. 
Pour les mesures provisionnelles, la valeur litigieuse est celle de la demande au 
fond qui a été déposée ou qui le sera (LACHAT, Procédure civile en matière de 
baux et loyers, 2019, p. 271). 

Selon l'art. 91 al. 1 CPC, la valeur litigieuse est déterminée par les conclusions. Si 
la durée des revenus et prestations périodiques est indéterminée ou illimitée, le 
capital est constitué du montant annuel du revenu ou de la prestation, multiplié par 
vingt (art. 92 al. 2 CPC). 

En l'espèce, compte tenu de la conclusion en réduction de loyer de 50% depuis le 
1er mars 2018, la valeur litigieuse est supérieure à 10'000 fr. Il s'ensuit que la voie 
de l'appel est ouverte. 

1.2 L'appel a été interjeté dans le délai et suivant la forme prescrits par la loi 
(art. 130, 131, 311 al. 1 CPC). Il est ainsi recevable. 

Contrairement à ce que soutient l'intimée, l'appelant, en tant qu'il conteste la 
décision d'irrecevabilité de la demande, fondée sur l'absence de production d'une 
procuration valable, a la qualité de partie. 

1.3 Dans le cadre d'un appel, la Cour revoit la cause en fait et en droit avec un 
plein pouvoir d'examen (art. 310 CPC), dans la limite des griefs suffisamment 
motivés qui sont formulés (art. 321 al. 1 CPC; cf. arrêts du Tribunal fédéral 
4A_290/2014 du 1er septembre 2014 consid. 5; 5A_89/2014 du 15 avril 2011 
consid. 5.3.2). 

2. L'appelante reproche au Tribunal d'avoir déclaré la requête irrecevable, motif pris 
de l'absence de production d'une procuration signée par un représentant autorisé 
de la société, sans lui avoir imparti un délai à cet effet. 

 2.1 En application de l'art. 59 al. 1 et al. 2 let. c CPC, le tribunal n'entre en matière 
que sur les demandes qui satisfont aux conditions de recevabilité de l'action, au 
nombre desquelles figure la capacité d'être partie (art. 66 CPC) et d'ester en justice 
(art. 67 CPC). Le juge examine d'office si les conditions de recevabilité sont 
remplies (art. 60 CPC). 

Aux termes de l'art. 66 CPC, la capacité d'être partie est subordonnée soit à la 
jouissance des droits civils, soit à la qualité de partie en vertu du droit fédéral. 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/4A_290/2014
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/5A_89/2014

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Une demande déposée par – ou contre – une partie qui n'a pas la capacité d'être 
partie – en d'autres termes qui n'existe pas – doit ainsi être déclarée irrecevable, 
faute d'instance valable (BOHNET, Commentaire Romand, CPC, 2019, n. 71 art. 59 
CPC). 

L'acte du demandeur doit être suffisamment précis pour permettre au juge et au 
défendeur, après examen raisonnable, de déterminer de qui il émane et contre qui 
il est dirigé, sur quoi la prétention se fonde et en quoi elle consiste. En matière 
d'identification des parties, la détermination de l'identité des parties, qui permet à 
chacune d'elles de connaître exactement son adversaire, suppose une très grande 
précision et une très grande clarté qui excluent dans l'esprit du juge et le leur, tout 
doute sur cette identité (BOHNET, op. cit., n. 16 ad art. 132 CPC). 

2.2 La désignation inexacte d'une partie - que ce soit de son nom ou de son siège - 
ne vise que l'inexactitude purement formelle, qui affecte sa capacité d'être partie, 
même si la désignation erronée correspond à un tiers qui existe réellement  
(ATF 131 I 57 consid. 2.2). Elle peut être rectifiée lorsqu'il n'existe dans l'esprit 
du juge et des parties aucun doute raisonnable sur l'identité de la partie, 
notamment lorsque l'identité résulte de l'objet du litige (arrêts du Tribunal fédéral 
4A_242/2016 du 5 octobre 2016 consid. 3.4, non publié in ATF 142 III 623; 
4A_560/2015 précité consid. 4.2; 4A_116/2015 du 9 novembre 2015 
consid. 3.5.1, non publié in ATF 141 III 539; ATF 131 I 57 consid. 2.2;  
ATF 114 II 335 consid. 3; en matière de poursuite pour dettes, cf. ATF 120 III 11 
consid. 1b; ATF 114 III 62 consid. 1a). 142 III 782 consid. 3.2.1 

Bien que jouissant d'une certaine autonomie, une succursale est dépourvue 
d'existence juridique et n'a pas la capacité d'ester en justice, ni celle d'être 
poursuivie, ce qui n'exclut pas la possibilité pour la succursale d'ester en justice au 
nom de la société en vertu d'un pouvoir de représentation spécial (ATF 120 III 11 
consid. 1). La succursale ne peut pas non plus être représentée: les "représentants 
de la succursale" sont en fait les représentants de l'entreprise principale (arrêts du 
Tribunal fédéral 4A_476/2021 du 6 juillet 2022 consid. 3.1; 4A_27/2013 du 6 mai 
2013 consid. 1.2; GAUCH, Der Zweigbetrieb im schweizerischen Zivilrecht, 1974, 
n. 1116).  

En principe, lorsqu'une succursale est indiquée dans le rubrum, il ne peut y avoir 
de doute sur l'identité de la partie, soit l'entreprise principale (arrêts du Tribunal 
fédéral 4A_129/2014 du 1er mai 2014 consid. 2.5; 4A_27/2013 du 6 mai 2013 
consid. 2.2 n.p. in ATF 139 III 278; 4C.270/2003 du 28 novembre 2003 
consid. 1.1; cf. également ATF 120 III 11 consid. 1c pour la procédure de 
poursuite). Dès lors qu'ainsi, tout risque de confusion peut être exclu et dans la 
mesure où l'autre partie n'a pas été lésée dans ses intérêts, une rectification de la 
désignation de la partie est admissible (arrêts du Tribunal fédéral 4A_510/2016 du 

https://app.legalis.ch/legalis/document-view.seam?documentId=mjtwkxzrgmyv62k7gu3q
https://app.legalis.ch/legalis/document-view.seam?documentId=grqv6mrugixtembrgy
https://app.legalis.ch/legalis/document-view.seam?documentId=mjtwkxzrgqzf62ljnfptmmrt
https://app.legalis.ch/legalis/document-view.seam?documentId=grqv6njwgaxtembrgu
https://app.legalis.ch/legalis/document-view.seam?documentId=grqv6mjrgyxtembrgu
https://app.legalis.ch/legalis/document-view.seam?documentId=mjtwkxzrgqyv62ljnfptkmzz
https://app.legalis.ch/legalis/document-view.seam?documentId=mjtwkxzrgmyv62k7gu3q
https://app.legalis.ch/legalis/document-view.seam?documentId=mjtwkxzrge2f62ljl4ztgni
https://app.legalis.ch/legalis/document-view.seam?documentId=mjtwkxzrgiyf62ljnfptcmi
https://app.legalis.ch/legalis/document-view.seam?documentId=mjtwkxzrge2f62ljnfptmmq
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/120%20III%2011
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/4A_129/2014
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/4A_27/2013
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/139%20III%20278
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/4C.270/2003
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/120%20III%2011
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/4A_510/2016

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26 janvier 2017 consid. 3.2; 4A_129/2014 du 1er mai 2014 consid. 2.5; 
4A_27/2013 du 6 mai 2013 consid. 2.2 n.p. in ATF 139 III 278). 

2.3 Le tribunal fixe un délai pour la rectification des vices de forme telle l'absence 
de signature ou de procuration. A défaut, l'acte n'est pas pris en considération 
(art. 132 al. 1 CPC).  

2.4 Selon l'art. 237 al. 1 CPC, le tribunal peut rendre une décision incidente 
lorsque l'instance de recours pourrait prendre une décision contraire qui mettrait 
fin au procès et permettrait de réaliser une économie de temps ou de frais 
appréciable. La décision incidente est sujette à recours immédiat; elle ne peut être 
attaquée ultérieurement dans le recours contre la décision finale (al. 2). 

Les ordonnances relevant de la conduite du procès ne se rapportent pas à l'objet du 
litige en tant que tel et ne se prononcent pas sur le bien-fondé de la demande. 
Elles ne peuvent faire l'objet d'un recours à l'instance supérieure que dans les cas 
prévus par la loi ou en cas de risque de préjudice difficilement réparable 
(art. 319 lit. b ch. 2 CPC). En revanche, le jugement incident (art. 319 lit. a et 
art. 237 CPC) tranche préalablement une question de procédure ou de droit 
matériel dont dépend la suite de la procédure. Le jugement incident ne met pas fin 
à la procédure, mais représente uniquement une étape sur le chemin qui conduit au 
jugement final. Si le tribunal rend un jugement incident indépendant, il doit 
respecter les exigences de l'art. 238 CPC, notamment indiquer les voies de droit 
(arrêt du Tribunal fédéral 5D_160/2014 du 26 janvier 2015 consid. 2.3-2.4). 

2.5 Dans le présent cas, dans le rubrum de la demande du 3 mai 2022, a été 
désignée en qualité de parti demanderesse "COMPAGNIE NATIONALE 
A______, D______, succursale de Genève".  

Certes, il n'est pas fait mention du fait que cette dernière agissait en tant que 
représentante de la société principale, ni n'a été fait état d'un pouvoir de 
représentation spécial.  

Néanmoins, il ne pouvait exister aucun doute raisonnable sur l'identité de la partie 
demanderesse dans l'esprit de l'intimée et des premiers juges. Il résulte en effet 
sans conteste de l'objet du litige que le contrat de bail a été conclu par A______, 
soit la société principale, la succursale n'étant pas mentionnée. Par conséquent, il 
se justifiait de procéder à une rectification de la qualité de la partie demanderesse 
de "COMPAGNIE NATIONALE A______, succursale de Genève" en 
"COMPAGNIE NATIONALE A______". 

La qualité de la partie demanderesse sera dès lors rectifiée dans le sens qui 
précède. 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/4A_129/2014
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/4A_27/2013
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/139%20III%20278

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La procuration en faveur du conseil choisi devait ainsi être signée par un 
représentant de COMPAGNIE NATIONALE A______; la procuration produite le 
23 février 2023 l'a été par la directrice de la succursale genevoise. 

Cela étant, le Tribunal n'était pas fondé à déclarer la demande irrecevable, pour 
les motifs qui vont suivre. 

Il lui appartenait en effet, conformément à l'art. 132 al. 1 CPC, d'impartir un délai 
à l'appelante pour produire une procuration signée par l'un des représentants 
autorisés de COMPAGNIE NATIONALE A______, ce qu'il n'a pas fait. 

Par ailleurs, le Tribunal, après avoir, par ordonnance du 29 juillet 2022, limité la 
procédure à la question de la recevabilité de la demande et recueilli les 
déterminations des parties sur ce point, a, par ordonnance du 1er novembre 2022, 
considéré que la partie demanderesse avant rectifié son identité, de sorte qu'il ne 
se justifiait pas de limiter la procédure. Il a ainsi rejeté la conclusion de l'intimée 
sur ce point et lui a fixé un délai pour répondre sur le fond. Ce faisant, il a statué 
sur la qualité de partie de l'appelante et admis que la partie demanderesse avait été 
incorrectement désignée dans la requête. Cette décision, rendue par la seule 
présidente du Tribunal, paraît être un jugement incident, statuant sur une 
condition de recevabilité de la demande, et non une ordonnance de procédure. La 
présidente du Tribunal n'était pas fondée à revenir, par ordonnance du 6 janvier 
2023, sur la décision du 1er novembre 2022 et décider de limiter la procédure à la 
recevabilité de la demande, question qu'il avait déjà précédemment tranchée.  

2.6 En définitive, le jugement entrepris sera annulé. La cause sera renvoyée au 
Tribunal, afin qu'il impartisse un délai à l'appelante pour produire une procuration 
signée par un représentant autorisé de l'appelante, puis, celle-ci produite, conduise 
la suite de la procédure (art. 318 al. 1 let. c ch. 1 et 2 CPC).  

3. A teneur de l'art. 22 al. 1 LaCC, il n'est pas prélevé de frais dans les causes 
soumises à la juridiction des baux et loyers (ATF 139 III 182 consid. 2.6). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre des baux et loyers : 

 
Préalablement : 

Rectifie la qualité de partie de "COMPAGNIE NATIONALE A______, succursale de 
Genève" en "COMPAGNIE NATIONALE A______". 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté le 31 mai 2023 par COMPAGNIE NATIONALE 
A______ contre le jugement JTBL/312/2023 rendu le 25 avril 2023 par le Tribunal des 
baux et loyers dans la cause C/23612/2021. 

Au fond : 

Annule ce jugement. 

Renvoie la cause au Tribunal des baux et loyers pour qu'il impartisse un délai à la 
précitée pour produire une procuration et conduise la suite de la procédure. 

Dit que la procédure est gratuite. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions d'appel. 

Siégeant : 

Madame Nathalie LANDRY-BARTHE, présidente; Madame Sylvie DROIN et 
Monsieur Laurent RIEBEN, juges; Madame Zoé SEILER et Monsieur  
Nicolas DAUDIN, juges assesseurs; Madame Maïté VALENTE, greffière. 

 

La présidente : 

Nathalie LANDRY-BARTHE 

 La greffière : 

Maïté VALENTE 

 

  

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Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 

15'000 fr.