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**Case Identifier:** cc37b47e-15a0-5f52-b820-2e0e3eaf00a7
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-08-31
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 31.08.2023 A/2118/2023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-2118-2023_2023-08-31.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/2118/2023-CS DCSO/377/23 

DECISION 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre de surveillance 
des Offices des poursuites et faillites 

DU JEUDI 31 AOÛT 2023 

 

Plainte 17 LP (A/2118/2023-CS) formée en date du 22 juin 2023 par A______, 
comparant en personne. 

 

* * * * * 

 

Décision communiquée par courrier A à l'Office concerné 

et par plis recommandés du greffier du                            

à : 

- A______ 
c/o A______ 

______ 

______. 

- Office cantonal des poursuites. 

 

 

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A/2118/2023-CS 

EN FAIT 

A. a. Les époux B______ et A______ sont copropriétaires, à raison d'une moitié 
chacun, de la parcelle 1______ de la commune de C______ [GE], construite d'une 

villa qui a constitué le domicile de la famille pendant la vie commune. 

 b. Ils connaissent une séparation très conflictuelle depuis 2013. 

 c. Les décisions suivantes ont notamment été rendues par le Tribunal de première 
instance (ci-après le Tribunal) et la Cour de justice (ci-après la Cour), saisies des 

diverses procédures opposant les époux A______/B______ (mesures protectrices 

de l'union conjugale, modification desdites mesures, divorce, mesures 

provisionnelles dans le cadre de la procédure de divorce, diverses requêtes de 

sûretés, exécution forcée) : 

 c.a Par arrêt ACJC/474/2014 du 11 avril 2014, la Cour, statuant sur mesures 
protectrices de l'union conjugale (cause C/2______/2012), a notamment 

condamné A______ à verser B______ la somme mensuelle de 30'000 fr. à titre de 

contribution à son entretien. Attaqué au Tribunal fédéral, cet arrêt a été confirmé. 

 c.b Par ordonnance OTPI/236/2016 du 10 mai 2016, rendue dans le cadre de la 
procédure de divorce initiée le 5 novembre 2015 par B______ (cause 

C/18______/2015), le Tribunal a condamné A______ à verser à B______ la 

somme de 100'000 fr. à titre de provisio ad litem. 

 c.c Par arrêt ACJC/70/2020 du 14 janvier 2020, rendu dans le cadre de la 
procédure de divorce, la Cour a condamné A______ à verser à B______, à titre 

provisionnel, la somme de 1'800'000 fr. à titre de sûretés en garantie du paiement 

de contributions alimentaires auxquelles il avait été condamné en faveur de 

B______. 

B.  a. Fondée sur ces décisions, B______ a obtenu la réalisation forcée d'un bien 
immobilier de A______ situé à D______ (VS) dans le cadre d'une poursuite 

n° 3______. 

 b. Elle a également obtenu quatre séquestres de la part de copropriété de A______ 
sur la parcelle 1______ (séquestres n° 4______, 5______, 6______ et 7______). 

 c. Elle a intenté plusieurs poursuites à l'encontre de son mari, notamment pour 
valider ces séquestres : n° 8______ (350'836 fr. 10 à titre d'arriérés de 

contributions d'entretien); n° 9______ (491'289 fr. 80 à titre d'arriérés de 

contributions d'entretien); n° 10_____, (1'810'859 fr. 25 à titre de sûretés); 

n° 11_____ (340'879 fr. 65 à titre d'arriérés de contributions d'entretien); 

n° 12_____ (226'504 fr. 30 à titre d'arriérés de contributions d'entretien et de 

provisio ad litem). 

 d. Les deux premières ont conduit à la saisie de la part de copropriété de A______ 
sur la parcelle 1______ dans le cadre d'une série 13_____ et les trois suivantes à 

la saisie du même bien dans le cadre d'une série 14_____. 

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A/2118/2023-CS 

 e. B______ a requis, les 24 janvier et 3 février 2022, la vente du bien saisi dans 
les deux séries susmentionnées. 

C. A______ s'est vu remettre à une date inconnue un extrait des poursuites en cours 
contre lui, établi le 11 mai 2023 par l'Office cantonale des poursuites (ci-après 

l'Office). 

 Il comporte les mentions suivantes : 

 Poursuite n° 3______ du 27 février 2019 pour un montant de  
623'920 fr. 70, requise par B______, éteinte; 

 Poursuite n° 8______ du 9 décembre 2019 pour un montant de  
350'836 fr. 10 requise par B______, au stade du début de la réalisation; 

 Poursuite n° 9______ du 17 février 2020 pour un montant de  
486'647 fr. 80, requise par B______, au stade du début de la réalisation; 

 Poursuite n° 10_____ du 11 juin 2020 pour un montant de 1'810'859 fr. 25, 
requise par B______, au stade du début de la réalisation; 

 Poursuite n° 11_____ du 11 juin 2020 pour un montant de 340'879 fr. 65, 
requise par B______, au stade du début de la réalisation; 

 Poursuite n° 15_____ du 28 octobre 2020 pour un montant de 1'901 fr. 55, 
requise par [l'assurance] E______, parvenue au constat qu'il était impossible de 

notifier le commandement de payer; 

 Poursuite n° 12_____ du 22 mars 2021 pour un montant de 226'504 fr. 30 
requise par B______, au stade de l'opposition formée au commandement de 

payer; 

 Poursuite n° 16_____ du 21 avril 2021 pour un montant de 220 fr. requise par 
F______, parvenue au constat qu'il était impossible de notifier le 

commandement de payer; 

 Poursuite n° 17_____ du 18 février 2022 pour un montant de 30'489 fr. 10 
requise par B______, au stade de la saisie, laquelle couvre la créance; 

 Aucun acte de défaut de biens suite à une saisie, non éteints, remontant aux  
20 dernières années; 

 Aucune faillite. 

D. Par acte déposé le 22 juin 2023 au greffe universel du Pouvoir judiciaire à 
l'attention de la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et faillites (ci-

après la Chambre des poursuites), A______ a formé une plainte contre cet extrait 

de poursuites qui comportait de graves irrégularités, faux et usages de faux, 

concluant à l'annulation des sept poursuites intentées par son épouse B______ qui 

résultaient d'agissements illicites à son encontre commis par celle-ci et son avocat, 

Me G______, au travers de la justice genevoise. Ces poursuites étant fondées sur 

les décisions susmentionnées, notamment l'arrêt de la Cour du 11 avril 2014 qui 

avait l'avait condamné, sur mesures protectrices de l'union conjugale, à verser une 

contribution à l'entretien de son épouse de 30'000 fr. par mois, soit un montant six 

fois plus élevé que la somme nécessaire au maintien de son niveau de vie, soit 

5'000 fr. par mois. 

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 Dans le cadre de l'argumentation à l'appui de sa plainte, A______ s'en prend 

essentiellement au raisonnement conduit par la Cour de justice pour fixer la 

contribution dans l'arrêt du 11 avril 2014, notamment l'estimation de la charge 

fiscale de son épouse. 

EN DROIT 

1. La plainte étant manifestement mal fondée ou irrecevable, aucune instruction 
préalable n'a été ordonnée et elle sera écartée par une décision sommairement 

motivée, conformément à l'art. 72 LPA applicable par renvoi de l'article 9 al. 4 

LaLP. 

2. 2.1 Sont nulles les poursuites introduites en violation du principe de l'interdiction 
de l'abus de droit, tel qu'il résulte de l'art. 2 al. 2 CC (ATF 140 III 481 

consid. 2.3.1). La nullité doit être constatée en tout temps et indépendamment de 

toute plainte par l'autorité de surveillance (art. 22 al. 1 LP). 

La nullité d'une poursuite pour abus de droit ne peut être admise par les autorités 

de surveillance que dans des cas exceptionnels, notamment lorsqu'il est manifeste 

que le poursuivant agit dans un but n'ayant pas le moindre rapport avec la 

procédure de poursuite ou pour tourmenter délibérément le poursuivi; une telle 

éventualité est, par exemple, réalisée lorsque le poursuivant fait notifier plusieurs 

commandements de payer fondés sur la même cause et pour des sommes 

importantes, sans jamais requérir la mainlevée de l'opposition, ni la 

reconnaissance judiciaire de sa prétention, lorsqu'il procède par voie de poursuite 

contre une personne dans l'unique but de détruire sa bonne réputation, ou encore 

lorsqu'il reconnaît, devant l'Office des poursuites ou le poursuivi lui-même, qu'il 

n'agit pas envers le véritable débiteur. L'existence d'un abus ne peut donc être 

reconnue que sur la base d'éléments ou d'un ensemble d'indices démontrant de 

façon patente que l'institution du droit de l'exécution forcée est détournée de sa 

finalité (ATF 140 III 481 consid. 2.3.1; ATF 115 III 18 consid. 3b; arrêts du 

Tribunal fédéral 5A_1020/2018 du 11 février 2019, 5A_317/2015 du 13 octobre 

2015 consid. 2.1, 5A_218/2015 du 30 novembre 2015 consid. 3; DCSO/321/10 du 

8 juillet 2010 consid. 3.b). 

La procédure de plainte des art. 17 ss LP ne permet par ailleurs pas d'obtenir 

l'annulation de la poursuite en se prévalant de l'art. 2 al. 2 CC, dans la mesure où 

le grief pris de l'abus de droit est invoqué à l'encontre de la créance litigieuse. Au 

stade de l'exécution forcée, l'Office ne peut exiger des explications sur la nature de 

la prétention ni refuser d'émettre un commandement de payer, même si la cause de 

la créance semble peu plausible voire imaginaire. L'autorité de surveillance n'est 

pas compétente pour statuer sur le bienfondé matériel des prétentions du créancier 

déduites en poursuite qui relèvent de la compétence du juge ordinaire; elle n'est 

notamment pas compétente pour déterminer si le poursuivi est bien le débiteur du 

montant qui lui est réclamé; ce dernier doit utiliser les moyens que lui offre la 

procédure de poursuite, soit notamment l'opposition au commandement de payer, 

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l'action en libération de dette, l'annulation de la poursuite, l'action en constatation 

de l'inexistence de la dette ou l'action en répétition de l'indu (parmi d'autres ATF 

136 III 365 consid. 2.1, avec la jurisprudence citée, ATF 115 III 18 consid. 3b, 

ATF 113 III 2 consid. 2b = JdT 1989 II 120; arrêts du Tribunal fédéral 5A_250-

252/2015 du 10 septembre 2015 consid. 4.1, 5A_76/2013 du 15 mars 2013 consid. 

3.1, 5A_890/2012 du 5 mars 2013 consid. 5.3, 5A_595/2012 du 24 octobre 2012 

consid. 5). 

2.2.1 Formée contre plusieurs poursuites au motif qu'elles sont nulles en raison de 
leur caractère abusif, la plainte est recevable en tout temps et la nullité pourrait 

être prononcée même en l'absence de toute plainte. Il y a par conséquent lieu 

d'entrer en matière. 

2.2.2 Le plaignant demande que toutes les poursuites émanant de son épouse 
figurant sur son extrait de poursuites soient annulées au motif qu'elles seraient 

fondées sur des décisions judiciaires obtenues par des procédés illicites. Il 

reproche en substance aux juges appelés à statuer sur la contribution d'entretien 

due à son épouse de ne pas avoir correctement calculé celle-ci et avoir fixé un 

montant exorbitant. 

Ce faisant, il conteste la créance en poursuite et les décisions judiciaires qui en 

fixent le montant. Or, il n'appartient pas à l'autorité de surveillance en matière de 

poursuites de statuer sur cet objet qui a été traité par les juges compétents de 

manière définitive et exécutoire, dans le cadre de procédures régulières auxquelles 

le plaignant a participé et dans lesquelles il a pu faire valoir son point de vue, y 

compris en formant des recours. 

Le plaignant n'allègue aucune circonstance permettant de penser que les décisions 

sur lesquelles se fondent les poursuites litigieuses seraient entachées 

d'irrégularités à ce point graves qu'elles devraient être déclarées nulles, avec pour 

conséquence d'entraîner la nullité des poursuites consécutives. 

Il n'allègue pas non plus d'autres circonstances permettant de retenir que les 

poursuites intentées par son épouse seraient abusives au sens de la jurisprudence 

rappelée ci-dessus. 

Infondée, la plainte sera par conséquent rejetée. 

3. La procédure devant l'autorité de surveillance est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP; 
art. 61 al. 2 let. a OELP) et ne donne pas lieu à l'allocation de dépens (art. 62 al. 2 

OELP). 

  

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre de surveillance : 

A la forme : 

Déclare recevable la plainte formée le 22 juin 2023 par A______ contre les poursuites 

n
os

 3______, 8______, 9______, 10_____, 11_____, 12_____ et 17_____. 

Au fond : 

La rejette. 

Siégeant : 

Monsieur Jean REYMOND, président; Madame Natalie OPPATJA et  

Monsieur Mathieu HOWALD, juges assesseurs; Madame Véronique AMAUDRY-

PISCETTA, greffière. 

 

Le président : 

 

Jean REYMOND 

 La greffière : 

 

Véronique AMAUDRY-

PISCETTA 

 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Chambre de surveillance des Offices 

des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance en matière de poursuite pour 

dettes et faillite (art. 126 LOJ). Il doit être déposé devant le Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les 

dix jours qui suivent la notification de l'expédition complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2  

let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). 

L’art. 119 al. 1 LTF prévoit que si une partie forme un recours ordinaire et un recours constitutionnel, 
elle doit déposer les deux recours dans un seul mémoire. Le recours doit être rédigé dans une langue 

officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens de preuve, et être 

signé (art. 42 LTF).  

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.