# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 633dcb31-63d6-52bc-a08a-1d2eb157d6c3
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-05-21
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre d'accusation 21.05.2008 P/10830/2004
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_012_P-10830-2004_2008-05-21.pdf

## Full Text

Communiqué l’ordonnance aux parties en date du 22 mai 2008 

 

R E P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

P/10830/2004 OCA/119/2008 

ORDONNANCE 

DE LA CHAMBRE D'ACCUSATION 

Audience du mercredi 21 mai 2008 

Statuant sur le recours déposé par : 

 

F______, domicilié ______ à Milan/Italie, recourant comparant par Me Enrico 
SCHERRER, avocat, rue de Beaumont 3, 1206 Genève, en l’Etude duquel il fait 

élection de domicile, 

contre la décision du Juge d'instruction rendue le 18 février 2008. 

Intimés : G______, comparant par Me Matteo INAUDI, avocat, avenue Léon-Gaud 5, 
1206 Genève,  en l’Etude duquel il fait élection de domicile, 

V______, comparant par Me Franco VILLA, avocat, rue de la Vallée 3, case postale 
3793, 1211 Genève 3, en l’Etude duquel il fait élection de domicile, 

LE PROCUREUR GÉNÉRAL de la République et canton de Genève, en son Parquet, 
Palais de justice, place du Bourg-de-Four à Genève. 

 

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P/10830/2004 

EN FAIT 

A. Par acte déposé au greffe de la Chambre d’accusation le 28 février 2008, F______ 
recourt contre la décision rendue par le Juge d'instruction le 18 février 2008 dans la 

procédure P/10830/2004, refusant d'ordonner une expertise complémentaire, par la voie 

d'une nouvelle commission rogatoire internationale, ayant pour but de procéder à son 

examen médical par un psychiatre.  

B. Les faits pertinents sont les suivants : 

a) A la suite des plaintes déposées par G______ et V______ - le premier nommé 
reprochant, à F______, A______ et X______ une escroquerie à son détriment d'une 

somme de plus de Frs 9'000'000, le second cité faisant grief à F______ et A______ 

d'être les auteurs d'une escroquerie à son encontre (totalement distincte de celle dont 

avait été victime G______) portant sur un montant de Frs 1'000'000, une procédure 

pénale a été ouverte à Genève sous le no P/15960/2002. 

b) En 2004, A______ et X______ ont été arrêtés et inculpés. Le Juge d'instruction en 
charge du dossier a décerné un mandat d'arrêt international à l'encontre de F______, 

qui semblait être le véritable "cerveau" des infractions commises au détriment de 

G______ et V______. 

Dans le cadre de son enquête, le magistrat instructeur a procédé, au printemps 2004, 

par voie de commission rogatoire, à des actes d'investigation en Espagne, notamment à 

une perquisition et une saisie dans les bureaux et au domicile de F______. 

c) Par courrier du 27 mai 2004, le conseil tessinois de F______  a indiqué au Juge 
d'instruction que son client était disposé à se présenter devant lui pour un interrogatoire 

à la condition qu’il soit mis au bénéfice d'un « sauf-conduit ». Le magistrat instructeur 

lui a répondu, par lettre du 1er juin 2004, qu'il n'entendait pas délivrer un tel document 

en faveur de l'intéressé et allait convoquer ce dernier en vue d'inculpation, de sorte qu'il 

demandait à ce Conseil de lui indiquer à quelle adresse le mandat de comparution 

pouvait être envoyé à F______.  

Le 29 juin 2004, l'avocat tessinois de ce dernier a informé le Juge d'instruction qu'il 

cessait d'occuper. 

d) A l'issue de l'instruction, afin que A______ et X______ puissent être tous deux 
renvoyés en jugement, la procédure a été disjointe, en ce sens qu'une nouvelle 

procédure, référencée sous no P/10830/2004, a été ouverte contre F______, la 

procédure P/15960/2002 poursuivant normalement son cours. 

e) Par arrêt de la Cour correctionnelle siégeant sans le concours du jury, le 17 
décembre 2004, A______ et X______ ont été reconnus coupables d'abus de confiance 

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P/10830/2004 

et d'escroquerie et condamnés à des peines fermes d'emprisonnement, respectivement 

de trois ans et de vingt mois. 

A______ n'a pas recouru contre cette décision alors que X______ s'est pourvu en 

cassation contre l'arrêt précité, pourvoi qui, par arrêt de la Cour de cassation du 27 

juillet 2005, a été rejeté. 

Il résulte des considérants des arrêts rendus tant par la Cour correctionnelle que par la 

Cour de cassation, que F______  a pleinement participé aux infractions pour lesquelles 

A______ et X______ ont été condamnés. 

f) Au mois de décembre 2004, F______  qui, jusqu'alors, n'avait pas pu être interpellé, 
a fini par être localisé, puis arrêté à Milan par les autorités italiennes. Son extradition, 

aussitôt demandée par le Juge d'instruction, a été refusée, au motif que l'intéressé était 

également détenteur d'un passeport italien faisant obstacle à une telle mesure, l'Italie 

n'extradant pas ses propres ressortissants (décision de la Cour d'appel de Milan du 1er 

juin 2005). 

g) En date du 3 août 2005, F______, ainsi que son fils et son épouse, ont, par le biais 
de leur conseil genevois, sollicité du Juge d'instruction la levée de la saisie ordonnée 

dans le cadre de la procédure pénale P/10830/2004, au motif, notamment, que cette 

mesure ayant été prononcée depuis plus d'un an sans qu'une inculpation n’ait été 

prononcée à l'encontre de F______, il y avait un doute sur la nécessité de la maintenir. 

Par courrier du 3 août 2005, le magistrat instructeur a demandé au conseil de F______  

si ce dernier faisait élection de domicile en son Etude, afin de le convoquer en vue de 

son inculpation. 

Par lettre du 30 août 2005, l'avocat de F______  a indiqué au Juge d'instruction que son 

client ne faisait pas élection de domicile en son Etude. 

h) Le 30 novembre 2005, le Juge d'instruction a décerné une commission rogatoire 
internationale en Italie, afin de procéder à l'inculpation de F______  pour "escroquerie 

avec circonstance aggravante et de faux dans les titres, pour avoir, à Genève et 

Lugano, en 1995, de concert avec A______ et X______, pour me procurer un 

enrichissement illégitime, astucieusement induit en erreur MM M______ et G______, 

en particulier en affirmant, contrairement à la vérité, que j'étais directeur de la Banque 

Y______ à Genève, en proposant à M. M______, qui agissait pour le compte de M. 

G______, dans un salon privé de la Banque Y______, une opération financière en 

réalité inexistante, en conduisant ainsi M. M______ à mettre à notre disposition un 

chèque de CHF 9'268'538,15, en nous appropriant l'intégralité de cette somme, après 

l'avoir créditée sur le compte N° ______, ouvert au nom de M. P______ à la Banque 

Z______ de Lugano, en procédant ainsi à des retraits en espèces pour CHF 4'500'000 

ainsi qu'à un transfert de CHF 3'850'000 sur un compte à disposition de M. X______, 

en appauvrissant ainsi la victime de CHF 9'268'538,15. 

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Ainsi que pour avoir, à Genève, en juillet 2002, de concert notamment avec M. 

A______, pour me procurer un enrichissement illégitime, astucieusement induit en 

erreur M. V______, en particulier en affirmant, ou en acceptant que mes comparses 

affirment, contrairement à la vérité, que nous représentions un groupe d'acquéreurs 

intéressés par l'achat d'une société immobilière appartenant à M. V______, pour le 

prix de 16 millions d'Euros, en le confortant dans son erreur en le recevant le 22 juillet 

2002, dans les locaux de la Banque B______ à Genève, en me représentant comme le 

directeur de l'établissement, en faisant procéder à la signature d'une promesse de vente 

pour le prix convenu, en lui présentant un faux ordre de transfert irrévocable de 8 

millions d'Euros, à créditer sur le compte de la victime, en amenant ainsi cette dernière 

à remettre à un de mes comparses, la somme de 1 million d'Euros à titre de 

commission, étant précisé que toute l'opération était fictive et que la victime a été 

appauvrie de 1 million d'Euros.". 

L'audience d'inculpation a finalement été tenue le 7 mars 2007, à Milan et F______  y a 

contesté formellement tous ces chefs d'inculpation, avant de déclarer qu'il se réservait 

le droit de garder le silence.  

Conformément à la loi, il a, en outre, élu domicile en l'Etude de Me Enrico 

SCHERRER, à Genève. 

i) Le Juge d'instruction a convoqué l'inculpé à son domicile élu pour être entendu le 29 
juin 2007. 

Par courrier du 12 juin 2007 de son conseil, F______  a informé le magistrat instructeur 

qu'il était dans l'impossibilité de se déplacer, en raison de problèmes de santé. Selon un 

journal d'hospitalisation, établi le 30 mai 2007, et un certificat médical, daté du 18 juin 

2007, il souffrait d'hyper-tension artérielle et d'un diabète sucré. Ledit certificat 

médical précisait qu'il devait, dès lors, garder le repos pendant vingt jours. L'audience 

précitée a donc été annulée.  

Par mandat de comparution du 17 juillet 2007, le Juge d'instruction a convoqué 

F______  à une nouvelle audience, fixée le 13 septembre 2007. 

La veille de celle-ci, l'inculpé a fait parvenir au magistrat instructeur, par fax, un 

certificat médical établi, le 7 septembre 2007, par le Dr. L______, psychanalyste-

hypno-analyste, selon lequel il était atteint "d'une grave forme d'agoraphobie 

caractérisée par des attaques de panique, tachycardie paroxystique".  

j) Ne pouvant exclure que les documents médicaux produits fussent des certificats de 
complaisance, le Juge d'instruction a adressé une commission rogatoire internationale 

complémentaire aux autorités italiennes pour soumettre l'inculpé à une expertise 

médico-légale, afin de déterminer l'aptitude de celui-ci à se déplacer à Genève. 

k) Le 17 janvier 2008, le juge milanais, chargé d'exécuter la commission rogatoire 
complémentaire susmentionnée, a désigné, en présence du conseil italien de F______, 

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le Dr. O______, né en 1967, pour effectuer l'expertise médical requise. Lors de 

l'audience du 22 janvier 2008, à laquelle l'avocat de l'inculpé a également assisté, ledit 

magistrat a confié la mission d'expertise à ce médecin-légiste. 

Cet expert a conclu, dans son rapport du 24 janvier 2008, qu'il "n'y avait pas des 

raisons liées à l'état de santé du patient qui pourraient l'empêcher de se rendre à 

Genève et d'être entendu par le juge, étant précisé que cette dernière éventualité ne 

peut pas non plus être considérée comme étant nuisible à la santé de la personne 

expertisée". Il a précisé qu'il "pourrait être souhaitable" que F______  se fasse 

accompagner lors de longs déplacements. 

Le Dr. O______ a formulé ses conclusions sur la base de l'auscultation de F______  et 

de "la maigre documentation clinique" existante, dont, les certificats médicaux 

susmentionnés et une attestation, établie le 23 janvier 2008 par le Dr. L______, dans 

laquelle ce dernier expliquait que l'inculpé souffrait des troubles psychologiques sus-

évoqués "depuis le mois de juillet 2007". L'auteur de cette attestation ne faisait, par 

ailleurs, aucune mention de l'existence d'une éventuelle thérapie pharmacologique. 

l) Lors de l'audience du 4 février 2008, au cours de laquelle le juge italien a auditionné 
l'expert, le conseil de F______  a versé à la procédure un certificat médical intitulé 

"Note complémentaire à notre déclaration du 23 janvier 2008 et au rapport du 

médecin légiste du 24 janvier 2008", signé par le Dr. L______, le 2 février 2008. 

Dans ce document, le médecin précité a prétendu que l'expert était incompétent, que 

son patient, F______, était soumis à un traitement pharmacologique et qu'il ne pouvait 

pas se déplacer hors du périmètre de la ville de Milan, sans être pris de crises 

d'agoraphobie.  

Sur la base de cette attestation, le conseil de l'inculpé a requis la nomination d'un 

spécialiste en psychiatrie, pour effectuer une expertise complémentaire. Le juge 

milanais a rejeté sa demande, dans la mesure, notamment, où l'auteur de l'expertise 

avait donné une réponse complète à la demande qui lui avait été formulée. 

m) Par courrier du 8 février 2008, F______  a sollicité une nouvelle commission 
rogatoire internationale visant à le faire examiner par un psychiatre, afin que son état 

psychologique et les conséquences de son traitement médical soient pris en 

considération dans la détermination de sa capacité à se rendre à Genève, pour y être 

entendu par les autorités pénales suisses. Il a également demandé que cette nouvelle 

expertise précise les éventuelles qualifications médicales de la personne 

l'accompagnant dans ces trajets et qu'elle désigne qui devait rémunérer celle-ci. 

n) Le même jour, le Juge d'instruction a convoqué F______  à une nouvelle audience 
de comparution, fixée au 3 mars 2008. 

o) Par ordonnance du 18 février 2008, le magistrat instructeur a refusé de décerner une 
nouvelle commission rogatoire complémentaire et maintenu l'audience précitée. 

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C. a) A l'appui de son recours, F______  allègue que l'expert nommé par le juge milanais 
est un jeune médecin inexpérimenté et reprend, pour le surplus, les termes de son 

courrier du 8 février 2008. 

b) Dans ses observations du 20 mars 2008, le Juge d'instruction a relevé que les 
certificats médicaux produits par l'inculpé ne remettaient pas en doute la faculté de ce 

dernier à se rendre en Suisse pour y être jugé, mais s'inscrivaient parmi les nombreuses 

manœuvres entreprises par F______  pour échapper à la justice.  

c) Invités à se prononcer sur ledit recours, G______ et V______ ont relevé, dans leurs 
écritures respectives du 25 mars 2008, que F______  n'apportait aucun élément probant 

sur la prétendue incompétence de l'expert, qu'il n'avait d'ailleurs pas soulevée lorsque le 

juge milanais l'avait désigné en la personne du Dr. O______. Ils ont, en outre, souligné 

que les certificats médicaux établis par le psychanalyste-hypno-analyste de l'inculpé se 

bornaient à critiquer le travail effectué par l'expert, sans apporter le moindre élément, 

qui, objectivement, permettait de douter de la conclusion à laquelle était parvenue le 

Dr. O______. Les intimés ont précisé, à cet égard, que le recourant avait eu la 

possibilité de fournir des rapports médicaux plus circonstanciés en vue de l'expertise 

contestée. 

D. La cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience d'appel des causes du 9 avril 2008. 

EN DROIT 

1. Le recours a été déposé dans le délai légal et selon la forme prescrits par l'art. 192 CPP. 
Il émane de l'inculpé qui a qualité pour recourir contre les décisions du Juge 

d'instruction (art. 190 al. 1 et 23 CPP). 

Ainsi, le recours est recevable. 

2. 2.1 L'instruction préparatoire a pour but de recueillir les indices, de rassembler les 
preuves à charge et à décharge et de faire toutes les recherches qui peuvent conduire à 

la découverte de la vérité (art. 118 al. 1 CPP).  

L'art. 164 CPP précise que le Juge d'instruction a recours à tous les moyens de preuve 

prévus par le code de procédure pénale, dans la mesure où ils apparaissent utiles à cette 

découverte.  

Les parties ont le droit d’être entendues (art. 29 al. 2 Cst. féd.). Cela inclut pour elles le 

droit de fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur la décision, d’avoir 

accès au dossier, de participer à l’administration des preuves, d’en prendre 

connaissance et de se déterminer à leur propos (ATF 127 I 54 consid. 2b p. 56; 126 V 

130 consid. 2 p. 130-132 et les arrêts cités).  

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Il ne s'ensuit pas, cependant, lorsque l'instruction préparatoire a dûment porté sur 

l'ensemble des faits pertinents en relation avec les infractions poursuivies, que toutes 

les demandes d'actes d'instruction complémentaires doivent être satisfaites. 

De surcroît, le Juge d’instruction doit mettre un terme à l’instruction lorsque les 

preuves déjà administrées lui ont permis de forger sa propre conviction et que – par une 

appréciation anticipée des preuves qui lui sont encore proposées – il parvient à la 

certitude que celles-ci ne pourraient pas modifier cette conviction (HEYER/MONTI, 

Procédure pénale genevoise, Chambre d’accusation, SJ 1999 II p. 178). 

2.2. A teneur de l'art. 65 CPP, si des questions de fait revêtant un caractère technique 
ou exigeant des recherches particulières se posent, le juge d'instruction peut prendre 

l'avis d'experts. Ainsi, il convient d’ordonner une expertise chaque fois qu’il s’agit de 

déterminer ou d’évaluer un fait et que le juge ne possède pas lui-même les 

connaissances techniques indispensables à cette détermination ou à cette évaluation 

(PIQUEREZ, Traité de procédure pénale suisse, 2e éd., 2006, no 793/2 p. 501; ATF 

101 Ia 102; 106 Ia 161).  

Le rapport d'expertise est confirmé par les experts lors d'une audience, il est 

communiqué aux parties et peut être discuté contradictoirement avec les experts par les 

parties (art. 72 al. 2 et 3 CPP).  

2.3. L'art. 76 CPP permet au juge d'ordonner, d'office ou sur requête d'une des parties, 
un nouvel examen par les premiers experts ou par d'autres, notamment lorsque les 

constatations ou les conclusions de l'expertise sont incomplètes. Une expertise nouvelle 

n'est, exceptionnellement, ordonnée que s'il existe des « raisons sérieuses de douter du 

bien-fondé » de la première expertise; il n'existe pas de droit à une pluralité d'expertises 

(OCA/37/2002 du 7 février 2002 consid. 4; OCA/28/2002 du 30 janvier 2002 consid. 

2; OCA/36/2000 du 9 février 2000; PIQUEREZ, Traité de procédure pénale suisse, 

2006, p. 514 no 809; HARARI/ROTH/STRÄULI, Chronique de procédure pénale 

genevoise 1986-1989, SJ 1990 p. 448; DINICHERT/BERTOSSA/GAILLARD, 

Procédure pénale genevoise, SJ 1986 p. 476).  

Une nouvelle expertise portant sur le même objet et destinée à éclairer les mêmes 

questions que celles qui ont été posées lors de la première mission n'est susceptible 

d'être ordonnée que lorsque la première expertise (même avec un complément) est 

jugée trop imprécise ou incomplète et que le rapport n'emporte pas conviction et qu'il 

est susceptible d'être mis en cause (PIQUEREZ, ibidem). 

2.4.1. En l'espèce, s'agissant de l'incompétence alléguée de l'auteur de l'expertise 
querellée, vu son jeune âge, il convient de rappeler que, lors des audiences des 17 et 22 

janvier 2008, au cours desquelles le juge milanais a désigné le Dr. O______ - médecin-

légiste de 41 ans - et lui a confié la mission d'expertise en cause, le conseil italien du 

recourant, qui était pourtant présent, ne s'est pas opposé à la nomination de ce médecin.  

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Partant, ce grief d'incompétence, au demeurant infondé, sera rejeté. 

2.4.2. Concernant l'éventuelle incapacité du recourant à participer à une procédure 
pénale devant les juridictions helvétiques, du fait de son état psychologique et 

psychiatrique, ainsi que de son traitement pharmaceutique, force est de constater que 

cet aspect a été, en l'occurrence, traité par l'expert, qui l'a ausculté et a pris 

connaissance des certificats médicaux établis par le Dr. L______ avant de rendre son 

rapport. Le traitement médicamenteux du recourant, décrit par le Dr. L______ dans son 

attestation du 2 février 2008 uniquement, n'a certes pas été pris en compte, puisque ni 

ce médecin, ni le recourant ne l'avaient signalé à l'expert au cours de sa mission.  

Quoiqu'il en soit, le recourant ne formule aucune critique objective et pertinente de 

l'expertise querellée, ni ne met en évidence d'éventuelles lacunes et/ou imprécisions.  

Ainsi, sa requête sera, pour cette raison également, rejetée. 

2.4.3. Au demeurant, il résulte, de l'emploi du conditionnel ("pourrait être 
souhaitable") dans le rapport d'expertise querellé que son auteur n'a pas estimé 

nécessaire que le recourant soit accompagné à Genève par une personne ayant une 

formation particulière.  

Par ailleurs, la question de la charge de la rémunération de cette personne est une 

question qui n'entre, à l'évidence, pas dans la mission d'un expert médical.  

Au surplus, la Chambre de céans s'étonne que les troubles psychiatriques dont fait état 

le recourant ne se sont manifestés pour la première fois qu'en juillet 2007, date à 

laquelle le Juge d'instruction l'a convoqué à une audience fixée le 13 septembre 2007. 

Elle relève, par ailleurs, que le magistrat instructeur a déjà dû, précédemment, annuler 

l'audience qu'il avait prévue le 29 juin 2007, car le recourant lui avait fait parvenir un 

certificat médical, daté du 18 juin 2007, selon lequel il souffrait d'hypertension 

artérielle et d'un diabète sucré. 

A la lumière de l'ensemble de la procédure, il semble, ainsi, que l'expertise 

complémentaire requise par le recourant s'inscrit, comme l'a, à raison, relevé le Juge 

d'instruction, parmi les nombreuses manœuvres déjà employées par celui-ci pour se 

soustraire à la justice, dans le cadre de la présente poursuite pénale diligentée à son 

encontre. 

3. En conséquence, la décision querellée sera confirmée et le recours rejeté comme 
infondé. 

4.  Le recourant, qui succombe dans ses conclusions, supportera les frais envers l'Etat 
(art. 101A al. 1  CPP). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE D’ACCUSATION : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté par F______ contre la décision rendue le 18 février 

2008 par le Juge d’instruction dans la procédure P/10830/2004. 

Au fond : 

Le rejette et confirme la décision entreprise. 

Condamne F______ aux frais du recours, qui s'élèvent à 1'120 fr., y compris un émolument 

de 1'000 fr. 

Siégeant : 

Madame Valérie LAEMMEL-JUILLARD, présidente; Madame Carole BARBEY, 

Madame Isabelle CUENDET, juges; Monsieur Jacques GUERTLER, greffier. 

 

La présidente : 

Valérie LAEMMEL-JUILLARD 

 Le greffier : 

Jacques GUERTLER 

 

 

Indication des voies de recours : 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110); la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Il connaît également des recours constitutionnels 

subsidiaires; la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 113 à 119 et 90 ss LTF. Dans les deux cas, le recours doit être formé dans les 

trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. L'art. 

119 al. 1 LTF prévoit que si une partie forme un recours ordinaire et un recours 

constitutionnel, elle doit déposer les deux recours dans un seul mémoire. 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14