# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 414aa288-bd09-5455-ae2c-40a2efdbffad
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2012-04-25
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 25.04.2012 E-2096/2012
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-2096-2012_2012-04-25.pdf

## Full Text

Bu nde s ve rw altungs ge r icht  

Tr i buna l adm inis t r a t if  fé dé r al  

Tr i buna le  amm inis t r at ivo  fe de r ale  

Tr i buna l adm inis t r a t i v fe de r al 

 

 

  

 
 Cour V 

E-2096/2012 

 

  

 
 Ar r ê t  d u  2 5  a v r i l  2 0 1 2  

Composition 
 François Badoud, juge unique,  

avec l'approbation de Gérard Scherrer, juge ; 

Beata Jastrzebska, greffière. 

 
  

Parties 
 A._______, né le (…), Algérie,  

(…), 

recourant,  

 
 

 contre 

 
 Office fédéral des migrations (ODM),  

Quellenweg 6, 3003 Berne,    

autorité inférieure. 

 

 
Objet 

 Asile (non-entrée en matière) et renvoi (Dublin) ; 

Décision de l'ODM du 11 avril 2012 / N (…). 

 

 

E-2096/2012 

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Vu 

la demande d’asile déposée en Suisse par A._______ en date du 

18 janvier 2012, 

la décision du 11 avril 2012, par laquelle l’ODM, en se fondant sur l’art. 34 

al. 2 let. d de la loi du 26 juin 1998 sur l’asile (LAsi, RS 142.31), n’est pas 

entré en matière sur la demande d’asile de l'intéressé et a prononcé son 

transfert vers la Belgique, 

le recours interjeté, le 19 avril 2012, contre cette décision et la requête de 

dispense d'avance de frais de procédure dont il est assorti, 

la réception du dossier de première instance par le Tribunal administratif 

fédéral (le Tribunal), le 23 avril 2012, 

 

et considérant 

que le Tribunal, en vertu de l’art. 31 de la loi du 17 juin 2005 sur le 

Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32), connaît des recours 

contre les décisions au sens de l’art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 

1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021) prises par les 

autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF,  

qu’en particulier, les décisions rendues par l’ODM concernant l’asile 

peuvent être contestées, par renvoi de l’art. 105 de la loi du 26 juin 1998 

sur l’asile (LAsi, RS 142.31), devant le Tribunal, lequel statue alors 

définitivement, sauf demande d’extradition déposée par l’Etat dont le 

requérant cherche à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 

2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]), 

que l'intéressé a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA) et que son 

recours, interjeté dans la forme (cf. art. 52 PA) et le délai (cf. art. 108 al. 2 

LAsi) prescrits par la loi, est recevable, 

que, selon l'art. 34 al. 2 let. d LAsi, l'ODM n'entre pas en matière sur une 

demande d'asile lorsque le requérant peut se rendre dans un Etat tiers 

compétent, en vertu d'un accord international, pour mener la procédure 

d'asile et de renvoi, 

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qu'en application de l'art. 1 ch. 1 de l'accord du 26 octobre 2004 entre la 

Confédération suisse et la Communauté européenne relatif aux critères 

et aux mécanismes permettant de déterminer l'Etat responsable de 

l'examen d'une demande d'asile introduite dans un Etat membre ou en 

Suisse (AAD, RS 0.142.392.68), l'ODM examine la compétence relative 

au traitement d'une demande d'asile selon les critères fixés dans le 

règlement (CE) n° 343/2003 du Conseil du 18 février 2003 établissant les 

critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable 

de l'examen d'une demande d'asile présentée dans l'un des Etats 

membres par un ressortissant d'un pays tiers (JO L 50 du 25.2.2003, 

p. 1ss ; ci-après : règlement Dublin II) (cf. également art. 1 et art. 29a 

al. 1 de l'ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l'asile relative à la procédure 

[OA 1, RS 142.311]), 

que, selon ces critères, l'Etat compétent est celui où réside déjà en 

qualité de réfugié un membre de la famille du demandeur puis, 

successivement, celui qui a délivré au demandeur un titre de séjour ou un 

visa, celui par lequel le demandeur est entré, régulièrement ou non, sur le 

territoire de l'espace Dublin et, enfin, celui auprès duquel la demande 

d'asile a été présentée en premier (cf. art. 5 en relation avec les art. 6 à 

13 du règlement Dublin II), 

que s'il ressort de cet examen qu'un autre Etat est responsable du 

traitement de la demande d'asile, l'ODM rend une décision de non-entrée 

en matière après que l'Etat requis ait accepté la prise ou la reprise en 

charge du requérant d'asile (cf. art. 29a al. 2 OA 1), 

que l'ODM peut, pour des raisons humanitaires, également traiter la 

demande lorsqu'il ressort de l'examen qu'un autre Etat est compétent 

(art. 29a al. 3 OA 1), 

que le présent recours porte exclusivement sur la détermination de l'Etat 

responsable, laquelle ne doit pas être confondue avec l'examen de la 

demande d'asile et, par conséquent, des motifs qui lui sont liés, 

qu'en vertu de l'art. 3 par. 1 2
ème

 phrase du règlement Dublin II, une 

demande d'asile est examinée par un seul Etat membre, celui-ci étant 

déterminé à l'aide des critères fixés par son chapitre III,  

que, par dérogation à l'art. 3 par. 1 du règlement Dublin II, chaque Etat 

peut examiner une demande d'asile même si cet examen ne lui incombe 

pas ("clause de souveraineté" ; cf. art. 3 par. 2 1
ère

 phrase), 

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qu'ainsi, un Etat a la faculté de renoncer à un transfert vers l'Etat 

responsable, notamment lorsque ce transfert serait contraire aux 

obligations de droit interne ou du droit international public auquel il est lié,  

que, selon la jurisprudence du Tribunal, il y a lieu de renoncer au transfert 

au cas où celui-ci ne serait pas conforme aux engagements de la Suisse 

relevant du droit international, ou encore pour des raisons humanitaires, 

en application de l'art. 29a al. 3 OA 1 (cf. ATAF 2010/45 consid. 5 ; voir 

aussi  ATAF D-2076/2010 du 16 août 2011 consid. 2.5), 

qu'en l'espèce, les investigations entreprises par l'ODM ont révélé, après 

consultation de l'unité centrale du système européen "Eurodac", que 

l'intéressé a déposé une demande d'asile en Belgique, le 19 juillet 2007,  

que le 14 mars 2012, l'ODM a présenté aux autorités belges compétentes 

une requête aux fins de reprise en charge fondée sur l'art. 16 par. 1 

point e du règlement Dublin II,  

qu'en date du 10 avril 2012, les autorités belges ont expressément 

accepté la requête de l'ODM aux fins de reprise en charge,  

que par conséquent, la Belgique doit être considérée comme l'Etat 

membre responsable de mener une procédure d'asile et de renvoi,  

que cela dit, l'intéressé s'oppose à son transfert en Belgique au motif qu'il 

souffre d'une dépression sévère et que cet Etat ne dispose pas de 

structures appropriées pour soigner sa maladie, 

qu'à l'appui de ses dires, il produit un certificat médical selon lequel il 

présente des symptômes anxio-dépressifs pour lesquels il est soigné au 

moyen de médicaments (Valium
®
),

que l'intéressé dénonce en outre les conditions de vie précaires que 

connaissent, à ses yeux, les demandeurs d'asile en Belgique,   

que sur cette base, il demande à la Suisse d'appliquer, en sa faveur, 

l'art. 3 par. 2 1
ère

 phrase du règlement Dublin II selon lequel, par 

dérogation à l'art. 3 par. 1 du même acte, chaque Etat peut examiner une 

demande d'asile même si cet examen ne lui incombe pas ("clause de 

souveraineté"), 

 

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que toutefois, s'agissant des personnes atteintes dans leur santé, le 

renvoi forcé n'est susceptible de constituer une violation de l'art. 3 de la 

convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et 

des libertés fondamentales (CEDH, RS 0.101) que si l'intéressé se trouve 

dans un stade de sa maladie avancé et terminal, au point que sa mort 

apparaît comme une perspective proche (cf. arrêt de la Cour européenne 

des droits de l'homme, N. contre Royaume-Uni, du 27 mai 2008, [requête 

n° 26565/05]), 

que telle n'est pas en l'occurrence la situation du recourant,  

qu'en effet, le certificat médical le concernant n'indique aucun motif allant 

à l'encontre de son transfert vers la Belgique ni ne révèle l'impossibilité 

de sa prise en charge médicale dans ce pays,  

que, certes, il appartient aux autorités suisses de veiller à ce que 

l'intéressé ne soit pas exposé, en cas de transfert en Belgique à un 

traitement contraire au droit international, en particulier à l'art. 3 CEDH, 

que, toutefois, cet Etat est partie à la Convention du 28 juillet 1951 

relative au statut des réfugiés (Conv. réf., RS 0.142.30), de même qu'à la 

CEDH et à la Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres 

peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (Conv. torture, 

RS 0.105), 

qu'il n'est, dans tous les cas, pas dans la responsabilité de l'autorité 

d'asile suisse de déterminer si l'intéressé sera assisté, après son 

transfert, dans des conditions satisfaisantes, 

que c'est au recourant de prouver que sa situation pourrait alors 

contrevenir aux exigences de l'art. 3 CEDH, 

qu'en effet, vu la présomption de respect du droit international public par 

l'Etat responsable de l'examen de la demande d'asile, il incombe au 

recourant de la renverser en s'appuyant sur des indices sérieux qui 

permettraient d'admettre que, dans son cas précis, les autorités de cet 

Etat ne respecteraient pas ce droit et ne lui accorderaient pas la 

protection nécessaire ou le priveraient de conditions de vie dignes (cf. 

arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme, M.S.S. c. Belgique et 

Grèce [requête n° 30696/09] du 21 janvier 2011, par. 341 ss ; arrêt du 21 

décembre 2011 de la Cour de justice de l'Union européenne, N.S. c. 

Secretary of State for the Home Department et M. E. et autres c. Refugee 

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Applications Commissioner et Minister for Justice, Equality and Law 

Reform, affaires jointes C-411/10 et C-493/10 ; ATAF 2011/9 consid. 6 et 

ATAF 2010/45 consid. 7.4.1)  

que cette preuve n'a pas été apportée, l'intéressé n'ayant pas non plus 

établi que la Belgique serait dépourvue des institutions publiques 

permettant de répondre, sur requête des demandeurs d'asile, aux 

besoins de ceux-ci, 

qu'en effet, si le recourant a mis en cause la qualité de la prise en charge 

des requérants d'asile en Belgique, il n'a pas fourni de preuve ou d'indice 

solide indiquant que ses conditions de vie seraient telles, en cas de retour 

dans ce pays, que l'exécution du transfert serait de nature à contrevenir à 

la CEDH, 

qu'il n'a en particulier pas établi que la Belgique contreviendrait aux 

dispositions de la directive 2003/9 du 27 janvier 2003 relative à des 

normes minimales pour l'accueil des demandeurs d'asile dans les Etats 

membres (directive Accueil", JO L 31 du 6 février 2003),  

qu'il incombera au recourant de faire valoir sa situation spécifique et ses 

difficultés auprès des autorités belges compétentes et de se prévaloir 

devant elles, en utilisant les voies de droit adéquates, de tous motifs liés 

à sa situation personnelle, en rapport avec son statut, 

qu'en conséquence, faute pour l'intéressé d'avoir fourni de tels indices, la 

présomption selon laquelle l'Etat de destination du transfert respecte ses 

obligations n'est pas renversée (cf. arrêt M. S. S. précité, par. 69, 342-343 

et réf. citées), 

qu'au vu de ce qui précède, le recourant n'a donc manifestement pas 

établi l'existence d'un risque personnel, concret et sérieux que son 

transfert vers la Belgique serait contraire à l'art. 3 CEDH ou à une autre 

obligation du droit international public auquel la Suisse est liée,  

que, dans ces conditions, il n'existe, en l'espèce, aucun obstacle rendant 

l'exécution du transfert de l'intéressé illicite ni de raisons humanitaires au 

sens de l'art. 29a al. 3 OA 1, 

qu'il n'y a donc pas lieu d'appliquer la clause de souveraineté de l'art. 3 

par. 2 1
ère

 phr. du règlement Dublin II, 

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que dès lors, à défaut d'application de dite clause par la Suisse, la 

Belgique demeure l'Etat responsable de l'examen de la demande d'asile 

du recourant au sens du règlement Dublin II et est tenue de le reprendre 

en charge dans les conditions prévues à l'art. 20 du règlement Dublin II,  

que, partant, c'est à juste titre que l'ODM n'est pas entré en matière sur la 

demande d'asile du recourant, en application de l'art. 34 al. 2 let. d LAsi, 

et qu'il a prononcé son renvoi (ou transfert) vers la Belgique en 

application de l'art. 44 al. 1 LAsi, faute pour le recourant de pouvoir 

prétendre à une autorisation de séjour en Suisse (cf. art. 32 let. a OA 1), 

que, dans ces conditions, les questions relatives à l'existence d'un 

empêchement à l'exécution du renvoi (ou transfert) pour des raisons 

tirées de l'al. 3 et de l'al. 4 de l'art. 83 de la loi fédérale sur les étrangers 

du 16 décembre 2005 (LEtr, RS 142.20) ne se posent plus séparément, 

dès lors qu'elles sont indissociables du prononcé de la non-entrée en 

matière (cf. arrêt du Tribunal administratif fédéral E-5644/2009 du 31 août 

2010 consid. 10), 

qu'au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté et la décision de 

l'ODM refusant l'entrée en matière sur la demande d'asile et prononçant 

le transfert de Suisse en Belgique doit être confirmée, 

que l'arrêt de fond étant rendu, la requête tendant à la prise de mesures 

provisionnelles est sans objet, 

que le recours s’avérant manifestement infondé, il est rejeté dans une 

procédure à juge unique, avec l’approbation d’un second juge (art. 111 

let. e LAsi), 

qu’il est dès lors renoncé à un échange d’écritures, le présent arrêt 

n’étant motivé que sommairement (cf. art. 111a al. 1 et 2 LAsi), 

que les conclusions du recours étant d'emblée vouées à l'échec, la 

requête d'assistance judiciaire au sens de l'art. 65 al. 1 PA est rejetée, 

que, vu l’issue de la cause, il y a donc lieu de mettre les frais de 

procédure à la charge du recourant, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 

2 et 3 let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens 

et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 

173.320.2), 

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le Tribunal administratif fédéral prononce: 

1.  

Le recours est rejeté. 

 

2.  

La requête d’assistance judiciaire est rejetée.  

 

3.  

Les frais de procédure, d’un montant de 600 francs sont mis à la charge 

du  recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans 

les 30 jours dès l’expédition du présent arrêt.  

 

4.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, à l’ODM et à l’autorité 

cantonale compétente. 

 

Le juge unique :    La greffière : 

 

François Badoud    Beata Jastrzebska 

 

Expédition :