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**Case Identifier:** 8664ca3e-b1c7-5753-9a48-408db8f001fb
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-05-18
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 18.05.2018 A/1609/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1609-2018_2018-05-18.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/1609/2018-PATIEN ATA/491/2018 

 COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative 

Décision du 18 mai 2018 

sur mesures provisionnelles 

 

dans la cause 

 

Madame A______ 
  

contre 

DÉPARTEMENT DE L'EMPLOI, DES AFFAIRES SOCIALES ET DE LA 
SANTÉ 
 

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A/1609/2018 

 Vu, en fait, que Madame A______, née le ______ 1969, suit, depuis 2004 un 

traitement basé sur la substitution (par morphine et oxazépam) ; 

 qu’entre 2011 et mai 2017, elle s’est vu prescrire six boîtes de comprimés de 
Dormicum ; 

 que la recourante a changé de médecin traitant en mai 2017 ; 

 qu’entre mai 2017 et avril 2018, elle a consommé entre vingt et trente comprimés de 
Dormicum quotidiennement ; 

 qu’en 2017, elle est allée chercher sa médication dans vingt-deux pharmacies, 
visitant parfois quatre pharmacies le même jour ; 

 que, le 12 avril 2018, le service du pharmacien cantonal (ci-après : SPhC) a, par 

circulaire « aux pharmacies concernées » (ci-après : la circulaire), rappelé que le traitement 

de substitution autorisé de l’intéressée ne comprenait pas la prescription de Dormicum et 
qu’il était en conséquence fait interdiction à celles-ci de délivrer ce médicament à 
Mme A______ ; 

 que des échanges de courriels sont intervenus entre le Docteur B______, médecin 

traitant de l’intéressée, dès mai 2017 et le SPhC ; 

 que Monsieur C______, pharmacien autorisé à remettre à l’intéressée son traitement 
de substitution, est intervenu le 4 mai 2018 auprès de SPhC pour lui faire part de la 

détresse de Mme  A______ des suites de l’interdiction précitée ; 

 que le 11 mai 2018, Mme A______ a interjeté recours contre la « décision » du SPhC 

datée du 12 avril 2018, non communiquée à la recourante intitulée « circulaire aux 

pharmaciens concernés – remise de Dormicum – Information confidentielle et portant les 
références MF/sa » ; 

 que, préalablement, elle sollicitait « le prononcé de l’effet suspensif » ; 

 que, principalement, elle concluait à l’annulation de la circulaire ; 

 qu’elle avait appris, le 8 mai 2018, de M. C______, l’existence de cette circulaire ; 
qu’il était intervenu, en vain, pour faire lever l’interdiction, le médicament lui paraissant 
absolument nécessaire à la thérapie de l’intéressée ; qu’il s’était vu opposer une fin de non-
recevoir ; 

 qu’en droit, le délai de recours n’avait jamais commencé à courir ; qu’il s’agissait, 
compte tenu du contenu, d’une décision formelle ; que la seule base légale applicable ne 
comportait aucune compétence cantonale en matière de contrôle de la distribution des 

médicaments, en particulier du médecin traitant ; que la compétence du pharmacien 

cantonal en matière de contrôle des stupéfiants ne concernait pas le Dormicum 

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(midazolam), conformément au tableau ; qu’en l’absence de délégation de compétence 
dans la loi, le pharmacien cantonal n’était pas autorisé à prononcer une circulaire et encore 
moins à la rendre obligatoire ; qu’en tous les cas, elle n’avait pas été entendue avant le 
prononcé querellé ; 

  que sur effet suspensif, elle encourrait de graves périls ; que dès le lundi 14 mai 

2018, elle ne pourrait plus obtenir le médicament dont elle avait eu besoin depuis des 

années, sauf à se le procurer par des voies détournées ; que le principe du sevrage aux 

benzodiazépines commandait qu’il s’effectue progressivement et de manière surveillée ; 
qu’en cas de refus de restituer l’effet suspensif, les principes de santé publique en matière 
de prohibition du marché noir seraient mis en cause ; 

 que le SPhC a conclu, sur effet suspensif, au rejet de la requête ; 

 que l’acte entrepris n’était pas une décision mais un rappel aux officines des 
modalités exactes du traitement par substitution de la recourante ; que les bonnes pratiques 

requéraient qu’un spécialiste en addiction confirme l’opportunité d’un traitement par 
substitution à haute dose de Dormicum, ce que le médecin traitant savait, mais qui n’avait 
jamais été fait ; que cela découlait des « principes généraux régissant l’utilisation des 
benzodiazépines et des médicaments apparentés »  émis conjointement par l’association 
des médecins cantonaux de Suisse et la société suisse de médecine de l’addiction ; qu’au 
demeurant, la compétence d’autoriser ou d’invalider un traitement par substitution et les 
modalités de celui-ci, notamment la prescription de Dormicum à haute dose, relevait du 

médecin cantonal ; que la circulaire du 12 avril 2018 ne modifiait pas les droits de la 

recourante, le SPhC n’étant pas compétent ; que la circulaire contestée n’avait pas été 
adressée à M. C______ ; 

 que concernant l’effet suspensif, à considérer, ce qui était contesté, que la circulaire 
vaille décision, le recours aurait effet suspensif, rendant vaine la requête ; que toutefois le 

principe actif du Dormicum, à savoir le midazolam, relevait de l’ordonnance fédérale sur le 
contrôle des stupéfiants du 25 mai 2011 (OCStup – RS 812.121.1) ; que l’intérêt public à 
ce que cette substance ne soit pas délivrée en quantités importantes sans autorisation était 

primordial, y compris au vu de la potentielle revente illégale du produit sur un marché 

parallèle ; que l’on pouvait douter que le médecin traitant qui prescrivait cette substance en 
quantité massive, en se refusant systématiquement à faire coopter cette approche par un 

spécialiste en addiction, en contradiction flagrante avec les règles de l’art, agisse 
réellement dans l’intérêt de la patiente ; qu’il ne s’agissait pas de priver une patiente de son 
traitement de substitution mais de ne pas permettre que d’autres intérêts, dont ceux de la 
patiente, soient mis en danger par des violations systématiques des règles de l’art ; 

 que par courrier du 17 mai 2018, les parties ont été informées que la cause était 

gardée à juger sur effet suspensif ; 

 considérant, en droit, l’art. 9 al. 1 du règlement interne de la chambre administrative 
de la Cour de justice du 26 septembre 2017, à teneur duquel les décisions sur effet 

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suspensif sont prises par le président de ladite chambre, respectivement par le 

vice-président, ou en cas d’empêchement de ceux-ci, par un juge ; 

 qu’aux termes de l’art. 66 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 
1985 (LPA - E 5 10), sauf disposition légale contraire, le recours a effet suspensif à moins 

que l’autorité qui a pris la décision attaquée n’ait ordonné l’exécution nonobstant recours 
(al. 1) ; que toutefois, lorsque aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s’y oppose, la 
juridiction de recours peut, sur la demande de la partie dont les intérêts sont gravement 

menacés, retirer ou restituer l’effet suspensif (al. 3) ; 

 que, par ailleurs, l’art. 21 al. 1 LPA permet le prononcé de mesures provisionnelles ; 

 que selon la jurisprudence constante de la chambre administrative, des mesures 

provisionnelles – au nombre desquelles compte la restitution de l'effet suspensif – ne sont 
légitimes que si elles s’avèrent indispensables au maintien d’un état de fait ou à la 
sauvegarde d’intérêts compromis (ATF 119 V 503 consid. 3 ; ATA/955/2016 du 
9 novembre 2016 consid. 4 ; ATA/1244/2015 du 17 novembre 2015 consid. 2 et les 

références citées) ; 

 qu’elles ne sauraient, en principe, anticiper le jugement définitif (Isabelle HÄNER, 
Vorsorgliche Massnahmen in Verwaltungsverfahren und Verwaltungsprozess in RDS 1997 

II 253-420, 265) ; 

 que, par ailleurs, l'octroi de mesures provisionnelles présuppose l'urgence, à savoir 

que le refus de les ordonner crée pour l'intéressé la menace d'un dommage difficile à 

réparer (ATF 130 II 149 consid. 2.2 ; 127 II 132 consid. 3 = RDAF 2002 I 405) ; 

 que lorsque l'effet suspensif a été retiré ou n'est pas prévu par la loi, l'autorité de 

recours doit examiner si les raisons pour exécuter immédiatement la décision entreprise 

sont plus importantes que celles justifiant le report de son exécution. Elle dispose d'un 

large pouvoir d'appréciation qui varie selon la nature de l'affaire (arrêt du Tribunal fédéral 

2C_1161/2013 du 27 février 2014 consid. 5.5.1) ; 

 que pour effectuer la pesée des intérêts en présence qu’un tel examen implique, 
l'autorité de recours n'est pas tenue de procéder à des investigations supplémentaires, mais 

peut statuer sur la base des pièces en sa possession (ATF 117 V 185 consid. 2b ; arrêt du 

Tribunal fédéral 1C_435/2008 du 6 février 2009 consid. 2.3 et les arrêts cités) ; 

 qu’en l’espèce, le recours pose plusieurs questions en matière de recevabilité, voire 
de procédure ; 

 que la recourante bénéficie du traitement querellé depuis 2017, soit une année 
environ ; 

 que le dossier n’indique pas si la recourante peut, sans autre, obtenir le traitement de 
substitution auquel il est fait référence ; 

https://intrapj/perl/decis/130%20II%20149
https://intrapj/perl/decis/127%20II%20132
https://intrapj/perl/decis/2002%20I%20405
https://intrapj/perl/decis/2C_1161/2013
https://intrapj/perl/decis/117%20V%20185
https://intrapj/perl/decis/1C_435/2008

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 qu’il n’est notamment pas précisé si l’intéressée a besoin d’une ordonnance pour 
obtenir les substances concernées, soit, d’après le dossier, de la morphine et de 
l’oxazépam ; 

 que si tel devait être le cas, rien n’indique si une telle ordonnance lui a été 
récemment délivrée et par quel médecin ; 

 qu’en l’état du dossier, rien ne contredit l’affirmation du pharmacien de suivi de la 
recourante selon lequel un arrêt brutal de la délivrance du Dormicum, tel que le préconise 
la circulaire, est susceptible de mettre en danger la vie de la recourante ; 

 qu’il n’est pas précisé si le traitement de substitution, pris dès le jour de l’arrêt du 
Dormicum, permet de pallier ledit risque ; 

 qu’aucune réponse n’est amenée sur la préoccupation du pharmacien de suivi quant à 
la nécessité d’une diminution progressive du Dormicum ; 

 que référence est faite, par le médecin traitant, d’une procédure à son encontre, 
pendante devant la commission de surveillance des patients, entreprise par la patiente 
elle-même, quant au bien-fondé du traitement litigieux ; 

 qu’un court délai sera en conséquence imparti au pharmacien cantonal pour 
transmettre à la chambre de céans tous les éléments factuels pertinents en lien avec les 
questions qui précèdent ; 

 qu’en l’état, l’exécution de la circulaire sera suspendue sur mesures provisionnelles ; 

 que la présente décision est susceptible d’être modifiée en tout temps par la chambre 
de céans en fonction de l’évolution du dossier ; 

 que le sort des frais de la procédure sera réservé jusqu’à droit jugé au fond. 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

suspend, sur mesures provisionnelles, les effets de la circulaire « aux pharmacies 

concernées ; concerne : remise de Dormicum, information confidentielle » du 12 avril 

2018, concernant Madame A______ ; 

impartit un délai au jeudi 24 mai 2018 à midi, anticipé par fax, pour transmettre à la 

chambre administrative de la Cour de justice les informations sollicitées dans la présente 

décision ; 

réserve le sort des frais de la procédure jusqu’à droit jugé au fond ; 

dit que conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 

2005 (LTF - RS 173.110), la présente décision peut être portée dans les trente jours qui 

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suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière de 

droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de 

preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au 

Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 

conditions de l’art. 42 LTF. La présente décision et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique la présente décision, en copie, à Madame A______, ainsi qu'au département 

de l'emploi, des affaires sociales et de la santé. 

 

 La vice- présidente : 

 

 

 

Ch. Junod 

 

 

Copie conforme de cette décision a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  

 

 

 

 

 la greffière :