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**Case Identifier:** 27faf9a8-4603-56d9-986e-27485172b8b9
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-08-26
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 26.08.2020 A/2057/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-2057-2020_2020-08-26.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/2057/2020-EXPLOI ATA/808/2020 

 COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative 

Décision du 26 août 2020 

sur mesures provisionnelles 

 

dans la cause 

 

ASSOCIATION A______  

représentée par la Fédération des entreprises romandes   

contre 

OFFICE CANTONAL DE L'INSPECTION ET DES RELATIONS DU TRAVAIL 

 

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A/2057/2020 

Vu en fait que : 

1) Par décision du 16 mai 2019, l’office cantonal de l’inspection et des relations du 
travail (ci-après : OCIRT) a notamment : 

 1. refusé de délivrer à l’association A______ (ci-après : l’association) l’attestation 
visée à l’art. 25 de la loi sur l'inspection et les relations du travail du 12 mars 
2004 (LIRT - J 1 05) pour une durée de trois ans à compter de la notification de 

la décision ; 

 2. exclu l’association de tous les marchés publics futurs ; 

 3. dit que la décision était exécutoire nonobstant recours ; 

 Le nom de l’entreprise figurerait dorénavant sur la liste publiquement accessible des 
entreprises ayant été sanctionnées par l’OCIRT. 

2) L’association n’a pas interjeté recours contre cette décision. 

3) Le 18 septembre 2019, l’association a sollicité la reconsidération de la décision du 
16 mai 2019. 

4) Par décision du 9 juin 2020, l’OCIRT a rejeté la demande de reconsidération. 

5) Le 9 juillet 2020, l’association a saisi la chambre administrative de la Cour de justice 
(ci-après : la chambre administrative) d’un recours contre la décision précitée.  

 Elle a conclu à l’annulation de la décision du 9 juin 2019 et, cela fait, à ce qu’il soit 
ordonné à l’OCIRT de délivrer l’attestation prévue à l’art. 25 LIRT. Préalablement, l’effet 
suspensif devait être accordé au recours en ce qui concernait la publication de son nom sur 

la liste publiquement accessible des entreprises ayant été sanctionnées. Il devait être 

ordonné à l’OCIRT de retirer sans délai son nom sur ladite liste. 

 Elle avait un but d’utilité publique. Ses activités portaient notamment sur la 
réinsertion, l’intégration et la formation de personnes en rupture socio-professionnelle. Le 
26 juin 2019, le Conseil d’État et l’organe genevois de répartition des bénéfices de la 
Loterie romande avaient décidé de lui attribuer une aide financière de CHF 130'000.-. Elle 

avait quelques dettes, mais des arrangements de paiement avaient été trouvés ou étaient en 

discussion. Or, le Conseil d’État avait révoqué l’aide financière. La sanction de l’OCIRT 
lui causait donc un dommage important. 

6) L’OCIRT a conclu au rejet de la demande de restitution de l’effet suspensif et de 
mesures provisionnelles. 

7) La recourante n’a pas souhaité répliquer dans le délai qui lui avait été imparti.  

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8) Sur quoi, la cause a été gardée à juger sur effet suspensif. 

 

Considérant en droit : 

1) Interjeté en temps utile et devant la juridiction compétente, le recours est, prima 

facie, recevable sous ces angles (art. 132 de la loi sur l’organisation judiciaire du 
26 septembre 2010 - LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure 

administrative du 12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2) Les décisions sur effet suspensif ou sur mesures provisionnelles sont prises par la 

présidente de la chambre administrative, respectivement par le vice-président, ou en cas 

d'empêchement de celles-ci, par un juge (art. 9 al. 1 du règlement interne de la chambre 

administrative du 17 septembre 2017 ; ci-après : le règlement). 

3) Sauf disposition légale contraire, le recours a effet suspensif à moins que l’autorité 
qui a pris la décision attaquée n’ait ordonné l’exécution nonobstant recours (art. 66 
al. 1 LPA). 

4) Lorsqu’aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s’y oppose, la juridiction de 
recours peut, sur la demande de la partie dont les intérêts sont gravement menacés, retirer 

ou restituer l’effet suspensif (art. 66 al. 3 LPA). Cela vaut également lorsque l’effet 
suspensif est retiré ex lege, l’ordonnance procédurale valant décision incidente ressortant 
des effets ex tunc (Cléa BOUCHAT, l’effet suspensif en procédure administrative, 2015, 
p. 94 n. 251). 

5) Selon la jurisprudence constante de la chambre administrative, les mesures 

provisionnelles – au nombre desquelles compte la restitution de l’effet suspensif – ne sont 
légitimes que si elles s’avèrent indispensables au maintien d’un état de fait ou à la 
sauvegarde d’intérêts compromis, et ne sauraient, en principe tout au moins, anticiper le 
jugement définitif ni équivaloir à une condamnation provisoire sur le fond, pas plus 

qu’aboutir abusivement à rendre d’emblée illusoire la portée du procès au fond (ATF 119 
V 503 consid. 3 ; ATA/176/2017 du 10 février 2017 ; ATA/884/2016 du 10 octobre 2016 

consid. 1 ; ATA/658/2016 du 28 juillet 2016 consid. 1). Ainsi, dans la plupart des cas, les 

mesures provisionnelles consistent en un minus, soit une mesure moins importante ou 

incisive que celle demandée au fond, ou en un aliud, soit une mesure différente de celle 

demandée au fond (Isabelle HAENER, Vorsorgliche Massnahmen in 

Verwaltungsverfahren und Verwaltungsprozess in RDS 1997 II 253-420, 265). 

 Leur prononcé présuppose l'urgence, à savoir que le refus de les ordonner crée pour 

l'intéressé la menace d'un dommage difficile à réparer (ATF 130 II 149 consid. 2.2 ; 127 II 

132 consid. 3 = RDAF 2002 I 405). Toutefois, elles ne sauraient, en principe tout au 

moins, anticiper le jugement définitif, ni équivaloir à une condamnation provisoire sur le 

fond, pas plus qu’aboutir abusivement à rendre d’emblée illusoire la portée du procès au 
fond (arrêts précités ; Cléa BOUCHAT, op. cit., p. 105 n. 280).  

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6)  a. Lorsque l'effet suspensif a été retiré ou n'est pas prévu par la loi, l'autorité de 

recours doit examiner si les raisons pour exécuter immédiatement la décision entreprise 

sont plus importantes que celles justifiant le report de son exécution. Elle dispose d'un 

large pouvoir d'appréciation qui varie selon la nature de l'affaire. La restitution de l'effet 

suspensif est subordonnée à l'existence de justes motifs, qui résident dans un intérêt public 

ou privé prépondérant à l’absence d’exécution immédiate de la décision ou de la norme 
(arrêt du Tribunal fédéral 2C_1161/2013 du 27 février 2014 consid. 5.5.1). 

  b. Pour effectuer la pesée des intérêts en présence, l'autorité de recours n'est pas 

tenue de procéder à des investigations supplémentaires, mais peut statuer sur la base des 

pièces en sa possession (ATF 117 V 185 consid. 2b ; arrêt du Tribunal fédéral 

1C_435/2008 du 6 février 2009 consid. 2.3 et les arrêts cités). 

7) Toute entreprise soumise au respect des usages en vertu d’une disposition légale, 
règlementaire ou conventionnelle doit en principe signer un engagement de respecter les 

usages auprès de l’OCIRT, autorité compétente en vertu des art. 23 et 26 al. 1 LIRT, pour 
exercer le contrôle par ces entreprises du respect des usages pour le compte du département 

de la sécurité, de l’emploi et de la santé (ci-après : DSES). Dans ce cadre, l’OCIRT délivre 
à l’entreprise une attestation, laquelle est de durée limitée (art. 25 al. 1 LIRT), soit trois 
mois (art. 40 al. 1 RIRT). L’engagement vaut pour l’ensemble du personnel concerné  
(art. 25 al. 2 LIRT). 

 Les entreprises en infraction aux usages font l’objet des sanctions prévues à 
l’art. 45 LIRT (art. 26A LIRT).  

8) À teneur de l’art. 45 al. 1 LIRT, lorsqu’une entreprise visée par l’art. 25 LIRT ne 
respecte pas les conditions minimales de travail et de prestations sociales en usage, 

l’OCIRT peut prononcer une décision de refus de délivrance de l’attestation visée à 
l’art. 25 LIRT, pour une durée de trois mois à cinq ans laquelle est exécutoire nonobstant 
recours (art. 45 al. 1 let. a LIRT). 

 Une liste des entreprises faisant l’objet d’une décision exécutoire de la part de 
l’OCIRT est établie, qui est accessible au public (art. 45 al. 3 LIRT). 

9) En l’espèce, la recourante a fait l’objet d’une décision le 16 mai 2019. Celle-ci est 
définitive et exécutoire.  

 La recourante sollicite, sur mesures provisionnelles, qu’il soit ordonné à l’OCIRT de 
l’enlever de la liste répertoriant les entreprises en infraction jusqu’à droit connu sur le fond 
de la présente procédure. 

 L’inscription sur ladite liste est une conséquence, en principe automatique, d’une 
infraction au sens de l’art. 26A LIRT ainsi que des mesures prévues à l’art. 45 al. 1 LIRT. 
Dès lors, l’effet suspensif ne pouvant pas être restitué pour ce qui est de l’art. 45 al. 1  
let. a LIRT, il ne peut pas être, pour les mêmes motifs, fait droit à la requête de mesures 

provisionnelles en ce qu’elle tend au retrait de son inscription sur la liste établie par 

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l’OCIRT sur la base de l’art. 45 al. 3 LIRT (ATA/658/2016 consid. 3 ; ATA/439/2016 
précité consid. 11). Il le peut en l’espèce d’autant moins que dans le cadre d’une procédure 
en reconsidération de la décision initiale, définitive et exécutoire. 

 Dès lors, la requête de restitution d’effet suspensif et de mesures provisionnelles sera 
refusée. 

10) Le sort des frais sera réservé jusqu’à droit jugé au fond. 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

refuse la requête de mesures provisionnelles ; 

réserve le sort des frais de la procédure jusqu’à droit jugé au fond ; 

dit que conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 

2005 (LTF - RS 173.110), la présente décision peut être portée dans les trente jours qui 

suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière de 

droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de 

preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au 

Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 

conditions de l’art. 42 LTF. La présente décision et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique la présente décision à la Fédération des entreprises romandes, représentant 

l’association A______ ainsi qu'à l’office cantonal de l'inspection et des relations du travail. 

 

 

 Le vice-président : 

 

 

 

C. Mascotto 

 

 

 

Copie conforme de cette décision a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  

 

 

 

 la greffière :