# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 79a32d05-56ca-58c2-b6a2-0462b2713d1d
**Source:** Jura (JU)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-10-08
**Language:** fr
**Title:** Jura Tribunal Cantonal Cour civile 08.10.2020 CC 2020 62
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/JU_Gerichte/JU_TC_002_CC-2020-62_2020-10-08.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DU JURA

TRIBUNAL CANTONAL

COUR CIVILE

CC 62 / 2020

Président :  Daniel Logos
Juges :  Philippe Guélat et Sylviane Liniger Odiet
Greffière :  Lisiane Poupon

ARRET DU 8 OCTOBRE 2020

en la cause civile liée entre

AA.________ et BA.________, 
- représentés par Me Jean-Marie Allimann, avocat à Delémont,

appelants,

et

B.________, 
C.________,  
D.________, 
- représentés par Me Yves Maître, avocat à Delémont,

intimés,

relative à la décision de la juge civile du 11 mars 2020. 

______

Vu que AA.________ et BA.________ (ci-après : les appelants ou la partie appelante) sont 
copropriétaires d’un immeuble, sis sur la parcelle n° X1.________ du ban de V1.________ ; il 
s’agit d’une ancienne ferme, située au centre du village, transformée en maison d’habitation 
privée avec des locaux destinés à l’artisanat à la suite de l’octroi de trois permis de construire 
délivrés en 2008, 2010 et 2015 ; côté nord, l’immeuble des appelants est accessible par la rue 
R1.________, route traversant le village et passant juste devant l’appartement des appelants, 
leur garage intérieur et un studio loué ; sur le côté nord-ouest de la propriété, en face de la rue 
R1.________, un espace libre longe le bâtiment et est utilisé par les appelants comme place 
de stationnement pour deux voitures ; le côté sud de la propriété est accessible directement 
par la Rue R2.________, route à trafic limitée aux bordiers, et jouxte la parcelle n° 
X2.________ dont B.________, C.________ et D.________ (ci-après : les intimés ou la partie 
intimée) sont copropriétaires ; dans cette partie sud du bâtiment se trouvent deux 
appartements ainsi que l’entrée du dépôt et de la grange ; les appelants disposent d’une 

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largeur de 6.59 mètres pour atteindre l’espace sis devant leur bâtiment affecté au parcage de 
véhicules ; ledit espace couvre une surface d’environ 40 m2 ; 

Vu la demande en procédure simplifiée introduite par les appelants le 28 décembre 2018 
auprès de la juge civile de première instance, tendant à l’octroi d’une servitude de passage à 
pied ou en voiture sur une surface de 4 m2 à l’angle sud de la parcelle n° X2.________, 
propriété de la partie intimée, au profit de leur parcelle, moyennant le paiement d’une 
indemnité de CHF 300.- au maximum ou de telle autre indemnité à dire de justice, 
respectivement d’expert, et à l’inscription de ladite servitude au registre foncier, aux motifs 
que, sans cette servitude de passage, il leur est impossible d’accéder aux places de 
stationnement aménagées au sud de leur parcelle ; 

Vu le mémoire de réponse du 25 mars 2019 par lequel les intimés ont conclu principalement 
au rejet de la demande ; 

Vu la descente et vue des lieux effectuée le 29 août 2019 par la juge civile en présence des 
parties et lors de laquelle elle a notamment constaté que l’immeuble des appelants jouit d’un 
accès de 6.59 mètres de large pour accéder aux places de stationnement depuis la rue 
R2.________ ;

Vu l’édition du dossier de la Commune mixte de V1.________ dont il ressort que plusieurs 
permis de construire ont été délivrés aux appelants depuis l’acquisition de leur immeuble, dont 
celui octroyé en 2015, portant sur l’aménagement de deux appartements en duplex et de 
dépôts dans la grange et l’écurie existante ; dans leur demande relative à ce permis, les 
appelants ont indiqué que leur propriété disposait alors déjà de quatre places de stationnement 
pour véhicules à moteur et d’un accès « existant » ; 

Vu la décision du 11 mars 2020 par laquelle la juge civile a débouté les appelants de toutes 
leurs conclusions et mis les frais judiciaires et les dépens des intimés, comportant la facture 
de E.________ Sàrl par CHF 1'483.35, à la charge de ces derniers ; dans ses motifs, la juge 
civile constate que les appelants peuvent librement accéder à pied ou en véhicule à moteur 
directement au sud de leur propriété grâce à un accès de plus de 6.5 mètres ; devant 
l’immeuble, ils ont la possibilité de stationner deux véhicules en les parquant en épi, c’est-à-
dire parallèlement à la propriété ; le droit de passage requis sur la propriété des intimés ne 
ferait qu’améliorer la commodité d’utilisation des lieux sur le côté sud du bâtiment, en 
permettant aux appelants de parquer plus facilement deux véhicules, perpendiculairement et 
non en épi, circonstance n’ouvrant pas le droit à un passage nécessaire ; 

Vu l’appel interjeté le 28 mai 2020, par lequel les appelants réitèrent, en modification de la 
décision précitée, les conclusions de leur demande du 28 décembre 2018, subsidiairement au 
renvoi du dossier de la cause à l’autorité inférieure aux fins de compléter l’état de fait et statuer 
à nouveau, sous suite des frais et dépens ; à l’appui de leurs conclusions, ils se plaignent 
d’une constatation inexacte des faits par la juge civile, puisqu’elle a considéré que deux 
véhicules pouvaient se parquer en épi, soit de manière parallèle au bâtiment, ce qui, selon 
eux, est impossible sans empiéter sur la surface de 4 m2, objet de la servitude ; cette servitude 
constitue une nécessité et non une simple commodité ; ils contestent par ailleurs être 

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redevable du montant des factures du bureau E.________ Sàrl, puisque les dates de ces 
factures sont antérieures à l’introduction de la demande en justice et que ce bureau ne s’est 
jamais manifesté en procédure ou auprès d’eux ; 

Vu le mémoire de réponse du 12 août 2020 des intimés, dans lequel ils concluent au rejet de 
l’appel, partant, à la confirmation du jugement du 11 mars 2020 et à ce que les appelants 
soient condamnés aux frais judiciaires ainsi qu’à leurs dépens de seconde instance ; le seul 
grief émis par les appelants portant sur un constat manifestement inexact de la part de la juge 
civile, qui aurait retenu à tort que le parcage de deux véhicules en épi est possible sans 
empiéter sur la surface litigieuse, est infondé puisqu’elle a retenu ces faits sur la base de l’état 
des lieux (parcage en épi) constaté en présence des parties ; le procès-verbal établi à cette 
occasion n’a par ailleurs pas été contesté ; il appartient enfin aux appelants de supporter les 
frais qu’ils ont dû assumer pour défendre leurs allégués, à savoir les factures de E.________ 
Sàrl ;

Attendu que la Cour civile est compétente pour connaître des recours et appels formés contre 
les décisions de première instance (art. 4 al. 1 LiCPC) ; 

Attendu que l’appel est recevable contre les décisions finales et les décisions incidentes de 
première instance (art. 308 al. 1 let. a CPC) ; dans les affaires patrimoniales, l’appel est 
recevable si la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de CHF 10'000.- au moins 
(art. 308 al. 2 CPC) ; 

Attendu que lorsque la contestation porte sur l’existence d’une servitude, la valeur litigieuse 
équivaut à l’augmentation de la valeur que cette servitude procurerait au fonds dominant, ou 
si elle est plus élevée, à la diminution de valeur du fonds servant (ATF 136 III 60 consid. 
1.1.1 ;) ; toutefois, la valeur litigieuse doit être distinguée de l’indemnité accordée au 
propriétaire grevé du droit de passage (art. 694 al. 1 CC), dont le montant doit être établi selon 
les principes applicables en matière d'expropriation, en se référant aux seuls inconvénients 
subis par le propriétaire grevé du droit de passage, sans prendre en considération les intérêts 
du bénéficiaire (ATF 120 II 423 et réf, ; TF 5A _853/2015 du 30 mai 2016 consid. 1.1.1.1) ; 

Attendu, en l’occurrence, que les appelants se sont limités en procédure à alléguer une valeur 
litigieuse déterminante de moins de CHF 30'000.- et à chiffrer le montant maximal de 
l’indemnité due aux intimés à CHF 300.- ; la juge civile a également considéré une valeur 
litigieuse inférieure à CHF 30'000.- et a indiqué la voie de l’appel à l’encontre de sa décision ; 
la partie intimée étant demeurée silencieuse sur ce point en appel, il convient d’admettre une 
acceptation tacite de la valeur litigieuse (dans ce sens, Bastien BRIDEL, Les effets et la 
détermination de la valeur litigieuse en procédure civile suisse, 2019, N 907, p. 533 ; TAPPY, 
Code de procédure civile commenté art. 91, n° 43 s.) ;

Attendu, en tout état de cause, que dans l’hypothèse où la valeur litigieuse de CHF 10'000.- 
ne serait pas atteinte, l’appel devrait, au regard du principe de l'interdiction du formalisme 
excessif énoncé à l'article 29 al. 1 Cst, être converti en un recours recevable dans la mesure 
où il en remplit les conditions de forme et a été interjeté dans le délai légal (art. 311 al. 1, resp. 

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321 al. 1 CPP ; HOHL, Procédure civile, II, 2011, § 2228 ; JEANDIN, in : Code de procédure 
civile commenté, 2011, n° 7 ad art. 312 CPC ; CPC annoté, BOHNET, art. 310 N 9 et réf.) ;

Attendu qu’il convient dès lors d’entrer en matière ; 

Attendu que l’appel ou le recours peuvent être formés pour violation du droit, respectivement 
s’agissant de l’appel, pour constatation inexacte des faits (art. 310 CPC) et, s’agissant du 
recours, pour constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC), ce dont se 
prévalent essentiellement les appelants, qualifiant de fausse l’assertion de la juge civile selon 
laquelle deux voitures peuvent être garées en épi, parallèlement au bâtiment, au sud de ce 
dernier, si bien que les conditions d’un droit de passage nécessaire seraient réalisées ; 

Attendu, en l’espèce, que la décision porte sur les conditions du droit à un passage 
nécessaire (art. 694 al. 1 CC) ; cet examen doit également être effectué au regard des règles 
de droit public sur les constructions et l’aménagement du territoire, puisque les appelants sont 
au bénéfice d’un permis de construire (ATF 136 III 130 = JdT 2010 I 291 consid. 3.13) ; 

Attendu, aux termes de l’art. 694 al. 1 CC, que le propriétaire qui n’a qu’une issue insuffisante 
sur la voie publique peut exiger de ses voisins qu’ils lui cèdent le passage nécessaire, 
moyennant pleine indemnité ; le Tribunal fédéral soumet l’octroi d’un passage nécessaire 
fondé sur le droit de voisinage à des conditions très strictes puisqu’il implique une 
« expropriation de droit privé » ; son octroi ne peut être invoqué qu’en cas de véritable 
nécessité, soit que si une utilisation du bien-fonds conforme à sa destination exige un accès 
à la voie publique et que cet accès fait totalement défaut ou se révèle insuffisant (ATF 136 
précité consid. 3.1) ; la notion de droit de passage nécessaire, relevant du droit privé fédéral, 
doit être interprétée indépendamment des prescriptions cantonales et communales sur les 
constructions ; la décision par laquelle l'autorité compétente constate, de manière définitive, 
qu'il existe, selon le droit public, un accès suffisant à un bien-fonds constitue toutefois le point 
de départ de l'appréciation judiciaire de la nécessité d'un passage au sens de l'art. 694 CC ; 
en pareil cas, le juge civil doit examiner uniquement si, sur le vu de l'ensemble des 
circonstances du cas concret, la nécessité d'un passage définie par le droit privé a disparu ou 
non (arrêt précité consid. 3.3.5) ; 

Attendu que l’utilisation ou l’exploitation conforme à la destination d’un fonds découle, d’une 
part, de la nature et de la situation du bien-fonds et, d’autre part, de la planification mise en 
place conformément au droit de l’aménagement du territoire ; la question de savoir si un bien-
fonds, même situé en zone à bâtir, dispose d’un accès suffisant pour l’utilisation ou 
l’exploitation conforme à sa destination relève également du droit public (TF 5A_931/2015 du 
10 juin 2016 consid. 3.2.1 et 3.3.2) ; une autorisation de construire n’est délivrée que si un 
terrain est équipé (art. 22 al. 2 let. b LAT et 4 al. 1 LCAT, RSJU 701.1), ce qui suppose qu’il 
doit être desservi d’une manière adaptée à l’utilisation prévue par les voies d’accès notamment 
(art. 19 al. 1 LAT ; 4 al. 3 LCAT) ; bien qu’un accès suffisant soit requis pour l’obtention d’un 
permis de construire, il arrive néanmoins toujours que des parcelles destinées à la construction 
ne disposent pas d'un accès suffisant à la voie publique, dans quel cas, le propriétaire foncier 
doit recourir en premier lieu aux institutions du droit public, si elles lui permettent d'obtenir un 
équipement convenable ; à défaut, il peut prétendre à l'octroi d'un passage nécessaire (TF 

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5A_931/2015 précité consid. 3.3.2 ; BOHNET, Actions civiles, vol. I, 2ème éd., § 47 N 31) ; ainsi, 
tant et aussi longtemps que l'on peut réaliser un équipement adéquat par les moyens du droit 
public, il n'y a pas de nécessité d'octroyer un passage (ATF 136 précité consid. 3.3.1 ; ATF 
120 II 185 consid. 2c) ; le propriétaire requérant d’un droit de passage doit ainsi démontrer 
qu’il a épuisé toutes les voies possibles mises à disposition par le droit public pour obtenir un 
accès à son immeuble (ATF 136 précité consid. 3.3.1 ; arrêt TF 5C.64/2000 du 4 avril 2000 
consid. 3a) ; partant, le juge civil peut en principe se fonder sur l'autorisation de construire 
passée en force, d'autant que l'accès suffisant du droit public doit normalement satisfaire à 
des exigences plus élevées que le passage nécessaire du droit privé (ATF 136 précité consid. 
3.3.4 ; BOHNET, op. cit., § 47 N 31) ;

Attendu que l’examen de la condition de nécessité est effectué au vu de l’ensemble des 
circonstances du cas concret (ATF 136 précité consid. 3.3.5 ; 5A_356/2017 du 18 décembre 
2017 consid. 3.4.1) ; la simple opportunité d’améliorer une voie d’accès déjà existante, mais 
qui n’est pas absolument satisfaisante, ne fonde toutefois pas le droit au passage nécessaire, 
pas plus qu’une simple commodité personnelle du propriétaire, (TF 5A_356/2017 précité 
consid. 3.4.1 et réf.) ; le Tribunal fédéral a notamment refusé l’octroi d’une servitude de 
passage lorsqu’il est possible d’accéder à la limite d’une parcelle en voiture, jugeant qu’il n’est 
pas nécessaire de pouvoir accéder en voiture directement devant la porte de la maison (ATF 
136 précité consid. 5.4.1) ; un propriétaire ne pourra par ailleurs réclamer un passage lorsqu’il 
a lui-même causé l’état de nécessité, qu’il l’a toléré, s’en est accommodé ou lorsqu’il a adopté 
un comportement contraire au principe de la bonne foi, notamment en démontrant par son 
attitude qu’il était parfaitement conscient des difficultés d’accès de la parcelle qu’il avait 
aménagée et qu’il allait ainsi se satisfaire de cette issue (ATF 134 III 49 consid. 4.1 s. ; 
REY/STREBEL, Basler Kommentar ZGB, vol. II, N 9 ad art. 694 CC) ; 

Attendu, en vertu de l’art. 731 al. 1 CC, que l’inscription au registre foncier est indispensable 
pour la constitution d’une servitude ; dite inscription est constitutive pour l’existence d’une 
servitude, de telle sorte qu’il ne peut y avoir constitution d’une servitude sans une inscription 
valable (ATF 124 III 293 consid. 2c) ; une tolérance à bien plaire ne crée ainsi aucun droit 
subjectif et peut être révoquée en tout temps (BOHNET, op. cit., § 47 N 37) ; 

Attendu, en l’espèce, que les appelants ne contestent pas l’existence d’un accès à la voie 
publique depuis leur parcelle, mais uniquement le fait qu’ils seraient contraints, par la décision 
attaquée, de stationner « en épi » leurs véhicules à moteur du côté sud de leur bâtiment, soit 
parallèlement à leur habitation, ce qui se révèlerait impossible sans empiéter sur la surface 
sur laquelle ils requièrent une servitude de passage ; 

Attendu que les appelants, dans leur demande de permis de construire déposée en 2015, 
avaient précisé disposer déjà d’un accès suffisant à la voie publique et de quatre places de 
stationnement sur leur propriété ; l’autorité chargée de délivrer le permis de construire a 
conclu, selon la législation applicable, que le projet de construction était conforme à la 
réglementation publique concernant notamment l’exigence d’un accès suffisant à la voie 
publique ; 

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Attendu, par ailleurs, qu’il est établi, au vu des faits recueillis, que la propriété des appelants 
dispose d’un accès au moyen d’un véhicule à moteur jusqu’à la portée d’entrée de leur 
bâtiment tant par la rue R1.________ que par la rue R2.________ ; la manière de se parquer 
devant leur bâtiment, respectivement l’impossibilité de parquer les véhicules de manière 
perpendiculaire, plutôt qu’en épi, comme retenu par la juge civile, ne constitue en définitive 
pas une circonstance pertinente au regard des conditions posées par l’art. 694 CC, dans la 
mesure où l’immeuble dispose en tous les cas d’un accès à la voie publique conforme à son 
utilisation et à son exploitation au sens de cette disposition ;

Attendu qu’il sied au demeurant de relever à cet égard que l’allégué des appelants, qui 
affirment qu’il leur est impossible de stationner deux véhicules en épi sans empiéter sur la 
propriété des intimés, ne peut en tout état de cause pas être suivi ; il a été démontré lors de la 
descente et vue des lieux - dont le procès-verbal n’a fait l’objet d’aucune remarque de la part 
des appelants – que ces derniers disposent d’un accès de 6.59 mètres de large depuis la voie 
publique et qu’il était parfaitement possible de parquer deux véhicules en épi, ; à cette 
occasion, l’appelant a en effet lui-même été en mesure de parquer un bus d’entreprise et une 
voiture de tourisme en épi au sud de l’immeuble sur les places de parc en cause ; 

Attendu que le fait, pour les appelants, de devoir parquer en épi les véhicules au sud de leur 
immeuble est certes moins aisé qu’un parcage perpendiculaire à l’immeuble, mais cela relève 
d’une simple incommodité, circonstance qui n’est pas pertinente, ainsi que déjà relevé, pour 
statuer sur le droit à un passage nécessaire ; 

Attendu, au vu de ce qui précède, qu’il est par ailleurs sans importance de déterminer si un 
mur délimitant les deux parcelles en cause existait antérieurement, puisque l’accès de 
l’immeuble à la voie publique est pleinement garanti ; il en va de même de l’usage durant des 
décennies dont se prévalent les appelants, d’autant plus que ce fait n’est pas établi ; 

Attendu qu’il résulte de ces motifs que c’est à juste titre que la juge civile a refusé l’octroi d’un 
droit de passage, faute de nécessité, dans la mesure où les appelants disposent déjà d’un 
accès suffisant à la voie publique ; 

Attendu que les appelants contestent par ailleurs être redevables, au titre des dépens alloués 
aux intimés, du montant des factures du bureau E.________ Sàrl, factures produites en 
première instance ; 

Attendu que les frais (art. 95 CPC), mis à la charge de la partie succombante (art. 106 al. 1 
CPC), comprennent les frais judiciaires (ch. 1 lit. a) et les dépens, (ch. 1 lit. b), ces derniers 
comprenant notamment les débours nécessaires (ch. 3 lit. a) ; les dépens couvrent également 
des opérations antérieures au procès dans la mesure où elles étaient destinées à préparer 
celui-ci, notamment en fixant la situation de fait et de droit nécessaire à la rédaction des 
écritures ; ces dépens ne peuvent être réclamés que dans le cadre des frais de procédure, 
aux conditions résultant des art. 95 ss CPC (CPC-TAPPY, art. 95 N 37) ;

Attendu, en l’occurrence, que les factures du bureau E.________ Sàrl, d’un montant total de 
CHF 1'483.35, produites en première instance par la partie intimée, datent du 10 mars 2017 

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et du 2 novembre 2018 ; la première porte sur une « implantation 7 PL parcelle X2.________ » 
et la seconde sur une « analyse demande de servitude passage sur parcelle X2.________ 
pour parcelle X1.________ » ; la PJ y relative produite constitue une simple capture d’écran, 
tirée de Google Maps, effectuée par le géomètre ;

Attendu que, faute pour les intimés d’avoir produit les autres documents établis par le 
géomètre, dont il est fait mention dans lesdites factures, il n’est pas possible d’apprécier la 
nature précise des prestations du géomètre et, partant, de statuer sur le caractère nécessaire 
desdits documents pour la défense des intérêts des intimés, ceci d’autant plus que ces factures 
ont été établies pour partie antérieurement à l’introduction de la demande, le 5 juin 2018 ; 

Attendu qu’il en résulte que la décision attaquée doit être réformée sur ce point ;

Attendu que l’appel doit en conséquence être rejeté, hormis sur la question des dépens de 
première instance ; 

(…) ;

PAR CES MOTIFS 

LA COUR CIVILE

admet

l’appel ; partant, 

en modification partielle de la décision de la juge civile du 11 mars 2020,

condamne

les appelants à payer aux intimés une indemnité de dépens de CHF 6'110.40 pour la 
procédure de première instance ; 

confirme

pour le surplus la décision de la juge civile du 11 mars 2020 ;

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met

les frais judiciaires de l’instance d’appel fixés aux total à CHF 2'250.-, prélevés sur l’avance 
des appelants, à raison de CHF 2'025.- à la charge des appelants et à raison de CHF 225.- à 
la charge des intimés, qui sont condamnés à rembourser ce montant aux appelants ; 

condamne

les appelants à verser aux intimés une indemnité de dépens de CHF 1'381.90, après 
compensation entre parties (CHF1’570.35 - CHF 188.45), débours et TVA compris ; 

informe

les parties des voie et délai de recours selon avis ci-après ; 

ordonne

la notification du présent arrêt aux parties ainsi qu’à la juge civile.

Porrentruy, le 8 octobre 2020 

AU NOM DE LA COUR CIVILE
Le président : La greffière :

Daniel Logos Lisiane Poupon 

Communication concernant les moyens de recours :

Un recours en matière civile peut être déposé contre le présent jugement auprès du Tribunal fédéral, 
conformément aux dispositions de la loi sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), en particulier aux art. 42, 72 ss. 
et 90 ss. LTF, dans un délai de 30 jours à partir de la date où ce jugement vous a été notifié (art. 100 LTF). Ce 
délai ne peut pas être prolongé (art. 47 al. 1 LTF). 

Le mémoire de recours sera adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Il doit indiquer les conclusions, les 
motifs et les moyens de preuve, et être signé. Le recourant doit exposer succinctement en quoi l'acte attaqué viole 
le droit (art. 42 al. 2 LTF). Le recourant ne peut critiquer les constatations de fait que si les faits ont été établis de 
façon manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l’art. 95, et si la correction du vice est susceptible 
d’influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF).

Le présent jugement et les pièces invoquées comme moyens de preuve en possession du recourant doivent être 
joints au mémoire (art. 42 al. 3 LTF).

Valeur litigieuse
La Cour civile considère que la valeur litigieuse est inférieure à CHF 30'000.-.