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**Case Identifier:** 9f0fafa7-7cfe-5c3f-9b0c-c33a19539b6b
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-08-18
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 18.08.2020 A/4228/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-4228-2019_2020-08-18.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/4228/2019-PROC ATA/758/2020  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 18 août 2020 

  

   dans la cause 

 

Monsieur A______ 
représenté par Me Romain Jordan, avocat  

contre 

COUR DE JUSTICE - CHAMBRE ADMINISTRATIVE 
 

 

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A/4228/2019 

EN FAIT 

1)  Par jugement du 3 mai 2016, le Tribunal administratif de première instance 
(ci-après : TAPI) a rejeté le recours formé par Monsieur A______ contre les 
décisions de l’administration fiscale cantonale (ci-après : AFC-GE) relatives aux 
procédures de rappel d’impôt fédéral direct, cantonal et communal 2001 à 2007, et 
aux amendes pour soustraction desdits impôts pour la même période. Le TAPI a 
mis un émolument de CHF 1'000.- à la charge de M. A______, à qui il n’a pas 
alloué d’indemnité de procédure. 

2)  Le 2 août 2017 (ATA/1155/2017), la chambre de céans a admis 
partiellement le recours formé par le contribuable contre le jugement précité, 
constatant la prescription du droit de procéder à la taxation et du droit de 
sanctionner la soustraction fiscale en matière d'impôt fédéral direct (ci-après : 
IFD) et d'impôt cantonal et communal (ci-après : ICC) pour l'exercice fiscal 2001. 
Un émolument de CHF 1'000.- a été mis à la charge de M. A______, et aucune 
indemnité de procédure n’a été allouée. 

3)  Par arrêt 2C_814/2017 du 17 septembre 2018, le Tribunal fédéral a 
partiellement admis le recours du contribuable. Les rappels d'impôt et les amendes 
pour soustraction d’impôt pour la période fiscale 2002 étaient annulés, car 
prescrits. Il en allait de même pour les amendes relatives à l'année 2003. L’arrêt 
cantonal a été confirmé pour le surplus. 

  M. A______ obtenant gain de cause seulement partiellement, le Tribunal 
fédéral a mis les frais judiciaires de CHF 4'500.- à concurrence de CHF 1'500.- 
(soit 1/3) à la charge de l’État de Genève et de CHF 3'000.- à la charge de M. 
A______. Il a attribué à ce dernier des dépens réduits à la même proportion (soit 
CHF 1'500.-), à la charge de l'État de Genève, et a renvoyé la cause à la chambre 
de céans pour nouvelle décision sur les frais et dépens de la procédure cantonale. 

4)  Le juge délégué a fixé aux parties un délai, qualifié de non prolongeable, au 
4 décembre 2018 pour se déterminer sur la suite à donner à l'arrêt du Tribunal 
fédéral, soit sur les frais et dépens de la procédure cantonale. 

5)  Par courrier posté le 4 décembre 2018, M. A______ a sollicité une 
prolongation du délai pour se déterminer au 7 janvier 2019. 

6)  Le 5 décembre 2018, le juge délégué a refusé de prolonger le délai imparti 
ainsi que de tenir une audience de plaidoiries. 

7)  Par arrêt du 11 décembre 2018 (ATA/1343/2018), la chambre administrative 
de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) a mis un émolument de 

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CHF 1'300.- à la charge de M. A______, et a alloué à ce dernier une indemnité de 
procédure de CHF 700.-. à la charge de l'État de Genève. 

  La demande de prolongation de délai présentée par M. A______ devait être 
refusée. En effet, le terme fixé était expressément décrit comme non prolongeable. 
Bien que court, il était suffisant, la répartition des frais et indemnités dans la 
procédure cantonale n'appelant pas de longs développements, et ne nécessitant 
aucune recherche particulière. 

  Le Tribunal fédéral avait retenu que M. A______ n’avait que partiellement 
obtenu gain de cause, répartissant les frais de justice à raison de deux tiers pour 
M. A______ et d'un tiers pour l'administration. Rien ne justifiait de s’écarter de 
cette appréciation. Il convenait ainsi de réduire l’émolument de CHF 1'000.-, qui 
avait été fixé pour la procédure devant la chambre de céans. Ce montant serait 
donc réduit d’environ 1/3 et ainsi ramené à CHF 650.-. Il en allait de même pour 
l'émolument de première instance, qui était fixé également à CHF 650.-, ce qui 
ramenait l’émolument total pour la procédure cantonale à CHF 1'300.-. 

  S'agissant de l'indemnité de procédure, si la cause présentait une certaine 
complexité, les arguments plaidés étaient peu pertinents, dès lors qu’il convenait 
de constater, avec le Tribunal fédéral, que M. A______ n’obtenait finalement que 
partiellement gain de cause, et uniquement en raison de l'écoulement du temps. 
Au vu de ces éléments, l’indemnité de procédure était fixée, pour les deux 
instances cantonales, à CHF 700.-. 

  Conformément à la pratique de la chambre administrative, il n'était pas 
perçu d’émolument, ni alloué d’indemnité de procédure pour la procédure de 
fixation des frais consécutive à l'arrêt du Tribunal fédéral. 

8)  Par acte posté le 27 décembre 2018, M. A______ a formé réclamation 
auprès de la chambre administrative contre l'arrêt précité, concluant à ce que 
l'émolument soit ramené à CHF 500.- pour la procédure cantonale, l'indemnité de 
procédure pour la procédure cantonale devant être fixée à CHF 3'000.-, et une 
indemnité de procédure de CHF 500.- allouée pour la procédure consécutive à 
l'arrêt du Tribunal fédéral. 

  Le raisonnement consistant à se calquer sur la répartition décidée par le 
Tribunal fédéral était faux. En effet, la chambre administrative avait déjà 
partiellement donné gain de cause à M. A______ dans son arrêt du 2 août 2017 et 
mis à sa charge un émolument de CHF 1'000.-, si bien que la répartition décidée 
par le Tribunal fédéral, devant lequel l'objet du litige s'était forcément réduit, ne 
pouvait être mutatis mutandis reportée. En outre, la chambre administrative 
reprenait tel quel l'émolument de CHF 1'000.- arrêté par le premier juge, alors 
qu'il avait été doublement censuré par la suite. 

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  L'octroi d'une indemnité de procédure de CHF 700.- était inexplicable et du 
reste inexpliqué. Des audiences avaient été tenues, et de nombreux échanges 
d'écritures nécessaires. Quant au prétendu manque de pertinence des écritures, 
M. A______ avait dû saisir le Tribunal fédéral pour voir certains de ses droits 
reconnus ; qu'il ait pu obtenir gain de cause en raison de l'écoulement du temps n'y 
changeait rien, sauf à vouloir le punir pour ce motif par le biais d'un refus 
d'indemnité. 

  Enfin, aucun argument ne permettait de justifier de n'allouer aucune 
indemnité pour la procédure consécutive à l'arrêt du Tribunal fédéral, qui était due 
uniquement à la violation du droit fédéral par la chambre administrative. 

9)  Par arrêt du 8 octobre 2019 (ATA/1479/2019), la chambre administrative a 
rejeté la réclamation et a mis à la charge de M. A______ un émolument de 
CHF 500.-. 

  Si l'on tenait compte de l'ensemble de la procédure cantonale, et même en 
prenant en compte la prescription relative à l'année 2002, qui était intervenue 
pendant la procédure par-devant le Tribunal fédéral, le litige fiscal portait sur 
huit exercices et la taxation avait été confirmée pour six d'entre eux, les montants 
en jeu ne variant pas significativement sauf pour l'exercice 2008 où le rappel et 
l'amende étaient plus bas. 

  Cela aurait donc dû conduire, selon le principe voulant que les frais soient 
supportés par la partie qui succombe dans la mesure où elle succombe, à une 
répartition de l'émolument voisine de trois quarts à la charge de M. A______ et un 
quart à la charge de l'État de Genève. Au lieu de cela, la chambre administrative 
avait retenu une répartition de deux tiers – un tiers, ainsi que l'avait fait le 
Tribunal fédéral. Cette répartition était favorable à M. A______. De plus, compte 
tenu du travail induit par la cause pour la chambre administrative – une audience 
d'enquêtes avait été tenue, et l'arrêt comptait vingt-neuf pages dont presque vingt 
de développements en droit –, le montant de l’émolument n’apparaissait pas 
disproportionné. Il s’inscrivait, au demeurant, dans le quart le plus bas de la 
fourchette réglementaire. 

  S'agissant du montant de l'indemnité, même en retenant une répartition deux 
tiers – un tiers favorable à M. A______, cela signifiait qu'en cas de gain de cause 
intégral, ce dernier se serait vu allouer une indemnité de CHF 3'600.- pour les 
deux instances, ce qui au vu de la pratique constante de la chambre administrative 
constituait un montant tout à fait usuel voire légèrement plus élevé que la 
moyenne, tandis que le montant demandé dans la réclamation aurait abouti à une 
indemnité de procédure de CHF 9'000.- en cas de plein gain de l'affaire, qui aurait 
été inhabituellement élevée. Le gain partiel de la cause était dû uniquement à 
l'intervention au cours des deux dernières instances de la prescription ; il 
convenait de prendre en compte, notamment pour la première instance cantonale, 

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que le jugement du TAPI était intégralement fondé au moment de son prononcé, 
la prescription ne pouvant être prise en compte par avance. Ceci diminuait donc 
encore la proportion dans laquelle M. A______ avait eu gain de cause. La mention 
de cette circonstance dans la motivation n'équivalait en rien à une sanction ; du 
reste, si la chambre administrative avait souhaité agir de façon punitive à l’égard 
de M. A______, elle aurait prononcé une amende au sens de l’art. 88  de la loi sur 
la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA - E 5 10) relatif à 
l’emploi abusif des procédures, ce qui n’avait pas été le cas. 

  Enfin, comme cela avait été annoncé dans l'ATA/1185/2018 du 
6 novembre 2018, la pratique de la chambre administrative consistant à ne pas 
percevoir d'émolument en cas de réclamation sur émolument ou indemnité devait 
être revue, notamment pour éviter que de telles réclamations ne soient formées 
avec légèreté, comme c'était le cas en l'espèce. 

10)  Par acte du 14 novembre 2019, M. A______ a élevé réclamation contre 
l'ATA/1479/2019, concluant préalablement à la récusation des juges ayant rendu 
l'arrêt précité et principalement à ce qu'aucun émolument ne soit mis à sa charge. 
La cause a été enregistrée sous numéro A/4228/2019. 

  Contrairement à sa pratique jusqu'alors constante, la chambre administrative 
avait mis un émolument à sa charge. Cette décision violait la LPA, puisqu'elle 
avait manifestement été prononcée pour le punir d'avoir formé une réclamation. 
Prévoir des frais pour la procédure de réclamation n'était pas conforme à la 
volonté du législateur et confinait à l'absurde, une réclamation en boucle pouvant 
intervenir à l'infini. Compte tenu des références à la « légèreté » de la réclamation 
et du contexte soudain et troublant ayant vu changer la pratique constante de la 
chambre administrative, les juges ayant rendu l'arrêt litigieux devaient se récuser. 
La chambre administrative avait du reste rendu divers arrêts sur réclamation en 
2019 sans changer sa pratique. 

  Le changement de pratique en cause violait l'égalité de traitement car il ne 
reposait pas sur des motifs sérieux et objectifs. On devinait que la volonté 
motivant la démarche de la chambre administrative était de réduire sa charge de 
travail, voire de punir les réclamations estimées abusives, soit rien qui autorisât à 
revenir sur une pratique séculaire (sic) comme celle en cause. L'arrêt de 2018 
avait émis la possibilité que la pratique change, sans en expliciter les motifs, et ne 
mentionnait aucunement qu'un tel changement puisse intervenir pour éviter que 
des réclamations soient formées avec légèreté ; « sauf à laisser entendre que ce 
changement serait appelé à s'appliquer à certains plus qu'à d'autres, ce que [l'on ne 
pouvait] imaginer un seul instant, un tel raisonnement pouvant alors relever de 
l'art. 312 [du Code pénal suisse du 21 décembre 1937 (CP - RS 311.0)] » 
punissant l'abus d'autorité. La chambre administrative avait procédé de façon 
abrupte à un changement de pratique, sans qu’il ait pu en être informé au 
préalable. 

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11)  La demande de récusation a été traitée par la délégation des juges de la Cour 
de justice en matière de récusation (ci-après : la délégation), sous le numéro de 
cause A/4233/2019. 

12)  Le 21 novembre 2019, le juge délégué a suspendu la cause A/4227/2019 
jusqu'à droit jugé dans la cause A/4233/2019. 

13)  Par décision du 10 février 2020, la délégation a rejeté la demande de 
récusation. 

  Le fait que les cinq juges visés par la demande n'aient pas statué en faveur 
de M. A______ et qu'ils aient appliqué une nouvelle pratique, annoncée 
antérieurement, n'avait pas à être considéré comme un indice de partialité. De 
surcroît, l'arrêt de la chambre administrative ayant été adopté à cinq juges, il ne 
pouvait être supposé d'emblée qu'il l'eût été à l'unanimité, l'opinion de chaque juge 
ne pouvant être connue en vertu du secret des délibérations. En outre, la 
composition à cinq juges était celle exigée par la loi pour un changement de 
jurisprudence. Le fait que les juges aient déposé une détermination commune ne 
faisait pas non plus naître une apparence de prévention. 

14)  Cette décision n'a pas été contestée. 

15)  Le 19 février 2020, le juge délégué a prononcé la reprise de la procédure. 

16)  Le 17 mars 2020, l'AFC-GE s'en est rapportée à justice sur le sort à donner à 
la réclamation. 

  Elle notait qu'au fond, elle avait eu gain de cause devant les instances 
cantonales, M. A______ ne voyant son recours au Tribunal fédéral admis 
partiellement qu'en raison de la prescription du rappel d'impôt pour les années 
2001 et 2002. 

17)  Le 20 mai 2020, le juge délégué a fixé aux parties un délai au 12 juin 2020 
pour formuler toutes requêtes ou observations complémentaires, après quoi la 
cause serait gardée à juger. 

18)  Aucune des parties ne s'est manifestée. 

EN DROIT 

1)  Adressée en temps utile devant la juridiction compétente, la réclamation est 
recevable de ces points de vue (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 
26 septembre 2010 - LOJ - E 2 05 ; art. 87 al. 4 LPA). 

https://intrapj/perl/JmpLex/E%202%2005

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2)  Dans l'ATF 144 I 208, le Tribunal fédéral a implicitement admis la 
conformité au droit – pourvu qu'elle soit coordonnée avec les recours déposés 
devant lui – de la procédure de réclamation sur émolument et indemnité de 
l'art. 87 al. 4 LPA, sauf dans les cas où il existe une disposition de droit fédéral 
susceptible d'entrer en conflit avec la procédure de réclamation, comme en 
matière d'assurances sociales (ATF 144 I 208 consid. 5). 

3)  Se pose néanmoins la question de savoir si une réclamation au sens de 
l'art. 87 al. 4 LPA peut être formée à l'encontre d’un arrêt sur réclamation, et non 
d'un jugement ou d'un arrêt statuant sur le fond d'un litige. 

  Le texte de la disposition ne pose pas expressément une telle limite, et les 
travaux préparatoires ne permettent guère de l'interpréter. En effet, la procédure 
de réclamation ne figurait pas dans le projet de loi initial, et il n'y a donc pas 
d'exposé des motifs la concernant (MGC 1984 14/I 1506-1507 et 1630-1632). La 
procédure de réclamation a été introduite en commission parlementaire, le rapport 
la décrivant en ces termes : « la commission a introduit une procédure de 
réclamation permettant aux parties de contester le montant des frais de procédure, 
émoluments et indemnités, dans les trente jours dès la notification de la décision. 
Cette procédure de réclamation qui se déroule auprès de la même autorité qui a 
statué, selon les règles prévues aux articles 50 et suivants de la loi, est 
analogue à la procédure d'opposition qui existe en procédure civile » 
(MGC 1985 36/III 4391). 

  Du point de vue téléologique en revanche, le but de la réclamation consiste à 
pouvoir porter devant l’autorité qui a statué des questions secondaires par le biais 
d’une procédure simplifiée, plutôt que de devoir user de la voie du recours 
ordinaire. Il ne se conçoit pas de pouvoir répéter cette étape en cas de mise à 
charge d’un émolument ou pour tout autre motif, et l’art. 87 al. 1 LPA, doit être 
interprété en ce sens. 

  La présente réclamation sur réclamation sera dès lors déclarée irrecevable 
quand bien même il pourrait être entré en matière à son sujet, elle devrait être 
rejetée pour les motifs qui suivent. 

4) a. La chambre de céans statue sur les frais de procédure, indemnités et 
émoluments dans les limites établies par règlement du Conseil d'État et 
conformément au principe de la proportionnalité (art. 87 al. 1 et 3 LPA ; 
ATA/510/2016 du 14 juin 2016 consid. 2 ; ATA/581/2009 du 10 novembre 2009 
et les références citées). 

  Selon l’art. 1 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en 
procédure administrative du 30 juillet 1986 (RFPA - E 5 10.03), les frais de 
procédure qui peuvent être mis à la charge de la partie comprennent l’émolument 
d’arrêté au sens de l’art. 2 et les débours au sens de l’art. 3. En règle générale, 

https://intrapj/perl/decis/ATA/510/2016
https://intrapj/perl/decis/ATA/581/2009

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l’émolument d’arrêté n’excède pas CHF 10'000.- (art. 2 al. 1 RFPA) ; toutefois, 
dans les contestations de nature pécuniaire, l’émolument peut dépasser cette 
somme, sans excéder CHF 15'000.- (art. 2 al. 1 RFPA).  

 b. Un principe général de procédure administrative veut que les frais soient 
supportés par la partie qui succombe et dans la mesure où elle succombe 
(René RHINOW et al., Öffentliches Prozessrecht, 2ème éd., 2014, n. 951). 

  La chambre administrative dispose d’un large pouvoir d’appréciation quant 
à la quotité de l'émolument qu’elle met à charge de la partie qui succombe. Cela 
résulte notamment de l'art. 2 al. 1 RFPA dès lors que ce dernier se contente de 
plafonner – en principe – l'émolument d'arrêté à CHF 10'000.- (ATA/1185/2018 
du 6 novembre 2018 consid. 2b ; ATA/378/2015 du 21 avril 2015 consid. 2). 

 c. Il est de jurisprudence constante que la partie qui succombe supporte une 
partie des frais découlant du travail qu’elle a généré par sa saisine (ATA/182/2018 
du 27 février 2018 consid. 2). Les frais de justice sont des contributions causales 
qui trouvent leur fondement dans la sollicitation d'une prestation étatique et, 
partant, dépendent des coûts occasionnés par le service rendu. Il est cependant 
notoire que, en matière judiciaire, les émoluments encaissés par les tribunaux 
n'arrivent pas, et de loin, à couvrir leurs dépenses effectives (ATF 143 I 227 
consid. 4.3.1 ; 141 I 105 consid. 3.3.2 ; 133 V 402 consid. 3.1). 

5)  Le réclamant estime que le changement de pratique n'avait pas été dûment 
annoncé. 

 a. La notion de pratique administrative désigne en effet la répétition constante 
et régulière dans l’application d’une norme par les autorités administratives. De 
cette répétition peuvent apparaître, comme en ce qui concerne la jurisprudence, 
des règles sur la manière d’interpréter la loi ou de faire usage d’une liberté 
d’appréciation. Elle vise notamment à résoudre de manière uniforme des questions 
de fait, d’opportunité ou d’efficacité. Cette pratique ne peut être source de droit et 
ne lie donc pas le juge, mais peut néanmoins avoir indirectement un effet 
juridique par le biais du principe de l’égalité de traitement (ATA/596/2015 du 
9 juin 2015 consid 7d et les références citées). 

 b. Un changement de pratique administrative doit reposer sur des motifs 
sérieux et objectifs, c’est-à-dire rétablir une pratique conforme au droit, mieux 
tenir compte des divers intérêts en présence ou d’une connaissance plus 
approfondie des intentions du législateur, d’un changement de circonstances 
extérieures, de l’évolution des conceptions juridiques ou des mœurs. Les motifs 
doivent être d’autant plus sérieux que la pratique suivie jusqu’ici est ancienne. 
À défaut, elle doit être maintenue (ATF 135 I 79 consid. 3 ; 132 III 770 consid. 4 ; 
127 I 49 consid. 3c ; 127 II 289 consid. 3a ; ATA/596/2015 précité).  

https://intrapj/Decis/TA/ata.tdb?L=17757&HL=

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 c.   alant pour l’ensemble de l’activité étatique, le principe de la bonne foi, 
exprimé aux art. 9 et 5 al. 3 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse 
du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101) exige que l’administration et les administrés se 
comportent réciproquement de manière loyale. En particulier, l’administration 
doit s’abstenir de toute attitude propre   tromper l’administré et elle ne saurait 
tirer aucun avantage des conséquences d’une incorrection ou insuffisance de sa 
part (ATF 138 I 49 consid. 8.3 ; 129 I 161 consid. 4 ; 129 II 361 consid. 7.1 ; 
arrêt du Tribunal fédéral 1C_18/2015 du 22 mai 2015 consid. 3). Il protège le 
citoyen dans la confiance légitime qu’il met dans les assurances reçues des 
autorités lorsqu'il a réglé sa conduite d après des décisions, des déclarations ou un 
comportement déterminé  de l administration       37 II 182 consid. 3.6.2 ; 
137 I 69 consid. 2.5.1). La protection de la bonne foi ne s’applique pas si 
l’intéressé  connaissait l’inexactitude de l’indication ou aurait pu la connaître en 
consultant simplement les dispositions légales pertinentes (ATF 135 III 489 
consid. 4.4 ; 134 I 199 consid. 1.3.1).  

  En matière de changement de pratique, le Tribunal fédéral a ainsi jugé que 
la modification d’une jurisprudence relative aux conditions de recevabilité d’un 
recours ne doit pas intervenir sans avertissement, si elle provoque la péremption 
d’un droit (ATF 140 I  74 consid. 4.2). 

6)  En l'espèce, le changement de pratique a été annoncé dans l'ATA/1185/2018 
au consid. 8 ainsi que dans l’ATA/897/2019 du 14 mai 2019 au consid. 8 et dans 
l’ATA/1478/2019 au consid. 6. Ces arrêts indiquent expressément que la pratique 
de la chambre administrative consistant à ne pas prélever d'émolument lorsqu'elle 
statue sur réclamation pourrait être amenée à changer, et que cela dépendrait des 
circonstances particulières du cas. La chambre de céans a par la suite plusieurs 
fois mentionné, lorsqu'elle ne prélevait pas d'émolument, qu'elle agissait ainsi 
selon sa pratique courante – et non plus selon sa pratique constante. Le 
changement de pratique ne consiste en outre ici pas à prélever systématiquement 
un émolument, mais seulement dans certains cas, comme cela est par exemple 
prévu en matière d'assurances sociales à l'art. 89H al. 1 LPA. 

  Quoi qu'il en soit, le changement de pratique litigieux porte sur le 
prélèvement de frais de justice ; s'il impose au réclamant une obligation nouvelle, 
il ne provoque en rien la péremption d'un droit et n'a en particulier pas conduit à 
une déclaration d'irrecevabilité de sa réclamation. 

  Le grief devait ainsi être écarté. 

7)  S'agissant de la pertinence du changement de pratique – laquelle est en 
l'occurrence longue mais ne peut par définition être séculaire, le Tribunal 
administratif ayant précédé la chambre de céans n'ayant été créé qu'en 1971 –, 
force est de constater que l'art. 87 al. 1 LPA ne fait pas de différence entre les 
types de procédure, et que la gratuité instaurée par la pratique de la chambre de 

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céans ne repose que sur la volonté de ne pas alourdir la procédure, notamment 
pour le justiciable qui cherche simplement à faire constater une erreur dans le 
prononcé ou la répartition des frais et indemnités de procédure (ATA/633/2020 du 
30 juin 2020 ; ATA/450/2020 du 7 mai 2020 ; ATA/1594/2019 du 
29 octobre 2019 ; ATA/932/2019 du 21 mai 2019 ; ATA/824/2016 du 
4 octobre 2016). Ledit changement fait suite à une recrudescence du nombre de 
réclamations sur émoluments et indemnités, et est ainsi dicté par un changement 
de circonstances extérieures. 

  Plus spécifiquement, la décision attaquée met un émolument à la charge du 
réclamant en raison de la légèreté de sa réclamation, dès lors qu’il contestait 
l'usage de la répartition choisie par le Tribunal fédéral alors même qu’elle lui était 
favorable, et qu’il mettait en cause sans motifs particuliers le montant de 
l'indemnité retenue. La décision de prévoir un émolument était donc en l'espèce 
pleinement justifiée. 

  Le grief devait par conséquent être également écarté. 

8)  Dans la mesure où la présente réclamation met en cause le premier 
émolument issu du changement de pratique dénoncé, il n'y a pas lieu de prélever 
un émolument pour la présente procédure (art. 87 al. 1 LPA), et aucune indemnité 
de procédure ne sera allouée vu notamment l'issue du litige (art. 87 al. 2 LPA). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

déclare irrecevable la réclamation formée par Monsieur A______ le 14 novembre 2019 
contre l'arrêt de la chambre administrative de la Cour de justice du 8 octobre 2019 ; 

dit qu'il n'est pas perçu d'émolument, ni alloué d'indemnité de procédure ; 

dit que conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ; 

- 11/11 - 

A/4228/2019 

communique le présent arrêt à Me Romain Jordan, avocat du réclamant, à 
l'administration fiscale cantonale ainsi qu'à l'administration fédérale des contributions. 

Siégeant : Mme Payot Zen-Ruffinen, présidente, Mme Krauskopf, MM. Verniory, et 
Mascotto, Mme Tombesi, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

S. Hüsler Enz 
 

 la présidente siégeant : 
 
 

F. Payot Zen-Ruffinen 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :