# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** cdcb9e3b-391b-5a41-b20b-f7fa66e84b22
**Source:** Jura (JU)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-06-03
**Language:** fr
**Title:** Jura Tribunal Cantonal Cour civile 03.06.2016 CC 2015 117
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/JU_Gerichte/JU_TC_002_CC-2015-117_2016-06-03.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DU JURA
TRIBUNAL CANTONAL
COUR CIVILE

CC 117 / 2015 

Président : Jean Moritz
Juges : Daniel Logos et Gérald Schaller
Greffière : Nathalie Brahier

ARRET DU 3 JUIN 2016

en la cause liée entre

Epoux A.,
- représentés par Me Jérôme Fer, avocat à La Chaux-de-Fonds,

recourants,

et

B. SA, c/o Fiduciaire C. SA,
- représentée par Me Claude Jeannerat, avocat à Delémont,

intimée,

relative à la décision de la juge civile du Tribunal de première instance du 19 novembre 
2015.

________

CONSIDÉRANT

En fait :

A. Les époux A. (ci-après : les recourants) ont conclu, le 26 novembre 2007, un contrat 
d'entreprise générale avec B. SA (ci-après : l'intimée) portant sur la construction de 
leur maison familiale à U.

B.
B.1. Le 18 août 2011 (dossier TPI p. 2ss), l'intimée a actionné les recourants en paiement 

d'une somme de CHF 51'294.70 fondée sur le décompte final des travaux de 
construction et des frais annexes non compris dans le contrat forfaitaire.

B.2. Les recourants s'y sont opposés et ont conclu, à titre reconventionnel, à la 
condamnation de l'intimée au paiement de tel montant à dire d'expert et de justice à 
titre de réduction du prix de l'ouvrage et de dommages-intérêts et au prononcé de la 
mainlevée définitive de l'opposition formée par l'intimée au commandement de payer 

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pour le montant de CHF 300'000.- ou tout montant correspondant à la condamnation 
de celle-ci, avec intérêts à 5 % dès le 22 octobre 2009 (dossier TPI p. 51ss).

Les recourants allèguent en substance que les travaux ont pris un retard considérable 
et que l'ouvrage inachevé présente des défauts majeurs leur causant ainsi un 
préjudice non négligeable.

B.3. Dans le cadre de l'instruction de la procédure, une expertise judiciaire a été ordonnée 
par la juge civile (dossier TPI p. 163). Dans son rapport du 2 août 2013 (dossier TPI 
p. 268ss), l'expert aboutit à la conclusion que la maison présente quelques défauts 
de conception dans certaines de ses parties, des défauts de construction ou des 
finitions peu convaincantes. Il estime la moins-value occasionnée par ceux-ci à 
environ CHF 60'000.- et les travaux réalisés hors contrat forfaitaire à CHF 23'375.55. 
L'expert a encore précisé et complété son rapport lors de l'audience du 11 juin 2014 
subséquente (dossier TPI p. 408ss). Un nouveau rapport d'expertise du 13 mars 2015 
(dossier TPI p. 462ss) a été rendu afin d'examiner les éventuelles dégradations dont 
la moins-value est estimée à environ CHF 7'500.- depuis les dernières mesures 
d'instruction, à son tour complété le 22 juin 2015 (dossier TPI p. 507ss).

B.4. Lors de son audition par la juge civile le 5 novembre 2015 (dossier TPI p. 520), le 
recourant s'est mis à pleurer après avoir expliqué qu'il était impossible d'envisager 
les réparations de l'ouvrage car ils ne disposent pas des fonds nécessaires. Quant à 
la recourante, elle a déclaré que son mari est au bénéfice de l'assurance-invalidité et 
qu'en ce qui la concerne, elle ne va pas du tout. En effet, elle a perdu son deuxième 
enfant il n'y a pas longtemps sans en connaître les raisons. Un procès est en cours 
pour déterminer si l'enfant a été empoisonné. Elle précise en outre suivre un 
traitement médical pour cette affaire.

A l'issue d'une suspension d'audience et après discussion, les parties ont signé une 
convention aux termes de laquelle l'intimée reconnaît devoir un capital de 
CHF 76'000.- aux recourants résultant de dommages survenus dans le cadre de 
l'exécution d'un contrat d'entreprise pour leur villa, étant précisé que cette 
reconnaissance se fonde sur l'expertise judiciaire (ch. 1). L'intimée cède, dès le 
5 novembre 2015, tous les droits et garanties découlant des contrats conclus en sa 
qualité d'entrepreneur général avec les différents artisans ayant contribué à la 
construction de l'ouvrage des recourants (ch. 2). Ces derniers entreprendront sans 
délai les réfections de leur immeuble en s'adressant aux artisans concernés par les 
défauts mis en évidence par l'expertise judiciaire, en faisant valoir la garantie des 
défauts affectant l'ouvrage. Pour le cas où cette garantie ne pourrait être mise en 
œuvre, l'intimée en répondra jusqu'à concurrence du capital de CHF 76'000.- 
mentionné ci-dessus (ch. 3). Afin de permettre aux recourants d'effectuer les travaux 
de réfection de l'immeuble avec une direction des travaux qu'ils choisiront, l'intimée 
reconnaît leur devoir une somme de CHF 25'000.- payable dans les 30 jours (ch. 4). 
Vu l'arrangement qui précède, les recourants retirent la plainte pénale qu'ils ont 
déposée contre les représentants de l'intimée, avec l'accord de ces derniers (ch. 5). 
Les parties retireront également les poursuites encore ouvertes pour cette affaire 

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auprès de l'Office des poursuites de U. (ch. 6). Les frais judiciaires sont partagés par 
moitié et les dépens sont compensés (ch. 7).

Il sied en outre de préciser que le recourant a signé tant le procès-verbal de son 
interpellation que la convention "au nom de tous, A.", en sus de son épouse.

C.
C.1. Par courriel du 9 novembre 2015, confirmé par courriers des 11 et 12 novembre 2015 

(dossier TPI p. 524s, 529s et 532), le mandataire des recourants de l'époque, a avisé 
la Juge civile que ses mandants désirent déposer une action en révision de la décision 
de la Juge civile prenant acte de la convention aux motifs qu'ils ne se trouvaient pas, 
lors de l'audience, dans un état psychologique leur permettant d'apprécier la portée 
de l'accord signé et qu'ils auraient souhaité disposer d'un délai de réflexion pour dire 
s'ils l'acceptaient. Il informe au surplus que si la procédure devait continuer, il ne 
représentera plus les recourants.

C.2. L'intimée s'est prononcée par courrier du 17 novembre 2015, concluant au rejet de la 
demande en révision faute de preuve de l'absence de discernement. Elle précise que 
lorsque la convention est le résultat de concessions réciproques, ce qui est le cas en 
l'espèce, le juge doit se montrer très restrictif dans l'admission des conditions 
d'invalidation.

C.3. Dans sa décision du 19 novembre 2015, la juge civile a rejeté l'action en révision des 
recourants aux motifs que le procès est pendant depuis le 18 août 2011, a donné lieu 
à la mise en œuvre d'une administration de preuves très conséquente s'étendant sur 
plusieurs années et que la dernière audience a été citée le 25 juin 2015, de manière 
à permettre aux parties de se préparer pour plaider l'affaire qui allait être jugée le 
5 novembre 2015, ce dont elles ont été informées en recevant leur citation. 
L'audience en question a duré près de trois heures, dont plus de deux ont été 
consacrées à la recherche d'un compromis sur demande des deux parties. Les 
recourants étaient assistés d'un mandataire professionnel avec lequel ils ont eu 
l'occasion de s'entretenir durant une longue suspension d'audience et qu'ils pouvaient 
donc parfaitement se rendre compte de la portée de l'engagement. En outre, ils n'ont 
à aucun moment sollicité des compléments de preuve ni invoqué des éléments 
pertinents pouvant permettre le renvoi du jugement de la cause si un tel jugement 
avait dû être rendu. Finalement, les recourants n'établissent ni ne rendent 
vraisemblable qu'ils subissent un préjudice résultant de la conduite du procès ou de 
la transaction passée de sorte que, dans ces circonstances, aucun vice du 
consentement n'est établi.

D. Par mémoire du 23 décembre 2015, les recourants, par le biais de leur nouveau 
mandataire Me Jérôme Fer, ont recouru contre la décision du 19 novembre 2015 de 
la juge civile du Tribunal de première instance. Ils concluent à la recevabilité de leur 
appel, subsidiairement recours, au constat de la nullité de la transaction judiciaire du 
5 novembre 2015 en raison de l'incapacité de discernement des recourants au 
moment de sa conclusion, à ce que la demande de révision du 10 novembre 2015 

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soit déclarée bien fondée et à l'annulation de la décision attaquée, au renvoi de la 
cause au Tribunal de première instance pour qu'il reprenne la procédure au stade de 
la transaction annulée, sous suite des frais et dépens.

En préambule, les recourant soutiennent que la voie de l'appel est ouverte contre la 
décision de la juge civile, le texte légal ne devant pas s'interpréter littéralement. Sur 
le fond, les recourants allèguent que la juge civile devait examiner d'office s'ils 
disposaient de la capacité de discernement au moment de l'audience du 5 novembre 
2015. La Juge civile aurait dû en effet éprouver des doutes sur ce point notamment 
par le fait qu'ils étaient en pleurs et ont demandé quelques jours de réflexion pour 
ratifier la convention. La signature du recourant "au nom de tous" aurait également 
dû attirer son attention sur le fait qu'il avait fini par signer sous la contrainte. La juge 
civile a, au contraire, refusé de leur accorder un délai supplémentaire leur faisant 
même comprendre qu'elle jugerait dans un sens moins favorable que la convention. 
A réception de la demande en révision, la juge aurait dû, à nouveau, examiner d'office 
si les recourants étaient capables de discernement au moment de la signature de 
l'accord du 5 novembre 2015. Si elle avait interpellé leurs médecins traitants, elle 
aurait pu se rendre compte que tel n'était pas le cas, ainsi que cela ressort de l'avis 
des Drs D. et E. produit en procédure de recours, preuve par ailleurs recevable en 
procédure de recours. 

E. Par mémoire de réponse du 24 février 2016, l'intimée a conclu au débouté des 
recourants de toutes leurs conclusions, partant à la confirmation du jugement attaqué, 
sous suite des frais et dépens.

Pour l'essentiel, l'intimée conteste que les recourants aient fait l'objet de pressions 
dans le but de leur faire signer la convention, que ce soit de la part de la juge ou des 
mandataires des parties. Les recourants se sont exprimés longuement sur leurs 
revendications et ont signé la transaction en parfaite connaissance de cause. Leur 
accord est intervenu après que de nombreuses explications leur ont été fournies par 
la juge et leur mandataire. La convention est le fruit de concessions réciproques. 
S'agissant des certificats médicaux produits, il s'agit de novas qui étaient susceptibles 
d'être produits avec la demande en révision et non recevables au stade de l'appel. 
En tout état de cause, ces certificats, basés sur les seules déclarations des 
recourants, ne sont pas probants. 

F. Il sera revenu ci-après en tant que besoin sur les autres éléments du dossier.

En droit : 

1.
1.1. La Cour civile est compétente pour connaître des recours et appels formés contre les 

décisions du juge civil de première instance (art. 4 LiCPC).

1.2. Aux termes de l'article 332 CPC, la décision sur la demande en révision peut faire 
l'objet d'un recours. 

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Selon la majorité de la doctrine, il s'agit là d'un recours au sens strict (fondé sur les 
articles 319 ss CPC), indépendamment de la valeur litigieuse qui est en cause. 
L'article 332 CPC ne s'applique toutefois qu'aux décisions sur l'admissibilité de la 
révision et non à celles, au fond, qui pourraient être prises ultérieurement lorsque la 
révision est admise, ces dernières demeurant sujettes à appel ou recours en fonction 
de la valeur litigieuse ou de la nature de la décision dont la révision est demandée. 
Sont ainsi toujours soumises au recours les décisions finales qui déclarent irrecevable 
ou infondée la demande de révision, ainsi que les décisions incidentes, rendues 
séparément et avant la nouvelle décision sur le fond, qui admettent le principe de la 
révision (dans ce sens : STERCHI, Berner Kommentar ZPO, 2012, n. 4 ad art. 332 
CPC ; FREIBURGHAUS/AFHELDT, in Kommentar zur ZPO, 2e éd., 2013, n. 10 ad. art. 
332 CPC et n. 7 ad art. 333 CPC ; SCHWANDER, ZPO Kommentar, 2011, n. 6 ad art. 
332 CPC et n. 14 ad art. 333 CPC ; HERZOG, Basler Kommentar ZPO, 2e éd., 2013, 
n. 1 ad art. 332 CPC ; BOHNET, Procédure civile, 2014, p. 393ss ; HOHL, Procédure 
civile, tome II, 2010, n. 2537ss, p. 456 ; JEANDIN/PEYROT, Précis de procédure civile, 
2015, n. 823 p. 307 ; contra : SCHWEIZER, in CPC, Code de procédure civile 
commenté, 2011, n. 4s ad art. 332 CPC).

En l'espèce, il y a lieu de suivre l'avis de la doctrine majoritaire, conforme au texte 
légal, qui tient compte du caractère extraordinaire de la voie de la révision, et de 
considérer que c'est le recours de l'article 319 CPC qui est ouvert contre la décision 
attaquée, rejetant la demande en révision.

Il en résulte que l'appel est irrecevable et doit être traité comme un recours, au vu en 
particulier de l'indication erronées des voies de recours dans la décision attaquée 
(principe de conversion ; cf. par analogie TF 5A_716/2012 du 3 décembre 2012 
consid. 1.4 ; ATF 134 III 379 consid. 1.2 ; JEANDIN, op. cit., n. 7 ad art. 312 CPC).

1.3. Pour le surplus, interjeté dans les forme et délai légaux, il y a lieu d'entrer en matière 
sur le présent recours. 

2. A l'appui de leur recours, les recourants produisent un courrier de leur ancien 
mandataire daté du 3 décembre 2015, ainsi qu'une attestation des Services 
psychiatriques (…) du 11 décembre 2015 selon laquelle ils n'étaient pas en capacité 
de pouvoir refuser de signer la convention discutée lors de l'audience du 5 novembre 
2015. Ils soutiennent que cette dernière pièce est recevable en procédure de recours. 

2.1 En procédure de recours au sens strict, la cognition de la Cour civile est pleine et 
entière en droit. En revanche, s'agissant des faits, elle est limitée à leur constatation 
manifestement inexacte (art. 320 CPC). Selon l'article 326 al. 1 CPC, les conclusions, 
les allégations de faits et les preuves nouvelles sont irrecevables. Cette disposition 
qui prohibe notamment la prise en compte des faits et moyens de preuve nouveaux 
doit être rapprochée de l'article 99 LTF d'une teneur comparable et qui interdit aux 
parties de faire valoir des faits qu'elles ont négligé d'alléguer ou de prouver en temps 
utile, respectivement de présenter des pièces qu'elles ont négligé de produire devant 
l'autorité précédente (cf. CORBOZ, in Commentaire de la LTF, 2ème éd. 2014, n. 14 et 

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17 ad art. 99). L'impossibilité d'invoquer des faits nouveaux et de présenter des 
preuves nouvelles dans un recours est totale ; cette prohibition s'applique quelle que 
soit la nature de la procédure et vaut ainsi même dans celle soumise à la maxime 
inquisitoire (TF 5A_405/2011 du 27 septembre 2011 consid. 4.5.3 non publié in ATF 
137 III 470 et réf. cit.). Contrairement à l'avis des recourants qui se fondent sur une 
jurisprudence grisonne (KGer/GR du 5 janvier 2015, consid. 2b, résumé et traduite in 
CPC on line ad art. 326), le Tribunal fédéral considère que le principe de l'examen 
d'office des motifs de nullité, lesquels peuvent être invoqués en tout temps, ne signifie 
pas que de nouveaux moyens de preuve sont admissibles dans tous les cas. En 
particulier, il n'y a pas de raison de s'écarter de l'article 99 LTF lorsqu'est invoquée la 
nullité d'une convention de droit privé, de telle sorte que les nouveaux moyens de 
preuve sont inadmissibles (cf. TF 5A_482/2014 du 14 janvier 2015 consid. 5 ; 
4A_69/2009 du 8 avril 2009 consid. 3.2).

2.2 Il résulte de ce qui précède que les pièces produites dans la présente procédure de 
recours sont irrecevables, ce quand bien même elles ont pour but d'établir l'incapacité 
de discernement des recourants, respectivement la nullité de la transaction judiciaire. 
On relèvera par ailleurs que les recourants ont demandé la révision de la transaction 
judiciaire passée à l'audience du 5 novembre 2015 au motif notamment que leur état 
psychologique ne leur permettait pas d'apprécier la portée de l'accord auquel ils ont 
souscrits. Lors même qu'ils n'ont pas invoqué formellement la nullité de cet accord, 
en fondant leur demande de révision sur la base de l'article 328 al. 1 litt. c CPC, 
singulièrement en faisant valoir que la transaction judiciaire n'est pas valable, ils se 
devaient de produire, devant la juge de première instance, les pièces qui se trouvaient 
alors en leur possession, à savoir les attestations médicales du 11 décembre 2015 
faisant suite à leur consultation au Service psychiatrique (…) le 6 novembre 2015, 
lesquelles attesteraient, selon eux, leur incapacité de discernement. Ces moyens de 
preuve qui auraient pu être produits en première instance ne sont dès lors pas 
recevables dans la présente procédure de recours. 

3. Les recourants allèguent que la juge civile aurait dû examiner d'office leur capacité 
de discernement dès lors que plusieurs éléments auraient dû l'amener à en douter. Il 
en va notamment du fait que le recourant était en pleurs, qu'ils n'arrivaient pas à 
prendre une décision ferme, allant même jusqu'à demander quelques jours de 
réflexion, et que le recourant a signé "au nom de tous", ce qui aurait dû attirer son 
attention sur le fait qu'il avait fini par signer sous la contrainte.

3.1. Aux termes de l'article 18 CC, les actes de celui qui est incapable de discernement 
n'ont pas d'effet juridique. Ils sont par conséquent nuls de plein droit et cette nullité 
peut être invoquée en tout temps et par toute personne (BIGLER-EGGENBERGER, in 
Basler Kommentar ZGB I, 2015, n° 6 ad art. 18). Selon l'article 16 CC, est capable de 
discernement toute personne qui n'est pas dépourvue de la faculté d’agir 
raisonnablement à cause de son jeune âge, ou qui n’en est pas privée par suite de 
maladie mentale, de faiblesse d’esprit, d’ivresse ou d’autres causes semblables. 

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3.2. Cette notion comporte deux éléments : un élément intellectuel, la capacité d'apprécier 
le sens, l'opportunité et les effets d'un acte déterminé, et un élément volontaire ou 
caractériel, la faculté d'agir en fonction de cette compréhension raisonnable, selon sa 
libre volonté (ATF 134 II 235 consid. 4.3.2 ; 124 III 5 consid. 1a ; 117 II 231 consid. 
2a p. 232 et les références). La capacité de discernement est relative : elle ne doit 
pas être appréciée dans l'abstrait, mais concrètement, par rapport à un acte 
déterminé, en fonction de sa nature et de son importance, les facultés requises devant 
exister au moment de l'acte (TF 5A_81/2015 du 28 mai 2015 consid. 4.1). L'état dans 
lequel se trouvait une personne lorsqu'elle a accompli un acte juridique relève des 
constatations de fait (ATF 111 V 58 consid. 3c ; TF 4A_542/2012 du 24 janvier 2013 
consid. 2.4). C'est en revanche une question de droit que de savoir si l'on peut tirer 
des constatations de fait, telles que l'état de santé mentale et les troubles qui lui sont 
liés, ou la capacité de s'opposer à des tentatives d'influence, la conclusion que 
l'intéressé était capable de discernement (TF 6B_869/2010 du 16 septembre 2011 
consid. 4.4).

3.3. La preuve de la capacité de discernement pouvant se révéler difficile à apporter, la 
pratique considère que celle-ci doit en principe être présumée, sur la base de 
l'expérience générale de la vie (ATF 134 II 235 consid. 4.3.3 ; 124 III 5 consid. 1b ; 
117 II 231 consid. 2b). Celui qui en allègue l'absence doit prouver l'incapacité de 
discernement au stade de la vraisemblance prépondérante (TF 4A_542/2012 du 
24 janvier 2013 consid. 2.4 et les réf. citées). Cette présomption n'existe toutefois que 
s'il n'y a pas de raison générale de mettre en doute la capacité de discernement de 
la personne concernée. En revanche, lorsqu'une personne est atteinte de déficience 
mentale ou de troubles psychiques, l'incapacité de discernement est présumée, car 
cette personne doit généralement être considérée, d'après l'expérience générale de 
la vie, comme étant selon une vraisemblance prépondérante, dépourvue, en principe, 
de discernement (ATF 134 II 235 consid. 4.3.3 et les références). Toute atteinte à la 
santé mentale ne permet pas de présumer l'incapacité de discernement. Il faut que 
cette atteinte crée une dégradation durable et importante des facultés de l'esprit 
(TF 5A_859/2014 du 17 mars 2015 consid. 4.1.2 in fine et la référence). 

3.4. En l'espèce, la litispendance a débuté le 18 août 2011. Une conséquente 
administration de preuves a eu lieu, comportant notamment deux audiences les 
8 mars 2012 et 11 juin 2014, ainsi que de nombreuses déterminations écrites des 
parties. Il en découle que ces dernières étaient pleinement conscientes des enjeux 
de la procédure, en particulier de l'audience du 5 novembre 2015 ayant abouti à la 
conclusion de la transaction contestée. Il ressort du procès-verbal de ladite audience, 
plus précisément de l'interpellation du recourant, qu'il était à même de comprendre 
les tenants et aboutissants de la procédure, s'exprimant sur les prétentions 
réclamées, listant un certain nombre de défauts affectant son bien immobilier et 
déposant également de nouveaux moyens de preuve. Ce n'est qu'au terme de son 
interpellation qu'il se met à pleurer lorsqu'il est question de leur situation financière. 
Quant à la recourante, elle explique que son mari est au bénéfice de l'assurance-
invalidité et qu'en ce qui la concerne, elle ne va pas du tout car elle a perdu son 
deuxième enfant et suit un traitement médical pour cela. Pour le reste, il ne ressort 

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pas des éléments au dossier que la juge civile aurait été nantie d'un éventuel 
problème psychique des recourants allant au-delà du suivi médical allégué par la 
recourante. Les raisons de l'invalidité du recourant ne ressortent également pas du 
dossier. Ces seuls éléments parlent ainsi certes en faveur d'une certaine émotivité, 
voire fragilité des recourants, sans que l'on ne puisse pour autant retenir ou avoir des 
doutes quant à leur capacité de discernement lors de l'audience du 5 novembre 2015. 

Il sied par ailleurs de constater que les recourants admettent avoir consenti au 
principe d'un arrangement après leur interpellation et ce, nonobstant de prétendues 
questions déplacées (cf. ch. 7 du mémoire de recours). Les parties ont ensuite eu la 
possibilité de s'entretenir séparément avec leur mandataire respectif, puis avec la 
juge civile. Rien au dossier ne permet d'établir que la juge civile, leur mandataire et 
celui de l'adverse partie aient exercé des pressions à leur encontre. Les recourants 
étaient assistées d'un mandataire professionnel dont les actes extérieurs n'ont jamais 
laissé entrevoir des agissements contraires aux intérêts de ses mandants. Au vu des 
pièces au dossier, rien ne permet de tenir pour avéré que la juge civile a excédé les 
pouvoirs qui lui sont conférés dans le cadre d'une transaction judiciaire. En effet, le 
montant arrêté dans la convention, bien qu'inférieur aux prétentions des recourants, 
correspond environ au montant du coût de réfection des défauts tels qu'évalué dans 
l'expertise du 2 août 2013 et son complément du 13 mars 2015. Il ne tient en outre 
pas compte des prestations effectuées hors forfait évaluées à CHF 23'375.55 par 
l'expert. La convention proposée n'apparait ainsi pas inéquitable ou disproportionnée. 
S'agissant finalement de la signature du recourant "au nom de tous", celle-ci peut 
faire l'objet de diverses interprétations sans qu'on puisse retenir, au stade de la 
vraisemblance prépondérante, que le recourant a signé sous la contrainte. 

Au vu de ce qui précède, aucun élément au dossier ne permet de retenir que la juge 
civile aurait dû avoir des doutes quant à la capacité de discernement des recourants, 
doutes propres à renverser la présomption. 

3.5. Les recourants font également grief à la juge civile de ne pas avoir instruit d'office sur 
la question de l'incapacité de discernement lorsqu'elle a été saisie de la demande en 
révision. 

En l'espèce, comme examiné ci-dessus, faute de doutes suffisants, il incombait aux 
recourants cherchant à invalider la transaction pour cause d'incapacité de 
discernement de la prouver et de produire les pièces nécessaires à cette fin en temps 
utile. Il ressort du reste du courriel du mandataire des recourants du 9 novembre 2015 
(dossier CIV p. 524) que ces derniers entendaient revenir sur la transaction dès lors 
qu'ils n'avaient pas eu assez de temps pour réfléchir et que la nuit leur avait porté 
conseil. Ils ne font à ce stade ni état du rendez-vous médical qu'ils ont eu le 
6 novembre 2015 ni d'une prétendue incapacité de discernement. Dans leur demande 
en révision du 10 novembre 2015, les recourants allèguent uniquement qu'ils étaient 
dans un état psychologique qui ne leur a pas permis d'apprécier la portée de leur 
accord. Ils ne font toutefois toujours pas état du rendez-vous médical et ne produisent 
aucune pièce à l'appui de leur dire. Dans ces circonstances, on ne voit pas ce qui 

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aurait dû conduire la juge civile à examiner d'office la capacité de discernement des 
recourants lors de la signature de la convention.

4. Il résulte de ces motifs que le recours doit être rejeté.

5. Au vu de ce qui précède, les frais de la procédure de recours et les dépens de l'intimée 
doivent être mis à la charge des recourants qui succombent (art. 106 al. 1 CPC). 

PAR CES MOTIFS 

LA COUR CIVILE

rejette

le recours ; 

met

les frais de la procédure de recours par CHF 750.- à la charge des recourants, et les prélève 
l'avance effectuée ; 

condamne

les recourants à verser à l'intimée une indemnité de dépens de CHF 1'362.95 (y compris 
débours par CHF 47.- et TVA par CHF 100.95) pour la présente procédure de recours ;

informe

les recourants des voie et délai de recours selon avis ci-après ;

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ordonne

la notification du présent arrêt :
- aux recourants, par leur mandataire, Me Jérôme Fer, avocat à La Chaux-de-Fonds ;
- à l'intimée, par son mandataire, Me Claude Jeannerat, avocat à Delémont ;
- à la juge civile du Tribunal de première instance, Le Château, 2900 Porrentruy.

Porrentruy, le 3 juin 2016 

AU NOM DE LA COUR CIVILE
Le président : La greffière :

Jean Moritz Nathalie Brahier

Communication concernant les moyens de recours :

Un recours en matière civile peut être déposé contre le présent jugement auprès du Tribunal fédéral, 
conformément aux dispositions de la loi sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), en particulier aux art. 42, 72 ss. 
et 90 ss. LTF, dans un délai de 30 jours à partir de la date où ce jugement vous a été notifié (art. 100 LTF). Ce 
délai ne peut pas être prolongé (art. 47 al. 1 LTF). 

Le mémoire de recours sera adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Il doit indiquer les conclusions, les 
motifs et les moyens de preuve, et être signé. Le recourant doit exposer succinctement en quoi l'acte attaqué viole 
le droit (art. 42 al. 2 LTF). Le recourant ne peut critiquer les constatations de fait que si les faits ont été établis de 
façon manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l’art. 95, et si la correction du vice est susceptible 
d’influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF).

Le présent jugement et les pièces invoquées comme moyens de preuve en possession du recourant doivent être 
joints au mémoire (art. 42 al. 3 LTF).

Valeur litigieuse
La Cour civile considère que la valeur litigieuse est supérieure à CHF 30'000.-.