# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c4857920-e261-52f0-9bcb-ae7a34b22c3c
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2017-08-02
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 02.08.2017 D-5161/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-5161-2015_2017-08-02.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour IV 

D-5161/2015 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  2  a o û t  2 0 1 7  

Composition 
 Claudia Cotting-Schalch (présidente du collège),  

Jean-Pierre Monnet, Daniela Brüschweiler, juges, 

Diane Melo de Almeida, greffière. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

Afghanistan,   

représenté par (…),  

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM;  

anciennement Office fédéral des migrations, ODM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile (non-entrée en matière / procédure Dublin) et renvoi ; 

décision du SEM du 12 août 2015 / N (…). 

 

 

 

D-5161/2015 

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Faits : 

A.  

Le (…) A._______ a déposé une demande d’asile en Suisse.  

B.  

Les investigations entreprises par le Secrétariat d’Etat aux migrations (ci-

après : le SEM), sur la base d’une comparaison dactyloscopique avec 

l'unité centrale du système européen Eurodac, ont permis d’établir que 

les empreintes digitales de l’intéressé ont été relevées en B._______ le 

(…), ainsi qu’en Hongrie, (…), date à laquelle il a également déposé une 

demande d’asile dans ce pays.  

C.  

Entendu le (…) sur ses données personnelles (audition sommaire) 

A._______ a notamment expliqué avoir quitté l’Afghanistan au mois (…). 

Lors de son périple, ses empreintes digitales auraient été relevées dans 

un pays lui étant inconnu. Par la suite, il serait arrivé en Hongrie, où ses 

empreintes digitales auraient également été prises, de force. Il serait 

demeuré trois jours dans ce pays, durant lesquels il aurait été 

emprisonné. Il aurait quitté la Hongrie dès sa sortie de prison pour arriver 

en Suisse en (…).  

D.  

Le (…), un droit d’être entendu a été octroyé à A._______, concernant, 

d’une part, les résultats de l’examen médical effectué le (…) dans le but 

de déterminer son âge et, d’autre part, son éventuel transfert vers la 

Hongrie, pays potentiellement responsable pour l’examen de sa demande 

d’asile.  

E.  

Le (…), le SEM a soumis aux autorités hongroises compétentes une 

requête aux fins de reprise en charge de l'intéressé, fondée sur l'art. 18 

par. 1 let. b du règlement (UE) no 604/2013 du Parlement européen et du 

Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de 

détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande 

de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un 

ressortissant de pays tiers ou un apatride (refonte) (JO L 180/31 du 

29.6.2013; ci-après: règlement Dublin III).  

A cette occasion, le Secrétariat d’Etat a également invité dites autorités à 

lui communiquer la date de naissance indiquée par A._______ lors du 

dépôt de sa demande d’asile en Hongrie.  

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Page 3 

F.  

Les autorités hongroises n’ont pas donné suite à cette requête dans le 

délai de deux semaines imparti à l’art. 25 par. 1 du règlement Dublin III.  

G.  

Par décision du 12 août 2015, notifiée le (…) suivant, le SEM, se fondant 

sur l’art. 31a al. 1 let. b LASi (RS 142.31), n’est pas entré en matière sur 

la demande d’asile de A._______, a prononcé son renvoi (recte : 

transfert) de Suisse vers la Hongrie et ordonné l'exécution de cette 

mesure, constatant l'absence d'effet suspensif à un éventuel recours.  

H.  

L’intéressé a interjeté recours contre cette décision le (…) 2015 (date du 

sceau postal) auprès du Tribunal administratif fédéral (ci-après : le 

Tribunal). A titre préalable, il a demandé l’octroi de l’effet suspensif 

(art. 107a al. 2 LAsi) ainsi que l’assistance judiciaire partielle (art. 65 al. 1 

PA) et conclu, à titre principal, à l’annulation de la décision précitée et à 

l’entrée en matière sur sa demande d’asile.  

I.  

Par ordonnance du (…) 2015, le Tribunal a suspendu l’exécution du 

renvoi, à titre de mesure provisionnelle (art. 56 PA).  

J.  

Le (…) 2015, le Tribunal a octroyé l’effet suspensif au recours et admis la 

demande d’assistance judiciaire partielle.  

K.  

Le (…) 2015, le recourant a produit un certificat médical établi par la 

docteure responsable (…).  

L.  

Le Tribunal a invité le SEM à se déterminer sur le recours, par 

ordonnance du (…). Celui-ci a répondu le (…) 2015, en en préconisant le 

rejet. L’intéressé s’est prononcé sur dite détermination le (…) 2015, 

indiquant notamment qu’il entendait produire plusieurs certificats 

médicaux.  

M.  

Le (…) 2015, (un établissement hospitalier9 a fait parvenir au Tribunal un 

certificat médical concernant l’état de santé psychique de A._______.  

D-5161/2015 

Page 4 

N.  

Par courriers des (…) 2015, du (…) 2016, et du (…) 2016, l'intéressé a 

adressé au Tribunal plusieurs documents médicaux.  

O.  

Le (…) 2016, il a informé le Tribunal qu’il avait demandé au SEM la 

rectification des données SYMIC, en lien avec son âge. Il a en outre 

précisé que le Secrétariat d’Etat lui avait indiqué ne pas pouvoir se saisir 

de cette requête, compte tenu de la procédure de recours pendante par 

devant le Tribunal.  

P.  

Par écrit du (…) 2017, le recourant a indiqué au Tribunal que le couple 

l’accueillant (…) avait initié une procédure en vue de son adoption. 

Toutefois, en raison des données contenues sur SYMIC, lesquelles 

indiquent qu’il est né le 1er janvier 1997 (et donc majeur), son adoption ne 

serait pas possible. Par conséquent, il souhaiterait ajouter une conclusion 

à son recours, tendant à ce que l’autorité de première instance modifie 

les données SYMIC pour y introduire la date du (…) 1999 comme celle 

de sa naissance.  

Droit : 

1.  

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 LTAF, le Tribunal, en 

vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens 

de l'art. 5 PA, prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. En 

particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile peuvent 

être contestées devant le Tribunal, lequel statue alors définitivement, sauf 

demande d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à se 

protéger (art. 105 en relation avec l'art. 6a al. 1 LAsi; art. 33 let. d LTAF et 

art. 83 let. d ch. 1 LTF), exception non réalisée en l'espèce. 

1.2 L’intéressé a qualité pour recourir. Présenté dans la forme et le délai 

prescrits par la loi, son recours est recevable (art. 48 al. 1 PA et 

art. 52 al. 1 PA, applicables par renvoi de l'art. 37 LTAF et 

art. 108 al. 2 LAsi). 

1.3 Le recours peut être interjeté pour violation du droit fédéral, 

notamment pour abus ou excès dans l'exercice du pouvoir d'appréciation, 

ou pour établissement inexact ou incomplet de l'état de fait pertinent 

(art. 106 al. 1 let. a et b LAsi). 

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Page 5 

1.4 Saisi d'un recours contre une décision de non-entrée en matière sur 

une demande d'asile, le Tribunal se limite à examiner le bien-fondé d'une 

telle décision (cf. ATAF 2012/4 consid. 2.2; 2009/54 consid. 1.3.3; 2007/8 

consid. 5). 

1.5 Il applique le droit d'office, sans être lié par les motifs invoqués 

(cf. art. 62 al. 4 PA) ni par l'argumentation juridique développée dans la 

décision entreprise (cf. MOOR/POLTIER, Droit administratif, vol. II, 3ème éd., 

Berne 2011, p. 782). La procédure est régie par la maxime inquisitoire, ce 

qui signifie que le Tribunal constate les faits d'office (cf. art. 12 PA) et 

apprécie les preuves selon sa libre conviction (cf. art. 40 de la loi du 

4 décembre 1947 de procédure civile fédérale [PCF, RS 273], applicable 

par le renvoi de l'art. 19 PA). Les parties doivent toutefois collaborer à 

l'établissement des faits (art. 8 LAsi) et motiver leur recours (art. 52 PA). 

En conséquence, l'autorité judiciaire saisie se limite en principe aux griefs 

soulevés et n'examine les questions de droit non invoquées que dans la 

mesure où les arguments des parties ou le dossier l'y incitent (cf. ATAF 

2009/57 consid. 1.2 p. 798 ; ATF 122 V 157 consid. 1a, 121 V 204 

consid. 6c; Jurisprudence des autorités administratives de la 

Confédération [JAAC] 61.31 consid. 3.2.2; MOSER/BEUSCH/ KNEUBÜHLER, 

Prozessieren vor dem Bundesverwaltungsgericht, 2ème éd., 2013, no 1.55, 

p. 25 ; KÖLZ/HÄNER/BERTSCHI,Verwaltungsverfahren und Verwaltungs-

rechtspflege des Bundes, 3ème éd., 2013, no 1136, p. 398 ; voir aussi 

CLÉMENCE GRISEL, L'obligation de collaborer des parties en procédure 

administrative, 2008, p. 57, 76 et 82 s.). 

2.  

2.1 Par courrier du (…) 2017, A._______ a informé le Tribunal qu’il 

souhaitait ajouter une conclusion à son recours du (…) 2015, tendant à 

admettre une modification des données le concernant inscrites sur 

SYMIC et portant sur sa date de naissance.  

2.2 Indépendamment de la tardiveté de cette nouvelle conclusion, 

déposée hors délai de recours, celle-ci est également irrecevable du fait 

qu’elle sort à l’évidence de l’objet de la contestation, lequel se limite en 

l’occurrence à déterminer le bien-fondé ou non de la décision de non-

entrée en matière et de transfert prise par le SEM le 12 août 2015.  

3.  

A l’appui du recours, l’intéressé a tout d’abord fait valoir que le Secrétariat 

d’Etat aurait violé son droit d’être entendu en omettant de motiver 

suffisamment sa décision quant à l’obligation de la Suisse d’entrer en 

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matière sur sa demande d’asile, en application de l’art. 3 par 2 du 

règlement Dublin III.  

En l’espèce, point n’est toutefois besoin d’examiner ce grief, au vu des 

considérants ci-après (cf. infra, consid. 8).  

4.  

4.1 Cela étant, il y a lieu de déterminer si le SEM était fondé à faire 

application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, disposition en vertu de laquelle il 

n'entre pas en matière sur une demande d'asile lorsque le requérant peut 

se rendre dans un Etat tiers compétent, en vertu d'un accord 

international, pour mener la procédure d'asile et de renvoi. 

4.2 Avant de faire application de la disposition précitée, le SEM examine 

la compétence relative au traitement d'une demande d'asile selon les 

critères fixés dans le règlement Dublin III. S'il ressort de cet examen 

qu'un autre Etat est responsable du traitement de la demande d'asile, le 

SEM rend une décision de non-entrée en matière après que l'Etat requis 

a accepté la prise ou la reprise en charge du requérant. 

4.3 Aux termes de l'art. 3 par. 1 du règlement Dublin III, une demande de 

protection internationale est examinée par un seul Etat membre, celui-ci 

étant déterminé selon les critères fixés à son chapitre III. La procédure de 

détermination de l'Etat responsable est engagée, aussitôt qu'une 

demande d'asile a été déposée pour la première fois dans un Etat 

membre (art. 20 par. 1 du règlement Dublin III). 

Dans une procédure de prise en charge (anglais : take charge), les 

critères énumérés au chapitre III du règlement (art. 8-15) doivent être 

appliqués successivement (principe de l'application hiérarchique des 

critères de compétence, art. 7 par. 1 du règlement Dublin III). Pour ce 

faire, il y a lieu de se baser sur la situation existant au moment du dépôt 

de la première demande dans un Etat membre (art. 7 par 2 du règlement 

Dublin III ; ATAF 2012/4 consid. 3.2 ; FILZWIESER/SPRUNG, Dublin III-

Verordnung, Vienne 2014, pt. 4 sur l'art. 7). 

Notamment, lorsqu’il est établi que le demandeur a franchi 

irrégulièrement la frontière d’un Etat membre dans lequel il est entré en 

venant d’un Etat tiers, cet Etat membre est responsable de l’examen de la 

demande de protection (cf. art. 13 par. 1 1ère phrase du règlement  

Dublin III). 

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Lorsqu'aucun Etat membre responsable ne peut être désigné sur la base 

de ces critères, le premier Etat membre auprès duquel la demande de 

protection internationale a été introduite est responsable de l'examen 

(art. 3 par. 2 1ère phrase du règlement Dublin III).  

En vertu de l'art. 3 par. 2 du règlement Dublin III, lorsqu'il est impossible 

de transférer un demandeur vers l'Etat membre initialement désigné 

comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il 

existe dans cet Etat membre des défaillances systémiques dans la 

procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui 

entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de 

l'art. 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne 

(JO C 364/1 du 18.12.2000, ci-après : CharteUE), l'Etat procédant à la 

détermination de l'Etat responsable poursuit l'examen des critères fixés 

au chapitre III afin d'établir si un autre Etat peut être désigné comme 

responsable. Lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur vers un 

Etat désigné sur la base de ces critères ou vers le premier Etat auprès 

duquel la demande a été introduite, l'Etat membre procédant à la 

détermination devient l'Etat responsable. 

4.4 L'Etat responsable de l'examen d'une demande de protection 

internationale en vertu du règlement est tenu de prendre en charge – 

dans les conditions prévues aux art. 21, 22 et 29 – le demandeur qui a 

introduit une demande dans un autre Etat membre (art. 18 par. 1 let. a du 

règlement Dublin III). Cette obligation cesse si le demandeur ou une autre 

personne visée à l'art. 18 par. 1 let. c ou d a quitté le territoire des Etats 

membres pendant une durée d'au moins trois mois, à moins qu'il ne soit 

titulaire d'un titre de séjour en cours de validité délivré par l'Etat membre 

responsable (cf. art. 19 par. 2 du règlement Dublin III). 

4.5 Sur la base de l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III (clause de 

souveraineté), chaque Etat membre peut décider d'examiner une 

demande de protection internationale qui lui est présentée par le 

ressortissant d'un pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui 

incombe pas en vertu des critères fixés dans le règlement. 

4.6 Comme la jurisprudence l'a retenu (cf. ATAF 2015/9 consid. 8.2 [et 

consid. 9.1 non publié], 2012/4 consid. 2.4, 2011/9 consid. 4.1, 2010/45 

consid. 5, 7.2, 8.2, 10.2), le SEM doit admettre la responsabilité de la 

Suisse pour examiner une demande de protection internationale qui lui 

est présentée même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des 

critères fixés dans le règlement Dublin III lorsque le transfert envisagé 

vers l'Etat membre désigné responsable par lesdits critères viole des 

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obligations de la Suisse relevant du droit international public et peut 

admettre cette responsabilité pour des raisons humanitaires au sens de 

l'art. 29a al. 3 OA 1. 

5.  

5.1 En l’espèce, les investigations entreprises par le SEM ont établi, 

après consultation de la base de données du système européen Eurodac, 

que les empreintes digitales de A._______ ont été relevées en Hongrie 

le (…), date à laquelle il a déposé une demande d’asile dans ce pays.  

5.2 En date du (…) le Secrétariat d’Etat a dès lors soumis aux autorités 

hongroises compétentes, dans le délai fixé à l’art. 23 par. 2 du Règlement 

Dublin III, une requête aux fins de reprise en charge de l’intéressé, 

fondée sur l’art. 18 par. 1 let. b dudit règlement.  

5.3 Les autorités hongroises n’ont toutefois pas répondu dans le délai 

imparti à l’art. 25 par. 1 du règlement Dublin III. Par conséquent, en 

application du second alinéa de cet article, leur compétence est établie.  

6.  

6.1 Afin de vérifier la compétence de la Hongrie selon les critères du 

règlement Dublin III, il convient de trancher, en premier lieu, la question 

de la vraisemblance de la minorité alléguée par le recourant. Cela 

s'impose également pour des raisons de procédure. En effet, lorsqu'elles 

sont en présence d'un requérant d'asile mineur non accompagné, les 

autorités doivent, dans le cadre de la procédure d'asile, adopter les 

mesures adéquates en vue d'assurer la défense de ses droits. En 

particulier, l'autorité cantonale compétente doit désigner une personne de 

confiance chargée de représenter ses intérêts (cf. art. 17 al. 3 LAsi). Dans 

les procédures Dublin, il importe que le mineur non accompagné soit 

entendu en présence d'une personne de confiance sur les faits pertinents 

quant à une éventuelle compétence d'un Etat tiers pour le traitement de 

sa demande d'asile ; le cas échéant, le SEM devra procéder à une 

nouvelle audition si l'audition sommaire menée au CEP a déjà eu lieu en 

l'absence d'une telle personne (cf. ATAF 2011/23 consid. 5.4.6). 

6.2 Le SEM doit ainsi, s'il existe des doutes sur ce point, se prononcer à 

titre préjudiciel sur la vraisemblance de la minorité d'un requérant, avant 

l'audition sur ses motifs d'asile ou sur les faits décisifs en vue d'un 

transfert Dublin. En l'absence de pièces d'identité, il convient de faire une 

appréciation globale de tous les éléments plaidant en faveur ou en 

défaveur de la minorité alléguée, étant précisé que celle-ci doit être 

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admise si elle apparaît comme vraisemblable au sens de l'art. 7 LAsi. Il 

appartient ainsi au SEM de procéder d'office à une clarification des 

données relatives à l'âge de l'intéressé, par le biais de questions ciblées 

portant notamment sur son parcours de vie, sa scolarité, sa formation 

professionnelle et ses emplois passés, ses relations familiales ainsi que 

sur son voyage et son pays d'origine ou de dernière résidence, étant 

rappelé que c'est au requérant qu'échoit, au plan matériel, la charge de 

rendre vraisemblable sa prétendue minorité (cf.  Jurisprudence et 

informations de la Commission suisse de recours en matière d'asile 

[JICRA] 2005 no 16 consid. 2.3 p. 143 ; JICRA 2004 n° 30 précitée 

p. 204 ss). Selon la jurisprudence, l'estimation de l'âge sur la base de 

l'apparence physique du requérant revêt une valeur probante fortement 

amoindrie lorsque l'on se trouve, comme en l'espèce, en présence d'une 

jeune personne prétendant se situer dans la tranche d'âge entre quinze et 

vingt-cinq ans. Quant à l'analyse osseuse, elle ne permet pas d'établir de 

façon suffisamment fiable l'âge exact d'une personne ; lorsque l'écart 

existant entre l'âge osseux estimé et l'âge allégué est de plus de trois 

ans, ce type d'analyse peut toutefois avoir valeur de moyen de preuve en 

défaveur de l'âge allégué par le requérant (cf. JICRA 2000 n° 19 consid. 7 

let. c p. 187). 

6.3 En l’occurrence, A._______ a été soumis à une analyse osseuse le 

(…), dans le cadre de laquelle les os de l'une de ses mains ont été 

examinés. Il en ressort qu’au moment de cet examen, ce dernier aurait 

été âgé d'au minimum 18 ans, et non d’environ 16 ans, comme il l’a 

indiqué.  

Toutefois, dans la mesure où cette analyse ne fait pas apparaître un écart 

de plus de trois ans entre l’âge allégué et l’âge estimé, elle ne constitue 

pas la preuve d’une tromperie sur la minorité de l’intéressé, selon 

la jurisprudence en la matière (cf. arrêt du Tribunal E-270/2017 

du 10 avril 2017, et réf. cit.). Tout au plus représente-t-elle un indice 

d’invraisemblance de ses dires. 

6.4 Par ailleurs, le recourant a versé au dossier une tazkira établie le (…) 

2015. Celle-ci mentionne que son âge avait été estimé à 17 ans et 5 jours 

lorsqu’il s’est présenté à « l'Office principal de l'enregistrement des 

évènements de l'état civil » de sa région, à savoir le district de 

C._______, dans la province de D._______.  

Dans la mesure toutefois où le support sur lequel ce document a été 

établi est une photocopie, sa valeur probante est d’emblée sujette à 

caution, un tel procédé n’excluant pas des manipulations. En outre, les 

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informations figurant sur une tazkira n’étant pas toujours fiables et ce 

document pouvant également être aisément falsifié ou acheté, il n’est 

pas, en tant que tel, de nature à prouver les informations qu’il contient 

(cf. en particulier rapport de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés 

[OSAR] du 12 mars 2013 intitulé "Afghanistan : Tazkira", spéc. p. 2 s. ; 

 cf. également ATAF 2013/30 consid. 4.2.2 p. 425 s. ; arrêts du Tribunal 

D-6124/2015 du 14 octobre 2015 ; D-1702/2015 du 24 mars 2015). Par 

conséquent, un tel document constitue au mieux un indice de 

vraisemblance des faits allégués.  

Dans ces conditions, le moyen de preuve produit par le recourant n’est 

pas de nature à prouver son âge. 

6.5 En l’absence de preuve formelle, il reste donc à examiner les 

déclarations de l’intéressé concernant son âge, pour apprécier les 

éléments en faveur, comme en défaveur, de leur vraisemblance.  

6.6 Lors du dépôt de sa demande d’asile le (…), A._______ a allégué 

être né le (…) 1377 (calendrier afghan, soit le […] 1999 [calendrier 

grégorien]), ce qu’il a encore confirmé lors de l’audition du (…). A cette 

occasion, il a également expliqué connaître sa date de naissance parce 

que sa mère l’aurait inscrite sur la dernière page d’un Coran que 

possédait sa famille. Finalement, il a mentionné que le (…) 2015, une 

tazkira lui a été délivrée, laquelle mentionnait qu’il était alors âgé de 17 

ans et 5 jours.  

Toutefois, l’intéressé n’a pas été en mesure d’expliquer la raison pour 

laquelle sa date de naissance, pourtant apparemment connue, ne figurait 

pas sur ce document. A cet égard, les indications apportées au stade du 

recours, selon lesquelles la date de naissance inscrite dans le Coran 

familial pourrait également être celle de l’une de ses sœurs divergent des 

propos constants tenus par l’intéressé au cours de l’audition du (…) ainsi 

que des explications fournies lors du droit d’être entendu subséquent qui 

lui a été accordé.  

6.7 Par ailleurs, le recourant a également donné des indications 

lacunaires et contradictoires quant à sa scolarité, ne permettant nullement 

de dissiper les doutes concernant son âge réel. A cet égard, s’il n’est pas 

en soi invraisemblable qu’il ait pu être scolarisé de manière irrégulière, 

force est toutefois de constater qu’il s’est montré inconstant et évasif 

quant au début et à la fin de sa scolarité. Ainsi, il n’a pas su répondre 

précisément à la question de savoir quand il a commencé l’école, 

relevant dans un premier temps qu’il avait alors onze ans (cf. procès-

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verbal de l’audition du […], p. 1.17.04, p. 4), avant d’indiquer qu’il ne 

pouvait pas s’en souvenir (cf. droit d’être entendu du […], p. 1 : « F : In 

welchem Jahr gingen Sie des erste Mal zur Schule ; A : Ich kann mich 

nicht daran erinnern »). Il en va de même de ses indications concernant 

la fin de sa scolarité, lesquelles sont particulièrement vagues (cf. idem, 

p. 2).  

6.8 Cela dit, les explications données par le recourant quant à ces 

imprécisions ne sauraient convaincre. En effet, si l’on peut concevoir que 

les dates ne revêtent pas une grande importance dans la région où il a 

vécu en Afghanistan, cela n’explique pas pour autant ses réponses 

évasives quant à l’âge auquel il aurait commencé et surtout terminé sa 

scolarité. Ainsi, l’intéressé disposait de suffisamment d’éléments lui 

permettant à tout le moins de renseigner l’autorité sur des jalons 

importants de sa vie et de sa scolarité. Or, contrairement à cette attente, il 

ressort des procès-verbaux de ses auditions qu’il cherchait au contraire à 

éviter de répondre aux questions posées.  

6.9 Au final, force est de constater que A._______ n’est pas parvenu à 

démontrer qu’il était mineur au moment où le SEM a fait application du 

règlement Dublin III pour déterminer l’Etat responsable pour le traitement 

de sa demande d’asile. Partant, le recours doit être rejeté sur ce point.  

7.  

7.1 A l’appui de son recours, l’intéressé a également contesté la 

compétence de la Hongrie, en se fondant sur l’art. 3 par. 2 du règlement 

Dublin III. Selon lui, compte tenu de la situation en Hongrie, de sa qualité 

de personne vulnérable et des maltraitances subies dans ce pays, le 

SEM aurait dû entrer en matière sur sa demande d’asile. En outre, il a fait 

valoir souffrir de troubles psychiatriques dus aux nombreux traumatismes 

vécus.  

7.2 Dans le cadre de sa détermination du (…) 2015, le SEM a préconisé 

le rejet du recours. Il a en effet estimé qu’une prise en charge adéquate 

de A._______ était assurée en Hongrie. Il a en outre relevé que les 

problèmes médicaux n’avaient jamais été évoqués antérieurement au 

recours et que l’état dépressif de l’intéressé était probablement dû à la 

décision rendue à son encontre ainsi qu’à la perspective de son transfert 

vers la Hongrie.  

D-5161/2015 

Page 12 

7.3 Dans sa détermination du (…) 2015, l’intéressé a pour l'essentiel 

maintenu ses conclusions sur la situation générale en Hongrie, et son 

état de santé.  

7.4 Par courriers des (…) 2015, du (…) 2016, et du (…) 2016, il a 

transmis au Tribunal plusieurs certificats médicaux, arguant que son état 

de santé constituait un obstacle à l’exécution de son renvoi vers la 

Hongrie.  

8.  

8.1 Cela étant, dans un arrêt du 31 mai 2017, rendu en la cause D-

7853/2015 (publié comme arrêt de référence), le Tribunal a analysé de 

manière approfondie l’évolution de la situation des requérants d’asile en 

Hongrie – en particulier ceux transférés en application du règlement 

Dublin III – depuis l’important flux migratoire auquel a dû faire face ce 

pays en 2015. Il a constaté l’existence de nombreuses carences dans le 

système d’asile hongrois, en ce qui concerne notamment l’accès à la 

procédure d’asile ainsi que l’hébergement des requérants dans les zones 

de transit.  

Le Tribunal s’est, en particulier, penché sur l’entrée en vigueur, le 28 mars 

2017, de l’acte T/13976 sur « l’amendement de plusieurs lois concernant 

le renforcement de la procédure d’asile conduite dans la zone surveillée 

de la frontière hongroise ». Il a relevé que la mise en œuvre de cet acte, 

lequel implique un durcissement significatif de la législation hongroise en 

matière d’asile, et est en outre applicable à toutes les procédures d’asile 

en cours, compte tenu de son effet rétroactif, entraîne de nombreuses 

incertitudes et interrogations quant à son application concrète. Ainsi, il ne 

peut notamment pas être déterminé avec certitude si, suite à un transfert 

vers la Hongrie, les demandeurs d’asile seront considérés comme des 

clandestins, et donc transférés en zones dites de pré-transit, ou en tant 

que requérants dont la demande serait examinée en zone de transit.  

Le Tribunal est dès lors arrivé à la conclusion qu’au vu des nombreuses 

incertitudes causées par ce récent changement législatif, liées tant à 

l’accès à la procédure, qu’aux conditions d’accueil, il ne lui était, en l’état, 

pas possible de se prononcer sur l’existence de défaillances systémiques, 

au sens de l’art. 3 par. 2 du règlement Dublin III, ou sur les questions 

liées à l’existence d’un risque réel (« real risk ») de mauvais traitements, 

auquel pourrait faire face les requérants d’asile en cas de transfert en 

Hongrie. En conséquence, il a annulé la décision attaquée et renvoyé 

l’affaire au SEM pour nouvelle décision, estimant qu’il incombait à 

D-5161/2015 

Page 13 

l’autorité de première instance de réunir tous les éléments de fait utiles 

permettant de trancher ces questions essentielles. A cet égard, il a 

souligné qu’il ne revenait pas à l’autorité de recours de procéder à des 

investigations complémentaires complexes et que statuer, en l’état, sur le 

recours outrepasserait ses compétences, au risque de priver la partie de 

la double instance (cf. en particulier le consid. 13 de l’arrêt D-7853/2015 

précité).  

8.2 Au vu de ce qui précède et pour les mêmes motifs que ceux exposés 

dans l’arrêt mentionné ci-avant, le Tribunal n’est pas en mesure de 

statuer sur tous les points essentiels du recours du (…) 2015 interjeté 

contre la décision entreprise.  

8.3 Par conséquent, il y a lieu d'admettre le recours, sans que ne soient 

examinés les autres motifs tenant notamment à la situation médicale de 

l’intéressé, d'annuler la décision attaquée pour constatation incomplète 

des faits pertinents et violation du droit fédéral (cf. art. 106 al. 1 let. a et 

b LAsi), et de renvoyer la cause à l'autorité intimée pour complément 

d'instruction dans le sens des considérants et nouvelle décision 

(cf. art. 61 al. 1 PA). 

9.  

L'assistance judiciaire partielle ayant été octroyée par décision incidente 

du (…) 2015 et l'intéressé ayant eu gain de cause, il n'est pas perçu de 

frais de procédure (art. 63 al. 3 et 65 al. 1 PA).  

Quant au SEM, il ne doit pas, en tant qu’autorité inférieure, prendre à 

charge des frais de procédure (cf. art. 63 al. 2 PA). 

En revanche, il doit verser une indemnité à titre de dépens (cf. art. 64 

PA). Conformément aux art. 8 à 11 du règlement du 21 février 2008 

concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal 

administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2), applicables par analogie 

conformément à l'art. 12 FITAF, et en l'absence d’une note de frais, 

l'indemnité à titre de dépens est en l’espèce fixée à 500 francs pour 

l'activité indispensable et utile déployée par le mandataire du recourant 

dans la présente procédure de recours. 

 

(dispositif page suivante) 

D-5161/2015 

Page 14 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est admis. 

2.  

La cause est renvoyée en SEM pour nouvelle décision au sens des 

considérants. 

3.  

Il n'est pas perçu de frais de procédure. 

4.  

Le SEM versera à l’intéressé la somme de 500 francs à titre de dépens. 

5.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité 

cantonale. 

 

La présidente du collège : La greffière : 

  

Claudia Cotting-Schalch Diane Melo de Almeida 

 

 

Expédition :