# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f4c0c174-b1b5-5317-9430-4e42a9b338bc
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites Plainte / 2013 / 2
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_Plainte---2013---2_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

FA12.042321-122182

             
          3             
 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
29 janvier 2013

__________________

Présidence
de               Mme             
Rouleau,
vice-présidente

Juges             
:              Mme             
Carlsson et M. Hack 

Greffier
              :             
Mme              Nüssli

 

 

*****

 

 

Art.
17, 90 et 91 LP

 

 

             
La Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal prend séance à huis clos, en sa qualité
d'autorité cantonale supérieure de surveillance, pour statuer sur le recours interjeté
par E.________,
à Lausanne, contre la décision rendue le 14 novembre 2012, à la suite de l’audience
du 8 novembre 2012, par le Président du Tribunal d’arrondissement de Lausanne, autorité
inférieure de surveillance, rejetant la plainte déposée le 8 octobre 2012 par le recourant
contre le procès-verbal de saisie établi le 14 septembre 2012 par l'OFFICE
DES POURSUITES DU DISTRICT DE LAUSANNE dans le
cadre de la poursuite n° 5'593'662 exercée par 
A.________,
à Pully.  

 

             

             
Vu les pièces du dossier, la cour considère :

 

 

 

             
En fait :

 

 

1.             
Le 28 septembre 2011, A.________ a adressé à l'Office des poursuites du district de Lausanne
(ci-après : l'office) une réquisition de continuer la poursuite n° 5'593'662 dirigée
contre E.________.

 

             
Le lendemain, l'office a établi un avis de saisie et a convoqué le poursuivi. Ce dernier n'ayant
pas répondu à la convocation, l'office lui a adressé une nouvelle convocation, lui demandant
de se présenter jusqu'au 28 octobre 2011 avec les justifications de ses charges et revenus et indiquant
ce qui suit :

 

"A défaut,
un mandat d'amener sera réclamé à votre encontre afin d'être mis à disposition
de l'office soussigné par les soins des organes de police, conformément à l'art. 91 al.
2 LP.

 

En outre, une
peine d'amende pourra être prononcée contre vous pour contravention aux disposition des art.
292 et 323 al. 1 du Code pénal suisse".

 

             
Le 7 novembre 2011, constatant que le poursuivi n'avait pas obtempéré, l'office lui a adressé
une nouvelle assignation, mentionnant les mêmes mises en garde au cas où il ne se présenterait
pas. 

 

             
Sur la base des éléments obtenus de l'employeur du poursuivi, l'office a établi le minimum
vital de l'intéressé comme suit :

 

Base
mensuelle pour une personne seule             
              Fr. 1'200.00

Loyer             
                           
                           
                           
Fr.    600.00

Assurance
maladie                           
                           
                           
Fr.    364.00

Frais
d'abonnement de bus                           
                           
Fr.      66.00

 

             
Il a arrêté la quotité saisissable à 2'420 fr. 95, en tenant compte d'un salaire
net de 4'650 fr. 95.

 

             
Le 25 janvier 2012, l'office a adressé à l'employeur du poursuivi un avis de saisie, lui ordonnant
de retenir sur le salaire de son employé 2'300 fr. par mois.

 

             
E.________ s'est présenté à l'office le 12 mars 2012 en déclarant de plus amples
charges. Il n'a cependant pas fourni de justificatifs dans le délai qui lui a été imparti
pour ce faire.

 

             
Le 23 avril 2012, l'office a annulé la retenue de salaire dès le 31 mars 2012, le produit de
la saisie permettant de couvrir la poursuite en capital, intérêts et frais. 

 

 

2.             
Par prononcé du 21 mai 2012, le Président du Tribunal d'arrondissement de Lausanne a rejeté
une plainte de E.________ contre la notification de la réquisition de continuer la poursuite. Cette
décision a été confirmée par arrêt du 15 août 2012 de la cour de céans.
Le 4 septembre 2012, le Tribunal fédéral a déclaré irrecevable le recours déposé
par le plaignant contre cet arrêt. 

 

 

3.             
Le 14 septembre 2012, l'office a dressé le
procès-verbal de saisie, qui a été envoyé en copie aux parties le 18 septembre 2012
et reçu par E.________ le 26 septembre 2012.

 

             
Le 8 octobre 2012, l'office a distribué le produit de la saisie à A.________ à concurrence
du montant de la poursuite ainsi que des intérêt et frais et a restitué le solde à
E.________.

 

 

4.             
Le 8 octobre 2012, E.________ a adressé au
tribunal d'arrondissement une plainte "pénale" contre l'office dans laquelle il faisait
valoir que l'office n'avait pas examiné sa situation financière et n'avait pas tenu compte
de ses charges réelles qui se présenteraient de la manière suivante :

 

Assurance
maladie                           
Fr.   379.50

Abonnement
de bus              Fr.  
102.00

Impôt             
                           
Fr.   732.85

Electricité
+ TV réseau              Fr.    
95.00

Loyer             
                           
Fr.   600.00

Téléphone             
                           
Fr.   150.00

Médicaments             
              Fr.    
50.00

             
                           
_________

Total             
                           
Fr. 2'109.35

 

             
E.________ indiquait en outre qu'il n'avait pas pu payer ses impôts en janvier 2012 en raison de
la saisie opérée sur son salaire et réclamait le remboursement d'un montant de 3'238 fr.
05. Il a produit notamment les pièces suivantes :

 

-
la copie de deux emballages de médicaments indiquant les prix de 16 fr. 15 et de 94 fr. 80;

 

-
le décompte final des impôts dus pour l'année 2011, daté du 5 juillet 2012;

 

-
trois récépissés postaux attestant le paiement en 2011 et 2012 de primes mensuelles d'assurance-maladie
d'un montant de 379 fr. 50.

 

             
Le tribunal d'arrondissement a transmis ce courrier au Ministère public, qui a rendu une décision
de refus d'entrer en matière et a retourné le dossier au tribunal pour qu'il traite la plainte
comme une plainte LP.

 

             
Par courrier recommandé du 23 octobre 2012, le président du tribunal d'arrondissement a cité
les parties à une audience fixée au 8 novembre 2012. Le poursuivi n'a pas retiré le pli
contenant cette convocation.

 

             
A.________ a renoncé à se déterminer sur la plainte. 

 

             
Dans ses déterminations du 26 octobre 2012, l'office a conclu au rejet de la plainte dans la mesure
où elle était recevable.

             
Par prononcé du 14 novembre 2012, le Président du Tribunal d'arrondissement de Lausanne, en
sa qualité d'autorité inférieure de surveillance, a rejeté la plainte et rendu sa
décision sans frais ni dépens. Il a considéré en substance que la plainte était
tardive, d'une part, et mal fondée, d'autre part. Il a retenu que le poursuivi ne pouvait se plaindre
du fait que l'office n'avait pas tenu compte de certaines charges alors qu'il n'avait pas collaboré
à leur établissement, qu'une partie des charges alléguées n'étaient pas établies
ou avaient déjà été prises en compte dans le cadre du forfait mensuel de base et
qu'enfin, les impôts ne faisaient pas partie des dépenses indispensables à l'entretien
du débiteur. 

 

             

5.             
E.________ a recouru par acte du 29 novembre 2012
contre ce prononcé qui lui a été notifié le 22 novembre 2012 en produisant quelques
pièces, en particulier :

 

-
une lettre adressée le 21 octobre 2012 au Tribunal fédéral dans laquelle le recourant
faisait état de son opposition à la décision du 4 septembre 2012 et de son intention de
s'adresser à la Cour européenne des droits de l'homme;

 

-
une lettre adressée le 27 mai 2008 à A.________, dans laquelle le recourant déclarait
notamment qu'il n'avait pas les moyens de prendre une assurance-maladie;

 

-
des décomptes de la Caisse publique cantonale d'assurance-chômage d'où il résulte
qu'une saisie avait été opérée sur des indemnités de chômages versées
en 1996 au recourant.

 

             
L'office a préavisé pour le rejet du recours et s'est référé à ses déterminations
de première instance.

 

             
A.________ a renoncé à se déterminer.

 

             
En droit :

 

 

I.             
Déposé en temps utile (art. 18 al. 1 LP, loi fédérale sur la poursuite pour dettes
et la faillite du 11 avril 1889, RS 281.1, et 28 al. 1 LVLP, loi d'application dans le canton de Vaud
de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite du 18 mai 1955, RSV 280.05)
et comportant l'énoncé des moyens invoqués (art. 28 al. 3 LVLP), le recours est recevable.

 

             
Les pièces nouvelles produites par le recourant en deuxième instance sont également recevables
(art. 28 al. 4 LVLP).

 

 

II.             
a) En
vertu de l'art. 17 al. 1 LP, la voie de la plainte est ouverte contre tout acte de poursuite de nature
à créer ou à modifier une situation de droit de l'exécution forcée (ATF 129
III 400 c. 1.1, JT 2004 II 51; Gilliéron, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite
pour dettes et la faillite, nn. 11-12 ad art. 17 LP). Elle l'est notamment contre un procès-verbal
de saisie (CPF, 29 mars 2012/6; CPF, 18 mai 2012/18; CPF, 26 juin 2012/29).

 

 

             
b) La
plainte contre une mesure de l'office doit être déposée dans les dix jours suivant celui
où le plaignant a eu connaissance de la décision attaquée (art. 17 al. 2 LP).

 

             
Le délai de plainte est un délai péremptoire et son observation une condition de recevabilité
qui doit être vérifiée d'office par l'autorité de surveillance (ATF 102 III 127,
rés. in JT 1978 II 44; Gilliéron, op. cit., nn. 222-223 ad art. 17 LP). Si le délai n'est
pas observé, la décision ou mesure en cause entre en force, sous réserve d'une éventuelle
constatation de nullité, hors délai de plainte, selon l'art. 22 al. 1 LP (Jeandin, Poursuite
pour dettes et faillite, La plainte, FJS 679, pp. 14-15; TF 7B.233/2004 du 24 décembre 2004 c. 1.1).

 

             
En l'espèce, le recourant a déposé une plainte le 8 octobre 2012 contre le procès-verbal
de saisie reçu le 26 septembre 2012. La plainte apparaît ainsi tardive, comme l'a relevé
le premier juge.

 

             
La jurisprudence a toutefois admis, pour des raisons d'humanité et de décence qu'une plainte
était recevable en tout temps lorsque la mesure attaquée portait atteinte au minimum vital
du débiteur et de sa famille et les plaçait dans une situation intolérable (ATF 97 III
7, c. 2, JT 1973 II 22; BlSchk 2009, p. 182; CPF, 10 août 2000/36).

 

             
A l'examen des charges alléguées par le recourant lui-même dans sa plainte, il apparaît
que les conditions d'une exception à l'art. 17 al. 2 LP ne sont pas réalisées. En effet,
s'il est avéré que les primes d'assurance-maladie sont légèrement plus élevées
que celles retenues par l'office (379 fr. 50 au lieu de 364 fr.), les autres dépenses alléguées
sont soit comprises dans la base mensuelle (électricité + TV réseau, téléphone),
soit non établies (102 fr. pour l'abonnement de bus et 50 fr. de médicaments, dont on ignore
s'ils concernent le recourant et dans quelle mesure ils sont remboursés par l'assurance-maladie).
Quant aux impôts, ils n'entrent pas dans le calcul du minimum vital (ATF 126 III 89, JT 2000 II
20). Ainsi, quant bien même on retiendrait, outre le montant avéré des primes d'assurance
maladie, les montants non établis de l'abonnement de bus et des médicaments, on parviendrait
à un total de charges de 2'331 fr. 50, ce qui laisserait une quotité saisissable de 2'319 fr.
45. Dans ces conditions, force est de constater que la saisie ne porte pas atteinte au minimum vital
du recourant.

 

             
La plainte est donc tardive.

 

 

III.             
Au surplus, il apparaît que les griefs articulés par le recourant sont infondés.

 

             
a) Le
recourant fait valoir que "le procès contre l'Office des Poursuites est toujours en cours et
je compte m'adresser à la Cour européenne des droits de l'homme". 

 

             
On peut supposer que le recourant fait ici référence à la précédente plainte,
la procédure ayant abouti à un arrêt du 4 septembre 2012 du Tribunal fédéral.
En l'état, si l'on se réfère à la propre argumentation du recourant, ainsi qu'à
sa lettre du 21 octobre 2012 au Tribunal fédéral, la Cour européenne des droits de l'Homme
n'a pas été saisie et aucun effet suspensif n'a été établi.

 

             
b) Le
recourant fait valoir qu'il n'a pas donné suite aux convocations de l'office, parce qu'ils étaient
"en communication par courrier" et que les lettres de l'office avaient un caractère menaçant.

 

             
Selon l'art. 91 LP, le débiteur est tenu, sous menace des peines prévues par la loi, d'assister
à la saisie ou de s'y faire représenter et d'indiquer tous les biens qui lui appartiennent,
ainsi que ses créances et autres droits contre des tiers (al. 1). L'office peut le faire amener
par la police (al. 2) et faire appel à la force publique pour ouvrir les locaux et les meubles (al.
3). Il peut également prendre des mesures de sûreté (art. 98 ss LP). S'il n'obtempère
pas, le débiteur s'expose en outre à une condamnation pour inobservation par le débiteur
des règles de la procédure de poursuite pour dettes ou de faillite (art. 323 CP) ou pour insoumission
à une décision de l'autorité (art. 292 CP). L'art. 90 LP prévoit par ailleurs que
le débiteur doit être avisé à l'avance de la saisie et que cet avis doit rappeler
les dispositions de l'art. 91 LP. 

 

             
C'est donc à juste titre que l'office a exigé la présence du recourant et l'a avisé
de ce qu'il risquait s'il n'obtempérait pas. 

 

 

             
c) 
Le recourant se prévaut des pièces produites en deuxième instance et qui prouveraient
que l'office n'a jamais respecté son minimum vital.

 

             
Ces pièces ont trait à des saisies opérées en 1996 et sont donc sans pertinence dans
la présente procédure.

 

 

             
d) Le
recourant reproche au premier juge d'avoir omis de tenir compte du fait qu'il avait mentionné dans
sa plainte une dette provoquée par l'office. 

 

             
On peut supposer qu'il fait référence aux impôts mentionnés dans sa plainte dont
il n'aurait pas pu s'acquitter en raison de la saisie.

 

             
La décision entreprise n'a pas omis cet élément. Elle retient à juste titre que les
impôts ne doivent pas être pris en compte dans la détermination du minimum vital du débiteur
(cf. supra ch. II let. b).

 

 

             
e) Le
recourant conteste la validité du procès-verbal de saisie qui ne mentionnerait aucun délai
de réponse.

 

             
Un procès-verbal de saisie n'a pas à contenir de délai de réponse, mais uniquement
les indications figurant aux art. 112 ss LP. Un délai de réponse se justifie d'autant moins
que le débiteur est avisé à l'avance de la saisie à laquelle il a l'obligation de
collaborer.

 

 

IV.             
Le recourant n'a pas retiré le pli le citant
à comparaître à l'audience du Président du Tribunal d'arrondissement de Lausanne.
Cette notification est réputée effectuée valablement, conformément à l'art.
138 al. 3 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008; RS 272), le recourant devant s'attendre
à recevoir un tel courrier dès lors qu'il avait formé une plainte auprès de cette
autorité. Le recourant ne se plaint d'ailleurs d'aucune violation de son droit d'être entendu
dans la procédure de plainte.

 

 

V.             
En définitive, le recours doit être
rejeté et la décision attaquée confirmée.

 

             
Le présent arrêt est rendu sans frais
ni dépens (art. 61 al. 2 let. a et 62 al. 2 OELP; ordonnance du 23 septembre 1996 sur les émoluments
perçus en application de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite,
RS 281.35). 

 

             

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité cantonale

supérieure
de surveillance,

p
r o n o n c e :

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
Le prononcé est confirmé.

 

             
III.             
L’arrêt, rendu sans frais ni dépens, est exécutoire.

 

La
présidente :              La greffière
:

 

 

 

 

Du
29 janvier 2013

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, prend date de ce jour.

 

             
Il est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. E.________,

‑             
A.________,

-             
M. le Préposé à l’Office des poursuites du district de Lausanne.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110). Ce recours doit être déposé devant le Tribunal fédéral dans les
dix jours – cinq jours dans la poursuite pour effets de change – qui suivent la présente
notification (art. 100 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
M. le Président du Tribunal d'arrondissement de Lausanne, autorité inférieure de surveillance.

 

             
La greffière :