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**Case Identifier:** 73db9737-adaf-5360-8b5c-e1f3e2a2577b
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-11-22
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 22.11.2023 C/14420/2023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-14420-2023_2023-11-22.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties, ainsi qu'à l'Office des faillites, à l'Office 

des poursuites, au Registre du commerce et au Registre foncier, par plis recommandés 

et au Tribunal de première instance le 23 novembre 2023. 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/14420/2023 ACJC/1547/2023 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU MERCREDI 22 NOVEMBRE 2023 

 

Entre 

A______ SNC, sise ______ [GE], recourante contre un jugement rendu par la 19ème 
Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 6 novembre 2023,  

et 

B______ AG, sise ______ [BE], intimée.     

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C/14420/2023 

EN FAIT 

A. a. Le 11 juillet 2023, B______ AG a requis du Tribunal de première instance la 
faillite de A______ SNC, "chemin 1______ no. ______, [code postal] E______ 

[GE]", dans le cadre de la poursuite n° 2______. 

 b. Le 11 août 2023, une citation à comparaître pour une audience devant se tenir 
le 4 septembre 2023 a été envoyée à A______ SNC à l'adresse précitée. 

 Le pli, revenu sans aucune mention (motif non indiqué par la Poste), a été 

réexpédié à son destinataire par courrier simple le 24 août 2023. 

Ce dernier courrier a été retourné au Tribunal avec la mention "déménagé retour à 

l'expéditeur". 

b. Le 28 août 2023, le Tribunal a rendu une ordonnance impartissant à 
B______ AG un délai au 25 septembre 2023 pour lui fournir l'adresse de 

A______ SNC ou, à défaut, apporter la preuve des recherches utiles à cet effet 

accomplies en vain, ainsi que tout document officiel établissant l'adresse privée de 

l'organe C______, aux fins de tentative de nouvelle notification, ou à défaut, la 

démonstration documentée de l'échec des démarches tendant à la connaitre, et l'a 

informée qu'à défaut la demande serait déclarée irrecevable. 

c. Le changement de siège de A______ SNC, désormais sise au chemin 3______ 
no. ______, [code postal] E______, a été publié dans la Feuille officielle suisse du 

commerce le ______ 2023. 

d. Par courrier du 21 septembre 2023, B______ AG a transmis au Tribunal 
l'adresse de C______, "c/o D______, place 4______ no. ______, [code postal] 

Genève". 

 e. Une nouvelle citation à comparaître pour une audience devant se tenir le 
16 octobre 2023 a été envoyée à la société A______ SNC à l'adresse de C______, 

associé. Ce pli ayant été retourné au Tribunal avec la mention "destinataire 

introuvable à l'adresse indiquée", celui-ci a procédé par voie de publication dans 

la Feuille d'avis officielle (FAO) du ______ 2023 et convoqué une nouvelle 

audience le 6 novembre 2023.  

 f. Lors de l'audience du 6 novembre 2023 devant le Tribunal, aucune des parties 
n'était présente ni représentée.  

 g. Par jugement JTPI/12750/2023 rendu le 6 novembre 2023, communiqué pour 
notification à B______ AG par pli recommandé du 9 novembre 2023, et à 

A______ SNC par publication dans la FAO, le Tribunal, statuant par voie de 

procédure sommaire, a déclaré A______ SNC en état de faillite dès 

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le ______ 2023 à 14:15 heures (ch. 1 du dispositif), a arrêté les frais judiciaires à 

330 fr., compensés avec l'avance effectuée par B______ AG, (ch. 2), mis à la 

charge de A______ SNC et condamné celle-ci à les verser à celle-là qui en avait 

fait l'avance (ch. 3). 

B. Par acte expédié au greffe de la Cour de justice le 14 novembre 2023, 
A______ SNC forme recours contre ce jugement, qu'elle dit avoir reçu le 

14 novembre 2023, et en sollicite l'annulation.  

 Elle se plaint de n'avoir pas été convoquée à l'audience, de ne pas avoir eu 

notification du jugement et allègue que la dette, intérêts et frais compris aurait été 

payée.  

EN DROIT 

1. 1.1.1 S'agissant d'une procédure de faillite, seule la voie du recours est ouverte 
(art. 309 let. b ch. 7 et 319 let. a CPC; art. 174 al. 1, art. 194 al. 1 LP).  

Le recours doit être interjeté dans le délai de dix jours à compter de la notification 

de la décision motivée (art. 321 al. 1 et 2 CPC). 

1.1.2 Les citations, les ordonnances et les décisions sont notifiées par envoi 
recommandé ou d'une autre manière contre accusé de réception (art. 138  

al. 1 CPC). 

L'acte est réputé notifié, en cas d'envoi recommandé, lorsque celui-ci n'a pas été 

retiré : à l'expiration d'un délai de sept jours à compter de l'échec de la remise, si 

le destinataire devait s'attendre à recevoir la notification (art. 138 al. 3 let. a CPC). 

La fiction de notification valant en cas d'envoi recommandé ne s'applique pas à 

l'avis de l'audience de faillite (art. 168 LP; ATF 138 III 225 consid. 3). En effet, 

comme le prévoit expressément l'art. 138 al. 3 let. a CPC, un acte judiciaire ne 

peut être réputé notifié que si son destinataire devait s'attendre à le recevoir. Un 

rapport procédural, qui impose aux parties de se comporter conformément aux 

règles de la bonne foi, soit, notamment, de se préoccuper de ce que les actes 

judiciaires concernant la procédure puissent leur être notifiés, ne prend toutefois 

naissance qu'à partir de la litispendance (ATF 138 III 225 consid. 3.1; 130 III 396 

consid. 1.2.3 et les références; arrêt du Tribunal fédéral 5D_130/2011 du 

22 septembre 2011 consid. 2.1, publié in Pra 2012 (42) 300). Or, la procédure 

tendant au prononcé de la faillite est une nouvelle procédure par rapport aux 

étapes précédentes y menant. Elle ne fait automatiquement suite ni à la procédure 

préalable, ni à la commination de faillite (art. 159 ss LP). Ainsi, la procédure de 

faillite n'est pendante qu'à partir de la réquisition de faillite et le devoir des parties 

de se comporter selon la bonne foi ne naît qu'après la création du rapport de 

procédure en découlant (ATF 138 III 225 consid. 3.2). 

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L'avis aux parties de l'audience de faillite avant la tenue de celle-ci (art. 168 LP) 

est une condition formelle de la décision de faillite. Si cet avis n'a pas lieu, le droit 

des parties d'être entendues, protégé par l'art. 29 al. 2 Cst., est violé, car il découle 

de ce droit notamment le droit d'être cité régulièrement aux débats. Cette garantie 

a pour but d'assurer à chaque partie le droit de ne pas être condamnée sans avoir 

été mise en mesure de défendre ses intérêts (ATF 131 I 185 consid. 2.1;  

117 Ib 347 consid. 2b/bb et les références). En particulier, le débiteur est privé de 

la possibilité de prouver les faits qui doivent conduire au rejet de la réquisition de 

faillite (art. 172 LP). L'atteinte causée par le défaut d'une citation valablement 

notifiée est d'une gravité telle qu'elle ne peut pas être réparée devant l'instance de 

recours; si cette atteinte est réalisée, la cause doit être renvoyée à l'autorité de 

première instance (ATF 138 III 225 consid. 3.3 et les références). 

La nullité doit être constatée d'office, en tout temps et par l'ensemble des autorités 

étatiques; elle peut aussi être constatée en procédure de recours (ATF 137 III 217 

consid. 2.4.3; 132 II 342 consid. 2.1; 122 I 97 consid. 3a), y compris en dépit de 

l'irrecevabilité éventuelle du recours (arrêt du Tribunal fédéral 7B.20/2005 du 

14 septembre 2005 consid. 1.3 non publié aux ATF 131 III 652). 

1.1.3 La notification à une personne morale peut être faite auprès de tout organe 
habilité à représenter la personne morale, même à l’adresse privée de celui-ci. 
Cette réglementation légale tend à s’assurer que les courriers des tribunaux (de 
manière analogue aux actes de poursuite (ATF 134 III 112 c. 3.1 et réf.) 

parviennent aux personnes physiques qui peuvent agir pour la société. 

1.1.4 Les inscriptions au Registre du commerce, accessibles au public par internet, 
sont notoires (arrêt du Tribunal fédéral 4A_473/2011 du 22 décembre 2011 

consid. 2.2). 

1.1.5 La notification est effectuée par publication dans la feuille officielle 
cantonale ou dans la Feuille officielle suisse du commerce lorsque le lieu de 

séjour du destinataire est inconnu et n’a pu être déterminé en dépit des recherches 
qui peuvent raisonnablement être exigées (art. 141 al. 1 let. a CPC). 

Le fait d'utiliser la voie édictale alors que ses conditions ne sont pas réalisées 

constitue un motif de nullité (ATF 136 III 571 consid. 6.3, JdT 2014 II 108;  

129 I 361 consid. 2.2, JdT 2004 II 47; arrêts du Tribunal fédéral 5A_41/2019 du 

22 janvier 2020 consid. 4.3.1; 5A_667/2018 du 2 avril 2019 consid. 4.2). Il résulte 

toutefois de ces arrêts que la nullité doit être limitée aux cas où la partie n'a pas eu 

connaissance de la procédure (arrêt du Tribunal fédéral 5A_699/2019 du 30 mars 

2020 consid. 5 n.p. in ATF 146 III 247). 

1.2 En l'espèce, aucune des citations à comparaître à l'audience de faillite 
adressées par le Tribunal n'est parvenue à la recourante ou à son associé. Dans la 

mesure où, à la date de la convocation par publication dans la FAO, le nouveau 

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siège de la société apparaissait au Registre du commerce, le Tribunal n'aurait pas 

dû procéder par voie édictale; ainsi cette citation doit être considérée comme 

nulle. Il ressort de ce qui précède que la recourante n'a pas valablement été 

atteinte. Or, l'avis aux parties de l'audience de faillite avant la tenue de celle-ci est 

une condition formelle de la décision de faillite.  

 Il résulte de ce qui précède que le droit d'être entendue de la recourante a été violé 

puisqu'elle n'a pas été valablement convoquée à l'audience du 6 novembre 2023 et 

qu'elle a ainsi été privée de la possibilité de faire valoir ses arguments devant le 

Tribunal. 

La violation du droit d'être entendue de la recourante ne peut pas être réparée dans 

le cadre du présent recours puisque la Cour ne dispose pas d'un pouvoir d'examen 

complet. Enfin, rien ne permet de penser en l'état que le renvoi constituerait une 

démarche purement formaliste conduisant à un retard inutile, incompatible avec 

l'intérêt de l'intimée, étant relevé que la poursuite concernée a été réglée. 

Il résulte de ce qui précède que la décision querellée doit être annulée, ce que la 

Cour peut constater d'entrée de cause (art. 253 CPC), sans préjudice de la 

recevabilité du recours, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'examiner plus avant la 

tardiveté éventuelle de celui-ci.  

La cause sera dès lors retournée au Tribunal, qui a choisi la procédure orale 

(art. 253 CPC), pour qu'il cite valablement les parties à comparaître afin que la 

recourante puisse, le cas échéant, faire valoir ses arguments. 

2. 2.1 Selon l'art. 104 al. 1 CPC, le Tribunal statue sur les frais en règle générale 
dans la décision finale. Compte tenu du renvoi de la cause au Tribunal, le sort des 

frais de première instance sera réglé avec le jugement final (art. 104 al. 1 et 

art. 318 al. 3 CPC).  

Les frais judiciaires qui ne sont pas imputables aux parties ni aux tiers peuvent 

être mis à la charge du canton si l'équité l'exige (art. 107 al. 2 CPC). 

2.2 En l'espèce, les frais judiciaires de recours seront fixés à 220 fr. (art. 48  
et 61 OELP). Compte tenu de l'issue du recours, il se justifie de mettre les frais à 

la charge du canton (art. 107 al. 2 CPC).  

Il n'y a pas lieu d'allouer de dépens à la partie recourante, l’art. 107 al. 2 CPC ne 
permettant pas de mettre des dépens à la charge de l’Etat de Genève. 

* * * * * 

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C/14420/2023 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

Annule le jugement JTPI/12750/2023 rendu le 6 novembre 2023 par le Tribunal de 

première instance dans la cause C/14420/2023-19 SFC. 

Renvoie la cause au Tribunal de première instance pour nouvelle décision. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires du recours à 220 fr. et les met à la charge de l'Etat de Genève. 

Invite les Services financiers du pouvoir judiciaire à restituer à A______ SNC la somme 

de 220 fr.  

Dit qu'il n'est pas alloué de dépens de recours.  

Siégeant : 

Madame Pauline ERARD, présidente; Madame Sylvie DROIN, Madame Nathalie 

LANDRY-BARTHE, juges; Madame Mélanie DE RESENDE PEREIRA, greffière. 

 

La présidente : 

Pauline ERARD 

 La greffière : 

Mélanie DE RESENDE PEREIRA 

 
 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF indifférente (art. 74 

al. 2 let. d LTF).