# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** cd9f3d6e-7c4e-5d77-b0aa-c99938af3bf0
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2025-02-27
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 27.02.2025 A-2875/2024
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_A-2875-2024_2025-02-27.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour I 

A-2875/2024 

 

 
 

  A r r ê t  d u  2 7  f é v r i e r  2 0 2 5  

Composition 
 Jérôme Candrian (président du collège),  

Maurizio Greppi, Jürg Marcel Tiefenthal, juges, 

Frédéric Lazeyras, greffier.  
 

 
 

Parties 
 Direction générale de l'office cantonal de la détention, 

Route des Acacias 78-82,  

1227 Carouge GE,   

recourante,  

  
 

 
contre 

 
 Commandement de l'instruction (Cdmt Instr), 

Personnel de l'armée, 

Rodtmattstrasse 110, 3003 Bern,    

autorité inférieure.  

  
 

 
 

Objet 
 Obligations militaires ; exemption du service militaire  

(concernant A._______). 

 

 

 

A-2875/2024 

Page 2 

Faits : 

A.  

A.a A._______ (ci-après : l’employé) travaille depuis le 1er septembre 2022 

au sein de l’Office cantonal de la détention du canton de Genève (ci-après : 

l’employeur), en qualité d’agent de sécurité public III (ci-après : ASP III) de 

la brigade de sécurité des audiences (ci-après : BSA), à un taux d’activité 

de 100%. 

Selon le cahier des charges de l’employé, les ASP III assument, d’une part, 

les tâches de gestion des convoyages entre les établissements péniten-

tiaires et les centres d’activités judiciaires, policières ou médicales et, 

d’autre part, les tâches de surveillance interne et externe, de maintien de 

l’ordre et de sécurité dans les centres d’activités judiciaires, policières ou 

médicales durant leur mission. 

A.b Le 12 février 2024, l’employé et l’employeur ont déposé conjointement 

une demande d’exemption du service militaire selon l’art. 18 LAAM en fa-

veur du premier. 

A.c Par courrier du 21 février 2024, le Commandement de l’Instruction a 

transmis à l’employeur un avis de rejet de la demande d’exemption en lui 

impartissant un délai de 14 jours pour prendre position. Dans ce cadre, 

l’employeur a, par écriture du 7 mars 2024, persisté dans sa demande 

d’exemption et requis une décision sujette à recours. Par courrier du 6 

mars 2024, l’employé a également requis une décision sujette à recours, 

renvoyant pour le surplus aux arguments développés par son employeur. 

B.  

Par décision du 3 avril 2024 adressée à l’employeur, le Commandement 

de l’Instruction a rejeté la demande d’exemption pour A._______. En subs-

tance, il a retenu que l’employé n’était titulaire ni du brevet fédéral d’agent 

de détention ni de celui de policier, de sorte qu’il ne pouvait être exempté 

à titre de membre du personnel de surveillance d’établissements, de pri-

sons ou de foyers, ou de membre des services de police. Du reste, il ne 

satisfaisait pas aux conditions de la réglementation d’exception pour béné-

ficier d’une exemption. 

C.  

C.a Par écriture du 7 mai 2024, la Direction générale de l’Office cantonal 

de la détention (ci-après : la recourante) a formé un recours à l’encontre 

de la décision du 3 avril 2024 du Commandement de l’Instruction (ci-après : 

l’autorité inférieure). Principalement, elle conclut à l’octroi d’une exemption 

A-2875/2024 

Page 3 

du service militaire des ASP III de la BSA, subsidiairement à l’annulation 

de la décision et au renvoi de la cause à l’autorité inférieure. 

En résumé, la recourante reproche à l’autorité inférieure d’avoir réalisé une 

appréciation rigide des normes en lien avec l’exemption de servir, abusant 

de son pouvoir d’appréciation et créant une inégalité de traitement entre 

les ASP III de la BSA et les agents travaillant au sein de la police ou des 

prisons. De plus, en admettant uniquement une exemption à l’égard des 

ASP chargés de la protection d’ambassades et/ou d’objets, et non à 

d’autres ASP, l’autorité inférieure a vidé la clause de sauvegarde de sa 

substance. Enfin, la recourante estime que l’autorité inférieure a violé 

l’autonomie des cantons car sa décision les contraignait à confier les mis-

sions de convoyage à la police. 

C.b Par écriture responsive du 12 juin 2024, l’autorité inférieure conclut à 

l’irrecevabilité du recours, subsidiairement à son rejet. 

L’autorité inférieure estime en préalable que la recourante n’a pas qualité 

pour recourir seule, respectivement que le recours aurait dû être interjeté 

de manière conjointe par le militaire concerné et son employeur. Sur le 

fond, l’autorité inférieure retient que la distinction opérée entre les policiers 

brevetés et les ASP III de la BSA respectait le principe d’égalité de traite-

ment, tandis que l’exception à l’égard des ASP chargés de la protection 

des ambassades et/ou d’objets était justifiée par les obligations internatio-

nales de la Suisse. En outre, l’employé concerné n’occupait pas une fonc-

tion qui permettait son exemption en tant que membre du personnel péni-

tentiaire et ne possédait pas le brevet fédéral d’agent de détention. Enfin, 

l’autorité inférieure réfute toute ingérence dans l’organisation interne des 

cantons. 

C.c Dans leur échange d’écritures subséquent, les parties ont persisté 

dans leurs conclusions respectives en les développant.  

C.d Dans ses déterminations finales du 17 septembre 2024, la recourante 

a persisté dans ses conclusions. 

C.e En réponse à une ordonnance du Tribunal du 2 octobre 2024, la re-

courante a confirmé qu’elle avait donné suite à son ordonnance du 26 août 

2024 en tant que cette dernière l’invitait à porter les écritures de la cause 

à connaissance de l’employé. 

A-2875/2024 

Page 4 

Les autres faits et arguments pertinents seront repris, en tant que besoin, 

dans les considérants en droit qui suivent. 

Droit : 

1.  

La procédure de recours est régie par la loi fédérale du 20 décembre 1968 

sur la procédure administrative (PA, RS 172.021), à moins que la loi du 

17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32) n’en 

dispose autrement (cf. art. 37 LTAF). Le Tribunal examine d’office et libre-

ment sa compétence (cf. art. 7 PA) et la recevabilité des recours qui lui sont 

soumis. 

1.1 Sous réserve des exceptions – non pertinentes en l'espèce – prévues 

à l'art. 32 LTAF, le Tribunal de céans connaît, en vertu de l'art. 31 LTAF, des 

recours contre les décisions au sens de l'art. 5 PA prises par les autorités 

mentionnées à l'art. 33 LTAF. 

1.2 Le Commandement de l’instruction est une unité de l’administration fé-

dérale, au sens de l’art. 33 let. d LTAF (applicable par renvoi de l’art. 40 al. 

1 de la loi fédérale du 3 février 1995 sur l’armée et l’administration militaire 

[LAAM ; RS 510.10] et de l’art. 47 al. 1 let. b PA), subordonné au Groupe-

ment Défense, lequel est un domaine du Département fédéral de la dé-

fense de la protection de la population et des sports (ci-après : DDPS ; 

annexe 1/B/IV ch. 1.4.5 de l’ordonnance du 25 novembre 1998 sur l’orga-

nisation du gouvernement et de l’administration [OLOGA, RS 172.010.1], 

par renvoi de son art. 8 al. 1 let. a), dont les décisions non pécuniaires sont 

sujettes à recours devant le Tribunal administratif fédéral. Tel est le cas de 

la décision de refus d’exemption du service militaire litigieuse, qui satisfait 

en outre aux conditions de l’art. 5 al. 1 PA.  

1.3 Le Tribunal est ainsi compétent pour connaître du présent recours. 

1.4  

1.4.1 Dans un grief liminaire, l’autorité inférieure invoque l’irrecevabilité du 

recours au motif que la recourante ne dispose pas de la qualité pour re-

courir seule. Selon elle, le recours aurait dû être interjeté conjointement par 

la recourante et son employé, ces derniers formant, conformément à l’art. 

18 al. 3 LAAM, une consorité matérielle nécessaire. Celle-ci permettait de 

s’assurer que le militaire concerné, satisfait du refus de la demande 

d’exemption, ne se voie privé de la possibilité d’accomplir le service mili-

taire et des avantages qui en découlaient en cas d’admission du recours. 

A-2875/2024 

Page 5 

1.4.2 En l’espèce, le Tribunal estime que la question de la consorité de la 

recourante et son employé et les conséquences qui en découlent sur sa 

qualité pour recourir peuvent rester indécises, compte tenu de ce qui suit. 

1.4.3  

1.4.3.1 Selon l’art. 18 al. 3, 2ème phrase, LAAM, la demande d’exemption 

est déposée en commun par la personne astreinte et son employeur ou le 

service auquel elle est subordonnée. Selon le Message du 8 septembre 

1993 relatif à la loi fédérale sur l'armée et l'administration militaire et à l'ar-

rêté fédéral sur l'organisation de l'armée (Message LAAM 1993, FF 1993 

IV 1, 48), cette disposition permet de mettre en valeur la qualité de partie 

des personnes concernées et d’assurer qu’une requête n’est pas présen-

tée sans l’assentiment de l’employé. 

1.4.3.2 En vertu de l’art. 34 al. 1 PA, l’autorité notifie ses décisions aux 

parties par écrit. Une notification irrégulière ne peut entraîner aucun préju-

dice pour les parties (art. 38 PA). La jurisprudence n'attache pas nécessai-

rement la nullité à l'existence de vices dans la notification ; la protection 

des parties est suffisamment réalisée lorsque la notification irrégulière at-

teint son but malgré cette irrégularité. Il y a lieu d'examiner, d'après les 

circonstances du cas concret, si la partie intéressée a réellement été in-

duite en erreur par l'irrégularité de la notification et a, de ce fait, subi un 

préjudice. Il convient à cet égard de s'en tenir aux règles de la bonne foi 

qui imposent une limite à l'invocation du vice de forme. Ainsi, la partie inté-

ressée doit agir dans un délai raisonnable dès qu'elle a connaissance, de 

quelque manière que ce soit, de la décision qu'elle entend contester (cf. 

ATF 132 II 21 consid. 3.1 ; arrêts du Tribunal fédéral [TF] 1C_255/2016 du 

14 octobre 2016 consid. 4.2, 8C_664/2015 du 13 juin 2016 consid. 3.1 ; 

arrêt du Tribunal administratif fédéra [TAF] A-527/2017 du 15 février 2018 

consid. 2.4.3). 

1.4.4 En l’espèce, le Tribunal constate que la demande d’exemption de 

service a valablement été déposée conjointement par la recourante et son 

employé, qui ont également conjointement requis le prononcé d’une déci-

sion sujette à recours. Puis, l’autorité inférieure a notifié un courrier du 14 

mars 2024 et sa décision du 3 avril 2024 uniquement à la recourante, à 

l’exclusion de l’employé concerné. La notification de la décision doit donc 

être qualifiée d’irrégulière. Il sied également de relever que la décision liti-

gieuse s’intitule : « Décision susceptible de recours rendue à votre de-

mande d’exemption du service (…) pour A._______ ». Quant aux moyens 

de droit, ils indiquent que « (…) le mémoire de recours doit (…) porter la 

signature du recourant ou celle de son représentant ». Cette formulation 

A-2875/2024 

Page 6 

était de nature à suggérer à la recourante, en tant qu’unique destinataire 

de la décision, qu’elle pouvait recourir seule. Partant, au regard des règles 

de la bonne foi, la position de l’autorité inférieure, qui s’est adressée uni-

quement à la recourante durant toute la procédure de première instance et 

qui invoque désormais la consorité nécessaire des parties, ne saurait être 

suivie. 

A toute fins utiles, le Tribunal souligne que la recourante a confirmé au 

Tribunal, par courrier du 14 octobre 2024, avoir porté à connaissance de 

l’employé les écritures de la cause. Il convient ainsi de considérer que ce 

dernier disposait du temps nécessaire pour manifester son éventuelle op-

position au recours dans l’éventualité où il n’aurait jusqu’alors pas eu con-

naissance de la décision litigieuse. Partant, le risque que le recours ait été 

formé sans l’assentiment de l’employé peut être écarté. 

1.4.5 Dans ces circonstances, la recourante était en l’espèce légitimée à 

déposer le recours sans le concours de son employé. 

1.5  Présenté au surplus dans le délai (cf. art. 50 al. 1 PA) et les formes (cf. 

art. 52 al. 1 PA) prévus par la loi, le recours est recevable, de sorte qu'il 

convient d'entrer en matière. 

2.  

2.1 En sa qualité d’autorité de recours, le Tribunal dispose d’une pleine 

cognition. Il revoit librement l’application du droit par l’autorité inférieure (cf. 

art. 49 PA), y compris l’excès ou l’abus du pouvoir d’appréciation (let. a), la 

constatation des faits (let. b) et l’opportunité de la décision attaquée (let. 

c), tous griefs que le recourant peut soulever à l’appui de son recours. Le 

Tribunal fait cependant preuve d'une certaine retenue dans l'exercice de 

son libre pouvoir d'examen lorsque la nature des questions litigieuses qui 

lui sont soumises l'exige, singulièrement lorsque leur analyse nécessite 

des connaissances spéciales ou encore lorsqu'il s'agit de circonstances 

que l'autorité qui a rendu la décision connaît mieux (cf. ATF 142 II 451 con-

sid. 4.5.1 ; arrêts du TAF A-1268/2021 du 31 mai 2022 consid. 2.1, A-

3102/2017 du 3 décembre 2018 consid. 2.1). Dans de tels cas, le Tribunal 

ne substituera son appréciation à celle de l'autorité inférieure que s'il a de 

bonnes raisons de le faire (cf. arrêts du TAF A-3426/2024 du 18 décembre 

2024 consid. 2.1, A-941/2021 du 18 août 2021 consid. 2.2). 

2.2 Conformément à la maxime inquisitoire, le Tribunal vérifie d’office les 

faits constatés par l’autorité inférieure (cf. art. 12 PA), sous réserve du de-

voir de collaborer des parties (cf. art. 13 PA). Le Tribunal applique le droit 

A-2875/2024 

Page 7 

d’office, sans être lié par les motifs invoqués (cf. art. 62 al. 4 PA), ni par 

l’argumentation juridique développée dans la décision entreprise. Il se li-

mite en principe aux griefs soulevés et n’examine les questions de droit 

non invoquées que dans la mesure où les arguments des parties ou le 

dossier l’y incitent (cf. ATF 135 I 91 consid. 2.1 ; ATAF 2014/24 du 27 février 

2014 consid. 2.2, 2012/23 du 15 juin 2011 consid. 4). 

3.  

L’objet du présent litige porte sur la question de savoir si l’autorité inférieure 

a rejeté la demande d’exemption de service militaire de la recourante et 

son employé à dire de droit. 

A cette fin, il conviendra d’analyser si, au regard du droit applicable (cf. 

consid. 4) et des arguments des parties (cf. consid. 5), l’autorité inférieure 

a considéré à bon droit que l’activité exercée par l’employé de la recourante 

ne constituait pas un motif d’exemption du service militaire au sens de l’art. 

18 LAAM (cf. consid. 6), et si elle a respecté l’autonomie des cantons (cf. 

consid. 7). 

4.  

Le litige s’inscrit dans le cadre légal général suivant. 

4.1 En vertu de l’art. 2 al. 1 LAAM concrétisant l'art. 59 al. 1 de la Consti-

tution fédérale du 18 avril 1999 (Cst., RS 101), tout Suisse est astreint au 

service militaire. Les art. 17 et 18 LAAM réservent des exceptions au prin-

cipe du service militaire obligatoire général, à savoir l'exemption du service 

militaire pour les membres du parlement (cf. art. 17) et pour les profession-

nels exerçants des activités indispensables (cf. art. 18). 

4.2  

4.2.1 L’art. 18 al. 1 let. c LAAM prévoit notamment que sont exemptés du 

service militaire tant qu’ils exercent leur fonction ou leur activité, les pro-

fessionnels occupés à titre principal suivants : les directeurs et les 

membres du personnel de surveillance d’établissements, de prisons ou de 

foyers dans lesquels sont exécutées des détentions préventives, des 

peines ou des mesures (ch. 3), ainsi que les membres des services de 

police qui ne sont pas indispensables à l’armée pour l’accomplissement de 

ses tâches de police (ch. 4). L’art 18 al. 2 LAAM dispose que, exception-

nellement et si les circonstances le justifient, le DDPS peut exempter 

d’autres professionnels occupés à titre principal auprès d’institutions ou de 

services publics ou privés qui exercent des activités vitales ou indispen-

sables pour l’aide d’urgence ou en cas de catastrophe, dans la mesure où 

A-2875/2024 

Page 8 

ils ne sont pas absolument nécessaires à l’armée pour des tâches ana-

logues. L’art. 18 al. 4 LAAM charge le Conseil fédéral de régler les détails, 

notamment en ce qui concerne les institutions, les personnes et les activi-

tés, ainsi que la compétence de décider en la matière. 

A ce titre, l’art. 25 al. 1 de l’ordonnance du 22 novembre 2017 sur les obli-

gations militaires (OMi, RS 512.21) précise qu’une activité professionnelle 

est jugée principale lorsque la personne astreinte au service militaire est 

occupée sur la base d’un contrat de travail de durée indéterminée ou de 

durée déterminée d’un an au minimum, et que l’activité indispensable cor-

respond à un taux d’occupation moyen d’au moins 80 %. Conformément à 

l’art. 25 al. 2 OMi, aucune exemption de service n’est accordée pendant la 

formation préparant à exercer une activité indispensable, à l’exception no-

tamment de l’accomplissement de l’école de police (let. a) ou de la forma-

tion d’agent de détention (let. b). L’art. 29 let. b OMi mentionne encore que 

sont réputés membres des services de police les membres des services 

de police de la Confédération, des cantons, des villes et des communes, 

qui sont indispensables pour l’accomplissement de tâches de police judi-

ciaire, de police de sûreté et de police de la circulation et qui disposent au 

moins d’un brevet fédéral de policier. 

4.2.2 La liste applicable à une exemption de service actif est appelée à être 

aussi courte que possible, car elle constitue une certaine brèche dans l'obli-

gation générale de servir, et doit être utilisée de manière restrictive afin de 

ne pas violer le principe de l’égalité de traitement. En ce qui concerne le 

maintien de la fonctionnalité des institutions dans des situations extraordi-

naires, ce but peut souvent être atteint au moyen de la dispense du service 

ou d’un congé au sens de l’art. 145 LAAM, dont la portée est moins éten-

due. Cette disposition prévoit que les personnes astreintes au service mi-

litaire peuvent être dispensées du service d’appui ou du service actif ou 

mises en congé afin qu’elles puissent remplir des tâches importantes dans 

les domaines civils du Réseau national de sécurité. Si les conditions 

d'exemption du service militaire au sens de l’art. 18 LAAM ne sont pas ré-

alisées, une dispense au sens de l'art. 145 LAAM peut ainsi être accordée, 

les deux normes coexistant (cf. arrêts du TAF A-4705/2022 du 27 juin 2022 

consid. 4.2.2, A-5954/2019 du 26 juillet 2021 consid. 3.3.3.4, A-884/2020 

du 5 août 2020 consid. 3.3.4 ; Message du 1er septembre 2021 relatif à une 

modification de la loi sur l’armée et de l’Organisation de l’armée [Message 

LAAM 2021], FF 2021 2198, 34/59 ; Message LAAM 1993, FF 1993 IV 1, 

48). 

A-2875/2024 

Page 9 

5.  

Les parties sont divisées par les arguments suivants. 

 

5.1  

5.1.1 Dans un premier grief, la recourante considère que l’autorité infé-

rieure a apprécié de manière rigide les normes en lien avec l’exemption de 

service, abusant de son pouvoir d’appréciation et créant une inégalité de 

traitement entre les agents de police et de détention qui bénéficient de 

l’exemption, et les ASP III de la BSA à qui celle-ci est refusée. Les activités 

de la BSA constituaient pourtant un pont indispensable et vital entre les 

activités des policiers et des agents de détention, et un rouage indispen-

sable pour le bon fonctionnement du système carcéral.  

En particulier, la recourante reconnait que les ASP III de la BSA ne sont 

pas titulaires du brevet fédéral de policier exigé par l’art. 29 let. b OMi. Elle 

estime toutefois que les activités des policiers et des ASP III de la BSA sont 

liées de très près et cite à ce titre plusieurs dispositions cantonales. De 

plus, les ASP III de la BSA sont formés dans la même école que les poli-

ciers, sont aussi armés, et leurs tâches sont tout autant indispensables 

pour la sécurité du canton de Genève. Les convoyages de détenus sont 

d’ailleurs assurés par la police dans plusieurs autres cantons, et l’étaient 

également dans le canton de Genève avant le 1er avril 2016 et l’externali-

sation du service au profit d’une société de sécurité privée, qui dispose 

d’effectifs importants lui permettant de suppléer aisément l’absence de cer-

tains collaborateurs. La mission des ASP III de la BSA représente à présent 

une fonction à part entière : il ne s’agit en aucun cas d’un soutien ou d’une 

délégation de fonction de la police. 

 

5.1.2 La recourante est également d’avis que l’autorité inférieure exige à 

tort d’être au bénéfice du brevet d’agent de détention pour prétendre à une 

exemption de service. Les directeurs d’établissements pénitentiaires 

n’étaient pas soumis à cette exigence alors qu’ils bénéficiaient de l’exemp-

tion. L’autorité inférieure perdait également de vue que la loi employait le 

terme large de « membres de personnel de surveillance » et ne visait ainsi 

pas uniquement les agents de détention brevetés. Du reste, certains can-

tons engageaient des personnes non-brevetées pour assurer la surveil-

lance des personnes détenues. En tout état, l’inextricable juxtaposition des 

fonctions des agents de détention et des ASP III de la BSA suffisait à dé-

montrer que l’activité de ces derniers était indispensable au suivi des per-

sonnes détenues. En effet, ils travaillaient directement avec l’ensemble des 

établissements de privation de liberté et leur activité était dévolue à la sur-

veillance des personnes détenues. 

A-2875/2024 

Page 10 

5.1.3 En outre, de l’avis de la recourante, rien ne justifiait la distinction que 

l’autorité inférieure réalisait, dans l’application de l’art. 18 al. 2 LAAM, entre 

les ASP III de la BSA et les ASP affectés à la protection des ambassades 

et/ou d’objets, qui étaient les seuls ASP autorisés à bénéficier de l’exemp-

tion de service. Ces derniers ne disposaient toutefois pas de la formation 

et de toutes les compétences d’un policier diplômé. Ayant pris note des 

obligations internationales de la Suisse rattachées à la garde d’ambassade 

et/ou d’objets, la recourante relève que l’accès aux soins médicaux des 

personnes détenues, assuré par les ASP III de la BSA, et les standards en 

matière de transfèrement des détenus constituaient aussi des obligations 

internationales.  

5.1.4 Par ailleurs, la possibilité, évoquée par l’autorité inférieure, de recou-

rir à l’art. 145 LAAM posait des soucis organisationnels d’importance car 

elle se heurtait au dépôt systématique d’une demande individuelle et sans 

garantie pour chaque sollicitation de l’armée, et n’offrait pas la même visi-

bilité pour l’organisation des services de la BSA, qui devaient pouvoir 

compter en tout temps sur la présence de ses agents. En définitive, la po-

sition de l’autorité inférieure vidait de sa substance l’art. 18 al. 2 LAAM. 

5.2  

5.2.1 En réponse à ces arguments, l’autorité inférieure commence par rap-

peler qu’elle dispose d’un large pouvoir d’appréciation pour déterminer les 

fonctions qui entrent dans les catégories d’exemption. Compte tenu de la 

volonté du législateur de restreindre le catalogue d’exemptions aux activi-

tés réellement indispensables, la création d'une possibilité "hybride" 

d'exemption, à cheval entre le statut de policier et d'agent de détention, 

n'entrait pas en considération. En ce qui concernait les membres de la po-

lice judiciaire, de sûreté et de la circulation, seuls ceux qui disposaient au 

moins du brevet fédéral de policier pouvaient être exemptés. Il se justifiait 

de traiter de manière différente un policier breveté, qui pouvait assumer un 

large éventail de tâches, d’un ASP qui n’avait pas la même formation et ne 

disposait que d’une fraction des compétences du premier cité. Il ressortait 

de la loi genevoise que les ASP III de la BSA agissaient en qualité d’auxi-

liaires de la police, la déchargeant de certaines tâches. De telles tâches de 

soutien ne donnaient pas lieu à une exemption de service. Le fait que les 

employés concernés soient armés ne jouait aucun rôle. Les agents de la 

société de sécurité privée qui assurait les convoyages jusqu’au 1er janvier 

2016 n’avaient pas non plus été exemptés. La différence en termes d’ef-

fectifs de cette entreprise et ceux de la recourante était dénuée de perti-

nence, car une exemption fondée sur le nombre de travailleurs dans une 

entreprise serait constitutive d’une inégalité de traitement entre militaires. 

A-2875/2024 

Page 11 

5.2.2 En ce qui concerne l’exemption de l’employé en qualité de membre 

du personnel de surveillance pénitentiaire, l’autorité inférieure relève tout 

d’abord que les ASP III de la BSA ne travaillent pas dans les lieux de dé-

tention visés par la loi. En effet, les lieux d’audiences dont les ASP III de la 

BSA devaient assurer la sécurité ne faisaient pas partie des établissements 

pénitentiaires genevois. Le cahier des charges de l’employé précisait bien 

que ses activités se déroulaient hors desdits établissements. De plus, dans 

le canton de Genève, le personnel pénitentiaire était exclusivement com-

posé d’agents de détention, tenus de poursuivre une formation sanction-

née d’un brevet fédéral, et de directeurs d’établissements. A défaut de dé-

tenir le brevet fédéral d’agent de détention, les ASP III de la BSA ne fai-

saient donc pas partie du personnel de surveillance pouvant bénéficier 

d’une exemption. De l’avis de l’autorité inférieure, la non-exemption n’em-

pêcherait pas le bon fonctionnement de l'ensemble du système péniten-

tiaire en temps de crise, dès lors qu'une telle situation entraînerait obliga-

toirement une réorganisation du fonctionnement des autorités du domaine 

pénitentiaire. 

5.2.3 Quant à l’art. 18 al. 2 LAAM, qui octroyait au DDPS la faculté – et non 

l’obligation – d’exempter d’autres professionnels, l’autorité inférieure af-

firme qu’il devait être appliqué de manière encore plus restrictive que l’art. 

18 al. 1 LAAM. L’autorité inférieure souligne que les ASP III de la police ne 

sont pas non plus exemptés, de sorte qu’une exemption de la BSA consti-

tuerait précisément une inégalité de traitement entre ASP. Les ASP III af-

fectés à la protection d’ambassades faisaient figure d’exception, vu les en-

gagements internationaux de la Suisse lui imposant l’obligation d’assurer 

la protection des représentations étrangères sur son sol. A l’inverse, l’auto-

rité inférieure qualifie les « Règles Nelson Mandela » invoquées par la re-

courante de soft law. En tout état, la recourante n’expliquait pas en quoi la 

non-exemption de service des collaborateurs concernés empêchait le res-

pect de ces règles. Hormis les ASP, d’autres exceptions restaient pos-

sibles ; la recourante soutenait ainsi de manière erronée que sa pratique 

vidait de sa substance l’art. 18 al. 2 LAAM. 

5.2.4 Enfin, l’autorité inférieure estime que la recourante n’a pas saisi la 

portée de la dispense de service au sens de l’art. 145 LAAM. Pour cause, 

une demande de dispense ne pouvait être déposée qu’en cas d’engage-

ment de l’armée, situation exceptionnelle qui ne concernait pas les services 

d’instruction représentant l’écrasante majorité des convocations. Contrai-

rement à ce que la recourante alléguait, la dispense de service ne pouvait 

donc pas constituer un obstacle à son organisation interne. L’autorité infé-

rieure rappelle également la faculté de tout militaire de demander, 

A-2875/2024 

Page 12 

conformément à l’art. 90 OMi, un déplacement de service d’instruction, si 

sa situation professionnelle revêt une importance telle qu’elle ne peut pas-

ser au second plan. 

6.  

A titre liminaire, le Tribunal constate que la recourante invoque les ch. 3 et 

4 de l’art. 18 al. 1 let. c LAAM pour justifier l’exemption du service militaire 

de son employé. Il s’agit des motifs d’exemption réservés aux membres du 

personnel de surveillance d’établissements, de prisons et de foyers, ainsi 

qu’aux membres des services de police. En l’occurrence, d’autres fonctions 

citées à l’art. 18 al. 1 LAAM n’entrent pas en ligne de compte et l’autorité 

inférieure souligne à juste titre que la création d’une autre catégorie 

d’exemption, dans le prolongement des deux catégories professionnelles 

précitées, est exclue, eu égard à l’interprétation restrictive de la liste appli-

cable à une exemption (cf. supra consid. 4.2.2). Cet aspect a été souligné 

lors des débats parlementaires et par le Conseil fédéral lors de la révision 

de cette disposition, entrée en vigueur le 1er janvier 2023 (cf. Message 

LAAM 2021, 24/59 et 34/59 ; BO 2021 N 2594, BO 2022 E 29).  

Il résulte de ce qui précède que l’art. 18 al. 1 LAAM contient une liste ex-

haustive des personnes exerçant une activité indispensable. Il revient donc 

au Tribunal de déterminer si les ASP III de la BSA entrent dans une des 

deux catégories professionnelles précitées. La question de leur exemption 

en application de la clause de sauvegarde prévue à l’art. 18 al. 2 LAAM, 

également invoquée par la recourante, sera traitée dans un second temps. 

6.1 En ce qui concerne l’exemption des membres des services de police, 

la recourante ne conteste pas que les ASP III de la BSA ne sont pas titu-

laires du brevet fédéral de policier qui fait obstacle, selon l’autorité infé-

rieure, à l’admission d’une exemption fondée sur l’art. 18 al. 1 let. c ch. 4 

LAAM. Compte tenu du fait que cette exigence figure dans une ordonnance 

du Conseil fédéral (cf. art. 29 let. b OMi) adoptée en application de l’art. 18 

al. 4 LAAM, il convient d’examiner la validité de cette disposition. 

6.1.1 Alors que les ordonnances dépendantes – soit celles résultant d'une 

loi et non pas de la Constitution – d’exécution précisent et détaillent le sens 

et le contenu de la loi, les ordonnances dépendantes de substitution éta-

blissent de manière originaire des règles de droit. Les ordonnances pré-

sentent toutefois le plus souvent un contenu mixte, constitué à la fois de 

simples règles d'exécution et de règles dites primaires. Si la compétence 

du Conseil fédéral d'édicter des ordonnances d'exécution trouve son fon-

dement à l'art. 182 al. 2 Cst., cette disposition n'est en revanche pas une 

A-2875/2024 

Page 13 

base suffisante pour les ordonnances de substitution, dont la création né-

cessite, vu le principe de la séparation des pouvoirs, une clause de délé-

gation soumise, selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, au respect de 

quatre conditions ayant elles-mêmes valeur constitutionnelle. La déléga-

tion législative doit ne pas être exclue par la Constitution fédérale et figurer 

dans une loi formelle fédérale (cf. art. 164 al. 2 et art. 182 al. 1 Cst.), se 

limiter à une matière déterminée et bien délimitée ainsi qu'énoncer elle-

même les points essentiels sur lesquels doit porter la matière à réglemen-

ter (cf. ATF 141 V 688 consid. 4.2.1, 140 I 218 consid. 6.5, 134 I 322 consid. 

2.4 ; ATAF 2016/29 consid. 4.1 ; arrêts du TAF A-501/2021 du 19 janvier 

2022 consid. 7.3.4, A-6043/2016 du 10 octobre 2017 consid. 4.1.1).           

6.1.2 Dans le cadre d'un contrôle concret de la norme, le Tribunal adminis-

tratif fédéral, s'agissant des ordonnances fédérales dépendantes, vérifie si 

le Conseil fédéral s'en est tenu aux limites des compétences que la loi lui 

a attribuées. En outre, dans la mesure où la loi n'autorise pas le délégataire 

à s'écarter de la Constitution, respectivement que la règlementation du 

Conseil fédéral ne reprend pas purement et simplement un élément con-

traire à la Constitution inscrit dans la loi au sens formel, le Tribunal admi-

nistratif fédéral juge non seulement de la légalité de ladite règlementation, 

mais aussi de sa constitutionnalité. Lorsque le Conseil fédéral dispose 

d'une très large marge d'appréciation, comme cela est le cas en l'espèce, 

celle-ci lie alors le Tribunal (cf. art. 190 Cst.). Dans de telles circonstances, 

le Tribunal n'est pas en droit de substituer sa propre appréciation à celle 

du Conseil fédéral. Il doit au contraire se limiter au contrôle consistant à 

savoir si la règlementation en cause outrepasse manifestement le cadre 

de la délégation de compétence prévue par la loi ou si, pour d'autres rai-

sons, cette règlementation apparaît contraire à la loi ou à la Constitution. 

Dans ce contexte, il peut notamment examiner si une disposition de 

l'ordonnance repose sur des motifs sérieux ou si elle contrevient aux art. 8 

(Egalité) ou 9 Cst. (Protection contre l’arbitraire et protection de la bonne 

foi), parce qu'elle est vide de sens ou inutile, opère des distinctions juri-

diques sans motif raisonnable, ou encore parce qu'elle omet de faire des 

distinctions qui auraient dû être faites. La responsabilité concernant l'op-

portunité de la mesure prescrite incombe au Conseil fédéral ; il ne revient 

pas au Tribunal de s'exprimer au sujet de son caractère approprié du point 

de vue économique ou politique (cf. ATF 147 IV 439 consid. 3.3.1, 145 V 

278 consid. 4.1, 144 II 313 consid. 5.2 ; arrêts du TAF A-1414/2022 du 22 

novembre 2022 consid. 7.3.1, A-3712/2021 du 2 novembre 2022 consid. 

6.1, A-1666/2019 du 8 octobre 2020 consid. 5.2.1). 

A-2875/2024 

Page 14 

6.1.3 En l’espèce, les conditions que doit respecter la clause de délégation 

législative sont remplies, la recourante ne contestant pas ce point. L’art. 18 

al. 4 LAAM figure dans une loi fédérale au sens formel et la Constitution ne 

la prohibe pas. Elle est limitée à une matière déterminée et délimitée et 

édicte les points essentiels sur lesquels doivent porter les dispositions 

d’exécution du Conseil fédéral, à savoir les institutions, les personnes et 

les activités concernées par l’exemption de l’obligation de servir. Ensuite, 

l’art. 29 let. b OMi n’outrepasse pas le cadre de la délégation législative, ce 

qui n’est pas non plus allégué par la recourante. La délégation autorise 

bien le Conseil fédéral à définir quelles activités et fonctions de police, au 

sens de l’art. 18 al. 1 let. c ch. 4 LAAM, sont indispensables à la défense 

nationale (cf. Message LAAM 1993, FF 1993 IV 1, 47), ce qu’il a fait en 

indiquant que sont réputés membres des services de police, au sens de 

l’art. 18 al. 1 let. c LAAM, les membres des services de police disposant au 

moins d’un brevet fédéral de policier et exerçant dans la police judiciaire, 

la police de sécurité ou la police de la circulation.  

Il reste à déterminer si l’exigence d’un brevet fédéral de policier telle que 

prévue est contraire au principe constitutionnel de l’égalité de traitement, 

comme l’affirme la recourante. 

6.1.4  

6.1.4.1 Tout d’abord, il ressort de la législation genevoise que les ASP et 

les policiers brevetés n’obéissent pas au même statut. L’art. 19 al. 1 let. c 

et al. 3 de la loi genevoise du 9 septembre 2014 sur la police (LPol, rsGE 

F 1 05), complété par l’art. 3 let. d du règlement général du 26 juin 2024 

sur le personnel de la police (RGPPol, rsGE F 1 05.07), différencie explici-

tement ces deux professions, en disposant que les ASP appartiennent au 

personnel non policier. Selon les débats parlementaires, le législateur ge-

nevois a explicitement voulu éviter que les ASP III de la BSA soient intégrés 

au personnel de la police au sens de l’art. 19 al. 1 let. b LPol (cf. Mémorial 

des séances du Grand conseil de la République et canton de Genève [En 

ligne], séance du vendredi 18 octobre 2019 à 16h, consulté le 4 février 

2025 à l’adresse suivante : « https://ge.ch/grandconseil/memo-

rial/seances/020205/25/19/ »). Partant, le droit cantonal opère, tout comme 

le droit fédéral, une distinction entre le statut juridique des agents de police 

(brevetés) et celui des autres catégories du personnel de police – y compris 

les ASP III de la BSA. 

6.1.4.2 En ce qui concerne les activités des ASP III de la BSA, l’art. 2 al. 1 

de la loi genevoise du 19 octobre 2019 sur le convoyage et la surveillance 

des détenus hors des établissements pénitentiaires (LCSD, rsGE F 1 51) 

A-2875/2024 

Page 15 

dispose que les tâches de convoyage et de surveillance des personnes 

détenues hors des établissements pénitentiaires sont effectuées par des 

assistants de sécurité publique armés. Plus précisément, l’art. 3 du règle-

ment du 18 avril 2018 sur la brigade de sécurité et des audiences (RBSA, 

rsGE F 1 51.03) prévoit que la brigade a pour missions principales le con-

voyage des détenus, les conduites accompagnées, la surveillance des dé-

tenus lors des audiences et dans le milieu hospitalier, ainsi que la gestion 

des lieux de privation de liberté de la police ou du pouvoir judiciaire, dits 

«violons» (al. 1). A titre subsidiaire, la brigade peut être engagée en soutien 

à des missions de sécurité de l’office cantonal de la détention, sur décision 

de la direction générale. Elle peut également être engagée, à titre subsi-

diaire, en soutien à des opérations de police, à la demande de cette der-

nière et sur décision de la direction générale (al. 2). Il ressort de cette dis-

position que les ASP III de la BSA n’effectuent des missions dévolues à la 

police qu’à titre subsidiaire, sur demande et sur décision préalable. Le ca-

hier des charges de l’employé va dans le même sens lorsqu’il prévoit que 

ce n’est qu’à titre d’activité complémentaire qu’il peut appuyer la police lors 

d'événements particuliers. Les activités des ASP III de la BSA ne sont donc 

ni comparables ni assimilables à celles de la police (en ce sens : arrêt 

ATA/130/2022 de la Cour de justice du canton de Genève du 8 février 2022 

consid. 4b). Le fait que les ASP III de la BSA soient formés au sein de la 

même école que les policiers ne constitue pas un argument pertinent, 

puisque le diplôme respectif obtenu n’est pas le même. En tout état, seule 

la fonction professionnelle exercée à titre principale et le cahier des 

charges qu’elle implique constitue le critère déterminant, et non la forma-

tion acquise (cf. arrêt du TAF A-4705/2022 du 27 juin 2023 consid. 6.2). 

6.1.4.3 Surtout, les tâches de convoyage et de surveillance dévolues à la 

BSA peuvent, en cas de besoin, être exécutées par du personnel de police 

assermenté et soumis à la LPol (art. 2 al. 3 LCSD). Par conséquent, un 

policier breveté, outre ses activités de police administrative, de police de 

sécurité et de police judiciaire (cf. art. 1 al. 3 LPol), peut être amené à as-

sumer les tâches habituellement dévolues aux ASP III de la BSA. Il est 

ainsi en mesure d'accomplir un éventail de missions beaucoup plus large 

que celui des ASP III de la BSA, ce que reconnait explicitement la recou-

rante à propos des ASP III affectés à la garde d’ambassades et/ou d’objets. 

La capacité des policiers brevetés à assumer l’ensemble de ces tâches 

explique leur rôle indispensable en situation de crise, à l’inverse des ASP 

III de la BSA. Contrairement à l’opinion de la recourante, le fait que l’activité 

des ASP III de la BSA est essentielle au fonctionnement du système car-

céral ne suffit pas à admettre leur exemption. En effet, d’autres membres 

indispensables à ce domaine, à commencer par les magistrats chargés de 

A-2875/2024 

Page 16 

juger les personnes convoyées par la BSA, ne profitent, eux, pas d’une 

exemption. A l’instar de l’autorité inférieure, il faut convenir qu’en situation 

extraordinaire, le système pénitentiaire connaitrait nécessairement une ré-

organisation de ses effectifs et ses priorités. Dans ce cadre, il est aisément 

concevable que des policiers assument, si nécessaire, des tâches de con-

voyage, comme cela était d’ailleurs le cas auparavant (cf. rapport du 9 juil-

let 2019 de la commission judiciaire et de la police chargée d’étudier le 

projet de loi et le rapport du Conseil d’Etat au Grand conseil concernant la 

loi sur le convoyage et le transport des détenus [PL 11662-D et RD 1198-

A], pp. 45-46). Partant, il parait justifié d’opérer une distinction entre les 

policiers brevetés et les autres membres du personnel de police sur le plan 

de leur exemption de service. 

6.1.4.4 Le présent cas ne contient pas d’éléments permettant d’adopter 

une solution différente de celle retenue dans l’arrêt A-4705/2022 du 27 juin 

2023, au terme duquel le Tribunal a considéré qu’un ASP communal de la 

Ville de Neuchâtel ne saurait bénéficier de l’exemption de service car « les 

activités et compétences de l’agent de sécurité publique communal n’en-

traient pas dans la catégorie des services de police organisés de l’art. 18 

al. 1 let. f aLAAM » (consid. 6.3.2). La recourante soutient que la fonction 

principale de l’ASP neuchâtelois était le maintien du lien social avec la po-

pulation, ce qui n’est pas le cas des ASP III de la BSA. S’il est vrai que 

cette proximité à la population était soulignée, il était également relevé que 

l’ASP neuchâtelois assumait certaines tâches de police judiciaire et de po-

lice de circulation, activités pouvant donner lieu à une exemption confor-

mément à l’art. 29 let. b OMi, qui n’ont toutefois pas été jugées vitales en 

situation de crise (consid. 6.3.1 s.). L’avis de la recourante, selon lequel, à 

l’inverse de l’ASP neuchâtelois, la mission des ASP III de la BSA consiste 

en une tâche à part entière et non une délégation des fonctions de la police, 

tend précisément à démontrer que leur mission n’est pas comparable aux 

activités policières indispensables requises pour admettre une exemption. 

En outre, le fait qu’en l’espèce, les ASP III de la BSA portent des armes à 

feu ne prouve pas qu’ils jouiraient de prérogatives plus étendues que celles 

de l’ASP neuchâtelois, puisque ce dernier avait le droit de porter d’autres 

armes et d’appréhender des contrevenants (consid. 6.3.1). Au même titre, 

le fait qu’il s’agissait d’un ASP communal n’est pas un critère pertinent dans 

le cadre d’une potentielle exemption, comme le rappelle l’art 29 let. b OMi. 

6.1.5 Il résulte de ce qui précède que la distinction opérée à l’art. 29 let. b 

OMi entre les policiers brevetés, qui peuvent prétendre à l’exemption de 

l’obligation de servir, et les autres membres du personnel policier, n’est pas 

contraire au droit. Par conséquent, c’est à bon droit que l’autorité inférieure 

A-2875/2024 

Page 17 

a appliqué l’art. 29 let. b OMi et considéré que les ASP III de la BSA, qui 

ne sont pas titulaires du brevet fédéral de policier, ne peuvent prétendre à 

l’exemption au titre de membres des services de police. 

6.2 En ce qui concerne l’exemption de l’employé au titre de membre du 

personnel de surveillance d’établissements, de prisons ou de foyers, le Tri-

bunal retient ce qui suit. 

 

6.2.1 La loi genevoise du 3 novembre 2016 sur l’organisation des établis-

sements et le statut du personnel pénitentiaires (LOPP, rsGE F 1 50) règle 

l’organisation des établissements pénitentiaires ainsi que le statut du per-

sonnel pénitentiaire qui y est affecté (art. 1 al. 1). Selon l’art. 3, par établis-

sement pénitentiaire (al. 1), on entend : tout établissement de privation de 

liberté pour adultes, jeunes adultes ou mineurs, qu’il s’agisse d’un régime 

de détention avant jugement, d’exécution de peine à titre anticipé ou d’exé-

cution de peine (let. a) ; tout établissement d’exécution de mesures pour 

adultes ou jeunes adultes, qu’il s’agisse d’un régime d’exécution de mesure 

à titre anticipé ou d’exécution de mesure (let. b). Par personnel péniten-

tiaire (al. 2), on entend : le directeur de l’établissement et son sup-

pléant (let. a) ; les agents de détention (let. b). En ce qui concerne ces 

derniers, une école de formation de trois ans est organisée, conduisant à 

l’obtention du brevet fédéral d’agent de détention (art. 18 al. 1 et 2 LOPP). 

Enfin, selon l’art. 7 al. 1 du règlement genevois du 30 septembre 1985 sur 

le régime intérieur de la prison et le statut des personnes incarcérées 

(RIPP, rsGE F 1 50.04), le personnel pénitentiaire est chargé des missions 

suivantes : assurer les tâches de surveillance interne et externe, de main-

tien de l’ordre, de conduite et de sécurité intérieure au sein des établisse-

ments (let. a) ; garantir les tâches d’accompagnement et d’encadrement 

nécessaires aux personnes détenues dans le respect des droits fondamen-

taux et des principes en matière de privation de liberté, en particulier l’ac-

compagnement à la réinsertion (let. b). 

Pour sa part, l’art. 1 LCSD, intitulé « Tâches de convoyage et de surveil-

lance des détenus hors des établissements pénitentiaires », dispose que 

le département chargé de la sécurité (ci-après : département) exécute les 

tâches de convoyage des personnes détenues, consistant en leur transport 

sécurisé de ou vers un établissement pénitentiaire ou un autre lieu de pri-

vation de liberté (al. 1). Le département exerce également la surveillance 

des personnes détenues lors des audiences, dans le milieu hospitalier et 

dans les autres lieux de privation de liberté. La surveillance peut également 

consister en l’accompagnement sécurisé de personnes détenues lors d’al-

lègements dans l’exécution de la sanction pénale (al. 2). Comme déjà 

A-2875/2024 

Page 18 

mentionné (cf. supra consid. 6.1.4.2), les tâches de convoyage et de sur-

veillance des personnes détenues hors des établissements pénitentiaires 

sont effectuées par des ASP III (art. 2 al. 1 LCSD). 

6.2.2 Il ressort de ce qui précède que les ASP III de la BSA sont certes 

hiérarchiquement et structurellement rattachés à l’Office cantonal de la dé-

tention, mais ne font pas partie du personnel pénitentiaire. En effet, la légi-

slation genevoise ne leur a pas attribué des tâches de surveillance et de 

déplacement de détenus dans les établissements pénitentiaires, celles-ci 

étant exclusivement réservées aux agents de détention au bénéfice d’un 

brevet fédéral ou en cours de formation. En outre, la BSA œuvre exclusi-

vement hors des établissements pénitentiaires, tant lors du convoyage que 

de la surveillance des détenus. Elle n’est pas affectée à un établissement 

pénitentiaire au sens de l’art. 1 al. 1 LOPP (en ce sens : art. 1 LCSD ; PL 

11662-D et RD 1198-A, annexe 3, p. 4). En effet, les lieux de privation de 

liberté dont les ASP III de la BSA assurent la gestion, soit les « violons » 

du Vieil Hôtel de Police et du Palais de justice, ne comptent pas parmi les 

établissements pénitentiaires genevois, si l’on excepte les violons du Pa-

lais de justice entre 18h00 et 07h00 (cf. art. 1 al. 2 ROPP et art. 51a RRIP). 

Les activités de surveillance de détenus dans d’autres milieux, que ce soit 

lors d’hospitalisations, d’audiences ou des parloirs d’avocats, ne peuvent 

pas davantage être considérés comme des établissements pénitentiaires. 

Compte tenu de ces éléments, il n’est pas possible de retenir que les ASP 

III de la BSA entrent dans la catégorie des membres du personnel de sur-

veillance au sens de l’art. 18 al. 1 let. c ch. 3 LAAM. 

6.2.3 Compte tenu de ce résultat, il n’est pas nécessaire d’approfondir les 

arguments des parties relatifs à l’exigence du brevet fédéral d’agent de 

détention pour jouir d’une exemption de service. Le Tribunal attire toutefois 

leur attention sur l’ATAF 2023 I/3, au terme duquel a été accordée, en ap-

plication de l’art. 18 al. 1 let. c ch. 3 LAAM, une exemption du service civil 

à un accompagnant socio-professionnel dans l'exécution de mesures au 

sein de foyers pour jeunes. A cette occasion, le Tribunal a écarté l’interpré-

tation restrictive défendue par l’autorité inférieure selon laquelle le « per-

sonnel de surveillance essentiel » visé à l’art. 18 al. 1 let. c ch. 3 LAAM 

comprendrait exclusivement les « agents pénitentiaires » qui « assurent la 

sécurité et la surveillance des détenus ». Il a souligné qu’avec l’évolution 

du droit des sanctions, l’agent de détention (cf. art. 25 let. b OMi) était dé-

sormais chargé tant de la surveillance que de l’encadrement des détenus 

en vue de leur réinsertion (cf. consid. 5.2.3). La question de l’exigence du 

brevet fédéral d’agent de détention n’a toutefois pas été posée par les par-

ties ou le Tribunal. En tout état, ces développements ne peuvent pas être 

A-2875/2024 

Page 19 

transposés au cas d’espèce. En effet, dans le canton de Genève, seuls les 

agents de détention ont une mission d’accompagnement à la réinsertion. 

Pour leur part, les ASP III de la BSA ne sont pas formés à une telle mission 

et exercent exclusivement des tâches de convoyage et de surveillance des 

personnes privées de liberté (cf. en ce sens : ATA/665/2021 de la Cour de 

justice du canton de Genève du 29 juin 2021 consid. 17 ; question laissée 

ouverte dans l’arrêt du TF 8D_4/2021 du 29 mars 2022 consid. 7.3).  

6.2.4 En conclusion, l’employé de la recourante n’entre pas non plus dans 

la catégorie d’exemption de l’art. 18 al. 1 let. c ch. 3 LAAM. 

6.3 Il convient encore de déterminer si, comme le soutient la recourante, 

l’autorité inférieure a commis une inégalité de traitement et abusé de son 

pouvoir d’appréciation en refusant l’exemption de l’employé en application 

de l’art. 18 al. 2 LAAM. 

6.3.1 Il y a abus du pouvoir d’appréciation lorsque l’autorité, tout en restant 

dans les limites du pouvoir d’appréciation qui est le sien, se fonde sur des 

considérations qui manquent de pertinence et sont étrangères au but visé 

par les dispositions légales applicables ou viole des principes généraux du 

droit, tels que l’interdiction de l’arbitraire (art. 9 Cst.), l’égalité de traitement 

(art. 8 Cst.), la bonne foi (art. 5 al. 3 et art. 9 Cst.) ou la proportionnalité 

(art. 5 al. 2 Cst.). Commet un excès positif de son pouvoir d’appréciation, 

l’autorité qui exerce son appréciation alors que la loi l’exclut ou qui, au lieu 

de choisir entre les deux solutions possibles, en adopte une troisième. 

Commet en revanche un excès négatif de son pouvoir d’appréciation, 

l’autorité qui considère qu’elle est liée, alors que la loi l’autorise à statuer 

selon son appréciation, ou qui renonce d’emblée en tout ou partie à exercer 

son pouvoir d’appréciation (cf. ATF 145 I 52 consid. 3.6, 140 I 257 consid. 

6.3.1, 137 V 71 consid. 5.1). 

6.3.2 En l’espèce, l’autorité inférieure doit être suivie lorsqu’elle justifie la 

distinction opérée entre les ASP III de la BSA et ceux affectés à la protec-

tion d’ambassades et/ou d’objets par les engagements internationaux de 

la Suisse. A ce titre, elle fait en particulier référence à la Convention de 

Vienne du 18 avril 1961 sur les relations diplomatiques (RS 0.191.01), dont 

l’art. 22 al. 2 prévoit que la Suisse a l’obligation spéciale de prendre toutes 

mesures appropriées afin d’empêcher que les locaux d’une mission diplo-

matique ne soient envahis ou endommagés, la paix de la mission troublée 

ou sa dignité amoindrie. De plus, en cas de rupture des relations diploma-

tiques entre deux États, ou si une mission est rappelée définitivement ou 

temporairement, la Suisse est tenue de respecter et de protéger les locaux 

A-2875/2024 

Page 20 

de la mission, ainsi que ses biens et ses archives, même en cas de conflit 

armé (art. 45 al. 1 let. a). Aux yeux du Tribunal, cette obligation de droit 

international, valable en temps de paix comme en cas de conflit qui mobi-

liserait les effectifs de l’armée suisse, justifie le traitement différencié dont 

font l’objet les ASP affectés à la garde d’ambassades et/ou d’objets par 

rapport aux autres ASP, a fortioti dans le canton de Genève où sont établies 

un nombre important de missions diplomatiques (cf. « https://www.ge-

neve.ch/themes/geneve-internationale/institutions-internationales-mis-

sions-permanentes-organisations-non-gouvernementales », consulté le 4 

février 2025). A l’inverse, l’obligation internationale régissant le transfère-

ment des détenus citée par la recourante (i.e la « Règle Nelson Man-

dela » n° 73) fait partie du soft law du domaine pénitentiaire, qui ne revêt 

pas un caractère contraignant pour les autorités (cf. arrêt du TF 

6B_925/2022 du 29 mars 2023 consid. 6.4 ; « https://www.skjv.ch/fr/execu-

tion-des-sanctions-penales/vue-densemble-de-la-soft-law-en-matiere-pe-

nitentiaire », consulté le 4 février 2025). 

Certes, le droit international comme le droit interne garantissent l’accès des 

détenus à des soins médicaux (cf. art. 3 de la Convention de sauvegarde 

des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 

[CEDH, RS 0.101] ; art. 75 al. 1 du code pénal suisse du 21 décembre 

1937 [CP, RS 311.0] ; ATF 140 I 125 consid. 3.1 ; arrêts du TF 6B_30/2022 

du 21 février 2022 consid. 4.2, 1B_268/2021 du 29 juin 2021 consid. 3.1 ; 

BRÄGGER/ZANGGER, Freiheitsentzug in der Schweiz, 2020, no 1128). Dans 

le canton de Genève, les droits et les obligations des détenus sont définis 

dans le RRIP (ATF 140 I 125 consid. 3.1) : le service médical est assuré 

par la division de médecine pénitentiaire, qui prodigue des soins en per-

manence (art. 29). En cas d’urgence ou de nécessité, le détenu peut être 

transféré au quartier cellulaire des Hôpitaux universitaires de Genève ou à 

l’unité hospitalière de psychiatrie pénitentiaire (art. 30 al. 2). Dans ses écri-

tures, la recourante n’explique cependant pas pourquoi l’accès aux soins, 

respectivement les droits fondamentaux des prisonniers, ne pourraient être 

garanti(s) faute d’exemption des ASP III de la BSA. On notera en particulier 

que ce n’est qu’en cas d’urgence que ces derniers sont sollicités pour con-

voyer les détenus qui nécessitent des soins médicaux, ce qui limite la fré-

quence de leur intervention à cet égard. En tout état, comme indiqué ci-

dessus (cf. supra consid. 6.1.4.3), rien n’empêche de faire appel à des po-

liciers pour réaliser cette tâche de convoyage en cas de situation extraor-

dinaire. 

6.3.3 Pour terminer, l’affirmation de la recourante selon laquelle l’autorité 

inférieure aurait vidé de sa substance l’art. 18 al. 2 LAAM n’est pas fondée. 

A-2875/2024 

Page 21 

D’une part, certains collaborateurs exerçant des professions indispen-

sables restent susceptibles d’être exemptés à l’aune de cette disposition, 

comme dans le secteur de l’électricité (cf. Message LAAM 2021, FF 2021 

2198, 24/59). D’autre part, en renvoyant à l’art. 145 LAAM, l’autorité infé-

rieure n’a fait que rappeler à la recourante que la dispense du service d'ap-

pui ou du service actif, dont la portée est moins étendue que l’exemption, 

permettait souvent de garantir le maintien de la fonctionnalité des institu-

tions dans des situations extraordinaires (cf. supra consid. 4.2.2). En ce qui 

concerne les craintes en termes organisationnels émises par la recourante 

en cas de recours à l’art. 145 LAAM, l’autorité inférieure rétorque à juste 

titre que la dispense des employés concernés n’interviendrait qu’en cas 

d’engagement de l’armée (cf. art. 65 ss. LAAM), situation rare et imprévi-

sible par définition. Hors situation de crise, la recourante dispose de la vi-

sibilité nécessaire pour anticiper les obligations militaires de ses collabora-

teurs (cours de répétition, service d’instruction des cadres, etc.) et ainsi 

organiser ses services de manière à disposer d’effectifs suffisants, comme 

tout employeur du pays ne bénéficiant pas de l’exemption de service pour 

ses employés. 

6.4 Il résulte de ce qui précède que l’autorité inférieure n’a pas abusé de 

son pouvoir d’appréciation ni créé une inégalité de traitement en refusant 

d’appliquer l’art. 18 al. 2 LAAM à l’employé concerné.  

7.  

Dans un ultime grief, la recourante soutient que l’autorité inférieure a violé 

l’autonomie des cantons. Cette dernière, en rejetant les demandes 

d’exemption des ASP III de la BSA, contraignait en effet les cantons à con-

fier le convoyage des personnes privées de liberté à la police. Elle s’ingé-

rait ainsi sans motif légitime dans leur organisation interne. 

7.1 L’autorité inférieure conteste toute ingérence dans l’organisation in-

terne des cantons. Ceux-ci conservaient toute latitude pour confier toute 

mission aux collaborateurs qu’ils souhaitaient, notamment à des policiers 

brevetés. Le choix d’augmenter les effectifs de la BSA pour se passer de 

l’appui d’une société de sécurité privée appartenait au canton de Genève ; 

il lui revenait également de supporter les conséquences de ce choix. 

7.2  

7.2.1 La Constitution fédérale garantit aux cantons une large autonomie en 

matière d'organisation et de procédure. Ceux-ci sont en principe libres de 

s'organiser comme ils l'entendent et de répartir le pouvoir cantonal entre 

les organes qu'ils instituent (art. 1, 3 et 47 Cst.). L'autonomie 

A-2875/2024 

Page 22 

constitutionnelle des cantons n'est cependant pas absolue. Elle est limitée 

par la Constitution fédérale elle-même, les lois fédérales et la jurispru-

dence. S'agissant de la mise en œuvre du droit fédéral, la Confédération 

doit certes laisser aux cantons "une marge de manœuvre aussi large que 

possible" et tenir compte de "leurs particularités" (art. 46 al. 3 Cst.) : elle ne 

doit pas limiter sans nécessité la liberté d'action des cantons et, partant, 

restreindre leur souveraineté (cf. ATF 130 II 65 consid. 5.1 ; arrêt du TF 

2C_755/2010 du 10 décembre 2010 consid. 2.2.1). Les interventions dans 

l'autonomie d'organisation cantonale ne sont admissibles que si elles sont 

nécessaires et proportionnées pour garantir une mise en œuvre correcte 

et opportune du droit fédéral par les cantons. Cela présuppose une pesée 

des intérêts entre, d'une part, l'obligation de la Confédération de veiller à 

l'exécution adéquate des tâches et, d'autre part, la souveraineté des can-

tons en matière d'organisation et de procédure (cf. ATF 128 I 254 consid. 

3.8.2). 

7.2.2 La Constitution confère à la Confédération la compétence exclusive 

de la législation militaire ainsi que de l’organisation, de l’instruction et de 

l’équipement de l’armée (art. 60 al. 1 Cst. ; cf. arrêt du TAF A-2884/2019 

du 17 février 2020 consid. 4.1). Partant, il n’existe plus de « souveraineté 

cantonale » en la matière (cf. KASTRIOT LUBISHTANI, in : Martenet/Dubey 

(éd.), Commentaire romand, Constitution fédérale, 2021, art. 60 no 10). 

Tout au plus la loi fédérale délègue-t-elle aux cantons certaines tâches, 

telles qu’en matière de recrutement (art. 11 al. 2 LAAM ; MALINVERNI [et 

al.], Droit constitutionnel suisse, vol. I, 4e éd. 2021, no 1097). 

7.3 En l’espèce, l’autorité inférieure n’a pas empiété de manière inadmis-

sible sur l’autonomie des cantons en appliquant l’art. 18 LAAM. La recou-

rante ne peut être suivie lorsqu’elle affirme que le rejet de la demande 

d’exemption contraindrait le canton de Genève à confier à la police le con-

voyage des personnes privées de liberté. Au contraire, en concrétisant la 

compétence exclusive de la Confédération en matière de législation mili-

taire, l’autorité inférieure a laissé toute latitude au canton de Genève pour 

confier les missions de convoyage et de surveillance des détenus aux 

agents de son choix, qu’il s’agisse de personnes soumises ou non aux 

obligations militaires, de policiers brevetés ou encore d’agents de déten-

tion. C’est ainsi que, pendant de nombreuses années, le canton de Genève 

a fait le choix de déléguer les tâches de convoyage à une société de sécu-

rité privée dont les employés ne bénéficiaient d’aucune exemption de ser-

vice. D’autres cantons ont, pour leur part, confié ces tâches à des agents 

de police. Faisant le choix de confier cette mission exclusivement à des 

ASP III de la BSA, le canton de Genève dispose désormais d’agents 

A-2875/2024 

Page 23 

spécifiquement formés à ces tâches, mais sans prérogative sur le plan de 

leurs obligations militaires. 

7.4 En conclusion, le grief de la violation de l’autonomie des cantons sou-

levé par la recourante doit être écarté. Cela scelle le sort du recours, qui 

sera intégralement rejeté. 

8.  

Demeure la question des frais et dépens. 

8.1 Conformément à l'art. 63 PA, les frais de procédure sont mis à la charge 

de la partie qui succombe (al. 1, 1ère phrase). Aucun frais de procédure n’est 

mis à la charge des autorités inférieures, ni des autorités fédérales recou-

rantes et déboutées ; si l’autorité recourante qui succombe n’est pas une 

autorité fédérale, les frais de procédure sont mis à sa charge dans la me-

sure où le litige porte sur des intérêts pécuniaires de collectivités ou d’éta-

blissements autonomes (al. 2). 

En l’espèce, l’intérêt de la recourante – qui n’est pas une autorité fédérale 

– à l’exemption de son employé réside dans le maintien de sa capacité de 

fonctionnement en situation extraordinaire (cf. arrêts du TAF A-4705/2022 

du 27 juin 2023 consid. 1.2 et 4.3, A-884/2020 du 5 août 2020 consid. 3.3.2, 

A-5835/2019 du 27 avril 2020 consid. 3.3.2). La décision entreprise doit 

ainsi être qualifiée de non-pécuniaire (cf. supra consid. 1.2). Aucuns frais 

de procédure ne sera mis à sa charge (cf. en ce sens : JEAN-MAURICE FRÉ-

SARD, in : Bellanger/Candrian/Hirsig-Vouilloz (éd.), Commentaire romand, 

Loi fédérale sur la procédure administrative, 2024, art. 63 no 36 ; GRÉGORY 

BOVEY, Commentaire de la LTF, 3e éd. 2022, art. 66 no 30). 

8.2 Le Tribunal peut allouer d'office ou sur requête à la partie ayant entiè-

rement ou partiellement gain de cause une indemnité pour les frais indis-

pensables et relativement élevés qui lui ont été occasionnés (cf. art. 64 al. 

1 PA, art. 7 ss du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens 

et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 

173.320.2]). Les autorités fédérales et, en règle générale, les autres auto-

rités parties n'ont pas droit aux dépens (art. 7 al. 3 FITAF). 

Compte tenu du rejet de recours, il n’y a pas lieu de prononcer des dépens, 

l’autorité inférieure n’y ayant elle-même pas droit. 

  

A-2875/2024 

Page 24 

9.  

Cet arrêt n'est pas attaquable devant le Tribunal fédéral (cf. art. 83 let. i de 

la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]). Il 

entre en force dès sa notification. 

 

(Le dispositif est porté à la page suivante) 

  

A-2875/2024 

Page 25 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Il n'est pas perçu de frais de procédure. 

3.  

Il n’est pas alloué de dépens. 

4.  

Le présent arrêt est adressé à la recourante et à l'autorité inférieure. 

 

 

Le président du collège : Le greffier : 

  

Jérôme Candrian Frédéric Lazeyras 

 

 

Expédition :