# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 2d127a1d-fffe-55d3-a252-046a262dd3f7
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours civile HC / 2014 / 2
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_010_HC---2014---2_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

JX13.053309-132565

11 

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS CIVILE

_________________________________________

Arrêt du
15 janvier 2014

__________________

Présidence
de              M.             
winzap,
président

Juges             
:              M.             
Giroud et Mme Crittin Dayen

Greffière             
:              Mme             
Vuagniaux

 

 

*****

 

 

Art.
341 CPC

 

 

             
Statuant à huis clos sur le recours interjeté par D.________,
à Lausanne, locataire, contre l’avis d’exécution forcée rendu le 20 décembre
2013 dans la cause divisant le recourant d’avec H.________SA,
à Lausanne, bailleresse, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal voit :

             
En fait :

 

A.             
Par décision du 20 décembre 2013, le Juge de paix du district de Lausanne a informé le
locataire D.________ qu’à la suite de la requête de la bailleresse H.________SA du 6
décembre 2013, l’exécution forcée de l’ordonnance d’expulsion rendue
le 6 novembre 2013 était fixée au 24 janvier 2014, à 9 heures.

 

B.             
Par acte du 26 décembre 2013, D.________
a recouru contre cette décision en concluant implicitement à son annulation.

 

C.             
La Chambre des recours civile retient les faits suivants :

 

1.             
Le 23 janvier 2001, [...] (ancien bailleur) a remis à bail à D.________ un appartement d’une
pièce, avec cave, au rez-de-chaussée du [...], à Lausanne. Au 1er
mars 2009, le loyer net était de 445 fr., plus 65 fr. de charges.

 

2.             
Par lettre recommandée du 23 avril 2013, la bailleresse H.________SA a imparti à D.________
un délai de trente jours pour s’acquitter du montant de 510 fr. correspondant au loyer
impayé d’avril 2013 et l’a informé qu’à défaut, son contrat de
bail serait résilié et son expulsion requise.

 

             
Le 28 mai 2013, H.________SA a résilié le bail à loyer avec effet au 30 juin 2013
pour défaut de paiement de loyer malgré la mise en demeure du 23 avril 2013.

 

3.             
Le 5 juillet 2013, la bailleresse a déposé une requête auprès du Juge de paix du
district de Lausanne tendant à l’expulsion de D.________. L’audience de conciliation
a eu lieu le 6 novembre 2013.

 

             
Par ordonnance du 6 novembre 2013, dont les considérants ont été envoyés aux parties
le 13 novembre 2013 par courrier recommandé, le Juge de paix du district de Lausanne a ordonné
à D.________ de quitter et rendre libres pour le mercredi 4 décembre 2013 à midi les locaux
occupés au [...], à Lausanne (appartement d’une pièce au rez-de-chaussée et
une cave) (I), dit qu’à défaut pour la partie locataire de quitter volontairement ces
locaux, l’huissier de paix est chargé sous la responsabilité du juge de paix de procéder
à l’exécution forcée de la décision sur requête de la partie bailleresse,
avec au besoin l’ouverture forcée des locaux (II), ordonné aux agents de la force publique
de concourir à l’exécution forcée de la présente décision, s’ils
en sont requis par l’huissier de paix (III), arrêté les frais et dépens (IV à
VI) et dit que toutes autres ou plus amples conclusions sont rejetées (VII).

 

             
Le premier juge a retenu que le contrat de bail avait été valablement résilié pour
défaut de paiement de loyer, que la résiliation avait été contestée en temps
utile auprès de la Commission de conciliation, mais qu’il n’existait aucun motif d’annulabilité
du congé et que l’on était en présence d’un cas clair au sens des art. 247
ss CPC justifiant l’application de la procédure sommaire.

 

4.             
Le 6 décembre 2013, constatant que le locataire n’avait pas quitté son appartement, la
bailleresse a requis l’exécution forcée de l’ordonnance d’expulsion du 6
novembre 2013.

 

 

             
En droit
:

 

1.             
L’appel est irrecevable contre les décisions
du tribunal de l’exécution (art. 309 let. a CPC), qui peuvent donc faire l’objet d’un
recours (art. 319 let. a CPC). Les mesures d’exécution étant rendues en procédure
sommaire (art. 339 al. 2 CPC), le recours doit être formé dans les dix jours à compter
de la notification de la décision motivée ou de la notification postérieure de la motivation
(art. 321 al. 2 CPC). Le recours est de la compétence de la Chambre des recours civile dans une
composition à trois juges (JT 2011 III 44).

 

             
En l’espèce, déposé en temps utile par une partie qui y a intérêt (art.
59 al. 2 let. a CPC), à savoir par un locataire expulsé de son logement, le recours est recevable
en la forme.

 

2.             
Le recours est recevable pour violation du droit
et constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC). L'autorité de recours dispose d'un
plein pouvoir d'examen s’agissant de la violation du droit (Spühler, Basler Kommentar, Schweizerische
Zivilprozessordnung, Bâle 2010, n. 12 ad art. 319 CPC, p. 1504). Elle revoit librement les questions
de droit soulevées par le recourant et peut substituer ses propres motifs à ceux de l'autorité
précédente ou du recourant (Hohl, Procédure civile, tome II, 2e
éd., Berne 2010, n. 2508, p. 452). Comme pour l'art. 97 al. 1 LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal
fédéral ; RS 173.110), le grief de la constatation manifestement inexacte des faits ne
permet que de corriger une erreur évidente, la notion se recoupant en définitive avec l'appréciation
arbitraire des preuves (Corboz et alii, Commentaire de la LTF, Berne 2009, n. 19, p. 941 ad art. 97).

 

3.             
a)
Le recourant fait valoir qu’il fait l’objet d’une saisie de salaire, que l’arriéré
de loyer litigieux a été payé et qu’il s’est arrangé avec la bailleresse
pour le règlement des frais d’honoraires de son mandataire et des frais de justice. Il demande
qu’un délai lui soit accordé pour se défendre, dès lors qu’il n’a
pas pu contacter son « légal » durant la période de fin d’année.

 

             
b)
Selon l’art. 341 CPC, le tribunal de l’exécution examine d’office le caractère
exécutoire de la décision dont l’exécution est requise (al. 1). Il fixe à la
partie succombante un bref délai pour se déterminer (al. 2). Sur le fond, la partie succombante
peut uniquement alléguer que des faits s’opposant à l’exécution de la décision
se sont produits après la notification de celle-ci, par exemple l’extinction, le sursis, la
prescription ou la péremption de la prestation due (al. 3).

 

             
Au stade de la procédure d’exécution, qui ne saurait être confondue avec une voie
de remise en cause de la décision au fond, l’intimé ne peut revenir sur l’objet
du litige puisque le jugement déploie autorité de chose jugée. En conséquence, seul
des faits survenus postérieurement au jour où le jugement a été rendu et faisant
obstacle à son exécution peuvent être allégués par l’intimé. Il doit
s’agir de faits dont la survenance a eu pour conséquence l’extinction de la prétention
à exécuter, par exemple l’extinction de la dette, le sursis octroyé par le créancier
ou encore la prescription ou la péremption de la prestation due, l’extinction et le sursis
devant être prouvés par titre (art. 341 al. 3 CPC ; Jeandin, CPC commenté, Bâle
2011, n. 16 ad art. 341 CPC).

 

             
Selon la jurisprudence, dans le cadre d’une expulsion pour retard dans le paiement du loyer, des
motifs humanitaires peuvent aussi entrer en ligne de compte au stade de l’exécution forcée
en application du principe général de la proportionnalité. Toutefois, dans tous les cas,
l’ajournement de l’exécution forcée ne saurait être que relativement bref
et ne doit pas équivaloir en fait à une nouvelle prolongation de bail (ATF 117 la 336 c. 2b).
Sous l’ancien et le nouveau droit depuis l’entrée en vigueur du CPC au 1er
janvier 2011, un délai d’un mois pour l’exécution forcée a été jugé
admissible (CREC 17 septembre 2013/314 ; CREC 8 mai 2013/149 ; CREC 15 janvier 2013/10 ;
CREC 30 mai 2012/201 ; Guignard, in Procédure spéciales vaudoises, 2008, n. 3 ad art.
21 aLPEBL [loi du 18 mai 1955 sur la procédure d'expulsion en matière de baux à loyer
et à ferme, abrogée au 1er
janvier 2011], p. 203).

 

             
c)
En l’espèce, le recourant n’invoque aucun fait postérieur à l’ordonnance
d’expulsion du 6 novembre 2013 (par exemple, extinction, sursis ou prescription ou péremption
de la prestation due), ni ne prouve par titre que l’intimée aurait renoncé à l’exécution
forcée. Le fait qu’il n’a pas pu prendre conseil durant la période de fin d’année
n’est pas un motif suffisant pour que le délai de recours de dix jours soit prolongé,
dès lors que la suspension de ce délai ne s’applique pas en procédure sommaire durant
les féries de Noël (art. 145 al. 1 let. c et al. 2 let. b CPC). En outre, son argument selon
lequel il aurait finalement payé l’arriéré de loyer est irrecevable. En effet, même
s’il n’est pas allé chercher l’ordonnance d’expulsion du 6 novembre
2013, envoyée par recommandé le 13 novembre 2013, il est réputé l’avoir reçue
à l’expiration d’un délai de sept jours à compter de l’échec de
la remise, à savoir le 21 novembre 2013, car il devait s’attendre à recevoir une
telle notification (art. 138 al. 3 let. a CPC). Le recourant ne peut donc plus, dans le cadre du
présent recours, revenir sur le fond du litige et remettre en cause le caractère exécutoire
de l’ordonnance d’expulsion du 6 novembre 2013, sur laquelle repose l’avis d’exécution
forcée du 20 décembre 2013. Quant à l’arrangement que les parties auraient passé
au sujet du paiement des frais de justice et des honoraires du conseil de la bailleresse, il ne concerne
pas le présent litige.

 

             
Enfin, le recourant ne démontre pas en quoi sa situation personnelle rendrait disproportionnée
l’exécution forcée fixée au 24 janvier 2014 et imposerait qu’un ajournement
de l’exécution forcée lui soit accordé, alors qu’il a déjà bénéficié
d’un délai de plusieurs mois pour se reloger. Au surplus, l’exécution forcée
a été fixée dans un délai d’un mois, ce qui est conforme à la jurisprudence
de la Cour de céans. 

 

4.             
En définitive, le recours, manifestement infondé, doit être rejeté dans la procédure
de l’art. 322 al. 1 CPC et la décision d’exécution forcée confirmée.

 

             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 100 fr. (art. 69 al. 1 TFJC
[tarif des frais judiciaires en matière civile du 28 septembre 2010 ; RSV 270.11.5]), sont
mis à la charge du recourant, qui succombe (art. 106 al. 1 CPC).

 

             
Il n’y a pas lieu à l’allocation de dépens, dès lors que l’intimée
n’a pas été invitée à se déterminer sur le recours.

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours civile du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

en
application de l'art. 322 al. 1 CPC,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
La décision est confirmée.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 100 fr. (cent francs), sont
mis à la charge du recourant D.________.

 

             
IV.             
L’arrêt est exécutoire.

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié en expédition complète, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. D.________

‑             
M. Pascal Stouder, aab (pour H.________SA)

 

             
La Chambre des recours civile considère que la valeur litigieuse est inférieure à 15’000
francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. le Juge de paix du district de Lausanne

 

             
La greffière :