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**Case Identifier:** cdbd11f6-145d-5aab-af60-4bc7aa66d68d
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2022-10-13
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 13.10.2022 F-4462/2022
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_F-4462-2022_2022-10-13.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 

 

 

  

 

 Cour VI 

F-4462/2022 

 

 
 

  A r r ê t  d u  1 3  o c t o b r e  2 0 2 2   

Composition 
 Yannick Antoniazza-Hafner, juge unique,  

avec l’approbation de Susanne Bolz-Reimann, juge, 

Anna-Barbara Adank, greffière. 

   

Parties 

 
A._______, né le (…), 

Somalie,   

représenté par (…), Caritas Suisse, CFA Boudry, Bâtiment 

Les Cerisiers, Rue de l'Hôpital 30, 2017 Boudry,  

recourant,  

 

  
contre 

  
Secrétariat d’Etat aux migrations SEM, 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 

 
Asile (non-entrée en matière) et renvoi (procédure Dublin - 

art. 31a al. 1 let. b LAsi); décision du SEM du (…) septembre 

2022 / N (…). 

 

 

 

F-4462/2022 

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A.  

Le (…) juillet 2022, A._______ a déposé une demande d’asile en Suisse. 

Le résultat de la comparaison avec l'unité centrale du système européen 

« Eurodac » a révélé qu’il avait déposé une demande d’asile en Roumanie 

le (…) 2022.  

B.  

Le (…) août 2022, le Secrétariat d’Etat aux migrations (ci-après : le SEM 

ou autorité inférieure) a soumis aux autorités roumaines une requête de 

reprise en charge conformément à l’art. 18 par. 1 let. b du règlement Du-

blin III (référence complète : règlement [UE] no 604/2013 du Parlement eu-

ropéen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes 

de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une de-

mande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres 

par un ressortissant de pays tiers ou un apatride [refonte] [JO L 180 du 

29.06.2013 p. 31 ss]). Le (…) août 2022, les autorités roumaines ont ac-

cepté la requête de reprise en charge. 

C.  

Par décision du (…) septembre 2022, le SEM, se fondant sur l’art. 31a al. 1 

let. b LAsi (RS 142.31), n’est pas entré en matière sur la demande d’asile 

de l’intéressé, a prononcé le transfert de l'intéressé vers la Roumanie et a 

ordonné l’exécution de cette mesure, constatant l’absence d’effet suspen-

sif à un éventuel recours. 

D.  

Par acte du 4 octobre 2022, l’intéressé a interjeté recours contre la décision 

précitée auprès du Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal ou 

TAF). Il a conclu principalement à l’annulation de la décision attaquée et à 

ce qu’il soit entré en matière sur sa demande d’asile et subsidiairement au 

renvoi de la cause pour instruction complémentaire. Il a en outre requis 

l’octroi de l’effet suspensif, de l’assistance judicaire totale et de l’exemption 

du versement d’une avance de frais. 

Le 5 octobre 2022, le Tribunal a ordonné la suspension de l’exécution du 

transfert du recourant en Roumanie par voies de mesures superprovision-

nelles. 

 

 

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Droit : 

1.  

1.1. Les décisions rendues par le SEM concernant l'asile peuvent être con-

testées devant le Tribunal, lequel statue alors définitivement, sauf excep-

tion non réalisée en l'espèce (art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi de 

l'art. 105 LAsi, et art. 83 let. d ch. 1 LTF). Par ailleurs, l'intéressé a qualité 

pour recourir (art. 48 al. 1 PA, applicable par renvoi de l'art. 37 LTAF) et le 

recours a été interjeté dans la forme (art. 52 al. 1 PA) et les délais prescrits 

par la loi (art. 108 al. 3 LAsi). Il s'ensuit que celui-ci est recevable. 

1.2. Le recours peut être interjeté pour violation du droit fédéral, notam-

ment pour abus ou excès dans l'exercice du pouvoir d'appréciation, ou pour 

établissement inexact ou incomplet de l'état de fait pertinent (cf. art. 106 al. 

1 let. a et b LAsi). Saisi d'un recours contre une décision de non-entrée en 

matière sur une demande d'asile, le Tribunal se limite à examiner le bien-

fondé d'une telle décision (cf. ATAF 2017 VI/5 consid. 3.1). 

1.3. Comme cela ressort des considérant qui suivent, le présent recours 

doit être considéré comme étant manifestement infondé. Celui-ci est ainsi 

examiné dans une procédure à juge unique, avec l'approbation d'un se-

cond juge (art. 111 let. e LAsi). Il est par ailleurs renoncé à un échange 

d'écritures et l’arrêt n'est motivé que sommairement (cf. art. 111a al. 1 et 2 

LAsi). 

2.  

2.1. Le recourant se prévaut d'une violation de son droit d'être entendu, 

tant sous l'angle de l'obligation de motiver que de celle d’instruire la cause. 

En substance, il reproche au SEM de ne pas avoir attendu le résultat du 

test VIH, de ne pas avoir instruit plus en avant son état de santé, malgré 

les indices de problèmes médicaux graves, et de ne pas s’être suffisam-

ment penché sur les conditions de vie auxquelles il avait été soumis en 

Roumanie. En conséquence, l’autorité inférieure aurait aussi violé son de-

voir de motivation et ce également en omettant de parler du conflit armé 

en Ukraine.  

2.2. En vertu de l'art. 12 PA en relation avec l'art. 6 LAsi, la procédure ad-

ministrative est régie essentiellement par la maxime inquisitoire selon la-

quelle les autorités définissent les faits pertinents et les preuves néces-

saires, qu'elles ordonnent et apprécient d'office. Cette maxime doit toute-

fois être relativisée par son corollaire, le devoir de collaboration des parties 

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à l'établissement des faits, ainsi que par le droit des parties, compris dans 

le droit d'être entendu, de participer à la procédure et d'influencer la prise 

de décision (art. 13 PA et art. 8 LAsi). L'obligation de collaborer de la partie 

touche en particulier les faits qui se rapportent à sa situation personnelle, 

ceux qu'elle connaît mieux que les autorités ou encore ceux qui, sans sa 

collaboration, ne pourraient pas être collectés moyennant un effort raison-

nable (cf., parmi d’autres, arrêt du TAF F-2766/2021 du 25 juin 2021 con-

sid. 2.2 et les réf. cit.). Par ailleurs, l'établissement des faits est incomplet 

au sens de l'art. 106 al. 1 let. b LAsi lorsque toutes les circonstances de 

fait et les moyens de preuve déterminants pour la décision n'ont pas été 

pris en compte par l'autorité inférieure (cf., parmi d’autres, arrêt du TAF  

E-1195/2021 du 30 mars 2021 consid. 2.3.1 et les réf. cit.). En ce qui con-

cerne l’obligation de motiver, il suffit que l'autorité mentionne, au moins 

brièvement, les motifs qui l'ont guidée et sur lesquels elle a fondé sa déci-

sion, de manière à ce que l'intéressé puisse se rendre compte de la portée 

de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause (sur la jurisprudence y 

relative cf. arrêt du TAF E-3067/2021 du 3 mai 2022 consid. 2.3).  

2.3. En l’occurrence, le SEM s’est enquis le (…) septembre 2022, soit le 

jour du prononcé de la décision litigieuse, auprès de l’ORS du centre fédé-

ral d’asile de (…) de toutes nouvelles pièces médicales, en particulier en 

lien avec un éventuel diagnostic de tuberculose et de VIH. Par réponse du 

même jour, une infirmière lui a répondu qu’il n’y avait pas d’autres docu-

ments au dossier ni aucun autre rendez-vous de prévu (pce N 24/2). Dans 

ces circonstances, force est de constater que le SEM a rempli son devoir 

d’instruction, ce d’autant plus que le test du VIH remontait alors déjà à plus 

d’un mois et que selon le rapport médical du 24 août 2022 les résultats du 

laboratoire auraient été disponibles le lendemain (pce N 20/2). Le recou-

rant, représenté, n’a par ailleurs pas versé en cause une nouvelle pièce 

médicale devant le TAF. Certes, les consultations médicales ont dû être 

faites sans traducteur. Cela dit, le recourant a lui-même admis ne pas avoir 

de problèmes sur le plan psychologique, de sorte que l’absence de traduc-

teur peut être relativisée. Sous cet angle, et à la lumière de la jurisprudence 

restrictive rendue en vertu de l’art. 3 CEDH (cf consid. 4.2 infra), le grief du 

défaut d’instruction doit être rejeté. 

Il en va de même du grief concernant l’absence d’instruction sur les condi-

tions d’accueil des requérants en Roumanie. En effet, d’une part, le recou-

rant n’a pas fait valoir ce point devant le SEM, de sorte qu’on ne saurait lui 

reprocher de n’avoir pas mentionné cette problématique dans sa décision. 

D’autre part, dans son recours, il s’est contenté de vagues allégations en 

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s’appuyant sur divers rapports qui ne sont cependant pas de nature à re-

mettre en cause son transfert en Roumanie (sur la jurisprudence y affé-

rente cf. consid. 5.2, 2ème paragraphe, infra).  

Enfin, le Tribunal estime que la motivation de la décision attaquée est suf-

fisante. En effet, l'intéressé, représenté, a été en mesure de comprendre 

la portée de la décision litigieuse et de l'attaquer en connaissance de 

cause.  

3.  

3.1. Aux termes de l'art. 3 par. 1 du règlement Dublin III, une demande de 

protection internationale est examinée par un seul Etat membre, celui-ci 

étant déterminé selon les critères fixés à son chapitre III. L'Etat respon-

sable de l'examen en vertu de ce chapitre est tenu de reprendre en charge 

le requérant dont la demande a été rejetée et qui a présenté une nouvelle 

demande auprès d'un autre Etat membre (art. 18 par. 1 let. d du règlement 

Dublin III). Dans une telle procédure de reprise en charge (anglais : take 

back), il n'y a en principe aucun nouvel examen de la compétence selon le 

chapitre III (cf. ATAF 2017 VI/5 consid. 6.2 et 8.2.1, et réf. cit.). 

3.2. En l'espèce, les investigations entreprises par le SEM ont révélé que 

l’intéressé avait déposé une demande d’asile en Roumanie le (…) 2022, 

ce que les autorités de ce pays ont confirmé. La Roumanie ayant accepté 

la demande de reprise en charge dans les délais, la compétence pour trai-

ter la demande d'asile du recourant est passée en principe à cet Etat. Ces 

éléments ne sont d’ailleurs pas contestés par le recourant dans son re-

cours. 

4.  

4.1. En vertu de la clause discrétionnaire prévue à l'art. 17 par. 1 du règle-

ment Dublin III (dite clause de souveraineté), chaque Etat membre peut, 

en dérogation à l’art. 3 par. 1 du règlement Dublin III, décider d'examiner 

une demande de protection internationale qui lui est présentée par le res-

sortissant d'un pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui in-

combe pas en vertu des critères fixés dans ce règlement. Selon la jurispru-

dence, le SEM doit admettre la responsabilité de la Suisse pour examiner 

une demande de protection internationale qui lui est présentée, lorsque le 

transfert envisagé vers l'Etat membre responsable en vertu de ces critères 

viole des obligations de la Suisse relevant du droit international public (par 

exemple, lorsque ce transfert est illicite au sens de l'art. 3 CEDH pour des 

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motifs médicaux); il peut en outre admettre cette responsabilité pour des 

raisons humanitaires au sens de l'art. 29a al. 3 OA 1, disposition qui con-

crétise, en droit suisse, la clause de souveraineté ancrée à l'art. 17 par. 1 

règlement Dublin III (cf., parmi d’autres, l'arrêt du TAF F-5470/2018 du 28 

janvier 2019 consid. 6.2, et les réf. cit.). 

4.2. Conformément à la jurisprudence de la Cour EDH (arrêt de la Cour 

EDH Paposhvili c. Belgique [GC] du 13 décembre 2016, req. n° 41738/10), 

le retour forcé d'une personne touchée dans sa santé n'est susceptible de 

constituer une violation de l'art. 3 CEDH que lorsqu'il y a des motifs sérieux 

de croire que cette personne, bien que ne courant pas de risque imminent 

de mourir, ferait face, en raison de l'absence de traitements adéquats dans 

le pays de destination ou du défaut d'accès à ceux-ci, à un risque réel d'être 

exposée à un déclin grave, rapide et irréversible de son état de santé en-

traînant des souffrances intenses ou à une réduction significative de son 

espérance de vie (arrêt de la Cour EDH Paposhvili c. Belgique [GC] du 13 

décembre 2016, req. n° 41738/10 ; voir également arrêt de la Cour de Jus-

tice de l'Union européenne [CJUE] du 16 février 2017 en l'affaire C-578/16, 

par. 66 à 68 ainsi qu'ATAF 2017 VI/7 consid. 6.2).  

5.  

5.1. En l’espèce, le recourant estime qu’il existe en Roumanie des défail-

lances systémiques et que son état de santé ne permettrait pas de l’y trans-

férer. Devant le SEM, il a indiqué avoir été battu par les policiers, avoir reçu 

très peu de nourriture (un repas maigre par jour) et avoir été assoiffé. Ses 

supplications d’être remis à la mer auraient été ignorées. En outre, vu l’ab-

sence de traducteur, il n’aurait pas été en mesure de communiquer avec 

les autorités roumaines et n’aurait pas eu accès à un médecin. En instance 

de recours, l’intéressé indique que ses dires sont corroborés par de nom-

breux rapports. Il a ajouté n’avoir été logé qu’en prison et dans des condi-

tions inhumaines, sans aide juridique, associative ou médicale. Il aurait été 

relâché à la frontière, ce qui démontrerait l’incapacité de la Roumanie à 

s’occuper correctement d’une personne venant de déposer une demande 

d’asile dans ce pays. Enfin, la Suisse n’aurait pas informé la Roumanie de 

ses conditions médicales. Or, il devrait être qualifié de personne vulné-

rable, de sorte que son transfert vers la Roumanie devrait à tout le moins 

être accompagné de garanties particulières.  

5.2. Le Tribunal ne saurait suivre cette argumentation. En premier lieu, il 

n'y a aucune raison sérieuse de croire qu'il existe en Roumanie des défail-

lances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil 

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des demandeurs, qui entrainent un risque de traitement inhumain ou dé-

gradant au sens de l'art. 4 de la Charte UE (cf. art. 3 par. 2 2ème phrase 

du règlement Dublin III ; voir à ce sujet l'arrêt du TAF F-1284/2020 du 10 

mars 2020 consid. 4.2). En effet, ce pays est lié à la Charte des droits fon-

damentaux de l'Union européenne (JO C 364/1 du 18.12.2000) et partie à 

la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés (Conv. réfu-

giés, RS 0.142.30) ainsi qu'au Protocole additionnel du 31 janvier 1967 

(Prot., RS 0.142.301), à la CEDH et à la Convention du 10 décembre 1984 

contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dé-

gradants (Conv. torture, RS 0.105) et, à ce titre, en applique les disposi-

tions. Dans ces conditions, cet Etat est présumé respecter la sécurité des 

demandeurs d'asile, en particulier leur droit à l'examen, selon une procé-

dure juste et équitable, de leur demande, et leur garantir une protection 

conforme au droit international et au droit européen, en application de la 

directive Procédure (cf. directive no 2013/32/UE du Parlement européen et 

du Conseil du 26 juin 2013 relative à des procédures communes pour l'oc-

troi et le retrait de la protection internationale) comme de la directive Ac-

cueil (cf. directive no 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 

26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes deman-

dant la protection internationale ; voir notamment les arrêts du TAF détail-

lés F-2989/2022 du 27 juillet 2022 consd. 6 et E-3040/2022 du 26 juillet 

2022 consid. 8).  

Le conflit russo-ukrainien ne modifie pas cette appréciation. En effet, si peu 

après le début de la guerre, le TAF a rendu des arrêts de cassation pour 

instruction complémentaire sur ce point (cf. notamment arrêt du TAF            

F-14879/2022 du 21 avril 2022 consid. 4.7.3), la situation s’est modifiée 

par la suite et le Tribunal admet actuellement la licéité des transferts Dublin 

vers la Roumanie dans des constellations comme en l’espèce (cf. arrêt du 

TAF F-2989/2022 du 27 juillet 2022 consid. 6.3). Dans l’arrêt du TAF              

D-3902/2022 du 12 septembre 2022, la guerre en Ukraine ne constituait 

qu’une raison parmi d’autres ayant conduit au renvoi de la cause au SEM 

pour instruction complémentaire, dès lors qu’il concernait un requérant fai-

sant l’objet d’une décision de renvoi vers une région de Somalie, vers la-

quelle la Suisse ne renvoie en principe pas ses requérants. Or, en l’espèce, 

la procédure d’asile du recourant en Roumanie est encore pendante.  

5.3. La présomption de sécurité peut être renversée en présence d'indices 

sérieux que, dans le cas concret, les autorités de l'Etat membre désigné 

comme étant responsable ne respecteraient pas le droit international (cf. 

ATAF 2010/45 consid. 7.4 et 7.5).  

http://links.weblaw.ch/BVGE-2010/45

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Dans le cas particulier, le recourant n'a aucunement établi qu'il pourrait être 

soumis à des conditions d'accueil à ce point mauvaises qu'il pourrait être 

victime de traitements contraires à l'art. 3 CEDH. Il n'a en effet apporté 

aucun indice objectif, concret et sérieux qu'il serait lui-même privé durable-

ment de tout accès aux conditions matérielles minimales d'accueil prévues 

par la directive Accueil au point qu'il faudrait renoncer à son transfert. Au 

demeurant, si - après son retour en Roumanie - il devait être contraint par 

les circonstances à mener une existence non conforme à la dignité hu-

maine, ou que ce pays viole ses obligations d'assistance à son encontre, 

ainsi que la directive précitée, ou de toute autre manière porte atteinte à 

ses droits fondamentaux, il lui appartiendra de faire valoir ses droits direc-

tement auprès des autorités roumaines, en usant des voies de droit adé-

quates (cf. art. 26 directive Accueil).  

A ce sujet on relèvera que le recourant ne saurait être reconnu comme 

personne vulnérable dans le sens de ce jugement. En effet, celui-ci est un 

homme âgé de 21 ans, en bon état psychique et physique, à tout le moins 

ne souffrant d’aucune pathologie nécessitant des soins intensifs. Il n’appert 

en particulier pas du dossier de la cause qu’il souffrirait de tuberculose ou 

de VIH (pces N 19 et 20). Il sera du ressort des autorités roumaines dûment 

informées par les autorités suisses de s'assurer de l’éventuelle prise en 

charge médicale du recourant, conformément à l'art. 32 du règlement Du-

blin III. En effet, la Roumanie, qui est liée par la directive Accueil, doit faire 

en sorte que les demandeurs d'asile reçoivent les soins médicaux néces-

saires qui comportent, au minimum, les soins urgents et le traitement es-

sentiel des maladies et des troubles mentaux graves, et fournir l'assistance 

médicale ou autre nécessaire aux demandeurs ayant des besoins particu-

liers en matière d'accueil (cf. art. 19 par. 1 et 2 de ladite directive). Au de-

meurant, le TAF admet dans une jurisprudence constante, dont il n’y a pas 

lieu de s’écarter dans la présente cause, que la Roumanie possède une 

infrastructure médicale suffisante (cf. arrêt du TAF F-130/2022 du 17 jan-

vier 2022 consid. 7.6 et réf. cit.).  

5.4. Par conséquent, il ressort de ce qui précède que le transfert de l'inté-

ressé n'est pas contraire aux obligations internationales de la Suisse et que 

le SEM a procédé à un examen correct des faits allégués par l'intéressé 

susceptibles de constituer des "raisons humanitaires" au sens de l'art. 29a 

al. 3 OA1. Dans ces conditions, le Tribunal de céans ne peut plus, sur ce 

point, substituer son appréciation à celle du SEM. 

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Page 9 

6.  

La Roumanie demeure dès lors l’Etat responsable de l’examen de la de-

mande d’asile du recourant au sens du règlement Dublin III. C'est donc à 

juste titre que le SEM n'est pas entré en matière sur la demande d'asile, 

en application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, et qu'il a prononcé le transfert 

de l’intéressé de Suisse vers la Roumanie, en application de l'art. 44 LAsi, 

aucune exception à la règle générale du renvoi n'étant réalisée en l’espèce 

(cf. art. 32 OA 1). Par conséquent, le recours doit être rejeté. 

7.  

Les conclusions du recours étant d’emblée vouées à l’échec, la requête 

d’assistance judiciaire partielle est rejetée. La demande de restitution d’ef-

fet suspensif est devenue sans objet. 

Vu l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la charge 

du recourant, conformément aux art. 63 al. 1 PA et art. 2 et 3 let. b du 

règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités 

fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2). 

(dispositif : page suivante) 

  

   

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Page 10 

le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

La requête d’assistance judiciaire partielle est rejetée. 

3.  

Les frais de procédure, d’un montant de 750 francs, sont mis à la charge 

du recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans 

les 30 jours dès l’expédition du présent arrêt. 

4.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l’autorité cantonale. 

 

Le juge unique : La greffière : 

  

Yannick Antoniazza-Hafner Anna-Barbara Adank 

 

 

Expédition : 

  

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Page 11 

Le présent arrêt est adressé : 

– au mandataire du recourant (par lettre recommandée ; annexe : un bul-

letin de versement) 

– au SEM, Centre fédéral de Boudry (n° de réf. N […]), en copie 

– au Service de la population du canton de Vaud, en copie