# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 49596b41-26ca-56da-8290-1ccfaced36f2
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2007-09-18
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 18.09.2007 RR.2007.80
**Docket/Reference:** RR.2007.80
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_RR-2007-80_2007-09-18

## Full Text

Entraide avec l'Allemagne
Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP);;Entraide avec l'Allemagne
Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP);;Entraide avec l'Allemagne
Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP);;Entraide avec l'Allemagne
Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP)

Arrêt du 18 septembre 2007 
IIe Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Andreas Keller, président, 
Giorgio Bomio et Roy Garré,  
la greffière Elena Maffei 
 

   

Parties  A., représenté par Mes Robert Assael et Alain Maca-
luso, 
 
recourant 
 

 contre 
   
  JUGE D'INSTRUCTION DU CANTON DE GENÈVE,  

 
partie adverse 
 

   

Objet  Entraide avec l’Allemagne 
Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP) 

 
 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t    

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéro de dossier:  RR.2007.80 
 
 
 

 

 

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Faits: 
 

A. Le 12 juin 2006, le procureur attaché au Tribunal de grande instance de Z., 
en Allemagne, a présenté une demande d’entraide à la Suisse. Il ressort de 
cette demande, que les autorités allemandes conduisent, en coopération 
avec la police judiciaire du Landeskriminalamt de Y., une procédure pénale 
pour soupçon de blanchiment d’argent, à l’encontre des membres de 
l’organisation criminelle H. dont la sphère d’activité principale se situe en 
Fédération de Russie. De l’exposé des faits, il ressort en substance que 
des membres importants de l’organisation précitée, notamment B., C., D. 
ou E. auraient transféré en Allemagne, via des sociétés fictives et des 
comptes administrés au Liechtenstein et qu’ils contrôlaient, plusieurs mil-
lions d’Euro provenant de crimes commis à partir de 1999. Destinés à être 
investis en Allemagne, ces capitaux seraient le produit de détournements 
frauduleux commis à très grande échelle et d’escroqueries au préjudice de 
la Fédération de Russie et des usines d’aluminium russes.  

 

 

B. En 1996, le Ministère public du canton de Genève avait ouvert une pour-
suite pénale dirigée notamment contre A. et F. en relation avec les activités 
d’une société G. SA à X.. Dans le cadre de cette procédure 
(P/11194/1996), l’autorité genevoise avait adressé diverses requêtes 
d’entraide aux autorités allemandes (pièces n° 491 à 502 et 1558 à 1991 
de la procédure cantonale, in pièce n°32 du dossier de l’instruction). Fai-
sant le lien entre les deux poursuites en cours en Suisse comme en Alle-
magne, l’autorité requérante expose qu’elle a des raisons de croire que le 
dossier suisse contient des éléments de preuve essentiels à 
l’éclaircissement de l’enquête allemande. Eu égard au caractère volumi-
neux du dossier suisse, cette autorité demande au préalable au juge 
d’instruction du canton de Genève de consentir à la présence de fonction-
naires de la police judiciaire allemande, afin qu’ils puissent lever copie des 
pièces pertinentes pour leur propre enquête. 

 
 

C. Par lettre du 10 août 2006, le juge d’instruction du canton de Genève a in-
formé l’autorité requérante qu’il faisait droit à sa requête de consultation 
des documents saisis dans le cadre de la procédure pénale précitée (pièce 
n°5 in doss. juge d’instruction).  
 

D. Le 8 décembre 2006, deux commissaires du Landeskriminalamt de Y. se 
sont ainsi rendus à l’Office des juges d’instructions à Genève pour consul-
ter les actes (pièce n°10 in doss. juge d’instruction). Ils se sont ensuite en-

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gagés par écrit à ne pas faire usage, sous quelque forme que ce soit, des 
informations dont ils avaient eu connaissance à cette occasion, avant un 
éventuel accord pour une transmission simplifiée ou l’entrée en force d’une 
décision de clôture (pièce n°11 in doss. juge d’instruction). 
 
 

E. Par courrier du 1er février 2007, le commissariat de Y. a requis du juge 
d’instruction du canton de Genève la transmission des pièces 1 à 3149 de 
la procédure P/11194/1996, à savoir de 10 classeurs de la rubrique "infor-
mation générale" (pièce n°13 in doss. juge d’instruction: fax du 1.02.2007 
du Landeskriminalamt de Y.) sur un total de plus de 230 classeurs compo-
sant l’ensemble du dossier genevois (pièce n°32 in doss. juge 
d’instruction). 
 
 

F. Le 7 février 2007, le juge d’instruction du canton de Genève a rendu une 
ordonnance d’admissibilité de la requête allemande, par laquelle il se dé-
clarait disposé à transmettre à l’autorité requérante les pièces 1 à 3149 de 
la procédure pénale P/11194/1996. Notifiée aux personnes inculpées dans 
le cadre de la poursuite ouverte à Genève, dont le recourant, l’ordonnance 
leur fixait un délai au 23 février 2007 pour communiquer leurs prises de po-
sition quant à une éventuelle exécution simplifiée de l’entraide, ou pour se 
déterminer en détails sur leurs objections à la transmission des documents 
concernés. A la demande du recourant, ce délai a été prolongé une pre-
mière fois au 2 mars, puis au 26 mars 2007. Une liste détaillée des pièces 
à transmettre était jointe à cette ordonnance (pièce n°6 in doss. juge 
d’instruction). 
 
Par courrier du 26 mars 2007, A. a informé l’autorité d’exécution qu’il 
s’opposait à toute transmission de documents ainsi qu’à une exécution 
simplifiée de la requête d’entraide. Il ajoutait qu’il n’entendait se déterminer 
en détails qu’une fois que le juge d’instruction aurait lui-même procédé au 
tri des pièces destinées à l’autorité requérante.  
 
 

G. Le 16 avril 2007, le juge d’instruction a prononcé une ordonnance d’entrée 
en matière et de clôture de l’entraide par laquelle il décide de transmettre à 
l’autorité requérante les pièces 1 à 3149 de la procédure P/11194/1996. 
L’ordonnance a été notifiée au recourant le 17 avril 2007. 

 
 

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H. Par acte du 16 mai 2007, A. recourt contre cette décision. Il conclut en 
substance au rejet de la requête d’entraide et, subsidiairement, au renvoi 
de la cause à l’autorité d’exécution, afin qu’elle statue à nouveau après 
avoir procédé au tri des pièces à transmettre. 

 
 
I. Le juge d’instruction du canton de Genève s’est déterminé le 5 juin 2007 et 

a conclu au rejet du recours. L’OFJ a présenté ses observations le 14 juin 
2007. Il a invité l’autorité de céans à rejeter le recours. 

 
Les arguments et moyens de preuves invoqués par les parties seront repris 
si nécessaire dans les considérants en droit.  
 
 
La Cour considère en droit: 
 

1.  
1.1 En vertu de l’art. 28 al. 1 let. e ch. 1 LTPF (nouvelle teneur selon le ch. 14 

de l’annexe à la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral, en 
vigueur depuis le 1er janvier 2007; RS 173.32), mis en relation avec 
l’art. 80e al. 1 EIMP, la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral est 
compétente pour connaître des recours en matière d’entraide pénale 
conformément à l’EIMP. Par analogie avec la pratique du Tribunal fédéral, 
le Tribunal pénal fédéral examine d’office et librement la recevabilité des 
recours qui lui sont soumis (ATF 132 III 291 consid. 1; 131 II 571 consid. 1; 
130 I 312 consid. 1). Saisie d’un recours contre une mesure d’entraide judi-
ciaire, la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral n’est pas liée par les 
conclusions des parties (art. 25 al. 6 EIMP).  

 
1.2 L'entraide judiciaire entre l'Allemagne et la Suisse est régie par la Conven-

tion européenne d'entraide judiciaire (CEEJ; RS 0.351.1), l'accord com-
plémentaire conclu le 13 novembre 1969 entre les deux Etats (RS 
0.351.913.61) et la Convention n° 141 du Conseil de l’Europe, relative au 
blanchiment, au dépistage, à la saisie et à la confiscation des produits du 
crime (ci-après: Convention n°141; RS 0.311.53), conclue à Strasbourg le 
8 novembre 1990, entrée en vigueur le 1er septembre 1993 pour la Suisse 
et le 1er janvier 1999 pour l’Allemagne. Le droit interne, soit l'EIMP et 
l’OEIMP, reste applicable aux questions qui ne sont pas réglées par les 
dispositions conventionnelles, ainsi que lorsqu'il permet l'octroi de l'entraide 
à des conditions plus favorables (ATF 129 II 462 consid. 1.1).  

 

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1.3 En matière d’entraide judiciaire, le recours est ouvert contre la décision de 
clôture de l'autorité cantonale ou fédérale d'exécution (art. 80e al. 1 EIMP), 
c'est-à-dire la décision par laquelle l'autorité, estimant avoir traité la de-
mande totalement ou partiellement, statue sur l'octroi et l'étendue de l'en-
traide (art. 80d EIMP). Le délai de recours est de 30 jours dès la notification 
de la décision (art. 80k EIMP) et il est en l’occurrence respecté.  

 
1.4 Selon l’art. 80h let. b EIMP, a qualité pour agir quiconque est touché per-

sonnellement et directement par une mesure d’entraide et dispose d’un in-
térêt digne de protection à ce qu’elle soit annulée ou modifiée. La personne 
visée par la procédure pénale étrangère peut recourir aux mêmes condi-
tions (art.  21 al. 3 EIMP; ATF 130 II 162 consid. 1.1). L’art. 9a OEIMP pré-
cise que sont en particulier réputés personnellement touchés, au sens des 
art. 21 al. 3 et 80h EIMP, le titulaire d’un compte bancaire en cas 
d’informations sur celui-ci (let. a), et le propriétaire ou le locataire, en cas 
de perquisition (let. b). Pour être personnellement et directement touché 
par une mesure d’entraide, l’intéressé doit se trouver dans un rapport suffi-
samment étroit avec la décision attaquée. L’intérêt fondant la qualité pour 
agir peut être juridique ou de fait; il ne doit pas nécessairement correspon-
dre à celui protégé par la norme invoquée. Il faut toutefois que le recourant 
soit touché plus que quiconque ou la généralité des administrés dans un in-
térêt important, résultant de sa situation par rapport à l’objet litigieux. Un in-
térêt digne de protection existe lorsque la situation de fait ou de droit du re-
courant peut être influencée par le sort de la cause; il faut que l’admission 
du recours procure au recourant un avantage de nature économique, maté-
rielle ou idéale. Le recours formé dans le seul intérêt de la loi ou d’un tiers 
est en revanche irrecevable (ATF 130 II 162 consid. 1.1; 128 II 211 
consid. 2.3; 126 II 258 consid. 2d; 122 II 130 consid. 2a). La jurisprudence 
dénie ainsi la qualité pour recourir au détenteur économique d’un compte 
bancaire visé par la demande, ou à l’auteur de documents saisis en mains 
d’un tiers (ATF 116 Ib 106 consid. 2a), même si la transmission des rensei-
gnements requis entraîne la révélation de son identité (ATF 122 II 130; 116 
Ib 106 consid. 2a; 114 Ib 156 consid. 2a). Pour les mêmes raisons, la per-
sonne appelée à témoigner dans le cadre d’une procédure d’entraide judi-
ciaire ne peut s’opposer à la transmission des procès-verbaux d’audition 
que dans la mesure où les renseignements qu’elle est appelée à fournir la 
concernent personnellement ou lorsqu’elle se prévaut de son droit de refu-
ser de témoigner, mais non lorsque sa déposition porte sur des comptes 
bancaires dont elle n’est pas juridiquement titulaire (ATF 121 II 462). Lors-
que les documents à transmettre ont été saisis en mains d’un tiers, seul ce 
dernier peut se prévaloir de sa qualité de détenteur pour s’opposer à la 

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mesure de contrainte dont il a été l’objet (ATF 123 II 161 consid. 1d/bb; 
116 Ib 106 consid. 2a/aa).       

 
1.5 En l’espèce, le recourant ne prétend pas que la documentation à transmet-

tre contiendrait des informations relatives à des comptes bancaires dont il 
serait le titulaire. Il n’allègue pas que les interrogatoires conduits par 
l’autorité genevoise contiendraient des déclarations relatives à ses comptes 
bancaires, ou d’autres informations le concernant personnellement. Il ne 
soutient pas s’être prévalu de son droit de ne pas déposer. Il ne ressort pas 
non plus du dossier que la documentation litigieuse contiendrait d’autres in-
formations protégées par un secret dont le recourant pourrait personnelle-
ment se prévaloir (v. documentation reproduite dans la pièce n° 32 du dos-
sier du juge d’instruction). La documentation litigieuse a enfin été acquise 
au dossier dans le cadre d’une enquête pénale nationale et non pas aux 
seules fins d’exécuter la requête d’entraide allemande. Elle n’a donc pas 
fait l’objet d’une mesure de contrainte spécifique, par laquelle le recourant 
aurait été personnellement et directement touché (sur la qualité pour agir 
contre la transmission de documents saisis en mains de tiers, cf. encore 
l’arrêt du Tribunal fédéral 1A.243/2006 du 4 janvier 2007, consid. 1.2; TPF 
RR 2007.69 du 10 juillet 2007, consid. 1.6).  

 
 Pour l’ensemble de ces motifs, il paraît pour le moins douteux que le re-

cours soit recevable. Cette question peut toutefois demeurer indécise car, 
pour les raisons qui vont suivre, celui-là doit de toute manière être rejeté. 
 
 

2. Le recourant soutient tout d’abord que la demande d’entraide est impré-
cise, lacunaire et fondée uniquement sur de vagues présomptions. Elle 
constituerait, selon lui, une recherche indéterminée de moyens de preuves 
("fishing expedition" ou requête exploratoire), prohibée par la jurisprudence. 

 
2.1 Cette argumentation revient à remettre en cause l’exposé des faits fournis 

à l’appui de la demande et à prétendre que celle-ci ne respecterait pas les 
art. 28 EIMP et 14 CEEJ. Selon ces dispositions, la demande d’entraide 
doit indiquer: l’organe dont elle émane et le cas échéant, l’autorité pénale 
(art. 14 ch. 1 let. a CEEJ et 28 al. 2 let. a EIMP), son objet et ses motifs 
(art. 14 ch. 1 let. b CEEJ et 28 al. 2 let. b EIMP), un exposé sommaire des 
faits et leur qualification juridique (art. 14 ch. 2 CEEJ, 28 al. 2 let. c et 28 
al. 3 let. a EIMP), la désignation aussi précise et complète que possible de 
la personne poursuivie (art. 14 ch. 1 let. c CEEJ et 28 al. 2 let. d). Ces indi-
cations doivent permettre à l’autorité requise de s’assurer que la demande 
n’est pas d’emblée inadmissible (ATF 116 Ib 96 consid. 3a p. 101; 115 1b 

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68 consid. 3b/aa; arrêt du Tribunal fédéral 1A.205/2001 du 21 mars 2002, 
consid. 2.1), soit que l’acte pour lequel l’entraide est demandée est punis-
sable selon le droit des parties requérante et requise (art. 5 ch. 1 let. a 
CEEJ), qu’il ne constitue pas un délit politique ou fiscal (art. 2 let. a CEEJ), 
et que le principe de proportionnalité est respecté (ATF 118 Ib consid. 5c et 
les arrêts cités). Selon la jurisprudence, on ne saurait toutefois exiger de 
l’Etat requérant un exposé complet et exempt de toute lacune, car la pro-
cédure d’entraide a précisément pour but d’apporter aux autorités de l’Etat 
requérant des renseignements au sujet des points demeurés obscurs 
(ATF 117 1b 88 consid. 5c et les arrêts cités). L’autorité suisse saisie d’une 
requête d’entraide en matière pénale n’a pas à se prononcer sur la réalité 
des faits évoqués dans la demande; elle ne peut que déterminer si, tels 
qu’ils sont présentés, ces faits constituent une infraction. Cette autorité ne 
peut s’écarter des faits décrits par l’Etat requérant qu’en cas d’erreurs, la-
cunes ou contradictions évidentes et immédiatement établies (ATF 126 II 
495 consid. 5e/aa; 118 Ib 111 consid. 5b). 

 
2.2 Contrairement à ce que prétend le recourant, la demande d’entraide satis-

fait aux exigences des art. 14 ch. 1 CEEJ et 28 al. 2 EIMP. L’autorité re-
quérante expose de manière précise les faits à l’origine de sa requête, de 
même que les développements de l’enquête qu’elle conduit à l’encontre de 
l’organisation criminelle russe H.. Elle décrit, avec abondance de détails, 
les actes présumés de blanchiment d’argent auxquels se livrent les mem-
bres de cette organisation criminelle. Cette description suffit manifestement 
à retenir que la condition de la double punissabilité est réalisée (art. 260ter 
et 305bis CP notamment). Les autorités allemandes savaient, pour avoir el-
les-mêmes été requises de prêter leur assistance au juge d’instruction ge-
nevois, que le dossier de ce dernier était de nature à contenir des moyens 
de preuve utiles à leur propre enquête. Après avoir été autorisées à consul-
ter ce dossier, elles ont constaté qu’il contenait des pièces pertinentes et 
propres à compléter l’état des faits sur lesquels se fondent leurs soupçons. 
Une telle manière de procéder est parfaitement légitime et ne saurait être 
assimilée à une recherche indéterminée de preuves (arrêt du Tribunal fédé-
ral 1A.214/2003 du 5 décembre 2003 consid. 2.2). A cela s’ajoute que les 
prescriptions de forme des art. 14 CEEJ et 28 EIMP ont principalement 
pour but de protéger les intérêts de l’Etat requis, lequel doit être en mesure 
de décider, en toute connaissance de cause, s’il entend ou non accorder 
son assistance. En l’occurrence, l’autorité d’exécution savait parfaitement à 
quoi s’en tenir au moment de statuer, dès lors que son propre dossier lui 
était évidemment connu.  

 
 

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3. Le recourant invoque ensuite une violation du principe de connexité en 
soutenant qu’il serait un tiers non impliqué. Il prétend que, n’ayant lui-
même commis aucune infraction, les renseignements requis à son sujet se-
raient sans pertinence. 

3.1 A l’appui de son argumentation, le recourant fait valoir que la procédure 
dont les autorités allemandes demandent la transmission s’est soldée par 
une ordonnance de classement rendue le 29 août 2005 par le procureur 
général du canton de Genève, et fait actuellement l’objet d’un recours en 
non-lieu auprès du Tribunal fédéral. 

3.2 Ce moyen est dépourvu de pertinence. En effet, l’issue de la procédure 
conduite par les autorités cantonales genevoises ne lie pas l’autorité étran-
gère qui, souveraine, conserve toute marge de manœuvre pour instruire sa 
cause et mener son enquête à sa convenance. Par ailleurs, selon doctrine 
et jurisprudence, il suffit, aux fins de l’entraide, qu’il existe un rapport objec-
tif entre la mesure d’entraide et les faits poursuivis à l’étranger, sans que la 
personne soumise à la mesure n’ait forcément participé aux agissements 
décrits dans la requête (arrêt du Tribunal fédéral 1A.244/2006 du 26 janvier 
2007, consid. 3; LAURENT MOREILLON, Entraide internationale en matière 
pénale, Bâle 2004, p. 35 n° 135ss). En l’espèce, tant la procédure nationale 
que la procédure étrangère visent le même complexe de faits, à savoir des 
escroqueries commises à partir de 1997 par une organisation criminelle, 
notamment dans le cadre du commerce de l’aluminium en Russie. Les 
deux procédures sont en outre dirigées à l’encontre des mêmes personnes, 
parmi lesquelles le recourant et F., soupçonnés d’organisation criminelle. Il 
est hors de doute que les informations acquises dans le dossier national se 
trouvent en rapport objectif avec les faits visés par l’enquête allemande.  

 
 
4. Le recourant se prévaut encore d’une violation du principe de proportionna-

lité en arguant du fait que l’autorité d’exécution n’a pas procédé au tri des 
pièces à transmettre à l’autorité requérante.    

4.1 A l’appui de son argumentation, le recourant fait valoir que l’autorité 
d’exécution n’a procédé à aucun tri, se limitant à envisager de transmettre 
à l’autorité requérante l’intégralité de la partie "information générale" du 
dossier, soit les pièces 1 à 3149 de la procédure P/11194/1996. Il précise 
au demeurant qu’il ne sera à même de se déterminer, pièce par pièce, sur 
une éventuelle transmission à l’autorité requérante, qu’une fois que le juge 
d’instruction aura procédé à un tri conforme aux réquisits légaux et juris-
prudentiels.     

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4.2 Selon doctrine et jurisprudence, savoir si les documents demandés sont 
nécessaires ou simplement utiles à la procédure étrangère est en principe 
laissé à l’appréciation de l’Etat requis. Celui-ci ne dispose pas en général 
des moyens lui permettant de se prononcer sur l’opportunité de 
l’administration des preuves déterminées dans le cadre de l‘instruction me-
née à l’étranger, de sorte que sur ce point, il ne saurait substituer sa propre 
appréciation à celle de l’autorité étrangère chargée de l’enquête (ATF 126 
II 90 consid. 5a). En l’espèce, l’autorité requérante a consulté le dossier de 
la procédure suisse et a limité sa requête complémentaire à la transmission 
des classeurs d’information générale. Dans la mesure où l’autorité requé-
rante avait donc elle-même procédé au tri préalable de la documentation 
en mains de l’autorité cantonale d’exécution, cette dernière n’avait pas à 
procéder à un second tri, sauf à retenir que, même limitée, la requête 
étrangère portait sur des preuves manifestement impropres à faire pro-
gresser la recherche de la vérité. Or le recourant ne prétend pas que tel se-
rait le cas. C’est d’ailleurs le lieu de préciser que les enquêtes pénales diri-
gées contre les activités d’organisations criminelles sont souvent confron-
tées à des états de faits fort complexes et que, plus encore que dans 
d’autres domaines de la criminalité, les Etats concernés doivent se prêter 
l’assistance la plus large possible.  

A cela s’ajoute que c’est à celui qui s’oppose à l’octroi de l’entraide qu’il in-
combe de démontrer, de manière claire et précise, en quoi les documents 
et informations à transmettre excéderaient le cadre de la demande ou ne 
présenteraient aucun intérêt pour la procédure étrangère (arrêt du Tribunal 
fédéral 1A.154/2000 du 3 juillet 2000 consid. 2a). Selon la jurisprudence 
constante et la doctrine, est incompatible avec le principe de la bonne foi le 
procédé consistant à abandonner le tri des pièces à l’autorité d’exécution et 
lui reprocher après coup d’avoir méconnu le principe de la proportionnalité 
(arrêt du Tribunal fédéral 1A.12.2003 du 5 décembre 2003, consid. 4.2; 
ATF 126 II 258 consid. 9c; ROBERT ZIMMERMANN, La coopération judiciaire 
internationale en matière pénale, 2ème éd., Berne 2004, p. 519). En ce do-
maine, le droit d’être entendu s’accompagne d’un devoir de coopération, 
dont l’inobservation est sanctionnée par l’irrecevabilité, devant l’autorité de 
recours, des moyens que le recourant a négligé de soumettre à l’autorité 
d’exécution (ATF 126 II 258 consid. 9b/aa). En l’espèce, le recourant a été 
informé dès le 7 février 2007 de l’intention du juge d’instruction de trans-
mettre à l’autorité requérante les pièces 1 à 3149 du dossier de la procé-
dure P/11194/1996. A cette occasion, le recourant a été invité à faire valoir, 
pièce par pièce, ses éventuelles objections à la transmission envisagée. 
Après avoir sollicité et obtenu des délais jusqu’au 26 mars 2007, le recou-
rant a finalement refusé de se déterminer, arguant que l’autorité 
d’exécution avait manqué à son devoir d’effectuer un triage. Une telle ma-

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nière de procéder n’est pas admissible et elle constitue une claire violation 
du devoir de coopération opposable au recourant. Ce dernier en effet 
connaissait parfaitement - et de longue date - le contenu du dossier liti-
gieux, dans le cadre duquel il avait été inculpé, puis avait plaidé, jusqu’au 
Tribunal fédéral (cf. l’arrêt du Tribunal fédéral 1P.656/2006 du 16 février 
2007), l’octroi d’un non-lieu. Il avait ainsi une connaissance approfondie de 
la documentation à propos de laquelle il était invité à se déterminer. 
L’autorité d’exécution ayant limité l’octroi de l’entraide aux pièces de son in-
formation générale, on pouvait attendre du recourant qu’il fasse valoir en 
temps utile ses objections à la transmission. 
 
Le principe de proportionnalité n’a donc pas été violé.   

 
 
5. Le recourant se plaint enfin d’une violation de son droit d’être entendu.  

5.1 Il fait valoir que la décision du juge d’instruction d’autoriser les représen-
tants de l’autorité requérante à participer à des actes d’exécution de la re-
quête d’entraide n’a fait l’objet d’aucune décision formelle préalable, dû-
ment notifiée aux parties. Ces dernières ont dès lors été privées de la pos-
sibilité d’exercer, la cas échéant, leur droit de recours.    

5.2 Le droit du particulier de recevoir la décision qui le concerne découle de 
son droit d’être entendu (ATF 124 II 124 consid. 2a; 107 Ib 170 consid. 3). 
En l’espèce, il eût certes été nécessaire que l’autorité d’exécution rende 
une décision formelle autorisant la participation des commissaires du Lan-
deskriminalmat de Y. à l’exécution de l’entraide. Une telle décision est en 
effet susceptible de recours immédiat en vertu de l’art. 80e al. 2 let. b  

EIMP. Pour regrettable qu’elle soit, cette omission ne pourrait cependant 
conduire à l’admission du recours que s’il devait apparaître qu‘en cas du 
respect formel du droit d’être entendu, l’entraide requise aurait dû être refu-
sée. Or tel n’est pas le cas. 

Si l’autorité d’exécution avait correctement notifié sa décision d’autoriser la 
présence des fonctionnaires allemands et dans l’hypothèse où cette déci-
sion aurait fait l’objet d’un recours immédiat, celui-ci aurait été rejeté. A te-
neur de l’art. 80e al. 2 EIMP, les décisions incidentes antérieures à la déci-
sion de clôture peuvent faire l’objet d’un recours, mais la recevabilité de ce-
lui-ci est subordonnée à la condition que le recourant démontre l’existence 
d’un préjudice immédiat et irréparable. Il incombe ainsi au recourant 
d’indiquer, dans l’acte de recours, en quoi consiste son dommage et de 
démontrer que celui-ci ne serait pas réparable par un prononcé annulant, le 

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cas échéant, la décision à rendre ultérieurement (ATF 128 II 211 
consid. 2.1). 

En l’occurrence, l’existence d’un préjudice immédiat et irréparable n’aurait 
pas pu être retenue. L’autorité d’exécution a en effet obtenu la garantie de 
l’autorité requérante que les informations obtenues à la faveur du déplace-
ment de ses fonctionnaires ne seraient pas utilisées avant qu’une décision 
de clôture ne soit prise. Or de telles garanties sont généralement considé-
rées comme suffisantes au regard de l’art. 65a EIMP (ROBERT ZIMMER-
MANN, op. cit., n° 232ss; arrêts du Tribunal fédéral 1A.290/2006 du 7 no-
vembre 2006 et 1A.3/2007 du 11 janvier 2007). Il convient d’ajouter à ce 
propos que selon le principe de la bonne foi régissant les relations entre 
Etats (voir à ce sujet ATF 121 I 181 consid. 2c/aa; 101 Ia 405 consid. 6b, 
LAURENT MOREILLON, op. cit., n°223 de l’introduction générale, ROBERT ZIM-
MERMANN, op. cit., n° 86, 87-1; PETER POPP, Grundzüge der internationalen 
Rechtshilfe in Strafsachen, Bâle 2001, n° 52ss), l’autorité requérante est 
tenue de respecter les engagements qu’elle a pris, de telle sorte qu’il n’y a 
pas de raison de douter que les promesses faites seront respectées (éga-
lement en lien avec la jurisprudence relative à l’art. 80p EIMP, ROBERT ZIM-
MERMANN, Communication d’informations et de renseignements pour les 
besoins de l’entraide judiciaire en matière pénale: un paradigme perdu ?, in 
AJA/PJA 1/2007, p. 63). 

En l’absence de tout autre argument à ce propos, le moyen tiré de la viola-
tion formelle du droit d’être entendu ne saurait donc entraîner l’admission 
du présent recours.  
 
 

6. Dans la mesure où il est recevable, le recours doit ainsi être rejeté. 
 
7. Par renvoi de l’art. 30 let. b LTF, les frais et dépens se déterminent selon 

les art. 63ss PA. La compétence du Tribunal pénal fédéral d’établir un tarif 
relatif à la détermination des émoluments judiciaires et des dépens, bien 
que n’étant explicitement réservée ni à l’art. 63 al. 5, ni à l’art. 64 al. 5 PA, 
se fonde sur l’art. 15 al. 1 let. a LTPF. Dans son message du 28 février 
2001 concernant la révision totale de l’organisation judiciaire fédérale, le 
Conseil fédéral reconnaît en effet l’autonomie administrative de l’autorité 
judiciaire fédérale s’agissant du calcul des émoluments judiciaires, des dé-
pens alloués aux parties ainsi que de la détermination de l’indemnité en 
cas d’assistance judiciaire (cf. FF 2001 p. 4208ss). Il ne résulte par ailleurs 
aucunement des débats parlementaires que le législateur ait voulu 
s’écarter du principe de l’autonomie de l’autorité judiciaire au moment 
d’attribuer la compétence pour statuer dans le domaine de l’EIMP au Tri-

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bunal pénal fédéral plutôt qu’au Tribunal administratif fédéral comme initia-
lement prévu par le Conseil fédéral (cf. BO 2004 CN p. 1570ss; 2005 CE 
p. 117ss; CN p. 643ss). Il s’ensuit que les réserves figurant aux art. 63 al. 5 
et 64 al. 5 PA doivent être interprétées par analogie comme valant égale-
ment en faveur de l’art. 15 al. 1 let. a LTPF. En vertu de l’art. 63 al. 1 PA, 
en règle générale, les frais judiciaires sont mis à la charge de la partie qui 
succombe (1re phr.). En l’occurrence, le recourant ayant succombé, les frais 
sont mis à sa charge à hauteur de Fr. 5'000.--, montant entièrement cou-
vert par l’avance de frais. 

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Par ces motifs, la Cour prononce: 
 
1. Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable.  
 
2. Un émolument de Fr. 5’000.--, couvert par l’avance de frais acquittée, est 

mis à la charge du recourant.  
 
 

Bellinzone, le 18 septembre 2007 
 
Au nom de la IIe Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
Le président:     La greffière:  
 
 
 
 
 
 
Distribution 
 
- Mes Robert Assael et Alain Macaluso 
- Juge d'instruction du canton de Genève  
- Office fédéral de la justice, assistance judiciaire internationale 
 
 
 
Indication des voies de recours 

Le recours contre une décision en matière d’entraide pénale internationale doit être déposé devant le Tri-
bunal fédéral dans les 10 jours qui suivent la notification de l’expédition complète (art. 100 al. 2 let. b LTF).  

Le recours n’est recevable contre une décision rendue en matière d’entraide pénale internationale que s’il 
a pour objet une extradition, une saisie, le transfert d’objets ou de valeurs ou la transmission de rensei-
gnements concernant le domaine secret et s’il concerne un cas particulièrement important. Un cas est par-
ticulièrement important notamment lorsqu’il y a des raisons de supposer que la procédure à l’étranger viole 
des principes fondamentaux ou comporte d’autres vices graves (art. 84 LTF).