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**Case Identifier:** 39febb37-a2f1-5357-a260-afb1c86d495e
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-11-01
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 01.11.2018 C/24766/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-24766-2017_2018-11-01.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 14.11.2018. 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/24766/2017 ACJC/1513/2018 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU JEUDI 1ER NOVEMBRE 2018 

 

Entre 

A______ SA, sise ______, recourante contre un jugement rendu par la 12ème Chambre 
du Tribunal de première instance de ce canton le 2 juillet 2018, comparant par Me Peter 

Pirkl, avocat, rue de Rive 6, 1204 Genève, en l'étude duquel elle fait élection de 

domicile, 

et 

B______ SA, sise ______, intimée, comparant par Me François Bellanger, avocat,  
rue de Hesse 8-10, case postale 5715, 1211 Genève 11, en l'étude duquel elle fait 

élection de domicile. 

 

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C/24766/2017 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/10616/2018 du 2 juillet 2018, reçu par les parties le 4 juillet 
2018, le Tribunal de première instance a prononcé la mainlevée provisoire de 

l'opposition formée par A______ SA au commandement de payer, poursuite  

n° 1______, qui lui avait été notifié sur réquisition de B______ SA (chiffre 1  

du dispositif), arrêté les frais judiciaires à 500 fr., compensés avec l'avance 

effectuée par B______ SA et mis à la charge de A______ SA, condamnée à verser 

à B______ SA ce montant (ch. 2 et 3) et 2'500 fr. TTC à titre de dépens. 

 Le Tribunal a considéré que les factures "suivantes" (sans préciser lesquelles), 

produites par B______ SA, "lues conjointement avec le bon de commande 

produit" valaient reconnaissance de dette. 

B. a. Par acte expédié le 16 juillet 2018 à la Cour de justice, A______ SA forme 
recours contre le jugement précité, dont elle requiert l'annulation. Elle conclut, 

avec suite de frais judiciaires et dépens, au renvoi de la cause au Tribunal. 

 Elle forme des allégués nouveaux. 

 b. Par arrêt du 2 août 2018, la Cour a rejeté la requête de A______ SA tendant à la 
suspension du caractère exécutoire du jugement attaqué et dit qu'il serait statué sur 

les frais liés à la décision dans l'arrêt rendu sur le fond. 

 c. Dans sa réponse du 6 août 2018, B______ SA conclut au rejet du recours, avec 
suite de frais judiciaires et dépens. 

 d. Les parties ont répliqué, respectivement dupliqué, en persistant dans leurs 
conclusions. 

 Elles ont toutes deux formé des allégués nouveaux. 

 e. Les parties ont été informées le 31 août 2018 de ce que la cause était gardée à 
juger. 

C. Les faits pertinents suivants résultent du dossier du Tribunal : 

 a. B______ SA, sise à C______ [GE], a pour but notamment le développement, la 
conception et la fabrication de montres et de boîtes de montres, ainsi que la vente 

et l'exportation de pièces détachées dans le domaine de l'horlogerie. 

 A______ SA, sise à D______ [GE], a pour but notamment l'achat, la distribution 

et la commercialisation de montres et de tous produits de la branche horlogère et 

accessoires d'horlogerie en tout genre. 

 b. Le 14 juillet 2016, B______ SA a requis la poursuite de A______ SA pour une 
créance de 99'474 fr. 46 avec intérêts à 5% à compter du 31 mars 2016. La 

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réquisition de poursuite indique, comme titre de la créance, ce qui suit : "Factures 

commerciales selon relevé ci-annexé; copie des factures et ______; Echange de 

courriel". 

 Un commandement de payer, poursuite n
o
 1______, a été notifié le 8 novembre 

2016 à A______ SA, qui y a formé opposition. La première page du commande-

ment de payer n'est pas produite dans la procédure. 

 c. Par requête déposée le 24 octobre 2017 au Tribunal, B______ SA a requis, avec 
suite de frais judiciaires et dépens, le prononcé de la mainlevée provisoire de 

l'opposition précitée. 

 Elle a produit les documents suivants adressés à A______ SA, établis entre le  

18 septembre 2015 et le 12 avril 2016 : 

 - trois factures datées des 18 septembre, 30 octobre et 6 novembre 2015 non 

signées, ainsi que trois bons de livraison correspondants, lesquels portent une 

signature mais ne mentionnent pas le prix de la marchandise et des prestations 

concernées (pièces 3 à 5), 

 - une offre n° 2______ du 12 février 2016 relative à la fourniture de  

diverses marchandises et prestations, signée par un représentant de A______ SA  

(pièce 7); cette offre comprend notamment des prestations désignées comme 

"étude et "participation outillage", payables à la commande, pour les montants de 

1'500 fr. HT et 1'800 fr. HT (ch. 1 et 10 de l'offre), ainsi que la fourniture 

d'aiguilles de montre pour 3'643 fr. 50 HT et 5'516 fr. HT (ch. 8 et 9 de l'offre), 

 - une facture du 17 février 2016 de 3'564 fr., TVA comprise, concernant les deux 

prestations "étude" et "participation outillage" précitées (allégué 6), avec un bon 

de livraison non signé (pièce 6), 

 - une facture du 15 mars 2016 non signée, accompagnée d'un bon de livraison 

non signé portant la même date, ainsi que d'un bulletin de livraison manuscrit daté 

du 14 mars 2016 et signé ne portant aucune indication de prix (pièces 8 et 9), 

 - six factures datées du 16 mars 2016 non signées (dont une facture n° 3______ de 

5'162 fr. 94; pièce 16), accompagnées de six bons de livraison établis les 15 et 

16 mars 2016 portant une signature, mais ne mentionnant aucun prix (pièces 11 

à 16), 

 - une facture n° 4______ du 18 mars 2016 de 39'690 fr. pour des études de 

boîtes de montres, accompagnée d'un bon de livraison établi le même jour; ni la 

facture ni le bon ne sont signés (pièce 17), 

 - une facture du 12 avril 2016 de 3'362 fr. 68 TVA comprise, accompagnée d'un 

bon de livraison du même jour; ni la facture ni le bon ne sont signés (pièce 18), 

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B______ SA alléguant que cette facture correspondait à une commande réalisée 

conformément aux chiffres 8 et 9 de l'offre n° 2______ du 12 février 2016 

(allégué 15). 

 B______ SA a fait valoir que chacune des factures précitées était "reconnue par 

un bon de livraison signé et/ou une commande (offre) signée" par A______ SA. 

Seule la facture n° 4______ n'était pas "justifiée par l'un de ces deux moyens". 

Toutefois, elle correspondait à la réalisation de six études de fabrication, soit la 

réalisation des plans techniques permettant la mise en usine des produits 

mentionnés dans la facture n° 3______, à laquelle correspondait un bon de 

livraison signé par A______ SA. Sans les plans techniques, la réalisation des 

commandes facturées n'aurait pas pu être effectuée. Dès lors que la cliente avait 

accepté et récupéré les produits réalisés, il était manifeste que les études qui 

avaient permis leur fabrication avaient également été acceptés. 

 B______ SA a également produit un message électronique du 11 mars 2016, par 

lequel elle invitait A______ SA à lui faire parvenir le courrier qu'elle s'était 

engagée à rédiger portant sur son "engagement à verser à partir d'avril 5'000 CHF 

tous les mois". Cette dernière lui avait répondu le même jour que l'engagement de 

verser 5'000 fr. par mois était "évidemment valide". B______ SA a produit 

également une lettre datée du 14 mars 2016, par laquelle A______ SA confirmait 

qu'à partir du mois d'avril 2016, elle effectuerait des paiements de 5'000 fr. par 

mois "jusqu'à paiement complet de toutes factures ouvertes". Ce courrier est 

adressé à E______ SA, que A______ SA désigne comme sa société mère. 

 B______ SA a soutenu que A______ SA reconnaissait ainsi que des factures 

demeuraient ouvertes et qu'elle s'engageait à en régler le montant par tranches de 

5'000 fr. par mois jusqu'à paiement intégral. Si les échanges écrits ne 

mentionnaient pas expressément le montant total des poursuites ou ne désignaient 

pas spécifiquement des factures concernées, "l'existence des titres exécutoires 

produits et la validité de la reconnaissance de dettes invoquée" ne pouvaient 

qu'être constatées. 

 d. Lors de l'audience du Tribunal du 19 mars 2018, B______ SA a persisté dans 
ses conclusions en précisant que "la reconnaissance de dettes [mentionnait] toutes 

les factures ouvertes". 

 A______ SA a conclu au rejet de la requête de mainlevée. Elle a déclaré que la 

reconnaissance de dettes avait été signée à un moment où les prétentions de 

B______ SA s'élevaient à 20'000 fr. Ce n'était que trois jours plus tard que le 

montant s'élevait à 84'000 fr. Par ailleurs, les prestations n'avaient pas été 

correctement exécutées, dans le sens où la commande portait sur des boîtes 

étanches, alors que la marchandise livrée comportait uniquement des boîtes qui 

n'étaient pas terminées, donc non étanches, comme cela ressortait des bulletins de 

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livraison et des factures. Enfin, des échanges entre les parties avaient continué 

jusqu'en mars 2017. 

 B______ SA a relevé que A______ SA n'avait jamais fait état, avant l'audience, 

d'une "mauvaise prestation" de sa part. 

 A______ SA a déposé des pièces, à savoir : 

 - un échange de messages électroniques intervenu entre les parties en mars 2017, 

qui évoque notamment un arriéré à régler, lequel n'est pas chiffré, 

 - un échange de messages électroniques intervenu entre les parties le 6 juillet 

2016 : B______ SA a envoyé à A______ SA un rappel pour le règlement de la 

totalité des factures, soit 99'474 fr., dans la mesure où celle-ci n'avait pas tenu son 

engagement "du règlement des factures ouvertes tous les mois"; A______ SA a 

fait état d'un premier paiement de 5'000 fr. intervenu le 2 mai 2016 et a admis 

"être en retard pour 10'000 CHF sur le plan de paiement", en précisant qu'elle 

avait toujours "la volonté d'honorer les paiements passés et futurs"; en outre, 

A______ SA souhaitait obtenir des explications sur la facture n
o
 4______qu'elle 

contestait; enfin, B______ SA a indiqué que l'accord ne tenait plus, dans la 

mesure où sa partie adverse n'avait pas respecté son engagement; selon A______ 

SA l'accord était "suspendu jusqu'à pleine compréhension" d'une facture émise 

après la signature de l'accord, pour laquelle elle demandait des renseignements 

depuis avril 2016, 

 - une note de crédit no 6______ émise le 11 juillet 2016 par B______ SA en 

faveur de A______ SA, portant sur 5'670 fr. faisant référence à la facture  

n
o
 4______du 18 mars 2016 et à une séance du 8 juillet 2016. 

 Le Tribunal a gardé la cause à juger à l'issue de l'audience. 

EN DROIT 

1. 1.1 S'agissant d'une procédure de mainlevée, seule la voie du recours est ouverte 
(art. 319 let. b et 309 let. b ch. 3 CPC).  

1.2 Le recours, écrit et motivé, doit être introduit auprès de l'instance de recours 
dans les dix jours à compter de la notification de la décision motivée (art. 251 

let. a CPC et 321 al. 1 et 2 CPC). 

Déposé dans le délai (cf. également art. 142 al. 3 CPC) et selon la forme requis 

par la loi, le recours est recevable. 

1.3 Dans le cadre d'un recours, l'autorité a un plein pouvoir d'examen en droit, 
mais un pouvoir limité à l'arbitraire en fait (art. 320 CPC; HOHL, Procédure civile, 

Tome II, 2
ème

 éd., 2010, n. 2307). En particulier, s'agissant d'une procédure de 

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mainlevée provisoire, la Cour doit vérifier d'office si la requête est fondée sur un 

titre de mainlevée valable (arrêt du Tribunal fédéral 5P_174/2005 du 7 octobre 

2005 consid. 2.1). 

2. Les conclusions, les allégations de faits et les preuves nouvelles sont irrecevables 
(art. 326 al. 1 CPC). Partant, pour examiner si la loi a été violée, la Cour doit se 

placer dans la situation où se trouvait le premier juge lorsque celui-ci a rendu la 

décision attaquée. 

 Ainsi, les faits nouveaux allégués par les parties ne sont pas recevables.  

3. En premier lieu, la recourante fait grief au Tribunal d'avoir violé son droit d'être 
entendue, dans la mesure où il n'aurait pas suffisamment motivé sa décision. 

 3.1 Le droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.) implique l'obligation, pour l'autorité, 
de motiver sa décision, afin que son destinataire puisse la comprendre et l'attaquer 

utilement s'il y a lieu. Le juge n'a, en revanche, pas l'obligation d'exposer et de 

discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties. Il suffit 

qu'il mentionne, au moins brièvement, les motifs qui l'ont guidé et sur lesquels il a 

fondé sa décision, de manière à ce que l'intéressé puisse se rendre compte de la 

portée de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause (ATF 129 I 232 

consid. 3.2 - JdT 2004 I 588; arrêt du Tribunal fédéral 5A_598/2012 du 

4 décembre 2012 consid. 3.1). 

 Dès lors que l'on peut discerner les motifs qui ont guidé la décision de l'autorité, le 

droit à une décision motivée est respecté, même si la motivation présentée est 

erronée. La motivation peut d'ailleurs être implicite et résulter des différents 

considérants de la décision (arrêt du Tribunal fédéral 5A_111/2015 du 20 octobre 

2015 consid. 3.1). 

 Si l'autorité de recours a une cognition complète, il est en principe admissible, 

sous l'angle du droit constitutionnel, de guérir les défauts de motivation du 

jugement de première instance (cf. ATF 135 I 279 consid. 2.6.1 - JdT 2010 I 255; 

ATF 137 I 195 consid. 2.3.2 - SJ 2011 I 345; arrêt du Tribunal fédéral 

5A_638/2016 du 2 décembre 2016 consid. 3.5.2). 

 3.2 En l'espèce, l'on comprend que le Tribunal a considéré que toutes les factures 
produites, en relation avec le bon de commande signé, valaient reconnaissance de 

dette. Cette motivation, certes succincte, est suffisante, en particulier en procédure 

sommaire, et a d'ailleurs permis à la recourante de contester utilement le jugement 

de mainlevée. En tout état de cause, la Cour dispose d'un pouvoir de cognition 

complet sur la question litigieuse, qui relève du droit, de sorte qu'un éventuel 

défaut de motivation pourrait être guéri dans le cadre du présent arrêt. 

 Le premier grief de la recourante est ainsi infondé. 

https://intrapj/perl/decis/129%20I%20232
https://intrapj/perl/decis/2004%20I%20588
https://intrapj/perl/decis/5A_598/2012
https://intrapj/perl/decis/5A_111/2015
https://intrapj/perl/decis/135%20I%20279
https://intrapj/perl/decis/2010%20I%20255
https://intrapj/perl/decis/137%20I%20195
https://intrapj/perl/decis/2011%20I%20345
https://intrapj/perl/decis/5A_638/2016

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4. La recourante reproche au Tribunal d'avoir considéré que les pièces produites par 
l'intimée valaient reconnaissance de dette. 

 4.1.1 Le créancier dont la poursuite se fonde sur une reconnaissance de dette 
constatée par acte authentique ou sous seing privé peut requérir la mainlevée 

provisoire (art. 82 al. 1 LP). Le juge prononce la mainlevée si le débiteur ne rend 

pas immédiatement vraisemblable sa libération (art. 82 al. 2 LP).  

Constitue une reconnaissance de dette au sens de l'art. 82 al. 1 LP l'acte sous seing 

privé, signé par le poursuivi - ou son représentant -, d'où ressort sa volonté de 

payer au poursuivant, sans réserve ni condition, une somme d'argent déterminée, 

ou aisément déterminable, et échue (ATF 140 III 456 consid. 2.2.1; 139 III 297 

consid. 2.3.1; 136 III 624 consid. 4.2.2; 136 III 627 consid. 2 et la jurisprudence 

citée). 

La reconnaissance de dette peut découler du rapprochement de plusieurs pièces, 

pour autant que les éléments nécessaires en résultent (ATF 130 III 87 = SJ 2004 I 

209 consid. 3.1; ATF 122 II 126 consid. 2). 

Des factures ne valent pas reconnaissance de dette et ce, même si elles ne  

sont pas contestées (arrêt du Tribunal fédéral 5P_290/2006 du 12 octobre 2006 

consid. 3.2). 

Un bulletin de livraison signé par l'acquéreur ne vaut à lui seul titre de mainlevée 

que s'il mentionne la marchandise livrée ainsi que le prix (cas échéant  

prix unitaire et quantité). Si le prix n'est pas mentionné, le bulletin signé  

même rapproché des factures correspondantes (non signées), ne vaut pas titre de 

mainlevée. Si le prix unitaire résulte de conditions annuelles, il est nécessaire 

qu'elles soient elles aussi signées par le débiteur (VEUILLET, La mainlevée de 

l'opposition, 2017, p. 119-120, n. 39; arrêt du Tribunal fédéral précité 

5P_290/2016 du 12 octobre 2006 consid. 3.3; cf. également KRAUSKOPF, 

La mainlevée provisoire : quelques jurisprudences récentes, in JdT 2008 II 23, 

p. 26). 

4.1.2 Pour valoir titre de mainlevée provisoire, une reconnaissance de dette doit 
chiffrer de manière précise le montant de la prétention déduite en poursuite ou 

renvoyer à un document écrit qui permet au juge de la mainlevée de déterminer 

avec exactitude le montant dû. La créance doit être déterminée ou déterminable au 

moment de la signature de la reconnaissance de dette (VEUILLET, op. cit., p. 122, 

n. 47 et 48). 

 4.1.3 Dans le cadre d'une procédure sommaire, le rôle du juge de la mainlevée 
n'est pas d'interpréter des contrats ou d'autres documents, mais d'accorder 

rapidement, après un examen sommaire des faits et du droit, une protection 

https://intrapj/perl/decis/140%20III%20456
https://intrapj/perl/decis/139%20III%20297
https://intrapj/perl/decis/136%20III%20624
https://intrapj/perl/decis/136%20III%20627

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provisoire au requérant dont la situation juridique paraît claire (ACJC/1178/2016 

du 9 septembre 2016 consid. 3.1.1; JT 1969 II 32). 

 Si le sens ou l'interprétation du titre de mainlevée invoqué est source de doutes ou 

si la reconnaissance de dette ne ressort que d'actes concluants, la mainlevée 

provisoire doit être refusée. La volonté du poursuivi doit ressortir clairement des 

pièces produites, à défaut de quoi elle ne peut être déterminée que par le juge du 

fond (arrêts du Tribunal fédéral 5A_735/2012 du 17 avril 2013 consid. 2; 

5P_449/2002 du 20 février 2003 consid. 3; STAEHELIN, in Basler Kommentar, 

SchKG I, 2010, n. 21 ad art. 82 LP).  

 4.2 En l'espèce, la recourante se prévaut, comme titres de mainlevée provisoire, 
des factures accompagnées des bons de livraison correspondants. Les factures ne 

sont pas signées et les bulletins de livraison ne mentionnent pas le prix des 

marchandises ou des prestations concernées. Ainsi lesdits bulletins, même 

lorsqu'ils portent une signature et même lorsqu'ils sont rapprochés des factures 

correspondantes, ne valent pas titres de mainlevée. Ce qui précède vaut également 

pour la facture du 18 mars 2016 de 39'690 fr. (pièce 17), qui concerne, aux dires 

de la recourante, six études de fabrication relatives aux commandes facturées le 

16 mars 2016. A cet égard, la recourante ne se réfère à aucun document signé par 

l'intimée mentionnant le prix des prestations en question. Enfin, selon la 

recourante, les factures du 17 février 2016 de 3'564 fr. (pièce 6) et du 12 avril 

2016 de 3'362 fr. 68 (pièce 18) sont à mettre en relation avec l'offre n° 2______ 

du 12 février 2016 (pièce 7). Cependant,  pour la première, la recourante ne 

produit aucun bulletin signé attestant de la fourniture des prestations et ne donne 

aucune explication sur celles-ci et, pour la seconde, il n'y a pas de correspondance 

entre les montants concernés (les ch. 8 et 9 de l'offre indiquent 3'643 fr. 50 HT et 

5'516 fr. HT, alors que la facture s'élève à 3'362 fr. 68 TVA comprise).  

 De plus, le courrier du 14 mars 2016 de l'intimée ne constitue pas une 

reconnaissance de dette, dans la mesure où elle ne mentionne pas avec exactitude 

le montant reconnu. En outre, cette lettre a été établie alors que seul un  

total de 15'278 fr. 22 avait été facturé par la recourante (addition des montants 

résultant de factures émises entre le 18 septembre 2015 et le 17 février 2016, 

produites sous pièces 3 à 6). Elle ne pourrait ainsi de toute façon pas se référer à la 

totalité du montant déduit en poursuite, qui se fonde sur des factures émises 

jusqu'au 12 avril 2016. 

 Enfin, il résulte de l'examen qui précède que la situation n'est pas claire et que 

l'interprétation des divers titres de mainlevée invoqués par la recourante est source 

de doute. Ainsi, la volonté du poursuivi ne peut être déterminée que par le juge du 

fond. Cette constatation suffit à refuser la mainlevée provisoire. 

https://intrapj/perl/decis/ACJC/1178/2016
https://intrapj/perl/decis/1969%20II%2032
https://intrapj/perl/decis/5A_735/2012
https://intrapj/perl/decis/5P.449/2002

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C/24766/2017 

 Dans la mesure où la cause est en état d'être jugée (art. 327 al. 3 let. b CPC), le 

chiffre 1 du dispositif du jugement attaqué sera annulé et il sera statué à nouveau 

dans le sens que la requête de mainlevée provisoire sera rejetée. 

5. Les frais judiciaires de première instance et de recours seront mis à la charge de 
l'intimée, qui succombe (art. 106 al. 1 CPC). Ceux-ci seront arrêtés à 1'250 fr. 

pour les deux instances (art. 48 et 61 OELP) et compensés avec les avances 

effectuées, lesquelles demeurent acquises à l'Etat de Genève. L'intimée sera 

condamnée à verser 750 fr. à la recourante. 

 L'intimée sera également condamnée à verser à la recourante 4'000 fr. au total à 

titre de dépens, TVA et débours inclus, à savoir 2'500 fr. pour la première instance 

et 1'500 fr. pour la procédure de recours (art. 85, 89 et 90 RTFMC; art. 25  

et 26 LaCC). 

* * * * * * 

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C/24766/2017 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté le 16 juillet 2018 par A______ SA contre le 

jugement JTPI/10616/2018 rendu le 2 juillet 2018 par le Tribunal de première instance 

dans la cause C/24766/2017-12 SML. 

Au fond : 

Annule le jugement attaqué et, statuant à nouveau : 

Rejette la requête de mainlevée provisoire formée le 24 octobre 2017 par B______ SA à 

l'encontre de A______ SA. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires des deux instances à 1'250 fr., les met à la charge de  

B______ SA et les compense avec les avances de frais effectuées, lesquelles demeurent 

acquises à l'Etat de Genève. 

Condamne B______ SA à verser à A______ SA 750 fr. à titre de restitution de l'avance 

de frais judiciaires de recours. 

Condamne B______ SA à verser à A______ SA 4'000 fr. à titre de dépens pour les deux 

instances. 

Siégeant : 

Madame Nathalie LANDRY-BARTHE, présidente; Madame Sylvie DROIN et 

Monsieur Ivo BUETTI, juges; Madame Mélanie DE RESENDE PEREIRA, greffière. 

 

La présidente : 

Nathalie LANDRY-BARTHE 

 La greffière : 

Mélanie DE RESENDE PEREIRA 

 

 

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C/24766/2017 

Indication des voies de recours: 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par devant le Tribunal fédéral 

par la voie du recours en matière civile, les moyens étant limités à la violation dews 

droits constitutionnels.(art. 98 LTF). 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 
 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 

30'000 fr.