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**Case Identifier:** c8ef5281-39f6-5ce8-886c-e0bb1711e115
**Source:** Valais/Wallis (VS)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2025-09-02
**Language:** fr
**Title:** Wallis Sonstiges Gericht Sonstige Kammer 02.09.2025 A1 25 92
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VS_Gerichte/VS_BZG_999_A1-25-92_2025-09-02.pdf

## Full Text

A1 25 92 

 

 

ARRÊT DU 2 SEPTEMBRE 2025 

 

Tribunal cantonal du Valais 

Cour de droit public 

 

Composition : Christophe Joris, président ; Dr Thierry Schnyder et Frédéric Fellay, juges;  

 

en la cause 

 

X _________, recourante, représentée par Maître Yves Cottagnoud, avocat, 1870 

Monthey 1 

 

contre 

 

DÉPARTEMENT DE LA SÉCURITÉ, DES INSTITUTIONS ET DU SPORT, autorité 

attaquée  

 

 

 

(péremption d’une demande d’indemnisation LAVI) 

recours de droit administratif contre la décision du 1er mai 2025 

 

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Faits 

 

A. Par jugement (P1 24 25) rendu le 7 octobre 2024, entré en force le 21 janvier 2025, 

le juge II du district de Sierre a, d’une part condamné A _________ (né le 27 juillet 1947) 

à une peine privative de liberté de 8 mois pour s’être rendu coupable d’actes d’ordre 

sexuel avec des enfants (art. 187 ch. 1 aCP), d’autre part astreint l’intéressé à verser à 

la victime X _________ (ci-après : X _________, née le 29 avril 1987) une indemnité de 

8000 fr., avec intérêts à 5% l’an dès le 1er janvier 1996, à titre de réparation morale. 

Selon ce jugement, X _________, représentée par Maître Yves Cottagnoud dès le  

5 mars 2020 (cf. l’annonce de la constitution de son mandat faite par ce dernier au 

Ministère public), avait dénoncé pénalement A _________ et s’était constituée partie 

plaignante le 10 février 2020 (consid. A) .  

B. Le 18 février 2025, X _________ a rempli, avec l’aide de l’intervenante du Centre 

de consultation de l'aide aux victimes d'infractions (Centre LAVI), le formulaire intitulé 

« Aide aux victimes d’infractions demande de réparation morale » dans lequel elle a 

réclamé à ce titre le versement de 8000 fr. avec intérêts à 5% l’an dès le 1er janvier 1996. 

Ce formulaire, auquel étaient jointes une copie du jugement du 7 octobre 2024 et une 

copie du procès-verbal de l’audience tenue le 11 octobre 2024, a été adressé le  

18 février 2025, par le Centre LAVI de Lausanne, au Service juridique de la sécurité et 

de la justice (SJSJ) du Département de la sécurité, des institutions et du sport (DSIS) à 

Sion. 

C. Par décision du 1er mai 2025, expédiée le même jour, le DSIS a déclaré cette 

requête d’indemnisation irrecevable. Après avoir relevé que l’ancien droit (soit la loi 

fédérale sur l’aide aux victimes d’infractions du 23 mars 2007 [aLAVI ; RS 312.5]) trouvait 

application, il a d’abord constaté que la demande de réparation morale, déposée après 

le délai de péremption de deux ans (cf. art. 16 al. 3 aLAVI) commençant à courir le  

29 avril 2005 (soit au moment où la victime avait atteint l’âge de 18 ans révolus ; cf. art. 

5 al. 2 let. a de la loi cantonale d’application de la loi fédérale sur l’aide aux victimes 

d’infractions [aLALAVI ; RS/VS 312.5]), était tardive. Il a ensuite analysé si ce délai de 

deux ans pouvait exceptionnellement être restitué et a conclu que cette question pouvait 

demeurer ouverte dans la mesure où en tout état de cause, le droit à obtenir un tort 

moral était périmé puisque la requête LAVI avait été formée le 18 février 2025 seulement, 

soit près de cinq ans après le dépôt de la dénonciation pénale, respectivement de la 

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communication de Maître Yves Cottagnoud au Ministère public l’informant de la 

constitution de son mandat au nom de X _________. 

D. Le 2 juin 2025, X _________, agissant toujours par l’entremise de Maître Yves 

Cottagnoud, a formé auprès de la Cour de céans un recours de droit administratif 

contenant les conclusions suivantes : 

    « Plaise à la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal du Canton du Valais: 
 
 Préalablement  

1. Accorder l’assistance judiciaire à Mme X _________ avec effet dès les premières 
opérations effectuées en relation avec la rédaction du mémoire de recours, soit dès le 
20 mai 2025. 

2. Lui désigner le soussigné en tant que conseil juridique gratuit, avec effet dès les 
premières opérations effectuées en relation avec la rédaction du mémoire de recours, 
soit dès le 20 mai 2025. 

3. Ne pas percevoir de frais pour la décision relative à l’assistance judiciaire. 
4. Ne pas percevoir d’avance de frais. 

 
 Au fond 

 1. Admettre le recours. 
 2. En conséquence, annuler la décision. 
 3. Principalement, dire que l’Etat du Valais versera à X _________ la somme de 20'000 

fr. à titre de réparation morale fondée sur la LAVI, en relation avec les faits ressortant 
du jugement du 7 octobre 2025. 

 4. Subsidiairement, dire que l’Etat du Valais allouera une somme comprise entre 40% et 
60% du montant de 20'000 fr. à titre de réparation morale fondée sur la LAVI, en relation 
avec les faits ressortant du jugement. 

 5. Mettre tous les frais à la charge de l’Etat du Valais, ainsi qu’une équitable indemnité 
pour les dépens de X _________, les dispositions sur l’assistance judiciaire étant 
réservées ». 

 

A l’appui de son recours de droit administratif, X _________ a produit, outre une 

procuration de son avocat et la décision attaquée, un « projet de recours » établi par ses 

soins le 3 mai 2025 à l’attention du tribunal cantonal. Sur le fond, elle a en premier lieu 

développé sur plus de 3 pages un « premier moyen » dans lequel elle a, en substance, 

soutenu qu’il était faux de reprocher à son avocat, qui la représentait au pénal, de ne 

pas avoir déposé la requête LAVI dans les deux ans à compter du 5 mars 2020, car les 

pouvoirs de représentation de ce dernier ne portaient pas sur « un autre mandat, 

notamment d’intervention dans une procédure d’indemnisation LAVI ». Dans un second 

moyen, elle a estimé que son affaire était « particulière à plusieurs points de vue » (abus 

extrêmement anciens et refoulés dans son subconscient pendant longtemps) de sorte 

qu’il était inexact d’affirmer, comme le Conseil d’Etat, que « Le délai pour faire valoir une 

indemnisation au sens de la LAVI aurait été échu avant même que n’ait été ouvert le 

droit de la victime de faire valoir des prétentions civiles dans le cadre de la procédure 

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pénale ». Elle a déduit de ce qui précède que « La péremption ne saurait être considérée 

comme avenue ». X _________ a enfin sollicité « le bénéfice de l’assistance judiciaire ». 

Par ordonnance du 3 juin 2025, la Cour de céans a fixé un délai à X _________ pour 

verser en cause différents documents et renseignements en relation avec sa demande 

d’assistance judiciaire (A2 25 26). L’intéressée s’est exécutée les 27 juin et 11 juillet 

2025.  

Dans sa détermination du 2 juillet 2025, le DSIS a produit l’intégralité de son dossier et 

a proposé de rejeter le recours sous suite de frais.  

Le 2 juillet 2025, la Cour de céans a fixé à X _________ un délai pour présenter 

d’éventuelles observations complémentaires. Le 11 juillet 2025, l’intéressée, agissant 

cette fois seule, a insisté sur le fait que sa situation présentait un caractère exceptionnel, 

les souvenirs liés à l’infraction dont elle avait été victime n’ayant émergé qu’au moment 

où elle avait atteint l’âge adulte, dans un cadre thérapeutique, « ce qui rend impossible 

l’application rigide d’un délai de péremption de deux ans dès la majorité ». 

Par décision du 24 juillet 2025, restée inattaquée, la Cour de droit public a rejeté la 

demande d’assistance judiciaire du 2 juin 2025. 

 

Considérant en droit 

 

1.1 Les décisions en matière d’aide aux victimes d’infractions peuvent faire l’objet d’un 

recours de droit administratif à la Cour de droit public du Tribunal cantonal, qui statue 

avec un plein pouvoir d’examen (art. 29 al. 3 LAVI et 12 al. 3 LALAVI). La recourante a 

donc procédé régulièrement en portant devant l’autorité de céans la décision rendue par 

le DSIS le 1er mai 2025. 

1.2 La recourante a incontestablement un intérêt personnel et digne de protection à agir 

céans, le DSIS ayant déclaré irrecevable sa demande de réparation morale (art. 80 al. 

1 let. a et 44 al. 1 LPJA). Pour le surplus, le recours, régulièrement formé et déposé en 

temps utile, est recevable (art. 78 let. a, 80 al. 1 let. b-c, 46 et 48 LPJA). 

2. Dans deux griefs distincts mais qui en réalité se recoupent, la recourante estime 

que le raisonnement tenu par le Conseil d’Etat axé sur l’article 16 al. 3 aLAVI est inexact. 

Selon elle, la référence faite par ce dernier à la RVJ 2008 p. 40 n’est pas pertinente car 

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dans son cas, à la différence de l’état de fait objet de cet arrêt, les pouvoirs de 

représentation de son avocat ne couvraient que la procédure pénale. Elle en déduit que 

sa requête en indemnisation LAVI a été déposée en temps utile, le délai de péremption 

de deux ans devant exceptionnellement être restitué dans la présente affaire « très 

particulière ». 

2.1 La jurisprudence publiée à la RVJ 2008 p. 40 est parfaitement claire et reste 

d’actualité. Contrairement à ce que soutient la recourante, l’obligation de l’avocat de faire 

valoir les droits de sa cliente découlant de la LAVI dans le cadre de la procédure pénale 

déjà ne ressort pas seulement du « résumé français de cet arrêt en allemand » et ne 

donne pas lieu à une « interprétation libre » par un lecteur averti. En effet, le considérant 

2.3 de cet arrêt expose que lorsque la victime d’une infraction donne, comme ici (cf. 

procuration de Maître Yves Cottagnoud portée à la connaissance du Ministère public le 

5 mars 2020), à un avocat le pouvoir de la représenter dans une affaire pénale, ce 

pouvoir inclut également le devoir et l’obligation de protéger d’autres intérêts de la 

victime en rapport avec l’infraction. Cela s’applique en particulier aux droits découlant de 

la LAVI, qui est étroitement liée au droit pénal (« Wenn das Opfer einer Straftat einem 

Rechtsanwalt die Vollmacht erteilt, es in strafrechtlichen Angelegenheiten zu vertreten, 

schliesst diese Vollmacht auch die Befugnis und die Pflicht ein, andere im 

Zusammenhang mit der Straftat stehenden Interessen des Opfers zu wahren. Dies gilt 

insbesondere für Ansprüche nach OHG, welches eng mit dem Strafrecht verknüpft ist 

»). Ce même considérant 2.3 a précisé que ces principes valent également si la 

procuration de l’avocat ne mentionne pas expressément l’exercice de prétentions selon 

la LAVI. Le Tribunal cantonal a conclu (cf. consid. 2.3 in fine) que la recourante doit se 

voir imputer les connaissances juridiques de son avocat sur ses prétentions LAVI et 

notamment sur le délai de péremption selon l'art. 16 al. 3 aLAVI et l'art. 5 al. 1 aLALAVI 

à partir de la date de la procuration (« Das Gericht kommt somit zum Schluss, dass das 

dem Anwalt mit der Vollmacht vom 20. März 2001 übertragene Mandat auch 

opferrechtliche Angelegenheiten umfasste, weshalb sich die Beschwerdeführerin die 

Rechtskenntnisse ihres Anwalts über ihre OHG-Ansprüche und namentlich über die 

Verwirkungsfrist gemäss Art. 16 Abs. 3 OHG und Art. 5 Abs. 1 kOHG ab dem 20. März 

2001 anrechnen lassen muss »). 

2.2 Par surabondance, d’autres principes méritent d’être relevés. D’abord, le principe 

de la bonne foi suppose qu’aucun reproche ne puisse être formulé à l’encontre de la 

victime pour ne pas avoir déposé sa requête dans le délai de péremption de deux ans. 

Ainsi, la victime qui resterait inactive, alors même qu’elle aurait été informée (ou dû être 

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informée) par un tiers (un avocat par exemple ; cf. l’arrêt du Tribunal fédéral 1C_99/2015 

du 18 novembre 2015 consid. 3.1 cité par le Conseil d’Etat dans sa décision attaquée 

céans ; RVJ 2008 p. 40 consid. 3.1), ne peut invoquer le principe de la bonne foi (arrêt 

du Tribunal fédéral 1C_398/2023 du 25 avril 2024 consid. 4.1). Ensuite, l’article 16 al. 3 

aLAVI doit s’appliquer avec une rigueur particulière (arrêt du Tribunal fédéral 

1C_99/2015 du 18 novembre 2015 consid. 3.1). S’ajoute à cela que dans un arrêt 

relativement ancien (ACDP A1 12 328 du 17 avril 2013 consid. 3.3.4), la Cour de céans 

avait jugé que le « délai raisonnable » dans lequel on pouvait exiger d’un avocat qu’il 

fasse valoir les prétentions LAVI (art. 16 al. 3 aLAVI) ne devait pas excéder une année 

après la constitution de son mandat au pénal. Dans un autre arrêt plus récent (ACDP A1 

16 215 du 25 août 2017) la Cour de céans avait enfin posé (consid. 3.2.1) que « Si la 

victime, bien qu’assistée d’un avocat, laisse le délai s’écouler, il semble justifié de faire 

supporter ce manquement à l’avocat, lequel a une obligation de diligence envers son 

mandant ; la victime représentée par un avocat ne peut, en tout cas, pas prétendre 

méconnaître la loi ». 

2.3 Au terme de ces différentes considérations, l’appréciation du Conseil d’Etat selon 

laquelle, d’une part, la requête LAVI du 18 février 2025 était tardive car déposée hors du 

délai de deux ans courant dès le 29 avril 2005, d’autre part, une restitution de ce délai 

de péremption de deux ans n’était pas envisageable puisque la demande avait été 

déposée près de cinq ans après le dépôt de la dénonciation pénale, respectivement de 

l’annonce par Maître Yves Cottagnoud de son mandat de représentation, n’est pas 

contraire au droit. Partant, mal fondés, les griefs sont rejetés. 

3. Attendu ce qui précède, le recours est rejeté. La décision du Conseil d’Etat doit donc 

être confirmée et le recours rejeté (art. 80 al. 1 let. e LPJA). Cette issue du litige s’impose 

sans devoir administrer les moyens de preuve requis par la recourante. En effet il 

apparaît, dans le cadre d’une appréciation anticipée des preuves (ATF 148 II 465 consid. 

8.1), que l’édition des dossiers MPC 20 626 et P1 24 25 n’est pas essentielle pour le fond 

du litige, les éléments utiles (en particulier la date de la constitution de partie plaignante au 

pénal et celle de l’annonce par Maître Yves Cottagnoud de son mandat au Ministère public) 

ressortant clairement du jugement du 7 octobre 2024 figurant au dossier du Conseil d’Etat. 

4. Il n’est pas perçu de frais (art. 30 al. 1 aLAVI) ni alloué de dépens (art. 91 al. 1 et 3 

LPJA).  

  

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Par ces motifs, le Tribunal cantonal prononce 

 

 

1. Le recours est rejeté. 

2. Il n’est pas perçu de frais. 

3. Aucun dépens n’est alloué. 

4. Le présent arrêt est communiqué à Maître Yves Cottagnoud, avocat à Monthey, pour 

la recourante, au DSIS, à Sion, et à l’Office fédéral de la justice, à Berne. 

 

Sion, le 2 septembre 2025