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**Case Identifier:** 1eeea11e-75e4-5ee3-b4eb-4bd6d4dfb807
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-07-10
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 10.07.2015 A/1677/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1677-2015_2015-07-10.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/1677/2015-FPUBL  ATA/716/2015T  

 

 COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative 

Décision du 10 juillet 2015 

sur effet suspensif 

 

dans la cause 

 

M. A______ 
  

contre 

CONSEIL D'ÉTAT 
 

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A/1677/2015 

  Attendu en fait que : 

1)  Le 13 novembre 2008, le Grand Conseil a adopté la loi 10250, entrée en 
vigueur le 1er janvier 2009, qui introduisait notamment un nouvel article 23A dans la 
loi concernant le traitement et les diverses prestations alloués aux membres du 
personnel de l’État, du pouvoir judiciaire et des établissements hospitaliers du  
21 décembre 1973 (LTrait - B 5 15). 

  Il avait la teneur suivante : « Dès le 1er janvier 2009 et jusqu’à l’entrée en 
vigueur d’une nouvelle évaluation des fonctions, les cadres dès la classe 27 exerçant 
des responsabilités hiérarchiques peuvent recevoir une indemnité, égale à 8,3 % de 
leur salaire annuel, versée en treize mensualités. Le traitement, indemnité incluse, ne 
peut dépasser le montant correspondant à la classe 33, position 21, de l’échelle des 
traitements. Le Conseil d’État fixe par règlement la liste des bénéficiaires ». 

2)  Le 3 décembre 2013, plusieurs députés ont déposé un projet de loi (ci-après : 
PL) 11328 visant uniquement l’abrogation de l’art. 23A LTrait. 

3)  Le 29 janvier 2015, le Grand Conseil a adopté la loi 11328 qui abrogeait l’art. 
23A LTrait et introduisait un art. 23B dont la teneur est la suivante : « Dès l’entrée 
en vigueur d’une nouvelle évaluation des fonctions mais jusqu’à l’entrée en vigueur 
d’une nouvelle évaluation des fonctions mais au plus tard jusqu’au 31 décembre 
2017 exerçant des responsabilités hiérarchiques peuvent percevoir une indemnité, 
égale à 8,3 % de leur salaire annuel, versée en treize mensualités. Le traitement, 
indemnité incluse, ne peut dépasser le montant correspondant à la classe 33, position 
14, de l’échelle des traitements. Le Conseil d’État fixe par règlement la liste des 
bénéficiaires ». 

4)  La loi 11328 est entrée en vigueur le 28 mars 2015, soit le lendemain de sa 
promulgation. 

5)  Le 31 mars 2015, l’Union des cadres de l’administration cantonale genevoise 
(ci-après : UCA) et plusieurs cadres supérieurs bénéficiaires de l’indemnité prévue 
par l’art. 23A LTrait abrogé, ont interjeté recours auprès de la chambre 
constitutionnelle de la Cour de justice (ci-après : la chambre constitutionnelle) contre 
la loi 11328. 

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6)  Le 20 avril 2015, le Conseil d’État a adressé à M. A______, fonctionnaire 
promu le 1er novembre 2011 à un poste de cadre supérieur dans la liste des fonctions 
au bénéfice de l’indemnité prévue par l’art. 23 LTrait, une décision de suppression de 
cette indemnité dès le 1er avril 2015, suite à l’entrée en vigueur de la loi 11328. Dite 
décision était déclarée exécutoire nonobstant recours. 

7)  Le 30 avril 2015, le président de la chambre constitutionnelle a refusé de 
restituer l’effet suspensif au recours de l’UCA et de cadres supérieurs recourants 
(ACST/9/2015). 

  La condition de l’urgence à savoir que le refus de restituer l’effet suspensif 
crée pour l’intéressé la menace d’un danger difficile à réparer, n’apparaissait pas 
donnée. En effet, malgré l’absence de régime transitoire et donc la diminution de 
traitement de 8,3 % s’ensuivant assez abruptement, les personnes touchées étaient, 
par définition, colloquées en classe 27 et au-delà de l’échelle des traitements, et 
avaient ainsi en principe des revenus dont la diminution n’était guère susceptible 
d’entraîner des conséquences par trop dommageables sur leur situation, d’autant  que 
certaines mesures - telles que, en ce qui concernait les impôts, des demandes 
d’adaptation des acomptes provisionnels - pouvaient être prises pour limiter l’impact 
négatif  de cette diminution de revenus. En outre, les intérêts en jeu étant purement 
pécuniaires, l’intérêt privé des recourants devait céder le pas à l’intérêt public à la 
préservation des finances de l’État. Il y avait en effet, de manière générale, une 
incertitude quant à la capacité des recourants à rembourser les montants en cas de 
confirmation  de la loi querellée, alors que l’État de Genève serait à même de verser 
les montants dus en cas d’issue favorable du recours, et cela même si la cause ne 
pouvait être tranchée rapidement. 

8)  Par acte du 20 mai 2015, M. A______ a recouru auprès de la chambre 
administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre la 
décision du Conseil d’État du 20 avril 2015. 

  Il conclut à ce qui dite décision soit annulée, le Conseil d’État devant être 
condamné au paiement du solde de l’indemnité pour l’année civile 2015. 

  Le Conseil d’État avait pris la décision querellée sans consultation préalable, 
privant ainsi M. A______ de toute possibilité d’exercer son droit d’être entendu. Le 
caractère abrupt de la mise en œuvre de cette modification législative violait le 
principe de la bonne foi et la garantie des droits acquis. La suppression de 
l’indemnité pour les cadres dès la classe 27, sauf pour ceux qui étaient médecin aux 

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Hôpitaux universitaires de Genève (ci-après : HUG) créait une inégalité de traitement 
sans raison objective et était arbitraire. 

  M. A______ sollicite la restitution de l’effet suspensif à son recours. La 
décision entraînait la suppression d’un montant mensuel de CHF 1'170.90 quelques 
jours seulement après sa notification. Cela péjorait d’un coup sa situation financière, 
sans qu’il ait pu prendre de dispositions d’adaptation, en particulier pour régler ses 
impôts. Il n’y avait pas d’intérêt public prépondérant à l’intérêt privé de M. A______ 
à continuer à bénéficier de l’indemnité en cause. Enfin, le recours déposé le 31 mars 
2015 contre la loi abrogeant l’art. 23A LTrait engendrait une incertitude sur la 
validité de celle-ci. 

9)  Le 22 juin 2015, le Conseil d’État a conclu au rejet de la demande de 
restitution de l’effet suspensif au recours de M. A______. Le raisonnement de la 
chambre constitutionnelle dans l’ACST/9/2015 pouvait être appliqué mutatis 
mutandis au recours contre la décision individuelle supprimant l’indemnité de 8.3 % 
du traitement de l’intéressé. 

10)  Le 26 juin 2015, les observations du Conseil d’État ont été transmises à  
M. A______ et les parties ont été informées que la cause était gardée à juger sur effet 
suspensif. 

  Considérant en droit que : 

1)  La question de la recevabilité du recours sera en l’état réservée, son examen 
étant reporté à l’arrêt au fond. 

2)  Aux termes de l’art. 66 LPA, sauf disposition légale contraire, le recours a effet 
suspensif à moins que l’autorité qui a pris la décision attaquée n’ait ordonné 
l’exécution nonobstant recours (al. 1) ; toutefois, lorsque aucun intérêt public ou 
privé prépondérant ne s’y oppose, la juridiction de recours peut, sur la demande de la 
partie dont les intérêts sont gravement menacés, retirer ou restituer l’effet suspensif 
(al. 3). 

3)  Les décisions sur mesures provisionnelles sont prises par le président ou le 
vice-président de la chambre administrative ou, en cas d’empêchement de ceux-ci, 
par un autre juge (art. 21 al. 2 de la loi sur la procédure administrative du  

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12 septembre 1985 - LPA - E 5 10 - et art. 7 al. 1 du règlement interne de la chambre 
administrative du 26 septembre 2010).  

4)  Lorsque l'effet suspensif a été retiré ou n'est pas prévu par la loi, l'autorité de 
recours doit examiner si les raisons pour exécuter immédiatement la décision 
entreprise sont plus importantes que celles justifiant le report de son exécution. Elle 
dispose d'un large pouvoir d'appréciation qui varie selon la nature de l'affaire. La 
restitution de l'effet suspensif est subordonnée à l'existence de justes motifs, qui 
résident dans un intérêt public ou privé prépondérant à l’absence d’exécution 
immédiate de la décision ou de la norme (arrêt du Tribunal fédéral 2C_1161/2013 du 
27 février 2014 consid. 5.5.1). 

                   Pour effectuer la pesée des intérêts en présence, l'autorité de recours n'est pas 
tenue de procéder à des investigations supplémentaires, mais peut statuer sur la base 
des pièces en sa possession (ATF 117 V 185 consid. 2b ; arrêt du Tribunal fédéral 
1C_435/2008 du 6 février 2009 consid. 2.3 et les arrêts cités). 

5)  En l’espèce, sur la base d’un examen prima facie du recours, les violations 
alléguées du droit d’être entendu, du principe de la bonne foi, de la garantie des 
droits acquis, du droit à l’égalité de traitement et de l’interdiction de l’arbitraire ne 
peuvent en tout état de cause pas être constatées d’emblée de manière indiscutable, 
ce d’autant moins que la loi 11328 fait elle-même l’objet d’un recours pendant 
auprès de la chambre constitutionnelle tendant à l’abrogation de celle-ci pour des 
griefs énoncés correspondant à ceux précités. 

6)  Le recourant fait valoir son intérêt privé à percevoir l’indemnité supprimée, de 
manière à pouvoir continuer à assumer ses charges financières, en particulier fiscales. 

  Il ressort des pièces produites par l’intéressé que son traitement est 
actuellement fixé en classe 27 annuité 4, représentant un montant mensuel brut de  
CHF 14'107.-, auquel s’ajoutait jusqu’au 31 mars 2015 l’indemnité prévue par l’art. 
23A LTrait abrogé, soit un montant de CHF 1'170.90. Entre le mois de mars et le 
mois d’avril 2015, son revenu mensuel brut – y compris une indemnité de téléphone 
portable de CHF 50.- - est ainsi passé de CHF 15'327.90 à CHF 14'251.50, tandis que 
son revenu mensuel net passait de CHF 12'644.40 à CHF 11'635.80, soit  
CHF 1'008.60 de moins. Une telle diminution n’est pas négligeable. Le montant 
disponible demeure toutefois important et ne permet de retenir d’emblée que la 
suppression de l’indemnité en cause est de nature à compromettre gravement les 
intérêts financiers du recourant. À cet égard, ce dernier ne fournit pas d’éléments 

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permettant de retenir que la suppression immédiate de l’indemnité perçue jusqu’au 
31 mars 2015 entraîne des conséquences particulièrement dommageables. 

  S’agissant ainsi d’intérêts en jeu de nature purement pécuniaire, rien ne permet 
de déroger à la jurisprudence constante de la chambre de céans selon laquelle 
l’intérêt privé du recourant à conserver l’intégralité de ses revenus doit céder le pas à 
l’intérêt public à la préservation des finances de l’État (ATA7300/2015 du 24 mars 
2015 et les références citées). Il y a en effet une incertitude quant à la capacité de  
M. A______ à rembourser les montants perçus en case de confirmation de la 
décision querellée alors que l’État de Genève serait à même de verser les montants 
dus en cas d’issue favorable du recours, cela même si la cause ne pourrait être 
tranchée rapidement. 

7)  Au vu de ce qui précède, la demande de restitution de l’effet suspensif au 
recours sera refusée, le sort des frais de la procédure étant réservé jusqu’à droit jugé 
au fond. 

 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

rejette la demande de restitution de l’effet suspensif au recours formé par M. A______ 
contre la décision du 20 avril 2015 du Conseil d’État ; 

réserve le sort des frais de la procédure jusqu’à droit jugé au fond ; 

dit que conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), la présente décision peut être portée dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière de 
droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de 
preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au 
Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. La présente décision et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique la présente décision, en copie, à M. A______, ainsi qu'au Conseil d'État. 

 
 La présidente : 

 
 
 

Ch. Junod 

 

 

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Copie conforme de cette décision a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 

 

 la greffière :