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**Case Identifier:** 6db71f84-a74e-567a-a22a-044e39b4193c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-03-21
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 21.03.2013 A/770/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-770-2013_2013-03-21.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/770/2013-MARPU ATA/189/2013  

 

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative 

Décision du 21 mars 2013 

sur effet suspensif 

 

dans la cause 

 

ASSOCIATION GENEVOISE DES ENTREPRENEURS EN NETTOYAGE ET 
DE SERVICE 

et 

C. MESSERLI S.A. GENÈVE 

et 

DOSIM S.A. 

et 

VITSOLNET S.A. 

et  

BRILTOUNET S.A. 

et 

UNS SERVICES S.A. 

et 

SIRIUS SERVICES S.À R.L. 

 
 
 

 A/770/2013   

- 2 - 

et 

HONEGGER S.A. 

et 

PRO NET SERVICES S.A. 

et 

IMPEC NETTOYAGES S.A. 

et 

ARBOSA S.A. 

et 

JL SERVICES S.A. 

et 

BÂTIMENT SERVICES TECNONET S.À R.L. 

et 

ORGAPROPRE S.A. 

et 

CLEANING SERVICE S.A. 

et 

PIEZIN NETTOYAGE 

et 

OMNISERVICE S.A. 

et 

BEST NET S.A. 

et 

BEST NETTOYAGE S.À R.L. 

et 

BIG NET S.A. 

et 

AL SERVICES S.A. 
représentées par Me Bénédict Fontanet, avocat  

contre 

VILLE DE GENÈVE - CENTRALE MUNICIPALE D'ACHAT ET 
D'IMPRESSION 
 

- 3/8 - 

A/770/2013 

 ATTENDU, EN FAIT, QUE : 

1.  La Ville de Genève (ci-après : la ville), représentée par la centrale municipale 
d’achat et d’impression (ci-après : CMAI), a publié dans la Feuille d’avis officielle 
de la République et canton de Genève (ci-après : FAO) du 15 août 2011 un appel 
d’offres en procédure ouverte sur le marché des services (PC : 14) dans le domaine 
de la construction, le nettoyage de locaux et la gestion de propriété, 
soumis à l’Accord GATT/OMC du 15 avril 1994 sur les marchés publics 
(AMP - RS 0632.231.422), à l’Accord intercantonal sur les marchés publics du 
25 novembre 1994 (AIMP - L 6 05) et au règlement sur la passation des marchés 
publics du 17 décembre 2007 (RMP - L 6 05.01). 

  Le marché portait sur l’adjudication de contrats de nettoyage de bâtiments 
administratifs et publics des services de la ville, sous la dénomination 
« Nettam_11 ». Le marché était divisé en lots et des offres étaient possibles pour 
plusieurs lots.  

2.  Selon le cahier de soumission, les documents suivants faisaient partie de 
l’appel d’offres : 

 a.  le cahier de soumission et ses annexes ; 

 b. les cahiers des charges ; 

 c. le document de synthèse ; 

 d. les annexes relatives aux critères d’aptitude ; 

 e. les formulaires d’offres ; 

 f. le document « critères d’évaluation écologique ». 

3.  A teneur de l’art. 5 du cahier de soumission, le marché était conclu pour une 
durée de vingt-quatre mois, reconductible de douze mois en douze mois tacitement, 
sauf résiliation préalable trois mois avant la date d’échéance, mais pour une durée 
maximale de quarante-huit mois inclus les vingt-quatre mois initiaux. 

  Le montant total du marché pour les quatorze lots était estimé à 
CHF 3’172’000.- hors taxe sur vingt-quatre mois. Il était divisé en quatorze lots dont 
le cahier de soumission donnait la valeur estimée pour chacun d’entre eux.  

  Les conditions d’aptitudes étaient celles requises par l’art. 32 RMP. 

  L’art. 38 du cahier de soumission prévoyait ceci :  

 

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A/770/2013 

  « Conditions particulières 

1° Les agents d’entretien intervenant dans l’exécution des prestations de 
nettoyage pour la Ville de Genève devront être de catégorie 4 + minimum, 
c’est-à-dire avoir bénéficié d’une formation de cinq jours de mise sur pied par la 
Commission paritaire professionnelle genevoise du secteur du nettoyage et avoir 
réussi l’examen associé à cette formation. 

2° L’entreprise adjudicataire disposera de 1 an à compter de la date de signature 
pour former tous les agents d’entretien affectés aux présentes prestations de 
nettoyage. Au début du contrat l’entreprise adjudicataire remettra à la CMAI le plan 
de formation sur l’année à venir indiquant les personnes qui seront formées en 
précisant les journées de formation. Le plan de formation sera ensuite mis à jour et 
communiqué à la CMAI, trimestriellement, en cas de modifications. 

3° L’entreprise adjudicataire s’engage à garantir un salaire horaire minimum de 
CHF 25.- (vacances non comprises) à tous les agents d’entretien engagés (personnel 
fixe et remplaçant) pour exécuter les prestations de nettoyage objet du présent 
marché. 

4° Dans ce cadre, l’entreprise adjudicataire remettra à la Ville : 

 a. la liste nominative des collaborateurs-trices engagés pour l’exécution de cette 
prestation, au début du contrat. L’adjudicataire devra signaler tout changement à la 
CMAI et remettra aussitôt la liste nominative mise à jour. 

 b. la copie de la totalité des contrats de travail de chaque employé mentionnant le 
tarif horaire susmentionné, au début du contrat puis à chaque nouvel engagement. 

 c. les fiches de salaire des employés pourront être demandées, à tout moment, par 
la CMAI. Le salaire horaire fixé par la Ville de Genève, indiqué ci-avant, sera 
précisément mentionné sur la fiche de salaire ainsi que les heures de travail effectives 
réalisées pour la Ville. 

 d. Un rapport trimestriel documenté des prestations effectuées ». 

  Conformément à l'Annexe B du cahier de soumission, les critères 
d'adjudication et leur pondération étaient les suivants : Prix : 27 % ; Respect de 
l’environnement : 23 % ; Nombre total d’heures-personnes par chantier pour 
l’entretien régulier et le nombre total d’heures-personnes pour les prestations sur 
demande : 20 % ; Formation du personnel : 15 % ; Fiabilité du système de contrôle 
garantissant la qualité des prestations : 15 %. 

4.  Le 25 août 2011, plusieurs entreprises de nettoyage ont interjeté recours auprès 
de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre 
administrative) contre l’appel d’offres de la ville relatif au marché « Nettam_11 ». 

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A/770/2013 

5.  Par arrêt du 18 octobre 2011 (ATA/657/2011), la chambre administrative a 
admis le recours et annulé l'appel d'offres. 

  L'obligation faite par cette dernière aux entreprises soumissionnaires de 
formuler leur offre en respectant un salaire horaire minimum de CHF 25.- (vacances 
non comprises) sous peine d'exclusion, avait pour effet d'obliger celles-ci à prendre 
l'engagement de verser à leurs employés des salaires supérieurs à ceux prévus par les 
normes impératives de la convention collective de travail pour le secteur du 
nettoyage (ci-après : CCT-SN) en vigueur dans le canton de Genève. Une telle 
obligation violait la liberté économique, dès lors que les conditions d'une restriction à 
celle-ci n'étaient pas réalisées. En effet, même si la ville pouvait considérer qu'il 
existait un intérêt public à améliorer la rémunération des travailleurs du nettoyage, 
aucune base légale de droit cantonal ou fédéral ne l'autorisait à l'imposer à l'occasion 
d'un appel d'offres dans un marché public. 

6.  La ville, représentée par la CMAI, a publié dans la FAO du 19 février 2013 un 
appel d’offres en procédure ouverte sur le marché des services (PC : 14) dans le 
domaine de la construction, le nettoyage de locaux et la gestion de propriété, soumis 
à l'AMP, à l'AIMP et au RMP. 

  Le marché portait sur l’adjudication de contrats de nettoyage de bâtiments 
administratifs et publics des services de la ville, sous la dénomination 
« Nettam_13 ». Le marché était divisé en vingt-quatre lots et des offres étaient 
possibles pour plusieurs lots. 

  Les critères d'adjudication et leur pondération étaient les suivants : 
Prix : 35 % ; Organisation pour l'exécution des prestations : 20 % ; Formation et 
expérience du personnel : 20 % ; Niveau de rémunération des agents 
d'entretien 15 % ; Performance environnementale : 10 %. 

  Le délai de remise des offres était fixé au 7 juin 2013 à 16h00. 

  Selon le cahier de soumission, la date limite d'adjudication des lots était le 
20 août 2013, l'exécution des contrats conclus avec les adjudicataires intervenant à 
compter du 1er octobre 2013. 

7.  Le 1er mars 2013, l'Association genevoise des entrepreneurs en nettoyage et de 
service (ci-après : AGENS) et 20 entreprises de nettoyage - toutes comparant par le 
même avocat - ont interjeté recours auprès de la chambre administrative contre 
l’appel d’offres de la ville relatif au marché « Nettam_13 », concluant préalablement 
à la restitution de l'effet suspensif au recours, et principalement à l'annulation de 
l'appel d'offres et à l'octroi d'une indemnité de procédure. 

  Il n'apparaissait pas exclu que la chambre administrative puisse se prononcer 
avant la date limite pour le dépôt des offres par les soumissionnaires. En cas de 
restitution de l'effet suspensif, la ville ne subirait dès lors que pas ou peu 

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d'inconvénients. En cas de refus de restitution de l'effet suspensif, les entreprises 
recourantes devraient modifier les contrats de travail de leurs employés qui gagnaient 
moins de CHF 25.- de l'heure, sans certitude de se voir attribuer le marché. Selon le 
principe de l'unicité du contrat de travail, on ne pouvait faire varier la rémunération 
du personnel selon l'identité du client de l'employeur. Il n'était par ailleurs pas 
concevable de subordonner l'entrée en vigueur du nouveau salaire à l'obtention d'un 
marché public, ni d'engager du personnel ad hoc affecté uniquement au nettoyage 
pour le compte de la ville. L'absence d'effet suspensif ferait dès lors subir aux 
sociétés recourantes un inconvénient manifeste non balancé par l'intérêt public. 

  De plus, le critère d'aptitude contesté sur le fond et lié à la rémunération du 
personnel était manifestement contraire au droit. 

8.  Le 19 mars 2013, la ville a conclu au rejet de la demande de la restitution de 
l'effet suspensif. 

  Quatre des sociétés recourantes étaient au bénéfice de contrats représentant 
environ 40 % du marché public litigieux et avaient donc intérêt à retarder le 
processus d'adjudication. 

  Le recours était prima facie infondé, si bien qu'une restitution de l'effet 
suspensif n'entrait pas en ligne de compte. En particulier, le critère contesté relevait 
de l'évaluation et non de l'aptitude et ne contenait aucune obligation salariale. 

  Il existait un intérêt public prépondérant à ce que la ville puisse octroyer les 
lots dans le domaine des prestations de nettoyage et que les bâtiments administratifs 
soient correctement entretenus. Si l'effet suspensif était octroyé, il était fort probable 
que le marché ne puisse être adjugé avant février ou mars 2014. Entre le mois 
d'octobre 2013 et cette date, la ville se verrait contrainte de conclure des contrats de 
gré à gré ne respectant pas les règles sur la passation des marchés publics. 

  L'intérêt des recourantes était quant à lui purement financier et nullement 
prépondérant. 

  CONSIDÉRANT EN DROIT QUE : 

1.  Le recours, interjeté devant l'autorité compétente et dans le délai de dix jours à 
partir de la publication de l'appel d'offres, est a priori recevable (art. 15 al. 2 et 2bis 
AIMP ; art. 17A al. 2 let. b de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 
1985 - LPA - E 5 10 ; art. 56 al. 1 RMP). 

2.  En matière de marchés publics, le recours n’a pas d’effet suspensif (art. 17 al. 1 
AIMP et 58 al. 1 RMP). Toutefois, à teneur des art. 17 al. 1 AIMP et 58 al. 2 RMP, 
l’autorité de recours peut d’office ou sur demande accorder l’effet suspensif au 
recours aux conditions cumulatives suivantes : 

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− si celui-ci paraît suffisamment fondé ; 

− si aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s’y oppose. 

3.  « L’examen de la requête suppose une appréciation prima facie du bien-fondé 
du recours ; le but est alors de refuser l’effet suspensif au recours manifestement 
dépourvu de chance de succès, dont le résultat ne fait aucun doute ; inversement, un 
diagnostic positif prépondérant ne suffit pas d’emblée à justifier l’octroi d’une 
mesure provisoire mais suppose de constater et de pondérer le risque de préjudice » 
(B. BOVAY, Recours, effet suspensif et conclusion du contrat, in J.-B. ZUFFEREY/ 
H. STÖCKLI, Marchés publics 2010, Zurich 2010, pp. 311-341, n. 15 p. 317). 

  La restitution de l’effet suspensif constitue cependant une exception en matière 
de marchés publics et représente une mesure dont les conditions ne peuvent être 
admises qu’avec restriction (ATA/60/2013 du 31 janvier 2013 consid. 5 ; 
ATA/85/2012 du 7 février 2012 consid. 2 ; ATA/752/2011 du 8 décembre 2011 ; 
ATA/614/2011 du 28 septembre 2011 consid. 2 ; ATA/214/2011 du 1er avril 2011).  

4.  En l’espèce, les recourantes remettent en question la validité juridique d'un 
critère d'adjudication posé par la ville, soit celui du niveau de rémunération des 
employés. A ce stade de la procédure, il est délicat de procéder, avant instruction 
complète de la cause, à une évaluation prima facie des chances de succès du recours. 
La prise en compte des intérêts publics et privés conduit à retenir que, s’il y a un 
intérêt public prépondérant à ce que la procédure suive son cours, compte tenu des 
échéances prévues à la fin de l’année 2013 pour les contrats en cours, les recourantes 
ont un intérêt privé prépondérant à ce que la ville ne procède pas à l’évaluation des 
offres et ne prenne aucune décision d’exclusion ou d’adjudication avant que le 
présent contentieux ne soit définitivement tranché. Sur le fond, en cas d’admission 
du recours, toute la procédure risquerait de devoir être recommencée ab initio. En cas 
de rejet de celui-ci, la procédure d’adjudication pourrait continuer au stade où elle 
aura été interrompue, soit au stade du dépôt des offres. 

  En vertu des art. 5 et 7 du règlement de la chambre administrative, l’effet 
suspensif au recours sera accordé, d’une manière limitée au sens des considérants qui 
précèdent.  

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

accorde au recours un effet suspensif limité ; 

fait interdiction à la Ville de Genève de procéder à toute évaluation des offres et de prendre 
toute décision d’adjudication ; 

autorise la poursuite de la procédure d’appel d’offres pour le surplus ; 

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réserve le sort des frais de la procédure jusqu’à droit jugé au fond ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), la présente décision peut être portée dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière de 
droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de 
preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au 
Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. La présente décision et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Me Bénédict Fontanet, avocat des recourantes, ainsi qu’à la 
Ville de Genève - centrale municipale d’achat et d’impression. 

 

 
 La présidente : 

 
 
 

E. Hurni 

 

 
 

 

Copie conforme de cette décision a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 

 

 la greffière :