# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 3205852d-89a0-59c3-9793-b45837e90337
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2010-08-26
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 26.08.2010 RR.2010.174
**Docket/Reference:** RR.2010.174
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_RR-2010-174_2010-08-26

## Full Text

Entraide judiciaire internationale en matière pénale au Royaume-Uni. Disjonction de causes (consid. 5). Qualité pour recourir (art. 80h let. b EIMP et 9a let. a OEIMP): le titulaire d'un compte tiers mentionné dans la documentation bancaire dont la transmission à l'Etat requérant est ordonnée, n'est pas légitimé à recourir contre cette mesure (consid. 3).;;Entraide judiciaire internationale en matière pénale au Royaume-Uni. Disjonction de causes (consid. 5). Qualité pour recourir (art. 80h let. b EIMP et 9a let. a OEIMP): le titulaire d'un compte tiers mentionné dans la documentation bancaire dont la transmission à l'Etat requérant est ordonnée, n'est pas légitimé à recourir contre cette mesure (consid. 3).;;Entraide judiciaire internationale en matière pénale au Royaume-Uni. Disjonction de causes (consid. 5). Qualité pour recourir (art. 80h let. b EIMP et 9a let. a OEIMP): le titulaire d'un compte tiers mentionné dans la documentation bancaire dont la transmission à l'Etat requérant est ordonnée, n'est pas légitimé à recourir contre cette mesure (consid. 3).;;Entraide judiciaire internationale en matière pénale au Royaume-Uni. Disjonction de causes (consid. 5). Qualité pour recourir (art. 80h let. b EIMP et 9a let. a OEIMP): le titulaire d'un compte tiers mentionné dans la documentation bancaire dont la transmission à l'Etat requérant est ordonnée, n'est pas légitimé à recourir contre cette mesure (consid. 3).

Arrêt du 26 août 2010  
IIe Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Cornelia Cova, prési-
dente, Giorgio Bomio et Jean-Luc Bacher,  
le greffier David Glassey  

   

Parties  1. A.; 
 
2. la société B., 

 
représentés par Me Yvan Jeanneret, avocat,  recou-
rants 
 

 contre 
   
  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION, 

partie adverse 
 

   

Objet  Entraide judiciaire internationale en matière pénale 
au Royaume-Uni 
 
Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP); disjonc-
tion de causes 

l B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéros de dossier : RR.2010.173-174/ RP.2010.44-45 
 
 
 

 

 

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Faits: 
 

A. Le 25 novembre 2008, le Ministère de la justice des Etats-Unis d’Amérique 
a adressé une demande d’entraide aux autorités suisses, dans le cadre 
d’une enquête pénale visant à déterminer si le groupe C., siège à New-
York, par le biais de ses dirigeants, employés ou intermédiaires, avait en-
freint les lois pénales américaines en versant des pots-de-vin à certains 
agents publics du pays Z., dans le cadre de contrats de vente d’alumine 
par le groupe C. à la société D., dont 77% des actions sont détenues par le 
gouvernement du pays Z. La demande d’entraide tendait, entre autres me-
sures, à la remise de la documentation relative aux comptes bancaires ou-
verts au nom de A. auprès de la banque E. à Genève. 

 
  
B. Le 19 août 2009, le Serious Fraud Office (ci-après: SFO) de Londres a 

adressé une demande d’entraide aux autorités suisses, dans le cadre 
d’une enquête pénale portant sur le même complexe de faits que celui ex-
posé plus haut. Entre autres mesures, le SFO requérait l’obtention de la 
documentation relative aux comptes bancaires suisses détenus ou contrô-
lés par A. 

 
 
C. Le 9 juillet 2010, le Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC) a 

ordonné la remise au SFO, sous réserve du principe de la spécialité, de di-
vers documents bancaires relatifs à deux comptes ouverts en les livres de 
la banque E. à Genève au nom de A. Par acte unique du 11 août 2010, Me 
Yvan JEANNERET, avocat à Genève, a formé recours contre cette ordon-
nance au nom de A. d’une part et de la société B. d’autre part. Il concluait 
préalablement à ce qu’ordre soit donné au MPC de produire «l’intégralité 
des pièces en sa possession, en tant qu’elles concernent les recourants», 
puis à ce que les recourants soient autorisés à «prendre position sur les 
pièces transmises dont ils n’auraient pas eu connaissance au moment de 
déposer le recours» et principalement au refus de remettre certaines piè-
ces bancaires à l’Etat requérant. 

 
 
D. Le 13 août 2010, la Présidente de la IIe Cour des plaintes a imparti aux re-

courants un délai au 30 août 2010 pour fournir une avance de frais de CHF 
8'000.-- (act. 3). Cette avance a été versée le 23 août 2010 (act. 6). 
 
Les arguments et moyens de preuves invoqués par les parties seront repris 
si nécessaire dans les considérants en droit.  
 

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La Cour considère en droit: 
 

1. En vertu de l’art. 28 al. 1 let. e ch. 1 de la Loi fédérale sur le Tribunal pénal 
fédéral (LTPF; RS 173.71), mis en relation avec les art. 80e al. 1 de la Loi 
fédérale sur l’entraide internationale en matière pénale (EIMP; RS 351.1) et 
9 al. 3 du Règlement du Tribunal pénal fédéral du 20 juin 2006 (RS 
173.710), la IIe Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral est compétente 
pour connaître des recours dirigés contre les décisions de clôture de la 
procédure d’entraide rendues par l’autorité fédérale d’exécution.  

 
2. L'entraide judiciaire entre le Royaume-Uni et la Confédération suisse est 

régie en premier lieu par la Convention européenne d’entraide judiciaire en 
matière pénale (CEEJ; 0.351.1), entrée en vigueur pour la Suisse le 
20 mars 1967 et pour le Royaume-Uni le 27 novembre 1991. L’EIMP et son 
ordonnance d'exécution (OEIMP; RS 351.11) règlent les questions qui ne 
sont pas régies, explicitement ou implicitement, par les traités (ATF 130 II 
337 consid. 1; 128 II 355 consid. 1 et la jurisprudence citée). Le droit in-
terne s'applique en outre lorsqu'il est plus favorable à l'octroi de l’entraide 
(ATF 122 II 140 consid. 2 et les arrêts cités). Le respect des droits fonda-
mentaux demeure réservé (ATF 135 IV 212 consid. 2.3). 

 
3. La société B. s’estime légitimée à recourir du fait que certaines pièces dont 

la transmission a été ordonnée par la décision querellée mentionneraient 
un compte bancaire dont elle est titulaire. 

 
3.1 Aux termes de l’art. 80h let. b EIMP, a qualité pour recourir en matière de 

«petite entraide» quiconque est personnellement et directement touché par 
une mesure d’entraide et a un intérêt digne de protection à ce qu’elle soit 
annulée ou modifiée. L’art. 9a let. a OEIMP reconnaît au titulaire d’un 
compte bancaire la qualité pour recourir contre la remise à l’Etat requérant 
de documents relatifs à ce compte. Il est en revanche de jurisprudence 
constante que l’ayant droit économique du compte visé n’est pas légitimé à 
recourir, même si la transmission des renseignements requis entraîne la 
révélation de son identité (ATF 129 II 268 consid. 2.3.3; 127 II 323 consid. 
3b/cc; 125 II 65 consid. 1 et les arrêts cités; 122 II 130 consid. 2b).  

 
3.2 Les documents bancaires relatifs à un compte peuvent mentionner les nu-

méros des différents comptes en provenance desquels des fonds sont 
transférés au débit dudit compte ou à destination desquels des sommes 
sont transférées au crédit de ce même compte. Les documents bancaires 
concernant un compte donné peuvent également mentionner, à d’autres ti-
tres, l’existence de comptes tiers. Il est de jurisprudence constante que les 

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titulaires des comptes tiers mentionnés à ce titre dans la documentation 
bancaire dont la transmission à l’Etat requérant est ordonnée, ne sont en 
aucun cas légitimés à recourir contre cette mesure (ATF 122 II 130 consid. 
2c; TPF 2008 172 consid. 1.3.1). Ainsi, le fait allégué par la recourante que 
certains documents relatifs à l’un ou l’autre des comptes ouverts au nom de 
A. visés par la décision querellée feraient apparaître l’existence d’un 
compte bancaire ouvert au nom de la société B. ne suffit pas, selon la ju-
risprudence, pour reconnaître à cette société  la qualité pour recourir. La 
solution contraire conduirait à un élargissement excessif du cercle des per-
sonnes habilitées à s’opposer à l’octroi de l’entraide judiciaire et entraîne-
rait dans de nombreux cas l’entrave, voire la paralysie de la collaboration 
internationale, ce qui contreviendrait au but de la loi et des traités interna-
tionaux souscrits par la Suisse dans ce domaine (ATF 122 II 130 consid. 
2c). Le recours est partant d’emblée irrecevable, en tant qu’il est interjeté 
au nom de la société B. 

 
3.3 La société B. affirme en outre avoir appris que le MPC aurait récolté «des 

classeurs» relatifs à son compte, dans le cadre d’une procédure pénale 
helvétique. «Sans en avoir la certitude», la recourante affirme avoir des rai-
sons de penser que les pièces en question auraient également été trans-
mises «au Procureur chargé de la demande d’entraide»; elle entend dès 
lors s’opposer, «par anticipation et à toutes fins utiles, à la transmission des 
documents bancaires concernant son compte» (act. 1, p. 16). Ces élé-
ments, totalement étrangers à la décision de clôture querellée, ne sont en 
rien propres à conférer la qualité pour recourir à la société B. Si la recou-
rante entend s’opposer, «par anticipation et à toutes fins utiles», à 
l’hypothétique transmission future à un Etat tiers de documents bancaires 
concernant un compte dont elle est titulaire, c’est auprès de l’autorité 
d’exécution qu’elle prétend éventuellement saisie de cette partie de la pro-
cédure, que la recourante devra intervenir. 

 
3.4 Pour l’ensemble de ces motifs, le recours du 11 août 2010 est irrecevable, 

en tant qu’il est interjeté au nom et pour le compte de la société B. 
 
4. Dès lors que la société B. n’a pas qualité pour recourir contre l’ordonnance 

querellée, c’est au surplus à tort qu’elle reproche au MPC d’avoir négligé 
de lui notifier cette ordonnance (art. 80m EIMP mis en parallèle avec l’art. 
80h EIMP). 

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5.  
5.1 L’économie de procédure peut commander à l’autorité saisie de plusieurs 

requêtes individuelles de les joindre ou, inversement, à l’autorité saisie soit 
d’une requête commune de plusieurs administrés (consorts), soit de pré-
tentions étrangères l’une à l’autre par un même administré, de les diviser; 
c’est le droit de procédure qui régit les conditions d’admission de la jonction 
et de la disjonction des causes (BENOÎT BOVAY, Procédure administrative, 
Berne 2000, p. 173). Bien qu’elles ne soient pas prévues par la Loi fédérale 
sur la procédure administrative (PA; RS 172.021), applicable à la présente 
cause par renvoi de l’art. 30 let. b LTPF, les institutions de la jonction et de 
la disjonction des causes sont néanmoins admises en pratique (arrêts du 
Tribunal pénal fédéral RR.2007.187-190 du 8 avril 2008, consid. 1; 
RR.2009.332-333 du 5 février 2010, consid. 1). 

  
5.2 Dès lors que A., d’une part, et la société B., d’autre part, concluaient 

conjointement et préalablement à pouvoir consulter le dossier, et compte 
tenu du fait que ce droit appartient aux seules parties à la procédure 
d’entraide (art. 29 al. 2 Cst. et art. 80b al. 1 EIMP mis en parallèle avec 
l’art. 80h EIMP), le fait que la société B. ne soit manifestement pas légiti-
mée à recourir impose de disjoindre les recours formés respectivement par 
cette société (dossier n° RR.2010.174) et par A. (dossier n° RR.2010.173). 
La conclusion préalable de la société B. tendant à ce que la Cour lui donne 
accès au dossier du MPC et l’invite à se déterminer à ce sujet est en outre 
également irrecevable, vu son caractère purement accessoire par rapport 
aux conclusions au fond, jugées irrecevables en tant que formées par la 
société B. (arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2010.146 du 5 août 2010, 
consid. 2). 

 
6. Le recours formé par la société B. étant d’emblée irrecevable, la Cour a 

renoncé à procéder à un échange d’écritures à ce sujet (art. 57 al. 1 a 
contrario PA). 

 
7. Du fait de la disjonction des causes (v. supra consid. 5), le recours formé 

par A. donnera lieu à un arrêt ultérieur distinct (procédure RR.2010.173). 
 
8. En tant que partie qui succombe, la société B. doit supporter les frais du 

présent arrêt (procédure n° RR.2010.174; art. 63 al. 1 PA), lesquels sont 
fixés à CHF 2'000.-- (art. 3 du règlement du 11 février 2004 fixant les émo-
luments judiciaires perçus par le Tribunal pénal fédéral; RS 173.711.32 et 
art. 63 al. 5 PA), couverts par l’avance de frais de CHF 8'000.-- déjà ver-
sée. Le sort du solde (par CHF 6'000.--) de l’avance versée sera réglé dans 
un arrêt ultérieur distinct (procédure RR.2010.173; v. supra consid. 7). 

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Par ces motifs, la IIe Cour des plaintes prononce: 
 
1. Les causes RR.2010.173 et RR.2010.174 sont disjointes. 
 
2. Le recours formé par la société B. (procédure n° RR.2010.174) est irreceva-

ble. 
 
3. Les frais du présent arrêt, fixés à CHF 2'000.--, sont mis à la charge de  la 

société B. L’émolument est couvert par l’avance de frais de CHF 8'000.-- dé-
jà versée. Le sort du solde (par CHF 6'000.--) de l’avance versée sera réglé 
dans un arrêt ultérieur (procédure RR.2010.173). 

 
Bellinzone, le 27 août 2010  
 
Au nom de la IIe Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
La présidente:       Le greffier:  
 
 
 
 
 
Distribution 
 
- Me Yvan Jeanneret, avocat 
- Ministère public de la Confédération 
- Office fédéral de la justice, Unité Entraide judiciaire 
 
Indication des voies de recours 

Le recours contre une décision en matière d’entraide pénale internationale doit être déposé devant 
le Tribunal fédéral dans les 10 jours qui suivent la notification de l’expédition complète (art. 100 al. 
1 et 2 let. b LTF). 
 
Le recours n’est recevable contre une décision rendue en matière d’entraide pénale internationale 
que s’il a pour objet une extradition, une saisie, le transfert d’objets ou de valeurs ou la 
transmission de renseignements concernant le domaine secret et s’il concerne un cas 
particulièrement important (art. 84 al. 1 LTF). Un cas est particulièrement important notamment 
lorsqu’il y a des raisons de supposer que la procédure à l’étranger viole des principes 
fondamentaux ou comporte d’autres vices graves (art. 84 al. 2 LTF).