# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 945c4bb1-6328-58a3-bc20-86bfa40e105b
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-06-05
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 05.06.2018 C/19393/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-19393-2017_2018-06-05.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 15.06.2018. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/19393/2017 ACJC/710/2018 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU MARDI 5 JUIN 2018 

 

Entre 

A______ SARL, sise ______, recourante contre un jugement rendu par la 20ème 
Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 19 février 2018, comparant 

en personne, 

et 

B______ SA, sise ______, intimée, comparant en personne. 

 

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C/19393/2017 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/2736/2018 du 19 février 2018, reçu par A______ le 22 février 
2018, le Tribunal de première instance a prononcé la mainlevée provisoire de 

l'opposition formée au commandement de payer, poursuite n° 1______ (ch. 1 du 

dispositif), arrêté les frais judiciaires à 300 fr., les a compensés avec l'avance 

effectuée par B______ et les a mis à la charge de A______ (ch. 2) et a condamné 

cette dernière à les verser à B______, sans allouer de dépens (ch. 3). 

B. a. Par acte du 27 février 2018, expédié le 2 mars 2018, A______ a formé un 
recours contre ce jugement, concluant à son annulation. 

 b. Le 20 avril 2018, B______ a conclu à la confirmation du jugement, relevant 
que C______, propriétaire de A______ avait de facto le pouvoir de signer pour 

elle et de l'engager. Elle a produit une pièce nouvelle. 

 c. Les parties ont été informées le 14 mai 2018 de ce que la cause était gardée à 
juger, A______ n'ayant pas fait usage de son droit de répliquer. 

C.  Les faits pertinents suivants résultent de la procédure. 

 a. Le 14 novembre 2016, B______, représentée par D______, et A______, 
représentée par C______, ont conclu un contrat de mandat rappelant que B______ 

détenait 100 % des parts sociales de A______ à titre fiduciaire, qu'elle gérait la 

société à titre fiduciaire et qu'elle utilisait son adresse aux fins de domicilier 

A______ chez elle, dès le 3 novembre 2016. Pour l'ensemble de ses prestations, 

B______ devait recevoir des honoraires de A______, annuellement et "prorata", à 

hauteur de 8'500 fr. HT, tandis que les autres honoraires, "pour le processus 

légal", s'élèveraient à 2'500 fr. HT. 

 b. Le 24 mai 2017, B______ a adressé à A______ une note d'honoraires payable 
dans les 30 jours se référant au contrat du 14 novembre 2016 et arrêtant ses 

honoraires à 2'500 fr. HT pour le processus légal et administratif et à 4'958 fr. 35 

HT pour la détention, la gestion et la domiciliation (au prorata de sept mois), les 

honoraires s'élevant finalement à 8'055 fr. TTC. 

 c. A______ n'a pas contesté cette note d'honoraires mais n'a rien versé. 

 d. Le 15 août 2017, B______ a fait notifier à A______ un commandement de 
payer, poursuite n° 1______, portant sur 8'055 fr. avec intérêts à 5% dès le  

24 juin 2017.  

 A______ y a formé opposition. 

https://intrapj/perl/decis/JTPI/13126/2017

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C/19393/2017 

 e. B______ a déposé le 24 août 2017 au greffe du Tribunal de première instance 
une requête en mainlevée provisoire de cette opposition, à hauteur de, 

respectivement, 8'055 fr., avec intérêts à 5% dès le 24 juin 2017, et 73 fr. 30 de 

frais du commandement de payer, sous suite de frais et dépens,. 

 f. Lors de l'audience du 26 janvier 2018 devant le Tribunal, C______ a représenté 
A______ en se légitimant par une procuration fournie le même jour. 

 Il a reconnu avoir signé le contrat du 14 novembre 2016, mais a prétendu qu'il 

n'avait pas le pouvoir de le faire et qu'il aurait pu refuser, en l'absence d'urgence, 

précisant qu'il ne contestait pas la durée du contrat, ni le montant des honoraires, 

qui avaient été correctement calculés au prorata, mais qu'il contestait le montant 

de 2'500 fr., même s'il ressortait du contrat. 

EN DROIT 

1. 1.1 En matière de mainlevée d'opposition, seule la voie du recours est ouverte 
(art. 309 let. b ch. 3 et 319 let. a CPC).  

 Aux termes de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC, le recours, écrit et motivé, doit être 

introduit auprès de l'instance de recours dans les dix jours à compter de la 

notification de la décision motivée, pour les décisions prises en procédure 

sommaire. 

 1.2 En l'espèce, le recours a été interjeté dans le délai et selon les formes prévus 
par la loi, de sorte qu'il est recevable.  

 1.3 Les conclusions, les allégations de faits et les preuves nouvelles sont 
irrecevables (art. 326 al. 1 CPC). 

 En l'espèce, la pièce nouvelle produite par l'intimée n'est donc pas recevable.  

 1.4 Dans le cadre d'un recours, le pouvoir d'examen de la Cour est limité à la 
violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits 

(art. 320 CPC). L'autorité de recours a un plein pouvoir d'examen en droit, mais 

un pouvoir limité à l'arbitraire en fait, n'examinant par ailleurs que les griefs 

formulés et motivés par le recourant (HOHL, Procédure civile, Tome II, 2
ème

 éd., 

Berne, 2010, n° 2307). 

 Le recours est instruit en procédure sommaire (art. 251 let. a CPC), la preuve des 

faits allégués devant être apportée par titres (art. 254 CPC). Les maximes des 

débats et de disposition s'appliquent (art. 55 al. 1, 255 let. a a contrario et art. 58 

al. 1 CPC). 

2. La recourante fait grief au Tribunal d'avoir prononcé la mainlevée provisoire alors 
que le titre qui la fondait n'avait pas été signé par une personne disposant des 

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C/19393/2017 

pouvoirs pour le faire, puisqu'elle n'apparaissait pas au Registre du commerce en 

qualité de gérant.  

 2.1 Par reconnaissance de dette au sens de l'art. 82 al. 1 LP, il faut entendre 
notamment l'acte sous seing privé, signé par le poursuivi - ou son représentant 

(ATF 130 III 87 consid. 3.1 p. 88) -, d'où ressort sa volonté de payer au 

poursuivant, sans réserve ni condition, une somme d'argent déterminée, ou 

aisément déterminable, et exigible (ATF 136 III 624 consid. 4.2.2 p. 626, 627 

consid. 2 p. 629). Lorsque la reconnaissance de dette est signée par un 

représentant du débiteur, la mainlevée provisoire dans la poursuite introduite 

contre le représenté ne peut être prononcée que sur le vu d'une pièce attestant des 

pouvoirs du représentant (ATF 132 III 140 consid. 4.1.1 p. 142; 112 III 88 

consid. 2c p. 89); de même, quand l'obligé est une personne morale, la mainlevée 

provisoire dans la poursuite contre celle-ci ne peut être prononcée que si les 

pouvoirs du représentant (art. 32 al. 1 CO) ou de l'organe (art. 55 al. 2 CC) qui a 

signé sont documentés par pièces (ATF 132 III 140 consid. 4.1.1 p. 142; 130 III 

87 consid. 3.1 p. 88).   

 La jurisprudence a cependant admis qu'il n'était pas arbitraire de prononcer la 
mainlevée en l'absence d'une procuration écrite lorsque les pouvoirs du 

représentant ou de l'organe ne sont pas contestés, ou s'ils peuvent se déduire 

d'actes concluants du représenté ou de la société au cours de la procédure 

sommaire de mainlevée, comportement dont il résulte clairement que le 

représentant ou l'organe a signé en vertu de pouvoirs (ATF 132 III 140 

consid. 4.1.1 p. 142; 130 III 87 consid. 3.1 p. 88; 112 III 88 consid. 2c p. 89).  

 2.2 En l'espèce, le contrat sur lequel se fonde l'intimée vaut titre de mainlevée 
provisoire et les montants en poursuite sont admis, de sorte que la Cour n'a pas à 

revoir ces éléments. 

 Seule demeure ouverte la question du pouvoir de représentation de C______ lors 

de la signature du contrat, étant rappelé que la recourante lui appartient 

économiquement, ce qu'il n'a pas contesté, et qu'il est dûment autorisé à la 

représenter devant les tribunaux.  

 Le Tribunal a écarté ce grief, arguant de ce qui précède, à savoir que la même 

personne avait signé le contrat et comparaissait en justice, démontrant ainsi que la 

recourante, de facto, avait ratifié le contrat et que lui-même, détenteur d'une 

procuration, disposait de sa confiance et de la compétence pour la représenter. De 

plus, à aucun moment elle n'avait contesté le contrat ou mis en doute sa bonne 

exécution, ni tiré argument de l'absence de pouvoir de représentant de C______.  

 En retenant les faits, conformes aux pièces produites, et en en tirant la conclusion 

que C______ avait engagé sa société en signant le contrat de mandat avec 

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C/19393/2017 

l'intimée, le Tribunal n'a pas commis d'arbitraire et sa décision doit être 

confirmée. 

 Par ses arguments, la recourante semble méconnaître la notion juridique 

d'arbitraire puisqu'elle  ne critique en rien les motifs de la décision qu'elle attaque, 

de sorte qu'il n'est pas possible de savoir en quoi ladite décision serait 

insoutenable. Ainsi, elle ne fait qu'opposer son appréciation à celle du Tribunal 

alors qu'une décision ne saurait être qualifiée d'arbitraire pour le seul motif qu'une 

autre solution eût été envisageable, voire préférable (ATF 139 III 334 

consid. 3.2.5 p. 339). 

3. La recourante, qui succombe, sera condamnée aux frais du recours (art. 106  
al. 1 CPC). 

 Les frais judiciaires seront fixés à 450 fr. et compensés avec l'avance versée par la 
recourante, acquise à l'Etat de Genève (art. 48 et 61 al. 1 OELP et 111 al. 1 CPC). 

 Il ne sera pas alloué de dépens, l'intimée comparaissant en personne et n'en ayant 

pas requis. 

* * * * * 

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C/19393/2017 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté par A______SARL contre le jugement 

JTPI/2736/2018 rendu le 19 février 2018 par le Tribunal de première instance dans la 

cause C/19393/2017-20 SML. 

Au fond : 

Le rejette. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête à 450 fr. les frais judiciaires de recours, les met à la charge de A______ SARL et 

les compense avec l'avance fournie, qui reste acquise à l'Etat de Genève. 

Dit qu'il n'est pas alloué de dépens. 

Siégeant : 

Madame Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ, présidente; Monsieur Laurent 

RIEBEN, juge; Monsieur Louis PEILA, juge suppléant; Madame Céline FERREIRA, 

greffière. 

 

La présidente : 

Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ 

 La greffière : 

Céline FERREIRA 

 

 
 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 113 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification 

avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du 

recours constitutionnel subsidiaire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 30'000 fr.