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**Case Identifier:** ad4725af-82a8-559d-8478-e00cd37b6960
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2011-01-21
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 21.01.2011 E-16/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-16-2011_2011-01-21.pdf

## Full Text

Bundesverwaltungsgericht

Tribunal administratif fédéral

Tribunale amministrativo federale

Tribunal administrativ federal

Cour V
E-16/2011

Arrêt du 21 janvier 2011

Composition Jean-Pierre Monnet (président du collège), 
Gérard Scherrer, Regula Schenker Senn, juges,
Anne-Laure Sautaux, greffière.

Parties A._______, né le (…), Ethiopie,
alias B._______, né le (…), Ethiopie,
alias C._______, né le (…), Erythrée,
représenté par Tarig Hassan, (…),
requérant, 

contre

Office fédéral des migrations (ODM), 
Quellenweg 6, 3003 Berne. 

Objet Demande de révision ; arrêt du Tribunal administratif 
fédéral du 1er septembre 2010 / E-6371/2008.

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Vu

la décision du 10 mai 2004, par laquelle l'Office fédéral des réfugiés 
(actuellement : ODM) a rejeté la demande d’asile déposée, le 
20 septembre 2003, par l'intéressé, a prononcé son renvoi de Suisse et a 
ordonné l’exécution de cette mesure,

la décision du 23 juillet 2004, par laquelle l'ancienne Commission suisse 
de recours en matière d'asile (ci-après : CRA) a déclaré irrecevable le 
recours interjeté le 11 juin 2004 contre la décision précitée,

la décision du 11 septembre 2008, par laquelle l'ODM a rejeté la seconde 
demande d'asile déposée, le 29 novembre 2006, par l'intéressé, a 
prononcé son renvoi de Suisse et ordonné l'exécution de cette mesure,

l'arrêt E-6371/2008 du 1er septembre 2010, par lequel le Tribunal 
administratif fédéral (ci-après : le Tribunal) a rejeté le recours interjeté, le 
6 octobre 2008, contre la décision précitée,

la "demande de réexamen" du 7 octobre 2010 adressée à l'ODM,

la lettre du 4 janvier 2011, par laquelle l'ODM a estimé que cette 
demande constituait une demande de révision de l'arrêt E-6371/2008 
précité et l'a transmise au Tribunal comme étant l'objet de sa 
compétence, en application de l'art. 8 al. 1 de la loi fédérale du 
20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021),

et considérant

que le Tribunal est compétent pour se prononcer sur les demandes de 
révision formées contre ses propres arrêts (cf. art. 121 à 128 de la loi du 
17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110] applicables par 
analogie en vertu de l'art. 45 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal 
administratif fédéral [LTAF, RS 173.32]),

qu'ayant été partie à la procédure ayant abouti à l'arrêt du 1er septembre 
2010 et ayant un intérêt digne de protection à la reprise du litige, le 

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requérant bénéficie sans conteste de la qualité pour agir en révision à 
l'encontre de cet arrêt,

que, présentée dans le délai prévu par l'art. 124 al. 1 let. d LTF de 
90 jours à compter de la découverte du motif de révision et pour un motif 
prévu à l'art. 123 al. 2 let. a LTF (cf. art. 47 LTAF et art. 67 al. 3 de la loi 
fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative [PA, 
RS 172.021]), la demande est, sur ces points, recevable,

qu'aux termes de l'art. 123 al. 2 let. a LTF, la révision peut être demandée 
dans les affaires civiles et les affaires de droit public, si le requérant 
découvre après coup des faits pertinents ou des moyens de preuve 
concluants qu’il n’avait pas pu invoquer dans la procédure précédente, à 
l’exclusion des faits ou moyens de preuve postérieurs à l’arrêt,

que, selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, même si contrairement à 
l'ancien art. 137 let. b de l'ancienne loi fédérale du 16 décembre 1943 
d'organisation judiciaire (OJ), l'art. 123 al. 2 let. a LTF ne contient plus 
l'expression impropre de « faits nouveaux », mais précise qu'il doit s'agir 
de faits pertinents découverts après coup, à l'exclusion des faits 
postérieurs à l'arrêt, les principes jurisprudentiels rendus à propos de 
l'art. 137 let. b OJ, en particulier en ce qui concerne les notions de « faits 
nouveaux importants » et de « preuves concluantes », demeurent 
valables pour l'interprétation de l'art. 123 al. 2 let. a LTF (cf. ATF 134 IV 
48 consid. 1.2 ; arrêt du Tribunal fédéral 4F_1/2007 du 13 mars 2007 
consid. 7),

que ne peuvent dès lors justifier une révision que les faits qui se sont 
produits jusqu'au moment où, dans la procédure principale, des 
allégations de faits étaient encore recevables, mais qui n'étaient pas 
connus du requérant malgré toute sa diligence,

qu'en outre, ces faits doivent être pertinents, c'est-à-dire de nature à 
modifier l'état de fait qui est à la base de l'arrêt entrepris et à conduire à 
un jugement différent en fonction d'une appréciation juridique correcte,

que les preuves, quant à elles, doivent servir à prouver soit les faits 
nouveaux pertinents qui motivent la révision, soit des faits qui étaient 
certes connus lors de la procédure précédente, mais qui n'avaient pas pu 
être prouvés, au détriment du requérant,

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que si les nouveaux moyens sont destinés à prouver des faits allégués 
antérieurement, le requérant doit aussi démontrer qu'il ne pouvait pas les 
invoquer dans la procédure précédente,

qu'une preuve est considérée comme concluante lorsqu'il faut admettre 
qu'elle aurait conduit le juge à statuer autrement s'il en avait eu 
connaissance dans la procédure principale,

que, ce qui est décisif, c'est que le moyen de preuve ne serve pas à 
l'appréciation des faits seulement, mais à l'établissement de ces derniers,

qu'ainsi, il ne suffit pas qu'un nouveau rapport médical donne une 
appréciation différente des faits,

qu'il faut des éléments de fait nouveaux, dont il résulte que les bases de 
la décision entreprise comportaient des défauts objectifs,

que, pour justifier la révision d'une décision, il ne suffit pas que le 
médecin ou expert tire ultérieurement, des faits connus au moment du 
jugement principal, d'autres conclusions que le tribunal,

qu'il n'y a pas non plus motif à révision du seul fait que le tribunal paraît 
avoir mal interprété des faits connus déjà lors de la procédure principale,

que l'appréciation inexacte doit être la conséquence de l'ignorance ou de 
l'absence de preuve de faits essentiels pour le jugement (cf. ATF 127 V 
353 consid. 5b et jurisp. cit.).

qu'en l'occurrence, la demande du 7 octobre 2010 a été présentée sur la 
base d'un nouveau moyen de preuve établi postérieurement à l'arrêt 
E-6371/2008 du Tribunal du 1er septembre 2010 et destiné à prouver un 
fait allégué antérieurement, à savoir la nationalité érythréenne,

que, certes, pour le Tribunal fédéral, compte tenu de la clarté du texte 
figurant à l'art. 123 al. 2 let. a LTF, la question de savoir si une telle pièce 
constitue un « moyen de preuve découvert après coup » est douteuse 
(cf. arrêt du Tribunal fédéral 4A_144/2010 du 28 septembre 2010),

qu'une réponse affirmative à cette question pourrait toutefois être donnée 
ici en raison du fait que cette disposition légale n'est applicable aux arrêts 
du TAF que par analogie (par le renvoi de l'art. 45 LTAF), ainsi qu'en 
raison de la maxime inquisitoire prévue par l'art. 12 PA ayant régi la 

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procédure ayant abouti à cet arrêt, du plein pouvoir d'examen du Tribunal 
et de la recevabilité des « nova » dans cette procédure ordinaire, et de la 
qualité du Tribunal de dernière instance à avoir statué au fond (cf. dans 
ce sens, ATF 134 III 45 consid. 2.2 relatif à la révision d'un arrêt du 
Tribunal fédéral rendu sur recours de droit public pour le motif prévu par 
l'art. 123 al. 2 let. a LTF),

qu'en l'espèce, cette question peut toutefois demeurer indécise,

qu'en tout état de cause, à admettre sa recevabilité en tant que demande 
de révision, la demande du 7 octobre 2010 en tant qu'elle relève de 
moyens de preuve postérieurs à l'arrêt doit être rejetée comme 
manifestement infondée, ainsi qu'exposé ci-après,

que le requérant a produit une attestation du (…) 2010 de l'Ambassade 
de l'Erythrée en Suisse à l'appui de sa demande,

que, selon cette pièce, C._______, titulaire de la carte d'identité 
érythréenne no (…), est d'origine et de nationalité érythréennes,

que le requérant a fait valoir que cette attestation prouvait sa nationalité 
érythréenne, 

qu'il a soutenu qu'en cas de renvoi contraint par les autorités suisses en 
Ethiopie, il serait par conséquent refoulé par les autorités éthiopiennes en 
Erythrée,

qu'il a allégué que, compte tenu de sa participation au référendum de 
1993 en faveur de l'indépendance de l'Erythrée, fait qui ressortirait du 
dossier, il ne pouvait pas revendiquer la nationalité éthiopienne,

que, cela étant, dans l'arrêt E-6371/2008 du 1er septembre 2010, le 
Tribunal a considéré que le recourant n'avait rendu vraisemblable au 
sens de l'art. 7 LAsi ni sa nationalité érythréenne ni son ascendance 
paternelle érythréenne (cf. consid. 4.1.1),

que le Tribunal a également considéré que, même si la preuve de la 
nationalité érythréenne et de l'ascendance paternelle érythréenne avait 
été apportée, ces faits ne seraient en tout état de cause pas pertinents 
pour l'issue du litige, compte tenu, d'une part, de la nationalité 
éthiopienne du recourant et, d'autre part, du changement de 
circonstances en Ethiopie depuis 2001 (cf. consid. 4.1.2 et 4.1.3),

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que, partant, l'attestation du 24 septembre 2010 produite par le requérant 
ne porte pas sur des faits pertinents au sens de l'art. 123 al. 2 let. a LTF, 

qu'elle n'est donc pas concluante au sens de cette disposition,

qu'en outre, l'obstacle tiré de sa participation alléguée au référendum de 
1993 a été considéré comme une affirmation nullement étayée et dénuée 
de vraisemblance par le Tribunal dans son arrêt E-6371/2008 du 
1er septembre 2010 consid. 4.1.2,

qu'en réitérant cette affirmation, le requérant sollicite donc en réalité une 
nouvelle appréciation juridique d'un fait connu qui soit différente de celle 
retenue précédemment, ce que ni l'institution de la révision ni celle du 
réexamen ne permettent,

qu'au vu de ce qui précède, la demande du 7 octobre 2010 doit être 
rejetée, dans la mesure où elle est recevable en tant que demande de 
révision,

que, les conclusions du requérant s'avérant d'emblée vouées à l'échec, la 
demande d'assistance judiciaire partielle doit être rejetée (cf. art. 29 al. 3 
de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 
[Cst., RS 101] et art. 65 al. 1 PA en relation avec l'art. 37 LTAF ; voir 
aussi ANDRÉ MOSER / MICHAEL BEUSCH / LORENZ KNEUBÜHLER, 
Prozessieren vor dem Bundesverwaltungsgericht, Bâle 2008, §§ 5.66 et 
5.67),

que, vu l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure, 
d'un montant de Fr. 600.-, à la charge du requérant, conformément aux 
art. 63 al. 1 PA et art. 2 et art. 3 let. b du règlement du 21 février 2008 
concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal 
administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2),

(dispositif : page suivante)

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le Tribunal administratif fédéral prononce:

1. 
La demande du 7 octobre 2010 est rejetée, dans la mesure où elle est 
recevable en tant que demande de révision.

2. 
La demande d'assistance judiciaire partielle est rejetée.

3. 
Les frais de procédure, d'un montant de Fr. 600.-, sont mis à la charge du 
requérant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans les 
30 jour dès l'expédition du présent arrêt.

4. 
Le présent arrêt est adressé au mandataire du requérant, à l’ODM et à 
l’autorité cantonale compétente.

Le président du collège : La greffière :

Jean-Pierre Monnet Anne-Laure Sautaux

Expédition :