# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 881aad19-3fc1-5ad6-a78b-297f3a5d4650
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2016-03-09
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 09.03.2016 SK.2016.11
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG/CH_BSTG_001_SK-2016-11_2016-03-09.pdf

## Full Text

Ordonnance du 9 mars 2016 
Cour des affaires pénales 

Composition  

Le juge pénal fédéral Giuseppe Muschietti, 

juge unique, 

la greffière Yasmina Saîdi  

Parties  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION, re-

présenté par Carlo Bulletti, Procureur fédéral en chef, 

 

contre 

  A. 

Objet 

 Importation, acquisition et prise en dépôt de fausse 

monnaie (244 al. 1 CP en relation avec l'art. 250 CP) 

Renvoi de l'accusation (art. 329 CPP) 

  

B u n d e s s t r a f g e r i c h t  

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

 

Numéro du dossier : SK.2016.11 

 

- 2 - 

Vu: 

 

 L'ordonnance pénale rendue le 5 février 2016 par le Ministère public de la Confé-
dération (ci-après: MPC) à l'encontre de A. pour importation, acquisition et prise 
en dépôt de fausse monnaie (art. 244 al. 1 CP en relation avec l'art. 250 CP; dos-
sier du MPC, ordonnance pénale du 5 février 2016, p. 1); 
 

 qu'il lui est reproché d'avoir, le 12 janvier 2016, au passage frontière de Bardonnex 
à Genève, au volant d'une voiture Volkswagen Polo, été trouvé en possession 
d'une fausse coupure de EUR 50.--, retrouvée par les agents du Corps des gardes-
frontière suisses sous le siège passager avant (dossier du MPC, ordonnance pé-
nale du 5 février 2016, p. 1); 
 

 que le prévenu aurait su, selon le MPC, qu'il s'agissait d'une contrefaçon (dossier 
du MPC, ordonnance pénale du 5 février 2016, p. 1); 
 

 l'opposition, par ailleurs motivée, à l'ordonnance pénale adressée par A. au MPC, 
le 18 février 2016 (dossier du MPC, courrier de A. du 17 février 2016 et son enve-
loppe); 
 

 la transmission de la cause en vue des débats par le MPC à la Cour des affaires 
pénales du Tribunal pénal fédéral le 23 février 2016 (dossier du Tribunal pénal 
fédéral, p. 2 100 001 s.); 

 
 
 
considérant: 
 

 qu'en cas d'opposition, le ministère public administre les autres preuves néces-
saires au jugement de l'opposition (art. 355 al. 1 CPP); 
 

 que lorsqu'il décide de maintenir l'ordonnance pénale, le ministère public transmet 
sans retard le dossier au tribunal de première instance en vue des débats (art. 356 
al. 1 1ère phrase CPP); 

 

 que le tribunal de première instance statue sur la validité de l'ordonnance pénale 
et de l'opposition (art. 356 al. 2 CPP); 
 

 que selon l'art. 329 al. 1 CPP, qui trouve application aussi dans la procédure de 
l'ordonnance pénale (v. ATF 140 IV 188 consid. 1.6), la direction de la procédure 
examine si l'acte d'accusation et le dossier sont établis régulièrement (let. a), si les 
conditions à l'ouverture de l'action publique sont réalisées (let. b) et s'il existe des 
empêchements de procéder; 
 

 que s'il apparaît lors de cet examen ou plus tard durant la procédure qu'un juge-
ment au fond ne peut pas encore être rendu, le tribunal suspend la procédure 
(art. 329 al. 2 CPP); 

 

 qu'au besoin, il renvoie l'accusation au ministère public pour qu'il la complète ou 
la corrige (art. 329 al. 2 2ème phrase CPP); 

- 3 - 

 que le tribunal décide si une affaire suspendue reste pendante devant lui (art. 329 
al. 3 CPP); 

 

 que le but de l'examen prévu à l'art. 329 CPP est d'éviter qu'une accusation clai-
rement insuffisante ne conduise à des débats inutiles, ce qui serait contraire tant 
à l'économie de procédure qu'au principe de célérité (arrêt du Tribunal fédéral 
1B_304/2011 du 26 juillet 2011, consid. 3.2.2); 

 

 que, dans le cas d'une mise en accusation, l'instruction doit en effet fournir au 
tribunal les éléments essentiels lui permettant de juger la culpabilité du prévenu et 
de fixer la peine (art. 308 al. 3 CPP); 

 

 que cela s'applique également dans les cas où le ministère public décide de main-
tenir l'ordonnance pénale, celle-ci tenant alors lieu d'acte d'accusation (art. 356 
al.1 2ème phrase CPP); 
 

 que le dossier constitué dans le cas d'espèce ne permet pas au tribunal de juger 
l'affaire; 

 

 qu'en effet, en l'état, il s'avère que les éléments essentiels permettant de juger de 
l'éventuelle culpabilité du prévenu et de fixer la peine potentielle font clairement 
défaut; 
 

 qu'aucun acte d'enquête n'a été mené ni par la police judiciaire fédérale, ni par le 
MPC; 
 

 que le prévenu n'a été ni interrogé, ni confronté aux reproches qui lui sont adres-
sés; 
 

 que la situation personnelle et financière du prévenu n'a pas été établie (art. 308 
CPP); 

 

 qu'en outre, la pièce à conviction, soit le faux billet de EUR 50.--, ne se trouve 
même pas dans le dossier (v. art. 192 CPP); 

 

 qu'il convient dès lors, de renvoyer le dossier au MPC, afin qu'il entame l'instruc-
tion; 

 

 que la présente décision est rendue sans frais. 
 
 
 

- 4 - 

Par ces motifs, le juge unique ordonne: 

 
1. La procédure SK.2016.11 est suspendue. 

2. L'accusation est renvoyée au Ministère public de la Confédération pour qu'il la 
complète. 

3. L'affaire suspendue ne reste pas pendante devant la Cour de céans. Les actes 
de la cause sont renvoyés au Ministère public de la Confédération. 

4. La présente décision est rendue sans frais. 

 

 

Au nom de la Cour des affaires pénales 

du Tribunal pénal fédéral 

 

 

Le juge unique La greffière 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Distribution (acte judiciaire) 

 Ministère public de la Confédération, Monsieur Carlo Bulletti, Procureur fédéral en chef 
 Monsieur A. 

 
 

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Indication des voies de droit 

 

Recours à la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral 

Les ordonnances, les décisions et les actes de procédure de la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal 
fédéral, comme autorité de première instance, à l’exception de ceux concernant la direction de la procédure, 
peuvent faire l’objet d’un recours motivé et adressé par écrit dans les 10 jours à la Cour des plaintes du 

Tribunal pénal fédéral (art. 393 al. 1 let. b et art. 396 al. 1 CPP; art. 37 al. 1 LOAP). 
Le défenseur d’office peut recourir devant la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral dans les 10 jours 

contre la décision fixant l’indemnité (art. 135 al. 3 let. a et art. 396 al. 1 CPP; art. 37 al. 1 LOAP). 
Le recours peut être formé pour les motifs suivants: a. violation du droit, y compris l’excès et l’abus du pouvoir 
d’appréciation, le déni de justice et le retard injustifié; b. constatation incomplète ou erronée de faits; c. inop-
portunité (art. 393 al. 2 CPP). 
 
Recours au Tribunal fédéral 

Le recours contre les décisions finales de la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal fédéral doit être 
déposé devant le Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les 30 jours qui suivent la notification de l’expé-

dition complète (art. 78, art. 80 al. 1, art. 90 et art. 100 al. 1 LTF). 
Le recours peut être formé pour violation du droit fédéral ou du droit international (art. 95 let. a et b LTF). Le 
recours ne peut critiquer les constatations de fait que si les faits ont été établis de façon manifestement 
inexacte ou en violation du droit au sens de l’art. 95 LTF, et si la correction du vice est susceptible d’influer 
sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Expédition: 9 mars 2016