# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 601e4fef-c78d-5a22-b8d6-2ee30c2f3007
**Source:** Neuchâtel (NE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 1995-02-01
**Language:** fr
**Title:** Neuchâtel Tribunal Cantonal Tribunal administratif 01.02.1995 TA.1994.287 (INT.1995.16)
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/NE_Omni/NE_TC_013_TA-1994-287_1995-02-01.html

## Full Text

A.     
S.N. est assuré auprès de la Caisse-maladie X.

depuis
sa naissance, le 4 juin 1974, dans la catégorie de l'assurance des

frais
médicaux et pharmaceutiques, ainsi que dans plusieurs catégories

d'assurance
complémentaires.

 

       
Les cotisations de mars 1993 à juin 1994 dues à la caisse-

maladie
pour S.N., représentant au total 1'078 francs, n'ont

pas été
payées. Après avoir adressé divers rappels au père de l'assuré,

la
caisse-maladie a fait notifier un commandement de payer d'un montant de

1'103 francs
(y compris 25 francs de frais administratifs), le 8 septembre

1994, à
la mère de S.N.. Cette dernière a fait opposition

totale.

 

       
Par décision du 26 septembre 1994, la caisse a levé cette oppo-

sition.

 

B.     
A.N. interjette recours devant le Tribunal ad-

ministratif
contre ce prononcé dont elle demande implicitement l'annula-

tion.
Elle estime ne pas être redevable des cotisations litigieuses, du

moment
que son mari avait la garde de leur fils, et elle joint à son re-

cours
un exemplaire de la convention de séparation passée entre les époux

à une
date indéterminée mais avant 1992.

 

C.     
Dans ses observations, la caisse intimée invoque l'obligation

légale
d'entretien incombant aux père et mère et conclut au rejet du re-

cours.

 

                          C O N S I D E R A N T

                                 en droit

 

1.     
Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece-

vable.

 

2.      a)
Le litige porte principalement sur la question de savoir si

la
recourante, mère de S.N., doit les cotisations d'assurance-

maladie
en rapport avec l'affiliation de celui-ci, pour une période pen-

dant
laquelle son fils était encore mineur.

 

       
La législation fédérale et cantonale en matière d'assurance-

maladie,
pas davantage que les statuts de la caisse intimée, ne répondent

à cette
question. En pareille situation, et conformément à la jurispru-

dence
et à la doctrine, il s'impose de recourir aux principes applicables

en
droit privé, dans la mesure où ils sont compatibles avec le droit des

assurances
sociales (ATF 119 V 19 cons.2c et d et les références; RAMA

1993 no
914, p.85; RJN 1992, p.204; Maurer, Sozialversicherungsrecht, t.I,

p.234
ss).

 

       
b) Selon l'article 276 CC, les père et mère doivent pourvoir à

l'entretien
de l'enfant et assumer, par conséquent, les frais de son édu-

cation,
de sa formation et des mesures prises pour le protéger. En outre,

l'enfant
est soumis, pendant sa minorité, à l'autorité parentale (art.296

al.1
CC), autorité dans les limites de laquelle les père et mère sont les

représentants
légaux de leur enfant à l'égard des tiers (art.304 al.1 CC).

 

       
En l'espèce, S.N. est affilié auprès de la caisse

intimée
depuis le 4 juin 1974. Que ses parents soient ou non assurés

auprès
de la même caisse est sans importance, le droit suisse des assu-

rances
sociales ne connaissant pas la notion d'assurance familiale (Spira,

Les
effets de l'affiliation en droit suisse des assurances sociales in

Problèmes
de droit de la famille, recueil de travaux publiés par la fa-

culté
de droit et des sciences économiques de l'Université de Neuchâtel,

1987,
p.163 ss). En l'occurrence, la caisse intimée observe à juste titre

que les
mesures d'éducation, de formation et de protection de l'enfant au

sens de
l'article 276 al.1 CC comprennent l'affiliation à une assurance-

maladie.
En outre, en raison des devoirs découlant de l'autorité paren-

tale,
c'est au détenteur de celle-ci d'assumer en principe et en premier

lieu
les cotisations de l'assurance-maladie, que celle-ci soit obligatoire

ou non.
Il n'est dès lors pas contestable que la caisse intimée est, en

principe,
fondée à s'adresser à la recourante pour obtenir le versement

des
cotisations réclamées pour l'affiliation de S.N. pendant la

minorité
de celui-ci. On ajoutera que, selon l'article 5 RAMO, le repré-

sentant
légal d'une personne mineure ou interdite soumise à l'assurance

obligatoire
est responsable de son affiliation.

 

       
c) Toutefois, le litige concerne les cotisations dues entre mars

1993 et
juin 1994. Il se pose dès lors la question de savoir si, durant

cette
période-là, la recourante était solidairement responsable, avec son

mari,
du paiement des cotisations d'assurance pour son fils mineur. En ef-

fet,
aux termes de l'article 166 al.3 CC, chaque époux s'oblige personnel-

lement
par ses actes et il oblige solidairement son conjoint en tant qu'il

n'excède
pas ses pouvoirs d'une manière reconnaissable pour les tiers.

       
Cependant, selon l'article 166 al.1 CC, chaque époux représente

l'union
conjugale pour les besoins courants de la famille pendant la vie

commune.
Or, en ce qui concerne la condition de vie commune, il ressort du

dossier
que la recourante est domiciliée à Montmollin, alors que son mari

vit à
Boudry. La caisse elle-même était consciente de ce fait, puisqu'elle

a tout
d'abord adressé des rappels au mari de la recourante, avant de

mettre
celle-ci aux poursuites à son domicile propre. On doit dès lors

considérer,
sur la base de cet élément, que la vie commune des époux était

suspendue
pendant la période litigieuse.

 

       
Qui plus est, d'après la convention de séparation déposée par la

recourante,
dont les effets semblent avoir été prolongés au-delà du 30

mars
1992, la garde de S.N. a été confiée à son père. Ainsi, la

recourante
n'était-elle débitrice que jusqu'à concurrence des prestations

pécuniaires
fixées dans ladite convention (Stettler, Droit suisse de la

filiation,
in TDPS, vol.III, t.II, 1re partie, p.333).

 

       
Il s'ensuit que A.N. n'est pas responsable du

paiement
des cotisations litigieuses et que la décision attaquée doit être

annulée.

 

3.      En
matière d'assurance-maladie, la procédure est en principe

gratuite
(art.30 bis al.3 litt.a LAMA). Il n'y a en outre pas lieu à allo-

cation
de dépens (art.48 LPJA a contrario).

 

                             Par ces motifs,

                        LE TRIBUNAL
ADMINISTRATIF

 

1.
Admet le recours et, par conséquent, annule la décision de la caisse-

   maladie X. du 26 septembre 1994.

 

2.
Statue sans frais, ni dépens.

 

 

Neuchâtel,
le 1er février 1995

 

                            AU NOM DU TRIBUNAL
ADMINISTRATIF

                         Le greffier                Le président