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**Case Identifier:** ba006b5b-703f-5645-b1a7-4740f80c2cb3
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-03-26
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 26.03.2021 C/25557/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-25557-2019_2021-03-26.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 7 avril 2021. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/25557/2019 ACJC/396/2021 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 26 MARS 2021 

 

Entre 

Madame A______, domiciliée ______  (GE), appelante d'un jugement rendu par la 
3ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 10 novembre 2020, 

comparant par Me Philippe Bonna, avocat, place des Eaux-Vives 3, 1207 Genève, en 

l'étude duquel elle fait élection de domicile,  

et 

Monsieur B______, domicilié ______ (France), intimé, comparant par Me Daniel 
Meyer, avocat, rue Ferdinand-Hodler 7, 1207 Genève, en l'étude duquel il fait élection 

de domicile. 

 

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C/25557/2019 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/13759/2020 du 10 novembre 2020, le Tribunal de première 
instance, statuant sur action en complément de jugement de divorce étranger, a 

débouté A______ de toutes ses conclusions (chiffre 1 du dispositif), arrêté les 

frais judiciaires à 1'000 fr., mis pour moitié à la charge de A______ et pour moitié 

à celle de B______, condamné celui-ci à payer 500 fr. à l'Etat de Genève, soit 

pour lui les Services financiers du Pouvoir judiciaire, et laissé la part de A______ 

à la charge de l'Etat de Genève, sous réserve d'une décision finale de l'assistance 

judiciaire (ch. 2), dit qu'il n'était pas octroyé de dépens (ch. 3) et débouté les 

parties de toutes autres conclusions (ch. 4). 

 En substance, le Tribunal a retenu que la créance en partage de la prévoyance 

professionnelle de A______ était prescrite, de sorte que son action en complément 

du jugement de divorce portugais y relative devait être rejetée. 

B.  a. Par acte expédié à la Cour de justice le 14 décembre 2020, A______ forme 
appel contre ce jugement, concluant à l'annulation du chiffre 1 du dispositif, et, 

cela fait, à ce qu'il soit ordonné à la caisse de prévoyance de B______, soit la 

caisse de pensions paritaire de C______ SA et des sociétés affiliées, de verser sur 

son compte de prévoyance auprès de D______ SA, la somme de 60'410 fr., sous 

suite de frais judiciaires. 

 b. Par réponse du 22 janvier 2021, B______ conclut au rejet de l'appel et à la 
condamnation de sa partie adverse en tous les frais et dépens de la procédure 

d'appel.  

 c. Les parties ont été informées par courrier du greffe de la Cour du 22 février 
2021 de ce que la cause était gardée à juger. 

C. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier. 

 a. A______, née le ______ 1963, et B______, né le ______ 1962, se sont mariés 
au Portugal, état dont ils sont ressortissants, le ______ 1983; tous deux sont 

titulaires d’une autorisation d’établissement en Suisse où ils se sont installés en 
1988.  

b. Le 25 juin 2004, B______ a saisi les juridictions portugaises compétentes d’une 
demande de divorce, lesquelles, par jugement du 21 mars 2006, confirmé sur 

appel par arrêt du 25 janvier 2007 (non versé à la procédure), ont prononcé le 

divorce des époux, sans statuer sur le sort de leurs avoirs de prévoyance 

professionnelle en Suisse. 

c. Les avoirs de prévoyance professionnelle accumulés depuis le mariage par 
A______ s’élevaient à 26'631 fr. 60 au 25 juin 2004 et à 27'764 fr. 90 au 21 mars 

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2006, et ceux de B______ à 147'452 fr. 15 au 30 juin 2004 et à 178'217 fr. 30 au 

31 mars 2006 ; leur partage est toujours possible. 

 d. Le 5 novembre 2019, A______ a saisi le Tribunal d'une demande en en 
complément du jugement de divorce portugais, dirigée contre B______. Elle a 

conclu à la reconnaissance du jugement du 21 mars 2006 du Troisième Tribunal 

de première instance de E______, Portugal, au constat que celui-ci ne règle pas le 

partage de la prévoyance professionnelle des époux, et, cela fait, à ce que soit 

ordonné le partage des avoirs de prévoyance professionnelle des parties 

conformément à l'art. 122 CC, avec suite de frais et dépens.  

 e. Dans sa réponse écrite du 23 mars 2020, B______, excipant de prescription, a 
principalement conclu à la reconnaissance du jugement du 21 mars 2006 précité et 

au refus du partage des avoirs de prévoyance accumulés pendant le mariage par 

les époux, sous suite de frais et dépens. 

f. Lors de l'audience de plaidoiries finales du 31 août 2020, A______ a persisté 
dans ses conclusions, précisant qu'elle sollicitait le versement d'un montant de 

60'410 fr. du compte de prévoyance de B______ sur le sien. 

B______ a persisté dans ses conclusions, et, subsidiairement, conclu au partage 

des avoirs de prévoyance professionnelle au 25 juin 2004 et à ce qu'un montant de 

60'368 fr. 25 soit transféré sur le compte de prévoyance de A______. 

Le Tribunal a gardé la cause à juger à l'issue de l'audience. 

EN DROIT 

1. 1.1 Le jugement querellé est une décision finale de première instance (art. 308  
al. 1 let. a CPC), rendue dans une affaire patrimoniale dont la valeur litigieuse au 

dernier état des conclusions était supérieure à 10'000 fr. (art. 308 al. 2 CPC), de 

sorte que la voie de l'appel est ouverte.  

Déposé dans le délai utile et selon la forme prescrite par la loi (art. 130 al. 1, 131, 

142 al. 1; 145 al. 1 let. b et 311 al. 1 CPC), l'appel est recevable.  

1.2 Les tribunaux suisses sont compétents pour connaître d’une action en 
complément ou en modification d’un jugement de divorce ou de séparation de 
corps s’ils ont prononcé ce jugement ou s’ils sont compétents en vertu des art. 59 
ou 60 [LDIP]. 

Pour connaître du partage de prétentions de prévoyance professionnelle envers 

une institution suisse de prévoyance professionnelle, la compétence des tribunaux 

suisses est exclusive. En l’absence de compétence au sens de l’al. 1, les tribunaux 

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suisses du siège de l’institution de prévoyance sont compétents (art. 64 al. 1 et 
1bis LDIP). 

La compétence des tribunaux suisses, en particulier celle des autorités judiciaires 

genevoise, est donnée, compte tenu notamment du siège de l'institution de 

prévoyance, ce qui n'est à juste titre pas contesté. 

2.  L'appelante fait grief au premier juge d'avoir considéré que son droit au partage 
des avoirs de prévoyance professionnelle était prescrit. 

 Les parties s'accordent sur le délai de prescription de dix ans, prévu par  

l'art. 127 CO, mais divergent sur le dies a quo dudit délai. 

 2.1 Toutes les actions se prescrivent par dix ans, lorsque le droit civil fédéral n’en 
dispose pas autrement (art. 127 CO). 

Les prétentions de prévoyance professionnelle acquises durant le mariage et 

jusqu’à l’introduction de la procédure de divorce sont partagées entre les époux 
(art. 122 CC; voir également art. 22 de la loi fédérale sur le libre passage dans la 

prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité du 17 décembre 

1993 [loi sur le libre passage, LFLP - RS 831.42]). 

Le droit aux prestations ne se prescrit pas pour autant que les assurés n’aient pas 
quitté l’institution de prévoyance lors de la survenance du cas d’assurance. Les 
actions en recouvrement de créances se prescrivent par cinq ans quand elles 

portent sur des cotisations ou des prestations périodiques, par dix ans dans les 

autres cas. Les art. 129 à 142 CO sont applicables (art. 41 al. 1 et 2 de loi fédérale 

sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité du 25 juin 

1982 [LPP - RS 831.40]). 

La prescription court dès que la créance est devenue exigible (art. 130 al. 1 CO). 

D'une manière générale, est exigible, dans le langage juridique, ce qui peut être 

aussitôt exigé, ce qui est dû sans terme ni condition. Il en est ainsi d'une créance 

ou d'une dette dont le paiement peut être immédiatement réclamé, au besoin en 

justice, sans attendre l'échéance d'un terme ou l'avènement d'une condition  

(ATF 119 III 21 consid. 3c et les références). 

Dans le domaine de la prévoyance professionnelle, on distingue entre l'exigibilité 

d'une prestation qui se situe lors de la naissance du droit à cette prestation selon 

les dispositions légales et réglementaires qui lui sont applicables et l'exécution de 

la créance en prestations qui peut être demandée dès que la créance en prestations 

futures n'est plus une simple expectative mais peut être effectivement réalisée 

(ATF 117 V 308 consid. 2c; cf. aussi ATF 124 V 276). 

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C/25557/2019 

Les prestations de libre passage ne constituent pas des prestations au sens 

technique de l'assurance, de sorte que le droit à une prestation de libre passage 

n'est soumis à aucune prescription aussi longtemps qu'il existe une obligation de 

maintenir la protection de prévoyance. La prestation de sortie et la prestation de 

libre passage ne sont pas comparables aux autres prestations assurées qui 

deviennent exigibles avec la réalisation de l'évènement assuré (vieillesse, 

invalidité ou décès), mais créent la base de financement des prestations assurées 

qui surgiront dans le futur. Le droit à ces prestations ne peut donc pas se prescrire 

car sinon la base financière des prestations futures s'écroulerait (ATF 127 V 315, 

consid. 3a et 6a). 

Dans un arrêt ATAS/706/2013 du 2 juillet 2013, la Chambre des assurances 

sociales de la Cour de justice a jugé que l'imprescriptibilité des actions prévues 

par l'art. 41 al. 1 LPP ne concernait que le droit d'un assuré aux prestations de 

vieillesse, d'invalidité ou de survivant à l'encontre de sa propre institution de 

prévoyance et n'était pas applicable en cas de partage des avoirs de prévoyance 

professionnelle dans le cadre d'un divorce.  

Elle a ensuite considéré que le droit de l'ex-épouse à la moitié de la prestation de 

sortie de son ex-conjoint était exigible au moment de l'entrée en force du 

jugement de divorce, "car la demanderesse pouvait alors, au besoin au moyen 

d'un complément de jugement de divorce, chiffrant la créance et notifié par le 

tribunal de première instance à la caisse, obtenir le transfert de la part de 

prestation de libre passage à laquelle elle avait droit". Elle n'a pas tranché la 

question de savoir si, dans l'hypothèse où la caisse n'avait pas exécuté le jugement 

[ordonnant le transfert] notifié et conservé la somme due, au lieu de la transférer 

sur un compte de libre passage, le droit à cette part de la prestation de l'ex-conjont 

n'était soumise à aucun délai de prescription, par analogie avec l'ATF 127 V 315. 

La créance de l'ex-épouse en partage des avoirs de la prévoyance professionnelle 

était ainsi soumise au délai de prescription de dix ans, lequel avait commencé à 

courir le lendemain de l'entrée en force du jugement de divorce.  

2.2 En l'espèce, par application analogique des considérations qui précèdent, la 
créance de l'appelante résultant du partage des avoirs de la prévoyance 

professionnelle des parties est devenue exigible au moment de l'entrée en force du 

jugement de divorce portugais, en mai 2006, puisque dès ce moment, celle-ci 

pouvait, au moyen d'un complément de jugement de divorce, obtenir le transfert 

de la prestation de libre passage auquel elle avait potentiellement droit.  

Le délai de prescription de cette créance étant de dix ans, ce que les parties 

admettent et qui résulte de l'art. 41 al. 2 LPP, son action en complément du 

jugement de divorce déposée le 5 novembre 2019 était prescrite, ce que le 

Tribunal a justement constaté. 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/127%20V%20315

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C/25557/2019 

La solution ne serait pas différente en prenant en compte la date de l'arrêt du  

25 janvier 2007 confirmant le jugement du Tribunal de E______ [Portugal]. 

Le jugement sera dès lors confirmé. 

3. L'appelante, qui succombe, sera condamnée aux frais judiciaires d'appel, arrêtés à 
1'250 fr. et laissés provisoirement à la charge de l'Etat, celle-ci plaidant au 

bénéfice de l'assistance judiciaire. 

 Compte tenu de la nature familiale du litige, il ne sera pas alloué de dépens à 

l'intimé.  

* * * * * 

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C/25557/2019 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté par A______ contre le jugement JTPI/13759/2020 

rendu le 10 novembre 2020 par le Tribunal de première instance dans la cause 

C/25557/2019-3. 

Au fond : 

Confirme ce jugement. 

Déboute les parties de toutes autres ou contraires conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais d'appel à 1'250 fr., les met à la charge de A______ et dit qu'ils sont 

provisoirement supportés par l'Etat de Genève. 

Dit qu'il n'est pas alloué de dépens. 

Siégeant : 

Monsieur Cédric-Laurent MICHEL, président; Madame Pauline ERARD et Madame 

Paola CAMPOMAGNANI, juges; Madame Roxane DUCOMMUN, greffière. 

Le président : 

Cédric-Laurent MICHEL 

 
La greffière : 

Roxane DUCOMMUN 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

http://intrapj/perl/JmpLex/RS%20173.110