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**Case Identifier:** f3cf7d3e-4e1c-5c2f-95a7-1a9e21d715f8
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour d'appel civile HC / 2014 / 831
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_002_HC---2014---831_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

DS09.007725-141530

483 

 

 

cour
d’appel CIVILE

_____________________________

Arrêt du
15 septembre 2014

__________________

Présidence
de              M.             
COLOMBINI,
président

Juges             
:              Mmes             
Bendani et Crittin Dayen

Greffière             
:              Mme             
Vuagniaux

 

 

*****

 

 

Art.
23 et 24 LPers-VD ; 8 al. 1 Cst.

 

 

             
Statuant à huis clos sur l’appel interjeté par S.________,
à [...], demandeur, contre la décision rendue le 24 juillet 2014 par le Tribunal de prud’hommes
de l’Administration cantonale dans la cause divisant l’appelant d’avec l’ETAT
DE VAUD, à Lausanne, défendeur, la Cour
d’appel civile du Tribunal cantonal voit :

 

             
En fait :

 

A.             
Par décision du 24 juillet 2014, le Tribunal de prud’hommes de l’Administration cantonale
(ci-après : TRIPAC) a rejeté le recours formé par S.________ (I), confirmé la
décision du 29 février 2012 de la Commission de recours DECFO-SYSREM (II), mis les frais de
l’instance par 500 fr. à la charge du recourant, compensés par l’avance de frais
effectuée (III), et n’a pas alloué de dépens (IV).

 

             
En droit, le Tribunal a confirmé que le poste de S.________ devait être rattaché au niveau
10 et non au niveau 11 du système de classifications des fonctions. S’agissant des compétences
professionnelles, le Tribunal a constaté que l’intéressé était ingénieur
ETS, ce qui équivalait à un titre HES, alors qu’un master universitaire était en
principe requis pour le niveau 10. En outre, selon son cahier des charges et comme indiqué par le
témoin T1.________, S.________ était au bénéfice d’un savoir-faire spécialisé
comme requis pour le niveau 10, et non d’un savoir-faire approfondi comme exigé par le niveau
11. Ses compétences sociales, qui se limitaient à conseiller, coacher et assister de petits
groupes (diplômants et étudiants) et à transmettre des messages à des coutumiers
du domaine pour seulement 5 % de son travail, n’entraient pas dans le champ d’application
du niveau 11, qui faisait référence à la transmission de messages complexes destinés
à des grands groupes. Bien que le niveau 10 n’exigeait aucune activité de conduite, l’intéressé
en exerçait tout de même une, mais celle-ci ne représentait que 5 % de son travail
et se limitait à conseiller des diplômants et assister et coacher les étudiants (cinq
personnes au plus), alors que le niveau 11 commandait également une activité de conduite dans
le cadre d’un projet très largement opérationnel. Quant aux compétences personnelles,
elles pouvaient être classées tant au niveau 10 qu’au niveau 11. Procédant à
une appréciation globale des critères de compétences, le Tribunal a retenu que S.________
devait être colloqué en classe 10. En outre, la classification était cohérente par
rapport aux comparaisons analysées à l’interne et attribuer le niveau 11 créerait
une inégalité de traitement par rapport aux collègues de l’intéressé.
Enfin, le Tribunal ne voyait pas en quoi attribuer un autre emploi-type que celui de « responsable
de recherche » aurait une influence sur le salaire, ce que l’intéressé ne démontrait
par ailleurs pas.

 

B.             
Par acte du 22 août 2014, S.________ a fait
appel de cette décision en concluant, avec suite de frais et dépens, à sa réforme
en ce sens que l’autorité d’engagement est astreinte à modifier l’avenant
du 29 décembre 2008, en le colloquant dans l’emploi-type « responsable de recherche »,
au niveau 11 de la chaîne 162, avec effet au 1er décembre
2008, les frais judiciaires de première instance étant mis à la charge de l’Etat
de Vaud et ce dernier devant lui verser un montant à titre de dépens de première instance.

 

C.             
La Cour d'appel civile retient les faits suivants, sur la base de la décision complétée
par les pièces du dossier :

 

1.             
S.________ travaille à 50 % à la Direction générale de l’enseignement
supérieur/Haute école d’ingénierie et de gestion (ci-après : l’autorité
d’engagement), au sein du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture depuis
le 1er
janvier 2001.

 

2.             
Selon l’ancien système de rémunération, S.________ occupait le poste d’« ingénieur
C », colloqué en classes 22-25, dont le salaire annuel maximum était de 118'287 fr.,
treizième salaire compris (valeur 2008).

 

3.             
Par avenant du 29 décembre 2008, l’autorité d’engagement a informé S.________
que son contrat de travail était modifié, à savoir qu’il était désormais
colloqué dans l’emploi-type « ingénieur projet/travaux/entretien »,
niveau 10 de la chaîne 256, son salaire annuel maximum étant de 113'227 fr., treizième
salaire compris (valeur 2008).

 

4.             
Le 6 février 2009, S.________ a contesté sa collocation auprès de la Commission de recours
DECFO-SYSREM concernant l’emploi-type, le niveau et la chaîne, arguant que cette classification
n’avait rien à voir avec son activité, sans toutefois prendre de conclusions.

 

             
Le 24 juin 2011, l’autorité d’engagement a proposé l’admission partielle
du recours en ce sens que S.________ devait être colloqué dans l’emploi-type « responsable
de recherche », niveau 10 de la chaîne 162.

 

             
Le 13 septembre 2011, S.________ a conclu à « basculer [son] poste dans le cadre de la
future loi cantonale en cours d’élaboration » et à « créer un
emploi-type qui correspond à [sa] fonction avec le niveau qui correspond ».

 

             
Par décision du 29 février 2012, dont les considérants écrits ont été envoyés
aux parties le 15 juin 2012, la Commission de recours DECFO-SYSREM a admis partiellement le recours de
S.________ (I), pris acte que S.________ était colloqué dans l’emploi-type « responsable
de recherche », chaîne 162, niveau 10, dès le 1er
décembre 2008 (II), et rendu la décision sans frais (III).

 

5.             
Par acte du 18 juillet 2012, S.________ a recouru contre la décision de la Commission de recours
DECFO-SYSREM du 29 février 2012 en concluant, avec suite de frais et dépens, à sa réforme
en ce sens que l’autorité d’engagement est astreinte à modifier l’avenant
du 29 décembre 2008, en le colloquant dans l’emploi-type « responsable de recherche »,
au niveau 11 de la chaîne 162, avec effet au 1er
décembre 2008.

 

             
Dans sa réponse du 8 février 2013, la Délégation du Conseil d’Etat aux ressources
humaines a conclu, sous suite de frais, au rejet du recours.

 

             
L’audience d’instruction a eu lieu le 20 juin 2013. Bien que tentée, la conciliation
a échoué. Le témoin T1.________, ancien directeur de la HEIG-VD a été entendu.

 

             
Il a déclaré que S.________ était ingénieur au Département de génie civil
et génie rural, mais ne faisait pas partie du corps enseignant. Il s’occupait essentiellement
de projets pour des partenaires extérieurs, soit des entreprises, des bureaux d’ingénieurs,
et il encadrait des travaux de diplôme des étudiants, ce que tout le monde faisait. Il était
spécialiste dans son domaine et s’adressait à des entreprises, la préférence
étant donnée aux PME plutôt qu’aux grandes sociétés, qui avaient plus
de facilité à acquérir de la technologie.

 

             
Le témoin a exposé que S.________ exerçait une fonction de conduite. Les travaux pour
les tiers étaient organisés dans le cadre de projets. Il y avait un chef de projet qui avait
tout pouvoir pour satisfaire le client et mener à bien la mission. Il n’était pas rare
que le chef de projet soit, dans ce cadre, responsable d’une personne qui lui était hiérarchiquement
supérieure. S.________ participait à l’engagement d’assistants et à de nouveaux
professeurs dans le cadre de commissions. Le chef de projet définissait les membres de son équipe
en fonction des disponibilités. Dans le domaine d’activité de S.________, le choix du
chef de projet était limité vu le nombre restreint des collaborateurs. Les assistants ou les
collaborateurs fraîchement engagés étaient sous sa responsabilité et dès lors
hiérarchiquement inférieurs. S.________ effectuait les entretiens d’appréciation
de ces collaborateurs. Au final, c’était le chef de projet qui assumait les conséquences
éventuelles des mesures qu’il avait prises.

 

             
S’agissant de l’autonomie et de la marge de manœuvre, le témoin a relevé que
lorsque S.________ était chef de projet, il était souverain pour mener à bien sa mission.
Il était responsable de la surveillance d’ouvrages et effectuait des mesures sur des ouvrages
d’art, notamment pour suivre l’évolution et les mouvements des ponts, technique que
l’école avait appliquée pour les volcans en Amérique centrale.

 

             
Concernant le cahier des charges, le témoin a expliqué que S.________ assurait également,
en complément aux activités susmentionnées, la coordination du travail des assistants,
notamment des ingénieurs juniors, dans le cadre d’un projet. Par rapport aux tâches informatiques
confiées, l’intéressé maîtrisait et servait d’expert en la matière.
La répartition du cahier des charges variait en fonction des missions effectuées en cours d’année.
S.________ avait des compétences stratégiques dans ses rapports avec les entreprises tierces,
tandis qu’elles étaient d’ordre opérationnelles, avec une part importante de transmission
du savoir dans le cadre de l’enseignement, au niveau interne. Lorsqu’il intervenait comme
chef de projet, l’intéressé était seul responsable et assumait les conséquences
de ses décisions. Il produisait des rapports qu’il signait en tant que chef de projet. Il
n’y avait pas forcément co-signature d’un professeur et/ou d’une personne hiérarchiquement
supérieure.

 

             
Enfin, le témoin a qualifié d’expertes les connaissances de S.________, lequel était
efficace vis-à-vis de mandats avec des tierces entreprises.

 

             
Deux échanges d’écritures ont encore eu lieu. Les parties ont confirmé leurs conclusions.

             
En droit
:

 

1.             
Le TRIPAC ayant été saisi le 18 juillet
2012, l’art. 166 al. 2 CDPJ (Code de droit privé judiciaire du 12 janvier 2010 ; RSV
211.02), qui prévoit que les voies de droit de l’ancien droit sont applicables à l’encontre
des jugements rendus par le TRIPAC après le 1er
janvier 2011, lorsque la cause a été introduite devant ce tribunal avant cette date, n’est
pas applicable, de sorte que les voies de droit sont régies par le nouveau droit (JT 2013 III 104
c. 2, CACI 22 mars 2013/166).

 

             
L’art. 308 al. 1 let. a CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ;
RS 272), applicable à titre de droit supplétif en vertu des renvois des art. 16 al. 1 LPers-VD
(loi du 12 novembre 2001 sur le personnel de l'Etat de Vaud ; RSV 172.31) et 103 ss CDPJ, ouvre
la voie de l’appel contre les décisions finales de première instance dans la mesure où,
pour les affaires patrimoniales, la valeur litigieuse de première instance est de 10’000 fr.
au moins (art. 308 al. 2 CPC). Le délai d’appel est de trente jours dès la notification
de la décision attaquée (art. 311 al. 1 CPC).

 

             
Interjeté en temps utile par une personne qui a un intérêt digne de protection (art. 59
al. 2 let. a CPC) et la valeur litigieuse de première instance étant de 10'000 fr. au moins,
l’appel est recevable.

 

2.             
a)
Le présent litige concerne la position de l’appelant dans le système de classification
des fonctions de l’Etat de Vaud. Se référant plus particulièrement au témoignage
de T1.________, S.________ demande à être colloqué au niveau 11, et non 10, de la chaîne
162, considérant qu’il remplit tous les critères de compétences professionnelles,
personnelles, sociales et de conduite du niveau 11.

 

             
b)
Conformément à l’art. 23 LPers-VD, les collaborateurs de l’Etat ont droit à
une rémunération sous la forme d’un salaire correspondant à la fonction qu’ils
occupent en proportion de leur taux d’activité (let. a) ou sous la forme d’une indemnité
ou d’un émolument (let. b). Le Conseil d’Etat arrête l’échelle des salaires
et fixe le nombre de classes et leur amplitude (art. 24 aI. 1 LPers-VD). Il détermine les modalités
de progression du salaire (augmentation annuelle) à l’intérieur de chaque classe et définit
les fonctions et les évalue (art. 24 al. 2 et 3 LPers-VD). Il n’appartient pas au magistrat
saisi d’un recours en matière de rémunération des fonctions de substituer son appréciation
à celle de l’employeur, mais uniquement de vérifier que le résultat du système
respecte l’égalité de traitement, la proportionnalité et l’interdiction de
l’arbitraire (JT 2013 III 104 c. 5e, CACI 22 mars 2013/166).

 

             
Le descriptif des fonctions correspond à la retranscription des critères issus de la méthode
ayant servi à l’évaluation et à la classification des fonctions. Il donne donc une
appréciation du degré de complexité d’une fonction ou le degré de compétence,
d’exigence et de responsabilité d’une fonction. La chaîne 162 se divise en trois
niveaux (9 à 11), lesquels se différencient principalement par la formation demandée,
les compétences professionnelles, personnelles, sociales ainsi que la conduite.

 

             
c)
Les arguments de l’appelant, qui s’appuient avant tout sur le témoignage de T1.________,
ne permettent pas de renverser l’appréciation des juges du TRIPAC.

 

             
S’agissant des compétences professionnelles, la formation initiale est de niveau master pour
les niveaux 10 et 11, avec une formation complémentaire de 7 à 12 semaines au niveau 10 et
de 15 à 25 semaines au niveau 11. Le savoir-faire est spécialisé au niveau 10 et approfondi
au niveau 11. En l’espèce, l’appelant n’est pas au bénéfice de la formation
universitaire requise pour les deux niveaux précités. Selon son cahier des charges, il est
spécialiste du domaine des « observations in-situ » et de leur traitement. Ses
activités principales visent à assurer l’acquisition des mesures topométriques et
GNSS et leur traitement dans le cadre de l’observation des mouvements des ouvrages d’art
et des zones en mouvement (glissement de terrain), à garantir la qualité des mesures, assurer
la maintenance et la pérennité des systèmes mis en place, à se tenir au courant des
nouvelles technologies d’acquisition et de traitement de mesures sur le marché et à être
la référence dans le domaine des mesures in-situ. L’appelant doit également conduire
des projets de recherche R&D, ainsi que des mandats de prestations de service, entretenir des contacts
avec les entreprises et organismes publics, réaliser des campagnes de mesures, analyses et rapports,
et assumer un appui aux professeurs ainsi qu’un coaching auprès des assistants « juniors ».
Ces activités nécessitent un savoir faire dit spécialisé, et non pas approfondi,
comme cela ressort du cahier des charges et des déclarations du témoin T1.________. C’est
le lieu aussi de relever que les collaborateurs colloqués au niveau 11 sont, en principe et contrairement
à l’appelant, des universitaires qui sont souvent au bénéfice d’un doctorat
et qui ont un savoir-faire approfondi.

 

             
S’agissant des compétences personnelles, au niveau 10, la marge de manoeuvre est assez importante,
s’appuyant sur des directives et objectifs généraux, avec une indépendance moyenne
dans l’organisation, tandis qu’au niveau 11, la marge de manœuvre est importante, s’appuyant
sur des directives et objectifs généraux, avec une assez grande indépendance dans l’organisation.
Le témoin T1.________ a précisé que l’appelant était seul responsable et assumait
les conséquences de ses décisions lorsqu’il intervenait comme chef de projet, qu’il
produisait des rapports qu’il signait en tant que chef de projet et qu’il n’y avait
pas forcément co-signature d’un professeur et/ou d’une personne hiérarchiquement
supérieure. Ainsi, l’appelant dispose d’une marge de manoeuvre et d’une indépendance
importantes dans le cadre des projets qu’il doit mener en qualité de chef. Il ne s’agit
toutefois que d’une partie réduite de ses activités.

 

             
Les compétences sociales nécessitent la transmission de messages complexes à des petits
groupes au niveau 10 et à de grands groupes au niveau 11. En l’occurrence, l’appelant
traite avec d’autres responsables de recherche, des responsables techniques d’atelier, des
techniciens de laboratoire, des professeurs, des diplômants et des étudiants. Les messages
qu’il doit transmettre sont complexes, puisque techniques. Toutefois, ils ne visent que les groupes
susmentionnés, soit des petits groupes, et leur transmission est facilitée par la connaissance
du domaine par les personnes concernées. En outre, la tâche d’enseignant de l’appelant
ne concerne que 5 % de ses activités.

 

             
Quant à la conduite, il n’y en a pas au niveau 10, alors que le niveau 11 requiert, dans le
cadre d’un projet très largement opérationnel, la conduite d’une à cinq personnes,
représentant une très faible diversité de métiers ou de rôles, ainsi qu’une
activité de conseil à des niveaux simple et opérationnel s’adressant à un petit
groupe et rarement exercée. Selon son cahier des charges, l’appelant doit conduire des projets
de recherche, ainsi que des mandats de prestations de services, conduire et gérer les activités
des assistants de l’institut et conseiller les étudiants et diplômants. Selon le témoin
T1.________, l’appelant exerce une fonction de conduite en ce sens que les travaux pour les tiers
sont organisés dans le cadre de projets, qu’il y a un chef de projet qui a tout pouvoir pour
satisfaire le client et mener à bien la mission et qu’il n’est pas rare que le chef
de projet soit, dans ce cadre, responsable d’une personne qui lui est hiérarchiquement supérieure.

 

             
Certes, au regard des éléments susmentionnés, l’appelant pourrait, s’agissant
des critères de compétences personnelles et de conduite, être classé au niveau 11,
à tout le moins pour une partie de ses activités. Reste qu’il ne réalise pas le
niveau précité s’agissant des autres compétences, notamment professionnelles et
sociales. De plus, les différents critères doivent être évalués globalement.
L’appréciation des premiers juges doit par conséquent être confirmée.

 

3.             
a)
L’appelant invoque une violation du principe de l’égalité de traitement.

 

             
b)
De la garantie générale de l’égalité de traitement de l’art. 8 al. 1
Cst. (Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 ; RS
101) découle l’obligation de l’employeur public de rémunérer un même
travail avec un même salaire. Dans les limites de l’interdiction de l’arbitraire, les
autorités disposent d’une grande marge d’appréciation, particulièrement en
ce qui concerne les questions d’organisation et de rémunération. La juridiction saisie
doit observer une retenue particulière lorsqu’il s’agit non seulement de comparer deux
catégories d’ayants droit, mais de juger tout un système de rémunération ;
elle risque en effet de créer de nouvelles inégalités. La question de savoir si des activités
doivent être considérées comme identiques dépend d’appréciations qui peuvent
être différentes. Dans les limites de l’interdiction de l’arbitraire et du principe
de l’égalité de traitement, les autorités sont habilitées à choisir, parmi
les multiples éléments pouvant entrer en considération, les critères qui doivent
être considérés comme déterminants pour la rémunération des fonctionnaires.
Le droit constitutionnel n’exige pas que la rémunération soit fixée uniquement selon
la qualité du travail fourni, voire selon des exigences effectivement posées. Les inégalités
de traitement doivent cependant être raisonnablement motivées, et donc apparaître objectivement
défendables. Ainsi le Tribunal fédéral a reconnu que l’art. 8 Cst. n’était
pas violé lorsque les différences de rémunération reposaient sur les motifs objectifs
tels que l’âge, l’ancienneté, l’expérience, les charges familiales,
les qualifications, le genre et la durée de la formation requise pour le poste, le temps de travail,
les horaires, le cahier des charges, l’étendue des responsabilités ou les prestations.
Ceci est aussi valable dans le cadre de l’application du droit. Les autorités sont tenues,
selon le principe de l’égalité de traitement, de traiter de manière égale les
situations semblables pour lesquelles les faits pertinents sont les mêmes, à moins qu’un
motif objectif ne justifie un traitement différent. L’appréciation dépend d’une
part de questions de fait, comme par exemple des activités qui sont exercées dans le cadre
d’une certaine fonction, des exigences posées à la formation, des circonstances dans
lesquelles l’activité est exercée, etc. Elle dépend d’autre part de la pondération
relative qui est attribuée à ces différents éléments. Cette pondération
n’est en principe pas réglée par le droit fédéral. Les autorités cantonales
compétentes disposent ainsi, et pour autant que le droit cantonal applicable ne contienne pas certaines
règles, d’une grande liberté d’appréciation. Le droit fédéral impose
cependant des limites à cette liberté : l’appréciation ne doit pas se faire
de façon arbitraire ou inégale. En d’autres termes, sont permis tous les critères
de distinction objectivement soutenables (TF 8C_572/2012 du 11 janvier 2013 c. 3.4 ; TF 8C_991/2010
du 28 juin 2011 et réf. citées).

 

             
c)
L’appelant conteste le fait d’être soumis au même régime salarial que certains
responsables de recherche du CHUV, au motif que ces derniers n’accomplissent pas des prestations
de service, alors que lui-même effectue des mandats pour le secteur privé et assure la pérennité
des compétences de l’institut dans lequel il travaille.

 

             
On ne peut à cet égard qu’adhérer au considérant VIII de la décision de
la Commission de recours DECFO-SYSREM, qui est complet et convaincant. En résumé, la commission
a comparé le poste de l’appelant avec trois postes : celui d’une responsable de
recherche au CHUV au niveau 10, dont les tâches nécessitent le même degré de compétences
et de responsabilités, de sorte que l’intéressé ne peut prétendre à une
classification supérieure ; celui d’une responsable de recherche au CHUV au niveau 11,
qui bénéficie de connaissances approfondies, car titulaire d’un doctorat, d’une
plus importante marge de manœuvre et d’un savoir-faire pointu et diversifié, engendrant
de plus grandes responsabilités, ce qui justifie sa collocation ; enfin, celui d’une
responsable de recherche au SESAF (enseignement spécialisé) au niveau 11, qui exerce des tâches
plus variées, encadre et supervise le travail du personnel de l’Unité et des stagiaires
et bénéficie d’une plus grande indépendance.

 

             
Enfin, l’argument de l’appelant selon lequel il devrait être colloqué au même
niveau, même le plus bas, que les ingénieurs civils (niveaux 11-13) n’est pas pertinent,
dès lors que ceux-ci occupent un emploi-type différent et que, sous l’angle de l’égalité
de traitement, on ne saurait comparer que des postes assignés au même emploi-type, étant
relevé que l’appelant ne conteste pas l’emploi-type qui lui a été attribué.

 

4.             
Il résulte de ce qui précède que l’appel doit être rejeté dans la procédure
de l’art. 312 al. 1 CPC et la décision entreprise confirmée.

 

             
Les frais judiciaires de deuxième instance sont arrêtés à 450 fr. (art. 16 al. 7
et 9 LPers-VD et 62 al. 1 TFJC [tarif des frais judiciaires en matière civile du 28 septembre 2010 ;
RSV 270.11.5]), de sorte que le dispositif rendu le 15 septembre 2014 doit être rectifié conformément
à l’art. 334 al. 1 et 2 CPC. Ils sont mis à la charge de l’appelant, qui succombe
(art. 106 al. 1 CPC).

 

             
Il n’est pas alloué de dépens de deuxième instance.

 

Par
ces motifs,

la
Cour d’appel civile du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

en
application de l'art. 312 al. 1 CPC,

prononce
:

 

             
I.             
L’appel est rejeté.

 

             
II.             
Le jugement est confirmé.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 450 fr. (quatre cent cinquante
francs), sont mis à la charge de l’appelant S.________.

 

             
IV.             
L'arrêt motivé est exécutoire.

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

Du
15 septembre 2014

 

             
Le dispositif de l'arrêt qui précède est communiqué par écrit aux intéressés.

             
La greffière :

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié en expédition complète, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Me Patrick Mangold (pour S.________)

‑             
Etat de Vaud, Service du personnel

 

             
La Cour d’appel civile considère que la valeur litigieuse est supérieure à 30’000 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Tribunal de prud’hommes de l’Administration cantonale

 

             
La greffière :