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**Case Identifier:** 998c14f6-6f8d-50f1-a4a4-8601f805f207
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-07-09
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 09.07.2018 P/15070/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-15070-2015_2018-07-09.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/15070/2015 AARP/216/2018 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 9 juillet 2018 

Entre 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

A______, domicilié ______, comparant par Me B______, avocate, 

appelants, 

intimés sur appel joint, 

contre le jugement JTCO/148/2017 rendu le 21 décembre 2017 par le Tribunal 

correctionnel, 

et  

C______, [domicilié] ______, comparant par Me D______, avocat, 

E______, actuellement en exécution de peine à [l'établissement pénitencier] F______, 

comparant par Me G______, avocate, 

intimés, 

appelants sur appel joint, 

et encore 

H______, domicilié ______, comparant par Me I______, avocate, 

intimé.

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EN FAIT : 

A. a. Par jugement du 21 décembre 2017, dont les motifs seront notifiés le 14 février 
2018 à toutes les parties, le Tribunal correctionnel a, en substance : 

- acquitté C______ ainsi que H______ du chef de tentative de meurtre (art. 22 al. 1 
cum art. 111 du Code pénal suisse du 21 décembre 1937 [CP - RS 311.0]) mais les a 
reconnus coupables de tentative de contrainte (art. 22 cum 181 CP), infligeant au 
premier une peine privative de liberté de 14 mois, sous déduction de la détention 
subie avant jugement, avec sursis (durée du délai d'épreuve : trois ans) et au second, 
une peine privative de liberté de 30 mois, sous déduction de la détention avant 
jugement, avec sursis partiel (partie ferme de la peine : 15 mois ; durée du délai 
d'épreuve : trois ans) ; 

- reconnu E______ coupable de lésions corporelles graves (art. 122 CP) et de 
tentative de contrainte, le condamnant à une peine privative de liberté de quatre ans, 
sous déduction de la détention subie avant jugement. 

Les premiers juges ont également condamné E______ à payer à A______ la somme 
de CHF 20'000.-, plus intérêts, au titre d'indemnité pour tort moral et CHF 80.10, 
plus intérêts, en réparation de son dommage matériel, la partie plaignante étant pour 
le surplus renvoyée à agir par la voie civile, ainsi que donné acte à H______ de ce 
qu'il acquiesçait aux conclusions civiles à concurrence de CHF 1'500.-, le 
condamnant en tant que de besoin, conjointement et solidairement avec E______, à 
payer ce montant. 

A concurrence de CHF 45'877.40 (émolument de jugement de CHF 9'000.- compris), 
les frais de la procédure ont été mis à la charge de C______ et H______ pour un 
quart chacun et de E______ pour la moitié. Le solde des frais, de CHF 12'996.40 
sont restés à la charge de l'Etat, en vue de leur report à l'état de frais de la procédure 
P/______/2017 dirigée contre A______. 

b.a. Selon la mention portée au procès-verbal de l'audience de première instance, le 
Ministère public (MP) a, séance tenante, annoncé appel du jugement, uniquement en 
ce qui concernait C______. Par courrier du lendemain, ce même MP a commis une 
annonce d'appel écrite dont il n'était pas précisé qu'elle était limitée au seul prévenu 
précité. Le 26 février 2017, le MP a produit une déclaration d'appel par laquelle il 
conclut à ce que C______, E______ et H______ soient tous trois reconnus 
coupables, outre de tentative de contrainte, également de tentative de meurtre, 
subsidiairement de lésions corporelles graves, et condamnés à une peine privative de 
liberté de huit ans. 

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b.b. Selon sa déclaration d'appel du 6 mars 2018, confirmant l'annonce expédiée le 
27 décembre précédent, A______ prend les mêmes conclusions en ce qui concerne la 
culpabilité, envisageant, à titre subsidiaire, des lésions corporelles graves pour les 
trois prévenus, plus subsidiairement encore une tentative de lésions corporelles 
graves en concours avec des lésions corporelles simples aggravées pour C______ et 
H______, voire encore une mise en danger de la vie d'autrui pour ce dernier. 
A______ conclut à l'octroi de l'intégralité de ses conclusions civiles de première 
instance, tendant à la condamnation solidaire des trois prévenus à lui payer la somme 
de CHF 50'000.-, plus intérêts, au titre d'indemnité pour tort moral. Il demande 
également que la part des frais de la procédure à mettre à la charge des prévenus, 
solidairement entre eux, soit arrêtée à CHF 57'632.90 (émolument de jugement de 
CHF 9'000.- compris), seul un montant de CHF 1'240.90 devant être reporté sur l'état 
de frais de la procédure P/______/2017. 

Au titre de réquisition de preuve, il requérait la réaudition du Dr J______, mesure à 
laquelle les autres parties s'opposeront. 

b.c. Le 3 avril 2018, C______ a proposé appel joint, concluant à son acquittement du 
chef de tentative de contrainte, à l'octroi d'une indemnité de CHF 50'570.- en 
couverture des honoraires liés à sa défense et de CHF 39'400.- en guise de réparation 
du tort moral subi du fait de la détention ainsi qu'à la restitution de divers objets, frais 
à la charge de l'État. 

Au plan procédural, il souhaitait qu'une copie de la procédure P/______/2017 soit 
versée au dossier de la cause, réquisition au sujet de laquelle seul A______ se 
prononcera par la suite, s'y opposant. 

b.d. Le même jour, E______ a également proposé appel joint, concluant à la 
déqualification du verdict de culpabilité de lésions corporelles graves en lésions 
corporelles simples aggravées par l'utilisation d'une arme, au bénéfice de la 
circonstance atténuante du repentir sincère et à la réduction de la peine privative de 
liberté de sorte que la durée en soit compatible avec une mise en liberté immédiate, 
le montant alloué à A______ en réparation du tort moral devant également être 
réduit, et les conclusions civiles en réparation du dommage matériel rejetées. 

 c. Au terme de l'acte d'accusation du 12 mai 2017 ainsi que de l'acte d'accusation 
complémentaire du 30 octobre suivant visant C______, il est reproché ce qui suit à 
C______, H______ et E______ : 

 c.a. dans la nuit du 22 au 23 juillet 2015, à K______ [en France], agissant de concert, 
tous trois ont livré à A______ un véhicule automobile de marque L______, dérobé 
quelque heures plus tôt, pour le prix, convenu, de EUR 3'000.-. Toutefois, ayant 
constaté que la voiture n'était plus garée à l'endroit où elle avait été laissée suite à la 

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livraison, A______ a refusé de payer le montant précité. Du 23 juillet au 5 août 2015, 
il fut harcelé téléphoniquement par C______, lequel a notamment formulé des 
menaces telles que "je vais te buter" ou "on va te faire la peau". Le 5 août 2015 les 
trois prévenus se sont rendus chez M______ pour lui demander d'intervenir, puis, 
aux environs de 20:43, ils se sont déplacés à la carrosserie de A______, sise ______, 
à ______. Ils ont exigé de A______ le paiement, insistant face à son refus en disant 
"tu ne veux pas payer ?". A______ n'a pas cédé. 

 c.b. Constatant le refus de A______ d'obtempérer, E______ et H______, toujours en 
présence de C______, ont chacun sorti un pistolet chargé et désassuré. E______, qui 
se trouvait à droite de A______, lui a tiré une première balle dans le genou gauche. 
L'un des trois hommes a dit à la victime : "moi, pour 3'000.-, je tue". Voulant se 
protéger, en particulier de H______, qui se tenait face à lui et visait son abdomen, 
A______ a pivoté sur sa jambe gauche, en direction de la gauche, tout en levant la 
jambe droite, laquelle a été atteinte par deux autres balles tirées par E______. Alors 
qu'il prenait la fuite, H______ a tiré un dernier coup de feu, en l'air. 

 L'examen clinique effectué sur A______ aux urgences des Hôpitaux Universitaires 
de Genève (HUG), le 5 août 2015, a mis en évidence deux orifices d'entrée au niveau 
de la face externe de la cuisse droite, deux orifices de sortie au niveau de la face 
interne de la cuisse droite, une importante tuméfaction de la cuisse avec une fracture 
du fémur et un orifice d'entrée au niveau de la face médiale de la fosse poplitée 
gauche. L'angio-CT des membres inférieurs, effectué le 5 août 2015 également, a 
notamment mis en évidence une fracture comminutive déplacée de la diaphyse 
fémorale droite, associée à de multiples éléments métalliques dans les parties molles 
de la cuisse ainsi qu'un élément métallique sous-cutané à la hauteur du creux poplité 
à gauche, compatible avec un projectile. 

E______, de concert avec C______ et H______, ont ainsi causé à A______ selon le 
constat établi le 7 août 2015 par deux médecins du Centre universitaire romand de 
médecine légale (CURML), les blessures suivantes : 

membre inférieur droit : 

- au niveau de la hanche, une plaie ovale à bords discrètement irréguliers par 
endroits, béante sur environ 1.5 cm de largeur et mettant à nu les tissus sous-cutanés 
sous-jacents, mesurant 2 cm de longueur – plaie située entre 110 et 111 cm environ 
depuis le plan des talons, 

- au niveau de la face externe du tiers moyen de la cuisse, une plaie fusiforme à bords 
nets, béante sur environ 2 cm de largeur et mettant à nu les tissu sous-cutanés sous-
jacents, mesurant 4.3 cm de longueur – plaie située entre 79 et 83 cm environ depuis 
le plan des talons, 

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- au niveau de la face antéro-externe du tiers distal de la cuisse, une plaie fusiforme à 
bords nets, béante sur environ 2.5 cm de largeur et mettant à nu les tissus sous-
cutanés sous-jacents, mesurant 5.3 cm de longueur – plaie située entre 67 et 71 cm 
environ depuis le plan des talons, 

- au niveau de la face externe de la cuisse, un status après mise en place d'un fixateur 
externe, avec deux broches s'extériorisant au niveau du tiers proximal et deux autres 
au niveau du tiers distal, 

- au niveau de la face interne du tiers moyen de la cuisse, une plaie arrondie avec 
perte de substance centrale, mesurant 0.5 cm de diamètre, semblant superficielle, 

- située à proximité de la précédente au niveau de la face postéro-interne du tiers 
moyen de la cuisse, une plaie fusiforme à bords nets, béante sur environ 2 cm et 
mettant à nu les tissus sous-cutanés sous-jacents, mesurant 3.3 cm de longueur – 
plaie située entre 75 et 78 cm environ depuis le plan des talons, 

- au niveau de la face postérieure du tiers distal de la cuisse, une plaie fusiforme à 
bords nets, béante sur environ 2 cm et mettant à nu les tissus sous-cutanés sous-
jacents, mesurant environ 3 cm de longueur – plaie située entre 60 et 64 cm environ 
depuis le plan des talons, 

- une fracture comminutive et déplacée de la diaphyse fémorale droite ; 

membre inférieur gauche : 

- au niveau de la face interne du tiers distal de la cuisse, une plaie fusiforme à bords 
nets, béante sur environ 2.5 cm et mettant à nu les tissus sous-cutanés sous-jacents, 
mesurant environ 4.5 cm de longueur – plaie située entre 58 et 63 cm environ depuis 
le plan des talons, 

- au niveau de la face postérieure du genou, une plaie à bords irréguliers, béante sur 
environ 0.5 cm et mettant à nu les tissus sous-cutanés sous-jacents, mesurant environ 
1 cm de grand axe et présentant des berges de plaies adaptables – plaie située entre 
51 et 52 cm environ depuis les talons. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure : 

 a.a. Dans la nuit du 22 au 23 juillet 2015, E______ et H______ ont conduit à 
K______ une voiture L______ qu'ils ont remise à A______. C______ était présent, 
au volant de son propre véhicule, au moyen duquel il ramènera E______ et H______ 
dans la région N______ [en France].  

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 Le véhicule L______ s'est avéré avoir été signalé volé le 22 juillet 2015 et a été 
repéré et saisi par la Gendarmerie française le 24 juillet suivant à ______, sur la 
commune de K______.  

a.b. Le 5 août 2015, aux environs de 20:30, les trois prévenus sont arrivés au garage 
de A______, sur ______ à ______, au moyen de la voiture de C______, 
immatriculée à son nom, mais conduite par un tiers resté inconnu. Le véhicule s'est 
arrêté à une distance d'une centaine de mètre du garage, les trois comparses en 
descendant. Comme cela résulte des images de vidéo surveillance, les trois hommes 
étaient en pantalon et T-shirt et se sont avancés de façon groupée, E______ (T-shirt 
blanc) en tête, les deux autres le suivant de près, cheminant plutôt côte à côte.  

Alors que les trois hommes avaient presque atteint leur destination, le conducteur du 
véhicule s'est avancé pour, selon la police, avoir une meilleure vision de ses 
passagers, puis a déplacé la voiture, la rapprochant du garage, prête au démarrage.  

Arrivés à l'intérieur du garage, les trois prévenus l'ont traversé, sous les yeux de 
l'épouse de A______, en direction de l'arrière-cour. Désormais, C______ (T-shirt 
noir) précédait H______ (T-shirt gris et casquette) et E______. Selon les caméras de 
surveillance, il était alors 20:39:41. 

Dans l'arrière-cour, ils se sont trouvés face à A______. E______ et H______ ont 
chacun sorti une arme et le premier a tiré à trois reprises sur la victime. Les trois 
hommes ont ensuite quitté les lieux en courant et se sont engouffrés dans la voiture 
qui les attendait, C______ prenant la place du passager avant, les deux autres 
s'installent à l'arrière. Durant la fuite, H______ avait tiré un coup au moyen de l'arme 
qu'il tenait encore à la main lorsqu'il est entré dans la voiture. 

b.a. Les trois coups tirés par E______ ont causé à A______ les lésions décrites dans 
l'acte d'accusation.  

b.b. Selon le rapport d'expertise médico-légale du Centre Universitaire Romand de 
Médecine Légale (CURML) du 8 mars 2016, quatre trajectoires de tir avaient pu être 
reconstituées, la dernière pouvant théoriquement être alignée sur la première ou la 
troisième : 

- trajectoire 1 : avec un orifice d'entrée au niveau de la face latérale de la hanche 
droite et un orifice de sortie au niveau du tiers moyen de la face postéro-médiale 
de la cuisse droite,  allant de haut en bas, d'arrière en avant, de droite à gauche ; 

- trajectoire 2 : avec un orifice d'entrée au niveau du tiers moyen de la face latérale 
de la cuisse droite et un orifice de sortie au niveau du tiers moyen de la face 

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postéro-médiale de la cuisse droite, traversant le fémur et se dirigeant légèrement 
de haut en bas, de droite à gauche, légèrement de l'avant vers l'arrière ;  

- trajectoire 3 : avec un orifice d'entrée au niveau du tiers distal de la face antéro-
latérale de la cuisse droite et un orifice de sortie au niveau du tiers distal de la 
face postérieure de la cuisse droite, allant de haut en bas, d'avant en arrière, de 
droite à gauche ; 

- trajectoire 4 : avec un orifice d'entrée au niveau de la face interne du tiers distal 
de la cuisse gauche et présence d'un projectile d'arme à feu et/ou d'un fragment de 
projectile au niveau du creux poplité à gauche (en sous-cutané)  ; cette trajectoire 
allait de de haut en bas, légèrement d'avant en arrière, de droite à gauche. 

Selon le rapport du 26 novembre 2015 de la Brigade de police technique et 
scientifique (BPTS), ainsi que le cahier photographique joint, un rapprochement des 
déclarations de la victime, de l'examen de son pantalon et des données résultants de 
l'expertise médico-légale conduit également à la conclusion que la trajectoire des tirs 
allait du haut vers le bas.  

b.c. Pour les médecins-légistes, la vie de A______ n'avait pas été mise en danger. Il 
avait cependant dû être opéré à quatre reprises entre le 5 et le 26 août 2015 et avait 
dû subir deux traitements antibiotiques. Il avait encore été hospitalisé du 26 août au 4 
septembre 2015 aux fins de rééducation. 

b.d. Le Dr J______ a décrit devant le MP avoir pratiqué quatre interventions 
chirurgicales sur A______, entre le 5 août et le 15 août 2015 après une première 
intervention en urgence, pour stabiliser la fracture ouverte du fémur droit ainsi que 
débrider les multiples plaies, effectuée par un autre médecin. A chacune de ses 
interventions, il s'était agi de débrider encore les plaies et laver les fractures, en 
raison d'une infection. La balle entrée dans le bassin de A______ était passée à une 
proximité "très intime", sans pouvoir la chiffrer en millimètres, de la veine et du nerf 
fémoraux, étant précisé qu'hors milieu hospitalier, il n'était pas possible de survivre 
plus de quelques minutes à une ouverture de l'artère fémorale. Il avait donc pu dire à 
la victime que la balle était passée à deux millimètres et qu'elle serait morte en cinq 
minutes. A______ avait un système de fixation dans la cuisse, dont l'ablation avant 
une période de 18 mois était généralement déconseillée. Ce médecin ne pouvait dire 
si le patient allait pouvoir marcher à nouveau normalement et, en tout état, la 
situation ne pourrait  jamais être rétablie.  

b.e. Au fil de ses auditions, A______ a déclaré qu'après avoir été touché, il était 
tombé au sol en hurlant de douleur puis avait eu très peur pour son épouse, 
puisqu'elle était présente. Il avait très mal vécu les faits et avait craint pour sa famille, 
ce qui expliquait sa réticence à déposer plainte. Le 15 février 2016, il boitait et 

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éprouvait des douleurs très aigues. Il n'arrivait plus à exercer son métier de sorte que 
son garage périclitait et que la société qui l'administrait allait tomber en faillite alors 
qu'avant les faits, il envisageait de vendre son garage pour en acheter un plus grand. 
Il souffrait d'insomnie et il lui était insupportable de voir son épouse pleurer. Le 25 
août 2016, A______ allait beaucoup mieux mais suivait toujours des séances de 
physiothérapie, deux fois par semaine,  pour l'usage de la jambe droite. Des douleurs 
subsistaient, en cas de changement de temps ou lorsqu'il ne dormait pas assez. Il 
avait récupéré à 60-65%  la faculté de plier le genou mais estimait à 20% sa capacité 
en matière de motricité. Il envisageait de reprendre un garage avec un parent de 
M______, lui-même se chargeant de la partie administrative. Une demande AI avait 
été introduite mais il était pratiquement certain qu'elle n'aboutirait pas. A la fin de 
l'instruction préliminaire, en avril 2017, il travaillait à 50% et était à la charge de 
l'assurance accident pour le surplus. 

b.f. A______ a déposé lors des débats de première instance les compte-rendus 
opératoires signés du Dr J______ ainsi que la lettre de sortie du 8 septembre 2015, 
laquelle évoque notamment un contexte traumatique justifiant l'organisation d'une 
consultation psychiatrique pour évaluer l'état thymique après exposition à un stress 
majeur, l'épouse du patient étant suivie de son côté. L'évolution, favorable sur le plan 
fonctionnel, autorisait la sortie mais un traitement médicamenteux et un suivi, 
notamment par physiothérapie et électrostimulation à domicile, étaient prescrits. 
Diverses pièces évoquent un syndrome de stress-postraumatique, de l'intéressé ou de 
son épouse. Un rapport du 27 février 2017 de la Clinique romande de réadaptation 
décrit des limitations fonctionnelles liées à un manque de force du membre inférieur 
droit, avec une diminution de la mobilité, de la douleur à l'effort et un périmètre de 
marche de 30 minutes. Le pronostic de réinsertion dans l'ancienne activité était 
favorable moyennant une adaptation du poste vers des tâches exclusivement 
administratives. 

En appel, la partie plaignante a encore produit une attestation confirmant que sa 
demande AI était toujours pendante. 

c.a. Il résulte des rapports de renseignements des 6 et 10 août 2015 que A______ 
avait expliqué aux policiers dépêchés sur les lieux de l'agression qu'environ un mois 
et demi plus tôt, il avait accepté d'acquérir un moteur de C______, lequel s'était 
présenté spontanément à son garage et ne lui avait donné aucune information à son 
sujet si ce n'est qu'il venait de N______ [France] et son numéro de téléphone 
portable. Il était revenu le soir du 5 août, accompagné de deux hommes de type 
______, et avait exigé d'être payé EUR 3'000.- mais A______ lui avait rétorqué que 
le moteur n'était pas en état de fonctionner et avait refusé de payer, lui disant de 
reprendre l'objet. L'un des deux hommes de type ______ avait dit "pour 3000.-, moi 
je tue quelqu'un" avant de sortir un pistolet qu'il portait à la ceinture, d'effectuer un 
mouvement de charge et de tirer trois coups de feu en direction des jambes de la 
victime. L'autre individu avait également dégainé une arme de poing. 

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A______ avait encore indiqué, le 10 août 2015, aux policiers qui s'étaient présentés à 
son chevet à l'hôpital, que l'un de ses amis garagiste, dont il voulait taire le nom, 
avait été approché après les faits par C______, lequel avait proféré des menaces très 
explicites, déclarant que si la victime déposait plainte, la mafia ______ s'en prendrait 
à elle et sa famille. Dès lors, A______ ne souhaitait pas déposer plainte pénale. Il a 
néanmoins précisé que le premier contact avec C______ avait en fait eu lieu trois 
mois plus tôt. Il lui avait donné les spécificités d'un modèle très particulier de moteur 
qu'il recherchait. Craignant une provenance délictueuse, A______ avait ajouté qu'il 
souhaitait une facture en bonne et due forme, ce que C______ avait accepté. Une 
semaine plus tard, celui-ci était venu avec le moteur convoité. A______ avait été prêt 
à en payer aussitôt le prix, mais C______ lui avait proposé de le tester. Le moteur 
s'était ensuite avéré défectueux. Des contacts téléphoniques avaient eu lieu, lors 
desquels il avait proposé à C______ de venir rechercher l'objet mais ce dernier avait 
exigé l'argent et avait menacé de lui "casser la gueule". 

Le premier coup de feu l'avait atteint au genou gauche. Comme le second individu 
d'origine ______ sortait à son tour son pistolet, il avait levé la jambe pour se protéger 
l'abdomen, et "son adversaire" avait tiré deux fois en visant son torse. 

c.b. A______ a finalement été formellement auditionné par la police en date du 15 
octobre 2015, déposant plainte pénale. Après leur premier contact, C______ était 
souvent venu au garage, sans que cela n'aboutisse, jusqu'à ce qu'il se dise en mesure 
de fournir le moteur particulier que A______ recherchait, soit un moteur ______ 
destiné à être monté sur une voiture de marque ______. Entre le moment où il avait 
dit à C______ de venir reprendre le moteur car il était défectueux et le 5 août 2015, 
ce dernier l'avait contacté à plusieurs reprises, exigeant le paiement avec virulence 
mais A______ ne s'était pas senti menacé. 

Il avait remarqué qu'au moment "des deux coups de feu", C______ avait eu l'air 
étonné. 

Une heure avant l'agression, M______, propriétaire d'un garage voisin, était venu le 
voir pour lui dire de faire attention à C______. Il paraissait soucieux et semblait 
avoir peur. A______ avait néanmoins eu l'impression qu'il voulait davantage obtenir 
des informations que véritablement le mettre en garde. Il avait eu indirectement vent 
de menaces à son encontre. 

Réentendue sur délégation du MP, la victime a persisté dans les déclarations qui 
précèdent, nonobstant les questions précises qui lui étaient posées, notamment quant 
au véritable objet de la transaction à l'origine du contentieux, soit une L______. 

c.c. Lors de sa première audition par le MP, confronté à C______, A______ a 
concédé que celui-ci lui avait livré une voiture, soit une L______ dont il estimait la 

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valeur, vu son état, à CHF 20'000.- à 25'000.- pour une valeur à neuf de CHF 
50'000.-  à 55'000.-. A______ était censé en retirer le moteur, au prix de CHF 3'000.- 
puis C______ devait récupérer le véhicule. Celui-ci l'avait appelé le 22 juillet 2015, 
lui proposant l'affaire, et la livraison avait eu lieu la nuit même, peu après minuit, à 
K______, à proximité du lieu où la partie plaignante se trouvait à ce moment-là, soit 
chez un ami. En tout, cinq personnes, dont C______, étaient venues et reparties, avec 
la voiture de celui-ci. Le lendemain, C______ l'avait appelé et l'avait informé de ce 
que le véhicule avait été déclaré volé de sorte que A______ lui avait dit qu'il n'y 
toucherait pas. Les menaces et l'exigence de payer le prix avaient alors commencé. A 
connaissance de A______, la voiture était restée parquée au même endroit. Durant 
environ deux semaines, C______ l'avait menacé lors d'appels ou par des messages 
tels que "est-ce que tu as cru que j'étais un petit banlieusard  ______, cela ne va pas 
se passer comme ça !". Il lui avait également dit qu'il allait lui "faire la peau". Il ne 
pouvait exclure que les deux comparses de C______ eussent été présents lors de la 
livraison de la voiture, mais il ne leur avait pas parlé, ni n'avait vu leurs visages avant 
le 5 août 2015.  

Lors de l'agression, C______ était nerveux et menaçant, de même que ses comparses. 
A______ n'avait pas senti la première balle, laquelle était entrée par le bassin, avait 
traversé toute la jambe droite, passant à 2 mm de l'artère fémorale, puis s'était logée 
dans son genou gauche. Il s'était retourné et avait vu la seconde arme tout en 
entendant, de la bouche du tireur "moi pour 3'000.-, je tue". Il avait eu le réflexe de 
lever la jambe droite très haut et avait reçu les deux autres balles. A______ avait eu 
l'impression que C______ était surpris mais celui-ci avait pris la fuite avec les deux 
autres hommes.  

Au cours de la suite de l'instruction préliminaire, A______ a maintenu qu'il ne 
connaissait pas E______ et H______ avant le 5 août 2015. Il était inexact que ceux-
ci lui avaient précédemment livré une O______. Il ne connaissait pas d'homme 
appelé P______. Il n'avait pas imaginé que la L______ avait été volée dès lors que 
les vitres n'étaient pas cassées et qu'on lui en avait remis la clef originale. C______ 
était censé venir la chercher avec une remorque ou une dépanneuse et recevoir par la 
même occasion le prix du moteur, sur facture. La partie plaignante n'avait pas 
conservé les massages menaçants de C______ car elle avait cassé son téléphone en 
tombant, le jour des faits, et n'avait pas programmé de sauvegarde sur un nuage. Elle 
a aussi évoqué diverses formes de menaces subies après l'agression, tel le manège 
d'individus tournant autour de son garage.  

d.a. Identifié par ses plaques d'immatriculation ainsi que les images de 
vidéosurveillance, C______ a été interpellé le 23 novembre 2015, au domicile 
genevois de son amie intime. Il a nié toute implication, exigeant d'être confronté à 
A______, puis s'est dit disposé à collaborer. 

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Il connaissait la victime, ayant envisagé de travailler pour elle dans un contexte de 
blanchiment d'argent, l'année précédente mais cela n'avait rien donné. Au cours de 
leurs contacts, A______ avait évoqué la possibilité de racheter des véhicules, sachant 
que C______ était de la région N______ [France]. Celui-ci lui avait dit qu'il pouvait 
le mettre en contact avec certaines personnes mais qu'il ne voulait pas être mêlé à de 
telles affaires. Par la suite, il avait croisé E______ et H______, qu'il connaissait de 
vue et avait appris qu'ils étaient "dans les voitures" de sorte qu'il leur avait donné le 
numéro de A______. Selon cette version, réitérée lors de sa première audition par le 
MP, C______ avait ultérieurement appris que A______ avait trompé E______ et 
H______ et leur devait de l'argent. Ceux-ci avaient exercé des pressions sur 
C______, au point qu'il avait craint pour sa vie. Dans ces circonstances, il avait été 
contraint de les accompagner au garage de A______, avec sa voiture, conduite par un 
quatrième homme qu'il ne connaissait pas. Seul un employé de A______ était sur 
place. C______ avait alors appelé la partie plaignante, lui demandant de venir mais 
celle-ci avait refusé, puis avait parlé avec E______, qui était furieux. Le quatuor était 
reparti pour revenir le lendemain, C______ agissant toujours sous le joug de coups et 
de menaces. Il avait en effet dû appeler M______ pour vérifier si A______ était dans 
le garage de ce dernier puis ils s'étaient arrêtés dans l'officine du premier, toujours 
dans ce but ; en revanche il était inexact que M______ avait dû aller à la rencontre de 
A______, à leur demande. Ils étaient ensuite arrivés au garage de la victime. 
C______ avait signalé au chauffeur l'endroit où il convenait d'arrêter la voiture, pour 
ne pas gêner le passage. Les voyant arriver, A______ s'était écrié "vous êtes sérieux, 
vous êtes venus pour trois-mille balles ?" ce qui avait beaucoup fâché C______ car, 
il aurait pu régler lui-même cette somme pour éviter tous ces problèmes. Puis, il avait 
vu une arme dans la main de quelqu'un, il ne savait plus qui, et avait pensé qu'il était 
mort. Il avait vu le coup partir et l'impact dans la jambe de A______, lequel était 
resté debout. Il était totalement paralysé par la peur durant les tirs qui avaient suivi. 
Voyant les autres hommes partir en courant, il les avait suivis et était monté dans la 
voiture, se disant qu'ils le tueraient s'il ne les suivait pas. 

d.b.a. C______ était en contact avec le dénommé Q______, lequel faisait l'objet 
d'une surveillance active par les autorités judiciaires françaises. Dans ce contexte, des 
conversations pertinentes pour la présente affaire ont été interceptées : 

Conversations du 5 août 2015 

 13:56 

Q______ : "je l'ai vu là" (…) "donc heu celui comme S______ là" (…) "c'est 
encore heu (inaudible) c'est encore un modèle plus ancien mais en très bon état" 
(…) "heu l'autre c'est un 38 spécial" 

C______ : "parle pas au téléphone ouais" (…) 

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Q______: "et te c'est les requins (inaudible) taille de pied" (…) "ouais c'est 
des tailles 38" (…) "mais en fait c'est pas des baskets récentes mais elles sont en 
très très bon état .. et heu" (…) "mais heu court un petit court, d'origine" 

C______: "ok et donc t'as pu faire à combien alors" 

Q______: "et lui il me laisse à 2.5 exactement je lui ai dit 2.3 promis 2.3 il 
m'a dit écoute il m'a dit j'en voulais 2.8 il m'a dit je peux pas faire mieux que 2.5" 

 C______: "dis-lui 2.3 et je viens, je viens là d't'à l'heure les prendre" (…) 
"demande lui heu y peut manger combien" 

Q______: (…) "ah de bonbons" (…) "non mais lui heu alors là (x2) il n'en a 
pas aujourd'hui, il en aura dans trois jours, il les reçoit dans trois jours lui il peut 

en avoir beaucoup" 

C______: "ok ouais mais ça c'est bon mais il a une capacité de combien de 
bonbons?" 

Q______: "heu je sais pas j'ai oublié gros je sais pas du tout, et là j'suis 
parti, ça doit être un ça doit un dix (10) j'pense, dix douze (10 - 12), que j'ai vu 

que c'était assez large hein." 

C______: "il est plus vieux." 

Q______: "ouais il est plus vieux mais alors vraiment en sacré bon état, 
vraiment en état très très bon état". 

Larbi: "il est noir?" (…) "et le truc en bas il est en bois oui noir?" (…) "ça fait 
combien l'unité en fait?" 

Q______: "ça fait è peu près huit cent (800) quoi." 

 C______: "ouais bin c'est bon dis-lui ok" (…) "récupère les toi comme ça 
quand je viens te voir je te règle tout de suite toi et je pars avec (inaudible)" (…) 
"t'inquiètes pas t'as ma parole je te paye tout de suite." 

 A 19:14, C______ appelle Q______ pour lui dire qu'ils étaient tous chez ce 
dernier. Q______ lui répondant qu'il allait arriver, C______ a rétorqué que cela 
faisait plus d'une heure qu'ils attendaient, qu'il devait finir "un truc" et qu'il le 
rappellerait 30 minutes plus tard. 

 A 19:59, C______ appelle Q______ pour lui dire qu'il était en Suisse. Q______ 
pour sa part avait payé et récupéré ce dont ils étaient convenus.  

 20h37 C______ annonce à son interlocuteur que "ouais gros on doit lever 
quelqu'un et j'arrive" 
 
 21h01  

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C______: "ouais gros laisse tomber on s'est barré c'est parti en couille on 
s'est barré" (…) "gros euh tu verras c'est vraiment parti en couille" (…) "gros çà 
à.... voilà mes potes y z'ont tiré dans les jambes à iss" 

 21:17  

C______: "ils ont été sans pitié" (…) "ah bin gros il marchera plus hein" 
(…) "les deux rotules ils ont pété" (…) "bin vas-y gros tiens moi au jus" (…) "non 
il sait pas mon nom de famille, personne sait mon nom de famille juste rajoute un 

truc parce qu'on sait jamais heu parce que tu vois le problème c'est que j'ai garé 

ma vago elle est à mon nom, enfin elle est à mon nom y vont me repister avec la 

voiture" 

Q______: "écoute ce soir je vais à Genève je vais (x2) prendre la 
température, quand je sors de Genève vers minuit je t'appelle" 

Conversations du 6 août 2015 

 10:47  

Q______: "j'ai aucun écho, aucun écho, aucun écho de rien du tout" 

 C______: "t'es passé à son garage?" 

Q______: "euh je suis passé devant, j'ai pas été au fond, j'ai pris le rond-
point à gauche, après j'ai remonté par ______ (phonétiquement)" (…) "rien, 
calme rien, pas de douane, pas de schmitt aux douanes, rien, rien" 

C______: "ouais mais c'est bizarre gros, moi j'étais là hein, j'ai tout vu, j'ai 
vu ses, j'ai vu ses, la jambe sauter gros" (…) "mais moi je vais dire que, que je 
connaissais pas les autres, qui les arnaqué, que vu que c'est moi qui les ai 

présentés, ben ils voulaient me flinguer moi, ils m'ont dit ramène nous là-bas et tu 

vois..." (…) 

Q______: "faut que t'attendes un peu avant de bouger ou quoi que ce soit, 
moi là je vais me lever je vais aller reprendre des renseignements, je vais aller... 

je vais aller appeler R______ et je vais dire qu'on se voit pour le ______ 

[scooter], et on récupère le ______, et lui si il est au courant il va m'en parler" 
(…) 

C______: "ah ouais il a dit moi je m'en fous des "TALBINS" 
(phonétiquement), pam, pam, pam, pam, oh il… (inaudible)...comme une merde" 
(…) "il a tiré, oh je vois qu'il tombe pas, je fais oh qu'est-ce qu'y a, la tête de moi 
la balle elle a traversé son pantalon, mais elle a pas touché se jambe, tellement il 

est maigre" (…) "après la deuxième, pam, il l'a eu, il est tombé, après l'autre tac. 
Laisse tomber le deuxième il a retiré, c'est l'autre qui m'a fait peur. Quand il a 

retiré l'autre balle elle a touché je crois le dos c'est pour ça j'ai eu peur, les 

jambes je dis çà fait rien mais, si t'as touché le bas du dos" (…) "dis gros s'il te 
plait essaie de te renseigner rapidement, moi t'as vu je suis, je me recouche je suis 

comme un con, je regarde internet y'a rien" 

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 16:01  

C______: (…) "c'est bizarre cette affaire. Tu penses qu'il a été voir les 
flics?" 

Q______: "je pense pas" (…) "parce que attend quand tu mets trois balles à 
quelqu'un, c'est combien de balles, trois balles il a pris?" 

C______: "quatre, quatre ou trois." 

Q______: "quand tu mets quatre balles à quelqu'un dans un garage comme 
çà, y'a enquête hein. Le garage il est fermé d'office. Il a fermé d'office, la 

balistique pour, du comment du pourquoi" (…) "il a pas déposé plainte je pense" 

C______: "mais tu penses que lui il a des gens derrière lui?" 

Q______: (…) "de toute façon c'est pas toi qui a tiré, c'est l'autre?" 

C______: "ouais c'est les deux autres" (…) "ah mon pote il a voulu jouer, je 
l'ai prévenu, il faisait le beau, venez, venez, vous êtes dans mon garage. Je fais 

gros parle pas, comme ça on est pas des mouilles ______ [de France], il me dit 
moi je suis pas un bon petit suisse moi, je fais tu vas voir. J'y dis gros, si ça vient, 

tu pourras même chouiner, c'est trop tard... ouais je vous attends, venez, venez, 

venez." 

Q______: (…) "parce qu'il en a pris combien deux dans chaque rotule?" 

C______: "deux dans la jambe, et une dans le cul ou dans le dos, c'est ça 
que je sais pas en fait" 

Q______: "ah oui non mais c'est gênant? pour trois mille euros hein?" 

C______: "ah gros, c'est une question de principe, c'est pas une question de 
tunes. Je te dis gros..." (…) "la tête de ma mère, il est tombé au mauvais moment. 
Je dis y'a pas de pitié. Oh là j'avais la mort et, y'a pas que lui, y'a d'autres gens 

que je vais stopper là. Ah je te le dis gros c'est fini maintenant. Les gens ils me 

sous-estiment ils croient que je suis une fiotte ou quoi? Hein mon gros voilà j't'ai 

dit, je disais à l'autre S______, tu vois j'ai une tête de gentil, mais la tête de ma 

mère je suis pas comme ça, tu me connais vraiment pas" (…) "je t'ai dit moi je 
vais jusqu'au bout m'en bats les couilles hein. Vas-y gros tiens moi au jus" 

12 août 2016 

 13:29 

C______: "beh va l'voir pose lui toutes les questions si y s'ont ma plaque de 
voiture si y savent qui ch'uis" (…) "et ouais ouais et dis-lui bien hein que euh non 
seulement c'est la guerre mais en plus moi y m'pete la tête de ma mère j l'emmène 

avec moi hein moi j'dis au deck pa'ç que lui il a dit qu'c'était pour un moteur qui 

marchait pas moi j'vais y dire non y fait du trafic s'ba' t'sais j'le …" 

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Q______: "écoutes j'vais .... j'vais le voir à quatre heures et euh ..... j'vais le 
voir à quatre, heures ensuite à cinq heures je sors j'vais récupérer l'truc chez 

S______  ensuite j'vais chez moi et ch't'appelle." 

C______: "vas-y mon gros ch'compte sur toi appelle moi direct pose toutes 
les questions dis-lui si y savent qui ch'uis si y s'ont les caméras dma vago si y 

disent que c'est moi y dit non ça à rien à voir avec moi t'sais qu'il a intérêt à 

m'défend' pa'ce que la vie d'ma mère on l'encule hein." 

 18:43  

Q______: "J'ai été J'ai pas vu lui" (…) "c'était son frère ou son collègue là" 
(…) "j'ai été et pi euh j'ai dit t'voir faut qu'te parle ah y m'dit pour la fusillade 
j'dis ben oui. Et y m'dit y m'dit euh c'est les bouchons d'oreilles là-bas y m'dit qu'y 

s'ont y s'ont su çà y dit y sait pas si c'est son collègue ou il a pas voulu m'dire y 

m'a dit y port'ra pas plainte."  

C______: "d'accord et  ?" 

Q______: "j'ai dit oui mais j'ai dis c'est bien beau c'que tu dis y port'ra pas 
plainte mais si çà r'monte à l'aut' tu sais très bien que là vous êtes morts le garage 

y va brûler. J'dis en plus de çà l'aut' y s'est d'jà renseigné y sait où qu'ces parents 

y s'habitent. J'dis donc c'est bien beau d'dire j'ai pas porté plainte. j'ai pas si j'ai 

pas çà mais en attendant j'dis c'est sorti sur les journal" (…) "y m'a dit je sais 
qu'c'est d'la faute heu y m'a dit c'est d'la faute soit disant à euh le N______" (…) 
"et y m'a dit y veut pas porter plainte y veut s'faire justice lui-même y m'a dit dans 
quelques jours y m'a dit y s'ra là." 

C______: "il a dit quoi?" 

Q______: "qu'y voulait s'faire justice lui-même." 

d.b.b. Confronté aux éléments de l'enquête, y compris les conversations qui 
précèdent, C______ a concédé que la pression subie n'avait pas été si importante qu'il 
l'avait affirmé. Néanmoins, il n'avait pas prévu que E______ et H______ seraient 
armés et que cela dégénère, ayant imaginé qu'au pire, A______ prendrait quelques 
claques. Il s'était "retrouvé au milieu" parce qu'il avait effectué les présentations. 
Selon ce qu'il avait compris de ce que E______ lui avait rapporté, il y avait eu une 
première livraison, dans le ______ [région française], vraisemblablement à K______, 
d'une O______. A______ n'en avait initialement pas non plus payé le prix puis lui 
avait confié la somme de EUR 1'800.- qu'il avait ensuite remise à E______. Quelque 
temps plus tard, celui-ci avait évoqué une L______. Le soir même, E______ l'avait 
appelé, lui demandant de venir le chercher dans le ______ [région française]. 
C______ avait voulu rendre service, parce que c'était dans sa nature. A son arrivée, il 
avait vu E______ et H______ dans la L______. A______ était arrivé, au volant 
d'une voiture ______, avec son épouse. Celui-ci avait échangé quelques mots avec 
E______ puis était parti avec la L______. E______ et H______ étaient repartis avec 
C______, dans la voiture de ce dernier et la femme de A______ avait pris la ______. 

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Comme il reprochait à E______ de l'avoir fait venir pour une pareille transaction, 
celui-ci lui avait proposé EUR 500.- en guise de dédommagement mais il avait 
décliné, ne voulant pas "passer pour un pique-assiette". Par la suite, il avait appris 
par E______ que A______ n'avait pas payé le prix de la L______ et il avait servi 
d'intermédiaire car c'était "une question d'honneur" : en faisant les présentations, il 
s'était porté garant.  

Dans certaines de ses conversations avec Q______, notamment lorsqu'il avait dit que 
ses comparses avaient été "sans pitié", C______ avait fait du "bluff". En fait, il 
regrettait ce qui s'était passé mais ne pouvait pas le montrer. 

 d.b.c. Devant le MP, C______ a encore ajouté que lors d'échanges qu'il avait eus 
avec A______ qui refusait de payer le prix de la L______, il l'avait menacé, lui 
disant que s'il le prenait pour un petit banlieusard de ______, il devait faire attention 
à ce qu'il disait. Il a en revanche nié avoir proféré d'autres menaces, directement ou 
par le truchement de tiers, notamment M______. C______ a, à une reprise (audience 
du 14 janvier 2016), confirmé que les mots "moi, pour 3'000.- si je veux je tue" 
avaient été proférés, selon lui par H______. A______ avait alors dit qu'il allait payer 
mais la première détonation s'était fait entendre. C______ a insisté sur le fait qu'il 
n'avait été qu'un médiateur. 

 Après s'être montré évasif sur le sens de ses dialogues avec Q______ semblant 
tourner autour de la possibilité d'acquérir des armes, C______ a admis que le 5 août 
il devait voir le "lot d'unités" proposé par cet interlocuteur pour aussitôt se rétracter, 
disant qu'il était coutumier du fait de donner des rendez-vous à Q______ qu'il 
n'honorait pas, et il savait qu'il ne tiendrait pas celui-là. Le "lot" en question était 
composé de "vieilles armes de collection inactives" et cela ne l'intéressait pas. Ni lui 
ni Q______ n'étaient allés au rendez-vous. 

 Il avait entendu parler du P______ évoqué par ses comparses. C'était une figure du 
grand banditisme N______. Il ne l'avait pas mentionné  précédemment car il n'était 
pas certain que E______ et H______ travaillaient pour lui bien qu'il l'eût entendu, 
une fois, les menacer par téléphone. Ceux-ci lui avait raconté que P______ les avait 
menacés d'une arme et C______ avait proposé de régler l'affaire à l'amiable. Il avait 
accompagnés ses comparses les 4 et 5 août 2015 parce qu'ils ne connaissaient pas les 
douanes et le chemin pour aller au garage. 

 d.c. Devant le Tribunal correctionnel, C______ a en substance réitéré qu'il n'avait été 
qu'un intermédiaire, un médiateur. Il s'agissait d'un "échange de bons procédés". Les 
28 contacts téléphoniques qu'il avait eus avec A______ entre le 23 juillet et le 
1er août 2015 s'expliquaient par le fait que E______ et H______ n'arrivaient pas à le 
joindre avec leurs cartes prépayées. Il avait encore accepté d'accompagner E______ 
et H______ le 5 août 2015 parce que ceux-ci ne connaissaient pas la route et avaient 

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peur de franchir la frontière Suisse, tout en leur précisant que c'était la dernière fois, 
vu les désagréments, la perte de temps et le coût du carburant. Contrairement à ce 
qu'on pouvait déduire des écoutes téléphoniques, il n'était pas allé au rendez-vous 
avec Q______ et ne l'y avait pas attendu. E______, H______ et lui étaient allés 
directement au garage de A______. Il préférait ne pas répondre aux questions du 
président concernant le sens qu'il fallait attribuer à certains termes, notamment "9 
automatique" et "SIG gros". Il ignorait que ses comparses portaient des armes, 
celles-ci n'étant pas visibles nonobstant leurs tenues estivales et étant rappelé qu'il 
était assis à l'avant alors qu'ils étaient derrière. Le chauffeur était une connaissance 
de E______. Lui ayant parlé, il pouvait affirmer que cet homme ne connaissait pas le 
but de leur venue à Genève. Pour lui, il s'agissait de se promener et d'aller aux 
Pâquis. Ses déclarations à la police s'expliquaient par le choc qu'il avait subi lors de 
son arrestation et l'interrogatoire au cours duquel il avait été malmené 
psychologiquement. Il n'avait jamais écrit à A______ qu'il allait le buter ou lui faire 
la peau mais bien qu'il n'était pas un petit banlieusard de ______, pour le remettre en 
place parce qu'il le menaçait. Il n'avait pas dit avoir entendu la phrase "pour 3'000.-, 
je tue". La police avait évoqué cela et il avait acquiescé car il était prêt à accepter 
n'importe quoi dans l'espoir d'être libéré. 

e.a. H______ a été interpellé, à son domicile, le 24 mars 2016 et a consenti à son 
extradition. 

 e.b. Lors de son audition par la police, et d'entrée de cause, H______ a souhaité 
savoir comment se portait A______, se disant désolé de ce qui s'était passé. Ils 
("nous") n'avaient aucune intention de faire ce qu'ils avaient fait. Cela n'était pas 
planifié. Un jour, dans un café à ______ [France], E______ et lui avaient par hasard 
rencontré C______, qu'ils connaissaient de vue, et celui-ci leur avait présenté 
A______, qui semblait au courant de leur situation et leur avait proposé d'effectuer 
du convoyage de voitures pour une rémunération de EUR 1'000.- par livraison. 
Comme ils avaient accepté, il leur avait donné le numéro d'un ______, surnommé 
P______. Quelques jours plus tard, le premier transport avait eu lieu : P______ leur 
avait indiqué où trouver le véhicule à livrer, une O______, dont la clef avait été 
laissée sur le pneu, ainsi que l'adresse de livraison. E______ avait conduit la voiture, 
alors que H______ suivait avec un autre véhicule, pour le ramener. A______ les 
attendait, en compagnie de son épouse, et leur avait remis EUR 4'000.-, 
correspondant à leur rémunération et au prix à remettre à P______, ce qui avait été 
fait, sauf erreur le lendemain, par E______. Environ un mois plus tard, les choses 
s'étaient déroulées pareillement pour la livraison d'une deuxième voiture, une 
L______, si ce n'est que A______ ne leur avait pas remis l'argent, leur disant qu'il le 
ferait le lendemain ou le surlendemain, information qu'ils avaient communiquée à 
P______. Après une dizaine de jours, celui-ci les avait fait venir à N______. Il les 
avait menacés d'une arme, avait dit qu'il connaissait leur famille et qu'il tenait de 
A______ qu'ils avaient bien reçu l'argent. Contacté téléphoniquement en présence de 
P______, A______ avait été très ferme, disant que la voiture avait été saisie par la 

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police et qu'il ne paierait pas. P______ avait alors remis à E______ l'arme avec 
laquelle il l'avait menacé, lui disant qu'il voulait son argent, peu importe la façon. Le 
5 août 2015, C______, E______ et lui s'étaient rendus, avec la voiture du premier, au 
garage de A______, pour discuter. C______ devait simplement leur désigner le 
garage. Il aurait certes pu leur en donner l'adresse, mais il s'était sans doute senti 
responsable, dès lors qu'il avait fait les présentations. A______ les avait accueillis 
par des menaces et des insultes puis avait sorti une arme. Comme il était très proche 
de lui, H______ était parvenu à s'en emparer et lui avait tourné le dos. Il avait alors 
entendu un coup de feu ou deux et, se retournant, avait involontairement également 
tiré. E______ avait tiré au niveau des jambes et il ignorait s'il avait lui-même atteint 
la partie plaignante. Dans sa fuite, il avait emporté le pistolet de A______, dont il 
s'était ultérieurement débarrassé. Pour lui, la voiture était conduite par C______ et il 
n'avait pas vu de quatrième individu. En fait, il y avait bien un tel homme, qui n'avait 
rien à voir avec l'affaire. Confronté au fait que son tir avait eu lieu durant la fuite, 
H______ a indiqué que A______ avait tenté de le poignarder et que E______ lui 
avait sauvé la vie.  

 e.c. Durant une première partie de l'instruction préliminaire, H______ a repris la 
version selon laquelle A______ était armé puis a fini par concéder que ce n'était pas 
le cas. Il ne savait pas pour quel motif il était venu muni d'un pistolet, le 5 août 2015, 
alors que ce n'était pas le cas lors du déplacement de la veille, relaté par d'autres. 
Requis d'expliquer la provenance de son arme, il a indiqué qu'elle lui avait été remise 
par P______ en même temps que celui-ci avait armé E______. P______ l'avait prise 
dans sa voiture et il n'avait pas vérifié si elle était chargée. A plusieurs reprises, 
H______ a réitéré ses regrets à l'attention de A______. 

 e.d. Lors des débats de première instance, H______ a en substance derechef reconnu 
les faits, confirmant qu'il n'avait pas vérifié si son arme était munitionnée. En 
revanche, celle-ci était bien assurée, et il avait dû la désassurer avant de tirer un coup 
de feu en l'air, à l'extérieur. Il était venu armé pour faire peur à A______, sans 
aucune intention de lui faire du mal, pensant qu'il suffirait de lui montrer l'arme pour 
qu'il s'exécute. E______ et lui avaient tous deux cette intention d'uniquement faire 
peur à la partie plaignante, en exhibant les pistolet, mais n'en avaient pas vraiment 
discuté. Ils avaient simplement pris les armes, étant rappelé qu'ils étaient tous deux 
menacés, mais que lui-même ne s'était pas "senti directement menacé" par P______. 
Il avait été perdu et choqué lorsque A______ avait été blessé. Il n'y avait alors plus 
rien d'autre à faire que partir sans l'argent. C______ ne les avait accompagnés qu'en 
qualité d'intermédiaire, parce qu'il parlait mieux le français qu'eux et connaissait 
A______ ainsi que son garage. Ils étaient certes déjà venus la veille, mais il avait de 
la peine à se retrouver dans les rues et il restait le problème de la langue. C______ 
n'était pas P______. Il ne connaissait pas l'identité du chauffeur. 

 f.a. Selon le rapport de renseignements du 2 mai 2016, suite à l'identification de 
E______, des policiers genevois se sont rendus, sur commission rogatoire, à 

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T______, où ils ont notamment eu des contacts avec le frère de l'intéressé auquel ils 
ont suggéré de le convaincre de se rendre, et précisant qu'à défaut les recherches se 
poursuivraient. Après plusieurs contacts, E______ s'est effectivement présenté au 
poste de police local en date du 30 mars 2016, puis a consenti à son extradition, 
laquelle a eu lieu concomitamment à celle de H______. 

 f.b. Il a fait à la police un récit similaire à celui de H______ concernant la rencontre 
avec A______, lequel avait d'emblée précisé que les voitures à convoyer étaient 
volées, si ce n'est que c'était ce dernier qui lui avait communiqué les informations 
utiles pour trouver la O______ et le lieu de la livraison, par SMS. Ses déclarations 
étaient également proches de celles de H______ en ce qui concernait la seconde 
livraisons, jusqu'à leur retour dans la région N______, sans l'argent. Lors de 
l'entrevue qui s'en était suivie avec P______ – apparu seulement à ce stade, – au bord 
d'une rivière, celui-ci avait menacé E______ ainsi que H______, allant jusqu'à lui 
mettre le canon d'un pistolet dans la bouche du premier.  

Après l'appel à A______, P______ avait donné son arme à E______, non sans l'avoir 
au préalable chargée, lui disant que c'était pour se défendre, et lui intimant de 
récupérer son argent, sinon il tuerait sa famille. E______ a dans un premier temps nié 
que C______ avait été présent lors de la livraison de la L______, avant de rectifier : 
H______ avait pris place avec E______ dans la voiture convoyée et C______ était 
venu avec son propre véhicule car celui de E______ était en panne. Il avait d'ailleurs 
voulu rembourser les frais d'essence mais C______ avait décliné. Il ne lui avait pas 
demandé de simplement lui prêter sa voiture car ils ne se connaissaient pas 
suffisamment bien. A leur arrivée à K______, comme ils ne trouvaient pas le lieu du 
rendez-vous, C______ avait appelé A______.  

Quelques jours après la scène avec P______, C______ avait accepté d'accompagner 
E______ et H______ au garage de A______. C______ avait rendez-vous avec une 
autre personne à W______, où ils avaient attendu, en vain, près d'une heure. À 
Genève, ils étaient allés voir un garagiste ______, M______ afin qu'il leur désigne 
l'officine de A______, où ils s'étaient rendus. Lorsqu'il les avait vus, celui-ci avait 
réitéré ses menaces de les tuer et avait sorti une arme mais H______ s'en était saisi. 
Alors que H______ se dirigeait vers lui, tournant le dos à A______, E______ avait 
réalisé que celui-ci était désormais armé d'un tournevis dans son poing levé, comme 
pour frapper son ami. Il avait donc tiré dans ses jambes, à une reprise, non, deux, 
mais un dernier coup était parti tout seul. C______ avait crié qu'il ne fallait pas agir 
de la sorte, et ils avaient pris la fuite. Comme C______ et lui étaient montés dans le 
véhicule, ils avaient entendu un nouveau coup de feu, tiré par H______ dans sa 
course. Il n'avait par la suite plus eu de contact avec P______. 

Confronté aux images de vidéosurveillance, E______ a reconnu qu'un quatrième 
homme se trouvait dans la voiture, au volant. Il ne pouvait décliner son identité, car il 

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avait peur pour sa famille et de toute façon l'homme n'avait rien à voir avec l'affaire. 
La scène de l'arme saisie par H______ n'avait pas non plus eu lieu. E______ avait eu 
un bref échange avec A______, qui refusait toujours de payer, disant que de toute 
façon il allait le tuer. E______ avait alors sorti son arme et tiré dans les jambes de 
son antagoniste. Il visait le mollet. 

Interrogé sur la provenance de l'arme de H______, E______ a indiqué qu'elle avait 
également été fournie par P______, lors de l'épisode au bord de la rivière. Il était allé 
la chercher dans sa voiture. 

H______ et lui s'étaient entendus sur leur première version des faits. 

f.c. Au cours de l'instruction préliminaire, E______ a précisé que le quatrième 
homme venait à Genève pour aller voir des prostituées. E______ avait tiré sur 
A______ parce que celui-ci refusait de payer et que P______ lui avait dit qu'il tuerait 
sa famille s'il ne ramenait pas l'argent. Il était exact qu'il y avait eu un déplacement 
au garage déjà le 4 août 2015. A______ n'était pas sur place, et il ne se souvenait 
plus très bien de ce qui s'était passé. 

f.d. Devant les premiers juges, E______, admettant la tentative de contrainte 
reprochée, a réitéré qu'il avait l'intention de blesser A______, non de le tuer, au 
moment où il avait tiré, étant précisé qu'il avait visé les genoux. Il était venu armé le 
5 août 2015 parce qu'il se sentait menacé. Il avait sorti l'arme car il avait peur pour sa 
famille et voulait récupérer l'argent dû à P______. A______ refusait de payer et 
s'était mis à l'insulter et le menacer. Il avait tiré pour blesser A______, afin que 
P______ laisse sa famille tranquille. Après cela, il n'avait plus été question d'argent 
et ses comparses et lui avaient aussitôt quitté les lieux. Par la suite, il avait tenté de 
contacter P______, sans succès, quand bien même huit mois s'était écoulés avant son 
arrestation. Il était toujours disposé à dédommager A______ et regrettait son absence 
aux débats, car il aurait souhaité lui demander pardon. Trois coups étaient partis 
parce qu'il ne connaissait pas les armes et qu'il s'agissait d'un pistolet automatique. Il 
était vrai qu'il n'avait pas pris l'arme, le 4 août 2015, alors qu'il était déjà menacé 
mais il avait alors encore l'espoir qu'une solution puisse être trouvée. Lorsqu'il avait 
appelé A______, ne l'ayant pas trouvé au garage, celui-ci lui avait fait comprendre 
que ce ne serait pas possible et cela l'avait déterminé à prendre le pistolet à sa 
prochaine visite. Néanmoins, il ne comptait pas l'exhiber, car il espérait que A______ 
paierait malgré tout. Il l'avait sorti parce que ce dernier avait commencé à se montrer 
agressif. 

g. Prévenu du chef de tentative d'entrave à l'action pénale en raison de ses 
déclarations à la police et de contrainte, M______ a confirmé devant le MP qu'il 
s'était rendu, le 5 août 2015, à la demande de C______, à la rencontre de A______ et 
qu'il lui avait suggéré de trouver un arrangement au sujet de sa dette. Le même jour, 

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C______ accompagné de deux amis qui ne parlaient pas bien le français était venu 
dans sa carrosserie. L'un de ces hommes avait tenté de comprendre ce que A______ 
lui avait dit. Il avait expliqué que A______ disait qu'il ne paierait pas et ils étaient 
aussitôt partis. Il avait senti que C______ était un intermédiaire et se sentait 
responsable parce qu'il avait présentés les autres protagonistes. Il avait aussi eu le 
sentiment que l'argent était dû aux "______" ceux-ci ayant l'air énervés. 

h.a. Ont notamment été entendus en qualité de témoins un employé de A______ et 
son épouse, tous deux présents les 5 août 2015. Ni l'un ni l'autre n'ont déclaré avoir 
entendu les propos qui avaient pu être échangés entre les agresseurs et la victime. 
U______ n'a pas admis avoir accompagné son époux lors de la livraison de la 
L______. 

h.b. La fiancée de E______ a déclaré que H______ était le meilleur ami de celui-là, 
et qu'elle-même connaissait C______ depuis son enfance, par le biais de son frère 
aîné. Elle avait pu appeler H______ "P______" dans un courrier censuré, car il 
s'agissait d'un prénom ancien qu'ils utilisaient pour plaisanter, à l'instar d'autres 
prénoms.  

i. Le rapport d'analyse des rétroactifs téléphoniques des divers protagonistes souligne 
qu'aucun indice confirmant l'existence du Sieur P______ n'avait été relevé. 

En revanche, il en résulte que C______ avait quitté Genève le 22 juillet 2015 dans la 
journée pour se rendre à T______ [France] où il était resté jusqu'à 23:40 pour repartir 
et être K______ à 00:35. Durant le trajet, il était en contact téléphonique avec ses 
comparses, qui se déplaçaient en parallèle. Dès son arrivée à K______, il avait 
contacté A______.  

Entre le 23 juillet et le 1er août 2015, C______ avait été fréquemment en contact avec 
le téléphone portable de A______. 

Le 5 août 2015, il était arrivé dans la région de W______ [France] au plus tard à 
19:10 et y était resté jusqu'à 20:00 environ. 

j.a. La procédure a également porté sur plusieurs complexes de faits reprochés à 
A______, lequel était d'ailleurs également visé par le premier acte d'accusation. Ce 
volet a cependant été disjoint de la présente procédure par le Tribunal correctionnel, 
l'intéressé n'ayant pas comparu, au bénéfice d'un certificat médical.  

j.b. Selon le bordereau de frais du Ministère public, le coût de la procédure 
préliminaire a été de CHF 49'169.80 alors que les frais de première instance 
totalisent CHF 705.- plus l'émolument de jugement de CHF 9'000.-. Statuant ex 
aequo et bono, les premiers juges ont procédé à une répartition par tête de ces frais, 

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hors émolument de jugement, d'où le montant de CHF 12'996.40 laissé à la charge de 
l'Etat en vue de son report à la procédure désormais disjointe dirigée contre 
A______. 

C. a. La présidente de la Chambre pénale d'appel et de révision (CPAR), après avoir 
rejeté les réquisitions de preuve, a refusé de dispenser A______ d'avoir à comparaître 
aux débats d'appel, comme il le requérait, sans produire de justificatifs d'une 
incapacité. Celui-ci ne s'est cependant pas présenté à l'audience, à laquelle il était 
représenté par avocat. 

 b. Les trois prévenus ont été interrogés ensemble sur les faits de la cause, confirmant 
globalement leurs précédentes déclarations. Pour C______, il n'était pas prévu qu'il 
aille à K______ pour la livraison de la L______. E______ et H______ l'avait appelé 
alors qu'il était en train de boire un verre, lui demandant de venir les chercher, leur 
véhicule étant tombé en panne. Il avait bêtement accepté de rendre un service et de 
faire 45 minutes de route. Selon E______, sa voiture était tombée en panne au départ, 
ce qui expliquait que H______ et lui étaient parvenus en même temps que C______ à 
destination. Comme il n'arrivait alors pas à expliquer à A______ où ils se trouvaient, 
il avait demandé à C______ de le faire. 

 Pour E______, H______ et lui avaient pris les armes, le 5 août 2015, pour se 
protéger de A______, car ils avaient pris ses menaces au sérieux, d'autant plus qu'il 
les avait proférées en ______. Les pistolets ne devaient donc pas servir à le 
convaincre de payer. P______ les leur avait remis afin qu'ils puissent se protéger, car 
il avait entendu A______ les menacer au téléphone. 

 H______, pour sa part, était bien venu armé pour faire peur à A______ et obtenir 
l'argent. 

 Aucun des trois prévenus n'a souhaité donner d'indications permettant d'identifier le 
chauffeur. Celui-ci était étranger à l'affaire, et venait à Genève dans l'idée d'aller voir 
"des filles". 

 C______ avait parlé d'un "échange de bons procédés" devant les premiers juges pour 
évoquer le contact initial qu'il avait créé entre ses comparses et la victime. Il avait 
accepté d'intervenir les 4 et 5 août 2015 parce qu'il culpabilisait de leur avoir créé des 
ennuis. Le premier de ces deux déplacements avait également eu lieu avec sa voiture. 
Le lendemain, il avait proposé au quatrième homme de prendre le volant afin qu'il 
puisse mémoriser la route, dès lors que lui-même n'entendait plus intervenir par la 
suite. 

 E______ et H______ étaient toujours sans nouvelles de P______. 

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 En réponse à une question du MP, C______ voyait dans le fait qu'il avait 
spontanément avoué avoir envisagé une activité criminelle de blanchiment avec 
A______ une preuve de sa sincérité. Avant les faits, il appréciait E______ et 
H______, de même que A______, raison pour laquelle il avait rendu tous ces 
services : il était un altruiste. Il n'était donc pas du tout question pour lui d'exercer 
des pressions sur A______, ni, encore moins, que cela tourne mal. Au contraire, 
c'était pour éviter une telle issue qu'il était intervenu. 

 c.a. Le MP persiste dans ses conclusions.  

C______ était bel et bien partie prenante à la tentative de contrainte au préjudice de 
la victime, au même titre que ses deux comparses, qui ne contestaient pas cette 
infraction. Le MP en voulait pour preuve le fait que tous trois avaient participé à la 
livraison de la voiture, les nombreux appels entre la victime et C______ entre le 23 
juillet et le 1er août, les messages menaçants, le fait qu'il avait fait intervenir 
M______ pour tenter d'obtenir le paiement et, enfin, sa participation aux deux 
déplacements des 4 et 5 août 2015. 

La tentative de contrainte était doublée d'une tentative de meurtre, par les trois 
prévenus, au titre de la coactivité. L'intention homicide pouvait être déduite de la 
phrase "pour 3'000.-, je tue". La victime n'avait eu la vie sauve que parce qu'elle 
avait eu le réflexe de lever sa jambe, E______ ayant visé son abdomen. C______ ne 
pouvait ignorer que les deux autres hommes étaient armés, étant rappelé qu'ils 
avaient fait le trajet ensemble, qu'ils se connaissaient depuis longtemps et les tenues 
estivales ne permettant pas de dissimuler des pistolets. D'ailleurs, il était censé, lui 
également, obtenir une arme, lors du rendez-vous manqué avec Q______. 

Les trois hommes avaient donc planifié ensemble d'extorquer à la victime les 
EUR 3'000.- qu'elle avait refusé de payer, ce qui était suffisant pour admettre la 
culpabilité de C______, peu importe qu'il n'eût pas anticipé que ses hommes de main 
tirent ou qu'il était paniqué lors des contacts subséquents avec Q______. 

Les lésions subies par la victime étaient incontestablement graves, étant notamment 
rappelé que celle-ci aurait à vie une barre de fer dans la jambe. Il y avait eu en outre 
une mise en danger concrète de sa vie, un projectile étant passé tout près de l'artère 
fémorale. 

E______ avait nécessairement au moins accepté de tuer, étant rappelé qu'il avait tiré 
à trois reprises. H______ avait aussi accepté cette issue : il n'avait en effet pas 
empêché E______ de tirer, n'était pas resté, pour appeler une ambulance, et avait lui-
même tiré en l'air pour manifester sa toute-puissance. 

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P______ était inventé de toutes pièces, H______ et E______ ayant admis qu'ils 
avaient accordé leurs versions et aucun élément de l'enquête ne venant à l'appui de 
l'existence de ce personnage. D'ailleurs, C______ ne l'avait pas évoqué avant de s'en 
souvenir soudainement, suite aux déclarations des deux autres hommes. 

Les prévenus avaient agi selon un plan concerté, qui englobait d'éventuels dérapages. 
Dans ce contexte, chacun avait son rôle. C______ était le chef, les deux autres les 
hommes de main. Le plan consistait à augmenter la pression pour obtenir le 
paiement. Il y avait eu une montée en puissance de la violence, allant des menaces 
aux tirs. 

La prise de conscience des trois hommes était particulièrement mauvaise. Après 
avoir au moins admis la tentative de contrainte, C______ plaidait aujourd'hui son 
acquittement complet, E______ qualifiait les blessures causées de lésions corporelles 
simples et H______, à le croire, n'avait fait que passer par là. C______ avait agi dans 
le but d'asseoir son rôle de petits caïds de banlieue ; il avait mis en place une équipe, 
planifié et exécuté des faits graves. E______ avait inventé le personnage de P______ 
et minimisé la gravité de ses actes. H______ avait agi par appât du gain. Une peine 
privative de liberté de huit ans pour chacun des prévenus se justifiait pleinement. 

c.b. A______ persiste dans ses conclusions, si ce n'est que la part des frais de 
première instance à mettre à charge des prévenus était de CHF 47'840.- (hors 
émolument de jugement) et celle à reporter sur l'autre procédure de CHF 2'033.80.  

Les trois prévenus étaient trois jeunes gens bien bâtis dont il n'était pas crédible qu'ils 
aient pu avoir peur de lui. Il était impossible que C______ n'eût pas perçu les armes 
de ses comparses. Tous trois étaient venus pour lui "faire la peau". Contrairement à 
ce qu'il prétendait, C______ n'était pas resté en retrait, ce qui serait au demeurant 
aussi en contradiction avec le prétendu rôle de médiateur. Les premiers juges avaient 
à juste titre retenu une tentative de contrainte à l'encontre de ce protagoniste 
également. E______ avait admis avoir tiré, à bout portant, à trois reprises. Rien ne 
permettait de retenir qu'il avait visé le bas du corps. Au contraire, il avait ciblé la 
partie centrale, qu'il avait atteinte, étant rappelé qu'une des plaies se situait au niveau 
de la hanche. Ce coup avait nécessairement été le premier, puisque A______ n'était 
pas tombé. Il n'était donc pas encore en position de défense et E______ l'avait 
tranquillement visé. Il n'était pas crédible que les deuxième et troisième tirs aient pu 
partir "tout seuls", car dans ce cas, il y en aurait eu d'autres. H______ était 
nécessairement partie prenante, étant rappelé qu'il était lui-même muni d'une arme 
munitionnée et désassurée et qu'il ne s'était à aucun moment désolidarisé des 
agissements de E______. Pour sa part, C______ était l'organisateur de l'expédition 
punitive. Sa situation était très différente de celle des deux autres hommes, étant 
rappelé qu'il était intégré, avait effectué des études, était apparemment affable mais 
pouvait se montrer autoritaire, comme il résultait de ses contacts avec Q______. Il 

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recherchait des armes, avait engagé des hommes de main. C'était lui qui était en 
contact avec la victime, avait organisé la livraison, proféré des menaces pour obtenir 
le paiement, demandé à M______ de faire passer les messages. Il avait été présent 
lors des deux déplacements alors que les autres n'auraient certainement pas eu besoin 
de quelqu'un pour leur montrer le chemin, a fortiori pour le second déplacement. Il 
avait forcément vu les armes, étant souligné que, selon lui, on pouvait voir sur une 
image H______ en train de glisser le pistolet dans la ceinture de son pantalon, dans 
le dos sous les yeux de C______. Vu la proximité d'une trajectoire de tirs avec son 
artère fémorale, il fallait retenir que les trois hommes avaient nécessairement accepté 
une issue fatale. 

Le montant de CHF 25'000.- avant réduction pour faute concomitante était 
particulièrement bas, eu égard aux souffrances subies. Par ailleurs, il n'y avait pas 
lieu à réduction, dès lors que la vicitme avait, au plus, commis une faute légère, en 
disproportion manifeste avec la faute très grave des auteurs. 

Les premiers juges avaient également à tort procédé à une répartition ex aequo et 
bono des frais entre les deux procédures désormais disjointes, la plupart des postes 
énumérés dans le bordereau du MP pouvant être reliée à un complexe de faits précis.  

c.c. Persistant dans ses conclusions en acquittement, C______ s'étonnait du 
changement de conviction du MP, celui-ci ayant commencé par classer le reproche 
de tentative de meurtre le concernant, persistant devant la Chambre pénale de 
recours. On voulait faire de lui une tête de réseau alors qu'il n'avait fait qu'accepter de 
servir d'intermédiaire dans une affaire de vente de véhicules. Les prétendues menaces 
évoquées par A______ n'étaient pas prouvées, les SMS n'ayant pas été retrouvés. Il 
n'y avait que la parole de la victime, dont la crédibilité était mauvaise, aucun élément 
du dossier ne permettant de retenir la moindre pression à sa charge. Il n'aurait pas 
couru le risque de venir avec sa propre voiture, sachant qu'il serait ainsi aisément 
identifiable. Certes, il y avait eu un projet de transaction portant sur des armes avec 
Q______ qui n'avait pas abouti. C______ pouvait tout au plus craindre que A______ 
n'essuie quelques claques, soit des voies de fait. On ne pouvait lui reprocher de ne 
pas avoir empêché E______ de tirer car il ne pouvait rien faire. Il avait été trahi par 
les deux autres, ce qui se comprenait bien de ses propos avec Q______ lors de la 
première conversation après les évènements. Il fallait aussi tenir compte de sa 
personnalité : il était un "garçon bien", sans antécédent, mais il avait grandi dans "un 
quartier", et avait parfois un peu tendance à se mettre en avant. Il restait qu'il n'y 
avait qu'une tentative de médiation, qui avait mal tourné. 

c.d. E______ persiste également dans ses conclusions et regrette que le MP ne cesse 
de changer d'avis, étant rappelé qu'il avait initialement annoncé appel uniquement en 
ce qui concernait C______. On ne pouvait ainsi jouer avec les sentiments des 
prévenus. On ne pouvait pas davantage scénariser les faits au lieu de se tenir aux 

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éléments du dossier. Juridiquement, seules des lésions corporelles simples aggravées 
pouvaient lui être reprochées, en sus de la tentative de contrainte, reconnue. Il était 
en effet établi que la trajectoire de ces tirs allait du haut vers le bas, ce qui confirmait 
ses déclarations selon lesquelles il avait visé les jambes et la thèse du genou qui avait 
arrêté une balle visant l'abdomen était irréaliste. P______ existait bel et bien et 
s'agissant d'un bandit N______, il était crédible que E______ en eût peur. Confronté 
au refus de A______ de payer, il s'était senti acculé. Les trois hommes étaient venus 
alors qu'il faisait encore jour, le visage découvert, dans la voiture de C______. Il 
n'avait ainsi pris aucune mesure pour ne pas être identifié ce qui contrastait avec 
l'idée d'une expédition à des fins homicides. Leur comportement avait été grave, mais 
rien ne permettait de retenir qu'il voulait faire davantage que blesser. D'ailleurs, 
E______ s'était rendu et avait reconnu être l'auteur des tirs alors qu'il ignorait qu'il y 
avait des images l'incriminant, ce qui confortait la sincérité de ses déclarations. En ce 
qui concernait les lésions causées, les pièces produites dataient de plus d'un an et la 
situation de la victime n'avait pu être actualisée, celle-ci ayant refusé de comparaître. 
Il n'était donc pas établi que les séquelles étaient suffisamment durables pour justifier 
la qualification juridique de lésions corporelles graves. 

E______ n'avait été qu'un pion dans un trafic de voitures volées puis avait été 
instrumentalisé par des tiers qui se servaient de la misère des gens. Il avait été 
provoqué par le comportement de la victime. La période pénale avait été brève. Il 
n'était pas installé dans la criminalité. Il avait fait acte de repentir sincère, puisqu'il 
aurait pu prendre la fuite, sachant que ses comparses avaient été arrêtés. Au lieu de 
cela, il s'était rendu. Ainsi qu'il avait déclaré, il avait mis de côté CHF 1'000.- sur son 
pécule, qu'il destinait à la victime. Il avait agi sous l'effet des menaces graves de 
P______. Il s'imposait ainsi de prononcer une peine clémente. 

c.e. H______ conclut au rejet des appels le concernant. Il n'avait certes payé à la 
victime que CHF 200.- à ce jour, mais c'était déjà cela, vu sa situation et étant 
rappelé que la somme totale mise à sa charge était de CHF 1'500.-. A______, qui 
faisait preuve de désinvolture devant les autorités de jugement, n'ayant pas déféré en 
mandat de comparution, avait menti tout au long de la procédure. Il était vrai qu'il y 
avait un plan, H______ l'avait admis : il consistait à obtenir le paiement de ce qui 
était dû en faisant peur à A______, au besoin par l'exhibition des armes. Il n'était en 
revanche pas prévu d'ouvrir le feu et les agissements de E______ à ce titre ne 
pouvaient être imputés à H______. D'ailleurs, le MP lui reprochait de ne pas avoir 
empêché les tirs mais qu'aurait-il pu faire ? Il fallait rappeler, au sujet de la fameuse 
phrase "pour 3'000.- je tue", que A______ ne l'avait évoquée que plusieurs mois 
après les faits, lors de son audition du 15 octobre 2015. C______ avait confirmé 
l'avoir entendue à une unique reprise mais il s'était par la suite rétracté. 

Une infraction de mise en danger ne pouvait pas davantage lui être attribuée, étant 
rappelé que rien ne prouvait que l'arme était désassurée avant son tir, à l'extérieur, 
survenu dans la panique. 

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D. a. C______, de nationalité ______, est né le ______ 1987 à T______, en France. 
Titulaire d'un baccalauréat et d'un BTS, il a également obtenu un diplôme de ______ 
en 2009 et a désormais réalisé le projet évoqué lors des débats de première instance 
de se relancer dans cette activité ; il indique en effet travailler depuis janvier 2018 
pour le compte d'un ______, à titre indépendant, ce qui devrait, selon ses estimations, 
lui permettre de stabiliser ses revenus à raison de EUR 1'400.- à 1'500.- par mois. 

 Au moment des faits, il était sans emploi, aidé par sa famille et son amie intime, 
domiciliée à Genève.  

Selon l'extrait de son casier judiciaire suisse, C______ n'a pas d'antécédent.  

b. H______ est originaire [de] ______, où il est né le ______ 1991 et a obtenu  un 
diplôme d'une école professionnelle de ______, avant de rejoindre son père en 
France en 2013, à l'âge de 22 ans, y travaillant clandestinement, dans le domaine [de] 
______. En détention, il a suivi des formations en ______. A sa libération, il n'a pu, 
apparemment pour des motifs d'ordre financier, devant aider des proches, 
commencer un apprentissage de ______ et s'est remis à travailler dans [le domaine 
de] ______. Il s'est pacsé et indique que lui-même et sa compagne réalisent des 
revenus mensuels de l'ordre de EUR 1'000.- à 1'200.- chacun. 

H______ a versé CHF 200.- à la victime, sur les CHF 1'500.- mis à sa charge, étant 
rappelé qu'il y avait acquiescé. 

Selon l'extrait de son casier judiciaire suisse, il n'a pas d'antécédent. 

c. E______ est également originaire [de] _______. Il est né le ______ 1991 et s'est 
installé à N______ en 2010, y rejoignant son frère et y travaillant "au noir", dans le 
domaine de _______.  

Selon ses déclarations aux débats d'appel, son projet de se marier, ce qui lui 
permettrait de régulariser sa situation, est toujours d'actualité même si sa fiancée n'a 
pu lui rendre visite durant sa détention, en raison d'un déménagement à 600 km de 
Genève et tant elle que son père étant atteints d'un cancer.  

Il indique avoir économisé CHF 1'000.- sur son pécule, destinés à la victime, mais 
n'avoir pas encore pu les verser, en raison de difficultés administratives liées à son 
transfert à [l'établissement pénitencier] F______. Il entend faire des paiements 
réguliers à l'avenir. 

S'agissant de ses antécédents judiciaires, E______ a été condamné le 18 septembre 
2012, par ______ [le MP d'un autre canton suisse], à une peine pécuniaire de 

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15 jours-amende à CHF 30.-, avec sursis et délai d'épreuve de 2 ans, pour entrée 
illégale au sens de l'art. 115 al. 1 let. a LEtr, ainsi qu'à une amende de CHF 150.-. 

Il a également été condamné en France, en février et mars 2015, à des peines 
d'amende, pour des infractions routières.  

E. a. L'état de frais de Me D______, défenseur d'office de C______ évoque, pour la 
procédure d'appel, quatre entretiens avec le client, dont un également avec son 
défenseur privé français, d'une durée totale de cinq heures et quatre heures et 30 
minutes d'examen du dossier et préparation des débats d'appel. 

 Par télécopie du 4 juin 2018, C______ avait fait savoir qu'il constituait un défenseur 
privé aux côtés de son défenseur d'office. Les deux avocats étaient présents aux 
débats d'appel. 

 b. Me I______, avocate d'office de H______ comptabilise, en appel, huit heures 
d'opérations en vue des débats et un entretien avec le client d'une heure 30. 

 c. Me G______, défenseure d'office de E______ indique avoir rendu à trois reprises 
visites à son client à la prison et consacré 12 heures et 15 minutes à l'analyse du 
jugement et à la préparation de l'audience d'appel. 

 d. Me B______, conseil juridique gratuit de A______ facture trois rendez-vous avec 
son client,  d'une durée totale de trois heures et 15 minutes plus des opérations pour 
un temps total de 13 heures et 30 minutes dont trois heures pour la rédaction de la 
déclaration d'appel et réquisitions de preuve, l'"analyse des deux appels joints et 
réquisitions de preuves sollicitées par les autres parties", l'élaboration de 
déterminations sur lesdites réquisitions de preuve (soit un courrier de deux pages), 
l'établissement d'un bordereau de pièces et la consultation du dossier au greffe, 
durant 30 minutes. Selon le décompte produit, le travail sur la plaidoirie a commencé 
le 7 juin 2018. 

 Pour des raisons de santé, cette avocate a dû être remplacée aux débats par son 
confrère Me V______, lequel a facturé, à compter du 7 juin 2018, quatre entretiens 
avec elle, pour un temps total de six heures et 15 minutes, plus la préparation de 
l'audience par neuf heures. 

 e.a. L'activité de chaque défenseur d'office/conseil juridique gratuit telle 
qu'indemnisée par le Tribunal correctionnel dépasse les 30 heures. 

 e.b. Les débats d'appel ont duré six heures et 30 minutes.   

 

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EN DROIT : 

1. Les appels et appels joints sont recevables pour avoir été interjetés et motivés selon 
la forme et dans les délais prescrits (art. 398 et 399 ainsi que 400 al. 3 let. b et 401 du 
Code de procédure pénale du 5 octobre 2007 [CPP ; RS 312.0]). 

2. 2.1. Le principe in dubio pro reo, qui découle de la présomption d'innocence, 
garantie par l'art. 6 ch. 2 CEDH et, sur le plan interne, par les art. 32 al. 1 de la 
Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. ; RS 101) et 
10 al. 3 CPP, concerne tant le fardeau de la preuve que l'appréciation des preuves. 

En tant que règle sur le fardeau de la preuve, ce principe signifie qu'il incombe à 
l'accusation d'établir la culpabilité de l'accusé, et non à ce dernier de démontrer son 
innocence. Il est violé lorsque le juge rend un verdict de culpabilité au seul motif que 
l'accusé n'a pas prouvé son innocence ; lorsqu'il résulte du jugement que, pour être 
parti de la fausse prémisse qu'il incombait à l'accusé de prouver son innocence, le 
juge l'a condamné parce qu'il n'avait pas apporté cette preuve (ATF 127 I 38 consid. 
2a p. 40 et les arrêts cités) ou encore lorsque le juge condamne le prévenu au seul 
motif que sa culpabilité est plus vraisemblable que son innocence (arrêts du TF 
6B_1145/2014 du 26 novembre 2015 consid. 1.2 et 6B_748/2009 du 2 novembre 
2009 consid. 2.1). 

Comme principe présidant à l'appréciation des preuves, la présomption d'innocence 
est violée si le juge du fond se déclare convaincu de faits défavorables à l'accusé sur 
lesquels, compte tenu des éléments de preuve qui lui sont soumis, il aurait au 
contraire dû, objectivement, éprouver des doutes. Il ne doit pas s'agir de doutes 
abstraits ou théoriques, qui sont toujours possibles, une certitude absolue ne pouvant 
être exigée. Ces principes sont violés lorsque l'appréciation objective de l'ensemble 
des éléments de preuve laisse subsister un doute sérieux et insurmontable quant à la 
culpabilité de l'accusé, autrement dit lorsque le juge du fond retient un état de fait 
défavorable à l'accusé alors qu'il existe un doute raisonnable quant au déroulement 
véritable des événements (ATF 138 V 74 consid. 7 p. 82 ; ATF 127 I 38 consid. 2a 
p. 41 ; ATF 124 IV 86 consid. 2a p. 87 s. ; arrêt du TF 6B_1015/2016 du 27 octobre 
2017 consid. 4.1). 

2.2. L'appréciation des éléments du dossier, telle qu'explicitée ci-après, conduit à 
établir les faits de la façon suivante : 

2.2.1. Il convient tout d'abord de souligner que les quatre protagonistes ne jouissent 
que d'une crédibilité très limitée, tant ils ont varié dans leurs explications, les 
adaptant au fur et à mesures des déclarations des autres intervenants ou face aux 
éléments objectifs issus de l'enquête.  

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Ainsi l'appelant A______, très réticent d'ailleurs à être entendu, a commencé par 
affirmer avoir été agressé parce qu'il refusait de payer le prix d'un moteur défectueux, 
pour lequel il avait exigé une facture et qu'il ne connaissait, à peine, que l'un des trois 
agresseurs, soit l'appelant joint C______, puis a dû concéder que l'objet livré était 
une voiture, dont il s'est avéré qu'elle avait été volée, et que le lieu de la remise se 
trouvait de l'autre côté de la frontière. Il a alors prétendu qu'il était censé en extraire 
le moteur – en pleine rue  ? – la voiture étant ensuite récupérée par le(s) 
fournisseur(s) à l'aide d'une remorque, ce qui est absurde, qu'on envisage ce récit du 
point de vue de l'acquéreur du moteur, censé ignorer que la voiture était de 
provenance illicite alors que les circonstances indiquaient clairement le contraire, que 
de celui des vendeurs, les risques que ce manège compliqué ne fût repéré à un 
moment ou un autre pas la police étant nombreux. L'appelant a également dû 
admettre qu'il connaissait les trois hommes.  

L'appelant C______ a commencé par prétendre avoir agi sous la contrainte exercée 
par ses deux comparses, avant de se présenter comme un "médiateur", tout en 
montrant une certaine inconstance s'agissant des motifs qui l'auraient conduit à 
endosser ce rôle : sa nature altruiste, son sens des responsabilités, parce qu'il avait 
fait les présentations ou encore un "échange de bons procédés" dont il n'a cependant 
pas explicité quelle était son bénéfice. Il a plaqué son discours sur celui de ses 
comparses lorsque ceux-ci ont évoqué P______, qu'il n'avait pas mentionné 
auparavant. De surcroit, il peut être déduit des échanges entre cet appelant joint et 
Q______ ainsi que des déclarations de l'intéressé lui-même qu'il est disposé à 
tremper dans des affaires douteuses – blanchiment, acquisition d'armes – et qu'il a 
une propension à la vantardise – on songe, outre à ses allusions complaisantes à son 
altruisme, au fait qu'il aurait été fâché en apprenant que l'objet du litige n'était que de 
EUR 3'000.-, qu'il aurait pu payer de sa poche, pour éviter tous ces problèmes, ou au 
"bluff" lors de la conversation téléphonique du 6 août 2015 à 16:01 –. 

L'appelant joint E______ et l'intimé H______ ont commencé par présenter une 
version concertée des faits, selon laquelle l'arme en possession du second avait été 
arrachée à l'appelant A______, qui l'en menaçait puis avait tenté de le poignarder à 
l'aide d'un tournevis. Ils ont initialement nié l'existence du conducteur de la voiture le 
soir des faits puis ont donné des explications invraisemblables sur les motifs de sa 
présence – en quoi vaudrait-il la peine de se déplacer de la région N______ jusqu'à 
Genève pour fréquenter des prostituées ? –, à l'instar de l'appelant joint C______, 
alors qu'il est évident, à voir les images de vidéosurveillance, que cet individu en 
savait suffisamment pour jouer un rôle de guet et d'aide à une fuite rapide. Comme 
cela sera encore développé par la suite, l'appelant joint E______ a par ailleurs 
continué de donner des explications confuses sur le motif qui les avaient conduits à 
se rendre armés, le 5 août 2015 au garage du débiteur. 

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Les quatre protagonistes avaient un intérêt à mentir, les trois prévenus aux fins de 
leur défense, et l'appelant A______ parce que, comme il sera discuté ci-après, il est 
clair qu'il a trempé dans un trafic illicite portant sur au moins une voiture volée. 

Vu cette crédibilité très limitée, il ne faudra tenir compte qu'avec beaucoup de 
prudence des déclarations des uns et des autres, en les confrontant aux éléments du 
dossier ou en en pesant soigneusement la vraisemblance. 

2.2.2. Il peut être tenu pour établi, les déclarations étant convergentes à cet égard, 
que l'appelant A______ a connu les prévenus E______ et H______ par le truchement 
de l'appelant joint C______.  

2.2.3. Il est en outre hautement vraisemblable que la transaction portant sur la 
L______ a été précédée de celle relative à un véhicule O______ relatée par les 
convoyeurs et confirmée par l'appelant joint C______. Certes, il n'y a pas de preuve 
matérielle de cette première occurrence mais on ne voit pas pour quel motif les trois 
protagonistes, dont le récit est cohérent et plausible à cet égard, en auraient rajouté, 
se présentant ainsi, à tout le moins l'appelant joint E______ et l'intimé H______, 
comme davantage impliqués dans un trafic. Quoi qu'il en soit, la question peut rester 
ouverte, dès lors qu'elle n'a pas d'influence sur les questions à trancher. 

2.2.4. La thèse selon laquelle l'appelant A______  n'a pas acquis une voiture dont il 
devait nécessairement se douter qu'elle était volée, mais un moteur moyennant 
facture en bonne et due forme ne résiste pas à l'examen. Aux motifs déjà évoqués ci-
dessus, au chapitre de la crédibilité du garagiste, s'ajoute que les déclarations des 
trois autres intervenants sont concordantes et que leur récit est confirmé par les 
éléments du dossier, notamment les rétroactifs téléphoniques ayant permis de retracer 
leur parcours dans la nuit du 23 juillet 2015 et le rapport concernant la saisie de la 
voiture par la gendarmerie française, ce qui parait expliquer le refus de l'acquéreur de 
payer le prix convenu. En toute hypothèse, même s'il ne s'était agi que d'extraire le 
moteur de la voiture, version non retenue, celui-ci n'en aurait pas moins été de 
provenance délictuelle, ce que l'intéressé savait nécessairement, vu les circonstances. 

2.2.5 Entre le 23 juillet 2018 et le début du mois d'août l'appelant joint C______ est 
intervenu à moult reprises auprès de l'appelant A______ pour exiger le paiement que 
celui-ci refusait. S'il n'est pas établi que des menaces de mort ont été proférées, il 
reste que l'appelant joint C______ a dû se montrer pressant, l'avertissement, admis, 
selon lequel il ne fallait pas le prendre pour un "petit banlieusard de ______" étant 
lourd de sous-entendus. Le nombre important des contacts est également significatif. 
Il y a ensuite eu l'expédition, vaine, la victime étant absente, du 4 août 2015, réitérée 
le lendemain, et entre ces deux déplacements, dans la voiture et aux frais du 
"médiateur" ou prétendu tel, la mise en œuvre de M______. Contrairement à ce qu'il 

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a affirmé, l'appelant joint C______ n'était nullement en retrait le 5 août 2015, selon 
les images de vidéo surveillance. 

Il s'ensuit que l'appelant joint C______ a été très actif, ne ménageant ni ses efforts, ni 
son temps, ni son argent et n'hésitant pas à même faire appel à un tiers, en vue du 
paiement de la somme réclamée par ses coprévenus. Il y a plus encore, puisque les 
rétroactifs téléphoniques ont démontré qu'il était resté impliqué après avoir fait les 
présentations, ayant été présent lors de la livraison de la L______, et que c'est 
d'ailleurs lui qui a appelé l'appelant A______ pour signaler que les convoyeurs et lui 
étaient arrivés. Ce n'est que confrontés à cette réalité que les prévenus ont concédé 
que l'appelant joint C______ était présent ce jour-là, expliquant qu'il avait accepté de 
rendre service, parce que la voiture avec laquelle les convoyeurs devaient rentrer 
était en panne. Il n'est cependant pas crédible qu'alors qu'il venait de rentrer de 
Genève, ce dernier aurait accepté de reprendre la route, à ses frais, sans contrepartie, 
d'autant plus qu'il apportait son concours à une opération comportant quelques 
risques, s'agissant de la livraison d'un véhicule volé.  

Vu ce rôle très actif joué par l'appelant C______, il n'est pas soutenable qu'il n'ait été 
qu'un intermédiaire ayant mis les parties en contact, puis un ami qui rendait service, 
enfin un médiateur désintéressé. A tout le moins, l'intense activité qu'il a déployée 
démontre qu'il était aussi résolu que ses comparses à obtenir le paiement de la 
somme de EUR 3'000.-.  

2.2.6. Comme retenu par les premiers juges, au plus tard à compter du 4 août 2015, 
lorsque A______ a clairement déclaré au téléphone qu'il ne paierait pas, refus réitéré 
à M______ dépêché par l'appelant joint C______ le jour même des faits, les trois 
prévenus savaient que celui-ci n'entendait pas obtempérer. En se rendant ensemble au 
garage, tous trois voulaient donc exercer une pression propre à contraindre 
néanmoins le débiteur à payer. L'appelant joint C______ l'a d'ailleurs concédé, 
admettant qu'il pensait que l'appelant A______ pourrait essuyer des claques, et 
l'intimé H______ l'a clairement admis, convenant que les armes dont lui-même et 
son ami E______ s'étaient munis étaient destinées à être exhibées pour effrayer le 
récalcitrant. 

2.2.7. En prolongement, la CPAR ne partage en revanche pas l'opinion des premiers 
juges selon lesquels il n'y aurait pas assez d'éléments au dossier pour retenir que 
l'appelant C______ savait que ses co-prévenus étaient armés. Le fait qu'il était 
difficile de dissimuler des pistolets glissés dans une ceinture de pantalon, sous de 
simples T-shirt, comme développé par le MP et la partie plaignante, n'est certes qu'un 
indice. S'y ajoute cependant le fait qu'il n'est pas crédible que, ayant décidé de venir à 
Genève pour obtenir le paiement et ayant fait ensemble le trajet, les trois – quatre si 
l'on compte le chauffeur – hommes n'aient pas discuté de la façon dont ils allaient 
procéder, et notamment des moyens à disposition pour faire efficacement pression, 

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étant souligné que l'intimé H______ a admis qu'au nombre de ses moyens figurait 
l'exhibition des armes. Cela est d'autant moins crédible qu'il est établi par les écoutes 
téléphoniques, ainsi qu'en partie par les déclarations de l'appelant joint E______, 
qu'il y a eu un crochet et une halte de près d'une heure à W______ [France], afin de 
permettre à l'appelant C______ de se procurer également une arme, projet qui a 
échoué parce que le fournisseur n'est pas venu, ou pas à temps, au rendez-vous. A la 
lumière de ces éléments, il s'impose de retenir que l'appelant C______ savait que ses 
comparses étaient armés. 

2.2.8. Même sous le prisme de la présomption d'innocence, il ne saurait être tenu 
pour avéré que l'appelant joint E______ et l'intimé H______ ont agi par peur d'une 
figure du banditisme N______, en la personne de P______. Des indices tendant à 
étayer leurs allégations ont été recherchés, en vain. On sait que les deux hommes se 
sont concertés avant leur première audition et il est particulièrement significatif que 
l'appelant joint C______ n'ait pas du tout évoqué le prétendu P______ avant que ses 
comparses ne le fassent. Comme souligné par les premiers juges, il est peu plausible 
qu'après avoir menacé de son arme l'appelant joint E______, ce gangster aurait 
changé d'avis, et lui aurait remis son arme, ainsi qu'un second pistolet à l'intimé 
H______, sans crainte que ceux-ci ne se retournent contre lui.  D'ailleurs, aux dires 
de l'appelant joint E______, P______ l'aurait armé pour qu'il se défende et non pour 
qu'il récupère ce qui lui était dû, ce qui est particulièrement inconsistant, puisqu'on 
imagine mal ce bandit se préoccuper du sort des deux hommes qu'il connaissait à 
peine et venait de maltraiter. 

Au demeurant, selon le récit de l'appelant joint E______, il serait venu armé pour se 
défendre de l'appelant A______, non pour obtenir l'argent, et il aurait tiré parce qu'il 
avait été insulté ou verbalement agressé par celui-ci, toutes circonstances qui sont 
sans lien avec la prétendue contrainte exercée par P______. 

2.2.9. Pour autant, il y a eu un quatrième homme, en la personne du chauffeur, 
demeuré inconnu. Si la nature exacte de son implication n'a pu être élucidée, faute de 
collaboration de la part des prévenus, cet homme était nécessairement mêlé aux faits, 
vu le rôle qu'il a tenu le 5 août 2015, documenté en images, et les dénégations 
mensongères, suivies d'explications fantaisistes des trois prévenus à son sujet. 

2.2.10. La thèse selon laquelle le prévenu H______ ignorait que son arme était 
chargée ne résiste pas à l'examen. Peu importe comment ils se sont procurés les 
armes, les prévenus E______ et H______ ont nécessairement du décider s'ils 
souhaitaient qu'elles fussent chargées ou non, et donc soit les charger eux-mêmes, 
soit au moins en vérifier l'état.  

En revanche, il est difficile d'affirmer que l'intimé H______ a désassuré son arme 
déjà lors de la confrontation avec la partie plaignante, seuls les dires de cette dernière 

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semblant aller en ce sens. Face à la crédibilité limitée des deux protagonistes, il 
convient d'accorder le bénéfice du doute au prévenu. Il sera partant retenu que celui-
ci a désassuré l'arme avant de tirer en l'air, à l'extérieur du garage, durant la fuite. 

2.2.11. Toutes les parties s'entendent pour dire que seuls quelques mots ont été 
échangés, au cours desquels l'appelant A______ a réitéré son refus de payer, avant 
que l'appelant joint E______ ne fasse feu sur la victime et qu'il n'a pas tiré aux fins 
d'obtenir le paiement, les trois agresseurs prenant la fuite sans plus rien demander, ni 
à la victime, ni par exemple à sa femme, pourtant présente. 

2.2.12. Selon la partie plaignante, qui n'a pourtant pas épargné les prévenus, 
l'appelant C______ a semblé surpris par les tirs. Cet étonnement est perceptible lors 
du récit de l'intéressé à Q______ à 21:01, peu après les faits, les mots "c'est parti en 
couille" marquant clairement qu'il y avait eu un dérapage, un imprévu. Aussi, faut-il 
retenir qu'il ne faisait pas partie du plan convenu d'aller jusqu'à tirer sur la victime. 

2.2.13. Reste à déterminer quelle était l'intention de l'appelant joint E______ lorsqu'il 
a néanmoins tiré, s'écartant ainsi du plan. 

Deux indices d'une volonté homicide pourraient être identifiés : 

Tout d'abord, les mots "pour 3'000.-, moi je tue" ont probablement bel et bien été 
prononcés, dès lors qu'ils ont été relatés non seulement par la victime mais aussi, 
certes à une seule reprise, par l'appelant C______, devant le MP, de sorte que ses 
explications selon lesquelles ces mots auraient été mis dans sa bouche par la police 
tombent à faux. Ensuite, il y a la multiplication des coups de feu, l'hypothèse selon 
laquelle le deuxième et le troisième coups seraient "partis tous seuls" s'agissant d'un 
pistolet automatique, n'étant guère crédible : outre le fait que, comme plaidé, il y 
aurait alors probablement eu d'autres balles encore, il reste qu'il faut appuyer sur la 
détente pour que le tir parte. 

Le premier de ces indices n'est cependant que très faible, dans la mesure où les 
propos incriminants ont très bien pu accompagner l'exhibition des armes, dans 
l'objectif de faire pression sur la victime afin qu'elle paie, sans pour autant traduire 
une volonté réelle. 

Il est indéniable que les quatre trajectoires de tir vont toutes du haut en bas et il faut 
admettre avec la défense de l'appelant joint E______ que la thèse selon laquelle 
l'abdomen de la victime aurait été visé mais la balle interceptée par le réflexe 
salvateur par lequel celle-ci a levé sa jambe, ne repose sur aucun élément 
scientifique. Il est vrai que l'un des orifices d'entrée se situe au niveau de la surface 
latérale de la hanche droite, mais cela ne signifie pas que c'était l'abdomen qui était 

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visé, étant rappelé que la trajectoire concernée va, comme les autres, vers le bas, et 
que le tir est venu de l'arrière.  

Lors de sa conversation précitée avec Q______, l'appelant C______ s'est écrié que 
ses amis avaient tiré dans les jambes de la victime, voire dans ses fesses ou le bas du 
dos, précisant, lors de l'appel suivant, qu'ils lui avaient brisé les deux rotules, de sorte 
qu'elle ne marcherait plus. 

Le motif qui a poussé l'appelant joint E______ à faire feu demeure obscur. La thèse 
des menaces de P______ a été écartée, et de toute façon, on ne voit pas en quoi le fait 
de revenir bredouille mais avec la nouvelle que l'appelant A______ avait été blessé 
ou tué aurait pu satisfaire ce dernier. Il n'est pas non plus crédible que l'appelant joint 
E______ aurait pu être à ce point effrayé par de prétendues menaces de la victime 
pour l'amener à se protéger en faisant feu. Dans le contexte, on peut tout au plus 
imaginer que l'intéressé a tiré sous le coup de la colère ou pour se venger, parce que 
la victime ne cédait pas à la pression. Dans cette optique, l'hypothèse que l'appelant 
joint E______ a voulu faire mal, en visant les jambes, est plus plausible que celle 
selon laquelle il se serait résolu à l'extrémité consistant en l'élimination pure et 
simple d'un autre être humain. 

En définitive, les éléments en faveur de l'intention homicide sont maigres. Ils se 
heurtent notamment au constat objectif que les trajectoires de tir allaient de haut en 
bas. Conformément au principe in dubio pro reo, il faut donc retenir la thèse la plus 
favorable à la défense, soit que l'appelant joint E______ a voulu blesser la victime 
aux jambes. 

2.2.14. L'intimé H______ a également sorti son arme, dont il savait qu'elle était 
chargée, à l'intérieur du garage, en présence notamment de la victime. 

2.2.15. En ce qui concerne la nature des lésions, il faut tout d'abord souligner que l'un 
des projectiles est passé à une très grande proximité, soit quelques millimètres, de 
l'artère fémorale. Pour le surplus, la nature des lésions et leurs conséquences est 
attestée par de nombreuses pièces. Si la victime n'a pas produit de pièces 
documentant son état de santé au jour les débats d'appel, et n'a pas comparu malgré le 
refus de dispense, ce qui aurait permis de l'interroger sur ce point notamment, il 
demeure qu'elle a dû subir plusieurs interventions chirurgicales, dans l'urgence, une 
double hospitalisation et une longue rééducation. Elle a souffert d'un stress post-
traumatique. 18 mois à près de deux ans après les faits, elle n'avait toujours pas 
totalement récupéré l