# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f98ee0c4-8e3e-5960-b010-bc5ca025b029
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2015-10-02
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 02.10.2015 E-6141/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-6141-2015_2015-10-02.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour V 

E-6141/2015 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  2  o c t o b r e  2 0 1 5  

Composition 
 William Waeber, juge unique,  

avec l'approbation de Yanick Felley, juge ; 

Sofia Amazzough, greffière. 

   

Parties 
 A._______, née le (…), 

Erythrée,  

alias A._______, née le (…), 

Erythrée,  

alias A._______, née le (…), 

sans nationalité, 

(…), 

recourante,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile (non-entrée en matière / procédure Dublin) et renvoi ; 

décision du SEM du 14 septembre 2015 / N (…). 

 

 

 

E-6141/2015 

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Vu 

la demande d'asile déposée en Suisse par A._______ le 15 juin 2015, 

l'audition sur les données personnelles (audition sommaire) du 26 juin 

2015, lors de laquelle l'intéressée a déclaré avoir quitté son pays d'origine 

en novembre 2014, avoir été secourue en mer, prise en charge par les 

autorités italiennes, enregistrée par celles-ci puis transférée dans un camp 

d'accueil à Milan, dans lequel elle aurait séjourné un jour avant de rejoindre 

clandestinement la Suisse,  

le droit d'être entendu accordé, le même jour, sur le prononcé éventuel 

d'une décision de non-entrée en matière à son encontre, ainsi que sur son 

éventuel transfert vers l'Italie, pays potentiellement responsable pour traiter 

sa demande d'asile, 

la requête aux fins de prise en charge, introduite en application de l'art. 13 

par. 1 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil 

du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de 

l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection 

internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant 

de pays tiers ou un apatride (refonte), JO L 180/31 du 29.6.2013 

(ci-après : règlement Dublin III), adressée par le SEM aux autorités 

italiennes compétentes, le 9 juillet 2015, requête à laquelle il n'a pas été 

répondu, 

la décision du 14 septembre 2015, notifiée le 22 septembre 2015, par 

laquelle le SEM, se fondant sur l'art. 31a al. 1 let. b LAsi (RS 142.31), n'est 

pas entré en matière sur la demande d'asile, a prononcé le renvoi (recte : 

transfert) de l'intéressée vers l'Italie et a ordonné l'exécution de cette 

mesure, constatant l'absence d'effet suspensif à un éventuel recours, 

le recours interjeté, le 29 septembre 2015, contre cette décision, 

les demandes d'octroi de l'effet suspensif, de dispense du paiement d'une 

avance sur les frais de procédure présumés et d'assistance judiciaire totale 

dont il est assorti,  

la réception du dossier de première instance par le Tribunal administratif 

fédéral (ci-après : le Tribunal), le 1er octobre 2015, 

 

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et considérant 

que le Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les 

décisions au sens de l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à 

l'art. 33 LTAF, 

qu'en particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile 

peuvent être contestées devant le Tribunal, lequel statue alors 

définitivement, sauf demande d'extradition déposée par l'Etat dont le 

requérant cherche à se protéger (art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi 

de l'art. 105 LAsi, et art. 83 let. d ch. 1 LTF), exception non réalisée en 

l'espèce, 

que le Tribunal est donc compétent pour statuer sur la présente cause, 

que la procédure devant le Tribunal est régie par la PA, pour autant que ni 

la LTAF (art. 37 LTAF) ni la LAsi (art. 6 LAsi) n'en disposent autrement, 

que l'intéressée a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA, applicable par 

renvoi de l'art. 37 LTAF), 

que le recours, interjeté dans la forme (art. 52 al. 1 PA) et le délai (art. 108 

al. 2 LAsi) prescrits par la loi, est recevable, 

que, saisi d'un recours contre une décision de non-entrée en matière sur 

une demande d'asile, le Tribunal se limite à examiner le bien-fondé d'une 

telle décision (ATAF 2012/4 consid. 2.2 ; 2009/54 consid. 1.3.3 ; 2007/8 

consid. 5), 

que, dans le cas d'espèce, il y a lieu de déterminer si le SEM était fondé à 

faire application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, disposition en vertu de laquelle 

il n'entre pas en matière sur une demande d'asile lorsque le requérant peut 

se rendre dans un Etat tiers compétent, en vertu d'un accord international, 

pour mener la procédure d'asile et de renvoi, 

qu'avant de faire application de la disposition précitée, le SEM examine la 

compétence relative au traitement d'une demande d'asile selon les critères 

fixés dans le règlement Dublin III, 

que, s'il ressort de cet examen qu'un autre Etat est responsable du 

traitement de la demande d'asile, le SEM rend une décision de non-entrée 

en matière après que l'Etat requis a accepté la prise ou la reprise en charge 

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du requérant d'asile, ou s'est abstenu de répondre dans un certain délai 

(art. 22 par. 7 et art. 25 par. 2 du règlement Dublin III), 

qu'aux termes de l'art. 3 par. 1 du règlement Dublin III, une demande de 

protection internationale est examinée par un seul Etat membre, celui-ci 

étant déterminé selon les critères fixés à son chapitre III, 

que la procédure de détermination de l'Etat responsable est engagée, 

aussitôt qu'une demande d'asile a été déposée pour la première fois dans 

un Etat membre (art. 20 par. 1 du règlement Dublin III), 

que dans une procédure de prise en charge (« take charge »), les critères 

énumérés au chapitre III du règlement (art. 8-15) doivent être appliqués 

successivement (principe de l'application hiérarchique des critères de 

compétence, art. 7 par. 1 du règlement Dublin III), 

que pour ce faire, il y a lieu de se baser sur la situation existant au moment 

du dépôt de la première demande dans un Etat membre (principe de 

pétrification ; art. 7 par 2 du règlement Dublin III ; ATAF 2012/4 consid. 3.2 ; 

CHRISTIAN FILZWIESER/ANDREA SPRUNG, Dublin III-Verordnung, Das 

Europäische Asylzuständigkeitssystem, état au 1er février 2014, Vienne 

2014, pt 4 sur l'art. 7), 

qu'en vertu de l'art. 3 par. 2 du règlement Dublin III, lorsqu'il est impossible 

de transférer un demandeur vers l'Etat membre initialement désigné 

comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il 

existe dans cet Etat membre des défaillances systémiques dans la 

procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui 

entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de 

l'art. 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne 

(JO C 364/1 du 18.12.2000, ci-après : CharteUE), l'Etat procédant à la 

détermination de l'Etat responsable poursuit l'examen des critères fixés au 

chapitre III afin d'établir si un autre Etat peut être désigné comme 

responsable, 

que lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur vers un Etat 

désigné sur la base de ces critères ou vers le premier Etat auprès duquel 

la demande a été introduite, l'Etat membre procédant à la détermination 

devient l'Etat responsable, 

que l'Etat responsable de l'examen d'une demande de protection 

internationale en vertu du règlement est tenu de prendre en charge – dans 

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les conditions prévues aux art. 21, 22 et 29 – le demandeur qui a introduit 

une demande dans un autre Etat membre (art. 18 par. 1 pt a du règlement 

Dublin III),  

que, sur la base de l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III (clause de 

souveraineté), chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande 

de protection internationale qui lui est présentée par le ressortissant d'un 

pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu 

des critères fixés dans le règlement, 

qu'en l'occurrence, l'intéressée a déclaré avoir franchi irrégulièrement la 

frontière italienne et avoir été secourue en mer par les autorités de cet Etat, 

avant de rejoindre clandestinement la Suisse (audition sommaire du 26 juin 

2015, p. 5), 

que le 9 juillet 2015, le SEM a soumis aux autorités italiennes compétentes, 

dans le délai fixé à l'art. 21 par. 1 du règlement Dublin III, une requête aux 

fins de prise en charge, fondée sur l'art. 13 par. 1 dudit règlement, 

que, n'ayant pas répondu à cette demande du 9 juillet 2015 dans le délai 

prévu par l'art. 22 par. 1 du règlement Dublin III, l'Italie est réputée l'avoir 

acceptée et, partant, avoir reconnu sa compétence pour traiter la demande 

d'asile de la recourante (art. 22 par. 7 du règlement Dublin III),  

que la l'intéressée conteste ce point au motif qu'elle ne souhaite pas y 

retourner,  

que le règlement Dublin III ne confère pas aux demandeurs d'asile le droit 

de choisir l'Etat membre offrant, à leur avis, les meilleures conditions 

d'accueil comme Etat responsable de l'examen de leur demande d'asile 

(ATAF 2010/45 consid. 8.3, auquel il y a lieu de se référer par analogie), 

que le souhait de la recourante de voir sa demande d'asile traitée en Suisse 

ne remet ainsi nullement en cause la compétence de l'Italie, 

que, partant, l'Italie reste l'Etat responsable du traitement de sa demande 

d'asile, 

que l'intéressée fait valoir, dans son mémoire de recours, qu'en cas de 

transfert en Italie, elle devrait faire face à de grosses difficultés 

économiques et sociales en raison de l'incapacité de ce pays à faire face 

à un grand afflux de requérants d'asile, 

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que l'Italie est liée à la CharteUE et signataire de la Convention du 

4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés 

fondamentales (CEDH, RS 0.101), de la Convention du 10 décembre 1984 

contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou 

dégradants (Conv. torture, RS 0.105), de la Convention du 28 juillet 1951 

relative au statut des réfugiés (Conv. réfugiés, RS 0.142.30) ainsi que du 

Protocole additionnel du 31 janvier 1967 (Prot., RS 0.142.301) et, à ce titre, 

en applique les dispositions, 

qu'ainsi, cet Etat est présumé respecter la sécurité des demandeurs 

d'asile, en particulier leur droit à l'examen, selon une procédure juste et 

équitable, de leur demande, et leur garantir une protection conforme au 

droit international et au droit européen (directive no 2013/32/UE du 

Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative à des 

procédures communes pour l'octroi et le retrait de la protection 

internationale [refonte], JO L 180/60 du 29.6.2013 [ci-après : directive 

Procédure] ; directive no 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil 

du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes 

demandant la protection internationale [refonte], JO L 180/96 du 29.6.2013 

[ci-après : directive Accueil]), 

que cette présomption peut être renversée en présence de défaillances 

systémiques (arrêt de la CourEDH Tarakhel contre Suisse du  4 novembre 

2014, 29217/12 par. 103, 114 et 115 ; M.S.S. contre Belgique et Grèce du 

21 janvier 2011, 30696/09), 

qu'il est notoire que les autorités italiennes connaissent, depuis 2011 

notamment, de sérieux problèmes quant à leur capacité d'accueil des 

requérants d'asile, qui peuvent être confrontés à d'importantes difficultés 

sur le plan de l'hébergement, des conditions de vie, voire de l'accès aux 

soins médicaux suivant les circonstances (notamment Organisation suisse 

d'aide aux réfugiés [OSAR] : Italie, Conditions d’accueil ; Situation actuelle 

des requérant-e-s d’asile et des bénéficiaires d’une protection, en 

particulier celles et ceux de retour en Italie dans le cadre de Dublin, octobre 

2013),  

que cependant, contrairement à la situation en Grèce, la CourEDH a 

expressément admis que la structure et la situation générale du dispositif 

d’accueil en Italie ne sauraient constituer en soi un obstacle à tout renvoi 

de demandeurs d’asile vers ce pays (arrêt de la CourEDH A.S contre 

Suisse du 30 juin 2015, 39350/13 ; Tarakhel contre Suisse précité, par. 114 

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et 115 ; Mohammed Hussein contre Pays Bas et Italie du 2 avril 2013, 

27725/10 ; M.S.S. contre Belgique et Grèce précité), 

que les mesures d'urgence présentées, le 9 septembre 2015, par la 

Commission européenne et approuvées, le lendemain, par le Parlement 

européen, auxquelles la recourante fait référence dans son mémoire de 

recours, ne sont pas de nature à remettre en cause l'appréciation du 

Tribunal à cet égard (voir notamment Résolution du Parlement européen 

du 10 septembre 2015 sur les migrations et les réfugiés en Europe 

[2015/2833/RSP], < www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-

//EP//TEXT+TA+P8-TA-2015-0317+0+DOC+XML+V0//FR >, consulté le 

01.10.2015), 

que, dès lors, l'application de l'art. 3 par. 2 2e alinéa du règlement Dublin III 

ne se justifie pas, 

qu'en application de la clause de souveraineté de l'art. 17 par. 1 du 

règlement Dublin III, le SEM peut décider d'entrer en matière sur une 

demande d'asile même lorsque la Suisse n'est pas l'Etat responsable selon 

les critères du règlement Dublin III, 

qu'il doit le faire lorsque le refus d'entrer en matière heurte la CEDH ou 

d'autres engagements de la Suisse,  

qu'il peut également entrer en matière sur une demande, en application 

des art. 17 par. 1 du règlement Dublin III et de l'art. 29a al. 3 de 

l'ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l'asile relative à la procédure (OA 1, 

RS 142.311), à teneur duquel le SEM peut, pour des raisons humanitaires, 

traiter la demande lorsqu'il ressort de l'examen qu'un autre Etat est 

compétent,  

que lorsque le requérant invoque des circonstances qui font apparaître son 

transfert comme problématique en raison de sa situation personnelle et / ou 

de celle régnant dans le pays de destination du transfert, le SEM doit 

examiner s'il y a lieu d'appliquer la clause de souveraineté, 

qu'à cet égard, il dispose d'un pouvoir d'appréciation qu'il est tenu d'exercer 

conformément à la loi (arrêt du Tribunal E-641/2014 du 13 mars 2015 

destiné à la publication), 

que la recourante fait valoir le non-respect des droits fondamentaux et les 

conditions d'accueil inadéquates des requérants en Italie,  

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qu'en cas de transfert vers ce pays, elle n'aurait pas accès aux services de 

base, tels que l'hébergement, l'alimentation quotidienne et les soins 

médicaux, 

que cette situation de misère ne différerait pas de celle en Erythrée, 

qu'ainsi, un transfert dans cet Etat l'exposerait au risque d'être privée de 

ressources et de connaître des conditions de vie indignes, ce qui 

constituerait une violation de l'art. 3 CEDH, 

que, dans le cas particulier, l'intéressée n'a pas démontré l'existence d'un 

risque concret que les autorités italiennes refuseraient de la prendre en 

charge et de mener à terme l'examen de sa demande de protection, en 

violation de la directive Procédure, 

qu'en outre, elle n'a fourni aucun élément concret susceptible de démontrer 

que l'Italie ne respecterait pas le principe du non-refoulement, et donc 

faillirait à ses obligations internationales en la renvoyant dans un pays où 

sa vie, son intégrité corporelle ou sa liberté seraient sérieusement 

menacées, ou encore d'où elle risquerait d'être astreinte à se rendre dans 

un tel pays, 

qu'elle n'a pas non plus apporté d'indices objectifs, concrets et sérieux 

qu'elle serait elle-même privée durablement de tout accès aux conditions 

matérielles minimales d'accueil prévues par la directive Accueil, 

que n'ayant pas déposé de demande d'asile en Italie, elle n'a pas donné la 

possibilité aux autorités italiennes d'examiner son cas et de lui accorder un 

éventuel soutien,  

qu'au contraire, elle a allégué que dites autorités l'avaient secourue en mer 

et emmenée dans un camp d'accueil à Milan, dans lequel elle aurait 

séjourné un jour et qu'elle aurait quitté afin de rejoindre la Suisse (audition 

sommaire du 26 juin 2015, p. 5), 

que, dans ces conditions, elle ne peut reprocher aux autorités italiennes de 

ne pas l'avoir prise en charge,   

que la présomption de sécurité attachée au respect par l'Italie de ses 

obligations tirées du droit international public et du droit européen n'est 

donc pas renversée, une vérification plus approfondie et individualisée des 

risques n'étant pas nécessaire (FRANCESCO MAIANI / CONSTANTIN 

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HRUSCHKA, Le partage des responsabilités, entre confiance mutuelle et 

sécurité des demandeurs d'asile, in Asyl 2/11, p. 12 ss, spéc. p. 14),  

qu'au demeurant, si – après son retour en Italie – la requérante devait être 

contrainte par les circonstances à mener une existence non conforme à la 

dignité humaine, ou si elle devait estimer que ce pays viole ses obligations 

d'assistance à son encontre, ainsi que la directive précitée, ou de toute 

autre manière porte atteinte à ses droits fondamentaux, il lui appartiendra 

de faire valoir ses droits directement auprès des autorités italiennes en 

usant des voies de droit adéquates (art. 26 directive Accueil), 

que, dans ces conditions, le transfert de la recourante vers ce pays est 

conforme aux engagements de droit international de la Suisse, 

qu'elle n'a pas fait valoir d'autres éléments qui auraient nécessité du SEM 

un examen plus détaillé de sa demande sous l'angle des raisons 

humanitaires au sens de l'art. 29a al. 3 OA 1, 

que le SEM a exercé correctement son pouvoir d'appréciation, en relation 

avec la disposition précitée, 

qu'il a notamment tenu compte de tous les éléments allégués, a motivé sa 

décision, et n'a pas fait preuve d'arbitraire dans son appréciation ni violé le 

principe de la proportionnalité ou de l'égalité de traitement,  

que le Tribunal précise encore qu'il ne peut plus, en la matière, substituer 

son appréciation à celle de l'autorité inférieure, son contrôle étant limité à 

vérifier si celle-ci a constaté les faits pertinents de manière exacte et 

complète et si elle a exercé son pouvoir conformément à la loi  

(arrêt du Tribunal E-641/2014 précité consid. 8), 

qu'au vu de ce qui précède, la décision entreprise est conforme au droit 

fédéral et ne constitue pas un abus du pouvoir d'appréciation (arrêt du 

Tribunal E-641/2014 précité consid. 6 à 8), 

que, dans ces conditions, c'est à bon droit que le SEM n'est pas entré en 

matière sur sa demande d'asile, en application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, 

que, cela étant, les questions relatives à l'existence d'un empêchement à 

l'exécution du renvoi (ou transfert) pour des raisons tirées de l'art. 83 al. 2 

à 4 LEtr (RS 142.20) ne se posent plus séparément, dès lors qu'elles sont 

indissociables du prononcé de la non-entrée en matière (ATAF 2010/45 

précité consid. 10), 

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qu'au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté, 

que, s'avérant manifestement infondé, il est rejeté dans une procédure à 

juge unique, avec l'approbation d'un second juge (art. 111 let. e LAsi), 

qu'il est dès lors renoncé à un échange d'écritures, le présent arrêt n'étant 

motivé que sommairement (art. 111a al. 1 et 2 LAsi), 

que, dans la mesure où il a été immédiatement statué sur le fond, la 

requête formulée dans le recours tendant à l'octroi de l'effet suspensif est 

sans objet,  

qu'il en est de même de la demande de dispense du paiement d'une 

avance de frais, 

que les conclusions du recours étant d'emblée vouées à l'échec, la 

demande tendant à l'octroi de l'assistance judiciaire totale est rejetée 

(art. 65 al. 1 et 2 PA), 

que, vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la 

charge de la recourante, conformément aux art. 63 al. 1 PA et art. 2 et 3 

let. a du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et 

indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2), 

 

(dispositif page suivante) 

 

  

E-6141/2015 

Page 11 

le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

La requête d'assistance judiciaire totale est rejetée.  

3.  

Les frais de procédure, d'un montant de 600 francs, sont mis à la charge 

de la recourante. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans 

les 30 jours dès l'expédition du présent arrêt. 

4.  

Le présent arrêt est adressé à la recourante, au SEM et à l'autorité 

cantonale. 

 

Le juge unique : La greffière : 

  

William Waeber Sofia Amazzough