# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 5817bd28-918a-592a-91aa-85ee8f87bc3c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-11-09
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 09.11.2017 A/2189/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-2189-2017_2017-11-09.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/2189/2017-CS DCSO/595/17 

DECISION 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre de surveillance 
des Offices des poursuites et faillites 

DU JEUDI 9 NOVEMBRE 2017 

Plainte 17 LP (A/2189/2017-CS) formée en date du 19 mai 2017 par A______. 

* * * * * 

 

Décision communiquée par courrier A à l'Office concerné 
et par pli recommandé du greffier du 14 novembre 2017  
à : 

- A______ 
 

- Office des poursuites. 
 

 

 

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A/2189/2017-CS 

EN FAIT 

A. a. Le 4 mai 2016, A______ a requis la poursuite de B______ [recte B______] 
pour un montant de 15'803 fr. avec intérêts à 5 % dès le 23 décembre 2015 et 
mentionné que le domicile de la débitrice se situait au C______, 1______ 
D______. 

b. Cette adresse correspond à celle figurant dans les registres de l'Office cantonal 
de la population (OCP). 

c. Le 29 septembre 2016, l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) a édité un 
commandement de payer, poursuite 16 xxxx10 B. 

La notification par voie postale a échoué, la poste ayant retourné le 
commandement de payer avec la mention "en poste restante". 

d. Les 18 octobre et 5 décembre 2016, A______ s'est enquis de la suite donnée à 
sa réquisition de poursuite et a demandé la notification du commandement de 
payer par voie édictale. 

e. Par courriers expédiés les 21 février, puis 16 mars 2017, l'Office a convoqué la 
poursuivie en ses bureaux afin de lui remettre le commandement de payer, 
respectivement l'a sommée de se présenter. 

Elle n'a donné aucune suite à ces courriers. L'envoi recommandé contenant la 
sommation n'a pas été retiré. 

f. L'Office a dépêché un agent notificateur au C______ à D______ le 10 mai 
2017. 

Le rapport contient le nom de la régie et la case "non-lieux" est cochée, l'heure de 
passage indiquée est 10h56. Le document est vierge pour le surplus, aucune des 
cases correspondant, entre autres, à la présence du nom sur la boîte aux lettres ou 
à la porte n'étant cochée. 

g. À teneur de son courrier du 11 mai 2017 adressé à A______, l'Office a 
considéré que la poursuivie était introuvable à l'adresse mentionnée sur la 
réquisition de poursuite, selon le constat de l'agent notificateur, ce qui était 
confirmé par la régie. Il a en conséquence rendu une décision de non-lieu de 
notification. 

B. a. Par plainte expédiée le 19 mai 2017, A______ a conclu à l'annulation de la 
décision du 11 mai 2017 et à ce que la Chambre de surveillance ordonne à l'Office 
de procéder à la notification du commandement de payer par voie édictale.  Il fait 
grief à l'Office d'avoir tardé à notifier le commandement de payer. La notification 

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par voie édictale s'imposait au regard de l'attitude de la débitrice qui  avait déjà 
par le passé l'objet de telles notifications. 

b. L'Office conclut au rejet de la plainte en estimant qu'un for de la poursuite à 
Genève n'était plus donné. 

c. Les parties ont répliqué, respectivement dupliqué, puis elles ont été informées 
par la Chambre de céans le 6 juillet 2017 de ce que la cause était gardée à juger. 

EN DROIT 

1. 1.1 La Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes 
formées en application de la LP (art. 13 LP, 126 al. 2 let. c LOJ, 6 al. 1 et 3 et 7 
al. 1 LaLP) contre des mesures de l'Office non attaquables par la voie judiciaire 
(art. 17 al. 1 LP), tel le non-lieu de notification d'un commandement de payer. 

 Par ailleurs, la plainte, déposée dans les dix jours dès réception de la décision 
litigieuse (art. 17 al. 2 LP), répond aux exigences de forme (art. 9 al. 1 et 2 LaLP; 
art. 65 al. 1 et 2 LPA, applicable par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP); elle est donc 
recevable. 

2. L'Office fonde sa décision de non-lieu de notification du commandement de payer 
– qui correspond à un refus de procéder à cette notification et donc de donner suite 
à la réquisition de poursuite – sur l'absence d'un for de poursuite à Genève. 

 2.1 L'engagement et le déroulement d'une procédure d'exécution forcée supposent 
l'existence d'un for de la poursuite, lequel désigne l'organe de poursuite 
territorialement compétent à qui le créancier doit s'adresser pour introduire la 
poursuite. La LP définit le for ordinaire de la poursuite (art. 46 LP) ainsi qu'un 
nombre très limité de fors spéciaux (art. 48 à 52 LP). 

 Contrairement à l'envoi d'un avis de saisie (art. 53 LP), le simple dépôt d'une 
réquisition de poursuite auprès d'un office des poursuites territorialement 
compétent ne fige pas la situation à cet égard : cette compétence initiale doit au 
contraire perdurer lors de l'accomplissement des actes de poursuite subséquents. 
C'est donc au moment de la notification du commandement de payer que 
l'existence d'un for de poursuite, ordinaire ou spécial, doit être vérifiée 
(DCSO/294/2017 du 8 juin 2017 consid. 2.1; DCSO/39/14 du 6 février 2014 
consid. 2.1). 

 L'office doit vérifier les indications données par le créancier au sujet du domicile 
du débiteur, dès lors que sa compétence en dépend. En cas de changement de 
domicile du débiteur en cours de poursuite, il doit examiner d'office si ce 
changement est intervenu avant ou après le moment déterminant selon l'art. 53 LP. 
Quant aux autorités de surveillance, elles doivent veiller à chaque stade de la 

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procédure au respect des règles de compétence; elles interviennent d'office si 
l'intérêt public ou les intérêts des tiers sont en jeu (ATF 120 III 110 consid. 1a;  
80 III 99 consid. 1; arrêts du Tribunal fédéral 5A_757/2015 du 15 janvier 2016 
consid. 2.2.1 et 5A_542/2014 du 18 septembre 2014 consid. 4.1.2).  

 Si le débiteur qui avait constitué un domicile en Suisse ne s'y trouve plus 
momentanément, sans avoir donné connaissance de son nouveau lieu de séjour, le 
créancier ne saurait se voir imposer l'obligation d'établir lui-même si le débiteur a 
vraiment constitué un nouveau domicile à l'étranger et où se trouve ce domicile; il 
appartient au débiteur de rapporter la preuve de l'existence de son nouveau 
domicile (ATF 120 III 110 consid. 1b; 35 I 867 consid. 1; 26 I 48 consid. 4; arrêts 
du Tribunal fédéral 5A_403/2010 du 8 septembre 2010 consid. 2.2; 7B.192/2006 
du 19 janvier 2007 consid. 2.1, 3ème § in fine; 7B.207/2003 du 25 septembre 
2003 consid. 3.3; 5P.205/1991 du 25 novembre 1991 consid. 2c). Ainsi, 
lorsqu'aucune circonstance ne permet d'exclure que le débiteur a conservé son 
domicile en Suisse, l'office peut continuer à lui notifier valablement les actes de 
poursuite audit domicile (arrêts du Tribunal fédéral 5A_757/2015 du 15 janvier 
2016 consid. 2.2.1 et 5A_542/2014 du 18 septembre 2014 consid. 4.1.2). 

 2.2 L'art. 66 al. 4 LP autorise la notification par publication officielle dans 
différentes hypothèses. Celle-ci a lieu conformément à l'art. 35 LP. Cette manière 
de procéder constitue un ultime moyen (ATF 136 III 571 consid. 5; 129 III 556 
consid. 4; 112 III 6 consid. 4; arrêt 7B.164/2002 du 22 octobre 2002 consid. 2.1, 
non publié in ATF 128 III 465). Selon le chiffre 2 de l'art. 66 al. 4 LP, elle est 
possible lorsque le débiteur se soustrait obstinément à la notification. Ce motif 
suppose premièrement l'impossibilité réitérée de remettre l'acte au débiteur ou à 
une personne autorisée; l'office doit donc avoir tenté sans succès de notifier l'acte 
de poursuite par tous les moyens prévus aux art. 64 ss LP, notamment en 
recourant au service de la police. Il suppose secondement que le débiteur se 
soustrait intentionnellement à la notification; l'office doit donc s'assurer que les 
échecs de notification ne résultent pas d'un cas fortuit ou d'une négligence (arrêt 
du Tribunal fédéral 5A_757/2015 du 15 janvier 2016 consid. 5.1.2 et les 
références citées). 

 2.3 Il résulte en l'espèce des registres de l'OCP que la poursuivie serait – depuis 
une période antérieure au dépôt de la réquisition de poursuite et aujourd'hui 
encore – domiciliée à Genève. Bien qu'elle n'ait qu'une valeur d'indice, cette 
inscription atteste du fait qu'à un moment donné la poursuivie a manifesté à 
l'égard des autorités sa volonté de se domicilier à Genève. En l'absence de tout 
autre élément objectif résultant du dossier, elle conduit à admettre la création d'un 
domicile dans le canton et donc, sous réserve d'un départ ultérieur, l'existence d'un 
for de poursuite au sens de l'art. 46 LP. 

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 Comme relevé ci-dessus, c'est avant tout au débiteur qui prétend s'être constitué 
un domicile à l'étranger d'établir ce fait. En l'absence d'une telle preuve, ou 
d'autres éléments dont l'Office aurait connaissance et dont il ressortirait que le 
poursuivi aurait quitté son domicile suisse pour s'installer à l'étranger, la 
permanence du domicile suisse (en l'espèce genevois) doit être présumée, et avec 
elle la compétence de l'Office. 

 Ce dernier déduit en l'occurrence du fait que la poursuivie n'a plus d'adresse 
connue à Genève qu'elle n'y serait plus domiciliée. Ce raisonnement ne peut 
toutefois être suivi : ni le fait que la poursuivie n'habite plus à l'adresse indiquée à 
l'époque à l'OCP, ni celui qu'elle n'ait pas communiqué de nouvelle adresse à cette 
autorité ne permettent en effet de retenir, avec un degré de certitude suffisant, 
qu'elle aurait renoncé à faire de Genève le centre de ses intérêts personnels et 
professionnels. Il ne résulte en particulier pas du dossier que la poursuivie se 
serait installée à l'étranger ou dans un autre canton, ou que le but de sa venue à 
Genève se serait accompli. Dans ces circonstances, et au vu des maigres éléments 
de fait dont il disposait, l'Office ne pouvait conclure à la disparition du for de 
poursuite ayant existé à Genève. 

 La plainte est donc bien fondée dans la mesure où il est reproché à l'Office d'avoir 
prématurément dénié l'existence d'un for de poursuite. La décision de non-lieu du 
7 février 2017 sera donc annulée. 

 2.4 Le plaignant conclut à ce que la notification par publication du 
commandement de payer soit ordonnée. 

 Il résulte toutefois de la jurisprudence constante qu'une telle notification par 
publication ne peut intervenir qu'après que le poursuivant et l'Office ont procédé à 
toutes les démarches raisonnablement exigibles au regard des circonstances afin 
de déterminer une adresse de notification. 

 Or, il ressort du dossier que les recherches du poursuivant et celles de l'Office se 
sont avérées trop limitées. En particulier, les informations lacunaires obtenues 
auprès de la régie, qui n'a pas communiqué la date de départ, ni une éventuelle 
nouvelle adresse, ainsi que le caractère pour le moins laconique du rapport de 
l'agent notificateur dénotent qu'il existe encore des possibilités d'approfondir les 
recherches avant de procéder à une notification par voie de publication.  

 Il ne saurait donc être donné une suite favorable en l'état à la demande de 
notification par la voie édictale formulée par le poursuivant.  

3.  La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61 al. 2 let. a 
OELP) et il ne peut être alloué aucuns dépens dans cette procédure (art. 62 al. 2 
OELP).  

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre de surveillance : 

A la forme : 

Déclare recevable la plainte formée le 19 mai 2017 par A______ contre la décision de 
non-lieu rendue le 11 mai 2017 par l'Office des poursuites dans la poursuite n° 16 
xxxx10 B.  

Au fond : 

L'admet partiellement. 

Annule la décision de non-lieu du 11 mai 2017. 

Invite l'Office des poursuites à continuer la procédure de poursuite dans le sens des 
considérants. 

Siégeant : 

Monsieur Patrick CHENAUX, président; Monsieur Michel BERTSCHY et  
Monsieur Mathieu HOWALD, juges assesseurs; Madame Marie NIERMARECHAL, 
greffière. 

 

Le président : 

Patrick CHENAUX 

 La greffière : 

Marie NIERMARECHAL 

 

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Voie de recours : 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Chambre de surveillance des Offices 

des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance en matière de poursuite pour 

dettes et faillite (art. 126 LOJ). Il doit être déposé devant le Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les 

dix jours qui suivent la notification de l'expédition complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2  

let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). 

L’art. 119 al. 1 LTF prévoit que si une partie forme un recours ordinaire et un recours constitutionnel, 
elle doit déposer les deux recours dans un seul mémoire. Le recours doit être rédigé dans une langue 

officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens de preuve, et être 

signé (art. 42 LTF).  

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.