# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** ec7debbf-d980-5d7c-ac9b-da13aa9c1f00
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2012 / 83
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2012---83_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC11.021693-120444

199 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
4 mai 2012

__________________

Présidence
de               M.             
Hack,
président

Juges             
:              Mme             
Carlsson et M. Bosshard 

Greffier
              :             
Mme              van Ouwenaller

 

 

*****

 

 

Art.
80 LP

 

 

             
Vu la décision rendue le 12 octobre 2011 par le Juge de paix du district du Gros-de-Vaud, prononçant
la mainlevée définitive de l'opposition formée par 
L.________,
à Poliez-le-Grand, au commandement de payer qui lui avait été notifié le 11 novembre
2010 dans la poursuite n° 5'589'036 de l'Office des poursuites du district du Gros-de-Vaud
exercée contre lui à l'instance de l'U.________
et des V.________,
représentés par l'Office d'impôt du district du Gros-de-Vaud,  à Echallens, en paiement
des montants de:

-
47'290 fr. 60, avec intérêt à 4% l'an dès le 14 décembre 2009 (I),

-
1'751 fr. 20, sans intérêt (II),

-
124 fr. 45 sans intérêt (III),

mentionnant
comme titre de la créance ou cause de l'obligation:

-
(I) "Impôt sur le revenu et la fortune 2008, selon décision de taxation du 12.11.2009
et du décompte final du 12.11.2009; sommation adressée le 08.02.2010",

-
(II)" Intérêts moratoires sur acomptes

 

Intérêts
moratoires sur acomptes

Intérêts
moratoires sur acomptes

Intérêts
moratoires sur acomptes",

-
(III) "Intérêts compensatoires",

 

             
vu la demande de motivation formée par le poursuivi le 25 octobre 2011,

 

             
vu le prononcé motivé, adressé pour notification aux parties le 8 février 2012,

 

             
vu le recours du 17 février 2012 adressé par le poursuivi à la Justice de paix du district
du Gros-de-Vaud,

 

             
vu la décision rendue le 7 mars 2012 par le président de la cour de céans, accordant d'office
l'effet suspensif,

 

             
vu les pièces au dossier;

 

 

             
attendu que selon l'art. 321 al. 1 CPC (Code de procédure civile suisse du 19 décembre 2008;
RS 272), le recours s'exerce par le dépôt d'un acte écrit et motivé, introduit auprès
de l'instance de recours,

 

             
que toutefois, le principe selon lequel un délai est réputé observé si le mémoire
a été adressé à l'autorité précédente doit être appliqué
dans la présente procédure (Tappy, Les voies de droit du nouveau Code de procédure civile,
in JT 2010 III 115, spéc. p. 131),

 

             
que le délai pour recourir est de dix jours dès la réception de la décision motivée
(art. 321 al. 2 CPC),

 

             
qu'en l'espèce, le recours interjeté l'a été en temps utile,

 

             
qu'il a en outre été présenté dans les formes requises, de sorte qu'il est recevable;

 

             
attendu qu'à l'appui de leur requête de mainlevée définitive du 22 février
2011, les poursuivants ont produit, outre une copie du commandement de payer susmentionné:

 

-
une "invitation à déposer la déclaration – Sommation" du 17 août
2009;

 

-
une copie de la décision de taxation du 12 novembre 2009 qui, constatant que le poursuivi n'avait
pas obtempéré, évaluait d'office les éléments du revenu et de la fortune du
poursuivi soumis aux impôts cantonaux, communaux et fédéraux, l'impôt cantonal et
communal devant être perçu par l'Etat s'élevant dès lors à 47'290 fr. 60; au
bas de la première page cette décision figure la mention signée du Préposé-receveur:

 

"Aucune
réclamation n'a été interjetée dans le délai légal. Ainsi, les éléments
imposables et le calcul de l'impôt 2008 ainsi que le prononcé d'amende pour défaut de
déclaration, notifiés le 12.11.2009, sont entrés en force.

DECISION DE
TAXATION D'OFFICE ET PRONONCE D'AMENDE ENTRES EN FORCE.

 Echallens,
le 22 février 2011";

 

-
une copie du décompte final de l'impôt sur le revenu et la fortune 2008 du 12 novembre
2009 dont il ressort que le poursuivi est débiteur d'un montant total de 49'166 fr. 25, soit 47'290
fr. 60 auxquels s'ajoutent 1'751 fr. 20 d'intérêts moratoires sur acomptes et 124 fr. 45 d'intérêts
compensatoires en faveur des poursuivants; au centre de ce décompte figure l'indication signée
du Préposé-receveur:

 

"Aucune
réclamation n'a été interjetée dans le délai légal.

DECOMPTE ENTRE
EN FORCE

Echallens,
le 22 février 2011";

 

-
une copie d'une sommation avant poursuite du 8 février 2010 donnant au poursuivi un délai de
dix jours pour payer le montant de 49'166 fr. 25;

 

-
une copie d'un relevé de compte du 22 février 2011 portant sur l'impôt sur le revenu et
la fortune 2008 du poursuivi selon lequel son solde de compte s'élève à 49'266 francs
25, soit les 49'166 fr. 25 réclamés jusqu'alors auxquels s'ajoutent 100 fr. de frais de commandement
de payer;

 

 

             
attendu que le premier juge a prononcé la mainlevée définitive de l'opposition à
concurrence de 47'290 fr. 60, plus intérêt à 4% l'an dès le 14 décembre 2009,
de 1'751 fr. 20, sans intérêt, et de 124 fr. 45, sans intérêt (I), arrêté
à 360 fr. les frais judiciaires (II) mis à la charge du poursuivi (III) et dit qu'en conséquence
le poursuivi rembourserait à la partie poursuivante son avance de frais à concurrence de 360
fr., sans allocation de dépens pour le surplus,

 

             
qu'il a considéré, en bref, que la décision de taxation et le décompte final du 12
novembre 2009 valaient titre à la mainlevée définitive, pour le montant de 47'290 fr.
60, pour le montant des intérêts moratoires sur acomptes et celui des intérêts compensatoires
résultant du décompte final et que le poursuivi n'avait pas justifié sa libération;

 

 

             
attendu que le créancier qui est au bénéfice d'un jugement exécutoire peut requérir
du juge la mainlevée définitive de l'opposition (art. 80 al. 1 LP [loi fédérale sur
la poursuite pour dettes et la faillite du 11 avril 1889; RS 281.1]),

 

             
que sont assimilées aux jugements exécutoires les décisions des autorités administratives
suisses (art. 80 al. 2 ch. 2 LP),

 

             
qu'une décision devient exécutoire après sa notification à l'administré si celui-ci,
informé de son droit de recourir, n'en a pas usé (Panchaud/Caprez, La mainlevée d'opposition,
§ 134),

 

             
qu'en l'espèce la décision d'imposition et le décompte final du 6 juillet 2009 constituent
des décisions au sens de l'art. 80 al. 2 ch. 2 LP (art. 229 al. 2 LI [loi sur les impôts directs
cantonaux du 4 juillet 2000; RSV 642.11]),

 

             
qu'il résulte des attestations figurant sur les copies produites que ces décisions sont exécutoires,

 

             
qu'elles valent donc titre de mainlevée définitive pour le montant en poursuite ainsi que pour
l'intérêt moratoire (art. 223 LI),

 

             
que, lorsque la poursuite est fondée sur un jugement exécutoire rendu par une autorité
administrative suisse, le juge ordonne la mainlevée définitive de l'opposition à moins
que l'opposant ne prouve par titre que la dette a été éteinte ou qu'il a obtenu un sursis,
postérieurement au jugement,  ou qu'il ne se prévale de la prescription (art. 81 al. 1
LP),

 

             
que le recourant n'établit pas que l'une de ces conditions serait réalisée,

 

             
qu'à l'appui de son recours, il fait valoir que le paiement de l'entier de sa dette fiscale serait
disproportionné par rapport à sa capacité financière,

 

             
qu'il soulève ainsi un argument de fond qu'il aurait dû faire valoir dans le cadre d'un recours
contre la décision de taxation fiscale,

 

             
que cette décision est entrée en force,

 

             
que le juge de la mainlevée n'est en aucun cas compétent pour trancher des questions de droit
matériel délicates ou pour la solution desquelles le pouvoir d'appréciation joue un rôle
important, les décisions sur de telles questions étant réservées au juge du fond
(ATF 124 III 501 c. 3a, JT 1999 II 136; TF 5A_195/2011 du 25 novembre 2011 destiné à la publication,
c. 3),

 

             
que c'est à bon droit que le premier juge a admis la requête des poursuivants,

 

             
que la décision attaquée ne peut être que confirmée par adoption de motifs,

 

             
que le recours, manifestement infondé au sens de l'art. 322 al. 1 CPC, doit être rejeté,

 

             
que les frais de deuxième instance du recourant sont arrêtés à 630 francs.

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
Le prononcé est confirmé.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 630 fr. (six cent trente francs),
sont mis à la charge du recourant et compensés avec l'avance de frais qu'il a effectuée.

 

             
IV.             
L'arrêt est exécutoire.

 

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du
4 mai 2012

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, prend date de ce jour.

 

             
Il est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. L.________;

‑             
l'Office d'impôt du district du Gros-de-Vaud.

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 49'166 fr. 25.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe 
(art.
74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les
trente jours qui suivent la présente notification (art. 100  al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
M. le Juge de paix du district du Gros-de-Vaud.

 

             
La greffière :