# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 6ec42c4c-59c5-5130-abd4-12b6c9ae2a0c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-09-17
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 17.09.2018 P/10961/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-10961-2017_2018-09-17.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/10961/2017 ACPR/520/2018 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du lundi 17 septembre 2018 

 

Entre 

A______, domiciliée c/o M. B______, ______, comparant par Me Daniel SCHUTZ, avocat, 

rue de la Croix-d'Or 10, 1204 Genève, 

recourante, 

contre l'ordonnance de refus d'octroi de l'assistance judiciaire rendue le 19 juillet 2018 par 

le Ministère public, 

et 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimé. 

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EN FAIT : 

A. Par acte expédié au greffe de la Chambre de céans le 3 août 2018, A______ recourt 
contre l'ordonnance du 19 juillet 2018, notifiée par pli simple et reçue selon elle le 24 
suivant, par laquelle le Ministère public a refusé de lui accorder l'assistance 
judiciaire. 

La recourante conclut, sous suite de frais, à l'annulation de ladite ordonnance et à ce 
que l'assistance juridique lui soit octroyée. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier : 

a. Le 10 mars 2017, C______ a déposé plainte pénale contre A______. Il lui 
reprochait de l'avoir, le jour en question, frappé, notamment au visage, dans les 
vestiaires du D______ au E______ (GE), ainsi que de l'avoir insulté et menacé; il a 
produit à cet égard un constat médical établi le même jour par la Dresse F______, 
mettant en évidence, notamment, une pommette gauche légèrement gonflée et rouge 
sans plaie; l'œil gauche était d'aspect extérieur normal mais le patient se plaignait de 
vision floue; une consultation chez un ophtalmologue était préconisée par la 
praticienne. 

b.  A______ a également déposé plainte pénale contre lui le 14 mars 2017 à la 
police, pour injure et voies de fait à l'occasion des faits survenus le 10 mars 2017. 
C______ l'aurait insultée durant un cours collectif. Enervée, elle l'aurait rejoint dans 
les vestiaires hommes et il l'aurait giflée. 

c. Entendue par la police le 20 avril 2017 à la suite de la plainte pénale déposée 
contre elle par C______, elle admettait avoir traité celui-ci de "connard" car il l'avait 
traitée de "pute" ainsi que de l'avoir giflé. Par contre, elle contestait lui avoir donné 
des coups. 

d. Par ordonnance du 2 août 2017, le Ministère public a refusé d'entrer en matière 
sur la plainte pénale, qualifiant notamment les coups au visage de voies de fait mais 
renonçant à poursuivre son auteur vu les conséquences peu importantes de l'acte 
(art. 52 CP). 

e. C______ a interjeté recours contre cette ordonnance et produit à l'appui un 
certificat médical du 12 juin 2017 du Dr G______, ophtalmologiste, lequel avait 
constaté, à la suite du traumatisme facial subi par son patient en mars 2017, 
l'apparition d'un ptosis gauche qui le gênait fonctionnellement et qui nécessitait 
éventuellement une intervention chirurgicale. 

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f. Par arrêt du 5 décembre 2017 (ACPR/829/2017), la Chambre de céans a déclaré 
le recours interjeté par C______ sans objet et rayé la cause du rôle, le Ministère 
public ayant, dans l'intervalle et au vu du rapport médical précité, décidé de retirer 
son ordonnance de non-entrée en matière. 

g. A______ a été prévenue, le 5 février 2018, d'injures (art. 177 CP) et de lésions 
corporelles simples (art. 123 CP) pour avoir, à Genève, le 10 mars 2017, dans les 
locaux du D______, traité C______ de "connard", puis l'avoir suivi dans les 
vestiaires hommes et lui avoir asséné un coup de genou dans l'estomac, suivi de deux 
coups au visage au niveau de sa joue gauche. 

h. Lors de cette audience, la prévenue a contesté les faits. Elle confirmait toutefois 
lui avoir donné une gifle car c'était la deuxième fois qu'il tentait de la draguer. 

C______ a confirmé pour sa part avoir reçu 7 à 8 coups de l'intéressée, dans les partis 
génitales et également au niveau de l'œil.  

Entendu à cette même audience, le témoin H______ a confirmé les déclarations de 
C______. 

i. Ensuite de l'avis de prochaine clôture de l'instruction du Ministère public du 
13 février 2018, le conseil de A______ a sollicité, notamment, l'audition du 
Dr G______. 

Ce praticien a été entendu à l'audience du 9 juillet 2018. 

Le Ministère public a, par contre, refusé de donner suite aux autres réquisitions de 
preuves de A______, soit l'audition du psychiatre de C______, le versement de son 
dossier médical à la procédure et la production des relevés de présence de C______ 
au D______. 

j. A______ a rempli et transmis au Ministère public, qui l'a reçu le 9 juillet 2018, 
le questionnaire sur sa situation personnelle en vue de la désignation d'un défenseur 
d'office. 

C. Dans sa décision querellée, le Ministère public a considéré que, quand bien même 
l'examen de la situation financière de la prévenue confirmait son indigence, la cause 
ne présentait pas de difficultés particulières juridiques ou de fait, les faits reprochés 
n'étant limités qu'à la seule période pénale de la journée du 10 mars 2017. En outre, 
A______ avait été en mesure de s'expliquer le 14 mars 2018 (recte : 2017), sans 
difficultés, sur le déroulement des faits qui lui étaient reprochés. Dès lors, elle était à 
même de se défendre efficacement seule. 

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D. a. À l'appui de son recours, A______ soutient que l'assistance judiciaire devrait lui 
être accordée au motif de l'égalité des armes. En outre, les infractions reprochées 
n'étaient pas "de bagatelles". Partant, le Ministère public avait violé l'art. 132 CPP. 

b. À réception, la cause a été gardée à juger sans échange d'écritures ni débats. 

EN DROIT : 

1. Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai 
prescrits – la décision querellée ayant été notifiée par pli simple – (art. 385 al. 1 et 
396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de 
céans (art. 393 al. 1 let. a CPP) et émaner de la prévenue qui, partie à la procédure 
(art. 104 al. 1 let. a CPP), a qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé à 
la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP). 

2. La Chambre pénale de recours peut décider d'emblée de traiter sans échange 
d'écritures ni débats les recours manifestement irrecevables ou mal fondés (art. 390 
al. 2 et 5 a contrario CPP). Tel est le cas en l'occurrence, au vu des considérations 
qui suivent. 

3. La recourante estime réunir les conditions d'une défense d'office. 

3.1. L'art. 132 al. 1 let. b CPP soumet le droit à l'assistance d'un défenseur à deux 
conditions : le prévenu doit être indigent et la sauvegarde de ses intérêts doit justifier 
une telle assistance, cette seconde condition devant s'interpréter à l'aune des critères 
mentionnés à l'art. 132 al. 2 et 3 CPP. 

3.2. Les intérêts du prévenu justifient une défense d'office lorsque la cause n'est pas 
de peu de gravité et qu'elle présente, sur le plan des faits ou du droit, des difficultés 
que le prévenu seul ne pourrait pas surmonter (art. 132 al. 2 CPP), ces deux 
conditions étant cumulatives (arrêt du Tribunal fédéral 1B_477/2011 du 4 janvier 
2012 consid. 2.2 et 1B_138/2015 du 1er juillet 2015 consid. 2.1). 

En tout état de cause, une affaire n'est pas de peu de gravité lorsque le prévenu est 
passible d'une peine privative de liberté de plus de 4 mois ou d'une peine pécuniaire 
de plus de 120 jours-amende (art. 132 al. 3 CPP).  

Dans sa jurisprudence publiée, le Tribunal fédéral a retenu que l'autorité chargée 
d'apprécier le besoin d'un défenseur d'office doit tenir compte, de manière concrète, 
de la peine susceptible d'être prononcée ainsi que de toutes les circonstances 
spécifiques au cas d'espèce. La désignation d'un défenseur d'office est en tout cas 
nécessaire lorsque le prévenu est exposé à une longue peine privative de liberté ou 
qu'il est menacé d'une peine qui ne peut être assortie du sursis (ATF 129 I 281 

https://intrapj/perl/decis/1B_477/2011
https://intrapj/perl/decis/1B_138/2015
https://intrapj/perl/decis/129%20I%20281

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consid. 3.1 p. 285). Ainsi, il ne faut pas se fonder sur la seule peine menace prévue 
par la loi; il convient surtout de tenir compte des circonstances particulières de 
l'espèce et de la peine concrètement encourue (arrêt du Tribunal fédéral 
1B_138/2015 du 1er juillet 2015 consid. 2.3). 

3.3. Pour évaluer si l'affaire présente des difficultés que le prévenu ne pourrait pas 
surmonter sans l'aide d'un avocat, il y a lieu d'apprécier l'ensemble des circonstances 
concrètes. La nécessité de l'intervention d'un conseil juridique doit ainsi reposer sur 
des éléments objectifs, tenant principalement à la nature de la cause, et sur des 
éléments subjectifs, fondés sur l'aptitude concrète du requérant à mener seul la 
procédure. La jurisprudence impose de se demander si une personne raisonnable et 
de bonne foi – qui présenterait les mêmes caractéristiques que le requérant mais 
disposerait de ressources suffisantes – ferait ou non appel à un avocat. Pour apprécier 
la difficulté subjective d'une cause, il faut aussi tenir compte des capacités du 
prévenu, notamment de son âge, de sa formation, de sa plus ou moins grande 
familiarité avec la pratique judiciaire, de sa maîtrise de la langue de la procédure 
(arrêt du Tribunal fédéral 1B_257/2013 du 28 octobre 2013 consid. 2.1 publié in 
SJ 2014 I 273 et les références citées) et des mesures qui paraissent nécessaires, dans 
le cas particulier, pour assurer sa défense, notamment en ce qui concerne les preuves 
qu'il devra offrir (ATF 115 Ia 103 consid. 4 p. 105). 

3.4. Si les deux conditions mentionnées à l'art. 132 al. 2 CPP doivent être réunies 
cumulativement, il n'est pas exclu que l'intervention d'un défenseur soit justifiée par 
d'autres motifs, en particulier dans les cas où la désignation d'un défenseur est 
nécessaire pour garantir l'égalité des armes – ce principe requérant que chaque partie 
se voie offrir une possibilité raisonnable de présenter sa cause dans des conditions 
qui ne la placent pas dans une situation de net désavantage par rapport à son 
adversaire (arrêts du Tribunal fédéral 6B_385/2009 du 7 août 2009 consid. 2.1 et les 
références citées et 1B_165/2014 du 8 juillet 2014 consid. 2.1) – ou parce que l'issue 
de la procédure pénale a une importance particulière pour le prévenu, par exemple 
s'il est en détention, s'il encourt une révocation de l'autorisation d'exercer sa 
profession, ou s'il risque de perdre la garde de ses enfants (arrêts du Tribunal fédéral 
1B_354/2015 du 13 novembre 2015 consid. 3.2.2 et 1B_234/2013 du 20 août 2013 
consid. 5.1). 

3.5.1. En l'espèce, l'indigence de la recourante paraît plausible, au vu du 
questionnaire sur sa situation personnelle. Cette question peut toutefois rester ouverte 
vu ce qui suit. 

 3.5.2. La recourante n'a jamais été condamnée en Suisse, de sorte qu'elle s'expose a 
priori, si elle devait être reconnue coupable de l'ensemble des préventions retenues 
contre elle, à une peine assortie du sursis. 

https://intrapj/perl/decis/1B_138/2015
https://intrapj/perl/decis/1B_257/2013
https://intrapj/perl/decis/2014%20I%20273
https://intrapj/perl/decis/115%20Ia%20103
https://intrapj/perl/decis/6B_385/2009
https://intrapj/perl/decis/1B_165/2014
https://intrapj/perl/decis/1B_354/2015
https://intrapj/perl/decis/1B_234/2013

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 Il n'apparaît par ailleurs pas que le Ministère public envisage de prononcer ou 
requérir contre elle une peine supérieure à celles prévues à l'art. 132 al. 3 CPP. 

 Quand bien même la peine concrète à laquelle la recourante s'expose ne serait pas 
considérée comme de peu de gravité, il y a encore lieu de déterminer si la cause est 
complexe, les deux conditions de l'art. 132 al. 2 CPP étant cumulatives. 

 3.5.3. En l'occurrence, l'examen des circonstances du cas d'espèce permet de retenir 
que la cause ne présente pas de difficultés particulières du point de vue de 
l'établissement des faits ou des questions juridiques soulevées, que la recourante ne 
serait pas en mesure de résoudre seule. 

 Il ressort en effet de la procédure que les faits et dispositions légales applicables sont 
clairement circonscrits aux évènements survenus le 10 mars 2017 au D______ et ne 
présentent aucune difficulté de compréhension ou d'application pour la recourante 
qui s'est d'abord présentée de sa propre initiative au poste de police, le 14 mars 2017, 
pour y déposer plainte contre C______ avant d'y être entendue le 20 mars suivant sur 
la plainte du précité; elle a alors pu fournir toute explication utile sur les infractions 
qui lui étaient reprochées. 

 Rien ne permet par ailleurs de retenir que d'autres motifs que ceux prévus à l'art. 132 
al. 2 CPP justifieraient une défense d'office, la recourante n'alléguant ni ne rendant 
vraisemblable qu'elle subirait un net désavantage par rapport à la partie plaignante si 
elle n'était pas mise au bénéfice d'une défense d'office ou que l'issue de la cause 
revêtirait une importance particulière pour elle. 

 Partant, c'est à juste titre que la défense d'office a été refusée par le Ministère public. 

4. Justifiée, la décision querellée sera donc confirmée. 

5. La procédure de recours contre un refus d'octroi de l'assistance juridique ne donne 
pas lieu à la perception de frais (art. 20 RAJ). 

* * * * * 

  

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PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

 
Rejette le recours. 

Laisse les frais de la procédure de recours à la charge de l'État. 

Notifie le présent arrêt ce jour, en copie, à la recourante, soit pour elle son conseil, et au 
Ministère public. 

Siégeant : 

Madame Corinne CHAPPUIS BUGNON, présidente; Monsieur Christian COQUOZ et 
Madame Alix FRANCOTTE CONUS, juges; Monsieur Sandro COLUNI, greffier. 

 

Le greffier : 

Sandro COLUNI 

 La présidente : 

Corinne CHAPPUIS BUGNON 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en matière pénale au sens 

de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110); la qualité et les autres 

conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être 

formé dans les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent être remis au plus 

tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention de ce dernier, à La Poste Suisse ou à 

une représentation diplomatique ou consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF).