# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** fd87498f-67b1-57bf-bd49-4a292797827d
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-02-01
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Zivilappellationshöfe 01.02.2023 101 2023 10
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_001_101-2023-10_2023-02-01.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00

www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

101 2023 10

Arrêt du 1er février 2023

Ie Cour d’appel civil

Composition Président : Jérôme Delabays
Juges : Sandra Wohlhauser, Laurent Schneuwly
Greffier : Florian Mauron

Parties A.________, recourant,

contre

B.________, intimée, représentée par Me Stève Kalbermatten, 
avocat

Objet Assistance judiciaire

Recours du 16 janvier 2023 contre la décision du Président du 
Tribunal civil de l'arrondissement de la Gruyère du 4 janvier 2023

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considérant en fait

A. Le 23 décembre 2022, A.________ a déposé une requête en conciliation dans le cadre d'une 
procédure d'action fondée sur un acte illicite à l'encontre de B.________. 

Le 3 janvier 2023, B.________ a requis le bénéfice de l’assistance judiciaire. 

Par décision du 4 janvier 2023, le Président a admis cette requête et octroyé l'assistance judiciaire 
totale à B.________. Il a désigné Me Stève Kalbermatten, avocat, en qualité de défenseur d'office. 

B. Le 16 janvier 2023, A.________ a interjeté recours contre la décision d'octroi de l'assistance 
judiciaire, concluant pour l’essentiel à ce que la situation financière réelle de B.________ soit 
examinée au plus près, que l'assistance judiciaire ne soit octroyée que partiellement, que la 
nomination de Me Stève Kalbermatten soit révoquée et qu'un conseiller juridique, et non un avocat 
breveté, soit désigné comme défenseur d'office, qu'un conseiller juridique ayant son domicile à 
proximité soit nommé et que B.________ soit astreinte à verser la somme de CHF 100.- par mois, 
dès le 1er février 2023, à titre de sûretés en garantie des dépens et de recouvrement des dommages 
subis.

B.________ n'a pas été invitée à répondre.

en droit

1.

1.1. Selon l'art. 119 al. 3 CPC, le tribunal statue sur la requête d'assistance judiciaire en 
procédure sommaire. Le délai de recours contre une décision rendue en procédure sommaire est 
de 10 jours (art. 321 al. 2 CPC). 

En l'espèce, la décision datée du 4 janvier 2023 a été expédiée au recourant le 5 janvier 2023 en 
courrier A (DO/9) et notifiée le 6 janvier 2023 au plus tôt. Déposé le 16 janvier 2023, le recours a été 
interjeté en temps utile. 

1.2. L’instance de recours peut statuer sur pièces (art. 327 al. 2 CPC). Elle statuera sans débats. 
Seules la violation du droit et la constatation manifestement inexacte des faits peuvent être 
invoquées (art. 320 CPC). 

1.3. Conformément à l’art. 322 al. 1 CPC, l’instance de recours notifie le recours à la partie 
adverse pour qu’elle se détermine par écrit, sauf si le recours est manifestement irrecevable ou 
infondé. Comme on le verra ci-après, le recours est manifestement irrecevable, de sorte que 
l’intimée n’a pas été invitée à se déterminer. 

1.4. La voie du recours en matière civile est ouverte contre le présent arrêt (art. 72 ss LTF). 

2.

2.1. Aux termes de l’art. 121 CPC, les décisions refusant ou retirant totalement ou partiellement 
l’assistance judiciaire peuvent faire l’objet d’un recours.

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Selon la doctrine, l’exclusion d’un recours en cas d’octroi de l’assistance judiciaire dans toute la 
mesure demandée s’explique par le fait qu’en principe seul le requérant est légitimé à recourir en la 
matière. Les autres parties pouvaient certes souhaiter un refus, qui aurait accru pour elles les 
chances que l’intéressé renonce à procéder ou le fasse mal. Toutefois, l’adversaire du requérant n’a 
qu’un intérêt de fait, et non un intérêt digne de protection au sens de l’art. 59 al. 2 let. a CPC, à ce 
que l’assistance judiciaire soit refusée. Il en va ainsi même lorsque le tribunal a choisi d’entendre 
facultativement une partie adverse (art. 119 al. 3, 2ème phrase CPC), ou est entré en matière sur une 
dénonciation par celle-ci en vue d’un retrait de l’assistance judiciaire selon l’art. 120 CPC (CR CPC-
TAPPY, 2ème éd. 2019, art. 121 n. 14). Un intérêt digne de protection de la partie adverse à la décision 
octroyant l’assistance judiciaire existe cependant lorsque cette décision implique une exonération 
de la fourniture de sûretés (art. 118 al. 1 let. a in fine CPC), en particulier selon les art. 99 ss CPC. 
Le législateur en a tenu compte en consacrant un droit dudit adversaire d’être entendu dans ce cas 
(art. 119 al. 3, 3ème phrase CPC), mais sans envisager le cas à l’art. 121 CPC. Il s’agit d’une lacune 
proprement dite qu’il convient de combler en reconnaissant dans ce cas à la partie adverse un droit 
de recours aux conditions d’un recours selon l’art. 103 CPC permettant normalement d’attaquer le 
refus de telles sûretés. Le droit de recourir de la partie adverse se fonde cependant alors peut-être 
sur l’art. 319 let. b ch. 2 CPC et non sur l’art. 121 CPC, ce qui nécessiterait de rendre vraisemblable 
un risque de préjudice difficile à réparer (CR CPC-TAPPY, art. 121 n. 16 et les références citées).

Pour la jurisprudence, il n’y a pas d’intérêt digne de protection à attaquer l’octroi de l’assistance 
judiciaire à la partie adverse. Selon l’art. 118 al. 1 let. a CPC, l’octroi de l’assistance judiciaire libère 
toutefois de la prestation de sûretés. La réalisation du droit (prétendu) au versement de sûretés en 
garantie des dépens est dès lors conditionnée par le fait que l’éventuel débiteur des sûretés ne soit 
pas mis au bénéfice de l’assistance judiciaire. Le recourant est ainsi exceptionnellement légitimé à 
attaquer l’octroi de l’assistance judiciaire à la partie adverse (arrêt TF 5A_126/2014 du 10 juillet 2014 
consid. 1.2 non publié in ATF 140 III 444 et les références citées). Le défendeur que la décision 
accordant l’assistance judiciaire prive de sûretés encourt un préjudice difficilement réparable au sens 
de l’art. 319 let. b ch. 2 CPC, de sorte qu’il est autorisé à l’attaquer par la voie du recours (arrêt TF 
4A_235/2015 du 20 octobre 2015 consid. 2.2). Le recourant n’est légitimé à recourir contre la 
décision accordant l’assistance judiciaire à la partie adverse que dans la mesure où il est probable 
qu’il a bien droit au versement de sûretés qu’il a requis. Si, en revanche, il est manifeste que les 
conditions de la fourniture de sûretés selon l’art. 99 CPC ne sont pas réunies, il lui manque un intérêt 
pratique et ainsi la légitimation au recours (arrêt TF 5A_916/2016 du 7 juillet 2017 consid. 2.3).

Le texte légal dirige l’obligation de fournir des sûretés exclusivement contre le demandeur. On ne 
saurait en effet en principe y astreindre le défendeur, qui n’a pas choisi d’introduire le procès (CR 
CPC-TAPPY, art. 99 n. 8). Par demandeur, il faut entendre toute personne qui prend des conclusions 
actives au procès, à l’exemple du défendeur qui dépose une demande reconventionnelle ou qui 
prend des conclusions contre un codéfendeur ou un appelé en cause, ou encore d’un intervenant 
principal qui prend des conclusions actives (BSK ZPO-RÜEGG/RÜEGG, 3ème éd. 2017, art. 99 n. 4; 
CR CPC-TAPPY, art. 99 n. 8; PC CPC-STOUDMANN, 2020, art. 99 n. 3).

2.2. En l'espèce, A.________ est demandeur à l'action au fond. En tant que demandeur et 
conformément à la doctrine précitée, il ne peut astreindre la défenderesse à verser des sûretés en 
garantie de ses dépens, ni du reste en recouvrement du dommage prétendument subi. Les condi-
tions d'octroi de sûretés ne sont ainsi manifestement pas remplies. 

Il en résulte que A.________ n’est à l’évidence pas légitimé à recourir contre la décision attaquée, 
ne disposant d’aucun intérêt digne de protection à son annulation. 

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3.

3.1. La procédure de recours en matière d’assistance judiciaire n’est pas gratuite (ATF 140 III 
501 consid. 4.3.2; 137 III 470 consid. 6.5.5). Les frais judiciaires, fixés de manière globale à 
CHF 150.-, sont mis à la charge du recourant qui succombe.

3.2. Il n'est pas alloué de dépens à B.________ qui n'a pas été invitée à déposer une réponse. 

la Cour arrête :

I. Le recours est irrecevable.

II. Les frais de la procédure de recours, fixés à CHF 150.-, sont mis à la charge de A.________.

III. Il n'est pas alloué de dépens.

IV. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral dans les trente jours qui 
suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 
par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). L'acte de recours 
motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 1er février 2023/cdu

Le Président : Le Greffier :