# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** d396ac0b-7f55-5b01-b52c-029dc7b5f748
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-11-09
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Verwaltungsgerichtshöfe 09.11.2015 602 2015 48
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_007_602-2015-48_2015-11-09.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

602 2015 48

Arrêt du 9 novembre 2015

IIe Cour administrative

Composition Président: Christian Pfammatter
Juges: Johannes Frölicher, Josef Hayoz
Greffière: Vanessa Thalmann

Parties A.________, B.________ et C.________, recourants 

contre

PRÉFECTURE DU DISTRICT DE LA VEVEYSE, autorité intimée

Objet Aménagement du territoire et constructions

Recours du 17 juin 2015 contre la décision du 18 mai 2015

Tribunal cantonal TC
Page 2 de 6

attendu

que, par avis publié dans la Feuille officielle, A.________, B.________ et C.________ ont mis à 
l'enquête publique une demande de permis de construire pour changer l'affectation (mise en 
conformité) d'un garage en atelier mécanique sur l'article D.________ du Registre foncier (RF) de 
la Commune de E.________, sis dans la zone résidentielle à faible densité;

que les propriétaires de la parcelle voisine ont déposé une opposition;

que le Conseil communal a émis un préavis favorable le 14 avril 2015, sous condition que l'activité 
ne se développe pas dans ce secteur et reste à l'intérieur du garage existant. Il demande à la 
préfecture de définir les heures d'activité;

que, le 28 avril 2015, le Service de l'aménagement et des constructions (SeCA) a émis un préavis 
défavorable, considérant cette activité comme non conforme à la zone;

que, par décision du 18 mai 2015, le Lieutenant de préfet du district de la Veveyse a refusé l'octroi 
du permis de construire requis pour le changement d'affectation (mise en conformité) du garage en 
atelier mécanique. Il a interdit toute activité artisanale et lucrative sur tout véhicule dans ce garage;

que, par acte déposé le 17 juin 2015, A.________, B.________ et C.________ ont recouru contre 
cette décision auprès du Tribunal cantonal, en concluant implicitement à l'octroi du permis de 
construire. Ils soutiennent que l'activité accessoire exercée dans ce garage – qui consiste à 
remplacer des pneumatiques sur des voitures – respecterait, selon le résultat d'une étude de bruit, 
les valeurs limites d'immissions relatives au degré de sensibilité au bruit valable dans la zone. Il 
serait par ailleurs erroné d'affirmer que le dossier n'a pas été soumis aux services spécialisés;

que, le 30 juillet 2015, le lieutenant de préfet indique qu'il n'a pas de remarques à formuler sur le 
recours;

que, le 19 août 2015, la commune renonce également à formuler des observations 
complémentaires;

considérant

que déposé dans le délai et les formes prescrits - et l'avance des frais de procédure ayant été 
versée en temps utile - le recours est recevable en vertu de l'art. 114 al. 1 let. c du code 
fribourgeois du 23 mai 1991 de procédure et de juridiction administrative (CPJA; RSF 150.1). Les 
requérants du permis sont directement touchés par la décision dont ils étaient d'ailleurs 
destinataires. Le Tribunal cantonal peut donc entrer en matière sur les mérites du recours;

que, selon l'art. 77 CPJA, le recours devant le Tribunal cantonal peut être formé pour violation du 
droit, y compris l'excès ou l'abus du pouvoir d'appréciation (let. a) et pour constatation inexacte ou 
incomplète des faits pertinents (let. b). Aucune question d'opportunité ne se pose en matière de 
permis de construire;

Tribunal cantonal TC
Page 3 de 6

qu'en application de l'art. 139 al. 1 de la loi fribourgeoise du 2 décembre 2008 sur l'aménagement 
du territoire et les constructions (LATeC; RSF 710.1), la compétence pour délivrer les permis de 
construire appartient au préfet pour les objets soumis à la procédure ordinaire et au conseil 
communal pour les objets de minime importance soumis à la procédure simplifiée. Le règlement 
d'exécution établit la liste des objets soumis à l'une et l'autre de ces procédures (art. 139 al. 2 
LATeC). Les objets soumis à la procédure ordinaire sont énumérés à l'art. 84 du règlement 
fribourgeois du 1er décembre 2009 d'exécution de la loi sur l'aménagement du territoire et les 
constructions (ReLATeC; RSF 710.11), tandis que l'art. 85 ReLATeC expose ceux soumis à la 
procédure simplifiée;

que, selon l'art. 84 let. b et c ReLATeC, la procédure ordinaire s'applique notamment aux 
changements d'affectation de locaux qui nécessitent des travaux ou qui sont susceptibles de 
porter atteintes à l'environnement ou aux eaux;

que, selon l'art. 22 al. 2 let. a de la loi fédérale du 22 juin 1979 sur l'aménagement du territoire 
(LAT; RS 700), une autorisation de construire ne peut être délivrée que si la construction ou 
l'installation est conforme à l'affectation de la zone; tel est le cas lorsque sa fonction concorde avec 
celle de la zone concernée (arrêt TF 1C_221/2007 du 3 mars 2008 consid. 5.2);

que les zones d'habitation comprennent les constructions et les installations destinées à la 
résidence des personnes. Le droit cantonal y admet en revanche des activités non gênantes, 
répondant aux besoins quotidiens des habitants. Pour cela, il ne suffit pas que les activités 
prévues ne contredisent pas la qualité de la zone, mais il doit exister un lien étroit avec cette 
finalité (interprétation fonctionnelle; RDAT II-1994 n. 56; ZEN-RUFFINEN/GUY-ECABERT, 
Aménagement du territoire, construction, expropriation, n. 516);

que la conformité d'une construction à la zone garantit indirectement un effet sur la protection des 
immissions. Sous cet angle, pour juger de l'admissibilité d'une construction dans une certaine 
zone, il convient de déterminer si elle appartient à un certain type d'activités, permises dans la 
zone concernée. Il n'y a en revanche pas lieu d'examiner le niveau concret d'immissions émis par 
une construction ou une installation ou le niveau de bruit déjà existant à cet endroit. En effet, il 
s'agit d'appliquer des mesures de planification par lesquelles une commune a défini les types 
d'activités qu'elle entend admettre dans un secteur déterminé de son territoire. Partant, même si 
une construction ou une installation respecte les valeurs limites d'immissions relatives au degré de 
sensibilité au bruit prévues par la législation fédérale, elle peut néanmoins être interdite au motif 
qu'elle ne correspond pas aux caractéristiques de la zone (arrêt TC SG B 2012/239 du 16 avril 
2014 consid. 4.1; arrêt de la Commission de recours en droit de la construction du canton de 
Zurich, in BRKE III Nr. 0064/2010 du 5 mai 2010 consid. 4);

que la jurisprudence a déjà jugé non conforme à la zone résidentielle un atelier de réparation et 
d'entretien de véhicules automobiles et de diverses machines, propre à causer au voisinage des 
inconvénients de bruit et d'odeurs, en zone de village où sont interdites les entreprises artisanales 
pouvant porter préjudice au voisinage (arrêt TA SO du 20 mai 1994, in SOG 1994 n. 35 
consid. 2/3; arrêt TA AG du 2 mai 1983, in ZBl 1983 p. 463 consid. 2), une station de lavage 
automatique pour voitures, même si elle n'est pas dotée d'une machinerie importante (RDAF 1984 
p. 163.) ou encore un atelier mécanique destiné à réparer des caravanes (arrêt BRKE III Nr. 
0064/2010 du 5 mai 2010 précité);

que le Tribunal fédéral a également constaté que des ateliers de réparation de voitures ne sont 
pas conformes à la zone résidentielle (arrêt TF 1P.804/2000 du 11 avril 2001);

Tribunal cantonal TC
Page 4 de 6

qu'en l'espèce, le dossier de la révision générale du plan d'aménagement local (PAL) de la 
Commune de E.________ a été approuvé le 8 juillet 2015 par la Direction de l'aménagement, de 
l'environnement et des constructions (DAEC), ce qui a suscité des recours auprès du Tribunal 
cantonal. Cependant, la zone dans laquelle le futur projet devra s'implanter a fait l'objet – déjà au 
stade ultérieur – d'une analyse et, dès lors, le SeCA ainsi que la commune ont donné leur aval à 
un effet anticipé des plans selon l'art. 91 al. 2 LATeC;

que la construction projetée se situe dans la zone résidentielle à faible densité du PAL de la 
Commune de E.________; 

que, selon l'art. 13 al. 1 du règlement communal d'urbanisme (RCU), relatif à la zone résidentielle 
à faible densité, cette zone est destinée aux habitations individuelles et aux habitations 
individuelles groupées. Des activités de services et de commerces sont tolérées à l'intérieur des 
bâtiments d'habitation, pour autant qu'elles soient compatibles avec le caractère de la zone;

que la Commune de E.________ connaît différents types de zones, notamment:
- les zones d'activités qui sont destinées à des activités industrielles et artisanales légères 
(art. 16 RCU), à des activités de recherche, de formation et de développement technologique 
(informatique, bureautique, etc.), à des activités hôtelières, commerciales et de services (art. 17 et 
18) et à celles dont les nuisances ne permettent pas l'implantation dans d'autres zones (art. 15);
- les zones destinées à l'habitation sont d'abord celle de la vieille ville où, à côté de l'habitation, 
des activités de commerces, agricoles, d'artisanat et d'intérêt général sont permises dans la 
mesure où elles ne provoquent pas de nuisances excessives (art. 7 RCU). Les zones centre sont 
destinées à l'habitat, aux commerces, aux services et aux activités artisanales, aux hôtels et aux 
équipements touristiques compatibles avec le caractère de la zone (art. 8 et 9 RCU). La zone 
résidentielle moyenne densité est réservée aux habitations collectives. A l'instar de la zone 
résidentielle à faible densité, des activités de services et de commerces y sont tolérées à l'intérieur 
des bâtiments d'habitation, pour autant qu'elles soient compatibles avec le caractère de la zone 
(art. 11 RCU). Dans la zone résidentielle à prescriptions spéciales (art. 12 RCU), destinée aux 
habitations individuelles, groupées et collectives, des activités commerciales, de services et de 
petit artisanat sont tolérées pour autant qu'elles soient compatibles avec le caractère de la zone;

que les formulations choisies par le RCU permettent de retenir deux constatations générales. 
Premièrement, il découle du descriptif des zones que les activités artisanales sont clairement 
distinguées de celles de services et de commerces. Partant, les activités artisanales ne peuvent 
pas être comprises dans les activités de services et de commerces. Deuxièmement, on peut 
constater que la notion du lien fonctionnel entre les activités de la zone et l'habitat est mis en 
avant, puisque les activités tolérées doivent, dans toutes les zones résidentielles, être compatibles 
avec le caractère du secteur;

qu'en ce qui concerne la zone résidentielle plus particulièrement, les activités ne doivent pas 
causer de nuisances, dès lors qu'il est précisé que leur exercice est limité à l'intérieur des 
bâtiments;

qu'en principe, un atelier mécanique est considéré comme une activité artisanale, voire 
industrielle;

que, partant, on doit considérer que les ateliers mécaniques, dans le sens le plus usité, ne tombent 
pas sous la notion d'activités de services et de commerces (cf. également arrêt BRKE III 
Nr. 0064/2010 du 5 mai 2010 précité consid. 4). Le Tribunal fédéral a en particulier déjà eu 

Tribunal cantonal TC
Page 5 de 6

l'occasion de juger que des activités dont l'essentiel consiste en de travaux manuels – ainsi que 
c'est le cas pour l'activité exercée dans un atelier de réparation pour voitures – peuvent être 
qualifiées, sans tomber dans l'arbitraire, comme activités artisanales et non commerciales (arrêt 
TF 1P.804/2000 du 11 avril 2001);

que, de surcroît, l'activité exercée dans un atelier mécanique pour voitures ne répond pas 
directement aux besoins essentiels des habitants ni à celles que nécessiterait la caractéristique du 
secteur concerné (cf. arrêt TF 1P.804/2000 du 11 avril 2001; RUCH, in Kommentar zum 
Bundesgesetzt über die Raumplanung, n. 75 ad art. 22 LAT). Partant, le lien fonctionnel entre 
l'activité litigieuse et l'habitation fait défaut;

qu'enfin, on peut encore relever qu'un atelier mécanique – d'une manière générale – est propice à 
causer des nuisances sonores et le planificateur peut, eu égard à ce fait, exclure ce type d'activité 
d'une zone d'habitation. S'il a fait ce choix, l'examen – dans la mesure où on est en présence 
d'une activité ne revêtant pas la qualité de services ou de commerces – peut se limiter au constat 
que l'activité litigieuse ne tombe pas sous cette notion;

que, dès lors que tel est le cas en l'occurrence, il importe peu que l'étude de bruit commandée par 
les recourants permet de constater que les valeurs limites d'immissions sont respectées;

que c'est à bon droit que l'autorité intimée a constaté qu'un atelier mécanique ne peut être 
considéré ni comme une activité de services ni comme une activité de commerces;

que, sur la base de ce constat, le sort de la demande de permis est scellé et on ne voit pas pour 
quelle raison d'autres services spécialisés de l'Etat auraient dû être consultés avant de prendre la 
décision ou quelle influence leur prise de position aurait pu avoir sur le sort du permis de 
construire;

que partant, à l'instar de l'autorité intimée, la Cour de céans constate qu'un atelier mécanique n'est 
pas conforme à la zone résidentielle à faible densité et doit, par conséquent, être aménagé dans 
une zone permettant ce genre d'activité;

qu'il résulte de ce qui précède que, mal fondé, le recours doit être rejeté et la décision rendue par 
le Lieutenant de préfet du district de la Veveyse le 18 mai 2015 confirmée;

que les frais de procédure sont mis à la charge des recourants qui succombent, conformément à 
l'art. 131 CPJA. Ils sont fixés selon les art. 1 et 2 du Tarif du 17 décembre 1991 des frais de 
procédure et des indemnités en matière de juridiction administrative (RSF 150.12); 

Tribunal cantonal TC
Page 6 de 6

la Cour arrête:

I. Le recours est rejeté.

Partant, la décision du Lieutenant de préfet du district de la Veveyse du 18 mai 2015 est 
confirmée.

II. Les frais de procédure, fixés à CHF 1'500.-, sont solidairement mis à la charge des 
recourants. Ils sont compensés par l'avance de frais versée.

III. Communication.

Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours auprès du Tribunal fédéral, à Lausanne, dans les 
30 jours dès sa notification.

La fixation du montant des frais de procédure peut, dans le même délai, faire l'objet d'une 
réclamation auprès de l'autorité qui a statué, si seule cette partie de la décision est contestée 
(art. 148 al. 1 CPJA).

Fribourg, le 9 novembre 2015/JFR/vth

Président Greffière