# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** fb371c61-e1a1-50b3-883b-8f0f0eaf95cd
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2013 / 228
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2013---228_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC13.002871-131350

             
331 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
22 août 2013

             
              __________________

Présidence
de               M.             
Sauterel,
président

Juges             
:              MM.             
Hack et Maillard 

Greffier
              :             
Mme              van Ouwenaller

 

 

*****

 

 

Art.
80 LP

 

 

             
Vu le prononcé rendu le 15 mars 2013, à la suite de l'interpellation de la poursuivie, par
le Juge de paix du district de Nyon, rejetant la requête de mainlevée déposée par
le P.________,
à l'encontre de V.________,
à Le Vaud, et arrêtant à 120 fr. les frais judiciaires mis à la charge du poursuivant,
sans allocation de dépens,

 

             
vu les motifs de la décision, adressés aux parties le 18 juin 2013 et notifiés au poursuivant
le 20 juin 2013,

 

             
vu le recours déposé par le poursuivant le 28 juin 2013 à l'encontre de cette décision,

 

             
vu les pièces au dossier;

 

 

             
attendu que selon l'art. 321 al. 2 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008;
RS 272), le recours, écrit et motivé, est introduit auprès de l'instance de recours dans
le délai de dix jours qui suit la notification de la décision motivée,

 

             
que le recours déposé le 28 juin 2013 par le poursuivant a ainsi été déposé
dans le délai légal et dans les formes prescrites de sorte qu'il est recevable;

 

 

             
attendu qu'à l'appui de sa requête de mainlevée définitive du 21 janvier 2013, le
poursuivant a notamment produit:

 

-
l'original du commandement de payer n° 6'424'496 notifié le 20 novembre 2012 par l'Office des
poursuites du district de Nyon au poursuivi, portant sur les montants de 537 fr. 50 avec intérêt
à 3,5 % l'an dès le 19 mars 2012 (I) et 100 fr. avec intérêt à 3,5 % l'an dès
le 7 septembre 2012 (II), mentionnant comme titre de la créance ou cause de l'obligation : (I) "Facture
N° 2012-1603 relative au solde des émoluments de surveillance de base 2012 pour le café-restaurant
[...] à Morges [./.] Art. 55 de la loi du 26 mars 2002 sur les auberges et les débits
de boissons (LADB)" et (II) "Emolument pour une décision de refus de délivrance de
licence";

 

-
un extrait de la comptabilité Procofiev du poursuivant relatif à la facture 1603 indiquant
une édition du 16 janvier 2012, et un premier rappel du 19 mars 2013. Les deux dernières
pages de cet extrait indiquent ce qui suit:

 

             
"No facture             
1603

 

[...]

6             
Payable sans frais avant le              
:              16.02.2012

[...]

11             
Contribution lutte travail illicite du 13.01.2012             
CHF              45.00

12             
Emolument de surveillance de base du 13.01.2012             
CHF              350.00

13             
Fondation des métiers de bouche du 13.01.2012             
CHF               262.50

14

15 Total             
                           
                           
CHF              657.50

16

17             
Toute réclamation ou demande de renseignements doivent être effectuées

18             
par écrit, directement à notre service. [...]";

 

-
une télécopie du 1er
mai 2012 de la poursuivie adressée à la poursuivante relative à la facture 1603;

 

-
une décision du 7 septembre 2012 prise par la poursuivante à l'égard de la poursuivie
refusant toute nouvelle demande de licence et d'autorisation simple à l'avenir, tant que le montant
de 637 fr. 50 n'aura pas été payé; cette décision indique dans ses considérants
qu'un émolument de 100 fr. est perçu, le montant total dû par la poursuivie s'élevant
alors à 637 fr. 50; à la fin de ce document figurent les voies et délais de recours;

 

 

             
attendu que le Juge de paix du district de Nyon a rejeté la requête de mainlevée du poursuivant
au motif que ce dernier n'avait pas produit de titre à la mainlevée définitive, la facture
n° 2012-1603 invoquée n'étant pas produite et la décision du 7 septembre 2012 ne
portant pas condamnation de la poursuivie à payer un montant déterminé au poursuivant;

 

 

             
attendu que le créancier qui est au bénéfice d'un jugement exécutoire peut requérir
du juge la mainlevée définitive de l'opposition (art. 80 al. 1 LP [loi fédérale sur
la poursuite pour dettes et la faillite; RS 281.1]), 

 

                          
que sont assimilées à des jugements les décisions des autorités administratives suisses
(art. 80 al. 2 ch. 2 LP), 

             

             
              qu'une décision administrative
peut justifier la mainlevée définitive, si elle émane d’une autorité compétente
et astreint le poursuivi à payer une somme d’argent échue à la corporation publique,
à titre d’amende, de frais, impôts et taxes ou d’autres contributions publiques
(Panchaud/Caprez, La mainlevée d’opposition, § 122 à 129),

 

             
qu'une décision devient définitive après sa notification à l’administré
si celui-ci, informé de son droit de recourir, n’en a pas usé (Panchaud/Caprez, op. cit.,
§ 133), 

 

             
que le juge de la mainlevée doit vérifier d’office, sur la base des pièces qu'il
appartient à la partie poursuivante de produire, que la décision invoquée comme titre
de mainlevée définitive est assimilée par la loi à un jugement exécutoire au
sens de l’art. 80 al. 2 ch. 2 LP, ce qui suppose qu’elle ait été notifiée
au poursuivi, avec indication des voie et délai de recours et que le recourant n’ait pas fait
usage de son droit de recours ou que son recours ait été définitivement écarté
ou rejeté (Gilliéron, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes
et la faillite, n. 12 ad art. 81 LP; Gilliéron, Les garanties de procédure dans l'exécution
forcée ayant pour objet une somme d'argent ou des sûretés à fournir – Le cas
des prétentions de droit public, in SJ 2003 pp. 361 ss, sp. pp. 365-366);

 

 

              
attendu qu'en l'espèce, le recourant a indiqué que contrairement à ce qu'a retenu le premier
juge, il a produit un duplicata de la facture n° 2012-1603 invoquée à l'appui de sa requête
de mainlevée, ce duplicata figurant sur les deux dernières pages de son extrait de comptabilité
Procoviev,

 

             
qu'il convient de relever que la poursuivie a reçu cette facture puisqu'elle y a réagi par
télécopie du 1er
mai 2012,

 

             
qu'en admettant que les deux dernières pages de l'extrait Procoviev produit sont un duplicata de
la facture n° 2012-1603, il y a lieu de constater que ce duplicata ne porte pas indication des voie
de droit et délai de recours,

 

             
que l'extrait de comptabilité produit ne satisfait ainsi pas aux exigences légales et ne constitue
donc pas un titre à la mainlevée définitive,

 

             
que la décision du 7 septembre 2012 n'astreint la poursuivie à aucun paiement, bien que ses
considérants relèvent qu'elle doit occasionner la perception d'un émolument de 100 fr.,
le montant total dû par la poursuivie étant alors amené à 637 fr. 50,

 

             
que ces considérations qui figurent dans la motivation de la décision mais non dans le prononcé
lui-même ne sauraient suffire, au vu des exigences formelles exposées ci-dessus, pour valoir
titre à la mainlevée définitive,

 

             
qu'en définitive, le recourant n'a produit aucun document valant titre de mainlevée,

 

             
qu'on peut d'ailleurs douter que le recourant ait la personnalité juridique,

 

             
que le recours, manifestement infondé au sens de l'art. 322 al. 1 CPC, doit être rejeté
et le prononcé confirmé;

 

 

             
attendu que les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 180 fr., doivent
être mis à la charge du recourant (art. 106 al. 1 CPC).

 

 

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
Le prononcé est confirmé.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 180 fr. (cent huitante francs),
sont mis à la charge du recourant.

 

             
IV.             
L'arrêt est exécutoire.

 

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du
22 août 2013

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, prend date de ce jour.

 

             
Il est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Le P.________,

‑             
Mme V.________.

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 637 fr. 50.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe 
(art.
74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les
trente jours qui suivent la présente notification (art. 100  al. 1 LTF).

 

 

 

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
Mme le Juge de paix du district de Nyon.

 

             
La greffière :