# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 166792d7-d702-5640-a430-cca3b4edcd16
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2011-01-04
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 04.01.2011 BA.2010.8
**Docket/Reference:** BA.2010.8
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_BA-2010-8_2011-01-04

## Full Text

Récusation du procureur fédéral (art. 99 al. 2 PPF en lien avec l'art. 34 ss LTF et art. 28 al. 1 let. c LTPF).;;Récusation du procureur fédéral (art. 99 al. 2 PPF en lien avec l'art. 34 ss LTF et art. 28 al. 1 let. c LTPF).;;Récusation du procureur fédéral (art. 99 al. 2 PPF en lien avec l'art. 34 ss LTF et art. 28 al. 1 let. c LTPF).;;Récusation du procureur fédéral (art. 99 al. 2 PPF en lien avec l'art. 34 ss LTF et art. 28 al. 1 let. c LTPF).

Arrêt du 4 janvier 2011  
Ire Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Tito Ponti, président, 
Patrick Robert-Nicoud et Joséphine Contu,  
la greffière Claude-Fabienne Husson Albertoni  

   
 
Parties 

  
A., représenté par Me Stefan Disch, avocat,  

plaignant 
 

 contre 
   

MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,  
partie adverse 

 
Objet  Récusation du procureur fédéral (art. 99 al. 2 PPF en 

lien avec l'art. 34 ss LTF et art. 28 al. 1 let. c LTPF) 
 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéro de dossier:  BA.2010.8 
 
 
 

 

 

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Faits: 
 

A. Le 23 novembre 2005, le Ministère public de la Confédération (ci-après: 
MPC) ouvrait l’enquête RAGNATELA à l’encontre de B. et C. pour dénoncia-
tion calomnieuse (art. 303 CP).  
 
Le 20 avril 2007, l’enquête était étendue contre A. pour dénonciation ca-
lomnieuse et faux témoignage (art. 307 CP). 
 
Le 2 septembre 2008, l’enquête était étendue contre C. et B. pour séques-
tration (art. 183 CP); elle était étendue contre A. pour séquestration et abus 
d’autorité (art. 183 et 312 CP). 
 
Le 18 septembre 2008, l’instruction préparatoire était ouverte par le Juge 
d’instruction fédéral (ci-après: JIF). Le 7 décembre 2009, elle était close.  

 
 
B. Le 14 octobre 2010, par acte adressé initialement au Tribunal fédéral, A. 

demandait au MPC de se récuser (act. 1.2). Le 22 novembre 2010, le MPC 
refusait la demande de récusation (act. 1.3). 

 
 
C. Par acte du 30 novembre 2010 (act. 1), A. se plaint de la décision susdite 

et conclut, sous suite de frais et dépens, à  
 

1. La plainte est admise. 
2. Le Ministère public fédéral et ses procureurs ordinaires sont récusés dans 

l’enquête ouverte sous référence VU.2008.7. 
3. Un procureur fédéral extraordinaire est nommé dans l’enquête ouverte 

sous référence VU.2008.7. 
 
Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris 
si nécessaire dans les considérants en droit. 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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La Cour considère en droit: 
 

1. 
1.1 Le Code de procédure pénale suisse (CPP; RS 312.0) est entré en vigueur 

le 1er janvier 2011. A teneur de son art. 453 al. 1, les recours formés contre 
les décisions rendues avant l’entrée en vigueur du présent code sont traités 
selon l’ancien droit par les autorités compétentes sous l’empire de ce droit. 
C’est donc selon ce dernier que sera examinée la présente plainte. 

1.2 La compétence de la Ire Cour des plaintes pour connaître des cas contes-
tés de récusation du Procureur de la Confédération, des Juges d’instruction 
fédéraux et de leurs greffiers se fonde sur l'art. 28 al. 1 let. c de la loi sur le 
Tribunal pénal fédéral (LTPF).  

1.3 La plainte doit être faite dans les cinq jours à compter de celui auquel le 
plaignant a eu connaissance de la contestation (art. 217 PPF). La décision 
par laquelle le MPC conteste l'existence d'une cause de récusation en sa 
personne ou en ses actes date en l'occurrence du 22 novembre 2010 et a 
été reçue le 25 novembre 2010. Déposée le 30 novembre 2010, la plainte a 
été faite en temps utile (art. 99 al. 1 PPF et 45 al. 1 LTF). 

1.4 De jurisprudence constante, le motif de récusation doit être invoqué dès 
que possible, à défaut de quoi le plaideur est réputé avoir tacitement  
renoncé à s'en prévaloir (ATF 132 II 485 consid. 4.3; 119 Ia 228 ss; 
EGLI/KURZ, La garantie du juge indépendant et impartial dans la jurispru-
dence récente, in: Recueil de jurisprudence neuchâteloise [RJN] 1990  
p. 28 ss). En particulier, il est contraire à la bonne foi d'attendre l'issue 
d'une procédure pour tirer ensuite argument, à l'occasion d'un recours, de 
la composition incorrecte de l'autorité qui a statué, alors que le motif de  
récusation était déjà connu auparavant (ATF 124 I 121 consid. 2, 119 Ia 
221 consid. 5a). Le droit d’invoquer ultérieurement les règles sur la récusa-
tion se périme à l’égard de celui qui ne récuse pas immédiatement le juge 
ou le fonctionnaire concerné dès qu’il a connaissance du motif de récusa-
tion (ATF 132 II 485 précité ibidem; PIQUEREZ, Traité de procédure pénale 
suisse, 2ème éd., Genève/Zurich/Bâle 2006, p. 252/253 no 384). 

1.5 En substance (act. 1.2, p. 4 et 5), le plaignant reproche au MPC: 

1. d’avoir un intérêt personnel, au sens de l’art. 34 al. 1 LTF, à voir les 
inculpés condamnés; 

2. de ne pas avoir produit dans la procédure, avec constance et sys-
tématique, le journal d’enquête BIDONS; 

3. d’avoir négocié l’indemnité versée à D. avec le conseil de ce der-
nier, lors d’un déplacement au Tessin le 18 mai 2005; 

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4. de ne pas avoir procédé à l’audition contradictoire du Procureur fé-
déral E.; 

5. d’avoir validé des procédés inacceptables lors de l’audition du té-
moin F. 

 
L’inculpé s’est vu accorder le droit d’accéder au dossier complet au plus 
tard lors de la clôture de l’instruction préparatoire, le 7 décembre 2009  
(art. 119 al. 2 PPF). Même compte tenu d’un certain délai nécessaire à 
l’étude du dossier et donc au relevé de motifs de récusation inconnus jus-
qu’alors, force est de constater que s’est écoulée près d’une année entre le 
moment où le plaignant a eu accès au dossier complet et la date de sa 
demande de récusation, délai plus que suffisant à l’examen dudit dossier. 
Ainsi faut-il conclure sans examen de leur mérite que les griefs soulevés 
par le plaignant et qui ont trait au contenu du dossier sont tardifs (griefs 2, 
3, 4 et 5). L’argument rétrospectif du plaignant (act. 1, p. 3, par. 1), qui pos-
tule que l’apparence de partialité du MPC se dégage d’un « complexe 
d’évènements et d’incidents qui se sont déroulés tout au long de la procé-
dure » tombe à faux, puisque tous les éléments invoqués par le plaignant 
ont été portés à sa connaissance au plus tard lorsqu’il a eu accès au dos-
sier complet, soit le 7 décembre 2009, et qu’il lui incombait donc de soule-
ver ce grief également après en avoir eu connaissance. Sur les points 2, 3, 
4 et 5, la demande de récusation est donc irrecevable. 

1.6 Pour le reste, seules les parties sont légitimées à demander la récusation 
d’un magistrat (arrêt du Tribunal pénal fédéral BB.2007.71 du 10 janvier 
2008, consid. 1.2). En l’espèce, le plaignant, inculpé, est partie à la pré-
sente procédure et dispose donc de la qualité pour déposer la présente 
plainte.  

1.7 La plainte est donc recevable en la forme en ce qui concerne le grief 1. 

 

2. La récusation est la procédure par laquelle une partie à un procès sollicite 
qu’un magistrat ou un fonctionnaire judiciaire suspect de partialité soit écar-
té du procès auquel il participe afin de garantir une décision objective (PI-
QUEREZ, op. cit., p. 250 no 381). Lorsqu’un juge paraît suspect de partialité 
ou de parti pris, sa récusation peut être requise directement sur la base des 
art. 30 al. 1 Cst., 6 § 1 CEDH et 14 Pacte ONU II. En procédure pénale fé-
dérale, la récusation des magistrats et fonctionnaires judiciaires, de même 
que les délais et la restitution pour inobservation de ceux-ci, sont régis par 
la LTF. Les dispositions sur la récusation s’appliquent aussi au Procureur 

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fédéral, aux Juges d’instruction fédéraux et à leurs greffiers, aux experts, 
aux traducteurs et aux interprètes (art. 99 al. 1 et 2 PPF). 

 Il ressort en substance de la jurisprudence développée par le Tribunal  
fédéral au sujet des garanties prévues aux art. 29 et 30 Cst. que tout plai-
deur peut exiger la récusation d'un juge dont la situation ou le comporte-
ment est de nature à faire naître un doute sur son impartialité. Il suffit que 
les circonstances donnent l'apparence de la prévention et fassent redouter 
une activité partiale du magistrat, mais seules des circonstances consta-
tées objectivement doivent être prises en considération; les impressions 
purement individuelles du plaideur ne sont pas décisives (ATF 131 I 24 
consid. 1.1 et les arrêts cités; arrêt du Tribunal pénal fédéral BA.2008.6 du 
28 novembre 2008, consid. 2.2). D'éventuelles erreurs de procédure ou 
d'appréciation commises par un juge ne suffisent pas à fonder objective-
ment un soupçon de prévention. Seules des fautes particulièrement graves 
et répétées pourraient avoir cette conséquence; même si elles paraissent 
contestables, des mesures inhérentes à l'exercice normal de la charge du 
juge ne permettent pas de suspecter celui-ci de partialité (ATF 113 Ia 407 
consid. 2; 111 Ia 259 consid. 3b/aa). S'agissant d'un représentant du  
Ministère public, voire du MPC in corpore, les exigences d'impartialité ne 
sont cependant pas les mêmes que pour les autorités judiciaires propre-
ment dites. En effet, ni les art. 29 et 30 Cst., ni l'art. 6 § 1 CEDH ne confè-
rent à l'accusé une protection particulière à l'égard d'un magistrat qui a 
pour rôle essentiel de soutenir l'accusation au cours de l'instruction et de-
vant les juridictions pénales, comme partie à la procédure (ATF 124 I 76 
consid. 2; 118 Ia 95 consid. 3b; 112 Ia 142 consid. 2a et les arrêts cités). 

Ainsi, conformément à la jurisprudence citée ci-dessus, à l’heure 
d’apprécier une éventuelle récusation, il convient de mettre en perspective 
que, s’agissant des fautes pointées par le plaignant, celles-ci ne sont pas 
en soi un motif de récusation, mais le sont uniquement si elles ont pour 
conséquence un indice de partialité.  
 
 

3. Quand bien même les griefs 2 à 5 sont irrecevables en raison de leur tardi-
veté, leur examen au fond, mené par économie de procédure, conduirait à 
leur rejet.  

3.1 S’agissant de la non-production du journal d’enquête BIDONS, le plaignant 
feint d’oublier que, sur plainte de sa part, la Ire Cour des plaintes a ordonné 
que ce document soit versé au dossier (arrêt du Tribunal pénal fédéral 
BB.2009.79 du 23 décembre 2009, consid. 3.2). Il n’apparaît donc pas 
pourquoi, un an après avoir obtenu gain de cause sur ce point par la voie 

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de recours ordinaire, le plaignant en fait un grief à l’encontre du MPC au-
quel, il n’avait, au demeurant, jamais requis précédemment la production 
de ce journal. En tout état de cause, le seul fait que le MPC n’ait pas effec-
tué un acte d’enquête puis que cet acte ait été ordonné au JIF dans le ca-
dre d’une procédure de plainte ne suffit pas – et loin s’en faut – pour ad-
mettre la partialité du procureur chargé de l’enquête, a fortiori du MPC in 
corpore. 

3.2 En ce qui concerne la « négociation » de l’indemnité versée à D., le plai-
gnant méconnaît que ladite indemnité n’a pas été décidée par le MPC mais 
par la Ire Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral, qui n’est pas liée par 
les propositions du MPC (arrêt du Tribunal pénal fédéral BK.2005.9 du 
12 octobre 2005). On voit dès lors mal en quoi aurait consisté telle « négo-
ciation » alors que son objet échappait tant au MPC qu’à D., respective-
ment à son représentant.  

3.3 A propos de l’absence d’audition contradictoire du procureur fédéral E., 
force est de rappeler que la PPF ne prévoit pas d’auditions sous cette 
forme au stade de l’enquête. Il ne saurait donc être question de faire au 
MPC le reproche de ne pas y avoir procédé, ce d’autant plus que cette me-
sure d’enquête pouvait être requise au stade de l’instruction préparatoire – 
soit dès le 18 septembre 2008 (art. 119 al. 1 PPF) – ou pourra l’être lors 
des débats (art. 137 PPF). 

3.4 Quant aux procédés inacceptables lors de l’audition du témoin F., force est 
déjà de constater que le plaignant semble confondre l’audition de confron-
tation du 29 mai 2009 entre lui-même et F. et une audition antérieure, au 
cours de laquelle des policiers fédéraux (G. et H.) auraient dit à F. que A. 
l’avait dénoncé (act. 1.2, p. 12ii). Le plaignant, arguant du fait qu’il n’aurait 
jamais fait telle dénonciation, y voit une manœuvre afin de mettre F. dans 
de mauvaises dispositions envers lui, manœuvre cautionnée par le MPC. 
Le MPC aurait au surplus dissuadé F. de porter plainte contre le plaignant.  

 Il sied de dire que le grief du plaignant manque singulièrement de clarté. En 
tout état de cause, le procès-verbal de l’audition du 29 mai 2009, signé par 
le plaignant, pris lors d’une audition contradictoire en présence notamment 
de sa représentante (act. 1.3, p. 6-7, l. 20ss), permet de déduire que F. 
s’était vu opposer des pages du livre écrit par C. et que le conseil de ne 
pas porter plainte contre le plaignant émanait non du MPC mais relevait de 
propos prêtés au MPC par les policiers fédéraux. On voit donc mal en quoi 
le MPC aurait commis un acte susceptible de fonder une demande de ré-
cusation. 

 

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4. Au sujet de l’intérêt personnel du MPC au sens de l’art. 34 al. 1 let. a LTF, 
qui semble justifier aux yeux du plaignant la récusation non seulement du 
procureur chargé de l’enquête mais du MPC in corpore, il est selon lui lié 
au résultat de l’enquête BIDONS et à l’action intentée par D. contre la Confé-
dération, au motif que « seule l’implication pénale du demandeur et des au-
tres inculpés est de nature, après coup, à justifier des décisions potentiel-
lement erronées et inadéquates du MPC dans l’enquête BIDONS » 1.2, p. 9 
let. f).  

 A comprendre le plaignant, l’enquête RAGNATELA aurait été ouverte pour 
« couvrir » d’éventuelles erreurs commises dans le traitement de l’enquête 
BIDONS.  

 Force est de constater que ce grief n’est qu’allégué par le plaignant. Il ne 
repose sur aucun élément probant; rien au dossier ne permet même de 
comprendre par quelle voie le plaignant parvient à sa conclusion, si bien 
qu’il y a lieu de la taxer de pure supposition, si peu étayée qu’elle en paraît 
malséante. Au demeurant, sur ce point également, le grief, formulé un an 
après la mise à disposition du dossier complet, est également tardif. 

 

5.  Pour les motifs qui précèdent, il manque peu pour qualifier la plainte de té-
méraire et de dilatoire. Par conséquent, elle doit donc être d’emblée reje-
tée, de telle sorte qu'il est renoncé à un échange d'écriture (art. 219 al. 1 
PPF a contrario).  

 

6. Selon l’art. 66 LTF, applicable par renvoi de l’art. 245 PPF, la partie qui 
succombe est tenue au paiement des frais. L’émolument est fixé à  
Fr. 1'500.-- (art. 3 du règlement fixant les émoluments judiciaires perçus 
par le Tribunal pénal fédéral du 11 février 2004). Il n'y a pas lieu d'allouer 
de dépens.  

 

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Par ces motifs, la Ire Cour des plaintes prononce: 
 
1. La plainte est rejetée dans la mesure où elle est recevable. 
 
2. Un émolument de Fr. 1'500.--, réputé couvert par l’avance de frais acquittée, 

est mis à la charge du plaignant.  
 
 

Bellinzone, le 5 janvier 2011 
 
Au nom de la Ire Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
Le président:     La greffière:  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Distribution 
 
- Me Stefan Disch, avocat  
- Ministère public de la Confédération  
 
 
 

 

Indication des voies de recours 

Il n’existe pas de voie de recours ordinaire contre cet arrêt.