# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** ba3a3785-0cef-5c77-a2fa-90c9fdfc4488
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-06-05
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 05.06.2024 P/1155/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-1155-2018_2024-06-05.pdf

## Full Text

Siégeant : Madame Alessandra CAMBI FAVRE-BULLE, présidente ; Madame 
Delphine GONSETH et Monsieur Cédric-Laurent MICHEL, juges ; 
Madame Caroline GUEYDAN, greffière-juriste délibérante. 

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/1155/2018 AARP/196/2024 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 5 juin 2024 

 

Entre 

A______, actuellement en exécution anticipée de peine à la prison de B______, ______, 

comparant par Me C______, avocat,  

D______, comparant par Me E______, avocat,  

F______, partie plaignante, comparant en personne, 

appelants et intimés sur appel joint, 

 

 

contre le jugement JTCO/46/2023 rendu le 6 avril 2023 par le Tribunal correctionnel, 

 

et 

G______, partie plaignante, assisté de Me H______, avocate,  

I______, partie plaignante, assisté de Me J______, avocat,  

intimés sur appels principaux et appelants joints, 

 

 
 
 

P/1155/2018 

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LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

K______, partie plaignante, assisté de Me L______, avocate,  

intimés.

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EN FAIT : 

A. a.a. Par jugement JTCO/46/2023 du 6 avril 2023, le Tribunal correctionnel (TCO) a 
reconnu A______ coupable de traite d'êtres humains par métier (art. 182 al. 1 et 2 du 
code pénal suisse [CP]), de lésions corporelles simples (art. 123 ch. 1 al. 1 CP), de 
violation de l'obligation de tenir une comptabilité (art. 166 CP), de violation des 
règles de l'art de construire (art. 229 al. 1 CP), de faux dans les titres (art. 251 ch. 1 
CP), d'usage abusif de permis ou de plaques (art. 97 al. 1 let. b de la loi sur la 
circulation routière [LCR]), d'entrée illégale (art. 115 al. 1 let. a de la loi fédérale sur 
les étrangers et l'intégration [LEI], de séjour illégal (art. 115 al. 1 let. b LEI), de 
travail sans autorisation (art. 115 al. 1 let. c LEI), d'incitation à entrée illégale 
(art. 116 al. 1 let. a LEI), d'incitation au séjour illégal (art. 116 al. 1 let. b LEI), 
d'emploi d'étrangers sans autorisation (art. 117 al. 1 et 2 LEI), d'infraction à la loi sur 
l'assurance-vieillesse et survivants (art. 87 al. 2 LAVS) et d'infraction à la loi sur la 
prévoyance professionnelle (art. 76 al. 1 let. b LPP). 

 A______ a été acquitté des chefs de menaces, escroquerie, contrainte, séquestration, 
violation des devoirs d'assistance ou d'éducation et de conduite sans assurance 
responsabilité civile. 

 Il a été condamné à une peine privative de liberté de sept ans et six mois, sous 
déduction de 692 jours de détention avant jugement, ainsi qu'à une peine pécuniaire 
de 180 jours-amende à CHF 60.-, partiellement complémentaire à celles prononcées 
le 18 mars 2014 par le Ministère public de l'arrondissement de Lausanne, le 4 octobre 
2016 par le Ministère public/Parquet régional Neuchâtel, le 17 juillet 2017 par le 
Tribunal de police genevois et le 13 novembre 2017 par le Ministère public genevois 
(MP). 

 Son expulsion a été ordonnée pour une durée de 10 ans, avec signalement dans le 
système d'information Schengen (SIS). 

 a.b. Au terme du même jugement, le TCO a déclaré D______ coupable d'usure 
(art. 157 ch. 1 CP), de violation de l'obligation de tenir une comptabilité (art. 166 
CP), de faux dans les titres (art. 251 CP), d'emploi d'étrangers sans autorisation 
(art. 117 al. 1 LEI) et d'infractions à la loi sur l'assurance-vieillesse et survivants 
(art. 87 al. 2 LAVS) ainsi qu'à la loi sur la prévoyance professionnelle (art. 76 al. 1 
let. b LPP). 

 a.c. A______ et D______ ont été condamnés à payer, conjointement et 
solidairement, divers montants aux parties plaignantes, en couverture de leur 
dommage matériel ou de leur tort moral ; une créance compensatrice de 
CHF 434'534.10, plus intérêts, a été prononcée à leur encontre et allouée à 
concurrence de leur dommage aux parties plaignantes, de même que le montant de la 

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peine pécuniaire à payer par A______, créance garantie par le maintien du séquestre 
de valeurs patrimoniales et du produit de vente net des deux véhicules saisis. 

 Les frais de la procédure ont été mis à charge de A______ à raison des ¾, de 
D______ pour le solde. 

b.a.a. En temps utile, A______ appelle de ce jugement, concluant, selon sa 
déclaration d'appel, à son acquittement des chefs d'infraction de traite d'êtres humains 
par métier, de violation de l'obligation de tenir une comptabilité, de violation des 
règles de l'art de construire, de faux dans les titres et d'incitation à l'entrée illégale. Il 
requiert le prononcé d'une peine privative de liberté ne dépassant pas la durée de la 
peine d'ores et déjà subie ainsi que d'une peine pécuniaire ne dépassant pas 60 jours-
amende, à CHF 60.- l'unité, ainsi que le renvoi de I______, G______ et K______ à 
faire valoir leurs prétentions par la voie civile. Il demande encore qu'il soit renoncé à 
son expulsion et au prononcé d'une créance compensatrice, les valeurs patrimoniales 
saisies et le produit de vente des véhicules devant venir en déduction des frais de la 
procédure mis à sa charge. 

b.a.b. Par courrier du 30 avril 2024, il a cependant réduit une première fois la portée 
de l'appel, ne contestant plus sa culpabilité des chefs de traite d'êtres humains par 
métier, incitation à l'entrée illégale et violation de l'obligation de tenir une 
comptabilité. 

b.b. En temps utile, D______ a également formé appel de ce jugement, qu'il a retiré, 
par courrier du 6 février 2024. 

b.c. Dans le délai légal, I______ avait formé appel joint, concluant à ce que D______ 
soit reconnu coupable de complicité de traite d'êtres humains, plutôt que du chef 
d'usure. 

 b.d. G______ forme appel joint dans le délai légal, concluant à la condamnation de 
A______ du chef de menaces. 

 b.e. Par courrier du 14 avril 2023, F______ avait annoncé appel mais elle n'a pas 
déposé de déclaration d'appel dans le délai légal, ni n'a retiré le courrier recommandé 
de la Chambre pénale d'appel et de révision (CPAR) du 22 décembre 2023, lui 
impartissant un délai pour se déterminer sur l'apparente irrecevabilité de son recours.  

 c. Selon l'acte d'accusation du 19 janvier 2023 et l'acte d'accusation complémentaire 
du 24 mars 2023, il est encore reproché ce qui suit à A______ : 

   

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e.a. Traite d'êtres humains par métier et infractions aux art. 87 LAVS et 76 LPP 
(ch. 1.1.1) :  

Entre le 13 décembre 2013 et le 25 janvier 2018, il a recruté en Macédoine une 
cinquantaine d'ouvriers, dont I______, K______, G______, M______, N______, 
O______, P______, Q______, R______, S______, T______, U______, V______, 
W______, X______, Y______, Z______, AA______, AB______, AC______, 
AD______, AE______ et AF______, afin d'exploiter leur force de travail au sein de 
sa société AG______ SA, en les contraignant à travailler au-delà du temps maximal 
autorisé, sans pause, sans contrepartie financière, en les injuriant, menaçant et 
maltraitant, en contrôlant leurs déplacements et en les logeant dans des appartements 
exigus et insalubres, certains ouvriers devant même dormir à même le sol, alors que 
le salaire versé et les charge sociales, pour autant qu'ils eussent été payés, étaient très 
largement en-deçà des minimums légaux et disproportionnés par rapport au travail 
effectué. 

 Plus particulièrement, il a profité des conditions précaires des ouvriers en Macédoine 
et leur a promis un salaire régulier compris entre EUR 1'000.- et EUR 1'500.- pour 
40 heures de travail hebdomadaire, en étant nourris, logés et blanchis, ainsi que 
d'entreprendre des démarches pour l'obtention d'un titre de séjour et un permis de 
travail en Suisse, ce qui n'a jamais été fait. 

 Entre 2014 et 2018, les ouvriers ont ainsi été logé, à six ou huit, successivement dans 
cinq ou six logements différents, d'environ 25 m2 chacun, tous n'y disposant pas de lit 
et devant dormir à même le sol. 

A______ leur interdisait de sortir de leur logement, dont seuls certains disposaient 
des clefs, et de parler à des tiers, tout en surveillant que ses consignes étaient 
respectées, en menaçant les intéressés de représailles s'ils ne lui obéissaient pas. 

Il exigeait d'eux qu'ils travaillent de 7h00 à 19h00 ou 20h00, voire parfois jusqu'à 
23h00, en ne leur octroyant ni vacances, ni pauses, hormis cinq minutes pour 
déjeuner, y compris le week-end, étant précisé que les conditions sécuritaires 
n'étaient pas respectées sur les chantiers, qu'il s'agisse de l'équipement fourni, des 
conditions de travail ou des normes de sécurité des installations. 

 Il a aussi utilisé certains employés, dont I______ et G______, comme chauffeurs, en 
sus de leurs heures de travail.  

 Il a privé, dans ce contexte, ses ouvriers de nourriture, parfois durant 48h00, alors 
qu'ils travaillaient sur les chantiers durant la journée, ou ne leur a pas donné la 
nourriture nécessaire à leurs besoins, exploitant la situation de faiblesse dans laquelle 
ils se trouvaient, les faisant vivre dans un climat de peur, en les injuriant et les 

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menaçant régulièrement, que ce soit en déclarant qu'ils "allaient voir ce qui allait 
leur arriver" ou qu'il aller les "faire retourner en Macédoine", en prétextant 
connaître un inspecteur de police, mais également en se montrant violent 
physiquement en cas d'opposition ou de demande de paiement des salaires, 
notamment à l'égard de I______, G______ et K______. 

Pour asseoir davantage son autorité sur les ouvriers et les dissuader de se plaindre et 
de quitter la société, il a pris contact avec certains employeurs subséquents ou, afin 
que ceux-là ne fussent pas embauchés ou fussent licenciés. 

e.b. Incitation à l'entrée et au séjour d'étrangers sans autorisation et emploi 
d'étrangers sans autorisation : 

Entre le 13 décembre 2013 et le 25 janvier 2018, il a recruté en Macédoine et fait 
venir en Suisse une cinquantaine d'ouvriers, à tout le moins I______, K______, 
G______, M______, N______, O______, P______, Q______, R______, S______, 
T______, U______, V______, W______, X______, Y______, Z______, AA______, 
AB______, AH______, AD______ et AE______, a mis à leur disposition un 
logement, facilitant ainsi leur séjour, et les a employés pour le compte de la société 
AG______ SA, alors qu'il savait qu'ils ne disposaient pas des autorisations 
nécessaires pour entrer en Suisse, y résider et y travailler. 

e.c. Lésions corporelles simples (ch. 1.1.3) : 

Le 21 novembre 2017, aux environs de 23h00, il a fait venir sous de faux prétextes 
I______ dans le parc de la Perle du Lac et lui a asséné un coup de tête puis, alors que 
sa victime tentait de le repousser, a saisi son épaule de la main gauche et l'a roué de 
coups de poing et de coups de pieds, à environ sept reprises au visage et à dix dans 
les parties génitales. 

e.d. Menaces (ch. 1.1.4) : 

À une date indéterminée, mais postérieure au 21 novembre 2017, ainsi que début 
décembre 2017, il a menacé G______, en mandatant en Macédoine des tiers, afin 
qu'ils se rendent au domicile du père de G______ et le menacent de tuer son fils, en 
lui disant qu'il mettrait la partie plaignante dans un sac poubelle noir pour le ramener 
en Macédoine, ces menaces étant destinées à lui être rapportées pour l'effrayer, ce qui 
a été le cas (ii). 

Au début du mois de décembre 2017, à proximité de la plaine de Plainpalais, il a 
menacé G______ de le tuer en mimant le geste de lui trancher la gorge, ce qui a 
effrayé ce dernier (iii). 

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e.e. Violation de l'obligation de tenir une comptabilité (ch. 1.1.9) : 

Entre 2014 et 2019, en sa qualité de directeur et organe de fait de AG______ SA, il a 
omis d'en tenir la comptabilité, en violation de ses obligations légales, empêchant par 
là toute visibilité quant à la réelle situation financière de la société et quant aux 
mesures d'assainissement à prendre, notamment la saisine du juge au sens de 
l'art. 725 al. 2 de la loi du 30 mars 1911 complétant le code civil (CO). 

e.f. Violation des règles de l'art de construire (ch. 1.1.10) : 

Entre avril et juillet 2017, dans le cadre d'un chantier sis au chemin 1______, à 
AI______ [GE], pour lequel il avait été mandaté pour l'exécution de travaux, il a 
permis un risque d'éboulement concret sur les ouvriers dans la fosse, profonde de 
neuf mètres, qui a nécessité l'arrêt du chantier et qui aurait pu être évité si les règles 
de l'art de construire avaient été respectées. 

Dans ce cadre il a réalisé des travaux alors qu'il ne disposait pas des compétences et 
connaissances nécessaires, et n'a en outre pas équipé les employés de AG______ SA 
conformément aux règles de sécurité imposées par un tel chantier (absence de casque 
et de chaussures adéquates), alors qu'au surplus, les conditions de travail qui leur 
étaient imposées, notamment les horaires de travail inadaptés et excessifs, ainsi que 
l'absence de pause et de nourriture adéquates, engendraient une fatigue importante et, 
partant, un risque accru d'accident. 

Il a ainsi, lors de ce chantier, sciemment pris le risque de mettre concrètement en 
danger la vie et l'intégrité physique de ses employés, dont I______, G______ et 
K______. 

e.g. Faux dans les titres (ch. 1.1.11) : 

(i) Entre le 7 octobre 2016, date à laquelle la Commission paritaire genevoise du gros 
œuvre (CPGO) a indiqué qu'une procédure de contrôle des conditions de travail et de 
salaire des employés de AG______ SA aurait lieu le 10 novembre 2016, et le 
12 septembre 2017, à Genève, en sa qualité de directeur de AG______ SA, A______ 
a transmis ou fait transmettre des fiches de salaire ne correspondant pas aux salaires 
effectifs versés aux employés de la société, afin d'éviter une peine conventionnelle, 
ou d'en limiter le montant. 

Plus particulièrement, il a établi, voire fait établir de faux contrats de travail, de 
fausses fiches de salaires, en imitant la signature des employés, cela également sur 
des formulaires destinés aux fondations de prévoyance et autres assurances sociales, 
pour les employés suivants : 

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- K______, s'agissant des fiches de salaire des mois de juin à septembre 2014, puis 
de février à décembre 2015 (C-304'428ss et C-30'467ss) ; 

- Z______, s'agissant des fiches de salaire des mois d'avril à décembre 2015 et du 
contrat de travail du 1er avril 2015 (C-30'439ss) ; 

- X______, s'agissant des fiches de salaire des mois de février à mai 2015 et du 
contrat de travail et de l'avis d'entrée LPP du 2 février 2015 (C-30'444ss) ; 

- V______, s'agissant des fiches de salaire des mois d'avril et mai 2015 et du 
contrat de travail du 1er avril 2015 (C-30'452ss) ; 

- U______, s'agissant des fiches de salaire de mois de mars et avril 2015 et du 
contrat de travail du 26 février 2015 (C-30'456ss) ; 

- Y______, s'agissant des fiches de salaire des mois de juin à septembre 2014 (C-
30'471ss) ; 

- W______, s'agissant des fiches de salaire des mois de juin à septembre 2014 (C-
30'475ss). 

(ii) à des dates indéterminées, mais au plus tard le 31 août 2017, de concert avec 
D______, il a imité la signature de I______, voire a accepté pleinement et sans 
réserve que ce dernier ou l'un de ses auxiliaires le fasse, sur un document intitulé 
"avis d'entrée", lequel a été transmis à la Fondation supplétive LPP dans le but 
d'obtenir des avantages indus, soit d'éviter l'arrêt des chantiers en cours au chemin 
1______ et à la rue 2______ (café AJ______) car il ne respectait pas les conditions 
de travail et le salaire des employés de la société. 

e.h. Usage abusif de permis ou de plaques (ch. 1.1.12) : 

A______ a omis de restituer le permis de circulation et la plaque du véhicule 
immatriculé GE 3______, malgré la sommation et la décision de retrait. 

e.i. Entrée illégale, séjour illégal et travail sans autorisation (ch. 1.1.13) 

Entre le 6 mai 2017 et le 25 janvier 2018, puis du 14 décembre 2019 au 12 janvier 
2020, il a pénétré à réitérées reprises sur le territoire suisse, et y a séjourné et 
travaillé alors qu'il ne disposait pas des autorisations nécessaires pour ce faire. 

B. Seuls les faits pertinents pour trancher des chefs de culpabilité encore contestés à 
l'issue des débats d'appel ou de la peine seront discutés ci-après. Pour le surplus, il 

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est renvoyé aux considérants du jugement de première instance (art. 82 al. 4 du code 
de procédure pénale CPP]). 

1. Violation des règles de l'art de construire 

 a. En 2015, une autorisation de construire a été délivrée pour l'extension du sous-sol, 
la création d'une piscine/spa et la construction d'un couvert à voitures avec 
aménagements extérieurs à l'adresse no. ______, chemin 1______ à AI______. 

 Les travaux ont été confiés à la société AK______ Sàrl, qui a sous-traité, en 
septembre 2016, les travaux de construction de la piscine à AG______ SA pour un 
montant total de CHF 229'880.-. 

 Avec l'accord de AK______ Sàrl, AG______ SA a sous-traité les travaux de 
terrassement à la société AL______ Sàrl. Par courriel du 13 juin 2017 à l'ingénieur 
AM______, AL______ Sàrl a toutefois indiqué qu'elle suspendait les travaux. Le 
19 juin 2017, AK______ Sàrl a derechef confié à AG______ SA la réalisation des 
travaux de construction de la piscine et du garage. 

b. Le 11 juillet 2017, l'Inspection des chantiers a procédé à un contrôle. Le chantier a 
été arrêté dans l'attente de travaux de sécurisation, en raison d'un risque de chute de 
blocs ou d'effondrement du talus au pied duquel se trouvait la fouille au fond de 
laquelle les ouvriers travaillaient.  

c. Selon le rapport d'enquête de l'Office des autorisations de construire consécutif à 
l'inspection, les talus des fouilles présentaient une pente supérieure à 3:1 ou verticale 
en plusieurs endroits, sans être boisés, et certaines parties étaient en surplomb, sans 
avoir été abattues. Des photographies, jointes au rapport, en attestent.  

d. AN______, l'inspecteur qui avait effectué la visite, a relaté à la police que, s'étant 
rendu sur place pour un autre motif, il avait observé un terrassement avec des murs 
coulés à l'intérieur ainsi que des talus très raides et profonds, d'où un danger mortel 
pour les ouvriers. Trois Macédoniens étaient présents et il leur avait fait quitter les 
lieux. Il avait compris qu'il s'agissait d'employés de AG______ SA. Il pensait que la 
personne la plus compétente avait été AM______. 

e. À teneur des déclarations à la police de AO______, architecte chargé de la sécurité 
du chantier lors de sa reprise, les travaux avaient été interrompus en raison du haut 
risque d'éboulement de la fosse, profonde de neuf mètres. À son sens, l'ingénieur 
AM______ aurait dû arrêter les travaux déjà avant l'intervention de l'Inspection des 
chantiers car la vie des ouvriers était clairement en jeu, la pente étant presque de 90o 
au lieu des 45o admissibles. 

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 f. L'ingénieur AM______ a dit qu'il s'était rendu pour la première fois sur place sur 
convocation de l'inspecteur qui avait ordonné l'arrêt du chantier. Les travaux avaient 
commencé sans son ordre et ne se déroulaient pas comme prévu ; en particulier, le 
terrassement n'avait pas été fait selon les règles de l'art. Le mandat confié par 
AP______ [ndr : AK______ Sàrl] incluait la surveillance des travaux et il avait 
imposé des mesures spéciales en raison de la présence d'une nappe phréatique. Il 
n'avait cependant pas établi les plans d'exécution de ces travaux spéciaux, convaincu 
de ce que AP______ allait mandater une entreprise spécialisée, par l'intermédiaire 
d'un géotechnicien. Il n'y avait pas de direction générale des travaux, celle-ci étant 
assumée par l'entreprise du précité. 

Avant cela, il avait requis son fils d'aller examiner le radier. Celui-ci lui avait 
rapporté qu'il y avait une fouille sans protection des talus, soit sans palplanches, 
contrairement à ce qu'il avait préconisé. Dès lors que le radier était prêt, AM______ 
avait pris la décision de le bétonner sans coffrage et d'appuyer ensuite le béton sur le 
talus. Cela avait dû être fait dans la journée. Il n'y avait pas trop de craintes car il 
faisait beau et que le pied du talus était stabilisé, sec, de bonne qualité. Au sommet 
du talus, la maison était en danger de sorte qu'il fallait en étayer les fondations, mais 
le temps avait changé et il avait fallu organiser un cheminement pour des brouettes, 
et commander du béton pour tenir le talus. Des étais métalliques trouvés sur place 
avait été installés. Par chance, l'inspecteur des travaux n'avait pas été convoqué, car il 
aurait arrêté le chantier et la maison aurait fini dans la fouille. Lors du contrôle de la 
semaine suivante, l'inspecteur avait eu raison de prendre la décision d'arrêt le 
chantier, pour préserver la vie des ouvriers. 

g. Selon AQ______, ingénieur civil travaillant à 20% pour la société de son père, 
AR______ Sàrl, AP______, qui s'occupait de la direction des travaux, avait mandaté 
le bureau dans le cadre de la construction de la piscine, pour effectuer les plans 
d'armatures, la liste des fers, le coulage du béton et les calculs y relatifs, sauf erreur 
de sa part, en avril 2017. AR______ Sàrl avait fait une proposition de contrat à un 
géotechnicien pour lui demander de l'aide pour la stabilité du terrain et le calcul des 
palplanches ; à sa connaissance, ce contrat n'avait toutefois jamais été signé et aucun 
géotechnicien mandaté. AQ______ avait fait des croquis et des plans pour éviter la 
mise en danger du chantier, mais ils n'avaient finalement jamais servi. 

 Il n'y avait pas d'architecte sur le chantier, sur lequel AP______ avait été son seul 
interlocuteur. Par définition, au titre de la direction générale du chantier, ce dernier 
était chargé de la sécurité. 

AQ______ s'était rendu environ une fois par semaine sur le chantier, mais n'avait pas 
été informé du début des travaux de terrassement. Un jour, il avait constaté qu'ils 
étaient presque terminés. Il savait que plusieurs entreprises étaient intervenues. Il 
avait notamment rencontré plusieurs fois sur place A______, qui dirigeait la 

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maçonnerie, soit le béton armé, mais dont il ignorait s'il avait également effectué le 
terrassement. 

 Cette opération n'avait pas été effectuée conformément à l'avant-projet des ingénieurs 
et n'était pas conforme aux normes en vigueur. Il lui était difficile de dire si la vie des 
ouvriers avait été mise en danger car il n'avait pas été présent lorsqu'ils avaient 
creusé et qu'un tel danger est lié au risque d'éboulement dans des conditions 
météorologiques mauvaises ou en cas d'instabilité du terrain. En l'occurrence, le 
terrassement avait été effectué dans une période particulièrement sèche et le terrain 
s'était extrêmement bien comporté. Il y avait bien un risque pour la maison. Il était 
descendu au fond de la fouille et n'avait pas craint pour sa propre vie. 

h.a. Entendu par la police, AP______, a expliqué qu'il faisait souvent appel à des 
sous-traitants, qu'il trouvait par le bouche à oreille. 

Il avait sous-traité les travaux de la piscine à AG______ SA qui avait à son tour 
sous-mandaté AL______ Sàrl, avant de reprendre le contrat, à compter du 13 juin 
2017. À cette date, le terrassement était terminé. 

Pour lui, les ingénieurs AM______/AQ______ père et fils étaient responsables de la 
construction ; le premier venait une ou deux fois par semaine sur le chantier, le 
second presque tous les jours. Les réunions de chantier étaient tenues en leur 
présence et celle de A______. Même si, sur le projet, il n'était pas mentionné de 
palplanches, cela avait été initialement préconisé. Les AM______/AQ______ avaient 
toutefois changé de méthode de construction au fur et à mesure et avait finalement 
dit d'y renoncer, car la terre ne menaçait pas de tomber et que cela risquait d'abîmer 
les racines de l'arbre. 

A______ était présent avec ses ouvriers dans la fouille. Il ignorait s'ils avaient été en 
danger. Dans tous les cas, AM______, lequel était à son sens responsable de la 
sécurité, venait tous les jours et n'avait jamais bloqué le chantier. 

h.b. Devant le MP, AP______ a ajouté que A______ avait mis deux à quatre de ses 
employés macédoniens sur le chantier.  

 i. K______ a confirmé avoir participé aux travaux de construction de la piscine et 
que certaines opérations étaient dangereuses. Il avait notamment eu des problèmes 
avec l'électricité, des câbles n'étant pas protégés alors qu'il pleuvait. Il y avait de la 
désorganisation, des pressions et des menaces. 

 j. I______ a produit devant le TCO deux photographies du trou sur le chantier où l'on 
peut observer cinq hommes à l'œuvre, dont trois ne portent pas de casques, alors que 
les parois, recouvertes de bâches, mesurent jusqu'à quatre fois leur taille. Il s'est 

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identifié sur ces clichés, ainsi que A______, K______ et G______. Ce dernier a fait 
les mêmes observations, ainsi que K______, lequel avait cependant une hésitation 
s'agissant de G______. A______ était porteur d'une casquette. 

 k.a. A______ a déclaré au cours de la procédure préliminaire qu'il n'était pas 
toujours sur les chantiers, faisant confiance à K______. Il avait acheté des chaussures 
de sécurité pour tous ses employés, ainsi qu'une vingtaine de casques. Il portait des 
baskets, lors de son interpellation sur place, car il était seulement monté prendre des 
photographies. Lors de l'audition contradictoire de AM______ par la police, il a 
précisé que les travaux spéciaux qui n'avaient pas été exécutés au chemin 1______ 
étaient du ressort de AL______ Sàrl. Le prévenu a confirmé que deux à quatre de ses 
ouvriers avaient été affectés à ce chantier. 

 k.b. Selon ses déclarations devant les premiers juges, il incombait aux experts 
présents, soit l'architecte et l'ingénieur, de veiller au respect des règles de l'art de 
construire. Les travaux dont l'ingénieur avait déclaré qu'ils avaient débuté sans son 
assentiment avaient été initiés par AL______ Sàrl, qui les avait poursuivis jusqu'à la 
pose de la première dalle. A______ a néanmoins concédé que ses ouvriers avaient 
bien œuvré au fond de la fouille, lui-même étant présent. Il s'est d'ailleurs identifié, 
ainsi que K______, sur les photographies produites par I______. Requis d'indiquer 
s'il avait observé le risque, il a répondu que rien n'avait été fait sans l'accord de 
l'architecte et qu'il y avait aussi une autre entreprise et des techniciens. Il avait fourni 
l'équipement adéquat à ses ouvriers, mais ceux-ci ne le portaient pas et il ne pouvait 
les y contraindre. Néanmoins, il ne contestait pas avoir eu une part de responsabilité 
sur ce point. 

2. Faux dans les titres 

l. Il n'est pas contesté en appel que les fiches de salaire et contrats listés dans l'acte 
d'accusation, de même que la formule "avis d'entrée" portant la signature de 
I______, ont un contenu qui ne correspond pas à la réalité et que la signature précitée 
n'est pas celle de la partie plaignante, ainsi que retenu par les premiers juges. Il est à 
cet égard renvoyé à la décision querellée.  

m. Selon les documents saisis dans le classeur "RH 2017" dans les locaux de la 
fiduciaire AS______ Sàrl dont D______ est le gérant, le 31 août 2017, 
AG______ SA a adressé à la Fondation supplétive LPP une demande d'affiliation de 
I______ en indiquant que ce dernier travaillait dans l'entreprise depuis la veille [ndr : 
ce qui est manifestement inexact]. La Fondation ayant requis que le document fût 
complété et signé par la personne à assurer, il lui a été renvoyé le 31 août 2017 muni 
de la prétendue signature de l'intéressé. 

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  n.a. D______ a soutenu auprès de l'Office des faillites, qu'il n'avait signé aucun 
document administratif ou juridique pour la société, et qu'il n'avait jamais eu de 
documents en sa possession, A______ gérant seul les affaires de son entreprise. Il 
n'avait jamais été en mesure d'établir une comptabilité, son client, qu'il n'avait vu que 
quelques fois, ne lui ayant fourni aucune pièce à cet effet. 

 n.b. Devant la police, il a concédé que ses employés avaient probablement établi des 
contrats de travail pour AG______ SA. D'une manière générale, sa fiduciaire 
procédait sur la base des documents remis par l'employeur (passeport, no de TVA, 
livret pour étrangers, cas échéant) puis se chargeait des démarches, notamment 
auprès des institutions de prévoyance. Il a confirmé que A______ ne lui fournissait 
que peu de documents, que ce fût pour établir la comptabilité ou du point de vue 
administratif. 

 n.c. Au cours de l'instruction préliminaire, l'homme de paille a confirmé avoir 
effectué les démarches nécessaires pour affilier certains ouvriers, notamment pour 
éviter la fermeture d'un chantier suite à un contrôle. Il arrivait à A______ de donner 
directement des instructions à ses deux employés. D______ a cependant aussi 
affirmé qu'il s'occupait uniquement d'établir les factures et de répondre en français 
lorsque A______ n'y parvenait pas. 

 La formule pour la Fondation supplétive LPP concernant I______ avait été préparée 
par sa fiduciaire et il l'avait bien envoyée à ladite fondation. En revanche, il ne l'avait 
pas signée, ce n'était pas son rôle. 

Les employés de A______ ne venaient pas à son bureau, n'ayant rien à y faire. Les 
documents étaient établis sur la base des informations reçues de, puis transmis à, 
l'employeur qui devait se charger de les faire signer, de sorte qu'il ne pouvait vérifier 
l'authenticité des signatures. 

n.d. Devant les premiers juges, D______ a concédé n'avoir pas donné d'explication 
au prévenu sur les risques de l'absence de comptabilité, dès lors qu'il n'avait que très 
peu de contacts avec lui. Le prévenu lui envoyait les documents d'identité des 
employés, en vue des annonces aux institutions concernées et de l'obtention d'un 
numéro AVS. C'était ainsi que procédait sa fiduciaire, étant précisé qu'elle envoyait 
la documentation établie par elle à ses clients, pour signature. Il ne vérifiait pas les 
contrats de travail façonnés par son auxiliaire sur la base de modèles crées par les 
syndicats et contenant déjà toutes les données utiles, notamment le salaire. Il ne 
s'était donc pas assuré de la véracité de ces indications 

o. Le MP a soumis la formule "avis d'entrée" à I______, lequel a indiqué que la 
signature n'était "pas du tout" la sienne et qu'il n'avait jamais vu la pièce avant le 

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début de la procédure. Il ne s'était jamais rendu dans les locaux de la fiduciaire et 
n'avait jamais rencontré ses employés.  

p.a. Pour sa part, A______ a exposé que D______ était non seulement administrateur 
de AG______ SA, mais aussi son comptable et qu'il s'occupait de l'administratif de la 
société. En particulier, D______ établissait les contrats de travail, qui se trouvaient 
en sa possession, et s'occupait de la couverture LAA. Le prévenu ignorait quel était 
son chiffre d'affaires et n'avait commencé à s'intéresser à la gestion administrative de 
la société que depuis peu, puisque D______ était censé savoir tout cela. Il disposait 
de contrats de travail pour tous ses employés. Ces documents avaient été établis par 
son comptable et étaient en possession de ce dernier. Il lui donnait peu de papiers 
pour ne pas le charger et contactait directement ses employés de crainte de le 
déranger. 

Il ne s'était pas occupé d'établir ou signer les fiches de salaire et contrats saisis, 
réitérant que D______ et ses deux auxiliaires s'occupaient de l'aspect administratif. 
Les employés concernés étaient convoqués par la fiduciaire, à laquelle ils 
communiquaient les informations utiles. Lui-même envoyait "des photos des 
documents". D______ ne lui avait remis des documents qu'à une reprise, étant venu 
le rejoindre à cette fin sur le chantier de la rue 2______, dont I______ avait été 
interdit suite à un contrôle. 

p.b. Devant les premiers juges, le prévenu a en substance réitéré que l'aspect 
administratif de l'activité de AG______ SA et sa comptabilité étaient censés être 
assumés par D______ (ou ses prédécesseurs), lui-même ne vérifiant pas que cela fût 
fait, car il n'y comprenait rien. Il signait ce qu'on lui demandait de signer. Lorsque la 
signature d'un ouvrier était nécessaire, D______ l'appelait afin que l'intéressé se 
déplaçat à son bureau. Il ne conservait aucun document, confiant tout à D______, et 
n'avait pas même une idée de son chiffre d'affaires. 

3. Menaces 

q.a. Le 19 décembre 2017, G______ a déposé plainte à la police à l'encontre de 
A______. Il a notamment exposé qu'il avait travaillé pour lui aux conditions retenues 
par le TCO comme constitutives de traite d'êtres humains par métier. Il ne le 
connaissait pas précédemment, ayant été mis en rapport avec lui par son ami 
I______. Alors qu'il n'était plus à son service et dans la foulée de l'altercation avec le 
précité du 21 novembre 2017, un "ami" de A______ s'était rendu auprès de la famille 
de G______ en Macédoine et avait menacé son père. "En fait", trois individus, dont 
cet "ami", avaient formulé leurs menaces dans le taxi de son père, lequel l'avait 
appelé par AZ______ [logiciel de messagerie]. Suite à cela, il n'avait pas dormi 
durant dix jours. Deux semaines avant son audition, G______ avait entendu un son 

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de klaxon et avait aperçu A______. Celui-ci avait clairement mimé le geste de lui 
trancher la gorge. 

q.b. Devant le MP, G______ a, lors d'une première, brève déclaration, notamment 
exposé que A______ l'avait menacé par rapport à sa famille en Macédoine, soit ses 
parents et sa sœur, sans donner plus de détail, étant précisé qu'aucun ne lui a été 
demandé. Il a ultérieurement évoqué des menaces, notamment de mort, à son 
encontre et à l'encontre de I______, provoquées par la jalousie de A______ au sujet 
de leur relation supposée avec F______. Il n'a pas été en mesure d'en rapporter la 
teneur exacte, l'interprète mise à sa disposition étant une interprète de langue 
anglaise. A______ avait interrompu ses menaces durant un chantier, puis les avait 
reprises, dans la rue et à l'égard de leurs familles en Macédoine, sans que la partie 
plaignante n'en connût, cette fois, l'origine. Il s'était mis à l'éviter et avait alerté son 
père, auquel il avait tout raconté. 

Requis à l'audience finale, de préciser les menaces proférées à "l'encontre" de son 
père, la partie plaignante a indiqué qu"ils" lui avaient dit qu'ils allaient placer son 
corps dans un sac noir, un sac poubelle, pour le ramener en Macédoine. La partie 
plaignante a souligné qu'elle avait communiqué le nom et le numéro de téléphone de 
son père, précisant que c'était un homme âgé, qui ne mentirait pas. L'individu qui 
était allé le menacer était AT______, un cousin du prévenu.  

q.c. Par courrier du 28 mai 2019, l'avocate de G______ a informé le MP de ce qu'un 
nouvel incident était survenu le 20 mai 2019, deux personnes dont le visage était 
dissimulé s'étant, le 20 mai précédent, arrêtées devant le domicile de la famille de 
son mandant pour en endommager le portail et briser des vitres. Il s'agissait de la 
seconde attaque visant la famille. Des photographies des lieux étaient jointes.  

q.d. Devant le TCO, interrogée sur les conséquences de la procédure, la partie 
plaignante a indiqué qu'elles avaient été grandes et avaient causé un stress énorme. 
Son père avait été menacé, ensuite "ils" avaient cassé les fenêtres et le portail de la 
maison. Aucune précision ne lui a été demandée.  

À l'appui de ses conclusions civiles, la partie plaignante a produit un courrier d'une 
médecin psychiatre et psychothérapeute répondant à des questions (non produites) de 
son avocate. Elle le suivait depuis le 15 octobre 2019 suite à plusieurs événements 
traumatisants dans sa vie, en particulier ceux survenus depuis son arrivée en Suisse. 
Suit le résumé du récit des faits livré par le patient, y compris la mention que sa 
famille avait subi de menaces en Macédoine et avait été agressée à trois ou quatre 
reprises par des amis de A______ de sorte qu'elle avait dû se résoudre à déménager. 
Cela avait mis le patient particulièrement "en souci", ne dormant que deux ou 
trois heures par nuit durant cette période. Son état émotionnel était très perturbé en 
raison des multiples traumatismes subis, incluant les menaces à son encontre et à 

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l'encontre de sa famille. Il avait peur de sortir, de mener une vie normale, pour son 
avenir, pour sa famille et l'avenir de celle-ci de même qu'il craignait la vengeance de 
son ancien patron, car il avait initié "une affaire juridique contre lui". Il ne parvenait 
pas encore à complétement verbaliser et décrire tout ce qu'il avait vécu et s'exprimait 
somatiquement (mal à la tête, tensions internes, transpiration, palpitations, etc.) 

 r. Le 20 avril 2018, le MP avait annoncé son intention de se déplacer en Macédoine 
afin d'entendre des témoins, puis a ajouté deux témoins dans la liste des personnes à 
entendre, dont le père de G______, liste qui a encore été complétée le 16 août 2018. 
La demande d'entraide n'a cependant jamais été exécutée, l'État requis ayant fait 
savoir, le 7 février 2019, qu'il eût fallu lui indiquer le domicile des personnes à 
entendre ainsi que leur numéro matricule ou celui de leur passeport. En l'absence de 
ces indications, celles-ci ne pouvaient être recherchées et convoquées. 

s.a. En janvier 2018, entendu comme prévenu d'infractions à la législation sur les 
étrangers et pour avoir détenu des documents officiels falsifiés, K______ n'a pas 
évoqué de menaces à l'encontre de G______. A______ s'était certes montré par le 
passé "malhonnête et virulent" [ndr : propos de la police] mais tout s'était désormais 
arrangé en ce qui le concernait. D'autres ouvriers avaient pu avoir des conflits avec le 
prévenu et seuls I______ et F______ avaient été confrontés à des actes de violence.  

En revanche, à l'heure de déposer plainte à son tour, deux ans plus tard, K______ a 
notamment déclaré qu'il avait lui-même été récemment contacté par le frère du 
prévenu, depuis la Macédoine, lequel lui avait dit que tous ceux qui avaient causé des 
problèmes à A______ avaient des soucis à se faire au pays. Il avait pris ces menaces 
au sérieux au point de ne pas rentrer chez lui. Durant la procédure, K______ avait eu 
des contacts avec G______, qui n'était pas l'un de ses amis. 

s.b. Devant le MP, K______ a indiqué qu'en 2019, A______ avait tenté, de manière 
insistante, d'entrer en contact avec lui à Genève pour lui parler, mais il n'avait pas 
répondu ; son frère en Macédoine avait été approché par un inconnu qui souhaitait le 
voir, ce qu'il avait refusé. Celui de A______ et deux autres hommes étaient par 
ailleurs venus le trouver dans son appartement pour lui dire que les personnes qui 
déposeraient plainte contre A______ auraient des problèmes en Macédoine et qu'il 
serait la première personne qui serait recherchée à la sortie de prison de son ancien 
patron. En raison de ces pressions, il avait peur de rentrer en Macédoine.  

Sur question de l'avocate de G______, K______ a ajouté avoir un jour été contacté 
par A______ lequel lui avait dit que I______ et G______ allaient rentrer en 
Macédoine en chaise roulante s'ils ne le faisaient pas spontanément. A______ lui 
avait également dit au téléphone que l'un de ses parents était monté dans la voiture du 
père de G______ avec un pistolet et avait proféré des menaces, disant que son fils 

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prenait des risques en ne quittant pas la Suisse, de sorte qu'il devait le persuader de le 
faire. K______ ignorait pourquoi le prévenu lui avait fait ces confidences. 

s.c. Lors de l'audience de jugement, K______ a indiqué avoir reçu des appels 
masqués ainsi que des messages du fils du prévenu et a évoqué sa peur de lui. Il a 
ajouté qu'en 2018, le frère et le cousin de A______ l'avait menacé, disant qu'il aurait 
des problèmes à son retour en Macédoine s'il déposait plainte contre le prévenu. 

t. I______ a dit au cours de la procédure préliminaire avoir été également menacé, 
directement et indirectement, à cause de sa supposée relation avec F______. Sa 
famille n'avait pas été visée. A______ voulait qu'il quitte la Suisse. Devant le TCO, il 
a précisé que le cousin du prévenu, AT______, qui s'appelait désormais [AT______], 
avait dit par téléphone tant à sa mère qu'à lui-même qu'il serait ramené en Macédoine 
dans un sac poubelle parce qu'il n'avait pas retiré sa plainte, ce dans la foulée de 
l'arrestation de son ancien patron. 

u.a. Plusieurs protagonistes ont décrit A______ comme un personnage 
imposant physiquement, ce que la CPAR a eu l'occasion de constater elle-même lors 
des débats d'appel. 

u.b. Tout en l'acquittant pour les occurrences décrites dans l'acte d'accusation, le 
TCO a tenu pour établi que le prévenu avait eu recours aux menaces et à la violence 
physique dans le contexte de l'infraction de traite d'êtres humains par métier 
(notamment jugement, p. 38).  

u.c. Aux termes de leur rapport, les experts ont retenu que, bien que l'expertisé n'était 
affecté d'aucune pathologie et que sa responsabilité était entière, le risque de récidive 
de menaces "pour obtenir" ce qu'il souhaitait était élevé en raison de traits 
paranoïaques et narcissiques, d'où un sentiment de toute-puissance et une absence 
d'empathie. A______ avait d'ailleurs spontanément évoqué la vengeance contre les 
parties plaignantes, tout en précisant qu'il ne souhaitait pas s'y livrer mais en avait les 
moyens, notamment des contacts. 

v.a. À la police, A______ a contesté avoir menacé G______, affirmant qu'il avait au 
contraire prêté de l'argent à cette partie plaignante et aidé sa sœur. I______ et 
G______ avaient été payés par F______ pour l'accuser faussement.  

Il n'était pas d'un naturel violent, mais il lui avait été dit que depuis 2015, année de sa 
dépression, il s'énervait. Il n'avait toutefois jamais de sa vie menacé qui que ce fût. 
Outre l'altercation avec I______, qui n'est plus contestée, il s'était effectivement 
énervé avec K______, pour une question d'horaires de travail, ainsi que parce que ce 
dernier lui réclamait de l'argent et refusait de quitter un studio. 

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v.b. Devant le MP, le prévenu a dit que, deux semaines après que G______ eut quitté 
son emploi, son père avait appelé AU______, demandant s'il était vrai que A______ 
ne nourrissait pas ses employés et les maltraitait. Comme il était présent, il avait pris 
le téléphone et avait exposé à son interlocuteur que cela était faux et que G______ 
devait prendre ses distances d'avec F______, étant précisé qu'il lui était insupportable 
qu'un de ses employés fréquentât sa femme. Celui-ci avait présenté des excuses. Il 
avait bien un cousin, nommé AT______. 

v.c. Il a indiqué aux experts mis en œuvre par le MP qu'il n'avait jamais menacé ses 
ouvriers et réitéré que F______ avait certainement payé G______ et I______ pour 
qu'ils l'accusent ; il la soupçonnait d'ailleurs d'avoir une liaison avec le second.  

C. a. La CPAR a été saisie le 29 juin 2023, date à laquelle le jugement motivé de 
première instance a été expédié pour notification. Les débats ont été convoqués le 
11 janvier 2024 pour les 2 et 3 mai suivants. 

b. Par courrier des 1er décembre 2023 et 23 mars 2024, l'ancien conseil juridique 
privé du prévenu, qui l'avait assisté jusqu'au 5 avril 2022, a requis et obtenu de la 
CPAR l'autorisation de lui rendre visite à la prison. Il s'est constitué le 15 avril 
suivant, exposant que le possible conflit d'intérêts qui l'avait conduit à se déporter ne 
s'était pas matérialisé. Le défenseur d'office qui lui avait succédé a donc été relevé de 
son mandat le 22 avril 2024 et invité à communiquer son état de frais avant 
l'ouverture des débats d'appel.  

c.a. A______ a expliqué devant la CPAR qu'ayant, à partir du mois de décembre 
2023, pu être éclairé par sa nouvelle défense sur la situation, il avait compris que 
certains verdicts de culpabilité contestés dans la déclaration d'appel, notamment celui 
de traite d'êtres humains par métier, étaient justifiés. Il ne l'avait précédemment pas 
saisi, parce qu'il avait vécu comme les parties plaignantes, avait traversé les mêmes 
difficultés et n'avait pas bien appréhendé quelles étaient les règles en Suisse. Il 
n'avait jamais eu l'intention de faire du mal à ses ouvriers et leur demandait pardon 
car, apparemment, il leur en avait néanmoins fait. 

 Il continuait de contester la violation des règles de l'art de construire, car il avait pris 
le chantier en sous-traitance, d'une entreprise qui était présente et avait ses propres 
responsables de la sécurité (surveillants, architecte, ingénieurs et techniciens). Pour 
sa part, il s'était contenté de faire son travail, ignorant que certaines règles n'étaient 
pas respectées ; il n'avait pas remarqué qu'il y avait eu du danger. 

 Il ne pouvait dire s'il avait fait quelque chose d'erroné, s'agissant du reproche de faux 
dans les titres. Il savait en effet lire et écrire en macédonien, mais pas en français, 
était "nul au niveau paperasse" et n'y comprenait rien. Il n'avait en tous cas pas imité 
la signature de I______ sur l'avis d'entrée destiné à la Fondation supplétive LPP, ni 

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demandé à D______ de le faire. Ce dernier, en lequel il avait toute confiance, 
s'occupait de tout. 

 Il contestait fermement avoir menacé G______ par le geste, ou fait formuler des 
menaces contre son père dans son taxi, en Macédoine. Il avait certes eu un échange 
téléphonique avec ce dernier, mais la conversation avait été aimable, le père 
s'inquiétant uniquement de savoir s'il y avait des problèmes avec son fils, ce à quoi il 
avait répondu par la négative. Après ce téléphone, G______ avait encore travaillé 
deux mois pour l'appelant, lequel avait eu trois échanges avec son père, ce qui 
n'aurait pas été le cas s'il s'était montré menaçant. 

c.b. G______ a maintenu que A______, postérieurement à l'altercation qu'il avait eue 
avec I______ à la Perle du Lac, avait proféré à deux reprises des menaces de mort à 
son égard, par le truchement de personnes s'étant adressées à son père, une fois dans 
le taxi de ce dernier et une fois à son domicile. L'un de ces hommes était un parent du 
prévenu, le prénommé AT______, qui avait changé son patronyme de AT______ en 
[AT______]. Il n'en avait pas parlé plus tôt, car ni la police, ni le MP ne lui avaient 
demandé les coordonnées de l'"ami" de A______ et qu'il avait trop peur pour le 
nommer spontanément. Sauf erreur, un ou deux mois s'étaient écoulés entre les deux 
événements. Lors de l'épisode du taxi, son père l'avait appelé en vidéo, de sorte que 
lui-même avait entendu les menaces, puis avait passé l'appareil au cousin, qui l'avait 
tourné pour lui montrer son visage. AT______/[AT______] tenait une arme à la 
main, dirigée sur la tête de son père, détail qu'il n'avait pas révélé auparavant car il 
n'avait pas la force de le faire. Il avait eu si peur qu'il en avait été complètement 
bloqué et en tremblait encore. Lors du second incident, sa mère l'avait appelé, en 
pleurs, pour lui dire "dans quels problèmes nous as-tu mis?", alors que son père se 
disputait dans la cour de la maison familiale avec les mêmes individus. Celui-ci 
l'avait rappelé ensuite pour lui dire que les individus avaient brisé une fenêtre, démoli 
un pilier avec leur véhicule et menacé de ramener la partie plaignante dans un sac 
noir, dans le coffre d'une voiture si elle ne se rétractait pas. Il avait eu très peur, mais 
son père était parvenu à le calmer. Après avoir tenté, lors de cet appel, de l'inciter à 
renoncer à déposer plainte et à rentrer à AY______ [Macédoine du Nord], son père 
l'avait, au cours de conversations ultérieures, encouragé à ne pas se rétracter, disant 
qu'il gérerait tant bien que mal la situation sur place. Depuis lors, toute la famille 
avait déménagé. Personne ne lui avait demandé de produire une déclaration écrite de 
son père confirmant ses accusations et il n'avait lui-même pas pensé à le faire. 

Il confirmait également qu'une dizaine de jours avant son audition par la police, à 
proximité de la plaine de Plainpalais, il avait aperçu A______, passager d'une 
voiture, qui avait mimé un geste d'égorgement à son égard. Il n'en avait pas dormi 
pendant dix jours, se réveillant en sursaut après quelques heures, transpirant, tant il 
avait peur. Cette peur n'avait d'ailleurs fait que croître, car il savait que tout ce qu'il 
disait en audience serait rapporté. 

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Les menaces avaient probablement trois causes : A______ ne voulait pas qu'il reste 
en Suisse sans être à son service ; il était convaincu qu'il entretenait une liaison avec 
F______ ; il avait compris qu'il n'allait pas se rétracter. 

Cette partie plaignante a déposé une attestation d'une avocate œuvrant au sein du 
Service d'aide aux victime de traite d'êtres humains du Centre social protestant 
(CSP). Elle évoque les confidences reçues de la partie plaignante au sujet de menaces 
de la part de A______, notamment l'épisode de la parodie d'égorgement, celui qui se 
serait déroulé dans la voiture de son père et que "sa famille a été attaquée à leur 
domicile". 

 c.c. K______ a confirmé ses précédentes déclarations : A______ l'avait appelé par 
WhatsApp en lui disant que le père de G______ était dans le coffre d'une voiture et 
que I______ serait renvoyé en chaise roulante en Macédoine. Il ignorait les raisons 
qui avaient poussé A______ à lui dire cela, mais pensait que, d'une façon générale, il 
voulait l'intimider pour le dissuader de déposer plainte pénale à son tour. Ces 
menaces avaient été réitérées alors qu'ils se trouvaient face à face, toujours en lien 
avec le fait que les deux susnommés, de même que, cette fois, lui-même, devaient 
rentrer en Macédoine, sous peine d'avoir de problèmes. Le frère de A______, un 
cousin et un troisième individu étaient d'ailleurs venus chez lui aux BA______ [GE] 
et l'avaient menacé. 

d.a. La conseil juridique privé de G______ persiste dans les conclusions de son 
mandant. 

Le raisonnement du TCO, qui avait retenu que les déclarations des parties 
plaignantes étaient crédibles, mais écarté l'infraction de menace au motif d'absence 
de preuve, était contradictoire. 

G______ en avait parlé dès son audition par la police, puis au MP K______ les avait 
confirmées, disant en avoir lui-même subi, ainsi que I______. A______ avait admis 
avoir eu des contacts avec la sœur et le père de la partie plaignante, ce qui démontrait 
qu'il connaissait la famille. Retenir, comme l'avait fait le TCO, qu'il n'avait peut-être 
pas été davantage effrayé qu'il ne l'était déjà était condescendant.  

d.b. Par la voix de son conseil, A______ réduit encore ses conclusions, renonçant à 
contester l'expulsion et le prononcé de la créance compensatrice ou à requérir 
l'affectation du produit de la vente des véhicules saisis au règlement de la part des 
frais de la procédure mise à sa charge. Il s'en rapporte en outre à justice sur 
l'infraction de violation des règles de l'art de construire s'agissant du manque 
d'équipement. 

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 Il avait été élevé "à la dure", à peine scolarisé et sans suivre de formation. Il n'avait 
pas appris à se poser des questions. Il lui avait donc été difficile, ayant vécu dans les 
mêmes conditions précaires que ses employés, de réaliser que son comportement 
était illicite. Sa prise de conscience en appel s'expliquait par un travail difficile et de 
longue haleine, ainsi que par sa réincarcération, ressentie comme violente, à l'issue 
de l'audience du TCO. 

 S'il s'en rapportait à justice quant aux conséquences juridiques de l'absence de port de 
casque, il n'était pas responsable de la sécurité des travaux dans la fosse. Le 
terrassement avait été sous-traité par AK______ Sàrl à AL______ Sàrl, en juin 2017, 
et lui-même n'était intervenu qu'après elles. AQ______ avait confirmé que 
AP______ avait été le responsable du terrassement. La dangerosité de la fouille était 
"a priori" démontrée, mais on pouvait tout de même s'interroger à cet égard, au vu 
des déclarations de AQ______ et AP______. 

 Les documents visés par le ch. 1.1.11 de l'acte d'accusation n'étaient pas des titres, la 
jurisprudence niant cette qualité aux fiches de salaire et certificats de travail, faute de 
force probante accrue. Il n'était par ailleurs pas établi que l'appelant les aurait rédigés 
ou produits, ou aurait demandé à un tiers de le faire, ni qu'il aurait imité la signature 
de la partie plaignante I______ sur la formule destinée à la Fondation supplétive 
LPP. 

 À l'instar de ce qu'avait fait le TCO, il convenait de considérer que les menaces 
alléguées n'étaient pas établies. La crédibilité des déclarations de K______ devait 
être relativisée car il avait eu des contacts durant la procédure avec les autres parties 
plaignantes. Il n'avait par ailleurs parlé des menaces qu'en 2020, près de trois ans 
après l'ouverture de la procédure. Il en allait de même de l'usage du pistolet, évoqué 
tardivement par K______, auquel G______ avait opportunément emboîté le pas, et 
dont il disait aujourd'hui ne pas avoir eu la force de parler avant alors qu'il avait eu 
celle de ne pas se retirer de la procédure. G______ avait d'abord mentionné un "ami", 
puis un "cousin" pour désigner l'homme mis en œuvre par le prévenu, et n'avait 
évoqué que tardivement les faits survenus supposément au domicile de son père. Il 
ne s'agissait certes que de points de détail, mais additionnés, ils mettaient à mal la 
crédibilité des déclarations à charge, lesquelles n'étaient soutenues par aucun élément 
objectif du dossier. L'attestation du CSP n'avait aucune portée et il n'y avait pas 
d'élément matériel à charge. Il aurait au moins été aisé d'obtenir une déclaration 
écrite du père de G______. En toute hypothèse, même en admettant que ce dernier 
eût été menacé, rien ne démontrait que le prévenu en eût mis en œuvre les auteurs 
directs. 

 Quand bien même il ne contestait pas l'infraction de violation de l'obligation de tenir 
une comptabilité, il convenait de tenir compte du fait qu'il ne comprenait rien à 
l'administration d'une société et ne maîtrisait pas suffisamment le français pour gérer 

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celle-ci. Comme il l'avait d'ailleurs admis, D______, avec lequel il avait peu de 
contacts, avait "tout fait faux" et n'avait pas attiré son attention sur ses obligations et 
les risques d'une violation. 

 La peine prononcée était excessive. Son précédent avocat ne l'avait pas aidé, en ne 
l'incitant pas à affronter ses responsabilités. Il avait désormais compris qu'il avait mal 
accueilli, logé et nourri ses ouvriers mais il ne l'avait pas fait par méchanceté, 
reproduisant ce qu'on lui avait appris. Il fallait tenir compte en sa faveur des trois ans 
de liberté dont il avait bénéficié, durant lesquels il n'avait pas commis de nouvelles 
infractions, hormis celles à la loi sur les étrangers, du fait qu'il s'était présenté libre à 
l'audience de jugement, gage d'un début d'amendement ainsi que de sa volonté 
d'affronter ses responsabilités et de collaborer. L'émotion témoignée lors de son 
audition en appel [ndr : à l'évocation de son enfance] n'était pas feinte. Depuis le 
mois de décembre 2023, il avait commencé à réfléchir à ses actes. La circonstance 
atténuante de l'écoulement du temps de l'art. 48 let. e CPP était partant réalisée. Le 
principe de célérité avait été violé, tant par la durée de la procédure préliminaire que 
du fait qu'une année s'était écoulée entre le jugement de première instance et la date 
des débats d'appel, étant précisé qu'il n'ignorait pas la surcharge de la CPAR.  

d.c. Pour le MP, qui persiste à requérir le rejet de l'appel principal, et auquel 
K______ et I______ se joignent, A______ ne témoignait d'aucune prise de 
conscience, continuait de se poser en victime (de F______, de la mauvaise défense 
de son précédent conseil, etc..) et n'exprimait d'émotions que lorsqu'il parlait de lui-
même. Rien ne permettait de comprendre et de justifier ses agissements. Il avait été 
exclusivement mû par l'appât du gain. Son propre vécu aurait dû précisément l'inciter 
à mieux traiter ses ouvriers. Contrairement à ce qu'il soutenait, il n'avait pas partagé 
les conditions de vie des parties plaignantes : il n'était pas toute la journée sur les 
chantiers, avait une petite amie, avait fait venir sa famille, sortait, notamment pour 
aller au restaurant, et, de son propre aveu, réalisait des revenus mensuels de l'ordre de 
CHF 5'000.-.  

 Une procédure distincte pour violation des règles de l'art de construire avait été 
ouverte à l'encontre des autres personnes responsables du chantier 1______ 
(P/4______/2023), de sorte que les déclarations de AM______ et de son fils devaient 
être relativisées. Le respect des règles de sécurité en présence d'un danger visible 
s'imposait à tout employeur. Les conditions d'une responsabilité pénale du prévenu 
étaient réalisées, dès lors que, vu son expérience sur les chantiers, il ne pouvait avoir 
ignoré le danger, évident, présenté par le trou au fond duquel avaient œuvré ses 
employés. 

 Le MP s'en rapportait à justice quant à la qualité de titre des pièces créées mais 
A______ avait lui-même signé des documents et savait que les contrats ne reflétaient 
pas la réalité. En toute hypothèse, l'infraction reprochée n'avait guère de poids dans 

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le complexe reproché de sorte qu'un éventuel acquittement devrait rester sans effet 
sur la peine. 

 Le MP avait renoncé à appeler du jugement sur ce point mais n'en était pas moins 
convaincu que les menaces décrites dans l'acte d'accusation avaient été proférées à 
l'encontre de G______. La partie plaignante n'avait aucun intérêt à continuer de 
réclamer une condamnation de ce chef, puisque ses prétentions civiles étaient 
admises. Certes, le MP aurait pu davantage instruire, mais la tentative de commission 
rogatoire en Macédoine n'avait pas abouti. Les dénégations de A______ étaient peu 
convaincantes, le recours à la menace étant compatible avec sa personnalité et étant 
de nature à effrayer G______.  

 Le temps écoulé depuis les infractions était long, mais tel était aussi le cas de la 
période pénale, il y avait un grand nombre de victimes (une cinquantaine) et 
l'appelant ne s'était pas bien comporté, vu les infractions à la LEI qu'il avait continué 
de commettre.  

La faute de A______ était lourde. Il avait agi par intérêt personnel, pour s'enrichir, et 
faisait preuve d'une totale absence de conscience, puisqu'il persistait à se poser en 
victime d'un système. Le MP avait requis six ans en première instance, mais la peine 
privative de liberté plus élevée prononcée par le TCO n'était pas choquante au vu de 
la gravité de l'infraction de traite d'êtres humains par métier et de l'absence 
d'empathie de l'appelant pour ses victimes, A______ n'ayant ni présenté d'excuses, ni 
exprimé de regrets, encore moins commencé d'indemniser les parties plaignantes.  

La procédure, qui était complexe, ainsi qu'en témoignait le nombre de classeurs, 
aurait pu être moins longue s'il avait collaboré ; le débats d'appel auraient pu avoir 
lieu plus rapidement s'il avait annoncé d'entrée de cause un appel limité à quelques 
points du verdict. 

D. a. A______ est né le ______ 1977 à AY______ [Macédoine du Nord], de nationalité 
macédonienne, d'origine albanaise, divorcé (2017) et père de quatre enfants, soit 
deux filles vivant en Macédoine et deux garçons qui l'ont rejoint à Genève. À sa 
connaissance, l'aîné, marié, y aurait déposé une demande d'autorisation de séjour et 
le benjamin, âgé de 17 ans, aurait reçu un document l'autorisant à y rester en l'état et 
à y être scolarisé. 

 Il a indiqué avoir travaillé dès l'âge de neuf ans sur les chantiers pour l'entreprise de 
son père, souvenir qui l'a conduit à pleurer en audience d'appel, tout en étant 
scolarisé, avec des résultats corrects. À 15 ans, il avait commencé à faire de "petits 
boulots", puis été employé sur les chantiers dans l'entreprise paternelle, avant 
d'ouvrir sa propre société de construction, en 2001, qui a compté jusqu'à une 

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cinquantaine de collaborateurs. En 2007, il s'est toutefois retrouvé en proie à de 
grandes difficultés financières et a décidé de quitter la Macédoine. 

 Il est ainsi arrivé une première fois en Suisse puis, après y être resté quelques mois, 
est retourné en Macédoine, pour revenir à Genève en 2010. Il n'a jamais obtenu un 
titre de séjour. Après avoir travaillé pour différents employeurs, il a créé, en 2013, sa 
propre société AG______ SA. À la police, il a indiqué tirer de cette dernière des 
revenus mensuels net de l'ordre de CHF 4'500.- et envoyer entre CHF 1'000.- et 
CHF 1'300.- mensuellement à sa famille. Au moment de l'audience devant le TCO, il 
travaillait comme contremaître dans une entreprise, dont il a refusé de livrer la raison 
sociale, pour un salaire mensuel net de CHF 5'000.-. 

A______ a été arrêté le 28 janvier 2018 et détenu en exécution anticipée de peine du 
5 août 2019 au 13 décembre 2019, date à laquelle il a été remis en liberté. Il a été 
réincarcéré à l'issue de l'audience du TCO, le 6 avril 2023 et mis au bénéficie d'une 
exécution anticipée de peine depuis le 16 août 2023. Il est néanmoins toujours détenu 
à la prison de B______, dans le secteur des arrivants, où il travaille depuis trois mois 
au nettoyage des couloirs. Il bénéficie d'un traitement médicamenteux pour une 
hypercholestérolémie et n'a pas demandé de suivi psychologique. 

 b. L'extrait du casier judiciaire suisse de A______ mentionne les condamnations 
suivantes : 

 - le 18 mars 2014, par le Ministère public lausannois, à une peine pécuniaire de 
40 jours-amende à CHF 20.- pour séjour illégal, conduite d'un véhicule sans permis 
de conduire et circulation sans assurance responsabilité civile ; 

 - le 4 octobre 2016, par le Parquet régional neuchâtelois, à une peine pécuniaire de 
180 jours-amende à CHF 50.- ainsi qu'à une amende de CHF 220.- pour séjour 
illégal, exercice d'une activité lucrative sans autorisation, conduite d'un véhicule 
automobile sans le permis de conduire requis te conduite d'un véhicule défectueux ; 

 - le 17 juillet 2017, par le Tribunal de police, à une peine pécuniaire de 45 jours-
amende à CHF 30.- pour séjour illégal, exercice d'une activité lucrative sans 
autorisation et conduite d'un véhicule automobile malgré le refus, le retrait ou 
l'interdiction de l'usage du permis ; 

 - le 13 novembre 2017, par le MP, à une peine pécuniaire de 120 jours-amende à 
CHF 70.-, partiellement complémentaire à celles prononcées les 18 mars 2014 et 
4 octobre 2016, pour exercice d'une activité lucrative et emploi d'étrangers sans 
autorisations. 

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Selon le rapport de renseignements de la police du 18 janvier 2018, il ferait l'objet 
d'une parution RIPOL et serait recherché en Macédoine pour possession sans droit 
d'armes ou de munitions ; il y aurait été condamné à quatre en de prison (B-20'008). 

E. a. En première instance, tous les avocats ont été taxés pour plus de 30 heures. Les 
débats d'appel ont duré six heures et 30 minutes (arrondi). 

b. Les avocats plaidant au bénéfice de l'AJ ont déposé des états de frais facturant : 

b.a. l'ancien défenseur d'office de l'appelant, 

- en 2023, cinq entretiens avec son client (dont deux en avril et deux en juillet), un 
entretien d'une heure en l'Étude d'un autre avocat de la place, non constitué dans la 
présente affaire, une heure pour la rédaction de la déclaration d'appel ; 

- en 2024, encore deux entretiens avec le client et trois heures de "relecture des 
pièces essentielles du dossier", le 12 février 2024 ; 

 b.b. le défenseur d'office de D______, CHF 3'005.80 pour le temps consacré par 
divers membres de l'Étude, à la rédaction des annonces et déclaration d'appel, à 
l'examen de l'appel joint de l'une des parties plaignantes puis à la rédaction de 
déterminations y relatives, enfin à la rédaction du courrier de retrait d'appel, auxquels 
d'ajoutent deux entretiens avec le clients d'une heure et 10 minutes puis 45 minutes, 
auxquels ont participé tant le défenseur d'office qu'une stagiaire ; 

 b.c. la conseil juridique de G______, 

- en 2023, deux entretiens avec le client d'une heure et 50 minutes et 15 minutes de 
rédaction de l'appel joint ; 

- en 2024, un entretien avec le client de 30 minutes et quatre heures et 15 minutes de 
travail sur dossier, préparation de l'audience comprise ; 

b.d. le conseil juridique de I______, 

- en août 2023, 30 minutes de travail sur dossier ; 

- en 2024, une conférence avec le client (35 minutes ; associé) ; une heure et 
10 minutes de consultation du dossier au greffe par un collaborateur + la vacation y 
relative, trois heures et cinq minutes (associé) ainsi que 16 heures et 20 minutes 
(stagiaire) de travail sur dossier, préparation de l'audience comprise, étant précisé que 
le client était assisté à l'audience par le stagiaire ; 

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b.e. la conseil juridique de K______, 

- en 2023, 30 minutes de conférence avec le client (stagiaire) ; 

- en 2024, deux conférences avec le client d'une heure et 15 minutes au total ainsi 
que sept heures et 30 minutes de travail sur dossier et préparation de l'audience 
(stagiaire). 

EN DROIT : 

1. 1.1.1. L'appel de A______ est recevable, pour avoir été interjeté et motivé selon la 
forme et dans les délais prescrits (art. 398 et 399 du code de procédure pénale 
[CPP]). 

 1.1.2. Il en va de même de l'appel joint formé par G______ (art. 400 al. 3 let. b et 401 
CPP). 

 1.2. Faute pour F______ d'avoir produit une déclaration d'appel écrite dans les 
20 jours à compter de la notification du jugement motivé (art. 399 al. 3 CPP), son 
recours est irrecevable. 

 1.3. Il sera donné acte à D______ du retrait de son appel, lequel est intervenu en 
temps utile (art. 386 al. 2 let. a CPP). 

 1.4. Ce retrait emporte la caducité de l'appel joint de I______, lequel contestait 
uniquement la qualification juridique de l'un des chefs de culpabilité retenus à 
l'encontre de D______ (art. 401 al. 3 CPP). 

 1.5. La Chambre n'examine que les points attaqués du jugement de première instance 
(art. 404 al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 
CPP), sans être liée par les motifs invoqués par les parties ni par leurs conclusions, à 
moins qu'elle ne statue sur une action civile (art. 391 al. 1 CPP). 

2. 2.1. La présomption d'innocence, garantie par les art. 10 CPP, 32 al. 1 de la 
Constitution fédérale de la Confédération suisse (Cst), 14 par. 2 Pacte ONU II et 
6 ch. 2 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés 
fondamentales (CEDH), ainsi que son corollaire, le principe in dubio pro reo, 
concernent tant le fardeau de la preuve que l'appréciation des preuves au sens large.  

 En tant que règle sur le fardeau de la preuve, elle signifie, au stade du jugement, que 
le fardeau de la preuve incombe à l'accusation et que le doute doit profiter au 
prévenu.  

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Comme règle d'appréciation des preuves, la présomption d'innocence signifie que le 
juge ne doit pas se déclarer convaincu de l'existence d'un fait défavorable à l'accusé 
si, d'un point de vue objectif, il existe des doutes quant à l'existence de ce fait. Il 
importe peu qu'il subsiste des doutes seulement abstraits et théoriques, qui sont 
toujours possibles, une certitude absolue ne pouvant être exigée. Il doit s'agir de 
doutes sérieux et irréductibles, c'est-à-dire de doutes qui s'imposent à l'esprit en 
fonction de la situation objective (ATF 148 IV 409 consid. 2.2). 

Violation des règles de l'art de construire 

2.2.1. Selon l'art. 229 al. 1 CP, en vigueur au moment des faits et applicable en vertu 
de l'art. 2 al. 1 CP, celui qui, intentionnellement, aura enfreint les règles de l’art en 
dirigeant ou en exécutant une construction ou une démolition et aura par-là 
sciemment mis en danger la vie ou l’intégrité corporelle des personnes, sera puni 
d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire. En cas 
de peine privative de liberté, une peine pécuniaire est également prononcée.  

La peine sera une peine privative de liberté de trois ans au plus ou une peine 
pécuniaire si l’inobservation des règles de l’art est due à une négligence (al. 2). 

2.2.2. Celui qui collabore à la direction ou à l'exécution d'une construction est 
responsable du respect, dans son domaine, des règles de l'art de construire. La 
responsabilité pénale d'un participant à la construction se détermine sur la base des 
prescriptions légales, des accords contractuels ou des fonctions exercées, ainsi que 
des circonstances concrètes. Chacun est tenu, dans son domaine de compétence, de 
déployer la diligence que l'on peut attendre de lui pour veiller au respect des règles 
de sécurité. Il est donc fréquent que plusieurs personnes, compte tenu de leur 
domaine de compétence respectif, soient responsables d'une seule et même violation 
des règles de l'art. Le fait que d'autres personnes aient été soumises à la même 
obligation n'est donc pas de nature à disculper l'auteur (ATF 101 IV 28 consid. 2a ; 
arrêt du Tribunal fédéral 6B_1386/2021 du 16 mars 2023 consid. 3.2). 

L'art. 229 CP implique une position de garant de l'auteur, en ce sens qu'il astreint les 
personnes qui créent un danger dans le cadre de la direction ou de l'exécution d'un 
ouvrage à respecter les règles de sécurité dans leur domaine de responsabilité 
(ATF 109 IV 15 consid. 2a ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_315/2020 du 18 mai 2022 
consid. 6.3, 6B_1364/2019 du 14 avril 2020 consid. 3.2.2 et 6B_543/2012 du 11 avril 
2013 consid. 1.3.3).  

Dans la mesure où il s'agit de mesures de prévention des accidents, ce n'est pas 
seulement celui qui a créé le risque spécifique d'accident qui doit veiller à le réduire 
ou à l'éliminer conformément aux prescriptions, mais chaque employeur, qui doit 
remédier aux défauts reconnaissables qui constituent un danger évitable pour ses 

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employés ou faire respecter les prescriptions de prévention des accidents en 
intervenant de manière appropriée (ATF 109 IV 15 consid. 2a). 

La violation des règles de l'art peut consister tant en un comportement actif 
inapproprié qu'en l'omission de prendre les mesures de protection adéquates 
(M. DUPUIS / L. MOREILLON / C. PIGUET / S. BERGER / M. MAZOU / 
V. RODIGARI (éds), Code pénal - Petit commentaire, 2e éd., Bâle 2017, n. 24 ad 
art. 229). 

2.2.3. L'infraction est commise intentionnellement si l'auteur sait qu'il viole une règle 
de l'art ou s'il accepte cette éventualité ; il faut encore qu'il sache qu'il en résultera un 
danger pour la vie ou l'intégrité corporelle des personnes, ce qui revient à vouloir la 
mise en danger. Le terme "sciemment" suppose ainsi que l'auteur ait adopté le 
comportement qui lui est reproché en créant, avec conscience et volonté, une 
situation dont il savait qu'il découlait un danger pour la vie ou l'intégrité corporelle 
des personnes, de telle sorte que l'on peut déduire de son attitude qu'il a voulu cette 
mise en danger, ou tout au moins l'a acceptée au cas où le risque se réaliserait (art. 12 
al. 2 CP ; B. CORBOZ, Les infractions en droit suisse, vol. II, 3e éd., Berne 2010, 
n. 28 ad art. 229). 

2.2.3.2. L'infraction peut également être réalisée par négligence (art. 12 al. 3 CP). 

Pour qu'il y ait négligence, il faut en premier lieu que l'auteur viole les règles de la 
prudence, c'est-à-dire le devoir général de diligence institué par la loi pénale, qui 
interdit de mettre en danger les biens d'autrui pénalement protégés contre les atteintes 
involontaires. Un comportement dépassant les limites du risque admissible viole le 
devoir de prudence s'il apparaît qu'au moment des faits, son auteur aurait dû, compte 
tenu de ses connaissances et de ses capacités, se rendre compte de la mise en danger 
d'autrui. Pour déterminer le contenu du devoir de prudence, il faut donc se demander 
si une personne raisonnable, dans la même situation et avec les mêmes aptitudes que 
l'auteur, aurait pu prévoir, dans les grandes lignes, le déroulement des événements et, 
le cas échéant, quelles mesures elle pouvait prendre pour éviter la survenance du 
résultat dommageable. Lorsque des prescriptions légales ou administratives ont été 
édictées dans un but de prévention des accidents, ou lorsque des règles analogues 
émanant d'associations spécialisées sont généralement reconnues, leur violation fait 
présumer la violation du devoir général de prudence (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_513/2022 du 9 mai 2023 consid. 2.2.2).  

Il faut encore que la violation des règles de la prudence puisse être imputée à faute, 
c'est-à-dire que l'on puisse reprocher à l'auteur, compte tenu de ses circonstances 
personnelles, d'avoir fait preuve d'un manque d'effort blâmable (ATF 134 IV 255 
consid. 4.2.3 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_244/2019 du 10 avril 2019 consid. 2.2).  

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Selon la doctrine, la violation des règles de l'art de construire par négligence peut être 
réalisée dans deux hypothèses : dans le premier cas, l'auteur n'a pas déployé les 
efforts d'intelligence et de volonté que l'on pouvait exiger de lui pour connaître la 
règle, la respecter ou la faire respecter (cf. ATF 106 IV 264 consid. 2a et 2b) et, par 
négligence également, n'a pas eu conscience du danger ; dans le second cas, l'auteur a 
violé intentionnellement une règle de l'art mais croyait, par négligence, qu'il n'en 
résulterait aucun danger pour la vie ou l'intégrité corporelle (B. CORBOZ, op.cit., 
n. 32ss ad art. 229). 

2.2.4. Selon l'art. 5 al. 1 de l'ordonnance du 29 juin 2005 sur la sécurité et la 
protection de la santé des travailleurs dans les travaux de construction en vigueur 
jusqu'au 1er janvier 2022 (OTConst), les travailleurs doivent porter un casque de 
protection lors de tous les travaux où ils peuvent être mis en danger par la chute 
d’objets ou de matériaux. 

Tel est notamment le cas des travaux de construction de bâtiments jusqu’à 
l’achèvement du gros œuvre (art. 5 al. 2 let. a), des travaux exécutés à proximité de 
grues, d’engins de terrassement et de ma­chines spéciales utilisées en génie civil 
(let. b) et du creusement des fouilles et des terrassements (let. c). 

En matière de fouilles et de terrassements, l'art. 55 OTConst prescrit qu'ils doivent 
être aménagés de manière que la chute ou l’éboulement de matériaux ne mette 
personne en danger (al. 1). Ceux de plus de 1.50 mètre de profondeur qui ne sont pas 
étayés doivent être talutés conformément à l’art. 56 ou assurés par d’autres mesures 
adéquates (al. 2). 

Selon l'art. 56 al. 1 OTConst, la pente des talus doit être adaptée à la résistance du 
terrain. Si la résistance du terrain est compromise par des agents atmosphériques tels 
que de fortes chutes de pluie ou le dégel, des mesures appropriées doivent être prises 
(al. 2). Un justificatif de sécurité doit être présenté lorsque la hauteur du talus est de 
plus de 4 m (al. 4 let. b). 

Les fouilles creusées verticalement en contre-bas de talus doivent être étayées sur 
toute leur hauteur (art. 57 al. 9 OTConst). Les étayages doivent résister aux charges 
et aux efforts prévisibles et être réalisés selon les règles de la technique (art. 57 al. 1 
OTConst). 

2.2.5. Dans un arrêt concernant un accident résultant d'une fosse insuffisamment 
étayée (ATF 109 IV 125 consid. 1), le Tribunal fédéral a jugé qu'il n'était pas 
pertinent que le risque d'effondrement dans le cas qui lui avait été soumis s'était 
révélé plus important qu'envisagé car la négligence du recourant résidait dans le fait 
qu'il avait ignoré les prescriptions de prévention des accidents. Il était accessoire que 
son évaluation incorrecte des risques eut été compréhensible, car cela ne le libérait 

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pas de l'obligation de respecter intégralement les dispositions de sécurité, celles-ci 
devant justement prévenir la réalisation de risques difficilement identifiables. Aussi, 
en contrevenant à la règle selon laquelle une excavation de plus de 1,5 mètre de 
profondeur doit être étayée (ou ensuite talutée) en présence de parois verticales, le 
recourant avait causé par négligence un danger pour les collaborateurs travaillant sur 
ce chantier. Ses échanges avec ses subordonnés sur la question d'un étayage ne le 
libéraient pas de sa responsabilité pénale, vu sa fonction de contremaître, et 
prouvaient qu'il avait réfléchi au risque. 

2.2.6.1. Il peut être tenu pour établi que les règles de l'art ont été violées sur le 
chantier du chemin 1______, ce qui a exposé les hommes ayant œuvré au fond de la 
fouille à un danger grave, possiblement mortel.  

Cela résulte tout d'abord du rapport consécutif à l'inspection du chantier et des 
déclarations de son auteur. Les photographies à la procédure sont éloquentes, même 
pour des laïcs dans le domaine de la construction. 

Cela a ensuite été confirmé, ou à tout le moins n'a pas été nié par les protagonistes 
qualifiés, bien que certains se soient évertués à laisser entendre que la responsabilité 
en incombait à d'autres. Pour l'architecte AO______, le risque d'éboulement était 
élevé en raison de la profondeur de la fosse (neuf mètres) et l'ingénieur eût dû 
interrompre les travaux avant même l'intervention des autorités, vu la pente de près 
de 90o. L'ingénieur AM______ a confirmé que le terrassement ne respectait pas les 
règles de l'art, si bien qu'il avait dû prendre des mesures d'urgence. L'Inspection des 
chantiers avait eu raison d'interrompre les travaux, pour préserver la vie des ouvriers. 
Son fils, qui a confirmé que le terrassement n'avait pas été effectué selon les règles 
de l'art, n'a pas pu exclure la mise en danger de la vie des ouvriers, se félicitant des 
conditions météorologiques et de la bonne tenue du terrain, qui avait fait que le 
risque ne s'était pas réalisé. AP______, qui a assuré la direction des travaux, n'a pas 
pu dire si les ouvriers de A______ avaient couru un danger ; autrement dit, il n'a pas 
osé le nier.  

L'argument, quelque peu contradictoire, selon lequel la dangerosité de la fouille était 
"a priori" établie mais mériterait tout de même discussion, peut donc être écarté. 

2.2.6.2. Il peut être concédé à l'appelant qu'il incombait aux protagonistes précités de 
concevoir, planifier et faire exécuter les travaux de manière à éviter le risque, 
autrement dit de façon à respecter les règles de l'art de construire. Le MP ne le 
conteste pas, précisant qu'une procédure pénale séparée suit son cours à leur égard. 
Pour autant, en sa qualité d'employeur, l'appelant avait une obligation propre de 
veiller à ce que le chantier sur lequel il faisait travailler ses ouvriers respectât ces 
mêmes règles. Il ne peut donc se défausser sur d'autres de sa propre responsabilité. 
Or, il est acquis, lui-même ne le contestant pas, que ses ouvriers, en particulier les 

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trois parties plaignantes, ont été occupés au fond de la fosse alors que celle-ci n'était 
pas sécurisée, et que, comme il vient d'être retenu, un risque grave d'éboulement 
existait. Au regard de son expérience dans le domaine de la construction, il ne peut 
avoir ignoré ce danger. Il est à cet égard révélateur que ce n'est qu'en appel qu'il a 
clairement soutenu n'avoir pas observé de danger ; devant les premiers juges, il avait 
esquivé leur question, préférant renvoyer au fait qu'il y avait des experts que cela ne 
paraissait pas préoccuper.  

Cela étant, il est vrai que l'intervention de spécialistes était de nature à rassurer et que 
l'appelant a pu escompter, comme l'a fait AQ______, que les conditions 
météorologiques favorables limiteraient le risque. Il ne peut en outre être ignoré que 
l'appelant est lui-même descendu au fond de ladite fosse, le chef couvert d'une 
casquette, non d'un casque, alors que rien ne donne à penser qu'il serait d'un naturel 
imprudent quand il s'agit de sa propre personne. Il convient ainsi d'admettre, au 
bénéfice du doute, qu'il a agi par négligence, réalisant le risque mais excluant sa 
possible survenance, alors que l'infraction est réalisée du simple fait de l'existence du 
danger.  

Certes, c'est sciemment, non par négligence, que l'appelant n'a pas équipé 
convenablement ses ouvriers, mais cet état de fait n'est pas réellement pertinent ici 
dès lors que, comme l'ont d'ailleurs observé les premiers juges dans une question au 
prévenu, le port de chaussures de chantier ou de casques n'aurait guère été efficace en 
cas d'éboulement. Or, l'acte d'accusation n'érige pas l'absence de mise à disposition 
du matériel adéquat en infraction propre, celle-ci représentant l'un des éléments 
constitutifs de la mise en danger lors des travaux au fond de la fouille sur le chantier 
du chemin 1______. 

2.2.7. En conclusion, le verdict de culpabilité du chef de violation des règles de l'art 
de construire doit être atténué, au profit d'une infraction commise par négligence. Le 
dispositif du jugement sera modifié dans cette mesure. 

Faux dans les titres 

2.3.1. Selon l'art. 251 ch. 1 CP, se rend coupable de faux dans les titres celui qui, 
dans le dessein de porter atteinte aux intérêts pécuniaires ou aux droits d'autrui, ou de 
se procurer ou de procurer à un tiers un avantage illicite, aura créé un titre faux, 
falsifié un titre, abusé de la signature ou de la marque à la main réelles d'autrui pour 
fabriquer un titre supposé, ou constaté ou fait constater faussement, dans un titre, un 
fait ayant une portée juridique, ou aura, pour tromper autrui, fait usage d'un tel titre. 

Cette disposition vise non seulement un titre faux ou la falsification d'un titre (faux 
matériel), mais aussi un titre mensonger (faux intellectuel). Il y a faux matériel 
lorsque l'auteur réel du document ne correspond pas à l'auteur apparent, alors que le 

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faux intellectuel vise un titre qui émane de son auteur apparent, mais dont le contenu 
ne correspond pas à la réalité (ATF 144 IV 13 consid. 2.2.2). 

2.3.2. L'art. 251 CP doit être appliqué de manière restrictive (ATF 117 IV 35 
consid. 1d).  

Selon l'art. 110 al. 5 CP, sont des titres tous les écrits destinés et propres à prouver un 
fait ayant une portée juridique et tous les signes destinés à prouver un tel fait. La 
notion de titre est relative, un écrit pouvant avoir ce caractère par certains aspects, 
mais non par d'autres (ATF 132 IV 57 consid. 5.1). 

Constitue un faux matériel tombant sous le coup de l'art. 251 CP la fabrication d'un 
titre faux dont le véritable auteur n'est pas celui qui ressort de l'acte, dès lors que la 
confiance qu'une déclaration écrite a réellement été émise par son auteur apparent est 
légitimement plus grande que la confiance en la véracité de celui-ci. L'infraction est 
alors réalisée, même si l'affirmation émanent supposément de l'auteur apparent n'est 
pas fausse (ATF 138 IV 209 consid. 5.3 ; 125 IV 17 consid. 2a)aa). 

En revanche, un document au contenu mensonger n'acquiert pas un caractère probant 
prépondérant du seul fait que quelqu'un le destine subjectivement à servir de preuve 
ou par le seul fait qu'il soit produit en justice. En effet, si tel était le cas, toutes les 
pièces mensongères qui tomberaient en possession de la justice deviendraient alors 
automatiquement des faux intellectuels (arrêt du Tribunal fédéral 6P_15/2007 du 
19 avril 2007 consid. 8.2.1). Il est donc indispensable que la valeur probante du 
document réponde également à des critères objectifs (Message concernant la 
modification du code pénal suisse et du code pénal militaire (infractions contre le 
patrimoine et faux dans les titres) du 24 avril 1991, in FF 1991 II 933ss, p. 961-962). 

La jurisprudence exige, dans le cas du faux intellectuel, que le document ait une 
crédibilité accrue et que son destinataire puisse s'y fier raisonnablement ; tel est 
notamment le cas lorsque le titre émane d'une personne revêtant une certaine qualité 
ou que des dispositions légales comme les art. 958 ss CO relatifs au bilan définissent 
son contenu (ATF 126 IV 65 consid. 2a) ; en revanche, de simples faits découlant de 
l'expérience générale de la vie, tels que la confiance qu'inspire habituellement telle 
ou telle déclaration écrite, ne suffisent pas, quand bien même, dans la vie des 
affaires, on s'attend généralement à ce qu'elle soit exacte (ATF 125 IV 65 consid. 2a ; 
123 IV 61 consid. 5b ; 122 IV 25 consid. 2). Le caractère de titre d'un écrit est relatif. 
Par certains aspects, il peut avoir ce caractère, par d'autres non. La destination et 
l'aptitude à prouver un fait précis d'un document peuvent résulter directement de la 
loi, des usages commerciaux ou du sens et de la nature dudit document (arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_383/2019 du 8 novembre 2019 consid. 8.3.1 non publié in 
ATF 145 IV 470 ; 142 IV 119 consid. 2.2 et les références citées). 

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2.3.3. Un décompte mensuel de salaire, dont le contenu est inexact, ne constitue pas 
un faux dans les titres, dans la mesure où il n'est pas doté d'une valeur probante 
accrue (ATF 146 IV 258 consid. 1.1.1 ; 118 IV 363 consid. 2 ; arrêts du Tribunal 
fédéral 6B_473/2016 du 22 juin 2017 consid. 4.1 et 4.2.1, 6B_72/2015 du 27 mai 
2015 consid. 1.5, 6B_382/2011 du 26 septembre 2011 consid. 2.1 et 6B_827/2010 du 
24 janvier 2011 consid. 4.5.2). 

Il en va de même en présence d'un contrat simulé, car le simple fait qu'il soit écrit ne 
prouve en principe pas que les déclarations de volonté concordantes correspondent à 
la volonté réelle, même si le document a été créé pour tromper une autorité 
(ATF 146 IV 258 consid. 1.1.1 ; 123 IV 61 consid. 5c/cc ; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_72/2015 du 27 mai 2015 consid. 1.5.1). 

2.3.4. Vu ce qui précède, l'appelant conteste à bon escient la qualité de titre aux 
contrats de travail et fiches de salaire au contenu inexact énumérés dans l'acte 
d'accusation. Peu importe que ces documents eussent été utilisés afin de justifier, 
mensongèrement, du respect de la législation auprès de la CPGO. Il s'ensuit que 
l'infraction de faux intellectuel dans les titres n'est pas réalisée. 

2.3.5.1. Il n'est pas établi que les contrats de travail précités portaient une fausse 
signature de l'employé. Comme l'a souligné le TCO (jugement, pt. Daia), il est à tout 
le moins établi que l'appelant a fait signer des contrats de travail à ses ouvriers et les 
premiers juges n'ont, dans leurs considérants en droit, pas tranché la question du faux 
matériel s'agissant de ces actes.  

2.3.5.2. Reste la formule "avis d'entrée" concernant la partie plaignante I______, 
dont les éléments du dossier permettent, même en l'absence d'une expertise, de 
retenir avec un degré de vraisemblance confinant à la certitude qu'elle porte bien une 
signature contrefaite. Du reste, l'appelant n'indique pas le contester. Il s'agit donc 
d'un faux matériel. 

Néanmoins, l'instruction de la cause n'a pas permis d'en identifier l'auteur. Sur la base 
des éléments du dossier, on peut imaginer qu'il s'est agi soit de l'appelant, soit de 
D______, comme envisagé dans l'acte d'accusation, qui indique que les deux 
hommes auraient agi de concert, voire, mais c'est moins vraisemblable, de l'un des 
auxiliaires de l'homme de paille. Certes, l'acte a été perpétré dans l'intérêt du 
prévenu, mais il ne peut être exclu que, face à la demande de la Fondation supplétive 
LPP de retourner le document signé, D______ eût pris l'initiative d'apposer une 
fausse signature, afin de gagner du temps, sans en référer à l'appelant, lequel de toute 
façon ne se souciait pas de la "paperasse". Il sied de rappeler que D______ s'est 
montré d'une façon générale gravement défaillant s'agissant du respect de ses 
obligations. Aussi, il ne relève pas d'un doute purement théorique que d'envisager 
qu'il a pu, par désinvolture et paresse, imiter une signature pour répondre rapidement 

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à la demande de la Fondation, tenant cela pour plus simple que de tenter d'obtenir de 
son fuyant client qu'il fît le nécessaire. Il n'est ainsi pas établi que, comme retenu 
dans l'acte d'accusation, l'appelant serait l'auteur du faux ou aurait à tout le moins 
envisagé et accepté qu'un tiers le commît. 

2.3.6. L'appel sera ainsi admis et le prévenu acquitté du chef de faux dans les titres. 

Menaces 

2.4.1. Conformément à l'art. 180 al. 1 CP, celui qui, par une menace grave, aura 
alarmé ou effrayé une personne sera, sur plainte, puni d’une peine privative de liberté 
de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire. 

Sur le plan objectif, il faut que l'auteur ait émis une menace grave, soit une menace 
objectivement de nature à alarmer ou à effrayer la victime. On tient compte de la 
réaction qu'aurait une personne raisonnable, dotée d'une résistance psychologique 
plus ou moins normale, face à une situation identique (ATF 122 IV 97 consid. 2b ; 
99 IV 212 consid. 1a ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_578/2016 du 19 août 2016 
consid. 2.1). Il faut, de plus, que la victime ait été effectivement alarmée ou effrayée, 
peu importe que les menaces lui aient été rapportées de manière indirecte par un 
tiers. Elle doit craindre que le préjudice annoncé se réalise (arrêts du Tribunal fédéral 
6B_578/2016 du 19 août 2016 consid. 2.1 ; 6B_871/2014 du 24 août 2015 
consid. 2.2.2 ; 6B_820/2011 du 5 mars 2012 consid. 3). 

Le texte légal ne décrit pas la forme que doit revêtir la menace, ni les moyens dont 
l'auteur doit se servir pour menacer sa victime. L'acte illicite peut donc prendre 
n'importe quelle forme : la menace peut être orale ou écrite, ou encore résulter d'un 
comportement concluant, voire d'un simple geste, à l'exemple d'un geste 
d'égorgement. Elle peut aussi découler d'une violence exercée sur des choses, par 
exemple si l'auteur brise les carreaux d'une fenêtre pour en effrayer l'habitant. Elle 
peut également être transmise par un intermédiaire (A. MACALUSO / 
L. MOREILLON / N. QUELOZ (éds), Commentaire romand, Code pénal II, vol. II, 
Partie spéciale : art. 111-392 CP, Bâle 2017, n. 8 ad art. 180). 

 2.4.2. Les premiers juges ont acquitté l'appelant du chef des menaces décrites au 
ch. 1.1.4 de l'acte d'accusation retenant "qu'il ressortait de l'appréciation des preuves 
que celles-ci n'étaient pas établies". Préalablement, le TCO avait estimé que les deux 
récits de la partie plaignante G______ et celui de K______ sur les menaces proférées 
en présence du père du premier n'étaient pas concordants et ne permettaient pas 
d'identifier s'il y avait eu un ou plusieurs épisodes, outre qu'il n'y avait pas d'élément 
matériel ou témoignage direct. Ils ont jugé que la partie plaignante G______ n'avait 
pas fait un récit "précis" du geste d'égorgement, lequel n'était pas non plus étayé par 

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d'autres éléments. De surcroît, il n'était pas établi que la victime en eût été davantage 
effrayée qu'elle ne l'était déjà. 

 2.4.3. Le récit à la police du geste d'étranglement est peut-être bref, mais il requérait 
peu de mots, et il est, contrairement à ce que retient le jugement, aussi précis que 
nécessaire : les faits sont circonscrits dans le temps (deux semaines avant l'audition à 
la police) et le lieu (à proximité de la plaine de Plainpalais, à Genève), les 
circonstances sont évoquées (alors qu'elle déambulait, la partie plaignante avait 
entendu un coup d'avertisseur et aperçu l'appelant dans une voiture) ainsi que les faits 
correspondant aux éléments constitutifs objectifs de l'infraction (parodie d'un geste 
d'égorgement équivalant à une menace grave ; la partie plaignante n'en avait pas 
dormi durant 10 jours, ce qui exprime à l'évidence un sentiment de frayeur). En tout 
état, il incombait au TCO d'interroger davantage la partie plaignante, s'il estimait que 
des éléments manquaient, étant rappelé que l'instruction de la cause se fait également 
devant le juge.  

 Ce qui précède vaut pour l'autre épisode. Il est vrai que la partie plaignante G______, 
qui n'a par ailleurs guère été aidée dans son récit par le fait qu'elle n'était souvent 
assistée que d'un interprète de langue anglaise, n'a été que peu interrogée sur les 
événements survenus en Macédoine et qu'il est regrettable que le MP ou l'avocate de 
l'intéressée n'eussent pas davantage fait porter l'instruction de la cause sur ces faits, 
étant cependant rappelé qu'ils ne constituaient pas les éléments les plus saillants d'un 
dossier complexe aux multiples protagonistes. Quoi qu'il en soit, le TCO ne pouvait 
se contenter de ce constat sans tenter d'obtenir lui-même les éclaircissements utiles. 

 2.4.4. Le reproche fait à la partie plaignante de ne pas avoir établi qu'elle aurait été 
davantage effrayée qu'elle ne l'était déjà tombe à faux : l'art. 180 CP exige que la 
victime soit effrayée, mais n'exclut pas qu'elle le soit par ailleurs. Il est d'ailleurs 
fréquent que la victime de menaces soit déjà dans un état de peur en raison d'autres 
actes commis par l'auteur, y compris de précédentes menaces. On songe en 
particulier aux victimes de violences conjugales que leur bourreau ne saurait persister 
à menacer impunément au prétexte que de toute façon elles vivent déjà dans la 
crainte, de son fait.  

 2.4.5. Enfin, comme plaidé par l'appelant joint G______, il était en effet 
contradictoire de retenir que les déclarations de la partie plaignante n'étaient étayées 
par aucun élément extrinsèque tout en faisant abstraction de ce qu'il s'agissait 
essentiellement d'un cas de "parole contre parole" et que le TCO avait retenu que 
d'une manière générale, les parties plaignantes étaient crédibles, contrairement au 
prévenu (jugement, pt. Daaa, p. 36 et 37) Il est renvoyé à ces dernières 
considérations, que la Cour fait intégralement siennes (art. 82 al. 4 CPP). 

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 On ajoutera plus particulièrement sur le thème des menaces que le dossier établit à 
tout le moins que l'intimé sur appel joint est dénué de scrupules et n'hésite pas à y 
recourir, au même titre qu'à d'autres moyens pour obtenir ce qu'il veut (par exemple : 
exploitation de son imposante stature physique, de la vulnérabilité ou faiblesses de 
ses interlocuteurs, y compris s'agissant de tirer profit des défaillances de D______ ; 
laisser-aller à son tempérament colérique). Le TCO a retenu qu'il avait notamment 
usé de menaces dans le contexte de l'infraction de traite d'êtres humains par métier. 
Les parties plaignantes I______ et K______ ont dit avoir elles-mêmes subi des 
menaces du même ordre que la partie plaignante G______, étant relevé la similitude 
dans le choix de la métaphore (corps renvoyé dans un sac poubelle) relatée par le 
premier également. Les experts ont retenu qu'un risque de récidive de menaces 
existait, en raison de traits paranoïaques et narcissiques, d'où un sentiment de toute-
puissance et une absence d'empathie ; le prévenu lui-même leur a d'ailleurs laissé 
entendre qu'il avait le moyen de se venger tout en affirmant qu'il n'envisageait pas de 
le faire. 

 Toujours au sujet de la crédibilité de la partie plaignante, il est vrai que celle-ci 
n'avait, au stade de l'appel, aucun autre intérêt à contester l'acquittement du chef de 
menaces que celui d'obtenir justice, ses conclusions civiles ayant été intégralement 
admises par le TCO. Précédemment déjà, la partie plaignante ne paraît pas avoir 
voulu en rajouter, l'évocation des menaces semblant plutôt indissociablement liée à la 
description sincère des comportements du prévenu à son égard et de 
l'assujettissement qu'elle avait subi, dans le prolongement de l'infraction de traite 
d'être humain. Cela explique probablement aussi les faiblesses de l'instruction sur ce 
point considéré isolément. 

 2.4.6. Force est aussi de constater que le prévenu a concédé avoir eu un contact avec 
le père de G______. Il a certes prétendu qu'il s'agissait d'un entretien téléphonique 
(ou plusieurs, selon une autre version) mais les explications données ne convainquent 
pas. Vu la personnalité de l'intéressé, il n'est pas crédible qu'il se serait contenté 
d'expliquer sur un ton aimable (et contrairement à la vérité, s'agissant de l'une des 
victimes de la traite d'êtres humains par métier) à son interlocuteur qu'il n'y avait pas 
de problème. Aussi la réalité d'une communication au père de la partie plaignante est 
un indice à charge.  

 2.4.7. Aux débats d'appel, requis de faire un récit détaillé des faits supposément 
commis au domicile de sa famille, l'appelant joint a indiqué que plusieurs individus, 
dont le cousin du prévenu, prénommé AT______, s'y étaient rendus. Alors que sa 
mère l'appelait en pleurs, son père s'était disputé avec eux dans la cour. Celui-ci 
l'avait ensuite contacté à son tour et l'avait informé de ce que ses visiteurs avaient 
brisé une fenêtre, démoli un pilier au moyen de leur véhicule, et menacé de ramener 
la partie plaignante dans un sac noir, dans le coffre d'une voiture, si elle ne se 
rétractait pas. Il s'agit clairement d'un récit de menaces de mort, en lien avec la 
plainte pénale de l'appelant joint. Le récit est cohérent, précis, enrichi de la narration 

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des dialogues entre la partie plaignante et sa mère puis son père. Il fait écho à ce que 
la partie plaignante avait précédemment dit dans la procédure, ou écrit, sous la plume 
de son avocate, certes avec peu de détails, voire de manière confuse. À tout le moins, 
il n'y a pas de contradiction, la désignation de l'un des protagonistes comme un ami 
du prévenu puis son cousin relevant d'un point accessoire et pouvant en effet 
s'expliquer par la peur. Compte tenu de tout le contexte, ce récit est par ailleurs très 
plausible, étant notamment rappelé que ces événements font, de peu, suite au dépôt 
de la plainte de l'appelant joint.  

 En revanche, il faut concéder au prévenu que l'attestation d'une avocate travaillant au 
sein du CSP produite n'a pas de portée. Celle-ci n'a ni la compétence qu'aurait un 
thérapeute pour rapporter les observations faites au sujet de l'état de santé 
psychologique d'une supposée victime, ni celle d'un procureur ou juge s'agissant 
d'instruire des faits, dans le respect des règles procédurales, notamment celle du 
contradictoire et celles relatives à la tenue d'une procès-verbal. 

2.4.8. Enfin, les menaces étaient de nature à effrayer une personne raisonnable, de 
sensibilité moyenne, vu la personnalité du prévenu et le contexte dans lequel elle 
s'inscrivent, très en marge de la légalité et le fait de faire pression sur la famille étant 
une démonstration de détermination suffisante pour faire sérieusement craindre un 
passage à l'acte. La partie plaignante ne les a peut-être pas prises comme signifiant 
qu'elle allait véritablement être tuée, mais à tout le moins qu'on allait s'en prendre 
violemment à elle. De surcroît, si le récit des faits résultant du courrier de la 
psychiatre n'a pas été exploité s'agissant d'évaluer la crédibilité de la partie 
plaignante, d'une part parce qu'il est à nouveau très résumé, et d'autre part parce que 
la thérapeute n'a pas vocation à instruire, son constat du sentiment de peur qui habite 
la partie plaignante est en revanche probant. 

 2.4.9. En conclusion, au regard des éléments qui précèdent, il est retenu qu'il n'y a 
pas de raisons de s'écarter des déclarations de la partie plaignante dans la procédure, 
telles que complétées à l'audience d'appel, s'agissant des deux