# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 744515d3-d664-537c-8d68-911987d68bfd
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-01-21
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 21.01.2014 C/30177/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-30177-2010_2014-01-21.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 21 janvier 2014. 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/30177/2010 ACJC/57/2014 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 
 

DU MARDI 21 JANVIER 2014 

Entre 

Madame A______, domiciliée ______ (GE), recourante contre un jugement rendu par 
la 4______ Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 16 octobre 2013, 

comparant par Me Thomas Barth, avocat, boulevard Helvétique 6, 1205 Genève, en 

l'étude duquel elle fait élection de domicile, 

et 

Monsieur B______, domicilié ______ (VD), intimé, comparant par Me Emma 
Lombardini Ryan, avocate, rue de Hesse 8-10, case postale 5715, 1211 Genève 11, en 

l'étude de laquelle il fait élection de domicile. 

 

 

- 2/10 - 

 

 

C/30177/2010 

EN FAIT 

A. Par jugement du 16 octobre 2013, communiqué pour notification aux parties le 
lendemain, le Tribunal de première instance a rejeté l'incident de suspension de 

l'instruction de la cause formé par A______ le 26 septembre 2013  

(ch. 1 du dispositif), a remis la cause pour plaider sur le fond au 27 novembre 

2013 (ch. 2), condamné A______ à verser aux Services financiers du Pouvoir 

judiciaire un émolument de 500 fr. (ch. 3), compensé les dépens pour le surplus 

(ch. 4), et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 5). 

 Le Tribunal a considéré qu'il n'existait aucun motif suffisant au sens de l'art. 107 

aLPC pour suspendre l'instruction de la cause, dès lors "qu'à ce jour, la Cour de 

justice n'[avait] pas suspendu le caractère exécutoire de la décision du 3 juin 

2013". 

B. Par acte déposé au greffe de la Cour de justice le 23 octobre 2013, A______ a 
recouru contre ce jugement, dont elle demande l'annulation. Cela fait, elle a 

conclu à ce que la procédure C/30177/2010 soit suspendue "jusqu'à droit définitif 

connu sur la demande en récusation du Président E______ et sur la question de 

l'effet suspensif sollicité à l'appui du recours déposé le 12 juin 2013". 

Préalablement, A______ a requis l'octroi de l'effet suspensif. 

 Par ordonnance du 15 novembre 2013, la Cour a accordé l'effet suspensif à titre 

superprovisionnel. 

Par mémoire de réponse du 20 novembre 2013, B______ a, sous suite de frais 

judiciaires et dépens, conclu, "sur effet suspensif", au rejet de la demande d'effet 

suspensif et à la révocation de l'effet suspensif accordé à titre superprovisionnel, 

"sur la recevabilité", à l'irrecevabilité du recours, et "sur le fond", au déboutement 

de A______ de toutes ses conclusions et à la confirmation du jugement entrepris. 

Les parties ont été informées de ce que la cause était mise en délibération sur effet 

suspensif et sur le fond par avis du 21 novembre 2013. 

Par arrêt du 26 novembre 2013, la Cour a admis la requête de A______ tendant à 

la suspension de l'effet exécutoire attaché au jugement rendu le 16 octobre 2013 

par le Tribunal de première instance et a dit qu'il serait statué sur les frais et 

dépens de l'incident avec la décision sur le fond. 

C. Les faits pertinents suivants résultent du dossier soumis à la Cour : 

a. Les époux B______, né le ______ 1965 à ______ (Espagne), de nationalité 
française, et A______, née le ______ 1965 à ______ (France), de nationalité 

- 3/10 - 

 

 

C/30177/2010 

française, ont contracté mariage le  

______ 1993 à ______ (France). 

De cette union sont issus deux enfants, soit C______, née le ______ 1996 à 

______ (France), et D______, né le ______ 1997 à _______ (France). 

b. Le 20 décembre 2010, B______ a déposé une demande en divorce devant le 
Tribunal de première instance. La cause, enregistrée sous n° C/30177/2010, a été 

attribuée à la 1______ Chambre du Tribunal. 

Dans sa réponse du 14 juin 2011, A______ a notamment pris des conclusions 

préalables tendant à ce que l'expertise d'un bateau ______, acquis par B______ le 

______ 2008 pour un montant total de 881'580 EUR, soit ordonnée. 

c. Par ordonnance du 1er décembre 2011, le Président du Tribunal civil a attribué 
la cause à la 2______ Chambre du Tribunal de première instance (présidée depuis 

le 25 novembre 2011 par la Juge F______). 

En raison de la récusation spontanée de la Présidente de ladite chambre, la cause 

a, par ordonnance présidentielle du 1
er

 février 2012, été réattribuée à la  

3______ Chambre du Tribunal (présidée par le Juge E______). 

d. Le 6 février 2012, le Président de la 3______ Chambre du Tribunal a convoqué 
une audience de comparution personnelle des mandataires, qui a eu lieu le  

22 février 2012. A cette occasion, les mandataires des parties ont été informés de 

ce que la cause serait réattribuée à la 1______ Chambre du Tribunal, qui avait 

"débuté et poursuivi l'instruction".  

e. Par ordonnance du 31 juillet 2012, la Présidente de la 1______ Chambre du 
Tribunal a décerné commission rogatoire au Tribunal de Grande Instance de 

______ (France) aux fins qu'il désigne un expert et lui confie la mission de 

déterminer la valeur vénale actuelle du bateau ______ acquis par B______ et 

amarré au port de ______ (France). Cela fait, le Tribunal a fixé l'avance des frais 

d'expertise à 2'500 fr. et a imparti aux parties un délai au 3 septembre 2012 pour 

verser leur part respective de cette avance, soit 1'250 fr. chacune.  

f. Par ordonnance du 24 septembre 2012, la Présidente de la 1______ Chambre du 
Tribunal a constaté que A______ n'avait pas procédé au paiement de sa part 

d'avance de frais dans le délai qui lui avait été imparti et a fixé à B______ un délai 

au 4 octobre 2012 pour verser la part d'avance de frais due par A______, s'il 

l'estimait opportun. 

A réception de cette ordonnance, le 25 septembre 2012, A______ a payé en 

espèces la somme de 1'250 fr. aux Services financiers du Pouvoir judiciaire. 

- 4/10 - 

 

 

C/30177/2010 

g. Lors d'une audience convoquée le 25 septembre 2012 devant la Présidente de la 
1______ Chambre du Tribunal pour un autre aspect du litige, le conseil de 

A______ a déclaré former incident, indiquant, pièce à l'appui, que sa cliente avait 

payé sa part de l'avance de frais de la commission rogatoire. Le conseil de 

B______ a conclu au rejet de l'incident, arguant que ce paiement était intervenu 

hors délai. 

h. Par courrier du 25 septembre 2012, le conseil de A______ a requis du Tribunal 
que la cause soit remise à plaider sur incident au sujet du versement tardif 

intervenu au titre de la commission rogatoire visant à l'expertise du bateau 

______. 

Par courrier du 26 septembre 2012, le conseil de B______ s'est opposé à ce que la 

cause soit remise à plaider sur incident au motif notamment que celui-ci avait déjà 

été plaidé à l'audience du 25 septembre 2012. 

i. Le 11 octobre 2012, constatant que B______ n'avait pas versé dans le délai 
imparti la part d'avance de frais incombant à A______, la Présidente de la 

1______ Chambre du Tribunal a annulé l'ordonnance du 31 juillet 2012 décernant 

commission rogatoire en vue de la désignation d'un expert chargé de déterminer la 

valeur du bateau ______ acquis par B______, a clos la procédure d'expertise, et a 

fixé à plaider "sur incident et sur le fond" au  

20 novembre 2012. 

Contre cette ordonnance, A______ a formé un recours, qui, faute de préjudice 

difficilement réparable, a été déclaré irrecevable par arrêt de la Cour de justice du 

22 mars 2013 (ACJC/363/2013) 

j. Parallèlement audit recours, A______ a formé devant le Tribunal civil, une 
requête en récusation de la Présidente de la 1______ Chambre du Tribunal, faisant 

grief à cette dernière d'avoir préjugé de l'incident soulevé lors de l'audience du 25 

septembre 2012. 

Par ordonnance du 19 octobre 2012, la Présidente de la 1______ Chambre du 

Tribunal a annulé l'audience de plaidoirie fixée au 20 novembre 2012 et a dit que 

la suite de la procédure serait fixée à l'issue de la procédure de récusation. 

Par décision du 14 décembre 2012, notifiée à A______ le 10 janvier 2013, le 

Tribunal civil a admis la requête en récusation formée par cette dernière le 18 

octobre 2012. 

k. Par ordonnance du 14 janvier 2013, le Président du Tribunal civil a réattribué la 
cause à la 4______ Chambre du Tribunal. 

- 5/10 - 

 

 

C/30177/2010 

l. Afin de fixer la suite de la procédure, le Président de la 4______ Chambre du 
Tribunal a convoqué les mandataires des parties à une audience, qui s'est tenue le 

17 mai 2013. A cette occasion, le conseil de A______ a indiqué qu'il considérait 

qu'aucun acte de la juge récusée ne pouvait être pris en considération, la procédure 

devant être reprise depuis le début. Il a, par ailleurs, conclu à ce qu'il soit procédé 

à l'expertise du bateau de B______. Le conseil de ce dernier s'est opposé aux 

demandes de A______, estimant que la procédure devait être remise pour 

conclure, clore et plaider sur le fond. Si par impossible, l'expertise du bateau 

devait être ordonnée, celle-ci devrait être rendue rapidement. 

m. Par ordonnance du 3 juin 2013, le Président de la 4______ Chambre du 
Tribunal a rejeté, dans la mesure de sa recevabilité, la demande d'annulation des 

actes de la procédure formée par A______, a révoqué l'ordonnance du 11 octobre 

2012, a confirmé celle du 24 septembre 2012, a constaté que B______ n'avait pas 

versé dans le délai imparti la part d'avance de frais due par A______, a déclaré en 

conséquence close la procédure d'expertise du bateau ______, a déclaré les 

enquêtes closes, et a fixé la cause pour plaider sur le fond au 25 septembre 2013. 

n. Contre cette ordonnance, A______ a recouru devant la Cour de justice, 
sollicitant l'octroi de l'effet suspensif. 

Par arrêt du 26 juillet 2013, le Président ad intérim de la Cour (E______, entré en 

fonction en qualité de juge à la Cour de justice le ______ et précédemment 

Président de la 3______ Chambre du Tribunal de première instance; cf. let. c 

supra), a rejeté la requête d'effet suspensif. 

Le 8 août 2013, A______ a déposé une demande de récusation à l'encontre du 

Président E______ au motif que ce dernier avait personnellement connu de la 

cause lorsqu'il était juge au Tribunal, concluant pour le surplus à l'annulation de 

l'arrêt du 26 juillet 2013 et à ce qu'un autre juge statue sur la requête d'effet 

suspensif. Cette demande de récusation a été enregistrée sous C/5______ et est 

actuellement toujours pendante. 

o. Le 16 août 2013, A______ a requis du Président de la  
4______ Chambre du Tribunal qu'il suspende la présente procédure jusqu'à droit 

connu définitif sur la procédure en récusation C/5______ et qu'il ajourne 

l'audience fixée au 25 septembre 2013. 

Par ordonnance du 16 août 2013, le Président de la 4______ Chambre du Tribunal 

a ordonné la comparution personnelle des mandataires à une audience fixée au  

27 août 2013. A cette occasion, le Tribunal a donné acte à A______ du retrait de 

sa demande de suspension, a annulé l'audience de plaidoirie du  

25 septembre 2013, et a remis la cause pour plaider sur le fond au 30 octobre 

2013. 

- 6/10 - 

 

 

C/30177/2010 

p. Le 26 septembre 2013, constatant que la Cour n'avait pas encore statué sur la 
demande de récusation du Président E______, A______ a derechef sollicité la 

suspension de la présente cause jusqu'à droit connu définitif sur ladite demande de 

récusation et a sollicité l'ajournement de l'audience fixée au  

30 octobre 2013. 

B______ s'est opposé à la demande de suspension par courrier du  

30 septembre 2013. 

q. Par ordonnance du 2 octobre 2013, le Président de la 4______ Chambre du 
Tribunal a remis la cause pour plaider sur incident de suspension au 8 octobre 

2013. 

Le 16 octobre 2013, le jugement dont est recours a été rendu. 

D. L'argumentation des parties devant la Cour sera examinée ci-après dans la mesure 
utile à la solution du litige. 

EN DROIT 

1. 1.1 Aux termes de l'art. 405 al. 1 CPC, les recours sont régis par le droit en 
vigueur au moment de la communication de la décision entreprise. 

Cette disposition s'applique à toute décision communiquée après le 1
er

 janvier 

2011, qu'elle soit incidente ou finale. Que la procédure au fond poursuive son 

cours selon l'ancien droit de procédure en vertu de l'art. 404 al. 1 CPC est à cet 

égard sans incidence (ATF 138 III 41 consid. 1.2.2 et les arrêts cités; 137 III 424 

consid. 2.3.2, reproduit in RSPC 2011 p. 489 ss).  

Le jugement querellé ayant été communiqué le 17 octobre 2013, le CPC est 

applicable à la présente procédure de recours. 

En revanche, la procédure de première instance, qui a débuté en 2010, reste régie 

par l'ancien droit de procédure (art. 404 al. 1 CPC; arrêt du Tribunal fédéral 

5A_754/2011 du 2 juillet 2012 consid. 2, non publié aux ATF 138 III 520), soit 

par l'ancienne loi genevoise de procédure civile du 10 avril 1987 (ci-après: aLPC). 

1.2 La décision ordonnant la suspension de la cause est une mesure d'instruction 
qui peut, conformément à l'art. 126 al. 2 CPC, faire l'objet du recours de l'art. 319 

let. b ch. 1 CPC (GSCHWEND/BORNATICO, in Basler Kommentar, Schweizerische 

Zivilprozessordnung, Spühler/Tenchio/Infanger [éd.], 2
ème

 éd., 2013, n. 17a ad  

art. 126 CPC). 

La décision de refus de suspension ne peut, en revanche, faire l'objet que du 

recours de l'art. 319 let. b ch. 2 CPC, le recourant devant démontrer le préjudice 

- 7/10 - 

 

 

C/30177/2010 

difficilement réparable résultant du refus de suspendre (HALDY, in Code de 

procédure civile commenté, Bohnet/Haldy/Jeandin/Schweizer/Tappy [éd.], 2011, 

n. 9 ad art. 126 CPC; STAEHELIN, in Kommentar zur Schweizerischen 

Zivilprozessordnung [ZPO], Sutter-Somm/Hasenböhler/Leuenberger [éd.],  

2
ème

 éd., 2013, n. 8 ad art. 126 CPC; GSCHWEND/BORNATICO, loc. cit.; 

COLOMBINI, Condensé de la jurisprudence fédérale et vaudoise relative à l'appel et 

au recours en matière civile, in JdT 2013 III p. 131 ss, 157).  

1.3 Le recours, écrit et motivé, doit être introduit dans les dix jours à compter de 
la notification de la décision motivée (art. 321 al. 2 CPC). 

En l'espèce, le recours a été introduit dans les délai et forme prescrits par la loi, 

par une partie qui dispose d'un intérêt à agir (art. 59 al. 2 let. a CPC). Il est donc 

recevable sous cet angle. 

Reste à déterminer si le jugement querellé est susceptible de causer un préjudice 

difficilement réparable à la recourante. 

2. 2.1 La notion de "préjudice difficilement réparable" est plus large que celle de 
"préjudice irréparable" au sens de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (cf. ATF 137 III 380 

consid. 2, SJ 2012 I 73; 138 III 378 consid. 6.3; ACJC/327/2012 du 9 mars 2012 

consid. 2.4; FREIBURGHAUS/AFHELDT, in Kommentar zur Schweizerischen 

Zivilprozessordnung [ZPO], Sutter-Somm/Hasenböhler/Leuenberger [éd.],  

2
ème

 éd., 2013, n. 13 ad art. 319 CPC). La notion de préjudice difficilement 

réparable vise un inconvénient de nature juridique ou des désavantages de fait. Est 

ainsi considérée comme "préjudice difficilement réparable", toute incidence 

dommageable (y compris financière ou temporelle), pourvu qu'elle soit 

difficilement réparable. L'instance supérieure devra se montrer exigeante, voire 

restrictive, avant d'admettre l'accomplissement de cette condition (JEANDIN, in 

Code de procédure civile commenté, Bohnet/Haldy/Jeandin/Schweizer/Tappy 

[éd.], 2011, n. 22 ad art. 319 CPC; COLOMBINI, op. cit., in JdT 2013 III p. 155). 

 Une simple prolongation de la procédure ou un accroissement des frais ne 

constitue pas un préjudice difficilement réparable (ACJC/111/2012 du 26 janvier 

2012 consid. 2; Spühler, in Basler Kommentar, Schweizerische Zivil-

prozessordnung, 2
ème

 éd., 2013, n. 7 ad art. 319 CPC; HOFFMANN-NOWOTNY, in 

ZPO-Rechtsmittel, Berufung und Beschwerde, Kunz/Hoffmann-Nowotny/Stauber 

[éd], 2013, n. 25 ad art. 319 CPC). 

2.2 Il appartient au recourant d'alléguer et d'établir la possibilité que la décision 
incidente lui cause un préjudice difficilement réparable, à moins que cela ne fasse 

d'emblée aucun doute (par analogie : ATF 134 III 426 consid. 1.2 et 133 III 629 

consid. 2.3.1; HALDY, in Code de procédure civile commenté, Bohnet/Haldy/ 

Jeandin/Schweizer/Tappy [éd.], 2011, n. 9 ad art. 126 CPC). 

- 8/10 - 

 

 

C/30177/2010 

Si la condition du préjudice difficilement réparable n'est pas remplie, le recours 

est irrecevable et la partie doit attaquer la décision incidente avec la décision 

finale sur le fond (cf. ACJC/327/2012 précité et les réf. citées; OBERHAMMER, in 

Kurzkommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung ZPO, 2010, n. 13 ad  

art. 319 CPC; BLICKENSTORFER, in Schweizerische Zivilprozessordnung [ZPO], 

Brunner/ Gasser/Schwander [éd.], 2011, n. 40 ad art. 319 CPC). 

2.3 En l'espèce, la recourante ne discute pas la condition du préjudice 
difficilement réparable, se bornant à motiver son recours sous l'angle de la 

violation de l'art. 107 aLPC par le premier juge. Au regard des principes 

susrappelés, une telle motivation apparaît insuffisante et doit conduire à 

l'irrecevabilité du recours. 

Eût-il fallu examiner ladite condition que l'irrecevabilité du recours aurait 

également dû être constatée. Le refus de suspension querellé ne cause, en effet, 

aucun préjudice difficilement réparable à la recourante. En particulier, le fait que 

la cause soit remise à plaider sur le fond sans que la question de la récusation du 

juge ayant statué sur l'effet suspensif assortissant le recours contre l'ordonnance 

du 3 juin 2013 ne soit tranchée et sans qu'une nouvelle décision sur effet suspensif 

ni un arrêt sur le fond du recours ne soient rendus ne prétérite pas les droits de la 

recourante. La clôture de la procédure d'expertise du bateau de l'intimé, 

respectivement le refus de mise en œuvre d'une telle expertise, pourra, en effet, 

être remis en cause dans le cadre d'un appel contre la décision finale. 

Partant, la suspension n'apparaît pas opportune au regard du principe de célérité et 

n'est justifiée par aucune circonstance impérieuse. De ce point de vue, la balance 

des intérêts opérée par le premier juge entre, d'une part, la nécessité de statuer 

dans un délai raisonnable et, d'autre part, le risque de décisions contradictoires 

n'apparaît pas critiquable. 

C'est le lieu de rappeler que, selon la jurisprudence, la suspension – qui relève du 

pouvoir d'appréciation du juge saisi – ne doit être admise qu'exceptionnellement, 

l'exigence de célérité l'emportant dans les cas limites (ATF 119 II 386 consid. 1b; 

arrêts du Tribunal fédéral 5A_218/2013 du 17 avril 2013 consid. 3; 5A_773/2012 

du 31 janvier 2013 consid. 4.2.2). Le principe de célérité qui découle de l'art. 29 

al. 1 Cst. pose ainsi des limites à la suspension d'une procédure jusqu'à droit 

connu sur le sort d'une procédure parallèle (arrêt du Tribunal fédéral 4P.143/2003 

du 16 septembre 2003, publié in SJ 2004 I 146). 

3. La recourante, qui succombe, sera condamnée aux frais judiciaires du recours et 
de l'incident, ceux-ci étant fixés à 1'200 fr. (art. 104 al. 1, 105 et 106 al. 1 CPC, 

art. 41 du Règlement fixant le tarif des greffes en matière civile [RTFMC;  

E 1 05.10]). Ils sont ainsi couverts par l'avance de frais opérée par la recourante, 

qui reste acquise à l'Etat (art. 111 CPC). 

- 9/10 - 

 

 

C/30177/2010 

S'agissant d'un litige qui relève du droit de la famille, chaque partie conservera ses 

propres dépens à sa charge (art. 107 al. 1 let. c CPC). 

* * * * * 

- 10/10 - 

 

 

C/30177/2010 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

Déclare irrecevable le recours interjeté par A______ contre le jugement rendu le 16 

octobre 2013 par le Tribunal de première instance dans la cause C/30177/2010-17. 

Arrête les frais judiciaires du recours et de l'incident à 1'200 fr. 

Les met à la charge de A______ et dit qu'ils sont entièrement compensés par l'avance de 

frais déjà opérée par cette dernière, qui reste acquise à l'Etat. 

Dit que chaque partie supporte ses propres dépens. 

Siégeant : 

Monsieur Grégory BOVEY, président; Madame Sylvie DROIN et Madame Alix 

FRANCOTTE CONUS, juges; Madame Nathalie DESCHAMPS, greffière. 

 

Le président : 

Grégory BOVEY 

 La greffière : 

Nathalie DESCHAMPS 

 

 

 
Indication des voies de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en matière 

civile; la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 72 

à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110). Il connaît 

également des recours constitutionnels subsidiaires; la qualité et les autres conditions pour 

interjeter recours sont déterminées par les art. 113 à 119 et 90 ss LTF. Dans les deux cas, le 

recours motivé doit être formé dans les trente jours qui suivent la notification de l'expédition 

complète de l'arrêt attaqué. L'art. 119 al. 1 LTF prévoit que si une partie forme un recours 

ordinaire et un recours constitutionnel, elle doit déposer les deux recours dans un seul 

mémoire. 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.