# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 81b0609c-291b-5c42-b9ea-976cdd286d33
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-03-04
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 04.03.2024 P/2696/2024
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-2696-2024_2024-03-04.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/2696/2024 ACPR/163/2024 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du lundi 4 mars 2024 

 

Entre 

A______, actuellement détenu à la prison de B______, représenté par  

Me Dimitri TZORTZIS, avocat, BST Avocats, boulevard des Tranchées 4, 1205 Genève, 

recourant, 

 

contre l'ordonnance de mise en détention provisoire rendue le 11 février 2024 par le 

Tribunal des mesures de contrainte, 

et 

 

LE TRIBUNAL DES MESURES DE CONTRAINTE, rue des Chaudronniers 9,  

1204 Genève - case postale 3715, 1211 Genève 3, 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimés. 

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P/2696/2024 

EN FAIT : 

A. Par acte expédié le 15 février 2024, A______ recourt contre l'ordonnance du 11 
précédent, notifiée le jour-même, par laquelle le Tribunal des mesures de contrainte 
(ci-après : TMC) a ordonné sa mise en détention provisoire jusqu'au 22 mars 2024. 

 Le recourant conclut, sous suite de frais et dépens, à l'annulation de l'ordonnance 
querellée et à sa mise en liberté immédiate, subsidiairement au moyen de mesures de 
substitution qu'il propose. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent des pièces essentielles de la procédure 
produites devant le TMC: 

a. À teneur du rapport d'arrestation du 9 février 2024, depuis fin novembre - 
début décembre 2023, plusieurs individus, dont A______ et C______, avaient mis en 
place un nouveau type d'escroquerie. Ils faisaient ouvrir un compte en banque, via 
l'application D______, par de jeunes majeurs, en leur faisant miroiter une 
rémunération variable, généralement quelques centaines de francs, sous divers 
prétextes allant de l'offre promotionnelle réservée aux nouveaux clients à la 
commission touchée pour la personne apporteuse d'affaires. À cette suite, profitant de 
la limite de crédit autorisée sur les cartes liées auxdits comptes, des retraits atteignant 
jusqu'à CHF 11'000.- étaient effectués, par divers biais: opération de change, 
versement en faveur de comptes E______ [application de paiement], achat de biens 
de luxe, retrait par un terminal de paiement. Dans la plupart des cas, les victimes ne 
se rendaient même pas compte du débit effectué. Au vu du modus, notamment la 
proposition faite à ces jeunes adultes d'apporter de "nouvelles têtes" pour toucher de 
l'argent ou rembourser la dette qu'ils venaient de créer, un nombre important d'entre 
eux, ayant dans un premier temps été "victimes", sont ensuite devenus rabatteurs en 
amenant de nouvelles personnes dans l'arnaque.  

Une trentaine de plaintes avaient alors été déposées portant sur un préjudice de 
centaines de milliers de francs. 

b.  Entendu par la police, A______ a déclaré être à son propre compte; ses 
revenus étaient variables, allant de CHF 10'000.- à CHF 100'000.- par mois, et 
parfois rien. Il n'avait pas de loyer à payer; durant l'année 2023, il avait souvent logé 
à l'hôtel. Il avait des comptes au F______ – sur lequel il n'y avait plus d'argent et 
dont la carte de crédit était bloquée – ainsi qu'à D______, E______ – les deux 
comptes étant fermés – et G______. Il n'avait aucun véhicule à son nom et circulait 
depuis deux mois avec une H______/1______ [marque, modèle], qu'il louait pour 
CHF 1'200.- par mois. 

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Il essayait d'entreprendre, de développer des projets, soit de racheter des sociétés 
pour les développer puis les revendre, sur une courte période. 

Début novembre 2023, afin de lever des fonds, il avait pensé emprunter de l'argent. Il 
avait dès lors expliqué à des connaissances qu'elles pouvaient obtenir, en ligne, un 
crédit de CHF 10'000.- en commandant une carte de crédit prime chez D______ 
"2______". Ensuite, la personne s'engageait à rembourser le crédit dont elle 
bénéficiait pour elle-même tandis qu'il prenait une petite commission convenue 
oralement, de l'ordre de CHF 1'000.-. L'autre possibilité, ce qu'il appelait la levée de 
fonds, consistait à ce qu'elle ouvre le compte D______ et lui prête ensuite son 
téléphone, avec la carte virtuelle et les codes d'accès, pour qu'il retire l'argent en 
liquide et lui verse la commission convenue; il s'engageait verbalement et par écrit à 
rembourser la totalité de l'emprunt. La limite de crédit dépendait du revenu de la 
personne et variait entre CHF 5'000.- et CHF 10'000.-. Une fois le téléphone en sa 
possession, il y avait plusieurs possibilités pour obtenir l'argent liquide: le change ou 
l'achat d'or – via un terminal équipé [d'un service de paiement mobile] I______ – 
voire un virement bancaire, surtout sur E______. Au début, C______ se chargeait du 
change et du rachat d'or, avec son terminal, ensuite "il y était allé"; une fois l'argent 
sur son compte E______, le précité le transférait sur le sien; lui-même remettait la 
commission en cash à la personne concernée. La personne concernée était toujours 
présente lorsque son téléphone était remis à C______ pour effectuer la transaction; 
tout lui était expliqué; il n'avait induit personne en erreur. À trois ou quatre reprises, 
des gens lui avaient demandé s'ils pouvaient toucher une commission s'ils amenaient 
d'autres personnes intéressées, sans aucun impact sur le remboursement de leur 
crédit. Pour ce remboursement, il pensait solder la totalité du crédit du mois pour les 
personnes de confiance et pour les autres, payer 5 % à 10 %, de peur qu'elles ne 
respectent pas le contrat et utilisent les fonds. Dans un premier temps, il pensait 
rembourser en utilisant les lignes de crédit disponibles sur les cartes puis ensuite, une 
fois son business lancé, utiliser les revenus pour payer. 

Une vingtaine de comptes D______ en ligne avait été ouverte de décembre 2023 à 
janvier 2024 – il avait en outre conclu d'autres contrats et ouverture de comptes 
D______ et J______ avant le mois de décembre 2023 mais non pas pour le projet 
évoqué –. Il avait dû percevoir de l'ordre de CHF 200'000.-, hors commission et 
remboursement. Il avait conclu la plupart des transactions à l'hôtel K______ où il 
avait pris une chambre; il avait payé en espèces au moins CHF 10'000.- pour la 
chambre (CHF 800.- la nuit) et y manger. Il avait également logé à L______, à 
M______ et au N______. Il invitait des gens importants à des soirées pour créer des 
contacts. Il avait investi CHF 18'000.-, dans la société de C______ dans le but 
d'acheter des parts. Après le Nouvel-An, il avait remis à son oncle, en Espagne, 
environ CHF 65'000.- en espèces pour un projet d'investissement, lequel ne s'était 
pas encore concrétisé. Il avait remboursé un montant de CHF 12'000.- pour un prêt 

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lié à la location d'un véhicule et CHF 5'500.- pour sa carte de crédit. Il avait prêté de 
l'argent, de CHF 500.- à CHF 1'000.-, à des amis dans le besoin.  

En janvier 2024, [la banque] D______ avait bloqué ses comptes et l'accès aux 
crédits, le freinant dans ses remboursements; son compte E______ avait été, en outre, 
"gelé". En tout, il n'avait pu rembourser que CHF 5'000.-. Il ne disposait pas, en 
l'état, des ressources pour tout rembourser en une fois.  

Par la suite, des personnes lui avaient dit ne pas savoir qu'il s'agissait de débits de 
CHF 10'000 - CHF 11'000.- et vouloir être remboursées. Il en avait remboursé 
certaines, mais comme il y en avait de plus en plus, il avait trouvé cela bizarre et 
avait arrêté. 

Il a remis à titre d'exemple la copie d'un contrat lequel prévoit que le propriétaire de 
la carte de crédit la lui cédait, à la condition qu'il solde le crédit à la fin de chaque 
mois et paye les frais mensuels, contre une commission de CHF 500.-, ce qui lui 
permettait d'utiliser la carte comme il le souhaitait. Le prêteur ne pouvait réclamer sa 
carte que si les délais de paiement n'étaient pas respectés. 

c. A______ a été prévenu d'escroquerie par métier (art. 146 CP), d'utilisation 
frauduleuse d'un ordinateur (art. 147 CP) et de blanchiment d'argent (art 305bis CP) 
et d'extorsion et de chantage (art. 156 CP) pour avoir, à Genève, de la fin du mois de 
novembre 2023 jusqu'au 9 janvier 2024 à tout le moins, de concert notamment avec 
O______, P______, C______, Q______, R______ et S______ :  

 participé à une vaste escroquerie visant à faire ouvrir un compte en banque, 
via l'application D______, à de jeunes majeurs, en leur promettant une 
rémunération variable, étant précisé que tout de suite après l'ouverture, une 
somme avoisinant les CHF 10'000.- était débitée dudit compte, certaines fois 
à l'aide de la carte de crédit virtuelle ou physique reçue à l'ouverture, 
notamment par le biais d'opérations de change ou de versement en faveur de 
comptes E______, dans le but de s'approprier ces sommes de manière indue 
et de s'enrichir illégitimement à due concurrence ; 

 dans le cadre de l'escroquerie décrite supra, usé de contrainte ou menacé d'un 
dommage sérieux certaines de ses victimes, soit notamment T______, 
U______ et V______, dans le but de s'approprier les sommes d'argent de 
manière indue et de s'enrichir illégitimement à due concurrence. 

Le prévenu conteste avoir emprunté illégalement de l'argent, forcé certaines 
personnes, blanchi de l'argent et donné des informations fallacieuses. Il s'agissait d'un 
litige purement civil; il avait emprunté de l'argent en faisant signer un contrat oral et 
écrit, qui stipulait toute la démarche, à savoir que la ligne de crédit qui leur était 

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accordée donnerait lieu à un versement de CHF 10'000.- sur lequel ils toucheraient 
une commission par le biais des intérêts qu'il serait amené à rembourser. Certaines 
personnes mentionnées dans la prévention faisaient la même chose de leur côté, sans 
être liées à lui. Confronté à la trentaine de plaignants, il a déclaré n'en connaître 
aucun avant la conclusion des contrats. Ces personnes lui avaient été amenées par le 
bouche à oreille; des amis en avaient amené d'autres et ainsi de suite; elles 
partageaient la commission entre elles. La seule chose qu'il ait dite était que la carte 
ne pouvait être obtenue que s'ils disposaient d'un salaire annuel de plus de 
CHF 75'000.-; il ne les avait cependant pas encouragées à dire qu'ils avaient plus que 
ce montant; ils étaient responsables de ce qu'ils disaient. Il pensait rembourser les 
différents plaignants, avec ses projets; il était en train de construire une image, se 
rapprocher de gens qui allaient l'aider dans le business. Il avait surtout investi dans 
ces relations et pour l'image (CHF 60'000.-) qu'il voulait donner de quelqu'un qui a 
les moyens et qui peut investir; CHF 25'000.- pour prendre des parts de la société de 
C______; CHF 65'000.- à la famille pour des opportunités; il avait aidé sa famille et 
celle de sa copine. 

À la question de savoir comment il envisageait de rembourser sans connaître les 
coordonnées et identités des personnes prêteuses, il a répondu qu'il était prévu dans 
le contrat qu'elles lui remettent leur carte physique de crédit avec laquelle il était 
possible de rembourser. Mais la plupart ne la lui avaient pas donnée à réception.  

d. A______, de nationalité suisse et né en 1996, déclare être célibataire et avoir un 
fils d'une relation hors mariage. Il est au bénéfice d'un CFC et d'une maturité 
gymnasiale; il a suivi une formation à W______ [formation pour adulte] dans le but 
d'obtenir un brevet fédéral de spécialiste en finance et comptabilité, sans avoir 
présenté l'examen final. 

C. Dans l'ordonnance querellée, le TMC a retenu que les charges étaient suffisantes 
pour justifier la mise en détention provisoire du prévenu, eu égard aux nombreuses 
plaintes pénales déposées, aux images de vidéosurveillance, aux constatations de la 
police et aux déclarations du prévenu et de son comparse C______. 

L'instruction ne faisait que commencer, le Ministère public devant confronter le 
prévenu à son coprévenu C______; interpeller les autres participants à cette vaste 
escroquerie; faire analyser le téléphone portable de l'intéressé; transmettre un ordre 
de dépôt à D______ afin d'identifier tous les plaignants; et transmettre un ordre de 
dépôt à la G______ ainsi qu'aux différents établissements bancaires dans lesquels les 
coprévenus possédaient des comptes.  

Il retenait l'existence d'un risque de fuite, malgré la nationalité suisse du prévenu, 
puisqu'il ressortait des déclarations de C______ que le prévenu s'était rendu en 
Espagne une première fois lorsque des bruits de dépôts de plainte avaient 

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commencé à courir. Par ailleurs, une partie de sa famille se trouvait en Algérie et en 
Espagne et il avait envoyé CHF 65'000.- "à son oncle, en Algérie. Ce risque était 
renforcé par la peine-menace et concrètement encourue. 

Il existait un risque de collusion avec de nombreux coauteurs non encore interpellés 
et auxquels il devrait être confronté outre avec C______. Il était ainsi important qu'ils 
ne puissent pas entrer en contact à ce stade de la procédure. Un risque de collusion 
existait également à l'égard des plaignants afin d'éviter qu'il ne les influence dans 
leurs déclarations. 

Aucune mesure de substitution n'était susceptible d'atteindre les mêmes buts que la 
détention au vu des risques retenus. 

D. a.  Dans son recours, A______ fait grief au Ministère public de ne pas avoir 
produit, à l'appui de sa demande de mise en détention provisoire, les contrats de prêts 
conclus, soit notamment les huit contrats que le Procureur lui avait dit se trouver à la 
procédure, et au TMC d'avoir fait une constatation incomplète et inexacte des faits. Il 
s'agissait d'une affaire civile. 

L'infraction d'escroquerie ne pouvait être retenue; il n'avait été fait usage d'aucune 
forme de tromperie ni d'astuce: il avait conclu des contrats de prêt avec toutes les 
personnes concernées, lesquelles avaient, par elles-mêmes et en toute connaissance 
de cause, ouvert des comptes D______, effectué des appels vidéos avec les 
conseillers D______, et librement accepté, par ce biais, de lui prêter l'argent, 
moyennant des commissions. Il avait toujours manifesté son souhait de rembourser 
les prêteurs, raison pour laquelle il n'avait pas dissimulé son identité : le contrat 
mentionnait ses nom et prénom et portait sa signature. L'infraction à l'art. 147 CP ne 
pouvait pas non plus être retenue; les prêteurs étaient toujours présents lorsqu'il se 
connectait à leurs comptes D______ via leurs téléphones afin d'effectuer des retraits 
ou des virements. Pour les mêmes raisons il n'y avait pas place pour l'art. 156 CP. 

Le risque de fuite n'était pas avéré. Il avait la seule nationalité suisse, avait grandi en 
Suisse et son centre de vie professionnelle et personnelle se trouvait à Genève. En 
outre, lorsqu'il s'était rendu en Espagne, il savait déjà que des plaintes pénales 
pourraient être déposées sans que cela l'empêche de revenir. 

Il conteste le risque de collusion. Il avait fait preuve d'une excellente collaboration et 
n'avait pas dissimulé d'informations. Il s'était engagé à ne pas entrer en contact avec 
C______, ainsi qu'avec quiconque qui pourrait être mêlé de près ou de loin à cette 
affaire. 

Il propose les mesures de substitution suivantes: obligation de déférer à toute 
convocation du Pouvoir judiciaire; déposer l'intégralité de ses papiers d'identité; et 

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interdiction de prendre contact, de quelque manière que ce soit (courrier, courriel, 
téléphone, SMS, WhatsApp, Instagram, Snapchat, autres réseaux sociaux, personne 
interposée) avec les personnes mêlées à la procédure. 

b.  Le Ministère public conclut au rejet du recours. Il précise avoir reçu, jusqu'alors, 
trente plaintes pour un préjudice se chiffrant en centaines de milliers de francs. Son 
co-prévenu avait déclaré avoir remis l'argent à A______.  

c.  Le TMC maintient les termes de son ordonnance et renonce à formuler des 
observations. 

 d.  Le recourant réplique et précise ne jamais avoir eu connaissance des déclarations 
de C______. 

EN DROIT : 

1. Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai 
prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours 
auprès de la Chambre de céans (art. 222 et 393 al. 1 let. c CPP) et émaner du prévenu 
qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. a CPP), a qualité pour agir, ayant un 
intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision 
querellée (art. 382 al. 1 CPP). 

2. Le recourant conteste les charges. 

2.1. Pour qu'une personne soit placée en détention provisoire ou pour des motifs de 
sûreté, il doit exister à son égard des charges suffisantes ou des indices sérieux de 
culpabilité, susceptibles de fonder de forts soupçons d'avoir commis une infraction 
(art. 221 al. 1 CPP). L'intensité de ces charges n'est pas la même aux divers stades de 
l'instruction pénale; si des soupçons, même encore peu précis, peuvent être suffisants 
dans les premiers temps de l'enquête, la perspective d'une condamnation doit 
apparaître avec une certaine vraisemblance après l'accomplissement des actes 
d'instruction envisageables. Au contraire du juge du fond, le juge de la détention n'a 
pas à procéder à une pesée complète des éléments à charge et à décharge ni à 
apprécier la crédibilité des personnes qui mettent en cause le prévenu. Il doit 
uniquement examiner s'il existe des indices sérieux de culpabilité justifiant une telle 
mesure (ATF 143 IV 330 consid. 2.1; 143 IV 316 consid. 3.1 et 3.2). 

2.2. En l'espèce, les soupçons pesant sur le prévenu reposent sur la trentaine de 
plainte et les déclarations de son co-prévenu. Le recourant lui-même ne conteste pas 
les faits mais leur qualification juridique. En l'état, il apparaît qu'il "essayait 
d'entreprendre"; il pensait racheter des sociétés pour les développer puis les 
revendre, sur une courte période. Cela étant, il ne dit rien de plus de cette idée, et en 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/143%20IV%20330
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/143%20IV%20316

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particulier rien de concret. Il a, pour ce faire, "levé des fonds" – à le suivre de l'ordre 
de CHF 200'000.- auprès d'une vingtaine de prêteurs, en moins de deux mois, voire 
plus si l'on retient le nombre de plaintes déposées – et les a utilisés – non à 
l'investissement envisagé – mais en s'acquittant de ses propres dettes, en séjournant 
dans des hôtels de luxe, en louant une H______/1______, en offrant des soirées, en 
prêtant à des amis dans le besoin voire en en faisant bénéficier un oncle, dont il ne 
veut rien dire, en Espagne ou en Algérie, ou son co-prévenu. Tous ces versements 
n'ont rien d'investissements sur lesquels il pouvait espérer un retour; il parle lui-
même de se "créer une image". Il pensait rembourser les mensualités avec d'autres 
fonds "levés"; cela présente tous les aspects d'une "cavalerie". Enfin, ses comptes 
bancaires ont été bloqués et, ne disposant plus de l'argent remis, il ne peut faire face 
ni au remboursement du capital ni même aux mensualités. Face à cette situation, les 
contrats qu'il a signés apparaissent, à ce stade, comme destinés à rassurer les dupes et 
les conduire à le laisser prélever les crédits bancaires. L'aspect civil de ces 
documents n'enlèvent rien à l'existence de lourds soupçons d'infractions au 
patrimoine.  

Conformément à la jurisprudence susmentionnée, il n'appartient pas au juge de la 
détention d'apprécier la crédibilité des personnes qui mettent en cause le prévenu, ni 
la réalité de ses intentions de rembourser. 

3. Le recourant conteste le risque de collusion. 

3.1. Conformément à l'art. 221 al. 1 let. b CPP, la détention provisoire ne peut être 
ordonnée que lorsque le prévenu est fortement soupçonné d'avoir commis un crime 
ou un délit et qu'il y a sérieusement lieu de craindre qu'il compromette la recherche 
de la vérité en exerçant une influence sur des personnes ou en altérant des moyens de 
preuve. Pour retenir l'existence d'un risque de collusion, l'autorité doit démontrer que 
les circonstances particulières du cas d'espèce font apparaître un danger concret et 
sérieux de manœuvres propres à entraver la manifestation de la vérité, en indiquant, 
au moins dans les grandes lignes et sous réserve des opérations à conserver secrètes, 
quels actes d'instruction doivent être encore effectués et en quoi la libération du 
prévenu en compromettrait l'accomplissement. Dans cet examen, entrent en ligne de 
compte les caractéristiques personnelles du détenu, son rôle dans l'infraction ainsi 
que ses relations avec les personnes qui l'accusent. Entrent aussi en considération la 
nature et l'importance des déclarations, respectivement des moyens de preuve 
susceptibles d'être menacés, la gravité des infractions en cause et le stade de la 
procédure. Plus l'instruction se trouve à un stade avancé et les faits sont établis avec 
précision, plus les exigences relatives à la preuve de l'existence d'un risque de 
collusion sont élevées (ATF 137 IV 122 consid. 4.2; 132 I 21 consid. 3.2). 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/137%20IV%20122
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/132%20I%2021

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3.2. En l'occurrence, jusqu'à l'audience de confrontation, à tout le moins, il existe 
ainsi un risque que le prévenu ne tente de faire pression sur les plaignants pour qu'ils 
renoncent à leurs accusations ou les modifient, et les autres prévenus.  

On ajoutera que l'enquête porte également sur d'autres victimes et devra rechercher 
concrètement l'usage des fonds, de sorte qu'il existe un risque, si le prévenu était 
libéré, qu'il ne compromette la découverte de la vérité en faisant disparaître des 
preuves. 

Dans ce contexte, une interdiction de contact ne serait pas suffisante pour pallier le 
risque de collusion, au vu de son importance, ce d'autant plus qu'elle ne reposerait 
que sur l'engagement, non vérifiable, de l'intéressé. 

4. Le risque de collusion étant réalisé, l'autorité de recours peut se dispenser d'examiner 
si le risque de fuite l'est également (arrêt du Tribunal fédéral 1B_322/2019 du 
17 juillet 2019 consid. 3.3 et la jurisprudence citée). 

5. Le recours s'avère ainsi infondé et sera rejeté. 

6. Le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui comprendront un 
émolument de CHF 1'000.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif 
des frais en matière pénale, RTFMP ; E 4 10.03). 

* * * * * 

  

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/1B_322/2019

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PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

Rejette le recours. 

Condamne A______ aux frais de la procédure de recours, qui comprennent un émolument 
de CHF 1'000.-. 

Notifie le présent arrêt, en copie, au recourant (soit, pour lui, son défenseur), au Ministère 
public et au Tribunal des mesures de contrainte. 

Siégeant : 

Monsieur Christian COQUOZ, président; Mesdames Corinne CHAPPUIS BUGNON et 
Alix FRANCOTTE CONUS, juges; Madame Arbenita VESELI, greffière. 

 

La greffière : 

Arbenita VESELI 

 Le président : 

Christian COQUOZ 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110); la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les trente jours qui 

suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 
  

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P/2696/2024 ÉTAT DE FRAIS  

 
 

 
COUR DE JUSTICE 

 

 
 
 
Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais en matière pénale 
(E 4 10.03). 
 

Débours (art. 2) 

- frais postaux CHF 30.00 

Émoluments généraux (art. 4)  

- délivrance de copies (let. a) CHF      

- délivrance de copies (let. b) CHF      

- état de frais (let. h) CHF 75.00 

Émoluments de la Chambre pénale de recours (art. 13)  

- décision sur recours (let. c) CHF 1'000.00 

Total  CHF 1'105.00