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**Case Identifier:** 8404b450-a69b-58bd-ac0f-e62e1ff14500
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-05-28
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance 28.05.2018 C/1678/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_006_C-1678-2018_2018-05-28.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/1678/2018-CS DAS/128/2018 

DECISION 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre de surveillance 

DU LUNDI 28 MAI 2018 

 

Recours (C/1678/2018-CS) formé en date du 24 janvier 2018 par A______, domiciliée 

______, comparant en personne. 

* * * * * 

Décision communiquée par plis recommandés du greffier 

du  20 juin 2018  à : 

 

- Madame A______ 

______. 

- REGISTRE FONCIER 

Case postale 69, 1211 Genève 8. 

- DEPARTEMENT FEDERAL DE JUSTICE ET POLICE 

Office fédéral de la justice, 3003 Berne. 

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C/1678/2018-CS 

EN FAIT 

A. Par acte du 24 janvier 2018, A______ recourt contre une décision sur réclamation 

n° 01/2017 du 8 décembre 2017, par laquelle le Registre foncier a écarté sa 

réclamation contre une décision du 20 octobre 2017 d'épuration des servitudes 

dans le cadre de la procédure d'introduction du Registre foncier fédéral pour la 

commune de B______. 

Elle conclut à ce que soient « déclarées nulles les réquisitions au Registre foncier 

du 19 septembre 2011 en ce qui concerne les servitudes RS 1______ et RS 

2______ » et à ce que soit « modifiée la servitude RS 1______ en conformité avec 

l'ancien droit spécial genevois auquel elle correspondait », le tout sous suite de 

frais et dépens à la charge de l'Etat.  

Subsidiairement, elle conclut à ce que soit « déclarée nulle la condition résolutoire 

de la servitude RS 2______ » et à ce qu'il soit « constaté que les servitudes 

RS 1______ et 2______ sont constituées pour une durée indéterminée ».  

Plus subsidiairement encore, elle sollicite la constatation que la servitude 

RS 2______ n'existe plus et souhaite que soient « définies les modalités 

d'exécution de la servitude RS 3______ ».  

Elle conclut préalablement à l'ordonnance de la « production du dossier complet 

des parcelles n° 4______ et 5______ de la commune de B______ au Registre 

foncier », à l'ordonnance d'un transport sur place, à l'appel en cause de C______ et 

D______ en qualité de propriétaires de la parcelle n° 4______ de la commune de 

B______, à l'ordonnance de la production de l'acte de vente de 2011 de la parcelle 

n° 4______ et à ce que soit ordonné l'interrogatoire de E______, C______ et 

D______. 

B. Par observations du 22 février 2018, le Registre foncier a conclu à la confirmation 

de sa décision, au déboutement de la recourante de toutes autres ou contraires 

conclusions et à sa condamnation en tous frais et dépens. Il expose que la 

procédure d'introduction du Registre foncier fédéral avait été suivie 

scrupuleusement et que la requête de la recourante en radiation de servitude, 

respectivement en modification de l'assiette d'une servitude, étaient des requêtes 

en rectification d'une inscription opérée au Registre foncier qui sont de la 

compétence du Tribunal de première instance. Pour le surplus, le Registre foncier 

ne pouvait pas radier d'office une servitude dans le cadre de l'introduction du 

Registre foncier fédéral, les conditions pour ce faire n'étant pas réalisées. 

  

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C/1678/2018-CS 

C. Ressortent pour le surplus de la procédure les faits pertinents suivants : 

a. A______ est propriétaire depuis le 6 février 2015, par héritage, de la parcelle n° 

5______ de la commune de B______ comprenant un bâtiment mitoyen de celui 

situé sur la parcelle n° 4______ de ladite commune propriété de C______ et 

D______ depuis le 19 septembre 2011. Cette dernière parcelle avait alors été 

acquise au père de A______.  

La parcelle n° 4______ supporte en charge, au profit de la parcelle n° 5______, 

deux servitudes d'usage, l'une créée le 29 mars 1978 (n° 1______) visant une 

servitude d'usage au rez-de-chaussée et l'autre créée le 19 septembre 2011 visant 

un usage temporaire au rez-de-chaussée (n° 2______). La première de ces 

servitudes a pour objet un hall et une salle de bain - wc, la seconde une chambre. 

b. En date du 20 octobre 2017, le Registre foncier informait A______ du fait que 

dans le cadre de la procédure d'introduction au Registre foncier fédéral pour la 

commune de B______, il avait été procédé à l'épuration de certaines servitudes et 

charges foncières, une enquête publique de trente jours étant ouverte de manière à 

ce que des réclamations éventuelles des propriétaires concernés puissent être 

faites.  

c. Le 20 novembre 2017, A______ a fait part au Registre foncier de diverses 

remarques relatives aux servitudes susmentionnées, concluant à ce que l'assiette 

de la servitude n° 1______ « soit corrigée comme à l'origine de la suppression des 

anciens droits spéciaux en 1978, c'est-à-dire en tenant compte du logement 

dépendant let. b ». Elle demandait également la suppression d'un droit de 

préemption annoté le 19 septembre 2011 en faveur des propriétaires de la parcelle 

n° 4______ portant sur la parcelle n° 5______. 

A bien la comprendre, elle alléguait que l'assiette de la servitude n° 1______ 

constituée en 1978 était erronée et comprenait, de fait, d'ores et déjà l'assiette de la 

servitude n° 2______nouvellement créée en 2011. Cette servitude « temporaire » 

créée en 2011 devait être dès lors considérée comme nulle.  

d. Le 8 décembre 2017, le Registre foncier a rendu la décision querellée. Il a 

constaté que l'assiette de la servitude d'usage de 1978 avait été valablement 

modifiée en 2011 et s'exerçait conformément à cette modification depuis lors, la 

nouvelle servitude constituée en 2011 ayant une assiette distincte de la servitude 

de 1978. La modification de l'assiette d'une servitude d'usage ne pouvait avoir lieu 

qu'avec le consentement des fonds servants et dominants, ce qui n'était pas le cas. 

Il en était de même d'une éventuelle radiation d'un droit de préemption 

valablement constitué. 

  

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C/1678/2018-CS 

EN DROIT 

1. 1.1 Selon l'art. 126 al. 1 lit. c et 152 LaCC, la Chambre de surveillance de la Cour 

de justice fonctionne comme autorité de surveillance et autorité de recours du 

Registre foncier. Elle statue sur les recours visés à l'art. 956 aCC. 

 Aux termes de l'art. 164 al. 2 LaCC, la décision sur réclamation prise par le 

Conservateur du Registre foncier est susceptible d'un recours auprès de la 

Chambre de surveillance de la Cour de justice dans un délai de 30 jours. 

La loi genevoise sur la procédure administrative (LPA; E 5 10) s'applique à la 

prise de décision par les autorités administratives et les juridictions 

administratives (art. 1 LPA). Sont réputées juridictions administratives les 

autorités que le droit fédéral ou cantonal charge du contentieux administratif en 

les désignant comme autorités de recours (art. 6 al. 1 let. f LPA). Tel est le cas de 

la Cour de justice lorsqu'elle fonctionne, sur recours, comme autorité de 

surveillance du Registre foncier (art. 152 i.f. LaCC; DAS 140/2014 du 6 août 

2014 consid. 1.1; DAS 214/2013 du 9 décembre 2013 consid. 1; DAS 171/2013 

du 7 octobre 2013 consid. 1, notamment).  

1.2 Dans le cas d'espèce, le recours a été interjeté auprès de l'autorité compétente 

dans le délai utile (art. 956 a al. 1 et 956 b al. 1 CC; 126 al. 1 let. c LOJ;  

152 LaCC) et selon la forme prescrite par la loi (art. 164 al. 2 LaCC; 64  

et 65 LPA).  

 Au vu de ce qui précède, le recours est recevable.  

1.3 La Chambre de surveillance revoit les faits et le droit (art. 61 al. 1 LPA). La 

procédure, en principe écrite, est soumise à la maxime inquisitoire (art. 19 LPA 

applicable par renvoi de l'art. 76 LPA) et à la maxime de disposition (art. 69  

al. 1 LPA).  

2. La recourante conclut préalablement à l'ordonnance de diverses mesures 

d'instruction. Ces conclusions préalables seront rejetées dans la mesure où la 

question posée est essentiellement juridique et peut être tranchée sur la base du 

dossier soumis à la Chambre de céans. 

3.  La recourante ne forme pas spécifiquement de griefs à l'égard de la décision 

rendue par le Registre foncier mais se contente d'indiquer que c'est à tort que ses 

demandes relatives à l'assiette de la servitude n° 1______ constituée en 1978 et à 

la constatation de la nullité de la servitude n° 2______ de 2011 n'ont pas été prises 

en compte.  

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C/1678/2018-CS 

3.1 Les art. 43 et ss du titre final du Code civil prévoient les dispositions 

applicables dans le cadre de l'introduction du Registre foncier fédéral. Elles sont 

complétées par les modalités prévues par les art. 160 et ss LaCC.  

Selon l'art. 160 al. 1 LaCC, l'opération d'introduction du feuillet fédéral est 

précédée d'une épuration des droits inscrits dans le Registre foncier cantonal. 

Selon l'al. 2 de cette disposition, chaque droit est examiné et réinscrit d'office :  

a. s'il est compatible avec le droit civil; b. s'il n'est pas impossible à exercer par la 

suite d'une modification de l'état des lieux; c. s'il n'est pas éteint par la suite de 

l'échéance du terme convenu ou du décès du titulaire d'un droit viager; d. s'il n'a 

pas perdu tout intérêt par la suite de division du bien-fonds en application de 

l'art. 743 CC; e. s'il ne fait pas double emploi avec un autre droit inscrit.  

L'art. 161 LaCC prévoit l'enquête publique, permettant notamment aux 

propriétaires de présenter leurs éventuelles réclamations.  

3.2 Cette procédure a été suivie dans le cas d'espèce. Comme il ressort des 

dispositions précitées, la procédure d'épuration ne vise qu'à ne pas inscrire, le cas 

échéant, dans le nouveau registre, des droits incompatibles avec le nouveau droit, 

impossibles ou éteints. Elle ne permet en aucun cas la modification éventuelle de 

droits inscrits ou la suppression de tels droits ou la constatation de leur nullité.  

En effet, la radiation ou la modification d'une inscription sont de la compétence du 

juge civil, de même que l'action en radiation d'une servitude (art. 736 et 975 CC). 

D'autre part, il a déjà été jugé que l'application de l'art. 976 a al. 1 CC, qui stipule 

que lorsqu'une inscription est très vraisemblablement dépourvue de valeur 

juridique, en particulier parce que les pièces justificatives ou les circonstances 

indiquent qu'elle ne concerne pas l'immeuble en question, toute personne grevée 

peut en requérir la radiation, ne doit être appliquée qu'avec la plus grande réserve 

et doit ressortir indubitablement des circonstances ou de pièces justificatives 

(SCHMIDT, Basler Kommentar Code civil II, 4
ème

 éd. 2011 n° 5 ad art. 976 a CC; 

ARNET ZGB Kurzkommentar, 2012, n° 3 ad art. 976 a CC), le conservateur du 

Registre foncier ne devant procéder à aucun examen matériel de l'inscription ou 

de la radiation (cf. Message du Conseil fédéral FF 2007 5070; DAS 140/2014 

consid. 2.3). 

Dans cette mesure et dans la mesure où, lors de l'épuration dans le cadre de 

l'introduction du feuillet fédéral, aucune des conditions de l'art. 160 al. 2 LaCC 

n'était réalisée, le Registre foncier ne pouvait pas répondre favorablement aux 

requêtes de la recourante. En outre, les demandes de la recourante sont de la 

compétence du juge civil ordinaire. 

Par conséquent, la décision entreprise doit être confirmée et le recours rejeté sous 

suite de frais.  

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C/1678/2018-CS 

3.3 Un émolument de décision de 600 fr. est mis à la charge de la recourante  

(art. 87 LPA; art. 1 et 2 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en 

procédure administrative (E5 10 03)). 

Aucune indemnité n'est allouée au Registre foncier qui plaide en personne et 

n'expose pas avoir encouru des frais particuliers (art. 87 al. 2 LPA). 

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C/1678/2018-CS 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre de surveillance : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours déposé le 24 janvier 2018 par A______ contre la décision 

du 8 décembre 2017 rendue par le Registre foncier dans la cause C/1678/2018. 

Au fond : 

Le rejette. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Condamne la recourante à payer à l'Etat, soit pour lui le Service financier du Pouvoir 

judiciaire, un émolument de décision de 600 fr. 

Dit qu'il n'est pas alloué d'indemnité. 

Siégeant : 

Monsieur Cédric-Laurent MICHEL, président; Madame Paola CAMPOMAGNANI et 

Madame Jocelyne DEVILLE-CHAVANNE, juges; Madame Maïté VALENTE, 

greffière. 

 

   

 

 

 

Indication des voies de recours: 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par devant le Tribunal fédéral 

par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.