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**Case Identifier:** 8fff1527-c729-57c7-836f-41fbabb241ad
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-12-12
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 12.12.2014 C/9316/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-9316-2014_2014-12-12.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 16.12.2014. 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/9316/2014 ACJC/1511/2014 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 12 DECEMBRE 2014 

 

Entre 

A______, Agence de Genève, sise ______, recourante contre un jugement rendu par la 
14ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 16 septembre 2014, 

comparant en personne, 

et 

B______, sise ______, intimée, comparant en personne. 

 

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C/9316/2014 

EN FAIT 

A. Par jugement du 16 septembre 2014, expédié pour notification aux parties le 
26 septembre 2014, le Tribunal de première instance (ci-après : le Tribunal) a 

débouté A______ de ses conclusions en mainlevée définitive, arrêté les frais 

judiciaires à 200 fr., compensés avec l'avance effectuée, et mis à la charge de la 

précitée. 

En substance, le Tribunal a retenu que les décisions exécutoires des assureurs 

étaient assimilées aux jugements exécutoires au sens de l'art. 80 LP, que celles-ci 

devaient toutefois faire l'objet d'une sommation avant que la poursuite ne soit 

entreprise, qu'en l'occurrence la poursuivante n'avait pas établi avoir sommé le 

débiteur de s'exécuter. 

B. Par acte du 9 octobre 2014, A______ a formé recours contre le jugement précité, 
concluant à son annulation, cela fait au prononcé de la mainlevée définitive de 

l'opposition formée au commandement de payer poursuite n° ______, avec suite 

de frais et dépens. 

Elle a produit de nouvelles pièces. 

B______ n'a pas répondu. 

Par avis du 11 novembre 2014, les parties ont été informées de ce que la cause 

était gardée à juger. 

C. Il résulte de la procédure de première instance les éléments pertinents suivants : 

a. Le 9 novembre 2012, A______ a établi à l'adresse de B______ une facture de 
primes provisoires pour accidents professionnels d'un montant total de 7'191 fr. 60 

soit 1'800 fr. pour le premier trimestre 2013 et 1'757 fr. pour chacun des trois 

trimestres suivants. 

La facture est imprimée sur un document qui reproduit, au verso, des dispositions 

de la LAA, notamment l'art. 105 LAA relatif aux voies de droit, selon lequel les 

factures de primes peuvent être attaquées dans les 30 jours par voie d'opposition. 

A une date indéterminée, un timbre "pas d'opposition" a été apposé sur une copie 

de cette facture. 

b. Le 30 octobre 2013, A______ a fait notifier à B______ un commandement de 
payer poursuite n° ______ portant sur les montants de 1'797 fr. et 1'797 fr. Les 

titres et causes des obligations étaient libellés ainsi : pour le premier poste "primes 

provisoires 2013 payable 01.07.2013", pour le deuxième poste "primes 

provisoires 2013, payable 01.10.2013". 

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C/9316/2014 

La poursuivie a formé opposition. 

c. Le 9 mai 2014, A______ a saisi le Tribunal d'une requête de mainlevée 
définitive de l'opposition formée au commandement de payer précitée, à 

concurrence de 2'025 fr. 55, avec suite de frais et dépens. 

Outre le commandement de payer et les factures susmentionnées, elle a produit un 

extrait de son fichier informatique, selon lequel B______ est au bénéfice d'une 

assurance valable au 1
er

 avril 2009, sur la base de l'art. 66 al. 1 let. e LAA. 

d. Aucune des parties n'a comparu ni ne s'est fait représenter à l'audience du 
Tribunal du 15 septembre 2014, à l'issue de laquelle la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1. S'agissant d'une procédure de mainlevée, seule la voie du recours est ouverte 
(art. 319 let. b et 309 let. b ch. 3 CPC). La procédure sommaire s'applique 

(art. 251 let. a CPC). 

Aux termes de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC, le recours, écrit et motivé, doit être 

introduit auprès de l'instance de recours dans les dix jours à compter de la 

notification de la décision motivée, pour les décisions prises en procédure 

sommaire. 

En l'espèce le recours a été interjeté dans le délai et selon les formes prévus par la 

loi. 

Il est ainsi recevable. 

2. Selon l'art. 326 al. 1 CPC, les conclusions, allégations de faits et preuves 
nouvelles sont irrecevables. 

 Les pièces nouvellement déposées par la requérante ne sont donc pas recevables. 

3. Dans le cadre d'un recours, le pouvoir d'examen de la Cour est limité à la violation 
du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC). 

L'autorité de recours a un plein pouvoir d'examen en droit, mais un pouvoir limité 

à l'arbitraire en fait, n'examinant par ailleurs que les griefs formulés et motivés par 

la partie recourante (HOHL, Procédure civile, Tome II, 2ème édition, Berne, 2010, 

n° 2307). 

Les maximes des débats et de disposition s'appliquent (art. 55 al. 1, 255 lit. a 

a contrario et 58 al. 1 CPC). 

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C/9316/2014 

4. La recourante reproche au Tribunal de ne pas avoir accueilli sa requête de 
mainlevée définitive au motif qu'elle n'aurait pas procédé à des sommations, 

condition, selon elle, qui ne s'applique pas à l'assureur-accidents obligatoire. 

4.1 L'art. 80 al. 1 LP prévoit que le créancier qui est au bénéfice d'un jugement 
exécutoire peut requérir du juge la mainlevée définitive de l'opposition. 

 Sont assimilées à des jugements les décisions définitives des autorités 

administratives suisses (art. 80 al. 2 ch. 2 LP). 

 Selon l'art. 54 al. 2 de la loi sur la partie générale du droit des assurances sociales 

(LPGA), les décisions et les décisions sur opposition exécutoires qui portent 

condamnation à payer une somme d'argent ou à fournir des sûretés sont assimilées 

aux jugements exécutoires au sens de l'art. 80 de la loi fédérale du 11 avril 1889 

sur la poursuite pour dettes et la faillite. 

 L'art. 99 LAA dispose que les décomptes de primes fondés sur des décisions 

entrées en force sont exécutoires, conformément à l'art. 54 LPGA. 

 Selon l'art. 93 LAA, l'employeur doit établir régulièrement un relevé de salaires 

donnant, pour chaque travailleur, des renseignements exacts sur le mode 

d'occupation, le salaire, le nombre et les dates des jours de travail. Il donne à 

l'assureur, sur demande, des renseignements complémentaires concernant tout ce 

qui intéresse l'assurance et lui permet de consulter les relevés de salaires ainsi que 

les pièces justificatives (al. 1). L'assureur évalue d'avance le montant des primes 

pour un exercice annuel entier et le porte à la connaissance de l'employeur. En cas 

de modification importante, les primes peuvent être adaptées en cours d'année 

(al. 2). Les primes pour chaque exercice annuel sont payables d'avance. 

Moyennant une majoration convenable, l'employeur ou l'assuré à titre facultatif 

peut échelonner le paiement des primes par semestres ou par trimestres (al. 3). 

A la fin de l'exercice annuel, le montant des primes est définitivement calculé par 

l'assureur d'après le total effectif des salaires. Si le relevé de salaires ne donne pas 

de renseignements sûrs, l'assureur a recours à d'autres moyens de renseignements 

et l'employeur perd le droit de contester le montant fixé. L'insuffisance ou l'excès 

du montant payé donne lieu à perception complémentaire, à restitution ou à 

compensation. Les paiements complémentaires doivent être acquittés dans le mois 

qui suit la notification du décompte (al. 4). Le Conseil fédéral édicte des 

prescriptions sur les majorations en cas de paiements échelonnés ou lorsque le 

délai de paiement n'a pas été respecté, sur les relevés de salaires, leur revision et 

leur conservation, ainsi que sur le décompte des primes. Il veille à la coordination 

des dispositions concernant la définition du gain assuré dans l'assurance-accidents 

et dans les autres branches des assurances sociales (al. 5). 

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C/9316/2014 

 Selon l'art. 66 al. 1 let. e LAA, sont assurés à titre obligatoire auprès de la CNA, 

les travailleurs des entreprises qui travaillent avec des machines le métal, le bois, 

le liège, les matières synthétiques, la pierre ou le verre, ainsi que les fonderies. 

4.2 En l'occurrence, le premier juge, pour rejeter la requête de mainlevée, s'est 
référé à un arrêt du Tribunal fédéral des assurances du 26 juin 2006 (K 63/05), qui 

se rapporte à l'assurance-maladie, comme le souligne la recourante, et non à 

l'assurance-accidents. Cette décision retenait notamment que préalablement à 

toute mesure d'exécution forcée, les assureurs étaient tenus de réclamer le 

paiement de leurs prétentions par voie de sommation et d'agir ensuite, en cas 

d'inexécution, par la voie de la poursuite pour dettes selon la LP; elle citait aussi 

l'art. 90 al. 3 OAMal, dont la recourante souligne à raison qu'il a été abrogé. 

 Le premier juge a en outre visé l'art. 15 LPGA, comme base légale imposant une 

sommation avant toute poursuite. Or, cette disposition, dans sa version actuelle, 

n'a pas trait à une telle sommation. 

 Le jugement entrepris apparaît ainsi erroné dans sa motivation. 

In casu, la recourante a produit, en annexe à sa requête de mainlevée définitive, un 

extrait du fichier de ses membres, qui permet de déterminer que les travailleurs 

employés par l'intimée sont obligatoirement assurés, en vertu de la loi, auprès 

d'elle, et ce depuis 2009. 

 La facture produite représente une décision de primes provisoires pour 2013, 

calquées sur les primes 2011 augmentées de 3%, qui n'a pas fait l'objet 

d'opposition, selon les indications non contestées de la recourante. 

 Dès lors, la recourante dispose de décisions définitives assimilables à des 

jugements valant titres de mainlevée. 

 Le recours est ainsi fondé. Le jugement attaqué sera annulé, et il sera statué à 

nouveau (art. 327 al. 3 let. b CPC).  

La mainlevée définitive de l'opposition sera prononcée, à concurrence de  

2'025 fr. 55. 

5. L'intimée, qui succombe, supportera les frais du recours (art. 106 al. 1 CPC), 
arrêtés à 300 fr. (art. 48, 61 OELP), ainsi que les frais de première instance, fixés 

à 200 fr. (art. 48 OELP), couverts par les avances déjà effectuées, acquises à l'Etat 

de Genève (art. 111 al. 1 CPC). 

 Il ne sera pas alloué de dépens, la recourante comparaissant en personne et les 

conditions de l'art. 95 al. 2 let. c CPC n'étant pas réalisées. 

* * * * * 

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C/9316/2014 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours formé le 9 octobre 2014 par A______ contre le jugement 

JTPI/11447/2014 rendu le 16 septembre 2014 par le Tribunal de première instance dans 

la cause C/9316/2014-14 SML. 

Au fond : 

Annule ce jugement. 

Cela fait, statuant à nouveau : 

Prononce la mainlevée définitive de l'opposition formée par B______ au 

commandement de payer poursuite n° ______ à concurrence de 2'025 fr. 55. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais de première instance et de recours à 500 fr., couverts par les avances 

déjà opérées, acquises à l'Etat de Genève. 

Les met à la charge de B______. 

Condamne B______ à verser 500 fr. à A______. 

Dit qu'il n'est pas alloué de dépens. 

Siégeant : 

Madame Sylvie DROIN, présidente; Madame Nathalie LANDRY-BARTHE et 

Monsieur Ivo BUETTI, juges; Madame Céline FERREIRA, greffière. 

 

La présidente : 

Sylvie DROIN 

 La greffière : 

Céline FERREIRA 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 113 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF : RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral 

par la voie du recours constitutionnel subsidiaire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.