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**Case Identifier:** c75d9ace-98ba-51e9-80f8-b28ec37cb781
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-05-29
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 29.05.2018 A/979/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-979-2018_2018-05-29.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/979/2018-FORMA ATA/531/2018  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 29 mai 2018 

2ème section 

dans la cause 

 

Madame et Monsieur A______ 
 

contre 

DÉPARTEMENT DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE, DE LA CULTURE ET DU 
SPORT 
 

 

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A/979/2018 

EN FAIT 

1)  Les époux A______, domiciliés à Grilly (France), bénéficient les deux 
d’un contrat de travail à durée indéterminée dans le canton de Genève. Ils 
sont les parents de B______, né le ______ 2005, qui est scolarisé en France. 

2)  Par décision du 20 février 2018, la Direction générale de 
l’enseignement obligatoire (ci-après : DGEO) du département de l’instruction 
publique, de la culture et du sport (ci-après : DIP) a refusé l’inscription de 
B______ au cycle d’orientation pour la rentrée scolaire 2018/2019, au motif 
d’un manque de places disponibles. L’augmentation importante tant des 
demandes de dérogation pour les élèves domiciliés hors canton que du 
nombre d’élèves domiciliés dans le canton, le manque d’infrastructures 
scolaires et le coût engendré par les dérogations avaient conduit le Conseil 
d’État à modifier l’art. 25 du règlement du cycle d’orientation, avec effet au 
14 février 2018. Selon le nouveau cadre légal, l’inscription de B______ était 
refusée. 

3)  Par courrier expédié le 20 mars 2018 à la chambre administrative de la 
Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) les époux A______ ont 
contesté la décision précitée. Ils souhaitaient inscrire leur fils au cycle 
d’orientation de Versoix, afin qu’il puisse continuer ses entraînements 
sportifs trois fois par semaine à Versoix. L’inscription de certains enfants 
frontaliers avait été admise. Aucun critère spécifique pour le cycle 
d’orientation de Versoix n’avait été évoqué. 

4)  La DGEO a conclu au rejet du recours. 

  Le droit à l’enseignement obligatoire gratuit était limité aux seuls 
enfants domiciliés sur territoire genevois. Jusqu’au 13 février 2018, le canton 
de Genève admettait l’inscription d’enfants genevois domiciliés hors canton 
ainsi que les enfants habitant en France, dont l’un des parents était assujetti à 
Genève à l’impôt sur le revenu issu d’une activité permanente dans le canton. 
Considérant que cette disposition n’était pas cohérente avec l’art. 23A du 
règlement de l’enseignement primaire (REP – C 1 10.21), le Conseil d’État 
avait modifié l’art. 25 du règlement sur le cycle d’orientation (RCO – C 1 
10.26), modification qui serait applicable dès la rentrée scolaire 2019/2020. 
Les élèves domiciliés en France ne pouvaient être admis au cycle 
d’orientation que s’ils étaient déjà scolarisés dans l’enseignement public 
genevois ou que l’un de leurs frères et sœurs ou demi-frères ou demi-soeurs 
l’était, la condition de l’assujettissement fiscal demeurant applicable. Pour 
l’année scolaire 2018/2019, le nouvel art. 25B RCO prévoyait pour 

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l’admission au cycle d’orientation d’enfants domiciliés en France la condition 
supplémentaire de la disponibilité des places. 

  Indépendamment des aspects organisationnels et infrastructurels, le 
nombre de places disponibles dans l’enseignement obligatoire était 
principalement fixé par les ressources attribuées par le Grand Conseil dans le 
cadre du processus budgétaire. Il ne s’agissait pas seulement du nombre 
concret de places dans chaque école ou classe mais, principalement, d’un 
critère budgétaire permettant de prévoir l’encadrement nécessaire pour 
fournir une scolarité de qualité à l’ensemble des élèves, dans une approche 
cantonale différenciée entre les classes et les élèves dans une optique de 
compensation des facteurs sociaux.   

  Jusqu’à la rentrée 2017, l’enveloppe budgétaire était attribuée sur la 
base d’une estimation du nombre d’élèves prévus, effectuée dix-huit mois 
avant la rentrée considérée par le service de recherche en éducation (ci-après : 
SRED). Une nouvelle estimation intervenait six mois avant la rentrée 
considérée. Lorsqu’il apparaissait que l’enveloppe budgétaire serait 
insuffisante, le Conseil d’État, à la demande du DIP, sollicitait des ressources 
supplémentaires auprès du Grand Conseil, qui les attribuait, pour créer les 
places nécessaires. Grâce à cette possibilité, le critère des places disponibles 
n’avait jamais dû être utilisé, nonobstant l’augmentation constante depuis de 
nombreuses années du nombre d’élèves dans l’école obligatoire. Selon les 
chiffres publiés par le SRED en mai 2017, entre 2000 et 2015 cette 
augmentation avait été de 1’868 élèves, représentant une hausse de 4,14 % 
toutes catégories confondues, et de 891 élèves, correspondant à une hausse de 
177, 49 %, pour les demandes de scolarisation d’élèves domiciliés hors 
canton. 

  Pour la rentrée 2018, l’écart entre la première estimation publiée par le 
SRED en janvier 2017 et la seconde parue en janvier 2018, était de 194 élèves 
en plus, toutes catégories confondues. Cela était notamment dû à un 
accroissement de l’ordre de 30 % des demandes de scolarisation d’élèves 
domiciliés hors canton, qui étaient passées de 342 pour 2017 à 435 pour 2018. 
La dotation budgétaire était donc dépassée. Toutefois, contrairement aux 
années précédentes, le DIP n’avait pas demandé au Conseil d’État de 
solliciter des ressources supplémentaires auprès du Grand Conseil. Cette 
option n’était en effet plus à l’ordre du jour en raison de la volonté du 
gouvernement de trouver des pistes d’économie, affichée le 22 novembre 
2017 dans son rapport au Grand Conseil relatif au plan financier quadriennal 
2018-2021 (ci-après : PFQ 2018-2021), parmi lesquelles l’application stricte 
des  « règlements actuels indiquant que les élèves hors canton sont acceptés 
dans les limites des places disponibles » dans l’enseignement obligatoire, dès 
lors que le canton allait devoir faire face à une importante augmentation du 

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nombre d’élèves au cours des prochaines années. Dans ces circonstances, le 
DIP s’était vu contraint de refuser des dossiers d’admission des élèves hors 
canton, faute de places disponibles, ne pouvant obtenir leur création par le 
biais du processus budgétaire. 

  Conformément à sa pratique, la DGEO avait publié au mois de 
novembre 2017 sur son site internet les documents nécessaires aux formalités 
d’admission des élèves domiciliés hors canton, avec délai de retour au 31 
janvier 2018. 280 dossiers avaient été traités avant la publication de la 
seconde estimation du SRED et la prise de connaissance par la DGEO de la 
position du Conseil d’État de limitation des élèves hors canton. En revanche, 
133 demandes encore pendantes avaient été mises en attente dès que la 
position du Conseil d’État de n’admettre, pour la rentrée 2018, les élèves hors 
canton que dans la seule limite des places prévues au budget, avait été 
manifestée publiquement fin janvier 2018. Ces dossiers, avaient reçu une 
réponse négative, afin de garantir aux élèves inscrits dans l’école publique 
obligatoire un enseignement de qualité, à défaut de quoi l’accueil, 
l’encadrement et les conditions de scolarité de ceux-ci seraient péjorées.  Les 
133 places supplémentaires auraient eu un coût de plus de dix postes 
d’enseignants, soit CHF 1'500'000.-. L’intérêt public à assurer une école de 
qualité dans le cadre du budget imparti l’emportait sur le souhait, 
compréhensible, des recourants mais relevant de la convenance personnelle. 
La scolarité de leur fils n’était pas péjorée dans leur pays de domicile. 

5)  Dans leur réplique, les recourants ont souligné leur implication dans la 
mission d’enseignement du canton. Le recourant enseignait l’astrophysique à 
l’Université de Genève, encadrait des collégiens pour leur travail de maturité 
et agissait comme expert aux examens oraux de maturité. Le souhait 
d’inscrire leur fils à Genève était lié à la qualité de l’enseignement qui y était 
dispensé. Enfin, travaillant tous deux à Versoix et y ayant des activités 
sportives, la vie de la famille était située à Versoix, bien qu’elle habitât à trois 
kilomètres de cette ville. 

6)  Par courrier du 25 avril 2018, les parties ont été informées que la cause 
était gardée à juger. 

EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 
- LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

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2)  À titre préalable, il convient de définir le droit applicable au présent 
litige.  

 a. L’art. 25 du règlement du cycle d'orientation du 9 juin 2010  
(RCO - C 1 10.26) relatif à l’admission au cycle d’orientation genevois des 
élèves domiciliés hors canton a en effet été modifié le 7 février 2018, avec 
entrée en vigueur le 14 février 2018. 

  Conformément aux principes généraux du droit intertemporel, lorsqu'un 
changement de droit intervient au cours d'une procédure administrative 
contentieuse ou non contentieuse, la question de savoir si le cas doit être 
tranché sous l'angle du nouveau ou de l'ancien droit se pose. En l'absence de 
dispositions transitoires, s'il s'agit de tirer les conséquences juridiques d'un 
événement passé constituant le fondement de la naissance d'un droit ou d'une 
obligation, le droit applicable est celui en vigueur au moment dudit 
événement. Dès lors, en cas de changement de règles de droit, la législation 
applicable reste en principe celle qui était en vigueur lors de la réalisation de 
l'état de fait qui doit être apprécié juridiquement ou qui a des conséquences 
juridiques (Thierry TANQUEREL, Manuel de droit administratif, 2011, n. 
403 ss). 

 b. En l’espèce, le RCO a réglé à l’art. 25B concernant l’année scolaire  
2018-2019 comme suit : 

 «1 Sont admis au cycle d'orientation les élèves domiciliés dans le 
canton. 

 2 Peuvent être admis au cycle d'orientation dans la limite des 
places disponibles et pour autant qu'ils aient déposé leur demande 
d'admission dans le délai fixé par le département :  

 a)  les élèves genevois domiciliés hors canton ;  

 b)  les élèves habitant en France voisine dont l'un des parents au 
moins est assujetti à Genève à l'impôt sur le revenu de l'activité 
rémunérée qu'il exerce de manière permanente dans le canton.  

 3 La demande d’admission au sens de l’alinéa 2 doit être 
déposée auprès de la direction générale dans le délai fixé chaque 
année par le département et publié sur le site Internet de ce dernier. 

 4 L'admission des élèves domiciliés dans le canton mais qui ne 
sont pas issus d'une école publique genevoise doit être demandée 
auprès de la direction générale, qui statue. 

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 5 Les inscriptions des élèves sont effectuées par les directions 
des établissements ». 

  L’art. 25A RCO, qui concerne l'année scolaire 2017-2018, reprend la 
teneur de l’art. 25 RCO en vigueur jusqu’au 14 février 2018. 

  Une disposition transitoire prévoit en outre que « les enfants domiciliés 
hors canton et scolarisés dans l'enseignement obligatoire public genevois 
pendant l'année scolaire 2018-2019 peuvent poursuivre leur scolarisation au 
sein de  
celui-ci, pour autant qu'ils remplissent, sans interruption, les conditions 
prévues à l'article 25B. » (art. 79 al. 4 RCO). 

  En l’espèce, la demande d’admission pour l’année scolaire a été 
adressée à l’autorité compétente le 23 janvier 2018. Elle tombait alors sous le 
coup de l’art. 25 aRCO. Compte tenu de la teneur identique de ce dernier 
article à celle de de l’art. 25B RCO et du texte de la disposition transitoire, le 
cas peut être tranché dans le cadre du droit actuel. 

3)  Il n’est pas contesté que la demande d’admission en cause a été 
présentée dans le délai fixé par le DIP, publié sur son site internet, échéant le 
31 janvier 2018.  

  Il ressort des écritures du DIP que jusque dans le courant du mois de 
janvier 2018, la pratique était d’accepter toutes les demandes d’admission 
dans l’enseignement obligatoire genevois d’élèves remplissant les critères 
scolaires qui étaient domiciliés hors canton, cela sans que le critère de places 
disponibles n’entre en ligne de compte. Cette pratique a été appliquée aux 280 
demandes déjà traitées pour la rentrée scolaire 2018-2019. Le refus de la 
demande d’admission du fils des recourants en raison du seul manque de 
places disponibles, intervenu en cours du processus d’admission pour la 
rentrée 2018, constitue ainsi un changement de la pratique administrative. 

 a. La notion de pratique administrative désigne en effet la répétition 
constante et régulière dans l’application d’une norme par les autorités 
administratives. De cette répétition peuvent apparaître, comme en ce qui 
concerne la jurisprudence, des règles sur la manière d’interpréter la loi ou de 
faire usage d’une liberté d’appréciation. Elle vise notamment à résoudre de 
manière uniforme des questions de fait, d’opportunité ou d’efficacité. Cette 
pratique ne peut être source de droit et ne lie donc pas le juge, mais peut 
néanmoins avoir indirectement un effet juridique par le biais du principe de 
l’égalité de traitement (ATA/596/2015 du 9 juin 2015 consid. 7d et les 
références citées). 

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  Un changement de pratique administrative doit reposer sur des motifs 
sérieux et objectifs, c’est-à-dire rétablir une pratique conforme au droit, 
mieux tenir compte des divers intérêts en présence ou d’une connaissance 
plus approfondie des intentions du législateur, d’un changement de 
circonstances extérieures, de l’évolution des conceptions juridiques ou des 
mœurs. Les motifs doivent être d’autant plus sérieux que la pratique suivie 
jusqu’ici est ancienne. À défaut, elle doit être maintenue (ATF 135 I 79 
consid. 3 ; 132 III 770 consid. 4 ; 127 I 49 consid. 3c ; 127 II 289 consid. 3a ; 
ATA/596/2015 déjà cité).  

 b. Le droit à la protection de la bonne foi doit en outre être pris en 
considération.  

  Valant pour l’ensemble de l’activité étati ue  le principe de la bonne 
 oi  e primé au  art    et   al    Cst. e ige  ue l’administration et les 
administrés se comportent réciproquement de manière loyale   n particulier  
l’administration doit s’abstenir de toute attitude propre   tromper l’administré 
et elle ne saurait tirer aucun avantage des consé uences d’une incorrection ou 
insuffisance de sa part (ATF 138 I 49 consid. 8.3 ; 129 I 161 consid. 4 ; 129 II 
361 consid. 7.1 ; arrêt du Tribunal fédéral 1C_18/2015 du 22 mai 2015 
consid. 3). Il prot ge le cito en dans la con iance légitime  u’il met dans les 
assurances re ues des autorités lors u il a r glé sa conduite d apr s des 
décisions, des déclarations ou un comportement déterminé  de l administration 
(ATF 137 II 182 consid. 3.6.2 ;  
         consid           a protection de la bonne  oi ne s’appli ue pas si 
l’intéressé  connaissait l’ine actitude de l’indication ou aurait pu la connaître 
en consultant simplement les dispositions légales pertinentes (ATF 135 III 
489 consid. 4.4 ; 134 I 199 consid. 1.3.1).  

  En matière de changement de pratique, le Tribunal fédéral a ainsi jugé 
que la modification d’une jurisprudence relative aux conditions de 
recevabilité d’un recours ne doit pas intervenir sans avertissement, si elle 
provoque la péremption d’un droit (ATF 140 IV 74 consid. 4.2). 

 c.  En l’espèce, le changement de pratique trouve son origine dans la 
volonté du Conseil d’État d’appliquer strictement l’admission des élèves 
domiciliés hors canton dans la seule mesure des places budgétairement 
disponibles, exprimée dans le PFQ 2018-2021 de novembre 2017 et 
réaffirmée courant janvier 2018. Cette position a dissuadé le DIP de procéder 
comme il le faisait jusqu’alors et de solliciter du gouvernement qu’il demande 
au Grand Conseil un crédit supplémentaire pour financer l’écart positif de 194 
pour la rentrée 2018 apparu entre la première estimation publiée par le SRED 
en janvier 2017 et la seconde parue en janvier 2018. 

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  S’il n’est pas douteux que le motif à l’origine du changement de 
pratique soit sérieux et objectif, il est difficile de comprendre pour quelle 
raison il est intervenu en cours du processus d’admission pour la rentrée 
scolaire 2018, alors que 280 demandes d’admission d’élèves domiciliés hors 
canton avaient déjà été acceptées selon la pratique alors usuelle. Au vu des 
statistiques du SRED pour les années antérieures, il n’était en effet pas 
inattendu d’avoir un écart positif entre les estimations de janvier 2017 et 
celles de janvier 2018. Par ailleurs, la volonté du Conseil d’État était connue 
officiellement depuis novembre 2017, sans que sa formulation puisse 
permettre à des tiers de connaître les modalités d’application. Dès lors que 
pour concrétiser cette volonté, le DIP a choisi de renoncer à demander par la 
voie budgétaire les ressources nécessaires au financement de la création de 
places supplémentaires, il ne pouvait laisser se dérouler le processus 
d’admission pour la rentrée 2018 comme il le faisait depuis des années, sans 
mise en garde particulière pour les administrés appelés à prendre des 
dispositions importantes pour la scolarisation de leurs enfants, alors qu’il 
savait que sa pratique changerait. Au lieu de cela, il a donné une réponse 
favorable, selon la pratique en vigueur, aux premières demandes arrivées et a 
interrompu abruptement le processus pour celles présentées plus tard, mais 
néanmoins dans le délai qu’il avait imparti, et leur a donné une réponse 
négative sans autre examen, en invoquant pour la première fois l’absence de 
places disponibles. Les administrés intéressés n’ont pas pu anticiper une telle 
situation, d’autant plus difficile à appréhender que la distinction entre place 
disponible au sens budgétaire et place disponible au sens commun n’est pas 
notoire.  

  Dans ces circonstances, le changement de pratique ne pouvait être 
appliqué immédiatement aux demandes pendantes pour l’admission d’un 
enfant à la rentrée 2018-2019, dont celle des intéressés. 

  Au vu de ce qui précède, le recours sera admis partiellement et la 
décision querellée annulée. Le dossier sera retourné au DIP pour nouvelle 
décision conforme à la pratique en matière d’admission dans l’école 
obligatoire genevoise d’enfants domiciliés hors canton, telle qu’elle était en 
vigueur avant que le DIP renonce à demander au Conseil d’État de saisir le 
Grand Conseil d’une demande de crédit supplémentaire pour financer les 
places supplémentaires nécessaires pour la rentrée 2018-2019 selon la 
dernière estimation du SRED. 

  Il est encore précisé que la chambre de céans ne peut, contrairement à 
ce que souhaiteraient les recourants, ordonner l’admission de leur fils dans un 
cycle d’orientation en particulier. Elle ne dispose, en effet, pas du pouvoir de 
donner une telle instruction à l’autorité intimée, d’une part. D’autre part, la 
contestation ne portait pas sur le refus d’admettre le fils des recourants dans 

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un établissement en particulier, mais de l’admettre dans l’école publique 
obligatoire dans le canton de Genève. 

4)  Cette solution emporte que demeurera indécise la question de la portée 
des art. 25A et 25B RCO en regard du droit constitutionnel à un 
enseignement de base suffisant, ouvert à tous les enfants, obligatoire, et 
gratuit dans les écoles publiques (art. 19 et 62 al. 2 de la Constitution fédérale 
de la Confédération suisse du 18 avril 1999  - RS 101 ; art. 24 al. 2 de la 
Constitution de la République et canton de Genève du 14 octobre 2012 - A 2 
00). 

5)  Aucun émolument ne sera perçu malgré l’issue du litige (art. 87 
al. 1 LPA). Aucune indemnité de procédure ne sera allouée, les recourants 
agissant en personne et n’ayant pas exposé avoir encouru de frais pour la 
défense de leurs intérêts. 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 20 mars 2018 par Madame et 
Monsieur  A______ contre la décision du département de l’instruction publique, de 
la culture et du sport du 20 février 2018 ; 

au fond : 

l’admet partiellement ; 

annule la décision du département de l’instruction publique, de la culture et du sport 
du 20 février 2018 ; 

retourne le dossier au département de l’instruction publique, de la culture et du 
sport pour nouvelle décision dans le sens des considérants ;  

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument ni alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente 
jours qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du 
recours en matière de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les 
conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de 
son mandataire ; il doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie 

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postale ou par voie électronique aux conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et 
les pièces en possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent 
être joints à l’envoi ; 

communique le présent arrêt à Madame et Monsieur A______ ainsi qu'au 
département de l'instruction publique, de la culture et du sport. 

Siégeant : Mme Junod, présidente, Mme Krauskopf, M. Verniory, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

S. Hüsler Enz 
 

 la présidente siégeant : 
 
 

Ch. Junod 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 

 la greffière :