# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c1e9e691-2607-5b86-8689-7e7ab5a9278a
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2011-01-20
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 20.01.2011 D-3962/2009
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-3962-2009_2011-01-20.pdf

## Full Text

Bundesverwaltungsgericht

Tribunal administratif fédéral

Tribunale amministrativo federale

Tribunal administrativ federal

Cour IV
D-3962/2009

Arrêt du 20 janvier 2011 

Composition Pietro Angeli-Busi, juge unique, 
avec l'approbation de Maurice Brodard, juge ;
Sophie Berset, greffière.

Parties A._______, né le (…),
Serbie,   
représenté par Maître Dieter Roth,
recourant, 

contre

Office fédéral des migrations (ODM),
Quellenweg 6, 3003 Berne,  
autorité inférieure 

Objet Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 12 février 2009 /
N (…).

D-3962/2009

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Faits :

A. 

A.a Le (…), A._______, accompagné de son épouse, a déposé une 
première demande d'asile en Suisse. Il a déclaré avoir vécu à B._______, 
dans la province de Voïvodine en Serbie, appartenir à l'ethnie rom et être 
Témoin de Jéhovah. A l'appui de sa demande, il a allégué que, depuis 
l'année 2000, il était régulièrement maltraité et frappé par les Serbes. 
L'ancien Office fédéral des réfugiés (ODR), actuellement l'ODM, a rejeté 
sa demande d'asile par décision du 31 août 2004, pour défaut de 
pertinence, a prononcé son renvoi de Suisse et ordonné l'exécution de 
cette mesure. Le recours interjeté contre ce prononcé a été rejeté le 
9 novembre 2004, par l'ancienne Commission suisse de recours en 
matière d'asile (CRA).

A.b Le 12 janvier 2005, la CRA a déclaré la demande de révision de 
l'intéressé du 6 décembre 2004 irrecevable.

A.c Le 4 janvier 2005, le requérant a demandé le réexamen de la 
décision de l'ODR du 31 août 2004. Cette demande a été rejetée par 
l'ODM par décision du 6 avril 2005. L'intéressé et de sa famille ont pris 
l'avion à destination de Belgrade en mai 2005.

B. 
Le 1er octobre 2006, A._______, sa femme et ses enfants ont déposé une 
seconde demande d'asile au Centre d'enregistrement et de procédure 
(CEP) de (…). Entendu les 9 octobre et 2 novembre 2006, l'intéressé a 
déclaré être retourné à son domicile à B._______ en mai 2005 et avoir 
travaillé comme commerçant dans les marchés. Il a affirmé avoir 
rapidement eu des problèmes avec ses voisins, qui le soupçonnaient 
d'avoir rapporté de l'argent de Suisse ; il a précisé s'être fait insulter et 
que des personnes avaient jeté des pierres contre ses stores. Il a déclaré 
que, le 15 avril 2006, trois jeunes gens étaient venus à son domicile et lui 
avaient réclamé EUR 10'000.-, en cherchant à l'intimider, qu'ils avaient 
accepté un paiement par acomptes à hauteur de EUR 500.- par mois et 
avaient immédiatement empoché EUR 300.-. L'intéressé a affirmé avoir 
déposé plainte auprès de la police, qui n'y avait pas donné suite. Selon le 
récit du requérant, le 14 septembre 2006, un des trois jeunes l'avait 
abordé sur un marché, lui ordonnant de rentrer chez lui le soir même, le 
menaçant de le tuer et d'incendier sa maison s'il n'obtempérait pas ; il a 
déclaré que cinq jeunes gens étaient arrivés entre 21h et 22h, qu'ils 
l'avaient insulté, le menaçant avec un couteau et le frappant de coups de 

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pied et que l'un d'eux avait frappé son épouse. Le requérant a dit qu'ils lui 
avaient donné trois jours pour payer les EUR 10'000.-, sans quoi ils le 
tueraient, enlèveraient ses enfants et incendieraient sa maison. 
L'intéressé a déclaré avoir consulté un médecin le 15 septembre 2006 et 
avoir quitté la Serbie le 30 septembre 2006 avec ses enfants et son 
épouse, voyageant en bus avec un passeur jusqu'en Suisse, où ils 
étaient entrés clandestinement le 1er octobre 2006. Il a déposé sa carte 
d'identité.

C. 

C.a Par décision du 17 janvier 2007, l'ODM n'est pas entré en matière sur 
cette deuxième demande d'asile, en application de l'art. 32 al. 2 let. e de 
la loi sur l’asile du 26 juin 1998 (LAsi, RS 142.31), a prononcé le renvoi 
de Suisse du requérant et de sa famille et ordonné l'exécution de cette 
mesure.

C.b Le recours interjeté par l'intéressé et son épouse le 22 janvier 2007 a 
été admis par arrêt du 29 avril 2008 (arrêt du Tribunal administratif 
fédéral E-560/2007) ; le Tribunal administratif fédéral (ci-après : le 
Tribunal) a annulé la décision entreprise et a renvoyé la cause à l'ODM 
pour nouvelle décision. L'autorité de céans a considéré qu'il ne saurait 
être retenu que les membres de la minorité rom disposent, de manière 
manifeste et en particulier en Voïvodine, d'une protection adéquate de la 
part des autorités serbes contre les persécutions de tiers.

D. 
Le 12 février 2009, l'ODM a rendu une nouvelle décision et a rejeté les 
demandes d'asile du requérant et de son épouse, a prononcé leur renvoi 
de Suisse et celui de leurs enfants et ordonné l'exécution de cette 
mesure, jugée licite, raisonnablement exigible et possible. L'office a 
considéré que les motifs invoqués n'étaient pas pertinents en matière 
d'asile, que les Roms constituaient une minorité nationale reconnue et 
qu'il existait une protection adéquate de la part de l'Etat en leur faveur. 
L'ODM a estimé que les requérants auraient dû solliciter la protection des 
autorités de son pays, quitte à s'adresser à des instances supérieures, 
avant de chercher refuge dans un pays tiers.

E. 
Séparé de son épouse, l'intéressé a recouru de façon individuelle, le 
16 mars 2009. Il a conclu à l'annulation de la décision entreprise et, 
principalement, à l'octroi de l'asile, subsidiairement, au renvoi de la cause 

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à l'ODM pour complément d'instruction et nouvelle décision, et à défaut, à 
l'octroi de l'admission provisoire. Il a sollicité l'assistance judiciaire totale. 
Il a allégué avoir rendu vraisemblables des motifs pertinents de 
persécutions en raison de son appartenance à la minorité rom et aux 
Témoins de Jéhovah. Selon lui, les autorités serbes ne sont pas en 
mesure et ne veulent pas protéger les Roms. Si l'asile devait lui être 
refusé, il a demandé un complément d'instruction, afin qu'il soit déterminé 
si, dans sa commune de domicile, la police intervenait en cas 
d'agressions émanant de personnes privées et si celles-ci étaient 
poursuivies. Le recourant s'est référé au rapport médical du 
2 octobre 2006 et a rappelé qu'il se trouvait dans un état traumatique et 
de stress qui l'empêchaient de dormir et de se nourrir.

F. 
Par décision incidente du 23 mars 2009, le juge instructeur a renoncé à 
percevoir une avance de frais, a dit qu'il sera statué ultérieurement sur la 
demande d'assistance judiciaire et a demandé au recourant de produire 
une procuration en faveur de son mandataire, ainsi qu'une attestation 
d'indigence. Ces pièces ont été produites le 31 mars 2009.

G. 
Par courrier du 16 juin 2009, l'épouse du recourant a informé le Tribunal 
qu'elle avait déposé une demande en divorce.

H. 
Par décision incidente du 23 juin 2009, le juge instructeur a prononcé la 
disjonction de la cause du recourant de celle de son épouse et de ses 
enfants (dossier E-1578/2009).

I. 
Par décision incidente du 8 décembre 2009, le juge instructeur a rejeté la 
demande d'assistance judiciaire totale, admis l'assistance judiciaire 
partielle et a imparti au recourant un délai pour produire un certificat 
médical actualisé.

J. 
Dans un certificat médical daté du 15 décembre 2009, le médecin 
psychiatre a attesté que le recourant avait été suivi du 2 avril 2007 au 
14 février 2008 et qu'il avait été admis en urgence les 11 et 
15 décembre 2009, car il était perturbé par son divorce et sa procédure 
de recours en matière d'asile, dont l'issue risquait de le séparer de ses 
enfants en cas de renvoi en Serbie. Selon le spécialiste, le recourant a 

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manifesté des symptômes anxieux (nausées, céphalées et troubles du 
sommeil) ; le médecin a réintroduit un traitement médicamenteux, qui 
avait eu un effet favorable sur son patient par le passé.

K. 
Les autres faits et arguments de la cause seront évoqués, si nécessaire, 
dans les considérants en droit qui suivent.

Droit :

1. 

1.1. Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 de la loi du 
17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32), le 
Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF, statue de manière définitive sur les 
recours contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 
20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021) 
prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. En particulier, les 
décisions rendues par l'ODM en matière d'asile et de renvoi peuvent être 
contestées devant le Tribunal conformément à l'art. 105 LAsi.

1.2. Le recourant dispose de qualité pour recourir (art. 48 PA). Présenté 
dans la forme (art. 52 PA) et le délai (art. 108 al. 1 LAsi) prescrits par la 
loi, le recours est recevable.

2. 

2.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans 
le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 
ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion, 
de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou 
de leurs opinions politiques. Sont notamment considérées comme de 
sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou 
de la liberté, de même que les mesures qui entraînent une pression 
psychique insupportable. Il y a lieu de tenir compte des motifs de fuite 
spécifiques aux femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi).

2.2. Quiconque demande l’asile (requérant) doit prouver ou du moins 
rendre vraisemblable qu'il est un réfugié. La qualité de réfugié est 
vraisemblable lorsque l'autorité estime que celle-ci est hautement 
probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur 

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des points essentiels, ne sont pas suffisamment fondées, qui sont 
contradictoires, qui ne correspondent pas aux faits ou qui reposent de 
manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés 
(art. 7 LAsi).

3. 

3.1. Les préjudices infligés par des tierces personnes ne revêtent un 
caractère déterminant pour la reconnaissance de la qualité de réfugié que 
si l'Etat n'accorde pas la protection nécessaire, comme il en a la capacité 
et l'obligation. Il incombe au requérant de s'adresser en premier lieu aux 
autorités en place dans son pays d'origine, dans la mesure où la 
protection internationale ne revêt qu'un caractère subsidiaire par rapport 
à la protection nationale, lorsque celle-ci existe, qu'elle s'avère efficace et 
qu'elle peut être requise (cf. Jurisprudence et informations de la 
Commission suisse de recours en matière d’asile [JICRA] 2006 n° 18 
p. 181 ss, en particulier consid. 10.3.2).

Le Tribunal a déjà eu l'occasion de constater que les autorités serbes n'ont pas toujours la volonté ni la 
capacité d'offrir une telle protection aux membres de l'ethnie rom, notamment en Voïvodine : d'une part, la 
police n'intervient pas systématiquement à la suite d'agressions, ou alors y réagit peu et, d'autre part, il 
arrive que ce soit les policiers eux-mêmes qui persécutent les Roms (cf. US Department of State, Country 
Reports on Human Rights Practices 2006, Serbia, section 5 ; Human Rights Watch, World Report 2007, 
Country Summary Serbia, janvier 2007, p. 4 ; voir également l'arrêt du Tribunal administratif fédéral E-
4837/2006 du 3 septembre 2007 consid. 3.5).

3.2. En l'espèce toutefois, tel n'a pas été le cas. En effet, le recourant a 
confirmé que son épouse avait dénoncé le premier incident à la police, 
par téléphone, immédiatement après l'événement (pv de son audition 
fédérale p. 6 et 7) et que les policiers étaient venus à son domicile le 
lendemain pour établir un constat (pv de son audition fédérale p. 6). Or, 
son épouse a déclaré que les forces de l'ordre étaient venus le soir même 
chez eux. Interrogé sur cette contradiction, le recourant a affirmé ne pas 
être sûr de ses dires (pv de son audition fédérale p. 7). Ainsi, il ressort du 
dossier que les intéressés ont fait des déclarations divergentes s'agissant 
du moment auquel la police est intervenue. Cependant, force est de 
constater que les forces de l'ordre ont donné suite à la dénonciation des 
recourants, puisqu'elles se sont déplacées à leur domicile, soit 
immédiatement après l'appel de l'épouse de l'intéressé, soit le lendemain, 
selon les différentes versions qu'ils ont données de l'événement. Par 
ailleurs, le recourant a allégué ne pas être en possession d'une copie du 
constat de police. Or, il lui appartenait d'en demander une copie, ce qu'il 

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n'a pas fait. Même si les policiers lui avaient affirmé qu'ils le tiendraient au 
courant de l'avancement de l'affaire, ils auraient difficilement pu contacter 
l'intéressé, notamment pour poursuivre leur enquête ou lui poser des 
questions complémentaires. En effet, celui-ci a affirmé qu'il ne retournait 
que très rarement à son domicile, seulement pour y passer une ou deux 
nuits, sans en préciser la cadence (pv de son audition fédérale p. 7). 
Ainsi, le recourant n'ayant pas établi s'être concrètement renseigné 
auprès des policiers pour connaître l'avancement de l'enquête, il n'est dès 
lors pas établi qu'il n'ait obtenu aucune protection durant les six mois qui 
suivirent l'incident. Par ailleurs, l'intéressé ayant porté plainte contre des 
inconnus, la police n'était partant pas en mesure de poursuivre ces 
auteurs, ignorant leur identité. Pour le reste, le recourant n'a pas dénoncé 
la seconde visite des agresseurs à la police (cf. pv de son audition 
sommaire p. 6).

3.3. En outre, le Tribunal constate que la seule appartenance aux 
Témoins de Jéhovah, pour autant qu'elle soit avérée, ce qui n'est pas le 
cas en l'espèce, ne constitue pas un motif suffisant pour se voir 
reconnaître la qualité de réfugié au sens de l'art. 3 LAsi. En effet, comme 
relevé précédemment, le recourant peut obtenir une protection adéquate 
de la part de son Etat d'origine contre les agressions éventuelles de tiers. 
En outre, une persécution due directement au fait d'être Témoin de 
Jéhovah ne ressort pas du dossier.

3.4. Il ressort de ce qui précède que les motifs d'asile allégués par le 
recourant ne répondent manifestement pas aux exigences en matière de 
pertinence fixées par l'art. 3 LAsi. Le Tribunal ne considère pas 
nécessaire d'ordonner une mesure d'instruction tendant à démontrer le 
degré de protection accordée par les autorités en faveur des Roms en 
Voïvodine, au vu de l'analyse relatée précédemment et surtout des 
déclarations du recourant.

3.5. Il s'ensuit que le recours, faute de contenir tout argument susceptible 
de remettre en cause le bien-fondé de la décision de l'ODM, sous l'angle 
de la reconnaissance de la qualité de réfugié et de l'octroi de l'asile, doit 
être rejeté.

4. 

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4.1. Lorsqu’il rejette la demande d'asile ou qu'il refuse d'entrer en matière 
à ce sujet, l'ODM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en 
ordonne l'exécution ; il tient compte du principe de l'unité de la famille 
(art. 44 al. 1 LAsi). Le renvoi ne peut être prononcé, selon l'art. 32 de 
l'ordonnance 1 sur l’asile du 11 août 1999 (OA 1, RS 142.311), lorsque le 
requérant d’asile dispose d’une autorisation de séjour ou d’établissement 
valable, ou qu’il fait l’objet d’une décision d’extradition ou d’une décision 
de renvoi conformément à l’art. 121 al. 2 de la Constitution fédérale de la 
Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst., RS 101).

4.2. Aucune exception à la règle générale du renvoi n'étant en 
l'occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette 
mesure.

5. 
L’exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement 
exigible et possible (art. 44 al. 2 LAsi). A défaut, l'ODM prononce 
l'admission provisoire, réglée par l'art. 83 de la loi fédérale sur les 
étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr, RS 142.20).

6. 

6.1. L'exécution n'est pas licite lorsque le renvoi de l'étranger dans son 
Etat d'origine ou de provenance ou dans un Etat tiers est contraire aux 
engagements de la Suisse relevant du droit international (art. 83 
al. 3 LEtr). Aucune personne ne peut être contrainte, de quelque manière 
que ce soit, à se rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle 
ou sa liberté serait menacée pour l'un des motifs mentionnés à l'art. 3 
al. 1 LAsi, ou encore d'où elle risquerait d'être astreinte à se rendre dans 
un tel pays (art. 5 al. 1 LAsi). Nul ne peut être soumis à la torture ni à des 
peines ou traitements inhumains ou dégradants (art. 3 de la Convention 
du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés 
fondamentales [CEDH, RS 0.101] et art. 3 de la Convention du 
10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements 
cruels, inhumains ou dégradants [Conv. torture, RS 0.105]).

6.2. En l'occurrence, l'exécution du renvoi ne contrevient pas au principe 
de non-refoulement de l'art. 5 LAsi. Comme exposé plus haut, le 
recourant n'a pas établi qu'en cas de retour dans son pays d'origine, il 
serait exposé à de sérieux préjudices au sens de l'art. 3 LAsi.

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6.3. En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant du 
droit international, le Tribunal considère que, au vu de ses allégations non 
pertinentes en matière d'asile, le recourant n’a pas été en mesure 
d’établir, pour les motifs exposés au considérant 3, l’existence d’un risque 
réel, fondé sur des motifs sérieux et avérés, d’être soumis, en cas de 
renvoi en Serbie, à un traitement prohibé par les art. 3 CEDH et 3 Conv. 
torture.

6.4. Dès lors, l'exécution du renvoi du recourant, sous forme de 
refoulement, ne transgresse aucun engagement de la Suisse relevant du 
droit international, de sorte qu'elle s'avère licite (art. 44 al. 2 LAsi et 
83 al. 3 LEtr).

7. 

7.1. Selon l'art. 83 al. 4 LEtr, l'exécution de la décision peut ne pas être 
raisonnablement exigée si le renvoi ou l'expulsion de l'étranger dans son 
pays d'origine ou de provenance le met concrètement en danger, par 
exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou 
de nécessité médicale. Cette disposition s'applique en premier lieu aux 
"réfugiés de la violence", soit aux étrangers qui ne remplissent pas les 
conditions de la qualité de réfugié parce qu'ils ne sont pas 
personnellement persécutés, mais qui fuient des situations de guerre, de 
guerre civile ou de violence généralisée, et ensuite aux personnes pour 
qui un retour reviendrait à les mettre concrètement en danger, 
notamment parce qu'elles ne pourraient plus recevoir les soins dont elles 
ont besoin. L'autorité à qui incombe la décision doit donc dans chaque 
cas confronter les aspects humanitaires liés à la situation dans laquelle 
se trouverait l'étranger concerné dans son pays après l'exécution du 
renvoi à l'intérêt public militant en faveur de son éloignement de Suisse 
(JICRA 2005 n° 24 consid. 10.1 et jurisp. citée).

7.2. En l'occurrence, il est notoire que la Serbie, dont la province de 
Voïvodine - lieu d'origine et du dernier domicile de l'intéressé - ne connaît 
pas une situation de guerre, de guerre civile ou de violence généralisée 
qui permettrait d'emblée - et indépendamment des circonstances du cas 
d'espèce - de présumer, à propos de tous les ressortissants de cet Etat, 
l'existence d'une mise en danger concrète au sens de l'art. 83 al. 4 LEtr.

7.3. S'agissant plus spécifiquement de l'exécution du renvoi des 
personnes en traitement médical en Suisse, cette mesure ne devient 
inexigible, en cas de retour dans leur pays d'origine ou de provenance, 

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que dans la mesure où elles pourraient ne plus recevoir les soins 
essentiels garantissant des conditions minimales d'existence. Par soins 
essentiels, il faut entendre les soins de médecine générale et d'urgence 
absolument nécessaires à la garantie de la dignité humaine (GABRIELLLE 
STEFFEN, Droit aux soins et rationnement, Berne 2002, p. 81 ss et 87). 
Ainsi, il ne suffit pas en soi de constater, pour admettre l'inexigibilité de 
l'exécution du renvoi, qu'un traitement prescrit sur la base de normes 
suisses ne pourrait être poursuivi dans le pays d'origine ou de destination 
de l'intéressé. On peut citer ici les cas de traitements visant à atténuer ou 
guérir des troubles psychiques ou physiques qui ne peuvent être qualifiés 
de graves. Si les soins essentiels nécessaires peuvent être assurés dans 
le pays d'origine ou de destination de l'intéressé, cas échéant avec 
d'autres médications que celles prescrites en Suisse, l'exécution du 
renvoi dans l'un ou l'autre de ces pays sera considéré comme 
raisonnablement exigible. En revanche, tel ne serait pas le cas si, en 
raison de l'absence de possibilités de traitement adéquat, l'état de santé 
de l'intéressé se dégraderait très rapidement au point de conduire d'une 
manière certaine à la mise en danger concrète de sa vie ou à une atteinte 
sérieuse, durable, et notablement plus grave de son intégrité physique. 
Cela dit, il sied de préciser que si, dans un cas d'espèce, le grave état de 
santé ne constitue pas en soi un motif d'inexigibilité sur la base des 
critères qui précèdent, il peut demeurer un élément d'appréciation dont il 
convient alors de tenir compte dans le cadre de la pondération de 
l'ensemble des éléments ayant trait à l'examen de l'exécution du renvoi 
(JICRA 2003 n° 24 consid. 5b p. 157 ss).

7.4. En l'espèce, il ressort du certificat médical du 15 décembre 2009 que 
le recourant n'est plus suivi depuis le mois de février 2008. Il faut encore 
relever que ce suivi avait débuté peu après qu'il eut été invité à se 
prononcer sur le rapport médical du 2 octobre 2006 et ses suites, et qu'il 
avait pris fin peu avant l'arrêt du Tribunal admettant le recours. Ensuite, 
l'état de santé du recourant n'a nécessité aucun suivi médical durant plus 
d'un an et demi (de février 2008 à décembre 2009). Or, les 11 et 
15 décembre 2009, il semble avoir été admis en urgence, alors qu'il avait 
été invité, par ordonnance du 8 décembre précédent, à déposer un 
rapport médical actualisé de son état de santé. Force est donc de 
constater que le recourant allègue des problèmes de santé pour les seuls 
besoins de la cause et qu'au demeurant, ceux-ci sont bien loin d'être 
d'une gravité telle qu'ils pourraient faire obstacle à l'exécution de son 
renvoi. De surcroît, aucun élément ne démontre qu'un réel suivi 
psychiatrique aurait dû être instauré suite à cette urgence et aucun 
diagnostic d'atteinte sérieuse, selon la classification statistique 

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internationale des maladies et des problèmes de santé connexes 
(CIM 10), n'a été posé. Par conséquent, l'état de santé du recourant ne 
s'oppose pas à l'exécution de son renvoi.

7.5. En outre, il ne ressort du dossier aucun élément dont on pourrait 
inférer que l'exécution du renvoi impliquerait une mise en danger 
concrète du recourant. A cet égard, le Tribunal relève qu'il a une 
formation de (…) et est au bénéfice d'une expérience professionnelle 
dans la (…). Au demeurant, l'intéressé dispose d'un réseau familial et 
social dans son pays, à savoir sa mère et son frère, sur lequel il pourra 
compter à son retour. De plus, il pourra y retrouver sa fille, née d'un 
premier mariage (cf. pv de son audition sommaire p. 3).

7.6. L'exécution du renvoi des enfants du recourant étant également 
prononcée (cf. arrêt du Tribunal D-1578/2009 du même jour), il n'y a pas 
lieu d'examiner un éventuel obstacle à l'exécution du renvoi de l'intéressé 
sous l'angle familial.

7.7. Dès lors, l’exécution du renvoi du recourant en Serbie doit être 
considérée comme raisonnablement exigible.

8. 
Le recourant est en possession de documents suffisants pour 
entreprendre toute démarche nécessaire en vue de l'obtention de 
documents de voyage lui permettant de quitter la Suisse. L'exécution du 
renvoi ne se heurte donc pas à des obstacles insurmontables d'ordre 
technique et s'avère possible (art. 83 al. 2 LEtr).

9. 
Cela étant, l'exécution du renvoi doit être déclarée conforme aux 
dispositions légales. Par conséquent, le recours, en tant qu'il porte sur le 
renvoi et son exécution, doit être rejeté et le dispositif de la décision 
entreprise confirmé sur ce point.

10. 
Le recours s'avérant manifestement infondé, il est rejeté dans une 
procédure à juge unique, avec l'approbation d'un second juge 
(art. 111 let. e LAsi).

11. 

11.1. Au vu de ce qui précède, il n'est pas perçu de frais de procédure 
(cf. art. 65 al. 1 PA).

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11.2. Dans la mesure où le recourant succombe, il n'est pas alloué de 
dépens (cf. art. 64 al. 1 PA et 7 al. 1 du règlement du 21 février 2008 
concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal 
administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]).

(dispositif à la page suivante)

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Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce :

1. 
Le recours est rejeté.

2. 
Il n'est pas perçu de frais de procédure.

3. 
Il n'est pas alloué de dépens.

4. 
Le présent arrêt est adressé au mandataire du recourant, à l'ODM et à 
l'autorité cantonale compétente.

Le juge unique : La greffière :

Pietro Angeli-Busi Sophie Berset

Expédition :