# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 8382111a-7d71-53c1-b2c8-08aaf1b3a71f
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2024-03-05
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 05.03.2024 F-1324/2024
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_F-1324-2024_2024-03-05.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour VI 

F-1324/2024 

 

 
 

  A r r ê t  d u  5  m a r s  2 0 2 4   

Composition 
 Yannick Antoniazza-Hafner, juge unique,  

avec l'approbation de Esther Marti, juge ; 

Loucy Weil, greffière. 
 

 
 

Parties 
 A._______,  

né le (…) 1991, Algérie,    

recourant,  

  
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM),  

Quellenweg 6, 3003 Berne,    

autorité inférieure.  

  
 

 
 

Objet 
 Asile (non-entrée en matière) et renvoi (procédure Dublin - 

art. 31a al. 1 let. b LAsi) ; décision du SEM du 23 février 

2024 / N (…). 

 

 

 

F-1324/2024 

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Faits : 

A.  

Le 25 juillet 2023, A._______ (ci-après : le recourant ou l’intéressé) a 

déposé une demande d’asile en Suisse. Par décision du 23 février 2024 

fondée sur la réglementation Dublin, le SEM n’est pas entré en matière sur 

cette demande, a prononcé le transfert de l’intéressé au Luxembourg et a 

ordonné l’exécution de cette mesure, constatant en outre l’absence d’effet 

suspensif à un éventuel recours.     

B.  

Le 29 février 2024 (date du timbre postal), l’intéressé a déféré l’acte précité 

au Tribunal administratif fédéral (ci-après : le TAF ou le Tribunal). Il a conclu 

à l’annulation de la décision attaquée et à ce qu’il soit entré en matière sur 

sa demande d’asile, subsidiairement à ce que la cause soit renvoyée au 

SEM. Il a en outre sollicité le prononcé de mesures provisionnelles 

urgentes et l’octroi de l’effet suspensif, ainsi que l’exemption du versement 

d’une avance de frais et l’octroi de l’assistance judiciaire totale.  

Par ordonnance du 1er mars 2024, le juge instructeur a suspendu 

l’exécution du transfert à titre de mesure superprovisionnelle.     

Droit : 

1.  

Le Tribunal est compétent pour traiter de la présente affaire et statue 

définitivement (art. 1 al. 2 et 33 let. d LTAF [RS 173.32], applicables par 

renvoi de l’art. 105 LAsi [RS 142.31], en relation avec l’art. 83 let. d ch. 1 

LTF [RS 173.110]). En outre, le recours est recevable (art. 48 al. 1 et 52 

al. 1 PA [RS 172.021], applicables par renvoi de l’art. 37 LTAF, et art. 108 

al. 3 LAsi). Cela étant, l’intéressé peut se prévaloir de la violation du droit 

fédéral, notamment pour abus ou excès du pouvoir d’appréciation, ou de 

l’établissement inexact ou incomplet de l’état de fait pertinent (art. 106 al. 1 

LAsi), mais non de l’inopportunité (cf. ATAF 2015/9 consid. 6.2 et 8.2.2). 

Saisi d’un recours contre une décision de non-entrée en matière sur une 

demande d’asile, le TAF se limite à en examiner le bien-fondé (cf. ATAF 

2017 VI/5 consid. 3.1). Face à des recours manifestement infondés, il 

statue dans une procédure à juge unique, avec l’approbation d’un second 

juge (art. 111 let. e LAsi), sans échange d’écritures et sur la base d’une 

motivation sommaire (art. 111a LAsi). En l’occurrence, comme on le verra 

ci-après, le recours doit être considéré comme étant manifestement 

infondé dans le sens des dispositions précitées.  

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2.  

Dans le cas d’espèce, il y a lieu de déterminer si le SEM était fondé à faire 

application de l’art. 31a al. 1 let. b LAsi, en vertu duquel il n’entre pas en 

matière sur une demande d’asile lorsque l’intéressé peut se rendre dans 

un Etat tiers compétent, en vertu d’un accord international, pour mener la 

procédure d’asile et de renvoi.  

Selon l’Accord conclu le 26 octobre 2004 entre la Confédération suisse et 

la Communauté européenne (AAD, RS 0.142.392.68), la Suisse participe 

au système établi par le règlement Dublin III (ou RD III ; référence 

complète : règlement [UE] n° 604/2013 du Parlement européen et du 

Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de 

détermination de l’Etat membre responsable de l’examen d’une demande 

de protection internationale introduite dans l’un des Etats membres par un 

ressortissant de pays tiers ou un apatride [refonte ; JO L 180 du 29 juin 

2013 p. 31 ss]). En vertu de l’art. 3 par. 1 RD III, une demande de protection 

internationale est examinée par un seul Etat membre, qui est celui que les 

critères énoncés au chapitre III du RD III désignent comme responsable. 

Dans une procédure de reprise en charge (anglais : take back) comme en 

l’espèce, il n’y a en principe aucun nouvel examen de la compétence selon 

le chapitre III du RD III (cf. ATAF 2019 VI/7 consid. 4-6).  

Cela étant, sur la base de l’art. 17 par. 1 RD III (clause de souveraineté), 

chaque Etat membre peut décider d’examiner une demande de protection 

internationale qui lui est présentée, même si cet examen ne lui incombe 

pas en vertu des critères fixés dans le règlement. Ainsi, le SEM doit 

admettre la responsabilité de la Suisse pour examiner une demande 

lorsque le transfert envisagé vers l’Etat membre désigné responsable viole 

des obligations de la Suisse relevant du droit international public. Il peut 

également admettre cette responsabilité pour des raisons humanitaires au 

sens de l’art. 29a al. 3 OA 1(RS 142.311 ; cf. ATAF 2015/9 consid. 8.2).  

3.  

En l’occurrence, les investigations entreprises par le SEM ont révélé, après 

consultation de l’unité centrale de système européen Eurodac, que le 

recourant avait déposé une demande d’asile au Luxembourg le 30 mai 

2023 (pce SEM 8). En se basant sur ce qui précède, le SEM a adressé le 

15 septembre 2023 une demande aux fins de sa reprise en charge à son 

homologue luxembourgeois, fondée sur l’art. 18 par. 1 let. b RD III 

(pce SEM 19). Il était précisé, dans la requête, que l’intéressé était en 

détention et n’avait pas encore pu être auditionné, un entretien Dublin étant 

prévu prochainement ; la demande de reprise en charge était toutefois 

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d’ores et déjà déposée afin de respecter les délais Dublin (cf. art. 23 par. 2 

RD III). Les autorités luxembourgeoises ont explicitement accepté la 

demande le 18 septembre 2023 – soit dans le délai prévu à l’art. 25 par. 1 

RD III – conformément à l’art. 18 par. 1 let. d RD III (pce SEM 22). Il s’ensuit 

que le Luxembourg est bien, en principe, l’Etat membre tenu de reprendre 

en charge le recourant. Ce dernier, qui a été auditionné le 6 février 2024 

(pce SEM 33), ne le conteste du reste pas.  

4.  

4.1 Pour s’opposer à son transfert, le recourant a indiqué n’avoir aucune 

connaissance ou attache au Luxembourg. Il avait été contraint d’y 

séjourner à raison d’une situation imprévue, respectivement d’un risque 

pour sa sécurité provenant d’une tierce personne. Les évènements qui 

s’étaient passés au Luxembourg avaient laissé des séquelles profondes, 

pesantes pour sa santé mentale. Les risques pour sa vie étaient bien réels, 

ce qui l’avait poussé à prendre la décision difficile de quitter le Luxembourg. 

Il séjournait en Suisse depuis 2019, où il cherchait à se reconstruire. Un 

soutien psychologique s’avérait toutefois essentiel.  

4.2 D’emblée, le Tribunal rappelle que le Luxembourg est lié aux 

conventions internationales et communautaires de protection des réfugiés, 

dont la Convention relative au statut des réfugiés (RS 0.142.30) et son 

Protocole additionnel (RS 0.142.301), et en applique les dispositions. Ainsi, 

le Luxembourg est un Etat de droit présumé respecter la sécurité des 

demandeurs d'asile, qui dispose au demeurant d’une police et d’autorités 

de poursuite pénale fiables. Il incombe ainsi au recourant de saisir les 

autorités compétentes luxembourgeoises pour le cas où il devait s’estimer 

menacé sur leur territoire – ce qu’il n’a nullement allégué avoir entrepris. 

Pour cette raison déjà, les déclarations de l’intéressé relatives à un risque 

pour sa sécurité dans ce pays ne sauraient être déterminantes. De surcroît, 

le Tribunal relève que les déclarations précitées sont restées très vagues 

et ne se recoupent pas avec celles qu’il a tenues lors de son audition 

individuelle. L’intéressé avait en effet indiqué à cette occasion avoir déposé 

une demande d’asile au Luxembourg car il n’avait nulle part où aller et 

n’avoir rien fait de particulier dans ce pays (pce SEM 33). Cette 

incohérence jette ainsi le discrédit sur son discours. Par conséquent, le 

Tribunal retient qu’il n’est pas vraisemblable que la vie du recourant soit 

menacée au Luxembourg. Dans ce contexte, il sied de rappeler que le 

règlement Dublin III ne confère pas aux personnes en quête de protection 

le droit de choisir elles-mêmes l’Etat qui examinera leur demande (cf. 

notamment ATAF 2010/45 consid. 8.3), respectivement qui sera chargé 

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d’exécuter le renvoi dans leur pays d’origine en cas de rejet de la demande 

de protection. 

4.3 En outre, rien n’incite à penser que les autorités luxembourgeoises 

n’auraient pas traité la demande d’asile du recourant de manière conforme 

aux normes internes et internationales y afférentes. Il n’y a aucune raison 

de penser qu’il en ira autrement en cas de transfert dans ce pays. Quoiqu’il 

en soit, il reviendra au recourant, le cas échéant, de faire valoir ses droits 

auprès des autorités luxembourgeoises (cf. sur ce point arrêt du TAF 

F-1897/2021 du 28 avril 2021 p. 5 s.). 

4.4 En ce qui concerne l’aspect médical, il convient de rappeler que le 

transfert de personnes touchées dans leur santé n’est susceptible de 

constituer une violation de l’art. 3 CEDH que dans des cas exceptionnels 

où celui-ci exposerait les personnes en cause à un déclin grave, rapide et 

irréversible de leur état de santé (cf. arrêt Paposhvili c. Belgique du 13 

décembre 2016, requête n°41738/10 ; ATAF 2017 VI/7 consid. 6.2 et les 

réf. cit.). Or, tel n’est manifestement pas le cas en l’espèce. En effet, les 

troubles rapportés par le recourant – à savoir une souffrance morale, une 

dépendance à un médicament (…) et de l’asthme – n’ont donné lieu à 

aucune consultation médicale ou à la prise d’un traitement spécifique. Il n’y 

a donc aucune raison de retenir que ces affections seraient d’une gravité 

telle qu’elles pourraient faire obstacle à un transfert au Luxembourg sur la 

base du droit international.  

5.  

Il s’ensuit que son transfert n’est pas contraire aux obligations de la Suisse 

relevant du droit international public et que le SEM a procédé à un examen 

correct des faits allégués par l’intéressé susceptibles de constituer des 

« raisons humanitaires » au sens de l'art. 29a al. 3 OA 1. Le Luxembourg 

demeure dès lors l’Etat responsable de l’examen de la demande d’asile du 

recourant au sens du RD III. C’est ainsi à juste titre que le SEM n’est pas 

entré en matière sur celle-ci, en application de l’art. 31a al. 1 let. b LAsi, et 

a prononcé le transfert de l’intéressé vers le Luxembourg, en application 

de l’art. 44 LAsi. Partant, le recours doit être rejeté.  

6.  

Les conclusions du recours étant d’emblée vouées à l’échec, la requête 

d’assistance judiciaire totale est rejetée. Il y a donc lieu de mettre les frais 

de procédure à la charge du recourant, conformément à l’art. 63 al. 1 PA et 

aux art. 1 à 3 FITAF (RS 173.320.2).   

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Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté.  

2.  

La requête d’assistance judiciaire totale est rejetée.  

3.  

Les frais de procédure, d’un montant de 750 francs, sont mis à la charge 

du recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans 

les 30 jours dès l’expédition du présent arrêt.   

4.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, à l'autorité inférieure et à 

l’autorité cantonale.  

 

 

Le juge unique : La greffière : 

  

Yannick Antoniazza-Hafner Loucy Weil 

 

 

Expédition :