# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** db09fdc4-1e63-5d57-acfe-d27d06b4b9d6
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-08-17
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 17.08.2017 A/3193/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-3193-2017_2017-08-17.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/3193/2017-MC ATA/1182/2017  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 17 août 2017 

en section 

   dans la cause 

 

Monsieur A______ 
représenté par Me Michael Mitzicos-Giogios, avocat  

contre 

COMMISSAIRE DE POLICE 

et 

OFFICE CANTONAL DE LA POPULATION ET DES MIGRATIONS 
 

_________ 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 

31 juillet 2017 (JTAPI/824/2017) 

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A/3193/2017 

EN FAIT 

1)  Par décision déclarée exécutoire nonobstant recours du 5 décembre 2016, 
dûment notifiée, l’office cantonal de la population et des migrations (ci-après : 
OCPM) a prononcé le renvoi de Suisse de Monsieur A______, né le ______ 1979, 
ressortissant algérien, dépourvu de document d’identité. Il a chargé la police 
genevoise de procéder à l’exécution de cette mesure dès la mise en liberté de 
l’intéressé, détenu pour les besoins de la justice pénale. 

  Cette décision n’a pas fait l’objet de recours. 

2)  Par jugement du 22 décembre 2016, le Tribunal de police a condamné 
M. A______ à une peine privative de liberté de deux ans, sous déduction de 
septante-six jours de détention avant jugement, avec sursis pendant trois ans, pour 
vol (art. 139 du code pénal suisse du 21 décembre 1937 - CP - RS 311.0), 
tentative de vol (art. 22 et art. 139 CP), mise en danger de la vie d’autrui 
(art. 129 CP), violence ou menace envers les autorités et les fonctionnaires 
(art. 285 CP) et entrée et séjour en Suisse illégaux (art. 115 al. 1 let. a et b de la loi 
fédérale sur les étrangers du 16 décembre 2005 - LEtr - RS 142.20). Il a en outre 
ordonné son expulsion de Suisse pour une durée de cinq ans. 

  Ce jugement a été confirmé le 20 mars 2017 par arrêt de la chambre pénale 
d’appel et de révision de la Cour de justice.  

3)  Le 24 mars 2017, M. A______ a été libéré par les autorités pénales 
compétentes et remis aux autorités administratives en vue de l’exécution de son 
renvoi. 

4)  Le même jour, le commissaire de police a ordonné la mise en détention 
administrative de M. A______ pour une durée de trois mois en application des art. 
75 al. 1 let. h et 76 al. 1 let. b ch. 1 LEtr. Les démarches étaient en cours auprès 
des autorités algériennes en vue de la délivrance d’un laissez-passer. 

  Lors de son audition, l’intéressé a déclaré qu’il n’était pas d’accord de 
retourner en Algérie. 

5)  Par jugement du 27 mars 2017 (JTAPI/324/2017), le TAPI a confirmé 
l’ordre de mise en détention administrative de M. A______ pour une durée de 
trois mois, jusqu’au 24 juin 2017.  

  L’intéressé faisait l’objet d’une décision de renvoi et d’une expulsion 
judiciaire. Il avait été condamné pour des crimes au sens de l’art. 10 al. 2 CP. Sa 
mise en détention administrative pour ce motif était fondée. L’assurance de son 
départ de Suisse répondait à un intérêt public certain et aucune autre mesure 

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moins incisive n’était envisageable, vu l’absence de document d’identité, le refus 
réitéré de retourner volontairement en Algérie et le fait qu’il ne démontrait pas 
être légitimé à se rendre dans un autre État que son pays d’origine. Les démarches 
en vue de l’exécution du renvoi, entamées en janvier 2017, étaient en cours, les 
autorités compétentes demeurant dans l’attente de la délivrance d’un 
laissez-passer par la représentation algérienne en Suisse. La durée de détention 
administrative respectait le principe de la proportionnalité. Enfin, rien n’indiquait 
concrètement que l’exécution du renvoi serait impossible, illicite ou ne pourrait 
être raisonnablement exigée.   

6)  Par arrêt du 19 avril 2017 (ATA/441/2017), la chambre administrative de la 
Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) a rejeté le recours de 
M. A______ contre le jugement du TAPI précité. Celui-ci avait appliqué 
correctement le droit en confirmant l’ordre de mise en détention au vu de la 
condamnation pour la commission de crimes. L’autorité chargée du renvoi s’était 
conformée au principe de célérité, l’exécution du renvoi ne dépendant plus que de 
la collaboration des autorités du pays d’origine. La mesure respectait le principe 
de la proportionnalité. 

7)  Par jugement du 3 mai 2017 (JTAPI/446/2017), le TAPI a rejeté la demande 
de mise en liberté déposée le 25 avril 2017 par l’intéressé. 

8)  Par arrêt du 23 mai 2017 (ATA/597/2017), la chambre administrative a 
rejeté le recours de M. A______ contre le jugement du TAPI précité. 

9)  Par décision du 14 juin 2017, exécutoire nonobstant recours, le secrétariat 
d'État aux migrations (ci-après : SEM) a rejeté la demande d’asile du 25 avril 
2017 de M. A______ et ordonné son renvoi immédiat de Suisse, compte tenu de 
l’intérêt public prépondérant à l’exécution de cette mesure, eu égard au caractère 
manifestement infondé de ladite demande et au comportement de l’intéressé. Dit 
renvoi était réalisable, raisonnablement exigible et son exécution était possible. 

10)  Par requête du 14 juin 2017, l’OCPM a sollicité la prolongation de la 
détention administrative de M. A______ pour une durée de six semaines dans la 
mesure où le rapatriement de l’intéressé était prévu le 20 juillet 2017 sur un vol 
avec escorte policière.  

11)  Lors de son audition par le TAPI le 20 juin 2017, M. A______ a indiqué 
n’avoir pas d’éléments nouveaux à communiquer et a réitéré son opposition à 
retourner en Algérie. Il devait être renvoyé en Italie car il était entré en Europe à 
Cagliari, avec une autre personne qui avait depuis lors été renvoyée dans ce pays. 
Il ne disposait d’aucun document permettant de prouver qu’il était arrivé dans la 
ville précitée. 

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  Le représentant de l’OCPM a confirmé que toutes les démarches avaient été 
effectuées pour l’organisation du vol de retour prévu le 20 juillet 2017. 
M. A______ n’était pas un cas Dublin. Il n’avait pas connaissance du cas de 
l’autre personne mentionnée par M. A______. Il ne pouvait pas produire le 
laissez-passer mais celui-ci était nécessaire pour pouvoir réserver une place sur le 
vol. 

12)  Par jugement du 20 juin 2017 (JTAPI/675/2017), le TAPI a prolongé la 
détention administrative de M. A______ pour une durée de six semaines, jusqu’au 
5 août 2017, les conditions pour ce faire étant remplies. 

13)  Par arrêt du 10 juillet 2017 (ATA/1076/2017), la chambre administrative a 
rejeté le recours interjeté contre le jugement précité. 

14)  Le 20 juillet 2017, M. A______ a refusé de prendre place à bord du vol, 
avec escorte policière (DEPA) à destination d’Alger. 

15)  Par courrier du 27 juillet 2017 M. A______ a formé une demande de mise 
en liberté, « car la durée de sa détention était disproportionnée et sans aucune 
perspective de refoulement ». La cause a été enregistrée sous le n° A/3193/2017. 

16)  Le 28 juillet 2017 à 17h25, le commissaire de police a ordonné la mise en 
détention administrative de M. A______ pour une durée d'un mois sur la base de 
l'art. 78 al. 1 LEtr (détention pour insoumission). Le rapatriement de M. A______ 
par vol spécial étant impossible, sa collaboration était indispensable pour 
permettre la mise en œuvre de son renvoi. La cause a été enregistrée sous le n° 
A/3201/2017. 

  Devant le commissaire de police, l'intéressé a confirmé qu'il refusait de 
retourner en Algérie. 

  Lors de l'audience du 31 juillet 2017 devant le TAPI, M. A______ a 
confirmé refuser de retourner en Algérie. Il s’engageait à quitter la Suisse dès sa 
libération. 

17)  Par jugement du 31 juillet 2017, le TAPI a joint les deux causes sous le 
n° A/3193/2017. Il a rejeté la demande de mise en liberté formée le 27 juillet 2017 
et confirmé l’ordre de mise en détention administrative pour insoumission pour 
une durée d’un mois, soit jusqu’au 28 août 2017. 

18)      Le 10 août 2017, M. A______ a interjeté un recours auprès de la chambre 
administrative contre le jugement précité en concluant à son annulation et à sa 
libération immédiate.  

  Il refusait d'être renvoyé en Algérie où il risquait sa vie. À part l’épisode du 
vol, il avait toujours collaboré avec les autorités. Il sollicitait l’application de 

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l’Accord Dublin, à l’instar de son codétenu à Frambois, dont il précisait le nom, 
enregistré par les autorités italiennes dès son arrivée en Europe. Les autorités 
n’apportaient pas la preuve négative que le recourant n’était pas enregistré dans le 
système Dublin. Un vol spécial à destination d’Alger n’était pas possible. Il 
prenait formellement l’engagement de quitter la Suisse par ses propres moyens.   

  L’art. 78 LEtr ainsi que les art. 3 et 5 de la Convention de sauvegarde des 
droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950  
(CEDH - RS 0.101) étaient violés. Le renvoi était impossible au sens de  
l’art. 80 LEtr. Le principe de proportionnalité était violé. 

19)  Le 11 août 2017, le TAPI a transmis son dossier sans formuler 
d'observations.  

20)  Dans sa réponse du 14 août 2017, le commissaire de police a conclu au rejet 
du recours.   

21)  Dans sa réponse du 15 août 2017, l'OCPM a conclu au rejet du recours.   

  Des vols de catégorie 3 renforcés étaient possibles vers l’Algérie et étaient 
en cours d’organisation pour l’automne 2017. 

  Était notamment jointe copie de la décision du SEM du 14 juin 2017 
refusant l’asile à M. A______. L’examen du dossier ne faisait apparaître aucun 
indice permettant de conclure que, en cas de retour en Algérie, il serait, selon 
toute vraisemblance, exposé à une peine ou un traitement prohibé selon  
l’art. 3 CEDH ainsi qu’un courriel de la brigade des renvois de la police 
internationale confirmant que l’intéressé était inconnu dans le système européen 
de demande d’asile « EURODAC ». 

22)  Le 16 août 2017, M. A______ a répliqué. La nature des vols de « catégorie 
3 »  n’était pas précisée. Il était contradictoire de prétendre que ce type de vols 
était possible et de  détenir l’intéressé pour insoumission. Le fait d’être demandeur 
d’asile en Italie, ce qu’il ne prétendait pas, et avoir des empreintes digitales prises 
par les autorités italiennes étaient deux choses différentes. Or, aucun document ne 
confirmait l’absence de prise d’empreintes digitales de l’intéressé en Italie. Enfin, 
il n’avait aucun antécédent judiciaire, hormis la condamnation du Tribunal de 
police, prononcée avec sursis. L’échange de courriels avec le ministère public 
mentionnait que l’intéressé était un « test case ». Il convenait d’en tenir compte. 

23)  Sur ce, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger.  

 

EN DROIT 

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1)  Interjeté le 10 août 2017 contre le jugement du TAPI prononcé et 
communiqué aux parties le 31 juillet 2017, le recours l'a été en temps utile auprès 
de la juridiction compétente (art. 132 al. 2 de la loi sur l’organisation judiciaire du 
26 septembre 2010 - LOJ - E 2 05 ; art. 10 al. 1 de la loi d’application de la LEtr 
du 16 juin 1988 - LaLEtr - F 2 10 ; art. 17 et 62 al. 1 let. b de la loi sur la 
procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2)  Selon l’art. 10 al. 2 LaLEtr, la chambre administrative doit statuer dans les 
dix jours qui suivent sa saisine. Ayant reçu le recours le 11 août 2017 et statuant 
ce jour, elle respecte ce délai. 

3)  La chambre administrative est compétente pour apprécier l’opportunité des 
décisions portées devant elle (art. 10 al. 2 LaLEtr). Elle peut confirmer, réformer 
ou annuler la décision attaquée ; cas échéant, elle ordonne la mise en liberté de 
l’étranger (art. 10 al. 3 LaLEtr). 

4)  La détention administrative porte une atteinte grave à la liberté personnelle 
et ne peut être ordonnée que dans le respect de l'art. 5 CEDH (ATF 135 II 105 
consid. 2.2.1 p. 107) et de l'art. 31 de la Constitution fédérale de la Confédération 
suisse du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101), ce qui suppose en premier lieu qu'elle 
repose sur une base légale.  

5) a.  Selon l'art. 78 al. 1 LEtr, si l'étranger n'a pas obtempéré à l'injonction de 
quitter la Suisse dans le délai prescrit et que la décision entrée en force de renvoi 
ou d'expulsion au sens de la LEtr ou la décision entrée en force d’expulsion au 
sens des art. 66 a ou 66abis CP ou 49a ou 49abis du code pénal militaire du 13 juin 
1927 (CPM - RS 321.0)  ne peut être exécutée en raison de son comportement, il 
peut être placé en détention afin de garantir qu'il quittera effectivement le pays, 
pour autant que les conditions de la détention en vue du renvoi ou de l'expulsion 
ne soient pas remplies et qu'il n'existe pas d'autre mesure moins contraignante 
permettant d’atteindre l'objectif visé.  

 b.  Selon la jurisprudence, le but de la détention pour insoumission est de 
pousser un étranger, tenu de quitter la Suisse, à changer de comportement, 
lorsqu’à l’échéance du délai de départ, l’exécution de la décision de renvoi, entrée 
en force, ne peut être assurée sans la coopération de celui-ci malgré les efforts des 
autorités (ATF 135 II 105 consid. 2.2.1 p. 106 et la jurisprudence citée ; arrêt du 
Tribunal fédéral 2C_538/2010 du 19 juillet 2010). La détention pour insoumission 
constitue une ultima ratio, dans la mesure où il n’existe plus d’autres mesures 
permettant d’aboutir à ce que l’étranger se trouvant illégalement en Suisse puisse 
être renvoyé dans son pays. La prise d’une telle mesure doit respecter le principe 
de la proportionnalité, ce qui suppose d’examiner l’ensemble des circonstances 
pour déterminer si elle apparaît appropriée et nécessaire. Le seul refus explicite de 
collaborer de la personne concernée ne constitue qu’un indice parmi d’autres 
éléments à prendre en considération dans cette appréciation (ATF 135 II 105 et la 

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jurisprudence citée ; arrêts du Tribunal fédéral 2C_26/2013 du 29 janvier 2013 ; 
2C_538/2010 précité ; ATA/349/2013 du 4 juin 2013 ; ATA/512/2011 du 16 août 
2011, confirmé par arrêt du Tribunal fédéral 2C_624/2011 du 12 septembre 2011). 
Ainsi, le comportement de l'intéressé, la possibilité qui lui est offerte de mettre 
concrètement lui-même fin à sa détention s'il coopère, ses relations familiales ou 
le fait qu'en raison de son âge, son état de santé ou son sexe, il mérite une 
protection particulière, peuvent aussi jouer un rôle (arrêts du Tribunal fédéral 
2C_639/2011 du 16 septembre 2011 consid. 3.1 ; 2C_624/2011 précité 
consid. 2.1). 

 c. La cause pour l'inexécution du renvoi ou de l'expulsion doit résider dans le 
comportement de l'étranger. Cela peut être son manque de collaboration ou son 
refus de quitter sans force le pays (Minh SON NGUYEN/Cesla AMARELLE, 
Code annoté de droit des migrations – vol. II : LEtr, Berne, 2017,  
p. 834). 

 d. Conformément à l'art. 78 al. 6 LEtr, la détention pour insoumission est levée 
dans les cas suivants : un départ de Suisse volontaire et dans les délais prescrits 
n'est pas possible, bien que l'étranger se soit soumis à l'obligation de collaborer 
avec les autorités (let. a), le départ de Suisse a lieu dans les délais prescrits (let. b), 
la détention en vue du renvoi ou de l'expulsion est ordonnée (let. c), une demande 
de levée de la détention est déposée et approuvée (let. d). 

 e. Contrairement à l’art. 76 LEtr et, partiellement, à l’art. 77 LEtr, il est 
nécessaire, pour la mise en détention en vertu de l’art. 78 LEtr, que la décision de 
renvoi ou d’expulsion soit entrée en force et pas seulement exécutoire (Minh SON 
NGUYEN/Cesla AMARELLE, op. cit., p. 833). 

6) a. En l’espèce, le TAPI et la chambre de céans ont examiné et retenu à cinq 
reprises depuis le 27 mars 2017 que le recourant remplissait les conditions d’une 
mise en détention administrative au sens des art. 75 al. 1 let. h et 76 al. 1 let. b 
ch. 1 LEtr, que les autorités respectaient les principes de diligence et de célérité, 
que la mesure ordonnée était conforme au principe de la proportionnalité et 
qu’aucun élément du dossier ne permettait de retenir que l'exécution du renvoi ou 
de l'expulsion s'avèrerait impossible pour des raisons juridiques ou matérielles.    

 b. Depuis le 28 juillet 2017, l’intéressé subit une détention pour insoumission. 
À juste titre le TAPI a considéré, dans le jugement dont est recours, que les 
conditions de celle-ci étaient remplies.  M. A______ fait l'objet d'une décision de 
renvoi définitive et exécutoire. Le fait qu'il ait demandé l’asile n'y change rien 
puisque le SEM a rejeté sa demande le 14 juin 2017. Il n’est pas allégué qu’un 
recours aurait été interjeté contre la décision du SEM, lequel n'aurait d’ailleurs pas 
d'effet suspensif.  

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  La décision de renvoi ne peut être exécutée, dans la mesure où, en l’état, son 
retour dans son pays par vol spécial n’est pas envisageable, ce qui implique que 
seule la coopération  du recourant pourrait permettre son départ de Suisse.  

  Par ailleurs, des vols de sécurité renforcés de niveau 3 sont en cours 
d’organisation pour l’automne 2017 (art. 28 al. 1 let. c de l’ordonnance relative à 
l'usage de la contrainte et de mesures policières dans les domaines relevant de la 
compétence de la Confédération du 12 novembre 2008 [Ordonnance sur l'usage de 
la contrainte, OLUsC – RS 364.3] et art. 4 al. 4 de l’Accord entre le Conseil 
fédéral de la Confédération suisse et le Gouvernement de la République 
algérienne démocratique et populaire sur la circulation des personnes conclu le 
3 juin 2006, approuvé par l'Assemblée fédérale le 22 juin 2007 et entré en vigueur 
par échange de notes le 26 novembre 2007 [RS 0.142.111.279]). La question de 
savoir si la réalisation de ces vols modifierait la base légale de la détention 
administrative souffrira de rester ouverte en l’état, ceux-ci n’étant qu’en cours 
d’organisation.  

  La détention en application de l’art. 78 LEtr reste pour l’instant fondée. 

7)  La qualification de « test case » est sans conséquence. Le recourant ne 
prétend d’ailleurs pas le contraire. 

8)  Le recourant invoque dans son recours une « violation de l’accord bilatéral 
dit Dublin, avec l’Union européenne ».  

  Il développe toutefois une argumentation contradictoire, indiquant ne pas 
avoir déposé de demande d’asile en Italie mais revendiquer le bénéfice de l’accord 
du 26 octobre 2004 entre la Confédération suisse et la Communauté européenne 
relatif aux critères et aux mécanismes permettant de déterminer l'État responsable 
de l'examen d'une demande d'asile introduite dans un État membre ou en Suisse 
(AAD - RS 0.142.392.68) pour être renvoyé vers l’Italie.  

  Le grief est infondé. 

9)  Le recourant se plaint d’une violation du principe de la proportionnalité. 

 a.  La détention administrative doit respecter le principe de la proportionnalité, 
garanti par l'art. 36 Cst., qui se compose des règles d'aptitude – exigeant que le 
moyen choisi soit propre à atteindre le but fixé –, de nécessité – qui impose 
qu'entre plusieurs moyens adaptés, on choisisse celui qui porte l'atteinte la moins 
grave aux intérêts privés – et de proportionnalité au sens étroit – qui met en 
balance les effets de la mesure choisie sur la situation de l'administré et le résultat 
escompté du point de vue de l'intérêt public (ATF 125 I 474 consid. 3 et les arrêts 
cités ; arrêt du Tribunal fédéral 1P.269/2001 du 7 juin 2001 consid. 2c ; 
ATA/189/2015 du 18 février 2015 consid. 7a). 

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  À teneur de l’art. 76 al. 4 LEtr, les démarches nécessaires à l'exécution du 
renvoi ou de l'expulsion doivent être entreprises sans tarder. 

  Aux termes de l’art. 79 LEtr, la détention en phase préparatoire et la 
détention en vue du renvoi ou de l’expulsion visées aux art. 75 à 77 ainsi que la 
détention pour insoumission visée à l’art. 78 ne peuvent excéder six mois au total 
(al. 1) ; la durée maximale de la détention peut, avec l’accord de l’autorité 
judiciaire cantonale, être prolongée de douze mois au plus et, pour les mineurs 
âgés de 15 à 18 ans, de six mois au plus, dans les cas suivants : a. la personne 
concernée ne coopère pas avec l’autorité compétente ; b. l’obtention des 
documents nécessaires au départ auprès d’un État qui ne fait pas partie des États 
Schengen prend du retard (al. 2). 

 b. En l’espèce, conformément à l’art. 78 al. 2 LEtr, la détention a été ordonnée 
pour un mois, soit jusqu’au 28 août 2017. M. A______ a été placé en détention 
administrative le 24 mars 2017 et se trouve en détention pour insoumission depuis 
le 28 juillet 2017. La détention pour insoumission prononcée respecte la durée 
maximale admissible en vertu de l’art. 79 LEtr.  

  Compte tenu de l’attitude du recourant, de ses déclarations constantes 
refusant son retour vers l’Algérie, de son obstruction physique à son renvoi, 
aucune mesure moins incisive n’est apte à inciter le recourant à partir de son 
propre gré. La détention pour insoumission respecte le principe de la 
proportionnalité. 

10)  Le recourant allègue que son renvoi est impossible au sens de l’art. 80 al. 6 
LEtr. 

 a.  À teneur de l’art. 80 al. 6 let. a LEtr, la détention est levée si le motif de 
la détention n'existe plus ou l'exécution du renvoi ou de l'expulsion s'avère 
impossible pour des raisons juridiques ou matérielles, une telle impossibilité 
supposant en tout état de cause notamment que l'étranger ne puisse pas sur une 
base volontaire quitter la Suisse et rejoindre son État d'origine, de provenance ou 
un État tiers (arrêt du Tribunal administratif fédéral E-6668/2012 du 22 août 2013 
consid. 6.7.1). 

  Tant que l'impossibilité du renvoi dépend de la volonté de l'étranger de 
collaborer avec les autorités, celui-ci ne peut pas se prévaloir de l'art. 80 al. 6  
let. a LEtr en cas de détention pour insoumission. Il ne peut faire valoir 
l'impossibilité du renvoi pour justifier sa libération que si cette situation n'est pas 
en lien avec son obligation de collaborer en application de l'art. 78 al. 6 let. a LEtr 
(arrêts du Tribunal fédéral 2C_639/2011 précité consid. 4.1 ; 2C_624/2011 précité 
consid. 3 ; ATA/336/2017 du 22 mars 2017 ; ATA/567/2016 du 1er juillet 2016). 
Le refus constant de collaborer du détenu ne permet à lui seul pas d'en déduire que 
la détention pour insoumission n'est plus propre à atteindre son but ; il ne s'agit 

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que d'un élément à prendre en considération parmi l'ensemble des circonstances, 
sous peine d'aboutir au résultat que le maintien en détention serait d'autant moins 
justifié que la personne refuse avec force son renvoi (arrêt du Tribunal fédéral 
2C_984/2013 du 14 novembre 2013 consid. 3.2 et les arrêts cités ; ATA/226/2014 
du 8 avril 2014). 

 b. Le recourant expose encore que le renvoi en Algérie serait impossible, 
puisque les renvois par vol spécial ne sont pas autorisés. Le Tribunal fédéral a 
récemment rappelé que si l'Algérie n'acceptait effectivement pas le rapatriement 
de ses ressortissants par des vols spéciaux, les renvois sous la contrainte à 
destination de ce pays pouvaient être effectués sur des vols de ligne (arrêt du 
Tribunal fédéral 2C_47/2017 précité). De surcroît, la détention administrative 
pour insoumission vise aussi les situations dans lesquelles un État refuse de 
reprendre ses citoyens, renvoyés sous la contrainte. L’art. 78 LEtr vise ainsi à 
obtenir la collaboration de l’étranger à son retour (Minh SON NGUYEN/Cesla 
AMARELLE, op. cit., p. 832-833 et p. 844).  

  Le recourant cite deux arrêts du Tribunal fédéral à l’appui de son 
argumentation. Il leur donne toutefois un sens que ceux-ci n’ont pas, comme le 
précisent les extraits ci-dessus des arrêts 2C_624/2011 et 2C_984/2013 précités. 

  L’argument est infondé.  

11)  Le recourant se limite pour le surplus à invoquer des violations des art. 5 § 1 
let. f et 3 CEDH sans les étayer. Un récent arrêt du Tribunal fédéral rappelle 
toutefois que les renvois vers l’Algérie sont possibles (arrêt du Tribunal fédéral 
2C_47/2017 du 9 février 2017 consid. 5.4 et les références citées ; 
ATA/1174/2017 du 8 août 2017 consid. 8b). Par ailleurs, la décision du SEM, 
dont il n’est pas indiqué qu’elle aurait fait l’objet d’un recours, nie toute violation 
de l’art. 3 CEDH. 

12)  Les arguments qui précèdent valent mutatis mutandis pour la demande de 
mise en liberté formée par le recourant.  

13) Mal fondé, le recours sera donc rejeté.  

  Vu la nature du litige, aucun émolument ne sera perçu (art. 87 al. 1 LPA et 
art. 12 al. 1 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en procédure 
administrative du 30 juillet 1986 - RFPA- E 5 10.03). Vu l’issue de celui-ci, 
aucune indemnité de procédure ne sera allouée (art. 87 al. 2 LPA). 

 

* * * * * 
 
 
 

- 11/11 - 

A/3193/2017 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 10 août 2017 par Monsieur A______  contre le 
jugement du Tribunal administratif de première instance du 31 juillet 2017 ; 

au fond : 

le rejette ; 

dit qu'il n'est pas perçu d'émolument, ni alloué d'indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours 
qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en 
matière de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 
moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être 
adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession 
du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Me Michael Mitzicos-Giogios, avocat du recourant, au 
commissaire de police, à l'office cantonal de la population et des migrations, au 
Tribunal administratif de première instance, au secrétariat d'État aux migrations, ainsi 
qu'au centre Frambois LMC, pour information. 

Siégeant : Mme Payot Zen-Ruffinen, présidente, M. Thélin, Mme Junod, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

S. Husler-Enz 
 

 la présidente siégeant : 
 
 

F. Payot Zen-Ruffinen  
 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 
 
Genève, le   la greffière :