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**Case Identifier:** 533b9e94-3b82-5ef7-895a-1a4a6dfe9f09
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2002-11-20
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 20.11.2002 C/15818/2001
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-15818-2001_2002-11-20.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE  Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/15818/2001-4 
 

POUVOIR  JUDICIAIRE * COUR D’APPEL* 

 

 

 

 

 

T__________ 

Dom. élu : Me Christian BRUCHEZ 

Rue d’Aoste 1 

Case postale 3647 

1211 GENEVE  3 

 

 

 

 

 

 

Partie appelante 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

D’une part 

 

E__________ TRUST 

Dom. élu : Me Antoine BERTHOUD 

Rue de la Corraterie 14 

Case postale 5209 

1211 GENEVE  11 

 

 

 

 

 

 

Partie intimée 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
D’autre part 

 

 

 

 

 

ARRET 
 

rendu suite à l’audience du 20 novembre 2002 

 

 

  M. Christian MURBACH, président 

 

 

  MM. Jean-François HUGUET et Denis MATHIEU, juges employeurs 

 

  MM. Richard JEANMONOD et Yves DELALOYE, juges salariés 

 

 

  M. Florian BAIER, greffier d’audience 

 

 

 

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EN FAIT 

 

A. a) T__________ a été engagé à partir du 1
er

 mars 1996 par E__________ 

FIDES TRUST SA, devenu ultérieurement E__________ TRUST, entité 

juridiquement autonome des autres sociétés de E__________ GROUP, en qualité 

de « responsable du groupe de support TBS ». Son salaire mensuel s’élevait à 

fr. 10'690.--, versé 13 fois l’an, soit fr. 138'970.-- par année. 

 

b) La lettre d’engagement précisait, par ailleurs, que T__________ entrait en 

classe de fonction 6 et que la partie variable de son salaire était « décrite » par le 

règlement No F-2.00 de l’entreprise. 

 

Ledit règlement, dont la version en vigueur depuis le 28 août 1995, prévoyait 

notamment une « partie individuelle et variable du salaire », fixée en pour-cent du 

salaire de base, « mesurée en fonction de la réalisation des objectifs fixés » ; si 

ceux-ci étaient atteints, la part individuelle et variable s’élevait à 8%. Ce même 

règlement prévoyait, en outre, le versement d’un bonus pour les collaborateurs 

situés en classe de fonction 7 à 9, avec les précisions que, pour que ledit bonus 

soit attribué, aucune des parties au contrat de travail ne devait avoir dénoncé 

celui-ci avant la fin de l’année de référence et que le bonus était versé à la fin du 

mois de mars suivant l’année de référence, sous la forme d’actions de la société. Il 

était encore indiqué que le montant dudit bonus s’établissait « en fonction du 

résultat global de l’entreprise, ainsi que de la performance personnelle et de la 

contribution apportée par les collaborateurs au succès de l’entreprise dans son 

domaine de responsabilité » et que « son montant précis était fixé par la direction 

générale ». 

 

c) Pour l’année 1996, T__________ s’est vu octroyer une part individuelle et 

variable du salaire correspondant aux 8% de son gain annuel, soit la somme de 

fr. 9'265.--. 

 

d) Pour l’année 1997, le règlement sur la fixation du salaire No F-2.00 a été 

modifié et les changements, que T__________ a tacitement approuvés, intégrés à 

son contrat de travail. 

 

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En raison de la nouvelle description des classes de fonction résultant du règlement 

susmentionné, T__________ est passé en classe de fonction 3, de sorte que son 

salaire a été augmenté à fr. 10'800.-- par mois, versé 13 fois l’an, soit fr. 140'400.-

- par année. 

 

Ledit salaire mensuel a été porté à fr. 12'110.--, versé 13 fois l’an, à partir du 1
er

 

juillet 1997. 

 

T__________ ayant, en 1997, dépassé les objectifs qui lui avaient été fixés, une 

part individuelle et variable de son salaire de 12%, s’élevant à fr. 17'870.--, lui a 

été versée. 

 

Par ailleurs, en 1997 également, T__________ a bénéficié de primes 

exceptionnelles de, respectivement, fr. 3'000.-- et fr. 8'000.--, en raison des efforts 

consentis dans le cadre de la restructuration et du déménagement de E__________ 

TRUST. 

 

e) Le 1
er

 janvier 1998, T__________ a été promu à la classe de fonction 4 

(membre de la direction), de sorte que, conformément à la réglementation en 

vigueur, son salaire lui était désormais versé 12 fois l’an, mais sa rémunération 

était portée à fr. 13'120.-- par mois, soit fr. 157'440.-- par an. En outre, compte 

tenu de son appartenance à la classe de fonction 4, T__________ pouvait, en sus, 

bénéficier du bonus prévu à l’art. 6 du règlement pour la fixation du salaire  F-

2.00 qui avait la teneur suivante : 

 

-« La direction générale peut décider de l’attribution d’un bonus pour les 

collaboratrices/teurs des classes de fonction 4+5. Il ne constitue pas une part 

de salaire et ne peut, à ce titre, faire l’objet de prétentions de la part des 

collaboratrices/teurs. 

-Condition préalable pour que le bonus soit attribué : aucune des parties au 

contrat de travail ne doit avoir dénoncé celui-ci avant la fin de l’année de 

référence ». 

 

Un exemplaire du règlement susmentionné était joint à la lettre que E__________ 

TRUST a adressée à T__________ pour l’informer de sa promotion. 

 

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f) En 1998, T__________ s’est vu octroyer un bonus de fr. 12'000.--. Le courrier 

du 23 février 1999 l’en informant, précisait que : « l’attribution d’un bonus ne 

constitue en aucun cas la base d’un droit acquis pour les années à venir au 

versement total ou partiel d’un bonus ». 

 

Quant à la partie variable du salaire touché par  T__________ pour l’année 1998, 

elle s’est élevée à fr. 18'892,80 (soit 12% de son salaire annuel). 

 

g) En 1999, E__________ TRUST a complètement modifié les bases de calcul 

des rémunérations versées à ses collaborateurs.  

 

Par la voie d’un nouveau règlement pour la fixation du salaire No F-2.00, la partie 

individuelle et variable du salaire, avec un pourcentage fixe en fonction de la 

réalisation des objectifs individuels, était supprimée et remplacée par un bonus 

octroyé à toutes les classes de fonction de salariés de la société. 

 

Ainsi, le règlement précité, qui entrait en vigueur le 1
er

 janvier 1999, comportait 

un art. 5 dont la teneur était la suivante : 

 

-« le CEO peut décider de l’attribution d’un bonus pour les collaborateurs 

de toutes les classes de fonction. Il ne constitue pas une part de salaire et ne 

peut, à ce titre, faire l’objet de prétentions de la part des collaborateurs. 

Une condition préalable pour l’attribution d’un bonus est, qu’à l’échéance 

du bonus, le collaborateur soit sous contrat et que celui-ci n’ait pas été 

dénoncé. 

Cette même disposition indiquait également que le versement d’un bonus 

dépendait du résultat obtenu par le collaborateur à travers son Mbo 

(Management by Objectives), ainsi que du résultat de l’entreprise. » 

 

Il était également précisé qu’ « avec le versement d’un bonus, nous voulons 

honorer la performance réalisée ; mais aussi donner un encouragement pour des 

performances futures ». 

 

L’entrée en vigueur du nouveau règlement susmentionné a eu notamment pour 

conséquence que E__________ TRUST a revu les rémunérations qu’elle versait à 

ses collaborateurs. S’agissant de T__________, E__________ TRUST a décidé 

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de maintenir celui-ci à son montant de 1998, soit fr. 157'440.-- par an, et ce en 

dépit de la suppression du système de la part individuelle et variable du salaire. 

 

Cette décision a été expliquée à T__________ lors d’un entretien qui a eu lieu le 

22 janvier 1999 avec A__________, directeur de la succursale de Genève, 

entretien au cours duquel T__________ a également été informé du fait que si les 

nouvelles conditions salariales qui lui étaient proposées ne lui convenaient pas, il 

pouvait décider de mettre fin au contrat de travail aux anciennes conditions en 

respectant le délai de congé. 

 

T__________ n’a pas fait usage de cette possibilité. 

 

h) Pour l’année 1999, en raison des très bonnes performances de T__________, 

E__________ TRUST lui a octroyé un bonus de fr. 35'000.--. Le courrier du 15 

février 2000 l’en informant précisait que « le présent bonus exclut toute prétention 

future au versement d’un bonus d’un montant égal ou inférieur ». 

 

T__________ n’a pas émis la moindre observation au sujet du mode de calcul de 

son salaire pour l’année 1999. 

 

i) En revanche, il a, au début du mois de mars 2000, sollicité une augmentation de 

son salaire en se fondant sur une comparaison qu’il avait effectuée avec quatre 

établissements bancaires genevois. Ainsi, il souhaitait que sa rémunération soit 

constituée d’un salaire de base de fr. 186'000.-- et d’un bonus de fr. 40'000.--. 

 

E__________ TRUST a informé T__________ qu’il ne pouvait pas donner suite à 

ses prétentions, notamment parce que la société ne déployait pas une activité dans 

le secteur bancaire et que l’intéressé retenait dans son demande comme critères 

une « formation supérieure » ainsi qu’une « formation complémentaire » alors 

qu’il n’avait jamais obtenu de titre universitaire. 

 

j) Le 1
er

 août 2000, le règlement pour la fixation du salaire et du bonus No F-2.00 

a été modifié sur des points n’intéressant toutefois pas la présente cause. Il était 

notamment indiqué que le but recherché en matière de rémunération était 

« d’atteindre la Total Compensation (salaire de base  + frais forfaitaires + bonus) 

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individuelle conforme au marché ». 

 

k) Durant l’année 2000, les rapports entre les parties se sont dégradés. 

 

A cet égard, T__________ soutient que cette situation été le résultat de sa 

demande d’augmentation de rémunération formulée au mois de mars 2000 alors 

que E__________ TRUST affirme que seule la diminution sensible de la 

productivité du département dont T__________ avait la responsabilité, ainsi 

qu’une attitude inadéquate de ce dernier vis-à-vis notamment de ses 

collaborateurs, en a été la cause.  

 

A cet égard, les critiques formulées par E__________ TRUST à l’égard de 

T__________ ont été ténorisées dans un courrier qui lui a été adressé le 31 août 

2000, critiques que  T__________ a réfutées dans une lettre du 28 septembre 2000 

adressée au responsable des ressources humaines de E__________ TRUST, lettre 

dans laquelle, par ailleurs, il a fait part de sa décision de résilier son contrat de 

travail pour le 31 décembre 2000. 

 

l) Après avoir réclamé en vain le versement d’un bonus pour l’année 2000, puis 

d’une indemnité pour tort moral de fr. 20'000.--, T__________ a, en date du 20 

juillet 2001, assigné E__________ TRUST devant la juridiction des 

prud’hommes,  sollicitant que son ex-employeur soit condamné à lui verser 

fr. 50'000.-- au titre de bonus 2000 et fr. 20'000.-- d’indemnité pour tort moral. 

 

Lors de l’audience du 21 novembre 2001 devant le Tribunal des prud’hommes, 

T__________ a indiqué avoir retrouvé au tout début de cette année-là, un nouvel 

emploi rémunéré à hauteur de fr. 234'000.-- par an, sans bonus. 

 

Lors de la comparution personnelle des parties du 21 novembre 2001 devant ce 

même Tribunal, le représentant du E__________ a déclaré que les bonus versés 

pour l’année 2000 aux employés du « back-office » avaient été supérieurs à ceux 

de 1999 pour certains collaborateurs et pas pour d’autres. 

 

Les trois collaborateurs du E__________ TRUST entendus en qualité de témoins 

lors de cette même audience ont tous indiqué que le bonus qu’ils avaient touché 

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pour l’année 2000 avait été supérieur à celui de l’année précédente (soit 

respectivement de 250%, 100% et 12%). 

 

m) Par jugement daté du 21 novembre 2001, notifié le 6 juin 2002, le Tribunal des 

prud’hommes a débouté T__________ de toutes ses conclusions. S’agissant du 

bonus, les premiers juges ont retenu que T__________ avait accepté le règlement 

F-2.00 ainsi que sa clause excluant l’attribution d’un bonus en cas de résiliation 

du contrat de travail et que cette acceptation ne violait pas la liberté contractuelle ; 

dès lors que l’intéressé avait résilié son contrat le 28 septembre 2000, il avait, dès 

ce moment-là, perdu son droit audit bonus. 

 

 B. Par acte déposé au greffe de la Cour de céans le 8 juillet 2002, T__________ 

appelle de ce jugement, concluant à son annulation et à ce que E__________ 

TRUST soit condamné à lui verser la somme de fr. 50'000.-- à titre de bonus pour 

l’année 2000. 

 

Dans son mémoire de réponse du 29 août 2002, l’intimée a conclu au 

déboutement de l’appelant de toutes ses conclusions et à la confirmation du 

jugement entrepris. 

 

Lors de l’audience du 20 novembre 2002 devant la Cour de céans, les parties ont 

persisté dans leurs explications et conclusions de leurs écritures respectives, 

précisant n’avoir aucune remarque à formuler à leur sujet. 

 

Leurs arguments seront repris dans la mesure utile ci-dessous. 

 

                                                           EN DROIT 

 

1. Interjeté dans les forme et délai prévus à l’art. 59 de la loi sur la juridiction des 

prud’hommes (ci-après LJP), l’appel est recevable. 

 

2. Relevant que le règlement pour la fixation du salaire et du bonus du 1
er

 août 

2000, prévoyant que le bonus constituait, avec le salaire de base et les frais 

forfaitaires, un élément essentiel pour la détermination de la « Totale 

Compensation », que le budget pour la rémunération prenait déjà en compte le 

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montant des bonus pour déterminer les coûts salariaux et que le versement d’un 

bonus dépendait du résultat atteint par le collaborateur ainsi que du résultat de 

l’entreprise, l’appelant soutient que le bonus prévu par E__________ TRUST 

constituait une forme de participation aux résultats de l’exploitation de 

l’entreprise, au sens de l’art. 322a CO, et non pas la simple gratification prévue à 

l’art. 322d CO. 

 

S’appuyant sur l’opinion de Kurt MEIER (Rechtsprobleme zum Bonus im 

Arbeitsverhältnis, in ArbR. 2001, p. 61 s./p. 70 s.), T__________ affirme que 

lorsque le bonus constitue une part importante de la rémunération du salarié           

- comme c’était son cas puisqu’en 1999 le bonus qu’il avait reçu représentait plus 

de 22% de sa rémunération de base -, il n’est plus possible d’admettre que son 

versement est laissé à l’entière discrétion de l’employeur. Ainsi, selon l’appelant, 

il faut considérer, d’après les règles de la bonne foi, qu’en l’occurrence la clause 

prévue dans le règlement de l’intimée, stipulant la déchéance du droit au bonus en 

cas de contrat résilié, ne correspondait pas à la réelle volonté des parties dans la 

mesure où il n’était pas envisageable qu’il ait pu accepter que sa rémunération 

totale pour l’année 2000 soit fixée à seulement fr. 157'000.-- alors qu’elle était de 

fr. 177'785.-- en 1997, de fr. 188'332.-- en 1998 et de fr. 192'440.-- en 1999. 

 

De surcroît, T__________ affirme que la clause supprimant le droit au bonus en 

cas de résiliation du contrat contrevient aux dispositions impératives des articles 

335 al. 1 CO (liberté du congé) et 335a al. 1 CO (parité des délais de congé). A 

cet égard, l’appelant fait également référence à Kurt MEIER (op. cit., p. 74-75) 

qui soutient que si la clause relative à la déchéance du bonus était applicable, elle 

aurait pour effet d’empêcher les salariés de donner leur congé avant la fixation du 

bonus s’ils ne voulaient pas perdre le bénéfice de ce dernier, ce qui entraverait 

gravement la liberté du congé. 

 

Enfin, selon l’appelant, le fait d’avoir été privé du bonus pour 2000 alors qu’il 

avait travaillé toute l’année et que ses collègues avaient reçu un bonus pour cette 

année-là, constituait une inégalité de traitement contraire à l’art. 328 al. 1 CO. 

 

b) L’intimé soutient une thèse exactement inverse. 

 

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Pour lui, le bonus prévu dans le règlement No F-2.00 ne saurait constituer une 

forme de participation aux résultats de l’exploitation de la société au sens de l’art. 

322a CO, ne serait-ce que parce que la part de ces résultats n’est pas déterminée 

ou facilement déterminable et que, d’une manière générale, il ressortait de la 

jurisprudence la plus récente (soit ArbG ZH  du 28.4.2000, AJP/PJA 10/2000 p. 

1293) qu’un bonus dont le versement était lié aux résultats de l’entreprise ainsi 

qu’aux performances du collaborateur devait être qualifié de gratification. 

 

E__________ TRUST affirme également que T__________, ayant expressément 

admis être lié par les nouvelles modalités de calcul du salaire entrées en vigueur 

en 1999 - qui prévoyaient, notamment, le versement d’un salaire fixe ainsi que 

d’un bonus discrétionnaire ne pouvant pas faire l’objet de prétentions de la part 

des collaborateurs de la société, règlement qui n’avait pas changé sur ce point lors 

de son remplacement en août 2000 -, ne pouvait pas prétendre aujourd’hui ne pas 

avoir voulu être lié par ces nouvelles conditions dont il avait bénéficié en 1999 en 

touchant un bonus substantiel lié à ses excellentes performances dans la 

réalisation des objectifs qui lui avaient été fixés. 

 

Enfin, l’intimé fait valoir que tant pour la doctrine dominante que la 

jurisprudence, une clause excluant le versement d’un bonus en cas de résiliation 

d’un contrat de travail est généralement admissible, à moins qu’une telle clause 

soit de nature à restreindre la liberté économique du travailleur de mettre fin au 

contrat de travail, à savoir lorsque le travailleur est menacé dans son existence 

économique, son salaire de base sans le bonus étant insuffisant pour assurer ses 

besoins essentiels, ce qui n’était à l’évidence pas le cas en l’espèce puisque la 

partie fixe du salaire dont bénéficiait T__________, soit fr. 157'440.-- par an, lui 

permettait de couvrir ses dépenses. En outre, l’appelant avait trouvé en 2001 un 

nouvel emploi lui procurant une rémunération annuelle de fr. 234'000.--, de sorte 

que ses intérêts économiques n’avaient jamais été mis en péril. 

 

c) Les différents règlements édictés par l’intimé concernant la fixation du salaire 

(éditions de 1995 à fin juillet 2000), puis le règlement pour la fixation du salaire et 

du bonus du 1
er

 août 2000 - règlements dont il n’est pas contesté qu’ils étaient 

applicables sans restriction à l’appelant - font mention d’un « bonus » octroyé à 

titre discrétionnaire fixé en fonction du résultat global de l’entreprise, ainsi que 

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des performances individuelles de ses collaborateurs. Les règlements de 1999 et 

de 2000 précisent que le bonus est versé en espèces ou sous forme d’actions du 

E__________ GROUP. 

 

 A deux reprises au moins (courriers des 23 février 1999 et du 15 février 2000), 

T__________ a été informé par l’intimé du caractère exclusivement 

discrétionnaire du bonus qui lui était alloué. 

 

Il apparaît ainsi manifeste que la rémunération versée à T__________ en sus de 

son salaire de base ne constituait pas une participation aux résultats de 

l’exploitation du E__________ TRUST au sens de l’art. 322a CO, ne serait-ce que 

parce qu’une telle participation - ce qui n’est pas le cas en l’espèce - doit être 

prévue par contrat et donne droit au travailleur, sans que l’employeur puisse en 

décider l’octroi à sa guise, d’une part du bénéfice ou du chiffre d’affaires ou une 

participation au résultat de l’exploitation de l’entreprise, sans dépendre de la 

performance individuelle du travailleur. 

 

Au demeurant, depuis son engagement par E__________ TRUST jusqu’à la 

résiliation du contrat de travail, l’appelant n’a jamais réclamé une part du bénéfice 

ou du chiffre d’affaires ou une quelconque participation au résultat de 

l’exploitation de l’intimé. 

 

En revanche, il est admis qu’un bonus dont le versement est lié au résultat de 

l’entreprise ainsi qu’aux performances de ses collaborateurs - comme c’est le cas 

en l’occurrence - constitue une gratification au sens de l’art. 322d CO (ArbG ZH  

du 28.4.2000, AJP/PJA 10/2000 p. 1293). De même, tant la doctrine dominante 

que la jurisprudence (WYLER, Droit du travail, 2002, p. 121-122 et les références 

jurisprudentielles et doctrinales citées) admettent qu’il est tout à fait possible de 

prévoir contractuellement que l’employé qui est encore au service de l’employeur 

au moment de l’occasion donnant lieu à la gratification, mais dont le rapport de 

travail a déjà été résilié, n’a pas droit à la gratification ou que cette gratification 

sera réduite. En particulier, une telle gratification rémunère non seulement les 

activités passées mais est également destinée à encourager l’employé à fournir des 

efforts dans la poursuite des rapports de travail. 

 

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 Une telle restriction introduite contractuellement ne doit pas être non plus 

considérée comme une restriction du droit de l’employé de résilier son contrat, ni 

comme une rupture du principe de l’égalité des parties instituée par l’art. 335a CO 

s’agissant des délais de résiliation. En effet, le CO n’exige pas que les parties 

soient traitées de manière égale s’agissant des modalités de résiliation du contrat, 

une telle convention n’est pas non plus contraire à l’art. 27 CC ou à tout le moins 

dans la mesure où elle ne livre pas le travailleur à l’arbitraire de l’employeur et 

que le paiement de la gratification ne met pas en danger les fondements de 

l’existence économique du travail, c’est-à-dire son minimum vital (WYLER, op. 

cit., p. 121-122 et les références jurisprudentielle citées). 

 

Dès lors, le point de vue de l’appelant - qui ne soutient par ailleurs pas que la 

clause du règlement de l’intimé ne donnant pas droit au paiement du bonus en cas 

de résiliation du contrat de travail mettait en danger le fondement de son existence 

économique - ne saurait être suivi. 

 

C’est ainsi à juste titre que les premiers juges ont débouté l’appelant de ses 

prétentions relatives au bonus dans la mesure où il avait résilié son contrat de 

travail avant la fin de l’année 2000, ce qui, selon le règlement auquel il était 

soumis, le privait de l’octroi d’un bonus. 

 

L’appel doit, par conséquent, être rejeté.  

 

3. En tant qu’il succombe, T__________ supportera l’émolument d’appel (art. 78 

al. 1 LJP). 

 

PAR CES MOTIFS 

La Cour d’appel des prud’hommes, groupe 4 

 

A la forme : 

 

Déclare recevable l’appel interjeté par T__________ contre le jugement, daté du 

21 novembre 2001, rendu par le Tribunal des prud’hommes dans la cause 

C/15818/2001-4. 

 

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Au fond : 

 

Le rejette. 

 

Laisse à la charge de T__________ l’émolument de mise au rôle qu’il a payé. 

 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le greffier de juridiction Le président