# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 0f1541f0-7f89-5a82-801d-fa6c2c521079
**Source:** Valais/Wallis (VS)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-07-17
**Language:** fr
**Title:** Wallis Sonstiges Gericht Sonstige Kammer 17.07.2023 A3 22 41
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VS_Gerichte/VS_BZG_999_A3-22-41_2023-07-17.pdf

## Full Text

A3 22 41 

 

 

ARRÊT DU 17 JUILLET 2023 

 

Tribunal cantonal 

Cour de droit public 

 

Le juge soussigné de la Cour de droit public du Tribunal cantonal statuant en appel sur 

la base de l’art. 34m de la loi du 6 octobre 1976 sur la procédure et la juridiction admi-

nistratives (LPJA ; RS/VS 172.6) en relation avec l’art. 1 al. 1 a contrario et avec les 

art. 398 ss du code de procédure pénale suisse (CPP ; RS 312.0) 

 

dans la cause 

 
 

X _________, A _________, appelant, représenté par Maître Alicia Solioz, avocate, 

1951 Sion 

 

contre 

 

CONSEIL COMMUNAL DE Y _________, B _________, autorité attaquée 

 

(contravention à la LC) 

appel contre la décision du 28 octobre 2022 

 

 

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Faits 

 

A. Le 21 décembre 2012, le Conseil communal de C _________ autorisa D _________ SA, 

de siège à E _________ et propriétaire de la parcelle n° 4423 du cadastre municipal, à 

transformer et à agrandir, selon des plans dessinés par l’architecte X _________, le chalet 

occupant cet immeuble classé en zone à bâtir (permis 2012-456). 

B. Le 24 octobre 2016, le Conseil communal prit un mandat de répression infligeant à  

D _________ SA une amende de 2000 fr. pour avoir réalisé son projet autrement que décrit 

dans les plans qu’approuvait l’autorisation du 21 décembre 2012 (permis 2012-456), sans 

que celle-ci ait été modifiée ; les parties non autorisées de l’ouvrage étaient un local 

supplémentaire de 30 m2 en sous-sol et des contre-toits dont l’orientation différait de celle 

figurant dans ces plans). 

La décision du 24 octobre 2016 exigeait le dépôt d’un dossier complet en vue de l’octroi 

d’une autorisation complémentaire, ainsi que l’inscription, en faveur de la commune, d’une 

servitude de non-changement d’affectation de surfaces ne comptant pas quant à 

l’application de l’indice d’utilisation. 

C. Le 17 juin 2020, le président de C _________ et le secrétaire communal écrivirent à  

D _________ SA que le Service municipal des constructions avait constaté, le 19 décembre 

2013, l’exécution de travaux différents de ceux qu’avait autorisés le permis 2012-456 (ajout 

d’un étage en sous-sol et changement de volume d’une annexe du bâtiment). D _________ 

SA était priée de se déterminer dans les 20 jours sur ces faits qui pouvaient entraîner une 

amende de construction. 

Le 22 juin 2020, D _________ SA observa que les travaux en cause lui avaient déjà valu 

l’amende de 2000 fr. décidée le 24 octobre 2016, et qu’elle avait payée. Ils avaient, en outre, 

été régularisés après coup par l’octroi d’une autorisation de bâtir complémentaire obtenue 

le 12 mai 2020 au vu d’un dossier remis le 5 mars 2020 au bureau communal. D _________ 

SA donnait aussi diverses explications sur le temps qu’elle avait mis à fournir ce dossier. 

Se référant à la lettre susmentionnée du 7 juillet 2020 à D _________ SA, X _________ 

informa, le 7 juillet 2020, le Service communal des constructions qu’il contestait la légalité 

d’une éventuelle amende en sus de celle résultant du mandat de répression du 24 octobre 

2016. Il souligna que les travaux initialement non autorisés concernaient une surface non 

habitable en sous-sol et une réduction de volume. 

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D.  Le 9 octobre 2020, le Conseil communal rendit un mandat de répression condamnant  

X _________ à une amende de 2500 francs. Tablant sur l’art. 61 de la loi du 15 décembre 

2018 sur les constructions (LC ; RS/VS 705.1), cette décision reprochait au prévenu de ne 

pas avoir obtempéré à un ordre du 9 septembre 2016 lui enjoignant de déposer un dossier 

de régularisation, arrivé le 8 mars 2020, après 8 rappels. Il avait, sur un assez long laps de 

temps, sciemment remis des pièces incomplètes et insuffisantes, de sorte qu’il avait manqué 

à son obligation de se conformer « dans les délais impartis aux ordres de police » qu’il avait 

reçus. 

E.  Le 2 novembre 2020, X _________ forma une réclamation que rejeta, le  

28 octobre 2022, le Conseil communal de Y _________. 

F.  Le 18 novembre 2022, X _________ appela de ce prononcé, en concluant à son 

acquittement et à l’allocation de dépens. 

Le 9 décembre 2022, le Conseil communal de Y _________ conclut au rejet de l’appel. 

L’appelant répliqua le 29 décembre 2022. Il renonça à comparaître à des débats.   

 

Considérant en droit 

 

1. L’appel est recevable (art. 34m lit. a et b LPJA ; art. 29 al. 1 lit. a, 30, 399 CPP) ; les 

objections développées à ce sujet au ch. 1 du mémoire du 9 décembre 2022 de l’autorité 

attaquée ne sont pas pertinentes, car elles arguent de l’art. 398 al. 4 CPP qui limite le 

pouvoir d’examen de la juridiction d’appel dans le contentieux des contraventions de 

droit fédéral, mais non dans celui des contraventions de droit cantonal (cf. art. 1 al. 1 

CPP), où l’art. 34m LPJA n’impose pas de telles restrictions (cf. art. 1 al. 3, 2 11 al. 3, 38 

al. 2 lit. b de la loi d’application du 11 février 2009 du CPP - LACPP ; RS/VS 311.0).   

2.  Applicable jusqu’au 31 décembre 2017, l’art. 51 al. 3 de la loi du 8 février 1996 sur 

les constructions (aLC) prescrivait qu’une décision de remise en état des lieux rendue à 

la suite d’un constat établissant l’existence de travaux non autorisés (al. 1) devait 

comporter « le cas échéant, l’indication de la possibilité de déposer une nouvelle 

demande » aux fins de régulariser la construction par l’octroi a posteriori d’un permis de 

bâtir. A teneur de l’art. 51 al. 4 aLC, le dépôt d’une pareille demande dans les 30 jours 

suspendait la décision de remise en état des lieux (lit. a) ; l’autorité compétente devait 

alors examiner dans le cadre de cette procédure si l’ouvrage pouvait être totalement ou 

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partiellement autorisé (lit. b) et la décision de remise en état des lieux devenait caduque 

dans la mesure correspondant à l’autorisation, si l’ouvrage était régularisé (lit. c).  

La loi homonyme du 15 décembre 2016 (LC ; RS/VS 705.1) abroge l’aLC dès son entrée 

en vigueur au 1er janvier 2018. Son art. T1-1 al. 1 prévoit l’application du nouveau droit 

à toute décision rendue après cette date. 

Intitulé « remise en état et régularisation », l’art. 57 LC distingue le cas où une 

régularisation n’est pas d’emblée exclue (al. 2) et celui où elle n’entre manifestement 

pas en ligne de compte (al. 3). 

Dans la première hypothèse, l’autorité doit fixer à l’administré à qui les travaux illégaux 

sont imputables (perturbateur par situation et/ou par comportement) un délai pour former 

une demande d’autorisation régularisant son ouvrage ; si le perturbateur reste 

passif, l’autorité fait élaborer, à la charge de ce dernier, un dossier de requête 

d’autorisation de construire, la collectivité publique concernée disposant alors d’une 

hypothèque légale grevant l’immeuble en cause et garantissant le remboursement de la 

créance afférente à l’élaboration de ce dossier, de même que les frais de la procédure  

(art. 57 al. 2 LC). 

Dans la deuxième hypothèse, l’autorité doit directement prendre une décision 

astreignant le perturbateur à remettre dans un état conforme au droit des constructions 

le site de ses travaux illégaux et dont une régularisation après coup est hautement 

improbable (art. 57 al. 3 LC). 

3. L’accusation part de l’idée que que X _________ devait exécuter les décisions 

communales l’astreignant à formuler, pour D _________ SA, une demande de permis 

de régularisation des travaux non prévus dans le projet qu’autorisait le permis de bâtir 

communal du 21 décembre 2012, puis à compléter cette demande. En ne respectant 

pas cette obligation, ou en ne l’exécutant qu’avec un gros retard, le prévenu aurait 

encouru une condamnation au titre de l’art. 61 al. 1 lit. a LC menaçant d’une amende de 

1000 à 100 000 fr. celui qui en tant que responsable, notion incluant les architectes, ne 

se soumet pas à des ordres de police des constructions dont il est le destinataire. 

 

Il en allait de même sous l’empire de l’aLC (cf. son art. 54 al. 1 lit. a), dont les art. 2 et 

54 al. 1 attribuaient, comme le font aujourd’hui les art. 2 et 61 al. 1 LC, la répression de 

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cette contravention aux conseils communaux si elle était commise en zone constructible 

et sauf exceptions non pertinentes ici. 

4. La notion d’ordre de police des constructions qu’utilise l’art. 61 al. 1 lit. a LC à la suite 

de de l’art. 54 al. 1 lit. a aLC désigne clairement une décision à caractère impératif. Ces 

deux textes incriminent l’insoumission à une pareille décision de façon à en faciliter 

l’exécution (cf. art. 38 al. 1 lit. c LPJA). 

Or, l’art. 51 al. 3 lit. d et 4 lit. a aLC n’obligeait pas l’auteur de travaux illégaux à requérir 

leur autorisation subséquente ; il se bornait à inviter, en principe, l’autorité à le rendre 

attentif à cette faculté. L’art. 57 al. 2 LC est encore moins contraignant pour les 

particuliers, du moment qu’il oblige, en règle générale, l’autorité à se substituer à 

l’administré fautif et récalcitrant pour déposer la demande de régularisation qu’il n’a pas 

formulé dans le délai qui lui a été fixé (cons. 2). 

Partant, le Conseil communal se trompe en assimilant le comportement dont il accuse  

X _________ au fait de braver un ordre de police des constructions dans l’acception de 

l’art. 61 al. 1 lit. a LC (ou de l’art. 54 al. 1 lit. a LC). Ce comportement est, en effet, à 

qualifier plutôt comme l’omission par un architecte d’un acte de procédure qui n’était pas 

obligatoire, mais qui aurait pu être dans l’intérêt de sa mandante, ou comme un manque 

d’empressement à accomplir de type de démarche. 

5. Le prononcé entrepris impute ainsi à tort au prévenu une contravention qu’il n’a pas 

commise et dont il doit être acquitté. 

L’appel est accueilli pour cette raison (art. 34m lit. f LPJA ; art. 408 CPP), sans qu’on 

s’attarde sur tous les moyens soulevés de part et d’autre, ni sur la question de savoir si 

le procès est à juger selon le nouveau droit ou selon l’ancien droit, celui-là n’étant plus 

favorable que celui-ci à X _________ (art. 2 al. 2 du code pénal suisse du 21 décembre 

1937 – CP ; RS 311.0 ; art. 71 al. 1 de sa loi d’application du 12 mai 2017 - LACP ; RS/VS 

311.1). 

6. La commune de Y _________ paiera un émolument de justice de 380 fr., débours 

inclus ; elle versera 1300 fr. de dépens, débours et TVA compris, à X _________ 

(art. 424, 428 al. 1, 429 al. 1 lit. a CPP ; art. 1 al. 2 lit. c, 13 et 22 lit. f, 27, 36 de la loi du 

11 février 2009 fixant le tarif des frais et dépens devant les autorités judiciaires ou 

administratives - LTar ; RS/VS 173.8).  

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Prononce 
 

 

1. L’appel est admis. La décision attaquée est réformée. X _________ est acquitté de 

l’accusation de contravention à l’art. 61 al. 1 lit. a LC. Il est libéré de l’amende de 

2500 fr. critiquée.   

2. La commune de Y _________ paiera 380 fr. de frais de justice et versera 1300 fr. 

de dépens à X _________. 

3. Le présent arrêt est communiqué à Maître Alicia Solioz, avocate à Sion, pour  

X _________, et au Conseil communal de Y _________, à B _________. 

 

Sion, le 17 juillet 2023.