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**Case Identifier:** ecfc574d-570b-5803-abec-d6c36076ab82
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-08-02
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 02.08.2018 C/19271/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-19271-2017_2018-08-02.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 14.08.2018. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/19271/2017 ACJC/1060/2018 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU JEUDI 2 AOUT 2018 

 

Entre 

A______ SA, p.a. ______, ______, recourante contre un jugement rendu par la 19ème 
Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 8 mars 2018, comparant en 

personne, 

et 

B______ SARL, sise ______, intimée, comparant par Me Laure Heritier, avocate, place 
des Philosophes 8, 1205 Genève, en l'étude de laquelle elle fait élection de domicile. 

 

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C/19271/2017 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/3850/3018 du 8 mars 2018, reçu par les parties le 14 mars 
2018, le Tribunal de première instance a prononcé la mainlevée provisoire de 

l'opposition formée par A______ au commandement de payer poursuite  

n° ______ à concurrence de 6'399 fr. avec intérêts à 5% l'an dès le 24 février 2016 

(ch. 1 du dispositif), condamné cette dernière à payer à B______ 300 fr. à titre de 

frais judiciaires ainsi que 350 fr. à titre de dépens (ch. 2 et 3) et débouté les parties 

de toutes autres conclusions (ch. 4). 

B. a. Par acte daté du 23 mars 2018, mais expédié par voie postale le 31 mars 2018, 
et reçu par la Cour le 3 avril 2018, A______ a formé recours contre ce jugement.  

Au terme d'une argumentation prolixe et confuse, elle a relevé que sa partie 

adverse "n'a pas respecté la convention. Les articles III, IV, VI et VII de la 

Convention n'ont pas été exécutés ou non pas été exécutés dans le délai imparti". 

Elle a précisé que B______ a "fait preuve de mauvaise foi, abusant de son pouvoir 

(…), tentant pendant plusieurs semaines et par tous les moyens, la non-remise des 
codes nécessaires à la gestion du logiciel, espérant ainsi maintenir sous son 

emprise le logiciel (…) et, par-là, la société A______ elle-même, afin de s'assurer 
à l'avenir la maintenance du logiciel sur lequel [elle] s'était également attribué des 

droits d'hébergement C______ à l'insu de A______". 

Elle a ajouté que "le montant total que A______ demande à B______" pour 

remboursement des honoraires payés pour l'exécution de la convention du  

10 décembre 2015 (…) se monte (…) à CHF 10'962.50". 

Elle n'a pas pris de conclusions. 

Elle a formulé des allégations nouvelles et produit des pièces nouvelles 

numérotées de 1 à 21. La numérotation et la présentation des pièces nouvelles 

diffèrent de celle des pièces produites devant le Tribunal, de sorte qu'il est 

particulièrement difficile de comprendre précisément quelles pièces ont déjà été 

produites en première instances et lesquelles sont nouvelles. 

b. Le 4 juin 2018, B______ a indiqué à la Cour qu'elle s'en rapportait à justice sur 
la recevabilité du recours. Elle a conclu à l'irrecevabilité des pièces, faits 

nouveaux et conclusions reconventionnelles de sa partie adverse. 

Au fond, elle a conclu au rejet du recours, avec suite de frais et dépens. 

c. Le 18 juin 2018, A______ a conclu à ce que B______ soit condamnée à lui 
payer 6'320 fr. 50, 2'142 fr. et 2'500 fr., et soit déboutée de toutes ses conclusions, 

avec suite de frais et dépens. 

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C/19271/2017 

Elle a produit des pièces, numérotées de 1 à 16. 

d. Le 2 juillet 2018, B______ a persisté dans ses conclusions. 

e. Les parties ont été informées le 4 juillet 2018 de ce que la cause était gardée à 
juger. 

C. Les faits pertinents suivants résultent du dossier : 

 a. Par contrat du 10 mars 2014, B______ s'est engagée à développer pour 
A______ un logiciel de gestion pour le prix forfaitaire de 23'700 fr. HT. 

 b. Suite à un différend né entre les parties en relation avec l'exécution de ce 
contrat, celles-ci ont conclu le 10 décembre 2015 une convention visant à régler à 

l'amiable leur litige. 

 Cette convention prévoit notamment que B______ devait intervenir sur une liste 
de points relevés par A______ et remettre à celle-ci le code source du logiciel 

développé. En échange de la bonne exécution par B______ de ses obligations, 

A______ s'engageait à lui verser le solde dû de 5'925 fr. hors taxes. 

 c. Le 24 février 2016, l'avocat de A______ a indiqué à sa cliente et à B______ que 
le code source avait bien été fourni par cette dernière et que la fourniture "d'un 

back up lisible en csv" demandée par A______ n'était pas prévue par la 

convention. Il incombait par conséquent à A______ de verser le montant de  

5'925 fr. hors taxes prévu par la convention. 

 d. Le 22 septembre 2016, B______ a fait notifier à A______ un commandement 
de payer la somme de 6'399 fr. avec intérêts à 5% l'an dès le 24 février 2016  

au titre de solde de 5'925 fr. HT, soit 6'399 fr. TTC selon contrat du  

10 décembre 2015.  

Il a été fait opposition à ce commandement de payer. 

 e. Le 13 octobre 2017, B______ a requis du Tribunal la mainlevée provisoire de 
cette opposition. 

 Lors de l'audience du Tribunal du 22 janvier 2018, A______ a indiqué que la 

convention n'avait pas été respectée par B______, raisons pour laquelle elle 

n'estimait pas avoir à payer. Elle a en outre déposé des pièces, notamment un 

"synopsis" établi par ses soins. 

B______ a persisté dans ses conclusions et la cause a été gardée à juger par le 

Tribunal à l'issue de l'audience. 

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C/19271/2017 

 f. Le Tribunal a retenu que l'accord signé par les parties le 10 décembre 2015 
valait reconnaissance de dette au sens de l'art. 82 LP. Au vu des pièces produites, 

B______ avait exécuté ses obligations telles que découlant de cet accord alors que 

A______ ne s'était pas acquittée du montant encore dû de 5'925 fr. hors taxes. La 

mainlevée provisoire devait par conséquent être prononcée.  

 

EN DROIT 

1. 1.1.1 S'agissant d'une procédure de mainlevée, seule la voie du recours est ouverte 
(art. 319 let. a et 309 let. b ch. 3 CPC). La procédure sommaire s'applique 

(art. 251 let. a CPC). 

 Aux termes de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC, le recours, écrit et motivé, doit être 

introduit auprès de l'instance de recours dans les dix jours à compter de la 

notification de la décision motivée, pour les décisions prises en procédure 

sommaire. 

 A teneur de l'art. 145 al. 2 let. b et al. 4 CPC, la suspension des délais pendant les 

féries ne s'applique pas à la procédure sommaire, sauf disposition contraire prévue 

par la LP. 

 Selon l'art. 56 ch. 2 LP, sauf en cas de séquestre ou de mesures conservatoires 

urgentes, il ne peut être procédé à aucun acte de poursuite pendant les féries, à 

savoir notamment sept jours avant et sept jours après les fêtes de Pâques. 

 Les délais ne cessent pas de courir pendant la durée des féries. Toutefois, si la fin 

d'un délai coïncide avec un jour des féries, le délai est prolongé jusqu'au troisième 

jour utile. Pour le calcul du délai de trois jours, le samedi, le dimanche et les jours 

légalement fériés ne sont pas comptés (art. 63 LP). 

 La notification d'une décision accordant la mainlevée de l'opposition en procédure 

sommaire est un acte de poursuite au sens de l'art. 56 LP (ATF 138 III 483 

consid. 3.1.1; 115 III 91, SJ 1990 p. 574 consid. 3a). 

 1.1.2 En l'espèce, le jugement querellé a été reçu par la recourante le 14 mars 
2018, de sorte que le délai de recours de dix jours prévu par l'art. 321 al. 2 CPC 

est arrivé à échéance le lundi 26 mars 2018 (art. 145 al. 3 CPC). 

 Le 26 mars 2018 étant inclus dans les féries de la LP, qui couraient du 25 mars au 

8 avril 2018, l'échéance du délai est reportée au 11 avril 2018, soit le troisième 

jour utile après la fin des féries de la LP, conformément à l'art. 63 LP. 

 Le recours, déposé le 31 mars 2018, a par conséquent été formé en temps utile. 

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C/19271/2017 

 1.2.1 Les conclusions, allégations de fait et preuves nouvelles sont irrecevables 
dans le cadre d'un recours (art. 326 al. 1 CPC). 

 1.2.2 En l'espèce, la recourante s'est limitée à indiquer au Tribunal qu'elle estimait 
que sa partie adverse n'avait pas respecté ses obligations découlant de la 

convention du 10 décembre 2015, sans préciser lesquelles. 

 Le "synopsis" établi par ses soins et déposé comme pièce devant le Tribunal ne 

saurait combler cette lacune. En effet, ce document équivaut à une détermination 

écrite spontanée, irrecevable dans la mesure où, conformément à l'art. 253 CPC, le 

Tribunal avait in casu ordonné une procédure orale et non une procédure écrite 

(arrêt du Tribunal fédéral 5A_403/2014 du 19 août 2014, consid. 4). 

 Les allégations de faits nouvelles contenues dans le recours sont par conséquent 

irrecevables. 

 Il en va de même des pièces nouvelles produites devant la Cour.  

1.3.1 Il incombe au recourant de motiver son recours (art. 321 al. 1 CPC), c'est-à-
dire de démontrer le caractère erroné de la motivation attaquée. Les exigences 

posées par le CPC à ce titre sont identiques en procédure d'appel et de recours 

(arrêt du Tribunal fédéral 5D_190/2014 du 12 mai 2015 consid. 2; JEANDIN, Code 

de procédure civile commenté, 2011, n. 4 ad art. 321 CPC), de sorte que pour 

satisfaire à cette exigence, il ne lui suffit pas de renvoyer à une écriture antérieure, 

ni de se livrer à des critiques toutes générales de la décision attaquée; que sa 

motivation doit être suffisamment explicite pour que l'instance d'appel puisse la 

comprendre aisément, ce qui suppose une désignation précise des passages de la 

décision que le recourant attaque et des pièces du dossier sur lesquelles repose sa 

critique (ATF 138 III 374 consid. 4.3.1; arrêt du Tribunal fédéral 5D_65/2014 du 

9 septembre 2014 consid. 5.4.1). 

L'acte de recours doit, en outre, contenir des conclusions formulées de telle sorte 

qu'en cas d'admission de la demande, elles puissent être reprises dans le jugement 

sans modification (arrêt du Tribunal fédéral 5A_663/2011 du 8 décembre 2011 

consid. 4.3 et 4.5). 

1.3.2 A teneur de l'article 82 al. 1 LP, le créancier dont la poursuite se fonde sur 
une reconnaissance de dette constatée par acte authentique ou sous seing privé 

peut requérir la mainlevée provisoire de l'opposition formée au commandement de 

payer. 

Le juge la prononce si le débiteur ne rend pas immédiatement vraisemblable sa 

libération (art. 82 al. 2 LP). 

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C/19271/2017 

1.3.3 En l'espèce, l'acte de recours ne remplit pas les conditions de motivation 
prévues par la loi. 

En effet, la recourante se limite à présenter devant la Cour, de manière prolixe et 

confuse, un exposé de faits en grande partie irrecevables et, en tout état de cause, 

dénués de pertinence. 

La recourante ne formule aucune critique précise à l'encontre des considérants du 

Tribunal. Elle ne conteste en particulier pas que la convention conclue par les 

parties le 10 décembre 2015 constitue un titre de mainlevée de l'opposition. 

Elle n'allègue pas non plus avoir rendu vraisemblable sa libération. Elle n'explique 

notamment pas quelles obligations spécifiques prévues par cette convention 

l'intimée aurait omis de respecter, ni n'indique de manière compréhensible quelles 

pièces recevables seraient à même d'étayer son argumentation. 

L'ancien avocat de la recourante a en tout état de cause confirmé le 24 février 

2016 que toutes les obligations de l'intimée prévues par la convention du 

10 décembre 2015 avaient été remplies et qu'en particulier le code source du 

programme informatique avait bien été remis à la recourante, conformément à la 

convention. 

A cette motivation défaillante, s'ajoute le fait que l'acte de recours ne contient pas 

de conclusions, contrairement aux exigences légales. 

Les conclusions en paiement prises dans la réplique de la recourante sont 

irrecevables, d'une part, en raison du fait qu'elles sont tardives et, d'autre part, au 

motif que de telles conclusions ne sont pas admissibles dans le cadre d'une 

procédure de mainlevée de l'opposition. 

Au regard de ce qui précède, le recours sera déclaré irrecevable. 

2. La recourante, qui succombe, sera condamnée aux frais du recours, arrêtés à 
450 fr. (art. 48 et 61 OELP) et compensés avec l'avance fournie par ses soins, 

acquise à l'Etat de Genève (art. 106 al. 1 et 111 CPC). 

 Elle sera en outre condamnée à verser à sa partie adverse des dépens en 500 fr. 

débours et TVA inclus (art. 85, 88, 89 et 90 RTFMC; art. 25 et 26 LaCC). 

* * * * * 

 

 

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C/19271/2017 

 

 

 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

Déclare irrecevable le recours interjeté le 31 mars 2018 par A______ contre le jugement 

JTPI/3850/2018 rendu le 8 mars 2018 par le Tribunal de première instance dans la cause 

C/19271/2017-19 SML. 

Met à charge de A______ les frais judiciaires du recours, arrêtés à 450 fr. et compensés 

avec l'avance fournie, acquise à l'Etat de Genève. 

Condamne A______ à payer à B______ 500 fr. à titre de dépens de recours. 

Siégeant : 

Madame Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ, présidente; Madame Nathalie 

LANDRY-BARTHE et Monsieur Laurent RIEBEN, juges; Madame Mélanie 

DE RESENDE PEREIRA, greffière. 

 

La présidente : 

Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ 

 La greffière : 

Mélanie DE RESENDE PEREIRA 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 113 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours constitutionnel subsidiaire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 30'000 fr.