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**Case Identifier:** cfe748ec-51f7-5b19-8c6d-733a88cc63fc
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2019-12-16
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 16.12.2019 RR.2019.92
**Docket/Reference:** RR.2019.92
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_RR-2019-92_2019-12-16

## Full Text

Entraide judiciaire internationale en matière pénale à la France. Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP).
;;Entraide judiciaire internationale en matière pénale à la France. Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP).
;;Entraide judiciaire internationale en matière pénale à la France. Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP).
;;Entraide judiciaire internationale en matière pénale à la France. Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP).

Arrêt du 16 décembre 2019 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux 
Roy Garré, vice-président, 
Cornelia Cova et Patrick Robert-Nicoud,  
la greffière Victoria Roth  

   
Parties  A., représenté par Me Audrey Pion, avocate,  

 
recourant 

  
 contre 
   
  MINISTÈRE PUBLIC DU CANTON DU VALAIS,  

 
partie adverse 

 
   
Objet  Entraide judiciaire internationale en matière pénale à 

la France 
 
Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP) 

  

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

Numéro de dossier: RR.2019.92 
 
 
 

- 2 - 
 
 

Faits: 
 

A. Par commission rogatoire internationale du 8 juillet 2016, le Juge 
d’instruction du Tribunal de Grande Instance de Dijon (France; ci-après: 
l’autorité requérante), a sollicité la coopération des autorités suisses dans le 
cadre d’une enquête diligentée des chefs de soustraction frauduleuse à 
l’établissement ou au paiement de l’impôt (dissimulation de sommes – fraude 
fiscale) et blanchiment aggravé (concours en bande organisée à une 
opération de placement, dissimulation ou conversion du produit d’un délit), 
ce entre janvier 2007 et décembre 2010. Parmi les personnes suspectées 
figure A., fondateur et gérant de la société B. Sàrl, laquelle aurait participé à 
un circuit atypique de ventes de vins entre des sociétés françaises et une 
société basée dans la Principauté d’Andorre. L’autorité requérante a ainsi 
sollicité des autorités suisses la production de l’ensemble des relevés de 
comptes bancaires dont est notamment titulaire A., l’autorité requérante 
ayant déjà identifié le compte n° 1 auprès de la Banque C et le compte n° 2, 
auprès d’un établissement bancaire non identifié (dossier du Ministère public 
du canton du Valais [ci-après: MP-VS], classeur bleu, p. 6-14). 
 
 

B. Le 15 juin 2017, l’Office fédéral de la justice (ci-après: OFJ) a délégué 
l’exécution de la demande d’entraide au MP-VS, qu’il a désigné comme 
canton directeur (dossier MP-VS, classeur bleu, p. 1-2). 
 
 

C. Au vu du caractère fiscal de la demande d’entraide, le MP-VS a sollicité, par 
courrier du 7 septembre 2017, un avis de l’Administration fédérale des 
contributions (ci-après: AFC) sur la question. L’AFC s’est déterminée le 
17 octobre 2017 et a estimé que les faits décrits dans la demande d’entraide 
étaient constitutifs d’escroquerie fiscale au sens du droit suisse. Sur cette 
base, le MP-VS est entré en matière par décision du 21 novembre 2017, et 
a ordonné aux établissements bancaires Banque D., Banque C. et Banque 
E. de fournir la documentation et les renseignements bancaires concernant 
notamment A. (dossier MP-VS, classeur bleu, p. 18, 22-25 et 32-36). 
 
 

D. Par décision de clôture du 8 juin 2018, le MP-VS a ordonné la transmission 
à l’autorité requérante de la documentation et des renseignements liées à la 
relation bancaire n° 3 (comptes n° 4 et n° 5) dont est titulaire A. auprès de la 
Banque C. (act. 1.1). 
 
 

E. La Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral a, par arrêt du 30 octobre 

- 3 - 
 
 

2018, admis le recours déposé par A. à l’encontre de la décision précitée. 
Elle a estimé que dans le cas d’espèce, « si l’autorité requérante expose que 
plusieurs sociétés sont gérées parfois par la même personne, que les stocks 
de vins sont entreposés dans le même local pour certaines d’entre elles, et 
que la société andorrane semble servir d’intermédiaire pour certaines 
transactions, ce qui pourrait constituer des indices en faveur d’un montage 
ayant pour but d’éluder des impôts, elle ne démontre en revanche pas en 
quoi les autorités fiscales auraient été escroquées en ne recevant pas les 
impôts qui lui étaient dus. Ainsi, l’exposé des faits contenu dans la 
commission rogatoire ne permet ni de savoir si le fisc français a 
effectivement été lésé ni, le cas échéant, de savoir dans quelle mesure il l’a 
été. Rien n’indique par ailleurs dans quelle mesure ou comment le recourant 
a participé au circuit atypique dont il est question et encore moins, en quoi 
ses documents bancaires seraient pertinents pour corroborer les soupçons 
des autorités étrangères. (…) Partant et au vu de ce qui précède, il convient 
de retenir que les soupçons présentés par l’autorité requérante dans sa 
commission rogatoire ne sont pas suffisants pour admettre l’existence d’une 
escroquerie fiscale » (arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2018.210 du 
30 octobre 2019 consid. 2.3). 
 
 

F. Par courrier du 12 novembre 2018, le MP-VS a informé l’autorité requérante 
de l’arrêt du 30 octobre 2018 du Tribunal pénal fédéral et synthétisé les 
motifs retenus. Il a dès lors imparti un délai de 90 jours aux autorités 
françaises pour étayer l’état de fait de la commission rogatoire et fournir tous 
renseignements complémentaires et précisions utiles concernant les 
infractions d’escroquerie fiscale et de blanchiment de fraude fiscale 
envisageables en l’espèce (dossier MP-VS, classeur bleu, p. 195-198). 
 
 

G. Le 14 février 2019, la Vice-Présidente chargée de l’instruction auprès du 
Tribunal de Grande Instance de Dijon a adressé au MP-VS une transmission 
d’éléments complémentaires. A cette occasion, elle précise le schéma 
délictueux et le rôle joué par A. Celui-ci aurait participé, en février 2012 à 
Hong Kong, à une vente de vins, lesquels auraient fait l’objet de transactions 
supposées fictives entre diverses sociétés (F. – dont le gérant de fait était 
A. –, G. Sàrl et H. SL) afin de réduire la marge commerciale réalisée par la 
vente, respectivement favoriser l’imposition du bénéfice dans un pays à la 
fiscalité plus avantageuse. A. aurait perçu des rétro-commissions occultes 
pour son rôle, respectivement le rôle de ses sociétés, dans ces opérations 
(dossier MP-VS, classeur bleu, p. 210 à 212). 
 
 

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H. Le MP-VS a transmis à A. le 19 février 2019 la note complémentaire de 
l’autorité requérante, et a indiqué qu’au vu des éléments et précisions 
apportés, il envisageait de transmettre la documentation relative aux 
comptes n° 4 et n° 5 dont A. est titulaire auprès de la Banque C. et lui a 
imparti un délai au 20 mars 2019 pour se déterminer sur dite transmission 
(dossier MP-VS, p. 218 s.). 
 
 

I. Par décision de clôture du 1er avril 2019, le MP-VS a ordonné la transmission 
à l’autorité requérante de la documentation bancaire précitée (cf. let. D et H) 
relative à A., caviardée concernant la lettre de la banque du 28 décembre 
2017 et des documents d’ouverture de la relation bancaire et d’identification 
de l’ayant droit économique, et épurée et caviardée concernant les relevés 
de comptes, particulièrement les mouvements bancaires étrangers à cette 
affaire, à des fins de protection d’intérêts légitimes (dossier MP-VS, classeur 
bleu, p. 248-263). 
 
 

J. A. recourt à l’encontre de la décision précitée par mémoire du 2 mai 2019. Il 
conclut en substance à l’annulation des ordonnances d’entrée en matière et 
de clôture et au refus de l’entraide (act. 1). 
 
 

K. Invités à répondre, le MP-VS et l’OFJ ont renoncé à ce faire (act. 7 et 8). 
 
 
 
Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris, 
si nécessaire, dans les considérants en droit. 
 
 
 
La Cour considère en droit: 
 

1.  
1.1 L’entraide judiciaire entre la République française et la Confédération suisse 

est prioritairement régie par la Convention européenne d’entraide judiciaire 
en matière pénale (CEEJ; RS 0.351.1), entrée en vigueur pour la Suisse le 
20 mars 1967 et pour la France le 21 août 1967, ainsi que par l’Accord 
bilatéral complétant cette Convention (ci-après: Accord bilatéral; 
RS 0.351.934.92), conclu le 28 octobre 1996 et entré en vigueur le 1er mai 
2000. S’agissant d’une demande d’entraide présentée notamment pour la 
répression du blanchiment d’argent, entre également en considération la 

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Convention relative au blanchiment, au dépistage, à la saisie et à la 
confiscation des produits du crime (CBI; RS 0.311.53), entrée en vigueur le 
11 septembre 1993 pour la Suisse et le 1er février 1997 pour la France. Les 
art. 48 ss de la Convention d’application de l’Accord de Schengen du 14 juin 
1985 (CAAS; n° CELEX 42000A0922[02]; Journal officiel de l’Union 
européenne L 239 du 22 septembre 2000, p. 19-92) s’appliquent également 
à l’entraide pénale entre la Suisse et la France (cf. arrêt du Tribunal pénal 
fédéral RR.2008.98 du 18 décembre 2008 consid. 1.3). Dans les relations 
d’entraide avec la République française, les dispositions pertinentes de 
l’Accord de coopération entre la Confédération suisse, d’une part, et la 
Communauté européenne et ses Etat membres, d’autre part, pour lutter 
contre la fraude et toute autre activité illégale portant atteinte à leurs intérêts 
financiers (ci-après: Accord anti-fraude; RS 0.351.926.81; cf. également 
FF 2004 5807 à 5827 et 6127 ss) sont également applicables. En effet, bien 
qu’il ne soit pas encore en vigueur, en vertu de son art. 44 al. 3, l’Accord anti-
fraude est applicable entre ces deux Etats à compter du 8 avril 2009. 
 

1.2 Les dispositions de ces traités l’emportent sur le droit autonome qui régit la 
matière, soit en l’occurrence la loi fédérale sur l’entraide internationale en 
matière pénale (EIMP; RS 0.351.1) et son ordonnance d’exécution (OEIMP; 
RS 351.11). Celles-ci restent toutefois applicables aux questions qui ne sont 
pas réglées, explicitement ou implicitement, par les dispositions 
conventionnelles (art. 1 al. 1 EIMP), ainsi que lorsqu’elles permettent l’octroi 
de l’entraide à des conditions plus favorables (ATF 140 IV 123 consid. 2; 137 
IV 33 consid. 2.2.2; 136 IV 82 consid. 3.1; 130 II 337 consid. 1; 124 II 180 
consid. 1a). Le respect des droits fondamentaux est réservé (ATF 135 IV 
212 consid. 2.3; 123 II 95 consid. 7c p. 617). 
 

1.3 La Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral est compétente pour 
connaître des recours dirigés contre les décisions de clôture de la procédure 
d’entraide rendues par l’autorité cantonale ou fédérale d’exécution et, 
conjointement, contre les décisions incidentes (art. 25 al. 1 et 80e al. 1 EIMP, 
mis en relation avec l’art. 37 al. 2 let. a ch. 1 de la loi fédérale sur 
l’organisation des autorités pénales de la Confédération [LOAP; RS 173.71]). 
 

1.4 Aux termes de l’art. 80h let. b EIMP, a qualité pour recourir en matière 
d’entraide quiconque est personnellement et directement touché par une 
mesure d’entraide et a un intérêt digne de protection à ce qu’elle soit annulée 
ou modifiée. Précisant cette disposition, l’art. 9a let. a OEIMP reconnaît au 
titulaire d’un compte bancaire la qualité pour recourir contre la remise à l’Etat 
requérant d’informations relatives à ce compte (cf. ATF 137 IV 134 
consid. 5.2.1 et 118 Ib 547 consid. 1d). Le recourant revêt en l’espèce cette 
qualité, de sorte qu’il dispose de la qualité pour agir. 

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1.5 Le délai de recours contre une décision de clôture est de 30 jours dès la 
communication écrite de celle-ci (art. 80k EIMP). Ledit délai a en l’espèce 
été respecté). 
 

1.6 Compte tenu de ce qui précède, il y a lieu d’entrer en matière. 
 
 

2. Le recourant soutient que la demande d’entraide ainsi que son complément 
ne sont pas suffisamment motivés. Hormis I., les autres personnes visées 
par l’enquête étrangère ne seraient pas clairement identifiées. L’autorité 
requérante n’indiquerait pas quelles infractions auraient été commises et 
aucun indice ne permettrait d’inclure le recourant dans le schéma litigieux. 
La transmission complémentaire ne contiendrait aucun élément 
supplémentaire eu égard au circuit atypique de vente de vins, ni de preuves 
étayant les déclarations de l’autorité française (act. 1, p. 9-11). 
 

2.1 Aux termes de l’art. 14 CEEJ, la demande d'entraide doit notamment 
indiquer l'autorité dont elle émane (ch. 1 let. a), son objet et son but (ch. 1 
let. b), dans la mesure du possible l'identité et la nationalité de la personne 
en cause (ch. 1 let. c) ainsi que l'inculpation et un exposé sommaire des faits 
(ch. 2). Ces indications doivent permettre à l'autorité requise de s'assurer 
que l'acte pour lequel l'entraide est demandée est punissable selon le droit 
des parties requérante et requise (art. 5 ch. 1 let. a CEEJ), qu'il ne constitue 
pas un délit politique ou fiscal (art. 2 ch. 1 let. a CEEJ), et que le principe de 
la proportionnalité est respecté (ATF 118 Ib 111 consid. 5b et les arrêts 
cités). L'art. 28 al. 2 EIMP, complété par l'art. 10 al. 2 OEIMP, pose des 
exigences similaires. Selon la jurisprudence, l'on ne saurait exiger de l'Etat 
requérant un exposé complet et exempt de toute lacune, puisque la 
procédure d'entraide a précisément pour but d'apporter aux autorités de 
l'Etat requérant des renseignements au sujet des points demeurés obscurs 
(ATF 117 Ib 64 consid. 5c et les arrêts cités). L'autorité suisse saisie d'une 
requête d'entraide en matière pénale n'a pas à se prononcer sur la réalité 
des faits évoqués dans la demande; elle ne peut que déterminer si, tels qu'ils 
sont présentés, ils constituent une infraction. Cette autorité ne peut s'écarter 
des faits décrits par l'Etat requérant qu'en cas d'erreurs, lacunes ou 
contradictions évidentes et immédiatement établies (ATF 126 II 495 
consid. 5e/aa; 118 Ib 111 consid. 5b). 
 

2.2 La commission rogatoire internationale du 8 juillet 2016 indique qu’une 
enquête est menée notamment contre I. et X. des chefs de soustraction 
frauduleuse à l’établissement ou au paiement de l’impôt: dissimulation de 
sommes – fraude fiscale, blanchiment aggravé, escroquerie, faux et usage 
de faux, pour des faits s’étant globalement déroulés entre janvier 2007 et 

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décembre 2014. Les articles pertinents et applicables du code pénal sont 
cités, et un exemplaire est produit à l’appui de la commission rogatoire. 
Parmi les personnes suspectées, l’autorité requérante mentionne I., J., K., le 
recourant et L. (dossier du MP-VS, classeur bleu, p. 6-7). Elle expose ensuite 
les faits faisant l’objet de l’investigation à l’étranger et indique les documents 
bancaires qu’elle souhaite recevoir des autorités suisses. Ces éléments sont 
intégralement repris dans le complément du 14 février 2019. Enfin, la 
demande d’entraide indique de qui elle émane, soit du Tribunal de Grande 
Instance de Dijon. Il s’ensuit que, conformément à la jurisprudence précitée 
(cf. supra, consid. 2.1), la demande d’entraide et son complément 
contiennent les éléments requis par l’art. 28 EIMP, de sorte que le grief du 
recourant y relatif doit être rejeté. 

 
 
3. Le recourant indique ensuite que, malgré les compléments apportés le 

14 février 2019 par l’autorité requérante, il ne serait pas démontré que le 
recourant ait mis en place une manœuvre frauduleuse ayant abouti à une 
économie ou à une soustraction frauduleuse d’impôts. La condition de la 
double incrimination ferait dès lors défaut (act. 1, p. 11 à 16). 
 

3.1 Sous l’angle de la double incrimination, il convient d’examiner uniquement si 
les faits décrits dans la demande seraient réprimés en Suisse comme une 
escroquerie fiscale au sens qu’en donne le droit suisse (arrêt du Tribunal 
pénal fédéral RR.2011.21-24 du 11 juillet 2011 consid. 4.1.1 et la 
jurisprudence citée). Pour interpréter la notion d’escroquerie fiscale au sens 
de l’art. 3 al. 3 EIMP, il faut se référer à l’art. 14 al. 2 DPA (applicable par 
renvoi de l’art. 24 al. 1 OEIMP). Cette disposition réprime celui qui, par une 
tromperie astucieuse, aura soustrait un montant important (soit égal ou 
supérieur à CHF 15'000.--; ATF 139 II 404 consid. 9.4) représentant une 
contribution. Il convient en outre de s’en tenir à la définition de l’escroquerie 
selon l’art. 146 CP et à la jurisprudence qui s’y rapporte (arrêt du Tribunal 
pénal fédéral RR.2008.240 du 20 février 2009 consid. 4.2 et la jurisprudence 
citée). 
 

3.2 Il y a ainsi escroquerie à l’impôt lorsque le contribuable obtient une taxation 
injustement favorable, en recourant à des manœuvres frauduleuses tendant 
à faire naître une vision faussée de la réalité. Si la remise à l’autorité fiscale 
de titres inexacts ou incomplets constitue toujours une escroquerie fiscale – 
en raison de la foi particulière qui est attachée à ce type de documents –, il 
faut encore envisager d’autres types de tromperie, lorsque l’intéressé recourt 
à des manœuvres frauduleuses ou à une mise en scène (par exemple, par 
la production d’une correspondance fictive, ou l’interposition d’une société 
de complaisance), lorsqu’il fait de fausses déclarations dont la vérification ne 

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serait possible qu’au prix d’un effort particulier ou ne pourrait 
raisonnablement être exigée, ou lorsqu’il dissuade le fisc de les contrôler, 
prévoit qu’un tel contrôle ne pourrait se faire sans grande peine ou mise sur 
un rapport de confiance (TPF 2008 128 consid. 5; arrêt du Tribunal pénal 
fédéral RR.2008.307-308 du 21 avril 2009 consid. 4.2 p. 9, et la 
jurisprudence citée). Une attitude astucieuse, au sens de l’art. 14 al. 2 DPA, 
doit être admise en présence d’une société de domicile fondée dans le seul 
but de dissimuler des éléments relevant du point de vue du droit fiscal et de 
tromper les autorités fiscales, si ces dernières ne peuvent que difficilement 
s’apercevoir de la tromperie (ATF 139 II 404 consid. 9.4 et la référence citée). 
 

3.3 Lorsqu’une demande est présentée, comme en l’espèce, pour la poursuite 
d’une escroquerie fiscale en matière d’impôt direct, la Suisse en tant qu’Etat 
requis déroge à la règle selon laquelle l’autorité d’exécution n’a pas à se 
déterminer sur la réalité des faits. Sans avoir à apporter des preuves de la 
culpabilité de la personne poursuivie, l’Etat requérant doit exposer des 
soupçons suffisants qu’une escroquerie fiscale a été commise. Ces 
exigences particulières ont pour but d’écarter le risque que soient éludées 
les normes excluant l’entraide en matière fiscale et de politique monétaire, 
commerciale ou économique selon l’art. 3 al. 3 EIMP (ATF 125 II 250 
consid. b et les références citées). 
 

3.4 Dans son arrêt du 30 octobre 2018, la Cour de céans a estimé que l’autorité 
requérante ne démontrait pas en quoi les autorités fiscales auraient été 
escroquées en ne recevant pas les impôts qui lui étaient dus. L’exposé des 
faits contenu dans la commission rogatoire ne permettait ni de savoir si le 
fisc français avait effectivement été lésé ni, le cas échéant, dans quelle 
mesure il l’a été. Rien n’indiquait par ailleurs dans quelle mesure ou 
comment le recourant aurait participé au circuit atypique dont il est question 
et encore moins en quoi ses documents bancaires seraient pertinents pour 
corroborer les soupçons des autorités étrangères. La Cour de céans a dès 
lors conclu que s’il y avait bien des indices en faveur du caractère astucieux 
du montage au sens de l’art. 14 al. 2 DPA, les autorités françaises n’avaient 
pas allégué à hauteur de quel montant le fisc aurait été lésé. Ainsi, la requête 
ne montrait pas de façon convaincante la manœuvre frauduleuse 
aboutissant à l’économie ou à une soustraction frauduleuse d’impôt (arrêt du 
Tribunal pénal fédéral RR.2018.209 du 30 octobre 2018 consid. 2.3). Il 
convient dès lors d’examiner si les précisions apportées par l’autorité dans 
sa note complémentaire du 14 février 2019 permettent à présent de retenir 
que les éléments constitutifs de l’infraction d’escroquerie fiscale selon le droit 
suisse sont réunis ou si, comme le soutient le recourant, les indications 
fournies sont toujours insuffisantes. 
 

- 9 - 
 
 

3.5  
3.5.1 La transmission d’éléments complémentaires par l’autorité requérante le 

14 février 2019 permet de retenir les faits qui suivent. La société H. SL, dont 
le siège est en Andorre, est active dans le commerce de vins, et est 
présentée comme un fond d’investissement. Elle serait cependant dirigée 
non pas depuis des locaux sis en Andorre, mais depuis des locaux communs 
des sociétés M. SAS et G. Sàrl, sociétés dont le siège est à Aix-en-Provence. 
G. Sàrl est dirigée par J., et il en est le seul employé. La société M. SAS est 
quant à elle dirigée par K., qui s’occupe de la gestion administrative et 
comptable de G. Sàrl. Le niveau de centralisation et d’intégration de la 
gestion serait ainsi particulièrement élevé entre ces deux sociétés. G. Sàrl 
est par ailleurs le représentant fiscal en France de H. SL. Cette dernière est 
titulaire d’un compte bancaire ouvert à la Banque N. K. est le seul habilité à 
utiliser ce compte et il en est le bénéficiaire. K. serait en outre le dirigeant de 
fait de H. SL et il déciderait de sa politique d’achat, alors que J. serait son 
représentant commercial. Les trois sociétés seraient ainsi dirigées par des 
locaux communs, et par les mêmes personnes. Les achats de vins effectués 
seraient tantôt réglés par M. SAS, G. Sàrl ou H. SL, selon les instructions 
données par K. Par conséquent, H. SL serait dirigée par les locaux de 
M. SAS et G. Sàrl à Aix-en-Provence, par K. et J. (dossier du MP-VS, 
classeur bleu, p. 206 et 207). 

 
3.5.2 Le but de la société H. SL serait ainsi de déplacer les marges commerciales 

réalisées en France par M. SAS et G. Sàrl vers un pays à fiscalité réduite. 
Les vins des trois sociétés seraient stockés chez O. à U. et ne seraient pas 
individualisés. O. n’aurait cependant pas de client au nom de H. SL, les vins 
lui appartenant étant stockés soit au nom de G. Sàrl soit au nom de M., alors 
que pourtant le stock de H. SL est identifié dans les bases de données de 
M. SAS. Par ailleurs, H. SL achèterait dans un premier temps ses vins 
notamment à G. Sàrl, avant de les revendre avec une marge importante à 
M. SAS. Selon les autorités françaises, la société M. SAS aurait pu sans 
difficulté acheter les vins directement auprès des sociétés G. Sàrl, P. et 
autres, de sorte que le montage opéré ne fait pas sens. En outre, la 
consultation des relevés téléphoniques des sociétés M. SAS et G. Sàrl n’a 
pas permis de relever d’appels à destination de la société H. SL, alors que 
cette dernière est censée avoir développé des liens commerciaux privilégiés 
avec les deux premières. Ceci conduit les autorités requérantes à douter 
fortement de l’existence d’une entité économique distincte ayant son activité 
en Andorre. Le directeur administratif et commercial de M. SAS n’aurait par 
ailleurs pas pu justifier de l’intérêt économique du circuit commercial 
triangulaire élaboré entre G. Sàrl, H. SL et M., et a reconnu qu’un tel circuit 
pouvait être interprété comme un transfert de la marge de M. SAS en 
Andorre (dossier du MP-VS, classeur bleu, p. 207-208). De plus, au vu des 

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déclaration de K., lequel n’a pas démenti avoir fait croire qu’il gérait H. SL, 
et qu’il autorisait certaines opérations financières de cette société 
s’apparentant à du blanchiment d’argent, les autorités françaises en 
déduisent, dans leur demande complémentaire, qu’« au regard de 
l’ensemble de ces éléments, il apparaît que l’interposition de la société 
H. S.L. n’a d’autre utilité économique que de délocaliser la marge des SARL 
G. et M. SAS en Andorre au profit de K. » (dosser du MP-VS, classeur bleu, 
p. 210). 
 

3.5.3 L’autorité requérante détaille ensuite, dans sa transmission complémentaire, 
le montant du préjudice fiscal. Concernant tout d’abord H. SL, elle a constaté 
que son principal fournisseur était la Sàrl G. et son principal client M. Pour 
l’année 2012, le préjudice fiscal se monterait à EUR 1'327'435.-- pour l’impôt 
sur les sociétés et EUR 1'148'012.-- pour l’impôt à la source, pour l’année 
2013 le préjudice fiscal se monterait à EUR 184'370.-- pour l’impôt sur les 
sociétés et EUR 158'031.-- pour l’impôt à la source, et pour l’année 2014, le 
préjudice fiscal se monterait à EUR 14'571.-- pour l’impôt sur les sociétés et 
EUR 12'502.-- pour l’impôt à la source, soit un préjudice total estimé à 
EUR 2'844'921.-- (dossier du MP-VS, classeur bleu, p. 211). 
 

3.5.4 Concernant le recourant et les liens qu’il aurait avec les faits sous enquête 
en France, l’autorité requérante soupçonne qu’il ait pu être commissionné de 
manière occulte par H. SL et K., dans le cadre d’une vente de vins effectuée 
à Hong Kong, ou par d’autres opérations entre les sociétés « Q » et « B. 
Sàrl », sises à U. et gérées par le recourant. Les sommes ainsi perçues 
l’auraient été au détriment du Trésor Public français et des sociétés Q de B. 
Sàrl. Il ressort également des éléments complémentaires fournis par 
l’autorité requérante qu’avant la vente, en février 2012, de vins de prix à 
Hong Kong (dossier du MP-VS, classeur bleu, p. 210), lesdits vins auraient 
fait l’objet de transactions supposées fictives entre diverses sociétés (B. Sàrl, 
G. Sàrl et H. SL) afin de réduire la marge commerciale réalisée par la vente 
à Hong Kong desdits vins, respectivement favoriser l’imposition du bénéfice 
dans un pays à la fiscalité plus avantageuse. Le recourant aurait perçu des 
rétro-commissions occultes pour son rôle, respectivement le rôle de ses 
sociétés, dans ces opérations (dossier du MP-VS, classeur bleu, p. 212). 

 
3.6 Au vu des éléments présentés par le Tribunal de Grande instance de Dijon 

dans sa transmission complémentaire, force est de conclure que le schéma 
mis en place, le préjudice subi par l’Etat français ainsi que le lien avec le 
recourant y sont décrits de façon plus détaillée par rapport à la première 
demande d’entraide objet de l’arrêt RR.2018.209. Le rôle de H. SL est 
désormais clairement décrit: malgré son siège en Andorre, la société serait 
en réalité dirigée depuis des locaux sis à Aix-en-Provence, soit depuis les 

- 11 - 
 
 

mêmes locaux que les sociétés G. Sàrl et M., et par les mêmes personnes. 
Les trois sociétés, qui sont actives dans le commerce de vins, auraient leur 
stock au même endroit, soit chez O. à U., et les vins ne seraient pas 
clairement délimités ni individualisés, comme s’il s’agissait d’un seul et 
même stock pour les trois sociétés. K. n’a lui-même pas pu justifier l’intérêt 
économique du circuit commercial élaboré entre les trois sociétés. Ainsi, il 
semble en effet, comme le précise l’autorité requérante dans sa transmission 
complémentaire, que le seul but de la société H. SL soit de délocaliser les 
marges des sociétés G. Sàrl et M. SAS en Andorre au profit de K. Ceci 
engendrerait un préjudice fiscal d’au moins EUR 2'844'921.-- relatif aux 
impôts à la source aux impôts sur les sociétés. L’état de fait ainsi synthétisé 
s’apparente à une attitude astucieuse au sens de l’art. 14 al. 2 DPA, et à la 
jurisprudence y relative qui retient qu’une telle attitude doit être admise en 
présence d’une société de domicile fondée dans le seul but de dissimuler 
des éléments relevant du point de vue du droit fiscal et de tromper les 
autorités fiscales, si ces dernières ne peuvent que difficilement s’apercevoir 
de la tromperie (ATF 139 II 404 consid. 9.4 et la référence citée). Le montage 
créé par le biais de la société H. SL, montage mis au point dans le seul but 
de dissimuler des éléments fiscaux est ainsi constitutif d’une attitude 
astucieuse au sens du droit suisse, singulièrement de l’art. 14 al. 2 DPA, et 
partant d’escroquerie fiscale. Le montant soustrait est par ailleurs important 
au sens de la jurisprudence (cf. ATF 139 II 404 consid. 9.4) dès lors qu’il 
dépasse largement les CHF 15'000.--. 
 

3.7 Contrairement aux affirmations du recourant, la transmission 
complémentaire répond de manière suffisante et satisfaisante aux questions 
additionnelles posées, le mécanisme frauduleux y est désormais décrit et 
permet de conclure que les faits constituent une escroquerie fiscale au sens 
de l’art. 14 al. 2 DPA. La note complémentaire précise en outre le rôle qu’a 
potentiellement joué le recourant dans l’affaire en question, et pourquoi ses 
documents bancaires pourraient servir l’enquête française. Ainsi, le 
recourant est soupçonné d’avoir participé à un schéma frauduleux visant à 
priver le fisc français d’impôts qui seraient normalement dus suite à la vente 
de vins effectuée à Hong Kong en 2012, et par ce biais avoir réduit la marge 
commerciale réalisée sur cette vente. S’en serait suivie une économie 
d’impôt sur le bénéfice, et des rétro-commissions perçues par le recourant 
dans ces opérations. Ces informations sont suffisantes pour la procédure 
d’entraide. De plus, la réalisation des conditions d’une des infractions est 
suffisante pour admettre l’entraide sur le principe de la double incrimination: 
il n’est pas nécessaire d’examiner si tous les chefs d’infraction seraient 
réalisés pour toutes les personnes mises en cause dans la procédure 
d’entraide (ATF 125 II 569 consid. 6; arrêts du Tribunal fédéral 1C_138/2007 
du 17 juillet 2007 consid. 2.3.2; 1A.212/2001 du 21 mars 2002 consid. 7). Il 

- 12 - 
 
 

n’est dès lors pas nécessaire d’examiner si les conditions de l’infraction de 
blanchiment d’argent sont réalisées. 
 
 

4. Le recourant invoque encore une violation du principe de la proportionnalité. 
Les documents dont la transmission est ordonnée seraient antérieurs aux 
faits reprochés au recourant, et ces documents ne seraient dans tous les cas 
pas pertinents pour corroborer les soupçons de l’autorité requérante (act. 1, 
p. 16-17). 
 

4.1 Selon la jurisprudence relative au principe de la proportionnalité, lequel 
découle de l’art. 63 al. 1 EIMP, la question de savoir si les renseignements 
demandés sont nécessaires ou simplement utiles à la procédure pénale est 
en principe laissée à l’appréciation des autorités de poursuite de l’Etat 
requérant. Le principe de la proportionnalité interdit aussi à l’autorité suisse 
d’aller au-delà des requêtes qui lui sont adressées et d’accorder à l’Etat 
requérant plus qu’il n’a demandé. Cela n’empêche pas d’interpréter la 
demande selon le sens que l’on peut raisonnablement lui donner. Le cas 
échéant, une interprétation large est admissible s’il est établi que toutes les 
conditions à l’octroi de l’entraide sont remplies; ce mode de procéder permet 
aussi d’éviter d’éventuelles demandes complémentaires (ATF 121 II 241 
consid. 3a; 118 Ib 111 consid. 6; arrêt du Tribunal pénal fédéral 
RR.2009.286-287 du 10 février 2010 consid. 4.1). Sur cette base, peuvent 
aussi être transmis des renseignements et documents non mentionnés dans 
la demande (TPF 2009 161 consid. 5.2; arrêts du Tribunal pénal fédéral 
RR.2010.39 du 28 avril 2010 consid. 5.1; RR.2010.8 du 16 avril 2010 
consid.  2.2). L’examen de l’autorité d’entraide est régi par le principe de 
l’« utilité potentielle » qui joue un rôle crucial dans l’application du principe 
de la proportionnalité en matière d’entraide pénale internationale (ATF 122 
II 367 consid. 2c et les références citées). Sous l’angle de l’utilité potentielle, 
il doit être possible pour l’autorité d’investiguer en amont et en aval du 
complexe de faits décrits dans la demande et de remettre des documents 
antérieurs ou postérieurs à l’époque des faits indiqués, lorsque les faits 
s’étendent sur une longue durée ou sont particulièrement complexes (arrêt 
du Tribunal fédéral 1A.212/2001 du 21 mars 2002 consid. 9.2.2; arrêt du 
Tribunal pénal fédéral RR.2017.53-54 du 2 octobre 2017 consid. 8.2 in fine). 
C’est en effet le propre de l’entraide de favoriser la découverte de faits, 
d’informations et de moyens de preuve, y compris ceux dont l’autorité de 
poursuite étrangère ne soupçonne pas l’existence. Il ne s’agit pas seulement 
d’aider l’Etat requérant à prouver des faits révélés par l’enquête qu’il conduit, 
mais d’en dévoiler d’autres, s’ils existent. Il en découle, pour l’autorité 
d’exécution, un devoir d’exhaustivité, qui justifie de communiquer tous les 
éléments qu’elle a réunis, propres à servir l’enquête étrangère, afin d’éclairer 

- 13 - 
 
 

dans tous ses aspects les rouages du mécanisme délictueux poursuivi dans 
l’Etat requérant (arrêts du Tribunal pénal fédéral RR.2010.173 du 13 octobre 
2010 consid. 4.2.4/a et RR.2009.320 du 2 février 2010 consid. 4.1; 
ZIMMERMANN, La coopération judiciaire internationale en matière pénale, 
5e éd. 2019, n° 723 s.). 
 
Les autorités suisses sont tenues, au sens de la procédure d’entraide, 
d’assister les autorités étrangères dans la recherche de la vérité en 
exécutant toute mesure présentant un rapport suffisant avec l’enquête 
pénale à l’étranger, étant rappelé que l’entraide vise non seulement à 
recueillir des preuves à charge, mais également à décharge (ATF 118 Ib 547 
consid. 3a; arrêt du Tribunal fédéral 1A.88/2006 du 22 juin 2006 consid. 5.3; 
arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2008.287 du 9 avril 2009 consid. 2.2.4 et 
la jurisprudence citée). L’octroi de l’entraide n’implique pas que la personne 
soumise à une mesure de contrainte dans l’Etat requis soit elle-même 
accusée dans l’Etat requérant. Dans le domaine de l’entraide judiciaire, les 
mesures de contrainte ne sont pas réservées aux seules personnes 
poursuivies dans la procédure étrangère, mais à toutes celles qui 
détiendraient des informations, des pièces, des objets ou des valeurs ayant 
un lien objectif avec les faits sous enquête dans l’Etat requérant (arrêt du 
Tribunal fédéral 1A.70/2002 du 3 mai 2002 consid. 4.3; arrêt du Tribunal 
pénal fédéral RR.2013.301 du 22 mai 2014 consid. 6.2). 

 
S’agissant de demandes relatives à des informations bancaires, il convient 
en principe de transmettre tous les documents qui peuvent faire référence 
au soupçon exposé dans la demande d’entraide; il doit exister un lien de 
connexité suffisant entre l’état de fait faisant l’objet de l’enquête pénale 
menée par les autorités de l’Etat requérant et les documents visés par la 
remise (ATF 129 II 461 consid. 5.3; arrêts du Tribunal fédéral 1A.189/2006 
du 7 février 2007 consid. 3.1; 1A.72/2006 du 13 juillet 2006 consid. 3.1). 
Lorsque la demande vise à éclaircir le cheminement de fonds d’origine 
délictueuse, il convient en principe d’informer l’Etat requérant de toutes les 
transactions opérées au nom des personnes et des sociétés et par le biais 
des comptes impliqués dans l’affaire, même sur une période relativement 
étendue (ATF 121 II 241 consid. 3c). L’utilité de la documentation bancaire 
découle du fait que l’autorité requérante peut vouloir vérifier que les 
agissements qu’elle connaît déjà n’ont pas été précédés ou suivis d’autres 
actes du même genre (v. arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2018.88-89 du 
9 mai 2018 consid. 4.2). 

 
4.2 S’il est vrai que dans sa transmission complémentaire, l’autorité requérante 

a exposé le préjudice subi pour les années 2012, 2013 et 2014, et a évoqué 
la participation du recourant en lien avec la vente de vins effectuée à Hong 

- 14 - 
 
 

Kong en 2012, il n’en demeure pas moins que l’enquête porte sur les 
pratiques potentiellement frauduleuses s’étant déroulées dès 2007 (dossier 
du MP-VS, classeur bleu, p. 204 et 205). Il est dès lors parfaitement 
conforme au principe de la proportionnalité de transmettre les documents en 
lien avec ces années. En effet, la justice française cherche encore à identifier 
les bénéficiaires économiques de mouvements de fonds totalisant 
EUR 3'360'839.--, et, le recourant ayant potentiellement bénéficié de 
certains virements, il n’est pas exclu que les documents bancaires 
permettent d’en mettre d’autres en lumière, afin de retracer les mouvements 
de fonds dans leur ensemble. A cet effet, l’on rappelle qu’en examinant les 
documents produits par la banque, le MP-VS a lui-même découvert 
l’existence de transactions entre le recourant et H. SL, à savoir un virement 
se montant à EUR 145'420.-- effectué par H. SL le 5 février 2009 (act. 1.1, 
p. 11). Qui plus est, l’on relèvera que le MP-VS a porté une attention 
particulière au principe de la proportionnalité dès lors qu’il n’a ordonné la 
transmission aux autorités françaises que de la documentation bancaire 
afférentes à des transactions effectuées entre les personnes physiques et 
morales potentiellement impliquées dans le schéma délictueux, et a caviardé 
les mouvements bancaires étrangers à cette affaire à des fins de protection 
d’intérêts légitimes (act. 1.1, p. 12). Les documents bancaires du recourant 
présentent dès lors bien un lien avec l’enquête étrangère, de sorte que le 
grief relatif à la violation du principe de la proportionnalité doit être rejeté. 
 
 

5. Le recourant se prévaut en outre d’une violation de l’art. 2 EIMP, 
particulièrement concernant le droit de se taire et de ne pas s’auto-incriminer 
(act. 1, p. 18). 
 

5.1 L’art. 2 EIMP a pour but d’éviter que la Suisse ne prête son concours à des 
procédures qui ne garantiraient pas à la personne poursuivie un standard de 
protection minimal correspondant à celui offert par le droit des Etats 
démocratiques ou qui heurteraient l’ordre public international (ATF 130 II 217 
consid. 8.1; 129 II 268 consid. 6.1; 126 II 324 consid. 4a et les arrêts cités). 
Comme cela résulte du libellé de l’art. 2 EIMP, cette règle s’applique à toutes 
les formes de coopération internationale, y compris l’entraide (ATF 129 II 
268 consid. 6.1; 125 II 356 consid. 8a; 123 II 595 consid. 5c; TPF 2010 56 
consid. 6.3.2). 
 

5.2 À teneur de l’art. 2 EIMP, la demande d’entraide est irrecevable si la 
procédure à l’étranger n’est pas conforme aux principes de procédure fixés 
par la CEDH ou par le Pacte international du 16 décembre 1966 relatif aux 
droits civils et politiques (Pacte ONU II; RS 0.103.2) (let. a) ou tend à 
poursuivre une personne en raison de ses opinions politiques (let. b). La 

- 15 - 
 
 

demande de coopération est également irrecevable lorsque la procédure 
dans l’Etat requérant présente d’autres défauts graves (let. d). 
 

5.3 Pour invoquer l’art. 2 EIMP, il faut démontrer être menacé dans les droits 
que cette disposition protège. Ainsi, lorsque l’Etat requérant demande 
l’entraide judiciaire et notamment la remise de documents bancaires, peut 
se prévaloir de l’art. 2 EIMP l’accusé se trouvant sur le territoire de l’Etat 
requérant et qui peut démontrer être concrètement exposé au risque de 
mauvais traitement ou de violation de ses droits de procédure (ATF 130 II 
217 consid. 8.2; 125 II 356 consid. 8b; arrêt du Tribunal pénal fédéral 
RR.2013.77 du 29 mai 2013 consid. 3.1). 
 

5.4 L’examen des conditions posées par l’art. 2 EIMP implique un jugement de 
valeur sur les affaires internes de l’Etat requérant, en particulier sur son 
régime politique, sur ses institutions, sur sa conception des droits 
fondamentaux et leur respect effectif, et sur l’indépendance et l’impartialité 
du pouvoir judiciaire (ATF 123 II 161 consid. 6b; 123 II 511 consid. 5b; 122 
II 373 consid. 2a; 111 Ib 138 consid. 4). Le juge de la coopération doit faire 
preuve à cet égard d’une prudence particulière. Il ne suffit pas que la 
personne accusée dans le procès pénal ouvert dans l’Etat requérant se 
prétende menacée du fait d’une situation politico-juridique spéciale; il lui 
appartient de rendre vraisemblable l’existence d’un risque sérieux et objectif 
d’une grave violation des droits de l’homme dans l’Etat requérant, 
susceptible de la toucher de manière concrète (ATF 123 II 161 consid. 6b; 
123 II 511 consid. 5b; 122 II 373 consid. 2a; 112 Ib 215 consid. 7 p. 224; 109 
Ib 64 consid. 6b/aa; 108 Ib 408 consid. 8b/bb; arrêt du Tribunal pénal fédéral 
RR.2009.24 du 6 mai 2009 consid. 4.1 et la jurisprudence citée). 
 

5.5 Lorsque l’Etat requérant est lié à la Suisse par un traité d’entraide ou 
d’extradition, et qu’il est aussi partie à la CEDH et au Pacte ONU II, ce qui 
est le cas de la France, le contrôle du respect des droits fondamentaux est 
présumé: l’Etat requérant est censé respecter les traités. En décidant de 
l’octroi de la coopération, la Suisse tient compte de la faculté de la personne 
poursuivie de faire valoir, devant les autorités de l’Etat requérant, puis, le cas 
échéant, devant les instances supranationales, les garanties matérielles 
offertes par la CEDH et le Pacte ONU II (v. arrêts du Tribunal pénal fédéral 
RR.2010.194-195 du 7 mars 2011 consid. 3.3 et RR.2007.161 du 14 février 
2008 consid. 5.5), sans que cela ne dispense pour autant l’autorité suisse 
d’examiner concrètement si la personne concernée jouit effectivement de 
ces garanties dans l’Etat requérant (ZIMMERMANN, op. cit., n°224 p. 228). 
 

5.6 Le recourant reproche à l’autorité requérante d’avoir, dans la transmission 
complémentaire, fait grief à deux des trois principaux mis en cause d’avoir 

- 16 - 
 
 

refusé de collaborer à l’enquête. Ainsi, en indiquant que « le droit français 
reconnait le droit au silence, M. K. et Mme R. ont exercé un droit sans que 
celui puisse leur être reproché. Il convient cependant de relever que certains 
justiciables font le choix, pour lever les ambiguïtés ou les soupçons qui 
pourraient peser sur eux, de répondre aux questions des enquêteurs pour 
montrer leur volonté de collaborer à la procédure ». Le recourant en déduit 
que l’autorité requérante fait peu de cas des droits procéduraux des 
personnes qu’elle poursuit, et qu’il y a dès lors de fortes chances que, s’il 
devait lui-même être entendu par l’autorité requérant, ses droits procéduraux 
soient gravement menacés (act. 1, p. 18). 
 

5.7 Conformément à la jurisprudence précitée (supra, consid. 5.5), le respect 
des droits fondamentaux est présumé avec un Etat comme la France, lequel 
est partie tant à la CEDH qu’au Pacte ONU II, de sorte que les personnes 
poursuivies dans cet Etat ont la possibilité d’invoquer leurs droits devant les 
autorités françaises puis devant les autorités supranationales, en 
l’occurrence la Cour européenne des Droits de l’Homme. La jurisprudence 
exige également que le risque de violation soit concret (supra, consid. 5.3). 
Le recourant ne démontre nullement que ces risques sont actuels et 
concrets, mais invoque « de fortes chances pour que (…) ses droits 
procéduraux seraient gravement menacés ». Cette seule crainte n’est ainsi 
pas suffisante au sens de la jurisprudence afin de se prévaloir de l’art. 2 
EIMP. De plus, la phrase de l’autorité requérante sur laquelle se base le 
recourant ne saurait être considérée comme une violation des droits 
procéduraux; il s’agit d’un simple constat. Il s’ensuit que le grief tiré de la 
violation de l’art. 2 EIMP doit être rejeté. 
 
 

6. Dans un dernier grief, le recourant se prévaut d’une violation du principe de 
spécialité, au motif que les informations pouvant être obtenues par le biais 
de la procédure d’entraide pourraient être communiquées à l’administration 
fiscale française. Ces craintes seraient légitimes puisque les autorités 
judiciaires françaises auraient l’obligation de transmettre toute information 
de nature à faire présumer une fraude fiscale (act. 1, p. 19).  
 

6.1 Selon l’art. 67 al. 1 EIMP, les renseignements transmis ne peuvent, dans 
l’Etat requérant, ni être utilisés aux fins d’investigation, ni être produits 
comme moyens de preuve dans une procédure pénale visant une infraction 
pour laquelle l’entraide est exclue, soit notamment pour la répression 
d’infractions politiques, militaires ou fiscales (art. 3 EIMP; ATF 126 II 316 
consid. 2b; 125 II 258 consid. 7a/aa; 124 II 184 consid. 4b et les arrêts 
citées). A contrario, les moyens de preuve et les renseignements obtenus 
par voie d’entraide peuvent dans l’Etat requérant être utilisés aux fins 

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d’investigation ainsi que comme moyens de preuve dans la procédure 
pénale pour laquelle l’entraide a été demandée, ou dans toute autre 
procédure pénale, sous réserve des exceptions mentionnées. 
 

6.2 L’autorité d’exécution doit signaler à l’Etat requérant ce principe et lui 
rappeler les limites dans lesquelles les informations communiquées seront 
utilisées (v. art. 34 OEIMP). Il n’y a pas lieu de douter que celui-ci respectera 
le principe de la spécialité, en vertu de la présomption de fidélité au traité 
(ATF 110 Ib 392 consid. 5b; arrêts du Tribunal pénal fédéral RR.2009.230 
du 16 février 2010 consid. 4.10; RR.2009.150 du 11 septembre 2009 
consid. 3.1), qu’une violation passée ne saurait renverser (ATF 110 Ib 392 
consid. 5c; 109 Ib 317 consid. 14b; 107 Ib 263 consid. 4b). En pareille 
hypothèse, il n’est donc pas nécessaire de demander à l’Etat requérant des 
garanties préalables expresses (ATF 115 Ib 373 consid. 8; 107 Ib 264 
consid. 4b et les références citées; arrêts du Tribunal fédéral 1C_103/2012 
du 17 février 2012 consid. 2.3; 1A.76/2000 du 17 avril 2000 consid. 3c). 
 

6.3 Seules peuvent invoquer le principe de la spécialité les personnes courant 
le risque concret d’une utilisation prohibée, notamment à des fins fiscales, 
des renseignements transmis (arrêt du Tribunal fédéral 1C_32/2018 du 
26 janvier 2018 consid. 1.3). 
 

6.4 En l’espèce, le recourant se contente d’invoquer un risque tout à fait 
hypothétique que le principe de la spécialité soit violé, sans aucunement 
développer sur quels motifs se fonderait cette violation. Il indique ainsi 
uniquement qu’il « apparaît effectivement que les informations qui pourraient 
être obtenues par le biais de la procédure d’entraide en matière pénale 
soient communiquées à l’administration fiscale française. Ces craintes sont 
légitimes puisque, selon cet avis de droit produit, les autorités judiciaires 
françaises ont l’obligation de transmettre toute information de nature à faire 
présumer une fraude fiscale » (act. 1, p. 19). Or si toute procédure d’entraide 
aboutirait à la transmission des informations à l’administration fiscale, le 
principe de la spécialité serait vidé de son sens. De plus, l’autorité intimée, 
au chiffre II. du dispositif de sa décision de clôture, a expressément réservé 
ledit principe de la spécialité, « en ce sens que les renseignements et 
documents transmis à l’étranger ne seront utilisables que dans le cadre de 
la poursuite pénale fondant la présente entraide ou dans le cadre de 
poursuites pénales fondées sur une infraction pour laquelle l’entraide aurait 
été accordée par la Suisse (art. 63 et 67 EIMP) ». A défaut d’exposer 
concrètement pourquoi les autorités françaises ne se conformeraient pas au 
principe de la spécialité, il n’y a pas de raison de douter de leur bonne foi, 
de sorte que ce grief doit également être rejeté. 
 

- 18 - 
 
 

7. Au vu des considérants qui précèdent, le recours, mal fondé, est rejeté. 
 
 

8. Les frais de procédure, comprenant l’émolument d’arrêté, les émoluments 
de chancellerie et les débours, sont mis à la charge de la partie qui 
succombe (art. 63 al. 1 PA, applicable par renvoi de l’art. 39 al. 2 let. b 
LOAP). Le montant de l’émolument est calculé en fonction de l’ampleur et 
de la difficulté de la cause, de la façon de procéder des parties, de leur 
situation financière et des frais de chancellerie (art. 73 al. 2 LOAP). Le 
recourant supportera ainsi les frais du présent arrêt, fixés à CHF 5'000.-- 
(art. 73 al. 2 LOAP, art. 8 al. 3 du règlement du Tribunal pénal fédéral sur les 
frais, émoluments, dépens et indemnités de la procédure pénale fédérale du 
31 août 2010 [RFPPF; RS 173.713.162] et art. 63 al. 5 PA), et entièrement 
couverts par l’avance de frais effectuée. 

 

- 19 - 
 
 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 
 
1. Le recours est rejeté. 
 
2. Un émolument de CHF 5'000.--, couvert par l’avance de frais déjà versée, 

est mis à la charge du recourant. 
 
 

Bellinzone, le 16 décembre 2019 
 
Au nom de la Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
Le vice-président: La greffière:  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Distribution 
 
- Me Audrey Pion, avocate 
- Ministère public du canton du Valais 
- Office fédéral de la justice, Unité Entraide judiciaire 
 
Indication des voies de recours 

Le recours contre une décision en matière d’entraide pénale internationale doit être déposé devant 
le Tribunal fédéral dans les 10 jours qui suivent la notification de l’expédition complète (art. 100 al. 1 
et 2 let. b LTF). 
 
Le recours n’est recevable contre une décision rendue en matière d’entraide pénale internationale 
que s’il a pour objet une extradition, une saisie, le transfert d’objets ou de valeurs ou la transmission 
de renseignements concernant le domaine secret et s’il concerne un cas particulièrement important 
(art. 84 al. 1 LTF). Un cas est particulièrement important notamment lorsqu’il y a des raisons de 
supposer que la procédure à l’étranger viole des principes fondamentaux ou comporte d’autres vices 
graves (art. 84 al. 2 LTF).