# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 20713f56-9f73-5328-abf5-0895bf8d3ad0
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2005-06-14
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 14.06.2005 A/940/2005
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-940-2005_2005-06-14.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/940/2005-LCR ATA/429/2005 

ARRÊT 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 14 juin 2005 

1ère section 

   dans la cause 

 

M. R__________ 
  

contre 

SERVICE DES AUTOMOBILES ET DE LA NAVIGATION 
 

 

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A/940/2005 

EN FAIT 

1.  M. R__________, domicilié à Thônex, est titulaire d’un permis de conduire 
de catégorie B délivré à Genève, le 24 juillet 1978. 

2.  Le 29 décembre 2004, vers 19h30, il circulait au volant de sa voiture sur 
l’autoroute Lausanne-Genève en direction de Genève sur la voie de gauche à la 
vitesse de 120 km/h selon lui. Il s’apprêtait à dépasser un véhicule. Inattentif, il a 
laissé dévier sa voiture vers la gauche. Les roues ont empiété sur le terre-plein 
central. Le conducteur a tenté de corriger la manœuvre en donnant un coup de 
volant à droite mais sa voiture a effectué un dérapage, puis un tête-à-queue, 
heurtant successivement la glissière centrale avec l’arrière et l’avant droit. La 
voiture a effectué ensuite un demi-tour pour terminer son embardée contre le 
dispositif de sécurité, l’avant tourné vers Genève. 

3.  Par arrêté du 11 mars 2005, le service des automobiles et de la navigation du 
canton de Genève (ci-après : SAN), a retiré le permis de conduire de l’intéressé 
pendant un mois sur la base de l’article 16 alinéa 3 lettre a de la loi fédérale sur la 
circulation routière du 19 décembre 1958 (RS 741.01 – LCR), considérant que 
M. R__________ avait perdu la maîtrise de sa voiture et qu’il s’agissait d’une 
infraction grave de nature à mettre en danger la circulation et les autres usagers. 
Le SAN a encore fait état de l’absence d’antécédent de M. R__________ de 
même que de l’absence de besoins professionnels de disposer d’un permis de 
conduire. 

4.  Par acte posté le 4 avril 2005, M. R__________ a recouru contre cette 
décision auprès du Tribunal administratif. Il n’avait eu aucun accident alors qu’il 
conduisait une voiture depuis vingt-cinq ans et un scooter depuis sept ans. Le jour 
des faits, le test d’alcool s’était révélé négatif et il n’avait pas circulé à une vitesse 
excessive. Il estimait avoir été suffisamment puni en mettant sa famille et lui-
même en danger. Il concluait à l’annulation du retrait de permis d’un mois car une 
telle mesure l’empêcherait également de conduire son scooter pour se rendre à son 
travail augmentant la durée du trajet de 15 minutes à 1 heure et l’empêchant de 
rentrer à midi pour s’occuper de ses enfants. 

5.  Le recourant a été convoqué à une audience de comparution personnelle le 
22 avril 2005. Il ne s’est pas présenté et ne s’est pas davantage excusé. 

6.  Le juge délégué a écrit le 26 avril 2005 à la gendarmerie vaudoise afin de 
connaître les suites pénales de ces événements. 

7.  Il lui a été répondu le 2 mai 2005 que le Préfet de Rolle avait prononcé à 
l’encontre du recourant une amende de CHF 300.- plus CHF 60.- de frais pour 

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perte de maîtrise et violation simple des règles de la circulation au sens des 
articles 31 alinéas 1 et 90 chiffre 1 LCR. Cette contravention avait été payée le 16 
mars 2005 et était devenue définitive. 

8.  Sur quoi, la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 56A de la loi sur l'organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 63 al. 1 litt. a de la loi sur la procédure administrative du 12 
septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2.  Le 1er janvier 2005, de nouvelles dispositions relatives au retrait du permis 
de conduire sont entrées en vigueur (RO 2002, p. 2767 et ss). Toutefois, selon les 
dispositions transitoires de la novelle, cette dernière ne s’applique qu’aux 
infractions aux dispositions sur la circulation routière commises après son entrée 
en vigueur, les mesures ordonnées en vertu de l’ancien droit demeurant régies par 
ce dernier, sauf exceptions non réalisées en l’espèce. C’est donc la LCR dans sa 
teneur au 31 décembre 2004 qui s’applique au recourant (ATA/17/2005 du 11 
janvier 2005). 

3.  Les conducteurs doivent constamment rester maîtres de leur véhicule de 
façon à pouvoir se conformer aux devoirs de la prudence. La vitesse doit toujours 
être adaptée aux circonstances (art. 31 et 32 al. 1 LCR ; art. 3 al. 1 OCR ; ATF 
104 IV 28 ; 105 IV 52; JdT 1981 I 471-472 ; P. GRAFF, La route et la circulation 
routière, N° 40, 1978 p. 423).  

4.  Même s’il n’est pas reproché à M. R__________ d’avoir circulé à une 
vitesse excessive, il est établi qu’il a bel et bien perdu la maîtrise de son véhicule, 
ce qui constitue en principe une faute grave au sens de l’article 16 alinéa 3 LCR et 
entraîne le retrait obligatoire du permis de conduire (ATA/193/2005 du 5 avril 
2005). 

5.  Selon la jurisprudence, le juge administratif ne peut s'écarter du jugement 
pénal que s'il est en mesure de fonder sa décision sur des constatations de fait 
inconnues du juge pénal ou qu'il n'a pas prises en considération, s'il existe des 
preuves nouvelles dont l'appréciation conduit à un autre résultat, si l'appréciation à 
laquelle s'est livrée le juge pénal se heurte clairement aux faits constatés, ou si le 
juge pénal n'a pas élucidé toutes les questions de droit, en particulier celles qui 
touchent à la violation des règles de la circulation (ATF 119 Ib 163 et ss consid. 
3 ; ATF 109 Ib 203 ;  105 Ib 19/20 ; SJ 1994, p. 47).   

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  En l’espèce cependant, la décision du juge pénal, soit du Préfet de Rolle, a 
visé l’article 90 chiffre 1 LCR et non pas le chiffre 2 de cette disposition, ce qui 
exclut en principe l’application de l’article 16 alinéa 3 lettre a LCR, à moins que 
la décision pénale ne soit manifestement erronée (ATF 118 IV 188 consid. 2a et b 
p. 189-190 ; ATA/709/2000 du 14 novembre 2000). 

  Or, l’embardée effectuée par le recourant et décrite ci-dessus est bien 
constitutive d’une grave compromission de la sécurité routière de sorte que le 
Tribunal administratif fera application de l’article 16 alinéa 3 LCR, n’étant pas lié 
par l’appréciation juridique des faits manifestement erronée du Préfet de Rolle. 

6.  M. R__________ n’a fourni aucune explication au SAN lorsqu’il a été prié 
de rédiger ses observations. Il ne s’est pas davantage présenté à l’audience de 
comparution personnelle à laquelle le tribunal l’avait convoqué. Il n’allègue aucun 
besoin professionnel au sens où l’entend la jurisprudence puisqu’il travaille dans 
une banque et n’a pas besoin de son véhicule pour l’exercice de sa profession. Les 
besoins personnels allégués relatifs à la nécessité de disposer d’un véhicule pour 
effectuer ses trajets de son domicile à son lieu de travail ne peuvent être pris en 
considération, puisqu’il ne s’agit pas de besoins déterminants au sens de la 
jurisprudence (ATA/280/2001 du 24 avril 2001). 

7.  En limitant la mesure au minimum légal prévu par l’article 17 alinéa 1 lettre 
a LCR, le SAN a pris une mesure qui échappe à toute critique et qui est 
particulièrement clémente compte tenu de sa pratique tendant à prononcer un 
retrait de permis d’une durée de deux mois en l’absence de besoins professionnels 
déterminants. 

8.  En conséquence, le recours, mal fondé, sera rejeté. Un émolument de 
CHF 300.- sera mis à la charge du recourant (art. 87 LPA). 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

à la forme 

déclare recevable le recours interjeté le 4 avril 2005 par M. R__________ contre la 
décision du service des automobiles et de la navigation du 11 mars 2005 lui retirant son 
permis de conduire pour un mois ; 

au fond 

le rejette ; 

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met à la charge du recourant un émolument de CHF 300.- ; 

dit que, conformément aux articles 97 et suivants de la loi fédérale d'organisation 
judiciaire, le présent arrêt peut être porté, par voie de recours de droit administratif, dans 
les trente jours dès sa notification, par devant le Tribunal fédéral ; le mémoire de 
recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature 
du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé en trois exemplaires au moins au 
Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14 ; le présent arrêt et les pièces en possession du 
recourant, invoquées comme moyen de preuve, doivent être joints à l'envoi ; 

communique le présent arrêt à M. R__________, au service des automobiles et de la 
navigation ainsi qu’à l'office fédéral des routes à Berne. 

Siégeants : M. Paychère, président, Mmes Hurni, Junod, juges. 

Au nom du Tribunal administratif : 

la greffière-juriste adj. : 
 
 

M. Tonossi 

 le président : 
 
 

F. Paychère 
 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :