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**Case Identifier:** ac462ff8-3dd0-5a8f-8017-2706d62ddac9
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-05-24
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance 24.05.2016 C/10285/2005
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_006_C-10285-2005_2016-05-24.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/10285/2005-CS DAS/133/2016

DECISION 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre de surveillance 

DU MARDI 24 MAI 2016 

 

Recours (C/10285/2005-CS) formé en date du 22 mars 2016 par A______, domiciliée 

______, ______ Genève, comparant en personne. 

* * * * * 

Décision communiquée par plis recommandés du greffier 

du   26 mai 2016 à : 

 

- A______ 

______, ______ Genève. 

- B______ 

c/o Me Diane BROTO, avocate 

Rue du Conseil-Général 18, 1205 Genève. 

- C______ 

D______ 

SERVICE DE PROTECTION DES MINEURS 
Case postale 75, 1211 Genève 8. 

- TRIBUNAL DE PROTECTION DE L'ADULTE 

ET DE L'ENFANT. 

 

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C/10285/2005-CS 

EN FAIT 

A. A______ a donné naissance hors mariage à l'enfant E______ en date du ______ 

2005. Le père de l'enfant est B______. 

Le couple s'est séparé en 2006. Jusqu'en avril 2013, les visites entre le père et le 

fils se sont déroulées d'entente entre les parents. 

A la suite d'importantes dissensions, A______ a interrompu les contacts entre 

l'enfant et le père à fin avril 2013. Des faits de violence sont survenus par la suite 

et des mesures d'éloignement ont été prononcées à l'encontre de B______. 

B. Le 8 mai 2013, A______ a informé le Tribunal de protection de l'adulte et de 

l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection) des difficultés rencontrées au sujet de 

l'exercice du droit de visite. 

Aux termes d'un rapport de six pages daté du 22 octobre 2013, le Service de 

protection des mineurs a indiqué qu'il était conforme à l'intérêt de l'enfant de fixer 

un droit de visite entre E______ et son père s'exerçant, sauf accord contraire des 

parties, un week-end sur deux, du vendredi dès la sortie de l'école au dimanche à 

18h00, et durant la moitié des vacances scolaires. 

Par ordonnance du 15 novembre 2013, le Tribunal de protection a accordé à 

B______ un droit de visite s'exerçant, sauf accord contraire des parties, un week-

end sur deux, du vendredi à la sortie de l'école au dimanche soir, selon la 

progression suivante : trois visites durant lesquelles E______ passera la nuit du 

vendredi au samedi et du samedi au dimanche chez sa grand-mère paternelle avec 

son père, trois visites durant lesquelles E______ passera une des deux nuits du 

week-end chez sa grand-mère paternelle et l'autre chez son père; puis E______ 

passera les deux nuits du week-end chez son père. Des contacts téléphoniques ont 

en outre été prévus ainsi que le partage détaillé des vacances scolaires. Par 

ailleurs, une curatelle d'organisation et de surveillance des relations personnelles a 

été instaurée. Il a aussi été donné acte à B______ de son engagement à poursuivre 

son suivi médical et thérapeutique et à effectuer mensuellement un test clinique 

d'abstinence à l'alcool et aux drogues, le résultat des tests devant être remis à la 

curatrice, tant que cette dernière l'estimait nécessaire. Enfin, le Service de 

protection des mineurs a été invité à faire parvenir au Tribunal de protection un 

rapport concernant l'évolution des relations personnelles. Deux employés du 

Service de protection des mineurs ont été désignés aux fonctions de curateurs du 

mineur. 

Aucun recours n'a été interjeté contre cette décision. 

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C/10285/2005-CS 

C. Par ordonnance du 10 juillet 2014, confirmée par décision de la Chambre de 

surveillance du 13 octobre 2014, le Tribunal de protection a confirmé le droit de 

visite de B______ sur E______, tel que fixé dans l'ordonnance du 15 novembre 

2013, en ce qui concerne les vacances d'été, précisé que ce droit pour les vacances 

d'été 2014 s'étendrait du 28 juillet au 24 août, soit durant la deuxième moitié des 

vacances scolaires, telles que fixées par le Département de l'instruction publique, 

dit que, pendant les longues périodes de vacances, E______ contactera par 

téléphone le parent avec lequel il ne passe pas les vacances deux fois par semaine, 

ordonné à B______ d'effectuer un test sanguin d'abstinence aux drogues 

immédiatement avant et après la période du droit de visite pour l'été 2014 et de 

remettre les résultats au curateur, son départ avec l'enfant étant subordonné à la 

remise d'un test négatif, confirmé l'engagement de B______ de poursuivre son 

suivi médical et thérapeutique et d'effectuer, mensuellement, un test clinique 

d'abstinence aux drogues et, trimestriellement, d'abstinence à l'alcool, pour en 

remettre le résultat au curateur, le Service de protection des mineurs étant invité à 

préaviser le maintien des tests d'abstinence dans le cadre de son préavis sur 

l'extension des relations personnelles requis par B______ dans son courrier du 10 

juin 2014, invité le Service de protection des mineurs à préaviser une éventuelle 

fixation des contacts téléphoniques entre le père et le mineur, confirmé la mesure 

de curatelle d'organisation et de surveillance du droit de visite précédemment 

instaurée, déclaré la présente ordonnance exécutoire nonobstant recours et 

débouté les parties de toutes autres conclusions. 

En substance, le Tribunal de protection a retenu qu'il n'existait aucun motif de 

s'écarter des modalités du droit de visite fixé précédemment, dès lors qu'il 

ressortait de l'attestation du Dr F______ que B______ maintenait son abstinence à 

l'alcool. Il ne ressortait par ailleurs pas du rapport du Service de protection des 

mineurs du 14 mai 2014 que ce dernier n'aurait pas honoré son engagement de 

poursuivre son suivi médical et thérapeutique et d'effectuer mensuellement un test 

clinique d'abstinence aux drogues. Le Tribunal de protection a toutefois entendu 

les craintes de A______ quant à une éventuelle rechute de B______ dans ses 

addictions et a ordonné à ce dernier d'effectuer un test clinique d'abstinence aux 

drogues avant son départ durant les vacances d'été. Au surplus, le précédent 

engagement de B______ de poursuivre son suivi médical et thérapeutique et 

d'effectuer un test clinique d'abstinence à l'alcool et aux drogues et à en remettre 

les résultats aux curateurs a été maintenu mensuellement en ce qui concerne 

l'abstinence aux drogues et trimestriellement en ce qui concerne l'abstinence à 

l'alcool, conformément aux recommandations du Dr F______ du 4 juin 2014. 

L'ordonnance a été communiquée pour notification aux parties le 11 juillet 2014. 

D. Par ordonnance du 26 juin 2015, le Tribunal de protection a modifié les modalités 

d'exercice des relations personnelles entre B______ et E______, telles que fixées 

dans l'ordonnance du 15 novembre 2013 en ce sens que le droit visite s'exercerait 

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dorénavant un week-end sur deux du vendredi à la sortie de l'école au lundi matin, 

à l'entrée de l'école ainsi que la moitié des vacances scolaires. Par ailleurs, 

B______ pouvait avoir deux contacts téléphoniques par semaine avec son fils, le 

mercredi et le samedi à 10h00. Enfin, l'obligation faite au père d'effectuer 

régulièrement des tests cliniques d'abstinence aux drogues et à l'alcool a été levée 

l'invitant à poursuivre son suivi médical et thérapeutique et à autoriser son 

médecin à informer le Service de protection des mineurs en cas de péjoration de 

sa situation. 

 Le 19 juin 2015, B______ avait déposé une requête au greffe du Tribunal de 

protection par laquelle il concluait à l'instauration de l'autorité parentale conjointe 

et de la garde alternée, laquelle s'exercerait une semaine sur deux du lundi à la 

sortie de l'école jusqu'au lundi matin de la semaine suivante ainsi que la moitié 

des vacances scolaires. Il demandait également à être relevé de son obligation 

d'effectuer un suivi médical et thérapeutique et de fournir des tests d'abstinence 

aux drogues et à l'alcool. 

 A l'appui de sa requête, B______ a indiqué qu'il entretenait une relation forte et 

fusionnelle avec son fils et qu'il était important pour le développement psychique 

et la recherche d'identité de l'enfant de pouvoir entretenir des contacts plus 

fréquents et plus réguliers avec lui. Il souhaitait, en outre, s'impliquer davantage 

dans la vie de E______. 

 Il a expliqué que s'il avait consommé des drogues et de l'alcool par le passé, il 

était abstinent depuis plusieurs années maintenant, ce que plusieurs tests et les 

témoignages du Dr F______ tendaient à confirmer. 

 A______, dans ses observations du 10 août 2015, a conclu au maintien de 

l'autorité parentale exclusive, du droit de visite tel que réglé par décision du 

26 juin 2015 ainsi qu'au maintien de la curatelle d'organisation et de surveillance 

des relations personnelles. Elle a, pour le surplus, conclu au rejet des conclusions 

prises par le requérant. Elle a expliqué avoir des relations très conflictuelles avec 

le père de son fils, d'une intensité telle qu'elle avait dû requérir le prononcé d'une 

mesure d'éloignement à son encontre auprès du Tribunal de première instance et 

déposer plainte auprès du Ministère public. Dans ces conditions, une autorité 

parentale conjointe n'était pas envisageable. Par ailleurs, le requérant ne se 

soumettait pas aux tests d'abstinence. S'agissant de l'extension du droit de visite, 

A______ a indiqué que celui-ci venait d'être fixé par décision du 26 juin 2015 et 

que son fils avait besoin de repères, d'équilibre et de continuité, de sorte qu'il 

n'était pas envisageable que l'exercice des relations personnelles soit à nouveau 

élargi, d'autant plus que l'enfant changeait d'école, ce qui constituait déjà un grand 

bouleversement dans sa vie. 

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 Dans son rapport du 19 octobre 2015, le Service de protection des mineurs a 

préavisé à ce qu'il soit renoncé en l'état à instaurer l'autorité parentale conjointe, à 

ce que les parents soient exhortés à entreprendre une médiation aux fins de trouver 

une voie de communication fonctionnelle au sujet de leur enfant et à leur donner 

acte de ce qu'ils s'engageraient à mettre en place un suivi thérapeutique pour leur 

enfant. Par ailleurs, il a recommandé qu'un large droit de visite soit fixé entre 

B______ et E______ lequel s'exercerait, chaque semaine, du jeudi (repas de midi 

inclus) au vendredi, retour à l'école ainsi qu'un week-end sur deux, du vendredi au 

lundi matin ainsi que durant la moitié des vacances scolaires et que pendant ces 

périodes, l'enfant ait deux contacts téléphoniques par semaine avec l'autre parent. 

Enfin, il convenait de maintenir la mesure de curatelle d'organisation et de 

surveillance des relations personnelles et également de confirmer l'engagement de 

B______ à poursuivre son suivi médical et thérapeutique ainsi qu'à autoriser son 

médecin à informer le curateur en cas de péjoration de sa situation. 

 Le Service de protection des mineurs a aussi relevé que les deux parents ne 

souhaitaient pas faire d'efforts pour améliorer la communication entre eux et 

continuaient à nourrir réciproquement le conflit, A______ projetant constamment 

les mêmes angoisses sur B______ et ce dernier ne lui reconnaissant aucune 

qualité personnelle. Aucun d'eux ne cherchait à améliorer la situation, préférant 

rester dans une dynamique dysfonctionnelle qu'ils imputaient à l'autre. Dans ce 

contexte, il était à craindre que l'institution de l'autorité parentale conjointe ne 

facilite une instrumentalisation de l'enfant et une dépendance des parents à la 

curatelle de droit de visite. Il a souligné, en outre, que dans ce conflit parental, les 

dires de l'enfant étaient utilisés à l'encontre de l'autre parent. E______ n'était plus 

en mesure d'exprimer ses besoins sans craindre de nourrir des tensions. A cet 

égard, il apparaissait nécessaire qu'un espace thérapeutique, que les parents 

devraient s'engager à respecter, soit mis en place, afin qu'il puisse développer des 

outils nécessaires pour faire face au conflit. 

 Enfin, le Service de protection des mineurs a relevé l'importance pour le père et 

l'enfant de partager des moments de la vie quotidienne ainsi que le rythme et les 

contraintes qui en découlent, afin que E______ puisse profiter d'un père qui 

l'éduque et le cadre et non pas uniquement d'un père avec lequel il s'amuse. Par 

ailleurs, il a relevé que le requérant s'intéressait à la scolarité de son fils et que 

lorsqu'il l'amenait à l'école le lundi matin, l'enfant était toujours à l'heure et les 

devoirs étaient faits. Cela étant, une garde alternée ne serait pas envisageable, en 

l'état, faute de communication entre les parents. 

 Dans ses déterminations du 18 novembre 2015, A______ a indiqué faire siennes 

les conclusions du Service de protection des mineurs à l'exception de 

l'élargissement du droit de visite de B______. A cet égard, elle a indiqué que le 

droit de visite du père avait déjà été modifié et élargi par décision du 26 juin 2015. 

Par ailleurs, il serait essentiel que l'enfant puisse rester dans son quartier afin de 

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profiter des relations récemment bâties. Un contact hebdomadaire poserait 

également des soucis eu égard à la problématique des passages de l'enfant et au 

comportement de l'enfant au retour de ses visites avec son père, lequel dénigrerait 

le rôle parental de la mère. Elle souhaitait donc que la situation se consolide avant 

que le droit de visite ne soit élargi. 

 Par courrier du 23 novembre 2015, B______ a indiqué être d'accord avec le 

préavis et renoncer à l'autorité parentale conjointe, dans la mesure où ce qui lui 

importait le plus était de pouvoir passer du temps avec son fils et que partant, 

l'augmentation de son droit de visite était sa priorité. S'agissant du maintien de 

l'autorité parentale exclusive en mains de A______, il demandait à ce qu'il soit fait 

interdiction à cette dernière de changer le lieu de résidence de l'enfant sans 

l'accord du père. 

E. a) Par ordonnance DTAE/829/2016 du 14 janvier 2016, le Tribunal de protection 

a modifié le droit de visite entre B______ et E______ tel que réglé par 

l'ordonnance du 26 juin 2016 (ch. 1 du dispositif), fixé le droit de visite de 

B______ sur l'enfant E______ selon les modalités suivantes et sauf accord des 

parties : chaque semaine du jeudi repas de midi inclus au vendredi matin, retour à 

l'école; un week-end sur deux du vendredi dès la sortie de l'école au lundi matin 

retour à l'école, durant la moitié des vacances scolaires, soit les années paires la 

totalité des vacances de février, la 2ème moitié des vacances de Pâques, la 2ème 

moitié des vacances d'été, la totalité des vacances d'octobre et la 2ème moitié des 

vacances de Noël (Nouvel-An compris) (ch. 2), précisé que pendant les périodes 

de vacances de E______ avec l'un de ses parents, le mineur aura deux contacts 

téléphoniques par semaine avec l'autre parent (ch. 3), maintenu la curatelle 

d'organisation et de surveillance des relations personnelles (ch. 4), exhorté 

A______ et B______ à entreprendre une médiation aux fins de trouver une voie 

de communication fonctionnelle au sujet de leur enfant E______ auprès de 

G______ ou tout autre lieu équivalent (ch. 5), fait instruction à A______ et 

B______ de communiquer le nom du médiateur choisi au curateur en charge du 

mandat au Service de protection des mineurs (ch. 6), invité B______ à poursuivre 

son suivi médical et thérapeutique et à autoriser son médecin à informer le 

curateur en cas de péjoration de sa situation (ch. 7), donné acte aux parents de ce 

qu'ils s'engageaient à mettre en place un suivi thérapeutique pour l'enfant E______ 

et à respecter cet espace de parole (ch. 8), débouté les parties de toutes autres 

conclusions (ch. 9) et arrêté les frais judiciaires à 500 fr., les mettant à la charge 

des parents par moitié chacun (ch. 10). 

 Cette ordonnance a été communiquée pour notification le 19 février 2016. 

 b) Par acte expédié le 22 mars 2016, A______ a formé un recours contre cette 

ordonnance, concluant à l'annulation du chiffre 2 de son dispositif. Elle a demandé 

que le droit de visite de B______ soit fixé selon les modalités suivantes et sauf 

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accord des parties : un week-end sur deux du vendredi à la sortie de l'école au 

lundi matin à l'entrée à l'école, durant la moitié des vacances scolaires, durant les 

années paires : la totalité des vacances de février, la 2ème moitié des vacances de 

Pâques, la 2ème moitié des vacances d'été, la 1
ère

 moitié des vacances de Noël 

(Nativité comprise), durant les années impaires : la 1ère moitié des vacances de 

Pâques, la 1ère moitié des vacances d'été, la totalité des vacances d'octobre, la 

2ème moitié des vacances de Noël (Nouvel-An compris). Au surplus, elle a 

demandé la confirmation de l'ordonnance querellée ainsi que la condamnation de 

B______ en tous les frais de la procédure. 

 En substance, elle a fait valoir qu'il était nécessaire que E______ puisse 

s'exprimer dans un espace neutre mis en place par son père avant d'envisager un 

éventuel élargissement des visites au jeudi. Elle a douté de la volonté du père de 

mettre en place un suivi thérapeutique pour E______ si le droit de visite est d'ores 

et déjà élargi. Elle a fait valoir d'autre part que ni le Service de protection des 

mineurs ni le Tribunal de protection n'avaient pris en considération le fait que 

E______ souffrait des passages d'un parent à l'autre et que les retours chez elle des 

séjours chez son père se faisaient toujours dans la souffrance et le chaos. D'autre 

part, E______ commençait seulement depuis quelques semaines à nouer de 

véritables liens dans le quartier de sorte que l'élargissement du droit de visite au 

jeudi n'était pas adéquat, ce d'autant plus que le jeudi soir était un moment 

d'études qu'il ne fallait pas perturber. 

 c) Par courrier du 12 avril 2016, le Tribunal de protection a informé la Chambre 

de surveillance du fait qu'il n'entendait pas reconsidérer sa décision. 

 d) Par courrier du 22 avril 2016, le Service de protection des mineurs s'était référé 

à son rapport d'évaluation du 19 octobre 2015 et a préconisé le maintien de 

l'organisation des relations personnelles entre père et fils telles que décidée au 

chiffre 2 de l'ordonnance querellée. 

 e) Dans sa réponse du 10 mai 2016, B______ s'en est rapporté à justice quant à la 

recevabilité formelle du recours interjeté par A______. Sur le fond, il a conclu à la 

confirmation pure et simple de l'ordonnance entreprise et à la condamnation de 

A______ aux frais de la procédure de recours avec suite de dépens. 

 Il a rappelé qu'il n'avait sollicité qu'à deux reprises l'extension de son droit de 

visite. Le but était de mettre en place une relation plus soutenue avec E______. 

Il s'est référé au préavis du Service de protection des mineurs qui estimait 

également que les intérêts de l'enfant commandaient l'octroi d'un jour de visite 

supplémentaire par semaine. Il a rappelé que son fils avait toujours beaucoup de 

plaisir à passer du temps avec lui. Par rapport aux devoirs, l'enseignante de 

E______ avait relevé que ceux-ci étaient faits et qu'il était toujours ponctuel à 

l'école. Il a contesté que l'élargissement du droit de visite déracine E______ dans 

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la mesure où ce dernier s'était rapidement fait des amis dans sa nouvelle école et 

qu'il était intégré dans le quartier depuis plusieurs années. 

 f) Par courrier du 11 mai 2016, le greffe de la Cour de justice a informé les parties 

du fait que la cause était mise en délibération. 

EN DROIT 

1. 1.1 Les décisions de l'autorité de protection de l'adulte et de l'enfant peuvent faire 

l'objet d'un recours devant le juge compétent, qui, dans le canton de Genève, est la 

Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 450 al. 1 CC; art. 53 

al. 1 LaCC; art. 126 al. 1 let. b LOJ). Ont qualité pour recourir les personnes 

parties à la procédure (art. 450 al. 2 ch. 1 CC). Le délai de recours est de trente 

jours à compter de la notification de la décision (art. 450b al. 1 CC; art. 53 al. 2 

LaCC applicable par renvoi de l'art. 314 al. 1 CC). 

1.2 En l'espèce, le recours a été formé par une partie à la procédure, dans le délai 

utile de trente jours et devant l'autorité compétente, il est donc recevable à la 

forme. 

1.3 La Chambre de surveillance examine la cause librement, en fait, en droit et 

sous l'angle de l'opportunité (art. 450a CC). Elle établit les faits d'office et n'est 

pas liée par les conclusions des parties (art. 446 al. 1 et 3 CC). 

2. La recourante conteste l'élargissement du droit de visite au jeudi. 

 2.1 Le père ou la mère qui ne détient pas l'autorité parentale ou la garde, ainsi que 

l'enfant mineur ont réciproquement le droit d'entretenir des relations personnelles 

indiquées par les circonstances (art. 273 al. 1 CC). 

 Le droit aux relations personnelles – qui est considéré comme un droit de la 

personnalité de l'enfant et qui doit servir en premier lieu son intérêt – vise à 

sauvegarder le lien existant entre parents et enfants (ATF 131 III 209 consid. 5; 

ATF 127 III 295 consid. 4a; ATF 123 III 445 consid. 3b; HEGNAUER, Droit suisse 

de la filiation, 1998, n° 19.20, p. 116). Il est unanimement reconnu que le rapport 

de l'enfant avec ses deux parents est essentiel et qu'il peut jouer un rôle décisif 

dans le processus de sa recherche d'identité (ATF 130 III 585 consid. 2.2.2). 

 L'importance et le mode d'exercice des relations personnelles doivent être 

appropriés à la situation, autrement dit tenir équitablement compte des 

circonstances particulières du cas. Le bien de l'enfant est le facteur d'appréciation 

le plus important (ATF 127 III 295 consid. 4a) et les éventuels intérêts des parents 

sont à cet égard d'importance secondaire (ATF 130 III 585 consid. 2.1; arrêt du 

Tribunal fédéral 5A_188/2012 du 15 mai 2012 consid. 6.1). On tiendra compte 

notamment de l'âge de l'enfant, de son état de santé, de ses loisirs, etc. 

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La disponibilité du parent (horaires de travail et autres obligations), son lieu de 

vie, sa personnalité et la relation qu'il entretient avec l'enfant sont autant de 

critères pertinents (LEUBA, Commentaire romand, Code civil I, 2010, n° 14 ad 

art. 273 CC). 

 2.2 En l'espèce, le Service de protection des mineurs a recommandé qu'un large 

droit de visite soit fixé entre l'intimé et l'enfant E______, préconisant que celui-ci 

s'exerce également chaque semaine du jeudi, repas de midi inclus, au vendredi 

matin, retour à l'école. Il a relevé l'importance pour le père et l'enfant de partager 

des moments de la vie quotidienne ainsi que le rythme et les contraintes qui en 

découlaient, afin que E______ puisse profiter d'un père qui l'éduque et le cadre et 

non pas uniquement d'un père avec lequel il s'amuse. Le Tribunal de protection a 

suivi ce préavis et a élargi le droit de visite de l'intimé au jeudi selon les modalités 

susindiquées. 

 La recourante a critiqué cet élargissement. Elle a fait valoir que cet élargissement 

risquait de péjorer la situation de E______. Elle a estimé que le passage d'un 

parent à l'autre et le retour chez elle de l'enfant se faisaient toujours dans la 

souffrance et le chaos. Elle a indiqué également que l'élargissement du droit de 

visite au jeudi n'était pas adéquat car E______ devait consolider ses relations dans 

le quartier. Enfin, elle a relevé que le jeudi soir était un moment d'études qu'il ne 

fallait pas perturber. 

 La Chambre de surveillance constate, à l'instar du Tribunal de protection, que les 

craintes nourries par la recourante ne concernent pas le bien de l'enfant, mais sont 

surtout le reflet du manque de confiance envers l'intimé et du défaut d'entente 

patent entre les parents. La recourante ne démontre pas, en tout cas, que ses 

craintes seraient avérées. Le dossier ne contient pas d'éléments qui laisserait 

supposer que le préavis du Service de protection des mineurs est erroné ou partial. 

 Dans la décision querellée, le Tribunal de protection a relevé que E______ aimait 

passer du temps avec ses deux parents et qu'il semblait entretenir une relation 

privilégiée avec son père, revenant toujours heureux des visites avec celui-ci. 

Encore une fois, la procédure ne permet pas de retenir le contraire. 

 Dans ces conditions, la Chambre de surveillance considère que l'élargissement du 

droit de visite au jeudi, bien que contesté par la recourante, est adéquat, et 

correspond à l'intérêt de l'enfant. La décision querellée n'est donc pas critiquable.  

 2.3 Il en résulte que le recours est infondé. Il sera donc rejeté. 

 2.4 Les autres modalités prévues par la décision querellée n'ont pas été contestées. 

Elles sont également adéquates et seront donc aussi confirmées. 

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3. La recourante est la partie qui succombe. Elle sera donc condamnée aux frais 

judiciaires arrêtés à 400 fr. (art. 106 al. 1 CPC). Les frais judiciaires seront 

compensés par l'avance déjà effectuée qui reste acquise à l'Etat (art. 111 

al. 1 CPC). Chaque partie gardera ses dépens à sa charge (art. 107 al. 1 

let. c CPC). 

* * * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre de surveillance : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours formé le 22 mars 2016 par A______ contre l'ordonnance 

DTAE/829/2016 rendue le 14 janvier 2016 par le Tribunal de protection de l'adulte et de 

l'enfant dans la cause C/10285/2005-7. 

Au fond : 

Rejette le recours et confirme l'ordonnance querellée. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires à 400 fr., les met à la charge de A______ et les compense avec 

l'avance fournie, qui reste acquise à l'Etat de Genève. 

Dit que chaque partie supporte ses propres dépens. 

Siégeant : 

Monsieur Cédric-Laurent MICHEL, président; Monsieur Jean-Marc STRUBIN et 

Madame Paola CAMPOMAGNANI, juges; Madame Carmen FRAGA, greffière. 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), la présente décision peut être portée dans les trente jours qui 

suivent sa notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par devant le 

Tribunal fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral - 1000 Lausanne 14.