# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 0cb377cb-d2e7-53b7-b3d9-0e8407b5a0e0
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2023-10-23
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 23.10.2023 E-5449/2023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-5449-2023_2023-10-23.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour V 

E-5449/2023 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  2 3  o c t o b r e  2 0 2 3  

Composition 
 William Waeber (président du collège),  

Yanick Felley, Muriel Beck Kadima, juges, 

Marc Toriel, greffier. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

Afghanistan,   

représenté par Marie Ammann,  

(…),  

recourant,  

  
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Modification des données dans le Système d'information 

central sur la migration (SYMIC) ;  

décision du SEM du 5 septembre 2023 / N (…). 

 

 

 

E-5449/2023 

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Faits : 

A.  

Le 13 juin 2023, A._______ (ci-après : le requérant, l'intéressé ou le recou-

rant) a déposé une demande d’asile en Suisse. 

Sur la fiche de données personnelles qu'il a remplie le même jour, il a indi-

qué être né le (…) et donc être mineur. 

B.  

Le 19 juin 2023, les investigations entreprises par le SEM ont révélé, sur 

la base d'une comparaison dactyloscopique avec l'unité centrale du sys-

tème européen « Eurodac », que l'intéressé avait déposé une demande 

d'asile en Croatie le 9 juin 2023. 

C.  

L’intéressé a signé un mandat de représentation en faveur de B._______, 

le 19 juin 2023 également. 

D.  

D.a Il a fait l'objet d'une audition destinée aux requérants mineurs non ac-

compagnés (RMNA) en date du 17 juillet 2023. A cette occasion, il a dé-

claré ne pas connaître sa date de naissance exacte, mais savoir être né 

en (…) (converti dans le calendrier grégorien par l’interprète : […]-[…]) et 

avoir (…) ans au moment de l’audition. Il aurait pris connaissance de son 

âge à (…) ans, au moment de l’établissement de sa tazkira (carte d’identité 

afghane), dont l’original se trouvait en Afghanistan. N’ayant pas son télé-

phone portable avec lui au moment de remplir la fiche de données person-

nelles (cf. let. A), un autre requérant – muni pour sa part d’un tel téléphone 

– l’aurait aidé à convertir son année de naissance et à formuler une date 

complète dans le calendrier grégorien, qu’il ne connaissait pas. Il serait 

originaire du village de C._______, sis dans le district de D._______, dans 

la province de E._______. Il ne connaîtrait ni les dates de naissance ni les 

âges de ses parents, et n'aurait été scolarisé que jusqu’à ses (…) ans. Il 

aurait ensuite effectué de petits travaux pour soutenir son père et aurait 

également suivi l’équivalent d’une (…) pendant environ deux années.  

S'agissant de son parcours migratoire, il a exposé avoir quitté l'Afghanistan 

avec son père le (…) ou (…) 2021, pour rejoindre l’Iran, où ils auraient 

séjourné environ un an. L’intéressé aurait ensuite transité, sans son père 

mais avec l’aide d’un passeur, par la Turquie, où il serait resté environ six 

mois, puis par la Bulgarie, la Bosnie, la Croatie, la Slovénie et l’Italie, le tout 

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sur une période supplémentaire d’une demi-année, avant d’atteindre la 

Suisse, le 13 juin 2023. 

Le requérant a notamment été invité par le SEM à se déterminer sur la 

possible responsabilité de la Croatie pour le traitement de sa demande 

d'asile. Il a exposé ne pas vouloir retourner dans ce pays, au regard de la 

situation qui y prévalait. Il a précisé que ses empreintes avaient été prises 

sous la contrainte, en l'absence d'un interprète et sans recevoir de nourri-

ture. Il aurait donné son « âge exact » aux autorités croates, respective-

ment leur aurait indiqué avoir (…) ans. Il aurait ensuite été conduit à la 

frontière slovène. Son but, depuis le départ, aurait été de venir en Suisse. 

Le SEM a communiqué à l'intéressé son intention de le soumettre à une 

expertise pour estimer son âge. Il l'a informé qu'il allait être accompagné 

d'un membre de l'encadrement du centre, qu'il allait devoir se déshabiller 

et que des radiographies de son poignet, de ses dents et de sa clavicule 

allaient être effectuées par les médecins. Le recourant ne s’y est pas op-

posé. La représentation juridique a quant à elle estimé que son mandant 

avait démontré sa minorité au travers de ses déclarations et du document 

produit. 

Également invité à se déterminer sur sa situation médicale, le requérant a 

indiqué n’avoir « aucun problème ». 

D.b Il a remis la photographie de sa tazkira, ainsi que plusieurs autres pho-

tographies concernant son père. 

E.  

Le 20 juillet 2023, le SEM a mandaté le F._______ pour réaliser une ex-

pertise visant à déterminer l’âge du recourant. 

Le 8 août 2023, ce centre a transmis au SEM son rapport, fondé sur un 

examen clinique ainsi que sur des examens radiologiques (radiographie 

standard de la dentition et de la main droite, ainsi que CT-scanner des ar-

ticulations sterno-claviculaires). Il en ressort que l’âge moyen du recourant 

se situerait entre (…) et (…) ans, tandis que l’âge minimum serait de 

(…) ans. De l’avis des médecins, il est possible que l’intéressé soit âgé de 

moins de (…) ans, mais il est exclu qu’il soit né le (…). 

F.  

Par courrier du 10 août 2023, le SEM a communiqué au recourant qu’il 

estimait que celui-ci n’avait pas prouvé ni rendu vraisemblable sa minorité 

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et qu’il le considérait dès lors comme majeur pour la suite de la procédure. 

Il l’a informé que sa date de naissance serait modifiée d’office au (…) dans 

le Système d’information central sur la migration (SYMIC), avec mention 

de son caractère litigieux. Il lui a octroyé un délai pour se déterminer à ce 

sujet. 

L’intéressé a pris position en date du 16 août 2023. Il a affirmé que les 

indices supposés de majorité reposaient sur des considérations purement 

subjectives et en aucun cas sur des contradictions ou imprécisions dans 

son récit. Il avait en effet toujours indiqué avoir (…) ans et être né en (…). 

Il a en outre estimé que l’expertise médico-légale n’infirmait pas l’âge qu’il 

avait allégué mais au contraire tendait à le confirmer, au vu de l’âge mini-

mum de (…) ans retenu par l’expert. Cela valait d’autant plus qu’il s’était 

fait l’auteur de déclarations constantes tant devant le SEM que devant le 

corps médical. Il a enfin demandé à ce qu’une décision susceptible de re-

cours soit rendue dans le cas où une modification des données était effec-

tuée dans SYMIC. 

G.  

Le 18 août 2023, le SEM a adressé aux autorités croates une requête de 

reprise en charge du requérant, en application de l'art. 18 par. 1 let. b du 

règlement (UE) no 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 

26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de 

l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection in-

ternationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de 

pays tiers ou un apatride (refonte ; JO L 180/31 du 29.6.2013, règlement 

Dublin III ou RD III). 

En date du 1er septembre 2023, les autorités croates ont rejeté cette de-

mande en raison de l'incertitude entourant l'âge du requérant et de sa mi-

norité alléguée. 

H.  

Le 5 septembre 2023, le SEM a communiqué à l’intéressé que sa demande 

d’asile serait traitée en procédure nationale.  

I.  

Par décision du même jour, le SEM, ayant préalablement modifié la date 

de naissance du requérant dans SYMIC, la fixant au (…), avec mention du 

caractère litigieux, a constaté ce changement et a retiré l’effet suspensif à 

un éventuel recours. Il a en substance retenu que, compte tenu de la faible 

valeur probante de la photographie de la tazkira produite, du résultat – 

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considéré comme un indice de majorité – de l’expertise médico-légale ef-

fectuée et des déclarations générales, lacunaires et stéréotypées de l’inté-

ressé au sujet, notamment, de son âge, de sa famille et de son parcours 

migratoire, celui-ci n’avait pas été en mesure de rendre vraisemblable sa 

minorité. Il peinait notamment à comprendre les raisons pour lesquelles, 

quand bien même le requérant ne connaissait selon ses dires que son âge 

([…] ans) et non sa date de naissance complète, ce dernier n’avait pas 

simplement indiqué cet âge dans le formulaire en dari/farsi. Il a relevé, en 

complément, que l’âge minimum constaté par les experts représentait uni-

quement l’âge le plus bas possible, et non l’âge le plus probable ou l’âge 

moyen. La minorité invoquée par le requérant était donc possible, sans être 

probable.  

J.  

Le 25 septembre 2023, le SEM a entendu le requérant sur ses motifs 

d’asile. 

K.  

Le 3 octobre 2023, le SEM a adressé un projet de décision en matière 

d’asile à la représentation juridique de l’intéressé. 

Celle-ci s’est déterminée le 3 octobre 2023. 

L.  

Par décision du 5 octobre 2023, le SEM, considérant que les allégations 

de l’intéressé n’étaient pas vraisemblables, a dénié à celui-ci la qualité de 

réfugié, rejeté sa demande d'asile et prononcé son renvoi de Suisse ; il a 

toutefois ordonné son admission provisoire, l’exécution de cette mesure 

n’étant pas raisonnablement exigible.  

M.  

Le 6 octobre 2023, l’intéressé a recouru auprès du Tribunal administratif 

fédéral (ci-après : le Tribunal) contre la décision du 5 septembre 2023. Il a 

conclu à l’annulation de cette décision et à la rectification de sa date de 

naissance, subsidiairement à cette même rectification, mais avec la men-

tion du caractère litigieux de celle-ci. À titre préalable, il a sollicité l’exemp-

tion du versement d’une avance de frais, l’octroi de l’assistance judiciaire 

partielle, le prononcé de mesures provisionnelles urgentes au sens de 

l’art. 55 PA, ainsi que la restitution de l’effet suspensif au recours.  

En substance, l’intéressé a reproché au SEM de ne pas avoir procédé à 

une appréciation globale de tous les éléments, en accordant une valeur 

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trop importante aux supposés éléments plaidant en défaveur de la minorité 

alléguée. L’autorité inférieure se serait contentée d’écarter la copie de la 

tazkira remise sans en examiner l’authenticité, alors même que celle-ci re-

présentait un indice en faveur de la minorité. Elle n’aurait en outre pas tenu 

compte, lors de son audition, de son jeune âge et des différences cultu-

relles quant à l’importance donnée à l’âge et à la date de naissance, se 

livrant à une analyse subjective et eurocentrée. Il n’était accompagné ni 

d’un interprète ni d’un représentant légal au moment de remplir le premier 

formulaire, de sorte que les conclusions que l’on pouvait en tirer n’avaient 

que peu de valeur. Il avait donné des explications claires et détaillées quant 

aux éléments qui l’avaient alors conduit à inscrire la date de naissance du 

(…). Il peinait en outre à suivre le raisonnement du SEM selon lequel il 

n’était pas plausible qu’il n’ait pas regardé ni vérifié la tazkira de son père 

afin de savoir l’âge de ce dernier, lorsqu’ils s’étaient rendus au bureau pour 

établir la sienne. Il a par ailleurs rappelé qu’il avait été accompagné par un 

passeur depuis l’Iran et que, contrairement à ce qu’exposait le SEM, qui 

en tirait un argument en faveur de sa majorité, il n’avait pas poursuivi son 

parcours migratoire en étant seul. Ses déclarations devaient ainsi être con-

sidérées comme claires, cohérentes, constantes et en adéquation avec 

son âge allégué et sa minorité. Quant aux résultats de l’expertise médico-

légale, il a essentiellement repris l’argumentation développée dans sa prise 

de position du 16 août 2023.   

N.  

Les autres faits et arguments de la cause seront examinés, pour autant 

que besoin, dans les considérants en droit. 

 

Droit : 

1.  

1.1 La nouvelle loi sur la protection des données du 25 septembre 2020 

(ci-après : LPD ; RS 235.1) est entrée en vigueur le 1er septembre 2023. 

Les dispositions transitoires de cette loi prévoient que celle-ci ne s’applique 

pas aux recours pendants contre les décisions de première instance ren-

dues avant son entrée en vigueur ; dans ces affaires l’ancien droit s’ap-

plique (art. 70 LPD).  

En l’espèce, la décision querellée ayant été rendue le 5 septembre 2023, 

le nouveau droit s’applique. 

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1.2 Le présent litige porte sur la rectification des données personnelles du 

recourant, à savoir sa date de naissance, au sens de la LPD, contenues 

dans SYMIC (art. 4 al. 2 let. a de l'ordonnance du 12 avril 2006 sur le sys-

tème d'information central sur la migration [ci-après : ordonnance 

SYMIC ; RS 142.513]) ; dans cette matière, le Tribunal ne statue pas de 

manière définitive, une voie de droit étant ouverte au Tribunal fédéral 

(art. 82 ss LTF ; arrêt du TF 1C_452/2021 du 23 novembre 2022 con-

sid. 1). 

Le Tribunal est donc compétent pour connaître du présent litige.  

1.3 En matière de protection des données, la procédure devant le Tribunal 

est régie par la PA (art. 41 al. 6 LPD).  

1.4 L’intéressé a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA). 

1.5 Interjeté dans la forme et le délai prescrits par la loi (art. 52 al. 1 PA et 

50 al. 1 PA), le recours est recevable.  

2.  

2.1 Le registre informatique SYMIC permet, notamment, le traitement uni-

forme des données relatives à l'identité des étrangers, y compris ceux qui 

relèvent du domaine de l'asile (art. 3 al. 1 de la loi fédérale du 20 juin 2003 

sur le système d'information commun aux domaines des étrangers et de 

l'asile [LDEA, RS 142.51]). Ces données sont enregistrées dans le registre 

informatique SYMIC (art. 4 al. 1 let. a LDEA), qui tient lieu pour la personne 

concernée de registre d'état civil provisoire durant sa procédure d'asile 

(cf. arrêt du Tribunal A-3153/2017 du 6 février 2018 consid. 3.1 et réf. cit.). 

2.2 Selon l'art. 19 al. 1 de l'ordonnance SYMIC, les droits des personnes 

concernées en matière de protection des données sont régis par la LPD et 

la PA. Conformément à l'art. 6 al. 5 LPD, celui qui traite des données per-

sonnelles doit s'assurer qu'elles sont exactes. Si les données sont traitées 

par un organe fédéral, quiconque a un intérêt digne de protection peut exi-

ger qu'il les rectifie lorsqu'elles sont inexactes (art. 6 al. 5 LPD en relation 

avec l'art. 41 al. 2 let. a LPD). Le droit à obtenir une rectification dans un 

tel cas est absolu (cf. ATAF 2018 VI/3 consid. 3.2 et réf. cit.). Il appartient 

au maître du fichier, en l'occurrence le SEM (art. 2 LDEA), de prouver 

l'exactitude des données lorsque la personne concernée les conteste. En 

revanche, il incombe à la personne qui demande la rectification d'une don-

née de prouver l'exactitude de la modification demandée 

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(cf. ATAF 2018 VI/3 consid. 3.3 et 3.5 et réf. cit. ; arrêt du Tribunal 

A-4603/2017 du 11 avril 2018 consid. 3.3 ; arrêt du Tribunal fédéral 

1C_240/2012 du 13 août 2012 consid. 3.1). En d'autres termes, lorsqu'une 

personne demande la rectification d'une donnée personnelle inscrite dans 

le registre SYMIC, il lui incombe, d'une part, de prouver l'exactitude de la 

modification demandée, ou au moins son haut degré de vraisemblance, et, 

d'autre part, de fournir une explication suffisante pour écarter d'éventuelles 

objections pertinentes quant à l'authenticité des documents produits. Le 

point de savoir si une donnée est exacte ou non ne peut pas être tranché 

de façon abstraite, mais doit l'être en fonction des circonstances concrètes 

du cas d'espèce (cf. ATAF 2018 VI/3 consid. 3.5 et réf. cit. ; arrêt du Tribu-

nal A-3153/2017 précité consid. 3.2 ainsi que réf. et doctrine citées). 

2.3 L'art. 41 al. 4 LPD dispose par ailleurs que si ni l'exactitude ni l'inexac-

titude d'une donnée personnelle ne peut être apportée, l'organe fédéral doit 

ajouter à la donnée la mention de son caractère litigieux. 

3.  

3.1 En l’espèce, le SEM a examiné la question centrale de la date de nais-

sance de l’intéressé en le questionnant directement à ce sujet, en l’interro-

geant également sur son environnement dans son pays d'origine, son en-

tourage familial, sa scolarité et son parcours migratoire et en prenant en 

compte les documents remis. Il l’a soumis par ailleurs à une analyse mé-

dico-légale visant à déterminer son âge et lui a accordé le droit d’être en-

tendu sur les résultats des examens pratiqués.  

3.2 Force est de constater, à l’instar de l’autorité inférieure, que l’intéressé 

n'a pas déposé dans le cadre de sa procédure d’asile, de document d'iden-

tité, au sens de l’art. 1a let. c OA 1 (RS 142.311), susceptible, à lui seul, de 

prouver sa minorité (art. 1a let. c OA 1). A cet égard, la tazkira délivrée le 

(…), donc le (…) selon le calendrier grégorien, alors que le recourant aurait 

été âgé de (…) ans, ne revêt qu'une faible force probante et ne suffit pas à 

prouver la minorité alléguée (cf. arrêt du Tribunal F-3518/2022 du 24 août 

2022 consid. 3.3 et les réf. citées), étant souligné de surcroît qu’une simple 

photographie en a été produite. Il ne s'agit pas d'écarter purement et sim-

plement ce document ; il ne constitue toutefois qu'un simple indice de l'âge 

du recourant. Il est donc nécessaire de déterminer s'il existe d'autres élé-

ments au dossier parlant en faveur de la minorité alléguée de l'intéressé. 

 

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Page 9 

3.3  

3.3.1 L’intéressé a été entendu dans le cadre d’une audition qui, quoi qu’il 

en dise, s’est déroulée de manière adaptée. Il ressort du procès-verbal que 

le recourant a eu l’occasion de s’exprimer librement, de développer des 

réponses spontanément et de répondre de manière exhaustive aux ques-

tions posées. A la question de savoir comment s’était déroulée l’audition 

pour lui, il a d’ailleurs répondu : « je pense que c’était bien », se disant juste 

triste de savoir qu’il était possible qu’il soit renvoyé en Croatie. 

3.3.2 Contrairement à ce que retient le SEM, le Tribunal est d’avis que les 

déclarations de l’intéressé concernant son environnement familial et son 

parcours migratoire apparaissent globalement suffisantes et cohérentes. 

D’autres constats l’amènent en revanche à douter de sa minorité. A son 

arrivée en Suisse, l'intéressé ne provenait en effet pas directement 

d'Afghanistan. Il avait séjourné un an en Iran avec son père, six mois en 

Turquie, avant de transiter, durant une demi-année supplémentaire, par di-

vers pays d’Europe. Dans ce contexte, et même en prenant en considéra-

tion les particularités culturelles invoquées par le recourant, il est peu cré-

dible qu’il ne se soit pas posé la question de sa date de naissance durant 

son parcours et se soit trouvé si emprunté au moment de répondre à la 

question de son âge à son arrivée en Suisse. On ne comprend ainsi pas, 

à l’instar du SEM, pour quelle raison le recourant aurait gagné à consulter 

sa tazkira au moment de remplir la fiche de données personnelles, celle-ci 

ne pouvant d’ailleurs – il ne pouvait l’ignorer – lui être d’aucun secours pour 

déterminer sa date de naissance complète. Le fait qu’il puisse ne connaître 

son année de naissance que dans le calendrier utilisé dans son pays est 

en outre fortement douteux. Il a en effet pu fournir, avec précision, dans le 

calendrier grégorien, la date de son départ d’Afghanistan (le […] ou […]  

2021) et celle de son arrivée en Suisse (le « 13.06.2023 »). Il a également 

déclaré avoir quitté l’Iran en « 2022 ». S’agissant de ses motifs d’asile, il a 

par exemple été en mesure d’expliquer que la période précédant la prise 

de pouvoir des talibans se situait au « septième mois de 2021 » (cf. idem, 

pt. 7.01, p. 12). Dans ces conditions, il ne s’explique guère qu’il ait ignoré 

son année de naissance dans le calendrier grégorien et qu’il ait dû avoir 

recours à une application de conversion sur le portable d’un autre requé-

rant d’asile. La raison pour laquelle il aurait inventé un jour et un mois de 

naissance pour compléter le premier formulaire rempli, au lieu de simple-

ment noter son âge allégué (« […] ans »), n’est pas plus convaincante.  

3.3.3 Lors de son audition, l’intéressé a également déclaré avoir donné le 

même âge, respectivement le même nom que celui fourni en Suisse 

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Page 10 

(A._______) aux autorités croates. Or, force est de constater que les infor-

mations transmises au SEM par ces dernières révèlent une tout autre iden-

tité, soit G._______, né le (…), Afghanistan. Le Tribunal ne saurait retenir 

que la date de naissance, précise, ait pu être inscrite de manière purement 

aléatoire par les autorités croates. Il apparaît plutôt que le recourant l’a lui-

même fournie. En tout état de cause, ce dernier constat confirme qu’à son 

arrivée en Suisse, il savait devoir fournir sa date de naissance, de sorte 

que, une fois encore, le désarroi dans lequel il dit s’être trouvé n’est en rien 

crédible. 

3.4 Enfin, si les résultats de l’expertise médico-légale ne permettent pas 

d’établir la majorité du recourant (cf. à cet égard, les considérations du Tri-

bunal dans l’ATAF 2018 VI/3, consid. 4.2.2), ils révèlent tout de même une 

probabilité en faveur de celle-ci. L’âge de (…) ans est l’âge minimum de 

l’intéressé, non l’âge le plus probable. L’expertise exclut catégoriquement 

la date de naissance inscrite – selon l’intéressé aléatoirement pour ce qui 

est du jour et du mois –sur la fiche de données personnelles. L'examen de 

la dentition indique un âge moyen de (…) ans et une probabilité élevée que 

le recourant ait dépassé sa (…)ème année. La radiographie de la main droite 

révèle un âge minimum de (…) ans, mais permet d'établir que le stade de 

développement de l'intéressé est celui d'un homme de (…) ans ou plus. 

Quant à l'analyse des articulations sternoclaviculaires, elle démontre un 

âge moyen de (…) ans, avec une déviation standard de (…) ans. Au terme 

de leur rapport, les experts concluent à un âge moyen situé entre (…) et 

(…) ans. 

3.5 Compte tenu de ce qui précède, les éléments en faveur de la majorité 

de l’intéressé l’emportent sur ceux plaidant pour sa minorité. Il ne se justifie 

ainsi pas de procéder à la rectification demandée, au sens de l’art. 6 al. 5 

LPD, le recourant n’étant pas parvenu à démontrer l’exactitude, ni la haute 

vraisemblance de la modification requise. Le caractère litigieux de la date 

de naissance retenue, soit le (…) est pour le reste déjà mentionné dans le 

système SYMIC (art. 41 al. 4 LPD).  

4.  

4.1 Dans la mesure où il est immédiatement statué sur le fond, les requêtes 

relatives à l’exemption du paiement d’une avance de frais et à la restitution 

de l’effet suspensif deviennent sans objet. 

4.2 Compte tenu de l'issue de la cause, il y aurait lieu de mettre les frais de 

procédure à la charge du recourant, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 

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Page 11 

art. 2 et 3 let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dé-

pens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, 

RS 173.320.2). Les conclusions du recours n’étant toutefois pas apparues 

d’emblée vouées à l'échec et l’indigence du recourant ne faisant aucun 

doute, il y a lieu d’admettre la demande d’assistance judiciaire partielle et 

de statuer sans frais (art. 65 al. 1 PA). 

 

(dispositif : page suivante)  

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Page 12 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Il n’est pas perçu de frais de procédure. 

3.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM, à l'autorité cantonale 

et au Secrétariat général du DFJP. 

 

Le président du collège : Le greffier : 

  

William Waeber Marc Toriel 

 

  

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Page 13 

Indication des voies de droit : 

Le présent arrêt peut être attaqué devant le Tribunal fédéral, 1000 Lau-

sanne 14, par la voie du recours en matière de droit public, dans les 30 

jours qui suivent la notification (art. 82 ss, 90 ss et 100 LTF). Ce délai est 

réputé observé si les mémoires sont remis au plus tard le dernier jour du 

délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention de ce dernier, à La Poste 

Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse 

(art. 48 al. 1 LTF). Le mémoire doit être rédigé dans une langue officielle, 

indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. 

La décision attaquée et les moyens de preuve doivent être joints au mé-

moire, pour autant qu'ils soient en mains de la partie recourante 

(art. 42 LTF).