# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 65cd3792-49d8-5b39-9afd-4dc1560617c1
**Source:** Jura (JU)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2011-10-28
**Language:** fr
**Title:** Jura Tribunal Cantonal Cour constitutionnelle 28.10.2011 CON 2011 1
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/JU_Gerichte/JU_TC_010_CON-2011-1_2011-10-28.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DU JURA

TRIBUNAL CANTONAL

COUR CONSTITUTIONNELLE

CONST 1 / 2011

Président : Pierre Broglin
Juges : Sylviane Liniger Odiet, Daniel Logos, Philippe Guélat et Gérald Schaller
Greffier : Jean Moritz

ARRÊT DU 28 OCTOBRE 2011

dans la procédure consécutive à la requête de contrôle de validité de la modification de 
l'article 12 du règlement du Conseil de Ville de Porrentruy, déposée par 

X., 
requérant,

Intimée : Municipalité de Porrentruy, Hôtel de ville, 2900 Porrentruy,
- représenté par Me Hubert Theurillat, avocat à 2900 Porrentruy.

________

CONSIDÉRANT

En fait :

A. Le 3 décembre 2009, le Conseil de Ville de la commune municipale de Porrentruy a 
modifié l'article 12 de son règlement (ci-après : RCV) qui traite du contenu des procès-
verbaux de ses séances.

La teneur de l'article 12 ch. 1 litt. c et ch. 2 RCV avant modification était la suivante :

1. Le procès-verbal mentionne :
(…)
c) les orateurs, les points importants de leurs déclarations, les propositions et les 
décisions prises, le résultat des votations et des élections;
2. Les débats du Conseil de ville peuvent être enregistrés. L'enregistrement est 
réservé au seul usage du Secrétariat pour la rédaction du procès-verbal et effacé 
après approbation du procès-verbal.

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Dans la teneur adoptée par le Conseil de ville lors de la séance du 3 décembre 2009, 
l'article 12 ch. 1 litt. c et ch. 2 RCV dispose ce qui suit :

1. Le procès-verbal mentionne :
(..)
c) les orateurs, la position des groupes du Conseil de ville et du Conseil municipal, 
les propositions présentées et les décisions prises, le résultat des votations et des 
élections;
2. Les débats du Conseil de ville sont enregistrés au format audio et conservés au 
secrétariat municipal pour les archives. Ils sont à la disposition des Conseillères et 
Conseillers qui souhaitent écouter un enregistrement des débats.

Cette modification a été publiée dans le Journal officiel du 9 décembre 2009 et 
déposée publiquement du 10 au 29 décembre 2009.

B. Dans un premier temps, X. a formé opposition contre la modification de l'article 12 
RCV auprès du Service des communes. Par décision du 28 juin 2010, cette autorité 
a approuvé la modification de l'article 12 RCV, en supprimant toutefois la seconde 
phrase du chiffre 2. Par décision du 18 janvier 2011, le Gouvernement a rejeté le 
recours de X. contre la décision d'approbation du Service des Communes. 

C. Par publication au Journal officiel du 6 avril 2011, le Conseil municipal de Porrentruy 
a fixé l'entrée en vigueur de la modification de l'article 12 RCV dans la teneur 
consécutive à la décision d'approbation du Service des communes, à savoir : 

1. Le procès-verbal mentionne :
a) le jour, l’heure et la durée de la séance, l’ordre du jour et le lieu ;
b) la liste des membres présents et excusés ;
c) les orateurs, la position des groupes du Conseil de ville et du Conseil municipal, 
les propositions présentées et les décisions prises, les résultats des votations et 
élections ;
d) les membres obligés de s’abstenir de voter en vertu de l’article 14, alinéa 3, du 
ROAC.

2. Les débats du Conseil de ville sont enregistrés au format audio et conservés au 
Secrétariat municipal pour les archives. 

D. Par mémoire du 5 mai 2011, X. a requis de la Cour de céans qu'elle constate 
l'invalidité de l'article 12 ch. 1 RCV et en demande l'annulation. Le requérant s'en 
prend en réalité à la modification de la lettre c du ch. 1 de l'article 12 RCV en tant que 
celle-ci ne prescrit pas la tenue d'un procès-verbal intégral des délibérations du 
Conseil de ville. Il considère que la lettre c, dans sa nouvelle teneur, a pour 
conséquence la rédaction d'un procès-verbal tronqué et minimaliste qui ne satisfait 
pas à l'obligation d'information. Selon lui, le citoyen a le droit de tout savoir sur les 
délibérations de ses élus afin de pouvoir contrôler leur efficacité et pour pouvoir se 
forger sa propre idée. Il fait grief à cette modification de violer le droit à l'information 

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et le principe de la transparence de l'activité étatique garantis par l'article 68 CJU et 
par la loi sur l'information et l'accès aux documents officiels (ci-après LInf) dont 
certaines dispositions ne seraient pas respectées par le nouvel article 12 RCV. S'il 
concède que cette nouvelle disposition n'est pas en contradiction avec l'article 32 de 
la loi sur les communes (ci-après LCom), il relève que cet article n'est lui-même pas 
conforme à la LInf qui lui est supérieure en raison des adages "lex posterior derogat 
priori" et "lex specialis derogat generalis". Le requérant est également d'avis que la 
modification contestée viole le principe des droits acquis. Enfin, la garantie 
constitutionnelle de la publicité des débats lui paraît "égratignée" par la modification 
de l'article 12 RCV. Il relève à cet égard que la rédaction de procès-verbaux complets 
des séances permet de favoriser la transparence lorsque le droit à la publicité des 
débats ne peut être garanti en raison de la présence d'un grand nombre de personnes 
aux séances; il lui est arrivé personnellement de ne pas trouver de place dans la salle 
du Conseil de ville ou de devoir rester debout pendant toute la séance.

E. Invité à se prononcer sur la requête de X., le Gouvernement s'est contenté de se 
référer à la décision qu'il a rendue sur recours le 18 janvier 2011.

F. Par mémoire du 14 juillet 2011, la Municipalité de Porrentruy conclut au rejet de la 
requête. Elle est d'avis qu'en prévoyant l'établissement d'un "procès-verbal 
décisionnel" et l'enregistrement format audio de l'intégralité des débats des séances 
du Conseil de ville, le nouvel article 12 RCV garantit au requérant un droit d'accès 
plein et entier au contenu des séances du Conseil de ville et qu'ainsi son droit à 
l'information est pleinement préservé. Elle conteste également que le principe de la 
publicité des débats soit violé, puisque le requérant peut assister aux séances du 
Conseil de ville personnellement, peut consulter le procès-verbal décisionnel établi 
par le secrétariat du Conseil de ville et, s'il le désire, auditionner la bande enregistrée 
des débats au format audio.

G. Le requérant a fourni son ultime détermination le 16 août 2011 dans laquelle il 
confirme les faits, moyens et conclusions de sa requête.

H. L'édition du dossier du Gouvernement se rapportant à sa décision du 18 janvier 2011 
a été ordonnée.

I. Par ordonnance présidentielle du 10 mai 2011, il a été constaté que le dépôt de la 
requête de X. a eu pour effet de suspendre l'entrée en vigueur de la modification de 
l'article 12 RCV.

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En droit :

1.
1.1 A teneur de l'article 104 al. 2 litt. a CJU, la Cour constitutionnelle juge, dans les limites 

de la loi, les litiges relatifs à la validité des décrets, arrêtés, ordonnances et 
règlements cantonaux et communaux. La compétence de la Cour constitutionnelle 
pour contrôler la validité des règlements communaux (et intercommunaux) est 
rappelée à l'article 190 litt. b Cpa. 

Dans les municipalités qui ont remplacé l'assemblée communale par un conseil 
général, le règlement de cet organe est susceptible d'être attaqué devant la Cour 
constitutionnelle comme n'importe quel autre règlement communal (MORITZ, La 
juridiction constitutionnelle dans le canton du Jura, 1993, no 66). La Cour 
constitutionnelle est dès lors compétente pour contrôler la validité de l'article 12 du 
règlement du Conseil de ville de Porrentruy tel qu'il a été modifié, étant précisé que 
le Conseil de ville est un conseil général au sens des articles 118 CJU et 85 LCom. 

Conformément à l'article 22 litt. a LOJ, la Cour de céans comprend cinq juges pour 
exercer l'attribution qui lui est conférée par l'article 104 al. 2 litt. a CJU.

1.2 En vertu de l'article 194 al. 2 Cpa, le délai pour déposer une requête contre un acte 
communal est de quinze jours dès sa publication selon la voie officielle prescrite. 
Toutefois, si l'acte en cause est, comme en l'espèce, soumis à l'approbation d'une 
autorité supérieure, le délai ne court pas avant l'octroi de cette approbation (art. 194 
al. 3 Cpa). Selon l'article 19 litt. a du décret sur les communes (DCom/RSJU 190.111), 
il incombe au conseil communal de publier l'entrée en vigueur des règlements 
approuvés, en indiquant les modifications éventuelles apportées par l'autorité 
d'approbation. 

Au cas particulier, le Conseil communal de Porrentruy a publié, dans le Journal officiel 
du 6 avril 2011, l'entrée en vigueur de la modification de l'article 12 RCV, la nouvelle 
teneur de l'article 12, ainsi que la modification apportée par le Service des communes 
au chiffre 2 de l'article 12. C'est cette publication qui fait courir le délai de quinze jours 
pour saisir la Cour constitutionnelle. Compte tenu des féries de Pâques (art. 44a litt. a 
Cpa), le dépôt de la requête de X. le 5 mai 2011 est intervenu en temps utile. 

1.3 A qualité pour former une requête devant la Cour constitutionnelle toute personne qui 
est particulièrement atteinte par l'acte attaqué et qui a un intérêt digne de protection 
à son annulation ou à sa modification (art. 192 litt. b Cpa en lien avec l'art. 178 litt. e 
Cpa). Dans le cadre d'un contrôle abstrait, l'intérêt personnel à requérir l'annulation 
de l'acte attaqué peut être simplement virtuel. Ainsi, la qualité pour agir est reconnue 
à toute personne à qui les dispositions contestées pourraient s'appliquer un jour. Par 
ailleurs, l'intérêt digne de protection peut être de nature juridique ou de fait (BROGLIN, 
Manuel de procédure administrative jurassienne, 2009, no 501 et réf. cit.). En 
l'espèce, il ne fait aucun doute que le requérant est concerné par la modification de 
l'article 12 RCV en tant qu'habitant et citoyen de Porrentruy et qu'à ce titre il a 

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également un intérêt - à tout le moins de fait - digne de protection à l'annulation, voire 
à la modification de l'acte qu'il incrimine.

1.4 Toutes les conditions de recevabilité de la requête étant réunies, il y a lieu d'entrer en 
matière.

2.
2.1 Le requérant soutient que le nouvel article 12 RCV, dans la mesure où il ne prévoit 

plus de procès-verbal relatant toutes les discussions, propositions, délibérations et 
décisions des séances du Conseil de ville, est contraire à l'article 68 CJU qui garantit 
la transparence des activités des pouvoirs publics; il contrevient aussi à l'article 6 LInf 
duquel il résulte que l'information délivrée doit être conforme aux faits, claire, 
complète et rapide. L'article 32 LCom, sur lequel s'appuie l'intimée, n'est pas 
conforme à la loi sur l'information et à l'accès aux documents officiels qui est un texte 
postérieur et spécial par rapport à la loi sur les communes. Le requérant invoque 
également une violation des droits acquis, au motif que la rédaction d'un procès-
verbal intégral est une pratique de longue date du Conseil de ville et que celle-ci a 
été confirmée par la nouvelle loi sur l'information et l'accès aux documents officiels. 

L'intimée considère quant à elle que le droit à l'information des citoyens n'a pas été 
modifié par la nouvelle teneur de l'article 12 RCV quant à son étendue, car si il a été 
renoncé à la retranscription intégrale des débats du Conseil de ville au procès-verbal, 
l'audition de la bande enregistrée sur format audio permettra d'avoir accès à 
l'intégralité des débats. Seul le support a été modifié, mais il n'en résulte aucune 
diminution du droit à l'information ou une restriction de celui-ci par rapport à la 
situation actuelle. L'intimée rappelle également la jurisprudence du Tribunal fédéral 
selon laquelle la liberté d'information se limite aux seules informations généralement 
accessibles ou disponibles. Cette jurisprudence est respectée dans la mesure où le 
requérant a la possibilité d'assister personnellement aux séances du Conseil de ville 
ou, si tel n'est pas le cas, de consulter le procès-verbal décisionnel établi par le 
secrétariat du Conseil de ville et, s'il désire davantage d'informations, d'auditionner la 
bande enregistrée format audio des débats.

2.2 Selon l'article 68 CJU, les autorités cantonales et communales informent le peuple 
sur leur activité (al. 1). Elles publient les projets importants de manière à permettre la 
discussion publique (al. 2). L'obligation d'informer qui découle de cette norme est 
générale et constitue à la fois une tâche et un principe d'activité de l'Etat et des 
communes. Elle a pour but de garantir une certaine transparence de l'activité politique 
et administrative. L'article 68 CJU consacre le principe de l'information dite active, 
c'est-à-dire celle que les autorités fournissent d'office, spontanément, 
indépendamment d'une requête (MORITZ, Commentaire de la Constitution 
jurassienne, vol. II, 2002, n. 1ss ad art. 68), qui doit être distinguée de l'information 
sur demande, à savoir celle qui n'intervient qu'à la suite d'une requête de particuliers 
(sur cette distinction, au niveau fédéral et dans les cantons : BARRELET/WERLY, Droit 
de la communication, 2ème éd. 2011, p. 323ss; MAHON, L'information par les autorités, 
RDS 1999 II 201ss, p. 226-228; BRUNNER/MADER, in Brunner/Mader (éditeurs), 

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Öffentlichkeitsgesetz, Bundesgesetz über das Öffentlichkeitsprinzip der Verwaltung 
vom 17. Dezember 2004, 2008, Einleitung, p. 20-22).

Selon la jurisprudence de la Commission cantonale de la protection des données – 
qui est autorité de recours en matière de droit à l'information (art. 21 al. 1 LInf) –, 
l'article 68 CJU ne consacre pas une liberté d'information de laquelle découlerait un 
véritable droit subjectif à obtenir des informations et à accéder aux documents 
officiels. Il ne prévoit pas non plus le principe de la transparence de l'administration 
ou de la publicité passive (RJJ 2004, p. 213, consid. 2.2 et doctrine citée). La situation 
a cependant changé depuis l'entrée en vigueur, le 1er mars 2003, de la loi sur 
l'information et l'accès aux documents officiels du 4 décembre 2002. Cette loi est 
fondée sur les articles 67 et 68 CJU et reconnaît, à son article 1er, le droit du public à 
l'information; elle institue en outre un droit d'accès aux documents officiels. Selon la 
doctrine et la jurisprudence, le droit à l'information et le principe de la transparence 
qui en est le corollaire ont pour fonction, dans un Etat démocratique et libéral, 
d'assurer aux citoyens une libre formation de leur volonté politique, de leur permettre 
de participer à la vie publique et d'instaurer la confiance dans les relations entre l'Etat 
et les citoyens, ainsi qu'une fonction de contrôle ou de surveillance de l'activité 
administrative. Ces fonctions sont circonscrites à l'article 2 LInf qui fixe les buts de la 
loi jurassienne (RJJ 2004, p. 213, consid. 2.3 et réf. cit.).

L'article 4 LInf opère la distinction entre l'information d'office et l'information sur 
demande en prévoyant, d'une part, que les autorités ont l'obligation de communiquer 
régulièrement et spontanément des informations sur leurs activités et leurs projets 
(al. 1) et, d'autre part, que toute personne a le droit de consulter les documents 
officiels qui ne contiennent pas des données à caractère personnel protégées, 
d'obtenir, dans les mêmes limites, des renseignements sur leur contenu et d'accéder 
aux informations détenues par les autorités et à leurs sources (al. 2). Le principe de 
la transparence, en tant qu'il comprend le devoir d'informer, le droit à l'information et 
d'accès aux documents officiels, n'est toutefois pas absolu. Il peut en effet être limité 
par la loi, ainsi que le prévoit l'article 5 al. 1 LInf. Certaines restrictions découlent 
expressément de dispositions légales contenues dans la LInf elle-même ou dans 
d'autres lois; d'autres en découlent implicitement et c'est donc par la voie de 
l'interprétation qu'il convient de les déterminer.

2.3 En ce qui concerne les procès-verbaux des séances des autorités, il ressort tout 
d'abord de la LInf que les séances du Parlement font l'objet d'un compte-rendu et que 
celui-ci est publié dans le Journal des débats (cf. art. 14 al. 1). La teneur de ce 
compte-rendu découle de l'article 15 du règlement du Parlement dont l'alinéa 1 
prescrit que les débats sont sténographiés ou enregistrés sur bande magnétique; ils 
sont ensuite portés au Journal des débats (al. 2). Il s'ensuit que les débats du 
Parlement sont intégralement retranscrits, sous réserve de ceux relatifs aux recours 
en grâce (al. 2 seconde phrase). Toutefois, le compte-rendu intégral des séances 
plénières du Parlement doit être distingué du procès-verbal des séances du 
Parlement dont le contenu, plus limité, est déterminé à l'article 14 du même 
règlement; ce procès-verbal indique notamment le nom du président et le nombre de 

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députés présents (litt. a), les objets mis en délibération, la teneur des propositions et 
le résultat des votes et des élections, avec le nombre de voix (litt. b). Il ne relate donc 
pas l'entier des discussions du Parlement. Le procès-verbal est rédigé par le 
secrétaire du Parlement (art. 20a al. 2 litt. g LOP). Il est publié au Journal officiel. 

S'agissant des législatifs communaux (assemblées communales et conseils 
généraux), l'article 17 al. 1 LInf se borne à prévoir que les assemblées et les séances 
des législatifs communaux sont publiques. Aucune allusion n'est faite à l'existence 
d'un procès-verbal, contrairement à certaines dispositions de la LInf elle-même 
concernant les séances d'autres organes cantonaux et communaux. 

Il s'ensuit que le principe de la transparence, tel qu'il est concrétisé par la LInf, 
n'implique pas que les séances du Conseil de ville de Porrentruy fassent l'objet d'un 
procès-verbal et encore moins que celui-ci doive retranscrire intégralement les 
discussions qui y ont lieu. Comme pour les séances des exécutifs communaux, 
l'obligation de consigner les délibérations des législatifs communaux dans un procès-
verbal est prescrite aux articles 32 al. 1 LCom et 20 al. 1 DCom; le contenu du procès-
verbal est déterminé par l'article 32 al. 2 LCom. Par conséquent, contrairement à l'avis 
du requérant, il ne saurait y avoir contradiction entre la LInf et la législation sur les 
communes. Celle-là étant muette, seules les dispositions topiques de celle-ci entrent 
en considération pour déterminer les exigences du droit cantonal sur le contenu du 
procès-verbal des délibérations du conseil général, au cas particulier sur celui des 
délibérations du Conseil de ville de Porrentruy. 

3.
3.1 En vertu de l'article 32 al. 2 LCom, également applicable aux délibérations des 

organes législatifs communaux, le procès-verbal "doit en tout cas mentionner le 
nombre des personnes présentes, ainsi que toutes les propositions présentées et les 
décisions prises. Le procès-verbal des séances des autorités communales doit en 
outre indiquer quels membres étaient présents". Au vu de l'expression "en tout cas", 
cette norme pose des exigences minimales sur la teneur du procès-verbal des 
séances des autorités communales, de sorte que les réglementations communales 
en la matière peuvent aller au-delà de ce qui est prescrit à l'article 32 al. 2. 

L'article 32 al. 2 LCom constitue la norme de référence au regard de laquelle est 
conduit le contrôle en conformité de la réglementation attaquée. Ce contrôle ne 
saurait être effectué à partir de la LInf, dans la mesure où, ainsi que cela a été exposé 
ci-dessus, cette loi ne prescrit rien en ce qui concerne spécifiquement l'existence et 
le contenu des procès-verbaux des délibérations des législatifs communaux. 

3.2 En l'espèce, force est de constater que l'article 12 ch. 1 litt. c RCV est conforme aux 
exigences minimales découlant de l'article 32 al. 2 LCom et va même plus loin, 
puisqu'il prévoit, dans sa nouvelle teneur, que le procès-verbal mentionne les 
orateurs, la position des groupes du Conseil de ville et du Conseil municipal, les 
propositions présentées et les décisions prises, les résultats des votations et 
élections. Certes, il n'est plus exigé que le procès-verbal retranscrive les points 

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importants des déclarations des orateurs, ainsi que le prévoyait l'ancienne teneur de 
l'article 12 ch. 1 litt. c RCV. Quand bien même la modification de cette disposition 
constitue un recul par rapport au droit communal antérieur, la validité juridique de la 
disposition attaquée est indéniable. On doit aussi admettre que l'article 12 RCV 
permet indirectement d'aller au-delà de ce que prescrit l'article 32 LCom, puisque son 
chiffre 2 prévoit que les débats du Conseil de ville sont enregistrés au format audio et 
conservés au secrétariat municipal pour les archives, de sorte que, par le biais de 
l'article 4 al. 2 LInf, l'enregistrement, en sa qualité de document officiel, est accessible 
à toute personne, alors que, selon l'article 32 al. 3 LCom, seuls les procès-verbaux 
des séances de l'organe supérieur (assemblée communale) et du conseil général 
peuvent être consultés par les ayants droit au vote. Dès lors que le droit cantonal 
n'exige pas que les procès-verbaux retranscrivent intégralement les délibérations du 
conseil général, l'article 12 ch. 2 RCV, nouvelle teneur, assure une transparence plus 
grande que celle que permet l'article 32 al. 3 LCom.

3.3 Le requérant soutient que l'article 12 RCV n'est pas conforme à l'article 6 LInf. 

Sous l'intitulé "Qualité de l'information", l'article 6 LInf prévoit que l'information délivrée 
est conforme aux faits, claire, complète et rapide. Ces critères de qualité sont 
applicables à la diffusion de toute information, que celle-ci ait lieu d'office ou sur 
demande, que l'information soit donnée par écrit ou par oral, qu'elle consiste en des 
renseignements sur le contenu des documents officiels ou qu'elle prenne la forme de 
la consultation directe de ceux-ci par les particuliers (cf. art. 4 al. 1 et 2 LInf). Selon le 
message du Gouvernement, les informations doivent contenir tous les éléments 
essentiels à une compréhension rapide et correcte, sans omission d'aspects 
importants ou dérangeants (JDD 2002 no 20 p. 634-635). 

Appliqué au procès-verbal des délibérations d'une autorité, soit à un document officiel 
que toute personne est, en principe, en droit de consulter (art. 4 al. 2 LInf), le devoir 
de diffuser une information complète signifie que le document qui est remis à l'ayant 
droit pour consultation doit lui être présenté tel qu'il a été établi, sans restriction, c'est-
à-dire sans dissimulation ou suppression d'une ou plusieurs parties dudit document, 
les règles qui limitent totalement ou partiellement l'accès aux documents officiels en 
raison de leur nature étant bien entendu réservées. Aussi, contrairement à ce que 
pense le requérant, le devoir de fournir une information complète ne porte que sur les 
documents tels qu'ils existent et n'implique pas, s'agissant d'un procès-verbal de 
délibérations, que celui-ci retranscrive intégralement toutes les discussions qui ont eu 
lieu au cours de la séance. Seuls sont accessibles au public les procès-verbaux 
disponibles, c'est-à-dire ceux qui ont été établis conformément aux prescriptions 
légales et réglementaires. Le droit à l'information ne permet pas d'exiger que soient 
établis des procès-verbaux allant au-delà de ce que le droit positif prescrit, en 
l'occurrence des procès-verbaux qui relatent l'intégralité des délibérations alors que 
la législation ne le prévoit pas.

3.4 Le requérant allègue la violation du principe des droits acquis. Tel qu'il le présente, 
ce grief se confond avec celui de la violation de la garantie du droit à l'information, 

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puisqu'il prétend en substance que la LInf a consacré l'exigence découlant de l'article 
12 RCV - dans son ancienne teneur - de la retranscription intégrale des débats du 
Conseil de ville. Le grief tiré d'une violation des droits acquis n'ayant dès lors pas une 
portée propre, il n'est pas nécessaire de l'examiner spécialement.

Au demeurant, le requérant semble confondre la notion de droits acquis avec celle 
de droit coutumier lorsqu'il fait référence à une longue pratique de la municipalité de 
Porrentruy de rédiger des procès-verbaux retraçant l'intégralité des délibérations du 
Conseil de ville. Nonobstant que cette pratique découlait du règlement du Conseil de 
ville et non d'une coutume, l'existence de celle-ci n'empêche pas le législateur d'y 
déroger. Le droit coutumier ne peut en effet trouver place que dans la mesure où le 
droit écrit présente une lacune (MOOR, Droit administratif, vol. I, Berne 1994, p. 57; 
TSCHANNEN/ZIMMERLI/MÜLLER, Allgemeines Verwaltungsrecht, Berne 2009, § 16 n. 
4).

4.
4.1 A teneur de l'article 67 CJU, les débats du Parlement et des conseils généraux sont 

publics. D'après la doctrine, la publicité des séances ou des débats des organes 
législatifs découle du principe démocratique. Elle est une condition de la participation 
des citoyens aux activités des collectivités publiques et favorise la transparence des 
processus de décision. Le principe de publicité permet aux citoyens de prendre 
connaissance de la diversité des opinions qui s'expriment lors des séances 
parlementaires et d'illustrer les intérêts en présence. Par ce moyen, la responsabilité 
politique des représentants du peuple est mise à l'épreuve et peut être sanctionnée 
par les électeurs à l'occasion du renouvellement des organes législatifs 
(WIEDERKEHR, in Richli/Wicki (éditeurs), Kommentar der Kantonsverfassung Luzern, 
2010, n. 8 ad § 38; VON WYSS, in Die Schweizerische Bundesverfassung, 
Commentaire st-gallois, 2ème éd. 2008, n. 2 ad art. 158; HAUSER, in 
Häner/Rüssli/Schwarzenbach (éditeurs), in Kommentar zur Zürcher 
Kantonsverfassung, 2007, n. 2 ad art. 53; MORITZ, op. cit., n. 1 ad art. 67 CJU).

4.2 Traditionnellement, le droit d'accès aux séances et aux délibérations du Parlement 
est admis dans la limite des places disponibles pour le public et la presse (J-P 
MÜLLER/SCHEFER, Grundrechte in der Schweiz, 4ème éd. 2008, p. 533; 
AUER/MALINVERNI/HOTTELIER, Droit constitutionnel suisse, vol. II, 2ème éd. 2006, 
no 567; MORITZ, op. cit., n. 6 et 10 ad art. 67). Outre que ce droit risque d'être 
compromis si la salle du Parlement est trop exiguë pour accueillir le public (MORITZ, 
loc. cit.), cette conception de la publicité des débats, limitée à la possibilité d'être 
présent aux séances plénières, est sans doute trop restrictive. Il convient tout d'abord 
d'observer que l'article 67 CJU consacre le principe de la publicité "des débats" tant 
dans son intitulé que dans le corps du texte, et non "des séances", de sorte que 
l'interprétation littérale conduit à admettre que le principe de publicité doit être 
concrétisé non seulement par la présence du public, mais aussi par d'autres moyens, 
notamment lorsque l'accès du public risque d'être limité en raison de l'insuffisance de 
places disponibles. Une partie de la doctrine considère également que l'étendue du 
principe de la publicité des débats va au-delà de la seule présence du public aux 

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séances du Parlement. Selon le commentateur st-gallois de l'article 158 Cst., la 
publicité des séances des conseils (Conseil national, Conseil des Etats) est réalisée 
par l'accès aux tribunes des spectateurs et par la publication intégrale de leurs débats 
dans le Bulletin officiel (VON WYSS, op. cit., n. 3 ad art. 158; à noter que l'article 158 
Cst. consacre la publicité des séances et non des débats). Le professeur Aubert fait 
lui la distinction entre la publicité immédiate, qui est assurée par l'ouverture de 
tribunes destinées au public et l'accessibilité des salles de séances aux journalistes 
et la publicité différée – qu'il juge peut-être encore plus importante, car plus durable 
–, à travers la reproduction, dans le Bulletin officiel, de toutes les délibérations de 
l'Assemblée fédérale, en conseils séparés ou réunis (AUBERT/MAHON, Petit 
commentaire de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999, 
2003, n. 6 ad art. 158). Le même auteur considérait déjà, en 1986, que la publicité 
des débats avait pour suite normale leur publication (AUBERT, in Commentaire de la 
Constitution fédérale de la Confédération suisse du 29 mai 1874, vol. IV, n. 5 ad art. 
94).

On doit ainsi admettre que la seule possibilité pour le public et pour la presse 
d'assister aux séances d'un conseil général ne suffit pas à garantir effectivement le 
principe de la publicité des débats. Ce principe doit, de surcroît, être concrétisé d'une 
autre manière afin de permettre aux citoyens de prendre connaissance de l'intégralité 
des discussions qui ont lieu au sein d'un organe législatif. Il s'agit d'assurer à 
quiconque qui, pour quelque raison que ce soit, ne peut suivre une séance d'un 
conseil général, la possibilité d'avoir accès à ce qui s'y est dit. Ce droit d'accès doit 
en outre être garanti durablement, ce à quoi ne satisfait pas la seule présence du 
public aux séances. L'article 32 al. 2 LCom ne fournit pas une telle garantie pour ce 
qui concerne les débats des conseils généraux. Toutefois, la question de savoir si les 
articles 32 al. 2 LCom et 12 ch. 1 litt. c RCV sont conformes à l'article 67 CJU, en tant 
qu'ils ne prescrivent pas la retranscription intégrale des débats dans un procès-verbal, 
peut rester ouverte, au vu des motifs qui suivent.

4.3 Il reste en effet à examiner si l'article 12 ch. 2 RCV permet l'accès du public à 
l'intégralité des délibérations du Conseil de ville de Porrentruy. 

Combiné avec l'article 4 al. 2 LInf, l'article 12 ch. 2 RCV rend accessible à toute 
personne l'enregistrement de l'intégralité des débats du Conseil de ville. Ainsi que le 
relève l'intimée, le droit du requérant – ainsi que celui de toute personne – à être 
entièrement informé sur les débats des séances du Conseil de ville est garanti 
puisqu'il peut non seulement prendre connaissance du procès-verbal résumé par le 
secrétariat du Conseil de ville, mais aussi auditionner la bande enregistrée au format 
audio des débats. Par rapport à l'ancienne version de l'article 12 RCV, seul le support 
de l'information est modifié. 

Force est d'admettre, sur le terrain de la publicité des débats, que l'audition d'un 
enregistrement intégral des délibérations du Conseil de ville aboutit au même résultat 
que la lecture de leur retranscription intégrale sur un support papier. Seul le moyen 
qui permet de rendre effectif le principe de publicité diffère. Il est vrai que l'audition 

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d'un enregistrement n'est peut-être pas aussi commode que la lecture d'un procès-
verbal. Le requérant allègue à ce sujet que l'écoute de la bande sonore dans son 
intégralité dure aussi longtemps que la séance elle-même, alors que la lecture du 
procès-verbal intégral peut prendre moins de temps lorsque l'on cherche un 
renseignement. Toutefois, cet inconvénient peut certainement être atténué par des 
moyens techniques performants que l'autorité communale compétente peut mettre 
en place. En outre, il ne faut pas perdre de vue que l'audition est facilitée par la mise 
à disposition du procès-verbal de la séance, avec le contenu prévu à l'article 12 ch. 1 
litt. c, comprenant notamment les propositions présentées et les décisions prises. 
Avec cette aide, la personne qui auditionne l'enregistrement peut trouver plus 
facilement le passage qu'elle recherche. Quoi qu'il en soit, le principe de la publicité 
des débats n'impose pas, même dans la portée étendue qui lui est donnée ci-dessus, 
qu'un procès-verbal intégral des délibérations s'étant déroulées au cours d'une 
séance du Conseil de ville doive être établi. Les autorités communales disposent 
d'une marge d'appréciation dans le choix des moyens susceptibles de satisfaire à 
l'exigence de publicité des débats. Dans le cadre d'un contrôle abstrait des normes, 
il n'appartient pas à la Cour de céans de dire quel est le moyen le plus opportun pour 
satisfaire à l'exigence constitutionnelle; elle se borne à examiner si la mesure prévue 
par la norme attaquée résiste à une interprétation conforme au droit supérieur. En 
l'occurrence, l'enregistrement de l'intégralité des débats sur une bande sonore que 
toute personne est en droit d'auditionner est un moyen qui se concilie avec les 
exigences découlant de l'article 67 CJU.

5. Au vu de ce qui précède, la requête doit être rejetée.

La procédure devant la Cour constitutionnelle étant gratuite (art. 231 al. 1 seconde 
phrase Cpa), il n'y a pas lieu de percevoir de frais. Il n'est pas alloué de dépens au 
requérant qui succombe ni à l'intimée (art. 230 al. 1 Cpa). 

PAR CES MOTIFS 
LA COUR CONSTITUTIONNELLE

rejette

la requête de X. ;
partant,

constate

la validité de la modification de l'article 12 du règlement du Conseil de ville de la Municipalité 
de Porrentruy dans la teneur consécutive à la décision d'approbation du Service des 
communes telle que publiée dans le Journal officiel du 6 avril 2011 ;

dit

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que cette disposition peut être mise en vigueur ;

dit

que la procédure est gratuite ;

n'alloue pas

de dépens aux parties ;

informe

les parties des voies et délai de recours selon avis ci-après ;

ordonne

la publication du dispositif du présent arrêt dans la prochaine édition du Journal officiel.

Porrentruy, le 28 octobre 2011

AU NOM DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE
Le président : Le greffier :

Pierre Broglin Jean Moritz

A notifier :
- au requérant, X. ;
- à l'intimée, Municipalité de Porrentruy, par son mandataire, Me Hubert Theurillat, 

avocat, 2900 Porrentruy ;
- à l'administration du Journal officiel.

Copie pour information au Gouvernement et au Service des communes.

Communication concernant les moyens de recours :

Le présent arrêt peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal 
fédéral. Le recours en matière de droit public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du 
17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110). Le recours constitutionnel subsidiaire aux 
conditions des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 
Lausanne 14; il doit être rédigé dans une langue officielle, indiquer les conclusions, les motifs et les 
moyens de preuve, et être signé. Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole 
le droit. Si le recours n'est recevable que s'il soulève une question juridique de principe, il faut exposer 

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en quoi l'affaire remplit cette condition. Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être 
jointes au mémoire, pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la décision 
attaquée.