# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 593846cd-8eb4-56b9-83d1-2f37d75ae1bb
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-09-17
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 17.09.2018 C/24473/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-24473-2017_2018-09-17.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 26.09.2018. 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/24473/2017 ACJC/1246/2018 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU LUNDI 17 SEPTEMBRE 2018 

 

Entre 

Monsieur A______, domicilié ______, recourant contre un jugement rendu par la 
12ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 30 mai 2018, 

comparant par Me Mathis Kern, avocat, rue de l'Hôtel-de-Ville 3, 1204 Genève, en 

l'étude duquel il fait élection de domicile, 

et 

Monsieur B______, domicilié ______, intimé, comparant en personne. 

 

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C/24473/2017 

EN FAIT 

A. Par jugement JPTI/8558/2018 du 30 mai 2018, reçu par A______ le 1er juin 2018, 
le Tribunal de première instance a débouté ce dernier des fins de sa requête en 

mainlevée provisoire de l'opposition formée par B______ au commandement de 

payer poursuite n° 1______ (ch. 1 du dispositif) et laissé à charge de A______ les 

frais judiciaires en 400 fr. (ch. 2). 

B. a. Le 11 juin 2018, A______ a formé recours contre ce jugement, concluant à ce 
que la Cour l'annule et prononce la mainlevée de l'opposition formée au 

commandement de payer précité, avec suite de frais et dépens. 

 b. B______ n'a pas répondu au recours dans le délai qui lui a été imparti pour ce 
faire par la Cour. 

 c. Les parties ont été informées le 23 juillet 2018 de ce que la cause était gardée à 
juger. 

C. Les faits pertinents suivants résultent du dossier : 

 a. A______ a prêté différents montants à C______ et à son épouse D______. 

 a.a. Par document intitulé "reconnaissance de dette" du 10 mai 2002, C______ a 
reconnu devoir à A______ 22'000 fr. payables au 20 novembre 2002. 

 a.b Le 29 juillet 2002, D______ a signé un document indiquant qu'elle avait reçu 
6'000 fr. de A______. 

 b. Le 16 novembre 2009, C______ et D______ ont tous deux signé un document 
intitulé "convention de remboursement" par lequel ils s'engageaient à rembourser 

à A______ 28'000 fr. par tranches de 500 fr. par mois dès le 5 décembre 2009, 

ainsi que par acomptes de 4'000 fr. versés trois fois par an, soit en février, mai et 

octobre. 

 Les époux C______/D______ ont versé différents montants à leur créancier pour 

un total de 6'500 fr., le dernier versement étant intervenu le 20 mars 2010. 

 c. Le 4 décembre 2012, A______ a mis en demeure les époux C______/D______ 
de lui verser le solde dû en 21'500 fr. au plus tard le 14 décembre 2012. 

 d. Le 20 décembre 2013, A______ et C______ ont signé un document intitulé 
"convention de remboursement" lequel indique qu'il confirme les termes de la 

reconnaissance de dette du 16 novembre 2009.  

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C/24473/2017 

Cette convention prévoit que C______ et son épouse D______ s'engageaient à 

rembourser à raison de 200 fr. par mois, mais au minimum 2'400 fr. par an, leur 

dette de 21'500 fr. envers A______ dès le 6 février 2014. 

 Il était précisé que dans l'hypothèse où pour des motifs sérieux, comme des 
dépenses imprévisibles et nécessaires, les débiteurs ne pouvaient pas s'acquitter 

d'une mensualité, ceux-ci s'engageaient à en informer immédiatement l'avocat de 

leur créancier. A défaut, tout retard de paiement rendait immédiatement exigible 

le solde de la créance. 

 A______ allègue que C______ a signé ce document en tant que représentant de 

son épouse, ce que B______, fils de D______, conteste. 

 Quatre mensualités de 200 fr. ont été versées à A______, la dernière étant 

intervenue le 6 juin 2014. 

 e. D______ est décédée le 16 mai 2014 à Genève. 

 f. Le 19 mai 2015, A______ a mis en demeure B______, de lui verser 20'700 fr. 
au titre de solde du prêt octroyé à ses parents, plus les intérêts à 5% l'an dès le  

15 décembre 2012. A______ précisait que B______, en tant qu'héritier légal de sa 

mère, avait acquis de plein droit l'universalité de la succession et répondait 

personnellement et solidairement de ses dettes avec les autres cohéritiers. 

 g. Le 10 juin 2015, B______ a répondu qu'il n'avait rien à voir avec ce prêt, qui 
concernait son père, domicilié en République démocratique du Congo, avec qui il 

n'avait plus de contact. Il relevait que sa mère n'avait pas signé la convention de 

remboursement du 20 décembre 2013 et que les sommes versées en application de 

cette convention l'avaient été par son père. 

 h. Le 14 septembre 2015, l'avocat congolais de B______ a fait savoir à A______ 
qu'il avait approché C______ en vue d'obtenir de sa part le remboursement de sa 

dette. Il a précisé qu'il le mettait "en demeure de ne pas tenter de vendre un 

quelconque bien mobilier ou immobilier appartenant à la défunte" ajoutant qu'il 

était "instruit par tous les héritiers de veiller à ce que rien de pareil ne puisse se 

passer dans le cadre de ce dossier, et ce conformément à la législation congolaise 

en matière des successions". 

 i. Le 2 décembre 2016, A______ a fait notifier à B______ un commandement de 
payer la somme de 20'700 fr. avec intérêts à 5% l'an dès le 15 décembre 2012. Il a 

été fait opposition à cette poursuite, qui porte le n° 1______. 

 j. Le 20 octobre 2017, A______ a requis du Tribunal la mainlevée de cette 
opposition. 

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 k. Lors de l'audience du Tribunal du 19 mars 2018, B______ a indiqué qu'il 
maintenait l'opposition. Ni lui ni sa mère n'avaient bénéficié des prêts litigieux, 

dont seul son père, C______, avait profité. Ce dernier était bénéficiaire 

économique de propriétés au Congo acquises avec le deuxième pilier de D______. 

B______ n'avait pas répudié la succession de sa mère, mais n'avait reçu aucun 

montant à ce titre. 

 Le représentant de A______ a précisé que ce dernier avait entrepris des 
démarches à l'encontre de C______, mais en vain, raison pour laquelle il se 

prévalait de la convention du 16 novembre 2009 signée par D______. 

 La cause a été gardée à juger par le Tribunal à l'issue de l'audience. 

 

EN DROIT 

1. 1.1 S'agissant d'une procédure de mainlevée, seule la voie du recours est ouverte 
(art. 319 let. a et 309 let. b ch. 3 CPC). La procédure sommaire s'applique 

(art. 251 let. a CPC). 

 Aux termes de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC, le recours, écrit et motivé, doit être 

introduit auprès de l'instance de recours dans les dix jours à compter de la 

notification de la décision motivée, pour les décisions prises en procédure 

sommaire. 

 En l'espèce le recours a été interjeté dans le délai et selon les formes prévus par la 

loi, de sorte qu'il est recevable.  

1.2 Dans le cadre d'un recours, le pouvoir d'examen de la Cour est limité à la 
violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits  

(art. 320 CPC). L'autorité de recours a un plein pouvoir d'examen en droit, mais 

un pouvoir limité à l'arbitraire en fait, n'examinant par ailleurs que les griefs 

formulés et motivés par la partie recourante (HOHL, Procédure civile, Tome II, 

2
ème

 édition, Berne, 2010, n° 2307). 

Les maximes des débats et de disposition s'appliquent (art. 55 al. 1, 255 lit. a 

a contrario et 58 al. 1 CPC). 

2. Le Tribunal a considéré que seule la convention de remboursement de 2009, 
signée par D______, était susceptible de constituer une reconnaissance de dette. Il 

a rejeté la requête de mainlevée de l'opposition au motif qu'au vu de la lettre de 

l'avocat congolais de l'intimé datée du 14 septembre 2015, il existait un doute sur 

la question de savoir si le droit suisse était applicable à la succession de D______, 

question qu'il n'incombait pas au juge de la mainlevée d'élucider.  

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 Le recourant fait valoir qu'aucun élément du dossier ne permet de retenir que la 
succession de D______ serait soumise au droit congolais, étant souligné que ce 

fait n'a été allégué par aucune des parties. La convention du 16 novembre 2009 

constituait une reconnaissance de dette valable liant l'intimé, en tant qu'héritier de 

D______. 

2.1.1 Selon l'art. 82 al. 1 LP, le créancier dont la poursuite se fonde sur une 
reconnaissance de dette constatée par acte authentique ou sous seing privé peut 

requérir la mainlevée provisoire. 

Au sens de l'art. 82 al. 1 LP, constitue une reconnaissance de dette, en particulier, 

l'acte authentique ou sous seing privé signé par le poursuivi ou son représentant 

d'où ressort sa volonté de payer au poursuivant, sans réserve ni condition, une 

somme d'argent déterminée, ou aisément déterminable, et exigible (ATF 136 III 

624 consid. 4.2.2, 627 consid. 2). 

Le juge prononce la mainlevée de l'opposition si le débiteur ne rend pas 

immédiatement vraisemblable sa libération (art. 82 al. 2 LP). 

2.1.2 Aux termes de l'art. 143 CO, il y a solidarité entre plusieurs débiteurs 
lorsqu'ils déclarent s'obliger qu'à l'égard du créancier chacun d'eux soit tenu pour 

le tout. A défaut d'une semblable déclaration, la solidarité n'existe que dans les cas 

prévus par la loi. Selon l'art. 144 CO, le créancier peut, à son choix, exiger de tous 

les débiteurs solidaires ou de l'un d'eux l'exécution intégrale ou partielle de 

l'obligation (al. 1).  

La solidarité peut être prévue expressément dans le contrat par l'emploi des mots 

"solidairement", "débiteur commun", "débiteur pour le tout" ou de termes 

équivalents. Elle peut aussi résulter tacitement des circonstances ou du contenu du 

contrat, lesquels doivent être interprétés selon le principe de la confiance. Le fait 

de conclure un contrat à plusieurs ne suffit pas en soi à faire naître des obligations 

solidaires entre les intéressés (HEIERLI/SCHNYDER, Basler Kommentar, 

Obligationrecht I, 5
e
 éd., 2011, n. 6 ad art. 143 CO; ATF 116 II 707 consid. 3; 

arrêt du Tribunal fédéral 4C.342/2004 du 16 décembre 2004 consid. 3). 

En vertu de l'art. 166 CC, chaque époux représente l'union conjugale pour les 

besoins courants de la famille pendant la vie commune (al. 1) et oblige 

solidairement son conjoint en tant qu'il n'excède pas ses pouvoirs d'une manière 

reconnaissable pour les tiers (al. 3). La responsabilité solidaire des époux 

(solidarité passive) découle de la loi; elle naît automatiquement lorsque les 

conditions légales sont réalisées (cf. DESCHENAUX/STEINAUER/BADDELEY, 

Les effets du mariage, 3
ème

 éd. 2017, n. 366 p. 277). 

2.1.3 La reconnaissance de dette signée par le de cujus justifie la mainlevée 
provisoire contre chacun des membres de la communauté héréditaire poursuivi en 

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sa qualité d'héritier tenu personnellement (art. 560 al. 2 CC) et solidairement 

(art. 603 al. 1 CC) des dettes de la succession (ABBET/ VEUILLET, La mainlevée de 

l'opposition, 2017, n. 89). 

La qualité d'héritier du poursuivi doit être établie par le poursuivant. Celui-ci n'a 

pas à prouver en revanche que le poursuivi a accepté la succession. C'est ce 

dernier qui doit rendre vraisemblable qu'il l'a répudiée (art. 560 ss CC; ABBET/ 

VEUILLET, op. cit., n. 91). 

2.1.4 Selon l'art. 90 al. 1 LDIP, la succession d'une personne qui avait son dernier 
domicile en Suisse est régie par le droit suisse. Un étranger peut toutefois 

soumettre sa succession par testament ou pacte successoral au droit de l'un de ses 

Etats nationaux  (art. 90 al. 2 LDIP). 

Le droit applicable à la succession détermine notamment en quoi consiste la 

succession, qui est appelé à succéder, pour quelle part et qui répond des dettes 

successorales (art. 92 al. 1 LDIP). 

2.2 En l'espèce, il n'est pas contesté que D______ avait son dernier domicile en 
Suisse au sens de l'art. 90 al. 1 LDIP de sorte qu'en application de cette disposition 

le droit suisse régit vraisemblablement sa succession. 

Aucun élément résultant du dossier ne permet de retenir qu'elle aurait, 

conformément à l'art. 90 al. 2 LDIP, rédigé un testament ou conclu un pacte 

successoral afin de soumettre sa succession au droit congolais. 

Cet élément n'a d'ailleurs pas été allégué par l'intimé. 

L'on ne saurait inférer de la lettre de l'avocat congolais de l'intimé du  

14 septembre 2015 que la défunte a valablement choisi de soumettre sa 

succession, dans son ensemble, au droit congolais. Le fait que l'avocat ait 

entrepris des démarches au Congo, en application du droit congolais, pour éviter 

que C______ ne se dessaisisse de biens sis au Congo et appartenant à son épouse 

décédée n'implique pas que le droit congolais régisse l'intégralité de la succession. 

C'est par conséquent à tort que le Tribunal a rejeté la requête de mainlevée de 

l'opposition pour ce motif. 

Le document signé par les deux époux C______/D______ le 16 novembre 2009 

constitue bien une reconnaissance de dette au sens de l'art. 82 LP pour le solde du 

prêt en 20'700 fr. 

En application de l'art. 166 al. 3 CC, et au vu de la formulation de la 

reconnaissance de dette, signée par les deux époux, il convient de retenir que 

l'engagement pris par les époux était vraisemblablement un engagement solidaire. 

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L'exigibilité de la dette n'est quant à elle pas contestée par l'intimé. 

Celui-ci n'a par ailleurs pas rendu vraisemblable sa libération. Le fait qu'il n'ait 

pas bénéficié des montants prêtés ou qu'il n'ait rien reçu dans le cadre de l'héritage 

de sa mère n'est pas déterminant. En effet, en tant qu'héritier, il répond 

solidairement des dettes de la succession en application de l'art. 603 al. 1 CC. 

L'intimé n'a par ailleurs pas fait valoir que d'autres remboursements que ceux 

allégués par sa partie adverse seraient intervenus. 

C'est par conséquent à tort que le Tribunal a débouté le recourant des fins de sa 

requête.  

Le jugement querellé sera dès lors annulé et la mainlevée provisoire de 

l'opposition formée au commandement de payer litigieux prononcée. 

3.  L'intimé, qui succombe, sera condamné aux frais de première et seconde instance 
(art. 106 al. 1 CPC). 

 Les frais judiciaires de première instance seront fixés à 400 fr. et ceux de recours 

à 600 fr. (art. 48
 
et 61 OELP). Ils seront compensés avec les avances effectuées 

par le recourant, acquises à l'Etat de Genève (art. 111 al. 1 CPC). 

 L'intimé sera condamné à verser 1'000 fr. à sa partie adverse au titre des frais 

judiciaires des deux instances. 

 Il devra en outre lui verser 1'500 fr. à titre de dépens pour la procédure de 

première instance et 1'000 fr. pour la procédure de recours, débours et TVA inclus 

(art. 85, 88, 89 et 90 RTFMC). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté par A______ contre le jugement JTPI/8558/2018 

rendu le 30 mai 2018 par le Tribunal de première instance dans la cause C/24473/2017-

12 SML. 

Au fond : 

Annule ce jugement et statuant à nouveau : 

Prononce la mainlevée provisoire de l'opposition formée par B______ au 

commandement de payer poursuite n° 1______ notifié le 2 décembre 2016. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête à 1'000 fr. les frais judiciaires de première et seconde instance, les compense 

avec les avances effectuées, acquises à l'Etat de Genève et les met à charge de B______. 

Condamne B______ à verser à A______ 1'000 fr. au titre des frais judiciaires des deux 

instances. 

Condamne B______ à verser à A______ 2'500 fr. à titre de dépens de première et 

seconde instance. 

Siégeant : 

Madame Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ, présidente; Monsieur Laurent RIEBEN 

et Madame Eleanor McGREGOR, juges; Madame Mélanie DE RESENDE PEREIRA, 

greffière. 

 

La présidente : 

Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ 

 La greffière : 

Mélanie DE RESENDE PEREIRA 

 
 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 113 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification 

avec expédition complète (art 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du 

recours constitutionnel subsidiaire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 30'000 fr.