# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b7de6639-ffc6-5589-ba55-3ea50902a821
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2019-05-27
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Zivilappellationshöfe 27.05.2019 102 2019 111
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_001_102-2019-111_2019-05-27.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00
tribunalcantonal@fr.ch
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

102 2019 111
102 2019 126
102 2019 127

Arrêt du 27 mai 2019

IIe Cour d’appel civil

Composition Présidente : Dina Beti
Juges : Michel Favre, Markus Ducret
Greffière-rapporteure : Sandra Ayan-Mantelli

Parties A.________, défendeur et recourant

contre

B.________ SA, demanderesse et intimée    

Objet Poursuite par voie de faillite (art. 159 à 196 LP)

Recours du 13 mai 2019 contre la décision de la Présidente du 
Tribunal civil de l'arrondissement de la Gruyère du 29 avril 2019

Requête d’effet suspensif du 17 mai 2019

Requête d’assistance judiciaire du 17 mai 2019

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considérant en fait

A. Le 20 mars 2019, B.________ SA a requis la faillite de A.________ (poursuites nos ccc et 
ddd OP Gruyère). Par décision du 29 avril 2019, la Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement 
de la Gruyère a prononcé la faillite du défendeur, celui-ci n’ayant prouvé aucune exception prévue 
par les art. 172 ss LP.

B. Par courrier du 13 mai 2019, A.________ a recouru contre la décision prononçant sa faillite 
et conclu implicitement à son annulation. Le 17 mai 2019, il a sollicité l’effet suspensif et  requis le 
bénéfice de l’assistance judiciaire.

C. En application de l’art. 322 CPC, B.________ SA n’a pas été invitée à se déterminer sur le 
recours, celui-ci étant manifestement infondé.

en droit

1.

1.1. Conformément à l'art. 174 al. 1 LP, la décision du juge de la faillite peut, dans les dix jours, 
faire l'objet d'un recours au sens du Code de procédure civile. La décision attaquée a été notifiée 
au recourant le 10 mai 2019; interjeté le 13 mai 2019, le recours l’a été en temps utile. 

1.2. Le recours est recevable pour violation du droit et pour constatation manifestement inexacte 
des faits (art. 320 CPC), les parties pouvant toutefois faire valoir, selon l'art. 174 LP, des pseudo-
nova (al. 1) ainsi que, à certaines conditions, de vrais nova (al. 2).

1.3. En application de l'art. 327 al. 2 CPC, la Cour statue sur pièces.

2.

Le recourant allègue que selon l’art. 43 LP, la poursuite par voie de faillite est exclue pour le 
recouvrement des primes de l’assurance-accidents obligatoire. 

En tant qu’indépendant, le recourant n’est toutefois pas soumis à la loi fédérale sur l’assurance-
accidents (art. 1a et 4 LAA, RSF 832.20) et son affiliation à une assurance-accidents est 
facultative, de sorte que l’exception qu’il soulève ne s’applique pas en l’espèce, même si une 
partie du montant réclamé devait concerner la couverture accident.

3.

3.1. Selon l'art. 174 al. 2 LP, l'autorité de recours peut annuler le jugement de faillite lorsque le 
débiteur rend vraisemblable sa solvabilité et qu’il établit par titre que la dette, intérêts et frais 
compris, a été payée (ch. 1), la totalité du montant à rembourser a été déposée auprès de 
l’autorité de recours à l’intention du créancier (ch. 2) ou que le créancier a retiré sa réquisition de 
faillite (ch. 3). 

Les motifs empêchant la faillite doivent être apparus et soulevés dans le délai de recours (ATF 
139 III 491 consid. 4; ATF 136 III 294 consid. 3.1). La solvabilité, au sens de l'art. 174 al. 2 LP, se 
définit par opposition à l'insolvabilité au sens de l'art. 191 LP. Celle-ci, qui n'équivaut pas au 

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surendettement, est l'incapacité du débiteur, en raison d'un manque de liquidités qui n'apparaît pas 
seulement temporaire, de payer ses dettes échues. Selon l'art. 174 al. 2 LP, le débiteur doit 
seulement rendre vraisemblable - et non prouver - sa solvabilité; il ne peut toutefois se contenter 
de simples allégations, mais doit fournir des indices concrets tels que récépissés de paiement, 
justificatifs des moyens financiers (avoirs en banque, crédit bancaire) à sa disposition, liste des 
débiteurs, extrait du registre des poursuites, comptes annuels récents, bilan intermédiaire, etc. 
(arrêt TF 5P.399/1999 du 14 janvier 2000 consid. 2b et les références; cf. aussi Tribunal cantonal 
in RFJ 2001 p. 69).

Le débiteur doit établir qu'il n'est pas insolvable, c'est-à-dire qu'il n'existe plus contre lui d'actes de 
défaut de biens définitifs après saisie et/ou d'actes de défaut de biens après faillite mentionnant 
qu'il a reconnu sa dette: pour ce faire, il doit produire une attestation de l'office des poursuites de 
son domicile. Pour rendre vraisemblable sa solvabilité, c'est-à-dire l'état dans lequel le débiteur 
dispose de moyens liquides suffisants pour acquitter ses dettes exigibles, le poursuivi doit établir 
qu'aucune requête de faillite dans une poursuite ordinaire ou dans une poursuite pour effets de 
change n'est pendante contre lui et qu'aucune poursuite exécutoire n'est en cours contre lui 
(GILLIÉRON, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, Vol. 3 art. 159-
270, 2e éd. 2001, art. 174 n. 43 s.). Lorsque des poursuites ont atteint le stade de la commination 
de faillite, le débiteur doit en principe prouver par titre qu'une des hypothèses de l'art. 174 al. 2 
ch. 1 à 3 LP est réalisée à leur égard, à moins que ne résulte du dossier la vraisemblance qualifiée 
de l'existence de disponibilités en liquidités objectivement suffisantes non seulement pour payer 
ces créances, mais aussi pour faire face aux autres prétentions créancières déjà exigibles (CR LP-
COMETTA, 2005, art. 174 n. 13). S'agissant de sa solvabilité, le débiteur doit rendre vraisemblable 
qu'il est en mesure de régler ses créances à leur échéance ou du moins sur une durée 
déterminable. Etre insolvable ne signifie pas avoir provisoirement des difficultés de paiement, mais 
bien plus se trouver dans une telle situation pour une période indéterminable (AMONN/WALTHER, 
Grundriss des Schuldbetreibungs- und Konkursrecht, 9e éd. 2013, § 38 n. 14).

3.2. Le recourant allègue qu’il s’est acquitté des montants en poursuite. Il a produit des relevés 
de son compte bancaire faisant état de versements en faveur de B.________ SA, les 16 octobre 
2018 et 8 février 2019, soit CHF 1'216.60, ce qui correspond effectivement, contrairement à ce 
qu’a retenu la première juge, aux deux créances de base faisant l'objet des réquisitions de faillite 
(CHF 695.20 et CHF 521.40). En revanche, ni les intérêts réclamés, ni les frais de poursuite, ni les 
frais du Tribunal n’ont été payés. Si l’on peut s’étonner du fait que la créancière maintienne la 
réquisition de faillite pour le capital dû alors que celui-ci avait été payé et qu’elle a formulé des 
réquisitions de continuer la poursuite pour la créance totale alors que la créance avait été 
partiellement soldée, force est de constater, contrairement à ce qu’allègue le recourant, qu’elle 
était en droit de lui adresser des commandements de payer les 9 août 2018 et 15 octobre 2018, 
dès lors que l’arrangement de paiement convenu le 8 mai 2018 et prévoyant un premier acompte 
de CHF 434.50 payable au 30 juin 2018 n’a pas été respecté et que le plan prévoyant le paiement 
du solde, par CHF 782.10, à la fin septembre 2018, n’a pas été respecté non plus. Elle était 
également en droit de poursuivre la procédure pour le paiement des frais et des intérêts.

Partant, la première condition posée par l'art. 174 al. 2 ch. 2 LP n’est  pas remplie.

3.3. Son recours doit être rejeté pour un second motif également, dès lors que le recourant n’a 
produit aucun document de nature à rendre vraisemblable sa solvabilité.

Au contraire, il ressort de l’extrait du registre des poursuites de A.________, daté du 14 mai 2019, 
qu’il est lourdement endetté. Le montant total des poursuites ouvertes à son encontre est de 

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CHF 35'000.- environ. De plus, il comptabilise 58 actes de défaut de biens pour un montant total 
de CHF 209'251.10, ce qui empêche déjà seul de retenir la vraisemblance de solvabilité. 

Dans ces circonstances, il y a lieu d’admettre que le recourant ne se trouve pas uniquement de 
manière temporaire dans l'impossibilité d'honorer ses dettes échues, mais que ses difficultés 
financières sont au contraire durables.

Partant, le recours doit être rejeté et la faillite prononcée en première instance confirmée.

3.

L’attention du recourant est attirée sur la possibilité d’obtenir la révocation de la faillite aux 
conditions de l’art. 195 LP.

4.

La requête d’effet suspensif est sans objet, la Cour ayant directement statué sur le recours au 
fond.

5.

A.________ requiert l'assistance judiciaire pour la procédure de recours. Force est de constater, 
vu le sort de son recours, que sa cause apparaissait d'emblée dépourvue de chances de succès 
(art. 117 let. b CPC a contrario), à tout le moins, les perspectives de gagner le procès étaient, au 
vu de la jurisprudence récente du Tribunal fédéral (ATF 139 III 396 consid. 1.2), notablement plus 
faibles que les risques de le perdre. Partant, sa requête doit être rejetée, l’une des conditions 
cumulatives de l’octroi de l’assistance judiciaire faisant défaut.

6.

6.1. Les frais judiciaires de la procédure de recours sont mis à la charge du recourant, qui 
succombe (art. 106 al. 1 CPC). Ils comprennent les frais judiciaires, fixés forfaitairement à 
CHF 500.- (art. 52 et 61 al. 1 de l’ordonnance du 23 septembre 1996 sur les émoluments perçus 
en application de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite [OELP; RS 281.35]).

6.2. Il n'y a pas lieu d'allouer d’équitable indemnité de partie à l’intimée, dès lors qu’elle n’a pas 
été invitée à se déterminer sur le recours.

(dispositif en page suivante)

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la Cour arrête :

I. Le recours est rejeté.

Partant, la décision de faillite rendue le 29 avril 2019 par la Présidente du Tribunal civil de 
l'arrondissement de la Gruyère est confirmée.

II. La requête d’effet suspensif du 17 mai 2019 est sans objet.

III. La requête d’assistance judiciaire du 17 mai 2019 est rejetée.

IV. Les frais de la procédure de recours sont mis à la charge de A.________.

Les frais judiciaires dus à l’Etat sont fixés à CHF 500.- (émolument forfaitaire).

Il n’est pas alloué de dépens. 

V. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral dans les trente jours 
qui suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). 
L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 27 mai 2019/say

La Présidente : La Greffière-rapporteure :