# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 67c4823b-9eda-540c-a914-ec6f7b04c94e
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2022-10-20
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 20.10.2022 C-1703/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_C-1703-2019_2022-10-20.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour III 

C-1703/2019 

 

 
 

  A r r ê t  d u  2 0  o c t o b r e  2 0 2 2  

Composition 
 Caroline Bissegger (présidente du collège),  

Michela Bürki Moreni, Beat Weber, juges, 

Julien Theubet, greffier. 
 

 
 

Parties 
 A._______, (Portugal),   

représentée par Maître Michel Bussard, avocat à Genève,  

recourante,  

 
 

 
contre 

 
 Institution commune LAMal,   

autorité inférieure.  

 
 

 
 

Objet 
 LAMal, exemption de l'obligation d'assurance en Suisse  

(décision sur opposition du 7 mars 2019). 

 

 

 

C-1703/2019 

Page 2 

Faits : 

A.  

A._______ (ci-après : la recourante, l’assurée, l’intéressée), ressortissante 

portugaise née en 1950, s’est installée avec son époux B._______ à Lau-

sanne en 1974 pour y résider à titre principal jusqu’à son départ pour le 

Portugal annoncé au 15 mars 2018 (TAF pce 1 annexe 3). Dès janvier 

2016, elle a été mise au bénéfice d’une rente de vieillesse de l’assurance-

vieillesse et survivants (ci-après : rente AVS), puis d’une rente de vieillesse 

de son assurance prévoyance professionnelle dès mars 2018 (TAF pce 1 

annexes 4 et 5).  

B.  

B.a Le 16 mars 2018, C._______, auprès de qui était affiliée la prénommée 

au titre de l’assurance obligatoire de soins en cas de maladie (ci-après : 

AOS ; TAF pce 1 annexes 6 et 29), l’a informée – par l’intermédiaire de son 

gendre – avoir résilié son contrat d’assurance au 15 mars 2018 sur la base 

de la communication de son départ par le contrôle des habitants de la com-

mune de Lausanne (TAF pce 1 annexe 6). Ultérieurement, lors d’un 

échange de courriels datant de mai à septembre 2018, C._______ l’a invi-

tée à communiquer certains documents et diverses informations propres à 

fonder son exemption de l’AOS (TAF pce 1 annexes 6 à 14).  

B.b Par courriel du 4 novembre 2018, l’intéressée a effectivement déposé 

– auprès de l’Institution commune LAMal (ci-après : autorité précédente ou 

inférieure, Institution commune) et au moyen du formulaire idoine – une 

demande d’exemption de l’obligation de s’assurer pour les soins en Suisse, 

informant notamment ne pas toucher d’autres prestations que ses rentes 

AVS et LPP (TAF pce 1 annexe 18). Dans ce contexte, après y avoir été 

invitée par l’Institution commune (TAF pce 1 annexes 20 ss), elle a produit 

un document attestant de son inscription le 20 mars 2018 au Service por-

tugais national de santé (ci-après : SNS) ; dans un courriel du 18 novembre 

2018, elle a en outre produit un certificat non daté mais postérieur au 12 

novembre 2018 du Ministère portugais de la santé établissant qu’elle avait 

« déclaré sa volonté d’opter pour l’application de la législation portugaise 

en matière de couverture en cas de maladie » (TAF pce 1 annexes 13 et 

25).  

B.c Lors d’une conversation téléphonique du 14 janvier 2019 avec l’Insti-

tution commune, C.________ a informé s’opposer à la demande d’exemp-

tion de l’assurée, précisant ne pas encore avoir délivré le formulaire euro-

péen E121 destiné aux titulaires de pensions cherchant à bénéficier dans 

C-1703/2019 

Page 3 

leur Etat de résidence des prestations en nature de l’assurance-maladie 

servies pour le compte de l’Etat membre débiteur de la pension (TAF pce 

3 annexe 9). De là, par décision du 17 janvier 2019, l’Institution commune 

a rejeté pour cause de tardiveté la demande de l’intéressée d’être exemp-

tée de l’AOS (TAF pce 1 annexes 1 et 21).  

B.d Le 19 février 2019, C._______ a informé avoir affilié l’intéressée en 

« assurance bilatérale pour le Portugal rétroactivement au 16 mars 2018 » 

(TAF pce 1 annexes 25 et 26). Par décision sur opposition du 7 mars 2019, 

l’Institution commune a confirmé le refus d’exempter l’assurée de l’obliga-

tion de s’affilier à l’assurance-maladie suisse (TAF pce 1 annexe 1).  

C.  

Par mémoire du 8 avril 2019, l’assurée interjette recours par-devant le Tri-

bunal administratif fédéral (ci-après : Tribunal) contre la décision sur oppo-

sition susmentionnée, concluant en substance à son annulation et à ce 

qu’elle soit exemptée de l’obligation d’assurance en Suisse avec effet au 

15 mars 2018 ; subsidiairement, elle conclut au renvoi de la cause à l’Ins-

titution commune pour nouvelle décision (TAF pce 1).  

L’Institution commune conclut pour sa part au rejet du recours et à la con-

firmation de la décision attaquée (TAF pce 3). 

L’échange d’écritures a été clôturé après que les parties aient persisté 

dans leur position respective (TAF pces 5 ss).  

Droit : 

1.  

1.1 Le Tribunal administratif fédéral examine d’office et avec une pleine 

cognition sa compétence et les conditions de recevabilité des recours qui 

lui sont soumis (art. 31 ss LTAF ; art. 7 PA). 

1.2 Sous réserve des exceptions – non réalisées en l'espèce – prévues à 

l'art. 32 de la LTAF, le Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF en relation avec 

l'art. 33 let. d LTAF et des art. 18 al. 2bis et 90a al. 1 de la loi fédérale du 

18 mars 1994 sur l'assurance-maladie (LAMal, RS 832.10), connaît des 

recours interjetés contre les décisions au sens de l’art. 5 PA prises par 

l’Institution commune LAMal en matière d’exemption de l’assurance-mala-

die obligatoire suisse. 

C-1703/2019 

Page 4 

1.3 Selon l'art. 37 LTAF, la procédure devant le Tribunal administratif fédé-

ral est régie par la PA, pour autant que la LTAF n'en dispose pas autrement. 

En vertu de l'art. 3 let. dbis PA, la procédure en matière d'assurances so-

ciales n'est pas régie par la PA dans la mesure où la loi fédérale du 6 oc-

tobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA, 

RS 830.1) est applicable. Conformément à l'art. 2 LPGA en relation avec 

l’art. 1 al. 1 LAMal, les dispositions de LPGA s’appliquent à l’assurance-

maladie, à moins que la LAMal ne déroge expressément à la LPGA. 

1.4 En l’occurrence, le recours a été déposé devant l’autorité compétente, 

en temps utile et dans les formes requises par une personne disposant 

manifestement de la qualité pour recourir (art. 60 LPGA et 48 ss PA). Il est 

donc recevable et il y a lieu d’entrer en matière.  

2.  

Le litige porte sur l’affiliation de la recourante à l’AOS depuis son départ de 

Suisse en 2018. Singulièrement, il s’agit d’examiner si l’autorité inférieure 

était fondée à refuser de l’en exempter. 

3.  

La cause présente un élément d’extranéité dans la mesure où la décision 

attaquée a pour effet de soumettre à l’assurance-maladie obligatoire suisse 

une ressortissante portugaise domiciliée au Portugal et ayant travaillé en 

Suisse. Il en résulte que l’Accord entre la Suisse et la Communauté euro-

péenne et ses Etats membres sur la libre circulation des personnes du 21 

juin 1999 (ALCP ; RS 0.142.112.681) s’applique en l’espèce, avec notam-

ment son annexe II réglant la coordination des systèmes de sécurité so-

ciale par renvoi statique au droit européen (ATF 133 V 265 consid. 4.2.1 ; 

ATF 128 V 315 consid. 1b/aa). Dans ce contexte, l’ALCP fait référence de-

puis le 1er avril 2012 au règlement (CE) no 883/2004 du Parlement euro-

péen et du Conseil du 29 avril 2004 portant sur la coordination des sys-

tèmes de sécurité sociale (règlement no 883/2004 ; RS 0.831.109.268.1). 

3.1 Le titre II du règlement no 883/2004 comprend des règles qui permet-

tent de déterminer la législation nationale applicable en matière de sécurité 

sociale. Ainsi, l’art. 11 par. 1 énonce le principe de l'unicité de la législation 

applicable, selon lequel les personnes auxquelles le règlement est appli-

cable ne sont soumises qu'à la législation d'un seul Etat membre, définie 

en fonction des prescriptions contenues aux art. 11 ss (ATF 135 V 339, 

consid. 4). Selon l’art. 11 par. 3 let. e du règlement no 883/2004, les per-

sonnes sont en principe soumises à la législation de l’Etat membre de ré-

sidence. 

C-1703/2019 

Page 5 

3.2 Ce principe peut être assorti d'exceptions. Le titre III du règlement no 

883/2004 contient ainsi des règles de conflit pour des situations spéciales 

dans des branches particulières du système de la sécurité sociale, singu-

lièrement, au chapitre 1 (art. 17 à 35) en ce qui concerne les prestations 

de maladie, de maternité et de paternité assimilées (ATF 146 V 152 consid. 

4.2.2.1; 146 V 290 consid. 3.2. et les références).  

L'application des règles de conflit du règlement n° 883/2004, qui détermi-

nent la législation applicable, est obligatoire pour les Etats membres. Elles 

forment un système de règles de conflit dont le caractère complet a pour 

effet de soustraire aux législateurs nationaux le pouvoir de déterminer 

l'étendue et les conditions d'application de leur législation nationale en la 

matière, quant aux personnes qui y sont soumises et quant au territoire à 

l'intérieur duquel les dispositions nationales produisent leurs effets (ATF 

146 V 290 consid. 3.2; 146 V 152 consid. 4.2.3.1; 144 V 127 consid. 4.2.3.1 

et les références). 

3.3 Aux art. 23 ss, le règlement n° 883/2004 prévoit des règles de coordi-

nation de droit communautaire dans le sens décrit ci-avant en ce qui con-

cerne le droit aux prestations en nature en cas de maladie des titulaires de 

pension et des membres de leur famille (ATF 144 V 127 consid. 4.2.2.2) ; 

pour les rentiers, elles définissent aussi à titre préjudiciel les règles appli-

cables concernant l'obligation d'assurance (GEBHARD EUGSTER, in Soziale 

Sicherheit, SBVR vol. XIV, 3e éd. 2016, p. 443 s. n° 116; cf. ATF 146 V 290 

consid. 3.3.2 ; cf. arrêt du TF 9C_263/2021 du 24 janvier 2022 consid. 

5.2.1, 5.1.3 et les réf. cit).   

Selon l'art. 23 du règlement no 883/2004, la personne qui perçoit une pen-

sion ou des pensions en vertu de la législation de deux ou plusieurs Etats 

membres, dont l'un est l'Etat de résidence, et qui a droit aux prestations en 

nature en vertu de la législation de cet Etat membre, bénéficie, tout comme 

les membres de sa famille, de ces prestations en nature servies par et pour 

le compte de l'institution du lieu de résidence, comme si l'intéressé n'avait 

droit à la pension qu'en vertu de la législation de cet Etat membre. L'art. 24 

du règlement no 883/2004 règle la situation dans laquelle les titulaires de 

la pension n'ont pas de droit originaire à des prestations en nature en cas 

de maladie dans l'Etat de résidence faute d'un rapport suffisant avec le 

système des rentes de l'Etat de résidence. Lorsqu'une seule rente est per-

çue, la charge des prestations en cas de maladie incombe à l'institution 

compétente de l'Etat qui alloue la rente. Les rentiers ont alors un droit à 

l'entraide visant à faciliter l'accès aux soins et aux prestations en nature à 

C-1703/2019 

Page 6 

l'encontre de l'institution de l'Etat de résidence (ATF 144 V 127 consid. 

4.2.2.2 et la référence). 

Il résulte de l'articulation des art. 23 et 24 du règlement no 883/2004 que 

le droit européen établit une distinction au sein des personnes au bénéfice 

de pensions, selon qu'elles disposent ou non d'un droit originaire à des 

prestations en nature en cas de maladie dans l'Etat de résidence, lequel 

dépend lui-même de l'existence d'un rapport suffisant avec le système des 

pensions de cet Etat (arrêt du TF 9C_263/2021 précité consid. 5.1.3 et les 

réf. cit). Même si cela ne découle pas directement de la lettre de la dispo-

sition, l'art. 24 par. 1 et par. 2 let. a du règlement no 883/2004 comprend 

ainsi une règle de conflit, qui prévoit une obligation de s'assurer à l'assu-

rance-maladie avec obligation de cotiser dans l'Etat qui verse la rente (cf. 

ATF 146 V 290 consid. 3.3.2). 

3.4 En complément de la réglementation précitée, l’annexe XI du Règle-

ment no 883/2004 (Suisse, ch. 3, let. a, ch. ii et let. b) prévoit que les per-

sonnes pour lesquelles la Suisse assumera la charge des prestations en 

vertu des art. 24, 25 et 26 du règlement peuvent, à leur demande, être 

exemptées de l’assurance obligatoire tant qu’elles résident dans l’un des 

Etats suivants et qu’elles prouvent qu’elles y bénéficient d’une couverture 

en cas de maladie: l’Allemagne, l’Autriche, la France, l’Italie et le Portugal. 

Cette demande – appelée « droit d’option » – doit être déposée dans les 

trois mois qui suivent la survenance de l’obligation de s’assurer en Suisse 

; lorsque, dans des cas justifiés, la demande est déposée après ce délai, 

l’exemption entre en vigueur dès le début de l’assujettissement à l’obliga-

tion d’assurance (let. aa). 

Le droit suisse a été adapté pour tenir compte du droit d'option instauré par 

la réglementation européenne. Selon l'art. 2 al. 6 de l’ordonnance du 27 

juin 1995 sur l’assurance-maladie (OAMal, RS 832.102) – disposition qui 

doit être lue en corrélation avec les art. 3 al. 3 let. a LAMal et 1 al. 2 let. d 

OAMal –, sont, sur requête, exceptées de l'obligation de s'assurer en 

Suisse les personnes qui résident dans un État membre de l'UE, pour au-

tant qu'elles puissent être exceptées de l'obligation de s'assurer en vertu 

de l'ALCP et de son annexe II et qu'elles prouvent qu'elles bénéficient dans 

l'État de résidence et lors d'un séjour dans un autre État membre de l'Union 

européenne et en Suisse d'une couverture en cas de maladie (cf. ATF 147 

V 402 consid. 4.3 ; cf. également ATF 147 V 387 et 142 V 192). 

C-1703/2019 

Page 7 

3.5 S’agissant des modalités d’exercice du droit d’option, la jurisprudence 

précise que l’assuré doit en principe l’exercer dans les trois mois qui sui-

vent son départ pour l'étranger (cf. ATF 136 V 295 consid. 2.3.3 ; arrêt du 

TF 9C_801/2014 du 10 mars 2015 consid. 3.3). Le droit d'option en faveur 

de l'Etat de résidence ne peut pas être exercé de manière tacite ou par 

acte concluants, mais exige le dépôt d'une requête formelle (arrêt du TF 

9C_801/2014 du 10 mars 2015 consid. 3.3). Un dépassement des délais 

peut être considéré comme « justifié » dans certains cas (cf. arrêt du TF 

9C_561/2016 du 27 mars 2017 consid. 5.2). La notion de cas « justifié » 

laisse une grande marge d'interprétation aux autorité administratives et ju-

diciaires (cf. arrêt du TAF C-5359/2017 du 6 décembre 2018 consid. 7.3 et 

les réf. cit.).  

Ainsi, la jurisprudence a déjà retenu à plusieurs reprises que l’assuré doit 

se voir accorder la possibilité d’exercer son droit d’option même après l'ex-

piration du délai de trois mois lorsqu’il a été empêché de le faire valoir en 

raison d'un manque d'information. Cela se justifie dans la mesure où les 

art. 6a al. 1 let. c LAMal et 7b OAMal font supporter aux assureurs et aux 

cantons l’obligation d’informer l’assuré sur l’existence du droit d’option et 

sur la manière de l’exercer, la publication dans un organe officiel d’un avis 

général, ou la mise à disposition de brochures ou autres notices explica-

tives étant dans ce contexte suffisantes. Sous l’angle de la preuve, il in-

combe à l’autorité qui entend se prévaloir de la tardiveté d’une demande 

d’exemption d’apporter la preuve de la notification de l'acte par lequel l’as-

suré a été informé sur l’existence et les modalités du droit d’option ; à dé-

faut, aucune conséquence ne saurait être tirée de l’échéance du délai 

d’exercice du droit d’option (ATF 136 V 295 consid. 5.8-5.10 ; arrêts du TF 

9C_531/2019 précité du 17 février 2020 consid. 6.2 et 9C_561/2016 pré-

cité consid. 5.2, 9C_1040/2009 du 7 décembre 2010 et du TAF C-

5183/2019 du 8 novembre 2021 consid. 8.3.2 et C-2194/2018 du 17 juin 

2019 consid. 12.4.4 ; cf. également arrêts du TAF C-4161/2018 du 30 août 

2022 consid. 4.2.4, C-622/2019 du 3 février 2022 consid. 6.6, C-3961/2018 

du 31 mars 2020 consid. 6, C-7135/2018 du 16 octobre 2019 consid. 7, C-

2522/2016 du 25 septembre 2019 consid. 5.3 et C-5359/2017 précité con-

sid. 7.4 et C-2522/2016 du 25 septembre 2019 consid. 5.3). 

3.6 La procédure dans le domaine des assurances sociales fait prévaloir 

la maxime inquisitoire (art. 43 LPGA ; ATF 138 V 218 consid. 6). Ainsi, 

l’autorité définit les faits et apprécie les preuves d'office et librement (art. 

12 PA). Ce faisant, elle ne tient pour existants que les faits qui, faute d'être 

établis de manière irréfutable, apparaissent comme les plus vraisem-

C-1703/2019 

Page 8 

blables, c'est-à-dire qui présentent un degré de vraisemblance prépondé-

rante. Il ne suffit pas qu'un fait puisse être considéré seulement comme 

une hypothèse possible ; la vraisemblance prépondérante suppose que, 

d'un point de vue objectif, des motifs importants plaident pour l'exactitude 

d'une allégation, sans que d'autres possibilités ne revêtent une importance 

significative ou n'entrent raisonnablement en considération (ATF 144 V 427 

consid. 3.2; 139 V 176 consid. 5.3; 138 V 218 consid. 6). Partant de là, 

l’autorité ne peut renoncer à accomplir des actes d'instruction que si elle 

est convaincue, au terme d’une appréciation consciencieuse des preuves 

(ATF 125 V 351 consid. 3a), que certains faits présentent un degré de vrai-

semblance prépondérante et que d'autres mesures probatoires ne pour-

raient plus modifier cette appréciation (sur l'appréciation anticipée des 

preuves cf. ATF 131 I 153 consid. 3; 130 II 425 consid. 2).  

4.  

Dans la décision attaquée, l’Institution commune observe que la recou-

rante – titulaire exclusivement de pensions perçues en vertu de la législa-

tion suisse – a élu domicile au Portugal le 15 mars 2018 et qu’elle a déposé 

sa demande d’exemption de l’obligation de s’assurer en Suisse le 4 no-

vembre 2018 seulement. Elle en déduit que le droit d’option a été exercé 

tardivement, soit au-delà du délai de trois mois à compter du départ de 

Suisse. Par conséquent, se prévalant de l’adage « error iuris nocet », 

l’autorité précédente a rejeté la demande d’exemption de l’intéressée, con-

sidérant que celle-ci ne peut rien tirer du fait de ne pas avoir été informée 

sur les modalités d’exercice du droit d’option, « la non-connaissance d’une 

exemption ne [pouvant] en rien changer la situation concernant le respect 

du délai [en question] ».  

4.1 Sans remettre en cause avoir opté pour le régime portugais d’assu-

rance maladie après l’échéance du délai de trois mois prévu à cet effet, la 

recourante considère qu’une exemption de l’obligation de s’assurer en 

Suisse se justifie néanmoins. En effet, avant la notification de la décision 

de l’autorité précédente du 17 janvier 2019, personne ne l’avait jamais in-

formée sur les modalités d’exercice du droit d’option. Ayant ainsi été em-

pêchée de faire valoir ce droit en raison d'un manque d'information, elle 

doit se voir accorder la possibilité de l’exercer à nouveau, nonobstant l'ex-

piration du délai prévu à cet effet. En rejetant dans ces conditions sa de-

mande d’exemption pour cause de tardiveté, la décision attaquée contre-

vient non seulement aux principes de la légalité et de la proportionnalité, 

mais également aux règles de la bonne foi, l’autorité l’ayant laissée croire 

pendant toute la durée de la procédure administrative que « sa demande 

d’exemption allait bon train pour être acceptée in fine ». Dans la mesure 

C-1703/2019 

Page 9 

où elle ne se prononce pas sur l’existence de circonstances justifiant l’exer-

cice tardif du droit d’option, la décision attaquée viole en outre les droits 

d’être entendue de la recourante et doit à ses yeux être annulée pour ce 

motif également.  

4.2 On doit donner raison à la recourante. A ce stade, il n’apparaît en effet 

pas établi que les informations relatives aux modalités d’exercice du droit 

d’option lui aient été communiquées avant la notification de la décision de 

refus d’exemption du 17 janvier 2019. En particulier, les pièces versées au 

dossier – qui documentent l’échange de correspondance intervenu entre 

la recourante, son assureur-maladie et l’Institution commune dès le mois 

de mars 2018 – ne comportent aucune référence au délai relatif à l’exercice 

de ce droit. A l’inverse, sans ignorer que l’intéressée avait quitté la Suisse 

en mars 2018, ses interlocuteurs l’ont orientée dans la procédure comme 

si celle-ci allait aboutir sans autres difficultés et à aucun moment n’ont évo-

qué les conditions d’exercice du droit d’option ou invité l’assurée à se ren-

seigner à ce propos. En l’absence ainsi d’élément établissant le respect 

par les autorités concernées de leur devoir d’information et compte tenu du 

fait que la recourante conteste avoir été renseignée utilement, aucune con-

séquence ne saurait – en l’état du dossier – être tirée de l’expiration du 

délai d’exercice du droit d’option, qui a effectivement commencé à courir 

en mars 2018, lors du déménagement de la recourante pour le Portugal (à 

cet égard, cf. ATF 147 V 402 consid. 9.2).  

Pour autant, il n’apparaît pas exclu que l’assureur-maladie ou les adminis-

trations cantonales ou communales compétentes aient acquitté leurs de-

voirs en la matière à l’occasion du départ de Suisse de la recourante, cas 

échéant par de simples publications dans un organe officiel, la mise à dis-

position de brochures ou encore le renvoi à des contenus internet (à cet 

égard, cf. arrêt du TAF C-622/2019 précité consid. 6.6 ; voir en outre art. 6 

al. 1 de la loi du canton de Vaud du 9 mai 1983 sur le contrôle des habitants 

[LCH ; RS/VD 142.01] et art. 4 de la loi cantonale vaudoise du 2 février 

2010 d’application de la loi fédérale du 23 juin 2006 sur l’harmonisation des 

registres des habitants et d’autres registre officiels de personnes [LVLHR ; 

RS/VD 431.02]). Or, l’autorité précédente n’a élucidé ces circonstances 

d’aucune manière, statuant uniquement sur la base des pièces que lui ont 

transmis l’assurée et son assureur-maladie. Il se justifie par conséquent de 

lui renvoyer le dossier pour instruction complémentaire et nouvelle décision 

conformément à l’art. 61 al. 1 PA. Singulièrement, il s’agira pour l’Institution 

commune de réaliser toute l’instruction utile, soit notamment d’ordonner 

l’édition du dossier de la recourante auprès de C._______ et de se rensei-

gner auprès des autorités vaudoises et lausannoises sur les modalités de 

C-1703/2019 

Page 10 

mise en œuvre de leurs obligations au sens des art. 6a al. 1 let. c LAMal 

et 7b OAMal et des dispositions cantonales susmentionnées. Aussi la de-

mande d’exemption litigieuse ne saurait-elle être rejetée pour cause de tar-

diveté que si la preuve de la notification de l'acte par lequel la recourante 

a été valablement informée sur l’existence et les modalités du droit d’op-

tion est apportée et corrobore cette tardiveté. 

5.  

En définitive, le recours doit être admis et la décision attaquée annulée, le 

dossier étant renvoyé à l’autorité inférieure pour instruction complémen-

taire dans le sens des considérants et nouvelle décision.  

6.  

6.1 Il n'est pas perçu de frais de procédure, celle-ci étant gratuite compte 

tenu du fait que le recours a été déposé en 2019 avant le changement de 

règlementation entrée en vigueur le 1er janvier 2021 (art. 18 al. 8 LAMal en 

relation avec l’art. 85bis al. 2 aLAVS en vigueur en 2019).  

6.2 Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral (ATF 132 V 215 consid. 6.2), 

la partie qui a formé recours est réputée avoir obtenu gain de cause lorsque 

la cause est renvoyée à l'administration pour instruction complémentaire et 

nouvelle décision. Conformément aux art. 64 al. 1 PA et 7 al. 1 du règle-

ment du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixés 

par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2), le Tribunal peut 

allouer à la partie ayant obtenu gain de cause une indemnité pour les frais 

indispensables et relativement élevés qui lui ont été occasionnés par le 

litige. En l'espèce, au vu de l'issue du litige et compte tenu du travail effec-

tué par le mandataire de la recourante, il convient de lui allouer une indem-

nité de dépens de Fr. 2'800.-, à la charge de l'autorité inférieure.  

  

C-1703/2019 

Page 11 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est admis en ce sens que la décision attaquée est annulée et 

la cause est renvoyée à l’autorité inférieure pour instruction complémen-

taire dans le sens des considérants et nouvelle décision. 

2.  

Il n’est pas perçu de frais de procédure.  

3.  

Une indemnité de dépens de Fr. 2'800.- est allouée à la recourante à 

charge de l’autorité inférieure. 

4.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, à l’autorité inférieure et à l’Office 

fédéral de la santé publique.  

 

L'indication des voies de droit se trouve à la page suivante. 

 

La présidente du collège : Le greffier : 

  

Caroline Bissegger Julien Theubet 

 

 

 

 

 

C-1703/2019 

Page 12 

Indication des voies de droit : 

Pour autant que les conditions au sens des art. 82 ss, 90 ss et 100 ss LTF 

soient remplies, la présente décision peut être attaquée devant le Tribunal 

fédéral, Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne, par la voie du recours en 

matière de droit public, dans les trente jours qui suivent la notification. Ce 

délai est réputé observé si les mémoires sont remis au plus tard le dernier 

jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention de ce dernier, à La 

Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse 

(art. 48 al. 1 LTF). Le mémoire doit indiquer les conclusions, les motifs et 

les moyens de preuve, et être signé. La décision attaquée et les moyens 

de preuve doivent être joints au mémoire, pour autant qu'ils soient en mains 

de la partie recourante (art. 42 LTF). 

 

Expédition : 

  

C-1703/2019 

Page 13 

Le présent arrêt est adressé : 

– à la recourante (acte judiciaire) 

– à l'autorité inférieure (acte judiciaire) 

– à l’OFSP (recommandé)