# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e4f98c71-d4fd-53d7-8ca5-fc19358b3642
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-09-25
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 25.09.2018 A/146/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-146-2018_2018-09-25.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/146/2018-AIDSO ATA/996/2018  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 25 septembre 2018 

1ère section 

   dans la cause 

 

Monsieur A______ 
  

contre 

HOSPICE GÉNÉRAL 
 

 

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A/146/2018 

EN FAIT 

1.  Monsieur A______, né le ______ 1968, a été au bénéfice de l’aide fournie 
par l’Hospice général (ci-après : l’hospice) du 1er janvier 2012 au 30 juin 2015. 

2.  Aux termes du document intitulé « Mon engagement en demandant une aide 

financière à l'Hospice général », signé, chaque année entre 2012 et 2015, il s’est 
engagé à donner immédiatement et spontanément à l’hospice tout renseignement 
et toute pièce nécessaire à l'établissement de sa situation personnelle et 

économique tant en Suisse qu’à l’étranger, en particulier toute information sur 
toute forme de fortune, de même qu'à rembourser à l’hospice toute prestation 
exigible à teneur des art. 12 al. 2 ainsi que 36 à 41 de la loi sur l'insertion et l'aide 

sociale individuelle du 22 mars 2007 (LIASI - J 4 04). 

3.  Un rapport d’enquêtes a été établi le 3 juin 2015. L’intéressé n’avait pas 
fourni tous les documents et les informations nécessaires au calcul de son droit. 

4.  Par décision du 9 juillet 2015, le centre d’action sociale des Trois-Chênes 
(ci-après : le CAS) de l’hospice a mis un terme, avec effet au 1er juillet 2015, à 
l'aide sociale accordée à M. A______ et à sa famille. 

  Les pièces à produire étaient listées.  

5.  Un rappel a été envoyé le 14 juillet 2015. 

6.  À réception des documents produits par l’intéressé et au vu du rapport de 
son service d’enquêtes, l’hospice a considéré que M. A______ avait caché 
CHF 14'740.85 de revenus le concernant, CHF 17'449.15 concernant son épouse, 

Madame B______ , et CHF 35'917.15 concernant sa fille C______. 

7.  Par décision du 16 janvier 2017, l’hospice a réclamé la restitution du 
montant de CHF 55'820.50, indûment perçu du 1

er
 décembre 2013 au 30 juin 

2015. 

8.  M. A______, représentant le couple, a formé opposition le 8 février 2017. Il 

a sollicité la remise totale du montant réclamé. 

9.  Dans le cadre de l’instruction du dossier, l’hospice a informé M. A______ 
qu’à la suite du réexamen de son dossier, il pourrait être amené à reconsidérer sa 
décision à son détriment. L’intéressé avait caché des éléments pertinents pour 
établir son droit aux prestations dès le 1

er
 janvier 2012 déjà. De surcroît, sa fille 

C______ avait changé d’adresse le 16 novembre 2014. Le montant réclamé serait 
probablement revu à la hausse. 

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10.  Le 29 juin 2017, M. A______ a complété son opposition. 

11.  Par décision du 12 décembre 2017, le directeur général de l’hospice a rejeté 
l’opposition. Il a confirmé le principe de remboursement du 16 janvier 2017. Le 
montant portait désormais sur CHF 88'245.45. Les époux étaient conjointement et 

solidairement responsables du remboursement de la somme précitée. Un tableau 

détaillant, mensuellement, les montants indûment perçus était joint à la décision. 

  La demande de remise était refusée. 

12.  Par acte du 5 décembre 2017, posté le 13 janvier 2018, M. A______ a 

interjeté recours devant la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : 

la chambre administrative). 

  Il a détaillé les difficultés financières auxquelles il se heurtait, critiquait le 

travail des différentes institutions, relevait l’exclusion sociale à laquelle il était 
contraint et relevait que les quelques « petits emplois » qu’il avait pu se procurer 
lui permettaient juste de survivre.  

  Son compte épargne n’avait pas de mouvement. Le compte Postfinance de 
son épouse avait dû être ouvert par obligation, mais n’avait aucune incidence dans 
le budget familial. 

  C______ avait de l’argent sur un compte qui n’appartenait qu’à elle et 
qu’elle gérait. Elle n’avait pas demandé à être aidée par l’hospice. Il s’agissait soit 
de bourse d’étude ou de rentrées diverses.  

13.  L’hospice a conclu au rejet du recours. Outre se plaindre de sa situation 
(difficulté à trouver un emploi, poursuites, manque de moyens financiers, etc.), les 

deux arguments qu’il faisait valoir étaient sans incidence sur son comportement, 
constitutif d’une grave violation de son obligation de renseigner.  

  Le recourant avait caché le départ de sa fille en novembre 2014. L’hospice 
avait continué à verser des prestations en sa faveur. Le recourant avait pris de 

nombreux crédits apparaissant sur les relevés de compte d’épargne. Il n’avait pas 
non plus déclaré un compte au nom de Mme B______ alors que les sommes 

versées sur celui-ci devaient être prises en compte dans le calcul des prestations.  

14.  Dans sa réplique, le recourant a détaillé les difficultés liées à sa situation 

financière. Son épouse, en qualité de maman de jour, était tenue de pouvoir se 

déplacer. Le couple possédait une petite voiture en cas d’accident avec l’un des 
enfants. Les frais d’entretien et les plaques ainsi que son assurance n’étaient pas 
pris en charge. Pour ce qui le concernait, il ne trouvait pas de travail sur le canton 

de Genève. Il était malheureux que les gens habitant le canton doivent s’expatrier 
pour travailler. Il était parvenu à trouver des périodes de travail auprès d’autres 
cantons. Il avait alors besoin de se déplacer. Il utilisait sa moto. Personne ne lui 

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payait toutefois ses plaques et son assurance ainsi que l’entretien de celle-ci et son 
carburant. Il était aussi de son devoir de se nourrir. Les frais de restaurant hors de 

Genève ne lui étaient pas remboursés. La bourse d’C______ ne comprenait pas de 
quoi vivre et manger. Il détaillait d’autres difficultés et faisait la chronologie de 
celles-ci. En instance de divorce, il avait erré plusieurs mois sans obtenir d’aide 
des services sociaux. Il avait aujourd’hui trouvé un travail, était reconnu pour ses 
qualités comme auxiliaire dans une entreprise bernoise de transport de personnes. 

Cela permettait de survivre, mais il n’avait du travail que sur appel. 

15.  Sur ce, la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1.  Le recours a été interjeté en temps utile devant la juridiction compétente 

(art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ - 

E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 

12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2. a. La LIASI a pour but de prévenir l’exclusion sociale et d’aider les personnes 
qui en souffrent à se réinsérer dans un environnement social et professionnel 

(art. 1 al. 1). 

  Ont droit aux prestations d’aide financière les personnes dont le revenu 
mensuel déterminant n’atteint pas le montant destiné à la couverture des besoins 
de base et dont la fortune ne dépasse pas les limites fixées par règlement du 

Conseil d’État (art. 21 al. 1 LIASI). Font partie des besoins de base, notamment, 
le loyer ainsi que les charges y relatives (art. 21 al. 2 let. b LIASI). 

 b. Selon l’art. 36 LIASI, est considérée comme étant perçue indûment toute 
prestation qui a été touchée sans droit (al. 1). Par décision écrite, l’hospice 
réclame au bénéficiaire le remboursement de toute prestation d'aide financière 

perçue indûment par la suite de la négligence ou de la faute du bénéficiaire (al. 2). 

Le remboursement des prestations indûment touchées peut être réclamé si le 

bénéficiaire, sans avoir commis de faute ou de négligence, n'est pas de bonne foi 

(al. 3). 

  Les bénéficiaires des prestations d’assistance sont tenus de se conformer au 
principe de la bonne foi dans leurs relations avec l’administration, notamment en 
ce qui concerne l’obligation de renseigner prévue par la loi, sous peine d’abus de 
droit. Si le bénéficiaire n’agit pas de bonne foi, son attitude doit être sanctionnée 
et les décisions qu’il a obtenues en sa faveur peuvent être révoquées en principe 
en tout temps. Violer le devoir de renseigner est contraire à la bonne foi 

(ATA/265/2017 du 7 mars 2017 consid. 15b ; ATA/1024/2014 du 16 décembre 

2014). Un assuré qui viole ses obligations d’informer l’hospice de sa situation 

https://intrapj/perl/decis/ATA/265/2017
https://intrapj/perl/decis/ATA/1024/2014

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financière ne peut être considéré de bonne foi (ATA/306/2017 du 21 mars 2017 

consid. 6 ; ATA/1152/2015 du 27 octobre 2015 consid. 14).  

 c. Le bénéficiaire qui était de bonne foi n'est tenu au remboursement, total ou 

partiel, que dans la mesure où il ne serait pas mis, de ce fait, dans une situation 

difficile (art. 42 LIASI). 

3.  En l’espèce, le recourant ne conteste pas qu’il n’a pas immédiatement 
informé l’intimé de certains des revenus familiaux. Il décrit ses difficultés 
financières. Il allègue que son loyer, de CHF 2’650.-, n’a pas été entièrement pris 
en charge par l’hospice, ce fait contribuant à son appauvrissement. Toutefois, le 
principe d’un plafonnement du loyer pris en charge, conformément au nombre de 
personnes concernées par le logement, est conforme à l’art. 3 du règlement 
d'exécution de la loi sur l'insertion et l'aide sociale individuelle du 25 juillet 2007 

(RIASI - J 4 04.01). Le recourant ne peut non plus se prévaloir du fait que les 

comptes d’C______ lui appartiennent et qu’elle n’avait pas demandé d’aide à 
l’hospice alors qu’elle a bénéficié de prestations financières à la charge de la 
collectivité ce que les décomptes de l’hospice indiquent. 

  Il ressort du décompte précis et détaillé établi par l’hospice que, depuis le 
mois de janvier 2012, régulièrement, chaque mois ou presque, le recourant et sa 

famille ont encaissé des sommes qu’ils n’ont pas annoncées, pouvant s’élever, 
selon les mois, jusqu’à CHF 8'368.-. Or, en n’informant pas l’hospice des revenus 
perçus, le recourant a contrevenu à son engagement de tenir celui-ci 

immédiatement informé des modifications survenues, notamment dans sa 

situation financière ou dans celle de sa famille.  

 Les circonstances du cas d’espèce ne permettent pas de retenir la bonne foi 
du recourant. L’hospice était ainsi fondé à lui réclamer le montant litigieux au 
sens de l'art. 42 al. 1 LIASI. La deuxième condition, à savoir celle de la situation 

difficile que pourrait engendrer le remboursement, n'a pas lieu d'être traitée, les 

conditions posées par la disposition légale étant cumulatives. 

 Manifestement mal fondé, le recours sera rejeté. 

4.  Vu la nature du litige, il ne sera pas perçu d’émolument (art. 87 al. 1 LPA ; 
art. 11 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en procédure 

administrative du 30 juillet 1986 - RFPA - E 5 10.03), ni alloué d’indemnité de 
procédure (art. 87 al. 2 LPA). 

 

* * * * * 

 

 

 

 

https://intrapj/perl/decis/ATA/306/2017
https://intrapj/perl/decis/ATA/1152/2015

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A/146/2018 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 13 janvier 2018 par Monsieur A______ contre 

la décision sur opposition de l’Hospice général du 12 décembre 2017 ; 

au fond : 

le rejette ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument ni alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 

17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours 

qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en 

matière de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs 

et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit 

être adressé au Tribunal fédéral, Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne, par voie postale 

ou par voie électronique aux conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces 
en possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 

l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Monsieur A______ ainsi qu'à l'Hospice général. 

Siégeant : Mme Payot Zen-Ruffinen, présidente, MM. Thélin et Pagan, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

le greffier-juriste : 

 

 

F. Scheffre 

 

 la présidente siégeant : 

 

 

F. Payot Zen-Ruffinen 

 

 

  

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A/146/2018 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  

 

 

 

 

 

 la greffière :