# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 38608ff3-8396-55f2-bb40-98d53b32251d
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites Faillite / 2020 / 32
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_Faillite---2020---32_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

FZ20.023784-201365

319 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
9 novembre 2020

_____________________

Composition
:               M.             
Maillard,
président

             
              M.             
Hack et Mme Byrde, juges

Greffier
              :             
Mme              Debétaz Ponnaz

 

 

*****

 

 

Art.
327 al. 3 let. a CPC 

 

 

             
La Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal, statuant à huis clos en sa qualité
d'autorité de recours en matière sommaire de poursuites et de faillite, s'occupe du recours
exercé par G.________,
à [...], contre la décision rendue le 7 septembre 2020, à la suite de l’audience
du 20 août 2020, par le Président du Tribunal d’arrondissement de Lausanne, rejetant
la requête de faillite sans poursuite préalable déposée par la recourante.

 

             
Vu les pièces au dossier, la cour considère :

 

 

 

             
En fait :

 

 

1.             
a)
Le 17 juin 2020, G.________ (ci-après : G.________), sous la signature de son associé
gérant, a adressé au Tribunal fédéral une requête tendant à sa mise en
faillite. Cette instance a redirigé la requête par envoi du 19 juin 2020 au Président
du Tribunal d’arrondissement de Lausanne. 

 

             
 Ce magistrat, par lettre du 23 juin 2020 adressée à G.________, a accusé réception
de son avis de surendettement et l’a invitée à le compléter en produisant un état
de sa situation actuelle, un extrait récent du Registre du commerce, le dernier bilan annuel et
le bilan intermédiaire, la liste complète de tous les créanciers, ainsi que toutes autres
pièces utiles. 

 

             
Un extrait internet du Registre du commerce au 23 juin 2020 concernant G.________ a été versé
au dossier. 

 

             
b)
Par citation à comparaître du 16 juillet 2020, la requérante et l’Office des faillites
de l’arrondissement de Lausanne ont été convoqués à une audience fixée
le 20 août 2020.

 

             
Selon le procès-verbal de l’audience, l’associé gérant de la requérante
s’est présenté pour elle, accompagné de sa secrétaire. Il est mentionné
que « le représentant de la requérante produit des pièces ». 

 

             

2.             
Par décision du
7 septembre 2020, notifiée à la requérante
le lendemain, le Président du Tribunal d’arrondissement de Lausanne a rejeté la requête
de G.________ tendant au prononcé de sa faillite sans poursuite préalable et a mis à sa
charge les frais de justice, arrêtés à 200 francs. La décision est fondée sur
les « pièces produites » au vu desquelles le président a considéré
que la requérante ne paraissait pas être en surendettement, à savoir son bilan intermédiaire
pour la période du 1er
septembre au 31 décembre 2019 et le compte de pertes et profits au 31 décembre 2019. 

 

             

3.             
Par lettre du 8 septembre 2020 adressée au
premier juge, G.________ a déclaré recourir contre la décision précitée, au
motif « qu’une mauvaise interprétation des pièces comptables a eu lieu et ce
de la part de [son] fiduciaire ». Elle a demandé la tenue d’une nouvelle audience
« afin de fournir un bilan plus détaillé et exact », celui sur lequel le
juge s’est fondé ayant été, selon elle, « fait à la hâte »
et n’étant pas exact. Elle n’a produit aucune pièce à l’appui de son
recours.

 

             
Le tribunal d’arrondissement a transmis le dossier de la cause à la cour de céans, autorité
de recours, par courrier du 22 septembre 2020. Ce dossier ne contient pas les pièces auxquelles
la décision attaquée se réfère et, interpellé par la cour de céans, le
tribunal de première instance a déclaré ne plus détenir ces pièces. 

 

 

 

             
En droit
:

 

 

I.             
a) La faillite du débiteur prononcée
à la requête de celui-ci, aux conditions de l’art. 191 LP (loi fédérale sur
la poursuite pour dettes et la faillite; RS 281.1), est un cas de faillite sans poursuite préalable
auquel s’applique notamment, en vertu de l’art. 194 LP, l’art. 174 al. 1 LP. Aux termes
de cette disposition, la décision du juge de la faillite peut, dans les dix jours, faire l’objet
d’un recours au sens des art. 319 ss CPC (Code de procédure civile; RS 272).

 

             
 Le recours est recevable pour violation du droit et constatation manifestement inexacte de faits (art.
320 let. a et b CPC). L’autorité de recours statue sur pièces. Dans la mesure où
elle considère que la cause n'est pas en état d'être jugée (spruchreif),
c'est-à-dire qu'elle ne dispose pas de tous les éléments de fait déterminants pour
l'issue du litige et qu'une instruction complémentaire apparaît nécessaire, elle peut
annuler la décision et renvoyer la cause à l'autorité de première instance en application
de l'art. 327 al. 3 let. a CPC. L'autorité de recours apprécie librement si une cause est en
état d'être jugée (Colombini, Code de procédure civile, Condensé de la jurisprudence
fédérale et vaudoise, nn. 1 et 2 ad art. 327 CPC). 

 

             
b) En l’espèce, le dossier sur la base
duquel la cour de céans est censée statuer ne contient pas « les pièces produites »
auxquelles la décision attaquée se réfère ; il ne contient d’ailleurs
aucune pièce, hormis un extrait du Registre du commerce concernant la recourante. Il n’est
dès lors pas possible de traiter le recours et la cour de céans ne peut qu'annuler d’office
la décision attaquée et renvoyer la cause au premier juge pour nouvelle instruction, soit pour
nouvelle convocation de la recourante à une audience - ce qui lui permettra de produire des pièces
-, et nouvelle décision. 

 

             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 300 fr., sont laissés
à la charge de l’Etat (art. 107 al. 2 CPC). L’avance de frais de 300 fr. payée
par la recourante doit lui être remboursée par la caisse du Tribunal cantonal. 

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites et de faillite,

prononce
:

 

 

             
I.             
Le recours est admis. 

 

             
II.             
La décision est annulée d’office et la cause renvoyée au Président du Tribunal
d’arrondissement de Lausanne pour nouvelle instruction dans le sens des considérants et nouvelle
décision.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 300 fr. (trois cents francs),
sont laissés à la charge de l’Etat.

 

             
              L’avance de frais
de 300 fr. (trois cents francs) effectuée par la recourante G.________ lui est restituée par
la caisse du Tribunal cantonal.

 

             
IV.             
L’arrêt est exécutoire.

 

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
G.________.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110). Ce recours doit être déposé devant le Tribunal fédéral dans les
trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

-             
M. le Préposé à l'Office des faillites de l'arrondissement de Lausanne, 

-             
M. le Préposé à l'Office des poursuites du district de Lausanne.

 

             
                           
et communiqué à : 

 

‑             
M. le Président du Tribunal d'arrondissement de Lausanne.

 

             
La greffière :