# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** d988cded-4ff4-5e31-a9c5-ae6e4c2cd0c6
**Source:** Jura (JU)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-01-14
**Language:** fr
**Title:** Jura Tribunal Cantonal Cour civile 14.01.2015 CC 2014 95
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/JU_Gerichte/JU_TC_002_CC-2014-95_2015-01-14.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DU JURA

TRIBUNAL CANTONAL

COUR CIVILE

CC 95 / 2014 et eff. susp. 96 / 2014

Président :  Daniel Logos
Juges :  Jean Moritz et Sylviane Liniger Odiet
Greffière :  Nathalie Brahier

ARRET DU 14 JANVIER 2015

en la cause civile liée entre

A. SA, 
 - représentée par Me José Zilla, avocat à Auvernier,

recourante, 

et

la Commission paritaire du second œuvre jurassien, Route de Tramelan 11, 
2710 Tavannes,

intimée,

relative à la décision de la juge civile du Tribunal de première instance du 20 août 2014.
______

CONSIDÉRANT

En fait :

A. A. SA (ci-après : la recourante) est une succursale d'une société active dans le 
recrutement, la sélection et le placement de personnel (PJ 2 intimée).

B. La Commission paritaire du second œuvre jurassien (ci-après : l'intimée) a voulu 
contrôler l'application de la convention collective de travail du second œuvre romand 
(CCT-SOR) par la recourante durant les années 2011 et 2012 et a requis différents 
documents à cette fin (PJ 9 et 10 intimée). 

B.1 Face au refus de collaborer de la recourante, l'intimée lui a infligée une amende de 
CHF 5'000.- et a mis les frais de contrôle par CHF 1'000.- à sa charge par courrier du 
15 octobre 2013 (PJ 9 intimée).

B.2 Le 5 février 2014, l'intimée a ouvert action en paiement de la somme de CHF 6'000.- 
avec intérêts à 5 % dès le 15 novembre 2013 contre la recourante devant la juge 
civile. Elle a également conclu à la production par la recourante de tous les 
documents sollicités par elle dans un délai de 10 jours sous menace des sanctions 

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pénales prévues aux articles 292 CP et 343 CPC, soit une amende d'ordre de 
CHF 100.- au minimum par jour d'inexécution, le tout sous suite des frais et dépens.

En substance, l'intimée allègue être l'organe compétent en matière de contrôle et que 
la recourante s'y est opposée sans droit. 

La recourante a conclu au rejet de la demande contestant la compétence de l'intimée 
pour procéder au contrôle du respect de la CCT-SOR et a fortiori pour prononcer une 
amende conventionnelle. Selon elle, c'est le Service des arts et métiers et du travail 
(SAMT) qui est l'autorité compétente. 

B.3 Par jugement du 20 août 2014, la juge civile a condamné la recourante à verser à 
l'intimée la somme de CHF 5'500.-, soit CHF 5'000.- à titre d'amende et CHF 500.- à 
titre de frais de contrôle, avec intérêts à 5 % dès le 15 novembre 2013, et a invité la 
recourante à produire dans un délai de 10 jours dès l'entrée en force de la décision 
tous les documents permettant à l'intimée de contrôler le respect par la recourante de 
la CCT-SOR, à savoir les contrats de mission pour chaque travailleur placé au sein 
d'entreprises jurassiennes accompagnés des décomptes de salaire pour la période 
considérée de 2012 et 2013 sous menace de la sanction pénale de l'article 292 CP. 
La juge civile a en outre condamné la recourante aux frais judiciaires et à payer à 
l'intimée CHF 2'832.- à titre d'indemnité de dépens.

C. A. SA a interjeté recours contre le jugement précité par mémoire du 2 octobre 2014. 
Elle a conclu à l'annulation de la décision entreprise du 29 (recte : 20) août 2014 et 
au rejet des conclusions de la demande de l'intimée, sous suite des frais et dépens. 

Elle fait valoir, à l'appui de ses conclusions, qu'en application de l'article 6 de la loi 
fédérale permettant d'étendre le champ d'application de la convention collective de 
travail (LECCT), le Gouvernement jurassien a donné au SAMT par arrêté du 5 juin 
2007 la compétence exclusive de procéder aux contrôles du respect des conventions 
collectives de travail étendues envers les entreprises membres de l'Association 
jurassienne des entreprises privées de placement de personnel (AJEPT). Le SAMT 
s'était clairement prononcé sur cette compétence par courrier du 29 novembre 2006. 
Il a réaffirmé sa compétence par courrier du 25 avril 2013. Par ailleurs, tel que cela 
ressort des directives du SECO, ce dernier ne s'estime pas être l'organe compétent 
pour désigner un organe de contrôle, puisqu'elles prévoient que l'autorité cantonale 
désigne l'organe de contrôle. Dans ces circonstances, c'est à bon droit qu'elle a refusé 
que l'intimée effectue un contrôle paritaire.

En tous les cas, le refus de collaborer de sa part ne saurait être qualifié d'infraction 
grave justifiant une peine conventionnelle, dans la mesure où, de bonne foi, elle s'est 
fiée à l'arrêté précité du 5 juin 2007. Finalement, la juge civile a statué ultra petita en 
ordonnant la production, d'une part, de documents portant sur l'année 2013 et, d'autre 
part, des contrats de mission accompagnés des décomptes de salaire pour la période 
2012, alors que cela ne résultait pas des conclusions de l'intimée.

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Par le même acte, la recourante a requis la restitution de l'effet suspensif au recours.

D. Dans son mémoire de réponse du 13 novembre 2014, l'intimée a conclu au rejet de 
la requête de restitution d'effet suspensif, au débouté de la recourante de toutes ses 
conclusions et à la confirmation de la décision du Tribunal de première instance, avec 
suite des frais et dépens. 

L'intimée soutient que le Gouvernement jurassien n'était pas compétent pour édicter 
l'arrêté dont se prévaut la recourante fondant la compétence du SAMT. En effet, selon 
l'article 7 al. 2 LECCT, lorsqu'une CCT vise le territoire de plusieurs cantons, ce qui 
est le cas en l'espèce, puisque la CCT-SOR a été étendue, l'autorité compétente est 
le Conseil fédéral. Il s'ensuit que l'intimée est l'organe compétent pour réaliser des 
contrôles. Quant au montant de la peine conventionnelle, laquelle est assimilée à une 
clause pénale, il ne saurait être réduit. La recourante, active dans la branche du 
placement du personnel se doit de connaître la législation applicable et ne saurait se 
prévaloir du principe de la bonne foi. Pour le surplus, l'intimée a précisé à réitérées 
reprises quels documents devaient être produits, de sorte que la juge civile n'a pas 
statué ultra petita.

En droit :

1. La Cour civile est compétente pour connaître de la présente affaire (art. 4 al. 1 
LiCPC). Au surplus, introduit dans les formes et délai légaux (art. 321 CPC), le 
présent recours est recevable et il y a lieu d'entrer en matière.

2. Le recours peut être formé pour violation du droit et constatation manifestement 
inexacte des faits (art. 320 CPC). Est principalement litigieuse en l'espèce la 
compétence de l'intimée à réaliser des contrôles d'application de la CCT-SOR.

En préambule, il est précisé, même si cela n'est pas contesté, que les litiges relatifs 
à l'observation d'une CCT relèvent du droit civil. Le mécanisme de l’exécution 
commune prévu dans une CCT, en l'occurrence la CCT-SOR, ne permet pas aux 
parties à la CCT ou à leur commission paritaire de rendre des décisions exécutoires, 
comme le ferait une autorité administrative. Ce mécanisme d'exécution ne donne aux 
organisations signataires que des prétentions civiles à l’encontre des employeurs et 
des travailleurs liés. La « décision » d’une commission paritaire n’est qu’une prise de 
position de partie. Ainsi, lorsqu’une sanction infligée par une commission paritaire à 
un employeur ou à un travailleur n’est pas exécutée, il appartient aux parties 
contractantes d’agir en justice pour obtenir un jugement condamnatoire à son 
encontre (Christian BRUCHEZ, in Commentaire du contrat de travail, Berne, 2013, n. 
44 ad. art. 357b CO).

3.
3.1 Aux termes de l'article 20 de la loi fédérale sur le service de l'emploi et la location de 

services (RS : 823.11 ; LSE), lorsqu'une entreprise locataire de services est soumise 
à une convention collective de travail étendue, le bailleur de services doit appliquer 

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au travailleur celles des dispositions de la convention qui concernent le salaire et la 
durée du travail (al. 1 non reproduit in extenso). L'organe paritaire de contrôle prévu 
par la convention collective de travail étendue est habilité à contrôler le bailleur de 
services. En cas d'infraction grave, il doit en informer l'office cantonal du travail et 
peut infliger au bailleur de services une peine prévue par la convention collective de 
travail (al. 2 let. a) et imputer au bailleur de services tout ou partie des frais de contrôle 
(al. 2 let. b). Cette disposition rend dès lors applicable à l’égard des bailleurs de 
services le mécanisme de contrôle et de sanctions prévu par des conventions 
collectives étendues en vertu de l’article 357b al. 1 let. c CO (Christian BRUCHEZ, op. 
cit., n. 40 ad. art. 357b CO).

3.2 En l'espèce, l'intimée a voulu procéder au contrôle des conditions de travail de 
travailleurs placés par l'intimée auprès d'entreprises jurassiennes de menuiserie et 
de charpenterie (cf. PJ 9 et 10 intimée, notamment courrier du 21 novembre 2012).

Les dispositions de la CCT-SOR du 19 novembre 2010, étendues par arrêté du 
Conseil fédéral du 7 mars 2013, sont applicables à tous les travailleurs et employeurs 
dans le canton du Jura qui exécutent les travaux de menuiserie, ébénisterie et 
charpenterie, revêtements de sol et pose de parquets et carrelage (art. 2 al. 2 arrêté). 

Dans le but de veiller à l’application de la présente convention collective de travail, la 
CCT-SOR institue : une Commission professionnelle paritaire du second œuvre 
romand (CPP-SOR), ainsi que des Commissions professionnelles paritaires 
cantonales (CPPC) (art. 46 CCT-SOR). Selon l'article 47 CCT-SOR, les CPPC sont 
chargées, d’elles-mêmes ou sur demande de la Commission professionnelle paritaire 
du second œuvre romand, d’effectuer des contrôles dans les entreprises et de veiller 
à l’application de la présente convention. Au besoin, elles sont autorisées à exercer 
leurs compétences par la voie juridique (al. 2). Les représentants délégués par les 
Commissions professionnelles paritaires cantonales sont autorisés à entrer dans les 
entreprises soumises à la présente convention. L’employeur est tenu de se présenter 
devant eux et de leur permettre l’accès à l’entreprise, respectivement l’employeur a 
l’obligation de présenter tous documents et informations utiles (al. 3). Des frais de 
contrôle sont perçus de la part des entreprises et travailleurs qui ont violé les 
dispositions conventionnelles (al. 4). Les CPPC ont notamment pour tâches de 
procéder à l’exécution des contrôles dans les entreprises liées par la présente 
convention, […], afin de veiller à son application ainsi que la prononciation des 
amendes conventionnelles et la mise à charge des frais de contrôle (art. 50 al. 2 CCT-
SOR).

Pour le canton du Jura et du Jura bernois, la CPPC est la Commission professionnelle 
paritaire du second œuvre jurassien (cf. règlements jurassiens annexés à la CCT-
SOR, dossier TPI p. 26ss), soit l'intimée, ce qui n'est au demeurant pas contesté par 
la recourante.

Il suit de ce qui précède, que l'intimée est l'organe compétent pour procéder 
notamment au contrôle des dispositions de travail minimales étendues selon la CCT-

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SOR auprès des entreprises de location de service au sens de la LSE et prononcer 
d'éventuelles peines conventionnelles.

3.3 La CCT de la branche du travail temporaire a également été étendue par arrêté du 
Conseil fédéral du 13 décembre 2011 qui a fixé son entrée en vigueur au 1er janvier 
2012 (FF 2011 8459). L'extension du champ d'application de la CCT s'applique à 
toutes les entreprises qui sont titulaires d'une autorisation de location de services 
fédérale ou cantonale, qui sont assurées auprès de la CNA et qui ont, en ce qui 
concerne les travailleurs loués, une masse salariale d'au moins 1'200'000 francs par 
année civile (art. 2 arrêté du 13 décembre 2011). 

En l'espèce, il n'est pas établi que la recourante fait partie des entreprises soumises 
à la CCT au sens de son article 2. Cette question peut rester ouverte, même si cela 
paraît vraisemblable, dans la mesure où selon la CCT de la branche du travail 
temporaire, l'intimée est également l'organe compétent en matière de contrôle. En 
effet, l'extension du champ d'application est applicable même si une autre CCT 
s'applique à une entreprise locataire de services. Si l'autre CCT est une CCT étendue 
ou une CCT mentionnée dans l'annexe 1 de la CTT de la branche du travail 
temporaire, cette dernière reprend les dispositions de l'autre CCT sur les salaires, le 
temps de travail, les vacances, les jours fériés ainsi que les éventuelles dispositions 
sur la retraite-vieillesse flexible (art. 1 CCT). L'article 34 prévoit en outre, qu'aux fins 
d’une mise en application efficace de la présente CCT pour le travail temporaire, la 
Commission paritaire professionnelle suisse (SPKA) confie l’exécution des domaines 
dotés d’une CCT étendue ou d’une CCT selon l’annexe 1 et possédant des organes 
d’exécution de branche aux commissions paritaires professionnelles y afférentes et 
les indemnise. La délégation de l’exécution implique notamment aussi la délégation 
du contrôle des dispositions de travail minimales, et donc aussi de la compétence de 
prononcer des peines conventionnelles, dans le respect de la CCT concernée.

Ainsi, l'organe de contrôle compétent selon la CCT de la branche du travail temporaire 
délègue le contrôle des dispositions de travail minimales aux commissions paritaires 
professionnelles suisses compétentes selon une CCT étendue ou d'une CCT 
énumérée à l'annexe 1, soit en l'occurrence l'intimée s'agissant des travailleurs actifs 
dans les travaux de menuiserie et charpenterie. La CCT renvoie pour le surplus aux 
dispositions de la CCT-SOR en ce qui concerne les salaires, le temps de travail, etc. 

En résumé, la CCT de la branche du travail temporaire ne modifie en rien la 
compétence de l'intimée de procéder aux contrôles selon la CCT-SOR.

4.
4.1 Les employeurs et les travailleurs auxquels la convention est étendue peuvent 

demander en tout temps à l'autorité compétente de désigner, à la place de l'organe 
de contrôle institué par la convention, un organe de contrôle indépendant des parties. 
Cet organe peut également être désigné à la demande des parties à la convention 
lorsqu'un employeur ou un travailleur auquel la convention est étendue refuse de se 
soumettre à un contrôle de l'organe paritaire (art. 6 de la loi fédérale permettant 

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d'étendre le champ d'application de la convention collective de travail, LECCT ; RS 
221.215.311). Les cantons désignent les autorités compétentes pour prendre les 
mesures prévues à l'article 6 (art. 20 al. 1 LECCT). Lorsque la demande d'extension 
relève du Conseil fédéral, l'autorité compétente (actuellement secrétariat d'Etat à 
l'économie (SECO)) mène la procédure et prend les mesures prévues à l'article 6 (art. 
20 al. 2 LECCT). 

4.2 Selon l'article 7 LECCT, l'extension d'une CCT est prononcée par le Conseil fédéral 
lorsqu'elle vise le territoire de plusieurs cantons ou par l'autorité désignée par le 
canton concernée, lorsque l'extension se limite à tout ou partie du territoire d'un seul 
canton.

4.3 Dans la mesure où tant la CCT-SOR que la CCT de la branche du travail temporaire 
ont été étendues par arrêté du Conseil fédéral, il s'ensuit que seul le SECO est habilité 
à désigner un organe de contrôle indépendant des parties. En l'espèce, il n'est pas 
établi que le SECO ait été sollicité afin de désigner un tel organe et qu'il ait donné 
suite à une telle requête. La recourante ne l'allègue du reste pas.

L'intimée reste donc la seule autorité compétente pour procéder à des contrôles.

5. Les contrôles auxquels a voulu procéder l'intimée portent sur les années 2011 et 
2012. 

L'entrée en vigueur des dispositions étendues de la CCT-SOR a été fixée au 1er avril 
2013 (FF 2013 2021). Son extension avait toutefois d'ores et déjà été prononcée par 
le Conseil fédéral en 2002, puis prolongée à réitérées reprises, et remise en vigueur 
par arrêté du 1er février 2011 avec effet jusqu'au 31 décembre 2012 (cf. PJ 3 intimée ; 
FF 2002 7054 et 2011 1763). La CCT-SOR était ainsi déjà étendue en 2011, année 
sur laquelle porte les premiers contrôles que voulait effectuer l'intimée.

En revanche, l'extension de la CCT de la branche du travail temporaire est entrée en 
vigueur le 1er janvier 2012 seulement. Ainsi, avant cette date, la recourante n'était pas 
soumise à ladite CCT. Cela est toutefois sans conséquence dans la mesure où, 
conformément à l'article 20 LSE, l'intimée, organe paritaire de contrôle prévu par la 
CCT-SOR étendue, était habilitée à contrôler la recourante.

6. La recourante se prévaut de l'arrêté du Gouvernement jurassien du 5 juin 2007 
concernant la désignation du Service des arts et métiers et du travail (SAMT) comme 
autorité compétente pour effectuer les contrôles du respect des conventions 
collectives de travail étendues dans les entreprises de placement privé et de travail 
temporaire membres de l'Association jurassienne des entreprises de placement privé 
et de travail temporaire sises sur le territoire de la République et Canton du Jura 
(AJEPT).

Aux termes de l'article premier dudit arrêté, le SAMT est désigné comme autorité 
compétente pour contrôler le respect des conventions collectives de travail étendues, 

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au sens de l'article 6 de la LECCT, dans les entreprises membres de l'AJEPT, tant et 
aussi longtemps que l'AJEPT le demandera (§ 1) ; à continuer à contrôler le respect 
de la convention collective nationale de travail du secteur principal de la construction 
(§ 2) ; à régler les modalités des contrôles (§ 3) (PJ 1 recourante).

Il apparaît d'emblée qu'en tant que le contrôle porte sur l'application de la CCT du 
secteur principal de la construction, CCT étendue par le Conseil fédéral, le 
gouvernement n'était pas l'autorité compétente pour désigner un organe de contrôle 
(cf. consid. 4). S'agissant du contrôle des conventions étendues prévues au premier 
paragraphe, le Gouvernement jurassien avait la compétence de désigner un organe 
de contrôle pour autant qu'il s'agisse de conventions étendues au niveau cantonal 
uniquement. Tel n'est pas le cas de la CCT-SOR qui a été étendue par le Conseil 
fédéral. 

C'est par ailleurs dans ce sens que le Gouvernement jurassien a répondu à l'intimée 
dans le cadre de sa requête de suppression de l'arrêté précité. En effet, dans son 
courrier du 29 avril 2014 (PJ 11 intimée), le Gouvernement a précisé qu'en date du 5 
juin 2007, les agences intérimaires n'étaient pas directement soumises à une CCT 
étendue au niveau national tel que c'est le cas désormais avec la CCT de la branche 
du travail temporaire. Le Gouvernement précise toutefois à juste titre que si les 
agences de travail temporaires n'étaient pas soumises à cette CCT générale, elles 
devaient se conformer à diverses CTT étendues au niveau national selon le domaine 
d'activité des travailleurs placés.

En l'occurrence, il est rappelé que la recourante était soumise à la CCT-SOR dans la 
mesure où elle a placé des travailleurs auprès d'entreprises jurassiennes de 
menuiserie, d'ébénisterie, de charpenterie, de revêtements de sol et pose de parquets 
et carrelage. L'organe paritaire compétent pour le contrôle de l'application de la CCT-
SOR est l'intimée selon ladite convention et l'était déjà en 2007. Le gouvernement ne 
pouvait désigner un autre organe dans les domaines touchés par la CCT-SOR de 
sorte que le SAMT n'était pas l'organe habilité à contrôler la recourante à titre 
d'organe indépendant au sens de l'article 6 LECCT.

En conclusion, l'intimée est et était le seul organe compétent à effectuer un contrôle 
du respect des dispositions étendues de la CCT-SOR auprès de la recourante. La 
recourante ne pouvait refuser de se soumettre à un contrôle de l'intimée.

7. La recourante conteste le montant de l'amende conventionnelle fixée à CHF 5'000.- 
par la juge civile, ainsi que les frais de contrôle mis à sa charge. 

7.1 Comme déjà relevé ci-dessus, en cas d'infraction grave, l'organe de contrôle doit en 
informer l'office cantonal du travail et peut : infliger au bailleur de services une peine 
prévue par la convention collective de travail (art. 20 al. 2 let. a LSE) ; imputer au 
bailleur de services tout ou partie des frais de contrôle (art. 20 al. 2 let. b LSE). 

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7.2 Aux termes de l'article 50 al. 2 let. a CCT-SOR, la CPPC a notamment pour tâche 
l’exécution des contrôles dans les entreprises liées par la présente convention, […], 
afin de veiller à son application ainsi que la prononciation des amendes 
conventionnelles et la mise à charge des frais de contrôle. Selon l'article 52 CCT-
SOR, toute infraction aux dispositions de la présente convention peut être 
sanctionnée par une amende d’un montant de 10 000 francs au plus par 
contrevenant, sans préjudice de la réparation des dommages éventuels. La CPPC 
peut déroger et aller au-delà de 10'000 francs si le préjudice subi est supérieur à cette 
somme. Ce montant peut être porté à 40 000 francs en cas de récidive ou de violation 
grave des dispositions de la présente convention. La CPPC peut déroger et aller au-
delà de 40 000 francs si le préjudice subi est supérieur à cette somme.

7.3 L’employeur est tenu de se présenter devant les représentants délégués par les 
CPPC et de leur permettre l’accès à l’entreprise, respectivement l’employeur a 
l’obligation de présenter tous documents et informations utiles (art. 47 al. 3 CCT-
SOR).

7.4 Les sanctions infligées par une commission paritaire chargée de l'application d'une 
CCT sont des clauses pénales au sens de l'article 160 CO que le juge doit réduire si 
elles sont exagérées (art. 163 al. 3 CO) (Pierre MATILE/José ZILLA/Dan STREIT, Travail 
temporaire, Commentaire pratique des dispositions fédérales sur la location de 
services [art. 12-39 LSE], 2010, p. 156s, en particulier la référence à RVJ 1968 22 
consid. 3).

Ainsi, en cas de procédure, le juge doit réduire le montant de la peine conventionnelle 
réclamée si celle-ci est excessive (art. 163 al. 3 CO). Il ne peut le faire qu'à la condition 
de ne pas empiéter sur la liberté contractuelle des parties. Ainsi en va-t-il dans des 
cas où, comme en l'espèce, le montant de la peine conventionnelle est fixé 
unilatéralement par l'une des parties et ne résulte pas d'une concertation réciproque 
(cf. dans ce sens ATF 116 II 302 = JdT 1991 I 170). Pour déterminer l’éventuel 
caractère excessif d’une peine, il faut tenir compte de la gravité de la violation 
contractuelle et de la faute ainsi que du but visé qui est d’empêcher, par une peine 
efficace, de futures violations du contrat. Pour asseoir l’autorité des conventions 
collectives, il importe, en règle générale, que les peines réclamées soient 
substantielles et qu’elles ne soient pas systématiquement réduites par les tribunaux 
(Christian BRUCHEZ, op. cit., n. 36 ad. art. 357b CO).

7.5 En l'espèce, la recourante a été invitée en novembre 2012 à produire copies des 
contrats de mission de chaque travailleur placé dans des entreprises de menuiserie 
et de charpenterie, ainsi que leur dernier décompte de salaire. S'en est suivi un 
échange de courriers, aux termes desquels la recourante refusait de collaborer 
arguant que seul le SAMT était compétent pour procéder à un contrôle. Avant de 
prononcer une peine conventionnelle, l'intimée a sollicité une prise de position du 
SAMT de laquelle il ressort, certes à tort, que le SAMT est l'autorité de contrôle. Le 
SAMT précise toutefois également que les commissions paritaires ont la compétence 
de prononcer des peines conventionnelles et peuvent solliciter des compléments 

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d'informations auprès des bailleurs de service (courrier du 25 avril 2013). En dépit de 
ce courrier, la recourante a refusé de collaborer. Elle n'a par ailleurs pas requis du 
SECO la désignation d'un organe indépendant (art. 6 LECCT).

En tous les cas, comme l'a relevé la juge civile, la recourante, en tant que société 
d'une certaine ampleur active dans le domaine de placement de personnel, ne pouvait 
réfuter la compétence de l'intimée à procéder à un contrôle au vu du texte clair de la 
loi. Elle ne pouvait également se réfugier derrière l'arrêté de 2007 qui était 
manifestement contraire au texte de la loi, ce que lui a par ailleurs signifié en 
substance l'intimée (cf. not. PJ 9, lettre du 3 juillet 2013). Il suffisait dès lors à la 
recourante, soumise à la CCT-SOR et qui ne pouvait ignorer qu'elle avait fait l'objet 
d'une extension par le Conseil fédéral, de consulter le texte légal pour se rendre 
compte qu'elle était soumise également au contrôle de l'intimée. Elle ne saurait dés 
lors se prévaloir du principe de la bonne foi.

La recourante fait valoir que son refus de collaborer ne saurait constituer une 
infraction grave au sens de l'article 20 LSE. La référence à la gravité de l’infraction 
figurant à l’article 20 al. 2 LSE peut prêter à confusion ; elle n’a cependant de sens 
qu’en lien avec l’obligation d’annoncer les infractions à l’office cantonal du travail, 
également prévue par cette disposition ; en effet, en vertu du principe d’égalité de 
traitement (art. 8 Cst., art. 2 ch. 4 et art. 5 al. 1 LECCT, art. 48 al. 2 OSE), il ne saurait 
y avoir une application plus clémente des peines conventionnelles à l’égard des 
bailleurs de services qu’à l’égard des autres employeurs soumis à la convention 
collective (Christian BRUCHEZ, op. cit., n. 40 ad. art. 357b CO). 

L'infraction commise par la recourante peut être qualifiée de moyenne, dans la 
mesure où son obstination de refuser de collaborer n'a pas permis à l'intimée de 
contrôler le respect des dispositions étendues de la CCT-SOR. Conformément à la 
CCT-SOR, le montant de l'amende est de CHF 10'000.- au plus, respectivement de 
plus de CHF 10'000.- si le préjudice subi est supérieur à cette somme, de 
CHF 40'000.- maximum en cas de récidive ou de violation grave des dispositions de 
la CCT, de plus de CHF 40'000.- si le préjudice subi est supérieur à cette somme. En 
l'état, il ne ressort pas du dossier que l'absence de collaboration de la recourant aurait 
causé un quelconque préjudice. On ne saurait également considérer qu'il s'agisse 
d'une violation grave et la recourante n'est pas récidiviste, de sorte que la fourchette 
de l'amende doit se situer entre CHF 1.- et CHF 10'000.-. 

Face à l'obstination de la recourante de refuser de collaborer durant près de deux 
ans, on ne saurait considérer que l'amende de CHF 5'000.- est excessive, de sorte 
qu'il n'y a pas lieu de la réduire.

7.6 La recourante a en outre été condamnée à CHF 500.- de frais de contrôle par la juge 
civile. Dans la mesure où la recourante a occasionné, par son comportement, le litige 
opposant les parties et les multiples courriers rédigés par l'intimée, les frais de 
contrôle peuvent être mis à sa charge. Pour le surplus, la recourante n'en conteste 
pas le montant dans son recours, de sorte qu'il peut être confirmé.

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Il est encore précisé que l'intérêt moratoire dû sur la peine conventionnelle et les frais 
de contrôle n'est pas contesté par la recourante et doit par conséquent être confirmé.

8. La recourante a finalement été condamnée à produire tous les documents permettant 
à la demanderesse de contrôler le respect par l'intimée de la CCT-SOR, soit les 
contrats de mission pour chaque travailleur placé au sein d'entreprises jurassiennes 
accompagnés des décomptes de salaire pour la période considérée de 2012 à 2013 
sous menace de la sanction pénale prévue à l'article 292 CP.

Dans son mémoire de recours, la recourante fait valoir que la juge civile en ordonnant 
la production de documents portant sur l'année 2013 a statué ultra petita. Il est vrai 
que le litige opposant les parties porte sur le contrôle du respect de la CCT-SOR 
durant les années 2011 et 2012, et non pas 2012 et 2013, tel que cela ressort 
clairement des pièces produites. Il s'agit toutefois sans doute aucun d'une erreur 
manifeste, ce qu'attestent les motifs de la décision attaquée qui ordonne de produire 
"les documents requis" (consid. 2.3.1 i.f., p. 10) ; par économie de procédure, il doit 
être admis qu'une telle erreur peut être rectifiée d'office (art. 334 CPC) par l'autorité 
de recours ; un renvoi de la cause à l'autorité précédente pour procéder à la 
modification constitueraient une vaine formalité. Quant à la précision des documents 
requis pour l'année 2012, on comprend aisément à la lecture du dossier qu'il s'agit 
des mêmes que ceux requis pour l'année 2011. La juge civile n'a dès lors pas statué 
ultra petita en ordonnant la production de ces pièces quand bien même les 
conclusions de l'intimée, qui concluait à la production "de tous les documents 
sollicités", n'étaient pas précises. Elles l'étaient toutefois suffisamment au regard de 
la motivation de la demande de l'intimée associée aux pièces produites (not. TF 4A 
379/2011 du 2 décembre 2011 consid. 2.6 et les réf. citées ; ATF 137 III 617 consid. 
4.2.2).

9. Au vu de ce qui précède, le recours doit dès lors être rejeté. La question de la 
restitution de l’effet suspensif devient ainsi sans objet.

10. La recourante qui succombe doit supporter les frais (art. 106 CPC). L'article 114 let. 
c CPC ne saurait trouver application dans le cas d'espèce. Il ressort en effet du 
Message, respectivement de l'abrogation de l'article 10 LSE que la gratuité est prévue 
pour les litiges relevant du contrat de placement passé entre le placeur et le 
demandeur d’emploi, ce qui n'est pas le cas en l'espèce (FF 2006 6841, p. 6911 et 
art. 10 aLSE). 

L'intimée a droit à une indemnité de dépens à verser par la recourante, qui peut être 
fixée à CHF 100.- (art. 95 al. 3 let. c et 106 CPC), étant précisé que la procédure de 
recours ne saurait être considérée comme particulièrement complexe ou particulière 
(TF 4A_355/2013 du 22 octobre 2013 consid. 4.2 ; 5D_229/2011 du 16 avril 2012 
consid. 3.3). L'intimée ne l'allègue du reste pas et ne chiffre pas l'indemnité qui devrait 
lui être octroyée.

11

PAR CES MOTIFS 

LA COUR CIVILE

constate

que la requête à fin de restitution de l’effet suspensif au recours est devenue sans objet ;

rejette 

le recours, partant,

confirme

la décision attaquée sous la seule réserve de sa rectification d'office comme suit : 

invite

la recourante à produire dans un délai de 10 jours dès l'entrée en force de la présente décision 
tous les documents permettant à l'intimée de contrôler le respect par la recourante de la 
Convention collective de travail du second œuvre romand dans le cadre de son activité 
professionnelle de placement de personnel, à savoir les contrats de mission pour chaque 
travailleur placé au sein d'entreprises jurassiennes de menuiserie et de charpenterie 
accompagnés des derniers décomptes de salaire pour la période considérée de 2011 et 2012 
sous menace de la sanction pénale prévue à l'article 292 CP qui stipule "celui qui ne se sera 
pas conformé à une décision à lui signifiée, sous la menace de la peine prévue au présent 
article, par une autorité ou un fonctionnaire compétent sera puni d'une amende" ; 

met

les frais judiciaires de l'instance de recours par CHF 1'200.- à charge de la recourante et les 
prélève sur son avance ;

condamne

la recourante à payer à l'intimée une indemnité pour ses dépens de CHF 100.- ;

ordonne

la notification du présent arrêt aux parties ainsi qu’à la juge civile.

Porrentruy, le 14 janvier 2015 

12

AU NOM DE LA COUR CIVILE
Le président : La greffière :

Daniel Logos Nathalie Brahier

Communication concernant les moyens de recours :

1) Un recours en matière civile peut être déposé contre le présent jugement auprès du Tribunal fédéral, 
conformément aux dispositions de la loi sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), en particulier aux art. 42, 
72 ss. et 90 ss. LTF, dans un délai de 30 jours à partir de la date où ce jugement vous a été notifié (art. 100 
LTF). Ce délai ne peut pas être prolongé (art. 47 al. 1 LTF). Le recours est toutefois recevable uniquement dans 
la mesure où "la contestation soulève une question de principe" (art. 74 al. 2 litt. a LTF).

Le mémoire de recours sera adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Il doit indiquer les conclusions, 
les motifs et les moyens de preuve, et être signé. Le recourant doit exposer succinctement en quoi l'acte attaqué 
viole le droit; il faut exposer en quoi l'affaire constitue une question juridique de principe (art. 42 al. 2 LTF). Le 
recourant ne peut critiquer les constatations de fait que si les faits ont été établis de façon manifestement 
inexacte ou en violation du droit au sens de l’art. 95, et si la correction du vice est susceptible d’influer sur le 
sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF).

Le présent jugement et les pièces invoquées comme moyens de preuve en possession du recourant doivent 
être joints au mémoire (art. 42 al. 3 LTF).

2) Un recours constitutionnel subsidiaire peut également être déposé contre le présent jugement pour violation 
des droits constitutionnels (art. 113ss LTF), dans un délai de 30 jours à partir de la date où ce jugement vous 
a été notifié (art. 100 et 117 LTF). Ce délai ne peut pas être prolongé (art. 47 al. 1 LTF). 

Le recours constitutionnel doit indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. Le 
recourant doit exposer succinctement en quoi l'acte attaqué viole le droit (art. 42 al. 2 LTF).

Le présent jugement et les pièces invoquées comme moyens de preuve en possession du recourant doivent 
être joints au mémoire (art. 42 al. 3 LTF).

3) Si une partie forme simultanément un recours en matière civile et un recours constitutionnel subsidiaire,  elle 
doit déposer les deux recours dans un seul mémoire (art. 119 al 1 LTF).

Valeur litigieuse
La Cour civile considère que la valeur litigieuse est de CHF°5'500.-.