# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b6fda150-2234-59d4-9c78-890a38b2519b
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2005-06-21
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 21.06.2005 A/1849/2005
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1849-2005_2005-06-21.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/1849/2005-LCR ATA/449/2005 

ARRÊT 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 21 juin 2005 

 

dans la cause 

 

Monsieur J__________ 
représenté par Me Eric Maugué, avocat  

contre 

SERVICE DES AUTOMOBILES ET DE LA NAVIGATION 
 

 

- 2/5 - 

A/1849/2005 

EN FAIT 

1.  Monsieur J__________, né le __________ 1968, domicilié à Genève, est 
titulaire d’un permis de conduire pour véhicules des catégories A1, B, D1, F, G et 
M.  

  Selon le dossier produit par le service des automobiles et de la  navigation 
(ci-après : le SAN) l’intéressé n’a pas d’antécédents en matière de circulation 
routière. 

2.  Le 28 mars 2005, il a été entendu à titre de renseignements par la police 
judiciaire de Genève dans le cadre d’une procédure pénale ouverte pour infraction 
à la loi fédérale sur les stupéfiants, dirigée contre un tiers. A cette occasion, il a 
déclaré avoir consommé de la cocaïne pendant une année environ et avoir cessé 
cette consommation. Il avait également consommé, il y a plus de dix ans, des 
ecstasies et fumé, par le passé, de la marijuana et du haschisch. Il avait enfin goûté 
à une occasion, deux mois plus tôt, de la MDMA - méthylènedioxy-3,4 
méthamphétamine -, offerte lors d’une soirée. 

3.  Le même jour, la police judiciaire a transmis copie de la déclaration précitée 
au SAN, en vue de mesures administratives. 

4.  Par décision du 26 avril 2005, le SAN a retiré, à titre préventif et nonobstant 
recours, le permis de conduire toutes catégories et sous-catégories, à M. 
J__________. Il lui a en outre été fait interdiction de conduire des véhicules pour 
lesquels un permis de conduire n’était pas nécessaire. Une décision finale serait 
prise après un examen approfondi auprès de l’Unité de médecine et de 
psychologie du trafic, laboratoire spécialisé de l’Institut universitaire de médecine 
légale (ci-après : IUML), destiné à lever les doutes de l’autorité quant à l’aptitude 
de l’intéressé à la conduite de véhicules à moteur. 

5.  Par acte du 27 mai 2005, M. J__________ a recouru contre cette décision 
auprès du Tribunal administratif, concluant à son annulation. Aucun indice 
laissant apparaître qu’il représentait un risque pour les autres usagers en raison 
d’une dépendance aux stupéfiants, ne pouvait être tiré de sa déclaration à la 
police. Il n’avait en effet pas reconnu consommer actuellement des stupéfiants. Il 
avait d’ailleurs précisé ultérieurement, le 4 mai 2005, devant un juge 
d’instruction, que la consommation évoquée avait été occasionnelle et remontait à 
dix ans. Il n’avait pas d’antécédents, ni judiciaire, ni en matière de circulation 
routière. 

6.  Le 6 juin 2005, le Tribunal administratif a demandé au juge d’instruction 
copie de la déclaration faite devant lui par M. J__________ le 4 mai 2005. 

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A/1849/2005 

7.  Le magistrat instructeur a transmis le document sollicité le 8 juin 2005. Il en 
ressortait que l’intéressé, entendu en qualité de témoin, avait précisé n’être plus 
consommateur d’aucun stupéfiant depuis dix ans, que cette consommation avait 
été occasionnelle et qu’il n’avait consommé qu’une seule fois de la MDMA, lors 
d’une soirée en janvier 2005, drogue qui lui avait été offerte. 

8.  La cause a été gardée à juger le 14 juin 2005. 

EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 56A de la loi sur l'organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 63 al. 1 litt. a de la loi sur la procédure administrative du 12 
septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2. a. Selon l’article 16d alinéa 1 lettre b de la loi fédérale sur la circulation 
routière du 12 décembre 1958 (RS 741.01 - LCR), le permis de conduire est retiré 
pour une durée indéterminée à la personne qui souffre d’une forme de dépendance 
le rendant inapte à la conduite. 

 b. L’article 30 de l’ordonnance réglant l’admission des personnes et des 
véhicules à la circulation routière du 27 octobre 1976 (RS 741.51 OAC) permet de 
retirer à titre préventif le permis de conduire lorsqu’il existe des doutes sérieux 
quant à l’aptitude à conduire d’un conducteur. 

  En l’espèce, les doutes du SAN reposent sur la seule déclaration faite par le 
recourant à la police le 28 mars 2005, dans le cadre d’une procédure ouverte pour 
infraction à la loi fédérale sur les stupéfiants contre un tiers, sans rapport avec la 
circulation routière. La lecture de cette déclaration ne permet pas de retenir une 
consommation actuelle et régulière d’un stupéfiant, quel qu’il soit. Aucun examen 
ni aucune analyse médicale n’ont été effectués qui auraient pu mettre en évidence 
une telle consommation. Le recourant n’apparaît pas en outre avoir d’antécédents 
en matière de circulation routière. 

  Dans ces circonstances, le Tribunal administratif ne peut que constater que 
le SAN ne disposait pas d’éléments suffisants pour concevoir des doutes sérieux 
quant à l’aptitude à la conduite de M. J__________ et ordonner le retrait du 
permis de conduire de ce dernier à titre préventif, nonobstant recours, assorti de 
l’obligation de se soumettre à une expertise auprès de l’IUML. 

3.  En conséquence, le recours sera admis et la décision attaquée annulée. 

  Une indemnité de procédure de CHF 500.- sera allouée au recourant, à la 
charge de l’Etat de Genève.  

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A/1849/2005 

  Vu l’issue du litige, l’Etat de Genève sera condamné au paiement d’un 
émolument de CHF 300.-. Ce changement de pratique est la conséquence logique 
de celle adoptée par chacun des pouvoirs de l’Etat de Genève qui facture 
dorénavant ses propres prestations. Il est également cohérent avec le principe de 
l’autonomie du Pouvoir judiciaire et la tenue de comptes distincts entre le pouvoir 
exécutif d’une part et le Pouvoir judiciaire d’autre part. Il est enfin conforme à la 
LPA, laquelle ne contient pas d’encrage à l’exonération systématique de l’Etat de 
Genève de tout émolument de procédure (art. 87 LPA ; ATA/423/2005 du 14 juin 
2005). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 27 mai 2005 par Monsieur J__________ contre 
la décision du service des automobiles et de la navigation du 26 avril 2005 lui retirant 
son permis de conduire pour une durée indéterminée ; 

au fond : 

l’admet ; 

annule la décision prise le 26 avril 2005 par le service des automobiles et de la 
navigation ; 

ordonne la restitution immédiate de son permis de conduire à M. J__________ ; 

met à la charge de l’Etat de Genève un émolument de CHF 300.- ; 

alloue à Monsieur J__________ une indemnité de CHF 500.- à la charge de l’Etat de 
Genève ; 

dit que, conformément aux articles 97 et suivants de la loi fédérale d'organisation 
judiciaire, le présent arrêt peut être porté, par voie de recours de droit administratif, dans 
les trente jours dès sa notification, par devant le Tribunal fédéral ; le mémoire de 
recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature 
du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé en trois exemplaires au moins au 
Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14 ; le présent arrêt et les pièces en possession du 
recourant, invoquées comme moyen de preuve, doivent être joints à l'envoi ; 

- 5/5 - 

A/1849/2005 

communique le présent arrêt à Me Eric Maugué, avocat du recourant ainsi qu'au service 
des automobiles et de la navigation et à l'office fédéral des routes à Berne. 

Siégeants : M. Paychère, président, Mmes Bovy, Hurni, M. Thélin, Mme Junod, juges. 

Au nom du Tribunal administratif : 

la greffière-juriste : 
 
 

C. Del Gaudio-Siegrist 

 le président : 
 
 

F. Paychère 
 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :