# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 33d1cb8b-f7d2-535a-b09a-e59416351f21
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2004-04-19
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 19.04.2004 BO.2003.0014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_BO-2003-0014_2004-04-19.html

## Full Text

CANTON DE VAUD

TRIBUNAL ADMINISTRATIF

Arrêt

du 19 avril 2004

sur le recours interjeté par A. et B.
X.________, 1********, à Z.________,

contre

la décision de l'Office cantonal des
bourses d'études et d'apprentissage du 7 janvier 2003 refusant une bourse
d'études à leur fils C. X.________.

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Composition de la section: M. Alain
Zumsteg, président; M. Pierre Allenbach et M. Philippe Ogay,
assesseurs. Greffière: Mme Nicole-Chantal Lanz Pleines.

Vu les faits suivants:

A.                     C. X.________, né le 1er
décembre 1980, a débuté en octobre 2000 des études à la faculté de droit de
l'Université de Lausanne en vue d'obtenir une licence en droit.

B.                    Le 7 janvier 2003,
l'Office cantonal des bourses d'études et d'apprentissage (l'office) lui a
refusé une bourse d'études pour la période du 15 octobre 2002 au 15 octobre
2003, motif pris que la capacité financière de sa famille dépassait les normes
fixées par le barème.

C.                    Contre cette décision,
A. et B. X.________, parents de C. X.________, ont formé un recours, posté 23
janvier 2003. Ils concluent implicitement à ce qu'une bourse d'études soit
allouée à leur fils C. X.________.

                        Dans sa réponse du 25
février 2003, l'office, après un calcul détaillé, conclut au rejet du recours
et au maintien de sa décision.

                        Les recourants ont
renoncé à déposer un mémoire complémentaire.

 

 

Considérant en droit:

1.                     Déposé en temps utile,
le recours satisfait aux conditions formelles énoncées à l'art. 31 de la loi du
18 décembre 1989 sur la juridiction et la procédure administratives (LJPA). Il
y a donc lieu d'entrer en matière sur le fond.

2.                     Toute personne
remplissant les conditions fixées par la loi a droit au soutien financier de
l'Etat pour la poursuite d'études ou d'une formation professionnelle. Pour
l'essentiel, ces conditions sont de deux ordres : des conditions de nationalité
et de domicile d'une part, des conditions financières d'autre part. Les
conditions financières reposent sur l'un des principes cardinaux de la loi du
11 septembre 1973 sur l'aide aux études et à la formation professionnelle
(LAE), exprimé à son article 2 : "Le soutien de l'Etat est destiné à
compléter celui de la famille, au besoin à y suppléer". C'est dire que
ce soutien a un caractère subsidiaire. Le législateur a voulu maintenir le
principe de la responsabilité de la famille. La nécessité et la mesure du
soutien à accorder dépendent donc des moyens financiers dont le requérant et
ses père et mère (les parents) disposent pour assumer les frais d'études, de
formation et d'entretien du requérant. Toutefois, la capacité financière des
personnes autres que les parents qui subviennent à l'entretien du requérant et
celle du requérant lui-même sont seules prises en considération dans les cas
prévus à l'art. 12 ch. 1 et 2 (art. 14 al. 1 et 2 LAE), soit si d'autres
personnes domiciliées dans le canton de Vaud subviennent à l'entretien du
requérant (art. 12 ch. 1) ou si, depuis dix-huit mois au moins, le requérant
majeur est domicilié dans le canton de Vaud et s'y est rendu financièrement
indépendant (ch. 2).

                        Etant donné que C.
X.________ n'a pas exercé d'activité lucrative régulière pendant dix-huit mois
au moins avant le début de la formation pour laquelle il demande l'aide de
l'Etat, il ne s'est pas rendu financièrement indépendant au sens de l'art. 12
ch. 2 LAE. Dans ces circonstances, la nécessité et la mesure du soutien à lui
accorder dépendent exclusivement des moyens financiers dont ses père et mère
disposent pour assumer ses frais d'études, de formation et d'entretien (art. 14
al. 1 LAE).

3.                     Selon l'art. 16 LAE
entrent en ligne de compte pour l'évaluation de la capacité financière les
charges, à savoir les dépenses d'entretien et de logement (ch. 1), les
ressources, soit le revenu net admis par la commission d'impôt (ch. 2 lit. a),
la fortune, dans la mesure où elle dépasse le but d'une juste prévoyance et si
par son mode d'investissement, le capital peut supporter en faveur du requérant
des prélèvements qui ne portent pas un préjudice sensible à l'activité
économique de la famille (ch. 2 lit. b), et l'aide financière accordée par
toute institution publique ou privée (ch. 2 lit. c).

                        Aux termes de l'art.
18 LAE, les "charges sont calculées selon un barème des charges
normales, compte tenu de la composition de la famille et du nombre et de l'âge
des enfants. Ce barème, établi et périodiquement adapté par la Commission
cantonale des bourses d'études, doit être approuvé par le Conseil d'Etat.".
En fait, depuis la modification du règlement d'application de la LAE (RAE) le
10 juillet 1996, les charges normales sont fixées par l'art. 8 al. 2 RAE. Elles
"correspondent aux frais mensuels minimum d'une famille pour
l'alimentation, le loyer, les services industriels, l'équipement, le ménage,
l'habillement, les assurances, le dentiste, les impôts, les loisirs, les
divers. Elles s'élèvent à :

                        Fr. 3'100.- pour deux parents

                        Fr. 2'500.- pour un parent

                        auxquels s'ajoutent, par enfant à charge

                        Fr. 700.- pour un enfant mineur

                        Fr. 800.- pour un
enfant majeur".

                        Ainsi, les charges
retenues pour l'allocation d'une bourse sont préétablies; elles ne varient pas
en fonction des dépenses effectives de la famille, ce qui garantit l'égalité de
traitement des requérants.

                        Pour le calcul du coût
des études, sont prises en considération toutes les dépenses qu'elles
nécessitent, y compris celles qui résultent de la distance entre le domicile et
le lieu des études (art. 19 LAE). Les éléments constituant le coût des études
sont : (a) les écolages et les diverses taxes scolaires, (b) les fournitures
(manuels, instruments, matériel) indispensables à la poursuite normale des
études, (c) les vêtements de travail spéciaux, (d) les frais de déplacement du
domicile au lieu de travail ou d'études et vice versa, calculés selon le tarif
le plus économique ou, le cas échéant, les frais de logement hors de la
famille, (e) les frais de repas si la distance entre le domicile et le lieu de
travail ou d'études ou les exigences des horaires le justifient. Les frais
mentionnés à la lettre (a) sont comptés dans le coût des études selon les
tarifs des établissements de formation. Les frais mentionnés aux lettres (b) à
(e) font l'objet d'un forfait selon le barème et les directives pour
l'attribution des bourses d'études approuvées par le Conseil d'Etat le 4 mars
1998 (ci-après : barème). Ils sont comptés pour onze mois pour les
apprentissages et dix mois pour les gymnases, écoles assimilées et autres
écoles (art. 12 RAE).

                        Le soutien de l'Etat
est accordé quand les charges, augmentées du coût des études du requérant,
excèdent le revenu (art. 20 LAE).

4.                     Les frais d'études de
C. X.________ établis par l'office s'élèvent à 5'520 francs (écolage,
inscription : 820 fr.; manuels, matériel, outils : 1'500 fr.; déplacements :
1'200 fr.; repas de midi : 2'000 fr.). Ces frais d'études sont conformes aux
art. 19 LAE et 12 RAE, ainsi qu'au barème.

                        Le revenu familial
déterminant (capacité financière) est constitué, en règle générale, du chiffre
20 (moyenne des revenus nets des deux années précédentes) de la dernière
déclaration d'impôt admis par la commission d'impôt (art. 10 al. 1 RAE). Dans
le cas d'espèce, ce revenu net est de 86'700 francs, soit 7'225 francs par
mois.

                        On déduit ensuite du
revenu les charges normales qui s'élèvent à 3'100 francs pour deux parents,
auxquelles s'ajoutent 800 francs par enfant majeur à charge (art. 8 al. 2 RAE).
En l'espèce, elles s'élèvent donc à 4'700 francs (3'100 + [2 x 800]). Compte
tenu de ces charges, l'excédent de revenu dont disposent les recourants est de
2'525 francs (7'225 – 4'700). Réparti en six parts, dont deux pour chaque
enfant en formation (art. 11 RAE), cet excédent permet d'affecter aux frais
d'études de C. X.________ la somme annuelle de 10'099 francs ({[2'525 : 6] x 2}
x 12). Cette part de l'excédent du revenu familial afférente à C. X.________
étant largement supérieure au coût de ses études (5'520 fr.), aucune bourse ne
peut lui être allouée (art. 20 LAE a contrario et 11a RAE).

5.                     Conformément à l'art.
55 LJPA, il y a lieu de mettre un émolument de justice à la charge des
recourants déboutés.

Par ces motifs

le Tribunal administratif

arrête:

I.                      Le recours est
rejeté.

II.                     La décision de
l'Office cantonal des bourses d'études et d'apprentissage du 7 janvier 2003
refusant une bourse d'études à C. X.________ est confirmée.

III.                     Un émolument
de 100 (cent) francs est mis à la charge des recourants.

Lausanne, le 19 avril 2004

Le président:                                                                                             La
greffière:

                                                                     

 

Le présent arrêt est notifié aux
destinataires de l'avis d'envoi ci-joint.