# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 85f454c9-b790-5bcd-b0cd-edac86970135
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour d'appel civile HC / 2016 / 108
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_002_HC---2016---108_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

JS15.040807-152075

17  

 

 

cour
d’appel CIVILE

____________________________

Arrêt du
11 janvier 2016

__________________

Composition
:               Mme             
Charif
Feller, juge déléguée

Greffière
:              Mme             
Pache

 

 

*****

 

 

Art.
129 et 132 CPC

 

 

             

             
Statuant sur l’appel interjeté par S.________,
à Genève, contre l’ordonnance de mesures provisionnelles rendue le 8 décembre 2015
par la Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement de La Côte dans la cause divisant
l’appelant d’avec A.Z.________,
à Founex, et B.Z.________,
à Founex, la juge déléguée de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal considère :

 

             
En fait et en droit :

 

 

1.             
Par ordonnance de mesures provisionnelles du 8
décembre 2015, la Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement de La Côte a
dit que S.________ contribuera à l’entretien de ses enfants A.Z.________ et B.Z.________,
nés le [...] 2014, par le régulier versement, d’avance le premier de chaque mois en mains
de la mère des enfants, [...], d’une contribution mensuelle à titre provisionnel de 1'000
fr. par enfant, éventuelles allocations familiales non comprises et dues en sus, dès le 1er
septembre 2015 (I), dit que les frais judiciaires et les dépens de la procédure provisionnelle
suivent le sort de la cause au fond (II) et rejeté toutes autres ou plus amples conclusions (III).
Cette décision a été notifiée à S.________ le 9 décembre 2015.

 

2.             
Par acte du 13 décembre 2015, soit en temps
utile, S.________ a interjeté appel contre l’ordonnance précitée. Il a fourni deux
exemplaires de l’acte d’appel, l’un en anglais, l’autre en français. Aucun
de ces deux actes n’était signé et la teneur du second acte d’appel, rédigé
dans un français approximatif au moyen d’un traducteur automatique sur Internet, était
incompréhensible.

 

             
Par courrier du 17 décembre 2015, la Juge déléguée de céans a, en application
de l’art. 132 al. 1 et 2 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS
272), imparti à l’appelant un délai non prolongeable de dix jours dès réception
dudit courrier pour signer et rectifier son acte, à défaut de quoi celui-ci ne sera pas pris
en considération. Elle a notamment informé l’intéressé que l’acte qu’il
avait produit ne comportait pas de signature et était incompréhensible. Il comportait ainsi
un vice de forme au sens des art. 129 ss CPC.

 

             
Ce courrier a été notifié à l’intéressé le 18 décembre 2015.

 

             
L’appelant n’a pas rectifié l’acte dans le délai imparti.

 

3.             
a) L’appel est recevable contre les décisions
provisionnelles (art. 308 al. 1 let. b CPC ;Tappy, Les voies de droit du nouveau Code de procédure
civile, in JT 2010 III 115, spéc. p. 121), dans les causes non patrimoniales ou dont la valeur litigieuse,
au dernier état des conclusions devant l’autorité inférieure, est de 10'000 fr.
au moins (art. 308 al. 2 CPC). Les ordonnances de mesures provisionnelles sont régies par la procédure
sommaire, selon l’art. 248 let. d CPC. L’appel, écrit et motivé, doit ainsi être
introduit auprès de l’instance d’appel dans les dix jours (art. 311 CPC) à compter
de la notification de la motivation (art. 239 CPC). L’appel relève de la compétence d’un
juge unique (art. 84 al. 2 LOJV [loi d’organisation judiciaire du 12 décembre 1979, RSV 173.01]).

 

             
b)
La procédure est conduite dans la langue officielle du canton dans lequel l’affaire est jugée
(art. 129 CPC). Dans le canton de Vaud, la langue officielle du procès est le français (art.
38 al. 1 CDPJ [Code droit privé judiciaire vaudois du 12 janvier 2010 ; RSV 211.02]). Si une
partie procède dans une autre langue, un délai doit alors lui être imparti en vertu de
l’art. 132 CPC pour procéder dans la langue officielle, et cela quelle que soit la langue
utilisée (Bohnet, CPC commenté, 2011, n. 3 ad art. 129 CPC). Une traduction faite à l’aide
d’un traducteur automatique sur Internet sera généralement insuffisante (Bohnet, op.
cit., n. 21 ad art. 132 CPC).

 

             
Aux termes de l’art. 132 al. 1 CPC, le tribunal fixe un délai pour la rectification des vices
de forme telle l’absence de signature ou de procuration. A défaut, l’acte n’est
pas pris en considération (Aubry Girardin, in Commentaire de la LTF [loi sur le Tribunal fédéral
du 17 juin 2005 ; RS 173.110], n. 52 ad art. 42 LTF et la réf. citée ; Bohnet, op.
cit., n. 40 ad art. 132 CPC).

 

             
Les délais déclenchés par la communication ou la survenance d’un évènement
courent dès le lendemain de celles-ci (art. 142 al. 1 CPC). Les délais légaux et les délais
fixés judiciairement ne courent pas du 18 décembre au 2 janvier inclus (art. 145 al. 1 let.
c CPC). La suspension des délais ne s’applique pas à la procédure sommaire (art.
145 al. 2 let. b CPC).

 

4.             
En l’espèce, par courrier du 17 décembre
2015, la Juge déléguée de céans a imparti à l’appelant un délai non
prolongeable de dix jours dès réception dudit courrier pour signer et rectifier son acte d’appel,
en le rendant attentif qu’à défaut, il ne sera pas pris en considération. Elle a
notamment informé l’intéressé que l’acte qu’il avait produit ne comportait
pas de signature et était incompréhensible. Le délai de dix jours pour la rectification
de l’appel ayant commencé à courir le
19
décembre 2015, soit le lendemain de la notification à l’intéressé, il expirait
le
28 décembre 2015. En effet, dès
lors que l’on se trouve dans le cadre d’une procédure sommaire, le délai imparti
par la Juge déléguée de céans dans son courrier du 17 décembre 2015 n’était
pas soumis aux féries judiciaires (art. 145 al. 2 let. b CPC). S.________ n’ayant pas rectifié
ni signé son acte dans le délai imparti, l’appel doit être déclaré irrecevable.

 

5.             
Au vu de ce qui précède, l’appel
doit être déclaré irrecevable selon le mode procédural de l’art. 312 al. 1
CPC. Le présent arrêt peut être rendu sans frais judiciaires (art. 11 TFJC [tarif du 28
septembre 2010 des frais judiciaires civils; RSV 270.11.5]), ni dépens, les intimés n’ayant
pas été invités à se déterminer.

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Juge déléguée de la 

Cour
d’appel civile du Tribunal cantonal

prononce
:

 

             
I.             
L’appel est irrecevable.

 

             
II.             
L’arrêt, rendu sans frais, est exécutoire.

 

La
juge déléguée :              
La greffière :

 

 

 

 

Du

 

             
Le présent arrêt, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est
notifié à :

 

‑             
M. S.________,

‑             
Me Joëlle Zimmermann (pour A.Z.________ et B.Z.________),

 

             
et communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme la Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement de La Côte.

 

             
La Juge déléguée de la Cour d’appel civile considère que la valeur litigieuse
est supérieure à 30’000 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
La greffière :