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**Case Identifier:** 2819849f-403a-5a1a-9b92-4250e0f663f6
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-03-11
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 11.03.2016 C/23044/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-23044-2013_2016-03-11.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 17 mars 2016. 

 
 

R É P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/23044/2013 ACJC/372/2016 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 11 MARS 2016 

 

Entre 

A______, ayant son siège ______, Genève, recourante contre une ordonnance rendue 
par la 8ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 2 octobre 2015, 
comparant par Me Claude Aberlé, avocat, 32, route de Malagnou, 1208 Genève, en 
l'étude duquel elle fait élection de domicile, 

et 

Madame B______ et Monsieur C______, domiciliés ______, (France), intimés, 
comparant tous deux par Me Eric Hess, avocat, 6, rue Saint-Léger, 1205 Genève, en 
l'étude duquel ils font élection de domicile. 

  

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C/23044/2013 

 
EN FAIT 

A. a. A______ est une société inscrite au Registre du commerce de Genève, dont le 
but est notamment l'exploitation d'une entreprise générale dans le domaine de la 
construction. 

 b. Le 6 décembre 2012, B______ et C______ ont chargé A______ de la 
rénovation écologique d'un corps de ferme et d'un cabanon à ______ (France), 
ainsi que de l'installation d'un système de chauffage écologique et d'une fosse 
sceptique. Le contrat prévoyait un prix forfaitaire de 275'000 € TTC. 

 c. Par courrier du 26 mars 2013, B______ et C______ se sont plaints de ce que 
certains engagements contractuels n'étaient pas respectés par A______. Ils lui ont 
imparti un délai au 6 avril 2013 pour y remédier. A défaut, le contrat serait résilié 
pour le 25 avril 2013. 

 d. Par correspondance du 16 avril 2013, ayant pour objet "résiliation du contrat 
clef en mains", les époux B______ et C______ ont réclamé à A______ le 
remboursement de 44'705 €, montant correspondant selon eux à la différence entre 
l'avance qu'ils avaient fournie et le montant maximal que l'entrepreneur était en 
droit d'exiger pour les travaux fournis. 

 e. Le 26 juin 2014, A______ a agi devant le Tribunal de première instance à 
l'encontre d'B______ et C______ en paiement de 28'370 fr. 80 avec intérêts à 5% 
l'an dès le 23 juillet 2013, à titre d'indemnité, contestant avoir été fautivement en 
demeure d'exécuter le contrat litigieux. Ce montant correspondait au travail 
effectué (94'518 € 98), augmenté de la garantie bancaire (11'513 € 41), après 
déduction des acomptes reçus (67'500 € et 18'500 fr.). 

 Les époux B______ et C______ se sont opposés à la demande et ont conclu 
reconventionnellement au remboursement des acomptes de 44'705 € et 18'500 fr. 
avec intérêts à 5% l'an dès le 26 avril 2013 et au prononcé de la mainlevée de 
l'opposition formée au commandement de payer, poursuite n° 1______. 

 f. Par ordonnance du 2 juillet 2015, le Tribunal a notamment donné suite à la 
demande de l'entrepreneur en admettant comme moyen de preuve une expertise 
afin d'évaluer le travail effectué par celui-ci. 

g. Le 19 août 2015, il a adressé aux parties un projet d'ordonnance sur expertise et 
leur a imparti un délai pour se prononcer sur les questions soumises à l'expert et 
proposer la modification ou le complément de ces questions. Les deux premières 
questions du projet étaient libellées ainsi : 

"Est-il exact que la résiliation injustifiée du contrat d'entreprise liant A______ et les 

époux B______ et C______ a occasionné à la partie demanderesse un dommage total 

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de 28'370 fr. 80 (soit 23'323 € 58), et que la valeur du travail effectué à la date de 

ladite résiliation se chiffrait à 94'518 € 98 ? (allégué 39 dem.) 

Est-il exact que les époux B______ et C______ se sont livrés à des demandes 

exorbitantes et répétées qui n'étaient justifiées par aucun élément, sans avoir les 

compétences techniques requises pour juger de l'avancement des travaux? (allégué ad 

93 rép. reconventionnelle)" 

h. Dans le délai imparti, soit par courrier déposé au greffe du Tribunal le  
21 septembre 2015, les époux B______ et C______ ont notamment proposé de 
modifier ces questions comme suit : 

"Déterminer la valeur du travail réalisé par A______ à la date du 26 avril 2013, date 

de la résiliation du contrat d'entreprise, étant précisé que la valorisation des 

prestations de A______ doit être effectuée sur la base du contrat d'entreprise du 6 

décembre 2012." 

"Décrire l'état d'avancement des travaux à la date de la résiliation du contrat 

d'entreprise, le 26 avril 2013, et dire si, compte tenu de cet état, les défendeurs 

pouvaient envisager que les travaux soient terminés le 30 octobre 2013, échéance 

contractuelle." 

Le même jour, ils ont adressé une copie de leurs déterminations à A______, ce qui 
n'est pas contesté. 

B. a. Par ordonnance du 2 octobre 2015, notifiée aux parties le 8 octobre 2015, le 
Tribunal a désigné en qualité d'expert D______ (ch. 2 du dispositif) et lui a confié 
la mission suivante (ch. 1) : 

"Déterminer la valeur du travail réalisé par A______ à la date du 26 avril 2013, date 

de la résiliation du contrat d'entreprise, étant précisé que la valorisation des 

prestations de A______ doit être effectuée sur la base du contrat d'entreprise du  

6 décembre 2012 (allégué 39 dem.). 

Décrire l'état d'avancement des travaux à la date de la résiliation du contrat 

d'entreprise, le 26 avril 2013, et dire si, compte tenu de cet état, les défendeurs 

pouvaient envisager que les travaux soient terminés le 30 octobre 2013, échéance 

contractuelle (allégué ad 93 rép. reconventionnelle). 

Etablir, sur la base de pièces, les moyens humains, en outillage et en matériel mis en 

œuvre par A______ pour réaliser le chantier. 

Est-il exact que A______ n'a jamais mis en œuvre les moyens de réaliser le chantier ? 

(allégué 102 rép.) 

Est-il exact que A______ n'a jamais disposé des outils nécessaires et/ou adéquats à la 

réalisation du chantier ? (allégués 106 et 107 rép.) 

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Est-il exact que A______ n'a jamais disposé des moyens, ni en termes de personnel, ni 

en termes d'outillage de réaliser les travaux contractuellement convenus ? (allégué 

153 rép.)" 

L'expert devait prendre connaissance de l'intégralité du dossier de la cause, 
convoquer ensuite les parties pour les entendre ensemble ou séparément selon son 
propre choix et la procédure qu'il jugerait la plus adéquate, toujours en présence 
des conseils, s'entourer en outre de tous renseignements ou documents utiles ainsi 
qu'en interrogeant des tiers si nécessaire, répondre aux questions susmentionnées, 
faire toutes autres observations et conclusions utiles et dresser un rapport écrit de 
l'ensemble de ses constatations, conclusions et propositions (ch. 6). 

Le Tribunal a arrêté l'avance de frais à 8'000 fr., dit qu'elle serait provisoirement 
supportée par la partie demanderesse et fixé à celle-ci un délai au 26 octobre 2015 
pour la verser (ch. 7). 

 b. Par acte expédié au greffe de la Cour de justice le 19 octobre 2015, A______ 
forme un recours contre les chiffres 1 et 7 du dispositif de cette ordonnance, 
concluant à l'annulation de cette dernière et au renvoi de la cause au Tribunal pour 
nouvelle décision au sens des considérants, subsidiairement à l'annulation des 
chiffres 1 et 7 du dispositif, à la fixation d'une avance de frais de 2'000 fr. et à la 
modification des deux premières questions de l'ordonnance comme suit : 

"Est-il exact que la résiliation du contrat d'entreprise liant la recourante et les intimés 

a occasionné à la recourante un dommage total de 28'370 fr. 80 (soit 23'323 € 58), et 

que la valeur du travail effectué à la date de ladite résiliation se chiffrait à 

94'518 € 98 ? (allégué 39 dem.) 

Est-il exact que les intimés  se sont livrés à des demandes exorbitantes et répétées qui 

n'étaient justifiées par aucun élément, sans avoir les compétences techniques requises 

pour juger de l'avancement d'un tel chantier ? (allégué ad 93 rép. reconventionnelle)" 

 A______ invoque une violation de son droit d'être entendue, le montant de 
l'avance de frais d'expertise n'étant pas motivé et le Tribunal ayant omis de lui 
transmettre la détermination des intimés du 21 septembre 2015, ainsi qu'une 
violation de son droit à la preuve, les questions à l'expert ayant été limitées de 
manière injustifiée. 

 c. Par décision du 7 décembre 2015, la Cour de céans a admis la requête tendant à 
la suspension de l'effet exécutoire attaché au chiffre 1 du dispositif de 
l'ordonnance entreprise, l'a rejetée pour le surplus et a imparti à A______ un délai 
au 4 janvier 2016 pour s'acquitter de l'avance fixée par le Tribunal, avant de 
réserver la fixation et le sort des frais et des dépens de l'incident avec la décision 
au fond. 

 d. Les époux B______ et C______ concluent au rejet du recours et à la 
confirmation de l'ordonnance entreprise, avec suite de frais et de dépens. 

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 e. A______ a répliqué, concluant notamment à l'irrecevabilité de la conclusion de 
ses parties adverses tendant à la confirmation de l'ordonnance attaquée. 

 Les époux B______ et C______ ont renoncé à dupliquer. 

EN DROIT 

1. 1.1 Le recours est recevable contre des décisions et ordonnances d'instruction de 
première instance, dans les cas prévus par la loi (art. 319 let. b ch. 1 CPC) ou 
lorsqu'elles peuvent causer un préjudice difficilement réparable (art. 319 let. b  
ch. 2 CPC). 

Selon l'art. 103 CPC, les décisions relatives aux avances de frais et aux sûretés 
peuvent faire l'objet d'un recours. 

Le recours ne remet en question que les chiffres 1 (questions posées à l'expert) et 
7 (montant de l'avance de frais) de l'ordonnance du 2 octobre 2015. 

Interjeté dans le délai de dix jours requis (art. 142 al. 3 CPC) et selon la forme 
prévue par la loi, le recours est recevable en tant qu'il conteste l'avance de frais 
(art. 321 al. 1 CPC). 

S'agissant des questions posées à l'expert, il convient d'examiner si la condition du 
préjudice difficilement réparable est remplie pour admettre la recevabilité du 
recours sur ce point également. 

1.2 La notion de "préjudice difficilement réparable" au sens de l'art. 319 let. b  
ch. 2 CPC est plus large que celle de "préjudice irréparable" au sens de l'art. 93 al. 
1 let. a LTF (cf. ATF 137 III 380 consid. 2, in SJ 2012 I 73; 138 III 378  
consid. 6.3). Est considérée comme "préjudice difficilement réparable", toute 
incidence dommageable (y compris financière ou temporelle), pourvu qu'elle soit 
difficilement réparable. Il y a toutefois lieu de se montrer exigeant, voire restrictif, 
avant d'admettre la réalisation de cette condition, sous peine d'ouvrir le recours à 
toute décision ou ordonnance d'instruction, ce que le législateur a clairement exclu 
(JEANDIN, in CPC, Code de procédure civile commenté, BOHNET/HALDY/ 
JEANDIN/SCHWEIZER/TAPPY [éd.], 2011, n. 22 ad art. 319 CPC; HOHL, Procédure 
civile, Tome II, 2010, n. 2485; BLICKENSTORFER, in Kommentar Schweizerische 
Zivilprozessordnung, BRUNNER/GASSER/SCHWANDER [éd.], 2011, n. 39 ad 
art. 319 CPC). 

Une simple prolongation de la procédure ou un accroissement des frais ne 
constitue pas un préjudice difficilement réparable (SPÜHLER, in Basler 
Kommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung, SPÜHLER/TERCHIO/INFANGER 
[éd.], 2ème éd. 2013, n. 7 ad art. 319 CPC; HOFFMANN-NOWOTNY, ZPO-
Rechtsmittel, Berufung und Beschwerde, KUNZ/HOFFMANN-NOWOTNY/STAUBER 
[éd.], 2013, n. 25 ad art. 319 CPC). 

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Il appartient au recourant d'alléguer et d'établir la possibilité que la décision 
incidente lui cause un préjudice difficilement réparable, à moins que cela ne fasse 
d'emblée aucun doute (par analogie : ATF 134 III 426 consid. 1.2 et 133 III 629 
consid. 2.3.1; HALDY, in CPC, Code de procédure civile commenté, 
BOHNET/HALDY/JEANDIN/SCHWEIZER/TAPPY [éd.], 2011, n. 9 ad art. 126 CPC). 

Si la condition du préjudice difficilement réparable n'est pas remplie, la partie doit 
attaquer l'ordonnance avec la décision finale sur le fond (ACJC/327/2012 du  
9 mars 2012 consid. 2.4 et les réf. citées; Message du Conseil fédéral relatif au 
CPC, FF 2006 6841, p. 6984, OBERHAMMER, in Kurzkommentar, Schweizerische 
Zivilprozessordnung ZPO, 2010, n. 13 ad art. 319 CPC; BLICKENSTORFER,  
op. cit., n. 40 ad art. 319 CPC). 

1.3 En l'espèce, la recourante soutient que la décision du premier juge viole son 
droit d'être entendue dès lors qu'elle a été rendue sans que le Tribunal lui 
transmette la détermination des intimés du 21 septembre 2015. Elle violerait 
également son droit à la preuve, dans la mesure où elle limite les questions 
soumises à l'expert en comparaison aux allégués contenus dans la demande et 
anticipe sur la manière de calculer son dommage. 

Tout d'abord, la décision du premier juge de ne pas poser à l'expert les questions 
présentées par la recourante n'apparaît pas irrémédiable, puisque le droit d'être 
entendu découlant de l'art. 29 al. 2 Cst. implique nécessairement que les parties 
puissent s'exprimer sur le résultat de l'expertise (cf. BOVEY, Le juge face à 
l'expert, in La preuve en droit de la responsabilité civile - Journée de la 
responsabilité civile 2010, Zürich 2011, p. 108, note 94 et réf. citées). Ainsi, à 
réception du rapport de l'expert, le juge doit en communiquer la teneur aux 
parties, ce qu'il fera le plus souvent par écrit, et fixer à celles-ci un délai pour 
présenter leurs observations, conformément à l'art. 187 al. 4 CPC (cf. BOVEY,  
op. cit., p. 108, note 92 et réf. citées). Par ce biais, la recourante conserve la 
faculté de demander des explications ou de poser des questions complémentaires à 
l'expert; au besoin, le juge pourra ordonner un nouveau tour de questions  
(cf. SCHWEIZER, in CPC, Code de procédure civile commenté, 
BOHNET/HALDY/JEANDIN/SCHWEIZER/TAPPY [éd.], 2011, n. 12 et 14 ad art. 187 
CPC). En pratique, à réception des observations des parties, le juge tient le plus 
souvent une audience, lors de laquelle les parties peuvent interroger librement 
l'expert (cf. SCHWEIZER, op. cit., n. 6 ad art. 187 al. 1 CPC). Conformément à l'art. 
188 al. 2 CPC, le juge peut également, à la demande d'une partie ou d'office, faire 
compléter le rapport de l'expert, si celui-ci s'avère lacunaire, peu clair ou 
insuffisamment motivé. Il peut encore faire appel à un autre expert pour qu'il soit 
procédé à une contre-expertise. A chacune des occasions susvisées, la recourante 
conserve la faculté de poser des questions complémentaires à l'expert. Elle ne 
saurait dès lors subir un préjudice difficilement réparable, au sens des dispositions 
et principes rappelés ci-dessus, si les questions litigieuses ne sont pas d'emblée 
posées à l'expert, et ce même si les voies indiquées ci-dessus sont susceptibles 

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d'entraîner une légère prolongation de la procédure ou quelques frais 
supplémentaires. 

A cela s'ajoute que les questions complémentaires que la recourante souhaite voir 
poser à l'expert n'apparaissent pas déterminantes pour l'issue du litige. 

En effet, la recourante se plaint de ce que la première question anticipe déjà le 
mode de calcul du dommage, la jurisprudence prévoyant deux manières de 
calculer ce dernier. S'il est vrai qu'il existe deux méthodes pour le calcul de 
l'indemnité due à l'entrepreneur sur la base de l'art. 377 CO, ces dernières 
aboutissent néanmoins pratiquement aux mêmes résultats (cf. ATF 96 II 192 
consid. 5). Au demeurant, dans sa demande, la recourante fait valoir que son 
dommage correspond au travail effectué, augmenté de la garantie bancaire, sous 
déductions des acomptes reçus. Or, la première question prévue dans l'ordonnance 
entreprise tend précisément à la détermination de la valeur du travail réalisé, seul 
élément que l'expert serait à même d'établir dans le calcul présenté par la 
recourante. 

La recourante souhaite par ailleurs qu'il soit demandé à l'expert de confirmer que 
les intimés ont eu des demandes exorbitantes et répétées qui n'étaient pas 
justifiées. A cet égard, la deuxième question mentionnée dans l'ordonnance, qui 
vise à établir si les travaux pouvaient être terminés pour l'échéance contractuelle, 
apparaît propre à pouvoir démontrer si les requêtes des intimés étaient fondées ou 
non. 

Au demeurant, si, à réception de la décision rendue au fond, la recourante devait 
persister à considérer que le premier juge a écarté à tort des questions pertinentes, 
elle pourrait diriger ses griefs contre la décision finale par la voie de l'appel de 
l'art. 308 CPC. 

Enfin, l'intéressée n'a pas contesté avoir reçu une copie des déterminations des 
intimés du 21 septembre 2015 par courrier du même jour de ces derniers, de sorte 
qu'elle aurait pu faire parvenir ses observations au Tribunal avant que celui-ci ne 
prononce l'ordonnance entreprise. En tout état de cause, au vu de ce qui précède, 
le chiffre 1 du dispositif de la décision n'apparaît pas de nature à entraîner pour 
elle un préjudice difficilement réparable. 

Les conditions de l'art. 319 let. b ch. 2 CPC ne sont en conséquence pas réalisées, 
de sorte que le recours contre le chiffre 1 de l'ordonnance attaquée est irrecevable. 

 1.4 Il n'y a pas lieu de déclarer irrecevables les conclusions des intimés tendant à 
la confirmation de la décision, ces dernières ne constituant pas un recours joint. 

 1.5 La cognition de la Cour est limitée à la constatation manifestement inexacte 
des faits et à la violation du droit (art. 320 CPC). 

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2. La recourante se plaint de ce que le premier juge n'aurait pas motivé le montant de 
8'000 fr. de l'avance de frais et de ce que cette somme serait disproportionnée par 
rapport à la valeur litigieuse de la cause, une avance de 2'000 fr. étant à son avis 
suffisante. 

 2.1 Selon l'art. 98 CPC, le Tribunal peut exiger de la partie demanderesse une 
avance à concurrence de la totalité des frais judiciaires présumés. 

 Les frais judiciaires comprennent notamment les frais d'administration des 
preuves (art. 95 al. 2 let. c CPC). 

 2.2 En l'espèce, s'il est vrai que le Tribunal n'a pas motivé expressément la 
fixation du montant de 8'000 fr., la recourante n'ignore pas qu'il s'agit d'une 
évaluation des frais engendrés par l'expertise ordonnée, dont la mission est 
détaillée dans la décision attaquée, et qu'elle estime elle-même à 2'000 fr. On ne 
saurait dès lors admettre une violation de son droit d'être entendue. 

 L'argument de la recourante fondé sur la valeur litigieuse de la cause est sans 
pertinence, puisque seuls les frais effectifs présumables de l'expertise entrent en 
ligne de compte. Or, dans la mesure où il s'agit d'un litige portant sur l'exécution 
d'un contrat d'entreprise prévoyant notamment la rénovation écologique d'un corps 
de ferme et d'un cabanon, que l'expert devra prendre connaissance du dossier, 
entendre les parties, examiner l'ouvrage, qui est au demeurant réalisé en France, et 
rédiger ensuite un rapport, le montant de 8'000 fr. n'apparaît pas excessif, de sorte 
qu'il sera confirmé. 

 Le recours est donc rejeté sur ce point. 

3. La recourante qui succombe sera condamnée au paiement des frais judiciaires du 
recours, fixés à 1'440 fr. pour tenir également compte de la décision sur effet 
suspensif (art. 104 al. 1, 105 et 106 al. 1 CPC; art 13, 41 RTFMC), et aux dépens 
de ses parties adverses, arrêtés à 1'200 fr. (art. 105 al. 1 CPC; 85, 87 et 90 
RTFMC). 

 Les frais judiciaires seront entièrement compensés avec l'avance de frais effectuée 
par elle, qui reste acquise à l'Etat de Genève (art. 111 al. 1 CPC). 

4. La présente décision incidente, rendue dans le cadre d'une procédure dont la 
valeur litigieuse est inférieure à 30'000 fr. (art. 51 al. 3 LTF), est susceptible de 
recours constitutionnel subsidiaire au Tribunal fédéral, aux conditions restrictives 
de l'art. 93 LTF, applicable par le renvoi de l'art. 117 LTF. 

* * * * *  

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté par A______ contre le chiffre 7 du dispositif de 
l'ordonnance ORTPI/644/2015 rendue le 2 octobre 2015 par le Tribunal de première 
instance dans la cause C/23044/2013-8. 

Le déclare irrecevable pour le surplus. 

Au fond : 

Rejette le recours. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires du recours à 1'440 fr., les met à la charge de A______ et dit 
qu'ils sont compensés avec l'avance de frais, qui reste acquise à l'Etat de Genève. 

Condamne A______ à verser à B______ et C______, pris solidairement, la somme de 
1'200 fr. à titre de dépens de recours. 

Siégeant : 

Madame Florence KRAUSKOPF, présidente; Monsieur Ivo BUETTI et Madame Ursula 
ZEHETBAUER GHAVAMI, juges; Madame Marie NIERMARÉCHAL, greffière. 

 

La présidente : 

Florence KRAUSKOPF 

 La greffière : 

Marie NIERMARÉCHAL 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 113 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec 

expédition complète (art 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du recours 

constitutionnel subsidiaire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 30'000 fr.