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**Case Identifier:** 19b32d25-f0cb-5ea6-a3e7-78eaa146e8fa
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-01-17
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 17.01.2024 C/28124/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-28124-2018_2024-01-17.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 19 janvier 2024. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/28124/2018 ACJC/62/2024 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU MERCREDI 17 JANVIER 2024 

 

Entre 

Madame A______, domiciliée ______, appelante d'un jugement rendu par la 

19ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 17 octobre 2023, 

représentée par Me Olivier PECLARD, avocat, fontanet & Associés, Grand-Rue 25, 

case postale 3200, 1211 Genève 3,  

et 

Monsieur B______, domicilié ______, intimé, représentée par Me José CORET, 

avocat, avenue de la Gare 1, case postale 986, 1001 Lausanne. 

 

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C/28124/2018 

Attendu, EN FAIT, que par jugement JTPI/11895/2023 du 17 octobre 2023, le 
Tribunal de première instance (ci-après : le Tribunal) a dissous par le divorce le 

mariage contracté par A______ et B______ (chiffre 1 du dispositif), attribué à 

B______ le domicile conjugal sis à C______ [GE] (ch. 2), ordonné à A______ de 

quitter ledit domicile, de sa personne et de ses biens, dans un délai de deux mois 

dès l’entrée en force du jugement, cette injonction étant prononcée sous la menace 
de la peine prévue par l’art. 292 CP, dont la teneur a été rappelée (ch. 3), 
condamné B______ à verser à A______ une contribution à son entretien de 

4'000 fr. par mois jusqu’au 1er janvier 2024 (ch. 4), dit qu’à compter du 1er janvier 
2024, aucune contribution d’entretien ne sera due par B______ en faveur de 
A______ (ch. 5), constaté que les parties ont liquidé leurs rapports patrimoniaux 

et n’ont plus aucune prétention à faire valoir l’une envers l’autre (ch. 6), renoncé 
au partage des avoirs et rente de prévoyance professionnelle des époux (ch. 7), 

arrêté et réparti les frais judiciaires sans allouer de dépens (ch. 8) et débouté les 

parties de toutes autres conclusions (ch. 9); 

Que s’agissant de l’attribution du domicile conjugal, le Tribunal a retenu que 
A______ n’avait ni démontré, ni allégué un intérêt prépondérant à se voir 
attribuer la maison; l’installation avec elle de son fils majeur semblait par ailleurs 
provisoire; qu’il ressortait de la procédure que B______ devait vendre ce bien afin 
d’acquitter ses dettes et avait allégué qu’il serait vendu aux enchères en janvier 
2024; qu’il se justifiait donc d’attribuer le domicile conjugal à l’époux et 
d’impartir à l’épouse un délai de deux mois pour le quitter; 

Que le 20 novembre 2023, A______ a formé appel contre ce jugement, concluant 

à l’annulation des chiffres 2 à 9 de son dispositif; que cela fait, elle a 
principalement conclu à l’octroi d’un droit d’habitation sur le domicile conjugal 
« jusqu’à l’entrée en force de l’exécution forcée dudit immeuble », à ce que 
B______ soit condamné à lui verser la somme de 4'500 fr. par mois à titre de 

contribution à son entretien tant et aussi longtemps qu’elle bénéficiera d’un droit 
d’habitation, puis à sa condamnation à lui verser la somme de 6'950 fr. par mois 
pour une durée illimitée, à compter du jour où elle ne bénéficiera plus d’un droit 
d’habitation, à ce que B______ soit condamné à lui verser la somme de 22'658 fr. 
47 (sic) avec intérêt à 5% à compter du 15 novembre 2019 au titre de frais 

extraordinaires pour l’entretien de la maison et la somme de 58'949 fr. 90 avec 
intérêt à 5% à compter du 15 novembre 2019 à titre d’arriérés d’impôts suite aux 
décisions de scission de l’Administration fiscale cantonale demandées par 
B______; que l’appelante a également conclu à ce que ce dernier soit condamné à 
lui verser une indemnité équitable fondée sur l’art. 124a CC, avec suite de frais de 
première et seconde instance;   

Que subsidiairement, A______ a conclu à l’annulation des chiffres 2 à 9 du 
jugement attaqué et cela fait, à ce que B______ soit condamné à lui verser la 

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C/28124/2018 

somme de 6'950 fr. par mois et d’avance à titre de contribution à son entretien et 
ce pour une durée illimitée, à ce qu’il soit condamné à lui verser les sommes de 
22'658 fr. 47 et 58'949 fr. 90, ainsi qu’une indemnité équitable fondée sur 124a 
CC, avec suite de frais de première et seconde instance;  

Que s’agissant du domicile conjugal, l’appelante a allégué qu’il faisait l’objet 
d’un séquestre et qu’il serait vendu aux enchères à l’issue de la procédure en 
réalisation forcée; que par conséquent, B______ ne pouvait invoquer aucun 

besoin urgent de récupérer ce bien, dont il ne pouvait plus librement disposer; 

qu’il se justifiait dès lors qu’elle puisse demeurer dans l’ancien domicile conjugal 
à tout le moins tant et aussi longtemps qu’il n’était pas réalisé aux enchères; que 
le fait de se voir octroyer un droit d’habitation ne constituait pas un obstacle à la 
réalisation forcée du bien, ce d’autant plus qu’elle avait conclu à l’attribution du 
domicile conjugal, sous forme d’un droit d’habitation, jusqu’à l’entrée en force de 
sa réalisation forcée; que pour le surplus, l’appelante a contesté que la vente de la 
maison de C______ soit prévue pour janvier 2024; 

Que le 21 décembre 2023, B______ a sollicité le retrait de l’effet suspensif 
concernant le chiffre 3 du dispositif du jugement de divorce; qu’il a exposé faire 
l’objet d’une procédure de poursuite ayant débouché sur la saisie de son bien 
immobilier sis à C______, ainsi que d’une procédure pénale en sa qualité 
d’administrateur de ses sociétés tombées en faillite pour le paiement des arriérés 
de cotisations sociales; que dans ces circonstances, il était nécessaire qu’il puisse 
vendre rapidement ses biens et en priorité la propriété de C______, qui 

représentait la plus grande part de sa fortune, afin de minimiser les conséquences 

pénales et notamment la peine qui pourrait être prononcée à son encontre; qu’il a 
par ailleurs allégué que la vente aux enchères de ce bien immobilier était prévue 

au plus tard pour le mois de mars 2024; qu’il tentait depuis plusieurs mois, avec 
l’accord de l’Office des poursuites, de vendre ledit bien de gré à gré; qu’il avait 
organisé plusieurs visites auxquelles A______ avait fait opposition, ce qui avait 

nécessité l’intervention des forces de l’ordre; que par conséquent, la présence de 
l’appelante dans la villa de C______ rendait très difficiles les démarches 
entreprises par B______ pour vendre ce bien; que A______ étant personnellement 

propriétaire d’un bien immobilier, libre de tout occupant, elle pourrait sans autre 
s’y installer;  

Que B______ a produit des pièces nouvelles, dont la recevabilité, contestée par 

l’appelante, ne saurait être examinée par un juge unique statuant sur requête 
d’exécution anticipée; 

Que dans ses observations du 15 janvier 2024 sur la requête d’exécution anticipée, 
l’appelante a conclu à son rejet; qu’elle a notamment contesté l’allégation de sa 
partie adverse selon laquelle la villa de C______ serait vendue aux enchères au 

cours du mois de mars 2024; qu’elle a enfin contester disposer d’une solution de 

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relogement, avec la précision que le bien immobilier dont elle serait propriétaire 

est situé à D______ (Italie);  

Considérant, EN DROIT, que la Cour est saisie d'un appel au sens de 
l'art. 308 CPC; 

Que selon l'art. 315 CPC, l'appel suspend la force de chose jugée et le caractère 

exécutoire de la décision dans la mesure des conclusions prises en appel (al. 1), 

sauf dans les cas mentionnés à l'art. 315 al. 4 CPC, non pertinents en l'espèce; 

Que selon l'art. 315 al. 2 CPC, l'instance d'appel peut autoriser l'exécution 

anticipée; elle ordonne au besoin des mesures conservatoires ou la fourniture de 

sûretés; 

Que l'effet suspensif de l'appel constituant la règle, l'exécution anticipée ne doit 

être accordée qu'exceptionnellement, lorsque les circonstances l'exigent, 

notamment si une des parties est exposée, à défaut, à subir un préjudice 

difficilement réparable; 

Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation 

(JEANDIN, CR CPC 2
ème

 éd. 2019, n. 4 ad art. 315 CPC); 

Qu’en l’espèce, l’appelante a contesté, devant la Cour, le chiffre 3 du dispositif du 
jugement attaqué, concluant principalement à l’octroi d’un droit d’habitation 
jusqu’à l’entrée en force de l’exécution forcée de l’immeuble sis à C______, dans 
lequel elle vit actuellement; 

Que l’exécution anticipée du même chiffre 3 rendrait par conséquent sans objet 
l’appel sur ce point; 

Que de son côté, l’intimé n’a pas rendu suffisamment vraisemblable qu’il risque, à 
défaut d’exécution anticipée, de subir un préjudice difficilement réparable; 

Qu’il n’a, d’une part, pas rendu suffisamment vraisemblable le fait que la vente 
aux enchères de la villa de C______ aurait lieu durant le mois de mars 2024; que, 

d’autre part, la présence de l’appelante dans ladite villa n’est vraisemblablement 
pas un obstacle à l’organisation de la vente aux enchères; 

Qu’au vu de ce qui précède, la requête d’exécution anticipée sera rejetée; 

Qu'il sera statué sur les frais liés à la présente décision dans l'arrêt rendu sur le 

fond (art. 104 al. 3 CC). 

* * * * * * 

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C/28124/2018 

PAR CES MOTIFS, 

La présidente de la Chambre civile : 

Statuant sur requête d'exécution anticipée du jugement entrepris : 

La rejette. 

Dit qu'il sera statué sur les frais liés à la présente décision dans l'arrêt rendu sur le fond. 

Siégeant : 

Monsieur Laurent RIEBEN, président; Madame Camille LESTEVEN, greffière. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indications des voies de recours : 

La présente décision, incidente et de nature provisionnelle (ATF 137 III 475 

consid. 1 et 2), est susceptible d'un recours en matière civile (art. 72 ss de la loi 

fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005; LTF – RS 173.110), les griefs pouvant 
être invoqués étant toutefois limités (art. 93/98 LTF), respectivement d'un recours 

constitutionnel subsidiaire (art. 113 ss LTF). Dans les deux cas, le recours motivé doit 

être formé dans les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète de la 

décision attaquée. 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.