# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** dc20d343-cac9-5710-b3c5-900e325960b0
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-11-28
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 28.11.2008 A/3881/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-3881-2008_2008-11-28.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET 

 

CANTON DE GENEVE 

 

POUVOIR JUDICIAIRE 
 

 

DCSO/518/08 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 

17 juin 2005 (LTF ; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Commission de 

surveillance des Offices des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance 

en matière de poursuite pour dettes et faillite (art. 56R al. 3 LOJ). Il doit être déposé devant le 

Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les dix jours qui suivent la notification de l'expédition 

complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2 let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière 

de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). Le recours doit être rédigé dans 

une langue officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens 

de preuve, et être signé (art. 42 LTF). 

 

DÉCISION 

DE LA COMMISSION DE SURVEILLANCE 
DES OFFICES DES POURSUITES ET DES FAILLITES 

SIÉGEANT EN SECTION 

DU VENDREDI 28 NOVEMBRE 2008 

Cause A/3881/2008, plainte 17 LP formée le 28 octobre 2008 par Mme H______. 

 

Décision communiquée à : 

- Mme H______ 

 

- Masse en faillite de B______ SA (2003 xxxx60 D / OFA1) 

p.a. Office des faillites 

 

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E N   F A I T  

A.a. A la requête de Mme H______, le Tribunal de première instance a, par jugement 

du 10 février 2003, prononcé la faillite de B______ SA en application de l'art. 190 

al. 1 ch. 2 LP. 

 Dans l'inventaire qu'il a dressé le 19 juin 2003, l'Office des faillites (ci-après : 

l'Office) a mentionné un montant total d'actifs de 43'546 fr., correspondant au 

solde en espèces du capital social, ainsi que, pour mémoire, des prétentions 

contestées à l'encontre de M. R______, Mme H______, M. W______ et M. 

G______, à hauteur de 168'578 fr. 90 (découvert prévisible), pour le dommage 

subi par les créanciers selon les art. 754 ss CO et à l'encontre de L______ SA, au 

titre de prétention litigieuse en responsabilité, à hauteur du passif. 

 La liquidation sommaire de la faillite de B______ SA a été ordonnée par 

jugement du 7 août 2003. 

 L'état de collocation a été déposé le 8 octobre 2003, puis déposé à nouveau le 21 

janvier 2004. Figurent sous n° 2 les productions de Mme H______ admises en  

1
ère

 classe à hauteur de 9'171 fr. 90 (créance de salaire pour la période de juillet 

2002 plus intérêts à 5% jusqu'au jour de la faillite) et en 3
ème

 classe à hauteur de 

28'267 fr. 60 (créance de salaire pour les mois d'avril à juin 2003 : 27'737 fr. 60 + 

frais de la procédure en faillite sans poursuite préalable : 530 fr.).   

A.b. Par assignation déposée en conciliation le 20 septembre 2004, l'Office, agissant en 

tant qu'administration de la masse en faillite de B______ SA (ci-après : la masse 

en faillite), a déposé par devant le Tribunal de première instance une demande en 

paiement contre M. R______, administrateur, M. W______, directeur, et L______ 

SA, organe de révision, de 168'578 fr. 90, s'agissant des deux premiers nommés, 

et de 50'000 fr. pour le troisième. 

 Par  acte déposé le 17 mars 2005, M. R______ a appelé en cause Mme H______ 

et M. G______, directeurs de fait. Par jugement du 3 novembre 2005, le Tribunal 

de première instance a déclaré irrecevable l'appel en cause contre ce dernier. 

 Les deux causes ont été jointes en une même procédure par jugement du Tribunal 

de première instance du 18 mai 2006. 

 Le 30 janvier 2008, l'Office, considérant que les enquêtes n'avaient pas permis de 

confirmer intégralement les suspicions initiales quant à la responsabilité de 

l'organe de révision, a retiré sa demande en tant qu'elle concernait L______ SA. 

 Par jugement du 29 mai 2008, le Tribunal de première instance a débouté la masse 

en faillite des fins de sa demande en paiement et l'a condamnée aux dépens 

comprenant des indemnités de procédure de 7'500 fr. en faveur de M. R______ et 

 

 - 3 - 

de M. W______, valant participation aux honoraires de leurs avocats, ainsi qu'au 

paiement d'un émolument complémentaire de 2'000 fr. M. R______ a également 

été débouté de ses conclusions à l'encontre de Mme H______ et condamné à ses 

dépens comprenant une indemnité de procédure de 2'500 fr. valant participation à 

ses honoraires d'avocat. 

A.c. Le tableau de distribution a été déposé le 23 octobre 2008. Il en ressort que le total 

disponible est de 43'801 fr. 05 (argent comptant : 43'546 fr. + intérêts : 233 fr.) et 

que les frais généraux et dettes de masse représentent respectivement 3'734 fr. 42 

et 56'327 fr. 96, soit au total 60'062 fr. 37.  

 Par pli recommandé du 21 octobre 2008, l'Office a communiqué à Mme H______ 

l'avis spécial aux créanciers et au failli concernant le dépôt du tableau de 

distribution, dont il ressort que pour ses créances de 9'171 fr. 90 et 28'267 fr. 60, 

admises respectivement en 1
ère

 et en 2
ème

 classe, aucun dividende n'est versé. 

B. Par acte posté le 28 octobre 2008, Mme H______ s'est adressée à la Commission 

de céans. Elle déclare "porter plainte contre l'office des faillites, qui a juger 

necessaire De processer contre l'administrateur et directeur et a ainsi depenser le 

solde De CHF 43'546 pour les frais d'avocat (sic)".  

 Au terme de son rapport du 10 novembre 2008, l'Office conclut à l'irrecevabilité 

de la plainte pour tardiveté, subsidiairement à son rejet. Ses arguments seront 

repris ci-après dans la partie en droit en tant que de besoin. L'Office produit 

notamment le "rapport de perte" qu'il a adressé à son département de tutelle, dans 

lequel il déclare que le coût total de la procédure sus-rappelée a été de 55'609 fr. 

et qu'il a fait plus "qu'engloutir" le montant reçu puisque, sans compter les autres 

émoluments et débours, le solde négatif est déjà de 12'063 fr. 

 

E N   D R O I T  

1.a. La Commission de céans est compétente pour connaître des plaintes dirigées 

contre des mesures prises par des organes de l’exécution forcée qui ne sont pas 

attaquables par la voie judiciaire ou des plaintes fondées sur un prétendu déni de 

justice ou retard injustifié (art. 17 LP ; art. 10 al. 1 et art. 11 al. 2 LaLP ; art. 56R 

al. 3 LOJ).  

 La présente plainte a été déposée en temps utile (art. 17 al. 2 LP) et dans les 

formes prescrites auprès de l'autorité compétente contre un tableau de distribution 

des deniers, soit une mesure sujette à plainte (cf. art. 88 OAOF). En sa qualité de 

créancière, la plaignante a qualité pour agir par cette voie (art. 10 al. 1 et 13 

LaLP). 

 

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1.b. Pour que la plainte soit recevable, faut-il encore que les griefs invoqués le soient 

également. Ce point sera examiné ci-après. 

2.a. Lorsque l’état de collocation est définitif et que l’administration est en possession 

du produit de la réalisation de tous les biens, elle dresse le tableau de distribution 

des deniers, qui est basé sur l’état de collocation définitif, et établit le compte final 

(art. 261 LP). Le tableau de distribution et le compte final restent déposés au 

bureau de l’office pendant dix jours et leur dépôt est porté à la connaissance des 

créanciers (art. 263 al.1 LP). L’art. 87 al. 1 OAOF précise, par ailleurs, que les 

créanciers et le failli sont avisés individuellement par lettre recommandée (art. 34 

LP) du dépôt du tableau de distribution. 

 Un tableau de distribution des deniers, s'il représente une mesure en soi sujette à 

plainte ne peut être contesté par cette voie que pour le motif qu'il serait contraire à 

l'état de collocation, ne respecterait par l'art. 85 OAOF, ou serait incomplet ou 

inintelligible (Pierre-Robert Gilliéron, Poursuite pour dettes, faillite et concordat, 

4ème éd. 2005, n° 2075 ; Walter A. Stoffel, Voies d’exécution, § 11 n° 124 ; 

Daniel Staehelin, in SchKG III, ad art. 261 n° 11 ; Nicolas Jeandin / Niki 

Casonato, CR-LP, ad art. 261 n° 16 ss). Le plaignant ne peut, en effet, plus faire 

valoir des griefs matériels relatifs à l'existence de la créance. Seuls des griefs 

relatifs à l'établissement de cet acte peuvent être avancés et, à ce stade de la 

procédure, on doit seulement examiner si le tableau de distribution correspond à 

l'état de collocation (ATF 102 III 155, JdT 1978 II 126). 

2.b. Dans le cas particulier, l'état de collocation a été déposé le 8 octobre 2003, puis, 

déposé à nouveau le 21 janvier 2004. La plaignante n'a pas formé plainte ni 

intenté d'action en contestation de l'état de collocation (art. 250 LP).  

 Cet acte est donc devenu définitif et l'Office a dressé le tableau de distribution des 

deniers et établi le décompte final, conformément aux art. 261 ss LP et 83 ss 

OAOF. 

 S'agissant des créances de la plaignante, il appert que ce tableau n'est ni contraire 

à l'état de collocation, ni incomplet ou inintelligible.  

 La plaignante ne fait d'ailleurs pas valoir de griefs à l'encontre de cet acte. Elle 

reproche à l'Office d'avoir engagé une procédure à l'encontre de l'administrateur et 

du directeur de la faillie et d'avoir ainsi dépensé, la masse en faillite ayant été 

déboutée de sa demande en paiement à l'encontre des précités, l'entier des 

liquidités de la faillie. 

2.c. Le délai de plainte de dix jours prévu à l'art. 17 al. 2 LP est un délai péremptoire 

qui commence à courir du jour où la personne concernée a eu connaissance de la 

décision ou mesure, soit plus précisément du jour où elle en a eu une connaissance 

effective et suffisante (Pierre-Robert Gilliéron, Commentaire, ad art. 17 n°s 190 et 

222 , Pauline Erard, CR-LP, ad art. 17 n° 45). 

 

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 En l'espèce, il est constant que la plaignante a eu connaissance de la décision de la 

masse en faillite d'agir en responsabilité contre l'administrateur et le directeur à fin 

mars 2005 lorsqu'elle a été appelée en cause par l'administrateur poursuivi en 

justice, voire au plus tard à réception du jugement du Tribunal de première 

instance du 18 mai 2006, ordonnant la jonction des causes et lui impartissant un 

délai au 16 juin 2006 pour répondre. C'est donc il y a plus de deux ans que 

l'intéressée aurait dû, si elle l’estimait opportun, saisir la Commission de céans 

pour faire valoir que la masse en faillite n'avait pas les moyens suffisants pour 

soutenir le procès en question dont l'issue lui paraissait incertaine et invoquer, le 

cas échéant, l'existence de circonstances spéciales justifiant, selon l'art. 231 al. 3 

ch. 1 2
ème

 phr. LP, la consultation des créanciers sur son ouverture (cf. ATF non 

publié du 25 avril 2006 7B.19/2006). 

3. La présente plainte sera en conséquence déclarée irrecevable. 

4. Au demeurant et dans la mesure où l'acte formé par la plaignante devait être 

interprété comme une demande en dommages et intérêts, la Commission rappelle 

que si le canton répond du dommage causé, d’une manière illicite, par les 

préposés, les employés, leurs auxiliaires, les membres des administrations 

spéciales de la faillite, les commissaires, les liquidateurs, les autorités de 

surveillance, les autorités judiciaires, ainsi que par la force publique dans 

l’exécution des tâches que leur attribue la loi fédérale sur la poursuite pour dettes 

et la faillite (art. 5 al. 1 LP), l’action en responsabilité est, à Genève, de la 

compétence du Tribunal de première instance (art. 40A LaLP). La voie de la 

plainte ne peut donc être utilisée pour intenter action en dommages-intérêts contre 

l’Etat de Genève, ni pour préparer celle-ci (SJ 2000 II 205 s.). 

 

 

 

*  *  *  *  *  

 

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P A R   C E S   M O T I F S ,  

L A   C O M M I S S I O N   D E   S U R V E I L L A N C E    

S I É G E A N T   E N   S E C T I O N   :  

Déclare irrecevable la plainte formée par Mme H______ contre le tableau de 

distribution des deniers dans la faillite de B______ SA (faillite n° 2003 xxxx60 D). 

 

 

 

 

Siégeant : Mme Ariane WEYENETH, présidente ; M. Denis MATHEY, juge 
assesseur, et Mme Françoise SAPIN, juge assesseure suppléante.  

 

 

Au nom de la Commission de surveillance : 

 

Véronique PISCETTA      Ariane WEYENETH 

         Greffière :                        Présidente : 

 

 

 

 

 

La présente décision est communiquée par courrier A à l’Office concerné et par courrier 

recommandé aux autres parties par la greffière le