# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** bc54a414-cc43-5dc4-b8a3-cec0d9a38a31
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2019-07-10
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 10.07.2019 A-837/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_A-837-2019_2019-07-10.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 

 

  

 

 Cour I 

A-837/2019 

 

 
 

  A r r ê t  d u  1 0  j u i l l e t  2 0 1 9  

Composition 
 Annie Rochat Pauchard (présidente du collège),  

Michael Beusch, Daniel Riedo, juges, 

Valérie Humbert, greffière. 
 

 
 

Parties 
 A._______,   

représenté par  

Dr Simone Nadelhofer et Me Noémie Raetzo,  

Etude LALIVE SA, Rue de la Mairie 35,  

Case postale 6569, 1211 Genève 6,  

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Administration fédérale des contributions AFC,  

Service d'échange d'informations en matière fiscale SEI, 

Eigerstrasse 65, 3003 Bern,    

autorité inférieure, 

 
 

 
 

Objet 
 assistance administrative (CDI CH-IN) ;  

demande de réexamen. 

 

 

 

A-837/2019 

Page 2 

Faits : 

A.  

A.a Par décision du 16 décembre 2016, l’Administration fédérale des con-

tributions (ci-après : AFC, autorité inférieure ou autorité requise) a donné 

une suite favorable à la demande d’assistance administrative en matière 

fiscale déposée le 25 août 2015 par le Ministère des Finances de la Répu-

blique de l’Inde (ci-après : MFI, autorité fiscale indienne ou autorité requé-

rante) au sujet de A._______ et basée sur l'art. 26 de la Convention du 2 

novembre 1994 entre la Confédération suisse et la République de l'Inde en 

vue d'éviter les doubles impositions en matière d'impôts sur le revenu (CDI 

CH-IN, RS 0.672.942.31).  

A.b Par arrêt du 29 janvier 2018, le Tribunal administratif fédéral (ci-après : 

le TAF ou le Tribunal) a très partiellement admis le recours formé à l’en-

contre de cette décision par A._______ dans la mesure où il a ordonné des 

caviardages supplémentaires avant la transmission des renseignements à 

l’autorité requérante et l’a rejeté pour le surplus (cf. arrêt A-525/2017 du 29 

janvier 2018). 

A.c Par acte du 12 février 2018, A._______ a interjeté recours en matière 

de droit public par devant le Tribunal fédéral (ci-après : le TF) à l’encontre 

de l’arrêt du TAF (cf. procédure 2C_141/2018). 

B.  

B.a Par pli du 27 août 2018, A._______ a informé le TF de son intention 

de demander un réexamen à l’AFC de sa décision du 16 décembre 2016, 

en raison de faits nouveaux démontrant le non-respect du principe de spé-

cialité par l’autorité fiscale indienne. 

B.b Le 30 août 2018, A._______ a requis de l’AFC le réexamen de sa dé-

cision en se prévalant de faits nouveaux prouvant la violation du droit fé-

déral par les autorités indiennes. Par courrier du même jour, il a demandé 

au TF de bien vouloir suspendre la cause encore pendante de par devant 

lui pour la durée de la procédure de réexamen, ce que le TF a refusé par 

ordonnance du 12 octobre 2018 invitant toutefois l’AFC à lui communiquer 

toute décision à cet égard (pce 18 recourant). 

B.c Par lettre du 17 janvier 2019, l’AFC a constaté que les circonstances 

ne s’étaient pas notablement modifiées depuis le prononcé de la décision 

du 16 décembre 2016 et qu’aucun nouveau fait ou moyen de preuve dé-

terminant pour la procédure n’avait été apporté. Elle a estimé n’être dès 

lors pas tenue d’entrer en matière sur la demande de réexamen. 

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B.d Par acte du 18 février 2019, A._______ (ci-après : le recourant) défère 

la lettre de l’AFC par devant le TAF concluant à son annulation puis, cela 

fait, principalement à l’annulation de la décision du 16 décembre 2016 et à 

ce qu’il soit déclaré qu’il ne peut être entré en matière sur la demande d’as-

sistance de l’autorité requérante, subsidiairement à ce qu’il soit ordonné à 

l’AFC qu’elle entre en matière sur la demande de réexamen, plus subsi-

diairement à ce que l’AFC entre en matière et procède à un complément 

d’instruction et encore plus subsidiairement à ce que l’AFC entre en ma-

tière et demande des garanties à l’autorité requérante quant au respect du 

principe de spécialité avant de statuer à nouveau par décision finale. A titre 

superprovisionnel et provisionnel, le recourant demande à ce qu’il soit fait 

interdiction à l’autorité inférieure de transmettre toute information le con-

cernant avant droit jugé sur le présent recours. Il conclut également à une 

allocation d’une indemnité de dépens de 25'000 francs à charge de l’AFC. 

En substance, à l’appui de ses conclusions, le recourant prétend démon-

trer au moyen d’un document datant du XX.XX. 2018 (pce 14 recourant) – 

soit postérieurement à l’arrêt du TAF – que l’autorité fiscale indienne en-

tend transmettre les informations qu’elle recevra de l’autorité inférieure aux 

autorités pénales indiennes, en violation du principe de spécialité. 

Le recourant estime que l’AFC avait l’obligation d’entrer en matière sur sa 

demande de réexamen et que s’il fallait considérer que c’est ce qu’elle a 

fait mais qu’elle a rejeté la demande sur le fond, elle avait l’obligation de 

reconsidérer sa décision du 16 décembre 2016 à l’aune de la nouvelle 

preuve invoquée. 

B.e Par décision incidente du 21 février 2019, le TAF fait en partie droit à 

la demande du recourant et interdit à l’autorité inférieure de communiquer 

les informations requises par l’autorité fiscale indienne au sujet du recou-

rant, jusqu’à droit connu sur la requête de mesures provisionnelles. 

B.f Dans sa réponse du 11 avril 2019 – transmise au recourant le 15 avril 

suivant (svt) –, l’autorité inférieure conclut sous suite de frais et dépens, 

tant au rejet de la demande de mesures provisionnelles qu’au rejet du re-

cours. A l’appui de ses conclusions, elle soutient qu’elle n’était en réalité, 

en raison de l’effet dévolutif, pas compétente pour traiter de la demande 

de réexamen et que seule une demande de révision de l’arrêt du TAF est 

possible à ce stade. Au surplus, elle évoque l’absence de motif de réexa-

men. 

C.  

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C.a Par réplique spontanée du 26 avril 2019, le recourant réfute en subs-

tance la logique développée par l’autorité inférieure dans sa réponse et 

soutient que celle-ci est compétente pour se saisir du motif de réexamen 

invoqué. Si le Tribunal devait retenir que ce n’est pas le cas, le recourant 

demande que sa requête soit traitée comme une demande de révision de 

l’arrêt du TAF. Par ailleurs, il informe le Tribunal qu’une nouvelle procédure 

d’entraide portant le n° xxx aurait été ouverte à son encontre selon une 

communication reçue de la Banque B._______SA. Il requiert que la pré-

sente procédure soit suspendue jusqu’à droit connu sur la nouvelle de-

mande d’assistance.  

C.b Dans sa duplique du 3 juin 2019, l'autorité inférieure conclut au rejet 

de la demande de suspension, de la requête de mesures provisionnelles 

et du recours. Elle maintient que le TAF est compétent pour examiner la 

demande en réexamen tout en soutenant qu'il n'existe aucun motif de ré-

examen. En substance, l'autorité inférieure estime qu'il n'est pas néces-

saire d'analyser en détail le risque de violation du principe de spécialité 

puisqu'elle n'a pas à mettre en doute les allégations de l'Etat requérant à 

ce sujet. Elle est d'avis, au surplus, que la pièce produite par le recourant 

à l'appui de sa demande de réexamen décrit une transmission d'informa-

tions entre autorités d'un même Etat conforme au standard de l'OCDE. Elle 

relève encore que ce document ne concerne pas une procédure d'assis-

tance administrative entre la Suisse et l'Inde. 

C.c Par triplique spontanée du 14 juin 2019, transmise à l'autorité infé-

rieure le 20 juin svt, le recourant persévère dans sa demande de suspen-

sion. Pour le surplus, il conteste point par point les conceptions et argu-

ments de l'autorité inférieure. 

C.d Par pli du 3 juillet svt – transmis au recourant avec le présent arrêt – , 

l'autorité inférieure intervient sans y être invitée pour préciser que la nou-

velle procédure n° xxx n'aboutira à aucune transmission d'information et 

qu'en conséquence la demande de suspension doit être rejetée. 

Pour autant que de besoin, les autres faits et les arguments des parties 

seront repris dans les considérants en droit ci-après. 

 

 

Droit : 

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1.  

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 de la loi fédérale du 17 

juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32) – non réa-

lisées en l'espèce – le Tribunal connaît, selon l'art. 31 LTAF, des recours 

contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 

1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021), prononcées par 

l'AFC (cf. art. 33 let. d LTAF en lien avec l'art. 19 al. 5 de la loi fédérale du 

28 septembre 2012 sur l'assistance administrative internationale en ma-

tière fiscale [LAAF, RS 651.1]). Pour autant que ni la LTAF ni la LAAF n'en 

disposent autrement, la procédure est régie par la PA (art. 37 LTAF et art. 

5 al. 1 LAAF).  

1.2 Le Tribunal administratif fédéral examine d'office et librement la rece-

vabilité des recours qui lui sont soumis (cf. ATAF 2007/6 consid. 1). La pre-

mière question qui se pose au titre de la recevabilité du recours est celle 

de la nature juridique de l'acte attaqué daté du 17 janvier 2019. Il convient 

en effet de déterminer si la correspondance précitée – qui ne contient au-

cune indication de voies de droit – peut être considérée comme une déci-

sion au sens de l'art. 5 PA. 

1.2.1 L’autorité inférieure a estimé que les motifs de réexamen invoqués 

par le recourant ne l’obligeaient pas à entrer en matière. Elle a communi-

qué ce point de vue par simple lettre, ce qui est discutable (cf. infra con-

sid.  4.2.5). Cela étant, pour qu’un acte soit considéré comme une décision, 

il importe peu qu’il soit désigné comme tel ou qu’il remplisse les conditions 

formelles de l’art. 34 PA, dans la mesure où il est suffisant qu’il réponde 

aux conditions matérielles posées par l’art. 5 al. 1 PA (cf. parmi d’autres 

arrêt du TAF A-1350/2017 du 20 mars 2019 consid. 2.1). Or, la lettre liti-

gieuse équivaut à un prononcé d’irrecevabilité et tombe sous la définition 

de l’art. 5 al. 1 let. c PA qui dispose que sont des décisions les mesures 

prises par les autorités dans des cas d’espèce, fondées sur le droit public 

fédéral et ayant pour objet de rejeter ou de déclarer irrecevables des de-

mandes tendant à créer, modifier, annuler ou constater des droits ou obli-

gations. 

1.2.2 Il s’ensuit que le TAF est compétent pour connaître du présent re-

cours étant entendu que pour le surplus, celui-ci a été interjeté en temps 

utile (art. 50 al. 1 PA) et dans les formes requises (art. 52 PA) par le desti-

nataire de la décision litigieuse, lequel a participé à la procédure devant 

l'autorité inférieure et possède un intérêt digne de protection à son annula-

tion ou à sa modification (art. 48 al. 1 PA). 

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1.2.3 Il faut encore de relever – au titre de la recevabilité – que le recourant 

est limité à se plaindre uniquement de ce que l’autorité inférieure n’est pas 

entrée en matière sur sa demande ; toutes ses conclusions relatives au 

fond du litige sont donc irrecevables (cf. infra consid. 4.2.5). Sous cette 

réserve, il peut être entré en matière sur les mérites du recours. 

2.  

2.1 Le recourant peut invoquer la violation du droit fédéral, y compris l'ex-

cès ou l'abus du pouvoir d'appréciation, la constatation inexacte ou incom-

plète des faits pertinents ou l'inopportunité (art. 49 PA ; cf. ULRICH HÄ-

FELIN/GEORG MÜLLER/FELIX UHLMANN, Allgemeines Verwaltungsrecht, 

7e éd. 2016, n° 1146 ss ; ANDRÉ MOSER/MICHAEL BEUSCH/LORENZ 

KNEUBÜHLER, Prozessieren vor dem Bundesverwaltungsgericht, 2e  éd. 

2013, n. 2.149).  

2.2 Le Tribunal vérifie d'office les faits constatés par l'autorité inférieure 

(art. 12 PA), sous réserve du devoir de collaborer des parties (art. 13 PA). 

Il applique le droit d'office, sans être lié par les motifs invoqués 

(art. 62 al. 4 PA), ni par l'argumentation juridique développée dans la déci-

sion entreprise. Il se limite toutefois en principe aux griefs soulevés et 

n'examine les questions de droit non invoquées que dans la mesure où les 

arguments des parties ou le dossier l'y incitent («Rügeprinzip», 

cf. ATF 135 I 91 consid. 2.1; ATAF 2014/24 consid. 2.2 et réf. cit.). Il peut 

aussi admettre un recours pour d'autres motifs que ceux qui ont été allé-

gués, ou confirmer la décision attaquée quant à son résultat avec une autre 

motivation que celle adoptée par l'instance inférieure (« substitution de mo-

tifs » ; cf. ALFRED KÖLZ/ISABELLE HÄNER/MARTIN BERTSCHI, Verwal-

tungsverfahren und Verwaltungsrechtspflege des Bundes, 3e éd. 2013, n° 1 

p. 136 ; MOSER/BEUSCH/KNEUBÜHLER, op. cit., n. 1.54 s. ; ATAF 2007/41 

consid. 2 ; arrêt du TAF A-2730/2016 du 23 avril 2018 consid. 1.3.2).  

3.  

3.1 Il convient dans un premier temps de traiter la requête du recourant qui 

demande à ce que la présente procédure soit suspendue jusqu’à droit 

connu au sujet de la nouvelle demande n° 631–2018–IN.0173. 

Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, la procédure peut être suspen-

due pour des motifs d’opportunité. Une suspension ne doit être admise 

qu’exceptionnellement, singulièrement lorsqu’il se justifie d’attendre la dé-

cision d’une autre autorité (cf. ATF 138 II 386 consid. 7, 130 V 90 consid. 5, 

arrêt du TF 1B_238/2018 du 5 septembre 2018 consid. 2.1). D’une manière 

générale, la décision de suspension relève du pouvoir d’appréciation du 

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juge saisi et il lui appartient de procéder à la pesée des intérêts, l’exigence 

de célérité découlant de l’art. 29 al. 1 de la Constitution fédérale de la Con-

fédération suisse du 18 avril 1999 (Cst., RS 101) l’emportant en cas de 

doute (cf. ATF 119 II 386 consid. 1b, arrêt du TF 1B_406/2017 du 23 janvier 

2018 consid. 2).  

En l’espèce, il n’existe aucun motif d’attendre l’entrée en force d’une déci-

sion à venir de l’autorité inférieure ; en particulier on ne voit pas quelle 

question décisive pour la présente procédure permettrait de trancher cette 

décision. L’exigence de célérité l’emporte sur un procédé à la limite d’être 

dilatoire. En conséquence, la demande de suspension est rejetée.  

3.2 Cela étant dit, il s’agit de rappeler les principes qui régissent la révoca-

tion (cf. infra consid. 4.1), le réexamen (cf. infra consid. 4.2) et la révision 

des décisions administratives (cf. infra consid. 4.3) avant de procéder à la 

résolution du cas d’espèce (cf. infra consid. 5). 

4.  

4.1  

4.1.1 Pendant le délai de recours, l’autorité peut en principe librement re-

voir sa décision lorsqu’elle est contraire au droit (cf. ATAF 2007/29 con-

sid.  4.3 - 4.4) ; une base légale n’est pas requise (cf. arrêt du TF 

1C_111/2016 du 8 décembre 2016 consid. 6.1 ; PIERRE MOOR/ETIENNE 

POLTIER, Droit administratif, volume II, 3e éd. 2011, p. 382 s). Une telle ré-

vocation peut d'ailleurs être prononcée d'office, à la seule initiative de 

l'autorité compétente (THIERRY TANQUEREL, Manuel de droit administratif, 

2e éd. 2018, n° 939). Lorsqu'il n'existe aucune règle de droit positif sur la 

possibilité de modifier une décision, il y a lieu de se prononcer sur la base 

d'une pesée des intérêts, dans laquelle l'intérêt à une application correcte 

du droit objectif est mis en balance avec l'intérêt à la sécurité juridique, 

respectivement à la protection de la confiance (cf. ATF 137 I 69 consid. 2.3, 

135 V 215 consid. 5.2, 127 II 306 consid. 7a et les réf. citées). 

4.1.2 Dès le dépôt du recours, le pouvoir de traiter l'affaire, objet de la dé-

cision attaquée, passe à l'autorité de recours (effet dévolutif du recours, 

cf.  art. 54 PA). Toutefois, à teneur de l'art. 58 PA, l'autorité inférieure peut, 

jusqu'à l'envoi de sa réponse, procéder à un nouvel examen de la décision 

attaquée (al. 1). La pratique va plus loin et considère que l’autorité infé-

rieure peut revenir sur une décision aussi longtemps que la procédure est 

pendante devant l’autorité de recours (cf. parmi d’autres A-3980/2015 du 

26 octobre 2015 consid. 2 et les réf. cit.). L’autorité inférieure notifie sans 

délai une nouvelle décision (décision prise pendente lite) aux parties et en 

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donne connaissance à l'autorité de recours (al. 2). L'autorité de recours 

continue à traiter le recours, dans la mesure où la nouvelle décision de 

l'autorité inférieure ne l'a pas rendu sans objet (al. 3 1ère phrase) ; 

l'art. 57 PA est applicable lorsque la nouvelle décision repose sur un état 

de fait notablement modifié ou crée une situation juridique sensiblement 

différente (al. 3 2ème phrase).  

Dans ce cas où la décision pendente lite ne règle pas toutes les questions 

à satisfaction du recourant, le Tribunal doit entrer en matière sur le recours 

sans que ce dernier doive attaquer le nouvel acte administratif. L’objet de 

la procédure reste la première décision et la nouvelle décision est considé-

rée comme étant attaquée conjointement (cf. arrêt du TF 9C_809/2012 du 

31 janvier 2013 consid. 3.2 ; cf. ANDREA PFLEIDERER, in: Bernhard Wald-

mann/Philippe Weissenberger [éd.], Praxiskommentar zum Bundesgesetz 

über das Verwaltungsverfahren, VwVG, 2e éd. 2016, art. 58 n°46). Une 

nouvelle décision au sens du titre marginal de l'art. 58 PA implique forcé-

ment une modification du dispositif de la décision attaquée. Dite modifica-

tion interviendra en principe en faveur du recourant ; la possibilité d'une 

modification de la décision à son détriment est en revanche limitée. En 

outre, un simple changement de la motivation de la décision par l'autorité 

émettrice dans le cadre de l'instruction ne suffit pas à remplacer la décision 

contestée (cf. MOSER/BEUSCH/KNEUBÜHLER, op. cit., n  3.45 s; ég. ATAF 

2007/29 consid. 4.3).  

4.2  

4.2.1 Une fois que la décision est entrée en force (soit qu’elle n’ait pas fait 

l’objet d’un recours soit qu’un recours contre celle-ci ait été déclaré irrece-

vable), il est possible d’adresser une demande de réexamen à l’autorité 

administrative en vue de la reconsidération d'une décision qu'elle a rendue. 

Cette requête – non soumise à des exigences de délai ou de forme – n'est 

pas expressément prévue par la PA ; la jurisprudence et la doctrine l'ont 

cependant déduite de l'art. 66 PA, qui prévoit le droit de demander la révi-

sion des décisions de l’autorité de recours, et des art. 8 et 29 al. 2 Cst. (cf. 

ATF 136 II 177 consid. 2.1 ; ATAF 2008/52 consid. 3.2.3, arrêt du TAF A-

1561/2017 du 5 mars 2018 consid. 4.2.1 et les réf. cit. ; TANQUEREL, op. 

cit., p. 491 n°1421 ; KÖLZ/HÄNER/BERTSCHI, op. cit., n° 735 p. 258). Si une 

telle requête peut être présentée en tout temps et n’est en particulier pas 

soumise aux délais applicables aux demandes de révision proprement dite 

(soit les délais de l’art. 67 PA), l’autorité saisie est fondée à estimer qu’elle 

est tardive en application du principe de la bonne foi (cf. JAAC 2000/64.99 ; 

TANQUEREL, op. cit., p. 489 n° 1416, MOOR/POLTIER, op. cit., p. 398). 

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4.2.2 Dans la mesure où la demande de réexamen est un moyen de droit 

extraordinaire, l'autorité administrative n'est tenue de s'en saisir qu'à cer-

taines conditions. Tel est le cas, lorsque le requérant invoque l'un des mo-

tifs de révision prévus par l'art. 66 PA, notamment une irrégularité de la 

procédure ayant abouti à la première décision ou des faits, respectivement 

des moyens de preuve nouveaux et importants ou lorsque les circons-

tances se sont modifiées dans une mesure notable – dans les faits ou ex-

ceptionnellement sur le plan juridique – depuis le prononcé de la décision 

matérielle mettant fin à la procédure ordinaire (cf. ATAF 2010/27 con-

sid. 2.1 qui parle de demande d’adaptation dans ce dernier cas et de re-

considération qualifié dans le premier). En présence de l’un de ces motifs, 

l’autorité doit entrer en matière et cela fait, dans une deuxième étape, elle 

examinera si le motif retenu (le moyen de preuve nouveau et important par 

exemple) conduit effectivement à une modification de la décision à réviser 

(cf. MOOR/POLTIER, op.cit., p. 398). Dans les autres situations, l'autorité ad-

ministrative n'est pas tenue de réexaminer sa décision, mais est libre de le 

faire (ATAF 2010/5 consid. 2.1.1). 

4.2.3 Selon la pratique en vigueur en matière de révision, applicable par 

analogie à l'institution du réexamen, les faits nouveaux ne peuvent entraî-

ner la révision ou le réexamen d'une décision entrée en force que s'ils sont 

pertinents et suffisamment importants pour conduire à une nouvelle appré-

ciation de la situation (cf. ATF 136 II 177 consid. 2.2.1, 131 II 329 con-

sid.  3.2 ; arrêt du TAF A-3595/2015 du 21 septembre 2016 consid. 2.1.2). 

En d'autres termes, il est nécessaire que les faits nouveaux soient décisifs 

et que les moyens de preuve offerts soient propres à les établir. Par faits 

nouveaux, il faut comprendre des faits que le requérant ne connaissait pas 

lors de la première décision ou dont il ne pouvait se prévaloir ou n'avait pas 

de raison de se prévaloir à l'époque (cf. ATF 136 II 177 consid. 2.1). Cela 

implique aussi qu'il doit avoir fait preuve de toute la diligence que l'on peut 

exiger de lui. Celle-ci fera en particulier défaut si la découverte du fait ou 

du moyen de preuve est le fruit de recherches qui auraient pu et dû être 

effectuées plus tôt (cf. ATAF 2013/37 consid. 2.1). 

En effet, la procédure de réexamen ne saurait servir de prétexte pour re-

mettre continuellement en question des décisions entrées en force, ni sur-

tout viser à éluder les dispositions légales sur les délais de recours (cf. ATF 

138 I 61 consid. 4.5, 136 II 177 consid. 2.1 s. et les réf. citées). Elle ne 

saurait non plus viser à supprimer une erreur de droit, à bénéficier d'une 

nouvelle interprétation ou d'une nouvelle pratique ou encore à obtenir une 

nouvelle appréciation de faits qui étaient déjà connus en procédure ordi-

naire. Une décision infondée à l'origine, mais non contestée, n'a pas à être 

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modifiée par la suite du seul fait qu'il résulte de jugements rendus dans des 

procédures parallèles que la situation juridique diffère de celle qu'a retenue 

l'autorité qui a rendu la décision initiale. Par principe, une erreur dans l'ap-

plication du droit doit être invoquée à l'aide des voies de recours ordinaires 

ouvertes contre la décision et l'on ne peut revenir sur celle-ci que de ma-

nière exceptionnelle si elle est affectée d'erreurs matérielles particulière-

ment graves (cf. arrêt du TF 2C_114/2011 du 29 août 2011 consid. 2.2). 

4.2.4  

4.2.4.1 Lorsqu’une autorité de recours s'est prononcée matériellement sur 

le fond, une décision administrative ne peut en principe plus être réexami-

née, seule étant alors ouverte la voie de la révision de l'arrêt qui a mis fin 

à la cause (cf. infra consid. 4.3). En effet, contrairement aux décisions ad-

ministratives qui n’acquièrent que la force de chose décidée (« formelle 

Rechtskraft »), les décisions prises sur recours sont assorties de l’autorité 

de la chose jugée (« materielle Rechtskraft » ou « res iudicata »), ce qui 

signifie qu’elles ne peuvent être remises en discussion par les mêmes par-

ties sur le même objet (cf. sur ces notions ATAF 2009/11 consid. 2.1.2). A 

cela s’ajoute que le recours devant le TAF est un moyen de droit ordinaire, 

dévolutif et en principe de nature réformatoire (cf. art. 61 PA). Par consé-

quent, l'arrêt du TAF, qu'il admette ou rejette le recours, remplace la déci-

sion attaquée (cf. à l’égard des arrêts du TF, ATF 144 I 208 consid. 3.1). 

Toutefois, dans la pratique, l'autorité compétente de première instance peut 

malgré tout, exceptionnellement, procéder au réexamen de sa décision 

lorsque celle-ci à un effet durable (« Dauersachverhalt ») et qu’une modifi-

cation notable des circonstances de fait ou de droit est alléguée (cf. 

KÖLZ/HÄNER/BERTSCHI, op. cit., n° 742 p. 260 et les réf. cit.). Ainsi lorsque 

le requérant fait valoir une modification notable des circonstances, l’auto-

rité est tenue de traiter la demande de réexamen si ces changements sont 

exposés (cf. arrêt du TAF A-6381/2009 du 16 mars 2010 consid. 3.4). En 

revanche, si les motifs invoqués ont trait à des éléments de droit et de fait 

qui existaient au moment de la décision sur recours, seule une procédure 

de révision devant l’autorité de dernière instance peut être entreprise (cf. 

arrêt du TAF A-6381/2009 du 16 mars 2010 consid. 3.10). 

Autrement dit, une demande de réexamen ne peut concerner qu’une déci-

sion de première instance. En raison de l’autorité de la chose jugée dont 

elles sont pourvues, les décisions sur recours ne peuvent pas être réexa-

minées par les autorités administratives. Toutefois, cela n’empêche pas 

l’autorité de première instance de prendre une nouvelle décision sur une 

A-837/2019 

Page 11 

demande de réexamen, même si un jugement est entré en force sur la 

même question (cf. HÄFELIN/MÜLLER/UHLMANN, op. cit., n° 1278). 

4.2.4.2 Selon plusieurs arrêts du TAF qui se fondent tous sur l’ATAF 

2013/22, l’autorité administrative est également tenue de se saisir d’une 

demande de réexamen lorsque celle-ci est fondée sur un moyen de preuve 

nouveau, postérieur à un arrêt matériel du Tribunal, lorsque ce moyen – 

qui serait irrecevable comme motif de révision en application de l’art. 123 

al. 2 let. a de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF, RS 

173.110) in fine auquel renvoi l’art. 45 LTAF (cf. infra consid. 4.3.2) – est 

important au sens de l'art. 66 al. 2 let. a PA, appliqué par analogie, en ce 

sens qu'il serait apte à établir un fait allégué antérieurement, durant la pro-

cédure ordinaire, et demeuré non établi (cf. parmi d’autres arrêts du TAF 

D-6959/2018 du 19 décembre 2018, F-6318/2018 du 15 novembre 2018, 

E-1311/2018 du 8 mars 2018). 

4.2.4.3 Saisie d’une demande de réexamen, l’autorité inférieure doit tout 

d’abord décider si elle entre en matière ou non. La non-entrée en matière 

constitue une décision au sens de l’art. 5 PA contre laquelle le requérant 

peut seulement recourir en alléguant que ladite autorité a nié à tort l'exis-

tence des conditions requises pour l'obliger à statuer au fond et le TAF ne 

peut qu'inviter cette dernière à examiner la demande au fond, s'il admet le 

recours. Les conclusions du recourant (soit « l'objet du litige ») sont en effet 

limitées par les questions tranchées dans le dispositif de la décision que-

rellée (soit « l'objet de la contestation »; cf. ATF 144 II 359 consid. 4.3). 

Celles qui en sortent, en particulier les questions portant sur le fond de 

l'affaire, ne sont pas recevables (cf. ATF 135 II 38 consid. 1.2 et arrêt du 

TF 2C_555/2015 du 21 décembre 2015 consid. 4). Une exception paraît 

justifiée lorsque – sans s'en tenir strictement aux conditions de recevabi-

lité–, l'autorité inférieure a clairement indiqué que, dans l'hypothèse où elle 

serait entrée en matière. la demande aurait dû être rejeté (ATAF 2010/27 

consid. 2.1.3 in fine). 

4.2.4.4 Si l’autorité refuse de manière informelle d’entrer en matière et que 

le requérant souhaite faire valoir ses droits en justice, il doit en principe 

demander le prononcé d’une décision (cf. KÖLZ/HÄNER/BERTSCHI, op. cit., 

p. 262 n° 746).  

TANQUEREL est d’avis que dans les cas où l’autorité n’est pas tenue d’entrer 

en matière mais est libre de le faire (cf. supra consid. 4.2.2), si elle ne le 

fait pas, elle n’est pas obligée de rendre une décision (TANQUEREL, op. cit., 

A-837/2019 

Page 12 

p.493 n° 1428). Cela étant, si ce point est précisément litigieux, elle devra 

rendre une décision à cet égard. 

4.3  

4.3.1 Aux termes de l’art. 45 LTAF, les art. 121 à 128 LTF s’appliquent par 

analogie à la révision des arrêts du TAF. Selon l’art. 47 LTAF, l’art. 67 al. 3 

PA régit le contenu et la forme de la demande de révision ainsi que les 

conditions auxquelles celle-ci peut être améliorée ou complétée. 

La révision au sens des art. 45 ss LTAF est un moyen de droit extraor-

dinaire. Elle constitue un réexamen juridictionnel d'un arrêt en vue de sa 

rétraction par la juridiction même qui l'a rendu et une exception à l'autorité 

matérielle de la chose jugée (cf. arrêts du TAF E-1212/2019 du 21 mars 

2019 consid. 2, C-3272/2018 du 9 janvier 2019 consid. 2.1 et réf. cit.). Si 

le Tribunal admet le motif de révision invoqué, il annule l'arrêt et statue à 

nouveau (art. 128 al. 1 LTF). Il le fait généralement dans un seul arrêt : par 

la première décision, dénommée le rescindant, il annule l'arrêt formant l'ob-

jet de la demande de révision ; par la seconde, appelée le rescisoire, il 

statue derechef sur le recours dont il avait été précédemment saisi. La dé-

cision d'annulation met fin à la procédure de révision proprement dite et 

entraîne la réouverture de la procédure antérieure. Dans ce dernier cas, 

les parties sont replacées dans la situation où elles se trouvaient au mo-

ment où l'arrêt annulé a été rendu. L'annulation peut être complète ou par-

tielle si le motif invoqué ne concerne qu'une partie du dispositif (cf. arrêts 

du TF 2F_2/2013 du 5 juin 2013 consid. 7.2 et 8C_656/2013 du 26 août 

2014 consid. 2.4). 

Le TAF est ainsi compétent pour statuer sur les demandes de révision di-

rigées contre ses propres arrêts. Les motifs admissibles sont ceux prévus 

aux art. 121 à 123 LTF (cf. art. 45 LTAF).  

4.3.2 Conformément à l’art. 123 al. 2 let. a LTF, la révision peut être de-

mandée dans les affaires de droit public, si le requérant découvre après 

coup des faits pertinents ou des moyens de preuve concluants qu'il n'avait 

pas pu invoquer dans la procédure précédente, à l'exclusion des faits ou 

moyens de preuve postérieurs à l'arrêt. Les moyens de preuve évoqués 

dans cette disposition doivent servir à prouver soit les faits nouveaux im-

portants qui motivent la révision, soit des faits qui étaient certes connus 

lors de la procédure précédente, mais qui n'avaient pas pu être prouvés, 

au détriment du requérant (cf. arrêt du TAF E-7278/2018 du 4 mars 2019 ; 

MOSER/BEUSCH/KNEUBÜHLER, op. cit., n° 5.48). Les moyens de preuve dé-

A-837/2019 

Page 13 

posés ne peuvent pas avoir pour but de provoquer une nouvelle apprécia-

tion des faits connus, mais bien d'établir ces derniers (cf. arrêt du TF 

4A_144/2010 du 28 septembre 2010 consid. 2.1.2 et les réf. cit.).  

Par faits nouveaux importants, il faut entendre des faits pertinents de na-

ture à conduire à un jugement différent. Seuls peuvent être invoqués des 

faits anciens, découverts après coup (pseudo nova), la nouveauté se rap-

portant ainsi à la découverte et non aux faits eux-mêmes, les faits posté-

rieurs, soit les véritables nova, étant exclus (cf. PIERRE FERRARI, in Corboz 

et alii, Commentaire de la LTF, 2e éd. 2014, n°16 ad. art. 123 ; 

ATF 143 V 105 consid. 2.3, 143 III 272 consid. 2.1). Les moyens de preuve 

postérieurs à l’arrêt litigieux, portant sur des faits antérieurs, ne sont pas 

admis et une demande de révision fondée sur de telles preuves n’est pas 

recevable (cf. arrêt de principe ATF 2013/22 consid. 6, arrêts du TAF 

A-750/2019 du 31 mai 2019 consid. 3.2.1, A-956/2019 du 3 mai 2019 con-

sid. 4.2, E-5839/2018 du 16 janvier 2019 consid. 4.1 ; MO-

SER/BEUSCH/KNEUBÜHLER, op. cit., n° 5.49, voir aussi l'arrêt du TF 

2F_23/2017 du 9 janvier 2018 consid. 3.2). 

4.3.3 La révision, en tant que moyen de droit extraordinaire (cf. supra con-

sid. 4.3.1), est subsidiaire au recours. Cela signifie qu’une partie doit sou-

lever un motif de révision comme grief de recours lors de la procédure or-

dinaire, tant que cela lui est possible et qu’on peut l’exiger de lui (cf. ATF138 

II 386 consid. 5.1 et les réf. cit., cf. ég. l’art. 46 LTAF). 

Dans la procédure de recours devant le TF, de nouveaux faits et moyens 

de preuve (nova) ne peuvent être invoqués que dans la mesure où ils ré-

sultent de la décision de l’autorité précédente (cf. art. 99 al. 1 LTF). Si cette 

condition n'est pas satisfaite, les motifs de révision ne peuvent être exami-

nés que dans le cadre d'une procédure de révision (cf. ATF 138 II 386 con-

sid. 5.2). 

4.3.4 Appelé à trancher la question de savoir si un recours en matière de 

droit public pendant devant lui à l’encontre d’un arrêt cantonal faisait obs-

tacle à la recevabilité d'une demande de révision dudit arrêt cantonal, le TF 

a jugé qu’une instance inférieure ne peut pas refuser d’entrer en matière à 

propos d’une demande de révision pour la simple raison que l’affaire fait 

l’objet d’un recours au TF. Au contraire, l'instance inférieure doit examiner, 

pendant la durée de la procédure de recours fédérale, la demande en ré-

vision qui lui est soumise sur la base du droit procédural qui lui est appli-

cable et, si nécessaire, réviser sa décision.  

A-837/2019 

Page 14 

La Haute Cour a en outre déclaré que, dans une telle constellation, afin 

d'éviter des contradictions avec une qualification divergente ultérieure du 

TF, l’instance inférieure devait s'abstenir d'examiner elle-même la question 

de savoir si un motif de révision pouvait également être un novum admis-

sible devant le TF et ne pouvait pas refuser d’entrer en matière sur un tel 

motif de révision en invoquant la subsidiarité de ce moyen de droit (cf. ATF 

138 II 386 consid. 6.4). Le TF a également relevé qu’afin d’éviter qu’il ne 

se prononce matériellement, pendant la procédure de révision, sur le re-

cours formé contre la décision faisant l’objet de la demande de révision, la 

partie devait en outre demander la suspension de la procédure par devant 

lui (cf. ATF 138 II 386 consid. 7). 

Cette jurisprudence – confirmée par des arrêts ultérieurs (cf. entre autres 

ATF 144 I 208 consid. 4.1 et ATF 144 IV 35 consid. 2.3.2) –, développée à 

l’occasion d'une affaire concernant une demande de révision d’un arrêt 

cantonal en matière de droit public, doit s’appliquer également lorsqu’est 

en jeu la recevabilité d’une demande de révision d’un arrêt du TAF en tant 

qu'instance inférieure au TF (cf. arrêt du TAF A-750/2019 du 31 mai 2019 

consid. 3.3 en ce sens également, MOSER/ BEUSCH/ KNEUBÜHLER, op. cit., 

n° 5.39a).  

5.  

5.1 En l’espèce, la décision du 16 décembre 2016 dont le réexamen est 

demandé a été examinée matériellement par le TAF qui s’est prononcé 

quant à son objet par arrêt du 29 janvier 2018 (A-525/2017), arrêt ensuite 

entrepris par un recours en matière de droit public actuellement pendant 

devant le TF (procédure 2C_141/2018). 

5.2  

5.2.1 Dans la procédure ayant abouti à cet arrêt, le recourant avait fait va-

loir une violation du principe de la spécialité, affirmant que la demande 

d’assistance visait à contourner les règles de l’entraide en matière pénale. 

Devant l’AFC, il avait exposé que les autorités fiscales indiennes avaient 

formé une plainte (dont il avait produit la copie) à son encontre pour man-

quement à l’obligation de produire des documents. Cette procédure pé-

nale, conduite par des autorités pénales selon la procédure pénale, ne vi-

sait pas à percevoir des impôts mais à sanctionner des infractions. Il affir-

mait – en produisant la demande – que le Directorate of Enforcement in-

dien, une autorité non fiscale, avait « requis la production des documents 

de cette procédure pénale à la Cour en charge de la procédure ». Il en 

déduisait que tout document transmis par l’autorité inférieure à l’autorité 

A-837/2019 

Page 15 

fiscale indienne sera transmis aux autorités pénales en charge de la pro-

cédure pénale initiée sur la base de l’Income Tax Act (cf. pce 19 AFC p. 9).  

Dans sa décision du 16 décembre 2016, l’autorité inférieure s’est limitée à 

rejeter ce grief en relevant « qu’il n’est nulle part fait mention dans la de-

mande que les informations sont demandées pour être transmises et utili-

sées dans un but non fiscal ». 

Devant le TAF, le recourant a, en substance, persévéré dans son grief, in-

voquant une violation du principe de la spécialité et de la confidentialité. 

Dans son arrêt, le Tribunal a rappelé qu’en vertu du principe de la con-

fiance, la Suisse doit considérer que l’Etat avec lequel elle est liée par une 

convention respectera le principe de spécialité, respect au demeurant ex-

pressément confirmé par l’autorité fiscale indienne et rappelé dans le dis-

positif de la décision litigieuse (cf. arrêt du 29 janvier 2018 précité consid. 

2.7 et 3.5). 

5.2.2 Le recourant soutient aujourd’hui détenir des faits nouveaux détermi-

nants qui confirment les craintes qu’il avait exprimées, qui seraient dès lors 

avérées et prouvées. Par faits nouveaux, il entend la production par le Di-

rectorate of Enforcement d’un affidavit daté du xx.xx.2018, si bien qu’il n’a 

pas été en mesure de les présenter devant le TAF (dont l’arrêt date du 29 

janvier 2018) ni devant le TF (son recours date du 12 février 2018). Ce 

document établirait, selon le recourant, la violation du principe de spécialité 

par les autorités indiennes. 

5.2.3 Le Tribunal observe que le grief de spécialité avait déjà été formulé 

tant devant l’autorité inférieure que devant le TAF. Les éléments invoqués 

doivent ainsi être considérés comme des moyens de preuve nouveaux 

(dans la mesure où le document porte une date postérieure à celle de l’ar-

rêt du TAF) servant à établir des faits antérieurs, dans le sens qu’ils ont 

déjà été allégués devant le TAF ainsi que devant l’autorité inférieure. Or, 

de tels moyens de preuve n’ouvrent pas la procédure de révision de l’arrêt 

du TAF (cf. supra consid. 4.2.4.2 et 4.3.2). 

5.3 Reste à déterminer s’ils peuvent fonder un cas de réexamen par l’auto-

rité inférieure de sa décision. 

5.3.1 C’est ce que soutient le recourant en se fondant sur l’ATAF 2013/22 

consid. 11.4.7 et 12.3 et c’est également ce que prétendent certains arrêts 

du TAF (cf. supra consid. 4.2.4.2). Cette jurisprudence a été développée 

en matière de droit d’asile, domaine où le TAF statue en dernière instance 

A-837/2019 

Page 16 

(cf. art. 83 let. a ch. 1 LTF), et a été reprise dans d’autres domaines où le 

recours en matière de droit public devant le TF est également irrecevable 

(cf. notamment art. 83 let. c LTF). Or, le cas d’espèce a ceci de particulier 

qu’un recours devant le TF est toujours pendant. Ainsi, si l’on devait ad-

mettre que de tels moyens de preuve, non admis par l’art. 123 al. 2 let. a 

LTF, doivent être examinés dans le cadre d’une demande de réexamen par 

l’autorité inférieure, en violation de l’effet dévolutif, le risque existe de se 

retrouver avec deux décisions contradictoires : celle de l’autorité inférieure 

et celle sur recours du TF ; situation inconnue dans les domaines du droit 

où le recours au TF n’est pas recevable. Pour éviter pareille constellation, 

il conviendrait de faire application par analogie de la procédure prescrite 

par l’ATF 138 II 386 et de requérir la suspension de la procédure devant le 

TF (cf. supra consid. 4.3.4). Il serait en effet insatisfaisant que de tels 

moyens ne puissent être examinés par aucune autorité, alors qu’aucune 

décision n’a encore acquis définitivement l’autorité de la chose jugée. C’est 

précisément ce qu’a fait le recourant en demandant à la Haute Cour de 

suspendre la procédure par devant elle (cf. supra consid. Bb). Il s’est 

heurté à un refus motivé sur le fait que l’autorité inférieure avait affirmé 

qu’elle n’entendait pas réexaminer sa décision. Or, pareille décision de 

l’autorité inférieure est en principe sujette à recours devant le TAF (cf. su-

pra consid.  4.2.5) 

5.3.2 Cela étant, la compétence fonctionnelle de l’autorité inférieure étant 

admise, il faut encore examiner dans quelle mesure elle était tenue d’entrer 

en matière sur le motif invoqué. En effet, seuls les motifs figurant à l’art. 66 

PA (qui s’applique par analogie à la procédure de réexamen) contraignent 

l’autorité inférieure à se saisir d’une demande de réexamen ; dans les 

autres situations, elle est libre de le faire (cf. supra consid. 4.2.2) 

5.3.2.1 L’art. 66 al. 2 let. a PA dispose que l’autorité procède, à la demande 

d’une partie, à la révision de sa décision si la partie allègue des faits nou-

veaux importants ou produit de nouveaux moyens de preuve. Une autrice, 

commentant l’art. 66 al. 2 let. a PA, évoque une controverse en doctrine 

sur la question de savoir si sont aussi admissibles les nouveaux moyens 

de preuve apparus après la décision dont la révision (ou le réexamen, 

cf.  supra consid. 4.2.3) est demandée, relevant que le texte littéral ne l’ex-

clut pas en soi (cf. KARIN SCHERER REBER in: Praxiskommentar VwVG, n° 

28 ad art. 66). Elle cite toutefois à cet égard des auteurs qui le nient mais 

qui commentent l’art. 123 LTF et non l’art. 66 PA (ESCHER in : Niggli et al., 

BSK BGG, n°5 ad art. 123 ) et d’autres qui l’admettent se référant à la pra-

tique du TAF avant l’arrêt de principe ATAF 2013/22 (KÖLZ/HÄNER/BERT-

SCHI, op. cit, p. 455 n° 1333) ou commentant la loi sur la procédure et la 

A-837/2019 

Page 17 

juridiction administrative du canton de Zürich (KÖLZ/BOSSHART/RÖHL in : 

Komm. VRG ZH, 3e éd. 2014, § 86a n° 13). Finalement, KARIN SCHERRER 

REBER remarque que la pratique de l’ancienne Commission de recours en 

matière d’asile (la CRA, à laquelle a succédé le TAF, qui examinait, avant 

l’entrée en vigueur de la LTAF, la révision de ses décisions à l’aune de 

l’art. 66 PA) était d’admettre ces éléments de preuve provenant d’une pé-

riode postérieure à l’arrêt dont la révision était demandée. Or, c’est préci-

sément cette pratique de la CRA – qui se distinguait de celle du TF basée 

sur l’art. 123 al.2 let. a LTF qui exclut expressément les moyens de preuve 

postérieurs à l’arrêt – qui a donné lieu à la jurisprudence précitée (cf. ATAF 

2013/22 consid. 5.3), unifiant la pratique des Tribunaux fédéraux au sujet 

des motifs ouvrant la révision de leur propre arrêt.  

5.3.2.2 Un autre auteur, dans la première édition de son commentaire de 

l’art. 66 PA, prétendait que seuls les faits et moyens de preuve qui exis-

taient au moment de la procédure de recours mais qui n’ont pas pu être 

produits pour des raisons excusables étaient admissibles (« Anerkennung 

finden können daher nur Tatsachen und Beweismittel, welche zur Zeit des 

Beschwerdeverfahrens bereits vorhanden waren, aber aus entschuldbaren 

Gründen nicht vorgebracht werden konnten », cf. AUGUST MÄCHLER in: 

Auer/Müller/Schindler [éd.], Kommentar zum Bundesgesetz über das Ver-

waltungsverfahren [VwVG], 2008, n° 16 ad art. 66). Dans la deuxième édi-

tion, la mention des moyens de preuve a disparu (« Anerkennung finden 

können daher nur Tatsachen, welche zur Zeit des Beschwerdeverfahrens 

bereits vorhanden waren, aber aus entschuldbaren Gründen nicht vorge-

bracht werden konnten [neu bekannte Tatsachen] », cf. AUGUST MÄCHLER 

in: Auer/Müller/Schindler [éd.], Kommentar zum Bundesgesetz über das 

Verwaltungsverfahren [VwVG], 2019, n° 18 ad art. 66). Cela étant, dans les 

deux éditions, AUGUST MÄCHLER précise qu’il est possible que le moyen de 

preuve date d’une période postérieure à la décision sur recours (« […] 

können Beweismittel durchaus auch erst nach dem Erlass des Beschwer-

deentscheids entstanden sein » ; cf. éd. 2008 n° 17 et éd. 2019 n° 19). 

5.3.2.3 Il semble dès lors admis que de tels moyens de preuve tombent 

dans la champ d’application de l’art. 66 al. 2 let. a PA, entraînant un réexa-

men obligatoire. Toutefois, l’art. 66 al. 2 let. a PA (à l’instar de ce qui prévaut 

pour l’art. 123 LTF) n’oblige l’autorité à entrer en matière que si les nou-

veaux moyens de preuve sont significatifs, soit de nature à donner l’im-

pression que les fondements de la décision litigieuse sont erronés. Ils ne 

peuvent avoir pour but de provoquer une nouvelle appréciation des faits 

connus mais doivent bien établir ces derniers (cf. arrêt du TF 4A_144/2010 

du 28 septembre 2010 consid. 2.1.2 et les réf. cit.). Autrement dit, dans de 

A-837/2019 

Page 18 

tels cas, l'autorité se limite à examiner si le moyen allégué est susceptible 

de remettre en cause la décision contestée, en aucun cas elle ne réappré-

cie ce qui l'a déjà été (cf. parmi de nombreux autres, arrêts du TAF E-

7278/2018 du 4 mars 2019 et E-1311/2018 du 8 mars 2018). Le fait qu’elle 

se saisisse du motif ne signifie par ailleurs pas encore qu’elle prononcera 

une décision différente. 

5.3.3  

5.3.3.1 In casu, le document produit concerne une cause impliquant le re-

courant et émane du Directorate of Enforcement. Le recourant rappelle que 

cet organisme gouvernemental indien est chargé de poursuivre les infrac-

tions relatives aux opérations de change et de blanchiment d’argent ; il ne 

s’occupe pas de questions fiscales (selon un avis de droit d’un cabinet 

d’avocats indiens datant du 18 février 2019 produit par le recourant). L’ex-

trait du document produit, intitulé XXX dont il espère tirer un droit est le 

suivant. 

[…] 

Ce document révèle la conception qu'ont les autorités indiennes de l'art. 28 

de la convention de double imposition qui les lient à la (…). Cette disposi-

tion est en substance identique à l'art. 26 CDI CH-IN, les deux étant cal-

quées sur l'art. 26 du Modèle de convention fiscale de l'OCDE concernant 

le revenu et la fortune (ci-après : MC OCDE). 

5.3.3.2 Or, se fondant sur la teneur de l'art. 26 CDI CH–IN, la Cour de 

céans a déjà jugé que la CDI CH-IN ne fait pas obstacle à ce que l'autorité 

fiscale indienne utilise les données obtenues par le biais de l'assistance 

administrative non seulement pour l'imposition de la personne concernée 

mais également dans le cadre de procédures pénales fiscales, voire même 

qu'elle les transmette à d'autres autorités dans le but de sanctionner des 

infractions fiscales (cf. parmi d'autres : arrêts du TAF A-639/2016 du 17 

janvier 2018 consid. 5.2.3 et A-778/2017 du 5 juillet 2017 consid. 4.3.3 ; 

ROBERT WEYENETH, Der nationale und internationale ordre public im Rah-

men der grenzüberschreitenden Amtshilfe in Steuersachen, Bâle, 2017, 

p. 220). En effet, selon l'art. 26 par. 2 CDI CH-IN, les renseignements reçus 

dans le cadre de l'assistance peuvent être entre autres utilisés, sans le 

consentement de l'autorité compétente de l'Etat requis, pour l'établisse-

ment et le recouvrement des impôts mentionnés au par. 1 et aussi pour les 

procédures et poursuites concernant ces impôts. Toutefois, ce raisonne-

ment s'applique pour autant que les infractions concernées par ces rensei-

gnements soient relatives aux impôts prévus par la convention. A cela 

A-837/2019 

Page 19 

s'ajoute que la demande d'assistance administrative ne doit pas avoir pour 

seul but d'obtenir des informations pour une procédure pénale fiscale. A 

cet égard, il importe peu que les procédures nationales concernées soient 

conduites par une autorité administrative ou fiscale. Il n'est pas relevant 

non plus de déterminer si la sanction relève plutôt de la mesure adminis-

trative ou possède un caractère pénal matériel; pas plus que ne l'est de 

savoir si la sanction est prononcée dans le cadre même de la procédure 

en perception de l'impôt ou dans une procédure distincte (cf. arrêt du TAF 

5687/2017 du 17 août 2018 consid. 4.4.4.7).  Autrement dit, l'assistance 

administrative en matière fiscale est aussi prévue pour la clarification des 

infractions fiscales pour lesquelles l'entraide judiciaire est exclue dans la 

mesure où l'imposition de la personne concernée est aussi visée. Ce n'est 

que dans ces circonstances que l'on peut considérer que la demande de 

l'autorité fiscale indienne ne constitue pas une tentative de contourner les 

garanties de la procédure d'entraide en matière pénale (cf. égal. DANIEL 

HOLENSTEIN, in: Zweifel/Beusch/Matteotti [éd.], Kommentar zum Internati-

onalen Steuerrecht, 2015, ad art. 26 MC OCDE n. 266).  

En revanche, en vertu de l'art. 26 par. 2 seconde phrase CDI CH-IN, l'utili-

sation des informations reçues par l'Etat requérant à d'autres fins que 

celles mentionnées à l'art. 26 par. 2 première phrase CDI CH-IN – en par-

ticulier la lutte contre le blanchiment d'argent, la corruption et le finance-

ment du terrorisme – suppose que cette possibilité résulte des lois suisses 

et indiennes et, cumulativement, l'accord de l'autorité compétente de l'Etat 

requis. En Suisse, l'AFC est à ce titre compétente, avec l'accord de l'Office 

fédéral de la justice (art. 20 al. 3 LAAF ; HOLENSTEIN, op. cit., art. 26 MC 

OCDE n° 268 ; cf. arrêts du TAF A-630/2019 du 12 avril 2019 consid. 3.5, 

A-2830/2017 du 17 septembre 2018 consid. 3.1, A-4154/2017 du 21 août 

2018 consid. 3.3.3 et A-2454/2017 du 7 juin 2018 consid. 2.1.3, 3.1 et 

3.8.1). 

5.3.3.3 Il s'en suit que prima facie, le document produit est de nature à 

établir que l'on se trouve dans les circonstances de l'art. 26 par. 2 seconde 

phrase CDI CH-IN et que, dès lors, la procédure décrite devrait être suivie. 

En effet, l'autorité dont émane l'acte nouvellement produit par le recourant 

n'a pas en charge la poursuite des infractions fiscales pénales mais, no-

tamment, des actes de blanchiment. Du moment que le nouveau moyen 

de preuve permet de jeter un doute sur la décision litigieuse, l'autorité infé-

rieure doit entrer en matière, quand bien même, à l'issue d'un examen plus 

approfondi, elle devait rendre une nouvelle décision identique à la pre-

mière. A cet égard, c'est le lieu de rappeler que si la bonne foi de l'Etat 

requérant est présumée dans les relations internationales, ses déclarations 

A-837/2019 

Page 20 

peuvent être remises en cause par des fautes, des lacunes ou comme en 

l'espèce, des contradictions manifestes. Cas échéant, le principe de la con-

fiance ne s'oppose alors pas à ce qu'un éclaircissement soit demandé à 

l'Etat requérant (cf. parmi d'autres: arrêt du TAF A-6314/2017 du 17 avril 

2019 consid. 4.3.2 et les réf. citées).  

6.  

6.1 Les considérants qui précèdent conduisent en principe le Tribunal à 

admettre le recours et à renvoyer la cause à l'autorité inférieure afin qu'elle 

entre en matière sur la demande de réexamen du recourant et prononce 

une nouvelle décision. 

6.2  

6.2.1 Cela étant, compte tenu des prises de position de l'autorité inférieure 

dans le cours de la procédure devant le TAF, en particulier sa dernière écri-

ture du 3 juin 2019, on pourrait se demander s'il ne faudrait pas considérer 

que l'autorité inférieure, tout en niant à la fois sa compétence et l'existence 

de motifs de réexamen (soit deux conditions de recevabilité), n'a pas clai-

rement indiqué qu'elle rejetterait en tous les cas la demande sur le fond et 

que dans cette situation, le TAF, par économie de procédure, devrait sta-

tuer lui-même sur la question (cf. supra consid. 4.2.4.3). 

6.2.2 Toutefois, le Tribunal constate que les arguments développés par 

l'autorité inférieure ne peuvent être suivis sans autre et mérite à tout le 

moins une instruction (par exemple sous la forme d'éclaircissement, cf. su-

pra consid. 5.3.3.3) auprès de l'autorité requérante. Dans ce contexte, le 

fait que la pièce produite par le recourant ne concerne pas une procédure 

d'assistance entre la Suisse et l'Inde n'est pas pertinent dans la mesure où 

cette pièce est de nature à révéler la conception qu'ont les autorités in-

diennes d'une disposition qui se retrouve dans toutes les conventions ba-

sées sur le MC OCDE, ce qui inclut la CDI CH-IN (cf. supra consid. 5.3.3.1). 

A cet égard, il va de soi qu'il n'est pas nécessaire d'être en présence d'une 

violation effective du principe de spécialité pour s'inquiéter de son respect. 

Un soupçon, certes au moins solidement étayé, suffit en tous les cas à ce 

qu'un éclaircissement voire une garantie supplémentaire soit requise pour 

le dissiper. Ce qu'avait d'ailleurs fait l'autorité inférieure dans d'autres af-

faires, en particulier avec la France (cf. parmi d'autres, arrêt du TAF A-

7496/2016 du 27 avril 2018 consid. O). L'argument selon lequel l'Enforce-

ment Directorate (qui a émis la pièce produite par le recourant) est ratta-

chée, comme l'autorité requérante, au Departement of Revenue, Minestry 

of Finance en Inde ne permet pas d'exclure une éventuelle transmission 

A-837/2019 

Page 21 

d'informations prohibée par la CDI. Cette transmission à des autorités char-

gées de la poursuite des infractions pour lesquelles l'entraide en matière 

pénale est exclue est certes admissible à certaines conditions (cf. supra 

consid. 5.3.3.2). Or, si l'autorité inférieure a également rappelé ces condi-

tions dans sa dernière prise de position, elle n'a pas fait la démonstration 

qu'elles étaient satisfaites en l'espèce.  

Pour toutes ces raisons, il est dès lors préférable de suivre le cours des 

instances tel qu'il a été établi par le législateur et de renvoyer la cause à 

l'autorité inférieure afin qu'elle entre en matière sur la demande de réexa-

men et qu'elle investigue concrètement si le nouveau document produit re-

met en cause le respect du principe de spécialité par les autorités in-

diennes.  

6.3 L’arrêt au fond étant rendu, la requête tendant au prononcé de mesures 

provisionnelles est devenue sans objet.  

7.  

7.1 Vu l'issue du litige, les frais de procédure – arrêtés à 3'000 francs – ne 

sont pas perçus (art. 63 al. 1 et 2 PA). En conséquence, l'avance de frais 

d'un même montant versée par le recourant lui sera restituée une fois le 

présent arrêt définitif et exécutoire. 

7.2 Il reste à examiner la question des dépens relatifs à la procédure de-

vant l'autorité de céans. Les art. 64 PA et 7 du règlement du 21 février 2008 

concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif 

fédéral (FITAF, RS 173.320.2) permettent au Tribunal d'allouer à la partie 

ayant obtenu gain de cause une indemnité pour les frais indispensables et 

relativement élevés qui lui ont été occasionnés. Le Tribunal fixe les dépens 

sur la base de l'éventuel décompte remis par la partie concernée et, à dé-

faut, sur la base du dossier (art. 14 al. 2 FITAF). Les frais d'avocats enga-

gés en relation avec la procédure menée devant l'administration elle-même 

ne sont pas couverts par les dépens (ATF 132 II 47 consid. 5.2). 

En l'occurrence, le recourant prétend à cet égard au versement de la 

somme de 25'000 francs qu'il ne justifie d'aucune manière. En l'absence 

de note d'honoraires, l'indemnité est fixée ex aequo bon, sur la base du 

dossier, compte tenu de tenu de la nature de la cause et de son degré de 

complexité, de l'écriture de recours ainsi que de l'ampleur des actes de 

procédure et selon la pratique du Tribunal, à 4'500 francs. 

A-837/2019 

Page 22 

8.  

La présente décision rendue dans le domaine de l'assistance administra-

tive internationale en matière fiscale peut faire l'objet d'un recours en ma-

tière de droit public auprès du Tribunal fédéral (art. 83 let. h LTF). Le délai 

de recours est de dix jours (art. 100 al. 2 let. b LTF). Le recours n'est rece-

vable que lorsqu'une question juridique de principe se pose ou qu'il s'agit 

pour d'autres motifs d'un cas particulièrement important au sens de l'art. 

84 al. 2 LTF (art. 84a LTF). Le Tribunal fédéral est seul habilité à décider 

du respect de ces conditions.  

 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est admis, dans la mesure où il est recevable. La cause est 

renvoyée à l'autorité inférieure à charge pour elle d'entrer en matière sur la 

demande de réexamen et de procéder à une nouvelle instruction du dos-

sier au sens des considérants. 

2.  

Il n'y a pas lieu de percevoir les frais de procédure. L'avance de frais de 

3'000 francs versée par le recourant lui sera restituée une fois le présent 

arrêt entré en force. 

3.  

Une indemnité de dépens 4'500 francs est allouée au recourant à la charge 

de l'autorité inférieure. 

4.  

Le présent arrêt est adressé : 

– au recourant (annexe : copie courrier AFC du 3 juillet 2019; acte 

judiciaire) 

– à l'autorité inférieure (n° de réf.  ; acte judiciaire) 

– au Tribunal fédéral, IIe Cour de droit public (n° de réf. 2C_141/2018) 

 

L'indication des voies de droit se trouve à la page suivante. 

 

A-837/2019 

Page 23 

La présidente du collège : La greffière : 

  

Annie Rochat Pauchard Valérie Humbert 

 

 

 

Indication des voies de droit : 

La présente décision, qui concerne un cas d'assistance administrative 

internationale en matière fiscale, peut être attaquée devant le Tribunal 

fédéral, 1000 Lausanne 14, par la voie du recours en matière de droit 

public, dans les dix jours qui suivent la notification. Le recours n'est 

recevable que lorsqu'une question juridique de principe se pose ou qu'il 

s'agit pour d'autres motifs d'un cas particulièrement important au sens de 

l'art. 84 al. 2 LTF (art. 82, art. 83 let. h, art. 84a, art. 90 ss et art. 100 al. 2 

let. b LTF). Le mémoire de recours doit exposer en quoi l'affaire remplit la 

condition exigée. En outre, le mémoire doit être rédigé dans une langue 

officielle et doit indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de 

preuve, et être signé. La décision attaquée et les moyens de preuve 

doivent être joints au mémoire, pour autant qu'ils soient entre les mains de 

la partie recourante (art. 42 LTF). 

 

Expédition :