# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 4720afec-0639-5ce8-b06d-718374ba6ea5
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2009-06-23
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 23.06.2009 A/3728/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-3728-2008_2009-06-23.pdf

## Full Text

Siégeant : Isabelle DUBOIS, Présidente; Anne REISER et Eugen MAGYARI, Juges 
assesseurs 

  

 
 

R E P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/3728/2008 ATAS/832/2009 

ARRÊT 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 
ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 2 

du 23 juin 2009 

 

En la cause 

 

Madame S____________, domiciliée à GENÈVE, comparant par 
Maître Monique STOLLER FÜLLEMANN, en l’Étude de qui elle 
élit domicile 

recourante 

 

contre 

 

OFFICE CANTONAL DE L’ASSURANCE-INVALIDITÉ, sis 97, 
rue de Lyon, GENÈVE 

intimé 

 
 
 

 

A/3728/2008 

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EN FAIT 

1. Née en 1956, Madame S____________ (ci-après l’assurée ou la recourante) 
travaillait, en qualité de concierge puis de gestionnaire d’immeuble, au service de 
Monsieur T____________ (ci-après le premier employeur) depuis janvier 1979, et 
de X____________ & Cie (le second employeur) depuis le 1er mars 1983. 

2. Au terme d’un examen radiologique de l’assurée, réalisé le 20 janvier 2006, le 
docteur A____________, spécialisé en radiologie, a attesté la présence d’une 
discopathie modérée L4-L5 avec hernie discale de localisation médiane, 
paramédiane et foraminale gauche, appuyant sur la partie antérieure du fourreau 
dural, à l’émergence des racines L5 et entrant discrètement en conflit avec la racine 
L4 gauche dans son trajet foraminal, ainsi que de lésions dégénératives à la hauteur 
des articulations sacro-iliaques. Le praticien relevait en outre l’absence de hernie 
discale en L3-L4 et L5-S1 et de modifications significatives par rapport à l’examen 
qu’il avait effectué le 29 octobre 2003. 

3. Dans un rapport d’expertise psychiatrique établi le 12 juillet 2007, le docteur 
B____________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, a posé le diagnostic 
d’épisode dépressif léger sans syndrome somatique (F32.00 dans la CIM-10) et 
notamment exposé ce qui suit. 

L’assurée avait présenté des douleurs en 2003, 2004 et 2005 à la nuque, aux épaules 
et dans le dos, à quoi s’était ajoutée une tendinite au bras droit en 2005. Dans ce 
contexte, une incapacité de travail avait été prononcée du 5 octobre 2005 au 
16 mars 2006. L’assurée mentionnait la réapparition de symptômes douloureux à 
partir du mois de février 2007, dont l’exacerbation avait été à l’origine d’une 
incapacité de travail totale prononcée à partir du 9 février, incapacité qui s’était 
prolongée jusqu’alors. L’expertisée mentionnait en outre la présence de douleurs 
lombaires, à la nuque, aux épaules et aux genoux. Pour cela, elle se faisait soigner 
par le docteur C____________, qui l’avait adressée au docteur D____________, 
psychiatre, en raison de troubles du sommeil. Cette praticienne avait mis en place 
un traitement antidépresseur de venlafaxine, un traitement neuroleptique-anxio-
lytique de quétiapine et anxiolytique de buspirone. L’assurée se rendait à la 
consultation du docteur D____________ tous les samedis pour effectuer des 
exercices de relaxation musculaire à l’aide de techniques de respiration et pour 
aborder les événements de la semaine. 

Le développement psychoaffectif de l’assurée n’avait pas été marqué par des 
événements traumatisants. On ne relevait pas davantage de séparations précoces ou 
tardives, et elle ne présentait pas de personnalité pathologique selon les critères de 
la Classification internationale des troubles mentaux et des troubles du 
comportement (CIM-10), c’est-à-dire qu’il n’y avait pas eu de dysfonctionnement 
durable des conduites et de l’expérience vécue, ni de déviance de la norme donnant 

 
 
 

 

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lieu à une altération du fonctionnement personnel et social ou encore à une 
souffrance significative. Cela se reflétait dans la stabilité professionnelle qu’elle 
avait montrée ainsi que dans la stabilité sur le plan affectif. 

Il n’y avait aucun antécédent psychiatrique avant le mois de février 2007. Dans le 
contexte de l’exacerbation des douleurs, le docteur C____________ avait évoqué le 
diagnostic de fibromyalgie en mai 2007, mais des investigations supplémentaires 
étaient nécessaires avant de retenir définitivement cette affection. L’assurée avait 
en outre développé une symptomatologie dépressive, qui était alors compatible 
avec la présence d’un épisode dépressif léger. En particulier, l’humeur était 
déprimée, et elle présentait une anhédonie modérée, une diminution de la confiance 
en soi ainsi que des troubles du sommeil. Le critère de réduction de l’énergie 
n’avait pas été retenu, dans la mesure où la diminution de l’activité n’était pas le 
reflet d’une perte de l’élan vital, d’un manque d’entrain ou d’une diminution de 
l’énergie psychique, mais la conséquence d’une diminution de la mobilité due aux 
douleurs. Le critère des sentiments de culpabilité n’avait pas été retenu non plus, 
dans la mesure où les reproches qu’elle s’adressait n’avaient pas de caractère 
excessif ou irrationnel. Pour le surplus, le critère de modification de l’appétit n’était 
pas vérifié, en ce sens que la diminution de l’appétit n’était pas accompagnée par 
une perte de poids correspondante. Il n’y avait pas davantage d’éléments suffisants 
pour retenir la présence d’un syndrome somatique : absence de manque de 
réactivité émotionnelle ; les réveils matinaux précoces étaient la conséquence de 
douleurs ; absence de ralentissement psychomoteur ; absence de perte marquée 
d’appétit au vu de trois repas pris chaque jour ; absence de perte de poids. 

Le fait que la diminution de l’énergie n’était pas d’origine psychique se reflétait par 
le fait qu’à l’analyse du déroulement du quotidien, les activités (soins corporels, 
prise des repas, deux sorties pour marcher pendant la journée, rendez-vous, courses, 
rangements, nettoyage, lessive, vaisselle, rencontre d’amis, téléphones) étaient 
préservées pour autant que les douleurs le permissent. Il n’y avait pas de diminution 
de la volonté, et des troubles de la concentration ou de la mémoire à long terme, 
récente ou à court terme n’avaient pas été objectivés pendant l’entretien. Si l’exper-
tisée se disait anxieuse, cette anxiété n’était pas déstructurante, et les autres 
éléments (tristesse, troubles du sommeil, perte de la libido) n’étaient pas des 
éléments incapacitants en soi. 

En conclusion, la nature et l’intensité des signes et symptômes étaient telles 
qu’elles ne justifiaient pas une incapacité de travail sur le plan strictement 
psychiatrique. À l’avenir, le risque était cependant l’intensification de la 
symptomatologie psychiatrique avec la persistance des douleurs, symptomatologie 
qui pourrait alors devenir limitative pour l’exercice de l’activité professionnelle. Il 
n’y avait alors pas de limitations fonctionnelles médicales sur le plan psychiatrique, 
susceptibles d’empêcher une reprise complète du travail. Plus particulièrement, les 
troubles de la concentration allégués par l’assurée, qui interféreraient avec une 

 
 
 

 

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capacité réduite à effectuer du travail administratif n’avaient pas été objectivés. 
Enfin, s’il s’avérait que l’expertisée souffrait effectivement d’une fibromyalgie, le 
pronostic était défavorable ; si au contraire, il s’agissait de douleurs passagères, le 
pronostic était bon. 

4. Sur la base d’examens réalisés les 13 et 28 août 2007, le docteur E____________, 
spécialiste en rhumatologie, a établi un rapport le 30 août suivant, dont il ressort 
notamment que l’assurée se plaignait de douleurs permanentes, migratrices, qui 
prédominaient au niveau de la nuque et irradiaient dans les deux membres 
supérieurs sous forme de lancées douloureuses et de dysesthésies jusque dans les 
doigts, nettement plus importantes à gauche. Les mouvements des épaules ou de la 
nuque exacerbaient les douleurs et les fourmillements des membres supérieurs. Elle 
se plaignait également de lombalgies irradiant surtout dans les fesses, mais aussi sur 
la face antérieure des cuisses aux niveaux des deux genoux et des deux chevilles. 
Ces douleurs s’étaient diffusément aggravées après la ménopause, parallèlement à 
la disparition d’un syndrome migraineux invalidant depuis de nombreuses années. 
Même si les douleurs des membres supérieurs étaient aggravées par certains 
mouvements, l’assurée avait l’impression qu’elle devait bouger pour éviter leur 
exacerbation, ce qui perturbait son sommeil. 

Au cours des derniers mois, une fatigue très intense s’était installée, permanente, 
qui survenait dès le réveil et ne disparaissait à aucun moment de la journée. Une 
hyperthyroïdie avait été mise en évidence et traitée de manière satisfaisante sur le 
plan biologique, mais sans influencer les symptomatologies douloureuse et de 
fatigue. 

À l’examen clinique, l’assurée ne présentait pas de trouble dépressif évident 
majeur. Aucune lésion cutanée ni adénopathie n’avait été relevée, l’abdomen et les 
loges rénales étaient souples et indolores, et l’examen cardiaque et pulmonaire 
n’avait rien révélé. L’examen clinique n’avait pas davantage montré de dysfonction 
articulaire ou de trouble neurologique qui puissent expliquer la gravité du syndrome 
douloureux. On retrouvait des signes d’une tendinite de la coiffe des rotateurs au 
niveau de l’épaule droite et d’une tendinite des adducteurs des deux cuisses ; la 
palpation de l’interligne articulaire des deux genoux était douloureuse et pouvait 
évoquer une gonarthrose débutante. Les bilans biologiques ne montraient aucun 
élément suggérant une maladie inflammatoire. 

En l’absence de tout autre argument, le diagnostic de fibromyalgie pouvait être 
posé, le nombre de points douloureux étant largement suffisant. Le problème 
principal était alors de trouver une thérapie antalgique satisfaisante, qui n’aggravât 
pas la fatigue. Le traitement antidépresseur paraissait bien indiqué mais ne semblait 
pas avoir apporté de bénéfice. 

 
 
 

 

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5. Par une attestation du 15 août 2007 répondant aux questions soumises par l’assu-
rance-maladie, le docteur C____________ a certifié que l’assurée avait tenté de 
reprendre son activité professionnelle au taux de 50% du 4 au 11 juin précédent ; 
cette prescription ayant échoué, une nouvelle incapacité totale avait été attestée dès 
le 12 juin 2007, pour une durée indéterminée. Dans la mesure où la patiente devait 
éviter le port de charges excédant trois kilogrammes, de travailler en position de 
porte-à-faux ou d’effectuer des flexions répétées du tronc, aucune activité 
professionnelle ne pouvait être exercée. 

6. De rapports médicaux établis les 6 juillet et 24 septembre 2007 par le docteur 
F____________, spécialiste en neurologie, il ressort notamment que les examens 
neurologiques de l’assurée, qui présentait cependant un prurit sévère de la face 
postérieure de l’avant-bras, s’étaient révélés normaux. Compte tenu du fait qu’un 
frère de la patiente présentait les symptômes d’une myopathie particulière (dite 
« rippling muscle disease »), le praticien se proposait de réaliser une biopsie 
musculaire qui, en l’absence de symptôme musculaire visible, était impérative. La 
biopsie du quadriceps droit a été réalisée le 16 octobre 2007 par le docteur 
G____________, qui a conclu que le muscle squelettique était dans les limites 
histologiques de la norme, à l’absence d’argument en faveur d’une myopathie 
métabolique et à l’expression normale de la Cavéoline-3. 

7. Le 19 novembre 2007, l’assurée a formé une demande de prestations, sous forme 
d’une rente, à l’Office cantonal de l’assurance-invalidité (ci-après l’OCAI ou 
l’intimé), en précisant qu’elle souffrait d’un état anxio-dépressif avec épisodes de 
pleurs, d’une fatigue intense, de lombosciatalgies dues à une hernie au niveau de la 
racine gauche de L4, de cervicalgies récidivantes et de fibromyalgie depuis le début 
de 2007. 

8. Du questionnaire complété par le second employeur le 3 décembre 2007, il ressort 
notamment qu’ayant perdu le mandat correspondant, celui-ci avait résilié les 
rapports de travail avec l’assurée pour le 30 septembre 2006. Celle-ci percevait 
alors un salaire annuel brut de 2'698 fr. pour environ une heure de travail par jour, 
neuf mois par année. 

9. Selon un rapport médical établi le 6 décembre 2007 par le docteur E____________, 
dont l’évaluation correspondait à la situation au mois d’août précédent, une activité 
de bureau, sans efforts et moyennant la liberté de changer de position, était exigible 
de l’assurée au taux de 50%, une baisse de rendement étant prévisible. 

10. Dans le rapport qu’il a établi le 17 janvier 2008, le docteur C____________ a 
diagnostiqué, comme ayant des répercussions sur la capacité de travail de l’assurée, 
une fibromyalgie depuis septembre 2007, une lombosciatalgie sur la base d’une 
discopathie L4-L5, une hernie au niveau de la racine de L4 à gauche, une arthrose 
sacro-iliaque bilatérale, une cervicalgie chronique invalidante et un important état 

 
 
 

 

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anxio-dépressif, l’état de santé de sa patiente étant stationnaire et sa capacité de 
travail étant nulle depuis le 12 juin 2007. 

11. Au terme du rapport du 31 janvier 2008 de l’expertise qu’il avait réalisée à la 
demande de l’assurance-maladie, le docteur H____________, spécialisé en chi-
rurgie orthopédique, a notamment exposé ce qui suit. Du point de vue orthopédi-
que, n’en ayant relevé aucune, il lui était impossible de poser un diagnostic de pa-
thologie. De même, sur les nombreux documents radiologiques examinés, il n’avait 
constaté aucune lésion pathologique particulière pouvant expliquer les plaintes es-
sentiellement subjectives formulées par l’assurée, qui ne trouvaient aucune expres-
sion ni clinique ni radiologique. 

En conclusion, l’expert exposait qu’un diagnostic de fibromyalgie, tel qu’évoqué 
par les docteurs B____________, E____________ et C____________, devant être 
posé par les rhumatologues et les psychiatres, il ne lui appartenait pas, en tant 
qu’orthopédiste, de s’exprimer à ce sujet. Cela étant, l’incapacité de l’assurée ne 
s’expliquait pas de ce point de vue, et l’aspect psychiatrique de l’état de santé de 
l’assurée devait être évalué plus précisément, de manière à ce que ce diagnostic 
puisse être précisé ou abandonné. 

12. Du questionnaire complété par le premier employeur le 25 février 2008, il ressort 
notamment que, le 9 février 2007, dernier jour de travail, l’assurée percevait un 
salaire annuel brut de 30'583 fr. pour trente-cinq heures de travail par semaine. 

13. Dans le rapport médical qu’elle a établi le 2 avril 2008, le docteur D____________ 
exposait notamment ce qui suit. L’assurée avait mal vécu le fait de travailler enfant 
dans l’agriculture, et ces douloureux souvenirs déclenchaient encore des angoisses ; 
elle regrettait de n’avoir pas vécu une enfance normale, car sa vie avait été vouée 
presqu’exclusivement au labeur, avec des répercussions physiques actuelles sur sa 
symptomatologie dépressive. Elle présentait une anhédonie importante, un 
sentiment d’impuissance vis-à-vis de son handicap, un manque de concentration, 
des troubles de l’appétit, parfois hyperphagiques, parfois de dégoût, des idées 
sombres, sans issue quant à son avenir. 

La praticienne notait une discrète amélioration due au changement de traitement 
avec, toutefois, persistance des symptômes décrits. Au cours de l’entretien, elle 
avait objectivé fatigue persistante, angoisse, irritabilité, repli sur soi et perte de 
confiance en soi. Le pronostic était dès lors défavorable, et des mesures médicales 
étaient impropres à améliorer une capacité de travail estimée nulle dans toute 
activité. 

14. Selon un avis médical établi le 28 avril 2008, le docteur I____________, du Service 
médical régional de l’assurance-invalidité (SMR), on pouvait, pour tenir compte de 
l’atteinte du rachis et de l’épaule droite, considérer que le métier de concierge ne 
pouvait plus être exercé qu’au taux de 30%. Dans un métier mieux adapté, la 

 
 
 

 

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capacité de travail devait en revanche atteindre six heures par jour. En conclusion, 
il convenait de demander au docteur D____________ si l’état de santé actuel de 
l’assurée était similaire à celui qui prévalait en mai 2007. Se posait en outre la 
question de l’opportunité d’une enquête ménagère. 

15. Selon un rapport médical intermédiaire dressé par le docteur D____________ le 
4 juillet 2008, l’état de santé de l’assurée était demeuré globalement stationnaire 
depuis mai 2007, ou janvier 2008, et le pronostic était incertain. Sa capacité de 
travail était nulle dans l’activité de gestionnaire d’immeuble et une activité adaptée 
n’avait pas été envisagée. En tout état, une reprise de travail n’était pas 
envisageable. Sur le plan psychiatrique, une thérapie de soutien était nécessaire, et 
un traitement était en cours. Pour le surplus, un examen médical complémentaire 
pour évaluer les conséquences de l’atteinte à la santé sur la capacité de travail 
n’était pas nécessaire. 

16. Du rapport établi le 26 août 2008 par le docteur J____________, sur la base d’une 
imagerie par résonance magnétique (IRM) de l’épaule gauche de l’assurée, il 
ressort notamment qu’avait été constatée une discrète irrégularité à l’insertion du 
tendon du muscle sus-épineux, témoignant d’une tendinopathie mais sans rupture 
transfixiante ni lésion du bourrelet. 

17. Par décision du 15 septembre 2008, qui faisait suite à un projet de décision du 
16 juillet précédent, l’OCAI a nié le droit de l’assurée à des prestations de l’assu-
rance-invalidité, motif pris de l’absence d’une perte de gain. 

18. Le 15 septembre 2008 également, l’assurée a formé opposition à l’encontre du 
projet de décision du 16 juillet 2008 et sollicité un complément d’instruction 
concernant ses limitations à l’épaule gauche, ainsi que la mise en œuvre des 
mesures d’instruction qui s’imposent en cas de fibromyalgie. 

19. Par mémoire adressé au Tribunal de céans le 16 octobre 2008, l’assurée a conclu, 
avec suite de dépens, à l’annulation de cette décision et à ce que la cause soit 
renvoyée à l’intimé pour nouvelle instruction et, subsidiairement, à l’octroi d’une 
rente d’invalidité. 

La recourante fait en substance valoir que l’intimé, qui avait rendu sa décision le 
jour même de la réception de l’opposition, n’avait pas pu examiner sérieusement les 
éléments qu’elle y mentionnait. La décision du 15 septembre 2008, qui la privait 
d’un degré de juridiction, ne constituait donc pas une réponse suffisante. 

À l’appui de ses écritures, la recourante a notamment produit une lettre adressée le 
13 novembre 2007 par les docteurs K____________ et L___________ au docteur 
D____________, selon laquelle elle avait alors participé à une visite de sélection 
pour une étude clinique exploratoire chez des patientes fibromyalgiques 
ambulatoires, mais n’avait pas été retenue dans la mesure où elle présentait un score 

 
 
 

 

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de dépression trop élevé, de 55/63 sur l’échelle de Beck, en regard des critères 
d’inclusion de l’étude. Les praticiens précisaient que ce score, conçu pour mesurer 
la sévérité d’une dépression, n’avait pas en soi de valeur diagnostique mais qu’il 
était compatible avec un état dépressif sévère. 

20. Par lettre du 19 décembre 2008, l’intimé a déclaré conclure au rejet du recours et à 
la confirmation de la décision attaquée. 

À l’appui de ses conclusions, l’OCAI expose notamment qu’en règle générale, 
seule une expertise psychiatrique est adéquate quand il s’agit de se prononcer sur 
l’incapacité de travail qu’est susceptible d’entraîner une atteinte à la santé 
psychique. À cet égard, l’expertise du docteur B____________ ne faisait état que 
d’un épisode dépressif léger sans syndrome somatique, et le diagnostic de 
fibromyalgie posé par le docteur C____________ ne correspondait à aucun état 
pathologique objectivement identifiable. Sur le plan somatique, les avis médicaux 
s’accordaient en outre à constater l’absence de pathologie décelable. 

Il apparaissait ainsi que les différents troubles psychiques et physiques constatés ou 
constatables ne se manifestaient pas avec une sévérité telle que, d’un point de vue 
objectif, ils exclussent la mise en valeur de la pleine capacité de travail de la 
recourante. Pour le surplus, celle-ci disposait encore de ressources adaptatives et ne 
subissait aucune perte d’intégration sociale, et la prise en charge psychiatrique était 
adéquate. Sur ce point, l’avis des docteurs K____________ et L___________ était 
sans pertinence médicale dans la mesure où il ne faisait qu’état d’un échec de la 
recourante au test de Beck, lequel n’a pas valeur de diagnostic ni ne constitue un 
outil objectif d’évaluation de la gravité d’une dépression. 

21. Par ordonnance du 15 janvier 2009, complétée le 27 mars suivant, le Tribunal a 
imparti un délai à l’OCAI pour interpeller le SMR et se déterminer sur l’opportu-
nité d’un complément d’instruction au vu des documents fournis par la recourante. 

22. Par lettres du 20 mars et du 20 avril 2009, l’intimé a notamment précisé que le test 
de Beck consiste en une auto-évaluation par le patient, non reconnu en tant qu’outil 
diagnostique, qui peut être utilisé comme outil de dépistage ou de suivi pour 
objectiver l’évolution de l’état clinique d’un patient. Au vu des réponses proposées 
par le test, les résultats peuvent aisément évoquer faussement la présence d’un état 
dépressif ou son absence. Les diagnostics sont posés par les experts sur la base 
d’une anamnèse et d’un examen clinique détaillés, et d’une recherche systématique 
menée au regard des critères diagnostiques reconnus par la CIM-10 ; les échelles 
d’évaluation, telle l’échelle de Beck, ne sont qu’un élément parmi d’autres et ne 
sont d’ailleurs pas nécessaires pour qu’une expertise soit complète et convaincante. 

S’agissant de la hernie discale diagnostiquée en 2003, de la bursite et de la 
tendinopathie du sus-épineux révélées par l’IRM d’août 2008 et des lésions 
transfixiantes confirmées à cette occasion, il était important de souligner que la 

 
 
 

 

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corrélation entre un status clinique et une image radiologique n’est pas une 
corrélation simple. En médecine, il est communément admis que l’examen clinique 
prime sur l’imagerie, celle-ci permettant de déterminer l’étiologie des atteintes 
constatées. 

En résumé, l’absence d’échelle de Beck dans l’expertise du docteur 
B____________ n’en remettait pas en cause les conclusions. D’autre part, les 
documents radiologiques fournis n’apportaient aucun élément médical nouveau, de 
sorte que l’instruction du cas était complète du point de vue médical. 

23. Invitée à se déterminer, la recourante a, par lettre du 19 mai 2009, relevé que le 
dossier n’avait pas été complètement instruit par l’OCAI. Au terme d’un résumé 
complet de la situation, elle sollicitait la réalisation d’une expertise 
pluridisciplinaire pour évaluer les conséquences de sa hernie discale, de la bursite, 
de la tendinopathie du sus-épineux, des lésions du tendon, de la dépression et du 
caractère invalidant de la fibromyalgie sur sa capacité de travail. 

24. Pour sa part, l’intimé a, par lettre du 20 mai 2009, confirmé ses conclusions. Il 
précisait que le dossier contenait, de son point de vue, suffisamment d’éléments 
concordants sur le plan médical et que le cas avait été instruit de manière 
exhaustive. 

25. Sur quoi, la cause a été gardée à juger, ce dont les parties ont été informées par 
lettres du 26 mai 2009. 

EN DROIT 

1. Conformément à l’art. 56V al. 1er let. a ch. 2 de la loi genevoise du 22 novembre 
1941 sur l’organisation judiciaire, le Tribunal cantonal des assurances sociales 
connaît en instance unique des contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale du 
6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA) qui 
sont relatives à la loi fédérale du 19 juin 1959 sur l’assurance-invalidité (LAI). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. La LPGA, entrée en vigueur le 1er janvier 2003, est applicable à la présente 
procédure. 

Sur le plan matériel, le point de savoir quel droit s’applique doit être tranché à la 
lumière du principe selon lequel les règles applicables sont celles en vigueur au 
moment où les faits juridiquement déterminants se sont produits (ATF 130 V 230 
consid. 1.1, 129 V 4 consid. 1.2, 127 V 467 consid. 1, 126 V 136 consid. 4b et les 
références citées). En particulier, les dispositions de la novelle du 6 octobre 2006 
modifiant la LAI (5e révision), entrée en vigueur le 1er janvier 2008 (RO 2007 
5129), sont régies par ce principe. 

 
 
 

 

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3. Interjeté dans les forme et délai prévus par la loi (art. 38 et 56 ss LPGA), le recours 
déposé à l’office postal le 16 octobre 2008 conformément à l’art. 39 al. 1er LPGA 
est recevable. 

4. Le litige porte sur le droit de la recourante au versement d’une rente d’invalidité. 
Préalablement, il convient cependant d’examiner brièvement l’opportunité du 
complément d’instruction requis. 

5. La garantie de la double instance doit être mise en relation avec le droit d’être 
entendu, avec lequel elle se confond dans une certaine mesure tout au moins ; elle 
n’est pas, en tant que telle dans le domaine du droit administratif, une garantie 
générale de procédure ou un droit constitutionnel des citoyens (ATF non publié du 
17 août 2000, 1A.17/2000). Il s’agit pour les parties d’éviter qu’une réparation de la 
violation du droit d’être entendu ait pour conséquence de les priver de la possibilité 
de faire valoir leurs arguments devant deux autorités successives (ATFA non publié 
du 8 novembre 2002, I 431/02, consid. 3.1). 

La jurisprudence, rendue sous l’empire de l’art. 4 aCst. et qui s’applique également 
à l’art. 29 al. 2 Cst. (ATF 129 II 504 consid. 2.2), a déduit du droit d’être entendu, 
en particulier, le droit pour le justiciable de s’expliquer avant qu’une décision ne 
soit prise à son détriment, celui de fournir des preuves quant aux faits de nature à 
influer sur le sort de la décision, celui d’avoir accès au dossier, celui de participer à 
l’administration des preuves, d’en prendre connaissance et de se déterminer à leur 
propos (ATF 126 I 16 consid. 2a/aa, 124 V 181 consid. 1a, 375 consid. 3b et les 
références). Ainsi, la violation du droit d’être entendu – pour autant qu’elle ne soit 
pas d’une gravité particulière – est réparée lorsque la partie lésée a la possibilité de 
s’exprimer devant une autorité de recours jouissant d’un plein pouvoir d’examen 
(ATF 127 V 437 consid. 3d/aa, 126 V 132 consid. 2b et les références). 

De plus, si l’administration ou le juge, se fondant sur une appréciation 
consciencieuse des preuves fournies par les investigations auxquelles ils doivent 
procéder d’office, sont convaincus que certains faits présentent un degré de 
vraisemblance prépondérante et que d’autres mesures probatoires ne pourraient plus 
modifier cette appréciation, il est superflu d’administrer d’autres preuves 
(appréciation anticipée des preuves ; ATF 122 II 469 consid. 4a, 122 III 223 
consid. 3c). Une telle manière de procéder ne viole pas le droit d’être entendu selon 
l’art. 29 al. 2 Cst. (SVR 2001 IV n. 10 p. 28 consid. 4b), la jurisprudence rendue 
sous l’empire de l’art. 4 aCst. étant, comme nous l’avons vu, toujours valable. 

En l’espèce, il apparaît que la recourante a largement pu faire valoir ses arguments 
par-devant le Tribunal de céans, de sorte que, même à considérer que la décision 
sur opposition du 15 septembre 2008 était quelque peu prématurée, son droit d’être 
entendue et, partant, la garantie de la double instance ont été préservés à 
satisfaction de droit dans le cadre de la présente procédure. 

 
 
 

 

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Il apparaît en outre, au vu des nombreux documents médicaux mis à la disposition 
du Tribunal, que d’autres mesures probatoires ne pourraient plus modifier son 
appréciation, de sorte qu’il est superflu de solliciter la réalisation d’une expertise 
supplémentaire. 

La requête de la recourante tendant au renvoi de la cause à l’OCAI pour 
complément d’instruction devra donc être rejetée. 

6. Sur le fond, l’art. 28 al. 2 LAI (dont le contenu est le même que celui de l’ancien 
art. 28 al. 1er LAI [aLAI]) dispose que l’assuré a droit à une rente entière s’il est 
invalide à 70% au moins, à trois quarts de rente s’il est invalide à 60% au moins, à 
une demi-rente s’il est invalide à 50% au moins ou à un quart de rente s’il est 
invalide à 40% au moins. 

Est réputée invalidité, l’incapacité de gain totale ou partielle présumée permanente 
ou de longue durée, résultant d’une infirmité congénitale, d’une maladie ou d’un 
accident (art. 8 al. 1er LPGA et 4 al. 1er LAI). Est réputée incapacité de gain toute 
diminution de l’ensemble ou d’une partie des possibilités de gain de l’assuré sur un 
marché du travail équilibré dans son domaine d’activité, si cette diminution résulte 
d’une atteinte à sa santé physique, mentale ou psychique et qu’elle persiste après les 
traitements et les mesures de réadaptation exigibles. Seules les conséquences de 
l’atteinte à la santé sont prises en compte pour juger de la présence d’une incapacité 
de gain (voir l’art. 7 al. 1er et al. 2, 1ère phrase LPGA, dans sa teneur en vigueur 
depuis le 1er janvier 2008). 

La notion d’invalidité, au sens du droit des assurances sociales, est donc une notion 
économique et non médicale ; ce sont les conséquences économiques objectives de 
l’incapacité fonctionnelle qu’il importe d’évaluer (voir ATF 110 V 275 consid. 4a, 
105 V 207 consid. 2). 

Les atteintes à la santé psychique peuvent, comme les atteintes physiques, entraîner 
une invalidité au sens de l’art. 4 al. 1er LAI en liaison avec l’art. 8 LPGA. On ne 
considère cependant pas comme des conséquences d’un état psychique maladif, 
donc pas comme des affections à prendre en charge par l’assurance-invalidité, les 
diminutions de la capacité de gain que l’assuré pourrait empêcher en faisant preuve 
de bonne volonté. Il n’y a en effet incapacité de gain que si l’atteinte à la santé n’est 
pas objectivement surmontable (cf. art. 7 al. 2, 2e phrase LPGA) ; la mesure de ce 
qui est exigible doit donc être déterminée aussi objectivement que possible (ATF 
102 V 165 ; voir aussi ATF 127 V 294 consid. 4c in fine). 

Dans un arrêt du 8 février 2006 (ATF 132 V 65), le Tribunal fédéral des assurances 
a considéré qu’il se justifiait, sous l’angle juridique, et en l’état actuel des 
connaissances, d’appliquer par analogie les principes développés par la 
jurisprudence en matière de troubles somatoformes douloureux lorsqu’il s’agit 
d’apprécier le caractère invalidant d’une fibromyalgie. Ces deux atteintes à la santé 

 
 
 

 

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présentent en effet des caractéristiques communes, en tant que leurs manifestations 
cliniques – plaintes douloureuses diffuses – sont pour l’essentiel similaires et qu’il 
n’existe pas de pathogenèse claire et fiable pouvant en expliquer l’origine. Cela 
rend dans les deux cas la limitation de la capacité de travail difficilement 
mesurable, car l’on ne peut pas déduire l’existence d’une incapacité de travail du 
simple diagnostic posé, dès lors que celui-ci ne renseigne pas encore sur l’intensité 
des douleurs ressenties par la personne concernée, ni sur leur évolution ou sur le 
pronostic qu’on peut poser dans un cas concret. 

Aussi convient-il également, en présence d’une fibromyalgie, de poser la 
présomption que cette affection ou ses effets peuvent être surmontés par un effort 
de volonté raisonnablement exigible (ATF 131 V 49). 

Le Tribunal fédéral a toutefois reconnu qu’il existe des facteurs déterminés qui, par 
leur intensité et leur constance, rendent la personne incapable de fournir cet effort 
de volonté, et établi des critères permettant d’apprécier le caractère invalidant de 
troubles somatoformes douloureux (cf. ATF 131 V 49 et 130 V 352), que l’on peut 
transposer au contexte de la fibromyalgie. On retiendra, au premier plan, la 
présence d’une comorbidité psychiatrique importante par sa gravité, son acuité et sa 
durée. Peut constituer une telle comorbidité un état dépressif majeur (voir en 
matière de troubles somatoformes douloureux ATF 130 V 352 consid. 3.3.1 et la 
référence). Parmi les autres critères déterminants, doivent être considérés comme 
pertinents un processus maladif s’étendant sur plusieurs années sans rémission 
durable (symptomatologie inchangée ou progressive), des affections corporelles 
chroniques, une perte d’intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie 
et l’échec de traitements ambulatoires ou stationnaires conformes aux règles de l’art 
(même avec différents types de traitement), cela en dépit de l’attitude coopérative 
de la personne assurée. En présence d’une comorbidité psychiatrique, il sera 
également tenu compte de l’existence d’un état psychique cristallisé, sans évolution 
possible au plan thérapeutique, résultant d’un processus défectueux de résolution du 
conflit, mais apportant un soulagement du point de vue psychique (profit primaire 
tiré de la maladie, fuite dans la maladie). 

Par ailleurs, s’agissant des troubles dépressifs, il y a lieu d’observer que selon la 
doctrine médicale (cf. notamment DILLING/MOMBOUR/SCHMIDT [Hrsg.], 
Internationale Klassifikation psychischer Störungen, ICD-10 Kapitel V [F], 
4e édition, p. 191) sur laquelle s’appuie le Tribunal fédéral (TF), les états dépressifs 
ne constituent en principe pas une comorbidité psychiatrique grave et durable à un 
trouble somatoforme douloureux (ou à une fibromyalgie), dans la mesure où ils ne 
sont en règle générale qu’une manifestation réactive qui ne doit pas faire l’objet 
d’un diagnostic séparé (ATF 130 V 352 consid. 3.3.1 in fine ; MEYER/BLASER, 
op. cit., p. 81, note 135). 

 
 
 

 

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7. Pour pouvoir calculer le degré d’invalidité, l’administration (ou le juge, s’il y a eu 
un recours) a besoin de documents que le médecin, éventuellement aussi d’autres 
spécialistes, doivent lui fournir. La tâche du médecin consiste en effet à porter un 
jugement sur l’état de santé et à indiquer dans quelle mesure et pour quelles 
activités l’assuré est incapable de travailler. En outre, les données médicales 
constituent un élément utile pour déterminer quels travaux on peut encore, 
raisonnablement, exiger de l’assuré (ATF 125 V 256 consid. 4, 115 V 134 consid. 
2, 114 V 314 consid. 3c, 105 V 158 consid. 1). 

Selon le principe de libre appréciation des preuves, déjà évoqué, le juge n’est pas 
lié par des règles formelles, mais doit examiner de manière objective tous les 
moyens de preuve, quelle qu’en soit la provenance, puis décider si les documents à 
disposition permettent de porter un jugement valable sur le droit litigieux. En cas de 
rapports médicaux contradictoires, le juge ne peut trancher l’affaire sans apprécier 
l’ensemble des preuves et sans indiquer les raisons pour lesquelles il se fonde sur 
une opinion médicale et non pas sur une autre. L’élément déterminant pour la 
valeur probante d’un rapport médical n’est ni son origine, ni sa désignation, mais 
son contenu. À cet égard, il convient que les points litigieux importants aient fait 
l’objet d’une étude fouillée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu’il 
prenne également en considération les plaintes exprimées, qu’il ait été établi en 
pleine connaissance du dossier (anamnèse), que la description des interférences 
médicales soit claire et enfin que les conclusions de l’expert soient bien motivées. 
Sans remettre en cause le principe de la libre appréciation des preuves, le Tribunal 
fédéral des assurances a posé des lignes directrices en ce qui concerne la manière 
d’apprécier certains types d’expertises ou de rapports médicaux (ATF 125 V 351 
consid. 3). 

En particulier, s’agissant des rapports établis par les médecins traitants, le juge peut 
et doit tenir compte du fait que, selon l’expérience, le médecin traitant est 
généralement enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de 
la relation de confiance qui l’unit à lui (ATF 125 V 351 consid. 3b/bb et cc). 

Relevons encore que selon une jurisprudence constante, le juge des assurances 
sociales apprécie la légalité des décisions attaquées, en règle générale, d’après l’état 
de fait existant au moment où la décision litigieuse a été rendue. Les faits survenus 
postérieurement, et qui ont modifié cette situation, doivent normalement faire 
l’objet d’une nouvelle décision administrative (ATF 121 V 366 consid. 1b et les 
références). Les faits survenus postérieurement doivent cependant être pris en 
considération dans la mesure où ils sont étroitement liés à l’objet du litige et de 
nature à influencer l’appréciation au moment où la décision attaquée a été rendue 
(ATF 99 V 102 et les arrêts cités ; ATFA du 18 juillet 2005, I 321/04, consid. 5). 

En l’espèce, les avis médicaux des docteurs H____________, orthopédiste, et 
E____________, rhumatologue, ainsi que des docteurs B____________ et 

 
 
 

 

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D____________, psychiatres, et du docteur C____________, médecin traitant de la 
recourante, diffèrent quelque peu quant aux conclusions auxquels ils aboutissent, de 
sorte qu’il convient d’en examiner brièvement les mérites respectifs. 

Sur le plan somatique, l’expertise conduite par le docteur H____________ se fonde 
sur des examens cliniques étendus, sur une anamnèse complète, les plaintes 
exprimées par l’assurée lors de la consultation étant prises en considération, et sur 
une description précise des interférences médicales, de sorte que le diagnostic posé, 
qui exclut toute pathologie physique, est cohérent et digne de foi. Cet avis 
correspond en outre, s’agissant des troubles somatiques, aux conclusions de 
l’examen neurologique effectué par le docteur F____________ et de l’examen 
rhumatologique réalisé par le docteur E____________. 

D’autre part, il n’apparaît pas que le docteur C____________ ait procédé à l’étude 
fouillée, sur la base d’examens complets, requise par la jurisprudence rappelée plus 
haut, pour fonder un avis revêtu d’une force probante suffisante. En outre, il y a lieu 
de tenir compte du fait qu’en sa qualité de médecin traitant de la recourante, ce 
praticien a tissé une relation de confiance étroite avec celle-ci, susceptible 
d’influencer sensiblement le contenu de ses propos. 

Partant, il convient de faire prévaloir l’avis médical, au demeurant unanime, selon 
lequel, sur le plan somatique, la capacité de travail de la recourante présente 
éventuellement des limitations fonctionnelles qui ne sont pas le résultat d’une 
quelconque pathologie, mais des douleurs éprouvées. 

Sur le plan psychique, le rapport d’expertise établi le 12 juillet par le docteur 
B____________ montre que ce praticien a procédé à un examen objectif de la 
situation personnelle et clinique de la recourante, qu’il a rapporté les constatations 
qu’il avait faites de façon neutre et circonstanciée, et les conclusions auxquelles il 
aboutit s’appuient sur des considérations médicales pertinentes. Selon ce praticien, 
il ressort de l’anamnèse, de l’examen clinique, de l’étude du dossier et des rapports 
médicaux que la recourante ne présentait pas de dysfonctionnement durable des 
conduites et de l’expérience vécue, ni de déviance de la norme donnant lieu à une 
altération du fonctionnement personnel et social ou encore à une souffrance 
significative. Ces symptômes présents depuis plusieurs années et de faible intensité 
permettent de retenir le diagnostic d’épisode dépressif léger. 

Les avis médicaux exprimés par le docteur D____________, qui retient le 
diagnostic de fibromyalgie, ne présentent en revanche pas les mêmes garanties. En 
particulier, cette praticienne n’a pas précisé en quoi les constatations objectives et 
subjectives recueillies devaient avoir pour conséquence, pour la recourante, une 
incapacité totale d’exercer quelque activité que ce soit. Au demeurant, le docteur 
D____________ s’est bornée, sur ce point, à déclarer qu’une autre activité, adaptée 
aux limitations constatées, n’avait pas été envisagée. Force est donc de constater 

 
 
 

 

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que l’incapacité totale de gain à laquelle conclut cette praticienne n’est pas, au vu 
de l’état de santé de la recourante, estimé tour à tour en amélioration et stationnaire, 
motivée à satisfaction de droit. Pour ce qui est des résultats du test de Beck 
recueillis par les docteurs K____________ et L___________, leur totale absence de 
valeur diagnostique en l’absence de tout autre examen complémentaire commande 
de ne leur accorder aucune valeur probante. 

Au vu de ce qui précède, force est de constater l’absence d’une comorbidité 
psychiatrique importante par sa gravité et son acuité. S’il est établi que la 
recourante présente des troubles douloureux depuis février 2007, troubles dont la 
durée ne laisse pas d’inquiéter les praticiens consultés, il apparaît également qu’ils 
n’ont pas, au regard des principes rappelés plus haut, la gravité et l’acuité exigée 
par la jurisprudence pour en établir le caractère invalidant. Rien n’indique en effet 
que la recourante souffre de graves épisodes dépressifs, qu’elle ait eu à subir une 
perte d’intégration sociale dans toutes les manifestations de sa vie ou l’échec de 
tous traitements ambulatoires ou stationnaires prodigués lege artis, ou encore 
qu’elle présente un état psychique cristallisé, sans évolution possible sur le plan 
thérapeutique. Partant, même à admettre qu’elle soit atteinte de fibromyalgie, force 
est de constater que la recourante n’a pas rendu vraisemblable que cette affection 
ou ses fâcheux effets ne peuvent plus, en l’état, être surmontés par un effort de 
volonté raisonnablement exigible. 

En conséquence, au degré de vraisemblance prépondérante requis, il s’impose de 
considérer que la synthèse proposée par les médecins du SMR, selon laquelle la 
capacité de gain de la recourante est, du seul fait des douleurs dont elle se plaint, de 
70% dans l’activité qu’elle exerçait, ou de 75% dans une activité mieux adaptée, 
paraît tout à fait convaincante. 

8. L’art. 28a al. 1er LAI (voir aussi l’art. 28 al. 2 aLAI) dispose que l’art. 16 LPGA 
s’applique à l’évaluation de l’invalidité des assurés exerçant (ou ayant exercé) une 
activité lucrative. Cette dernière disposition prévoit que, pour évaluer le taux d’in-
validité, le revenu que l’assuré aurait pu obtenir s’il n’était pas invalide est comparé 
avec celui qu’il pourrait obtenir en exerçant l’activité qui peut raisonnablement être 
exigée de lui après les traitements et les mesures de réadaptation, sur un marché du 
travail équilibré. 

Pour procéder à la comparaison des revenus, il convient en principe de se placer au 
moment de la naissance du droit à la rente (ATF 130 V 343 consid. 4). Les revenus 
avec et sans invalidité doivent être déterminés par rapport à un même moment et les 
modifications de ces revenus susceptibles d’influencer le droit à la rente, survenues 
jusqu’au moment où la décision est rendue, doivent être prises en compte (cf. ATF 
129 V 222 consid. 4.1, 128 V 174). 

 
 
 

 

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Le revenu d’invalide doit être évalué avant tout en fonction de la situation 
professionnelle concrète de l’intéressé. En l’absence d’un revenu effectivement 
réalisé, il y a lieu de se référer aux données statistiques, telles qu’elles résultent des 
enquêtes sur la structure des salaires de l’Office fédéral de la statistique (ATF 126 
V 75 consid. 3b). La mesure dans laquelle les salaires ressortant des statistiques 
doivent être réduits, dépend de l’ensemble des circonstances personnelles et 
professionnelles du cas particulier (limitations liées au handicap, âge, années de 
service, nationalité ou catégorie d’autorisation de séjour et taux d’occupation) et 
résulte d’une évaluation dans les limites du pouvoir d’appréciation. Un abattement 
global maximum de 25% sur le salaire statistique permet de tenir compte des 
différents éléments qui peuvent influencer le revenu d’une activité lucrative 
(cf. ATF 126 V 75 consid. 5). 
Le revenu sans invalidité se détermine pour sa part en établissant au degré de la 
vraisemblance prépondérante ce que l’intéressé aurait effectivement pu réaliser au 
moment déterminant s’il était en bonne santé (ATF 129 V 222 consid. 4.3.1 et la 
référence). Ce revenu doit être évalué de manière aussi concrète que possible si 
bien qu’il convient, en règle générale, de se référer au dernier salaire que l’assuré a 
obtenu avant l’atteinte à sa santé, en tenant compte de l’évolution des salaires (ATF 
non publié du 25 mai 2007, I 428/06 et I 429/06). 

Enfin, le Tribunal fédéral a eu l’occasion de préciser, dans un arrêt du 19 décembre 
2003 (ATF 130 V 121, consid. 3.2), que le résultat exact du calcul du degré 
d’invalidité doit être arrondi au chiffre en pour cent supérieur ou inférieur selon les 
règles applicables en mathématiques. 

9. En l’espèce, le salaire auquel pouvaient prétendre les femmes effectuant des 
activités simples et répétitives dans le secteur privé était de 4'019 fr. par mois en 
2006 (tableau TA1, niveau de qualification 4), soit 4'088 fr. 85 en 2007 en raison de 
l’évolution des salaires nominaux (indice 2006 : 2'014 ; indice 2007 : 2'049). Ce 
salaire hypothétique tient compte d’un large éventail d’activités légères existant sur 
le marché du travail, qui ne nécessitent pas de formation particulière, dont un 
nombre suffisant intègre le handicap et les limitations fonctionnelles de la 
recourante, et représente, étant donné que les salaires bruts standardisés sont fondés 
sur un horaire de travail de quarante heures par semaine, soit une durée 
hebdomadaire inférieure à la moyenne usuelle dans les entreprises en 2007 (41.7 
heures), un revenu de 4'262 fr. 60 par mois (4'088.85 x 41.7 ÷ 40), ou 51'151 fr. 45 
par année en 2007 (4'262.60 x 12). 

La pratique montre que le salaire moyen des travailleurs étrangers affectés à des 
tâches simples et répétitives peut être, de ce fait, supérieur à la moyenne (cf. ATFA 
non publiés des 30 août 1999, I 193/99, 30 mars 1999, I 140/97, et 6 octobre 1998, 
I 39/98), de sorte que l’on ne saurait considérer que la recourante est 
nécessairement désavantagée par sa nationalité espagnole. D’autre part, âgée de 
cinquante-deux ans au moment de la décision querellée, elle peut certes faire valoir 

 
 
 

 

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des années d’expérience, mais il ne faut pas perdre de vue qu’elle exerçait une 
activité qui est désormais partiellement proscrite, et que l’éventail des travaux 
légers qu’elle peut réaliser, un peu moins large que celui d’une employée 
parfaitement apte au travail, a pour conséquence qu’elle doit, de ce fait, 
vraisemblablement compter avec un salaire légèrement inférieur à la moyenne 
(cf. ATFA du 28 juillet 1999, publié in VSI 1999 p. 246). Enfin, mis à part le 
syndrome douloureux, qui entraîne des limitations fonctionnelles à hauteur de 25%, 
la recourante est en bonne santé. Partant, il se justifie de considérer qu’elle était en 
mesure d’exploiter sa capacité résiduelle de travail avec des chances de gain encore 
inférieures de 5% à la moyenne au regard des circonstances qui lui sont 
particulières. Il convient par conséquent de retenir qu’elle était en mesure de 
générer un revenu d’invalide de 35'806 fr. en 2007 (70% de 51'151.45). 

Selon les attestations de ses anciens employeurs, la recourante pouvait, sans 
invalidité, prétendre au versement d’un salaire annuel brut de 36'296 fr. en 2007 
([2'698 x 2'049 ÷ 2'014] + 30'583). 

Il résulte, de la comparaison des revenus ainsi déterminés pour l’année 2007, un 
taux d’invalidité de 1.35% ([36'296 – 35'806] ÷ 36'296 x 100), arrondi à 1%. Ce 
taux ne donne pas droit au versement d’une rente d’invalidité, de sorte que le 
recours devra également être rejeté sur ce point. 

10. L’art. 69 al. 1bis LAI, entré en vigueur le 1er juillet 2006, prévoit qu’en dérogation à 
l’art. 61 let. a LPGA, la procédure de recours en matière de contestations portant 
sur l’octroi ou le refus de prestations de l’AI devant le tribunal cantonal des 
assurances est soumise à des frais de justice. Le montant des frais est fixé en 
fonction de la charge liée à la procédure, indépendamment de la valeur litigieuse, et 
doit se situer entre 200 et 1'000 fr. 

L’émolument, arrêté à 200 fr., sera mis à la charge de la recourante, qui succombe. 

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

À la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. Le rejette. 

3. Met un émolument de 200 fr. à la charge de la recourante. 

4. Informe les parties qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt dans un 
délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le 
Tribunal fédéral (LTF) ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs 
et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il 
doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du 
recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi. 

 
La greffière 

 
 
 
 

Brigitte BABEL 

 La présidente 
 
 
 
 

Isabelle DUBOIS 
 

Le secrétaire-juriste : 
 

Olivier TSCHERRIG 
 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 
des assurances sociales par le greffe le