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**Case Identifier:** a7d7cc55-f758-5636-9892-e1fbc4f19a8a
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-07-01
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 01.07.2014 A/1146/2007
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1146-2007_2014-07-01.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/1146/2007-ICC ATA/500/2014  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 1er juillet 2014 

   dans la cause 

 

A______ SA, en liquidation 
représentée par Mazars SA, mandataire 

contre 

ADMINISTRATION FISCALE CANTONALE 

et 

ADMINISTRATION FÉDÉRALE DES CONTRIBUTIONS 

_________ 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 
9 mai 2011 (JTAPI/442/2011) 

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A/1146/2007 

EN FAIT 

1)  A______ SA en liquidation (ci-après : la société) est une société anonyme 
dont le siège se trouve à Genève. Selon le registre du commerce, elle est active 
dans « l’importation, l’exportation et le commerce B______ ».  

  Appartenant à un grand groupe international, elle déploie ses activités 
presque exclusivement à l’étranger et tient sa comptabilité en dollars américains 
(USD) qui constituent sa monnaie fonctionnelle. Afin de répondre aux exigences 
de la loi fédérale complétant le Code civil suisse du 30 mars 1911 (Livre 
cinquième : Droit des obligations - CO - RS 220) et du droit fiscal suisse, elle 
convertit en fin d’année ses comptes en francs suisses (CHF), soit en monnaie de 
présentation. 

  Pour ce faire, elle applique la méthode dite du cours de clôture : les 
éléments figurant au bilan sont convertis en utilisant le cours du 31 décembre de 
l'année en question, alors que la conversion des comptes de produits et de charges 
utilise le cours moyen de la même année. 

2)  Dans sa déclaration fiscale 2003, la société a mentionné un bénéfice net de 
CHF 1'241'292.-. Celui-ci tenait compte d’un « perte de change et de conversion » 
de CHF 1'648'858.-, inscrite en tant que charge dans le compte de pertes et profits 
en raison de la dépréciation du dollar américain par rapport au franc suisse. 

3)  Les 20 et 24 octobre 2006, l'Administration fiscale cantonale (ci-après : 
AFC-GE) a émis des bordereaux de taxation rectificatifs concernant l'impôt 
fédéral direct (ci-après : IFD) 2003, respectivement l'impôt cantonal et communal 
(ci-après : ICC) 2003, dus par la société. 

  La perte de conversion de CHF 1'648'858.- n'était pas admise et ce montant 
réintégré dans le bénéfice et le capital imposables de la société. 

4)  Le 17 novembre 2006, la société a saisi l'AFC-GE de réclamations contre 
les bordereaux de taxation rectificatifs précités, notifiés le 27 octobre 2006, 
concluant à ce que l’écart de conversion de CHF 1'648'859.- soit pris en compte 
dans les taxations litigieuses. 

  Ledit montant, qui se composait d’une perte de change réalisée durant 
l’année de CHF 9'965.-, ainsi que d’une perte de conversion de CHF 1'638'893.-, 
consistait dans une perte de change non réalisée, déductible fiscalement. 

5)  Par décisions ICC et IFD du 26 février 2007, l'AFC-GE a partiellement 
admis les réclamations. 

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  Il convenait de distinguer les écarts de conversion et les provisions pour 
pertes de change. Les secondes étaient justifiées lorsque les comptes étaient tenus 
dans une monnaie, mais que certaines opérations étaient effectuées dans une autre 
monnaie. Des pertes sur le taux de change pouvaient être constatées lors de ces 
opérations. Une perte de change était donc concevable dans le cadre d’une 
comptabilité tenue dans une monnaie fonctionnelle étrangère et constituait une 
charge justifiée par l’usage commercial. Le montant de CHF 9'965.- porté en 
déduction du résultat de l’exercice 2003 devait, partant, être admis. 

  Les écarts de conversion n’exerçant pas d’influence sur le résultat d’une 
société tenant sa comptabilité en monnaie fonctionnelle étrangère, le redressement 
de CHF 1'638'893.- était en revanche maintenu. 

  Un bordereau de taxation rectificatif ICC 2003 du 21 février 2007 et un 
bordereau de taxation rectificatif IFD 2003 du 26 février 2007, lesquels 
réintégraient la perte de conversion de CHF 1'638'893.- dans le bénéfice et le 
capital imposables de la société, respectivement dans le seul bénéfice de cette 
dernière, étaient joints à ces décisions sur réclamation. 

6)  Le 13 mars 2007, la société a recouru contre les décisions précitées auprès 
de la commission cantonale de recours en matière d'impôt et la commission 
cantonale de recours en matière d'impôt fédéral direct, en concluant à leur 
annulation. 

  Ces deux commissions ont ultérieurement fusionnés et leurs compétences 
ont été reprises par la commission cantonale de recours en matière administrative 
(ci-après : la commission), elle-même devenue depuis lors le Tribunal 
administratif de première instance (ci-après : TAPI). 

7)  Le 15 mars 2010, l’AFC-GE s’est engagée à rectifier le montant du capital 
imposable de la société, concluant au rejet du recours pour le surplus, soit au 
maintien de la reprise de la perte de conversion dans le bénéfice imposable de la 
société. 

8)  Par décision de son assemblée générale du 10 août 2010, la société a été 
dissoute et est entrée en liquidation. 

9)  Dans une note du 15 février 2011 (disponible sur 
http://www.steuerkonferenz.ch/fr/?Documents:Analyses), la Conférence suisse 
des impôts (ci-après : CSI) a, par l’intermédiaire de son comité, approuvé 
l’ATF 136 II 88. 

  Si la conversion de la monnaie fonctionnelle à la monnaie de présentation 
s’effectuait selon la méthode du cours de clôture, l’imposition devait porter sur les 
comptes annuels établis en CHF approuvés par l’assemblée générale. D’éventuels 
écarts de conversion n’avaient pas d’incidence sur le résultat imposable. 

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Comptabilisés dans les produits et les charges selon les règles légales applicables, 
ils étaient neutralisés par le biais de règles correctrices fiscales. Une éventuelle 
provision au bilan pour des écarts de conversion résultant du passage de la 
monnaie fonctionnelle à la monnaie de présentation pouvait être attribuée aux 
réserves ouvertes, sans conséquence fiscale sur le bénéfice. Même en cas de 
liquidation de la société, les écarts de conversion dus au passage de la monnaie 
fonctionnelle à la monnaie de présentation étaient sans incidence fiscale. 

10)  Par jugement du 9 mai 2011 (JTAPI/442/2011), notifié le 23 mai 2011, le 
TAPI a joint les recours, les a rejetés s’agissant de l’IFD et les a admis 
partiellement s’agissant de l’ICC, donnant acte à l’AFC-GE de ce qu’elle 
s’engageait à déduire la perte de conversion du montant retenu jusqu’ici à titre de 
capital imposable pour l’année 2003. 

  Dans l’ATF 136 II 88, le Tribunal fédéral avait refusé de prendre en compte 
les écarts de conversion dans la détermination du bénéfice imposable. Il n’y avait 
pas lieu de s’écarter de cette jurisprudence approuvée par la doctrine majoritaire. 
Le Tribunal fédéral avait rejeté l’argument selon lequel les écarts de conversion 
équivalaient à des différences de change. Cet argument partait de la fausse 
prémisse que la comptabilité fonctionnelle de la société serait tenue en CHF, alors 
qu’elle l’était en USD. La conversion des comptes en monnaie de présentation ne 
se rapportait au surplus pas à une transaction commerciale, mais ne constituait 
qu’une opération d’ajustement. Les exemples chiffrés, que la société présentait à 
l’appui de son recours, faussaient le débat, puisqu’il portaient sur des opérations 
réalisées en cours d’exercice qui avaient effectivement induit des différences de 
change. Il n’était pas contesté que le résultat de l’activité d’une société était bien 
influencé par ce type d’opérations. La déduction de l’écart de conversion négatif 
de CHF 1'648'852.- (recte : CHF 1'638'893.-) devait, partant, être refusée dans le 
cadre de l’imposition du bénéfice de la société au titre de l’ICC et de l’IFD. 

11)  Par acte du 22 juin 2011, la société a recouru auprès de la chambre 
administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre 
le jugement précité. Elle a conclu à son annulation, ainsi qu’à celle de la reprise 
du montant de CHF 1'638'893.- correspondant à sa perte de conversion, à la 
rectification en ce sens des bordereaux de taxation ICC et IFD 2003, à la 
constatation de ce qu’elle ne devait aucun intérêt moratoire et que des intérêts 
rémunératoires lui étaient dû sur les montants versés à tort et à la condamnation de 
l’AFC-GE à tous les dépens. Préalablement, elle priait la chambre administrative 
d’ordonner une expertise, l’expert devant être nommé par entente mutuelle entre 
l’administration et elle-même pour confirmer ou infirmer ses affirmations. Si elle 
renonçait à cette mesure, la chambre administrative devait lui impartir un délai 
suffisant pour produire une expertise privée. 

  Les normes IFRS/IAS n’étaient pas applicables, les normes de droit 
comptable suisses étant seules déterminantes. En tout état, les différences de fonds 

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propres durant un exercice, y compris les gains et les pertes de conversion, étaient, 
selon ces normes internationales, soit des revenus, soit des charges et constituaient 
une composante du compte de pertes et profits, tel que défini par le droit 
comptable suisse.  

  L’arrêt du Tribunal fédéral, auquel se référait l’administration et le TAPI, 
s’était fondé sur les normes IFRS/IAS de 2006 qui ne pouvaient s’appliquer à des 
comptes portant, comme en l’espèce, sur des années antérieures. Dans leur version 
ultérieure de 2009, ces normes avaient par ailleurs exigé une présentation plus 
détaillée du bilan et du compte de résultat global – qui correspondait au compte de 
pertes et profits en droit suisse – ainsi que de toutes autres charges ou produits 
découlant de l’activité. Les versions 2006 et 2009 du référentiel IFRS/IAS 
appréhendaient les écarts de conversion ou de change de la même manière, soit 
comme des éléments du résultat global, lequel influençait les fonds propres d’une 
société entre le début et la fin d’une année fiscale. À considérer qu’il soit 
applicable, ce qu’elle contestait, le référentiel IFRS/IAS devait être considéré dans 
son ensemble et non sous l’unique angle de la norme IFRS/IAS 21. Il préconisait 
de comptabiliser les écarts de conversion séparément du compte de résultat, ceux-
ci n’ayant que peu ou pas d’effet direct sur la trésorerie d’une entreprise, mais ne 
recommandait pas moins de les intégrer au résultat global. Les normes IFRS/IAS 
ne faisaient au demeurant pas de différences entre un écart de conversion et un 
écart de change, de sorte que le distinguo effectué par le Tribunal fédéral entre les 
éléments comptabilisés au compte de résultat ou en tant que composante des fonds 
propres n’était pas pertinent. Elles considéraient tant les écarts de change que les 
écarts de conversion comme des charges ou des produits liés à l’activité d’une 
entreprise et pleinement justifiés économiquement. 

  Selon le principe de la déterminance, le montant fiscalement imposable 
devait comprendre tant le produit de l’activité de l’entreprise que les éléments 
ayant influencé la valeur des biens investis. La question de savoir si les écarts de 
conversion devaient être comptabilisés directement dans le compte de pertes et 
profits ou au bilan en tant que composante distincte des capitaux propres n’était 
pas pertinente, puisque les écarts de conversion faisaient, de toute évidence, partie 
des mouvements de capitaux propres et, par voie de conséquence, du bénéfice 
imposable d’une société. La solution de comptabilisation préconisée par le 
Tribunal fédéral ne respectait pas la nécessaire concordance qui devait exister 
entre le bilan et le compte de résultat d’une entreprise. Selon la doctrine 
majoritaire, toute modification des fonds propres devait en effet se refléter dans le 
compte de pertes et profits en raison de l’interaction de ce dernier avec le bilan. 
Les autorités fiscales devaient se fonder sur les écritures enregistrées dans les 
comptes du contribuable et ne pouvaient s’en écarter que si ces dernières ne 
respectaient pas les exigences du droit commercial ou si une règle correctrice 
fiscale le prévoyait. En inscrivant sa perte de conversion dans son compte de 
pertes et profits, elle n’avait violé aucune norme impérative du droit commercial. 

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Une règle correctrice fiscale ne pouvait au surplus pas lui être opposée, dans la 
mesure où l’inscription de sa perte de conversion en tant que charge se justifiait 
d’un point de vue économique. 

  Une perte, comme un gain de valeur, était une réalité économique qui avait 
un impact direct sur les fonds propres d’une société et, partant, le résultat de son 
activité, ainsi que sa valeur à la date de clôture. Si, comme le soutenait le Tribunal 
fédéral, les écarts de conversion n’étaient que le résultat d’une opération 
comptable fictive, sans aucune conséquence économique, les actionnaires seraient 
en droit de fixer le dividende sur la base des fonds propres exprimés en monnaie 
fonctionnelle. Dans l’hypothèse d’une perte de conversion, le montant des fonds 
propres disponibles en monnaie fonctionnelle converti en CHF serait donc 
supérieur aux fonds propres statutaires, ce qui mettrait en péril les créanciers de la 
société en violation du droit suisse. La société pourrait de même se soustraire aux 
obligations résultant de l’art. 725 CO. 

  Elle produisait des exemples chiffrés qui démontraient que la capacité 
contributive d’une société, soit sa situation financière, était identique que la 
monnaie fonctionnelle soit une devise étrangère ou le CHF. Il en résultait que les 
écarts de conversion établis en fin d’année seulement étaient équivalents et de 
même nature que la somme des différences de change constatées au moment de la 
comptabilisation de chaque transaction. La solution retenue par le Tribunal 
fédéral, suivie par l’AFC-GE et confirmée par le TAPI ne respectait pas le 
principe de l’imposition selon la capacité contributive, dès lors que la perte de 
valeur d’une société due aux écarts de conversion n’était pas prise en compte. 

  Un écart de conversion ne se distinguait pas d’une perte de change non 
réalisée. Il représentait bien un risque de perte, dont le principe de l’imparité 
imposait la prise en compte, et n’apparaissait pas seulement dans les comptes 
présentés en CHF, mais également dans les comptes en monnaie fonctionnelle. 

  Le principe de la concordance était violé dès lors que les écarts de 
conversion étaient admis dans le bilan, mais exclus du bénéfice. La pratique de 
l’AFC-GE avait évolué au cours des années et celle choisie suite à l’arrêt du 
Tribunal fédéral n’était pas praticable d’un point de vue comptable. 

  La solution retenue violait le principe de l’égalité de traitement. Il y avait 
discrimination entre les sociétés qui exerçaient exclusivement leur activité en 
CHF et celles dont l’activité était majoritairement orientée vers l’étranger et qui 
tenaient une comptabilité fonctionnelle en monnaie étrangère. Une discrimination 
patente existait de même entre les sociétés qui convertissaient leurs comptes en 
CHF au jour le jour et celles qui exécutaient cette conversion en fin d’année, alors 
que leur résultat était identique. Ce traitement inéquitable était encore plus 
flagrant concernant les sociétés qui tenaient une double comptabilité en monnaie 
suisse et étrangère. Leurs comptabilités tenues parallèlement en CHF et, par 

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exemple, en USD prenaient en compte les mêmes opérations. Si une telle société 
choisissait le CHF comme monnaie fonctionnelle, la déduction de ses pertes de 
change (comprenant également les écarts de conversion litigieux) était admise, 
alors qu’elle ne l’était pas si la même société retenait le USD comme monnaie 
fonctionnelle. Il y avait enfin discrimination entre les sociétés qui, pour la même 
année, avaient été taxées avant l’arrêt du Tribunal fédéral du 1er octobre 2009 et 
celles dont l’autorité de taxation avait sciemment bloqué la procédure jusqu’au 
prononcé de ce jugement. Il était choquant que l’AFC-GE ait modifié sa pratique 
depuis lors sans information d’aucune sorte. 

  Financièrement, les procédures étaient importantes puisque l’impact fiscal 
potentiel pour l’ensemble du groupe d’entreprises concernées était de plus de 
CHF 76'000'000.-. 

12)  Le 15 juillet 2011, le TAPI a transmis son dossier et persisté dans les 
considérants et le dispositif de son jugement, sans autres observations. 

13)  Le 31 août 2011, l'AFC-GE a conclu au rejet du recours, se fondant 
principalement sur les éléments ressortant de l'ATF 136 II 88. 

14)  Le 20 octobre 2011, l’Administration fédérale des contributions (ci-après : 
AFC-CH) s’est également opposée au recours. Le résultat auquel le Tribunal 
fédéral était parvenu dans son arrêt du 1er octobre 2009 ne prêtait pas le flanc à la 
critique et devait être confirmé. 

  Si les entités concernées choisissaient, d’une part, d’utiliser une monnaie 
fonctionnelle différente de celle du CHF et, d’autre part, d’utiliser la méthode du 
cours de clôture (current ou closing-rate method) pour procéder à la conversion de 
la monnaie fonctionnelle à la monnaie de présentation, d’éventuels écarts de 
conversion devaient demeurer sans incidence sur le résultat imposable. 

  Le Tribunal fédéral n’avait pas appliqué les normes IFRS, mais s’en était 
inspiré pour développer sa jurisprudence et élaborer, en l’absence d’une 
disposition légale expresse, une règle correctrice sur le traitement fiscal des écarts 
de conversion. Cette règle correctrice respectait le principe de déterminance, 
puisque contrairement aux pertes de change, les écarts de change négatifs ne 
constituaient pas des dépenses justifiées par l’usage commercial. Il se justifiait dès 
lors de les rajouter au bénéfice imposable. 

  Le principe de la prudence et celui d’imparité étaient, de même, respectés. 
Une perte de conversion n’était pas une perte de change, mais une perte artificielle 
due aux écritures comptables de conversion des états financiers, de sorte que les 
créanciers ne pouvaient pas être lésés par sa non-comptabilisation. Le bilan dressé 
en CHF lors du bouclement de l’exercice commercial prenait, de toute manière, 
les écarts de conversion en compte lors de la détermination prudente des fonds 

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propres de la société, sans qu’il soit pour autant nécessaire que ces écarts grèvent 
d’abord le compte de résultat. 

  L’absence de prise en compte des écarts de conversion dans la 
détermination du bénéfice imposable ne violait pas le principe de l’égalité de 
traitement. Les contribuables étaient libres d’adopter la monnaie fonctionnelle de 
leur choix, comme d’opter pour la méthode du cours de clôture lors de la 
conversion de leur monnaie fonctionnelle étrangère en monnaie de présentation. 
Les différences de traitement en résultant sur le plan fiscal n’étaient que les 
conséquences de ces choix. 

  Le principe de concordance et celui de l’imposition selon la capacité 
contributive étaient également respectés. Pour procéder à une imposition 
correspondant effectivement à la capacité économique d’une société, les comptes 
en monnaie fonctionnelle étaient déterminants. Ils permettaient de déterminer le 
bénéfice produit dans une période de temps donnée, indépendamment d’écarts 
positifs ou négatifs résultant d’écritures comptables liées à la présentation de 
comptes annuels en CHF. Ces comptes en monnaie fonctionnelle n’étaient 
néanmoins pas déterminants pour la fixation du dividende, laquelle devait se faire 
sur la base des comptes convertis en CHF comme l’exigeait le CO. Les créanciers 
ne pouvaient ainsi pas être lésés par une présentation trop favorable des fonds 
propres de la société en monnaie étrangère. La règle développée par le Tribunal 
fédéral n’était qu’une règle correctrice fiscale, sans impact sur le plan comptable. 
Elle exigeait que les écarts de correction figurent au bilan, dans la mesure où 
ceux-ci n’affectaient que le capital et non l’accroissement du patrimoine sur une 
période fiscale donnée. L’imposition du capital se basait sur une situation 
patrimoniale figée à la date du bouclement d’un exercice commercial et n’avait 
rien à voir avec la détermination du profit réalisé au cours de ce même exercice. 

15)  Le 19 décembre 2011, la société a répliqué. 

  La problématique des écarts de conversion n’en était pas une dès lors que, 
dans un arrêt du 26 février 1954, le Tribunal fédéral avait jugé que les variations 
de valeur en CHF, provenant de changements dans le rapport entre la monnaie 
suisse et une monnaie étrangère n’étaient pas de simples fluctuations comptables 
mais représentaient effectivement des plus-values ou des moins-values se 
répercutant sur l’état de la fortune d’une société. L’état de fait de l’arrêt en 
question était similaire à la présente espèce. 

  En appliquant les principes retenus par la CSI dans sa note du 15 février 
2011 à ses états financiers au 31 décembre 2003, elle obtenait le même bénéfice et 
le même capital imposables que ceux qu’elle avait déclaré à l’AFC-GE. Elle 
joignait, en annexe, ses états financiers convertis au taux de clôture pour le 
démontrer. Les écarts de conversion n’étaient donc que le résultat d’une 
présentation différente de ses comptes. 

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  L’arrêt du Tribunal fédéral du 1er octobre 2009 ne lui était pas applicable, 
dans la mesure où l’écart de conversion litigieux se retrouvait également dans ses 
comptes en monnaie fonctionnelle. Il affirmait de manière erronée que la 
conversion des états financiers n’avait pas d’incidence sur le résultat d’une 
entreprise, en raison d’une interprétation erronée de l’IFRS/IAS 21. Celle-ci ne 
faisait en effet pas de distinction entre les pertes de change et les écarts de 
conversion qu’elle comptabilisait tous deux dans le compte « other comprehensive 
income ». 

  Elle contestait l’analyse de l’arrêt du Tribunal fédéral effectuée par la CSI 
qui, au demeurant, n’avait pas fait l’objet d’une directive. L’AFC-CH adoptait 
quant à elle une position contradictoire, en soutenant, d’une part, que la règle 
développée par le Tribunal fédéral était une règle correctrice fiscale qui n’avait 
pas d’impact sur le plan comptable et en renvoyant, d’autre part, à la position de la 
CSI qui indiquait que les comptes approuvés par l’assemblée générale devaient 
être retenus pour la détermination du bénéfice imposable, la question de 
l’existence d’une éventuelle règle correctrice fiscale se posant dans un deuxième 
temps. 

  Au surplus, elle reprenait et développait ses arguments antérieurs. 

16)  Par courrier du 20 décembre 2011 les parties ont été informées que la cause 
était gardée à juger. 

17)  Le 22 décembre 2011, le conseiller national Jacques Bourgeois a déposé une 
motion n°11.4132 sollicitant la modification des lois fiscales en relation avec les 
écarts de conversion des états financiers (disponible sur http://www.parlament.ch 
/f/ suche/Pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20114132). 

  Une telle modification des lois permettrait de corriger l’injustice qui 
découlait de l’application de l’ATF 136 II 88, lequel pénalisait sérieusement les 
entreprises étrangères établies en Suisse du fait que les pertes de conversion du 
bilan en fin d’année n’étaient pas déductibles. Il existait une distorsion de 
traitement entre les sociétés qui tenaient leurs comptes en CHF et celles qui le 
faisaient en monnaie étrangère. Si les premières nommées possédaient des valeurs 
au bilan en monnaies étrangères, elles pouvaient comptabiliser une perte de cours 
non réalisée dans leur compte de résultat, tandis qu’un bénéfice de cours non 
réalisé pouvait être provisionné au passif du bilan. 

18)  Le 1er février 2012, le Conseil fédéral a proposé le rejet de cette motion. 

  L’égalité de traitement visée par l’auteur de la motion avec les sociétés qui 
tenaient leur comptabilité en CHF n’était pas possible, à moins que toutes les 
opérations comptables d’une société soient converties au fur et à mesure en CHF. 
Selon le Tribunal fédéral, les pertes résultant de la conversion en CHF (monnaie 

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de présentation) des actifs et des passifs d’une société tenant sa comptabilité en 
monnaie étrangère ne constituaient pas des charges justifiées par l’usage 
commercial et n’étaient donc pas déductibles. Le bénéfice annuel établi dans la 
monnaie étrangère fonctionnelle était, par conséquent, déterminant pour fixer le 
bénéfice net imposable. Les différences au bilan en CHF résultant de la 
conversion de la monnaie étrangère fonctionnelle n’étaient que des valeurs 
comptables et ne constituaient pas des gains ou des pertes de change pour la 
société. Elles n’étaient pas comptabilisées non plus, mais simplement indiquées 
dans le compte annuel converti en CHF. Les sociétés exportatrices suisses qui 
tenaient leur comptabilité en CHF n’étaient pas concernées. Tenir sa comptabilité 
dans une monnaie fonctionnelle étrangère relevait du libre choix d’une société, 
mais dans ce cas, elle devait s’en tenir, du point de vue fiscal, au compte annuel 
établi dans cette monnaie fonctionnelle étrangère et il n’y avait pas de 
discrimination. 

19)  Dans une note d’analyse sur le nouveau droit comptable du 12 février 2013 
(disponible sur http://www.steuerkonferenz.ch/fr/?Documents:Analyses), la CSI 
a, par l’intermédiaire de son comité, indiqué que la pratique fiscale relative aux 
écarts de conversion demeurait inchangée. 

  La modification du CO du 23 décembre 2011 (RO 2012 6679-6702), entrée 
en vigueur le 1er janvier 2013, avait inscrit dans la loi les principes énoncés par le 
Tribunal fédéral. Les écarts de conversion de la monnaie fonctionnelle étrangère 
en monnaie suisse n’avaient pas d’incidence fiscale. 

20)  Le 9 septembre 2013, le Conseil national a rejeté la motion n°11.4132 par 
126 voix contre 59. 

21)  Le 26 septembre 2013, le conseiller national Hans Kaufmann a déposé une 
motion n° 13.3852 (disponible sur http://www.parlament.ch/f/suche/ 
pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20133852), ayant le même objet que la 
précédente citée. 

  L’ATF 136 II 88 avait été prononcé avant la révision de la loi sur la 
présentation des comptes. Depuis la modification en question, les grandes 
entreprises suisses cotées en bourse étaient tenues de présenter également en CHF 
leurs comptes annuels complets. Ces comptes annuels convertis en CHF, y 
compris les écarts de conversion, devaient donc eux aussi être déterminants pour 
les impôts, traitement fiscal qui devrait également bénéficier aux petites 
entreprises. 

22)  Le 20 novembre 2013, le Conseil fédéral a proposé au Conseil national de 
rejeter cette nouvelle motion. 

http://www.steuerkonferenz.ch/fr/?Documents:Analyses

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  Le nouveau droit comptable autorisait expressément l’établissement des 
comptes dans la monnaie nationale ou dans la monnaie étrangère fonctionnelle. Si 
les comptes étaient établis dans une monnaie étrangère fonctionnelle, le texte légal 
exigeait que les contre-valeurs soient aussi indiquées en CHF. En outre, les cours 
de conversion utilisés devaient être mentionnés et éventuellement commentés 
dans l’annexe. L’indication des contre-valeurs en CHF se justifiait par le fait que 
les destinataires des comptes ne devaient pas être contraints de procéder  
eux-mêmes à la conversion. Le nouveau droit n’était donc rien d’autre que la base 
légale sur laquelle se fondait le traitement, jusqu’à présent sans incidence fiscale, 
des écarts de conversion de la monnaie étrangère en CHF d’après la jurisprudence 
du Tribunal fédéral. L’ATF 136 II 88 n’allait pas à l’encontre du principe de 
l’imposition selon la capacité économique, les entreprises étant libres de tenir 
leurs comptes en monnaie étrangère fonctionnelle. De plus, un gain ou une perte 
de change qui ne devait pas être comptabilisée n’avait aucune influence sur les 
fonds qui étaient à disposition de l’entreprise. 

23)  Le 5 juin 2014, la motion n° 13.3852 a été classée, son auteur ayant quitté le 
conseil national. 

EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2)  La question à trancher est de savoir si les écarts de conversion positifs ou 
négatifs, résultant de la conversion d’une comptabilité tenue en monnaie 
fonctionnelle étrangère en monnaie de présentation suisse, doivent ou non être 
pris en compte lors de la détermination du bénéfice imposable d’une société en 
matière d’IFD et d’ICC. 

  En l’espèce, la recourante a comptabilisé une perte de conversion de 
CHF 1'638'893.- dans ses états financiers au 31 décembre 2003. Par décisions de 
taxation IFD et ICC du 20 et 24 octobre 2006, confirmées sur réclamation le 
26 février 2007, l’AFC-GE a refusé la déduction de ce montant inscrit en tant que 
charge dans le comptes de pertes et profits et l’a réintégré tant dans le bénéfice 
que dans le capital imposables de la société. En cours de procédure de première 
instance, elle s’est ensuite engagée à déduire la perte de conversion litigieuse du 
capital imposable de la société, persistant pour le surplus dans ses décisions. Le 
litige ne portant plus que sur le bénéfice imposable déterminant pour l’IFD et 
l’ICC, le TAPI a, dans son jugement du 9 mai 2011, suivi la position de 

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A/1146/2007 

l’AFC-GE et considéré que les écarts de conversion ne devaient pas être pris en 
compte dans le résultat de l’exercice 2003. 

3)  Dans son recours, la société conclut à ce que la chambre administrative 
constate qu’elle ne doit aucun intérêt moratoire sur les montants d’impôts dus, 
respectivement que l’AFC-GE lui doit des intérêts rémunératoires sur les 
montants versés à tort. 

a. L’objet d’une procédure administrative ne peut pas s’étendre ou se modifier 
qualitativement au fil des instances. Il peut uniquement se réduire dans la mesure 
où certains éléments de la décision attaquée ne sont plus contestés devant 
l’autorité de recours (JAAC 1999, n. 78 p. 734 ; ATA/92/2009 du 24 février 
2009 ; ATA/812/2005 du 29 novembre 2005). 

b. Si le recourant est libre de contester tout ou partie de la décision attaquée 
conformément à la maxime de disposition, il ne peut pas prendre, dans son 
mémoire de recours, des conclusions qui sortent du cadre des questions qui ont été 
l’objet de la procédure antérieure. Quant à l’autorité de recours, elle n’examine 
pas les prétentions et les griefs qui n’ont pas fait l’objet du prononcé de l’instance 
inférieur, sous peine de détourner sa mission de contrôle, de violer la compétence 
fonctionnelle de cette autorité-ci, d’enfreindre le principe de l’épuisement des 
voies de droit préalables et, en définitive, de priver les parties d’un degré de 
juridiction (ATA/92/2009 et ATA/812/2005 précités ; Benoît BOVAY, Procédure 
administrative, 2000, p. 390-391). 

  En l’espèce, la recourante amplifie ses conclusions en contestant le 
prélèvement d’intérêts pour les créances fiscales de l’AFC-GE, respectivement en 
réclamant des intérêts rémunératoires sur les montants d’impôts qu’elle aurait 
versés à tort. Il s’agit de conclusions nouvelles qu’elle n’a pas formulées devant le 
TAPI et qui seront, partant, déclarées irrecevables. 

4)  La recourante sollicite la nomination d’un expert-comptable indépendant, 
dont l’avis serait nécessaire à la bonne compréhension de ses griefs. 

  Tel qu’il est garanti par l’art. 29 al. 2 Cst., le droit d’être entendu comprend 
notamment le droit pour l’intéressé d’offrir des preuves pertinentes, de prendre 
connaissance du dossier, d’obtenir qu’il soit donné suite à ses offres de preuves 
pertinentes (Arrêt du Tribunal fédéral 2D_5/2012 du 19 avril 2012 consid. 2.3), de 
participer à l’administration des preuves essentielles ou à tout le moins de 
s’exprimer sur son résultat, lorsque cela est de nature à influer sur la décision à 
rendre (ATF 138 I 154 consid. 2.3.3 p. 157 ; 138 V 125 consid. 2.1 p. 127 ; 137 II 
266 consid. 3.2 p. 270 ; 137 I 195 consid. 2.3.1 p. 197 ; 136 I 265 consid. 3.2 ; 
135 II 286 consid. 5.1 p. 293 ; Arrêts du Tribunal fédéral 5A_ 12/2013 du 8 mars 
2013 consid. 4.1 ; 2C_552/2011 du 15 mars 2012 consid. 3.1). Le droit de faire 
administrer des preuves n’empêche cependant pas le juge de renoncer à 

- 13/30 - 

A/1146/2007 

l’administration de certaines preuves offertes et de procéder à une appréciation 
anticipée de ces dernières, en particulier s’il acquiert la certitude que celles-ci ne 
l’amèneront pas à modifier son opinion ou si le fait à établir résulte déjà des 
constatations ressortant du dossier (ATF 136 I 229 consid. 5.2 p. 236 ; 134 I 140 
consid. 5.3 ; 131 I 153 consid. 3 p. 158 ; Arrêts du Tribunal fédéral 4A_108/2012 
du 11 juin 2012 consid. 3.2 ; 8C_799/2011 du 20 juin 2012 consid. 6.1 ; 
2D_2/2012 du 19 avril 2012 consid. 2.3 ; 4A_15/2010 du 15 mars 2010 consid. 
3.2 et les arrêts cités ; ATA/404/2012 du 26 juin 2012 ; ATA/275/2012 du 8 mai 
2012). Le droit d'être entendu ne contient pas non plus d’obligation de discuter 
tous les griefs et moyens de preuve du recourant ; il suffit que le juge discute ceux 
qui sont pertinents pour l'issue du litige (ATF 138 I 232 consid. 5.1 p. 237 ; 138 
IV 81 consid. 2.2 p. 84 ; 134 I 83 consid. 4.1 p. 88 et les arrêts cités ; 133 II 235 
consid 5.2 p. 248 ; Arrêts du Tribunal fédéral 1C_424/2009 du 6 septembre 2010 
consid. 2 ; 2C_514/2009 du 25 mars 2010 consid. 3.1).  

  Alors qu’elle est représentée par un grand cabinet d’audit financier, la 
recourante a eu l’occasion de détailler ses griefs dans deux écritures, ainsi que de 
les illustrer par des exemples chiffrés. La chambre administrative est, pour sa part, 
parfaitement en mesure d’appréhender la problématique en cause qui relève 
essentiellement de l’application du droit et non de l’établissement des faits au sens 
de l’art. 20 LPA. Elle renoncera, par conséquent, à procéder à l’acte d’instruction 
sollicité, le dossier contenant tous les éléments nécessaires pour statuer en 
connaissance de cause. 

 IFD 2003 

5)  Aux termes de l’art. 57 LIFD, l’impôt sur le bénéfice a pour objet le 
bénéfice net. Selon l’art. 58 al. 1 LIFD, le bénéfice net imposable comprend 
notamment le solde du compte de résultats, compte tenu du solde reporté de 
l’exercice précédent (let. a) ; tous les prélèvements opérés sur le résultat 
commercial avant le calcul du solde du compte de résultat, qui ne servent pas à 
couvrir des dépenses justifiées par l’usage commercial, tels que les frais 
d’acquisition, de production ou d’amélioration d’actifs immobilisés, les 
amortissements et les provisions qui ne sont pas justifiés par l’usage commercial, 
les versements aux fonds de réserve, la libération du capital propre au moyen de 
fonds appartenant à la personne morale, à condition qu’ils proviennent de réserves 
constituées par des bénéfices qui n’ont pas été imposés, les distributions ouvertes 
ou dissimulées de bénéfice et les avantages procurés à des tiers qui ne sont pas 
justifiés par l’usage commercial (let. b) ; les produits qui n’ont pas été 
comptabilisés dans le compte de résultats, y compris les bénéfices en capital, les 
bénéfices de réévaluation et de liquidation, sous réserve de l’art. 64 LIFD (let. c). 
L’objet de l’impôt correspond à l’accroissement de la fortune de l’entreprise 
durant l’exercice fiscal. Il frappe la différence de fonds propres entre le début et la 
fin de la période déterminante (ATF 136 II 88 consid. 3.1). 

- 14/30 - 

A/1146/2007 

  En définissant le bénéfice imposable par renvoi au solde du compte de 
résultats, l’art. 58 al. 1 let. a LIFD énonce le principe de l’autorité du bilan 
commercial ou de déterminance (« Massgeblichkeitsprinzip »), selon lequel le 
bilan commercial est déterminant en droit fiscal. Les comptes établis 
conformément aux règles du droit commercial lient les autorités fiscales, à moins 
que le droit fiscal ne prévoie des règles correctrices spécifiques. L’autorité peut en 
revanche s’écarter du bilan remis par le contribuable lorsque des dispositions 
impératives du droit commercial sont violées ou des normes fiscales correctrices 
l’exigent (ATF 137 II 353 consid. 6.2 ; ATF 136 II 88 consid. 3.1 ; ATF 119 Ib 
111 consid. 2c ; Arrêt du Tribunal fédéral 2C_645/2012 du 13 février 2013 
consid. 3.1 ; Arrêt du Tribunal fédéral 2C_71/2009 du 10 juin 2009 consid. 7.1 ; 
Robert DANON, Commentaire Romand, Impôt fédéral direct, 2008, n. 33 à 55 et 
62 ad art. 57-58 LIFD). 

  Le droit fiscal et le droit comptable suisses poursuivent en effet des objectifs 
différents. Le premier recherche une présentation qui fasse ressortir au mieux le 
résultat effectif et la réelle capacité contributive de l’entreprise, tandis que le 
second est avant tout orienté sur la protection des créanciers et fortement marqué 
par le principe de prudence. Dans ce contexte, les règles correctrices fiscales 
figurant à l’art. 58 al. 1 let. b et c LIFD visent à compenser le fait que le résultat 
comptable puisse s’éloigner de la réalité économique ; elles assurent une 
imposition du bénéfice qui tienne compte au mieux de la réelle situation 
patrimoniale d’une société. Par leur intermédiaire, le droit fiscal cherche à se 
rapprocher d’un système fondé sur le principe de l’image fidèle (« true and fair »), 
comme celui prévalant dans les normes de comptabilité internationales  
(Pierre-Marie GLAUSER, Apports et impôt sur le bénéfice, vol. 2, 2005, p. 96-
97). 

6)  Le droit suisse de la comptabilité commerciale figure aux art. 957 et 
suivants du CO. Ces dispositions ont été modifiées, par révision du 23 décembre 
2011 entrée en vigueur le 1er janvier 2013 (RO 2012 6679-6702). L’objectif 
poursuivi était d’uniformiser les règles comptables pour toutes les formes de 
sociétés régies par le droit privé, moyennant l’abrogation des normes spéciales du 
droit de la société anonyme, et de différencier les exigences selon l’importance 
économique de l’entreprise (Message du Conseil fédéral concernant la révision du 
CO, du 21 décembre 2007, FF 2008 1407, p. 1410). 

  Le nouvel art. 959a CO définit la structure minimale du bilan et du compte 
de résultat en s’appuyant sur la conception plus condensée du référentiel IFRS 
(« International Financial Reporting », anciennement IAS, « International 
Accounting Standards ») (FF 2008 1407, p. 1443 et 1525). Pour le reste la 
révision a repris le principe de l’autorité du bilan commercial, les états financiers 
établis selon le CO servant toujours de base à la taxation, de sorte qu’elle n’a pas 
eu d’incidences fiscales (FF 2008 1407, 1444). 

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A/1146/2007 

  Selon le nouvel art. 957a al. 4 CO, la comptabilité est tenue dans la monnaie 
nationale ou dans la monnaie la plus importante au regard des activités de 
l’entreprise. Dans l’intérêt d’une économie de dimension internationale, il était 
important de permettre la tenue de la comptabilité dans la monnaie la plus 
importante eu égard aux activités de l’entreprise (monnaie fonctionnelle). Le 
choix d’une monnaie étrangère doit toutefois se justifier objectivement 
(cf. Message du Conseil fédéral concernant la révision du code des obligations, du 
21 décembre 2007, FF 2008 1407, p. 1517). Aux termes de l’art. 958d al. 3 CO, 
les comptes sont établis dans la monnaie nationale ou dans la monnaie la plus 
importante au regard des activités de l’entreprise. S’ils ne sont pas établis dans la 
monnaie nationale, les contre-valeurs en monnaie nationale doivent aussi être 
indiquées. Les cours de conversion utilisés sont mentionnés et éventuellement 
commentés dans l’annexe. Etant donné que les comptes annuels, bien plus que la 
comptabilité, sont destinés à des usagers externes et que l’on ne peut exiger des 
destinataires qu’ils procèdent eux-mêmes aux conversions monétaires, l’indication 
des montants dans la monnaie nationale est exigée. Cela était d’autant plus 
nécessaire que les comptes annuels établis selon le CO servent de base à la 
taxation (FF 2008 1407, p. 1522). 

  Selon l’art. 2 al. 1 des dispositions transitoires de la modification du 
23 décembre 2011, le titre trente-deuxième du CO traitant de la comptabilité 
commerciale et de la présentation des comptes est applicable à compter de 
l’exercice débutant deux ans après l’entrée en vigueur de la modification. 

  Le litige porte sur des décisions de taxation IFD pour l’année 2003. C’est 
donc à l’aune de l’ancien droit, dans sa teneur en vigueur jusqu’au 31 décembre 
2012, qu’il doit être résolu. 

7)  Selon les art. 958 et suivants aCO, toute personne qui doit tenir une 
comptabilité doit présenter un inventaire, un bilan et un compte de résultats à la 
fin de chaque exercice en respectant les principes généralement admis dans le 
commerce. S’agissant des sociétés anonymes, le compte de profits et pertes fait 
ressortir le bénéfice ou le déficit de l’exercice (art. 663 al. 4 aCO). Les comptes 
annuels, dont fait partie le compte de profits et pertes (art. 662 al. 2 aCO), sont 
dressés conformément aux principes régissant l’établissement régulier des 
comptes de manière à donner un aperçu aussi sûr que possible du patrimoine et 
des résultats de la société (art. 662a al. 2 aCO). À teneur de l’art. 960 al. 1 aCO, 
les articles de l’inventaire, du compte d’exploitation et du bilan sont exprimés en 
monnaie suisse. Cette exigence ne vaut que pour les comptes en début et à la fin 
de l’exercice annuel. Partant, en cours d’exercice, les comptes peuvent être tenus 
dans une monnaie étrangère, mais doivent en fin d’exercice être convertis en 
monnaie suisse (ATF 136 II 88 consid. 4.1 ; Henri TORRIONE, Commentaire 
romand, Code des obligations II, 2008, ad. art. 960, p. 2193 n. 2). 

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A/1146/2007 

  Sur ce point, l’ancien et le nouveau droit comptable prévoient donc une 
réglementation similaire. 

8)  Pour le surplus, le droit comptable ne règle pas la conversion des comptes 
tenus en monnaie fonctionnelle étrangère dans la monnaie nationale de 
présentation. 

  Le passage de la monnaie fonctionnelle à la monnaie de présentation produit 
généralement des écarts de conversion ou de change qui résultent de la différence 
entre le cours de clôture, utilisé pour convertir les actifs et passifs figurant au 
bilan, et le cours utilisé pour convertir les produits et les charges du compte de 
pertes et profit, qui doit être celui du moment de la transaction ou, par 
simplification, le cours moyen de l’année. 

  Les écarts de conversion ou de change doivent être distingués des opérations 
de change ; les premiers sont des opérations comptables d’ajustement de valeurs 
qui sont destinées à enregistrer des probabilités, tandis que les seconds se 
rapportent à des opérations commerciales effectuées dans une monnaie différente 
de la monnaie fonctionnelle de l’entreprise et donnant lieu à des pertes ou à des 
gains effectifs (Eric CAUSIN, Droit comptable des entreprises, 2002, p. 778-783 
n. 1179-1190). 

  S’agissant des écarts de conversion, le Manuel suisse d’audit (ci-après : 
MSA) recommande par exemple d’utiliser la méthode du cours de clôture 
(« current ou closing rate method »). Il préconise de convertir les actifs et dettes 
au cours de clôture, le compte de résultat et les mouvements de capitaux propres 
au cours annuel moyen, les capitaux propres aux cours historiques et de saisir les 
différences de conversion avec effet sur le résultat, compte tenu du principe 
d’imparité (provision pour bénéfices non réalisés) » (Chambre fiduciaire, Manuel 
suisse d’audit, 2009, tome I, p. 155 ch. 6.1.2.3). 

  Les normes comptables internationales, élaborées par le bureau des 
standards comptables internationaux, prévoient un autre mode de comptabilisation 
des écarts de conversion litigieux. 

  Selon la norme IAS/IFRS 21 relative aux « effets des variations des cours 
des monnaies étrangères », dans sa teneur de juin 2011, « l’entité peut présenter 
ses états financiers dans la monnaie (ou les monnaies) de son choix. Si sa monnaie 
de présentation est différente de sa monnaie fonctionnelle, l’entité convertit ses 
résultats et sa situation financière dans la monnaie de présentation (…) (ch. 38). 
Les résultats et la situation financière d’une entité dont la monnaie fonctionnelle 
n’est pas la monnaie d’une économie hyperinflationniste doivent être convertis en 
une autre monnaie de présentation, selon les procédures suivantes : (a) les actifs et 
les passifs de chaque état de la situation financière présenté (y compris à titre 
comparatif) doivent être convertis au cours de clôture à la date de chacun de ces 

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A/1146/2007 

états de la situation financière ; (b) les produits et les charges de chaque état 
présentant le résultat net et les autres éléments du résultat global (y compris ceux 
présentés à titre comparatif) doivent être convertis au cours de change en vigueur 
aux dates des transactions ; et (c) tous les écarts de change en résultant doivent 
être comptabilisés en autres éléments du résultat global (ch. 39). Pour des raisons 
pratiques, un cours approchant les cours de change aux dates des transactions, par 
exemple un cours moyen pour la période, est souvent utilisé pour convertir les 
éléments de produits et de charges (…) (ch. 40). Les écarts de change mentionnés 
au paragraphe 39(c) résultent de : (a) la conversion des produits et des charges au 
cours de change en vigueur à la date des transactions et la conversion des actifs et 
des passifs au cours de clôture ; (b) la conversion de l’actif net à l’ouverture, à un 
cours de clôture différent du cours de clôture précédent. Ces écarts de change ne 
sont pas comptabilisés en résultat net parce que les variations des cours de change 
n’ont que peu ou pas d’effet direct sur les flux de trésorerie actuels et futurs liés à 
l’activité. Le montant cumulé des écarts de change est présenté dans une 
composante distincte des capitaux propres jusqu’à la sortie de l’établissement à 
l’étranger (ch. 41) ». 

  La norme IAS/IFRS 1 relative à la « présentation des états financiers » dans 
sa teneur de mai 2012 distingue à son chiffre 7 « le résultat net » d’une entreprise, 
correspondant « au total des produits diminués des charges (…) », du « résultat 
global total » représentant « la variation des capitaux propres, au cours d’une 
période, qui résulte de transactions et d’autres événements autres que les 
variations résultant de transactions avec les propriétaires agissant en cette qualité. 
Le résultat global total comprend toutes les composantes du “résultat net” et des 
“autres éléments du résultat global” ». Ces derniers comprennent pour leur part 
« les éléments de produits et de charges (y compris les ajustements de 
reclassement) qui ne sont pas comptabilisés en résultat net comme l’imposent ou 
l’autorisent d’autres IFRS », tels « les profits et les pertes résultant de la 
conversion des états financiers d’un établissement à l’étranger ». Selon le ch. 81A 
de la norme IAS/IFRS 1, l’état du résultat net et des autres éléments du résultat 
global (l’état du résultat global) doit présenter, en plus de la section résultat net et 
de la section autres éléments du résultat global : (a) le résultat net ; (b) le total des 
autres éléments du résultat global ; (c) le résultat global de la période, c’est-à-dire 
le total du résultat net et des autres éléments du résultat global. 

9)  Dans l’ATF 136 II 88, le Tribunal fédéral a tranché la question de savoir si 
les écarts de conversion influencent le bénéfice imposable d’une personne morale. 
Il a confirmé la solution à laquelle la juridiction de céans était parvenue dans 
l’ATA/562/2008 du 4 novembre 2008. 

  Les écarts de conversion n’avaient rien à voir avec l’activité d’une 
entreprise et n’étaient que la conséquence de l’opération comptable consistant à 

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A/1146/2007 

convertir les comptes établis en monnaie fonctionnelle étrangère dans la monnaie 
de présentation, comme l’exigeait l’art. 960 al. 1 aCO (consid. 4.2). 

  Selon la norme IAS/IFRS 21 dans sa teneur de 2006, les écarts de 
conversion ne devaient pas figurer dans le compte de pertes et profits, mais 
seulement au bilan, en tant que composante distincte des capitaux propres. 
Compte tenu de l’importance croissante du référentiel IFRS et du silence du droit 
suisse en la matière, il était possible de s’en inspirer, au détriment de la solution 
différente proposée par le MSA (consid. 4.3 à 4.5). 

  L’administration et la juridiction cantonale étaient en droit de s’écarter des 
comptes présentés par la société et de ne pas tenir compte du poste « perte de 
conversion » y figurant pour déterminer le bénéfice net imposable. Une violation 
du principe de déterminance, de l’autorité du bilan commercial ou des art. 57 et 
58 LIFD ne pouvait pas leur être reprochée, dès lors que ces prescriptions 
n’empêchaient pas les autorités de s’écarter des comptes présentés, lorsque ceux-
ci n’étaient pas établis conformément aux règles comptables (consid. 5.1). 

  Il n’y avait pas lieu d’assimiler les écarts de conversion aux opérations de 
change. Le bénéfice net imposable devait correspondre à un enrichissement 
effectif de la société. Or, les écarts de conversion ne provenaient que de la 
transposition des comptes établis dans une monnaie fonctionnelle étrangère en 
monnaie suisse. Ils ne traduisaient donc ni un appauvrissement ni un 
enrichissement de la société se rapportant à une transaction effective et 
influençant sa capacité contributive, mais étaient seulement le résultat d’une 
opération comptable. Les opérations de change, qui induisaient des gains et pertes 
de change, se rapportaient, en revanche, à des opérations concrètes, lorsque des 
transactions commerciales étaient effectuées dans d’autres monnaies que la 
monnaie fonctionnelle. Elles figuraient dans les états financiers de la société 
exprimés en monnaie fonctionnelle et il était, partant, logique qu’elles se 
retrouvent dans le compte de pertes et profits exprimé en monnaie nationale. Les 
exemples présentés par la recourante pour démontrer l’absence de différence entre 
les gains/pertes de change et les écarts de conversion partaient de la prémisse 
erronée d’une comptabilité fonctionnelle tenue en CHF. Ils occultaient le fait que, 
lorsqu’une société dont la monnaie fonctionnelle était l’USD effectuait une 
transaction dans cette monnaie, elle ne pouvait enregistrer aucun gain ou perte de 
change. Peu importait que ses comptes établis en USD dussent par la suite être 
convertis dans une monnaie de présentation différente, en l’occurrence le CHF 
(consid. 5.2). 

  Le principe de la prudence ancré à l’art. 662a al. 2 ch. 3 aCO pouvait certes 
favoriser la constitution de réserves latentes, lesquelles n’étaient pas forcément 
admissibles dans l’approche (centrée sur les investisseurs) des normes IFRS. 
Toutefois, ni le principe de la prudence, ni les normes IFRS ne permettaient la 
création de réserves arbitraires. Pour qu’une réserve puisse être prise en compte 

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sur le plan fiscal, il fallait que celle-ci soit fondée sur le plan commercial, ce qui 
supposait qu’elle corresponde à un risque de perte pour la société. Or, les écarts de 
conversion ne se rapportaient pas à une transaction commerciale de la personne 
morale, mais n’étaient que la conséquence d’une opération fictive de conversion 
de la monnaie fonctionnelle en monnaie de présentation. Ils ne trouvaient donc 
pas de justification commerciale et ne permettaient pas de cerner la capacité 
contributive réelle de la société. Le principe de prudence ne s’appliquait ainsi pas 
à la comptabilisation des pertes de conversion (consid. 5.3). 

  Lorsque la recourante se plaignait d’une inégalité dans l’imposition (art. 8 
Cst.) et d’une violation selon la capacité contributive (art. 127 al. 2 Cst.), elle 
perdait de vue que les écarts de conversion ne se rapportaient pas à une 
transaction réalisée par la personne morale. Partant, ces écarts de nature purement 
comptable n’influençaient pas l’augmentation du capital propre entre le début et la 
fin de la période fiscale, ce qui était la caractéristique du bénéfice net imposable. 
En ne tenant pas compte de ces écarts, la juridiction cantonale n’avait donc pas 
porté atteinte au principe de l’égalité de l’imposition, ni imposé la recourante 
au-delà de sa capacité contributive (consid. 5.5). 

10)  En doctrine, les avis sont partagés. Certains auteurs approuvent cette 
jurisprudence (Stephan GLANZ/Dieter PFAFF, Zur Währungsumrechnung von 
Handels- und Steuerbilanz – Wieso das Bundesgericht den Steuerabzung von 
“Umrechnungsverlusten” untersagt, StR 66/2011 p. 470 ss ; Raphaël GANI, Un 
quinquennat dans l’imposition directe des personnes morales – chronique de 
jurisprudence 2005-2009 – RDAF 2010 II 535, p. 560 ; Christoph 
RECHSTEINER/Nicolas SCHOLL, Steuerliche Behandlung von 
Umrechnungsdifferenzen bei funktionaler Währung, StR 65/2010 p. 418 ss, 
p. 425 ; Robert DANON/Thierry OBRIST, Impôt sur le bénéfice et le capital des 
personnes morales, RJN 2009 p. 41 ss, p. 58 ; Martin KOCHER, 
Fremdwährungsaspekte im schweizerischen Steuerrecht – Bedeutung, 
Umrechnung und Bewertung fremder Währungen im steuerlichen 
Einzelabschluss, ASA 78 p. 457 ss, p. 477). D’autres la critiquent (Marie-Hélène 
REVAZ/Nathalie PELLANDA GAUD, Traitement fiscal des écarts de 
conversion, ECS 6-7/12 p. 475 ss ; Marie-Hélène REVAZ/Alessia SCHMID, 
Traitement fiscal des écarts de conversion, Un revirement de jurisprudence 
s’imposerait-il ?, ECS 6-7/11 p. 530 ss ; Cédric BIGNENS/Marie-Hélène 
REVAZ, Traitement comptable et fiscal des écarts de conversion, Commentaire 
de l’arrêt du Tribunal fédéral du 1er octobre 2009, ECS 6-7-/10 p. 418 ss ; Marco 
DUSS/Fabien DUSS, Währungsdifferenzen aus Umrechnung bei Buchführung in 
Fremdwährung, ST 6-7/10 p. 407 ss). 

11)  Les différents griefs soulevés par la recourante n’infirment pas le 
raisonnement suivi par le Tribunal fédéral dans l’ATF 136 II 88. La conclusion à 

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laquelle notre Haute Cour est parvenue dispose d’un fondement juridique solide 
auquel il convient de se rallier. 

 a. Selon le principe de déterminance ancré à l’art. 58 al. 1 let. a LIFD, le 
bénéfice imposable est, en principe, celui résultant de la comptabilité commerciale 
et plus particulièrement du compte de résultats. Le droit fiscal poursuivant des 
objectifs divergents de ceux du droit comptable, imprégné par le principe de la 
prudence (art. 662a al. 2 ch. 3 aCO et désormais art. 960 al. 2 CO), des règles 
correctrices, modifiant le bénéfice ressortant de la comptabilité commerciale, sont 
toutefois prévues, afin que le résultat réellement obtenu puisse être appréhendé et 
imposé, conformément à la capacité économique effective de l’entreprise 
concernée. 

 b. Parmi ces règles correctrices propres au droit fiscal, l’art. 58 al.1 let. b LIFD 
prévoit de réintégrer dans le bénéfice imposable d’une entreprise tous les 
prélèvements, c’est-à-dire toutes les charges, qui ne servent pas à couvrir des 
dépenses justifiées par l’usage commercial. Cette disposition ne précise pas ce 
qu’il faut entendre par « dépenses justifiées par l’usage commercial », mais 
fournit une liste non exhaustive d’éléments dont la déduction n’est pas admise  
(cf. les différents tirets introduits par les termes « tels que »). Il appartient donc 
aux autorités fiscales de déterminer si un prélèvement opéré dans le compte de 
pertes et profits se justifie objectivement ou s’il doit, au contraire, être repris en 
raison d’une violation du droit commercial ou pour assurer la périodicité de 
l’impôt (Robert DANON, Commentaire Romand, op. cit., ad art. 57-58 LIFD, 
p. 735 n. 64-65). 

 c. C’est à cette démarche que le Tribunal fédéral s’est livré dans la 
jurisprudence querellée. Dans un premier temps, il a déterminé la nature des écarts 
de conversion. Constatant que le droit comptable suisse ne traitait pas la 
problématique de la conversion des comptes établis dans une monnaie 
fonctionnelle étrangère en monnaie suisse de présentation, il a ensuite analysé les 
solutions proposées en la matière par les normes IFRS. De ces divers éléments, il 
a déduit à juste titre que les écarts de conversion - positifs ou négatifs - 
n’influençaient pas l’augmentation du capital propre entre le début et la fin de la 
période fiscale et ne devaient, partant, pas être pris en compte dans la 
détermination du bénéfice imposable des entreprises concernées. Usant de la 
marge d’appréciation que l’art. 58 al. 1 let. b LIFD réserve aux autorités fiscales 
pour garantir une imposition selon la capacité contributive, il a donc posé une 
règle correctrice fiscale, en s’inspirant notamment du traitement comptable 
réservé aux écarts de conversion par les normes IFRS. 

 d. Il n’a pas appliqué rétroactivement un cadre normatif comptable étranger, 
mais s’y est référé pour appréhender correctement la réalité économique sous-
jacente des écarts de conversion. Les normes IFRS confirmant que ces derniers 
n’avaient pas d’impact sur le fonctionnement d’une entreprise, il se justifiait de ne 

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pas les prendre en compte dans la détermination du bénéfice imposable en 
application de l’art. 58 al. 1 LIFD. 

 e. En l’absence de disposition de droit suisse réglant le traitement comptable 
des écarts de conversion, le choix d’un contribuable de comptabiliser ceux-ci dans 
son compte de pertes et profits n’était pas opposable aux autorités fiscales. Celles-
ci peuvent en effet s’écarter d’un résultat commercial déterminé arbitrairement 
lorsque les règles correctrices prévues à l’art. 58 al. 1 let. b et c LIFD le 
commandent. Tempérament apporté au principe de déterminance, ces règles 
correctrices mettent en œuvre l’objectif du droit fiscal qui consiste à identifier le 
bénéfice effectivement réalisé durant une période fiscale. Elles ne contreviennent 
pas pour autant au principe de la prudence qui, comme elles, n’autorise pas la 
création de réserves arbitraires consistant en une sous-évaluation délibérée 
d’actifs, respectivement dans une estimation excessive des passifs (ATF 136 II 88 
consid. 5.3 ; Robert DANON, Commentaire Romand, op. cit., ad art. 57-58 LIFD, 
p. 724 n. 22). Or, les développements qui suivent démontreront que les écarts de 
conversion négatifs ne correspondent notamment pas à un risque de perte pour le 
contribuable. 

12)  Pour en comprendre la portée, la notion d’écarts de conversion doit 
s’appréhender en parallèle de celles de monnaie fonctionnelle et de monnaie de 
présentation. 

  La monnaie fonctionnelle se définit comme celle qui caractérise 
l’environnement économique d’une entreprise, soit la monnaie la plus importante 
eu égard à ses activités (ATF 136 II 88 consid. 4.1 et les références citées ; voir 
également le Message du Conseil fédéral concernant la révision du code des 
obligations, du 21 décembre 2007, FF 2008 1407, p. 1510). L’environnement 
économique d’une entreprise est dans la règle celui dans lequel elle génère et 
dépense principalement sa trésorerie (cf. la définition de la monnaie fonctionnelle 
figurant au ch. 9 de la norme IAS/IFRS 21 dans sa teneur de juin 2011). La 
monnaie fonctionnelle d’une entité reflète les transactions, événements et 
conditions sous-jacents pertinents pour celle-ci. Ainsi, dès qu’elle a été 
déterminée, la monnaie fonctionnelle ne peut être modifiée qu’en cas de 
modification de ces transactions, événements et conditions sous-jacents (cf. ch. 13 
de la norme IAS/IFRS 21 précitée). Une entreprise choisit donc sa monnaie 
fonctionnelle en fonction de ses activités, monnaie dans laquelle elle tiendra en 
pratique sa comptabilité commerciale. 

  La monnaie de présentation est celle dans laquelle les états financiers d’une 
entreprise doivent être établis dans leur version finale. Pour les sociétés 
incorporées dans l’ordre juridique suisse, il s’agit du CHF en vertu de l’art. 960 al. 
1 aCO (et désormais de l’art. 958d al. 3 CO). Les sociétés, qui, parce qu’elles 
mènent l’essentiel de leurs activités sur les marchés internationaux, tiennent leur 

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comptabilité dans une monnaie fonctionnelle étrangère, sont ainsi tenues de 
convertir leurs états financiers en monnaie suisse à la fin de chaque exercice. 

 La conversion des postes figurant au bilan se faisant à un taux de change 
différent de celui usuellement appliqué à la conversion du compte de pertes et 
profits, le passage de la monnaie fonctionnelle à la monnaie de présentation 
engendre des écarts de conversion qui apparaissent et doivent être comptabilisés 
dans les comptes en CHF pour équilibrer ceux-ci. Ces écarts de conversion sont 
toutefois sans rapport avec les opérations commerciales que réalise l'entreprise. Ils 
ne figurent en effet pas dans les comptes exprimés en monnaie fonctionnelle 
étrangère et n’apparaissent qu’au moment de la conversion de ces derniers en 
monnaie suisse de présentation. Comme l’a pertinemment résumé le Tribunal 
fédéral, les écarts de conversion ne sont rien d’autre que le produit d’une 
opération comptable d’ajustement de valeurs, destinée à enregistrer des 
probabilités. 

  Les écarts de conversion de la monnaie fonctionnelle à la monnaie de 
présentation se distinguent donc bien des pertes ou gains de change. Ces derniers 
résultent de transactions effectuées dans une monnaie différente de la monnaie 
fonctionnelle de l’entreprise, lesquelles donnent effectivement lieu à des pertes ou 
à des gains de change. La conversion de ces opérations commerciales de la 
monnaie étrangère à la monnaie fonctionnelle a un effet sur le fonctionnement de 
l’entreprise concernée. À l’inverse, des écarts de conversion enregistrés sur 
chacune des rubriques d’une entreprise tenues en monnaie étrangère n’influencent 
pas sa situation de fonctionnement. Un écart de conversion négatif sur un actif 
libellé en USD sera, par exemple, financièrement neutre pour une entreprise qui 
doit un montant similaire à ses créanciers en USD. De même, il aura peu d’impact 
à la liquidation de l’entreprise, dont les dettes et créances seront réglées en USD. 

13)  La norme IAS/IFRS 21 a toujours perçu cette distinction. Dans sa teneur de 
2006, elle soumettait déjà les écarts de change à un régime comptable différencié 
suivant que ceux-ci impactaient ou n’impactaient pas le fonctionnement d’une 
entreprise. Dans sa teneur de 2011, elle persiste à distinguer les deux cas de 
figure, tant ceux-ci reflètent des réalités économiques différentes. 

  Les pertes ou gains de change font partie du premier cas de figure qui est 
traité aux chiffres 17 à 26 et 50 de la norme. Selon la définition proposée au 
chiffre 20, une transaction en monnaie étrangère (c’est-à-dire différente de la 
monnaie fonctionnelle selon la définition figurant au chiffre 8) est une transaction 
qui est libellée et qui doit être dénouée en monnaie étrangère. Cela comprend les 
transactions par lesquelles une entreprise achète ou vend des biens ou services 
dont le prix est libellé dans une monnaie étrangère, emprunte ou prête des fonds 
lorsque les montants à payer ou à recevoir sont libellés dans une monnaie 
étrangère ou, de toute autre façon, acquiert ou cède des actifs ou contracte ou 
règle des passifs libellés dans une monnaie étrangère. Une transaction en monnaie 

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étrangère doit être enregistrée, lors de sa comptabilisation initiale dans la monnaie 
fonctionnelle, en appliquant au montant en monnaie étrangère le cours de change 
au comptant entre la monnaie fonctionnelle et la monnaie étrangère à la date de la 
transaction (ch. 22). A chaque clôture ultérieure, les éléments monétaires en 
monnaie étrangère doivent être convertis au cours de clôture, les éléments non 
monétaires en monnaie étrangère qui sont évalués au coût historique doivent être 
convertis au cours de change à la date de la transaction et les éléments non 
monétaires en monnaie étrangère qui sont évalués à la juste valeur doivent être 
convertis au cours de change à la date à laquelle cette juste valeur a été évaluée 
(ch. 23). Sous réserve de quelques exceptions, le chiffre 28 dispose que les écarts 
de change résultant du règlement d’éléments monétaires ou de la conversion 
d’éléments monétaires à des cours différents de ceux auxquels ils ont été convertis 
lors de leur comptabilisation initiale, pendant la période ou dans des états 
financiers antérieurs, doivent être comptabilisés en résultat net. 

  Reconnaissant leur impact sur le fonctionnement d’une entreprise, les 
normes IAS/IFRS prévoient donc de comptabiliser les pertes ou gains de change 
dans le résultat net d’une entreprise, compte qui comprend le total des produits 
diminués des charges, à l’exclusion des composantes des autres éléments du 
résultat global (selon la définition figurant au chiffre 7 de la norme IAS/IFRS 1) et 
qui correspond par conséquent au compte de pertes et profits au sens du CO. 

  Le droit fiscal suisse en a tiré les conséquences utiles. Dans la mesure où ils 
résultent d’opérations commerciales effectives et sont comptabilisés dans le 
compte de pertes et profits, les pertes ou gains de change sont pris en compte dans 
la détermination du bénéfice net imposable d’une entreprise en application de 
l’art. 58 al. 1 let. a LIFD. Une entreprise, dont la monnaie fonctionnelle est le 
CHF en raison de son environnement économique principal, mais qui vend 
certains produits à l’étranger ou acquiert divers services facturables et payables 
dans une monnaie étrangère, verra ses pertes ou gains de change déduites, 
respectivement ajoutés à son bénéfice imposable. Il en ira de même d’une 
entreprise, dont la monnaie fonctionnelle est par exemple l’USD, mais qui réalise 
des opérations commerciales en EUR. Ses gains ou pertes de change réalisés sur 
ces opérations seront, une fois convertis en monnaie de présentation suisse, pris en 
compte dans la détermination de son bénéfice imposable. 

  C’est la raison pour laquelle l’AFC-GE a, dans sa décision sur réclamation 
du 26 février 2007 concernant l’IFD 2003, admis que le montant de CHF 9'965.- 
soit déduit du bénéfice imposable de la recourante, dans la mesure où cette 
écriture correspondait à des pertes de change provenant d’opérations 
commerciales réalisées dans une monnaie autre que sa monnaie fonctionnelle 
(USD). 

14)  La comptabilisation des écarts de conversion litigieux, soit ceux résultant de 
l’utilisation d’une monnaie fonctionnelle autre que la monnaie de présentation, est 

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en revanche traitée aux chiffres 38 à 50 de la norme IAS/IFRS 21 déjà cités. Tous 
ces écarts, qu’ils soient positifs ou négatifs, doivent être comptabilisés « en autres 
éléments du résultat global » (ch. 39 let. c). Ils ne doivent pas être comptabilisés 
en résultat net, parce qu’ils n’ont pas d’impact sur la monnaie fonctionnelle de 
l’entreprise et n’ont que peu ou pas d’effet direct sur ses flux de trésorerie actuels 
ou futurs (ch. 41). Ils ne doivent figurer qu’au bilan, afin d’équilibrer l’actif et le 
passif. 

  Conformément à l’objectif poursuivi en droit fiscal suisse, la norme 
IAS/IFRS 21 s’emploie ainsi à faire ressortir le résultat annuel effectif d’une 
entreprise et à neutraliser les variations de change qui n’ont pas d’impact réel sur 
son fonctionnement. Des variations de change en CHF sont en effet sans incidence 
sur des actifs et passifs gérés en USD. Dans le silence du droit comptable suisse, il 
était donc parfaitement légitime de s’en inspirer. En raison de leur nature et 
compte tenu du traitement comptable qui leur est réservé sur le plan international, 
les écarts de conversion – positifs ou négatifs – ne doivent pas être pris en compte 
dans la détermination du bénéfice imposable d’une entreprise. Cette conclusion 
est le fruit d’une interprétation correcte de la norme IAS/IFRS 21 et constitue une 
règle correctrice fiscale parfaitement conforme à l’art. 58 LIFD. 

15)  Indépendamment de leur mode de comptabilisation, la seule question 
déterminante pour l’issue du présent litige est de savoir si un écart de conversion 
positif ou négatif affecte la capacité contributive d’une entreprise et accroît ou 
réduit son capital propre entre le début et la fin de la période fiscale. 

  Pour les entreprises disposant d’une monnaie fonctionnelle étrangère, 
l’examen de leur capacité contributive et de l’évolution de leur patrimoine ne doit 
toutefois pas s’apprécier sur la base des comptes convertis en monnaie de 
présentation. 

  Une entreprise, qui s’incorpore dans l’ordre juridique suisse, a le choix de 
ses activités. Si la monnaie fonctionnelle de cette entreprise est une monnaie 
étrangère en raison de l’environnement économique principal qu’elle a choisi, 
l’évaluation de sa capacité économique réelle ne pourra se faire que sur la base 
des comptes établis dans cette monnaie. Le concept de monnaie fonctionnelle, 
conçu comme celle dans laquelle une entreprise génère et dépense principalement 
sa trésorerie, impose cette conclusion. Pour la détermination du bénéfice net d’une 
telle entreprise, le fait que les écarts de conversion ne figurent pas, en tant que 
charges ou profits, dans les comptes établis en monnaie fonctionnelle est en effet 
déterminant. Il démontre que ces écarts sont des ajustements de valeur comptables 
sans incidence sur l’accroissement ou la diminution de son patrimoine au cours de 
la période fiscale en cause et dont l’effet doit, partant, être neutralisé. 

  Moyennant cette correction dictée par le principe de l’imposition selon la 
capacité contributive au sens de l’art. 127 al. 2 Cst., c’est bien sur la base des 

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comptes convertis en CHF que l’impôt sera fixé et dû par le contribuable. 
L’obligation de payer l’impôt sur le bénéfice en CHF s’impose à toute entreprise 
incorporée dans l’ordre juridique quel que soit son référentiel économique. Si 
cette entreprise choisit de mener ses activités dans un environnement économique 
étranger, elle doit en assumer les conséquences, dont le risque que sa monnaie 
fonctionnelle se déprécie et qu’il en résulte une augmentation de sa charge fiscale 
lors du paiement de l’impôt. Pour le reste, la solution préconisée par le Tribunal 
fédéral tient dûment compte d’une éventuelle érosion monétaire en cours 
d’exercice, puisque les différents postes du compte de résultat, qui correspondent 
à de véritables charges ou produits générés par l’entreprise dans sa monnaie 
fonctionnelle, sont, à la fin de l’exercice, convertis au taux de change annuel 
moyen. 

16)  Le Tribunal fédéral n’a au surplus pas méconnu l’impact des écarts de 
conversion sur les fonds propres convertis en CHF, puisque la solution retenue, 
dans le silence du droit comptable suisse, est celle qui consiste précisément à faire 
figurer les écarts de conversion au bilan en tant que composante distincte de ces 
fonds propres. Cette règle de comptabilisation n’induit donc pas le risque que des 
sociétés exposées à une dépréciation de leur monnaie fonctionnelle manquent à 
leurs obligations au sens des art. 725 ou 680 al. 2 CO. Pour le reste, la règle 
correctrice querellée ne déploie ses effets qu’au niveau fiscal, les comptes 
statutaires demeurant déterminants pour l’application des dispositions de droit 
commercial (cf. Robert DANON, Commentaire Romand, op. cit., n. 45 ad art. 57-
58 LIFD). 

  Selon la recourante, le principe d’interaction ou de concordance entre le 
bilan et le compte de pertes et profits exigerait toutefois que les écarts de 
conversion soient comptabilisés au compte de pertes et profits. Il est vrai 
qu’hormis les apports et les retraits de capitaux, toute modification des fonds 
propres doit, en principe, se refléter dans le compte de résultat. La règle souffre 
toutefois de nombreuses exceptions en pratique, telles la comptabilisation au bilan 
des réévaluations d’immeubles ou de participations au-delà de leur coût 
d’acquisition (art. 670 CO ; Pierre-Marie GLAUSER, op. cit., vol. 2, 2005, p.46-
47). Or, les écarts de conversion peuvent et doivent compter parmi ces exceptions, 
dans la mesure où ils consistent en des opérations comptables d’ajustement de 
valeurs dépourvues d’impact sur le fonctionnement des contribuables concernés. 

17)  Quant au grief d’inégalité de traitement soulevé par le recourante, il n’a pas 
plus de substance. 

  En droit fiscal, le principe de l’égalité de traitement garanti par l’art. 8 Cst. 
signifie que les personnes qui se trouvent dans des situations semblables doivent 
être frappées de façon semblable, tandis que des différences de situation doivent 
en principe conduire à une charge fiscale différente. Chaque contribution publique 
doit ainsi viser de la même manière et avec la même intensité, des éléments 

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semblables, y compris les états de faits économiquement assimilables. A l’inverse, 
des éléments différents doivent être appréhendés de façon différente. En résumé, 
le critère déterminant est donc de savoir s’il existe un motif objectif permettant de 
justifier une différence de traitement sous l’angle fiscal. Le principe se confond 
ainsi avec celui de l’imposition selon la capacité contributive du contribuable 
(Xavier OBERSON, Droit fiscal suisse, 4ème éd., 2012, p. 35 n. 21 et les 
références jurisprudentielles citées, ainsi que n. 38). 

  Les écarts de conversion au sens des chiffres 38 à 50 de l’IAS/IFRS 21 sont 
le propre des sociétés dont les activités sont majoritairement orientées vers 
l’étranger et qui disposent d’une monnaie fonctionnelle étrangère. Leur traitement 
fiscal ne souffre donc aucune comparaison avec celui qui est réservé aux sociétés 
exerçant exclusivement leurs activités en CHF, puisque ces dernières ne 
comptabilisent par définition aucun écart de conversion. 

  Selon la recourante, les entreprises tenant leurs comptes dans une monnaie 
fonctionnelle étrangère seraient injustement discriminées par rapport à celles 
tenant leurs comptes en CHF : alors que leurs résultats seraient identiques, les 
premières se verraient refuser la déductibilité de leurs pertes de conversion, tandis 
que les secondes pourraient déduire les pertes de change résultant de la conversion 
« au jour le jour » des opérations réalisées dans une monnaie autre que le CHF. En 
réalité, l’exemple chiffré dont la recourante se prévaut se rapporte à des situations 
similaires qui, si elles étaient soumises à l’AFC-GE, seraient soumises au même 
régime fiscal. Le premier cas de figure correspond à celui de la recourante, soit 
celui d’une entreprise majoritairement active sur les marchés internationaux qui 
tient sa comptabilité dans sa monnaie fonctionnelle étrangère et convertit ses 
comptes en fin d’exercice en monnaie suisse de présentation. En vertu de ce qui 
précède, cette entreprise ne pourra pas déduire de son bénéfice un éventuel écart 
de conversion négatif. Le deuxième cas de figure concerne une entreprise, qui, 
comme la première, dispose d’une monnaie fonctionnelle étrangère, mais tient une 
double comptabilité, suisse et étrangère, et procède à la conversion « au jour le 
jour » de ses états financiers. Si ces deux entreprises effectuent les mêmes 
opérations commerciales, leurs résultats seront effectivement identiques. La 
seconde société ne pourra pas pour autant déduire de son bénéfice les éventuels 
écarts de conversion négatifs qu’elle aura comptabilisés en cours d’exercice. 
Lesdits écarts étant issus de la conversion d’opérations commerciales réalisées 
dans sa monnaie fonctionnelle, ils devront être neutralisés et ne seront pas pris en 
compte dans la détermination de son bénéfice imposable. Dans les deux cas de 
figure présentés par la recourante, les différences de change en cause ne sont donc 
pas des pertes de change, mais bien des écarts de conversion qui, quel que soit 
leur mode de comptabilisation, doivent être astreints au même traitement fiscal 
dans la mesure où ils n’affectent pas réellement le fonctionnement de ces 
entreprises. 

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  Le traitement fiscal différencié, dont se plaint la recourante, tient donc 
uniquement dans le choix d’une monnaie fonctionnelle étrangère et la distinction 
objective existant entre les écarts de conversion et les pertes ou gains de change, 
soit dans deux motifs parfaitement fondés. 

18)  Le changement de pratique administrative que l’AFC-GE a opéré dans le 
courant des années 2000 en matière d’écarts de conversion n’emporte au surplus 
pas de violation du principe de la bonne foi au sens des art. 8 et 9 Cst. (voir ATF 
135 I 79 consid. 3 ; 132 III 770 consid. 4 ; 127 I 49 consid. 3c ; 127 II 289 consid. 
3a et les références citées ; ATA/285/2012 du 8 mai 2012 consid. 12). 

  Il repose sur des motifs sérieux et objectifs, avalisés par le Tribunal fédéral 
dans l’ATF 136 II 88, et a permis de rétablir une situation conforme au droit et au 
principe constitutionnel de l’imposition selon la capacité contributive, comme 
exposé ci-dessus. Quant au grief de la recourante selon lequel l’AFC-GE aurait 
sciemment retardé la procédure de taxation de certaines sociétés concernées par ce 
changement de pratique jusqu’à ce que l’ATF 136 II 88 soit rendu, tandis que 
d’autres auraient été taxées selon l’ancienne pratique, il n’est pas démontré. 

19)  La recourante ne peut enfin tirer aucun bénéfice de l’Arrêt du Tribunal 
fédéral du 26 février 1954, paru in ASA 23 p. 89. 

  Les circonstances ont passablement évolué depuis que cette décision a été 
rendue. L’activité des entreprises s’est internationalisée, modifiant d’autant les 
pratiques comptables. En parallèle de cette internationalisation croissante, les 
notions de monnaie fonctionnelle et de monnaie de présentation se sont 
développées. Si l’arrêt précité avait véritablement constitué un précédent contraire 
à la pratique actuelle, les autorités fiscales disposeraient donc de motifs sérieux 
pour s’en écarter. 

  En tout état de cause, cette ancienne jurisprudence ne peut pas être 
interprétée comme imposant la prise en compte des écarts de conversion dans la 
détermination du bénéfice imposable. L’état de fait ne permet en effet pas de 
conclure que l’entreprise concernée disposait d’une monnaie fonctionnelle 
étrangère au sens où cette notion est utilisée aujourd’hui. L’on sait que la société 
anonyme concernée administrait des fonds provenant pour la plupart de France et 
qu’elle devait ainsi comptabiliser, dans ses actifs et passifs, des biens dont la 
valeur était originairement exprimée en monnaie étrangère. L’on ne peut pas pour 
autant en déduire que l’intéressée générait et dépensait principalement sa 
trésorerie dans une monnaie autre que le CHF. D’autres éléments, comme le fait 
de soutenir des œuvres protestantes, de disposer d’un secrétariat et de tenir sa 
comptabilité en CHF, permettent au contraire de penser que sa monnaie 
fonctionnelle était bien le franc suisse. Dans ce cas, l’arrêt de 1954 ne porterait 
donc pas sur des écarts de conversion positifs, mais bien sur des gains de change 

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effectifs qui, comme par le passé, demeurent imposables au titre de l’impôt sur le 
bénéfice. 

20)  En l’espèce, la recourante tient sa comptabilité en USD qui constituent sa 
monnaie fonctionnelle. La conversion de ses comptes afférents à l’exercice 2003 
en monnaie suisse de présentation a généré un écart de change de CHF 1'638'893.- 

  Ce dernier ne correspond pas à des pertes de change que cette entreprise 
aurait subies lors de transactions opérées dans d’autres monnaies que sa monnaie 
fonctionnelle et qui figureraient dans ses comptes établis en USD. Il ne s’agit que 
d’un écart de conversion au sens défini plus haut, soit d’un ajustement comptable 
apparu lors de la conversion de ses comptes en CHF et dépourvu d’impact réel sur 
son fonctionnement. Cet écart de conversion, destiné à équilibrer ses comptes, ne 
représente donc pas une dépense justifiée par l’usage commercial. 

  Conformément à l’art. 58 al. 1 let. b LIFD, l’AFC-GE était, partant, en droit 
de s’écarter des comptes qui lui étaient présentés et de réintégrer le montant de 
CHF 1'638'893.- dans le bénéfice imposable de la recourante. En tant qu’il 
parvient à la même conclusion, le jugement du TAPI en matière d’IFD doit être 
confirmé. 

 ICC 2003 

21)  Selon l’art. 24 al. 1 let. a de la loi fédérale sur l’harmonisation des impôts 
directs des cantons et des communes du 14 décembre 1990 (LHID - RS 642.14), 
les cantons doivent imposer l’ensemble du bénéfice net dans lequel doivent 
notamment être inclues les charges non justifiées par l’usage commercial, portées 
au débit du compte de résultats. Dans le canton de Genève, l’impôt sur le bénéfice 
a pour objet le bénéfice net (art. 11 de la loi sur l’imposition des personnes 
morales du 23 septembre 1994 - LIPM - D 3 15). Selon l’art. 12 let. a LIPM, le 
bénéfice net est celui qui résulte du compte de pertes et profits, augmenté de 
certains prélèvements énoncés aux lettres b à i de cette même disposition, ainsi 
que des produits qui n’ont pas été comptabilisés dans le compte de résultat au sens 
de la let. j. Bien que rédigé différemment, l’art. 12 LIPM a la même portée que 
l’art. 58 al. 1 LIFD (ATA/337/2013 du 28 mai 2013 ; ATA/633/2011 du 
11 octobre 2011 ; ATA/152/2011 du 8 mars 2011). 

  Toutes les considérations émises ci-dessus pour la taxation IFD 2003 sont 
donc également valables pour l’ICC sur le bénéfice. La recourante ne pouvait pas 
porter en déduction de son bénéfice net la perte de conversion de CHF 1'638'893.- 
qui, du point de vue fiscal, doit s’appréhender en tant que composante distincte de 
ses fonds propres. 

  Pour le reste, il n’y a pas de contradiction à ce que cette perte de conversion 
soit parallèlement déduite du capital imposable au sens des art. 27 ss LIPM. En 

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acceptant cette déduction, que la recourante ne remet pas en cause, l’AFC-GE 
s’est strictement conformée à la logique de la norme IAS/IFRS 21, à teneur de 
laquelle les écarts de conversion ne doivent pas avoir d’impact sur le résultat 
annuel, mais figurer en variation des fonds propres. Son raisonnement ne souffre 
d’aucune carence et prend simplement en compte la différence d’objets de ces 
deux impôts. L’impôt sur le capital, tel que défini aux art. 27 LIPM et 29 LHID, 
vise à appréhender la valeur des fonds propres d’une entreprise à une date figée, 
non à déterminer le profit effectivement réalisé par cette même entreprise en cours 
d’exercice. 

  Le grief de violation du droit cantonal doit donc être écarté. 

22)  En tous points mal fondé, le recours sera rejeté. Vu l’issue du litige, un 
émolument de CHF 3'000.- sera mis à la charge de la recourante, qui succombe 
(art. 87 al. 1 LPA), et aucune indemnité ne lui sera allouée (art. 87 al. 2 LPA). 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 22 juin 2011 par A______ SA, devenue depuis 
lors A______ SA en liquidation, contre le jugement du Tribunal administratif de 
première instance du 9 mai 2011 ; 

au fond : 

le rejette ; 

met un émolument de CHF 3'000.- à la charge de A______ SA, en liquidation ; 

dit qu’il n’est pas alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que conformément aux art. 82 ss de loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de preuve et 
porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au Tribunal 
fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux conditions de 
l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant invoquées 
comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ; 

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A/1146/2007 

communique le présent arrêt à Mazars SA, mandataire de la recourante, à 
l’administration fiscale cantonale, au Tribunal administratif de première instance, ainsi 
qu’à l’administration fédérale des contributions. 

Siégeants : M. Thélin, président, MM. Dumartheray et Verniory, Mme Payot Zen-
Ruffinen, M. Pagan, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

le greffier-juriste : 
 
 

F. Scheffre 

 le président siégeant : 
 
 

Ph. Thélin 
 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :