# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a959a141-d944-54dc-a812-7161fb64ade4
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-08-19
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 19.08.2008 A/1778/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-1778-2008_2008-08-19.pdf

## Full Text

Siégeant : Doris WANGELER, Présidente, Evelyne BOUCHAARA et Christine 

TARRIT-DESHUSSES, Juges assesseurs. 

  

 

 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/1778/2008 ATAS/899/2008 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 

ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 1 

du 19 août 2008 
 

 

 

En la cause 

 

 

 

Monsieur O_________, domicilié c/o Mme P_________, à 

GENEVE, comparant avec élection de domicile en l'étude de 

Maître BUONOMO Christian 

 

Madame O_________, domiciliée à PLAN-LES-OUATES 

demandeurs 

 

 

 

contre 

 

 

FONDATION INSTITUTION SUPPLETIVE LPP, Administration 

des comptes de libre passages, sise case postale, 8022 ZURICH 

 

défenderesse 

 

 

   

 A/1778/2008 

2/7 

EN FAIT 

1. Par jugement du 13 mars 2008, la 18
ème

 chambre du Tribunal de première instance 

a prononcé le divorce de Madame O_________, née Q_________ et Monsieur 

O_________, mariés en date du 27 mars 1998.  

2. Selon le chiffre 9 du dispositif du jugement précité, le Tribunal de première 

instance a donné acte aux ex-époux de ce qu'ils ont convenu de se partager par 

moitié leurs avoirs de prévoyance professionnelle accumulés pendant le mariage. 

3. Le jugement de divorce est devenu définitif le 30 avril 2008 et a été transmis 

d'office au Tribunal de céans le 20 mai 2008 pour exécution du partage. 

4. Le Tribunal de céans a sollicité des parties le nom de leur institution de prévoyance, 

puis a interpellé les institutions défenderesses en les priant de lui communiquer les 

montants des avoirs LPP des parties acquis durant le mariage, soit entre le 27 mars 

1998 et le 30 avril 2008. 

5. L'instruction menée par le Tribunal de céans a permis d'établir les faits suivants:  

Il résulte des comptes individuels de cotisations transmis au Tribunal de céans par 

la CAISSE CANTONALE GENEVOISE DE COMPENSATION AVS-AI que la 

demanderesse a jusqu'en 2001 réalisé des gains insuffisants pour être soumis à 

cotisations LPP d'une part, et qu'elle a bénéficié de prestations de l'assurance-

chômage entre 2003 et 2004 d'autre part.  

L'OFFICE CANTONAL DE L'ASSURANCE-INVALIDITE, par décision du 6 

mai 2008, lui a reconnu le droit à une rente entière d'invalidité avec effet au 1
er

 avril 

2004.  

Selon l'extrait du compte individuel de cotisations du demandeur transmis par la 

CAISSE CANTONALE GENEVOISE DE COMPENSATION AVS-AI, celui-ci a 

bénéficié d'indemnités de l'assurance-chômage entre 1999 - 2000, 2003 à 2005 et 

2006 - 2007.  

Selon le courrier du 4 juin 2008 de la FONDATION INSTITUTION SUPPLETIVE 

LPP, Administration des comptes de libre passage à Zurich, la prestation acquise 

par le demandeur pendant le mariage est de 1'596 fr. 25 et de 5'837 fr. 85, intérêts 

au 30 avril 2008 compris.  

6. Ces documents ont été transmis aux parties en date du 31 juillet 2008. La 

juridiction leur a indiqué qu'à défaut d'observations d'ici au 15 août 2008, un arrêt 

serait rendu sur cette base. 

 

 

 

   

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3/7 

EN DROIT 

1. L'art. 25a de la loi fédérale sur le libre passage dans la prévoyance professionnelle, 

vieillesse, survivants et invalidité du 17 décembre 1993 (LFLP), entré en vigueur le 

1er janvier 2000, règle la procédure en cas de divorce. Lorsque les conjoints ne sont 

pas d’accord sur la prestation de sortie à partager (art. 122 et 123 Code Civil - CC), 

le juge du lieu du divorce compétent au sens de l'art. 73 al. 1 de la loi fédérale sur la 

prévoyance professionnelle du 25 juin 1982 (LPP), soit à Genève le Tribunal 

cantonal des assurances sociales depuis le 1
er

 août 2003, doit, après que l'affaire lui 

a été transmise (art. 142 CC), exécuter d'office le partage sur la base de la clé de 

répartition déterminée par le juge du divorce. 

2. Selon l'art. 22 LFLP (nouvelle teneur en vigueur depuis le 1er janvier 2000), en cas 

de divorce, les prestations de sortie acquises durant le mariage sont partagées 

conformément aux art. 122, 123, 141 et 142 CC; les art. 3 à 5 LFLP s'appliquent 

par analogie au montant à transférer (al. 1). Pour chaque conjoint, la prestation de 

sortie à partager correspond à la différence entre la prestation de sortie, augmentée 

des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment du divorce, et la 

prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement 

au moment de la conclusion du mariage (cf. art. 24 LFLP). Pour ce calcul, on ajoute 

à la prestation de sortie et à l'avoir de libre passage existant au moment de la 

conclusion du mariage les intérêts dus au moment du divorce (ATF 128 V 230; 

ATF 129 V 444). 

3. En l’espèce, le juge de première instance a ordonné le partage par moitié des 

prestations de sortie acquises durant le mariage par les demandeurs. Les dates 

pertinentes sont, d’une part, celle du mariage, le 27 mars 1998, d’autre part le 30 

avril 2008, date à laquelle le jugement de divorce est devenu exécutoire. 

4. Il y a toutefois lieu de constater que par décision rendue le 6 mai 2008, l'OFFICE 

CANTONAL DE L'ASSURANCE-INVALIDITE a reconnu le droit de la 

demanderesse à une rente entière d'invalidité à compter du 1
er

 avril 2004.  

5. Conformément à l’art. 122 al. 1 CC, le partage de la prestation de sortie n'est plus 

possible lorsqu’un cas de prévoyance (invalidité, décès, vieillesse) est survenu pour 

la personne assurée avant le divorce. 

Le législateur a exclu le partage des avoirs de prévoyance lorsqu'un cas de 

prévoyance est survenu, essentiellement pour des motifs pratiques. Par la 

survenance d'un cas de prévoyance au sens de la disposition précitée, il faut 

entendre la naissance d'un droit concret à des prestations de la prévoyance 

professionnelle, qui rend impossible le partage des avoirs de prévoyance sur la base 

des prestations servies (dans ce sens, KIESER, Ehescheidung und Eintritt des 

Vorsorgefalles der beruflichen Vorsorge - Hinweise für die Praxis, PJA 2001 p. 

 

 

   

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155). Ainsi, la survenance de l'âge de la retraite ou du droit à des prestations 

d'invalidité d'un conjoint qui n'a jamais travaillé ou qui n'a jamais été affilié à la 

prévoyance professionnelle, dans la mesure où il n'entraîne aucun droit à des 

prestations d'une institution de prévoyance, permet encore le partage des avoirs de 

la prévoyance professionnelle de l'autre conjoint en sa faveur (Thomas 

SUTTER/Dieter FREIBURGHAUS, Kommentar zum neuen Scheidungsrecht, ad 

art. 124 n° 1 et 3; ad art. 122/141-142 n° 13 ss). En revanche, la survenance 

effective d'un cas de prévoyance rend le partage des avoirs de prévoyance 

impossible, si minimes soient les prestations versées ou les avoirs à leur base. Dans 

cette hypothèse, il appartient alors au juge du divorce de fixer le montant de 

l'indemnité équitable en tenant compte de cet élément (Thomas SUTTER/Dieter 

FREIBURGHAUS, op. cit., ad art. 124, n° 3 ; ATFA du 30 janvier 2004, cause B 

19/03). 

En vertu du système des art. 122ss CC, les règles applicables sont différentes selon 

que le cas de prévoyance est survenu ou non. Un problème concret se pose 

lorsqu’un cas de prévoyance survient ou risque de survenir en cours de procédure. 

Cette situation peut se produire tant devant le juge du divorce que devant le juge 

des assurances. Comme il est fréquent que le cas d’invalidité soit admis avec effet 

rétroactif, il est également possible que le partage des prestations de sortie entre en 

force à l’égard de l’institution de prévoyance et qu’ultérieurement, l’institution de 

prévoyance admette que le cas de prévoyance est survenu avant l’entrée en force. 

La loi ne contient aucune disposition réglant expressément ces situations. (J-A. 

SCHNEIDER / C. BRUCHEZ « La prévoyance professionnelle et le divorce » in 

Le nouveau droit du divorce, p. 255). 

Nonobstant les difficultés énoncées ci-dessus, la loi prévoit clairement 

l’impossibilité de partager les avoirs LPP dans le cas uniquement de la survenance 

effective du cas de prévoyance. 

6. En matière de prévoyance professionnelle obligatoire, il existe une relation étroite, 

voulue par le législateur, entre le droit à une rente d'invalidité en vertu du premier 

pilier et celui à une rente du même genre du deuxième pilier (Message du Conseil 

fédéral à l'appui d'un projet de loi sur la prévoyance professionnelle vieillesse, 

survivants et invalidité, du 19 décembre 1975, FF 1976 I 142 et 200). Dans son 

commentaire de l'art. 24 al. 1 du projet de LPP, qui correspond à l'art. 26 al. 1 LPP, 

le Conseil fédéral a indiqué que cette réglementation a pour but de coordonner le 

début du droit aux prestations de la prévoyance professionnelle et le début du droit 

à la rente de l'assurance-invalidité. De plus, selon le Tribunal fédéral des 

assurances, il y a lieu d'interpréter l'art. 26 al. 1 LPP en ce sens que le renvoi aux 

« dispositions de la loi fédérale du 19 juin 1959 sur l'assurance-invalidité (art. 29 

LAI) » applicables par analogie pour fixer la naissance du droit à la rente de la 

 

 

   

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prévoyance professionnelle vise uniquement l'art. 29 LAI, à l'exclusion de l'art. 48 

al. 2 LAI (ATFA non publié du 2 février 2006, B 124/04, consid. 4.4.2). 

Selon la doctrine relative à l'art. 122 CC qui s'applique par analogie à l'art. 124 CC, 

concernant la survenance du cas de prévoyance "invalidité", il y a deux moments à 

prendre en considération : celui de la naissance de l'incapacité de travail qui conduit 

en dernier lieu à l'invalidité et à la rente (théorie de la cause) et celui lors duquel, 

pour la première fois, un droit à une rente peut être accordé (théorie de l'entrée). La 

théorie de la cause s'applique à la détermination de l'institution de prévoyance tenue 

à prestations (art. 23 LPP) et au droit à la prestation de sortie (art. 2 al. 1, art. 3 al. 2 

LFLP). Quant au cas de prévoyance ressortant des art. 122 ss CC, on conçoit plus 

aisément de déterminer le moment de la survenance du risque "invalidité" selon la 

théorie de l'entrée. Outre des réflexions de praticabilité, parle particulièrement dans 

ce sens la possibilité de rachat prévue par l'art. 22c LFLP lors du partage des 

prestations de sortie dans le cadre d'un divorce. La disposition de l'art. 3 al. 2 LFLP 

se basant sur la théorie de la cause (restitution de la prestation de sortie) ne revêt 

dès lors qu'une signification minime (KIESER, Ehescheidung und Eintritt des 

Vorsorgefalles der beruflichen Vorsorge- Hinweise für die Praxis, PJA 2001 p. 

157). 

En définitive, tant la jurisprudence qui parle de naissance d'un droit concret à des 

prestations de la prévoyance professionnelle que la doctrine qui se réfère à la 

théorie de l'entrée sont unanimes pour admettre que la survenance du cas de 

prévoyance au sens des art. 122 ss CC existe dès que l'assuré reçoit concrètement 

une rente de l'assurance-invalidité.  

7. En l'occurrence, certes la demanderesse a-t-elle été mise au bénéfice d'une rente 

d'invalidité, la décision d'octroi lui a toutefois été notifiée après l'entrée en force du 

jugement de divorce. Qui plus est, il appert de la partie en fait qui précède qu'elle 

n'a jamais été affiliée auprès d'aucune institution, de sorte qu'il y a lieu de constater 

que le partage tel qu'arrêté par le jugement du Tribunal de première instance du 13 

mars 2008 peut être exécuté.  

8. Selon les documents produits, la prestation acquise pendant le mariage par le 

demandeur est de 7'434 fr. 10 (1'596 fr. 25 + 5'837 fr. 85), les intérêts ayant déjà 

été calculés par les institutions de prévoyance défenderesses. Ainsi le demandeur 

doit à son ex-épouse le montant de 3'717 fr. 05 (7'434 fr. 10 : 2). 

9. Conformément à la jurisprudence, depuis le jour déterminant pour le partage 

jusqu'au moment du transfert de la prestation de sortie ou de la demeure, le conjoint 

divorcé bénéficiaire de cette prestation a droit à des intérêts compensatoires sur le 

montant de celle-ci. Ces intérêts sont calculés au taux minimum légal selon l'art. 12 

OPP 2 ou selon le taux réglementaire, si celui-ci est supérieur ((ATF 129 V 255 

consid. 3). 

 

 

   

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10. Aucun émolument ne sera perçu, la procédure étant gratuite (art. 73 al. 2 LPP et 

89H al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985). 

 

 

 

   

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PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

1. Condamne la FONDATION INSTITUTION SUPPLETIVE LPP, Administration 

des comptes de libre passage à Zurich, à transférer, du compte de Monsieur 

O_________ la somme de 3'717 fr. 05, sur un compte à ouvrir en faveur de 

Madame O_________ - Q_________, à la FONDATION INSTITUTION 

SUPPLETIVE LPP, Administration des comptes de libre passage à Zurich, ainsi 

que des intérêts compensatoires au sens des considérants, dès le 30 avril 2008 

jusqu'au moment du transfert. 

2. L’y condamne en tant que de besoin. 

3. Dit que la procédure est gratuite. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 

dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 

(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 

public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 

juin 2005 (LTF); le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 

moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit 

être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie électronique aux 

conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du 

recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l'envoi. 

 

La greffière 

 

 

Marie-Louise QUELOZ 

 La Présidente : 

 

 

Doris WANGELER 

 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 

des assurances sociales par le greffe le