# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** ae21d708-db1e-54bd-99b5-a2b9bb49c1a8
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2025-09-01
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 01.09.2025 D-5695/2023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-5695-2023_2025-09-01.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour IV 

D-5695/2023 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  1 e r  s e p t e m b r e  2 0 2 5  

Composition 
 Chrystel Tornare Villanueva, juge unique,  

avec l’approbation de Yanick Felley, juge ; 

Michel Jaccottet, greffier. 

   

Parties 
 A._______,  

né le (…), 

alias B._______, né le (…), 

Syrie,   

représenté par Karine Povlakic,  

Entraide Protestante Suisse EPER/SAJE,   

recourant,  

  
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile (sans exécution du renvoi) (procédure accélérée) ; 

décision du SEM du 21 septembre 2023 / N (…). 

 

 

 

D-5695/2023 

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Faits : 

A.  

Le 14 janvier 2023, A._______ (ci-après : l’intéressé ou le recourant), 

ressortissant syrien d’ethnie kurde, a déposé une demande d’asile en 

Suisse.  

B.  

Lors de son audition du 12 septembre 2023, l’intéressé a déclaré pour 

l’essentiel que suite à la guerre menée en 2018 par les forces turques dans 

sa région natale de C._______, un dirigeant de la milice (…), soutenue par 

la Turquie, l’avait menacé, avait exigé de lui de l’argent en échange de sa 

protection et avait réquisitionné deux étages de l’immeuble appartenant à 

son père. En (…) 2018, ce dirigeant aurait fait arrêter et emprisonner 

l’intéressé durant un mois, au motif qu’il aurait été membre d’un parti kurde. 

A sa libération, le recourant aurait fui à D._______, puis à E._______, où il 

serait resté jusqu’en 2022, date à laquelle il serait retourné au domicile 

familial à C._______. Comme la milice (…) contrôlait toujours la région, il 

serait resté enfermé dans sa maison durant neuf jours avant de quitter la 

Syrie. L’intéressé a encore précisé qu’il ne pouvait pas retourner dans la 

zone contrôlée par les forces gouvernementales car il craignait d’être 

arrêté pour n’avoir pas effectué ses obligations militaires. 

C.  

Par décision du 21 septembre 2023, le SEM a rejeté la demande d’asile de 

l’intéressé, prononcé son renvoi de Suisse, mais en raison de l’inexigibilité 

de l’exécution de cette mesure, l’a mis au bénéfice d’une admission 

provisoire. 

Ledit Secrétariat a considéré pour l’essentiel que les agissements des 

miliciens de (…) ne relevaient pas d’une persécution pour des motifs 

politiques, mais poursuivaient un but criminel et privé. De plus, s’agissant 

de la crainte de l’intéressé de subir des préjudices de la part de la milice 

(…), le SEM a retenu que celle-ci pouvait fortement être mise en doute 

dans la mesure où l’intéressé était revenu à son domicile à C._______ 

avant son départ de Syrie. De même, s’agissant de sa crainte d’être arrêté 

par les autorités militaires syriennes, ledit Secrétariat a considéré que 

l’intéressé n’avait pas passé les examens médicaux obligatoires, ni reçu 

son livret militaire avant de quitter la Syrie. Dès lors, il ne pouvait pas être 

considéré comme un objecteur de conscience par les autorités. Enfin, le 

SEM a rappelé que les ressortissants d’ethnie kurde en Syrie n’étaient pas 

victimes d’une persécution collective. 

D-5695/2023 

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D.  

Le 18 octobre 2023, l’intéressé a interjeté recours contre cette décision 

auprès du Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal). Il a conclu 

à l’annulation de la décision querellée ainsi qu’à l’octroi de l’asile. Il a requis 

par ailleurs l’exemption du versement d’une avance des frais de procédure 

et l’octroi de l’assistance judiciaire totale. 

E.  

Par courrier du 20 novembre 2023, le recourant a produit sous forme de 

photocopie une circulaire de mobilisation du gouvernement syrien du  

(…) 2023 et une déclaration manuscrite relative à son athéisme ainsi que 

la traduction de ces documents en français. 

F.  

Les autres faits et arguments de la cause seront examinés, si besoin, dans 

les considérants en droit. 

 

Droit : 

1.  

1.1 En vertu de l'art. 31 LTAF (RS 173.32), le Tribunal connaît des recours 

contre les décisions au sens de l'art. 5 PA (RS 172.021) prises par les 

autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. En particulier, les décisions rendues 

par le SEM en matière d’asile peuvent être contestées devant le Tribunal 

(art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi de l'art. 105 LAsi [RS 142.31]), 

lequel statue alors définitivement, sauf demande d'extradition déposée par 

l'Etat dont le requérant cherche à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 LTF  

[RS 173.110]), exception non réalisée en l’espèce. 

1.2 La procédure devant le Tribunal est régie par la PA, la LTAF et la LTF, 

pour autant que la LAsi n’en dispose pas autrement (art. 37 LTAF et 

art. 6 LAsi). 

1.3 L’intéressé a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA, applicable par renvoi 

de l’art. 37 LTAF). Présenté dans la forme (art. 52 al. 1 PA) et le délai 

prescrits par la loi, le recours est recevable (art. 108 al. 1 PA et art. 10 de 

l'ordonnance du 1er avril 2020 sur les mesures prises dans le domaine de 

l'asile en raison du coronavirus [Ordonnance COVID-19 asile, RS 142.318, 

abrogée avec effet au 15 décembre 2023] et disposition transitoire de 

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l'ordonnance d'abrogation du 22 novembre 2023 [RO 2023 694] a 

contrario). 

1.4 Le Tribunal applique le droit d'office, sans être lié par les motifs 

invoqués dans le recours (62 al. 4 PA, par renvoi de l'art. 6 LAsi et de 

l'art. 37 LTAF), ni par l'argumentation juridique développée dans la décision 

entreprise (cf. ATAF 2014/24 consid. 2.2 ; 2009/57 consid.1.2). Il peut ainsi 

admettre un recours pour un autre motif que ceux invoqués devant lui ou 

le rejeter en adoptant une argumentation différente de celle de l'autorité 

intimée (cf. ATAF 2010/54 consid. 7.1 ; PIERRE MOOR, Droit administratif, 

vol. II, 3ème éd. 2011, p. 820 s.). 

2.  

2.1 En vertu de l’art. 2 al. 1 LAsi, la Suisse accorde l’asile aux réfugiés sur 

demande, conformément aux dispositions de la LAsi. Sont des réfugiés les 

personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans le pays de leur dernière 

résidence, sont exposées à de sérieux préjudices ou craignent à juste titre 

de l'être en raison de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leur 

appartenance à un groupe social déterminé ou de leurs opinions politiques. 

Sont notamment considérées comme de sérieux préjudices la mise en 

danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou de la liberté, de même que les 

mesures qui entraînent une pression psychique insupportable (art. 3 al. 1 

et 2 LAsi ; cf. ATAF 2007/31 consid. 5.2 à 5.6). 

2.2 Quiconque demande l'asile (requérant) doit prouver ou du moins 

rendre vraisemblable qu'il est un réfugié (art. 7 al. 1 LAsi). Ne sont pas 

vraisemblables notamment les allégations qui, sur des points essentiels, 

ne sont pas suffisamment fondées, qui sont contradictoires, qui ne 

correspondent pas aux faits ou qui reposent de manière déterminante sur 

des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 al. 3 LAsi). 

3.  

3.1 En mars 2011, à la suite de manifestations contre le régime et d’une 

répression de plus en plus violente de la part des forces de sécurité 

syriennes, un conflit a éclaté en Syrie, qui a finalement débouché sur une 

guerre civile. Depuis, la situation est demeurée difficile et instable, tant sur 

le plan des droits humains que sur le plan politique (cf. ATAF 2015/3 

consid. 6.2 ; arrêt de référence D-5779/2013 du 25 février 2015 consid. 5.3 

et 5.7.2 ; ATAF 2020 VI/4 consid. 5.3). Le 8 décembre 2024, le régime 

syrien sous la présidence de Bachar al-Assad a été renversé, mettant fin à 

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plus de cinquante ans de règne de la famille Assad. Un gouvernement de 

transition s’est alors formé sous la présidence d’Ahmed al-Charaa, chef de 

Hayat Tahrir al-Cham (HTC, Organisation de libération du Levant), à savoir 

le groupe le plus important au sein de la coalition des groupes d’opposition 

armés responsables du renversement. Le 13 mars 2025, une « déclaration 

constitutionnelle » a été adoptée afin de servir de base juridique à la phase 

de transition politique. Cette déclaration et les modalités des réformes 

étatiques restent controversées, les principaux acteurs syro-kurdes, 

notamment les forces politiques représentant l’Administration autonome du 

nord et de l’est de la Syrie (en anglais "Democratic Autonomous 

Administration of North and East Syria" ; DAANES), y étant en particulier 

opposés. A l’heure actuelle, l’évolution de la situation en Syrie reste 

incertaine sur de nombreux points, tels le contrôle du territoire, l’usage de 

la force publique, la sécurité générale ainsi que la situation économique et 

humanitaire (cf. sur ces sujets EUROPEAN UNION AGENCY FOR ASYLUM, 

Syria : Country Focus, Country of Origin Information Report, Mars 2025, 

p. 19 ss ; INTERNATIONAL CRISIS GROUP, What lies in store for Syria as a 

new government takes power ?, 25 avril 2025 ; MINISTERIE VAN 

BUITENLANDSE ZAKEN [Ministère néerlandais des Affaires étrangères], 

Rapport officiel général sur la Syrie, Mai 2025, p. 8 ss). 

3.2 Lors de l’examen de la qualité de réfugié, la situation du requérant, au 

moment du départ de son pays d’origine, est en principe prise en compte. 

Toutefois, selon la doctrine et la jurisprudence, lorsque la situation dans ce 

pays s’est ensuite modifiée de manière significative, en faveur ou au 

détriment du requérant, il est tenu compte de la situation existant au 

moment de la décision sur la demande d’asile (cf. ATAF 2011/51 

consid. 6.1 et réf. cit.). 

3.3 Conformément à l’art. 61 al. 1 PA, l’autorité de recours statue 

elle-même sur l’affaire ou la renvoie exceptionnellement à l’autorité 

inférieure avec des instructions impératives. L’annulation de la décision 

attaquée et le renvoi de la cause à l’instance inférieure sont notamment 

indiqués lorsque l’état de fait doit être complété et lorsque des mesures 

d’instruction d’une certaine ampleur doivent être menées. Dans de tels cas, 

l’instance de recours peut certes encore remédier à l’impossibilité de 

statuer, en particulier pour des raisons d’économie de procédure, mais elle 

n’y est pas tenue (cf. ATAF 2012/21 consid. 5). 

3.4 Même si l’évolution de la situation générale en Syrie n’est pas encore 

prévisible à l’heure actuelle, la question des effets de la chute de l’ancien 

régime syrien se pose déjà dans le cas présent. Il ne s’agit pas seulement 

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d’évaluer la situation actuelle en Syrie à la lumière des évènements 

survenus depuis le 8 décembre 2024. Il y a surtout lieu d’examiner dans 

quelle mesure les changements fondamentaux intervenus ont une 

incidence sur les motifs d’asile de l’intéressé. Un examen aussi conséquent 

n’a pas à être effectué en instance de recours, mais devant le SEM. Il y a 

donc lieu d’annuler la décision attaquée. Il appartiendra au SEM de 

procéder à une appréciation en regard de la nouvelle situation en Syrie et, 

au besoin, d’octroyer un droit d’être entendu à l’intéressé. Cette solution 

permet d’ailleurs de maintenir le rôle de chaque instance, ce qui est 

d’autant plus important que le Tribunal administratif fédéral est la seule 

autorité judiciaire en matière d’asile et qu’il statue donc définitivement. 

4.  

Compte tenu de ce qui précède, le recours doit être admis. En 

conséquence, il y a lieu d’annuler les chiffres 1 à 3 du dispositif de la 

décision querellée et de renvoyer la cause au SEM pour instruction 

complémentaire. Celui-ci est invité à prendre les mesures nécessaires et à 

réexaminer la demande d’asile du recourant à l’aune des considérations 

ci-dessus. 

5.  

5.1 S’avérant manifestement fondé, le recours est admis dans une 

procédure à juge unique, avec l’approbation d’un second juge (art. 111 

let. e LAsi). 

5.2 Il est renoncé à un échange d’écritures (art. 111a al. 1 LAsi). 

6.  

6.1 Vu l’issue de la procédure, il y a lieu de statuer sans frais (art. 63 

al. 3 PA, applicable par renvoi de l’art. 37 LTAF). 

6.2 La demande de dispense du versement de l’avance des frais de 

procédure devient dès lors sans objet. 

6.3 Conformément aux art. 64 al. 1 PA et 7 du règlement du 21 février 2008 

concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif 

fédéral [FITAF, RS 173.320.2]), l’autorité peut allouer, d’office ou sur 

requête, à la partie ayant entièrement ou partiellement gain de cause, une 

indemnité pour les frais indispensables et relativement élevés occasionnés 

par le litige. À défaut de décompte de prestations, le Tribunal fixe 

l’indemnité sur la base du dossier (art. 14 al. 2 FITAF). 

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6.4 En l’espèce, l’octroi de dépens prime sur la demande d’assistance 

judiciaire totale, qui devient ainsi sans objet.  

6.5 En l’absence d’un décompte de prestation de la mandataire, 

l’indemnité allouée à titre de dépens est arrêtée, ex aequo et bono, au 

montant de 600 francs, pour l’activité indispensable que la mandataire du 

recourant a déployée dans la présente procédure (art. 8 à 11 FITAF), à la 

charge du SEM. 

 

(dispositif : page suivante) 

  

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Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est admis au sens des considérants. 

2.  

Les chiffres 1 à 3 de la décision du 21 septembre 2023 sont annulés et 

l’affaire est renvoyée au SEM pour nouvelle décision au sens des 

considérants. 

3.  

Il n’est pas perçu de frais de procédure. 

4.  

La demande d’assistance judiciaire totale est sans objet. 

5.  

Le SEM versera un montant de 600 francs au recourant à titre de dépens. 

6.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité cantonale. 

 

 

La juge unique : Le greffier : 

  

Chrystel Tornare Villanueva Michel Jaccottet 

 

 

Expédition :