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**Case Identifier:** 3f1531e6-c138-5b58-b601-6a3ddb34d7b5
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-02-22
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 22.02.2013 C/14477/2012
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-14477-2012_2013-02-22.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 26.02.2013. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/14477/2012 ACJC/236/2013 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 22 FEVRIER 2013 

Entre 

Madame A______, domiciliée ______ à Genève, appelante d'un jugement rendu par la 
16ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 25 octobre 2012, 
comparant par Me Flavien Valloggia, avocat, rue de Candolle 16, 1205 Genève, en 
l’étude duquel elle fait élection de domicile, 

et 

Monsieur B______, domicilié ______ à Genève, intimé, comparant par Me Lida Lavi, 
avocate, Grand-Rue 8, case postale 5222, 1211 Genève 11, en l'étude de laquelle il fait 
élection de domicile, 

 

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C/14477/2012 

EN FAIT 

A. Par jugement du 25 octobre 2012, expédié pour notification aux parties le même 
jour, le Tribunal de première instance a, statuant par voie de procédure sommaire, 
condamné A______ à évacuer immédiatement de sa personne, de ses biens et de 
tout tiers dont elle est responsable l'appartement qu'elle occupe dans l'immeuble 
sis ______ à Genève, ainsi que le box sis à la même adresse, au 1er sous-sol (PPE 
Ft no 23 et no 58) (ch. 1 du dispositif), autorisé B______ à requérir l'évacuation 
par la force publique de A______, de ses biens et de tout tiers dont elle est 
responsable, dès le 30ème jour après l'entrée en force du jugement (ch. 2), dit que 
l'intervention de la force publique devrait être précédée de celle d'un huissier 
judiciaire (ch. 3), arrêté les frais judiciaires à 2'000 fr., compensés avec l'avance 
fournie par B______, les a mis à charge de A______ et l'a condamné en 
conséquence à verser cette somme à B______ (ch. 4), condamné A______ à payer 
à B______ la somme de 1'500 fr. TTC à titre de dépens (ch. 5) et débouté les 
parties de toutes autres conclusions (ch. 6). 

En substance, le Tribunal de première instance a retenu que les conditions du cas 
clair étaient réunies, l'état de fait étant prouvé, en particulier le droit de propriété 
exclusif de B______ sur les biens litigieux, et la situation juridique étant claire. 
L'évacuation de A______ devait ainsi être prononcée. 

L'exécution du jugement a été différée de 30 jours pour permettre à A______ de 
se reloger. 

B. a. Par acte déposé le 5 novembre 2012 au greffe de la Cour de justice, A______ 
forme appel contre ce jugement dont elle sollicite l'annulation, avec suite de frais 
judiciaires et dépens. 

Elle se plaint de la violation de ses droits procéduraux, en particulier de son droit 
au dépôt d'un mémoire de réponse écrit, tel que garanti par la CEDH. 

Outre la procuration et le procès-verbal de l'audience du 25 septembre 2012, 
A______ a produit le courrier qu'elle avait adressé au Tribunal de première 
instance le 20 septembre 2012. 

b. Dans sa réponse du 6 décembre 2012, B______ conclut, préalablement, au 
retrait de l'effet suspensif de l'appel et à l'exécution anticipée du jugement, et, au 
fond, à la confirmation du jugement entrepris et au déboutement de A______ de 
ses conclusions, avec suite de frais judicaire et dépens, A______ devant au 
surplus être condamnée à une amende disciplinaire. 

c. Par décision présidentielle du 17 décembre 2012, la demande d'exécution 
anticipée de la décision querellée a été rejetée. 

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d. Le 18 décembre 2012, le greffe de la Cour de justice a informé les parties de la 
mise en délibération de la cause. 

C. Les faits pertinents suivants résultent de la procédure : 

a. Les bâtiments no 1______ (habitation à plusieurs logements) et no 2______ 
(garage privé) se trouvent sur la parcelle no 3______ de la commune de Genève, 
sise ______.  

b. A l'intérieur du bâtiment no 1______ se trouve un appartement traversant, situé 
au 5ème étage, d'environ 111 m2 et, dans le bâtiment, un box pour une voiture.  

c. Le 18 avril 2012, B______ a acquis ces deux biens immobiliers, jusqu'alors 
propriétés de A______, lors d'une vente aux enchères, pour un prix global de 
1'550'000 fr., frais non compris. 

d. Le 6 juin 2012, l’Office des poursuites du canton de Genève a procédé au 
transfert de propriété de ces biens auprès du Registre foncier, B_____ y 
apparaissant depuis lors comme unique propriétaire. 

e. Par courriers recommandé et ordinaire du 25 avril 2012, B______ a indiqué à 
A______ qu'elle n’était plus légitimée à occuper ni l'appartement ni le box 
précités et l’exhortait par conséquent à les quitter le 15 mai 2012 au plus tard. 

f. Par pli du 14 mai 2012 adressé au conseil de A______, B______ a accordé à 
celle-ci un délai au 4 juin pour libérer les biens litigieux. Il lui a encore précisé 
que des raisons personnelles, notamment des problèmes de santé, l'obligeaient à 
intégrer rapidement son appartement. 

g. Le 14 juin 2012, B______ a saisi le Tribunal de première instance d'une requête 
en protection pour "cas clair" et a conclu à ce qu'il soit ordonné à A______ 
d'évacuer sans délai de sa personne et de ses biens la parcelle no 3______, soit les 
PPE Ft 3______ no 23 et no 58, à ce qu'il soit dit que cette injonction serait 
prononcée sous la menace des peines prévues à l'article 292 CP, à ce qu'il soit 
autorisé à requérir l'évacuation par la force publique de A______ dès le 30ème jour 
suivant l'entrée en force du jugement, à ce qu'il soit autorisé à faire procéder par 
un tiers, pour le compte et aux frais de A______, à l'évacuation de tout objet 
propriété de cette dernière qui se trouverait encore sur la parcelle no 3______, soit 
les PPE Ft 3______ no 23 et no 58, dès le 30ème jour suivant l'entrée en force du 
jugement et à ce que A______ soit condamnée en tous les dépens comprenant une 
équitable indemnité de procédure valant participation aux honoraires d'avocat du 
requérant. 

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B______ a en substance fait valoir que A______ occupait illicitement les biens 
immobiliers dont il est propriétaire et qu'il y avait lieu, en application de l'article 
641 al. 2 CC, d'ordonner son évacuation. 

h. Le Tribunal a cité les parties à comparaître par courriers recommandés du 
29 août 2012 à une audience fixée le 25 septembre 2012.  

La convocation comportait la référence aux art. 248 ss CPC et la mention que la 
partie citée était invitée à apporter tous les titres dont elle entendait faire état pour 
qu'il soit statué par voie de procédure sommaire sur la requête déposée 

i. Le 20 septembre 2012, le nouveau conseil de A______ a indiqué au Tribunal de 
première instance sa récente constitution et a sollicité qu'un délai lui soit fixé pour 
déposer une détermination écrite et qu'une audience soit tenue ultérieurement. 

j. A l'audience du 25 septembre 2012, B______ a persisté dans les termes de sa 
requête. A______ a quant à elle conclu à son rejet. Subsidiairement, elle a sollicité 
l'octroi d'un délai à fin avril 2013 pour quitter les biens immobiliers litigieux. Elle 
a confirmé avoir été propriétaire des immeubles en cause jusqu'à leur vente forcée 
et précisé être consciente qu'elle ne pouvait continuer à occuper l'appartement. 
Elle a invoqué à cet égard le fait qu'elle n'était pas parvenue à se reloger en raison 
des poursuites dont elle faisait l'objet, mais que sa dernière poursuite en cours 
devait être soldée rapidement. S'agissant de sa situation personnelle, elle a 
expliqué percevoir une retraite de l'ordre de 4'300 fr. par mois. Sa fille, âgée de 25 
ans, vivait avec elle et son fils, âgé de 33 ans et gravement malade, vivait en 
Éthiopie. A______ s'est enfin opposée à ce qu'un montant soit alloué à B______ 
au titre de dépens, dans la mesure où il était défendu par sa fille. 

A l'issue de l'audience, le Tribunal a gardé la cause à juger.  

D. Les arguments des parties seront repris dans la mesure utile ci-après. 

EN DROIT 

1. Les décisions rendues en matière de cas clair sont soumises à la procédure 
sommaire (art. 257 al. 1 CPC). Qu'elle accorde la protection ou déclare la requête 
irrecevable, la décision peut être attaquée dans les dix jours (art. 314 al. 1 CPC; 
art. 321 al. 2 CPC).  

L'appel est recevable contre les décisions finales et les décisions incidentes de 
première instance (art. 308 al. 1 let. a CPC). Dans les affaires patrimoniales, 
l'appel est recevable si la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de 
10'000 fr. au moins (art. 308 al. 2 CPC; JEANDIN, in Code de procédure civile 
commenté, 2011, n. 13 ad art. 308 CPC). Ces conditions valent aussi en procédure 
de cas clair (HOHL, Procédure civile, tome II, 2010, n. 1684 s.).  

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Compte tenu des mois d'occupation illicite, ainsi que du temps nécessaire pour 
l'exécution par la force publique d'une décision d'évacuation, voire de la valeur de 
l'objet en cause, la valeur litigieuse est en l'espèce supérieure à 10'000 fr., ce qui 
n'est pas contesté par les parties. La voie de l'appel est ainsi ouverte. 

Le présent appel, formé dans le délai et selon la forme prévus par la loi, est 
recevable. 

2. L'appelante se plaint d'une violation de ses droits procéduraux, le premier juge 
ayant refusé de lui accorder un délai pour le dépôt d'une détermination écrite. 

2.1 Le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst confère à toute personne le 
droit de s'expliquer avant qu'une décision ne soit prise à son détriment, d'avoir 
accès au dossier, d'offrir des preuves quant aux faits de nature à influer sur la 
décision, de participer à l'administration des preuves et de se déterminer à leur 
propos (ATF 129 II 497 consid. 2.2; arrêt du Tribunal fédéral 4P.201/2006 du 
20 décembre 2006 consid. 3). 

Selon la jurisprudence toujours (ATF 125 I 219 consid. 9b), le droit d'être entendu 
ne comprend pas celui de comparaître personnellement devant le Tribunal mais 
uniquement celui de lui transmettre sa détermination, transmission qui peut 
résulter de documents écrits ou de l'intervention orale d'un mandataire. 

En outre, le droit d'être entendu en audience n'est respecté que si l'autorité prend 
réellement connaissance des allégations et arguments des parties. Les éléments 
doivent être verbalisés, mais il suffit que les points pertinents pour l'issue du litige 
soient reproduits au procès-verbal (arrêt du Tribunal fédéral 4A_571/2010 du 
31 janvier 2011, in RSPC 3/2011 219). 

2.2 En procédure sommaire, le tribunal donne à la partie adverse l'occasion de se 
déterminer oralement ou par écrit (art. 253 CPC). 

2.2.1 Selon le Message du Conseil fédéral, la procédure sommaire se caractérise 
par sa souplesse et sa rapidité. Souple dans sa forme, car elle peut être orale ou 
écrite, rapide grâce à l'admission limitée des moyens de preuve ainsi qu'à la 
cognition du tribunal limitée aux faits patents ou à une grande vraisemblance. Le 
tribunal donne à la partie adverse l'occasion de se prononcer. Un voire plusieurs 
échanges d'écritures supplémentaires n'ont pas leur place ici car une large place 
accordée à l'écrit contredit le caractère de cette procédure. Exceptionnellement, 
l'avis du défendeur peut même se révéler superflu : notamment en cas de requête 
manifestement irrecevable en raison, par exemple, de l'absence évidente d'une 
condition de recevabilité, en cas d'inapplicabilité de la procédure sommaire ou de 
requête manifestement mal fondée (FF 2006, p. 6956- 6958). 

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2.2.2 La doctrine est partagée sur la question de savoir si, lorsque la procédure est 
orale, la partie défenderesse est néanmoins autorisée à répondre à la requête par 
des conclusions écrites.  

Pour certains auteurs (BOHNET, Code de procédure civile commenté, Bâle 2011, 
no 2 ad art. 253, et no 9 ad art. 202; RUBIN, in BAKER McKENZIE, Schweize-
riches Zivilprozessordnung, Berne 2010; n. 6-7 ad art. 253), le tribunal ne peut en 
aucun cas refuser le dépôt d'une réponse écrite avant ou jusqu'à l'audience; les 
parties peuvent donc déposer spontanément une prise de position écrite avant ou à 
l'audience, en particulier lorsque le litige porte sur des questions de fait ou de droit 
complexes; interdire le dépôt d’une réponse au défendeur qui souhaite s'exprimer 
par écrit constituerait un formalisme excessif injustifié; on peut rattacher ce prin-
cipe au droit de réplique que le Tribunal fédéral tire de l'art. 29 al. 1 Cst. 
(ATF 133 I 100; JdT 2008 I 368).  

Pour d'autres auteurs, le juge choisit entre une procédure écrite ou orale, en 
fonction des particularités du cas. S'il opte pour l'option de la procédure écrite, il 
peut statuer uniquement sur pièces (art. 256 al. 1 CPC); s'il admet la requête, il 
doit toutefois permettre au défendeur de s'exprimer préalablement. Il n'y a pas de 
second échange d'écritures. Même dans la procédure écrite, le juge peut choisir de 
convoquer ou non une audience. Le principe du choix entre procédure écrite ou 
orale découle du principe de célérité, la procédure ne devant pas être inutilement 
ralentie (HOHL, Procédure civile, tome II, Berne 2010, p. 279, n. 1532-1535; 
HOFMANN/LUSCHER, Le Code de procédure civile, Berne 2009, p. 162). Le 
défendeur n'a pas le choix entre l'un ou l'autre des modes de détermination. Les 
parties sont libres de faire des propositions sur la conduite du procès, mais il 
appartient au Tribunal de définir le mode de détermination de la partie citée 
(KAUFMANN, Schweizerische Zivilprozessordnung, n. 13 ad art. 253 CPC; 
BRUNNER/GASSER/SCHWANDER, Zürich/St-Gallen, 2011, ad art. 253, p. 1478, 
n. 13; CHEVALIER, in SUTTER-SOMM et alii, Kommentar zur ZPO, n. 1 ad 
art. 253 CPC; MAZAN, in Basler Kommentar ZPO, n. 11 ad art. 253 CPC). Une 
écriture spontanée, dont le dépôt n'a pas été demandé par le tribunal, peut être 
envoyée simplement à la partie adverse et mise dans le dossier, mais un nouvel 
échange d'écritures serait contraire au principe de rapidité de la procédure som-
maire (KAUFMANN, op. cit., n. 15 ad art. 253 CPC). 

Certains auteurs sont plus nuancés. La procédure orale pourrait être précédée 
d'une détermination écrite des parties (JENT-SØRENSON, in Kurzkommentar ZPO, 
Bâle 2010, n. 2 ad art. 253 CPC; GASSER/RICKLI, Schweizerische Zivilprozess-
ordnung, Kurzkommentar, Zürich/St-Gall 2010, n. 1-5 ad art. 253 CPC; MAZAN, 
op. cit., n. 11, 13 et 18 ad art. 253 CPC). 

2.3 En l'espèce, l'appelante a été citée le 29 août 2012 à comparaître devant le 
Tribunal de première instance à une audience fixée le 25 septembre 2012. La 

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convocation comportait la référence aux art. 248 ss CPC et la mention que la 
partie citée était invitée à apporter tous les titres dont elle entendait faire état pour 
qu'il soit statué par voie de procédure sommaire sur la requête déposée. Le 
premier juge a choisi l'option de la procédure orale, tout en rappelant à la partie 
citée qu'elle pouvait déposer des pièces. 

Il ressort du procès-verbal de l'audience précitée que l'appelante, accompagnée et 
représentée par son avocat, s'est exprimée sur tous les points importants devant 
être portés à la connaissance du tribunal. Elle a ainsi pu faire valoir l'ensemble de 
ses moyens. Dès lors, le droit d'être entendu de l'appelante a été respecté. En 
conséquence, le grief de l'appelante est infondé. 

3. 3.1 L'art. 257 al. 1 CPC prévoit que le tribunal admet l'application de la procédure 
sommaire lorsque les conditions suivantes sont remplies : a) l'état de fait n'est pas 
litigieux ou est susceptible d'être immédiatement prouvé; b) la situation juridique 
est claire.  

L'état de fait n'est pas litigieux lorsqu'il est incontesté. Les faits tels que présentés 
par le requérant ne sont pas remis en cause par le défendeur (BOHNET, Code de 
procédure civile commenté, ad art. 257 n. 7). 

Cela signifie que l'état de fait doit pouvoir être établi sans peine. En cas de doute, 
l'affaire doit être traitée dans une procédure complète. La situation juridique peut 
être considérée comme claire si, sur la base d'une doctrine et d'une jurisprudence 
éprouvées, la norme s'applique au cas concret et y déploie ses effets de manière 
évidente. Si la partie adverse, qui doit être entendue (art. 253 CPC), conteste les 
faits ou oppose une exception à la prétention du demandeur, la protection dans les 
cas clairs ne peut pas être accordée. Il suffit - à tout le moins - au défendeur de 
démontrer la vraisemblance de ses objections, mais des allégations dénuées de 
fondement ne sauraient faire obstacle à un procès rapide (Message du Conseil 
fédéral du 28 juin 2006 relatif au code de procédure civile suisse, in FF 2006 
p. 6841 ss, spéc. 6959). 

Le fait qu'une condition de recevabilité prête à discussion n'exclut pas la clarté, 
qui ne doit porter que sur le droit substantiel. Par exemple, une controverse quant 
à la compétence du tribunal saisi ne devrait pas conduire au rejet de la requête 
pour défaut de situation juridique claire (BOHNET, Procédure civile suisse - Les 
grands thèmes pour les praticiens, Neuchâtel 2010, p. 214, n. 65). 

Si le juge parvient à la conclusion, sur la base des éléments en sa possession, que 
la demande n'est pas fondée, il doit déclarer la requête irrecevable. En effet, c'est 
le demandeur qui requiert la protection par la voie sommaire. Si cette voie n'est 
pas applicable, il n'est pas entré en matière sur la requête (BOHNET, Code de 
procédure civile commenté, 2011, ad art. 257, n. 24). 

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3.2 Selon l'art. 641 al. 2 CC, le propriétaire d'un objet peut le revendiquer contre 
quiconque le détient sans droit. Cette disposition donne au propriétaire le moyen 
de défendre son droit par l'action en revendication pour obtenir la restitution de 
l'objet (STEINAUER, Les droits réels, Tome I, 2007, n. 1015). Le propriétaire peut 
ainsi demander l'évacuation de son immeuble (MEIER-HAYOZ, Commentaire 
bernois, 1981, n. 61 ad art. 641 CC). La restitution ne sera toutefois ordonnée que 
si le défendeur ne prouve pas qu'il a le droit de posséder l'objet, soit en vertu d'un 
droit réel limité, soit en vertu d'un droit personnel, par exemple un bail 
(STEINAUER, op. cit., n. 1022). 

3.3 Les registres publics et les titres authentiques font foi des faits qu'ils constatent 
et dont l'inexactitude n'est pas prouvée (art. 9 al. 1 CC). 

3.4 En l'espèce, à teneur du Registre foncier, l'intimé est seul propriétaire des 
locaux considérés, dont il n'est pas contesté qu'ils sont occupés par l'appelante. 

L'inscription au Registre foncier s'est faite sur la base d'une vente aux enchères 
forcée. 

Ainsi, l'acte juridique à la base de l'inscription est obligatoire, de sorte que 
l'inscription n'a pas été faite indûment. Elle est dotée de la foi publique. Aucune 
preuve contraire d'inexactitude de l'inscription n'a été apportée.  

L'intimé a donc démontré qu'il est seul propriétaire des immeubles litigieux, fait 
que l'appelante ne conteste pas. Partant, il est fondé à requérir l'évacuation de tous 
tiers qui occupent illégitimement son immeuble. 

Par conséquent, les conditions de l'art. 257 CPC sont réalisées, de sorte que le 
Tribunal de première instance l'a à bon droit constaté. L'appelante sera en 
conséquence déboutée de ses conclusions et le jugement entrepris confirmé. 

3.5 L'appelante ne remet pas en cause le délai fixé par le premier juge pour 
l'exécution du jugement, de sorte que ce point ne sera pas examiné par la Cour de 
céans. 

3.6 L'appel se révèle ainsi intégralement infondé et le jugement entrepris sera 
confirmé. 

4. L'intimé sollicite le prononcé d'une amende disciplinaire à l'encontre de 
l'appelante. 

4.1 La partie ou son représentant qui usent de mauvaise foi ou de procédés 
téméraires sont punis d'une amende disciplinaire de 2'000 fr. au plus; l'amende est 
de 5'000 fr. au plus en cas de récidive (art. 128 al. 3 CPC). Par cette disposition, le 
législateur entendait harmoniser le CPC à l'art. 33 LTF (FF 2006 p. 6916). 

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Agit notamment de façon téméraire celui qui bloque une procédure en multipliant 
des recours abusifs (ATF 111 Ia 148, consid. 4, JT 1985 I 584) ou celui qui 
dépose un recours manifestement dénué de toute chance de succès dont 
s'abstiendrait tout plaideur raisonnable et de bonne foi (ATF 120 III 107 consid. 
4b; HALDY, Code de procédure civile commenté, 2011 no 9 ad art. 128 CPC). 

4.2 En l'espèce, il n'apparaît pas que l'appelante a usé de mauvaise foi ou de 
procédés téméraires, même si les chances de succès de son appel étaient quasi 
inexistantes sur le fond et ténues sur la violation des droits procéduraux.  

L'intimé sera en conséquence débouté de ses conclusions sur ce point. 

5. L'appelante, qui succombe, supportera les frais judiciaires, arrêtés à 2'000 fr. 
(art. 17, 26, 35 RTFMC) et couverts par l'avance de frais déjà effectuée, acquise à 
l'Etat (art. 107 al. 2 et 111 al. 1 CPC). 

Par ailleurs, l'appelante sera également condamnée à payer les dépens de l'intimé 
qui seront fixés à 1'500 fr., débours et TVA inclus (art. 25 et 26 LaCC; 85, 88 et 
90 RTFMC). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté par A______ contre le jugement JTPI/15189/2012 
rendu le 25 octobre 2012 par le Tribunal de première instance dans la cause 
C/14477/2012-16 SCC. 

Au fond : 

Confirme le jugement. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais d'appel : 

Arrête les frais judiciaires à 2'000 fr. et les met à charge de A______. 

Dit que les frais judiciaires sont couverts par l'avance de frais faite par A______, 
acquise à l'Etat. 

Condamne A______ à payer 1'500 fr. à B______ à titre de dépens. 

Siégeant : 

Madame Sylvie DROIN, présidente; Monsieur Blaise PAGAN et Madame Nathalie 
LANDRY-BARTHE, juges; Madame Céline FERREIRA, greffière. 

 

La présidente : 

Sylvie DROIN 

 La greffière : 

Céline FERREIRA 

 

 

 

Indication des voies de recours : 
Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 

173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec 

expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par devant le Tribunal fédéral par la voie du recours 

en matière civile. 
 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 
 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF, cf. consid. 1.