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**Case Identifier:** 36c92109-2778-5120-8a36-e285b7683f0e
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours civile HC / 2014 / 585
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_010_HC---2014---585_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

JL14.008595-14177

244 

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS CIVILE

_________________________________________

Arrêt du
17 juillet 2014

__________________

Présidence
de               Mme             
Crittin
Dayen, vice-présidente

Juges             
:              M.             
Giroud  et  Mme Courbat

Greffière
:              Mme             
Huser

 

 

*****

 

 

Art.
257d CO

 

 

             
Statuant à huis clos sur le recours interjeté par S.________,
à [...], locataire, contre l’ordonnance d’expulsion rendue le 5 juin 2014 par la Juge
de paix du district de la Riviera - Pays-d’Enhaut dans la cause divisant la recourante d’avec
leL.________,
à [...], bailleur, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal voit :

             
En fait :

 

 

A.             
Par ordonnance du 5 juin 2014 adressée aux parties le jour même et notifiée à la
recourante le 14 juin 2014, la Juge de paix du district de la Riviera - Pays-d’Enhaut a ordonné
à la recourante de quitter et de rendre libres pour le 7 juillet 2014 à midi les locaux occupés
dans l’immeuble sis à [...], [...] (appartement de 2,5 pièces au 5e
étage) (I), dit qu’à défaut pour la partie locataire de quitter volontairement ces
locaux, l’huissier de paix est chargé sous la responsabilité du juge de paix de procéder
à l’exécution forcée de la présente décision sur requête de la partie
bailleresse, avec au besoin l’ouverture forcée des locaux (II), ordonné aux agents de
la force publique de concourir à l’exécution forcée de la décision, s’ils
en sont requis par l’huissier de paix (III), arrêté les frais judiciaires à 240
fr., compensés avec l’avance de frais de la partie bailleresse (IV), mis les frais à
la charge de la partie locataire (V), dit qu’en conséquence, la partie locataire remboursera
à la partie bailleresse son avance de frais à concurrence de 240 fr. et lui versera la somme
de 800 fr. à titre de dépens, en défraiement de son représentant  professionnel
(VI), et rejeté toutes autres ou plus amples conclusions (VII). 

 

             
En droit, le premier juge a, en substance, relevé que l’entier de l’arriéré
de loyer n’avait pas été acquitté dans le délai comminatoire de trente jours
imparti, et que, bien que la partie locataire ait contesté en temps utile la résiliation de
son bail devant la Commission de conciliation en matière de baux à loyer, il n’y avait
aucun motif d’annulabilité du congé et qu’une prolongation n’était par
ailleurs pas possible en cas de demeure du locataire. Le premier juge a ainsi retenu que le congé
était valable.

 

 

B.             
Par acte du 18 juin 2014, S.________ a formé
recours contre l’ordonnance précitée, en sollicitant de pouvoir rester dans les locaux
en question jusqu’au 18 août 2014. 

 

 

 

 

C.             
La Chambre des recours civile retient les faits suivants :

 

 

1.             
Selon contrat signé le 24 octobre 2012, le
bailleur a remis à bail à la locataire un appartement de 2.5 pièces au 5e
étage de l’immeuble sis [...], à [...].

 

             
Par lettre recommandée du 11 novembre 2013 notifiée le 19 novembre 2013 à la locataire,
le bailleur a constaté qu’un certain retard s’était accumulé dans le paiement
du loyer du mois d’octobre 2013, et lui a imparti un délai de trente jours pour s’acquitter
du montant dû à ce titre, additionné des frais de mise en demeure.

 

Par
formules de notification de résiliation de bail du 23 décembre 2013, le bailleur a résilié
le bail de l’appartement pour le 31 janvier 2014, en application de l’art. 257d CO (Code
des obligations du 30 mars 1911 ; RS 210). 

 

 

2.             
              Le
27 février 2014, le bailleur a adressé une requête en cas clair à la Juge de paix
du district de la Riviera - Pays-d’Enhaut (ci-après : la Juge de paix), concluant, avec
suite de frais et dépens, à l’expulsion de la locataire ainsi que de tout tiers occupant
de l’appartement en question (I) et requérant les mesures d’exécution nécessaires
conformément à l’art. 236 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008
; RS 272) et de ce fait l’exécution directe selon l’art. 337 CPC (II).

 

Le
10 mars 2014, le Président de la Commission de conciliation en matière de baux à loyer
du district de la Riviera - Pays-d’Enhaut a informé la Juge de paix qu’il avait été
saisi d’une requête en annulation de congé de la locataire, précisant qu’il
n’entendait pas examiner dite requête avant de connaître l’issue de la procédure
d’expulsion.

 

Une
audience s’est tenue le 3 juin 2014 devant la Juge de paix, à laquelle le bailleur était
représenté par son conseil, la locataire s’étant présentée personnellement,
non assistée. 

 

 

 

             
En droit
:

 

 

1.             
a) Le litige porte sur le bien-fondé d’une
ordonnance prononçant une expulsion pour défaut de paiement du loyer. Pour déterminer
quelle voie de droit, de l’appel ou du recours, est ouverte, il faut se fonder sur la valeur litigieuse,
calculée selon le droit fédéral. Toutefois, lorsque le principe de l’expulsion n’est
pas remis en cause, la valeur litigieuse équivaut aux loyers à verser durant la prolongation
demandée (CREC 6 avril 2011/24 ; CREC 30 décembre 2011/270).

 

             
En l’espèce, la recourante sollicite une prolongation du 7 juillet 2014 au 18 août 2014,
correspondant à environ une fois et demi son loyer, de sorte que seule la voie du recours est ouverte
(art. 308 al. 2 CPC a contrario).

 

b)
Le recours, écrit et motivé, est introduit auprès de l'instance de recours, soit en l'occurrence
la Chambre des recours civile (art. 73 LOJV [loi d’organisation judiciaires du 12 décembre
1979 ; RSV 173.01] qui statue dans une composition à trois juges (JT 2011 III 44; CREC 21 mars
2011/11; CREC 18 avril 2011/35), dans les dix jours à compter de la notification de la décision
motivée ou de la notification postérieure de la motivation (art. 239 CPC), lorsque, notamment,
la décision a été prise en procédure sommaire (art. 321 al. 2 CPC). Tel est le cas
en l’espèce, le premier juge ayant estimé qu’il s’agissait d’un cas
clair, auquel la procédure sommaire est applicable (art. 248 let. b CPC). 

 

Interjeté
en temps utile par une partie qui y a un intérêt digne de protection (art. 59 al. 2 let. a
CPC), dans les dix jours à compter de la notification de la décision du 5 juin 2014, l’acte
de recours du 18 juin 2014 est recevable à la forme. 

 

2.             
a) Le recours est recevable pour violation du
droit (art. 320 let. a CPC) et constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 let. b CPC). L'autorité
de recours dispose d'un plein pouvoir d'examen s'agissant de la violation du droit (Spühler, in
Basler Kommentar, 2e
éd. 2013, n. 26 ad art. 319 CPC, p. 1811). Elle revoit librement les questions de droit soulevées
par le recourant et peut substituer ses propres motifs à ceux de l'autorité précédente
ou du recourant (Hohl, Procédure civile, tome II, 2e
éd., 2010, n. 2508, p. 452). Comme pour l'art. 97 al. 1 LTF (loi sur le Tribunal fédéral
du 17 juin 2005 ; RS 173.110), le grief de la constatation manifestement inexacte des faits
ne permet que de corriger une erreur évidente, la notion se recoupant en définitive avec l'appréciation
arbitraire des preuves (Corboz et al., Commentaire de la LTF, 2009, n. 19 ad art. 97 LTF).

 

             
              b)
Selon l’art. 326 al. 1 CPC, les conclusions, les allégations de faits et les preuves nouvelles
sont irrecevables.

 

             
              En l’espèce,
la recourante a produit diverses pièces qui ne figurent pas au dossier de première instance,
de sorte qu’elles sont irrecevables. 

 

 

3.             
La recourante ne conteste pas la résiliation
de son bail, ni le principe de son expulsion. Elle sollicite uniquement un délai supplémentaire
pour libérer les locaux, compte tenu de sa situation personnelle. 

 

             
              a)
La jurisprudence a précisé que, lorsque le locataire n’avait pas réglé l’arriéré
réclamé dans le délai comminatoire prévu par l’art. 257d CO, il était
en demeure et devait subir les conséquences juridiques de l’alinéa 2 de cette disposition,
à savoir la résiliation du bail moyennant un délai de congé de trente jours (ATF
127 III 548 c. 4). A cet égard, des motifs humanitaires n’entrent pas en ligne de compte dans
l’examen des conditions de l’art. 257d CO, dès lors qu’ils ne sont pas pris en
considération par les règles de droit fédéral sur le bail à loyer (TF arrêt
du 27 février 1997 in Cahiers du bail [CdB] 3/97, pp. 65 ss, c. 2b, p. 68 ; TF 4C.74/2006 du
12 mai 2006 c. 3.2.1 ; Lachat, Le bail à loyer, Lausanne 2008, note infrapaginale 63 p. 672).
Ils peuvent cependant être pris en compte au stade de l’exécution forcée, en application
du principe général de la proportionnalité. Toutefois, dans tous les cas, l’ajournement
de l’exécution forcée ne saurait être que relativement bref et ne doit pas équivaloir
en fait à une nouvelle prolongation de bail (ATF 117 la 336 c. 2b). Sous l’ancien et le nouveau
droit, un délai d’un mois pour l’exécution forcée a été jugé
admissible (CREC 17 septembre 2013/314 c.3b; CREC 8 mai 2013/149 c. 3d; CREC 15 janvier 2013/10 c. 3d ;
Guignard, in Procédures spéciales vaudoises, 2008, n. 3 ad art. 21 aLPEBL [loi du 18 mai 1955
sur la procédure d’expulsion en matière de baux à loyer et à ferme, abrogée
au 1er janvier 2011], p. 203).

 

             
b)
En l’espèce, l’autorité de première instance a tenu compte du temps nécessaire
pour le déménagement en fixant un délai au 7 juillet 2014 pour libérer les locaux.
Les modalités de l’expulsion ne sont ainsi pas contraires au droit. Par ailleurs, les arguments
invoqués par la recourante quant à sa situation personnelle n’entrent pas en ligne de
compte à ce stade. 

 

 

4.             
Au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté en application de l’art.
322 al. 1 CPC et l’ordonnance attaquée confirmée.

 

             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 100 fr. (art. 69 al. 1 et 70
al. 4 TFJC [tarif des frais judiciaires en matière civile du 28 septembre 2010; RSV 270.11.5]),
sont mis à la charge de la recourante S.________, qui succombe (art. 106 al. 1 CPC).

 

             
Il n’y a pas lieu à l’allocation de dépens de deuxième instance, dès
lors que l’intimé n’a pas été invité à se déterminer.

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours civile du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

prononce
:

 

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
L'ordonnance est confirmée.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 100 fr. (cent francs), sont
mis à la charge de la recourante S.________.

 

             
IV.             
L’arrêt motivé est exécutoire.

 

La
vice-présidente :              
La greffière :

 

 

Du
18 juillet 2014

 

             
Le dispositif de l'arrêt qui précède est communiqué par écrit aux intéressés.

 

             
La greffière:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

‑             
S.________,

‑             
M. Pascal Stouder, agent d’affaires breveté (pour le L.________).

 

             
La Chambre des recours civile considère que la valeur litigieuse est inférieure à 15'000
francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme la Juge de paix du district de la Riviera - Pays-d’Enhaut.

 

             
La greffière :