# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f13677f2-77d0-53ba-9b03-15e550022320
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-01-19
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 19.01.2015 A/1830/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-1830-2014_2015-01-19.pdf

## Full Text

Siégeant : Catherine TAPPONNIER, Présidente, Maria Esther SPEDALIERO et Jean-

Pierre WAVRE, Juges assesseurs. 

  

 

 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/1830/2014 ATAS/25/2015 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 19 janvier 2015 

9
ème

 Chambre 

 

En la cause 

Monsieur A______, domicilié au PETIT-LANCY 

Madame A______, domiciliée à MONNETIER-MORNEX / 

FRANCE 

 

 

demandeurs 

 

contre 

FONDATION DE PREVOYANCE EN FAVEUR DU 

PERSONNEL DES TPG, avenue de la Jonction 18, GENEVE 

COMPLAN, Stadtbachstrasse 36, BERNE 

 

défenderesses 

 

 

   

 A/1830/2014 

2/6 

EN FAIT 

1. Par jugement du 12 mai 2014, la 13ème chambre du Tribunal de première instance 

a prononcé le divorce de Madame A______, née le ______ 1959, et Monsieur 

A______, né le ______ 1964, mariés en date du 7 octobre 1994.  

2. Selon le chiffre 6 du jugement précité, le Tribunal de première instance a donné 

acte aux parties de ce qu'elles ont convenu de se partager par moitié leurs avoirs de 

la prévoyance professionnelle accumulés pendant le mariage et déféré la cause à la 

chambre des assurances sociales de la Cour de justice en vue de la détermination 

des montants à partager et du partage effectif entre les parties. 

3. Le jugement de divorce est devenu définitif le 28 mai 2014 et a été transmis d'office 

à la chambre de céans, le 24 juin 2014, pour exécution du partage. 

4. La chambre de céans a demandé aux parties le nom de leurs institutions de 

prévoyance, puis a interpellé les institutions défenderesses en les priant de lui 

communiquer les montants des avoirs LPP des parties acquis durant le mariage, soit 

entre le 7 octobre 1994 et le 28 mai 2014, augmentés des intérêts jusqu'au moment 

du divorce. 

5. L’instruction menée par la Cour de céans a permis d’établir les faits suivants : 

5.1. S'agissant du demandeur : 

Il a indiqué être resté sans activité lucrative de 1992 à fin 2000 pour s'occuper des 

enfants et que son ex-femme travaillait pendant cette période pour B______ et ce, 

depuis 1986. Avec son épouse, ils avaient convenu d'inverser les rôles lorsque leur 

second enfant commencerait l'école. Le 1
er

 janvier 2001, il avait été engagé par les 

C______ et son ex-femme avait arrêté de travailler jusqu'en 2008, année où elle 

avait repris son travail pour B______.  

Le demandeur a ainsi a cotisé à la Fondation de prévoyance en faveur du personnel 

de C______, qui a indiqué à la chambre de céans que le montant de ses avoirs LPP 

accumulé pendant la période du mariage s'élevait à CHF 142'233,35. 

Sur demande de la chambre de céans, elle a précisé, qu'en tenant compte du 

transfert de la prestation de libre passage de CHF 11'942.- acquise par le 

demandeur avant le mariage qui lui avait été transférée le 12 mars 2001 par la 

Fondation de libre passage de la banque cantonale de Genève, le montant accumulé 

par le demandeur pendant la période du mariage s'élevait à CHF 125'726,60. 

5.2 S'agissant de la demanderesse : 

Elle a indiqué avoir cotisé auprès de la caisse de prévoyance Complan du 7 octobre 

1994 au 31 janvier 2001. Du 1
er

 février 2001 au 30 septembre 2008, elle n'avait pas 

travaillé. Un compte de libre passage avait été ouvert à la BCGe. Dès le 1
er

 octobre 

2008, elle avait repris un travail et cotisé dès cette date jusqu'au 31 juillet 2013, à la 

caisse de prévoyance Winterthur. Dès le 1
er

 août 2013, elle avait été engagée en 

 

 

   

 A/1830/2014 

3/6 

fixe par B______. Les prestations de libre passage qui se trouvaient à la BCGe et à 

la caisse de prévoyance Winterthur avaient été transférées à Complan. 

Selon le décompte établi par Complan le 14 août 2014 : 

- la prestation de libre passage de la demanderesse s'élevait au moment du 

divorce à CHF 204'551,80;  

- la prestation de sortie au moment du mariage s'élevait à CHF 61'993,80 et à 

CHF 109'490,60 avec les intérêts accumulés jusqu'à la date du divorce;  

- et la prestation de libre passage acquise durant le mariage s'élevait à 

CHF 95'061,20.  

6. Les pièces récoltées par la chambre de céans ont été transmises aux parties en date 

du 5 décembre 2014 avec un délai au 19 décembre 2014 pour leurs observations. 

7. Le demandeur s'est étonné, par courrier du 19 décembre 2014, du montant des 

prestations de libre-passage à partager car pendant la période du mariage, soit de 

1994 à 2014, la demanderesse et lui-même avaient travaillé le même nombre 

d'années avec un salaire quasi équivalent. Il ne parlait même pas des années hors 

mariage pendant lesquelles il était resté à la maison pour s'occuper des enfants 

pendant que son ex-femme travaillait. Cette dernière avait travaillé environ deux 

ans chez D______ et depuis 1986 pour B______.  

8. La demanderesse a observé, par courrier du 5 janvier 2015, que son ex-mari 

semblait chercher à gagner du temps en contestant inutilement la base du partage 

des prestations de sorties. Elle avait fourni toutes les informations nécessaires au 

calcul du partage. Dès lors, elle demandait à ce qu'un intérêt de 5 % soit calculé, à 

compter de la date du jugement jusqu'au versement de ce qui lui était dû.  

9. Sur ce, la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1. L'art. 25a de la loi fédérale sur le libre passage dans la prévoyance professionnelle 

vieillesse, survivants et invalidité, du 17 décembre 1993 (loi sur le libre passage, 

LFLP - RS 831.42), entré en vigueur le 1
er

 janvier 2000, règle la procédure en cas 

de divorce. Lorsque les conjoints ne sont pas d’accord sur la prestation de sortie à 

partager (art. 122 et 123 Code Civil - CC), le juge du lieu du divorce compétent au 

sens de l'art. 73 al. 1 de la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle vieillesse, 

survivants et invalidité, du 25 juin 1982 (LPP - RS 831.40), soit à Genève la 

chambre des assurances sociales de la Cour de justice depuis le 1
er

 janvier 2011, 

doit, après que l'affaire lui a été transmise (art. 281 al. 3 du Code de procédure 

civile du 19 décembre 2008 – CPC - RS 272), exécuter d'office le partage sur la 

base de la clé de répartition déterminée par le juge du divorce. 

2. Selon l'art. 22 al. 1 LFLP (nouvelle teneur en vigueur depuis le 1
er

 janvier 2011), en 

cas de divorce, les prestations de sortie acquises durant le mariage sont partagées 

 

 

   

 A/1830/2014 

4/6 

conformément aux art. 122 et 123 et des art. 280 et 281 CPC; les art. 3 à 5 LFLP 

s'appliquent par analogie au montant à transférer. Pour chaque conjoint, la 

prestation de sortie à partager correspond à la différence entre la prestation de 

sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment du 

divorce, et la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant 

éventuellement au moment de la conclusion du mariage (cf. art. 24 LFLP). Pour ce 

calcul, on ajoute à la prestation de sortie et à l'avoir de libre passage existant au 

moment de la conclusion du mariage les intérêts dus au moment du divorce 

(ATF 128 V 230; ATF 129 V 444). 

3. Par ailleurs, selon les art. 8a de l'ordonnance fédérale sur le libre passage dans la 

prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité, du 3 octobre 1994 

(ordonnance sur le libre passage, OLP - RS 831.425) et 12 de l'ordonnance fédérale 

sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité, du 18 avril 

1984 (OPP 2 - RS 831.441.1), le taux d'intérêt applicable à la prestation de sortie 

acquise avant le mariage est de 4% jusqu'au 31 décembre 2002, 3.25% en 2003, 

2.25% en 2004, 2.5% de 2005 à 2007, 2.75% en 2008, 2% de 2009 à 2011, 

1.5%  de 2012 à 2013 et 1.75% dès le 1
er

 janvier 2014.  

4. En l’espèce, le juge de première instance a ordonné le partage par moitié des 

prestations de sortie acquises durant le mariage par les demandeurs. Les dates 

pertinentes sont, d’une part, celle du mariage, le 7 octobre 1994, d’autre part le 

28 mai 2014, date à laquelle le jugement de divorce est devenu exécutoire. 

5. Selon les documents produits, la prestation acquise pendant le mariage par le 

demandeur est de CHF 125'726,60, tandis que celle acquise par la demanderesse est 

de CHF 95'061,20, les intérêts ayant déjà été calculés par les institutions de 

prévoyance défenderesses. Ainsi le demandeur doit à son ex-épouse le montant de 

CHF 62'863,30 (CHF 125'726,60 : 2) et celle-ci doit à celui-là le montant de 

CHF 47'530,60 (CHF  95'061,20 : 2), de sorte que c’est le demandeur qui doit à la 

demanderesse le montant de CHF 15'332,70. 

6. Il n'y a pas lieu d'instruire plus avant les faits suite aux dernières observations du 

demandeur, dès lors que les informations figurant au dossier sont suffisantes pour 

établir les faits pertinents et nécessaires pour le calcul du partage des prestations de 

prévoyance professionnelle acquises pendant le mariage. Le décompte effectué par 

COMPLAN établit clairement le montant de la prestation de libre passage acquise 

par la demanderesse durant le mariage, en tenant compte du montant de la 

prestation de sortie au moment du mariage. Les demandeurs ont des versions 

concordantes des faits s'agissant de la période pendant laquelle ils ont chacun 

travaillé durant le mariage. Il en ressort que le demandeur a travaillé un peu plus 

longtemps que la demanderesse, ce qui peut expliquer la différence des montants à 

partager. Ces montants dépendent également d'autres facteurs, comme de leur 

revenu respectif et des conditions de leur prévoyance professionnelle, étant rappelé 

que la loi sur la prévoyance professionnelle prescrit des prestations minimales et 

 

 

   

 A/1830/2014 

5/6 

que les entreprises optent souvent pour des solutions plus généreuses. Il n'est pas 

contesté que la demanderesse a travaillé avant le mariage, mais les avoirs de 

prévoyance ainsi constitués n'ont pas à être partagés avec le demandeur. 

7. Conformément à la jurisprudence, depuis le jour déterminant pour le partage 

jusqu'au moment du transfert de la prestation de sortie ou de la demeure, le conjoint 

divorcé bénéficiaire de cette prestation a droit à des intérêts compensatoires sur le 

montant de celle-ci. Ces intérêts sont calculés au taux minimum légal selon l'art. 12 

OPP 2 ou selon le taux réglementaire, si celui-ci est supérieur (ATF 129 V 255 

consid. 3). 

8. Aucun émolument ne sera perçu, la procédure étant gratuite (art. 73 al. 2 LPP et 

89H al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985). 

 

 

*** 

  

 

 

   

 A/1830/2014 

6/6 

 

PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

1. Invite la Fondation de prévoyance en faveur du personnel des TPG à transférer, du 

compte de Monsieur A______, la somme de CHF 15'332,70 à Complan, en faveur 

de Madame A______ ainsi que des intérêts compensatoires, au sens des 

considérants, dès le 28 mai 2014 jusqu'au moment du transfert. 

2. L’y condamne en tant que de besoin. 

3. Dit que la procédure est gratuite. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 

dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 

(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 

public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 

17 juin 2005 (LTF - RS 173.110); le mémoire de recours doit indiquer les 

conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de 

son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par 

voie électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 

possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints 

à l'envoi. 

 

La greffière 

 

 

 

 

Brigitte BABEL 

 La présidente 

 

 

 

 

Catherine TAPPONNIER 

 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 

des assurances sociales par le greffe le