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**Case Identifier:** 30c3582c-f8f0-5788-996d-b60eb3248359
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-11-20
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 20.11.2014 C/30403/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-30403-2010_2014-11-20.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 24 novembre 2014. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/30403/2010-1 CAPH/179/2014 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des prud'hommes 

DU 20 NOVEMBRE 2014 

 

Entre 

A______, domicilié ______, appelant d'un jugement rendu par le Tribunal des 
prud'hommes le 18 mars 2014 (TRPH/50/2014), comparant par Me Virginie JORDAN, 
avocate, Etude Jordan & Kulik, rue de Candolle 14, 1205 Genève, en l'Étude de laquelle 
il fait élection de domicile, 

 d'une part, 

et 

B______, sise ______, intimée, comparant par Me Yves BONARD, avocat, rue 
Monnier 1, case postale 205, 1211 Genève 12, en l'Étude duquel elle fait élection de 
domicile, 

 d'autre part. 

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C/30403/2010-1 

EN FAIT 

A. Par décision du 18 mars 2014, notifiée aux parties le jour suivant, le Tribunal des 
prud'hommes (ci-après : le Tribunal) a déclaré recevable la demande formée le  
23 décembre 2010 par A______ contre B______ (ci-après : B______) (ch. 1 du 
dispositif), et débouté le précité de toutes ses conclusions (ch. 2). 

B. a. Par acte expédié au greffe de la Chambre des prud'hommes de la Cour de 
justice (ci-après : la Cour) le 2 mai 2014, A______ appelle de cette décision et 
sollicite son annulation. Il conclut, avec suite de frais, à la condamnation de 
B______ à lui verser, avec intérêts à 5% dès le  
21 décembre 2010, 17'663 fr. 40 correspondant aux avoirs LPP sur lesquels est 
intervenue la réticence s'agissant de la rente invalidité vieillesse (recte : la rente 
invalidité), 128'294 fr. correspondant aux avoirs LPP sur lesquels est intervenue la 
réticence s'agissant de la rente invalidité vieillesse (recte : la rente vieillesse), 
15'000 fr. correspondant à ses frais d'avocat avant procès et 5'000 fr. 
correspondant à son tort moral.  

A______ conclut subsidiairement à la réouverture des enquêtes en vue notamment 
de l'audition des Drs C______ et D______, ainsi que d'une expertise visant à 
déterminer sa situation s'il avait répondu correctement au formulaire de santé 
litigieux dans la mesure du considérant 6.2 de l'arrêt de la Cour du 2 février 2012. 
Plus subsidiairement, A______ requiert le renvoi de la cause au Tribunal pour 
instruction complémentaire et nouvelle décision dans le sens des considérants.  

b. B______ conclut au rejet de l'appel et à la confirmation de la décision 
querellée, avec suite de frais. 

c. Dans leurs réplique et duplique, les parties persistent dans leurs conclusions. 

d. Par avis du 20 août 2014, les parties ont été informées de ce que la cause était 
gardée à juger. 

C. a. B______ est une société ayant pour but l'exploitation de tout établissement 
d'arts graphiques, notamment imprimerie, édition, publicité, distribution de tous 
imprimés et documents ainsi que de tous moyens de communication. 

b. A______ est né le ______ 1947.  

Il souffre de la maladie de Parkinson, diagnostiquée en septembre 2004. 

c. Le 7 mars 2007, B______ a engagé A______ en qualité de délégué commercial 
pour une durée indéterminée, dès le 12 mars 2007, et un salaire brut de 6'700 fr. 
par mois, payable treize fois par année. 

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Les parties ont convenu que la prévoyance professionnelle de l'employé serait 
assurée par contrat auprès de la société E______ "selon obligations légales". 

d. Lors de son entrée en fonction, A______ a été accueilli par F______, directrice 
générale de B______. Cette dernière lui a notamment présenté un formulaire 
d'admission auprès de la G______, gérée par E______, qu'elle a complété avec lui 
sur ordinateur, sans lui indiquer qu'il lui était possible de remplir seul la deuxième 
page, ayant trait à la situation du travailleur. 

Aux questions concernant l'existence de problèmes de santé ou d'un traitement 
actuels, respectivement durant les cinq dernières années, ainsi que l'éventuelle 
prise régulière de médicaments, A______ a répondu par la négative. 

Une fois le formulaire imprimé, A______ l'a relu et signé, puis, le 14 mars 2007, 
B______ l'a transmis à E______. 

e. A______ est incapable de travailler à temps complet depuis le 25 avril 2008 
pour raison de maladie. 

Le 5 juin 2008, il a exposé à son employeur que son arrêt de travail résultait 
d'atteintes répétées à sa personnalité. Depuis avril 2008, il aurait été écarté de la 
marche de l'entreprise, plusieurs clients lui ayant été retirés et ses tâches ayant 
diminué. Il était en conséquence atteint dans sa santé psychique et se trouvait 
incapable de travailler depuis le 23 avril 2008.  

A______ a demandé à son employeur quelles mesures il envisageait pour 
remédier à cette atteinte et il a sollicité la remise des données personnelles le 
concernant. 

Le 19 juin 2008, B______ a contesté avoir manqué à ses obligations et causé à 
l'employé une atteinte à sa personnalité. Elle ne détenait au surplus aucune donnée 
le concernant n'étant pas déjà en sa possession. 

Le 16 juillet 2008, A______ a réitéré sa demande visant la prise de mesures 
nécessaires à la protection de sa personnalité ainsi que la communication de ses 
données personnelles. Il a au surplus précisé ses griefs à l'égard de son employeur, 
lequel a persisté dans sa position. 

Le 18 décembre 2008, B______ a résilié le contrat la liant à A______ pour le 28 
février 2009. Elle a également informé son employé que sa police d'assurance 
maladie collective avec H______ était dénoncée pour le 31 décembre 2008. 

f. Le 5 mai 2008, A______ a signé une déclaration de H______, mentionnant au 
titre de médecins traitants les Drs C______ et D______, et déliant ces derniers de 
leur secret médical.  

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Le 22 septembre 2008, le Dr C______ a rempli un questionnaire de E______ au 
sujet de son patient, et a répondu par l'affirmative aux questions de savoir s'il avait 
des problèmes de santé, s'il était en traitement et s'il prenait des médicaments au 
12 mars 2007, en précisant que lui étaient prescrits le Requip et le Madopar et 
qu'il était suivi par le Dr D______. 

g. Le 17 octobre 2008, E______ a indiqué à A______ qu'il aurait dû déclarer dans 
sa demande d'admission du 12 mars 2007 avoir des problèmes de santé, 
notamment suivre un traitement médical et prendre régulièrement des 
médicaments. L'assurance faisait valoir, pour le compte de la G______ et sur la 
base des informations fournies par le Dr C______, une réticence au sens de l'art. 4 
LCA. Elle limiterait en conséquence ses prestations d'assurance au minimum LPP, 
à partir du 1er mai 2008, dans la mesure où une incapacité de gain était reconnue.  

Le 30 octobre 2008, E______ a confirmé une telle réduction, précisant qu'elle 
concernerait également les prestations de vieillesse. Elle a transmis à son assuré 
un tableau récapitulant les prestations règlementaires et les prestations minimales 
LPP lui étant dues au 1er janvier 2009.  

Le 19 novembre 2008, A______ a contesté auprès de E______ la réticence 
invoquée. Il a au surplus requis la communication de l'ensemble de ses données 
personnelles. E______ lui a en conséquence notamment transmis le questionnaire 
rempli par le Dr C______ le 22 septembre 2008. Elle a au surplus maintenu sa 
position. 

h. Le 13 juillet 2009, E______ a précisé au sujet de son formulaire de demande 
d'admission que, si la première page concernant des informations administratives 
devait être signée par l'employeur, la deuxième concernant les informations 
médicales devait être remplie et signée exclusivement par l'employé. L'employeur 
n'avait pas le droit de consulter le dossier de l'assuré et il devait garantir le 
traitement des données sensibles par sa commission de gestion, qu'il avait 
l'obligation de constituer et qui était liée par l'obligation de garder le secret. 

Le 21 août 2009, sur interpellation de A______, le Préposé fédéral à la protection 
des données et à la transparence lui a indiqué que l'employeur n'était pas partie à 
la collecte et à la transmission de données médicales lors de la procédure 
d'admission de ses employés à une caisse de prévoyance professionnelle 
(assurance privée non obligatoire) ou lors du déroulement d'un cas concret 
d'assurance, sous réserve de l'accord libre et éclairé de la personne concernée. La 
portée du droit de l'employeur de traiter des données était limitée par l'article 328b 
CO. 

i. Par décision du 7 octobre 2009, l'Office cantonal de l'assurance invalidité a 
octroyé à A______ une rente d'invalidité à 100% dès le 1er avril 2009, d'un 
montant mensuel de 2'280 fr. 

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Parallèlement, H______ a versé à A______ des indemnités journalières jusqu'au 
24 avril 2010. 

j. Le 17 février 2010, A______ a informé B______ que le formulaire d'adhésion à 
l'assurance vie collective de E______ avait été rempli en violation de l'art. 328b 
CO. Selon l'employé, lors de son arrivée dans l'entreprise, F______ lui avait 
demandé s'il était malade sans lui présenter ledit formulaire, ce à quoi il avait 
répondu par la négative par crainte de subir une discrimination ou un licenciement 
s'il révélait sa maladie, à l'époque latente et non invalidante. Il avait ensuite été 
requis d'apposer rapidement sa signature sur le formulaire sans qu'il n'ait eu le 
temps d'en comprendre la teneur. 

Au vu du vice affectant le formulaire rempli par B______, A______ attendait de 
cette dernière qu'elle assumât la part de rente excédant le montant minimum légal 
que E______ refusait de lui verser en invoquant une réticence.  

k. Le 16 mars 2010, sur demande de A______, E______ a transféré les avoirs 
surobligatoires de ce dernier, d'un montant de 121'525 fr. 30, sur un compte de 
libre passage. 

A partir du 25 avril 2010, E______ a versé à A______ une rente invalidité d'un 
montant annuel de 18'664 fr., par tranches trimestrielles de 4'666 fr. 

Le 1er juillet 2010, E______ a transmis à son assuré un relevé de prestations au 1er 
janvier 2010, comportant le calcul distinct de sa rente invalidité et de sa rente 
vieillesse sur la base des cotisations obligatoires et surobligatoires. Selon ce 
relevé, la rente invalidité et la rente vieillesse de A______ issues de la part 
surobligatoire de ses cotisations s'élevaient respectivement à 7'309 fr. et 7'492 fr. 
par année. 

A partir du 1er septembre 2012, E______ a versé à son assuré une rente vieillesse 
de 19'375 fr. par année, versée trimestriellement à hauteur de 4'843 fr. 80. 

l. Le 21 décembre 2010, le Conseil de A______ a émis une note d'honoraires de 
15'000 fr. pour l'activité menée en faveur de ce dernier du 6 octobre 2008 au 21 
octobre 2010, comprenant l'étude du dossier et la rédaction de la demande. 

L'assurance de protection juridique de A______ a versé à son Conseil les 
montants de 7'532 fr. et de 8'000 fr. respectivement les 29 juillet 2009 et 21 
octobre 2010. 

D. a. Le 23 décembre 2010, A______ a saisi le Tribunal d'une demande contre 
B______ en paiement de 17'663 fr. 40 correspondant aux avoirs LPP sur lesquels 
était intervenue la réticence s'agissant de la rente invalidité, de 128'294 fr. 
correspondant aux avoirs LPP sur lesquels était intervenue la réticence s'agissant 

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de la rente vieillesse, de 15'000 fr. correspondant à ses frais d'avocat avant procès 
et de 5'000 fr. correspondant à son tort moral. 

B______ a conclu au rejet de la demande, avec suite de frais.  

b. Durant les débats, le Tribunal a entendu les parties ainsi qu'auditionné plusieurs 
témoins, soit F______, l'épouse de A______, une secrétaire et un autre employé 
de B______, ainsi que l'employé de E______ ayant rédigé les courriers par 
lesquels l'assurance avait invoqué une réticence. 

Selon cet employé, les demandes d'admission n'étaient pas traitées par son service. 
D'un point de vue général, un assuré déclarant spontanément soit un traitement 
médical, soit une prise de médicaments, pouvait être traité différemment d'un 
assuré qui répondait de manière erronée au questionnaire d'admission. Lui-même 
n'étant qu'un exécutant, il ne connaissait pas l'entier des dossiers et recevait ses 
instructions de I______, sa supérieure, laquelle pourrait mieux renseigner le 
Tribunal. Le témoin a également déclaré que lors d'une déclaration spontanée 
d'une maladie, les assurances émettaient des réserves pour cinq ans au maximum, 
et que les documents médicaux étaient examinés par le service médical. 

A______ a au surplus sollicité l'audition de I______ et de J______, client de 
B______. Il a enfin déposé des pièces complémentaires et requis une "expertise".  

c. Par jugement du 14 juin 2011 (TRPH/382/2011), après avoir écarté les pièces et 
renoncé à l'audition des témoins précités, le Tribunal a débouté A______ de toutes 
ses conclusions, au motif qu'il n'avait pas démontré avoir subi un dommage. Il 
n'avait en effet pas rendu vraisemblable qu'une information exacte de E______ au 
sujet de sa maladie lui aurait permis de bénéficier de la part surobligatoire des 
prestations de l'assurance, sans aucune réserve de cette dernière. En outre, 
B______ n'avait certes pas agi conformément à la loi en remplissant avec lui la 
demande d'admission à l'assurance collective, mais il avait eu le temps de relire 
ses réponses ainsi que les conditions générales de l'assurance. Il avait ainsi 
consenti à ce procédé, ce qui justifiait l'atteinte à ses droits. Il n'avait enfin pas 
démontré qu'il aurait répondu différemment aux questions en cause s'il avait été 
conscient de la réticence qui serait invoquée par E______, de sorte que le lien de 
causalité entre le prétendu dommage et l'acte illicite n'était pas établi. 

Le Tribunal a rejeté les conclusions de A______ visant une indemnité pour tort 
moral, une atteinte illicite à sa personnalité faisant défaut, dans la mesure où il 
avait volontairement répondu de manière inexacte aux questions posées et 
consenti à le faire en présence de son employeur. 

Les premiers juges ont enfin débouté les parties de leurs conclusions visant le 
paiement de dépens, plus particulièrement rejeté la prétention de A______ en 

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remboursement de ses frais d'avocat à hauteur de 15'000 fr., motif pris de la 
gratuité de la procédure et de l'absence de position téméraire de l'une des parties. 

d. A______ a appelé de cette décision, demandé son annulation et persisté dans 
ses conclusions de première instance. Il a subsidiairement requis l'audition de 
I______, une comparution personnelle des parties et une expertise visant à 
déterminer le dommage subi, respectivement quelle serait sa situation, au regard 
des critères médicaux évoqués notamment par l'auteur des courriers de E______, 
s'il avait répondu correctement au questionnaire litigieux.  

e. Par arrêt du 2 février 2012 (CAPH/24/2012), la Cour a annulé le jugement du 
14 juin 2011 et renvoyé la cause au Tribunal pour les motifs suivants. 

Le fait pour une représentante de B______ de remplir avec A______ le formulaire 
en cause était effectivement constitutif d'une atteinte à sa personnalité, dès lors 
que les informations médicales concernées allaient au-delà de ce qui était 
nécessaire à l'employeur pour l'exécution du contrat de travail ainsi que pour 
déterminer l'aptitude du travailleur à remplir son emploi. Une telle atteinte ne 
pouvait en revanche pas être justifiée par le consentement de A______, dans la 
mesure où l'art. 328b CO était relativement impératif et qu'un éventuel accord y 
dérogeant était nul. 

Il existait en outre un lien de causalité entre l'acte illicite et le dommage allégué. 
La bonne foi étant présumée, il fallait en effet admettre que l'employé aurait 
répondu correctement aux questions posées s'il avait eu la garantie que les 
informations en cause ne seraient pas transmises à son employeur. Il ne pouvait en 
outre pas être reproché à A______ de ne pas avoir rectifié spontanément les 
données transmises à l'assurance, ce dernier n'ayant pas été informé de la 
possibilité d'y procéder, respectivement de ce que cette rectification ne serait pas 
communiquée à son employeur. Il était enfin conforme au cours ordinaire des 
choses et à l'expérience générale de la vie qu'un employé craignant de se faire 
licencier durant le temps d'essai dissimule à son employeur les troubles de santé 
dont il pouvait être atteint, et qu'il se voie par la suite opposer une réticence par 
l'assureur auquel l'employeur avait transmis des données de santé inexactes. 

La Cour a aussi retenu que, si A______ avait donné à E______ des informations 
correctes sur son état de santé, l'assurance aurait émis une réserve pour une 
période de cinq ans. Durant celle-ci, l'employé s'était trouvé en incapacité de 
travail. On ignorait toutefois si les causes de cette incapacité de travail étaient les 
mêmes que celles pour lesquelles l'assurance aurait émis une réserve dans le cas 
où elle eût été informée des troubles de santé de l'appelant et, dans cette 
hypothèse, quelles seraient aujourd'hui les prestations perçues par A______. Il 
résultait simplement des enquêtes que, de manière générale, un assuré déclarant 
spontanément un traitement médical ou la prise de médicaments pouvait être traité 

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différemment d'un assuré qui répondait de manière erronée au questionnaire 
d'admission.  

Le dommage subi par A______ n'était ainsi pas établi et cette question devait être 
instruite au vu de l'obligation du juge d'établir les faits d'office prévue par l'art. 29 
de l'ancienne loi sur la Juridiction des prud'hommes (aLJP).  

La Cour a renvoyé le dossier au Tribunal pour assurer le respect du double degré 
de juridiction, en l'invitant à procéder à l'audition de I______ pour déterminer la 
situation de l'employé s'il avait répondu correctement au formulaire litigieux. Si le 
résultat de cette audition n'était pas satisfaisant, il pourrait y avoir lieu d'ordonner 
l'expertise sollicitée par A______.  

Le Tribunal devrait enfin réexaminer le bien-fondé des prétentions de l'appelant 
en réparation du tort moral et en remboursement de ses frais d'avocat avant 
procès, eu égard notamment à l'existence d'une atteinte illicite à la personnalité et 
d'un lien de causalité entre cette atteinte et le dommage allégué. 

f. B______ a contesté la décision de la Cour par-devant le Tribunal fédéral, 
lequel, par arrêt du 20 mars 2012 (4A_129/2012), a déclaré son recours en matière 
civile irrecevable, au motif que la décision attaquée était incidente au sens de l'art. 
93 al. 1 let. b LTF et que la possibilité, par une décision immédiate, d'éviter une 
procédure probatoire longue et coûteuse n'était pas établie.  

g. A la suite du renvoi du dossier par la Cour, le Tribunal a entendu deux témoins 
supplémentaires. 

g.a I______, ancienne responsable du service des prestations de E______, a 
expliqué que si la mention d'un traitement figurait dans le formulaire d'admission, 
le dossier partait au service médical, qui lui communiquait après examen s'il y 
avait une réserve, sa nature et sa durée. L'avis du service médical était suivi. 
L'assurance n'était pas modifiée, mais les prestations pouvaient être réduites en 
cas de survenance du cas mis en réserve.  

g.b K______, responsable de l'unité romande de E______, ignorait de quelle 
manière étaient traitées les demandes d'admission à l'assurance et les cas de 
réserve. Cela était du ressort du gestionnaire, respectivement du service médical, 
ce dernier décidant si la personne était assurée ou non. 

h. Les parties ont été invitées à se déterminer sur l'opportunité et le contenu d'une 
expertise. A______ a persisté à en demander l'exécution, tandis que B______ a 
considéré qu'une expertise était prématurée et a conclu à l'audition préalable de 
personnes ayant travaillé au service médical de E______, soit notamment les Drs 
L______ et M______. Une telle audition permettrait de déterminer quelle aurait 

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été la décision de E______ si A______ avait rempli sa demande d'admission 
conformément à la vérité.  

Le Tribunal a décidé d'entendre les deux témoins précités et d'examiner 
ultérieurement l'opportunité d'une expertise. 

h.a M______, retraité et médecin conseil auprès de E______ jusqu'en 2008, 
traitait les dossiers médicaux des assurés.  

Dans les cas où l'assuré ne signalait pas de maladie ou la prise de médicaments, il 
n'y avait pas d'investigation supplémentaire. Dans la situation inverse, son service 
écrivait au médecin traitant ou à l'assuré pour obtenir des informations 
complémentaires.  

Dans l'hypothèse où l'assuré aurait indiqué qu'il prenait les médicaments Requip et 
Madopar, son service aurait écrit au médecin traitant pour obtenir plus de 
renseignements et demandé un diagnostic neurologique précis, en particulier s'il y 
avait une incapacité de travail ou d'autres troubles. 

Si la maladie était attestée par le médecin traitant, il y avait une réserve sur les 
prestations de l'assurance d'une durée de cinq ans pour l'assurance surobligatoire 
exclusivement, ce dont l'assuré et l'employeur étaient informés. Le témoin n'était 
pas habilité à savoir si les prestations étaient réduites ou non dans ces cas. 

Le questionnaire de E______ rempli par le Dr C______ le  
22 septembre 2008, la décision de cette dernière d'invoquer une réticence et de 
limiter en conséquence les prestations versées à l'assuré, ainsi que la demande de 
prestations AI de A______ du 5 août 2008 ont été soumis à M______. Ce dernier 
a également pris connaissance d'un questionnaire de H______ rempli par le Dr 
D______ le 9 juin 2008. Selon l'avis du témoin, sur le vu de ces documents, 
indiquant que l'assuré était atteint de la maladie de Parkinson depuis 2003, une 
réserve de cinq ans aurait été émise. Dans ce cas, l'assuré ne touchait pas 
l'assurance surobligatoire.  

La capacité de travail n'avait pas d'incidence sur la réserve. Dans les cas de 
maladie latente, la réserve était possible ou non et il était rare qu'elle ne soit pas 
donnée. 

Les décisions concernant la réserve se prenaient conjointement entre le médecin 
conseil et le service médical de E______. Il ne s'occupait pas des problèmes 
d'argent et n'était pas informé des décisions financières concernant les assurés. 
L'assurance prenait la décision finale, uniquement sur la base de critères 
médicaux, mais elle suivait l'avis de son service dans 99% des cas. 

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Dans le cas de A______, au vu des pièces qui lui avaient été soumises, il aurait 
émis une réserve sans aucun doute. 

h.b Le Dr L______ n'a pas donné suite à sa convocation. 

E. Dans la décision entreprise, le Tribunal a retenu, sur la base des explications 
données par I______ et M______, que, dans l'hypothèse où A______ aurait 
rempli le formulaire d'admission conformément à la vérité, E______ aurait émis 
une réserve, sur recommandation de son service médical, et elle aurait versé à son 
assuré les mêmes prestations que celles effectivement reçues. Le dommage de 
A______ n'était donc pas établi. 

Le Tribunal a ensuite rejeté la prétention de ce dernier en indemnisation du tort 
moral, faute de lien de causalité entre l'atteinte de l'assuré et le comportement 
illicite de l'assurance, dans la mesure où l'atteinte à sa santé "sur le plan moral" 
attestée par le Dr C______ le 26 mars 2013 résultait de la réticence invoquée par 
E______, laquelle aurait, quoi qu'il en soit, émis une réserve à l'encontre de 
l'assuré avec des effets identiques. L'atteinte à la santé en cause ne revêtait au 
surplus pas une gravité suffisante pour justifier l'octroi d'une indemnité pour tort 
moral.  

La décision est muette sur la requête d'expertise formée par A______, ainsi que 
sur les conclusions de celui-ci en paiement de ses frais d'avocat. 

EN DROIT 

1. 1.1 La présente procédure d'appel est régie par le Code de procédure civile du  
19 décembre 2008, la décision querellée ayant été communiqué aux parties après 
son entrée en vigueur le 1er janvier 2011 (art. 405 al. 1 CPC). 

1.2 Le présent appel est dirigé contre une décision finale de première instance 
rendue dans le cadre d'un litige portant sur une valeur de plus de 10'000 fr. (art. 
308 al. 1 let. a et al. 2 CPC). Il a été déposé dans le délai de 30 jours à compter de 
la notification de la décision motivée compte tenu de l'interruption dudit délai 
durant la période pascale (art. 311 al. 1 et 145 al. 1 let. a CPC) et il respecte au 
surplus la forme prescrite (art. 130, 131 et 311 CPC). 

L'appel est ainsi recevable. 

Il en va de même de la réponse de l'intimée (art. 312 al. 2 CPC) et des réplique et 
duplique des parties, expédiées à la Cour dans les délais impartis à cet effet (ATF 
138 I 154 consid. 2.3.3 et 133 I 98 consid. 2.2; arrêt du Tribunal fédéral 
4A_680/2012 du 7 mars 2013 consid. 2.2). 

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1.3 L'instance d'appel revoit la cause en fait et en droit avec un plein pouvoir 
d'examen (art. 310 CPC). 

L'instance d'appel peut (a) confirmer la décision attaquée, (b) statuer de nouveau 
ou (c) renvoyer la cause à la première instance si (1) un élément essentiel de la 
demande n'a pas été jugé et si (2) l'état de fait doit être complété sur des points 
essentiels (art. 318 al. 1 CPC). 

2. Les prétentions de l'appelant reposant sur le contrat de travail qui liait les parties 
et le lieu de son activité ainsi que le siège de l'intimée se trouvant à Genève, la 
compétence de la Cour de céans est donnée aussi bien à raison de la matière que 
du lieu (art. 1 let. a LTPH et art. 34 al. 1 CPC). 

3. L'appelant reproche aux premiers juges d'avoir violé la répartition du fardeau de la 
preuve (art. 8 CC), subsidiairement son droit à la preuve (art. 29 al. 1 et 2 Cst., art. 
8 CC et art. 29 aLJP), et d'avoir apprécié les preuves de manière arbitraire  
(art. 9 Cst.), en considérant que s'il avait rempli le formulaire d'admission à 
l'assurance conformément à la vérité, E______ aurait émis une réserve, en 
conséquence de quoi elle ne lui aurait de toute manière pas versé des prestations 
supérieures à celles qu'il recevait déjà, ce qui excluait un dommage. 

3.1 L'art. 318 al. 1 let. c CPC habilite l'autorité d'appel à renvoyer une cause en 
première instance pour nouvelle décision. Les juges du premier degré sont alors 
liés par les considérants de fait et de droit de la décision de renvoi (Message du 28 
juin 2006 relatif au code de procédure civile suisse (CPC), FF 2006 6841, p. 6983; 
arrêt du Tribunal fédéral 4A_646/2011 du 26 février 2013 consid. 3.2, non publié 
in ATF 139 III 190; JACQUEMOUD-ROSSARI, Les voies de recours, Le Code de 
procédure civile, 2011, p. 128; JEANDIN, Code de procédure civile commenté, 
2011, n° 22 ad art. 277 CPC). L'arrêt de renvoi est revêtu de l'autorité de la chose 
jugée (HOHL, Procédure civile, II, 2ème éd., 2010, n. 2442).  

En principe, la nouvelle décision du juge de première instance est elle aussi 
susceptible d'appel, pour violation du droit ou constatation inexacte des faits selon 
l'art. 310 CPC. L'autorité d'appel est alors elle-même liée par les considérants de 
sa propre décision antérieure, y compris par les instructions données à l'autorité de 
première instance, et son examen ne peut désormais plus porter que sur les points 
nouvellement tranchés par cette autorité-ci. Par conséquent, l'appel n'est pas 
recevable sur les questions de fait ou de droit qui ont été résolues dans la décision 
de renvoi à l'autorité de première instance, avec cette conséquence que cette voie 
juridique ne permet pas de contester les instructions reçues par cette dernière 
autorité (arrêt du Tribunal fédéral 4A_646/2011 précité).  

3.2 Dans son arrêt du 2 février 2012 (CAPH/24/2012), la Cour a retenu que 
l'intimée, en recueillant des informations médicales auprès de l'appelant et en les 
transmettant à E______, avait commis une atteinte illicite à la personnalité de 

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l'employé, en dépit de son consentement. Cette atteinte était en outre en lien de 
causalité avec le dommage allégué dans la mesure où il fallait admettre que, 
informé de son droit de transmettre de telles données à l'assurance sans en donner 
connaissance à son employeur, l'appelant aurait répondu correctement aux 
questions posées et l'assurance aurait émis une réserve de cinq ans. 

Les parties ne sont pas recevables à remettre en cause les éléments précités. 
L'appelant ne peut en particulier plus contester à ce stade de la procédure qu'une 
réserve aurait, quoi qu'il en soit, été émise par l'assurance. 

3.3 Le Tribunal a tenu pour établi, sur la base des témoignages de I______ et de 
M______, qu'en conséquence de ladite réserve, E______ aurait versé à l'appelant 
les mêmes prestations que celles qu'il recevait actuellement, soit une rente 
invalidité puis une rente vieillesse fondées sur les seules cotisations obligatoires. 

Cela ne ressort cependant pas des déclarations des deux témoins précités. I______ 
a seulement affirmé sur ce point que, dans le cas d'une réserve, l'assurance n'était 
pas modifiée, mais que les prestations pouvaient être réduites si le cas faisant 
l'objet de ladite réserve survenait. M______, lequel s'est exprimé en détail sur le 
processus décisionnel menant à la décision d'une réserve et à la forte probabilité 
d'une telle réserve dans le cas de l'appelant, a tout d'abord dit qu'il n'était pas 
habilité à savoir si les prestations étaient réduites ou non dans cette hypothèse. Il a 
ensuite péremptoirement affirmé que, si une réserve de cinq ans avait été émise, 
l'assuré n'aurait pas touché l'assurance surobligatoire. Il a enfin expliqué que son 
service ne s'occupait pas des problèmes d'argent et n'était pas informé des 
décisions financières concernant les assurés. 

Il ne résulte ainsi pas de ces deux témoignages quels auraient été l'objet et les 
effets de la réserve émise par l'assurance. Concrètement, on ignore si la réserve 
aurait couvert l'incapacité de travail de l'appelant, si elle aurait entraîné la 
suppression ou la réduction de la part surobligatoire de la rente invalidité, quelle 
aurait été, le cas échéant, la mesure d'une telle réduction et, enfin, si la réserve 
aurait eu un effet sur la rente vieillesse de l'appelant versée depuis le 1er septembre 
2012, laquelle ne repose pas sur l'incapacité de travail de l'employé. La simple 
affirmation de M______ selon laquelle, dans l'hypothèse d'une réserve, l'assuré 
n'aurait pas touché l'assurance surobligatoire, ne peut pas être retenue comme 
preuve, une telle explication étant trop générale, le témoin ayant expliqué ne pas 
être habilité à se prononcer sur cette question et, de manière plus générale, ne pas 
s'être occupé des problèmes d'argent durant son activité au sein de E______. 

Le Tribunal a dès lors mal apprécié les preuves en retenant que la réserve de 
l'assurance aurait eu exactement les mêmes effets sur les rentes versées à 
l'appelant que la réticence invoquée. 

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Selon l'arrêt de la Cour du 2 février 2012, les premiers juges avaient l'obligation 
d'instruire ces faits d'office, notamment par l'audition de I______, puis en 
ordonnant éventuellement une expertise. Sur ce sujet, ils n'ont cependant pas 
interrogé le témoin précité avec précision, ni examiné l'opportunité d'interroger 
d'autres personnes plus à même de les renseigner, voire d'ordonner ladite 
expertise, sur le principe et le contenu de laquelle les parties se sont pourtant déjà 
exprimées. 

La décision querellée sera dès lors annulée et la cause renvoyée au Tribunal pour 
être instruite de manière complète sur ce point, conformément à l'arrêt du 2 février 
2012. 

Les autres griefs de l'appelant, tirés de la violation de la répartition du fardeau de 
la preuve et de son droit d'être entendu, n'ont pas à être examinés au vu de l'issue 
du litige. 

4. L'appelant fait grief au Tribunal d'avoir rejeté sa prétention de 5'000 fr. en 
réparation du tort moral subi. 

4.1 Celui qui subit une atteinte illicite à sa personnalité a droit à une somme 
d'argent à titre de réparation morale, pour autant que la gravité de l'atteinte le 
justifie et que l'auteur ne lui ait pas donné satisfaction autrement (art. 49 al. 1 CO). 

Pour justifier l'allocation d'une indemnité pour tort moral fondée sur l'art. 49 al. 1 
CO, il ne suffit pas que le tribunal constate une violation de l'obligation faite à 
l'employeur de protéger la personnalité du travailleur découlant de l'art. 328 CO; 
encore faut-il que l'atteinte ait une certaine gravité objective et qu'elle ait été 
ressentie par la victime, subjectivement, comme une souffrance morale 
suffisamment forte pour qu'il apparaisse légitime qu'une personne, dans ces 
circonstances, s'adresse au juge pour obtenir réparation (arrêt du Tribunal fédéral 
4A_419/2011 du 23 novembre 2011 consid. 7.4.1; ATF 130 III 699 consid. 5.1). 

N'importe quelle atteinte légère à la réputation professionnelle, économique ou 
sociale d'une personne ne justifie pas une réparation (ATF 130 III 699 consid. 5.1 
et 125 III 70 consid. 3a) 

L'allocation et l'évaluation d'une indemnité à verser en application de l'art. 49 al. 1 
CO dépendent avant tout de la gravité des souffrances causées par l'atteinte à la 
personnalité, et de la possibilité de l'adoucir sensiblement par le versement d'une 
somme d'argent. Une indemnité est par exemple due au travailleur qui a été 
victime, dans l'entreprise de l'employeur, de harcèlement psychologique ou de 
mobbing, lorsque, d'un point de vue objectif, il a subi une humiliation 
particulièrement sévère. Le juge apprécie selon les règles du droit et de l'équité 
(art. 4 CC) si une indemnité se justifie au regard des circonstances particulières de 

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la cause (ATF 137 III 303 consid. 2.2.2 et 130 III 699 consid. 5.1; arrêt du 
Tribunal fédéral 4A_218/2012 du 24 juillet 2012 consid. 2.3). 

4.2 Comme vu ci-avant, il est désormais acquis que l'appelant a subi une atteinte à 
sa personnalité du fait de l'intimée, en ayant été privé de la possibilité de 
transmettre des données médicales à son assurance sans les porter à la 
connaissance à son employeur. Cette atteinte est à l'origine de la réticence 
invoquée par E______ et de la réduction subséquente des prestations lui étant 
dues (cf. supra consid. 3.2). 

Selon le certificat médical établi par le Dr D______ le 15 avril 2013, l'appelant a 
été affecté pendant quelques mois en 2008 par les difficultés à faire reconnaître 
son incapacité de travail. Son sommeil et son appétit ont été perturbés, ce qui a eu 
des répercussions sur son état général et sa maladie. Dans un certificat médical du 
16 septembre 2013, le Dr C______, se référant à un précédent certificat du 26 
mars 2013, a insisté sur l'intensité de la souffrance morale subie par l'appelant à la 
suite de la réticence invoquée par E______, son patient ayant présenté des 
symptômes et des signes cliniques, soit une perte pondérale et de l'insomnie, 
évoquant un état anxieux réactionnel. 

Il est ainsi établi que l'appelant a ressenti une certaine souffrance durant quelques 
mois en 2008, indépendante des effets de sa maladie, après avoir appris que 
E______ invoquait une réticence et que ses prestations seraient réduites. 

Il existe un lien de causalité naturelle et adéquate entre cette souffrance et les 
effets de la réticence. Comme établi par les certificats médicaux susmentionnés, 
les maux de l'appelant ont en effet été causés par la décision de l'assurance et ne 
résultent pas de sa seule maladie. Il est en outre conforme à l'expérience générale 
de la vie et au cours ordinaire des choses qu'un conflit avec son assurance, plus 
précisément un refus de cette dernière d'accorder les prestations dues en raison 
d'une faute de l'assuré, puisse provoquer chez celui-ci, déjà malade, un état 
d'anxiété avec les effets précités. 

Conformément à l'opinion de l'appelant, le lien de causalité ne peut pas être exclu 
au motif qu'il se serait de toute manière vu refuser les prestations en cause sur la 
base de la réserve que l'assurance aurait émise en ayant connaissance de ses 
problèmes de santé (causalité hypothétique, cf. sur cette notion arrêt 
CAPH/24/2012 du 2 février 2012 consid. 5.1.1). Non seulement une telle 
conséquence de la réserve n'est en l'état pas établie (cf. supra consid. 3.3), mais 
surtout, cette hypothèse n'est pas comparable au cas de la réticence. La souffrance 
de l'appelant a en effet été causée par le fait de soudain apprendre qu'il ne 
recevrait pas l'intégralité des prestations dues en raison d'une information erronée 
donnée à l'assurance. Une telle situation n'est pas assimilable au cas de la réserve, 

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où il aurait su dès le départ que ses prestations pourraient être limitées s'il se 
trouvait en incapacité de travail durant les cinq ans à venir. 

La gravité de l'atteinte causée à l'appelant n'est toutefois pas suffisante d'un point 
de vue objectif. Ce dernier a certes subi une atteinte à sa personnalité du fait de 
l'intimée, mais il a été touché dans sa santé psychique à la suite du refus de 
l'assurance de lui verser l'intégralité de sa rente invalidité. En d'autres termes, 
l'atteinte à sa personnalité n'a eu un effet dommageable que sur ses expectatives 
pécuniaires, ce à hauteur d'environ 7'000 fr. par année, correspondant à la part 
surobligatoire de sa rente invalidité et vieillesse. Elle ne l'a en particulier pas 
touché dans son honneur ou sa dignité, et il ne résulte pas du dossier qu'il ait dû 
modifier son mode de vie antérieur ou renoncé à un projet important à la suite de 
la réticence. L'atteinte concrète qu'il a subie n'est ainsi pas telle que, à l'instar des 
cas de mobbing, de harcèlement et de dénigrement donnés en exemple par la 
jurisprudence susmentionnée, elle justifierait une indemnisation pour tort moral 
venant s'ajouter au remboursement de son dommage économique, aux conditions 
déjà examinées en l'espèce (cf. arrêt CAPH/24/2012 du 2 février 2012 consid. 
4.1). 

Le Tribunal a ainsi débouté l'appelant en conformité avec le droit et la décision 
entreprise sera confirmée sur ce point. 

5. L'appelant reproche encore au Tribunal d'avoir violé son droit d'être entendu et 
commis un déni de justice (art. 29 al. 1 Cst.) en ne statuant pas sur ses conclusions 
relatives au remboursement de ses frais d'avocat avant procès à hauteur de  
15'000 fr. 

5.1 L'autorité qui ne statue pas ou n'entre pas en matière sur un recours ou un grief 
qui lui est soumis dans les formes et délais légaux, alors qu'elle était compétente 
pour le faire, commet un déni de justice formel et viole par conséquent l'art. 29 al. 
1 Cst. (ATF 135 I 6 consid. 2.1 et 134 I 229 consid. 2.3; arrêt du Tribunal fédéral 
5A_194/2012 du 8 mai 2012 consid. 3.2.1). 

5.2 En l'espèce, les premiers juges ne se sont pas du tout prononcés sur les 
conclusions de l'appelant visant le remboursement de ses frais d'avocat avant 
procès. L'employé n'avait pourtant pas renoncé à ce chef de ses prétentions et la 
Cour avait expressément donné pour instruction au Tribunal de réexaminer ainsi 
que de trancher ce point du litige à l'aune de ses considérants. 

Les juges de première instance ont ainsi consacré un déni de justice formel 
prohibé par l'art. 29 al. 1 Cst. Dans la nouvelle décision à rendre, ils devront 
impérativement statuer à ce sujet. 

Ce faisant, ils auront aussi à tenir compte des dernières explications données et 
pièces produites par l'appelant, dont il ressort en particulier que sa demande est 

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fondée sur une note d'honoraires de 15'000 fr. de son Conseil du 21 décembre 
2010, concernant l'activité de ce dernier depuis le 6 octobre 2008, et que son 
assurance de protection juridique a déjà versé les sommes de 7'532 fr. et de  
8'000 fr. les 29 juillet 2009 et 21 octobre 2010 (cf. supra consid. C.l).  

6. 6.1 Les frais judiciaires sont perçus dans les litiges prud'homaux lorsque la valeur 
litigieuse excède 75'000 fr. en première instance et 50'000 fr. en appel (art. 113 al. 
2 let. d et 116 al. 1 CPC; art. 19 al. 3 let. c LaCC). 

Ils sont fixés et répartis d'office (art. 105 al. 1 CPC). En cas de renvoi de la cause, 
la juridiction supérieure peut cependant déléguer la répartition des frais de la 
procédure de recours à la juridiction précédente (art. 104 al. 4 CPC). 

Les frais judiciaires sont compensés avec les avances fournies par les parties (art. 
111 al. 1 CPC). 

En matière prud'homale, il n'est pas alloué de dépens (art. 22 al. 2 LaCC). 

Si l'instance d'appel statue à nouveau, elle se prononce sur les frais de la première 
instance (art. 318 al. 3 CPC).  

Les causes ouvertes avant l'entrée en vigueur du CPC sont régies par l'ancien droit 
de procédure cantonale (art. 404 al. 1 CPC), lequel prévoyait, en matière 
prud'homale et sauf exception, la gratuité de la procédure (art. 76 al. 1 aLJP). 

6.2 Au vu de la valeur litigieuse de 165'957 fr. 40 en l'espèce, les frais judiciaires 
d'appel seront arrêtés à 2'000 fr. (art. 71 RTFMC) et compensés avec l'avance 
opérée par l'appelant. 

Dans la mesure où la plus grande partie des prétentions de ce dernier doit être à 
nouveau examinée par le Tribunal, la répartition des frais judiciaires d'appel lui 
sera déléguée. 

Au surplus, il n'est pas alloué de dépens et la procédure de première instance est 
gratuite conformément aux règles applicables de l'ancien droit. 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre des prud'hommes, groupe 1 : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté le 9 avril 2014 par A______ contre la décision 
TRPH/50/2014 rendue le 18 mars 2014 par le Tribunal des prud'hommes dans le cause 
C/30403/2010-1. 

Au fond : 

Annule le chiffre 2 de la décision entreprise. 

Cela fait et statuant à nouveau :  

Déboute A______ de ses conclusions concernant le versement d'une indemnité pour tort 
moral. 

Renvoie la cause au Tribunal des prud'hommes pour instruction complémentaire et 
nouvelle décision sur les autres chefs de conclusions de A______ dans le sens des 
considérants. 

Sur les frais :  

Fixe les frais judiciaires d'appel à 2'000 fr. et les compense avec l'avance de frais opérée 
par A______. 

Délègue leur répartition au Tribunal des prud'hommes. 

Siégeant : 

Madame Sylvie DROIN, présidente; Monsieur Roberto SPINELLI, juge employeur, 
Monsieur Yves DUPRÉ, juge salarié; Madame Véronique BULUNDWE-LEVY, 
greffière. 

 

 

 

 

 

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Indication des voies de recours et valeur litigieuse : 

 
Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF ; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 
Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 
Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 

15'000.- fr.