# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 256c035a-68e5-5d89-8cb4-f9fea587ebc9
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-08-31
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 31.08.2017 A/1601/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-1601-2017_2017-08-31.pdf

## Full Text

Siégeant : Doris GALEAZZI, Présidente ; Maya CRAMER, Valérie MONTANI, 
Raphaël MARTIN et Catherine TAPPONNIER, Juges; Maria COSTAL et 
Christian PRALONG, Juges assesseurs 

  

 
 

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/1601/2017 ATAS/751/2017 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 31 août 2017 

 

 

En la cause 

Monsieur A______, domicilié à GENEVE 

 

recourant 

 

contre 

SERVICE DES PRESTATIONS COMPLÉMENTAIRES, sis route 
de Chêne 54, GENÈVE 

intimé 

 

 
 
 

 

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EN FAIT 

1. Monsieur A______ est au bénéfice de prestations complémentaires à sa rente de 
vieillesse à compter du 1er juillet 2016. 

2. Le 10 novembre 2016, l’assuré a fait parvenir au service des prestations 
complémentaires (SPC) une facture du 15 octobre 2016 de l’opticien A Propos 
d'optique à Saint-Julien en Genevois en France d’un montant total de Euros 987.-, 
en demandant le remboursement de la somme de Euros 856.- concernant la monture 
et les verres de sa paire de lunettes de base, sous déduction de la participation de 
son assurance-maladie complémentaire de CHF 100.- et de la TVA remboursée par 
le magasin de Euros 164.50.  

3. Par décision du 27 janvier 2017, le SPC a refusé de rembourser ces frais, au motif 
que les frais survenus à l'étranger n'étaient pas pris en considération, sauf en cas 
d'urgence lors d'un séjour hors de Suisse ou si les soins ne pouvaient pas être 
dispensés en Suisse.. 

4. Par courrier du 25 février 2017, l’assuré a formé opposition à cette décision. Il a fait 
valoir que le document intitulé « Informations sur le remboursement des frais de 
maladie et d’invalidité – SPC – janvier 2013 » que le SPC lui avait remis et qu’il 
avait soigneusement lu du début à la fin, avant d'acquérir ses lunettes en France, ne 
mentionnait nulle part que les frais pour des lunettes à l’étranger n'étaient pas 
remboursés, alors que, pour les séjours en station thermale, il était expressément 
indiqué dans ce document que les frais survenus à l’étranger ne sont pas pris en 
considération, sauf en cas d’urgence. L’assuré en avait conclu qu’une telle 
restriction n’existait pas pour des frais de lunettes, en l’absence de mention d’une 
telle réserve. 

5. Par décision du 16 mars 2017, le SPC a rejeté l’opposition, en se fondant sur la loi 
qui prescrit que seuls sont remboursés les frais de maladie et d’invalidité, ainsi que 
les dépenses pour moyens auxiliaires survenus en Suisse, sauf en cas d’urgence et si 
les mesures médicales ne peuvent être appliquées qu’à l’étranger. Cette exception 
n’étant pas réalisée, les frais ne pouvaient être pris en charge. Enfin, la notice 
d’informations litigieuse n’était pas exhaustive et ne saurait se substituer aux lois et 
aux règlements en vigueur. 

6. Par acte du 2 mai 2017, l’assuré a recouru contre cette décision en concluant à son 
annulation et au remboursement de ses frais de lunettes. Il a répété s’être fondé sur 
la notice d’informations du SPC, avant de se rendre en France pour se faire 
confectionner des lunettes. Or, ce document ne mentionnait pas que les frais 
survenus à l’étranger n’étaient pas pris en charge, contrairement à ce qui était 
précisé pour les cures et séjours balnéaires. Il avait été ainsi mal informé. Le 
document en cause étant destiné à informer les bénéficiaires de prestations 
complémentaires sur les conditions de remboursement des frais médicaux, il faisait 
foi. Il lui avait été officiellement envoyé par le SPC lors de son inscription. Au 
demeurant, il avait également consulté consciencieusement le site internet du SPC 

 
 
 

 

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et téléchargé certains documents et informations de base, mis à disposition sur ce 
site. Or, aucune information au sujet du non remboursement des frais de lunettes à 
l’étranger n’y figurait. Il n’était pas non plus indiqué dans ce document qu’il n’était 
pas exhaustif et qu’il fallait se référer à un autre document ou texte de loi. 

7. Dans sa réponse du 30 mai 2017, l’intimé a conclu au rejet du recours en se référant 
pour l’essentiel à sa décision sur opposition. Il a ajouté que si le recourant avait pris 
contact avec lui avant d’acquérir ses lunettes en France, le SPC aurait pu l’informer 
du fait que les frais de maladie et d’invalidité survenus à l’étranger n’étaient 
remboursés qu’en cas d’urgence ou si les soins ne pouvaient pas être dispensés en 
Suisse. Le recourant ne pouvait non plus se prévaloir de l’ignorance des 
dispositions légales, comme cela avait été du reste relevé dans un arrêt de la 
chambre de céans. 

8. Dans sa réplique du 21 juin 2017, le recourant a persisté dans ses conclusions. Il 
n’avait pas pris contact avec l’intimé avant d’acquérir les lunettes en France 
voisine, dès lors qu’il n’était pas précisé dans la brochure d’information qu’il fallait 
impérativement écrire ou téléphoner au SPC avant tout achat médical. Au 
demeurant, un document d’information servait précisément à décharger l’intimé de 
courriers et téléphones encombrants et inutiles. Enfin, si les assurés étaient censés 
connaître les lois et règlements, on ne voyait pas la nécessité d’éditer un document 
d’informations officiel et de le remettre lors de l’inscription aux assurés. Pour le 
surplus, il a repris sa précédente argumentation. 

9. Sur ce, la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 3 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 
26 septembre 2010 (LOJ - E 2 05) en vigueur dès le 1er janvier 2011, la chambre 
des assurances sociales de la Cour de justice connaît en instance unique des 
contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des 
assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA - RS 830.1) relatives à la loi fédérale 
sur les prestations complémentaires à l’assurance-vieillesse, survivants et invalidité 
du 6 octobre 2006 (LPC - RS 831.30). Elle statue aussi, en application de l'art. 134 
al. 3 let. a LOJ, sur les contestations prévues à l'art. 43 de la loi cantonale sur les 
prestations complémentaires cantonales du 25 octobre 1968 (LPCC - J 4 25). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Interjeté dans les délai et forme prescrits par la loi, le recours est recevable, compte 
tenu de la suspension des délais du 7ème jour avant Pâques au 7ème jour après Pâques 
(art. 38 al. 4 let. a et 56 ss LPGA). 

3. Est litigieuse en l’occurrence la question de savoir si le recourant a droit au 
remboursement des frais de lunettes achetées à l’étranger. 

http://justice.geneve.ch/perl/JmpLex/J%207%2015

 
 
 

 

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4. a. Les personnes qui - comme le recourant - ont leur domicile et leur résidence 
habituelle en Suisse ont droit à des prestations complémentaires fédérales dès lors 
qu'elles remplissent les conditions fixées aux art. 4 à 6 LPC, en particulier ont droit 
à certaines prestations d'assurances sociales, dont une rente de vieillesse de 
l’assurance-vieillesse et survivants ou une rente d’invalidité (art. 4 al. 1 let. a et d 
LPC). Les prestations complémentaires fédérales se composent de la prestation 
complémentaire annuelle et du remboursement des frais de maladie et d’invalidité 
(art. 3 al. 1 LPC).  

Le remboursement des frais de maladie et d'invalidité (venant s'ajouter à la 
prestation complémentaire annuelle) incombe aux cantons, aux conditions 
minimales fixées par l'art. 14 al. 1 LPC, comportant les frais de moyens auxiliaires 
(let. f). Selon l’art. 14 al. 2 LPC, les cantons précisent quels frais peuvent être 
remboursés en vertu de l’al. 1 ; ils peuvent limiter le remboursement aux dépenses 
nécessaires dans les limites d’une fourniture économique et adéquate des 
prestations. L’ordonnance sur les prestations complémentaires à l’assurance-
vieillesse, survivants et invalidité, du 15 janvier 1971 (OPC-AVS/AI - RS 
831.301), ne comporte pas de précisions qui seraient pertinentes dans le cas 
d’espèce.  

b. Selon l’art. 2 al. 1 let. c phr. 1 de la loi sur les prestations fédérales 
complémentaires à l'assurance-vieillesse et survivants et à l'assurance-invalidité du 
14 octobre 1965 (LPFC – J 4 20), le Conseil d’État détermine les frais de maladie et 
d'invalidité qui peuvent être remboursés, en application de l'art. 14 al. 1 et 2 LPC.  

Intitulé « Lieu de survenance des frais », l’art. 7 du règlement relatif au 
remboursement des frais de maladie et des frais résultant de l'invalidité en matière 
de prestations complémentaires à l'assurance-vieillesse et survivants et à 
l'assurance-invalidité, du 15 décembre 2010 (RFMPC – J 4 20.04), pose le principe 
que sont remboursés les frais de maladie et d’invalidité ainsi que les dépenses pour 
moyens auxiliaires qui sont survenus en Suisse (al. 1), et prévoit que les frais 
survenus à l’étranger sont exceptionnellement remboursés s’ils se sont révélés 
indispensables pendant un séjour hors de Suisse ou si les mesures indiquées du 
point de vue médical ne pouvaient être appliquées qu’à l’étranger (al. 2).  

5. En l’occurrence, il n’est pas contesté que le recourant ne s’est pas trouvé dans une 
situation d’urgence, lorsqu’il a acheté ses lunettes en France. Il ne s’agit pas non 
plus de mesures qui ne pouvaient être appliquées qu’à l’étranger. 

Partant, les conditions légales pour le remboursement des lunettes achetées en 
France ne sont pas remplies. 

6. Se pose toutefois la question de savoir si l’intimé a violé le devoir de 
renseignements et de conseils.  

L’art. 27 LPGA prévoit que, dans les limites de leur domaine de compétence, les 
assureurs et les organes d’exécution des diverses assurances sociales sont tenus de 
renseigner les personnes intéressées sur leurs droits et obligations (al. 1er). Chacun a 

 
 
 

 

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le droit d’être conseillé, en principe gratuitement, sur ses droits et obligations. Sont 
compétents pour cela les assureurs à l’égard desquels les intéressés doivent faire 
valoir leurs droits ou remplir leurs obligations (al. 2). 

L’art. 27 al. 1 LPGA impose une obligation générale et permanente de renseigner, 
par le biais par exemple de brochures, fiches, instructions, lettres-circulaires, 
indépendamment de la formulation d'une demande par les personnes intéressées 
(cf. rapport de la Commission du Conseil national de la sécurité sociale et de la 
santé du 26 mars 1999, in FF 1999 V 4229, concernant l'art. 35 du projet de LPGA, 
correspondant à l'art. 27 finalement adopté ; ATF 131 V 476). 

Le devoir de renseignements selon l’art. 27 al. 1 LPGA a pour but d’informer 
clairement sur les droits et obligations de l’assuré. Il convient en particulier de 
l’informer sur les conséquences légales qui ne sont pas encore connues ou 
auxquelles il ne faut pas s’attendre, ce qui suppose de se mettre au niveau des 
connaissances des personnes concernées. Il existe ainsi pour l'assureur une 
obligation d’accompagnement de droit public (Ueli KIESER, ATSG-Kommentar, 
troisième édition, 2015, ad art. 27 ch. 16). Le devoir d’information est étendu. 
Grâce à cette information, la personne intéressée doit être mise en état 
d’entreprendre les démarches entrant en considération dans le cas concret. Cela 
signifie en particulier que l’information doit porter sur les prestations légales et les 
conditions d’octroi, ainsi que comprendre des explications sur la procédure à suivre 
(KIESER op. cit., ch. 18). 

7. En l’occurrence, l’intimé édite une brochure d’informations sur le remboursement 
des frais de maladie et d’invalidité. Il est notamment mentionné au chiffre 6, sous le 
titre « Liste des principaux frais de maladie et d’invalidité remboursés par le SPC »: 

« Les achats de lunettes sont indemnisés une fois par année civile. Notre prise en 
charge, sous déduction d’une éventuelle participation de votre caisse maladie, 
se détaille comme suit : 

- Fr. 150.00 au maximum pour la monture. 

- prix effectif pour les verres simples et adéquats. 

- les achats de verres de contact sont acceptés, sur présentation d’un certificat 
médical, uniquement après une opération de la cataracte. S’agissant de lunettes 
à cataracte provisoires, utilisées aussitôt après l’opération, un prix de location 
de Fr. 60.00 au plus, par ordonnance présentée, peut être pris en charge ». 

Il est par ailleurs précisé au chiffre 3 de cette liste, concernant les hospitalisations, 
qu’en cas de séjour à l’étranger ou en dehors du canton de Genève, seuls les cas 
d’urgence sont acceptés après accord avec l’expert du SPC. Au chiffre 4, il est 
indiqué que seuls les frais de transport en ambulance intervenus en Suisse et 
occasionnés par une urgence sont remboursés. Au chiffre 7, au sujet des séjours 
dans une station thermale, il est mentionné « aucun remboursement ne peut 

 
 
 

 

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intervenir pour des cures balnéaires ou des séjours de convalescence effectués à 
l’étranger ». 

Dans la brochure d’information du SPC, il n’y a aucune mention concernant le non 
remboursement  de moyens auxiliaires acquis à l’étranger. Elle est donc clairement 
lacunaire à ce sujet, dès lors qu'elle omet de citer une des conditions d'octroi des 
prestations, à savoir la survenance des frais en Suisse. Or, comme relevé ci-dessus, 
pour les hospitalisations, transports en ambulance, cures balnéaires ou séjours de 
convalescence, cette brochure précise que seuls les frais survenus en Suisse sont 
pris en charge sous réserve des cas d’urgence ou si les soins ne peuvent pas être 
dispensés en Suisse. Le recourant relève aussi à juste titre que cette brochure ne 
comporte aucune mention qu'elle n'est pas exhaustive et que seule la teneur de la loi 
fait foi. Il est vrai qu'en bas du memento figure une invitation à prendre contact 
avec le SPC pour obtenir des informations complémentaires. Il ne peut néanmoins 
être reproché au recourant de ne pas l'avoir fait au vu du texte clair et sans 
ambigüité relatif à la prise en charge des frais de lunettes. 

Dans ces conditions, l’assuré devait effectivement comprendre à contrario qu’il n’y 
a pas de restriction pour le remboursement d’achat de lunettes à l’étranger, d’autant 
plus que les lunettes coûtent notoirement moins cher dans les pays limitrophes de la 
Suisse et en particulier en France.  

Certes, la loi n'exige pas que les directives prévoient toutes les situations possibles 
et imaginables. Cependant, en l'occurrence, dès le moment où elles mentionnent 
précisément à quelles conditions l'achat de lunettes est remboursé, elles doivent 
énumérer toutes les conditions d'octroi de cette prestation, du moins les conditions 
formelles. En omettant d'indiquer l'une d'elles, ce document empêche que l'assuré 
soit mis dans la situation lui permettant d'obtenir une prestation à laquelle il a droit 
et l'induit en erreur. 

La précision que l’achat de lunettes à l’étranger n’est pas pris en charge par le SPC 
paraît en outre particulièrement indiquée dans un canton frontalier où notoirement 
les assurés se rendent fréquemment à l'étranger pour l’achat de moyens auxiliaires 
ou certains traitements médicaux non assurés en Suisse, tels que les traitements 
dentaires. 

L’intimé se prévaut d’un arrêt de la chambre de céans du 6 octobre 2015 
(ATAS/742/2015) dans lequel la chambre de céans a considéré que le recourant ne 
pouvait se prévaloir de l’ignorance de l’art. 7 al. 2 RFMPC, s’agissant d’une 
disposition règlementaire dûment adoptée et publiée. Toutefois, le cas n’était pas 
identique. Il s’agissait d’un traitement dentaire prodigué en France voisine avant 
l’octroi de prestations complémentaires et à un moment où l’assuré n’avait pas 
encore été informé par la brochure d’informations du SPC sur ses droits et 
obligations. De surcroît, l’assuré avait tardé à transmettre au SPC le devis 
concernant les frais dentaires. 

 
 
 

 

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Cela étant, il sied de constater que l'intimé a violé le devoir d'information général 
prescrit à l'art. 27 al. 1 LPGA en omettant d'informer les assurés sur une des 
conditions d'octroi des prestations en cas d'achat de lunettes, à savoir que celles-ci 
doivent avoir été acquises en Suisse. Il lui appartiendra donc de compléter sa 
brochure d'informations dans ce sens. 

8. Le défaut de renseignement dans une situation où une obligation de renseigner est 
prévue par la loi, ou lorsque les circonstances concrètes du cas particulier auraient 
commandé une information de l'assureur, est assimilé à une déclaration erronée qui 
peut, sous certaines conditions, obliger l'autorité (en l'espèce l'assureur) à consentir 
à un administré un avantage auquel il n'aurait pu prétendre, en vertu du principe de 
la protection de la bonne foi découlant de l'art. 9 Cst. (ATF 131 V 472 consid. 5). 
D'après la jurisprudence, un renseignement ou une décision erronés de 
l'administration peuvent obliger celle-ci à consentir à un administré un avantage 
contraire à la réglementation en vigueur, à condition que (a) l'autorité soit 
intervenue dans une situation concrète à l'égard de personnes déterminées, (b) 
qu'elle ait agi ou soit censée avoir agi dans les limites de ses compétences et (c) que 
l'administré n'ait pas pu se rendre compte immédiatement de l'inexactitude du 
renseignement obtenu. Il faut encore qu'il se soit fondé sur les assurances ou le 
comportement dont il se prévaut pour (d) prendre des dispositions auxquelles il ne 
saurait renoncer sans subir de préjudice, et (e) que la réglementation n'ait pas 
changé depuis le moment où l'assurance a été donnée (ATF 131 II 627 consid. 6.1 
et les références citées). Ces principes s'appliquent par analogie au défaut de 
renseignement, la condition (c) devant toutefois être formulée de la façon suivante : 
que l'administré n'ait pas eu connaissance du contenu du renseignement omis ou 
que ce contenu était tellement évident qu'il n'avait pas à s'attendre à une autre 
information (ATF 131 V 472 consid. 5; arrêt du Tribunal fédéral 8C_601/2009 du 
31 mai 2010 consid. 4.2). 

9. En l'espèce, le recourant a été informé de façon lacunaire par l'autorité compétente 
sur les conditions de remboursement des frais de maladie et d'invalidité par 
l'intermédiaire de la brochure que l'intimé transmet aux assurés. Ce défaut de 
renseignement est intervenu dans une situation où une obligation de renseigner est 
prévue par la LPGA et est assimilé à une déclaration erronée, selon la 
jurisprudence. Le recourant ignorait par ailleurs le renseignement omis et le 
contenu du renseignement omis n'était pas évident au point qu'il devait s'attendre à 
une autre information. L'ignorance de la condition de la survenance des frais en 
Suisse l'a enfin conduit à un comportement préjudiciable à ses intérêts. 

Partant, dans les circonstances spécifiques du cas d'espèce, les conditions légales 
sont réunies pour obliger l'intimé à rembourser un moyen auxiliaire qui ne satisfait 
pas à toutes les exigences de la LPC. À titre exceptionnel, en vertu du principe de la 
protection de la bonne foi, le recourant a donc droit au remboursement des lunettes 
acquises en France. 

 
 
 

 

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10. Cela étant, le recours sera admis, la décision annulée et l'intimé condamné à 
rembourser au recourant les frais des lunettes acquises en France. La cause sera par 
ailleurs renvoyée à l’intimé afin qu’elle détermine par une nouvelle décision 
l’étendue du remboursement des frais compte tenu notamment du remboursement 
de la TVA. 

11. La procédure est gratuite. 

  

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

Conformément à l’art. 133 al. 2 LOJ 

À la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. L’admet. 

3. Annule la décision du 16 mars 2017. 

4. Condamne l'intimé à rembourser au recourant les frais des lunettes de base acquises 
en France et faisant l'objet de la facture du 15 octobre 2016 de l'opticien A Propos 
d’optique. 

5. Renvoie la cause à l’intimé pour déterminer par une nouvelle décision l’étendue du 
remboursement de ladite facture. 

6. Dit que la procédure est gratuite. 

7. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public (art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 17 juin 2005 - LTF -
 RS 173.110). Le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 
moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire; il doit 
être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du 
recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l'envoi. 

 
La greffière 

 
 
 
 

Diana ZIERI 

 La présidente 
 
 
 
 

Doris GALEAZZI 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 
des assurances sociales par le greffe le