# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** cf89c4a4-31b1-521f-b9cf-aad2552cc7b6
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2015-02-12
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 12.02.2015 BB.2014.113
**Docket/Reference:** BB.2014.113
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_BB-2014-113_2015-02-12

## Full Text

Suspension de l'instruction (art. 314 en lien avec l'art. 322 al. 2 CPP).;;Suspension de l'instruction (art. 314 en lien avec l'art. 322 al. 2 CPP).;;Suspension de l'instruction (art. 314 en lien avec l'art. 322 al. 2 CPP).;;Suspension de l'instruction (art. 314 en lien avec l'art. 322 al. 2 CPP).

Décision du 12 février 2015 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Emanuel Hochstrasser, 

juge président, Roy Garré et Nathalie Zufferey 

Franciolli,  

la greffière Julienne Borel 

   

Parties  A., représenté par Me Philippe Kenel, avocat, 

recourant 

 

 contre 

   

  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION, 

intimé 

 

   

Objet  Suspension de l'instruction (art. 314 en lien avec 

l'art. 322 al. 2 CPP) 

 
 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

 

Numéro de dossier: BB.2014.113 

 

 

 

- 2 - 

 

 

Faits: 

 

A. Par ordonnance du 21 novembre 2013, le Ministère public de la 

Confédération (ci-après: MPC) a ouvert, sur la base d'un rapport d'enquête 

de la Police judiciaire fédérale (ci-après: PJF), une instruction à l'encontre 

de A. pour le chef d'accusation de blanchiment d'argent en vertu de 

l'art. 305bis CP (dossier du MPC, pièce n° 01-00-0001). 

 

 

B. Le 21 novembre 2013, le MPC a ordonné le séquestre de la Ferrari (…) du 

prévenu. Celle-ci a ensuite été vendue le 29 avril 2014 sur décision du 

MPC. L'argent de la vente a été séquestré à son tour avant d'être confisqué 

et dévolu à la Confédération (act. 1.1). 

 

 

C. Le MPC a, par ordonnance du 30 juillet 2014, suspendu la procédure 

susmentionnée jusqu'à droit connu dans une procédure menée à l'encontre 

de A. en Italie (act. 1.1).  

 

 

D. En date du 8 août 2014, A. a interjeté recours contre ladite ordonnance de 

suspension, concluant au classement de la procédure et à des dommages-

intérêts à hauteur de CHF 192'052.80 en sa faveur, sous suite de frais et 

dépens (act. 1). 

 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris, 

si nécessaire, dans les considérants en droit.  

 

 

 

La Cour considère en droit: 

 

1.  

1.1 Aux termes des art. 314 al. 5, 322 al. 2 et 393 al. 1 let. a CPP et 37 al. 1 de 

la loi sur l'organisation des autorités pénales de la Confédération (LOAP; 

RS 173.71), les parties peuvent attaquer les décisions de suspension du 

MPC dans les 10 jours devant la Cour des plaintes du Tribunal pénal 

fédéral. Selon l'art. 393 al. 2 CPP, le recours peut être formé pour violation 

du droit, y compris l'excès et l'abus du pouvoir d'appréciation, le déni de 

justice et le retard injustifié (let. a), la constatation incomplète ou erronée 

des faits (let. b) ou l'inopportunité (let. c). En l’espèce, la qualité de partie 

de A. est incontestable et son recours a été formé en temps utile. 

 

- 3 - 

 

 

1.2 Le recours est par conséquent recevable. 

 

1.3 En tant qu’autorité de recours, la Cour des plaintes examine avec plein 

pouvoir de cognition en fait et en droit les recours qui lui sont soumis 

(v. MOREILLON/DUPUIS/MAZOU, La pratique judiciaire du Tribunal pénal 

fédéral en 2011, in Journal des Tribunaux 2012, p. 2 ss, p. 52 n° 199 et les 

références citées).  

 

 

2. Le recourant demande à ce que la procédure à son encontre soit classée 

et non pas suspendue. Il avait déjà adressé au MPC deux requêtes 

similaires, préalablement au prononcé de l'ordonnance de suspension 

attaquée, au motif que l'instruction pénale était selon le recourant complète 

et qu'aucune infraction pénale ne pouvait lui être reprochée (dossier du 

MPC, lettres de Me Kenel du 11 juin et du 25 juillet 2014 au MPC). Le MPC 

a refusé le classement de la procédure, le qualifiant d'inadéquat dans la 

mesure où les faits reprochés à A. n'auraient pas pu être confirmés ou 

infirmés à satisfaction de droit (act. 1.1, p. 3). En lieu et place d'un 

classement, le MPC a donc émis l'ordonnance entreprise, par laquelle il 

prononce la suspension de la procédure jusqu'à droit connu en Italie 

(act. 1.1, p. 4).  

 

2.1 En vertu de l'art. 314 al. 1 let. b CPP, le ministère public peut suspendre 

une instruction, notamment lorsque l’issue de la procédure pénale dépend 

d’un autre procès dont il paraît indiqué d’attendre la fin. 

 

2.1.1 La procédure peut être suspendue lorsqu'il paraît indiqué d'attendre le 

résultat d'une autre procédure, notamment lorsque le jugement attendu est 

constitutif pour la procédure à suspendre. Pour ce faire, le MPC dispose 

d'une large marge d'appréciation. Cependant, il doit se demander si le 

résultat de l'autre procédure peut vraiment jouer un rôle pour la procédure 

suspendue et s'il simplifiera l'administration des preuves dans cette même 

procédure. Dans ce cas de figure, des retards dans la procédure à 

suspendre sont inévitables, mais une suspension ne doit pas provoquer de 

retard injustifié. Ainsi, en cas de doute, le principe de célérité doit primer 

(arrêt du Tribunal fédéral 1B_67/2011 du 13 avril 2011, consid. 4 ss; 

MOREILLON/PAREIN-REYMOND, Petit Commentaire, Code de procédure 

pénale, Bâle 2013, n° 10 ad art. 314; CORNU, Commentaire romand, Code 

de procédure pénale suisse, Bâle 2011, n° 13 ad art. 314). 

 

Dans le cas présent, le MPC soutient qu'une procédure pénale serait en 

cours à Milan en Italie et que celle-ci permettrait de faciliter l'administration 

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des preuves dans la procédure suisse suspendue, entre autres concernant 

l'infraction préalable. Quant au recourant, extraits de son casier judiciaire et 

du registre des procédures pendantes (certificato dei carichi pendenti) de 

Milan à l'appui, il affirme qu'il n'y a pas de procédure en cours. 

 

Il sied de constater que le dossier ne recèle aucune information sur la 

prétendue procédure diligentée par les autorités italiennes, hormis le 

rapport de la PJF susmentionné. Or aucun élément dans ce dernier ne 

permet de confirmer l'existence d'une telle procédure. Le dossier présenté 

à la Cour de céans ne contient en outre nulle trace d'une éventuelle 

demande d'entraide internationale à l'Italie. De surcroît, ni l'échange 

d'écritures ni les pièces au dossier ne mentionnent l'échéance de cette 

hypothétique procédure italienne. 

 

2.1.2 Au vu du manque de preuves appuyant l'existence d'une procédure 

pendante en Italie et surtout indiquant l'échéance, même approximative, de 

celle-ci, il est en l'espèce disproportionné et à l'encontre du principe de 

célérité de suspendre la procédure pénale suisse. C'est pourquoi il convient 

soit de classer la procédure (art. 319 ss CPP), soit de reprendre 

l'instruction (art. 315 CPP), choix qui revient néanmoins au MPC et non à la 

Cour de céans. En effet, la conclusion du recourant visant à obtenir que la 

Cour de céans ordonne au MPC de classer la procédure est irrecevable. 

Ainsi, ce n'est que lorsqu'elle admet un recours contre une ordonnance de 

classement, respectivement constate un déni de justice ou un retard 

injustifié que l'autorité de recours peut donner des instructions au ministère 

public quant à la suite de la procédure (art. 397 al. 3 et 4 CPP). Ces 

situations ne sont in casu pas réalisées (décision du Tribunal pénal fédéral 

BB.2013.146 du 2 décembre 2013, consid. 1.4). 

 

2.2 Le grief relatif à la suspension de la procédure, bien fondé, est admis et la 

décision querellée annulée sur ce point. 

 

 

3.  

3.1 Il ressort du dossier que le recourant avait été contrôlé à bord d'une Ferrari 

(…) le 19 octobre 2011 au passage de la frontière de Z. À cette occasion, 

les douaniers ont décelé des traces de produits stupéfiants à l'intérieur de 

ce véhicule (dossier du MPC, pièce n° 05-00-0002). Le 21 novembre 2013, 

le MPC a prononcé le séquestre probatoire et conservatoire de la Ferrari 

(…) du recourant (dossier du MPC, pièce nos 08-01-0001 ss). Cette voiture 

a été laissée auprès du Garage B. SA avec pour consigne l'interdiction de 

s'en dessaisir (dossier du MPC, pièce n° 08-01-0001). La voiture est ainsi 

restée quelques mois sur une place de gardiennage chez B. SA (dossier du 

- 5 - 

 

 

MPC, pièce n° 23-01-0001) avant que le MPC, suite à la facture des frais y 

relatif, ne rende une ordonnance de réalisation anticipée le 15 janvier 2014 

(dossier du MPC, pièce n° 08-01-0022). Le recourant n'a pas interjeté 

recours contre ladite ordonnance et le véhicule a été vendu le 29 avril 2014 

(dossier du MPC, pièce n° 21-01-0004). L'argent de la vente du véhicule a 

été mis sous séquestre avant d'être confisqué et dévolu à la Confédération 

(act. 1.1, p. 4). 

 

Le recourant, comme vu supra (v. consid. 2), demande à ce que le 

classement de la procédure soit prononcé. Il requiert dès lors des 

dommages et intérêts de CHF 192'052.80 au sens de l'art. 429 CPP (act. 1, 

p. 4). Ce montant comprend les honoraires de son défenseur ainsi que la 

somme de CHF 180'000.--, correspondant à ce que la société C. à Milan 

était prête à payer au recourant pour acquérir cette voiture au lieu des 

CHF 141'343.30 obtenus par le MPC (act 1.5 et dossier du MPC, pièce 

n° 08-01-0025).  

 

3.2 Aux termes de l'art. 429 al. 1 CPP, si le prévenu est acquitté totalement ou 

en partie ou s'il bénéficie d'une ordonnance de classement, il a droit à une 

indemnité pour les dépenses occasionnées pour l'exercice raisonnable de 

ses droits de procédure (let. a), à une indemnité pour le dommage 

économique subi au titre de sa participation obligatoire à la procédure 

pénale (let. b) et à une réparation du tort moral subi en raison d'une atteinte 

particulièrement grave à sa personnalité, notamment en cas de privation de 

liberté (let. c). L'autorité pénale examine d'office les prétentions du 

prévenu. Elle peut lui enjoindre de les chiffrer et de les justifier (art. 429 

al. 2 CPP). Selon le texte clair de la loi, l'octroi d'une indemnité entre en 

ligne de compte lorsque les poursuites à l'encontre du prévenu sont 

abandonnées, ce qui n'est pas le cas en l'espèce. Comme examiné 

précédemment (v. supra consid. 2.1.3), il n'appartient pas à la Cour de 

céans de prononcer elle-même ou d'ordonner au MPC de prononcer le 

classement de la procédure. La demande d'indemnité du recourant est dès 

lors prématurée et peut être écartée sans qu'il ne soit nécessaire de se 

pencher sur son éventuel bien-fondé. 

 

 

4. Au vu des considérants qui précèdent, le recours est partiellement admis. 

 

 

5. Selon l’art. 428 al. 1 CPP, les frais de la procédure de recours sont mis à la 

charge des parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de cause ou 

succombé. Le recourant qui succombe partiellement supportera ainsi une 

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partie des frais de la présente décision, qui se limitent à un émolument fixé 

en application de l’art. 8 du règlement du Tribunal pénal fédéral du 31 août 

2010 sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la procédure 

pénale fédérale (RFPPF; RS 173.713.162) à CHF 1'000.--. 

 

La partie qui obtient gain de cause a droit à une indemnité pour les 

dépenses occasionnées par l'exercice raisonnable de ses droits de 

procédure (art. 436 al. 1 en lien avec l'art. 429 al. 1 let. a CPP). Selon 

l'art. 12 al. 1 RFPPF, les honoraires sont fixés en fonction du temps 

effectivement consacré à la cause et nécessaire à la défense de la partie 

représentée. Le tarif horaire est de CHF 200.-- au minimum et de 

CHF 300.-- au maximum (art. 12 al. 1 RFPPF), étant précisé que le tarif 

usuellement appliqué par la Cour de céans est de CHF 230.-- par heure 

(arrêt du Tribunal pénal fédéral BB.2012.8 du 2 mars 2012, consid. 4.2). En 

l’absence d’un mémoire d’honoraires, l’autorité saisie de la cause fixe 

l’indemnité selon sa propre appréciation (art. 12 al. 2 RFPPF). Compte tenu 

de l'absence d'une note d'honoraires pour la procédure devant la Cour de 

céans, une indemnité de CHF 1'000.-- ex bono et aequo est allouée au 

recourant à la charge du MPC. 

 

 

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Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Le recours est partiellement admis. La décision est annulée s'agissant de la 

suspension de la procédure. 

 

2. Un émolument réduit de CHF 1'000.-- est mis à la charge du recourant.  

 

3. Une indemnité de CHF 1'000.-- est allouée au recourant et mise à la charge 

du Ministère public de la Confédération. 

 

 

 

Bellinzone, le 12 février 2015 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le juge président: La greffière:  

 

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Me Philippe Kenel, avocat 

- Ministère public de la Confédération 

 

 

 

Indication des voies de recours 

Dans les 30 jours qui suivent leur notification, les décisions de la Cour des plaintes relatives aux 
mesures de contrainte sont sujettes à recours devant le Tribunal fédéral (art. 79 et 100 al. 1 de la 
loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral; LTF). La procédure est réglée par les art. 90 ss 
LTF. 

Le recours ne suspend l’exécution de la décision attaquée que si le juge instructeur l’ordonne 
(art. 103 LTF).