# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a2bcae07-0fef-541c-b7d8-7c702ac40c6f
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2002-02-22
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 22.02.2002 C/29670/1995
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-29670-1995_2002-02-22.pdf

## Full Text

AUDIENCE DU VENDREDI 22 FEVRIER 2002 
 

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Communiqué le présent arrêt aux parties par plis recommandés du 
 
 
 

  COUR DE JUSTICE 
  Case postale 3108 
  1211 Genève 3 
 ┌───────────────────┐                    Chambre civile 
 │ Réf. C/29670/1995 │        statuant par voie de procédure ordinaire 
 │   │ 
 │   │                         Entre 
 │  ACJC/186/2002  │ 
 └───────────────────┘ 
 
    Monsieur A______, domicilié ______ Genève, 

appelant d'un jugement rendu par la 8ème Chambre du 
Tribunal de première instance de ce canton le 30 juillet 
2001, comparant par Me Mauro Poggia, avocat, rue de 
Beaumont 11, 1206 Genève, en l'étude duquel il fait 
élection de domicile aux fins des présentes, 

 
       d'une part, 
 

 et 
 
 
  Monsieur B______, domicilié ______ (GE), intimé, 

comparant par Me Nicolas Hoffmann, avocat, rue Bellot 
3, 1206 Genève, en l'étude duquel il fait élection de 
domicile, 

 
       d'autre part, 
 
  

 AUDIENCE DU VENDREDI 22 FEVRIER 2002 
 

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Communiqué le présent arrêt aux parties par plis recommandés du 
 
 
 

  - EN FAIT - 
 
 A. Le 30 juillet 2001, le Tribunal de première instance a rendu un 
jugement condamnant A______, sous suite de dépens, à verser à B______ la somme 
de 290'000 fr. avec intérêts à 5% l'an dès le 12 décembre 1994 et, sous la menace 
des peines prévues à l'art.292 CP, à restituer à celui-ci les objets suivants: 
 
 - huile sur panneau "______"; 
 - pastel encadré sous verre "______" signé L______; 
 - plaque Isnik, décor femme (restauration) XVIIIème;  
 - dessin ancien "______";  
 - livre avec gravures de M______; 
 - gravure "______" par N______; 
 - dessin "______" signé O______; 
 - dessin "______" attribué à P______; 
 - huile sur toile "______" signée Q______; 
 - tapis d'orient "______" en laine, à médaillon central, 
           décor fleurs sur fond rouge; 
 - huile sur panneau "______" signée R______; 
 - lithographie de P______ 1924 N° ______; 
 - aiguière en argent massif et son présentoir; 
 - huile sur toile "______" signée S______;  
 - trois vases de Gallé triple couche; 
 - huile "Jeune fille" de T______; 
 - huile "Scène de rue" de T______; 
 - tableau de U______ représentant une scène champêtre; 
 - tableau moderne de V______; 
 - tableau de W______ représentant un paysage sous la neige 
   avec un ruisseau. 
  
 Par mémoire expédié le 17 septembre 2001 au greffe de la Cour de justice, 
A______ appelle de ce jugement. Il reproche au premier juge d'avoir apprécié 
les preuves de manière arbitraire en violation des art. 8 CC et 53 CO.  
 
 B. Dans les années 1990-1991, B______ et A______, qui se connaissaient 

 

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depuis 1982, ont décidé d'unir leurs efforts aux fins d'acquérir à Genève des 
oeuvres d'art lors de ventes aux enchères.  
 
 Les circonstances dans lesquelles les parties se sont contractuelle-
ment liées ne sont pas clairement établies. B______ dit avoir, en tant que 
propriétaire d'une entreprise spécialisée en achat, vente et courtage d'oeuvres 
d'art, engagé A______ pour acquérir à son nom des oeuvres d'art. Pour sa part, 
A______ soutient que ce contrat était "simulé" dans la mesure où B______ n'était 
pas le véritable propriétaire des oeuvres; c'est lui-même qui avait amené B______ 
à s'intéresser à ce domaine, dans la mesure où son frère C______, domicilié en 
Tunisie, faisait déjà le commerce d'objets d'art et lui demandait d'acquérir 
pour son compte des tableaux à Genève; étant lui-même inscrit au chômage, il 
ne pouvait exercer ouvertement son activité de courtier en objets d'art, raison 
pour laquelle B______ avait accepté d'apparaître, à titre fiduciaire, comme 
acquéreur des oeuvres d'art qui les lui remettait après remboursement et 
versement d'une commission pour son intervention. Les relations entretenues par 
les parties se sont à tel point détériorées que B______ a déposé le 24 mars 1995 
plainte pénale du chef d'abus de confiance (art. 140 ACP) à l'encontre de A______ 
(P/1______/1995).  
 
 Dans ce contexte, les faits sur lesquels le premier juge a fondé sa 
décision, état de fait assorti de la détermination des parties que la Cour fait 
sien, sont les suivants :   
  
 a) Lors d'un voyage effectué en 1990 en Tunisie en compagnie de A______, 
B______ a procédé à l'achat des tableaux ciaprès inventoriés pour une somme de 
30'000 fr. environ : 
  
 - huile ancienne, renaissance italienne, école de X______ 
   représentant un homme âgé avec une barbe lisant un livre 
   (env. 120 x 150 cm); 
 - huile de Y______ représentant la remise d'une alliance à une vierge; 
 - huile de Z______ représentant une nature morte avec des fleurs  
     (env. 80 x 100 cm); 
 - huile d'un peintre espagnol représentant une gitane qui danse; 
 - statuette de AA______ en argent. 

 

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 A______ a affirmé que ces oeuvres avaient été achetées par son frère 
C______ et a produit une facture datée du 9 juin 1990, libellée au nom de C______, 
d'un montant de 57'000'000 dinars correspondant aux objets suivants : 
 
 - huile sur bois, scène religieuse avec vierge, pas de signature  
    (49,3 x 41 cm); 
 - huile sur toile femme à l'éventail signée AB______ (92 x 73 cm); 
 - huile sur toile bouquet de fleurs signée AC______ (130 x 97 cm); 
 - huile sur toile homme saint avec livre, pas de signature 
   (152 x 102 cm); 
 - reproduction d'un tableau sur toile signé AD______ (85 x 130 cm). 
  
 b) Le 10 juillet 1990, cinq tableaux estimés à 6'550 fr. ont été 
séquestrés en mains de A______ alors qu'il passait la douane à l'aéroport de 
Genève. Il s'agit des oeuvres suivantes : 
  
 - AC______ " vase de fleurs " (100 x 130 cm); 
 - AB______ " femme avec éventail " (70 x 90 cm); 
 - AE______ "rue d'une ville" (110 x 50 cm); 
 - artiste inconnu "vieillard" (100 x 160 cm); 
 - artiste inconnu "image religieuse" (40 x 50 cm).  
  
  c) Le 27 juillet 1990, B______ a remis à D______, détenteur d'un stand 
au marché aux puces, un chèque d'un montant de 8'000 fr. pour un tableau de U______ 
représentant une scène champêtre. Le solde du prix de vente, soit 3'000 fr., 
a été payé à D______ en liquide par A______ en 1993. Ce dernier a allégué que 
le tableau lui appartenait. Dans le cadre de la procédure pénale, il a toutefois 
déclaré qu'il n'avait fait qu'accompagner B______ lors de cet achat et que 
c'était ce dernier qui avait payé le prix d'acquisition (PP, pièce 94). 
  
 d) Au mois de juillet 1990, E______, restaurateur de tableaux à Genève, 
a vendu à B______ un tableau de W______ représentant un paysage sous la neige 
avec un ruisseau pour une somme de 3'000 fr. environ. A______ a affirmé que ce 
tableau lui appartenait également et qu'il en avait acquitté le prix. Dans le 
cadre de la procédure pénale, il a toutefois dans un premier temps indiqué que 

 

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c'était B______ qui avait acheté ce tableau et qu'il ne s'en était jamais occupé 
(PP, pièce 95). 
 
 e) Lors d'une vente aux enchères organisée le 7 novembre 1990, B______ 
a acquis les objets suivants pour le prix de 64'227 fr. 50 : 
 
 - huile sur panneau "______"; 
 - pastel encadré sous verre "______" signé L______; 
 - plaque Isnik, décor femme (restauration) XVIIIème;  
 - dessin ancien "______" trace de signature; 
 - livre avec gravures de M______; 
 - gravure "______" par N______; 
 - dessin "______" signé O______; 
 - dessin "______" attribué à P______; 
 - huile sur toile "______" signée Q______; 
 - tapis d'orient Tabriz en laine, à médaillon central, 
   décor fleurs sur fond rouge; 
 - huile sur panneau "______" signée R______; 
 - lithographie de P______ 1924 N° ______; 
 - aiguillère en argent massif et son présentoir; 
 - huile sur toile "______" signée S______. 
  
 A______ a allégué que ces objets avaient été en réalité acquis à titre 
fiduciaire pour son compte. 
  
 f) Le 1er décembre 1990, B______ a acheté un tableau de V______ auprès 
de la Caisse publique de prêts sur gages pour le prix de 13'200 fr. Le chèque 
correspondant à cette somme est libellé au porteur. A______ a allégué que ce 
tableau lui appartenait et qu'il en avait payé le prix. Dans le cadre de la 
procédure pénale, il a déclaré qu'il avait eu connaissance de cet achat mais 
qu'il n'avait pas accompagné B______ à cette occasion (PP, pièce 94). 
  
 g) Le même jour, B______ a acheté les oeuvres suivantes dans une vente 
aux enchères à ______ [Neuchâtel] pour une somme totale de 65'600 fr.  : 
 - trois vases de Gallé triple couche; 
 - une huile "Jeune fille" de T______; 

 

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 - une huile "Scène de rue" de T______. 
 
 A______ a allégué que ces objets avaient été acquis pour son compte. 
  
 h) A la fin du mois de novembre 1990, B______ a ouvert une entreprise 
spécialisée dans le courtage d'oeuvres d'art et d'antiquités. Par contrat de 
travail signé le 26 novembre 1990, il a engagé A______ en qualité de responsable 
commercial-architecte d'intérieur, à charge pour celui-ci en particulier de 
nouer des contacts avec la clientèle et d'organiser les services de ventes et 
d'achats. Par courrier du 28 juin 1991, B______ a mis un terme aux rapports de 
travail de A______ pour le 31 juillet 1991 et a alors cessé l'exploitation de 
son commerce. Les oeuvres d'art susmentionnées sont demeurées en mains de 
A______. 
  
 C. Parallèlement à leurs activités dans le domaine de l'art, les parties 
ont été en relation pour diverses autres affaires.  
 
 Selon procès-verbal de vente du 27 septembre 1991, A______ a acquis 
aux enchères pour le prix de 26'000 fr. une cédule hypothécaire no 2______ en 
2ème rang au porteur d'un montant de 250'000 fr. Le prix de la transaction lui 
a été versé par B______ et la cédule a été déposée dans un coffre à F______ au 
nom des deux parties. Le 17 janvier 1992, A______ a acquis auprès de l'Office 
des poursuites et des faillites une seconde cédule hypothécaire no 3______en 
3ème rang au porteur d'un montant de 250'000 fr. pour le prix de 2'000 fr. B______ 
a affirmé que cette cédule avait été acquise à titre fiduciaire par A______ pour 
son compte, alors que ce dernier allègue qu'il l'avait achetée pour son compte 
personnel. 
  
 Par contrat du 13 décembre 1991, B______ est devenu propriétaire du 
commerce à l'enseigne "G______" pour la somme de 200'000 fr. Il a cédé ce commerce 
le 28 juillet 1993 à A______ pour le prix de 290'000 fr., payable, selon un 
document intitulé "avenant/quittance" et daté du même jour, à raison de 150'000 
fr. à la signature du contrat et 140'000 fr. le 1er novembre 1993. 
  
 Le 16 juillet 1993, B______ et A______, agissant à titre fiduciaire, 
ont acheté la totalité du capital-actions des sociétés H______SA et I______SA, 

 

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respectivement propriétaire et exploitant du café restaurant "J______". B______ 
a financé cette acquisition à hauteur de 1'500'000 fr.  
  
 D. Les relations entre les parties se sont depuis lors détériorées. 
 
 Par courrier de son conseil du 12 décembre 1994, B______ a réclamé à 
A______ la restitution des oeuvres d'art demeurées en sa possession, le paiement 
du prix d'acquisition du commerce de tabac qui, prétendait-il, ne lui avait pas 
été remboursé ainsi que le versement de sommes que A______ aurait prélevées 
indûment dans la caisse de la "J______". Le 15 décembre 1994, A______ a répondu 
que le prix d'acquisition du commerce en question avait été entièrement remboursé 
et qu'il ne détenait aucun tableau acquis pour le compte de B______ au moyen 
de fonds fournis par ce dernier. A______ a produit une convention, signée le 
26 novembre 1993 avec son frère C______ en présence de deux témoins, selon 
laquelle ce dernier lui aurait prêté 150'000 fr. le 27 juillet 1993, 140'000 fr. 
le 29 octobre 1993 et 100'000 fr. le 1er décembre 1993, sommes destinées entre 
autres à l'achat du commerce "G______".  
 
 B______ a fait notifier le 11 janvier 1995 à A______  un commandement 
de payer la somme de 290'000 fr. avec intérêts à 6% l'an dès le 28 juillet 1993. 
Celui-ci a fait opposition. Par courrier du 4 mai 1995, il a déclaré invalider 
le contrat du 28 juillet 1993 ainsi que son avenant en se prévalant d'un dol 
et d'une erreur essentielle, soutenant que le document intitulé 
"avenant/quittance" était un faux, ce dernier terme ayant été rajouté 
postérieurement à son insu. 
 
 Le 15 novembre 1995, B______ a assigné A______ devant  le Tribunal de 
première instance en restitution des oeuvres d'art mentionnées aux considérants 
B. a), c) d), e), f) et g) du présent état de fait, des deux cédules hypothécaires, 
d'un ordinateur "______" et d'une imprimante laser "______" achetés en janvier 
1994 et dont la facture avait été envoyée à l'adresse de la "J______" ainsi que 
d'un télécopieur "______" pris en leasing avec A______ le 4 février 1991. Il 
sollicitait également la restitution,  sous la menace de la peine prévue par 
l'art. 292 CP, du fonds de commerce du "G______" ainsi que le paiement d'une 
indemnité équitable pour l'exploitation sans droit de cet établissement. Subsid-
iairement, il a conclu à la condamnation de A______ au paiement de 150'000 fr. 

 

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avec intérêts à 6% l'an dès le 28 juillet 1993 et 140'000 fr. avec intérêts à 
6% l'an à partir du 1er novembre 1993 ainsi qu'à la mainlevée de l'opposition 
faite au commandement de payer notifié dans la poursuite no 4______. 
  
 A______ s'est opposé à ces conclusions. Il a notamment indiqué que tous 
les achats avaient été effectués à l'aide de fonds provenant de son frère et 
qu'il avait versé à B______ le montant nécessaire à l'acquisition du commerce 
"G______" qui avait été entre-temps revendu. 
  
 Le 13 mars 1996, la cause a été suspendue dans l'attente de l'issue 
de la procédure pénale ouverte à l'encontre de A______. Par jugement du 
16 septembre 1998, le Tribunal de police a condamné A______ du chef d'abus de 
confiance pour avoir disposé des tableaux susmentionnés sans avoir démontré 
qu'il en était devenu propriétaire. Le Tribunal a ordonné la restitution de 
toutes ces oeuvres à B______, décision confirmée par la Chambre pénale de la 
Cour de justice le 26 avril 1999 puis par le Tribunal fédéral le 17 novembre 
1999. Les oeuvres en question ne lui ayant pas été restituées, B______ en a 
revendiqué la propriété devant le Tribunal de première instance. 
 
 E. Pour fonder la décision attaquée, le Tribunal a considéré que B______ 
avait produit à l'appui de sa revendication (art. 641 al. 2 CC) les documents 
attestant qu'il avait financé les ventes conclues aux mois de juillet, novembre 
et décembre 1990, A______ se bornant à affirmer, sans en apporter la preuve, 
que ces acquisitions avaient été effectuées par B______ à titre fiduciaire. 
S'agissant des oeuvres achetées au cours du voyage en Tunisie, le Tribunal a 
retenu par contre que B______ n'avait fourni aucun document démontrant qu'il 
en aurait financé l'acquisition. Au contraire, les pièces produites 
mentionnaient les références de C______ et les oeuvres correspondantes avaient 
été saisies à la douane de Genève en possession de A______. De même, le Tribunal 
a estimé que le droit de propriété de B______ sur les cédules hypothécaires 
n'avait, faute d'éléments probants, pas été établi, le seul fait qu'il ait avancé 
à A______ le prix d'acquisition de la première cédule n'étant pas déterminant, 
ce dernier invoquant un prêt. Le Tribunal a également rejeté les prétentions 
de l'intimé relatives au matériel informatique de "J______", objet au demeurant 
d'un contrat de leasing. Enfin, en ce qui concerne le fonds de commerce du 
"G______", le Tribunal a estimé que l'avenant établi le 28 juillet 1993, malgré 

 

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son intitulé, ne permettait pas, en l'absence de tout justificatif bancaire ou 
comptable, d'établir que A______ s'était acquitté du prix d'acquisition, ceci 
malgré le contrat de prêt passé avec son frère et les déclarations du témoin 
K______, entendu par le juge d'instruction. Selon le Tribunal, le fait que 
B______ n'ait pas réclamé plus tôt le remboursement des 290'000 fr. n'était pas 
déterminant.  
 
 F. Dans le cadre de son appel, A______ rappelle que le rôle de B______ 
se limitait à faire l'avance des montants nécessaires à l'acquisition des 
tableaux qui suscitaient son intérêt; celui-ci en obtenait ensuite le 
remboursement, auquel s'ajoutait une commission pour son intervention, ceci 
grâce à l'argent de son frère C______. L'appelant reconnaît qu'il lui est 
difficile d'en apporter la preuve dès lors que la Tunisie interdit l'exportation 
des dinars et qu'il a fallu procéder par le biais d'opérations de compensation, 
l'argent étant remis à A______ par des ressortissants tunisiens résidant à 
l'étranger dont les comptes en Tunisie étaient simultanément crédités par 
C______ d'un montant équivalent. A______ estime révélateur le fait que B______ 
ait attendu trois ans et demi pour déposer plainte pénale à son encontre. Il 
relève qu'il a reçu de B______, lors du remboursement des sommes que celui-ci 
avait avancées, les factures originales des tableaux. Il s'étonne que les 
tableaux revendiqués par B______ n'aient pas été dès l'origine entreposés chez 
ce dernier et constate que celui-ci n'a jamais justifié de la provenance des 
fonds importants qu'il dit avoir investis dans les acquisitions litigieuses. 
Le fait que le Tribunal ait reconnu qu'il était bien le propriétaire des cinq 
tableaux acquis en Tunisie atteste du caractère "accessoire et ponctuel" du rôle 
imparti à B______. Enfin, s'agissant du "G______", il estime que le bilan 
d'entrée du 1er novembre 1993 fait foi du prêt reçu de son frère pour acquérir 
l'établissement. Il précise, à  cet égard, n'avoir reçu un exemplaire du 
contrat, valant quittance, que lors du paiement du solde de 140'000 fr., que 
la date de signature de ce document n'est, par conséquent, pas déterminante, 
soulignant le fait que B______ a tenté de le lui subtiliser. Après avoir rappelé 
qu'il avait offert sans succès au premier juge de prouver ses allégués, il conclut 
à l'annulation du jugement, à ce que la cause soit renvoyée au Tribunal pour 
instruction et au déboutement de B______ de toutes ses conclusions, sous suite 
de  dépens. 
 

 

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 G. B______ ne conteste pas le bien-fondé du jugement. Dans son mémoire 
responsif, il inventorie les nombreuses procédures qu'il a dû initier, tant au 
plan civil que pénal, pour tenter de récupérer les oeuvres d'art qui lui 
appartiennent. Il ne voit pas la nécessité de renvoyer la cause au premier juge 
pour instruction dès lors que les mesures probatoires nécessaires ont déjà été 
effectuées dans le cadre de la procédure pénale dont le Tribunal a ordonné 
l'apport. Il demande à ce que la cause introduite il y a six ans soit jugée dans 
le délai raisonnable que garantit l'art. 6 al. 1 CEDH. Il observe que A______ 
n'a pas démontré avec précision en quoi l'art. 8 CC aurait été violé, qu'il 
appartient en effet à celui-ci de prouver le paiement du prix du fonds de commerce 
et le remboursement des tableaux, ce qu'il n'a pas fait. Il reproche enfin à 
l'appelant de ne pas indiquer par quels moyens celui-ci entend rapporter la 
preuve de ce qu'il allègue. 
 
 Lors de l'audience de plaidoirie, les parties ont persisté dans leurs 
conclusions, l'intimé précisant que la Cour européenne des droits de l'homme 
avait récemment débouté A______ dans le cadre d'une requête déposée par celui-ci 
en contestation de sa condamnation pénale.   
 
 
                               - EN DROIT - 
 
 
 1. L'appel est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans 
le délai prescrits (art. 296 et 300 LPC). Les dernières conclusions prises en 
première instance ayant porté sur une valeur litigieuse supérieure à 8'000 fr. 
en capital, le Tribunal a statué en premier ressort; la Cour revoit donc la cause 
avec un plein pouvoir d'examen (art. 22, 24 et 25 LOJ; 291 LPC; SJ 1984 p. 466 
consid. 1). Elle applique d'office le droit fédéral (Bertossa/Gaillard/-
Guyet/Schmidt, Commentaire de la loi de procédure civile genevoise, n. 2 ad art. 
144 LPC). 
 
 2. L'appelant soutient que le jugement attaqué consacre une violation 
du droit à la preuve selon l'art. 8 CC. 
  
 a) Dans le cadre d'une action en revendication, il appartient au 

 

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demandeur de prouver qu'il avait valablement acquis la propriété de la chose, 
selon un mode originaire ou dérivé. La restitution ne sera toutefois pas ordonnée 
si le défendeur, qui supporte alors le fardeau de la preuve, démontre notamment 
qu'il est devenu propriétaire de la chose ou qu'il a le droit de la posséder 
en vertu d'un droit réel limité ou personnel (Steinauer, Les droits réels, tome 
I, 3e éd., n. 1022; Meier-Hayoz, n. 62 à 68 ad art. 641 CC).  
 
 b) Le droit de procédure cantonal détermine de quelle manière et par 
quels moyens la preuve doit être administrée (ATF 116 II 196 consid. 3a; 116 
II 594 consid. 3a). En procédure civile genevoise ordinaire, la maxime des débats 
s'applique dans la règle. Chaque partie doit, à défaut de prescriptions 
contraires, prouver les faits qu'elle allègue pour en déduire son droit (art. 
8 CC et 186 LPC). Cette répartition du fardeau de la preuve ne réglemente toute-
fois pas l'appréciation des preuves, qui relève de l'intime conviction du juge, 
auquel l'art. 8 CC n'interdit pas, lorsque les moyens de preuve ordinaires font 
défaut, de procéder par indices ou de se fonder sur une très grande vraisemblance 
(Bertossa/Gaillard/Guyet/Schmidt, Commentaire de la loi de procédure civile 
genevoise, n. 1 ad art. 186 LPC et les références; Kummer, Grundriss des 
Zivilprozessrechts, 1978, no 3, p. 123), ou encore sur l'expérience générale 
de la vie et du cours ordinaire des choses, sorte de présomption naturelle facili-
tant l'apport de la preuve (ATF 117 II 256 consid. 2b et les références, not. 
Poudret/Sandoz-Monod, COJ, n. 4.3.3 ad art. 43 LOJ; Kummer, Commentaire bernois, 
n. 362 ss; Deschenaux, Le Titre préliminaire du Code Civil, ch. 2 lit. b, p. 223). 
 
 En termes procéduraux, dans le cadre de la preuve indirecte ou par 
indices, il suffit, pour que la preuve dite principale de la survenance d'un 
fait positif ne soit plus considérée comme rapportée, que la contre-preuve, 
savoir l'établissement de faits et d'indices neutralisant la valeur probante 
des moyens principaux, éveille des doutes dans l'esprit du juge sur l'exacti-
tude des indices allégués et des conclusions qui en sont déduites par la partie 
supportant la charge de la preuve principale. Dans une telle éventualité, ce 
n'est pas le fardeau de la preuve qui est inversé, mais la preuve principale 
qui est considérée comme n'étant pas rapportée (Deschenaux, op. cit., p. 234 
et les références; Vogel, Grundriss des Zivilprozessrechts, 1992, chapitre 10, 
no 22; Kummer, Commentaire bernois, 1966, n. 362-363). 
 

 

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 c) En application de ces principes, B______ a, dans le cadre des 
conclusions qui lui ont été accordées par le premier juge, rapporté à 
satisfaction de droit la preuve principale. A l'examen du dossier, la Cour estime 
que, faute d'éléments suffisamment probants, l'appelant a échoué dans l'apport 
d'une contre-preuve :  
  
 aa) S'agissant tout d'abord des tableaux litigieux, l'appelant prétend 
en avoir remboursé le prix payé par B______ grâce aux fonds de son frère C______. 
Entendu dans le cadre de la procédure pénale, celui-ci n'a produit - 
contrairement à ses premières déclarations devant le juge d'instruction (PP, 
pièce 284) - aucun justificatif de tels paiements, ni fourni les références des 
ressortissants tunisiens dont l'appelant prétend que les comptes ont été 
utilisés pour des opérations de compensation. L'opacité d'un tel système de 
paiement dont l'appelant se prévaut ne le dispensait pas de produire devant le 
Tribunal les justificatifs des remboursements invoqués. A cet égard, la Cour 
se rallie aux conclusions du Tribunal de police et de la Chambre pénale laquelle 
a retenu que "dès lors que la propriété de l'intimé sur les objets au moment 
où ils ont été confiés est établie par les pièces du dossier, et d'ailleurs non 
contestée, il appartenait à l'appelant d'établir la preuve qu'il en avait acquis 
postérieurement la propriété. En l'absence de toutes pièces et témoignages 
probants, hormis celui du frère de l'appelant qui ne peut être considéré qu'avec 
beaucoup de retenue, compte tenu de son intérêt manifeste dans l'affaire, force 
est de constater que l'appelant n'a nullement démontré qu'il serait devenu le 
propriétaire des objets" (cf. jugement du Tribunal de police du 16 septembre 
1998, p. 2 et arrêt de la Chambre pénale du 26 avril 1999 p. 5). La propriété 
des cinq tableaux acquis en Tunisie lui a été reconnue sur la base de tels éléments 
probants. Il ne saurait en tirer argument. De par la nature de ses fonctions 
au service de B______, il n'est pas insolite qu'il soit demeuré en possession 
des tableaux. Enfin, les relations entre les parties ne se sont détériorées que 
fin 1994. L'appelant ne saurait tirer argument du fait que B______ n'a agi au 
plan judiciaire que courant 1995. Enfin, l'appelant n'indique pas les moyens 
de preuve dont il dispose pour fonder son argumentation, de nature à justifier 
un retour de la cause au premier juge.  
 
 Il devra donc restituer à l'intimé les oeuvres d'art toujours en sa 
possession, propriété de l'intimé.  

 

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 bb) En ce qui concerne le fonds de commerce du "G______", force est 
de constater que s'agissant le paiement de la première tranche de 150'000 fr., 
l'appelant n'a fourni aucune précision quant à ses modalités. Quant à la deuxième 
tranche de 140'000 fr., elle aurait été versée en présence du témoin K______, 
le 1er novembre 1993, grâce à l'argent provenant de C______. Cette version des 
faits diverge de celle de C______ qui a expliqué au juge d'instruction qu'il 
s'était déplacé à Genève et avait remis en une fois le montant total de 290'000 
fr. à A______ (PP, pièces 299 et 300). D'autre part, les déclarations de K______ 
devant le juge d'instruction ne sauraient emporter la conviction de la Cour quant 
à la réalité du versement de la deuxième tranche, en particulier lorsque le témoin 
déclare de manière pour le moins équivoque : "J'ai vu les enveloppes et il y 
avait de l'argent dedans. J'explique que je travaillais dans une banque et que 
je sens l'argent. J'ai eu l'enveloppe en mains mais je ne l'ai pas ouverte. Il 
s'agissait d'une enveloppe jaune. M. C______ m'a dit qu'il y avait de l'argent 
dedans et j'ai touché l'enveloppe pour avoir la sensation (...). C'est par 
déduction que j'ai considéré qu'il y avait 140'000 fr. dans l'enveloppe" (PP, 
pièce 446). L'attestation établie par le témoin en date du 13 décembre 1994 et 
rédigée "par un professeur de français de passage", ne fournit aucune autre 
précision sur les circonstances de cette remise d'argent (PP, pièce 627). Certes 
la procédure pénale n'a pas permis d'établir que la mention "quittance" figurant 
sur l'avenant daté du 28 juillet 1993 aurait été rajoutée par la suite. Rien 
ne permet cependant d'affirmer que le deuxième exemplaire de ce document a été 
remis - pour valoir quittance - à l'appelant le jour du paiement de la dernière 
tranche prévu le 1er novembre 1993. L'avenant, malgré son libellé, ne saurait 
donc constituer une preuve du versement du prix de vente. Le prêt invoqué, 
figurant au bilan de l'entreprise, faute d'être documenté, n'est d'aucun secours 
à l'appelant. Aucune convention en attestant n'a été produite. Selon l'appelant, 
ce prêt aurait d'ailleurs été transformé en "avance sur héritage" (PP, pièce 
296) sans que le moindre élément d'information n'ait été fourni sur la valeur 
d'une telle expectative successorale. Enfin, en ce qui concerne l'attestation 
produite par C______ lui-même (PP, pièce 306), la Cour, en l'absence de tous 
justificatifs (avis de débit des fonds, quittances, estimation des avoirs 
successoraux) et compte tenu de l'intérêt commun de A______ et C______ à l'issue 
de la présente cause, ne la tient pas pour déterminante. Les autres pièces de 
la procédure pénale visées par le premier juge (not. 76, 104, 268, 295, 296, 

 

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299, 300, 450, 508, 667) fondent également le rejet des moyens de l'appelant. 
 
 C'est, en conséquence, à raison que le Tribunal l'a condamné à payer 
le montant de 290'000 fr., prix d'achat du fonds de commerce.  
 
 3. A______ se plaint, en outre, de ce que, dans ce contexte, le Tribunal 
aurait violé l'art. 53 CO. A l'appui de sa thèse, il fait valoir - de manière 
d'ailleurs contradictoire - qu'en ce concerne les tableaux, le juge civil ne 
devait pas se considérer comme lié par les décisions pénales mais qu'en revanche, 
au sujet du fonds de commerce, il était lié par l'absence d'inculpation de 
l'appelant. Il est vrai que la doctrine considère que l'art. 53 CO est une norme 
peu claire (Brehm, Berner Kommentar, Die Enstehung durch unerlaubte Handlungen, 
art. 41-61  OR; Stämpfli, Berne 1998, 2ème éd., no 3 ad art. 53 CO). Cela étant, 
il n'est pas contesté que le juge civil apprécie juridiquement les faits de façon 
autonome et qu'il n'est donc pas lié par les règles du droit pénal (SJ 1998, 
p. 647; ATF 108 II 422, JdT 1983 I 104 , not. 107 consid. 2b in fine; Engel, 
op. cit., p. 573; Oftinger/Stark, Schweize-risches Haftpflichtrecht I, par. 5 
n. 133; Keller, Haftpflichtrecht im Privatrecht, p. 82 et 83). Tant la teneur 
de l'art. 53 CO que l'option retenue par la Cour de justice dans le champ étroit 
que lui réserve le droit fédéral dénient l'autorité de la chose jugée du pénal 
sur le civil. La justification théorique de la règle "le pénal tient le civil 
en état", telle que mise en avant par la doctrine française, ne se retrouve pas 
en droit genevois (cf. Gaillard, La règle "le pénal tient le civil en l'état" 
en procédure genevoise in : SJ 1985, p. 152).  
  
 A juste titre, le premier juge a suspendu l'instruction de l'action 
civile comme dépendant du pénal. Une telle mesure s'imposait du fait que la 
personne poursuivie était celle-là même qui figurait en qualité de défenderesse 
dans l'action civile (SJ 1985, 147; 1944 p. 359; 1953 p. 76; ACJ cause Givaudan 
SA du 2 octobre 1981, p. 16), qu'il existait un rapport de connexité entre les 
faits fondant l'action civile et ceux poursuivis pénalement (SJ 1940 p. 477 et 
ss; 1948 p. 534 et ss; 1950 p. 234; 1966 p. 19), qu'enfin, l'action publique 
était conduite par les autorités judiciaires genevoises (SJ 1974 p. 175). L'issue 
de la procédure pénale en cours était bien de nature à apporter au juge civil 
un élément d'appréciation important pour statuer dans la cause qui lui était 
soumise (SJ 1974 p. 129 et 171). N'étant pas lié par les constatations du juge 

 

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pénal qu'il revoit librement (ACJ cause Vuissoz du 14 octobre 1977, p. 8), le 
premier juge pouvait, en vertu de cette même liberté, se dispenser d'ordonner 
de nouvelles enquêtes sur des circonstances de fait au sujet desquelles la 
procédure pénale lui apportait tous les renseignements nécessaires (ACJ cause 
Nyanza Textile Ltd. du 23 mai 1980, p. 16) et valablement se référer aux 
constatations figurant dans la procédure pénale (SJ 1978 p. 283). Aucun grief 
ne peut donc être adressé au premier juge lorsqu'il a procédé à une apprécia-
tion des preuves et des indices, rappelés plus haut, tels qu'ils ressortaient 
de l'ensemble du dossier qui était à sa disposition, c'est-à-dire des preuves 
produites aussi bien devant lui-même que devant le juge pénal.  
  
 Partant, les  moyens de l'appelant tirés d'une violation des art. 8 
CC et 53 CO s'avèrent infondés.  
 
 4. En conséquence, l'appel sera rejeté et A______ condamné aux dépens 
de seconde instance (art. 176 al. 1 LPC). 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

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P a r   c e s   m o t i f s  
 

L a   C o u r  : 
 
 
 A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté par A______ contre le jugement 
JTPI/9455/2001 rendu le 30 juillet 2001 par le Tribunal de première 
instance dans la cause C/29670/1995-8. 

 Au fond : 
 Confirme ce jugement. 

Condamne A______ aux dépens d'appel, lesquels comprennent une indemnité  
de procédure de 1'000 fr. qui constitue une participation aux 
honoraires d'avocat de B______. 

 Déboute les parties de toutes autres conclusions. 
 Siégeant : 

Monsieur Stéphane Geiger, président; Madame Antoinette Stalder et 
Monsieur Laurent Kasper-Ansermet, juges; Madame Nathalie Deschamps, 
greffière.