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**Case Identifier:** 684e7b91-46ea-5b21-8f20-a337766ff889
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-12-03
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des baux et loyers 03.12.2018 C/12425/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_004_C-12425-2018_2018-12-03.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 04.12.2018. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/12425/2018 ACJC/1679/2018 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des baux et loyers 

DU LUNDI 3 DECEMBRE 2018 

 

Entre 

1) Monsieur A______, domicilié ______, 
2) B______ SA, sise ______, appelants d'un jugement rendu par le Tribunal des baux et 
loyers le 12 juillet 2018, comparant tous deux par Me Roger MOCK, avocat, avenue des 

Cavaliers 13, 1224 Chêne-Bougeries (GE), en l'étude duquel ils font élection de 

domicile, 

et 

Madame C______ et Monsieur D______, domiciliés ______, intimés, comparant tous 
deux par Me Tal SCHIBLER, avocat, boulevard du Théâtre 3bis, case postale 5740, 

1211 Genève 11, en l'étude duquel ils font élection de domicile. 

 

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C/12425/2018 

EN FAIT 

A. a. Par jugement JTBL/645/2018, rendu le 12 juillet 2018, le Tribunal des baux et 
loyers, statuant par voie de procédure sommaire, a condamné B______ SA et 

A______ à évacuer immédiatement de leur personne, de tout tiers dont ils sont 

responsables et de leurs biens, l’arcade de 88 m2 située au rez-de-chaussée de 
l’immeuble sis 1______, à Genève (ch. 1), autorisé D______ et C______ à 
requérir l’évacuation par la force publique de B______ SA et A______ dès 
l’entrée en force du jugement (ch. 2), condamné B______ SA et A______, pris 
conjointement et solidairement, à payer à D______ et C______ la somme de 

31'330 fr., avec intérêts à 5% l’an dès le 15 février 2018 (ch. 3), déclaré 
irrecevable la requête de D______ et C______ pour le surplus (ch. 4), débouté les 

parties de toutes autres conclusions (ch. 5) et dit que la procédure était gratuite 

(ch. 6).  

 Ce jugement a été notifié aux parties par plis recommandés du greffe du 17 juillet 

2018. 

 b. Par acte adressé au greffe de la Cour de justice le 30 juillet 
2018, B______ SA et A______ (ci-après : les appelants ou les locataires) ont 

formé appel contre ce jugement, qu'ils ont reçu le 18 juillet 2018. Ils ont conclu à 

ce qu’il soit annulé et à ce que la requête en évacuation déposée contre eux par 
D______ et C______ (ci-après : les intimés ou les bailleurs) soit déclarée 

irrecevable et en tout état à ce que ces derniers soient déboutés de toutes leurs 

conclusions. 

 Les appelants se réfèrent à l’état de fait établi par les premiers juges, qu’ils font 
leur. L’argumentation développée à l’appui de leurs conclusions porte uniquement 
sur la recevabilité de la requête en protection du cas clair déposée contre eux, sur 

la base de l’art. 257 CPC. A ce sujet, ils soutiennent que l’état de fait est litigieux 
sur la base du raisonnement suivant : «l’évacuation forcée de locataires pour un 
retard de loyer n’est pas un cas clair mais justifie au contraire un examen 
approfondi, dans le cadre d’une procédure régulière, des raisons qui ont amené 
ceux-ci à cette situation inconfortable surtout, lorsqu’il s’agit, comme dans le cas 
d’espèce, de leur outil de travail». Ils se réfèrent à l’argument présenté devant les 
premiers juges, «à savoir qu’il est choquant à notre époque en Suisse, que des 
gens soient privés de leur outil de travail». 

 c. Par mémoire réponse du 10 août 2018, les intimés ont conclu au rejet de l’appel 
et à la confirmation du jugement attaqué, ainsi qu’à la condamnation des 
appelants en tous les dépens de l’instance, y compris une équitable indemnité 
valant participation à leur frais d’avocat. 

 d. Par réplique et duplique respectivement des 20 et 29 août 2018, les parties ont 
persisté dans leurs conclusions. 

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C/12425/2018 

 e. Par pli du greffe du 30 août 2018, elles ont été informées de ce que la cause 
était gardée à juger. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure de première instance :  

 a. Par contrat du 20 juin 2012, B______ SA, locataire, et D______ et C______, 
bailleurs, se sont liés pour la location d’une arcade de 88 m2 au rez-de-chaussée de 
l’immeuble situé 1______, à Genève. 

 Le bail a pris effet au 1
er

 juin 2012, pour une durée initiale de trois ans,  

soit jusqu’au 31 mai 2015, et s’est par la suite renouvelé d’année en année, 
conformément aux clauses contractuelles. 

 Le loyer a été fixé en dernier lieu à 2’880 fr. par mois, charges comprises. 

 A une date indéterminée, mais au plus tard au mois d’août 2017, A______ est 
devenu colocataire des locaux. 

 b. Par avis comminatoire du 14 novembre 2017, envoyé par plis recommandés 
séparés aux deux locataires, les bailleurs ont mis en demeure ceux-ci de leur 

régler dans les 30 jours les loyers correspondant aux mois de septembre à 

novembre 2017, en les informant de leur intention de résilier le bail en application 

de l’art. 257d CO, à défaut du paiement intégral de la somme réclamée dans le 
délai imparti. 

 c. Considérant que cette somme ne leur avait pas été réglée dans ce délai, les 
bailleurs ont déclaré résilier le bail avec effet au 31 mars 2018 pour défaut de 

paiement, par avis officiels du 14 février 2018, adressés séparément par plis 

recommandés aux locataires. 

 d. Les locataires n’ayant pas libéré les locaux à l’échéance du contrat, les bailleurs 
ont introduit une requête en protection du cas clair auprès du Tribunal des baux et 

loyers le 30 mai 2018, concluant au prononcé de l’évacuation immédiate des 
locataires, avec mesure d’exécution directe, et à la condamnation de ces derniers 
au paiement des sommes de 19'550 fr. avec intérêts à 5% l’an dès le 1er décembre 
2017 à titre d’arriérés de loyers, ainsi que de 5'500 fr. avec intérêts à 5% l’an dès 
le 1

er
 mai 2017 et de 2'750 fr. par mois avec intérêts à 5% l’an dès l’échéance 

moyenne jusqu’à la fin du mois suivant la libération effective des locaux, à titre 
d’indemnités pour occupation illicite. 

 e. Lors de l’audience du Tribunal du 12 juillet 2018, les bailleurs ont persisté dans 
leur demande, en précisant que les arriérés s’élevaient alors à 31'330 fr. et 
amplifié leurs conclusions en paiement à hauteur de ce montant. 

 Les locataires ont sollicité une reconvocation de la cause à un mois. Les bailleurs 

s’y sont opposés du fait que les locataires n'avaient pas tenu leurs engagements, 
aucun paiement n’étant intervenu depuis le mois d’août 2017. 

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C/12425/2018 

 Les locataires n’ont pas contesté ce fait ni le montant de l’arriéré. Ils ont contesté 
le cas clair, au motif qu’il était choquant, à notre époque en Suisse, que des gens 
soient privés de leur outil de travail. 

 f. Sur quoi, le Tribunal a gardé la cause à juger. 

EN DROIT 

1. 1.1 Dans le jugement entrepris, le Tribunal a prononcé l’évacuation immédiate 
des locataires et autorisé les bailleurs à faire appel à la force publique pour faire 

exécuter l’évacuation dès l'entrée en force du jugement. Il a également condamné 
les locataires au paiement d’une somme de 31'330 fr. sur la base de prétentions 
formulées à hauteur de cette somme par les bailleurs, qui avaient également 

conclu au paiement de 2'750 fr. par mois jusqu’à la libération des locaux. 

 L'appel est recevable contre les décisions finales et les décisions incidentes de 

première instance (art. 308 al. 1 let. a CPC). Dans les affaires patrimoniales, 

l'appel est recevable si la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de 

10'000 fr. au moins (art. 308 al. 2 CPC). 

 Au vu de ce qui précède, la valeur litigieuse est supérieure à 10'000 fr., de sorte 

que la voie de l’appel est ouverte. 

1.2 1.2.1 Selon l'art. 311 al. 1 CPC, il incombe au recourant de motiver son appel, soit 
de démontrer le caractère erroné de la motivation attaquée. Son argumentation 

doit être suffisamment explicite pour que l'instance d'appel puisse la comprendre 

aisément, ce qui suppose une désignation précise des passages de la décision qu'il 

attaque et des pièces du dossier sur lesquelles repose sa critique (ATF 138 III 374 

consid. 4.3.1). Même si l'instance d'appel applique le droit d'office (art. 57 CPC), 

le procès se présente différemment en seconde instance, vu la décision déjà 

rendue. L'appelant doit donc tenter de démontrer que sa thèse l'emporte sur celle 

de la décision attaquée. Il ne saurait se borner à simplement reprendre les allégués 

de fait ou les arguments de droit présentés en première instance, mais il doit 

s'efforcer d'établir que, sur les faits constatés ou sur les conclusions juridiques qui 

en ont été tirées, la décision attaquée est entachée d'erreurs. Il ne peut le faire 

qu'en reprenant la démarche du premier juge et en mettant le doigt sur les failles 

de son raisonnement. Si la motivation de l'appel est identique aux moyens qui 

avaient déjà été présentés en première instance, avant la reddition de la décision 

attaquée (arrêt du Tribunal fédéral 4A_97/2014 du 26 juin 2014 consid. 3.3), ou si 

elle ne contient que des critiques toutes générales de la décision attaquée ou 

encore si elle ne fait que renvoyer aux moyens soulevés en première instance, elle 

ne satisfait pas aux exigences de l'art. 311 al. 1 CPC et l'instance d'appel ne peut 

entrer en matière (arrêts du Tribunal fédéral 4A_290/2014 du 1
er

 septembre 2014 

consid. 3.1; 5A_438/2012 du 27 août 2012 consid. 2.2; 4A_97/2014 déjà cité 

consid. 3.3). 

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 1.2.2 En l'espèce, les appelants se bornent à contester que la cause ait pu être 
jugée selon la procédure en protection des cas clairs, soit en procédure sommaire, 

se référant à leur motivation liée au caractère choquant selon eux du fait de 

pouvoir être évacués suite à un retard de loyer et soutenant qu’ils auraient dû 
pouvoir bénéficier d’une procédure «ordinaire» afin d’expliquer les raisons les 
ayant conduits audit retard. 

Les appelants, pourtant représentés par un avocat rompu au droit du bail, se sont 

limités à reprendre le seul motif présenté devant les premiers juges pour contester 

l’existence d’un cas clair. Ils ne développent aucune critique permettant de 
comprendre en quoi le Tribunal aurait violé la loi en admettant la protection du 

cas clair.  

Par conséquent, l’appel est irrecevable. 

2. Même s'il avait été recevable, l'appel aurait dû être rejeté pour les motifs qui 
suivent. 

2.1 2.1.1 La procédure sommaire prévue par l'art. 257 CPC est une alternative aux 
procédures ordinaire ou simplifiée normalement disponibles, destinée à offrir à la 

partie demanderesse, dans les cas dits clairs, une voie particulièrement simple et 

rapide. Selon l'art. 257 al. 1 let. a et b CPC, cette voie suppose que l'état de fait ne 

soit pas litigieux ou qu'il soit susceptible d'être immédiatement prouvé (let. a), et 

que la situation juridique soit claire (let. b). Selon l'art. 257 al. 3 CPC, le juge 

n'entre pas en matière si l'une ou l'autre de ces hypothèses n'est pas vérifiée. 

Le cas n'est pas clair, et la procédure sommaire ne peut donc pas aboutir, lorsqu'en 

fait ou en droit, la partie défenderesse oppose à l'action des objections ou 

exceptions motivées sur lesquelles le juge n'est pas en mesure de statuer 

incontinent. L'échec de la procédure sommaire ne suppose pas que la partie 

défenderesse rende vraisemblable l'inexistence, l'inexigibilité ou l'extinction de la 

prétention élevée contre elle; il suffit que les moyens de cette partie soient aptes à 

entraîner le rejet de l'action, qu'ils n'apparaissent pas d'emblée inconsistants et 

qu'ils ne se prêtent pas à un examen en procédure sommaire. La situation juridique 

est claire lorsque l'application du droit au cas concret s'impose de façon évidente 

au regard du texte légal ou d'une doctrine et d'une jurisprudence éprouvées. En 

règle générale, la situation juridique n'est pas claire s'il est nécessaire que le juge 

exerce un certain pouvoir d'appréciation, voire rende une décision en équité 

(ATF 141 III 23 consid. 3.2; 138 III 123 consid. 2.1.2; 138 III 620 consid. 5). 

2.1.2 A teneur de l'art. 257d al. 1 CO, lorsque le locataire, après réception de la 
chose, a du retard pour s'acquitter d'un terme ou de frais accessoires échus, le 

bailleur peut lui fixer par écrit un délai de paiement et lui signifier qu'à défaut de 

paiement dans ce délai, il résiliera le bail. Le délai doit être d'au moins trente jours 

pour les baux d'habitation ou de locaux commerciaux. L'art. 257d al. 2 CO 

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dispose qu'à défaut de paiement dans le délai fixé, le bailleur peut résilier le 

contrat avec effet immédiat. 

 La validité du congé suppose notamment que le locataire se soit effectivement 

trouvé en retard dans le paiement du loyer ou de frais accessoires lorsque la 

sommation lui a été adressée, d'une part, et qu'il ne se soit pas acquitté de cet 

arriéré dans le délai fixé, d'autre part (arrêt du Tribunal fédéral 4A_299/2011 du 

7 juin 2011 consid. 5).  

 2.1.3 A la fin du bail, le locataire doit restituer la chose dans l'état qui résulte d'un 
usage conforme au contrat (art. 267 al. 1 CO). Le locataire étant le débiteur de 

cette obligation de restitution, c'est à lui qu'il appartient, en vertu de l'art. 8 CC, de 

prouver les faits qui permettent de constater qu'il s'est libéré de son obligation 

(arrêt du Tribunal fédéral 4A_41/2011 du 27 avril 2011 consid. 2.1.2 et les auteurs 

cités). 

 Lorsque le locataire ne restitue pas la chose au terme du bail, le bailleur peut 

ouvrir contre lui une action en expulsion.  

 2.2 En l'espèce, les locataires n'ont pas contesté le congé qui leur a été notifié pour 
défaut de paiement. Ils n'ont pas davantage allégué devant le Tribunal que l’avis 
comminatoire n'était pas clair ou qu'ils étaient à jour, à l'issue du délai 

comminatoire, dans le paiement des loyers pour la période indiquée dans l'avis. 

Au contraire, ils ont admis le montant de l'arriéré et le fait de ne pas avoir réglé de 

loyer depuis le mois d’août 2017. 

 Ils n’ont pas non plus contesté avoir reçu l’avis comminatoire et l’avis officiel de 
résiliation de bail pour défaut de paiement ou n’avoir pas libéré les locaux. 

 Dans ces circonstances, c’est à bon droit que le Tribunal a considéré le cas comme 
clair. En effet, les faits fondant la notification de la résiliation sur la base de 

l’art. 257d CO étant établis, de même que le fait que les locaux n’avaient pas été 
libérés à l’échéance, les premiers juges se devaient de donner suite à la requête en 
évacuation et d’accorder la protection du cas clair aux bailleurs. 

 Au surplus, ni les mesures d’exécution prononcées, ni la condamnation en 
paiement ne sont remises en question devant la Cour. 

3. A teneur de l'art. 22 al. 1 LaCC, il n'est pas prélevé de frais dans les causes 
soumises à la juridiction des baux et loyers, étant rappelé que l'art. 116 al. 1 CPC 

autorise les cantons à prévoir des dispenses de frais dans d'autres litiges que ceux 

visés à l'art. 114 CPC (ATF 139 III 182 consid. 2.6).  

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre des baux et loyers : 

A la forme : 

Déclare irrecevable l’appel interjeté le 30 juillet 2018 par B______ SA et A______ 
contre le jugement JTBL/645/2018 rendu le 12 juillet 2018 par le Tribunal des baux et 

loyers dans la cause C/12425/2018-8-SE. 

Au fond : 

Dit que la procédure est gratuite. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Siégeant : 

Monsieur Ivo BUETTI, président; Madame Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ et 

Madame Eleanor McGREGOR, juges; Madame Laurence CRUCHON et 

Monsieur Grégoire CHAMBAZ, juges assesseurs; Madame Maïté VALENTE, 

greffière. 

   

Le président : 

Ivo BUETTI 

  La greffière : 

Maïté VALENTE 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par devant le Tribunal fédéral 

par la voie du recours en matière civile.  

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF : cf. considérant 1.1. 

http://justice.geneve.ch/perl/JmpLex/RS%20173.110