# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 7809e2a6-8b8e-5104-bd78-314cf2dfa911
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2014-02-11
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 11.02.2014 D-5369/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-5369-2013_2014-02-11.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour IV 

D-5369/2013 

 

 

 

 A r r ê t  d u  11  f é v r i e r  2 0 1 4  

Composition 

 
Gérard Scherrer, juge unique,  

avec l'approbation de Claudia Cotting-Schalch, juge ; 

Michel Jaccottet, greffier. 

 

 
 

Parties 

 
A._______, née le (…),    

B._______, né le (…), Sri Lanka,   

représentés par M
e
 Gabriel Püntener, avocat,  

recourants,  

 
 

 
contre 

 

 
Office fédéral des migrations (ODM),  

Quellenweg 6, 3003 Berne,    

autorité inférieure.  

 

Objet 

 
Asile et renvoi; décision de l'ODM du 16 août 2013 /  

N (…). 

 

 

D-5369/2013 

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Vu 

la demande d'asile déposée en Suisse par l'intéressée en date du  

21 janvier 2011, motif pris que (…), qui collaborait avec le "Liberation 

Tigers of Tamil Eelam" (LTTE), était recherché par les autorités sri 

lankaises, 

le mariage de la requérante, célébré le (…) 2012, avec C._______, 

ressortissant sri lankais au bénéfice d'une admission provisoire en 

Suisse, 

la décision du 16 août 2013, notifiée sept jours plus tard, par laquelle 

l'ODM, se fondant sur l'art. 7 de la loi du 26 juin 1998 sur l’asile (LAsi, RS 

142.31), a rejeté ladite demande d'asile, prononcé le renvoi de 

l'intéressée et de son fils et ordonné l'exécution de cette mesure, 

le recours, posté le 23 septembre 2013, par lequel l'intéressée, invoquant 

notamment des violations de l'obligation de motivation et du droit d'être 

entendu, ainsi que la constatation inexacte ou incomplète des faits 

pertinents, a conclu à l'annulation de la décision attaquée et à l'octroi de 

l'asile, subsidiairement au renvoi de la cause à l'ODM, pour examen au 

fond de ladite demande, et à l'octroi de l'admission provisoire, pour 

illicéité, respectivement inexigibilité de l'exécution du renvoi, 

les annexes au recours (pièces 1 à 71), 

l'ordonnance du 30 septembre 2013, par laquelle le Tribunal a renoncé à 

la perception d'une avance sur les frais de procédure, 

 

et considérant 

que le Tribunal, en vertu de l’art. 31 de la loi du 17 juin 2005 sur le 

Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32), connaît des recours 

contre les décisions au sens de l’art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 

1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021) prises par les 

autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF,  

qu’en particulier, les décisions rendues par l’ODM concernant l’asile 

peuvent être contestées, par renvoi de l’art. 105 LAsi, devant le Tribunal, 

lequel statue alors définitivement, sauf demande d’extradition déposée 

par l’Etat dont le requérant cherche à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la 

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loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]), exception 

non réalisée en l'espèce,  

que le Tribunal est donc compétent pour connaître du présent litige,  

que la recourante a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA), 

qu'interjeté dans la forme (cf. art. 52 al. 1 PA) et le délai (cf. 

art. 108 al. 1 LAsi) prescrits par la loi, le recours est recevable, 

qu'à teneur de l'art. 106 al. 1 aLAsi, les motifs de recours qui peuvent être 

invoqués devant le Tribunal sont la violation du droit fédéral, notamment 

pour abus ou excès dans l'exercice du pouvoir d'appréciation (let. a), 

l'établissement inexact ou incomplet de l'état de fait pertinent (let. b) ou 

l'inopportunité (let. c, abrogée par le ch. 1 de la LF du 14 décembre 2012, 

avec effet au 1
er 

février 2014 [RO 2013 4375 5357]), 

que le Tribunal examine le droit fédéral d'office et n'est pas lié par les 

motifs invoqués par les parties (cf. art. 62 al. 4 PA, par renvoi de 

l'art. 105 LAsi et de l'art. 37 LTAF) ou par les considérants de la décision 

attaquée (cf. ATAF 2009/57 consid.1.2) ; qu'il peut dès lors admettre le 

recours pour d'autres raisons que celles avancées par la partie ou, au 

contraire, confirmer la décision de l'autorité inférieure sur la base d'autres 

motifs que ceux retenus par cette dernière (cf. THOMAS HÄBERLI, 

in : Bernhard Waldmann/Philippe Weissenberger [éds.], Praxiskommentar 

zum Bundesgesetz über das Verwaltungs-verfahren, Zurich/Bâle/Genève 

2009, art. 62 PA, n° 37 à 40, p. 1249 s; voir également ATAF 2007/41 

consid. 2 ; arrêt du Tribunal D-987/2011 du 25 mars 2013 consid. 1.3 et 

jurisp. cit.), 

qu'il revoit les faits avec un plein pouvoir d'examen 

(art. 106 al. 1 let. b LAsi) ; qu'il se base généralement sur la situation qui 

prévaut au moment où il statue (cf. ATAF 2012/21 consid. 5 ; cf. 

également ATAF 2011/43 consid. 6.1 et 2011/1 consid. 2) ; qu'il n'a pas à 

éclaircir des questions de fait essentielles en se substituant à l'autorité de 

première instance ; que l'art. 32 PA, qui porte sur l'appréciation de l'état 

de fait, vise la procédure devant les autorités de première instance et non 

directement la procédure de recours, ce que confirme la systématique de 

la loi ; que si le Tribunal ne se limitait pas à compléter l'état de fait 

pertinent, mais établissait celui-ci au même titre qu'une autorité inférieure, 

la partie se verrait privée de l'instance de recours ; que le Tribunal doit 

donc, pour ces motifs, se limiter à valider ou à compléter l'état de fait 

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pertinent, tel qu'il a été retenu par l'ODM (cf. ATAF 2012/21 consid. 5 ; 

voir aussi arrêt du Tribunal E-4157/2012 du 4 octobre 2012, consid. 4), 

qu'en l'espèce, l'ODM a récemment décidé de renoncer, de manière 

systématique, à la fixation de délais de départ des requérants d'asile 

déboutés sri-lankais, d'ethnie tamoule, et de supprimer les délais de 

départ déjà fixés ; que, de facto, il a procédé ainsi à la reconsidération de 

toutes les affaires en cours, ainsi que de celles qui étaient closes avec cet 

arrière-plan, sans tenir compte des circonstances particulières de chaque 

cas d'espèce ; que cette pratique a été instaurée en réaction à la 

dénonciation de deux cas, rendus publics, dans lesquels des requérants 

d'asile tamouls auraient été mis en détention par les autorités de leur 

pays, après y avoir été rapatriés ; que l'ODM a annoncé vouloir non 

seulement clarifier les circonstances des deux cas d'arrestations précités, 

mais également vouloir procéder à un examen minutieux de la situation 

générale au Sri Lanka, dans le but d'éviter de tels cas à l'avenir, 

que ce faisant, il admet que l'état de fait, tel que retenu dans sa décision 

dont est recours, n'est pas établi de manière complète ; qu'autrement dit, 

un nouvel examen de la situation au Sri Lanka serait de nature à influer 

sur l'établissement de l'état de fait juridiquement pertinent et, partant, sur 

sa décision prise en matière d'exécution du renvoi, voire en matière de 

reconnaissance de la qualité de réfugié et d'octroi de l'asile (cf. ATAF 

2011/24 consid. 8 s'agissant des groupes à risque),  

qu'au vu de ce qui précède, il y a lieu d'annuler la décision attaquée pour 

établissement incomplet de l'état de fait pertinent au sens de 

l'art. 106 al. 1 let. b LAsi et de renvoyer la cause à l'ODM pour 

complément d'instruction et nouvelle décision (cf. art. 61 al. 1 PA),  

que s’avérant manifestement fondé, le recours est admis dans une 

procédure à juge unique, avec l'approbation d'un second juge  

(cf. art. 111 let. e LAsi), le présent arrêt n'étant motivé que sommairement 

(cf. art. 111a al. 2 LAsi),  

que vu l'issue de la cause, il n'est pas perçu de frais de procédure  

(cf. art. 63 al. 1 et 2 PA), 

que par ailleurs, la recourante doit être considérée comme ayant obtenu 

gain de cause, dans la mesure où il est fait droit à sa conclusion tendant 

à l'annulation de la décision attaquée, 

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que d'après l'art. 64 al. 1 PA, la partie qui obtient gain de cause a droit à 

des dépens pour les frais indispensables et relativement élevés causés par 

le litige (cf. à ce sujet aussi art. 7 al. 1 du règlement du 21 février 2008 

concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal 

administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2], où est utilisé le terme de "frais 

nécessaires", qui a toutefois la même portée) ; que l'art. 8 al. 2 FITAF 

précise encore que les frais non nécessaires ne sont pas indemnisés, 

que la notion de "frais indispensables et relativement élevés", en tant que 

notion juridique indéterminée, vient garantir au Tribunal un important 

pouvoir d'appréciation, 

qu'à cet égard, il apprécie librement, au vu des circonstances du cas 

d'espèce et de la situation procédurale (p. ex. lorsque les écritures de la 

partie qui a eu droit à des dépens ont été inutilement longues ou 

répétitives), dans quelle proportion une indemnité de dépens est due 

(JEROME CANDRIAN, Introduction à la procédure administrative fédérale – 

La procédure devant les autorités administratives fédérales et le Tribunal 

administratif fédéral, Bâle 2013, n. marg. 218, p. 127), 

qu'en particulier, s'agissant du calcul des dépens, il peut également tenir 

compte du fait que le mandataire du recourant a fait appel à des textes 

préformulés généraux et des moyens de preuves de nature générale déjà 

utilisés dans de très nombreuses autres affaires concernant des 

ressortissants srilankais,  

que l'argumentation du recours et les moyens de preuve déposés à 

l'appui sont quasiment identiques à ceux qui sont invoqués dans la 

procédure de recours du mari de l'intéressée (D-5371/2013), défendu par 

le même mandataire, 

que dès lors, en application des règles de calcul prévues dans la loi et au 

vu des circonstances particulières, les dépens sont arrêtés ex aequo et 

bono au montant de 600 francs, que l'autorité de première instance est 

invitée à verser à la recourante, en application de l'art. 64 al. 2 PA, 

 

(dispositif page suivante) 

 

 

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le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est admis. 

2.  

La décision de l'ODM du 16 août 2013 est annulée et la cause lui est 

renvoyée pour compléter l'état de fait pertinent et pour nouvelle décision. 

3.  

Il n'est pas perçu de frais de procédure. 

4.  

L'ODM est invité à verser à la recourante un montant de 600 francs à titre 

de dépens. 

5.  

Le présent arrêt est adressé à la recourante, à l'ODM et à l'autorité 

cantonale. 

 

Le juge unique : Le greffier : 

  

Gérard Scherrer Michel Jaccottet 

 

 

Expédition :