# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 0e768c4a-4030-5281-8aa7-c67706e8964c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2025-09-29
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 29.09.2025 P/4958/2021
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-4958-2021_2025-09-29.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/4958/2021 ACPR/783/2025 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du lundi 29 septembre 2025 

 

Entre 

A______, représentée par Me Robert ASSAEL, avocat, MENTHA Avocats, rue de l'Athénée 

4, case postale 330, 1211 Genève 12, 

recourante, 

contre l'ordonnance de classement et refus de réquisitions de preuves rendue le 18 octobre 

2024 par le Ministère public, 

et 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 1213 

Petit-Lancy, case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimé. 

- 2/12 - 

P/4958/2021 

EN FAIT : 

A. a. Par acte expédié le 1er novembre 2024, A______ recourt contre l'ordonnance du 
18 octobre précédent, notifiée le 22 suivant, par laquelle le Ministère public a rejeté 
ses réquisitions de preuve et ordonné le classement de la procédure. 

La recourante sollicite, préalablement, l'octroi de l'assistance judiciaire gratuite et, 
conclut, principalement, sous suite de frais et de dépens, à l'annulation de l'ordonnance 
précitée et à la poursuite de l'instruction, le Ministère public devant prévenir B______ 
et C______, la Ville de Genève et toutes autres personnes impliquées, du chef de 
lésions corporelles par négligence (art. 125 CP), et procéder aux auditions requises.  

b. Par courrier du 26 juin 2025, la Chambre pénale de recours (CPR) a dispensé la 
recourante de verser les sûretés, au vu du rapport rendu par le greffe de l'assistance 
juridique le 19 précédent (art. 383 al. 1 CPP), tout en réservant l'examen de l'octroi, ou 
non, de l'assistance judiciaire gratuite dans la présente décision.  

B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier : 

a. Le 31 mai 2018, vers 13h20, A______, née le ______ 2003 et alors âgée de 14 ans, 
cheminait normalement sur le trottoir, en compagnie d'un ami, afin de se rendre au 
Cycle d'orientation D______, où elle était scolarisée.  

À la hauteur du no ______ de la rue 1______, elle a marché sur une grille en fer donnant 
accès à la ventilation d'un parking souterrain. Mal placée, la grille a basculé sous son 
poids, ce qui a entraîné sa chute à l'intérieur du trou de ventilation (ou ci-après: saut-
de-loup) d'une profondeur d'environ 1,5 mètres [fiche d'intervention des secours du 
31 mai 2018; rapport de renseignements de la police du 10 avril 2019].  

En se soulevant à l'avant, la grille était venue frapper son visage.  De ce fait, elle avait 
notamment subi un traumatisme facial, comportant une plaie du nez avec saignement 
actif et tuméfaction nasale [fiche d'intervention des secours du 31 mai 2018; rapport de 
consultation du service d'accueil et d'urgences pédiatriques du 1er juin 2018; rapport de renseignements 

de la police du 10 avril 2019].  

Intervenus sur place, les agents de police ont constaté que la grille se soulevait 
facilement à mains nues [rapport de renseignements de la police du 10 avril 2019]. 

L'enquête a, par la suite, permis d'établir que la grille en question avait été déplacée un 
peu plus tôt par E______, née le ______ 2003 et également élève au cycle précité 
[rapport de renseignements de la police du 10 avril 2019; infra, let. B.c.].  

b.a. Par courrier adressé le 13 juin 2018 au Ministère public, F______, maman de 
A______, a déposé plainte pénale pour le compte de sa fille du chef de lésions 
corporelles, à l'encontre du propriétaire de la grille en fer ainsi que tout tiers 
responsable de l'accident.  

- 3/12 - 

P/4958/2021 

b.b. Dans un complément du 16 juillet 2018, elle a notamment mis en cause E______, 
laquelle avait, entre-temps, révélé à sa fille avoir soulevé la grille en question peu avant 
son passage.  

b.c. Le 25 février 2021, sous la plume de son conseil, F______ a requis du Ministère 
public qu'il identifie le propriétaire de la grille.  

c. Par ordonnance pénale du 30 avril 2021 (P/4______/2018), le Juge des mineurs a 
déclaré E______ coupable de lésions corporelles simples par négligence (art. 125 CP) 
à l'encontre de A______ et a renvoyé F______ à agir par la voie civile s'agissant de 
ses prétentions civiles.  

Le Juge des mineurs a tenu pour établi que E______ avait, le 31 mai 2018, aux 
alentours de 13h00, soulevé de quelques centimètres, avant de la laisser retomber, la 
grille qui s'était abattue une vingtaine de minutes plus tard sur le visage de A______ 
lorsque cette dernière avait marché dessus. E______ avait d'emblée reconnu ces faits 
et admis ne pas avoir vérifié que la grille était bien replacée après l'avoir soulevée. 
Aussi, en ayant soulevé la grille et en ayant omis de vérifier qu'elle était bien replacée, 
E______ avait créé une situation de mise en danger pour les futurs usagers de la voie 
publique qui ne pouvaient raisonnablement pas s'attendre à ce qu'une telle grille fût 
mal posée et se soulevât à leur passage. Malgré son jeune âge, elle aurait pu et dû s'en 
rendre compte. Un lien de causalité était donné entre son comportement et les lésions 
corporelles simples de A______ (ordonnance précitée, consid. H). 

Le Juge des mineurs a encore observé que "l'absence de scellement de [la] grille, 
imputable au responsable de cette grille, certes regrettable et qui a contribué à 

provoquer le dommage, n'est pas une circonstance à ce point exceptionnelle [et] 

suffisante en soi pour interrompre le rapport de causalité adéquate existant entre la 

négligence de la jeune fille et les lésions corporelles provoquées" (ordonnance 
précitée, consid. H in fine).  

d. D'après le rapport de renseignements de la police du 18 décembre 2021, la grille en 
question se trouvait, selon le cadastre, sur la voie publique et dépendait de l'immeuble 
sis rue 5______ [recte: rue 1______] no ______, appartenant à B______ et C______ 
et dont la gérance était assumée par la régie G______.  

Après avoir été informée de l'accident du 31 mai 2018 (supra, let. B.a), la régie 
G______ avait fait fixer, par une entreprise, un système de blocage sur la grille en 
question.  

La Ville de Genève, B______ et C______, de même que la régie G______, avaient 
toutefois décliné leur responsabilité dans l'accident. 

e. Par courrier du 18 janvier 2022, sur demande du Ministère public, le conservateur 
du registre foncier a indiqué que les parcelles 2______ et 3______ de la commune de 

- 4/12 - 

P/4958/2021 

Genève-I______ faisaient partie du domaine public communal. La grille sise 
rue 1______ reposait, semble-t-il, sur le domaine public communal 2______. 

f. Entendu par la police le 7 décembre 2022, J______, ______ [GE] de l'aménagement, 
du génie civil et de la mobilité (AGCM) depuis 2012, a confirmé que le trottoir sur 
lequel se trouvait le saut-de-loup se trouvait sur la voie publique et appartenait à la 
Ville de Genève. En revanche, le saut-de-loup en tant que tel – sur lequel était apposé 
la grille (ou soupirail) en question ‒ appartenait aux propriétaires du parking 
souterrain, soit, à teneur du registre foncier, B______ et C______, aucune servitude 
n'existant sur la parcelle. L'entretien de la grille était à la charge du propriétaire, en 
vertu du règlement concernant l'utilisation du domaine public (art. 19 RUDP). Le 
trottoir se trouvait en outre abaissé à cet endroit-là afin de permettre le stationnement 
des véhicules sur les places extérieures, lesquelles appartenaient aux propriétaires de 
l'immeuble. Cette partie, communément appelée "entrée à chars" (art. 34 de la loi sur 
les routes), indiquait qu'il incombait au propriétaire de l'immeuble desservi d'effectuer 
les travaux d'entretien nécessaires. 

g. Selon le rapport de renseignements de la police du 6 juin 2023, s'agissant des normes 
de sécurité régissant les sauts-de-loup, la police du feu avait indiqué que plusieurs 
paramètres pouvaient entrer en ligne de compte, notamment les dimensions du garage 
ainsi que son année de construction.   

Les démarches permettant de déterminer si la grille présentait des défauts de sécurité 
s'étaient révélées infructueuses. Il n'avait pas non plus été possible de déterminer 
clairement qui avait la pleine responsabilité de la grille. 

h. D'après le rapport de renseignements de la police du 12 mai 2024, la problématique 
des obligations légales afférant à la pose d'une grille de ventilation, et notamment la 
question de savoir si elle devait être sécurisée par un système de blocage, avait été 
exposée à plusieurs secteurs, à savoir au département du territoire (DT), à la police du 
feu, rattachée au département précité, à l'AGCM, ainsi qu'à la société MDB, ingénieurs 
civils associés.  

Il était ressorti de ces échanges qu'il n'existait pas de réglementation pour les grilles 
servant à la ventilation des sous-sols, au contraire de celles installées aux abords des 
voies ferrées.  

Par conséquent, la grille en question ne faisait l'objet d'aucun défaut. 

i. Dans le délai imparti par l'avis de prochaine clôture de l'instruction du 23 mai 2024, 
A______, devenue entre-temps majeure, s'est constituée partie plaignante et s'est 
opposée au classement annoncé par le Ministère public, relevant qu'au-delà de la 
question de savoir s'il existait une réglementation spécifique pour les grilles servant la 
ventilation des sous-sols, celle incriminée n'était pas sécurisée, ce dont ses 
propriétaires et la Ville de Genève devaient répondre.  

- 5/12 - 

P/4958/2021 

Elle sollicitait une nouvelle audition de J______, ainsi que celle de B______ et 
C______. 

C.  Dans sa décision querellée, le Ministère public a préalablement rejeté les réquisitions 
de preuve sollicitées par la partie plaignante, considérant, d'une part, que les faits 
pertinents pour l'appréciation de la cause étaient suffisamment établis et, d'autre part, 
que les auditions sollicitées ne seraient pas susceptibles d'apporter des éléments inédits 
et probants de nature à renverser sa conviction.  

 Aucun élément au dossier ne permettait d'affirmer que la grille aurait présenté un 
quelconque défaut, ni qu'une violation du devoir de prudence pourrait être reprochée 
au propriétaire de la grille, susceptible d'être à l'origine de l'accident. Il ressortait en 
particulier des échanges avec les différentes entités consultées qu'il n'existait pas de 
réglementation pour les grilles servant à la ventilation des sous-sols et que la grille en 
question ne faisait l'objet d'aucun défaut.  

 Cela étant, même à supposer qu'une obligation particulière eût incombé au propriétaire 
de la grille et que celui-ci eût failli à une telle obligation, un classement se justifiait en 
raison de l'absence d'un lien de causalité, subsidiairement d'une rupture de ce lien, sous 
l'angle de la causalité adéquate. En effet, c'était le comportement d'un tiers, en 
l'occurrence le geste par lequel E______ avait déplacé la grille, qui s'imposait comme 
la cause la plus probable et la plus immédiate des blessures de A______. Ce geste avait 
sans conteste relégué à l'arrière-plan tous les autres facteurs ayant pu contribuer à 
amener celui-ci, notamment un éventuel défaut d'entretien de la grille.  

 Partant, les éléments constitutifs de l'infraction de lésions corporelles par négligence 
(art. 125 CP) n'étant pas réunis, à tout le moins en tant qu'une telle infraction pourrait 
être reprochée à une personne autre que E______, déjà condamnée par ordonnance 
pénale du Tribunal des mineurs du 30 avril 2021, le classement de la présente 
procédure pénale devait être ordonné (art. 319 al. 1 let. b CPP).  

D. a. Dans son recours, A______ soutient que, contrairement à ce qu'avait retenu le 
Ministère public, B______ et C______, en tant que propriétaires de la grille, ainsi que 
la Ville de Genève, en qualité de responsable de l'espace public, avaient un devoir de 
prudence consistant en l'obligation de garantir la sécurité relative à la grille. Ils 
devaient la fixer, afin qu'elle ne pût être déplacée, ce d'autant plus qu'elle se situait 
dans un lieu de passage et à proximité d'une école. Les précités auraient dû anticiper 
le déplacement possible de la grille, surtout dans un lieu public, où se trouvaient 
notamment des jeunes, susceptibles de commettre des incivilités. En ne bloquant pas 
la grille, ils avaient commis une imprévoyance coupable.  

 Or, sans les carences de B______ et C______ ainsi que de la Ville de Genève, il n'y 
aurait pas eu d'accident, de sorte qu'un lien de causalité entre la violation du devoir de 
prudence et ses lésions était donné. De plus, il était dans le cours ordinaire des choses 
et l'expérience générale de la vie qu'une grille non sécurisée soit soulevée, en 

- 6/12 - 

P/4958/2021 

particulier par des jeunes, et qu'un accident s'ensuive. Le lien de causalité n'avait pas 
été rompu par le comportement de E______, qui ne supprimait pas les devoirs 
incombant aux précités. En effet, si ceux-ci les avaient respectés, E______ n'aurait pas 
pu soulever la grille et l'accident n'aurait pas eu lieu. Les éléments constitutifs de 
l'art. 125 CP étaient donc également réalisés à l'égard de B______ et C______ ainsi 
que de la Ville de Genève, de sorte qu'il convenait de les prévenir de ce chef.  

 J______ devait être auditionné devant le Ministère public. En outre, il convenait de 
procéder à des interrogatoires plus détaillés auprès des interlocuteurs compétents au 
sujet de la réglementation applicable pour les grilles, les entretiens effectués par la 
police à ce propos ayant été laconiques et n'ayant pas fait l'objet de procès-verbaux.  

b. À réception du recours, la cause a été gardée à juger sans échange d'écritures, ni 
débats. 

 

EN DROIT : 

1. Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits 
(art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours auprès de 
la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP) et émaner de la plaignante, lésée, qui, 
partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. b CPP), a qualité pour agir, ayant un intérêt 
juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision querellée 
(art. 382 al. 1 CPP). 

2. La Chambre pénale de recours peut décider d'emblée de traiter sans échange d'écritures 
ni débats les recours manifestement irrecevables ou mal fondés (art. 390 al. 2 et 5 a 
contrario CPP). Tel est le cas en l'occurrence, au vu des considérations qui suivent. 

3. La recourante reproche au Ministère public de ne pas avoir poursuivi, aux côtés de 
E______, les propriétaires et responsables de la grille, soit notamment de B______ et 
C______ ainsi que la Ville de Genève, du chef de lésions corporelles par négligence.  

3.1.  Aux termes de l'art. 319 al. 1 CPP, le ministère public ordonne le classement de 
tout ou partie de la procédure notamment lorsque les éléments constitutifs d'une 
infraction ne sont pas réunis (let. b). 

Selon la jurisprudence, cette disposition doit être appliquée conformément à l'adage 
"in dubio pro duriore". Celui-ci découle du principe de la légalité (art. 5 al. 1 Cst. et 
2 al. 1 CPP en relation avec les art. 309 al. 1, 319 al. 1 et 324 CPP; ATF 138 IV 86 
consid. 4.2) et signifie qu'en principe, un classement ne peut être prononcé que lorsqu'il 
apparaît clairement que les faits ne sont pas punissables ou que les conditions à la 
poursuite pénale ne sont pas remplies. Le ministère public et l'autorité de recours 
disposent, dans ce cadre, d'un certain pouvoir d'appréciation. La procédure doit se 
poursuivre lorsqu'une condamnation apparaît plus vraisemblable qu'un acquittement 

- 7/12 - 

P/4958/2021 

ou lorsque les probabilités d'acquittement et de condamnation apparaissent 
équivalentes, en particulier en présence d'une infraction grave. En effet, en cas de doute 
s'agissant de la situation factuelle ou juridique, ce n'est pas à l'autorité d'instruction ou 
d'accusation mais au juge matériellement compétent qu'il appartient de se prononcer 
(ATF 143 IV 241 consid. 2.2.1; 138 IV 86 consid. 4.1.2). 

3.2.1. L'art. 125 al. 1 CP [dans sa teneur en vigueur au moment des faits; art. 2 CP] punit, sur 
plainte, celui qui, par négligence, aura fait subir à une personne une atteinte à l'intégrité 
corporelle ou à la santé.   

Cette disposition suppose la réalisation de trois conditions : une négligence, une 
atteinte à l'intégrité physique et un lien de causalité naturelle et adéquate entre ces deux 
éléments. 

3.2.2. Agit par négligence quiconque, par une imprévoyance coupable, commet un 
crime ou un délit sans se rendre compte des conséquences de son acte ou sans en tenir 
compte. L'imprévoyance est coupable quand l'auteur n'a pas usé des précautions 
commandées par les circonstances et par sa situation personnelle (art. 12 al. 3 CP). 

3.2.3. Deux conditions doivent être remplies pour qu'il y ait négligence. En premier 
lieu, il faut que l'auteur ait violé les règles de la prudence, c'est-à-dire le devoir général 
de diligence institué par la loi pénale, qui interdit de mettre en danger les biens d'autrui 
pénalement protégés contre les atteintes involontaires. Un comportement dépassant les 
limites du risque admissible viole le devoir de prudence s'il apparaît qu'au moment des 
faits, son auteur aurait dû, compte tenu de ses connaissances et de ses capacités, se 
rendre compte de la mise en danger d'autrui (ATF 136 IV 76 consid. 2.3.1). Pour 
déterminer le contenu du devoir de prudence, il faut se demander si une personne 
raisonnable dans la même situation et avec les mêmes aptitudes que l'auteur aurait pu 
prévoir, dans les grandes lignes, le déroulement des événements et, le cas échéant, 
quelles mesures elle pouvait prendre pour éviter la survenance du résultat 
dommageable. Lorsque des prescriptions légales ou administratives ont été édictées 
dans un but de prévention des accidents, ou lorsque des règles analogues émanant 
d'associations spécialisées sont généralement reconnues, leur violation fait présumer 
la violation du devoir général de prudence. En second lieu, pour qu'il y ait négligence, 
il faut que la violation du devoir de prudence soit fautive, c'est-à-dire que l'on puisse 
reprocher à l'auteur, compte tenu de ses circonstances personnelles, une inattention ou 
un manque d'effort blâmable (ATF 134 IV 255 consid. 4.2.3; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_1063/2013 du 2 septembre 2014 consid. 3.2). 

3.2.4. L'infraction de lésions corporelles par négligence suppose en règle générale un 
comportement actif. Elle peut toutefois aussi être réalisée par le fait d'un comportement 
passif contraire à une obligation d'agir (art. 11 al. 1 CP). 

Reste passif en violation d'une obligation d'agir celui qui n'empêche pas la mise en 
danger ou la lésion d'un bien juridique protégé par la loi pénale bien qu'il y soit tenu à 
raison de sa situation juridique. L'art. 11 al. 2 CP énumère plusieurs sources pouvant 

- 8/12 - 

P/4958/2021 

fonder une position de garant, à savoir la loi, un contrat, une communauté de risques 
librement consentie ou la création d'un risque. N'importe quelle obligation juridique 
ne suffit pas. Il faut qu'elle ait découlé d'une position de garant, c'est-à-dire que l'auteur 
se soit trouvé dans une situation qui l'obligeait à ce point à protéger un bien déterminé 
contre des dangers indéterminés (devoir de protection), ou à empêcher la réalisation 
de risques connus auxquels des biens indéterminés étaient exposés (devoir de 
surveillance), que son omission peut être assimilée au fait de provoquer le résultat par 
un comportement actif (cf. art. 11 al. 2 et 3 CP; ATF 141 IV 249 consid. 1.1;  
134 IV 255 consid. 4.2.1; arrêts du Tribunal fédéral 6B_244/2019  du 10 avril 
2019 consid. 3.1; 6B_315/2016 du 1er novembre 2016 consid. 4.1; 6B_614/2014 du 
1er décembre 2014 consid. 1).  

3.2.5. La violation fautive d'un devoir de prudence doit avoir été la cause naturelle et 
adéquate des lésions subies par la victime (ATF 133 IV 158 consid. 6; 129 IV 119 
consid. 2.4). Un comportement est la cause naturelle d'un résultat s'il en constitue l'une 
des conditions sine qua non, c'est-à-dire si, sans lui, le résultat ne s'était pas produit; il 
s'agit là d'une question de fait (ATF 133 IV 158 consid. 6.1; 125 IV 195 consid. 2b).  

Il en est la cause adéquate lorsque, d'après le cours ordinaire des choses et l'expérience 
de la vie, il est propre à entraîner un résultat du genre de celui qui s'est produit 
(ATF 133 IV 158 consid. 6.1; 131 IV 145 consid. 5.1). La causalité adéquate sera 
admise même si le comportement de l'auteur n'est pas la cause directe ou unique du 
résultat. Peu importe que le résultat soit dû à d'autres causes, notamment à l'état de la 
victime, à son comportement ou à celui de tiers (ATF 131 IV 145 consid. 5.2). La 
causalité adéquate peut toutefois être exclue si une autre cause concomitante, par 
exemple une force naturelle, le comportement de la victime ou d'un tiers, constitue une 
circonstance tout à fait exceptionnelle ou apparaît si extraordinaire que l'on ne pouvait 
s'y attendre. L'imprévisibilité d'un acte concurrent ne suffit pas en soi à interrompre le 
rapport de causalité adéquate. Il faut encore que cet acte ait une importance telle qu'il 
s'impose comme la cause la plus probable et la plus immédiate de l'événement 
considéré, reléguant à l'arrière-plan tous les autres facteurs qui ont contribué à l'amener 
et notamment le comportement de l'auteur (ATF 135 IV 56 consid. 2.1; 134 IV 255 
consid. 4.4.2; arrêts du Tribunal fédéral 6B_315/2016 du 1er novembre 2016 consid. 5 
et 6B_466/2016 du 23 mars 2017). 

3.3.1. En l'espèce, il est constant que, le 31 mai 2018, alors qu'elle cheminait 
normalement sur le trottoir, la recourante a marché sur la grille d'un saut-de-loup, 
laquelle, légèrement déplacée, a basculé sous son poids, ce qui a entraîné sa chute dans 
un trou et lui a occasionné, à tout le moins, des lésions corporelles simples, plainte 
pénale ayant été déposée en temps utile.    

Il est également établi que cet accident a été directement causé par un acte de la 
dénommée E______, laquelle avait, peu avant le passage de la recourante, soulevé et 
déplacé la grille en question, avant de quitter les lieux sans vérifier que celle-ci fût 
correctement replacée.  

- 9/12 - 

P/4958/2021 

3.3.2. La recourante fait grief au Ministère public de ne pas avoir considéré que 
l'omission de la Ville de Genève ainsi que de B______ et C______ de bloquer la grille 
en question avaient contribué à la survenance de l'évènement, et des lésions corporelles 
subies.  

Aucun élément ne permet toutefois de retenir que les mis en cause auraient violé 
fautivement un devoir de prudence. 

En effet, il résulte des investigations complètes menées par le Ministère public qu'il 
n'existait alors pas de réglementation spécifique pour les grilles servant à la ventilation 
des sous-sols et que la grille en question ne faisait l'objet d'aucun défaut (supra, 
let. B.h). Les mis en cause n'ont donc pas violé de règles ni n'ont enfreint un devoir de 
prudence.  

En tout état de cause, l'omission éventuelle de B______ et C______ ou de la Ville de 
Genève de ne pas avoir précédemment bloqué la grille ne saurait vraisemblablement 
être assimilée au comportement actif de E______ de l'avoir déplacée sans aucun motif 
digne de protection.   

3.3.3. Sous l'angle de la causalité adéquate, l'acte de E______ n'était pas prévisible, le 
Juge des mineurs ayant du reste relevé que son jeune âge ne l'empêchait pas de se 
rendre compte du danger créé. Constituant la cause la plus immédiate de l'accident, le 
comportement de la précitée a effectivement relégué à l'arrière-plan le fait que la grille 
n'était pas bloquée.  

3.3.4. Il s'ensuit qu'un acquittement des mis en cause apparaît bien plus vraisemblable 
que leur condamnation, les éléments constitutifs de l'art. 125 CP n'étant a priori pas 
réunis en ce qui les concerne.  

3.3.5. Compte tenu de ce qui précède, les auditions sollicitées par la recourante ne sont 
pas utiles, celles-ci, ni aucune autre mesure d'instruction, n'apparaissant propre à 
modifier l'appréciation exposée ci-avant (art. 139 al. 2 CPP). 

4. Justifiée, l'ordonnance querellée sera donc confirmée. 

5. La recourante sollicite l'assistance judiciaire pour le recours. 

5.1. L'assistance judiciaire ne peut être accordée qu'à la condition que la démarche à 
entreprendre et l'action pénale ne soient pas vouées à l'échec, comme le prévoient les 
art. 29 al. 3 Cst. et 136 al.1 let. b CPP. D'après la jurisprudence, un procès est dépourvu 
de chances de succès lorsque les perspectives de le gagner sont notablement plus 
faibles que les risques de le perdre, et qu'elles ne peuvent donc être considérées comme 
sérieuses, de sorte qu'une personne raisonnable et de condition aisée renoncerait à s'y 
engager en raison des frais qu'elle s'exposerait à devoir supporter (ATF 138 III 217 
consid. 2.2.4; 129 I 129 consid. 2.2). 

- 10/12 - 

P/4958/2021 

5.2. En l'espèce, compte tenu de l'issue du recours, celui-ci était manifestement voué à 
l'échec, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'entrer en matière sur la requête d'assistance 
judiciaire. 

6. La recourante, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui seront fixés à 
CHF 800.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en 
matière pénale, RTFMP; E 4 10.03) pour tenir compte de sa situation financière. 

 

* * * * * 

  

- 11/12 - 

P/4958/2021 

PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

 
Rejette le recours. 

Condamne A______ aux frais de la procédure de recours, arrêtés à CHF 800.-.  

Rejette la demande d'assistance judiciaire gratuite de A______. 

Notifie le présent arrêt, en copie, à la recourante, soit pour elle son conseil, et au Ministère 
public.  

Siégeant : 

Madame Daniela CHIABUDINI, présidente; Mesdames Valérie LAUBER et 
Françoise SAILLEN AGAD, juges; Madame Séverine CONSTANS, greffière. 

 

La greffière : 

Séverine CONSTANS 

 La présidente : 

Daniela CHIABUDINI 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en matière pénale au sens 

de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110); la qualité et les autres 

conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé 

dans les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent être remis au plus 

tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention de ce dernier, à La Poste Suisse ou à 

une représentation diplomatique ou consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF). 

  

- 12/12 - 

P/4958/2021 

P/4958/2021 ÉTAT DE FRAIS   

 
 

 
COUR DE JUSTICE 

 

 
 
 
Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais en matière pénale 
(E 4 10.03). 
 

Débours (art. 2) 

- frais postaux CHF 10.00 

Émoluments généraux (art. 4)  

- délivrance de copies (let. a) CHF      

- délivrance de copies (let. b) CHF      

- état de frais (let. h) CHF 75.00 

Émoluments de la Chambre pénale de recours (art. 13)  

- décision sur recours (let. c) CHF 715.00 

Total  CHF 800.00