# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 0aa15265-042d-57d1-b106-7a45946a43c6
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2019-07-26
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 26.07.2019 A/1110/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-1110-2017_2019-07-26.pdf

## Full Text

Siégeant : Mario-Dominique TORELLO, Président  

  

 
 

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/1110/2017 ATAS/676/2019 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Ordonnance d'expertise du 26 juillet 2019 

10
ème

 Chambre 

En la cause 

Monsieur A______, domicilié c/o M. B______ A______, à PLAN-
LES-OUATES, comparant avec élection de domicile en l'étude de 
Maître Marc MATHEY-DORET  

 

 

recourant 

 

contre  

OFFICE DE L'ASSURANCE-INVALIDITÉ DU CANTON DE 
GENÈVE, sis rue des Gares 12, GENÈVE 

intimé 

 

 
 
 

 

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EN FAIT 

1. Monsieur C______ A______ (ci-après : l'assuré, le patient ou le recourant), né le 
______ 1967, employé des Services Industriels de Genève (SIG), a initialement été 
engagé par cette entreprise en mai 1988 en qualité de manutentionnaire dans la 
section « magasin ». Dès le 1er mars 1990, il a été promu en qualité d'employé 
polyvalent au sein de la section « index » des services financiers, fonction 
rebaptisée « agent technique » en 2001, correspondant au métier de releveur 
d'index.  

2. En raison de problèmes de santé (lombaires chroniques et des deux hanches), 
l’assuré a formé une première demande de prestations auprès de l'office cantonal de 
l'assurance-invalidité (ci-après : l'OAI, l'office ou l'intimé) en avril 2002.  

3. Dans un rapport du 17 mai 2002, le docteur D______, spécialiste FMH en 
médecine générale et médecin-traitant, a posé les diagnostics, avec effet sur la 
capacité de travail, de discopathies étagées de L1-S1 ; d’anomalie transitionnelle de 
la charnière lombo-sacrée (hémisacralisation gauche de L5) avec arthrose 
secondaire depuis janvier 2001 ; de lombalgies permanentes et de coxarthrose 
bilatérale plus grande à droite qu’à gauche depuis 1991. L’assuré avait présenté une 
incapacité de travail de 100 % du 10 janvier au 20 mars 2001, de 50 % du 21 mars 
au 29 novembre 2001, de 100 % du 30 novembre 2001 au 3 février 2002, puis de 
50 % pour une durée indéterminée.  

4. Dans un rapport du 13 août 2002, le docteur E_____, spécialiste FMH en 
neurochirurgie, a relevé que l’assuré présentait des lombalgies basses, en barre, 
prédominant du côté gauche, irradiant occasionnellement sur la face postérieure des 
deux cuisses. Les mouvements avaient tendance à accentuer les troubles et plus 
particulièrement les mouvements de torsion, le port de charges ou les positions en 
porte-à-faux. Le repos n’offrait qu’un soulagement partiel. L’assuré avait suivi 
quatre-vingt séances de physiothérapie, sans bénéfice durable. À l’issue de 
l’examen clinique et de l’analyse des imageries (bilan radiologique, imagerie par 
résonnance magnétique [IRM]), le médecin a retenu des lombalgies mécaniques sur 
anomalie de transition et troubles dégénératifs chez un patient avec une maladie de 
Scheuermann, sans trouble neurologique.  

5. Dans le questionnaire pour l’employeur du 15 août 2002, les SIG ont indiqué que 
l’assuré travaillait quatre heures par jour depuis le 4 février 2002 − l’horaire de 
travail normal dans l’entreprise étant de huit heures par jour − en tant qu’employé 
administratif sans qualification dans la section plan-réseaux (scannage de plans).  

6. Le 29 septembre 2003, les docteurs F_____, spécialiste FMH en rhumatologie, et 
G_____, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie, tous deux praticiens 
auprès du service médical régional AI pour la Suisse romande (SMR), ont examiné 
l’assuré. Dans leur rapport du lendemain, ils ont posé les diagnostics suivants: 
lombalgies chroniques persistantes dans le cadre troubles dégénératifs lombaires ; 
discrète coxarthrose bilatérale ; hypertension artérielle essentielle traitée et excès 

 
 
 

 

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pondéral. Sur la base de leur examen clinique et de l’analyse du dossier 
radiologique, ils ont conclu à un rachis bio-mécaniquement hautement fragilisé 
pour lequel il n’était pas possible d’offrir une solution thérapeutique efficace. La 
capacité de travail exigible n’excédait pas 50 %, même dans une activité adaptée. 
La diminution de la capacité de travail était due uniquement à des facteurs 
somatiques. Les limitations fonctionnelles étaient : possibilité de pouvoir alterner 
deux-trois fois par heure la position assise et la position debout ; pas de 
soulèvement de charges ; pas de port de charges excédant 5 kg et pas de travail en 
porte-à-faux du tronc. L’assuré ne présentait pas de limitation sur le plan 
psychiatrique.  

7. Par décision du 26 janvier 2004, l'OAI a octroyé à l’assuré une demi-rente 
d'invalidité, avec effet au 1er janvier 2002, basée sur un taux d'invalidité de 50 %. 

8. Le 30 novembre 2007, l’assuré a requis une révision de sa rente d’invalidité, 
signalant une aggravation de son état de santé. En annexe à son courrier figurait un 
rapport du Dr D______ du 12 novembre 2007, relevant que la symptomatologie se 
dégradait progressivement malgré le repos partiel, le traitement médicamenteux, la 
physiothérapie et le port d’un corset. La capacité de travail de l’assuré était de 
40 %, pour une durée indéterminée dès le 1er novembre 2007.  

9. Par avis du 9 janvier 2007, le SMR a indiqué qu’après discussion du dossier avec le 
Dr F_____, l’aggravation progressive attestée par le Dr D______ était plausible. Il 
convenait d’admettre une incapacité de travail de 60 % depuis le 1er novembre 2007 
dans l’activité habituelle, qui était adaptée. Les limitations fonctionnelles étaient 
inchangées.  

10. Par décision du 25 août 2008, la rente d'invalidité a été augmentée à un trois-quarts 
de rente, basée sur un taux d'invalidité de 60 %, avec effet dès le 1er février 2008. 

11. Une nouvelle demande de révision a été initiée en mars 2010, l’assuré étant en arrêt 
maladie à 100 %.  

12. Dans un rapport intermédiaire du 23 mars 2010, le Dr D______ a indiqué que l'état 
de santé de son patient s'était aggravé, avec changements de diagnostics, depuis le 
début de l'année 2010 (nécessitant un arrêt de travail à 100 %). Il y avait une 
aggravation d'un processus inflammatoire rhumatologique touchant 
particulièrement les poignets des deux côtés (ddc). L'évolution était actuellement 
très défavorable, avec un processus inflammatoire rhumatologique floride, 
handicapant grandement le patient, lequel faisait l'objet d'investigations et de prise 
en charge régulière et rigoureuse par le docteur H_____, spécialiste FMH en 
rhumatologie, professeur et médecin adjoint au service de rhumatologie des 
Hôpitaux universitaire de Genève (HUG) (ci-après : le Prof H_____). Les 
limitations fonctionnelles concernaient la mobilité, les déplacements, et les ports de 
charges. L’assuré présentait une augmentation des algies articulaires. Dès le 
10 mars 2010, la capacité de travail était de 0 % dans son poste de travail en qualité 
de fonctionnaire. La compliance était optimale et rigoureuse. Bonne concordance 

 
 
 

 

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entre les plaintes du patient et l'examen clinique. Le traitement en cours consistait 
en repos, prescription d'AINS et d'anti-TNF, ainsi que physiothérapie. L’assuré ne 
présentait pas de troubles psychiques. Une reprise de travail était envisageable 
ultérieurement, mais pas à plus de 20 %. Un examen médical complémentaire 
n'était pas d'actualité, le patient étant pris en charge par le service de rhumatologie 
des HUG. 

13. Dans un rapport du 20 avril 2010, le Prof H_____ a posé les diagnostics avec effet 
sur la capacité de travail suivants: polyarthrite dès l'été 2008 ; lombalgies 
chroniques sur canal lombaire étroit et lipomatose épidurale dès 1998 ; 
hémochromatose avec probable arthropathie microcristalline dès 2008; et sans effet 
sur la capacité de travail: état dépressif probablement secondaire aux douleurs, 
existant probablement depuis 2008. Le patient était en traitement ambulatoire 
auprès de lui depuis le 30 octobre 2009. Il avait été hospitalisé au service de 
rhumatologie du 11 au 17 novembre 2008 et au service de dermatologie du 16 au 
28 février 2009.  

À l'anamnèse, le médecin a relevé des lombalgies chroniques dès la fin des années 
1990, attribuées à un canal lombaire étroit et instabilité vertébrale; une amélioration 
avait été partielle par physiothérapie. Au début des années 2000, des arthralgies 
progressives étaient apparues, évoluant sous forme de crises au niveau des mains, 
poignets, coudes, genoux et chevilles, avec un fond douloureux constant. 
L’évolution avait été mauvaise sous anti-inflammatoires et antalgiques (Tramal). 
En 2005, un prurit était apparu affectant les mains, pieds et genoux, associé à des 
lésions érythémateuses fugaces avec dermographisme. Une hémochromatose 
double hétérozygote avait alors été mise en évidence (H63 D et C 282 T) génotype 
qui conduisait à une surcharge en fer modérée, qui pourrait expliquer une partie des 
symptômes. Un traitement de saignées avait été entrepris, sans amélioration 
notable. En raison de la persistance d'arthralgies extrêmement sévères, un 
traitement d'anti-TNF Enbrel (50 mg/semaine) avait été initié le 5 janvier 2010 avec 
apparition d'effets secondaires (brûlures, érythème-tuméfactions). Un traitement 
d'Humira (40 mg/semaine) avait alors été instauré le 29 février 2010 avec 
amélioration très partielle. Actuellement, l’assuré présentait des douleurs 
importantes de toutes les articulations. Le status mettait en évidence des douleurs à 
la palpation et mobilisation de toutes les articulations synoviales ainsi que les IPDs. 
L'IRM de la main mettait en évidence une perforation du ligament triangulaire du 
carpe et une formation ovalaire le long du fléchisseur du pouce, de nature 
incertaine, sans signes francs de synovite ou ténosynovite. Le pronostic était 
difficile à déterminer; la nature exacte des affections était encore peu claire. Les 
traitements entrepris à ce jour n'avaient pas eu d'effets très nets. Le pronostic 
dépendait de la réponse éventuelle à d'autres traitements (il était prévu d'initier un 
traitement d'anti-IL1, si les symptômes persistaient à ne pas s'améliorer de manière 
plus significative, ainsi qu'un nouvel essai de traitement antidépresseur).  

 
 
 

 

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L’incapacité de travail avait été de 40 % du 1er février 2008 au 2 janvier 2010 et 
totale dès le 3 janvier 2010. Les restrictions physiques étaient : des arthralgies, des 
myalgies, des lombalgies et un état dépressif probablement secondaire aux 
douleurs. Il était difficile de dire si l'activité exercée était encore exigible. Cela 
dépendrait de la réponse au traitement, mais elle l’était probablement compte tenu 
de l'absence de lésion significative à l'IRM des mains. Le rendement était très 
probablement réduit (travail plus lent - douleurs et fatigue), absentéisme augmenté, 
probablement aux alentours de 20 %. Théoriquement, les restrictions énumérées 
pouvaient être réduites par l'optimalisation du traitement des polyarthralgies. 
D’autres mesures professionnelles étaient difficiles à envisager ; le poste de travail 
actuel (travail de bureau-courrier) était relativement bien adapté à quelqu'un 
souffrant d'arthralgies et de lombalgies. Une reprise de travail serait possible à 
40 %. L’assuré pouvait envisager une reprise à l'essai à 40 % dès mi-mai (2010).  

14. Dans un avis du 8 juin 2010, le docteur I_____, spécialiste FMH en rhumatologie et 
médecin auprès du SMR, a indiqué que l’état de santé de l’assuré s’était aggravé 
avec une incapacité de travail totale depuis le 3 janvier 2010 en relation avec un 
rhumatisme inflammatoire. En fonction des constatations du rhumatologue traitant, 
et les mesures en cours, notamment du traitement d'Humira, il y avait lieu de 
réévaluer la situation à six mois du début du traitement. Il conviendrait alors de lui 
resoumettre le dossier. 

15. Par courrier du 6 juillet 2010, le Dr E_____ a mis en évidence une dégradation 
rapidement progressive de l'état de santé de l’assuré, en relation avec une atteinte 
inflammatoire rhumatismale; la capacité de travail se réduisait de mois en mois.  

16. Dans un rapport intermédiaire du 21 septembre 2010, le Dr D______ a relevé une 
aggravation de l’état de santé depuis début été 2010, sans changements de 
diagnostics. L’évolution était toujours défavorable (avec un processus 
inflammatoire floride, handicapant grandement le patient). Les limitations 
fonctionnelles étaient: une forte augmentation des douleurs, le port de charge 
impossible et une mobilité limitée. La capacité de travail était de 10 % depuis le 
10 août 2010. L’assuré le consultait 1x/10 jours environ. Actuellement, le patient 
travaillait à 10 %, avec beaucoup de difficultés. 

17. Dans un rapport du 11 novembre 2010, le Dr E_____ a posé les diagnostics avec 
effet sur la capacité de travail suivants: polyarthrite inflammatoire et lombalgies sur 
canal lombaire étroit; et sans effet sur la capacité de travail: hémochromatose, 
asthme bronchique, hypothyroïdie et urticaire. L’assuré avait été hospitalisé en 
rhumatologie aux HUG du 16 au 23 août 2010. Le pronostic était mauvais. Aucune 
position de travail n’était possible (exigible). Les capacités de concentration, 
d'adaptation et de résistance étaient limitées par les médicaments et les douleurs, 
depuis avril 2010. L’assuré avait besoin d’utiliser un moyen auxiliaire (corset). Le 
médecin a annexé à son rapport plusieurs documents médicaux notamment :  

 
 
 

 

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- un rapport du Prof H_____ au généraliste traitant du 29 avril 2010, reprenant les 
éléments mentionnés dans son rapport du 20 avril 2010 (ch. 13 ci-dessus). Le 
patient était extrêmement algique à la déambulation, palpation et mobilisation. 
Il présentait des douleurs diffuses à la palpation du rachis avec mobilité 
fortement diminuée ; des douleurs à la palpation et mobilisation de toutes les 
articulations synoviales, sans tuméfaction ou autre signe objectif d’arthrite ; 
ainsi que des douleurs diffuses à la palpation des masses musculaires, de toutes 
les anthèses et de tous les points de fibromyalgie. Le tableau clinique était 
extrêmement atypique. Les problèmes lombaires ne sauraient expliquer 
l’ensemble de la symptomatologie. La distribution et l’intensité des douleurs 
extrêmement diffuses évoquaient, d’un point de vue clinique, un syndrome 
douloureux chronique non organique. Le médecin poursuivait les investigations 
à la recherche d'une éventuelle tumeur cachée; 

- un rapport du département de médecine interne/rhumatologie des HUG au 
Prof H_____ du 23 août 2010, relatif au séjour du patient dans ce service du 16 
au 23 août 2010 pour cure d'Anakinra. L’assuré était connu pour des 
polyarthralgies d’origine indéterminée avec échec de plusieurs traitements 
depuis dix ans. Au status d’admission étaient mises en évidence une 
papulopustulose folliculaire au niveau du tronc, une sensibilité à la palpation de 
toutes les anthèses avec tous les points de fibromyalgie positifs ainsi que des 
douleurs à la palpation et à la mobilisation des articulations diffusément à 
prédominance périphérique symétrique sans synovite et avec des amplitudes 
articulaires conservées. Le traitement par de l’Anakinra n’avait apporté aucune 
amélioration de la symptomatologie jusqu’à la sortie de l’hôpital. Le traitement 
antalgique habituel était poursuivi.  

18. Dans un rapport intermédiaire du 23 novembre 2010, le Prof H_____ a indiqué que 
l'état de santé de l’assuré ne s'était pas amélioré, il était stationnaire depuis le 
dernier rapport. L’assuré éprouvait des douleurs importantes à l’utilisation des 
articulations des membres supérieurs et inférieurs et présentait une fatigabilité. La 
capacité de travail était de 20 % environ dans toute activité. La compliance était 
optimale et il y avait une bonne concordance entre les plaintes et l’examen clinique.  

19. Dans un avis du 25 janvier 2011, le SMR a relevé que le dossier était complexe; 
seule une expertise rhumatologique permettrait de définir la capacité de travail 
actuelle de l'assuré dans son emploi de bureau ainsi que ses limitations 
fonctionnelles.  

20. L'expert désigné, le Prof J_____, spécialiste FMH en rhumatologie, a rendu son 
rapport le 23 mars 2011. Après avoir procédé à une anamnèse personnelle, consigné 
l'évolution de la maladie, décrit les différents traitements qui se sont succédés dans 
le temps, relevé les plaintes subjectives du patient, procédé à son status clinique, et 
examiné le dossier radiologique, il a retenu les diagnostics avec répercussion sur la 
capacité de travail suivants: lombalgies chroniques (depuis une quinzaine 
d'années) ; anomalie transitionnelle L5-S1 (congénitale) ; séquelles de maladie de 

 
 
 

 

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Scheuermann (probablement présente depuis l'adolescence) ; trouble somatoforme 
douloureux (ci-après: TSD), coxarthrose légère; et les diagnostics sans répercussion 
sur la capacité de travail: obésité sévère (depuis de nombreuses années) ; 
hypertension artérielle (HTA), crises d'asthme traitées ; état anxieux ; 
hémochromatose génétique double hétérozygote avec surcharge ferrique modérée 
sans répercussion d'ordre rhumatologique (laboratoire d’hématologie des HUG) ; et 
possible arthropathie microcristalline du genou droit.  

Dans la discussion du cas, l’expert a observé que le patient souffrait de douleurs 
diffuses s'étant manifestées d'abord dans la région rachidienne et lombaire, puis 
plus récemment sur les articulations périphériques. Toutes les tentatives d'attribuer 
ses problèmes d'ordre rhumatologique à une maladie rhumatologique déterminée, 
comme une polyarthrite rhumatoïde, arthrite psoriasique, spondylarthrite 
ankylosante, s’étaient révélées négatives. Il n’existait pas d'argument pour une 
arthropathie microcristalline non plus. Toutefois, il y avait eu une prise en charge 
d'ordre rhumatologique extrêmement lourde avec non seulement un traitement par 
stéroïdes sous forme de perfusion, mais également par des traitements biologiques; 
tous révélés inefficaces, selon le patient, ce qui, - commente l'expert -, ne le 
surprenait pas, vu l'absence d'une maladie rhumatismale inflammatoire sous-jacente 
déterminée. Le patient présentait donc un état douloureux chronique avec une 
surcharge fonctionnelle majeure dans le cadre d'un TSD. La lombalgie avec 
troubles de la charnière lombo-sacrée (hémisacralisation) et les séquelles de 
Scheuermann pouvaient expliquer la symptomatologie, mais de façon très limitée.  

Quant aux limitations qualitatives et quantitatives en relation avec les troubles 
constatés: au plan physique, il y avait une limitation par résistance active de la 
mobilité lombaire, des épaules, des mains et des membres inférieurs; au plan 
psychique et mental: le patient paraissait fortement ralenti. Il signalait des troubles 
mnésiques, paraissait fort anxieux sur son état de santé, envisageait de faire 
poursuivre les investigations par un examen cardiologique, puis un examen au 
Centre de la douleur de Morges. Au plan social, il ne semblait pas y avoir de 
problèmes.  

Sur le plan somatique, la capacité résiduelle de travail était de 75 % (eu égard aux 
problèmes statiques rachidiens et à une possible coxarthrose débutante). L'activité 
exercée jusqu'ici était encore possible à 75 % (six heures et demi par jour). Le 
rendement était diminué de 25 % environ en raison de l’obésité morbide et du 
ralentissement moteur. Il y avait une incapacité de travail de 20 % au moins depuis 
2002. Depuis lors, le patient était en grande partie incapable de travailler. Des 
mesures de réadaptation professionnelle étaient possibles, immédiatement. Il était 
possible d'améliorer la capacité de travail au poste occupé jusqu'à présent en 
diminuant les traitements médicaux, notamment la corticothérapie, par un 
renforcement musculaire, par exemple en piscine, un reconditionnement à l'effort, 
une perte pondérale ainsi qu'une psychothérapie de soutien. À la question de savoir 
quelle serait l'influence de ces mesures sur la capacité de travail, l'expert a répondu 

 
 
 

 

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qu'il ne pouvait pas se prononcer, le patient paraissant extrêmement concentré sur 
ses douleurs et incapable, semble-t-il, de faire le moindre geste, par crainte de les 
réveiller. Un bilan d'ordre psychiatrique pourrait être envisagé. D’autres activités 
étaient exigibles (travail en position assise avec possibilité de se lever dix minutes 
environ chaque heure), l'activité adaptée pouvant se développer sur huit heures par 
jour, avec une diminution de rendement d'environ 20 %. 

21. Par avis du 5 juillet 2011, le SMR a repris les conclusions de l'expert, relevant que 
ce dernier ne confirmait pas le diagnostic d'atteinte rhumatologique inflammatoire, 
ni de répercussion de l'hémochromatose sur l'appareil locomoteur, mais retenait des 
troubles dégénératifs et une anomalie congénitale, et le diagnostic de TSD. Il 
concluait à une capacité de travail horaire de 75 % sur le plan somatique, avec 
diminution de rendement de 25 % attribuée à l'obésité et au ralentissement dans 
l'activité exercée, tout en proposant un bilan psychiatrique, en regard d'un état 
anxieux, d'un ralentissement important, et de troubles de la mémoire (le SMR 
relevant que le ralentissement et les troubles de la mémoire n'avaient pas été décrits 
dans les rapports médicaux antérieurs). En conclusion, après avoir examiné le 
dossier avec le Dr I_____, le SMR considérait que l'expertise rhumatologique 
permettait de manière convaincante d'exclure une aggravation sur le plan 
rhumatologique, en l'absence d'éléments objectifs démontrant un état inflammatoire 
actuel des articulations, tant dans le rapport d'expertise que dans les rapports des 
rhumatologues intervenants. En regard des exigences de la jurisprudence, et pour 
déterminer la présence/absence d'une comorbidité psychiatrique grave ou de 
facteurs de gravité dans le contexte du diagnostic retenu par l'expert rhumatologue 
(TSD apparaissant pour la première fois lors de l'instruction actuelle), le SMR 
proposait une expertise psychiatrique. 

22. L'expertise psychiatrique a été confiée au Centre universitaire romand de médecine 
légale (CURML), au docteur K_____, médecin interne au département de santé 
mentale de psychiatrie des HUG, en tant qu'expert, sous la supervision du docteur 
L_____, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie, médecin adjoint. 

L'expert a rendu son rapport le 26 octobre 2011. Il s’est basé sur deux entretiens 
avec l'assuré (15 et 22 septembre 2011); un entretien avec l'épouse de ce dernier; 
des entretiens téléphoniques avec le Prof H_____ (le 19 septembre 2011), et les 
Drs D______ et M_____ (le 4 octobre 2011), spécialiste FMH en psychiatrie et 
psychothérapie et psychiatre traitant; l'étude du dossier médical remis par l’assuré 
ainsi que l’étude du dossier de l'OAI. Après avoir consigné l'anamnèse personnelle, 
sociale et professionnelle, médicale (somatique) et psychiatrique, et résumé les 
entretiens téléphoniques avec les divers intervenants ainsi que l'avis de l'épouse de 
l'assuré dans le cadre d'un entretien de couple du 6 octobre 2011, l'expert a 
enregistré les plaintes et données subjectives de l'assuré, procédé au status clinique, 
ainsi qu'à une évaluation psychométrique (échelle MADRS) 29/60, correspondant à 
une dépression d'intensité légère (F32. 0). L’expert n'a retenu aucun diagnostic avec 
répercussion sur la capacité de travail.  

 
 
 

 

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L’expert a retranscrit le contenu des entretiens téléphoniques qu’il avait eus avec 
les médecins traitants comme suit : le Prof H_____ considérait que l’assuré 
souffrait d’une maladie atypique en raison de la difficulté d’interpréter les données 
médicales objectives obtenues. Les modifications à l’IRM et les tuméfactions 
ponctuelles articulaires, avérées, ainsi que l’augmentation de certains marqueurs 
inflammatoires, étaient à son avis des arguments en faveur d’une maladie 
rhumatologique. Selon lui, la lipomatose épidurale, l’hémochromatose et la maladie 
rhumatologique expliquaient vraisemblablement le syndrome douloureux qu’il 
considérait comme étant d’origine somatique. Le Dr D______ était convaincu du 
mal-être physique majeur de l’assuré. Les douleurs étaient importantes. Le médecin 
avait constaté à de multiples reprises des tuméfactions articulaires qui allaient dans 
le sens d’une maladie rhumatologique, peut-être atypique. Une composante 
psychique minime n’était pas exclue, due au syndrome douloureux. Le Dr M_____, 
quant à lui, estimait que l’état dépressif était réactionnel aux douleurs et au manque 
de perspective thérapeutique. Il n’existait pas d’argument clinique en faveur d’un 
autre trouble psychiatrique.  

Dans le cadre de l'appréciation du cas, l'expert a estimé, par rapport au diagnostic 
de TSD suggéré par l'expert rhumatologue, que dans la mesure où le Prof H_____ 
et le généraliste traitant n'approuvaient pas les conclusions de l'expert 
rhumatologue, il ne serait pas légitime de poser le diagnostic psychiatrique de TSD 
qui supposait l'exclusion d'une affection somatique pouvant expliquer l'intensité et 
la persistance des douleurs rapportées. Ce point n'était pas acquis. La douleur n'était 
pas survenue dans un contexte de « conflits émotionnels et de problèmes 
psychosociaux, … [pouvant] être considérés comme la cause essentielle du 
trouble » (selon CIM-10 p.150). L'expert a ajouté qu’il n’existait pas d'argument 
pour retenir le diagnostic de majoration de symptômes physiques pour des raisons 
psychologiques (F68. 0). L'assuré n'avait pas eu, lors des entretiens, une attitude 
histrionique. Par ailleurs, il souffrait d'un épisode dépressif léger, apparu 
progressivement en réaction à la douleur chronique, mais qui n'était pas source 
d'incapacité en tant que telle. Les troubles mnésiques occasionnels étaient très 
probablement liés à l'importante médication. Enfin, l'assuré n'avait pas été soumis à 
des stress psychosociaux particuliers. Le handicap semblait néanmoins sévère 
comme en témoignait la dépendance à autrui, l'altération de son réseau social, 
l'abandon de ses activités habituelles et l'importance de la demande de soins. 
L’évaluation des limitations physiques étaient du ressort des spécialistes en 
rhumatologie; sur le plan psychique et mental, il n'y avait que des limitations 
mineures; au plan social également les limitations étaient mineures. 

Du point de vue psychiatrique, l'activité exercée jusqu'ici était exigible à plein 
temps ; les troubles psychiatriques diagnostiqués (épisode dépressif léger) n'avaient 
pas de répercussion sur l'activité habituelle. Les troubles strictement psychiatriques 
pourraient entraîner une légère baisse de rendement de l'ordre de 20 %. L'expert 
estimait encore que l'assuré était capable de s'adapter à son environnement 

 
 
 

 

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professionnel, et que des mesures de réadaptation professionnelle étaient sans objet. 
Il n'y avait pas de traitement psychiatrique susceptible d'améliorer la capacité de 
travail. La question de savoir si d'autres activités étaient exigibles était sans objet. 
En conclusion, l'expert a retenu que la capacité de travail de l'assuré n'était pas 
affectée par des troubles psychiatriques, mais qu’elle l'était très certainement par les 
douleurs ostéo-articulaires sévères et chroniques dont il souffrait. Les avis des 
spécialistes divergeaient quant à leur étiologie, il n'appartenait pas à l'expert 
psychiatre de se prononcer à ce propos. 

23. Le SMR s'est prononcé au sujet de cette expertise dans un avis du 14 février 2012. 
En conclusion et en synthèse des résultats des expertises rhumatologique et 
psychiatrique, le SMR a conclu qu'en l'absence de fibromyalgie ou de TSD, il 
n'existait pas d'incapacité de travail sur le plan psychiatrique ni sur le plan 
rhumatologique, autre que ce que l'expertise du Prof J_____ mentionnait.  

24. Un premier entretien, sous l'égide du service de réadaptation professionnelle a eu 
lieu le 16 août 2012. Le réadaptateur a reçu l'assuré pour lui faire part des 
conclusions du SMR par rapport à sa demande de révision de rente. L'assuré s’est 
dit atterré par ces conclusions, dès lors que ses médecins traitants, de façon 
unanime, s'accordaient à considérer qu'il ne pouvait pas travailler plus de quatre 
heures par semaine et encore, ceci afin qu'il puisse se changer les idées. Il a indiqué 
que rien que ces quatre heures hebdomadaires, effectuées le lundi matin, lui étaient 
extrêmement pénibles: il en ressortait exténué. Il était prévu un nouvel entretien 
avec l'employeur, afin de discuter de la situation, de la place de travail et des tâches 
effectuées par l'assuré. 

25. L'assuré a été hospitalisé du 25 septembre au 11 octobre 2012 à la clinique 
genevoise de Montana, pour l'adaptation du traitement antalgique et de la thymie. 

26. À la demande de l’OAI, dans un courrier du 26 octobre 2012, les SIG ont indiqué 
que l'assuré avait pu successivement être reclassé en interne, passant 
successivement de releveur d'index à employé de bureau. En février 2002, il avait 
été placé sur une mission longue durée au sein de la section « plans réseaux » en 
tant qu'administratif assigné au scannage des plans cadastraux-plans réseaux SIG, 
mandat créé sur mesure pour l'assuré, pour un taux d'activité de 50 %. Dès mai 
2003, il avait été transféré auprès du service « comptabilité » en tant qu'employé 
administratif chargé de traitement du courrier. Entre 2005 et 2009, la situation 
médicale de l'assuré s'était à nouveau dégradée, entraînant un absentéisme complet 
dès la fin 2009, qui avait eu pour conséquence que l'intéressé s'était retrouvé en fin 
de droit au salaire à partir du 1er juillet 2011. Dès cette date, et en lien avec les 
statuts de l'employeur, relevant du droit public, il lui avait été ouvert un contrat de 
droit privé type « surnuméraire », dans le cadre duquel il était salarié à hauteur des 
heures effectivement accomplies. L'employeur a précisé que le maintien du 
collaborateur dans cette activité était une mesure purement sociale de la part des 
SIG. 

 
 
 

 

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27. Le 12 février 2014, le service de réadaptation a déterminé le degré d’invalidité : la 
comparaison des revenus aboutissait au calcul suivant : le revenu sans invalidité, 
selon les données de l’employeur du 7 mai 2013, s’élevait à CHF 100'801.-. Le 
revenu avec invalidité (selon l'Enquête suisse sur la structure des salaires [ESS] 
2010, tableau TA1, tous secteurs confondus [total] pour une activité simple et 
répétitive [niveau 4], pour un taux de travail de 100 % avec une baisse de 
rendement de 20 %, actualisé à 2012 au moyen de l’indice suisse des salaires 
nominaux [ISS] était de CHF 49'773.-. La perte de gain de CHF 51'028.- 
correspondait à un degré d'invalidité de 50.6 %. Il n'avait pas été opéré de réduction 
supplémentaire sur le salaire statistique, car les limitations fonctionnelles étaient 
déjà prises en compte par l'admission d'une diminution de rendement. 

28. Par courrier du 10 avril 2014, le Prof H_____ a signalé à l'OAI que le patient 
présentait une accentuation de la péjoration, avec la persistance de signes 
inflammatoires malgré un traitement agressif d'immunosuppresseurs et antalgiques. 
La situation s'était en outre compliquée d'un état dépressif prononcé et préoccupant, 
malgré les fortes doses d'antidépresseurs prescrits par le psychiatre. Le patient 
poursuivait son travail actuellement à 10 % avec un courage remarquable. Le 
médecin estimait donc sa capacité de travail à 10 % au maximum. 

29. Par avis du 24 octobre 2014, le SMR a invité le gestionnaire à recueillir un rapport 
médical initial du Prof H_____ ainsi que du psychiatre traitant, au vu du rapport 
médical du 10 avril 2014 susmentionné, faisant état d'une aggravation.  

30. Le Dr M_____, psychiatre traitant, a établi son rapport le 21 novembre 2014. Il 
suivait le patient depuis le 24 mars 2011. La dernière consultation remontait au 
18 novembre 2014. Les diagnostics avec effet sur la capacité de travail étaient: une 
maladie rhumatologique inflammatoire, des polyarthralgies et des lombalgies 
chroniques (il renvoyait à cet égard aux médecins traitants spécialistes), une 
broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), des apnées du sommeil 
probable (se référant au docteur N_____, FMH en pneumologie), et sur le plan 
purement psychiatrique: un trouble anxio-dépressif « réactionnel » (c'est le médecin 
qui souligne). Quant aux diagnostics sans effet sur la capacité de travail, il 
renvoyait au médecin traitant généraliste, mentionnant un diabète II, une 
hémochromatose, et une HTA traitée. L’assuré avait été hospitalisé à la clinique 
genevoise de Montana du 26 août au 6 septembre 2013 (« dernier séjour »). Sur le 
plan anamnestique, le médecin a rappelé la situation familiale du patient et son 
parcours professionnel, l'apparition de ses troubles somatiques et leur aggravation, 
puis l'anamnèse psychiatrique dès l'apparition des premiers symptômes en 2011 
(trouble anxio-dépressif réactionnel à l'aggravation de ses troubles somatiques), se 
traduisant par une humeur dépressive avec idées morbides, asthénie, difficultés de 
concentration, troubles mnésiques, perte de l'intérêt et du plaisir, sentiment de 
culpabilité, tension nerveuse, angoisse, fatigabilité, irritabilité, sensation d'être à 
bout. Quant au traitement, sur le plan psychiatrique, il suivait une psychothérapie 
médicale individuelle à fréquence hebdomadaire, associée à une prescription de 

 
 
 

 

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psychotropes (Paroxétine, Lexotanil, Zolpidem). Le médecin recommandait la 
poursuite du traitement engagé, adapté à l'évolution et à l'aggravation somatique. 
Sur le plan de l'incapacité de travail en qualité d'aide-comptable, il renvoyait au 
médecin généraliste, qui gérait cet aspect. Quant aux restrictions physiques 
mentales ou psychiques existantes, sur le plan purement psychiatrique, il énonçait 
les troubles de concentration et mnésiques, une fatigabilité, une résistance au stress 
réduite, un rendement limité et influencé par les douleurs chroniques accrues, une 
limitation dans la diversité des tâches (position, poids, …). Le rendement était 
réduit, sur le plan purement psychiatrique, en raison des troubles de concentration 
et mnésiques. 

31. Le Prof H_____ a adressé son rapport le 12 décembre 2014. Il a retenu les 
diagnostics suivants avec effet sur la capacité de travail: canal lombaire rétréci sur 
lipomatose épidurale, arthropathie inflammatoire de nature incertaine (probable 
spondylarthrite) avec douleurs diffuses, épisode de tuméfaction des petites et 
grosses articulations, œdème du rachis à l'IRM, synovites à l'ultrason, augmentation 
du facteur du complément C3, augmentation de l'IL-1Ra sérique, hypercaptation 
scintigraphique (surtout au niveau des coudes), hémochromatose, état dépressif 
probablement secondaire, réactions allergiques au Mabthera, et BPCO sévère. Le 
diagnostic sans effet sur la capacité de travail était un diabète de type II. Le 
traitement ambulatoire initié le 30 octobre 2009 était toujours en cours. L’assuré 
avait été hospitalisé trois fois: une fois en dermatologie et deux fois en 
rhumatologie. Sur le plan anamnestique, le médecin a rappelé à gros traits 
l'historique médical du patient, mentionnant ses propres constatations objectives. Le 
pronostic était mauvais (traitement très insuffisant et épuisement des alternatives 
thérapeutiques). Le traitement actuel était de type immunosuppresseur, anti-
inflammatoire, antalgique et antidépresseur particulièrement lourd; sans plan de 
changement prévu pour l'instant, tout ayant été essayé. L’incapacité de travail était 
de 90 % dans l'activité de releveur de l'index, depuis mai 2010, toujours actuel. Les 
limitations étaient dues aux lombalgies, arthromyalgies sévères, fatigue, fatigabilité, 
et troubles de la concentration se traduisant au travail par des difficultés au 
déplacement et à la manipulation, ainsi qu'un manque de rendement. Du point de 
vue médical, l'activité exercée était encore exigible, à 10 %, le médecin précisant 
toutefois « mais très difficilement, sans garantie de possibilité de poursuite ». Le 
rendement était réduit; il n'existait pas d'activités plus adaptées aux restrictions 
énoncées, l'incapacité de travail ne pouvant être réduite par des mesures médicales. 
Le médecin s'est également prononcé sur le type de positions exigibles dans des 
activités adaptées: pour celles qu'il retenait (uniquement en position assise, 
uniquement en position debout, activité dans différentes positions et principalement 
en marchant), il a précisé: au taux de 10 %. Il a encore annexé à son rapport d'autres 
documents médicaux: - un rapport d'IRM dorso-lombaire du 3 octobre 2014 
concluant à la mise en évidence de quelques discopathies dorsales avec discret 
débord discal (D8-D9 et D9-D10). Au niveau lombaire, il existait une lipomatose 
causant un discret rétrécissement canalaire, sans hernie discale, de sténose 

 
 
 

 

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foraminale. Était relevée une prise de contraste au niveau des articulaires 
postérieurs en L4-L5 et L5-S1, témoignant d'une atteinte inflammatoire à ce niveau, 
de même qu'au niveau inter-épineux en L4-L5; - un rapport d'analyses du sang 
veineux du laboratoire d'immunologie et allergologie clinique des HUG du 
17 janvier 2014. 

32. Le SMR (Dresse O_____) a émis un nouvel avis le 5 mars 2015. Il a rappelé que 
l’assuré était au bénéfice d'une demi-rente octroyée depuis 2002, portée à trois-
quarts de rente depuis 2008, en raison de lombalgies chroniques sur troubles 
dégénératifs, avec présence en arrière-plan, d’un canal lombaire rétréci sur 
lipomatose épidurale et d’une hémochromatose. Dans le cadre de la révision, le 
SMR avait rendu un avis final le 14 février 2014 (recte: 2012), dans le sens d'une 
absence d'aggravation (état stationnaire par rapport à l'octroi du trois-quarts de 
rente), basée sur les conclusions d'une expertise rhumatologique de mars 2011 
(Prof J_____), et psychiatrique de 2012 (recte : 2011) (Dr L_____). Le SMR a 
rappelé les divergences entre les conclusions du Prof H_____ et celles du 
Prof J_____ (ce dernier aboutissant à un diagnostic de TSD). Une forte composante 
somatoforme était constatée par le Prof J_____, mais en l’absence d’éléments de 
gravité jurisprudentiel et de comorbidité psychiatrique, le SMR avait jugé celle-ci 
comme sans répercussion sur la capacité de travail. En avril 2014, une comparaison 
des revenus aboutissait à un taux d'invalidité de 50.6 %. À ce même moment, le 
Prof H_____ attestait une accentuation de la péjoration de l'état de santé sur le plan 
rhumatologique et psychiatrique ; le SMR a résumé les constatations détaillées du 
rhumatologue traitant. Évoquant le rapport du psychiatre traitant et les rapports 
d'hospitalisations aux HUG, et visant l'intégralité des rapports de consultation 
ambulatoire en rhumatologie, le SMR a conclu que pour l'heure il existait peu 
d'éléments en faveur d'une aggravation manifeste de l'état de santé. Néanmoins, en 
raison de la notion de synovites qui auraient été observées (sans précision au sujet 
des articulations concernées, ni quant à la date de ces constats, ni quant à leur 
fréquence), il était nécessaire d'obtenir du Prof H_____ la copie de l'intégralité des 
rapports de consultations ambulatoires et consiliums depuis 2011, ainsi que les 
rapports d'examens échographiques et de scintigraphies faites aux HUG. Le SMR 
déterminerait la suite à donner, à réception de ces éléments. 

33. Le généraliste traitant a adressé à l'OAI, le 25 mars 2015, la seule copie du rapport 
échographique en sa possession, soit celui des mains, du 20 janvier 2014, renvoyant 
pour le surplus au Prof H_____. L'indication de cette échographie était la recherche 
de synovites. Le résultat était négatif concernant d'éventuelles synovites ou 
ténosynovites. 

34. Le 7 juillet 2015, après plusieurs rappels, l'OAI a reçu des services du Prof H_____ 
la copie des rapports de consultations ambulatoires et consiliums depuis 2011 
(dossier de 121 pages incluant notamment des rapports d'analyse ainsi que les notes 
manuscrites de suivi (HUG) de 2009 à 2015, des rapports d'histologie, 

 
 
 

 

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d'électroneuromyographie, ainsi que la copie de rapports de divers spécialistes et de 
rapports d'hospitalisation). En particulier, ce dossier contenait :  

- un rapport du Prof H_____ du 17 février 2009, posant les diagnostics de 
possible spondylarthropathie indifférenciée ; d’un canal lombaire étroit avec 
lipomatose épidurale ; et d’une périarthrite de hanche droite. Le patient avait été 
hospitalisé au mois de novembre 2008 en rhumatologie pendant une semaine 
pour investigations de polyarthralgies et de lombalgies chroniques. Concernant 
les polyarthralgies, en l'absence d’arguments biologiques ni cliniques ni 
radiologiques pour un rhumatisme inflammatoire, il avait été conclu à des 
douleurs articulaires possiblement en lien avec une goutte avec une composante 
de syndrome douloureux chronique. Une IRM lombaire de la colonne lombaire 
avait mis en évidence un rétrécissement constitutionnel du canal lombaire. Les 
diagnostics différentiels qui pourraient expliquer les lombalgies avec atteinte 
polyarticulaire étaient : une spondylarthropathie ; une chondrocalcinose ; une 
goutte polyarticulaire (ce diagnostic semblait moins probable au vu d’une 
uricémie normale et de l’absence de lésions évocatrices à la radiographie) ; une 
ostéo-arthropathie hypertrophiante pneumique de Pierre Marie (évoquée en 
raison de douleurs à la palpation du périoste au niveau des radius et des tibias 
chez un ancien tabagique, mais moins probable en l’absence d’hypocratisme 
digital) ; une connectivite (mais semblait très peu probable au vu de l’absence 
de syndrome inflammatoire). Si toutes les investigations n’étaient pas 
contributives, il serait probablement retenu le diagnostic de spondylarthropathie 
indifférenciée ;  

- un rapport du service de rhumatologie des HUG du 23 août 2010, relevant 
notamment que, sur le plan biologique, il n’y avait pas de syndrome 
inflammatoire ;  

- un rapport du Prof H_____ du 27 septembre 2010, indiquant que le syndrome 
douloureux restait mal explicable avec des douleurs extrêmement marquées. 
Les tests d’imagerie étaient restés négatifs, « sous réserve de la biopsie 
musculaire qui était programmée pour éliminer une très éventuelle myopathie, 
peu probable au vu de la biologie et des IRM, et en dehors de modifications 
discrètes, à la scintigraphie osseuse, au niveau du coude gauche, non 
spécifiques et compatibles avec des troubles dégénératifs débutants ». Les 
seules anomalies biologiques mises en évidence (discrètes augmentation de 
l’IL1RA et des facteurs du complément) n’étaient pas claires mais possiblement 
en rapport avec l’hémochromatose qui pouvait provoquer des désordres 
métaboliques au niveau du foie. Il était donc extrêmement peu probable que le 
syndrome douloureux diffus soit dû à une maladie auto-inflammatoire. Le canal 
lombaire étroit avec lipomatose était peut-être en rapport avec des douleurs 
lombosciatalgiques mais n’expliquait certainement pas les douleurs 
périphériques multiples ;  

 
 
 

 

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- un rapport du Prof H_____ du 11 février 2011, posant les diagnostics de 
syndrome douloureux chronique, probablement multifactoriel dans le contexte 
d’un canal lombaire étroit avec lipomatose épidurale ; et d’une maladie 
inflammatoire d’origine indéterminée avec douleur synoviale, épisodes 
récurrents de tuméfactions, parfois accompagnées d’œdème à l’IRM, 
augmentation de IL1RA et des facteurs du complément ;  

- le rapport de la doctoresse P_____, spécialiste FMH en neurologie 
électroneuromyographie, du 13 octobre 2014 au sujet de divers examens 
cliniques et neurologiques, relevant que les résultats de l’examen 
électroneuromyographique étaient normaux et n’apportaient pas d’arguments 
électrophysiologiques en faveur d’une atteinte nerveuse périphérique, 
radiculaire ou tronculaire. Ces techniques n’étudiaient toutefois pas les petites 
fibres de la sensibilité thermo-algique qui semblaient davantage touchées. Un 
complément d’examen à la recherche d’une atteinte des petites fibres pourrait 
être effectué ;  

- un rapport du Dr E_____ du 30 octobre 2014, mentionnant que l’IRM dorso-
lombaire du 3 octobre 2014 était relativement stable. Il existait une très discrète 
discopathie D8-D9 et D9-D10 qui était assez banale. Au niveau L4-L5 et L5-
S1, il existait une surcharge au niveau des articulaires postérieures avec une 
réaction inflammatoire associée. Il existait surtout une lipomatose intracanalaire 
lombaire qui pourrait expliquer des tensions articulaires sciatiques 
occasionnelles.  

35. Le SMR (O_____) s'est à nouveau prononcé dans un avis du 10 septembre 2015, 
après étude du dossier médical reçu le 7 juillet 2015. Il a rappelé préalablement 
qu'il s'agissait de déterminer si l'état de santé s'était aggravé depuis le rapport final 
du SMR du 7 mai 2012 basé sur les deux expertises effectuées en 2011.  

Sur le plan rhumatologique, le SMR notait que des documents anciens (2011) 
évoquaient déjà un diagnostic différentiel avec une spondylarthrite ankylosante et 
mentionnent des « épisodes récurrents de tuméfactions, parfois accompagnés 
d'œdème à l'IRM ». Parmi les documents transmis, aucun rapport de radiologie 
n'était retrouvé. Toutefois, indirectement, les rapports d'hospitalisation et de 
consultations signalaient que l'imagerie n'avait pas permis d'objectiver de signes de 
synovites (exemples mentionnés). Il était encore noté que parmi les documents 
transmis, les notes manuscrites de consultations (jusqu'en octobre 2014) décrivaient 
une situation plutôt stationnaire, tant sur le plan subjectif qu'objectif avec au 
premier plan des douleurs diffuses. Dans ce contexte, il semblait que les éléments 
mis en avant par le rapport du 2 (recte : 12) décembre 2014 du Prof H_____ ne 
constituaient pas des nouveautés mais seraient plutôt des faits déjà connus de 
longue date et déjà discutés, notamment dans l'expertise du Prof J_____ de 2011. 
Concernant les autres spécialités, les documents les plus récents comprenaient entre 
autres : 

 
 
 

 

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- sur le plan neurologique, un EMG effectué le 8 octobre 2014 par la 
Dresse P_____, qui était normal. Néanmoins, cette dernière conseillait alors de 
réaliser un bilan afin d'exclure une atteinte des petites fibres; 

- sur le plan neurochirurgical, le Dr E_____ (consultation du 30 octobre 2014) 
retenait une situation stable sur le plan radiologique (IRM dorso-lombaire du 
3 octobre 2014); 

- sur le plan neurologique, selon la consultation du 12 novembre 2014 du 
Dr N_____, le syndrome obstructif connu était légèrement augmenté. Le 
spécialiste relevait un SAS probable, pour lequel un traitement par CPAP devait 
être mis en place, dont les effets devraient être réévalués. 

Le SMR a conclu qu'au vu de la complexité du dossier, considérant les hypothèses 
diagnostiques encore non résolues, les divergences entre spécialistes sur lesquelles 
il était difficile de trancher, du fait que les expertises remontaient désormais à 2011, 
et que depuis lors, non seulement la jurisprudence concernant les TSD avait évolué, 
mais les critères diagnostics concernant certaines affections rhumatologiques 
avaient également évolué, il convenait de déterminer si l'état de santé s'était aggravé 
depuis février 2008, ceci au moyen d'une expertise pluridisciplinaire via la plate-
forme Med@P, qui devait comporter les volets de médecine interne, rhumatologie 
psychiatrie, laissant aux experts le soin de déterminer si un complément 
neurologique et/ou pneumologique était nécessaire. En plus des questions 
habituelles, il convenait de transmettre les questions réactualisées et tenant compte 
de la nouvelle jurisprudence en matière de TSD. 

36. Répondant à une demande de renseignements de l'OAI, la doctoresse Q_____, 
médecin adjoint au centre multidisciplinaire d'étude et de traitement de la douleur 
des HUG, a transmis copie d'un rapport circonstancié et détaillé du 8 septembre 
2015, signé par elle-même, ainsi que par le Prof H_____ et la doctoresse R_____, 
médecin adjoint et psychiatre de liaison, consécutif à une consultation ambulatoire 
et des examens complémentaires des 6 juillet et 7 septembre 2015, à la demande du 
Dr E_____. Ce rapport relevait qu’à l’examen clinique, l’assuré marchait avec 
difficulté. Une ENMG en 2014 avait révélé un dysfonctionnement modéré des 
petites fibres de la nociception et du système nerveux autonome aux membres 
inférieurs polyneuropathie avec atteinte préférentielle des petites fibres 
probablement liée au diabète. Le score d’Oswestry à 66 % était compatible avec un 
handicap lombaire sévère. Les douleurs provoquaient de nombreux réveils qui 
perturbaient fortement le sommeil de l’assuré qui souffrait également d’apnées du 
sommeil non appareillées (intolérance à l’appareil). Il décrivait être très souvent 
découragé par la persistance des douleurs et des limites qu’elles imposaient dans sa 
vie quotidienne, familiale et sociale. Ses scores d’anxiété et de dépression sur le 
HAD étaient compatibles avec un épisode anxio-dépressif. Les médecins 
proposaient un changement de médicaments (Paroxétine remplacée par 
Venlafaxine, invitant le patient à limiter la consommation de Métamizole - dont 
l'action n'était pas claire et qui pouvait provoquer parfois des agranulocytoses). De 

 
 
 

 

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même, il lui était proposé de participer à un groupe de thérapies cognitivo-
comportementales spécialement élaborées pour les patients souffrant de douleurs 
chroniques.  

37. L'OAI a été informé par SuisseMED@P-Team, le 9 mars 2016, que l'expertise 
pluridisciplinaire avait été attribuée au CEMed, Centre d'Expertise Médicale à 
Nyon. Les experts désignés étaient: pour la médecine interne générale, le docteur 
S_____, FMH en médecine interne; en psychiatrie: le docteur T_____, psychiatre et 
psychothérapeute FMH; en rhumatologie: la doctoresse U_____, rhumatologue 
FMH; et en neurologie: le docteur V_____, neurologue FMH.  

38. Les experts ont déposé leur rapport le 17 août 2016. Ils ont examiné le dossier y 
compris radiologique, relevé les plaintes actuelles de l’assuré, procédé à une 
anamnèse (personnelle, familiale et socioprofessionnelle) ainsi qu’à son status 
clinique. Ils ont précisé que les indicateurs décrits dans l’arrêt du Tribunal fédéral 
9C_492/2014 du 3 juin 2015, en lien avec le syndrome douloureux somatoforme 
persistant, avaient été pris en compte et avaient été traités dans le corps de 
l’expertise, notamment dans la situation actuelle, les conclusions ainsi que dans les 
questions posées par l’OAI.  

Les experts ont retenu les diagnostics suivants avec répercussion sur la capacité de 
travail: BPCO depuis 2009; lombalgies chroniques sur troubles dégénératifs, 
trouble de la transition lombo-sacrée depuis 2001; possible spondylarthropathie 
indifférenciée HLA B 27 négatif, non confirmée depuis 2009; et les diagnostics 
sans répercussion sur la capacité de travail: obésité de stade I depuis 1987 ; diabète 
de type II depuis 2008 ; HTA essentielle depuis 1987 ; hémochromatose depuis 
2009 ; syndrome musculosquelettique douloureux diffus intéressant le rachis et les 
quatre extrémités avec troubles sensitivo-moteurs, sans substrat somatique des 
quatre extrémités, présent depuis 2008 ; possible discrète neuropathie des petites 
fibres sans conséquence fonctionnelle, depuis 2014 ; probable SAS avec intolérance 
à la CPAP ; troubles dégénératifs cervico-dorso-lombaires discrets à modérés sans 
évidence de canal cervical et lombaire étroits, depuis 2001 ; épisode dépressif léger, 
sans syndrome somatique (F32.00) ; et TSD persistant (F45.4).  

Dans la discussion du cas, ils ont indiqué que, sur le plan de la médecine interne, la 
BPCO interdisait des activités imposant des déplacements fréquents ou des efforts 
répétés. En dehors de cette dyspnée d’effort, il n’y avait pas d’affection retentissant 
de façon durable sur la capacité de travail, mais la BCPO, l’obésité et le syndrome 
d’apnées du sommeil pouvaient justifier une diminution de rendement de 20 %.  

Sur le plan rhumatologique, l’examen ostéo-articulaire ne mettait pas en évidence 
de signe inflammatoire en ce qui concernait les articulations. Toute palpation, toute 
mobilisation était douloureuse, mais il n’y avait pas de synovite. En ce qui 
concernait le rachis, l’anamnèse, l’examen clinique et les images radiologiques 
parlaient en faveur de lombalgies chroniques sur des troubles dégénératifs. Le 
tableau clinique parlait en faveur d’un syndrome musculosquelettique algique 

 
 
 

 

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diffus. À la lecture des documents médicaux, il n’y avait guère d’éléments ni sur le 
plan biologique, ni sur le plan clinique, ni sur le plan paraclinique qui permettaient 
d’attribuer toute la symptomatologie alléguée à un rhumatisme inflammatoire. Les 
facteurs du complément C3, C4 avaient un peu augmenté au cours de l’évolution. 
Les échographies n’avaient jamais démontré de signe de synovite, la scintigraphie 
du coude, de même que les IRM lombaires, avaient montré des signes compatibles 
avec des troubles dégénératifs. Une spondylarthropathie indifférenciée HLA B27 
négatif était toujours possible, mais il ne s’agissait pas d’un diagnostic 
prépondérant en regard du manque de critères objectifs. Les plaintes de l’assuré et 
l’intensité de celles-ci n’étaient pas concordantes avec la paucité des observations 
cliniques, biologiques et radiologiques. Il existait lors de l’examen 4/5 signes de 
non-organicité de Waddell et la présence de 16/18 points typiques de la 
fibromyalgie, douloureux à la pression avec jump sign, ce qui laissait supposer une 
nette composante subjective à la symptomatologie algique. Les experts ont jugé la 
capacité de travail dans une activité adaptée comme entière sur le plan 
rhumatologique, sans perte de rendement.  

Sur le plan neurologique, le patient était très algique et démonstratif durant tout 
l’examen. Les experts ont observé que la marche spontanée se faisant difficilement, 
de façon hésitante, avec une certaine instabilité. La marche spontanée était 
néanmoins possible même sans l’aide de la canne. Toute tentative de marche sur la 
pointe des pieds et sur les talons était impossible en raison d’un lâchage immédiat/ 
d’un manque d’effort volontaire. Une certaine instabilité était notée à la station 
pieds joints augmentant à l’occlusion des yeux ainsi qu’à la marche un pied devant 
l’autre, mais ces épreuves restaient réalisables. Les experts n’avaient pas répété 
l’ENMG, mais ils avaient pris note que les deux ENMG pratiqués aux HUG 
s’étaient révélés normaux, seul l’ENMG à la recherche d’une éventuelle atteinte des 
petites fibres se serait révélé anormal. Le patient était très démonstratif dans son 
comportement. Les examens cliniques et complémentaires n’avaient pas mis en 
évidence d’atteinte neurologique centrale et périphérique ni une atteinte musculaire, 
hormis l’éventualité d’une neuropathie à petites fibres qui ne saurait de toute façon 
pas rendre compte du tableau clinique tel qu’observé chez l’assuré. Il n’existait pas 
chez le patient d’éléments permettant de mettre en évidence une atteinte 
encéphalique, médullaire ni d’éléments en direction d’une compression radiculaire 
au niveau lombaire expliquant les lombalgies et les sciatalgies. Les troubles 
dégénératifs lombaires et la lipomatose pouvaient partiellement rendre compte des 
douleurs lombaires, mais les anomalies mises en évidence aux différents bilans 
radiologiques étaient clairement insuffisantes pour expliquer l’importance des 
douleurs et surtout des autres composantes de la symptomatologie. Le tableau 
clinique observé était clairement atypique avec des incohérences indubitables entre 
certains éléments du status, avec par exemple, des réflexes tendineux tous bien 
préservés, une trophicité musculaire intacte, mais des troubles moteurs 
apparemment majeurs contrastant avec une préservation d’une certaine capacité de 
déambulation que l’importance des troubles mise en évidence au testing formel ne 

 
 
 

 

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saurait autoriser logiquement. En définitive, le bilan neurologique n’apportait pas 
d’explication aux plaintes formulées par l’assuré. Ainsi, les experts ne retenaient 
pas d’incapacité de travail sur le plan strictement neurologique.  

Sur le plan psychiatrique, les experts ont retenu, sur la base des données 
anamnestiques et de leur observation, un épisode dépressif léger, sans syndrome 
somatique (F32.00). À l’examen clinique, l’assuré avait quelques difficultés à situer 
certains événements dans le temps, mais il ne présentait pas de troubles cognitifs 
particulièrement marqués, ni de tristesse marquée ni de labilité émotionnelle. 
L’évocation de certaines difficultés n’avait pas conduit à l’expression d’une 
émotivité trop importante. L’entretien s’était déroulé sur un bon rythme et il n’y 
avait pas de ralentissement psychomoteur particulièrement marqué. Il exprimait 
souvent des douleurs qui représentaient la plainte principale. Il n’y avait pas de 
comportement manifestement démonstratif concernant les plaintes algiques. Dès 
2010, le Prof H_____ mentionnait la possibilité d’une fibromyalgie. Actuellement, 
les experts pouvaient retenir un syndrome douloureux somatoforme persistant 
(F45.4) selon les critères de la CIM-10 avec une douleur persistante, intense, 
s’accompagnant d’un sentiment de détresse, non expliquée entièrement par un 
processus physiologique. Le trouble de l’humeur était secondaire au trouble 
somatoforme. Ce trouble était accompagné de phénomène d’amplification 
manifeste à la limite d’une majoration des symptômes physiques pour des raisons 
psychologiques. L’assuré ne présentait pas de cognition agoraphobe mais il était 
systématiquement accompagné pour sortir par son épouse en raison d’une faiblesse 
au niveau des membres inférieurs et d’une diminution de son endurance. Il pouvait 
toutefois se montrer plus autonome en se déplaçant en scooter. La compliance au 
traitement était bonne. L’appréciation fine des ressources personnelles de l’assuré 
était rendue quasiment impossible en raison des phénomènes d’amplification. Il 
pouvait se déplacer seul, notamment en scooter contrairement à ce qu’il avait 
affirmé (il avait indiqué qu’il se déplaçait peu en voiture et scooter [p. 31 du 
rapport]). Apparemment, il pouvait inviter des amis. Lors des groupes 
thérapeutiques, il intervenait en soutien aux autres participants. En dehors de cela, il 
se décrivait comme totalement passif au quotidien. Il était essentiellement pris dans 
un processus d’invalidation. Sur le plan psychiatrique, aucune limitation 
fonctionnelle n’était retenue.  

À titre de limitations fonctionnelles, les experts ont relevé que, sur le plan physique, 
la BPCO interdisait des activités imposant des déplacements fréquents ou des 
efforts répétés: impossibilité de se déplacer sur plus de 100 m; impossibilité de 
soulever des poids dépassant 5 kg. Il n’existait pas de limitations dans une activité 
sédentaire (bureau). L’assuré devait éviter les mouvements itératifs contraignants 
pour le rachis dorso-lombaire en flexion/ extension/ rotations/ inclinaison du tronc ; 
l'agenouillement/ relèvement itératif ; le port itératif de charges supérieures à 5 kg ; 
le travail avec des engins émettant des vibrations ; ainsi que les mouvements 

 
 
 

 

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répétitifs des poignets et des mains. Les changements de positions étaient possibles. 
Sur le plan psychique et mental, il n’y avait pas de limitation.  

La capacité de travail comme employé de bureau était complète. Les troubles 
n'avaient pas d'influence dans une telle activité. La capacité de travail résiduelle 
était complète et l'activité exercée jusqu'ici était possible à plein-temps, huit heures 
par jour, avec une diminution de rendement de 20 % du point de vue médical. Il n'y 
avait pas eu d'incapacité de travail durable au point de vue médical. D’autres 
activités étaient exigibles de la part de l'assuré à plein temps, huit heures par jour, 
avec une diminution de rendement de 20 % (activité sédentaire n'imposant pas de 
déplacements de plus de 100 m et le port de poids dépassant 5 kg), mais l'activité 
exercée actuellement était déjà adaptée. Il s’agissait d’une activité en position 
assise, permettant des changements de position, n’impliquant pas de port de charge, 
ni de mouvement répétitif pour le rachis, ni de mouvement répétitif des 
articulations, ni de déplacement. Cette exigibilité existait depuis toujours.  

39. Le SMR (Dresse O_____) s'est prononcé, après retour de l'expertise, par avis du 27 
septembre 2016. De façon globale, les experts constataient la prépondérance 
d'éléments subjectifs sur les constatations objectives ainsi que les phénomènes 
d'amplification manifestes, à la limite d'une majoration des symptômes physiques 
pour des raisons psychologiques. Sur le plan rhumatologique, l'expertise ne 
permettait toujours pas de confirmer la présence d'une atteinte inflammatoire ou 
microcristalline. L'expert retenait que le diagnostic de spondylarthropathie 
indifférenciée HLA B 27 négatif était toujours possible, mais paraissait peu 
prépondérant en regard du manque de critères objectifs. Sur le plan neurologique, 
l'examen était marqué par un comportement démonstratif, des lâchages, un tableau 
atypique, et des incohérences. Au final, il ne permettait pas de retenir une atteinte 
neurologique clairement documentée et aucun diagnostic n'était retenu. Sur le plan 
psychiatrique, les critères pour un TSD étaient dorénavant remplis. En outre, un 
épisode dépressif léger, sans répercussion sur la capacité de travail, était retenu. En 
ce qui concernait l'analyse des indicateurs standards, les experts renvoyaient au 
corpus de l'expertise. Il était à relever qu'il n'existait aucune affection somatique ou 
psychiatrique d'une gravité suffisante pouvant interférer avec la capacité de travail. 
La présence d'incohérences, de signes de non-organicité et d'éléments de majoration 
était soulignée. Les éléments d'amplification rendraient une appréciation objective 
des ressources personnelles quasiment impossible. Il était toutefois indiqué que 
l'assuré pouvait se déplacer seul, notamment en scooter. Il pouvait inviter des amis. 
Dans les groupes thérapeutiques, il intervenait en soutien chez les autres 
participants. L'assuré était lui-même soutenu par sa femme. En ce qui concernait la 
personnalité, aucun dysfonctionnement ou trouble de la personnalité n'était retenu. 
En outre, l'assuré continuait à travailler dans une activité aménagée par l'employeur, 
à raison d'une demi-journée par semaine. En ce qui concernait la capacité de travail 
résiduelle, les experts se ralliaient aux conclusions des expertises de 2013 (recte : 
2011) et confirmaient que la capacité de travail dans une activité adaptée, de type 

 
 
 

 

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employé de bureau, restait entière, moyennant une diminution de rendement de 
20 % telle que retenue par le Prof J_____.  

Au final, l'expertise du CEMed avait été réalisée conformément aux exigences de 
qualité en vigueur. Elle proposait notamment une discussion approfondie 
concernant les points litigieux. En outre, ses conclusions étaient superposables à 
celles fondées sur les expertises de 2013 (recte : 2011), si ce n'était que le 
diagnostic de TSD évoqué par le Prof J_____ était maintenant formellement 
reconnu. L'analyse des indicateurs standards ne permettait toutefois pas de retenir 
une répercussion de ce trouble sur la capacité de travail. Ainsi, l'expertise du 
CEMed confirmait l'absence d'aggravation objective depuis la décision du 
1er février 2008. Dans ce contexte, les conclusions du SMR dans son avis du 7 mai 
2012 restaient valables. 

40. Par courrier du 19 octobre 2016, l'OAI a notifié à l'assuré un projet « d'acceptation 
de rente: réduction de la rente d'invalidité ». Dans le cadre de la révision du droit à 
la rente, sur la base des éléments médicaux recueillis, le SMR estimait que, dans 
une activité adaptée à ses limitations fonctionnelles, sa capacité de travail était de 
100 % avec une baisse de rendement de 20 %, et ceci depuis 2012 au moins. La 
comparaison des revenus déterminants engendrait une perte de gain de 
CHF 51'028.-, soit un degré d'invalidité de 50.6 %, raison pour laquelle le droit à un 
trois-quarts de rente était remplacé par un droit à une demi-rente, basée sur un 
degré d'invalidité de 50 % (recte : 51 %).  

41. À la demande de l'assuré, une copie du dossier OAI sur CD-ROM a été adressée les 
26 et 27 octobre 2016 aux Drs D______, H_____, M_____, P_____ et E_____. 

42. Par courrier du 15 novembre 2016, l'assuré a indiqué être en désaccord total avec le 
projet de décision susmentionné. Son état de santé physique, psychique, 
neurologique et rhumatologique s'était notablement dégradé. Il invitait l'OAI à 
prendre contact avec ses médecins (susnommés). Si l'OAI devait maintenir sa 
position, il serait contraint de recourir contre la décision qui lui serait 
communiquée. 

43. Par courrier du 17 novembre 2016, l'OAI a accusé réception du courrier précédent. 
Dans le cadre du droit d'être entendu, il appartenait à l'assuré d'apporter des 
éléments médicaux probants s'il désirait faire modifier les conclusions retenues par 
l'office. Par conséquent, l'OAI ne contacterait pas les médecins, la procédure 
d'instruction étant terminée. L'OAI attirait l'attention de l'assuré sur le fait que le 
délai d'audition était fixé au 28 novembre 2016. Sans nouvelles de sa part à cette 
date, il rendrait une décision identique au projet du 19 octobre 2016. 

44. Sur demande de l'assuré, l'OAI a accordé une prolongation du délai au 9 décembre 
2016 pour produire les nouveaux éléments médicaux. 

45. Le 9 décembre 2016, l'OAI a reçu les documents suivants : 

 
 
 

 

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- une attestation-certificat du Dr D______ du 23 novembre 2016, indiquant qu’il 
suivait régulièrement le patient depuis vingt ans; ce dernier souffrait de 
polypathologies très invalidantes, lui permettant au maximum de travailler à 
10 %, dans un travail adapté. Le médecin confirmait les pathologies retenues 
par ses confrères rhumatologue, psychiatre, neurochirurgien, pneumologue et 
neurologue;  

- un certificat du Prof H_____, non daté mais se référant aux expertises 
susmentionnées (CEMed), aux termes duquel l'état de santé du patient 
continuait à se dégrader malgré les multiples traitements entrepris. Le médecin 
concédait qu'il n'y avait malheureusement toujours pas de certitudes 
diagnostiques, mais il rappelait que de multiples éléments pathologiques et 
anormaux avaient été retrouvés sur les plans clinique, biologique et 
radiologique. Les experts qui avaient décrété une absence de problèmes 
somatoformes pouvant expliquer une incapacité de travail n'avaient cependant 
jamais donné d'explication pour ces anomalies, notamment pour les 
tuméfactions récurrentes observées par plusieurs médecins dont lui-même, la 
scintigraphie osseuse (mai 2010) qui montrait une hypercaptation bilatérale 
relativement marquée des constituants osseux des coudes, des acromio-
claviculaires, des sterno-costales ddc, de la manubrio-sternale, des carpes et de 
plusieurs MCPs IPPs, les augmentations régulières de plusieurs cytokines 
inflammatoires, des facteurs du complément et des CKs. Les experts avaient 
donc émis des conclusions en omettant des éléments du dossier, ce qui ne lui 
paraissait pas acceptable. Ainsi n'ont-ils pas tenu compte en particulier de la 
possibilité de se trouver face à une pathologie encore inconnue, qui ne rentrait 
pas dans leur vision des cases diagnostiques qu'ils connaissaient. Enfin, il 
estimait que la capacité de travail actuelle du patient ne dépassait pas 20 % ;  

- un certificat du Dr E_____ du 25 novembre 2016, attestant que l'état de santé du 
patient se dégradait sur le plan rachidien avec des douleurs dorsales et 
lombaires devenant de plus en plus invalidantes et s'inscrivant dans le cadre de 
douleurs articulaires multiples d'origine inflammatoire. L'impotence 
fonctionnelle était accentuée par le fait que la plupart des médicaments restaient 
peu efficaces, lorsqu'ils étaient tolérés. À son avis, l'invalidité du patient se 
situait au-delà de 80 % ;  

- un rapport du Dr M_____ du 24 novembre 2016, dans lequel le psychiatre 
traitant constatait lui aussi une aggravation de l'état de santé du patient. 
S'agissant de l'aspect strictement psychique, il pouvait observer une péjoration 
de l'état thymique, avec une humeur dépressive présente pratiquement toute la 
journée, (également constaté par son entourage proche); un pessimisme 
croissant par rapport à son avenir, un découragement lié à la persistance des 
douleurs et aux limitations qu'elles imposaient dans sa vie quotidienne; une 
perte de l'intérêt et du plaisir dans la plupart des activités; une appréhension par 
rapport aux invitations ou les réunions de famille (comme récemment un 

 
 
 

 

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baptême); un sommeil chroniquement perturbé, peu réparateur avec réveils 
fréquents liés aux douleurs; un ralentissement psychomoteur; une perte 
d'énergie, avec fatigue constante; une perte d'estime de soi, angoisse, troubles 
mnésiques et de la concentration accrus, avec leurs éventuelles répercussions 
dans sa vie professionnelle; un sentiment d'avoir atteint ses limites avec 
l'évocation de plus en plus fréquente d'idées suicidaires avec crainte de passage 
à l'acte. Cette symptomatologie, caractéristique de la dépression majeure selon 
le DSM, avait des répercussions sur ses rares activités sociales ainsi que sur ses 
relations familiales et amicales (appauvrissement significatif), et ce, malgré un 
suivi régulier, une excellente compliance et le soutien constant de son 
entourage, de sa femme en particulier ;  

- un rapport du 1er novembre 2016 de la Dresse P_____, auquel était annexé un 
rapport récent d'électroneuromyographie: le patient lui avait été ré-adressé pour 
un bilan neurologique, dans le cadre de douleurs intraoculaires associées à un 
flou visuel intermittent avec contrôle ophtalmologique (le 5 juillet 2016 - 
normal), et pour un contrôle neurologique et électroneuromyographique de sa 
polyneuropathie douloureuse. Elle a décrit l'anamnèse médicale du patient, 
consigné les résultats détaillés de l'examen clinique et neurologique et de 
l'examen électroneuromyographique, relevant, dans le cadre de la discussion, 
que le patient présentait deux types de céphalées: d'une part, des migraines avec 
aura visuelle connues depuis l'enfance, pouvant expliquer les troubles visuels 
qu'il présentait par moments; et des céphalées de tension possiblement associées 
à une névralgie du nerf d'Arnold à droite. Les céphalées quasiment quotidiennes 
étaient probablement favorisées par les nombreux antalgiques qu'il prenait 
régulièrement, notamment la Novalgine et le Simponi. L'IRM cérébrale était 
rassurante, hormis un petit kyste arachnoïdien temporo-polaire gauche. 
S'agissant de la polyneuropathie, l'examen électroneuromyographique du jour 
mettait en évidence une diminution de l'amplitude de la réponse quantitative du 
nerf sural gauche par rapport à l'examen de 2014, compatible avec une 
aggravation de la polyneuropathie. Il n’y avait pas de signe d'aggravation de la 
neurographie motrice au membre inférieur gauche ni de signe de dénervation 
aiguë ou chronique ancienne. L'examen révélait encore un syndrome du tunnel 
carpien bilatéral prédominant à droite, pour lequel elle lui avait prescrit des 
attelles de contention baleinées. Selon l'évolution, une réévaluation permettrait 
d'étudier une progression de la neuropathie du nerf médian droit dans le canal 
carpien et de lui proposer une libération chirurgicale. Un complément 
électrophysiologique méritait d'être effectué dans le service 
électroneuromyographique des HUG à la recherche de signes d'aggravation de 
l'atteinte des petites fibres déjà mise en évidence en 2014 et qui étaient les plus 
touchées.  

46. Le SMR (Dr W_____) s'est à nouveau prononcé, sur audition, par avis du 7 février 
2017. Il a noté que les experts des différentes spécialités (médecine interne, 

 
 
 

 

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psychiatrie, neurologie, rhumatologie) avaient considéré que la capacité de travail 
de l'assuré était entière avec une diminution de rendement de 20 %. L'expertise 
avait été réalisée conformément aux exigences de qualité en vigueur. Dans le cadre 
de l'audition, le Prof H_____ retenait des éléments paracliniques datant de 2010 qui 
étaient restés sans explication médicale; mais lui-même n'apportait pas d'éléments 
médicaux nouveaux ou la proposition d'un autre diagnostic. Le psychiatre traitant 
n'apportait pas non plus d'éléments objectifs nouveaux. Il s'agissait, selon le SMR, 
d'une évaluation différente d'un même état de fait. Sur le plan neurologique, la 
Dresse P_____ retenait la présence de céphalées (depuis l'âge de 10 ans) sans 
retentissement sur la capacité de travail, une polyneuropathie connue, sans signe 
d'aggravation moteur et un syndrome du canal carpien bilatéral ne relevant ni 
d'infiltration, ni d'acte chirurgical. En conclusion, le SMR considérait que les pièces 
médicales postérieures au projet de décision de l'OAI n’étaient pas de nature à 
modifier son avis du 27 septembre 2016.  

47. Par décision du 24 février 2017, l'OAI, reprenant la teneur de son projet de 
décision, a réduit la rente de l'assuré de trois-quarts de rente à une demi-rente 
d'invalidité, avec effet au premier jour du 2e mois suivant la notification (en 
l'occurrence dès le 1er avril 2017), étant précisé que la décision entreprise avait 
retiré l'effet suspensif du recours. Les nouveaux éléments apportés n’étaient pas de 
nature à modifier le projet de décision.  

48. À la demande du conseil de l’assuré, le 14 mars 2017, l’OAI lui a transmis sous 
forme de CD-ROM une copie du dossier de son mandant.  

49. Par mémoire du 28 mars 2017, l'assuré, représenté par son conseil, a saisi la 
chambre des assurances sociales de la Cour de justice d'un recours contre la 
décision susmentionnée. Il a conclu préalablement à l'audition des Drs D______, 
E_____, P_____, et M_____ ainsi que du Prof H_____, et au besoin à la mise sur 
pied d'une expertise médicale judiciaire; principalement à l'annulation de la 
décision du 24 février 2017, et à ce qu'il soit dit et constaté qu’il a droit à une rente 
entière d'invalidité dès le 1er mars 2010, avec suite d'indemnité et frais. 

Le recourant a demandé à pouvoir compléter son recours, n'ayant pas été en mesure 
d'examiner les éléments sur lesquels l'intimé s'était fondé, en particulier le rapport 
d'expertise CEMed. Il a relevé à ce stade que les conclusions des experts étaient 
contredites par les avis unanimes des nombreux spécialistes qui le suivaient depuis 
des années et qui attestaient d'une aggravation notable de son état de santé et de son 
incapacité de travail. Comme l'avait relevé le Prof H_____, les experts ayant retenu 
une capacité de travail entière ne donnaient cependant aucune explication à de 
multiples atteintes objectives, dûment constatées, de sorte qu'ils avaient ainsi omis 
des éléments du dossier. 

Le recourant a joint notamment un rapport du Dr E_____ du 21 février 2011, 
relevant qu’en 2008 étaient apparues des symptômes inflammatoires touchant en 
particulier les membres supérieurs et surtout les poignets et les mains avec une 

 
 
 

 

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tuméfaction prurigineuse au niveau des articulations métacarpophalangiennes et des 
interphalangiennes. Aucun diagnostic n’avait pu être posé malgré une 
hospitalisation d’une semaine en novembre 2008 dans le service de rhumatologie 
des HUG. Les bilans entrepris n’avaient pas amené d’arguments biologiques et 
radiologiques pour un rhumatisme inflammatoire. Finalement, face à des lombalgies 
et polyarthralgies, qualifiées de spondylarthropathie indifférenciée, un traitement à 
base d’anti TNF avait été tenté, en vain. Seuls les corticoïdes montraient une 
certaine efficacité mais pour une durée limitée.  

50. L'intimé a répondu au recours par courrier du 24 avril 2017, concluant à son rejet. 
L'intéressé prétendait ne pas avoir encore eu connaissance du dossier, alors que 
l'OAI le lui avait adressé par courrier du 14 mars 2017. Pour le surplus, le recourant 
ne mentionnait aucun fait précis, étayé par un élément figurant au dossier 
susceptible de remettre en cause les conclusions de l'intimé tant sur le plan médical 
que sur le calcul du taux d'invalidité. 

51. Le recourant a répliqué et complété son recours par courrier du 29 juin 2017. La 
décision attaquée était fondée sur le rapport d'expertise du CEMed du 17 août 2016, 
qui ne saurait se voir reconnaître une force probante, pour plusieurs raisons :  

- elle n'avait pas été signée par la Dresse U_____, rhumatologue; 

- les conclusions de cette expertise étaient clairement contredites par les avis 
unanimes des nombreux spécialistes qui le suivaient depuis des années. Ses 
médecins attestaient d'une aggravation notable de l'état de santé et de 
l'incapacité de travail, pour des raisons tant somatiques que psychiques. Le 
Prof H_____ observait que les experts, s'ils arrivaient à la conclusion qu'il n'y 
avait pas d'incapacité de travail, ne donnaient en revanche aucune explication à 
de multiples atteintes objectives (anomalies), dûment constatées. Le rapport de 
la Dresse P_____ du 1er novembre 2016 attestait d'une évidente diminution de 
l'amplitude de la réponse sensitive du nerf sural gauche par rapport à l'examen 
2014, compatible avec une aggravation de la polyneuropathie. Le psychiatre 
traitant attestait de la gravité des troubles psychiques du recourant, soit d'une 
dépression majeure et non légère. Le Dr E_____, attestait de l'origine 
inflammatoire des douleurs dorsales et lombaires invalidantes ainsi que d'une 
impotence fonctionnelle résultant dans une invalidité de 80 % ;  

- les experts n'avaient quasiment procédé à aucun examen de l'incidence des 
troubles psychiques sur la question de l'exigibilité, en particulier en ce qui 
concernait le TSD, ce qui ne respectait clairement pas les exigences posées par 
la jurisprudence récente en la matière (ATF 141 V 281). Les experts n'avaient 
pas procédé à l'examen des indicateurs décrits par la jurisprudence, se bornant à 
évoquer quelques généralités et à affirmer que, selon eux, des éléments 
d'amplification rendaient l'appréciation objective des ressources personnelles 
quasiment impossible. Selon lui, dès lors que les médecins du CEMed avaient 
estimé être en présence de « signes de non-organicité », d’« incohérences » ou 

 
 
 

 

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autres « éléments de majoration », il leur incombait d'examiner 
consciencieusement ces questions à la lumière des indicateurs susmentionnés, 
ce qu'ils avaient omis de faire. 

52. L'intimé a dupliqué par courrier du 15 août 2017. Il a persisté dans ses conclusions. 
Pour l'essentiel, le recourant contestait la valeur probante du rapport d'expertise du 
CEMed. Dans un premier grief, ce dernier relevait que Dresse U_____ n'avait pas 
signé le rapport d'expertise. On ne saurait le suivre lorsqu'il prétendait, pour ce 
motif, que sa situation n'aurait pas fait l'objet d'une évaluation médicale globale, 
sans consilium pluridisciplinaire. L'absence de signature d'un expert consulté ne 
saurait invalider de manière automatique une expertise pluridisciplinaire. Il 
ressortait du rapport d'expertise que les appréciations des différents experts avaient 
été effectuées dans les règles de l'art; elles ne comportaient pas de contradictions, et 
avaient fait l'objet d'une synthèse et d'une discussion, y compris sur le plan 
rhumatologique. Les pièces sur lesquelles le recourant se fondait pour conclure que 
les conclusions de l'expertise seraient contredites par celles de ses médecins 
traitants avaient déjà fait l'objet d'une appréciation par le SMR, dans son avis du 
7 février 2017. Le service médical estimait que ces documents n’étaient pas de 
nature à remettre en question ses précédentes conclusions. Le diagnostic de TSD 
évoqué par le Prof J_____ en 2013 était formellement retenu par les experts, mais 
l'analyse des indicateurs standards ne permettait pas de retenir une répercussion de 
ce trouble sur la capacité de travail. Le rapport d'expertise querellé remplissait 
toutes les conditions jurisprudentielles pour se voir reconnaître une pleine valeur 
probante. 

53. Sur demande de la chambre de céans, par courrier du 23 août 2017, le CEMed lui a 
fait tenir la page 2 du rapport d'expertise, signée par la Dresse U_____, ainsi que le 
déroulé administratif de l'expertise de 2016 attestant de la signature des experts 
après qu'ils aient vu l'expertisé. 

54. Par courrier du 4 septembre 2017, le recourant s'est prononcé sur les 
renseignements produits par le CEMed. Il ignorait à quelle date l'experte en 
rhumatologie avait signé la page de l'expertise; le déroulé administratif produit 
n'attestait pas de la tenue d'une véritable discussion interdisciplinaire pas plus qu'il 
n'attestait que les spécialistes auraient établi le rapport conjointement. Il déniait 
donc le caractère d'expertise pluridisciplinaire à ce rapport, et persistait à solliciter 
l'audition de la rhumatologue concernée. 

55. Par courrier du 5 décembre 2017, le recourant a encore produit le rapport du 
Prof H_____ du 6 octobre 2017, attestant de la gravité des atteintes à la santé de 
son patient, dont l'origine était complexe et multifactorielle, mais probablement liée 
à la maladie inflammatoire correspondant à une spondylarthrite. Un ENMG 
pratiqué en janvier 2017 montrait une aggravation des paramètres de la 
polyneuropathie durant les deux dernières années. Sur le plan psychique, le rapport 
attestait d'un état dépressif avec envie et quasi passage à l'acte de tentamen à deux 
reprises. Le recourant a produit également un certificat du docteur X_____, 

 
 
 

 

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spécialiste FMH en médecine interne endocrinologie-diabétologie, du 22 novembre 
2017 qui, selon le recourant, attestait dans le cas présent qu'il devait se faire des 
injections en raison de l'aggravation de son diabète.  

56. Par courrier du 4 septembre 2018, le recourant a produit, en vue de l'audience du 
11  septembre 2018, des rapports médicaux postérieurs à son courrier du 
5 décembre 2017, soit : 

- un rapport de la doctoresse Q_____, médecin adjoint au service de 
pharmacologie et toxicologie clinique des HUG, du 24 janvier 2018 adressé au 
généraliste et au psychiatre traitant, relatif au suivi de consultation au Centre de 
la douleur. Elle avait revu le patient le 17 janvier 2018. Ce dernier décrivait la 
persistance de douleurs diffuses et une aggravation des arthralgies au niveau des 
mains et des genoux. Le Prof H_____ avait récemment introduit du 
sécukinumab (Cosentyx) pour obtenir un meilleur contrôle de la polyarthrite. Le 
patient présentait également une composante des douleurs liées à une 
polyneuropathie diabétique et à un canal lombaire étroit. L'intensité des 
douleurs était évaluée à 8/10, et leur impact négatif sur l'humeur et les activités 
quotidiennes à 9/10. Ces douleurs perturbaient également fortement son 
sommeil. Sur un questionnaire annexé, elle pouvait remarquer, en comparaison 
avec 2017, une diminution des scores de fonctionnement social et santé 
mentale, mais une légère amélioration des scores de fonctionnement physique et 
de santé générale ainsi qu'une nette amélioration du score de limitation 
émotionnelle. Un séjour à Charmey lui avait fait du bien du point de vue de 
l'humeur, mais n'avait pas modifié les douleurs. Il poursuivait tous les moyens 
personnels mis en place pour gérer les douleurs, en particulier les exercices de 
relaxation pour s'endormir et aller tous les lundis à son travail, ce qui lui 
permettait de se décentrer des douleurs. Les prises en charge par physio- et 
psychothérapie étaient efficaces; par contre les infiltrations ne l’étaient qu'à 
court terme. Elle ne proposait aucune modification du traitement antalgique 
actuel. Une adaptation pourrait être envisagée en fonction de la réponse du 
sécukinumab. Sauf avis contraire des médecins traitants, elle prévoyait de revoir 
le patient en juin 2018;  

- un rapport du service de rhumatologie des HUG au Prof H_____ du 16 février 
2018 relatif à un examen ultrasonographique du 14 février 2018. En conclusion, 
l'ultrason des mains et des poignets mettaient en évidence six synovites de 
grade I et deux synovites de grade II dont une synovite de grade II au poignet 
droit avec activité Doppler. Cela parlait pour une maladie inflammatoire active; 

- un rapport d'IRM du genou droit et du genou gauche du 6 mars 2018 du docteur 
Y_____, spécialiste FMH en radiologie auprès de l'institut AFFIDEA. Ces 
examens étaient indiqués par rapport à la notion de maladie inflammatoire de 
nature incertaine; à une augmentation de la créatine kinase; à la notion de 
nodules péri-rotuliens; et à la recherche de signes d'anthésite ou de synovite. En 
conclusion, l'IRM du genou droit montrait un discret épanchement intra-

 
 
 

 

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articulaire, une discrète irrégularité du cartilage tibia latéral, une discrète 
érosion chondrale de grade 2 intéressant le cartilage tibial cartilage fémoral 
médial sur son versant latéral, une érosion chondrale plus marquée au niveau 
patellaire, notamment en latéral, sans anomalie tendino-ligamentaires, ainsi 
qu’une discrète méniscopathie de la corne postérieure ménisque interne. L'IRM 
du genou gauche montrait quant à elle une discrète irrégularité du cartilage 
tibial latéral, une discrète ulcération du cartilage patellaire externe, un discret 
hypersignal de la corne postérieure ménisque interne, un discret épanchement 
intra-articulaire, une discrète enthésopathie proximale du tendon rotulien avec 
discrète bursopathie pré-patellaire en regard du bord antérieur du tiers distal de 
la patella; cette discrète inflammation s'étendait sur 5x8x13mm; 

- un rapport d'IRM lombaire du 6 mars 2018 du Dr Y_____ qui concluait à la 
mise en évidence de discopathies dégénératives étagées ; de hernies intra-
spongieuses étagées de L4 à D9, sans débord discal postérieur significatif ; 
d’arthrose étagée des articulaires postérieures de L5-S1 à L2-L3 ; d’un discret 
rétrécissement canalaire en L4-L5 en raison de la lipomatose épidurale 
postérieure et de l'arthrose des articulaires postérieures, sans rehaussement 
pathologique significatif au niveau des différents interlignes articulaires ainsi 
qu'au niveau des coins antérieurs des corps vertébraux ; d’un aspect 
discrètement inflammatoire du versement sacré inférieur de l'interligne sacro-
iliaque droit ; d’un aspect discrètement dégénératif des interlignes sacro-
iliaques. Comparativement au précédent scanner réalisé en mai 2012, il n’y 
avait pas de changement significatif. Étaient relevées une sacralisation de L5 
avec un disque quasiment fusionné en L5-S1; et une néo-articulation fusionnée 
entre l'apophyse transverse gauche de L5 avec le bord supérieur de l'aileron 
sacré gauche. À noter sur le précédent scanner, un aspect discrètement condensé 
du bord antéro-inférieur du versant sacré de l'interligne sacro-iliaque droit. 
Comparativement au précédent scanner, il n’existait pas de changement 
significatif. De même, il n’y avait pas de changement significatif par rapport à 
la précédente IRM réalisée en 2014; 

- un rapport de consultation spécialisée du 2 mai 2018 par le docteur Z_____, 
spécialiste FMH en chirurgie orthopédique (Clinique La Colline), par rapport 
aux problèmes des douleurs des membres inférieurs. En conclusion, les 
douleurs ressenties au niveau des membres inférieurs du patient paraissaient 
avoir une origine multiple. Celle ressentie au niveau des genoux semblait, sur la 
base de l'examen clinique confronté à la récente imagerie, s'accorder avec une 
enthésopathie rotulienne et quadricipitale. Par contre, les douleurs ressenties au 
niveau inguinal et irradiant sur la face antérieure des membres inférieurs avec 
prédominance gauche laissaient suspecter une origine coxale sans pouvoir 
écarter formellement une composante rachidienne, raison pour laquelle il avait 
sollicité une IRM du bassin, suite à laquelle il reverrait le patient. 

 
 
 

 

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57. La chambre de céans a entendu les parties en comparution personnelle le 
11 septembre 2018. Elle a également entendu à cette occasion le Prof H_____. 

Le Prof H_____ a déclaré qu’il suivait le recourant depuis une dizaine d’années, 
lequel lui avait été référé car les diagnostics étaient difficiles. Son patient présentait 
de nombreux phénomènes inflammatoires associés à des plaintes douloureuses très 
fortes, non expliquées. D’emblée, le médecin avait remarqué la présence de 
nombreux signes inflammatoires non habituels mais cliniquement et 
paracliniquement (examens de laboratoire et de radiographie) objectifs. Il avait 
également constaté la présence de douleurs au niveau des insertions des tendons et 
ligaments articulaires, qui se traduisaient parfois par des tuméfactions associées. En 
mai 2010, la première imagerie sous forme de scintigraphie osseuse montrait les 
hypercaptations au niveau des coudes en particulier, témoignant d’une activité 
inflammatoire anormale et inhabituelle. Au niveau biologique sanguin, il y avait 
également, par rapport aux résultats des analyses sanguines, une augmentation des 
facteurs du complément, qui reflétait une inflammation systémique qui, dans le cas 
d’espèce, était également inhabituelle d’autant que dans le cas particulier la CRP 
(facteur classique de l’inflammation) était normale ou quasi-normale. En raison de 
la conjonction des constats décrits ici, le spécialiste avait songé à un diagnostic de 
spondylarthrite à prédominance périphérique. Il avait tenté différents traitements 
qui avaient donné des résultats partiels. Par la suite, étaient venus s’ajouter d’autres 
diagnostics (lipomatose épidurale, diabète avec polyneuropathie et une 
hémochromatose). Tous ces diagnostics pouvaient provoquer des douleurs, mais 
non inflammatoires. Il en concluait à la présence d’une conjonction de diverses 
pathologies qui convergeaient vers le tableau douloureux et inflammatoire.  

Dans le dossier, il avait été évoqué des diagnostics comme le TSD ou la 
fibromyalgie. Ceci était une démarche nécessaire dans le cadre de diagnostics 
différentiels, mais il y avait à son sens trop d’éléments objectifs convergents pour 
retenir un diagnostic de fibromyalgie, ou de TSD. Après que la chambre de céans a 
fait observer que certains documents dont il était l’auteur pourraient laisser penser 
qu’il aurait, à un moment donné, retenu ce type de diagnostic, il a répondu que ce 
n’était pas le cas. Il n’avait jamais retenu ces diagnostics en tant que diagnostics 
primaires, mais il a précisé qu’à l’heure actuelle, il n’était pas exclu que des 
fibromyalgies soient associées à différentes arthropathies inflammatoires, ce qui 
rendait le traitement plus difficile. Si, dans le cas de ce patient, il n’existait pas une 
réponse satisfaisante au traitement, cela n’était pas dû à une composante de 
fibromyalgie exclusivement, dès lors que persistaient des phénomènes 
inflammatoires malgré le traitement. Ses conclusions préexistantes à la décision 
litigieuse avaient récemment été confortées par des examens pratiqués en février et 
en juillet 2018. Une échographie des mains montrait des signes d’inflammation au 
niveau du poignet droit et des MCP (articulations métacarpo-phalangiennes 2-3-4) 
ainsi que des synovites.   

 
 
 

 

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Sur question du conseil du recourant qui pointait l’opinion émise par les experts du 
CEMed, selon laquelle il y aurait une discordance entre les constatations objectives 
et les plaintes du patient, respectivement des phénomènes d’exagération des 
symptômes, le Prof H_____ a répondu qu’il ne pouvait partager ces points de vue, 
car il y avait manifestement pour lui une convergence, et l’existence effective d’une 
inflammation, qui dans le cas particulier était difficile à faire entrer dans les 
schémas diagnostics habituels, ce qui ne l’excluait toutefois pas. Il a relevé à cet 
égard que s’il n’était pas convaincu de cette convergence, il n’aurait pas engagé son 
patient dans les traitements qu’il avait prescrits au fil des ans, qui étaient 
potentiellement dangereux et coûteux.  

Le Prof H_____ avait établi le certificat médical pièce 12 recourant (non daté) 
après avoir étudié l’expertise du CEMed. Il a relevé une erreur, puisqu’il se référait 
à l’expertise en indiquant, de la part des experts, une « absence de problèmes 
somatoformes », ce qu’il fallait lire comme une « absence de problèmes 
somatiques ». L’adjectif somatoforme évoquait une ressemblance avec un problème 
somatique alors que, dans le cas particulier, il existait des problèmes somatiques. 
Le Prof H_____ a confirmé qu’à son sens les experts n’avaient pas pris en compte 
toute une série de signes objectifs (radiologiques et biologiques) qui révélaient la 
présence d’une maladie inflammatoire. Selon lui, le diagnostic qui s’approchait le 
plus de cette constellation était une spondylarthrite malgré le fait qu’elle n’entrait 
pas clairement dans les critères habituels des spondylarthrites. Mais ceci pouvait 
s’expliquer par la mise en évidence récente de la complexité de ce groupe de 
maladies qui était associé à plus d’une quarantaine de variants géniques. Cette 
complexité expliquait la variabilité de l’expression de ces spondylarthrites et 
notamment de leur impact sur le fonctionnement du patient (douleurs et intensité de 
celles-ci, pouvant varier d’un patient à l’autre, mais aussi dans la manière de les 
décrire) qui en souffrait et de la réponse aux différents traitements disponibles à ce 
jour, ce qui évidemment avait une incidence directe sur la possibilité pour ces 
patients de poursuivre ou non (voire partiellement) une activité professionnelle.  

À la question de la chambre de céans, pointant une certaine évolution dans 
l’évaluation du Prof H_____ de la capacité de travail résiduelle (de son patient), 
qui, globalement selon les divers documents dans le temps avait évolué de 0 % à 
20 %, le médecin a confirmé que le recourant avait partiellement répondu à certains 
traitements qui avaient très probablement eu des effets positifs, notamment le 
Simponi. Toutefois, son appréciation de la capacité actuelle (du patient), qui était 
déjà telle avant la décision entreprise, tenait essentiellement à la grande souplesse et 
à la disponibilité dont faisait preuve son employeur, par les nombreux 
aménagements qu’il lui avait dispensés. En pratique, si tel n’avait pas été le cas, le 
patient ne pourrait pas être réinséré dans un marché libre du travail.  

Les limitations fonctionnelles empêchant le recourant d’exercer une activité 
normale tenaient à l’intensité des douleurs inflammatoires dont il souffrait, qui 
l’empêchaient de manière significative dans nombre de mouvements, puisqu’elles 

 
 
 

 

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touchaient les membres inférieurs comme les membres supérieurs, et que ces 
inflammations généraient des douleurs. Il convenait de distinguer les douleurs et les 
inflammations, car certaines douleurs n’étaient pas d’origine inflammatoire, et dans 
le cas particulier, douleurs et inflammations se conjuguaient, certaines 
inflammations pouvant en elles-mêmes accentuer la fatigabilité. Il en résultait 
qu’après quelques heures d’activités, le patient était épuisé.  

Le Prof H_____ ne partageait pas les conclusions de l’expertise du Prof J_____ 
qu’il connaissait bien, son expertise allant dans la droite ligne des travers qui lui 
étaient unanimement reconnus, ce praticien étant très âgé et ses approches faisant 
partie d’une médecine du passé. Dans le cas d’espèce, lorsqu’il avait pratiqué cette 
expertise, il était totalement hors sujet. 

Le recourant a déclaré qu’il travaillait à 10 %, soit quatre heures par semaine le 
lundi matin auprès des SIG au service de comptabilité. Il se levait vers 03h00 – 
04h00 du matin pour être à 07h00 au travail. Il prenait de la morphine, étant précisé 
qu’il ne prenait plus de Tramal mais une substance plus forte, pour être à même 
d’accomplir son travail correctement. Ce conditionnement était nécessaire en raison 
des douleurs éprouvées, qui agissaient sur sa faculté de concentration. Son activité 
consistait à gérer les activités de validation de factures de ses collègues, via une 
application informatique qui procédait du relevé des imputations, déclenchant 
automatiquement le paiement des factures. Il ne maniait pas les chiffres, mais 
devait se concentrer pour ne pas se tromper de collègues. Il ne voyait pas 
physiquement ses collègues mais il devait être en contact téléphonique avec eux. Il 
n’avait plus la force de subir leur manque de réactivité. C’était d’autant moins 
évident que certains de ses interlocuteurs étaient des chefs de service ou des cadres 
vis-à-vis desquels il fallait respecter un certain ménagement. Le recourant a indiqué 
que le réaménagement de ses activités au sein de l’entreprise n’était plus possible, 
l’ayant déjà été à plusieurs reprises. Ce qui l’empêchait actuellement d’augmenter 
son temps de travail tenait à une fatigue extrême due aux douleurs qu’il ressentait 
en permanence, en particulier dans les articulations, ce qui avait des conséquences 
sur son état de santé général, et en particulier sur le plan psychique, une dépression 
chronique. Il n’arrivait plus à se concentrer, ni à se battre avec ses collègues qui 
persistaient à ignorer ses rappels, et à ne pas le prendre au sérieux. Sur le plan 
psychique, il était suivi par le Dr M_____ depuis 2011, à raison d’une fois par 
semaine, tous les vendredis à 13h00. Il avait fait deux tentatives de suicide à 
l’époque, comme décrites dans le dossier.  

58. Par courrier du 9 octobre 2018, l'intimé s'est déterminé après avoir soumis au SMR, 
pour appréciation, les pièces médicales et le procès-verbal d'audition du 
Prof H_____ évoqués ci-dessus.  

Dans son avis du 9 octobre 2018, le SMR a estimé que l'état de santé du recourant 
s’était aggravé sur le plan rhumatologique dès février 2018. La présence actuelle de 
synovites à l'examen radiologique des mains et du poignet du 16 février 2018 
parlait en faveur du diagnostic d'une maladie inflammatoire, comme retenu par le 

 
 
 

 

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Prof H_____. Après avoir rappelé que ce dernier lors de son audition avait relaté 
avoir observé à plusieurs reprises des éléments objectifs pour une maladie 
inflammatoire, contrairement aux constatations des experts rhumatologiques (2011 
et 2016), le SMR a relevé qu’une maladie inflammatoire fluctuait au cours du 
temps, avec des aggravations et des améliorations. Ainsi, le status pouvait varier au 
fil du temps.  

L’intimé s’est rallié à l'appréciation de son service médical, rappelant que, selon 
une jurisprudence constante, le juge des assurances sociales appréciait la légalité 
des décisions attaquées en règle générale d'après l'état de fait existant au moment où 
la décis