# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 6885118d-3c6e-5985-97fa-c0d0cbf87a7f
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2012-04-13
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 13.04.2012 C/5164/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-5164-2010_2012-04-13.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 18 avril 2012. 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/5164/2010 ACJC/518/2012 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 
 

DU VENDREDI 13 AVRIL 2012 

 

Entre 

X.______ SA, ayant son siège ______, recourante d'un jugement rendu par la 19ème 
Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 4 juillet 2011, comparant par 

Me Marc Lironi, avocat,  en l'étude duquel il fait élection de domicile aux fins des 

présentes, 

et 

Y.______ , domicilié ______, intimé, comparant en personne, 

Z.______ , domicilié ______, autre intimé, comparant par Me Jean-François Marti, 
avocat, en l'étude duquel il fait élection de domicile aux fins des présentes, 

 

- 2/7 - 

 

 

C/5164/2010 

EN FAIT 

Par jugement du 4 juillet 2011, reçu au domicile élu de la recourante le 7 juillet 2011, le 

Tribunal de première instance a débouté X.______ SA de son action en dissolution et en 

liquidation d'une société simple, avec demande de reddition de comptes, formée à 

l'encontre de Y.______  et de Z.______  (ch. 1 du dispositif) et l'a condamnée en tous 

les dépens, comprenant une équitable indemnité de procédure de 15'000 fr. valant 

participation aux honoraires d'avocat du conseil de Z.______  (ch. 2). 

Par acte déposé au greffe de la Cour de justice le 5 septembre 2011, X.______ SA 

forme un recours contre le chiffre 2 du dispositif du jugement précité, concluant à son 

annulation. Cela fait, elle demande que Y.______  et Z.______  soient condamnés aux 

dépens de la cause. Subsidiairement, elle sollicite la compensation des dépens. 

Z.______  conclut à ce que le recours soit déclaré irrecevable à la forme. Au fond, il 

demande le déboutement de X.______ SA  (ci-après X.______  SA) de toutes ses 

conclusions, ainsi que le déboutement de cette dernière et de Y.______  de toutes autres 

conclusions, avec suite de dépens. 

Y.______  n'a pas déposé de réponse au recours. 

Les faits pertinents suivants résultent du jugement entrepris : 

A. Le 7 janvier 2005, Z.______ , Y.______  et X.______  SA, représentée par Jean-
A.______, ont signé une convention, ainsi que divers autres contrats y relatifs, aux 

fins d'aménager leurs relations contractuelles en vue de réaliser une opération 

immobilière sur le périmètre connu sous le nom de "B.______", à Genève. 

B. Les relations entre les parties se sont détériorées à compter du mois de juin 2007, 
de sorte qu'en juillet 2007, Z.______  a déclaré mettre un terme à leurs rapports 

contractuels et reprendre l'ensemble de ses activités. 

 Soutenant que les parties étaient liées par un contrat de société simple, X.______  

SA a notamment demandé le versement de 482'830 fr. 70 s'il était mis fin à cette 

société, ou de 127'107 fr. 30 si elle était maintenue. X.______  SA a en outre 

formulé divers reproches à l'encontre de Z.______  concernant sa gestion de la 

promotion immobilière depuis l'été 2007. 

C. a. Le 12 mars 2010, X.______  SA a formé devant le Tribunal de première 
instance une action en dissolution et en liquidation d'une société simple avec 

demande de reddition de comptes contre Y.______  et Z.______ . Préalablement, 

elle a conclu à ce que le Tribunal ordonne à Z.______  et à Y.______  de lui 

remettre toutes les pièces comptables relatives à la société simple créée le 

- 3/7 - 

 

 

C/5164/2010 

7 janvier 2005 et lui réserve la faculté de compléter sa demande. Principalement, 

elle a conclu, avec suite de dépens, à ce que le Tribunal : 

- prononce la dissolution et ordonne la liquidation de la société simple créée le 

7 janvier 2005; 

- nomme un liquidateur à cet effet, avec mission de faire établir un bilan de la 

société simple et de la liquider; 

- ordonne le versement aux associés, à l'occasion de la vente des actifs 

immobiliers restants, de certaines commissions et primes, selon la convention 

des parties; 

- cela fait, rémunère les associés, en particulier X.______  SA, pour leurs 

activités administratives; 

- cela fait, répartisse les bénéfices conformément à la convention des parties. 

b. Z.______  et Y.______  se sont opposés à la demande, contestant être liés par 
un contrat de société simple. 

c. Une audience de comparution personnelle s'est tenue pendant 1 heure et demie 
et trois témoins ont été entendus à la demande de X.______  SA. 

d. Z.______  et X.______  SA ont déposé des écritures après enquêtes, dans 
lesquelles ils ont persisté dans leurs conclusions. 

D. Dans le jugement querellé, le Tribunal a retenu, en substance, que la convention 
du 7 janvier 2005 ne pouvait être qualifiée de contrat de société simple, en 

motivant sa décision de manière circonstanciée. Il a pour le surplus condamné 

X.______  SA en tous les dépens, comprenant une équitable indemnité de 

procédure de 15'000 fr. valant participation aux honoraires d'avocat de Z.______ , 

sur la base des art. 176 et 181 aLPC. 

E. L'argumentation des parties sera examinée dans la mesure utile à la solution du 
litige. 

EN DROIT 

1. Aux termes de l'art. 405 al. 1 CPC entré en vigueur le 1er janvier 2011 (RS 272), 
les recours sont régis par le droit en vigueur au moment de la communication de 

la décision entreprise. S'agissant en l'espèce d'un recours dirigé contre un 

jugement notifié aux parties après le 1er janvier 2011, la présente cause est régie 

par le nouveau droit de procédure. 

2. 2.1. Le recours est notamment recevable contre les autres décisions de première 
instance, dans les cas prévus par la loi  (art. 319 let. b ch. 1 CPC). 

- 4/7 - 

 

 

C/5164/2010 

Tel est le cas en l'espèce, le recours étant formé uniquement contre une décision 

sur les frais (art. 110 CPC; JEANDIN, Code de procédure civile commenté, 2011, 

n. 18 ad. art. 319 CPC), étant rappelé que les frais au sens du Code de procédure 

civile comprennent les frais judiciaires et les dépens (art. 95 al. 1 CPC). 

Le recours respecte la forme écrite et a été introduit auprès de l'instance de recours 

dans les 30 jours à compter de la notification de la décision, compte tenu de la 

suspension des délais entre le 15 juillet et le 15 août inclus (art. 145 et  

321 al. 1 CPC). Bien que sommaire, sa motivation permet de comprendre les 

griefs soulevés à l'encontre du jugement attaqué, de sorte qu'il est recevable. 

2.2. S'agissant d'un recours stricto sensu, le pouvoir d'examen de la Cour est limité 
à la violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits 

(art. 320 CPC). 

3. La recourante soutient, sans citer aucune disposition légale à l'appui de son 
recours, que les dépens de première instance auraient dû être pris en charge par les 

intimés, ou à tout le moins compensés, dans la mesure où son action n'était pas 
téméraire. Elle se plaint également de la quotité desdits dépens, qu'elle estime trop 

élevée. 

 3.1. La question de la fixation et de la répartition des dépens de première instance 
reste soumise aux dispositions de l'ancienne loi de procédure civile genevoise 

(aLPC; art. 404 al. 1 CPC; arrêts du Tribunal fédéral 4A_197/2011 du 20 juin 

2011 consid. 3.2; 4A_200/2011 du 29 juin 2011 consid. 1.2). 

 Selon l'art. 176 al. 1 aLPC, tout jugement doit condamner aux dépens la partie qui 

succombe. La partie qui a obtenu gain de cause peut toutefois être condamnée à 

une partie des dépens, si elle a provoqué des frais inutiles ou si ses conclusions 

sont exagérées (art. 176 al. 2 aLPC). Par ailleurs, le juge peut compenser les 

dépens lorsque le litige est de nature familiale ou oppose des associés, ou lorsque 

l'équité le commande (art. 176 al. 3 aLPC). 

La règle consistant à indemniser la partie qui obtient gain de cause au préjudice de 

celle qui succombe pour les frais qu'elle a dû engager judiciairement doit être 

appliquée strictement, sauf exceptions prévues par la loi; il n'est pas nécessaire 

que la partie qui succombe ait agi avec témérité, ni même qu'elle ait commis une 

faute. Pour qu'une partie soit condamnée à supporter les dépens de la cause, il faut 

et il suffit qu'elle échoue dans sa demande, sous la seule réserve des 

aménagements et des exceptions prévus aux art. 176 al. 2 et 3, 177 al. 2, 178 et 

179 aLPC (BERTOSSA/GAILLARD/GUYET/SCHMIDT, Commentaire de la 

aLPC, n. 6 ad art. 176 aLPC et jurisprudences citées). 

- 5/7 - 

 

 

C/5164/2010 

Nonobstant la rédaction restrictive de l'art. 176 al. 2 aLPC, la partie qui obtient 

gain de cause peut être condamnée en tous les dépens, lorsque par son attitude, 

elle a inutilement provoqué l'action soit, en d'autres termes, lorsqu'elle a adopté un 

comportement ou omis fautivement d'adopter un comportement qui aurait été de 

nature à éviter que l'action ne soit introduite (BERTOSSA/GAILLARD/GUYET/-

SCHMIDT, op. cit., n. 7 ad art. 176 aLPC). 

Enfin, la compensation des dépens en équité prévue à l'art. 176 al. 3 aLPC 

constitue une dérogation à la règle de la condamnation instituée à l'art. 176 al. 1 

aLPC et doit donc être utilisée de manière exceptionnelle (BERTOSSA/-

GAILLARD/GUYET/SCHMIDT, op. cit., n. 9 ad art. 176 aLPC et jurisprudence 

citée). Ce n'est que lorsque l'application stricte de l'art. 176 al. 1 aLPC serait 

choquante ou heurterait le sentiment de l'équité que cette faculté sera utilisée. 

Il est admis que le dispositif sur les dépens ne soit pas assorti d'une motivation, du 

moins lorsque le cadre strict des art. 176 ss aLPC est respecté (ATF 111 Ia 1 = 

SJ 1985 p. 567). Cela étant, dans les cas où la loi réserve un large pouvoir 

d'appréciation au juge, ce dernier devrait expliquer au moins sommairement les 

motifs qui l'ont guidé dans son choix (BERTOSSA/GAILLARD/GUYET/-

SCHMIDT, op. cit., n. 2 ad art. 176 aLPC). 

3.2. Les dépens comprennent les frais exposés dans la cause et une indemnité de 
procédure (art. 181 al. 1 aLPC). Cette dernière est fixée en équité par le juge, en 

tenant compte notamment de l'importance de la cause, de ses difficultés, de 

l'ampleur de la procédure, et de frais éventuels non prévus à l'alinéa 2 (art. 181 

al. 3 aLPC). Elle a pour objet essentiel de couvrir les honoraires de l'avocat que la 

partie victorieuse a mandaté pour l'assister et la représenter dans son action ou sa 

défense (BERTOSSA/GAILLARD/GUYET/SCHMIDT, op. cit., n. 4 ad art. 181 

aLPC). La détermination du montant de l'indemnité de procédure relève de la libre 

appréciation du juge, dont la décision ne sera revue qu'en cas d'arbitraire. 

3.3. En l'espèce, c'est à juste titre que le premier juge a condamné la recourante - 
partie succombante - aux dépens, conformément au principe de l'art. 176 al. 1 

aLPC. Contrairement à ce que soutient celle-ci, il ne résulte pas du jugement 

attaqué que les intimés auraient provoqué des frais inutiles, qui justifieraient une 

répartition différente des dépens. En outre, il n'est pas nécessaire que la recourante 

ait agi avec témérité ou ait commis une faute pour que les dépens soient mis à sa 

charge, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'entrer en matière sur ce moyen. 

La compensation des dépens, qui doit demeurer exceptionnelle, ne se justifie pas 

non plus dans le cas particulier. En effet, le Tribunal a rejeté la thèse de l'existence 

d'une société simple entre les parties et il ne résulte pas des circonstances de 

l'espèce que l'équité commanderait une telle compensation. Aucune des 

exceptions de l'art. 176 al. 2 aLPC n'est pour le surplus réalisée. 

- 6/7 - 

 

 

C/5164/2010 

Enfin, il n'apparaît pas que le premier juge ait abusé de son large pouvoir 

d'appréciation en fixant le montant de l'indemnité de procédure à 15'000 fr., même 

si l'on peut admettre que celle-ci est relativement importante. En effet, la 

recourante a notamment déposé des écritures de quarante-deux pages et produit 

plus de quatre-vingt pièces à l'appui de sa demande. Le premier juge a également 

fixé une audience de comparution personnelle, laquelle a duré une heure et demie, 

et ordonné l'audition de trois témoins; l'intimé a déposé des écritures après 

enquêtes. Bien que la valeur litigieuse ne résulte pas expressément des 

conclusions, il ressort du dossier que celle-ci était relativement élevée, la 

recourante ayant demandé la dissolution et la liquidation de la société simple 

qu'elle soutient avoir formée avec les intimés et ayant réclamé, avant la présente 

procédure, plus de 480'000 fr. à ce titre. La cause revêtait en outre une certaine 

complexité, notamment quant à l'application du droit. 

Le chiffre 2 du dispositif du jugement querellé ne viole donc pas les art. 176 et 

181 aLPC, étant relevé que le montant de l'indemnité ne paraît pas non plus 

excessif au regard de l'art. 85 du Règlement fixant le tarif des frais en matière 

civile (RTFMC), entré en vigueur avec le Code de procédure civile le 1er janvier 

2011. Enfin, le premier juge n'avait pas à motiver sa décision sur les dépens, 

puisqu'il s'en est tenu au cadre des art. 176 et ss aLPC. 

3.4. Il résulte de ce qui précède que le recours doit être rejeté. 

4. La recourante, qui succombe, sera condamnée aux frais judiciaires du recours, 
ceux-ci étant fixés à 1'000 fr., ainsi qu'aux dépens du seul intimé représenté par un 

avocat, arrêtés à 1'000 fr., TVA et débours compris (art. 95, 104 al. 1, 105 et 106 

al. 1 CPC; art. 20 et 21 LaCC; art. 5, 41, 85 al. 1 et 90 RTFMC). 

 Dans la mesure où la recourante a effectué une avance de frais de 2'000 fr., un 

montant de 1'000 fr. devra lui être restitué par les Services financiers du Pouvoir 

judiciaire (art. 111 CPC). 

* * * * * 

- 7/7 - 

 

 

C/5164/2010 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté par X.______ SA contre le chiffre 2 du dispositif 

du jugement JTPI/11018/2011 rendu le 4 juillet 2011 par le Tribunal de première 

instance dans la cause C/5164/2010-19. 

Au fond : 

Rejette ce recours. 

Arrête les frais judiciaires du recours à 1'000 fr. 

Les met à la charge de X.______ SA et dit qu'ils sont entièrement compensés par 

l'avance de frais de 2'000 fr. déjà opérée par cette dernière. 

Ordonne aux Services financiers du Pouvoir judiciaire de restituer à X.______ SA le 

surplus de 1'000 fr.  

Condamne X.______ SA à verser à Z.______  1'000 fr. à titre de dépens du recours. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Siégeant : 

Madame Valérie LAEMMEL-JUILLARD, présidente; Monsieur Pierre CURTIN, 

Madame Nathalie LANDRY-BARTHE, juges; Madame Barbara SPECKER, greffière. 

 

La présidente : 

Valérie LAEMMEL-JUILLARD 

 La greffière : 

Barbara SPECKER 

Indication des voies de recours : 

Conformément aux art. 113 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 
(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 
notification avec expédition complète (art 100 al. 1 LTF) par devant le Tribunal fédéral 
par la voie du recours constitutionnel subsidiaire. 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 30'000 fr.