# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1210beb0-0257-5593-90ee-b5d760dff103
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-03-02
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 02.03.2010 A/3121/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-3121-2008_2010-03-02.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/3121/2008-DCTI ATA/122/2010 

ARRÊT 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 2 mars 2010 

 

dans la cause 

 

 

Monsieur J______ 
  

contre 

 

OFFICE DU LOGEMENT 
 

 

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A/3121/2008 

EN FAIT 

1.  Monsieur J______ est locataire, depuis le 15 mai 1998, d’un appartement de 
quatre pièces non subventionné, sis rue du T______ à Carouge. 

  A cette date, ce logement était occupé par l’intéressé, son épouse et leurs 
deux enfants, nés en 1998 et 2000. Le loyer mensuel s’élevait à CHF 1'250.- 
auquel s’ajoutaient CHF 100.- de charges. 

2.  Par décision du 30 mars 2004, la direction du logement, devenue depuis lors 
l’office du logement (ci-après : OLO), a accordé à M. J______ et à son épouse 
une allocation de logement mensuelle de CHF 181,15. Cette décision a été 
renouvelée le 21 mars 2005. 

3.  L’épouse de M. J______ a quitté le logement familial le 5 septembre 2004. 
Ainsi, le 5 décembre 2005, l’OLO a rendu une nouvelle décision ; dès le 
1er octobre 2005, l’allocation était augmentée à CHF 333,35. Cette décision a été 
renouvelée les 21 mars 2006 et 22 mars 2007. 

4.  Le 3 février 2008, M. J______ a sollicité le renouvellement de ladite 
allocation dès le 1er avril 2008. Il n’avait pas effectué de recherches 
d’appartements moins onéreux car son loyer était raisonnable. Son loyer annuel 
augmenterait de CHF 240.- dès le 1er juin 2008 et les charges annuelles de 
CHF 540.-. 

5.  Le 25 avril 2008, l’OLO a sollicité de l’intéressé divers documents, que ce 
dernier a transmis le 5 mai 2008. Il avait reçu des prestations de l’Hospice général 
depuis l’année 2004 jusqu’à fin décembre 2008. Cette aide avait pris fin car il 
avait perçu, suite au décès de sa mère, un chèque de € 160'000.-. Il était dans 
l’attente d’une décision de l’assurance invalidité et ne travaillait pas.  

6.  Le 2 juillet 2008, l’OLO a supprimé le droit à l’allocation de logement avec 
effet au 31 décembre 2005. M. J______ devait restituer la somme de CHF 9'045.- 
perçue en trop entre le 1er janvier 2006 et le 31 mars 2008. Selon le registre de 
l'office cantonal de la population (ci-après : OCP), depuis le 25 décembre 2005, 
ses deux enfants étaient domiciliés chez leur mère et M. J______ occupait seul 
l’appartement, qui était ainsi en sous-occupation. 

7.  Le 18 juillet 2008, M. J______ a réclamé de cette décision. Même s’ils 
étaient domiciliés ailleurs, ses deux enfants habitaient encore chez lui, car il 
exerçait un droit de garde régulier. Son appartement ne mesurait que 70m2 et le 
salon et la cuisine n’étaient pas séparés.  

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  A ce pli était joint le dispositif - non daté - d’un jugement du Tribunal de 
première instance dissolvant par le divorce le mariage de M. J______, attribuant 
l’autorité parentale et la garde de ses deux enfants à son ex-épouse et réservant à 
l’intéressé un large droit de visite qui s’exerçait, au minimum, à raison d’un week-
end sur deux, du vendredi soir dès la sortie de l’école au dimanche soir 19h00, une 
semaine sur deux du mardi soir dès la sortie de l’école au mercredi soir 19h00, 
ainsi que durant la moitié des vacances scolaires et des jours fériés. 

8.  Le 29 juillet 2008, l’OLO a rejeté la réclamation, reprenant la motivation de 
la décision initiale. L’appartement occupé par l’intéressé était un quatre pièces, 
selon les dispositions du règlement d’exécution de la loi générale sur le logement 
et la protection des locataires du 24 août 1992 (RLGL – I 4 05.0). Ses deux 
enfants étaient domiciliés chez son ex-épouse et seul le domicile légal faisait foi. 
Il y avait dès lors sous-occupation. 

9.  M. J______ a saisi le Tribunal administratif d’un recours, le 1er septembre 
2008 contre la décision précitée. 

  Depuis sa séparation, il avait conservé des liens étroits avec ses enfants, 
même si ces derniers n’étaient plus officiellement domiciliés chez lui, et il devait 
disposer d’une pièce pour les recevoir. 

  Selon l’art. 11 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 
18 avril 1999 (Cst. - RS 101), les enfants et les jeunes avaient droit à une 
protection particulière. La Convention relative aux droits de l'enfant du 
20 novembre 1989 (CRDE - RS 0.107) prévoyait que les États devaient 
s’employer à assurer la reconnaissance du principe selon lequel les deux parents 
avaient une responsabilité commune pour élever les enfants et devaient respecter 
le droit de l’enfant séparé d’entretenir régulièrement des relations avec ses deux 
parents. 

  La décision litigieuse violait ces droits fondamentaux. Ses deux enfants ne 
devaient pas être contraints à faire chambre commune avec lui ou à dormir dans le 
salon lors de l’exercice du droit de visite, alors que la suppression de l’allocation 
de logement allait le contraindre à envisager de déménager dans un appartement 
plus petit. 

10.  Le 7 octobre 2008, l’OLO s’est opposé au recours, reprenant son 
argumentation antérieure. Le litige portait sur la question d’une allocation de 
logement, étrangère à la problématique des droits de l’enfant. 

11.  Le 22 janvier 2010, l’ex-épouse de M. J______ a écrit au Tribunal 
administratif. Les deux enfants se rendaient très souvent chez leur père et 
passaient d’un logement à l’autre. Il était peu envisageable qu’ils doivent vivre les 

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quatre semaines d’été chez leur père, dans un studio ou dans un appartement de 
trois pièces. 

12.  Le 8 février 2010, les parties ont été entendues en audience de comparution 
personnelle. L’OLO a précisé que la demande de remboursement tenait compte 
des dates de changement de domicile dans les registres de l’OCP. Il tenait compte 
du droit de visite uniquement pour les appartements subventionnés, lorsqu’il 
s’agissait d’attribuer un logement ou de résilier un bail. 

  M. J______ a indiqué que, pour lui, l’allocation devait être répartie entre les 
parents au prorata du temps durant lequel ils accueillaient les enfants. Ces derniers 
occupaient son appartement, même sans y être domiciliés. 

13.  Au terme de l’audience de comparution personnelle, les parties ont été 
informées que la cause était gardée à juger. 

EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 56A de la loi sur l’organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 63 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2.  Un locataire peut être mis au bénéfice d'une allocation de logement si son 
loyer constitue une charge manifestement trop lourde et si un échange avec un 
logement moins onéreux ne peut se réaliser sans inconvénients majeurs (art. 39A 
de la loi générale sur le logement et la protection des locataires du 4 décembre 
1977 - LGL - I 4 05). 

3.  Les allocations de logement sont mises en pratique par les art. 21 et suivants 
du règlement d'exécution de la loi générale sur le logement et la protection des 
locataires du 24 août 1992 (RLGL - I 4 05.01). 

  Les locataires doivent respecter les normes d'occupation et notamment ne 
pas se trouver en situation de sous-occupation (art. 7 al. 2 et 22 al. 1 let. b RLGL). 

  Il y a sous-occupation lorsque le nombre de pièces du logement excède de 
plus de deux unités le nombre de personnes qui l'occupent. 

  Selon le texte clair de l’art. 31C let. f LGL, on entend par personne occupant 
le logement toute personne ayant un domicile légal, déclaré à l’OCP, identique à 
celui du titulaire du bail (ATA/188/2005 du 5 avril 2005 et les références citées). 

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4.  En l’espèce, il est établi et non contesté que M. J______ occupe seul, depuis 
le 25 décembre 2005, un logement de quatre pièces. Cet élément n’est d’ailleurs 
pas discuté par le recourant. 

  M. J______ entend disposer de cet appartement qu’il occupe afin d’y 
accueillir ses enfants au moins pendant la durée de l'exercice du droit de visite 
prévu par le jugement de divorce. Toutefois, en l’état de la procédure, aucune 
garde partagée n’a été prononcée par les autorités compétentes et seule la mère de 
l’enfant est titulaire de l’autorité parentale et de la garde. Les enfants étant 
domiciliés chez leur mère, ils n'occupent plus l'appartement du recourant au sens 
de l'art. 31C let. f LGL. M. J______ n’a plus droit au versement d’allocations de 
logement car il est en sous-occupation (ATA/890/2004 du 16 novembre 2004). 

5.  Le bénéficiaire de l’allocation doit informer, sans délai, le service compétent 
de toute modification significative de sa situation propre à changer le montant de 
l’allocation ou à la supprimer (art. 29 al. 1 RGL). De plus, le locataire ayant reçu 
indûment une allocation doit la restituer dans les trente jours dès la notification de 
la décision du service compétent (art. 32 RGL). 

  En l’espèce, le recourant n’a pas informé l’OLO du départ de ses enfants de 
l’appartement familial en décembre 2005. Ce n’est en effet que lors de la demande 
de renouvellement de l'allocation, formée en 2008, que l'administration a 
découvert cet état de fait. Ce faisant, M. J______ a violé son obligation de 
renseigner l’OLO. 

6.  Les calculs de l’autorité intimée au sujet du montant du trop-perçu ne sont 
pas remis en cause devant le Tribunal administratif et, étant établis dans la stricte 
application des dispositions légales et réglementaires ainsi que de la jurisprudence 
du tribunal de céans, ils ne peuvent être que confirmés. 

7.  En dernier lieu, le Tribunal administratif relèvera que les dispositions de 
droit national et international citées par le recourant concernant la protection des 
droits de l'enfant n'ont pas de pertinence dans un litige visant à l'obtention 
d'allocations de logement. L'art. 9 al. 1 CRDE, dernière phrase, limite 
l'interdiction de séparer parent et enfants lorsque les parents vivent séparément et 
qu’une décision doit être prise au sujet du lieu de résidence de l’enfant.  

8.  Vu l'issue du litige, un émolument de CHF 400.- sera mis à la charge du 
recourant, qui succombe (art. 87 LPA). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 1er septembre 2008 par Monsieur J______ 
contre la décision sur réclamation de l'office du logement du 29 juillet 2008 ; 

au fond : 

le rejette ; 

met à la charge du recourant un émolument de CHF 400.- ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Monsieur J______ ainsi qu'à l'office du logement. 

Siégeants : Mme Bovy, présidente, M. Thélin, Mmes Hurni et Junod, M. Dumartheray, 
juges. 

Au nom du Tribunal administratif : 

la greffière-juriste : 
 
 

C. Del Gaudio-Siegrist 

 la présidente : 
 
 

L. Bovy 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 
Genève, le  

 
la greffière :