# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** eb8c2f44-9d85-5883-a6ea-6968daf0e4c6
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-08-25
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 25.08.2020 P/10001/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-10001-2019_2020-08-25.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/10001/2019 AARP/319/2020 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 25 août 2020 

 

Entre 

A______, sans domicile fixe, comparant par Me B______, avocate,  

appelant, 

 

contre le jugement JTDP/46/2020 rendu le 9 janvier 2020 par le Tribunal de police, 

 

et 

CHEMIN DE FER FEDERAUX SUISSES CFF, Servicecenter des recettes, case  

postale 345, 1001 Lausanne, 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimés.

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EN FAIT : 

A. a. En temps utile, A______ a annoncé appeler du jugement du 9 janvier 2020, par 
lequel le Tribunal de police (TP) l'a acquitté de l'accusation de détention de cocaïne 
en vue de sa vente le 3 juin 2019, l'a déclaré coupable d'infraction à l'art. 19 al. 1 
let. c et d de la loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes (LStup), 
d'entrée illégale (art. 115 al. 1 let. a de la loi fédérale sur les étrangers et l'intégration 
[LEI]), de séjour illégal (art. 115 al. 1 let. b LEI), de non-respect d'une interdiction de 
pénétrer dans une région déterminée (art. 119 al. 1 LEI), d'empêchement d'accomplir 
un acte officiel (art. 286 al. 1 du code pénal suisse [CP]) de contravention à la loi sur 
les stupéfiants (art. 19a LStup) et de contravention à l'art. 57 al. 3 de la loi sur le 
transport de voyageurs [LTV]). 

Après avoir révoqué la libération conditionnelle accordée par le Tribunal 
d'application des peines et mesures (TAPEM) dès le 26 mars 2019 (solde de peine 
d'un mois et 18 jours), ainsi que les sursis octroyés les 7 octobre 2018 par le 
Ministère public de Genève (MP ; peine privative de liberté de 120 jours, sous 
déduction d'un jour de détention avant jugement), le 7 mars 2019 par le TP (peine 
privative de liberté de 20 jours et peine pécuniaire de 20 jours-amende, sous 
déduction de 120 jours de détention avant jugement), et le 10 mai 2019 par le 
Ministère public à C______ [VD] (peine privative de liberté de 60 jours), le premier 
juge l'a condamné à une peine privative de liberté d'ensemble de 12 mois (incluant le 
solde de peine réintégrée, ainsi que les peines privatives de liberté dont les sursis ont 
été révoqués et les jours de détention y relatifs qui n'ont pas déjà été déduits), sous 
déduction de 54 jours de détention avant jugement, peine complémentaire à celle 
prononcée le 26 août 2019 par le MP, à une peine pécuniaire d'ensemble de 40 jours-
amende à CHF 10.- l'unité, incluant la peine dont le sursis a été révoqué, ainsi qu'à 
une amende de CHF 500.- (peine privative de liberté de substitution de cinq jours).  

Le premier juge a encore ordonné diverses mesures de confiscation et restitution et 
condamné A______ aux frais de la procédure, fixés à CHF 2'098.-, y compris un 
émolument complémentaire de jugement de CHF 800.-, la créance de l'Etat portant 
sur les frais de la procédure étant compensée à due concurrence avec les valeurs 
patrimoniales séquestrées.  

 b. A______ conclut à son acquittement du chef d'infraction à l'art. 19 al. 1 let. c et d 
LStup, au prononcé d'une peine complémentaire de quotité nulle et à ce qu'il soit 
renoncé à la révocation de la liberté conditionnelle et des sursis octroyés. 

c.a. Selon l'acte d'accusation du 20 décembre 2019, il est encore reproché à A______ 
d'avoir, le 15 juillet 2019, à la hauteur de la rue 1______ [no.] ______, à Genève, 
détenu six grammes de cocaïne, sous forme de gouttes, drogue destinée à la vente, 
étant précisé que l'acte d'accusation précité lui reprochait également d'avoir, à une 
date postérieure au 5 juin 2019, pénétré sans droit sur le territoire suisse, d'avoir, du 
5 juin au 15 juillet 2019, du 18 juillet au 28 juillet 2019, du 29 juillet au 6 août 2019 

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et du 8 au 14 août 2019, séjourné illégalement en Suisse, d'avoir, à tout le moins les 
5 et 28 juillet, ainsi que les 6 et 14 août 2019, enfreint son interdiction de pénétrer sur 
l'ensemble du territoire genevois, d'avoir, le 28 juillet 2019, pris la fuite à la vue des 
policiers et de s'être débattu, empêchant ces derniers de procéder à son contrôle et à 
son interpellation, d'avoir, le 14 août 2019, pris la fuite à la vue d'une voiture de 
police, empêchant les policiers de procéder à son contrôle et à son interpellation, 
d'avoir, les 15 et 28 juillet, ainsi que le 6 août 2019, détenu respectivement deux 
grammes de marijuana, une boulette de cocaïne de 0.6 gramme et 0.57 gramme de 
marijuana, drogue destinée à sa consommation personnelle, enfin d'avoir, le 17 juillet 
2019, frauduleusement voyagé dans un train CFF depuis D______ [VD] à 
destination de Genève, faits n'étant plus litigieux en appel. 

 c.b. Selon l'ordonnance pénale du 1er juillet 2019, valant acte d'accusation, il était 
également reproché à A______ d'avoir, du 8 mars au 22 mai 2019, ainsi que du 
24 mai au 3 juin 2019, séjourné sans droit sur le territoire helvétique, de s'être, durant 
la même période, trouvé sur le sol genevois alors qu'il faisait l'objet d'une interdiction 
de pénétrer dans ce canton, d'avoir, à Genève, le 9 mai 2019, détenu un gramme brut 
de cocaïne destinée à sa consommation personnelle, le 22 mai 2019, détenu trois 
boulettes de cocaïne totalisant trois grammes, destinées à la vente, le 3 juin 2019, 
détenu six boulettes de cocaïne totalisant trois grammes, dissimulées dans un 
container, dans le but de les vendre, ainsi que deux grammes de marijuana, destinés à 
sa consommation personnelle, d'avoir, le 3 juin 2019, empêché les policiers 
d'accomplir un acte entrant dans leurs fonctions en prenant la fuite pour se soustraire 
à leur contrôle, enfin d'avoir, du 24 mai au 3 juin 2019, consommé de la marijuana et 
de la cocaïne, faits ayant été épurés ou n'étant plus litigieux au stade de l'appel.  

B. Les faits encore pertinents au stade de l'appel sont les suivants : 

 a. En l'espace de trois mois, A______ a été arrêté à sept reprises pour des faits 
relevant essentiellement d'infractions à la LEI et à la LStup, soit les 9 et 22 mai, le 
3 juin, les 15 et 28 juillet, ainsi que les 6 et 14 août 2019. 

b.a. A l'occasion du contrôle de police intervenu le 15 juillet 2019 alors qu'il se 
trouvait à la hauteur du no ______ de la rue 1______, A______ a subi une fouille de 
sécurité qui a permis de trouver sur lui 12 gouttes de cocaïne, d'un poids total de six 
grammes.  

 b.b. A la police, A______ a soutenu que la drogue lui appartenait, sans pouvoir dire 
où il l'avait achetée. Celle-ci était destinée à la revente, ce qui lui permettait de vivre. 
Il s'adonnait au trafic de stupéfiants dans le quartier E______ et était lui-même 
consommateur de marijuana et de cocaïne, sans pouvoir renseigner sur la fréquence 
ni l'ampleur de sa consommation.  

b.c. A______ s'est ensuite rétracté devant le MP, indiquant que la drogue était 
destinée à sa consommation personnelle.  

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 c. Précédemment, A______ avait été interrogé en relation avec trois boulettes de 
cocaïne, totalisant trois grammes, retrouvées sur lui lors de son arrestation du 22 mai 
2019. Après avoir refusé de répondre aux questions de la police, il a affirmé au MP 
que la drogue était destinée à sa consommation personnelle. 

 d. A______ a également été interrogé au sujet de six boulettes de cocaïne d'un poids 
total de trois grammes, retrouvées le 3 juin 2019 dans un container, à proximité du 
lieu de son appréhension, intervenue à l'issue d'une fuite sur 300 mètres. A la police, 
il a tout d'abord affirmé que la drogue lui appartenait et qu'il vendait de la cocaïne 
E______ depuis une année. Questionné sur sa consommation personnelle, il a 
indiqué qu'il consommait beaucoup de marijuana et occasionnellement de la cocaïne. 
Il s'est ensuite rétracté devant le MP, soutenant que la drogue ne lui appartenait pas.  

 e. Devant le premier juge, A______ a admis l'intégralité des faits qui lui étaient 
reprochés, à l'exception de la détention de drogue en vue de sa vente, indiquant que 
celle-ci était uniquement destinée à sa propre consommation. Il contestait avoir 
admis, à la police, le 3 juin 2019, que la drogue lui appartenait et qu'elle était 
destinée à la vente. Par ailleurs, s'il avait admis, à la police, que les 12 gouttes 
retrouvées sur lui le 15 juillet 2019 étaient destinées à la vente, c'était parce que les 
policiers l'avaient forcé, le menaçant de l'emmener en prison s'il ne s'exécutait pas.  

 Pour manger, il se rendait dans des centres d'aide ou à la mosquée. La drogue utile à 
sa consommation lui était fournie par "plusieurs personnes". Les différents 
téléphones retrouvés en sa possession lors de ses arrestations lui avaient été remis par 
des amis. 

C. a. Avec l'accord des parties, la Chambre pénale d'appel et de révision (CPAR) a 
ordonné l'ouverture d'une procédure écrite. 

 b. A______ persiste dans les conclusions de sa déclaration d'appel. 

 La drogue retrouvée sur lui le 15 juillet 2019 était destinée à sa consommation 
personnelle. Sa condamnation ne reposait sur aucune motivation et était d'autant plus 
surprenante que les circonstances de son arrestation étaient identiques à celles qui 
prévalaient pour les faits du 22 mai 2019, alors même que la détention en vue de la 
vente n'avait pas été retenue en relation avec ceux-ci. Si la drogue avait 
effectivement été en sa possession, aucune vente n'avait été observée, aucun 
consommateur ne figurait à la procédure et aucun autre élément permettant de 
conclure à sa culpabilité n'avait été observé. La seule différence avec les faits du 
22 mai 2019 résidait ainsi dans l'existence d'aveux à la police, qu'il avait toutefois 
effectués en raison de la dureté de l'interrogatoire, se sentant menacé, ainsi que dans 
le but d'améliorer sa situation. Sa toxicomanie était établie et les six grammes 
représentaient une consommation équivalente à une semaine pour un toxicomane. Le 
premier juge avait donc violé le principe in dubio pro reo. 

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 La peine à laquelle le premier juge l'avait condamné était disproportionnée à 
plusieurs égards. En effet, la gravité relative des infractions à la LEI ne justifiait pas 
le prononcé d'une peine privative de liberté. Il disposait d'ailleurs d'un solide réseau 
communautaire, qui lui permettrait de s'acquitter d'une peine pécuniaire clémente. Il 
avait pris conscience de la nécessité de quitter la Suisse et s'était investi dans son 
combat contre l'addiction. Sa collaboration à la procédure avait été bonne, ses 
mensonges à la police et son refus de répondre découlant de ses droits de prévenu.  

 La révocation des sursis aurait dû être effectuée par paliers. En outre, il convenait de 
retenir l'existence d'un pronostic favorable, dès lors qu'il était désormais sevré et 
déterminé à quitter le territoire suisse. 

 Enfin, la peine complémentaire infligée au regard de sa condamnation du 26 août 
2019 pour des infractions à la LEI devait être de quotité nulle, rien ne justifiant une 
peine privative de liberté supérieure à 180 jours. 

 c. Le Ministère public conclut au rejet de l'appel et à la confirmation du jugement 
entrepris. 

 A______ avait admis à la police que la drogue retrouvée sur lui le 15 juillet 2019 
était destinée à la vente, avant de se rétracter. La raison invoquée pour justifier ses 
aveux n'était pas crédible. Les explications fournies quant au financement de la 
drogue n'étaient pas convaincantes et tant le mode de conditionnement de celle-ci 
que les antécédents du prévenu permettaient de justifier le verdict de culpabilité. 

 Le prononcé d'une peine privative de liberté ferme, de même que la révocation des 
sursis et de la libération conditionnelle dont il avait bénéficié, se justifiaient compte 
tenu de sa situation financière, de l'existence d'un pronostic particulièrement 
défavorable et de l'incertitude liée à ses projets d'avenir. 

 d. Le TP a indiqué n'avoir pas d'observations à formuler. 

D. A______, ressortissant guinéen, est né le ______ 1999. Célibataire et sans famille, il 
n'a jamais été scolarisé et n'a effectué aucune formation. Il est dépourvu d'emploi et 
ne perçoit aucun revenu.  

 En Suisse depuis 2016, il a exprimé le projet de quitter définitivement le pays à sa 
sortie de prison pour se rendre en Espagne, sans évoquer de projet précis. En 
détention, il a bénéficié d'un traitement de substitution pour soigner sa toxicomanie.   

 A______ a été condamné en Suisse à six reprises, depuis le 24 septembre 2018, pour 
des infractions au droit des étrangers, à la loi sur les stupéfiants, ainsi que pour 
opposition aux actes de l'autorité, à des peines privatives de liberté et des peines 
pécuniaires, à quatre reprises avec sursis, dont un seul a été révoqué, ainsi qu'à des 
amendes. Il a également bénéficié, le 26 mars 2019, d'une libération conditionnelle, 

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assortie d'un délai d'épreuve d'un an, laquelle n'a pas été révoquée en dépit de deux 
condamnations postérieures. 

 A teneur de l'ordre d'exécution du 7 mars 2019, le solde de la détention avant 
jugement subie par A______ dans le cadre de sa condamnation du 7 mars 2019, soit 
80 jours, a été imputé sur la peine subie par ce dernier dans le cadre de sa 
condamnation du 11 octobre 2018. 

E. Me B______, défenseure d'office de A______, dépose un état de frais pour la 
procédure d'appel, comptabilisant 3h00 d'activité de cheffe d'étude, ainsi que 3h30 
d'activité de stagiaire. 

EN DROIT : 

1. L'appel est recevable pour avoir été interjeté et motivé selon la forme et dans les 
délais prescrits (art. 398 et 399 du code de procédure pénale [CPP]). 

 La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel (art. 404 
al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP). 

2. 2.1. Le principe in dubio pro reo, qui découle de la présomption d'innocence, 
garantie par l'art. 6 ch. 2 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et 
des libertés fondamentales (CEDH) et, sur le plan interne, par les art. 32 al. 1 de la 
Constitution fédérale de la Confédération suisse (Cst.) et 10 al. 3 CPP, concerne tant 
le fardeau de la preuve que l'appréciation des preuves. 

En tant que règle sur le fardeau de la preuve, ce principe signifie qu'il incombe à 
l'accusation d'établir la culpabilité de l'accusé, et non à ce dernier de démontrer son 
innocence. Il est violé lorsque le juge rend un verdict de culpabilité au seul motif que 
l'accusé n'a pas prouvé son innocence (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 40 et les arrêts 
cités) ou que sa culpabilité est plus vraisemblable que son innocence (arrêts du 
Tribunal fédéral 6B_1145/2014 du 26 novembre 2015 consid. 1.2 et 6B_748/2009 du 
2 novembre 2009 consid. 2.1). 

Comme principe présidant à l'appréciation des preuves, la présomption d'innocence 
est violée si le juge du fond se déclare convaincu de faits défavorables à l'accusé sur 
lesquels, compte tenu des éléments de preuve qui lui sont soumis, il aurait au 
contraire dû, objectivement, éprouver un doute sérieux et insurmontable quant à la 
culpabilité de l'accusé, autrement dit lorsque le juge du fond retient un état de fait 
défavorable à l'accusé alors qu'il existe un doute raisonnable quant au déroulement 
véritable des événements (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41 ; arrêt du Tribunal fédéral 
6B_784/2011 du 12 mars 2012 consid. 1.1). 

L'autorité de jugement dispose d'un large pouvoir dans l'appréciation des preuves 
(ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40), en application duquel, selon l'art. 10 al. 2 CPP, le 
juge donne aux moyens de preuve produits tout au long de la procédure la valeur 

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qu'il estime devoir leur attacher pour se forger une intime conviction sur la réalité 
d'un fait (arrêt du Tribunal fédéral 6B_348/2012 du 24 octobre 2012 consid. 1.3).  

2.2. L'art. 19 al. 1 LStup punit celui qui, sans droit, aliène ou prescrit des stupéfiants, 
en procure de toute autre manière à un tiers ou en met dans le commerce (let. c), 
celui qui, sans droit, possède, détient ou acquiert des stupéfiants ou s'en procure de 
toute autre manière (let. d). 

2.3. En l'espèce, l'appelant conteste uniquement sa condamnation à l'art. 19 al. 1 let. c 
et d LStup en lien avec les faits survenus le 15 juillet 2019. 

A cet égard, il n'est pas crédible en tant qu'il soutient que la drogue retrouvée sur lui 
à cette occasion était destinée à sa consommation personnelle. 

Au-delà du fait qu'il a lui-même indiqué, à la police, qu'il ne consommait 
qu'occasionnellement de la cocaïne, ce qui rend la quantité de six grammes d'autant 
moins compatible avec une telle destination, on relèvera que le conditionnement de 
la drogue en gouttes est typique de la vente au détail. 

L'appelant n'est pas davantage convainquant s'agissant du financement de la cocaïne, 
dès lors qu'il est dépourvu de moyens de subsistance et qu'il paraît invraisemblable 
que celle-ci lui soit fournie gracieusement par des tiers ou des amis. Les mêmes 
conclusions prévalent s'agissant de l'acquisition des différents téléphones portables 
trouvés en sa possession lors de ses multiples arrestations. 

Par ailleurs, les prétendues menaces dont il aurait été victime à la police, dont il se 
prévaut pour justifier ses aveux, ne sont aucunement objectivées. En particulier, sa 
version selon laquelle il aurait admis la détention en vue de la vente dans le but 
d'améliorer sa situation n'est pas cohérente, ce d'autant plus que, compte tenu de ses 
nombreux antécédents, l'appelant ne pouvait ignorer que dite infraction est plus 
sévèrement punie que la simple consommation. 

Enfin, c'est à tort que l'appelant soutient que les circonstances de son arrestation sont 
identiques à celles du 22 mai 2019, dès lors que la quantité de drogue trouvée sur lui 
à cette occasion était de moitié moins importante.     

Partant, l'appel doit être rejeté et le jugement entrepris confirmé.  

3. 3.1. Les infractions aux art. 19 al. 1 let. c et d LStup, ainsi que 119 al. 1 LEI, sont 
passibles d'une peine privative de liberté de trois ans ou d'une peine pécuniaire. 

 L'infraction à l'art. 115 al. 1 let. a et b LEI est passible d'une peine privative de liberté 
d'un an ou d'une peine pécuniaire. 

 L'infraction à l'art. 286 al. 1 CP est passible d'une peine pécuniaire de 30 jours-
amende. 

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 Enfin, l'auteur d'infraction aux art. 19a ch. 1 LStup et 57 al. 3 LTV est puni d'une 
amende. 

 3.2. Le séjour illégal est un délit de durée, un délit continu. Pour prononcer une 
nouvelle condamnation en raison d'un délit continu et pour fixer la peine sans égard à 
la durée de l'infraction déjà prise en compte dans un jugement antérieur, il faut que 
l'auteur, après la première condamnation, prenne une nouvelle décision d'agir, 
indépendante de la première. En l'absence d'une telle décision et lorsque la situation 
irrégulière qui doit faire l'objet d'un nouveau jugement procède de la même intention 
que celle qui a présidé aux faits déjà jugés, la somme des peines prononcées à raison 
du délit continu doit être adapté à la culpabilité considérée dans son ensemble et ne 
pas excéder la peine maximale prévue par la loi (ATF 135 IV 6 consid. 4.2. ; arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_1003/2019 du 16 octobre 2019 consid. 1.1). 

3.3.1. Selon l'art. 47 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabilité de l'auteur. Il 
prend en considération les antécédents et la situation personnelle de ce dernier ainsi 
que l'effet de la peine sur son avenir (al. 1). La culpabilité est déterminée par la 
gravité de la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, par le 
caractère répréhensible de l'acte, par les motivations et les buts de l'auteur et par la 
mesure dans laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, compte 
tenu de sa situation personnelle et des circonstances extérieures (al. 2). 

La culpabilité de l'auteur doit être évaluée en fonction de tous les éléments objectifs 
pertinents, qui ont trait à l'acte lui-même, à savoir notamment la gravité de la lésion, 
le caractère répréhensible de l'acte et son mode d'exécution. Du point de vue 
subjectif, sont pris en compte l'intensité de la volonté délictuelle ainsi que les 
motivations et les buts de l'auteur. À ces composantes de la culpabilité, il faut ajouter 
les facteurs liés à l'auteur lui-même, à savoir les antécédents (judiciaires et non 
judiciaires), la réputation, la situation personnelle (état de santé, âge, obligations 
familiales, situation professionnelle, risque de récidive, etc.), la vulnérabilité face à la 
peine, de même que le comportement après l'acte et au cours de la procédure pénale 
(ATF 142 IV 137 consid. 9.1 ; 141 IV 61 consid. 6.1.1). 

3.3.2. Bien que la récidive ne constitue plus un motif d'aggravation obligatoire de la 
peine (art. 67 aCP), les antécédents continuent de jouer un rôle très important dans la 
fixation de celle-ci (arrêt du Tribunal fédéral 6B_1202/2014 du 14 avril 2016 
consid. 3.5 ; M. NIGGLI / H. WIPRÄCHTIGER [éds], Basler Kommentar 
Strafrecht I : Art. 1-136 StGB, Jugendstrafgesetz, 4ème éd., Bâle 2019, n. 130 ad 
art. 47 CP). En général, la culpabilité de l'auteur est amplifiée du fait qu'il n'a pas 
tenu compte de l'avertissement constitué par la précédente condamnation, et sa 
rechute témoigne d'une énergie criminelle accrue (R. ROTH / L. MOREILLON 
[éds], Code pénal I : art. 1-100 CP, Bâle 2009, n. 55 ad art. 47 CP).  

L'art. 47 CP confère un large pouvoir d'appréciation au juge. Celui-ci ne viole le droit 
fédéral en fixant la peine que s'il sort du cadre légal, s'il se fonde sur des critères 
étrangers à l'art. 47 CP, s'il omet de prendre en considération des éléments 

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d'appréciation prévus par cette disposition ou, enfin, si la peine qu'il prononce est 
exagérément sévère ou clémente au point de constituer un abus du pouvoir 
d'appréciation (ATF 136 IV 55 consid. 5.6 p. 61). 

3.3.3. Selon l'art. 41 al. 1 CP, le juge peut prononcer une peine privative de liberté à 
la place d'une peine pécuniaire si (a) une peine privative de liberté paraît justifiée 
pour détourner l'auteur d'autres crimes ou délits, ou si (b) il y a lieu de craindre 
qu'une peine pécuniaire ne puisse pas être exécutée. Il doit motiver le choix de la 
peine privative de liberté de manière circonstanciée (al. 2). 

3.3.4. Selon l'art. 106 CP, l'amende, de même que la peine privative de liberté de 
substitution, doit être fixée en tenant compte de la situation de l'auteur afin que la 
peine corresponde à la faute commise (al. 3). À l'instar de toute autre peine, l'amende 
doit donc être fixée conformément à l'art. 47 CP (arrêts du Tribunal fédéral 
6B_337/2015 du 5 juin 2015 consid. 4.1 ; 6B_988/2010 du 3 mars 2011 consid. 2.1 
et 6B_264/2007 du 19 septembre 2007 consid. 4.5). 

3.3.5. Aux termes de l'art. 49 CP, si, en raison d'un ou de plusieurs actes, l'auteur 
remplit les conditions de plusieurs peines de même genre, le juge le condamne à la 
peine de l'infraction la plus grave et l'augmente dans une juste proportion. Il ne peut 
toutefois excéder de plus de la moitié le maximum de la peine prévue pour cette 
infraction. Il est en outre lié par le maximum légal de chaque genre de peine (al. 1). 
Si le juge doit prononcer une condamnation pour une infraction que l'auteur a 
commise avant d'avoir été condamné pour une autre infraction, il fixe la peine 
complémentaire de sorte que l'auteur ne soit pas puni plus sévèrement que si les 
diverses infractions avaient fait l'objet d'un seul jugement (al. 2). 

L'exigence, pour appliquer l'art. 49 al. 1 CP, que les peines soient de même genre, 
implique que le juge examine, pour chaque infraction commise, la nature de la peine 
à prononcer pour chacune d'elle. Si les sanctions envisagées concrètement ne sont 
pas du même genre, elles doivent être prononcées cumulativement (ATF 144 IV 313 
consid. 1.1.1 p. 316). 

3.3.6. À teneur de l'art. 49 al. 2 CP, si le juge doit prononcer une condamnation pour 
une infraction que l'auteur a commise avant d'avoir été condamné pour une autre 
infraction, il fixe la peine complémentaire de sorte que l'auteur ne soit pas puni plus 
sévèrement que si les diverses infractions avaient fait l'objet d'un seul jugement 
(ATF 142 IV 329 consid. 1.4.1 p. 331 = JdT 2017 IV 221 ; ATF 142 IV 265 
consid. 2.3.3 p. 268 = JdT 2017 IV 129 ; ATF 141 IV 61 consid. 6.1.2 p. 67).  

Pour fixer la peine complémentaire, le juge doit estimer la peine globale de l'auteur, 
comme s'il devait apprécier en même temps l'ensemble des faits (ceux du premier 
jugement et ceux du jugement actuel). Il ne peut toutefois pas revoir la peine de base, 
à savoir celle du premier jugement, même s'il estime que les premiers faits 
justifiaient une peine plus sévère ou moins sévère. Dans le cas contraire, il 
enfreindrait l'autorité de chose jugée de la première décision. La fixation d'une peine 

- 10/18 - 

P/10001/2019 

d'ensemble n'est en outre pas possible en cas de sanctions de genre différent. (ATF 
137 IV 57 consid. 4.3.1). 

Pour calculer la peine complémentaire, le deuxième tribunal doit exposer en chiffres 
la peine de chaque fait nouveau en appliquant les principes généraux du droit pénal. 
Ensuite, il doit appliquer le principe d'aggravation en prenant en compte la peine de 
base et celle des nouveaux faits. Pour cela, le juge doit déterminer la peine (abstraite) 
de l'infraction la plus grave afin de l'aggraver (ATF 142 IV 265 consid. 2.4.3  
= JdT 2017 IV 129 ; AARP/467/2016 du 18 novembre 2016 consid. 3.3.2 ; J. 
FRANCEY, Le concours rétrospectif (art. 49 al. 2 CP), in LawInside, 31 août 2016, 
http://www.lawinside.ch/304/ [31.01.17]). Si la peine de base contient l'infraction la 
plus grave, il faut alors l'augmenter au regard des faits nouveaux. Pour obtenir la 
peine complémentaire, le juge doit ainsi déduire la peine de base de la peine 
globale (ATF 142 IV 265 consid. 2.4.4 = JdT 2017 IV 129 ; AARP/467/2016 du 
18 novembre 2016 consid. 3.3.2). 

3.3.7. Selon l'art. 46 al. 1 CP, si, durant le délai d'épreuve, le condamné commet un 
crime ou un délit et qu'il y a dès lors lieu de prévoir qu'il commettra de nouvelles 
infractions, le juge révoque le sursis ou le sursis partiel. Si la peine révoquée et la 
nouvelle peine sont de même genre, une peine d'ensemble est fixée en application par 
analogie de l'art. 49 al. 1 CP. 

La révocation du sursis ne se justifie qu'en cas de pronostic défavorable, à savoir 
lorsque la nouvelle infraction laisse entrevoir une réduction sensible des perspectives 
de succès de la mise à l'épreuve. Par analogie avec l'art. 42 CP, le juge se fonde sur 
une appréciation globale des circonstances du cas d'espèce pour estimer le risque de 
récidive. En particulier, il doit prendre en considération l'effet dissuasif que la 
nouvelle peine peut exercer, si elle est exécutée (ATF 134 IV 140 consid. 4.4 et 4.5 
p. 143 s. ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_879/2016 du 22 juin 2017 consid. 3.1). 

3.3.8. Si, durant le délai d'épreuve, le détenu libéré conditionnellement commet un 
crime ou un délit, le juge qui connaît de la nouvelle infraction ordonne sa 
réintégration dans l'établissement (art. 89 al. 1 CP). 

La raison principale de l'échec de la mise à l'épreuve est la commission d'un crime ou 
d'un délit pendant le délai d'épreuve (cf. aussi art. 95 al. 3 à 5 CP). La nouvelle 
infraction doit revêtir une certaine gravité, à savoir être passible d'une peine privative 
de liberté ou d'une peine pécuniaire (cf. art. 10 CP). En revanche, la perpétration 
d'une seule contravention ne permet pas la réintégration, à moins qu'elle ne 
corresponde simultanément à la violation d'une règle de conduite (art. 95 al. 5 CP ; 
cf. ATF 128 IV 3 consid. 4b p. 8 à propos de la révocation du sursis). La quotité de la 
peine qui frappe le crime ou le délit dans le cas concret est sans pertinence (arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_663/2009 du 19 octobre 2009 consid. 1.2). 

En particulier, le Tribunal fédéral a rejeté le grief d'un recourant qui estimait que la 
nouvelle infraction qu'il avait commise dans le délai d'épreuve de sa libération 

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P/10001/2019 

conditionnelle, à savoir un séjour illégal, n'était pas d'une gravité suffisante pour 
justifier sa réintégration, dans la mesure où il s'agissait d'un délit (art. 10 al. 3 CP), 
passible d'une peine privative de liberté d'un an au plus ou d'une peine pécuniaire 
(arrêt du Tribunal fédéral 6B_715/2015 du 21 mars 2016 consid. 2.5 ; cf. 
AARP/261/2015 du 5 juin 2015). 

3.4. En l'espèce, la faute de l'appelant relative aux infractions abstraitement et 
concrètement les plus graves, soit l'entrée dans le canton de Genève en dépit d'une 
interdiction, ainsi que la détention de six grammes de cocaïne en vue de sa vente, est 
d'une certaine importance. 

Son mobile relève de son simple agrément de demeurer sur le territoire pour ce qui 
est des infractions à la législation sur les étrangers et de l'appât du gain facile 
s'agissant de l'infraction à la loi sur les stupéfiants. L'appelant a ainsi agi au mépris 
des règles régissant l'entrée dans le canton et de la santé des consommateurs. 

Sa collaboration ne peut être qualifiée de bonne. S'il a, pour l'essentiel, reconnu 
immédiatement les faits qui lui étaient reprochés, il pouvait difficilement en aller 
autrement compte tenu des circonstances de ses interpellations. Il a pour le surplus 
varié dans ses déclarations s'agissant de la vente de cocaïne. 

La situation personnelle de l'appelant explique en partie ses actes mais ne les justifie 
en aucun cas. 

Sa prise de conscience est inexistante, dès lors qu'il persiste dans ses comportements 
illégaux en dépit des nombreuses condamnations prononcées antérieurement pour 
des infractions similaires. Lesdites condamnations, au nombre de six depuis 
septembre 2018, notamment à des peines privatives de liberté, ne l'ont pas dissuadé 
de récidiver. 

Aucune circonstance atténuante n'est réalisée, ni d'ailleurs plaidée. 

Son projet de quitter la Suisse pour rejoindre l'Espagne, qu'il n'est aucunement en 
mesure d'étayer, n'apparaît pas concret. Le pronostic quant à son comportement futur 
est donc mauvais. On relèvera que si les efforts de l'appelant visant à diminuer sa 
consommation de stupéfiants sont louables, ils ne suffisent pas à anéantir le risque 
concret de récidive, vu le nombre important de délits commis sur une période 
sensiblement brève. 

Dans cette configuration, une peine pécuniaire ne saurait entrer en ligne de compte 
s'agissant des infractions aux art. 19 al. 1 let. c et d LStup et 119 al. 1 LEI. Seule une 
peine privative de liberté paraît de nature à remplir son rôle de prévention spéciale. 
De surcroît, l'appelant ne pourra vraisemblablement pas s'acquitter d'une peine 
pécuniaire, étant dépourvu de revenu. Si, comme il l'allègue, il pouvait compter sur 
son réseau communautaire pour s'acquitter du montant auquel il serait condamné, la 
sanction n'atteindrait assurément pas le but de prévention spéciale voulu. 

- 12/18 - 

P/10001/2019 

Les mêmes conclusions prévalent s'agissant de l'entrée et du séjour illégaux, 
sanctionnés par l'art. 115 al. 1 let. a et b LEI, qui entrent en concours avec les délits 
précités. 

Ces infractions ayant été commises entre les 8 mars et 14 août 2019, soit avant 
l'ordonnance pénale du 26 août 2019, condamnant l'appelant à une peine privative de 
liberté de 180 jours pour séjour illégal (art. 115 al. 1 let. b LEI) et non-respect d'une 
assignation à un lieu de résidence ou interdiction de pénétrer dans une région 
déterminée (art. 119 al. 1 LEI), il convient de fixer une peine complémentaire. 

La peine privative de liberté pour l'infraction la plus grave (multiples non-respects 
d'une interdiction de pénétrer dans une région déterminée) sera fixée à cinq mois. Il 
convient d'étendre cette peine à huit mois (peine hypothétique de quatre mois) pour 
le trafic de stupéfiants, puis à neuf mois (peine hypothétique de deux mois) pour tenir 
compte des nombreux séjours illégaux de l'appelant, qui comptabilisent une durée 
totale de plus de cinq mois, enfin à dix mois (peine hypothétique de 45 jours) pour 
tenir compte de l'entrée illégale.  

Si les faits issus de la présente procédure avaient été jugés en même temps que ceux 
concernés par la condamnation du 26 août 2019, la peine privative de liberté globale 
n'aurait pas été différente. La peine privative de liberté globale est ainsi arrêtée à 
dix mois, desquels il convient de déduire la peine à laquelle l'appelant a été 
condamné par le MP pour fixer la peine complémentaire. 

Compte tenu de ce qui précède, la peine complémentaire sera arrêtée à quatre mois. 

S'agissant des trois infractions à l'art. 286 al. 1 CP, la peine pécuniaire, qui seule 
entre en considération, sera arrêtée à 30 jours-amende.  

En effet, l'appelant, qui présente des antécédents spécifiques en la matière, s'est laissé 
aller à ses impulsions, entravant de ce fait le bon déroulement du travail de la police.  

Sa collaboration a été plutôt bonne même si, ici aussi, son comportement a fait l'objet 
de constatations directes de la police lors de ses arrestations, de sorte qu'il lui aurait 
été plus difficile de nier les faits. Sa faute est moyenne et sa situation personnelle ne 
justifie en rien ses agissements. 

Pour le surplus, les conditions du sursis (art. 42 CP), auquel l'appelant ne conclut 
d'ailleurs à juste titre pas, ne sont manifestement pas remplies, compte tenu en 
particulier de ses antécédents spécifiques. 

Rien ne s'oppose par ailleurs à la révocation des sursis octroyés les 7 octobre 2018 et 
10 mai 2019, de même qu'à celle de la libération conditionnelle octroyée le 26 mars 
2019, qui sont pleinement justifiées. En effet, l'appelant a systématiquement récidivé 
alors qu'il se trouvait dans un délai d'épreuve, ce qui révèle l'absence d'impact de ses 
précédentes condamnations sur son comportement. Il a jusqu'ici largement bénéficié 

- 13/18 - 

P/10001/2019 

de la clémence des autorités à cet égard. Comme déjà relevé supra, son vague projet 
de quitter la Suisse ne suffit pas à retenir l'absence d'un pronostic défavorable.  

Le sursis prononcé le 7 mars 2019 sera, pour les mêmes raisons, également révoqué, 
bien que cette opération soit purement théorique, la peine à laquelle l'appelant a été 
condamné ayant d'ores et déjà été intégralement compensée par la détention 
provisoire subie. 

Considérant que le nombre total d'unités pénales de privation de liberté révoquées  
– et non purgées – se monte à 228 jours, la peine privative de liberté d'ensemble sera 
ramenée à dix mois.  

Considérant par ailleurs que la peine pécuniaire de 20 jours-amende concernée par la 
révocation du sursis prononcé le 7 mars 2019 a d'ores et déjà été compensée par la 
détention provisoire subie par l'appelant, la peine pécuniaire arrêtée ci-dessus à 
30 jours-amende entre seule en ligne de compte. Le montant du jour-amende, en tout 
état acquis à l'appelant (art. 391 al. 2 CPP), tient équitablement compte de la situation 
financière précaire de ce dernier. 

Le jugement querellé sera donc réformé sur ces deux points. 

Enfin, s'agissant de l'amende sanctionnant les infractions aux art. 19a LStup et  
57 al. 3 LTV, non contestée par l'appelant, force est de constater que compte tenu des 
éléments exposés ci-dessus, le montant de CHF 500.- fixé par le premier juge 
consacre une application correcte de la loi et sera confirmé, de même que la peine 
privative de liberté de substitution de 5 jours (art. 42 al. 4 et 106 al. 2 et 3 CP).  

4. 4.1.1. À teneur de l'art. 51 CP, le juge impute sur la peine la détention avant 
jugement subie par l'auteur dans le cadre de l'affaire qui vient d'être jugée ou d'une 
autre procédure. Un jour de détention correspond à un jour-amende. L'imputation de 
la détention a lieu, en premier lieu, sur les peines privatives de liberté et, en second 
lieu, sur les autres peines. L'indemnisation financière est subsidiaire à l'imputation et 
le prévenu n'a pas le droit de choisir entre l'une ou l'autre (ATF 141 IV 236 
consid. 3.3 p. 239 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_84/2014 du 13 août 2014 
consid. 5.1). La détention avant jugement doit être imputée sur la peine même si cette 
détention résulte d'une procédure antérieure (ATF 141 IV 236 consid. 3.3 p. 239 ; 
ATF 133 IV 150 consid. 5.1 p. 155). 

 4.1.2. L'existence d'une reformatio in pejus doit être examinée à l'aune du dispositif 
(ATF 142 IV 129 consid. 4.5 p. 136 ; ATF 141 IV 132 consid. 2.7.3 p. 140 ; ATF 
139 IV 282 consid. 2.6 p. 289 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_1021/2016 du 
20 septembre 2017 consid. 2.1.1). Le dispositif du dernier arrêt en cause ne doit pas 
être modifié en défaveur du prévenu par le biais d'un verdict de culpabilité plus 
sévère ou par le prononcé d'une peine plus lourde que ceux résultant du dispositif de 
l'arrêt préalablement querellé. Il n'est toutefois pas interdit à l'autorité de recours de 
s'exprimer dans ses considérants sur la qualification juridique, lorsque l'autorité 
précédente s'est fondée sur un autre état de fait ou des considérations juridiques 

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P/10001/2019 

erronées (ATF 142 IV 129 consid. 4.5 p. 136 ; ATF 141 IV 132 consid. 2.7.3 p. 140 ; 
ATF 139 IV 282 consid. 2.6 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_69/2016 du 29 septembre 
2016 consid. 2.2.1). 

Une restriction liée à la prohibition de la reformatio in pejus ne se justifie pas 
lorsque, pris dans son ensemble, le nouveau jugement n'aggrave pas le sort du 
condamné (cf. ATF 117 IV 97 consid. 4c p. 106 ; arrêts du Tribunal fédéral 
6B_440/2016 du 8 novembre 2017 consid. 3.1.1 destiné à publication ; 6B_69/2016 
du 29 septembre 2016 consid. 2.2.1). 

4.2. En l'espèce, l'appelant a subi 14 jours de détention avant jugement dans la 
présente procédure, auxquels s'ajoute un solde d'un jour subi – et non compensé – 
dans le cadre de sa condamnation du 7 octobre 2018. C'est ainsi un solde de 15 jours, 
et non de 45 jours comme l'a retenu le premier juge, qui doit être imputé sur sa peine. 

On relèvera que cette modification, intervenant en défaveur de l'appelant, ne 
consacre aucune violation du principe de l'interdiction de la reformatio in pejus, dès 
lors que pris dans son ensemble, le présent arrêt, qui réduit de deux mois la peine 
infligée à l'appelant, n'aggrave pas le sort de ce dernier. 

L'appel sera donc très partiellement admis. 

5. 5.1.1. Dans le cadre du recours, les frais de la procédure sont mis à la charge des 
parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de cause ou succombé (art. 428 al. 1 
CPP).  

 5.1.2. Si l'autorité de recours rend elle-même une nouvelle décision, elle se prononce 
également sur les frais fixés par l'autorité inférieure (art. 428 al. 3 CPP). 

5.2.1. En l'occurrence, il n'y a pas lieu de revoir les frais de la procédure de première 
instance, dès lors que l'appelant est reconnu coupable, pour la grande majorité, des 
faits qui lui sont reprochés (art. 426 al. 1 et art. 428 al. 3 CPP). 

5.2.2. L'appelant, qui succombe pour l'essentiel en deuxième instance, supportera les 
trois quarts des frais de la procédure d'appel envers l'Etat, comprenant un émolument 
de CHF 1'500.- (art. 428 CPP et 14 al. 1 let. e du règlement fixant le tarif des frais en 
matière pénale [RTFMP]). 

6. Considéré globalement, l'état de frais produit par Me B______, défenseure d'office de 
l'appelant, satisfait les exigences légales et jurisprudentielles régissant l'assistance 
judiciaire gratuite en matière pénale. Il convient cependant de le compléter par le 
forfait alloué pour la rédaction des courriers. 

 La rémunération de Me B______ sera partant arrêtée à CHF 1'273.-, correspondant à 
3h00 heures d'activité au tarif de CHF 200.-/heure et 3h30 d'activité au tarif de 
CHF 110.-/heure, plus la majoration forfaitaire de 20% et l'équivalent de la TVA au 
taux de 7.7%, en CHF 91.-. 

- 15/18 - 

P/10001/2019 

* * * * * 

 

PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

 

Reçoit l'appel formé par A______ contre le jugement rendu le 9 janvier 2020 par le 
Tribunal de police dans la procédure P/10001/2019. 

L'admet partiellement. 

Annule ce jugement. 

Et statuant à nouveau : 

Acquitte A______ de l'accusation de détention de cocaïne en vue de sa vente le 3 juin 
2019. 

Le déclare coupable de délit à la loi sur les stupéfiants (art. 19 al. 1 let. c et d LStup), 
d'entrée illégale (art. 115 al. 1 let. a LEI), de séjour illégal (art. 115 al. 1 let. b LEI), de 
non-respect d'une interdiction de pénétrer dans une région déterminée (art. 119 al. 1 LEI), 
d'empêchement d'accomplir un acte officiel (art. 286 al. 1 CP), de contravention à la loi sur 
les stupéfiants (art. 19a ch. 1 LStup) et de contravention à l'art. 57 al. 3 LTV. 

Ordonne la révocation de la libération conditionnelle accordée par le Tribunal d'application 
des peines et mesures dès le 26 mars 2019 (peine restante 1 mois et 18 jours) (art. 89 al. 1 
CP). 

Révoque les sursis octroyés les 7 octobre 2018 par le Ministère public de Genève à la peine 
privative de liberté de 120 jours, sous déduction d'un jour de détention avant jugement, le  
7 mars 2019 par le Tribunal de police de Genève à la peine privative de liberté de 20 jours 
et à la peine pécuniaire de 20 jours-amende, sous déduction de 120 jours de détention avant 
jugement, et le 10 mai 2019 par le Ministère public de C_____ [VD], à la peine privative 
de liberté de 60 jours (art. 46 al. 1 CP). 

Condamne A______ à une peine privative de liberté d'ensemble de dix mois, sous 
déduction de 15 jours de détention avant jugement, étant précisé que cette peine 
d'ensemble inclut le solde de peine réintégrée, ainsi que les peines privatives de liberté 
dont les sursis ont été révoqués et les jours de détention y relatifs qui n'ont pas déjà été 
déduits lors de l'exécution d'autres peines (art. 89 al. 6 CP et 46 al. 1 CP). 

Dit que cette peine est complémentaire à celle prononcée le 26 août 2019 par le Ministère 
public du canton de Genève (art. 49 al. 2 CP). 

- 16/18 - 

P/10001/2019 

Condamne A______ à une peine pécuniaire de 30 jours-amende. 

Fixe le montant du jour-amende à CHF 10.-. 

Condamne A______ à une amende de CHF 500.- (art. 106 CP). 

Prononce une peine privative de liberté de substitution de cinq jours. 

Dit que la peine privative de liberté de substitution sera mise à exécution si, de manière 
fautive, l'amende n'est pas payée. 

Ordonne le séquestre, la confiscation et la destruction de la drogue saisie figurant sous 
chiffre 1 de l'inventaire n° 2______, sous chiffres 1 et 2 de l'inventaire n° 3______, sous 
chiffre 1 de l'inventaire n° 4______, sous chiffres 2 et 3 de l'inventaire n° 5______, sous 
chiffre 1 de l'inventaire n° 6______ et sous chiffre 1 de l'inventaire n° 7______ (art. 69 
CP). 

Ordonne le séquestre, la confiscation et la destruction des téléphones portables saisis 
figurant sous chiffres 4 et 5 de l'inventaire n° 5______ (art. 69 CP). 

Ordonne la restitution à A______ du téléphone figurant sous chiffre 2 de l'inventaire 
n° 6______ (art. 267 al. 1 et 3 CPP). 

Compense à due concurrence la créance de l'Etat portant sur les frais de la procédure avec 
les valeurs patrimoniales séquestrées figurant sous chiffre 3 de l'inventaire n° 3______, 
sous chiffre 1 de l'inventaire n° 8______, sous chiffre 1 de l'inventaire n° 5______ et sous 
chiffre 3 de l'inventaire n° 6______ (art. 442 al. 4 CPP). 

Condamne A______ aux frais de la procédure préliminaire et de première instance, qui 
s'élèvent à CHF 2'098.-, y compris un émolument complémentaire de jugement de 
CHF 800.-. 

Arrête les frais de la procédure d'appel à CHF 1'735.-, comprenant un émolument de 
CHF 1'500.-. 

Met les trois quarts de ces frais, soit CHF 1'301.25, à la charge de A______, et en laisse le 
solde à la charge de l'État. 

Prend acte de ce que la rémunération de Me B______, défenseure d'office de A______, a 
été fixée à CHF 5'514.25 pour la procédure préliminaire et de première instance. 

Arrête à CHF 1'273.-, TVA comprise, le montant des frais et honoraires de Me B______, 
défenseure d'office de A______. 

Notifie le présent arrêt aux parties. 

Le communique, pour information, au Tribunal de police, au Secrétariat d'Etat aux 
migrations et à l'Office cantonal de la population et des migrations. 

- 17/18 - 

P/10001/2019 

Siégeant : 

Monsieur Pierre BUNGENER, président ; Mesdames Gaëlle VAN HOVE et  
Catherine GAVIN, juges. 

 

Le greffier : 

Alexandre DA COSTA 

 Le président : 

Pierre BUNGENER 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 78 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF), par-devant le Tribunal fédéral 

(1000 Lausanne 14), par la voie du recours en matière pénale, sous la réserve qui suit. 

 

Dans la mesure où il a trait à l'indemnité de l'avocat désigné d'office ou du conseil 

juridique gratuit pour la procédure d'appel, et conformément aux art. 135 al. 3 let. b CPP 

et 37 al. 1 de la loi fédérale sur l'organisation des autorités pénales de la Confédération 

du 19 mars 2010 (LOAP; RS 173.71), le présent arrêt peut être porté dans les dix jours qui 

suivent sa notification avec expédition complète (art. 39 al. 1 LOAP, art. 396 al. 1 CPP) 

par-devant la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral (6501 Bellinzone). 

 
  

- 18/18 - 

P/10001/2019 

 ETAT DE FRAIS  

 

 COUR DE JUSTICE  

 

Selon les art. 4 et 14 du règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais et dépens 
en matière pénale (E 4 10.03). 

 

 

Total des frais de procédure du Tribunal de police : CHF 2'098.00 

Bordereau de frais de la Chambre pénale d'appel et de révision   

Délivrance de copies et photocopies (let. a, b et c) CHF 0.00 

Mandats de comparution, avis d'audience et divers (let. i) CHF 160.00 

Procès-verbal (let. f) CHF 0.00 

Etat de frais CHF 75.00 

Emolument de décision CHF 1'500.00 

Total des frais de la procédure d'appel : CHF 1'735.00 

Total général (première instance + appel) : CHF 3'833.00