# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 39e822b3-fe24-5670-afaf-c7998936ba55
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-04-07
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 07.04.2017 C/22021/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-22021-2013_2017-04-07.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 13 avril 2017. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/22021/2013 ACJC/414/2017 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 7 AVRIL 2017 

 

Entre 

A______, sise ______, ______, ______, appelante d'un jugement rendu par la  
17ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 15 juillet 2016, 

comparant par C______, avocats, ______, (______), en l'étude desquels elle fait 

élection de domicile, 

et 

B______, sise ______, ______, intimée, comparant par Me Simon Ntah, avocat,  
1, place de Longemalle, 1204 Genève, en l'étude duquel elle fait élection de domicile. 

 

- 2/11 - 

 

C/22021/2013 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/9362/2016 rendu le 15 juillet 2016, le Tribunal de première 
instance a débouté A______ des fins de sa demande (ch. 1 du dispositif), arrêté les 

frais judiciaires à 5'200 fr., mis ceux-ci à la charge de cette dernière, lesquels ont 

été compensés avec l'avance de frais qu'elle avait fournie, a ordonné la restitution 

à A______ de la somme de 5'000 fr. (ch. 2) et l'a condamnée à verser à B______ 

la somme de 8'000 fr. à titre de dépens (ch. 3). 

B. a. Par acte expédié le 14 septembre 2016 au greffe de la Cour de justice, A______ 
appelle de ce jugement, qu'elle a reçu le 20 juillet 2016, et dont elle sollicite 

l'annulation. 

 A______ conclut au renvoi de la cause en première instance pour instruction 

complète et jugement sur la base de ses conclusions "au pied de sa Demande du 

14 août 2014". 

 Subsidiairement, elle conclut à l'admission de sa demande. 

 b. B______ conclut à la confirmation du jugement entrepris. 

 c. Les parties ont renoncé à répliquer et à dupliquer. 

C. Les faits pertinents suivants résultent de la procédure : 

 Le 18 avril 2010, A______, sise au 1______, et B______ ont conclu un contrat de 

coopération exclusive ("Exclusive Cooperation Agreement"), soumis au droit 

suisse et à une élection de for en faveur des tribunaux genevois (art. 16). 

A______, en qualité de consultante, s'est engagée envers B______ à lui fournir 

des services, tels que ______ professionnels, ______, la négociation de contrats, 

la planification et l'organisation d'événements, et B______ à la rémunérer à 

concurrence de 20% du profit net généré grâce aux transactions conclues avec le 

concours de A______ (art. 2 et 6.1 du contrat). En outre, B______ et A______ ont 

convenu que cette dernière bénéfi-cierait d'un budget annuel de 32'000 euros pour 

ses frais de voyage et autres dépenses en relation avec l'exécution de ce contrat, 

contre remise des justificatifs (art.  3.5 et 6.4 du contrat). 

D. Le 17 octobre 2013, A______ a expédié au Tribunal de première instance une 
requête de conciliation et formulé le chef de conclusions suivant : 

 "B______ est débitrice de A______ et lui doit immédiat paiement d'un montant de 

CHF 195'333.80 (cent nonante-cinq mille trois cent trente-trois francs et quatre-

vingts centimes) avec intérêts à 5% à compter du 31 juillet 2013". 

- 3/11 - 

 

C/22021/2013 

 A______ a modifié ce chef de conclusions à l'audience de conciliation du 26 mars 

2014 en concluant au paiement par B______ de la somme de 158'500 euros, soit 

195'333 fr. 80 avec intérêts à 5% dès le 31 juillet 2013. 

 A______ a reçu une première autorisation de procéder du 28 avril 2014 conforme 

à son chef de conclusions initial, puis a obtenu à sa demande la rectification de 

celle-ci avec la mention de son chef de conclusions tel que  modifié en euros lors 

de l'audience du 26 mars 2014 "…EUR 158'500 soit CHF 195'333.80…". 

E. a. Par acte reçu le 18 août 2014 par le Tribunal, A______ a introduit sa demande à 
l'encontre de B______ en prenant ce chef de conclusions : 

 "B______ est débitrice de A______ et lui doit immédiat paiement d'un montant de 

euros 158'500.00 (cent cinquante-huit mille cinq cent euros), soit  

CHF 195'333.80 (cent nonante-cinq mille trois cent trente-trois francs et quatre-

vingts centimes), avec intérêts à 5% à compter du 31 juillet 2013". 

 A______ a exposé dans sa demande que le montant de 158'500 euros comprend 

ses prétentions en relation avec les ______, pour un total de 72'000 euros (ch. 33), 

ainsi que ses honoraires, à hauteur de 86'500 euros (ch. 39). 

 b. A l'audience du 24 mai 2016, le Tribunal a interpellé A______ afin qu'elle se 
détermine sur la monnaie de son chef de conclusions. Le conseil de l'appelante, 

avocat-stagiaire, a répondu au premier juge qu'il s'agissait de 195'333 fr. 80, puis a 

déclaré : "je confirme conclure en francs suisses" après avoir été autorisé à 

prendre des instructions auprès de son maître de stage. 

 Sur quoi, le Tribunal a ouvert les débats principaux. Les parties ont, à teneur du 

procès-verbal d'audience, plaidé et persisté dans leurs précédentes conclusions. 

Le Tribunal a ensuite décidé de limiter la procédure au bien-fondé des conclusions 

de A______ "au regard de l'art. 84 CO" et imparti aux parties un délai pour leurs 

déterminations écrites. 

 Par courrier du 25 mai 2016 et détermination du 1
er

 juillet 2016, A______ s'est 

prévalue de son chef de conclusions pris en euros, affirmant que ses déclarations à 

l'audience du 24 mars 2016 ne pouvaient être interprétées comme une 

modification des conclusions de sa demande. 

 B______ a conclu au déboutement d'A______ des fins de sa demande, précisant, 

dans le corps de son écriture, que celle-ci avait pris à l'audience du 24 mai 2016 

un chef de conclusions tendant au paiement de 195'333 fr. 80 en sa faveur. 

F. Le Tribunal a retenu qu'A______ avait pris un nouveau chef de conclusions libellé 
en euros, par courrier du 25 mai 2016 et détermination du 1

er
 juillet 2016, qui est 

- 4/11 - 

 

C/22021/2013 

irrecevable, puisqu'elle n'était pas autorisée à modifier ses conclusions 

valablement prises en francs suisses à l'audience du 24 mai 2016. 

 Il l'a déboutée des fins de sa demande, parce qu'elle avait conclu en francs suisses 

tandis que la monnaie du contrat était exprimée en euros. 

 Pour le surplus, la question de la recevabilité du chef de conclusions pris par 

A______ en constatation de droit a été laissée indécise. 

EN DROIT 

1. 1.1 Selon l'art. 308 al. 1 let. a CPC, l'appel est recevable contre les décisions 
finales et les décisions incidentes de première instance. Dans les affaires 

patrimoniales, l'appel est recevable si la valeur litigieuse au dernier état des 

conclusions est, comme en l'espèce, de 10'000 fr. au moins (al. 2). 

 Selon la jurisprudence relative à l'art. 311 CPC, l'appel doit non seulement être 

"écrit et motivé", d'après le texte de cette disposition, mais il doit aussi comporter 

des conclusions, lesquelles doivent indiquer sur quels points la partie appelante 

demande la modification ou l'annulation de la décision attaquée; en principe, ces 

conclusions doivent être libellées de telle manière que l'autorité d'appel puisse, s'il 

y a lieu, les incorporer sans modification au dispositif de sa propre décision. 

En règle générale, les conclusions portant sur des prestations en argent doivent 

être chiffrées (ATF 137 III 617 consid. 4.2 et 4.3; arrêt du Tribunal fédéral 

4A_587/2012 du 9 janvier 2013 consid. 2 publié in SJ 2013 I 510.). 

 L'irrecevabilité de conclusions d'appel au motif que celles-ci ne sont pas chiffrées 

peut toutefois contrevenir au principe de l'interdiction du formalisme excessif 

(art. 29 al. 1 Cst.). L'autorité d'appel doit ainsi, à titre exceptionnel, entrer en 

matière lorsque le montant réclamé ressort de la motivation de l'appel (ATF 137 

III 617 consid. 4-6; arrêts du Tribunal fédéral 4A_297/2016 du 17 novembre 2016 

consid. 1.4 et 5A_713/2012 du 15 février 2013 consid. 4.1). Il en va de même si 

elle n'est pas en mesure de statuer sur le fond et doit renvoyer la cause à l'instance 

précédente pour complément d'instruction et nouvelle décision (ATF 134 III 379 

consid. 1.3; ACJC/1407/2016 du 21 octobre 2016 consid. 2.1.1). 

 En l'espèce, l'appel, formé dans le délai et selon la forme prescrits par la loi 

(art. 130, 131, 142, 145, 308 al. 1 let. a CPC), est recevable, en dépit de l'absence 

de conclusions chiffrées, parce qu'il ressort de la motivation de l'appel que 

l'appelante demande le paiement de 158'500 euros, d'une part, et que, d'autre part, 

à supposer que l'appel se révèle bien-fondé, la Cour ne pourrait pas statuer sur le 

fond, mais devrait renvoyer la cause au Tribunal pour complément d'instruction et 

nouvelle décision (art. 381 al. 1 let. c CPC). 

- 5/11 - 

 

C/22021/2013 

 1.2 La Cour revoit la cause avec un pouvoir d'examen complet et applique les 
maximes des débats et de disposition (art. 55 al. 1, 58 al. 1 et 310 CPC). 

 1.3 La cause présente un élément d'extranéité en raison du siège de l'appelante au 
1______. 

 Avec raison, les parties ne remettent en cause ni la compétence des juridictions 

genevoises pour connaître du litige (art. 1 et 23 CL, art. 16 du contrat) ni 

l'application du droit suisse (art. 116 al. 1 LDIP et art. 16 du contrat). 

2. L'appelante soutient avoir valablement pris un chef de conclusions condamnatoire, 
dûment chiffré, et non pas constatatoire. 

 2.1 Selon l'art. 84 al. 1 CPC, le demandeur intente une action condamnatoire pour 
obtenir que le défendeur fasse, s'abstienne de faire ou tolère quelque chose. 

 Selon un principe général de procédure, les conclusions en constatation de droit 

ne sont recevables que lorsque des conclusions condamnatoires ou formatrices 

sont exclues. Sauf situations particulières, les conclusions constatatoires ont donc 

un caractère subsidiaire (ATF 135 I 119 consid. 4; arrêts 2C_199/2010 du 12 avril 

2011 consid. 3.3, non publié in ATF 137 II 383; 1B_129/2013 du 26 juin 2013 

consid. 2.2; arrêts du Tribunal fédéral 5A_26/2017 du 24 janvier 2017 consid. 1, 

5A_866/2015 du 2 mai 2016 consid. 1.2, non publié in ATF 142 III 364, et 

4A_326/2008 du 16 décembre 2008 consid. 2.3). L'application du principe de la 

confiance impose d'interpréter les conclusions à la lumière de la motivation; 

l'interdiction du formalisme excessif commande, pour sa part, de ne pas se 

montrer trop strict dans la formulation des conclusions si, à la lecture du mémoire, 

on comprend clairement ce que veut le recourant (arrêts du Tribunal fédéral arrêt 

du Tribunal fédéral 5A_527/2016 du 16 novembre 2016 consid. 3.3.1 et 

5A_866/2015 du 2 mai 2016 consid. 1.2). 

 2.2 En l'espèce, l'appelante a pris ses conclusions selon un libellé certes insolite 
devant les juridictions genevoises, lequel s'apparente davantage à une formulation 

constatatoire que condamnatoire. La demande n'est pas pour autant irrecevable. 

En effet, il résulte de l'exposé des faits qu'elle conclut à la condamnation de 

l'intimée à lui verser des sommes, à la suite de ______ et d'honoraires. L'intimée 

ne l'a au demeurant pas contesté dans sa réponse de première instance, démontrant 

ainsi qu'elle avait compris qu'elle était assignée en paiement et que la demande 

était recevable. 

 Contrairement à ce qu'a retenu le Tribunal, la recevabilité de la demande n'était 

ainsi pas sujette à réserves, la question ne souffrant en tout état pas de rester 

indécise. 

- 6/11 - 

 

C/22021/2013 

3. L'appelante reproche au Tribunal de l'avoir interpellée au sujet de la monnaie en 
cause, en violation de l'art. 56 CPC, en l'absence de manquements manifestes et 

du fait qu'elle était assistée par son conseil. Il aurait dû statuer sur la base du 

libellé "parfaitement clair" de son chef de conclusions. Par ailleurs, la 

détermination de son conseil en faveur des francs suisses au stade des "débats 

principaux" ne pouvait pas emporter modification de son chef de conclusions 

précédemment formulé en euros. 

 3.1.1 Selon l'art. 56 CPC, le Tribunal interpelle les parties lorsque leurs actes ou 
déclarations sont peu clairs, contradictoires, imprécis ou manifestement 

incomplets et leur donne l'occasion de les clarifier et de les compléter. 

 Lorsque la procédure est soumise à la maxime des débats, l'art. 56 CPC ne 

s'applique qu'en cas de manquement manifeste des parties (Message du 28 juin 

2006 relatif au code de procédure civile suisse [CPC], FF 2006 6890 ch. 5.3.1; 

arrêt du Tribunal fédéral 4A_301/2013 du 6 janvier 2014 consid. 6.2). Par ailleurs, 

le juge sera plus sensible à l'obligation d'interpellation si la partie n'est pas assistée 

(arrêts du Tribunal fédéral 4A_301/2013 du 6 janvier 2014 consid. 6.2 et 

5A_538/2011 du 5 juin 2012 consid. 5.1). 

 Le principe de disposition n'interdit cependant pas au Tribunal de déterminer le 

sens véritable des conclusions et de statuer sur cette base, plutôt que selon leur 

libellé inexact (arrêt du Tribunal fédéral 5A_527/2016 du 16 novembre 2016 

consid. 3.3.1 et les références citées). 

 3.1.2 La requête de conciliation contient notamment les conclusions et la 
description de l'objet du litige (art. 202 al. 2 CPC). Les conclusions peuvent être 

modifiées ou complétées lors de la phase de conciliation. L'autorisation de 

procéder devra cependant mentionner les modifications opérées. Les conclusions 

de la demande ne peuvent s'écarter de celles mentionnées dans l'autorisation de 

procéder qu'aux conditions de l'art. 227 CPC, à savoir si la prétention nouvelle ou 

modifiée relève de la même procédure (art. 227 CPC al. 1 CPC) et si elle présente 

un lien de connexité avec la dernière prétention (art. 227 al. 1 let. a CPC) ou si la 

partie adverse consent à la modification (art. 227 al. let. b CPC; arrêt du Tribunal 

fédéral 5A_588/2015 du 9 février 2016 consid. 4.3.1 et les références citées). 

 Une simple précision des conclusions doit être distinguée d'une modification de la 

demande. Il y a modification lorsque le demandeur introduit de nouveaux allégués 

au procès et que de ce fait, la demande n'est plus identique à celle initialement 

déposée. La demande reste identique lorsque les conclusions, les faits et les 

tenants et aboutissants juridiques qui fondent la prétention invoquée sont 

identiques (arrêt du Tribunal fédéral 5A_621/2012 du 20 mars 2013 consid. 4.3.2; 

ACJ/862/2016 du 24 juin 2016 consid. 3.1). 

- 7/11 - 

 

C/22021/2013 

 3.2 En l'espèce, c'est à raison que le Tribunal a interpellé l'appelante afin de 
clarifier la monnaie à la base de sa prétention, puisque le libellé de son chef de 

conclusions, de type alternatif, n'était pas dépourvu d'ambiguïté, ce que l'appelante 

ne saurait nier au regard de ses changements d'avis successifs : elle a formulé sa 

prétention en francs suisses, dans sa requête de conciliation du 17 octobre 2013, 

puis a modifié son chef de conclusions en euros, alternativement francs suisses, 

lors de l'audience de conciliation du 26 mars 2014. Elle a déclaré conclure en 

francs suisses, lors des débats d'instruction – et non pas lors des débats principaux 

comme elle le soutient - du 24 mai 2016, en réponse à l'interpellation spécifique 

du premier juge, et après que l'avocat stagiaire qui la représentait avait pris ses 

instructions auprès de son maître de stage. En donnant cette précision, l'appelante 

a manifestement modifié son chef de conclusions. Il résulte de ce qui précède 

qu'au stade des débats principaux, elle ne pouvait plus, par courrier du 25 mai 

2016 et détermination du 1
er

 juillet 2016, modifier son chef de conclusions pris en 

francs suisses en l'absence de faits nouveaux (art. 230 al. 1 let. b CPC). 

 Le grief de l'appelante n'est, dès lors, pas fondé. 

4. L'appelante fait valoir que le contrat conclu avec l'intimée n'indiquerait pas la 
monnaie de ses prétentions exprimées en pourcentage. Elle a élevé des prétentions 

sur le ______ sans avoir eu accès aux contrats, dont elle avait requis la production 

par l'intimé, en première instance. L'application de l'art. 84 CO serait à son sens 

réservée aux cas dans lesquels les parties auraient explicitement convenu d'une 

monnaie étrangère et son application au cas d'espèce serait constitutive d'un 

formalisme excessif. 

 4.1 Selon l'art. 84 al. 1 CO, le paiement d'une dette qui a pour objet une somme 
d'argent, se fait en moyens de paiement ayant cours légal dans la monnaie due. 

Selon l'art. 84 al. 2 CO, si la dette est exprimée dans une monnaie qui n'est pas la 

monnaie du pays du lieu de paiement, elle peut être acquittée en monnaie du pays 

au cours du jour de l'échéance, à moins que l'exécution littérale du contrat n'ait été 

stipulée par les mots "valeur effective" ou par quel qu'autre complément analogue. 

 En application de l'art. 84 CO, la partie qui saisit les autorités judiciaires suisses 

en faisant valoir une créance en monnaie étrangère, doit donc en exiger le 

paiement dans cette monnaie. Si elle requiert le paiement en francs suisses, la 

demande doit être rejetée, puisque le débiteur ne peut pas être condamné à une 

prestation différente de celle qu'il doit (arrêt du Tribunal fédéral 4A_206/2010 du 

15 décembre 2010 consid. 4.1, non publié in ATF 137 III 158). 

 En dépit de ce qui précède, jusqu'en 2008, la jurisprudence (fédérale et cantonale) 

faisait preuve d'une certaine indulgence dans l'application de l'art. 84 CO. 

En particulier, elle admettait la possibilité de requérir le paiement de la dette 

contractée en monnaie étrangère, soit seulement dans cette monnaie, soit en 

- 8/11 - 

 

C/22021/2013 

monnaie étrangère et en monnaie suisse. En outre, une action tendant au paiement 

(d'une dette contractée en monnaie étrangère) seulement en francs suisses, n'était 

pas rejetée pour ce motif, si le créancier avait déjà engagé une poursuite en Suisse 

(nécessairement en francs suisses selon l'art. 67 al. 1 ch. 3 LP) et si les actes 

comprenaient tous les éléments destinés à déterminer aussi le montant en monnaie 

étrangère, de manière à permettre au débiteur de se libérer aussi par le versement 

de cette somme (arrêt du Tribunal fédéral précité, consid. 4.1.1, non publié in 

ATF 137 III 158). 

 Le 14 janvier 2008, le Tribunal fédéral a mis fin à cette pratique tolérante 

(ATF 134 III 151 = JdT 2010 I 124). Dans cet arrêt, il a précisé que si la dette a 

été contractée dans une monnaie étrangère, le créancier peut uniquement faire 

valoir une prétention exprimée dans cette monnaie (ATF précité consid. 2.2). 

Le Tribunal a uniquement la faculté de reconnaître cette créance dans ladite 

monnaie. L'éventuelle mention de la dette aussi en francs suisses est admise, mais 

seulement à des fins d'exécution; elle n'a aucune influence sur le droit matériel 

(ATF précité consid. 2.3-2.5). La possibilité de choisir s'il veut payer dans la 

monnaie du contrat ou dans la monnaie du pays du lieu de paiement, prévue par 

l'art. 84 al. 2 CO, appartient uniquement au débiteur (ATF 134 III 151 consid. 2.2; 

arrêt du Tribunal fédéral 4A_206/2010 du 15 décembre 2010 consid. 4.1.2 non 

publié in ATF 137 III 158). 

 Si les conclusions du demandeur tendent (à tort) au paiement en francs suisses, 

alors que la prestation est due en monnaie étrangère, le juge ne peut pas, sans 

violer la maxime de disposition, condamner au paiement de la dette en monnaie 

étrangère; l'attribution d'une prestation en argent dans la monnaie étrangère qui est 

due représenterait autre chose au sens de cette disposition et n'est dès lors, pas 

admissible (arrêt du Tribunal fédéral 4A_391/2015 du 1
er

 octobre 2015 consid. 3). 

 4.2 Selon la maxime de disposition, applicable en l'espèce, le Tribunal ne peut 
accorder à une partie ni plus ni autre chose que ce qui est demandé (art. 58  

al. 1 CPC). 

 En vertu du principe de disposition, les parties fixent librement ce qu'elles veulent 

réclamer dans les conclusions de leurs écritures. L'objet du procès dépend 

exclusivement d'elles. Il en découle que le Tribunal est lié par les conclusions des 

parties (HOHL, Procédure civile, Tome I, Introduction et théorie générale, 2
ème

 éd., 

2016, n. 1193 et 1196). 

 Jusqu'aux débats principaux, la demande peut être modifiée si la prétention 

nouvelle ou modifiée relève de la même procédure et si elle présente un lien de 

connexité avec la dernière prétention ou, à défaut, si la partie adverse consent à la 

modification (art. 227 al. 1 CPC). Lors des débats principaux, les conclusions 

peuvent être modifiées aux mêmes conditions et à la condition supplémentaire que 

- 9/11 - 

 

C/22021/2013 

la prétention nouvelle modifiée se fonde sur des faits ou des moyens de preuve 

nouveaux à porter à temps dans le procès au sens de l'art. 229 CPC (art. 230  

al. 1 CPC). 

 4.3 En l'espèce, il résulte des allégations figurant dans la demande du 14 août 
2014, ainsi que des dispositions contractuelles (notamment art. 6.4) que la 

monnaie de paiement pour les prétentions que l'appelante fait valoir à l'encontre 

de l'intimé est l'euro et qu'ainsi l'appelante avait l'obligation de prendre des 

conclusions en euros. Par ailleurs, les dernières conclusions de l'appelante étaient 

celles modifiées avant les débats principaux, qu'elle a confirmées lors des 

premières plaidoiries, soit celles libellées en francs suisses. 

 Dans la mesure où l'appelante fait valoir une créance en francs suisses, alors que 

la dette alléguée a été contractée en euros, c'est sans violer l'art. 84 CO que le 

Tribunal a rejeté la demande. 

 Le jugement sera ainsi confirmé. 

5. Les frais judiciaires d'appel, arrêtés à 5'000 fr. (art. 17 et 35 RTFMC), seront mis 
à la charge de l'appelante, qui succombe (art. 95 al. 2 et 106 al. 1 CPC). Ils seront 

compensés à due concurrence avec l'avance de frais versée par elle, qui reste 

acquise à l'Etat de Genève (art. 111 al. 1 CPC). 

 Il sera ordonné aux Services financiers du Pouvoir judiciaire de restituer la somme 

de 3'000 fr. à l'appelante. 

 L'appelante sera condamnée à verser à l'intimé la somme de 6'000 fr., à titre de 

dépens d'appel, débours et TVA compris (art. 84, 86 et 90 RTFMC, art. 25 et 

26 al. 1 LaCC). 

* * * * * * 

  

- 10/11 - 

 

C/22021/2013 

 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté le 14 septembre 2016 par A______ contre le 

jugement JTPI/9362/2016 rendu le 15 juillet 2016 par le Tribunal de première instance 

dans la cause C/22021/2013-17. 

Au fond : 

Confirme ce jugement. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires d'appel à 5'000 fr., les met à la charge de A______ et les 

compense à due concurrence avec l'avance de frais fournie par cette dernière, qui reste 

acquise à l'Etat de Genève. 

Ordonne aux Services financiers du Pouvoir judiciaire de restituer la somme de 3'000 fr. 

à A______. 

Condamne A______ à payer à B______ la somme de 6'000 fr., à titre de dépens d'appel. 

Siégeant : 

Madame Sylvie DROIN, présidente; Monsieur Ivo BUETTI, Madame Ursula 

ZEHETBAUER GHAVAMI, juges; Madame Camille LESTEVEN, greffière. 

 

La présidente : 

Sylvie DROIN 

 La greffière : 

Camille LESTEVEN 

 

 

 

 

 

 

 

- 11/11 - 

 

C/22021/2013 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 

30'000 fr.