# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e5137b4f-c395-5ec7-a71c-d0a672f1035a
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-06-13
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 13.06.2016 A/330/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-330-2015_2016-06-13.pdf

## Full Text

Siégeant : Mario-Dominique TORELLO, Président; Willy KNÖPFEL et Jean-Pierre 
WAVRE, Juges assesseurs 

  

 
 

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/330/2015 ATAS/456/2016 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 13 juin 2016 

10ème Chambre 

 

En la cause 

Madame A______, domiciliée à GENEVE, comparant avec 
élection de domicile en l’étude de Maître Martin AHLSTROM  

 

 

recourante 

 

contre  

OFFICE DE L’ASSURANCE-INVALIDITÉ DU CANTON DE 
GENÈVE, sis rue des Gares 12, GENÈVE 

intimé 

 

 
 
 

 

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EN FAIT 

1. Madame A______ (ci-après l’assurée), née le ______ 1960 en Tunisie, est titulaire 
de diplômes de coiffeuse et de masseuse faciale obtenus en 1978 en Belgique. Elle 
est arrivée à Genève en 1985 et y a épousé en 1986 Monsieur B______, né 
le ______1937, lequel est décédé en 1996. Elle a travaillé comme vendeuse de 
1995 à 1996, puis a obtenu un certificat d’aide-hospitalière en 1999, profession 
exercée jusqu’en 2001. Elle a ensuite bénéficié d’indemnités de l’assurance-
chômage et a travaillé temporairement, dans le cadre de mesures cantonales, dans 
un établissement médical-social, dans un musée et en tant que commise 
administrative. Depuis décembre 2005, elle reçoit des prestations de l’Hospice 
général. 

2. Suite à un accident survenu le 4 septembre 2003, l’assurée a été en incapacité totale 
de travail du 9 au 15 septembre et du 9 octobre au 8 décembre 2003 en raison de 
contusions cervicale, lombaire et de la main droite, ainsi que d’une entorse du 
poignet droit et d’une radiculopathie en C6 avec une discopathie.  

3. Par rapport du 3 novembre 2003, le docteur C______, spécialiste FMH en 
radiologie, a indiqué que des radiographies des colonnes cervicale et dorsale 
réalisées le 20 octobre 2003 avaient révélé, au niveau cervical, une scoliose à 
convexité droite, une diminution de la lordose physiologique, une discopathie en 
C5-C6 avec une ostéophytose postérieure, une apophyse unciforme hypertrophiée 
en C6 à droite, et au niveau dorsal, une scoliose à convexité droite et un bec 
ostéophytaire en D8-D9 et D10-D11. 

4. En date du 5 décembre 2005, l’assurée a déposé une première demande de 
prestations auprès de l’Office de l’assurance-invalidité du canton de Genève  
(ci-après OAI), mentionnant souffrir d’arthrose cervicale, ainsi que de douleurs 
lombaires et dorsales depuis 1996.  

5. Dans un rapport du 12 décembre 2005, le docteur D______, spécialiste FMH en 
rhumatologie, a diagnostiqué des cervico-dorsalgies chroniques sur une 
cervicarthrose sévère C4-C5-C6. Les positions assise, debout et statique pouvaient 
être tenues pendant une à deux heures par jour, mais étaient contre-indiquées au-
delà, tout comme l’inclinaison du buste, les positions à genoux et accroupie, le port 
de charges de plus de 5 kg, le fait de se baisser, les rotations de la tête, les 
mouvements du dos, le travail en hauteur ou sur une échelle, ainsi que les 
déplacements sur sol irrégulier ou en pente. Le périmètre de marche était limité à 
1’000 mètres et l’assurée devait se faire aider pour son ménage. Depuis le  
25 février 2004, son incapacité de travail était totale en tant qu’aide-soignante, et à 
tester dans une activité adaptée.  

6. Par rapports du 2 novembre 2006, la doctoresse E______, spécialiste FMH en 
radiologie, a conclu que la radiographie de la colonne cervicale réalisée le 31 
octobre 2006 montrait une rectitude du segment cervical, avec une discarthrose C5-
C6 et une uncarthrose bilatérale. Par ailleurs, un scanner cervical, également 

 
 
 

 

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effectué le 31 octobre 2006, décrivait une sténose modérée du canal radiculaire à 
droite en C4-C5 sur un début d’uncarthrose, ainsi qu’une discarthrose C5-C6 avec 
une sténose serrée du canal radiculaire à droite sur une uncarthrose.  

7. Suite à un examen rhumatologique réalisé le 7 août 2007 au service médical 
régional de l’OAI (ci-après : SMR), le docteur F______, médecin SMR et 
spécialiste FMH en médecine physique et réadaptation, ainsi que rhumatologie, a 
rendu un rapport le 19 septembre 2007.  

a. Il a retenu, à titre de diagnostic ayant des effets sur la capacité de travail, des 
cervicalgies chroniques avec un léger déficit sensitif C6 sur une cervicarthrose  
C5-C6, avec une uncarthrose sévère rétrécissant le trou de conjugaison droit. Il a 
également signalé des lombalgies chroniques non déficitaires dans un contexte de 
protrusion circonférentielle L2-L3 et de troubles dégénératifs postérieurs L4-L5, 
L5-S1, sans incidence sur la capacité de travail.  

b. Outre les cervicalgies chroniques, dont il était impossible de préciser si les 
symptômes quotidiens avaient uniquement une allure mécanique ou une 
composante inflammatoire, l’assurée décrivait des paresthésies des trois premiers 
doigts de la main droite, avec des lâchages fréquents d’objets.  

Un CT-scan dorso-lombaire du 2 mai 2007 n’avait pas mis en évidence d’altération 
visible de D4 à D6, zone douloureuse à la palpation, notamment pas de tassement, 
mais avait décelé une ostéophytose intersomatique en D8-D9 et D9-D10. Les 
espaces lombaires intersomatiques étaient conservés, avec une protrusion discale 
circonférentielle en L2-L3, sans hernie discale visible aux espaces sous-jacents. Des 
troubles dégénératifs postérieurs en L4-L5 et L5-S1 étaient rapportés. En 
conclusion, la lecture du dossier radiologique montrait en 2003 une discarthrose 
débutante en C5-C6 qui s’était péjorée en 2006, avec la mise en évidence d’une 
sténose serrée sur une uncarthrose. Au niveau lombaire, les troubles dégénératifs 
étaient banaux.  

La mobilité était conservée, aux niveaux cervical, lombaire et dorsal. S’agissant des 
épaules, l’assurée était capable de mettre activement ses bras en abduction à 170°, 
la manœuvre déclenchant des douleurs cervicales et interscapulaires, en flexion à 
180° et en rotation externe à 60°. Le diagnostic de fibromyalgie ne pouvait être 
retenu, seuls 4 points sur 18 étant positifs.  

c. Les limitations fonctionnelles au niveau du rachis cervical concernaient les 
mouvements répétés de flexion-extension du rachis, l’attitude de la tête en 
extension, surtout si couplée à une rotation du côté droit, le port de charges de plus 
de 5 kg, la position statique debout au-delà de trente minutes et assise au-delà d’une 
heure, le travail en station prolongée surélevée des membres supérieurs. Par contre, 
le bilan décrit au niveau lombaire ne justifiait pas de limitations fonctionnelles et 
n’avait pas de répercussion sur la capacité de travail.  

Depuis le 25 février 2004, l’incapacité de travail était totale dans les activités 
physiquement modérées, comme celle d’aide-soignante, ainsi que dans l’activité de 

 
 
 

 

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coiffeuse en raison de mouvements contraignants pour la nuque, avec une élévation 
prolongée des bras. En revanche, dans les activités plus légères, comme celles de 
vendeuse ou de surveillante de musée, l’exigibilité était de 70%, à raison de deux 
fois trois heures par jour, avec une période de repos entre deux plages horaires pour 
détendre la musculature cervicale. La diminution de 30% de la capacité de travail 
était expliquée par les difficultés rencontrées en station érigée, mettant sous 
contrainte la cervicarthrose avancée. Le degré d’incapacité de travail était resté 
stationnaire au vu de l’absence de signes de décompensation conséquente de la 
discarthrose, notamment de l’absence de syndrome rachidien ou de signe de 
radiculalgie irritative.  

8. Dans un avis du 12 octobre 2007, le docteur G______, médecin auprès du SMR, a 
confirmé les diagnostics posés par le Dr F______, ainsi que les limitations 
fonctionnelles et leur influence sur la capacité de travail de l’assurée. 

9. Selon un rapport établi le 27 mars 2008 par Madame H______, collaboratrice de 
l’OAI, la mise en œuvre de mesures de réadaptation n’était pas envisageable pour 
des raisons d’aptitude subjective, l’assurée ne se sentant pas à même d’exercer une 
quelconque activité, même adaptée à son atteinte et à un taux de 70%. 

10. Dans une attestation du 4 juin 2008, le docteur I______, spécialiste FMH en 
ophtalmologie, a indiqué que l’assurée présentait une haute myopie bilatérale, avec 
une néo-vascularisation sous-rétinienne de l’œil droit, un glaucome et une cataracte 
bilatérale en progression.  

11. En date du 17 juin 2008, le docteur J______, médecin auprès du SMR, a considéré 
que l’affection oculaire pourrait être à l’origine de difficultés pour des gestes fins 
nécessitant une bonne vision stéréoscopique. Par contre, pour des activités de 
manutention ou de vendeuse, cela ne diminuait pas la capacité de travail.  

12. Par décision du 1er juillet 2008, l’OAI a confirmé son projet du 22 mai 2008 et 
refusé d’octroyer une rente à l’assurée. En effet, selon les conclusions du SMR, 
l’atteinte à la santé entrainait une incapacité de travail totale dans l’activité d’aide-
hospitalière, mais un travail respectant les limitations fonctionnelles demeurait 
possible à 70%, soit deux fois trois heures par jour. Après comparaison des revenus 
avec et sans invalidité, le degré d’invalidité était fixé à 38.35%. 

13. En date du 23 novembre 2012, l’assurée a déposé une nouvelle demande de 
prestations auprès de l’OAI. Elle a mentionné être en incapacité de travail totale 
depuis février 2004 en raison de douleurs cervicales, dorsales, de l’épaule et de son 
état psychologique.   

14. L’OAI a reçu les documents suivants: 

- un rapport établi le 1er octobre 2012 par le Dr C______ suite à une échographie 
de l’épaule droite et de la hanche droite réalisée le jour même et ayant 
notamment mis en évidence une zone hétérogène au niveau du tiers distal du 
tendon supra-épineux, évoquant une tendinopathie avec une dégénérescence 

 
 
 

 

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kystique, ainsi qu’une lame d’épanchement dans la bourse sous-acromio-
deltoïdienne ; 

- un rapport du 26 octobre 2012 du Dr C______ relatif à des radiographies des 
colonnes cervicale, dorsale et lombaire pratiquées le jour-même ; au niveau 
cervical, le radiologue a constaté une scoliose à convexité gauche avec une 
diminution de la lordose physiologique, un rétrolisthésis modéré de C3, des 
discopathies en C4-C5 et plus prononcées avec une ostéophytose antérieure et 
postérieure en C5-C6, une sclérose au niveau de la facette articulaire postérieure 
de C6 à droite avec une uncarthrose, et une arthrose des facettes articulaires 
postérieures en C7-D1 ; au niveau dorsal, étaient relevées une discrète scoliose 
à convexité droite avec une cyphose physiologique conservée, ainsi qu’une 
ostéophytose antérieure en D9, avec une discopathie en D12-L1; au niveau 
lombaire, le radiologue a mentionné la présence d’une scoliose à convexité 
gauche avec une lordose physiologique conservée, une cunéisation des 
vertèbres D12 et L1 avec des herniations intra-spongieuses, un rétrolisthésis de 
L2 à moindre degré L3 avec un bec ostéophytaire antérieur étagé sans 
discopathie et une importante athéromatose aortique ; 

- un rapport du 6 décembre 2012 dans lequel le Dr D______ a signalé une 
aggravation de l’état de santé de sa patiente depuis environ deux ans, en raison 
d’un syndrome vertébral sévère et d’une très nette limitation des amplitudes 
articulaires de la nuque ; l’assurée souffrait de cervicalgies et de lombalgies 
sévères sur une arthrose avancée, était très limitée pour ses déplacements, ne 
pouvait pas porter plus de 5 kg, devait éviter les mouvements du rachis 
lombaire et cervical et devait pouvoir s’étendre toues les deux heures et changer 
de position toutes les quarante-cinq minutes ; sa capacité de travail était nulle 
dans toutes les activités professionnelles ; 

- une attestation rédigée le 7 décembre 2012 par la doctoresse K______, 
spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie, et Monsieur L______, 
psychologue et psychothérapeute, aux termes de laquelle l’assurée était prise en 
charge par leur cabinet ; sa souffrance psychologique était significative, portant 
des symptômes de dysfonctionnement borderline, associé à une somatisation 
perdurant et à une dépression moyenne à majeure ; les facultés mnésiques de 
l’assurée étaient limites, sa concentration cognitive aléatoire et son discours 
pauvre et redondant ; sur le plan social, ses relations étaient très ponctuelles et 
fort limitées, et les communications avec sa famille occasionnelles ; depuis le 
décès de son mari, l’assurée vivait toute seule et sa condition de souffrance 
psychologique était aggravée, notamment par sa souffrance physique ; ils 
considéraient qu’elle n’était pas en mesure de travailler ; 

- un certificat rédigé le 7 décembre 2012 par le docteur M______, spécialiste 
FMH en médecine interne générale, lequel a attesté que l’assurée présentait un 
état dépressif qui s’était dégradé ces dernières années, qu’elle souffrait de 
fibromyalgie depuis 1996, d’une tendinite de l’épaule droite avec une 

 
 
 

 

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dégénérescence kystique, ainsi que d’une discopathie cervico-lombaire ; son 
état actuel ne lui permettait pas d’exercer son activité professionnelle.  

15. Dans un certificat du 28 janvier 2013, le Dr I______ a attesté d’unehaute myopie, 
d’une pseudophakie bilatérale sur un status après une opération de la cataracte, 
d’une dégénérescence maculaire et choriorétinienne myopique, d’un maculo schisis 
à gauche et d’un glaucome chronique. En raison de la fragilité rétinienne, les efforts 
physiques conséquents étaient formellement contre-indiqués. En outre, toutes les 
pathologies constituaient des facteurs de risque et nécessitaient des contrôles 
fréquents. 

16. Le 26 février 2013, le Dr M______ a retenu les diagnostics de cervico-brachialgie, 
de troubles statiques de la colonne dorso-lombaire, d’état anxio-dépressif, de 
fibromyalgie et de labilité psychique. Par ailleurs, l’assurée se plaignait d’une 
paresthésie des membres, de douleurs nocturnes, de troubles du sommeil et de 
crises d’angoisse. Depuis 2004, les limitations fonctionnelles concernaient les 
activités uniquement en position assise ou debout, en différentes positions, en 
position accroupie ou à genoux, les activités comprenant de la marche en terrain 
irrégulier, des montées sur une échelle ou un échafaudage, ainsi que le travail avec 
les bras au-dessus de la tête et les mouvements répétitifs du tronc. Le soulèvement 
ou le port de charges était limité à 3 kg. L’incapacité de travail en qualité d’aide-
soignante était totale depuis 2004. En outre, l’état dépressif et la fibromyalgie 
limitaient les capacités de concentration et d’adaptation, ainsi que la résistance. 

Était joint un rapport du 3 mai 2004 du Dr C______ relatif à des radiographies de la 
colonne lombaire du 29 avril 2004, lesquelles avaient mis en évidence une scoliose 
lombaire à convexité gauche avec une lordose physiologique, une cunéisation des 
vertèbres avec une spondylose dorsale antérieure étagée, une discopathie modérée 
en D12-L1 et L1-L2 avec une herniation intra-spongieuse au niveau des plateaux 
vertébraux, un rétrolisthésis de L2 et une athéromatose aortique.  

17. Le 26 février 2013, le Dr I______ a confirmé les diagnostics déjà posés, précisant 
que les symptômes oculaires consistaient en une baisse de vue et du champ visuel. 
En raison de l’ensemble des atteintes à la santé dont souffrait l’assurée, sa capacité 
de travail était nulle car les efforts physiques étaient contre-indiqués. 

18. En date du 2 avril 2013, la Dresse K______ a écrit à l’OAI qu’elle avait rencontré 
l’assurée à une reprise l’année précédente et qu’elle ne présentait pas de maladie 
nécessitant l’assurance-invalidité. 

19. Par rapport du 29 avril 2013, le docteur N______, psychiatre, et M. L______, ont 
diagnostiqué un trouble de la personnalité borderline (F60.31), une dépression, 
actuellement à épisodes moyens à sévères chroniques et une somatisation diffuse et 
généralisée. Ils ont indiqué que l’assurée avait présenté un état dépressif réactionnel 
suite au décès de son mari en 1996, événement qui l’avait énormément affectée. À 
cet égard, ils ont notamment cité deux rapports médicaux datant de 1996. Le Dr 
N______ et M. L______ ont relevé que le vécu d’enfant de l’assurée était marqué 

 
 
 

 

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par des conflits parentaux significatifs, dont des séparations conflictuelles répétées, 
et l’assurée percevait son père, homme autoritaire qui criait souvent, comme dur et 
violent. Elle avait connu une tension psychologique, voire un conflit familial, en 
lien avec son mariage. Elle se décrivait comme profondément chagrinée et 
déprimée, et rapportait changer d’humeur, pleurant souvent chez elle, semble-t-il, 
de chagrin. Il lui arrivait de consommer des boissons éthyliques, cherchant à oublier 
la lourdeur de son immense chagrin et à anesthésier sa douleur. Un sentiment 
d’abandon et d’insécurité, ainsi qu’un manque de confiance en elle-même étaient 
mentionnés. Elle confiait qu’elle avait des idées noires et arrivait rarement à parler 
de ses passages à l’acte. En outre, elle se sentait continuellement épuisée, 
physiquement et psychologiquement, affirmant se sentir peu utile à elle-même et à 
la société. L’assurée connaissait un sommeil irrégulier, se réveillant la nuit en 
sursaut suite à des cauchemars et se sentant alors très angoissée. Elle éprouvait une 
insécurité à l’extérieur de son appartement. Par ailleurs, elle se déclarait très 
nerveuse et anxieuse. Sa concentration était limitée dans le temps, liée à sa fragilité 
psychologique. Ses facultés mnésiques étaient très sélectives et limitées. Au cours 
de toutes les séances de psychothérapie, elle alternait les positions assise et debout 
en raison de son inconfort et des poussées d’angoisse. Le pronostic était très réservé 
à long terme et peu favorable.  

20. Dans un avis du 27 juin 2013, la doctoresse O______, médecin auprès du SMR, a 
considéré que l’instruction du dossier devait être complétée sur les plans 
psychiatrique et ophtalmologique, et réservé la nécessité de solliciter une expertise 
en raison de l’existence d’une fibromyalgie.  

21. Dans un rapport du 6 août 2013, le Dr D______ a retenu le diagnostic de cervico-
lombalgies sur une arthrose sévère et considéré que l’incapacité de travail était 
totale depuis 2011 dans toute activité en raison des douleurs. 

22. Par apport du 21 août 2013, le Dr I______ a confirmé les diagnostics déjà posés et 
résumé le status de la veille. 

23. Le 26 août 2013, le Dr N______ et M. L______ ont indiqué à l’OAI que les 
activités de vendeuse, d’aide-soignante et de surveillante n’étaient plus exigibles, 
en raison d’un manque de concentration, d’une fatigabilité et d’une émotivité 
importante. La baisse de rendement était de 100%. 

24. Par avis médical du 22 novembre 2013, la doctoresse P______, médecin au SMR, a 
préconisé la mise en œuvre d’une expertise pluridisciplinaire. Elle a notamment 
relevé que le rapport de l’ophtalmologue traitant semblait incomplet, faute de se 
prononcer sur la capacité de travail.   

25. Selon deux notes de travail internes à l’OAI, datées des 9 décembre 2013 et  
17 janvier 2014, le mandat d’expertise avait été attribué par SuisseMED à la 
Clinique Corela, et plus particulièrement à la doctoresse Q______ pour les volets 
de médecine interne et de rhumatologie, au docteur R______ pour la partie 

 
 
 

 

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psychiatrique et au docteur S______, spécialiste FMH en ophtalmologie, ce dont 
l’assurée a été informée par communication du 17 janvier 2014.  

26. Par courriel du 10 février 2014, la Clinique Corela a indiqué à l’OAI que le  
Dr S______ avait déjà examiné l’assurée, de sorte qu’il était nécessaire de vérifier 
que celui-ci n’était pas son médecin traitant. S’il avait uniquement réalisé un 
examen médical, il fallait obtenir l’accord écrit de l’assurée et de son médecin 
traitant quant à la tenue de l’expertise.  

27. Le jour même, la Dresse P______ a répondu à la Clinique Corela que le SMR 
s’occuperait d’interroger l’ophtalmologue traitant au besoin et que l’expertise était 
maintenue pour les volets rhumatologie et psychiatrique uniquement.  

28. Par rapport du 13 janvier 2014, le Dr I______ a indiqué qu’en juillet 2008, la 
meilleure vision corrigée de sa patiente était de 0.5 à droite avec -19, et de 0.35 à 
gauche avec -20. Le 3 septembre 2008, une opération de la cataracte de l’œil 
gauche avait été réalisée, puis le 5 novembre 2008, une intervention similaire au 
niveau de l’œil droit. Entre 2008 et 2011, des injections intra-vitréennes avaient été 
pratiquées en raison d’un épaississement maculaire. L’assurée avait aussi bénéficié 
d’un traitement pour un glaucome, ayant conduit à un bon équilibre de la tension 
oculaire. En août 2013, sa meilleure vision corrigée était, à droite, de 0.5 à 166° et, 
à gauche, de 0.75 à 156°. Depuis décembre 2013, un traitement par injections intra-
vitréennes était en cours pour les deux yeux en raison de la découverte d’une 
membrane néovasculaire sous-rétinienne en région maculaire des deux côtés. Ce 
médecin a également fait état d’une maculopathie myopique au niveau des yeux 
avec une atrophie choriorétinienne péripapillaire et des zones d’atrophie en région 
maculaire, ainsi qu’un rétinoschisis. Sur le plan oculaire, l’assurée devait 
régulièrement être contrôlée. 

29. Le 20 janvier 2014, la doctoresse T______, psychiatre, a attesté d’un état dépressif 
qui perdurait significativement, surchargé d’un sentiment chronique d’abandon. 
Elle a également fait état d’insomnies, de bouffées d’angoisse quotidiennes et 
d’impulsivité. L’assurée, qui tendait à s’isoler davantage, était d’humeur instable à 
teinte agressive, avec des phases dépressives et maniaques, se sentait épuisée et 
présentait des idées noires. Elle somatisait et il lui arrivait de décompenser. Son état 
souffrant était en pleine mutation psychopathologique et les spécialistes étaient en 
train d’observer s’il s’agissait d’un trouble affectif bipolaire qui était en train de 
s’instaurer. 

30. Les Drs Q______ et R______ de la Clinique Corela ont rendu leur rapport 
d’expertise le 4 mars 2014, lequel est notamment basé sur une anamnèse détaillée, 
le dossier de l’OAI, les plaintes de l’assurée, leurs consultations des 23 janvier et  
7 février 2014, ainsi que les résultats de différents tests. Le mandat d’ophtalmologie 
avait été supprimé, l’expert désigné étant le médecin-traitant de l’assurée. 

a. L’experte rhumatologue a diagnostiqué une tendinopathie calcifiante du supra-
épineux de l’épaule droite ayant des effets sur la capacité de travail. Elle a 

 
 
 

 

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également mentionné, à titre de diagnostics sans incidence sur ladite capacité, des 
discopathies C4-C5 et C5-C6, associées à une arthrose interapophysaire postérieure 
C7-D1, une discopathie D12-L1 avec une ostéophytose antérieure de D9 et une 
scoliose lombaire à convexité gauche, inférieure à 10°, un hallux valgus gauche 
débutant et de l’eczéma des genoux et des ischions. Enfin, elle a posé le diagnostic 
de fibromyalgie, dont l’influence sur la capacité de travail devait être déterminée 
par l’expert en psychiatrie. 

Ce dernier a quant à lui diagnostiqué une réaction à un facteur de stress sévère, sans 
précision (F43.9) et des troubles mixtes de la personnalité (F61.0), sans incidence 
sur la capacité de travail.  

b. La Dresse Q______ a relaté les plaintes de l’assurée. S’agissant des discopathies 
et de la scoliose, celle-ci faisait état de douleurs de l’ensemble du rachis, lesquelles 
prédominaient essentiellement au rachis cervical et lombaire où la douleur était 
chiffrée à 10/10, soit au maximum de l’échelle visuelle analogique  
(ci-après EVA). Les facteurs déclenchant étaient le froid, l’humidité, le port de 
charges et la position assise. L’examen clinique n’avait révélé aucun signe en 
faveur d’un conflit disco-radiculaire ni aucune raideur rachidienne manifeste, que 
ce soit au niveau cervical, dorsal ou lombaire. Si initialement le rachis cervical 
s’était révélé raide, cela avait été expliqué par une opposition de la part de l’assurée 
et par la suite, la mobilité du rachis cervical avait pu être testée et s’était avérée 
strictement normale. Des douleurs lombaires avaient été alléguées lors des 
mouvements du rachis cervical, ce qui était cliniquement inexplicable et témoignait 
en soi des éléments de majoration. L’examen neurologique était normal à tous les 
étages du rachis et au niveau des membres inférieurs. Après étude des 
radiographies, l’experte s’est écartée des comptes-rendus relatifs à ces examens et a 
nié l’existence d’une scoliose à convexité gauche du rachis cervical, d’une sclérose 
au niveau de la facette articulaire postérieure de C6 à droite, ainsi que d’une 
discrète scoliose à convexité droite du rachis dorsal. Selon elle, les radiographies 
mettaient en évidence des lésions dégénératives au niveau du rachis cervical sous 
forme d’atteinte discale banale, située à deux étages en C4-C5 et surtout en C5-C6. 
S’y associaient également des lésions arthrosiques sous forme de lésions 
interapophysaires postérieures en C7-D1. Au niveau dorsal, on retrouvait également 
la présence d’une banale discopathie en D12-L1. Enfin, au niveau lombaire la 
scoliose était inférieure à 10° et n’était donc pas pathologique, mais il existait un 
rétrolisthésis de L3. L’experte a considéré que son examen clinique était très 
similaire à celui réalisé en 2007 par le Dr F______ et ne montrait ainsi aucun signe 
de dégradation. Au contraire, des éléments d’amélioration notamment sur l’indice 
de SCHÖBER étaient retrouvés. L’experte a ensuite exposé que les diagnostics se 
référant à des douleurs, telles que des cervico-dorsalgies ou des lombalgies, 
n’étaient pas retenus dans la mesure où ils faisaient appel à un descriptif de plaintes 
et non à des lésions objectivables. L’arthrose sévère évoquée par le Dr D______ en 
août 2013 ne pouvait également être retenue car la relecture des images ne montrait 

 
 
 

 

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que des lésions banales interapophysaires postérieures C7-D1. Selon elle, la phase 
de stabilisation était atteinte, que ce soit au niveau du rachis cervical, dorsal ou 
lombaire, puisque l’examen clinique était semblable à celui réalisé en 2007 par le 
Dr F______ et qu’il n’y avait pas d’aggravation clinique ou neurologique des 
pathologies rachidiennes. Compte tenu de la banalité des lésions dégénératives 
constatées sur les radiographies et de l’absence de corrélation radioclinique, les 
restrictions retenues par le Dr F______, tout comme celles mentionnées par le Dr 
M______, lui paraissaient surestimées. Elle a conclu que les diagnostics de 
discopathies et de scoliose ne s’étaient pas aggravés sur le plan clinique et 
neurologique depuis septembre 2007, et qu’il n’y avait jamais eu d’incapacité de 
travail dans les professions d’aide-soignante ou de coiffeuse en rapport avec ces 
atteintes. En l’absence de corrélation radio-clinique concernant l’atteinte du rachis, 
et notamment compte tenu d’un examen neurologique normal, aucune incapacité de 
travail ne pouvait être retenue. Enfin, dans les activités de vendeuse et de 
surveillante de musée, la capacité de travail était également entière pour ces 
diagnostics, sans baisse de rendement.  

S’agissant du diagnostic de tendinopathie calcifiante du supra-épineux de l’épaule 
droite, l’assurée se plaignait de douleurs touchant le moignon de l’épaule droite, 
côté dominant, irradiant jusqu’au niveau du rachis cervical. Il s’agissait de douleurs 
mécaniques déclenchées par les mouvements du membre supérieur homolatéral, 
notamment au-dessus de l’horizontale, chiffrées à 9/10 sur l’EVA. Ces douleurs 
étaient également à l’origine de réveils nocturnes, mais leur sédation était obtenue 
lors de l’application d’anti-inflammatoires locaux. Le port de charges devenait 
douloureux, même lorsque le poids était inférieur à 1 kg. Au jour de l’expertise, 
l’élévation antérieure active de l’épaule était limitée à 120°, mais en passif, on 
obtenait des amplitudes à 170°. En revanche, la mobilisation de l’épaule était à 
l’origine d’une scapulalgie et d’une douleur du rachis cervical, tel que cela avait été 
rapporté lors de l’examen rhumatologique de septembre 2007 par le Dr F______. 
La rotation externe était normale à 60° conformément à l’examen sus-cité. Une 
échographie réalisée le 23 janvier 2014 avait mis en évidence une tuméfaction 
globale du tendon du supra-épineux avec une zone hypoéchogène en son sein, une 
calcification n’ayant pas été visualisée à l’échographie du 1er octobre 2012, et une 
lame de liquide d’épanchement dans la bourse sous-acromio-deltoïdienne de 
quantité peu significative. Ainsi, à environ un an et demi d’intervalle, on retrouvait 
toujours la constance d’un aspect de tendinopathie chronique du supra-épineux, 
bien que la calcification n’existait pas sur la première échographie. L’expression 
clinique de la tendinopathie calcifiante du supra-épineux de l’épaule droite était en 
phase stabilisée. En effet, il n’existait aucun signe de conflit sous-acromial évident 
lors de l’examen clinique. Par ailleurs, il s’agissait d’une tendinopathie 
actuellement à un stade chronique et non évolutif. Les deux échographies réalisées 
à environ un an et demi d’intervalle confirmaient cette hypothèse dans la mesure où 
il n’existait aucun signe d’évolutivité actuelle, les images étant stables. L’évolution 
devrait aller vers la guérison. S’agissant des limitations fonctionnelles, l’assurée ne 

 
 
 

 

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devait pas porter des charges très lourdes (supérieures à 50 kg occasionnellement, à 
25 kg souvent ou à 5-10 kg en permanence) au-dessus de la ligne des épaules. Il 
n’existait aucune limitation aux mouvements des bras au-dessus de l’horizontale car 
la tendinopathie était actuellement en phase de chronicité et ne semblait pas avoir 
évolué depuis un an et demi. Dans la dernière profession d’aide-soignante, il 
n’existait aucune mobilisation répétée du membre supérieur droit au-dessus de 
l’horizontale, mais le port de charges avec soutien des patients, qui n’était pas 
supérieur à 25 kg de manière itérative et régulière, pouvait parfois être douloureux. 
Ainsi, dans la profession d’aide-soignante, le taux d’incapacité de travail était, dès 
le 1er octobre 2012, date de la découverte de la tendinopathie du sus-épineux de 
l’épaule droite, de 0%, mais une diminution de rendement de 20% était admise car 
l’assurée avait besoin de plus de temps pour lever les patients du fait de cette 
tendinopathie, manœuvre qui pouvait occasionnellement être très douloureuse. En 
revanche, dans les activités de commise administrative, de coiffeuse, de vendeuse 
ou de surveillante de musée, les limitations décrites n’étaient pas rencontrées et le 
taux d’incapacité de travail avait toujours été de 0% sans diminution de rendement.  

Concernant le diagnostic de fibromyalgie, l’assurée se plaignait de douleurs 
diffuses touchant les deux épaules, le rachis cervical et lombaire, mais également la 
zone médiane du rachis dorsal. Il existait également des algies au niveau de la face 
externe des deux hanches et au niveau des deux régions fessières à type de brûlure. 
S’y associaient des douleurs des genoux et des coudes, ainsi que des brûlures des 
avant-bras avec une hypoesthésie. Enfin, l’assurée se plaignait de fatigue et de 
raideur articulaire au moindre effort. Selon l’auto-questionnaire de la douleur, cette 
dernière était chiffrée à 10/10 sur l’EVA. Lors de l’examen clinique, 12 points sur 
18 avaient été retrouvés. L’évaluation de la capacité de travail était laissée à 
l’appréciation de l’expert psychiatre, en fonction des critères jurisprudentiels. 

L’examen clinique et l’anamnèse ne montraient pas de limitations fonctionnelles 
significatives en lien avec le reste de l’examen clinique et aucune incapacité de 
travail en rapport avec ce chapitre spécifique n’était retenue. 

c. L’expert psychiatre a retenu le diagnostic de réaction à un facteur de stress sévère 
sans précision, compte tenu de l’existence d’un facteur de stress important, 
catastrophique et inhabituel, en l’occurrence le décès du mari en 1996 qui avait 
généré des troubles psychiques ne correspondant pas à une entité bien définie de 
l’ICD-10 (type épisode dépressif caractérisé ou trouble anxieux constitué) et 
n’ayant pas mis en danger l’intégrité physique de l’assurée. Les plaintes 
consistaient en des cauchemars, un sentiment d’angoisse, une irritabilité, une vision 
très pessimiste et nihiliste de la situation, ainsi qu’une absence de perspectives 
d’évolution. Après avoir relevé que les auto-questionnaires de dépression et 
d’évaluation de la tendance anxieuse avaient été remplis avec l’aide exceptionnelle 
de l’expert car l’assurée avait subi une opération au niveau des yeux une semaine 
avant l’expertise et se trouvait donc dans l’incapacité de lire, l’expert a mentionné 
que le score observé lors du premier test était astronomique et correspondrait à une 

 
 
 

 

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dépression sévère nécessitant une hospitalisation, mais évoquait en réalité une 
vision très douloureuse de la vie, plus que des symptômes, avec un sentiment assez 
net que l’assurée portait sa souffrance biographique en étendard. À l’entretien, son 
discours était redondant, mais pas pauvre. Il était retrouvé une certaine rigidité, 
voire une certaine esthésie. Le début de l’expertise était très laborieux, mais au fur 
et à mesure, l’assurée s’était détendue. Elle avait moyennement participé à 
l’entretien. S’agissant de l’examen clinique d’un épisode dépressif, l’expert a 
exposé que l’assurée acquiesçait systématiquement à toutes ses propositions, ce qui 
rendait peu compte de la réalité de la situation clinique. De manière objective, on ne 
pouvait pas retenir les déclarations de l’assurée comme authentiques, évaluables et 
in fine crédibles. Concernant les critères diagnostiques majeurs, leur analyse était 
rendue difficile devant une franche note de dramatisation et l’impossibilité pour 
l’assurée de répondre clairement aux questions. Ainsi, bien que la tristesse ressentie 
suite à la perte d’un être « exceptionnel, irremplaçable » était parfaitement 
compréhensible, l’expert ne pouvait pas retenir cet item car tous les symptômes 
étaient décrits comme au maximum de leur intensité. L’intérêt et le plaisir étaient 
diminués dans un contexte de dramatisation des réponses de l’assurée, ce qui 
rendait ces dernières peu convaincantes. L’énergie était également réduite, mais en 
tenant compte d’une majoration des plaintes. Quant aux critères diagnostiques 
mineurs, l’état de la confiance en soi était décrit de manière tout à fait identique 
qu’en avril et août 2013. Toutefois, cette évocation n’emportait pas la conviction de 
l’expert au vu du contexte de dramatisation. Quant à la culpabilité, la tonalité 
globale était plus projective qu’auto-accusatrice, de sorte que ce critère n’était pas 
retenu. En l’état, les plaintes sur les difficultés à se concentrer étaient stationnaires, 
mais difficiles à évaluer de manière efficiente. Lors de l’entretien, il n’avait pas été 
noté de troubles cognitifs significatifs, mais plutôt une tension relationnelle. Les 
idées de mort évoquées par le passé étaient plutôt l’expression d’un ras-le-bol, en 
particulier avec la douleur physique qui était décrite comme insupportable. Un 
ralentissement était également décrit de manière assez monolithique, mais n’avait 
pas été constaté au cours de l’examen. Le sommeil était décrit comme très perturbé, 
comme le reste des items d’ailleurs. L’assurée rapportait une perte de poids, mais 
dans le cadre d’un régime diabétique. L’expert a conclu que les items relatifs aux 
troubles du sommeil, à la diminution de la productivité et à la tension interne 
étaient cotés positivement. Cependant, le score total de l’examen psychométrique 
(échelle de Hamilton) récusait l’existence d’un processus dépressif majeur au jour 
de l’expertise. Durant l’entretien, il n’avait pas observé les critères cliniques 
physiques d’anxiété correspondant à des attaques de panique, ni de préoccupations 
excessives pour des problèmes sans importance caractérisant l’anxiété généralisée, 
ni les critères cliniques compatibles avec un trouble obsessionnel compulsif ou une 
phobie. L’expert a ajouté qu’il était difficile d’avoir une idée claire de la situation 
clinique et de la réalité des plaintes, compte tenu des réponses un peu automatisées 
et, en quelque sorte, obligatoirement graves. L’examen clinique avait été surchargé 
par une certaine dramatisation de sorte qu’il ne pouvait retenir clairement de 

 
 
 

 

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symptômes. Ainsi, le diagnostic d’une réaction à un facteur de stress sévère sans 
précision avait été surtout retenu sur la base de l’anamnèse et des données du 
dossier médical à disposition. Au jour de l’expertise, les crises d’angoisse étaient 
encore décrites, irrégulières et évoluant par cycle, mais seulement la nuit, ce qui 
était assez étonnant, et s’accompagnant de manifestations physiques. Le point de 
départ était le décès du mari de l’assurée. Il semblerait que cette plainte ait pris une 
valeur constituante, voire identitaire avec un caractère douloureux, qu’il était 
difficile de critiquer s’agissant d’un deuil. S’agissant des diagnostics retenus par 
d’autres médecins, l’expert a exposé s’écarter de celui d’épisode dépressif car le 
tableau clinique de l’assurée correspondait à une réaction à un facteur de stress 
sévère, à savoir le décès de son mari. En outre, après analyse des critères cliniques, 
aucun des symptômes majeurs de la dépression n’avait été retrouvé. De plus, au-
delà des plaintes de l’assurée, lesquelles étaient les mêmes depuis dix-huit ans, il 
convenait de prendre en compte des facteurs comme l’exagération importante de 
celles-ci, avec une tendance massive à l’apitoiement, ainsi qu’une collaboration 
moyenne à l’examen d’expertise. Avec l’intégration de ces éléments au discours de 
l’assurée, l’épisode dépressif ne pouvait absolument pas être retenu objectivement 
et ce, quel que soit le moment de l’histoire évoquée. De plus, au moment le plus dur 
de l’histoire de l’assurée, il y avait des prises d’éthyle surajoutées, lesquelles 
avaient pu largement participer au tableau clinique de la symptomatologie 
dépressive. De fait, l’exclusion d’un diagnostic de la sphère dépressive à un 
quelconque moment de la vie de l’assurée faisait exclure le diagnostic d’un trouble 
dépressif récurrent, lequel nécessitait le constat d’au moins deux épisodes dans le 
passé. En conclusion, au jour de l’expertise, le diagnostic d’une réaction à un 
facteur de stress sévère était en status post, car il n’y avait plus de symptômes 
retrouvés en lien avec ce diagnostic. La rémission complète des symptômes initiaux 
ayant suivi le décès de son mari en 1996 était obtenue de longue date, malgré un 
cortège important de plaintes présentées comme inaltérables. Ce diagnostic n’avait 
aucune influence sur les capacités de concentration, de compréhension, 
d’adaptation ou encore le rythme du travail. La capacité de travail était entière dans 
toute activité, sans diminution de rendement.  

S’agissant des troubles mixtes de la personnalité, l’expert a relevé retrouver 
quelques caractéristiques d’une personnalité de type émotionnellement labile à la 
fois du sous-type impulsif (F60.30) et du sous-type borderline (F60.31). 
Cliniquement, le trouble de la personnalité, primaire, sans cause secondaire, était 
compensé. L’assuré n’évoquait aucune plainte strictement en lien avec l’expression 
de sa personnalité, mais ce trouble était retenu durant l’expertise grâce à la 
confrontation des informations des rapports médicaux à disposition et aux éléments 
biographiques recueillis à l’anamnèse. La déviation remontait probablement à 
l’enfance ou au plus tard à l’âge de jeune adulte. En effet, si l’on se référait à 
l’anamnèse familiale, ces périodes avaient été fortement marquées par les 
séparations et le divorce de ses parents, mais également par la personnalité de son 
père, décrit comme violent.  Cette déviation touchait divers domaines de la vie, en 

 
 
 

 

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particulier celui de l’interrelation aux autres. L’assurée avait effectivement 
quelques tensions relationnelles et des situations variées avaient pu être affectées 
par la personnalité. L’entente était extrêmement moyenne, voire inexistante, avec 
ses frères et sœurs. Par ailleurs, sur le plan professionnel, on notait une grande 
instabilité tant sur la durée que sur la nature des postes occupés. Elle avait 
également connu une tension psychologique, voire un conflit familial relatif à son 
mariage avec son mari décédé. Elle avait personnellement réellement souffert de sa 
personnalité ou alors de son environnement. D’après le dossier, la souffrance 
psychologique était significative, évoquant des symptômes de dysfonctionnement 
borderline. Les manifestations n’étaient pas réductibles à une autre maladie 
psychiatrique ou un trouble neurocognitif. Contrairement à l’avis des spécialistes 
suivant l’assurée, l’expert ne retenait pas le diagnostic d’un trouble de la 
personnalité émotionnellement labile, type borderline, car un seul item, soit les 
sentiments permanents de vide, était réalisé. En outre, même si un tel diagnostic 
avait pu être retenu, ce trouble de la personnalité n’avait jamais été incapacitant. 
L’expert a conclu que les troubles mixtes de la personnalité en phase compensée 
n’étaient pas incapacitants et qu’un emploi adapté pour des motifs psychiatriques 
n’était pas nécessaire.  

Enfin, s’agissant de la fibromyalgie, l’expert a analysé les critères jurisprudentiels. 
Il n’y avait ni affection corporelle chronique importante ou s’étendant sur de 
nombreuses années, ni comorbidité psychiatrique interférant significativement avec 
la faculté à surmonter les douleurs. Deuxièmement, la perte d’intégration sociale 
n’était pas due à la douleur mais au deuil consécutif à la perte de son mari. 
Actuellement, à cause de la douleur, l’assurée alléguait des relations très limitées, 
mais néanmoins existantes, et il fallait noter une coloration particulière de la 
personnalité, participant à cet isolement social. Troisièmement, concernant l’état 
psychique cristallisé sans évolution possible au plan thérapeutique, l’expert a noté 
qu’on retrouvait une sorte d’enkystement, mais que l’évolution était somme toute 
possible, même si elle était mince, « par une stimulation un peu plus énergique que 
la compassion passive ». Ensuite, le critère relatif aux échecs des traitements selon 
les règles de l’art en dépit des efforts de la personne assurée faisait défaut, étant 
rappelé que de nombreux traitements avaient été proposés, associant des 
manipulations rachidiennes lombaires en 1996, des antalgiques, des 
antidépresseurs, des myorelaxants et des anti-inflammatoires, dont certains 
traitements avaient été interrompus par l’assurée en raison des angoisses concernant 
des éventuels effets secondaires par rapport à son diabète. Elle avait également 
arrêté un certain traitement antalgique, ce qui confirmait une certaine conviction 
que personne ne pouvait rien pour elle, de manière tout à fait unilatérale, mais on ne 
pouvait pas parler d’échec thérapeutique. En conclusion, la fibromyalgie ne 
remplissait pas les critères de gravité de la jurisprudence pour être qualifiée 
d’invalidante.  

 
 
 

 

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Partant, sur le plan psychiatrique, le taux de l’incapacité de travail dans les 
dernières professions d’aide-soignante et de coiffeuse était de 0%, sans 
conséquence sur le rendement, et ce depuis toujours.  

d. Dans leur partie « discussion et synthèse pluridisciplinaire », les experts ont 
relevé que la fibromyalgie influençait la perception des douleurs de l’assurée, 
lesquelles étaient amplifiées. Ils ne pouvaient pas clairement écarter l’existence de 
douleurs, car celles-ci avaient toujours une dimension personnelle et subjective. Par 
contre, face à la présence de 3/5 signes de Waddell et une auto-cotation de la 
douleur exagérée à 10/10, on ne pouvait éliminer un phénomène de majoration des 
plaintes algiques, lequel ne découlait pas d’un processus purement inconscient. De 
plus, ils ont souligné que l’assurée avait interrompu les traitements anxiolytique et 
antalgique. En conclusion, la discordance ne permettait pas d’apprécier l’intensité, 
dont souffrait réellement l’assurée, et l’analyse des critères jurisprudentiels ne 
permettait pas de conclure que ceux-ci étaient remplis. 

31. Dans une appréciation du 3 juillet 2014, la doctoresse U______, médecin auprès du 
SMR, a résumé la position des experts, à savoir que l’état de santé de l’assurée ne 
s’était pas aggravé depuis 2007 et que les diagnostics retenus n’entrainaient pas 
d’incapacité de travail, hormis une baisse de rendement de 20% dans la profession 
d’aide-soignante en raison des problèmes de l’épaule. Cependant, les conclusions 
de l’expertise ne pouvaient être suivies s’agissant des limitations fonctionnelles et 
de leur répercussion sur la capacité de travail, car il s’agissait d’une évaluation 
différente d’un même état de fait. En conclusion, le SMR considérait qu’il n’y avait 
pas d’aggravation notable de l’état de santé de l’assurée, mise à part la 
tendinopathie qui amenait de nouvelles restrictions. Ainsi, étaient retenus, à titre de 
diagnostics avec effet sur la capacité de travail, des cervicalgies chroniques sur des 
troubles dégénératifs, une tendinopathie de l’épaule droite, une pseudophakie avec 
une dégénérescence maculaire, une chorio-rétinite myopique et un glaucome. Sans 
répercussion sur ladite capacité, l’assurée présentait des lombalgies chroniques sur 
des troubles dégénératifs, une fibromyalgie, des troubles mixtes de la personnalité 
et une réaction à un facteur de stress. Dans l’activité habituelle, la capacité de 
travail était nulle, mais elle était de 70% dans une activité adaptée, et ce depuis 
2004. Les limitations fonctionnelles consistaient en les restrictions retenues par le 
SMR en 2007 pour le rachis cervical. S’agissant de l’épaule droite, l’assurée ne 
devait pas faire de mouvements répétitifs au-dessus de l’horizontale avec le 
membre supérieur droit. D’un point de vue ophtalmologique, les gestes à effectuer 
avec précision et la vision stéréoscopique étaient contre-indiqués.  

32. Le 14 août 2014, l’OAI a informé l’assurée de son intention de refuser sa demande, 
au motif que les conclusions du SMR étaient identiques à celles de la précédente 
évaluation, de sorte que le degré d’invalidité demeurait inchangé. 

33. Par courrier du 10 septembre 2014, l’assurée, représentée par un mandataire, a 
contesté le projet de décision, estimant que son degré d’invalidité devait forcément 
se situer au-dessus de 75%.  

 
 
 

 

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34. Dans le délai octroyé à cet effet, elle a transmis à l’OAI les pièces suivantes : 

- un rapport du 26 septembre 2014 du Dr C______ suite à une tomodensitométrie 
axiale computérisée de la colonne cervicale du jour même, examen ayant 
notamment permis de conclure à une discarthrose C4-C5, plus accusée en C5-
C6, à une protrusion discale ostéophytaire C4-C5 avec une uncarthrose 
rétrécissant d’une façon relative les canaux radiculaires sans contrainte 
radiculaire, à une protrusion discale ostéophytaire C5-C6 plus accusée 
actuellement appuyant sur la partie antérieure du fourreau dural et sur la racine 
C6 droite, associée à une uncarthrose sévère rétrécissant fortement le foramen 
droit en conflit avec la racine C6 droit dans son trajet foraminal.   

- un rapport du 29 septembre 2014 du Dr C______ suite à une tomodensitométrie 
axiale computérisée de la colonne lombaire et sacrée du jour même, examen 
ayant notamment permis de conclure à un rétrolisthésis de L2 sur une 
subluxation inter-facettaire avec une protrusion discale L2-L3 sans évolution, à 
une arthrose interapophysaire postérieure étagée avec un épaississement des 
ligaments jaunes rétrécissant le canal dans le sens latéral, surtout en L3-L4, plus 
accusée actuellement ; 

- un rapport du 6 octobre 2014 du Dr D______, lequel a signalé une aggravation 
de l’état de santé de l’assurée depuis les deux dernières années et attesté d’une 
totale incapacité de travail dans toutes les professions; aux niveaux lombaire et 
cervical, l’assurée présentait une arthrose sévère (canal lombaire étroit et racine 
nerveuse comprimée en C6), le périmètre de marche était limité en raison des 
douleurs et d’une faiblesse dans les deux jambes, lesquelles étaient provoquées 
par l’atteinte lombaire ; l’atteinte cervicale engendrait de fortes douleurs dans la 
colonne cervicale et dans le membre supérieur droit ; le traitement antalgique et 
la prise en charge en physiothérapie n’avaient que peu d’effets ; un avis 
neurochirurgical était nécessaire ; 

- un rapport du 9 octobre 2014 de la Dresse T______, aux termes duquel l’état de 
souffrance psychopathologique de l’assurée s’était aggravé depuis une année et 
était devenu chronique, avec des idées noires devenues récurrentes, un état 
réactif de plus en plus émotionnellement labile, une angoisse plus présente et 
généralisée au quotidien, une tristesse omniprésente, un sommeil plus perturbé 
et des facultés mnésiques de plus en plus aléatoires ; en outre, la somatisation 
manifeste était devenue de plus en plus intolérable et pesant, ce qui l’empêchait 
d’avoir un répit quotidien ; son sentiment et son état d’épuisement étaient 
manifestement observables et limitaient grandement l’investissement de son 
énergie résiduelle ; enfin, la chronicisation de sa souffrance était accompagnée 
d’un nouveau registre psychiatrique, soit le passage du rire sans stimulus 
apparent au silence chargé d’indifférence, de colère ou d’impatience, signes de 
décompensation possibles ; le discours était de plus en plus pauvre, l’assurée 
s’isolait davantage ; l’incapacité de travail était totale ; 

 
 
 

 

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- un rapport du 14 octobre 2014 du Dr I______, lequel a mentionné que l’assurée 
souffrait d’une dégénérescence maculaire myopique compliquée d’une 
néovascularisation sous-rétinienne à droite, d’une dégénérescence myopique 
compliquée d’un rétino-schisis maculaire à gauche, d’une pseudophakie 
bilatérale et d’un glaucome chronique sévère ; sa fonction visuelle s’était encore 
détériorée depuis l’an passé pour n’atteindre, au mieux, plus que 0.5 avec 
métamorphopsies à l’œil droit et 0.4 avec métamorphopsies à l’œil gauche. 
L’assurée présentait également une diminution de 50% à la sensibilité au 
contraste ; elle ne reconnaissait des formes qu’après une longue concentration et 
les percevait avec une déformation ; en l’état, elle ne pouvait pas effectuer un 
travail sur un écran de visualisation pendant plus de quelques minutes.   

35. Dans un avis du 27 novembre 2014, la Dresse U______ et le docteur V______, 
médecins au SMR, ont estimé que les nouveaux rapports n’apportaient aucun 
élément objectif nouveau leur permettant de revenir sur la précédente évaluation du 
SMR. Ils ont relevé que les experts de la Clinique Corela avaient basé leurs 
conclusions sur des éléments objectifs tels que l’examen clinique. En outre, les 
aggravations radiologiques n’étaient pas corrélées par l’examen clinique qui était 
semblable à celui réalisé en 2007. Enfin, sur le plan psychiatrique, la description 
n’apportait pas d’éléments nouveaux par rapport à l’expertise. 

36. Par décision du 18 décembre 2014, l’OAI a maintenu son projet du 14 août 2014 et 
nié le droit de l’assurée à une rente, au motif que son degré d’invalidité demeurait 
de 38%, taux insuffisant pour ouvrir le droit à une rente. 

37. Par acte du 2 février 2015, l’assurée, par le biais de son mandataire, a interjeté 
recours contre la décision précitée et conclu, sous suite de dépens, préalablement, à 
l’audition des Drs D______, I______ et T______ et, principalement, à l’annulation 
de la décision entreprise et à l’octroi d’une rente entière à compter du  
23 novembre 2012. En substance, la recourante a invoqué que son état de santé 
s’était dégradé de façon marquée suite à la première décision, et ce sur les plans 
rhumatologique, psychiatrique et oculaire. 

38. Dans sa réponse du 16 mars 2015, l’intimé a conclu au rejet du recours et à la 
confirmation de la décision attaquée. Selon lui, une pleine valeur probante pouvait 
être attribuée au rapport d’expertise, document qui analysait les disciplines en lien 
avec l’appareil locomoteur, la psychiatrie et l’ophtalmologie. Or, la recourante 
n’avançait aucun élément permettant de s’écarter des conclusions des experts.  

39. Par réplique du 17 avril 2015, la recourante a persisté et contesté la valeur probante 
du rapport d’expertise. Elle a notamment relevé que la Clinique Corela avait été 
mandatée par l’intimé et n’avait pas été désignée par une instance indépendante et 
neutre, et qu’elle avait supprimé le mandat d’ophtalmologie. Sur le plan 
rhumatologique, le Dr D______ considérait que sa capacité de travail était nulle 
dans toutes professions confondues. Au niveau psychiatrique, ses médecins étaient 
d’avis que sa fragilité était devenue critique et qu’un trouble bipolaire s’était 

 
 
 

 

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instauré, que sa somatisation manifeste était devenue davantage intolérable et 
l’empêchait d’avoir un répit quotidien. Enfin, sur le plan ophtalmologique, le  
Dr I______ avait conclu à l’existence d’une dégénérescence progressive rapide. La 
recourante a en outre fait valoir que son état de santé s’était encore aggravé suite à 
la reddition du rapport, lequel retenait, de façon surprenante, une incapacité de 
travail de 0%, à une exception près, soit une incapacité de travail de 20% dans 
l’activité d’aide-soignante. 

40. Le 11 mai 2015, l’intimé a dupliqué et maintenu ses conclusions. Il a soutenu que la 
recourante n’invoquait aucun élément permettant de mettre en doute l’impartialité 
des experts et que les diagnostics posés par le Dr I______ avaient déjà été évoqués 
par le SMR dans son avis du 3 juillet 2014. Enfin, les documents relatifs à une 
potentielle aggravation de l’état de santé, produits avant la décision litigieuse, 
avaient été analysés par le SMR.  

41. En date du 22 juillet 2015, il a considéré que la nouvelle jurisprudence fédérale ne 
s’appliquait pas au cas d’espèce, au motif qu’« en matière d’assurances sociales, les 
règles applicables sont celles en vigueur au moment où les faits juridiquement 
déterminants se sont produits (ATF 127 V 467 consid. 1). Un changement de 
jurisprudence n’est un motif ni de révision, ni de reconsidération et ne déploie, en 
règle ordinaire, des effets que pour l’avenir (ATF 119 V 413 consid. 3a et les 
références) ». 

42. Les 5 août 2015 et 4 février 2016, la recourante a contesté ce point de vue et produit 
un rapport du Dr I______ du 23 avril 2015, lequel confirmait les termes de son 
rapport du 14 octobre 2014. 

43. Sur ce, la cause a été gardée à juger.  

EN DROIT 

1. Conformément à l’art. 134 al. 1 let. a ch. 2 de la loi sur l’organisation judiciaire, du 
26 septembre 2010 (LOJ - E 2 05) en vigueur dès le 1er janvier 2011, la chambre 
des assurances sociales de la Cour de justice connaît, en instance unique, des 
contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des 
assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA - RS 830.1) relatives à la loi fédérale 
sur l’assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI - RS 831.20). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. À teneur de l’art. 1 al. 1 LAI, les dispositions de la LPGA s’appliquent à 
l’assurance-invalidité, à moins que la loi n’y déroge expressément. 

Toutefois, les modifications légales contenues dans la LPGA constituent, en règle 
générale, une version formalisée dans la loi de la jurisprudence relative aux notions 
correspondantes avant l’entrée en vigueur de la LPGA; il n’en découle aucune 
modification du point de vue de leur contenu, de sorte que la jurisprudence 
développée à leur propos peut être reprise et appliquée (ATF 130 V 343 consid. 3). 

 
 
 

 

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3. Les modifications de la loi fédérale sur l’assurance-invalidité du 21 mars 2003 
(4ème révision), du 6 octobre 2006 (5ème révision) et du 18 mars 2011 (révision 6a), 
entrées en vigueur le 1er janvier 2004, respectivement, le 1er janvier 2008 et le 
1er janvier 2012, entraînent la modification de nombreuses dispositions légales dans 
le domaine de l’assurance-invalidité.  

Sur le plan matériel, sont en principe applicables les règles de droit en vigueur au 
moment où les faits juridiquement déterminants se sont produits (ATF 129 V 1 
consid. 1; ATF 127 V 467 consid. 1 et les références). En ce qui concerne en 
revanche la procédure, et à défaut de règles transitoires contraires, le nouveau droit 
s’applique sans réserve dès le jour de son entrée en vigueur (ATF 117 V 93 
consid. 6b; ATF 112 V 360 consid. 4a; RAMA 1998 KV 37 p. 316 consid. 3b).  

En l’espèce, la décision litigieuse du 18 décembre 2014 est postérieure à l’entrée en 
vigueur des modifications de la LAI sus-citées. Par conséquent, du point de vue 
matériel, le droit éventuel à des prestations d’invalidité doit être examiné au regard 
des modifications de la LAI consécutives aux 4ème, 5ème et 6ème révisions de cette 
loi, dans la mesure de leur pertinence (ATF 130 V 445 et les références ; voir 
également ATF 130 V 329).  

4. Selon l’art. 60 LPGA, le recours doit être déposé dans les trente jours suivant la 
notification de la décision sujette à recours. En application de l’art. 38 al. 4  
let. c LPGA, les délais en jours ou en mois fixés par la loi ou par l’autorité ne 
courent pas du 18 décembre au 2 janvier inclusivement.  

Compte tenu de la suspension du délai de recours durant la période susmentionnée, 
le recours, adressé par pli postal le 2 février 2015 contre la décision du  
18 décembre 2014, interjeté dans la forme et le délai prévus par la loi, est recevable 
(art. 56ss LPGA; art. 89B de la loi sur la procédure administrative du  
12 septembre 1985 [LPA- RS/GE E 5 10]). 

5. Le litige porte sur la question de savoir si c’est à juste titre que l’intimé a rejeté la 
nouvelle demande de prestations de la recourante, étant rappelé qu’il lui avait 
refusé, en juillet 2008, l’octroi d’une rente au motif que son degré d’invalidité était 
insuffisant.   

6. a. L’art. 17 al. 1 LPGA dispose que si le taux d’invalidité du bénéficiaire de la rente 
subit une modification notable, la rente est, d’office ou sur demande, révisée pour 
l’avenir, à savoir augmentée ou réduite en conséquence, ou encore supprimée. Il 
convient ici de relever que l’entrée en vigueur de l’art. 17 LPGA, le  
1er janvier 2003, n’a pas apporté de modification aux principes jurisprudentiels 
développés sous le régime de l’ancien art. 41 LAI, de sorte que ceux-ci demeurent 
applicables par analogie (ATF 130 V 343 consid. 3.5). 

Conformément à l’art. 87 al. 2 du règlement sur l’assurance-invalidité du  
17 janvier 1961 (RAI - RS 831.201), lorsqu’une demande de révision est déposée, 
celle-ci doit établir de façon plausible que l’invalidité, l’impotence ou l’étendue du 
besoin de soins ou du besoin d’aide découlant de l’invalidité de l’assuré s’est 

 
 
 

 

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modifiée de manière à influencer ses droits. Lorsque la rente a été refusée parce que 
le degré d’invalidité était insuffisant, la nouvelle demande ne peut être examinée 
que si les conditions prévues à l’al. 2 sont remplies (cf. art. 87 al. 3 RAI).  

b. Tout changement important des circonstances, propre à influencer le degré 
d’invalidité, et donc le droit à la rente, peut motiver une révision selon  
l’art. 17 LPGA. La rente peut être révisée non seulement en cas de modification 
sensible de l’état de santé, mais aussi lorsque celui-ci est resté en soi le même, mais 
que ses conséquences sur la capacité de gain ont subi un changement important 
(ATF 130 V 343 consid. 3.5). Il n’y a pas matière à révision lorsque les 
circonstances sont demeurées inchangées et que le motif de la suppression ou de la 
diminution de la rente réside uniquement dans une nouvelle appréciation du cas 
(ATF 112 V 371 consid. 2b ; ATF 112 V 387 consid. 1b). Un motif de révision au 
sens de l’art. 17 LPGA doit clairement ressortir du dossier (arrêt du Tribunal 
fédéral des assurances I 559/02 du 31 janvier 2003 consid. 3.2 et les références). La 
réglementation sur la révision ne saurait en effet constituer un fondement juridique 
à un réexamen sans condition du droit à la rente (arrêt du Tribunal fédéral des 
assurances I 406/05 du 13 juillet 2006 consid. 4.1).  

Le point de savoir si un changement notable des circonstances s’est produit doit 
être tranché en comparant les faits tels qu’ils se présentaient au moment de la 
dernière révision de la rente entrée en force et les circonstances qui régnaient à 
l’époque de la décision litigieuse. C’est en effet la dernière décision qui repose sur 
un examen matériel du droit à la rente avec une constatation des faits pertinents, 
une appréciation des preuves et une comparaison des revenus conformes au droit 
qui constitue le point de départ temporel pour l’examen d’une modification du 
degré d’invalidité lors d’une nouvelle révision de la rente (ATF 133 V 108  
consid. 5.4 ; ATF 130 V 343 consid. 3.5.2).  

7. Est réputée invalidité, l’incapacité de gain totale ou partielle présumée permanente 
ou de longue durée, résultant d’une infirmité congénitale, d’une maladie ou d’un 
accident (art. 8 al. 1 LPGA et 4 al. 1 LAI). Selon l’art. 7 LPGA, est réputée 
incapacité de gain toute diminution de l’ensemble ou d’une partie des possibilités 
de gain de l’assuré sur le marché du travail équilibré qui entre en considération, si 
cette diminution résulte d’une atteinte à la santé physique ou mentale et qu’elle 
persiste après les traitements et les mesures de réadaptation exigibles (al 1). Seules 
les conséquences de l’atteinte à la santé sont prises en compte pour juger de la 
présence d’une incapacité de gain. De plus, il n’y a incapacité de gain que si celle-
ci n’est pas objectivement surmontable (al. 2). 

Il y a lieu de préciser que selon la jurisprudence, la notion d’invalidité, au sens du 
droit des assurances sociales, est une notion économique et non médicale ; ce sont 
les conséquences économiques objectives de l’incapacité fonctionnelle qu’il 
importe d’évaluer (ATF 110 V 273 consid. 4a). L’atteinte à la santé n’est donc pas 
à elle seule déterminante et ne sera prise en considération que dans la mesure où 
elle entraîne une incapacité de travail ayant des effets sur la capacité de gain de 

 
 
 

 

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l’assuré (arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 654/00 du 9 avril 2001  
consid. 1). 

8. Les atteintes à la santé psychique peuvent, comme les atteintes physiques, entraîner 
une invalidité au sens de l’art. 4 al. 1 LAI en liaison avec l’art. 8 LPGA. On ne 
considère pas comme des conséquences d’un état psychique maladif, donc pas 
comme des affections à prendre en charge par l’assurance-invalidité, les 
diminutions de la capacité de gain que l’assuré pourrait empêcher en faisant preuve 
de bonne volonté; la mesure de ce qui est exigible doit être déterminée aussi 
objectivement que possible (ATF 102 V 165 consid. 3.1; arrêt du Tribunal fédéral 
des assurances I 786/04 du 19 janvier 2006 consid. 3.1).  

Dans l’éventualité où des troubles psychiques ayant valeur de maladie sont admis, 
il y a alors lieu d’évaluer le caractère exigible de la reprise d’une activité lucrative 
par l’assuré, au besoin moyennant un traitement thérapeutique. A cet effet, il faut 
examiner quelle est l’activité que l’on peut raisonnablement exiger de lui. Pour 
admettre l’existence d’une incapacité de gain causée par une atteinte à la santé 
mentale, il n’est donc pas décisif que l’assuré exerce une activité lucrative 
insuffisante; il faut bien plutôt se demander s’il y a lieu d’admettre que la mise à 
profit de sa capacité de travail ne peut, pratiquement, plus être raisonnablement 
exigée de lui, ou qu’elle serait même insupportable pour la société (ATF 127 V 294 
consid. 4c ; ATF 102 V 165; VSI 2001 p. 224 consid. 2b et les références).  

9. La reconnaissance de l’existence de troubles somatoformes douloureux persistants 
suppose d’abord la présence d’un diagnostic émanant d’un expert (psychiatre) et 
s’appuyant lege artis sur les critères d’un système de classification reconnu 
(ATF 130 V 396 consid. 5.3). 

Le diagnostic d’un trouble douloureux somatoforme doit être justifié médicalement 
de telle manière que les personnes chargés d’appliquer le droit puissent vérifier que 
les critères de classification ont été effectivement respectés. En particulier, 
l’exigence d’une douleur persistante, intense et s’accompagnant d’un sentiment de 
détresse doit être remplie. Un tel diagnostic suppose l’existence de limitations 
fonctionnelles dans tous les domaines de la vie (tant professionnelle que privée). 
Les médecins doivent en outre prendre en considération les critères d’exclusion de 
ce diagnostic retenus par la jurisprudence (ATF 141 V 281 consid. 2.1.1. et 2.2). 
Ainsi, si les limitations liées à l’exercice d’une activité résultent d’une exagération 
des symptômes ou d’une constellation semblable, on conclura, en règle ordinaire, à 
l’absence d’une atteinte à la santé ouvrant le droit à des prestations d’assurance. Au 
nombre des situations envisagées figurent la discordance entre les douleurs décrites 
et le comportement observé, l’allégation d’intenses douleurs dont les 
caractéristiques demeurent vagues, l’absence de demande de soins, les grandes 
divergences entre les informations fournies par le patient et celles ressortant de 
l’anamnèse, le fait que des plaintes très démonstratives laissent insensible l’expert, 
ainsi que l’allégation de lourds handicaps malgré un environnement psychosocial 
intact (ATF 131 V 49 consid. 1.2). 

 
 
 

 

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Les principes jurisprudentiels développés en matière de troubles somatoformes 
douloureux sont également applicables à la fibromyalgie (ATF 132 V 65 
consid. 4.1). 

10. L’évaluation des syndromes sans pathogenèse ni étiologie claires et sans constat de 
déficit organique ne fait pas l’objet d’un consensus médical (arrêt du Tribunal 
fédéral 9C_619/2012 du 9 juillet 2013 consid. 4.1). Pour ces motifs, la 
jurisprudence a dégagé un certain nombre de principes et de critères normatifs pour 
permettre d’apprécier - sur les plans médical et juridique - le caractère invalidant de 
ce genre de syndromes. Selon la jurisprudence ayant cours jusqu’à récemment, 
ceux-ci n’entraînaient pas, en règle générale, une limitation de longue durée de la 
capacité de travail pouvant conduire à une invalidité (ATF 130 V 352  
consid. 2.2.3). Il existait une présomption que de tels syndromes ou leurs effets 
pouvaient être surmontés par un effort de volonté raisonnablement exigible  
(ATF 131 V 49 consid. 1.2). Le Tribunal fédéral a toutefois reconnu qu’il existait 
des facteurs déterminés qui, par leur intensité et leur constance, rendaient la 
personne incapable de fournir cet effort de volonté, et a établi des critères 
permettant d’apprécier le caractère invalidant de ces syndromes  
(cf. ATF 130 V 352 consid. 2.2. et ATF 131 V 49 consid. 1.2). Au premier plan 
figurait la présence d’une comorbidité psychiatrique importante par sa gravité, son 
acuité et sa durée. D’autres critères pouvaient être déterminants, tels que des 
affections corporelles chroniques, un processus maladif s’étendant sur plusieurs 
années sans rémission durable (symptomatologie inchangée ou progressive), une 
perte d’intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie, un état 
psychique cristallisé, sans évolution possible au plan thérapeutique, résultant d’un 
processus défectueux de résolution du conflit, mais apportant un soulagement du 
point de vue psychique (profit primaire tiré de la maladie, fuite dans la maladie), 
l’échec de traitements ambulatoires ou stationnaires conformes aux règles de l’art 
(même avec différents types de traitement), cela en dépit de l’attitude coopérative 
de la personne assurée (ATF 132 V 65 consid. 4.2). En présence de tels syndromes, 
la mission d’expertise consistait surtout à porter une appréciation sur la 
vraisemblance de l’état douloureux et, le cas échéant, à déterminer si la personne 
expertisée disposait des ressources psychiques lui permettant de surmonter cet état. 
Eu égard à la mission confiée, les experts failliraient à celle-ci s’ils ne tenaient pas 
compte des différents critères mis en évidence par le Tribunal fédéral dans le cadre 
de leur appréciation médicale (ATF 132 V 65 consid. 4.2 et 4.3). 

11. Dans un arrêt récent (ATF 141 V 281), le Tribunal fédéral a abandonné la 
présomption qui prévalait jusqu’à ce jour, selon laquelle les syndromes du type 
troubles somatoformes douloureux et affections psychosomatiques assimilées 
peuvent être surmontés en règle générale par un effort de volonté raisonnablement 
exigible (ATF 132 V 65; ATF 131 V 49; ATF 130 V 352). Désormais, la capacité 
de travail réellement exigible doit être évaluée dans le cadre d’une procédure 
d’établissement des faits structurée et sans résultat prédéfini, permettant de mettre 

 
 
 

 

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en regard les facteurs extérieurs incapacitants d’une part et les ressources de 
compensation de la personne d’autre part (ATF 141 V 281 consid. 3.6 et 4). Il n’y a 
plus lieu de se fonder sur les critères de l’ATF 130 V 352, mais sur une grille 
d’analyse comportant divers indicateurs qui rassemblent les éléments essentiels 
propres aux troubles de nature psychosomatique (ATF 141 V 281 consid. 4). Ces 
indicateurs concernent deux catégories, à savoir celle du degré de gravité 
fonctionnelle et celle de la cohérence. 

Ces indicateurs sont classés comme suit : 

I. Catégorie «  degré de gravité fonctionnelle » 

Les indicateurs relevant de cette catégorie représentent l’instrument de base de 
l’analyse. Les déductions qui en sont tirées devront, dans un second temps, résister 
à un examen de la cohérence (ATF 141 V 281 consid. 4.3). 

A. Axe « atteinte à la santé » 

1. Expression des éléments pertinents pour le diagnostic et des symptômes 

Les constatations relatives aux manifestations concrètes de l’atteinte à la santé 
diagnostiquée permettent de distinguer les limitations fonctionnelles causées par 
cette atteinte de celles dues à des facteurs non assurés. Le point de départ est le 
degré de gravité minimal inhérent au diagnostic. Il doit être rendu vraisemblable 
compte tenu de l’étiologie et de la pathogenèse de la pathologie déterminante pour 
le diagnostic. Par exemple, sur le plan étiologique, la caractéristique du syndrome 
somatoforme douloureux persistant est, selon la CIM-10 F45.5, qu’il survient dans 
un contexte de conflits émotionnels ou de problèmes psycho-sociaux. En revanche, 
la notion de bénéfice primaire de la maladie ne doit plus être utilisée 
(consid.  4.3.1.1). 

2. Succès du traitement et de la réadaptation ou résistance à ces derniers 

Ce critère est un indicateur important pour apprécier le degré de gravité. L’échec 
définitif d’un traitement indiqué, réalisé lege artis sur un assuré qui coopère de 
manière optimale, permet de conclure à un pronostic négatif. Si le traitement ne 
correspond pas ou plus aux connaissances médicales actuelles ou paraît inapproprié 
dans le cas d’espèce, on ne peut rien en déduire s’agissant du degré de gravité de la 
pathologie. Les troubles psychiques sont invalidants lorsqu’ils sont graves et ne 
peuvent pas ou plus être traités médicalement. Des déductions sur le degré de 
gravité d’une atteinte à la santé peuvent être tirées non seulement du traitement 
médical mais aussi de la réadaptation. Si des mesures de réadaptation entrent en 
considération après une évaluation médicale, l’attitude de l’assuré est déterminante 
pour juger du caractère invalidant ou non de l’atteinte à la santé. Le refus de 
l’assuré d’y participer est un indice sérieux d’une atteinte non invalidante. À 
l’inverse, une réadaptation qui se conclut par un échec en dépit d’une coopération 
optimale de la personne assurée peut être significative dans le cadre d’un examen 
global tenant compte des circonstances du cas particulier (consid. 4.3.1.2). 

 
 
 

 

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3. Comorbidités 

La comorbidité psychique ne joue plus un rôle prépondérant de manière générale, 
mais ne doit être prise en considération qu’en fonction de son importance concrète 
dans le cas d’espèce, par exemple pour juger si elle prive l’assuré de ressources. Il 
est nécessaire de procéder à une approche globale de l’influence du trouble 
somatoforme douloureux avec l’ensemble des pathologies concomitantes. Un 
trouble qui, selon la jurisprudence, ne peut pas être invalidant en tant que tel  
(cf. consid. 4.3.1.2; arrêt du Tribunal fédéral 9C_98/2010 du 28 avril 2010  
consid. 2.2.2, in : RSAS 2011 IV n° 17, p. 44) n’est pas une comorbidité (arrêt du 
Tribunal fédéral 9C_1040/2010 du 6 juin 2011 consid. 3.4.2.1, in : RSAS 2012 IV 
n°1, p. 1) mais doit à la rigueur être pris en considération dans le cadre du 
diagnostic de la personnalité (ATF 141 V 281 consid. 4.3.2). Ainsi, un trouble 
dépressif réactionnel au trouble somatoforme ne perd pas toute signification en tant 
que facteur d’affaiblissement potentiel des ressources, mais doit être pris en 
considération dans l’approche globale (ATF 141 V 281 consid. 4.3.1.3). 

B. Axe « personnalité » (diagnostic de la personnalité, ressources personnelles) 

Il s’agit d’accorder une importance accrue au complexe de personnalité de l’assuré 
(développement et structure de la personnalité, fonctions psychiques 
fondamentales). Le concept de ce qu’on appelle les « fonctions complexes du Moi » 
(conscience de soi et de l’autre, appréhension de la réalité et formation du 
jugement, contrôle des affects et des impulsions, intentionnalité et motivation) entre 
aussi en considération. Comme les diagnostics relevant des troubles de la 
personnalité sont, plus que d’autres indicateurs, dépendants du médecin 
examinateur, les exigences de motivation sont particulièrement élevées  
(consid. 4.3.2). 

C. Axe « contexte social » 

Si des difficultés sociales ont directement des conséquences fonctionnelles 
négatives, elles continuent à ne pas être prises en considération. En revanche, le 
contexte de vie de l’assuré peut lui procurer des ressources mobilisables, par 
exemple par le biais de son réseau social. Il faut toujours s’assurer qu’une 
incapacité de travail pour des raisons de santé ne se confond pas avec le chômage 
non assuré ou avec d’autres difficultés de vie (consid. 4.3.3). 

II. Catégorie « cohérence » 

Cette seconde catégorie comprend les indicateurs liés au comportement de l’assuré 
(consid. 4.4). 

A. Limitation uniforme du niveau des activités dans tous les domaines comparables 
de la vie 

Il s’agit ici de se demander si l’atteinte à la santé limite l’assuré de manière 
semblable dans son activité professionnelle ou dans l’exécution de ses travaux 
habituels et dans les autres activités (par exemple, les loisirs). Le critère du retrait 

 
 
 

 

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social utilisé jusqu’ici doit désormais être interprété de telle sorte qu’il se réfère non 
seulement aux limitations mais également aux ressources de l’assuré et à sa 
capacité à les mobiliser. Dans la mesure du possible, il convient de comparer le 
niveau d’activité sociale de l’assuré avant et après la survenance de l’atteinte à la 
santé (consid. 4.4.1). 

B. Poids de la souffrance révélé par l’anamnèse établie en vue du traitement et de la 
réadaptation 

La prise en compte d’options thérapeutiques, autrement dit la mesure dans laquelle 
les traitements sont mis à profit ou alors négligés, permet d’évaluer le poids effectif 
des souffrances. Tel n’est toutefois pas le cas lorsque le comportement est influencé 
par la procédure assécurologique en cours. Il ne faut pas conclure à l’absence de 
lourdes souffrances lorsque le refus ou la mauvaise acceptation du traitement 
recommandé est la conséquence d’une incapacité (inévitable) de l’assuré à 
reconnaître sa maladie (anosognosie). Les mêmes principes s’appliquent pour les 
mesures de réadaptation. Un comportement incohérent de l’assuré est là aussi un 
indice que la limitation fonctionnelle est due à d’autres raisons que l’atteinte à la 
santé assurée (consid. 4.4.2). 

Le juge vérifie librement si l’expert médical a exclusivement tenu compte des 
déficits fonctionnels résultant de l’atteinte à la santé et si son évaluation de 
l’exigibilité repose sur une base objective (consid. 5.2.2; ATF 137 V 64 consid. 1.2 
in fine).  

12. a. Pour pouvoir calculer le degré d’invalidité, l’administration (ou le juge, s’il y a 
eu un recours) a besoin de documents que le médecin, éventuellement aussi 
d’autres spécialistes, doivent lui fournir (ATF 125 V 261 consid. 4). La tâche du 
médecin dans le cadre d’une révision de la rente selon l’art. 17 LPGA consiste 
avant tout à établir l’existence ou non d’une amélioration de l’état de santé de 
l’assuré en comparant les faits tels qu’ils se présentaient au moment de la décision 
initiale avec la situation au moment de son examen (ATF 125 V 369 consid. 2).  

Selon le principe de libre appréciation des preuves, pleinement valable en 
procédure judiciaire de recours dans le domaine des assurances sociales (cf. art. 61 
let. c LPGA), le juge n’est pas lié par des règles formelles, mais doit examiner de 
manière objective tous les moyens de preuve, quelle qu’en soit la provenance, puis 
décider si les documents à disposition permettent de porter un jugement valable sur 
le droit litigieux. En cas de rapports médicaux contradictoires, le juge ne peut 
trancher l’affaire sans apprécier l’ensemble des preuves et sans indiquer les raisons 
pour lesquelles il se fonde sur une opinion médicale et non pas sur une autre. 
L’élément déterminant pour la valeur probante d’un rapport médical n’est ni son 
origine, ni sa désignation, mais son contenu. A cet égard, il importe que les points 
litigieux importants aient fait l’objet d’une étude fouillée, que le rapport se fonde 
sur des examens complets, qu’il prenne également en considération les plaintes 
exprimées, qu’il ait été établi en pleine connaissance du dossier (anamnèse), que la 

 
 
 

 

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description des interférences médicales soit claire et enfin que les conclusions de 
l’expert soient bien motivées (ATF 134 V 231 consid. 5.1; ATF 133 V 450 
consid. 11.1.3; ATF 125 V 351 consid. 3). 

Sans remettre en cause le principe de la libre appréciation des preuves, le Tribunal 
fédéral des assurances a posé des lignes directrices en ce qui concerne la manière 
d’apprécier certains types d’expertises ou de rapports médicaux. Ainsi, en principe, 
lorsqu’au stade de la procédure administrative, une expertise confiée à un médecin 
indépendant est établie par un spécialiste reconnu, sur la base d’observations 
approfondies et d’investigations complètes, ainsi qu’en pleine connaissance du 
dossier, et que l’expert aboutit à des résultats convaincants, le juge ne saurait les 
écarter aussi longtemps qu’aucun indice concret ne permet de douter de leur bien-
fondé (ATF 125 V 351 consid. 3b/bb). 

En ce qui concerne les rapports établis par les médecins traitants, le juge peut et 
doit tenir compte du fait que, selon l’expérience, le médecin traitant est 
généralement enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de 
la relation de confiance qui l’unit à ce dernier (ATF 125 V 351 consid. 3b/cc; arrêt 
du Tribunal fédéral des assurances I 244/05 du 3 mai 2006 consid. 2.1). 

On ajoutera qu’en cas de divergence d’opinion entre experts et médecins traitants, il 
n’est pas, de manière générale, nécessaire de mettre en œuvre une nouvelle 
expertise. La valeur probante des rapports médicaux des uns et des autres doit bien 
plutôt s’apprécier au regard des critères jurisprudentiels (ATF 125 V 351  
consid. 3a) qui permettent de leur reconnaître pleine valeur probante. A cet égard, il 
convient de rappeler qu’au vu de la divergence consacrée par la jurisprudence entre 
un mandat thérapeutique et un mandat d’expertise (ATF 124 I 170 consid. 4 ; arrêt 
du Tribunal fédéral des assurances I 514/06 du 25 mai 2007 consid. 2.2.1, in 
SVR 2008 IV Nr. 15 p. 43), on ne saurait remettre en cause une expertise ordonnée 
par l’administration ou le juge et procéder à de nouvelles investigations du seul fait 
qu’un ou plusieurs médecins-traitants ont une opinion contradictoire. Il n’en va 
différemment que si ces médecins-traitants font état d’éléments objectivement 
vérifiables ayant été ignorés dans le cadre de l’expertise et qui sont suffisamment 
pertinents pour remettre en cause les conclusions de l’expert (arrêt du Tribunal 
fédéral 9C_369/2008 du 5 mars 2009 consid. 2.2).  

b. Dès lors qu’en l’absence de résultats sur le plan somatique, le seul diagnostic de 
troubles somatoformes douloureux ne suffit pas pour justifier un droit à des 
prestations d’assurance sociale, il incombe à l’expert psychiatre, dans le cadre large 
de son examen, d’indiquer à l’administration (et au juge) si et dans quelle mesure 
un assuré dispose de ressources psychiques qui - eu égard également aux critères 
pertinents - lui permettent de surmonter ses douleurs. Les prises de position 
médicales sur la santé psychique et sur les ressources dont dispose l’assuré 
constituent une base indispensable pour trancher la question (juridique) de savoir si 
et dans quelle mesure on peut exiger de celui-ci qu’il mette en œuvre toute sa 
volonté pour surmonter ses douleurs et réintégrer le monde du travail. Dans le cadre 

 
 
 

 

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de la libre appréciation dont ils disposent, l’administration et le juge ne sauraient ni 
ignorer les constatations de fait des médecins, ni faire leur les estimations et 
conclusions médicales relatives à la capacité (résiduelle) de travail, sans procéder à 
un examen préalable de leur pertinence du point de vue du droit des assurances 
sociales. Cela s’impose en particulier lorsque l’expert atteste une limitation de la 
capacité de travail fondée uniquement sur le diagnostic de troubles somatoformes 
douloureux. Dans un tel cas, il appartient aux autorités administratives et judiciaires 
d’examiner avec tout le soin nécessaire si l’estimation médicale de l’incapacité de 
travail prend en considération également des éléments étrangers à l’invalidité (en 
particulier des facteurs psychosociaux et socio-culturels) qui ne sont pas pertinents 
du point de vue des assurances sociales, ou si la limitation (partielle ou totale) de la 
capacité de travail est justifiée par les critères juridiques déterminants (arrêt du 
Tribunal fédéral des assurances I 648/03 du 18 septembre 2004 consid. 5.1.3 et 
5.1.4). 

Quand bien même le diagnostic de fibromyalgie est d’abord le fait d’un médecin 
rhumatologue, il convient ici aussi d’exiger le concours d’un médecin spécialiste en 
psychiatrie, d’autant plus que les facteurs psychosomatiques ont, selon l’opinion 
dominante, une influence décisive sur le développement de cette atteinte à la santé. 
Une expertise interdisciplinaire tenant à la fois compte des aspects rhumatologiques 
et psychiques apparaît donc la mesure d’instruction adéquate pour établir de 
manière objective si l’assuré présente un état douloureux d’une gravité telle - eu 
égard également aux critères déterminants - que la mise en valeur de sa capacité de 
travail sur le marché du travail n’est plus du tout ou seulement partiellement 
exigible de sa part. On peut réserver les cas où le médecin rhumatologue est 
d’emblée en mesure de constater, par des observations médicales concluantes, que 
les critères déterminants ne sont pas remplis, ou du moins pas d’une manière 
suffisamment intense, pour conclure à une incapacité de travail (ATF 132 V 65 
consid. 4.3; arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 652/04 du 3 avril 2006 
consid. 2.3). 

13. Conformément au principe inquisitoire qui régit la procédure dans le domaine des 
assurances sociales, le juge des assurances sociales doit procéder à des 
investigations supplémentaires ou en ordonner lorsqu’il y a suffisamment de raisons 
pour le faire, eu égard aux griefs invoqués par les parties ou aux indices résultant du 
dossier. Il ne peut ignorer des griefs pertinents invoqués par les parties pour la 
simple raison qu’ils n’auraient pas été prouvés (VSI 5/1994 220 consid. 4a). En 
particulier, il doit mettre en œuvre une expertise lorsqu’il apparaît nécessaire de 
clarifier les aspects médicaux du cas (ATF 117 V 282 consid. 4a; RAMA 1985 
p. 240 consid. 4; arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 751/03 du 19 mars 2004 
consid. 3.3). Dans un arrêt de principe, le Tribunal fédéral a modifié sa 
jurisprudence en ce sens que lorsque les instances cantonales de recours constatent 
qu’une instruction est nécessaire parce que l’état de fait médical doit être élucidé 
par une expertise, elles sont en principe tenues de diligenter une expertise judiciaire 

 
 
 

 

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si les expertises médicales ordonnées par l’OAI ne se révèlent pas probantes 
(ATF 137 V 210 consid. 4.4.1.3). Cela étant, un renvoi à l’administration pour mise 
en œuvre d’une nouvelle expertise reste possible, même sous l’empire de la 
nouvelle jurisprudence, notamment lorsqu’il s’agit de préciser un point de 
l’expertise ordonnée par l’administration ou de demander un complément à l’expert  
(ATF 137 V 210 consid. 4.4.1.3 et 4.4.1.4; SVR 2010 IV n. 49 p. 151 consid. 3.5; 
arrêt du Tribunal fédéral 8C_760/2011 du 26 janvier 2012 consid. 3). 

Les expertises mises en œuvre selon l’ancien standard de procédure ne perdent pas 
en soi valeur de preuve. Lors de l’application par analogie des exigences désormais 
modifiées en matière de droit matériel des preuves, il faut examiner dans chaque 
cas si l’expertise administrative et/ou juridique demandée – le cas échéant dans le 
contexte d’autres rapports médicaux réalisés par des spécialistes – permet ou non 
une évaluation concluante à la lumière des indicateurs déterminants. Suivant le 
degré et l’ampleur de clarification nécessaire, un complément ponctuel peut dans 
certaines circonstances suffire (ATF 141 V 281 consid. 8). 

Lorsqu’une expertise ne permet pas une appréciation concluante du cas à l’aune des 
indicateurs déterminants développés par la nouvelle jurisprudence en lien avec les 
troubles somatoformes douloureux et d’autres syndromes somatiques dont 
l’étiologie est incertaine, un renvoi à l’administration pour instruction 
complémentaire et nouvelle décision est possible (arrêt du Tribunal fédéral 
8C_219/2015 du 12 octobre 2015 consid. 5.4). 

14. En l’espèce, l’intimé est entré en matière sur la nouvelle demande de la recourante 
et a mis en œuvre une expertise pluridisciplinaire afin de déterminer si son taux 
d’invalidité s’était notablement modifié depuis la décision initiale du  
1er juillet 2008. 

Se basant sur les appréciations du SMR des 3 juillet et 27 novembre 2014, elles-
mêmes fondées sur une partie des conclusions du rapport d’expertise du  
4 mars 2014, l’intimé a nié toute aggravation notable de l’état de santé de la 
recourante et considéré que la capacité de travail demeurait nulle dans la profession 
habituelle d’aide-soignante et de 70% dans une activité adaptée aux limitations 
fonctionnelles.  

15. Étant donné que les experts ont retenu le diagnostic de fibromyalgie, mais exclu 
toute répercussion de ladite atteinte sur la capacité de travail de la recourante, il 
sied de déterminer au préalable quels critères jurisprudentiels doivent être 
appliqués. 

Interpellé à cet égard, l’intimé a indiqué le 22 juillet 2015 qu’il n’entendait pas 
appliquer la nouvelle jurisprudence fédérale à la présente cause, au motif qu’ « en 
matière d’assurances sociales, les règles applicables sont celles en vigueur au 
moment où les faits juridiquement déterminants se sont produits (ATF 127 V 467 
consid. 1). Un changement de jurisprudence n’est un motif ni de révision, ni de 

 
 
 

 

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reconsidération et ne déploie, en règle ordinaire, des effets que pour l’avenir  
(ATF 119 V 413 consid. 3a et les références) ». 

Si une nouvelle jurisprudence ne constitue ni un motif de révision, ni un motif de 
reconsidération, et qu’elle ne vaut que pour les cas futurs, il importe en revanche de 
souligner qu’elle s’applique pour les affaires pendantes devant un tribunal au 
moment du changement de jurisprudence (ATF 108 V 3), de sorte que la 
modification à laquelle a procédé le Tribunal fédéral dans son arrêt du 3 juin 2015 
doit être prise en considération pour résoudre le présent litige. 

En l’occurrence, les experts ont pris position quant aux anciens critères 
jurisprudentiels. Leur évaluation ne peut cependant pas être suivie au regard de la 
nouvelle jurisprudence, parce que l’expertise ne permet pas une appréciation de 
l’état de santé de la recourante à la lumière des exigences relatives au diagnostic et 
des indicateurs déterminants.  

De surcroît, la chambre de céans constate que le rapport d’expertise ne saurait se 
voir reconnaître une quelconque valeur probante. 

16. En premier lieu, elle observe qu’en dépit de l’existence avérée de plusieurs atteintes 
au niveau ophtalmologique et du fait que le SMR avait estimé que les rapports du  
Dr I______ étaient insuffisants pour évaluer les limitations fonctionnelles et la 
capacité de travail (avis de la Dresse P______ du 22 novembre 2013), le SMR a 
finalement renoncé à ce volet de l’expertise, le médecin désigné ayant déjà examiné 
la recourante, et indiqué qu’il prendrait les renseignements nécessaires auprès de 
l’ophtalmologue traitant (courriel de la Dresse P______ du 10 février 2014). Le Dr 
I______ a par la suite rendu deux nouveaux rapports, datés des 13 janvier et 14 
octobre 2014. Or, ces documents n’apportent aucune indication précise quant aux 
restrictions engendrées par les atteintes et quant à leur influence sur la capacité de 
travail de la recourante, mais attestent bien d’une aggravation des pathologies 
puisque plusieurs interventions ont dû être pratiquées depuis le  
1er juillet 2008, notamment une opération de la cataracte de l’œil gauche en 
septembre 2008, une opération de la cataracte de l’œil droit en novembre 2008, 
ainsi que plusieurs injections entre 2008 et 2013, et qu’une membrane 
néovasculaire sous-rétinienne en région maculaire des deux côtés avaient été 
découverte en décembre 2013. Dans ces conditions, la détermination du SMR, aux 
termes de laquelle les limitations fonctionnelles n’auraient pas évolué depuis son 
appréciation de juin 2008 (rapports de la Dresse U______ des 3 juillet et 27 
novembre 2014), ne résulte pas d’investigations complètes. Le défaut d’instruction 
est d’autant plus inadmissible qu’il a été observé, au jour de l’expertise, que la 
recourante était incapable de lire et de remplir seule un questionnaire car elle venait 
d’être opérée au niveau des yeux. 

17. En deuxième lieu, la chambre de céans constate que les conclusions de l’experte en 
rhumatologie et médecine interne ne sont pas convaincantes.  

 
 
 

 

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a. S’agissant des atteintes dorsales, l’experte a diagnostiqué des discopathies C4-C5 
et C5-C6, associées à une arthrose interapophysaire postérieure C7-D1, une 
discopathie D12-L1 avec une ostéophytose antérieure de D9 et une scoliose 
lombaire. Elle s’est donc écartée de la plupart des constatations des autres médecins 
ayant été amenés à examiner les documents radiologiques, en ne retenant 
notamment pas l’existence de scolioses des rachis cervical et dorsal, lesquelles ont 
pourtant été confirmées à réitérées reprises et à neuf ans d’intervalle (rapports du 
Dr C______ des 3 novembre 2003, 3 mai 2004 et 26 octobre 2012), d’une 
diminution de la lordose au niveau cervical, d’un bec ostéophytaire en D8-D9 et 
D10-D11 (rapports du Dr C______ du 3 novembre 2003 et du Dr F______ du 19 
septembre 2007), d’une sténose du canal radiculaire, modérée en C4-C5 et serrée en 
C5-C6 (rapports de la Dresse E______ du 2 novembre 2006 et du  
Dr F______ du 19 septembre 2007), d’une protrusion discale en L2-L3, de troubles 
dégénératifs en L4-L5 et L5-S1 (rapport du Dr F______ du septembre 2007), de 
rétrolisthésis de C3, L2 et L3 avec un bec ostéophytaire (rapport du Dr C______ du 
26 octobre 2012). Sa propre interprétation des images n’est toutefois pas suffisante 
pour réfuter les conclusions établies par des spécialistes en la matière, de sorte que 
les atteintes admises par l’experte apparaissent incomplètes.  

De plus, l’appréciation de la Dresse Q______ selon laquelle l’état de santé de la 
recourante serait stabilisé en ce qui concerne les atteintes du rachis s’est avérée 
inexacte puisque les dernières constatations radiologiques attestent d’une 
aggravation des troubles. En effet, ont été observées une protrusion discale 
ostéophytaire C5-C6 « plus accusée actuellement » appuyant sur la partie antérieure 
du fourreau dural et sur la racine C6 droite, une uncarthrose sévère rétrécissant 
fortement le foramen droit en conflit avec la racine C6 droit dans son trajet 
foraminal (rapport du Dr C______ du 26 septembre 2014), ou encore une arthrose 
interapophysaire postérieure étagée avec un épaississement des ligaments jaunes 
rétrécissant le canal dans le sens latéral, surtout en L3-L4, « plus accusée 
actuellement » (rapport du Dr C______ du 29 septembre 2014).   

b. En outre, la Dresse Q______ a considéré que la tendinopathie calcifiante du 
supra-épineux de l’épaule droite était actuellement à un stade chronique et non 
évolutif, les images étant stables et sans signe de conflit sous-acromial évident à 
l’examen. Cette argumentation est difficilement compréhensible, étant rappelé que 
l’experte a observé que la calcification n’existait pas sur la première échographie, 
ce qui dénote à l’évidence d’une modification de l’état de santé. De surcroît, son 
avis semble contradictoire puisqu’elle a conclu, d’une part, à une tendinopathie non 
évolutive et, d’autre part, que l’évolution « devrait aller vers la guérison ». C’est 
encore le lieu de relever que l’anamnèse relative à cette atteinte comporte une 
erreur manifeste en ce qui concerne le traitement, l’experte ayant noté que la 
recourante « aurait bénéficié de plusieurs infiltrations, dont l’efficacité ne persistait 
que sur six semaines environ » (rapport p. 23), puis que la recourante « n’a 
bénéficié que d’un traitement antalgique, mais elle n’a jamais eu ni physiothérapie 

 
 
 

 

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à ce niveau, ni infiltration » (rapport p. 68). S’agissant des limitations 
fonctionnelles, l’appréciation de la Dresse Q______ n’est pas persuasive. En effet, 
elle a admis que la pathologie pouvait occasionnellement être « très douloureuse », 
mais a exclu toute restriction en lien avec des mouvements des bras au-dessus de 
l’horizontale au motif que la tendinopathie était « en phase de chronicité » et « ne 
semblait pas avoir évolué depuis un an et demi » (rapport p. 70). Faute de plus 
amples explications à ce sujet, la chambre de céans peine à comprendre pour quelle 
raison le caractère persistant et prétendument stabilisé de la tendinopathie 
s’opposerait à ce qu’elle engendre des restrictions. En outre, la Dresse Q______ a 
considéré que la recourante pouvait continuer à exercer la profession d’aide-
soignante puisque le port de charges avec soutien des patients n’était pas supérieur 
à 25 kg de manière itérative et régulière, mais a admis une diminution de rendement 
de 20% car la recourante avait besoin de plus de temps pour lever les patients 
(rapport p. 70 et 71). Elle n’a toutefois pas indiqué pour quelle raison la manœuvre 
précitée, qui pouvait s’avérer très douloureuse, n’était en définitive pas tout 
simplement contre-indiquée, même si elle n’était qu’occasionnelle. Elle n’a pas 
plus exposé pour quel motif la recourante aurait besoin de plus de temps pour 
réaliser de tels mouvements, en particulier si la douleur s’estompait lorsque le geste 
était réalisé lentement. 

18. Troisièmement, les conclusions au niveau psychiatrique n’emportent pas la 
conviction de la chambre de céans non plus. 

a. Il est relevé tout d’abord que le Dr R______ n’a pratiquement accordé aucun 
crédit aux déclarations de la recourante, estimant que cette dernière dramatisait et 
majorait ses plaintes, et était dès lors peu crédible. Il n’a toutefois pas développé les 
indices qui lui permettaient de considérer que la recourante exagérait ses doléances, 
mis à part le niveau de la douleur alléguée. Or, eu égard aux nombreuses 
pathologies citées dans le dossier de l’intimé (atteintes des rachis cervico-dorso-
lombaire, de l’épaule, troubles oculaires et diagnostic de fibromyalgie), l’expert 
aurait dû étayer davantage son argumentation, ce d’autant plus qu’il a relevé que la 
recourante s’était régulièrement levée pour se détendre le dos (rapport p. 90).   

De plus, le Dr R______ a essentiellement basé sa détermination sur l’anamnèse et 
le contenu des rapports des autres médecins, et non pas sur propres observations. 
Son examen clinique semble d’ailleurs peu fiable puisqu’il a mentionné que la 
recourante acquiesçait systématiquement à toutes ses propositions, ce qui rendait 
« peu compte de la réalité de sa situation clinique » (rapport p. 91); l’analyse des 
diagnostics majeurs était « rendue difficile devant une franche note de 
dramatisation et l’impossibilité pour l’investiguée de répondre clairement aux 
questions » (rapport p. 91). Les plaintes de la recourante quant à ses difficultés à se 
concentrer étaient « difficiles à évaluer de manière efficiente » (rapport p. 92). Il a 
également noté qu’il était « difficile d’avoir une idée claire de la situation clinique 
et de la réalité des plaintes, compte tenu des réponses un peu automatisées et, en 
quelque sorte, obligatoirement graves » (rapport p. 94).  

 
 
 

 

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Il est également singulier que l’expert ait nié l’existence d’un trouble dépressif, 
pourtant signalé par plusieurs médecins (rapports de la Dresse K______ du 7 
décembre 2012, du Dr N______ du 29 avril 2013, de la Dresse T______ du 20 
janvier 2014), pour retenir une réaction à un facteur de stress sévère, atteinte qu’il a 
cependant considérée en rémission complète faute d’en retrouver des symptômes. 
Dans ces conditions, il eût été judicieux que l’expert s’entretienne avec les 
spécialistes qui suivent régulièrement la recourante, ce d’autant plus que qu’il a 
fondé son analyse sur leur rapport, mais qu’il s’est écarté des diagnostics posés. En 
outre, il sera observé que l’appréciation de l’expert paraît incertaine, puisqu’il a 
indiqué que : « il semble peu probable que l’expertisée ait, à un moment donné, 
réellement présenté les symptômes d’un épisode dépressif avéré ou d’un trouble 
anxieux spécifique » (rapport p. 131). De façon étonnante, l’expert a considéré 
qu’« aucun examen complémentaire n’est à recommander car l’anamnèse et 
l’examen clinique actuels sont suffisamment clairs pour permettre de retenir le 
diagnostic d’une réaction à un