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**Case Identifier:** 2e2717c3-11f6-5b5f-a068-ad20f8df5e8c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-07-01
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 01.07.2008 A/2807/2007
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-2807-2007_2008-07-01.pdf

## Full Text

Siégeant : Isabelle DUBOIS , Présidente; Christine BULLIARD-MANGILI et Bertrand 

REICH , Juges assesseurs 

  

 
 

R E P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/2807/2007 ATAS/784/2008 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 

ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 2 

du 1
er

 juillet 2008 

 

En la cause 

Madame C________, domiciliée à Carouge GE, CH, comparant 
avec élection de domicile en l'étude de Maître LOCCIOLA 
Maurizio 

recourante 

 

contre  

OFFICE CANTONAL DE L'ASSURANCE-INVALIDITE, sis rue 
de Lyon 97, GENEVE 

intimé 

 

 
 
 

 

A/2807/2007 

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Attendu en fait que l’Office cantonal de l’assurance-invalidité (ci-après : OCAI) a 
supprimé la rente entière de Madame C________ (ci-après : la recourante), par décision 
du 15 juin 2007, avec effet dès le premier jour du deuxième mois qui suit la 
notification ; 

Que dans son recours du 16 juillet 2007, la recourante conclut à l’annulation de la 
décision, contestant toute amélioration de son état de santé ainsi que le calcul de 
l'invalidité; 

Que dans sa réponse du 12 septembre 2007, l’OCAI a conclut au rejet du recours ; 

Que dans ses écritures complémentaires du 31 octobre 2007, la recourante a sollicité, 
notamment, une expertise médicale et produit des nouvelles pièces; 

Que dans sa réponse du 20 décembre 2007, l'OCAI par son avis du SMR du 14 
décembre 2007, a conclu qu'un complément d'instruction du point de vue médical était 
souhaitable et qu'il ne s'opposait pas à une évaluation bi-discipliniaire réalisée par le 
Tribunal de céans ; 

Que dans son courrier du 10 janvier 2008, la recourante demandait que l'expertise soit 
ordonnée par le Tribunal plutôt que l'affaire soit renvoyée à l'OCAI; 

Que par ordonnance du 11 janvier 2008, le Tribunal a ordonné une expertise 
bidisciplinaire, psychiatrique et rhumatologique, de la recourante, puis après avoir 
sollicité les parties sur les noms d'experts et sur leurs propositions de questions, a confié 
un mandat d'expertise au BUREAU ROMAND D'EXPERTISE MÉDICALE (ci-après 
BREM) le 1er février 2008 ; 

Que les experts ont rendu leur rapport le 19 mai 2008; qu'après l'analyse du dossier et 
des données fournies par la recourante, en particulier l'anamnèse familiale, personnelle 
et sociale, l'anamnèse des maladies et des accidents et la prise en compte des plaintes 
actuelles, les experts ont procédé à l'examen clinique de la recourante, à l'examen des 
documents d'imagerie en leur possession, et à l'expertise psychiatrique de la recourante ; 

Qu'ils ont retenu comme diagnostic avec répercussions sur la capacité de travail un 
trouble dépressif récurrent, épisode actuel moyen, avec syndrome somatique ; 

Qu'ils ont déterminé que la capacité de travail dans l'activité d'ouvrière d'horlogerie 
avait été nulle du 25 mars 2005 au 30 janvier 2006, puis de 80 % jusqu'au 15 juin 2007, 
date de la décision, puis à nouveau nulle en raison de celle-ci, entre le 15 juin 2007 et le 
19 mai 2008, enfin de 50 % depuis cette date, la capacité de travail ne variant pas selon 
le type d'activité en raison des troubles psychiques ; 

Que par courrier du 28 mai 2008, le Tribunal a transmis cette expertise aux parties en 
les priant d'examiner sa valeur probante et d'indiquer au Tribunal dans quelle mesure, au 

 
 
 

 

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vu des constatations des experts, elles adhéraient à la proposition de mettre la recourante 
au bénéfice d'une rente entière d'invalidité jusqu'au mois de mai 2008, puis d'une demie 
rente depuis le mois de juin 2008, avec une révision à prévoir d'ici la fin 2009, 
l'indication d'un traitement médical à suivre conformément aux conseils des experts, 
avec dépens en faveur de la recourante fixée à 1500 fr., et la renonciation à tout 
émolument ; 

Qu'alors que la recourante s'est dite d'accord, par gain de paix, avec cette proposition, 
par courrier du 19 juin 2008, l'OCAI a indiqué par pli du 18 juin 2008 que les experts 
retenaient l'apparition d'une nouvelle atteinte entraînant une incapacité de travail dès la 
mi-juin 2007, qu'un nouveau délai de carence d'une année s'ouvrait, que cette 
problématique psychique était postérieure à la décision litigieuse et devait être examinée 
dans le cadre d'une nouvelle demande, raison pour laquelle il maintenait ses 
conclusions; 

Qu'était joint à ce courrier un avis médical circonstancié de SMR du 18 juin 2008, qui 
procède à l'analyse de l'expertise, en retient les conclusions, confirme les périodes de 
capacité de travail et incapacité de travail mentionnées dans le rapport tout en attirant 
l'attention des parties sur le fait que la capacité de travail de 50 % depuis la date de 
l'expertise, le 19 mai 2008, devait être réévaluée dans les trois mois, car l'on ne pouvait 
dire aujourd'hui si l'amélioration de l'état de santé était durable ; 

Que la cause a été gardée à juger; 

Considérant en droit  que le Tribunal est compétent en la matière (art. 56V al. 1 let. a 
ch. 2 de la loi genevoise sur l'organisation judiciaire); 

Que la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales (ci-après 
LPGA), entrée en vigueur le 1er janvier 2003, est applicable au cas d'espèce; 

Que le recours, interjeté dans les forme et délai prévus par la loi, est recevable (art. 56 à 
60 LPGA); 

Que la question litigieuse est de savoir si la rente d'invalidité de la recourante a été 
supprimée à juste titre par l'OCAI, par sa décision du 15 juin 2007, à la lumière de 
l'expertise judiciaire bidisciplinaire effectuée par le BREM; 

Qu'on rappellera, en effet, que le juge ne s'écarte en principe pas sans motifs impératifs 
des conclusions d'une expertise médicale judiciaire, la tâche de l'expert étant 
précisément de mettre ses connaissances spéciales à la disposition de la justice afin de 
l'éclairer sur les aspects médicaux d'un état de fait donné. Selon la jurisprudence, peut 
constituer une raison de s'écarter d'une expertise judiciaire le fait que celle-ci contient 
des contradictions, ou qu'une surexpertise ordonnée par le tribunal en infirme les 
conclusions de manière convaincante. En outre, lorsque d'autres spécialistes émettent 
des opinions contraires aptes à mettre sérieusement en doute la pertinence des 

 
 
 

 

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déductions de l'expert, on ne peut exclure, selon les cas, une interprétation divergente 
des conclusions de ce dernier par le juge ou, au besoin, une instruction complémentaire 
sous la forme d'une nouvelle expertise médicale (ATF 125 V 352 consid. 3b/aa et les 
références); 

Qu'en l'espèce, les parties ont admis la valeur probante de l'expertise, à juste titre 
puisque celle-ci remplit tous les réquisits jurisprudentiels, est complète, convaincante, 
claire, et que le SMR propose également d'en suivre les conclusions ; 

Qu'à ce propos le Tribunal a formulé aux parties une proposition globale, dépens et 
émolument compris, qui tire les conséquences juridiques des incapacités de travail 
retenues par les experts, proposition que l'OCAI a toutefois refusée de sorte qu'elle est 
caduque; 

Que selon une jurisprudence constante, le juge des assurances sociales apprécie la 
légalité des décisions attaquées, en règle générale, d'après l'état de fait existant au 
moment où la décision litigieuse a été rendue (ATF 121 V 366 consid. 1b et les arrêts 
cités). Les faits survenus postérieurement, et qui ont modifié cette situation, doivent 
normalement faire l'objet d'une nouvelle décision administrative (ATF 121 V 366 
consid. 1b et la référence). Les faits survenus postérieurement doivent cependant être 
pris en considération dans la mesure où ils sont étroitement liés à l'objet du litige et de 
nature à influencer l'appréciation au moment où la décision attaquée a été rendue (ATF 
99 V 102 et les arrêts cités; ATFA du 18 juillet 2005, I 321/04, consid. 5); 

Que par ailleurs aux termes de l'art. 88 bis RAI, la suppression de la rente prend effet au 
plus tôt le premier jour du deuxième mois qui suit la notification de la décision, comme 
le mentionne d'ailleurs la décision litigieuse, et rétroactivement à la date où elle a cessé 
de correspondre aux droits de l'assurée, s'il se l'est fait attribuer irrégulièrement ou s'il a 
manqué, à un moment donné, à l'obligation de renseigner qui lui incombe 
raisonnablement ; 

Que cette deuxième hypothèse n'est manifestement pas remplie en l'espèce ; 

Qu'il en découle que la suppression de la rente prend effet le 1er août 2007, et qu'à cette 
date l'incapacité de travail de la recourante était totale, depuis la date de la décision 
litigieuse et jusqu'au 15 mai 2008 en tout cas, puisque selon le SMR lui-même 
l'amélioration de l'état de santé de la recourante au 15 mai 2008 ne peut être considérée 
comme durable sans nouvelle évaluation de la situation; 

Qu’à l'évidence la décision litigieuse doit être annulée, en tant qu'elle supprime le droit 
à la rente à une époque où l'incapacité de travail était à nouveau totale ; 

Qu'on rappellera, par surabondance de moyens et à l'attention de l'OCAI, que de toute 
façon l'art. 29bis RAI prévoit que si la rente a été supprimée du fait de l'abaissement du 
degré d'invalidité et que l'assuré, dans les trois ans qui suivent, présente à nouveau un 

 
 
 

 

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degré d'invalidité ouvrant le droit à la rente en raison d'une incapacité de travail de 
même origine, on déduira de la période d'attente que lui imposerait l'art. à 29 LAI, celle 
qui a précédé le premier octroi;  

Que les conclusions juridiques que tire l'OCAI en l'occurrence sont donc manifestement 
erronées; 

Qu'au vu de ce qui précède, la décision de suppression de rente sera purement et 
simplement annulée;  

Qu'il n'y a pas de raison d'aller au-delà en prévoyant une révision à date fixe ni 
l'obligation d'un traitement, que les dépens n'ont pas non plus de raison d'être limités à 
titre transactionnel, et qu'il sera également perçu l'émolument, en application de la loi 
fédérale du 16 décembre 2005 modifiant la LAI, entrée en vigueur le 1er juillet 2006, qui 
apporte des modifications notamment de la procédure conduite devant le Tribunal 
cantonal des assurances (art. 52, 58 et 61 let. a LPGA). En particulier, la procédure de 
recours en matière de contestations portant sur l'octroi ou le refus de prestations de 
l'assurance-invalidité devant le Tribunal de céans est désormais soumise à des frais de 
justice, qui doivent se situer entre 200 fr. et 1'000 fr. (art. 69 al. 1 bis LAI); 

Qu'en l'occurrence les dépens seront fixés à 2'250 fr., et l'émolument à 500 fr. 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. L'admet, et annule la décision litigieuse. 

3. Condamne l'OCAI au versement d'une indemnité de procédure en faveur de la 
recourante de 2'250 fr. 

4. Met un émolument de 500 fr. à la charge de l'OCAI.  

5. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 
juin 2005 (LTF); le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 
moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit 
être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du 
recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l'envoi. 

 
La greffière 

 
 
 
 

Yaël BENZ 

 La présidente 
 
 
 
 

Isabelle DUBOIS  
   

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 
des assurances sociales par le greffe le