# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 423197b0-8650-535f-a0b7-2d18b46c1079
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2005-04-20
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Commission de taxation des honoraires d'avocats 20.04.2005 C/1386/2005
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_008_C-1386-2005_2005-04-20.pdf

## Full Text

La présente décision est communiquée pour notification aux parties par la secrétaire 

le 22.04.05 

 
TH C/1386/2005 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

TH C/1386/2005 ATAX/51/2005 

 

DECISION 

de la Commission de taxation des honoraires d'avocat 

DU MERCREDI 20 AVRIL 2005 

 

Entre 

Madame O______, Rue ______, à Genève, partie requérante 

et 

Maître B______, avocat, Rue ______, à Genève, partie citée 

 

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TH C/1386/2005 

EN FAIT 

Par requête du 21 janvier 2005, O______ a soumis à la Commission de taxation une 

note de frais et honoraires de Me B______ du 20 avril 2004, au montant de 18'292 fr. 

TTC. 

En substance, elle indique avoir confié à l'avocat le mandat de défendre les intérêts de 

son ami d'alors, E______ et, dans ce contexte, elle lui a versé une provision de 25'000 

fr. 

Ultérieurement, Me B______ lui aurait proposé de défendre ses intérêts également dans 

le cadre de démarches à effectuer pour obtenir la mise en faillite d'une société anonyme 

dont elle était actionnaire et administratrice, D______ S.A. 

Selon la requérante, Me B______ lui a proposé d'affecter la provision de 25'000 fr. à 

hauteur de 20'000 fr. pour les démarches à entreprendre dans le cadre de  

D______ S.A. et de 5'000 fr. pour la défense de son compagnon. 

Au mois d'octobre 2004, elle a mis fin au mandat qui la concernait. Les démarches 

entreprises en sa faveur ne représentaient que quelques heures de travail, mais avaient 

été facturées à hauteur de 18'292 fr. et l'Etude de Me B______ lui avait rendu 1'708 fr. 

Elle considère que sa provision a permis à Me B______ d'encaisser une grande partie 

des frais et honoraires afférents à la cause pénale de son ami. 

Par courrier du 1
er

 mars 2005, Me B______ a conclu à l'irrecevabilité de la contestation 

de O______, et subsidiairement à ce qu'elle soit déclarée infondée. 

Il expose ce qui suit : 

Le 9 juillet 2003, O______ l'a chargé, d'une part, de défendre ses intérêts dans le cadre 

d'un litige l'opposant à la société D______ S.A. et d'autre part, de défendre les intérêts 

de son fiancé, alors détenu dans le cadre d'une importante affaire financière. 

Sa cliente a effectivement signé, le 9 juillet 2003, deux conventions de règlement 

d'honoraires distinctes, lesquelles prévoient que les honoraires pour le travail effectué 

seraient fixés sur la base d'un tarif horaire de 500 fr. pour l'activité de Me B______ lui-

même, de 400 fr. pour celle d'un collaborateur breveté et de 250 fr. pour celle d'un 

avocat-stagiaire. 

Le délai pour le règlement ou la contestation de tout ou partie de la note de frais et 

honoraires était fixé à dix jours. La mandante acceptait sans réserve qu'à défaut de 

paiement ou de contestation, de quelque nature que ce soit, par lettre recommandée, 

dans le délai de dix jours, la note de frais et honoraires du mandataire serait réputée 

acceptée et son montant dû et exigible, ceci définitivement avec valeur de 

reconnaissance de dette. 

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Selon Me B______, au printemps 2004, sa cliente l'a informé que sa situation 

personnelle avait changé et qu'elle ne souhaitait pas consacrer un montant supérieur à 

25'000 fr. à la défense de ses propres intérêts, respectivement et surtout, des intérêts de 

son ami. Me B______ l'a alors informée du fait que, sur la base de la convention de 

règlement d'honoraires du 9 juillet 2003, l'activité qu'il avait déployée pour son compte 

personnel s'élevait alors, soit au 18 avril 2004, à 18'292 fr. 

Effectivement, Me B______ a établi, le 20 avril 2004, une note de frais et honoraires 

pour l'activité déployée en faveur de sa cliente du 9 juillet 2003 au 18 avril 2004. Cette 

note précise que l'Etude a consacré 44,6 heures d'activité à ce dossier dont 14,25 heures 

de Me B______, 14,25 heures de Me M______ et 16,16 heures de Me P______. La note 

totalisait 18'292 fr.; la provision versée étant de 20'000 fr., l'Etude gardait 1'708 fr. au 

crédit de la cliente à titre de provision pour l'activité postérieure au 19 février 2004. 

Etait annexé à la note de frais et honoraires un relevé informatique détaillé de l'activité. 

O______ a signé la copie de cette facture avec la mention "Lu et approuvé ce jour". 

Le 20 avril 2004, O______ signait encore une déclaration confirmant qu'elle avait reçu 

de Me B______ une note de frais et honoraires pour l'activité déployée dans divers 

dossiers, en sa faveur, d'un montant de 18'292 fr. Elle précisait que la somme de 20'000 

fr., sur le montant de 25'000 fr. qu'elle avait versé à l'origine à titre de provision, devait 

être affectée au règlement de cette note et que le solde de 1'708 fr. devait être laissé à 

son crédit pour d'éventuelles autres opérations. L'autre partie de la provision 

initialement versée devait être affectée à la défense pénale de E______, pour y 

contribuer ainsi à hauteur de 5'000 fr. maximum.  

Au mois de novembre 2004, Me B______ a adressé un courrier à sa cliente pour lui 

indiquer que si, depuis le 20 avril 2004, il avait travaillé environ 3,3 heures pour elle, il 

renonçait à les facturer et lui envoyait donc un chèque à son ordre de  

1'708 fr. correspondant au montant qu'il avait conservé à titre de provision. 

Compte tenu des divers documents signés par sa cliente, Me B______ estime que sa 

contestation est irrecevable puisque présentée après le délai contractuellement fixé entre 

les parties et que, par ailleurs, dans la mesure où la note de frais et honoraires a été 

approuvée, la contestation est en tout état infondée. 

Lors de l'audience du 15 mars 2005, les parties ont persisté dans leur position. O______ 

a fait valoir qu'elle ne comprenait pas quelle activité  

Me B______ avait pu déployer pour un montant de plus de 18'000 fr. Elle souhaitait la 

faillite de D______ S.A.; or, cette société existait toujours et elle en était elle-même 

encore administratrice. 

O______ a toutefois confirmé qu'elle avait effectivement signé la déclaration précisant 

que la note de frais et honoraires concernant l'activité déployée pour elle-même devait 

être acquittée au moyen de la provision qu'elle avait versé à Me B______, à hauteur de 

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20'000 fr. et que le solde de 5'000 fr. de provision devait être destiné à la défense de son 

ami. 

O______ a également confirmé avoir signé pour accord la note de frais et honoraires de 

son avocat à laquelle était annexé le relevé détaillé de l'activité. 

Interrogée précisément à cet égard, elle n'a pas prétendu avoir signé l'ensemble de ces 

documents sous l'empire d'une quelconque crainte, contrainte ou erreur, ni dans un état 

de détresse particulière. 

Quant à Me B______, il a repris et développé les explications fournies dans son écriture 

du 1
er

 mars 2005. 

Il n'a pas déposé son dossier, considérant que sa note de frais et honoraires ne pouvait 

être remise en cause et qu'il n'avait donc pas à justifier de son activité. Pour le cas où la 

contestation de O______ serait jugée recevable, il sollicita de la Commission qu'elle lui 

octroie un délai supplémentaire pour la présentation de son dossier. 

EN DROIT 

Vu l'article 124 de la loi sur l'organisation judiciaire et les articles 34 et ss de la Loi 

genevoise sur la profession d'avocat; 

Les honoraires sont, sous réserve des décisions de la Commission de taxation, fixés par 

l'avocat lui-même, compte tenu du travail qu'il a effectué, de la complexité et de 

l'importance de l'affaire, de la responsabilité qu'il a assumée, du résultat obtenu et de la 

situation de son client (art. 34 LPAv). 

La Commission se borne à fixer le montant des honoraires et des débours. Les questions 

relatives à l'existence et au montant de la créance, notamment celles qui ont trait à 

l'exécution du mandat ou au règlement des comptes entre les parties, sont du ressort du 

juge ordinaire (art. 39 LPAv). 

La demande de O______ ne saurait être déclarée irrecevable pour cause de tardiveté. La 

loi sur la profession d'avocat ne prévoit en effet ni délai, ni forme particulière pour saisir 

la Commission de taxation. 

La reconnaissance par le client du montant des honoraires ne le prive pas du droit de les 

contester ultérieurement devant la Commission (ATF P.634/76 du 14 juillet 1976). 

La requête est donc recevable. 

Les documents produits par Me B______ démontrent que O______ a été orientée de 

manière très précise sur les conditions des deux mandats qu'elle a personnellement 

confiés à l'avocat, respectivement pour la défense de ses propres intérêts et de ceux de 

son ami. Elle a signé pour accord une note de frais et honoraires qui non seulement 

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précise de manière claire le nombre d'heures consacrées au dossier, mais reprend 

également la ventilation de l'activité entre Me B______ et ses collaborateur et stagiaire, 

les tarifs appliqués étant identiques à ceux qui avaient été convenus dans la convention 

de règlement d'honoraires de juillet 2003. 

De surcroît, était joint à la note de frais et honoraires un relevé informatique de l'activité 

déployée.  

O______ n'a pas seulement signé cette note, mais également une déclaration dont le 

texte ne souffre aucune ambiguïté, qui autorise expressément  

Me B______ à prélever le montant de cette note sur la provision de  

20'000 fr. qui lui avait été versée, le solde de la provision de 5'000 fr. devant être affecté 

à l'activité déployée dans le cadre du dossier de E______. 

O______ n'a pas prétendu avoir signé ces documents sans les comprendre; elle n'a 

allégué aucun fait qui permettrait de penser qu'une des conditions de l'article 21 CO 

aurait été réalisée, ce qui, au demeurant, aurait échappé à la compétence de la 

Commission de céans. 

Ainsi, au vu des circonstances du cas d'espèce, la note de frais de Me B______ ne 

saurait être remise en cause. 

* * * * * 

 

 

 

 

 

PAR CES MOTIFS, 

LA COMMISSION DE TAXATION DES HONORAIRES D'AVOCAT : 

Fixe à 18'292 fr. TTC les frais et honoraires de Me B______, selon facture du 20 avril 

2004. 

Dit que la présente décision ne vaut pas jugement exécutoire. 

 

Siégeant : Mme Martine HEYER, présidente; M. Cédric-Laurent MICHEL, juge;  

Me Dominique BURGER, avocate; Mme Céline GLAUS, secrétaire. 

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