# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 08446e05-d5a7-5eb3-bb22-215eefc89caf
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2009-02-26
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 26.02.2009 RR.2008.185
**Docket/Reference:** RR.2008.185
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_RR-2008-185_2009-02-26

## Full Text

Entraide judiciaire internationale en matière pénale avec la Grande-Bretagne
Remise de moyens de preuves (art. 74 EIMP);;Entraide judiciaire internationale en matière pénale avec la Grande-Bretagne
Remise de moyens de preuves (art. 74 EIMP);;Entraide judiciaire internationale en matière pénale avec la Grande-Bretagne
Remise de moyens de preuves (art. 74 EIMP);;Entraide judiciaire internationale en matière pénale avec la Grande-Bretagne
Remise de moyens de preuves (art. 74 EIMP)

Arrêt du 26 février 2009 
IIe Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Cornelia Cova, prési-
dente, Andreas J. Kelleret Giorgio Bomio,  
la greffière Nathalie Zufferey  

   

Parties  A., représenté par Me Susannah L. Maas, avocate,  
 

recourant 
 

 contre 
   
  JUGE D’INSTRUCTION DU CANTON DE GENÈVE,  

partie adverse 
 

   

Objet  Entraide judiciaire internationale en matière pénale 
avec la Grande-Bretagne 
Remise de moyens de preuves (art. 74 EIMP) 

 
 

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéro de dossier:  RR.2008.185 
 
 
 

 

 

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Faits: 
 

A. Le 6 octobre 2006, le Serious Fraud Office du Royaume-Uni (ci-après: 
SFO) a présenté aux autorités suisses une requête d’entraide pour les be-
soins d’une procédure pénale ouverte des chefs de corruption, faux dans 
les titres et blanchiment d’argent dirigée contre B., citoyen britannique do-
micilié à Londres. En substance, un consortium formé de sociétés fran-
çaise, japonaise, italienne et américaine désigné sous l’appellation C. (ci-
après: «le consortium C.») aurait obtenu des contrats concernant la cons-
truction d’un complexe de transport de gaz naturel au Nigeria d’une valeur 
de 6 milliards de dollars américains grâce au paiement de pots-de-vin. 
L’infrastructure a été construite sur la base de quatre contrats conclus entre 
décembre 1995 et mai 2004. Les parties à ces contrats étaient, d’une part, 
des sociétés de service immatriculées à Madère constituées par le consor-
tium C. – parmi celles-ci la société D. – et, d’autre part, la société E. pour le 
compte de la société F.. L’autorité requérante soupçonne B. d’avoir usé de 
ses contacts haut placés pour soudoyer des agents du gouvernement nigé-
rian. Au fur et à mesure de l’obtention des contrats de construction, des 
pots-de-vin auraient en effet été payés sous le couvert d’accords de 
consultance entre la société G. (incorporée à Gibraltar) – propriété de B. – 
et la société D.. Au total, les pots-de-vin représenteraient la somme de 
USD 133,5 millions.  L’autorité requérante explique que les honoraires de 
B. pour la représentation du consortium auprès du gouvernement nigérian 
auraient, dans l’un des contrats, dépassé les 60 millions de dollars améri-
cains. Selon cette autorité, une partie des fonds générés par les activités 
de B. pourrait se trouver sur des comptes en Suisse ou à Monaco lui ap-
partenant ou détenus par les membres de sa famille, notamment à la ban-
que H.. Le SFO se réfère à des commissions rogatoires française et améri-
caine antérieures portant sur des faits similaires. Il souhaite acquérir les 
documents transmis aux autorités française et américaine. 
 

B. Le 25 avril 2007, le Juge d’instruction du canton de Genève a rendu une 
décision d’entrée en matière. Dans son ordonnance, le magistrat fait réfé-
rence à la documentation bancaire antérieurement récoltée en exécution 
des demandes française et américaine ainsi que dans le cadre d’une pro-
cédure pénale cantonale qu’il mène en parallèle. Par décision incidente du 
3 mars 2008, le Juge d’instruction a autorisé les enquêteurs britanniques à 
consulter ces pièces. La consultation s’est déroulée les 26, 27 et 28 mars 
2008 à Genève (voir note du 28 mars 2008, dossier du Juge d’instruction). 

 
C. Par courrier du 29 mai 2008 à Me Susannah MAAS, conseil de A., le Juge 

d’instruction a indiqué qu’il envisageait la transmission à l’autorité requé-

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rante de la documentation bancaire en rapport avec le compte I. ouvert à la 
banque J. à Zurich. Le Juge d’instruction expliquait que le compte I. était 
concerné par des transferts ayant pour origine les montants payés par le 
consortium via la société D. et que la documentation y relative avait été sé-
lectionnée par les enquêteurs anglais. L’autorité d’exécution a imparti à Me 
MAAS un délai pour se déterminer et pour accepter une éventuelle trans-
mission simplifiée. Dans une lettre du 19 juin 2008, Me MAAS a fait savoir 
que A. s’opposait à toute transmission. Par ordonnance de clôture du 24 
juin 2008, le Juge d’instruction a décidé de remettre la documentation ban-
caire du compte I. à l’Etat étranger. 

 
D. Le 28 juillet 2008, A. a formé un recours à la Cour des plaintes du Tribunal 

pénal fédéral et demandé l’annulation de la décision du 24 juin 2008. Dans 
sa réponse, l’Office fédéral de la justice conclut au rejet du recours. Le 
Juge d’instruction se réfère à sa décision et conclut aussi à son rejet. 

 
Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris 
si nécessaire dans les considérants en droit. 

 
 
La Cour considère en droit: 
 

1.  
1.1 En vertu de l’art. 28 al. 1 let. e ch. 1 LTPF, mis en relation avec les art. 80e 

al. 1 de la loi fédérale sur l’entraide internationale en matière pénale du 
20 mars 1981 (EIMP; RS 351.1) et 9 al. 3 du règlement du Tribunal pénal 
fédéral du 20 juin 2006 (RS 173.710), la IIe Cour des plaintes du Tribunal 
pénal fédéral est compétente pour connaître des recours dirigés contre les 
décisions de clôture de la procédure d’entraide rendues par l’autorité can-
tonale d’exécution. 

 
1.2 Les procédures d’entraide entre la Suisse et le Royaume-Uni sont régies 

par la Convention européenne d’entraide judiciaire du 20 avril 1959 (CEEJ; 
RS 0.351.1), entrée en vigueur pour la Suisse le 20 mars 1967 et le 27 no-
vembre 1991 pour le Royaume-Uni, et par la Convention n° 141 du Conseil 
de l’Europe relative au blanchiment, au dépistage, à la saisie et à la confis-
cation des produits du crime (CBl; RS 0.311.53), conclue à Strasbourg le 
8 novembre 1990, entrée en vigueur le 1er septembre 1993 pour la Suisse 
et le Royaume-Uni. 

1.3 Le 27 novembre 2008, le Conseil de l’Union européenne a décidé la mise 
en œuvre de la totalité des accords bilatéraux d’association de la Suisse à 
l’Espace Schengen et à l’espace Dublin à compter du 12 décembre 2008 

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(Journal officiel de l’Union européenne L 327 du 5 décembre 2008, p. 15 à 
17). Selon la jurisprudence constante, le droit applicable à l’entraide inter-
nationale est celui en vigueur au moment de la décision. Le caractère ad-
ministratif de la procédure d’entraide exclut l’application du principe de la 
non rétroactivité (ATF 122 II 422 consid. 2a; 112 Ib 576 consid. 2; 109 Ib 62 
consid. 2a, 157 consid. 3b; arrêt du Tribunal fédéral 1A.96/2003 du 25 juin 
2003, consid. 2.2; TPF RR.2007.178 du 29 novembre 2007, consid. 4.3). Il 
en découle qu’en vertu des art. 2 ch. 1 et 15 ch. 1 deuxième paragraphe de 
l’Accord du 26 octobre 2004 entre la Confédération suisse, l’Union euro-
péenne et la Communauté européenne sur l’association de la Suisse à la 
mise en œuvre, à l’application et au développement de l’acquis Schengen 
(RS 0.360.268.1; ci-après: l’Accord Schengen), de l’article 2 de la Décision 
du Conseil du 27 novembre 2008, et de l’art. 1 de la Décision du Conseil du 
22 décembre 2004 relative à la mise en œuvre de certaines parties de 
l’acquis de Schengen par le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et l’Irlande 
du Nord (Journal officiel de l’Union européenne L 395 du 31/12/2004, p. 70 
à 78), en matière d’entraide au Royaume-Uni sont également applicables 
les art. 48 ss de la Convention d’application de l’Accord Schengen du 
14 juin 1985 (ci-après: CAAS) entre les gouvernements des Etats de 
l’Union économique Benelux, de la République fédérale d’Allemagne et de 
la République française relatif à la suppression graduelle des contrôles aux 
frontières communes (n° CELEX 42000A0922(02); Journal officiel de 
l’Union européenne L 239 du 22 septembre 2000, p. 19 à 62).  

 
1.4 Dans la mesure où l’entrée en vigueur des dispositions pertinentes de la 

CAAS ne comporte guère, en l’espèce, de changement substantiel des 
conditions d’octroi de l’entraide à l’Etat requérant par rapport au droit 
conventionnel (cf. consid. 1.2), un échange d’écriture supplémentaire affé-
rent au droit applicable n’a pas été nécessaire.  

 
1.5 Les dispositions de ces traités l’emportent sur le droit autonome qui régit la 

matière, soit en l’occurrence l’EIMP et son ordonnance d’exécution 
(OEIMP; RS 351.11). Celles-ci restent toutefois applicables aux questions 
qui ne sont pas réglées, explicitement ou implicitement, par les dispositions 
conventionnelles, ainsi que lorsqu’elles permettent l’octroi de l’entraide à 
des conditions plus favorables (ATF 130 II 337 consid. 1; 124 II 180 
consid. 1a). 

1.6 Le recourant, en tant que titulaire du compte dont la documentation ban-
caire doit être transmise, a qualité pour s’opposer à la transmission 
(art. 80h let. b EIMP et 9a OEIMP; ATF 130 II 162; arrêt du Tribunal fédéral 
1A.36/2006 du 29 mai 2006, consid. 2.1). Le recours est interjeté en temps 

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utile contre une décision de clôture prise par l’autorité cantonale 
d’exécution (art. 80e al. 1 et 80k EIMP). 

 

2. Dans un premier grief, le recourant invoque le principe de la spécialité. La 
transmission de la documentation bancaire pourrait entraîner la révélation 
du nom d’une centaine de personnes étrangères à la procédure aux autori-
tés fiscales britanniques, à savoir des clients du recourant ayant fait appel 
à ses services d’agent de change et de diamantaire. Le recourant se plaint 
du fait que la clause de réserve de la spécialité, bien que mentionnée dans 
la décision de clôture, ne soit pas opposable à ses clients.   

 
2.1 Consacré en matière d’entraide judiciaire à l’art. 67 EIMP, le principe de la 

spécialité empêche l’Etat requérant d’utiliser les renseignements et docu-
ments remis aux fins d’investigation ou comme moyens de preuve dans 
une procédure pénale visant une infraction pour laquelle l’entraide est ex-
clue, en particulier pour les besoins de procédures fiscales. Toutefois, de 
même que seule la personne poursuivie peut se prévaloir des vices de pro-
cédure mentionnés à l’art. 2 EIMP, pour autant qu’elle en subisse concrè-
tement les conséquences (ATF 129 II 268 consid. 6), seule la personne 
susceptible de subir les conséquences d’une violation de ce principe a qua-
lité pour s’en prévaloir. Elle n’est donc pas habilitée à soulever cet argu-
ment au bénéfice de tiers, faute de disposer d’un intérêt suffisant 
(TPF RR.2007.118 du 30 octobre 2007, consid. 6.1 et références). Le prin-
cipe de la spécialité tend également à protéger la souveraineté de l’Etat re-
quis, mais le particulier n’a pas non plus qualité pour agir dans ce sens 
(voir arrêt du Tribunal fédéral 1A.336/2005 du 24 mai 2006, consid. 2.1). 

2.2 En l’espèce, le recourant ne prétend pas qu’une procédure fiscale serait en 
cours, ou risquerait d’être ouverte à son encontre. Par ailleurs, il n’a pas, 
comme cela est relevé ci-dessus, qualité pour agir au nom de ses clients 
qui, par hypothèse, courraient un tel risque. Ce premier grief est donc irre-
cevable. Supposé recevable, il devrait de toute façon être écarté sur le fond 
car le principe de la spécialité est dûment rappelé dans la décision atta-
quée, ce qui paraît propre à prévenir toute utilisation abusive des rensei-
gnements transmis, et ne nécessite pas de rappel plus explicite. Telle 
qu’elle est formulée, la réserve de la spécialité empêche l’autorité requé-
rante d’utiliser les moyens de preuve recueillis en Suisse pour la poursuite 
d’infractions pour lesquelles la Suisse n’accorde pas l’entraide, en particu-
lier pour la répression de pures infractions fiscales. Il n’y a pas de raison de 
douter que son respect sera assuré. 

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3. Le recourant invoque ensuite le principe de la proportionnalité.  
 
3.1 En vertu du principe de la proportionnalité, l’entraide ne peut être accordée 

que dans la mesure nécessaire à la découverte de la vérité recherchée par 
les autorités pénales de l’Etat requérant. La question de savoir si les ren-
seignements demandés sont nécessaires ou simplement utiles à la procé-
dure pénale est en principe laissée à l’appréciation des autorités de pour-
suite. La coopération internationale ne peut être refusée que si les actes 
requis sont manifestement sans rapport avec l’infraction poursuivie et im-
propres à faire progresser l’enquête, de sorte que la demande apparaît 
comme le prétexte à une recherche indéterminée de moyens de preuve 
(ATF 122 II 367 consid. 2c p. 371; 121 II 241 consid. 3a p. 242/243). Le 
principe de la proportionnalité empêche aussi l’autorité suisse d’aller au-
delà des requêtes qui lui sont adressées et d’accorder à l’Etat requérant 
plus qu’il n’a demandé (ATF 121 II 241 consid. 3a p. 243). Cela n’empêche 
pas d’interpréter la demande selon le sens que l’on peut raisonnablement 
lui donner. Le cas échéant, une interprétation large est admissible s’il est 
établi que toutes les conditions à l’octroi de l’entraide sont remplies; ce 
mode de procéder évite aussi une éventuelle demande complémentaire 
(ATF 121 II 241 consid. 3a p. 243). Lorsque la demande vise à éclaircir le 
cheminement de fonds d’origine délictueuse, il convient d’informer l’Etat re-
quérant de toutes les transactions opérées au nom des sociétés et des 
comptes impliqués dans l’affaire (ATF 121 II 241 consid. 3c p. 244).  

3.2 Dans le présent cas, des commissions versées par le consortium C. ont 
transité sur la relation du compte I. à la banque J. en Suisse, pour parvenir 
sur des comptes bancaires dominés par la famille K. (cf. la lettre du Juge 
d’instruction du 29 mai 2008 à Me Susannah MAAS, dossier du Juge 
d’instruction). A. ne le conteste pas, expliquant même que ce seraient 2,26 
millions de dollars environ qui ont transité sur son compte, «avant de repar-
tir, sous diverses formes, en Israël, sur un compte de B. et son épouse 
L…». A cet égard, le recourant parle lui-même d’une «pollution» de son 
compte par les activités de B. (cf. act. 1, p. 2, n° 7 et 8). Il existe donc bien 
une connexité entre les infractions pour lesquelles l’entraide est requise et 
le compte du recourant. Pour le surplus, le recourant n’est pas habilité à 
soulever cet argument au bénéfice de ses clients faute de disposer d’un in-
térêt suffisant (cf. consid. 2.1), étant rappelé que, de manière générale, il 
n’est pas nécessaire que les personnes touchées par l’entraide aient elles-
mêmes participé aux infractions (cf. arrêt du Tribunal fédéral 1A.244/2006 
du 26 janvier 2007, consid. 3). 

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3.3 De jurisprudence constante, lorsqu’elle s’oppose à la remise, la personne 
visée par la mesure doit démontrer, de manière claire et précise, en quoi 
les documents et informations à transmettre excéderaient le cadre de la 
demande ou ne présenteraient aucun intérêt pour la procédure étrangère 
(cf. ATF 122 II 367 consid. 2d). En effet, en vertu du principe de la bonne 
foi (art. 5 al. 3 Cst.), le détenteur des documents saisis est tenu de coopé-
rer avec l’autorité d’exécution afin de prévenir le risque de violation du prin-
cipe de la proportionnalité (ATF 127 II 151 consid. 4c/aa p. 155/156; 126 II 
258 consid. 9b/aa p. 262). Puisqu’il connaît mieux que personne le contenu 
des documents saisis, il lui incombe d’indiquer à l’autorité d’exécution les 
pièces qu’il n’y aurait pas lieu de transmettre selon lui, ainsi que les motifs 
précis qui commanderaient d’agir de la sorte. A l’appui du grief de la viola-
tion du principe de la proportionnalité, il ne suffit donc pas que le recourant 
affirme qu’une pièce est sans rapport avec l’affaire; une telle assertion doit 
être étayée avec soin (ATF 130 II 14 consid. 4.3; 126 II 258 consid. 9c 
p. 264).  

En l’occurrence, le recourant n’a pas satisfait à son devoir de collaboration. 
Dès l’instant où le Juge d’instruction lui avait offert la possibilité de se dé-
terminer sur le tri des pièces, il ne pouvait s’opposer à la remise sans la 
moindre explication sans violer du même coup l’obligation qui lui incombe 
de collaborer à la procédure. A relever que, dans son recours, le recourant 
modifie sa position et déclare désormais acquiescer à la transmission d’un 
certain nombre de pièces (act. 1, p. 5). Cela étant, excepté pour les docu-
ments d’ouverture de compte, l’on ne sait pas exactement à quels docu-
ments il se réfère. Le recourant omet par ailleurs de se prononcer sur les 
autres documents visés par la décision de clôture, sauf pour signaler pé-
remptoirement qu’ils sont sans rapport avec l’affaire. La demande 
d’entraide vise à éclaircir le cheminement de fonds d’origine délictueuse. 
Aussi se justifie-t-il, sous l’angle de l’ATF 121 II 241 susmentionné, de 
transmettre l’intégralité de la documentation bancaire.  

3.4 S’agissant de la documentation requise, l’entraide judiciaire est demandée 
pour la période du 1er janvier 1989 au jour de la demande, soit le 6 octobre 
2006. La demande d’entraide se réfère à un contrat de construction qui a 
été attribué en mai 2004 (cf. p. 2 de l’annexe à la commission rogatoire). 
On peut donc partir de l’idée que la période critique s’étend à tout le moins 
jusqu’à 2004. Au surplus, conformément à la jurisprudence, lorsque la de-
mande vise à éclaircir le cheminement de fonds d’origine délictueuse, il 
convient d’informer l’Etat requérant de toutes les transactions opérées au 
nom de la personne concernée et des titulaires des comptes impliqués 
dans l’affaire, même au-delà des dates auxquelles ont eu lieu les faits dé-
crits dans la demande d’entraide (voir arrêt du Tribunal fédéral 

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1A.201/2000 du 17 août 2000, consid. 2a; ATF 121 II 241 consid. 3c 
p. 244; ég. TPF RR.2007.71 du 13 août 2007, consid. 4). Sous l’angle de la 
proportionnalité, la décision attaquée n’est ainsi pas critiquable.  

 
3.5 Pour tous ces motifs, le grief relatif à la violation du principe de la propor-

tionnalité n’apparaît pas fondé et ne peut qu’être rejeté. 
 

4. Les frais de la procédure sont mis à la charge du recourant qui succombe 
(art. 63 al. 1 PA, applicable par renvoi de l’art. 30 let. b LTPF). L’émolument 
judiciaire, calculé conformément à l’art. 3 du règlement du 11 février 2004 
fixant les émoluments judiciaires perçus par le Tribunal pénal fédéral 
(RS 173.711.32; TPF RR.2007.26 du 9 juillet 2007, consid. 9.1), est fixé en 
l’espèce à Fr. 5000.--, couvert par l’avance de frais acquittée. 

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Par ces motifs, la IIe Cour des plaintes prononce: 
 
1. Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable. 
 
2. Un émolument de Fr. 5000.--, couvert par l’avance de frais acquittée, est mis 

à la charge du recourant. 
 
 
 

Bellinzone, le 27 février 2009 
 
Au nom de la IIe Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
La présidente: la greffière: 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Distribution 
 
- Me Susannah L. Maas, avocate,  
- Juge d’instruction du canton de Genève,  
- Office fédéral de la justice, Unité Entraide judiciaire,  
 
 
Indication des voies de recours 

Le recours contre une décision en matière d’entraide pénale internationale doit être déposé devant 
le Tribunal fédéral dans les 10 jours qui suivent la notification de l’expédition complète (art. 100 
al. 1 et 2 let. b LTF). 
 
Le recours n’est recevable contre une décision rendue en matière d’entraide pénale internationale 
que s’il a pour objet une extradition, une saisie, le transfert d’objets ou de valeurs ou la 
transmission de renseignements concernant le domaine secret et s’il concerne un cas 
particulièrement important (art. 84 al. 1 LTF). Un cas est particulièrement important notamment 
lorsqu’il y a des raisons de supposer que la procédure à l’étranger viole des principes 
fondamentaux ou comporte d’autres vices graves (art. 84 al. 2 LTF).