# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 553f6eec-d062-546a-ac85-7831e7993657
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-05-30
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 30.05.2008 A/1692/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1692-2008_2008-05-30.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/1692/2008-CE ATA/283/2008 

DÉCISION 

DE LA  

VICE-PRÉSIDENTE DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 30 mai 2008 

sur effet suspensif 

 

dans la cause 

 

Madame X______ 
représentée par Me Nathalie Bornoz, avocate  

contre 

CONSEIL D’ÉTAT 
 

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A/1692/2008 

EN FAIT 

1.  Le 1er juillet 2004, Madame X______ a été engagée en qualité d’auxiliaire 
commise-greffière 2, affectée au Parquet du Procureur général, pour une durée 
maximale de douze mois. Après une prolongation de son contrat pendant deux 
mois, elle a été engagée en qualité d’employée dans cette même fonction le 19 
août 2005. 

2.  Le 27 mars 2008, Madame X______ a été prévenue de vol par un officier de 
police. Elle avait dérobé sur son lieu de travail le porte-monnaie d’une collègue, 
lequel contenait notamment CHF 260.-. 

3.  Le 28 mars 2008, le Procureur général - pour le bureau de la commission de 
gestion du Pouvoir judiciaire - a informé Mme X______ qu’une enquête 
administrative avait été ouverte à son encontre. Elle était provisoirement 
suspendue, avec maintien de son droit au traitement jusqu’au 3 avril 2008, date à 
laquelle elle aurait un entretien de service avec ses supérieurs. 

  Le même jour, l’époux de Mme X______ a informé le Procureur général 
que sa femme avait été hospitalisée. 

4.  Par arrêté du 2 avril 2008, le Conseil d’Etat a nommé Mme X______ 
fonctionnaire dès le 1er juillet 2007. Divers certificats médicaux ont été émis par 
les Hôpitaux universitaires de Genève (ci-après : HUG), attestant une incapacité 
totale de travail depuis le 28 mars 2008 jusqu’au 25 mai 2008, à réévaluer à cette 
date. 

5.  Le 14 avril 2008, le secrétariat général du Pouvoir judiciaire a demandé à 
l’office du personnel de l’Etat de Genève l’ouverture d’une enquête administrative 
à l’encontre de Mme X______, avec suspension provisoire immédiate et sans 
traitement. Pour les auteurs de cette lettre, la poursuite des rapports de travail 
n’était pas envisageable. 

6.  Le 25 avril 2008, Monsieur X______ a informé Monsieur le Procureur 
général que son épouse était suivie médicalement depuis plus de vingt ans pour 
des traumatismes subis dans son enfance. Elle souffrait de dépression. Les 
tensions qu’elle subissait sur son lieu de travail étaient très importantes et avaient 
induit chez l’intéressée un comportement pathologique. Ainsi, durant l’année 
2007, elle avait compensé ses angoisses par le biais d’achats compulsifs, ce qui 
avait entraîné des dettes à hauteur de CHF 40'000.-. Les époux X______ avaient 
décidé de se séparer deux jours avant le vol. Le larcin en question constituait une 
sorte de suicide social. Celui-ci avait été suivi, le lendemain, par une tentative 
d’autolyse par ingestion massive de médicaments. Sans l’intervention immédiate 
de M. X______, elle n’aurait pas survécu.  

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  Mme X______ avait entièrement remboursé la victime du vol et, avant son 
hospitalisation, elle lui avait présenté ses excuses par courrier électronique.  

7.  Par arrêté du 30 avril 2008, le Conseil d’Etat a ordonné l’ouverture d’une 
enquête administrative à l’encontre de Mme X______. Dite décision, déclarée 
exécutoire nonobstant recours, entraînait la suspension provisoire de l’intéressée, 
de même que la suppression de toute prestation à la charge de l’Etat. 

8.  Le 13 mai 2008, Mme X______ a saisi le Tribunal administratif d’un 
recours. Seule était remise en cause la suppression des prestations à la charge de 
l’Etat dès le 30 avril 2008. Elle conclut préalablement à la restitution de l’effet 
suspensif au recours. 

9.  Le 26 mai 2008, le Conseil d’Etat s’est opposé à la restitution de l’effet 
suspensif. L’intérêt de l’Etat primait sur celui de la recourante à percevoir son 
traitement pendant la durée de la procédure, dès lors que le risque existait pour la 
collectivité de ne pas pouvoir récupérer les sommes versées à tort. 

 

EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 56A de la loi sur l’organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 63 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 
septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2.  Selon l’article 66 alinéa 1 LPA, le recours a effet suspensif, à moins que 
l’autorité ayant pris la décision attaquée n’en ait ordonné l’exécution nonobstant 
recours, ce qui est le cas en l’espèce. Toutefois, lorsqu’aucun intérêt public ou 
privé prépondérant ne s’y oppose, la juridiction peut, sur demande de la partie 
dont les intérêts sont gravement menacés, restituer l’effet suspensif (art. 66 al. 2 
LPA).  

3.  En règle générale, il est admis que l’intérêt public commande de mettre fin 
au versement du traitement à la date de prise d’effet de la décision litigieuse, 
l’intérêt de la collectivité l’emportant sur celui, privé, du recourant, à continuer à 
percevoir son salaire après la fin des relations de travail (ATA/209/2008 du 5 mai 
2008, parmi d’autres). 

  Le fait que Mme X______ soit au bénéfice d’un certificat médical attestant 
une incapacité de travail pour cause de maladie à la date du prononcé de la 
décision litigieuse ne saurait modifier ces principes, dès lors que l’article 336c de 
la loi fédérale complétant le code civil suisse du 30 mars 1911 (Livre cinquième : 
Droit des obligations (CO - RS 220) n’est pas applicable lors du prononcé d’une 

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résiliation immédiate d’une relation de travail (Arrêt du Tribunal fédéral 
4C.247/2006 du 27 octobre 2006). 

4.  Au vu de ce qui précède, la demande de restitution de l’effet suspensif, 
s’agissant du versement du salaire, sera rejetée. Le sort des frais de la présente 
décision sera tranché dans l’arrêt à rendre au fond. 

Par ces motifs 

LE PRÉSIDENT DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

rejette la demande de restitution de l’effet suspensif au recours ; 

réserve le sort des frais de la procédure jusqu’à droit jugé au fond ; 

dit que, conformément aux articles 82 et suivants de la loi fédérale sur le Tribunal 
fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt  peut être porté dans les 
trente jours qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral ; 

- par la voie du recours en matière de droit public, s’il porte sur les rapports de travail 
entre les parties et que la valeur litigieuse n’est pas inférieure à CHF 15'000.- ; 

- par la voie du recours en matière de droit public, si la valeur litigieuse est inférieure à 
CHF 15'000.- et que la contestation porte sur une question juridique de principe ; 

- par la voie du recours constitutionnel subsidiaire, aux conditions posées par les articles 
113 et suivants LTF, si la valeur litigieuse est inférieure à CHF 15'000.- ; 

le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de preuve et 
porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au Tribunal 
fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux conditions de 
l’article 42 LTF. Le présent arrêt  et les pièces en possession du recourant, invoquées 
comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique la présente décision, en copie, à Me Nathalie Bornoz, avocate de la 
recourante ainsi qu’au Conseil d’Etat. 

 

 La vice-présidente du Tribunal administratif : 
 
 
 

L. Bovy 

 

 

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Copie conforme de cette décision a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 

 

 la greffière :