# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 9e471f87-a6da-52c6-934e-2f9a74ca9f1f
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-06-07
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 07.06.2024 P/7024/2022
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-7024-2022_2024-06-07.pdf

## Full Text

Siégeant : Monsieur Vincent FOURNIER, président ; Madame Gaëlle VAN HOVE, 
Monsieur Christian ALBRECHT, juges ; Madame Chloé MAGNENAT, 
greffière-juriste délibérante. 

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/7024/2022 AARP/197/2024 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 7 juin 2024 

Entre 

A______, domicilié c/o B______, ______ [GE], comparant par Me C______, avocat, 

D______, domicilié c/o E______, ______ [GE], comparant par Me F______, avocate, 

appelants et intimés sur appel joint, 

 

contre le jugement JTCO/94/2023 rendu le 6 septembre 2023 par le Tribunal correctionnel, 

et 

G______, partie plaignante, comparant par Me H______, avocat, 

intimé et appelant sur appel joint,  

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimé.

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EN FAIT : 

A. a. En temps utile, A______ et D______ appellent du jugement du 6 septembre 2023, 
par lequel le Tribunal correctionnel (TCO) s'est prononcé comme suit :  

 A______ a été acquitté de séquestration (art. 183 al. 1 du Code pénal [CP]) (ch. 1.1.2 
de l'acte d'accusation) et de brigandage (art. 140 ch. 1 CP) (ch. 1.1.5 de l'acte 
d'accusation) mais reconnu coupable de tentative de lésions corporelles graves 
(art. 122 aCP cum art. 22 al. 1 CP), de dommages à la propriété d'importance 
mineure (art. 144 al. 1 CP cum art. 172ter CP) et de violation du domaine secret ou du 
domaine privé au moyen d'un appareil de prise de vues (art. 179quater CP). Il a été 
condamné à une peine privative de liberté de 36 mois, sous déduction de 42 jours de 
détention avant jugement et de 74 jours à titre d'imputation des mesures de 
substitution, dont 18 mois assortis du sursis partiel avec un délai d'épreuve de trois 
ans, sans révocation du sursis octroyé le 16 octobre 2019 par le Ministère public. Le 
TCO a ordonné son expulsion de Suisse pour une durée de cinq ans (art. 66a al. 1 
let. b CP) avec signalement dans le système d'information Schengen (SIS). 

D______ a été acquitté de séquestration (art. 183 al. 1 CP) (ch. 1.2.2 de l'acte 
d'accusation) mais reconnu coupable de tentative de lésions corporelles graves 
(art. 122 aCP cum art. 22 al. 1 CP), de brigandage (art. 140 ch. 1 CP), de dommages 
à la propriété d'importance mineure (art. 144 al. 1 CP cum art. 172ter CP) et de 
violation du domaine secret ou du domaine privé au moyen d'un appareil de prise de 
vues (art. 179quater CP). Il a été condamné à une peine privative de liberté de 36 mois, 
sous déduction de 41 jours de détention avant jugement et de 74 jours à titre 
d'imputation des mesures de substitution, dont 18 mois assortis du sursis partiel avec 
un délai d'épreuve de trois ans, ainsi qu'à une amende de CHF 500.-. Le TCO a 
ordonné son expulsion de Suisse pour une durée de cinq ans (art. 66a al. 1 let. b CP) 
avec signalement dans le système d'information Schengen (SIS). 

A______ et D______ ont été condamnés, conjointement et solidairement, à payer à 
G______ CHF 5'000.-, avec intérêts à 5% dès le 26 mars 2022, à titre de réparation 
du tort moral. À titre de réparation du dommage matériel, D______ a été condamné à 
lui payer CHF 1'368.-, avec intérêts à 5% dès le 26 mars 2022, G______ étant 
renvoyé à agir par la voie civile s'agissant de ses conclusions à l'égard de A______. 
Les frais de la procédure, se montant au total à CHF 8'488.-, ont été mis à la charge 
des prévenus, chacun par moitié.  

Par ordonnances séparées, le TCO a maintenu les mesures de substitution prononcées 
à l'encontre des deux prévenus par le Tribunal des mesures de contrainte le 6 mai 
2022 et partiellement levées par le Ministère public (MP) le 1er mars 2023.  

 b. A______ et D______ entreprennent partiellement ce jugement.  

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A______ conclut à son acquittement du chef de tentative de lésions corporelles 
graves et à la requalification des faits en lésions corporelles simples, à ce qu'une 
peine clémente soit prononcée, compatible avec le sursis complet, subsidiairement 
partiel, et à la fixation d'un montant moins élevé pour le tort moral octroyé à la partie 
plaignante. Subsidiairement, en cas de confirmation de la condamnation pour 
tentative de lésions corporelles graves, il conclut à ce qu'il soit renoncé à son 
expulsion sous l'angle du cas de rigueur. Plus subsidiairement encore, il conclut à ce 
qu'il soit renoncé au signalement dans le SIS.  

D______ conclut à son acquittement du chef de brigandage et à une requalification 
des faits visés par le chiffre 1.2.1 de l'acte d'accusation en lésions corporelles 
simples, subsidiairement comme agression, à ce qu'une peine clémente soit 
prononcée, compatible avec le sursis complet, subsidiairement partiel, la partie ferme 
ne devant pas excéder six mois, à la fixation d'un montant moins élevé pour le tort 
moral octroyé à la partie plaignante et à ce qu'il soit renoncé à son expulsion sous 
l'angle du cas de rigueur.  

 c. Dans le délai légal, G______ forme un appel joint, concluant à ce qu'il soit fait 
droit à l'entier de ses conclusions civiles, soit à ce que A______ et D______ soient 
condamnés à lui payer CHF 10'000.- à titre d'indemnité pour tort moral et 
CHF 1'368.- à titre de réparation du dommage matériel. Par conclusions civiles 
écrites déposées le 27 mars 2024, G______ a limité la portée de son appel joint à ses 
prétentions en réparation de son tort moral.  

 d.a. Selon l'acte d'accusation du 26 avril 2023, il est reproché à A______ et à 
D______, agissant en coactivité, les faits visés par les chiffres 1.1.1 et 1.1.2, 
finalement qualifiés de tentative de lésions corporelles graves par le TCO, qui 
suivent :  

Le 26 mars 2022, vers 20h00, au sous-sol où se situent les caves de l'immeuble sis 
avenue 1______ no. ______ à Genève, A______ et D______ ont, de concert avec 
I______, J______, ami intime de cette dernière, et K______, tous trois mineurs, 
intentionnellement causé une atteinte grave à l'intégrité et à la santé de G______, 
l'ex-ami intime de I______, subsidiairement pris part à une violente agression 
physique dirigée contre celui-ci, dans les circonstances suivantes :  

A______ et J______ ont demandé à I______ de contacter G______ afin de lui tendre 
un guet-apens au sous-sol de l'immeuble en question et le frapper, A______ disant à 
I______ qu'il voulait le tuer. A______ a contacté son ami D______ afin que ce 
dernier participe au guet-apens et donné un couteau pliant à J______. 

Une fois G______ arrivé dans le sous-sol et alors que celui-ci tentait de fuir, 
J______, A______ et D______ l'ont rattrapé, saisi, frappé, fait tomber au sol et traîné 

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sur quelques mètres en lui tirant les jambes et en lui arrachant son haut dans les 
couloirs du sous-sol, malgré la résistance vaine de G______. K______ a saisi une 
bouteille de bière en verre et lui a asséné plusieurs coups. Alors que G______ se 
trouvait au sol, à moitié dénudé, A______ et J______ lui ont asséné de multiples 
gifles, des coups de poing en série et des coups de pied, dont plusieurs de type 
"penalty", soit des coups de pied en prenant de l'élan, au niveau de sa tête.  

J______ s'est saisi du couteau que lui avait remis A______ et a déchiré une partie du 
pantalon de G______, au niveau de la jambe droite de ce dernier, avant de poser la 
lame dudit couteau sur la gorge de G______ en exigeant de ce dernier qu'il ôte son 
pantalon. A______ a enlevé de force les chaussures de G______, puis, D______ et 
lui ont arraché son pantalon, alors que J______ le maintenait au sol, lui assénant des 
gifles ainsi qu'un coup de pied au niveau de la tête. A______ et J______ ont ensuite 
tenté d'arracher le caleçon de G______, en tirant violemment dessus, en traînant 
G______ au sol et en lui donnant chacun une gifle sur le visage. J______ a encore 
donné un coup de pied au niveau de la tête de G______.  

J______ a ensuite asséné de multiples coups à G______ qui se trouvait dénudé au 
sol, dont notamment un coup de genou, deux gifles, un coup de poing et deux coups 
de pied au niveau du visage. Il lui a ensuite maintenu la tête près du sol pour lui 
infliger un coup de pied au niveau du visage, avant de cracher dans sa direction et de 
lui donner six gifles, un coup de poing au niveau de la tête, un coup de genou au 
niveau du visage, étant précisé que la tête de G______ a heurté violemment une porte 
qui se trouvait derrière lui, puis un coup de pied au niveau du bas du dos côté gauche. 
Alors que J______ disait à G______ "je vais te tuer", A______ a tiré à nouveau le 
caleçon du jeune homme, puis J______ l'a roué de coups au niveau du visage, soit à 
tout le moins un coup de pied, deux coups de poing et deux coups de genou.  

G______ s'est relevé et a tenté en vain de se réfugier dans un local à vélo, mais 
J______ a continué de le frapper le faisant tomber au sol.  

D______, lequel tenait un couteau dans sa main droite, lame ouverte vers le haut, 
s'est approché de G______ et lui a coupé le caleçon. 

J______ a donné ensuite de multiples coups à G______, alors que ce dernier était à 
terre, puis, lorsque celui-ci a fui en direction de la sortie, l'a poussé à cinq reprises, en 
l'empoignant, lui a donné un coup de poing et de multiples coups de pied en direction 
de la tête, et l'a frappé avec une bouteille en verre, étant précisé que G______ est 
parvenu à sortir à l'extérieur, dans la rue, totalement dénudé et le visage en sang, 
J______ et K______ le suivant sur une dizaine de mètres, J______ lui donnant un 
dernier coup au niveau de la tête avant de retourner au sous-sol. 

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Les cinq protagonistes étaient présents durant l'intégralité des faits, lesquels ont duré 
environ six minutes et ont été filmés par K______.  

Ces faits ont causé à G______ des tuméfactions bilatérales des arcades zygomatiques 
avec une prédominance à gauche, de multiples lésions dermabrasives sur le visage, 
les genoux, les coudes et le cuir chevelu, des érythèmes dans le dos, le cuir chevelu 
et les mains, un œdème péri-orbitaire gauche important sans atteinte rétro-septale et 
un œdème entre le muscle temporal et le fascia temporal gauche s'étendant jusqu'au 
vertex ainsi qu'aux régions pariétale et occipitale. L'intéressé a perdu connaissance 
après les faits et a été hospitalisé. Son pronostic vital n'a pas été engagé. 

d.b. Par le même acte d'accusation, complété lors de l'audience de jugement du 
4 septembre 2023, il est également reproché à D______ ce qui suit, faits visés par le 
chiffre 1.2.5 de l'acte d'accusation et qualifiés de brigandage par le TCO :  

 Dans les circonstances décrites supra, en usant de violence et en le menaçant d'un 
danger imminent pour sa vie et son intégrité corporelle, il a dérobé les affaires 
personnelles de G______ dans le but de se les approprier, soit son téléphone 
portable, sa sacoche et ses [écouteurs sans fil de marque] L______ . 

 d.c. Il était également reproché à A______ et D______, faits non contestés en appel, 
agissant en coactivité, dans les circonstances décrites supra (consid. A.d.a), d'avoir :  

 de concert avec K______ et I______, intentionnellement filmé G______ sans son 
consentement et fixé sur un téléphone portable le déroulement des faits du 
26 mars 2022 au sous-sol de l'immeuble sis avenue 1______ no. ______, lesquels 
ne pouvaient être perçus sans autre par chacun et relèvent du domaine privé, faits 
qualifiés de violation du domaine privé au moyen d'un appareil de prise de vue au 
sens de l'art. 179quater CP par le TCO ;  

 déchiré et lacéré les habits de G______, les endommageant de la sorte à la 
hauteur de leur prix d'acquisition, faits qualifiés de dommages à la propriété 
d'importance mineure au sens de l'art. 144 cum 172ter CP par le TCO. 

B. Les faits suivants encore pertinents au stade de l'appel ressortent de la procédure, 
étant pour le surplus renvoyé au jugement de première instance : 

 a.a. Le 26 mars 2022, à 20h04, l'intervention de la police a été requise suite à la 
présence d'un jeune homme en sang, à l'avenue 1______. À son arrivée, la patrouille 
a discuté avec ledit jeune homme, G______, né le ______ 2005, qui était pris en 
charge par une ambulance. Celui-ci leur a expliqué avoir été agressé par cinq 
personnes, dont son ex-petite amie I______, dans les sous-sols de l'immeuble sis à 
l'avenue 1______ no. ______. 

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a.b. A______, né le ______ 2001, I______, née le ______ 2006, et K______, née le 
______ 2007, ont été retrouvés à leur domicile et ont immédiatement admis avoir 
attaqué G______, en représailles aux multiples agressions sexuelles que celui-ci 
aurait fait subir à I______.  

Trois couteaux ont été retrouvés à leur domicile et saisis, soit un couteau pliant noir, 
mesurant 18 cm déplié (n°1 de l'inventaire photographique), un couteau pliant de 
type Laguiole (n°2) et un cutter (n°7). K______ était également en possession de l'un 
des [écouteurs] L______ appartenant à G______, qu'elle a remis à la police.  

Selon l'éthylotest effectué à 22h16, I______ présentait un taux d'alcool dans l'haleine 
de 0,12 mg/L. 

a.c. J______, né le ______ 2005 et petit-ami de I______, ainsi que D______, né le 
______ 2003 et ami de A______, ont été interpellés le lendemain. Ils ont également 
admis avoir participé à l'agression de G______.  

J______ était en possession du téléphone portable de G______ et D______ de sa 
sacoche, contenant un portemonnaie et diverses cartes.  

Déclarations de G______ et constats médicaux 

b.a. Entendu à la police, G______ a expliqué que son ancienne petite-amie I______ 
lui avait demandé de venir la voir, car elle ne se sentait pas bien. Il était venu devant 
son immeuble pour la retrouver alors qu'elle lui avait proposé d'aller à la cave plutôt 
que chez elle. Il avait à peine eu le temps de fermer la porte qu'il s'était fait "sauter 
dessus" et avait été plaqué au sol. Il avait brièvement perdu connaissance. Lorsqu'il 
s'était réveillé, deux garçons lui tiraient les jambes, pendant que d'autres lui 
enlevaient tous ses habits. Il avait été traîné dans un couloir plus sombre et s'était fait 
"tabasser". I______ avait filmé la scène avec son téléphone. Ses agresseurs l'avaient 
insulté, J______ et le frère de I______ disaient qu'il était un violeur. Il avait rétorqué 
n'avoir rien fait, mais ils avaient continué. Il s'était retrouvé nu, tentant de cacher ses 
parties intimes avec ses mains. Il avait ensuite réussi à se relever pour s'enfuir, mais 
J______ l'avait suivi et frappé sur le haut et l'arrière de la tête, avec la bouteille en 
verre, jusqu'à ce qu'ils se trouvent dans la rue. Il avait alors vu que la sœur de 
I______, K______, l'avait également filmé. Il s'était habillé dans un coin sombre et 
avait demandé à des passants d'appeler les secours et la police. Il estimait la durée de 
l'agression à environ deux minutes, qui lui avaient pourtant paru très longues.  

Après l'agression, il n'était plus en possession de son [téléphone portable de marque] 
M______/3______ [modèle], de ses [écouteurs] L______/2______ [modèle], de sa 
sacoche et de son porte-monnaie de marque N______, lequel contenait différentes 
cartes, d'un trousseau de trois clés, de son sweat à capuche de marque O______, de 

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ses baskets P______, de son paquet de cigarettes et de son briquet. Son bas de 
survêtement et son caleçon avaient été déchirés. 

b.b. Devant le Tribunal des mineurs (TMin), G______ a précisé que I______ l'avait 
appelé via l'application Snapchat et lui avait demandé de la rejoindre. Quand il l'avait 
retrouvée, celle-ci pleurait et sentait l'alcool. Il l'avait suivie dans les sous-sols de son 
immeuble. J______ et les autres lui avaient alors sauté dessus, l'avaient tout de suite 
"balayé" et fait tomber par terre. Il avait tapé la tête et avait "vu flou" (C-138). Ils 
l'avaient ensuite tiré, déshabillé et tabassé. Ils l'avaient tiré vers un endroit plus petit 
de la cave, où ils avaient continué à le frapper. À l'aide d'un couteau, J______ l'avait 
menacé, avait découpé son bas, lui blessant également le bras. J______ l'avait 
menacé avec ce couteau. A______ était monté sur lui et lui avait demandé pourquoi 
il avait violé sa sœur. Comme il avait répondu qu'il n'avait rien fait, J______ lui avait 
donné un coup de pied dans la tête, puis des autres coups de pied. Il avait pensé qu'il 
allait mourir. Il était resté à l'hôpital jusqu'à 05h00 le lendemain matin. Il avait eu 
mal à la mâchoire et un hématome autour de l'œil pendant un peu plus d'une semaine.  

b.c. À teneur du constat médical des HUG du 27 mars 2022 et du constat de lésions 
traumatiques du CURML du 27 avril 2023, G______ a été pris en charge par le 
service des urgences alors qu'il était tout à fait conscient (15/15 sur l'échelle de 
Glasgow). Le patient se plaignait, à son arrivée, de céphalées, de douleurs en regard 
de l'arcade zygomatique des deux côtés, prédominant à gauche, et de douleurs 
mandibulaires prédominant à droite. Il avait expliqué aux médecins avoir eu la vision 
floue après avoir reçu une "balayette" au début de l'agression et être tombé au sol, 
mais ne pas avoir perdu connaissance. Son pronostic vital n'avait pas été engagé et il 
avait pu rentrer à son domicile le lendemain matin.  

Les examens médico-légaux ont révélé que G______ présentait un œdème sous-
cutané périorbitaire gauche s'étendant à la région jugale, sans atteinte de l'espace 
rétro-septal ; un œdème entre le muscle temporal et le fascia temporal gauche 
s'étendant jusqu'au vertex et aux régions occipitales et pariétales ; des tuméfactions 
des arcades zygomatiques prédominant à gauche, avec un hématome en binocle ; de 
multiples lésions dermabrasives au niveau des coudes, du dos, des genoux et du cuir 
chevelu ; des infiltrations et tuméfactions diffuses dans les tissus mous en région 
fronto-pariéto-temporale gauche et droite, du pavillon de l'oreille gauche, de la 
région nasale gauche, de la joue gauche, en région frontale droite et du menton. Sept 
zones d'impacts avaient été identifiées au niveau de la tête. Certaines ecchymoses 
présentaient des motifs ressemblant à une ou plusieurs semelles de chaussures, 
évoquant des coups donnés avec les pieds.  

b.d. Aux débats de première instance, 18 mois après les faits, G______ a expliqué 
qu'il allait mieux mais avait perdu confiance et ne sortait plus beaucoup. Il n'avait pas 
entamé de suivi psychologique, souhaitant traverser ce qu'il avait vécu à l'aide de ses 

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propres moyens. Il a ajouté qu'il n'avait pas été en mesure de protéger sa tête des 
coups car il devait également protéger ses parties intimes. Il espérait qu'on ne le tue 
pas. Dans son esprit, en tant que grand frère, A______ avait le pouvoir de dire si les 
choses devaient s'arrêter. C'était la raison pour laquelle il s'était surtout tourné vers 
celui-ci pour clamer son innocence. Il avait eu la vision floue pendant trois jours 
après les faits, n'arrivait plus à manger à cause de ses douleurs à la mâchoire et avait 
eu mal au dos.  

L'origine et le contexte de l'altercation 

c.a. A______, I______ et K______, J______ et D______ ont immédiatement 
reconnu avoir pris part à l'attaque de G______.  

Leurs déclarations concordantes s'agissant du contexte ont permis d'établir qu'en 
début de soirée du 26 mars 2022, I______ avait raconté à son petit-ami J______ que 
son ancien ami intime G______ l'avait forcée à avoir des relations sexuelles avec lui, 
notamment dans des caves, avait filmé leurs ébats sans son consentement avant de 
montrer les vidéos à ses copains. J______ avait été très ébranlé par cette révélation et 
s'était énervé. I______ et J______ s'étaient alors rendus au domicile de la première, 
où elle avait dépeint les mêmes choses à sa petite sœur K______, pendant que 
J______ en informait son grand frère, A______. Ce dernier avait alors proposé de 
faire venir G______ dans leurs sous-sols dans l'optique de se venger (terme utilisé 
par A______ [B-17] et par J______ [C-57], pour "lui régler son compte" selon 
K______ [B-30]), avant de contacter son ami D______ pour qu'il les rejoignent.  

c.b. S'agissant des contraintes sexuelles dont elle aurait fait l'objet, I______ a 
expliqué à la police qu'elle avait été en couple avec G______ de février 2020 jusqu'à 
fin 2021. Dès qu'ils avaient commencé à entretenir des relations sexuelles, G______ 
s'était montré agressif verbalement, l'insultant tous les jours et l'avait forcée à faire 
des choses qu'elle ne voulait pas. La première fois, G______ l'avait tirée par les 
cheveux pour la forcer à lui prodiguer une fellation. Elle avait déjà accepté une fois 
que G______ filme leurs ébats mais, par la suite, G______ l'avait plusieurs fois 
filmée à son insu. Il était également arrivé qu'ils se rendissent dans la cave, alors que 
deux amis de G______ se trouvaient à l'extérieur, ceux-ci disant à G______ de lui 
tirer les cheveux ou de lui faire d'autres choses et G______ le faisait. Le dernier 
épisode avait eu lieu en novembre 2021, dans la cave de l'immeuble de G______, 
lorsqu'elle avait voulu mettre un terme à leur rapport sexuel, G______ ne l'avait pas 
accepté et l'avait alors prise par la tête pour la placer en position de levrette en la 
tenant par les cheveux. Elle lui avait dit plusieurs fois d'arrêter parce que c'était du 
viol et qu'elle allait en parler à son frère. Il l'avait menacée de montrer des vidéos 
d'elle si elle parlait. Elle acceptait de faire ce qu'il voulait car elle tenait énormément 
à sa réputation dans le quartier et ne voulait pas que des vidéos d'elle "tournent" sur 

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les réseaux sociaux. Il lui semblait d'ailleurs, selon les remarques de certains jeunes, 
que G______ avait déjà montré des vidéos d'elle à certains de ses amis. 

c.c. Entendu par la police sur les accusations dont il faisait l'objet, G______ a tout 
nié. Lorsqu'il était en couple avec I______, ils s'"embrouillaient" pour tout et 
n'importe quoi. Leurs relations sexuelles se passaient bien et étaient consenties. Il ne 
l'avait jamais forcée. Elles se passaient soit chez lui si ses parents n'étaient pas là, soit 
dans la cave de son immeuble. Il admettait avoir déjà insulté I______ pendant une 
dispute, mais I______ en avait fait de même. À la fin du mois de novembre 2021, ils 
avaient eu une relation sexuelle consentie mais I______ avait arrêté d'un coup. Il lui 
avait demandé pourquoi et elle avait juste dit qu'elle ne voulait plus, et cela s'était 
terminé, sans qu'il ne la menace. Il avait toujours demandé l'autorisation de I______ 
pour prendre des vidéos et ne les avait jamais utilisées pour la menacer.  

c.d. En analysant le téléphone de G______, la police a retrouvé des photos dénudées 
et souvent aguicheuses de I______, de même que des vidéos montrant l'adolescente 
entretenir des relations sexuelles avec G______, la dernière datant de décembre 
2021. À teneur du rapport de renseignements du 27 mars 2020, les relations sexuelles 
filmées étaient "de toute évidence consenties" (C-26), aucune contrainte de I______ 
ne pouvant être déduite de ces images. 

Déclarations des prévenus mineurs 

d.a. Selon I______, l'après-midi des faits, elle avait bu beaucoup d'alcool alors 
qu'elle n'en avait pas l'habitude. Elle avait eu la tête qui tournait et était 
"complétement bourrée" (C-128). Elle avait dit à J______ que G______ l'avait violée 
et tapée plusieurs fois, que celui-ci l'attendait quand elle rentrait de l'école, alors que 
leur relation était terminée, et qu'il l'avait filmée à plusieurs reprises, dont une fois 
avec ses potes, que les bleus qu'elle avait eus sur le corps étaient le fait de G______, 
qu'un jour un des amis de G______ avait filmé alors qu'elle avait été forcée à avoir 
des relations sexuelles avec G______ et avec un troisième garçon. J______ avait dit 
"qu'il allait le tuer, qu'il allait le taper" (C-129). Elle lui avait ensuite parlé des 
vidéos que G______ captait pour "les faire tourner", une fois qu'ils étaient chez elle. 
Son frère A______ et J______ lui avaient demandé de faire venir G______ dans la 
cave, ce qu'elle avait finalement accepté, ceux-ci disant qu'ils allaient faire à 
G______ la même chose que ce qu'elle avait subi, soit l'emmener dans la cave et le 
frapper. A______ lui avait demandé pourquoi elle ne lui en avait pas parlé plus tôt et 
avait dit vouloir "tuer" G______ (C-130). Ils voulaient faire justice eux-mêmes et 
n'avaient pas pensé à en parler à un adulte avant (C-131). Sur les recommandations 
de A______ et J______, elle avait écrit à G______ en lui disant qu'il lui manquait. 
G______ était tout d'abord supposé venir avec son ami Q______ mais finalement il 
était venu seul, pour une raison qu'elle ignorait. En entrant dans la cave, G______ 
s'était méfié et avait essayé de courir, mais J______ l'avait rattrapé, "balayé" (C-187) 

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pour le faire tomber, avant de lui prendre la jambe et de déchirer son training. 
K______ filmait et lui avait expliqué que c'était pour "le faire tourner comme il 
fai[sai]t avec les autres meufs" (C-198). 

Après avoir indiqué qu'elle n'avait pas vu A______ frapper G______ mais seulement 
J______ et D______, elle a expliqué devant le TMin (C-112 et C-146) que A______ 
avait donné un coup vers la tête de G______ et qu'elle n'avait pas vu ce que D______ 
avait fait. Ce dernier avait par ailleurs un couteau en main. Ce couteau s'était 
retrouvé par terre et y était resté pendant toute l'agression. Elle avait paniqué en 
voyant G______ le visage en sang, dévêtu, saignant du bras. Elle avait dit à son frère 
"arrête tu vas le tuer comme ça", mais ce dernier avait répondu "non, il a fait ça avec 
toi maintenant il va comprendre" (C-188). A______ l'avait emmenée un peu plus 
loin et elle n'avait plus vu G______ à partir de ce moment-là (C-146). Plus tard, son 
frère avait dit à J______ "c'est bon laisse le partir, prends ses habits" (C-189). 
G______ était alors parti, vêtu uniquement de son boxer déchiré. J______ avait 
essayé de le rattraper. K______ était sortie aussi, mais A______ leur avait dit de 
revenir dans le sous-sol car il y avait des caméras dans la rue. J______ était parti en 
trottinette en emportant le training et les chaussures de G______. Elle était rentrée 
dans son appartement avec son frère et sa sœur, jusqu'à l'arrivée de la police quelques 
minutes plus tard.  

d.b. K______ a confirmé qu'après que I______ avait expliqué ce que G______ lui 
avait fait, A______ et J______ avaient été très énervés. L'idée avait été de faire venir 
G______ pour l'attraper et le frapper. À ce moment-là, alors qu'ils se trouvaient 
encore dans leur chambre, ils avaient décidé de filmer les faits, en représailles pour 
les vidéos que G______ détenait de I______ et qu'il menaçait de publier. A______ 
lui avait demandé de descendre un couteau à la cave (soit le couteau n°1 de 
l'inventaire photographique), qu'elle avait remis à J______, puis ce dernier l'avait 
donné à D______, qui l'avait utilisé pour découper les habits de G______. Aucun 
d'eux n'avait eu l'intention d'en faire usage pour le blesser. 

Lorsque G______ était arrivé dans la cave avec I______, celui-ci avait eu peur et 
avait tenté de s'enfuir. Elle avait commencé à filmer avec le téléphone de J______, 
qui l'avait mis à terre. Son frère l'avait attrapé et J______ avait porté des coups. Elle-
même lui avait porté des coups à la tête avec une bouteille en verre qu'elle avait 
trouvée dans la cave. J______ avait donné des coups de pied, de poing et de genou, 
des claques et l'avait poussé contre le mur. G______ était tombé à terre, mais 
J______ avait continué à lui donner des coups un peu partout, au visage, aux bras, au 
ventre et aux jambes. Alors qu'il était frappé, G______ leur disait n'avoir rien fait et 
leur demandait d'arrêter. Au bout d'un moment, ils avaient arrêté de taper et J______ 
lui avait demandé pourquoi il avait violé I______. Comme il jurait qu'il n'avait rien 
fait, J______ lui avait donné des claques pour qu'il avoue, sans succès. G______ 
s'était ensuite relevé et ils l'avaient laissé partir. A______ avait porté quelques coups 
mais pas beaucoup. D______ avait uniquement déchiré les habits de G______ à 

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l'aide du couteau. Ils étaient ensuite rentrés chez eux. Elle avait ramassé un 
[écouteur] L______ appartenant à G______ par terre et ne savait pas où se trouvait le 
second.  

d.c. J______ a admis avoir agi par vengeance de ce que G______ avait fait subir à 
I______ et que cette dernière venait de lui confier. A______ s'était montré encore 
plus énervé que lui lorsqu'il lui avait expliqué la situation. Les deux avaient suggéré 
de faire venir G______ pour se venger physiquement. Il n'y avait toutefois pas eu de 
plan détaillé, tout s'étant passé très vite. Il avait parlé à A______ et ils s'étaient dit 
qu'il fallait "l'attraper le soir-même" (C-141). Quand ils étaient descendus à la cave, 
la tension avait commencé à monter et ils n'avaient pas beaucoup discuté. Ils avaient 
craint que G______ ne vienne accompagné d'un ami. A______ lui avait donné un 
couteau, qu'il n'avait eu en main qu'une fraction de seconde avant de le jeter ; il 
n'avait pas été question de l'utiliser. Ce couteau avait été récupéré par D______ afin 
de couper les vêtements de G______. A______ avait donné deux ou trois coups, 
alors que D______ n'avait pas fait grand-chose. La vidéo de l'agression aurait dû 
servir comme moyen de pression, visant à empêcher G______ d'agir à l'encontre de 
I______.  

Eléments extraits des téléphones saisis  

e.a. L'extraction du téléphone de I______ a permis d'établir que celle-ci a contacté 
D______, via Instagram, une première fois à 19h21 (conversation de 00:02:37), puis 
à 19h32 (conversation de 00:00:39), à 19h33 (conversation de 00:01:26). D______ 
l'a rappelée à 20h06 (conversation de 00:01:18).  

Malgré les extractions des téléphones de I______ et de G______, aucun des 
messages échangés entre les deux intéressés le soir des faits et ayant abouti à la 
venue du second sur les lieux ne figure au dossier.  

e.b. La vidéo de l'agression, filmée par K______ avec le téléphone de J______, dure 
06'03'' et permet d'établir la séquence des faits suivante :  

 Dès le début de la vidéo, J______ marche avec un couteau dans sa main droite, la 
lame placée à l'intérieur de celle-ci et est suivi de A______. 

 Durant quelques secondes, la caméra bouge beaucoup ce qui empêche de voir 
clairement ce qui se passe, mais le son laisse entendre une bouteille en verre qui 
tombe (00'10'') puis un jeune homme dire "tiens ça fils de pute", "faites-le entrer" 
et G______ dire "arrêtez", alors que D______ est partiellement visible sur la 
vidéo. 

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 Dans une lutte, le groupe se déplace vers un autre couloir des sous-sols alors 
qu'on entend crier plusieurs fois "sale violeur" et "c'est J______, c'est J______", 
ainsi que des bruits de coup, sans qu'il ne soit possible d'en identifier l'auteur ; 
dans le même temps, A______ dit à trois reprises "attends" (00'29'' à 00'32'') et 
"calme, calme" ou "calmate" (00'35''), alors qu'on le voit être positionné debout 
au-dessus de G______ et faire des gestes de coups en direction de celui-ci avec 
les mains en disant "t'as violé ma sœur" (00'37''). J______ donne un coup de pied 
(00'38'') à G______, qui se trouve au sol et répète en boucle "c'est faux, arrêtez 
les gars" et "j'te jure c'est faux", puis une série de coups de poing (00'45'').  

 A______ repousse alors J______ d'un geste du bras (00'48'') et se penche vers 
G______ lequel se trouve torse nu, assis dans un couloir, adossé à un mur en 
béton et proche d'une porte ouverte. Il demande à celui-ci d'enlever son pantalon 
(00'51'') en le menaçant du doigt, puis du poing (00'54''). Pendant ce temps, 
J______ sort du champ de la caméra, demandant de lui passer le couteau 
(00'53''). A______ continue de dire "enlève" et G______ répète que c'est faux.  

 J______ revient avec le couteau (00'59'') et entreprend de déchirer le pantalon de 
G______ à l'aide de ce couteau mais n'y parvient pas. Il exige alors de G______ 
qu'il enlève son pantalon et place le couteau sous le cou de celui-ci pendant un 
peu moins d'une seconde, avant de le jeter au sol derrière lui (01'03''). G______ 
continue d'affirmer qu'il n'a rien fait, ce qui énerve J______ qui ôte sa veste et 
revient sur lui (01'12''). Durant ces quelques secondes, D______ est visible sur 
les images, se tenant derrière les protagonistes.  

 A______ donne une gifle à G______ de sa main gauche (01'14''). J______ lui 
donne un coup de poing vers la région de l'oreille gauche et le plaque au sol, en le 
tenant par la tête, en posant ses genoux sur ses épaules et en donnant des coups 
qui ne sont pas clairement visibles. A______ tente de lui enlever ses chaussures 
et ses vêtements (01'18''), aidé ensuite de J______, G______ se retrouvant alors 
en caleçon, lorsque J______ lui donne une gifle au visage en répétant "sale 
violeur" (01'26''). A______ tente d'arracher le caleçon, alors que J______ crie à 
G______ "enlève, lâche!" (01'30''). Au même moment, D______ ramasse la boîte 
[d'écouteurs] L______ qui se trouvait au sol.  

 Alors qu'ils tirent encore sur le caleçon, J______ donne un coup de pied à la tête 
de G______ (01'32'') et A______ une gifle (01'33''). Le sous-vêtement du 
plaignant est complètement détendu et celui-ci se protège les parties intimes 
d'une main. A______ s'éloigne et sort du champ de la caméra (01'41''), suivi de 
D______, alors que J______ demande de filmer "G______ le violeur" en le 
tenant au sol (01'44''), avant de lui infliger un coup de genou au visage puis une 
gifle (01'45''). J______ se place ensuite face à G______, dans une position 
agressive, et réagit avec colère aux dénégations de ce dernier. Sans qu'elle 

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n'apparaisse sur les images, on entend I______ pleurer et dire "arrête de crier" 
(01'58'').  

 J______ inflige alors un coup de poing (02'04''), enchaîne avec un violent coup 
de pied (02'05''), puis un nouveau coup de pied (02'07''), tous portés au visage, 
l'arrière de la tête de G______ tapant contre le mur. J______ continue de répéter 
qu'il a "niqué et violé sa femme", ce que G______ conteste. J______ frappe 
encore de nombreuses fois G______ à la tête, avec le plat de sa main (02'14''), 
avec le pied (02'15''), avec des gifles (02'18'', 02'23'', 02'29'', 02'30'', 02'34'', 
02'39'') et d'un coup de poing (02'42''). Il dit qu'il "s'en bat les couilles de [s]es 
paroles" (02'39''), menace de le violer, de lui mettre "des doigts dans les fesses" 
et lui crache dessus (02'46'').  

 A______ revient vers eux et demande où est le couteau (02'45''). Son attitude est 
plus calme que celle de J______, qui porte encore un violent coup de genou au 
visage de G______, dont la tête frappe la porte qui se trouve derrière lui (02'52''). 
J______ s'éloigne en disant que "ce fils de pute" le dégoûte (02'55''). A______ 
répète qu'il a violé sa sœur en pointant G______ du doigt (02'57'') et lui dit "elle 
a pas eu le courage de le dire" (03'04''). Au même moment, J______ revient et 
porte un coup de pied, avec la semelle de sa chaussure, sur le flanc de G______ 
(03'03''), mais A______ dit à celui-ci "attend" et continue à dire à G______ qu'il 
a violé sa sœur alors que ce dernier répète que c'est faux. A______ finit par lui 
cracher dessus (03'12'') et s'en va.  

 J______ revient alors sur G______ et lui dit "redis encore une fois que t'as rien 
fait, je te schlasse!" (03'15''). A______ tire encore une fois sur le caleçon de 
G______ qui ne lâche toujours pas avant de sortir du champ de la caméra. 
K______ lui dit "jamais vous allez le calmer" (03'17'').  

 J______ demande à G______ de dire qu'il est désolé d'avoir violé I______ 
pendant un an, sinon il le viole (03'24''), puis lui donne un nouveau coup de pied, 
qui le touche au niveau de l'épaule (03'26''). 

 A______ et K______ parlent en portugais, avant que le premier ne retourne vers 
G______ et lui répète d'enlever son caleçon (03'30''), lui disant notamment "tu 
enlèves ça et tu pars". J______ reprend les coups en donnant un coup de poing 
(03'31'') puis de genou (03'34'') au visage, tire sur le caleçon en disant de lui 
donner son téléphone et de supprimer les vidéos qu'il a de I______, puis un coup 
de genou sur le côté de la tête, qui heurte ensuite le mur (03'44''). A______ sort 
du champ de la caméra (03'47''). 

 G______ dit qu'il n'a aucune vidéo parvient à se lever et se dirige vers la porte du 
local à vélo. J______ réagit en lui donnant deux coups de poing au visage 

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(03'49'') puis va le chercher dans le local et le remet au sol, vers le couloir 
(03'54''). D______ apparait à côté de G______, dont il porte la sacoche en 
bandoulière (03'53''). Il tient un couteau gris (dont la lame présente des découpes) 
dans la main et coupe le caleçon de G______ alors que J______ lui dit "coupe, 
coupe" (03'57'') et finit par réussir à arracher le caleçon (04'04''). G______ se 
retrouvant entièrement nu, il se cache les parties génitales avec une main. 
D______ quitte le champ de la caméra et il n'apparaîtra plus jusqu'à la fin des 
images.  

 Pendant ce temps, A______ parle avec I______, qui est en pleurs, G______ 
essayant d'attirer l'attention de celui-ci en tirant sur son pantalon et en disant "j'te 
jure j'ai rien fait" (04'00''). A______ se place entre eux et dit à J______ "c'est 
bon" et à G______ "mets ton pantalon et casse-toi" (04'12''). Le visage de 
G______ en sang est alors visible en gros plan (04'14''). J______ réagit en disant 
"non non non, une dernière fois (…)", en portant un coup avec la semelle.  

 A______ tente de calmer J______, en le retenant, le prenant par le bras et lui 
répétant "c'est bon" (04'21'''), tout en disant à G______ de partir. I______ supplie 
J______ d'arrêter mais celui-ci lui répond "deux secondes deux secondes" et 
demande à G______ de l'écouter (04'33''), lui reproche d'avoir montré à tous ses 
potes et revient sur lui (04'42''). A______ intervient à nouveau en retenant 
J______ et dit à G______ de partir, mais J______ refuse en disant "non non non, 
il l'a violée plein de fois" (04'53''), tout en sautillant. J______ veut donner encore 
des coups à G______ mais I______ le retient en arrière (04'59''). A______ 
demande à J______ "c'est pas bon?" (05'04''). J______ répond que non et dit à 
G______ "viens on va là-dedans", en montrant la porte du local. I______ lui dit 
qu'il crie trop et A______ éloigne sa sœur, qui est toujours en pleurs. 

 J______ saisit G______ par le cou, par derrière, alors que celui-ci est à genoux, 
et lui donne un coup de poing et deux coups de pied (05'10'' à 05'16''). G______ 
lui dit d'arrêter, appelle I______, avant de parvenir à se lever. J______ lui donne 
un nouveau coup de poing au visage (05'27''), alors que celui-ci s'éloigne. 
J______ le pousse vers la sortie, avant de ramasser la bouteille de bière (05'34''). 
Entre 05'34 et 05'36, on entend deux coups vraisemblablement portés avec ladite 
bouteille.  

 Lorsque G______ sort de la cave, complètement nu, tenant son t-shirt à la main 
et son pantalon accroché à une cheville, J______ le poursuit en tenant la bouteille 
dans la main droite, suivi par K______, qui filme toujours. G______ appelle un 
homme à l'aide et J______ lui assène un dernier coup, en direction de la tête, 
avec sa main droite (05'48''). Lorsqu'il pivote pour retourner dans la cave, 
J______ ne tient plus la bouteille. Il revient dans la cave où A______ l'attend et 
lui dit qu'il n'est pas allé devant les caméras (05'59''). 

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Déclarations des prévenus 

f.a. Lors de sa première audition par la police le 27 mars 2022, A______ a 
immédiatement admis les faits.  

Il rencontrait pour la première fois le petit-ami de sa sœur, J______, ce soir-là et 
celui-ci lui avait raconté que sa sœur avait été violée par G______, plusieurs fois, 
ainsi que par des amis de celui-ci, et que G______ menaçait I______ en l'attendant 
devant chez elle ou après l'église. Après avoir entendu ce récit, confirmé ensuite par 
I______, J______ et lui avaient eu l'idée de se venger, en ramenant G______ dans la 
cave pour le taper. Pour cela, I______ avait appelé G______ pour lui demander de 
venir. Sur le chemin, G______ avait écrit à I______ pour demander s'ils allaient 
baiser. I______ ne voulait pas répondre à ce message mais il lui avait recommandé 
de lui répondre par l'affirmative pour le faire venir. Il avait donné un couteau (soit le 
couteau n°1 de l'inventaire photographique) à J______ sur demande de celui-ci, ne 
sachant pas si G______ allait en avoir un lui aussi. Son autre sœur, K______, 
J______ et lui étaient descendus à la cave pendant que I______ attendait G______ à 
l'extérieur. Ils avaient attendu environ 10 minutes et D______ les avait rejoints dans 
la cave à ce moment-là. Il avait contacté celui-ci pour avoir quelqu'un en plus en cas 
de problème ou si G______ venait accompagné ou armé, ce dernier disant toujours 
qu'il était un "gars du quartier". 

I______ était arrivée dans la cave avec G______, mais ce dernier, se doutant de 
quelque chose, était parti en courant. J______ l'avait rattrapé et ils l'avaient amené 
dans la cave pour le taper. Il lui avait donné des coups de poing, de même que 
J______. Alors qu'ils le frappaient tous les deux, il avait fini par dire à J______ : 
"c'est bon on arrête, on a pas besoin de tout ça", mais J______ avait voulu continuer. 
Ils avaient ensuite essayé d'enlever le pantalon de G______. Il avait essayé de 
l'arracher et l'avait déchiré avec les mains, alors que J______ le faisait avec le 
couteau. D______ n'avait rien fait. K______ filmait la scène avec un téléphone. Il 
avait en tête d'avoir une vidéo de G______ nu, au cas où celui-ci publiait des vidéos 
compromettantes de I______. G______ était ensuite reparti, sans pantalon. Avec ses 
sœurs, il était remonté chez lui, alors que D______ et J______ étaient rentrés chez 
eux.  

f.b. Devant le MP, A______ a ajouté qu'il avait appelé ou contacté par messages 
D______ et lui avait décrit rapidement la situation. Il lui avait dit qu'ils avaient 
l'intention de frapper G______, mais une fois qu'il était arrivé dans la cave, il n'avait 
pas eu le temps de discuter de grand-chose avec D______, car G______ était arrivé 
très vite. Il avait perdu la tête lorsqu'il avait appris que sa sœur avait été violée par 
G______ et d'autres garçons. Il était en colère et avait senti sa famille humiliée. Une 
fois qu'ils avaient la vidéo, il avait arrêté de taper et avait dit à J______ d'en faire de 
même, mais celui-ci souhaitait continuer. Il s'était rendu dans un coin car il se sentait 

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mal. Il avait revu G______ seulement au moment où celui-ci était en train de sortir, 
nu, dans la rue. Il souhaitait s'excuser pour tout cela, ce n'était pas une manière d'agir.  

Après visionnage de la vidéo, A______ a admis que la violence exercée sur G______ 
avait été exagérée et choquante. Son but était uniquement d'avoir une vidéo. Il n'avait 
pas confronté G______ lorsque celui-ci lui disait "c'est pas moi", "j'ai rien fait", mais 
avait seulement demandé pourquoi il avait violé sa sœur. Il n'avait pas pensé à agir 
autrement sur le moment et regrettait ses actes.  

f.c. Devant les premiers juges, A______ a confirmé avoir donné une gifle et entre 
quatre et cinq coups de poing à G______. Il avait dit plusieurs fois à J______ 
d'arrêter de donner des coups, mais il n'avait pas de contrôle sur celui-ci. Il a persisté 
à dire que son but était avant tout d'avoir une vidéo de G______ nu. Les affaires de 
G______, en particulier ses habits, étaient restés dans la cave après leur départ. Cinq 
à dix minutes plus tard, il avait appelé J______ pour lui demander de s'en 
débarrasser. Il souhaitait s'excuser auprès de G______ et avait maintenant compris 
que ce n'était pas une manière de se faire justice.  

g.a. Entendu par la police, D______ a admis avoir été présent le soir du 26 mars 
2022.  

Avant d'avoir vu les images vidéos, il a toutefois largement édulcoré les faits, les 
présentant comme une bagarre provoquée par G______. A______ était son ami et il 
était toujours prêt à lui venir en aide, alors lorsque celui-ci l'avait appelé en lui disant 
qu'il y avait une urgence avec sa sœur, il était arrivé quatre minutes plus tard dans la 
cave. Il n'avait pas eu beaucoup d'explications mais avait compris que la sœur de 
A______ avait été abusée sexuellement par un garçon ou avait été forcée à faire des 
vidéos. Il ne connaissait personne d'autre que A______ dans cette cave. Il s'était senti 
nerveux et irrité, il y avait comme un malaise. Il pensait qu'ils allaient discuter et ne 
savait pas pourquoi il était là, ni ce qu'il allait faire. Il a ensuite expliqué qu'avant la 
bagarre, ils avaient discuté du fait que le but était de mettre G______ nu, comme il 
l'avait fait avec I______. G______ était arrivé rapidement, J______ avait commencé 
à lui parler, le ton était monté et G______ avait poussé J______ faisant éclater une 
bagarre. À un moment donné, G______ était venu contre lui pour l'agresser. Il l'avait 
alors repoussé avec les deux mains sur le torse pour se défendre, lui avait donné un 
coup de pied derrière le mollet, le faisant tomber. G______ s'était relevé et J______ 
avait commencé à le frapper avec les mains. Au début, G______ s'était tenu debout 
et avait donné des coups de poing en riposte, avant de tomber. La sacoche de ce 
dernier s'était retrouvée par terre et il l'avait prise en quittant les lieux. A______ lui 
avait en effet demander de partir avec sa sœur. Il a précisé que, sur le moment, il ne 
savait pas qu'il s'agissait de la sacoche de G______.  

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Sur présentation d'une photographie des blessures au visage de G______, il a dit que 
"c'était trop" (C-43). Lorsqu'il avait quitté les lieux, le visage de G______ n'était pas 
tellement amoché, il avait seulement un peu de sang. Il n'avait lui-même pas donné 
de coups au visage de G______, donc il ne regrettait rien.  

Après visionnage de la vidéo, D______ a maintenu ses déclarations, précisant qu'on 
y voyait bien qu'il n'avait presque rien fait et avait quitté les lieux avant la fin. Il avait 
ramassé la sacoche juste avant la scène où on le voyait la porter en bandoulière 
(03'56''), puis il avait utilisé un morceau de fer fin qu'il avait trouvé sur place pour 
déchirer le caleçon de G______, ce n'était pas un couteau, malgré ce qu'on pouvait 
voir sur les images. Il avait un couteau dans sa poche, qu'il utilisait au travail dans le 
cadre des nettoyages de chantier, mais ne l'avait pas sorti lors de la bagarre. Il avait 
ramassé les écouteurs et le briquet de G______ qui se trouvaient au sol.  

Après deux heures en salle d'attente avec son conseil, il a demandé aux policiers quel 
était l'état de santé de la victime, précisant qu'il n'avait pas eu l'intention de lui faire 
du mal et qu'il n'était pas une personne agressive. 

g.b. Devant le MP, D______ a expliqué que seules deux minutes s'étaient écoulées 
entre le moment où il était arrivé dans la cave pour rejoindre A______ et le moment 
où G______ était arrivé. A______ n'avait ainsi pas eu le temps de lui expliquer la 
situation et il ne se rappelait pas ce qui lui avait été dit exactement. Lorsque la 
discussion avait commencé à "chauffer" (C-103), G______ avait poussé des gens 
pour essayer de partir. Il avait alors poussé G______ et lui avait donné un coup de 
pied pour qu'il tombe. A______ et J______ avaient commencé à enlever les habits de 
G______, pendant que lui était resté en retrait. Il s'était ensuite approché un peu, 
mais n'avait rien fait, à part déchirer un peu les habits. Il avait uniquement fait de 
"petites choses" comparé aux autres. Il était parti quatre minutes après le début de 
l'agression et était rentré chez lui en trottinette.  

À son arrivée dans la cave, on lui avait rapidement expliqué que l'objectif était de 
faire une vidéo de G______ et de lui enlever tous ses habits. Il avait utilisé un bout 
de fer ramassé par terre pour déchirer les habits. En audience de confrontation, il a 
finalement admis avoir sorti son couteau de sa poche pour déchirer les vêtements de 
G______, avant de le remettre dans sa poche, ce qui a été confirmé par A______ (C-
147). Ils n'avaient pas discuté ensemble de la présence ou de l'utilisation d'un 
couteau. Il avait réalisé avoir sur lui son couteau de travail seulement une fois sur 
place. Comme ils n'arrivaient pas à arracher son caleçon, c'était dans l'enchaînement 
des choses. À un moment donné, A______ lui avait dit de partir, ce qu'il avait fait. Il 
avait ainsi quitté les lieux alors que G______ était toujours présent dans la cave. Il 
comprenait désormais qu'il avait fait une erreur et souhaitait demander pardon. Il 
aurait dû faire quelque chose pour tenter d'arrêter cette violence, répétant qu'il était 
toutefois parti avant la fin. 

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g.c. Devant les premiers juges, D______ a, en substance, maintenu ses déclarations 
nonobstant quelques contradictions. Il ne se souvenait pas très bien. Entre son arrivée 
dans la cave et l'arrivée de G______, il s'était déroulé entre trois et quatre minutes, 
durant lesquelles il avait parlé au téléphone avec sa petite-amie. A______ parlait 
pendant ce temps à J______. Il avait tout de suite senti une tension très intense de la 
part de J______ qu'il n'appréciait pas. Il admettait avoir emporté uniquement la 
sacoche de G______, parce qu'elle se trouvait sur le chemin, puis l'avoir prise chez 
lui. Il comprenait que ce qu'il avait fait n'était pas bien. 

Détention et mesures de substitution 

h. Après avoir été placés en détention provisoire du 26 mars 2022 au 6 mai 2022, 
A______ et D______ ont bénéficié d'une mise en liberté avec les mesures de 
substitution suivantes : obligation de déférer à toute convocation du pouvoir 
judiciaire, remise des documents d'identité ou officiels, obligation de se présenter au 
poste de police R______ une fois par semaine, obligation de suivre une formation 
et/ou un stage pour A______ et obligation d'avoir un travail régulier pour D______, 
ainsi qu'une interdiction de contact avec les autres protagonistes de l'affaire.  

Le 1er mars 2023, le MP a levé l'obligation hebdomadaire de se présenter au poste de 
police, laquelle avait été entièrement respectée par A______ mais ponctuellement 
négligée par D______. Ce dernier a par ailleurs bénéficié, à sa demande, 
d'autorisations de voyager à destination du Portugal et s'est vu remettre son passeport 
à cet effet pour les fêtes de fin d'année 2022, en avril 2023, en août 2023 et janvier 
2024.  

C. a.a. Aux débats d'appel, A______ a confirmé ses précédentes déclarations.  

 En faisant venir G______ dans le sous-sol, ses sœurs, J______ et lui n'avaient pas 
réellement organisé ce qui allait se passer. Il était prévu de frapper G______ et le 
filmer dénudé, afin d'avoir de quoi l'inciter à ne pas publier les vidéos intimes que 
celui-ci avait de I______. Il avait contacté D______ en lui expliquant le problème, 
celui-ci devant être là en renfort au cas où G______ venait accompagné. I______ lui 
avait effectivement indiqué que G______ ne croyait pas vraiment à un rendez-vous 
avec elle.  

Le plus important dans son esprit était d'avoir une vidéo. Il n'avait en revanche pas 
imaginé faire autant de mal à G______. Il avait lui-même donné trois ou quatre 
coups. Il avait tenté de freiner J______ dans sa violence, en lui disant "c'est bon", 
mais celui-ci se montrait agressif et il avait eu peur de l'arrêter, ne connaissant pas 
ses réactions.  

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Il souhaitait s'excuser d'avoir mal agi, envers tout le monde mais en particulier envers 
G______. Il acceptait de payer pour ce qu'il avait fait mais devait pouvoir bénéficier 
d'une deuxième chance.  

a.b. Entendue comme témoin de moralité, S______, mère de A______, a expliqué 
que son fils avait fait quelques erreurs mais qu'il était en train de batailler pour les 
surmonter et voulait sincèrement changer. Elle a précisé que si le père de A______ 
vivait bien au Brésil, elle ignorait où il résidait actuellement et n'avait plus aucun 
contact avec celui-ci, qui ne s'était jamais réellement préoccupé de ses enfants. 
Depuis le décès de la grand-mère de A______, ils n'avaient plus aucune famille 
proche au Brésil. 

a.c. D______ a confirmé ses précédentes déclarations.  

À son arrivée dans le sous-sol, il avait senti que J______ était très agité, il y avait une 
atmosphère intense. Il ne savait toutefois pas grand-chose de ce qui devait se passer, 
n'ayant pas beaucoup discuté avec A______. Il avait donné un coup de pied à 
G______ dès l'arrivée de ce dernier. Il avait également utilisé son propre couteau 
pour le dénuder. Il avait vu que J______ frappait beaucoup et trouvait que cela allait 
trop loin. Il admettait ne pas avoir tenté de le refréner, mais avait quitté les lieux 
avant la fin, soit au moment où G______ s'était retrouvé dans le local à vélo, se 
disant que "cela n'allait pas". Il avait emporté la sacoche, pensant sur le moment 
qu'elle appartenait à A______, qui en avait une similaire. En arrivant chez lui, il avait 
ouvert la sacoche et constaté que c'était en réalité celle de G______. Il ne lui semblait 
pas avoir eu les [écouteurs] L______ de G______ chez lui. Sur question, il a admis 
que A______ se trouvait encore dans le sous-sol lorsqu'il était parti et ne s'expliquait 
dès lors pas pourquoi il avait emporté la sacoche.  

 b.a. Par la voix de son conseil, A______ persiste dans ses conclusions.  

 Le statut de coauteur ne pouvait pas lui être attribué s'agissant d'une tentative de 
lésions corporelles graves. S'il avait eu un rôle à jouer dans le plan initial, ce dernier 
n'incluait pas de causer des lésions corporelles graves à la victime. Il s'était imaginé 
de frapper G______, lui faire peur et l'humilier en le filmant nu, avait donné 
quelques coups, mais il ne pouvait être établi qu'il avait envisagé un tel déferlement 
de violence. J______ était hors de contrôle. Il avait dit à ce dernier de se calmer et 
l'avait repoussé alors qu'il frappait. Il ne participait pas à la violence de J______ et 
n'était d'ailleurs pas visible sur la vidéo lors des coups de pied violents à la tête 
donnés par celui-ci, n'ayant ainsi apporté aucune contribution essentielle à cette 
brutalité. Il avait demandé à G______ de retirer son pantalon en le menaçant, mais 
sans taper, ce qui était de nature à démontrer sa véritable intention, soit d'humilier 
G______. Il ne saurait lui être reproché de ne pas avoir eu la maîtrise des actes de 
J______, lequel avait agi de son côté et persisté malgré ses tentatives de le calmer, 

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faute d'obligation juridique d'agir. Une condamnation pour lésions corporelles graves 
en coactivité par omission n'était pas envisageable ; seules des lésions corporelles 
simples pouvaient être retenues.  

 Une peine compatible avec le sursis devait être envisagée. En sus du fait qu'il avait 
tenté de réfréner J______, il devait être tenu compte dans le cadre de la fixation de la 
peine de son état au moment des faits. Il avait été emporté par l'émotion, venant 
d'apprendre que sa petite sœur, en pleurs, aurait été victime de viol et humiliée 
pendant des années et que des vidéos compromettantes d'elle pourraient être diffusés. 
Il n'était pas un jeune homme violent, ses antécédents étant non spécifiques. Il 
reconnaissait son erreur et avait présenté ses excuses à la victime. Une longue 
privation de liberté aurait des effets dévastateurs sur son avenir et ne se justifiait pas.  

 Sa situation commandait l'application du cas de rigueur permettant de renoncer à son 
expulsion. Il vivait depuis plus de dix ans à Genève et avait ainsi passé la partie la 
plus importante de sa vie en Suisse, où se trouvait l'intégralité de sa famille proche. 
Son père biologique était le seul à demeurer au Brésil, mais il n'avait plus aucun 
contact avec lui depuis plusieurs années. Son retour au Brésil était inenvisageable, 
n'ayant nulle part où se rendre ni aucune perspective dans ce pays, alors qu'il était 
bien intégré en Suisse et se démenait pour pouvoir suivre une formation. Vu 
l'absence de pronostic défavorable retenu par les premiers juges et le très faible 
risque de récidive, il était incohérent de retenir que l'intérêt public à son expulsion 
primait sur son intérêt privé à rester en Suisse. Il méritait ainsi une seconde chance.  

b.b. Par la voix de son conseil, D______ persiste dans ses conclusions.  

Seules des lésions corporelles simples pouvaient être retenues contre lui. Il admettait 
avoir commis une grave erreur mais sa participation à la bagarre avait clairement été 
secondaire. Il n'avait reçu aucune information détaillée sur la situation avant sa venue 
sur les lieux. Lorsqu'il s'était rendu compte de ce qu'il se passait et de la violence 
exercée par J______, qu'il ne connaissait pas, il s'était désolidarisé, quittant les lieux 
avant les autres. Sa seule présence dans le sous-sol au moment où certains des coups 
violents avaient été donnés ne suffisait pas à lui attribuer une participation essentielle 
à ceux-ci, auxquels il ne s'était pas associé. Une infraction d'agression ne pouvait pas 
non plus lui être reprochée en concours, dans la mesure où seul J______ avait causé 
des lésions physiques, lesquelles absorbaient l'art. 134 CP.  

Les éléments constitutifs du brigandage n'étaient pas remplis. Il ignorait dérober un 
objet appartenait à autrui, ne sachant pas, avant d'arriver chez lui, qu'il s'agissait de la 
sacoche de G______. Dans tous les cas, l'infraction de brigandage nécessitait qu'un 
acte de violence ait été exercé afin de rompre la possession ou conserver le butin. Or, 
il n'avait usé d'aucune action physique immédiate sur la victime pour s'emparer de 
cet objet, cette sacoche se trouvant déjà à terre lorsqu'il l'avait récupérée et les coups 

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portés, que ce soit par ses comparses ou celui qu'il avait lui-même donné, n'avaient 
jamais eu pour but de faire perdre sa sacoche à la victime.  

Il appelait à une peine plus clémente. Il avait agi alors qu'il était majeur depuis 
seulement quelques mois. Malgré son immaturité au moment des faits, il avait évolué 
favorablement et pris conscience de son erreur. Il ne minimisait pas les faits mais 
souhaitait qu'il soit tenu compte de sa situation lorsqu'il était arrivé sur les lieux, 
n'ayant aucune idée de ce qui allait se passer. Il avait été pris de cours par les 
révélations de son ami et regrettait ses actes. Sa prise de conscience était complète. 
Son expulsion était disproportionnée. Malgré son arrivée récente en Suisse, son 
intégration était bonne. Il était venu à Genève pour se rapprocher de son père avec 
qui il avait une bonne relation, il avait trouvé un emploi stable et s'était bien 
comporté depuis les faits. Son intérêt privé à rester en Suisse était ainsi supérieur à 
l'intérêt public, tout relatif au vu du pronostic favorable posé.  

Il acquiesçait aux conclusions civiles sur le principe, mais considérait le montant 
alloué au titre du tort moral trop élevé au regard de la jurisprudence, vu l'absence de 
séquelles et la gravité relative des lésions finalement causées.  

 b.c. G______, par la voix de son conseil, persiste dans les conclusions de son appel 
joint et conclut au rejet des appels principaux. 

 Les deux prévenus avaient monté une véritable vendetta contre lui, sans que cela ne 
soit toutefois justifié, les accusations dont il avait fait l'objet ayant abouti à un 
classement. L'intention des prévenus était bien de le frapper pour lui régler son 
compte, ce qui ressortait sans équivoque des déclarations de tous les protagonistes. Il 
avait été mis à nu, à terre et dans l'incapacité de se protéger ou de s'enfuir, alors que 
ses agresseurs lui disaient qu'ils allaient le tuer. Les faits avaient des répercussions 
sur sa vie quotidienne. Les nombreuses lésions causées l'avaient à l'évidence fait 
souffrir physiquement, ayant dû être hospitalisé. Il avait également souffert 
psychiquement, avait été agressé par cinq personnes et cru sur le moment qu'il allait 
mourir. Désormais, il peinait à faire confiance. Ses parents lui demandaient toujours 
des comptes lors de ses sorties. La qualification de tentative de lésions corporelles 
graves devait être confirmée et la fixation du tort moral à CHF 10'000.- était 
pleinement justifiée. 

Les deux prévenus s'étaient pleinement associés à l'infraction. A______ avait eu un 
rôle d'organisateur dans ce plan, ayant demandé à sa sœur de l'attirer dans un piège, 
puis avait accepté le déferlement de violence en laissant faire J______ alors qu'il 
aurait eu le pouvoir de le stopper de par sa position de grand frère. Lui-même s'était 
d'ailleurs retourné vers A______ pour dire qu'il n'avait rien fait, alors que J______ 
continuait de le frapper, bien conscient que seul l'intéressé aurait pu mettre un terme 
à son calvaire, mais en vain. D'ailleurs, même lorsque I______ lui avait dit d'arrêter, 

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A______ avait répondu non, car la vengeance devait primer. Quant à D______, il 
avait eu un rôle décisif puisqu'il lui avait donné un coup de pied dès le début pour le 
faire chuter au sol, scellant ainsi son destin, et permettant aux autres de se jeter sur 
lui et le passer à tabac. Le précité avait largement minimisé son implication. Il avait 
pourtant sorti un couteau de sa poche au cours de la bagarre, ce qui n'était pas anodin 
même s'il s'agissait de couper les vêtements. Il avait ainsi contribué à la violence, 
avant d'ajouter encore au malheur de la victime en lui subtilisant ses affaires.  

b.d. Le MP conclut au rejet des appels principaux et de l'appel joint, le jugement 
querellé devant être entièrement confirmé.  

Le verdict de culpabilité concernant les appelants n'était pas critiquable. Les 
appelants ne pouvaient faire abstraction de l'effet de groupe qui avait largement 
contribué à la gravité des faits. G______ avait été victime d'un guet-apens, balayé et 
mis au sol, menacé avec un couteau, dénudé, frappé notamment par des coups de 
pied penalty avec sa tête qui avait rebondi contre un mur, et ce pendant six longues 
minutes. Il ne faisait aucun doute qu'ils voulaient le blesser gravement ou à tout le 
moins ils l'avaient accepté. A______ était en colère, humilié et voulait lui faire du 
mal, ayant appelé D______ en renfort. Ce dernier était venu avec un couteau et 
n'avait manifestement pas eu une attitude passive. Tous deux s'étaient ainsi 
pleinement associés aux actes. Au vu de la gravité des faits, la peine fixée était 
adéquate et l'expulsion des prévenus devait être confirmée.  

D. a. A______ est né le ______ 2001 à T______ au Brésil, pays dont il a la nationalité.  

Titulaire d'un permis B, il est arrivé en Suisse à l'âge de 14 ans pour rejoindre sa 
mère, ses deux sœurs étant venues par la suite. Il a intégré une classe d'accueil, puis 
une classe d'orientation professionnelle (COP). Il a ensuite été scolarisé au Centre de 
formation pré-professionnelle U______ (CFPP). Depuis avril 2021, il est suivi par 
l'association V______ dans le cadre de ses démarches d'insertion 
socioprofessionnelle. La travailleuse sociale qui le suit, entendue par les premiers 
juges, l'a qualifié de jeune homme sérieux, faisant des efforts pour s'insérer. Il a 
effectué un stage pour W______ Sàrl et pour X______ SA en 2022, puis opéré 
comme livreur pour Y______ pour un revenu mensuel d'environ CHF 1'100.-. Il a 
servi d'intendant pour le FC Z______ entre septembre et décembre 2023. Depuis 
décembre 2023, il travaille à temps partiel pour AA_____ Sàrl en tant que nettoyeur 
et réalise un salaire mensuel de CHF 1'100.- à CHF 1'800.-. À terme, il souhaite 
pouvoir intégrer une formation dans le domaine du commerce ou de l'horlogerie.  

Célibataire et sans enfant, il est néanmoins en couple depuis environ six ans avec 
AB_____, laquelle est titulaire d'un permis C. Il habite au domicile familial avec sa 
mère et participe au loyer et aux autres charges à hauteur de CHF 500.- par mois. 
Seul son père, avec lequel il n'a plus de contact, vit encore au Brésil. Sa grand-mère, 

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laquelle s'était occupée de lui lorsque sa mère s'était installée en Suisse, est décédée 
en 2023. Depuis près de dix ans qu'il vit en Suisse, il est retourné une fois au Brésil.  

À teneur du casier judiciaire suisse, A______ a été condamné : 

 le 16 octobre 2019, par le MP, à une peine pécuniaire de 10 jours-amende, à 
CHF 30.- l'unité, avec sursis et délai d'épreuve de deux ans, lequel a été prolongé 
d'un an par ordonnance du MP du 2 novembre 2020, pour délit contre la LStup ; 

 le 2 novembre 2020, par le MP, à une peine pécuniaire de 20 jours-amende, à 
CHF 30.- l'unité, pour opposition aux actes de l'autorité et à une amende de 
CHF 300.- pour contravention à la LStup ; 

 le 1er février 2021, par le MP, à une peine pécuniaire de 60 jours-amende, à 
CHF 30 .- l'unité, peine complémentaire à celle prononcée le 2 novembre 2020, 
pour vol simple et à une amende de CHF 300.- pour contravention à la LStup ; 

 le 21 juin 2022, par le MP, à une peine pécuniaire de 25 jours-amende, à 
CHF 30.- l'unité, peine complémentaire à celle prononcée le 2 novembre 2020, 
pour blanchiment d'argent.  

b. D______, ressortissant portugais et canadien, est né le ______ 2003 à AC_____ 
au Portugal.  

Célibataire et sans enfant, il est arrivé en Suisse à la fin de l'année 2019 pour 
rejoindre son père. Dépourvu de permis de séjour, il explique que ses employeurs se 
chargent des démarches en vue de l'obtention d'un tel titre et se justifie dans 
l'intervalle au moyen d'une attestation de l'Office cantonal de la population et des 
migrations. Sa mère, avec qui il a des contacts réguliers, réside au Canada, alors que 
son frère et sa sœur vivent au Portugal. À Genève, il a suivi une formation en classe 
d'accueil "ACCES 2", avant de travailler dans divers domaines, dont la restauration 
en tant que serveur entre juillet et octobre 2023, pour un salaire mensuel d'environ 
CHF 4'300.-. Depuis l'automne 2023, il est employé à temps plein par AD_____ SA 
en tant qu'aide-storiste/aide-vitrier pour un revenu mensuel brut d'un peu plus de 
CHF 4'000.-. Il déclare vouloir compléter ce revenu par un second emploi, dans le 
but de rembourser ses dettes notamment dans le cadre de la présente procédure. Il 
déclare envisager de se former dans le domaine de son emploi actuel. 

Il n'a aucun antécédent au casier judiciaire suisse.  

E. a. Me C______, défenseur d'office de A______, dépose un état de frais pour la 
procédure d'appel, facturant, sous des libellés divers, 17 heures d'activité de chef 
d'étude et 4 heures d'activité de stagiaire, hors débats d'appel, lesquels ont duré 

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4 heures, dont 1 heure d'étude du jugement de première instance, 45 minutes de 
rédaction de la déclaration d'appel et 8 heures au total de préparation des débats 
d'appel. En première instance, il a été indemnisé pour 18 heures et 30 minutes 
d'activité.  

b. Me F______, défenseure d'office de D______, dépose un état de frais pour la 
procédure d'appel, facturant, sous des libellés divers, 12 heures et 30 minutes 
d'activité de cheffe d'étude, hors débats d'appel, dont 1 heure et 15 minutes d'examen 
du jugement motivé et 7 heures et 30 minutes de préparation des débats d'appel. En 
première instance, elle a été indemnisée pour 43 heures et 40 minutes d'activité.  

c. Me H______, conseil juridique gratuit de G______, dépose un état de frais pour la 
procédure d'appel, facturant, sous des libellés divers, 6 heures et 10 minutes d'activité 
de chef d'étude, hors débats d'appel. En première instance, il a été indemnisé pour 
25 heures et 35 minutes d'activité.  

EN DROIT : 

1. Les appels sont recevables pour avoir été interjetés et motivés selon la forme et dans 
les délais prescrits (art. 398 et 399 du Code de procédure pénale [CPP]). Il en va de 
même de l'appel joint (art. 400 al. 3 let. b et 401 CPP). 

 La Chambre n'examine que les points attaqués du jugement de première instance 
(art. 404 al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 
CPP), sans être liée par les motifs invoqués par les parties ni par leurs conclusions, à 
moins qu'elle ne statue sur une action civile (art. 391 al. 1 CPP). 

2. Le principe in dubio pro reo, qui découle de la présomption d'innocence, garantie par 
l'art. 6 ch. 2 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés 
fondamentales (CEDH) et, sur le plan interne, par les art. 32 al. 1 de la Constitution 
fédérale de la Confédération suisse (Cst.) et 10 al. 3 CPP, concerne tant le fardeau de 
la preuve que l'appréciation des preuves au sens large (ATF 144 IV 345 
consid. 2.2.3.1 et 127 I 28 consid. 2a). 

En tant que règle sur le fardeau de la preuve, la présomption d'innocence signifie, au 
stade du jugement, que ce fardeau incombe à l'accusation et que le doute doit profiter 
au prévenu. Comme règle d'appréciation des preuves, cette présomption signifie que 
le juge ne doit pas se déclarer convaincu de l'existence d'un fait défavorable à 
l'accusé si, d'un point de vue objectif, il existe des doutes quant à l'existence de ce 
fait. Il importe peu qu'il subsiste des doutes seulement abstraits et théoriques, qui 
sont toujours possibles, une certitude absolue ne pouvant être exigée. Il doit s'agir de 
doutes sérieux et irréductibles, c'est-à-dire de doutes qui s'imposent à l'esprit en 
fonction de la situation objective (ATF 145 IV 154 consid. 1). 

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3. 3.1.1. Se rend coupable de lésions corporelles graves au sens de l'art. 122 CP 
quiconque, intentionnellement, aura blessé une personne de façon à mettre sa vie en 
danger, aura mutilé le corps d'une personne, un de ses membres ou un de ses organes 
importants ou causé à une personne une incapacité de travail, une infirmité ou une 
maladie mentale permanentes, ou aura défiguré une personne d'une façon grave et 
permanente, ou aura fait subir à une personne toute autre atteinte grave à l'intégrité 
corporelle ou à la santé physique ou mentale. 

Les lésions corporelles simples sont par opposition définies par l'art. 123 CP comme 
des lésions du corps humain ou de la santé qui ne peuvent être qualifiées de graves 
au sens de l'art. 122 CP. Cette disposition protège l'intégrité corporelle et la santé tant 
physique que psychique. Les lésions corporelles sont une infraction de résultat qui 
implique une atteinte importante aux biens juridiques ainsi protégés (ATF 134 IV 
189 consid. 1.1). 

Il y a tentative lorsque l'auteur a réalisé tous les éléments subjectifs de l'infraction et 
manifesté sa décision de la commettre, alors que les éléments objectifs font, en tout 
ou en partie, défaut (art. 22 al. 1 CP ; ATF 140 IV 150 consid. 3.4 ; 137 IV 113 
consid. 1.4.2 ; 131 IV 100 consid. 7.2.1 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_1431/2020 du 
8 juillet 2021 consid. 3.2). La tentative suppose toujours un comportement 
intentionnel, le dol éventuel étant toutefois suffisant. Il y a dol éventuel lorsque 
l'auteur tient pour possible la réalisation de l'infraction et l'accepte au cas où celle-ci 
se produirait, même s'il ne le souhaite pas (art. 12 al. 2 CP ; ATF 137 IV 1 
consid. 4.2.3 ; 135 IV 152 consid. 2.3.2). Il faut donc qu'il existe un risque qu'un 
dommage puisse résulter de l'infraction, mais encore que l'auteur sache que ce danger 
existe (Wissensmoment) et qu'il s'accommode de ce résultat (Willensmoment), même 
s'il préfère l'éviter (cf. arrêts du Tribunal fédéral 6B_712/2021 du 16 février 2022 
consid. 1.2 ; 6B_1151/2020 du 8 avril 2021 consid. 2.2 ; 6B_139/2020 du 1er mai 
2020 consid. 2.3). 

Même si le résultat n'aboutit qu'à des lésions corporelles simples, la mise en danger 
créée par les coups portés peut, de manière évidente, dépasser en intensité le résultat 
intervenu. En effet, le fait de porter des coups à la tête avec les poings, les pieds ou 
d'autres objets dangereux tels qu'une bouteille en verre est susceptible d'entraîner de 
graves lésions et même la mort de la victime (ATF 135 IV 152 consid. 2.3.2.2 ; arrêts 
du Tribunal fédéral 6B_1385/2019 du 27 février 2020 consid. 4 ; 6B_924/2017 du 
14 mars 2018 consid. 1.3.1 ; 6B_901/2014 du 27 février 2015 consid. 2.7.3). 

3.1.2. Est qualifié d'agression, à teneur de l'art. 134 CP, le fait de participer à une 
agression dirigée contre une ou plusieurs personnes au cours de laquelle l'une d'entre 
elles ou un tiers aura trouvé la mort ou subi une lésion corporelle. 

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L'agression au sens de cette disposition se caractérise comme une attaque unilatérale 
de deux personnes au moins, dirigée contre une ou plusieurs victimes, qui restent 
passives ou se contentent de se défendre. Pour que l'on puisse parler d'une attaque 
unilatérale, il faut que la ou les personnes agressées n'aient pas eu elles-mêmes, au 
moment de l'attaque, une attitude agressive, impliquant que le déclenchement de la 
bagarre, en définitive, dépendait surtout du hasard, et qu'elles aient par la suite 
conservé une attitude passive ou alors uniquement cherché à se défendre. En 
revanche, si leur réaction défensive dépasse par son intensité et sa durée ce qui était 
nécessaire pour se défendre, l'agression peut se transformer en rixe (arrêts du 
Tribunal fédéral 6B_261/2021 du 2 février 2022 consid. 2.1.1 ; 6B_56/2020 du 
16 juin 2020 consid. 2.3.2 ; 6B_543/2018 du 21 juin 2018 consid. 1.1.2 ; 
6B_745/2017 du 12 mars 2018 consid. 2.3 ; cf. ATF 137 IV 1 s'agissant de la rixe).  

Pour que les éléments constitutifs de l'agression, qui est une infraction de mise en 
danger, soient réunis, il faut qu'une ou plusieurs des personnes agressées soient 
blessées ou tuées. Par ailleurs, l'auteur se rend passible d'une peine du seul fait de sa 
participation à l'agression, quel que soit le rôle qu'il assume concrètement. Par 
conséquent, il suffit de prouver l'intention de l'auteur de participer à l'agression, sans 
qu'il ne soit nécessaire d'établir qu'il a voulu donner la mort ou provoquer des lésions 
corporelles (ATF 135 IV 152 consid. 2.1.1 ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_261/2021 
du 2 février 2022 consid. 2.1.1 ; 6B_402/2019 du 27 août 2019 consid. 2.2 ; 
6B_516/2014 du 29 janvier 2015 consid. 1). 

S'il peut être établi que l'un des agresseurs, intentionnellement ou par négligence, 
cause la mort ou les lésions corporelles, l'infraction d'homicide au sens des art. 111 ss 
CP ou de lésions visée par les art. 122 ss CP absorbe, en ce qui le concerne, 
l'agression au sens de l'art. 134 CP (ATF 118 IV 227 consid. 5b ; arrêt du Tribunal 
fédéral 6P.41/2006 du 12 mai 2006 consid. 7.1.3). En effet, les infractions 
d'homicide et de lésions corporelles saisissent et répriment déjà la mise en danger 
effective de la personne tuée ou blessée lors de l'agression. Dès lors, le concours 
entre l'art. 134 CP et les art. 111 ss ou 122 ss CP ne peut être envisagé que si, ensuite 
d'une agression, une personne déterminée autre que celle qui a été tuée ou blessée a 
été effectivement mise en danger (ATF 118 IV 227 consid. 5b). Le concours est 
également envisageable, lorsque la personne, qui a été blessée lors de l'agression, n'a 
subi que des lésions corporelles simples, mais que la mise en danger a dépassé en 
intensité le résultat intervenu (ATF 135 IV 152 consid. 2.1.2). 

3.1.3. Est un coauteur celui qui collabore, intentionnellement et de manière 
déterminante, avec d'autres personnes à la décision de commettre une infraction, à 
son organisation ou à son exécution, au point d'apparaître comme l'un des 
participants principaux ; il faut que, d'après les circonstances du cas concret, la 
contribution du coauteur apparaisse essentielle à l'exécution de l'infraction. La seule 
volonté quant à l'acte ne suffit pas ; il n'est toutefois pas nécessaire que le coauteur 
ait effectivement participé à l'exécution de l'acte ou qu'il ait pu l'influencer. La 

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coactivité suppose une décision commune, qui ne doit cependant pas obligatoirement 
être expresse, mais peut aussi résulter d'actes concluants, le dol éventuel quant au 
résultat étant suffisant. Il n'est pas nécessaire que le coauteur participe à la 
conception du projet ; il peut y adhérer ultérieurement. Il n'est pas non plus 
nécessaire que l'acte soit prémédité ; le coauteur peut s'y associer en cours 
d'exécution. Ce qui est déterminant c'est que le coauteur se soit associé à la décision 
dont est issue l'infraction ou à la réalisation de cette dernière, dans des conditions ou 
dans une mesure qui le font apparaître comme un participant non pas secondaire, 
mais principal (ATF 149 IV 57 consid. 3.2.2 ; ATF 135 IV 152 consid. 2.3.1 ; 
ATF 130 IV 58 consid. 9.2.1). 

En cas de coactivité, chaque protagoniste répond pour ce que les autres ont fait, 
rendant sans objet la question de la causalité naturelle de la contribution de chaque 
coauteur prise isolément, une condamnation étant ainsi de mise même si la 
distribution des rôles des uns ou des autres n'a pu être établie (L. MOREILLON / 
N. QUELOZ / A. MACALUSO / N. DONGOIS (éds), Commentaire romand, Code 
pénal I, art. 1-110 CP, 2e éd., Bâle 2020, n. 108 ad art. 24-27). 

3.2. En l'espèce, le déroulement du guet-apens puis du passage à tabac de l'intimé est 
décrit de manière précise par l'acte d'accusation, établi par les éléments matériels au 
dossier et n'est en substance pas remis en cause par les appelants. Seule la 
qualification juridique de ces faits, en particulier au vu de l'implication de chacun 
d'eux dans ceux-ci, reste contestée.  

3.2.1. S'agissant du plan initial, il n'était pas particulièrement élaboré, les 
protagonistes, en particulier l'appelant A______ et J______, ayant agi sous le coup 
de l'émotion et de la colère. Il ressort néanmoins des déclarations concordantes de 
l'appelant A______, de ses sœurs et de J______ que le but était non seulement 
d'obtenir une vidéo de l'intimé nu, mais également de le frapper. Si A______ est 
partiellement revenu sur ses dires, indiquant qu'il voulait surtout avoir une vidéo, il a 
néanmoins admis qu'il avait bien l'intention de frapper G______, afin d'arriver à cette 
fin. 

L'appelant D______ a été contacté par A______ pour les rejoindre, mais réfute avoir 
su ce qui allait se passer. S'il n'a pu être reconstitué ce qui lui a été exposé 
exactement, il est en revanche établi qu'il a eu des contacts avec le téléphone de 
I______ 30 à 40 minutes avant le guet-apens, d'une durée d'un peu moins de cinq 
minutes au total, ce qui permet de penser que la situation lui a été expliquée, sinon en 
détails mais en tous cas dans les grandes lignes. A______ a confirmé qu'il avait dit à 
D______ que le plan était de faire venir l'intimé, présenté comme le violeur de sa 
petite sœur I______, dans le sous-sol de l'immeuble pour le frapper et qu'ils avaient 
besoin de renfort. L'appelant D______ n'est ainsi pas crédible lorsqu'il avance qu'il 
pensait que l'intention était uniquement de discuter avec l'intimé, puisqu'il était clair 

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qu'une confrontation physique allait avoir lieu au regard du contexte et pour que des 
renforts soient nécessaires. Il a ainsi accepté de venir en soutien de son ami 
A______, dans le but de participer au passage à tabac de l'intimé.  

C'est bien ce qu'il s'est passé puisque, dès le début, G______ a été pris physiquement 
à partie, frappé à l'aide des poings et des pieds et mis au sol par A______, D______ 
et J______, K______ ayant donné un coup avec une bouteille en verre. C'est à ce 
moment-là que l'appelant D______ a donné un coup de pied "balayette" à la victime 
l'amenant à terre, ce qu'il admet.  

3.2.2. À l'instar de ce qu'a retenu le TCO, hormis le coup de pied donné par D______ 
au départ et deux à cinq coups de poing ou gifles portés par A______, tous les autres 
coups, en particulier les coups de pied violents portés à la tête de la victime, l'ont été 
par J______. Or, c'est en raison de ces coups que les premiers juges ont considéré 
que la mise en danger créée avait dépassé les lésions corporelles simples finalement 
causées, imposant la qualification de tentative de lésions corporelles graves, à 
laquelle les prévenus se seraient pleinement associés réalisant ainsi l'infraction en 
coactivité.  

La CPAR ne partage pas cette position. Au regard des images vidéo, on distingue 
une nette différence dans l'attitude et la participation à la violence entre l'appelant 
A______, l'appelant D______ et le prévenu mineur J______.  

L'appelant A______, certes à l'origine du plan de vengeance avec J______, a 
manifesté assez rapidement son opposition lorsqu'il s'est rendu compte que J______ 
allait plus loin que ce qu'il avait imaginé. On constate effectivement sur la vidéo que, 
après les premiers coups destinés à faire tomber l'intimé puis le déplacer vers un 
autre couloir de la cave, il a appelé J______ à se calmer dès environ 00'30'', puis l'a 
repoussé de son bras, dans le but de se placer lui-même au-dessus de l'intimé, le 
menaçant afin que celui-ci se déshabille mais sans le frapper, du moins jusqu'à 01'14'' 
et 01'33'', moments où il lui administre deux gifles. Il n'a ensuite plus donné d'autre 
coup, entreprenant plutôt d'ôter ou arracher les vêtements de l'intimé pour le mettre 
nu, lui disant plusieurs fois d'enlever son caleçon avant de pouvoir partir. De son 
attitude, il peut ainsi être déduit que le but de l'appelant A______ à ce moment-là 
consistait à obtenir des images de l'intimé entièrement nu, et non de continuer à le 
frapper. Il a par la suite entrepris à plusieurs reprises d'écarter J______ qui continuait 
à porter des coups et de tenter de le calmer en lui répétant "c'est bon, c'est bon", 
disant à G______ qu'il pouvait quitter les lieux. Dans ces circonstances, il ne saurait 
être considéré qu'il a pleinement souscrit à la violence exacerbée de son comparse 
J______ et à l'ensemble des coups portés.  

L'appelant D______, quant à lui, a rejoint ses comparses alors que le plan avait déjà 
été établi. Il savait qu'il allait participer au passage à tabac de l'intimé, qu'il ne 

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connaissait absolument pas. Il a admis avoir donné un coup de pied pour faire chuter 
l'intimé au sol au début de l'altercation, qui n'est pas visible sur la vidéo. La suite des 
images ne montre aucun coup porté par l'appelant D______, celui-ci s'étant contenté 
de rester à côté, en regardant. Il est vrai que la présence de l'appelant D______ 
renforçait la supériorité numérique et la pression mise sur la victime. Cela n'implique 
pas pour autant qu'il peut lui être imputé une intention, fût-ce par dol éventuel, de 
causer des lésions corporelles graves à G______. Lorsqu'il est intervenu à nouveau, 
c'était pour découper les vêtements de ce dernier, sans le frapper, poursuivant ainsi le 
plan de dénuder la victime pour la filmer, ce qui correspondait également au but de 
A______ à ce moment-là puisqu'il disait à la victime "tu enlèves ça et tu pars". 
L'appelant D______ explique par ailleurs avoir quitté les lieux avant la fin, sur 
indication de A______, sa présence n'étant effectivement plus établie sur la base des 
images vidéo, après qu'il a réussi à découper le caleçon de l'intimé avec son couteau, 
vers 04'05''. Durant ces quatre minutes, il a assisté à de nombreux coups violents 
portés par J______, mais il doit être gardé à l'esprit qu'il ne connaissait pas ce 
dernier, qu'il n'avait jamais rencontré avant d'arriver dans le sous-sol ce soir-là. Par 
ailleurs, lorsque son ami A______ a tenté de calmer J______, il a quitté les lieux, se 
désolidarisant des actes qui ont été perpétrés par la suite, alors que l'intimé sera 
encore frappé par J______ pendant deux minutes avant de réussir à sortir. De ces 
éléments, il ne peut être déduit que l'appelant D______ s'est pleinement associé aux 
actes de J______ et aurait accepté les conséquences potentiellement graves des coups 
portés par celui-ci à sa victime.  

Certes, les appelants n'ont pas fait tout ce qui était en leur pouvoir pour stopper 
J______. Toutefois, il ne saurait leur être reproché une telle infraction par omission, 
faute d'une obligation d'agir comparable à une position de garant (cf. art. 11 CP). Le 
fait de ne pas s'interposer ne signifiant pas pour autant que les appelants ont voulu ou 
accepté que des lésions corporelles graves soient causées.  

Partant, les appelants A______ et D______ ne peuvent être considérés comme 
coauteurs d'une infraction de tentative de lésions corporelles graves. Ils seront ainsi 
acquittés de ce chef.  

3.3.1. Leurs actes sont constitutifs d'agression au sens de l'art. 134 CP.  

Au vu des faits retenus à leur encontre, les appelants A______ et D______ ont 
participé à une attaque unilatérale contre l'intimé, au cours de laquelle ce dernier a 
été blessé et n'a pu que tenter de se protéger, sans même oser se défendre. Ils ont 
intentionnellement, et activement, pris part à cette attaque. D______ a donné un coup 
de pied permettant de faire tomber la victime à terre et a exhibé un couteau qu'il a 
sorti de sa poche pour découper le caleçon de l'intimé, tandis que A______ lui a 
donné entre deux et cinq coups de poing. Les lésions les plus sérieuses ont 
manifestement été causées par J______. Toutefois, les lésions imputables à J______ 

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n'absorbent pas l'infraction d'agression à l'égard des autres, cette infraction étant 
applicable à tous les participants, qu'ils aient ou non personnellement causé des 
lésions. 

Le TCO a retenu, sans que cela ne soit remis en cause, que les lésions finalement 
subies par l'intimé du fait de ce passage à tabac se sont limitées à des lésions 
corporelles simples. Cela n'est pas critiquable, les lésions constatées étaient certes 
impressionnantes visuellement, mais n'ont pas entraîné une atteinte grave à l'intégrité 
corporelle de la victime ou à sa santé physique ou mentale. Il peut être relevé que, 
contrairement à ce qui a été retenu par l'acte d'accusation, l'intimé n'a pas perdu 
connaissance après les faits. Il a réussi à fuir dans la rue et était parfaitement 
conscient à l'arrivée des secours. S'il a déclaré à la police avoir perdu connaissance 
après avoir été mis au sol, il ressort des constats médico-légaux et de ses déclarations 
subséquentes, qu'il s'agissait en réalité plutôt d'un flou visuel dû au choc, et non d'une 
réelle perte de conscience. Par ailleurs, son pronostic vital n'a à aucun moment été 
engagé. 

La question du concours entre l'agression et les lésions corporelles pourrait se poser. 
Il ne sera toutefois pas retenu en raison du fait que les coups portés et acceptés par 
les appelants A______ et D______ n'ont pas causé une mise en danger allant au-delà 
des lésions corporelles simples finalement causées, contrairement aux actes de 
J______. Un tel concours n'est par ailleurs pas envisagé par l'acte d'accusation, 
présentant des qualifications subsidiaires et non cumulatives (art. 350 CPP).  

3.3.2. Partant, les appelants A______ et D______ seront reconnus coupables 
d'agression au sens de l'art. 134 CP. Les appels principaux seront dès lors 
partiellement admis.  

4.  4.1.1. Selon l'art. 140 ch. 1 al. 1 CP, se rend coupable de brigandage quiconque aura 
commis un vol en usant de violence à l'égard d'une personne, en la menaçant d'un 
danger imminent pour la vie ou l'intégrité corporelle ou en la mettant hors d'état de 
résister. 

Le brigandage est une forme aggravée du vol qui se caractérise par les moyens que 
l'auteur a employés (ATF 133 IV 207 consid. 4.2). Comme dans le cas du vol, 
l'auteur soustrait la chose, c'est-à-dire qu'il en prend la maîtrise sans le consentement 
de celui qui l'avait précédemment. À la différence du voleur, qui agit 
clandestinement ou par surprise, l'auteur recourt à la contrainte pour soustraire la 
chose d'autrui. La violence est toute action physique immédiate sur le corps de la 
personne, qui doit défendre la possession de la chose (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_1373/2021 du 23 mars 2023 consid. 4.2.1). Il importe peu que la victime ait été 
mise dans l'incapacité de se défendre pour que le brigandage soit consommé ; il suffit 

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que l'auteur ait recouru aux moyens indiqués et que le vol ait été consommé 
(ATF 133 IV 207 consid. 4.3.1 ; arrêt 6B_1373/2021 du 23 mars 2023 consid. 4.2.1).  

Le brigandage est une infraction intentionnelle, le dol éventuel étant suffisant. D'un 
point de vue subjectif, l'infraction exige – au-delà de l'intention de voler – une 
intention qui se rapporte à l'exécution de l'acte de contrainte envers la victime dans le 
but de commettre un vol. L'auteur doit vouloir forcer le départ de la chose ou du 
moins accepter de briser la résistance de la victime par la violence exercée  
(ATF 133 IV 207 consid. 4.3.3 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_314/2023 du 10 juillet 
2023 consid. 4.2). 

4.2.1. En l'espèce, il est établi que l'appelant D______ s'est emparé de la sacoche de 
l'intimé, contenant son portemonnaie et diverses cartes, ainsi que de son boîtier 
[d'écouteurs] L______. En revanche, contrairement à l'état de fait retenu par l'acte 
d'accusation, D______ n'a pas dérobé le téléphone portable de l'intimé, puisqu'il a été 
emporté par J______, et un des deux écouteurs L______ était manquant, se trouvant 
en possession de K______ lors de l'arrestation de celle-ci.  

Sous l'angle subjectif, il doit être tout d'abord relevé que les déclarations de l'appelant 
D______ en appel, selon lesquelles il pensait que la sacoche appartenait à son 
comparse A______, ne sont absolument pas crédibles. Il a quitté les lieux avant la fin 
de l'agression, soit avant son comparse, de sorte qu'on comprend mal pour quelle 
raison il aurait dû emporter cette sacoche avec lui. De plus, il apparaît sur la vidéo 
avec la sacoche en bandoulière alors qu'il s'apprête à déchirer le caleçon de la victime 
avec son couteau, il n'est dès lors pas possible qu'il ait vu la sacoche sur son chemin 
lorsqu'il était en train de partir, comme il l'a indiqué en première instance. Il est ainsi 
acquis que l'appelant D______ a soustrait les effets personnels de l'intimé, dans le 
but de se les approprier, puisqu'il ne s'en est dessaisi que lorsque la police a 
perquisitionné son domicile. En outre, si le plan initial des comparses n'a jamais été 
de violenter l'intimé dans le but de lui dérober ses affaires, il doit être admis que 
l'appelant D______, alors qu'il participait à l'agression de l'intimé, a perçu et compris 
que la sacoche et le boîtier [d'écouteurs] L______ de la victime étaient tombés au sol 
en raison des actes de violence alors exercés sur elle et auxquels il a collaboré. 
L'appelant D______ a décidé d'en profiter pour ramasser le boîtier [d'écouteurs] 
L______, puis la sacoche, réalisant ainsi l'infraction dans son intégralité, et ce même 
si cela ne faisait pas partie du plan initial.  

Même si la valeur de ces objets n'apparaît pas très importante, il y a lieu de rappeler 
que l'art. 172ter al. 1 CP n'est pas applicable au brigandage (art. 172ter al. 2 CP). 

4.2.2. Le verdict de culpabilité du chef de brigandage à l'égard de l'appelant D______ 
sera ainsi confirmé et son appel rejeté sur ce point.  

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5. 5.1.1. L'agression est sanctionnée par l'art. 134 CP d'une peine privative de liberté de 
cinq ans au plus ou d'une peine pécuniaire. Le brigandage au sens de l'art. 140 ch. 1 
CP est passible d'une peine privative de liberté de six mois à dix ans. La violation du 
domaine secret ou du domaine privé au moyen d'un appareil de prise de vues selon 
l'art. 179quater CP est passible d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou 
d'une peine pécuniaire.  

5.1.2. Selon l'art. 47 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabilité de l'auteur, en 
tenant compte des antécédents et de la situation personnelle de ce dernier ainsi que 
de l'effet de la peine sur son avenir (al. 1). La culpabilité est déterminée par la gravité 
de la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, par le caractère 
répréhensible de l'acte, par les motivations et les buts de l'auteur et par la mesure 
dans laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, compte tenu de 
sa situation personnelle et des circonstances extérieures (al. 2). 

La culpabilité de l'auteur doit être évaluée en fonction de tous les éléments objectifs 
pertinents, qui ont trait à l'acte lui-même, à savoir notamment la gravité de la lésion, 
le caractère répréhensible de l'acte et son mode d'exécution (objektive 
Tatkomponente). Du point de vue subjectif, sont pris en compte l'intensité de la 
volonté délictuelle ainsi que les motivations et les buts de l'auteur (subjektive 
Tatkomponente). À ces composantes de la culpabilité, il faut ajouter les facteurs liés 
à l'auteur lui-même (Täterkomponente), à savoir les antécédents (judiciaires et non 
judiciaires), la réputation, la situation personnelle (état de santé, âge, obligations 
familiales, situation professionnelle, risque de récidive, etc.), la vulnérabilité face à la 
peine, de même que le comportement après l'acte et au cours de la procédure pénale 
(ATF 142 IV 137 consid. 9.1 ; 141 IV 61 consid. 6.1.1). L'art. 47 CP confère un large 
pouvoir d'appréciation au juge (ATF 144 IV 313 consid. 1.2). 

5.1.3. Aux termes de l'art. 49 al. 1 CP, si, en raison d'un ou de plusieurs actes, 
l'auteur remplit les conditions de plusieurs peines de même genre, le juge le 
condamne à la peine de l'infraction la plus grave et l'augmente dans une juste 
proportion. Il ne peut toutefois excéder de plus de la moitié le maximum de la peine 
prévue pour cette infraction. Il est en outre lié par le maximum légal de chaque genre 
de peine. 

Lorsque les peines envisagées concrètement sont de même genre, l'art. 49 al. 1 CP 
impose au juge, dans un premier temps, de fixer la peine pour l'infraction 
abstraitement – d'après le cadre légal fixé pour chaque infraction à sanctionner – la 
plus grave, en tenant compte de tous les éléments pertinents, parmi lesquels les 
circonstances aggravantes ou atténuantes. Dans un second temps, il augmentera cette 
peine pour sanctionner chacune des autres infractions, en tenant là aussi compte de 
toutes les circonstances y relatives (ATF 144 IV 313 consid. 1.1.2). Une peine 
d'ensemble en application du principe de l'aggravation suppose que le tribunal ait 

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fixé (au moins de manière théorique) les peines (hypothétiques) de tous les délits 
(ATF 144 IV 217 consid. 3.5.3). 

5.1.4. Aux termes de l'art. 43 CP, le juge peut suspendre partiellement l'exécution 
d'une peine privative de liberté d'un an au moins et de trois ans au plus afin de tenir 
compte de façon appropriée de la faute de l'auteur (al. 1). La partie à exécuter ne peut 
excéder la moitié de la peine (al. 2) et tant la partie suspendue que la partie à 
exécuter doivent être de six mois au moins (al. 3). 

Le juge doit poser, pour l'octroi du sursis – ou du sursis partiel –, un pronostic quant 
au comportement futur de l'auteur. En l'absence de pronostic défavorable, il doit 
prononcer le sursis. Celui-ci est ainsi la règle dont le juge ne peut s'écarter qu'en 
présence d'un pronostic défavorable ou hautement incertain (ATF 135 IV 180 
consid. 2.1 ; ATF 134 IV 1 consid. 4.2.2). La question de savoir si le sursis serait de 
nature à détourner le prévenu de commettre de nouvelles infractions doit être 
tranchée sur la base d'une appréciation d'ensemble, tenant compte des circonstances 
de l'infraction, des antécédents de l'auteur, de sa réputation et de sa situation 
personnelle au moment du jugement, notamment de l'état d'esprit qu'il manifeste. Le 
pronostic doit être posé sur la base de tous les éléments propres à éclairer l'ensemble 
du caractère du prévenu et ses chances d'amendement. Il n'est pas admissible 
d'accorder un poids particulier à certains critères et d'en négliger d'autres qui sont 
pertinents (ATF 135 IV 180 consid. 2.1). 

Aux termes de l'art. 44 al. 1 CP, si le juge suspend totalement ou partiellement 
l'exécution d'une peine, il impartit au condamné un délai d'épreuve de deux à cinq 
ans. 

5.2.1. La faute de l'appelant A______ est lourde.  

Il s'en est pris sans scrupule à l'intégrité corporelle d'un adolescent, agissant en 
groupe et avec une grande violence, plaçant sa victime dans l'incapacité de se 
défendre, à terre. Il a agi sous le coup d'une colère mal maîtrisée et par vengeance, 
pensant l'intimé responsable d'un tort causé à sa sœur, fomentant un guet-apens pour 
le faire venir dans un sous-sol à l'abri des regards. S'il a tenté de calmer J______ à 
plusieurs reprises, il ne s'est pas opposé fermement à celui-ci pour qu'il cesse de 
porter des coups, alors qu'il a assisté à ceux-ci jusqu'à la fin. Il s'en est pris également 
à l'honneur de sa victime, en la filmant après l'avoir dévêtue et dans une posture 
particulièrement humiliante. 

Sa collaboration a été bonne. Il a immédiatement reconnu les faits et donné des 
explications sincères. Sa prise de conscience est en bonne voie. Il a présenté des 
excuses et exprimé des regrets. Il semble avoir compris que la vengeance n'était pas 
une façon de régler ses problèmes. S'il minimise sa propre implication, rejetant la 

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faute sur J______ dont il dit avoir eu peur, il a néanmoins compris qu'il avait mal agi 
et eu un rôle important dans le déroulement des faits.  

Sa situation personnelle est favorable et n'explique pas ses agissements. Il sera 
néanmoins tenu compte de son âge. 

Il a des antécédents qui, bien que non spécifiques, sont relativement nombreux au vu 
de son âge. 

Il y a concours d'infractions. Les actes abstraitement les plus graves sont ceux 
qualifiés d'agression, pour lesquels une peine privative de liberté de 28 mois est 
appropriée. La pondération de la faute des prévenus appelle une peine plus élevée à 
ce titre pour l'appelant A______ que pour son comparse D______, dans la mesure où 
il a initié le guet-apens et joué un rôle plus actif dans l'agression. À cette peine, 
s'ajouteront deux mois pour l'infraction à l'art. 179quater CP (peine hypothétique de 
quatre mois). Partant, la peine privative de liberté sera fixée à 30 mois.  

Le bénéfice du sursis partiel lui est acquis. La durée de la partie ferme de la peine 
sera toutefois revue à la baisse. En effet, compte tenu de son jeune âge, de son bon 
comportement depuis les faits et de ses efforts pour reprendre sa vie en main, il 
apparaît contre-productif d'imposer à l'appelant A______ une partie ferme de la 
peine supérieure à six mois. Le délai d'épreuve restera quant à lui fixé à trois ans. 

La non-révocation du sursis à la peine fixée par le MP le 16 octobre 2019 lui est 
acquise (art. 391 al. 2 CPP) et sera confirmée.  

L'amende de CHF 500.- infligée pour dommages à la propriété d'importance mineure 
(art. 144 al. 1 CP cum art. 172ter CP), non contestée et adéquate, sera confirmée 
également.  

5.2.2. La faute de l'appelant D______ est lourde.  

Tout comme son comparse, il s'en est pris sans scrupule à l'intégrité corporelle d'un 
adolescent, agissant en groupe et avec une grande violence, plaçant sa victime dans 
l'incapacité de se défendre. S'il n'a