# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 5619bb10-8a99-5d57-9be8-8b96ae290e67
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-04-07
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Zivilappellationshöfe 07.04.2022 101 2022 29
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_001_101-2022-29_2022-04-07.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00
tribunalcantonal@fr.ch
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

101 2022 29

Arrêt du 7 avril 2022

Ie Cour d’appel civil

Composition Président : Jérôme Delabays
Juges : Sandra Wohlhauser, Laurent Schneuwly
Greffière-rapporteure : Catherine Faller

Parties A.________, défendeur et appelant,

contre

B.________, C.________, D.________ et E.________, 
demanderesses et intimées, représentées par Me Pierre-Yves 
Brandt, avocat

Objet Protection de la personnalité ; appel manifestement irrecevable

Appel du 27 janvier 2022 contre la décision du Président du Tribunal 
civil de l'arrondissement de la Glâne du 11 novembre 2021

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considérant en fait et en droit

1.

A.________ et B.________ sont les parents de quatre enfants dont C.________ née en 1992, 
D.________ née en 1995 et E.________ née en 1999. Les parents sont divorcés depuis 2012. 
L’autorité parentale et la garde des enfants, du temps de leur minorité, avaient été confiées à leur 
mère.

2.

2.1. Par décision du 11 novembre 2021, le Président du Tribunal civil de l’arrondissement de la 
Glâne Grégoire Bovey a accueilli favorablement la procédure en protection de la personnalité initiée 
en novembre 2020 (mesures provisionnelles) et confirmée le 20 août 2021 (demande au fond) par 
B.________ et ses filles C.________, D.________ et E.________ (ci-après : les intimées). Il a 
interdit à A.________ d’entrer en contact avec les précitées de quelque manière que ce soit. Il lui a 
également interdit de prendre contact avec leurs employeurs, respectivement toute personne en 
charge de leur formation, ainsi que de s’approcher à moins de 300 mètres de leur domicile et de 
leurs lieux de formation et de travail. Plus généralement, il leur a interdit de leur causer quelques 
désagréments que ce soit. Ces interdictions ont été prononcées sous la menace des peines de droit 
de l’art. 292 CP. Le Président du Tribunal a renoncé à percevoir des frais judiciaires mais a 
condamné A.________ à payer des dépens à hauteur de CHF 4'500.- plus TVA.

Une telle interdiction avait déjà été prononcée à titre de mesures provisionnelles le 26 janvier 2021.

Le Président du Tribunal a siégé à deux reprises dans ce dossier, la première fois le 22 janvier 2021, 
la seconde fois le 27 octobre 2021. Ces deux audiences ont été émaillées d’incidents à se référer 
aux procès-verbaux. Ainsi, lors de la première audience, A.________ est resté debout au milieu de 
la salle d’audience, refusant de s’assoir, même après que le Président du Tribunal eut haussé le 
ton, puis est parti en laissant trois sacs en papiers remplis d’objets à l’attention de ses filles. Lors de 
la seconde audience, il s’était rendu avant les débats dans la salle d’attente où se trouvaient son 
ancienne épouse et ses filles, déposant à l’attention de celles-ci un lot de courriers dont elles n’ont 
pas voulu prendre connaissance. L’absence de A.________ au début des débats, retardé de 
15 minutes, a ensuite été constatée.

Une demande de récusation du Président Grégoire Bovey, formulée par A.________, a par ailleurs 
été rejetée le 8 février 2021.

2.2. Dans sa décision du 11 novembre 2021, le Président du Tribunal a retenu que A.________ 
avait adressé durant une longue période presque quotidiennement des courriels et des lettres aux 
intimées, ainsi que des messages vocaux à toute heure du jour et de la nuit. L’appelant s’est rendu 
à de multiples reprises au domicile des intimées pour y déposer divers objets (fleurs, ballons, cartes, 
etc.) à leur intention. Il a également contacté une amie de son aînée dont il avait cherché l’adresse, 
et a épié ses filles. Ces comportements, par ailleurs non exhaustivement énumérés, relèvent selon 
le Président du Tribunal du harcèlement (stalking), engendrent auprès des intimées un climat de 
peur et d’angoisse, et justifient le prononcé des interdictions requises.

La décision rédigée a été notifiée à A.________ le 21 janvier 2022.

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3.

Le 27 janvier 2022, A.________ a adressé une lettre au Tribunal cantonal dans laquelle il indiquait 
faire recours contre la décision du 11 novembre 2021. Il a joint « en guise de justificatif » sa 
correspondance du même jour au Président du Tribunal Grégoire Bovey, dans laquelle il a requis 
de celui-ci qu’il lui présente des excuses, devant ses trois filles, pour lui avoir hurlé dessus et lui 
avoir manqué de respect lors de la première audience. Il se décrit comme un père bien intentionné 
qui n’a jamais présenté un quelconque danger pour sa famille, qualifiant d’absurdités les reproches 
formulés à son encontre. A le lire, les réactions de ses filles à son égard ne sont que le résultat d’un 
processus d’aliénation parentale mené par leur mère.

Le 8 février 2022, A.________ a adressé un courrier supplémentaire au Président de la Cour, 
sollicitant divers témoignages.

4.

Le Tribunal fédéral considère comme non patrimoniale une prétention en cessation du trouble 
fondée sur la violation des droits de la personnalité, malgré des conclusions accessoires en 
délivrance du gain ou en tort moral (arrêt TF 5A_603/2009 du 26 octobre 2009 consid. 2 ; CR Code 
de procédure civile [CPC]-TAPPY, 2ème éd. 2019, art. 91 n. 11). La voie de l’appel (art. 308 CPC) est 
dès lors en l’espèce ouverte contre la décision du 11 novembre 2021. Le délai de trente jours 
applicable à la procédure simplifiée (art. 243 al. 2 let. et 311 al. 1 CPC) a manifestement été 
respecté.

5.

La procédure d’appel contre la décision du 11 novembre 2021 n’a pas pour objet un éventuel 
comportement disciplinaire du Président du Tribunal. L’appelant ne l’ignore pas puisqu’il a saisi 
l’autorité de surveillance des magistrats, soit le Conseil de la magistrature (art. 90 al. 1 de la loi sur 
la justice [LJ ; RSF 130.1]).

Il sied cela étant de prendre acte que A.________ n’a pas contesté la décision du 8 février 2021 
rejetant sa demande de récusation.

6.

6.1. Le mémoire de recours doit indiquer que le justiciable attaque la décision, pourquoi il le fait et 
dans quelle mesure celle-ci doit être modifiée ou annulée (arrêt TF 4A_383/2013 du 2 décembre 
2013 consid. 3.2.1). Dans ses conclusions, une partie exprime quelle conséquence juridique elle 
cherche à obtenir en appel et dans quelle mesure elle requiert à cet effet du tribunal une protection 
juridique. Les conclusions doivent être suffisamment précises pour qu'en cas d'admission, elles 
puissent être reprises sans modification dans le dispositif de la décision (arrêt TF 5A_775/2018 du 
15 avril 2019 consid. 3.4). L’interdiction du formalisme excessif commande d’entrer 
exceptionnellement en matière sur un appel formellement dépourvu de conclusions, si ce que 
demande l’appelant résulte de sa motivation, cas échéant en relation avec le jugement attaqué ; les 
conclusions doivent être interprétées à la lumière de la motivation (ATF 137 III 617 consid. 6.3).

6.2. Par ailleurs, conformément à son devoir de motiver son appel (art. 311 al. 1 CPC), l’appelant 
doit démontrer, sous peine d’irrecevabilité, en quoi la décision du premier Juge est erronée. Pour 
qu’une telle démonstration réponde aux exigences de motivation, l’appelant ne peut pas simplement 
renvoyer à ses moyens de défense soumis aux juges du premier degré, ni limiter son exposé à des 
critiques globales et superficielles de la décision attaquée. Il doit s’efforcer d’établir que, sur les faits 

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constatés ou sur les conclusions juridiques qui en ont été tirées, la décision attaquée est entachée 
d’erreurs. Il ne peut le faire qu’en reprenant la démarche du premier juge et en mettant le doigt sur 
les failles de son raisonnement (arrêts TF 5A_617/2020 du 5 mai 2021 consid. 3.3 ; 4A_218/2017 
du 14 juillet 2017 consid. 3.1.2). Un simple renvoi aux écritures et pièces de première instance n’est 
pas admissible (arrêt TC FR 101 2011 75 du 30 août 2012).

6.3. Le défaut de motivation ou des conclusions déficientes ne sont pas de nature mineure et ne 
justifient pas la fixation par le Tribunal d’un délai pour réparer le vice (ATF 137 III 617 consid. 6.3).

6.4. En l’espèce, il faut tout d’abord constater que le mémoire de recours de A.________ est en 
réalité une simple lettre de trois lignes dans laquelle il renvoie à un courrier qu’il a adressé au 
Président du Tribunal. Déjà cette manière de faire est irrégulière et entraîne l’irrecevabilité de l’appel.

Ensuite, tant dans le courrier précité que dans la lettre au magistrat Grégoire Bovey, A.________ 
ne prend aucun chef de conclusions à l’encontre de la décision du 11 novembre 2021. Il réitère 
uniquement son souhait que ce magistrat présente des excuses. Bien plus si, à la lecture de l’écrit 
du 27 janvier 2022, on comprend certes le désaccord de l’appelant envers la décision du 
11 novembre 2021, il en ressort également qu’il ne sollicite pas la réforme de cette décision dans 
un sens qui lui serait plus favorable, mais, semble-t-il, son complément (p. 2). Ce défaut manifeste 
de conclusions entraîne également l’irrecevabilité de l’appel, les conditions exceptionnelles 
permettant une guérison d’une telle lacune n’étant pas remplies.

6.5. Ensuite, le désaccord manifesté dans l’écrit du 27 janvier 2022 prend plus la forme d’une 
diatribe teintée d’ironie et de colère contre le premier Juge et les intimées qu’une critique 
juridiquement motivée et partant recevable au sens de l’art. 311 al. 1 CPC.

A ce propos, si on comprend l’opposition de l’appelant envers ce qu’a décidé le premier juge, il y a 
cela étant un point indéniable et fondamental de la décision du 11 novembre 2021 qu’il ne critique 
pas : son ancienne épouse et ses filles ont clairement manifesté leur volonté de couper tous liens 
avec lui ; ses filles, désormais majeures, l’ont indiqué sans ambigüité. Que l’appelant estime ce 
souhait infondé, insensé et injuste ne le dispense pas de le respecter, ce qu’il n’a manifestement 
pas fait comme l’a clairement constaté la Président du Tribunal dans la décision querellée, sans être 
contredit sur ce point.

Il reste enfin à relever que, malgré ses dénégations, A.________ a bien refusé de s’expliquer en 
audience. Il n’était pas présent dans la salle de Tribunal le 27 octobre 2021 au début des débats, 
qui ont du reste été repoussés de 15 minutes pour tenir compte d’une arrivée tardive. Qu’il fût présent 
dans le bâtiment du Tribunal de la Glâne importe peu. Quant au déroulement de l’audience du 
22 janvier 2021, vivement critiquée par A.________, il sied de relever que le comportement du 
Président Grégoire Bovey n’a pas justifié sa récusation et n’autorisait pas l’appelant à ne pas 
comparaître, ou seulement à ses conditions, aux débats du 27 octobre 2021.

7.

Il s’ensuit que l’appel du 27 janvier 2022 sera déclaré irrecevable avec suite de frais judiciaires (art. 
106 al. 1 CPC) fixés forfaitairement à CHF 250.-, à percevoir sur l’avance de l’appelant, le solde lui 
étant remboursé. Les intimées n’ayant pas été invitées à se déterminer, il n’est pas alloué de dépens.

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la Cour arrête :

I. L'appel est irrecevable.

II. Les frais judiciaires de la procédure d’appel, par CHF 250.-, sont mis à la charge de 
A.________ et perçus sur son avance, dont le solde lui est remboursé.

Il n’est pas alloué de dépens.

III. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral dans les trente jours qui 
suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 
par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). L'acte de recours 
motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 7 avril 2022/jde

Le Président : La Greffière-rapporteure :