# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f143d04e-c0e5-5c4a-a5eb-4a24f9be270b
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2025-02-06
**Language:** fr
**Title:** Genf Tribunal pénal 06.02.2025 P/17806/2023
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_TP_001_P-17806-2023_2025-02-06.pdf

## Full Text

Siégeant : Mme Dania MAGHZAOUI, Présidente, Mme Katerina FIGUREK 

ERNST et M. Antoine HAMDAN, juges, Mme Marie BRADIC, Greffière-juriste, 

Mme Céline DELALOYE JAQUENOUD, Greffière  

P/17806/2023  

 

RÉPUBLIQUE ET  

 

CANTON DE GENÈVE  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E   
 

JUGEMENT  

DU TRIBUNAL CORRECTIONNEL  

 

Chambre 5 

 

6 février 2025 
 

MINISTÈRE PUBLIC  

Monsieur C______, partie plaignante, assisté de Me F______ 

 

Madame D______, partie plaignante, assistée de Me F______ 

 

Madame E______, partie plaignante, assistée de Me F______ 

contre  

Monsieur A______, né le ______ 1980, actuellement en exécution anticipée de peine à 

l'Établissement de G______, prévenu, assisté de Me B______ 

- 2 -  

 P/17806/2023   

CONCLUSIONS FINALES DES PARTIES : 

Le Ministère public conclut au prononcé d'un verdict de culpabilité des chefs de meurtre, 

d'infraction à l'art. 91 al. 2 let. a LCR et d'infraction à l'art. 90 al. 3 LCR. Il conclut au 

prononcé d'une peine privative de liberté de 8 ans, ainsi qu'au prononcé d'une expulsion 

pour une durée de 15 ans. Il conclut à ce qu'il soit fait bon accueil aux conclusions civiles 

des parties plaignantes. Il conclut à l'établissement du profil ADN du prévenu et à ce que 

le sort des biens séquestrés soit confirmé. Il conclut enfin à ce que le prévenu soit 

condamné aux frais de la procédure. Subsidiairement, si un verdict de culpabilité devait 

être prononcé du chef d'homicide par négligence, le Ministère public conclut au prononcé 

d'une peine privative de liberté incompatible avec le sursis, même partiel. Le Ministère 

public conclut également au maintien du prévenu en exécution anticipée de peine.  

Me F______, conseil de D______, C______ et E______, conclut au prononcé d'un 

verdict de culpabilité du chef de meurtre par dol éventuel et à ce qu'il soit fait bon accueil 

aux conclusions civiles de ses clients, ainsi qu'aux prétentions fondées sur l'art. 433 CPP 

sur la base de la note déposée à l'ouverture des débats.  

Me B______, conseil de A______, ne s'oppose pas au prononcé d'un verdict de 

culpabilité des chefs d'homicide par négligence et d'infraction à l'art. 91 al. 2 let. a LCR. 

Il conclut à l'acquittement de son client du chef d'infraction à l'art. 90 al. 3 LCR. Il conclut 

au prononcé d'une peine juste, compatible avec le sursis partiel. Il ne s'oppose pas, sur le 

principe, aux conclusions civiles des parties plaignantes, et s'en rapporte à justice quant 

aux montants et aux conclusions prises concernant H______. Il s'en rapporte à justice sur 

le sort des objets séquestrés.  

 

EN FAIT 

A. Par acte d'accusation du 12 novembre 2024, il est reproché à A______ d’avoir, à 

Genève, le 14 août 2023, intentionnellement tué I______, alors que, vers 20h00, il 

circulait au volant du véhicule de marque J______, qu’il présentait un taux d’alcool 

minimal dans le sang situé entre 2.08 g/kg et 2.88 g/kg, qu'il avait très fortement accéléré, 

à la hauteur de la route 1______ no 2______, afin de réaliser une manœuvre de 

dépassement téméraire de trois véhicules qui le précédaient, à la hauteur de l’îlot central 

situé avant le passage sous l’autoroute A1, qu'il avait manqué de perdre la maîtrise de son 

véhicule au moment de se rabattre, qu'il avait ensuite heurté avec la roue avant-droite, à 

la hauteur du second îlot central, une bordure en béton, à une vitesse estimée entre 80 

km/h et 133 km/h sur un tronçon limité à 60 km/h et qu'il avait perdu la maîtrise de son 

véhicule, roulant alors partiellement sur la bande herbeuse située sur sa droite sur une 

distance d’environ 74.5 mètres, avant de regagner entièrement la chaussée et de percuter, 

à une vitesse estimée entre 70 km/h et 85 km/h, l’arrière du cycle au guidon duquel se 

trouvait I______, lequel circulait normalement au centre de la bande cyclable, le choc 

- 3 -  

 P/17806/2023   

ayant provoqué sa projection sur le capot du véhicule et sur la chaussée ainsi que des 

lésions corporelles, parmi lesquelles un traumatisme crânien et facial sévère, puis son 

décès le ______ 2023, étant précisé que A______ tenait pour possible que son 

comportement irresponsable au volant puisse occasionner un accident mortel et acceptait 

cette éventualité au cas où elle se produirait, faits qualifiés de meurtre par dol éventuel au 

sens de l’art. 111 CP (ch. 1.1.1. de l’acte d’accusation).  

Subsidiairement, il est reproché à A______ d’avoir, à Genève, le 14 août 2023, par 

négligence, causé la mort de I______, dans les circonstances de fait précédemment 

décrites, en violant ses devoirs de prudence, faits qualifiés d'homicide par négligence (ch. 

1.1.2. de l’acte d’accusation). 

Il est également reproché à A______ d’avoir, à Genève, le 14 août 2023, dans les 

circonstances de fait précédemment décrites, circulé au volant d'un véhicule automobile 

alors qu'il se trouvait en état d'ébriété qualifié au sens de l'art. 91 al. 2 let. a LCR (ch. 1.2. 

de l’acte d’accusation) et d'avoir commis des violations graves et fondamentales des 

règles de la circulation routière au sens de l’art. 90 al. 2, 3 et 4 LCR (ch. 1.3. de l’acte 

d’accusation). 

B.   Les éléments pertinents suivants ressortent de la procédure : 

Constatations policières 

a.a. Selon le rapport d’arrestation du 15 août 2023, A______, automobiliste en état 

d’ébriété qualifiée présumée, circulait sur la route 1______ en direction de la route 

2______ le 14 août 2023. A la hauteur de la route 1______ no 2______, il a très fortement 

accéléré afin d’effectuer un dépassement téméraire de trois véhicules circulant les uns 

derrière les autres et conduits, respectivement, par K______, L______ et M______. Il a 

conclu son dépassement à la hauteur du no 3______ de la route 1______, avant un îlot 

séparant les deux voies de circulation. Il a ensuite continué sa route à haute vitesse sur la 

route 1______, passant sous le pont de l’autoroute A1. Arrivé au second îlot situé peu 

après, A______ a perdu la maîtrise de son véhicule en heurtant, avec la roue avant droite, 

le trottoir bordant la chaussée. Suite à ce heurt, il a continué sa route avec les deux roues 

côté droit sur la bande herbeuse. Quelques dizaines de mètres plus loin, alors qu’il avait 

entièrement rejoint la chaussée, il a heurté, avec l’avant de son véhicule, l’arrière du cycle 

de I______, qui circulait correctement sur la bande cyclable de la route 1______ en 

direction de la route 2______. A______ a ensuite parcouru quelques dizaines de mètres, 

avec le cycliste et son vélo sur le pare-brise, avant de mettre définitivement fin à sa course. 

Lorsqu’il s’est arrêté, I______ et le vélo sont tombés sur le côté droit de la chaussée. Suite 

au choc, I______ a été grièvement blessé et a été pris en charge par le personnel de la 

REGA. Sur les lieux de l’accident, A______ s’est prêté à un éthylotest ayant révélé un 

taux d’alcool dans l’air expiré 1.18 mg/l. La police n'a pas été en mesure de trouver une 

caméra ayant filmé les faits. 

- 4 -  

 P/17806/2023   

a.b. Un rapport technique a été établi le 18 août 2023 par le Groupe audio-visuel 

accident (ci-après : GAVA) afin d’apprécier la luminosité, l’ensoleillement et 

l’éblouissement de la route à l’heure où s’est déroulé l’accident. Le 17 août 2023, les 

policiers se sont rendus sur les lieux afin d'effectuer des photographies (depuis l’habitacle 

d’un véhicule et depuis l’extérieur), un film du parcours effectué par A______ depuis 

l'habitacle d'un véhicule, ainsi qu’un Time Lapse de la course du soleil depuis les lieux de 

l’accident.  

En se fondant sur les informations recueillies, l'heure de survenance de l'accident a été 

fixée à 20h05 le 14 août 2023 2023. Sur la base de calculs de positions du soleil, il a été 

déterminé que les photographies, à la date du 17 août 2023, devaient être prises à 20h00. 

Lesdites photographies ainsi que les analyses effectuées ont permis de mettre en évidence 

que, le jour de l'accident, à 20h05, le soleil n’était pas dans l’alignement du champ de 

vision du conducteur dans le sens de marche des véhicules. La position du soleil pouvait 

avoir une incidence sur la visibilité du conducteur vers la gauche, mais l’éblouissement 

était fortement réduit par le montant du pare-brise gauche. La visibilité vers l’avant et la 

droite n’était pas réduite par le soleil, la luminosité générale était bonne et aucune 

réverbération lumineuse n’avait été constatée au niveau du revêtement bitumeux.  

En conclusion, la position du soleil au moment de l’accident n’avait pas eu d’incidence 

directe sur la visibilité du conducteur vers l’avant ou tout du moins, une incidence limitée. 

Il fallait toutefois prendre en considération le fait que les photographies et reconstitutions 

avaient été effectuées d’après une position de conduite « normale » mais en recourant à 

une personne de la taille du prévenu. La position de conduite du prévenu, et notamment 

celle de sa tête, pouvait modifier légèrement les résultats des analyses. De même, 

l'utilisation du pare-soleil conducteur ou d'optiques solaires au moment des faits pouvait 

influencer les résultats, sans compter que la présence de nuages lors de l'événement 

modifiait également la luminosité. 

a.c. Dans un rapport du 16 janvier 2024 établi par le GAVA figurent notamment des 

photographies de l'état du véhicule J______ après les faits. D'importants dégâts sont 

visibles sur le capot, le pare-brise, le toit, la partie avant et le flanc droit. La présence 

d'une trace de sang sur la portière avant droite permettait de confirmer que le cycliste 

avait été « transporté » suite au heurt avec la voiture. Par ailleurs, le positionnement à 

droite venait valider la cinétique et la zone dans laquelle la police avait placé le cycliste 

à l'arrêt lorsque la voiture s'était immobilisée, 31.50 mètres après le heurt. Les dégâts et 

déformations constatés sur le cycle étaient compatibles avec le choc entre la voiture et le 

cycle. Ils tendaient à confirmer l'importante cynétique de l'accident, à savoir un choc entre 

l'avant de la voiture et l'arrière du cycle, avant une projection sur le bord droit de la 

chaussée 31.50 mètres plus loin. Des traces de pneumatiques ainsi que des dégâts sur la 

bordure de la chaussée provenaient des roues avant et arrière du véhicule, étant précisé 

que les pneumatiques étaient crevés suite au choc avec la bordure de trottoir. Aucun 

élément technique de l'expertise des véhicules ne ressortait comme ayant aggravé les 

circonstances de l'accident. 

- 5 -  

 P/17806/2023   

a.d. Dans un rapport de renseignements du 28 avril 2024, la Brigade routière et 

accidents a indiqué que l’accident s’était produit sur une route sèche, plate et en ligne 

droite. La visibilité était normale, il faisait beau et jour. La vitesse maximale autorisée sur 

cette route, soit la route 1______, était de 60 km/h.  

A l'arrivée de la police, I______ recevait les soins prodigués par N______, puis par le 

personnel de la REGA, tandis que A______ et les témoins K______, L______, M______ 

et O______, ainsi que P______, attendaient à proximité. 

A______ circulait sur la route 1______ en direction de la route 2______. A la hauteur de 

la route 1______ no 2______, il avait très fortement accéléré afin d’effectuer un 

dépassement téméraire des voitures de M______, L______ et K______, concluant son 

dépassement à la hauteur du no 3______ de la route 1______, juste avant un îlot séparant 

les deux voies de circulation. Poursuivant sa route à haute vitesse, passant sous l’autoroute 

A1 et parvenu au second îlot, il n'était pas resté maître de son véhicule et avait heurté, 

avec la roue avant droite, le trottoir bordant la chaussée. Ensuite, il avait circulé avec les 

deux roues sur le côté droit sur la bande herbeuse, sur une distance approximative de 

72.90 mètres. Puis, il avait regagné la chaussée avec l’entier de sa voiture et avait heurté, 

avec l’avant de son véhicule, la roue arrière du cycle de I______. Il avait encore parcouru 

environ 31.50 mètres avec I______ et le vélo de celui-ci sur son pare-brise, avant de 

mettre fin à sa course. Lorsqu'il s'était arrêté, I______ et son vélo étaient tombés sur le 

côté droit de la chaussée. Lors du choc, I______, qui n'était pas porteur d'un casque, avait 

été grièvement blessé. Pris en charge par la REGA, il était décédé des suites de ses 

blessures le ______ 2023 à 01h05 aux Hôpitaux Universitaires de Genève (ci-après: 

HUG).  

Une analyse sommaire pratiquée sur le téléphone portable de A______ avait permis de 

constater qu'aucun appel ou message n'était intervenu à l'heure approximative de 

l'accident. L'enquête technique menée n'avait pas permis de déterminer la vitesse du 

véhicule de A______, que ce soit lors des dépassements ou lors du choc; il existait 

cependant des déclarations de divers témoins à ce sujet. 

a.e. Dans un rapport du 3 juin 2024, la police a précisé que la distance mesurée 

séparant le point de choc contre la bordure et le choc approximatif avec le cycliste était 

de 76.80 mètres. 

Séquestres 

b. Le 15 août 2023, le vélo de I______ et le véhicule J______ immatriculé 

Q______/Pologne ont été séquestrés par le Ministère public, ce dont le Service cantonal 

de la fourrière des véhicules a été informé. 

Expertises 

- 6 -  

 P/17806/2023   

c.a. L'Office cantonal des véhicules (ci-après: OCV) a réalisé une inspection technique 

des deux véhicules impliqués. A teneur des rapports du 16 août 2023, la voiture conduite 

par A______ et le cycle de I______ ne présentaient aucune défectuosité susceptible d’être 

à l’origine de l’accident. S'agissant de la voiture, il était relevé qu'elle avait subi un choc 

à l'avant, que le pare-chocs, le capot et le toit étaient déformés, que le pare-brise était 

cassé, que les jantes côté droit du véhicule étaient déformées et que le pneu avant droit 

avait éclaté. 

c.b. A teneur du rapport d’expertise technique de la circulation du 20 août 2024 établi 

par R______, expert du DYNAMIC TEST CENTER (ci-après : DTC), la zone de 

collision plausible, basée sur les éléments objectifs à disposition, se situait environ 74.5 

mètres après la fin de l'îlot et au centre de la bande cyclable, soit à environ 0.7 mètre du 

bord de la chaussée.  

L'événement a été appréhendé en trois séquences. S'agissant de ce qui avait précédé la 

collision, l'expert a relevé que très peu d'indices étaient disponibles pour déterminer la 

vitesse de la J______, étant précisé qu'aucune trace de freinage n'était visible et que, 

hormis les traces de frottement contre la bordure en béton, aucune autre trace n'était 

visible. La vitesse de la voiture lors du choc contre la bordure en béton, avant de circuler 

partiellement dans la bande herbeuse, ne pouvait faire l'objet que de suppositions, puisque 

rien ne permettait de savoir si, sur cette distance d'environ 73 mètres, le conducteur avait 

circulé à vitesse constante, s'il avait freiné, en relâchant simplement la pédale 

d'accélérateur (frein moteur) ou en actionnant les freins de service, ou s'il avait au 

contraire accéléré. Dans le cas le moins favorable, correspondant à un freinage constant 

sur l'intégralité de la distance de 73 mètres - qui sépare les traces contre la bordure en 

béton de la zone de collision contre le cycliste - et impliquant la vitesse initiale la plus 

élevée, c'était une vitesse initiale comprise entre 124 km/h et 133 km/h qui serait obtenue. 

Ces valeurs étaient des maximas que la J______ n'avait en aucun cas dû dépasser. Dans 

l’hypothèse d’une décélération de 0.8 m/s2 avec le frein moteur tout au long de cette 

distance, la vitesse du véhicule serait de 80 km/h au moment de quitter la chaussée, pour 

une vitesse de collision contre le cycliste de 70 km/h. Dans le cas de la variante maximale, 

avec une vitesse de collision de 85 km/h, la vitesse à l'endroit du heurt contre la bordure 

serait de 93 km/h. Toutefois, n’importe quelle valeur comprise entre celle de collision 

contre le cycliste (entre 70 km/h et 85 km/h) et les maximas de 124 km/h à 133 km/h 

restait possible, voire même une valeur inférieure à celle de la collision contre le cycliste 

si la voiture avait accéléré après le choc contre la bordure, ce qui était toutefois moins 

plausible. S'agissant de la vitesse du cycliste avant la collision, en fonction de sa cadence 

de pédalage et du rapport engagé, les valeurs dégagées s'échelonnaient entre 17.4 km/h et 

28.5 km/h, étant précisé que selon différentes études, pour un cycliste âgé entre 15 et 45 

ans, on pouvait s'attendre à une vitesse comprise entre 20 km/h et 27 km/h, ce qui était 

parfaitement compatible avec les valeurs précédemment évoquées. Invité à mesurer 

précisément la distance parcourue entre le premier point de choc (contre la bordure en 

béton) et le deuxième point de choc (collision contre le cycliste), l'expert a estimé que la 

- 7 -  

 P/17806/2023   

distance les séparant était d'environ 73.5 mètres au minimum, voire légèrement plus, mais 

de 75.5 mètres au maximum. 

En ce qui concerne la phase de collision, les vitesses avaient été déterminées au moyen 

de simulations informatiques. Le but recherché était d'obtenir une position finale aussi 

réaliste que possible pour la J______ et le cycliste. Il devait être tenu compte du fait que 

le comportement du conducteur de la voiture n'était pas connu après la collision (début 

du freinage au moment du choc ou phase d'accélération ou encore début du freinage plus 

tard, au terme d'un certain temps de réaction). L'analyse de la collision avait mis en 

évidence une vitesse de collision, pour la voiture, entre 70 km/h et 85 km/h et, pour le 

cycliste, entre 20 km/h et 25 km/h. La vitesse obtenue pour la voiture permettait de 

considérer que le conducteur avait probablement freiné seulement après la collision et 

qu'il n'était pas en phase d'accélération. 

Après la collision, la voiture avait parcouru une distance approximative de 39 mètres 

avant de s'immobiliser. En l'absence de la moindre trace de freinage visible sur la 

chaussée, on pouvait supposer que s'il y avait eu un freinage, il ne devait sans doute pas 

être maximal. La vitesse post-collision maximale de la voiture serait de 78 km/h. 

S'agissant du vélo, une distance de projection de 25 mètres (plus ou moins 2 mètres) a été 

considérée comme plausible. Partant du principe que, durant la phase de chute, la vitesse 

n'avait pas diminué, la vitesse post-collision pourrait être comprise entre 44 km/h et 

66 km/h. 

c.c. R______, entendu par le Ministère public le 18 octobre 2024, a déclaré qu'au vu 

de la déformation du véhicule, il favorisait l'hypothèse selon laquelle le cycliste avait été 

projeté en l'air. Il ne pensait pas que le cycliste avait été porté par le véhicule, 

contrairement aux conclusions de la police. Dans toutes les simulations faites, il n’avait 

pas réussi à établir un effet d’accrochage. Il serait étonnant que le cycliste soit resté sur 

le pare-brise et peu probable qu'il soit tombé sur le côté.  

L'expert a confirmé qu'entre la zone de collision et la bordure, seules des hypothèses 

pouvaient être émises, faute de savoir si A______ avait accéléré, freiné ou était resté en 

vitesse constante. Au moment de percuter la bordure, la voiture ne roulait pas plus vite 

que la fourchette entre 124 km/h et 133 km/h. Interrogé sur le caractère inéluctable de la 

perte de maîtrise au vu de cette vitesse de collision contre la bordure et du taux d’ébriété 

qualifié de A______, il a expliqué qu'il s'agissait d'un maximum, qu'à cette vitesse-là, il 

y avait un fort risque de perte de maîtrise, qu'il y en avait même à une vitesse inférieure 

et que c'était la rapidité du conducteur à braquer ou à tourner son volant qui faisait qu’il 

était venu percuter la bordure. Il était possible que le conducteur ait eu des difficultés à 

négocier la chicane du premier îlot à haute vitesse et que le véhicule ait ensuite été 

déstabilisé à l’approche du deuxième îlot. Cela étant, on ignorait ce que A______ avait 

fait sur cette distance. 

- 8 -  

 P/17806/2023   

En rapport avec le caractère inévitable ou non du choc avec le cycliste, l'expert a rappelé 

qu'il y avait une distance de plus de 70 mètres entre le choc avec la bordure et le choc 

avec le cycliste et qu'à une vitesse normale, on pouvait partir du principe qu'un conducteur 

arrivait à s'immobiliser sur cette distance. Par exemple, à 60 km/h, cela était possible, 

même avec une partie du véhicule roulant sur l'herbe ou en ayant un temps de réaction 

allongé par l'alcoolémie. En revanche, à une vitesse de 120 km/h, la quasi-moitié de la 

distance servait à réagir et une immobilisation sur 35 mètres était ensuite impossible. A 

la question de savoir quelle était la vitesse au-dessus de laquelle il était impossible pour 

un automobiliste de s'arrêter sur 73 mètres, l'expert a proposé de répondre au moyen d'un 

complément d'expertise.  

En rapport avec une éventuelle mesure d'évitement qui aurait pu être prise par A______, 

l'expert a mentionné qu'il aurait pu sortir de la bande herbeuse avant l’endroit où il l’avait 

fait, mais cela était une question de réaction et de perception du cycliste. Il fallait en effet 

voir le cycliste, sachant que « sans perception, il n'y a pas de réaction ». La perception 

du cycliste était venue trop tard. Normalement, le temps de réaction moyen était d’une 

seconde. À partir de 0.5 ‰ d’alcoolémie, le temps de réaction était augmenté de 50 %, 

donc le temps de réaction s’élevait à 1.5 secondes. Il restait 0.7 seconde pour percevoir le 

cycliste et réagir, ce qui était trop court pour éviter la collision. Il n’existait pas d’études 

concernant le temps de réaction pour un taux d’alcoolémie de 2 ‰ et pas non plus pour 

le fait de savoir si le temps de réaction était linéaire, exponentiel ou sans évolution 

s'agissant d'un taux d’alcoolémie supérieur à 0.5 ‰. 

L'absence de constatation de traces de freinage sur la chaussée par la police pouvait 

s'expliquer par le caractère insuffisamment visible des traces. Même en sachant qu'un 

véhicule avait effectué un freinage d'urgence, on pouvait ne pas voir de traces. Il était 

ainsi possible que la police n'en n'ait pas vu, mais il n'y en avait pas obligatoirement. 

A la question de savoir si le fait que des témoins avaient déclaré ne pas avoir vu les feux 

de freinage ne rendait pas l’hypothèse des maximas (124 km/h et 133 km/h) peu probable, 

l'expert a répondu que cela était tout à fait possible. Selon l’hypothèse où A______ aurait 

uniquement freiné avec le frein moteur, soit le fait de lever le pied de l’accélérateur et 

laisser aller le véhicule, la vitesse lors du heurt contre la bordure aurait été comprise entre 

80 km/h et 93 km/h. En tenant compte du fait que les témoins n’avaient pas vu de feux 

rouges à l’arrière du véhicule, le domaine de 80 km/h à 93 km/h serait le plus plausible 

dans l’hypothèse d’une décélération du frein moteur. S'agissant de la vitesse de collision 

contre le cycliste (entre 70 km/h et 85 km/h), elle avait été déterminée purement au niveau 

des énergies de déformation et de la projection du cycliste.  

c.d. Le complément d’expertise technique du 24 octobre 2024 a établi, en abordant 

plusieurs variantes, la vitesse maximale à laquelle A______ aurait dû circuler lors du 

heurt contre la bordure pour pouvoir éviter une collision avec le cycliste. Dans 

l’hypothèse où le conducteur n’aurait eu aucune réaction, hormis un relâchement de la 

pédale d’accélérateur consécutivement au choc contre la bordure, la vitesse du véhicule 

- 9 -  

 P/17806/2023   

n’aurait pas dû dépasser 44 km/h pour atteindre une vitesse de 20 km/h à la hauteur de la 

zone de collision contre le cycliste. De cette manière, en arrivant derrière le cycliste à la 

même vitesse que ce dernier, le conducteur aurait évité la collision.  

Si au contraire, une réaction du conducteur était survenue suite au choc contre la bordure, 

au terme d’un temps de réaction de 1.5 secondes (en raison de l’alcoolémie), suivi d’un 

freinage, selon diverses valeurs de décélération, la vitesse aurait dû se situer entre 42 km/h 

et 79 km/h pour pouvoir éviter en tous les cas une collision avec un cycliste circulant à la 

vitesse de 20 km/h, étant précisé que tant le temps de réaction que le moment de 

survenance de la réaction et le début du freinage pouvaient avoir une influence sur les 

valeurs précitées. En conséquence, pour toute vitesse supérieure à 80 km/h, même en cas 

de réaction et de freinage maximal, il n'aurait pas été possible d'éviter la collision avec le 

cycliste, respectivement la vitesse de la voiture n'aurait pas pu être abaissée suffisamment 

pour éviter un choc. 

S’agissant d’un évitement purement spatial, soit un arrêt juste avant la zone de collision, 

celui-ci aurait été largement possible en circulant à 60 km/h, en considérant un temps de 

réaction de 1.5 secondes et une décélération de 6 m/s2, puisque la distance d'arrêt aurait 

été de 49.8 mètres. Même avec un temps de réaction de 2 secondes et une décélération de 

freinage plus faible (4 m/s2), un arrêt était possible sur 69.7 mètres, soit toujours moins 

que les 73 mètres à disposition. 

S’agissant de la vitesse à laquelle il était possible de négocier la chicane se trouvant au 

niveau du 2ème îlot, la vitesse de passage théorique serait d’environ 102 km/h. En effet, il 

était possible de circuler pratiquement en ligne droite et aucune action sur le volant n’était 

dès lors nécessaire. La vitesse seule ne permettait toutefois pas d’expliquer le choc contre 

la bordure droite de la chaussée, dès lors qu'il était possible de négocier cette chicane à 

haute vitesse. 

En lien avec la distance entre le bord de la chaussée et le passage de la voiture dans la 

bande herbeuse, il a été relevé que, sur certaines photographies prises par la police, une 

zone plus sombre était visible dans l’herbe, correspondant probablement à l’endroit où 

les roues avant droites de la J______ avaient circulé. Le véhicule avait empiété d’environ 

60 cm dans la bande herbeuse. 

Enfin, l’expert a conclu en confirmant qu'en l'absence de réaction du conducteur et en 

considérant uniquement un ralentissement dû au frein moteur, la vitesse du véhicule au 

moment de la collision contre la bordure, que l’on pouvait considérer comme hautement 

plausible, se situait entre 80 km/h et 93 km/h.  

Considérations médicales et toxicologiques concernant A______  

d.a. A teneur du rapport médical établi le 14 août 2023, A______ a été examiné le jour 

en question dès 21h50. Le médecin l'ayant ausculté a, entre autres, noté qu'il n'avait pas 

des mouvements normaux des yeux, qu'il avait les conjonctives injectées, qu'il avait une 

- 10 -  

 P/17806/2023   

attitude fatiguée, qu'il était d'humeur triste, qu'il ne présentait pas d'amnésie quant à 

l'événement, que sa coopération était bonne et que, selon une appréciation globale, 

l'influence était d'un niveau léger.  

d.b. Dans le document intitulé « prélèvement de sang / récolte des urines » établi le 14 

août 2023 sont rapportés le résultat du contrôle de l'alcool dans l'air expiré au moyen d'un 

éthylotest effectué sur A______, soit 1.18 mg/l à 20h30, mais aussi les déclarations de 

l'intéressé en rapport avec son comportement avant et après l'événement. Selon lesdites 

déclarations, il avait consommé trois verres de vin et six bières, avec un début d'ingestion 

le 14 août 2023 vers midi et une fin de consommation le 14 août 2023 vers 15h00. Il 

n'avait pas bu d'alcool après les faits. Il n'avait pris ni médicaments ni stupéfiants. Sa 

dernière prise alimentaire remontait au 14 août 2023 à midi. 

d.c. Le Centre Universitaire Romand de Médecine Légale (ci-après: CURML) a 

déterminé, le 22 août 2023, que la concentration d'éthanol dans le sang de A______, au 

moment critique, se situait entre 2.24 et 2.88 g/kg. Dans son rapport du 14 septembre 

2023, le CURML a confirmé que le calcul en retour montrait une telle concentration. Au 

vu des déclarations ultérieures de A______ au sujet de sa consommation d'alcool, le 

CURML a rendu un nouveau rapport d'analyse le 11 décembre 2023, dont il ressort que, 

d'après le calcul en retour effectué, la concentration d'éthanol dans le sang de A______, 

au moment de l'événement, était comprise entre 2.08 g/kg et 2.88 g/kg. Aucune autre 

substance ayant pu altérer la conduite de A______ n’avait été détectée. 

Considérations médicales et toxicologiques concernant I______  

e.a. A teneur du rapport d'expertise toxicologique du 13 septembre 2023, I______ 

présentait, dans son sang, diverses substances utilisées lors d'interventions médicales. Par 

ailleurs, les analyses n'avaient pas révélé la présence d’éthanol. 

e.b. Le rapport préliminaire d’autopsie du 17 août 2023 ainsi que le rapport d’autopsie 

du 2 avril 2024, tous deux établis par le Dr S______ et la Dre T______, ont mis en 

évidence les nombreuses lésions dont avait souffert I______ des suites de l’accident, soit 

en particulier un traumatisme crânio-cérébral sévère, prédominant à gauche, avec 

notamment des plaies contuses au niveau du visage, des ecchymoses et des dermabrasions 

/ plaques parcheminées au niveau du cuir chevelu et du visage, des fractures 

plurifragmentaires de la calotte crânienne, de la base du crâne et du massif facial, un 

œdème cérébral diffus et des saignements intrcrâniens aigus. La cause de son décès, 

survenu le ______ 2023 à 01h05, était un traumatisme crânio-cérébral sévère. Les lésions 

traumatiques constatées étaient compatibles avec la conséquence d'un accident de la 

circulation survenu le 14 août 2023, au cours duquel il aurait été percuté par une voiture 

de tourisme, par l'arrière, à haute cinétique, tel que proposé par la police. Le tableau 

lésionnel évoquait un impact prédominant sur le côté gauche du corps. 

Déclaration des témoins 

- 11 -  

 P/17806/2023   

M______ 

f.a. Entendu par la police directement après les faits, M______ a déclaré qu’il circulait 

sur la route 1______, en direction du village du même nom. A la hauteur approximative 

du [centre sportif] U______, une J______ aux plaques polonaises s’était engagée devant 

lui. Il ne pouvait pas dire avec certitude de quel axe elle venait, mais il était presque sûr 

que c'était de sa gauche. Vu que le conducteur de cette voiture roulait très lentement, peut-

être à 30 km/h, il l’avait dépassé. Pendant son dépassement, le conducteur avait 

commencé à accélérer, obligeant M______ à augmenter sa vitesse pour terminer sa 

manœuvre et se rabattre devant lui. A ce moment, M______ pensait circuler à 60 ou 70 

km/h. En regardant dans le rétroviseur, il avait constaté que le conducteur était en train 

de rire. Rapidement, ce dernier avait commencé à dépasser M______ à la hauteur 

approximative de la route 1______ no 2______. Il n’avait pas la place pour se rabattre 

devant M______, car deux véhicules circulaient devant lui, de sorte qu'il avait continué 

son accélération pour dépasser ces deux autres véhicules. Au vu de la distance les 

séparant, M______ ne l’avait pas vu se rabattre, mais il pensait qu'il s’était rabattu à la 

hauteur de l’îlot central avant le pont de l’autoroute. A la hauteur du pont de l’autoroute, 

les véhicules le précédant avaient ralenti. Il avait vu ensuite un véhicule arriver en face et 

s’arrêter. La conductrice s’était précipitée vers une personne au sol. Le conducteur fautif 

était sorti de son véhicule et s’était rendu vers la victime, mais une dame lui portait déjà 

secours. Il semblait fortement alcoolisé.  

f.b. Entendu par-devant le Ministère public le 25 septembre 2023, M______ a 

confirmé ses précédentes déclarations. En provenance de la gauche, une voiture s'était 

engagée sur la route 1______ et s'était placée devant lui. Cette voiture roulait doucement, 

soit à environ 45 km/h. Confronté au fait que devant la police, il avait évoqué une vitesse 

de 30 km/h, M______ a précisé que le conducteur en cause roulait suffisamment 

lentement pour que lui-même entame un dépassement à 60 km/h, sans avoir besoin 

d'accélérer, mais en se déportant sur la gauche, en maintenant sa vitesse. Alors qu'il était 

arrivé à la hauteur de ce conducteur, celui-ci avait accéléré. M______ avait réussi à le 

dépasser, mais avait dû accélérer, montant jusqu'à 70 ou 75 km/h. Dans le cadre de cette 

manœuvre de dépassement, une fois parvenu à la hauteur de ce conducteur, M______ 

l'avait vu « avoir la tête dans le guidon et rigoler », sans qu'il n'y ait d'échange de regards. 

Lorsque M______ s’était rabattu devant le conducteur, celui-ci l’avait dépassé 

instantanément, mais ne s'était pas placé devant M______, malgré la place disponible, 

était resté tout le long sur la voie de gauche, était arrivé au niveau des deux autres 

véhicules à une vitesse estimée par M______ à 90 km/h, puis les avait dépassés. Si le 

conducteur voulait dépasser les deux autres véhicules avant le premier îlot, il n’avait pas 

d’autre choix que d’accélérer. M______ ne pensait pas que le conducteur aurait eu le 

temps de se rabattre avant le premier îlot, mais qu’il allait plutôt prendre les deux îlots à 

contre-sens. Il n’avait ni entendu de bruit de freinage ni vu les lumières de freinage. Le 

véhicule qui le précédait avait beaucoup ralenti avant de s'arrêter complètement. 

M______ était sorti de son véhicule et, voyant une femme affolée qui criait d'appeler les 

pompiers, il avait réalisé que quelqu'un s'était « fait shooter ». Il avait vu le conducteur 

- 12 -  

 P/17806/2023   

qui essayait d’aider, mais la dame, qui était infirmière, avait besoin de place. Pour sa part, 

il avait essayé d’écarter le conducteur, mais il n’y était pas très bien arrivé au vu de la 

différence de poids et de taille ainsi que du fait que l'intéressé avait consommé de l’alcool. 

Le conducteur était ensuite allé vers sa voiture pour prendre une trousse de secours qu’il 

avait posée sur la victime ou plus justement en avait vidé le contenu sur la victime. 

M______ avait remarqué que le conducteur était alcoolisé, car il l’avait senti. Cela était 

visible à sa manière de marcher et de regarder. Il n’avait pas exprimé de regrets. Il avait 

dit quelque chose, mais M______ n’avait pas compris puisque cet homme ne parlait pas 

bien le français. 

L______ 

f.c. Entendue par la police directement après les faits, L______ a déclaré qu’elle 

circulait sur la route 1______ en direction de la France à une vitesse d’environ 60 km/h. 

Avant le pont de l’autoroute, alors qu'elle se trouvait en seconde position dans la file de 

véhicules, une voiture était arrivée « à fond » sur sa gauche. Elle ne savait pas si ce 

véhicule se trouvait directement derrière elle, puis l’avait contournée, ou s’il circulait déjà 

sur la voie en sens inverse. Il était arrivé tellement vite qu’elle ne savait pas d’où il était 

sorti. Au moment où le conducteur était passé à côté d’elle, elle avait klaxonné plusieurs 

fois pour l’alerter, en se disant qu'il était fou et qu'il allait tuer quelqu'un. Avant le premier 

îlot central, il s’était rabattu devant le véhicule qui se trouvait devant elle. Suite au 

rabattement, elle avait vu la voiture continuer, puis faire un sursaut à la hauteur du second 

îlot situé après le pont. Il y avait clairement une perte de contrôle du conducteur. Après 

coup, elle avait compris qu’il avait percuté quelqu’un. Elle n’avait pas vu le moment de 

la collision. Après l’accident, elle avait remarqué que le conducteur était « bourré » et 

qu’il voulait bouger le blessé. Malgré les multiples demandes, le conducteur ne voulait 

pas se déplacer.  

f.d. Lors du dépassement de la voiture aux plaques polonaises, L______ était en train 

d'enregistrer un message vocal WhatsApp qu’elle a versé à la procédure et dont la teneur 

est la suivante: « (…) Tu vois il fait 30 degrés là. C’est 20h00, il fait 30 degrés [coup de 

klaxon]. Il y a un taré qui vient de passer. Il veut tuer des gens lui. Il veut clairement tuer 

des gens. Mais qu’il se fracasse. Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu… ». 

f.e. Entendue par-devant le Ministère public le 25 septembre 2023, L______ a réitéré 

ses précédentes déclarations. Sur la route 1______, une voiture se trouvait devant elle et 

il lui semblait qu'il y avait une voiture derrière elle, mais assez loin. Elle pensait avoir été 

dépassée avant le pont, au niveau d'une maison située sur la gauche, avant le premier îlot. 

Le conducteur qui l'avait dépassée avait manifestement eu le temps de dépasser également 

la voiture qui la précédait, avant le premier îlot. Lors de cette manœuvre de dépassement, 

il circulait sur la voie opposée. Elle l'avait vu dans son rétroviseur lorsqu'elle avait 

entendu le bruit de la vitesse de la voiture, étant précisé que « ça allait hyper vite ». Ce 

bruit la traumatisait encore à l'heure actuelle. Elle avait eu la peur de sa vie et avait eu 

« une sensation d’un boulet de canon qui allait fracasser ». Elle avait senti que cela allait 

- 13 -  

 P/17806/2023   

se finir mal, pensant initialement qu’il allait se fracasser tout seul, car elle n’avait pas vu 

le cycliste circulant sur la piste cyclable. Le conducteur s'était rabattu devant le véhicule 

se trouvant devant elle. Elle ignorait s'il aurait eu de la place pour se rabattre entre sa 

voiture à elle et celle qui la précédait. Derrière elle, c'était possible. Du fait de sa vitesse, 

qu'elle estimait en tout cas à 100 km/h et du rétrécissement des voies, le conducteur était 

parti légèrement en zigzag. C'était des zigzags serrés, comme des à-coups. Il avait alors 

peut-être tapé quelque chose, possiblement le trottoir. Elle avait vu de la poussière sur 

l’avant du véhicule de l'automobiliste. Elle n’avait pas vu les feux de freinage s’allumer. 

Elle ne l'avait ni entendu ni vu freiner. Il avait dû rouler dans la bande herbeuse. A cet 

endroit, il y avait un pylône et elle pensait qu’il allait foncer droit dedans. Lorsqu’elle 

s’était approchée de l’accident, elle avait vu le visage du jeune garçon qu’elle connaissait 

très bien, puisqu'il avait été son voisin et qu'elle l'avait vu grandir. Le conducteur était en 

train de secouer I______, en ce sens qu'il était accroupi sur son corps, le tenait de ses deux 

mains et le secouait. Il voulait le changer de position. Il ne les laissait pas vraiment 

intervenir et faire les premiers soins. A un moment donné, la dame effectuant les premiers 

soins avait besoin d’un t-shirt. Le conducteur était allé prendre quelque chose dans son 

coffre, soit une boîte de premiers secours, dont il avait renversé le contenu au niveau des 

jambes de I______. Il s’était ensuite rassis contre sa voiture. Elle avait compris que 

l'intéressé était bourré, car il avait le visage rouge et ne comprenait pas les signes qu’elle 

lui faisait, comme quand elle lui avait indiqué de venir vers elle. Il continuait à 

marmonner. Les sons qu’il faisait étaient incompréhensibles. 

K______ 

f.g. Entendu par la police directement après les faits, K______ a indiqué que, vers 

20h00, il circulait au volant de sa voiture, à une vitesse approximative de 55 km/h, sur la 

route 1______ en direction de la France. Deux voitures se trouvaient derrière lui. Arrivé 

à la hauteur du no 3______ de la route 1______, il avait été dépassé par un véhicule aux 

plaques polonaises qui circulait à toute vitesse, soit à plus de 100 km/h selon son 

évaluation, dans le même sens de marche. Lorsque ce véhicule était arrivé à la hauteur de 

la première abeille, avant la hauteur avec l’autoroute, il avait perdu le contrôle de son 

automobile, mais avait réussi à se reprendre. Cependant, il avait à nouveau perdu le 

contrôle de son véhicule lorsqu’il était arrivé à la deuxième abeille, après la hauteur avec 

l’autoroute. De ce fait, la roue avant droite de son automobile avait tapé dans le trottoir. 

K______ avait alors vu des débris de provenance inconnue voler au-dessus du véhicule. 

Le conducteur s’était arrêté seulement à environ 100 à 150 mètres plus loin. Pour sa part, 

K______ n’avait pas vu le véhicule du conducteur freiner après le heurt. K______ s’était 

arrêté derrière le véhicule fautif. Un jeune homme au sol et son vélo se trouvaient 

quelques mètres plus loin. Le conducteur fautif était immédiatement allé vers la victime, 

mais une infirmière présente sur place lui avait demandé de s’éloigner. 

f.h. Entendu par-devant le Ministère public le 25 septembre 2023, K______ a 

confirmé ses précédentes déclarations. Sur la route 1______, il n’y avait pas de véhicule 

devant lui, mais un véhicule était derrière lui, à environ deux ou trois mètres, lorsqu’ils 

- 14 -  

 P/17806/2023   

avaient été dépassés par le conducteur en cause. Lors du dépassement, il avait entendu de 

la musique forte ainsi que le moteur qui faisait du bruit, car il avait dû grimper dans les 

tours. L'attention de K______ avait été attirée par ce véhicule qui le dépassait par la 

gauche. Le conducteur en cause avait eu le temps de se rabattre de manière optimale 

devant K______, sans lui couper la route, étant précisé que K______ ne l'avait vu ni 

freiner ni décélérer. C’était à environ 50 ou 60 mètres avant le premier îlot. A propos de 

la conduite de cet automobiliste, il s’était néanmoins dit « quel connard ! » puisque l’îlot 

arrivait et que cela était très dangereux. Ayant fait beaucoup de sport mécanique, il avait 

estimé la vitesse du conducteur aux alentours de 100 km/h, étant précisé qu'il était 

vraiment passé très rapidement à côté de lui. Au niveau du premier îlot, le conducteur 

avait chassé de l’arrière, car il roulait trop vite. Il avait réussi à se remettre droit après le 

premier îlot. Au niveau du deuxième îlot, il avait à nouveau chassé de l’arrière. Toutefois, 

cette fois-ci, il avait tapé, avec l’avant de son véhicule, le trottoir à droite. K______ avait 

vu des éclats immédiatement après le choc contre le trottoir. A ce moment-là, il n'avait 

pas vu le cycliste et se trouvait encore à la hauteur du premier îlot. Suite à l’impact, il 

n'avait pas entendu ou vu freiner le conducteur. Celui-ci n'avait pas effectué un freinage 

brusque ou d’urgence et s'était arrêté bien plus loin, considérant qu'il avait dû freiner 

progressivement. Après être sorti de son véhicule, K______ s’était rendu vers le cycliste. 

Le conducteur était déjà là et regardait le cycliste, en position accroupie. La passagère du 

véhicule d’en face, qui était infirmière, avait tout de suite fait le bilan. Ils avaient dit au 

conducteur de s’écarter, mais il ne l’avait pas fait la première fois. Il était dans un état 

second, répétant le mot « Kourva », soit possiblement « putain » en français. Il n’avait 

pas exprimé des regrets ou de la tristesse pour la victime. K______ avait remarqué qu’il 

présentait des signes extérieurs d’ébriété à sa manière de s’asseoir, de bouger et de réagir. 

Lorsque l’infirmière avait demandé si quelqu’un avait un tissu ou un mouchoir pour 

stopper l’hémorragie, l'intéressé était allé chercher une trousse de secours qu’il avait jetée 

au sol, le contenu de celle-ci s’étant retrouvé par terre. Rien n'était utilisable. Les premiers 

secours avaient été prodigués et les pompiers avaient été appelés. Plusieurs massages 

cardiaques avaient été pratiqués jusqu'à leur arrivée. La victime était gémissante et 

inconsciente. 

O______ 

f.i. Entendu par la police directement après les faits, O______ a déclaré qu’il circulait 

sur la route 1______ en direction de [commune] V______. Son épouse se trouvait sur le 

siège passager à l’avant. Il avait aperçu un cycliste sans casque qui circulait dans les 

limites de la bande cyclable en direction de [commune] W______. Alors qu’il était à 

environ 80 mètres de la sortie du giratoire, il avait aperçu une voiture qui arrivait en face 

de lui. Au même moment, sa femme avait exprimé sa surprise en voyant ce véhicule que 

l’on pouvait qualifier de « voiture folle ». En effet, il avait été frappé par le comportement 

de ce véhicule, qui était en perdition, qui tanguait et heurtait les bordures. Selon son sens 

de progression, ledit véhicule avait heurté tout d’abord la bordure du côté gauche (centre 

de la chaussée), puis le côté droit, avant de se remettre sur la route, d'heurter la bordure 

gauche, puis de reprendre une trajectoire orientée sur la droite de la chaussée ainsi que de 

- 15 -  

 P/17806/2023   

la vitesse. O______ avait en tête un mouvement de « rouleau compresseur ». Le 

conducteur arrivait « à fond », peut-être entre 70 et 80 km/h.  L’avant du véhicule avait 

percuté de plein fouet l’arrière du vélo. Le jeune homme avait adopté une position fœtale 

contre le capot, puis contre le pare-brise en effectuant une sorte de rebond, étant précisé 

que lors de cette phase, O______ se trouvait quasiment à la hauteur du véhicule. 

Immédiatement après le choc, il s’était arrêté et avait rejoint la voiture accidentée et le 

jeune homme, dont il avait vu en premier lieu la tête ensanglantée. L’automobiliste fautif 

était accroupi près du jeune homme qui était immobile sur le flanc droit. Il avait pris sa 

tête dans ses mains et la manipulait, ainsi que son corps. Il l'avait soulevé et lui avait parlé 

avant de le reposer. L'épouse de O______ et une autre dame s’étaient occupées de 

prodiguer les premiers soins avant l’arrivée des secours. Avec l'aide d'autres personnes, 

O______ avait tenu le conducteur à l'écart de la victime. Celui-ci était ensuite allé 

chercher une trousse de secours dans sa voiture et l’avait jetée sur le jeune homme. Il 

n’avait pas manifesté de gestes de violence. Suite à l’accident, O______ s’était soucié de 

la sécurité des personnes sur place vis-à-vis de l’automobiliste fautif, ayant constaté que 

celui-ci semblait éméché et qu’il avait des attitudes étranges. S’agissant du comportement 

routier du cycliste, rien ne l’avait interpellé dans sa manière de rouler. Le cycliste n’avait 

rien dans les mains. Il circulait normalement sur la bande cyclable, à une vitesse réduite 

évaluée à environ 15 km/h. 

f.j. Entendu par-devant le Ministère public le 25 septembre 2023, O______ a 

confirmé ses précédentes déclarations. Il avait vu le véhicule du conducteur en cause 

arriver sur sa voie [celle de O______] et se rabattre sur la bonne voie, juste avant l'îlot. 

La voiture n’était pas maîtrisée et ce qui était impressionnant, c'était sa vitesse à la sortie 

de la chicane, marquée par une accélération. O______ avait vu que ça poussait, « comme 

un rouleau compresseur ». Le son de l'accélération lui était d'ailleurs revenu deux jours 

après l'accident. Ce véhicule avait tangué à droite, puis à gauche, puis à nouveau à droite 

et tout droit. Il était sur la piste cyclable. Avec sa femme, ils s’étaient dits : « Purée, 

regarde ce fou ». La distance qui séparait l'automobiliste du vélo était courte et 

simultanément, le choc avait eu lieu. O______ n'avait pas eu le temps de voir si le cycliste 

s'était retourné pour regarder derrière lui, étant précisé qu'il avait juste eu le temps de 

comprendre que le véhicule fonçait tout droit sur le vélo. Après le choc, il n’avait pas 

entendu le conducteur piler sur ses freins. O______ avait assisté à la collision et vu le 

cycliste basculer en arrière, dans une position de fœtus, touchant le capot, puis le pare-

brise. Il avait vu le conducteur sortir de sa voiture, aller en direction du cycliste, puis 

prendre celui-ci dans les bras et le secouer en lui parlant, comme pour le réveiller. Il lui 

disait « allez… ». L'épouse de O______ avait ensuite prodigué les premiers soins. Au tout 

début, le conducteur revendiquait que les gens ne savaient pas soigner la victime, disant 

« ce n'est pas comme ça ». Il avait été chercher sa trousse de secours dans son coffre, 

l’avait ouverte, avait vidé une partie de son contenu, puis l’avait jetée sur le corps de la 

victime. A ce moment, O______ s’était dit qu'il devait se calmer et lui avait demandé de 

se mettre sur le côté. Il avait tout de suite remarqué que l'intéressé avait bu, au vu de ses 

gestes et de sa parole, « ça sautait aux yeux ». Le conducteur n'avait pas exprimé de 

regrets ou de la tristesse pour la victime. 

- 16 -  

 P/17806/2023   

N______ 

f.k. Entendue par la police directement après les faits, N______ a déclaré revenir de 

W______ avec son époux qui conduisait leur voiture. Alors qu’ils avaient effectué 60 

mètres sur la route 1______ depuis la route 2______, elle avait remarqué qu’une voiture, 

qui venait face à eux, zigzaguait comme si elle voulait chauffer ses pneus « à la manière 

d’une Formule 1 ou d’une autre voiture de course ». Sa première réaction avait été de se 

dire que le conducteur était fou. Après avoir fait des zigzags, la voiture avait ses roues 

droites sur la bordure du champ. Le conducteur faisait toujours des espèces de zigzags en 

mordant la bande herbeuse et en revenant sur la route. Malgré le fait qu’il avait ses roues 

dans l’herbe, elle n’avait pas eu l’impression qu'il avait freiné. A la vision d'un vélo qui 

circulait sur la bande cyclable en direction de la route 2______, elle avait su ce qui allait 

se passer et que cela serait inévitable. La voiture folle avait heurté le cycliste par l’arrière. 

Par la suite, le cycliste avait volé en l’air et rebondi sur le toit. Pour elle, le véhicule roulait 

entre 80 et 90 km/h. Elle avait distinctement entendu le choc, la fenêtre de la voiture étant 

certainement ouverte, mais elle n’avait pas entendu de coup de frein ou de crissement de 

pneus. Le moteur vrombissait fort. Pour elle, le conducteur avait toujours le pied sur 

l’accélérateur au moment du choc. Son mari s’était arrêté et ils étaient sortis. Infirmière 

de profession, elle avait travaillé aux soins intensifs des HUG et pour MEDECINS SANS 

FRONTIERES. En s’approchant de la voiture accidentée, elle avait constaté que 

l’automobiliste fautif essayait de manipuler I______, mais de la mauvaise manière. Il 

avait même pris la tête de la victime dans ses bras et lui parlait. A cet instant, elle avait 

su qu’il fallait qu’il se pousse. Elle avait tout de suite remarqué que le conducteur était 

fortement aviné. En effet, il était extrêmement rouge au niveau du visage et n’était pas du 

tout coordonné. Il avait de la peine à se saisir d’objet et à avoir une élocution claire. Elle 

avait ensuite pu faire le bilan de I______ et lui prodiguer un massage cardiaque avant 

qu’il soit héliporté par les secours. Tout au long de l’intervention, le conducteur était 

envahissant, leur expliquait quoi faire et les empêchait de prodiguer les soins nécessaires. 

f.l. Entendue par-devant le Ministère public le 25 septembre 2023, N______ a 

confirmé ses précédentes déclarations. Elle a ajouté que ce qui avait attiré son attention, 

c'était le mouvement en zigzag du conducteur. Celui-ci n’avait pas adopté une conduite 

naturelle, c’était anormal dans la vitesse et dans la trajectoire qui n’était pas rectiligne. Il 

y avait des à-coups à gauche et à droite. Selon elle, se fiant au bruit du moteur et à 

l'accélération, la vitesse était trop rapide. Elle avait entendu tout le long un moteur qui 

accélérait, puis le bruit de l'impact et du corps. Elle avait vu un membre du cycliste 

dépasser le toit de la voiture, puis retomber. Aucun freinage n'avait été entendu. Arrivée 

auprès du cycliste, elle avait vu « une personne accrochée à lui », qui le secouait par les 

épaules, lui parlait et lui disait « réveille-toi ». Il s’était ensuite écarté lorsqu’elle lui avait 

signifié de la laisser faire, mais il lui disait « ce n’est pas comme ça, ce n’est pas comme 

ça ». Il présentait des signes extérieurs d’ébriété. Son élocution était entravée et ses yeux 

vitreux. Il n’était pas debout, alerte, mais avachi. Plus tard, il était venu jeter une boîte 

sur les jambes de I______. En exprimant son désaccord, en faisant des commentaires, en 

intervenant et en jetant sa boîte, il ne lui avait pas facilité la tâche. Depuis l’accident, elle 

- 17 -  

 P/17806/2023   

était en arrêt de travail et était suivie pour un choc post-traumatique, étant précisé qu'elle 

avait travaillé pour MEDECINS SANS FRONTIERES en zone de guerre. Ce qui l’avait 

choquée dans cet accident, c’était la violence du choc, la vitesse et le côté inexorable dû 

à l’absence de coup de frein. La voiture était « lancée comme une balle de fusil » et rien 

ne pouvait l’arrêter. Elle avait assisté à quelque chose d’inexorable. En effet, elle avait 

entendu l’accélération et le choc dans la continuité. Elle n’avait pas entendu une 

accélération, un freinage et un choc, comme si la personne avait voulu l’éviter. 

Déclarations de personnes de l'entourage de A______ 

P______ 

g.a. Entendu par la police le 31 août 2023, P______ a indiqué que A______ travaillait 

à W______ depuis environ vingt ans dans le domaine de l’agriculture, donnant des coups 

de main à de nombreux agriculteurs de la région. P______ le connaissait peu. Vers la fin 

du mois de mai 2023, un ami agriculteur lui avait proposé les services de A______ parce 

qu’il n’avait pas assez de travail pour lui. Depuis le mois de juin, il l’avait pris à l’essai 

lorsqu’il était disponible. Durant ses jours d’essai, A______ lui avait un peu raconté sa 

vie, notamment le fait qu’il habitait actuellement chez sa sœur à V______, qu’il avait 

travaillé à LL______ [NE] l’année passée et qu’il cherchait une chambre afin de ne pas 

embêter sa sœur.  

Le matin du 14 août 2023, A______ avait travaillé chez P______, mais ce dernier ne 

l'avait pas vu et pas non plus dans la journée. A______ était allé débarrasser des meubles 

avec un ami de P______. A 19h52, A______ l’avait appelé. Etant donné la mauvaise 

qualité du réseau, P______ n’avait pas compris ce qu’il voulait, mais il savait qu’ils 

allaient se voir le lendemain. Il ne se rappelait pas exactement la teneur de la conversation, 

mais au vu de l’heure, il ne lui avait pas demandé de venir. Du peu qu’il avait compris, 

A______ ne lui avait pas semblé bizarre. Il n’avait jamais vu A______ ivre ou conduire 

en état d’ébriété. Celui-ci consommait uniquement de l’eau durant les heures de travail.  

g.b. Entendu par-devant le Ministère public le 7 novembre 2023, P______ a indiqué 

qu’il avait pris A______ à l'essai dans le courant du mois de juin 2023, afin qu'il s'occupe 

des chevaux une heure le matin ainsi que de l’entretien des alentours de la ferme, si 

X______ n'avait pas de tâches à lui confier. A______ avait ainsi travaillé pour P______ 

de courant juin 2023 à mi-août 2023. A la fin du mois de juillet 2023, P______ avait 

souhaité l’engager, car il lui donnait satisfaction. Il n'avait toutefois pas eu le temps de 

procéder à cet engagement au vu des démarches à effectuer, notamment des discussions 

avec X______, qui était prioritaire s'agissant de l'emploi du temps de A______. En fait, 

c'était dans le courant du mois de juillet 2023 qu'avait germé, chez P______, l'idée 

d'engager et d'héberger A______. Il lui en avait parlé, en lui disant qu'il comptait l'engager 

et qu'il avait une chambre à disposition pour lui, ce qui correspondait à son souhait. Avec 

X______, ils avaient discuté du fait que A______ travaillerait dans leurs deux fermes. 

- 18 -  

 P/17806/2023   

Le 14 août 2023, A______ était venu s'occuper des chevaux le matin et avait donné un 

coup de main à Y______, un ami, en vue de déménager et trier des meubles. Ce jour-là, 

à 10h00, P______ avait appelé A______, qui n'avait manifestement pas répondu, puis à 

11h13, c'était A______ qui lui avait téléphoné. Le soir, alors que P______ était sur son 

tracteur en train de faucher du foin, A______ l'avait appelé. Le réseau était très mauvais 

et il y avait le bruit du tracteur. P______ ne comprenait rien, ce qu'il avait dit à A______, 

sans compter qu’il fallait également prendre en considération que le français n’était pas 

la langue maternelle de A______. Il ne se souvenait pas s’il lui avait dit autre chose. Ils 

se voyaient de toute façon le lendemain. Selon P______, cet appel avait un lien avec les 

meubles que A______ avait déménagés dans la journée. En effet, vu qu’il devait l’engager 

et lui mettre une chambre à disposition, il avait supposé qu’il l’appelait pour le tenir 

informé du déménagement et lui demander où cela en était avec la chambre pour qu’il 

vienne y déposer les meubles. Il s'agissait de suppositions, car il n’avait pas compris ce 

que lui disait A______ au téléphone, étant précisé que c'était bien celui-ci qui l'avait 

appelé. Il n'était pas correct qu'il avait lui-même appelé A______ pour lui proposer un 

travail et lui demander de venir le voir. Il ne se souvenait pas avoir demandé, durant la 

journée du 14 août 2023, à A______ de passer le voir. C'était possible, mais il n'en n'avait 

aucun souvenir. Il ne se rappelait pas non plus des détails de leur conversation du soir, 

entre le fauchage et la mauvaise qualité du réseau. Confronté au fait qu’un appel de quatre 

minutes était long pour des personnes qui ne se comprennent pas, il a répondu qu’il 

fauchait à un endroit délicat, qu’ils ne se comprenaient pas bien et qu’il avait même dû 

arrêter le tracteur. Sans souvenir précis de la teneur de l'échange, il était néanmoins certain 

que c'était en rapport avec les meubles. Il ne s'attendait pas à avoir la visite de A______ 

le soir du 14 août 2023. S’il avait donné un rendez-vous clair et précis et que A______ 

n’était pas venu, il l’aurait appelé. Ce jour-là, il n’y avait absolument rien d’important. 

S’agissant de la consommation d’alcool, A______ et lui buvaient ensemble une bière vers 

11h00 ainsi qu'une bière en fin de journée, lorsqu’ils avaient fini le travail. P______ avait 

eu d’autres employés polonais sur l’exploitation, de manière occasionnelle, et il en avait 

souvent vu cacher des bouteilles d’alcool, mais cela n’avait jamais été le cas pour 

A______. Il ne l'avait vu boire que de l’eau durant le travail, raison pour laquelle il lui 

faisait confiance. 

g.c. P______ a versé à la procédure la capture d’écran de la liste des appels WhatsApp 

de son téléphone, dont il ressort que A______ était à l’origine de l’appel du soir du 14 

août 2023. Cet appel avait débuté à 19h52 et avait duré quatre minutes et six secondes. 

X______ 

h. Entendu par-devant le Ministère public le 1er février 2024, X______ a déclaré que 

A______ avait été son employé agricole de 2010 à 2020, entre cinq et sept mois par année. 

Il était revenu dans la région en 2023 et devait travailler pour P______. Depuis la fin du 

mois de juillet, quand ce dernier n’avait pas assez de tâches à lui donner, A______ venait 

chez lui pour voir s’il avait du travail. P______ et lui-même avaient convenu que 

- 19 -  

 P/17806/2023   

A______ devait être engagé chez P______ après sa période d’essai et que pour sa part, il 

pourrait continuer à faire appel à A______ lorsqu’il n’était pas occupé à plein temps. La 

répartition se ferait en fonction des besoins. A______ attendait d’avoir le contrat signé 

chez P______ et le travail chez X______ pour avoir de la stabilité. Sans ces deux emplois, 

il n’avait rien d’autre. X______ avait gardé A______ pendant dix ans, car c’était un bon 

employé. On pouvait compter sur lui, il n’y avait rien à dire. Il était ponctuel et fiable. 

C’était une bonne personne, très gentille. Il n’avait jamais eu de problème avec lui.  

Le 14 août 2023, A______ avait travaillé pour X______. A midi, ils avaient mangé un 

kebab et bu chacun une seule bière [marque] Z______ de 33 cl, puis, ils étaient partis 

travailler dans les champs avant d’aller, vers 14h45-15h00, déménager des meubles. Suite 

au déménagement, ils avaient bu une bière. Il ne lui semblait pas qu'ils avaient bu du vin 

rosé. A______ était parti de chez X______ vers 15h45-16h00. Durant la journée du 14 

août 2023, ils avaient convenu que, le lendemain, A______ irait travailler le matin chez 

P______, pour s'occuper des chevaux, et qu'il viendrait chez lui par la suite. Il pensait 

avoir dit à A______ qu’il allait avoir besoin de lui jusqu’à la fin de la semaine du 14 août 

2023.  

La connaissance du taux d'alcoolémie de A______ [dans le cadre de l'événement routier] 

avait suscité de l'étonnement. Les personnes avec lesquelles X______ avait discuté ne 

considéraient pas A______ comme quelqu’un susceptible d’avoir une forte 

consommation d’alcool. Concernant les habitudes de A______ en termes de 

consommation d’alcool durant le travail, X______ a indiqué qu’ils buvaient une bière à 

la pause du matin à 10h30 et une autre bière à la pause de 15h30. Il ne savait pas si 

A______ buvait à midi. Durant leurs dix années de collaboration, X______ n’avait rien 

constaté de particulier, ni entendu des histoires au village. A______ ne sentait pas 

l’alcool. Ce qui s'était produit était « un drame communal ». Il connaissait la famille 

C______/D______/E______/H______. Ainsi qu'il l'avait dit à la sœur de A______, il ne 

pourrait plus faire travailler ce dernier sur son exploitation, car c'était « trop proche ». 

Y______ 

i. Entendu par-devant le Ministère public le 1er février 2024, Y______, ami de 

P______, a confirmé avoir donné des meubles à A______ le 14 août 2023. Ce dernier 

était accompagné de X______, car il avait un véhicule suffisamment grand pour 

transporter les meubles. Ils avaient terminé le déménagement à 16h00. Durant le laps de 

temps où A______ était chez lui, il n’avait pas consommé d’alcool et ne semblait pas 

alcoolisé. Il avait appris par la presse le taux d’alcoolémie de A______ le jour de 

l’accident. C’était choquant. Au village, il n’avait pas entendu des choses comme « cela 

devait arriver vu le personnage ». 

AA______ 

- 20 -  

 P/17806/2023   

j. Entendue par-devant le Ministère public le 29 février 2024, AA______ a indiqué 

avoir un lien très fort avec son frère, A______. Depuis petits, ils étaient très proches. Elle 

l’avait hébergé entre le courant du mois de mai ou de juin 2023 jusqu’à son arrestation. 

Ce n’était pas la première fois qu’elle l’hébergeait. Il était déjà venu vivre avec elle à 

plusieurs reprises, toujours pour des petites périodes, entre un à trois mois.  

Normalement, quand il travaillait, il ne buvait pas. Cela lui arrivait de boire quelques 

verres après le travail, par exemple deux bières, sachant qu'en semaine, cela s'arrêtait à 

deux ou trois bières, car il savait qu'il travaillait le lendemain. C'était une consommation 

normale et qui ne lui faisait rien, étant précisé qu'il arrivait qu'il ne boive rien. Parfois, 

lors des repas, ils ouvraient une bouteille de vin pour trois. Lors de fêtes le week-end, 

A______ pouvait boire un peu plus. Son frère supportait bien l’alcool. A la question de 

savoir si A______ avait un problème d'alcool, AA______ a expliqué que durant la période 

où il avait vécu chez elle, en 2023, il avait passablement de soucis et qu'elle considérait 

qu'il avait « un petit problème d'alcool pendant un petit mois », mais, toutefois, il avait 

toujours été correct au travail. Il vivait une période difficile et était tendu. Il devait obtenir 

un logement de son patron, mais ce dernier n’était pas clair avec lui, tant s’agissant du 

logement que du travail. Tout se bousculait dans sa tête. Avant cela, il était reparti en 

Pologne, mais il n’avait pas réussi à trouver du travail non plus. Leur père insistait et lui 

mettait la pression pour qu’il revienne en Suisse gagner de l’argent. Durant cette période, 

son frère s’était séparé de sa copine. Il avait beaucoup souffert. Le jour de l’accident, elle 

était en vacances avec son mari et ses enfants, puisqu'ils étaient partis du 12 au 18 août 

2023. Elle pensait que son frère s’était lâché, étant perdu et se sentant seul. Il cherchait sa 

place. Il était aussi en procédure de divorce avec sa femme, en Pologne. Il était très attaché 

au fils de son épouse et vu que ce n’était pas son enfant biologique, il perdait le lien avec 

lui, car son ex-épouse lui interdisait tout contact. Il ne manquait jamais le travail et n’était 

jamais rentré ivre du travail. Il était positif, très correct et aidait beaucoup les autres. 

Concernant le type de conduite de A______, elle a indiqué qu’il était un conducteur 

prudent. Elle se sentait à l’aise avec lui. Il allait en Allemagne et en Pologne en voiture. 

Elle n’avait jamais eu peur lors de ces longs trajets. Elle ne l'avait jamais vu prendre le 

volant en étant ivre. Il avait déjà eu un accident quand il était jeune, raison pour laquelle 

il ne conduisait jamais s'il avait bu. 

Interrogée sur ce que lui avait dit A______ au sujet de l'accident, elle a rapporté qu'au 

début, tout était flou, car il n'avait pas du tout de souvenirs. Il lui avait dit qu'il était très 

stressé et que son patron l’avait appelé, lui disant de venir. Elle lui avait demandé si cela 

était vrai et s'il avait dit à son patron qu'il avait bu, ce à quoi il avait répondu par 

l'affirmative. A______ lui avait confié cela récemment. Il voulait protéger son patron, 

mais elle lui avait dit de dire la vérité, étant précisé qu'il était loyal et qu'il avait peut-être 

peur de quelque chose ou de perdre son travail. Lors de ses visites en prison, elle ne 

voulait pas trop le questionner sur les faits, car elle voyait bien que cela le perturbait. Elle 

savait qu'il avait perdu la maîtrise du véhicule et qu'il n'avait pas remarqué le garçon. Elle 

était sûre que son frère avait roulé vite; « il était en colère ». Lorsqu’elle était rentrée le 

- 21 -  

 P/17806/2023   

vendredi chez elle, tout était allumé. A______ était parti sans son porte-monnaie, sans 

son téléphone et sans son sac. La machine à laver était en marche. Elle pensait qu'il avait 

dû partir vite. Lorsqu'ils abordaient les faits, A______ avait toujours les yeux en larmes 

et répétait à chaque fois qu'il ne voulait pas ça, qu'il ne voulait pas tuer ce garçon et qu'il 

n'avait pas fait exprès. Il ne voulait plus jamais toucher à l’alcool et se sentait très mal. Il 

voudrait s’excuser auprès de la famille de la victime, mais celle-ci ne voulait rien de lui. 

Déclarations des parties plaignantes 

k.a. Le 4 septembre 2023, D______ et C______ ont porté plainte pénale contre 

l’automobiliste ayant causé le décès de leur fils I______. Le 6 septembre 2023, la sœur 

de celui-ci, E______, a également porté plainte pénale contre le responsable. Ils se sont 

constitués parties plaignantes au pénal et au civil. 

k.b. Entendues par-devant le Ministère public le 12 juillet 2024, les parties plaignantes 

ont confirmé leur plainte. 

k.c. C______, père de I______, a déclaré habiter à 700 mètres du lieu de l’accident. 

Tous les matins, ils devaient passer par là. Pour sa part, il avait été en arrêt durant un 

mois, ensuite il avait travaillé à 50 %, ce qui lui permettait de penser à autre chose. Il 

n’avait pas suivi de thérapie. Il avait repris à 100 % depuis le mois de décembre 2023. Il 

dormait peu. Un ami médecin lui téléphonait souvent et ils discutaient. A l’hôpital, il avait 

été bouleversé par la manière dont les policiers lui avaient remis les effets de son fils, soit 

en lui donnant un sac poubelle. Ils auraient pu prendre le temps de parler et démontrer un 

peu plus d’égards. Le chef de clinique lui avait dit que le pronostic vital de son fil était 

engagé et qu’il était sur un fil. Sa famille avait « pris à perpétuité ». Ils n’étaient plus 

comme avant, ils n'étaient plus une famille souriante. A présent, ils devaient ruser et 

jongler avec la vie. I______ était un pilier de la famille, c’était « comme s’il manquait un 

pied à une table ». Il était sportif et avait réussi sa rentrée à Macolin pour devenir prof de 

sport. Il était solaire. 

k.d. D______, mère de I______, a déclaré avoir appris le décès de son fils par le biais 

d’un communiqué de presse du Ministère public. Personne ne les avait appelés. A 

l’hôpital, les médecins étaient venus leur dire qu’il n’y avait plus rien à faire et qu’il fallait 

débrancher les machines. « Pour une maman, pour un papa, donner la vie est une chose. 

De devoir l'enlever, c'est très difficile ». La décision n'avait pas été prise par eux. Leur 

fils allait de toute façon décéder par lui-même. Apprendre que le cerveau de leur fils avait 

été prélevé lors de l'autopsie avait été très dur. Pendant quatre mois, elle avait arrêté de 

travailler en tant que secrétaire dans le garage familial. Il était ensuite compliqué de devoir 

se justifier auprès des assurances. Elle travaillait désormais depuis sa maison et faisait 

uniquement le nécessaire en comptabilité pour que l’entreprise puisse fonctionner. Elle 

n’était pas retournée au garage. Elle avait trouvé une psychologue. Elle considérait 

l'audience de jugement comme « la fin de la bataille », avec une partie de I______ qui 

- 22 -  

 P/17806/2023   

partirait à ce moment-là. Elle ne pourra jamais pardonner à l'homme fautif, car il avait 

détruit leur famille. Ils essayaient de survivre, en étant « dans une vie parallèle ». 

k.e. E______, sœur de I______, a indiqué qu'avec son frère, ils voulaient aller à 

l’université ensemble. Lui voulait entreprendre des études de mathématiques. Pour sa 

part, elle avait commencé son parcours universitaire à l’automne 2023, mais avait été 

rapidement confrontée à des cas similaires abordés en cours, soit des accidents avec 

conduite en état d’ébriété, ce qui l’avait perturbée. Elle avait décidé de faire une pause en 

accord avec l’université et de reprendre l’année suivante. Ses parents l’avaient envoyée à 

Malte pour échapper à cette situation et pour « respirer ». Néanmoins, ce changement ne 

lui avait pas fait du bien, cela lui avait juste permis de ne pas y penser pendant quelques 

mois. Elle faisait des insomnies, des cauchemars et ne souhaitait plus se nourrir. Son 

neuropsychologue lui avait prescrit un traitement médicamenteux pour ses insomnies. 

Tout cela l'avait beaucoup impactée dans sa santé, y compris mentale. Elle avait un lien 

très proche avec son frère. Ils étaient toujours ensemble. Son frère était « indispensable » 

à sa vie. Pour H______, son frère cadet, il était très difficile d'assimiler que I______ était 

parti et il ne souhaitait pas du tout en parler, sauf un peu avec elle. Elle se battait 

aujourd'hui pour protéger son petit frère. Ils étaient une fratrie fusionnelle. Le 14 août 

2023, I______ revenait du lac, après avoir été aider une amie. Il était très serviable. Avec 

l'événement, il avait souffert du début à la fin, sans compter qu'il était « parti sans son 

cerveau, sans ses cheveux, sans son tatouage et il n'avait plus son visage, il n'avait plus 

rien ».  

Déclarations de A______ 

l.a. Entendu par la police le 15 août 2023, A______ a déclaré avoir fini son travail 

vers 17h00, le jour des faits. Il était arrivé chez lui à 17h20, avait jeté la poubelle et pris 

un bain. Entre 17h20 et 20h00, il avait bu entre quatre et cinq canettes de bière de la 

marque « BB______ » d’une contenance de 0.33 L et, à lui tout seul, une bouteille entière 

de vin, soit du Gewurztraminer. En fait, il ne se rappelait plus s’il avait bu toute la 

bouteille, laquelle était d'une contenance normale. Il n'avait pas vraiment senti qu'il était 

ivre. Il n’avait pas mangé, car il n’avait pas faim à cause de la chaleur. Son dernier repas 

était un kebab à midi.  

Un copain lui avait ensuite téléphoné, car il voulait lui proposer un travail et parler avec 

lui. A______ était parti tout de suite de son domicile situé au chemin 2______. Il avait 

emprunté la route 1______, en direction de la France, afin d’aller à W______, situé à dix 

minutes de route. Il n’avait dépassé qu’une voiture avant l’autoroute, sans pouvoir 

préciser si c’était sous ou après le pont. Il ne se souvenait ni d’avoir dépassé plusieurs 

voitures ni de la vitesse à laquelle il circulait lors de ce dépassement. Normalement, il 

n'était pas possible de dépasser, mais il l'avait fait. Il avait agi de la sorte, car il était pressé 

de rejoindre cet ami, soulignant que cette rencontre n’était pas prévue. Lors du 

dépassement, il avait touché le bord du trottoir, moment auquel il avait perdu le contrôle 

du véhicule. Il n’avait pas été distrait à un quelconque moment de façon à ne pas porter 

- 23 -  

 P/17806/2023   

toute son attention sur la route. Il avait perdu le contrôle de son véhicule, puis avait vu un 

cycliste sur son pare-brise. Sa réaction immédiate avait été de s’arrêter et d’aller lui prêter 

secours. D’autres personnes s’étaient arrêtées et lui avaient dit « dégage ! ». Il s’était donc 

assis pour regarder les autres lui porter secours.  

Le jour de l’accident, il était fatigué en raison du cumul de ses deux emplois. Il ne se 

rendait pas compte que son comportement routier, cumulé à son état d’ébriété qualifié, 

pouvait mettre en danger la vie d’autrui. Il n’avait pas eu l’intention de faire cela. Les 

risques pris pour se rendre à une adresse située à dix minutes ne valaient pas la peine. Il 

avait déjà conduit après avoir bu de l’alcool et il avait causé un accident de voiture pour 

lequel il avait été condamné, étant précisé qu'il était âgé de 24 ans. Il avait tourné à gauche 

et avait percuté un objet. Les faits du 14 août 2023 n'étaient pas volontaires et il souhaitait 

s’excuser devant la victime parce qu’il ne voulait pas lui faire de mal. 

l.b. Entendu par le Ministère public le 15 août 2023, A______ a demandé d’emblée 

comment allait le jeune homme. Il a réitéré ses explications selon lesquelles il ne voulait 

pas prendre la voiture le soir des faits, précisant qu'un ami lui avait téléphoné pour lui 

dire qu’il lui avait trouvé un travail. Il avait pris le volant pour cette raison.  

S’agissant du déroulement de sa journée du 14 août 2023, il était allé donner à manger à 

des chevaux à 7h00 afin de donner un coup de main à leur propriétaire qui avait de la 

peine à marcher. De 8h00 à 16h00, il avait travaillé dans une exploitation de pommes sise 

dans la commune de W______. A midi, il avait bu deux verres de rosé en mangeant un 

kebab. L’après-midi, il avait labouré un champ en France, puis avait aidé pour un 

déménagement, pour le compte du même patron qui avait l’exploitation de pommes. A 

16h00, ils avaient terminé avec le déménagement. Après avoir discuté une heure avec un 

employé en buvant un verre de rosé, il était rentré chez sa sœur à V______, où il logeait. 

Vers 17h30, il était allé jeter les poubelles à la déchetterie à pied, puis avait pris une 

douche. Ensuite, il avait bu quatre ou cinq bières et du vin, sans savoir s’il avait terminé 

la bouteille. Il avait bu, car il avait soif et il faisait chaud. Il ignorait pourquoi il avait bu 

autant d'alcool. Revenant sur sa consommation à son domicile, il a aussi évoqué le fait 

d'avoir bu environ cinq bières de 33 dl, avant de commencer à boire du Gewurztraminer, 

sans ingérer toute la bouteille qu'il avait lui-même ouverte. De base, il voulait rester à la 

maison tranquillement et ne pas ressortir. Il ne voulait pas utiliser sa voiture. Vers 20h00, 

l’ami pour lequel il nourrissait les chevaux, soit P______, lui avait téléphoné pour lui 

proposer un logement et un travail à 50 % rémunéré CHF 2'500.- mensuellement. C’était 

une bonne nouvelle pour lui. P______ lui avait demandé de venir le voir, étant précisé 

que celui-ci voulait qu'ils se voient pour discuter. A______ avait été stupide de ne pas lui 

avoir dit qu’il ne se sentait pas bien. Il avait cessé de boire après l’appel et avait pris sa 

voiture. Il ne s’était « pas senti très bourré ». Au contraire, il s’était senti capable de 

conduire. Il savait qu’il avait bu beaucoup d’alcool, mais c’était trop loin pour s’y rendre 

à pied. Le lendemain, il devait travailler à 7h00. 

- 24 -  

 P/17806/2023   

A la question de savoir s'il était dans ses habitudes de boire autant, A______ a répondu 

« non, pas tout le temps », puisqu'il ne buvait pas tous les jours de cette façon. Il buvait 

une ou deux bières quotidiennement, mais pas plus. Parfois, il ne buvait pas et parfois il 

buvait plus. Normalement, il ne buvait « comme ça » que le week-end, mais pas en 

semaine. Il pensait avoir un petit problème avec l’alcool. Sa consommation n'était pas 

normale et il devait aller chez les alcooliques anonymes. Il était sensible et avait mal vécu 

des événements personnels (divorce, rupture avec sa copine). Confronté au fait qu’il 

présentait plus de quatre fois la limite d’alcool légal, il a fait valoir qu'il ignorait pourquoi, 

émettant l'hypothèse que cet alcool était resté davantage dans le sang. Normalement, il ne 

conduisait pas après avoir consommé de l’alcool. Il est vrai qu’il avait conduit après avoir 

bu du rosé dans la journée, mais c’était des petites quantités. S’il buvait plus, il ne prenait 

pas la voiture. Ayant son permis de conduire depuis 1998, il savait qu’il était interdit de 

conduire après avoir bu de l’alcool. Suite à l'accident de la circulation qu'il avait eu, à 

cause de l'alcool, en Pologne lorsqu’il avait 24 ans, il avait perdu son permis de conduire 

pendant deux ans. Depuis, il n’avait pas eu d’autres incidents sur la route. 

S'agissant des faits du 14 août 2023, il ne se souvenait ni de la vitesse à laquelle il roulait, 

ni du fait d'avoir dépassé trois véhicules. En fait, il se voyait dépasser un véhicule sous le 

pont de l'autoroute et ensuite taper quelque chose à droite, puis perdre la maîtrise de son 

volant.  Il avait vu le cycliste sur son pare-brise au moment du choc. Il ne l’avait pas vu 

avant et ne pouvait pas expliquer pourquoi, une possibilité étant qu'il était concentré sur 

son volant au moment de la perte de maîtrise. S'il avait effectué un dépassement, c'était 

en raison de l'absence de voiture en face. Il avait « mis les gaz » et avait vu les îlots, étant 

précisé qu'il connaissait bien cette route et qu'il l'empruntait souvent. Il ne se rappelait 

pas avoir roulé sur la bande herbeuse. La perte de maîtrise devait avoir pour origine la 

vitesse ainsi que la manœuvre effectuée au moment de se rabattre après le dépassement 

du véhicule. Il pensait avoir ralenti lorsqu'il était en perte de maîtrise, se souvenant aussi 

avoir dû bouger son volant pour remettre droite sa voiture. Il avait réalisé avoir percuté le 

cycliste une fois qu'il l'avait vu sur son pare-brise. Il ne se rappelait pas avoir freiné, mais 

ne comprenait pas pourquoi il n’y avait aucune trace de freinage sur la chaussée. Ses 

souvenirs reprenaient quand sa voiture était arrêtée et qu’il était descendu pour venir en 

aide au cycliste. Il n’avait pas pour habitude d’avoir une conduite sportive et rapide. 

Normalement, il roulait plus doucement, ne faisait des dépassements que sur l’autoroute 

et respectait les limitations. Il se sentait très mal et voulait payer pour ses actes. Il aimerait 

prendre la place du cycliste, mais ce n’était pas possible. Il aimerait pouvoir payer pour 

réparer, mais ce n’était pas l’argent qui donnait la vie.  

l.c. Lors de l’audience de confrontation du 7 novembre 2023, A______ s’est prononcé 

à nouveau sur l’émetteur de l’appel téléphonique du 14 août 2023 au soir, indiquant qu’il 

ne savait plus qui en était à l’origine. Il voulait parler à P______ des conditions 

d’engagement pour les deux semaines à venir, car cela pouvait impacter sa disponibilité 

chez X______. C’était pour cette raison qu’il s'était rendu chez lui. 

- 25 -  

 P/17806/2023   

l.d. Entendu à nouveau par-devant le Ministère public le 5 décembre 2023, A______ 

a relaté de manière détaillée sa journée du 14 août 2023, indiquant en substance qu’il 

s’était rendu avec X______ dans ses champs pour labourer, puis qu’ils étaient allés 

chercher les meubles pour sa chambre. Il avait ensuite appelé P______ pour lui dire qu'il 

avait récupéré des meubles, mais il avait oublié de lui préciser qu'il ne pourrait pas venir 

travailler chez lui le lendemain, car il devait travailler tôt chez X______.  

Sur le plan de sa consommation d'alcool, il avait bu une petite bière de 33 cl à midi, puis 

une bière de même contenance vers 16h30 avec X______. Ayant d'abord indiqué avoir 

bu un verre de rosé à l'apéritif, il a ensuite concédé qu'il ne savait pas ce qu'il avait bu. A 

son domicile, à son retour de la déchetterie, il avait commencé à boire « une bière, deux 

bières, trois bières... », sans compter une moitié de bouteille de vin. En fait, il avait 

commencé à boire de la bière, sous forme de quatre à cinq bières de 33 cl, mais sans 

certitude. Il avait ensuite ouvert du vin blanc d'Alsace et s'était servi des verres, mais 

n'avait pas bu toute la bouteille. Il estimait avoir fait trois fois le geste de verser du vin 

dans le verre, qui était un gros verre rond, un verre à whisky. Il n'avait pas mangé, puisqu'il 

n'avait pas faim, mais il avait soif. Il avait arrêté de boire du vin avant son appel à P______ 

et n'avait poursuivi son ingestion d'alcool ni pendant ni après cet appel.  

A cet égard, ayant réalisé qu'il avait omis de l'avertir de son absence prévue le lendemain 

matin, il l'avait appelé vers 19h45 et ils avaient parlé pendant environ quatre minutes. 

Pour sa part, il avait compris son interlocuteur, avec lequel il s'était accordé ainsi: « On a 

dit que je venais chez lui pour parler du travail ». En effet, P______ ne s'était pas fâché 

lorsque, au cours de cette conversation téléphonique, il lui avait dit qu'il ne pourrait pas 

venir travailler chez lui le lendemain en raison de l'activité prévue durant deux semaines 

chez X______, mais P______ lui avait dit de venir pour qu'ils en parlent « en face à 

face ». En réalité, A______ pensait que c'était lui qui avait décidé de venir chez P______ 

et il ne se souvenait pas si ce dernier lui avait dit textuellement de venir chez lui ce soir-

là. Son interlocuteur lui avait indiqué qu'ils n'allaient pas parler par téléphone et qu'ils en 

parleraient face à face. Il ne se rappelait pas si son patron lui avait dit quelque chose 

comme « Viens chez moi maintenant et on en parle ». Ensuite, il avait pris sa voiture et 

son seul téléphone, puis était parti chez P______. Quand il avait pris sa voiture, il était 

stressé par le travail, car il cherchait un bon emploi tout le temps. Suite à la discussion 

avec P______, il était stressé, après lui avoir dit devoir travailler deux semaines chez 

X______. Selon le travail fourni par celui-ci, il n'aurait peut-être pas pu honorer son 

activité chez P______. C’était difficile, car ses journées duraient entre 12 et 14 heures.  

Avant de prendre le volant, il pensait qu'il pouvait conduire et qu'il allait « aller 

doucement », étant entendu qu'il savait à ce moment-là qu'il avait bu plus qu'une bière. 

Selon son appréciation, le taux autorisé pour conduire en Suisse était de 0.6 ou 0.2, mais 

correspondait à une bière. En rapport avec le taux de 0.5 o/oo, il estimait que cela 

représentait une petite bière. Sur le moment, il n'avait pas pensé au fait qu'il avait trop bu, 

il était stressé et avait « fait une connerie ». Lorsqu'il était monté dans sa voiture, il 

ignorait qu'il avait bu plus que ce qui était autorisé. Il avait « roulé doucement » sur le 

- 26 -  

 P/17806/2023   

tronçon limité à 50 km/h, ayant d'ailleurs été dépassé par le conducteur français. Il l'avait 

effectivement dépassé à son tour, mais sur le tronçon limité à 60 km/h. Il ne se souvenait 

avoir dépassé qu'une seule voiture et avait roulé au-delà de la limitation de vitesse. 

Questionné sur la raison d'être de ces actes, il a expliqué qu'il faisait très chaud et que, 

selon lui, l'alcool avait « tapé plus vite ». A ce moment-là, il ne considérait pas que sa 

conduite était dangereuse, mais désormais, il se rendait compte que tel était le cas. Lors 

de ce dépassement, il roulait à 80 ou 90 km/h. Il ne se souvenait pas avoir entendu le coup 

de klaxon donné par L______, étant précisé qu'il y avait de la musique dans sa voiture. Il 

s'était ensuite rabattu et son volant avait fait des à-coups à gauche et à droite. Il avait 

perdu la maîtrise de son véhicule à ce stade, se trouvant sous le pont. Il avait tapé le bord 

de la route, à droite, et son pneu avait été endommagé. Il faisait des zigzags. Il ignorait 

pourquoi il n'avait pas freiné quand il avait commencé à perdre la maîtrise, considérant 

qu'il y avait peut-être le soleil qui le gênait, étant précisé qu'il n'avait pas de lunettes de 

soleil. En fait, s'il avait freiné, les véhicules se trouvant derrière lui pouvaient le percuter. 

Il ne se souvenait pas de la raison pour laquelle son pied ne s’était pas posé sur la pédale 

de frein. Il ne se rappelait pas non plus de l'îlot central ou d'une éventuelle accélération 

après le rabattement. Il n'avait pas vu I______ et n'avait plus de souvenirs après le moment 

où celui-ci tombait sur son pare-brise. Il l'avait pris dans ses bras, voulait aider et avait 

souhaité le placer sur le côté. Il n'avait pas jeté sa trousse de secours sur la victime, il 

l'avait posée au sol. 

Il était responsable de cet accident et aimerait changer de place avec I______. Il 

considérait être « une merde et un connard ». Il éprouvait de très forts regrets. Ce qu'il 

avait fait de faux, c'est qu'il avait bu de l'alcool ou plutôt qu'il avait pris le volant après 

une consommation d'alcool. Il n'avait pas de problème avec l'alcool, ayant arrêté la vodka 

en 2022, car il était violent sous l'effet de cette boisson. Il avait bu seulement des bières 

et « ce stupide vin ». Il était vrai qu'il était un gros consommateur de bière. Il pouvait en 

boire jusqu'à dix, le soir après le travail, par exemple lorsqu'il faisait très chaud et qu'elles 

étaient au frigo, relevant que « comme ce n'est pas très fort, ça se boit comme de l'eau ». 

Avec toutes ces histoires de travail, il était devenu un peu fou. Vu qu’il savait conduire 

des tracteurs et qu’il pouvait être très précis en conduisant ce genre d’engins, il se sentait 

« plus fort que les autres ».  

l.e. Suite à l'audition de sa sœur AA______ le 29 février 2024, A______ a tenu à 

préciser que le soir des faits, lorsqu'il avait eu P______ au téléphone, il ne lui avait pas 

dit qu'il avait bu de l'alcool. 

Courriers de A______ à l’attention de la famille C______/D______/E______/H______ 

m.a. Au début de l'audience d'instruction du 25 septembre 2023, A______ a exprimé 

le souhait de remettre au Ministère public un courrier qu'il avait écrit en polonais et qui 

était destiné à la famille C______/D______/E______/H______. Ce courrier a été traduit 

en français et transmis, avec sa version originale, le 17 octobre 2023 au Conseil des parties 

plaignantes. Ces dernières n'ont pas souhaité recevoir ces écrits. 

- 27 -  

 P/17806/2023   

Dans ce courrier (Y-1312), A______ s’est notamment exprimé en ces termes : « C’est 

moi qui suis l’auteur de ce terrible accident. Je vous prie de m’excuser pour tout cela. Je 

ne sais pas si vous me pardonnerez un jour ce que j’ai fait. Je voudrais échanger les 

places, mais il est impossible de remonter le temps ! Je ne l’ai pas fait exprès, j’ai crevé 

mon pneu contre le rebord de la chaussée et après j’ai perdu le contrôle du véhicule. Je 

voulais l’aider, je me suis arrêté. J’ai détruit sa vie, la vôtre également (…) ».  

m.b. Lors de l'audience du 1er février 2024, A______ a souhaité lire une lettre qu'il avait 

rédigée en faveur de la famille C______/D______/E______/H______. Le Conseil de 

cette dernière s'y est opposé. Le 29 février 2024, le Ministère public lui a adressé ladite 

lettre ainsi que sa traduction en français. 

Dans le second courrier (Y-1334), A______ a réitéré ses excuses et ses regrets. Ses 

explications quant au déroulement de l’accident étaient les suivantes : « J'ai tué votre fils 

I______ ce qui est impardonnable. Mais je ne le voulais pas je ne l’ai pas vu sur la route 

j’ai fait une crevaison et j’ai perdu la maîtrise de la voiture j’ai été aveuglé par le soleil 

j’ai conduit en zigzagant je ne l’ai pas aperçu sur la route c’est arrivé alors je l’ai heurté 

et perdu connaissance pendant quelques secondes quel CHOC ! Je suis sorti en courant 

de la voiture pour lui porter secours je l’ai pris dans les bras ensuite d’autres personnes 

sont arrivées qui m’ont éloigné de lui. Je n’ai pas fui je suis resté près de lui à côté de la 

voiture (...) Pourquoi suis-je monté dans cette voiture (...) ». 

Audience de jugement 

C.a. L’audience de jugement par-devant le Tribunal correctionnel s’est déroulée entre 

le 3 et 6 février 2025. A l’ouverture des débats, le Tribunal a rejeté la question 

préjudicielle soulevée par le Conseil des parties plaignantes sollicitant un transport sur 

place, référence étant faite à la motivation figurant dans le procès-verbal. Le Tribunal a 

ensuite procédé à l’audition du prévenu, des parties plaignantes et des témoins.  

Auditions 

b. A______ a admis avoir tué I______, mais sans le vouloir et sans avoir fait exprès. 

En relation avec son profil de conducteur, il a confirmé qu'il conduisait beaucoup de 

tracteurs. Il était parfait dans cette conduite et à l'aise avec ce genre d'engins. S'agissant 

de la voiture, il la considérait comme un moyen de transport pour le travail. Il avait 

confiance en lui au volant d'un véhicule. Il connaissait bien la route 1______, qu'il 

considérait comme très facile. Il avait déjà vu des cyclistes rouler sur la bande cyclable 

sur cette route.  

S'agissant de sa limitation personnelle entre l'alcool et la conduite, il considérait qu'il 

pouvait boire une petite bière et c'était tout. Il ne fallait pas boire, car cela provoquait des 

accidents et avait un impact sur les réflexes. Durant l'instruction, il s'était peut-être mal 

- 28 -  

 P/17806/2023   

exprimé et il fallait comprendre qu'il aurait pu boire jusqu'à dix bières par soir, mais qu'il 

ne les buvait pas.  

A l'été 2023, il cherchait à avoir son propre logement et voulait vraiment avoir un emploi, 

fixe et déclaré. N'ayant pas été engagé chez [entreprise] CC______ ainsi qu'il le 

souhaitait, il avait dû travailler au noir et ce n'était pas idéal. A cette période, comme il 

travaillait, il ne buvait pas d'alcool, mais lorsqu'il rentrait chez lui, il buvait une ou deux 

bières. Il est juste qu'il buvait principalement de la bière, également du vin, mais plus de 

vodka. 

La journée du 14 août 2023 était une journée ordinaire. Il s'était rendu chez P______ pour 

nourrir les chevaux, puis était allé travailler chez X______. Il était bien et n'était pas 

inquiet. Il a confirmé avoir bu, ce jour-là, une bière de 33 cl avec le repas de midi, puis 

une autre bière de 33 cl en fin d'après-midi. Une fois revenu à son domicile, il comptait 

boire seulement de la bière, mais pas toucher à une bouteille de vin. Il a cependant 

confirmé avoir bu plusieurs bières, soit entre quatre et six bières de 33 cl ainsi que du vin 

blanc d'Alsace, soit probablement la moitié de la bouteille. S'il avait bu autant, c'était 

parce qu'il avait soif. Il était vrai qu'il aurait pu boire de l'eau. Si, ce soir-là, il était passé 

de la bière au vin, c'était parce qu'il n'y avait plus de bière. 

Il voulait rester tranquille à la maison. S'il avait d'abord indiqué que c'était P______ qui 

l'avait appelé ce soir-là, c'était probablement à cause d'un mauvais souvenir du 

déroulement des choses, puisqu'avec le dossier, il s'était rendu compte qu'il avait lui-

même appelé son patron. Il se rappelait que, lors de l'appel téléphonique, il avait dit à 

P______ qu'il n'allait pas pouvoir travailler pour lui les deux prochaines semaines, étant 

mobilisé par X______. P______, qui était sur son tracteur, lui avait dit de venir parler de 

cela avec lui. Il avait compris qu'il voulait le voir tout de suite, le soir. Pour A______, 

c'était important, considérant qu'il était « l'esclave de ces gens » et utilisé par eux. 

P______ lui avait dit qu'il souhaitait l'engager à 50 % et qu'il ne voulait plus qu'il travaille 

pour X______, de sorte qu'il ne savait pas quoi dire à P______ et voulait discuter avec 

lui. Il était un peu pris entre ces deux employeurs et il était difficile pour lui de concilier 

ces deux patrons. Il pensait beaucoup à cela et c'est pour cela qu'il avait pris cinq bières à 

la maison ainsi que du vin, ce à quoi s'ajoutait le fait qu'il se trouvait seul. Il ignorait s'il 

avait dit ou pas à P______ s'il avait bu ou pas. A la maison, il était « encore en bon état ». 

Il était parti un peu dans la précipitation, oubliant par exemple de prendre son permis de 

conduire. Il ne se souvenait pas s'il avait eu un moment d'hésitation, s'il s'était dit qu'il 

devait peut-être renoncer à aller voir P______. Il n'avait pas pensé à utiliser un autre 

moyen de transport que sa voiture. Au moment de partir au volant de sa voiture, il n'avait 

pas ressenti physiquement les effets de l'alcool et pas non plus psychologiquement. Il 

n'était pas conscient d'être ou non en conformité avec la loi. Il ne pensait pas être autant 

alcoolisé, estimant n'avoir pas un taux élevé, lequel avait ensuite augmenté. Il considérait 

avoir surestimé sa capacité à conduire ce soir-là. 

Si sa vitesse initiale était faible, c'était peut-être parce qu'il conduisait mal. Il ne se 

souvenait ni du trajet jusqu’au STOP de la route 3______, ni de la hauteur où il avait 

- 29 -  

 P/17806/2023   

débuté son dépassement. Entre M______ et lui, il n'y avait pas de jeu. Peut-être que 

M______ l'avait énervé, car il l'avait dépassé. Il ne s'en souvenait pas. A l'évocation des 

propos de M______ qui avait mentionné le fait qu'il l'avait vu rire dans sa voiture, 

A______ a répondu ne pas s'en souvenir, puis a contesté avoir rigolé, cela n'étant pas 

possible. Il ne rigolait pas en conduisant et n'était pas fou. Il se remémorait uniquement 

avoir dépassé une voiture, mais avait lu dans le dossier qu'il avait dépassé trois voitures, 

ce qu'il ne contestait pas. A ce moment, selon son appréciation, il pouvait réussir ce 

dépassement. Les motifs de ce dépassement étaient a priori le fait d'être pressé pour 

rejoindre son ami, l'absence d'une voiture en face ainsi que le fait que l'alcool avait dû 

taper plus vite, vu qu'il faisait très chaud. Confronté aux dires des témoins quant à sa 

vitesse, il a fait valoir qu'il ne voulait tuer personne et ne cherchait qu'à dépasser une 

voiture, sans compter qu'il n'avait vu personne qui arrivait devant. Une vitesse de 80 km/h 

ou 90 km/h au moment du dépassement lui paraissait la plus juste. Il n'était pas conscient 

des risques pris au vu de la configuration des lieux. Il ne se souvenait pas du coup de 

klaxon donné par L______ pour attirer son attention. Il se rappelait avoir perdu le contrôle 

de sa voiture avant d'aller taper la bordure. Il avait pensé que s'il freinait, d'autres gens 

allaient le taper par derrière. Il ne se souvenait pas de la manière dont il avait perdu le 

contrôle de la voiture. A la hauteur du deuxième îlot, son but était d'aller tout droit. Il 

n'avait vu à aucun moment le cycliste. Le choc contre la bordure était dû à sa perte de 

maîtrise du véhicule. Il était d'accord pour dire qu'un conducteur qui réagit à temps et qui 

braque son volant n'aurait probablement pas heurté cette bordure. Confronté aux données 

issues de l'expertise, notamment une vitesse maximale entre 124 km/h et 133 km/h lors 

du choc contre la bordure, il a estimé que cela était peut-être possible. Il avait cassé son 

pneu à droite et voulait aller tout droit. Cela avait eu pour conséquence qu'il avait percuté 

I______. Il n'avait pas le souvenir d'avoir roulé sur une bande herbeuse. Il avait 

l'impression de ne rien voir devant lui, possiblement à cause de la poussière. Sur la 

distance d'environ 73.5 mètres, il n'avait pas eu de réaction, car il n'avait pas vu le cycliste. 

Tout avait été très vite, dans l'enchaînement. C'était une fraction de seconde. Il ignorait la 

raison pour laquelle il n'avait pas vu le cycliste, tout en admettant qu'il aurait dû le voir et 

qu'il y avait un lien entre le fait de ne pas avoir vu I______ et son alcoolisation. Quand 

ce cycliste était arrivé sur son pare-brise, il avait dit ceci: « Merde, qu'est-ce que j'ai fait 

! ». Ensuite, il ne se souvenait de rien, si ce n'est qu'il était sorti de sa voiture pour aller 

aider. A l'évocation de la brutalité de la scène décrite par les témoins, il a répété ne pas 

l'avoir vu et n'avoir pas freiné. Il ne se souvenait de rien, après avoir heurté le cycliste, 

hormis une fois qu'il était sorti de la voiture. Il réalisait les conséquences de son excès de 

vitesse ainsi que la gravité de ce qu'avait subi I______. A partir du moment où I______ 

était tombé sur son pare-brise, c'était comme s'il avait « un voile noir » devant lui. Pour 

éviter la collision avec I______, il aurait pu arrêter la voiture. Il aurait tout tenté s'il l'avait 

vu. Il aurait freiné et n'aurait pas conduit aussi vite. Au vu de toutes les circonstances, la 

probabilité d'une telle collision, était moyenne, selon l'analyse qu'il aurait pu faire au 

moment des faits et dans l'hypothèse où il était à jeun. Avec 2 grammes d'alcool, la 

probabilité était plus élevée. De son point de vue actuel, la probabilité était très élevée. Il 

avait effectivement adopté un comportement dangereux. A la question de savoir si 

I______ aurait pu faire quelque chose pour échapper à sa voiture qui fonçait sur son vélo, 

- 30 -  

 P/17806/2023   

A______ a répondu qu'il aurait pu aller plus à droite sur la bande cyclable. En fait, peut-

être que cela aurait été même mieux s'il était plus à gauche. 

S'agissant de son comportement après le choc, il a déclaré qu'il voulait porter secours au 

cycliste, en particulier éviter qu'il ne s'étouffe dans son sang, raison pour laquelle il voulait 

le mettre en position latérale. Il avait très peur pour la vie de I______. Il avait donné sa 

trousse de secours, mais n'en n'avait pas renversé le contenu, puisqu'il l'avait ouverte et 

laissée à côté.  

C'était par l'intermédiaire de son avocat qu'il avait appris les graves lésions subies par 

I______. Avec le recul, il regrettait toujours ce qu'il s'était passé le 14 août 2023, soit 

d'avoir tué I______, et il demandait en permanence pardon à Dieu. Il lui était arrivé de 

penser à mourir, mais il fallait vivre. Pour sa part, il avait déjà vécu la moitié de sa vie, 

mais pas ce jeune homme, c'était pour cela qu'il aurait voulu prendre sa place. En rapport 

avec les deux lettres qu'il avait préparées à l'attention de la famille de I______, il a affirmé 

avoir été très sincère, sous réserve que les médicaments qu'il prenait l'avaient peut-être 

un peu perturbé. Il ignorait pourquoi, dans ces lettres, il n'avait pas mentionné le fait qu'il 

était fortement alcoolisé et qu'il roulait vite. Alors qu'il lui était fait remarquer qu'il 

n'apparaissait pas, lors de ses différentes auditions ou encore dans ses échanges avec sa 

propre famille, qu'il se serait intéressé à la personne qu'était I______, comme s'il lui était 

indifférent, il a fait valoir sa timidi