# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 71ce8aba-573f-544a-8ac4-e798041e70ff
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2014-11-19
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 19.11.2014 BVGE 2014/31
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_BVGE-2014-31_2014-11-19.pdf

## Full Text

2014/31 Non-entrée en matière (Dublin) 

 

 

498 BVGE / ATAF / DTAF 

 

31 

Extrait de l'arrêt de la Cour V 
dans la cause A. contre Office fédéral des migrations 

E‒3971/2013 du 19 novembre 2014 

Non-entrée en matière sur une demande d'asile (procédure Dublin). 

Interruption et report du délai de transfert. Effet des mesures au 

sens de l'art. 56 PA sur le délai de transfert. Arrêt de principe. 

Anc. art. 34 al. 2 let. d et art. 107a LAsi. Anc. art. 107a LAsi (version 

de 2008). Anc. art. 107a LAsi (version de 2011). Art. 56 PA. Art. 19 

règlement Dublin II. 

1. Notion d'effet suspensif au sens du règlement Dublin II 
(consid. 6.1 et 6.2). 

2. Un recours contre une décision de non-entrée en matière relevant 
d'une procédure « Dublin » n'a pas d'effet suspensif, sauf déci-

sion expresse du Tribunal administratif fédéral de surseoir à 

l'exécution du renvoi. Le requérant doit néanmoins avoir la 

possibilité de demander l'octroi de l'effet suspensif au Tribunal 

administratif fédéral alors qu'il se trouve encore en Suisse 

(consid. 6.3 et 6.4). 

3. Lorsque le recourant demande l'octroi de l'effet suspensif au 
recours, le Tribunal administratif fédéral dispose d'un délai de 

cinq jours calendaires pour se déterminer sur cette demande 

(art. 107a LAsi). Durant ce délai, l'exécution du transfert est 

suspendue ex lege, sans qu'il soit besoin de l'intervention d'une 

décision de justice (consid. 6.5).  

4. La suspension ex lege de l'exécution du transfert, durant le délai 
de cinq jours de l'art. 107a LAsi, ne peut pas être assimilée à un 

effet suspensif au sens du règlement Dublin II; en l'absence d'une 

décision du Tribunal administratif fédéral ordonnant des me-

sures de suspension, le délai de transfert prévu par ledit 

règlement n'est donc pas interrompu (consid. 6.6). Cette ap-

proche reste valable en application du règlement Dublin III 

(consid. 6.7.1). 

5. Lorsque les mesures de suspension au sens de l'art. 56 PA ont été 
ordonnées par le Tribunal administratif fédéral, mais que celles-

ci n'ont pas perduré au-delà du délai de cinq jours de l'art. 107a 

Non-entrée en matière (Dublin) 2014/31 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 499 

 

LAsi, il n'y a pas interruption du délai de transfert prévu par le 

règlement Dublin II (consid. 6.7.1). 

6. Lorsque les mesures de suspension au sens de l'art. 56 PA ont été 
ordonnées par le Tribunal administratif fédéral et que celles-ci 

ont perduré au-delà du délai de cinq jours de l'art. 107a LAsi, il y 

a, en principe, interruption du délai de transfert prévu par le 

règlement Dublin II (consid. 6.7.2). 

Nichteintreten auf ein Asylgesuch (Dublin-Verfahren). Unterbre-

chung und Aufschub der Überstellungsfrist. Auswirkung vorsorg-

licher Massnahmen nach Art. 56 VwVG auf die Überstellungsfrist. 

Grundsatzurteil. 

aArt. 34 Abs. 2 Bst. d und Art. 107a AsylG. aArt. 107a AsylG 

(Fassung von 2008). aArt. 107a AsylG (Fassung von 2011). Art. 56 

VwVG. Art. 19 Dublin-II-VO. 

1. Begriff der aufschiebenden Wirkung im Sinne der Dublin-II-VO 
(E. 6.1 und 6.2). 

2. Eine Beschwerde gegen eine Nichteintretensverfügung gemäss 
Dublin-Verfahren hat keine aufschiebende Wirkung, es sei denn, 

das Bundesverwaltungsgericht habe ausdrücklich die Aussetzung 

des Wegweisungsvollzugs angeordnet. Die asylsuchende Person 

muss jedoch ‒ während sie sich noch in der Schweiz befindet ‒ 

die Möglichkeit haben, beim Bundesverwaltungsgericht die Ge-

währung der aufschiebenden Wirkung zu beantragen (E. 6.3 und 

6.4). 

3. Beantragt die beschwerdeführende Person die Gewährung der 
aufschiebenden Wirkung, verfügt das Bundesverwaltungsgericht 

über eine Frist von fünf Kalendertagen, um darüber zu ent-

scheiden (Art. 107a AsylG). Während dieser Frist ist der Vollzug 

der Überstellung von Gesetzes wegen ausgesetzt, ohne dass eine 

gerichtliche Anordnung erforderlich wäre (E. 6.5). 

4. Die Aussetzung des Überstellungsvollzugs von Gesetzes wegen 
während der Fünftagesfrist von Art. 107a AsylG stellt keine auf-

schiebende Wirkung gemäss Dublin-II-VO dar; mangels Anord-

nung vollzugshemmender Massnahmen durch das Bundesver-

waltungsgericht ist die Überstellungsfrist der Dublin-II-VO 

daher nicht unterbrochen (E. 6.6). Dies bleibt unter der Dublin-

III-VO unverändert (E. 6.7.1). 

2014/31 Non-entrée en matière (Dublin) 

 

 

500 BVGE / ATAF / DTAF 

 

5. Wenn das Bundesverwaltungsgericht vollzugshemmende Mass-
nahmen im Sinne von Art. 56 VwVG angeordnet hat und diese 

die Fünftagesfrist von Art. 107a AsylG nicht überdauern, wird 

die Überstellungsfrist der Dublin-II-VO nicht unterbrochen 

(E. 6.7.1). 

6. Wenn das Bundesverwaltungsgericht vollzugshemmende Mass-
nahmen im Sinne von Art. 56 VwVG angeordnet hat und diese 

die Fünftagesfrist von Art. 107a AsylG überdauern, wird die 

Überstellungsfrist der Dublin-II-VO grundsätzlich unterbrochen 

(E. 6.7.2). 

Non entrata nel merito di una domanda d'asilo (procedura Dublino). 

Interruzione e riporto del termine di trasferimento. Effetto dei prov-

vedimenti ai sensi dell'art. 56 PA su tale termine. Sentenza di prin-

cipio. 

vArt. 34 cpv. 2 lett d e art. 107a LAsi. vArt. 107a LAsi (versione del 

2008). vArt. 107a LAsi (versione del 2011). Art. 56 PA. Art. 19 Rego-

lamento Dublino II. 

1. Concetto di effetto sospensivo ai sensi del Regolamento Dubli-
no II (consid. 6.1 e 6.2). 

2. Il ricorso contro una decisione di non entrata nel merito adottata 
nell'ambito di una procedura Dublino non ha effetto sospensivo, 

salvo che il Tribunale amministrativo federale non decida in 

modo espresso di sospendere l'esecuzione dell'allontanamento. Al 

richiedente deve comunque essere data la possibilità di richiedere 

al Tribunale amministravo federale la concessione dell'effetto 

sospensivo finché si trova ancora in Svizzera (consid. 6.3 et 6.4). 

3. Se il ricorrente postula la concessione dell'effetto sospensivo al 
ricorso, il Tribunale amministrativo federale dispone di un 

termine di cinque giorni per decidere in merito alla richiesta 

(art. 107a LAsi). Mentre decorre questo termine l'esecuzione del 

trasferimento è sospesa ex lege, senza che occorra una decisione 

dell'autorità giudiziaria (consid. 6.5).  

4. La sospensione ex lege dell'esecuzione del trasferimento durante 
il termine di cinque giorni previsto all'art. 107a LAsi non può 

essere assimilata a un effetto sospensivo ai sensi del Regolamento 

Dublino II; in assenza di una decisione del Tribunale ammini-

strativo federale che ordina delle misure di sospensione, il termi-

Non-entrée en matière (Dublin) 2014/31 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 501 

 

ne di trasferimento previsto da tale Regolamento non è pertanto 

interrotto (consid. 6.6). Questo criterio rimane valido anche sotto 

il regime del Regolamento Dublino III (consid. 6.7.1). 

5. Se il Tribunale amministrativo federale ha preso provvedimenti 
d'urgenza in virtù dell'art. 56 PA, ma che la loro durata è inferi-

ore al termine di cinque giorni di cui all'art. 107a LAsi, il termine 

di trasferimento previsto dal Regolamento Dublino II non è in-

terrotto (consid. 6.7.1). 

6. Se i provvedimenti d'urgenza adottati in virtù dell'art. 56 PA 
hanno invece una durata superiore al termine di cinque giorni di 

cui all'art. 107a LAsi, il termine di trasferimento previsto dal 

Regolamento Dublino II è di principio interrotto (consid. 6.7.2). 

 

La recourante a déposé, le 10 juin 2012, une demande d'asile en Suisse. 

Une comparaison de ses empreintes digitales avec les données du sys-

tème européen de comparaison des signalements dactyloscopiques des 

demandeurs d'asile (EURODAC) n'a fait apparaître aucun enregistrement 

la concernant. Entendue sommairement le 20 juin 2012, elle a déclaré 

avoir voyagé vers l'Italie à bord d'un avion, munie d'un passeport et d'un 

visa officiel. Arrivée à Milan, elle aurait passé une nuit sur place avant de 

gagner immédiatement la Suisse, où elle avait l'intention de demander 

l'asile.  

Le 15 août 2012, l'Office fédéral des migrations (ODM) a transmis à 

l'Italie, via le réseau de communication électronique DubliNet, une re-

quête aux fins de prise en charge de l'intéressée. Le 21 août 2012, les 

autorités italiennes ont répondu favorablement à cette demande. 

Par décision du 28 septembre 2012, notifiée le 4 octobre suivant, l'ODM 

n'est pas entré en matière sur la demande d'asile de l'intéressée et a pro-

noncé son renvoi (transfert) vers l'Italie. 

Le 11 octobre 2012, l'intéressée a interjeté recours contre cette décision, 

concluant à son annulation et à l'entrée en matière sur sa demande d'asile. 

Elle a en outre sollicité l'octroi de l'effet suspensif au recours. Par ordon-

nance du 15 octobre 2012, le Tribunal administratif fédéral a provisoire-

ment suspendu l'exécution du transfert, en se fondant sur l'art. 56 PA. 

Trois jours plus tard, par arrêt du 18 octobre 2012, le Tribunal admini-

stratif fédéral a rejeté le recours, confirmant la décision de transfert de la 

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502 BVGE / ATAF / DTAF 

 

recourante vers l'Italie et déclarant la demande d'octroi de l'effet suspen-

sif sans objet.  

Le 7 mars 2013, l'intéressée a demandé à l'ODM le réexamen de sa déci-

sion du 28 septembre 2012. Elle a fait valoir que, dans la mesure où son 

transfert en Italie n'avait pas été exécuté dans le délai de six mois à 

compter de l'acceptation, le 21 août 2012, de sa prise en charge par les 

autorités italiennes, il y avait lieu d'entrer en matière sur sa demande 

d'asile.  

Par décision incidente du 8 mars suivant, l'ODM a imparti à la recourante 

un délai pour s'acquitter d'une avance de frais de 600 francs, faute de 

quoi il n'entrerait pas en matière sur sa demande de réexamen. Ledit 

office a justifié sa demande d'avance de frais par le fait que la demande 

apparaissait, après un examen sommaire, d'emblée vouée à l'échec: dans 

son appréciation des chances de succès, il a estimé que les mesures au 

sens de l'art. 56 PA octroyées par le Tribunal administratif fédéral, le 

15 octobre 2012, valaient effet suspensif au sens de l'art. 19 par. 3 du 

règlement (CE) no 343/2003 du Conseil du 18 février 2003 établissant les 

critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de 

l'examen d'une demande d'asile présentée dans l'un des Etats membres 

par un ressortissant d'un pays tiers, JO L 50/1 du 25.02.2003 (ci-après: 

règlement Dublin II) et avaient emporté le report du point de départ du 

délai de transfert au lendemain du prononcé de l'arrêt du Tribunal 

administratif fédéral du 18 octobre 2012. Selon l'ODM, ce délai arrivait 

par conséquent à échéance le 18 avril 2013.  

Le 15 mars 2013, l'intéressée a interjeté recours contre cette décision 

incidente. Par ordonnance du 18 mars 2013, le Tribunal administratif 

fédéral a à nouveau suspendu l'exécution du transfert de la recourante 

avec effet immédiat, en se fondant cette fois sur l'art. 112 LAsi (RS 

142.31, dans sa version du 1er janvier 2008, RO 2006 4745). Le 26 mars 

suivant, il a déclaré le recours du 15 mars 2013 irrecevable. 

Par décision du 28 mars 2013, faute du paiement de l'avance de frais 

exigée, l'ODM n'est pas entré en matière sur la demande de réexamen 

déposée le 7 mars 2013. Le 3 avril 2013, l'intéressée a interjeté recours 

contre cette décision et a conclu, principalement, à son annulation, ainsi 

qu'au renvoi de la cause à l'ODM pour qu'il examine au fond sa demande 

de réexamen. Le 19 avril 2013, le Tribunal administratif fédéral a octroyé 

des mesures provisionnelles, en application de l'art. 112 LAsi.  

Non-entrée en matière (Dublin) 2014/31 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 503 

 

Dans un arrêt du 3 juin 2013, le Tribunal administratif fédéral a considéré 

que la demande de réexamen de la recourante ne paraissait pas d'emblée 

vouée à l'échec et que l'office n'était en conséquence pas fondé à perce-

voir une avance de frais. Il a annulé la décision de l'ODM du 28 mars 

2013 et lui a renvoyé la cause pour qu'il examine au fond la demande de 

réexamen de l'intéressée.  

Par décision du 1er juillet 2013, l'ODM est entré en matière sur la de-

mande de réexamen du 7 mars 2013 et a rejeté celle-ci. Il a considéré que 

les mesures de suspension de l'exécution du renvoi prises par le Tribunal 

administratif fédéral le 15 octobre 2012, puis le 18 mars 2013 et le 

19 avril 2013, équivalaient toutes à un effet suspensif au sens de l'art. 19 

par. 3 du règlement Dublin II et emportaient à chaque fois le report du 

point de départ du délai de transfert de six mois. En conséquence, il a 

conclu que le délai de transfert de la recourante devait être calculé à 

partir de l'arrêt du 3 juin 2013 (arrêt du TAF E‒1750/2013 du 3 juin 

2013). 

Dans son recours du 12 juillet 2013, l'intéressée a conclu à l'annulation 

de la décision du 1er juillet 2013 et à l'examen de sa demande d'asile par 

la Suisse. Elle a principalement fait valoir que la procédure initiée devant 

le Tribunal administratif fédéral en octobre 2012 n'avait déployé aucun 

effet suspensif, ni au sens de la LAsi, ni au sens du règlement Dublin II, 

et que le délai de transfert était donc arrivé à échéance le 21 février 2013. 

Le Tribunal administratif fédéral a admis le recours.  

Le considérant 6 ci-après a fait l'objet de la décision de principe adoptée 

par les Cours IV et V, le 19 novembre 2014. 

Extrait des considérants: 

5.  
5.1 En l'espèce, l'ODM a fondé sa décision sur la base de l'art. 19 du 
règlement Dublin II, qui règle les modalités et les délais de transfert 

après que l'Etat requis a accepté la prise en charge d'un demandeur 

d'asile. 

5.2 Le règlement Dublin II a été abrogé par le règlement (UE) 
no 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 

établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre 

responsable de l'examen d'une demande de protection internationale 

introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers 

2014/31 Non-entrée en matière (Dublin) 

 

 

504 BVGE / ATAF / DTAF 

 

ou un apatride (refonte), JO L 180/31 du 29.6.2013 (ci-après: règlement 

Dublin III). Ce dernier est applicable pour tous les Etats de l'Union 

européenne depuis le 1er janvier 2014. 

Le 3 juillet 2013, le règlement Dublin III, en tant que développement de 

l'acquis Dublin, a été notifié à la Suisse par la Commission européenne 

(cf. art. 4 par. 2 de l'Accord du 26 octobre 2004 entre la Confédération 

suisse et la Communauté européenne relatif aux critères et aux méca-

nismes permettant de déterminer l'Etat responsable de l'examen d'une 

demande d'asile introduite dans un Etat membre ou la Suisse [AAD, 

RS 0.142.392.68]). Par échange de notes du 14 août 2013 entre la Suisse 

et l'Union européenne concernant la reprise du règlement UE 

no 604/2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de 

l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection 

internationale (Développement de l'acquis de « Dublin/Eurodac », RS 

0.142.392.680.01, ci-après: échange de notes), la Mission de la Suisse 

auprès de l'Union européenne a informé la Commission européenne de la 

reprise par la Suisse du règlement Dublin III, sous réserve de l'accom-

plissement des exigences constitutionnelles suisses jusqu'au 3 juillet 

2015 (cf. art. 4 par. 3 AAD). Cet échange de notes, qui forme un traité de 

droit international public, crée des droits et obligations entre la Suisse et 

les Etats membres de l'Union européenne, conformément à l'art. 4 par. 5 

AAD.  

Le 18 décembre 2013, le Conseil fédéral a décidé, sur la base de l'art. 7b 

al. 1 de la loi sur l'organisation du gouvernement et de l'administration du 

21 mars 1997 (LOGA, RS 172.010), d'une application provisoire par la 

Suisse du règlement Dublin III, à partir du 1er janvier 2014. En consé-

quence, la publication officielle de l'échange de notes mentionne en note 

de bas de page les dispositions du règlement Dublin III appliquées pro-

visoirement depuis le 1er janvier 2014, sur la base de ladite décision.  

Toutefois, en vertu de l'art. 49 par. 2 du règlement Dublin III, qui fait 

partie des dispositions appliquées provisoirement depuis le 1er janvier 

2014 par la Suisse, le règlement Dublin II demeure applicable dans son 

ensemble ‒ et donc y compris en ce qui concerne les modalités et le délai 

de transfert en cas de prise ou de reprise en charge ‒ lorsque tant la 

demande de protection internationale que la requête de prise ou de re-

prise en charge ont été déposées avant le 1er janvier 2014. 

En l'occurrence, la demande d'asile de la recourante a été déposée le 

10 juin 2012 et l'ODM a présenté sa requête de reprise en charge aux au-

Non-entrée en matière (Dublin) 2014/31 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 505 

 

torités italiennes compétentes le 15 août 2012. Par conséquent, confor-

mément à l'art. 49 par. 2 du règlement Dublin III, le règlement Dublin II 

demeure applicable au cas d'espèce.  

5.3 A teneur de l'art. 19 par. 1 et 2 du règlement Dublin II, lorsque 
l'Etat membre requis accepte la prise en charge d'un demandeur, l'Etat 

membre requérant notifie au demandeur d'asile la décision de ne pas 

examiner sa demande ainsi que l'obligation de le transférer vers l'Etat 

membre responsable. Cette décision est motivée. Elle est assortie des 

indications de délai relatives à la mise en œuvre du transfert et comporte, 

si nécessaire, les informations relatives au lieu et à la date auxquels le de-

mandeur doit se présenter s'il se rend par ses propres moyens dans l'Etat 

responsable. 

5.4 Le demandeur d'asile peut interjeter recours contre cette déci-
sion. L'art. 19 par. 2 du règlement Dublin II précise toutefois qu'un tel 

recours n'a pas d'effet suspensif, sauf lorsque les tribunaux et les in-

stances compétentes le décident, au cas par cas, si la législation nationale 

le permet. Les recours contre une décision de transfert « Dublin » re-

lèvent donc du droit national et dépendent de l'Etat où le transfert est 

décidé. 

5.4.1 Pour la mise en œuvre du règlement Dublin II en Suisse, le dis-
positif législatif interne a été complété par l'introduction de l'art. 29a 

dans l'ordonnance 1 sur l'asile du 11 août 1999 (OA 1, RS 142.311), qui 

rappelle que l'ODM examine sa compétence relative au traitement d'une 

demande d'asile selon les critères fixés dans le règlement Dublin II 

(al. 1), précise que l'ODM prononce une décision de non-entrée en 

matière après que l'Etat de l'espace « Dublin » requis a accepté la prise 

(ou la reprise) en charge du requérant d'asile (al. 2), et que l'ODM peut, 

pour des raisons humanitaires, également traiter la demande lorsqu'il 

ressort de l'examen qu'un autre Etat est compétent (al. 3). Le législateur 

n'a toutefois ni modifié ni abrogé l'art. 34 al. 2 let. d LAsi (RO 2006 

4745, aujourd'hui remplacé par l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, dont la teneur est 

identique), aux termes duquel l'ODM n'entre, en règle générale, pas en 

matière sur une demande d'asile lorsque le requérant peut se rendre dans 

un Etat tiers compétent, en vertu d'un accord international, pour mener la 

procédure d'asile et de renvoi. Au contraire, cette disposition concrétise 

en droit interne la décision visée à l'art. 19 par. 1 et 2 (et à l'art. 20 par. 1 

let. e) du règlement Dublin II, à rendre sous réserve de l'application de la 

clause de souveraineté de l'art. 3 par. 2 dudit règlement. 

2014/31 Non-entrée en matière (Dublin) 

 

 

506 BVGE / ATAF / DTAF 

 

5.4.2 L'art. 19 par. 2 du règlement Dublin II est quant à lui mis en 
œuvre en droit interne par l'art. 107a LAsi. 

5.4.2.1 Conformément à l'art. 6 LAsi et sauf disposition contraire de 
cette même loi, la procédure d'asile est régie par la PA. Aux fins de 

l'application de l'art. 19 par. 2 du règlement Dublin II, suite à l'entrée en 

vigueur de l'AAD, il était donc nécessaire d'intégrer dans la LAsi une 

dérogation explicite à l'art. 55 PA, selon lequel le recours a en principe 

un effet suspensif. L'art. 107a LAsi a été introduit à cet effet. 

Dans sa première version, entrée en vigueur le 12 décembre 2008, 

l'art. 107a LAsi (RO 2008 447) prévoyait l'absence d'effet suspensif aux 

recours déposés contre les décisions de non-entrée en matière relevant 

d'une procédure Dublin et la possibilité de l'octroyer seulement lorsque 

des indices sérieux laissaient présumer que les droits garantis par la 

CEDH étaient violés par l'Etat compétent vers lequel le transfert devait 

avoir lieu.  

5.4.2.2 L'art. 107a LAsi a ensuite fait l'objet d'une révision suite à la 
reprise par la Suisse de la directive 2008/115/CE du Parlement Européen 

et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures 

communes applicables dans les Etats membres au retour des ressortis-

sants de pays tiers en séjour irrégulier, JO L 348/98 du 24.12.2008. 

Cette seconde version de l'art. 107a LAsi, entrée en vigueur le 1er janvier 

2011 (RO 2010 5925), bénéficiait d'une formulation moins restrictive: 

elle abandonnait l'exigence d'indices sérieux d'une violation des droits 

garantis par la CEDH et permettait au requérant d'asile de solliciter 

l'octroi de l'effet suspensif pendant le délai de recours de cinq jours 

ouvrables prévu à l'art. 108 al. 2 LAsi. Lorsque le requérant faisait usage 

de cette possibilité, le Tribunal administratif fédéral devait statuer dans 

les cinq jours calendaires suivant le dépôt de la demande sur l'octroi ‒ ou 

non ‒ de l'effet suspensif au recours. Si l'effet suspensif n'était pas accor-

dé par le Tribunal administratif fédéral dans ce délai, le renvoi (transfert) 

pouvait être exécuté (cf. anc. art. 107a LAsi [version de 2011] dernière 

phrase). 

5.4.2.3 Enfin, l'art. 107a LAsi a subi une nouvelle modification lors des 
délibérations parlementaires relatives à la dernière révision de la LAsi. 

Cette troisième version est entrée en vigueur le 1er février 2014 (RO 2013 

4375). 

Non-entrée en matière (Dublin) 2014/31 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 507 

 

L'art. 107a LAsi (version de 2014) reprend pour l'essentiel la teneur de 

l'anc. art. 107a LAsi (version de 2011), mais réintroduit également une 

restriction importante à l'octroi de l'effet suspensif, similaire à celle qui 

était prévue à l'origine par l'anc. art. 107a 2e phr. LAsi (version de 2008): 

désormais, le requérant d'asile peut demander l'octroi de l'effet suspensif 

pendant le délai de recours uniquement s'il court un réel danger dans 

l'Etat compétent (cf. art. 107a al. 2 LAsi [version de 2014]). Pour le 

reste, le Tribunal administratif fédéral dispose toujours d'un délai de cinq 

jours calendaires pour se déterminer sur l'octroi de l'effet suspensif, 

durant lesquels le transfert du requérant ne peut pas être exécuté (cf. 

art. 107a al. 3 LAsi [version de 2014]). 

Il y a lieu de relever à ce sujet que la restriction prévue à l'al. 2 de 

l'art. 107a LAsi (version de 2014) va à l'encontre des exigences de 

l'art. 27 par. 3 du règlement Dublin III. Pour cette raison, l'art. 27 par. 3 

du règlement Dublin III ne fait pas partie des articles du règlement 

Dublin III qui sont appliqués provisoirement par la Suisse depuis le 

1er janvier 2014 (cf. échange de notes). Cela signifie concrètement que, si 

la Suisse devait reprendre dans son ensemble le règlement Dublin III au 

terme de l'accomplissement des exigences constitutionnelles (au plus tard 

le 3 juillet 2015), alors l'art. 107a LAsi (version de 2014) devra être mo-

difié pour assurer sa conformité avec l'art. 27 par. 3 dudit règlement. Une 

nouvelle mouture de l'art. 107a LAsi, qui correspond pour l'essentiel à 

l'anc. art. 107a LAsi (version de 2011) et supprime donc la restriction 

prévue à l'al. 2 de l'art. 107a LAsi (version de 2014), a d'ailleurs déjà été 

adoptée par le Parlement, durant sa session d'automne 2014. Le délai ré-

férendaire court jusqu'au 15 janvier 2015 (cf. arrêté fédéral du 26 sep-

tembre 2014 portant approbation et mise en œuvre de l'échange de notes 

entre la Suisse et l'UE concernant la reprise du règlement [UE] 

no 604/2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de 

l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection 

internationale [Développement de l'acquis de Dublin/Eurodac], FF 

2014 7111; Message du 7 mars 2014 relatif à l'approbation et à la mise en 

œuvre des échanges de notes entre la Suisse et l'UE concernant la reprise 

des règlements [UE] no 603/2013 et no 604/2013 [Développements de 

l'acquis de Dublin/Eurodac], FF 2014 2587, 2600 s. et 2621 s.).  

L'art. 27 par. 3 du règlement Dublin III offre aux Etats Dublin plusieurs 

possibilités pour régler l'effet suspensif dans leur droit interne. La let. c 

de l'art. 27 par. 3 du règlement Dublin III, en particulier, correspond aux 

bases légales et à la pratique suisses en vigueur jusqu'au 31 janvier 2014 

2014/31 Non-entrée en matière (Dublin) 

 

 

508 BVGE / ATAF / DTAF 

 

(soit avant l'entrée en vigueur de l'art. 107a LAsi [version de 2014]). 

Cette disposition prévoit en effet que le requérant doit avoir la possibilité 

de demander à l'autorité judiciaire, dans un délai raisonnable, de sus-

pendre l'exécution de la décision de transfert. Lorsqu'une telle demande 

est déposée, le transfert est suspendu de plein droit jusqu'à ce que l'au-

torité ait statué sur la demande d'effet suspensif. 

5.4.2.4 En l'occurrence, (…), le présent recours est soumis au droit 
applicable au 1er janvier 2008 (cf. al. 2 des dispositions transitoires de la 

modification du 14 décembre 2012 de la loi sur l'asile [RO 2013 4375]). 

Dans ce cas de figure, il s'agit de tenir compte également des 

modifications législatives intervenues postérieurement au 1er janvier 

2008, mais qui étaient en vigueur avant le 1er février 2014. Partant, c'est 

l'anc. art. 107a LAsi dans sa teneur au 1er janvier 2011 qui s'applique au 

cas d'espèce (cf. consid. 5.4.2.2). 

5.5 Selon l'art. 19 par. 3 du règlement Dublin II, le transfert du 
demandeur d'asile s'effectue conformément au droit national de l'Etat 

requérant, après concertation entre les Etats concernés, dès qu'il est 

matériellement possible, mais au plus tard dans un délai de six mois à 

compter de l'acceptation de la demande aux fins de prise en charge ou de 

la décision sur le recours (ou la révision) en cas d'effet suspensif (art. 19 

par. 3 dernière phrase). L'art. 19 par. 4 du règlement Dublin II fixe un 

critère de responsabilité clair: si le transfert n'est pas exécuté dans le 

délai (de six mois), la responsabilité retourne à l'Etat membre auprès 

duquel la demande d'asile a été introduite. 

Ce délai peut être porté à un an au maximum s'il n'a pas pu être procédé 

au transfert ou à l'examen de la demande en raison d'un emprisonnement 

du demandeur d'asile ou à dix-huit mois au maximum si le demandeur 

d'asile prend la fuite (cf. art. 19 par. 4). Le règlement ne prévoit pas 

d'autre motif de prolongation du délai de transfert (cf. FILZWIESER/ 

SPRUNG, Dublin II-Verordnung, 3e éd., Vienne 2010, no 35 ad art. 19 

p. 168; cf. également art. 19 par. 2 et par. 3 du règlement Dublin II a 

contrario). 

La prolongation de délai (de douze ou dix-huit mois) ne doit toutefois 

pas être confondue avec le report du point de départ du délai de transfert 

en cas de recours auquel l'effet suspensif a été accordé (cf. arrêt de la 

CJUE, anciennement Cour de justice des Communautés européennes 

[CJCE], du 29 janvier 2009 C‒19/08 Migrationverket [Suède] c. E. Pet-

rosian e. a., ci-après: arrêt Petrosian). Dans un tel cas, l'arrêt sur recours, 

Non-entrée en matière (Dublin) 2014/31 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 509 

 

s'il est négatif, fait partir à nouveau, ab ovo, le délai de six mois (cf. 

ATAF 2010/27 consid. 7.2.1). 

5.6 Enfin, il faut encore rappeler que, selon la jurisprudence du 
Tribunal administratif fédéral (cf. ATAF 2010/27 consid. 6.4.6 à 6.4.8), 

les articles du règlement Dublin II relatifs au délai de transfert à l'Etat 

compétent, et donc notamment l'art. 19 par. 3 et 4 dudit règlement, sont 

applicables directement (« self-executing »), dès lors que leur contenu est 

clair et précis et qu'ils visent à garantir le droit du requérant à voir sa 

demande d'asile examinée dans un délai raisonnable par l'Etat respon-

sable qu'ils désignent (cf. ATAF 2010/27 consid. 6.4).  

6.  
6.1 Les conditions d'application de l'art. 19 du règlement Dublin II 
étant rappelées, il s'agit à présent d'examiner si les mesures ordonnées 

par le Tribunal administratif fédéral le 15 octobre 2012, en application de 

l'art. 56 PA, valaient effet suspensif au sens de l'art. 19 par. 3 dudit règle-

ment et, partant, emportaient le report du point de départ du délai de 

transfert au lendemain de l'arrêt du 18 octobre 2012 (arrêt du TAF 

E‒5366/2012). 

Pour procéder à cet examen, le Tribunal administratif fédéral prendra 

notamment en considération le but, le contexte ainsi que les particularités 

du règlement et de la disposition concernés (cf. ATAF 2010/27 

consid. 5.3.2 et 6.2.2; cf. arrêt Petrosian, point 34). 

6.1.1 Le règlement Dublin II établit des critères objectifs permettant 
de déterminer l'Etat responsable pour l'examen d'une demande d'asile et 

fixe des délais raisonnables pour chacun des stades de la procédure de 

détermination de l'Etat responsable. A la lueur du texte même du règle-

ment Dublin II, il appert que le principe de l'unicité de l'Etat responsable 

de l'examen de la demande d'asile (art. 3 par. 1 2e phr.) est aussi un prin-

cipe concrétisant le droit du requérant d'asile à l'examen de sa demande 

ancré à l'art. 18 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union europé-

enne (JO C 364/1 du 18.12.2000), droit d'ailleurs également reconnu en 

droit suisse (cf. art. 2 al. 1 et art. 18 LAsi). 

6.1.2 S'agissant plus particulièrement du délai imparti pour le transfert 
en cas de prise (ou de reprise) en charge d'un demandeur d'asile, le 

Tribunal administratif fédéral rappelle que la convention relative à la 

détermination de l'Etat responsable de l'examen d'une demande d'asile 

présentée dans l'un des Etats membres des Communautés européennes du 

15 juin 1990 (Convention de Dublin, JO C 254/1 du 19.08.1997), qui a 

2014/31 Non-entrée en matière (Dublin) 

 

 

510 BVGE / ATAF / DTAF 

 

précédé le règlement Dublin II, prévoyait un délai d'un mois seulement 

pour le transfert. En revanche, elle ne prévoyait pas, du moins pas expli-

citement, de sanction en cas de non-respect de ce délai. Dans le règle-

ment Dublin II, le délai pour le transfert a été étendu à six mois afin de 

tenir compte des difficultés pratiques rencontrées par les Etats membres 

dans la réalisation du transfert (cf. proposition pour un règlement du 

Conseil établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat 

membre responsable de l'examen d'une demande d'asile présentée dans 

l'un des Etats membres par un ressortissant d'un pays tiers du 26 juillet 

2001, JO C 304E/192 du 30.10.2001, exposé des motifs de la Commis-

sion ad art. 20 par. 3 [ci-après: proposition de la Commission europé-

enne]). Ce délai a également été assorti d'une clause complémentaire, 

selon laquelle la responsabilité incombe à l'Etat membre auprès duquel la 

(dernière) demande d'asile a été introduite, si le transfert n'est pas effec-

tué dans le délai de six mois. 

A ce sujet, le Tribunal administratif fédéral a déjà précisé (cf. ATAF 

2010/27 consid. 6.4.6.5) que la règle de transfert de compétence à 

l'échéance du délai de six mois n'a pas pour seul objectif de préserver 

l'intérêt de l'Etat concerné face à un transfert intervenant longtemps après 

qu'il ait expressément ou tacitement donné son accord, mais que le but du 

règlement Dublin II est également, selon le considérant no 4 de son 

préambule, de garantir un accès effectif à la procédure de détermination 

de la qualité de réfugié et de ne pas compromettre l'objectif de célérité 

dans le traitement des demandes d'asile. Cette règle de compétence, qui 

est obligatoire, a donc pour but évident de garantir qu'une demande 

d'asile soit examinée à l'échéance d'un délai maximal donné, et doit en 

conséquent être comprise comme une disposition adoptée dans l'intérêt 

du requérant d'asile, pour éviter la création d'une catégorie de réfugiés 

dont la demande n'est examinée dans aucun Etat pendant des mois, voire 

des années (cf. FILZWIESER/SPRUNG, op. cit., no 34 ad art. 19 p. 168; cf. 

également proposition de la Commission européenne, exposé des motifs 

ad art. 20 par. 4). 

6.1.3 Dans son arrêt Petrosian (…), la CJUE a eu l'occasion de clari-
fier l'interprétation à donner à l'art. 20 par. 1 let. d et par. 2 du règlement 

Dublin II relatif à la reprise en charge d'un demandeur d'asile et au calcul 

du délai d'exécution du transfert lorsque la législation de l'Etat membre 

requérant prévoit l'effet suspensif d'un recours. Le Tribunal administratif 

fédéral constate que la solution retenue par la CJUE dans l'arrêt Petrosian 

s'applique mutatis mutandis à l'art. 19 par. 3 et 4 du règlement Dublin II 

Non-entrée en matière (Dublin) 2014/31 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 511 

 

relatif à la prise en charge d'un demandeur d'asile: pour ce qui a trait au 

calcul du délai d'exécution du transfert, l'art. 19 par. 3 et 4 du règlement 

Dublin II est en effet formulé de manière analogue à l'art. 20 par. 1 let. d 

et par. 2 dudit règlement. 

Selon cette jurisprudence, dont il convient de s'inspirer (cf. art. 5 ch. 1 

AAD; Message du 1er octobre 2004 relatif à l'approbation des accords 

bilatéraux entre la Suisse et l'Union européenne, y compris les actes 

législatifs relatifs à la transposition des accords [« accords bilatéraux 

II »], FF 2004 5593, 5757 s., ch. 2.6.7.6), le délai de transfert de six mois 

a pour objet de permettre aux deux Etats membres concernés de se 

concerter en vue de la réalisation du transfert et, plus spécialement, à 

l'Etat membre requérant de régler les modalités de la réalisation de celui-

ci, laquelle s'effectue selon la législation nationale de ce dernier Etat. Le 

point de départ du délai de transfert doit donc être déterminé de telle 

manière que tous les Etats membres, qui doivent faire face aux mêmes 

difficultés pratiques pour organiser le transfert, puissent bénéficier dudit 

délai de six mois, qu'ils sont censés mettre pleinement à profit. Autre-

ment dit, eu égard à cet objectif, le délai de transfert ne saurait commen-

cer que lorsque la réalisation future du transfert est « en principe conve-

nue et assurée, et qu'il ne reste qu'à régler les modalités de celui-ci » (cf. 

arrêt Petrosian, point 45). Ainsi, lorsque la législation nationale d'un Etat 

membre prévoit la compétence d'octroyer un effet suspensif au recours et 

que l'autorité de recours a accordé ledit effet dans le cas d'espèce, le délai 

de transfert ne peut commencer à courir qu'à compter de la décision 

juridictionnelle statuant sur le bien-fondé de la procédure de transfert et 

qui n'est pas susceptible de faire obstacle à cette mise en œuvre (cf. arrêt 

Petrosian, point 46).  

Selon la CJUE, l'exigence de célérité ne saurait en effet justifier que les 

Etats membres disposant de voies de recours susceptibles d'aboutir à des 

décisions dotées d'un effet suspensif ne soient placés dans une situation 

moins favorable que les Etats n'ayant pas estimé nécessaire d'instaurer un 

effet suspensif (cf. arrêt Petrosian, point 49). 

6.1.4 En résumé, en fixant à six mois le délai ordinaire au terme 
duquel la responsabilité « retourne » à l'Etat requérant qui n'a pas 

effectué le transfert, le règlement Dublin II tient compte à la fois du 

temps nécessaire pour organiser le transfert et, dans la fixation des 

responsabilités entre Etats, de la nécessité d'assurer une certaine célérité. 

Il s'agit d'un critère spécial de responsabilité dont la réalisation dépend 

du comportement de l'Etat requérant en charge du transfert: le principe de 

2014/31 Non-entrée en matière (Dublin) 

 

 

512 BVGE / ATAF / DTAF 

 

célérité des procédures oblige en effet cet Etat à prendre les dispositions 

utiles et à agir dans ce délai. Celui-ci a donc, à cet égard, une obligation 

de diligence (cf. ATAF 2010/27 consid. 7.2.2). Toutefois, pour les autori-

tés chargées de l'exécution du transfert, la mise en œuvre de cette obliga-

tion suppose que la réalisation future du transfert soit en principe conve-

nue et assurée. Or tel n'est plus le cas lorsqu'une juridiction de l'Etat 

requérant, saisie d'un recours, n'a pas statué sur le fond de la question, 

mais s'est limitée à se prononcer sur une demande de sursis à l'exécution 

de la décision attaquée.  

6.2 Au vu des considérants qui précèdent et à la lumière du texte 
même de l'art. 19 par. 2 et 3 du règlement Dublin II, il appert donc qu'une 

mesure suspendant l'exécution du transfert ne vaut effet suspensif au sens 

du règlement Dublin II que lorsque les trois conditions suivantes sont 

remplies: en premier lieu, puisque l'effet suspensif du recours n'est pas 

imposé aux Etats membres par le règlement Dublin II, la possibilité 

d'octroyer un tel effet suspensif à un recours dirigé contre une décision 

de transfert « Dublin » doit être prévue par la législation nationale de 

l'Etat requérant, ce qui est le cas en droit suisse (cf. art. 19 par. 2 du 

règlement Dublin II et art. 107a LAsi; cf. également consid. 6.3 ss). 

Ensuite, il faut que l'autorité compétente ait décidé, dans le cas d'espèce, 

de surseoir à l'exécution du renvoi (« lorsque les tribunaux ou les instan-

ces compétentes le décident, au cas par cas », cf. art. 19 par. 3 du règle-

ment Dublin II); cela exclut donc la prise en considération de la seule 

suspension ex lege du transfert (à ce sujet, voir également consid. 6.6). 

Enfin, il faut que, suite à la mesure décidée par l'autorité compétente, la 

réalisation future du transfert ne soit plus assurée. En effet, eu égard à 

l'objectif de célérité dans le traitement des demandes d'asile prévu par le 

règlement Dublin II, un report du point de départ du délai de transfert de 

six mois ne se justifie que lorsque les autorités en charge du transfert sont 

empêchées concrètement et totalement de procéder à son exécution (cf. 

art. 19 par. 3; cf. également consid. 6.1.3). 

6.3 En l'occurrence, comme le Tribunal administratif fédéral l'a déjà 
relevé ci-avant, l'art. 19 par. 2 du règlement Dublin II est concrétisé en 

droit suisse par l'art. 107a LAsi. Celui-ci est entré en vigueur le 

12 décembre 2008 et a ensuite été révisé à deux reprises, en 2011 puis en 

2014 (cf. consid. 5.4.2). 

Dans chacune de ses différentes teneurs (…), l'art. 107a LAsi prévoit en 

substance qu'un recours contre une décision de non-entrée en matière 

relevant d'une procédure « Dublin » n'a pas d'effet suspensif, sauf déci-

Non-entrée en matière (Dublin) 2014/31 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 513 

 

sion expresse du Tribunal administratif fédéral de surseoir à l'exécution 

du renvoi. Les trois versions de l'art. 107a LAsi divergent cependant 

s'agissant des conditions auxquelles le Tribunal administratif fédéral peut 

exceptionnellement octroyer l'effet suspensif à un recours « Dublin » 

(cf. consid. 5.4.2).  

Le législateur suisse a ainsi voulu mettre l'accent sur le fait que les re-

cours contre des décisions de transferts « Dublin » ne devaient pas avoir 

pour effet de prolonger indûment le séjour du requérant d'asile en Suisse. 

Cette dérogation à l'art. 55 PA s'explique par le fait qu'un transfert vers 

un autre Etat Dublin est en principe raisonnablement licite et exigible 

(« présomption de sécurité » pour les Etats membres Dublin: cf. ATAF 

2012/27 consid. 6.4; 2011/35 consid. 4.11; 2010/27 consid. 6.4.6.2) et 

n'est donc généralement pas de nature à causer à la personne concernée 

un préjudice grave et difficilement réparable (FF 2004 5593, 5876 ad 

art. 107a LAsi; cf. proposition de la Commission européenne, exposé des 

motifs ad art. 20 par. 2). 

6.4 Dans son arrêt de principe du 2 février 2010 (cf. ATAF 2010/1), 
le Tribunal administratif fédéral a toutefois considéré que la pratique de 

l'ODM, qui consistait alors à transférer la personne concernée vers l'Etat 

Dublin responsable immédiatement après la notification de la décision de 

non-entrée en matière, était dépourvue de base légale (cf. ATAF 2010/1 

consid. 4). Le principe de protection juridictionnelle effective suppose en 

effet que le requérant d'asile puisse disposer d'un délai raisonnable pour 

former un recours avant que son transfert ne soit exécuté. Il implique 

également que la question de l'octroi de l'effet suspensif au recours puisse 

être examinée alors que le recourant se trouve encore en Suisse. En 

conséquence, conformément aux art. 29a Cst. et art. 13 CEDH, l'ODM 

doit fixer un délai de départ approprié permettant au Tribunal administra-

tif fédéral de se prononcer sur l'opportunité d'octroyer l'effet suspensif au 

recours ou, à défaut, d'ordonner au moins des mesures au sens de l'art. 56 

PA (cf. ATAF 2010/1 consid. 3.2 et 3.5, 4.3 à 4.5 et 6.5 p. 6 ss). 

Cette jurisprudence a été reprise formellement par le législateur lors de la 

première révision de l'art. 107a LAsi. Depuis le 1er janvier 2011, 

l'art. 107a LAsi précise en effet que, lorsque le requérant d'asile a de-

mandé l'octroi de l'effet suspensif pendant le délai de recours, le renvoi 

ne peut être exécuté que si l'effet suspensif n'est pas accordé par le Tribu-

nal administratif fédéral durant les cinq jours calendaires suivant le dépôt 

de la demande d'octroi de l'effet suspensif (cf. anc. art. 107a 3e et 4e phr. 

LAsi [version de 2011]). Par « dépôt de la demande », il faut comprendre 

2014/31 Non-entrée en matière (Dublin) 

 

 

514 BVGE / ATAF / DTAF 

 

le moment où le Tribunal administratif fédéral prend connaissance de 

ladite demande et est en possession de tous les éléments lui permettant de 

trancher la question de l'octroi de l'effet suspensif en connaissance de 

cause et de manière appropriée.  

La nouvelle version de l'art. 107a LAsi, entrée en vigueur le 1er février 

2014, reprend en substance la formulation de l'anc. art. 107a 3e et 4e phr. 

LAsi (version de 2011) et ne modifie donc pas la situation du requérant 

d'asile sur ce point (cf. art. 107a al. 3 LAsi [version de 2014]). 

6.5 En résumé, un requérant d'asile qui a fait l'objet d'une décision 
de non-entrée en matière « Dublin » doit pouvoir disposer d'un délai de 

départ approprié lui permettant de former recours contre cette décision et 

de demander, s'il le souhaite, l'effet suspensif au recours (dans les cinq 

jours ouvrables de l'art. 108 al. 2 LAsi; cf. également ATAF 2010/1 

consid. 6). Lorsque le requérant demande l'octroi de l'effet suspensif pen-

dant le délai de recours, il doit en outre pouvoir demeurer en Suisse 

jusqu'à ce que le Tribunal administratif fédéral se prononce sur cette de-

mande, à savoir pendant les cinq jours calendaires à compter du moment 

où le Tribunal administratif fédéral a pris connaissance de la demande 

d'octroi de l'effet suspensif et a reçu le dossier de l'ODM (« dans les cinq 

jours suivant le dépôt de la demande », cf. anc. art. 107a 3e phr. LAsi 

[version de 2011] et art. 107a al. 3 LAsi [version de 2014]). Durant ce 

laps de temps, l'exécution du transfert est suspendue ex lege, sans qu'il 

soit besoin de l'intervention d'une décision de justice. 

6.6 La suspension ex lege de l'exécution du transfert, au sens du 
considérant qui précède, ne vaut cependant pas effet suspensif au sens du 

règlement Dublin II. Il s'agit en effet d'une composante essentielle du 

droit à un recours effectif découlant de l'art. 13 CEDH, et donc d'une 

procédure conforme à la CEDH, qui n'est subordonnée à aucune décision 

juridictionnelle. La nécessité de prévoir un recours « de plein droit sus-

pensif », y compris dans le cadre des procédures « Dublin », a d'ailleurs 

été confirmée par la Cour européenne des droits de l'homme (cf. arrêts de 

la CourEDH M.S.S. c. Belgique et Grèce du 21 janvier 2011, 30696/09, 

Recueil CourEDH 2011-I p. 121 § 288 ss et § 386 s.; Mohammed c. 

Autriche du 6 juin 2013, 2283/12, Recueil CourEDH 2013 § 72; cf. 

également MAIANI/HRUSCHKA, Le partage des responsabilités dans l'es-

pace Dublin, entre confiance mutuelle et sécurité des demandeurs d'asile, 

ASYL 2/11 p. 16 chap. 2.3). De surcroît, bien que les autorités respon-

sables soient effectivement empêchées de procéder à l'exécution du trans-

fert pendant quelques jours, elles doivent nécessairement tenir compte de 

Non-entrée en matière (Dublin) 2014/31 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 515 

 

la protection juridictionnelle effective du recourant lorsqu'elles règlent 

l'organisation future de son transfert. Autrement dit, on ne peut pas consi-

dérer que cette suspension ex lege, vu son caractère automatique (donc 

prévisible) et très limité dans le temps, mette en péril l'obligation de 

l'Etat en charge du transfert de prendre toutes les mesures nécessaires 

pour que le requérant d'asile soit transféré dans un délai maximum de six 

mois dès acceptation de l'Etat responsable (cf. consid. 6.1.3). 

Ainsi, en l'absence d'une décision du Tribunal administratif fédéral oc-

troyant des mesures au sens de l'art. 56 PA, la seule suspension ex lege de 

l'exécution du transfert ‒ que ce soit durant le délai de recours de 

l'art. 108 al. 2 LAsi ou pendant le délai de cinq jours prévu par l'art. 107a 

LAsi (versions de 2011 et 2014) ‒ n'interrompt pas le délai de transfert 

de six mois et n'entraine pas le report du point de départ dudit délai. Une 

conclusion inverse irait d'ailleurs à l'encontre de l'objectif de célérité 

consacré par le règlement Dublin II (cf. consid. 6.1.2 et 6.1.4), car elle 

reviendrait à admettre une interruption du délai de transfert chaque fois 

qu'un recours est interjeté contre une décision de transfert.  

6.7 Cela étant précisé, il s'agit à présent de déterminer si, et le cas 
échéant à quelles conditions, des mesures prises par le Tribunal admini-

stratif fédéral en application de l'art. 56 PA interrompent le transfert de 

six mois de l'art. 19 par. 3 du règlement Dublin II. A ce titre, il s'agira de 

distinguer les deux cas de figure suivants: d'une part, lorsque les mesures 

au sens de l'art. 56 PA ordonnées par le Tribunal administratif fédéral 

n'ont pas perduré au-delà du délai de cinq jours de l'art. 107a LAsi 

(versions de 2011 et 2014), autrement dit lorsqu'elles n'ont pas déployé 

d'effet au-delà du cadre de la suspension ex lege du transfert déjà prévue 

par la LAsi (cf. consid. 6.7.1) et, d'autre part, lorsque ces mesures de 

suspension ont perduré au-delà du délai de cinq jours précité 

(cf. consid. 6.7.2). 

6.7.1 Lorsque des mesures au sens de l'art. 56 PA ont été ordonnées 
par le Tribunal administratif fédéral, mais que celles-ci n'ont pas perduré 

au-delà du délai de cinq jours de l'art. 107a LAsi (versions de 2011 et 

2014) ‒ à savoir lorsqu'elles ont été révoquées, levées ou rendues cadu-

ques (par exemple par le prononcé d'un arrêt final) avant même l'éché-

ance de ce délai ‒, lesdites mesures ne peuvent pas être assimilées à un 

effet suspensif au sens du règlement Dublin II. Elles n'emportent alors 

pas interruption du délai de transfert de six mois.  

2014/31 Non-entrée en matière (Dublin) 

 

 

516 BVGE / ATAF / DTAF 

 

Dans ce cas de figure particulier, les mesures au sens de l'art. 56 PA se 

limitent en effet à confirmer la suspension ex lege du transfert, telle 

qu'elle découlait déjà de l'art. 107a LAsi (versions de 2011 et 2014). En 

d'autres termes, elles ne font que concrétiser l'un des aspects du droit à 

une protection juridictionnelle effective découlant de l'art. 13 CEDH, à 

savoir le droit du recourant de pouvoir bénéficier d'un délai de départ 

approprié, permettant à la juridiction compétente de se prononcer sur 

l'opportunité d'octroyer l'effet suspensif au recours (cf. dans le même 

sens GHIELMINI/HRUSCHKA, Die Wirkung von Fristen in Dublin-Verfah-

ren [Justiziabilität und Berechnung], ASYL 4/10 p. 13; cf. également 

consid. 6.7). On peut également en déduire que, durant le délai de cinq 

jours calendaires de l'art. 107a LAsi (versions de 2011 et 2014), l'ODM 

n'est en principe pas fondé à communiquer à l'Etat de destination l'exis-

tence d'une décision du Tribunal administratif fédéral valant effet sus-

pensif au sens du règlement Dublin II. 

Au surplus, le Tribunal administratif fédéral relève que cette interpré-

tation restera valable en cas de reprise complète du règlement Dublin III 

par la Suisse, à savoir en cas d'application de l'art. 27 par. 3 let. c dudit 

règlement (cf. consid. 5.4.2.3). Cette disposition prévoit en effet que la 

personne concernée doit avoir la possibilité de demander, dans un délai 

raisonnable, l'effet suspensif du recours à un tribunal national. Le cas 

échéant, l'exécution du transfert doit être suspendue jusqu'à ce que le 

tribunal compétent statue sur la demande d'effet suspensif. L'art. 27 par. 3 

let. c du règlement Dublin III demande donc aux autorités nationales de 

prévoir une suspension de plein droit du transfert de l'intéressé, dans 

l'attente d'une décision de la juridiction compétente sur sa demande 

d'effet suspensif. Or, selon l'art. 29 par. 1 du règlement Dublin III, le 

délai de transfert de six mois n'est interrompu que « lorsque l'effet sus-

pensif est accordé conformément à l'art. 27 par. 3 » dudit règlement. Lu 

en relation avec l'art. 27 par. 3 let. c du règlement Dublin III, le libellé de 

l'art. 29 par. 1 dudit règlement renvoie donc à la décision par laquelle la 

juridiction nationale octroie l'effet suspensif à un recours, et non pas à la 

suspension de plein droit de l'exécution du transfert, dans l'attente de 

cette même décision. Il ressort ainsi de l'art. 29 par. 1 du règlement Dub-

lin III a contrario que la suspension de plein droit du transfert, pendant 

un délai raisonnable et jusqu'à ce qu'une juridiction nationale ait statué 

sur la demande d'effet suspensif (cf. art. 27 par. 3 let. c 2e phr. du règle-

ment Dublin III), n'emporte pas interruption du délai de transfert au sens 

de ce règlement. 

Non-entrée en matière (Dublin) 2014/31 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 517 

 

6.7.2 En revanche, lorsque des mesures au sens de l'art. 56 PA ont été 
ordonnées par le Tribunal administratif fédéral et que celles-ci ont 

perduré au-delà de l'échéance du délai de cinq jours prévu à l'art. 107a 

LAsi (versions de 2011 et 2014), il y a, en principe, interruption du délai 

de transfert de six mois au sens de l'art. 19 par. 3 du règlement Dublin II. 

Dans un tel cas de figure, les mesures au sens de l'art. 56 PA dépassent le 

cadre de la suspension ex lege prévue à l'art. 107a LAsi (versions de 

2011 et 2014). Il faut dès lors considérer que les autorités compétentes 

sont, en règle générale, concrètement et totalement empêchées de procé-

der à l'exécution du transfert et que les conditions énumérées ci-avant (cf. 

consid. 6.2) pour reconnaître un effet suspensif au sens de l'art. 19 par. 3 

du règlement Dublin II sont, en principe, remplies. 

Une telle situation pouvait par exemple se présenter lorsque l'anc. 

art. 107a LAsi (version de 2008) était encore en vigueur, puisque celui-ci 

permettait d'octroyer l'effet suspensif uniquement lorsque des indices 

sérieux laissaient présumer que les droits garantis par la CEDH étaient 

violés par l'Etat compétent (cf. anc. art. 107a 2e phr. LAsi [version de 

2008]). Or, dans les cas où cette exigence n'était pas réalisée, mais où le 

Tribunal administratif fédéral estimait malgré tout nécessaire de sus-

pendre l'exécution du transfert pour d'autres motifs (par exemple lorsque 

d'autres droits que ceux garantis par la CEDH étaient susceptibles d'être 

violés), la seule solution alors à disposition du Tribunal administratif 

fédéral était d'ordonner, en lieu et place, des mesures au sens de 

l'art. 56 PA. Le cas échéant, ces mesures avaient un effet analogue à un 

effet suspensif au sens de l'anc. art. 107a LAsi (version de 2008), en ce 

sens qu'elles étaient ordonnées pour toute la durée de la procédure (ou du 

moins pour une durée indéterminée) et ne visaient dès lors plus seule-

ment à permettre la suspension provisoire de l'exécution du transfert 

jusqu'à ce que le Tribunal administratif fédéral soit en mesure de trancher 

la demande d'effet suspensif. La réalisation future du transfert n'était 

alors plus assurée, et il se justifiait dès lors de reporter le point de départ 

du délai de six mois, en application de la jurisprudence Petrosian précitée 

(cf. consid. 6.1.3 ss). C'est d'ailleurs à la lumière de ce qui précède qu'il 

faut interpréter le courrier interne du 8 avril 2010, cité par l'ODM dans le 

cadre de la présente procédure, dans lequel le Tribunal administratif fédé-

ral avait précisé que « les mesures provisionnelles ordonnant la suspen-

sion du renvoi […] ont le même effet sur le délai de transfert dans le 

cadre d'une procédure Dublin […] que l'octroi d'effet suspensif prononcé 

conformément à l'art. 107a LAsi ». Il faut comprendre par là que, lorsque 

le Tribunal administratif fédéral ordonnait des mesures au sens de 

2014/31 Non-entrée en matière (Dublin) 

 

 

518 BVGE / ATAF / DTAF 

 

l'art. 56 PA en lieu et place d'un effet suspensif au sens de l'anc. art. 107a 

LAsi (version de 2008), lesdites mesures, prises pour toute la durée de la 

procédure de recours, emportaient effectivement interruption du délai de 

transfert au sens du règlement Dublin II. Cette analyse peut également 

s'appliquer par analogie au nouvel art. 107a LAsi (version de 2014), dans 

la mesure où il comporte une restriction semblable à celle prévue par 

l'anc. art. 107a LAsi (version de 2008) (l'effet suspensif ne peut être 

accordé que si le requérant d'asile « court un réel danger dans l'Etat 

compétent »).  

On peut cependant imaginer des exceptions au principe exposé ci-dessus, 

l'élément déterminant étant toujours de savoir si, dans le cas concret, les 

autorités compétentes ont été empêchées ‒ ou non ‒ de procéder à 

l'organisation du transfert, au sens de la jurisprudence Petrosian précitée 

(cf. consid. 6.1.3 ss). Il s'agit en particulier des cas dans lesquels le Tribu-

nal administratif fédéral octroie un délai supplémentaire pour régulariser 

le recours (cf. art. 110 al. 1 LAsi) ou de situations analogues.  

6.8 En l'occurrence, (…) il s'agit d'appliquer l'anc. art. 107a LAsi 
dans sa teneur au 1er janvier 2011, ainsi que l'art. 19 par. 3 du règlement 

Dublin II. 

Le recours interjeté le 11 octobre 2012 était assorti d'une demande d'oc-

troi d'effet suspensif, ce qui signifie que la recourante bénéficiait d'une 

suspension ex lege de l'exécution de son transfert pendant cinq jours ca-

lendaires, à compter de la réception par le Tribunal administratif fédéral 

du mémoire de recours et du dossier de l'ODM (cf. anc. art. 107a LAsi 

[version de 2011] dernière phrase; voir consid. 6.4 s.).  

Le Tribunal administratif fédéral a pris connaissance du recours le 

15 octobre 2012. Le même jour, il a ordonné des mesures au sens de 

l'art. 56 PA, jusqu'à réception du dossier de l'ODM et à droit connu sur 

l'octroi ‒ ou non ‒ de l'effet suspensif au recours. Après avoir reçu le 

dossier de l'ODM le 17 octobre suivant, le Tribunal administratif fédéral 

a finalement rejeté le recours par arrêt du 18 octobre 2012 (cf. arrêt 

E‒5366/2012), précisant que la demande d'octroi de l'effet suspensif était 

devenue sans objet et rendant ainsi caduques les mesures de suspension 

ordonnées trois jours auparavant.  

En l'espèce, force est donc de constater que les mesures au sens de 

l'art. 56 PA ordonnées le 15 octobre 2012 ont été révoquées (par le 

prononcé de l'arrêt E‒5366/2012) dans le délai de cinq jours de 

l'art. 107a LAsi, ledit délai ayant commencé à courir seulement à 

Non-entrée en matière (Dublin) 2014/31 

 

 

BVGE / ATAF / DTAF 519 

 

réception du dossier de l'ODM par le Tribunal administratif fédéral, à 

savoir le 17 octobre 2013 (cf. consid. 6.4 et 6.5). Or, durant ce laps de 

temps, l'autorité compétente ne pouvait de toute manière pas exécuter le 

transfert, celui-ci étant déjà suspendu ex lege. Le Tribunal administratif 

fédéral constate en conséquence que lesdites mesures au sens de l'art. 56 

PA ‒ qui ont été ordonnées par le Tribunal administratif fédéral sans 

connaissance de tous les éléments figurant au dossier de l'ODM et dans 

l'attente de la réception de celui-ci ‒ n'ont fait que confirmer la sus-

pension ex lege de l'exécution du transfert, telle qu'elle découlait déjà de 

l'anc. art. 107a LAsi (version de 2011). 

Dans ces conditions, et conformément aux considérants qui précèdent, le 

Tribunal administratif fédéral ne saurait considérer que les mesures au 

sens de l'art. 56 PA ordonnées le 15 octobre 2012 pouvaient être assimi-

lées à une décision valant effet suspensif au sens de l'art 19 par. 3 du règ-

lement Dublin II (cf. également arrêt du TAF E‒7513/2010 du 25 juillet 

2013 consid. 6.1 a contrario; GHIELMINI/HRUSCHKA, op. cit., p. 13).  

6.9 En définitive, et contrairement à ce que soutient l'ODM, les 
mesures de suspension ordonnées le 15 octobre 2012 n'ont donc pas 

emporté le report du point de départ du délai de transfert de six mois au 

lendemain du prononcé de l'arrêt du 18 octobre 2012. (…) 

En l'occurrence, le délai de transfert de six mois courait à compter de 

l'acceptation de la demande de prise en charge par les autorités italiennes 

(cf. art. 19 par. 3 du règlement Dublin II). Ces dernières ayant expressé-

ment accepté de prendre en charge la recourante en date du 21 août 2012, 

le délai de transfert arrivait donc à échéance le 21 février 2013 (cf. art. 25 

par. 1 let. b du règlement Dublin II). 

7.  
7.1 Lorsque le requérant d'asile qui se prévaut de l'échéance du délai 
de six mois de l'art. 19 par. 3 du règlement Dublin II (ou du délai de 

douze ou dix-huit mois s'il y a eu prolongation pour l'un des motifs de 

l'art. 19 par. 4 et que l'Etat de destination en a été avisé) se trouve encore 

en Suisse, l'ODM doit en principe, en application de cette disposition, 

entrer en matière sur la demande, puisque le règlement Dublin II désigne 

la Suisse comme Etat compétent. Le fait pour un Etat de refuser, après 

l'échéance du délai de six mois, d'examiner la demande d'asile, alors que 

le requérant se trouve toujours sur son territoire et qu'il n'a aucune garan-

tie que l'Etat initialement requis ne s'opposera pas au transfert ou que le 

transfert puisse être effectué dans un délai raisonnable, reviendrait à léser 

2014/31 Non-entrée en matière (Dublin) 

 

 

520 BVGE / ATAF / DTAF 

 

le droit du requérant à l'examen de sa demande d'asile. Selon le Tribunal 

administratif fédéral, il y a toutefois lieu de réserver l'abus de droit (cf. 

ATAF 2010/27 consid. 7.3.1). 

7.2 En l'occurrence, le transfert de la recourante n'a pas eu lieu dans 
le délai de six mois dès l'acceptation par les autorités italiennes. Le non-

respect de ce délai n'était pas dû à un emprisonnement de l'intéressée qui 

aurait permis de prolonger le délai à douze mois (cf. art. 19 par. 4 du règ-

lement Dublin II), ni à une fuite de la recourante qui aurait permis une 

prolongation à dix-huit mois (à ce sujet, voir l'analyse du TAF dans l'arrêt 

E‒1750/2013 p. 9 s.). En outre, l'intéressée se trouve toujours en Suisse 

et l'ODM ne pouvait donc justifier d'aucun changement notable de cir-

constances rendant caduque l'application de la règle de compétence de 

l'art. 19 par. 4 du règlement Dublin II (cf. ATAF 2010/27 consid. 8 et 9 a 

contrario). 

7.3 Partant, l'échéance du délai de six mois prévu à l'art. 19 par. 3 du 
règlement Dublin II, le 21 février 2013, a eu pour conséquence que, selon 

le critère de responsabilité fixé au paragraphe 4 de cette disposition, la 

Suisse est alors devenue l'Etat responsable pour l'examen de sa demande 

d'asile. Il en résulte également que le Tribunal administratif fédéral n'a 

pas à examiner l'effet des autres mesures de suspension ordonnées après 

cette date, un délai échu ne pouvant pas être interrompu ni prolongé 

(cf. arrêt du TAF D‒252/2010 du 10 mars 2010 consid. 5.4 […]).