# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e5d9c736-1c78-5361-8b5d-6762a995d779
**Source:** Bern Gerichte (BE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-06-05
**Language:** fr
**Title:** Bern Obergericht Strafkammern 05.06.2024 SK 2022 441
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/BE_ZivilStraf/BE_OG_005_SK-2022-441_2024-06-05.pdf

## Full Text

Cour suprême
du canton de Berne

2e Chambre pénale

Obergericht
des Kantons Bern

2. Strafkammer

Jugement
SK 22 441

Hochschulstrasse 17
Case postale
3001 Berne
Téléphone +41 31 635 48 13
Fax +41 31 634 50 55
coursupreme-penal.berne@justice.be.ch
www.justice.be.ch/coursupreme Berne, le 5 juin 2024

Composition Juge d’appel suppléant Lüthi (Présidente e.r.), Juges d’appel 
Weingart et Horisberger
Greffière Müller

Participants à la procédure A.________
représentée d'office par Me B.________
prévenue

Parquet général du canton de Berne, Nordring 8, 3001 Berne
ministère public (ne participe pas à la procédure)

Prévention obtention illicite de prestations d'une assurance sociale ou de 
l'aide sociale

Objet appel contre le jugement du Tribunal régional Jura bernois-
Seeland, Agence du Jura bernois (juge unique), du 2 mai 2022 
(PEN 2021 325)

2

Considérants 

I. Procédure
Note : la signification des abréviations générales employées est décrite sur la dernière page du 

présent jugement. Les autres abréviations utilisées seront explicitées dans le texte du 
jugement.

1. Mise en accusation

1.1 Par acte d’accusation du 26 mai 2021 (ci-après également désigné par AA), le 
Ministère public du canton de Berne a demandé la mise en accusation 
d'A.________ pour les faits et infractions suivants (dossier [ci-après désigné par 
D.], pages 1000-1002) :
1. Obtention illicite de prestations d’une assurance sociale ou de l’aide sociale 

(art. 148a CP), commise entre le 4 juillet 2018 et le 11 décembre 2018, à C.________, Rue 
D.________ 4, et entre le 12 décembre 2018 et le 17 octobre 2019, à C.________, Rue 
D.________ 8, au préjudice du Service E.________, par le fait d’avoir fait une demande 
d’aide sociale auprès du Service E.________ afin d’obtenir des prestations sociales sans 
l’avoir averti qu’elle disposait de comptes bancaires en F.________ avec de nombreuses 
liquidités et qu’elle disposait de nombreux biens en F.________, notamment de la fortune, 
une villa à G.________, deux véhicules de marque Lexus et BMW et plusieurs centaines 
d’habits et de chaussures, et sans l’avoir averti qu’elle avait versé un montant de € 90'000.00 
en date du 14 décembre 2017 à sa maman pour des soi-disant factures de médecins et 
d’artisans et afin de rembourser des prêts contractés par ses parents, malgré le fait qu’elle 
avait rempli le formulaire « droits et devoirs » le 6 juillet 2018 dans lequel elle était rendue 
attentive au fait qu’elle devait informer le service social de sa situation personnelle et 
économique,

par le fait d’avoir reçu plusieurs montants :
- de sa mère, notamment € 1'000.00 en date du 10 septembre 2018, et € 1'600.00 en 

date du 26 novembre 2018 ;
- de son ancien employeur, notamment 4'000 Lei (env. CHF 1’000.00) en date du 

8 août 2018 et 3'000 Lei (env. CHF 750.00) en date du 27 septembre 2018 ;
- de la Verein H.________, notamment CHF 200.00 en date du 20 novembre 2018 et 

CHF 312.50 en date du 22 janvier 2019.
sans en avoir averti le Service E.________ malgré le fait qu’elle avait rempli le formulaire 
« droits et devoirs » le 6 juillet 2018 dans lequel elle était rendue attentive au fait qu’elle 
devait communiquer immédiatement au service social tout changement de sa situation 
personnelle et économique,

d’avoir ainsi obtenu indûment depuis le 1er août 2018, CHF 19'430.20 de prestations sociales 
alors qu’elle savait ou aurait dû savoir qu’elle ne pouvait pas prétendre à de telles prestations 
en raison de sa fortune transférée en F.________, de ses biens et valeurs patrimoniales là-
bas et des montants qu’elle recevait de ses parents, respectivement qu’elle ne pouvait pas 
payer les dettes de ses parents alors qu’elle n’avait pas de revenus afin de pouvoir 
demander des prestations sociales.

2. Première instance

2.1 Pour la description des différentes étapes de la procédure préliminaire et de 
première instance, il est renvoyé aux motifs du jugement du 2 mai 2022 (D. 1288-
1321).

3

2.2 Par jugement du 2 mai 2022 (D. 1272-1275), le Tribunal régional Jura bernois-
Seeland, Agence du Jura bernois, a :
I.

reconnu A.________ coupable de/d’ :

1. obtention illicite de prestations d’une assurance sociale ou de l’aide sociale, 
commise entre le 04.07.2018 et le 17.10.2019, à C.________ ;

condamné A.________ :

1. à une peine pécuniaire de 70 jours-amende à CHF 30.00, soit un total de 
CHF 2'100.00 ;

accordé le sursis à l’exécution de la peine pécuniaire, le délai d’épreuve étant fixé à 
2 ans ;

2. prononcé une expulsion de 5 ans ;

3. au paiement des frais de procédure, composés de CHF 4'950.00 d'émoluments et 
de CHF 5'030.05 de débours (y compris les honoraires de la défense d'office), soit 
un total de CHF 9'980.05 (honoraires de la défense d'office non compris : 
CHF 5'051.80) 

II.

fixé comme suit les honoraires de Me B.________, défenseur d'office de A.________ :

Tarif
Indemnité pour la défense d'office 20.25 200.00 CHF 4'050.00

CHF 50.00
CHF 475.90

TVA 7.7% de CHF 4'575.90 CHF 352.35
CHF 4'928.25

Honoraires d'un défenseur privé 20.25 270.00 CHF 5'467.50
CHF 50.00
CHF 475.90

TVA 7.7% de CHF 5'993.40 CHF 461.50
Total CHF 6'454.90

Montant à rembourser ultérieurement par la prévenue CHF 1'526.65

Supplément en cas de voyage

Supplément en cas de voyage

Nbre heures

Frais soumis à la TVA

Frais soumis à la TVA

Total à verser par le canton de Berne

le canton de Berne indemnise Me B.________ de la défense d’office de A.________ par un 
montant de CHF 4'928.25 ;

dit que, dès sa situation financière le permet, A.________ est tenue de rembourser d'une 
part au canton de Berne la rémunération allouée pour sa défense d'office, d'autre part à 
Me B.________ la différence entre cette rémunération et les honoraires que celui-ci aurait 
touchés comme défenseur privé (art. 135 al. 4 CPP) ;

III.

- ordonné :

1. notification ;

2. communication.

2.3 Par courrier du 11 mai 2022 (D. 1282), Me B.________ a annoncé l'appel pour 
A.________. 

2.4 Les motifs du jugement du 2 mai 2022, datés du 6 juillet 2022, ont été notifiés au 
représentant de la prévenue le 13 juillet 2022.

4

3. Deuxième instance

3.1 Par mémoire du 2 août 2022 (D. 1326 s.), Me B.________ a déclaré l'appel pour 
A.________. L’appel n’est pas limité. Dans ce même courrier, la prévenue a 
formellement élu domicile chez son défenseur et demandé à ce que la procédure 
écrite soit ordonnée.

3.2 Suite à l’ordonnance du 5 août 2022 (D. 1330 s.), le Parquet général du Ministère 
public du canton de Berne a déclaré renoncer à participer à la procédure d’appel 
(courrier du 17 août 2022, D. 1333).

3.3 Par ordonnance du 19 août 2022, la 2e Chambre pénale de la Cour suprême du 
canton de Berne a pris et donné acte du renoncement précité. En outre, elle a 
ordonné la procédure écrite et imparti un délai de 20 jours à la prévenue pour 
déposer un mémoire d'appel motivé conformément à l'art. 406 al. 3 CPP. Dans le 
même délai, la prévenue a été invitée à faire parvenir tous les documents utiles 
concernant sa situation personnelle et financière, pour autant où des modifications 
devaient être intervenues par rapport aux pièces figurant déjà au dossier de la 
cause. 

3.4 Me B.________ a déposé son mémoire d’appel, dans le délai prolongé, le 25 
octobre 2023, en retenant les conclusions finales suivantes (D. 1344s.) :
1. Libérer A.________ de la prévention d'obtention illicite de prestations d'une assurance 

sociale ou de l'aide sociale, prétendument commise entre le 4 juillet 2018 et le 17 septembre 
2019 à C.________ ;

2. Partant, prononcer son acquittement pour ce chef d'accusation ;

3. Laisser les frais judiciaires de première instance ainsi que ceux de la procédure en appel à la 
charge de l'Etat ;

4. Allouer une indemnité de CHF 1'500.00 à Mme A.________ pour les inconvénients subis du 
fait de la procédure ; 

5. Taxer les honoraires de l'avocat d'office d'A.________ pour la procédure en appel selon la 
note d'honoraires produite.

Il a également déposé un bordereau de 9 pièces justificatives (D. 1369ss).

4. Objet du jugement de deuxième instance

4.1 En vertu de l’art. 402 du Code de procédure pénale suisse (CPP ; RS 312.0), la 
2e Chambre pénale limite son examen aux points qui sont attaqués. 

4.2 En l’espèce, l’appel n’est pas limité. Il convient dès lors de revoir l’entier du 
jugement de première instance.

5. Maxime d’instruction, pouvoir de cognition et pouvoir d’examen

5.1 Lorsqu’elle rend sa décision, la 2e Chambre pénale n’est pas liée par les motifs 
invoqués par les parties ni par les conclusions des parties, sauf lorsqu’elle statue 
sur une action civile (art. 391 al. 1 CPP).

5.2 Dans la présente procédure, elle est liée par l’interdiction de modifier le jugement 
en défaveur (reformatio in peius) d'A.________ en vertu de l’art. 391 al. 2 CPP. 

https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a391
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a391

5

5.3 La 2e Chambre pénale jouit d’un plein pouvoir d’examen sur tous les points 
attaqués du jugement (art. 398 al. 2 CPP). L’appel peut être formé pour violation du 
droit, y compris l’excès et l’abus du pouvoir d’appréciation, le déni de justice et le 
retard injustifié, pour constatation incomplète ou erronée des faits ou pour 
inopportunité (art. 398 al. 3 CPP).

6. Renvoi aux motifs du jugement de première instance

6.1 Conformément à l’art. 82 al. 4 CPP, lors de la procédure d’appel, la 2e Chambre 
pénale peut, s’agissant de l’appréciation en fait et en droit des faits faisant l’objet 
de l’accusation, renvoyer à l’exposé des motifs du jugement du Tribunal régional 
Jura bernois-Seeland, Agence du Jura bernois. Selon la jurisprudence du Tribunal 
fédéral, la possibilité de renvoyer à l’exposé des motifs de l’autorité inférieure doit 
cependant être utilisée avec réserve. Un renvoi n’entre en considération, lorsque 
l’état de fait ou l’application du droit est contesté, que lorsque l’autorité de 
deuxième instance fait (totalement) siennes les considérations de l’autorité 
précédente (ATF 141 IV 244 consid. 1.2.3). Les arguments de la partie appelante 
doivent en outre être traités avant une éventuelle confirmation du premier jugement 
concernant l’appréciation en fait et en droit (arrêt du Tribunal fédéral 6B_731/2015 
du 14 avril 2016 consid. 1.4).

6.2 Sur la base de cette jurisprudence, la 2e Chambre pénale ne renverra aux motifs 
de première instance susceptibles d’être confirmés qu’après avoir traité les 
arguments soulevés par la prévenue en procédure d’appel. Elle désignera les 
pages auxquelles il est renvoyé et indiquera en outre si des corrections ou 
compléments doivent être apportés et, le cas échéant, sur quels points précis.

II. Faits et moyens de preuve

7. Résumé des faits et moyens de preuve dans le jugement de première 
instance

7.1 Les motifs du jugement de première instance contiennent une liste complète des 
divers moyens de preuve (D. 1293). Les considérants écrits reprennent ces divers 
moyens de preuve dans le cadre de l’appréciation des preuves, en tant que 
nécessaire. La 2e Chambre pénale procédera de la même manière.

8. Moyens de preuve administrés en procédure d’appel

8.1 De nouveaux moyens de preuve n’ont pas été administrés d’office en procédure 
d’appel, la 2e Chambre pénale ayant toutefois invité la prévenue par ordonnance 
du 19 août 2022 à faire parvenir tous les documents utiles concernant sa situation 
personnelle et financière, pour autant que des modifications seraient intervenues 
par rapport aux pièces figurant déjà au dossier de la cause.

https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a82
http://relevancy.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=BGE-141-IV-244&lang=fr&zoom=&system=
http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=6B_731%2F2015&rank=1&azaclir=aza&highlight_docid=aza%3A%2F%2F14-04-2016-6B_731-2015&number_of_ranks=1

6

8.2 Me B.________ a produit en annexe à son mémoire d’appel les moyens de preuve 
suivants (D. 1368-1386):
1. E-mail de I.________ à la prévenue du 10 septembre 2017 ;
2. Traduction Deepl de l’e-mail de I.________ à la prévenue (ci-après 

également : les parties) du 10 septembre 2017 ;
3. Projet d’accord entre les parties (annexe email du 10 septembre 2017) ;
4. Traduction Deepl du projet d’accord entre les parties ;
5. Contrat de travail de la prévenue du 1er août 2014 ;
6. Contrat de travail de I.________ du 1er août 2014 ;
7. Lettre de confirmation du 22 août 2014 pour obtention du permis B ;
8. Photos de la prévenue à Dubaï, Singapour et Kuala Lumpur ;
9. Attestation de Me J.________ du 30 août 2022.

8.3 Il sera fait référence aux preuves administrées dans les développements qui 
suivent dans la mesure nécessaire.

III. Appréciation des preuves

9. Règles régissant l’appréciation des preuves

9.1 En ce qui concerne l’approche légale de l’appréciation des preuves et le principe 
de la libre appréciation des preuves (art. 10 al. 2 CPP), la 2e Chambre pénale se 
réfère aux motifs de première instance (D. 1272-1321), sans les répéter, avec les 
précisions et compléments suivants.

9.2 Selon l’art. 10 CPP, toute personne est présumée innocente tant qu’elle n’est pas 
condamnée par un jugement entré en force (al. 1). Le tribunal apprécie librement 
les preuves recueillies, selon l’intime conviction qu’il retire de l’ensemble de la 
procédure (al. 2). Lorsque subsistent des doutes insurmontables quant aux 
éléments factuels justifiant une condamnation, le tribunal se fonde sur l’état de fait 
le plus favorable au prévenu (al. 3).

9.3 D’après la jurisprudence (arrêt du Tribunal fédéral 6B_504/2019 du 29 juillet 2019 
consid. 1.1), la présomption d’innocence, garantie notamment par l’art. 10 CPP, 
ainsi que son corollaire, le principe in dubio pro reo, concernent tant le fardeau de 
la preuve que l'appréciation des preuves au sens large. En tant que règle sur le 
fardeau de la preuve, elle signifie, au stade du jugement, que le fardeau de la 
preuve incombe à l'accusation et que le doute doit profiter au prévenu. Comme 
règle d'appréciation des preuves, la présomption d'innocence signifie que le juge 
ne doit pas se déclarer convaincu de l'existence d'un fait défavorable à l'accusé si, 
d'un point de vue objectif, il existe des doutes quant à l'existence de ce fait. Il 
importe peu qu'il subsiste des doutes seulement abstraits et théoriques, qui sont 
toujours possibles, une certitude absolue ne pouvant être exigée. Il doit s'agir de 
doutes sérieux et irréductibles, c'est-à-dire de doutes qui s'imposent à l'esprit en 
fonction de la situation objective. Le Tribunal fédéral retient en outre 
qu’un faisceau d’indices convergents peut suffire à établir la culpabilité : le tribunal 

https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20052319/index.html#a10
https://www.swisslex.ch/doc/aol/64452d54-41e0-4fbc-8e82-c730e0278397/315c575f-b12a-4355-a1ad-3474409d0494/source/document-link
https://www.swisslex.ch/doc/unknown/e172c5b4-969e-4db3-811f-72f1194b65ca/citeddoc/71d1a8f1-fe85-4a1b-a256-e309186f6463/source/document-link
https://www.swisslex.ch/doc/aol/64452d54-41e0-4fbc-8e82-c730e0278397/315c575f-b12a-4355-a1ad-3474409d0494/source/document-link

7

peut forger sa conviction quant aux faits sur la base d'un ensemble d'éléments 
ou d'indices convergents, même si l'un ou l'autre de ceux-ci ou même chacun d'eux 
pris isolément est à lui seul insuffisant ; un état de fait peut ainsi être retenu s’il 
peut être déduit du rapprochement de divers éléments ou indices (arrêt du Tribunal 
fédéral 6B_586/2019 du 3 juillet 2019 consid. 1.1). En d’autres termes, 
un faisceau d'indices concordants qui, une fois recoupés entre eux, convergent 
tous vers le même auteur, peut suffire pour le prononcé d’une condamnation (arrêt 
du Tribunal fédéral 6B_36/2019 du 2 juillet 2019 consid. 2.5.3).

10. Arguments de la défense

10.1 La défense invoque que la Juge de première instance n’a pas considéré à sa juste 
valeur l’importance du contexte, ce qui l’a conduite à apprécier incorrectement les 
faits et à établir de manière incomplète les faits pertinents. Ainsi, elle n’a pas retenu 
les motifs du retrait de la plainte pénale de la prévenue à l’encontre de I.________, 
à savoir une obligation contraignante retenue dans la convention de divorce signée 
en Rumanie en 2019. Elle n'a en outre pas retenu de manière complète et correcte 
l’origine et le motif du transfert de créancier du contrat de prêt sur la base duquel la 
prévenue a perçu EUR 80'000.00 et les circonstances dans lesquelles cette 
dernière a ensuite transféré EUR 90'000.00 à ses parents durant le mois de 
décembre 2017 (D. 1347-1348). De plus, la défense reproche à la première 
instance de remettre en question la crédiblité de la prévenue en se fondant sur les 
reproches de cette dernière vis-à-vis de son ex-mari, sur le comportement de la 
prévenue lors des interrogatoires qui est prétendûment agressif, sur sa façon de se 
placer en victime et en relevant des contradictions qui n’en sont pas. Le défenseur 
conteste que les parents de l’appellante aient été utilisés comme prête-noms pour 
dissimuler une quelconque fortune. Sur la base de cette appréciation erronée de la 
crédibilité de la prévenue, des moyens de preuve littérale au dossier, ainsi que des 
différents faits présentés dans son jugement, le Tribunal régional a tiré de fausses 
conclusions de l’avis de la défense. 

11. Préambule

11.1 Il convient de relever que, dans la description du contexte, la Juge de première 
instance n’a pas retranscrit les résultats des différentes procédures, mais s’est 
contentée de faire un récapitulatif des différents points litigieux qui existaient entre 
la prévenue et son ex-mari, respectivement entre la prévenue et l’entreprise de son 
ex-mari. Dans cette optique, notamment les motifs à l’origine du retrait de la plainte 
pénale à l’encontre de l’ex-époux n’avaient pas à être indiqués. D’une part, ils ne 
font pas partie de la présente procédure et n’ont, pas conséquent, pas à être 
tranchés dans le cadre de celle-ci, d’autre part, ils n’apportent rien à la présente 
cause et ne sont en rien déterminants pour juger des faits reprochés à l’encontre 
de la prévenue. Soit dit en passant, il sera relevé ici que le retrait de la plainte n’a 
d’ailleurs pas été apprécié au préjudice de la prévenue.

11.2 Pour rappel, les faits de la présente procédure s’inscrivent dans le cadre de la 
séparation et du divorce du couple formé par A.________ et I.________, sachant 

https://www.swisslex.ch/doc/unknown/a501aa62-f0ae-4921-bfc7-907adc0bff44/citeddoc/0f29815f-2160-4a73-be1f-9479a208ca8c/source/document-link
https://www.swisslex.ch/doc/unknown/caf62d6a-3d75-4f02-af60-5732b1b4821b/citeddoc/77482c74-27c9-49e4-8cce-d9c8d0f9c163/source/document-link

8

qu’il existait également des relations de travail liant les deux parties. Dans ce 
contexte, les deux intervenants ont utilisé tous les moyens à leur disposition pour 
se mettre dans une situation qui, de leur point de vue, leur était la plus 
avantageuse pour défendre au mieux leurs intérêts respectifs dans le cadre de la 
procédure divorce, amenant des éléments internationaux par des procédures dans 
(au moins) deux états et en mêlant les domaines tels que droit de la famille et droit 
du travail (au minimum). Ainsi, il apparaît clairement que I.________ a cherché à 
minimiser ses responsabilités économiques envers la prévenue dès qu’il a déposé 
la demande de divorce en F.________, tandis qu’A.________ a tenté d’obtenir de 
lui le maximum de prestations économiques auxquelles elle pensait avoir droit. Les 
deux personnes ne se sont pas fait de cadeaux. La 2e Chambre pénale constate 
une surenchère des procédés – et procédures – utilisés, avec des points 
culminants, du moins pour ce qui est du volet suisse, dans une plainte 
respectivement une dénonciation pénales de part et d’autre (D. 690-695 et D. 5-
21). Différentes procédures ont également été menées en parallèle en F.________, 
dont en particulier la procédure de divorce et des procédures pénales à l’encontre 
de I.________ (D. 1217). 

11.3 Il peut être encore mentionné ici que, au vu du contrat de mariage passé entre les 
parties le 10 mai 2013 (D. 432), celles-ci étaient mariées sous le régime de la 
séparation des biens selon le droit F.________. Aussi, les prétentions de la 
prévenue dans le cadre de la liquidation du régime matrimonial étaient en principe 
limitées. En particulier, une obligation d’entretien au-delà du mariage ne pouvait 
pas être attendue, en particulier du fait qu’aucun enfant n’était issu du couple et 
que le mariage n’avait pas duré suffisamment longtemps pour en justifier une. 

11.4 Finalement, pour être exhaustif, il peut être relevé que la procédure de divorce a 
duré quelque deux ans, la requête unitalitérale de divorce ayant été déposée en 
F.________ le 29 décembre 2017 (D. 1187 notamment) et la dissolution ayant eu 
lieu entre fin 2019 et début 2020 (D. 976 et D. 984). Selon la prévenue, les parties 
ont conclu un accord global dont le contenu relatif au divorce est soumis à une 
clause de confidentialité sous peine d’une amende conventionnelle de 
EUR 500'000.00 (D. 984), de sorte que la Cour de céans n’a pas pris connaissance 
du contenu. A noter que la prévenue se permet toutefois de se référer audit accord 
lorsqu’elle le juge opportun pour sa cause. Elle justifie par exemple le retrait de sa 
plainte pénale à l’encontre de I.________ avec mention de la peine conventionnelle 
(D. 984). De même, elle l’accuse d’avoir menti dans les différentes procédures 
entre les parties, mais de ne pas pouvoir documenter ladite accusation (D. 1217) 
ou encore indique que, selon cette convention, aucune indemnité de partie n’a dû 
être payée à la partie adverse (D. 1245 l. 14-30). 

9

12. Faits admis et faits contestés

12.1 En ce qui concerne les faits, la 2e Chambre pénale constate que la prévenue en 
principe ne conteste pas les revenus qui ont transité sur ses comptes ou les 
versements reçus. Il s’agit des montants suivants : 
- EUR 61'000.00 resp. EUR 19'000.00, versés le 17 octobre 2017 resp. le 

19 novembre 2017 ;
- le virement sur le compte de sa mère en date du 14 décembre 2017 pour un 

montant de EUR 90'000.00 ;
- les entrées sur ses comptes en 2018 par son ancien employeur, soit 

RON 4'000.00 le 10 août 2018 et RON 3'000.00 le 27 septembre 2018 ;
- les versements de sa mère de EUR 1'000.00 le 10 septembre 2018, 

resp. EUR 1'600.00 le 26 novembre 2018 ; 
- les deux montants du Verein H.________ versés les 20 novembre 2018 et 

22 janvier 2019. 
Est en revanche contesté le fait que la prévenue ait pu ne pas être de bonne foi 
lorsqu’elle a omis d’annoncer ces transactions financières au service d’aide 
sociale, d’une part, et qu’elle ait une quelconque fortune en F.________ au 
moment où elle était au bénéfice de l’aide sociale de la Commune de C.________, 
d’autre part. 

12.2 Dès lors, il s’agira pour la Cour de céans d’établir : 1° si l’appellante disposait 
encore de certaine fortune, en Suisse et/ou en F.________, au moment où elle 
s’est annoncée au Service E.________ (ci-après : E.________) et durant toute la 
période où elle a bénéficié de son soutien financier, soit du 1er août 2018 au 31 
octobre 2019 (D. 124), pour un montant total de CHF 19'430.20 (D. 312), et 2° le 
cas échéant, si elle était de bonne foi dans ses déclarations et omissions vis-à-vis 
du E.________. Pour ce faire, la 2e Chambre pénale examinera la crédibilité de 
l’appellante en se basant sur l’ensemble de ses déclarations durant la procédure et 
les confrontant aux pièces au dossier.

13. Prises de position écrites et déclarations de la prévenue 

13.1 Vu le lien évident entre la procédure de droit administratif relative à la suspension 
de l’octroi de l’aide sociale et l’obligation de remboursement ordonnée par la 
Commune de C.________ avec la présente procédure pénale dans laquelle la 
prévenue est accusée d’obtention illicite d’aide sociale, il convient de considérer 
également les informations données par la prévenue dans la procédure de droit 
administratif.

13.2 La prévenue a personnellement fait le 22 mars 2019 (D. 280ss) recours contre la 
décision du 26 février 2019 du Service E.________ de la commune de C.________ 
qui lui supprimait l’aide matérielle. Dans ledit recours elle a présenté l’origine et 
l’utilisation de l’argent reçu fin 2017 comme suit (D. 281-283) : grâce au 
remboursement d’un prêt, elle a reçu EUR 80'000.00 en 2017. Cet argent a été 
utilisé en grande partie, à la fin 2017ou au début 2018 pour rembourser des prêts 
de sa mère, c’est-à-dire : 1° le prêt de K.________ d’un montant de 

10

RON 50'000.00, document portant la date du 20 août 2017 et prévoyant un 
remboursement jusqu’au 31 août 2018 (D. 292) et 2° celui de L.________ d’un 
montant de RON 50'000.00, document portant la date du 1er septembre 2017 et 
prévoyant un remboursement avant décembre 2018 (D. 290). La prévenue a 
également profité de cet argent pour rembourser le prêt qu’elle avait elle-même 
obtenu de M.________ d’un montant de RON 46'000.00, document portant la date 
du 12 mars 2018 avec la mention d’un remboursement à faire dans un délai d’un 
an (D. 286). L’autre partie de l’argent a été utilisée pour financer des travaux de 
transformation de la maison de ses parents à N.________ (RON 67'000.00 
[D. 289]), pour que celle-ci reste habitable pour ses parents touchés dans leur 
santé, en particulier assurer l’accessibilité et transformer le système de chauffage 
et la cuisine. Agés à l’époque 82 et 88 ans, les parents de la prévenue sont à sa 
charge n’ayant qu’une petite retraite de l’équivalant de CHF 250.00 par mois et le 
père étant particulièrement touché dans sa santé. Elle a dû déménager en mars 
2018 ses affaires dans la maison de sa famille à G.________ (F.________), qui 
n’avait pas de chauffage. Elle a dû également investir dans cet immeuble pour 
pouvoir y habiter lorsqu’elle est en F.________. Ces remboursements ont été 
effectués à une époque où elle et son mari avaient un accord écrit sur leur divorce, 
selon lequel il allait lui verser jusqu’à la fin de l’année 2017 un montant de 
EUR 400'000.00 à titre de liquidation du régime matrimonial. Elle pensait dès lors, 
vu le montant à venir, pouvoir utiliser les EUR 80'000.00 qui lui avait été 
remboursés sans prétériter sa situation économique. Finalement son mari, sans lui 
verser l’argent promis, a introduit le 29 décembre 2017 une procédure de divorce 
en F.________, dont elle n’a eu connaissance qu’au mois de janvier 2018. En 
février 2018 elle a perdu le travail qu’elle avait dans l’entreprise de son mari, 
O.________ SA à C.________, le salaire lui a été payé jusqu’au 7 mars 2018. Elle 
n’a pas touché le chômage et a déposé en juillet 2018 la requête d’aide sociale, 
vivant des quelques économies qui lui restaient et d’un prêt accordé par une amie, 
ses ressources économiques ayant entièrement été utilisées à ce moment-là. Elle 
a fait part du fait que demander l’aide sociale avait été une démarche difficile pour 
elle, car cela ne correspondait pas à ses valeurs.

13.3 Dans sa prise de position du 8 mai 2019 (D. 302-304) à l’égard de la Préfecture 
quant au mémoire de réponse du E.________, elle soutient que tous les travaux 
financés et le soutien apporté à sa famille ont eu lieu durant l’année 2017 (D. 302). 
A cette période elle n’avait aucune aide sociale, avait un travail et n’avait aucune 
idée d’arriver à la situation qu’elle vivait alors. Elle explique qu’elle avait payé à son 
mari en 2014 les EUR 80'000.00 qui ont fait l’objet du contrat de prêt qui lui a été 
cédé en 2017, cette cession a eu lieu dans l’idée que l’emprunteur rembourse 
l’argent à la prévenue lorsqu’il le pourra. Elle a demandé l’aide sociale seulement 
en dernier lieu, lorsqu’elle avait épuisé toutes ses ressources et l’aide de ses amis. 
Elle précise aussi que les investissements réalisés pour sa famille en 2017 et les 
dépenses effectuées pour celle-ci l’ont été sur la base de prêts qui ont été octroyés 
à sa famille vu qu’elle allait toucher un montant important dans le cadre du divorce 
selon l’accord qui lui avait été soumis par son mari fin 2017, et duquel ce dernier 

11

s’est retiré par la suite. Finalement, elle souligne le rôle que joue son mari dans 
toutes les procédures la concernant, également dans celle concernant l’aide 
sociale, relevant en particulier qu’il a beaucoup d’influence, et qu’il fait tout son 
possible pour la priver de ses droits comme il l’a fait avec ses précédentes 
compagnes.

13.4 Lors de l’audition déléguée de la prévenue le 27 novembre 2019 (D. 36ss), la 
prévenue s’est présentée accompagnée par Me J.________, son avocate d’alors, 
et elle a au début, avant l’audition proprement dite, déposé les documents suivants, 
précisant que ceux-ci n’avaient jusqu’alors pas été déposés dans la procédure 
civile et qu’ils permettaient de prouver sa bonne foi par rapport aux soupçons 
d’abus dont elle était accusée : 

- trois déclarations de la part de sa famille, à savoir de son frère, de son neveu 
et de ses parents ;

- un certificat de naissance de son frère, de sa sœur et de son neveu ;
- une procuration spéciale datée du 22 novembre 2012 ;
- des certificats d'attestation fiscale, qui attestent du nom du propriétaire de la 

maison de G.________ et la date de début de la propriété ;

A.________ a souligné que I.________ était avec une autre femme en 2012 et 
qu’à l’époque elle n’avait encore aucune idée qu’elle allait l’épouser (D. 37 l. 42-
43). Interrogée sur son domicile, la prévenue a déclaré avoir vécu en Suisse depuis 
l’obtention de son permis de séjour, précisant vivre ensemble avec son mari et le 
suivre dans ses nombreux voyages professionnels à travers le monde, étant 
chaque mois en F.________ (D. 38 l. 74-83). Confrontée aux déclarations de 
I.________, selon lesquelles elle ne venait en Suisse qu’une fois tous les deux à 
trois mois pour quelques jours seulement, jusqu’en février 2018, date à laquelle elle 
s’est installée dans l’immeuble sis rue D.________ 4 à C.________, la prévenue a 
accusé son mari d’alors d’avoir menti, réitérant avoir toujours vécu ensemble avec 
lui jusqu’en 2017 en Suisse et F.________. Sur opposition des factures d’électricité 
pour l’immeuble occupé à la rue D.________ 4, elle a expliqué n’avoir que très peu 
consommé l’électricité, restant seule, ne cuisinant pas, chauffant au bois mis à 
disposition par un voisin jusqu’au moment où l’aide sociale avait fait un plein de 
mazout et utilisant l’Internet de ce voisin (D. 39-40 l. 130-149). Elle a expliqué avoir 
vécu entre septembre 2017 et le 1er août 2018 avec les rentrées d’argent 
suivantes : CHF 1'500.00 de O.________ SA par mois et le remboursement d’un 
emprunt de EUR 80'000.00. Elle avait aussi de petites économies accumulées 
avant son mariage. En plus, son mari et elle étaient arrivés à un accord écrit pour 
un divorce à l’amiable et I.________ devait lui verser EUR 400'000.00, ce qu’il n’a 
finalement pas fait. Selon elle, il n’a pas non plus respecté les dates de paiement 
auxquelles il s’était engagé et a introduit une action en divorce (D. 40 l. 151-177). 
Comme elle ignorait les lois et la procédure, en Suisse comme en F.________, elle 
n’a introduit une requête en mesures provisionnelles que le 24 mars 2018, ne 
pouvant concevoir qu’une épouse soit abandonnée par tous. Il lui a fallu deux ans 
pour accepter la situation avec des thérapies et des dépressions. Trouvant la 

12

situation humiliante, elle a déclaré être d’avis que son mari devrait se trouver à sa 
place comme prévenu et non elle (D. 40 l. 179-192). La prévenue n’a requis l’aide 
sociale que le 4 juillet 2018, ne pouvant prendre cette décision avant, ayant vécu 
une vie honorable avec son mari, étant femme d’un millionnaire. Elle n’a pas 
touché d’aide sociale pour le mois de juillet 2018 car elle se trouvait au chevet de 
son père à l’hôpital en F.________, étant la seule personne qui pouvait s’occuper 
de lui (D. 41 l. 205-230). La prévenue a expliqué que l’argent reçu sur la base du 
contrat de prêt que I.________ lui avait cédé n’était pas à considérer comme un 
versement de ce dernier, mais un remboursement de sa part pour une somme 
qu’elle lui avait elle-même prêtée en 2014. Elle a ensuite transféré cet argent à sa 
mère parce qu’elle savait qu’elle allait recevoir EUR 400'000.00 de son mari, qui a 
ensuite changé d’avis et n’a pas payé le montant auquel il s’était engagé par 
convention (D. 42 l. 260 – 267). Elle ne savait plus la date à laquelle elle a parlé du 
transfert de EUR 90'000.00 avec son conseiller de l’aide sociale, en tous cas cela a 
été un sujet de discussion après que l’aide sociale a été suspendue, elle n’en avait 
pas parlé avant, car cet argent était épuisé lorsqu’elle a demandé l’aide sociale (D. 
42 l. 273-282). Elle n’a pas parlé de la décision de la Cour suprême du 15 octobre 
2018 à son assistance sociale car elle n’avait aucune idée qu’elle aurait dû 
informer cette autorité des décisions rendues au niveau civil, trouvant que celles-ci 
étaient quelque chose de confidentiel entre elle et son mari (D. 42-43 l. 284-298). 
Elle a pour l’essentiel confirmé le contenu de son recours à la préfecture, 
notamment quant à l’utilisation de l’argent versé à sa mère (D. 43 l. 300-315). 
Lorsqu’elle a été confrontée au fait qu’une part du montant versé n’avait alors pas 
été utilisée, la prévenue a précisé que les travaux pour la maison de N.________ 
avaient continué et que le montant retenu correspondait peut-être à ce qui devait 
être immédiatement payé à ce moment-là (D. 43 l. 317-323). Elle a ajouté qu’en 
écrivant à la Préfecture, elle avait oublié avoir payé une avance de EUR 13'000.00 
pour l’achat en leasing d’une BMW en septembre ou octobre 2017. Cet oubli était 
dû au fait qu’elle était fâchée lorsqu’elle avait écrit son recours. La prévenue a 
répondu avoir fait éventuellement une erreur lorsqu’il lui a été opposé qu’elle 
prétendait dans son courrier du 22 mars 2019 avoir remboursé en décembre 2017 
un prêt qu’elle avait conclu en mars 2018 (prêt de EUR 10'000.00 en faveur de 
M.________ [D. 43 l. 325-337]). Elle n’a toutefois pas pu fournir d’explications 
quant à l’utilisation des EUR 30'000.00 qui n’ont pas été immédiatement engagés 
au mois de décembre 2017, si l’on se tient à ses explications et calculs. A cette 
question, interpellant directement l’interrogateur, la prévenue a évoqué avoir 
changé les couches de son père, puis avoir des obligations envers sa famille 
devenant le soutien de celle-ci depuis le décès de sa sœur en 2016. Une partie de 
l’argent a été engagée pour les traitements de ses parents sans que cela n’ait 
toutefois été mentionné dans le courrier à la Préfète (D. 43-44 l. 339-352). 
Confrontée aux calculs effectués par son avocate dans le mémoire déposé au 
Tribunal régional le 29 juin 2018 selon lesquels EUR 77'000.00 auraient été utilisés 
pour rembourser les dettes de la mère de la prévenue et pour les travaux exécutés 
ou à prévoir de la maison de N.________, la prévenue a répondu n’avoir aucune 
idée qu’elle devait noter comment elle dépensait son argent, elle n’a pas pris de 

13

notes pour répondre à un interrogatoire. En ce qui concernent les EUR 13'000.00 
qui subsisterait selon le calcul de l’avocate qui devrait être plus exact, selon la 
prévenue, celle-ci a déclaré les avoir utilisés pour payer l’avance du leasing de la 
BMW (D. 44 l. 354-371). La prévenue a aussi expliqué que l’argent qu’elle avait 
transféré à ses parents devaient assurer ceux-ci pour qu’ils se sentent en 
confiance au niveau financier, aussi ce n’est pas elle qui avait remboursé les dettes 
de sa mère documentés dans le dossier. Les EUR 400'000.00 qu’elle devait 
recevoir de son mari devait être son assurance à elle. Elle allait demander des 
documents attestant du règlement des dettes tout en précisant que L.________, 
une des personne ayant fait un prêt, était entretemps décédée (D. 44 l. 373-391). 
Elle n’a pas répondu directement lorsqu’elle a été confrontée aux accusations de 
son mari selon lesquelles elle simulait une précarité matérielle en Suisse pour 
servir les procédures civiles et obtenir de l’aide sociale, en cachant une situation 
florissante en F.________ (« je ne sais pas si je dois me mettre à pleurer ou rire », 
D. 45 l. 429). Elle a ajouté que son mari avait déjà procédé de la sorte avec sa 
compagne précédente en l’accusant d’avoir volé la compagnie et signé un faux, 
prétendant avoir financé la maison qui appartenait à cette dernière (D. 45 l. 434-
438). La prévenue a relevé que la maison sise à G.________ a été construite suite 
à une décision de famille, en particulier de sa sœur et d’elle-même. Comme les 
parents étaient à la campagne et que leur père commençait à avoir des problèmes 
de santé, les enfants, en particulier sa sœur et elle-même, ont pris la décision de 
construire cette maison à côté de P.________ (D. 46 l. 446-450). La maison à 
G.________ a été financée par toute la famille : les parents utilisant le revenu d’un 
terrain qu’ils louaient à un agriculteur, mais en grande partie par sa sœur et elle-
même, la construction se faisant en plusieurs étapes (D. 46 l. 455-459). Tout le 
monde l’utilise, les parents vivent dans cette maison quand ils doivent venir à 
P.________ pour aller chez le docteur (D. 46, l. 462). Elle a renvoyé aux extraits du 
registre foncier de G.________ remis en début d’audition (D. 46 l. 465-466). La 
maison est petite, ne compte que deux chambres à coucher et ils ne peuvent y 
vivre tous ensemble. Sur question du policier selon laquelle son mari a déclaré 
avoir participé à hauteur de CHF 150'000.00, la prévenue conteste et prononce le 
chiffre de RON 8'000.00, soit environ CHF 1'500.00. La maison de N.________ est 
située à la campagne, à 100 km de P.________, elle est occupée par ses parents 
et son frère. Elle n’a jamais été terminée, raison pour laquelle elle y fait des 
travaux ; aussi l’argent versé à sa mère devait financer lesdits travaux qui n’ont pas 
pu être tous exécutés, l’argent venant à manquer (D. 46 l. 442-490). Elle a aussi 
précisé que, début 2018, la maison de G.________ ne pouvait pas recevoir de 
famille, elle n’était pas habitable et qu’il était moins coûteux de terminer la maison 
de N.________ (D. 47 l. 492-499). Elle admet être la réelle propriétaire de 
l’immeuble sis à G.________, avec sa sœur, dont le fils utilise la maison quand sa 
tante n’y est pas. Elle précise qu’elle n’a pas le choix et doit assumer les charges y 
relatives (D. 47 l. 514-516). Elle donne de l’argent à ses parents pour qu’ils 
puissent assumer les deux maisons, vu qu’ils reçoivent principalement leur retraite 
(D. 47 l. 501-506). Devant se prononcer sur le fait qu’elle avait cédé du terrain à 
son neveu en 2017, la prévenue, après avoir expliqué que cet acte avait été une 

14

action émotionnelle et que ces terrains n’avaient aucune valeur, s’est exprimée en 
F.________ en faisant traduire ses paroles par son avocate qui a traduit ainsi : 
« Les réponses que ma cliente doit fournir aujourd'hui aux déclarations de son mari 
violent son intimité et ses droits, et le fait qu'elle doive révéler les drames de sa 
famille la perturbe profondément. Les déclarations de son mari manquent 
d'humanité » (D. 47 l. 518-534). La prévenue a expliqué que la BMW blanche 
appartenait à une compagnie de leasing et qu’elle avait cédé le contrat à un tiers. 
La BMW a été acquise lorsque son mari lui a enlevé les voitures de l’entreprise. Le 
contrat de leasing a été mentionné envers son assistante sociale dans un courriel 
du 22 mai 2019, respectivement lorsque les comptes en F.________ ont été 
thématisés avec cette dernière. La Lexus appartenait à sa mère qui n’a jamais eu 
de permis de conduire. La voiture avait été achetée lorsque son père a commencé 
à avoir des problèmes de mobilité et le véhicule était conduit par son frère et elle-
même. La Lexus n’a jamais été mentionnée à l’égard du service social. Quant au 
fait que les deux véhicules ont une immatriculation avec les lettres BEL, la 
prévenue, après avoir déclaré que le procureur de F.________ avait une voiture 
enregistrée avec MBT, correspondant aussi à MB Telecom, a précisé avoir 
enregistré lesdites voitures comme cela et que cela rendait fière sa mère, BEL 
voulant dire Bella et elle se faisant appeler ainsi également, rajoutant toutefois que 
sa mère avait aussi un chien qui s’appelle Bella (D. 48 l. 549-590). La prévenue a 
reconnu avoir des centaines de pièces d’habits, et en avoir vendus (D. 49 l. 603-
604 ; D. 50 l. 643s.). Elle a ajouté avoir remis des extraits (de septembre à 
novembre 2018) de ses comptes bancaires en F.________ au service social au 
mois de décembre 2018, retenant ne pas les avoir produits plutôt car cela ne lui a 
pas été demandé, ces documents ayant été produits dans les procédures civiles 
(D. 51 l. 692-704). Elle a reconnu avoir reçu de sa mère une fois EUR 1'000.00 le 
10 septembre 2018, et une autre fois EUR 1'600.00 le 26 novembre 2018, argent 
que sa mère lui a prêté et qui était en fait de l’argent qu’elle avait reçu de sa fille 
auparavant (D. 51 l. 706-722 ; D. 86 ; D. 88). Elle a contesté avoir volontairement 
fait des déclarations fausses ou incomplètes, invoquant ignorer qu’il fallait donner 
au service social entre autres des documents qui figuraient déjà dans le dossier 
civil (D. 52 l. 746-752). 

13.5 Dans sa prise de position écrite du 29 novembre 2021 (D. 1011-1015) adressée au 
procureur, la prévenue se présente comme victime de la vengeance d’un mari qui a 
abandonné son épouse après l’avoir exploitée comme une esclave, insultée, volée 
de ses droits fondamentaux, qu’il l’a faussement accusée et à qui il ne voulait rien 
donner après le divorce. Son mari avait joué avec sa vie et, fin 2019, elle n’avait 
plus rien, ne pouvant plus payer ses factures, n’ayant pas de maison, ni de pays, 
elle était dans le dénuement total. La prévenue était matériellement désintéressée 
dans ce mariage, dans lequel elle ne cherchait que l’amour. Elle justifie sa lutte 
contre son mari comme une croisade contre un système patriarcal (représenté par 
son mari) pour elle-même et les autres femmes qui se sont trouvées dans la même 
situation. Décrivant une chute sociale du fait qu’elle n’était plus dans l’entourage de 
son mari et ayant dû demander l’aide sociale, elle a ressenti une humiliation, qui 

15

s’est agrandie lorsqu’elle a dû retourner en F.________ et demander le soutien de 
ses parents âgés et malades. Elle décrit ressentir une injustice dans le cadre de la 
procédure pénale à laquelle elle ne devrait selon elle pas être exposée, accusant 
son ex-mari d’avoir abandonné femmes et enfants, d’être un tricheur, trompeur et 
menteur ; soulignant à quel point elle-même était altruiste et honnête. Elle relève 
les coups de destins auxquels elle et sa famille ont été exposées depuis 2016, le 
fait que maintenant en 2021 son frère et sa mère sont malades et, alors que tous 
sont démunis, l’argent qu’on l’accuse d’avoir caché aurait été depuis longtemps 
utilisé pour payer les frais pour la maison où vivent sa mère et son frère, pour vivre 
dans des conditions décentes, en frais d'hospitalisation, de soins, de médicaments 
et d'obsèques de son père (D. 1013-1014). Elle se présente comme une femme 
seule, vulnérable et affectée faisant de son mieux pour vivre et pour soutenir sa 
famille, n'arrivant qu’avec peine à vivre à un niveau acceptable de décence. Par 
rapport aux faits qui lui sont reprochés, la prévenue résume ses déclarations 
précédentes, à savoir qu’elle n’a jamais été propriétaire de la maison de 
G.________, qui appartenait à ses parents mais que c’est bien elle qui avait 
conduit la construction, ayant pour ce faire une procuration idoine, que la Lexus 
appartenait à sa mère, la BMW avait été achetée en leasing, le salaire touché à 
l’époque en garantissant le financement, et que ledit véhicule a été cédé par la 
suite, la prévenue n’arrivant pas à payer les mensualités. L’argent reçu de sa mère 
pour un total de EUR 2'600.00 a servi à payer des factures liées à la maison en 
F.________ que les parents ne pouvaient pas régler n’ayant pas d’ordinateur. Les 
frais de déplacement entre la Suisse et la F.________ afin qu’elle puisse s’occuper 
de son père malade et les frais de santé de ce dernier ont coûté plus que les 
CHF 1'750.00 de salaire qu’elle n’a pas déclarés. L’argent obtenu du Verein 
H.________ a été entièrement utilisé pour payer les frais d’un psychologue qui la 
suivait. Finalement, elle rappelle qu’elle vivait dans le grenier d’une amie et que sa 
vie en Suisse était extrêmement limitée. 

13.6 La prévenue a transmis le 29 avril 2022 ses commentaires écrits quant aux 
déclarations faites par I.________ le 19 janvier 2019 (D. 1211-1217). La prévenue 
retient à plusieurs reprises que I.________ a menti (D. 1211 ; D. 1213 ; D. 1215 ; 
D. 1216) ou omis des informations importantes (D. 1211). En ce qui concerne le 
contrat de travail avec O.________ SA, la prévenue précise qu’elle avait un contrat 
valide dès la création de l’entreprise, comme les titres de séjour du couple en 
attestent. Elle n’a toutefois pas été payée jusqu’en 2016 (D. 1212). Ses contrats de 
travail en F.________ étaient de leurs côtés symboliques et sans valeur financière 
(D. 1213). Elle accuse I.________ d’avoir tenu une comptabilité relative à des 
salaires versés en F.________, tout en conservant les montants déclarés 
(D. 1213), précisant finalement que I.________ a été accusé en F.________ par 
différentes autorités (autorités fiscales et direction nationale anti-corruption) en 
2017, qu’elle-même l’avait beaucoup soutenu et réconforté alors, laissant de côté 
leurs problèmes personnels, qu’elle avait toutefois pu rassembler de nombreuses 
preuves contre son ex-mari, même par rapport à ses agissements envers elle-
même, mais ne pouvait en dire plus vu l’accord de divorce passé entre eux 

16

(D. 1217). Selon elle, le contrat de mariage a été signé sur requête de I.________, 
ce qu’elle avait accepté car elle n’avait aucun intérêt matériel dans son mariage. 
S’il y a bien eu un procès relatif à un prêt avec une banque, elle a gagné ce procès, 
aucun bien n’a été saisi et le prêt a été éteint après négociation, une partie du 
montant ayant été payée par I.________ (D. 1211). La maison de G.________ a 
été construite avant son mariage et I.________ n’y a jamais contribué si ce n’est 
avec un montant d’environ RON 8'000.00. S’il lui a bien recommandé des 
entreprises, c’est elle qui les a personnellement payées (D. 1212 ; D. 1215). La 
prévenue souligne que I.________ a menti quant à ses participations financières à 
la construction de G.________, ce qui est d’une grande gravité et dégradant, car 
ses allégués sont au détriment d’une famille entière, de deux parents qui 
approchaient les 90 ans et qui ont vécu modestement et travaillé honnêtement 
toute leur vie pour élever leurs enfants avec dignité et fierté (D. 1215). 

13.7 Lors de son audition lors des débats de première instance le 2 mai 2022, la 
prévenue a confirmé que la Lexus avait été vendue le 15 mai 2019 pour 
EUR 5'000.00 (D. 1243 l. 7-12). Elle a contesté avoir une quelconque fortune en 
F.________ telle qu’elle est retenue dans l’acte d’accusation (D. 1243 l. 14-26). En 
ce qui concerne les EUR 90'000.00, la prévenue a expliqué que le service social a 
été informé par écrit en décembre 2018 de ce qu’il en a été, à savoir qu’elle avait 
un accord écrit avec I.________ qui lui promettait EUR 400'000.00 comme aide 
pour le divorce, qu’elle avait reçu de l’argent en retour d’un prêt et qu’il fallait 
financer la fin de la rénovation de la maison des parents pour en assurer 
l’accessibilité pour son père qui ne pouvait plus se déplacer tout seul (D. 1243 l. 
28-42), une fois les travaux terminé, les emprunts effectués ont été remboursés en 
2018 (D. 1244 l. 1-6). Pour les montants reçus pendant la période où elle était 
soutenue par l’aide sociale, la prévenue a répété que l’argent provenant de sa 
mère a été utilisée pour payer les frais de la maison dont elle était l’administratrice 
et qu’une part avait été utilisé pour financer les déplacements en F.________ 
lorsqu’elle rendait visite à son père (D. 1244 l. 10-15), les salaires touchés de 
Q.________ SRL pour environ CHF 1'750.00 étaient des salaires impayés de 2016 
et 2017 (D. 1244 l. 17-24), tandis que l’argent du Verein H.________ a servi à 
payer des consultations auprès d’un psychologue (D. 1244 l. 26-30). La prévenue a 
déclaré que, lorsqu’elle a demandé l’aide sociale, elle en avait besoin, qu’elle avait 
travaillé pour l’entreprise de son mari durant toute la durée du mariage sans avoir 
été payée, si ce n’est CHF 1'500.00 par mois depuis fin 2016 jusqu’à début 2018 et 
qu’elle était restée en Suisse uniquement pour être payée pour le travail effectué 
toutes ces années, elle ne voulait rien d’autre de lui (D. 1244 l. 32-46 ; 1245 l. 1-6). 
En ce qui concerne les frais de procédures et d’indemnités de parties pour le volet 
suisse, la prévenue a expliqué que, selon la convention de divorce, aucune 
indemnité de partie n’a dû être payée, elle a payé son avocate, environ 
CHF 4'000.00, avec de l’argent reçu de ses parents, et que les frais de procédure 
ont été payés par mensualités (D. 1245 l. 14-30). Finalement la prévenue a, sur 
question de la défense, expliqué que la période dont il est question dans la 
présente procédure a été la plus difficile de sa vie, elle ne pouvait pas comprendre 

17

pourquoi elle se trouvait dans cette situation, vu son parcours de vie, c’était 
humiliant pour elle (D. 1245 l. 32-47 ; 1246 l. 1-5).

13.8 Dans le mémoire d’appel, la prévenue, par le biais de son défenseur, souligne le 
rôle important de la famille, son amour pour son ex-mari et l’erreur qu’elle a faite en 
croyant à ses promesses et en lui apportant son soutien. Elle rappelle le 
traumatisme qu’elle a subi de par le divorce et ses conséquences. Elle explique 
que le jugement est une injustice et une nouvelle blessure à un moment où elle 
commence une nouvelle vie et une nouvelle relation avec un homme qui la soutient 
dans tous les aspects de la vie. Une condamnation serait ressentie comme une 
humiliation et une stigmatisation. Finalement, elle a répété le rôle de son ex-mari 
dans la présente procédure et le dépeint comme un homme sans foi ni loi, n’ayant 
aucun sens de ses responsabilités envers les membres de sa famille, qui faisait 
l’objet de procédures pénales en F.________ lorsqu’il a fait la dénonciation 
(D. 1363). 

14. Crédibilité des propos de la prévenue

14.1 Les différentes procédures impliquant la prévenue en Suisse (procédures 
administrative, civiles et pénales) sont liées car elles portent toutes sur la même 
question, à savoir, si la prévenue avait en 2018 de la fortune dont elle pouvait 
disposer pour subvenir à son entretien. Dans la procédure civile, l’origine et 
l’engagement des moyens économiques à disposition de la prévenue depuis 
septembre 2017 jouaient un rôle, puisque ces éléments étaient de nature à 
influencer de manière importante l’issue de la cause relativement à la 
détermination de l’existence d’une éventuelle obligation d’entretien du futur ex-mari 
et, le cas échéant, des modalités d’une telle obligation (hauteur et durée). 
Cependant, la question de la provenance du montant transféré à la mère de la 
prévenue en décembre 2017 n’est en soi pas déterminante dans la présente 
procédure. La Cour de céans devra par contre clarifier si la somme en question 
était encore à disposition de la prévenue en juillet 2018, au moment où elle a 
disposé une demande d’assistance sociale auprès du E.________. En analysant 
les déclarations de la prévenue, il s’agira de garder à l’esprit, d’une part, qu’elles 
ont été faites dans le cadre du conflit existant entre elle et son ex-mari et, d’autre 
part, qu’elles ont directement trait à la procédure de droit administratif dont l’issue 
dépendra essentiellement du résultat de la présente procédure pénale. La 
prévenue est consciente de ces interactions et du fait que ses paroles pourront 
avoir des répercussions sur la procédure administrative également.

14.2 S’agissant de la genèse des déclarations, la prévenue était préparée pour sa 
première audition le 27 novembre 2019. Elle était accompagnée par la mandataire 
qui la représentait aussi dans les procédures civiles en Suisse, elle connaissait 
déjà les éléments principaux qui lui étaient reprochés et était d’ailleurs même 
documentée en conséquence, en particulier en ce qui concerne l’immeuble à 
G.________. En effet, l’audition en question se tenait dans le cadre de la 
procédure pénale ouverte suite à la dénonciation de l’ex-mari sur la base des 
considérants développés par la Cour suprême du canton de Berne dans sa 

18

décision du 15 octobre 2018 dans la procédure en mesures provisionnelles, 
procédure qui visait uniquement à déterminer la compétence ratione loci des 
tribunaux suisses pour connaître de la cause. La 2e Chambre civile a alors retenu 
que la prévenue, requérante et intimée dans cette procédure-là, avait de la fortune 
en F.________ dont elle pouvait disposer librement et que le fait qu’elle recevait de 
l’aide sociale en Suisse pouvait relever d’une infraction pénale (D. 7-21). C’est 
également sur la base de ladite décision de la Cour suprême que la commune de 
C.________ a mis fin par décision du 26 février 2019 (D. 140 et 263) à l’octroi de 
l’assistance sociale avec effet au 1er août 2018 et ordonné le remboursement de 
CHF 9'172.65. La prévenue a recouru personnellement contre ladite décision de 
suspension par-devant la Préfète du Jura bernois (D. 280-295 et D. 302-304). Elle 
savait depuis la réception du mémoire de réponse du E.________ de C.________ 
du 16 avril 2019 (D. 297ss) qu’une enquête pénale était ouverte à son encontre (D. 
300). 

14.3 Pour ce qui est la manière dont l’information est rapportée, la 2e Chambre pénale 
constate que la prévenue revient systématiquement sur le litige au sein du couple 
qu’elle formait jusqu’à fin 2017 (date de la séparation) avec I.________. L’ex-mari y 
est systématiquement représenté comme un vil menteur, sans foi ni loi, ne 
respectant pas ses obligations envers les membres de sa famille (D. 303 ; D. 39 
l. 105-110 ; D. 47 l. 518-534 ; D. 1022-1026 ; D. 1211 ; D. 1213 ; D. 1215 ; 
D. 1216 ; D. 1363), étant à la base de tous les problèmes de la prévenue, 
notamment dans la présente procédure. Si cette dernière trouve son origine dans 
les litiges opposant I.________ et la prévenue, le premier n’en fait toutefois pas 
partie. Il est néanmoins à l’origine de la dénonciation pénale (D. 5-6) qui s’inscrit 
comme mesure de rétorsion suite à la plainte pénale de la prévenue en Suisse à 
son encontre et constitue une surenchère au regard des moyens procéduraux 
auxquels les deux ex-époux ont fait appel pour exercer des pressions et/ou nuire à 
l’autre. En l’occurrence, l’ex-mari n’a aucun autre intérêt personnel concret à cette 
procédure, ne pouvant en particulier ni se constituer partie ni avoir accès au 
dossier et, partant, ne pouvant en retirer aucun avantage, pas même pour les 
autres procédures (civiles), même si, dans le contexte de tensions décrit ci-dessus, 
un intérêt de tenter de nuire à son ex-épouse (encore son épouse au moment de la 
dénonciation) ne peut être exclu voire paraît même très probable. Que la prévenue 
ait, dans les circonstances d’espèces, des reproches à formuler envers son ex-mari 
n’a, comme la défense le relève, rien de surprenant. Dans les procédures de 
divorce litigieuses, ce comportement est courant entre ex-partenaires. L’emphase 
et la dramatisation utilisée dans le cadre de la présente procédure par la prévenue 
(son ex-mari l’a exploitée comme esclave, insultée, volée de ses droits 
fondamentaux, faussement accusée, il a joué avec sa vie [D. 1011]) démontrent 
toutefois une volonté de porter l’objet de la procédure sur la question des rapports 
de force en présence dans le couple et de positionner la prévenue comme victime 
uniquement. Autant la prévenue dépeint un (ex-)mari « tricheur, trompeur et 
menteur » et « sans foi ni loi », autant elle se présente elle-même comme une 
personne altruiste vertueuse, respectant les valeurs de la famille et soutenant cette 

19

dernière, soutenant même son mari alors que le couple battait visiblement déjà de 
l’aile et que son mari voulait déjà le divorce (D. 1217). La 2e Chambre pénale peut 
concevoir que le divorce et les conséquences qui en découlent aient été durs et 
que la prévenue puisse se sentir humiliée par la situation, par exemple suite à la 
perte du statut social et de la situation économique confortable que le mariage lui 
avait procurée (elle n’est plus la femme d’un millionnaire). Les changements induits 
ont été importants et cela peut déstabiliser une personne. Néanmoins, la prévenue 
ne fait preuve d’aucune remise en question personnelle, son ex-mari demeurant la 
seule cause de tous ses malheurs. Par ailleurs, il peut être constaté que les conflits 
du couple portent avant tout sur les conséquences économiques du divorce pour 
chacune des deux parties, cela d’autant plus qu’il n’y a pas d’enfants et que le fait 
de mettre terme au mariage était en principe acquis entre les personnes 
concernées. En faisant dépendre son accord au divorce conventionnel au paiement 
effectif d’une somme d’argent elle démontre qu’elle était avant tout intéressée à un 
règlement économique à son avantage pour terminer cette histoire (D. 1236). La 
prévenue a aussi, de son côté, utilisé tous les moyens procéduraux que la situation 
lui donnait en jouant sur divers éléments tels que la situation internationale de la 
vie du couple ou les différents niveaux de relations – relations conjugale et 
professionnelle. Tous deux se sont battus à tous les niveaux juridiques possibles à 
travers des procédures civiles et pénales, sans se faire de cadeaux. 

14.4 Pour ce qui est de la manière dont la personne auditionnée se comporte vis-à-vis 
l’information donnée, il est manifeste que la prévenue a été touchée par la 
procédure pénale, elle s’est sentie humiliée (D. 37 l. 20 ; D. 40 l. 191). Elle a été 
émue (D. 41 l. 221 ; D. 1245 l. 39). Elle a aussi expliqué qu’une condamnation 
serait ressentie comme une humiliation et une stigmatisation (D. 1363). Elle n’a 
toutefois fait montre d’aucune introspection personnelle par rapport aux faits qui lui 
sont reprochés, trouvant une justification pour parer tout reproche et se disculper 
(les frais médicaux du père coûtaient bien plus que les CHF 1'750.00 de salaire 
qu’elle est accusée d’avoir dissimulés, les sommes reçues par sa mère étaient 
destinées à payer les fournisseurs par virement bancaire en ligne, les sommes 
reçues du Verein H.________ n’ont servi qu’à payer une psychologue). Elle qualifie 
de dégradant le fait d’avoir à justifier l’utilisation des sommes en question, 
notamment de CHF 1'750.00, qui ne représentent même pas « le tiers du salaire 
d’une bonne en Suisse » (D. 1014), sans jamais faire référence à son obligation 
d’annonce en tant que bénéficiaire de l’aide sociale. La prévenue a éludé lors de 
son audition du 27 novembre 2019 certaines questions portant sur l’utilisation de 
l’argent transféré à sa mère pour lesquelles elle n’avait pas de justificatif. Par 
exemple, à la question du policier « Qu’avez-vous fait des CHF 30'000.00, voire 
plus, toujours disponibles sur le compte de votre maman […] ? » elle répond 
d’abord « Il y a des choses Monsieur que je ne peux pas expliquer. Vous n’avez 
jamais changé les couches de votre père » pour finalement déclarer qu’une partie a 
été utilisée pour les parents (D. 43-44 l. 339-352 ; D. 44 l. 354-371). La déclaration 
faite en F.________ par la prévenue (« Les réponses que ma cliente doit fournir 
aujourd'hui aux déclarations de son mari violent son intimité et ses droits, et le fait 

20

qu'elle doive révéler les drames de sa famille la perturbe profondément. Les 
déclarations de son mari manquent d'humanité » [D. 47 l. 518-534]) comme 
réponse à la question liée au transfert de ses immeubles à son neveu interpelle et 
tombe à faux. En effet, la 2e Chambre pénale ne voit pas dans quelle mesure 
l’intimité de la prévenue est particulièrement touchée lorsqu’elle doit présenter sa 
situation économique ou lorsqu’elle explique qu’elle a engagé ses ressources 
économiques pour sa famille, comme elle le décrit. Toutes ces informations ont 
d’ailleurs été communiquées dans toutes les procédures civiles en Suisse, et ce en 
grande partie par la prévenue elle-même de façon spontanée. 

14.5 En outre, on peut observer que la prévenue maîtrise l’art de l’emphase et de 
l’exagération lorsqu’elle exprime ses sentiments, notamment lorsqu’elle parle 
d’abandon (D. 53 l. 806) ou de vivre de manière totalement démunie à C.________ 
(D. 39 l. 143-149), ce d’autant plus que ses déclarations paraissent bien 
contradictoires, notamment lorsqu’elle déclare ne pas avoir de maison ou de pays 
où vivre (D. 1023). D’une part, la prévenue, durant toute la période pendant 
laquelle elle touchait de l’aide sociale, se tenait beaucoup en F.________ où elle 
pouvait, pour le moins, disposer de la maison à G.________. Cela ressort de ses 
propres dires ainsi que des informations données par son neveu, indiquant que 
c’est là que la prévenue séjournait lorsqu’elle était en F.________ et qu’elle y avait 
aussi emménagé ses affaires en les déménageant de l’appartement de son mari en 
F.________ (D. 100). D’autre part, à C.________, elle a vécu dans un premier 
temps dans la maison achetée à titre d’appartement de famille, sans jamais avoir à 
payer de loyer. Dans un deuxième temps, elle a logé dans une chambre mise à 
disposition par une voisine. Bien que le service social l’ait informée que le montant 
mis à disposition aurait été adapté dans la mesure où la prévenue présentait un 
contrat de bail, il interpelle la 2e Chambre pénale que la prévenue, qui, comme 
épouse d’un millionnaire, était habituée à un niveau de vie plus élevé que la 
moyenne, puisse se contenter d’une simple chambre pendant plus d’une année, 
sans tenter de trouver au moins un petit studio pour y avoir sa sphère privée et son 
intimité, sachant que le montant du loyer aurait été pris en charge par l’aide 
sociale. A C.________, la prévenue a reçu l’aide matérielle usuelle comprenant le 
forfait pour couvrir l’entretien (la nourriture, les boissons, l'argent de poche, les 
vêtements, les chaussures, l'électricité, les factures de téléphone, les frais de 
transport, la taxe radio-TV, le tabac, les loisirs, les frais de scolarité, le coiffeur, les 
frais inhérents à la possession d'un animal, tous les achats divers) et l’assurance 
maladie pour une personne. Cette aide matérielle ne vise certes pas à assurer le 
standing matériel supérieur qu’avait la prévenue avant son annonce, mais elle 
couvre les frais nécessaires permettant une vie digne et décente à la personne 
ayant droit. De l’avis de la 2e Chambre pénale, la prévenue se victimise d’une 
manière ostensible et exagérée qui ne trouve guère de compréhension. Nulle part 
elle ne montre une remise en question de ses actes et une prise de conscience des 
obligations liées à ses actes, notamment l’annonce au service social de toute 
modification de sa situation financière.

21

14.6 En ce qui concerne le contenu des déclarations de la prévenue, celles-ci sont, pour 
l’essentiel, constantes en leur noyau, à savoir que la prévenue n’avait plus de 
travail, ni de fortune lorsqu’elle a demandé l’aide sociale à C.________ en été 
2018. Elle n’avait en particulier plus de liquidités sur ses comptes bancaires, celles-
ci ayant été transférées sur le compte de sa mère en faveur des parents dans le 
besoin au mois de décembre 2017, tandis que les immeubles dont elle était 
formellement propriétaire avaient été donnés à son neveu, car elle pensait de 
bonne foi recevoir EUR 400'000.00 de son ex-mari. Elle n’avait pas non plus 
d’autres éléments de fortune, n’étant formellement propriétaire ni de l’immeuble de 
G.________ (propriété de ses parents), ni de la voiture de marque Lexus (propriété 
de sa mère), ni de la BMW (leasing de 2017 qui a été transféré à un tiers en mai 
2019). Les déclarations reprennent pour l’essentiel les arguments avancés dans la 
procédure civile en mesures provisionnelles. Cette constance dans la description 
globale de la situation financière présente toutefois de nombreuses brèches et 
points faibles lorsque les déclarations sont examinées de façon détaillées et ces 
dernières ne résistent pas à l’examen lorsqu’elles sont confrontées aux autres 
moyens de preuve à disposition (cf. ch. 14.7 ci-dessous). 

14.7 Les déclarations de la prévenue relativement à la cession du prêt de 
EUR 80'000.00 par son mari et au transfert de EUR 90’000.00 à sa mère manquent 
d’homogénéité et présentent diverses incohérences. En ce qui concerne l’origine 
du versement du montant de EUR 80'000.00, lors de l’audition déléguée du 
27 novembre 2024, la prévenue a d’abord expliqué qu’il s’agissait du résultat de la 
cession par I.________ d’une dette d’un tiers (un emprunt que lui-même avait 
accordé à une connaissance commune [D. 40, l. 167-169]) alors que quelques 
minutes plus tard, elle a affirmé qu’il s’agissait d’un remboursement d’un montant 
qu’elle avait elle-même avancé à son mari en 2014 (D. 42 l. 256-258). Aucun 
document ne permet d’établir les motifs de la cession, ce qui importe peu. En effet, 
comme la Juge de première instance l’a retenu à juste titre, le titre auquel 
I.________ a cédé la créance du contrat de prêt de 2014 à la prévenue n’est pas 
déterminant dans l’établissement des faits du point de vue pénal. Il demeure 
néanmoins que, quel qu’ait été le motif de la cession, les contradictions entre les 
différentes déclarations sont évidentes et mettent en doute la crédibilité de la 
prévenue. Quant au transfert en décembre 2017 sur le compte de sa mère du 
montant de EUR 90'000.00, somme qui représentait alors pratiquement l’ensemble 
des liquidités dont disposait la prévenue à ce moment-là, il est expliqué qu’il a été 
effectué car la prévenue avait une promesse écrite de son mari que celui-ci lui 
verserait un montant conséquent, soit EUR 400'000.00 (D. 42 l. 260-261 ; D. 44 
l. 383-385). Néanmoins, elle produit un échange de courriels avec son mari datant 
de septembre 2017 duquel il ressort qu’elle n’avait aucunement confiance dans les 
paroles de son futur ex-mari et voulait faire dépendre sa signature de la convention 
de divorce de la réception effective des montants promis dans ladite convention 
(D. 1236 : « Le jour prévu de la signature du divorce, tu vas envoyer l’argent sur 
mon compte »). Les échanges de courriels produits se terminent par le message 
de I.________ qui indique à son épouse que, si elle ne signe pas la convention qui 

22

lui est alors soumise, au mois de septembre 2017, ce seront les avocats qui 
décideront des règles (D. 1233). Aussi, la prévenue n’a cessé de répéter que 
I.________ ne respectait pas ses obligation envers les membres de sa famille, en 
particulier ses (ex-)épouses après les séparations (cf. ci-dessus, ch. 14.3), et qu’il 
faisait de même avec elle. Au vu de cela, la 2e Chambre pénale ne peut croire la 
prévenue lorsqu’elle a prétendu avoir transféré de l’argent à sa mère en décembre 
2017 avec la conviction qu’elle recevrait elle-même bientôt une somme encore plus 
importante de son futur ex-mari, puisqu’elle n’avait absolument aucune confiance 
en lui. Cette explication n’est pas crédible et le motif dudit transfert est à chercher 
ailleurs. Au vu de ce qui précède, la Cour de céans retient que l’explication de la 
prévenue selon laquelle elle avait pu être en décembre 2017 dans l’expectative de 
la réception d’un montant très important par son mari ne peut être suivie. EUR 
80'000.00 ont été versés sur le compte de la prévenue par deux versements le 17 
octobre 2017 et le 19 novembre 2017. A.________ a transféré cette somme 
augmentée de EUR 10’0000.00, soit EUR 90'000.00, à sa mère le 14 décembre 
2017 et elle a ainsi délibérément et en connaissance de cause vidé son compte 
pour pouvoir présenter à l’avenir une situation financière d’indigence. 

14.8 Relativement à l’utilisation de l’argent transféré par la prévenue à sa mère au mois 
de décembre 2017, la 2e Chambre pénale constate que les déclarations 
d’A.________ sont divergentes tant quant aux montants utilisés que relativement 
au motif des dépenses et qu’elles n’ont cessé d’évoluer avec le temps, selon les 
questions posées et les besoins de la cause. Dans le cadre de la procédure civile 
en mesures provisionnelles, elle a déclaré, par sa mandataire, dans son courrier du 
29 juin 2018, que RON 207'800.00 avaient été utilisés pour les travaux [exécutés et 
à venir] et RON 100'000.00 pour rembourser deux prêts accordés à la mère (D. 
547), ce qui correspond à un total de RON 307'800.00. Ce montant correspondrait, 
au 29 juin 2018, à EUR 65'992.32 (cf. site Internet de la Banque centrale 
européenne) resp. à CHF 77’097.37 (cf. site Internet de l’Office fédéral de la 
douane et de la sécurité des frontières OFDF, www.rates.bazg.admin.ch). Ainsi, 
des EUR 90'000.00 il ne resterait que quelque EUR 24'008.00. Si l’on prend les 
chiffres articulés dans le recours à la préfecture en date du 22 mars 2019 (D. 282), 
il y est effectivement fait mention des deux prêts pour RON 100'000.00 en faveur 
de sa mère, mais s’y ajoute un troisième prêt en faveur de la prévenue elle-même 
pour RON 46'000.00 (estimé par les parties au prêt à EUR 10'000.00, équivalant 
selon le site Internet susmentionné à EUR 9'967.00 à la date retenue sur le contrat 
de prêt du 12 mars 2018, D. 286s). Quant aux travaux, leur valeur ne représente 
plus que quelque RON 67'100.00, soit environ EUR 14'413.08 au 31 janvier 2018. 
Les dépenses urgentes totales se monteraient alors à RON 213'100.00, ce que la 
prévenue a chiffré à approximativement CHF 60'000.00 (D. 282), mais équivaudrait 
plutôt, en prenant la date du 31 janvier 2018, à CHF 53'779.00, resp. 
EUR 45'773.88). Confrontées aux divergences de calculs dans les différentes 
procédures, la prévenue a d’abord tenté de donner une explication en disant que 
les montants mentionnés par son avocate étaient peut-être plus exacts et qu’elle 
n’avait fait qu’une estimation (D. 44 l. 364s.), ce qui ne convainc pas. Les 

http://www.rates.bazg.admin.ch

23

différences dans les chiffres invoqués laissent perplexes et ne constituent qu’un 
élément des divergences et incohérences qui peuvent être relevées à ce sujet. 
Tout d’abord, la 2e Chambre pénale constate que, si des documents ont certes été 
produits pour prouver des « dettes » (prêts), ou des dépenses (devis ; pour une 
analyse plus détaillées, cf. ci-après ch. 15.1 et 15.2), aucune pièce au dossier n’en 
atteste le paiement effectif (quittance ou facture payée). En outre, la prévenue a 
invoqué, comme paiements urgents en décembre 2017/début 2018 des faits d’une 
part non encore existant (prêt octroyé en 2018 [D. 286s.] ou déjà avenu (une 
avance pour un leasing payé en septembre ou octobre 2017 [D. 43 l. 325-328 en 
opposition à D. 44 l. 371s.]). Elle semble chercher des excuses. De plus, lorsqu’elle 
a été interrogée par la police sur l’utilisation du solde estimé à EUR 30'000.00, elle 
a d’abord contesté le solde en remettant en question son calcul (D. 43 l. 322 : 
« Non, je pense que c’est plus que ça. Il y a aussi d’autres choses »), raison pour 
laquelle elle mentionne l’avance de leasing de EUR 13'000.00, en oubliant qu’elle 
avait déclaré quelques minutes auparavant l’avoir payé en automne 2017. Lorsque 
la question sur l’utilisation du solde est répétée, elle a dans un premier temps éludé 
la question (D. 43-44 l. 339-347), puis elle a invoqué les traitements de ses parents 
(D. 44 l. 349). Toutefois, dans sa prise de position à la préfecture du 8 mai 2019, 
elle a souligné que l’affirmation du service social selon laquelle elle financerait des 
travaux à l’étranger ou sponsoriserait des frais médicaux de membres de sa famille 
était erronée et offensante, vu que ces actions ont été effectuées en 2017 et non 
en 2018. Ainsi, il y a lieu de constater que, à chaque fois qu’elle est confrontée à 
une affirmation ou un état de faits en sa défaveur, elle tente de donner des 
réponses, lesquelles, mises en relations les unes avec les autres, se contredisent. 
Aussi, lors de l’audience par-devant la Juge de première instance, elle a déclaré 
que l’argent a été engagé en 2018 pour les travaux et, une fois les travaux 
terminés, pour payer les dettes dans le courant de l’année 2018 (D. 1244 l. 1-6). En 
résumé, les déclarations de la prévenue sont vagues (aucune date n’est donnée 
pour un quelconque paiement), elles sont pleines d’incohérences et évoluent au 
gré de la procédure et des questions. Les déclarations de la prévenue quant à 
l’utilisation de l’argent reçu ne sont pas crédibles et ses explications ne peuvent 
pas être suivies. 

15. Mise en relation des des déclarations avec les autres moyens de preuve et 
analyse des faits 

15.1 De plus, les documents produits pour attester des dires de la prévenue interpellent. 
Déjà, la 2e Chambre pénale relève qu’aucune quittance ou facture avec la mention 
payée n’a été produite durant toute la procédure, malgré la promesse faite durant 
l’audition déléguée en novembre 2019 (D. 44 l. 373-391) et malgré le fait que le 
Ministère public l’a invitée le 20 avril 2020 à les documenter en conséquence 
(D. 974). Seul ont été fournis des documents pour attester d’éventuelles dettes et 
obligations financières (à venir). Aucune preuve littérale n’atteste, par conséquent, 
d’un quelconque paiement effectif, qu’il s’agisse d’un prêt remboursé, de travaux 
d’artisan ou même de traitements médicaux. De plus, les documents versés au 

24

dossier soulèvent des questions. En effet, la 2e Chambre pénale constate que, 
dans les deux prêts accordés à la mère de la prévenue, celui du 20 août 2017 de 
K.________ (D. 64s. ; D. 292) et celui du 1er septembre 2017 de L.________, le 
domicile de la mère n’est pas le même. Ainsi, il est retenu dans le premier 
document qu’elle vit à P.________, et dans le second à N.________. La Cour de 
céans constate que l’adresse à P.________ est également retenue comme 
domicile des parents dans les attestations fiscales qui prouvent leur titre de 
propriété à G.________ (relativement à cette adresse et aux questions qu’elle 
soulève cf. ci-après ch. 15.3). Les emprunts mêmes soulèvent des questions, dans 
la mesure où la prévenue présente ses parents démunis : il semble peu crédible 
qu’une personne soit disposée à accorder un prêt d’une telle importance (RON 
100'000.00, soit près de CHF 25'000.00) à un couple âgé ne vivant que d’une 
petite retraite (CHF 250.00 selon les dires de la prévenue [D. 282]), néanmoins la 
question peut demeurer ouverte. En effet, les échéances de remboursement 
étaient prévues pour le 31 août 2018 resp. Le 31 décembre 2018 et, en ce sens, 
ces dettes ne peuvent pas être qualifiées d’obligations urgentes justifiant un 
virement (de EUR 90'000.00) en décembre 2017. Quant à l’unique devis déposé 
pour les travaux de N.________ (D. 289), il n’est ni daté, ni signé, ce qui, encore, 
interpelle l’Autorité de céans. Même s’il devait être admis que, selon ledit devis, 
des travaux ont été effectués entre les mois de septembre et novembre 2017 pour 
un montant de RON 140'700.00, soit EUR 30'363.00 (au taux de change moyen 
pour décembre 2017) et que cette somme a dû être payée avec l’argent transféré 
en décembre 2017, l’autre partie pour un montant de RON 67'100.00, soit 
EUR 14'419.00 (au taux de change moyen pour l’année 2018) avait comme date 
d’exécution octobre 2018 (D. 289). La 2e Chambre pénale constate dès lors qu’au 
moment où la prévenue a transféré les EUR 90'000.00 au mois de décembre 2017 
à sa mère, un total de maximum EUR 30'363.00 pouvaient devoir être engagés 
pour des travaux exécutés tandis que près de EUR 60'000.00 n’étaient pas 
urgemment nécessaires. Le virement en décembre 2017 n’avait pas la justification 
de payer des factures urgentes des parents, tel qu’allégué par la prévenue, ce 
d’autant plus que les revenus de cette dernière se montaient alors à 
mensuellement EUR 1'181.00 (CHF 1'381.05 selon le taux de change moyen de 
décembre 2017 [D. 801ss]) et qu’elle venait de conclure un contrat de leasing pour 
une BMW qui prévoyait des mensualités d’au moins CHF 257.00 (RON 1'192.40 
[D. 1250ss]). Dès lors, considérant le manque de justificatifs quant aux paiements 
effectifs de quelconques factures en fin 2017 et début 2018 et que, même en 
retenant que quelque EUR 30'000.00 ont peut-être dû être utilisés pour payer un 
artisan (même si aucun paiement effectif n’a été prouvé) et que la prévenue ne 
recevait plus aucun soutien financier et n’en attendait aucun (cf. ci-dessus 
ch. 14.7), la 2e Chambre pénale considère que l’objectif premier du transfert des 
EUR 90'000.00 au mois de décembre 2017 était de vider ses comptes de leur 
substance.

15.2 En vertu de l’art. 10 al. 2 CPP, le tribunal apprécie librement les preuves recueillies 
selon l’intime conviction qu’il retire de l’ensemble de la procédure. Il peut tirer des 

25

conclusions du refus du prévenu de donner de plus amples explications quant à 
l’état de fait, lorsqu’il peut raisonnablement être attendu de lui qu’il fournisse des 
informations quant aux éléments au dossier. Si le prévenu refuse d’étayer les 
éléments à décharge qu’il invoque et qu’il n’existe pas d’indice appuyant la 
crédibilité de ses déclarations à décharge, le tribunal peut, en appréciant librement 
les preuves, considérer les déclarations du prévenu comme non crédibles sans 
pour autant violer l’art. 113 al. 1 CPP ou l’art. 6 de la Convention de sauvegarde 
des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CEDH ; RS 0.101), ni 
procéder à une inversion illicite du fardeau de la preuve (arrêts du Tribunal fédéral 
6B_678/2013 du 3 février 2014 consid. 4.4 ; 6B_453/2011 du 20 novembre 2011 
consid. 1.6 ; 6B_30/2010 du 1er juin 2010 consid. 4.1 et références citées ; DANIEL 
JOSITSCH/NIKLAUS SCHMID, Handbuch des schweizerischen Strafprozessrechts, 
4e éd. 2023, note de bas de page 336 ad no 231; NIKLAUS OBERHOLZER, Grundzüge 
des Strafprozessrechts, 4e éd. 2020, no 912 ; décision de la Cour européenne des 
droits de l’Homme du 8 février 1996, Murray c. Grande-Bretagne, 18731/91 
consid. 47 ; JENS MEYER-LADEWIG, EMRK Handkommentar, 3e éd. 2011, no 140 ad 
art. 6 CEDH et références citées. Le manque de crédibilité de la portée des 
documents produits par la prévenue a été retenu ci-avant (cf. ch. 15.1). Dans la 
mesure où la prévenue a produit les titres attestant de l’existence des dettes, mais 
qu’elle ne produit aucune quittance des paiements invoqués, alors que ces pièces 
seraient entièrement à sa décharge, la 2e Chambre pénale ne peut que conclure 
que si, les quittances manquent, c’est parce qu’il n’y a pas eu paiement effectif et 
que, partant, l’argent transféré (EUR 90'000.00) n’a pas été utilisé comme affirmé 
par la prévenue, pour payer des dettes et des artisans pour des travaux aux 
maisons à N.________ et G.________, qu’ils aient eu lieu ou non. Il faut au 
contraire admettre que la prévenue a transféré cet argent pour pouvoir démontrer 
une indigence personnelle, tout en disposant toujours du montant transféré de EUR 
90'000.00, du moins en grande partie et qu’elle a violé son obligation d’information 
vis-à-vis du service social en ne mentionnant pas cet état de fait. 

15.3 Durant toute la procédure, la prévenue n’a manqué aucune occasion pour affirmer 
la précarité financière de ses parents et son obligation d’assistance à leur égard. 
Néanmoins, la 2e Chambre pénale relève que celle-ci ne repose que sur des 
déclarations très vagues et générales de la prévenue, à savoir qu’ils étaient âgés, 
n’avaient qu’une rente de quelque CHF 250.00 par mois en 2018 (D. 282), que le 
père est décédé en 2021 après avoir été malade quelques années, que la maladie 
a engendré pendant des années des frais médicaux importants et rendu 
nécessaires des transformations à la maison de N.________ en 2017 et 2018 (D. 
281 et 1014). Depuis le décès du père en 2021, la mère vit avec le frère de la 
prévenue d’une pension de CHF 250.00 par mois (D. 2013 et D. 1024). De plus, les 
parents sont propriétaires de la maison à G.________, dont la fille supporte tous 
les frais. Après examen des déclarations et des pièces produites, la Cour de céans 
considère que la situation financière des parents ne paraît pas si précaire que 
présentée tout au long de la procédure par la prévenue, et ce pour les raisons qui 
suivent.

26

- Les certificats d’attestation fiscale établis par la commune de G.________ le 
18 novembre 2019 (D. 113s. et 116s.) retiennent que les parents sont 
copropriétaires de trois parcelles dans cette commune, deux agricoles, sans 
valeur fiscale, la troisième comportant un bâtiment principal, ainsi qu’une 
annexe, tous deux construits en 2014 et présentant en 2019 une valeur fiscale 
totale de RON 305'154.94, ce qui correspond à CHF 71'069.00 (au taux de 
change de novembre 2019). Or, lesdits certificats retiennent que le domicile 
officiel des parents est à P.________, Bld. R.________. Cette même adresse 
se retrouve sur la procuration spéciale signée par les parents en faveur de leur 
fille pour les affaires administratives de G.________ en 2012 (D. 109ss) ainsi 
que sur l’un des prêts accordé à la mère de la prévenue (cf. prêt de RON 
50'000.00 du 20 août 2017 par K.________ [D. 64s.], à l’opposé du prêt de 
L.________ du 1er septembre 2017, également pour RON 50'000.00, avec un 
domicile à N.________ [D. 62s.]). Dans la mesure où cet appartement à 
P.________ est donné comme domicile officiel, il peut en être déduit un lien 
particulièrement important, tel le lieu de résidence principale, voire une 
propriété. Même s’il devait être vrai que les parents ne vivent pas dans ledit 
appartement, il y a lieu d’en conclure qu’ils disposent – en propriété ou en 
location – d’un immeuble supplémentaire qui, s’il ne leur sert pas d’habitation, 
génère certainement un revenu par le biais d’une location. Dès lors, que ce soit 
par une fortune avec possibilité d’habitation ou par une location, il y a lieu 
d’admettre qu’un élément important pour déterminer la situation financière des 
parents n’a pas été déclaré de manière transparente. En outre, sachant que la 
prévenue a toujours déclaré que la maison de G.________ devait servir aux 
parents pour être plus proches des médecins et des soins nécessaires à 
P.________ (D. 46 l. 446-448 et 461-462 : « Mes parents vivent dans cette 
maison quand ils doivent venir à P.________ pour aller chez le docteur ») et 
que les relevés fiscaux datent de 2019, la déclaration de la prévenue quant à la 
finalité de la construction de G.________ perd toute crédibilité (cf. ci-après 
ch. 15.5).

- La prévenue a expliqué que ses parents avaient participé au financement de la 
maison de G.________ avec le revenu d’un terrain qu’ils louent à un agriculteur 
(D. 46 l. 456-458). Or, cette rentrée d’argent n’est plus mentionnée lorsqu’elle 
se prononce sur leur situation financière et leurs revenus. Cet élément et 
l’adresse à P.________ font clairement état de revenus réguliers des parents 
autres que l’unique rente de l’équivalant de CHF 250.00 mentionnée par la 
prévenue. 

- Les déclarations de la prévenue quant à la fortune liée aux immeubles de ses 
parents ne sont pas cohérentes et interpellent. Selon le formulaire 
« questionnaire sur la situation personnelle » rempli le 3 mars 2022 par la 
prévenue en vue de l’audience par-devant le Tribunal régional, les valeurs 
fiscales des parts aux immeubles en F.________ héritées par son frère, son 
neveu et elle-même du père décédé s’élèvent à CHF 19'100.00 et 
CHF 43'858.00 (D. 1185). Or, aucun des montants retenus, qui ne sont par 

27

ailleurs consolidés par aucune pièce littérale, ne peut être mis en lien avec 
l’attestation fiscale établie en 2019 pour G.________ pour laquelle la part du 
père s’élevait à tout le moins CHF 30'500.00 au taux de change de 2019, 
respectivement à CHF 32'275.00 au taux de change 2022 pour la moitié de la 
valeur fiscale de RON 305'154.94. Même en tenant compte de l’évolution du 
taux de change, l’écart entre les montants déclarés et l’attestation fiscale est 
trop important pour être concluant et la Cour de céans se permet de mettre en 
doute les chiffres indiqués par la prévenue sur ce formulaire. 

- En ce qui concerne les autres éléments relatifs à la situation financière des 
parents invoqués dans la procédure, à nouveau ce sont les incohérences qui 
prédominent. Selon la prévenue, ses parents ont eu les moyens d’acheter une 
Lexus en 2012, de participer au financement de la construction de la maison de 
G.________ en 2012-2014, de lui envoyer de l’argent en 2018 et de lui avancer 
l’argent pour payer les frais de sa mandataire en Suisse qui se sont élevés à 
CHF 4'300.10 (D. 1245 l. 27-30 ; D. 1386). Par contre, en 2017 et 2018, ils ne 
pouvaient pas payer les frais de rénovation et entretien de leurs deux 
immeubles ni couvrir les frais médicaux engendrés par les traitements du père. 
La 2e Chambre pénale observe que la situation des parents varie selon les 
besoins de la cause et qu’il n’est pas possible de se fier aux informations de la 
prévenue non prouvées par une autre source. 

- De plus, il faut tenir compte du fait que les coûts des frais de la vie sont en 
F.________ nettement plus bas qu’en Suisse. Ainsi, en 2017, l’indice des 
niveaux de prix s’élevait à 51.5 pour la F.________ tandis qu’il était de 155.6 
pour la Suisse. Aujourd’hui encore, les frais de nourriture sont clairement parmi 
les plus bas d’Europe, tandis que l’assurance maladie est gratuite pour les 
retraités (cf. les informations présentes sur le site de la Commission 
européenne : ec.europa.eu).

Partant, au vu des arguments susmentionnés et des nombreuses incohérences 
relevées, la 2e Chambre pénale conclut que la situation économique des parents 
en F.________ ne peut pas être qualifiée de précaire.

15.4 En ce qui concerne les voitures, la prévenue a déclaré que la Lexus avait été 
achetée par sa mère, même si elle n’a pas de permis de conduire, pour un usage 
familial et qu’elle et son frère étaient les conducteurs mais qu’elle-même était la 
personne qui roulait le plus ledit véhicule. Depuis 2016, elle utilisait une voiture de 
la société qui appartenait à son ex-mari et elle avait laissé la Lexus chez ses 
parents pendant un certain temps, avant de la mettre dans un parking pour tenter 
de la vendre. La prévenue a admis avoir utilisé la Lexus vers la fin 2018 pour venir 
chercher des affaires en Suisse (D. 1214). Elle a vendu le véhicule pour 
EUR 5'000.00 le 15 mai 2019 (D. 1267). Interrogée sur le fait que l’immatriculation 
de la Lexus était en partie identique à celle de la BMW, pour laquelle elle avait 
conclu un contrat de prêt-bail en septembre 2017, par l’emploi de « BEL », la 
prévenue a admis que BEL voulait dire Bella et qu’elle se faisait également appeler 
ainsi, ajoutant que sa mère avait aussi eu un chien qui s’appelait ainsi (D. 48 l. 549-

https://ec.europa.eu/social/main.jsp?catId=1126&intPageId=4751&langId=fr

28

590). La 2e Chambre pénale observe que la mère de la prévenue était inscrite dans 
la carte grise du véhicule comme propriétaire de la Lexus, véhicule acheté le 8 
novembre 2012 (D. 1218), qu’elle a formellement donné procuration à la prévenue 
le 22 septembre 2017 pour la vendre (D. 1248-1249), qu’elle a été vendue pour 
EUR 5'000.00 le 15 mai 2019 (D. 1267), que ce véhicule était immatriculé 
S.________, que cette immatriculation avait été attribuée à la prévenue pour une 
Toyota Prius du 18 octobre 2010 au 24 avril 2012, puis à sa mère pour la Lexus du 
8 novembre 2012 au 17 mai 2019 (D. 899). La prévenue n’avait dès lors pas 
d’autre voiture lorsque la Lexus a été achetée. La prévenue a informé son ex-mari, 
qui visiblement lui demandait de rendre le véhicule de service dans son courriel du 
10 septembre 2017 (D. 1233ss ; 1235), que « sa » voiture était dans un parking à 
vendre, et qu’elle ne pouvait pas la rouler car cela signifiait que la vente ne se ferait 
pas. Dans la traduction livrée aux autorités judiciaires par la prévenue, celle-ci a 
pris le soin de préciser qu’il s’agissait de la voiture de sa mère. Vu le modèle, la 
Lexus valait à neuf en 2008 plusieurs dizaines de milliers d’euros ; au vu du prix de 
vente (EUR 5'000.00) encore obtenu en 2019 pour un véhicule âgé de plus de 
10 ans à ce moment-là, il devait valoir plusieurs dizaines de milliers d’euros lors de 
l’achat en 2012, sept ans plus tôt. Cet achat par la mère n’est pas compatible avec 
la précarité financière de ses parents invoquée par la prévenue. D’autres 
incohérences interpellent. D’une part, si le véhicule devait effectivement servir aux 
parents, il semble étrange qu’il ait été stationné dans un garage quand la prévenue 
pouvait disposer d’un véhicule de service d’une entreprise de son mari, puisque le 
frère de la prévenue conduisait aussi ce véhicule et que rien ne pouvait justifier une 
renonciation à l’usage du véhicule, d’autant moins vu la détérioration de l’état de 
santé du père de la prévenue qui nécessitait certainement un véhicule pour se 
déplacer. D’autre part, si la mère avait effectivement eu les moyens et acheté le 
véhicule pour l’offrir à sa fille, se pose la question de savoir pourquoi le véhicule et 
l’immatriculation se sont fait au nom de la mère, vu son âge et vu surtout qu’elle 
n’avait pas de permis de conduire et ne comptait pas en obtenir un. Pour la 
2e Chambre pénale, il ne fait aucun doute que le véhicule appartenait effectivement 
à la prévenue et que sa mère a seulement servi de prête nom. Pour ce qui est de la 
BMW, la prévenue a expliqué avoir conclu un contrat de prêt-bail au mois de 
septembre 2017, et que ce contrat a été cédé le 15 mai 2019, car elle ne pouvait 
plus financer cette dépense (D. 48 l. 549-590). Le contrat de cession du contrat de 
prêt-bail a été produit lors de l’audience par-devant le Tribunal régional le 2 mai 
2022 (D. 1264-1266). Il en ressort que le cessionnaire a payé un montant de 
RON 40'000.00 (soit EUR 8'404.00 selon le taux de change moyen de mai 2019) à 
la prévenue (D. 1265). La 2e Chambre pénale constate ainsi que la prévenue, à 
chaque fois qu’elle a déclaré avoir dû céder le contrat trop onéreux pour elle, s’est 
bien gardée de préciser qu’elle avait perçu un quelconque montant lors de la 
cession du contrat de prêt-bail, et, du reste, que ce montant n’a pas non plus été 
annoncé au service social qui n’en a, dès lors, pas tenu compte dans les budgets 
(D. 337ss). Au final, la 2e Chambre pénale constate qu’aussi bien la Lexus que la 
BMW constituaient de la fortune de la prévenue que celle-ci a tue lorsqu’elle s’est 
annoncée au service social au mois d’août 2018, que ces actifs avaient a minima 

29

une valeur de EUR 13'400.00, qui correspond aux prix obtenus lorsqu’elle a vendu 
lesdits véhicules, tous deux à la même date, soit le 15 mai 2019. 

15.5 Quant à la maison à G.________, à côté de P.________, la prévenue a soutenu 
qu’elle a été construite suite à une décision de famille, en particulier de sa sœur et 
d’elle-même, comme les parents étaient à la campagne et que leur père 
commençait à avoir des problèmes de santé (D. 46 l. 446-450). Relativement au 
financement, elle a affirmé que les parents ont participé avec le revenu d’un terrain 
qu’ils louaient à un agriculteur, sinon la maison a été financée en grande partie par 
sa sœur et elle-même (D. 46 l. 455-459). L’ex-mari avait contribué pour l’annexe, 
avec un montant de quelque RON 8'000.00, soit à peine CHF 1'500.00 (D. 46 
l. 471-472 et D. 1215). Or, le frère de la prévenue, T.________ a lui-même déclaré 
dans le cadre de la procédure civile que « A.________ s’était fait le plan de nous 
regrouper tous plus proche de P.________, et c’est pour cela qu’en 2012 elle a 
commencé à construire un logement pour nos parents, dans lequel elle a été 
forcée d’aménager et dans lequel elle demeure quand elle est en F.________, moi-
même demeurant là-bas lorsque je vais à P.________ » (document daté du 12 mai 
2018, traduit librement du F.________ et produit dans le cadre de la procédure 
civile [D. 632]), alors que sa déclaration déposée au début de l’audition déléguée le 
27 novembre 2019, datée du 16 novembre 2019, dit « cette maison a été construite 
entre 2012 et 2015 avec le soutien et les conseils de ma sœur A.________ » 
(D. 99). Il a précisé que cette maison appartient à leurs parents et était une maison 
de famille, que les parents et lui-même y vivaient lorsqu’ils emmenaient le père à 
l’hôpital de P.________, mais seulement depuis 2018, quand la maison est 
devenue habitable après que la prévenue a été contrainte d’y déménager. Avant, 
quand le père avait besoin de soins médicaux, il séjournait chez I.________ à 
G.________ avec le couple (I.________ et la prévenue [D. 99, 5e paragraphe]). Le 
neveu utilise parfois la maison où il va avec ses amis et il s’en occupe quand il n’y 
a personne. Nulle part le frère ne fait mention d’un projet familial, ou d’une 
participation financière de sa deuxième sœur, U.________. Sur un document du 19 
novembre 2019 (D. 100), non signé, le neveu écrit qu’il utilise occasionnellement la 
maison, que la prévenue y vit lorsqu’elle réside en F.________ depuis qu’elle est 
séparée de son mari en 2018 et que les grands-parents y séjournent 
occasionnellement lorsque le grand-père est hospitalisé. Les grands-parents ne 
peuvent plus vivre seuls, son grand-père ne peut se déplacer seul, a besoin de 
soins permanents et que son oncle (leur fils) les accompagne et vit de manière 
permanente avec eux (D. 100). Les parents de la prévenue ont attesté sur un 
document daté du 17 novembre 2019 être les propriétaires de l’immeuble sis à 
G.________, que cette maison a été construite en 2012, achevée en 2014 et 
meublée en 2018, lorsque la prévenue a dû y déménager tous ses biens, suite à 
des problèmes conjugaux, que la prévenue avait été mandatée pour superviser la 
construction et l’aménagement extérieur, puis la gestion, sans droit de propriété, la 
maison sera héritée par leur fils, la prévenue et leur petit-fils, fils de leur fille 
prédécédée (D. 101-102, étant retenu qu’une partie de la traduction manque). 
Dans toute la procédure, la prévenue soutient que ses parents sont les 

30

propriétaires de cette maison depuis son achat (notamment D. 46 l. 452-453). Les 
certificats fiscaux établis par la commune de G.________ le 18 novembre 2019 
(D. 113s. et 116s.), retiennent effectivement que ce sont les parents qui sont 
copropriétaires des trois parcelles en question dans cette commune, deux 
agricoles, sans valeur fiscale, la troisième comportant un bâtiment principal avec 
une surface bâtie de 299 m2, construit en 2014 et d’une valeur fiscale de 
RON 301'875.00, ainsi qu’une annexe avec une surface bâtie de 17,85 m2 
construite en 2014. Toutefois, la prévenue a admis être la réelle propriétaire de 
l’immeuble sis à G.________, avec sa sœur, dont le fils utilise la maison quand sa 
tante n’y est pas. Elle a précisé qu’elle n’avait pas le choix et devait assumer les 
charges y relatives (D. 47 l. 514-516). Selon la procuration du 22 novembre 2012 
(D. 109 et 111), établie en faveur de la prévenue, ses parents lui ont donné tout 
pouvoir pour les représenter devant tous les organes compétents et pour 
entreprendre les démarches nécessaires pour l’aménagement intérieur et extérieur 
du bâtiment – logement, pour lequel elle fera la preuve de la propriété avec les 
documents nécessaires. Elle doit remplir toutes les formalités prévues par la loi, 
solliciter la documentation nécessaire aux aménagements, s’occuper de l’achat des 
matériels nécessaires, surveiller la réalisation des travaux d’aménagement ainsi 
que la réalisation des installations (intérieures et extérieures) de raccordement et 
alimentation en énergie électrique, gaz, eau potable, TV câble, y compris 
renouvellement, modifications, elle devra payer tous les frais d’entretien, les taxes 
et impôts nécessaires, et ce à titre gratuit, pour une période illimitée. La seule limite 
est fixée dans l’impossibilité de gager et d’aliéner ledit immeuble. La 2e Chambre 
pénale a déjà relevé que les parents de la prévenue devaient pouvoir disposer d’un 
appartement à P.________ vu le domicile retenu dans différents documents 
produits (cf. ch. 15.3), ce qui vide de son sens l’excuse d’un logement plus prêt de 
P.________ en vue de se faire soigner. D’ailleurs, selon les informations données, 
la construction n’a pas été entièrement terminée en 2014 et les parents ne s’y sont 
pas installés. En particulier, il est étonnant que le logement n’ait été meublé qu’en 
2018, lorsque la prévenue elle-même en a eu besoin, alors que l’achat du terrain et 
la construction de la maison ont eu lieu resp. débuté en 2012. Si vraiment le but 
avait été d’offrir un logement aux parents plus proche de P.________, il aurait été 
adéquat de meubler la maison au plus vite, au plus tard en 2016, date à laquelle, 
selon les dires de la prévenue, les problèmes de santé ont été particulièrement 
importants (D. 281 et 1014). Cela laisse à penser que la seule personne à vraiment 
avoir un intérêt pour l’immeuble est bien la prévenue. Même si la prévenue n’était 
plus si souvent en F.________ et à G.________ suite à son mariage avec 
I.________, elle avait tout de même alors l’opportunité financière de mener à terme 
ce projet et permettre ainsi à ses parents de se rapprocher à tout le moins de leur 
deuxième fille qui n’est décédée qu’en 2016 et qui vivait aussi à P.________. 
Aussi, l’information selon laquelle il aurait coûté plus cher de terminer G.________ 
qui était censée accueillir les parents que de transformer N.________ pour ces 
derniers en 2017 (pour un total de EUR 45'000.00, cf. ci-dessus ch. 15.1) 
interpelle, et ce d’autant plus que la prévenue a vécu à G.________ lorsqu’elle était 
en F.________ pendant les année 2018 et 2019, après avoir effectué quelques 

31

travaux, meublé le logement et l’avoir rendu habitable, et que les parents y 
séjournaient depuis 2018 lorsqu’ils devaient aller à l’hôpital à P.________. Les 
explications de la prévenue quant à la prise de décision, à la finalité et au 
financement de la construction de G.________ n’emportent dès lors aucune 
conviction. La prévenue a admis avoir financé la maison, elle a même précisé 
qu’elle n’avait pas le choix et devait assumer les charges y relatives. La maison n’a 
été rendue définitivement habitable que lorsqu’elle-même s’est vue contrainte d’y 
emménager, dès lors, il s’agit clairement de sa maison. D’ailleurs, il ressort de la 
procuration avec les pouvoirs spéciaux que, mise à part le titre de propriété, la 
prévenue a tous les droits et tous les devoirs relatifs à la propriété en question. Elle 
organise les travaux et les paient de son propre argent tout comme tous les frais 
d’entretien, les taxes et les impôts, ce qui va bien plus loin qu’une simple 
administration. De ce qui précède, il peut être déduit que, en instaurant ses parents 
comme propri