# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 2a525dba-33df-5a50-87e6-30d499d2ffe2
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-04-20
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Verwaltungsgerichtshöfe 20.04.2022 603 2022 9
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_007_603-2022-9_2022-04-20.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00
tribunalcantonal@fr.ch
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

603 2022 9

Arrêt du 20 avril 2022

IIIe Cour administrative

Composition Présidente : Anne-Sophie Peyraud 
Juges : Marianne Jungo, Johannes Frölicher 
Greffière-stagiaire : Désirée Cuennet

Parties A.________, recourant, 

contre

COMMISSION DES MESURES ADMINISTRATIVES EN MATIÈRE 
DE CIRCULATION ROUTIÈRE,  autorité intimée 

Objet Circulation routière et transports - Maintien du droit de conduire - 
Conditions - Délais pour produire deux examens capillaires - Principe 
de la confiance

Recours du 26 janvier 2022 contre la décision du 6 janvier 2022

Tribunal cantonal TC
Page 2 de 6

attendu

que, le 25 juin 2020, A.________ a vu son permis de conduire retiré pour la durée de cinq mois, 
pour manque d'égard au véhicule qui suit en bifurquant à droite, entrave aux mesures de 
constatation de l'incapacité de conduire et fuite après accident en lien avec un événement survenu 
le 31 janvier 2020;

que le permis a été déposé le 5 novembre 2020;

qu'en date du 7 février 2021, A.________ a été contrôlé par la police cantonale alors qu'il circulait 
au volant de son véhicule automobile à Bulle;

que, lors du contrôle, A.________ a immédiatement déclaré aux policiers être sous le coup d'une 
mesure de retrait du permis de conduire et a avoué avoir fumé un joint de marijuana durant la soirée;

que, par courrier du 11 février 2021, la Commission des mesures administratives en matière de 
circulation routière (ci-après: CMA) a avisé l'intéressé de l'ouverture d'une procédure administrative, 
en lui signalant que les constatations de la police pourraient donner lieu au prononcé d'une mesure 
administrative, sans lui donner toutefois l'opportunité de s'exprimer;

que, par décision du 15 avril 2021, la CMA a prononcé le retrait préventif du permis de conduire de 
l'intéressé pour une durée indéterminée jusqu'à ce que les motifs d'exclusion aient été élucidés, pour 
conduite, le 7 février 2021, sous le coup d'une mesure de retrait et sous l'emprise de la drogue avec 
une concentration sanguine de THC relevée à intervalles de 28 à 54 µg/l et consommation régulière 
et établie de ce produit en raison de la concentration sanguine d'acide non conjugué THC-
carboxylique (THC-COOH) relevée à teneur de 113 µg/l de sang;

que le précité a été invité, par la même décision, à produire une expertise afin d'évaluer ses 
habitudes de consommation de produits stupéfiants et de déterminer s'il souffre d'une dépendance 
toxicomaniaque chronique ou périodique et/ou d'éventuels autres troubles (p. ex. de la personnalité) 
qui le rendraient inapte à la conduite de véhicules du 1er groupe. Il a été averti qu'une décision finale 
serait prononcée à réception du rapport d'expertise et que, à défaut de production dudit rapport d'ici 
au 15 octobre 2021, un retrait de sécurité de durée indéterminée serait prononcé sans nouvel avis;

que cette décision n'a pas été contestée;

que, dans son expertise du 6 décembre 2021, le Dr B.________, spécialiste en psychiatrie et 
psychothérapie à l'institut C.________ SA, et le psychologue D.________ ont conclu à l'absence 
d'éléments en faveur d'une dépendance active et actuelle au cannabis, à l'alcool ou à une autre 
drogue. Les experts ont attesté de l'aptitude à la conduite du précité en recommandant tout de même 
qu'il maintienne une abstinence de drogue stricte et une consommation modérée d'alcool pour la 
durée de six mois au minimum, contrôlée par prélèvement capillaire tous les trois mois jusqu'au 
terme des six mois;

que, par courrier du 16 décembre 2021, la CMA a transmis l'expertise à l'intéressé et lui a donné 
l'opportunité de lui faire parvenir d'éventuelles observations. Par ailleurs, l'autorité lui a indiqué qu'à 
l'échéance du délai octroyé à cet effet, elle soumettra le dossier complet à l'appréciation de la 
commission pour prise de décision finale;

Tribunal cantonal TC
Page 3 de 6

que A.________ n'a pas réagi dans le délai imparti;

que, par décision du 6 janvier 2022, la CMA a prononcé le maintien du droit de conduire de l'intéressé 
sous conditions. Se fondant sur le rapport d’expertise du 6 décembre 2021, elle a exigé de sa part 
qu’il produise deux rapports d’analyse capillaire (trois centimètres de cheveux par examen; 
recherche ethylglucuronide – EtG ≤ 30 pg/mg) à trois mois d’intervalle attestant d’une abstinence 
stricte de toute consommation de drogue et une consommation modérée d'alcool durant une période 
de six mois au moins;

qu'il a été demandé que le premier rapport d'analyse attestant de cette abstinence parvienne à la 
CMA au plus tard le 10 avril 2022 et le second, trois mois plus tard;

que l'intéressé a été expressément averti qu'en cas de non-respect de la condition précitée, l'autorité 
considérera qu'il n'a pas apporté la preuve de son aptitude médicale à la conduite et qu'elle 
prononcera un retrait de sécurité de durée indéterminée de son permis de conduire;

que, par décision séparée du même jour, remplaçant la décision préventive du 15 avril 2021, la CMA 
a par ailleurs prononcé en outre le retrait du permis de conduire de l'intéressé pour toutes les 
catégories de véhicules pour la durée de quinze mois;

que, par mémoire du 26 janvier 2022, A.________ recourt contre la première des décisions du 
6 janvier 2022 auprès du Tribunal cantonal, concluant à la modification partielle de celle-ci. Il 
demande implicitement qu'un autre délai lui soit imparti pour produire en particulier le premier rapport 
d'analyse. Il explique qu'il a "vécu normalement en passant des fêtes de fin d'année et des vacances 
de janvier sans restriction ni excès". De ce fait, en tenant compte d'une latence de cinq à six 
semaines pour recevoir les résultats d'analyse, le recourant affirme que le délai échéant au 10 avril 
2022 imposé par la CMA est impossible à respecter puisqu'il devrait fournir l'échantillon capillaire à 
la fin février;

que, dans ses observations du 24 mars 2022, la CMA conclut au rejet du recours, tout en renvoyant 
à sa décision du 6 janvier 2022 ainsi qu'aux autres pièces du dossier. Elle précise néanmoins que 
le recourant était, selon elle, au courant des conclusions de l'expertise le concernant et qu'il lui 
appartenait, en respect du principe de la bonne foi, de mettre en place l'abstinence recommandée 
à tout le moins jusqu'à connaissance de la décision formelle de l'autorité intimée;

considérant

que, interjeté dans le délai et les formes prescrits (art. 79 à 81 du code fribourgeois du 23 mai 1991 
de procédure et de juridiction administrative, CPJA; RSF 150.1) - l'avance de frais ayant par ailleurs 
été versée en temps utile - le recours est recevable à la forme;

que, partant, le Tribunal cantonal peut entrer en matière sur ses mérites;

que, lorsque le permis de conduire est retiré pour cause d'inaptitude à conduire, il doit l'être pour 
une durée indéterminée (cf. art. 16d al. 1 LCR). Le permis d'élève conducteur ou le permis de 
conduire retiré pour une durée indéterminée peut toutefois être restitué à certaines conditions, après 
expiration d'un éventuel délai d'attente légal ou prescrit, si la personne concernée peut prouver que 

Tribunal cantonal TC
Page 4 de 6

son inaptitude à la conduite a disparu (art. 17 al. 3 LCR). Lorsque le retrait du permis d'élève 
conducteur ou du permis de conduire est prononcé pour une durée indéterminée ou définitivement, 
l'autorité compétente informe l'intéressé, en lui notifiant sa décision, des conditions qui lui 
permettront d'obtenir de nouveau un permis d'élève conducteur ou un permis de conduire (cf. art. 31 
de l'ordonnance du 27 octobre 1976 réglant l'admission à la circulation routière, OAC; RS 741.51);

qu'en l'espèce, suivant les recommandations du centre d'expertise, l'autorité intimée a fixé les 
conditions présidant au maintien du droit de conduire, à savoir que l'intéressé doit produire deux 
rapports d'analyse attestant d'une abstinence de toute consommation de drogue et d'une 
consommation modérée d'alcool, contrôlées cliniquement et biologiquement en se soumettant à 
deux examens toxicologiques, à trois mois d'intervalle, par analyse capillaire, durant une période 
supérieure ou égale à six mois au moins;

que le recourant ne conteste pas le rapport d'expertise en cause ni les conditions posées par la CMA 
dans sa décision du 6 janvier 2022. La décision étant conforme aux conclusions des experts, elle 
n'est ainsi pas contestée ni contestable en soi;

que l'intéressé s'en prend néanmoins aux modalités de mise en œuvre des conditions qui lui sont 
imposées, notamment le délai imparti pour produire à la CMA les résultats de la première analyse, 
lequel a été fixé au 10 avril 2022. Selon lui, le temps écoulé entre la réception de la décision du 
6 janvier 2022 et la date du dépôt du premier rapport d'analyse ne serait pas suffisant afin d'éviter 
toutes traces des substances concernées dans l'échantillon prélevé. Il invoque à l'appui de son 
argumentation que, le délai de réception des résultats étant de cinq à six semaines, cela l'astreint à 
effectuer ladite analyse avant la fin du mois de février 2022, alors qu'il a vécu les fêtes de fin d'année 
sans restrictions ni excès, ne connaissant pas encore la décision litigieuse;

que, découlant directement de l'art. 9 Cst. et valant pour l'ensemble de l'activité étatique, le droit à 
la protection de la bonne foi préserve la confiance légitime que le citoyen met dans les assurances 
reçues des autorités, lorsqu'il a réglé sa conduite d'après des décisions, des déclarations ou un 
comportement déterminé de l'administration. Selon la jurisprudence, un renseignement ou une 
décision erronés de l'administration peuvent obliger celle-ci à consentir à un administré un avantage 
contraire à la réglementation en vigueur, à condition que l'autorité soit intervenue dans une situation 
concrète à l'égard de personnes déterminées, qu'elle ait agi ou soit censée avoir agi dans les limites 
de ses compétences et que l'administré n'ait pas pu se rendre compte immédiatement de 
l'inexactitude du renseignement obtenu. Il faut encore que l'administré se soit fondé sur les 
assurances ou le comportement dont il se prévaut pour prendre des dispositions auxquelles il ne 
saurait renoncer sans subir de préjudice et que la réglementation n'ait pas changé depuis le moment 
où l'assurance a été donnée (cf. ATF 143 V 95 consid. 3.6.2; 141 V 530 consid. 6.2; 137 II 182 
consid. 3.6.2). Même si les conditions posées pour bénéficier de la protection de la bonne foi sont 
réalisées, il faut en outre examiner si l'intérêt public à l'application du droit impératif ne l'emporte pas 
sur le principe de la bonne foi; cet examen s'opère par la pesée des intérêts privés de l'administré 
de se voir protégé dans sa bonne foi et l'intérêt public à l'application régulière du droit objectif (ATF 
119 Ib 397 consid. 6e; 116 Ib 185 consid. 3c; 114 Ia 209 consid. 3c; 101 Ia 328 consid. 6c et les 
références citées);

que le principe de la confiance, découlant de celui de la bonne foi, commande aussi à l'administration 
d'adopter un comportement cohérent et dépourvu de contradiction; la jurisprudence y a recours 
parfois pour corriger les conséquences préjudiciables aux intérêts des administrés qui en 
découleraient (ATF 111 V 81 consid. 6; 108 V 84 consid. 3a); 

Tribunal cantonal TC
Page 5 de 6

que, dans sa décision de retrait préventif du permis de conduire du 15 avril 2021, l'autorité a indiqué 
au recourant qu'une décision finale serait prononcée à la réception du rapport d'expertise, sans 
évoquer de limitations de sa consommation de drogues ou d'alcool;

que, de même, dans le courrier du 16 décembre 2021 par lequel l'expertise a été transmise au 
recourant, la CMA s'est bornée à l'informer de ce qu'une décision définitive sur son cas serait rendue, 
passé le délai qui lui était imparti pour s'exprimer sur le rapport médical;

qu'en l'occurrence, conformément au principe de la confiance, à défaut de l'en avoir dûment averti, 
l'autorité intimée ne pouvait pas attendre de la part du recourant qu'il soit abstinent dès réception de 
l'expertise;

que, même si les conclusions de cette dernière prônaient deux contrôles sur six mois, impliquant 
l'abstinence de drogues et une consommation modérée d'alcool, il n'en demeure pas moins qu'il 
appartenait encore à la CMA d'apprécier la valeur probante de l'expertise et de statuer sur la 
question de savoir si des conditions devaient bel et bien être posées au maintien du droit de conduire 
de l'intéressé et quelles étaient-elles;

que, dans ce contexte, tant que la CMA n'a pas rendu sa décision, l'on ne peut pas reprocher au 
recourant de ne pas avoir surveillé ses consommations de drogue et d'alcool;

que, dès lors qu’il incombait à la CMA d’aviser clairement quel comportement elle attendait de 
l’administré, elle ne peut pas faire le reproche à celui-ci d’avoir agi contrairement au principe de la 
bonne foi;

qu'en outre, dans la mesure où le recourant était de toute manière écarté de la conduite, il n'était 
cas échéant pas en infraction avec le code de la route en consommant modérément de la marijuana 
et de l'alcool à l'occasion des fêtes de fin d'année;

qu'en l'absence de tout avertissement, l'autorité intimée aurait dû dès lors imposer au recourant, 
dans sa décision du 6 janvier 2022, notifiée le 18 janvier 2022, des délais lui permettant de pouvoir 
produire une analyse prouvant son abstinence de toute drogue, respectivement sa consommation 
modérée d'alcool; 

qu'or, en fixant au 10 avril 2022 la reddition du premier rapport d'analyse, la CMA n'a pas tenu 
compte du fait que des indicateurs demeurent dans les cheveux durant environ trois mois (cf. par 
ex. https://www.drivecase.fr/conseils-prevention/prevention-stupefiants/effets-de-la-drogue-sur-les-
cheveux/, consulté le 19 avril 2022), ni des délais relativement conséquents pour obtenir les résultats 
d'analyse - de cinq à six semaines selon le recourant -;

que, partant, il y a lieu d'admettre partiellement le recours et de fixer au 1er juillet 2022 la date butoir 
pour le dépôt de la première analyse capillaire. Le second rapport d'analyse devra parvenir à la CMA 
trois mois plus tard;

qu'il n'est pas perçu de frais de justice et que l'avance de frais est remboursée au recourant;

(dispositif en page suivante)

Tribunal cantonal TC
Page 6 de 6

la Cour arrête :

I. Le recours est admis.

Partant, le ch. 3 de la décision est modifié comme suit: 

"3. Précise dès lors que le maintien de votre droit de conduire est subordonné à la condition 
suivante : 

- Abstinence de drogue (cannabis et CBD) et consommation modérée d'alcool (à savoir au 
minimum 1 unité d'alcool par jour) durant une période supérieure ou égale à six mois au 
moins contrôlée cliniquement et biologiquement en vous soumettant à deux examens 
toxicologiques par analyse capillaire (trois centimètres de cheveux par examen ; 
recherche d'éthylglucuride – EtG ≤ 30 pg/mg). Un premier rapport d'analyse attestant de 
cette abstinence devra ainsi nous parvenir sans autre au plus tard le 1er juillet 2022, le 
second trois mois plus tard. (…)"

II. Il n'est pas perçu de frais de justice et l'avance de frais est restituée au recourant.

III. Notification.

Cette décision peut faire l'objet d'un recours auprès du Tribunal fédéral, à Lausanne, dans les 
30 jours dès sa notification.

Fribourg, le 20 avril 2022/ape/dcu

La Présidente : La Greffière-stagiaire :