# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e7fea3d2-ee47-520e-9c09-d859b8d37aa4
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2005-04-07
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 07.04.2005 A/174/2004
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-174-2004_2005-04-07.pdf

## Full Text

Siégeant : Madame Juliana BALDE, Présidente, Mesdames Karine STECK, Valérie 

MONTANI, juges. 

  

 
 

R E P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/174/2004 ATAS/291/2005 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 

ASSURANCES SOCIALES 

4
ème

 chambre 

du 7 avril 2005 

 

En la cause 

Monsieur R__________, comparant par Maître Caroline KÖNEMANN, 
en l’étude de laquelle il élit domicile  

recourant 

contre 

HOTELA, Caisse maladie/accidents de la Société suisse des Hôteliers, 
18, rue de la Gare à Montreux 

intimée 

 

 
 
 

 

A/174/2004 

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EN FAIT 

1. Monsieur R__________ a travaillé durant 26 ans en qualité de sommelier, puis de 

responsable de restaurant au X__________ HOTEL à Genève. 

2. Depuis le 6 juin 2002, suite à un conflit professionnel, l’intéressé est en arrêt de 

travail à 100% pour cause de maladie. La Caisse maladie accidents de la Société 

suisse des Hôteliers (ci-après HOTELA), auprès de laquelle l’intéressé était assuré 

dans le cadre du contrat collectif liant son employeur à l’assureur, lui a versé des 

indemnités journalières dès cette date. Sur conseil de son médecin, l’assuré a 

démissionné de son poste de travail au printemps 2003. Son contrat de travail a pris 

fin le 30 juin 2003. 

3. Par courrier du 25 juin 2003, HOTELA a invité l’assuré à annoncer sans délai son 

cas de maladie à la commission de l’assurance-invalidité compétente, soit l’OCAI à 

Genève, dès lors qu’il présentait une incapacité de travail prolongée. Un délai de 

deux mois lui a été imparti pour annoncer son cas à l’assurance-invalidité, à défaut 

de quoi HOTELA se déclarait obligée de réexaminer son obligation aux prestations. 

4. Dès le 1er juillet 2003, l’assuré a été transféré, à sa demande, dans l’assurance 

individuelle d’indemnité journalière maladie (LAMal). 

5. Le 3 juillet 2003, l’intéressé a informé HOTELA qu’il n’avait pu obtenir un rendez-

vous chez son médecin que fin août de sorte qu’il a sollicité un délai à fin 

septembre pour concrétiser une éventuelle demande de prestations AI. Par lettre-

signature du 17 octobre 2003, HOTELA a accordé à l’assuré un délai au 31 octobre 

2003 pour déposer sa demande AI et lui faire parvenir la confirmation écrite 

dûment remplie et signée. En outre, HOTELA l’a informé que sans nouvelle de sa 

part, elle se prononcera en l’état du dossier, à savoir qu’elle n’entrera pas en 

matière pour la suite du versement des indemnités journalières. 

6. L’intéressé n’ayant pas donné suite à sa demande, HOTELA, par décision du 7 

novembre 2003, a refusé la prise en charge de son incapacité de travail à compter 

du 1er octobre 2003, se fondant sur l’article 32 alinéa 2 lettre a) de son règlement. 

Elle a rappelé à l’assuré qu’il avait l’obligation de déposer une demande de rente 

auprès de l’Office AI du canton de domicile après une année d’incapacité de travail, 

selon l’article 31 de son règlement. L’effet suspensif a été retiré. 

7. Le 12 novembre 2003, l’assuré a fait parvenir à HOTELA copie de la demande de 

rente d’invalidité qu’il avait déposée le même jour. Représenté par Maître Caroline 

KÖNEMANN, l’assuré a, par lettre-signature du 20 novembre 2003, mis HOTELA 

en demeure de lui verser, dans les meilleurs délais, les indemnités journalières qui 

lui étaient dues depuis octobre 2003. 

 
 
 

 

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8. Par courrier du 21 novembre 2003, HOTELA a ordonné à l’assuré de se soumettre 

à une expertise médicale auprès du Docteur A__________. 

9. Dans un courrier adressé à HOTELA en date du 18 décembre 2003, l’assuré a 

contesté n’avoir pas répondu à ses exigences, rappelant qu’il avait téléphoné en 

octobre pour informer l’assurance que sa demande AI était prête à être déposée à 

temps, mais qu’il entendait cependant la soumettre à son avocate, absente à ce 

moment-là. Au cours de cet entretien téléphonique, HOTELA avait accepté de 

patienter encore quelque temps et c’est pourquoi il avait déposé sa demande AI le 

12 novembre au lieu du 31 octobre 2003. Enfin l’intéressé soutient qu’il s’est 

entièrement conformé à l’injonction que son assurance lui avait faite en prenant 

immédiatement contact avec l’expert qui l’a examiné le 5 décembre 2003. Il a 

rappelé qu’il souffrait d’un état dépressif  très grave et a sollicité le versement des 

indemnités journalières. 

10. Le Docteur Raymond A__________, spécialiste FMH en médecine interne, a rendu 

son rapport d’expertise en date du 15 décembre 2003. Il a diagnostiqué une 

dépression réactionnelle à un conflit professionnel, des lombalgies chroniques sur 

discopathie L4-L5 et un diabète de type II. S’agissant de la capacité de travail, il a 

conclu à ce qu’une incapacité de 100% devait être admise depuis le 6 juin 2002 

jusqu’en mars 2004, une reprise professionnelle devant être ensuite prévue. 

11. Par décision du 23 décembre 2003, HOTELA a rejeté l’opposition formée par 

l’assuré, au motif qu’il n’avait pas donné suite aux injonctions qui lui avaient été 

faites de déposer une demande auprès de l’Office AI. 

12. Par acte du 31 janvier 2004, l’assuré a interjeté recours auprès du Tribunal de 

céans. Il a contesté ne pas avoir tenu compte des délais accordés par HOTELA, 

soutenant qu’il s’était entendu par téléphone avec l’assureur pour ne déposer sa 

demande AI qu’au courant du mois de novembre 2003. Il a relevé d’autre part qu’il 

s’était soumis à l’expertise ordonnée par HOTELA ; or, le rapport d’expertise, daté 

du 15 décembre 2003, avait déjà été transmis à l’assurance lorsqu’elle a pris sa 

décision sur opposition du 23 décembre 2003, en l’ignorant complètement. Il a 

contesté encore l’application du règlement par HOTELA, qu’il estime contraire au 

principes d’interprétation des conditions générales du code des obligations, 

s’agissant d’une assurance complémentaire régie par la loi fédérale sur le contrat 

d’assurances. 

13. Dans sa réponse du 19 février 2004, HOTELA relève en substance que l’assuré ne 

s’est pas conformé aux délais qui lui avaient été impartis pour déposer sa demande 

de prestations de l’assurance-invalidité. L’assureur allègue d’autre part que le 

rapport d’expertise lui est parvenu après l’envoi de sa décision sur opposition du 23 

décembre 2003. Au vu du courrier du mandataire du recourant qui a exigé le 

versement des indemnités journalières avant la fin de l’année, le cas a été considéré 

 
 
 

 

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comme urgent et traité dans les meilleurs délais, sans attendre le rapport d’expertise 

médicale qui n’était pas déterminant pour le règlement du présent litige. Sur le 

fond, HOTELA conclut au rejet du recours, rappelant que contrairement aux 

allégués du recourant, l’assurance obligatoire des soins et l’assurance facultative 

d’indemnités journalières sont régies par la LAMal. 

14. En cours de procédure, le recourant a fait parvenir au Tribunal copie de certificats 

médicaux de la Dresse B__________, attestant une prolongation de l’arrêt de 

travail à 50% du 1er avril au 30 avril 2004, une reprise de travail étant fixée à 

compter du 1er mai 2004. Ces documents ont été communiqués à l’assureur. 

15. Chacune des parties a persisté dans ses conclusions. 

16. Le Tribunal de céans a requis de HOTELA la production des contrats d’assurance 

collectif et individuel, ainsi que la convocation adressée à l’assuré le 21 novembre 

2003. Ces documents ont été communiqués aux parties. 

17. Sur quoi, la cause a été gardée à juger. 

 

 

EN DROIT 

1. La loi genevoise sur l’organisation judiciaire (LOJ) a été modifiée et a institué, dès 

le 1er août 2003, un Tribunal cantonal des assurances sociales, composé de 5 juges, 

dont un président et un vice-président, 5 suppléants et 16 juges assesseurs (art. 1 let. 

r et 56 T LOJ).  

Suite à l’annulation de l’élection des 16 juges assesseurs, par le Tribunal fédéral le 

27 janvier 2004 (ATF 130 I 106), le Grand Conseil genevois a adopté, le 13 février, 

une disposition transitoire urgente permettant au Tribunal cantonal des assurances 

sociales de siéger sans assesseurs à trois juges titulaires, ce, dans l’attente de 

l’élection de nouveaux juges assesseurs. 

2. Le Tribunal de céans connaît, en instance unique, des contestations relatives à la loi 

fédérale sur l’assurance-maladie du 18 mars 1994 – LAMal, y compris celles 

relatives aux assurances complémentaires à l’assurance-maladie sociale (art. 56V 

LOJ).  

Selon l’art. 71 al. 1 LAMal, lorsqu’un assuré sort de l’assurance collective parce 

qu’il cesse d’appartenir au cercle des assurés défini par le contrat ou parce que le 

contrat est résilié, il a le droit de passer dans l’assurance individuelle de l’assureur. 

Tel a été le cas en l’occurrence. L’employeur avait conclu un contrat collectif pour 

l’ensemble de son personnel, aux termes duquel l’intimée prenait en charge la perte 

 
 
 

 

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de salaire en cas de maladie ou de maternité selon les dispositions légales en 

vigueur (LAMal). A la fin des rapports de travail, le 30 juin 2003, le recourant a 

demandé son transfert dans l’assurance individuelle d’indemnité journalière 

maladie. Il s’agit bien de l’assurance facultative d’indemnités journalières au sens 

des art. 67 ss LAMal qui trouve son fondement dans un contrat d’assurance de droit 

public (cf. notamment Vincent BRULHART, Quelques remarques relatives au droit 

applicable aux assurances complémentaires dans le nouveau régime de la LAMal 

in : LAMal-KVG, Recueil de travaux en l’honneur de la Société suisse de droit des 

assurances, Lausanne 1997, p. 741 ; Ueli KIESER, Die Stellung der 

Nichterwerbstätigen in der freiwillige Taggeldversicherung, in : LAMal-KVG       

p. 613). 

La compétence du Tribunal de céans pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

3. La loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales du 6 octobre 

2000 (LPGA), entrée en vigueur le 1er janvier 2003, est applicable à l’assurance-

maladie, sauf dérogation expresse (cf. art. 1 al. 1 LAMal). 

Interjeté dans la forme et le délai prescrits par la loi, le présent recours est recevable 

(art. 56 et 60 LPGA).  

4. Il convient de déterminer si c’est à bon droit que l’intimée a décidé de mettre fin 

aux indemnités journalières en faveur du recourant, avec effet au 30 septembre 

2003.  

Selon l’art. 31 du règlement de l’assurance indemnités journalières en cas de 

maladie de l’intimée (édition valable au 1er janvier 2001) après une année 

d’incapacité de travail, la personne assurée a l’obligation de déposer une demande 

de rente à l’office AI de son canton de domicile.  

Les prestations sont réduites lorsque la personne assurée ne respecte pas les art. 25 

à 31 (art. 32 al. 1 let. a du règlement) ; elles sont refusées, notamment lorsque la 

personne assurée ne s’acquitte pas de ses obligations dans les délais fixés par 

HOTELA ou ne suit pas les instructions qui lui sont données (art. 32 al. 2 let. a du 

règlement). 

Par courrier du 25 juin 2003, l’intimée a invité le recourant à annoncer sans délai 

son cas de maladie à  l’assurance-invalidité, dans un délai de deux mois, à défaut de 

quoi elle se verrait obligée de réexaminer son obligation aux prestations. 

Le 3 juillet 2003, le recourant a sollicité un délai à fin septembre 2003 pour déposer 

une éventuelle demande AI, car il n’avait pu obtenir un rendez-vous chez son 

médecin qu’à la fin du mois d’août. Par lettre signature du 17 octobre 2003, 

l’intimée lui a imparti un nouveau délai au 31 octobre 2003 pour déposer sa 

demande AI et lui faire parvenir la confirmation écrite, en indiquant que sans 

 
 
 

 

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nouvelle de sa part, soit elle se prononcerait en l’état du dossier, soit elle déciderait 

de ne pas entrer en matière pour la suite du versement des indemnités journalières. 

C’est en se fondant sur l’art. 32 al. 2 let. a de son règlement que l’intimée a rendu, 

le 7 novembre 2003, une décision de refus de prise en charge de l’incapacité de 

travail depuis le 1er octobre 2003, qu’elle a confirmé dans sa décision sur 

opposition du 23 décembre 2003. 

5. Le Tribunal de céans constate qu’à la suite de la décision du 7 novembre 2003, le 

recourant a immédiatement réagi en envoyant copie de sa demande de rente AI 

déposée le 12 novembre 2003. Selon une note au dossier de l’intimée datée du 14 

novembre 2003, le courrier du recourant a été considéré comme une opposition (cf. 

pièce no. 7 chargé intimée). Dans le cadre de cette procédure, l’intimée a décidé de 

soumettre le recourant à une expertise auprès du Dr A__________, ce dont elle l’a 

informé par courrier du 21 novembre 2003, le priant de prendre rendez-vous avec 

l’expert dans les cinq jours. Le recourant s’y est conformé, puisqu’il a pris rendez-

vous pour le 5 décembre 2003 et l’expert a établi son rapport en date du 15 

décembre 2003. L’intimée a toutefois rejeté l’opposition de l’assuré, pour les 

mêmes motifs que ceux contenus dans sa décision du 7 novembre 2003, reprochant 

au recourant de n’avoir pas déposé sa demande AI dans les délais impartis. Elle a 

exposé que le cas a été considéré comme urgent au vu des courriers de la 

mandataire du recourant exigeant le versement des indemnités journalières avant la 

fin de l’année ; d’autre part, elle a allégué qu’elle n’était pas encore en possession 

du rapport de l’expert lorsqu’elle avait rendu sa décision sur opposition.  

6. Le procédé utilisé par l’intimée est surprenant. En effet, il y a lieu de relever qu’elle 

est entrée en matière sur l’opposition formée par le recourant et qu’elle a ordonné 

une expertise. Ce faisant, elle a admis implicitement les explications données par 

l’assuré quant à la tardiveté du dépôt de sa demande AI (accord téléphonique de 

l’intimée de patienter encore) et a décidé de reprendre l’instruction. L’intimée était 

alors tenue d’attendre le rapport de l’expert qu’elle avait mandaté et de rendre une 

décision sur le fond. Le Tribunal constate au demeurant que l’intimée était 

parfaitement au courant, le 25 novembre 2003, que l’assuré avait pris rendez-vous 

avec l’expert pour le 5 décembre 2003. En rejetant l’opposition sans autre forme de 

procès, l’intimée a commis un abus de droit. 

7. Le recours sera en conséquence admis et la cause renvoyée à l’intimée pour qu’elle 

statue dans les plus brefs délais, conformément aux conclusions de l’expertise. 

 

 

 

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

(conformément à la disposition transitoire de l’art. 162 LOJ) 

A la forme : 

1. Reçoit le recours ; 

Au fond : 

2.  L’admet ; 

3. Annule la décision sur opposition du 23 décembre 2003 ; 

4. Renvoie la cause à l’intimée afin qu’elle rende une décision conformément aux 

considérants ; 

5. Condamne l’intimée à payer au recourant la somme de fr. 1'000 à titre de 

participation à ses frais et dépens ;  

6. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 

dans un délai de 30 jours dès sa notification par pli recommandé adressé au 

Tribunal fédéral des assurances, Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE, en trois 

exemplaires. Le délai ne peut être prolongé. Le mémoire doit : a) indiquer 

exactement quelle décision le recourant désire obtenir en lieu et place de la décision 

attaquée; b) exposer pour quels motifs il estime pouvoir demander cette autre 

décision; c) porter sa signature ou celle de son représentant. Si le mémoire ne 

contient pas les trois éléments énumérés sous lettres a) b) et c) ci-dessus, le 

Tribunal fédéral des assurances ne pourra pas entrer en matière sur le recours qu’il 

devra déclarer irrecevable. Le mémoire de recours mentionnera encore les moyens 

de preuve, qui seront joints, ainsi que la décision attaquée et l’enveloppe dans 

laquelle elle a été expédiée au recourant (art. 132, 106 et 108 OJ). 

 
Le greffier: 

 
Walid BEN AMER 

 

 La Présidente : 
 

Juliana BALDE 
 

   

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 

de la santé publique par le greffe