# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a2325240-bd53-5215-9312-c23599270059
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 1990-12-06
**Language:** fr
**Title:** Verwaltungspraxis der Bundesbehörden (1987-2017) sonstige Behörden 06.12.1990 JAAC 55.53
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_VB/CH_VB_999_JAAC-55-53--_1990-12-06.pdf

## Full Text

JAAC 55.53

Rapport de la Comm. eur. DH du 6 décembre 1990
relatif à la req. n° 12433/86, Ludwig Lüdi c/ Suisse

Droit au respect de la vie privée et droits de la défense en cas de recours,
dans la lutte contre la drogue, à un agent de police infiltré.

Art. 8 § 1 CEDH. L’intervention d’un agent infiltré s’ajoutant à une
surveillance téléphonique constitue une ingérence dans l’exercice du
droit au respect de la vie privée.

Art. 8 § 2 CEDH. L’art. 23 al. 2 LStup ne constitue pas une base légale
suffisante pour l’intervention d’un agent infiltré, faute de définir avec
la clarté et la précision requises les droits de la personne qui subit
l’ingérence.

Art. 6 § 1 et § 3 let. d CEDH. Administration des preuves.

- La défense doit se voir accorder la possibilité de contester tout élément
de preuve produit devant le tribunal et sur lequel celui-ci s’est fondé.

- Les droits de la défense exigent que l’accusé ait l’occasion, à un stade
au moins de la procédure, de contester un témoignage à charge et d’en
interroger l’auteur.

Anspruch auf Achtung des Privatlebens und Rechte der Verteidigung
im Falle des Einsatzes eines Polizeibeamten als Scheinkäufer in der
Drogenbekämpfung.

Art. 8 § 1 EMRK. Der mit einer Telefonüberwachung kombinierte Einsatz
eines Polizeibeamten als Scheinkäufer stellt einen Eingriff in die
Ausübung des Rechts auf Achtung des Privatlebens dar.

Art. 8 § 2 EMRK. Art. 23 Abs. 2 BetmG bildet keine genügende gesetzliche
Grundlage für den Einsatz eines Polizeibeamten als Scheinkäufer, weil
diese Bestimmung die Rechte des vom Eingriff Betroffenen nicht mit der
erforderlichen Klarheit bestimmt.

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Art. 6 § 1 und § 3 Bst. d EMRK. Beweiserhebung.

- Die Verteidigung muss die Möglichkeit haben, jedes Beweismittel zu
bestreiten, das vor dem Gericht vorgebracht wird und auf welches sich
dessen Urteil stützt.

- Die Rechte der Verteidigung verlangen, dass dem Angeklagten
zumindest einmal im Laufe des Verfahrens Gelegenheit gegeben wird,
die Aussagen der Belastungszeugen zu bestreiten und diese zu befragen.

Diritto al rispetto della vita privata e diritti della difesa in caso
d’impiego, nella lotta contro la droga, di un funzionario di polizia
infiltrato.

Art. 8 § 1 CEDU. L’intervento di un funzionario come acquirente fittizio,
combinato con una vigilanza telefonica, costituisce un’ingerenza
nell’esercizio del diritto al rispetto della vita privata.

Art. 8 § 2 CEDU. L’art. 23 cpv. 2 Lstup non costituisce una base legale
sufficiente per l’impiego di un funzionario come acquirente fittizio
dacché questo disposto non definisce con la necessaria chiarezza i
diritti della persona che ha subito l’ingerenza.

Art. 6 § 1 e § 3 lett. d CEDU. Assunzione delle prove.

- La difesa deve avere la possibilità di contestare ogni mezzo di prova
prodotto davanti al tribunale e sul quale si fonda la sentenza.

- I diritti della difesa esigono che l’accusato abbia l’opportunità, almeno
una volta nel corso della procedura, di contestare una testimonianza a
carico e di interrogare il testimone.

III. AVIS DE LA COMMISSION

A. Griefs déclarés recevables

41. La Commission a déclaré recevables

a. le grief du requérant [poursuivi pour infractions à la loi sur les stupéfiants]
selon lequel la surveillance de ses communications téléphoniques combinée
avec l’intervention d’un agent de police agissant sous un pseudonyme a violé
son droit au respect de sa vie privée, tel qu’il est garanti à l’art. 8 CEDH,

b. le grief du requérant selon lequel, en raison de ces mesures prises à son
encontre ainsi que de l’utilisation dans la procédure pénale de rapports établis
par l’agent de police en question sur la base d’écoutes téléphoniques et la
non-audition de ce témoin capital lors de son procès, il n’a pas bénéficié du

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droit à un procès équitable garanti par l’art. 6 § 1 CEDH et qu’il a été privé du
droit à interroger ou faire interroger des témoins à charge, garanti par le § 3
let. d de cette disposition.

B. Points en litige

42. La Commission est appelée à se prononcer sur les questions suivantes:

- La surveillance des conversations téléphoniques du requérant, combinée avec
l’intervention d’un agent infiltré, constitue-t-elle une violation de l’art. 8 CEDH?

- Compte tenu de ce que, dans la procédure pénale, des rapports établis par
l’agent infiltré sur la base d’écoutes téléphoniques ont été utilisés et compte
tenu de ce que cet agent n’a pas été entendu en tant que témoin lors du
procès, les droits garantis par l’art. 6 § 1 et § 3 let. d CEDH ont-ils été violés
au détriment du requérant?

C. Sur l’art. 8 CEDH

43. L’art. 8 CEDH est ainsi libellé:

«1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile
et de sa correspondance.

2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit
que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une
mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale,
à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à
la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale,
ou à la protection des droits et libertés d’autrui.»

a. La surveillance téléphonique comme telle

44. Il n’est aucunement contesté entre les parties que la surveillance des
conversations téléphoniques du requérant constituait une ingérence dans
l’exercice de son droit au respect de sa vie privée et de sa correspondance.
Selon la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, les
conversations téléphoniques sont incluses dans les notions de «vie privée»
et de «correspondance» visées par le texte de l’art. 8 § 1 (arrêt Klass du
6 septembre 1978, Série A 28, p. 21, § 41; arrêtMalone du 2 août 1984, Série A
82, p. 30, § 64[4]; arrêt Kruslin du 24 avril 1990, à paraître dans Série A 176-A,
§ 26; arrêt Huvig du 24 avril 1990, à paraître dans Série A 176-B, p. 25).

La surveillance de conversations téléphoniques s’analyse, dès lors, en une
ingérence d’une autorité publique dans l’exercice d’un droit garanti au § 1 de
l’art. 8.

45. La Commission rappelle que pour être compatible avec les exigences de
l’art. 8 § 2 CEDH, toute ingérence dans l’exercice des droits garantis au § 1 de
cet article doit

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a) être prévue par la loi,

b) poursuivre l’un des objectifs légitimes énoncés dans le § 2 de l’art. 8 et

c) être nécessaire dans une société démocratique.

46. Quant à la condition «prévue par la loi», la Commission note qu’en
l’occurrence, la mesure de surveillance par écoutes téléphoniques est régie
par l’art. 171 let. b et c du code de procédure pénale du canton de Berne. Aux
termes de l’art. 171 let. b, le juge d’instruction peut ordonner la surveillance
des communications téléphoniques «si la poursuite pénale a pour objet un
crime ou un délit dont la gravité ou la particularité justifie l’intervention...».
L’art. 171 let. c règle la mise en oeuvre de cette mesure.

47. Le requérant fait valoir que l’écoute téléphonique a été ordonnée le
15 mars 1984 par le juge d’instruction du tribunal de Laufon dans le seul but
de justifier une telle mesure à un moment où il n’avait pas encore commis
d’infractions. Or l’écoute téléphonique à titre préventif n’est pas prévue
par le droit suisse et, en réalité, l’enquête préliminaire permettant l’écoute
téléphonique n’aurait commencé que le 25 octobre 1984, date de la plainte
pénale déposée par la police cantonale bernoise. Par conséquent, les mesures
prises pour la surveillance de ses communications téléphoniques auraient été
illégales.

48. La Commission relève que cette argumentation a été rejetée par le TF dans
son arrêt du 8 avril 1986 statuant sur le recours de droit public du requérant.
Le TF a considéré que le droit cantonal n’excluait pas la possibilité d’ordonner
des mesures de surveillance par écoute téléphonique dans la phase initiale
d’une enquête pénale. Le fait d’avoir recherché des sommes d’argent pour
financer un trafic illicite de stupéfiants aurait déjà pu constituer une infraction
à la LF sur les stupéfiants. L’écoute téléphonique ne concernait donc pas
uniquement la recherche d’infractions futures mais également l’examen
d’un comportement délictueux présent ou passé du requérant. Par ailleurs,
selon le TF, il ne serait pas impossible de considérer l’art. 171 let. b du code
de procédure pénale du canton de Berne comme la base légale de mesures
préventives. Le TF a conclu que les mesures appliquées au requérant n’étaient
de toute façon pas arbitraires.

49. La Commission observe qu’il appartient en premier lieu aux autorités
nationales, notamment aux tribunaux, d’interpréter et d’appliquer le droit
interne (cf., en particulier, arrêtMalone précité, p. 36, § 79; arrêt Kruslin
précité, § 29 et arrêt Huvig précité, § 28). En l’espèce, rien n’amène la
Commission à mettre en question l’avis du TF en ce qui concerne la question
de savoir si l’écoute téléphonique ordonnée par le juge d’instruction de Laufon
était compatible avec l’art. 171 let. b du code de procédure pénale du canton de
Berne. La Commission considère qu’en l’espèce la surveillance téléphonique
était prévue par la loi.

50. En second lieu, il faut examiner si l’ingérence incriminée poursuivait
un ou plusieurs buts légitimes énumérés au § 2. Pour le Gouvernement,
l’ingérence consistait notamment dans la prévention des infractions pénales,

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la protection de la santé et de la morale et la protection des droits et libertés
d’autrui. La Commission reconnaît la légitimité du premier objectif mentionné
par le Gouvernement.

51. Il reste à déterminer si l’ingérence était nécessaire dans une société
démocratique.

Il est précisé dans le texte de l’art. 171 let. b du code de procédure pénale du
canton de Berne que la mesure de surveillance des communications ne peut
être ordonnée que si la poursuite pénale a pour objet un crime ou un délit
dont la gravité ou la particularité justifie l’intervention.

La mesure est ordonnée par le juge d’instruction. L’art. 171 let. c du code
de procédure pénale du canton de Berne prévoit que, dans les vingt-quatre
heures qui suivent sa décision, le juge d’instruction en soumet une copie,
accompagnée du dossier et d’un bref exposé des motifs, à l’approbation de la
Chambre d’accusation.

En outre, la mesure de surveillance reste en vigueur trois mois au plus; elle
peut être prorogée de trois mois au maximum. L’ordonnance de prorogation
doit être soumise à la chambre d’accusation (cf. art. 171 let. c § 2).

Enfin il est mis fin à la surveillance dès qu’elle ne s’avère plus nécessaire ou
que le délai est écoulé, ou au moment où la décision du juge d’instruction est
rapportée.

52. La Commission convient avec le Gouvernement que, d’une manière
générale, les conditions énoncées par la Cour européenne des droits de
l’homme dans son arrêt Klass (arrêt précité, § 51 et 52) sont réunies en
l’occurrence.

Se référant également à sa jurisprudence antérieure (cf. déc. du 10 mai 1985
sur la req. n° 10439/83,Mersch et autres c/ Luxembourg, DR 43, p. 34; déc. du
14 octobre 1985 sur la req. n° 10628/83,M. S. et R. S. c/ Suisse, DR 44, p. 175),
la Commission estime qu’en l’espèce l’interception des communications
téléphoniques du requérant qui a été ordonnée conformément au code de
procédure pénale du canton de Berne, ne va pas au-delà de ce qui, dans une
société démocratique, est nécessaire à la prévention des infractions pénales,
à la protection de la santé et à la protection des droits et libertés d’autrui, au
sens de l’art. 8 § 2 CEDH.

b. Le recours à un agent infiltré

53. Quant à la question de l’intervention d’un agent infiltré, le requérant
soutient qu’il s’agit également d’une ingérence dans l’exercice de son droit
au respect de sa vie privée, qui s’ajoute à la surveillance de ses conversations
téléphoniques. Se servant du mensonge et de la tromperie, l’agent infiltré
obtient la qualité d’ami ou de partenaire d’affaires et s’introduit ainsi dans la
sphère privée de l’intéressé.

Toujours selon le requérant, la surveillance des communications
téléphoniques se limite à l’écoute passive des conversations de l’intéressé,
alors que l’intervention d’un agent infiltré vise à influencer activement le
comportement du suspect par tromperie et contre sa volonté. La victime

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d’une telle mesure fournit des informations et des données qu’elle n’aurait
pas fournies si elle avait connu la vraie identité de son interlocuteur. En tant
que victime d’une tromperie, le suspect n’est pas en mesure de se défendre.
Le requérant estime que la tromperie constitue une forme de contrainte qui
restreint la liberté de décision de la victime. En l’occurrence, il n’aurait pas
seulement été contacté par l’agent infiltré, mais aurait été incité à dévoiler une
partie de sa vie privée. A l’aide de moyens techniques, ces informations ont été
ensuite utilisées et exploitées afin d’obtenir ses aveux.

54. Le Gouvernement défendeur combat cette thèse. Se référant à une décision
non publiée du 7 octobre 1985 sur la recevabilité de la requête n° 10747/84 (B.
c/ République Fédérale d’Allemagne), il rappelle que la Commission a pu estimer
que l’activité d’un agent infiltré ne constituait pas une ingérence dans la vie
privée du requérant.

Le Gouvernement défendeur considère qu’il n’y a aucune raison de s’écarter
de cette jurisprudence qui n’a nullement été contredite par la suite. Il rappelle
qu’en règle générale, l’agent infiltré se borne à prendre contact avec le
trafiquant et à se déclarer prêt à la conclusion de l’affaire. C’est le trafiquant
supposé lui-même qui, de sa propre volonté, accepte l’offre et définit, le cas
échéant, les modalités de la conclusion de l’affaire.

Dans ce contexte, le Gouvernement soutient qu’en l’espèce l’initiative du trafic
de drogue a été prise par le requérant lui-même et il n’apparaît nulle part que
le fonctionnaire de police l’ait incité à la prendre.

55. Enfin, d’après le Gouvernement l’intervention de l’agent de police ne
pouvait être fructueuse que par la combinaison des deux mesures, c’est-à-dire
l’intervention de l’agent infiltré et la surveillance secrète des communications
téléphoniques du requérant. Cette dernière mesure visait d’ailleurs également
le contrôle de l’activité de l’agent de police.

56. La Commission rappelle que dans une décision antérieure, elle a estimé
que l’intervention d’un agent infiltré ne constituait pas une ingérence dans le
droit au respect de la vie privée au sens de l’art. 8 § 1 CEDH (déc. précitée sur
la req. N° 10747/84).

Au vu des arguments avancés par le requérant, cette jurisprudence pourrait
être soumise à un nouvel examen. Toutefois, dans le cas d’espèce, la
Commission est d’avis que les différences de fait substantielles existant entre
les deux affaires conduisent à laisser cette question indécise.

57. En effet, la présente affaire se caractérise par la combinaison de
l’intervention d’un agent infiltré avec la surveillance des communications
téléphoniques du requérant. La Commission observe que ces mesures
n’avaient pas pour but de surveiller les activités d’une organisation criminelle
composée d’un nombre indéterminé de personnes. Il s’agissait plutôt d’une
action ponctuelle concernant les activités d’une personne déterminée et
cette action a été contrôlée et suivie par l’engagement d’un agent infiltré et la
surveillance des conversations téléphoniques.

58. La simple surveillance des conversations téléphoniques s’analyse en un
comportement essentiellement passif des autorités, qui se bornent à prendre
connaissance de paroles échappant à leur influence. L’intervention d’un agent
infiltré change le caractère de cette mesure, puisque les paroles écoutées

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sont, en tout ou en partie, suscitées par la relation que l’agent infiltré a nouée
avec le suspect, relation fondée sur une erreur provoquée et entretenue chez
lui quant à l’identité et aux mobiles de son interlocuteur. Par ce subterfuge,
l’agent lui-même intervient dans la sphère privée du suspect.

En l’espèce, l’intervention de l’agent infiltré s’ajoutant à la surveillance
téléphonique constitue aussi une ingérence dans le droit au respect de la
vie privée du requérant.

59. La Commission est, ici également, appelée à examiner la question de savoir
si l’ingérence constatée était «prévue par la loi».

60. Le requérant fait valoir que l’intervention de l’agent infiltré n’était pas
formellement prévue par la législation suisse et a enfreint l’art. 8 CEDH. Il fait
observer que les autorités de police, en Suisse et en d’autres pays, recourent de
plus en plus aux services d’agents infiltrés dans la lutte contre la criminalité
organisée sans qu’il existe de base légale. Ce vide juridique pose un problème
dans un Etat de droit. Dans son arrêt du 8 avril 1986, sur recours de droit
public, le TF n’a pas jugé nécessaire une base légale régissant l’intervention
d’agents infiltrés. Il a néanmoins examiné si l’art. 23 al. 2 de la LF du 3 octobre
1951 sur les stupéfiants (LStup)[5] pourrait constituer une base légale en cette
matière et a répondu par la négative.

61. Selon le Gouvernement défendeur, trois dispositions du droit suisse
fournissent une base légale à l’intervention d’un agent infiltré: l’art. 24 CP,
l’art. 19 LStup combiné à ses art. 19a à 19c, et l’art. 23 al. 2 de cette même loi.
Aux termes de cette dernière disposition, l’agent n’est pas punissable dans
certaines situations, «même s’il n’a pas révélé sa qualité et son identité». Selon
le Gouvernement, cette disposition constitue une base légale pour les besoins
du § 2 de l’art. 8 CEDH.

Se référant aux travaux préparatoires de l’art. 23 al. 2 LStup et en particulier
au message du Conseil fédéral du 9 mai 1983, le Gouvernement explique que,
dans le cadre des efforts déployés au niveau international notamment au
Conseil de l’Europe, pour lutter contre l’abus des stupéfiants, les dispositions
en question visent à faciliter les recherches de la police dans un domaine où
elles sont particulièrement difficiles en lui permettant d’approcher les milieux
de trafiquants et de revendeurs sans s’exposer au reproche d’avoir provoqué la
commission d’une infraction, voire de l’avoir commise elle-même. Sans l’al. 2
de l’art. 23 LStup, l’agent infiltré serait punissable aux termes des art. 19 à 23
al. ler de cette loi, le cas échéant en liaison avec l’art. 24 CP. Le Gouvernement
soutient que la mention expresse par le législateur de l’impunité de l’agent
infiltré constitue une base légale pour ce type d’activité.

62. Le Gouvernement ajoute que les débats qui se sont déroulés devant les
commissions des Chambres fédérales et en plénum ne laissent aucun doute sur
la volonté du législateur suisse de réglementer expressément les activités de
l’agent infiltré et de donner un cadre légal à son activité.

63. Quant à la précision de la norme litigieuse, le Gouvernement défendeur
affirme que les conditions d’intervention d’un agent infiltré et les limites fixées
à ses activités sont définies de façon suffisamment précise dans la loi. En
effet, l’art. 32 CP ayant été considéré par le législateur comme insuffisant pour
couvrir de façon générale l’activité d’un agent infiltré, l’art. 23 § 2 en liaison
avec les art. 19 à 19c LStup précisent les limites d’une telle activité. De plus,

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seuls les fonctionnaires assermentés ont le bénéfice de l’impunité prévue par
l’art. 23 al. 2, à l’exclusion de toute personne privée. Enfin, l’activité de l’agent
infiltré est strictement limitée à la lutte contre le trafic de stupéfiants.

64. D’autres limites importantes découlent, selon le Gouvernement défendeur,
de la jurisprudence des tribunaux cantonaux, notamment:

- l’art. 23 al. 2 LStup ne permet qu’une attitude passive de l’agent infiltré; en cas
d’instigation ou de provocation de la part des fonctionnaires de police, ceux-ci
sont passibles d’une condamnation pénale;

- l’intervention d’agents infiltrés ne saurait être ordonnée que dans des cas
graves de criminalité organisée en matière de trafic de stupéfiants.

65. Ainsi, le TF a reconnu à plusieurs reprises que l’intervention d’agents
infiltrés était prévue à l’art. 23 al. 2 LStup, que cette disposition avait été
introduite pour permettre une intervention dans ce domaine de la criminalité
organisée, que cette disposition dérogerait, le cas échéant, à d’éventuelles
dispositions cantonales contraires et qu’il en ressortait la volonté explicite du
législateur fédéral de préserver l’anonymat des fonctionnaires agissant comme
agents infiltrés.

66. Le Gouvernement défendeur souligne que, selon la doctrine récente, il ne
semble pas exister dans de nombreux pays une réglementation spécifique
régissant l’intervention de fonctionnaires de police lors de la conduite
d’enquêtes sous le couvert d’anonymat.

67. Dans la doctrine suisse, l’opinion prévaut, selon le Gouvernement
défendeur, que l’art. 23 al. 2 LStup constitue une base légale suffisante
permettant l’intervention d’agents infiltrés pour mettre à la disposition de
la police des moyens adéquats de lutte efficace contre le trafic de stupéfiants.

68. Pour ce qui concerne la présente affaire, le Gouvernement souligne qu’il
s’agissait d’un agent assermenté de la police cantonale, qui avait participé
du 12 au 13 décembre 1978 à un cours destiné aux fonctionnaires cantonaux
chargés de la lutte contre le trafic de drogue. L’objectif de ces cours consiste à
informer en détail les agents des limites de leur future mission d’infiltration
et d’attirer leur attention sur les dispositions légales pertinentes. Avant son
intervention dans la présente affaire, les supérieurs de l’agent ont attiré à
nouveau son attention sur les limites à respecter lors de sa mission. Enfin,
dans son arrêt du 8 avril 1986, le TF a confirmé que l’agent n’avait pas
outrepassé ces limites.

69. Pour définir ce qu’il faut entendre par les mots «prévue par la loi», la
Commission se référera à l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme
dans l’affaire du Sunday Times. La Cour y a notamment dit ce qui suit:

«Il faut d’abord que la <loi> soit suffisamment accessible: le citoyen doit pouvoir
disposer des renseignements suffisants, dans les circonstances de la cause, sur
les normes juridiques applicables à un cas donné. En second lieu, on ne peut
considérer comme une <loi> qu’une norme énoncée avec assez de précision
pour permettre au citoyen de régler sa conduite; en s’entourant au besoin de

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conseils éclairés, il doit être à même de prévoir, à un degré raisonnable dans
les circonstances de la cause, les conséquences de nature à dériver d’un acte
déterminé» (arrêt Sunday Times du 26 avril 1979, Série A 30, p. 31, § 49).

70. La Commission relève d’emblée que seul l’art. 23 al. 2 LStup peut
entrer en ligne de compte comme offrant éventuellement une base légale
à l’intervention de l’agent infiltré. Les autres dispositions mentionnées par
le Gouvernement défendeur, notamment l’art. 24 CP ainsi que les art. 19 à
l9c LStup prévoient des peines pour certains comportements délictueux sans
toutefois faire allusion à la question de l’intervention d’agents infiltrés.

71. Par contre, l’art. 23 al. 2 LStup présuppose l’intervention d’agents infiltrés
en matière de lutte contre la drogue et prévoit leur impunité dans certains cas
déterminés. Si l’on admet que cette disposition peut être considérée comme
une base légale en droit suisse, encore faut-il qu’elle réponde à l’exigence
de précision posée par la jurisprudence susmentionnée (cf. § 68 du présent
rapport). La Commission note que l’accessibilité de la loi ne soulève aucun
problème en l’espèce.

72. Quant à l’exigence de précision, la Commission estime que le caractère
secret de l’intervention d’un agent infiltré commande que le droit interne offre
une protection suffisante contre des atteintes arbitraires aux droits garantis
par l’art. 8 CEDH. La Commission rappelle, sur ce point, que «le membre de
phrase <prévue par la loi> … concerne aussi la qualité de la loi, il la veut
compatible avec la prééminence du droit, mentionnée dans le préambule
de la Convention» (arrêt Silver et autres du 25 mars 1983, Série A 61, p. 34,
§ 90).

73. En outre, la Cour a souligné que la loi doit user de termes assez clairs pour
indiquer à tous de manière suffisante en quelles circonstances et sous quelles
conditions elle habilite la puissance publique à opérer une atteinte secrète, et
virtuellement dangereuse, au droit au respect de la vie privée (cf. arrêtMalone
précité, p. 32, § 67).

74. La Commission ne méconnaît pas qu’en Suisse l’intervention d’agents
infiltrés est assortie de certaines garanties, les autorités de police étant tenues
d’agir dans le respect de la loi.

Elle convient avec le Gouvernement qu’il découle de l’art. 23 al. 2 LStup et des
règles dégagées par la jurisprudence que l’intervention d’un agent infiltré
est limitée à la lutte contre la drogue, que seul un fonctionnaire de police
assermenté peut être utilisé à cette fin, que son activité se restreint à un
comportement passif consistant en la réception d’une offre ou la prise en
possession de stupéfiants, enfin qu’il doit agir dans les limites admises dans un
Etat de droit.

75. Toutefois, de l’avis de la Commission, ces règles n’offrent pas une garantie
suffisante contre l’arbitraire. En particulier, l’art. 23 al. 2 LStup ne réglemente
pas comme telle la matière de l’intervention d’agents infiltrés. Il offre
protection aux auteurs des atteintes, c’est-à-dire aux agents infiltrés, mais
ne tend pas à protéger les personnes faisant l’objet de ces atteintes. On
chercherait en vain des précisions quant aux moyens à la disposition du
justiciable pour se protéger contre l’arbitraire ou aux modalités de mise en
oeuvre effective de ces moyens. Ainsi l’art. 23 al. 2 ne précise aucunement les
circonstances permettant l’intervention d’agents infiltrés, la compétence de

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décider de cette mesure, le comportement des agents infiltrés ou la limitation
de la durée de leur intervention. Or, la Cour a jugé qu> «une loi conférant
un pouvoir d’appréciation doit en fixer la portée» (arrêt Silver précité,
p. 33-34, § 88-89; arrêt Kruslin précité, § 30; arrêt Huvig précité, § 29). Dans
ces conditions, elle doit constater que le droit suisse n’indique pas avec assez
de clarté l’étendue et les modalités d’exercice du pouvoir d’appréciation des
autorités dans le domaine considéré.

76. La Commission estime donc que, dans la présente affaire, l’intervention
d’un agent infiltré s’ajoutant à la surveillance des communications
téléphoniques du requérant n’était pas «prévue par la loi», au sens de l’art. 8
§ 2 CEDH.

77. Cette constatation dispense la Commission de se prononcer sur la question
de savoir si la mesure litigieuse était nécessaire dans une société démocratique
à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé, ou à la
protection des droits et libertés d’autrui.

Conclusion

78. La Commission conclut par 10 voix contre 4 qu’il y a eu en l’espèce
violation de l’art. 8 CEDH.

D. Sur l’art. 6 § 1 et § 3 let. d CEDH

79. La partie pertinente de l’art. 6 § 1 CEDH est ainsi libellée:

«Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement ... par un
tribunal … qui décidera, soit des contestations sur ses droits et obligations de
caractère civil, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée
contre elle ...».

Et l’art. 6 § 3 let. d se lit ainsi:

«Tout accusé a droit notamment à:

…

d. interroger ou faire interroger les témoins à charge et obtenir la convocation
et l’interrogation des témoins à décharge dans les mêmes conditions que les
témoins à charge».

80. Le requérant fait valoir qu’il n’a pas bénéficié d’un procès équitable au
regard de ces dispositions en raison de l’utilisation dans la procédure pénale
de rapports établis par l’agent de police en question sur la base d’écoutes
téléphoniques et de la non-audition de ce témoin lors du procès.

D’après le requérant, sa condamnation repose essentiellement sur les rapports
écrits de l’agent infiltré. Le requérant critique en outre la manière dont eut
lieu l’administration des preuves, qui n’aurait pas respecté les principes du
débat contradictoire et de l’égalité des armes.

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En répondant aux questions posées par l’agent infiltré lors de leurs entretiens,
il se serait trouvé soumis à un interrogatoire en violation de ses droits de la
défense. Ce procédé constituerait également une violation du principe de
l’égalité des armes.

Le requérant estime que c’est à tort que les tribunaux ont tenu compte de
preuves obtenues grâce à une tromperie.

Enfin, le requérant se plaint de n’avoir pu interroger l’agent infiltré en vue
d’apporter des précisions sur la question de savoir dans quelle mesure il avait
été provoqué au crime par cet agent.

81. Le Gouvernement soutient, quant à lui, que pour lutter contre la
criminalité de la drogue, il est nécessaire de recourir à des agents infiltrés
et de sauvegarder leur anonymat. En l’espèce, l’agent en question n’a pas
incité le requérant à commettre des infractions. Les indications qu’il a
fournies n’étaient - et de loin - pas les seuls éléments de preuve. Le requérant
avait lui-même reconnu les faits, le résultat des écoutes téléphoniques était
accablant pour lui et les dépositions de co-auteurs ne laissaient aucun doute
sur sa culpabilité. Le Gouvernement défendeur estime que la requérant a
bénéficié des garanties de l’art. 6 CEDH, et que la restriction qu’il s’est vu
opposer dans le bénéfice de la garantie spécifique de l’art. 6 § 3 let. d CEDH n’a
pas été de nature à rendre son procès inéquitable.

82. La Commission rappelle en premier lieu que les exigences du § 3 de l’art. 6
représentent des aspects particuliers du droit à un procès équitable, garanti
par le § 1 (voir notamment arrêtWindisch du 27 septembre 1990, à paraître
dans Série A 186, § 23; arrêt Kostovski du 20 novembre 1989, Série A 166,
p. 19, § 39). Elle examinera les griefs du requérant sous l’angle des deux textes
combinés.

83. Le requérant se plaint de l’emploi comme preuves, par le Tribunal de
Laufon et le Tribunal cantonal du canton de Berne, des procès-verbaux
d’écoute téléphonique et des rapports écrits établis par l’agent infiltré.

84. La Commission rappelle tout d’abord que la question de la recevabilité des
moyens de preuve relève au premier chef des règles du droit interne (arrêt
Schenk du 12 juillet 1988, Série A 140, p. 29, § 46[6]).

85. De même, il appartient aux tribunaux internes, et en particulier au
tribunal de première instance, d’évaluer les preuves produites devant eux
tant par la partie poursuivante que par l’accusé (cf. rapport de la Comm. du
12 juillet 1989, dans l’affaireW. c/ Autriche, § 30). Dès lors, il n’incombe pas
à la Commission de dire si les tribunaux internes ont correctement apprécié
les preuves, mais d’examiner si les témoignages à charge ou à décharge ont
été présentés de manière à garantir un procès équitable dans le déroulement
général de la procédure (cf. arrêt Barbera et autres du 6 décembre 1988, Série
A 146, p. 31, § 68). A cet égard, il est essentiel que la défense se voie accorder
la possibilité de contester tout élément de preuve produit devant le tribunal
et sur lequel celui-ci s’est fondé. En outre, les éléments de preuve doivent en
principe être produits devant l’accusé en audience publique, en vue d’un débat
contradictoire (arrêt Barbera et autres précité, p. 13, § 78).

86. S’agissant de la déposition de témoins, la Commission relève que, suivant
la jurisprudence de la Cour, la lecture à l’audience des procès-verbaux relatant
les déclarations d’un témoin ne saurait, en soi, passer pour incompatible avec

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l’art. 6 § 1 et § 3 let. d CEDH, «mais encore faut-il que son utilisation comme
élément de preuve ait lieu dans le respect des droits de la défense, dont la
protection constitue l’objet et le but de l’art. 6. Il en va spécialement ainsi
lorsque l’accusé n’a eu à aucun stade de la procédure antérieure l’occasion de
questionner les personnes dont les déclarations sont lues à l’audience» (arrêt
Unterpertinger du 24 novembre 1986, Série A 110, p. 14 et 15, § 31).

Dans le même ordre d’idées, la Cour a affirmé qu’en règle générale les droits
de la défense commandent d’accorder à l’accusé une occasion adéquate et
suffisante de contester un témoignage à charge et d’en interroger l’auteur, au
moment de la déposition ou plus tard (cf. arrêtWindisch précité, § 26; arrêt
Kostovski précité, p. 20, § 41).

87. En l’espèce, le requérant n’a pas bénéficié d’une telle faculté.

La Commission observe que la condamnation du requérant repose
essentiellement sur ses propres aveux et sur les rapports écrits de l’agent
infiltré. Or, les aveux du requérant doivent être situés dans le contexte
de l’activité de l’agent infiltré. Ils ont eu lieu après que le requérant a été
confronté aux procès-verbaux de ses conversations téléphoniques avec
l’agent de police. Même si l’écoute téléphonique a permis de contrôler
l’activité de celui-ci, comme le souligne le Gouvernement défendeur, il n’en
demeure pas moins que le requérant a été mis dans l’impossibilité de contester
contradictoirement et publiquement ces éléments de preuve. Tout au long
de la procédure, il s’est vu privé des moyens de contrôler ou jeter le doute
sur ceux-ci. La Commission observe en outre que l’absence de ce témoin
anonyme empêcha les juges du fond d’étudier son comportement pendant
un interrogatoire, donc de se former eux-mêmes une opinion sur sa crédibilité.

88. Certes, le Gouvernement souligne que la difficulté de la lutte contre
la drogue et la gravité de ce phénomène dans les sociétés démocratiques
européennes appellent à certains égards des mesures exceptionnelles. Se
référant à la jurisprudence de la Commission, il rappelle que la lecture donnée
au cours d’un procès de déclarations de certains témoins peut être admise
dans les cas exceptionnels où la nécessité s’en impose (cf. rapport de la Comm.
du 12 octobre 1989 dans l’affaireMichel Sophie Delta c/ France, § 40).

Toujours selon le Gouvernement, l’anonymat voulu par le législateur découle
du besoin de permettre à l’enquêteur de poursuivre son travail dans les
milieux de la drogue postérieurement à l’arrestation d’un suspect et de mener
plusieurs affaires de front sans que l’aboutissement de l’une d’elles ne mette
fin à son activité dans les autres. L’anonymat tient également compte de la
nécessité de protéger les agents infiltrés.

89. La Commission ne sous-estime pas l’importance de ces arguments
mais, bien que non dépourvu de poids, le raisonnement du Gouvernement
ne la convainc pas. Dans une société démocratique, le droit à une bonne
administration de la justice occupe une place si éminente qu’on ne saurait le
sacrifier à l’opportunité.

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La CEDH n’empêche pas de s’appuyer, au stade de l’instruction préparatoire,
sur des sources telles que des indicateurs occultes, mais l’emploi ultérieur
de déclarations anonymes comme des preuves suffisantes pour justifier une
condamnation soulève un problème différent (cf. arrêtWindisch précité, § 30;
arrêt Kostovski précité, p. 21, § 44).

90. La Commission estime dès lors, au vu des circonstances propres au cas
d’espèce, que les droits du requérant à un procès équitable et en particulier
son droit d’interroger ou de faire interroger un témoin à charge, n’ont pas été
respectés.

Conclusion

91. La Commission conclut par 13 voix contre 1 qu’il y a eu en l’espèce
violation du § 3 let. d de l’art. 6 CEDH, combiné avec le § 1 du même article.

[4] Cf. JAAC 48.92 (1984).
[5] RS 812.121.
[6] Cf. JAAC 52.66 A (1988).

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Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften

Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées

Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali

JAAC 55.53 - Rapport de la Comm. eur. DH du 6 décembre 1990 relatif à la req. n°

12433/86, Ludwig Lüdi c/ Suisse

In Verwaltungspraxis der Bundesbehörden
Dans Jurisprudence des autorités administratives de la Confédération
In Giurisprudenza delle autorità amministrative della Confederazione

Jahr 1991
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Band 55
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	Rapport de la Comm. eur. DH du 6 décembre 1990 relatif à la req. n° 12433/86, Ludwig Lüdi c/ Suisse
	III. AVIS DE LA COMMISSION
	A. Griefs déclarés recevables
	B. Points en litige
	C. Sur l'art. 8 CEDH
	a. La surveillance téléphonique comme telle
	b. Le recours à un agent infiltré
	Conclusion
	D. Sur l'art. 6 § 1 et § 3 let. d CEDH
	Conclusion