# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1da7818c-62f2-524b-a1f8-cec62591d10a
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2011-11-23
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 23.11.2011 E-5273/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-5273-2011_2011-11-23.pdf

## Full Text

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t

T r i buna l   adm in i s t r a t i f   f édé ra l

T r i buna l e   ammin i s t r a t i vo   f ede ra l e

T r i buna l   adm in i s t r a t i v   f ede ra l

Cour V
E­5273/2011

A r r ê t   d u   2 3   n o v emb r e   2 0 1 1

Composition François Badoud (président du collège), 
Gérald Bovier, Kurt Gysi, juges,
Chrystel Tornare Villanueva, greffière.

Parties A._______, né le (…),
B._______, née le (…),
C._______, né le (…),
D._______, née le (…),
E._______, né le (…),
Kosovo, 
(…),
recourants, 

contre

Office fédéral des migrations (ODM), 
Quellenweg 6, 3003 Berne,   
autorité inférieure. 

Objet Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 23 août 2011 / N (…).

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Faits :

A. 
Le 26 décembre 2010, A._______, son épouse, B._______, et leurs deux 
enfants, C._______  et D._______,  ont  déposé  une  demande  d'asile  au 
Centre d'enregistrement et de procédure de (…).

B. 
Entendus sommairement lors de leurs auditions audit centre, le 4 janvier 
2011, et plus particulièrement sur leurs motifs d'asile lors des auditions du 
3 mars 2011, les intéressés ont déclaré être d'ethnie gorani et avoir vécu 
à (...), dans la région de (…) au Kosovo. 

Ils ont allégué ne plus se sentir en sécurité dans  leur  commune et être 
entravés dans leur liberté de mouvement, en raison de leur appartenance 
ethnique. Ils auraient également peur pour la scolarité de leurs enfants et 
refuseraient de s'adresser à des médecins d'origine albanaise en raison 
de leur méconnaissance de cette langue. Ils se seraient d'ailleurs rendus 
à  plusieurs  reprises  à  Belgrade  pour  y  recevoir  des  soins,  notamment 
s'agissant  des  problèmes  psychiques  de  A._______  et  de  l'asthme  de 
C._______. 

A._______ a, de plus, fait valoir qu'il avait été agressé à trois occasions, 
entre  2005  et  2010,  par  des  inconnus  kosovars  d'ethnie  albanaise.  Il 
aurait dénoncé les deux premières agressions à la police.

A._______  et  B._______  ont  déposé  leurs  cartes  d'identité  kosovares 
établies le (…), leur certificat de mariage, les certificats de naissance de 
leurs enfants, ainsi qu'un livret militaire.

Ils ont également produit des documents attestant leur appartenance à la 
communauté  gorani  ainsi  que  des  documents  médicaux  établis  à 
Belgrade concernant A._______ et C._______.

Enfin, ils ont transmis à l'ODM un certificat médical établi le 7 mars 2011, 
dans  lequel  un  médecin  généraliste  certifie  avoir  vu  A._______  à  trois 
reprises entre  le  26  janvier  et  le  2 mars 2011 pour  état  anxio­dépressif 
probablement  lié  à  un  syndrome  post­traumatique  nécessitant  un 
traitement médicamenteux par antidépresseurs et anxiolytiques.

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C. 
Par  décision  du  23  août  2011,  l'ODM  a  rejeté  la  demande  d'asile  des 
intéressés,  a  prononcé  leur  renvoi  de  Suisse  et  ordonné  l'exécution  de 
cette mesure. Il a estimé que les motifs invoqués n'étaient pas pertinents 
en matière d'asile, compte tenu du peu d'intensité des préjudices subis et 
du fait que les intéressés pouvaient bénéficier d'une protection adéquate 
dans  leur  pays  d'origine.  Il  a  également  considéré  que  l'exécution  du 
renvoi  était  licite,  raisonnablement  exigible  et  possible.  S'agissant  de 
l'exigibilité  du  renvoi,  l'ODM  a  notamment  estimé  que  les  intéressés 
provenaient  d'une  région  stable  du  Kosovo  où  les  ethnies minoritaires, 
notamment  bosniaques,  torbes  et  gorani,  jouissaient  de  la  liberté  de 
mouvement et où, en règle générale, leur accès aux structures médicales 
et sociales était garanti. L'office a souligné que les intéressés avaient de 
la  famille dans  leur  commune, qu'ils n'y  connaissaient pas de problème 
financier particulier et qu'ils avaient eu accès aux soins nécessaires. 

D. 
Par  recours  interjeté,  le 22 septembre 2011,  les  intéressés ont conclu à 
l'annulation de la décision entreprise, à la reconnaissance de la qualité de 
réfugié et à l'octroi de l'asile, subsidiairement à l'admission provisoire. Ils 
ont requis le bénéfice de l'assistance judiciaire partielle. Ils ont rappelé les 
motifs qui  les avaient poussés à fuir et ont mis en avant  la gravité de  la 
situation  de  leurs  enfants,  discriminés à  l'école  par  les Albanais.  Ils  ont 
fait valoir qu'on ne pouvait pas présumer que les personnes appartenant 
aux minorités ethniques au Kosovo étaient vraiment protégées contre les 
discriminations et ont reproché à l'ODM de ne pas avoir cité les sources 
sur  lesquelles  il  se  fondait  pour  considérer que  les autorités du Kosovo 
garantissaient la sécurité et étaient largement en mesure de protéger les 
minorités ethniques. 

A l'appui de leur recours, ils ont produit une attestation du "(…)" du 4 avril 
2011,  décrivant  la  situation  des  minorités  ethniques  au  Kosovo,  et  un 
rapport annuel sur l'état des communautés minoritaires ethniques de (…) 
établi par l'Organisation non gouvernementale (ONG) (…), le 4 décembre 
2009. 

Ils  ont  remis  un  certificat  médical,  établi  le  15  septembre  2011, 
concernant  A._______,  dans  lequel  son  médecin  diagnostique 
notamment  des  troubles  anxieux  (agoraphophie  avec  panique  et 
claustrophobie), un syndrome dépressif et des maux de tête. La thérapie 
consiste  en  un  suivi  psychiatrique  ambulatoire,  actuellement  interrompu 

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en  raison  d'un  arrêt  de  travail  du  médecin,  et  dans  la  prise  de 
médicaments.  Les  recourants  ont  également  remis  un  certificat médical 
concernant B._______, dont il ressortait que celle­ci était enceinte et que 
l'accouchement était prévu pour le 15 novembre 2011. 

E. 
Par  détermination  du  12  octobre  2011,  l'ODM  a  proposé  le  rejet  du 
recours estimant  qu'il  ne  contenait  aucun élément  ou moyen de preuve 
nouveau  susceptible  de  modifier  son  point  de  vue.  Il  a  précisé,  en 
substance,  que  les  intéressés  venaient  de  la  commune  de  (…)  dont 
divers  villages  étaient  habités  de  manière  quasi  exclusive  par  des 
membres  de  la  communauté  gorani.  Il  a  souligné  qu'il  n'existait  à  cet 
endroit  aucune  persécution  ciblée,  généralisée  ou  systématique  à 
l'encontre  de  quelque  communauté  que  ce  soit  et  que  les  autorités 
locales ainsi que  la mission  internationale  intervenaient en cas de délits 
commis à l'encontre de membres de minorités. Il a ainsi considéré que la 
population  du  Kosovo,  dont  les  Gorani,  bénéficiaient  d'une  protection 
étatique suffisante et que l'accès aux soins et à l'enseignement leur était 
garanti. Enfin, il a estimé que les intéressés ne présentaient aucun profil 
particulier  qui  permettait  de  penser  qu'ils  seraient  personnellement 
menacés  par  les  autorités  du Kosovo  ou  que  celles­ci  leur  refuseraient 
toute protection ainsi que l'accès aux soins nécessités par leur état. 

F. 
Invités  à  prendre  position  sur  la  détermination  de  l'ODM,  le  27  octobre 
2011,  les  recourants  ont  maintenu  leurs  conclusions  et  rappelé  qu'ils 
n'avaient obtenu aucune protection contre les discriminations subies.

G. 
Le (...), B._______ a donné naissance à E._______.

H. 
Les autres faits et arguments de la cause seront examinés, si nécessaire, 
dans les considérants en droit ci­dessous.

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Droit :

1. 

1.1. Le Tribunal administratif fédéral (le Tribunal), en vertu de l’art. 31 de 
la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS 
173.32), connaît des recours contre les décisions au sens de l’art. 5 de la 
loi  fédérale  du  20  décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA, 
RS 172.021) prises par les autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF.

En particulier, les décisions rendues par l’ODM concernant l’asile peuvent 
être contestées, par renvoi de l’art. 105 de la loi du 26 juin 1998 sur l’asile 
(LAsi, RS 142.31), devant  le Tribunal,  lequel statue alors définitivement, 
sauf demande d’extradition déposée par l’Etat dont le requérant cherche 
à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal 
fédéral [LTF, RS 173.110]).

1.2. Les  intéressés ont  qualité  pour  recourir. Présenté dans  la  forme et 
dans le délai prescrits par la loi, le recours est recevable (art. 48 et 52 PA 
et 108 al. 1 LAsi).

2. 

2.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d’origine ou dans 
le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 
ou craignent à juste titre de l’être en raison de leur race, de leur religion, 
de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou 
de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de 
sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l’intégrité corporelle ou 
de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression 
psychique  insupportable.  Il  y  a  lieu  de  tenir  compte  des motifs  de  fuite 
spécifiques aux femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi).

2.2.  Quiconque  demande  l’asile  (recourant)  doit  prouver  ou  du  moins 
rendre  vraisemblable  qu’il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est 
vraisemblable  lorsque  l’autorité  estime  que  celle­ci  est  hautement 
probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur 
des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont 
contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de 
manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 
LAsi). 

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3. 

3.1. En l’occurrence, les recourants ont allégué souffrir de discriminations 
de manière générale, en raison de leur appartenance à l'ethnie gorani. Ils 
ont indiqué être entravés dans leur liberté de mouvement et dans l'accès 
au  travail.  Ils  ont  déclaré  craindre  que  leurs  enfants  subissent  des 
discriminations  à  l'école  et  de  ne  pas  avoir  accès  aux  soins  tout  en 
précisant  qu'ils  refusaient  de  s'adresser  à  des  médecins  d'origine 
albanaise  en  raison  de  leur  méconnaissance  de  la  langue.  De  plus, 
A._______ a affirmé avoir été agressé à trois reprises par des  inconnus 
d'origine albanaise. 

3.2. Force est  tout d'abord de constater que  la seule appartenance à  la 
minorité  gorani  ne  constitue  pas  un  motif  suffisant  pour  se  voir 
reconnaître  la  qualité  de  réfugié  au  sens  de  l'art.  3  LAsi  (cf.  Arrêt  du 
Tribunal  administratif  fédéral  (ATAF)  D­6827/2010  du  2  mai  2011 
consid. 4.7, voir également consid. 7.4 ci­dessous). Cela dit, il ne ressort 
nullement  du  dossier  ni  des  affirmations  des  recourants  qu'ils  auraient 
connu des problèmes concrets et déterminants en matière d'asile dans ce 
contexte. En effet, A._______ ne semble pas avoir été écarté du marché 
du  travail  en  raison  de  son  appartenance  ethnique,  celui­ci  ayant 
notamment travaillé en qualité de (…) et de (…). Par ailleurs, le fait d'être 
gorani n'a pas non plus été déterminant s'agissant de  l'accès aux soins, 
dans  la mesure  où  les  recourants  n'ont  pas  allégué  que  cet  accès  leur 
aurait  été  refusé  au  Kosovo,  mais  ont  seulement  précisé  qu'ils  avaient 
préféré se  rendre à Belgrade pour se  faire soigner pour des  raisons de 
convenance  personnelle  [notamment  absence  de  médecin  d'origine 
gorani à (…)] (cf. p­v d'audition de A._______ du 4 janvier 2011 p. 5). De 
plus,  leurs  enfants,  en  particulier  l'aîné,  a  été  scolarisé  normalement. 
Enfin,  aucune entrave précise dans  le  cadre de  leurs déplacements n'a 
été démontrée.

Au  demeurant,  selon  la  jurisprudence  du  Tribunal,  qui  a  repris  sur  ce 
point celle de la Commission, la MINUK et la Force de maintien de la paix 
au Kosovo (KFOR) ont la volonté et la capacité de protéger les minorités 
ethniques  au Kosovo  et  il  n'existe  aucune  persécution  systématique  de 
celles­ci (cf. notamment ATAF D­3844/2006 du 27 août 2007 consid. 5.2 
p. 4 et D­4618/2007 du 13 juillet 2007 consid. 5.3 p. 4, qui renvoient à la 
JICRA 2002 n° 22 consid. 4d/aa p. 180). Cette jurisprudence est toujours 
d'actualité,  même  après  la  déclaration  unilatérale  d'indépendance  du 
Kosovo  du  17 février 2008  (cf. ATAF  D­3685/2009  du  20  août  2009 

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p. 5 et 6,  D­3694/2006  du  18  novembre  2008  consid. 3.2  p. 6  et 
D­4220/2008  du  24  octobre  2008  p. 5).  En  effet,  les  autorités  de  la 
nouvelle République  ne  renoncent  pas  à  poursuivre  les  auteurs  d'actes 
pénalement  répréhensibles  et  offrent  donc,  en  principe,  une  protection 
appropriée pour empêcher la perpétration d'actes illicites, quelle que soit 
l'appartenance  ethnique  des  auteurs  et  des  victimes  de  ces  atteintes 
(cf. ATAF D­6827/2010  du  2 mai  2011  consid.  4.7  et  UK Home Office, 
Operational Guidance Note : Kosovo, 22 juillet 2008, spéc. par. 3.11.10 à 
3.11.12 et sources citées).

3.3. S'agissant ensuite des agressions de la part de personnes d'origine 
albanaise  dont  l'intéressé  aurait  été  victime  en  raison  de  son  origine 
ethnique et pour lesquelles il n'aurait pas pu obtenir protection, il y a lieu 
de  relever  que  celles­ci,  pour  autant  qu'il  faille  les  considérer  comme 
vraisemblables,  ne  correspondent  pas  aux  caractéristiques  d'une 
persécution, dans  la mesure où elles n'atteignent manifestement pas un 
niveau  d'intensité  suffisant  pour  pouvoir  admettre  de  sérieux  préjudices 
au sens de l'art. 3 LAsi.

Au  demeurant,  selon  la  jurisprudence,  il  convient  d'imputer  à  l'Etat  le 
comportement  non  seulement  de  ses  agents,  mais  également  celui  de 
tiers qui  infligent des préjudices déterminants en matière d'asile,  lorsque 
dit  Etat  n'entreprend  rien  pour  les  empêcher  ou  pour  sanctionner  leurs 
agissements ou, sans  intention délibérée de nuire, parce qu'il n'a pas  la 
capacité de les prévenir (cf. JICRA 2006 n° 18 consid. 7 à 9 p. 190ss).

Autrement dit, les persécutions infligées par des tiers ne sont pertinentes 
pour l'octroi de l'asile que si  l'Etat d'origine n'accorde pas une protection 
adéquate.  En  effet,  selon  le  principe  de  subsidiarité  de  la  protection 
internationale  (in  casu  celle  offerte  par  la  Suisse)  par  rapport  à  la 
protection nationale, principe consacré à l'art. 1A ch. 2 de la Convention 
relative au statut des réfugiés du 28 juillet 1951 (Conv., RS 0.142.30), on 
est  en  droit  d'attendre  d'un  requérant  qu'il  fasse  appel  en  priorité  à  la 
protection  du  pays  dont  il  a  la  nationalité  (cf.  à  ce  propos  JICRA  2006 
n° 18 consid. 10.1 p. 201 et JICRA 2000 n°15 p. 107ss, spéc. consid. 7).

Conformément à la jurisprudence développée plus haut (cf. consid. 3.2), 
la  capacité  et  la  volonté  des  autorités  du  Kosovo  d'empêcher  la 
survenance  d'exactions  telles  que  celles  alléguées  par  le  recourant  ne 
peuvent être déniées. En l'espèce, selon ses déclarations, lors des deux 
premières  agressions,  l'intéressé  se  serait  adressé  à  la  police  qui  se 

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serait  rendue sur  les  lieux. Le  fait que  les démarches entreprises par  la 
police  n'aient  apparemment  pas  permis  de  retrouver  les  coupables  ne 
permet  pas,  en  l'absence  d'un  faisceau  d'indices  concrets  plaidant  en 
sens  contraire,  de  penser  que  leur  comportement  serait  soutenu, 
encouragé ou approuvé par  l'Etat, ni de nier  l'existence d'une protection 
nationale adéquate ; étant précisé que celle­ci ne peut s'entendre comme 
la nécessité d'une protection absolue,  aucun Etat  n'étant  en mesure de 
garantir une telle protection à chacun de ses citoyens en tout lieu et à tout 
moment  (cf. ATAF D­5895/2008  du  11 mai  2011  et  les  réf.  cit. ;  JICRA 
2006 n°  18 p.  180ss et  1996 n°  28 p.  272). Dans  ces  conditions,  il  est 
permis  de  conclure  que  les  recourants  peuvent  bénéficier,  au  Kosovo, 
d'un accès concret à des structures de protection efficaces et qu'il  peut 
être  raisonnablement  exigé  d'eux  qu'il  fassent  appel  à  ce  système  de 
protection  interne  (cf.  JICRA  2006  n°  18  consid.  10.3  p. 203s.).  En 
conséquence,  les  agressions  invoquées  par  le  recourant  ne  sont  pas 
pertinentes en matière d'asile, quoi qu'il en soit de leur vraisemblance.

3.4. S'agissant des pièces produites concernant la situation des minorités 
ethniques  au  Kosovo,  le  Tribunal  relève  que  celles­ci  ne  sont  pas 
déterminantes eu égard à  la définition de  la qualité de  réfugié. En effet, 
ces  documents  ne  concernent  pas  directement  la  situation  personnelle 
des recourants et ne sont donc pas de nature à démontrer la réalité des 
faits  à  l'origine  de  leur  demande  de  protection  ni  une  crainte 
objectivement  et  subjectivement  fondée  de  persécution  en  cas  de 
rapatriement dans leur pays d'origine. 

3.5. Il s’ensuit que le recours, en tant qu’il conteste le refus de l’asile, doit 
être rejeté.

4. 

4.1. Lorsqu’il rejette la demande d’asile ou qu’il refuse d’entrer en matière 
à ce sujet, l’ODM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en 
ordonne  l’exécution ;  il  tient  compte  du  principe  de  l’unité  de  la  famille 
(art.  44  al.  1  LAsi).  Le  renvoi  ne  peut  être  prononcé,  selon  l’art.  32  de 
l’ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l’asile relative à la procédure (OA 1, 
RS 142.311),  lorsque  le  recourant  d’asile  dispose  d’une  autorisation  de 
séjour  ou  d’établissement  valable,  ou  qu’il  fait  l’objet  d’une  décision 
d’extradition ou d’une décision de renvoi conformément à  l’art. 121 al. 2 
de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 (Cst., RS 101).

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4.2.  Aucune  exception  à  la  règle  générale  du  renvoi  n’étant  en 
l’occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette 
mesure.

5. 

5.1. L’exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement 
exigible  et  possible  (art.  44  al.  2  LAsi).  Si  ces  conditions  ne  sont  pas 
réunies, l’admission provisoire doit être prononcée. Celle­ci est réglée par 
l’art. 83 de  la  loi  fédérale sur  les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr, 
RS 142.20), entrée en vigueur le 1er janvier 2008.

5.2. L’exécution n’est pas  licite  lorsque  le  renvoi de  l’étranger dans son 
Etat d’origine ou de provenance ou dans un Etat  tiers est  contraire aux 
engagements  de  la  Suisse  relevant  du  droit  international  (art.  83  al.  3 
LEtr). Aucune personne ne peut être contrainte, de quelque manière que 
ce soit, à se rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa 
liberté  serait  menacée  pour  l’un  des  motifs  mentionnés  à  l’art.  3  al.  1 
LAsi, ou encore d’où elle  risquerait d’être astreinte à se  rendre dans un 
tel pays (art. 5 al. 1 LAsi). Nul ne peut être soumis à  la  torture ni à des 
peines ou  traitements  inhumains ou dégradants  (art. 3 de  la convention 
du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés 
fondamentales [CEDH, RS 0.101]).

5.3. L’exécution de  la décision peut ne pas être raisonnablement exigée 
si  le  renvoi  ou  l’expulsion  de  l’étranger  dans  son  pays  d’origine  ou  de 
provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple  en  cas  de 
guerre,  de  guerre  civile,  de  violence  généralisée  ou  de  nécessité 
médicale (art. 83 al. 4 LEtr).

5.4. L’exécution n’est pas possible  lorsque l’étranger ne peut pas quitter 
la  Suisse  pour  son  Etat  d’origine,  son  Etat  de  provenance  ou  un  Etat 
tiers, ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr).

6. 

6.1. L’exécution du renvoi est illicite,  lorsque la Suisse, pour des raisons 
de droit  international public, ne peut contraindre un étranger à se rendre 
dans  un  pays  donné  ou  qu’aucun  autre  Etat,  respectant  le  principe  du 
non­refoulement,  ne  se  déclare  prêt  à  l’accueillir ;  il  s’agit  d’abord  de 
l’étranger  reconnu  réfugié,  mais  soumis  à  une  clause  d’exclusion  de 
l’asile, et ensuite de l’étranger pouvant démontrer qu’il serait exposé à un 

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traitement prohibé par l’art. 3 CEDH ou encore l’art. 3 de la convention du 
10  décembre  1984  contre  la  torture  et  autres  peines  ou  traitements 
cruels,  inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105) (Message du 
Conseil  fédéral  à  l’appui  d’un  arrêté  fédéral  sur  la  procédure  d’asile 
[APA], du 25 avril 1990, in : FF 1990 II 624).

6.2. En l'espèce,  l’exécution du renvoi ne contrevient pas au principe de 
non­refoulement de  l’art. 5 LAsi,  les  intéressés n'ayant pas  la qualité de 
réfugié.

6.3. En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant du 
droit international, il sied d’examiner particulièrement si l’art. 3 CEDH, qui 
interdit la torture, les peines ou traitements inhumains, trouve application 
dans le présent cas d’espèce.

6.4. Si l’interdiction de la torture, des peines et traitements inhumains (ou 
dégradants)  s’applique  indépendamment  de  la  reconnaissance  de  la 
qualité  de  réfugié,  cela  ne  signifie  pas  encore  qu’un  renvoi  ou  une 
extradition serait prohibée par le seul fait que dans le pays concerné des 
violations  de  l’art.  3  CEDH  devraient  être  constatées ;  une  simple 
possibilité  de  subir  des  mauvais  traitements  ne  suffit  pas.  Il  faut  au 
contraire  que  la  personne  qui  invoque  cette  disposition  démontre  à 
satisfaction  qu’il  existe  pour  elle  un  véritable  risque  concret  et  sérieux 
d’être victime de tortures, ou de traitements inhumains ou dégradants en 
cas de renvoi dans son pays. Il en ressort qu’une situation de guerre, de 
guerre  civile,  de  troubles  intérieurs  graves  ou  de  tension  grave 
accompagnée de violations des droits de l’homme ne suffit pas à justifier 
la  mise  en œuvre  de  la  protection  issue  de  l’art.  3  CEDH,  tant  que  la 
personne  concernée  ne  peut  rendre  hautement  probable  qu’elle  serait 
visée  personnellement  –  et  non  pas  simplement  du  fait  d’un  hasard 
malheureux  –  par  des  mesures  incompatibles  avec  la  disposition  en 
question (JICRA 1996 n° 18 consid. 14b let. ee p. 186s).

6.5. En  l’occurrence,  rien n'indique que  l'exécution du  renvoi au Kosovo 
exposerait les intéressés à un risque concret et sérieux de traitements de 
cette nature.

6.6.  Dès  lors,  l’exécution  du  renvoi  des  recourants  sous  forme  de 
refoulement ne transgresse aucun engagement de la Suisse relevant du 
droit  international, de sorte qu’elle s’avère  licite  (art. 44 al. 2 LAsi et 83 
al. 3 LEtr).

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7. 

7.1. Selon l’art. 83 al. 4 LEtr,  l’exécution de la décision peut ne pas être 
raisonnablement exigée si le renvoi ou l’expulsion de l’étranger dans son 
pays  d’origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par 
exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou 
de nécessité médicale. 

Cette disposition s’applique en premier lieu aux "réfugiés de la violence", 
soit aux étrangers qui ne remplissent pas  les conditions de la qualité de 
réfugié  parce  qu’ils  ne  sont  pas  personnellement  persécutés,  mais  qui 
fuient  des  situations  de  guerre,  de  guerre  civile  ou  de  violence 
généralisée, et ensuite aux personnes pour qui un retour reviendrait à les 
mettre concrètement en danger, notamment parce qu’elles ne pourraient 
plus  recevoir  les  soins  dont  elles  ont  besoin  ou  qu'elles  seraient,  selon 
toute  probabilité,  condamnées  à  devoir  vivre  durablement  et 
irrémédiablement  dans  un  dénuement  complet,  et  ainsi  exposées  à  la 
famine, à une dégradation grave de leur état de santé, à l'invalidité, voire 
à  la mort. En  revanche,  les difficultés socio­économiques qui sont  le  lot 
habituel de  la population  locale, en particulier des pénuries de soins, de 
logement, d'emplois, et de moyens de formation, ne suffisent pas en soi à 
réaliser une telle mise en danger. L'autorité à qui incombe la décision doit 
donc  dans  chaque  cas  confronter  les  aspects  humanitaires  liés  à  la 
situation  dans  laquelle  se  trouverait  l'étranger  concerné  dans  son  pays 
après  l'exécution  du  renvoi  à  l'intérêt  public  militant  en  faveur  de  son 
éloignement  de  Suisse  (voir  notamment  à  ce  propos  ATAF  2007/10 
consid.  5.1  p.  111;  JICRA 2005 n° 24  consid.  10.1 p. 215 et  jurisp.  cit., 
JICRA 2003 n° 24 consid. 5 p. 157 s.).

Ceci étant,  il  convient, dans  le cadre de  l'analyse des cas d'espèce, de 
faire appel à des critères aussi divers que les attaches avec la région de 
réinstallation,  notamment  les  relations  familiales  et  sociales,  les  séjours 
antérieurs,  respectivement  les  emplois  qui  y  ont  été  exercés,  les 
connaissances  linguistiques et professionnelles acquises,  le sexe,  l'âge, 
l'état de santé, l'état civil, les charges de famille. L'autorité à qui incombe 
la  décision  doit  donc  dans  chaque  cas  confronter  les  aspects 
humanitaires  liés  à  la  situation  dans  laquelle  se  trouverait  l'étranger 
concerné  dans  son  pays  après  l'exécution  du  renvoi  à  l'intérêt  public 
militant  en  faveur  de  son  éloignement  de  Suisse  (cf.  la  jurisprudence 
rendue à  propos de  l'ancien  art. 14a  al.  4  LSEE,  qu'il  n'y  a  pas  lieu  de 

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remettre en question  :  JICRA 2005 n° 24 consid. 10.1. p. 215 et  jurisp. 
cit., JICRA 2003 n° 24 consid. 5 p. 157 ss).

S'agissant  plus  spécifiquement  des  personnes  en  traitement  médical 
en Suisse, l'exécution du renvoi ne devient inexigible, en cas de retour 
dans  leur  pays  d'origine  ou  de  provenance,  que  dans  la  mesure  où 
elles pourraient ne plus recevoir  les soins essentiels garantissant des 
conditions minimales d'existence ; par soins essentiels, il faut entendre 
les soins de médecine générale et d'urgence absolument nécessaires 
à  la  garantie  de  la  dignité  humaine  (cf. JICRA  2003  n° 24  consid. 5b 
p. 157 s.;  GABRIELLE STEFFEN,  Droit  aux  soins  et  rationnement,  Berne 
2002,  p.  81 s.  et  87).  L'art. 83  al. 4  LEtr,  disposition  exceptionnelle 
tenant  en  échec  une  décision  d'exécution  du  renvoi,  ne  saurait  en 
revanche être  interprété comme une norme qui  comprendrait un droit 
de séjour lui­même induit par un droit général d'accès en Suisse à des 
mesures médicales  visant  à  recouvrer  la  santé  ou  à  la maintenir,  au 
simple motif  que  l'infrastructure  hospitalière  et  le  savoir­faire médical 
dans  le pays d'origine ou de destination de  l'intéressé n'atteint pas  le 
standard élevé qu'on trouve en Suisse (cf. JICRA 2003 n° 24 précitée, 
JICRA 1993 n° 38 p. 274 s.). Ainsi, il ne suffit pas en soi de constater, 
pour  admettre  l'inexigibilité  de  l'exécution  du  renvoi,  qu'un  traitement 
prescrit sur la base de normes suisses ne pourrait être poursuivi dans 
le pays de  l'étranger. On peut citer  ici  les cas de  traitements visant à 
atténuer  ou  guérir  des  troubles  psychiques  ou  physiques  qui  ne 
peuvent  être  qualifiés  de  graves.  Si  les  soins  essentiels  nécessaires 
peuvent  être  assurés  dans  le  pays  d'origine  ou  de  provenance  de 
l'étranger concerné, cas échéant avec d'autres médications que celles 
prescrites en Suisse,  l'exécution du renvoi dans  l'un ou  l'autre de ces 
pays  sera  raisonnablement  exigible. Elle  ne  le  sera  plus,  au  sens  de 
l'art. 83  al. 4  LEtr  si,  en  raison  de  l'absence  de  possibilités  de 
traitement  adéquat,  l'état  de  santé  de  l'intéressé  se  dégraderait  très 
rapidement au point de conduire d'une manière certaine à  la mise en 
danger  concrète  de  sa  vie  ou  à  une  atteinte  sérieuse,  durable,  et 
notablement  plus  grave  de  son  intégrité  physique  (cf. ATAF  2009/2 
consid. 9.3.2 p. 21; cf. également JICRA 2003 n° 24 précitée).

Cela dit, il sied de préciser que si, dans un cas d'espèce, le grave état de 
santé  ne  constitue  pas  en  soi  un  motif  d'inexigibilité  sur  la  base  des 
critères qui précèdent, il peut demeurer un élément d'appréciation dont il 
convient  alors  de  tenir  compte  dans  le  cadre  de  la  pondération  de 

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l'ensemble des éléments ayant  trait à  l'examen de  l'exécution du  renvoi 
(cf. JICRA 2003 no 24 précitée).

7.2.  En  l'occurrence,  le  Tribunal  ne  saurait  admettre  que  la  situation 
actuelle prévalant au Kosovo est en soi constitutive d'un empêchement à 
la réinstallation des recourants. En effet,  il est notoire que ce pays, dont 
l'indépendance  a  été  reconnue  par  la  Suisse,  le  27  février  2008,  ne 
connaît  pas  une  situation  de  guerre,  de  guerre  civile  ou  de  violence 
généralisée  qui  permettrait  d’emblée  –  et  indépendamment  des 
circonstances  du  cas  d’espèce  –  de  présumer,  à  propos  de  tous  les 
ressortissants  du  pays,  l’existence  d’une  mise  en  danger  concrète  au 
sens de l’art. 83 al. 4 LEtr. Au demeurant, par décision du 6 mars 2009, le 
Conseil  fédéral  a  ajouté  le  Kosovo  à  la  liste  des  Etats  sûrs  (safe 
countries), avec effet au 1er avril 2009. L'exécution du renvoi est, sous cet 
angle, raisonnablement exigible.

7.3. Il s'agit dès lors d'examiner si, au vu de la situation personnelle des 
recourants,  l'exécution  de  leur  renvoi  est  également  raisonnablement 
exigible.

7.4. Les recourants appartiennent à l'une des communautés minoritaires 
de  musulmans  slaves  du  Kosovo,  à  savoir  les  Goranis.  De  manière 
générale, les minorités de musulmans slaves, dont font également partie 
les  Bosniaques  et  les  Torbes,  ont  toujours  été  traitées  avec  plus  de 
tolérance que les minorités rom, ashkali et égyptienne ou que les Serbes 
du  Kosovo.  Selon  la  jurisprudence  du  Tribunal,  reprenant  celle  de  la 
Commission,  l'exécution  du  renvoi  des  ressortissants  roms,  ashkalis  et 
égyptiens  est  en  règle  générale  et  à  des  conditions  déterminées 
raisonnablement  exigible  (ATAF  2007/10  p. 110ss,  JICRA  2006  n° 10 
p. 194ss).  L'exécution  du  renvoi  des musulmans  slaves  du  Kosovo,  en 
particulier  des  Goranis,  est  quant  à  elle  en  principe  raisonnablement 
exigible,  lorsque  ceux­ci  ont  eu  leur  dernier  domicile  dans  les 
circonscriptions de Dragash, Prizren, Gjakove et Pej avant leur départ du 
pays (JICRA 2002 n° 22 p. 177ss, ATAF D­4166/2006 du 15 février 2010 
consid. 8.4 p. 11, D­3685/2009 du 20 août 2009 p. 7 et 8 et D­6556/2006 
du  25  août  2008  consid. 4.4  p. 7).  Cette  jurisprudence  est  toujours 
d'actualité,  la  situation  des  musulmans  serbophones  s'étant  même 
améliorée  après  la  publication  de  la  JICRA  2002  n° 22,  au  point  que 
l'exécution du  renvoi est désormais  raisonnablement exigible sur  tout  le 
territoire du Kosovo, à  l'exception de  la  région de Mitrovica, moyennant 
un  examen  individuel  d'éléments  déterminés  tels  que  l'existence  d'une 

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formation professionnelle, la présence d'un réseau social, d'une structure 
d'aide,  d'un  éventuel  risque  de  représailles  en  cas  de  collaboration 
passée avec  les Serbes  (cf. ATAF D­6827/2010 du 2 mai  2011  consid. 
8.6 p. 20, D­3685/2009 du 20 août 2009 p. 7 et 8 et D­6556/2006 du 25 
août 2008 consid. 4.4 p. 7).

7.5. In casu, les recourants viennent de la région de (…), où A._______ a 
toujours  vécu  et  où  B._______  vit  depuis  1995.  Selon  les  informations 
dont  dispose  le  Tribunal  (cf. notamment  Kosovo  Communities  profiles, 
Organization for Security and Cooperation  in Europe [OSCE], Mission  in 
Kosovo,  02/2011),  la  municipalité  de  (…)  est  constituée  d'une  majorité 
d'Albanais, avec une  très  forte minorité de Goranis. Les membres de  la 
communauté  gorani  dans  la  région  ne  connaissent  pas  de  problèmes 
particuliers  pour  se  déplacer,  s'exprimer  dans  leur  langue  auprès  de 
l'administration,  ou  encore  pour  avoir  accès  aux  services  publics,  aux 
soins  médicaux,  à  l'éducation,  à  l'aide  sociale  et  à  la  propriété. 
Concernant la ville de (…) plus particulièrement, les Goranis de retour au 
pays  peuvent  bénéficier  d'une  aide  à  la  reconstruction  d'habitations,  de 
l'aide  sociale  et  d'une  aide  alimentaire.  Ces  aides  sont  notamment 
fournies par des organisations internationales, comme le Programme des 
Nations Unies  pour  le  développement  (UNDP)  et  le Haut Commissariat 
des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). 

Les recourants disposent en outre au pays d'un solide réseau familial et 
social, notamment les parents respectifs de A._______ et de B._______, 
ainsi que des oncles et  tantes. Sur  le plan  financier,  ils n'ont  jamais  fait 
valoir  de  problèmes  particuliers.  Leurs  conditions  de  vie  étaient  au 
contraire  plutôt  bonnes.  Ils  disposent  en  effet  sur  place  d'un  logement 
dans  la maison appartenant au père de A._______ (cf. p­v d'audition de 
A._______  du  3 mars  2011  p.  7)  et  A._______  a  travaillé  comme  (…), 
puis comme (…), avant le départ du pays.

7.6. Pour s'opposer à l'exécution de leur renvoi, les intéressés invoquent 
encore des problèmes d'ordre médical.

7.6.1. Concernant  l'état  de  santé  de  A._______,  il  ressort  du  certificat 
médical du 15 septembre 2011 que celui­ci souffre de  troubles anxieux, 
d'un syndrome dépressif et de maux de tête. Le traitement de l'intéressé 
consiste  en  un  soutien  psychiatrique,  interrompu  au  moment  de  la 
rédaction du certificat  en  raison d'une  incapacité de  travail  du médecin, 
ainsi qu'en la prise d'antidépresseurs et d'anxiolytiques. 

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Quant à l'enfant C._______, il ressort du dossier ainsi que d'un document 
établi  le  5  octobre  2010  par  un  médecin  de  Belgrade  qu'il  souffre  de 
crises d'asthme. Selon  les déclarations de sa mère,  il suit en Suisse un 
traitement qui s'avère efficace (cf. p­v d'audition de B._______ du 3 mars 
2011 p. 7).

7.6.2. Le système de santé publique du Kosovo est toujours en phase de 
reconstruction  depuis  la  fin  de  la  guerre.  Selon  les  informations  à 
disposition du Tribunal  (cf. notamment Kosovo : Etat des soins de santé 
[mise  à  jour],  Organisation  suisse  d'aide  aux  réfugiés,  Berne,  1er 
septembre  2010),  le  pays  n'a  pas  à  l'heure  actuelle  de  système 
d'assurance­maladie  publique,  de  sorte  que  seuls  des  contrats  privés 
peuvent  assurer  l'accès  à  l'ensemble  des  prestations  hospitalières  et 
ambulatoires.  Cela  étant,  les  services  de  santé  sont  théoriquement 
fournis  gratuitement  par  les  institutions  de  santé  publique  à  certains 
groupes spécifiques, comme par exemple les enfants jusqu'à 15 ans, les 
élèves et étudiants jusqu'à la fin de leur formation de base, ou encore les 
bénéficiaires de l'assistance sociale et leur famille proche. Dans les faits, 
en  raison  des  contraintes  financières  et  matérielles  ne  permettant  pas 
toujours de faire face à la demande, les patients concernés sont toutefois 
parfois amenés à payer une partie des frais générés, voire leur intégralité. 

Le système kosovar des soins de santé comprend trois niveaux, à savoir 
les niveaux primaire (centres médicaux situés dans chaque municipalité), 
secondaire  (hôpitaux  au  niveau  régional)  et  tertiaire  (Centre  Clinique 
Universitaire et institutions spécialisées à Pristina). De manière générale, 
les  Kosovars  peuvent  se  faire  soigner  dans  des  cabinets  et  cliniques 
publics  et  privés,  les  prix  étant  plus  élevés  dans  le  secteur  privé.  Les 
pharmacies  sont  elles  aussi  publiques  ou  privées.  L'Agence  des 
Médicaments  du  Kosovo,  en  charge  des  activités  liées  aux  produits 
médicinaux et appareils médicaux, a établi une liste de médicaments de 
base  distribués  gratuitement  dans  les  pharmacies.  Celles­ci  proposent 
essentiellement  des  médicaments  utiles  pour  des  maux  communs,  les 
pharmacies  privées  s'avérant  mieux  approvisionnées  à  cet  égard.  Une 
partie  des  médicaments  non  disponibles  peut  par  ailleurs  être 
commandée  à  l'étranger,  les  prix  et  l'approvisionnement  variant 
néanmoins fortement.

La  ville  de  (...),  région  d'où  sont  viennent  les  recourants,  propose  la 
gratuité des soins médicaux à certains groupes de personnes, comme les 
bénéficiaires  de  l'aide  sociale.  La  ville  dispose  par  ailleurs  d'un  centre 

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médical  susceptible  d'intervenir  en  cas  d'urgence,  par  l'envoi  d'une 
ambulance  notamment  (cf. à  ce  propos  Kosovo  Communities  profiles, 
Organization for Security and Cooperation  in Europe [OSCE], Mission  in 
Kosovo, Kosovo Gorani, 02/2011, p. 11s.).

En  ce  qui  concerne  le  système  de  santé  mentale,  sa  réhabilitation  est 
l'une  des  priorités  du Ministère  de  la  santé.  Les  besoins  en  la matière 
sont  en  effet  importants,  de  nombreux  Kosovars  souffrant  de  troubles 
d'origine  psychique,  et  les  moyens  pour  y  faire  face  étant  encore 
insuffisants. A  témoin,  le pays manque de professionnels qualifiés, et  le 
système  actuel  de  formation  est  sous­développé,  particulièrement  en 
dehors  de  la  capitale  Pristina.  Ainsi,  en  2009,  il  n'y  avait  encore  qu'un 
psychiatre  pour  90'000  habitants,  un  employé  du  secteur  de  la  santé 
mentale pour 40'000 habitants, cinq psychologues cliniciens et un  faible 
nombre d'assistants sociaux. Dès  lors,  les moyens  les plus utilisés pour 
faire  face  à  la  demande  sont  l'administration  de  médicaments  et 
l'hospitalisation, lorsque le manque de lits ne s'y oppose pas. Cela étant, 
il  existe  au  Kosovo  sept  centres  de  traitement  ambulatoire  pour  les 
maladies psychiques (Centres Communautaires de Santé Mentale), dont 
un à Prizren. En outre,  certains hôpitaux généraux disposent d'espaces 
réservés à  la neuropsychiatrie pour  le  traitement des cas de psychiatrie 
aiguë,  ce  qui  est  le  cas  également  à  Prizren.  Finalement,  grâce  à  la 
coopération internationale, de nouvelles structures appelées "Maisons de 
l'intégration"  ont  vu  le  jour  dans  certaines  villes,  dont  Prizren.  Ces 
établissements logent des personnes atteintes de troubles mineurs de la 
santé  mentale  dans  des  appartements  protégés  et  leur  proposent  un 
soutien thérapeutique et socio­psychologique (cf. Kosovo : Etat des soins 
de santé [mise à jour], op. cit. p. 12ss).

Concernant  l'accès  aux  soins  médicaux,  les  membres  des  groupes 
minoritaires  gorani  et  bosniaque  ne  connaissent  pas  de  problèmes 
particuliers. Il arrive certes que le personnel albanais montre une certaine 
réticence à leur venir en aide, comme cela peut se produire avec d'autres 
minorités.  Néanmoins,  les  améliorations  dans  ce  domaine  sont 
constantes  (cf. sur  l'ensemble  du  système  de  santé  disponible  ATAF 
6827/2010  du  2  mai  2011  consid.  8.7.2  et  Kosovo :  Etat  des  soins  de 
santé [mise à jour], op. cit. p. 18).

7.6.3.  En  l'espèce,  comme  indiqué  plus  haut,  A._______  souffre  de 
problèmes  de  nature  psychique  nécessitant  un  traitement 
médicamenteux  ainsi  qu'un  un  suivi  psychiatrique  ambulatoire.  Il 

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n'apparaît toutefois pas que ses troubles soient de nature à mettre sa vie 
ou sa santé concrètement et gravement en danger à brève échéance, en 
cas de retour au Kosovo, ceux­ci n'ayant d'ailleurs pas  impliqué  la mise 
en place d'un traitement lourd en milieu hospitalier. Au demeurant, au vu 
des  informations  précitées  sur  l'état  des  soins  de  santé  au Kosovo,  les 
médicaments  et  autres  soins  de  base  sont  disponibles  dans  ce  pays, 
également pour  les membres de la minorité gorani, à  laquelle appartient 
l'intéressé.  Force  est  de  constater  également  que  la  ville  de  Prizren, 
située  quelques  kilomètres  au  (...)  de  (…),  dispose  de  plusieurs 
établissements proposant des soins en matière de santé mentale. Dans 
ces  conditions,  le  Tribunal  constate  que  le  recourant  pourra  bénéficier 
d'un suivi médical suffisant au Kosovo, même si  les soins donnés et  les 
médicaments  prescrits  ne  correspondent  pas  nécessairement  aux 
standards élevés de qualité prévalant en Suisse. Dès  lors,  le  risque, en 
cas de retour, d'une dégradation rapide de  l'état de santé de  l'intéressé, 
causant  une  atteinte  durable  et  sérieuse  à  son  intégrité  psychique  et 
physique  peut  être  exclu.  En  outre,  les  médicaments  nécessaires  à 
l'intéressé  pourront  lui  être  fournis,  dans  un  premier  temps et  si  besoin 
est,  dans  le  cadre d'une aide au  retour appropriée. A  cela  s'ajoute qu'il 
pourra compter au Kosovo sur le soutien d'un important réseau familial.

S'agissant  de  l'enfant  C._______,  celui­ci  souffre  d'asthme.  Selon  les 
déclarations  de  sa  mère,  il  suit  en  Suisse  un  traitement  qui  s'avère 
efficace.  Au  vu  des  considérations  qui  précèdent,  on  ne  saurait  retenir 
qu'en cas de retour au Kosovo, C._______ ne pourrait pas bénéficier des 
soins médicaux essentiels. Par ailleurs, en cas d'urgence,  la ville de (...) 
dispose de plusieurs centres médicaux, dont  l'un susceptible d'intervenir 
rapidement, et la ville de Prizren d'un hôpital.

7.6.4.  Dans  ces  conditions,  le  Tribunal  considère  que  les  problèmes 
médicaux des recourants ne s'opposent pas à l'exécution de leur renvoi.

7.7.  S'agissant  de  l'intérêt  supérieur  des  enfants,  en  particulier 
C._______  et  D._______,  le  Tribunal  constate  que  ceux­ci  ne  sont  en 
Suisse  que  depuis  moins  d'une  année.  En  outre,  il  ne  ressort  pas  du 
dossier qu'une intégration dans le système scolaire en vigueur au Kosovo 
constituerait  pour eux un effort  insurmontable au vu de  leur âge actuel. 
Par ailleurs,  compte  tenu du peu de  temps passé en Suisse,  il  ne peut 
être considéré qu'ils auraient coupé tout  lien avec le Kosovo et  le milieu 
socioculturel  qui  est  à  l'origine  le  leur.  De  plus,  en  cas  de  retour,  les 
enfants  ne  seront  pas  exposés  à  une  précarité  particulière  et  pourront 

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s'appuyer sur le réseau familial de leurs parents. Dans ces conditions, il y 
a  tout  lieu de penser qu'ils pourront mener une existence conforme à  la 
dignité humaine.

Dans  ce  sens,  le  Tribunal  tient  encore  à  rappeler  que  le  principe  de 
l'intérêt  supérieur  de  l'enfant,  tel  que  découlant  de  l'art.  3  al.  1  de  la 
Convention  relative  aux  droits  de  l'enfant  du  20  novembre  1989  (Conv. 
enfants, RS 0.107),  ne  fonde  pas  en  soi  un  droit  à  une  autorisation  de 
séjour  déductible  en  justice  (cf.  notamment  ATAF  D­7082/2010  du  29 
août  2011 ; ATF 136  I  285  consid.  5.2  p.  287 et  la  jurisprudence  citée, 
ATF 126 II 377, ATF 124 II 361). L'intérêt supérieur de l'enfant représente 
un  des  éléments  à  prendre  en  compte  dans  la  pesée  des  intérêts  à 
effectuer  (arrêt  du  Tribunal  fédéral  2C_487/2007  du  28  janvier  2008 
consid. 4). Les difficultés de réintégration dans le pays d'origine peuvent 
constituer  un  facteur  parmi  d'autres  à  prendre  en  considération  dans  le 
cadre  de  la  balance  des  intérêts  lors  de  l'examen  de  l'exigibilité  de 
l'exécution du renvoi  (cf. dans ce sens JICRA 2006 n° 13 consid. 3.5 p. 
143, JICRA 1998 n° 31 consid. 8c/ff/bbb p. 259s.). Toutefois, en l'espèce, 
il ne semble pas que de telles difficultés existent au vu de ce qui précède.

7.8.  S'agissant  de  la  récente  naissance  de  E._______,  le (...),  il 
appartiendra à l'ODM d'être attentif, dans l'organisation de l'exécution du 
renvoi des recourants, aux précautions imposées par cette situation.

7.9.  Enfin,  le  Tribunal  rappelle  que  les  motifs  résultant  de  difficultés 
consécutives  à  une  crise  socio­économique  (pauvreté,  conditions 
d'existence  précaires,  difficultés  à  trouver  un  emploi  et  un  logement, 
revenus  insuffisants,  absence  de  toute  perspective  d'avenir)  ou  à  la 
désorganisation,  la  destruction  des  infrastructures  ou  des  problèmes 
analogues  auxquelles,  dans  le  pays  concerné,  chacun  peut  être 
confronté,  ne  sont  pas,  en  tant  que  tels,  déterminants  sous  l'angle  de 
l'exécution  du  renvoi  (cf. dans  ce  sens  ATAF  2010/41  consid.  8.3.6  p. 
591 ; JICRA 2005 n° 24 consid. 10.1 p. 215, JICRA 2003 n° 24 consid. 5e 
p. 159).

Au  besoin,  les  recourants  ont  la  possibilité  de  présenter  à  l'ODM  une 
demande  d'aide  au  retour  au  sens  des  art.  93  LAsi  et  73ss  de 
l'ordonnance 2 du 11 août 1999 sur l'asile relative au financement (AO 2, 
RS 142.312), en vue notamment de faciliter leur réinstallation.

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7.10. En définitive, et après pesée de tous les éléments du cas d'espèce, 
l’exécution du renvoi s'avère raisonnablement exigible.

8. 
Enfin,  les  recourants  sont  en  possession  de  documents  suffisants  pour 
rentrer dans leur pays ou, à tout le moins, sont en mesure d’entreprendre 
toute  démarche  nécessaire  auprès  de  la  représentation  de  leur  pays 
d’origine en vue de  l’obtention de documents de voyage  leur permettant 
de quitter  la Suisse. L’exécution du renvoi ne se heurte donc pas à des 
obstacles  insurmontables  d’ordre  technique  et  s’avère  également 
possible (cf. ATAF 2008/34 consid. 12 p. 513­515).

9. 

9.1.  Cela  étant,  l’exécution  du  renvoi  doit  être  déclarée  conforme  aux 
dispositions légales.

9.2. Il s’ensuit que le recours, en tant qu’il conteste la décision de renvoi 
et son exécution, doit être également rejeté.

10. 

10.1. Selon l'art. 65 al. 1 PA, la partie qui ne dispose pas de ressources 
suffisantes et dont les conclusions ne paraissent pas d'emblée vouées à 
l'échec est, après  le dépôt de son  recours et à sa demande, dispensée 
par l'autorité de recours, son président ou le juge instructeur de payer les 
frais de procédure.

10.2.  En  l'occurrence,  les  intéressés  ont  produit  une  attestation 
d'assistance financière établie le 22 septembre 2011. Ils doivent ainsi être 
considérés comme indigents. De plus, les conclusions de leur recours, au 
moment de leur dépôt, ne paraissaient pas d'emblée vouées à l'échec.

10.3. Partant,  le Tribunal  fait droit à  la  requête des  recourants et admet 
leur demande d'assistance judiciaire partielle. Dès lors, il n'est pas perçu 
de frais de procédure.

(dispositif : page suivante)

 

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Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce :

1. 
Le recours est rejeté.

2. 
La demande d'assistance judiciaire partielle est admise. 

3. 
Il n'est pas perçu de frais de procédure.

4. 
Le  présent  arrêt  est  adressé  aux  recourants,  à  l’ODM  et  à  l’autorité 
cantonale compétente.

Le président du collège : La greffière :

François Badoud Chrystel Tornare Villanueva

Expédition :