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**Case Identifier:** 0641b05d-d74d-5507-9a31-3fb0a1061190
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-08-17
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 17.08.2023 A/656/2021
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-656-2021_2023-08-17.pdf

## Full Text

Siégeant : Maya CRAMER, Présidente suppléante 

  

 
 

R É P U B L I Q U E  E T  
 
. 1  C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/656/2021 ATAS/611/2023 

 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Ordonnance d’expertise du 17 août 2023 

Chambre 8 

 

En la cause 

A______ 
représentée par Maître Philippe NORDMANN  

 

 

recourante 

 

contre  

ALLIANZ SUISSE SOCIÉTÉ D'ASSURANCES SA 

 

 

intimée 

 

  

 
 
 

 

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EN FAIT 

 Madame A______ (ci-après : l’assurée ou la recourante), née le ______ 1970, A.      a.
était engagée auprès de B______ en qualité de secrétaire-comptable. À ce titre, 
elle a été assurée contre le risque d’accidents auprès d'ALLIANZ SUISSE 
SOCIÉTÉ D’ASSURANCES SA (ci-après : l’assurance-accidents ou l’intimée). 

b. En date du 20 novembre 2015, elle a subi un accident. Selon la déclaration 
d’accident du 23 novembre 2015 de l’employeur, elle avait chuté sur une table 
laquelle s’était brisée et avait fait tomber sur l’assurée le téléviseur plasma, 
entreposé sur cette table. Elle avait subi des lésions à la tête (visage, nez et dents 
cassées), aux genoux et au dos, tout en perdant connaissance. 

c. L’accident a provoqué une incapacité totale de travailler jusqu’au 17 janvier 
2016, et à 50% jusqu’au 30 avril 2017. 

d. Les suites de l’accident ont été prises en charge par l’assurance-accidents.  

e. Dans son rapport du 26 novembre 2015, la docteure C______, spécialiste en 
médecine interne, a indiqué que l’assurée était tombée en avant avec réception 
d’une télévision sur la tête et perte de connaissance, choc sur les genoux et 
réception sur le menton avec plaie et dents cassées. Elle a constaté un 
ralentissement psychomoteur sans latéralisation, une dyspraxie corps/objet, 
Romberg, erreurs systématiques doigts/nez à droite, tuméfaction de la pyramide 
nasale, dents ébréchées, plaie de 2 cm du menton, discrète tuméfaction de rotule 
avec une extension complète et multipliée par la douleur. Le scanner cérébral et 
facial était sans particularité hormis une fracture de l’aile du nez. Cette médecin a 
posé le diagnostic de plaie du menton et commotion cérébrale. 

f. Selon la fiche documentaire pour première consultation après un traumatisme 
d’accélération cranio-cervical du 7 décembre 2015 de l’Hôpital de La Tour, il y a 
eu une perte de connaissance de quelques minutes avec des trous de mémoire pour 
la période pendant l’accident. Les céphalées et vertiges se sont déclarés 
immédiatement. L’assurée souffrait de troubles attentionnels, d’erreurs aux 
doigts/nez, de dyspraxies corps/objet, et d’un ralentissement psychomoteur. 

g. Selon le rapport du 14 décembre 2015 de la docteure D______, neurologue 
FMH, l’assurée présentait un léger ralentissement psychomoteur, des troubles de 
concentration et une difficulté à entrer dans la consigne (il faut souvent la répéter 
deux fois). Dans son rapport du 12 janvier 2016, elle a constaté un syndrome 
douloureux post-traumatique et un trouble mnésique d’attention. L’imagerie par 
résonance magnétique (ci-après : IRM) cérébrale était normale. 

h. Selon le rapport du 3 février 2016 du docteur E______, ophtalmologue FMH, 
l’assurée avait reçu un coup sur l’œil droit, lequel était fatigué. Il présentait une 
baisse d’acuité visuelle suite à une décompensation de l’hypermétropie. Les 
lésions n’étaient pas uniquement dues à l’accident, mais les constatations 
concordaient avec la description de cet évènement par l’assurée. Celle-ci avait 

 
 
 

 

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besoin de nouvelles lunettes. Le 15 mars 2016, cet ophtalmologue a relevé que 
l'hypermétropie était préexistante, mais n’avait jamais eu besoin d’être corrigée 
auparavant. Ainsi, l’accident avait causé une décompensation de l’hypermétropie. 

i. Dans son rapport du 16 février 2016, la Dre C______ a diagnostiqué un 
syndrome post-traumatique douloureux avec troubles de ralentissement 
psychomoteur, mnésiques et exécutifs, une lenteur psychomotrice et une difficulté 
de fixation et troubles visuels. 

j. Le 17 mars 2016, la docteure F______, spécialiste FMH en médecine interne 
générale, a indiqué que l’assurée présentait des cervico-dorsalgies côté droit, 
d’origine post-traumatique avec contractures musculaires importantes. 

k. Le 31 mars 2016, la Dre D______ a diagnostiqué un syndrome de trouble de 
stress post-traumatique et un syndrome douloureux vestibulaire. Le traitement 
consistait en physiothérapie et somnifères. Un suivi chez le psychologue était 
recommandé. Le 1er avril 2016, cette médecin a informé la Dre C______ qu’elle 
retrouvait à l’examen neurologique une lenteur psychomotrice légère et des 
troubles attentionnels. Elle a conclu à un syndrome post-traumatique douloureux 
(céphalées et cervicalgies) associé à des troubles de la lignée syndrome subjectif 
post-traumatique avec un ralentissement psychomoteur, des troubles mnésiques et 
exécutifs.  

l. Dans son rapport du 25 avril 2016, la Dre C______ a attesté la persistance de 
symptômes de la lignée syndrome de souffrance post-traumatique avec troubles 
neuropsychologiques, sommeil et dysfonctionnement vestibulaire léger. Il y avait 
une prise en charge neurologique et psychiatrique avec traitement antidépresseur. 

m. Dans un rapport du 1er juin 2016, la Dre F______ a attesté une diminution 
nette des cervicalgies et des troubles du sommeil. L’assurée arrivait aussi à 
utiliser son bras droit. Par contre, elle présentait un syndrome post-traumatique 
avec troubles du sommeil et troubles anxieux. 

n. Par rapport du 28 juin 2016, la docteure F______, généraliste FMH, a déclaré 
suivre l’assurée depuis le 10 mars 2016. Celle-ci présentait un syndrome de stress 
post-traumatique, des tensions musculaires et une douleur abdominale. Le 
traitement consistait en médecine manuelle et thérapie EMDR. 

o. Par rapport du 18 août 2016, la Dre F______ a attesté les diagnostics, avec 
rapport de causalité naturelle à 100%, de cervico-dorsalgie droite post-
traumatique avec contracture musculaire importante sur dysfonction vertébrale, 
céphalées post-traumatiques avec un syndrome vertigineux et cervicobrachialgie 
droite non déficitaire. L’incapacité de travail était en rapport avec la cervico-
dorsalgie droite importante et les céphalées post-traumatiques. 

p. Le docteur G______, spécialiste FMH endocrinologue et diabétologue, a 
attesté le 24 août 2016 un syndrome post-traumatique avec anxiété, troubles du 
sommeil et de la concentration, crises d’angoisse, dyspnées et vomissements. 

 
 
 

 

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q. Le docteur H______, spécialiste FMH psychiatre-psychothérapeute, a certifié 
le 10 novembre 2016 un état de stress post-traumatique avec angoisses de mort, 
état de panique, ralentissement et troubles mnésiques. 

r. Lors d’une rencontre en date du 5 décembre 2016 entre le Case Manager de 
l’assurance-accidents et l’assurée, celle-ci a précisé les circonstances de 
l’accident. Elle avait poussé une table, sur laquelle se trouvait un écran plasma 
d’une cinquantaine de kilos. Lorsque cette table s’est effondrée, l’écran lui était 
tombé sur la tête. 

s. En mars 2017, l’assurée a été soumise à une expertise pluridisciplinaire par les 
docteurs I______, spécialiste FMH en neurologie, et J______, spécialiste FMH en 
psychiatrie-psychothérapie. Dans le cadre de cette expertise, elle a également été 
soumise à un examen neuropsychologique. Dans leur rapport du 31 mai 2017, les 
experts ont posé les diagnostics de status après trauma facial avec possible discret 
traumatisme cranio-cérébral et plaintes persistantes sans substrat somatique 
notamment post-traumatique clairement objectivable, au niveau neurologique. Sur 
le plan psychique, ils ont retenu un épisode dépressif léger sans syndrome 
somatique apparu dans les suites de l’accident. Il était mentionné que, sur le plan 
neuropsychologique, l’examen n’était pas probant. Ces diagnostics n’étaient pas 
dans une relation de causalité avec l’accident. Partant, il n’y avait pas une 
diminution permanente de la capacité de travail dans sa profession de secrétaire-
comptable en rapport avec l’accident. 

t. Une IRM de la colonne cervicale effectuée le 22 mars 2017 n’a pas mis en 
évidence une lésion post-traumatique, ni trouble statique, ni hernie discale ou 
lésion dégénérative, ni conflit disco- ou ostéo-radiculaire. 

u. Le 19 juillet 2017, le Dr E______ a attesté une fatigue visuelle post-accident. 
Le traitement consistait en adaptation des lunettes. 

v. Le 5 septembre 2017, l’assurance-accidents a informé l’assurée qu’elle avait 
l’intention de mettre fin au traitement médical sur le plan neurologique dès le 
1er juillet 2016 et qu'elle refusait de prendre en charge le traitement 
psychothérapeutique. Par ailleurs, l'assurée n’avait plus droit aux indemnités 
journalières dès le 1er juillet 2016, raison pour laquelle l'assurance-accidents lui 
réclamera le remboursement des paiements indus de CHF 31'286.-. 

w. Le docteur K______, spécialiste en médecine physique et réadaptation, a 
examiné la recourante à sa consultation de neuro-réhabilitation, à la demande du 
mandataire de celle-ci. Dans son rapport du 11 décembre 2017, il a considéré que 
l’assurée avait subi une commotion cérébrale. Le syndrome post-commotionnel et 
les déficits sensitivomoteurs focaux (membre supérieur droit) indiquaient la 
présence de lésions axonales diffuses et une probable contusion fronto-pariétale 
gauche. Il était également très probable qu’elle avait subi un traumatisme du 
rachis cervical, compte tenu des cervicalgies immédiates après le traumatisme, du 
mécanisme traumatique et des contractures musculaires cervicales relevées dans 

 
 
 

 

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son parcours médical. L’accident avait entraîné des déficits neuropsychologiques 
comme le montraient les bilans neuropsychologiques, notamment au M______. Il 
est vrai que les experts ont considéré que cet examen n’était pas probant en raison 
d’un défaut d’effort maximal pour répondre aux tests et d’un manque de 
cohérence entre les différents scores. Toutefois, les déficits neuropsychologiques 
ne pouvaient être sans autre « effacés » sur la base des fluctuations dans les tests 
et de l’atteinte de valeurs seuils aux tests recherchant un manque d’effort ou de 
collaboration. Un suivi chez un neuropsychologue avec une expérience de 
patients victimes d’un trouble cranio-cérébral était recommandé, ainsi qu’un 
traitement antidépresseur. Le Dr K______ voyait l’accident subi en 2015 comme 
seule cause des troubles typiques d’un syndrome post-commotionnel. Quant au 
pronostic, lorsque le syndrome post-commotionnel durait plus de six mois, on 
s’attendait à ce qu’il perdure à long terme. L’assurée présentait clairement des 
signes de surmenage, laissant craindre la survenue d’un épuisement, à court ou 
moyen terme. Il fallait adapter ses perspectives professionnelles, son organisation 
et son fonctionnement social/privé, avant d’espérer une récupération complète. 

 Par courrier du 12 décembre 2017, l’assurée, représentée par son conseil, s‘est B.      a.
opposée au projet de décision de l’assurance-accidents. 

b. Le 1er février 2018, Monsieur L______, psychologue spécialiste en 
psychothérapie, a attesté que l’assurée n’avait pas recouvré la totalité de ses 
facultés après l’accident. Elle présentait un état de stress post-traumatique avec 
état dissociatif intermittent et attaques de panique. Elle décrivait des réveils 
nocturnes où elle se voyait dédoublée en train de s’observer dormir, ce qui était 
très angoissant. Les troubles cognitifs étaient cliniquement présents. Il avait pu 
observer par ailleurs, le 29 mars 2017, une dissociation grave en séance. 

c. Dans leur rapport du 13 février 2018, les experts du M______ ont confirmé leur 
sentiment d'une majoration des symptômes. Par ailleurs, l'accident ne constituait 
pas un évènement exceptionnellement menaçant ou catastrophique. Ils ont 
également nié la présence d'un syndrome post-commotionnel, en considérant qu'il 
n'y avait pas d'altération significative dans le fonctionnement social et 
professionnel ni une baisse significative comparativement au niveau du 
fonctionnement antérieur. Au vu de l'importance des troubles, de l'atypie de 
certaines plaintes et de la persistance de troubles apparemment majeurs, ils ont 
également confirmé l'absence de relation de causalité des troubles 
neuropsychologiques avec l'accident. 

d. Par décision du 21 février 2018, l’assurance-accidents a confirmé son projet de 
décision. 

 Le 12 mars 2018, le Dr K______ a déclaré que le traumatisme subi par C.      a.
l’assurée ne paraissait de prime abord pas des plus dramatiques quant au 
mécanisme du traumatisme. Toutefois, il l’était quant aux répercussions et au 
vécu, dans la mesure où elle l’avait vécu comme une expérience de type « mort 

 
 
 

 

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imminente ». En effet, durant son coma, elle avait vécu une expérience de 
dépersonnalisation, en se voyant elle-même depuis dessus. Cette vision revenait 
régulièrement dans ses cauchemars. Elle n’avait dès lors pas pu retourner sans 
problème sur son lieu de travail, ni n’avait connu de résolution de ses troubles 
anxieux, cauchemars et autres répercussions du syndrome de stress post-
traumatique. Elle avait en effet systématiquement évité le lieu de l’accident, puis 
avait donné sa démission pour chercher un autre lieu de travail. Ce médecin 
n’avait enfin relevé qu'aucun élément suggérait une majoration des symptômes 
lors de son examen ou dans son dossier médical. Au contraire, le tableau clinique 
était tout à fait cohérent depuis le début de son parcours et en toutes circonstances 
(professionnelle, familiale et médicale). Une fluctuation des performances, dans le 
cadre d’un syndrome post-commotionnel, était habituelle et pouvait être 
influencée in casu par le fait que la langue maternelle de l’assurée n’était pas le 
français et par les altérations émotionnelles. Elle rencontrait aussi d’importantes 
difficultés dans les activités professionnelles et ménagères, ainsi que dans sa vie 
familiale et sociale en raison des troubles mnésiques, des difficultés à gérer les 
tâches multiples, à aider ses enfants dans leurs devoirs, à sortir en soirée, etc. Rien 
n’indiquait non plus qu’elle essayait de tirer un bénéfice secondaire par 
majoration des symptômes. Les arguments des experts pour invalider l’ensemble 
des résultats neuropsychologiques reposaient enfin sur des éléments hypothétiques 
et légers, en comparaison de l’ensemble du dossier médical. Quant au syndrome 
post-commotionnel, il était médicalement établi sur la base des critères 
diagnostiques en vigueur. L'assurée avait voulu reprendre un travail à 100%, 
comprenant moins de responsabilité, d’effort de concentration ou réflexif que son 
poste précédent. Néanmoins, elle y rencontrait des limitations (manque 
d’endurance, déficit d’attention, de concentration, davantage d’erreurs, difficultés 
à gérer plusieurs tâches simultanément, intolérance à travailler dans un lieu avec 
trop de stimulis, difficultés à gérer le stress, etc.). 

b. Le 22 mars 2018, l’assurée s’est opposée à la décision en concluant 
implicitement à la prise en charge des traitements neurologiques et psychiatriques, 
ainsi qu’au versement des indemnités journalières jusqu’au 30 avril 2017, étant 
précisé qu’elle avait repris une activité lucrative fin mai 2017. Il subsistait 
néanmoins une certaine incapacité de travail, malgré la reprise d’une activité à 
100%, dès lors qu’elle avait dû prendre un travail moins stressant et moins bien 
rémunéré. Alors qu’elle réalisait auparavant un salaire de CHF 6'000.-, son salaire 
était actuellement de CHF 5'000.-, ce qui représentait une perte de gain de 17%. 

c. Le 16 avril 2018, la docteure N______, spécialiste en psychologie clinique et 
psychothérapeute FSP, a attesté qu’une prise en charge psychologique était encore 
nécessaire, voire indispensable. Toutefois, l’évolution était favorable après 
quelques séances. Cette médecin suivait l’assurée depuis le 6 mars 2018. 

d. Par courrier du 4 octobre 2018, l’assurée a informé l’assurance-accidents que sa 
nouvelle activité professionnelle comportait un grand risque pour sa santé. En 

 
 
 

 

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effet, elle était toujours angoissée, au bord des larmes et avec une grande exigence 
envers elle-même. De ce fait, elle faisait beaucoup d’heures supplémentaires. Sur 
le plan personnel, il y avait une modification grave de la personnalité avec une 
disparition presque totale des relations avec ses amis et la nécessité d’une aide 
constante de son mari et de ses trois enfants. 

e. Le 13 novembre 2018, la Dre F______ a attesté que l’assurée présentait un 
changement de personnalité avec un syndrome de stress post-traumatique 
persistant et une fatigue. 

f. Le 25 novembre 2020, l’assurée a demandé à l’assurance-accidents de lui 
donner une garantie pour la couverture d’une paire de lunettes avec verres 
progressifs, selon l’offre du 21 novembre 2020 de VISILAB au montant de 
CHF 1'552.-. 

g. Par décision du 26 janvier 2021, l’assurance-accidents a confirmé sa décision 
initiale. 

 En date du 22 février 2021, l’assurée a saisi la chambre de céans d’un recours D.      a.
contre cette décision, par l’intermédiaire de son conseil, en concluant à son 
annulation et au renvoi de la cause à l’intimée pour nouvelle décision. Aucune 
valeur probante ne pouvait être attribuée à l’expertise du M______. Les séquelles 
de l’accident étaient nombreuses sur le plan somatique et psychique. Sans 
l’accident, elle aurait par ailleurs poursuivi l’activité précédente. De ce fait, elle a 
subi une perte de gain, son emploi actuel étant moins bien rémunéré. Partant, les 
indemnités journalières devaient être prises en charge au-delà du 1er juillet 2016. 

b. Dans sa réponse du 23 mars 2021, l’intimée a conclu au rejet du recours sur la 
base de l’expertise. Quant au trouble oculaire, elle envisageait de mettre en place 
une expertise, afin de déterminer dans quelle mesure ces troubles étaient en 
rapport avec l’accident. 

c. À la demande des parties, la cause a été suspendue, par ordonnance du 28 mai 
2021. 

d. Le 3 février 2022, la recourante a fait l’objet d’une expertise ophtalmologique 
par le docteur O______, spécialiste FMH en ophtalmologie. Selon son rapport du 
3 février 2022, la recourante présentait une hypermétropie bilatérale et une 
presbytie, ainsi qu’un status post contusion oculaire œil droit avec opacité 
cristallinienne (cataracte) débutante et limitation concomitante du champ visuel. 
L'expert a considéré comme tout à fait vraisemblable la causalité naturelle entre 
l’accident et les opacités du cristallin à droite, étant précisé qu’il n’y avait pas de 
modification de la structure du cristallin à gauche, côté qui n’avait pas subi de 
choc. Il s’écoulait généralement plusieurs années après un traumatisme oculaire 
avant que le cristallin ne développe progressivement des opacités. Des facteurs 
étrangers à l’accident jouaient un rôle dans la panoplie des plaintes ressenties par 
l’assurée. L’accident avait possiblement accéléré la décompensation de 
l’hypermétropie déjà présente et de la presbytie débutante à l’époque. Le choc et 

 
 
 

 

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la perte de connaissance ont pu décompenser l’accommodation résiduelle. 
Cependant, l'aggravation de la décompensation de l’hypermétropie ne se 
manifestait que de manière transitoire. Le statu quo sine a vraisemblablement été 
atteint deux ou trois ans après l’accident avec la progression naturelle de la 
presbytie vers les 48 ans. L’accident avait entraîné la nécessité de changer plus 
fréquemment de lunettes pour tenir compte de la décompensation de 
l’hypermétropie et de l’augmentation concomitante de la presbytie. En raison de 
la cataracte traumatique débutante, une adaptation régulière des valeurs de 
correction des lunettes était à prévoir. La lésion du cristallin à droite consécutive à 
l’accident et les troubles de vision de cet œil ont entraîné une limitation 
concentrique du champ visuel justifiant une indemnité pour perte à l’intégrité de 
12%. 

e. Dans son rapport du 11 août 2022, la docteure P______, spécialiste FMH en 
ophtalmologie et ophtalmo-chirurgie de la Clinique de l’œil, a considéré que la 
recourante avait besoin de 15 minutes de pause toutes les 60 minutes à cause 
d’une exophorie de près. La cataracte provoquait un éblouissement lors de la 
conduite de nuit, ce qui devait dès lors être évité. Le taux de l’indemnité pour 
atteinte à l’intégrité était de 25%. Il y avait toutefois un risque d’aggravation. Au 
vu du besoin de repos, il y avait une diminution de rendement de 25%. 
Concernant l’œil gauche, les séquelles de l’accident pouvaient induire au 
maximum une fatigue de cet œil. 

f. Par écriture du 15 septembre 2022, la recourante a conclu à l’octroi d’une rente 
d’invalidité de 25% et d’une indemnité pour atteinte à l’intégrité de 25%, sous 
suite de dépens. Subsidiairement, elle a conclu au renvoi de la cause à l’intimée 
pour nouvelle décision. 

g. Dans son rapport du 3 novembre 2022, le Dr O______ s’est déterminé sur la 
liste des questions posées par la recourante suite à l’expertise. Il était correct de 
proposer une augmentation du temps de pause pour tenir compte de la fatigabilité 
accrue liée à la difficulté visuelle actuelle. Ce besoin réduisait quelque peu le 
rendement. Toutefois, la mesure de la perte de rendement ne pouvait être corrélée 
à la réduction du temps de travail. L’efficacité pouvait tout à fait être de 100% 
pour une période donnée, suite à laquelle une pause permettrait de poursuivre 
ultérieurement la tâche à accomplir. Quant à l’atteinte à l’intégrité, les tabelles 
prévoyaient une indemnité de 5% pour un éblouissement et une photophobie dans 
les cas graves. Partant, toute manifestation d’un éblouissement ne donnait pas 
droit à une indemnité. Le cas devait être considéré comme grave, lorsque le port 
de lunettes foncées était indispensable de jour. Une opération de la cataracte sera 
nécessaire lorsque la gêne visuelle deviendra véritablement perturbante au 
quotidien, indépendamment de la valeur actuelle de la correction de la presbytie. 
Rien n’indiquait par ailleurs que l’œil gauche soit directement impacté par 
l’accident survenu à l’œil droit. Enfin, ce médecin a précisé que quatre mois 
s’étaient déroulés entre les deux évaluations cliniques au niveau ophtalmologique 

 
 
 

 

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et qu’il n’était pas inconcevable que la situation clinique ait pu se péjorer durant 
ce temps. 

h. Par écriture du 15 novembre 2022, l’intimée a persisté dans ses conclusions. 
S’agissant des troubles oculaires, elle a estimé que, dans la mesure où la 
recourante devait encore être examinée en février 2023, elle n’était pas en mesure 
de statuer à ce sujet. Elle proposait dès lors d’exclure les atteintes 
ophtalmologiques de l’objet du litige. 

i. Par écriture du 8 février 2023, la recourante a considéré que de nouveaux 
examens des yeux n’étaient pas nécessaires et qu’il fallait trancher entre les deux 
expertises dans le dossier. Conformément à l’avis de la Clinique de l’œil, elle 
subissait une diminution de la capacité de gain de 25%. Partant, elle a conclu à 
l’octroi d’une rente de ce pourcentage, ainsi que d’une indemnité pour atteinte à 
l’intégrité de 25%. 

j. Par écriture du 6 mars 2023, l’intimée a persisté dans ses conclusions sur la base 
de l’expertise pluridisciplinaire. Concernant les troubles oculaires, le Dr O______ 
avait constaté que l’état de santé définitif n’était pas encore atteint. Par ailleurs, 
dans la mesure où la recourante ne présentait pas d’incapacité de travail, elle 
n’avait pas droit à une indemnité journalière. Quant à l’indemnité pour l’atteinte à 
l’intégrité pour les troubles oculaires, l’intimée a persisté à considérer qu’il était 
nécessaire de réévaluer l’état de santé de la recourante, afin de trancher 
définitivement cette question. 

k. Le 15 mars 2023, la recourante a considéré que, selon l’expertise de la Clinique 
de l’œil, elle présentait une invalidité de 25% et une atteinte à l’intégrité du même 
pourcentage, avec un risque de dégradation. Cela étant, elle ne voyait pas 
pourquoi il fallait attendre pour statuer sur les prestations en rapport avec les 
troubles oculaires.  

l. Entendue en date du 9 mai 2023 par la chambre de céans, la recourante a déclaré 
ce qui suit : 

« Je travaille actuellement dans le montage de montres. J'ai donc 
complétement changé d'activité par rapport à ce que je faisais avant mon 
accident. En effet, je n'étais plus capable de faire du travail administratif et 
faisais beaucoup d'erreurs.  
Je travaille à 100%.  
Je ne dois pas porter en permanence de lunettes de soleil.  
Mon travail est très difficile, car il s'agit d'assembler de toutes petites pièces. 
C'est très fatigant pour les yeux qui, à la longue, brûlent et m'obligent à 
utiliser une loupe. De ce fait, je dois aussi prendre une pause de 15 minutes 
toutes les heures, ce que mon employeur accepte.  
Sur question de l'intimée, je précise que j'ai dû changer de travail à cause 
des problèmes cognitifs et non pas à cause des problèmes oculaires.  

 
 
 

 

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J'ai l'impression que l'état de mes yeux s'aggrave, mais les médecins l'ont 
déjà prédit et cela ne dépend pas seulement du travail exigeant pour les yeux 
que je dois faire ». 

m. Par écritures du 17 mai 2023, la recourante a conclu à l'octroi d'une rente de 
50% et d'une indemnité pour perte à l'intégrité de 25%. 

 Par courrier du 10 juillet 2023, la chambre de céans a informé les parties qu'elle E.      a.
avait l'intention de mettre en œuvre une expertise neurologique et de la confier à 
la docteure Q______, spécialiste FMH en neurologie. Elle leur a également 
communiqué la mission de l'experte. 

b. Par courrier du 20 juillet 2023, la recourante a requis de compléter l'expertise 
neurologique par un examen sur le plan cognitif, voire psychiatrique. Elle s'est 
posée également des questions sur les compétences de l'experte proposée. Quant à 
la mission d'expertise, elle en a requis des modifications.  

c. Par écritures du 3 août 2023, l'intimée a d'ores et déjà sollicité d'entendre les 
experts du M______ en cas de questions complémentaires suite à l'expertise 
envisagée, tout en acceptant l'experte proposée et sa mission. 

EN DROIT 

1. Conformément au principe inquisitoire qui régit la procédure dans le domaine des 
assurances sociales, le juge des assurances sociales doit procéder à des 
investigations supplémentaires ou en ordonner lorsqu'il y a suffisamment de 
raisons pour le faire, eu égard aux griefs invoqués par les parties ou aux indices 
résultant du dossier. Il ne peut ignorer des griefs pertinents invoqués par les 
parties pour la simple raison qu'ils n'auraient pas été prouvés (VSI 5/1994 220 
consid. 4a). En particulier, il doit mettre en œuvre une expertise lorsqu'il apparaît 
nécessaire de clarifier les aspects médicaux du cas (ATF 117 V 282 consid. 4a ; 
RAMA 1985 p. 240 consid. 4 ; arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 751/03 
du 19 mars 2004 consid. 3.3). Dans un arrêt de principe, le Tribunal fédéral a 
modifié sa jurisprudence en ce sens que lorsque les instances cantonales de 
recours constatent qu'une instruction est nécessaire parce que l'état de fait médical 
doit être élucidé par une expertise, elles sont en principe tenues de diligenter une 
expertise judiciaire si les expertises médicales ordonnées par l’office cantonal de 
l’assurance-invalidité ne se révèlent pas probantes (ATF 137 V 210 
consid. 4.4.1.3). Cela étant, un renvoi à l'administration pour mise en œuvre d'une 
nouvelle expertise reste possible, même sous l'empire de la nouvelle 
jurisprudence, notamment quand il est fondé uniquement sur une question restée 
complètement non instruite jusqu'ici, lorsqu'il s'agit de préciser un point de 
l'expertise ordonnée par l'administration ou de demander un complément à l'expert 
(ATF 137 V 210 consid. 4.4.1.3 et 4.4.1.4 ; SVR 2010 IV n. 49 p. 151, 
consid. 3.5 ; arrêt du Tribunal fédéral 8C_760/2011 du 26 janvier 2012 consid. 3). 

 
 
 

 

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2. En l'espèce, tous les médecins consultés relèvent des troubles cognitifs suite à 
l'accident subi en 2015. Par ailleurs, l'examen neuropsychologique effectué dans 
le cadre de l'expertise du M______ relève également de tels troubles. En effet, 
selon cet examen, la recourante présente des rendements sévèrement déficitaires 
dans plusieurs tests mesurant les fonctions exécutives et des rendements 
déficitaires dans des tests de mémoire et de travail audio-verbal, ainsi qu'un 
ralentissement massif et une fluctuation extrêmement marquée de la vitesse de 
réactivité. Néanmoins, les experts ont écarté les résultats de cet examen, au motif 
d'un manque d'effort de la recourante et d'un manque de cohérence dans les 
résultats des différents tests, compte tenu également de ses performances dans la 
vie quotidienne. Cela étant, ils ont nié une relation de causalité persistante entre 
les troubles actuels et l'accident sur le plan neurologique et neuropsychologique. 

Toutefois, le Dr K______ conteste l'absence de troubles cognitifs consécutifs à 
l'accident et donne des explications sur les incohérences relevées. 

Cela étant, la chambre de céans n'est pas convaincue par l'expertise du M______, 
en particulier le volet neuropsychologique. Partant, il s'avère nécessaire de mettre 
en œuvre une expertise judiciaire. 

3. Les parties n'ont pas récusé l'experte proposée. Quant à ses compétences, il sied 
de relever que celle-ci étant neurologue, elle paraît tout à fait à même de remplir 
sa mission. Il est à préciser à cet égard que la chambre de céans n'a pas trouvé un 
ou une autre neurologue d'accord d'accepter un mandat d'expertise, en dépit de 
longues recherches. 

4. Quant à la mission de l'experte, comme précisé dans le courrier adressé aux 
parties le 10 juillet 2023, il sera demandé à celle-ci de procéder à un nouveau 
bilan neuropsychologique.  

En ce qui concerne le métier de la recourante, celle-ci précise qu'elle était 
responsable du service financier et comptable chez son employeur et non 
seulement secrétaire-comptable. Toutefois, la chambre de céans ne dispose pas de 
renseignements précis à cet égard. Quoi qu'il en soit, la recourante allègue ne pas 
pouvoir travailler comme secrétaire-comptable, raison pour laquelle elle a dû 
changer d'activité. Par conséquent, il ne paraît pas essentiel de préciser qu'elle 
était responsable du service financier et comptable. 

S'agissant des demandes des autres modifications des questions à poser à 
l'experte, il en sera tenu compte dans la mesure jugée nécessaire. 

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant préparatoirement 

 

I. Ordonne une expertise neurologique. 

II. Commet à ces fins la Dre Q______, neurologue.  

III. Dit que la mission d’expertise sera la suivante :  

- Prendre connaissance du dossier de la cause ; 

- Si nécessaire, prendre tous renseignements auprès des médecins ayant 
traité la personne expertisée, ainsi que de son entourage ; 

- Procéder à un bilan neuropsychologique : 

- Examiner l’expertisée et, si nécessaire, ordonner d’autres examens. 

- Charge l’experte d’établir un rapport détaillé répondant aux questions 
suivantes : 

1. Anamnèse  

2. Plaintes 

3. Constatations objectives 

4. Diagnostics sur le plan neurologique et neuropsychologique 

5. Les diagnostics retenus sont-ils dans un rapport de causalité avec 
l'accident possible (probabilité de moins de 50%), probable (probabilité 
de plus de 50%) ou certain (probabilité à 100%) ? 

6. Les atteintes et les plaintes de l'expertisée correspondent-elles à un déficit 
organique objectivable ? 

7. Confirmez-vous l'appréciation du Dr K______, selon laquelle le 
syndrome post-commotionnel et les déficits sensitivomoteurs focaux 
(membre supérieur droit) indiquent la présence de lésions axonales 
diffuses et une probable contusion fronto-pariétale gauche ? 

8. Le tableau clinique est-il cohérent depuis l'accident sur le plan 
professionnel, familial et médical ? 

9. À quelle date l'état de santé doit-il être considéré comme stabilisé sur le 
plan neurologique et neuropsychologique ? 

10. Quelles sont les limitations fonctionnelles sur le plan neurologique et 
neuropsychologique ? 

 
 
 

 

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11. Quelle est la capacité de travail de l'expertisée dans son activité 
habituelle (secrétaire-comptable), compte tenu des seules atteintes en 
rapport de causalité (probabilité de plus de 50%) avec l'accident sur le 
plan neurologique et neuropsychologique ? Comment cette capacité de 
travail a-t-elle évolué depuis l'accident ? 

12. Depuis quelle date l'expertisée est-elle capable de travailler dans une 
activité adaptée, telle que celle exercée actuellement ? 

13. Peut-on attendre de la poursuite du traitement médical une notable 
amélioration de l'état de santé de l'expertisée sur le plan neurologique et 
neuropsychologique ? 

14. Si non, à partir de quel moment ne peut-on plus attendre de la 
continuation du traitement médical une notable amélioration de l'état de 
santé ? 

15. L'expertisée présente-t-elle une atteinte à l'intégrité en lien avec les 
atteintes en rapport de causalité au moins probables avec l'accident sur le 
plan neurologique ? Si oui, quel est le taux applicable selon les tables de 
la SUVA ? 

16. Les lésions neurologiques et troubles neuropsychologiques en rapport 
avec l'accident sont-elles propres, selon l'expérience, à entraîner des 
troubles psychiques ? 

17. Quel est votre pronostic ? 

18. Partagez-vous les conclusions de l'expertise du M______ et du rapport du 
Dr K______ ? Dans la négative, pourquoi vous en écartez-vous ? 

IV. Invite l’experte à déposer son rapport en trois exemplaires dans les meilleurs 
délais auprès de la chambre de céans. 

V. Réserve le fond ainsi que le sort des frais jusqu’à droit jugé au fond. 

 
La greffière 

 
 
 
 

Stefanie FELLER 

 La présidente suppléante 
 
 
 
 

Maya CRAMER 

 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties le