# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c37d8210-8401-5b57-a0ab-34de2881a321
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2011-09-26
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 26.09.2011 E-4461/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-4461-2011_2011-09-26.pdf

## Full Text

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t

T r i buna l   adm in i s t r a t i f   f édé ra l

T r i buna l e   ammin i s t r a t i vo   f ede ra l e

T r i buna l   adm in i s t r a t i v   f ede ra l

Cour V
E­4461/2011

A r r ê t   d u   2 6   s e p t emb r e   2 0 1 1

Composition Maurice Brodard (président du collège), 
Emilia Antonioni, Walter Stöckli, juges,
Jean­Claude Barras, greffier.

Parties A._______,
Congo (Kinshasa),
recourant, 

contre

Office fédéral des migrations (ODM),
Quellenweg 6, 3003 Berne,
autorité inférieure. 

Objet Asile et renvoi;
décision de l'ODM du 7 juillet 2011 / N (…).

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Faits :

A. 
A.a. Le 25 novembre 2010, au Centre d'enregistrement et de procédure 
(CERA)  de  (…),  le  recourant  a  dit  être  ressortissant  de  la  République 
démocratique  du  Congo  (RDC).  Il  n'a  été  en  mesure  de  produire  ni 
passeport  qu'il  n'aurait  jamais  eu  ni  l'attestation  de  perte  de  pièces 
d'identité qu'il se serait fait établir en juin 2009 après la perte de sa carte 
d'électeur.  Il  a  aussi  dit  avoir  demandé  l'asile  à  la  B._______  quand  il 
était encore mineur. En octobre 2008 (en fait au mois de mars 2009, cf. 
pv de l'audition du 20 juin 2011, Q. 17), les autorités de ce pays, qui ne lui 
auraient pas accordé de statut, l'auraient rapatrié en RDC. S'agissant de 
ses motifs d'asile, il a déclaré avoir quitté son pays parce qu'il y aurait été 
recherché pour activités subversives. A son retour de B._______, il aurait 
en  effet  rejoint  "(…)",  un  groupe  d'individus  animé  par  son  cousin  qui 
s'occupaient de sensibiliser  les  jeunes aux problèmes du pays. Un  jour, 
deux  jumeaux,  C._______  et  D._______,  qui  venaient  d'intégrer  le 
groupe  leur  auraient  proposé  de  tenir  la  prochaine  réunion  chez  eux, 
notamment pour y visionner un DVD produit à E._______ sur  les maux 
actuels de la RDC. De fait, cette proposition n'aurait été que le prélude à 
un  traquenard  dans  lequel  seraient  tombés  le  recourant  (qui  aurait 
d'ailleurs oublié d'apporter le DVD) et son cousin, arrêtés le 16 septembre 
2010 par des soldats lors de la réunion en question, au 124 de l'avenue 
F._______, dans  la commune de G._______, où ne se seraient  trouvés 
avec eux que  leurs hôtes dont  le père était membre du Parti du peuple 
pour  la  reconstruction  et  la  démocratie  (PPRD),  le  parti  au  pouvoir.  Un 
soldat aurait ensuite battu le recourant pendant sa détention au point que 
celui­ci  avait  dû  être  emmené  dans  un  hôpital,  à  H._______,  le  19 
septembre suivant. Le 22 septembre 2010, cédant aux supplications du 
recourant qui  lui aurait demandé de l'aider,  le médecin qui  le soignait  lui 
aurait  présenté  un  pasteur  venu  là  pour  prier  puis,  devant  le  refus  des 
soldats, qui gardaient le recourant, d'autoriser son transfert dans un plus 
grand  hôpital,  un  second  médecin  se  serait  arrangé  pour  qu'il  puisse 
s'échapper  par  une  fenêtre.  A  l'extérieur,  le  recourant  aurait  rejoint  le 
pasteur qui  l'attendait puis, muni d'un peu d'argent que  la concubine de 
son cousin aurait remis au recourant, les deux seraient partis en pirogue 
le  25 septembre 2010  se mettre  à  l'abri  à  I._______,  de  l'autre  côté  du 
fleuve.  Des  agents  de  la  RDC  les  y  auraient  toutefois  retrouvés  et  le 
1er novembre suivant, ils auraient arrêté le pasteur. Craignant pour sa vie, 

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le  recourant  aurait  alors  trouvé  un  passeur  par  le  biais  d'un  Congolais 
rencontré à I._______. Le 19 novembre 2010, en compagnie du passeur 
qui lui aurait fourni un passeport au nom d'un tiers, il se serait envolé pour 
J._______ via K._______. Un inconnu l'aurait ensuite emmené en voiture 
en Suisse où  il  serait arrivé  le 22 novembre suivant.  Il aurait payé mille 
dollars pour ce voyage.

A.b. 
A l'occasion de l'audition sur ses motifs de fuite, le 20 juin 2011 à Berne, 
le recourant a encore expliqué que le DVD destiné à être visionné lors de 
la  réunion du 16  septembre 2010 était  une production de  l'Alliance des 
Patriotes  pour  la  Refondation  du  Congo  (APARECO,  un  parti 
d'opposition) montrant les exactions commises par les soldats des Forces 
armées  de  la  RDC  dans  le  Nord­Kivu.  Outre  un  reportage  sur  Armand 
Tungulu,  qui  avait  lancé  des  pierres  contre  un  cortège  présidentiel  (à 
Kinshasa), on y voyait aussi un débat sur  l'implication d'Eddy Kapend et 
de  l'actuel président de  la RDC dans  l'assassinat de "Kabila père". Lors 
de cette audition, le recourant a aussi déclaré qu’à l’hôpital où il avait été 
transporté  initialement,  un des  soldats  chargés de  le  surveiller  avait  fini 
par  consentir  à  son  transfert  à  la  clinique G._______,  un établissement 
hospitalier  plus  grand  que  le  précédent.  A  cet  endroit,  il  avait  alors  pu 
donner au médecin qui  le traitait un numéro de téléphone où appeler un 
voisin en mesure de lui venir en aide. Passé le voir à l’hôpital, ce voisin, 
un pasteur connu à H._______, aurait convaincu les soldats qui gardaient 
le recourant de quitter la pièce où celui­ci était alité pour les laisser prier. 
Les soldats sortis, les deux en auraient profité pour s’enfuir par la fenêtre 
de  la  chambre  puis  ils  auraient  pris  un  « transport  express »  jusqu’à 
L._______.  Plus  tard,  chez  une  connaissance  du  pasteur,  le  recourant 
aurait  appris  qu’emmené  à  M._______,  son  cousin  avait  aussi  pu 
s’échapper.  Les  deux  seraient  alors  partis  se  mettre  à  l’abri  de  l’autre 
côté  du  fleuve,  chez  un  ami  de  son  cousin  qui  leur  aurait  dit 
qu’apparemment  les  autorités  de  RDC  avaient  envoyé  des  gens  à 
I._______ pour les retrouver. Un soir que le recourant était de sortie avec 
son hôte,  l’amie de ce dernier  l’aurait  appelé au  téléphone pour  lui  dire 
que des soldats se trouvaient à leur domicile puis le recourant et son hôte 
auraient entendu retentir un coup de feu et crier  la  femme qui venait de 
les  appeler. Peu après,  le  recourant  aurait  su  que  son  cousin  avait  été 
abattu.  Son  hôte  lui  aurait  alors  présenté  une  connaissance  qui  l’aurait 
mis en rapport avec le passeur qui l’aurait emmené en Suisse.

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B. 
Par  décision  du  7  juillet  2011,  l’ODM  a  rejeté  la  demande  d’asile  du 
recourant  au  motif  que  ses  déclarations  ne  satisfaisaient  pas  aux 
exigences de vraisemblance de l’art. 7 de la loi sur l’asile du 26 juin 1998 
(LAsi,  RS  142.31).  L’ODM  a  ainsi  considéré  que  le  récit  du  recourant 
manquait  de  constance sur  plusieurs  événements  entrant  dans 
l’enchaînement  ayant  abouti  à  sa  fuite  :  ainsi,  ses  déclarations  sur  le 
nombre de participants à la réunion du 16 septembre 2010 ou encore sur 
les circonstances dans lesquelles il affirmait s’être échappé de l’hôpital où 
on  l’avait  transporté, en particulier sur  le  rôle  tenu par  le pasteur qui  lui 
était venu en aide différaient d’une audition à l’autre. Il en allait de même 
du moment où la concubine de son cousin lui avait remis de l’argent pour 
financer  sa  fuite  et  des  raisons  qui  l’avaient  poussé  à  fuir  I._______. 
Soulignant  l’absence  d’explications  plausibles  du  recourant  sur  ses 
divergences,  l’ODM  a  aussi  estimé  injustifiable  l’omission  par  le 
recourant,  lors  de  l’audition  sommaire,  du  décès  de  son  cousin  à 
I._______.

Par la même décision,  l’ODM a encore prononcé le renvoi du recourant, 
une mesure que cette autorité a estimée non seulement licite et possible 
mais  aussi  raisonnablement  exigible  eu  égard  à  la  situation  actuelle  en 
RDC,  le  pays  du  recourant,  exempt  de  violences  hormis  dans  l’est  du 
territoire  national,  eu  égard  aussi  à  la  personne  même  du  recourant, 
jeune  n’ayant  pas  fait  valoir  de  problèmes  de  santé,  de  surcroît  en 
mesure  de  travailler  pour  assurer  sa  subsistance  et  dont  le  retour  en 
Europe,  deux  ans  après  en  être  parti,  laissait  penser  qu’au  Congo,  il 
pouvait compter sur un réseau relativement aisé.

C. 
Dans son recours interjeté le 12 août 2011, le recourant considère n’avoir 
ni varié ni s’être contredit dans ses allégations mais y avoir, au contraire, 
apporté des précisions en rapport avec les questions posées lors de son 
audition fédérale. Ainsi, si lors de cette dernière audition, il a parlé de cinq 
participants au  lieu de quatre à  la  réunion du 16 septembre 2010, c’est 
parce qu’il a  tenu compte de  la présence du père de  leurs hôtes,  lequel 
n’était pas membre de leur groupe de soutien. Pour le reste, il impute les 
contradictions  retenues  à  ses  dépens  soit  à  une  mésinterprétation  du 
traducteur, en particulier pour ce qui a trait à l’exposé des circonstances 
dans lesquelles il se serait enfui de l’hôpital où on l’aurait transporté, soit 
à  une  interruption  inopportune  de  l’audition  en  cours  –  à  (…),  il  aurait 
ainsi été sur le point de citer exhaustivement les participants à la réunion 

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du 16 septembre 2010 quand on lui aurait intimé de faire plus court – soit 
encore  au  fait  qu’on  ne  lui  aurait  pas  donné  l’occasion  de  relire  les 
procès­verbaux  de  ses  auditions.  Il  fait  aussi  grief  à  l'ODM  d'une 
inadvertance au sens où l'entend la jurisprudence pour avoir méconnu un 
fait  pertinent  en  retenant  dans  sa  décision  qu'il  a  été  arrêté  le  16  ou 
17 septembre 2011 au lieu de l'année précédente. Aussi, du moment que 
la vraisemblance de ses déclarations n’est pas contestable, il conclut à la 
reconnaissance  de  sa  qualité  de  réfugié  et  à  l’octroi  de  l’asile, 
subsidiairement  à  l'octroi  d'une  admission  provisoire  eu  égard  à  ses 
craintes pour son intégrité en RDC.

Droit :

1. 
1.1.  En  vertu  de  l’art.  31  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal 
administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32),  ledit  Tribunal  connaît  des 
recours contre  les décisions au sens de  l’art. 5 de  la  loi  fédérale du 20 
décembre 1968 sur  la procédure administrative (PA, RS 172.021) prises 
par les autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF.

En particulier, les décisions rendues par l’ODM concernant l’asile peuvent 
être contestées, par renvoi de l’art. 105 de la loi du 26 juin 1998 sur l’asile 
(LAsi, RS 142.31), devant  le Tribunal,  lequel statue alors définitivement, 
sauf demande d’extradition déposé par l’Etat dont le recourant cherche à 
se protéger  (art. 83  let. d ch. 1 de  la  loi du 17  juin 2005 sur  le Tribunal 
fédéral [LTF, RS 173.110]).

1.2. Le recourant a qualité pour recourir. Présenté dans la forme et dans 
le délai prescrit par la loi, le recours est recevable (art. 48 et 52 PA et 108 
al. 1 LAsi).

2. 
2.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d’origine ou dans 
le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 
ou craignent à juste titre de l’être en raison de leur race, de leur religion, 
de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou 
de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de 
sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l’intégrité corporelle ou 
de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression 
psychique  insupportable.  Il  y  lieu  de  tenir  compte  des  motifs  de  fuite 
spécifiques aux femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi).

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2.2.  Quiconque  demande  l’asile  doit  prouver  ou  du  moins  rendre 
vraisemblable qu’il est un réfugié. La qualité de réfugié est vraisemblable 
lorsque l’autorité estime que celle­ci est hautement probable. Ne sont pas 
vraisemblables notamment  les allégations qui, sur des points essentiels, 
ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont  contradictoires,  qui  ne 
correspondent pas aux faits ou qui reposent de manière déterminante sur 
des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 LAsi).

3. 
3.1. Selon  l'art.  26  al.  2  LAsi,  le  centre  d'enregistrement  a  pour  tâches 
principales de recueillir les données personnelles concernant le recourant 
et de prendre les mesures nécessaires à l'identification de celui­ci. Il peut 
en outre  l'entendre de façon sommaire sur  les motifs qui  l'ont  fait quitter 
son pays et sur les circonstances de son entrée en Suisse. Le caractère 
sommaire et facultatif de cette audition sur les motifs d'asile ressort donc 
expressément de la loi. La doctrine et la jurisprudence en déduisent que 
les déclarations  faites à cette occasion ne peuvent avoir, dans  le cadre 
de  l'appréciation  de  la  vraisemblance  des  motifs  d'asile  invoqués,  une 
valeur  probante  que  limitée  (A. ACHERMANN/C. HAUSAMMANN,  Handbuch 
des  Asylrechts,  Berne/Stuttgart  1991,  p.  145;  W.  KÄLIN,  Grundriss  des 
Asylverfahrens,  Bâle/Francfort­sur­le­Main  1990,  p.  252s,  spéc.  p.  253, 
note  25;  Jurisprudence  et  Informations  de  la  Commission  suisse  de 
recours en matière d'asile [JICRA] 1993 no 3, p. 11ss et no 12, p. 73ss). 
Cela  ne  signifie  pas  que  le  procès­verbal  d'audition  doive  être  écarté 
dans tous les cas. Sans doute y aura­t­il lieu de ne pas en tenir compte, 
notamment  lorsque le recourant se sera exprimé de manière  incomplète 
sur  ses  motifs  d'asile  ­  dans  le  cadre  d'une  audition  aussi  sommaire, 
l'intéressé n'a  ni  la  possibilité  ni  l'obligation  de  le  faire  ­  ou  lorsque  ses 
déclarations  ne  correspondront  pas  exactement  sur  des  points 
secondaires  à  celles  qu'il  aura  faites  ultérieurement  (plus  critiques:  A. 
ACHERMANN/C. HAUSAMMANN,  op.  cit.,  p.  263ss).  En  revanche,  l'autorité 
sera,  en  règle  générale,  en  droit  de  relever  des  contradictions 
éventuelles,  lorsque  les  déclarations  claires,  faites  audit  centre,  portant 
sur  des  points  essentiels  des  motifs  d'asile,  sont  diamétralement 
opposées aux déclarations faites ultérieurement à l'autorité cantonale ou 
à  l'ODM, ou  lorsque des événements allégués par  la suite comme motif 
principal d'asile n'ont pas été évoqués, au moins dans les grandes lignes, 
au centre d'enregistrement (JICRA 1993 no 3, p. 11ss; cf. JICRA 1996 no 
17, p. 150ss).

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3.2. En  l'occurrence  et  quoi  qu'en  dise  le  recourant,  il  se  dégage  bien 
deux  récits  distincts  de  la  comparaison  des  procès­verbaux  de  ses 
auditions. Dans le premier, c'est un médecin qui l'aurait fait s'échapper de 
l'hôpital  où  il  aurait  été  transporté  à  H._______.  A  l'extérieur,  il  aurait 
ensuite  rejoint  un pasteur  rencontré peu auparavant  qui  l'attendait,  puis 
les  deux  seraient  partis  se  mettre  à  l'abri  à  I._______  muni  d'un  peu 
d'argent que la concubine du cousin du recourant leur aurait remis. Enfin 
le recourant aurait fui I._______ après que le pasteur y aurait été arrêté. 
Dans  cette  version  initiale  des  faits  pertinents,  il  n'est  plus  question  du 
cousin du recourant après leur arrestation au 124 de l'avenue F._______, 
dans  la  commune  de  G._______.  Dans  le  second  récit,  tiré  de  ses 
déclarations  à  son  audition  du  20  juin  2011,  il  apparaît  que, 
successivement  transporté  dans  deux  hôpitaux  distincts,  le  recourant 
aurait  connu  dans  le  second  établissement  un  pasteur  en  compagnie 
duquel  il  se  serait  évadé  par  la  fenêtre  de  sa  chambre.  Ce  pasteur  lui 
aurait ensuite fait part de son intention de se rendre à I._______ pour voir 
comment  la  situation  allait  évoluer  mais  c'est  avec  son  cousin  que  le 
recourant aurait  fini par partir à  I._______ où  les deux auraient vécu de 
l'argent  que  la  "femme"  du  premier  leur  faisait  parvenir.  Finalement,  le 
recourant  aurait  fui  cette  ville  à  la  mort  de  son  cousin,  abattu  par  des 
soldats.  Dans  son  mémoire,  le  recourant  impute  ces  divergences  au 
trouble  que  lui  auraient  causé  les  interruptions  qui  ont  marqué  son 
audition sommaire et au fait qu'il n'aurait pas pu rectifier ses déclarations 
faute  d'avoir  pu  les  relire  lui­même.  De  fait,  cette  réfutation  des 
arguments  retenus  à  son  détriment  par  l'ODM  ne  convainc  pas.  Le 
Tribunal  constate  en  effet  que  déjà  lors  de  son  audition  sommaire,  le 
recourant  a  pu  s'exprimer  longuement  sur  ses motifs  de  fuite  et  ce  ne 
sont pas deux interruptions – l'une pour l'inviter à évoquer (après qu'il se 
fut étendu sur ce qui l'avait amené à l'hôpital et sur ce qui s'était passé à 
cet endroit) ce qui  l'avait personnellement poussé à fuir son pays  l'autre 
pour  savoir  ce  qui  s'était  passé  pour  qu'il  puisse  finalement  s'enfuir  de 
l'hôpital  où  il  aurait  été  transporté  –  qui  ont  pu  le  troubler  au  point 
d'avancer des faits qui ne correspondent pas aux événements qu'il aurait 
vécus  en  réalité.  A  ce  propos,  le  Tribunal  relève  notamment  que  ses 
déclarations,  à  ce  moment,  sur  les  participants  à  la  réunion  du  16 
septembre 2010 ne laissent entrevoir aucune ambiguïté sur  leur nombre 
(cf.  pv  de  l'audition  du  25  novembre  2010.  "Peu  de  temps  après,  nous 
sommes arrivés sur les lieux de la réunion. On était étonné qu'il n'y avait 
que deux personnes.  Il  s'agissait  des deux personnes qui  nous avaient 
proposé de faire les réunions chez elles. On s'est retrouvé à quatre et on 
a  commencé  à  parler  des  problèmes  politiques"). Enfin,  s'il  n'a  pas  lui­

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même  relu  le procès­verbal de son audition  sommaire,  celui­ci  lui  a été 
traduit en  lingala,  langue qu'il  comprend et par sa signature,  il a attesté 
que  le pv en question était conforme à ses déclarations. Le Tribunal en 
conclut donc que  le  recourant a plus  imaginé  les  faits allégués à  l'appui 
de sa demande qu'il ne les a effectivement vécus.

3.3.  Pour  le  reste,  commet  une  inadvertance  l'autorité  qui  omet  de 
prendre en considération une pièce déterminée, versée au dossier, ou la 
lit mal, s'écartant par mégarde de sa teneur exacte, en particulier de son 
sens  manifeste.  En  ce  qui  concerne  la  présente  affaire,  force  est  de 
constater que, dans sa décision, l'ODM a effectivement mentionné à tort 
que le recourant avait été arrêté le 16 ou 17 septembre 2011 au lieu de 
2010.  Toutefois,  seule  une  inadvertance  portant  sur  un  fait  propre  à 
entraîner une modification de la décision en faveur du recourant pourrait 
éventuellement  justifier  l'admission  de  son  recours.  En  l’occurrence,  la 
méprise  dont  il  se  prévaut  ne  procède  pas  d’une  inadvertance  au  sens 
défini ci­dessus mais d'une simple erreur de transcription qui ne porte pas 
à conséquence.

3.4. Il s’ensuit que le recours, en tant qu’il conteste le refus de l’asile, doit 
être rejeté.

4. 
4.1. Lorsqu’il rejette la demande d’asile ou qu’il refuse d’entrer en matière 
à ce sujet, l’ODM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en 
ordonne  l’exécution ;  il  tient  compte  du  principe  de  l’unité  de  la  famille 
(art.  44  al.  1  LAsi).  Le  renvoi  ne  peut  être  prononcé,  selon  l’art.  32  de 
l’ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l’asile relative à la procédure (OA 1, 
RS 142.311),  lorsque  le  requérant  d’asile  dispose d’une autorisation de 
séjour  ou  d’établissement  valable,  ou  qu’il  fait  l’objet  d’une  décision 
d’extradition ou d’une décision de renvoi conformément à  l’art. 121 al. 2 
de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 (Cst., RS 101).

4.2.  Aucune  exception  à  la  règle  générale  du  renvoi  n’étant  en 
l’occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette 
mesure.

5. 
5.1. L’exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement 
exigible  et  possible  (art.  44  al.  2  LAsi).  Si  ces  conditions  ne  sont  pas 
réunies, l’admission provisoire doit être prononcée. Celle­ci est réglée par 

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l’art. 84 de  la  loi  fédérale sur  les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr, 
RS  142.20),  entrée  en  vigueur  le  1er  janvier  2008.  Cette  disposition  a 
remplacé  l’art.  14a  de  l’ancienne  loi  fédérale  du  26  mars  1931  sur  le 
séjour et l’établissement des étrangers (LSEE).

5.2. L’exécution n’est pas  licite  lorsque  le  renvoi de  l’étranger dans son 
Etat d’origine ou de provenance ou dans un Etat  tiers est  contraire aux 
engagements  de  la  Suisse  relevant  du  droit  international  (art.  83  al.  3 
LEtr). Aucune personne ne peut être contrainte, de quelque manière que 
ce soit, à se rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa 
liberté  serait menacée  pour  l’un  des motifs mentionnées  à  l’art.  3  al.  1 
LAsi, ou encore d’où elle  risquerait d’être astreinte à se  rendre dans un 
tel pays (art. 5 al. 1 LAsi). Nul ne peut être soumis à  la  torture ni à des 
peines ou  traitements  inhumains ou dégradants  (art. 3 de  la convention 
du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés 
fondamentales [CEDH, RS 0.101]).

5.3. L’exécution de  la décision peut ne pas être raisonnablement exigée 
si  le  renvoi  ou  l’expulsion  de  l’étranger  dans  son  pays  d’origine  ou  de 
provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple  en  cas  de 
guerre,  de  guerre  civile,  de  violence  généralisée  ou  de  nécessité 
médicale (art. 83 al. 4 LEtr).

5.4. L’exécution n’est pas possible  lorsque l’étranger ne peut pas quitter 
la  Suisse  pour  son  Etat  d’origine,  son  Etat  de  provenance  ou  un  Etat 
tiers, ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr).

6. 
6.1. En l'occurrence, l’exécution du renvoi ne contrevient pas au principe 
de  non­refoulement  de  l’art.  5  LAsi.  Comme  exposé  plus  haut,  le 
recourant n'a pas rendu vraisemblable qu’en cas de retour dans son pays 
d’origine, il serait exposé à de sérieux préjudices au sens de l’art. 3 LAsi.

Le  Tribunal  retient  aussi  qu'au  vu  de  l'invraisemblance  du  récit  du 
recourant,  telle  que  relevée  plus  haut,  et  du  défaut  de  crédibilité  des 
risques de persécutions allégués, l'exécution de son renvoi sous forme de 
refoulement ne transgresse aucun engagement de la Suisse relevant du 
droit international, de sorte qu'elle s'avère licite (art. 44 al. 2 LAsi et 83 al. 
3 LEtr).

7. 

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7.1. Selon l’art. 83 al. 4 LEtr,  l’exécution de la décision peut ne pas être 
raisonnablement exigée si le renvoi ou l’expulsion de l’étranger dans son 
pays  d’origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par 
exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou 
de  nécessité médicale. Cette  disposition  s’applique  en  premier  lieu  aux 
« réfugiés de la violence », soit aux étrangers qui ne remplissent pas les 
conditions  de  la  qualité  de  réfugié  parce  qu’ils  ne  sont  pas 
personnellement persécutés, mais qui fuient des situations de guerre, de 
guerre civile ou de violence généralisée, et ensuite aux personnes pour 
qui  un  retour  reviendrait  à  les  mettre  concrètement  en  danger, 
notamment parce qu’elles ne pourraient plus recevoir les soins dont elles 
ont  besoin.  L’autorité  à  qui  incombe  la  décision  doit  donc  dans  chaque 
cas confronter  les aspects humanitaires  liés à  la situation dans  laquelle 
se  trouverait  l’étranger  concerné  dans  son  pays  après  l’exécution  du 
renvoi à  l’intérêt public militant en  faveur de son éloignement de Suisse 
(ATAF  2009/52  consid.  10.1,  ATAF  2008/34  consid.  11.2.2  et  ATAF 
2007/10 consid. 5.1).

7.2.  Il  est  notoire  que  la  RDC  ne  connaît  pas,  sur  l'ensemble  de  son 
territoire,  une  situation  de  guerre,  de  guerre  civile  ou  de  violence 
généralisée  qui  permettrait  d’emblée  –  et  indépendamment  des 
circonstances  du  cas  d’espèce  –  de  présumer,  à  propos  de  tous  les 
ressortissants  du  pays,  l’existence  d’une  mise  en  danger  concrète  au 
sens de l’art. 83 al. 4 LEtr.

7.3. En  outre,  il  ne  ressort  du  dossier  aucun  élément  dont  on  pourrait 
inférer  de  l’exécution  du  renvoi  du  recourant  une  mise  en  danger 
concrète pour lui. A cet égard, il y a lieu de renvoyer aux considérations 
de l'ODM en la matière (cf. Faits, let. B 2ème par.), considérations dont le 
bien­fondé, faute d'arguments déterminants dans le recours, n'a pas lieu 
d'être remis en cause.

7.4. Pour  ces motifs,  l’exécution  du  renvoi  doit  être  considérée  comme 
raisonnablement exigible.

8. 
Enfin,  le  recourant  est  en  possession  de  documents  suffisants  pour 
rentrer dans son pays ou, à tout le moins, est en mesure d’entreprendre 
toute  démarche  nécessaire  auprès  de  la  représentation  de  son  pays 
d’origine en vue de l’obtention de documents de voyage lui permettant de 
quitter  la  Suisse.  L’exécution  du  renvoi  ne  se  heurte  donc  pas  à  des 

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obstacles  insurmontables  d’ordre  technique  et  s’avère  également 
possible (cf. ATAF 2008/34 consid. 12 p. 513­515).

9. 
Il  s’ensuit  que  le  recours,  en  tant qu’il  conteste  la décision de  renvoi  et 
son exécution, doit être également rejeté.

10. 
Infondé, le recours est rejeté sans qu'il soit nécessaire de procéder à un 
échange d'écritures (cf. art. 111a al. 1 LAsi). 

11. 
Dans la mesure où les conclusions du recours étaient d’emblée vouées à 
l’échec  à  l'époque  de  leur  dépôt,  la  requête  d’assistance  judiciaire 
partielle doit être rejetée (art. 65 al. 1 PA).

12. 
Au vu de l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à 
la charge du recourant, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 2 e 3 let. b 
du  règlement  du  21  février  2008  concernant  les  frais,  dépens  et 
indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  (FITAF,  RS 
173.320.2).

(dispositif page suivante)

 

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Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce :

1. 
Le recours est rejeté.

2. 
La requête d’assistance judiciaire partielle est rejetée.

3. 
Les  frais de procédure, d’un montant de 600.­,  sont mis à  la charge du 
recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans les 
30 jours dès l’expédition du présent arrêt.

4. 
Le  présent  arrêt  est  adressé  au  recourant,  à  l’ODM  et  à  l’autorité 
cantonale compétente.

Le président du collège : Le greffier :

Maurice Brodard Jean­Claude Barras

Expédition :