# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a5d6038e-b514-527d-bd2f-1549abb7a1b9
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours pénale 451
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_013_451-----------_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

451

 

PE22.021471-MMR

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS PENALE

__________________________________________

Arrêt du
1er
juin 2023

__________________

Composition
:               Mme             
B Y R D E, présidente

             
              Mme             
Fonjallaz et M. Perrot, juges 

Greffier             
:              M.             
Ritter

 

 

*****

 

Art.
385 al. 1 CPP

 

             
Statuant sur le recours interjeté le 22 mai 2023 par P.________
contre l’ordonnance de jonction de procédures pénales rendue le 10 mai 2023 par le Ministère
public de l’arrondissement de Lausanne dans la cause n° PE22.021471-MMR,
la Chambre des recours pénale considère :

             

             
En fait :

 

 

A.             
a) Le
Ministère public de l’arrondissement de Lausanne (ci-après : le Ministère public)
conduit une instruction pénale contre P.________, né en 1998, ressortissant algérien,
prévenu de lésions corporelles simples et d’agression, ainsi que d’entrée
et de séjour illégaux au sens de la Loi fédérale sur les étrangers et l'intégration.
La cause est inscrite
au rôle sous la référence PE22.021471-MMR. Cette enquête est également dirigée
contre [...], [...], [...], [...], [...] et [...] pour divers autres chefs de prévention.

 

             
Le Ministère
public diligente aussi une autre instruction pénale contre [...], déjà mentionné.
La cause est inscrite au rôle sous la référence PE22.021493-MMR.

 

             
Le Ministère public diligente enfin une instruction pénale distincte contre P.________, également
pour lésions corporelles simples et agression, ainsi que pour entrée et séjour illégaux
au sens de la loi fédérale sur les étrangers et l'intégration. Cette enquête
est aussi dirigée contre [...] et [...], déjà mentionnés, pour divers autres chefs
de prévention. La cause est inscrite au rôle sous la référence PE23.000895-MMR.

 

             
b) Par ordonnance du 10 mai 2023, le Ministère
public a prononcé la jonction des enquêtes PE22.021493-MMR et PE23.000895-MMR à l'enquête
PE22.021471-MMR (I) et a dit que les frais suivaient le sort de la cause (II).

 

B.             
Par acte mis à la poste le 22 mai 2023, P.________
a déclaré recourir contre cette ordonnance.

 

             
Il n’a pas été ordonné d’échange d’écritures.

 

 

             
En droit
:

 

1.

1.1
              Les parties peuvent attaquer
une ordonnance de jonction rendue par le Ministère public en application de l’art. 30 CPP
(Code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 ; RS 312.0) dans les dix jours devant l’autorité
de recours (art. 310 al. 2, 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP ; cf. art. 20 al. 1 let. b CPP) qui est, dans
le canton de Vaud, la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal (art. 13 LVCPP [Loi vaudoise
d’introduction du Code de procédure pénale suisse du 19 mai 2009 ; BLV 312.01] ;
art. 80 LOJV [Loi vaudoise d’organisation judiciaire du 12 décembre 1979 ; BLV 173.01]).

1.2             
En l’espèce, le recours a été déposé devant l’autorité compétente
par une partie qui a en principe qualité pour recourir (art. 382 al. 1 CPP), dès lors qu’il
est prévenu dans deux des causes dont la jonction a été prononcée. Pour que le recours
soit recevable, encore faudrait-il, toutefois, que sa motivation satisfasse aux exigences légales,
abstraction faite même de savoir s’il a été déposé en temps utile.

 

2.

2.1             
Le recours s’exerce par le dépôt d’un mémoire écrit et dûment motivé
(art. 390 al. 1 et 396 al. 1 CPP). Les exigences de motivation du recours sont posées à l’art.
385 al. 1 CPP. Selon cette disposition, la personne ou l’autorité qui recourt doit indiquer
précisément les points de la décision qu’elle attaque (let. a), les motifs qui commandent
une autre décision (let. b) et les moyens de preuve qu’elle invoque (let. c).

 

             
Ainsi, le recourant doit d’abord indiquer « les
points de la décision » qui sont attaqués
(art. 385 al. 1 let. a CPP), par quoi il faut entendre les points du dispositif (cf. art. 81 al. 4 CPP)
qui devraient être changés et quelle formulation devrait avoir la nouvelle décision si
le recours était admis (Ziegler/Keller, in
: Niggli/Heer/Wiprächtiger [éd.], Basler Kommentar, Schweizerische Strafprozess-ordnung, Jugendstrafprozessordnung,
2e
éd., Bâle 2014 [ci-après : Basler Kommentar], n. 1a ad art. 385 StPO ; Pitteloud, Code
de procédure pénale suisse, Commentaire à l’usage des praticiens, Zurich/St-Gall
2012, n. 1126 ; CREP 7 février 2022/107 ; CREP 27 janvier 2022/67). Le recourant doit ensuite énoncer
« les motifs qui commandent
une autre décision » (art. 385 al. 1
let. b CPP), à savoir les arguments, de fait ou de droit, sur lesquels il prétend se fonder
pour faire modifier la décision en sa faveur. Cela suppose que le recourant expose précisément,
en se référant aux considérants de la décision attaquée, quels motifs commandent
– sous l’angle des faits et du droit – de prendre une autre décision (TF 6B_1447/2022
du 14 mars 2023 consid. 1.1 ; TF 6B_191/2021 du 11 août 2021 consid. 2 ; TF 6B_510/2020 du
15 septembre 2020 consid. 2.2 ; TF 1B_472/2019 du 29 octobre 2019 consid. 3.1 ; Keller, in
: Donatsch/Lieber/Summers/Wohlers [éd.], Zürcher Kommentar, Kommentar zur Schweizerischen Strafprozessordnung,
3e éd. 2020, n. 14 ad art. 396 StPO et les références citées ; Calame, in
: Jeanneret et al. [éd.], Commentaire romand, Code de procédure pénale suisse, 2e
éd., Bâle 2019, n. 21 ad art. 385 CPP ; Guidon, in
: Basler Kommentar, op. cit., n. 9c ad art. 396 StPO et les références citées).

2.2             
L’art. 385 al. 2 CPP prévoit que si le mémoire ne satisfait pas aux exigences mentionnées
à l’al. 1, l’autorité de recours le renvoie au recourant pour qu’il le complète
dans un bref délai. Cette disposition vise uniquement à protéger le justiciable contre
un formalisme excessif de la part de l’autorité. Elle ne permet en revanche pas de suppléer
un défaut de motivation (TF 6B_1447/2022 du 14 mars 2023 consid. 1.1 ; TF 1B_318/2021 du 25
janvier 2022 consid. 4.1 et les réf. cit.).

 

2.3             
En l’espèce, le recourant conteste
les faits et les infractions retenues et fait valoir qu’il « ne
devrai[t] pas
être puni pour [s]on
geste ». Dès lors que son acte
de recours ne comporte aucune conclusion ni aucune motivation en lien avec la jonction de causes prononcée
le 10 mai 2023, sa motivation est insuffisante au regard des exigences de l’art. 385 al. 1 CPP.
Au surplus, il n’y a pas lieu de faire application de l’art. 385 al. 2 CPP.

 

3.             
Il résulte de ce qui précède que
le recours doit être déclaré irrecevable, sans échange d’écritures (art.
390 al. 2 CPP).

 

             
Les frais de la procédure de recours, constitués en l'espèce du seul émolument d'arrêt,
par 440 fr. (art. 422 al. 1 CPP ; art. 20 al. 1 TFIP [tarif des frais de procédure et indemnités
en matière pénale du 28 septembre 2010 ; BLV 312.03.1]), seront exceptionnellement laissés
à la charge de l'Etat (art. 423 al. 1 CPP).

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours pénale

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est irrecevable.

             
II.             
Les frais d’arrêt, par 440 fr. (quatre cent quarante francs), sont laissés à la
charge de l’Etat.

             
III.             
L’arrêt est exécutoire.

 

La
présidente :               Le greffier
:

 

 

 

             
Du 

 

             
Le présent arrêt, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est
notifié, par l'envoi d'une copie complète, à :

-             
M. P.________,

-             
Ministère public central,

 

             
et communiqué à :

‑             
Mme la Procureure de l’arrondissement de Lausanne,

 

             
par l’envoi de photocopies.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet
d'un recours en matière pénale devant le Tribunal fédéral au sens des art. 78 ss
LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral ; RS 173.110). Ce recours doit être
déposé devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la notification
de l'expédition complète (art. 100 al. 1 LTF).

 

             
Le greffier :