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**Case Identifier:** 6cf220a2-aa2d-5d9d-a764-6ce170678a41
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-04-28
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 28.04.2015 A/201/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-201-2015_2015-04-28.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/201/2015-MARPU ATA/396/2015 

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative 

Arrêt du 28 avril 2015 

 

   dans la cause 

 

Monsieur A______ 
représenté par Me Mathieu Simona, avocat  

contre 

VILLE DE GENÈVE, SERVICE DE LA SÉCURITÉ ET DE L'ESPACE 
PUBLICS 
 

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A/201/2015 

EN FAIT 

1)  Le 14 novembre 2014, la Ville de Genève (ci-après : la ville) a publié, dans 
la Feuille d’avis officielle de la République et canton de Genève, une sollicitation 
d’offres concernant la location de sept pavillons-glaciers saisonniers amovibles 
sur le pourtour de la rade de Genève. 

  L’autorité se proposait de louer aux personnes physiques intéressées lesdits 
pavillons pour quatre saisons consécutives. Les frais d’installation et, le cas 
échéant, de transport et d’hivernage étaient à la charge de la ville. Le loyer serait, 
selon l’emplacement, de CHF 26'000.- à CHF 32'000.- par saison auxquels il 
fallait ajouter la taxe liée à la permission d’usage du domaine public, à raison de 
CHF 75.- le m2. 

2)  Douze personnes ont déposé un dossier de candidature dans les délais, 
parmi lesquelles Monsieur A______. 

  Ce dernier avait loué un pavillon entre 2010 et 2014 et désirait continuer son 
exploitation. Il était titulaire d’un certificat fédéral de cuisinier et d’un certificat de 
cafetier. Il collaborait avec des fournisseurs locaux. Il continuerait de proposer à 
sa clientèle des produits frais, des paninis faits maison, des sandwichs, des petites 
salades, etc.  

3)  Le 22 décembre 2014, la ville a informé M. A______ que sa candidature 
n’avait pas été retenue, après que l’intéressé ait été auditionné par le jury, lequel 
avait procédé à un examen attentif des dossiers.  

4)  Le 19 janvier 2015, M. A______ a saisi la chambre administrative de la 
Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) d’un recours contre la 
décision précitée, concluant préalablement à la restitution de l’effet suspensif et à 
ce que des mesures provisionnelles soient ordonnées.  

  La procédure était soumise au droit des marchés publics. Dans la mesure où 
aucun délai de recours n’avait été indiqué, ledit délai était respecté.  

  M. A______ effectuait une tâche étatique, dès lors que la rade constituait 
une des attractions touristiques majeures du canton de Genève. L’exploitation des 
pavillons de vente de glaces visait à accomplir une tâche publique, soit la 
promotion touristique. Ces prestations étaient rémunérées non pas par un 
versement direct, mais par le fait que les loyers prélevés étaient réduits. 
L’attribution desdits pavillons était au surplus soumis à l’art. 2 al. 7 de la loi 
fédérale sur le marché intérieur du 6 octobre 1995 (LMI - RS 943.02). Au vu de 
cette situation, l’appel d’offres du 14 novembre 2014 était vicié et la procédure ne 
respectait pas le cadre imposé par le droit des marchés publics. 

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A/201/2015 

5)  Le 9 février 2015, la ville a conclu au rejet de la demande de restitution de 
l’effet suspensif, ainsi que de la demande de mesures provisionnelles et, au fond, 
au rejet du recours dans la mesure où il serait recevable.  

  La procédure suivie, qui était exactement identique à celle par laquelle la 
ville avait attribué la location des pavillons en 2010, ne constituait pas un marché 
public, ainsi que la chambre administrative l’avait déjà reconnu. Le jury mis sur 
pied, constitué de trois membres de l’administration municipale, avait analysé les 
dossiers en appliquant huit critères précisément définis, recensés et pondérés. Le 
droit d’être entendu du recourant avait été respecté, notamment par son audition.  

6)  Le 13 février 2015, M. A______ a spontanément exercé son droit à la 
réplique, concernant l’effet suspensif. 

7)  Par décision du 23 février 2015, la chambre administrative a refusé de 
restituer l’effet suspensif au recours ainsi que d’ordonner des mesures 
provisionnelles.  

8)  Le 10 mars 2015, les parties ont été informées que la cause était gardée à 
juger au fond. 

EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile, le recours est recevable de ce point de vu 
(art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ - E 2 
05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2)  Dans la jurisprudence citée par les parties, la chambre administrative a 
considéré que la mise à disposition par la ville, contre rétribution, du domaine 
public et de l'usage d'un pavillon destiné à la vente de glaces n’était pas soumise à 
la législation sur les marchés publics dès lors qu’il n’existait pas de contre-
prestation permettant à la ville d’éviter de réaliser une tâche étatique contre 
rémunération. Bien au contraire, la ville, tant en ce qui concernait la mise à 
disposition du domaine public que la location du pavillon, était la partie qui 
« offrait » une prestation, et non celle qui l’acquérait (ATA/229/2011 et 
ATA/230/2011 du 5 avril 2011 ; voir aussi l’arrêt du Tribunal cantonal de Lucerne 
du 21 juillet 2014 [7H 14 36] publié dans Droit et Politique de la concurrence 
2014/3 p. 650). 

  Le recourant soutient, en vain, le contraire : les pavillons de glacier, s’ils 
sont certes agréables pour les touristes, ne constituent pas un élément déterminant 
les faisant venir à Genève. À cet égard, la beauté naturelle du site, relevée tant par 
de grands écrivains que par l’ancien Tribunal administratif (ATA/229/2002 du 

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7 mai 2002 consid. c et d ainsi que les références citées) suffit à attirer les 
chalands. 

  Dès lors, le recours, uniquement basé sur la législation régissant les marchés 
publics, est irrecevable. Il n’a pas à être transmis au TAPI, cette juridiction ayant 
déjà été saisie d’un recours « à titre subsidiaire ». 

3)  Le recourant soutient, ce que la ville ne conteste pas, que la procédure 
d’attribution des pavillons est soumise à la LMI. 

  Selon l’art. 2 ch. 7 de cette loi, la transmission de l’exploitation d’un 
monopole cantonal ou communal à des entreprises privées doit faire l’objet d’un 
appel d’offres et ne peut discriminer des personnes ayant leur établissement ou 
leur siège en Suisse. 

  Cette disposition n’impose pas de contraintes concernant les modalités de la 
procédure de transfert d’un monopole, lesquelles doivent être définies par 
l’autorité adjudicatrice (ATF 135 II 49, 52 ainsi que les références citées ; Thomas 
ZWALD, Les attributions de concessions par voie d’appel d’offres in La vie 
économique 3-2010). 

  La question de la recevabilité de ce grief peut rester ouverte : en tout état, il 
devrait être rejeté. La procédure organisée par la ville, dont l’appel d’offre a été 
publiée et au cours de laquelle les offres reçues ont été évaluées par un jury selon 
des critères déterminés, respecte manifestement la disposition précitée. 

4)  Au vu de ce qui précède, le recours sera rejeté dans la mesure où il est 
recevable. Vu l’issue du recours, un émolument de CHF 1’000.- sera mis à la 
charge du recourant (art. 87 al. 1 LPA) et aucune indemnité de procédure ne sera 
allouée (art. 87 al. 2 LPA). 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

rejette, dans la mesure où il est recevable, le recours interjeté le 19 janvier 2015 par 
Monsieur A______ contre la décision de la Ville de Genève, service de la sécurité et de 
l’espace publics du 22 décembre 2014 ; 

met un émolument de CHF 1’000.- à la charge Monsieur A______ ; 

dit qu’il n’est pas alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours 

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A/201/2015 

qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en 
matière de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 
moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être 
adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession 
du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Me Mathieu Simona, avocat du recourant, à la Ville de 
Genève, service de la sécurité et de l'espace publics ainsi qu’au Tribunal administratif 
de première instance. 

Siégeants : M. Thélin, président, Mme Junod, M. Dumartheray, Mme Payot 
Zen-Ruffinen, M. Pagan, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

M. Rodriguez Ellwanger 

 le président siégeant : 
 
 

Ph. Thélin 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :