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**Case Identifier:** fd8d0ce7-7a5b-5ee6-a40a-ff9b22230166
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-11-17
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre constitutionnelle 17.11.2014 A/1935/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_015_A-1935-2014_2014-11-17.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/1935/2014-ABST ACST/2/2014  

COUR DE JUSTICE 

Chambre constitutionnelle 

Arrêt du 17 novembre 2014 

 

dans la cause 

 

Messieurs A______ et B______ 
représentés par Me Dimitri Tzortzis, avocat 

et 

Madame C______ 
représentée par Me Sébastien Voegeli, avocat 

et 

SMGN SOCIÉTÉ DES MOUETTES GENEVOISES NAVIGATION SA 
représentée par Mes Antoine E. Böhler et Alexandre Böhler, avocats 

 

contre 

GRAND CONSEIL 
 

 

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A/1935/2014 

EN FAIT 

1) a. Depuis plusieurs années, le canton de Genève mène une politique de 
développement et de promotion des transports publics, par l’intermédiaire d’une 
augmentation importante de l’offre, dans la perspective de favoriser le transport 
modal des transports individuels vers les transports publics et répondre ainsi à 
l’accroissement général des déplacements motorisés, estimé à près de 50 % entre 
2000 et 2020. En tant qu’autorité planificatrice et organisatrice, l’État définit 
l’offre, investit dans les infrastructures, gère la tarification et finance les transports 
publics. 

 b. En tant qu’opérateur principal, les Transports publics genevois (ci-après : 
TPG) assurent des prestations de transport public et gèrent, du point de vue 
technique, le réseau des lignes d’autobus, de tramway et de trolleybus. En plus des 
recettes obtenues par la vente des billets et des abonnements, les TPG perçoivent 
des subventions cantonales, communales et fédérales, qui leur permettent 
d’assurer l’offre qui leur est commandée par l’État par l’intermédiaire d’un contrat 
de prestations pluriannuel. En contrepartie, l’État attend des TPG qu’ils offrent un 
service public de qualité et qu’ils gèrent efficacement les deniers publics. L’offre 
de transports sur sol genevois est également assurée par d’autres prestataires de 
service qui permettent à la population de se déplacer aussi bien en bus qu'en 
tramway, en train ou en bateau. 

 c. Le 1er juillet 2001, la communauté tarifaire intégrale Unireso (ci-après : 
Unireso), regroupant, sur la base d’une entente volontaire, les TPG, les Chemins 
de fer fédéraux (ci-après : CFF) et la SMGN Société des Mouettes genevoises 
Navigation SA (ci-après : SMGN), a été créée sous la forme d’une société simple 
dans le but de mettre à disposition des usagers une offre intégrée de transports 
publics. Elle s’est progressivement ouverte à d’autres opérateurs de transport de la 
région franco-valdo-genevoise, lesquels s’y sont joints par le biais de conventions 
de coopération et d’organisation, pour regrouper actuellement huit entreprises et 
ainsi préparer la future liaison ferroviaire Cornavin - Eaux-Vives - Annemasse 
(ci-après : CEVA). 

  Le fonctionnement d’Unireso est concrétisé par le contrat de prestations 
2011-2014 conclu entre les opérateurs concernés et le Conseil d’État, avalisé par 
l’office fédéral des transports (ci-après : OFT). 

 d. Depuis le 12 décembre 2004, les titres de transport Unireso permettent de 
circuler sur tous les modes de transport du réseau cantonal, et des titres de 
transport homogènes et identiques ont été créés sur le bassin franco-valdo-
genevois. Le comité directeur d’Unireso propose ainsi chaque année au 

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Conseil d’État, d’entente entre les opérateurs, la grille tarifaire applicable sur le 
territoire genevois pour validation. 

2)  La grille tarifaire Unireso « Tout Genève » actuellement en vigueur se 
présente de la manière suivante (le tarif ½, ou réduit, étant valable pour les 
détenteurs de l'abonnement demi-tarif émis par les CFF et voyageant dans les 
zones suisses - 10, 21, 22, 90 - et pour les jeunes entre 6 et 15 ans) : 

Saut de puce CHF 2.- 
Billet Tout Genève 1 heure 1/1 CHF 3.50 
Billet Tout Genève 1 heure 1/2 CHF 2.50 

Carte journalière 1/1 CHF 10.60 
Carte journalière 1/2 CHF 7.60 
Carte journalière dès 9h00 1/1 CHF 8.- 
Carte journalière dès 9h00 1/2 CHF 5.60 

Abonnement hebdomadaire transmissible CHF 38.- 

Abonnement mensuel CHF 70.- 
Abonnement mensuel junior (6 à 24 ans inclus) CHF 45.- 
Abonnement mensuel AVS CHF 50.- 
Abonnement mensuel transmissible CHF 110.- 

Abonnement annuel CHF 700.- 
Abonnement annuel junior (6 à 24 ans inclus) CHF 450.- 
Abonnement annuel AVS CHF 500.- 
Abonnement annuel transmissible CHF 1'100.- 

3)  La SMGN est une société anonyme inscrite au registre du commerce du 
canton de Genève. Son but est l’exploitation d’un service de bateaux à moteur sur 
le lac Léman, le Rhône et d’autres eaux, le cas échéant selon les concessions 
octroyées par la Confédération, ainsi que toute activité touristique. Elle exploite 
quatre lignes au moyen de six bateaux, allant des Pâquis aux Eaux-Vives, au 
Molard et au Port Noir et du Port Noir à Châteaubriand. La société possède une 
concession de transport de voyageurs professionnel et régulier délivrée par l’OFT. 

  La SMGN est au bénéfice d’un contrat de prestations conclu avec le canton 
de Genève en février 2011, valable jusqu’en 2014, aux termes duquel elle 
s’engage à assurer auprès des usagers la desserte de quatre lignes lacustres, l’État 
lui versant une indemnité de fonctionnement couvrant tous les éléments de charge 
en lien avec l’exécution de ces prestations et s’élevant, pour l’année 2014, à 
CHF 2'381'623.-. L’État garantit également les parts de la SMGN aux recettes de 
la communauté tarifaire Unireso. 

4)  Monsieur B______, né le ______ 1992, et Madame C______, née le ______ 
1994, sont domiciliés à Genève, tout comme Monsieur A______, né le ______ 

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1954, lequel est notamment le père de Madame D______, née le ______ 1997, à 
l’entretien de laquelle il pourvoit. 

5)  Le 16 février 2005, le comité pour des transports publics gratuits a lancé 
l’initiative populaire cantonale « Pour la gratuité des transports publics genevois » 
(ci-après : IN 127), qui a abouti le 28 août 2005. Le texte de cette initiative visait à 
modifier l’art. 160C al. 3 de l’ancienne Constitution de la République et canton de 
Genève du 24 mai 1847 (aCst-GE - A 2 00) dans les termes suivants : « Afin de 
favoriser l’utilisation des transports publics, l’État garantit leur gratuité sur tout le 
territoire qu’ils desservent et prend les mesures nécessaires au financement de 
cette gratuité ». 

6)  Le 10 novembre 2005, le Conseil d’État a transmis au Grand Conseil son 
rapport sur la validité et la prise en considération de l’IN 127, concluant à sa 
recevabilité et à son rejet sans contre-projet. 

  L’IN 127 n’était pas contraire au droit fédéral et respectait le droit supérieur, 
à savoir en particulier l’ancienne loi fédérale sur les transports publics du 
4 octobre 1985 (aLTP – aRS 742.40). Les TPG étant un établissement autonome 
cantonal créé et régi par le droit cantonal, ce dernier pouvait leur imposer une 
politique tarifaire déterminée. De plus, le droit fédéral se contentant de la 
protection des voyageurs contre des tarifs trop élevés, il permettait au canton 
d’imposer des limites tarifaires aux TPG. La situation des CFF était quelque peu 
différente, dès lors qu’ils étaient également soumis à l’ensemble de la législation 
ferroviaire et seuls compétents pour établir leurs tarifs, étant une société anonyme 
de droit public, dont la gestion était soumise aux principes de l’économie de 
marché. Toutefois, les autorités fédérales avaient procédé à une interprétation 
large du principe « qui commande paie », en l’appliquant lors de la création 
d’Unireso, qui avait consacré, pour tous les partenaires concernés, des sacrifices 
financiers, en insistant sur l’aspect compensatoire. Ainsi, moyennant pleine 
compensation, le canton pouvait intervenir auprès des entreprises de transport afin 
d’instaurer la gratuité des transports publics. Le champ d’application de l’IN 127 
devait néanmoins être délimité, puisque la modification envisagée ne pouvait 
imposer juridiquement aux autorités vaudoises et françaises d’accepter la gratuité 
des transports publics sur les tronçons situés sous leur juridiction. 

7)  Au cours de la séance du 18 mai 2006, le Grand Conseil a déclaré l'IN 127 
valide mais inexécutable (sic) ; le 22 février 2007, il a refusé l’IN 127, sans lui 
opposer de contre-projet. 

8)  Par arrêté du 27 février 2008, le Conseil d’État a constaté les résultats de la 
votation cantonale du 24 février 2008 concernant l’IN 127, laquelle avait été 
refusée par 67,2 % des votants. 

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9)  En septembre 2010, l’« Association de défense et de détente de tous les 
retraité(e)s et des futur(e)s retraité(e)s » (ci-après : AVIVO) a lancé une initiative 
populaire législative cantonale intitulée « Stop aux hausses des tarifs des 
Transports publics genevois ! » (ci-après : IN 146 ou l’initiative) tendant à la 
modification des art. 36 et 37 de la loi sur les Transports publics genevois du 
21 novembre 1975 (LTPG - H 1 55), dont le but principal était de faire inscrire la 
tarification des titres des TPG dans la loi, et de proposer une nouvelle grille 
tarifaire. Le comité d’initiative a successivement remis deux versions différentes 
du texte de l’initiative. Toutes deux comportaient un tarif « junior », mais seule la 
deuxième mentionnait que celui-ci visait la classe d’âge de 6 à 18 ans. 

10)  Le 1er octobre 2010, le service des votations et élections (ci-après : SVE) a 
validé la formule de récolte des signatures pour la deuxième version du texte de 
l’initiative. 

11)  L’annonce du dépôt de cette initiative a été publiée dans la Feuille d’avis 
officielle de la République et canton de Genève (ci-après : FAO) du 6 octobre 
2010 avec le texte de la première version de l’IN 146, accompagné d’un exposé 
des motifs. 

12)  Les listes utilisées au cours de la campagne de récolte des signatures 
comportaient toutefois le texte avec la mention, s’agissant du tarif « junior », 
« (6 à 18 ans) ». 

13)  Par arrêté du 30 mars 2011, publié dans la FAO du 1er avril 2011, le 
Conseil d’État a constaté l’aboutissement de l’initiative. 

14)  Le 23 juin 2011, le Conseil d’État a transmis au Grand Conseil son rapport 
sur la validité et la prise en considération de l’initiative, concluant à sa 
recevabilité et à son rejet sans contre-projet. 

  L’initiative n’était pas manifestement contraire au droit supérieur, tant 
fédéral que cantonal. Ainsi, la législation fédérale autorisait expressément la 
Confédération à octroyer des concessions de transport de voyageurs en faveur des 
entreprises, à l’instar des TPG, renonçant de ce fait au monopole qu’elle détenait à 
ce titre. Elle ne réglait toutefois ni le statut, ni l’organisation des entreprises de 
transport, domaines qui demeuraient de la compétence des cantons. 
Indépendamment de la question de la portée juridique du tarif établi par la 
« convention 510 », adoptée sous l’égide de l’union des transports publics 
(ci-après : UTP), qui ne pouvait être considérée comme du droit supérieur, aucune 
disposition du droit fédéral ne s’imposait directement aux cantons en matière 
tarifaire. L’initiative ne visait pas non plus à modifier les tarifs des opérateurs de 
transports publics autres que les TPG ou les règles de la communauté tarifaire 
Unireso. Même si, en pratique, l’initiative pouvait avoir des incidences sur les 

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membres de celle-ci, ce seul élément n’était pas de nature à la rendre contraire au 
droit supérieur. 

15)  Le 15 novembre 2011, la commission législative du Grand Conseil a rendu 
son rapport et déclaré l’initiative valide, considérant qu’elle n’était pas contraire 
au droit supérieur, malgré les différents problèmes pouvant se poser lors de sa 
mise en œuvre, de même que sur le plan politique. 

16)  Lors de la séance du 1er décembre 2011, le Grand Conseil a admis la validité 
de l’initiative et l’a renvoyée pour examen de sa prise en considération à la 
commission des transports, laquelle a rendu son rapport le 27 août 2012 et conclu 
à son rejet sans lui opposer de contre-projet. 

17)  Au cours de la séance du 13 septembre 2012, le Grand Conseil a refusé 
l’initiative, sans lui opposer de contre-projet. 

18)  Par arrêté du 6 mars 2013, le Conseil d’État a constaté les résultats de la 
votation cantonale du 3 mars 2013 concernant l’initiative, laquelle avait été 
acceptée par 55,8 % des votants. 

19)  Par actes des 8 et 11 mars 2013, joints sous la cause n° A/826/2013, le 
Parti E______ (ci-après : le parti) et M. A______, d’une part, et Monsieur 
F______, d’autre part, ont recouru auprès de la chambre administrative de la Cour 
de justice (ci-après : la chambre administrative) contre cet arrêté, concluant à 
l’invalidation de la votation du 3 mars 2013 sur l’initiative. Le texte inséré dans la 
brochure ne correspondait pas à celui proposé pendant la récolte des signatures, 
ces divergences ayant conduit à influencer de manière illicite les votants, qui 
n’avaient pu exprimer leur volonté de façon fidèle et sûre. 

20)  Le 14 mars 2013, le Conseil d’État a déposé au Grand Conseil un projet de 
loi PL 11'138 modifiant la LTPG suite à l’adoption de l’IN 146. Ce projet 
proposait une nouvelle grille tarifaire contenue à l’art. 36 al. 3 LTPG, prévoyant 
en particulier la réintroduction du billet « saut de puce » pour trois arrêts au lieu 
de quinze minutes et de la carte journalière valable dès 9h00, un tarif « 1/2 » et 
« junior » similaire à l'actuel, ainsi que l’extension du tarif « junior » aux 
personnes âgées jusqu’à 25 ans révolus et la correction de plusieurs erreurs de 
plume. Il contenait également un nouvel art. 36 al. 5 LTPG, dont la teneur était la 
suivante : « Les titres de transport et les facilités tarifaires des entreprises 
partenaires donnant accès au réseau des Transports publics genevois sont 
reconnus. Le Conseil d’État en fixe la liste par voie réglementaire ». 

  Selon l’exposé des motifs relatif au PL 11'138, des corrections devaient être 
apportées au texte de l’IN 146 afin de faciliter sa mise en œuvre et le maintien de 
la communauté tarifaire intégrale Unireso. En particulier, la nouvelle catégorie 
d’âge pour le tarif « junior » introduite par l’initiative, outre qu’elle pénalisait les 

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jeunes adultes, n’était pas conforme aux principes établis au plan national, dès lors 
qu’il n’était pas envisageable, pour les CFF, d’appliquer dans les trains circulant 
sur le territoire genevois des règles différentes de celles pratiquées dans le reste de 
la Suisse. Ainsi, la grille tarifaire découlant de l’IN 146 s’inscrivait en dehors de 
la structure tarifaire partagée par l’ensemble des acteurs des transports collectifs et 
compromettait la communauté tarifaire intégrale, dont l’idée de base était de 
permettre à un client de voyager sur les réseaux de plusieurs opérateurs et dans 
plusieurs zones, avec un titre de transport unique. Or, la modification des 
catégories d’âge et/ou des durées de validité ne permettait plus une telle 
harmonisation, mais impliquait une double tarification, pouvant générer une 
inégalité entre usagers, au moyen de tarifs différents pour des destinations 
assurées par des opérateurs différents. En vue de remédier à ces inconvénients, le 
projet prévoyait l’introduction dans la LTPG d’un nouvel art. 36 al. 5 qui 
permettait de faire reconnaître, par les TPG, les titres de transport et les facilités 
tarifaires des entreprises avec lesquelles ceux-ci avaient conclu des partenariats 
pour donner accès à leur réseau, à savoir en particulier des abonnements généraux 
et demi-tarif, des titres communautaires régionaux et de la communauté tarifaire 
Unireso. 

21)  Par arrêt du 26 mars 2013 (ATA/201/2013), la chambre administrative a 
déclaré irrecevable le recours de M. F______ et admis celui de M. A______. Elle 
a invalidé la votation populaire du 3 mars 2013 relative à l’initiative, annulé 
l’arrêté du Conseil d’État du 6 mars 2013 et invité ce dernier à organiser un 
nouveau scrutin. 

  Dès lors qu’en raison d’erreurs répétées, le texte complet de l’initiative, tel 
que proposé par les initiants, n’avait jamais été publié, l’information que les 
citoyens étaient en droit d’attendre de la part des autorités avait fait défaut, de 
sorte que ceux-ci n’avaient pas pu s’exprimer de manière claire, ce qui 
contrevenait à la liberté de vote. 

22)  Saisi d’un recours en matière de droit public interjeté par les initiants, 
appelés en cause au plan cantonal, le Tribunal fédéral a, par arrêt du 
26 novembre 2013 (1C_457/2013), rejeté celui-ci dans la mesure de sa 
recevabilité. 

23)  Le Conseil d’État a publié à nouveau le texte de l’initiative dans la FAO du 
17 janvier 2014. 

24)  Par arrêté du 21 mai 2014, publié le 23 mai 2014 dans la FAO, le 
Conseil d’État a constaté le résultat de la votation cantonale du 18 mai 2014 
concernant l’initiative, laquelle a été acceptée par 53,8 % des votants. 

25)  M. A______ a recouru au Tribunal fédéral contre cet arrêté, concluant au 
constat de la contrariété au droit supérieur de l’initiative, subsidiairement à sa 

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nullité, à son invalidation ainsi qu’à l’annulation du scrutin du 18 mai 2014 et de 
l’arrêté du 21 mai 2014. 

26)  Par arrêt du 10 juin 2014 (1C_285/2014), le Tribunal fédéral a déclaré le 
recours de M. A______ irrecevable. 

  Suite à l’acceptation par le corps électoral de l’initiative, la loi en résultant 
n’avait pas encore été promulguée, de sorte que le recours en matière de droit 
public était prématuré. De plus, une nouvelle juridiction, à savoir la chambre 
constitutionnelle de la Cour de justice (ci-après : la chambre constitutionnelle), 
compétente notamment pour connaître de la conformité au droit supérieur des lois 
constitutionnelles, des lois et des règlements du Conseil d’État, venait d’être créée 
au plan cantonal. Il n’était donc pas exclu qu’un recours soit ouvert auprès de 
celle-ci contre la loi modifiant la LTPG. 

27)  Par arrêté du 18 juin 2014, publié dans la FAO du 20 juin 2014, le 
Conseil d’État a validé l’opération électorale du 18 mai 2014 concernant l’IN 146. 

28)  Par arrêté du 25 juin 2014, publié dans la FAO du 27 juin 2014, le 
Conseil d’État a promulgué la loi modifiant la LTPG émanant de l’IN 146, son 
entrée en vigueur étant fixée au 19 juillet 2014, dont la teneur est la suivante : 

« Art. unique 
La loi sur les Transports publics genevois, du 21 novembre 1975, est modifiée 
comme suit : 

 

Art. 36, al. 3 (nouveau) 
 Tarifs des TPG 
3 Le Grand Conseil fixe les tarifs de transport applicables aux Transports publics 
genevois, à l’exclusion des tarifs 1re classe, pour l’ensemble de son réseau, sur 
proposition de leur conseil d’administration. Les propositions de tarifs sont 
transmises au Conseil d’État pour qu’il se détermine et soumette les tarifs 
proposés au Grand Conseil sous forme d’un projet de loi, à l’exclusion des tarifs 
1re classe. Ces tarifs sont les suivants : 

Saut de puce 15 minutes 1/1 2.00 F 
Saut de puce 15 minutes 1/2 1.80 F 
Billet Tout Genève 1 heure 1/1 3.00 F 
Billet Tout Genève 1 heure 1/2 2.20 F 
Billet Tout Genève 1 heure junior (6 à 18 ans) 2.00 F 
Billet Tout Genève 1 heure senior AVS/AI 2.00 F 

Carte journalière Tout Genève 1 heure [sic] 1/1 10.00 F 
Carte journalière Tout Genève 1 heure [sic] 1/2 7.30 F 

Abonnement hebdo Tout Genève adulte 35 F 
Abonnement hebdo Tout Genève junior (6 à 18 ans) 23 F 

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Abonnement hebdo Tout Genève senior AVS/AI 23 F 
Abonnement hebdo Tout Genève transmission 50 F 

Abonnement mensuel Tout Genève adulte 70 F 
Abonnement mensuel Tout Genève junior (6 à 18 ans) 45 F 
Abonnement mensuel Tout Genève senior AVS/AI 45 F 
Abonnement mensuel Tout Genève transmission 100 F 

Abonnement annuel Tout Genève adulte 500 F 
Abonnement annuel Tout Genève adulte 510 F 
 paiement échelonné en un ou quatre acomptes  
Abonnement annuel Tout Genève junior (6 à 18 ans) 400 F 
Abonnement annuel Tout Genève junior (6 à 18 ans) 410 F 
 paiement échelonné en un ou quatre acomptes  
Abonnement annuel Tout Genève senior AVS/AI 400 F 
Abonnement annuel Tout Genève senior AVS AI 410 F 
 paiement échelonné en un ou quatre acomptes  
Abonnement annuel Tout Genève transmission 900 F 

 

Art. 36, al. 4 (nouveau) 
 Modification des tarifs 
4 Toute modification des tarifs de transports ou tout nouveau type de tarifs des 
Transports publics genevois doivent être adoptés par le Grand Conseil et fixés à 
l’alinéa 3. 

 

Art. 37, lettre a (abrogée) 
 

Art. 42 Entrée en vigueur 
Les modifications de la loi sur les Transports publics genevois entrent en vigueur 
dans les deux mois qui suivent le lendemain de la votation populaire. 

 

(Loi acceptée par le corps électoral le 18 mai 2014) ». 

29)  Le 27 juin 2014, le Grand Conseil, faisant usage de la clause d’urgence, a 
adopté la loi 11'469 modifiant l’art. 42 LTPG, afin de reporter l’entrée en vigueur 
des modifications de la LTPG issues de l’IN 146 au 14 décembre 2014, date 
correspondant au changement d’horaire des TPG. Ce texte a été promulgué par 
arrêté du 2 juillet 2014, publié dans la FAO du surlendemain. 

30)  Par acte du 2 juillet 2014, enregistré sous cause n° A/1935/2014, 
MM. A______ et B______ ont recouru auprès de la chambre constitutionnelle 
contre la modification de la LTPG, concluant, avec « suite de frais et dépens », à 
l’octroi de l’effet suspensif et, sur le fond, au constat de la contrariété au droit 
fédéral des art. 36 al. 3 et 4 LTPG, à la nullité de ces dispositions, de même que 
de l’abrogation de l’art. 37 let. a LTPG, subsidiairement à leur annulation, ainsi 
qu’à l’annulation de l’arrêté du 25 juin 2014 du Conseil d’État. 

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  Si l’effet suspensif n’était pas accordé, ils subiraient un dommage 
irréparable, dès lors qu’ils seraient contraints de contracter de nouveaux 
abonnements, en raison de la « sortie » des TPG du service Unireso. Une 
infrastructure coûteuse devrait également être mise en place, notamment pour la 
délivrance de nouveaux titres de transports, qui, en cas d’admission du recours, 
serait encore une fois modifiée. 

  Ils avaient la qualité pour recourir, dès lors que tous deux étaient 
directement atteints par la loi et avaient un intérêt digne de protection à son 
annulation. En effet, M. B______, titulaire de l’abonnement annuel Unireso et 
demi-tarif délivré par les CFF, bénéficiait encore du tarif préférentiel « junior », 
ce qui ne serait plus le cas une fois la modification de la LTPG entrée en vigueur. 
Quant à M. A______, il était en possession d’un abonnement général délivré par 
les CFF lui permettant de circuler librement sur le service Unireso, l’IN 146 étant 
susceptible de modifier la situation. Par ailleurs, ses charges financières 
augmenteraient en conséquence, dès lors que sa fille, à l’entretien de laquelle il 
pourvoyait, ne pourrait plus prétendre à un abonnement Unireso au tarif « junior » 
une fois l’âge de 19 ans révolus atteint. 

  Sur le fond, le texte des art. 36 al. 3 et 4 LTPG contrevenait au droit 
supérieur, à savoir les art. 3, 5, 49 al. 1 et 87 de la Constitution fédérale de la 
Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101), ainsi que les art. 15 al. 1 et 
16 de la loi sur le transport de voyageurs du 20 mars 2009 (LTV – RS 745.1). La 
Confédération, au bénéfice d’une compétence exclusive en matière de transports, 
jouissait du monopole en la matière, qu’elle avait concrétisé en adoptant la LTV, 
dont l’art. 15 conférait la compétence de fixer les tarifs aux entreprises. En 
prévoyant que le Grand Conseil fixait les tarifs des TPG, le texte de l’IN 146 allait 
à l’encontre du droit fédéral, qui avait la primauté. Les modifications envisagées 
par l’initiative s’avéraient également problématiques au regard de l’art. 16 LTV, 
puisqu’elles mettaient en péril la communauté tarifaire Unireso, les autres 
entreprises formant celle-ci étant susceptibles de ne pas appliquer les mêmes tarifs 
que les TPG. Les dispositions litigieuses violaient non seulement la répartition des 
compétences entre les cantons et la Confédération, mais également « le principe 
de la hiérarchie des normes découlant du principe de la légalité ». 

31)  Le 8 juillet 2014, le Grand Conseil a conclu, sur effet suspensif, au rejet de 
sa restitution ainsi que du recours, réservant ses déterminations sur le fond du 
litige. 

  Indépendamment des arguments invoqués par les recourants, leur demande 
tendant à la restitution de l’effet suspensif était sans objet, puisque la loi 11'469, 
munie de la clause d’urgence, avait reporté l’entrée en vigueur de la LTPG au 
14 décembre 2014, de sorte que celle-ci ne pouvait produire d’effet avant cette 
date. 

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32) a. Par acte du 16 juillet 2014, enregistré sous cause n° A/2153/2014, la SMGN 
a recouru auprès de la chambre constitutionnelle contre « la loi mettant en œuvre 
l’IN 146 modifiant la LTPG, adoptée en votation populaire cantonale le 
18 mai 2014 et promulguée le 25 juin 2014 », concluant, avec « suite de frais et 
indemnité », à la restitution de l’effet suspensif et, sur le fond, à l’annulation 
intégrale et à la mise à néant de l’acte entrepris. 

  L’effet suspensif devait être restitué pour autant qu’à l’approche du 
14 décembre 2014 aucune décision définitive ne soit rendue. En tout état, 
l’application immédiate de la loi était susceptible de causer un préjudice financier 
important, du fait de la diminution des tarifs et de leur restructuration, qui aurait 
pour conséquence une chute des recettes d’Unireso, correspondant à un montant 
de CHF 105'600.- la concernant, ainsi qu’une diminution de l’offre de transport. 
Elle subirait dès lors un préjudice irréparable du fait de l’entrée en vigueur 
immédiate des modifications législatives envisagées. 

  Faisant partie de l’une des trois principales entreprises de transport du 
canton, elle était particulièrement atteinte par la loi contestée, dès lors que celle-ci 
ne permettait pas la continuation de la communauté tarifaire Unireso sous sa 
forme actuelle, puisque les tarifs des TPG seraient désormais arrêtés dans la loi. 
La mise en œuvre du texte de l’initiative pouvait intervenir de deux manières 
distinctes : d’une part, du fait de l’application par les opérateurs membres 
d’Unireso des nouveaux tarifs des TPG, ce qui aurait pour conséquence une 
diminution de ses propres recettes ; d’autre part, en raison du maintien des tarifs 
actuels d’Unireso, également valables sur le réseau des TPG, mais à un prix 
supérieur aux titres de transport délivrés par ceux-ci, diminuant d’autant les 
recettes de la communauté tarifaire au profit des TPG, dont les billets, valables sur 
l’ensemble du réseau, seraient vendus à un tarif inférieur. En tout état, l’entrée en 
vigueur de l’initiative lui faisait supporter un préjudice financier, de sorte à subir 
une atteinte directe et disposer d’un intérêt digne de protection à l’annulation de 
l’acte entrepris. Pour compenser ces pertes, elle devrait soit obtenir une 
subvention étatique, soit réduire ses charges et son offre de transport en 
conséquence. 

  Sur le fond, les modifications envisagées contrevenaient au droit supérieur, 
à savoir l’art. 87 Cst., concrétisé par la LTV et l’ordonnance sur le transport de 
voyageurs du 4 novembre 2009 (OTV – RS 745.11), qui attribuait une 
compétence exclusive en matière de transports en faveur de la Confédération, 
aucune interprétation conforme n’étant au demeurant possible. L’IN 146 était 
ainsi contraire à l’art. 15 al. 1, 3 et 5 LTV, dès lors qu’elle fixait dans la loi les 
tarifs applicables aux TPG, ce qui ne respectait pas leur autonomie, puisqu’ils 
devenaient tributaires de l’État, et leurs compétences, telles que déterminées par la 
législation fédérale s’agissant de l’établissement des tarifs. L’initiative allait 
également à l’encontre de la communauté tarifaire intégrale, conclue entre les 

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A/1935/2014 

partenaires d’Unireso. Pour honorer leurs engagements, les parties devaient, 
jusqu’à son échéance en décembre 2016, continuer à vendre des titres de transport 
au tarif Unireso. Il en résultait une double tarification, l’une concernant les TPG, 
l’autre la communauté tarifaire, dont l’imbrication était complexe. En faisant 
référence à la notion « tout Genève », l’initiative impliquait la validité des titres de 
transport délivrés par les TPG également sur le réseau des autres entreprises 
actives dans le canton, à savoir la SMGN et les CFF, de sorte que ces derniers 
devaient accepter sur leurs lignes les titulaires de billets et abonnements vendus à 
un prix inférieur au tarif Unireso, alors même que les prestations étaient 
identiques. Pour éviter une telle situation, deux hypothèses étaient envisageables. 
La première consistait, pour les membres d’Unireso, à s’aligner sur les tarifs des 
TPG, de sorte qu’en définitive ceux de toutes les entreprises de transport seraient 
fixés par la loi cantonale. La deuxième revenait à la mise à néant de la 
communauté tarifaire, en violation des obligations contractuelles des entreprises 
de transport et de leur devoir de coordination, pourtant consacré par la législation 
fédérale. 

  La loi querellée allait également à l’encontre des art. 16, 17 et 18 al. 1 let. a 
LTV, de même que de l’art. 56 al. 2 et 3 OTV. La « convention 510 », adoptée 
sous l’auspice de l’UTP, à savoir l’organisation faîtière des entreprises de 
transport public, fondait l’organisation du service direct, en exécution de la LTV, 
qui était obligatoire pour le trafic local. Les TPG et la SMGN y avaient 
partiellement adhéré, en vertu de leur obligation de coordination, de sorte qu’ils 
ne pouvaient déterminer leurs tarifs de manière unilatérale, seuls les tarifs du 
service Unireso étant compatibles avec cette convention, tant s’agissant de leur 
montant que de leur structure. En exécution du service direct, les TPG devaient 
offrir, de concert avec les CFF et la SMGN, un seul contrat de transport au 
voyageur devant emprunter le réseau de plusieurs entreprises, ce que l’IN 146 ne 
permettait pas et obligeait ainsi les TPG à quitter ce service et la « convention 
510 ». Les dispositions litigieuses consacraient également la fin de la validité de 
l’abonnement demi-tarif sur le réseau des TPG, lesquels ne pouvaient plus 
prétendre à une rétrocession pour leurs parts de vente de ce type d’abonnements et 
ne pouvaient pas non plus continuer à négocier leurs tarifs avec les autres 
entreprises de transport. Au vu de cette situation, l’OFT risquait de retirer leur 
concession, à tout le moins pour certaines lignes. 

  Le texte de l’initiative contrevenait encore à l’art. 27 Cst. (liberté 
économique), garantie constitutionnelle dont elle pouvait se prévaloir en qualité 
d’entreprise privée offrant des prestations de transport aux usagers, dès lors qu’il 
causait une distorsion de la concurrence en raison d’une double tarification 
jusqu’à l’échéance de la convention tarifaire en 2016, les TPG vendant leurs titres 
de transport à leur propre tarif, parallèlement à ceux d’Unireso. Il en résultait que 
les partenaires des TPG devaient accepter sur leurs lignes des billets émis par ces 
derniers, à un tarif préférentiel, de sorte à se voir privés d’une partie de leurs 

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A/1935/2014 

revenus en raison de la diminution des recettes de la communauté tarifaire. Cette 
situation pouvait conduire les autres entreprises de transport à s’aligner sur les 
tarifs des TPG et, ainsi, perdre le contrôle d’une partie de leurs recettes et 
supporter un risque économique. Cette restriction à la liberté économique ne 
pouvait se justifier, dès lors qu’il était dans l’intérêt public, conformément à la 
volonté du législateur, que les entreprises de transport se coordonnent et se 
regroupent au sein d’une communauté tarifaire intégrale. Elle était également 
disproportionnée, puisque les entreprises concernées subissaient un préjudice dans 
l’unique but de favoriser l’utilisation des TPG à un prix attractif. 

 b. La SMGN a versé à la procédure un chargé de pièces, comportant 
notamment : 

‒ un courrier de la cellule de gestion Unireso adressé au conseiller d’État en 
charge des transports le 3 juin 2014, comportant une synthèse des 
conséquences de l’application du tarif issu de l’IN 146. Pour l’année 2015, 
la perte des recettes, soit la différence entre le tarif Unireso et celui introduit 
par l’initiative, devait s’élever à CHF 16'294'248.-, pour atteindre 
CHF 17'102'131.- en 2018. Afin de compenser ces pertes, les rabais 
accordés notamment aux familles, aux personnes au bénéfice de l’aide 
sociale et aux entreprises seraient supprimés ; 

‒ un courrier du conseil d’administration des TPG au conseiller d’État en 
charge des transports, daté du même jour, au sujet des implications de la 
mise en œuvre de l’IN 146, qui plongeait l’entreprise dans une situation 
critique. Ainsi, en qualité d’exploitants de lignes du trafic local et régional, 
les TPG étaient tenus d’établir des tarifs en commun avec les autres 
opérateurs du canton et devaient appliquer ceux fixés dans le contrat de 
prestations conclu entre l’État et la communauté tarifaire intégrale, sous 
peine de contrevenir au droit supérieur. Compte tenu de ces engagements, 
une double tarification était inévitable, engendrant des coûts importants au 
niveau matériel, notamment s’agissant des distributeurs de titres de 
transport. D’un point de vue financier, un montant de CHF 8'000'000.- 
d’écart sur les produits de transport était à prévoir pour les seuls TPG, porté 
à CHF 14'000'000.- en 2015, ce manque à gagner devant être compensé par 
l’État afin de rééquilibrer les recettes et les charges, à défaut de quoi le 
contrat de prestations actuel ne pourrait être respecté. Différentes mesures 
d’économies étaient envisagées, dont la réduction de l’offre, avec, comme 
conséquence, le licenciement d’une centaine de collaborateurs ; 

‒ un courrier de la SMGN du 3 juin 2014 informant la direction générale des 
transports (ci-après : DGT) sur les mesures envisagées en vue de réduire 
l’offre disponible sur ses lignes. Seule l’interruption du service à 19h30 était 
envisageable, de sorte à supprimer l’extension nocturne, causant un 

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A/1935/2014 

préjudice de CHF 200'000.- par année et l’obligation de licencier deux 
personnes ; 

‒ un courrier du conseil d’administration des TPG au Conseil d’État du 
1er juillet 2014 l’informant de sa décision en faveur du maintien de l’offre au 
niveau négocié dans le contrat de prestations pour les années 2015 à 2018 et 
de la préservation des emplois, avec les mécanismes salariaux statutaires en 
vigueur. Il requérait la compensation, par le canton, du manque à gagner, 
estimé pour les TPG entre CHF 14'000'000.- et CHF 15'000'000.- par année. 

33)  Par acte expédié également le 16 juillet 2014, enregistré sous numéro de 
cause A/2156/2014, Mme C______ a interjeté recours auprès de la chambre 
constitutionnelle contre « la loi modifiant la LTPG émanant de l’IN 146 du 18 mai 
2014, promulguée par arrêté du Conseil d’État du 25 juin 2014 », concluant, avec 
« suite de frais et dépens », à la restitution de l’effet suspensif au recours et, sur le 
fond, à l’annulation de l’acte entrepris dans son intégralité. 

  L’effet suspensif devait être restitué, dès lors que les chances de succès de 
l’admission du recours étaient élevées en présence d’une contrariété manifeste au 
droit supérieur. 

  Elle disposait de la qualité pour recourir, puisqu’elle était directement 
touchée par la modification de la catégorie « junior » introduite par l’initiative, 
devant désormais payer son abonnement annuel au prix de celui d’un adulte. Par 
ailleurs, elle ne pouvait plus acquérir de carte journalière valable dès 9h00 à un 
tarif préférentiel. 

  En adoptant l’art. 15 LTV, le législateur avait attribué de manière exclusive 
aux entreprises concessionnaires la compétence d’établir leurs tarifs, à charge 
pour celles-ci de les soumettre pour approbation à l’OFT dans le cadre de l’octroi 
d’une concession. Le droit fédéral définissait d’ailleurs de manière exhaustive les 
critères présidant à la fixation des tarifs, qui devaient être arrêtés notamment en 
prenant en compte l’ampleur et la qualité de la prestation, les coûts et l’attrait de 
l’offre ainsi que la distance parcourue, le confort des véhicules et l’existence de 
correspondances. En figeant les tarifs des TPG dans la loi et en accordant une 
compétence exclusive au Grand Conseil en la matière, l’initiative laissait le prix 
des transports devenir une décision de nature politique, soustraite aux critères 
imposés par la législation fédérale. Elle empêchait également les TPG de se 
concerter avec d’autres entreprises concessionnaires en vue de conclure des 
accords tarifaires et soumettait, de facto, les TPG à la surveillance du 
Grand Conseil, alors que cette tâche était dévolue à l’OFT en application de 
l’art. 52 LTV. 

- 15/53 - 

A/1935/2014 

34)  Par décision du 21 juillet 2014, la chambre constitutionnelle a refusé la 
restitution de l’effet suspensif au recours de MM. A______ et B______, réservant 
le sort des frais de la procédure jusqu’à droit jugé au fond. 

  La loi 11'469 avait fait perdre à la demande de restitution de l’effet 
suspensif une grande partie de son objet, dès lors que l’initiative ne devait, de ce 
fait, entrer en vigueur que le 14 décembre 2014 au plus tôt, de sorte que toute 
urgence avait disparu. Dans l’hypothèse où l’instruction du recours devrait se 
prolonger, les recourants pouvaient déposer une nouvelle demande, sur laquelle la 
chambre de céans statuerait en fonction des circonstances prévalant à ce 
moment-là. 

35)  Le lendemain, la chambre constitutionnelle a transmis cette décision aux 
autres recourantes, les invitant à lui communiquer si elles persistaient à maintenir 
leur demande de restitution de l’effet suspensif. 

36)  Le 24 juillet 2014, Mme C______ a informé la chambre constitutionnelle 
qu’elle renonçait à sa requête, se réservant le cas échéant le droit de réintroduire 
une telle demande ultérieurement. 

37)  La SMGN en a fait de même par courrier du lendemain. 

38)  Par décision du 31 juillet 2014, le juge délégué a ordonné la jonction des 
causes nos A/1935/2014, A/2153/2014 et A/2156/2014 sous le numéro de 
procédure A/1935/2014 et fixé un délai aux parties pour se prononcer sur les 
autres recours. 

39)  Le 4 août 2014, le juge délégué a invité les TPG et l’OFT à fournir tout 
renseignement utile ou toute observation au sujet de la violation alléguée des 
art. 15 ss LTV, en application des art. 25 et 27 al. 1 de la loi sur la procédure 
administrative du 12 septembre 1985 (LPA - E 5 10). 

40)  Le même jour, Mme C______ a indiqué n’avoir pas d’observations à 
formuler au sujet des autres recours. 

41)  Le 20 août 2014, le Conseil d’État a annoncé, par point de presse, avoir 
transmis au Grand Conseil pour examen son rapport relatif au plan directeur des 
transports collectifs pour les années 2015 à 2018 (ci-après : PDTC). Initialement, 
celui-ci prévoyait de mettre à disposition de la population au cours de cette 
période des prestations de transport supplémentaires, à hauteur de 5 %, dont les 
impacts financiers demeuraient compatibles avec la situation budgétaire difficile 
du canton, grâce notamment à la mise en place de mesures échelonnées 
d’efficience concernant essentiellement les TPG, visant à optimiser le rapport 
entre les coûts et les prestations grâce à une meilleure adéquation entre l’offre et 
la demande. La baisse des tarifs acceptée par la population le 18 mai 2014 l’avait 
toutefois contraint à réviser les modalités de concrétisation du PDTC, dès lors 

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A/1935/2014 

qu’au vu des planifications budgétaires en cours, l’État n’était plus en mesure 
d’assumer, sur les quatre prochaines années, à offre constante, la totalité du 
manque à gagner consécutif aux nouveaux tarifs. Pour compenser celui-ci, il 
proposait au Grand Conseil une application anticipée des mesures d’efficience 
initialement prévues par étapes, de même que la rationalisation de certaines lignes 
et cadences horaire. 

42)  Le 21 août 2014, MM. A______ et B______ ont également informé la 
chambre constitutionnelle n’avoir pas d’observations à formuler au sujet des 
autres recours. 

43)  Par courrier du 26 août 2014, la SMGN en a fait de même. 

44)  Le 29 août 2014, l’OFT a transmis à la chambre de céans ses observations 
s’agissant de la violation alléguée de la LTV. La Confédération disposait, en 
matière de transport de voyageurs, d’une compétence étendue en application de 
l’art. 92 Cst. L’art. 15 LTV, en imposant aux entreprises l’obligation d’établir les 
tarifs de leurs prestations, accordait à celles-ci une compétence que la 
Confédération avait renoncé à exercer elle-même. Cette disposition ne visait 
toutefois pas à régler les rapports entre les entreprises et leurs propriétaires, 
lesquels déterminaient leur autonomie. Il en résultait que l’intervention d’un 
canton dans l’établissement des tarifs n’était pas contraire au droit fédéral et 
n’avait pas non plus pour effet de soustraire ces tarifs au contrôle de l’autorité de 
surveillance. Aussi fallait-il considérer la loi cantonale litigieuse comme une 
commande de réduction de tarif au sens de l’art. 28 al. 4 LTV, aux termes de 
laquelle le canton de Genève était compétent, tout en étant contraint d’en 
supporter les coûts. Dans ce cadre, l’indemnité versée par le canton devait 
compenser la diminution des recettes découlant de la mesure commandée, en vue 
de garantir le même niveau de rendement que précédemment. Ainsi, pour autant 
que le canton respectât son obligation de compenser la baisse des recettes induite 
par les réductions de tarifs qu’il commandait, la loi litigieuse était compatible avec 
le droit supérieur. L’application de l’initiative était également sans conséquence 
sur les montants versés par la Confédération en lien avec la commande du 
transport régional des voyageurs. 

45)  Par acte du 2 septembre 2014, le Grand Conseil a produit ses observations 
sur le fond du litige, s’en rapportant à l’appréciation de la chambre de céans quant 
à la recevabilité des recours et concluant à leur rejet. 

  L’initiative n’était pas contraire au droit supérieur. Ainsi, l’art. 15 LTV avait 
pour objectif d’assurer l’existence d’un tarif pour les prestations de transport 
public, de même que sa publicité, et non de permettre aux entreprises concernées 
de fixer leurs tarifs indépendamment de toute surveillance cantonale. Au 
contraire, le droit fédéral admettait toutes les formes d’organisation des 
entreprises, pour autant que les conditions fixées par la LTV pour bénéficier d’une 

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A/1935/2014 

concession soient respectées. Organisés sous la forme d’un établissement 
autonome de droit public, les TPG faisaient l’objet d’une étroite surveillance de 
l’État, qui contrôlait tous les aspects de leur fonctionnement, y compris jusqu'à 
présent les hausses de leurs tarifs. Aussi n’avaient-ils aucune liberté dans la 
fixation de ceux-ci, dès lors que le Conseil d’État adoptait le plan directeur des 
transports, qui déterminait la politique quadriennale du canton en la matière, et 
élaborait, en collaboration avec les TPG, le contrat de prestations. Les TPG se 
limitaient, dans ce cadre, à proposer des tarifs, la décision finale appartenant au 
Conseil d’État et au Grand Conseil, ce mode de procéder étant conforme à 
l’art. 15 al. 1 LTV. La situation ne subissait pas de modification significative du 
fait de l’entrée en vigueur de l’IN 146, puisque le Grand Conseil conservait la 
compétence d’approuver les tarifs, ce qui ne faisait pas non plus obstacle à la 
surveillance de l’OFT, cette autorité pouvant remplir ses obligations 
indépendamment de la manière par laquelle les tarifs des TPG étaient adoptés. Par 
ailleurs, l’art. 15 al. 3 LTV ne prévoyait pas une égalité de traitement absolue de 
tous les usagers, mais laissait une marge de manœuvre étendue en faveur des 
entreprises de transport, en leur imposant uniquement de fixer des conditions 
comparables pour les clients se trouvant dans une situation semblable. Il était ainsi 
envisageable de prévoir des titres de transport distincts ne donnant pas droit aux 
mêmes prestations. D’ailleurs, le texte de l’initiative ne visait que le réseau des 
TPG, à l’exclusion de celui de ses partenaires. En tout état, le tarif Unireso n’était 
pas immuable et pouvait être modifié, étant précisé que la SMGN ne supportait 
aucun risque financier de ce fait, puisque l’État couvrait l’entier des charges en 
relation avec l’exécution du contrat de prestations. 

  Le texte litigieux était également conforme aux art. 16 à 18 LTV, en 
particulier à l’art. 16 LTV, ce d’autant que le moyen tiré de la violation de cette 
disposition reposait en grande partie sur la seule appréciation des recourants, sur 
la base d’une hypothétique crainte du retrait des TPG du service Unireso. En tout 
état, rien ne permettait d’admettre que les tarifs fixés dans la loi ne permettraient 
pas d’assurer le fonctionnement du billet commun au sein de ce service, ce 
d’autant que celui-ci était en constante évolution et que le canton assumait, dans le 
cadre des contrats de prestations conclus avec les entreprises de transport actives 
sur son territoire, une part des frais de fonctionnement d’Unireso. Il en résultait 
que les variations de tarifs d’un opérateur n’avaient pas d’impact direct sur une 
autre entreprise, dès lors que l’État devait garantir son financement de par 
l’indemnité qu’il lui attribuait. L’art. 17 LTV invitait certes les entreprises de 
transport à régler leurs relations réciproques, mais n’exposait pas sous quelle 
forme. Contrairement aux arguments des recourants, la « convention 510 » n’avait 
pas force obligatoire et son respect ne s’imposait dès lors pas aux cantons. 
Celle-ci prévoyait d’ailleurs des modes de participation variables, les TPG et la 
SMGN ne participant qu’au trafic local pour trois prestations, à savoir 
l’abonnement général, l’abonnement demi-tarif et le Swiss-pass. Les TPG 

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pouvaient continuer à honorer leur engagement à ce titre, en acceptant sur leurs 
lignes les passagers titulaires de tels titres de transport. 

  Pour l’exploitation de ses lignes lacustres, la SMGN exécutait un service 
public pour le compte de l’État, grâce au financement offert par ce dernier, qui 
garantissait ses revenus et lui octroyait une subvention correspondant à ses pertes. 
Elle n’agissait ainsi pas à l’instar d’une entreprise privée, sur un marché 
concurrentiel, de sorte qu’elle ne pouvait se prévaloir de la liberté économique. 
Pour autant qu’elle existât, la restriction à cette garantie était justifiée, puisque les 
dispositions litigieuses, prévues par la loi, visaient à diminuer le coût des 
transports publics en faveur des Genevois et à les rendre ainsi plus accessibles. La 
portée de la mesure envisagée était limitée, moins incisive qu’une gratuité 
généralisée, et permettait de diminuer le coût des prestations de service public, à 
la charge des utilisateurs, sans augmenter de manière excessive la part de 
financement incombant à l’État pour compenser le déficit de fonctionnement des 
TPG. Il n’existait pas non plus de rapport de concurrence entre les modes de 
transport effectués par les TPG et ceux offerts par la SMGN. Cette dernière ne 
disposait d’ailleurs d’aucune marge de manœuvre en matière d’établissement de 
ses tarifs, dès lors que toute baisse du prix de ses billets impliquait une 
augmentation correspondante des subventions de l’État, qui en contrôlait le prix. 

46)  Le 3 septembre 2014, le Conseil d’État a annoncé, lors d’un point de presse, 
avoir adopté le contrat de prestations avec la communauté tarifaire intégrale 
Unireso pour les années 2015 à 2018, ainsi que les projets de loi de ratification 
des contrats de prestations entre l’État et la SMGN et les TPG pour la même 
période, en vue d’une entrée en vigueur le 1er janvier 2015. Ces contrats 
prévoyaient la compensation intégrale par l’État des manques à gagner découlant 
de la baisse des tarifs induite par l’entrée en vigueur de l’IN 146, l’ensemble de 
ces mesures étant au surplus conforme au PDTC pour les années 2015 à 2018. 
Afin de minimiser l’impact financier découlant de l’IN 146, qui réduisait de près 
de CHF 67'000'000.- les recettes des transports pour les quatre prochaines années, 
des mesures visant à augmenter les produits des transports à hauteur de 
CHF 12'000'000.- sur la période quadriennale étaient intégrées dans l’économie 
globale du contrat de prestations conclu avec les TPG. Ces mesures, consistant 
principalement en la suppression des rabais consentis aux entreprises, ne 
pénalisaient pas la plupart des usagers, au vu des réductions tarifaires accordées. 
Ainsi, pour la période 2015 à 2018, des recettes à concurrence de 
CHF 600'000'000.- étaient prévues, avec une croissance annuelle de 1,7 %. 

  La mise en œuvre du contrat de prestations avec Unireso impliquait par 
ailleurs l’acceptation, par le Grand Conseil, du PL 11'138 visant à rendre 
compatibles les nouveaux tarifs avec les standards nationaux et donc à maintenir 
les TPG dans la communauté tarifaire précitée. S’agissant du contrat avec la 
SMGN, les indemnités allouées leur permettaient de poursuivre la tâche conférée 

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par l’État, à savoir la mise à disposition de lignes de transports publics lacustres à 
la population. Le contrat de prestations prévoyait la compensation intégrale par 
l’État de Genève de la baisse de recettes découlant de la mise en œuvre de 
l’IN 146, soit plus de CHF 100'000.- par an. L’offre de la SMGN restait 
inchangée, sauf s’agissant de l’offre estivale, qui devait désormais être disponible 
à partir du 1er juin, au lieu du 1er avril, pour se terminer à la fin du mois de 
septembre, au lieu d’octobre. Le contrat de prestations avec les TPG était 
fortement affecté par le résultat de l’IN 146, puisque des pertes de recettes de 
l’ordre de CHF 48'000'000.- devaient être comblées sur les quatre prochaines 
années. Des mesures spécifiques et ciblées d’efficience et d’optimisation 
concernant l’offre de transports étaient demandées aux TPG afin de compenser ce 
manque à gagner. 

47)  Par courrier du 4 septembre 2014, les TPG s’en sont remis à l’appréciation 
de l’OFT au sujet de la violation alléguée des art. 15 ss LTV. 

48)  Le 9 septembre 2014, le Grand Conseil a fait savoir à la chambre 
constitutionnelle qu’il ne souhaitait pas formuler d’observations complémentaires 
suite à la prise de position de l’OFT, se réservant le droit de réagir aux éventuelles 
nouvelles écritures des recourants. 

49)  Le 23 septembre 2014, la commission des transports du Grand Conseil a 
rendu son rapport relatif au PL 11'138. À cette occasion, le groupe PLR a présenté 
un amendement général à ce projet, proposant l’abrogation de l’art. 36 al. 3 et 4 
LTPG, l’adoption d’un nouvel art. 37 LTPG prévoyant que le Conseil d’État fixe 
par règlement les tarifs de transport sur proposition du conseil d’administration 
des TPG, la grille tarifaire étant soumise à l’approbation du Grand Conseil sous 
forme de résolution, ainsi qu’un nouvel art. 41A LTPG fixant dans les 
dispositions transitoires de la LTPG les tarifs issus de l’IN 146, telle que corrigés 
par le PL 11'138. Selon l’exposé des motifs relatif à cet amendement, le rôle du 
Grand Conseil n’était pas de faire de la « micro-gestion » en modifiant en détail la 
LTPG, ce qui nécessitait la mise en œuvre de procédures lourdes, mais de donner 
une direction générale, de sorte qu’une autre méthode de fixation des tarifs, 
voulant qu’ils soient élaborés par le Conseil d’État sur proposition du conseil 
d’administration des TPG et soumis à l’approbation du parlement, sans possibilité 
de référendum, était proposée. 

50)  Par acte du 3 octobre 2014, Mme C______ a répliqué, persistant dans ses 
précédentes conclusions et précisant que le Conseil d’État avait publiquement 
déclaré ne pas vouloir compenser la perte de CHF 67'000'000.- pour la période de 
2015 à 2018 engendrée par la mise en œuvre de l’IN 146, mais procéder à 
plusieurs coupes dans les prestations. Même à considérer le texte attaqué comme 
une « commande de réduction de tarif » au sens de l’art. 28 al. 4 LTV, la loi 
cantonale s’avérait ainsi contraire au droit supérieur. 

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51)  Le même jour, la SMGN s’est également déterminée, persistant dans les 
termes de ses précédentes conclusions et écritures. 

  La réponse de l’OFT, qui se plaçait au niveau de la vraisemblance, était 
incomplète, dès lors qu’elle se prononçait sur l’unique grief tiré de la violation de 
l’art. 15 al. 1 LTV. Elle avait toutefois pour mérite de clarifier la situation, en 
confirmant l’absence de compétence cantonale en matière d’établissement des 
tarifs. Il n’en demeurait pas moins que la position défendue par l’OFT se révélait 
en contradiction avec l’art. 15 al. 1 LTV, adopté dans le but d’assurer 
l’indépendance des entreprises de transport par rapport à l’État, en séparant les 
fonctions politiques des activités de gestion, ce que l’IN 146 ne respectait pas. 
Elle court-circuitait également le mécanisme mis en œuvre par le législateur 
fédéral, en concentrant dans les mains d’une seule entité le pouvoir d’établir les 
tarifs et de commander une réduction de l’offre au sens de l’art. 28 al. 4 LTV. 

  Les moyens soulevés par le Grand Conseil à l’appui de ses déterminations 
étaient irrecevables, dès lors qu’il avait outrepassé ses compétences. Par le passé, 
il s’était limité à se prononcer sur l’absence de contrariété manifeste de l’initiative 
au droit supérieur, sans examen approfondi de cette question, de sorte que tous les 
moyens soulevés allant au-delà de cet aspect n’étaient pas recevables. Sur le fond, 
ses arguments étaient inexacts. Il n’y avait ainsi pas lieu de procéder à 
l’interprétation de l’art. 15 al. 1 LTV, dont le texte était clair, et déléguait 
directement aux entreprises de transport la compétence d’établir leurs tarifs. De 
plus, le canton ne pouvait s’immiscer dans les prérogatives des TPG, notamment 
s’agissant de leur financement, de manière à réduire leur autonomie, qui était 
garantie. Le risque de l’existence d’une double tarification était bien réel et 
découlait du droit du transport des voyageurs dans son ensemble, dans la mesure 
où le billet « tout Genève » était valable pour toute la communauté tarifaire, 
indépendamment de son émetteur. La mise en œuvre de l’initiative engendrait des 
tarifs distincts, valables pour les mêmes prestations, ce qui était contraire au 
principe d’égalité de traitement consacré à l’art. 15 al. 3 et 5 LTV. La loi litigieuse 
contrevenait également au service direct, qui avait force obligatoire, ce d’autant 
qu’aucun opérateur ne pouvait imposer aux autres les tarifs qu’il souhaitait 
pratiquer. 

  Le grief tiré de la violation de la liberté économique avait trait à l’égalité 
entre concurrents dont la SMGN était victime, la loi créant une inégalité de 
traitement entre les entreprises de transport, le fait qu’elles soient au bénéfice 
d’une concession et de subventions n’étant pas déterminant. Du point de vue de la 
proportionnalité, le problème avait trait au fait qu’elle soit contractuellement tenue 
d’accepter sur ses bateaux des titres de transport adaptés aux nouveaux tarifs des 
TPG, sans pouvoir elle-même les vendre au même prix. 

52)  MM. A______ et B______ ne se sont pas déterminés. 

- 21/53 - 

A/1935/2014 

53)  Lors de la séance du 10 octobre 2014, le Grand Conseil a adopté la loi 
11'138. Il a, par la même occasion, rejeté l’amendement général déposé par le 
groupe PLR, considérant en substance que, même si le texte de l’IN 146 
conduisait à un alourdissement du travail parlementaire, ainsi qu’à une 
complication en matière de fixation des tarifs, et n’était pas, d’un point de vue 
pratique, satisfaisant, le corps électoral s’était prononcé, à deux reprises, en faveur 
d’un tel mécanisme, de sorte que sa volonté devait être respectée. 

54)  Le 17 octobre 2014, le Conseil d’État a publié dans la FAO la loi 11'138 
portant modification de la LTPG, le délai référendaire expirant le 26 novembre 
2014, dont la teneur est la suivante : 

« Art. 1 Modifications 
La loi sur les Transports publics genevois, du 21 novembre 1975, est modifiée 
comme suit : 

 

Art. 36, al. 3 (nouveau) 
 Tarifs des TPG 
3 Le Grand Conseil fixe les tarifs de transport applicables aux Transports publics 
genevois, à l’exclusion des tarifs 1re classe, pour l’ensemble de leur réseau, sur 
proposition de leur conseil d’administration. Les propositions de tarifs sont 
transmises au Conseil d’État pour qu’il se détermine et soumette les tarifs 
proposés au Grand Conseil sous forme d’un projet de loi, à l’exclusion des tarifs 
1re classe. Ces tarifs sont les suivants : 

Saut de puce, 1/1 2.00 F 
Saut de puce, 1/2 (abonnement demi-tarif, 6 à 16 ans révolus) 1.80 F 
Saut de puce, AVS 1.80 F 
Saut de puce, AI 1.80 F 

Billet Tout Genève 1 heure, 1/1 3.00 F 
Billet Tout Genève 1 heure, 1/2 
(abonnement demi-tarif, 6 à 16 ans révolus) 2.00 F 
Billet Tout Genève 1 heure, AVS 2.00 F 
Billet Tout Genève 1 heure, AI 2.00 F 

Carte journalière Tout Genève, 1/1 10.00 F 
Carte journalière Tout Genève, 1/2 
(abonnement demi-tarif, 6 à 16 ans révolus) 7.30 F 
Carte journalière Tout Genève, AVS 7.30 F 
Carte journalière Tout Genève, AI 7.30 F 

Carte journalière Tout Genève, 1/1, dès 9h00 8.00 F 
Carte journalière Tout Genève, 1/2, dès 9h00 
(abonnement demi-tarif, 6 à 16 ans révolus) 5.60 F 
Carte journalière Tout Genève, AVS, dès 9h00 5.60 F 
Carte journalière Tout Genève, AI, dès 9h00 5.60 F 

- 22/53 - 

A/1935/2014 

Abonnement hebdo Tout Genève transmissible 38 F 
Abonnement hebdo Tout Genève, junior (6 à 25 ans révolus) 23 F 
Abonnement hebdo Tout Genève, AVS 23 F 
Abonnement hebdo Tout Genève, AI 23 F 

Abonnement mensuel Tout Genève, adulte 70 F 
Abonnement mensuel Tout Genève, junior (6 à 25 ans révolus) 45 F 
Abonnement mensuel Tout Genève, AVS/AI 45 F 
Abonnement mensuel Tout Genève, AI 45 F 
Abonnement mensuel Tout Genève transmissible 100 F 

Abonnement annuel Tout Genève, adulte 
(paiement échelonné possible en 4 acomptes 
- frais administratifs de 10 F) 500 F 
Abonnement annuel Tout Genève, junior (6 à 25 ans révolus) 
(paiement échelonné possible en 4 acomptes 
- frais administratifs de 10 F) 400 F 
Abonnement annuel Tout Genève, AVS 
(paiement échelonné possible en 4 acomptes 
- frais administratifs de 10 F) 400 F 
Abonnement annuel Tout Genève, AI 
(paiement échelonné possible en 4 acomptes 
- frais administratifs de 10 F) 400 F 
Abonnement annuel Tout Genève, transmissible 900 F 

 

Art. 36, al. 5 (nouveau) 
5 Les titres de transport et les facilités tarifaires des entreprises partenaires 
donnant accès au réseau des Transports publics genevois sont reconnus. Le 
Conseil d’État en fixe la liste par voie réglementaire. 

 

Art. 42 Entrée en vigueur (nouvelle teneur) 
1 Le Conseil d’État fixe la date de l’entrée en vigueur de la présente loi. 
2 Les modifications de la présente loi issue de l’IN 146 entrent en vigueur le 
14 décembre 2014. 

 

Art. 2 Entrée en vigueur 
Le Conseil d’État fixe la date d’entrée en vigueur de la présente loi ». 

55)  À ce jour, il n’a pas été lancé de référendum contre cette loi. 

56)  Sur quoi, la cause a été gardée à juger. 

  

- 23/53 - 

A/1935/2014 

EN DROIT 

1) a. La chambre constitutionnelle est l’autorité compétente pour contrôler, sur 
requête, la conformité des normes cantonales au droit supérieur (art. 124 let. a de 
la Constitution de la République et canton de Genève du 14 octobre 2012 - 
Cst-GE - A 2 00) ; selon la législation d'application de cette disposition, il s'agit 
des lois constitutionnelles, des lois et des règlements du Conseil d’État (art. 130B 
al. 1 let. a de la loi sur l’organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - 
LOJ - E 2 05). 

 b. Les recours étant dirigés contre une loi cantonale, en l’occurrence la 
modification de la LTPG du 18 mai 2014, qui contient des règles générales et 
abstraites, la chambre de céans peut en contrôler la conformité au droit supérieur. 

  Interjetés dans les trente jours à compter de la promulgation de l’acte 
susmentionné, qui a eu lieu par arrêté du Conseil d’État du 25 juin 2014, publié 
dans la FAO du 27 juin 2014, et dans les formes prévues par la loi, les recours 
sont recevables sous cet angle (art. 62 al. 1 let. d et 3 et art. 65 LPA). 

2) a. A qualité pour recourir toute personne touchée directement par une loi 
constitutionnelle, une loi, un règlement du Conseil d’État ou une décision et a un 
intérêt personnel digne de protection à ce que l’acte soit annulé ou modifié (art. 60 
al. 1 let. b LPA). 

  Il ressort de l’exposé des motifs relatif à la loi 11'311 modifiant la LOJ que 
l’art. 60 al. 1 let. b LPA dans sa teneur actuelle, adoptée le 11 avril 2014 et entrée 
en vigueur le 14 juin 2014, formule de la même manière la qualité pour recourir 
contre un acte normatif et en matière de recours ordinaire. Cette disposition ouvre 
ainsi largement la qualité pour recourir, tout en évitant l’action populaire, dès lors 
que le recourant doit démontrer qu’il est susceptible de tomber sous le coup de la 
loi constitutionnelle, de la loi ou du règlement attaqué 
(Michel HOTTELIER/Thierry TANQUEREL, La Constitution genevoise du 
14 octobre 2012, SJ 2014 II 341-385, p. 380). 

 b. Au plan fédéral, le recours en matière de droit public au Tribunal fédéral est 
recevable contre les décisions des autorités cantonales de dernière instance (art. 86 
al. 1 let. d de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 - 
LTF - RS 173.110, applicable en cas de contestation d’un acte normatif par le 
renvoi de l’art. 87 al. 2 LTF), étant précisé que la liste des exceptions de l’art. 83 
LTF ne s’applique pas aux recours formés contre les actes normatifs 
(ATF 138 I 145 consid. 1.2 et les arrêts cités). 

 c. L’art. 111 al. 1 LTF précise que la qualité de partie à la procédure devant 
toute autorité cantonale précédente doit être reconnue à quiconque a qualité pour 
recourir devant le Tribunal fédéral. En d’autres termes, le droit cantonal ne peut 

- 24/53 - 

A/1935/2014 

pas définir la qualité de partie devant l’autorité précédant le Tribunal fédéral de 
manière plus restrictive que ne le fait l’art. 89 LTF (ATF 139 II 233 consid. 5.2.1 ; 
138 II 162 consid. 2.1.1 ; 136 II 281 consid. 2.1 ; arrêt du Tribunal fédéral 
1C_663/2012 du 9 octobre 2013 consid. 6.5). 

 d. Selon l’art. 89 al. 1 LTF, a qualité pour former un recours en matière de 
droit public quiconque a pris part à la procédure devant l’autorité précédente ou a 
été privé de la possibilité de le faire (let. a), est particulièrement atteint par la 
décision ou l’acte normatif attaqué (let. b) et a un intérêt digne de protection à son 
annulation ou à sa modification (let. c). 

  L’art. 89 al. 1 LTF détermine la qualité pour recourir de manière générale, la 
subordonnant à trois conditions, qui, pour autant qu’elles soient cumulativement 
remplies (ATF 137 II 40 consid. 2.2), permettent aux personnes physiques et 
morales de droit privé, voire exceptionnellement aux personnes morales et 
collectivités de droit public, de recourir (Bernard CORBOZ et al., Commentaire 
de la LTF, 2ème éd., 2014, n. 11 ad art. 89 LTF). 

 e. Les deux dernières conditions de l’art. 89 al. 1 LTF se recoupent en grande 
partie (Bernard CORBOZ et al., op. cit., n. 22 ad art. 89 LTF). Elles exigent du 
recourant qu’il dispose d’un intérêt pratique ou juridique à demander la 
modification ou l’annulation de l’acte attaqué et consistent en l’utilité pratique que 
l’admission du recours apporterait à l’intéressé, en lui évitant de subir un 
préjudice de nature économique, idéale, matérielle ou autre que la décision 
attaquée lui occasionnerait. Elles impliquent un intérêt direct et concret, le 
recourant devant se trouver, avec l’acte entrepris, dans un rapport suffisamment 
étroit, spécial et digne d’être pris en considération, de manière à éviter l’action 
populaire (ATF 138 II 162 consid. 2.1.2 ; 137 II 40 consid. 2.3 ; 135 II 145 
consid. 6.1 ; 133 II 468 consid. 1). 

  De plus, la qualité pour recourir suppose un intérêt actuel à obtenir 
l’annulation de l’acte entrepris, cet intérêt devant exister tant au moment du dépôt 
du recours qu’au moment où l’arrêt est rendu (ATF 139 I 206 consid. 1.1 ; 
137 I 296 consid. 4.2). 

 f. Lorsque le recours est dirigé contre un acte normatif, la qualité pour recourir 
est conçue de manière plus souple et il n’est pas exigé que le recourant soit 
particulièrement atteint par l’acte entrepris (Marcel Alexander 
NIGGLI/Peter UEBERSAX/Hans WIPRÄCHTIGER [éd.], Bundesgerichtsgesetz, 
2ème éd., 2011, n. 13 ad art. 89 LTF). Ainsi, toute personne dont les intérêts sont 
effectivement touchés par l’acte attaqué ou pourront l’être un jour a qualité pour 
recourir ; une simple atteinte virtuelle suffit, à condition toutefois qu’il existe un 
minimum de vraisemblance que le recourant puisse un jour se voir appliquer les 
dispositions contestées (ATF 138 I 435 consid. 1.6 ; 137 III 185 consid. 3 non 
publié ; 135 II 243 consid. 1.2). La jurisprudence du Tribunal fédéral précise 

- 25/53 - 

A/1935/2014 

qu’un intérêt virtuel présuppose que le recourant pourra tôt ou tard être atteint de 
manière directe par la réglementation en cause avec un degré minimal de 
vraisemblance (ATF 137 I 77 consid. 1.4 ; 136 I 17 consid. 2.1), ce qui doit 
découler de l’acte normatif litigieux (Alfred KÖLZ/Isabelle HÄNER/Martin 
BERTSCHI, Verwaltungsverfahren und Verwaltungsrechtspflege des Bundes, 
3ème éd., 2013, n. 1692). Ainsi, même si un intérêt de fait digne de protection 
suffit à conférer la qualité pour recourir, seule peut agir la personne qui est (même 
de manière virtuelle) directement touchée par l’acte entrepris (ATF 135 I 43 
consid. 1.4). Dans ce cadre, le Tribunal fédéral a considéré, en matière fiscale, 
que, n’étant pas directement touchés par une loi cantonale de péréquation 
financière, les particuliers n’avaient pas qualité pour recourir, dès lors que l’acte 
entrepris n’avait que des effets indirects sur leur charge fiscale (ATF 135 I 43 
consid. 1.4). De plus, les recours abstraits formés dans l’intérêt général ou qui 
tendent seulement à une application correcte du droit (action populaire) ne sont 
pas recevables (ATF 136 I 49 consid. 2.1 ; Karl SPÜHLER et al., 
Bundesgerichtsgesetz [BGG], Praxiskommentar, 2ème éd., 2013, n. 30 ad art. 89 
LTF). 

3)  En l’espèce, la modification de la LTPG litigieuse vise à faire inscrire la 
tarification des titres de transport des TPG dans la loi, tout en proposant une 
nouvelle grille tarifaire valable sur l’ensemble de leur réseau. 

  La loi querellée consacre une diminution du tarif « adulte », tout en 
prévoyant une augmentation de celui destiné aux jeunes. Elle limite les 
bénéficiaires du tarif « junior » aux jeunes jusqu’à 18 ans, alors que la 
réglementation actuelle l’étend à ceux n'ayant pas encore atteint l’âge de 25 ans 
révolus. 

  Mme C______ et M. B______, utilisateurs des transports publics et 
titulaires d’un abonnement annuel Unireso au tarif « junior », disposent d’un 
intérêt digne de protection, dès lors qu’une fois la loi issue de l’IN 146 entrée en 
vigueur, ils se verront appliquer le tarif adulte, plus onéreux que le tarif 
actuellement en vigueur pour la catégorie d’âge les concernant. Il en va de même 
de M. A______, lequel pourvoit à l’entretien de sa fille D______ et verra ses 
charges augmenter en devant débourser un prix supérieur à celui actuellement en 
vigueur pour l’acquisition de l’abonnement annuel de sa fille. Ils ont par 
conséquent qualité pour agir, de sorte que leurs recours sont recevables, étant 
précisé que la loi 11'138 étendant le tarif préférentiel « junior » aux jeunes jusqu’à 
l’âge de 25 ans révolus n’a pas encore été promulguée à ce jour, le délai 
référendaire étant en cours. 

  Concernant la SMGN, société anonyme de droit privé agissant pour la 
défense de ses propres intérêts, sa qualité pour recourir doit être jugée selon les 
mêmes critères que pour les personnes physiques. Même si les nouveaux tarifs 
issus de l’IN 146 ne concernent que les TPG, la SMGN dispose néanmoins d’un 

- 26/53 - 

A/1935/2014 

intérêt, à tout le moins factuel, pour recourir, dès lors que les modifications 
législatives envisagées risquent d’avoir des incidences sur ses prestations, au vu 
de la diminution de l’offre envisagée, sur ses recettes directes et sur les recettes 
d’Unireso, à une part desquelles elle a droit comme membre de cette communauté 
tarifaire aux côtés des TPG, ainsi que d'affecter son pouvoir effectif d'influer sur 
l'élaboration des tarifs des titres de transport des autres membres d'Unireso 
comme des siens. En particulier, la recourante fait valoir que la mise en 
application du texte de l'IN 146 la contraindrait de fait à s'adapter aux nouveaux 
tarifs des TPG, inférieurs aux siens propres et devenus points de référence 
incontournables. La SMGN a un intérêt digne de protection à l'examen – qui 
relève du fond – de la conformité au droit des atteintes directes qu'elle invoque. 

  Il résulte de ce qui précède que les trois recours sont recevables. 

4)  Contrairement à ce que soutient la SMGN, la réponse aux recours du 
Grand Conseil du 2 septembre 2014 est recevable. En qualité d’autorité intimée et 
de partie à la procédure, il était habilité, en application de l’art. 73 al. 1 LPA, et 
même tenu, en vertu de l'art. 177 de la loi portant règlement du Grand Conseil de 
la République et canton de Genève, du 13 septembre 1985 (LRGC - B 1 01), de 
s’exprimer sur les recours, qui portent sur l’absence de conformité au droit 
supérieur de la modification de la LTPG, et de développer une argumentation à 
cette fin. Peu importe que, par le passé, le Grand Conseil se soit prononcé sur la 
validité de l’IN 146 sous l’angle, plus restreint, de son absence de contrariété 
manifeste au droit supérieur, dès lors que cette procédure est étrangère au litige, 
judiciaire, porté par-devant la chambre constitutionnelle, laquelle procède 
librement à l’examen du recours, comme le prévoit l’art. 61 al. 1 LPA. 

5) a. Saisie d’un recours, la chambre constitutionnelle contrôle librement le 
respect des normes cantonales attaquées au droit supérieur (art. 124 let. a Cst-GE ; 
art. 61 al. 1 LPA), sous réserve des exigences de motivation figurant à l’art. 65 
al. 3 LPA. Aux termes de cette disposition, en cas de recours contre une loi 
constitutionnelle, une loi ou un règlement du Conseil d’État, l’acte de recours 
contient un exposé détaillé des griefs du recourant. Selon l’exposé des motifs 
relatif à la loi 11'311 modifiant la LOJ, en matière de recours portant sur un 
contrôle abstrait, il est nécessaire de se montrer plus exigeant que dans le cadre 
d’un recours ordinaire, le recourant ne pouvant se contenter de réclamer 
l’annulation d’une loi ou d’un règlement au motif que son contenu lui déplaît, 
mais, au contraire, doit être acheminé à présenter un exposé détaillé de ses griefs. 

 b. À l’instar du Tribunal fédéral, lorsqu’elle doit se prononcer dans le cadre 
d’un contrôle abstrait des normes, la chambre constitutionnelle s’impose une 
certaine retenue, et n’annule les dispositions attaquées que si elles ne se prêtent à 
aucune interprétation conforme au droit ou si, en raison des circonstances, leur 
teneur fait craindre avec une certaine vraisemblance qu’elles soient interprétées de 
façon contraire au droit supérieur. Pour en juger, il faut notamment tenir compte 

- 27/53 - 

A/1935/2014 

de la portée de l’atteinte aux droits en cause, de la possibilité d’obtenir 
ultérieurement, par un contrôle concret de la norme, une protection juridique 
suffisante et des circonstances dans lesquelles ladite norme serait appliquée 
(ATF 140 I 2 consid. 4 ; 137 I 131 consid. 2 ; 135 II 243 consid. 2 ; arrêt du 
Tribunal fédéral 2C_668/2013 du 19 juin 2014 consid. 2.2). 

6)  Les recourants allèguent que la loi modifiant la LTPG issue de l’IN 146 
contrevient au principe de la primauté du droit fédéral, dans la mesure où la 
législation fédérale en matière de transport réglemente de manière exhaustive le 
domaine, en particulier les tarifs, ne laissant plus subsister de compétences 
cantonales en cette matière. 

7) a. Le principe de la primauté du droit fédéral, consacré par l’art. 49 al. 1 Cst., 
selon lequel le droit fédéral prime le droit cantonal qui lui est contraire, fait 
obstacle à l’adoption ou à l’application de règles cantonales qui éludent des 
prescriptions de droit fédéral ou qui en contredisent le sens ou l’esprit, notamment 
par leur but ou par les moyens qu’elles mettent en œuvre, ou qui empiètent sur des 
matières que le législateur fédéral a réglementées de façon exhaustive. Il s’oppose 
ainsi à ce que les cantons légifèrent dans les matières exhaustivement 
réglementées par le droit fédéral. Dans les autres domaines, les cantons peuvent 
édicter des règles de droit, pour autant qu’elles ne violent ni le sens ni l’esprit du 
droit fédéral et n’en compromettent pas la réalisation (ATF 138 I 468 
consid. 2.3.1 ; arrêt du Tribunal fédéral 4C_1/2013 du 25 juin 2013 consid. 4.1.2). 
Selon le Tribunal fédéral, le droit fédéral l’emporte ainsi sur des dispositions 
cantonales, même lorsqu’une loi fédérale a été adoptée par la Confédération hors 
de son domaine de compétence, en application de l’art. 190 Cst. (arrêt du Tribunal 
fédéral 4C_1/2013 précité consid. 4.1.1 ; voir néanmoins Andreas AUER/Giorgio 
MALINVERNI/Michel HOTTELIER, Droit constitutionnel suisse, vol. I, 3ème éd., 
2013, n. 1086 s. et les références citées). 

 b. Savoir si un acte législatif fédéral est exhaustif est une question 
d’interprétation. Il faut rechercher si l’acte entend englober toute la matière sur 
laquelle il porte ou s’il a délibérément abandonné aux cantons le soin d’édicter les 
textes complémentaires qui pourraient leur paraître nécessaires au regard de leur 
situation propre. Même si la législation fédérale peut paraître exhaustive dans un 
domaine donné, une loi cantonale peut néanmoins subsister dans le même 
domaine si elle poursuit un autre but ou si elle renforce l’efficacité de la 
réglementation fédérale. Ce n’est ainsi que lorsque la législation fédérale exclut 
toute réglementation dans un domaine particulier que le canton perd toute 
compétence pour adopter des dispositions complétives, quand bien même celles-ci 
ne contrediraient pas le droit fédéral ou seraient en accord avec celui-ci 
(ATF 138 I 410 consid. 3.1 p. 414 s ; 138 II 191 consid. 3.3 non publié ; 137 I 167 
consid. 3.4 p. 174 s ; arrêt du Tribunal fédéral 4C_1/2013 précité consid. 4.1.2). 

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A/1935/2014 

 c. Même dans les domaines dans lesquels il existe une compétence fédérale 
mise en œuvre par la législation fédérale, les cantons peuvent se voir confier des 
tâches spécifiques au moyen d’une délégation de compétence, qui peut figurer 
dans la législation fédérale, la Confédération pouvant édicter des directives et 
donner des instructions concernant la façon dont les cantons doivent exercer leurs 
compétences déléguées (Andreas AUER/Giorgio MALINVERNI/Michel 
HOTTELIER, op. cit., n. 1067 ss). Dans une telle situation, la Confédération doit 
toutefois respecter l’autonomie constitutionnelle des cantons garantie par l’art. 46 
Cst., dès lors qu’il appartiendra au droit cantonal de désigner les organes habilités 
à exercer cette compétence déléguée (Andreas AUER/Giorgio 
MALINVERNI/Michel HOTTELIER, op. cit., n. 1070 ; Pierre TSCHANNEN, 
Staatsrecht der Schweizerischen Eidgenossenschaft, 3ème éd., 2013, p. 305 n. 23). 

 d. L’État peut renoncer à accomplir lui-même une tâche d’intérêt public en 
laissant son exécution à la libre initiative d’organismes tiers (ATF 137 II 409 
consid. 7.3.1). La Cst. n’empêche ainsi pas la délégation du pouvoir d’adopter des 
règles de droit à des organismes de droit public ou de droit privé non rattachés à 
l’organisation étatique, les conditions de la délégation législative devant toutefois 
être respectées (art. 178 al. 3 Cst.). En particulier, s’agissant d’une délégation de 
l’exercice de tâches publiques qui constitue une entorse au monopole de l’État, la 
délégation et ses modalités doivent être prévues dans une loi au sens formel 
(ATF 138 I 196 consid. 4.4.3 ; 138 II 134 consid. 4.3.1 ; Pierre MOOR/Alexandre 
FLÜCKIGER/Vincent MARTENET, Droit administratif, vol. I, 3ème éd., 2012, 
p. 266). De plus, un régime de surveillance et d’évaluation doit être prévu sous la 
forme de l’approbation des normes ou de l’obligation de faciliter l’évaluation de 
la mise en œuvre de celles-ci (Pierre MOOR/Alexandre FLÜCKIGER/Vincent 
MARTENET, op. cit., p. 267). 

 e. La loi s’interprète en premier lieu selon sa lettre. Si le texte n’est pas 
absolument clair, si plusieurs interprétations sont possibles, il convient de 
rechercher quelle est la véritable portée de la norme, en la dégageant de tous les 
éléments à considérer, soit notamment des travaux préparatoires, du but de la 
règle, de son esprit, des valeurs sur lesquelles elle repose, de l’intérêt protégé ou 
encore de sa relation avec d’autres dispositions légales. Le sens que prend la 
disposition dans son contexte est également important. Il n’y a lieu de déroger au 
sens littéral d’un texte clair par voie d’interprétation que lorsque des raisons 
objectives permettent de penser que ce texte ne restitue pas le sens véritable de la 
sidposition en cause, ce qui peut découler des travaux préparatoires, du but et du 
sens de la disposition, ainsi que de la systématique de la loi (ATF 139 III 478 
consid. 6 ; 138 II 440 consid. 13 ; arrêt du Tribunal fédéral 2C_1036/2013 du 
5 novembre 2014 consid. 2.3). Le pluralisme des méthodes signifie que le juge, 
appelé à interpréter une norme, recourt successivement à toutes les méthodes, en 
compare les résultats et retient celui qui lui paraît rendre au mieux le véritable 

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sens de la norme (ATF 137 IV 180 consid. 3.4 ; 136 III 283 consid. 2.3.1 ; 
135 II 416 consid. 2.2). 

8) a. L’art. 87 Cst., qui traite des transports, accorde à la Confédération la 
compétence de légiférer sur le transport ferroviaire, les téléphériques, la 
navigation, l’aviation et la navigation spatiale et comprend le droit, pour la 
Confédération, d’instaurer un monopole en sa faveur (Tobias ZELLWEGER, Les 
transports collectifs de personnes dans l’agglomération franco-genevoise : étude 
de droit transfrontalier, 2008, p. 26). L’art. 87 Cst. institue une compétence 
fédérale étendue, non limitée aux principes, qui, sauf délégation, évince 
entièrement le droit cantonal (Thierry TANQUEREL/François BELLANGER 
[éd.], Le service public, 2006, p. 227 ; Daniel THÜRER/Jean-François AUBERT/ 
Jörg Paul MÜLLER [éd.], Droit constitutionnel suisse, 2001, p. 460 n. 16 ; 
Pierre TSCHANNEN, op. cit., p. 291 n. 32, p. 292 n. 36). 

  Par ailleurs, l’art. 92 Cst. prévoit que les services postaux et les 
télécommunications relèvent de la compétence de la Confédération (al. 1) et que 
cette dernière veille à assurer un service universel suffisant en matière de services 
postaux et de télécommunications à des prix raisonnables dans toutes les régions 
du pays, les tarifs étant fixés selon des principes uniformes (al. 2). Cette 
disposition réserve à la Confédération la régale des postes, qui comprend celle des 
transports de choses et de personnes, de sorte à disposer d’un monopole lui 
permettant de réserver le transport de personnes à un établissement étatique ou de 
confier son exécution à des tiers à travers un système de concessions et 
d’autorisations (Thierry TANQUEREL/François BELLANGER [éd.], op. cit., 
p. 227 s ; Tobias ZELLWEGER, op. cit., p. 25 ; Daniel THÜRER/ 
Jean-François AUBERT/Jörg Paul MÜLLER [éd.], op. cit., p. 940 n. 37 ; 
Pierre TSCHANNEN, op. cit., p. 291 n. 32, p. 292 n. 36). 

  La combinaison des art. 87 et 92 Cst. confère ainsi à la Confédération une 
compétence complète en matière de transports de personnes, également appelée 
régale du transport de voyageurs (Isabelle HÄNER/Bernhard WALDMANN 
[éd.], Die Konzession, 2011, p. 161 s. ; Georg MÜLLER [éd.], Schweizerisches 
Bundesverwaltungsrecht, Band IV : Verkehrsrecht, 2008, p. 83 n. 16). Il en résulte 
que la Confédération peut réglementer exhaustivement la matière, de manière à 
exclure toute compétence cantonale autonome dans ce domaine. Des compétences 
réservées ou déléguées en faveur des cantons peuvent toutefois subsister, de 
même que celles résultant de l’exécution du droit fédéral en application de 
l’art. 46 Cst. (ATF 138 I 435 consid. 3.4.1 ; arrêt du Tribunal fédéral 
2C_123/2013 du 16 décembre 2013 consid. 5.6). Ainsi, la Confédération et les 
cantons sont-ils libres d’organiser les entreprises de transports publics actives sur 
leur territoire comme ils l’entendent (Georg MÜLLER [éd.], op. cit., p. 133 n. 39). 

 b. En se fondant sur les art. 87 et 92 Cst., la Confédération a adopté la LTV, 
entrée en vigueur le 1er janvier 2010 (RO 2009 5631) et révisée en 2012 pour 

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certains de ses articles (RO 2012 5619), qui réunit les dispositions se rapportant 
aux transports publics au sens strict dans un seul acte législatif (Message sur la 
réforme des chemins de fer 2 du 23 février 2005, FF 2005 2269, p. 2338), dont 
certaines figuraient dans l’aLTP, abrogée par la loi sur la réforme des chemins de 
fer 2 du 20 mars 2009 (Révision des actes normatifs relatifs aux transports 
publics, RO 2009 5597 ; Message complémentaire sur la réforme des chemins de 
fer 2 [révision des actes normatifs concernant les transports publics] du 
9 mars 2007, FF 2007 2517, p. 2587). 

  La LTV régit ainsi la régale du transport de voyageurs comprenant le 
transport régulier et professionnel de voyageurs par chemin de fer, par route, sur 
l’eau, par installation à câbles, par ascenseur et par d’autres moyens de transports 
guidés le long d’un tracé fixe (art. 1 LTV). La Confédération a le droit exclusif 
d’assurer le transport régulier de voyageurs tant que ce droit n’est pas limité par 
d’autres actes normatifs ou des traités internationaux (art. 4 LTV). Selon l’art. 6 
LTV, après avoir consulté les cantons concernés, la Confédération peut octroyer à 
des entreprises des concessions de transport de voyageurs professionnel et régulier 
(al. 1). L’entreprise est tenue d’appliquer le droit du transport de voyageurs 
conformément à la législation et à la concession (al. 2). La concession est octroyée 
pour une durée maximale de vingt-cinq ans et peut être transférée, modifiée et 
renouvelée (al. 3). L’OFT est compétent pour l’octroi, le transfert, la modification, 
le renouvellement, le retrait, l’annulation et la révocation des concessions (al. 4). 

  La loi prévoit également un certain nombre d’obligations, décrites comme 
fondamentales, à la charge des entreprises de transport, énumérées aux art. 12 à 18 
LTV. Ainsi, outre l’obligation d’établir les tarifs consacrée à l’art. 15 LTV, les 
entreprises concernées ont une obligation de transport, pour autant que certaines 
conditions soient remplies (art. 12 LTV), doivent établir les horaires (art. 13 LTV) 
et effectuer toutes les courses figurant dans ces derniers (art. 14 LTV). 
L’ordonnance sur les horaires du 4 novembre 2009 (OH – RS 745.13) régit 
d’ailleurs la procédure d’établissement et de publication de l’horaire des courses 
régulières servant au transport de voyageurs assurées notamment par les 
entreprises de transport titulaires d’une concession pour le transport de voyageurs 
au sens de l’art. 6 LTV (art. 1 al. 1 let. a OH). De plus, l’art. 18 LTV prévoit que 
les entreprises de transport sont tenues de coordonner leurs prestations, si 
nécessaire, avec celles des autres entreprises de transports publics ainsi que de 
respecter les normes minimales en matière de qualité, de sécurité et de statut des 
employés, telles que fixées par le Conseil fédéral. 

  Aux termes de l’art. 52 LTV, les transports publics sont soumis à la 
surveillance de l’OFT. Si les décisions et les instructions des organes ou des 
services des entreprises lèsent des intérêts fondamentaux du pays ou violent la loi, 
la concession, l’autorisation ou des conventions internationales, l’OFT peut les 
abroger ou en empêcher l’application. 

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9) a. L’art. 15 LTV traite des tarifs, en prévoyant que les entreprises établissent 
les tarifs de leurs prestations, le tarif énumérant les conditions auxquelles est 
applicable le prix défini pour le transport et les autres prestations y afférentes 
(al. 1). Les tarifs sont définis en fonction de l’ampleur et de la qualité de la 
prestation, ainsi que des coûts de l’offre et servent à obtenir des recettes adéquates 
(al. 2). Ils prévoient des conditions comparables pour les clients qui se trouvent 
dans des situations comparables et ne restreignent pas de manière 
disproportionnée le choix entre diverses offres de prestations (al. 3). Les 
entreprises peuvent fixer leurs tarifs de sorte qu’un équilibrage des produits de 
lignes d’un même secteur soit possible, de manière à atténuer les pics de demande 
et à équilibrer le taux d’utilisation des véhicules et de l’infrastructure, étant 
entendu que les titres de transport à tarif normal doivent être valables pour les 
catégories d’un moyen de transport, indépendamment du créneau horaire (al. 4). 
Les tarifs doivent être appliqués à tous de manière identique et doivent être 
publiés (al. 5). Les entreprises peuvent conclure des accords particuliers prévoyant 
des réductions de prix ou d’autres avantages (al. 6). Elles présentent à l’OFT, sur 
demande, toutes les bases de calcul, notamment les comptes de résultat par ligne 
(al. 7). 

  L’art. 55a OTV, qui constitue la disposition d’exécution de l’art. 15 LTV, 
prévoit que les tarifs sont notamment déterminés en fonction de la distance de 
voyage, du confort des véhicules, de l’attrait de l’offre de transport et des 
correspondances (al. 1). Les entreprises se concertent sur leur tarification destinée 
à l’atténuation des pics de demande et à l’équilibrage du taux d’utilisation des 
véhicules et de l’infrastructure (al. 2). Lorsque les titres de transports sont liés à 
un itinéraire précis et à une ou plusieurs courses, ce lien doit pouvoir être annulé 
moyennant un supplément adéquat (al. 3). 

  Selon l’art. 28 LTV, pour la prestation du transport régional de voyageurs 
qu’ils commandent conjointement, la Confédération et les cantons indemnisent les 
entreprises pour les coûts non couverts selon les comptes planifiés (al. 1). Le trafic 
local et les lignes sans fonction de desserte sont exclus des prestations fédérales 
(al. 2). La Confédération prend intégralement en charge les coûts non couverts 
planifiés des prestations d’importance nationale qu’elle commande. Elle peut 
indemniser les coûts planifiés non couverts de publications d’intérêt général 
relatives à l’offre en matière de transport lorsque celles-ci servent à toutes les 
entreprises ou sont à leur disposition (al. 3). La Confédération, les cantons et les 
communes peuvent commander d’autres offres, des améliorations de l’offre ou 
des réductions de tarifs. Ils supportent les coûts non couverts de ces offres, tels 
qu’ils résultent du compte planifié (al. 4). 

 b. À l’origine des chemins de fer, les prescriptions sur l’établissement des 
tarifs étaient contenues dans les concessions (Message du Conseil fédéral à 
l’Assemblée fédérale concernant les principes généraux pour l’établissement des 

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tarifs des entreprises suisses de chemins de fer du 26 juillet 1949, FF 1949 II 198, 
p. 198 s). L’apparition d’une concurrence entre moyens de transports a toutefois 
conduit les autorités fédérales, par arrêté concernant la fixation des principes 
généraux pour l’établissement des tarifs des entreprises suisses de chemins de fer 
du 27 octobre 1949 (RO 1949 II 1611), à confier cette tâche au Conseil fédéral, 
sous réserve de l’approbation de l’Assemblée fédérale, afin d’établir une politique 
des transports cohérente et de permettre une adaptation plus rapide des tarifs aux 
conditions du marché. Le Conseil fédéral a utilisé cette prérogative une première 
fois par arrêté du 16 août 1950 (RO 1950 1548), puis par arrêté du 17 octobre 
1967 (FF 1967 II 988), dans le cadre duquel il a établi les principes de formation 
des tarifs ferroviaires et de répartition du trafic entre les entreprises, ainsi que les 
règles sur le service direct, abandonnant le système des prix maximaux utilisés 
jusqu’alors pour le remplacer par des proportions et assurer ainsi une plus grande 
souplesse des tarifs, notamment au regard de l’écart qui s’était creusé, durant la 
période d’après-guerre, entre les prix de transport et les dépenses des entreprises, 
qui s’étaient révélées déficitaires (Message du Conseil fédéral à l’Assemblée 
fédérale concernant l’approbation de l’arrêté du Conseil fédéral du 17 octobre 
1967 sur la formation des tarifs des chemins de fer du 17 octobre 1967, FF 1967 II 
977, p. 978 ; Message sur le renouvellement de l’approbation de l’arrêté du 
Conseil fédéral sur la formation des tarifs des chemins de fer du 27 mai 1981, 
FF 1981 II 1013, p. 1015). Par ce mécanisme, les autorités voulaient trouver les 
moyens nécessaires pour éviter qu’avec le temps, les chemins de fer ne tombent 
en déficit, à combler par les contribuables, et faire ainsi payer à l’usager un prix 
équitable pour l’acquisition de son titre de transport (Message précité, FF 1967 II 
977, p. 978). 

 c. L’adoption de l’aLTP, entrée en vigueur le 1er janvier 1987 (RO 1986 
1974), a quelque peu modifié la situation. Ainsi, l’art. 9 aLTP prévoyait que les 
entreprises établissaient les tarifs et leurs prestations (al. 1), les tarifs pouvant 
prévoir des réductions de prix pour des transports remplissant certaines conditions 
(al. 2). Selon l’art. 10 aLTP, les tarifs devaient être appliqués à tous de manière 
égale (al. 1), les entreprises pouvant conclure des accords particuliers prévoyant 
des réductions de prix ou d’autres avantages et des conditions comparables devant 
être consenties aux usagers se trouvant dans des situations comparables (al. 2). 
Aux termes de l’art. 11 aLTP, la Confédération, les cantons et les communes 
pouvaient exiger des facilités tarifaires lorsque sans celles-ci, des objectifs 
culturels, sociaux, écologiques, énergétiques, économiques ou relevant de la 
politique de sécurité, ne pouvaient être atteints ou n’être atteints qu’à des 
conditions notablement plus onéreuses (al. 1), moyennant une indemnisation 
complète des entreprises par les collectivités publiques (al. 2). 

  L’aLTP visait à unifier, moderniser et rassembler en un texte diverses 
dispositions éparses en matière de transports publics, pour s’appliquer à tous les 
modes de transport, à l’exception des voies aériennes et des conduites 

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(BO CN 1985 II p. 369 ; BO CE 1985 IV p. 472). Les entreprises de transport 
étant soumises à une concurrence accrue, il s’avérait nécessaire de leur conférer 
des compétences plus étendues, de manière à bénéficier davantage d’autonomie et 
de flexibilité afin de rester compétitives sur le marché. Elles devaient ainsi 
pouvoir prendre les décisions importantes les concernant, tout en supportant les 
responsabilités inhérentes à leurs nouvelles compétences. Dans ce contexte, elles 
devaient pouvoir fixer les tarifs de leurs prestations, tout en demeurant soumises à 
la surveillance de l’OFT, qui pouvait annuler des tarifs manifestement abusifs, 
notamment ceux ne respectant pas l’égalité de traitement, les prix devant se tenir 
dans de justes limites par l’effet de la concurrence (Message sur le transport 
public du 23 février 1983, FF 1983 II 187, p. 202 s ; BO CN 1985 II p. 370). Les 
pouvoirs publics conservaient toutefois la faculté de demander aux entreprises de 
transport l’octroi de facilités tarifaires déterminées ou des diminutions de tarifs, 
moyennant leur indemnisation, qui devait être complète (Message précité, 
FF 1983 II 187, p. 202 ; BO CN 1985 II p. 371, p. 374). Dans ce cadre, ces 
facilités tarifaires, comme la gratuité accordée aux enfants en bas âge et aux 
enfants plus âgés, qui étaient de nature commerciale, n’étaient pas imposées par la 
loi, mais pouvaient l’être par les pouvoirs publics (Message précité, FF 1983 II 
187, p. 204 s). Durant les débats parlementaires, une proposition de minorité, 
selon laquelle les tarifs devaient être approuvés par le Conseil fédéral sur la base 
de principes établis par l’Assemblée fédérale, n’a pas trouvé grâce devant les 
députés, dès lors qu’outre le fait qu’elle était de nature à nuire à la bonne 
gouvernance des entreprises de transport et à leur capacité d’innover, elle 
supposait également que les décisions des autorités fédérales devaient s’appliquer 
non seulement aux CFF, mais aussi aux entreprises de transport au bénéfice d’une 
concession, à savoir en particulier celles détenues par les cantons et les 
communes. Or, il paraissait problématique que la Confédération, par exemple en 
décidant d’une baisse des tarifs, s’immisce de la sorte dans les finances cantonales 
et communales, les entités fédérées devant seules supporter les déficits de leurs 
entreprises de transport. De plus, exiger l’approbation des tarifs par le 
Conseil fédéral se heurtait aux compétences attribuées à l’OFT en matière 
d’annulation des tarifs abusifs (BO CN 1985 II p. 370, p. 371, p. 374). 

 d. À partir de la deuxième moitié des années 1990, la Confédération a entrepris 
de réformer les chemins de fer, processus engagé en plusieurs étapes dans le but 
d’augmenter l’efficacité des transports publics et d’introduire des éléments de 
concurrence dans le système ferroviaire, à l’instar du droit européen, ce qui a 
conduit à plusieurs révisions successives de la législation en matière de transport. 
La réforme a en particulier introduit le principe de la commande, selon lequel 
lorsqu’une prestation de transport ne peut être fournie en application des principes 
de l’économie de marché et de manière rentable, la collectivité publique 
concernée doit la commander et l’indemniser à l’aide d’un montant fixé d’avance 
(arrêt du Tribunal fédéral 2A.571/2004 du 22 mars 2005 consid. 2.1). De plus, 
dans le cadre de l’assainissement des finances fédérales, différentes lois en 

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matière de transport, dont l’aLTP, ont subi des modifications, en vue de diminuer 
l’activité de contrôle de la Confédération, à savoir de l’OFT, et d’augmenter en 
conséquence la liberté des entreprises de transport dans la conduite de leurs 
activités, en particulier s’agissant de la détermination de leurs tarifs afin d’adapter 
à temps l’offre de prestations et leur organisation aux nécessités économiques 
(Message sur les mesures d’assainissement des finances fédérales 1994 du 
19 octobre 1994, FF 1995 I 85, p. 133). 

 e. La réforme des chemins de fer 2, qui a eu lieu dans le courant des années 
2000, avait pour but d’améliorer l’efficacité des transports publics et de garantir 
un système ferroviaire performant grâce à un meilleur rapport entre les coûts et les 
bénéfices dans l’emploi des fonds publics. À cette fin, les compétences entre les 
entreprises et l’État ont été clarifiées, en séparant les fonctions politiques de celles 
de gestion et en garantissant l’indépendance des entreprises de transport pour 
éviter la survenance de conflits d’intérêts, notamment en raison de la 
représentation, au sein des conseils d’administration de celles-ci, des pouvoirs 
publics (Message précité, FF 2005 2269, p. 2327). 

  Elle a également eu pour effet d’imposer aux entreprises de transport public 
un certain nombre de devoirs, dès lors que l’octroi d’une concession les plaçait 
dans une situation favorable en leur offrant une protection contre la concurrence 
(Message précité, FF 2005 2269, p. 2271, p. 2325 s). Les entreprises de transport 
se sont ainsi vu imposer des conditions minimales, qui, pour la plupart, figuraient 
déjà sous une forme explicite ou implicite dans la législation existante, parmi 
lesquelles l’obligation de publier des tarifs (Message précité, FF 2005 2269, 
p. 2326). En particulier, l’obligation d’établir les tarifs était considérée comme 
faisant partie de l’une des obligations classiques imparties aux entreprises de 
transport. Chaque entreprise devait ainsi définir ses tarifs et les appliquer de la 
même manière à toutes les personnes, sans que les réductions de prix ne soient 
interdites. Les tarifs devaient en outre être rendus accessibles au public, 
moyennant leur publication (Message précité, FF 2007 2517, p. 2555). 

 f. La dernière modification de la LTV a eu lieu le 16 mars 2012 et est entrée 
en vigueur le 1er juillet 2013 (RO 2012 5619). Elle a conduit à l’adoption de 
l’art. 15 LTV dans sa teneur actuelle, regroupant en une seule disposition tous les 
principes en matière de tarifs, suite à un amendement déposé lors des débats 
parlementaires, qui comportait également un alinéa 8, aux termes duquel 
« les tarifs doivent être conçus de manière que les entreprises puissent atteindre 
les objectifs que leur fixent les pouvoirs publics » (BO CE 2011 p. 422 ; 
BO CE 2012 p. 28). Bien que n’ayant pas trouvé grâce devant le parlement, les 
débats concernant l’art. 15 LTV ont principalement porté sur cet alinéa, dès lors 
qu’il a été considéré que cette proposition, en donnant une marge de manœuvre 
commerciale aux entreprises de transport pour renforcer le lien entre les objectifs 
financiers à réaliser et les moyens mis à leur disposition, ne permettait plus le 

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contrôle des tarifs par le surveillant des prix, dont le rôle, dans une situation de 
monopole, était d’intervenir sur leur établissement afin qu’ils ne subissent pas 
d’augmentation significative et faire ainsi entendre la voix des usagers des 
transports publics (BO CE 2012 p. 28 ; BO CN 2012 p. 252). De l’avis du Conseil 
fédéral, du point de vue de la politique des transports, dont le tarif constituait un 
aspect parmi d’autres, l’esprit « entrepreneurial » devait être favorisé, au-delà 
d’une politique tarifaire déterminée, et éviter ainsi que les entreprises de transport 
se limitent à être subventionnées (BO CN 2012 p. 254 s). 

 g. Considérant la nécessité de coordonner la politique suisse des transports 
avec celle des pays avoisinants et de l’Union européenne en général, la 
Confédération a conclu avec la Communauté européenne le 21 juin 1999 l’accord 
sur le transport de marchandises et de voyageurs par rail et par route 
(RS 0.740.72 ; ci-après : l’accord), entré en vigueur le 1er juin 2002. Cet accord 
vise, d’une part, à libéraliser l’accès des parties contractantes à leur marché des 
transports routiers et ferroviaires des marchandises et des voyageurs, de manière à 
assurer un écoulement plus efficace du trafic sur l’itinéraire techniquement, 
géographiquement et économiquement le plus adapté pour tous les modes de 
transport visés par l’accord et, d’autre part, à déterminer les modalités d’une 
politique coordonnée des transports (art. 1 § 1 de l’accord). Pour ce faire, les 
parties se sont engagées à appliquer un certain nombre de dispositions issues du 
droit communautaire, énumérées dans les annexes à l’accord, notamment la 
directive 91/440/CEE du Conseil