# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f5d29c4c-035d-5d6c-93da-3fe34b9db409
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-11-10
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Sozialversicherungsgerichtshöfe 10.11.2015 608 2015 74
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_011_608-2015-74_2015-11-10.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

608 2015 74

Arrêt du 10 novembre 2015

IIe Cour des assurances sociales

Composition Président: Johannes Frölicher
Juges: Gabrielle Multone, Marc Sugnaux
Greffière-rapporteure: Carine Sottas

Parties A.________, recourante, représentée par Procap

contre

OFFICE DE L'ASSURANCE-INVALIDITÉ DU CANTON DE 
FRIBOURG, autorité intimée     

Objet Assurance-invalidité (effet dévolutif du recours)

Recours du 20 avril 2015 contre la décision du 3 mars 2015

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attendu

qu'A.________, née en 1969, est au bénéfice d'une demi-rente d'invalidité dès le 1er septembre 
2010 en raison de troubles psychiques, son degré d'invalidité étant de 50 %;

que, dans le cadre d'une révision d'office, l'Office de l'assurance-invalidité du canton de Fribourg 
(ci-après OAI), après avoir mis sur pied une expertise psychiatrique réalisée en 2013, a rendu le 
3 mars 2015 une décision de refus d'augmentation de la rente d'invalidité, le degré d'invalidité 
étant resté inchangé;

que le 20 avril 2015, l'intéressée, représentée par Procap, interjette recours contre cette décision 
et conclut, sous suite de frais et dépens, principalement à l'octroi d'une rente entière d'invalidité et 
subsidiairement au renvoi de la cause à l'OAI pour instruction complémentaire et nouvelle 
décision;

qu'elle a requis le même jour l'assistance judiciaire partielle, laquelle lui a été accordée par 
décision du 30 juillet 2015;

que, le 4 juin 2015, elle a produit un rapport médical du 13 mai 2015 de son psychiatre traitant 
précisant sa situation médicale;

qu'après avoir soumis ce rapport médical au médecin de son service médical régional, l'OAI 
indique dans ses observations du 9 octobre 2015 que le trouble dépressif récurrent constaté par le 
psychiatre traitant n'a pas été pris en compte lors de l'expertise du 24 octobre 2013 et que la 
recourante était sous l'influence de l'alcool à ce moment-là, de sorte que la valeur probante de 
l'expertise est mise en cause;

qu'il demande par conséquent la suspension de la procédure afin de mettre sur pied une nouvelle 
expertise psychiatrique;

considérant

que, selon l'art. 61 de la loi fédérale du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des 
assurances sociales (LPGA; RS 830.1), applicable par le renvoi de l'art. 1 al. 1 de la loi fédérale du 
19 juin 1959 sur l'assurance-invalidité (LAI; RS 831.20), la procédure devant le tribunal cantonal 
des assurances est régie par le droit cantonal, tout en devant satisfaire aux exigences fédérales 
prévues exhaustivement aux lettres a à i;

qu'à teneur de la let. a dudit art. 61 LPGA, la procédure doit ainsi être simple, rapide;

que, dans les procédures soumises à la maxime d'office ou inquisitoire, comme en l'espèce, la 
maîtrise de la procédure appartient au juge (cf. art. 61 let. c et d LPGA; arrêt TF 9C_598/2011 du 
19 avril 2012 consid. 5.1.1);

qu'une suspension de procédure comporte le risque de retarder inutilement celle-ci, de sorte 
qu'elle ne doit, eu égard à l'exigence de célérité posée par l'art. 29 al. 1 Cst., être admise qu'avec 

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retenue, soit lorsqu'elle se fonde sur des motifs objectifs, tel le fait de permettre la mise en œuvre 
de mesures d'instruction opportunes ou d'attendre la décision d'une autre autorité qui permettrait 
de trancher une question décisive pour l'issue du litige dans un délai raisonnable (cf. arrêt TF 
9C_598/2011 du 19 avril 2012 consid. 5.1.1); 

que le recours devant le tribunal cantonal des assurances est une voie de droit ordinaire 
possédant un effet dévolutif complet, de sorte qu'un recours présenté dans les formes requises a 
pour effet de transférer à la juridiction cantonale la compétence de statuer sur la situation juridique 
objet de la décision attaquée (cf. ATF 127 V 228 consid. 2b/aa et bb; arrêts TF 9C_403/2010 du 
31 décembre 2010 consid. 3; 9C_598/2011 du 19 avril 2012 consid 5.2.1);

que l'administration perd ainsi la maîtrise de l'objet du litige, en particulier celle des points de fait 
susceptibles de fonder la décision attaquée (arrêt TF 9C_598/2011 précité, consid. 5.2.1);

que la maxime mentionnée plus haut impose à l'autorité de recours d'établir d'office les faits 
déterminants pour la solution du litige et d'administrer les preuves nécessaires (ibidem); 

que, si l'état de fait doit être complété sur le plan médical, un renvoi de la cause à l'assureur peut 
intervenir cas échéant, par exemple s'il est justifié par une question nécessaire demeurée jusqu’ici 
non éclaircie ou lorsque certaines affirmations d’experts nécessitent des éclaircissements, des 
précisions ou des compléments (ATF 137 V 210 consid. 4.4.1.4);

qu'après le dépôt d'un recours, il n'est en principe plus permis à l'administration d'ordonner de 
nouvelles mesures d'instruction qui concerneraient l'objet du litige et tendraient à une éventuelle 
modification de la décision attaquée (arrêt TF 9C_598/2011 précité, consid. 5.2.1);

qu'en tout état de cause, la mise en œuvre d'une expertise médicale ou d'une mesure d'instruction 
similaire, notamment celles nécessitant la collaboration de l'assuré, par l'administration n'est plus 
admissible au stade de la procédure de recours, compte tenu de leur portée sur l'état de fait à 
juger (ATF 136 V 2 consid. 2.5 et 2.7); eu égard au temps nécessaire à l'administration d'un tel 
moyen de preuve, il ne saurait par ailleurs être justifié par des motifs liés à l'économie de 
procédure, ce d'autant qu'une décision de renvoi, qui a l'avantage de pouvoir être rendue 
rapidement, permet de créer une situation claire sur le plan procédural (ATF 136 V 2; arrêt TF 
9C_598/2011 du 19 avril 2012 consid. 5.2.2); 

qu'en l'espèce, l'expert-psychiatre a diagnostiqué des troubles spécifiques de la personnalité avec 
personnalité émotionnellement labile, type borderline (F60.31), et des troubles mentaux et troubles 
du comportement liés à l'utilisation d'alcool, utilisation continue (F10.25), qui ont une répercussion 
sur la capacité de travail;

que le médecin traitant, dans son rapport du 13 mai 2015, indique que la personnalité de type 
borderline est au premier plan, que l'instabilité dont souffre la recourante se manifeste également 
par des épisodes dépressifs récurrents et que la dépendance à l'alcool apparaît comme 
secondaire à la personnalité borderline;

que le médecin du SMR, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie, indique dans sa prise 
de position du 6 octobre 2015 qu'un trouble dépressif récurrent aurait dû être retenu par l'expert, 
qui a écarté ce diagnostic sans explication, et que l'assurée ayant été sous l'influence de l'alcool 
lors de l'expertise, cette dernière n'a plus de valeur probante s'agissant du status psychiatrique et 

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des conclusions qui en découlent puisque l'effet euphorisant de l'alcool permet de masquer une 
symptomatologie dépressive;

que force est de constater que les conclusions de l'expert-psychiatre sont remises en question par 
le médecin du SMR;

que, dans ces conditions, la Cour considère, à l'instar de l'autorité intimée, que la réalisation d'une 
nouvelle expertise psychiatrique s'avère effectivement nécessaire;

que, conformément à la jurisprudence susmentionnée, une telle mesure d'instruction, nécessitant 
la collaboration de l'assurée, n'est pas compatible avec les principes de simplicité et de célérité de 
la procédure du recours, de même qu'avec l'effet dévolutif de celui-ci;

que la suspension requise de la présente procédure n'est dès lors pas le moyen adéquat pour 
permettre à l'administration de pallier les lacunes de l'instruction qu'elle a précédemment menée;

qu'elle doit par conséquent être rejetée;

qu'en revanche, il sied de faire droit à la conclusion subsidiaire de la recourante d'annuler la 
décision attaquée et de renvoyer la cause à l'OAI pour instruction complémentaire – en particulier 
sous la forme d'une expertise psychiatrique – et nouvelle décision;

que, la procédure étant onéreuse, les frais de justice, fixés à CHF 400.-, doivent être mis à la 
charge de l'autorité intimée qui succombe;

qu'obtenant gain de cause, la recourante a droit à des dépens (art. 61 let. g LPGA);

que compte de la difficulté et de l'importance relatives de l'affaire, il se justifie de fixer l'équitable 
indemnité de partie à laquelle elle a droit à CHF 800.-, éventuels débours et TVA compris, et de la 
mettre intégralement à la charge de l'autorité intimée;

la Cour arrête:

I. Le recours est admis et la décision attaquée annulée.

Partant, la cause est renvoyée à l'autorité intimée pour instruction complémentaire au sens 
des considérants et nouvelle décision.

II. Les frais de justice, fixés à CHF 400.-, sont mis à la charge de l'autorité intimée.

III. L'équitable indemnité de partie allouée à la recourante pour ses frais de défense est fixée à 
CH 800.-, éventuels débours et TVA compris, et mise intégralement à la charge de l'autorité 
intimée.

IV. Communication.

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Un recours en matière de droit public peut être déposé auprès du Tribunal fédéral contre le 
présent jugement dans un délai de 30 jours dès sa notification. Ce délai ne peut pas être prolongé. 
Le mémoire de recours sera adressé, en trois exemplaires, au Tribunal fédéral, Schweizerhofquai 
6, 6004 Lucerne. Il doit indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve et être signé. 
Les motifs doivent exposer succinctement en quoi le jugement attaqué viole le droit. Les moyens 
de preuve en possession du (de la) recourant(e) doivent être joints au mémoire de même qu’une 
copie du jugement, avec l’enveloppe qui le contenait. La procédure devant le Tribunal fédéral n’est 
en principe pas gratuite.

Fribourg, le 10 novembre 2015/cso

Le Président La Greffière-rapporteure