# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 028fb768-c30a-509e-9ff6-09792969dca7
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-07-29
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 29.07.2008 A/352/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-352-2008_2008-07-29.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/352/2008-LCR ATA/397/2008  

ARRÊT 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 29 juillet 2008 

2ème section 

dans la cause 

 

Madame  K______ 
  

contre 

SERVICE DES AUTOMOBILES ET DE LA NAVIGATION 
 

 

- 2/8 - 

A/352/2008 

EN FAIT 

1.  Par décision du 14 janvier 2008, le service des automobiles et de la 
navigation (ci-après : SAN) a prononcé à l'encontre de Madame K______ un 
retrait de permis de conduire d'une durée de quatre mois. 

  L'intéressée avait été contrôlée le 8 avril 2007 au volant d'une voiture, sur la 
route de Lausanne à hauteur du chemin des Cornillons à Pregny-Chambésy, en 
direction de Genève, alors qu'elle roulait en dépassant la vitesse maximale 
autorisée hors localité de 27 km/h, marge de sécurité déduite, ainsi que le 28 août 
2007 sur la route Suisse à hauteur du chemin de Montfleury à Versoix, en 
direction de Genève, alors qu'elle roulait en dépassant la vitesse maximale 
autorisée en localité de 17 km/h, marge de sécurité déduite. 

  Elle ne pouvait pas justifier d'une bonne réputation de conductrice ni d'un 
besoin professionnel de conduire un véhicule. La durée minimale du retrait 
s'élevait à quatre mois, conformément à l'article 16b alinéa 2 lettre b de la loi 
fédérale sur la circulation routière du 19 décembre 1958 (LCR - RS 741.01). 

2.  Le 6 février 2008, Mme K______ a recouru auprès du Tribunal 
administratif contre ladite décision. 

3.  Le SAN a fait parvenir le 13 février 2008 les pièces du dossier au Tribunal 
administratif. 

 a. Mme K______ avait plusieurs antécédents en matière de circulation 
routière, à savoir un avertissement prononcé le 27 mars 1995, un retrait de permis 
d'un mois prononcé le 12 juillet 1995, un deuxième retrait de permis d'un mois 
prononcé le 7 avril 1997, deux avertissements prononcés respectivement les 8 
mars et 24 avril 2001, un troisième retrait de permis d'un mois prononcé le 1er 
février 2002 – confirmé par l'ATA/745/2002 du 26 novembre 2002 – et enfin un 
retrait de permis de trois mois prononcé le 7 novembre 2006. Cette dernière 
mesure était fondée sur une infraction grave, soit un excès de vitesse en localité de 
27 km/h, marge de sécurité déduite, commis le 29 mai 2006. 

 b. Le 16 juillet 2007, le SAN a invité Mme K______ à faire usage de son droit 
d’être entendue concernant l'infraction du 8 avril 2007. 

  De plus, compte tenu de ses antécédents, il l'a incitée à suivre un cours 
d'éducation routière, en application des articles 25 alinéa 3 lettre e LCR et des 
articles 40 et suivants de l'ordonnance réglant l'admission des personnes et des 
véhicules à la circulation routière du 27 octobre 1976 (OAC - RS 741.51), ce dont 
il tiendrait compte dans son appréciation globale du dossier. Il a précisé que la 
durée minimale du retrait ne pouvait toutefois pas être réduite au vu de la récidive.  

- 3/8 - 

A/352/2008 

 c. Par courrier du 19 juillet 2007, Mme K______ a accepté de participer au 
cours précité. Pour le surplus, elle ne s'était pas déterminée sur l'infraction du 8 
avril 2007. 

 d. Le 7 août 2007, le SAN a convoqué Mme K______ au cours d'éducation 
routière du Touring Club Suisse (ci-après : TCS) du 6 décembre 2007. La 
conductrice devait s'y présenter avec une voiture en parfait état de marche et 
couverte par une assurance responsabilité civile. 

 e. Le 4 décembre 2007, le SAN a invité Mme K______ à faire usage de son 
droit d’être entendue au sujet de l'excès de vitesse du 28 août 2007. Il l'a en outre 
informée du prononcé d'une seule mesure pour cette infraction et celle du 8 avril 
2007, dès réception de l'attestation de participation au cours d'éducation routière 
du 6 décembre 2007. 

 f. Par courrier du 6 décembre 2007, Mme K______ a annoncé au TCS et au 
SAN ne pas être en mesure de participer au cours du même jour en raison d'une 
grippe. De plus, la boîte de vitesse de sa voiture venait de la "lâcher".  

 g. Le 11 décembre 2007, le SAN a accordé à Mme K______ un délai au 5 
janvier 2008 pour fournir un certificat médical attestant de son état grippal. Celle-
ci n'y a pas donné suite. 

4.  Le 22 février 2008, le SAN a conclu au rejet du recours, sa décision ne 
s'écartant pas du minimum légal. 

5.  Le 9 mai 2008 s'est tenue une audience de comparution personnelle à 
laquelle Mme K______ ne s'est pas présentée. Le SAN a persisté dans sa décision 
et a renoncé à être entendu à nouveau en cas de comparution ultérieure de la 
recourante. 

6.  Le juge délégué a entendu Mme K______ le 26 juin 2008 dans une seconde 
audience de comparution personnelle. Elle a déclaré maintenir son recours. 

  Elle était organiste et avait besoin de son véhicule pour se déplacer 
professionnellement, car elle jouait dans des églises et des villages mal desservis 
par les bus. 

  Elle a fourni un certificat médical pour justifier de son absence au cours du 
TCS du 6 décembre 2007. Elle avait toutefois pu y participer le 26 mai 2008. Le 
SAN lui avait affirmé qu'elle pouvait annuler la sanction en suivant ce cours. 

  Elle avait été sanctionnée pour deux infractions commises au même endroit. 
La limitation de vitesse était de 60 km/h, mais elle avait appris que lorsque l'on 
entrait sur une autoroute, on devait accélérer de manière à arriver à 80 km/h sur 
les voies de circulation de cette autoroute. 

- 4/8 - 

A/352/2008 

7.  Le même jour, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger. 

EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 56A de la loi sur l’organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 63 al. 1er let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 
septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2.   Chacun doit respecter les signaux et les marques et en particulier les 
signaux fixant une vitesse maximale (art. 27 al. 1er LCR ; art. 16 et 22 de 
l’ordonnance sur la signalisation routière du 5 septembre 1979 - OSR - RS 
741.21 ; ATF 108 IV 62). Hors des localités, la vitesse maximale générale des 
véhicules peut atteindre 80 km/h, lorsque les conditions de la route, de la 
circulation et de visibilité sont favorables selon l’article 4a alinéa 1er lettre a de 
l’ordonnance sur les règles de la circulation routière du 13 novembre 1962 (OCR - 
RS 741.11 ; ATF 121 II 127 ; JT 1995 I 664). Selon l’alinéa 5 de cette même 
disposition, les signaux peuvent indiquer d’autres vitesses maximales, celles-ci 
étant applicables en lieu et place des limitations générales de vitesse. 

  Dans le cas d'espèce, il est établi par les rapports de contravention des 2 
juillet et 26 novembre 2007 que la recourante a contrevenu aux dispositions 
précitées en dépassant la vitesse autorisée, qui était respectivement de 50 et 60 
km/h. 

  Au cours de son audition, la recourante a prétendu avoir appris qu'elle devait 
accélérer de manière à atteindre la vitesse de 80 km/h au moment d'arriver sur les 
voies de circulation d'une autoroute, ce qui ne lui permettait pas de se conformer 
aux prescriptions de limitation à 60 km/heure. 

  Cet argumentation, au demeurant erronée, est dénuée de toute pertinence 
car, dans le cas d'espèce, aucune des infractions retenues n'a été commise avant 
l'entrée d'une autoroute.  

3.  La recourante conteste devoir faire l'objet d'une mesure de retrait de permis 
de conduire prise à son encontre. 

 a. Selon l’article 16 alinéa 2 LCR, le permis de conduire peut être retiré en cas 
d’infraction aux prescriptions sur la circulation routière pour lesquelles la 
procédure relative aux amendes d’ordre n’est pas applicable. 

  Les articles 16a à 16c LCR définissent les modalités selon lesquelles le 
retrait de permis peut être retiré en cas d’infraction à la législation routière, selon 

- 5/8 - 

A/352/2008 

que celle-ci est légère (art. 16a LCR), moyennement grave (art. 16b LCR) ou 
grave (art. 16c LCR). 

  Selon l’article 16b alinéa 1er lettre a LCR, commet une infraction 
moyennement grave celui qui, en violant les règles de la circulation, crée un 
danger pour la sécurité d’autrui ou en prend le risque. 

 b. Conformément à la jurisprudence du Tribunal fédéral en matière d’excès de 
vitesse à l’extérieur d’une localité, soit sur route ordinaire qui n’a pas de chaussée 
séparée, un dépassement de la vitesse maximale autorisée de l5 à 25 km/h 
constitue une infraction légère qui justifie un simple avertissement au sens de 
l’article 16a alinéa 3 LCR (ATF 123 II 106, JdT 1997 I 725, consid. 2b, pp. 728-
729 et références citées). En cas d’infraction particulièrement légère, il est 
renoncé à toute mesure administrative (art. 16a al. 4 LCR). Lorsque le 
dépassement se situe entre 26 et 29 km/h, la faute est de gravité moyenne (ATF 
124 II 259). En revanche, un dépassement de 30 km/h et plus entraîne en principe 
- sauf motif exceptionnel pouvant justifier l’excès de vitesse ou exclure la faute de 
l’automobiliste - un retrait obligatoire du permis de conduire, vu la gravité de la 
mise en danger qu’il provoque. Dans ce dernier cas, la jurisprudence considère 
que le conducteur a commis une violation grossière d’une règle fondamentale du 
code de la route (art. 16c al. 2 let. a et 90 ch. 2 LCR; ATF 123 II 106, JdT 1997 I 
725, consid. 2c, p. 730 et références citées). 

  En l’espèce, le dépassement de vitesse autorisée du 8 avril 2007, au 
demeurant non contesté, a été de 27 km/h hors localité, après déduction de la 
marge de sécurité. Il s’agit d’un cas moyennement grave qui entraîne 
obligatoirement un retrait de permis, conformément à l’article 16b alinéa 1er lettre 
a LCR. 

4.  La recourante allègue que la durée de la mesure prise par le SAN est 
excessive en raison de ses besoins professionnels de disposer d'un véhicule 
automobile ainsi que de son acceptation de suivre un cours d'éducation routière. 

 a. Selon l’article 16 alinéa 3 LCR, la durée de la mesure de retrait de permis 
doit être prise en fonction des circonstances, soit notamment l’atteinte à la sécurité 
routière, la gravité de la faute, les antécédents en tant que conducteur ainsi que la 
nécessité professionnelle de conduire un véhicule automobile. 

 b. Dans le cas d'une infraction moyennement grave, la durée minimale du 
retrait de permis est de un mois ( art. 16b al. 2 let. a LCR). Toutefois, aux termes 
de l’article 16b alinéa 2 lettre b LCR, cette durée ne peut être inférieure à quatre 
mois si, au cours des deux années précédant l’infraction, le permis a été retiré une 
fois en raison d’une infraction grave ou moyennement grave. Au vu des 
antécédents de la recourante, plus particulièrement de l’infraction grave du 29 mai 
2006, cette dernière disposition légale trouve son application, une durée de quatre 

- 6/8 - 

A/352/2008 

mois se situant ainsi au seuil légal inférieur (sur la qualification de l’infraction 
grave – excès de vitesse à l’intérieur d’une localité – cf. ATA/201/2006 du 4 avril 
2006 et références citées). 

  Ainsi, en arrêtant la durée du retrait à quatre mois pour les deux excès de 
vitesse des 8 avril et 28 août 2007 même s'il n'a pris en compte que l'infraction la 
plus grave, le SAN n’a pas adopté une mesure disproportionnée. Il a même fait 
preuve de mansuétude, dès lors que le cumul d’infractions justifierait que l’on 
s’écarte du minimum légal (F. CARDINAUX, Les dispositions pénales de la loi 
fédérale sur la circulation routière et le concours, Lausanne 1988, p. 193).  

 c. Les besoins professionnels particuliers ne permettent pas de diminuer la 
durée de la mesure en deçà du minimum fixé par la LCR (ATA/312/2008 du 10 
juin 2008). Le tribunal de céans l'a rappelé dans le cas d'un chauffeur de taxi dont 
les besoins professionnels sont sans conteste déterminants (ATA/8/2008 du 8 
janvier 2008). En outre, la mesure ne peut pas être fractionnée (ATF 134 II 39 
consid. 3). De ce fait, quels que soient les besoins de la recourante d'utiliser un 
véhicule pour se rendre dans les différents lieux de ses activités, ils ne peuvent 
être pris en compte, le tribunal de céans étant lié par le minimum légal. 

 d. C'est également en vain que la recourante a fait état de son engagement à 
suivre un cours de sensibilisation du TCS pour obtenir une réduction de la durée 
du retrait. 

  Conformément à l'article 17 alinéa 1er LCR, le permis de conduire retiré 
pour une durée déterminée peut être restitué au plus tôt trois mois avant 
l'expiration de la durée prescrite du retrait si la personne concernée a suivi un des 
cours d'éducation routière reconnus par l'autorité. Cette disposition n'est toutefois 
pas applicable dans le cadre du prononcé du retrait de permis de conduire, mais 
seulement au stade de l'exécution de la mesure. En outre, l'usage de cette faculté 
par l'autorité administrative ne peut pas conduire à une réduction de la durée 
minimale légale du retrait. 

5.  Lors de son audition, la recourante a prétendu enfin que le SAN lui avait 
promis d'annuler sa sanction si elle suivait le cours précité. 

  Cette promesse ne ressort nullement des pièces versées au dossier et la 
recourante n'en établit aucunement la réalité. Bien au contraire, dans son courrier 
du 16 juillet 2007, l'intimé lui avait expressément précisé que si la participation au 
cours du TCS pouvait être prise en compte dans l'appréciation globale du dossier, 
la durée minimale du retrait ne pouvait pas être réduite. 

  Par conséquent, le tribunal de céans n'entrera pas en matière sur ce grief, 
sous l'angle d'une éventuelle violation du principe de la bonne foi. 

 

- 7/8 - 

A/352/2008 

6.  En tout point mal fondé, le recours sera rejeté. Un émolument de CHF 400.- 
sera mis à la charge de la recourante (art. 87 LPA). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 6 février 2008 par Madame K______ contre la 
décision du 14 janvier 2008 du service des automobiles et de la navigation lui retirant le 
permis de conduire pour une durée de 4 mois ; 

au fond : 

le rejette ; 

met à la charge de la recourante un émolument de CHF 400.- ; 

dit que, conformément aux articles 82 et suivants de la loi fédérale sur le Tribunal 
fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les 
trente jours qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du 
recours en matière de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, 
motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il 
doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l’article 42 LTF. Le présent arrêt  et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l’envoi ; 

communique le présent arrêt à Madame K______ ainsi qu'au service des automobiles et 
de la navigation et à l'office fédéral des routes à Berne. 

Siégeants : Mme Bovy, présidente, Mme Junod, M. Dumartheray, juges. 

Au nom du Tribunal administratif : 

la greffière-juriste adj. : 
 
 

M. Tonossi 

 la présidente : 
 
 

L. Bovy 

- 8/8 - 

A/352/2008 

 
 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :