# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 0f38ce64-e6a8-5653-98a7-00e2374f5b5e
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-05-02
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 02.05.2014 C/16727/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-16727-2013_2014-05-02.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 08.05.2014. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/16727/2013 ACJC/545/2014 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 2 MAI 2014 

 

Entre 

A.______ SA, sise ______ (GE), recourante contre un jugement rendu par la 1ère 
Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 10 décembre 2013, 

comparant en personne, 

et 

Monsieur B.______, domicilié ______ (GE), intimé, comparant en personne. 

 

- 2/7 - 

 

C/16727/2013 

EN FAIT 

A. a. C.______ est administrateur d'A.______ SA, société sise à D.______ à la rue 
des F.______ 1______. 

 Il est également administrateur d'I.______ SA, société sise auprès d'A.______ SA, 

dont le but social comprend toutes prestations de services techniques, 

économiques, financiers, de management et informatiques, domiciliation, 

représentation, assistance et conseil aux professionnels, notamment en matière de 

gestion, d'administration, de communication et de secrétariat. 

 G.______ n'a jamais disposé de la signature sociale d'I.______ SA. 

 B.______ exploite, à D.______, à la rue du H.______ 2______, et en raison 

individuelle, une entreprise appelée E.______ CONSULTING – CONSEIL EN 

ENTREPRISE, B.______, au but suivant : fourniture de prestations de conseil aux 

entreprises et tout organisme dépositaire de la marque J.______; agent 

commercial pour des éditeurs dans le domaine da le gestion de la performance, du 

décisionnel et de la gestion du document; partenariat et représentation de 

partenaires sur le marché suisse et étranger. Ladite entreprise a été inscrite au 

Registre du commerce en date du 18 octobre 2011. 

 b. Le 18 décembre 2012, "I.______ SA, C.______, Rue des F.______ 1______, 
D.______", a fait notifier à B.______ un commandement de payer, poursuite 

n° 3______, portant sur les sommes de 7'960 fr. 05 (contrevaleur d'Euros 

6'633,36) avec intérêts à 5% dès le 1
er

 mars 2012, 1'355 fr. 95 (contrevaleur 

d'Euros 1'129,95) avec intérêts à 5% dès le 1
er

 mai 2012, 2'403 fr. 75 

(contrevaleur d'Euros 2'003,12) avec intérêts à 5% dès le 1
er

 juin 2012 et 2'445 

fr. 93 avec intérêts à 5% dès le 1
er

 juin 2012. Elle a invoqué, à titre de cause de ces 

quatre créances (dont le capital totalise la somme de 14'165 fr. 68), quatre factures 

datées des 31 janvier 2012, 31 mars 2012 et 30 avril 2012 (pour les deux 

dernières). 

 B.______ a formé opposition au commandement de payer. 

c. Le 2 août 2013, sous la signature illisible de C.______, A.______ SA, "Rue des 
F.______ 1______, D.______", a saisi le Tribunal de première instance d'une 

requête de mainlevée "concernant la personne citée en référence", soit B.______. 

Etait joint à cette requête un document à l'en-tête d'I.______ SA et daté du 

20 septembre 2011. Intitulé "proposition d'intervention", ce document détaillait 

des tarifs et prévoyait un "budget provisionnel", sans arrêter un prix définitif. Il 

était signé par G.______, représentant I.______ SA, d'une part, et par E.______ 

CONSULTING, "le client" représenté par B.______, d'autre part. Il comportait 

- 3/7 - 

 

C/16727/2013 

par ailleurs sur sa page de garde également la mention de K.______ SA, mais non 

pas d'A.______ SA. 

Lors de l'audience du Tribunal du 11 novembre 2013, A.______ SA, comparant 

par C.______ sans faire allusion à I.______ SA, a versé à la procédure un 

document imprimé retraçant un courriel du 22 octobre 2013 que B.______, 

"membre de la direction de E.______ CONSULTING", avait adressé à G.______ 

chez I.______ SA, expliquant qu'il (soit B.______) ne pouvait se rendre au 

Tribunal de première instance le 11 novembre 2013 et proposant de régler "ce 

problème (en mon nom propre) en vous versant la moitié de la somme qui est due 

pour stopper la procédure". 

B. Par jugement du 10 décembre 2013, le Tribunal a débouté A.______ SA de ses 
conclusions en mainlevée provisoire (ch. 1 du dispositif), a arrêté les frais 

judiciaires à 400 fr., les a compensés avec l'avance effectuée par la précitée (ch. 2) 

et a laissé les frais à la charge de celle-ci (ch. 3). 

 Il a considéré qu'il était impossible de déterminer, sur la base de la "proposition 

d'intervention" produite par A.______ SA, qui étaient le débiteur et le créancier 

des montants visés par la poursuite n° 3______. 

C. a. Par acte expédié au greffe de la Cour le 20 décembre 2013, A.______ SA, sous 
la signature de C.______, forme recours contre ce jugement, sollicitant la 

mainlevée provisoire de l'opposition au commandement de payer, poursuite 

n° 3______, avec suite de frais et dépens. 

 Elle relève que C.______ est l'administrateur d'I.______ SA et estime que 

A.______ SA ne serait en aucun cas la requérante en mainlevée; il s'agirait là 

d'une confusion du premier juge. Par ailleurs, il résulterait clairement des pièces 

produites en première instance, soit notamment du "contrat de mandat entre 

I.______ SA, Monsieur G.______ et E.______ CONSULTING 

Monsieur B.______", qu'un travail avait été effectué par G.______ d'I.______ SA 

pour "L.______ [recte : E.______] CONSULTING, Monsieur B.______" pour un 

montant de 14'165 fr. 68. Elle conclut qu'"I.______ SA demande à votre cour de 

Justice de revoir ce dossier, de prononcer la mainlevée de l'opposition, de 

condamner Monsieur B.______ à payer le montant qui est dû à I.______ SA pour 

le travail fourni et de le condamner également au versement des émoluments et 

frais découlant de ce dossier". 

 A l'appui de son recours, elle produit, comme pièces nouvelles, des extraits du 

Registre du commerce concernant A.______ SA et I.______ SA, ainsi que quatre 

factures, une réquisition de poursuite et une réquisition de continuer la poursuite. 

 b. B.______ n'a pas répondu à ce recours. 

- 4/7 - 

 

C/16727/2013 

 c. Les parties ont été informées par avis de la Cour du 11 février 2014 que la 
cause était gardée à juger. 

EN DROIT 

1. 1.1 S'agissant d'une procédure de mainlevée, seule la voie du recours est ouverte 
(art. 319 let. b et 309 let. b ch. 3 CPC). 

 Aux termes de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC, le recours, écrit et motivé, doit être 

introduit auprès de l'instance de recours dans les dix jours à compter de la 

notification de la décision motivée, pour les décisions prises en procédure 

sommaire. 

 Le présent recours, formé dans le délai et selon la forme prévus par la loi, est 

recevable. 

 1.2 Dans le cadre d'un recours, l'autorité a un plein pouvoir d'examen en droit, 
mais un pouvoir limité à l'arbitraire en fait (art. 320 CPC; HOHL, Procédure civile, 

tome II, 2
ème

 éd., 2010, n. 2307). 

 La procédure de mainlevée étant instruite en procédure sommaire (art. 251  

let. a CPC), la maxime des débats s'applique (art. 55 al. 1, art. 255 let. a 

a contrario CPC) et la preuve des faits allégués doit être apportée par titres 

(art. 254 CPC). 

2. Selon l'art. 326 al. 1 CPC, les conclusions, les allégations de faits et les preuves 
nouvelles sont irrecevables en recours. 

 Seront donc écartées de la procédure les factures, les réquisitions de poursuite et 

de continuer la poursuite produites par la recourante pour la première fois en 

instance de recours, étant relevé que ces documents sont de toute façon non 

pertinents pour la solution du litige (cf. infra ch. 3 et 4). 

 En revanche, les inscriptions au Registre du commerce, accessibles au public par 

internet, sont notoires (arrêt du Tribunal fédéral 4A_473/2011 du 22 décembre 

2011 consid. 2.2). 

3. La recourante reproche au premier juge une confusion, s'agissant de la requérante 
en mainlevée, et considère que la dette du poursuivi résulterait clairement de la 

"proposition d'intervention" du 20 septembre 2011. 

 3.1 Le créancier dont la poursuite se fonde sur une reconnaissance de dette 
constatée par acte authentique ou sous seing privé peut requérir la mainlevée 

provisoire (art. 82 al. 1 LP). Le juge prononce la mainlevée si le débiteur ne rend 

pas immédiatement vraisemblable sa libération (art. 82 al. 2 LP). Il doit vérifier 

d'office notamment l'existence matérielle d'une reconnaissance de dette, l'identité 

- 5/7 - 

 

C/16727/2013 

entre le poursuivant et le créancier désigné dans ce titre, l'identité entre le 

poursuivi et le débiteur désigné et l'identité entre la prétention déduite en 

poursuite et la dette reconnue (GILLIERON, Commentaire de la loi fédérale sur la 

poursuite pour dettes et la faillite, 1999, n. 73ss ad art. 82 LP). 

 3.1.1 En l'absence du consentement de la partie adverse et hormis les exceptions 
prévues par la loi, la substitution de partie est exclue en cours de procédure 

(art. 83 al. 4 CPC).  

 Dans une procédure de mainlevée provisoire, le requérant qui n'est pas identique 

au créancier poursuivant ne peut donc pas exiger unilatéralement sa substitution 

par ce dernier. 

 3.1.2 Par reconnaissance de dette au sens de l'art. 82 al. 1 LP, il faut entendre 
notamment l'acte sous seing privé, signé par le poursuivi - ou son représentant 

(cf. ATF 130 III 87 consid. 3.1 p. 88) -, d'où ressort sa volonté de payer au 

poursuivant, sans réserve ni condition, une somme d'argent déterminée, ou 

aisément déterminable, et exigible (ATF 136 III 624 consid. 4.2.2, 627 consid. 2). 

Des factures ne valent pas reconnaissance de dette et ce, même si elles ne sont pas 

contestées (arrêt du Tribunal fédéral 5P.290/2006 du 12 octobre 2006 consid. 3.2). 

3.2 En l'espèce, à teneur du commandement de payer produit, I.______ SA est la 
société poursuivante. Or, la mainlevée de l'opposition au commandement de payer 

a été requise par A.______ SA, et non pas par I.______ SA. 

Le fait que la même personne physique administre chacune de ces sociétés n'y 

change rien; il n'y a eu aucune confusion du premier juge, à cet égard. A aucun 

moment, en première instance, le signataire de la requête de mainlevée n'a indiqué 

agir en qualité d'administrateur d'I.______ SA, pour le compte de celle-ci, et non, 

comme cela ressortait pourtant de la requête, en qualité d'administrateur 

d'A.______ SA. 

A.______ SA ne peut donc pas exiger unilatéralement, en instance de recours, son 

remplacement par I.______ SA, en qualité de partie requérante. L'identité entre la 

société requérante et la société poursuivante fait ainsi toujours défaut. 

Qui plus est, le document produit à l'appui de la requête de mainlevée, intitulé 

"proposition d'intervention", n'arrête aucun prix définitif et n'a pas été signé par 

l'intimé en son nom propre. Par conséquent, ce document ne comporte aucune 

reconnaissance de dette de la part de l'intimé. 

Quant au courriel imprimé aux termes duquel l'intimé propose de régler "ce 

problème (en mon nom propre) en vous versant la moitié de la somme qui est due 

pour stopper la procédure", il ne comporte pas de signature et ne permet d'ailleurs 

- 6/7 - 

 

C/16727/2013 

pas de déterminer avec certitude le montant exact que l'intimé aurait reconnu 

devoir, ni à qui (à la société poursuivante ou à l'organe ou l'employé de cette 

société). 

Les documents produits ne constituent donc pas une reconnaissance de dette au 

sens de l'art. 82 al. 1 LP, dès lors qu'ils ne comportent aucune acceptation écrite et 

signée de l'intimé, à l'égard de la société poursuivante. 

 C'est ainsi à bon droit que le Tribunal a refusé de prononcer la mainlevée 

provisoire.  

4. La recourante, qui succombe, sera condamnée aux frais (art. 106 al. 1 et 3 CPC). 

En vertu de l'art. 61 al. 1 OELP, la juridiction supérieure à laquelle sont déférées 

les décisions rendues dans une procédure sommaire en matière de poursuite 

(art. 251 CPC) peut prélever un émolument n'excédant pas une fois et demie 

l'émolument que peut prélever l'autorité de première instance. 

Le premier juge a fixé l'émolument de première instance à 400 fr. L'émolument de 

la présente décision sera fixé à 450 fr. Il est mis à la charge de la recourante et 

sera compensé avec l'avance de frais du même montant opérée par celle-ci, 

acquise à l'Etat par compensation (art. 111 al. 1 CPC). 

L'intimé n'ayant pas répondu au recours, il ne se justifie pas de lui allouer de 

dépens (art. 95 al. 3 let. c CPC). 

* * * * * 

- 7/7 - 

 

C/16727/2013 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté par A.______ SA contre le jugement 

JTPI/16661/2013 rendu le 10 décembre 2013 par le Tribunal de première instance dans 

la cause C/16727/2013-1 SML. 

Au fond : 

Rejette ce recours. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais de recours : 

Arrête les frais judiciaires du recours à 450 fr., compensés par l'avance de frais fournie 

par A.______ SA, acquise à l'Etat. 

Les met à la charge d'A.______ SA. 

Dit qu'il n'est pas alloué de dépens. 

Siégeant : 

Madame Daniela CHIABUDINI, présidente; Madame Sylvie DROIN et Madame Alix 

FRANCOTTE CONUS, juges; Madame Céline FERREIRA, greffière. 

 

La présidente : 

Daniela CHIABUDINI 

 La greffière : 

Céline FERREIRA 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 113 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral 

par la voie du recours constitutionnel subsidiaire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 30'000 fr.