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**Case Identifier:** af245fe6-76f8-5065-a58c-94ebe46e0f76
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-05-29
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 29.05.2018 A/968/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-968-2018_2018-05-29.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/968/2018-FORMA ATA/523/2018  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 29 mai 2018 

1ère section 

   dans la cause 

 

A______, enfant mineur, agissant par ses parents Madame et Monsieur B______ 

et 

Madame et Monsieur B______ 
  

contre 

DÉPARTEMENT DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE, DE LA CULTURE ET DU 
SPORT 
 

 

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A/968/2018 

EN FAIT 

1)  Madame et Monsieur B______ sont domiciliés en France, dans une 
commune proche de la frontière genevoise. Ils exercent une activité 
professionnelle en Suisse.  

  Ils ont trois enfants, A______, né le ______ 2006, C______, née en 2009 et 
D______, née en 2015. A______ est scolarisé en 8ème HarmoS à l’Externat des 
Glacis à Genève, alors que C______ et D______ le sont à l’école publique de leur 
domicile, en France. 

2)  Le 2 janvier 2018, les époux B______ ont adressé à la direction générale de 
l’enseignement obligatoire (ci-après : DGEO) du département de l’instruction 
publique, de la culture et du sport (ci-après : DIP), une demande d’admission au 
Cycle d’orientation genevois concernant A______, lequel pratiquait le handball à 
Genève dans le cadre du dispositif « sport-étude ». 

3)  Le 20 février 2018, par décision déclarée exécutoire nonobstant recours, le 
DIP a refusé la demande d’admission en raison du manque de places disponibles 
dans les écoles du canton. 

4)  Le 17 mars 2018, les époux B______ ont recouru auprès de la chambre 
administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre 
la décision susmentionnée, concluant à son annulation.  

  Au moment du dépôt de la demande, les dispositions réglementaires en 
vigueur permettaient à leur fils d’être accepté dans l’enseignement genevois. 

  A______ pratiquait le handball à Genève trois fois par semaine à un haut 
niveau, dans la filière sport art étude de l’académie de l’association genevoise de 
ce sport. 

  Il était scolarisé dans un établissement privé à Genève et avait fait beaucoup 
d’efforts et de concessions pour s’adapter au système scolaire Suisse et pratiquer 
son sport. 

5)  Le 13 avril 2018, le DIP a conclu au rejet du recours. 

  Le droit à l’enseignement de base suffisant, obligatoire et gratuit était 
applicable aux seuls enfants domiciliés dans le canton de Genève. Les élèves 
domiciliés en France voisine dont l’un des parents au moins était assujetti à 
Genève à l’impôt sur le revenu de l’activité rémunérée qu’il exerce de manière 
permanente, pouvaient être admis dans l’enseignement obligatoire public genevois 

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dans la limite des places disponibles et pour autant qu’ils aient déposé leur 
demande d’admission dans le délai fixé par le DIP. 

  Indépendamment des aspects organisationnels et infrastructurels, le nombre 
de places disponibles dans l’enseignement obligatoire était principalement fixé par 
les ressources attribuées par le Grand Conseil dans le cadre du processus 
budgétaire. Il ne s’agissait pas seulement du nombre concret de places dans 
chaque école ou classe mais, principalement, d’un critère budgétaire permettant de 
prévoir l’encadrement nécessaire pour fournir une scolarité de qualité à 
l’ensemble des élèves, dans une approche cantonale différenciée entre les classes 
et les élèves dans une optique de compensation des facteurs sociaux.   

  Jusqu’à la rentrée 2017, l’enveloppe budgétaire était attribuée sur la base 
d’une estimation du nombre d’élèves prévus, effectuée dix-huit mois avant la 
rentrée considérée par le service de recherche en éducation (ci-après : SRED). 
Une nouvelle estimation intervenait six mois avant la rentrée considérée. Lorsqu’il 
apparaissait que l’enveloppe budgétaire serait insuffisante, le Conseil d’État, à la 
demande du DIP, sollicitait des ressources supplémentaires auprès du Grand 
Conseil, qui les attribuait, pour créer les places nécessaires. Grâce à cette 
possibilité, le critère des places disponibles n’avait jamais dû être utilisé, 
nonobstant l’augmentation constante depuis de nombreuses années du nombre 
d’élèves dans l’école obligatoire. Selon les chiffres publiés par le SRED en 
mai 2017, entre 2000 et 2015 cette augmentation avait été de 1’868 élèves, 
représentant une hausse de 4,14 % toutes catégories confondues, et de 891 élèves, 
correspondant à une hausse de 177, 49 %, pour les demandes de scolarisation 
d’élèves domiciliés hors canton.  

  Pour la rentrée 2018, l’écart entre la première estimation publiée par le 
SRED en janvier 2017 et la seconde parue en janvier 2018, était de 194 élèves en 
plus, toutes catégories confondues. Cela était notamment dû à un accroissement de 
l’ordre de 30 % des demandes de scolarisation d’élèves domiciliés hors canton, 
qui étaient passées de 342 pour 2017 à 435 pour 2018. La dotation budgétaire était 
donc dépassée. Toutefois, contrairement aux années précédentes, le DIP n’avait 
pas demandé au Conseil d’État de solliciter des ressources supplémentaires auprès 
du Grand Conseil. Cette option n’était en effet plus à l’ordre du jour en raison de 
la volonté du gouvernement de trouver des pistes d’économie, affichée le 
22 novembre 2017 dans son rapport au Grand Conseil relatif au plan financier 
quadriennal 2018-2021 (ci-après : PFQ 2018-2021), parmi lesquelles l’application 
stricte des  « règlements actuels indiquant que les élèves hors canton sont acceptés 
dans les limites des places disponibles » dans l’enseignement obligatoire, dès lors 
que le canton allait devoir faire face à une importante augmentation du nombre 
d’élèves au cours des prochaines années. Dans ces circonstances, le DIP s’était vu 
contraint de refuser des dossiers d’admission des élèves hors canton, faute de 

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places disponibles, ne pouvant obtenir leur création par le biais du processus 
budgétaire. 

  Conformément à sa pratique, la DGEO avait publié au mois de novembre 
2017 sur son site internet les documents nécessaires aux formalités d’admission 
des élèves domiciliés hors canton, avec délai de retour au 31 janvier 2018. 
280 dossiers avaient été traités avant la publication de la seconde estimation du 
SRED et la prise de connaissance par la DGEO de la position du Conseil d’État de 
limitation des élèves hors canton. En revanche, 133 demandes encore pendantes 
avaient été mises en attente dès que la position du Conseil d’État de n’admettre, 
pour la rentrée 2018, les élèves hors canton que dans la seule limite des places 
prévues au budget, avait été manifestée publiquement fin janvier 2018. Ces 
dossiers, dont celui de A______, avaient reçu une réponse négative, afin de 
garantir aux élèves inscrits dans l’école publique obligatoire un enseignement de 
qualité, à défaut de quoi l’accueil, l’encadrement et les conditions de scolarité de 
ceux-ci seraient péjorées. Les 133 places supplémentaires auraient eu un coût de 
plus de dix postes d’enseignants, soit CHF 1'500'000.-. L’intérêt public à assurer 
une école de qualité dans le cadre du budget imparti l’emportait sur le souhait, 
compréhensible, des recourants mais relevant de la convenance personnelle. La 
scolarité de leur enfant n’était pas péjorée dans leur pays de domicile. 

  A______ pouvait parfaitement pratiquer de handball après les cours et ce, 
sans être scolarisé dans le système public genevois.  

6)  Le 30 avril 2018, les époux B______ ont répliqué, persistant dans leurs 
conclusions. Ils n’avaient pas pu demander l’admission de A______ dans 
l’enseignement public genevois pour l’année scolaire 2017 – 2018 car leur fils 
n’avait été détecté par l’académie genevoise de handball qu’au mois d’avril 2017, 
soit en dehors des délais fixés par le département. Ils avaient à nouveau contacté 
par courrier électronique le département au mois de novembre 2017 sans que 
l’autorité n’émette une quelconque réserve dans sa réponse. 

  Leur fils ne pourrait pas pratiquer le handball aussi intensivement s’il n’était 
pas intégré dans un dispositif de sport-études. Ils n’avaient pas les moyens 
financiers leur permettant de continuer de le scolariser dans l’enseignement privé. 

7)  Le 3 mai 2018, les parties ont été informées que la cause était gardée à 
juger. 

EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

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2)  À titre préalable, il convient de définir le droit applicable au présent litige.  

 a. L’art. 25 du règlement du cycle d'orientation du 9 juin 2010, (RCO - C 1 
10.26) relatif à l’admission au cycle d’orientation genevois des élèves domiciliés 
hors canton a en effet été modifié  le 7 février 2018, avec entrée en vigueur le 14 
février 2018. 

  Conformément aux principes généraux du droit intertemporel, lorsqu'un 
changement de droit intervient au cours d'une procédure administrative 
contentieuse ou non contentieuse, la question de savoir si le cas doit être tranché 
sous l'angle du nouveau ou de l'ancien droit se pose. En l'absence de dispositions 
transitoires, s'il s'agit de tirer les conséquences juridiques d'un événement passé 
constituant le fondement de la naissance d'un droit ou d'une obligation, le droit 
applicable est celui en vigueur au moment dudit événement. Dès lors, en cas de 
changement de règles de droit, la législation applicable reste en principe celle qui 
était en vigueur lors de la réalisation de l'état de fait qui doit être apprécié 
juridiquement ou qui a des conséquences juridiques (Thierry TANQUEREL, 
Manuel de droit administratif, 2011, n. 403 ss). 

 b. En l’espèce, le RCO a réglé à l’art. 25B concernant l’année scolaire 2018-
2019 : 

 « 1Sont admis au cycle d'orientation les élèves domiciliés dans le 
canton. 

 2Peuvent être admis au cycle d'orientation dans la limite des places 
disponibles et pour autant qu'ils aient déposé leur demande 
d'admission dans le délai fixé par le département :  

  a) les élèves genevois domiciliés hors canton ;  

 b) les élèves habitant en France voisine dont l'un des parents au moins 
est assujetti à Genève à l'impôt sur le revenu de l'activité rémunérée 
qu'il exerce de manière permanente dans le canton.  

 3La demande d’admission au sens de l’alinéa 2 doit être déposée 
auprès de la direction générale dans le délai fixé chaque année par le 
département et publié sur le site Internet de ce dernier 

 4L'admission des élèves domiciliés dans le canton mais qui ne sont pas 
issus d'une école publique genevoise doit être demandée auprès de la 
direction générale, qui statue. 

 5Les inscriptions des élèves sont effectuées par les directions des 
établissements ». 

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  L’art. 25A RCO, qui concerne l'année scolaire 2017-2018,  reprend la teneur 
de l’art. 25 RCO en vigueur jusqu’au 14 février 2018. 

  Une disposition transitoire prévoit en outre que « les enfants domiciliés hors 
canton et scolarisés dans l'enseignement obligatoire public genevois pendant 
l'année scolaire 2018-2019 peuvent poursuivre leur scolarisation au sein de 
celui-ci, pour autant qu'ils remplissent, sans interruption, les conditions prévues à 
l'article 25B. » (art. 79 al. 4 RCO). 

  En l’espèce, la demande d’admission pour l’année scolaire a été adressée à 
l’autorité compétente le 2 janvier 2018. Elle tombait alors sous le coup de 
l’art. 25 aRCO. Compte tenu de la teneur identique de ce dernier article à celle de 
l’art. 25B RCO et du texte de la disposition transitoire, le cas peut être tranché 
dans le cadre du droit actuel. 

3)  Il n’est pas contesté que la demande d’admission en cause a été présentée 
dans le délai fixé par le DIP, publié sur son site internet, échéant le 31 janvier 
2018.  

4)  Il ressort des écritures du DIP que jusque dans le courant du mois de janvier 
2018, la pratique était d’accepter toutes les demandes d’admission dans 
l’enseignement obligatoire genevois d’élèves remplissant les critères scolaires qui 
étaient domiciliés hors canton, cela sans qu’il y ait une limite de places 
disponibles. Cette pratique a été appliquée aux 280 demandes déjà traitées pour la 
rentrée scolaire 2018-2019. Le refus de la demande d’admission de l’enfant des 
recourants en raison du seul manque de places disponibles, intervenu en cours du 
processus d’admission pour la rentrée 2018, constitue ainsi un changement de la 
pratique administrative. 

 a. La notion de pratique administrative désigne en effet la répétition constante 
et régulière dans l’application d’une norme par les autorités administratives. De 
cette répétition peuvent apparaître, comme en ce qui concerne la jurisprudence, 
des règles sur la manière d’interpréter la loi ou de faire usage d’une liberté 
d’appréciation. Elle vise notamment à résoudre de manière uniforme des questions 
de fait, d’opportunité ou d’efficacité. Cette pratique ne peut être source de droit et 
ne lie donc pas le juge, mais peut néanmoins avoir indirectement un effet 
juridique par le biais du principe de l’égalité de traitement (ATA/596/2015 du 
9 juin 2015 consid. 7d et les références citées). 

 b. Un changement de pratique administrative doit reposer sur des motifs 
sérieux et objectifs, c’est-à-dire rétablir une pratique conforme au droit, mieux 
tenir compte des divers intérêts en présence ou d’une connaissance plus 
approfondie des intentions du législateur, d’un changement de circonstances 
extérieures, de l’évolution des conceptions juridiques ou des mœurs. Les motifs 
doivent être d’autant plus sérieux que la pratique suivie jusqu’ici est ancienne. 

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À défaut, elle doit être maintenue (ATF 135 I 79 consid. 3 ; 132 III 770 consid. 4 ; 
127 I 49 consid. 3c ; 127 II 289 consid. 3a ; ATA/596/2015 déjà cité).  

 c.  Le droit à la protection de la bonne foi doit en outre être pris en 
considération.  

  Valant pour l’ensemble de l’activité étatique, le principe de la bonne  oi, 
e primé au  art    et   al     st  e i e que l’administration et les administrés se 
comportent réciproquement de mani re lo ale   n particulier, l’administration 
doit s’abstenir de toute attitude propre   tromper l’administré et elle ne saurait 
tirer aucun avanta e des conséquences d’une incorrection ou insu  isance de sa 
part (ATF 138 I 49 consid. 8.3 ; 129 I 161 consid. 4 ; 129 II 361 consid. 7.1 ; arrêt 
du Tribunal fédéral 1C_18/2015 du 22 mai 2015 consid. 3). Il protège le citoyen 
dans la confiance lé itime qu’il met dans les assurances reçues des autorités 
lorsqu'il a réglé sa conduite d apr s des décisions, des déclarations ou un 
comportement déterminé  de l administration                 consid           
137 I 69 consid. 2.5.1). La protection de la bonne  oi ne s’applique pas si 
l’intéressé  connaissait l’ine actitude de l’indication ou aurait pu la conna tre en 
consultant simplement les dispositions légales pertinentes (ATF 135 III 489 
consid. 4.4 ; 134 I 199 consid. 1.3.1).  

  En matière de changement de pratique, le Tribunal fédéral a ainsi jugé que 
la modification d’une jurisprudence relative aux conditions de recevabilité d’un 
recours ne doit pas intervenir sans avertissement, si elle provoque la péremption 
d’un droit (ATF 140 IV 74 consid. 4.2). 

 d.  En l’espèce, le changement de pratique trouve son origine dans la volonté 
du Conseil d’État d’appliquer strictement l’admission des élèves domiciliés hors 
canton dans la seule mesure des places budgétairement disponibles, exprimée dans 
le PFQ 2018-2021 de novembre 2017 et réaffirmée courant janvier 2018. Cette 
position a dissuadé le DIP de procéder comme il le faisait jusqu’alors et de 
solliciter du gouvernement qu’il demande au Grand Conseil un crédit 
supplémentaire pour financer l’écart positif de 194 pour la rentrée 2018 apparu 
entre la première estimation publiée par le SRED en janvier 2017 et la seconde 
parue en janvier 2018. 

  S’il n’est pas douteux que le motif à l’origine du changement de pratique 
soit sérieux et objectif, il est difficile de comprendre pour quelle raison il est 
intervenu en cours du processus d’admission pour la rentrée scolaire 2018, alors 
que 280 demandes d’admission d’élèves domiciliés hors canton avaient déjà été 
acceptées selon la pratique alors usuelle. Au vu des statistiques du SRED pour les 
années antérieures, il n’était en effet pas inattendu d’avoir un écart positif entre les 
estimations de janvier 2017 et celles de janvier 2018. Par ailleurs, la volonté du 
Conseil d’État était connue officiellement depuis novembre 2017, sans que sa 
formulation puisse permettre à des tiers de connaître les modalités d’application. 

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Dès lors que pour concrétiser cette volonté, le DIP a choisi de renoncer à 
demander par la voie budgétaire les ressources nécessaires au financement de la 
création de places supplémentaires, il ne pouvait laisser se dérouler le processus 
d’admission pour la rentrée 2018 comme il le faisait depuis des années, sans mise 
en garde particulière pour les administrés appelés à prendre des dispositions 
importantes pour la scolarisation de leur enfant, alors qu’il savait que sa pratique 
changerait. Au lieu de cela, il a donné une réponse favorable, selon la pratique en 
vigueur, aux premières demandes arrivées et a interrompu abruptement le 
processus pour celles présentées plus tard, mais néanmoins dans le délai qu’il 
avait imparti, et leur a donné une réponse négative sans autre examen, en 
invoquant pour la première fois l’absence de places disponibles. Les administrés 
intéressés n’ont pas pu anticiper une telle situation, d’autant plus difficile à 
appréhender que la distinction entre place disponible au sens budgétaire et place 
disponible au sens commun n’est pas notoire.  

  Dans ces circonstances, le changement de pratique ne pouvait être appliqué 
immédiatement aux demandes pendantes pour l’admission d’un enfant à la rentrée 
2018-2019, dont celles des intéressés.  

5)  Au vu de ce qui précède, le recours sera admis et la décision querellée sera 
annulée. Le dossier sera retourné au DIP pour nouvelle décision conforme à la 
pratique en matière d’admission dans l’école obligatoire genevoise d’enfants 
domiciliés hors canton, telle qu’elle était en vigueur avant que le DIP renonce à 
demander au Conseil d’État de saisir le Grand Conseil d’une demande de crédit 
supplémentaire pour financer les places supplémentaires nécessaires pour la 
rentrée 2018-2019 selon la dernière estimation du SRED. 

6)  Cette solution emporte que demeurera indécise la question de la portée des 
art. 25 et 25B RCO en regard du droit constitutionnel à un enseignement de base 
suffisant, ouvert à tous les enfants, obligatoire, et gratuit dans les écoles publiques 
(art. 19 et 62 al. 2 de la  Constitution fédérale de la Confédération suisse du 
18 avril 1999  - RS 101 ; art. 24 al. 2 de la Constitution de la République et canton 
de Genève du 14 octobre 2012 - A 2 00). 

7)  Aucun émolument ne sera perçu malgré l’issue du litige (art. 87 al. 1 LPA). 
Aucune indemnité de procédure ne sera allouée, les recourants agissant en 
personne et n’ayant pas exposé avoir encouru de frais pour la défense de leurs 
intérêts.   

 
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PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 17 mars 2018 par Madame et Monsieur 
B______ contre la décision du département de l’instruction publique, de la culture et du 
sport du 20 février 2018 ; 

au fond : 

l’admet ; 

annule la décision du département de l’instruction publique, de la culture et du sport du 
20 février 2018 ; 

retourne le dossier au département de l’instruction publique, de la culture et du sport 
pour nouvelle décision dans le sens des considérants ;  

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument ni alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ; 

communique le présent arrêt à Madame et Monsieur B______ ainsi qu'au département 
de l'instruction publique, de la culture et du sport. 

Siégeant : Mme Payot Zen-Ruffinen, présidente, M. Thélin, Mme Junod, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 
 

S. Hüsler Enz 

 la présidente siégeant : 
 
 
 

F. Payot Zen-Ruffinen 

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Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 

 la greffière :