# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** df6959c7-b4ed-5476-bb50-f2713b16041b
**Source:** Jura (JU)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-12-06
**Language:** fr
**Title:** Jura Tribunal Cantonal Affaires contentieuses 06.12.2021 CA 2021 47
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/JU_Gerichte/JU_TC_009_CA-2021-47_2021-12-06.pdf

## Full Text

N/réf. : CA/00047/2021 - cbs/cm  
t direct : 032 420 33 80, chantal.meyer@jura.ch Porrentruy, le 6 décembre 2021/cm

DECISION

La juge administrative

dans la procédure liée entre

A.________,
- représenté en justice par Me Cédric Baume, avocat à 2800 Delémont 1, 

recourant

et

B.________
 - représentée en justice par Me Clémence Girard-Beuchat, avocate à 2900 Porrentruy 2,

autorité intimée 

relative à la décision du 31 mars 2021 de l’assemblée communale de la Commune de 
B.________

CA 47/2021 – décision du 6 décembre 2021                                                                                                                      2

CONSIDERANTS

I. En fait

A. Par publication au Journal officiel du 4 mars 2021, le conseil communal de B.________
convoquait une assemblée extraordinaire de la commune, pour le 31 mars 2021. L’ordre 
du jour était : « discuter et accepter le nouveau règlement portant sur la jouissance des 
pâturages en propriété de la commune de B.________».

B. L’assemblée s’est déroulée le 31 mars 2021 en présence de 47 ayants droit au vote 
selon la liste nominative établie par l’autorité communale en raison des mesures COVID-
19 notamment (PJ 7 autorité intimée).

C. Préalablement à cette assemblée, l’autorité communale a organisé une séance 
d’information le 13 janvier 2021 portant sur le nouveau règlement sur la jouissance des 
pâturages en propriété de la commune de B.________ (PJ 8 autorité intimée).

D. L’assemblée du 31 mars 2021 est ouverte par le Maire qui salue le représentant du 
délégué aux affaires communales ainsi qu’un collaborateur à la Fondation rurale 
interjurassienne (FRI). Le président des assemblées, C.________, fait voter l’entrée en 
matière qui est acceptée par une grande majorité des ayants droit et 4 avis contraires.

D.________, membre de la commission des pâturages, expose que la commission avait 
pour mandat de mettre en adéquation le règlement avec ce qui se passe sur le terrain 
depuis 20 ans. « Les données de base, dès le départ, ont toujours été les attributions de 
1998 » (PJ 7 de l’autorité intimée). 

L’assemblée décide de discuter le règlement dans son intégralité et non article par 
article. A.________ (ci-après recourant) indique qu’il n’est pas d’accord avec la base de 
départ des surfaces de 1998. Il donne quelques chiffres qui orientent quelques 
différences entre exploitants. D’autres citoyens s’expriment.

Le président constate que la parole n’est plus demandée et passe la parole au Maire qui 
relaie la position du conseil communal dont le souhait est d’avoir une base de discussion 
pour la gestion des pâturages en adéquation avec ce qui se passe aujourd’hui.

Le nouveau règlement est accepté par 36 oui et 8 non.

E. A.________, agriculteur dans la commune dépose son recours le 30 avril 2021 devant 
la juge administrative du Tribunal de 1ère instance à Porrentruy. Ses conclusions tendent 
à l’annulation du nouveau règlement portant sur la jouissance des pâturages en propriété 
de la commune de B.________, sous suite des frais et dépens.

CA 47/2021 – décision du 6 décembre 2021                                                                                                                      3

Le recourant invoque une violation du droit d’être entendu car il n’est pas possible de 
déterminer combien d’agriculteurs ayants droit ont participé à l’assemblée communale 
et auraient dû se retirer. Les agriculteurs ayants droit devaient se retirer conformément 
aux dispositions légales, ainsi que la secrétaire du jour qui est mariée à un agriculteur 
ayant droit. D.________, président de la commission des pâturages a pris la parole à 
l’assemblée. Il est agriculteur ayant droit et dispose du meilleur rapport. Une partie 
importante des votants a pu être influencée par la présentation du président de la 
commission des pâturages. Celui-ci avait un intérêt direct à l’approbation du règlement 
et il devait se retirer. Compte tenu de sa prise de parole, il n’est pas exclu qu’il ait pu 
influencer le vote. Selon la jurisprudence, la possibilité de l’influencer suffit pour 
reconnaître une violation du droit. Le recourant se plaint également d’une constatation 
inexacte des faits, qui peut avoir eu une influence sur le résultat du vote, puisque 
l’annexe 6 du règlement retient pour le recourant une SAU de 14,18 ha, alors que selon 
le recensement agricole le recourant dispose de 15,16 ha et il peut y avoir d’autres 
erreurs. Les chiffres retenus se fondent sur les données de 1998. On ne peut pas exclure 
que les conditions aient changé depuis lors (constructions, modifications de limites 
forestières, pertes de forêts dans les pâturages boisés etc.). Une mise à jour des 
surfaces a été refusée pour des raisons financières. Or, l’intérêt privé à disposer 
d’encrannes complet doit l’emporter sur l’intérêt public financier. Enfin, le recourant 
soulève une inégalité de traitement dans le calcul des ares de pacage par are de SAU 
entre le président de la commission des pâturages, D.________ et E.________. 

F. Dans sa réponse du 28 juin 2021, l’autorité intimée conclut au rejet du recours dans la 
mesure de sa recevabilité, sous suite des frais et dépens.

L’autorité intimée conteste la qualité pour recourir du recourant considérant qu’il n’est 
pas particulièrement atteint par la décision attaquée, puisque le règlement n’a pas 
modifié les droits des agriculteurs. Le règlement adopté par l’assemblée a pour vocation 
de formaliser une situation en vigueur depuis 1998, situation dont le recourant ne s’est 
pas plaint pendant 20 ans. Le droit du recourant à jouir des pâturages communaux n’est 
pas modifié par le projet de règlement du 31 mars 2021. 

En application de la législation et de la jurisprudence en la matière, il n’y avait pas lieu 
pour les agriculteurs ayants droit de se retirer, ce d’autant que le recourant est également 
agriculteur ! Ce vice aurait en outre dû être soulevé immédiatement à l’assemblée. Le 
procès-verbal de l’assemblée a été tenu conformément aux dispositions et il n’est pas 
obligatoire de tenir une liste nominative. Le règlement d’organisation et de jouissance de 
la commune de B._______ définit les personnes qui habitent le territoire de la section et 
jouissent du droit de vote en matière communale et dans la section. Le recourant était 
présent à l’assemblée et il est d’une mauvaise foi crasse en prétendant qu’il ne savait 
pas qui était présent lors de cette assemblée sur un total de 47 personnes. Il est par 
ailleurs lui-même ancien conseiller communal et ancien président de la commission des 
pâturages de 2005 à 2017. On ne saurait retenir une violation du droit d’être entendu. 

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L’autorité intimée conteste les calculs faits par le recourant à l’appui de l’obligation de se 
retirer. Le calcul est erroné et par là la conclusion surprenante. L’autorité intimée rappelle 
d’ailleurs que le recourant et sa compagne ne se sont pas retirés non plus et ils ont voté. 
D.________ n’est pas président de la commission des pâturages et son intervention n’a 
pas influencé l’assemblée. Le projet de règlement a été présenté dans le détail et article 
par article par un collaborateur de la FRI lors de l’assemblée d’information du 13 janvier 
2021. Le recourant était présent. Le recourant ne peut invoquer une constatation 
inexacte des faits. Il se méprend sur la manière de déterminer le droit à la jouissance 
des pâturages communaux. Le règlement ne fait que formaliser une situation existante 
depuis 1998. Les calculs faits par le recourant sont inexacts et simplistes. Il convient 
également de tenir compte de la charge potentielle en bétail et pas seulement de la SAU 
pour le calcul des droits de pacage.

G. A l’audience du 23 novembre 2021 le recourant a confirmé ses conclusions et précisé 
ses allégués. L’autorité intimée a rappelé le déroulement de l’assemblée et la genèse du 
règlement de jouissance adopté par l’assemblée.

Un représentant de la FRI a été entendu. Il a participé depuis 2010 à l’élaboration du 
règlement de jouissance qui avait pour but de réglementer ce qui se passait sur le terrain 
depuis 1998. Le règlement de jouissance de 1951 était totalement obsolète. Les 
encrannes étaient réparties sur l’ensemble des pâturages communautaires de manière 
indivise, alors que depuis 1998 les encrannes étaient attribuées individuellement aux 
ayants droit en partageant le communautaire en secteurs. Le collaborateur de la FRI a 
collaboré activement avec le recourant à l’élaboration de ce règlement, alors que celui-
ci était conseiller communal et président de la commission des pâturages.

H. Les parties ont plaidé.

II. En droit

1. Recevabilité

1.1 Les sections de communes sont soumises à la loi sur les communes. La section de 
commune est une corporation territoriale de droit public, reconnue comme telle et 
délimitée dans le règlement d’organisation de la commune générale ; elle exerce en 
vertu de ce règlement des attributions communales permanentes en lieu et place de la 
commune générale (art. 114 LCom). La section de commune fixe son organisation dans 
un règlement. Les dispositions concernant l’organisation de la commune municipale 
s’appliquent par analogie à la section de commune (art. 116 LCom). 

1.2 Aux termes de l’art. 56 LCom (Loi sur les communes; RSJU 190.11), « pour autant 
qu’elles ne puissent pas faire l’objet d’un recours fondé sur la Loi sur les droits politiques, 
les décisions émanant d’un organe communal sont sujettes à opposition et recours 

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conformément au Code de procédure administrative (al. 2) (ci-après Cpa ; RSJU 175.1). 
En outre, les électeurs de la commune ont qualité pour recourir contre les décisions qui 
touchent aux intérêts généraux de la commune (recours en matière communale). Le 
recours doit être formé dans les 30 jours dès la notification de la décision. Les motifs 
sont ceux prévus à l’art. 122 let. a et b Cpa (al. 2). Lorsque la contestation porte sur une 
décision de l’assemblée communale ou du conseil général, la procédure d’opposition 
n’est pas ouverte, le délai de recours commence à courir le lendemain du jour de la 
séance et le conseil communal représente la commune dans la procédure (al. 3) ».

En l’espèce, il s’agit d’une décision prise par l’assemblée générale des ayants droit de 
voter, conformément à l’art. 2 ch. 1 du Règlement d’organisation et de jouissance de la 
commune de B.________ (PJ 3 autorité intimée). L’adoption du règlement litigieux ne 
relève pas de la loi sur les droits politiques (cf. art. 110 LDP). Il appartient en tout état 
de cause à la juge administrative de statuer sur les recours en matière communale, sous 
réserve de recours devant la Cour administrative (art. 61 LCom).

1.3 Le recourant, A.________, agriculteur à B._______, habitant la commune, a déposé son 
recours le 30 avril 2021 devant la juge administrative contre la décision d’adoption du 
règlement de jouissance des pâturages de la commune de B._______. Le délai de 
recours est respecté. La qualité pour recourir lui est reconnue non pas en vertu de l’art. 
120 let. a Cpa, mais en raison de sa qualité de citoyen de la commune mixte de 
B._______, respectivement d’ayant droit de la commune de B._______  (cf. art. 2 al. 3 
du règlement d’organisation et de jouissance de la commune de B.________ ; PJ 3 
autorité intimée). Il recourt contre une décision qui touche aux intérêts généraux de la 
commune de B.________. 

1.4 Contrairement à l’allégué du recourant, l’examen du recours ne porte que sur l’examen 
de l’art. 122 let. a et b Cpa, mais pas sur l’inopportunité de la décision (cf. art. 56 LCom 
précité).

1.5 Les autres conditions de recevabilité sont données et il convient d’entrer en matière.

2. Le recourant invoque une violation du droit d’être entendu car il n’est pas possible de 
déterminer combien d’agriculteurs ayants droit au vote ont participé à l’assemblée 
communale et auraient dû se retirer.

2.1 Le droit d'être entendu prévu par l'art. 29 al. 2 Cst. est garanti essentiellement dans le 
cadre des procédures administratives ou judiciaires, notion figurant à l'alinéa 1 de cette 
disposition. Ainsi, en matière administrative, il prévaut dans les procédures conduisant 
à l'adoption de décisions administratives, donc de mesures individuelles et concrètes 
fondées sur le droit public portant sur des droits ou obligations des administrés, soit dans 
toutes les procédures d'application du droit (JACQUES DUBEY, Droits fondamentaux, 

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2018, n. 4057 s.; AUER/MALINVERNI/HOTTELIER, Droit constitutionnel suisse vol. I, 3ème 
éd., 2013, n. 1331 ss ; arrêt 1C_346/2018 du 4 mars 2019 consid. 5.1).  

2.1.1 Dans le cadre d'une procédure législative, c'est-à-dire dans une procédure qui conduit à 
l'adoption de normes générales et abstraites, la Constitution fédérale ne confère pas aux 
citoyens le droit d'être entendus. Selon la jurisprudence, une exception n'est admise que 
lorsque certaines personnes (destinataires dits "spéciaux") sont touchées de façon 
sensiblement plus grave que le plus grand nombre des destinataires "ordinaires", par 
exemple lorsqu'un décret de portée générale ne touche concrètement qu'un très petit 
nombre de propriétaires (arrêts 1C_346/2018 du 4 mars 2019 consid. 5.1 ; 1C_136/2018 
du 26 novembre 2018 consid. 4.1 destiné à publication et les arrêts cités). 

2.1.2 Au cas particulier, il s’agit de l’adoption d’une norme d’intérêt général qui touche aux 
intérêts généraux de la collectivité des ayants droit de la commune de B._______. 
L’adoption du règlement de jouissance est opposable à tous les ayants droit de la 
commune de B.________ et pas seulement à une minorité d’entre eux. Le recourant ne 
peut dès lors valablement soulever une violation du droit d’être entendu dans ce contexte 
d’adoption d’une norme législative.

Ce grief doit être rejeté.

2.2 A toutes fins utiles, il peut être rappelé au recourant que les délibérations des organes 
communaux sont consignées dans un procès-verbal. Celui-ci doit en tout cas mentionner 
le nombre de personnes présentes, ainsi que toutes les propositions présentées et les 
décisions prises (art. 32 al. 2 LCom). L’art. 27 du Règlement d’organisation de la 
commune de B.________ prévoit également que le procès-verbal sera rédigé par le 
secrétaire de l’assemblée. Y seront mentionnés : le lieu et la date de l’assemblée, le nom 
du président et du secrétaire, le nombre de citoyens présents, toutes les propositions 
formulées et les décisions prises, ainsi qu’un résumé de la discussion. Il n’existe ainsi 
pas d’obligation de tenir une liste nominative des ayants droit au vote. Enfin et par 
surabondance, le recourant, présent à l’assemblée, ancien conseiller communal et 
membre de la commission des pâturages de 2005 à 2016 ou 2017 connaissait 
parfaitement les 47 personnes présentes. Il est de parfaite mauvaise foi en prétendant 
qu’il n’est pas possible de savoir si d’autres agriculteurs ayants droit que ceux cités dans 
le procès-verbal étaient présents à l’assemblée !

3. Le recourant considère que les agriculteurs ayants droit et la secrétaire du jour, mariée 
à un agriculteur, devaient se retirer.

3.1 Aux termes de l’art. 33 du Décret sur les communes (RSJU 190.111) « toute violation de 
prescriptions fixant une compétence ou une procédure lors d’une assemblée communale 
ou d’une séance d’un autre organe communal doit être constatée séance tenante (al. 1). 
L’obligation de contester séance tenante disparaît lorsque, au vu des circonstances, il 

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ne saurait être exigé de la personne concernée qu’elle invoque le vice à temps (al. 2). 
Quiconque contrevient à l’obligation de contester séance tenante perd le droit de recourir 
ultérieurement ».  

Cette disposition légale est entrée en vigueur le 1er mars 2016 à la suite de la révision 
de l’ancien art. 33 du Décret sur les communes. 

L’art. 33 al. 1 DCom implique qu’une personne qui assiste à une séance et constate – 
ou aurait dû, au vu des circonstances, constater – un vice dans le mode de procéder, a 
l’obligation d’intervenir et de contester expressément la procédure. Si elle s’abstient, elle 
est alors déchue du droit d’invoquer ce motif dans un recours déposé ultérieurement. 
Cette prescription invite en somme les ayants droit à agir de bonne foi (Journal des 
débats n° 18 - 2015 du 18 novembre 2015, p. 937). 

Cette disposition a été adoptée par le Parlement sans discussion en 1ère lecture et 
également lors de la séance du Parlement le 9 décembre 2015 en 2ème lecture (Journal 
des débats n° 20 - 2015 du 9 décembre 2015, p. 1011).

3.2 Force est de constater que le recourant n’a pas soulevé ce grief aux débats de 
l’assemblée. Tardif, il doit être rejeté, car irrecevable.

3.3 Même s’il avait été recevable, il aurait dû être rejeté. Il est rappelé d’une part que 
conformément à la jurisprudence et la doctrine, le principe de l’obligation de se retirer au 
sens de l’art. 25 LCom doit être tempéré en faisant une pesée des intérêts en présence 
soit :
- le nombre des ayants droit dans la commune ;
- le nombre de personnes ayant l’obligation de se retirer ;
- l’importance de l’affaire pour la commune ;
- l’importance de l’affaire pour les personnes ayant l’obligation de se retirer.

L’intérêt public au respect de l’obligation de se retirer doit céder le pas lorsqu’en raison 
de cette obligation une part considérable des ayants droit serait privée de l’exercice de 
ses droits politiques. En pratique, on admet que l’intérêt public au respect de l’obligation 
de se retirer doit l’emporter lorsque le nombre des ayants droit devant se retirer n’excède 
pas 10% de l’ensemble des ayants droit. Ce chiffre est susceptible d’être corrigé en 
fonction des intérêts que présente l’affaire pour la commune, respectivement pour les 
particuliers intéressés (arrêt de la Cour administrative du 27 mars 1995 in RJJ 3/1995 
consid. 5 page 228 ; ARN, Die Ausstandspflicht im bernischen Gemeinderecht, JAB 
1989, p. 138 et 139). Il n’y a pas lieu de s’écarter de cette jurisprudence.
En présence de 47 ayants droit (sur environ 135 ayants droit de la commune de 
B._______) concernés par le règlement de jouissance des pâturages de B._______ sur 
52 personnes présentes à l’assemblée, il est évident que l’obligation de se retirer ne se 
justifie pas. D’autre part et surtout en application de l’art. 2 al. 3 du règlement de 

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jouissance de la commune de B._______ de 1951 (toujours applicable au jour de 
l’assemblée), « les personnes qui habitent le territoire de la commune et qui jouissent du 
droit de vote en matière communale ont le droit de vote dans la commune ».  Il n’y avait 
ainsi aucune obligation de se retirer.  A cela s’ajoute que ce grief du recourant frise la 
témérité étant lui-même ayant droit et ne s’étant nullement retiré, tout comme par ailleurs 
sa compagne présente, avec qui il vit.

4. Le recourant considère que la prise de parole de D.________, président de la 
Commission des pâturages, a pu influencer le vote et qu’en raison de la violation du droit 
de se retirer, la décision doit être annulée.

4.1 L’art 34 al. 2 Cst. protège la libre formation de l'opinion des citoyens: il garantit ainsi aux 
citoyens qu'aucun résultat de vote ne soit reconnu s'il ne traduit pas de façon fidèle et 
sûre l'expression de leur libre volonté. Chaque citoyen doit pouvoir se déterminer en 
élaborant son opinion de la façon la plus libre et complète possible et exprimer son choix 
en conséquence. La liberté de vote garantit la sincérité du débat nécessaire au 
processus démocratique et à la légitimité des décisions prises en démocratie directe. 
Selon la jurisprudence, le résultat d'une votation est faussé lorsque les citoyens ont été 
informés de manière erronée sur le but et la portée du projet soumis au vote. Il est interdit 
de passer sous silence des éléments importants pour la décision du citoyen ou de 
reproduire de manière inexacte les arguments des adversaires du référendum ou de 
l'initiative (cf. ATF 139 I 2 consid. 6.2 p. 13 s. et les références citées; 138 I 61 consid. 
6.2 p. 82) ; arrêt 1C_338/2018 du 10 avril 2019 consid. 2.1 ; ATF 145 I 1 consid. 4.1 p. 
5; 143 I 78 consid. 4.3 p. 82 et les références citées).  

4.2 D.________ est membre de la commission des pâturages, la présidence de cette 
commission est assurée par un conseiller communal. Le projet de règlement a été 
présenté article par article et dans le détail lors d’une assemblée d’information du 13 
janvier 2021 en présence de plus de 20 personnes, dont le recourant, par les membres 
de la commission des pâturages et le représentant de la FRI. Depuis 2005 à 2016, le 
recourant a collaboré avec les autorités en vue de l’adoption de ce règlement en sa 
qualité de conseiller communal responsable notamment des pâturages et comme 
président de la commission des pâturages. Il ressort du procès-verbal de l’assemblée 
du 31 mars 2021 (PJ 7 autorité intimée) que le règlement a été discuté et voté dans son 
ensemble. D.________ a exposé la mission de la commission des pâturages qui était 
de mettre en adéquation le règlement avec ce qui se passe sur le terrain depuis plus de 
20 ans. On peine ainsi à comprendre quelle influence concrète D.________ aurait pu 
avoir sur l’issue du vote, qui par ailleurs est sans équivoque. Le recourant ne prétend 
d’ailleurs pas que les ayants droit auraient été informés de manière erronée ou que des 
éléments importants auraient été omis. 

4.3 Mal fondé, ce grief doit être rejeté dans la mesure où il est recevable.

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CA 47/2021 – décision du 6 décembre 2021                                                                                                                      9

5. La décision se fonde sur des faits qui sont faux, puisque l’annexe 6 du règlement retient 
une SAU pour le recourant de 14,18 ha alors que selon le recensement agricole il 
exploite 15,16 ha. A cela s’ajoutent que les chiffres retenus se fondent sur des données 
de 1998 et que des modifications importantes peuvent être survenues.

5.1 Les droits de jouissance des pâturages communaux sont étroitement liés à la propriété 
foncière dont dispose l'ayant droit. S'agissant de la nature des droits d’encrannes, la 
doctrine les considère, à juste titre, comme des droits de pacage immémoriaux et leur 
applique par conséquent le régime juridique des droits acquis (TC/ADM 17/2014 consid. 
2.2; CA 51/2014 consid. 5.2.3 ; KONRAD BAUMANN, La jouissance des pâturages 
communaux aux Franches-Montagnes, RJJ 1994 p. 219ss (228) et la jurisprudence 
citée).

5.2 Le règlement litigieux précise à l’art. 5 al. 2 que « l’attribution des droits de pacage aux 
ayants droit représente pour chacun la concrétisation de leurs droits acquis à la 
jouissance du Communal. Les droits acquis se réfèrent à la situation en 1998 au moment 
où le Communal est passé de surfaces d’estivage (pâturages communautaires) en 
SAU ». Le recourant le savait et il l’a accepté durant 20 ans. Il reconnaît d’ailleurs qu’il a 
commencé à revendiquer des surfaces lorsqu’il a quitté le conseil communal et que la 
commune a cherché à lui prendre des terres pour en donner à un voisin qui se plaignait 
de ne pas en avoir assez. 

Le règlement formalise la situation en vigueur, définie en 1998, sur la base de l’analyse 
de la société « Pâturages Conseils et Projets, P. Gmür, de novembre 1992 ». Il importe 
ainsi peu que les SAU recensées du recourant soient différentes. Il ne le prouve d’ailleurs 
pas. La répartition dans le terrain, concrétisée par le règlement et ses annexes, est 
identique pour tous les ayants droit et a été reprise de celle de 1998. La FRI, mandatée 
par la commune pour collaborer avec les autorités à l’élaboration du nouveau règlement 
de jouissance a clairement répété que le mandat confié devait adapter le règlement à la 
situation dans le terrain de 1998, période à laquelle les encrannes ont été distribuées 
par secteurs individualisés à chaque ayant droit et non plus en surface communautaire. 
Les faits sont ainsi justes et fondés sur la réalité de 1998. Certes, les mensurations des 
surfaces ont été mises à jour pour tenir compte des techniques géomatiques plus 
précises que celles de 1998. Il n’en résulte toutefois aucune modification pour le 
recourant en termes d’encrannes attribuées. 

Enfin, il faut rappeler que les conditions d’attribution des droits de jouissance dépendent 
non seulement de la SAU, mais également du potentiel fourrager du terrain. Cela a en 
particulier été évalué dans le rapport de l’expertise de la société Pâturages, Conseils et 
Projets de P. Gmür en 1992 et a servi de base pour l’attribution des secteurs aux divers 
ayants droit en 1998. 

Il n’y a donc pas de violation du droit ou de constatation inexacte des faits.

CA 47/2021 – décision du 6 décembre 2021                                                                                                                      10

5.3 Le recourant invoque une violation de l’égalité de traitement en citant une comparaison 
entre D.________ et E.________.

Le recourant ne peut pas soulever une prétendue inégalité de traitement qui ne le 
concerne pas, même en qualité de simple citoyen. Il peine d’ailleurs à établir ne serait-
ce qu’un indice d’inégalité, ne connaissant pas les situations exactes de ces deux 
exploitants. De plus, sans reprendre le développement à l’appui d’une inégalité de 
traitement, il faut constater d’emblée que les situations ne sont pas comparables. Les 
surfaces donnant droit à l’attribution des droits de pacage sur le Communal sont 
différentes pour les deux exploitants et on ne connaît pas le nombre d’encrannes. Il ne 
s’agit pas de situations comparables ou identiques (annexe 2).

6. Il convient enfin de rappeler que lorsque des irrégularités sont constatées, la votation 
n’est annulée qu’à la double condition que la violation constatée est grave et qu’elle a 
pu avoir une influence sur le résultat du vote. Il y a lieu de tenir compte notamment de 
l’écart de voix, de la gravité des vices de procédure et de leur portée sur le vote dans 
son ensemble. Si la possibilité d’un résultat différent au cas où la procédure n’aurait pas 
été viciée apparaît à ce point minime qu’elle ne puisse pas entrer sérieusement en 
considération, il y a lieu de renoncer à l’annulation du vote. Dans le cas contraire, il y a 
lieu de considérer le vice comme important et annuler la votation (1C_521/2017 du 14 
mai 2018 consid. 3.1.3; 1C_610/2017 du 7 mai 2018 consid. 2.1 et toute la jurisprudence 
citée). 

6..1 Au cas particulier, le projet de règlement de jouissance des pâturages en propriété de la 
commune de B._______ a été voté « en bloc » par l’assemblée. Selon le procès-verbal 
de la séance de l’assemblée, l’entrée en matière a été adoptée par une majorité évidente 
et il a été constaté 4 avis contraires.  Le règlement a été mis au vote après la discussion. 
Le règlement de jouissance des pâturages en propriété de la commune de B._______ a 
été accepté par 36 oui et 8 non, soit à une majorité de plus des trois-quarts.

6.2 Force est de constater qu’il n’y a pas lieu d’annuler le vote au vu du résultat clair du vote, 
de l’absence d’un vice grave ou d’une irrégularité pouvant influencer la formation de la 
volonté populaire. Il ressort sans équivoque du procès-verbal que l’assemblée a pu 
délibérer valablement, et que le règlement contesté par le recourant a été adopté à une 
majorité plus qu’évidente. Il n’y a ni violation de la loi ni constatation inexacte de faits.   

Le recours doit être rejeté dans la mesure où il est recevable.

7. Frais et dépens

7.1 Le recourant succombe. Conformément à l’art. 219 al. 1 Cpa il doit supporter les frais 
judiciaires. 

CA 47/2021 – décision du 6 décembre 2021                                                                                                                      11

7.2 L’art. 230 al. 1 Cpa pose le principe qu’il n’est pas alloué de dépens aux collectivités 
publiques qui ont obtenu gain de cause. Il peut y être fait exception aux conditions 
prévues par l’alinéa 2 de l’art. 230 Cpa. Il est alloué des dépens lorsque les collectivités 
publiques ont dû faire appel à un mandataire extérieur et qu’il en est résulté des frais 
élevés ou que d’autres circonstances particulières le justifient, notamment la complexité 
en fait ou en droit de l’affaire, le fait que la partie adverse était assistée d’un mandataire 
professionnel ou lorsque l’équité l’exige. Il s’agit d’une « Kannvorschrift » et une certaine 
latitude est laissée à l’autorité (P. BROGLIN, G. WINKLER DOCOURT, J. MORITZ, Procédure 
administrative et juridictionnelle, 2ème édition, n° 700).

Dès lors que le recourant était assisté d’un avocat, que son recours soulevait des 
questions juridiques d’une certaine complexité et qu’il s’agit d’une commune ne 
disposant pas d’une infrastructure administrative et juridique lui permettant de procéder 
sans avocat, il incombe au recourant de verser une indemnité de dépens à l’autorité 
communale intimée en application de l’art. 230 al. 2 Cpa (cf. RJJ 2009, arrêt de la Cour 
administrative du 12 septembre 2008 consid. 3 p. 44 et la jurisprudence citée).

Par ces motifs

La juge administrative

rejette

le recours dans la mesure où il est recevable;

met

les frais judiciaires, par CHF 1'450.00, à la charge du recourant, à prélever sur son avance ;

alloue 

à l’autorité communale intimée une indemnité de dépens par CHF 4’600.00 (TTC) à verser par le 
recourant;

ordonne

la notification de la présente décision aux parties, par leur mandataire ;

CA 47/2021 – décision du 6 décembre 2021                                                                                                                      12

informe

les parties que la présente décision peut faire l’objet d’un recours dans un délai de 30 jours, dès 
sa notification. Le recours contiendra des conclusions, des faits et des moyens de preuve. Le 
jugement attaqué sera joint. Le recours doit être adressé à la Cour administrative du Tribunal 
cantonal, Le Château, case postale 24, 2900 Porrentruy (art. 61 LCom). 

Chantal Meyer Carmen Bossart Steulet
Secrétaire Juge administrative

A communiquer à la FRI, Courtételle, pour information.