# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** fe47cdaf-5292-577a-ba2f-8d3273bb01f8
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-12-06
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 06.12.2010 A/3676/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-3676-2010_2010-12-06.pdf

## Full Text

Siégeant : Valérie MONTANI, Présidente. 

  

 

 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/3676/2010 ATAS/1260/2010 

ARRET INCIDENT 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 

ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 6 

du 6 décembre 2010 

 

En la cause 

Monsieur T___________, domicilié au Grand-Saconnex, 

comparant avec élection de domicile en l'étude de Maître GILLIOZ 

François 

recourant 

 

contre  

OFFICE DE L'ASSURANCE-INVALIDITE DU CANTON DE 

GENEVE, sis rue de Lyon 97, Genève 

intimé 

 

 

 

 

 

A/3676/2010 

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EN FAIT 

1. Par décision du 23 septembre 2010 l'Office de l'assurance-invalidité (ci-après : 

l'OAI) a supprimé l'allocation pour impotent allouée à M. T___________ (ci-après : 

l'assuré) et déclaré la décision exécutoire nonobstant recours. 

2. Le 28 octobre 2010, l'assuré a recouru auprès du Tribunal cantonal des assurances 

sociales à l'encontre de cette décision en concluant préalablement à la restitution de 

l'effet suspensif depuis le 1
er

 novembre 2010. 

3. Le 16 novembre 2010, l'intimé a conclu au rejet de la demande de restitution de 

l'effet suspensif. 

EN DROIT 

1. La loi genevoise sur l’organisation judiciaire (LOJ) a été modifiée et a institué, dès 

le 1
er

 août 2003, un Tribunal cantonal des assurances sociales statuant 

conformément à l'art. 56 V al. 1 let. a ch. 2 LOJ, le Tribunal cantonal des 

assurances sociales connaît en instance unique des contestations prévues à l’article 

56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales du 6 

octobre 2000 (LPGA) qui sont relatives à la loi sur l’assurance-invalidité du 19 juin 

1959 (LAI). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Interjeté en temps utile, le recours est recevable (art. 60 LPGA). 

3. Le recourant requiert la restitution de l'effet suspensif à son recours. 

4. a) Selon l'art. 54 al. 1 let. c LPGA, les décisions et les décisions sur opposition sont 

exécutoires lorsque l'effet suspensif attribué à une opposition ou à un recours a été 

retiré. 

La LPGA ne contient pas de dispositions propres sur l'effet suspensif. Selon l'art. 55 

al. 1 LPGA, les points de procédure qui ne sont pas réglés de manière exhaustive 

aux art. 27 à 54 LPGA ou par les dispositions des lois spéciales sont régis par la loi 

fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (RS 172.021). Selon 

l'art. 1 al. 3 PA, l'art. 55 al. 2 et 4 PA, concernant le retrait de l'effet suspensif, 

s'applique à la procédure devant les autorités cantonales de dernière instance qui ne 

statuent pas définitivement en vertu du droit public fédéral. Est réservé l'art. 97 

LAVS relatif au retrait de l'effet suspensif pour les recours formés contre les 

décisions des caisses de compensation. Aux termes de l'art. 97 LAVS, applicable 

par analogie à l'assurance-invalidité en vertu de l'art. 66 LAI (dispositions 

applicables en l'espèce, dans leur nouvelle teneur en vigueur depuis le 1
er

 janvier 

2003), la caisse de compensation peut, dans sa décision, prévoir qu'un recours 

 

 

 

 

A/3676/2010 

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éventuel n'aura pas d'effet suspensif, même si la décision porte sur une prestation 

pécuniaire; au surplus, l'art. 55 al. 2 à 4 PA est applicable. 

D'après la jurisprudence relative à l'art. 55 al. 1 PA, à laquelle l'entrée en vigueur de 

la LPGA et de l'OPGA n'a rien changé (arrêt P. du 24 février 2004, I 46/04), la 

possibilité de retirer l'effet suspensif au recours n'est pas subordonnée à la condition 

qu'il existe, dans le cas particulier, des circonstances tout à fait exceptionnelles qui 

justifient cette mesure. Il incombe bien plutôt à l'autorité appelée à statuer, en 

application de l'art. 55 PA, d'examiner si les motifs qui parlent en faveur de 

l'exécution immédiate de la décision l'emportent sur ceux qui peuvent être invoqués 

à l'appui de la solution contraire. L'autorité dispose sur ce point d'une certaine 

liberté d'appréciation. En général, elle se fondera sur l'état de fait tel qu'il résulte du 

dossier, sans effectuer de longues investigations supplémentaires. En procédant à la 

pesée des intérêts en présence, les prévisions sur l'issue du litige au fond peuvent 

également être prises en considération; il faut cependant qu'elles ne fassent aucun 

doute. Par ailleurs, l'autorité ne saurait retirer l'effet suspensif au recours lorsqu'elle 

n'a pas de raisons convaincantes pour le faire (ATF 124 V 88 consid. 6a, 117 V 191 

consid. 2b et les références; ATFA du 19 septembre 2006, I 439/06). 

b) Dans l'arrêt précité du 19 septembre 2006 (I 439/06), le TFA a considéré que, 

dans le contexte de la révision du droit à la rente, l'intérêt de l'assurée à pouvoir 

continuer à bénéficier de la rente qu'elle percevait jusqu'alors n'était pas d'une 

importance décisive, tant qu'il n'y avait pas lieu d'admettre que selon toute 

vraisemblance elle l'emporterait dans la cause principale. La situation matérielle 

difficile dans laquelle se trouvait l'assurée depuis la diminution du montant de sa 

rente d'invalidité ne saurait à cet égard constituer un élément déterminant. En 

pareilles circonstances, l'intérêt de l'administration apparaissait généralement 

prépondérant, puisque dans l'hypothèse où l'assurée n'obtiendrait pas gain de cause 

sur le fond matériel de la contestation, il était en effet à craindre que la procédure 

en restitution des prestations versées à tort ne se révèle infructueuse (ATF 105 V 

269 consid. 3; VSI 2000 p. 187 consid. 5). S'agissant des prévisions sur l'issue du 

litige, elles ne présentaient pas, pour l'assurée, un degré de certitude suffisant pour 

qu'elles soient prises en considération. Les avis divergeaient aussi bien sur la 

situation médicale concrète de l'assurée que sur l'appréciation de sa capacité 

résiduelle de travail, rendant l'issue du litige tout à fait incertaine. Seul un examen 

détaillé des pièces médicales versées au dossier permettrait de répondre à la 

question de savoir si la révision du droit à la rente était justifiée. Ainsi, l'intérêt de 

l'assurance-invalidité à réduire, même à titre provisoire, le montant de ses 

prestations l'emportait sur celui de l'assurée à percevoir une rente entière 

d'invalidité durant la durée de la procédure. Le retrait de l'effet suspensif par 

l'autorité était par conséquent justifié. 

5. En l'espèce, le recourant allègue qu'il nécessite l'allocation pour impotent pour faire 

face à ses obligations financières. 

 

 

 

 

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En application de la jurisprudence précitée, il est à craindre dans un tel cas que si le 

recourant n'obtient pas gain de cause, la procédure en restitution des prestations 

reçues à tort ne se révèle infructueuse. Par ailleurs, s'agissant des chances de 

prévisions sur l'issue du litige, elles ne présentent pas un degré de certitude 

suffisant pour pouvoir être prises en considération. En effet, l'enquête à domicile du 

29 juin 2010 a conclu à l'existence d'un seul acte ordinaire de la vie du recourant 

nécessitant un besoin d'aide, ce que celui-ci conteste en s'appuyant sur un avis du 

Dr A___________ du 21 septembre 2010, attestant notamment de l'aggravation de 

son état de santé, de sorte qu'un examen approfondi du dossier est nécessaire pour 

savoir si la suppression de l'allocation pour impotent est justifiée ou non. 

6. Au vu de ce qui précède, la requête en restitution de l'effet suspensif au recours sera 

rejetée.  

 

 

 

 

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- 5/5 - 

PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant sur incident 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Préalablement :  

2. Rejette la requête en restitution de l'effet suspensif. 

Au fond : 

3. Réserve le fond. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 

dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 

(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 

public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 17 

juin 2005 (LTF ; RS 173.110); le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, 

motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son 

mandataire ; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie 

électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 

possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 

l'envoi. 

 

La greffière 

 

 

 

 

Nancy BISIN 

 La présidente 

 

 

 

 

Valérie MONTANI 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 

des assurances sociales par le greffe le