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**Case Identifier:** 5c324fe9-e1b9-5ebc-8811-1a48fe688a6d
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2017-12-11
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 11.12.2017 F-1332/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_F-1332-2015_2017-12-11.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour VI 

F-1332/2015 

 

 
 

  A r r ê t  d u  11  d é c e m b r e  2 0 1 7  

Composition 
 Yannick Antoniazza-Hafner (président du collège),  

Blaise Vuille, Martin Kayser, juges, 

Anna-Barbara Adank, greffière. 
 

 
 

Parties 
 1. A._______,  

2. B._______,  

les deux représentées par Maître David Métille,  

metropole AVOCATS, rue des Terreaux 10,  

case postale 530, 1001 Lausanne,  

recourantes,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations SEM,  

Quellenweg 6, 3003 Berne,    

autorité inférieure.  

 
 

 
 

Objet 
 Refus d'approbation à la prolongation de l'autorisation de sé-

jour suite à la dissolution de la famille et renvoi de Suisse. 

 

 

 

F-1332/2015 

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Faits : 

A.  

A._______, ressortissante congolaise née le […] 1975, est entrée en 

Suisse le 3 mai 2005 accompagnée de sa fille, B._______, ressortissante 

congolaise née le […] 2003. Leur demande d’asile a été rejetée définiti-

vement par le Tribunal administratif fédéral (ci-après : TAF ou Tribunal) en 

novembre 2009. 

B.  

En date du 10 mai 2010, A._______ a épousé un compatriote titulaire d’une 

autorisation d’établissement en Suisse, suite à quoi elle a bénéficié d’une 

autorisation de séjour valable jusqu’en décembre 2011. 

C.  

En octobre 2011, les autorités ont reproché à la prénommée d’être bi-

game ; elle se serait déjà mariée avec le père de sa fille en 2001.  

Par décision du 29 février 2012, le Service de la population du canton de 

Vaud (ci-après : SPOP) a dès lors refusé de prolonger l’autorisation de sé-

jour des intéressées et a prononcé leur renvoi de Suisse.  

Par arrêt du 7 juin 2012, la Cour de droit administratif et public du Tribunal 

cantonal vaudois a estimé que tant que le mariage de 2010 était encore 

formellement enregistré auprès de l’Office de l’état civil de (…), la procé-

dure en annulation n’ayant pas abouti en l’état, l’autorisation de séjour ne 

pouvait pas être refusée pour fausses déclarations. De ce fait, la décision 

du SPOP a été annulée et le dossier renvoyé à l’administration pour com-

plément d’instruction et prise d’une nouvelle décision. 

En novembre 2012, la procédure pénale contre l’intéressée pour polyga-

mie a été classée, faute de moyen de preuve (tant le document prouvant 

le mariage que le certificat de célibat n’avaient pas pu être déclarés falsi-

fiés). 

D.  

Lors d’une audition en août 2014, l’intéressée a signalé s’être séparée de 

son conjoint en février 2014 (pce SPOP 231). Aucun enfant n’est né de 

cette union. 

E.  

En septembre 2014, le SPOP a transmis le dossier au Secrétariat d’Etat 

aux migrations (ci-après : SEM) pour approbation sous l’angle de l’art. 50 

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LEtr (RS 142.20). Après avoir octroyé le droit d’être entendu, le SEM a 

rejeté l’approbation à la prolongation d’une autorisation de séjour en faveur 

de l’intéressée et de sa fille et a prononcé leur renvoi de Suisse. Il a princi-

palement retenu que la réalité d’une communauté de vie pendant 3 ans 

n’était pas établie, en particulier vu la présence au domicile conjugal de la 

maîtresse de l’époux et de l’enfant commun de ces derniers né en juin 

2011. De toute manière, l’intéressée ne pourrait pas se prévaloir d’une in-

tégration réussie, dès lors qu’elle aurait largement bénéficié des presta-

tions de l’aide sociale ; le fait qu’elle exercerait une activité lucrative depuis 

août 2013 en tant que vendeuse n’y changerait rien. En outre, sa réinté-

gration dans sa patrie ne serait pas fortement compromise et la présence 

en Suisse de sa fille ne permettrait pas une appréciation différente. Enfin, 

son renvoi serait possible, licite et raisonnablement exigible. 

F.  

Par mémoire du 27 février 2015, l’intéressée et sa fille, par l’entremise de 

leur mandataire, ont déposé recours contre cette décision auprès du Tribu-

nal en concluant à son admission, sous suite de frais et de dépens. Elles 

ont principalement argué que l’union conjugale avait duré plus de trois ans. 

En effet, A._______ (ci-après aussi : l’intéressée ou recourante 1) se serait 

« tant bien que mal accommodée » des infidélités de son époux et la rela-

tion entre ce dernier et C._______, laquelle avait donné naissance à un fils 

commun en juin 2011, aurait été due à la cohabitation en 2010 avec la 

prénommée, cohabitation favorisant naturellement une certaine promis-

cuité (pce TAF 1 p. 13). En outre, la séparation du couple serait intervenue 

non seulement en raison des infidélités de l’époux, mais également parce 

que ce dernier avait retiré l’argent du 2ème pilier de son épouse sans l’en 

avertir. Cette dernière aurait d’ailleurs exercé différents emplois dès l’octroi 

d’une autorisation de séjour, et ce malgré la charge éducative de sa fille. 

Elle n’aurait de surcroît pas été autorisée à travailler pendant 9 mois en 

2012 en raison des accusations de bigamie, de sorte qu’on ne saurait lui 

reprocher d’avoir touché de l’aide sociale durant cette période. Elle exer-

cerait également un emploi stable depuis août 2013 lui procurant un revenu 

mensuel de plus de 3'000 francs. Enfin, il serait « déraisonnable » de ren-

voyer au Congo B._______ (ci-après aussi : recourante 2), fille adoles-

cente, laquelle suivrait un parcours scolaire exemplaire en Suisse (pce TAF 

1 p. 16).  

G.  

Par réponse du 6 mai 2015, le SEM a réaffirmé qu’au vu du déroulement 

de la vie conjugale, il ne pouvait admettre que les époux aient formé pen-

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dant 3 ans une communauté de destins au sens de la conception du ma-

riage admise par le législateur fédéral. En outre, l’intéressée n’aurait pas 

fait preuve d’une intégration réussie, en particulier sur le plan social et pro-

fessionnel. Enfin, son retour et celui de sa fille ne compromettrait pas sa 

réintégration au point de suffire isolément à admettre l’existence de raisons 

personnelles majeures. 

H.  

Par réplique du 26 juin 2015, les recourantes ont précisé, preuves à l’appui, 

que depuis le 1er avril 2015 le salaire de la recourante 1 s’élevait à 3'960 

francs et que, hormis en mathématiques, B._______ obtenait des notes 

proches du 5 sur 6. Elles ont en outre argué que la recourante 2 avait ef-

fectué toute sa scolarité dans le canton de Vaud et qu’elle n’avait aucune 

attache avec son pays d’origine, de sorte qu’elle serait totalement déraci-

née en cas de renvoi. Elles ont finalement rappelé que l’intéressée avait, 

du moment qu’elle avait bénéficié d’une autorisation de travailler, toujours 

exercé une activité lucrative donnant pleine satisfaction à ses employeurs. 

I.  

Le divorce de la recourante 1, sur requête commune avec accord complet, 

a été prononcé le 26 avril 2016.   

J.  

Suite à des mesures d’instruction, les recourantes ont versé en cause, par 

courriers des 17, 22 mars, 3 mai et 14 septembre 2017 plusieurs docu-

ments concernant la situation financière et professionnelle de l’intéressée, 

ainsi que le parcours scolaire de la recourante 2. 

K.  

Les divers autres arguments invoqués de part et d'autre dans le cadre de 

la procédure de recours seront examinés, si nécessaire, dans les considé-

rants en droit ci-après.  

Droit : 

1.  

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 LTAF, le Tribunal, en 

vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de 

l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF.  

En particulier, les décisions en matière de refus d'approbation à l'octroi, 

respectivement à la prolongation, d'une autorisation de séjour et de renvoi 

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prononcées par le SEM - lequel constitue une unité de l'administration fé-

dérale telle que définie à l'art. 33 let. d LTAF - sont susceptibles de recours 

au Tribunal (cf. art. 1 al. 2 LTAF).  

1.2 A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant le 

Tribunal est régie par la PA (art. 37 LTAF).  

1.3 Les recourantes ont qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA). Présenté 

dans la forme et les délais prescrits par la loi, le recours est recevable 

(art. 50 et 52 PA).  

2.  

La partie recourante peut invoquer devant le Tribunal la violation du droit 

fédéral, y compris l'excès ou l'abus du pouvoir d'appréciation, la constata-

tion inexacte ou incomplète des faits pertinents, ainsi que l'inopportunité de 

la décision entreprise, sauf lorsqu'une autorité cantonale a statué comme 

autorité de recours (cf. art. 49 PA). A teneur de l'art. 62 al. 4 PA, l'autorité 

de recours n'est pas liée par les motifs invoqués à l'appui du recours, ni 

par les considérants de la décision attaquée. Aussi peut-elle admettre ou 

rejeter le pourvoi pour d'autres motifs que ceux invoqués. Dans son arrêt, 

elle prend en considération l'état de fait régnant au moment où elle statue 

(ATAF 2014/1 consid. 2).  

3.  

En l'espèce, le SPOP a soumis l’affaire à l'approbation du SEM en confor-

mité avec la législation et la jurisprudence (à ce sujet, cf. ATF 141 II 169 

consid. 4.3.1, 4.3.2 et 6.1).  

Ni le SEM ni, a fortiori, le Tribunal ne sont liés par le préavis favorable des 

autorités cantonales de prolonger l'autorisation de séjour du recourant et 

peuvent parfaitement s'écarter de l'appréciation faite par cette autorité.  

4.  

A titre liminaire, on relève que si B._______ – laquelle contrairement aux 

déclarations faites en procédure d’asile n’est pas issue d’un viol – est née 

en Espagne, elle ne bénéficie pas de la nationalité espagnole et ne saurait 

dès lors se prévaloir de l’accord sur la libre circulation des personnes ; les 

recourantes ne le font d’ailleurs pas valoir. 

5.  

5.1 L'étranger n'a en principe pas un droit à la délivrance d'une autorisation 

de séjour, à moins qu'il ne puisse se prévaloir d'une disposition particulière 

http://links.weblaw.ch/BVGE-2014/1

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du droit fédéral ou d'un traité lui conférant un tel droit (ATF 135 II 1 con-

sid. 1.1 et réf. cit.). Selon l'art. 43 al. 1 LEtr, le conjoint d'un titulaire d’une 

autorisation d’établissement a droit à l'octroi d'une autorisation de séjour et 

à la prolongation de sa durée de validité à condition de faire ménage com-

mun avec lui ou de pouvoir se prévaloir de l’art. 49 LEtr.  

5.2 En l'espèce, la recourante 1 a obtenu une autorisation de séjour par 

regroupement familial à la suite de son mariage en mai 2010 avec un com-

patriote au bénéfice d’une autorisation d’établissement en Suisse. Compte 

tenu du fait que la séparation de ce couple doit être considérée comme 

définitive – le divorce a été prononcé en avril 2016 – et que leur vie com-

mune a duré moins de cinq ans, l’intéressée ne peut pas se prévaloir des 

dispositions de l'art. 43 LEtr ; elle ne le fait d’ailleurs pas.  

6.  

En conséquence, il convient d'examiner si l’intéressée peut se prévaloir 

d'un droit au renouvellement de son autorisation de séjour en vertu de 

l'art. 50 LEtr.  

7.  

7.1 Aux termes de l'art. 50 al. 1 let. a LEtr, après dissolution de la famille, 

le droit du conjoint à l'octroi d'une autorisation de séjour et à la prolongation 

de sa durée de validité en vertu des art. 42 et 43 LEtr subsiste si l'union 

conjugale a duré au moins trois ans et que l'intégration est réussie. Il s'agit 

de deux conditions cumulatives (cf. ATF 136 II 113 consid. 3.3.3).  

La notion d'union conjugale de l'art. 50 al. 1 let. a LEtr ne se confond pas 

avec le mariage. Alors que ce dernier peut être purement formel, l'union 

conjugale implique en principe la vie en commun des ex-époux, sous ré-

serve des exceptions mentionnées à l'art. 49 LEtr (cf. notamment ATF 136 

II 113 consid. 3.2). La période minimale de trois ans - qui ne peut pas être 

assouplie - commence à courir dès le début de la cohabitation effective des 

ex-époux en Suisse (ATF 136 II 113 consid. 3.3.3). A ce sujet, le TF a re-

tenu qu’il y avait en substance lieu de se baser sur la durée du ménage 

commun perceptible pour des tiers (« Dabei ist im Wesentlichen auf die 

Dauer der nach aussen wahrnehmbaren ehelichen Wohngemeinschaft ab-

zustellen » ATF 138 II 229 consid. 2 et réf. citée).  

On est en présence d'une communauté conjugale au sens de l'art. 50 LEtr 

lorsque la relation conjugale est effectivement vécue et que les ex-époux 

font preuve d'une volonté réciproque de vivre en union conjugale (cf. ATF 

http://links.weblaw.ch/ATF-135-II-1
http://links.weblaw.ch/ATF-136-II-113

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138 II 229 consid. 2 ; 137 II 345 consid. 3.1.2 et arrêt du TF 2C_340/2013 

du 28 juin 2013 consid. 2.1). Ainsi, l’existence d’un ménage commun n’im-

plique pas forcément celle d’une communauté conjugale effective. En effet, 

compte tenu des circonstances d’un cas concret, il se peut que, malgré 

l’existence d’un domicile commun des ex-époux, la communauté conjugale 

ne soit déjà plus donnée (cf. arrêt du TF 2C_970/2016 du 6 mars 2017 

consid. 2.4). Par ailleurs, si une véritable réconciliation et une nouvelle 

communauté de vie orientée vers le futur n’est pas sérieusement voulue 

par les deux ex-époux, une courte cohabitation entre deux périodes de sé-

paration n’est pas prise en compte dans le calcul du délai de 3 ans (cf. arrêt 

du TF 2C_847/2016 du 5 avril 2017 consid. 2.3.4). 

7.2 Dans la présente affaire, le SEM est d’avis que la réalité d’une commu-

nauté conjugale effective et vécue pendant trois ans n’est pas établie, ce 

qui est contesté par les recourantes. Elles affirment que la séparation offi-

cielle du couple serait intervenue en février 2014. Ces points de vue diver-

gents appellent les remarques suivantes. 

7.3 Tout d’abord, force est de constater que le couple a connu dès le début 

de graves difficultés conjugales.  

Ainsi, l’intéressée a indiqué que son ex-époux – avec lequel elle s’est ma-

riée alors qu’elle était sous le coup d’une décision de renvoi entrée en force 

et qu’une prolongation de son délai pour quitter le territoire helvétique lui 

avait été refusée (dossier N, lettre du 19 janvier 2010 du SEM) – la trompait 

dès leur première année de mariage. Elle s’en serait tant bien que mal 

accommodée (pce TAF 1 p. 13). L’ex-époux a d’ailleurs conçu en sep-

tembre 2010, soit à un moment où la recourante 1 se serait absentée du 

domicile conjugal (pce TAF 14 p. 3), un enfant adultérin avec C._______, 

une compatriote requérante d’asile faisant alors ménage commun avec le 

couple. L’intéressée aurait toutefois accepté de cohabiter avec cet enfant 

dans la mesure où elle se comportait de manière adéquate avec lui et ne 

lui faisait pas porter « sa tristesse d’avoir dû subir l’infidélité de son mari » 

(attestation du service de protection de la jeunesse du 22 juin 2015 [pce 

TAF 14 annexe 8]). C._______ aurait fait ménage commun avec le couple 

tant en 2010 (pce SPOP p. 191 p. 2 et pce TAF 1 p. 13 ch. 1.3.1) qu’en 

2011 (cf. pces SPOP 202, 191 et 193).  

En 2011, l’intéressée aurait quitté le domicile conjugal pendant quelques 

temps, voire plusieurs mois (pces SPOP 191 et 193). Une procédure en 

annulation de mariage pour bigamie a été ouverte à son encontre fondée 

sur les propos du père de sa fille (lequel a aussi allégué que l’ex-époux de 

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l’intéressée était en réalité son frère), sans toutefois aboutir en raison du 

fait qu’elle reposait sur l’existence de deux documents contradictoires éma-

nant des autorités congolaises. En octobre 2012, la police a procédé à une 

enquête de voisinage. Cette dernière a indiqué dans son rapport que le 

couple était enclin à de nombreuses disputes finissant souvent avec l’in-

tervention de la police et a constaté ce jour-là la présence d’C._______ 

dans l’appartement du couple, ce qui n’aurait pas étonné l’ex-époux (pce 

SPOP 166). Apprenant cette présence au domicile conjugal, l’intéressée 

aurait à nouveau quitté ce dernier pendant deux mois (pces SPOP 193 p. 

3 et 191 p. 4). Selon l’ex-époux, C._______ venait de temps en temps au 

domicile conjugal, notamment pour les visites parentales ; les ex-époux 

auraient alors eu pour habitude de quitter le domicile conjugal pendant 2 à 

3 jours (pce SPOP 191 p. 2). Suite à cette enquête policière, la recourante 

1 aurait une nouvelle fois quitté celui-ci pendant deux mois (pce SPOP p. 

193 p. 4). Elle a affirmé n’avoir appris la paternité de son ex-époux qu’en 

décembre 2012, période à laquelle celui-ci a procédé aux formalités de 

reconnaissance (pce SPOP 193 p. 3).  

De surcroît, la recourante 1 aurait découvert en août 2013 que son ex-

époux « la trompait encore avec Madame D._______ », soit avec la per-

sonne à laquelle le couple avait sous-loué un appartement (annexes pce 

SPOP 191 et pce TAF 28 let j p. 3). Cette relation aurait été camouflée sous 

un « soi-disant rapport de travail » selon l’intéressée (pce SYMIC p. 78) ; 

en effet, le couple n’aurait vécu que dans une partie de l’appartement, lais-

sant à la maîtresse une pièce en tant qu’atelier de travail, pièce constituant 

également le bureau de l’ex-époux. Ce dernier a déclaré en avril 2013 que 

« nous sommes justes des connaissances, nous n’avons jamais eu de re-

lations. En fait j’ai dit à ma femme que c’est une connaissance mais en 

vérité c’est une amie proche » (sic, pce SPOP 191 p. 3). Priée d’expliquer 

sa séparation lors de son audition en août 2014, la recourante 1 a indiqué : 

« Il a retiré le 2ème pilier sans rien me dire alors que nous vivions avec mon 

enfant dans un 1pce […] lui est parti en Afrique avec cette somme […] Il a 

une fille qu’il entretient, ils ont eu un enfant ensemble. C’est moi qui as-

sume tout financièrement et lui fait sa vie en Afrique. […] Maintenant il vit 

chez [sa maîtresse…], c’est la 2ème fois qu’il me fait ce coup. […] S’il veut 

que nous revivions ensemble il faut qu’il me rende l’argent et qu’on rem-

bourse les poursuites. Et puis il sort avec D._______ alors qu’il dit m’aimer. 

Je dois penser à ma fille. Il ment comme il respire » (sic, pce SYMIC p. 46 

et 47). La recourante 1 a rappelé le caractère volage de son ex-époux dans 

son pli d’octobre 2014 et a souligné qu’elle avait été trompée dans son 

projet de vie conjugale (pce SYMIC p. 70). 

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7.4 Ensuite, le Tribunal constate que les propos des recourantes (et des 

ex-époux) quant aux diverses adresses auxquelles le couple aurait vécu 

sont contradictoires et relèvent d’importantes incohérences avec les docu-

ments versés en cause.  

Ainsi, à en croire ces pièces, le couple aurait vécu dès janvier 2013, soit 

avant l’écoulement des trois ans, à (…) tant à la route Y._______ (à titre 

d’exemple, ordonnance du juge de paix de juin 2013 notifié à l’ex-époux 

[pce SPOP 200] et document de la ville de (…) de décembre 2013 concer-

nant l’intéressée [pce SPOP 215] et attestation de l’aide sociale de dé-

cembre 2013 [pce SPOP 219]) qu’à la rue du X._______ (à titre d’exemple, 

déclarations de l’intéressée de janvier 2013 [pce SPOP 184 p. 2], audition 

de l’intéressée d’avril 2013 où elle a déclaré avoir déménagé à cette 

adresse en janvier 2013 après avoir vécu à la route Y._______ [pce SPOP 

193 p. 2 et 3], attestations que l’intéressée vit à cette adresse dès janvier 

2013 [pce SPOP 186 et 188] et contrat de travail d’août 2013 [pce SYMIC 

p. 41] et attestation de janvier 2013 de la locataire concernant les deux ex-

époux [annexe pce SPOP 191]). Même dans le mémoire de recours, les 

recourantes ont laissé subsister le doute en affirmant, d’une part, sous-

louer depuis le 1er janvier 2013 l’appartement de 2.5 pièces à D._______, 

soit celui à la rue du X._______ (pce TAF 1 p. 6 et réf. citées) et, d’autre 

part, être restées à la route Y._______ suite à la séparation des ex-époux 

en février 2014 (pce TAF 1 p. 8 et réf. citée).  

Par mesure d’instruction du 16 février 2017, le Tribunal a invité les recou-

rantes à lui communiquer les différentes adresses auxquelles elles avaient 

vécues depuis leur arrivée en Suisse romande, avec indications des dates, 

des raisons de déménagements et des personnes vivant dans le même 

ménage, pièces idoines à l’appui, et les a rendues attentives à leur devoir 

de collaboration et au fait que, si elles n'étaient pas en mesure de fournir 

les pièces requises, elles étaient tenues d'en indiquer les raisons de ma-

nière circonstanciée, faute de quoi leur absence pouvait être retenue en 

leur défaveur dans l'appréciation des preuves. Par réponse du 17 mars 

2017, les recourantes ont déclaré avoir vécu avec l’ex-époux du 30 avril 

2012 au 1er janvier 2013 à (…) et depuis lors à (…) à la route Y._______. 

Elles ont expliqué ne pas avoir pu retrouver les attestations de domicile 

avant avril 2012, l’ex-mari s’occupant alors du volet administratif de la vie 

de couple (pce TAF 24 let. k). Cela semble peu crédible, dès lors qu’il leur 

aurait suffi de s’adresser à la commune idoine. Elles ont versé en cause 

des pièces attestant que les ex-époux étaient domiciliés à (…) du 30 avril 

2012 au 1er janvier 2013. Concernant la route Y._______, elles ont transmis 

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au Tribunal des documents confirmant que les recourantes y étaient domi-

ciliées dès le 1er janvier 2013 (pce TAF 24 annexes 21/4 et 21/5) et un 

formulaire sur lequel l’ex-époux a déclaré vivre dès janvier 2013 à la rue 

du X._______ (pce TAF 24 annexe 21/6). Par la suite, les recourantes ont 

transmis au Tribunal une attestation indiquant que l’ex-époux était domicilié 

à la route Y._______ dès janvier 2013 (pce TAF 26 annexe 26). Les recou-

rantes n’ont pas donné suite à l’invitation, par ordonnance du 29 mars 

2017, de se prononcer sur l’incohérence existant entre l’attestation et le 

formulaire concernant l’ex-époux. Après avoir été à nouveau interpellées 

sur les raisons des différents déménagements (pce TAF 27), les recou-

rantes ont expliqué que le couple avait cherché un appartement plus grand 

pour y héberger toute la famille et que, finalement, un ami leur serait venu 

en aide et aurait signé le bail à la route Y._______ (pce TAF 28 p. 3 let. k). 

Or, il s’avère que cet appartement ne comporte qu’une seule pièce (pce 

SPOP 204), que seule la recourante 1 l’a sous-loué (ibid.) et que le couple 

(ou la recourante) aurait séjourné (en partie) à cette adresse dès novembre 

2011 (pces SPOP 117 [formulaire de sous-location et formulaire de chan-

gement d’adresse], 191 p. 4 et 193 p. 3). Non seulement les déclarations 

des recourantes concernant la route Y._______ sont contradictoires et in-

cohérentes, mais celles-ci n’ont pas estimé utile de fournir une explication 

concernant la majorité des pièces au dossier attestant d’un domicile à la 

rue du X._______ (p. ex. annexes pce SPOP 191). 

7.5 Contrairement à ce que semblent croire les recourantes (pce TAF 1 

p. 13 ch. 3.1.4), il n’appartient pas au SEM d’établir que le mariage a perdu 

toute substance avant les trois ans, mais bien à elles de prouver, en vertu 

des règles générales sur la répartition du fardeau de la preuve (cf. art. 8 

CC par analogie), l’existence d’une véritable communauté de vie pendant 

trois ans. En outre, les intéressées méconnaissent que la maxime inquisi-

toire régissant la procédure administrative (selon laquelle les autorités dé-

finissent les faits pertinents et les preuves nécessaires, qu'elles ordonnent 

et apprécient d'office) ne dispense pas l’administré de prêter son concours 

à l'établissement des faits pertinents, spécialement dans les procédures 

qu’il introduit lui-même dans son propre intérêt (cf. art. 13 al. 1 let. a PA). 

Ce devoir de collaborer est particulièrement étendu dans le cadre des pro-

cédures relevant du droit des étrangers (ainsi qu’il appert de l’art. 90 LEtr, 

une disposition spéciale imposant notamment à l'étranger le devoir de four-

nir des indications exactes - autrement dit, conformes à la vérité - et com-

plètes sur l'ensemble des éléments déterminants pour la réglementation 

de ses conditions de séjour et de produire sans retard les moyens de 

preuve nécessaires) et, de manière plus générale, lorsqu'il s'agit d'établir 

des faits que l'administré est mieux à même de connaître que l'autorité, par 

F-1332/2015 

Page 11 

exemple parce qu'ils ont trait à sa situation personnelle (cf. ATF 133 III 507 

consid. 5.4). Il est par ailleurs d’autant plus central en l’espèce que le dos-

sier contient de nombreux indices parlant en défaveur d’une cohabitation 

et d’une véritable communauté conjugale pendant 3 ans (cf., pour compa-

raison, arrêt du TF 2C_936/2016 du 17 mars 2017 consid. 2.3). 

Dans le cas présent, même après plusieurs mesures d’instruction avertis-

sant explicitement les recourantes des conséquences d’un manque de 

preuve, ces dernières ne sont parvenues ni à établir clairement les diffé-

rents domiciles des ex-époux ni à expliquer les contradictions pouvant exis-

ter entre certains documents officiels. Bien au contraire, leurs déclarations 

ont ajouté à la confusion déjà existante sur ce point. Elles n’ont au demeu-

rant pas fait valoir que le couple, alors que les conjoints faisaient ménage 

commun, disposait de deux domiciles à deux adresses différentes et ne se 

sont pas prévalues de l’exception de domiciles séparés réglée à l’art. 49 

LEtr. Force est en conséquence d’admettre qu’il n’est nullement établi que 

les ex-époux ont continué, du moins depuis janvier 2013, à cohabiter en-

semble sous le même toit. Il en va d’ailleurs de même de l’existence d’une 

communauté de vie effective pendant au moins 3 ans.  

7.6 Au vu de tout ce qui précède, le Tribunal ne saurait admettre que l’in-

téressée remplit l’une des conditions requises par l’art. 50 al. 1 let. a LEtr, 

à savoir une vie conjugale effective vécue pendant 3 ans. Il n’est dès lors 

pas nécessaire d’examiner si l’intégration des recourantes peut être consi-

dérée comme réussie au sens de cette même disposition. 

8.  

Selon l'art. 50 al. 1 let. b LEtr, après dissolution de la famille, le conjoint 

étranger peut obtenir la prolongation de son autorisation de séjour si la 

poursuite de son séjour en Suisse s'impose pour des raisons personnelles 

majeures (cf. ATF 137 II 345 consid. 3.2.1).  

8.1  L'art. 50 al. 2 LEtr (cf. aussi art. 77 al. 2 OASA) précise qu'il existe de 

telles raisons notamment lorsque le conjoint est victime de violence conju-

gale, que le mariage a été conclu en violation de la libre volonté d'un des 

ex-époux ou que la réintégration sociale dans le pays de provenance 

semble fortement compromise (ATF 136 II 1 consid. 5). L'énumération de 

ces cas n'est pas exhaustive et laisse aux autorités une certaine liberté 

d'appréciation fondée sur des motifs humanitaires (ATF 136 II 1 consid. 

5.3).  

http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=%222C_289%2F2012&rank=0&azaclir=aza&highlight_docid=atf%3A%2F%2F136-II-1%3Afr&number_of_ranks=0#page1
http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=%222C_289%2F2012&rank=0&azaclir=aza&highlight_docid=atf%3A%2F%2F136-II-1%3Afr&number_of_ranks=0#page1
http://links.weblaw.ch/ATF-136-II-1

F-1332/2015 

Page 12 

S'agissant plus spécifiquement de la réintégration sociale dans le pays de 

provenance, l'art. 50 al. 2 LEtr exige qu'elle semble fortement compromise 

("stark gefährdet"). La question n'est donc pas de savoir s'il est plus facile 

pour la personne concernée de vivre en Suisse, mais uniquement d'exa-

miner si, en cas de retour dans le pays d'origine, les conditions de sa réin-

tégration sociale, au regard de sa situation personnelle, professionnelle et 

familiale, seraient gravement compromises (voir à ce sujet ATF 136 II 1 

consid. 5.3 ; arrêts du TF 2C_837/2016 du 23 décembre 2016 consid. 1.2  

et 2C_779/2016 du 13 septembre 2016 consid. 4.2 et réf. citées). Il importe 

d'examiner individuellement les circonstances au regard de la notion large 

de "raisons personnelles majeures" contenue à l'art. 50 al. 1 let. b LEtr, 

mais, en principe, "rien ne devrait s'opposer à un retour lorsque le séjour 

en Suisse a été de courte durée, que la personne en cause n'a pas établi 

de liens étroits avec la Suisse et que sa réintégration dans son pays d'ori-

gine ne pose aucun problème particulier" (FF 2002 II 3511 et cf. arrêt du 

TAF C-2856/2010 du 22 octobre 2012 consid. 5.1 et réf. cit.).  

Les critères énumérés à l'art. 31 al. 1 OASA peuvent à cet égard jouer un 

rôle important, même si, pris isolément, ils ne sauraient fonder un cas indi-

viduel d'une extrême gravité. Cette disposition comprend une liste exem-

plative des critères à prendre en considération pour juger de l'existence 

d'un cas individuel d'une extrême gravité, soit l'intégration, le respect de 

l'ordre juridique, la situation familiale, la situation financière et la volonté de 

prendre part à la vie économique et d'acquérir une formation, la durée de 

la présence en Suisse, l'état de santé et les possibilités de réintégration 

dans le pays d'origine. Il convient en outre de tenir compte des circons-

tances qui ont conduit à la dissolution du mariage (cf. ATF 137 II 1 con-

sid. 4.1).  

8.2 En l’espèce, le Tribunal examinera les critères énumérés à l’art. 31 

OASA, puis procédera à une appréciation globale du cas d’espèce. On 

rappellera à cet endroit que des raisons personnelles majeures au sens de 

l’art. 50 al. 2 LEtr doivent découler de l’union conjugale en cause ou du 

moins revêtir un certain lien avec elle. 

8.2.1 Tout d’abord, on notera que les recourantes se trouvent en Suisse 

depuis mai 2005, soit depuis plus de 12 ans. Toutefois, il y a lieu de rappe-

ler que les intéressées n’ont pas respecté le délai de départ suite au rejet 

de leur demande d’asile fondée notamment sur des déclarations menson-

gères ou jugées invraisemblables (cf. arrêt du TAF F-7475/2007 du 23 no-

vembre 2009 consid. 6.3.2) et qu’elles n’ont bénéficié d’une autorisation de 

séjour que durant une seule année, soit entre décembre 2010 et décembre 

http://links.weblaw.ch/ATF-136-II-1
http://links.weblaw.ch/BBl-2002-II-3511
http://links.weblaw.ch/BVGer-C-2856/2010

F-1332/2015 

Page 13 

2011 (et ce malgré la situation financière très précaire du couple, cf. pces 

TAF 1 p. 5 ch. 13, SPOP 20 et 101 et SYMIC 2, l’ex-époux ayant d’ailleurs 

été condamné pour escroquerie à l’aide sociale en 2014). Cela étant, il 

convient d'accorder une importance particulière à la situation de 

B._______, dès lors qu'elle a passé presque toute son enfance et son ado-

lescence en Suisse. Cette période constitue en effet une phase essentielle 

du développement personnel, scolaire et professionnel, entraînant une in-

tégration accrue dans un milieu déterminé (ATF 123 II 125 consid. 4b). 

8.2.2 Ensuite, on remarquera en faveur des recourantes que l’extrait judi-

ciaire de l’intéressée est vierge (pce TAF 24 annexe 12). On ne saurait 

cependant passer sous silence, d’une part, que la recourante 1 a bénéficié 

des prestations de l’aide étatique et, d’autre part, que, dès lors qu’elle n’au-

rait bénéficié d’aucune autorisation de travailler entre février 2012 et fin 

novembre 2012 (pce TAF 1 p. 4 ch. 8 et p. 5 ch. 14), elle semble avoir 

exercé illégalement une activité lucrative en septembre et octobre 2012 

(pces Office régional de placement [ci-après : ORP] 24 p. 2 et 3, SPOP 176 

et 192 et TAF 1 ch. 18 en lien avec SPOP 166 et 193 p. 3). A ce sujet, elle 

a d’ailleurs admis qu’une activité clandestine serait susceptible de justifier 

le non-renouvellement de son autorisation de séjour (pce TAF 1 p. 15). On 

rappellera encore que l’absence d’infractions pénales est en principe at-

tendue de tout étranger désireux de s'établir durablement en Suisse et ne 

constitue donc pas un élément extraordinaire (arrêt du TF 2C_779/2016 du 

13 septembre 2016 consid. 4.2). 

8.2.3 S’agissant de la situation professionnelle de la recourante 1, elle au-

rait travaillé en tant que maman de jour entre 2005 et 2008 dans le canton 

de Zurich (pce ORP p. 113). Dans le canton de Vaud, l’intéressée aurait 

activement recherché du travail dès le début (pce SPOP 156) ; on ne sau-

rait toutefois passer sous silence le fait qu’elle a fait l’objet de plusieurs 

sanctions de la part de l’Office régional de placement (cf. bordereau dos-

sier ORP). Elle a travaillé entre décembre 2010 et février 2011 auprès de 

E._______ , puis du 11 mars au 7 décembre 2011 auprès de F._______ en 

tant qu’ouvrière. Elle a bénéficié du revenu d’insertion du 1er février 2010 

au 30 novembre 2012 (pces TAF 24 annexe 13 et 28 annexe 32), étant 

précisé qu’elle n’a, selon ses dires, pas été autorisée à exercer une activité 

lucrative entre février et novembre 2012 (pce TAF 1 p. 4 ch. 8 et p. 5 ch. 

14). En août 2012, elle a signé un contrat avec G._______ (pce SPOP 173 

p. 6) et a été engagée pour diverses missions, par exemple en septembre 

2012 pour 4 jours (pce SPOP 192 p. 5ss). Elle a ensuite effectué une mis-

sion temporaire auprès de H._______ en décembre 2012 (pce SPOP 179 

et 177), puis a été engagée dès février 2013 en tant que nettoyeuse à 50 % 

http://links.weblaw.ch/ATF-123-II-125

F-1332/2015 

Page 14 

auprès de I._______. Si elle devait certes s’occuper de sa fille alors âgée 

de moins de 10 ans, son argumentation, selon laquelle elle n’aurait pas 

cherché un travail à temps complet « parce qu’elle pouvait partir du prin-

cipe que son mari devait être en mesure de subvenir aux besoins de la 

famille » est sans pertinence (pce TAF 1 p. 14). Elle a été inscrite auprès 

de l’assurance-chômage d’octobre 2010 à janvier 2011 et de décembre 

2011 à juillet 2013, sans toutefois bénéficier d’une indemnité journalière 

chômage (pce TAF 28 annexe 31). Ce n’est que depuis août 2013 qu’elle 

exerce une activité lucrative stable auprès de la « J._______ » à (…), suc-

cursale d’une compagnie limitée anglaise ([…]) sise à Londres. La recou-

rante 1 a précisé qu’il s’agissait en réalité de l’enseigne K._______ et que 

le magasin se trouverait à Z._______ (pce TAF 1 p. 7 ch. 22). Certains de 

ses propos au sujet de cette entreprise restent toutefois peu clairs. Elle 

indique ainsi qu’elle a été engagée en tant que simple vendeuse dès le 21 

août 2013, ce qui appert également du contrat de travail versé en cause 

(pces TAF 7 ch. 22 et SYMIC p. 41). Or, il ressort du registre commercial 

vaudois et anglais qu’elle a bien été inscrite en tant que directrice générale 

de cette entreprise ; elle semble d’ailleurs avoir toujours été l’unique per-

sonne habilitée à représenter cette société (cf. […], sites  consulté en no-

vembre 2017). Le fait que le contrat de travail daté d’août 2013 établi ap-

paremment entre la société et la recourante 1 ne mentionne pas le nom de 

la personne ayant signé au nom de la société interroge ; d’ailleurs, il existe 

deux versions de ce contrat dans le dossier, avec des signatures diffé-

rentes (pces SPOP 209 et 211 p. 5). De plus, le but de la société semble 

peu clair : si l’extrait du registre du commerce cantonal vaudois mentionne 

« fabrication et commerce de produits carnés et spécialités de boucherie, 

charcuterie et autres biens de consommation; commerce d'animaux, pro-

duits et moyens de production nécessaires à leur préparation, fabrication, 

conservation, distribution et vente; exploitation de boucheries-charcuteries 

et commerces d'alimentation, en Suisse ou à l'étranger », la recourante 1 

a indiqué avoir dû voyager à plusieurs reprises en Chine pour acheter des 

cheveux (pce TAF 28). Interpellée en mars 2017 sur les quelques impréci-

sions et incohérences ressortant du bilan de la société, en particulier du 

poste salaire et AVS, l’intéressée a simplement répondu qu’il ne s’agissait 

que « de pure question de détail » (la différence pourrait, selon elle, prove-

nir en partie de la charge patronale AVS ainsi que des frais de transports 

et de collation) et que sa fiduciaire n’avait pas encore pris position – elle 

ne l’a d’ailleurs pas fait jusqu’à présent (pces TAF 27 et 28 p. 2 et 5). L’in-

téressée n’est pas non plus en mesure de transmettre les documents fis-

caux de la société (pce TAF 28 p. 2). Enfin, on soulignera que ladite société 

a été taxée d’office en 2012 et dans un premier temps en 2013 et 2014 

(pce TAF 24 p. 2 let. d) et a subi des pertes en 2013 et 2014 (pces TAF 28 

https://www.zefix.ch/de/search/entity/list/firm/1027703?name=bonne%20viande&searchType=default

F-1332/2015 

Page 15 

annexe 27 et 35 annexes 38). Quoiqu’il en soit, depuis août 2013, l’intéres-

sée gagnerait plus de 3'000 francs nets par mois, versés en espèces en 

main propre. S’il n’existe certes aucune traçabilité de ce revenu (les extraits 

de son compte postal indiquent des versements irréguliers effectués, à 

quelques exceptions près, à l’office de poste de Z._______, variant entre 

10 et presque 4'000 francs [pour l’année 2016 près de 25’200 francs et 

2015 environ 34’700 francs], pce TAF 24 annexe 17), il n’en reste pas 

moins qu’elle a déclaré ces montants tant à l’AVS qu’aux autorités fiscales 

(pce TAF 28 annexes 28 et 29). On relèvera toutefois à cet endroit que la 

taxation fiscale personnelle de l’intéressée concernant l’année 2015 ne 

mentionne qu’un revenu imposable de 30’364 francs (pce TAF 35 annexe 

35). Au vu de ce qui précède, on retiendra en faveur de l’intéressée qu’elle 

a fait des efforts dès les débuts pour s’intégrer professionnellement et 

qu’elle n’est plus tributaire du revenu d’insertion depuis décembre 2012 

(pce SYMIC p. 42). On relèvera également en faveur de l’intéressée qu’il 

appert du seul certificat de travail au dossier que son employeur a été sa-

tisfait de son travail, la décrivant comme une personne consciencieuse et 

appliquée fournissant un travail de qualité et faisant montre de motivation 

et de bonne humeur (pce SPOP 165). Il n’en reste pas moins que, pour les 

raisons exposées ci-dessus, les explications sur la situation profession-

nelle et les données salariales fournies par la recourante restent sujettes à 

caution et que de sérieux doutes subsistent quant à sa capacité à rester 

indépendante financièrement à court ou moyen terme. Il s’ensuit que la 

situation professionnelle de l’intéressée n’est pas suffisante pour que cette 

circonstance suffise en soi à admettre la présence d’un cas de rigueur au 

sens de l’art. 50 al. 1 let. b LEtr dans la présente affaire. 

8.2.4 En parallèle, on observe également une évolution de la situation fi-

nancière qui est certes globalement positive mais ne donne pas entière-

ment satisfaction. Ainsi, si la recourante 1 a fait l’objet de nombreuses pour-

suites par le passé, imputables en partie à son ex-époux, elle n’en a plus 

qu’une seule à son actif. Les créanciers des 13 actes de défauts de biens 

(environ 10'000 francs) encore inscrits sur l’extrait le plus récent de l’Office 

des poursuites sont avant tout des assurances et l’état de Vaud (pce TAF 

24 annexe 10). On rappellera à cet endroit que les recourantes ne bénéfi-

cient plus de l’aide étatique depuis plus de quatre ans. 

8.2.5 S’agissant de B._______, il faut tout d’abord rappeler qu’elle n’a ja-

mais connu son pays d’origine et a grandi en Suisse depuis ses 2 ans. 

Ensuite, elle maîtrise la langue française et effectue une scolarité sans in-

cidents. Il appert des lettres de ses enseignants versées en cause que l’in-

téressée est une excellente élève, très appliquée, motivée, autonome, qui 

F-1332/2015 

Page 16 

participe bien en classe, fait preuve de beaucoup de maturité et atteint 

d’excellents résultats (pce SYMIC p. 32 et 33). Elle obtient en outre de 

bonnes notes, proche du 5 sur 6, sauf en mathématiques, branche dans 

laquelle elle suit des cours d’appui depuis l’année passée, ce qui lui permet 

de réussir aisément sa scolarité. Elle a d’ailleurs pu passer récemment en 

voie prégymnasiale (pce TAF 35 annexe 41, 24 annexes 20/4 à 20/9 et 14 

annexe 7). Force est ainsi de constater que B._______ est, à l’aune de ses 

15 ans, parfaitement intégrée en Suisse, où elle a séjourné suite au ma-

riage de sa mère en mai 2010. Il s’agit donc d’un élément de poids à pren-

dre dûment en compte dans l’appréciation globale du cas. 

8.2.6 Enfin, les recourantes arguent que la réintégration de B._______ au 

Congo serait impossible (pce TAF 28 p. 5 ch. 5). Au vu de ce qui a été 

retenu ci-dessus, un éventuel retour au pays demandera sans aucun doute 

de très grands efforts et une longue période d’adaptation, notamment 

B._______, ce qu’il conviendra de prendre en compte dans l’examen glo-

bal (consid. 8.3 infra ; cf., pour comparaison, arrêt du TAF F-5876/2014 du 

15 novembre 2016 consid. 6).  

On notera à cet endroit que les recourantes ont indiqué ne plus avoir de 

famille ; en effet, la mère de A._______ serait décédée lorsqu’elle n’était 

âgée que de 4 ans, soit vers 1979, et son père en 1999/2000 (pce TAF 28 

let. l ; pour comparaison pce SYMIC p. 77). En septembre 2013, la pré-

nommée a indiqué avoir perdu sa mère et son frère en 1977 et son père 

en 1984. Elle aurait vécu avec son père adoptif jusqu’en 1998 environ, au-

rait été mariée pendant une année, puis, se retrouvant veuve, aurait à nou-

veau vécu auprès de son père adoptif jusqu’à ce qu’il meure en 2000 (pces 

SPOP 121 et 210 [lettre du 2 septembre 2013]). Elle a également indiqué 

avoir emmené le père de la recourante 2 chez ses parents adoptifs en 2001 

(pce SPOP 110). Selon une lettre de ce dernier, la grand-mère de la recou-

rante 2 s’appellerait L._______ et habiterait en Suisse (pce SPOP 104). 

Selon la recourante 1, cette personne serait en réalité sa mère adoptive 

(pce SPOP 121 p. 12 ch. 63 et 68, voir explications incohérentes p. 21). 

Or, il ressort du Système d’information central qu’une personne du nom de 

L._______ vit à la route Y._______ depuis juin 2017. Elle serait entrée en 

Suisse en 2008 et bénéficierait d’un permis F. En réponse à l’ordonnance 

du Tribunal du 29 mars 2017, les recourantes ont cependant indiqué ne 

pas avoir de famille – la recourante 1 semble toutefois considérer cette 

personne comme sa mère (cf. pce SPOP 110) – et n’ont pas mentionné 

(bientôt) faire ménage commun avec une autre personne. A toutes fins 

utiles, on remarquera encore, d’une part, que, dans son rapport d’arrivée à 

F-1332/2015 

Page 17 

(…), la recourante 1 a indiqué, contrairement à ses déclarations ulté-

rieures, avoir un fils né en 1995 (pce SPOP 12 p. 4), et, d’autre part, qu’on 

ne voit pas en quoi le fait qu’elle serait fille unique expliquerait qu’elle n’ait 

jamais connu la famille de ses parents (pce TAF 28 let. l).  

8.3 Au vu de tout ce qui précède et après avoir procédé à une appréciation 

globale de la présente affaire, le Tribunal estime que, bien qu’il ne s’agisse 

pas d’un cas évident, il se justifie d’admettre des raisons personnelles ma-

jeures au sens de l’art. 50 al. 1 let. b LEtr en relation avec l’art. 31 OASA, 

en raison de l’intégration poussée de l’adolescente B._______ et du fait 

que la recourante 1 parvient depuis plusieurs années à être indépendante 

financièrement. 

8.4 Le Tribunal avertit toutefois A._______ qu’en cas de détérioration de 

sa situation financière, les autorités d’exécution de la LEtr pourraient être 

amenées à procéder à une nouvelle appréciation de la situation et qu’il lui 

appartiendra à tout moment de prouver son intégration socioprofession-

nelle par des moyens de preuves idoines. Par ailleurs, un nouvel examen 

de l’autorisation de séjour de la recourante 1 devra au plus tard avoir lieu 

lorsque sa fille B._______ atteindra l’âge de la majorité. Il se justifie donc 

de garder les dossiers des recourantes sous contrôle fédéral pendant les 

prochaines années, étant précisé que les approbations aux autorisations 

de séjour des recourantes seront délivrées par l’autorité inférieure pour une 

durée d’une année et que le SPOP devra donc à chaque reprise soumettre 

le dossier pour approbation au SEM pour le moins jusqu’à ce que 

B._______ atteigne l’âge de la majorité. 

9.  

En conséquence, le recours doit être admis, la décision attaquée annulée 

et la prolongation de l'autorisation de séjour en faveur des recourantes ap-

prouvée, étant précisé que le dossier des recourantes reste sous contrôle 

fédéral dans le sens du considérant 8.4. 

10.  

10.1 Bien qu'elle succombe, l'autorité inférieure n'a pas à supporter de frais 

de procédure (art. 63 al. 2 PA). 

Obtenant gain de cause, les recourantes n'ont pas à supporter de frais de 
procédure (cf. art. 63 al. 1 a contrario et al. 3 PA).  

10.2 En l'absence de note d'honoraires produite, le Tribunal de céans est 

fondé à estimer les dépens (cf. art. 64 al. 1 PA en relation avec l'art. 7 du 

F-1332/2015 

Page 18 

règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités 

fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]). Compte 

tenu de l'importance de l'affaire et du degré de difficulté de cette dernière, 

mais aussi des déclarations contradictoires fournies par les intéressées, le 

Tribunal retient, au regard des art. 8 ss FITAF, que le versement d'un mon-

tant de 2’500 francs, y compris supplément TVA selon l’art. 9 al. 1 let. c 

FITAF, à titre de dépens pour les prestations nécessaires du mandataire 

apparaît comme équitable en la présente cause. 

(Dispositif à la page suivante) 

  

F-1332/2015 

Page 19 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

1.1 Le recours est admis dans le sens des considérants 8.3 et 8.4 et la 

décision querellée annulée. 

1.2 La prolongation d’une autorisation de séjour en faveur des recourantes 

est approuvée pour une durée d’une année, étant précisé que les dossiers 

des recourantes restent sous contrôle fédéral. 

1.3 A._______ est avertie que, pour le moins jusqu’à ce que B._______ 

atteigne l’âge de la majorité, les autorités compétentes seront chaque an-

née appelées à procéder à une nouvelle appréciation de sa situation. 

2.  

Il n’est pas perçu de frais de procédure. L’avance de frais, d’un montant de 

1'200 francs et versée le 31 mars 2015, sera restituée aux recourantes, 

dès l’entrée en force du présent arrêt. 

3.  

L’autorité inférieure versera une indemnité de 2’500 francs aux recou-

rantes, à titre de dépens. 

4.  

Le présent arrêt est adressé : 

– aux recourantes, par l’entremise de leur mandataire (acte judiciaire ; 

annexe : un formulaire "adresse de paiement" à retourner dûment 

rempli au Tribunal administratif fédéral au moyen de l'enveloppe ci-

jointe) 

– à l'autorité inférieure, dossiers SYMIC […]/[…] et N […]* en retour ; 

– en copie, au Service de la population du canton de Vaud, pour 

information, avec dossiers en retour. 

L'indication des voies de droit se trouve à la page suivante. 

Le président du collège : La greffière : 

  

 

Yannick Antoniazza-Hafner Anna-Barbara Adank 

 

F-1332/2015 

Page 20 

Indication des voies de droit : 

Le présent arrêt peut être attaqué devant le Tribunal fédéral, 1000 

Lausanne 14, par la voie du recours en matière de droit public, dans les 

trente jours qui suivent la notification (art. 82 ss, 90 ss et 100 LTF). Le 

mémoire doit être rédigé dans une langue officielle, indiquer les 

conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. L’arrêt 

attaqué et les moyens de preuve doivent être joints au mémoire, pour 

autant qu'ils soient en mains du recourant (art. 42 LTF). 

 

Expédition :