# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 9e308302-f88a-5831-8646-b7c92bbe315f
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2009-09-08
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 08.09.2009 A/3525/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-3525-2008_2009-09-08.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/3525/2008-PE ATA/436/2009  

ARRÊT 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 8 septembre 2009 

 

dans la cause 

 

Monsieur J______ 
représenté par Me Nils De Dardel, avocat  

contre 

OFFICE CANTONAL DE LA POPULATION 
 

_________ 

Recours contre la décision de la commission cantonale de recours en matière 
administrative du 31 mars 2009 (DCCR/302/2009) 

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A/3525/2008 

EN FAIT 

1.  Monsieur J______, né le ______ 1977, connu également sous l’identité de 
X_______ ou Y______ J______, né le ______ 1982, ressortissant du Kosovo, 
célibataire, sans enfant, est arrivé en Suisse en 1999.  

2.  Sans quitter la Suisse, sauf pour de brefs séjours en France où il a déposé 
une demande d’asile qui a été refusée, M. J______ a fait l’objet des décisions, 
mesures et sanctions suivantes :  

 - 27 novembre 2000 : décision de non entrée en matière sur sa demande 
d’asile et de renvoi de Suisse, prononcée par l’office fédéral compétent, devenu 
depuis lors l’office fédéral des migrations (ci-après : ODM) ; 

 - 13 février 2002 : interdiction d’entrée en Suisse valable jusqu’au 2 février 
2005, prononcée par l’ODM en raison d’infractions graves aux prescriptions de 
police des étrangers (entrée, séjour et travail sans autorisation et absence de 
passeport national valable), et parce que son retour en Suisse était indésirable pour 
des motifs préventifs d’assistance publique. Cette décision lui a été notifiée le 26 
juin 2002 ; 

 - 27 août 2007 : ordonnance de condamnation du Procureur général, lui 
infligeant une peine pécuniaire de trente jours-amende avec sursis pendant trois 
ans et une amende CHF 500.- pour infraction à la législation fédérale sur le séjour 
des étrangers.  

3.  Le 22 janvier 2008, M. J______ a déposé auprès de l’office cantonal de la 
population (ci-après : OCP) une demande d’autorisation de séjour et de travail en 
Suisse par l’intermédiaire de son employeur.  

4.  Entendu le 10 février 2008 à l’OCP, l’intéressé a notamment indiqué qu’il 
avait occupé différents emplois non déclarés depuis son arrivée en Suisse, pays 
dans lequel il était venu pour trouver du travail. Il n’avait pas de formation 
professionnelle. Ses parents, un frère et une sœur résidaient au Kosovo, son autre 
frère et son autre sœur vivaient en Suisse. Il avait des contacts par téléphone 
réguliers avec sa famille demeurée dans son pays d’origine et il leur envoyait de 
l’argent. Il n’envisageait pas d’y retourner car il était impossible d’y trouver un 
bon emploi. Il avait quelques amis en Suisse où il se sentait bien intégré. Il avait 
un problème de bégaiement mais il allait bien.  

  Le collaborateur de l’OCP qui l’a entendu a noté, dans la rubrique ad hoc, 
que M. J______ parlait assez bien le français et s’exprimait correctement.  

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5.  Par décision du 26 août 2008, l’OCP a refusé de donner suite à la demande 
d’autorisation de séjour de M. J______, et de soumettre favorablement son dossier 
à l’ODM, la situation de l’intéressé ne constituant pas un cas d’extrême gravité au 
sens des art. 30 al. 1 let. b de la loi fédérale sur les étrangers du 16 décembre 2005 
(LEtr - RS 142.20) et 31 de l’ordonnance relative à l’admission, au séjour et à 
l’exercice d’une activité lucrative du 24 octobre 2007 (OASA - RS 142.201). En 
outre, un délai au 30 novembre 2008 était imparti à celui-ci pour quitter la Suisse. 
Le dossier serait transmis ultérieurement à l’ODM afin qu’il prononce une 
interdiction d’entrée à l’encontre de M. J______.  

6.  Le 26 septembre 2008, M. J______ a recouru auprès de la commission 
cantonale de recours de police des étrangers, remplacée le 1er janvier 2009 par la 
commission cantonale de recours en matière administrative (ci-après : la 
commission) contre la décision susmentionnée, concluant à son annulation et au 
constat de l’existence d’une situation de détresse personnelle au sens des art. 30 
LEtr et 31 OASA. 

  Sa vie professionnelle s’était entièrement déroulée en Suisse. Malgré un 
bégaiement sévère, il avait réussi à s’intégrer et parlait un excellent français. Il 
s’était fait connaître au niveau professionnel et à obtenir un contrat de durée 
indéterminée pour une société de transport. Il n’avait jamais eu recours  à 
l’assistance et avait subvenu aux besoins de proches demeurés dans son pays 
d’origine. Ce dernier était en pleine crise, tant économique que politique et sociale 
et un retour plongerait l’intéressé dans une situation personnelle d’extrême 
gravité, rien ni personne ne pouvant l’aider à se réintégrer sur le marché du 
travail. 

7.  Le 2 décembre 2008, l’OCP a conclu au rejet du recours, l’argumentation de 
M. J______ n’étant pas de nature à modifier sa position.  

8.  Entendu en audience de comparution personnelle par la commission le 31 
mars 2009, M. J______ a confirmé son recours. Il était bien né en 1977. En 
dehors de son travail, il n’avait pas d’activité associative. Il voyait des amis ou 
son frère. Il n’avait plus rendu visite à ses parents depuis huit ou neuf ans mais il 
avait maintenu des contacts par téléphone. Il avait quitté le Kosovo en raison de 
son bégaiement car il était plus difficile d’y trouver du travail qu’en Suisse.  

  Il a produit un certificat médical établi par la policlinique de neurologie des 
Hôpitaux universitaires de Genève (ci-après : HUG) le 11 décembre 2008. Il en 
ressortait que M. J______ avait un bégaiement depuis l’enfance, qui n’avait pas 
pu faire l’objet d’une prise en charge logopédique. Par ailleurs, il ne présentait pas 
de problèmes médicaux particuliers et n’avait jamais consulté de médecin depuis 
qu’il était en Suisse, ce que l’intéressé a confirmé à la commission lors de son 
audition. Il semblait bien contrôler son bégaiement sévère, en particulier lorsqu’il 

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était un peu plus détendu, et le gérait plutôt bien, même si un travail de logopédie 
pourrait peut-être l’aider.  

9.  Par décision du 31 mars 2009, la commission a rejeté le recours de 
M. J______. Ce dernier ne satisfaisait pas aux strictes conditions requises pour la 
reconnaissance d’un cas de rigueur.  

10.  Le 20 mai 2009, M. J______ a recouru auprès du Tribunal administratif 
contre la décision susmentionnée. Il a conclu préalablement à la restitution de 
l’effet suspensif au recours et, principalement, à l’annulation de la décision de la 
commission, à celle de l’OCP. Ce dernier devait être invité à engager une 
procédure d’autorisation de séjour en sa faveur, en reconnaissance d’un cas de 
rigueur.  

  Il reprenait en substance son argumentation antérieure en insistant sur le fait 
qu’il était sévèrement handicapé par son bégaiement. Celui-ci l’avait empêché de 
trouver formation et travail dans son pays d’origine et lui interdirait de trouver une 
place de travail en cas de retour. En outre, le Kosovo ne mettait pas à disposition 
de sa population un personnel médical susceptible d’apporter un traitement 
réduisant le bégaiement. Il convenait de lui donner les conditions nécessaires à un 
traitement médical indispensable.  

11.  Le 9 juin 2009, l’OCP s’est opposé à la restitution de l’effet suspensif, 
s’agissant d’une décision à contenu négatif. Par ailleurs des mesures 
provisionnelles ne pouvaient être accordées, si elles équivalaient à l’admission du 
recours. Ce dernier devait être rejeté.  

12.  Le 18 juin 2009, la présidente du Tribunal administratif, constatant que 
M. J______ était au bénéfice d’une autorisation provisoire de séjour délivrée par 
l’OCP le 26 mars 2008, valable jusqu’à droit connu sur sa demande d’autorisation 
de séjour et révocable en tout temps, mais renouvelée le 9 mai 2009, a suspendu le 
caractère révocable en tout temps de ladite autorisation.  

13.  Le 18 juin 2009 également, le juge délégué a avisé les parties que 
l’instruction de la cause apparaissait terminée. Un délai au 3 juillet 2009 leur était 
néanmoins accordé pour formuler toute requête complémentaire.  

14.  Le 3 juillet 2008, M. J______ a sollicité sa comparution personnelle, afin 
que le tribunal de céans puisse dûment constater ses grandes difficultés 
d’élocution.  

 

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EN DROIT 

1.  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 56A de la loi sur l’organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 63 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 
septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2.  Le recourant a sollicité son audition afin que le Tribunal administratif puisse 
constater ses grandes difficultés d’élocution. 

  Le droit constitutionnel d’être entendu comprend notamment le droit de 
consulter le dossier, de participer à l’administration des preuves et de se 
déterminer, avant le prononcé de la décision, sur les faits pertinents (ATF 132 II 
485 consid. 3.2 p. 494 ; 125 I 257 consid. 3b p. 260 ; Arrêt du Tribunal Fédéral 
2C.573/2007 du 23 janvier 2008 consid. 2.3 et les arrêts cités ; ATA/417/2008 du 
26 août 2008 consid. 6a et les références citées). Cela n’implique pas une audition 
personnelle de l’intéressé, celui-ci devant simplement disposer d’une occasion de 
se déterminer sur les éléments propres à influer sur l’issue de la cause (art. 41 
LPA ; ATF 134 I 140 consid. 5.3 p. 148 ; Arrêt du Tribunal fédéral 2C.212/2008 
du 3 septembre 2008 consid. 3.2 et les arrêts cités ; ATA/489/2008 du 23 
septembre 2008 consid. 9).  

  En l’espèce, le dossier contient un certificat médical non contesté constatant 
un bégaiement sévère. Ce fait est ainsi établi à satisfaction de droit, sans qu’il soit 
nécessaire d’entendre le recourant.  

3.  Le Tribunal administratif n’a pas compétence pour apprécier l’opportunité 
d’une décision attaquée, sauf exception prévue par la loi, ce qui n’est pas le cas en 
l’espèce (art. 61 al. 2 LPA).  

4.  L’objet du litige est de déterminer si la situation du recourant constitue un 
cas d’extrême gravité justifiant l’octroi d’une autorisation de séjour en Suisse.  

 a. Selon l’art. 30 al. 1 let. b LEtr, il est possible de déroger aux conditions 
d’admission d’un étranger en Suisse pour tenir compte d’un cas individuel 
d’extrême gravité. Les critères d’appréciation permettant de retenir l’existence 
d’un tel cas sont, notamment, l’intégration de l’intéressé, son respect de l’ordre 
juridique suisse, sa situation familiale et financière, la durée de sa présence en 
Suisse et les possibilités de réintégration dans son pays (art. 31 al. 1 let. a à g 
OASA). 

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 b. Selon la jurisprudence développée au sujet des cas de rigueur de droit en 
vigueur jusqu’au 31 décembre 2007 mais toujours d’actualité pour les cas 
d’extrême gravité qui les ont remplacés, les dispositions dérogatoires des art. 30 
LEtr et 31 OASA présentent un caractère exceptionnel et les conditions pour la 
reconnaissance d’une telle situation doivent être appréciées de manière restrictive. 
Il est nécessaire que l’étranger concerné se trouve dans une situation de détresse 
personnelle. Cela signifie que ses conditions de vie et d’existence, comparées à 
celles applicables à la moyenne des étrangers, doivent être mises en cause de 
manière accrue, c’est-à-dire que le refus de le soustraire à la réglementation 
ordinaire d’admission comporte pour lui de graves conséquences. Le fait que 
l’étranger ait séjourné en Suisse pendant une assez longue période, qu’il y soit 
bien intégré socialement et professionnellement et que son comportement n’ait 
pas fait l’objet de plainte ne suffit pas, à lui seul, à constituer un cas d’extrême 
gravité ; il faut encore que sa relation avec la Suisse soit si étroite qu’on ne puisse 
exiger qu’il aille vivre dans un autre pays, notamment dans son pays d’origine. A 
cet égard, les relations de travail, d’amitié ou de voisinage que l’intéressé a pu 
nouer pendant son séjour ne constituent normalement pas des liens si étroits avec 
la Suisse qu’ils justifieraient une exception (Arrêt du Tribunal administratif 
fédéral du 23 juillet 2009 dans la cause C-6628/2007 consid. 5 et les références 
citées).  

  Quant aux séjours illégaux en Suisse, ils ne sont en principe pas pris en 
compte dans l’examen d’un cas d’extrême gravité. La longue durée d’un tel séjour 
n’est pas, à elle seule, un élément constitutif d’un cas personnel d’extrême gravité, 
sinon l’obstination à violer la législation en vigueur serait, en quelque sorte, 
récompensée (Arrêt du Tribunal administratif fédéral du 23 juillet 2009 déjà cité).  

  En l’espèce, le recourant a séjourné à Genève sans autorisation depuis son 
arrivée en 1999, même durant la période pendant laquelle il faisait l’objet d’une 
mesure d’interdiction en Suisse dûment notifiée. Il est célibataire, sans enfant, et 
une partie de sa famille, dont ses parents, demeurent au Kosovo. Il a des contacts 
fréquents avec elle, même si c’est par téléphone, et lui envoie régulièrement de 
l’argent. Il a quelques amis en Suisse mais ne fait pas état d’une vie sociale active. 
Enfin, il n’a pas entrepris de faire soigner son bégaiement, n’ayant pas consulté de 
médecin avant fin 2008, alors que la procédure était déjà pendante devant la 
commission et n’indique pas avoir entrepris le moindre traitement depuis lors. 
C’est d’ailleurs dans le cadre de cette procédure et plus particulièrement devant le 
tribunal de céans, qu’il a allégué, sans le démontrer, que ce bégaiement 
constituerait un handicap qui l’aurait empêché de recevoir une formation et de 
trouver du travail dans son pays. Tant les déclarations initiales du recourant que le 
certificat des HUG indiquent que l’intéressé parvient à contrôler ce bégaiement, 
dont il n’est pas certain, à lire le médecin, qu’il pourrait être traité efficacement.  

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  Au vu de ce qui précède, en confirmant que le cas du recourant ne 
constituait pas un cas d’extrême gravité la commission a appliqué correctement la 
loi.  

5.  Mal fondé, le recours sera rejeté. 

  Un émolument réduit de CHF 300.- sera mis à la charge du recourant 
(art. 87 LPA). Aucune indemnité de procédure ne lui sera octroyée.  

 
 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 20 mai 2009 par Monsieur J______ contre la 
décision de la commission de cantonale de recours en matière administrative du 31 mars 
2009 ; 

au fond : 

le rejette ; 

met à la charge du recourant un émolument de CHF 300.- ; 

dit que, conformément aux art. 113 et ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 
juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours 
constitutionnel subsidiaire ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs 
et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit 
être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession 
du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Me Nils De Dardel, avocat du recourant, à la commission 
cantonale de recours en matière administrative ainsi qu'à l’office cantonal de la 
population. 

Siégeants : Mme Bovy, présidente, M. Thélin, Mmes Hurni et Junod, M. Hottelier, 
juges. 

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Au nom du Tribunal administratif : 

la greffière-juriste : 
 
 

C. Del Gaudio-Siegrist 

 la présidente : 
 
 

L. Bovy 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :