# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** d65c7446-7e02-52f1-ae8d-6eaf280bb019
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-08-04
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 04.08.2010 A/1488/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-1488-2010_2010-08-04.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET 

 

CANTON DE GENEVE 

 
POUVOIR JUDICIAIRE 

 

 

DCSO/344/10 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 
17 juin 2005 (LTF ; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Commission de 
surveillance des Offices des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance 
en matière de poursuite pour dettes et faillite (art. 56R al. 3 LOJ). Il doit être déposé devant le 
Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les dix jours qui suivent la notification de l'expédition 
complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2 let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière 
de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). Le recours doit être rédigé dans 
une langue officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens 
de preuve, et être signé (art. 42 LTF). 

 

DÉCISION 

DE LA COMMISSION DE SURVEILLANCE 
DES OFFICES DES POURSUITES ET DES FAILLITES 

SIÉGEANT EN SECTION 

DU MERCREDI 4 AOÛT 2010 

Cause A/1488/2010, plainte 17 LP formée le 26 avril 2010 par Mme B______, élisant 
domicile en l'étude de Me Caroline KÖNEMANN, avocate, à Genève. 

 

Décision communiquée à : 

- Mme B______  

domicile élu : Etude de Me Caroline KÖNEMANN, avocate 
Avenue de la Foretaille 18 

 1292 Chambésy 
 
 

- M. P______ 

domicile élu : Etude de Me Marc LIRONI, avocat 
Boulevard Georges-Favon 19 

 Case postale 5121 
 1211 Genève 11 
 

  

- Office des poursuites 

 

 - 2 - 

 

E N   F A I T  

A. Sur requête de M. P______, le Tribunal de première instance a ordonné le 6 avril 

2010 le séquestre de tous les avoirs et de toutes sommes déposées au nom de 

Mme B______ auprès de la Banque Cantonale de Genève (ci-après : BCGe), 

notamment sur le compte n° xxxx.83, à concurrence de 82'648 fr. 50 plus intérêts. 

L'Ordonnance a été transmise à l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) le 

6 avril 2010 et exécutée le même jour. Ce séquestre a été enregistré auprès de 

l'Office sous n° 10 xxxx39 W. 

Le conseil de Mme B______ a fait savoir à l'Office par courrier du 7 avril 2010 

que ce compte était uniquement alimenté par le salaire de la débitrice et les 

pensions alimentaires perçues au titre de l'entretien de ses quatre enfants. 

Le 9 avril 2010, l'Office a procédé à l'interrogatoire de Mme B______, afin de 

déterminer son minimum vital. 

L'Office a alors rendu une décision le 14 avril 2010, au terme de laquelle il 

déclarait la débitrice insaisissable et a décidé de lever le séquestre en mains de la 

BCGe, mais uniquement sur le compte n° xxxx.83. 

B. Par acte du 26 avril 2010, Mme B______ a déposé une plainte auprès de la 

Commission de céans contre ce séquestre qu'elle estime abusif, indiquant n'avoir 

jamais eu connaissance d'une quelconque procédure l'opposant à M. P______, ni 

d'un quelconque jugement rendu le 30 octobre 2008.  

Ayant requis de pouvoir compléter sa plainte, Mme B______ a déposé son 

mémoire complémentaire daté du 10 mai 2010. Elle indique que dans le cadre de 

la poursuite n° 09 xxxx50 K, l'Office avait déjà procédé à la saisie de ses avoirs 

auprès de la BCGe le 16 novembre 2009 et que cette saisie avait été levée en 

décembre 2009, sans que son conseil n'ait pu obtenir le moindre document 

concernant cette poursuite. Elle a pris connaissance du déroulement de la 

procédure à la lecture de la requête de séquestre, notamment qu'un jugement 

n° JTPI/14240/2008 du Tribunal de première instance avait été rendu le 

30 octobre 2008, la condamnant conjointement et solidairement à payer à 

M. P______ la somme totale de 78'000 fr., qu'un commandement de payer lui 

avait été notifié le 9 septembre 2009 dans la Feuille d'Avis Officielle  et qu'un 

procès-verbal de saisie avait été établi le 30 novembre 2009, faisant état d'un non-

lieu de saisie. 

Elle considère que ce séquestre viole la Convention de Lugano concernant la 

compétence judiciaire, la reconnaissance et l'exécution des dispositions en matière 

civile et commerciale, concluant à la levée intégrale de ce séquestre. 

 

 - 3 - 

C. M. P______ a déposé ses observations le 27 mai 2010. Il note que le jugement 

n° JTPI/14240/2008 a été notifié en son temps au domicile élu de la plaignante et 

il appartenait ainsi à son conseil de le transmettre. Il note qu'au moment de cette 

procédure, en 2008, Mme B______ était domiciliée au chemin du V______ à 

G______, que l'Office cantonal de la population lui a indiqué le 5 mars 2009 que 

celle-ci était dorénavant domiciliée au chemin de S______ à G______ et c'est 

uniquement parce qu'elle est dorénavant domiciliée sur France que le séquestre a 

été accordé le 6 avril 2010. Il considère ainsi qu'il n'y a pas de violation de la loi et 

que la plainte doit être rejetée avec suite de dépens et que la plaignante soit 

condamnée à une amende pour téméraire plaideur. 

D. L'Office a remis son rapport daté du 1er juin 2010. Il note que la plainte a 

uniquement trait aux conditions d'obtention du séquestre et qu'à teneur de 

l'art. 278 al. 1 LP, il incombe à la personne dont les droits sont touchés par un 

séquestre de former opposition auprès du Tribunal de première instance, qui 

contrôlera les conditions de fond nécessaire pour l'obtention du séquestre. Elle 

n'invoque aucun grief quant à l'exécution du séquestre, impliquant que l'Office 

considère la présente plainte irrecevable. 

E. Invitée à indiquer à la Commission de céans si elle maintenait sa plainte au vu des 

explications de l'office, Mme B______ a répondu par l'affirmative le 16 juin 2010, 

notant n'avoir pas d'autres avoirs auprès de la BCGe. Elle indique qu'une demande 

de révision sera déposée ces prochains jours contre le jugement 

n° JTPI/14240/2008. Elle conteste avoir mandaté Me Olivier CRAMER dans cette 

procédure, indiquant que cette procédure s'est déroulée à son insu. 

 

E N   D R O I T  

1. Il peut être porté plainte à l'autorité de surveillance lorsqu'une mesure de l'office 

est contraire à la loi ou ne paraît pas justifiée en fait, à moins que la loi ne 

prescrive la voie judiciaire (art. 17 al. 1 LP). La plainte doit être déposée dans les 

10 jours de celui où le plaignant a eu connaissance de la mesure (art. 17 al. 2 LP), 

étant précisé néanmoins que lorsque le plaignant invoque la nullité absolue d'un 

acte de poursuite, la plainte est recevable en tout temps (art. 22 LP). 

Dans le cas d'espèce, la plainte est dirigée contre l'ordonnance de séquestre du 

6 avril 2010 émanant du Tribunal de première instance et non contre ses modalités 

d'exécution ; la plainte, soit les griefs invoqués ainsi que les conclusions, ne 

comportent aucun équivoque à ce sujet, vu l'absence de tout reproche adressé à 

l'Office qui s'est tenu, lors de son exécution, scrupuleusement aux termes de 

l'ordonnance de séquestre, que ce soit au niveau des biens à saisir, que des 

coordonnées du tiers détenteur des biens à séquestrer ou encore au niveau de la 

créance, en francs suisses (art. 274 LP).  

 

 - 4 - 

En effet, l'ordonnance de séquestre est un titre exécutoire contenant un ordre 

auquel le préposé est en principe tenu de déférer, avec un pouvoir d'examen réduit 

à sa compétence à raison du lieu des biens à séquestrer (ATF 109 III 126 s. rés. 

JdT 1986 II 53 ss ; ATF 114 III 89, c. rés. JdT 1991 II 29). La jurisprudence 

constante (ATF 107 III 36, c. 4 rés. JdT 1983 II 27 et les références citées) dénie à 

l'Office la faculté d'examiner le bien-fondé de l'ordonnance de séquestre, soit de 

vérifier notamment l'existence des conditions justifiant l'octroi de la mesure. Les 

griefs relatifs à l'ordonnance de séquestre proprement dite ne s'examinent que par 

le biais d'une opposition au séquestre au sens de l'art. 278 LP. 

L'Office peut encore refuser son concours à l'exécution de l'ordonnance de 

séquestre lorsque le séquestre est entaché de nullité, par exemple lorsque les biens 

à séquestrer, de toute évidence, appartiennent à un Etat étranger qui les affecte à 

des tâches publiques ou les affecte à son service diplomatique (ATF 108 III 109 

rés. JdT 1985 II 59 ss). 

La plainte sera ainsi déclarée irrecevable. 

2. La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP ; art. 61 al. 2 let. a 

OELP) et il n'y a pas lieu d'allouer de dépens aux parties. 

 

*  *  *  *  *  

 

 - 5 - 

 

P A R   C E S   M O T I F S ,  

L A   C O M M I S S I O N   D E   S U R V E I L L A N C E    

S I É G E A N T   E N   S E C T I O N   :  

 

Déclare irrecevable la plainte formée le 26 Avril 2010 par Mme B______ contre le 

séquestre n°10 xxxx39 W. 

 

 

 

Siégeant : M. Philippe GUNTZ, président ;  Mme Florence CASTELLA, juge 
assesseure et M. Yves de COULON, juge assesseur suppléant. 

 

 

Au nom de la Commission de surveillance : 

 

Paulette DORMAN       Philippe GUNTZ 
     Greffière :                       Président : 
 

 

 
 
 
La présente décision est communiquée par courrier A à l’Office concerné et par courrier 
recommandé aux autres parties par la greffière le