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**Case Identifier:** 7cd29926-1669-50ea-9e17-e0b1e94695d8
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-04
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 04.01.2021 C/25560/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-25560-2018_2021-01-04.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 6 janvier 2021. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/25560/2018-1 CAPH/1/2021 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des prud'hommes 

DU 4 JANVIER 2021 

 

Entre 

A______ SA, sise ______ (GE), appelante d'un jugement rendu par le Tribunal des 
prud'hommes le 20 avril 2020 (JTPH/151/2020), comparant par Me Cyril AELLEN, 
avocat, AAA Avocats SA, rue du Rhône 118, 1204 Genève, en l'Étude duquel elle fait 
élection de domicile, 

  

et 

Monsieur B______, domicilié ______ (GE), intimé, comparant par le Syndicat UNIA, 
chemin Surinam 5, case postale 288, 1211 Genève 13, en les bureaux duquel il fait 
élection de domicile, 

CAISSE DE CHOMAGE C______, sise ______ [GE], partie intervenante, comparant 
en personne, 

  

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EN FAIT 

A. Par jugement JTPH/151/2020 du 20 avril 2020, reçu le 23 avril 2020 par les 
parties, le Tribunal des prud'hommes (ci-après: le Tribunal), statuant par voie de 
procédure ordinaire, a, à la forme, déclaré recevables la demande formée le 4 
février 2019 par B______ à l'encontre de A______ SA (chiffre 1 du dispositif), la 
réduction de la demande formée le 27 mars 2019 (ch. 2) et la demande 
d'intervention formée le 14 mai 2019 par la CAISSE DE CHOMAGE C______ 
(ch. 3). Au fond, il a condamné A______ SA à payer à B______ la somme brute 
de 19'278 fr. 36, avec intérêts moratoires à 5% l'an dès le 24 septembre 2018, sous 
déduction de la somme nette de 1'551 fr. 40 due à la CAISSE DE CHOMAGE 
C______ (ch. 4), invité la partie qui en a la charge à opérer les déductions sociales 
et légales usuelles (ch. 5), condamné A______ SA à payer les sommes nettes de 
1'551 fr. 40 à la CAISSE DE CHOMAGE C______ (ch. 6) et de 10'720 fr. 64, 
avec intérêts moratoires à 5% l'an dès le 24 septembre 2018, à B______ (ch. 7), 
condamné A______ SA à délivrer à ce dernier un certificat de travail complet et 
conforme au considérant 9 du jugement (ch. 8 ), dit qu'il n'était pas perçu de frais 
ni alloué de dépens (ch. 9) et débouté les parties de toute autre conclusion (ch. 
10). 

B. a. Par acte expédié le 25 mai 2020 au greffe de la Cour de justice, A______ SA 
appelle des chiffres 4 à 8 et 10 du dispositif de ce jugement, dont elle sollicite 
l'annulation. Elle conclut au déboutement de B______ et de tout tiers de toute 
autre ou contraire conclusion, avec suite de frais judiciaires. 

b. B______ conclut au rejet de l'appel et à la confirmation du jugement entrepris, 
avec suite de frais et dépens. 

c. La CAISSE DE CHOMAGE C______ a indiqué n'avoir aucune observation 
complémentaire à apporter ni aucune ouverture d'enquête à demander et informé 
la Cour que, dans le cadre de cette procédure, elle concluait à ce que A______ SA 
soit condamnée à lui payer le montant de 1'541 fr. 40 (sic) nets plus intérêts à 5% 
l'an dès le 1er avril 2019, correspondant aux indemnités versées à B______ pour la 
période du 1er février 2019 au 31 mars 2019. 

Elle a joint à son écriture les décomptes d'indemnités journalières pour un montant 
de 1'551 fr. 40, déjà produits en première instance. 

d. A______ SA a répliqué, persistant dans ses conclusions. 

e. Par avis du 7 septembre 2020, les parties ont été informées de ce que la cause 
était gardée à juger, B______ et la CAISSE DE CHOMAGE C______ n'ayant pas 
fait usage de leur droit de dupliquer. 

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C. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure: 

a. A______ SA est une société anonyme ayant son siège à Genève et dont le but 
est notamment l'installation générale d'électricité forte ou faible.  

D______ en est l'administrateur, avec signature individuelle.  

b. B______, né le ______ 1975, a travaillé pour A______ SA en qualité de 
monteur-électricien du 20 octobre 1997 au 30 avril 2009, avant d'être licencié 
pour des raisons économiques. 

c. Par contrat du 2 octobre 2009, B______ a été réengagé par A______ SA à 
compter du 5 octobre 2009 pour une durée indéterminée. Son salaire horaire brut a 
été fixé en dernier lieu à 34 fr. 15 pour 40 heures de travail hebdomadaires 
réparties sur cinq jours. 

Selon les directives de la société, les horaires de travail imposés aux employés 
étaient de 7h30 à 12h00 et de 13h00 à 16h30. 

d. Le 28 août 2018, B______ a été victime d'un accident du travail. Il a été en 
incapacité totale de travailler du 29 août au 16 septembre 2018.  

Il a repris le travail le 17 septembre 2018, avant d'être à nouveau incapable de 
travailler du 20 septembre 2018 au 3 février 2019. 

e. Le 19 septembre 2018, B______ et son collègue E______ ont été affectés au 
chantier du stade F______ (GE). 

f. A leur pause de midi, les précités ont déjeuné au restaurant.  

B______ a admis y avoir bu 1,5 dl de vin. 

g. Entre 15h et 16h, B______ et E______ se sont rendus à la buvette du stade 
F______ en habits de travail, sur lesquels figure le nom de l'entreprise A______ 
SA (témoins G______, H______, N______ et I______). De nombreux enfants 
étaient présents (témoins H______ et G______). 

B______ a admis y avoir pris un verre de rosé, ce que le gérant de la buvette a 
confirmé (témoin H______). 

Une altercation a alors éclaté entre les précités et un habitué de la buvette, 
I______. Ce dernier a traité E______ de "sale étranger" (témoin H______) et lui 
a indiqué que s'il était mécontent de son employeur, il devait changer d'entreprise 
et que s'il estimait sa situation mauvaise en Suisse, il pouvait retourner en Italie 

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(témoin I______). Le ton est monté et B______ et E______ sont devenus 
injurieux (témoin H______).  

Le patron de la buvette, H______, est alors intervenu, suite à quoi B______ et 
E______ sont partis (témoins I______ et H______) au volant de la voiture de 
l'entreprise, que E______ conduisait (témoin H______). 

Selon I______, ces derniers l'ont encore gratifié de gestes obscènes devant un 
groupe d'enfants avant de reprendre leur véhicule et B______ lui a fait plusieurs 
doigts d'honneur en repassant en véhicule devant la baie vitrée. 

h. Le lendemain, I______ a téléphoné à D______ pour lui raconter les faits. Il lui 
a indiqué qu'il trouvait cette situation extrêmement désagréable et qu'elle ne lui 
faisait pas de la publicité (témoin I______).  

G______, entraineur de football ayant assisté à l'altercation, a également 
téléphoné à D______ pour lui rapporter l'incident (témoin G______).  

i. Sur son rapport de travail concernant la semaine du 17 au 23 septembre 2018, 
B______ a indiqué avoir effectué une heure et demie d'activité le 19 septembre 
2018 sur le chantier du stade. 

j. Par courrier recommandé déposé à l'office postal le 21 septembre 2018, 
A______ SA a résilié les rapports de travail de B______ avec effet immédiat. Se 
référant à l'altercation du 19 septembre 2018 qui avait eu lieu à la buvette du club 
sportif F______ pendant les heures de travail, elle lui reprochait d'avoir pris part à 
une discussion à laquelle participaient son collègue E______ et deux autres 
personnes, en critiquant ouvertement son employeuse et le salaire qu'il percevait. 
Lors de cette discussion, qui avait dégénéré, il avait tenu des propos inacceptables 
alors qu'il était alcoolisé et portait ses habits de travail et ce, devant des enfants. 
Son comportement donnait une mauvaise image de la société et avait rompu le 
lien de confiance, ce qui justifiait son licenciement immédiat. 

k. Par courrier du 10 octobre 2018 à A______ SA, B______ a contesté l'avoir 
critiquée et avoir été en état d'ébriété. Il n'avait d'autre choix que d'intenter une 
action en justice afin de faire valoir ses droits. 

l. A______ SA a maintenu sa position par courrier du 16 octobre 2018. 

D. a. Par requête déposée le 1er novembre 2018 en conciliation, B______ a assigné 
A______ SA en paiement de la somme totale de 29'575 fr., avec intérêts 
moratoires à 5% l'an dès le 22 septembre 2018, concluant en outre à la délivrance 
d'un certificat de travail et d'une attestation de l'employeur.  

b. Au bénéfice d'une autorisation de procéder du 6 décembre 2018, B______ a 
formé une demande en paiement le 4 février 2019, concluant à ce que A______ 

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SA soit condamnée à lui verser la somme totale de 35'008 fr. 09 avec intérêts 
moratoires à 5% l'an dès le 22 septembre 2018.  

Cette conclusion a par la suite été réduite, s'élevant en dernier lieu à 29'999 fr. 
avec intérêts moratoires à 5% l'an dès le 22 septembre 2018 et se décomposant 
comme suit:  

- 19'278 fr. 36 bruts à titre de salaire du 8 janvier au 31 mars 2019; 

- 10'720 fr. 64 nets à titre d'indemnité pour licenciement avec effet immédiat 
injustifié. 

B______ a également conclu à la délivrance d'un certificat de travail complet pour 
une valeur de 1 fr. 

A l'appui de ses conclusions, B______ a notamment exposé que le 19 septembre 
2018, il n'avait pas été capable d'accomplir une journée entière de travail en raison 
de violents maux de dos consécutifs à son accident du 28 août 2018, qui l'avaient 
empêché de travailler. Il n'avait ainsi déclaré qu'une heure et demie d'activité pour 
cette journée dans son rapport de travail. 

Dans l'après-midi, il s'était rendu avec E______ à la buvette du stade à la demande 
de son gérant afin de réparer un réfrigérateur. Le patron leur avait offert un verre 
et ils avaient discutés avec des habitués. La discussion avait porté sur les 
conditions de travail des corps de métier de la construction, les difficultés 
économiques des travailleurs en Suisse et les immigrés italiens, espagnols et 
portugais, puis s'était envenimée. Une des personnes leur avait indiqué de manière 
agressive que s'ils n'étaient pas contents en Suisse, ils pouvaient rentrer chez eux, 
les traitant respectivement de "rital" et de "portos". Ils avaient alors répondu en le 
traitant d'ignorant et de quelques mots grossiers, puis avaient quitté la buvette. Il 
n'avait toutefois jamais critiqué son employeuse et n'était pas alcoolisé, de sorte 
que son licenciement avec effet immédiat était injustifié.  

c. A______ SA a conclu au déboutement de B______ de toutes ses conclusions, 
avec suite de frais et dépens. 

Elle n'avait eu d'autre choix que de résilier le contrat de travail de B______ avec 
effet immédiat en apprenant que son employé avait consommé de l'alcool pendant 
les heures de travail, utilisé le véhicule de la société en état d'ébriété, violé les 
horaires de travail et importuné des tiers par des propos injurieux, y compris à son 
endroit, en habit de travail. Celui-ci ne l'avait pas contacté pour se plaindre d'une 
quelconque douleur dorsale ce jour-là. Il n'avait ainsi manifestement pas travaillé 
de manière effective, non pas en raison de ses prétendus maux de dos, mais bien 
plutôt par oisiveté. 

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A______ SA a produit plusieurs attestations, dont une de J______ du 2 mai 2019 
et une de I______ du 10 avril 2019. A teneur de l'attestation de J______, E______ 
et son collègue s'étaient rendus le 19 septembre 2018 dans son établissement pour 
y manger à midi, avaient consommé de l'alcool et étaient partis vers 15h-15h30. 
Ils étaient revenus vers 18h00 et étaient joyeux. La personne accompagnant 
E______ commençait à s'endormir sur le bar et avait été priée de partir, ce qu'elle 
avait fait. 

Selon l'attestation de I______, le gérant de la buvette lui avait confirmé que 
B______ et E______ "avaient déjà consommé depuis le matin". Dans sa 
discussion avec E______, ce dernier avait eu des paroles malveillantes au sujet de 
l'entreprise et de son patron. Il lui avait indiqué que A______ SA engageait des 
étrangers et qu'ils étaient moins bien payé. 

d. Par courrier du 10 mai 2019, la CAISSE DE CHOMAGE C______ a informé 
le Tribunal qu'elle s'était subrogée dans les droits de B______ à l'encontre de 
A______ SA à hauteur de 1'551 fr. 40 nets, correspondant aux indemnités versées 
au précité pour les mois de février et mars 2019. 

e. Le Tribunal a entendu les parties et procédé à l'audition de témoins, dont les 
déclarations ont été reprises ci-dessus dans la mesure utile. Pour le surplus, les 
faits pertinents suivants ressortent de celles-ci. 

e.a. B______ a déclaré que le 19 septembre 2018, il avait pris son travail à 7h30 
avec E______. Sur le chantier, il avait ressenti des douleurs aux cervicales, 
consécutives à un accident qui avait eu lieu fin août 2018. Il était toutefois resté 
pour aider son collègue autant que possible. A midi, ils s'étaient rendus à la 
buvette du stade, où le gérant de l'établissement leur avait indiqué que son 
réfrigérateur dysfonctionnait. Ils avaient convenu qu'ils reviendraient plus tard 
pour s'en occuper. Ils étaient partis déjeuner et avaient repris le travail entre 13h et 
13h10. Vers 15h30-16h, ils s'étaient rendus à la buvette pour s'occuper du 
réfrigérateur. Étant occupé, le patron leur avait proposé de s'asseoir et de prendre 
un verre. E______ avait proposé à une personne âgée de se joindre à eux. A un 
moment donné, cette personne avait eu des propos racistes et les avait insultés. Il 
avait alors répondu par des insultes, sans aucune menace. Ils avaient quitté la 
buvette et étaient repartis sur le chantier, où ils s'étaient calmés. Vers 16h30, ils 
avaient pris le véhicule et quitté le chantier pour se rendre chez E______, où ils 
s'étaient changés. Ils étaient ensuite retournés à la buvette dans le but de discuter 
avec I______, qui les avait injuriés, afin de mettre les choses à plat. Ce dernier 
n'était toutefois plus là et ils étaient partis définitivement. Il n'avait jamais eu de 
problème avec la direction durant son emploi, ni fait l'objet d'un avertissement. Il 
n'avait pas été entendu par son employeuse avant d'être licencié. 

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e.b. D______ a déclaré que lorsqu'il avait réengagé B______, il lui avait demandé 
d'éviter de consommer des joints et de ne pas abuser des boissons alcoolisées. Il 
avait dû retirer ce travailleur de deux chantiers, soit celui de K______ et celui de 
la banque L______, sur demande des clients, car il semblait particulièrement 
irascible les après-midis, ce qui tendait à démontrer une consommation d'alcool 
pendant la pause de midi.  

Il n'avait pas eu le temps d'entendre ses deux employés avant de les licencier car 
ils étaient absents. Il devait agir rapidement compte tenu du fait qu'il s'agissait 
d'un congé avec effet immédiat. 

e.c. G______, coach sportif, entendu en qualité de témoin, a déclaré qu'il était 
entraineur de football auprès de jeunes de tout âge et qu'il passait ses journées au 
stade F______. Un après-midi vers 16h, en entrant dans la buvette, il avait 
remarqué que B______ ainsi qu'une autre personne avaient une attitude très 
agressive envers I______ et M______, sans pour autant qu'elle ne devienne 
physique. Les propos, principalement ceux de B______, étaient menaçants, à la 
limite d'en venir aux mains. Il lui avait semblé, par leur attitude, qu'ils étaient 
alcoolisés. L'altercation avait duré environ cinq minutes et s'était produite devant 
plusieurs enfants, qui étaient un peu choqués.  

e.d. I______, retraité, entendu en qualité de témoin, a confirmé la teneur de son 
attestation du 10 avril 2019. Il déclaré se souvenir qu'un après-midi, E______ 
s'était attablé avec M______ et lui-même vers 15h-15h30. Le témoin avait 
dialogué calmement avec lui sur l'entreprise A______ SA, à laquelle il avait 
souvent fait appel, avant que la discussion ne dégénère. E______ lui avait 
notamment indiqué qu'il n'était pas content de son nouveau patron, qui n'était pas 
à la hauteur, et qu'il estimait que l'entreprise avait beaucoup changé. 

Il lui était difficile d'estimer si B______ et E______ étaient alcoolisés, mais ils ne 
semblaient pas être dans un état normal, précisant qu'il avait trouvé inquiétant 
qu'ils prennent un véhicule dans l'état dans lequel ils se trouvaient. L'un d'entre 
eux avait bu un verre de rosé, et il ne se rappelait pas de la consommation de 
l'autre.  

e.f. N______, retraité, entendu en qualité de témoin, a déclaré qu'il s'était rendu à 
la buvette O______ le 19 septembre 2018 vers 18h. Il y avait vu B______ avoir 
des mots injurieux à l'égard de M______ et le menacer de lui "casser la gueule". 
Il était intervenu en lui disant qu'il n'avait pas à toucher M______. Sur ces faits, 
B______ avait quitté les lieux. I______ lui avait ensuite appris qu'une forte 
altercation était survenue entre ce dernier, B______ et E______ plus tôt dans 
l'après-midi. Lui-même n'y avait pas assisté et ne pouvait pas préciser les 
échanges d'injures qui avaient été faits. Il pouvait néanmoins attester du fait que 

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E______ n'était pas ivre. Quant à B______, il avait constaté qu'il était énervé, 
mais ne pouvait pas dire s'il était alcoolisé.  

e.g. H______, retraité, entendu en qualité de témoin, a déclaré qu'il était le gérant 
de la buvette du stade F______, précisant que la buvette O______ se trouvait 
ailleurs. Le 19 septembre 2018, il était arrivé à 8h00 à la buvette et en était reparti 
vers 21h-22h. Il avait vu E______ et B______ travailler dans les vestiaires du 
stade dès 11h. Ces derniers avaient repris le travail vers 13h30-14h00 dans les 
vestiaires. A aucun moment ils n'étaient intervenus dans la buvette pour réparer un 
réfrigérateur, cette intervention ayant été effectuée par eux un ou deux jours plus 
tôt.  

e.h. P______, électricien, entendu en qualité de témoin, a déclaré que B______ 
exécutait du bon travail. S'il lui arrivait d'élever la voix, c'était dans le cadre du 
travail et ce n'était rien de méchant. Les horaires de travail débutaient à 7h30 pour 
terminer à 16h30. Les employés étaient flexibles selon le travail et pouvaient ainsi 
changer l'horaire de leur pause. B______ prenait un à trois verres de vin durant le 
repas de midi, mais d'autres employés en faisaient autant. Il n'avait jamais vu 
B______ sous l'emprise de l'alcool. 

e.i. Q______, employé communal à F______, entendu en qualité de témoin, a 
déclaré qu'il avait partagé son repas de midi avec B______ à deux reprises. Ce 
dernier était alors en tenue de travail. Ils avaient consommé 3dl de vin à deux. Ils 
se retrouvaient de temps en temps après les heures de travail et dans ces cas-là, la 
consommation d'alcool pouvait être plus importante. D______ se joignait parfois 
à eux et consommait la même quantité d'alcool. 

e.j. S______, électricien, entendu en qualité de témoin, a exposé qu'il avait été 
engagé par A______ SA en 2010 et avait été licencié pour des raisons 
économiques en juin 2019. Il avait eu l'occasion de travailler avec B______ sur 
plusieurs chantiers, soit notamment ceux de K______ et de la banque L______. 
Celui-ci était très professionnel et serviable. Il ne lui apparaissait pas nerveux ou 
injurieux envers ses collègues ou des clients de l'entreprise. Il ne l'avait jamais 
entendu émettre des critiques à l'égard de A______ SA et il était respectueux des 
horaires. Il lui était arrivé de manger avec B______ à midi ou en fin d'après-midi 
après le travail. Il ne l'avait toutefois jamais vu sous l'emprise de l'alcool.  

e.k. T______, technicien électricien, entendu en qualité de témoin, a déclaré qu'il 
était notamment chargé d'organiser et de contrôler le travail de B______ et de 
E______. Le chantier du stade avait pris du retard en raison de la lenteur des 
précités. Ces derniers ne devaient pas obligatoirement terminer ce chantier, qui 
avait par ailleurs été débuté par d'autres employés. 

e.l. J______ a été dûment convoqué à deux reprises mais ne s'est pas présenté, 
sans être excusé. 

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f. Les parties ont plaidé et persisté dans leurs conclusions respectives à l'issue de 
l'audience du 14 novembre 2019, après quoi le Tribunal a gardé la cause à juger. 

E. Dans le jugement querellé, le Tribunal a notamment retenu que le reproche fait à 
B______ d'avoir été alcoolisé durant les heures de travail n'était pas fondé. En 
effet, bien qu'il avait l'habitude de boire un verre de vin en déjeunant, aucun des 
témoins ne l'avait vu sous l'emprise de l'alcool après le déjeuner. Il lui était arrivé 
d'être alcoolisé uniquement après les heures de travail. S'agissant plus précisément 
du 19 septembre 2018, les témoins avaient déclaré que B______ ne semblait pas 
dans son état normal, sans qu'ils ne puissent affirmer s'il était alcoolisé. De plus, 
les enquêtes avaient révélé qu'il avait consommé deux verres de vin et aucun 
témoin n'avait confirmé qu'il avait bu une quantité excessive d'alcool ce jour-là. 

Il ne pouvait par ailleurs pas être reproché à B______ de s'être assis à la buvette et 
d'avoir pris un verre étant donné qu'il avait annoncé n'avoir travaillé qu'une heure 
et demie le 19 septembre 2018.  

Enfin, l'altercation avait principalement eu lieu entre E______ et I______ dans un 
premier temps. B______ les avait rejoints dans un second temps et la discussion 
s'était envenimée jusqu'au moment où il avait menacé I______. Selon les 
déclarations de ce dernier, B______ ne s'était toutefois pas plaint de ses 
conditions de travail ni critiqué son ancienne employeuse, de sorte que ce 
reproche n'était pas fondé. En revanche, en proférant des insultes en public devant 
de jeunes enfants alors qu'il portait les vêtements de travail munis du logo de 
l'entreprise, B______ avait adopté un comportement critiquable.  

Néanmoins, ce comportement restait isolé et marginal. Au vu de la longue durée 
des rapports de service, ce motif ne pouvait, à lui seul, être qualifié 
d'objectivement grave au point d'entraîner la destruction du rapport de confiance 
et, partant, l'impossibilité d'exiger de A______ SA la continuation des rapports de 
travail jusqu'à l'issue de la période de protection puis du délai de congé. Le 
manquement du travailleur aurait nécessité un avertissement avant le prononcé du 
licenciement immédiat, ce d'autant plus qu'il n'avait fait l'objet d'aucun blâme, ni 
reproche durant son engagement.  

Le licenciement avec effet immédiat n'était ainsi pas justifié, de sorte que 
B______ avait droit à ce qu'il aurait gagné si les rapports de travail avaient été 
résiliés de manière ordinaire ainsi qu'à une indemnité pour licenciement avec effet 
immédiat injustifié correspondant à deux mois de salaire.  

EN DROIT 

1. 1.1 L'appel est recevable contre les décisions finales et incidentes de première 
instance lorsque, dans les affaires patrimoniales, la valeur litigieuse au dernier état 
des conclusions est de 10'000 fr. au moins (art. 308 al. 1 let. a et al. 2 CPC). 

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En l'espèce, la valeur litigieuse est supérieure à 10'000 fr., de sorte que la voie de 
l'appel est ouverte. 

1.2 Interjeté auprès de l'autorité compétente (art. 124 let. a LOJ) dans le délai utile 
de 30 jours (art. 142 al. 1 et 3 et 311 al. 1 CPC) et selon la forme prescrite par la 
loi (art. 130, 131 et 311 CPC), l'appel est recevable. 

1.3.1 Selon l'art. 313 al. 1 CPC, la partie adverse peut former un appel joint dans 
la réponse. Si les conclusions au fond de la réponse à l'appel vont au-delà de la 
simple confirmation du jugement attaqué, il est admissible de considérer cet acte 
comme un appel joint (ATF 121 III 420 consid. 1 ; arrêt du Tribunal fédéral 
5A_618/2012 du 27 mai 2013 consid. 4.1). 

L'exigence de motivation posée par l'art. 311 al. 1 CPC vaut également pour 
l'appel joint (arrêt du Tribunal fédéral 5A_361/2019 du 21 février 2020 
consid. 3.3.1; JEANDIN, in Commentaire romand, Code de procédure civile, 2019, 
n. 4 ad art. 313 CPC). Il résulte de la jurisprudence relative à l'art. 311 al. 1 CPC 
que l'appelant doit démontrer le caractère erroné de la motivation de la décision 
attaquée et son argumentation doit être suffisamment explicite pour que l'instance 
d'appel puisse la comprendre, ce qui suppose une désignation précise des passages 
de la décision qu'il attaque et des pièces du dossier sur lesquelles repose sa 
critique (ATF  
138 III 374 consid. 4.3.1; arrêt du Tribunal fédéral 5A_361/2019 précité consid. 
3.3.1). 

1.3.2 En l'espèce, la caisse de chômage a conclu à ce que l'appelante soit 
condamnée à lui payer le montant de 1'541 fr. 40 (sic) nets plus intérêts à 5% l'an 
dès le 1er avril 2019. En tant que cette conclusion porte sur le paiement d'intérêts 
moratoires, elle excède la simple confirmation du jugement et s'apparente à un 
appel joint. La caisse de chômage ne soulève toutefois aucun grief – même 
implicite – sur ce point. L'appel joint ne satisfait dès lors pas aux conditions de 
recevabilité telles qu'exposées ci-dessus et sera déclaré irrecevable, faute de 
motivation.  

Quant au montant de 1'541 fr. 40, au lieu de 1'551 fr. 40, il résulte manifestement 
d'une erreur au vu des décomptes produits avec la réponse et des conclusions 
prises en première instance. 

1.4 La Cour revoit la cause avec un plein pouvoir d'examen en fait et en droit 
(art. 310 CPC). En particulier, elle contrôle librement l'appréciation des preuves 
effectuée par le juge de première instance et vérifie si celui-ci pouvait admettre les 
faits qu'il a retenus. Il incombe toutefois au recourant de motiver son appel 
(art. 311 al. 1 CPC), c'est-à-dire de démontrer le caractère erroné de la motivation 
attaquée (ATF 138 III 374 consid. 4.3.1; arrêt du Tribunal fédéral 4A_55/2017 du 
16 juin 2017 consid. 5.2.3.2). 

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1.5 En cas de réduction des conclusions, la procédure ordinaire reste applicable 
même si la valeur litigieuse est ainsi réduite à moins de 30'000 fr. (CAPH/90/2016 
du 17 mai 2016 consid. 1.3; TAPPY, in Commentaire romand, Code de procédure 
civile, 2019, n. 59 ad art. 91 CPC). 

Dans la mesure où la valeur litigieuse était initialement supérieure à 30'000 fr. 
devant le Tribunal, la procédure ordinaire demeure applicable (art. 243 al. 1 et 2 a 
contrario CPC), de même que les maximes des débats (art. 55 al. 1 et 247 al. 2 
let. b ch. 2 a contrario CPC) et de disposition (art. 58 al. 1 CPC).  

2. L'appelante fait grief au Tribunal de ne pas avoir appliqué la Convention 
collective de travail pour les monteurs-électriciens dans le canton de Genève. 

Cette convention n'est toutefois plus en vigueur depuis fin avril 2016, de sorte 
qu'il ne peut être reproché au Tribunal de ne pas l'avoir appliquée. Celle-ci a été 
remplacée par la Convention collective de travail pour les métiers techniques de la 
métallurgie du bâtiment dans le canton de Genève (CCT-MTMB) entrée en 
vigueur le 1er mai 2016, dont l'application aux rapports de travail entre les parties 
n'est pour le surplus pas contestée.  

3. L'appelante reproche au Tribunal d'avoir retenu que le licenciement de l'intimé 
avec effet immédiat n'était pas justifié.  

3.1.1 L'employeur et le travailleur peuvent résilier immédiatement le contrat en 
tout temps pour de justes motifs (art. 337 al. 1 1ère phrase CO). Sont notamment 
considérées comme de justes motifs toutes les circonstances qui, selon les règles 
de la bonne foi, ne permettent pas d'exiger de celui qui a donné le congé la 
continuation des rapports de travail (art. 337 al. 2 CO).  

Selon la jurisprudence, la résiliation immédiate pour "justes motifs" est une 
mesure exceptionnelle qui doit être admise de manière restrictive. Seul un 
manquement particulièrement grave peut justifier une telle mesure. Par 
manquement, on entend généralement la violation d'une obligation découlant du 
contrat de travail, mais d'autres incidents peuvent aussi justifier une telle mesure 
(ATF 137 III 303 consid. 2.1.1; arrêt du Tribunal fédéral 4A_225/2018 du 6 juin 
2019 consid. 4.1). Ce manquement doit être objectivement propre à détruire le 
rapport de confiance essentiel au contrat de travail ou, du moins, à l'atteindre si 
profondément que la continuation des rapports de travail ne peut raisonnablement 
pas être exigée; de surcroît, il doit avoir effectivement abouti à un tel résultat. 
Lorsqu'il est moins grave, le manquement ne peut entraîner une résiliation 
immédiate que s'il a été répété malgré un avertissement (ATF 142 III 579 
consid. 4.2; arrêt du Tribunal fédéral 4A_225/2018 précité consid. 4.1).  

Le juge apprécie librement s'il existe de justes motifs (art. 337 al. 3 CO); il 
applique les règles du droit et de l'équité (art. 4 CC). Savoir si le comportement 

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incriminé atteint la gravité nécessaire dépend des circonstances du cas concret 
(ATF  
142 III 579 consid. 4.2 et les arrêts cités). Dans son appréciation, le juge doit 
notamment tenir compte de la position et de la responsabilité du travailleur, du 
type et de la durée des rapports contractuels, de la nature et de l'importance des 
manquements (ATF 137 III 303 consid. 2.1.1; arrêt du Tribunal fédéral 
4A_225/2018 du 6 juin 2019 consid. 4.1).  

Il appartient à la partie qui se prévaut de justes motifs de résiliation immédiate 
d'en établir l'existence (art. 8 CC). 

3.1.2 A raison de son obligation de fidélité, l'employé est tenu de sauvegarder les 
intérêts légitimes de son employeur (art. 321a al. 1 CO) et, par conséquent, de 
s'abstenir de tout ce qui peut lui nuire (ATF 124 III 25 consid. 3a; arrêt du 
Tribunal fédéral 4A_54/2020 du 25 mars 2020 consid. 6.1). Ce devoir de fidélité 
comporte notamment l'obligation d'annoncer à l'employeur, spontanément et sans 
délai, les perturbations qui surviennent dans l'accomplissement du travail (arrêts 
du Tribunal fédéral 4A_297/2016 du 17 novembre 2016 consid. 4.3.1; 
4C_359/2006 du 12 janvier 2007 consid. 6) et les absences imprévisibles, telles 
que la maladie (arrêts du Tribunal fédéral 4A_521/2016 du 1er décembre 2016 
consid. 3.5; 4C_359/2006 précité consid. 6). 

Selon l'art. 37 ch. 2 let. e CCT-MTMB, le travailleur est tenu de se conduire 
correctement envers toutes les personnes avec lesquelles il entre en relation dans 
l'exercice de son métier et d'éviter tout acte qui pourrait faire du tort à son 
employeur ou donner lieu à des réclamations. Il est également tenu de ne pas 
consommer des substances prohibées pendant la durée du travail (art. 37 ch. 2 let. 
f CCT-MTMB). 

Le non-respect des horaires de travail ne justifie un licenciement immédiat qu'en 
cas de réitération à la suite d'un avertissement explicite comportant la menace 
claire d'un renvoi immédiat (arrêt du Tribunal fédéral 4C_294/2005 du 21 
décembre 2005 consid. 3; WYLER/HEINZER, Droit du travail, 2019, p. 716). 

De manière générale, l'ivresse au travail ne constitue pas un motif de licenciement 
avec effet immédiat, sans avertissement préalable (arrêt du Tribunal fédéral 
4A_115/2010 du 14 mai 2010 consid. 2.3; WYLER/HEINZER, op. cit., p. 725). En 
revanche, si le salarié cause un dommage à l'employeur alors qu'il accomplit son 
travail sous l'influence de l'alcool, il commet une faute grave, de sorte que son 
licenciement immédiat est alors autorisé sans avertissement préalable (arrêt du 
Tribunal fédéral 4A_115/2010 précité consid. 2.3). 

Une infraction pénale commise au détriment de tiers peut constituer un motif 
justifiant le licenciement immédiat du travail, notamment lorsqu'elle est 
susceptible de porter atteinte à la réputation de l'entreprise (arrêts du Tribunal 

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fédéral 4C_400/2006 du 9 mars 2007 consid. 3.1; 4C_185/2006 du 19 octobre 
2006 consid. 2.1). Des injures proférées par un employé peuvent, selon les 
circonstances, justifier ou non un licenciement immédiat. Le Tribunal fédéral a 
notamment considéré qu'une injure grave adressée à l'employeur devant des 
collègues ou des clients pouvait constituer un juste motif de licenciement 
immédiat. Cela étant, il faut distinguer l'infraction due à un état d'énervement et 
de perte de maîtrise de celle commise avec une intention de nuire à l'employeur 
(arrêt du Tribunal fédéral 4A_246/2020 du 23 juin 2020 consid. 4.3.2 et les 
références citées). 

De manière générale, les éventuelles comparaisons avec des décisions judiciaires 
rendues dans des causes que les parties tiennent pour similaires à la leur doivent 
être appréciées avec circonspection. En effet, pour déterminer le caractère justifié 
(ou injustifié) d'une résiliation immédiate, il convient d'examiner l'ensemble des 
circonstances et une large place est laissée à l'appréciation du juge, de sorte 
qu'établir une casuistique en se focalisant sur un seul élément du dossier, sorti de 
son contexte, n'est pas significatif (arrêts du Tribunal fédéral 4A_246/2020 du 
23 juin 2020 consid. 3.3; 4A_105/2018 du 10 octobre 2018 consid. 3.3). 

3.2 En l'espèce, l'appelante a mis un terme avec effet immédiat au contrat de 
travail de l'intimé en raison de son comportement du 19 septembre 2018. Elle lui 
reproche en particulier d'avoir été alcoolisé durant ses heures de travail, de ne pas 
avoir respecté ses horaires de travail, de s'être montré injurieux à l'égard de tiers et 
d'avoir effectué des gestes obscènes alors qu'il portait ses vêtements de travail au 
nom de l'entreprise, ceci en présence d'enfants. Il convient d'examiner si ces 
reproches sont fondés et, le cas échéant, s'ils constituent des manquements graves 
au point de justifier une résiliation des rapports de travail avec effet immédiat. 

3.2.1 En l'occurrence, l'intimé a admis avoir bu un verre de vin le 19 septembre 
2018 avec son repas de midi et un autre dans l'après-midi. Contrairement à ce que 
soutient l'appelante, il n'est pas établi qu'il aurait bu toute la journée, étant précisé 
que sa consommation en soirée n'est pas pertinente dès lors qu'elle est intervenue 
après les horaires de travail alors que l'intimé ne portait plus les vêtements de 
travail au nom de l'employeuse et relève ainsi de sa sphère privée. La déclaration 
de I______, selon laquelle le gérant de la buvette lui aurait confirmé que l'intimé 
avait consommé depuis le matin, ne bénéficie que d'une force probante limitée, 
dans la mesure où elle constitue un ouï-dire et où le gérant lui ayant prétendument 
rapporté les faits a témoigné, dans la présente procédure, qu'il avait vu l'intimé et 
son collègue travailler au stade dès 11h, sans évoquer une quelconque 
consommation d'alcool avant cela. L'appelante se prévaut également de 
l'attestation de J______, selon laquelle l'intimé aurait consommé de l'alcool durant 
sa pause de midi et quitté son établissement à 15h. Il convient toutefois 
d'apprécier ce moyen de preuve avec réserve, dans la mesure où ce témoin, bien 
que dûment convoqué à deux reprises, ne s'est pas présenté en audience pour 

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confirmer le contenu de son attestation, sans être excusé. Celui-ci n'a en tout état 
pas précisé la quantité d'alcool consommée par l'intimé et ses déclarations sont 
contredites par le témoin H______, qui a affirmé que l'intimé et son collègue 
avaient repris le travail au stade vers 13h30-14h. Il n'est ainsi pas établi que 
l'intimé aurait bu plus que ce qu'il a déclaré. Au vu des deux verres de vin 
consommés, dont un a accompagné un repas, le Tribunal a retenu à juste titre que 
l'intimé n'était pas alcoolisé. Le simple fait que certains témoins aient déclaré que 
l'intimé n'était pas dans son état normal n'est par ailleurs pas suffisant pour retenir 
qu'il se trouvait sous l'influence de l'alcool. En effet, aucun d'entre eux n'a pu 
affirmer qu'il était effectivement alcoolisé et son état pouvait tout aussi bien 
s'expliquer par l'effervescence provoquée par l'altercation. Enfin et contrairement 
à ce que soutient l'appelante, si la consommation d'alcool – qui n'est pas une 
substance prohibée – n'est pas conseillée, elle n'est pas interdite par la CCT-
MTMB applicable, étant rappelé que la convention collective de travail dont elle 
se prévaut n'est plus en vigueur (cf. supra consid. 2). Compte tenu de ce qui 
précède, le reproche d'avoir été alcoolisé durant les heures de travail n'est pas 
fondé. 

L'appelante reproche ensuite à l'intimé de ne pas avoir respecté ses horaires de 
travail. A cet égard, il est établi qu'il s'est rendu à la buvette le 19 septembre 2018 
aux alentours de 15h-15h30. Indépendamment de la raison qui l'y a initialement 
conduit, il s'y est installé et y a bu un verre de vin. Il n'a ainsi pas respecté ses 
horaires de travail, fixés de 7h30 à 12h et de 13h à 16h30. Contrairement à ce qu'a 
retenu le Tribunal, le fait que l'intimé ait déclaré après coup n'avoir travaillé 
qu'une heure et demie ce jour-là ne change pas ce qui précède, dans la mesure où 
il était censé effectuer huit heures de travail. Par ailleurs, s'il était empêché de 
travailler en raison de douleurs dorsales comme il le soutient, il lui appartenait 
d'en informer son employeuse en vertu de son devoir de fidélité et de quitter le 
chantier pour aller se reposer, ce qu'il n'a pas fait. Il a au contraire choisi de rester 
travailler ce jour-là, ce qu'il était dès lors tenu de faire au lieu de s'installer à la 
buvette en milieu d'après-midi. Le reproche tiré du non-respect des horaires de 
travail est par conséquent fondé. 

Il est par ailleurs établi que l'intimé a proféré des insultes et effectués des gestes 
obscènes envers un client de la buvette, en public et devant des enfants. Dans la 
mesure où il portait ses vêtements de travail au nom de l'appelante, son 
comportement est de nature à porter atteinte à la réputation de l'employeuse et 
viole ainsi son devoir de fidélité. Ce reproche est par conséquent également fondé. 

Enfin, il n'est pas contesté en appel que l'intimé n'a pas critiqué publiquement 
l'appelante, de sorte que ce reproche mentionné à l'appui du licenciement 
immédiat n'est pas fondé. 

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3.2.2 Les manquements précités ne sauraient justifier un licenciement avec effet 
immédiat dans le cas d'espèce. En effet, le non-respect des horaires de travail 
revêt une gravité légère, ce d'autant plus que l'intimé a spontanément annoncé 
qu'il avait effectué qu'une heure et demie de travail effectif le 19 septembre 2018, 
et ne peut conduire à un licenciement immédiat que s'il a été répété après un 
avertissement comportant la menace claire d'un renvoi immédiat. Or, il ne ressort 
pas de la procédure que des reproches lui auraient été faits au sujet du non-respect 
de ses heures de travail, ni qu'il aurait reçu un avertissement à ce titre. 

Par ailleurs, bien que le comportement de l'intimé consistant à proférer des injures 
et effectuer des gestes obscènes à l'égard d'un tiers, en habits de travail au nom de 
l'appelante et en présence d'enfants est critiquable et de nature à ternir l'image de 
l'appelante - deux clients de la buvette l'ayant d'ailleurs contactée pour lui 
rapporter les faits -, il convient de relever que l'altercation a été initiée par ce tiers, 
qui a traité le collègue de l'intimé de "sale étranger", étant précisé que l'intimé est 
lui-même d'origine étrangère et s'est également senti visé par ces propos. De plus, 
cet incident est isolé, l'intimé n'ayant, à teneur des éléments du dossier, fait l'objet 
d'aucun reproche en vingt années de service. 

Pour le surplus, il n'y a pas lieu de tenir compte des liens que l'appelante fait 
valoir pour la première fois en appel avec la région F______, ces faits nouveaux 
n'étant pas recevables (art. 317 al. 1 CPC). 

Au vu des circonstances du cas d'espèce, exposées ci-dessus, et de la longue durée 
des rapports de travail exempts de tout reproche, les manquements de l'intimé ne 
peuvent être considérés comme graves au point d'entraîner la destruction du 
rapport de confiance et l'impossibilité d'exiger de l'appelante la continuation des 
rapports de travail à tout le moins jusqu'à la fin du délai de congé. Le licenciement 
avec effet immédiat est par conséquent injustifié. 

L'intimé a ainsi droit à ce qu'il aurait gagné si les rapports de travail avaient pris 
fin à l'échéance du délai de congé ordinaire, ainsi qu'à une indemnité pour 
licenciement immédiat injustifié. L'appelante ne formulant aucune critique au 
sujet des montants retenus par le Tribunal à cet égard, les chiffres 4 à 7 du 
dispositif du jugement entrepris seront confirmés.  

4. L'appelante conclut à l'annulation du chiffre 8 du dispositif du jugement portant 
sur la délivrance d'un certificat de travail. 

Elle n'a toutefois soulevé aucun grief – même implicite – sur ce point. Il n'y a dès 
lors pas lieu d'entrer en matière sur ce point, faute de motivation (art. 311 al. 1 a 
contrario CPC).  

Le chiffre 8 du dispositif du jugement entrepris sera par conséquent également 
confirmé. 

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5. Il n'est pas perçu de frais judiciaires (art. 114 let. c CPC, art. 19 al. 3 let. c LaCC 
et art. 71 RTFMC), ni alloué de dépens (art. 22 al. 2 LaCC). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 
La Chambre des prud'hommes, groupe 1 : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel formé le 25 mai 2020 par A______ SA contre le jugement 
JTPH/151/2020 rendu le 20 avril 2020 par le Tribunal des prud'hommes dans la cause 
C/25560/2018. 

Déclare irrecevable l'appel joint formé le 10 juin 2020 par la CAISSE DE CHOMAGE 
C______ contre ce même jugement. 

Au fond : 

Confirme le jugement entrepris. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais d'appel : 

Dit qu'il n'est pas perçu de frais judiciaires ni alloué de dépens. 

Siégeant : 

Monsieur Laurent RIEBEN, président; Monsieur Pierre-Alain L'HÔTE, juge 
employeur; Monsieur Yves DUPRE, juge salarié; Madame Chloé RAMAT, greffière. 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours et valeur litigieuse : 

 
Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 
Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 
Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 

15'000 fr.