# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c1fd59f0-2b44-57e0-9d49-7873a0bda3a1
**Source:** Bern Gerichte (BE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2019-06-04
**Language:** fr
**Title:** Bern Obergericht Beschwerdekammer in Strafsachen 04.06.2019 BK 2019 137
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/BE_ZivilStraf/BE_OG_008_BK-2019-137_2019-06-04.pdf

## Full Text

Cour suprême
du canton de Berne

Chambre de recours pénale 

Obergericht
des Kantons Bern

Beschwerdekammer in 
Strafsachen

Décision
BK 19 137

Hochschulstrasse 17
Case postale
3001 Berne
Téléphone +41 31 635 48 13
Fax +41 31 634 50 55
coursupreme-penal.berne@justice.be.ch
www.justice.be.ch/coursupreme Berne, le 4 juin 2019

Composition Juges d’appel Schnell (Présidente), Geiser et Falkner
Greffière Vogt

Participants à la procédure A.________
prévenu

B.________
recourant

Objet ordonnance de séquestre

procédure pénale pour infraction à la loi sur la circulation routière ; 
conduite sous l'emprise de stupéfiants et conduire sans permis

recours contre l'ordonnance du Ministère public du canton de 
Berne, Région Jura bernois-Seeland, Agence du Jura bernois, du 
15 mars 2019 

2

Considérants :

1.

1.1 Le 15 mars 2019, le Ministère public, Région Jura bernois-Seeland, Agence du 
Jura bernois (ci-après: Ministère public) a en application de l’art. 263 al. 1 CPP en 
relation avec l’art. 69 CP, ordonné le séquestre du véhicule Audi S3 Quattro, gris, 
immatriculé NE XXX, dont le détenteur formel est B.________, domicilié à 
C.________. 

Le Ministère public a séquestré ledit véhicule au motif que le prévenu A.________ 
a fait la démonstration d’une dangerosité évidente sur la voie publique en agissant 
sans scrupule, en faisant fi des règles de circulation ainsi que des injonctions de la 
police et en ne tenant même pas compte des condamnations subies et des 
procédures en cours. Le prévenu est multirécidiviste. Il a été condamné pour 
conduite en état d’incapacité en 2013 et 2016 et fait l’objet d’une dénonciation pour 
la même infraction dans le canton de St-Gall, commise en décembre 2018, ainsi 
que d’une autre dénonciation dans la région d’instruction pour conduite sans 
permis commise le 1er mars 2019. 

Le prévenu a déclaré avoir reçu le véhicule en cause de son père auquel il a caché 
ne pas disposer du permis correspondant. Le prévenu n’est donc pas le détenteur 
formel du véhicule, mais il en est le détenteur de fait et il en a la possession 
durable.

A.________ a été interpelé le 15 mars 2019, en flagrant délit de conduite sous 
l’influence de produits stupéfiants et en conduisant alors que son permis de 
conduire lui avait été retiré. Le Ministère public a ordonné le même jour le 
séquestre du véhicule pour des raisons de sécurité routière comme le prévoit l’art. 
90a LCR. 

Le Ministère public précise que le véhicule séquestré présente une certaine valeur 
également et que son produit pourrait servir à garantir le paiement des frais de 
procédure, d’une éventuelle peine pécuniaire, des amendes et des indemnités, qui 
risquent d’être élevés au vu des trois affaires et du fait que le prévenu est 
actuellement au chômage.

1.2 Par courrier posté le 21 mars 2019, B.________ le père du prévenu, a recouru 
contre ladite ordonnance en demandant la restitution du véhicule séquestré. Il 
explique qu’il comprend les mesures qui ont été prises pour empêcher son fils de 
conduire, mais précise que cette automobile n’appartient pas à son fils et qu’elle a 
été mise à sa disposition car son épouse, victime d’un cancer, a subi une lourde 
opération l’an dernier et qu’elle n’était pas en état de conduire. Elle va 
heureusement mieux et pourra reprendre son travail après un an d’incapacité et de 
ce fait, aura besoin de ce véhicule. Il ajoute que lui-même et son épouse 
garantissent que leur fils ne pourra en aucun cas avoir accès à ce véhicule.

1.3 Par ordonnance du 28 mars 2019, la Présidente de la Chambre de recours pénale 
a ouvert une procédure de recours et imparti un délai de 20 jours au Parquet 
général pour prendre position.

3

1.4 Le Parquet général a fait parvenir sa prise de position le 18 avril 2019 en concluant 
au rejet du recours dans la mesure de sa recevabilité et à la mise des frais à la 
charge du recourant.

Sur le fond, le Parquet général a largement renvoyé aux motifs développés dans 
l’ordonnance querellée en ajoutant ce qui suit :

Se fondant sur la jurisprudence fédérale en la matière, le Parquet général 
considère que c’est à bon droit que le séquestre a été ordonné, même si la voiture 
en question appartient au père du prévenu. Il ressort en effet du dossier que c’est 
le fils, A.________, qui a la maîtrise effective de l’automobile et qu’il en est le 
détenteur de fait, puisque B.________ semble le lui avoir donné. Au vu des 
circonstances, le séquestre paraît être la seule mesure propre à prévenir dans 
l’immédiat la commission d’autres infractions routières par le prévenu. Ainsi, tant 
que l’instruction n’est pas achevée, il convient de maintenir ce séquestre en vue 
d’une future confiscation probable étant donné la gravité des infractions commises 
(conduite en état d’ébriété qualifiée, sous l’influence de stupéfiants et malgré un 
retrait de permis).

1.5 Par ordonnance du 24 avril 2019, la Présidente de la Chambre de recours pénale a 
notifié la prise de position du Parquet général au tiers recourant et a imparti à ce 
dernier un délai de 20 jours pour répliquer.

1.6 Dans sa réplique du 29 avril 2019, B.________ a expliqué que son fils n’habitait 
plus chez ses parents et que le véhicule Audi se trouverait dans leur garage fermé. 
Il a ajouté que si son fils a déclaré que la voiture lui appartenait, c’est certainement 
pour éviter de grands tracas à ses parents. En tout état de cause, le véhicule a 17 
ans d’âge et plus de 240'000 km au compteur. Il n’a donc plus guère de valeur 
marchande et son séquestre entraînerait l’obligation d’acheter un autre véhicule. 
Enfin, si A.________ voulait à nouveau se remettre au volant, chacun sait que c’est 
possible en concluant une assurance et en obtenant un jeu de plaques sans 
posséder de permis de conduire. Pour finir, le recourant ajoute que si la police 
l’avait averti de la situation, il aurait immédiatement retiré le véhicule à son fils, 
mais il pensait, au contraire, que tout allait bien et n’était au courant de rien.

1.7 Par ordonnance du 1er mai 2019, la Présidente de la Chambre de recours pénale a 
transmis la réplique au Parquet général pour information.

1.8 Le 10 mai 2019, le Parquet général a fait parvenir des remarques en insistant sur le 
fait que les motifs avancés par le recourant étaient des allégations de protection 
pour ne pas perdre la valeur économique de l’automobile, même si elle est 
moindre, et qu’en réalité, c’est bien le prévenu qui avait la maîtrise effective sur le 
véhicule. 

Le Parquet général souligne que le recourant est mal venu de faire grief à la police 
de ne pas l’avoir averti du comportement de son fils et, que de toute façon, il ne 
pouvait ignorer les antécédents judiciaires de son fils datant de 2013 et 2016. 

De toute façon, vu le comportement du prévenu qui est grave et inquiétant sous 
l’angle de la circulation routière et le danger potentiel qu’il représente, le séquestre 

4

est le seul moyen efficace pour empêcher le prévenu de continuer de commettre 
des infractions.

1.9 Les remarques du Parquet général ont été transmises pour information au 
recourant par ordonnance de la Présidente de la Chambre de recours pénale du 
15 mai 2019.

2.  

2.1 Les décisions du Ministère public peuvent faire l’objet d’un recours écrit et motivé 
auprès de la Chambre de recours pénale dans un délai de 10 jours dès leur 
notification (art. 393 al. 1 let. a CPP en relation avec l’art. 396 al. 1 CPP, art. 35 de 
la loi sur l’organisation de autorités judiciaires et du Ministère public [LOJM; RSB 
161.1] en relation avec l’art. 29 al. 2 du règlement d’organisation de la Cour 
suprême [ROr CS; RSB 162.11]). B.________ est directement lésé par 
l’ordonnance de séquestre du Ministère public qui porte sur un véhicule dont il est 
détenteur formel. Il est dès lors légitimé à recourir (art. 382 CPP). Il y a lieu d’entrer 
en matière sur son recours déposé dans les formes et les délais (art. 396 al. 1 
CPP).

2.2 D’emblée, il convient de constater que le séquestre du véhicule incriminé est 
justifié au vu de l’art. 263 al. 1 let. d CPP en relation avec l’art. 69 CP.

Le séquestre conservatoire est ordonné sur des biens d’origine criminelle ou qui 
représentent un danger pour la sécurité publique, l’ordre public ou la morale. 
Comme cela ressort du texte de cette disposition, une telle mesure est fondée sur 
la vraisemblance; elle porte sur des objets dont on peut admettre, prima facie, 
qu'ils pourront être confisqués en application du droit pénal fédéral. Tant que 
l'instruction n'est pas achevée, une simple probabilité suffit (ATF 140 IV 57 consid. 
4.1.1 p. 61 et les références citées).

L'art. 90a al. 1 LCR, introduit le 1er janvier 2013 dans le cadre du programme 
d'action de la Confédération visant à renforcer la sécurité routière (Via sicura), 
prévoit que le tribunal peut ordonner la confiscation d'un véhicule automobile aux 
conditions (cumulatives) suivantes : les règles de la circulation ont été violées 
gravement et sans scrupules (let. a); et cette mesure peut empêcher l'auteur de 
commettre d'autres violations graves des règles de la circulation (let. b). 

Les conditions de l'art. 90a al. 1 let. a LCR sont en principe remplies lorsqu'il existe 
un soupçon de violation grave et qualifiée des règles de la circulation (au sens des 
art. 90 al. 3 et 4 LCR). Dans la procédure de séquestre, la condition cumulative de 
l'absence de scrupules n'a pas à être examinée en cas de violation grave et 
qualifiée des règles de la circulation. Sous l'angle de l'art. 90a al. 1 let. b LCR, le 
juge du séquestre examine si le conducteur pourrait à l'avenir compromettre la 
sécurité routière avec le véhicule automobile utilisé ou si le séquestre confiscatoire 
serait à même d'empêcher le conducteur de commettre une nouvelle infraction 
routière grave (arrêt du Tribunal fédéral 1B_556/2017 du 5 juin 2018, consid. 4.2). 

Même si l'art. 90a LCR - en tant que lex specialis - exclurait l'application de la 
norme générale posée à l'art. 69 CP (ATF 140 IV 133 consid. 3.1 p. 135 s.), ces 
deux dispositions présupposent, comme condition à la confiscation, que le retrait 

https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/fr/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=%22s%E9questre%22+%22v%E9hicule%22&rank=0&azaclir=aza&highlight_docid=atf%3A%2F%2F140-IV-57%3Afr&number_of_ranks=0#page57
https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/fr/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=ATF+1B_556%2F2017&rank=0&azaclir=aza&highlight_docid=atf%3A%2F%2F140-IV-133%3Afr&number_of_ranks=0#page133

5

du véhicule automobile empêche l'auteur de compromettre la sécurité des 
personnes (art. 69 al. 1 CP), respectivement de commettre des violations graves 
des règles de la circulation routière (art. 90a al. 1 let. b LCR; arrêt 1B_252/2014 du 
3 novembre 2014 consid. 2.4, publié in SJ 2015 I 221). 

Compte tenu des récidives du prévenu en matière de conduite sous l’effet de 
stupéfiants ou en étant pris de boisson alors qu’au surplus, le permis de conduire 
lui a été retiré, c’est à juste titre que le Ministère public a considéré qu’il représente 
une dangerosité évidente sur la voie publique et qu’il y a lieu de l’empêcher, autant 
que faire se peut, de conduire à nouveau un véhicule, au moins à moyen terme.

2.3 La question se pose de savoir si ce but sera atteint dans l’hypothèse où le véhicule 
est restitué à son père, qui prétend être le propriétaire et détenteur formel, mais qui 
n’a fourni aucune preuve à l’appui de ses explications.

Le prévenu a, lors de son interrogatoire par la police le 15 mars 2019, déclaré qu’il 
utilisait principalement le véhicule immatriculé au nom de son père et qu’il l’avait 
reçu de ce dernier. Il a cependant précisé que son père ne savait pas qu’il faisait 
l’objet d’un retrait de permis. 

B.________ a, pour sa part, quelque peu atténué les dépositions de son fils dans la 
mesure où il prétend ne pas lui avoir donné sa voiture. Selon lui, si son fils a dit que 
la voiture lui appartenait c’est certainement parce qu’il voulait éviter de lui causer 
de grands tracas. Le recourant allègue que son épouse a besoin actuellement de 
cette voiture pour reprendre son travail après une longue maladie et qu’il serait 
obligé d’acheter un nouveau véhicule si le séquestre était maintenu. Il ressort 
également de ses allégués qu’il n’était pas au courant des infractions à la 
circulation routière commises par A.________, version qui ne peut être ni retenue 
ni contestée en l’état du dossier. 

Or, il ne ressort nulle part des explications données par B.________ qu’il aurait eu 
personnellement besoin de son véhicule jusqu’à présent, même s’il en est le 
détenteur formel. C’est au contraire son fils qui disposait de la voiture depuis 
plusieurs mois. L’argument que le recourant fait valoir pour demander la levée du 
séquestre, c’est-à-dire que son épouse devrait actuellement pouvoir utiliser le 
véhicule pour son travail, ne suffit pas à convaincre que les parents du prévenu 
puissent veiller scrupuleusement et sans faille à ce que leur fils n’ait pas accès aux 
clefs de la voiture, ce qui pourrait par exemple arriver au cas où il viendrait leur 
rendre visite. Quand bien même les parents seraient conscients du danger que leur 
fils représente pour les autres usagers de la route, il subsiste néanmoins une 
incertitude quant à la garantie que le prévenu n’ait pas la possibilité de conduire 
ladite automobile en raison notamment du lien de parenté qui les unit et compte 
tenu du fait le prévenu avait pour habitude de conduire le véhicule que son père lui 
avait remis.

Dans ces conditions, le séquestre ordonné sur ledit véhicule doit être maintenu.

Au vu de ce qui précède, le recours est rejeté. 

6

Compte tenu de la valeur résiduelle faible du véhicule, le ministère public devra 
veiller à ce que les frais de garde ne soient pas supérieurs à la valeur marchande 
de l’Audi S3 concernée (art. 266 al. 5 CPP).

3.

3.1 Compte tenu du résultat auquel parvient la Chambre de recours pénale, les frais de 
la procédure, comprenant un émolument global de CHF 1'200.00, sont mis à la 
charge du recourant qui succombe, en application de l’art. 428 al. 1 CPP.

7

La Chambre de recours pénale décide :

1. Le recours est rejeté.

2. Les frais de la procédure de recours, comprenant un émolument global de 
CHF 1‘200.00.00, sont mis à la charge du recourant, B.________.

3. A notifier :
- au Parquet général du canton de Berne
- à B.________

A communiquer :
- à A.________
- au Ministère public du canton de Berne, Région Jura bernois-Seeland, Agence du 

Jura bernois, avec le dossier 

Berne, le 4 juin 2019 Au nom de la Chambre de recours 
pénale
La Présidente :

Schnell, Juge d'appel

La Greffière :

Vogt

Voies de recours
Un recours en matière pénale selon les art. 39 ss, 78 ss et 90 ss de la loi du 17 juin 1995 sur le Tribunal 
fédéral (LTF; RS 173.110) peut être déposé auprès du Tribunal fédéral (Av. du Tribunal fédéral 29, Case 
postale, 1000 Lausanne 14) contre la présente décision dans les 30 jours qui suivent sa notification. Le 
recours doit respecter les exigences de l’art. 42 LTF.

Remarques :
Les envois par fax et par e-mail ordinaire ne sont pas valables et ne sauvegardent pas les délais.
Le numéro du dossier doit figurer sur les envois (BK 19 137).