# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 54cb5784-c7bf-51ab-adb3-e1fa6a820d01
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-05-04
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Schuldbetreibungs- und Konkurskammer 04.05.2022 105 2022 40
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_003_105-2022-40_2022-05-04.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00
tribunalcantonal@fr.ch
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

105 2022 40 et 41
105 2022 42 et 43

Arrêt du 4 mai 2022

Chambre des poursuites et faillites

Composition Présidente : Catherine Overney
Juges : Dina Beti, Markus Ducret
Greffière : Julie Eigenmann

Parties A.________

et

B.________

plaignants, représentés par Me Ricardo Fraga Ramos, avocat

contre

L'OFFICE DES POURSUITES DE LA GRUYÈRE, autorité intimée

Objet Minimum d'existence (art. 93 LP)

Plaintes du 4 avril 2022 contre les décisions de saisie de salaire du 
24 mars 2022

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considérant en fait

A. B.________ est marié à A.________. Les époux font l'objet de plusieurs poursuites.

Le 24 mars 2022, l'Office des poursuites de la Gruyère (ci-après : l'OP Gruyère) a prononcé, à 
l'encontre de B.________, une saisie de salaire pour tout montant dépassant le minimum vital, arrêté 
à CHF 2'550.- par mois. Le même jour, il a également prononcé, à l'encontre de A.________, une 
saisie de salaire pour tout montant dépassant le minimum vital, arrêté à CHF 1'100.- par mois.

B. Le 4 avril 2022, tant B.________ que A.________ ont formé plainte contre les décisions de 
saisie du 24 mars 2022. Ils exposent que, malgré le retard, ils s'acquittent réellement de leurs primes 
d'assurance-maladie, qui doivent dès lors être prises en considération dans le calcul de leur 
minimum d'existence.

Dans ses déterminations du 7 avril 2022, l'autorité intimée a conclu au rejet des plaintes.

en droit

1.

1.1. Le tribunal peut ordonner la jonction des causes qui concernent le même objet (art. 42 al. 1 
let. b CPJA). Ainsi, par simplification et économie de procédure, il convient d’ordonner la jonction 
des deux procédures de plainte (105 2022 40, 105 2022 41, 105 2022 42 & 105 2022 43) dès lors 
qu'elles concernent le même état de fait.

1.2. Sauf dans les cas où la loi prescrit la voie judiciaire, il peut être porté plainte à l'autorité de 
surveillance lorsqu'une mesure de l'office est contraire à la loi ou ne paraît pas justifiée en fait (art. 17 
al. 1 LP). La plainte doit être déposée dans les dix jours de celui où le plaignant a eu connaissance 
de la mesure (art. 17 al. 2 LP).

En l'espèce, les plaintes du 4 avril 2022 ont été formées en temps utile, les décisions attaquées 
étant toutes deux datées du 24 mars 2022.

1.3. Selon l'art. 7 al. 1 de la loi fribourgeoise du 12 février 2015 d'application de la législation 
fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite (LALP; RSF 28.1), la plainte doit être formulée par 
écrit et motivée. Au surplus, l'art. 9 al. 1 LALP dispose que la procédure est régie par le code de 
procédure et de juridiction administrative du 23 mai 1991 (CPJA ; RSF 150.1). Aux termes de l'art. 81 
al. 1 CPJA, le mémoire contient, sous peine d'irrecevabilité, les conclusions du recourant et ses 
motifs.

In casu, motivées et dotées de conclusions, les plaintes sont recevables.

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2.

2.1. En l'espèce, les décisions de saisie du 24 mars 2022 ne tiennent pas compte des primes 
d'assurance-maladie de la famille, car les plaignants sont en retard dans leur paiement et ne s'en 
acquittent dès lors pas réellement.

2.2 Les plaignants contestent l'absence de prise en compte des primes d'assurance-maladie de 
la famille dans le calcul du minimum d'existence. Après avoir rappelé la jurisprudence applicable en 
la matière, ils font valoir que le fait que le paiement des primes intervient avec du retard, ce qui n'est 
pas contesté, ne signifie pas encore que ce paiement fait défaut. Ils font également valoir que ce 
paiement, bien que tardif, ne leur permet pas d'utiliser les montants ainsi retenus à d'autres fins, ces 
montants étant destinés au paiement des primes d'assurance-maladie. Ils en concluent que l'autorité 
intimée aurait dû inclure le montant des primes d'assurance-maladie dans leur minimum vital.

2.3. L'art. 93 al. 1 LP dispose que les revenus du travail, notamment, peuvent être saisis, 
déduction faite de ce que le préposé estime indispensable au débiteur et à sa famille. L'office des 
poursuites – qui a une marge d'appréciation – doit se référer aux lignes directrices pour le calcul du 
minimum d'existence en matière de poursuite (minimum vital), celui-ci devant être fixé en fonction 
des circonstances de fait existant lors de l'exécution de la saisie. Si des changements interviennent 
en cours de saisie, le débiteur ou le créancier doivent demander à l'office des poursuites une révision 
de situation au sens de l'art. 93 al. 3 LP (BSK SchkG I – VONDER MÜHLL, 3ème éd. 2021, art. 93 n. 17). 
De plus, si l'office doit certes établir d'office la situation financière, le débiteur est tenu de collaborer 
en apportant les éléments de fait importants et en fournissant les preuves à sa disposition (BSK 
SchkG I – VON DER MÜHLL, art. 93 n. 16) ; le poursuivi doit ainsi établir qu'il paie effectivement les 
charges alléguées, en produisant des justificatifs de paiement (CR LP – OCHSNER, 2005, art. 93 
n. 82 ; ATF 121 III 20 consid. 3b ; arrêt TF 5A_661/2013 du 15 janvier 2014 consid. 5.2).

Les cotisations aux assurances obligatoires telles que la caisse maladie font en principe partie du 
minimum d'existence au sens de l'art. 93 LP. Cependant, seules les charges réellement acquittées 
sont susceptibles d'entrer dans le calcul du minimum vital (ATF 121 III 20 consid. 3a; 135 I 
221 consid. 5.1).

2.4. En l'espèce, selon le rappel du 22 mars 2022 (pièce 6 plaignant et 7 plaignante), les 
plaignants ne se sont pas acquittés des primes d'assurance maladie pour le mois de mars 2022. En 
outre, selon l'extrait du registre des poursuites du plaignant, entre le mois de décembre 2017 et ce 
jour, ce dernier a fait l'objet de treize poursuites de la part de la société C.________ SA, soit de son 
assurance maladie. Il ressort d'ailleurs de ce document que quatre d'entre elles, à savoir celles des 
mois de mars 2021, juin 2021, août 2021 et novembre 2021, ont dû faire l'objet d'une saisie. Ainsi, 
il est manifeste que le plaignant, qui est le preneur d'assurance et qui s'acquitte des primes pour le 
couple, ne paie pas lesdites primes. Partant, c'est à juste titre que l'OP Gruyère n'a pas tenu compte, 
dans le calcul du minimum d'existence des plaignants, de leurs primes d'assurance maladie.

Le fait que la phase de réinsertion professionnelle de la plaignante se termine le 24 avril 2022 n'y 
change rien. En effet, la plaignante perçoit actuellement un revenu mensuel de CHF 2'434.- à titre 
d'indemnités journalières, ce qu'elle ne conteste pas. Ainsi, l'OP Gruyère a établi le salaire mensuel 
versé à la plaignante en tenant compte des circonstances au moment de l'exécution de la saisie de 
revenu et de toutes les informations fournies par la débitrice elle-même. Si la décision concernant 
les indemnités journalières de l'assurance-invalidité du 28 février 2022 (pièce 4 plaignante) 
mentionne bien que son droit aux indemnités s'arrête le 24 avril 2022, la plaignante n'est pas en 
mesure de chiffrer le revenu mensuel qu'elle touchera après ce terme, pas plus qu'elle n'est en 

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mesure de déterminer si celui-ci sera différent du revenu actuel. Partant, il lui appartiendra, le cas 
échéant, de demander une révision de la situation au sens de l'art. 93 al. 3 LP à l'OP Gruyère.

Il s'ensuit le rejet des plaintes.

3.

3.1. Pour la présente procédure, les plaignants requièrent que leur soit octroyée l'assistance 
judiciaire.

3.2. En vertu de l'art. 142 du code de procédure et de juridiction administrative du 23 mai 1991 
(CPJA ; RSF 150.1), applicable par renvoi de l'art. 9 al. 1 de la loi fribourgeoise du 12 février 2015 
d'application de la législation fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite (LALP ; RSF 28.1), a 
droit à l'assistance judiciaire la partie qui ne dispose pas de ressources suffisantes pour supporter 
les frais d'une procédure sans s'exposer à la privation des choses nécessaires à son existence et à 
celle de sa famille (al. 1) ; l'assistance n'est pas accordée lorsque la procédure paraît d'emblée 
vouée à l'échec pour un plaideur raisonnable (al. 2).

Dans la procédure de plainte en matière de poursuite pour dettes, il n'est pas perçu de frais (art. 20a 
al. 2 ch. 5 LP), de sorte que la question de l'assistance judiciaire se pose seulement en ce qui 
concerne la rémunération du mandataire des plaignants. Selon la jurisprudence, le droit à 
l'assistance judiciaire découlant de l'art. 29 al. 3 Cst. n'est pas exclu par principe dans la procédure 
de plainte des art. 17 ss LP, pour le motif qu’il ne peut être perçu de frais ni alloué de dépens, mais 
dans la mesure où la procédure de plainte est régie par la maxime d'office, l'assistance d'un avocat 
n'est en général pas nécessaire (cf. ATF 122 I 8 consid. 2c). Il est cependant des cas où l'assistance 
par un avocat s'avère nécessaire en dépit de la maxime d'office, et lorsqu'il y a complexité de l'affaire 
ou des questions à résoudre, connaissances juridiques insuffisantes et intérêts importants en jeu, 
l'octroi de l'assistance judiciaire se justifie également pour la procédure de plainte des art. 17 ss LP 
(cf. ATF 122 III 392 consid. 3c).

3.3. En l'espèce, la cause ne présentait pas de difficultés juridiques ou factuelles particulières. La 
désignation d'un avocat d'office n'apparaît donc pas nécessaire à la sauvegarde des intérêts des 
plaignants. Partant, les requêtes doivent être rejetées.

4.

Il n'est pas perçu de frais (art. 20a al. 2 ch. 5 LP), ni alloué de dépens (art. 62 al. 2 de l'ordonnance 
du 23 septembre 1996 sur les émoluments perçus en application de la loi fédérale sur la poursuite 
pour dettes et la faillite [OELP ; RS 281.35]).

(dispositif en page suivante)

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la Chambre arrête :

I. Les procédures 105 2022 40, 105 2022 41, 105 2022 42 et 105 2022 43 sont jointes.

II. La plainte déposée par B.________ est rejetée.

Partant, la décision de saisie de salaire prononcée le 24 mars 2022 à l'encontre de 
B.________ par l'Office des poursuites de la Gruyère est confirmée.

III. La requête d'assistance judiciaire de B.________ est rejetée.

IV. La plainte déposée par A.________ est rejetée.

Partant, la décision de saisie de salaire prononcée le 24 mars 2022 à l'encontre de 
A.________ par l'Office des poursuites de la Gruyère est confirmée.

V. La requête d'assistance judiciaire de A.________ est rejetée.

VI. Il n'est pas perçu de frais, ni alloué de dépens.

VII. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral dans les dix jours qui 
suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 
par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). L'acte de recours 
motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 4 mai 2022/jei

La Présidente : La Greffière :