# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 61aed7ab-9de4-5729-b168-57f02646a584
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2018-11-15
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 15.11.2018 F-389/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_F-389-2018_2018-11-15.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour VI 

F-389/2018 

 

 
 

  A r r ê t  d u  1 5  n o v e m b r e  2 0 1 8  

Composition 
 Yannick Antoniazza-Hafner (président du collège),  

Andreas Trommer, Gregor Chatton, juges, 

Anna-Barbara Adank, greffière. 
 

 
 

Parties 
 A._______,    

représenté par Maître Roxane Sheybani,  

(…),  

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations SEM,  

Quellenweg 6, 3003 Berne,    

autorité inférieure.  

 
 

 
 

Objet 
 Interdiction d’entrée. 

 

 

 

F-389/2018 

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Faits : 

A.  

Par décision du 20 octobre 2017, le Secrétariat d’Etat aux migrations (ci-

après : SEM) a prononcé une interdiction d’entrée en Suisse et dans l’Es-

pace Schengen d’une durée de trois ans à l’encontre d’A._______, ressor-

tissant algérien né en 1981, en raison de sa condamnation, en août 2017, 

à une peine pécuniaire de 70 jours-amende à 30 francs avec sursis pen-

dant 3 ans pour vol. 

B.  

Par acte du 18 janvier 2018 le prénommé, par l’entremise de sa manda-

taire, a fait recours auprès du Tribunal administratif fédéral (ci-après : TAF) 

et a conclu, sous suite de frais et dépens, principalement à l’annulation de 

la décision entreprise et subsidiairement au renvoi de la cause à l’autorité 

inférieure. Il a notamment argué qu’il était domicilié avec son épouse et 

leurs quatre enfants en Espagne. En outre, il aurait été condamné unique-

ment pour le vol de deux vélos. Cet acte délinquant isolé démontrerait que 

son comportement ne présentait aucune atteinte à la sécurité et à l’ordre 

publics et aucun élément ne permettrait de retenir qu’il représenterait une 

menace audit ordre ; à tout le moins, en particulier au vu des intérêts privés 

en cause, la décision entreprise serait manifestement disproportionnée. 

Enfin, le recourant a reproché au SEM de ne pas l’avoir entendu avant de 

prendre la décision querellée. 

C.  

Par décision incidente du 27 février 2018, le TAF a rejeté la demande de 

restitution de l’effet suspensif contenue dans le recours. Il a retenu, après 

un examen sommaire du dossier, que le recourant avait volé à tout le moins 

deux vélos électriques à Genève pour les ramener en Algérie, qu’il avait 

été rendu attentif au prononcé éventuel d’une interdiction d’entrée à son 

égard et qu’il avait pu prendre position à ce sujet, qu’il ne semblait pas 

bénéficier d’un titre de séjour en Espagne, pas plus que sa famille, laquelle 

semblait détenir la nationalité algérienne et dont les liens n’étaient étayés 

par aucune pièce et qu’il avait d’ailleurs à plusieurs reprises fait des décla-

rations contradictoires au sujet de sa famille, de sorte que l’intérêt public à 

tenir l’intéressé éloigné de Suisse et de l’Espace Schengen l’emportait sur 

son intérêt privé à échapper aux effets de la mesure pendant la durée de 

la procédure. 

D.  

Par préavis du 5 mars 2018, le SEM a souligné que le recourant avait agi 

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par pur appât du gain, qu’il avait déclaré lors de son audition vivre et tra-

vailler en Algérie (propos corroborés par son beau-fils interpellé en même 

temps que lui), qu’il avait été averti qu’une telle mesure pouvait être pro-

noncée à son égard et qu’à défaut de titre de séjour en Espagne, l’inscrip-

tion de la mesure au Système d’information Schengen (ci-après : SIS) était 

parfaitement justifiée. 

E.  

Par écrit du 29 mars 2018, le recourant a rappelé être domicilié avec sa 

famille en Espagne, preuves à l’appui, tout en admettant ne pas y bénéfi-

cier d’une autorisation de séjour. Selon lui, il serait totalement dispropor-

tionné de lui interdire l’accès à son domicile et à sa famille pendant 3 ans 

en raison d’un simple vol de deux vélos. 

Droit : 

1.  

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 LTAF, le Tribunal, en 

vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de 

l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF.  

Les décisions d'interdiction d'entrée rendues par le SEM (qui constitue une 

unité de l'administration fédérale au sens de l'art. 33 let. d LTAF) sont sus-

ceptibles de recours au Tribunal (cf. art. 1 al. 2 LTAF), qui statue définiti-

vement (cf. art. 83 let. c ch. 1 LTF).  

1.2 A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant le 

Tribunal est régie par la PA (cf. art. 37 LTAF).  

1.3 Le recourant a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA). Présenté dans 

la forme et dans les délais prescrits par la loi – la décision querellée ayant 

été notifiée le 6 décembre 2017 –, le recours est recevable (cf. art. 50 et 

52 PA).  

2.  

La partie recourante peut invoquer devant le Tribunal la violation du droit 

fédéral, y compris l'excès ou l'abus du pouvoir d'appréciation, la constata-

tion inexacte ou incomplète des faits pertinents et, à moins qu'une autorité 

cantonale n'ait statué comme autorité de recours, l'inopportunité de la dé-

cision entreprise (cf. art. 49 PA). Le Tribunal examine la décision attaquée 

avec pleine cognition. Conformément à la maxime inquisitoire, il constate 

les faits d'office (cf. art. 12 PA) ; appliquant d'office le droit fédéral, il n'est 

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pas lié par les motifs invoqués à l'appui du recours (cf. art. 62 al. 4 PA), ni 

par l'argumentation développée dans la décision entreprise. Aussi peut-il 

admettre ou rejeter le pourvoi pour d'autres motifs que ceux invoqués (cf. 

ATAF 2014/1 consid. 2). Les parties doivent toutefois collaborer à l'établis-

sement des faits (art. 13 PA) et motiver leur recours (art. 32 al. 1 et 52 PA). 

En conséquence, l'autorité saisie se limite en principe aux griefs soulevés 

et n'examine les questions de droit non invoquées que dans la mesure où 

les arguments des parties ou le dossier l'y incitent (cf. arrêt du TAF 

C-1052/2011 du 20 août 2012 consid. 2 ; MOSER/BEUSCH/KNEUBÜHLER, 

Prozessieren vor dem Bundesverwaltungsgericht, 2e éd. 2013, p. 25 

n. 1.55). 

3.  

3.1 Le recourant fait valoir une violation du droit d’être entendu, dès lors 

qu’il n’aurait pas pu faire valoir ses arguments avant le prononcé de la dé-

cision querellée. Vu la nature formelle de cette garantie constitutionnelle 

- dont la violation entraîne en principe l'annulation de la décision attaquée 

sans égard aux chances de succès du recours sur le fond - ce moyen doit 

être examiné en premier lieu.  

3.2 Le droit d'être entendu, inscrit à l'art. 29 al. 2 Cst, comprend notamment 

le droit de s'exprimer, le droit de consulter le dossier, le droit de faire admi-

nistrer des preuves et de participer à leur administration, le droit d'obtenir 

une décision motivée et le droit de se faire représenter ou assister. L'art. 30 

al. 1 PA prévoit en particulier que l'autorité entend les parties avant qu'une 

décision ne soit prise touchant leur situation juridique, soit le droit d'exposer 

leurs arguments de droit, de fait ou d'opportunité, de répondre aux objec-

tions de l'autorité et de se déterminer sur les autres éléments du dossier 

(ATF 135 I 279 consid. 2.3 ; 132 II 485 consid. 3 ; 126 I 7 consid. 2b ; 124 

II 132 consid. 2b, et la jurisprudence citée ; ATAF 2010/53 consid. 13.1).  

3.3 En l'espèce, force est de constater que l'administration n'a pas violé 

cette garantie constitutionnelle. En effet, le recourant a été auditionné le 

18 août 2017. A cette date, il a signé un formulaire intitulé "mesures d’éloi-

gnement - droit d'être entendu" qui indiquait que, vu les faits constatés, les 

autorités suisses pouvaient examiner l'opportunité de prononcer à son en-

contre une mesure d'éloignement (pce SEM 1 p. 41). A la question s’il avait 

quelque chose à déclarer à ce sujet, il a répondu qu’il souhaitait revenir à 

Genève pour voir la famille de sa femme. Dès lors, on ne saurait déceler 

dans les faits précités une violation du droit d'être entendu, puisque le re-

courant a eu l'occasion de se déterminer avant que la décision en cause 

http://links.weblaw.ch/ATF-135-I-279
http://links.weblaw.ch/ATF-132-II-485
http://links.weblaw.ch/ATF-126-I-7
http://links.weblaw.ch/ATF-124-II-132
http://links.weblaw.ch/ATF-124-II-132
http://links.weblaw.ch/BVGE-2010/53

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ne soit rendue, ce qui est conforme à la jurisprudence y relative (cf., parmi 

d'autres, l'arrêt du TAF C-4489/2013 du 23 janvier 2014 consid. 3.3 et 

réf. citées). A toutes fins utiles, on notera qu’on ne saurait reprocher au 

SEM de ne pas avoir examiné les intérêts privés du recourant dans l’Es-

pace Schengen, puisque ce dernier n’en avait pas fait valoir et qu’aucun 

indice à ce sujet ne ressortait du dossier de la cause. 

4.  

4.1 L'interdiction d'entrée, qui permet d'empêcher l'entrée ou le retour en 

Suisse (respectivement dans l'Espace Schengen) d'un étranger dont le sé-

jour y est indésirable, est régie par l'art. 67 LEtr. Elle ne constitue pas une 

peine sanctionnant un comportement déterminé. Il s'agit d'une mesure ad-

ministrative de contrôle visant à prévenir une atteinte à la sécurité et à 

l'ordre publics en empêchant - durant un certain laps de temps - un étran-

ger dont le séjour en Suisse (ou dans l'Espace Schengen) est indésirable 

d'y retourner à l'insu des autorités (cf. ATAF 2008/24 consid. 4.2 ; Message 

LEtr, p. 3568 ad art. 66).  

4.2 A teneur de l'art. 67 al. 2 let. a LEtr, le SEM peut interdire l'entrée en 

Suisse à un étranger lorsque ce dernier a attenté à la sécurité et à l'ordre 

publics en Suisse ou à l'étranger ou les a mis en danger. Cette disposition 

précise, à l'alinéa 3, que l'interdiction d'entrée est prononcée pour une du-

rée maximale de cinq ans (1ère phr.), mais peut être prononcée pour une 

plus longue durée lorsque la personne concernée constitue une menace 

grave pour la sécurité et l'ordre publics (2ème phr.).  

4.3 L'ordre public comprend l'ensemble des représentations non écrites de 

l'ordre, dont le respect doit être considéré comme une condition inéluctable 

d'une cohabitation humaine ordonnée. La sécurité publique, quant à elle, 

signifie l'inviolabilité de l'ordre juridique objectif, des biens juridiques des 

individus, ainsi que des institutions de l'Etat (cf. Message du Conseil fédé-

ral concernant la loi sur les étrangers [ci-après : Message LEtr] du 8 mars 

2002, FF 2002 3469, p. 3564 ad art. 61). Pour pouvoir affirmer que la sé-

curité et l'ordre publics sont menacés, il faut des éléments concrets indi-

quant que le séjour en Suisse de la personne concernée conduit selon 

toute vraisemblance à une atteinte à la sécurité et à l'ordre publics (cf. art. 

80 al. 2 OASA). Selon une pratique constante, l'intérêt de prévention gé-

nérale de s'assurer du respect des prescriptions en matière de police des 

étrangers est important. Il existe de surcroît un motif de prévention spé-

ciale, qui consiste à avertir l'intéressé de s'en tenir dorénavant à l'ordre 

http://links.weblaw.ch/BVGer-C-4489/2013

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juridique suisse (cf. arrêt du TAF C-3917/2014 du 21 octobre 2015 con-

sid. 6.1).  

4.4 Lorsque l'autorité administrative prononce une interdiction d'entrée, 

elle doit respecter les principes d'égalité et de proportionnalité et s'interdire 

tout arbitraire. Pour satisfaire au principe de la proportionnalité, il faut que 

la mesure d'éloignement prononcée soit apte à produire les résultats es-

comptés (règle de l'aptitude), que ceux-ci ne puissent être atteints par une 

mesure moins incisive (règle de la nécessité) et qu'il existe un rapport rai-

sonnable entre le but d'intérêt public recherché par cette mesure et les in-

térêts privés en cause, en particulier la restriction à la liberté personnelle 

qui en résulte pour la personne concernée (principe de la proportionnalité 

au sens étroit ; cf. ATF 136 IV 97 consid. 5.2.2, 135 I 176 consid. 8.1).  

5.  

En l'espèce, il appert de l’ordonnance pénale du 18 août 2017 que le re-

courant a volé, avec deux comparses, trois vélos électriques (et non deux 

comme il tente de le faire accroire, pce TAF 1 p. 7) en l’espace de trois 

jours dans le but de les acheminer en Algérie et de s’enrichir illégalement 

(pce TAF 1 annexe 7). Le procureur a relevé que les motivations relevaient 

de la tentation égoïste et de l’argent facile, sans considérations pour le bien 

d’autrui ; il a cependant retenu qu’une peine ferme ne paraissait pas né-

cessaire pour détourner l’intéressé d’autres crimes ou délits. Force est 

ainsi de constater que ce dernier a porté atteinte à la sécurité et à l’ordre 

publics suisse. 

Au vu de ce qui précède et en l’absence d’intérêts privés prépondérants en 

Suisse – le recourant n’en fait d’ailleurs pas valoir dans son recours –, une 

interdiction d’entrée en ce pays d’une durée de trois ans est pleinement 

justifiée, étant précisé que cette durée correspond à la pratique du TAF 

dans des cas similaires (cf., pour comparaison, arrêts du TAF F-530/2017 

du 1er décembre 2017 et C-4372/2015 du 25 mai 2016). 

6.  

Au vu des infractions commises, une inscription au SIS est également jus-

tifiée (cf. art. 24 al. 2 du règlement [CE] n° 1987/2006 du Parlement euro-

péen et du Conseil du 20 décembre 2006 sur l'établissement, le fonction-

nement et l'utilisation du système d'information Schengen de deuxième gé-

nération [JO L 381 du 28 décembre 2006 pp. 4 à 23] et art. 115 al. 1 LEtr). 

Le fait que le recourant aurait de la famille vivant avec lui en Espagne n’y 

change rien. En effet, tout d’abord, comme le relève à juste titre le SEM, ni 

l’intéressé ni sa famille ne bénéficient d’un quelconque titre de séjour en 

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ce pays (cf. pce TAF 8 p. 2). Ensuite, il n’est aucunement prouvé que les 

attestations de domicile en Espagne concernent effectivement sa femme 

et ses enfants (pce TAF 1 annexe 4 à 6bis). Bien au contraire, puisque le 

recourant a fait de nombreuses déclarations contradictoires à ce sujet ; il a 

ainsi prétendu en procédure pénale être célibataire, avoir 5 enfants (mais 

aucun enfant mineur à charge, pce SEM 1 p. 47) et vivre et travailler en 

Algérie (pce TAF 1 annexe 7 p. 2 et pce SEM 1 p. 45). Enfin, l’intéressé ne 

conteste pas que les membres allégués de sa famille détiennent la natio-

nalité algérienne (pce TAF 5 p. 4 et pce TAF 8), de sorte qu’une vie de 

famille en ce pays semble envisageable.  A noter à toutes fins utiles, que 

l’inscription au SIS devra en principe être levée si l’Espagne devait accor-

der au recourant une autorisation de séjour (art. 25 al. 1 de la Convention 

d'application de l'Accord Schengen [CAAS, JO L 239 du 22 septembre 

2000]). 

7.  

En conséquence, le Tribunal est amené à conclure que la décision querel-

lée n'est ni contraire au droit ni inopportune (cf. art. 49 PA).  

Partant, le recours doit être rejeté.  

8.  

Vu l'issue de la cause, les frais de la procédure doivent être mis à la charge 

du recourant (cf. art. 63 al. 1 PA).  

 

(dispositif à la page suivante)  

 

 

 

 

 

 

 

 

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Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

Les frais de procédure, d’un montant de 1'000 francs, sont mis à la charge 

du recourant. Ils sont couverts par l’avance versée le 16 février 2018. 

3.  

Le présent arrêt est adressé : 

– au recourant, par l’entremise de sa mandataire (recommandé) ; 

– à l'autorité inférieure, dossier SYMIC (…) en retour. 

 

 

Le président du collège : La greffière : 

  

Yannick Antoniazza-Hafner Anna-Barbara Adank 

 

 

Expédition :