# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a1df72e1-774f-5df2-8747-1ae8a423f64a
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2002-06-25
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 25.06.2002 C/11314/2001
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-11314-2001_2002-06-25.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE  Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/11314/2001 - 2 
 

POUVOIR  JUDICIAIRE * COUR D’APPEL* 
 

 

 

 

 
 
 
T____ 
Dom. élu: Me Marc MATHEY-DORET 
Boulevard des Philosophes 14 
1205 Genève 
 
 
 
 
Partie appelante 
 
 
 
 
 
 
 
 
D’une part 

 
 
 
E____ 
Dom. élu: Me Bénédict FONTANET 
Rue du Rhône 84 
Case postale 3200 
1211 Genève 3 
 
 
 
Partie intimée 
 
 
 
 
 
 
 
 
D’autre part 

 
 
 
 
 

ARRÊT 
 

du mardi 25 juin 2002 
 

 
  M. Philippe JUVET, président 
 
 
  MM. Pierre PONCINI et Frédéric GISIGER, juges employeurs 
 
  MM. Max DETURCHE et Jean-Daniel BONNELANCE, juges salariés 
 
 
  M. Rémy BADDOUR, greffier d’audience 
 
 
 
 
 
 
 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/11314/2001 - 2 

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 * COUR D’APPEL * 

 

 

 

EN FAIT 

 

 

A. Par contrat de travail écrit du 24 juin 1999, T____ a été engagé par E____ (ci-

après E_____) en qualité de responsable du service de maintenance, auprès de 

E____, exploité et géré par ladite société. 

 

Son dernier salaire mensuel brut s’élevait à fr. 6’000.-. 

 

B. Par courrier du 12 janvier 2001, E____ a résilié le contrat de T____ avec effet 

au 28 février 2001, étant précisé qu’il était dispensé dès ce jour de toute 

activité professionnelle. 

 

Dans ce même courrier, E_____ a par ailleurs invité T____ à communiquer, 

cas échéant, un descriptif détaillé des heures supplémentaires effectuées. 

 

C. Le 27 mars 2001, par l’entremise de son conseil, T____ a fourni à E____ un 

décompte précis des heures supplémentaires qu’il prétend avoir effectuées 

depuis le mois de juillet 1999 au mois de janvier 2001.  

 

T____ a réclamé à ce titre le paiement de fr. 32'845.30 brut, correspondant à 

796.25 heures supplémentaires, selon des horaires journaliers allant de 7h15 à 

17h30 ou de 7h15 à 18h30. 

 

T____ a précisé en outre qu’il portait un bip sur son lieu de travail de sorte 

qu’il devait demeurer à disposition de son employeur pendant les heures de 

repas également. 

 

D. Par lettre du 3 avril 2001, E____ s’est montré dubitatif quant au bien-fondé 

du décompte produit par T____, alléguant que ce dernier n’avait jamais 

évoqué jusqu’alors l’existence de la moindre heure supplémentaire. 

 

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E. Par demande déposée au greffe de la juridiction des prud’hommes le 31 mai 

2001, T____ a assigné E____ en paiement de fr. 32'179.45 brut plus intérêts à 

5% l’an dès le 28 février 2001, à titre d’heures supplémentaires depuis le 1er 

juillet 1999 au 31 janvier 2001. 

 

F. Par jugement du 9 octobre 2001, le Tribunal des prud'hommes a débouté 

T____ des fins de sa demande. 

 

G. En substance, le Tribunal a considéré que T____ n’a pas démontré que son 

employeur avait exigé de lui qu’il effectue des heures supplémentaires, ni 

prouvé que E____ ait été ou aurait dû être au courant de l’exécution des 

heures supplémentaires évoquées par T____. 

 

Le Tribunal a en outre retenu que T____ a admis n’avoir jamais fourni à ses 

supérieurs – au cours des rapports de travail – le moindre décompte d’heures 

supplémentaires. 

 

Enfin, eu égard aux pièces fournies par les parties et aux enquêtes, les 

premiers juges ont estimé que la réalité même du travail supplémentaire 

allégué n’était pas vraisemblable. 

 

H. Contre ce jugement, expédié pour notification par pli recommandé du greffe 

le 22 novembre 2001, T____ a interjeté appel le 21 décembre suivant. 

 

I. Dans le cadre de son mémoire d’appel, T____ a conclu à l’annulation du 

jugement dont est appel et à la condamnation de E____ au paiement de fr. 

32'179.45 plus intérêts à 5% dès le 28 février 2001. 

 

T____ a également sollicité de la Cour de céans la réouverture des enquêtes. 

 

J. À l’appui de sa position, l’appelant a persisté à soutenir qu’il avait effectué 

des heures supplémentaires qu’il n’avait jamais pu récupérer et a prétendu 

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que les premiers juges avaient notamment violé l’art. 15 de la Convention 

collective nationale de travail pour les hôtels, restaurants et cafés du 6 juillet 

1998. 

 

K. Pour sa part, l’intimée a conclu à la confirmation de la décision entreprise. 

 

L. Lors de l’audience du 26 mars 2002, le témoin A____, tapissier décorateur au 

sein de E____, a déclaré qu’il n’avait pas connaissance de l’horaire de T____. 

Il a ajouté que le port du bip pendant les repas ne constituait pas une 

obligation vis-à-vis de son employeur et qu’il ne le gardait pas sur lui durant 

ses pauses de midi. S’agissant des heures supplémentaires effectuées par 

A____, il a indiqué à la Cour de céans qu’il les signalait à son employeur et 

les récupérait sous forme de jours de vacances. 

 

Le témoin B____, mécanicien au service de T____, n’avait pas non plus 

connaissance de l’horaire de l’appelant et n’a pas été en mesure de se rappeler 

si ce dernier avait déjà été sollicité par E____ pendant ses heures de repas. 

B____, à l’instar de A____, récupérait ses heures supplémentaires par des 

jours de vacances. 

 

Le témoin C____, qui a travaillé sous les ordres de T_____ 

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pendant quelques mois, a déclaré qu’il portait sur lui un bip et qu’il était 

souvent dérangé pendant ses pauses. Il a précisé néanmoins qu’il récupérait 

toujours ses heures supplémentaires sous forme de pauses. 

 

M. À l’audience de ce jour, T_____ a confirmé n’avoir jamais réclamé des 

heures supplémentaires durant les rapports de travail et a persisté à dire qu’il 

portait un bip branché pendant la pause de midi. 

 

T____ a ajouté qu’il travaillait souvent dès 7 heures le matin jusqu’à 18 

heures 30 et même plus tard. Il a également indiqué à la Cour de céans qu’il 

lui arrivait de travailler le samedi et le dimanche. 

 

Enfin, l’appelant a reconnu expressément qu’il ne figurait sur aucun 

décompte d’heures supplémentaires contrairement à ses collaborateurs qui 

annonçaient régulièrement leurs heures additionnelles. 

 

 

EN DROIT 

 

 

1. Interjeté dans la forme et le délai prévus par la loi (art. 59 de la loi sur la 

juridiction des prud'hommes, ci-après LJP), l'appel de T____ est recevable. 

 

 

2. Il est établi et non contesté que les rapports de travail de l’espèce étaient 

soumis à la Convention collective nationale de travail pour les hôtels, 

restaurants et cafés du 1er octobre 1998 (ci-après CCNT 98). 

 

 

3. Conformément à l’alinéa premier de l’art. 321c CO, si les circonstances 

exigent des heures de travail plus nombreuses que le prévoit le contrat ou 

l’usage, un contrat-type de travail ou une convention collective, le travailleur 

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est tenu d’exécuter ce travail supplémentaire, dans la mesure où il peut s’en 

charger et où les règles de la bonne foi permettent de le lui demander. 

 

 

À teneur de l’art. 15 ch. 5 al. 1 in fine CCNT 98, les heures supplémentaires 

doivent être compensées dans un délai convenable par du temps libre de 

même durée. Si la compensation n’est pas possible, les heures 

supplémentaires doivent être payées au plus tard à la fin des rapports de 

travail (art. 15 ch. 5 al. 2 CCNT 98). 

 

La jurisprudence s’accorde à dire que si le travail supplémentaire est effectué 

à l’initiative du travailleur, il ne constitue des heures supplémentaires que si 

elles sont objectivement accomplies dans l’intérêt de l’employeur, qu’elles 

sont justifiées et qu’elles sont portées à la connaissance de ce dernier ou qu’il 

ne peut ignorer leur accomplissement. 

 

Ce qui est déterminant, c’est la connaissance par l’employeur du fait que le 

travailleur effectue des heures supplémentaires (ATF 116 II 69 consid. 4b; 

CAPH C. c/G. du 20.10.1993 en la cause no VI/853/92). 

 

Les heures supplémentaires effectuées sans directive de l'employeur ne 

doivent être payées que si leur accomplissement était objectivement justifié 

par la préservation des intérêts de l'employeur. Le travailleur doit annoncer 

sans tarder spontanément les heures supplémentaires accomplies à son 

employeur pour que ce dernier puisse les approuver, répartir autrement les 

tâches ou encore engager du personnel d'appoint. Un travailleur ne satisfait 

pas à son devoir d'annoncer ses heures supplémentaires effectuées sans 

directive correspondante en se contentant d'une simple annotation sur un 

calendrier mural sans demander leur paiement durant plusieurs années 

consécutives. L'employeur est, en effet, ainsi privé de la possibilité de 

contrôle la nécessité et la réalité de ces heures supplémentaires. Des heures 

non ordonnées ou non approuvées ne donnent pas droit aux avantages visés à 

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l'art. 321c al. 3 CO. Le travailleur qui tarde à les annoncer et accepte sans 

réserve le paiement afférent à la période concernée est déchu du droit de 

réclamer ultérieurement des heures supplémentaires (CAPH du 25.10.2001 en 

la cause no C-29467/2000-2). 

 

Comme l’ont relevé à juste titre les premiers juges, il appartient au travailleur 

de prouver l'exécution des heures supplémentaires, leur ampleur, le fait 

qu'elles ont été ordonnées et qu'elles étaient nécessaires à la bonne marche de 

l'entreprise. 

 

En l’espèce, il n’a pas été établi que E_____ ait demandé à l’appelant 

d’effectuer tout ou partie des heures supplémentaires alléguées. 

 

De plus, il n’a pas été démontré que l’intimée ait été, ou aurait dû être, au 

courant de l’exécution des heures supplémentaires évoquées par T____. Aussi 

bien par-devant les premiers juges que devant la Cour de céans, T____ a 

admis n’avoir jamais fourni à ses supérieurs, durant ses rapports de travail, un 

quelconque décompte d’heures supplémentaires. 

 

Enfin, aucun des témoins entendus tout au long de la procédure n’est venu 

corroborer les allégations de l’appelant. 

 

Aux termes certes, de l’art. 15 al. 4 in fine CCNT 98, si le collaborateur reste 

à la disposition de l’employeur pendant le temps consacré aux repas, celui-ci 

sera considéré comme temps de travail. 

 

Or, comme l’ont relevé les premiers juges, le fait de porter un bip durant les 

heures de repas n’implique pas ipso facto que T____ exécutait des heures 

supplémentaires pendant ses pauses. 

 

Quoi qu’il en soit, il n’a pas été démontré que E____ ait sollicité de 

l’appelant de porter un bip en dehors de son horaire de travail habituel. 

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Au vu de ce qui précède, c’est à bon droit que les premiers juges ont débouté 

T_____ de ses conclusions tendant au paiement d’heures supplémentaires et 

le jugement sera, partant, confirmé. 

 

Les circonstances du cas d'espèce justifient de mettre l'émolument d'appel à la 

charge de l’appelant (art. 78 LJP). 

 

 

PAR CES MOTIFS 

 

La Cour d'appel des prud'hommes, groupe 2, 

 

À la forme : 

 

- reçoit l'appel interjeté par T____ contre le jugement du tribunal des 

prud'hommes du 9 octobre 2001 rendu en la cause n° C/11314/2001; 

 

Au fond : 

 

- confirme ledit jugement; 

 

- déboute les parties de toute autre conclusion; 

 

- dit que l’émolument versé par T____ restera acquis à l’Etat. 

 

 

 

Le greffier de juridiction Le président