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**Case Identifier:** 7bf46b2e-8f9b-5a48-bb7d-e56520928b29
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2007-10-17
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 17.10.2007 RR.2007.125
**Docket/Reference:** RR.2007.125
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_RR-2007-125_2007-10-17

## Full Text

Entraide judiciaire internationale en matière pénale au Brésil
Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP);;Entraide judiciaire internationale en matière pénale au Brésil
Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP);;Entraide judiciaire internationale en matière pénale au Brésil
Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP);;Entraide judiciaire internationale en matière pénale au Brésil
Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP)

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

 

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

Numéro de dossier: RR.2007.125 
 
 
 

 
 

  Arrêt du 16 octobre 2007  
IIe Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux Bernard Bertossa, prési-
dent, Andreas J. Keller et Roy Garré,  
la greffière Nathalie Zufferey  

   

 A., représentée par Me Michel Czitron,  

recourante
 

Parties 

 contre 
   

 MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,   

partie adverse
 

   

Objet  Entraide judiciaire internationale en matière pénale 
au Brésil 
 
Remise de moyens de preuve (art. 74 EIMP) 

 
 

- 2 - 

 

 

 
Faits: 
 

A. Le 18 février 2005, l’Ambassade de la République fédérative du Brésil à 
Berne a adressé à l’Office fédéral de la justice (ci-après: OFJ) une de-
mande d’entraide judiciaire (datée du 9 novembre 2004). Cette demande a 
été complétée le 20 octobre 2005 sur l’intervention du Ministère public de la 
Confédération (ci-après: MPC), autorité chargée d’exécuter la demande. 
De l’exposé des faits, il résulte en substance que les autorités pénales bré-
siliennes conduisent une procédure notamment des chefs de corruption et 
de blanchiment d’argent à l’encontre des membres d’une organisation cri-
minelle active au Brésil, dont le dénommé B.. Cette organisation, formée de 
personnages occupant des postes-clés au niveau politique et économique, 
aurait mis en place des mécanismes sophistiqués leur permettant de réali-
ser des gains importants dans le secteur de la santé, ceci au préjudice de 
l’Etat brésilien. L’argent provenant des crimes commis par l’organisation 
aurait été blanchi en Suisse. Pratiquement, en vue de favoriser des socié-
tés particulières désignées par les membres de l’organisation criminelle 
susmentionnée, des fonctionnaires publics touchaient des pots-de-vin pour 
manipuler les procédures de ventes aux enchères portant sur des produits 
sanguins. Les entreprises sélectionnées versaient sur certains comptes à 
l’étranger des commissions occultes que les différents membres de 
l’organisation se partageaient par l’intermédiaire de sociétés-écran. Les so-
ciétés off shores C. SA, D. SA et E., dominées par la famille F., sont nom-
mément désignées par la commission rogatoire. L’argent aurait ainsi transi-
té sur différents comptes, parfois sous couvert de versement de commis-
sions en apparence licites, pour être ensuite réacheminé vers le Brésil à 
travers des virements effectués par des entreprises étrangères détenant 
des succursales au Brésil à titre d’investissements directs. Une fois rapa-
triés au Brésil et leur origine illicite camouflée, les fonds étaient finalement 
réintégrés dans l’économie légale (sous la forme notamment d’achats 
d’immeuble et de véhicules de luxe). La requête d’entraide judiciaire de-
mande notamment d’identifier et de séquestrer les valeurs appartenant aux 
personnes mises sous investigation. 

 
B. Par ordonnance du 3 août 2006, le MPC est entré en matière et a versé à 

la procédure d’entraide une documentation bancaire qui avait déjà été sai-
sie dans le cadre d’une enquête nationale en cours. Cette enquête de po-
lice judiciaire, dirigée par le MPC, avait déjà identifié une partie des rela-
tions bancaires directement en liaison avec les actes illicites investigués au 
Brésil. En particulier, un compte n° 1. au nom de la société A. auprès de la 
banque G. à Zurich avait été mis en évidence. Ledit compte aurait connu 
des mouvements de fonds suspects auxquels différentes personnes, mora-

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les ou physiques, auraient participé, certaines étant par ailleurs nommé-
ment désignées dans la commission rogatoire. Le MPC souligne que plu-
sieurs de ces mouvements sont intervenus entre des comptes détenus par 
des membres de la famille F. ou des entités dominées par celle-ci. 
L’autorité d’exécution mentionne en particulier des mouvements de fonds 
de l’ordre d’environ USD 226 000.-- perçus par A., entre 1999 et 2003, en 
provenance de la société D. SA, laquelle aurait elle-même reçu ces fonds 
d’une société suisse qui pourrait être impliquée dans la filière de blanchi-
ment. 

 
C. Par décision de clôture partielle du 12 juillet 2007, le MPC a décidé de 

transmettre à l’autorité requérante les pièces qui avaient déjà été saisies 
dans le cadre de l’enquête nationale susmentionnée. Il s’agit, aux termes 
de la décision de clôture, de la documentation bancaire relative au compte 
n° 1. pour les années 1999 et suivantes. 

 
D. Par acte du 10 août 2007, la société A. forme un recours à la Cour des 

plaintes du Tribunal pénal fédéral, rédigé en allemand, avec les conclu-
sions suivantes:  

1. Es sei die angefochtene Verfügung (mit Ausnahme von Dispositiv Ziff. 4 betref-
fend Beendung der Kontosperre) vollumfänglich aufzuheben, und das Gesuch um 
Rechtshilfe vom 9.11.2004/20.10.2005 sei abzulehnen bzw. es sei darauf nicht ein-
zutreten; 

2. eventualiter sei die Schlussverfügung an die Schweiz. Bundesanwaltschaft zu-
rückzuweisen; 

3. subeventualiter seien Unterlagen, die den Namen und/oder vertrauliche Informa-
tionen unbeteiligter Dritter enthalten, herauszusortieren und von einer Übermittlung 
auszuschliessen, oder es seien zumindest diese Namen und/oder Informationen 
abzudecken; 

4. die Verfahrenskosten seien auf die Staatskasse zu nehmen und der Beschwer-
deführerin sei eine Entschädigung zuzusprechen. 

 
E. Le MPC et l’OFJ se réfèrent à la décision de clôture et s’en remettent à jus-

tice. Le recourant n’a pas répliqué dans le délai imparti à cette fin. 
 
Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris 
si nécessaire dans les considérants en droit. 
 
 
 
 
 
 
 

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La Cour considère en droit: 
 

1.  
 En vertu de l’art. 28 al. 1 let. e ch. 1 LTPF (nouvelle teneur selon le ch. 14 

de l’annexe à la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral, en 
vigueur depuis le 1PerP janvier 2007; RS 173.32), mis en relation avec 
l’art. 80e al. 1 de la loi fédérale sur l’entraide internationale en matière pé-
nale du 20 mars 1981 (EIMP; RS 351.1), la Cour des plaintes du Tribunal 
pénal fédéral est compétente pour connaître des recours en matière 
d’entraide pénale conformément à l’EIMP. Par analogie avec la pratique du 
Tribunal fédéral, le Tribunal pénal fédéral examine d’office et librement la 
recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATF 132 I 140 consid. 1.1; 
132 III 291 consid. 1; 131 II 571 consid. 1). S’agissant d’une demande 
d’entraide judiciaire au sens de la troisième partie de l’EIMP, les griefs que 
peut faire valoir le recourant sont énumérés à l’art. 80i EIMP. Il s’agit de la 
violation du droit fédéral, y compris l’excès ou l’abus du pouvoir 
d’appréciation (let. a) et l’application illégitime ou manifestement incorrecte 
du droit étranger, dans les cas visés à l’art. 65 EIMP (let. b). La Cour des 
plaintes examine également la constatation inexacte ou incomplète des 
faits pertinents, ainsi que l’opportunité de la décision attaquée conformé-
ment à l’art. 49 let. b et c PA. L’extension du pouvoir d’examen aux griefs 
prévus dans cette dernière disposition se justifie à la lumière des travaux 
préparatoires. En effet, à l’exception des motifs se rapportant au droit de 
procédure cantonal (art. 80i aEIMP), la nouvelle instance de recours en 
matière d’assistance judiciaire se prononce pour l’essentiel avec le même 
pouvoir de cognition que les autorités de recours cantonales précédem-
ment compétentes (cf. FF 2001 pp. 4220 et 4222). L’interprétation téléolo-
gique des normes régissant les motifs de recours commande ainsi de com-
pléter le catalogue des griefs définis à l’art. 80i EIMP avec ceux prévus à 
l’art. 49 let. b et c PA (cf. ég. TPF RR.2007.67 du 3 septembre 2007, 
consid. 2.3 et les arrêts cités). Cette solution correspond du reste à celle 
qui a été adoptée en matière d’extradition où l’absence de règle sur les mo-
tifs justifie d’appliquer directement l’art. 49 PA (cf. TPF RR.2007.27 du 
10 avril 2007, consid. 2.2). Saisie d’un recours contre une mesure 
d’entraide judiciaire, la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral n’est 
pas liée par les conclusions des parties (art. 25 al. 6 EIMP). 

 
 En matière d’entraide judiciaire, un recours est ouvert contre les décisions 

de clôture de l’autorité cantonale ou fédérale d’exécution (art. 80e al. 1 
EIMP), c’est-à-dire contre la décision par laquelle l’autorité, estimant avoir 
traité la demande totalement ou partiellement, statue sur l’octroi et 
l’étendue de l’entraide (art. 80d EIMP). Déposé dans le délai de 30 jours 

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après que la recourante ait reçu la décision, le présent recours est interjeté 
en temps utile contre une décision de l’autorité fédérale d’exécution relative 
à la clôture de la procédure d’entraide judiciaire (art. 80e et 80k EIMP). La 
recourante a qualité pour recourir en tant que titulaire du compte bancaire 
dont le MPC a décidé de transmettre la documentation (art. 80h let. b EIMP 
et 9a let. a de l’ordonnance sur l’entraide pénale internationale [OEIMP]; 
RS 351.11; ATF 126 II 258 consid. 2d/aa; arrêt du Tribunal fédéral 
1A.218/2000 du 6 novembre 2000, consid. 1c). 

 
 Le présent arrêt est rédigé en français, langue de la décision attaquée 

(art. 33a al. 2 PA). 
 
 
2. Le 23 juillet 1932, la République fédérative du Brésil et la Confédération ont 

conclu un traité d’extradition (RS 0.353.919.8), entré en vigueur le 24 fé-
vrier 1934, lequel s’applique partiellement aux «autres actes d’entraide» au 
sens de la troisième partie de l’EIMP (voir art. XVII). Il faut par ailleurs rele-
ver que les deux Etats ont conclu, le 12 mai 2004, un nouveau traité 
d’entraide judiciaire en matière pénale et que le Conseil fédéral a récem-
ment soumis le projet d’arrêté fédéral y relatif à l’approbation du Parlement 
(voir Message du 28 février 2007, FF 2007 p. 1903 ss). L’EIMP et son or-
donnance d’exécution règlent les questions qui ne sont pas traitées, explici-
tement ou implicitement, par le traité actuellement en vigueur (ATF 130 II 
337 consid. 1 p. 339; 128 II 355 consid. 1 p. 357 et la jurisprudence citée). 
Le droit interne s’applique en outre lorsqu’il est plus favorable à l’octroi de 
l’entraide que le droit international (ATF 122 II 140 consid. 2 et les arrêts ci-
tés). Le respect des droits fondamentaux est réservé (ATF 123 II 595 
consid. 7c p. 617). 

 
 
3.  
 La recourante invoque tout d’abord une violation du principe de connexité. 

Elle soutient qu’elle n’est pas mentionnée dans la requête d’entraide, 
qu’elle n’a jamais été active dans le domaine pharmaceutique et qu’elle n’a 
aucun lien direct avec B.. N’ayant elle-même participé à aucune vente aux 
enchères, les renseignements fournis seraient sans pertinence. La recou-
rante précise que H., avec lequel elle est en rapport d’affaires, n’est pour 
sa part pas inculpé au Brésil. 

 
 Ce moyen est manifestement mal fondé. En effet, selon doctrine et ju-

risprudence, il suffit, aux fins de l’entraide, qu’il existe un rapport objectif 
entre la mesure d’entraide et les faits poursuivis à l’étranger, sans que la 

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personne soumise à la mesure n’ait forcément participé aux agissements 
décrits dans la requête (arrêt du Tribunal fédéral 1A.244/2006 du 26 janvier 
2007, consid. 3; LAURENT MOREILLON, Entraide internationale en matière 
pénale, Bâle 2004, n° 153 ss ad introduction générale). En l’occurrence, la 
recourante reconnaît elle-même qu’il existe un lien entre elle et le proces-
sus délictueux pour lequel B. est poursuivi dans son pays, relevant en effet 
que ce dernier est le fils de son actionnaire et administrateur H.. Par ail-
leurs, la recourante ne nie pas l’existence des mouvements de fonds identi-
fiés par l’autorité d’exécution. Elle tente toutefois de minimiser ses relations 
avec H. et fournit des explications sur l’arrière-plan des transactions mises 
en exergue par le MPC. Ces explications ne peuvent cependant pas être 
prises en considération. En effet, elles constituent une argumentation à dé-
charge, irrecevable dans le cadre de la procédure d’entraide (ATF 132 II 81 
consid. 2.1 p. 85 et les arrêts cités). Il n’appartient pas à la Cour de céans, 
dans le cadre de la procédure d’entraide, de se substituer au juge du fond 
de l’Etat requérant. Enfin, la recourante ne soutient pas que la documenta-
tion bancaire serait impropre à faire progresser l’enquête au Brésil, violant 
de ce fait le principe de la proportionnalité. 

 
 La recourante explique que la remise de la documentation bancaire aurait 

pour conséquence de révéler l’identité de ses ayants droit et actionnaires, 
ce qui ne serait pas admissible. Au regard toutefois de la jurisprudence du 
Tribunal fédéral, la recourante n’est pas recevable à défendre les intérêts 
de ses ayants droit économiques, lesquels n’ont eux-mêmes pas qualité 
pour agir (cf. HATF 123 II 153H consid. 2a p. 156/157H; 122 II 130H consid. 2b 
p. 132/133, et les arrêts cités). Selon l’art. 80h let. b EIMP, la qualité pour 
agir est en effet reconnue à celui qui est personnellement et directement 
touché par une mesure d’entraide judiciaire et a un intérêt digne de protec-
tion à ce qu’elle soit annulée ou modifiée. Le recours formé dans le seul in-
térêt de la loi ou d’un tiers est irrecevable à la lumière de cette disposition 
(ATF 128 II 211 consid. 2.3; arrêt du Tribunal fédéral 1A.173/2006 du 
30 août 2007, consid. 2.3; TPF RR.2007.32 du 24 avril 2007, consid. 2). 

 
 

4. La recourante soutient ensuite que la demande d’entraide ne serait pas 
suffisamment motivée. Des comportements délictueux sont reprochés à B., 
mais l’implication de ce dernier ne reposerait sur aucun élément précis. La 
demande n’indiquerait ni les lieux, ni les dates, ni les modes de commis-
sion des infractions. Faute de fournir les preuves de la culpabilité du préci-
té, la demande d’entraide serait lacunaire et abusive. La recourante estime 
par ailleurs que la requête revêt un caractère fiscal et que, partant, les exi-

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gences spécifiques de la jurisprudence en cette matière doivent être res-
pectées. 

 
 Les conditions de forme auxquelles doit répondre une demande d’entraide 

judiciaire sont énumérées à l’art. 28 al. 2 EIMP. Cette disposition prévoit 
que la demande d’entraide indique l’organe dont elle émane et, le cas 
échéant, l’autorité pénale compétente (let. a), son objet et ses motifs 
(let. b), la qualification juridique des faits (let. c), ainsi que la désignation 
aussi précise et complète que possible de la personne poursuivie (let. d). 
L’art. 10 al. 2 OEIMP précise que doivent être mentionnés la date, le lieu et 
le mode de commission de l’infraction. On ne saurait toutefois être trop exi-
geant quant à la précision de l’exposé joint à la demande. Il faut en effet 
tenir compte de ce que l’enquête ouverte dans l’Etat requérant n’est pas 
terminée, puisque l’entraide est demandée précisément pour éclaircir cer-
tains faits. Les indications fournies à ce titre doivent simplement suffire 
pour vérifier que la demande n’est pas d’emblée inadmissible (HATF 116 
Ib 96H consid. 3a p. 101H; 115 Ib 68H consid. 3b/aa p. 77; arrêt du Tribunal fé-
déral 1A.205/2001 du 21 mars 2002, consid. 2.1). 

 
 La demande d’entraide judiciaire expose sur plusieurs pages et dans le dé-

tail en quoi consistent les agissements poursuivis sur la base des éléments 
dont disposait l’autorité requérante au moment où elle l’a formulée. Selon la 
commission rogatoire, l’Etat brésilien enquête contre les membres d’une 
organisation criminelle active dans le secteur de la santé. Les prévenus au-
raient, principalement entre 1999 et 2003, faussé des ventes aux enchères 
par des ententes criminelles entre des personnes morales et physiques qui 
se seraient partagées les contrats mis au concours par le Ministère de la 
santé. B. est formellement visé par l’instruction pénale en tant que repré-
sentant au Brésil des entreprises I. et J.. Ces indications, qui mentionnent 
la période durant laquelle ont eu lieu les ventes aux enchères illicites ainsi 
que, dans les grandes lignes, la manière de procéder de l’organisation cri-
minelle, sont manifestement suffisantes au regard des art. 28 EIMP et 10 
OEIMP. Elles correspondent du reste aux informations déjà en possession 
de l’autorité requise. S’agissant de B. en particulier, son rôle dans le dérou-
lement des enchères frauduleuses et dans le processus de blanchiment est 
décrit aux pages 7 et 8 de la demande d’entraide où un exemple est fourni 
par l’autorité requérante, respectivement à la page 21 ainsi qu’aux pages 
15 ss de son complément. L’autorité requérante donne les renseignements 
dont elle dispose. Si elle ne fournit pas le détail des opérations suspectes, 
c’est manifestement qu’elle ne dispose pas de renseignements suffisants à 
ce sujet, raison pour laquelle elle sollicite l’entraide judiciaire. Pour le sur-
plus, contrairement à ce que semble soutenir la recourante, les art. 28 

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EIMP et 10 OEIMP imposent simplement à l’autorité requérante d’expliquer 
en quoi consistent ses soupçons, mais pas de les prouver, ni même de les 
rendre vraisemblables (ATF 132 II 81 consid. 2.1 p. 85 et les arrêts cités; 
112 Ib 215 consid. 5; arrêt du Tribunal fédéral 1A.54/2004 du 30 avril 2004, 
consid. 2.2; ég. TPF RR.2007.57 du 31 mai 2007, consid. 7.2), ceci quand 
bien même elle disposerait des preuves idoines. 

 
   

 La procédure à l’étranger comporte un aspect fiscal (escroquerie fiscale, 
omission d’informer le fisc et exportation de capitaux). A la lecture du chif-
fre 3 du dispositif de la décision du 12 juillet 2007, on constate que les 
documents et renseignements transmis peuvent être utilisés pour la pour-
suite d’une escroquerie fiscale. Or un tel usage suppose que l’autorité re-
quise ait vérifié la satisfaction des exigences spécifiques de la jurispru-
dence (ATF 125 II 250 consid. 5b; 116 Ib 96 consid. 4b), ce que le Tribu-
nal pénal fédéral peut librement vérifier dans le cadre du présent recours 
(cf. consid. 1.1). 

 Sous l’angle de la double incrimination, il convient d’examiner uniquement 
si les faits décrits dans la demande seraient réprimés en Suisse comme 
une escroquerie fiscale au sens que donne le droit suisse à ce délit 
(ATF 115 Ib 68 consid. 3c p 81/82). Pour interpréter la notion 
d’escroquerie fiscale au sens de l’art. 3 al. 3 EIMP, il faut se référer à 
l’art. 14 al. 2 DPA (applicable par renvoi de l’art. H24H al. 1 OEIMP). Par es-
croquerie fiscale, on entend tout comportement astucieux par lequel 
l’auteur garde par devers lui une contribution ou une part de contribution 
due à l’Etat, ainsi que tout comportement astucieux par lequel l’auteur 
porte atteinte au patrimoine fiscal de l’Etat (p.ex. HTATF 125 II 250TH 
consid. 3a p. 252). Lorsque la demande est présentée pour la répression 
d’une escroquerie fiscale, la Suisse comme Etat requis déroge à la règle 
qui veut que l’autorité d’exécution n’a pas à se déterminer sur la réalité 
des faits (ATF 118 Ib 111 consid. 5b p. 121/122). Sans avoir à apporter 
des preuves indiscutables de la culpabilité de la personne poursuivie, 
l’Etat requérant doit faire état de soupçons suffisants qu’une escroquerie 
fiscale a été commise (ATF 125 II 250 consid. 5b p. 257; 118 Ib 111 
consid. 5b p. 122). Ces exigences particulières ont pour but d’écarter le 
risque de détournement des normes excluant l’entraide en matière éco-
nomique et fiscale (ROBERT ZIMMERMANN, La coopération judiciaire inter-
nationale en matière pénale, 2PeP éd., Berne 2004, p. 173, note 519). L’Etat 
requérant n’a pas à joindre nécessairement les moyens de preuve à la 
demande. Il suffit que celle-ci désigne ces moyens de preuve et en rende 
vraisemblable l’existence (v. ég. arrêt non publié du 13 octobre 1995 dans 
la cause I., consid. 2d, cité par ZIMMERMANN, op. cit., p. 451, note 607). 

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 En l’espèce, l’autorité requérante expose de manière détaillée le mode 
opératoire utilisé par les prévenus, lesquels agissaient à travers un grand 
nombre de personnes physiques et morales. La requête d’entraide expli-
cite les comportements qu’ils ont adopté, ceci en se référant par ailleurs 
aux preuves recueillies au cours de l’enquête au Brésil. Les mécanismes 
utilisés de manière systématique, intensive et planifiée – intervention de 
nombreuses sociétés au Brésil et à l’étranger (off-shore), dissolution ra-
pide des structures et réapparition sous une autre forme, utilisation de 
comptes bancaires extraterritoriaux, transferts de parts sociales et aug-
mentations de capital, etc. – étaient avant tout au service du système de 
corruption en vigueur, mais pourraient avoir également eu                           
pour objectif de réduire le montant des impôts dus. En droit suisse, ces 
agissements, dont l’intensité a été suffisamment démontrée par l’Etat re-
quérant, représentent des machinations frauduleuses destinées à trom-
per. Partant, ils sont constitutifs d’escroquerie fiscale. 

 
5. Selon l’art. 28 al. 5 EIMP, les demandes et leurs annexes doivent être pré-

sentées dans l’une des trois langues officielles de la Suisse, ou accompa-
gnées d’une traduction dans une de ces trois langues. Les traductions doi-
vent être certifiées conformes. L’exigence d’une traduction officielle vise 
non seulement à mettre l’autorité en situation de statuer sur la demande en 
connaissance de cause, mais aussi et surtout à protéger les droits de la 
personne soumise à une mesure de contrainte, qui doit être en mesure 
d’en saisir exactement les tenants et les aboutissants, ainsi que la portée 
(arrêt du Tribunal fédéral 1A.102/1998 du 27 juillet 1998). L’existence d’une 
certification conforme étant une prescription d’ordre (TPF RR.2007.59 du 
26 juillet 2007, consid. 2.2.2), son absence ne constitue pas un vice grave 
entraînant l’irrecevabilité de la requête (arrêt du Tribunal fédéral 
1A.240/1999 du 17 mars 2000, consid. 2b). Selon la jurisprudence, la coo-
pération n’est refusée que si l’absence de traduction empêche l’autorité de 
traiter correctement la demande, porte atteinte aux droits de la personne 
poursuivie ou participe d’un comportement abusif de la part de l’Etat requé-
rant (arrêt du Tribunal fédéral 1A.56/2000 du 17 avril 2000, consid. 2b). 
Tout au plus l’autorité pourra être invitée à remédier à ce vice dans un délai 
déterminé, conformément à l’art. 28 al. 6 EIMP. Il ne pourrait en aller au-
trement que dans le cas particulier où la traduction serait rédigée dans des 
termes ambigus, ou lorsque sa fidélité au texte original apparaîtrait dou-
teuse sur des points essentiels (arrêt du Tribunal fédéral 1A.337/2005 du 
20 février 2006, consid. 5.2). 
 

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Sans motiver cette appréciation, la recourante considère que la traduction 
de la demande et de son complément serait de mauvaise qualité. La de-
mande d’entraide judiciaire aurait déjà dû être refusée pour ce motif.  
 
Il est exact que ni la demande, ni son complément ne sont accompagnés 
d’une traduction certifiée conforme. A la lumière de la jurisprudence rappe-
lée ci-dessus, il n’y a cependant pas lieu d’y voir, comme le voudrait la re-
courante, un motif de refus de l’entraide. Même sans certification de sa tra-
duction, la commission rogatoire a pu être exécutée. La recourante 
n’allègue pas s’être trouvée entravée dans ses droits de défense, pas plus 
qu’elle n’explique sur quels points en particulier la traduction serait ambi-
guë. Sur cette dernière question, d’éventuels doutes pourraient le cas 
échéant être levés grâce aux textes originaux en langue portugaise fournis 
par l’autorité requérante. Ainsi, le refus de l’entraide pour le seul motif de 
l’absence de certification conforme n’apparaît pas justifié par un intérêt légi-
time. Une exception aux exigences formelles de l’art. 28 al. 5 EIMP 
s’impose aussi au regard du principe de la célérité de la procédure (art. 17a 
al. 1 EIMP). 

 
 
6. La recourante fait valoir que les autorités brésiliennes pourraient ne pas 

respecter le principe de la spécialité. Elle produit un article paru dans la 
presse suisse concernant une affaire dans laquelle les autorités alleman-
des n’avaient pas respecté ce principe. La société recourante, établisse-
ment ayant son siège au Panama, ne prétend toutefois pas qu’elle-même 
ou ses ayants droit feraient ou seraient susceptibles de faire l’objet d’une 
procédure à caractère fiscal au Brésil. Les craintes de la recourante relè-
vent bien davantage du procès d’intention et rien ne permet de douter que 
la réserve de la spécialité, dont est assortie la transmission des documents 
à l’Etat requérant, sera respectée par celui-ci.  

 
 
7. Les frais de procédure sont mis à la charge de la partie qui succombe 

(art. 63 al. 1 PA, applicable par renvoi de l’art. 30 let. b LTPF). L’émolument 
judiciaire est calculé conformément à l’art. 3 du règlement du 11 février 
2004 fixant les émoluments judiciaires perçus par le Tribunal pénal fédéral 
(RS 173.711.32). La compétence du Tribunal pénal fédéral d’établir un tarif 
relatif à la détermination des émoluments judiciaires, bien que n’étant pas 
explicitement réservée à l’art. 63 al. 5 PA, se fonde sur l’art. 15 al. 1 let. a 
LTPF. Dans son message du 28 février 2001 concernant la révision totale 
de l’organisation judiciaire fédérale, le Conseil fédéral reconnaît en effet 
l’autonomie administrative de l’autorité judiciaire fédérale s’agissant du cal-

- 11 - 

 

 

cul des émoluments judiciaires, des dépens alloués aux parties ainsi que 
de la détermination de l’indemnité en cas d’assistance judiciaire 
(cf. FF 2001 p. 4208 ss). Il ne résulte par ailleurs aucunement des débats 
parlementaires que le législateur ait voulu s’écarter du principe de 
l’autonomie de l’autorité judiciaire au moment d’attribuer la compétence 
pour statuer dans le domaine de l’EIMP au Tribunal pénal fédéral plutôt 
qu’au Tribunal administratif fédéral comme initialement prévu par le Conseil 
fédéral (cf. BO 2004 CN p. 1570 ss; 2005 CE p. 117 ss; CN p. 643 ss). Il 
s’ensuit que la réserve figurant à l’art. 63 al. 5 PA doit être interprétée par 
analogie comme valant également en faveur de l’art. 15 al. 1 let. a LTPF. 
En vertu de l’art. 63 al. 1 PA, les frais judiciaires sont mis à la charge de la 
partie qui succombe (1PreP phr.). En l’occurrence, la recourante ayant suc-
combé, les frais sont mis à sa charge à hauteur de Fr. 5000.--, montant en-
tièrement couvert par l’avance de frais. 

 
 

- 12 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour prononce: 
 
1. Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable. 
 
2. Un émolument judiciaire de Fr. 5000.--, à déduire de l’avance de frais acquit-

tée, est mis à la charge de la recourante. 
 
 

Bellinzone, le 17 octobre 2007 
 
Au nom de la IIe Cour des plaintes 
du Tribunal pénal fédéral 
 
Le président:      la greffière:  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Distribution 
 
- Me Michel Czitron, avocat,  
- Ministère public de la Confédération,  
- Office fédéral de la justice,  
 
 
 
Indication des voies de recours 

Tribunal fédéral dans les 10 jours qui suivent la notification de l’expédition complète (art. 100 al. 2 let. b 
LTF).  

Le recours n’est recevable contre une décision rendue en matière d’entraide pénale internationale que s’il 
a pour objet une extradition, une saisie, le transfert d’objets ou de valeurs ou la transmission de rensei-
gnements concernant le domaine secret et s’il concerne un cas particulièrement important. Un cas est par-
ticulièrement important notamment lorsqu’il y a des raisons de supposer que la procédure à l’étranger viole 
des principes fondamentaux ou comporte d’autres vices graves (art. 84 LTF).