# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 6138abf3-ee23-509d-95f2-bef33cf98742
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-06-04
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 04.06.2024 A/1656/2024
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1656-2024_2024-06-04.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/1656/2024-MC ATA/660/2024  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 4 juin 2024 

2ème section 

    dans la cause  

 

A______ recourant 
représenté par Me Pierre OCHSNER, avocat 

contre 

COMMISSAIRE DE POLICE intimé 
 

_________ 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 

17 mai 2024 (JTAPI/471/2024) 

- 2/10 - 

A/1656/2024 

EN FAIT 

A.     a. A______, né le ______ 1974, est ressortissant du Sénégal. 

b. Après son entrée en Suisse, le 13 novembre 2001, il s'est vu octroyer une 
autorisation de séjour prolongée jusqu'au 30 septembre 2009. 

c. Le 1er septembre 2012, il a quitté la Suisse à destination du Sénégal. 

d. Revenu en Suisse le 12 mai 2022, il s'est vu notifier par le secrétariat d'État aux 
migrations (ci-après : SEM) le 25 avril 2022 une interdiction d'entrée en Suisse 
valable jusqu'au 24 avril 2025. 

e. Le 14 mai 2024, en possession d'une autorisation de séjour italienne de type 
« permesso di soggiorno » avec la remarque « lavoro » échue, il a été contrôlé à la 
frontière de Moillesulaz par les agents de l'office fédéral de la douane et de la 
sécurité des frontières, lesquels ont constaté qu’il avait violé son interdiction 
d'entrer en Suisse. 

f. Entendu dans les locaux de la police le même jour, il a déclaré vivre à Annemasse 
où il donnait des cours de mathématiques et de chimie, être venu en Suisse le jour 
de son interpellation, se savoir faire l'objet d'une interdiction d’entrée mais avoir 
pensé qu'elle n'était plus valable. Démuni de moyens de subsistance, il n’avait 
aucune attache en Suisse. Il ne fréquentait pas ses cousins qui y vivaient. 

g. Le 15 mai 2024, il a été condamné par le Ministère public à une peine pécuniaire 
de 30 jours-amende à CHF 30.- le jour, assortie du sursis avec un délai d’épreuve 
de trois ans, pour infraction à l'art. 115 al. 1 de la loi fédérale sur les étrangers et 
l'intégration du 16 décembre 2005 (LEI - RS 142.20). 

h. Le même jour, les services de police ont entamé la procédure de réadmission de 
A______ en Italie, conformément à l'accord entre la Confédération suisse et la 
République italienne relatif à la réadmission des personnes en situation irrégulière 
(RS 0.142.114.549). 

i. Le 15 mai 2024, à 15h15, le commissaire de police a émis un ordre de mise en 
détention administrative à l'encontre de A______ pour une durée de quatre 
semaines. À réception d’une réponse affirmative des autorités italiennes, il ferait 
l'objet d'un renvoi sans décision formelle, conformément à l'art. 64c LEI. 

Au commissaire de police, A______ a déclaré qu'il ne s'opposait pas à son renvoi 
en Italie et était en bonne santé. 

j. Le commissaire de police a soumis cet ordre de mise en détention au Tribunal 
administratif de première instance (ci-après : TAPI) le même jour. 

k. Entendu le 17 mai 2025 par le TAPI, A______ a déclaré être d'accord de 
retourner en Italie. Il avait vécu en Suisse de 2001 à 2012 et avait fait ses études à 
l'Université de Genève. Il avait beaucoup d'amis en Suisse et à Annemasse. Il vivait 
à Bergame en Italie. S'il était revenu en Suisse malgré l'interdiction d'entrée prise à 

- 3/10 - 

A/1656/2024 

son encontre, c'était car il n'était pas au courant qu'elle était toujours valable. Il se 
trouvait « à la base » à Annemasse et s'était dit qu'il allait en profiter pour aller voir 
des amis à Genève. Il travaillait comme aide-maçon en Italie et gagnait environ 
EUR 1'500.- par mois. Son fils vivait au Sénégal. Il vivait seul en Italie. Il était 
censé rentrer en Italie dimanche 19 mai pour arriver le 20 mai 2024. Il était en 
possession d'un billet de bus, sous format e-ticket, et devait travailler le 27 mai 
2024. Le 9 février 2024, il avait sollicité la prolongation de son permis de séjour 
italien et il en attendait la délivrance. Il n'envisageait pas de retourner au Sénégal. 
Il vivait en Italie depuis 2014 et son permis avait toujours été renouvelé. 

Le représentant du commissaire de police a indiqué ne pas avoir reçu de réponse de 
la part des autorités italiennes et que cela prenait environ dix jours. Si les autorités 
italiennes refusaient la réadmission de A______, l'OCPM devrait rendre une 
décision formelle de renvoi à son encontre avant d'entamer les démarches pour un 
renvoi vers le Sénégal, notamment en obtenant un laissez- passer. Il a conclu à la 
confirmation de l’ordre de mise en détention administrative pour une durée de 
quatre semaines. 

Le conseil de l'intéressé a conclu à la levée immédiate de la détention de son client. 

Avec l'identifiant et le mot de passe de A______, le TAPI a ouvert la boîte aux 
lettres électronique de ce dernier. Avec son concours, il n'a pas été possible de 
retrouver le billet de bus pour Bergame, Italie, pour un voyage le 19 mai 2024. 

l. Par jugement du 17 mai 2024, le TAPI a confirmé l’ordre de détention pour une 
durée de quatre semaines, soit jusqu’au 11 juin 2024. 

Une décision était en préparation sur le séjour de A______, lequel n'était titulaire 
d'aucune autorisation de courte durée, de séjour ou d'établissement en Suisse. De 
plus, il avait fait l’objet d’une interdiction d’entrer en Suisse jusqu’au 24 avril 2025, 
valablement notifiée, ce qui ne l’avait pas empêché d’y revenir le 14 mai 2024, soit 
durant la période prohibée. 

À réception de la réponse affirmative des autorités italiennes, il ferait l'objet d'un 
renvoi sans décision formelle conformément à l'art. 64c LEI. En cas de rejet de la 
demande de réadmission il ferait en revanche l'objet d'une décision de renvoi de 
Suisse à destination du Sénégal, conformément à l'art. 64 al. 1 LEI et les démarches 
en vue d'un renvoi au Sénégal seraient entamées. 

On ne voyait pas quelle autre mesure serait apte à assurer son renvoi vu qu’il n'était 
pas en possession d'un billet de bus à destination de l'Italie pour le 19 mai 2024 
comme il le prétendait et son titre de séjour italien était échu. 

B.     a. Par acte remis au greffe le 29 mai 2024, A______ a recouru auprès de la chambre 
administrative de la Cour de justice (ci-après : chambre administrative) contre ce 
jugement, concluant à son annulation et à sa mise en liberté immédiate. 
Préalablement, sa comparution personnelle devait être ordonnée. 

- 4/10 - 

A/1656/2024 

Il n’était pas au courant qu’il était sous le coup d’une interdiction d’entrée car il 
pensait que le SEM avait reconsidéré sa décision en avril 2022. 

Il n’avait jusqu’ici aucune nouvelle de sa demande de renouvellement de son titre 
de séjour italien, mais avait appris que celui-ci avait été renouvelé le 27 février 2024 
jusqu’au 16 avril 2033. Il produisait une copie du document. 

Il possédait un billet de bus pour retourner à Bergame le dimanche 19 mai 2024, 
qui se trouvait probablement sur son téléphone, lequel était confisqué. 

Il produisait un nouveau billet de bus électronique à destination de Milan qu’un ami 
lui avait acheté et qui lui réservait un siège dans un bus au départ de la gare Dorcière 
le lundi 3 juin 2024 à 23h40. 

Il devait rapidement retourner en Italie reprendre son emploi, sans quoi il risquait 
d’être licencié. 

Il n’avait aucune intention de rester sur le territoire genevois. 

La détention était disproportionnée. 

b. Le 30 mai 2024, le commissaire de police a conclu au rejet du recours. 

A______ s’était vu notifier la décision d’interdiction d’entrée du 12 mai 2022. Lors 
de son interpellation le 14 mai 2024, il avait déclaré à la police séjourner à 
Annemasse et donner des cours de mathématiques et de chimie. Il n’avait évoqué 
un emploi en Italie que devant le TAPI puis la chambre de céans. 

Sa demande de réadmission avait été rejetée le 25 mai 2024 par les autorités 
italiennes au motif qu’il n’était plus titulaire d’un titre de séjour italien en cours de 
validité et que la dernière demande de renouvellement qu’il avait présentée avait 
été rejetée faute de remplir les conditions. 

La réadmission avait été demandée à la France puisque A______ affirmait séjourner 
à Annemasse, mais elle avait été rejetée le 23 mai 2024, faute pour lui de posséder 
la nationalité française ou un titre de séjour en cours de validité. Il n’y avait en outre 
pas trace de son passage depuis six mois. 

Le titre de séjour italien produit par le recourant était en fait une carte d’identité 
sans validité en dehors de l’Italie. 

Sur la base de ce document, une nouvelle demande de réadmission avait été 
présentée à l’Italie le 30 mai 2024. Le centre de coopération policière et douanière 
de Chiasso avait exposé le même jour qu’il n’était pas possible de présenter une 
demande de réexamen de la demande de réadmission. Le document ne justifiait que 
l’identité et l’obligation de réadmission n’existait pas pour les ressortissants qui 
avaient séjourné plus de six mois sur le territoire de la partie requérante à compter 
de la date de leur entrée irrégulière. 

c. Le 1er juin 2024, A______ a persisté dans ses conclusions. 

- 5/10 - 

A/1656/2024 

Il a produit un contrat de bail portant sur un appartement à Bergame, rue B______ 
– excepté les deux dernières pages, contenant les signatures et probablement la 
date – mentionnant qu’il s’engageait à fournir une copie de son nouveau permis de 
séjour, en voie de renouvellement. 

Il avait entrepris des démarches en vue de renouveler son titre italien, ce qui 
ressortait de la communication de l’office de l’immigration de Bergame du 9 février 
2024, qu’il produisait, et dont il ressort que cette autorité lui réclame une copie de 
son contrat de travail. 

Il produisait un extrait du portail de l’immigration des autorités italiennes à la date 
du 31 mai 2024, dont il ressort que sa demande est en phase de pré-instruction (in 
preistruttoria), que le formulaire n’a pas été complété correctement, deux 
documents faisant défaut, soit : (a) l’istanza 209 modulo 2, qui apparait sur le 
portail de l’immigration des autorités italiennes comme étant le formulaire par 
lequel le requérant indique son emploi ainsi que le contrat de séjour (contratto di 
soggiorno) conclu avec son employeur (www.portaleimmigrazione.it/docs/italiano 
/Modulo_2.pdf) et (b) la photocopie du contrat de séjour ou Unilav ou Modèle Q. 

Il était ainsi établi par pièces qu’il avait fait une demande de renouvellement de son 
titre de séjour italien et que cette demande était en traitement. Selon la loi italienne, 
le permis de séjour devait être renouvelé dans les 60 jours mais au plus les 
180 jours. Il n’appartenait pas aux autorités suisses de se substituer aux autorités 
italiennes s’agissant de son permis de séjour italien. 

d. Le 3 juin 2024, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger. 

e. Il sera revenu en tant que de besoin dans la partie en droit sur les pièces produites. 

EN DROIT 

1. Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable 
(art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ - E 2 05 ; 
art. 10 al. 1 de la loi d'application de la loi fédérale sur les étrangers du 16 juin 1988 
(LaLEtr - F 2 10)). 

2. Selon l'art. 10 al. 2 LaLEtr, la chambre administrative doit statuer dans les dix jours 
qui suivent sa saisine. Ayant reçu le recours le 29 mai 2024 et statuant ce jour, elle 
respecte ce délai. 

À teneur dudit art. 10 LaLEtr, elle est compétente pour apprécier l’opportunité des 
décisions portées devant elle en cette matière (al. 2 2ème phr.) ; elle peut confirmer, 
réformer ou annuler la décision attaquée ; le cas échéant, elle ordonne la mise en 
liberté de l’étranger (al. 3 1ère phr.). 

3. Le recourant conclut préalablement à sa comparution personnelle. 

3.1 Tel qu’il est garanti par l’art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale suisse du 
18 avril 1999 (Cst. - RS 101), le droit d’être entendu comprend notamment le droit 

http://www.portaleimmigrazione.it/docs/italiano%20/Modulo_2.pdf)
http://www.portaleimmigrazione.it/docs/italiano%20/Modulo_2.pdf)

- 6/10 - 

A/1656/2024 

pour l’intéressé d’offrir des preuves pertinentes et d’obtenir qu’il y soit donné suite 
(ATF 132 II 485 consid. 3.2 ; 127 I 54 consid. 2b). Ce droit ne s’étend qu’aux 
éléments pertinents pour l’issue du litige et n’empêche pas le juge de renoncer à 
l’administration de certaines preuves et de procéder à une appréciation anticipée de 
ces dernières, s’il acquiert la certitude que celles-ci ne l’amèneront pas à modifier 
son opinion ou si le fait à établir résulte déjà des constatations ressortant du dossier 
(ATF 138 III 374 consid. 4.3.2 ; 131 I 153 consid. 3). En outre, il n’implique pas le 
droit d’être entendu oralement, ni celui d’obtenir l’audition de témoins 
(ATF 134 I 140 consid. 5.3 ; 130 II 425 consid. 2.1). 

3.2 En l’espèce, le recourant a eu l’occasion de s’exprimer et de produire toute pièce 
utile devant la commissaire de police, le TAPI et la chambre de céans. Il n’explique 
pas quels éléments nouveaux qui n’auraient pu être produits par écrit son audition 
serait susceptible d’apporter à la solution du litige. 

Il ne sera pas donné suite à sa demande d’acte d’instruction. 

4. Le recourant conclut à l’annulation de la confirmation de sa détention 
administrative et à sa mise en liberté immédiate 

4.1 La détention administrative porte une atteinte grave à la liberté personnelle et 
ne peut être ordonnée que dans le respect de l'art. 5 de la Convention de sauvegarde 
des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 (CEDH - 
RS 0.101 ; ATF 135 II 105 consid. 2.2.1) et de l'art. 31 Cst., ce qui suppose en 
premier  lieu qu'elle repose sur  une base légale. Le respect  de la légalité implique 

ainsi que la mise en détention administrative ne soit prononcée que si les motifs 
prévus dans la loi sont concrètement réalisés (arrêts du Tribunal fédéral 
2C_256/2013 précité consid. 4.1 ; 2C_478/2012 du 14 juin 2012 consid. 2.1). 

4.2 Selon l'art. 75 al. 1 let. c LEI, sous la note marginale « détention en phase 
préparatoire », afin d’assurer l’exécution d’une procédure de renvoi ou d’expulsion 
ou d’une procédure pénale pouvant entraîner une expulsion obligatoire au sens des 
art. 66a ou 66abis du Code pénal suisse du 21 décembre 1937 (CP - RS 311.0) ou 
49a ou 49abis du Code pénal militaire du 13 juin 1927 (CPM - RS 321.0), l’autorité 
cantonale compétente peut ordonner la détention pendant la préparation de la 
décision sur le séjour, pour une durée de six mois au plus, d’une personne qui n’est 
pas titulaire d’une autorisation de courte durée, de séjour ou d’établissement, 
lorsqu’elle franchit la frontière malgré une interdiction d’entrer en Suisse et ne peut 
pas être renvoyée immédiatement. 

Selon l’art. 75 al. 2 LEI, l’autorité compétente prend sans délai une décision quant 
au droit de séjour de la personne mise en détention. 

4.3 Selon le Tribunal fédéral, le motif de détention de l'art. 75 al. 1 let. g LEI vise 
en premier lieu à garantir l'exécution d'une éventuelle mesure d'éloignement mettant 
fin au séjour, mais comprend également un élément sécuritaire (arrêt du Tribunal 
fédéral 2C_65/2020 du 18 février 2020 consid. 2.2). L'objectif du motif de détention 
est d'assurer l'exécution de la mesure mettant fin au séjour (art. 5, ch. 1, let. f 

- 7/10 - 

A/1656/2024 

CEDH) ; à titre secondaire, d'autres délits peuvent être évités pendant la durée de 
la procédure (arrêt du Tribunal fédéral 2C_304/2012 du 1er mai 2012 consid. 2.2.1 ; 
FF 1994 I 322 s.). 

4.4 Lorsqu'une décision de renvoi ou d'expulsion de première instance a été 
notifiée, l'autorité compétente peut, afin d'en assurer l'exécution, maintenir en 
détention la personne concernée lorsque celle-ci est déjà détenue en vertu de 
l'art. 75 LEI (art. 76 al. 1 let. a LEI). Les démarches nécessaires à l'exécution du 
renvoi ou de l'expulsion doivent être entreprises sans tarder (art. 76 al. 4 LEI). 

4.5 Le principe de proportionnalité, garanti par l'art. 36 al. 3 Cst., se compose des 
règles d'aptitude – qui exige que le moyen choisi soit propre à atteindre le but fixé 
–, de nécessité – qui impose qu'entre plusieurs moyens adaptés, l'on choisisse celui 
qui porte l'atteinte la moins grave aux intérêts privés – et de proportionnalité au sens 
étroit – qui met en balance les effets de la mesure choisie sur la situation de 
l'administré et le résultat escompté du point de vue de l'intérêt public (ATF 140 I 
218 consid. 6.7.1 ; 136 IV 97 consid. 5.2.2). 

4.6 Selon l'art. 79 al. 1 LEI, la détention en vue du renvoi ne peut excéder six mois 
au total. Cette durée maximale peut néanmoins, avec l'accord de l'autorité judiciaire 
cantonale, être prolongée de douze mois au plus, lorsque la personne concernée ne 
coopère pas avec l'autorité compétente (art. 79 al. 2 let. a LEI) ou lorsque l'obtention 
des documents nécessaires au départ auprès d'un État qui ne fait pas partie des États 
Schengen prend du retard (art. 79 al. 2 let. b LEI). 

4.7 En l’espèce, il est établi que le recourant ne possède aucun titre de séjour en 
Suisse et fait l’objet d’une décision d’interdiction d’entrée valable jusqu’au 
24 avril 2025. 

Le recourant ne discute pas que l’autorité prépare une décision et qu’il se trouve en 
détention en phase préparatoire. Il estime cependant que cette détention ne se 
justifie pas. 

Il soutient avoir cru que son interdiction d’entrée n’était plus en force. Il ne le rend 
toutefois pas vraisemblable, étant rappelé que la décision lui a été notifiée et qu’il 
n’est pas crédible que le renouvellement d’un titre de séjour étranger emporterait la 
modification d’une décision d’interdiction d’entrée suisse, et encore moins qu’un 
avocat lui aurait affirmé cela. 

Il ressort du dossier et des dernières pièces produites par le commissaire de police 
que le recourant ne dispose d’aucun titre de séjour en Italie et en France. À cet 
égard, il ne saurait déduire aucun droit au séjour de sa carte d’identité italienne, 
dût-elle avoir été renouvelée récemment, dès lors que ce document n’atteste que de 
son identité et non d’un droit de séjour. 

L’existence d’un billet de bus pour l’Italie, qu’il s’agisse de celui que le recourant 
avait prétendu détenir devant le TAPI mais qui n’a pu être retrouvé ou de celui 
qu’un ami aurait récemment acheté pour lui et qui a été produit avec le recours, est 
sans effet sur son droit au séjour ou son admission en Italie. 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/140%20I%20218
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/140%20I%20218

- 8/10 - 

A/1656/2024 

Le recourant produit avec sa réplique un contrat de bail italien. Celui-ci semble 
subordonné à la présentation au bailleur de l’autorisation de séjour italienne 
renouvelée. Quoi qu’il en soit, ce document n’établit pas non plus que le recourant 
aurait le droit de séjourner en Italie. 

Il en va de même des éléments procéduraux produits par le recourant. Ceux-ci 
montrent, certes, que la procédure est en cours, mais c’est parce que le recourant 
n’a pas encore déposé deux documents exigés démontrant qu’il possède un emploi. 
L’instruction de la demande apparaît ainsi incomplète faute pour le recourant 
d’avoir produit toutes les pièces nécessaires. Celui-ci ne saurait donc inférer de la 
procédure en cours ou encore des délais prévus en droit italien (une fois la demande 
instruite) qu’un titre lui sera délivré. 

Est en définitive déterminant pour la question du statut légal en Italie du recourant 
le fait que les autorités italiennes ont récemment indiqué aux autorités suisses que 
son titre de séjour était échu et n’avait pas été renouvelé, et qu’elles ont exprimé 
par deux fois le refus de le réadmettre. 

Il est ainsi établi que le recourant ne pourra être réadmis en Italie. 

Les autorités suisses indiquent préparer une décision sur son statut en droit des 
étrangers, circonstance qui fonde la détention administrative du recourant dans cette 
attente. 

Sous l’angle de la proportionnalité, aucune autre mesure que la détention ne paraît 
à même d’assurer la présence du recourant le temps de préparer et lui notifier une 
décision sur son séjour et d’exécuter celle-ci. La volonté affichée par le recourant 
de retourner en Italie est à cet égard sans effet, dès lors qu’il ne possède aucun titre 
de séjour dans ce pays. La France a pareillement indiqué qu’il n’avait pas non plus 
le droit d’y séjourner. 

Un délai de quatre semaines apparaît proportionné. Le recourant ne soutient pas, à 
juste titre, que l’autorité aurait manqué de diligence ou de célérité dans le traitement 
de son cas. 

Les conditions justifiant la détention administrative sont ainsi remplies et c’est 
conformément au droit que le TAPI a confirmé l’ordre de détention pour une durée 
de quatre semaines. 

Entièrement mal fondé, le recours sera rejeté. 

5. La procédure étant gratuite, aucun émolument ne sera perçu (art. 87 al. 1 LPA cum 
art. 11 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en procédure 
administrative du 30 juillet 1986 - RFPA - E 5 10.03). Vu l’issue du litige, aucune 
indemnité de procédure ne sera allouée (art. 87 al. 2 LPA). 

 

* * * * * 

- 9/10 - 

A/1656/2024 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 29 mai 2024 par A______ contre le jugement du 
Tribunal administratif de première instance du 17 mai 2024 ; 

au fond : 

le rejette ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument, ni alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent 
sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière de droit 
public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de preuve 
et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au Tribunal 
fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux conditions de 
l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, invoquées comme 
moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ; 

communique le présent arrêt à Me Pierre OCHSNER, avocat du recourant, au 
commissaire de police, au Tribunal administratif de première instance, à l'office cantonal 
de la population et des migrations, au secrétariat d'État aux migrations ainsi qu'à 
l'établissement de détention administrative FAVRA, pour information. 

Siégeant : Claudio MASCOTTO, président, Florence KRAUSKOPF, Jean-Marc 
VERNIORY, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

M. MARMY 
 

 le président siégeant : 
 
 

C. MASCOTTO 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 

 la greffière : 
 

- 10/10 - 

A/1656/2024