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**Case Identifier:** e8c89dfc-8807-555a-ae64-8bd7ee8454d1
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2011-10-18
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 18.10.2011 A/1152/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1152-2011_2011-10-18.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/1152/2011-PROF ATA/654/2011  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 18 octobre 2011 

 

dans la cause 

 

COMMUNAUTÉ H______ 
représentée par Me François Membrez, avocat  

contre 

COMMISSION DU BARREAU 

et 

Madame W______ 

 

- 2/15 - 

A/1152/2011 

EN FAIT 

1)  Le 13 décembre 2010, la communauté H______ a déposé auprès du 

Tribunal de première instance une requête en saisie conservatoire provisionnelle 

et reddition de comptes, dirigée contre X______ S.A. (ci-après : la banque). Suite 

au décès, le 13 décembre 2000, de S______, la communauté H______ entendait 

bloquer provisionnellement des avoirs bancaires lui revenant et obtenir une 

documentation bancaire afférente à divers comptes contrôlés par le défunt. 

2)  Par fax du 25 janvier 2011, Madame W______, avocate, a informé Maître 

François Membrez, conseil de la communauté H______, de sa constitution pour la 

banque. 

3)  Le 26 janvier 2011, le conseil de la communauté H______ s'est adressé par 

fax à sa consœur pour lui faire savoir qu'un conflit d'intérêts empêchait celle-ci de 
se constituer pour la banque. Son frère et associé, Monsieur O______, travaillait 

en effet comme avocat au sein de la même étude qu'elle, tout en étant 

administrateur de la banque. 

4)  Le même jour, par retour de fax, Mme W______  a contesté l'existence d'un 

conflit d'intérêts et maintenu sa constitution pour la banque. 

5)  Le jour-même encore, Me Membrez a persisté dans sa position. Si sa 

consœur n'obtempérait pas, il saisirait le président du Tribunal civil et la 
commission du barreau (ci-après : la commission). 

6)  Le 27 janvier 2011, Mme W______  a adressé un courrier au président de la 

XIII
ème

 chambre du Tribunal de première instance, saisie de la demande de la 

communauté H______ du 13 décembre 2010, pour l'aviser de sa constitution pour 

la défense des intérêts de la banque dans la cause C/28753/2010. 

7)  Le 28 janvier 2011, la communauté H______ a saisi le président de la 

commission d'une demande de prononcé d'une injonction au sens de l'art. 43 al. 3 

de la loi sur la profession d’avocat du 26 avril 2002 (LPAv - E 6 10). La 
commission, statuant par voie de mesures provisionnelles, devait faire interdiction 

à Mme W______  de représenter la banque dans la cause C/28753/2010 avec suite 

de dépens. 

8)  Le 3 février 2011, la communauté H______ a écrit au président de la 

commission, sollicitant l'extension à la cause A/288/2011 de l'injonction urgente 

requise précédemment. 

- 3/15 - 

A/1152/2011 

  Ladite cause concernait une plainte déposée par Mme W______  auprès de 

l'autorité de surveillance des offices des poursuites et faillites contre un 

commandement de payer notifié par la communauté H______ à la banque. 

  Elle adressait en outre à la commission une copie des dispositions de la 

circulaire 2008/24 de la FINMA relatives à l'indépendance des membres du 

conseil d'administration des établissements bancaires. 

9)  Par courrier du 4 février 2011, le président de la commission a accusé 

réception de la demande de prononcé d'injonction du 28 janvier 2011 de la 

communauté H______. Traitée comme une dénonciation, cette demande allait être 

communiquée à Mme W______  pour détermination. Le bureau de la commission 

n'avait pas retenu qu'il y avait urgence au sens requis par l'art. 43 al. 3 LPAv pour 

prononcer des mesures provisionnelles. La suite de la procédure était réservée et 

la communauté H______ serait informée de celle-ci dans la mesure de ses droits. 

L'ouverture d'une procédure disciplinaire était de même réservée. 

10)  Par acte du 16 février 2011, la communauté H______ a interjeté recours 

auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre 

administrative) contre ce courrier. 

  La commission avait violé la loi en considérant qu'il n'y avait pas urgence. 

La décision n'était en outre pas motivée, en violation de son droit d'être entendue. 

Sur le fond, la décision querellée emportait une grave violation de l'obligation 

d'indépendance prévue à l'art. 12 let. b de la loi fédérale sur la libre circulation des 

avocats du 23 juin 2000 (LLCA - RS 935.61), laquelle impliquait des mesures 

urgences. 

11)  Le 28 février 2011, Mme W______  s'est déterminée auprès de la 

commission au sujet de la demande d'injonction formée le 28 janvier 2011 par la 

communauté H______, en concluant au rejet de la dénonciation. 

12)  Le 1
er

 mars 2011, la commission et Mme W______  ont toutes deux conclu 

par-devant la chambre administrative à l'irrecevabilité du recours formé par la 

communauté H______. 

13)  Par décision du 15 mars 2011, notifiée à Madame W______  et 

communiquée intégralement à la communauté H______ le 17 mars 2011, la 

commission a classé la dénonciation du 28 janvier 2011. 

   La commission exerçait la surveillance des avocats inscrits au registre 

cantonal et prononçait à ce titre les sanctions énoncées à l'art. 17 LLCA, ainsi que, 

alternativement ou cumulativement, des injonctions propres à imposer à l'avocat 

le respect des règles professionnelles. Elle intervenait d'office ou sur dénonciation. 

En pareil cas, le dénonciateur, qui n'avait pas accès au dossier, était avisé de la 

suite donnée à sa dénonciation. La commission lui communiquait la sanction 

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A/1152/2011 

infligée et décidait dans chaque cas de la mesure dans laquelle il se justifiait de lui 

donner connaissance des considérants de la décision rendue. 

  La compatibilité sous l'angle de l'art. 12 let. b et c LLCA de l'exercice d'un 

mandat d'avocat pour le compte d'une société dont l'avocat est administrateur 

n'avait pas donné lieu à une jurisprudence établie, ni ne trouvait de réponse 

tranchée en doctrine. Un devoir général d'abstention de l'avocat administrateur 

d'une société de conseiller ou de représenter celle-ci en justice n'existait pas. Ce 

devoir pouvait toutefois naître de circonstances concrètes permettant de retenir 

que l'avocat administrateur allait, en raison de ses fonctions au sein de la société, 

être appelé à déposer en justice comme partie ou comme témoin ou qu'il n'était 

plus en mesure d'assurer une assistance objective ou que pour d'autres motifs, 

notamment des liens économiques avec le client, il avait perdu ou compromis son 

indépendance.  

  La communauté H______ n'avait en l'espèce pas rendu vraisemblable que 

l'associé et frère de l'avocate dénoncée, lequel siégeait au conseil d'administration 

de la banque, allait être, en raison de ses fonctions au sein dudit conseil, appelé à 

déposer en justice comme partie ou témoin. Le décès du de cujus était survenu en 

décembre 2000, alors qu'un compte ouvert dans les livres de l'ancienne Z______ 

Bank (devenue la banque) avait été clôturé en 1981 et que M. O______ n'était 

entré au conseil d'administration de la banque qu'en 2006. De plus, le conseil 

d'administration en question n'avait, de par la réglementation bancaire en vigueur 

aucune fonction exécutive. La chronologie des événements et la nature des 

fonctions de membre du conseil d'administration de la banque permettaient ainsi 

de retenir comme plus vraisemblable que M. O______ n'aurait pas à témoigner. 

La mise en cause de tous les administrateurs de la banque dont se prévalait la 

dénonciatrice était au surplus vague, générale et imprécise, de sorte que la 

commission ne pouvait s'en satisfaire pour retenir que M. O______ lui-même 

n'aurait pas pu, s'il s'était constitué, intervenir comme avocat dans le litige. La 

question de savoir si l'interdiction faite à un avocat administrateur d'une société de 

représenter cette dernière en justice s'étendait au sein de l'étude à ses associés, 

collaborateurs et stagiaires pouvait donc demeurer indécise. Aucun élément 

concret ne permettant en l'espèce de retenir que Mme W______  serait incapable 

d'exercer son mandat de manière indépendante, en particulier à l'égard de sa 

cliente, la dénonciation de la communauté H______ devait être classée. 

14)  Par arrêt du 17 mars 2011 (DCSO/101/11), l'autorité de surveillance des 

offices des poursuites et faillites a rejeté la plainte formée par la banque contre le 

commandement de payer que lui avait notifié la communauté H______. 

15)  Par arrêt du 29 mars 2011 (ATA/208/2011), la chambre administrative a 

déclaré irrecevable le recours interjeté le 16 février 2011 par la communauté 

H______ contre le courrier du président de la commission du 4 février 2011. 

- 5/15 - 

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  Dans la mesure où la commission avait tranché le fond du litige par décision 

du 15 mars 2011, la communauté H______ ne disposait plus d'aucun intérêt actuel 

à l'admission de son recours. Les autres questions se rapportant à la recevabilité de 

ce dernier, à savoir celle de la qualité de partie de la recourante et celle de la 

nature de "décision" du courrier du 4 février 2011 pouvaient donc demeurer 

ouvertes. 

16)  Par acte du 18 avril 2011, la communauté H______ a interjeté recours 

auprès de la chambre administrative contre la décision de la commission du 15 

mars 2011, en concluant à son annulation, respectivement à ce qu'il soit fait 

interdiction à Mme W______  de représenter la banque dans la cause 

C/28753/2010. 

  Le défunt disposait d'une fortune très importante, dont des avoirs déposés 

auprès de la Z______ Bank, désormais la banque. En août 2009, le tribunal 

compétent de l'Etat du Qatar avait nommé l'un de ses héritiers, F______, afin de 

prendre connaissance de tous les comptes bancaires ouverts par le défunt. La 

communauté H______ avait ensuite formé des demandes de reddition de comptes 

auprès de la banque, laquelle lui avait donné des réponses négatives. En juin 2010, 

les héritiers avaient découvert un cahier personnel du défunt, dont il ressortait que 

ses avoirs avaient été placés sur des comptes portant à l'époque les numéros 

10356/05 (ou 0135605), 22815, 896800, ainsi que sur ceux ouverts aux noms de 

la société B______ et de la société A______. L'adresse, le numéro de téléphone 

de la banque, ainsi que les noms de ses anciens employés y figuraient également. 

Dès le 16 juin 2010, les héritiers avaient donc été en mesure de requérir une 

reddition de comptes précise à l'endroit de la banque, laquelle ne leur avait pas 

donné de réponse et avait observé un mutisme complet. Cela avait conduit la 

communauté H______ à dénoncer le cas à la FINMA, à introduire une poursuite 

pour dettes afin d'interrompre la prescription, ainsi qu'à déposer une requête en 

saisie conservatoire provisionnelle et en reddition de comptes devant le Tribunal 

de première instance. Mme W______  s'était dans ce contexte constituée pour la 

banque. 

  La communauté H______ avait qualité pour recourir contre la décision de la 

commission du 15 mars 2011, bien que cette dernière lui ait dénié la qualité de 

partie à la procédure. Lorsqu'elle statuait sur injonction urgente au sens de l'art. 43 

al. 3 LPAv pour violation de l'obligation d'indépendance de l'avocat et de 

l'interdiction des conflits d'intérêts, la commission ne pouvait être saisie que par 

un tiers. Celui-ci avait forcément un intérêt à l'admission du recours lorsqu'il était 

partie à une procédure en cours, puisqu'il s'agissait d'empêcher un avocat de violer 

les règles professionnelles dans le cadre de celle-ci. Lorsque la demande ne portait 

pas sur le prononcé d'une sanction disciplinaire et que l'autorité de surveillance 

pouvait, comme à Genève, intervenir directement dans le cadre d'un mandat en 

cours, force était d'admettre que le "plaignant" ou tiers intervenant disposait d'un 

- 6/15 - 

A/1152/2011 

intérêt juridiquement protégé à obtenir une injonction urgente. Cela était d'autant 

plus vrai en l'espèce que des infractions graves, notamment des détournements, 

avait été commises au sein de la banque et couvertes par son conseil 

d'administration, lequel était en charge du dossier du défunt. Ces infractions 

rendraient inévitablement nécessaire l'audition de M. O______ en tant que témoin, 

lorsqu'il s'agirait de déterminer et de localiser les avoirs revenant à la recourante. 

Celle-ci avait donc un intérêt direct et actuel, aussi bien de fait que juridique, à ce 

que M. O______ ne puisse pas invoquer son secret professionnel pour se 

soustraire à son obligation de témoigner, ce qu'il pourrait faire si lui-même ou 

Mme W______  était en droit de se constituer pour la banque dans la cause 

C/28753/2010. 

  Sur le fond, la constitution de Mme W______  pour la défense des intérêts 

de la banque emportait une violation de l'obligation d'indépendance et de 

l'interdiction des conflits d'intérêts prévues par l'art. 12 let. b et c LLCA. La 

communauté H______ n'avait pas sollicité le prononcé d'une sanction 

disciplinaire et avait uniquement prié la commission d'intervenir directement, sous 

forme d'injonction, dans le cadre d'un mandat en cours. La décision querellée 

heurtait ainsi le sentiment de justice et d'équité et était arbitraire dans son résultat 

en tant qu'elle traitait sa demande comme une dénonciation et la plaçait dans une 

position qu'elle n'avait pas voulue. 

17)  Le 18 mai 2011, Mme W______  a conclu à l'irrecevabilité du recours, à la 

confirmation de la décision de la commission du 15 mars 2011 et au déboutement 

de la recourante sous suite de frais et dépens. 

  La recourante imputait à la banque, à ses collaborateurs, voire à ses organes, 

de très graves infractions pénales, lesquelles étaient inexistantes, mais néanmoins 

présentées comme établies, alors qu'aucun élément n'étayait à l'appui de telles 

accusations, ni dans la requête à la commission du barreau, ni dans le recours, ni 

dans la requête en reddition de compte. Ces accusations étaient catégoriquement 

contestées par la banque. 

  Le recours déposé au nom de la communauté H______ était irrecevable aux 

motifs, d'une part, que celle-ci n'avait pas la qualité de partie, ni la qualité pour 

recourir contre la décision querellée et, d'autre part, que tant Me Membrez que 

F______ n'avaient le pouvoir de représenter la communauté H______ dans la 

présente cause. 

  Sur le fond, la constitution de Mme W______  pour le compte de la banque 

ne violait pas le devoir d'indépendance de l'avocat, ni ne créait de conflit 

d'intérêts. 

18)   Le 19 mai 2011, la commission s'est déterminée sur le recours, concluant 

également à son irrecevabilité. 

- 7/15 - 

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  La recourante avait initié la procédure en lui demandant de prononcer une 

injonction urgente au sens de l'art. 43 al. 3 2
ème

 phrase LPAv. Conformément à la 

loi et à son devoir d'assurer l'exercice correct de la profession d'avocat, la 

commission avait pour seule compétence de constater l'existence ou l'inexistence 

d'un conflit d'intérêts et d'en tirer les conséquences appropriées par rapport à 

l'avocat par le prononcé éventuel d'une injonction de mettre fin au mandat, ou 

celui d'une sanction disciplinaire. La recourante ne disposait pas de la qualité de 

partie, ni des droits en découlant. Le fait qu'une décision de la commission puisse 

avoir une incidence sur une procédure à laquelle le dénonciateur a qualité de 

partie ne permettait pas de considérer celui-ci comme étant directement touché 

dans ses droits et obligations. Le classement de la procédure ouverte à l'encontre 

de Mme W______  ne touchait pas de manière directe la recourante, qui, en sa 

qualité de dénonciatrice, ne disposait pas d'un intérêt digne de protection à 

l'admission de son recours et n'avait, partant, pas la qualité pour recourir. 

19)  Dans sa réplique du 18 juillet 2011, la recourante a persisté dans ses motifs 

et conclusions. 

  Les administrateurs de la banque avaient donné eux-mêmes l'instruction de 

ne pas répondre aux demandes de renseignements de la recourante, dans le but de 

cacher des malversations ayant causé la perte des avoirs du défunt. L'enjeu était de 

taille et se comptait en milliards de francs, raison pour laquelle le conseil 

d'administration était chargé du dossier. Les membres du conseil d'administration 

de la banque, dont M. O______, devraient être cités comme témoins pour éclaircir 

les faits dans le cadre de la recherche des avoirs de la succession. Si peu 

d'éléments étaient présentés à l'appui de la requête en reddition de comptes, c'est 

que les autres éléments étaient cachés par ledit conseil, d'où la nécessité d'en 

auditionner les membres comme témoins. 

  S'agissant de l'absence de pouvoirs de représentation de la communauté 

H______ alléguée par Mme W______, l'autorité de surveillance des offices des 

poursuites et faillites avait déjà tranché la question dans son arrêt du 17 mars 

2011. Elle avait considéré que la banque n'ignorait pas l'identité des membres de 

la communauté H______, lesquels figuraient sur le commandement de payer qui 

lui avait été notifié, que Me Membrez était au bénéfice d'une procuration lui 

donnant pleins pouvoirs pour représenter et assister F______ dans le cadre de la 

succession du défunt et que, selon un avis de droit sur la succession en droit du 

Qatar du 6 décembre 2010 rendu par l'Institut suisse de droit comparé, le 

liquidateur de la succession désigné par le défunt, les héritiers ou le tribunal 

pouvait prendre toutes les mesures nécessaires à la conservation de la succession, 

notamment représenter celle-ci dans les actions en justice et récupérer les créances 

échues de la succession. 

  Sur le fond, il était inconcevable que Mme W______  puisse représenter la 

banque en justice à l'encontre des propres clients de la banque. L'allégation quant 

- 8/15 - 

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à la nécessité d'entendre M. O______ comme témoin dans le cadre de la 

procédure en reddition de comptes n'était ni vague, ni générale, ni imprécise. Le 

fait que celui-ci n'ait été nommé au conseil d'administration de la banque qu'en 

2006 n'était pas pertinent, dans la mesure où les faits, qui avaient été couverts par 

les administrateurs en charge du dossier, étaient récents et que le mutisme de 

ceux-ci perdurait. Outre la violation du principe d'indépendance, le risque de 

conflit d'intérêts était évident et concret, l'incapacité de représentation affectant un 

avocat rejaillissant en outre sur ses associés. Il était impensable qu'un 

administrateur puisse plaider contre les propres clients de sa banque, à qui il 

devait fidélité en sa qualité d'organe du mandataire. Dans le cas d'espèce, des 

infractions avaient en outre été couvertes par le conseil d'administration de la 

banque. 

20)  Le 31 août 2011, Mme W______  a dupliqué. 

   Le conseil d'administration de la banque n'était pas en charge du dossier du 

défunt. Comme dans tout établissement bancaire, il n'était pas chargé des relations 

avec la clientèle. Celles-ci étaient du ressort de la direction opérationnelle qui, 

selon les directives de la FINMA, devait précisément être indépendante du conseil 

d'administration. Les membres de celui-ci n'étaient pas les mandataires des clients, 

ni ne leur devaient fidélité. En tant qu'organes, ils devaient être indépendants des 

clients de l'établissement bancaire. La recourante n'apportait aucun élément 

concret quant à la nécessité d'entendre les membres du conseil d'administration de 

la banque comme témoins. S______ était décédé en 2000, tandis que M. O______ 

n'était devenu membre dudit conseil d'administration qu'en 2006. Il n'appartenait 

enfin pas à la communauté H______ de déterminer qui serait cité comme témoin, 

cette décision revenant au tribunal saisi du procès au fond, lequel pourrait très 

bien refuser d'entendre des personnes n'ayant pas de connaissance directe des faits 

de la cause. 

  La banque avait renoncé à recourir contre l'arrêt de l'autorité de surveillance 

des offices des poursuites et faillites du 17 mars 2011 en raison de l'importante 

avance de frais qu'elle aurait dû verser. Elle n'était toutefois pas d'accord avec 

cette décision qui avait admis à tort les pouvoirs de représentation de 

Me Membrez et de F______. Depuis le décès du défunt, deux membres de la 

communauté H______ mentionnés dans le commandement de payer étaient 

décédés et auraient donc dû être remplacés par leurs propres héritiers. Selon 

l'ordonnance du Tribunal de première instance de l'Etat du Qatar du 9 septembre 

2009, F______ n'avait reçu que le pouvoir de demander des renseignements sur 

les actifs du défunt, à l'exclusion de celui d'agir en justice pour le compte de la 

communauté H______. Cette ordonnance ne l'avait pas nommé liquidateur de la 

succession. F______ ne pouvait donc pas représenter la communauté H______, ni 

mandater valablement Me Membrez pour ce faire. 

  L'intimée persistait pour le surplus dans ses griefs et conclusions. 

- 9/15 - 

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21)  Le 5 septembre 2011, la chambre administrative a informé les parties que la 

cause était gardée à juger, la commission ayant renoncé à dupliquer. 

EN DROIT 

  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable de ce point de vue (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire - LOJ - 

E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 

septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2)  La communauté H______ s’est vu dénier la qualité de partie à la procédure 
qui a abouti à la décision querellée. Considérant que la décision à rendre n’était 
pas susceptible d’affecter directement ses droits et obligations au sens exigé par 
l’art. 7 LPA, l’autorité intimée a traité comme une dénonciation sa demande 
d’injonction urgente à l’encontre de Mme W______  (art. 48 LPAv). La 
communauté H______ n’a ainsi pas eu accès au dossier de procédure de la 
commission et s’est vu communiquer la décision querellée pour information 
seulement. 

  Il sied dès lors d’examiner si la communauté H______ dispose de la qualité 
pour recourir contre la décision querellée au stade de la procédure contentieuse. 

3)  En l'absence de dispositions expresses contraires, la qualité pour recourir est 

régie par la LPA (art. 49 LPAv). Selon l'art. 60 al. 1 LPA, les parties à la 

procédure qui a abouti à la décision attaquée (let. a) et toute personne qui est 

touchée directement par une décision et a un intérêt personnel digne de protection 

à ce qu’elle soit annulée ou modifiée (let. b), sont titulaires de la qualité pour 
recourir (ATA/77/2009 du 17 février 2009 et références citées). Le Tribunal 

administratif a déjà jugé que les lettres a et b de la disposition précitée doivent se 

lire en parallèle : ainsi, le particulier qui ne peut faire valoir un intérêt digne de 

protection ne saurait être admis comme partie recourante, même s’il était partie à 
la procédure de première instance (ATA/5/2009 du 13 janvier 2009 et 

les références citées).  

  La notion d’intérêt digne de protection est identique à celle qui a été 
développée par le Tribunal fédéral sur la base de l’art. 103 let. a de la loi fédérale 
d’organisation judiciaire du 16 décembre 1943, lequel était, jusqu’à son 
abrogation le 1er janvier 2007, applicable aux juridictions administratives des 

cantons, conformément à l’art. 98a de la même loi (ATA/399/2009 du 25 août 
2009 consid. 2a ; ATA/207/2009 du 28 avril 2009 consid. 3a et les arrêts cités). 

Elle correspond aux critères exposés à l’art. 89 al. 1 let. c de la loi sur le Tribunal 
fédéral du 17 juin 2005, en vigueur depuis le 1er janvier 2007 (LTF - RS 173.110) 

que les cantons sont tenus de respecter, en application de la règle d’unité de la 
procédure qui figure à l’art. 111 al. 1 LTF (Arrêts du Tribunal fédéral 1C.76/2007 

- 10/15 - 

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du 20 juin 2007 consid. 3 et 1C.69/2007 du 11 juin 2007 consid. 2.2 ; Message du 

Conseil fédéral concernant la révision totale de l’organisation judiciaire fédérale 
du 28 février 2001, FF 2001 pp. 4126 ss et 4146 ss). 

  L’intérêt digne de protection représente tout intérêt pratique ou juridique à 
demander la modification ou l’annulation de la décision attaquée. Cet intérêt 
consiste donc dans l’utilité pratique que l’admission du recours apporterait au 
recourant, en lui évitant de subir un préjudice de nature économique, idéale, 

matérielle ou autre que la décision attaquée lui occasionnerait. Cet intérêt doit être 

direct et concret ; en particulier, le recourant doit se trouver, avec la décision 

entreprise, dans un rapport suffisamment étroit, spécial et digne d’être pris en 
considération. Il doit être touché dans une mesure et avec une intensité plus 

grande que l’ensemble des administrés. Le recours d’un particulier formé dans 
l’intérêt général ou d’un tiers est exclu (ATF 135 II 145 consid. 6.1 et les 
références citées ; F. BELLANGER, Les tiers dans la procédure administrative, 

Genève 2004, p. 43). 

  De jurisprudence constante, ne sont pas touchées directement - 

contrairement au destinataire de la sanction disciplinaire - les personnes qui 

pourraient subir des conséquences négatives suite à une sanction infligée à un 

tiers, celles qui sont victimes du comportement poursuivi disciplinairement (le 

lésé) ou encore le tiers qui a alerté l’autorité sur ce comportement (appelé le 
dénonciateur ; ATA/402/2009 du 25 août 2009, consid. 3 ; ATA/265/2008 du 27 

mai 2008, consid. 3c et 3d ; T. TANQUEREL, Les tiers dans la procédure 

administrative, Genève 2004, p. 105.). Cette solution a, de tout temps, été motivée 

par le fait que la procédure disciplinaire et la sanction à laquelle celle-ci peut 

aboutir sont destinées à assurer la protection de l’intérêt public et non ceux de la 
victime (ATF 133 II 468, consid. 2 dans le cadre d’une procédure disciplinaire 
dirigée contre un notaire ; 132 II 250, consid. 4.4 ; 108 Ia 230, consid. 2b ; 

ATA/402/2009 précité, consid. 3 ; ATA/514/1997 du 26 août 1997). Ce principe 

s’applique en outre nonobstant la question de savoir si la décision litigieuse peut 
avoir une incidence dans une procédure civile à laquelle le dénonciateur est partie 

(ATA/265/2008 précité, consid. 3e ; ATA/165/1998 du 24 mars 1998). 

  Il résulte de ce qui précède que la communauté H______ ne peut en principe 

pas fonder sa qualité pour recourir sur l’art. 60 let. b LPA, la décision querellée 
ayant été rendue dans le cadre d’une procédure disciplinaire.  

4)  La recourante souligne néanmoins la spécificité de sa démarche visant à 

obtenir de la commission non pas une sanction disciplinaire à l’encontre de 
l’avocate dénoncée, mais une injonction urgente lui faisant interdiction de 
représenter la banque dans la cause C/28753/2010 en raison d’un conflit d’intérêts 
et de la violation de son obligation d’indépendance. Or, le dénonciateur 
disposerait, dans ce cas de figure, d’un intérêt, aussi bien pratique que juridique, 

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suffisamment direct avec la décision rendue pour que sa qualité pour recourir 

doive être admise. 

 a. Selon l’art. 14 LPAv, la commission du barreau exerce les compétences 
dévolues à l’autorité de surveillance des avocats par la LLCA, ainsi que celles qui 
lui sont attribuées par le droit cantonal. Elle statue sur tout manquement aux 

devoirs professionnels et peut, si un tel manquement est constaté et suivant la 

gravité du cas, prononcer les sanctions énoncées à l’art. 17 LLCA (art. 43 al. 1 
LPAv). Elle peut également prononcer des injonctions propres à imposer à 

l’avocat le respect des règles professionnelles. En cas d’urgence, le bureau de la 
commission est compétent pour prononcer des mesures provisionnelles ; l’avocat 
faisant l’objet d’une injonction prononcée par le bureau peut demander que la 
mesure soit soumise à la commission plénière. Dans ce dernier cas, les membres 

du bureau participent également à la délibération (art. 43 al. 3 LPAv). 

 b. L’art. 43 al. 3 LPAv a été adopté le 25 juin 2009 en vue de combler une 
lacune du droit genevois qui ne désignait pas l’autorité compétente pour interdire 
à un avocat de représenter un justiciable en justice en cas de conflit d’intérêts 
(MGC [En ligne], Séance 49 du 25.06.09 à 15h00, Disponible sur 

http://www.ge.ch/grandconseil/memorial/data/560410/49/560410_49_partie19.as

p [consulté le 6 octobre 2011]). Dans le projet de loi présenté en ce sens par le 

Conseil d’Etat le 22 décembre 2008 (PL 10426), le recours de l’avocat, soit du 
destinataire de l’injonction de la commission, était expressément réservé. Dans 
son rapport du 20 mai 2009, la commission judiciaire et de la police chargée 

d’étudier ledit projet de loi a néanmoins biffé cette réserve, la jugeant inutile 
(Rapport du 20 mai 2009 p. 32). 

 c. Dans un arrêt du 6 mars 2006, le Tribunal fédéral a rappelé sa jurisprudence 

déniant la qualité pour recourir au plaignant dans le cadre d’une procédure 
disciplinaire dirigée contre un avocat, au motif que celui-là n’a pas un intérêt 
propre et digne de protection à demander une sanction disciplinaire à l’encontre 
de l’avocat pour une éventuelle violation de ses obligations professionnelles. Il a 
toutefois réservé l’hypothèse dans laquelle l’autorité compétente est saisie par le 
dénonciateur d’une demande tendant à ce que soient prises des mesures à laquelle 
l’intéressé a un intérêt concret, par référence au domaine particulier de la 
surveillance des établissements bancaires (ATF 132 II 250 consid. 4.2 et les 

références citées). 

 d. Par arrêt du 27 mai 2008, le Tribunal administratif a déclaré irrecevable le 

recours formé par le client d’un avocat contre une décision de la commission 
faisant interdiction à ce dernier de représenter celui-là dans une procédure pénale 

pendante pour cause de conflit d’intérêts. Il a considéré que la jurisprudence sur la 
qualité pour recourir des tiers, développée en matière de sanctions disciplinaires, 

était applicable à toute mesure intervenant au terme d’une procédure disciplinaire. 
Le client de l’avocat visé par la mesure litigieuse n’était en l’espèce qu’une 

http://www.ge.ch/grandconseil/memorial/data/560410/49/560410_49_partie19.asp
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personne susceptible de subir les conséquences négatives de cette mesure, laquelle 

l’obligeait à changer d’avocat. Il n’était affecté qu’indirectement par la décision 
querellée, de sorte que sa qualité pour recourir à l'encontre d'une telle mesure 

devait lui être déniée (ATA/265/2008 du 27 mai 2008 consid. 3). 

 e. Sur recours de l’intéressé, le Tribunal fédéral a confirmé cette jurisprudence 
par arrêt du 28 janvier 2009. Un intérêt de fait suffisait pour que la condition de 

l’intérêt digne de protection soit remplie et l’intéressé ne devait pas 
nécessairement, pour pouvoir recourir, être affecté dans des intérêts que la norme 

prétendument violée avait pour but de protéger. Le lien avec la norme invoquée ne 

devait toutefois pas disparaître totalement, le recourant ne pouvant se prévaloir 

d’un intérêt digne de protection à invoquer des dispositions édictées dans l’intérêt 
général ou dans l’intérêt de tiers qu’à condition que celles-ci puissent avoir une 
influence directe sur sa situation de fait ou de droit. Dans le cas d’espèce, les 
dispositions en cause, à savoir celles sur l’interdiction du conflit d’intérêts et 
l’obligation d’indépendance de l’avocat, visaient à assurer l’exercice correct de la 
profession d’avocat. Seul ce dernier était donc directement concerné par l’objet de 
la contestation. La sanction prononcée, soit l’interdiction de représenter le client, 
l’avait été uniquement à l’encontre de l’avocat, son client n’étant pas impliqué. Ce 
dernier ne faisait que subir les conséquences de cette mesure et n’était touché que 
de manière indirecte en sa qualité de mandant de l’avocat, de sorte qu’il ne 
disposait pas de la qualité pour recourir (ATF 135 II 145 consid. 6.2). 

 f. Plus récemment encore, le Tribunal fédéral a jugé qu'un juge d'instruction 

genevois n'avait pas la compétence d'interdire à un avocat de représenter une 

partie, de sorte que sa décision en la matière devait être considérée comme une 

dénonciation auprès de la commission. Cette dernière avait seule la charge de se 

prononcer sur l'existence d'un éventuel conflit d'intérêts (Arrêt du Tribunal fédéral 

2C_777/2010 du 10 décembre 2010). 

 g. Enfin, si la spécificité de l’interdiction faite à un avocat de représenter son 
client est admise s’agissant du but poursuivi (la garantie du bon déroulement 
d’une procédure en cours) par rapport aux sanctions disciplinaires proprement 
dites (Arrêt du Tribunal fédéral 2A. 560/2004 du 1

er
 février 2005 consid. 8 ; 

ATA/265/2008 précité consid. 4), la doctrine a par ailleurs considéré que le 

traitement procédural d’une telle mesure équivalant à une interdiction ciblée de 
pratiquer n’avait pas à différer de celui réservé à l’interdiction temporaire de 
pratiquer prévue par l’art. 17 al. 1 let. d LLCA à titre de sanction disciplinaire 
(CH. M. REISER/M. VALTICOS, Conflit d’intérêts : L’autorité de surveillance 
des avocats est-elle fondée à intervenir préventivement ?, Revue de l’avocat, 6-7, 
2006, p. 245, 247). 

   Dans le cas d’espèce, la communauté H______ a dénoncé Mme W______  à 
la commission, car elle estimait que le fait pour cette avocate de représenter les 

intérêts de la banque dans la procédure civile les opposant emportait une violation 

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de ses obligations professionnelles. Sa qualité de plaignante ou de dénonciatrice, 

dans la procédure disciplinaire que la commission a conduite et qui s’est soldée 
par la décision de classement litigieuse, ne suffit toutefois pas à lui conférer la 

qualité pour recourir. 

  La recourante a sans doute un intérêt à ce que la sanction requise, soit 

l’interdiction pour Mme W______  de représenter la banque dans la procédure en 
reddition de comptes actuellement pendante, soit prononcée. Cet intérêt est 

toutefois de pur fait et sort du cadre délimité par l’objet de la contestation, dans la 
mesure où la procédure de surveillance disciplinaire des avocats vise à assurer 

l’exercice correct de la profession et à préserver la confiance du public. Les 
dispositions dont se prévaut la recourante, à savoir l’interdiction du conflit 
d’intérêts et l’obligation d’indépendance, n’ont en effet pas pour but de défendre 
les intérêts privés des particuliers (ATF 135 II 145 précité). La recourante ne 

dispose ainsi pas d’un intérêt propre et digne de protection à se prévaloir de leur 
éventuelle violation. 

  Le prononcé d’une injonction interdisant à un avocat de représenter une 
partie ne donne en effet pas lieu à une procédure indépendante de la procédure 

disciplinaire prévue par la LLCA en cas de violation de l’interdiction du conflit 
d’intérêts ou de tout autre règle professionnelle. Il ne constitue en quelque sorte 
qu’une mesure intermédiaire de la commission, laquelle peut, au final et en sus, 
prononcer à l’encontre de l’avocat concerné l’une des sanctions disciplinaires 
prévues par l’art. 17 LLCA. 

  Enfin, la décision litigieuse ne cause aucun préjudice concret à la recourante 

dans le procès qu’elle intente à la cliente de Mme W______. Si la juridiction 
civile venait à le citer, M. O______ ne pourrait en particulier pas refuser de 

témoigner, puisque le secret professionnel de l’avocat ne couvre, de jurisprudence 
constante, pas les activités d’administrateur d’une société (Décision de la 
commission du barreau du 14 janvier 2008, dossier 28/01, in SJ 2011 II p. 153). 

Seule la banque et non la recourante pourrait finalement avoir à souffrir d’un 
éventuel manque d’indépendance de son avocate dans la procédure civile en 
cours. 

  Au vu de ce qui précède, le recours sera donc déclaré irrecevable, la qualité 

pour recourir de la communauté H______ faisant défaut. 

5)  Un émolument de CHF 1'000.- et une indemnité de procédure de CHF 

1'000.- allouée à Mme W______  seront mis à la charge de la communauté 

H______ (art. 87 LPA). 

 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

déclare irrecevable le recours interjeté le 18 avril 2011 par la communauté H______ de 

feu S______ contre la décision de la commission du Barreau du 15 mars 2011 ; 

met un émolument de CHF 1'000.- à la charge de la communauté H______ de feu 

S______ ; 

alloue une indemnité de procédure de CHF 1'000.- à Madame W______, à la charge de 

la communauté H______ de feu S______ ;  

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 

2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 

suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 

de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 

de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 

au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 

conditions de l’art. 42 LTF ; le présent arrêt et les pièces en possession du recourant 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ; 

communique le présent arrêt à Me François Membrez, avocat de la recourante, à la 

commission du Barreau, ainsi qu’à Madame W______. 

Siégeants : Mme Hurni, présidente, M. Thélin, Mme Junod, MM. Dumartheray et 

Verniory, juges. 

 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière de juridiction : 

 

 

M. Tonossi 

 la présidente siégeant : 

 

 

E. Hurni 

 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

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Genève, le  

 

 la greffière :