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**Case Identifier:** c4d430c0-b372-5d1a-ad10-35cd4fb3521d
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-05-08
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 08.05.2015 C/7657/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-7657-2014_2015-05-08.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué au recourant par pli recommandé du 12.05.2015. 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/7657/2014 ACJC/517/2015 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 8 MAI 2015 

 

 

OFFICE DES FAILLITES, agissant en son nom et en qualité de représentant de la 
masse en faillite de A______, sis ______, recourant contre un jugement rendu par la 
9ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 26 février 2015, 
comparant en personne, 

 

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C/7657/2014 

EN FAIT 

A. a. Par jugement JTPI/______ du ______, le Tribunal de première instance a 
déclaré A______ en état de faillite dès le ________ à ______ heures. 

 La faillite de A______ a été publiée dans la Feuille d'Avis Officielle du 28 
novembre 2014, avec la mention que la publication concernant le type, la 
procédure ou le délai de production, se fera à une date ultérieure. 

 Ont été portés à l'inventaire de la faillite du 30 janvier 2015 des mobiliers et 
divers pour une somme totale de 525 fr., et une créance envers B______ de  
16'845 fr. 66, avec l'observation suivante : "Etat de la fortune au 26.6.2014; ce 
montant est essentiellement constitué par 3 versements de l'Hospice général 

intervenu à fin 2013". 

 Dans une notice en fin d'inventaire, il est encore précisé que "L'unique ajout opéré 
dans l'inventaire est constitué du montant du compte ______; vu cependant la 

nature des versements l'ayant alimenté, les montants figurant sur ce compte sont 

insaisissables". 

 b. Par requête du 30 janvier 2015, l'Office des faillites a conclu à ce que le 
Tribunal de première instance ordonne la suspension de la liquidation de la faillite 
de A______, vu l'insuffisance d'actifs, ces derniers (soit la somme de 0 fr. 
insaisissable) ne permettant pas de garantir les frais d'une liquidation sommaire. 

 Etait annexé à la requête l'inventaire de la faillite susmentionné. 

 c. Par jugement JTPI/2412/2015 du 26 février 2015, le Tribunal de première 
instance (ci-après : le Tribunal) a rejeté la requête tendant à la suspension de la 
liquidation de la faillite de A______ formée le 30 janvier 2015 (ch. 1 du 
dispositif), a ordonné la liquidation sommaire de la faillite de A______ (ch. 2) et 
renoncé à percevoir un émolument de décision (ch. 3). 

 En substance, le premier juge a retenu que figurait parmi les actifs inventoriés de 
la faillie une créance contre B______ de 16'845 fr. 66, susceptible d'être 
recouvrée, et qu'en conséquence la situation patrimoniale de la faillie était 
constitutive d'un cas simple au sens de l'art. 231 al. 1 ch. 2 LP, justifiant qu'il soit 
procédé à une liquidation sommaire de la faillite. 

B. a. Par acte du 12 mars 2015, l'Office des faillites "en son nom et en celui de la 
Masse en faillite de Madame A______" (ci-après : le recourant) recourt contre ce 
jugement, dont il sollicite l'annulation. Cela fait, il conclut à ce que soit ordonnée 
la suspension de la liquidation de la faillite de A______. 

 Le recourant a produit des pièces nouvelles. 

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 b. L'effet suspensif de l'effet exécutoire attaché au jugement entrepris a été 
accordé par décision présidentielle du 20 mars 2015. 

 c. Par courrier du même jour, le recourant a été informé de ce que la cause était 
gardée à juger. 

EN DROIT 

1. 1.1. L'appel étant irrecevable dans les affaires relevant de la compétence du 
tribunal de la faillite selon la LP (art. 309 let. b ch. 7 CPC), seule la voie du 
recours est ouverte. 

 Tant la décision du juge de suspendre la faillite faute d'actifs que celle ordonnant 
la liquidation sommaire ou ordinaire de la faillite sont des décisions finales, 
susceptibles de recours, au sens de l'art. 319 let. a CPC (WYSS, Kollektive 
Beteiligungsrechte der Gläubiger im Konkurs- und Nachlassverfahren unter 
besonderer Berücksichtigung der Revision im Sanierungsrecht, in Zürcher Studien 
zum Verfahrensrecht, 2013, p. 50). 

 Les décisions rendues en matière de faillite sont soumises à la procédure 
sommaire (art. 251 let. a CPC). 

 Le recours a été formé selon la forme et dans le délai prévus par la loi (art. 321 
al. 1 et 2 CPC). 

 1.2.1 L'Office des faillites, en sa qualité de représentant de la masse en faillite, a, 
à côté du débiteur, qualité pour recourir contre la décision du juge de suspendre la 
faillite faute d'actifs, afin de préserver les intérêts de la communauté des 
créanciers (arrêt du Tribunal fédéral 5A_306/2014 du 17 octobre 2013, 
consid. 3.3.1; LUSTENBERGER, in: Basler Kommentar, Bundesgesetz über 
Schuldbetreibung und Konkurs, 2ème éd., 2010, n. 8 ad art. 230 LP; JAEGER, 
Bundesgesetz betreffend Schuldbetreibung und Konkurs, 1911, n. 4 ad  
art. 230 LP). 

 Si le juge est d'un autre avis que l'office qui sollicite la suspension de la faillite 
faute d'actifs, il ordonne la liquidation sommaire ou ordinaire de la faillite. 
L'office des faillites a également qualité pour recourir contre cette décision, en 
qualité de représentant de la masse en faillite. La décision du juge n'est en effet 
communiquée qu'à l'office des faillites. De plus, la requête de cet office en 
suspension de la faillite faute d'actifs est déposée à un stade de la procédure où les 
créanciers ne sont pas encore connus. De toute façon, les créanciers ne sont en 
pratique pas en mesure de faire valoir leurs droits de manière autonome contre une 
telle décision. Dans la mesure où il existe un recours contre la décision du juge, 
l'office doit pouvoir agir, avec la seule réserve qu'il doit le faire pour sauvegarder 
les intérêts de la masse ou des créanciers, et non seulement en sa qualité d'autorité 

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de poursuite (ZR 1907 Nr. 66 p. 121, cité par JAEGER, op. cit., n. 4 ad  
art. 230 LP). 

 1.2.2 Selon l'art. 169 LP, celui qui requiert la faillite répond des frais jusqu'à et y 
compris la suspension des opérations faute d'actif (art. 230 LP) ou jusqu'à l'appel 
aux créanciers (art. 232 LP). 

 1.2.3 En l'espèce, la qualité pour recourir de l'Office des faillites contre le 
jugement ordonnant la liquidation sommaire de la faillite doit être admise, en tant 
qu'il agit comme représentant de la masse. En effet, la liquidation ordonnée par le 
juge est de nature à engendrer des frais qui, s'ils ne sont pas couverts, pourront 
être mis à la charge du créancier ayant requis la faillite. Ces frais seront de 
moindre importance si la faillite est suspendue. L'office agit donc dans l'intérêt du 
créancier ayant requis la faillite. 

 Dans cette mesure, le recours est recevable. 

 En revanche, l'Office des faillites n'a pas qualité pour recourir en son nom, faute 
d'intérêt à agir. Le recours sera dès los déclaré irrecevable dans cette mesure. 

 1.3. Le recours est ouvert pour violation du droit et constatation manifestement 
inexacte des faits (art. 320 CPC). 

 1.4. Les conclusions, les allégations de faits et les preuves nouvelles sont 
irrecevables (art. 326 al. 1 CPC). 

 Les pièces nouvellement produites par le recourant sont irrecevables. 

2. Le recourant fait valoir que les seuls biens portés à l'inventaire, constitués de 
prestations de l'Hospice général, sont insaisissables, de sorte que la masse ne 
suffira pas à couvrir les frais de liquidation sommaire. En ordonnant la liquidation 
sommaire, le juge a implicitement statué sur la saisissabilité des biens, ce qui est 
de la compétence exclusive de la Chambre des poursuites et faillites de la Cour de 
justice. Il a donc violé la loi. La responsabilité de l'Etat pourrait être engagée, dans 
la mesure où l'office, en procédant à la liquidation sommaire ordonnée, engagerait 
des frais qu'il ne pourrait prélever sur des actifs existants et insaisissables ni 
récupérer dans leur totalité auprès du créancier requérant. 

2.1. Après la prise d'inventaire des biens du failli (art. 221 LP), l'Office des 
faillites examine si ceux-ci suffisent à couvrir les frais d'une éventuelle liquidation 
sommaire au sens de l'art. 231 LP.  

 L'office laisse à la disposition du failli les biens énumérés à l'art. 92 LP. Il les 
porte néanmoins dans l'inventaire (art. 224 LP). 

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 Sont insaisissables les prestations d'assistance et subsides, les prestations AVS, 
AI, LPC et allocations familiales (art. 92 ch. 8 et 9a LP). 

 Lorsqu'il est probable que la masse ne suffira pas à couvrir les frais de liquidation 
sommaire, le juge qui a ordonné la faillite prononce la suspension de celle-ci à la 
demande de l'office (art. 230 al. 1 LP). 

 La décision n'est rendue qu'après vérification de la situation par le juge. 
Directement ou par l'intermédiaire de l'office, le juge peut exiger du failli des 
renseignements complémentaires (VOUILLOZ, in Commentaire romand, Poursuite 
et faillites, 2005, n. 2 ad art. 230 LP). 

 2.2. En l'espèce, il ressort de l'inventaire annexé à la requête de suspension de la 
faillite que le montant de 16'845 fr. 66 figurant au crédit du compte de la faillie 
auprès de B______ est composé essentiellement de versements de l'Hospice 
général, partant insaisissables. 

 Il appartenait au juge, s'il entendait mettre en doute l'insaisissabilité des biens 
portés à l'inventaire, de solliciter des renseignements complémentaires auprès de 
l'office ou de la faillie. 

 Insaisissables, ces biens ne sauraient servir à couvrir les frais d'une liquidation 
sommaire. Vu l'absence d'autres biens permettant de régler ces frais, la suspension 
de la faillite aurait dû être ordonnée. 

 Le jugement querellé sera en conséquence annulé et la suspension de la faillite de 
A______ ordonnée, vu le défaut d'actifs. 

3. Il ne sera pas perçu d'émolument (art. 19 al. 5 LaCC et 7 al. 2 RFTMC). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté par l'OFFICE DES FAILLITES, en sa qualité de 
représentant de la masse en faillite de A______, contre le jugement JTPI/2412/2015 
rendu le 26 février 2015 par le Tribunal de première instance dans la cause 
C/7657/2014-9 SFC. 

Le déclare irrecevable pour le surplus. 

Au fond : 

L'admet. 

Annule le jugement entrepris et, statuant à nouveau : 

Ordonne la suspension de la liquidation de la faillite de A______, vu le défaut d'actifs. 

Dit qu'il n'est pas perçu d'émolument. 

Siégeant : 

Monsieur Laurent RIEBEN, président; Madame Pauline ERARD et Madame Fabienne 
GEISINGER-MARIÉTHOZ, juges; Madame Céline FERREIRA, greffière. 

 

Le président : 

Laurent RIEBEN 

 La greffière : 

Céline FERREIRA 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec 

expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du recours en matière 

civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.