# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** abc3a801-146c-5ddd-a9ec-42f92595d550
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2025-02-13
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Strafkammer 13.02.2025 502 2024 301
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_005_502-2024-301_2025-02-13.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00

www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

502 2024 301
502 2025 9

Arrêt du 13 février 2025

Chambre pénale

Composition Président : Laurent Schneuwly
Juges : Jérôme Delabays, Catherine Faller
Greffier : Francesco Montaldi

Parties A.________, partie plaignante et recourante, 

contre

MINISTERE PUBLIC DE L’ETAT DE FRIBOURG, intimé,

B.________, intimé

Objet Ordonnance de non-entrée en matière (art. 310 CPP)

Recours du 2 décembre 2024 contre l'ordonnance du Ministère public 
du 30 octobre 2024

Requête d’assistance judiciaire du 7 janvier 2025

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considérant en fait

A.

A.1. Dès l'année 2010, A.________, née en 1944, a habité, en tant que locataire, dans un 
appartement de 3 pièces situé au premier étage dans l'immeuble sis à C.________. Le contrat de 
bail a été conclu le 24 février 2010 avec B.________, bailleur.

Atteinte dans sa santé par le syndrome de Diogène, la recourante vivait depuis de nombreuses 
années dans des conditions d'hygiène proches de l'insalubrité et faisait l'objet de plaintes de la part 
de ses voisins en raison des odeurs nauséabondes qui émanaient de son appartement, où elle 
accumulait et abandonnait des milliers d’objets.

A.2. Par décision du 6 avril 2023, la Présidente du Tribunal des baux de la Veveyse a admis une 
requête d'expulsion formulée par B.________ à l'encontre de A.________. Par décision du 1er juin 
2023, ladite magistrate a imparti à A.________ un ultime délai, expirant le 30 juin 2023, pour quitter 
son appartement.

A.3. Par décision du 29 août 2023, la Justice de paix de l'arrondissement de la Veveyse a ordonné, 
en qualité de mesures superprovisionnelles, le placement à des fins d'expertise de A.________ 
auprès du RFSM Centre de soins hospitaliers de Marsens. 

Par décision du 29 août 2023 toujours, une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine 
au sens des art. 394 al. 1 et 395 al. 1 CC a été instituée en faveur de A.________. La fonction de 
curatrice a été attribuée à D.________.

A.4. Lesdites décisions de la Justice de paix et de la Présidente du Tribunal des baux de la Veveyse 
ont été exécutées le 31 août 2023 par les employés de la société E.________ Sàrl, auxiliaires de 
B.________, et par la Police de proximité de C.________.

Lors de l'exécution, la majorité des biens mobiliers de A.________ a été détruite. Le reste a été 
remis soit à sa fille, soit à sa curatrice.

B. Le 10 janvier 2024, A.________ a déposé plainte pénale contre inconnu pour vol et dommages 
à la propriété. Dans le texte de la plainte, elle a laissé entendre que l'auteur desdites infractions 
serait son bailleur, B.________.

Sur demande du Ministère public, la Police de proximité de C.________ a produit un rapport daté 
du 5 février 2024 et portant sur les événements litigieux. 

C. Par ordonnance du 30 octobre 2024, le Ministère public a refusé d'entrer en matière dans la 
cause B.________ et inconnu.

D. Le 2 décembre 2024, A.________ a interjeté recours contre la précitée ordonnance de non-
entrée en matière, concluant implicitement à son annulation et au renvoi de la cause au Ministère 
public pour instruction complémentaire.

Elle a également demandé, par courrier du 7 janvier 2025, à être mise au bénéfice de l'assistance 
judiciaire limitée aux frais de procédure.

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E. Invité à se déterminer, le Ministère public a, par courrier du 15 janvier 2025, conclu 
principalement à l'irrecevabilité du recours et subsidiairement à son rejet. Il a remis son dossier.

en droit

1.

1.1. La voie du recours à la Chambre pénale du Tribunal cantonal (ci-après : la Chambre pénale) 
est ouverte à l'encontre d'une ordonnance de non-entrée en matière (art. 20 al. 1 let. b, 322 al. 2, 
310 al. 2 et 393 al. 1 let. a CPP; art. 85 al. 1 de la loi sur la justice [LJ; RSF 130.1]). Le délai de 
recours de dix jours (art. 396 al. 1 CPP) a été respecté, l’ordonnance contestée ayant été notifiée le 
21 novembre 2024 et le recours étant déposé le 2 décembre 2024.

1.2. Comme titulaire des biens juridiquement protégés dont elle prétend avoir été atteinte par les 
comportements reprochés, A.________ a un intérêt juridique à ce que l’ordonnance de non-entrée 
en matière litigieuse soit annulée. Partant, elle a la qualité pour recourir (art. 382 al. 1 CPP). 

1.3. La Chambre pénale, qui dispose d’une cognition complète en fait et en droit, statue en 
procédure écrite (art. 397 al. 1 CPP). Elle peut prendre en considération des faits nouveaux 
(ATF 141 IV 396 consid. 4.4).

2.

2.1. Dans l’ordonnance attaquée, le Ministère public retient que les éléments constitutifs d’une 
infraction ne seraient manifestement pas réunis, les comportements faisant objet de la plainte pénale 
étant licites. Ces comportements relèveraient en particulier de l’exécution de deux décisions 
judiciaires. La proportionnalité ayant été respectée, lesdits comportements seraient licites et non 
punissables.

2.2. Dans son pourvoi, la recourante conteste pour l'essentiel le bien-fondé de l'ordonnance de 
non-entrée en matière du 30 octobre 2024. Elle soutient que ses biens auraient été en très bon état 
lors de son expulsion, et que le prévenu et ses auxiliaires les auraient détruits pour épargner de 
l'argent. Elle estime par conséquence que le Ministère public aurait dû entrer en matière dans la 
présente affaire et ouvrir l’instruction.

2.3. Conformément à l'art. 310 al. 1 let. a CPP, le ministère public rend immédiatement – c'est-à-
dire sans qu'une instruction soit ouverte – une ordonnance de non-entrée en matière lorsqu'il 
apparaît, à réception de la dénonciation (art. 301 ss CPP) ou de la plainte (CR CPP- GRODECKI/ 
CORNU, art. 310 n. 1 s.) ou après une procédure préliminaire limitée aux investigations de la police 
(art. 300 al. 1 et 306 ss CPP), que les éléments constitutifs d'une infraction ou les conditions à 
l'ouverture de l'action pénale ne sont manifestement pas réunis (arrêt TF 6B_196/2020 du 
14 octobre 2020 consid. 3.1 et les références).

Selon cette disposition, il importe donc que les éléments constitutifs de l'infraction ne soient 
manifestement pas réunis. L’art. 310 al. 1 let. a CPP doit être appliqué conformément à l’adage in 
dubio pro duriore; en d'autres termes, il faut être certain que l'état de fait ne constitue aucune 
infraction. Une ordonnance de non-entrée en matière ne peut être rendue que dans les cas clairs 
du point de vue des faits mais également du droit. S'il est nécessaire de clarifier l'état de fait ou de 

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procéder à une appréciation juridique approfondie, le prononcé d'une ordonnance de non-entrée en 
matière n'entre pas en ligne de compte. En règle générale, dans le doute, il convient d'ouvrir une 
enquête pénale (ATF 146 IV 68 consid. 2.1; 138 IV 86 consid. 4.2; 137 IV 285 consid. 2.3/JdT 2012 
IV 160). En effet, en cas de doute s’agissant d’une situation factuelle ou juridique, ce n’est pas à 
l’autorité d’instruction ou d’accusation mais au juge matériellement compétent qu’il appartient de se 
prononcer (ATF 143 IV 241 consid. 2.2.1; arrêt TF 6B_510/2020 du 15 septembre 2020 consid. 3.2). 
En revanche, le ministère public doit pouvoir rendre une ordonnance de non-entrée en matière dans 
les cas où il apparaît d’emblée qu’aucun acte d’enquête ne pourra apporter la preuve d’une infraction 
à la charge d’une personne déterminée (arrêt TF 1B_67/2012 du 29 mai 2012 consid. 3.2). Il en va 
de même lorsque la partie plaignante fait état de simples suppositions; en effet, les indices relatifs à 
la commission d’une infraction impliquant l’ouverture d’une instruction doivent être importants et de 
nature concrète (arrêt TF 6B_196/2020 du 14 octobre 2020 consid. 3.1 et les nombreuses 
références).

2.4. Il n’est nullement litigieux en l’espèce que, le 31 août 2023, les employés de E.________ 
SàRL, auxiliaires de B.________ dans l’exécution de la décision d’expulsion de la présidente du 
Tribunal des baux de la Veveyse du 1er juin 2023, assistés par la Police de proximité de C.________, 
ont soustrait et détruit la majorité des biens mobiliers appartenant à la recourante et situés dans 
l’appartement de cette dernière. 

2.4.1. Conformément à l’art. 14 CP, quiconque agit comme la loi l’ordonne ou l’autorise se comporte 
de manière licite, même si l’acte est punissable en vertu d’une disposition de droit pénal.

En l’espèce, les actes reprochés par la recourante ont été effectués en exécution d’une décision 
d’expulsion au sens de l’art. 343 al. 1 lit. d CPC. La licéité des actes de contrainte exercés dans le 
cadre d’une expulsion dépend majoritairement du respect du principe de la proportionnalité (CR 
CPC-JEANDIN, art. 343 n. 15 ss).

À l’heure actuelle, la législation cantonale n’a pas concrétisé le principe de la proportionnalité dans 
le cadre de l’exécution d’une décision d’expulsion. Elle ne règle en particulier pas de manière 
spécifique le sort des objets mobiliers appartenant à la personne expulsée. Un projet d’Ordonnance 
sur l'exécution des expulsions en matière de baux à loyer et à ferme non agricole est toutefois en 
consultation.

Partant, il sied de déterminer si la destruction des biens mobiliers de la recourante respectait le 
principe de la proportionnalité. 

2.4.2. En l'espèce, sur demande du Ministère public, la Police de proximité de C.________ a produit 
un rapport daté du 5 février 2024 (DO 2000 ss.) et portant sur les faits du 31 août 2023. 

Ledit rapport atteste que l'appartement de la recourante, atteinte dans sa santé psychique par le 
syndrome de Diogène, était dans un état d'insalubrité extrêmement avancée (DO 2001). 
L'appartement était notamment rempli de déchets, de vers et de moucherons. Les cadavres de deux 
animaux ont également été retrouvés. La curatrice de la recourante a également assisté à 
l'évacuation de l'appartement et aurait confirmé que les affaires jetées étaient en mauvais état. Les 
seuls objets pouvant être conservés ont été remis à la curatrice ou à la fille de la recourante. 

Les affirmations de la police sont ultérieurement corroborées par les nombreuses et très parlantes 
photographies versées au dossier (DO 2030 ss). En particulier, il est possible de constater une 
prolifération d'insectes associés à la décomposition. Cela ne fait que renforcer la version des faits 

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de la police, l'insalubrité et la décomposition étant propres à engendrer des dommages 
considérables aux choses mobilières.

Ces affirmations sont également corroborées par le courriel du 2 février 2024 de F.________, 
gérante de l'immeuble, qui confirme l’entièreté des constatations policières (DO 2090).

2.4.3. Vu les circonstances, force est de considérer que l’agissement de B.________, de ses 
auxiliaires ainsi que de la police était manifestement conforme au principe de la proportionnalité.

Ledit principe a en premier lieu été respecté à travers la procédure d’expulsion, qui a laissé à la 
recourante le temps nécessaire pour prendre les mesures qui s’imposaient au vu des circonstances. 
Cette dernière a en effet refusé de se soumettre à ladite décision, rendant ainsi nécessaire une 
exécution forcée et une évacuation rapide du contenu de l’appartement.

L’exécution forcée a également été conduite dans le respect du principe de la proportionnalité. Les 
biens mobiliers qui n’étaient pas excessivement abîmés ont en effet été remis à la fille ou à la 
curatrice de la recourante. Le reste des objets était dans un état de détérioration si avancé que la 
seule manière d’exécuter la décision était de les détruire, leur stockage paraissant d’emblée 
impossible, trop coûteux et insuffisant à en garantir la conservation. S’agissant en particulier du 
piano, comme il a été attesté par la gérante de l’immeuble dans le courriel susmentionné (DO 2090), 
il était si abîmé que sa destruction s’est révélée nécessaire.

Il sied également de préciser que les conditions dans lesquelles l’évacuation a dû être conduite 
rendaient impossible un examen détaillé de l’ensemble des innombrables objets se trouvant dans 
l’appartement. S’il est impossible d’exclure a priori que, dans l’absolu, certaines choses pourraient 
avoir été détruites alors qu’elles étaient dans un état acceptable, cela ne saurait aucunement 
remettre en doute l’agissement licite de l’équipe ayant procédé à l’expulsion. Force est de constater 
que ladite équipe n’aurait tout simplement pas pu agir autrement.

Partant, la destruction de ces biens mobiliers était nécessaire, apte et raisonnablement exigible à 
l’exécution de la décision d’expulsion. Par conséquent, il sied de considérer que les comportements 
reprochés par la recourante sont licites (art. 14 CP) et ne sauraient ainsi constituer une infraction 
pénale.

2.5. Au vu de tout ce qui précède, force est de constater que la destruction des objets mobiliers 
de la recourante ne saurait d'emblée constituer une infraction pénale. Ces derniers ayant déjà été 
détruits par l'usure et l'insalubrité, leur élimination était donc autorisée par la loi et conforme au 
principe de la proportionnalité.

Par conséquent, l’ordonnance de non-entrée en matière du 30 octobre 2024 doit être confirmée, les 
éléments constitutifs d'une infraction pénale n’étant manifestement pas réunis, comme constaté 
dans dite ordonnance.

3.

Étant donné l’âge avancé de la recourante, son atteinte à la santé et sa mise sous curatelle, la 
Chambre pénale renonce à percevoir des frais de justice. Au vu de l’issue de la procédure de 
recours, aucune indemnité n’est allouée à la recournate qui succombe.

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4.

Aucun frais de justice n’étant perçu, la demande d’assistance judiciaire partielle de la recourante est 
dès lors sans objet.

la Chambre arrête :

I. Le recours est rejeté.

Partant, l’ordonnance de non-entrée en matière du 30 octobre 2024 est confirmée.

II. Il n’est pas perçu de frais.

Partant, la requête d’assistance judiciaire partielle est sans objet.

III. Aucune indemnité de partie n’est allouée.

IV. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours 
qui suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 
par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). L'acte de recours 
motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 13 février 2025/fmo

Le Président Le Greffier