# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 9ea13d19-9559-5350-afad-3c8874b6d16a
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-10-02
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 02.10.2008 A/3008/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-3008-2008_2008-10-02.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET 

 

CANTON DE GENEVE 

 

POUVOIR JUDICIAIRE 
 

 

DCSO/420/08 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 

17 juin 2005 (LTF ; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Commission de 

surveillance des Offices des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance 

en matière de poursuite pour dettes et faillite (art. 56R al. 3 LOJ). Il doit être déposé devant le 

Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les dix jours qui suivent la notification de l'expédition 

complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2 let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière 

de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). Le recours doit être rédigé dans 

une langue officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens 

de preuve, et être signé (art. 42 LTF). 

 

DÉCISION 

DE LA COMMISSION DE SURVEILLANCE 
DES OFFICES DES POURSUITES ET DES FAILLITES 

SIÉGEANT EN SECTION 

DU JEUDI 2 OCTOBRE 2008 

Cause A/3008/2008, plainte 17 LP formée le 21 août 2008 par M. G______. 

 

Décision communiquée à : 

- M. G______ 

 
 

- Supra Caisse maladie et accidents 

Chemin de Primerose 35 
Case postale 4 
1000 Lausanne 3 Cour 
 
 

- Office des Poursuites 

 

 - 2 - 

 

E N   F A I T  

A. Dans le cadre des poursuites requises par Supra Caisse maladie et accidents, 

formant la série n° 07 xxxx85 Z et dirigées contre M. G______, l'Office des 

poursuites (ci-après : l'Office) a exécuté, en date du 19 mai 2008, une saisie de 

salaire à hauteur de toutes sommes supérieures à 1'558 fr. par mois revenant à la 

précitée, à n'importe quel titre que ce soit.  

 Il ressort du procès-verbal de saisie communiqué aux parties le 21 juillet 2008 que 

l'Office a retenu que M. G______ percevait un salaire variable et que ses charges 

étaient de 1'950 fr. (loyer : 887 fr. ; frais de transport : 70 fr. ; frais de repas : 220 

fr.), montant auquel s'ajoutaient 775 fr., soit la base d'entretien pour un débiteur 

vivant en concubinage.  

B. Par acte posté le 21 août 2008, M. G______ a formé plainte contre ledit procès-

verbal de saisie. Il déclare ne pas comprendre la décision de l'Office de saisir tout 

montant supérieur à 1'558 fr. alors que ses dépenses, sans l'assurance, représentent 

1'950 fr. par mois. Il reproche, par ailleurs, à l'Office de ne pas avoir tenu compte 

de la prime d'assurance maladie (500 fr.), qu'il admet ne pas payer, mais dont il 

déclare vouloir s'acquitter à nouveau dès la fin du mois de septembre. Il ajoute 

qu'il accepte la saisie, mais à hauteur d'un montant raisonnable, qui lui permette 

de repayer l'assurance maladie et mettre un peu d'argent de côté s'il n'a pas de 

mission temporaire pour pouvoir payer ses autres factures, précisant que le 

montant qu'il peut être sûr de verser est de 600 fr. 

 Dans son rapport du 9 septembre 2008, l'Office indique notamment que seule la 

moitié du loyer de 887 fr. est à la charge du poursuivi, soit 443 fr. 50 et que le 

minimum vital est donc de 1'508 fr. 50. Il confirme sa décision de saisir toutes 

sommes supérieures à 1'558 fr. 

 Invitée à se déterminer, la poursuivante a déclaré ne pas avoir d'observations à 

formuler.  

 

E N   D R O I T  

1. La Commission de céans est compétente pour connaître des plaintes dirigées 

contre des mesures prises par des organes de l’exécution forcée qui ne sont pas 

attaquables par la voie judiciaire ou des plaintes fondées sur un prétendu déni de 

justice ou retard injustifié (art. 17 LP ; art. 10 al. 1 et art. 11 al. 2 LaLP ; art. 56R 

al. 3 LOJ). 

 

 - 3 - 

La plainte doit être déposée dans les dix jours de celui où le plaignant a eu 

connaissance de la mesure (art. 17 al. 2 LP), étant rappelé qu'elle est recevable en 

tout temps lorsque la mesure attaquée porte atteinte au minimum vital du débiteur 

et de sa famille et les place dans une situation intolérable (art. 22 LP ; ATF 114 III 

78 consid. 3, JdT 1990 II 162 ; Georges Vonder Mühll, in SchKG II, ad art. 93 LP 

n° 66). 

 En l'espèce, le plaignant invoque une telle atteinte. La question de savoir quand il 

a eu connaissance du procès-verbal de saisie querellé qui lui a été communiqué     

- par courrier simple - le 21 juillet 2008, peut donc rester ouverte. 

2.a. A teneur de l'article 93 LP, tous les revenus du travail peuvent être saisis, 

déduction faite de ce que le préposé estime indispensable pour l'entretien du 

débiteur et de sa famille. Ces revenus peuvent être saisis pour un an au plus à 

compter de l'exécution de la saisie. Si, durant ce délai, l'office a connaissance 

d'une modification déterminante pour le montant de la saisie, il adapte l'ampleur 

de la saisie aux nouvelles circonstances. 

Lorsque les revenus du débiteur fluctuent, notamment en raison d’un horaire 

variable ou d’un emploi sur appel, la saisie doit porter sur un excédent 

correspondant à la part du revenu qui n’est pas affectée à la couverture du 

minimum vital du débiteur (Michel Ochsner, in CR-LP, ad art. 93 n° 33 ; 

DAS/106/2002 du 27 février 2002 ; SJ 2000 II 218). 

2.b. Le minimum vital d’un débiteur, qui doit être fixé en fonction des circonstances 

de fait existant lors de l’exécution de la saisie (ATF 7B.200/2003 consid. 4 (non 

publié aux ATF 130 III 45) ; ATF 115 III 103, JdT 1991 II 108 consid. 1c), est 

déterminé sur la base des Normes d’insaisissabilité édictées par l’Autorité de 

surveillance pour le canton de Genève, en vigueur au moment de la saisie, en 

l’occurrence les normes pour l’année 2008 (RS/GE E 3 60.04). Il convient 

d’ajouter à la base mensuelle, selon les Normes (ch. I), le loyer effectif du 

logement du débiteur et les frais de chauffage (ch. II.1). Font également partie de 

ce minimum vital les cotisations d’assurance maladie de base (ch. II.3), les 

dépenses indispensables à l’exercice d’une activité professionnelle, tels que frais 

de transport ou de repas pris en dehors du domicile, s’ils sont justifiés et à la 

charge du débiteur (ch. II.4), ainsi que la part non couverte de frais médicaux et la 

franchise, si des frais effectifs réguliers sont établis (ch. II.8), En revanche, les 

frais d’éclairage, de courant électrique ou de gaz de cuisson, tout comme les frais 

d’alimentation en eau, sont inclus dans la base mensuelle et ne doivent donc pas 

être pris en compte. Les charges fiscales, les frais de téléphone et d’assurances 

facultatives d’un débiteur ne font pas partie de son minimum vital (SJ 2000 II 

213 ; Françoise Bastons Bulletti, in SJ 2007 II 84 ss ; DCSO/69/2008 du 14 

février 2008 et les arrêts cités).  

2.c. Dans un rapport de concubinage, lorsque les concubins n’ont pas d’enfant en 

commun, le montant qui peut être retenu à titre de participation du partenaire aux 

 

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frais communs du ménage ne peut pas dépasser la moitié de ces frais ; cela 

reviendrait, en effet, à autoriser les créanciers à se satisfaire sur un patrimoine qui 

n’est pas celui du débiteur et à l’égard duquel ce dernier ne peut faire valoir aucun 

droit à l’entretien. A ces frais s’ajoutent, pour calculer le minimum vital du 

poursuivi, la moitié de la base mensuelle d’entretien prévue pour un couple ainsi 

que l’intégralité des autres charges (assurances maladie, frais de transport etc.) 

(ATF 130 III 765, JdT 2006 II 134, consid. 2.2 ; ATF 128 III 159 ; JdT 2002 II 58 

consid. 3.5 et les références citées ; Michel Ochsner, CR-LP, ad art. 93 n° 92 ss). 

2.d. Seuls les montants effectivement payés doivent être pris en compte             

(Michel Ochsner, in CR-LP, ad art. 93 n° 82 s. et les arrêts cités). Ce principe vaut 

notamment pour les primes d’assurance maladie et les loyers. Le débiteur peut 

demander une révision de la saisie à partir du moment où il établit avoir conclu un 

contrat de bail ou d’assurance maladie et payer effectivement les loyers ou les 

primes d’assurance convenus (ATF 121 III 20 consid. 3b, JdT 1997 II 163 ; 

ATF 120 III 16 consid. 2c, JdT 1996 II 179, 181). 

3.a. Lorsqu’elle est saisie d’une plainte, il appartient à l’autorité de surveillance de 

vérifier si la retenue fixée par l’Office est conforme aux faits déterminant la 

quotité saisissable des revenus du débiteur, compte tenu des circonstances existant 

au moment de l’exécution de cette mesure (cf. par ex. DCSO/167/2006 du 9 mars 

2006 et les arrêts cités). 

3.b.  En l'espèce, il ressort du procès-verbal querellé que les charges du poursuivi 

représentent 1'952 fr., dont 887 fr. au titre de loyer, et que la saisie porte sur toutes 

sommes supérieures à 1'558 fr. 

 Le montant indiqué pour le loyer est toutefois erroné, comme l'a admis l'Office 

dans son rapport, seule la moitié de cette charge, soit 443 fr. 50, devant être prise 

en considération (cf. consid. 2.c.). Le minimum vital du plaignant s'élève par 

conséquent à 1'508 fr. 50 et l'Office a décidé - suite à une erreur de plume - de 

fixer la saisie à toutes sommes excédant 1'558 fr., montant que la Commission de 

céans ne rectifiera pas en raison du principe de l’interdiction de la reformatio in 

pejus (cf. art. 20a al. 3 ch. 3 LP ; Pauline Erard, CR-LP, ad art. 20a n° 20). 

 Pour le surplus, c'est à bon droit que l'Office n'a pas retenu dans son calcul la 

prime d'assurance maladie qui, comme l'admet expressément le plaignant, n'est 

pas payée. Il appartiendra au poursuivi de demander une révision de la saisie le 

moment venu (cf. consid. 2.d. , art. 93 al. 3 LP). 

4. Il s'ensuit que la saisie exécutée par l'Office ne porte pas atteinte au minimum 

vital du plaignant. 

 Sa plainte sera dès lors rejetée dans la mesure de sa recevabilité. 

*  *  *  *  *  

 

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P A R   C E S   M O T I F S ,  

L A   C O M M I S S I O N   D E   S U R V E I L L A N C E    

S I É G E A N T   E N   S E C T I O N   :  

 

Rejette, dans la mesure de sa recevabilité, la plainte formée par M. G______ contre le 

procès-verbal de saisie, série n° 07 xxxx85 Z. 

 

 

 

 

 

 

Siégeant : Mme Ariane WEYENETH, présidente ; MM. Philipp GANZONI et 
Philippe VEILLARD, juges assesseurs 

  

 

Au nom de la Commission de surveillance : 

 

Véronique PISCETTA      Ariane WEYENETH 

        Greffière :                        Présidente : 

 

 

 

 

 

La présente décision est communiquée par courrier A à l’Office concerné et par courrier 

recommandé aux autres parties par la greffière le