# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** afccc3c2-f135-5150-bc01-90d58f2439ec
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-04-03
**Language:** fr
**Title:** Genf Tribunal pénal 03.04.2014 P/11115/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_TP_001_P-11115-2011_2014-04-03.pdf

## Full Text

Siégeant : M. Vincent FOURNIER, président, Mmes Anne-Isabelle JEANDIN 
POTENZA et Alexandra BANNA, juges, Mmes Nelly HARTLIEB, Geneviève 
BAUMGARTNER et Mrs Patrick MUTZENBERG et Claude ETTER, juges 
assesseurs; Mme Jessica GOLAY, greffière.  

P/11115/2011  

RÉPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E   

 
 

JUGEMENT 

DU TRIBUNAL CRIMINEL  

 

Chambre 9 

 
3 avril 2014  

 

MINISTÈRE PUBLIC, 

 

Madame B______, partie plaignante, assistée de Me Lorella BERTANI, 

contre  

 
Monsieur A______, prévenu, né le ______ 1981, détenu à la prison de ______, assisté 
de Me Jérôme PICOT, 

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CONCLUSIONS FINALES DES PARTIES : 

Le Ministère public conclut à un verdict de culpabilité du prévenu des chefs de tentative 
d'assassinat, de viol avec cruauté, subsidiairement de tentative de viol avec cruauté, de 
vol, de mise en danger de la vie d'autrui, de lésions corporelles simples, d'omission de 
prêter secours, d'entrée illégale (commise à réitérées reprises), de séjour illégal et 
d'exercice illégal d'une activité lucrative, sans circonstance atténuante, avec une 
responsabilité pleine et entière. Il requiert le prononcé d'une peine privative de liberté de 
15 ans, sous déduction de la détention subie avant jugement, ainsi que l'internement du 
prévenu. En outre, il demande que le prévenu soit maintenu en détention de sûreté. Il 
sollicite la confiscation des espèces figurant sous chiffre 2 de l'inventaire établi au nom 
du prévenu, la restitution en sa faveur de la carte visée sous chiffre 3 de cet inventaire, 
la restitution à la victime du téléphone portable visé sous chiffre 1 du même inventaire 
ainsi que du carton (objets 1______) visé à l'inventaire du 23 février 2012, enfin la 
restitution à C______ des objets figurant à l'inventaire du 19 septembre 2011 à son nom. 
Il demande d'accorder le plein de ses conclusions civiles à la partie plaignante, enfin de 
condamner le prévenu aux frais de la procédure. 

B______, par la voix de son Conseil, conclut à un verdict de culpabilité du prévenu de 
tous les chefs d'infractions retenus à son encontre, sans circonstance atténuante, avec 
une responsabilité pleine et entière. Elle sollicite le versement d'une indemnité de CHF 
40'000.-, avec intérêts à 5% à compter du 30 juillet 2011, à titre de tort moral ainsi que 
d'une somme de CHF 91'320.80, avec intérêts à 5% à compter du 4 avril 2014, à titre de 
remboursement de ses honoraires d'avocat. 

A______, par la voix de son Conseil, conclut à un verdict de culpabilité, s'agissant des 
faits commis à l'encontre d' E______, de lésions corporelles simples et, s'agissant des 
faits commis à l'encontre de B______, de tentative de viol, de mise en danger de la vie 
d'autrui, de lésions corporelles simples et de vol, enfin d'infractions à la Loi sur les 
étrangers (cf. ch. VIII à X de l'acte d'accusation – AA) et au prononcé d'une peine 
privative de liberté qui ne soit pas supérieure à 8 ans. Il conclut formellement à son 
acquittement s'agissant des infractions de mise en danger de la vie d'autrui (cf. ch. I de 
l'AA), de tentative d'assassinat (cf. ch. IV de l'AA) et d'omission de prêter secours (cf. 
ch. VI de l'AA). Il s'en rapporte à justice s'agissant de la circonstance aggravante de la 
cruauté. Il acquiesce aux conclusions civiles de la partie plaignante. 

 

EN FAIT 

A. a. Par acte d'accusation du 19 février 2014, il est reproché à A______ d'avoir à 
Genève : 

Faits du mercredi 4 mai 2011 

- le jour en question, avant 08h40, alors qu'une dispute avait éclaté avec sa 
compagne E______ dans l'appartement dans lequel tous deux logeaient à la rue 
D______ dans le quartier de Plainpalais et qu'il avait frappé la précitée en lui 
donnant des coups et des gifles, dont l'une a eu pour effet de la projeter au sol, 
saisi les jambes de sa compagne et, après lui avoir administré des coups de pied, 

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maîtrisé l'intéressée en s'asseyant sur elle, puis de lui avoir saisi le cou de ses 
mains et de l'avoir étranglée fortement jusqu'à ce qu'elle perde connaissance, la 
victime ayant eu peur de mourir et s'étant trouvée en danger concret de mort 
imminent, étant précisé, d'une part, que lorsque celle-ci a repris ses esprits 
quelques instants plus tard, elle avait de fortes douleurs au niveau du cou et 
n'arrivait ni à déglutir ni à boire et à manger, de même que durant les jours 
suivants, et qu'elle a présenté des éraflures sur le cou d'environ 5 cm, sur les deux 
bras, dans le dos (région lombaire) et sur le côté gauche du front selon attestation 
médicale du 5 mai 2011 du Dr F______, d'autre part, que A______ a agi 
consciemment et volontairement, à tout le moins en envisageant et acceptant de 
mettre sa compagne en danger de mort imminent, sans aucun égard pour celle-ci, 
en réaction à des futilités et mû par un machisme ainsi que par la jalousie; 

faits qualifiés de mise en danger de la vie d'autrui (art. 129 CP) (chiffre I de l'AA);  

- dans les circonstances précitées, d'avoir frappé, malmené et étranglé E______, lui 
causant de ce fait des blessures, outre un évanouissement, telles que visées dans 
l'attestation médicale du Dr F______, étant précisé qu'E______ et A______ 
faisaient ménage commun depuis plusieurs années et que la précitée a finalement 
renoncé à déposer plainte, s'en trouvant dissuadée par le fait de ne pouvoir le faire 
sur-le-champ mais de devoir revenir plus tard munie d'un certificat médical, par la 
crainte de devoir quitter la Suisse eu égard à son absence de statut légal dans le 
pays et par le souci de préserver la relation filiale entre les enfants du couple et 
leur père; 

faits qualifiés de lésions corporelles simples (art. 123 ch. 1 et 2 al. 5 CP) (chiffre II 
de l'AA);  

Faits du samedi 30 juillet 2011 

- le jour en question, alors qu'il avait passé l'après-midi et le début de soirée avec 
l'une de ses compagnes, C______, et des amis de celle-ci à une fête vers le 
boulodrome aménagé à l'est de la piscine de Carouge à proximité de l'Arve, qu'il 
avait quitté les lieux à la suite d'appels téléphoniques et SMS en provenance 
d'E______, qui lui avait demandé de passer chez elle, qu'il avait vu sur son 
chemin sur le pont de la Fontenette, vers 21h26, une jeune fille inconnue, 
B______, alors âgée de 18½ ans, marcher en direction de Genève, des écouteurs 
dans les oreilles, qu'il l'avait suivie, ayant ressenti aussitôt de l'attirance pour elle 
et l'ayant observée, puis, alors qu'elle s'était engagée sur le chemin piétonnier 
reliant la rue de l'Aubépine à la rue Barthélémy-Menn et qu'il lui avait emboîté le 
pas d'abord à distance pour finir par la rattraper, à 21h31, à un endroit où ce 
chemin piétonnier se rétrécit et se trouve davantage masqué par la végétation, saisi 
subitement B______ par derrière, passé et serré un bras autour du cou de 
l'intéressée et, tout en l'empêchant de se retourner, dit doucement et calmement 
d'éteindre ce qu'il a cru être son iPhone, puis, alors qu'elle lui répondait que c'était 
un iPod et se crispait, appuyé dans son dos, au niveau d'une hanche, quelque 
chose de dur pouvant faire penser à une arme, comme une lame (son pouce muni 
d'un ongle long et dur), et, s'exprimant sur le même ton, intimé à B______ l'ordre 

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de se taire sous peine de la tuer, puis, la tenant toujours de la sorte fermement par 
derrière, de l'avoir menée sur un côté dudit chemin, entre des buissons, de l'avoir 
plaquée de face contre un grillage surmontant un muret, gardant son visage bien 
derrière celui de B______ et, de sa main libre, de lui avoir soulevé sa jupe, caressé 
une cuisse et une fesse par-dessous sa jupe, ainsi que donné des baisers dans le 
cou et, alors que B______ commençait à se débattre, de lui avoir répété "tais-toi, 
sinon je te tue !", la faisant chuter au sol, sur le dos, et de s'être mis à califourchon 
sur elle, un genou à terre de chacun des côtés, et de lui avoir donné des bourrades 
de coups de poing, notamment au visage et au niveau des yeux, mais aussi sur tout 
le buste, tout comme de lui avoir saisi le cou des deux mains, qu'il s'est mis à 
serrer, relâchant par moments une main pour lui asséner de nouveaux coups de 
poing, d'avoir maintenu et augmenté son étreinte autour du cou de B______, lui 
entravant de plus en plus la respiration, jusqu'à lui faire éprouver la sensation de 
mourir et lui faire perdre connaissance, puis, alors que B______ était évanouie, 
mise ainsi hors d'état de résister, d'avoir continué à lui imposer des actes d'ordre 
sexuel durant un nombre indéterminé de minutes, notamment en lui touchant les 
seins à même la peau et le devant des cuisses et, après avoir écarté le devant de 
son string, l'avoir déflorée, lui pénétrant le vagin de son pénis, subsidiairement de 
deux, voire trois de ses doigts, avec une certaine violence, étant précisé que 18 
minutes se sont écoulées depuis le début de l'agression et celui où B______, 
revenue à elle, s'est redressée en s'agrippant à une racine d'un arbuste et a entendu 
vers 21h49, outre le cliquetis de la boucle métallique d'une ceinture de pantalon 
qu'on referme, la sonnerie à trois tons, signalant la réception d'un SMS sur l'un des 
téléphones portables que A______ avait sur lui; 

faits qualifiés de viol, subsidiairement de contrainte sexuelle, avec la circonstance 
aggravante de la cruauté (art. 190 ch. [recte : al.] 1 et 3 CP, subsidiairement art. 189 
ch. 1 et 3 [recte : al. 1 et 3] CP) (chiffre III de l'AA); 

- dans les circonstances précitées, d'avoir frappé et étranglé B______ avec violence 
et acharnement, lui donnant des bourrades de coups de poing notamment au 
visage, tout en la maintenant le dos au sol, et lui serrant le cou de ses mains au 
point d'entraver durablement sa respiration et de lui faire perdre connaissance, se 
déchaînant ainsi sur elle dans le but de lui ôter la vie, mû par le double mobile 
d'éliminer physiquement le témoin gênant qu'elle était devenue pour lui parce que, 
du fait qu'il l'avait renversée sur le dos face à lui et s'était mis à califourchon sur 
elle, il pensait qu'elle avait vu son visage et pourrait donc le reconnaître ainsi que 
de la maîtriser et la faire se taire alors qu'elle se débattait et voulait crier, en 
agissant consciemment et volontairement, à tout le moins en envisageant et 
acceptant que ses coups de poing violents et répétés, donnés notamment en pleine 
figure à la victime, et son étranglement persistant et fort produisent la mort de 
celle-ci, tout comme en agissant avec une absence particulière de scrupules, en 
infligeant à B______ de violentes souffrances et de profondes angoisses, en se 
défoulant sur elle des frustrations que lui procuraient ses liaisons parallèles avec 
ses deux compagnes, E______ et C______, par des actes d'une brutalité suscitant 
l'indignation, renforcée par le dégoût que A______ ait pu exploiter 

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l'évanouissement de sa victime pour abuser d'elle sexuellement, en mettant de la 
sorte B______ en danger concret et sérieux de mort imminent, ne cessant de 
frapper et étrangler la victime qu'une fois cette dernière évanouie, à nouveau 
gagné qu'il a alors été par l'attrait sexuel qu'il avait éprouvé pour celle-ci dès le 
premier coup d'œil, étant précisé qu'il n'a pas repris ses agissements létaux lorsque 
B______, revenue à elle, peinant à respirer et parler, n'ayant plus de salive et à 
bout de force, ayant senti qu'il l'avait agressée aussi sexuellement, à la fois 
désireuse de boire et apeurée, lui a demandé de lui apporter de l'eau, ajoutant 
qu'elle ferait alors tout ce qu'il voudrait, et qu'il s'est mis à chercher de l'eau dans 
les affaires de l'intéressée, puis, n'en trouvant pas, il s'est éloigné d'elle par la rue 
Barthélémy-Menn, par la droite au bout du chemin piétonnier, alors que la victime 
réussissait à prendre la fuite du côté opposé à celui pris par son agresseur; 

faits qualifiés de tentative d'assassinat (art. 22 al. 1 et art. 111 cum 112 CP) (chiffre 
IV de l'AA); 

- dans les mêmes circonstances, d'avoir infligé à B______ les blessures constatées 
par les médecins des Hôpitaux Universitaires de Genève (ci-après : HUG) ayant 
pris en charge la victime ainsi que par le médecin-légiste, notamment plusieurs 
hématomes, dermabrasions et ecchymoses au niveau du visage et du cou, de 
nombreuses pétéchies dans la région péri-oculaire (paupières et conjonctives), 
avec des hémorragies un peu plus étendues au niveau des conjonctives et aussi 
derrière les deux pavillons auriculaires, deux dermabrasions linéaires d'environ 1 
cm de long au niveau du cou, avec une croutelle hémorragique et quatre 
dermabrasions diagonales entre 0,3 et 0,7 cm de long, un hématome en monocle 
au niveau de l'œil gauche, un œdème très important du nez, des dermabrasions et 
ecchymoses diffus au niveau du cou, des dermabrasions au niveau du dos, 
notamment au niveau central et supérieur du dos, et d'autres sur le côté gauche en 
haut et au bas du dos, des lésions au niveau des deux épaules, des lésions au 
niveau des avant-bras, des poignets et des coudes à gauche, une dermabrasion sur 
la face du genou droit, des lésions au niveau du membre inférieur gauche, une 
dermabrasion au niveau du cuir chevelu central, au niveau occipital supérieur, ces 
lésions attestant de plusieurs traumatismes contondants alors que les lésions au 
niveau du cou sont compatibles avec une strangulation dont la durée et l'intensité 
sont attestées par la présence de nombreuses pétéchies au niveau du visage, tout 
comme une plaie de l'hymen sur le rayon de 6 heures, sur toute la hauteur de 
l'hymen, d'une largeur de 5 mm, étant précisé que B______ a déposé plainte; 

faits qualifiés de lésions corporelles simples (art. 123 ch. 1 CP) (chiffre V de l'AA); 

- dans les mêmes circonstances, après avoir blessé B______, d'avoir quitté les lieux 
en sachant celle-ci blessée et sous le choc, en difficulté pour respirer et marcher, 
sans faire en sorte ni s'assurer qu'elle reçoive les soins que son état appelait, ce 
qu'il aurait pu faire aisément, en appelant, par exemple, des secours au moyen du 
téléphone portable dérobé à la victime; 

faits qualifiés d'omission de prêter secours (art. 128 CP) (chiffre VI de l'AA); 

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- dans les mêmes circonstances, d'avoir dérobé l'IPhone et l'IPod que B______ avait 
avec elle, se les appropriant pour s'enrichir illégitimement, étant précisé que 
A______ a agi de la sorte après que B______ avait repris connaissance et lui avait 
demandé à boire, lorsqu'il a fouillé ses affaires, juste avant de quitter les lieux; 

faits qualifiés de vol (art. 139 ch. 1 CP) (chiffre VII de l'AA); 

Infractions à la Loi sur les étrangers 

- depuis la mi-août 2010 jusqu'au 19 septembre 2011, d'être entré en Suisse à 
réitérées reprises, alors qu'il faisait l'objet, à son su, d'une interdiction d'entrée en 
Suisse lui ayant été notifiée le 16 août 2010, valable jusqu'au 4 août 2013; 

faits qualifiés d'infraction à l'art. 115 al. 1 lit. a LEtr (chiffre VIII de l'AA); 

- depuis 2007 jusqu'au 19 septembre 2011, d'avoir séjourné en Suisse, en particulier 
dans le canton de Genève, sans être titulaire d'une autorisation de séjour et en 
faisant l'objet depuis la mi-août 2010, à son su, d'une interdiction d'entrée en 
Suisse; 

faits qualifiés d'infraction à l'art. 115 al. 1 lit. b LEtr (chiffre IX de l'AA); 

- depuis 2007 jusqu'au 19 septembre 2011, d'avoir exercé une activité lucrative en 
Suisse, en particulier dans le canton de Genève, soit des travaux de rénovation 
d'appartements comme peintre en bâtiment, environ 9 jours par mois, pour le 
compte de personnes travaillant "au noir" et des travaux de jardinerie, 3 à 4 jours 
par mois, pour des particuliers, sans être titulaire d'un permis de travail; 

faits qualifiés d'infraction à l'art. 115 al. 1 lit. c LEtr (chiffre X de l'AA). 

b. Par dictée au procès-verbal à l'audience de jugement, le Ministère public a 
complété le chiffre III de son acte d'accusation, en ce sens qu'il était aussi reproché 
à A______, une fois B______ évanouie et mise hors d'état de résister, alors qu'il 
avait baissé son pantalon et dans le but d'obtenir une excitation sexuelle, 
notamment de s'être mis en érection et d'avoir pénétré vaginalement la victime avec 
son pénis, de lui avoir touché les seins à même la peau, caressé de sa bouche le 
visage, le cou et les seins, lui léchant même le visage, le cou et les seins, touché 
également le devant de ses cuisses, écarté le devant de son string et de l'avoir 
déflorée, pénétrant le vagin de la victime de son pénis et, alors qu'il n'arrivait pas à 
se mettre en érection, de deux ou trois de ses doigts, avec une certaine violence. 

B. Il ressort du dossier les faits pertinents suivants. 

Faits du samedi 30 juillet 2011 

a.a. La Centrale d'alarme (CECAL) de la police a été avisée à la suite d'un appel du 
144 composé le samedi 30 juillet 2011 à 22h10 qu'une jeune femme, identifiée en la 
personne de B______, était conduite au service des urgences des HUG de Genève 
après avoir été probablement violée. 

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a.b. Selon rapport du 31 juillet 2011, les inspecteurs de police dépêchés sur place 
ont procédé aux premières constatations, notamment en s'entretenant avec B______ 
et en repérant les lieux de son agression. 

La précitée leur a expliqué avoir quitté seule et à pied son domicile sis rue G______ 
à Carouge, le samedi soir en question aux alentours de 21h30, en empruntant la 
route de Veyrier, le pont de la Fontenette, la rue de l'Aubépine puis un chemin 
piétonnier rejoignant la rue Barthélémy-Menn. A la hauteur de jeux pour enfants sis 
aux trois-quarts dudit chemin piétonnier, elle avait été soudainement saisie par 
l'arrière au niveau du cou et entraînée dans les buissons. Ella avait ensuite été 
étranglée et projetée au sol. Elle avait aussi senti une pression dans le dos, sans être 
en mesure de préciser s'il s'agissait d'une arme. Son agresseur lui avait soulevé la 
jupe et elle l'avait repoussé en le suppliant d'arrêter. Il lui avait dit de se taire sinon 
il la tuerait. Comme elle ne se laissait pas faire, l'agresseur lui avait asséné plusieurs 
coups de poing au visage. B______ a précisé que l'agresseur lui avait fait plusieurs 
"bisous" au cou et au visage et qu'il lui avait tiré la culotte, sans pouvoir la lui 
enlever. Elle pensait avoir été abusée sexuellement mais ne pouvait en dire plus; la 
police a relevé que l'intéressée était particulièrement choquée. B______ se 
souvenait avoir demandé à l'agresseur de l'eau car elle avait la bouche 
complètement sèche et ne pouvait quasiment plus parler en raison de l'étranglement 
subi. Elle se rappelait avoir pu récupérer une partie de ses affaires avant de s'enfuir. 
Sur son chemin, elle avait demandé de l'aide à un homme avec une poussette, 
lequel l'avait aidée à stopper une ambulance qui passait sur le boulevard de la 
Cluse. 

B______ a pu donner un signalement de l'agresseur, qui pouvait être "latino" ou 
sud-américain du fait de son accent. Il parlait français avec un accent et portait un 
T-shirt beige, un pantalon jeans avec une ceinture. La précitée a dit ne pas savoir si 
elle pourrait être en mesure de le reconnaître. Elle a aussi mentionné que ses IPhone 
et IPod avaient disparu. 

Les policiers ont constaté l'état physique de B______, couverte d'hématomes au 
visage ainsi que sur ses jambes, et ont procédé à quelques photographies de 
l'intéressée, avec son accord. Par ailleurs, compte tenu de l'état émotionnel de 
B______ et d'entente avec son père, les policiers ont convenu d'enregistrer une 
déclaration-plainte ultérieurement, alors qu'au moment de son premier récit, 
B______ faisait toujours l'objet d'examens médicaux. 

Sur les lieux de l'agression inspectés dans la foulée, les policiers ont retrouvé une 
partie des affaires de la victime derrière des buissons, dont la disposition évoquait 
d'emblée une fouille. Ils ont également retrouvé un récipient en plastique 
appartenant à B______, abandonné dans une poubelle située à l'angle formé par le 
chemin piétonnier avec la rue Barthélémy-Menn, dont la précitée a dit qu'elle ne 
l'avait pas déposé elle-même à cet endroit. 

b. i) B______ a déposé plainte le 1er août 2011. 

Elle a confirmé son récit antérieur, en y apportant des précisions.  

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Le soir en question, elle avait quitté son domicile peu après 21h21 pour se rendre 
chez une amie, H______, domiciliée au boulevard I______. Elle se rappelait de 
l'heure car elle l'avait lue sur une horloge se trouvant chez elle et s'était dépêchée de 
partir parce qu'elle avait rendez-vous à 21h30. Elle avait pris ses affaires avec elle – 
dont son téléphone portable, qui avait une fissure sur l'arrière – dans le but de se 
changer chez H______ pour, ensuite, aller danser. Elle était alors vêtue d'un "top" 
noir de type "marcel", d'un pull noir assez ample et d'une jupe taille haute. Elle 
avait chaussé des ballerines; ses cheveux n'étaient pas noués. En quittant l'allée de 
son immeuble, elle avait mis ses écouteurs sur les oreilles, tenant son IPod en main, 
tout comme un récipient en plastique, avec son sac en bandoulière sur une épaule et 
une cigarette dans l'autre main. Il faisait encore jour mais la luminosité commençait 
à baisser. Elle avait traversé le pont de la Fontenette en empruntant le trottoir de 
droite et n'avait rien remarqué de particulier. Après le giratoire, elle avait poursuivi 
son trajet par la rue de l'Aubépine puis avait pris le chemin piétonnier longeant le 
cycle d'orientation éponyme. Elle empruntait toujours ce chemin pour se rendre 
chez H______, s'agissant d'un raccourci. Au moment de s'y engager, il faisait 
encore plus ou moins jour. Elle avait longé les terrains de basket, étant précisé qu'il 
n'y avait absolument personne à ce moment-là. Une vingtaine de mètres après ces 
terrains, elle avait senti un bras entourer son cou et avait été en mesure de toucher 
la peau du bras en question, nu, sans pilosité particulière. Elle avait d'abord pensé à 
une plaisanterie. Ayant enlevé l'écouteur gauche et voulu éteindre sa musique, elle 
avait tenté de se retourner pour voir qui c'était. Toutefois, l'individu avait serré plus 
fort, tout en lui disant d'éteindre son téléphone, croyant à tort que son baladeur en 
était un, ce qu'elle avait fait. L'individu lui avait intimé de se taire. Elle avait dans le 
même temps senti qu'un objet dur était pointé dans son dos, ignorant s'il s'agissait 
ou non d'une arme. L'individu avait continué à lui serrer le cou avec son bras, étant 
très calme et lui chuchotant à l'oreille. Elle avait commencé à prendre peur. Comme 
elle était maintenue fortement, elle n'arrivait ni à se tourner ni à voir le visage de 
l'agresseur. Ce dernier l'avait ensuite entraînée dans les buissons situés sur la 
gauche du chemin piétonnier. Il l'avait plaquée contre un grillage et, tout en 
maintenant son bras autour de son cou, il avait commencé à relever sa jupe, 
B______ ayant senti la main de l'individu sur sa peau. Elle avait commencé à se 
débattre et à crier, lâchant son baladeur et son récipient en plastique, tout en 
essayant d'enlever le bras de l'agresseur, sans succès. Elle n'avait pas assez de force 
pour réussir à le faire lâcher et avait commencé à avoir de la peine à respirer car il 
la serrait fort. Tirée en arrière, elle s'était retrouvée au sol, sur le dos, ses jambes du 
côté du chemin et la tête du côté du grillage, sans avoir compris de quelle manière 
l'individu avait réussi à la faire chuter. Ce dernier s'était mis à califourchon sur elle, 
une jambe de chaque côté de son corps; elle avait les genoux qui touchaient le sol et 
était immobilisée. L'individu s'était alors mis à la frapper violemment au visage, lui 
donnant des coups de poing. Il cessait ensuite de la frapper et se mettait à nouveau à 
l'étrangler, et réciproquement. B______ a dit s'être senti mourir, suffoquant et 
n'arrivant plus à respirer, ayant tenté en vain de donner des coups de pied afin de se 
libérer de l'emprise de son agresseur. La période où elle avait été frappée lui avait 
paru durer une éternité. Elle avait perçu que l'agresseur l'embrassait dans le cou 

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avant de perdre connaissance. Au moment de reprendre ses esprits, elle s'était rendu 
compte qu'elle était toujours couchée dans la même position, l'agresseur n'étant plus 
sur elle car elle pouvait bouger un peu ses jambes. Elle avait constaté que son string 
avait été tiré sur le côté. Elle ressentait une sensation au niveau de ses parties 
intimes, sans arriver à dire si elle avait été pénétrée. A cause des coups reçus au 
niveau du visage et des yeux, elle ne voyait presque rien. Elle s'était redressée, 
s'agrippant à une branche, ayant beaucoup de peine à respirer et étant essoufflée. A 
ce moment-là, il faisait nuit. L'individu était accroupi en face d'elle. B______ a 
expliqué avoir demandé à son agresseur de l'eau à plusieurs reprises. Ce dernier, 
après avoir cherché notamment dans les affaires de B______, l'avait informée qu'il 
n'y avait rien à boire. Elle lui avait alors demandé d'aller trouver de l'eau, lui disant 
que, s'il en trouvait, elle ferait tout ce qu'il voudrait. L'individu l'avait interrogée à 
cet égard, en lui posant explicitement la question, voulant s'assurer que ce fût bien 
le cas, ce à quoi elle avait répondu par l'affirmative. Il lui avait alors dit de rester là 
et qu'il allait revenir. Elle avait entendu le cliquetis métallique d'une boucle de la 
ceinture de l'agresseur, qui était parti en direction de la rue Barthélémy-Menn, en 
obliquant à droite, lui avait-il semblé. Elle s'était relevée et avait pris son sac, sans 
vérifier si toutes ses affaires s'y trouvaient. Reprenant un peu ses esprits, elle avait 
pris la fuite en s'engageant à son tour dans la rue Barthélémy-Menn en direction du 
boulevard de la Cluse. 

Une fois conduite à l'hôpital et prise en charge, elle n'avait pas encore réalisé ce qui 
venait de se passer, ayant mal partout. Au moment de déposer plainte, elle se disait 
qu'elle avait de la chance d'être encore en vie, étant au demeurant triste du souci 
causé à ses proches. Elle éprouvait de la colère envers son agresseur, les coups lui 
ayant fait davantage de mal que son "viol" car elle n'était plus consciente à ce 
moment-là. 

B______ a confirmé le signalement de l'agresseur, précisant n'avoir aucun souvenir 
d'une odeur particulière et n'ayant pas l'impression que celui-ci avait une haleine 
sentant l'alcool. Durant l'agression, pour ce dont elle se souvenait, l'individu avait 
été sûr au niveau de ses gestes, très calme dans ses mouvements et dans ses paroles. 
Le seul moment où elle avait eu l'impression qu'il avait paniqué un peu, c'était 
lorsqu'elle lui avait demandé à boire. Il avait alors commencé à chercher 
nerveusement dans les affaires de B______. 

La précitée a remis aux policiers un constat médical établi lors de son 
hospitalisation. 

ii) Lors de cette première audition, B______ portait sur elle les marques des 
violences physiques qu'elle avait subies, s'agissant en particulier d'hématomes au 
visage, qui était encore tout enflé, et de ses yeux "bien remplis de sang" selon les 
policiers, qui ont fait part que ces marques étaient restées bien visibles pendant près 
d'un mois. L'Inspecteur T______, responsable d'enquête à la Brigade des Mœurs, 
avait été frappé par la détresse émotionnelle de la victime, en plus des stigmates 
physiques de son agression, alors même que celle-ci avait beaucoup de dignité et de 
courage. Le récit de B______ était rendu crédible parce qu'elle n'essayait pas d'en 

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rajouter et, lorsqu'elle ne se souvenait pas d'un point, elle ne l'inventait pas, mais 
préférait le dire. A aucun moment, les policiers n'avaient eu le moindre indice que 
l'intéressée aurait déformé la réalité, ni consciemment ni inconsciemment, alors que 
sa crédibilité avait été testée au cours de son audition. Malgré ce que B______ 
venait de subir, celle-ci donnait tous les détails qu'elle pouvait donner sans 
rechigner. A la fin de son audition, elle avait fait mention de sa colère à l'encontre 
de l'auteur et, dans le même temps, elle s'était excusée pour la douleur qu'elle 
causerait à son entourage et à ses proches. Elle avait clairement dit aux policiers 
qu'elle était vierge lors des faits et qu'en plus, elle tenait à sa virginité. 

iii) Le 17 août 2011, B______ a précisé que, lorsqu'elle avait été en mesure de se 
relever après avoir repris connaissance, elle avait entendu une sonnerie à trois tons 
typique d'un SMS reçu sur un IPhone, juste avant que son agresseur quittât les 
lieux. Elle ne savait dire si c'était la sonnerie de son propre téléphone ou de celui, le 
cas échéant, de l'auteur. Par ailleurs, elle estimait le temps qui s'était écoulé entre sa 
fuite et la recherche d'aide entre 5 à 10 mn. 

c. i) L'ambulance des urgences santé a fait part à sa centrale par un appel passé à 
22h05, de ce qu'il fallait envoyer une patrouille de policiers aux urgences des HUG 
à la suite de la prise en charge d'une patiente qui se serait fait violer.  

ii) J______, ambulancière entendue par la police le 8 août 2011, a expliqué qu'elle 
se trouvait à l'arrière du véhicule en train de revenir aux HUG avec un patient 
lorsque, sur le boulevard de la Cluse, son collègue K______ s'était arrêté puis avait 
parlé avec une personne qui se trouvait dans la rue sur le côté droit de la chaussée. 
Ils avaient demandé à celle-ci de monter dans l'ambulance. Entendant ces propos, 
J______ s'était avancée pour voir ce dont il s'agissait. Elle avait alors aperçu une 
jeune fille en pleurs, en état de choc et tremblante, avec les cheveux "en pétard" et 
des feuilles dans ceux-ci ainsi que du sang sur le visage. La jeune fille avait le 
visage gonflé et ses yeux étaient "petits". J______ a précisé avoir alors remarqué un 
gros hématome œdématié sur le côté gauche du visage de la jeune fille, qui respirait 
vite, sanglotait et poussait des petits cris. Elle n'avait pas de suite pensé à une 
agression de nature sexuelle. Son collègue avait appelé la centrale en vue de 
l'intervention de la police. Une fois à l'hôpital, elle avait demandé à la jeune fille ce 
qui s'était passé, celle-ci lui ayant répondu qu'elle croyait avoir été violée. En lui 
ouvrant la portière, elle avait constaté l'état de l'intéressée : elle avait des collants 
entièrement abîmés et souillés de terre, tout comme sa culotte; il y avait des feuilles 
et de la terre dans ses cheveux et sur ses vêtements; elle était à pieds nus; ses habits 
étaient tout détendus et on pouvait distinguer un bout d'un sein vers son décolleté. 
J______ avait aidé la jeune fille à descendre de l'ambulance car elle avait de la 
difficulté, tremblait et était toute affaiblie. Son visage était tellement œdématié que 
J______ s'était dit que, si quelqu'un avait croisé cette jeune fille dans la rue, il ne 
l'aurait pas reconnue. Elle n'avait jamais vu une telle agression et en avait été 
impressionnée, de même que son collègue. Une infirmière avait ensuite pris en 
charge la jeune fille, avec une chaise roulante. 

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iii) K______, entendu le 9 août suivant par la police, a expliqué qu'à la hauteur du 
bâtiment de la Maternité, un homme l'avait hélé depuis un passage pour piétons. 
Cet homme était en compagnie d'une jeune fille avec les cheveux ébouriffés et le 
visage tuméfié, en pleurs, et lui avait dit que celle-ci venait de lui faire part de ce 
qu'elle avait été violée. K______ était descendu de l'ambulance et en avait fait le 
tour pour aider la jeune fille à monter. Il avait alors remarqué que celle-ci avait des 
branches dans les cheveux. Après avoir passé un appel radio et pris le chemin de 
l'hôpital, il avait posé quelques questions à l'intéressée, qui lui avait dit s'être fait 
violer. La jeune fille lui avait indiqué avoir vu son agresseur, n'avoir pas perdu 
connaissance et ne pas savoir si elle avait été frappée au moyen d'un objet. Une fois 
au service des urgences et au moment d'aider la jeune fille à s'installer dans une 
chaise roulante, il s'était rendu compte que l'intéressée était pleine de terre et que 
son visage était entièrement tuméfié. 

Constatations médicales et médico-légales 

d.a. i) Selon l'attestation médicale provisoire ayant fait suite à l'examen de 
B______ le 31 juillet 2011 à 07h15, le médecin gynécologue de service, le 
Dr  L______, et le médecin-légiste adjoint responsable, le Dr  M______, ont 
constaté sur la victime : 

- des tuméfactions, ecchymoses et dermabrasions au niveau du visage (coups de 
poings), des dermabrasions et ecchymoses au niveau du cou, des pétéchies du 
visage (compatibles avec une tentative d'étranglement) ainsi que de nombreuses 
dermabrasions sur les membres supérieurs et inférieurs; 

- s'agissant de son status génital : un périnée et un anus sans particularité, une plaie 
vaginale fraîche longue de 1 cm et profonde de 5 mm à hauteur de l'hymen sur le 
rayon à 06h00, pas d'autre lésion vaginale en amont de l'hymen, un col sans 
particularité ainsi que l'absence de spermatozoïdes vu à l'examen direct. 

ii) Le 29 août 2011, les HUG ont adressé au Ministère public le constat d'agression 
sexuelle de B______ daté du 24 août 2011, un CD-Rom contenant les 
photographies prises lors dudit constat ainsi qu'une attestation médicale du Prof. 
N______, médecin-chef du service des urgences. 

Il ressort de ces documents que B______, prise en charge le 31 juillet 2011 à la 
Maternité, après son hospitalisation la veille au service des urgences : 

- a fait l'objet d'examens au service des urgences, qui ont mis en évidence de 
multiples hématomes au visage, notamment au niveau du front et de la pommette 
gauche ainsi qu'une hémorragie conjonctivale de l'œil gauche, étant précisé que 
les circonstances ont poussé les médecins à pratiquer un scanner cérébral ainsi que 
du massif facial, lequel n'a pas révélé de pathologie, alors qu'il pouvait être conclu 
"à un traumatisme crânien mineur ainsi qu'[à] la présence de coups et de 
contusions au niveau du visage principalement"; 

- a fait part aux médecins qui l'ont examinée de ce qu'elle avait vécu, le récit 
consigné apportant les précisions suivantes, soit que la victime n'a pu dire si la 
pression au niveau de son dos avait été provoquée par un objet ou seulement par 

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les doigts de l'individu, qu'elle avait été étranglée par l'agresseur qui avait usé de 
ses deux mains et qu'elle n'était pas certaine qu'il y ait eu pénétration pénienne, 
avec ou sans préservatif, respectivement avec ou sans éjaculation, et/ou digitale, 
anale ou orale; 

- n'a pas perdu de selles ou d'urine pendant l'étranglement; 

- a présenté de très nombreuses lésions sur tout son corps, dont une tuméfaction 
étendue de la région frontale – la peau au-regard de cette tuméfaction présentant 
des hémorragies intra-cutanées – et un œdème sévère de la pyramide nasale, un 
hématome en monocle de l'œil gauche avec œdème important des tissus 
avoisinant l'œil ainsi que de la région zygomatique sur une surface de 7 cm, une 
hémorragie de la conjonctive oculaire gauche, des ecchymoses mandibulaires et 
rétro-auriculaires du côté gauche et droit, ainsi que des pétéchies dans la région 
péri-oculaire; 

- s'est vu prescrire un traitement prophylactique contre d'éventuelles MST; 

- s'est vu fixer un rendez-vous auprès de l'Unité interdisciplinaire de médecine et de 
prévention de la violence (UIMPV), le 3 août suivant; 

- avait encore sur elle de la matière végétale (cf. brindilles, écorces, herbe, 
feuillage, etc.) ou minérale (cf. terre) lors de son admission, ce que révèlent les 
photographies effectuées à l'occasion de son examen médico-légal. 

iii) Les analyses biologiques ainsi que de recherche d'ADN faites à partir des 
vêtements de la victime et des prélèvements susvisés ont permis d'établir que : 

- aucun spermatozoïde et/ou éjaculat n'a été retrouvé; 

- un profil Y d'un homme inconnu a été mis en évidence sur de nombreux 
prélèvements, dont notamment sur le pourtour du fond du récipient en plastique de 
B______, sur le devant du pull noir de la précitée au niveau du cou et de la 
poitrine, sur la manche gauche de ce pull, sur la jupe de la victime, sur le devant 
de sa culotte au niveau de coutures déchirées à gauche, sur deux prélèvements 
sous-unguéaux de sa main gauche et sur son cou à gauche. 

d.b. Les Drs O______– chirurgien au service des urgences –, L______ et M______ 
ont été entendus par-devant le Ministère public. 

i) Le Dr O______a expliqué que, le 30 juillet 2011, le service des urgences avait été 
avisé par un appel d'une ambulance signalant l'arrivée d'une victime d'agression 
recueillie au bord de la chaussée, non loin de l'hôpital, dans un état d'incohérence. 
A son admission, la victime s'est vu contrôler ses paramètres vitaux, avec prise de 
sang en vue d'un "screening large de toutes pathologies standard", y compris la 
recherche d'éventuels toxiques – en l'occurrence négative – compte tenu de l'état de 
celle-ci. Il avait fallu stabiliser l'état de la patiente dont les paramètres sanguins 
étaient fortement perturbés, en lui administrant du sérum physiologique dans le but 
d'obtenir une normalisation complète de ses paramètres vitaux, et cela avant toute 
suite de prise en charge sur le plan gynécologique puisque l'intéressée avait fait part 
d'une agression à caractère sexuel. En effet, la patiente était fortement tachycarde et 

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présentait une forte acidose métabolique, susceptible d'être expliquée par une 
asphyxie. En accord avec le médecin-légiste et la responsable cheffe de clinique de 
la gynécologie, il avait été renoncé à un examen clinique complet de B______ pour 
éviter toute dispersion de traces. Aussi, la précitée, dont les habits portaient de la 
terre et des feuilles, n'avait pas été déshabillée. Il n'avait pas non plus été refait 
d'anamnèse pour ne pas raviver inutilement les souvenirs de B______.  

Le Dr O______ avait personnellement procédé à un examen clinique sommaire de 
B______, avec le médecin-interne de service. Son collègue avait décrit ce qui suit : 
"patiente de 18 ans de bonne santé habituelle qui explique avoir été agressée par 
un inconnu vers 21h30 en sortant de chez elle. L'individu l'aurait jetée par-terre 

puis étranglée et rouée de coups à la tête et enfin violée. Elle rapporte des 

souvenirs confus de l'événement et explique avoir pu finalement lui échappée après 

lui avoir demandé d'aller lui chercher de l'eau". Lui-même avait notamment 
constaté, hormis des hématomes au visage de la précitée ainsi que des hémorragies 
au niveau de ses yeux – davantage du côté gauche –, la présence de traces, soit des 
hématomes au niveau du cou compatibles avec une strangulation. Le résultat de la 
prise de sang parlait nettement en faveur d'une hypoxie, c'est-à-dire un manque 
d'oxygénation des tissus compatible avec une strangulation. L'hypoxie pouvait 
survenir soit en raison d'un arrêt complet de respiration dans une situation d'effort 
normal du corps, soit en raison d'une diminution de l'oxygénation dans une situation 
d'augmentation d'effort physique (par exemple une personne se débattant, un stress 
extrême, etc.). Si le manque d'oxygénation tenait à une strangulation – étant précisé 
que le Dr O______ ne voyait pas d'autre motif susceptible d'expliquer la présence 
d'acide dans le sang (acidose), B______ étant en bonne santé –, il paraissait évident 
à ses yeux que la précitée s'était trouvée dans une situation où sa vie avait été mise 
en danger. Sur le plan psychique, la patiente était extrêmement affectée par ce qui 
lui était arrivé. Son état confusionnel et de prostration pouvait avoir tenu au stress 
psychologique dans lequel elle s'était trouvée au moment de l'agression, en lien 
avec une toute récente perte de connaissance. Les constats effectués étaient au 
demeurant compatibles avec les dires de B______. Le Dr O______ a encore précisé 
avoir été presque surpris par l'absence d'émotion de la précitée, comme dans le cas 
d'une dissociation ou d'une dépersonnalisation, c'est-à-dire comme si la précitée se 
regardait depuis l'extérieur, ce qui correspondait à un signe de l'intensité de la 
perturbation psychique.  

ii) Le Dr L______ a expliqué avoir été contacté le 30 juillet 2011 au soir par son 
confrère O______, qui lui avait adressé B______ à fin d'examen, auquel il avait 
procédé le lendemain en compagnie d'un médecin-interne en gynécologie. Le Dr 
M______ avait été présent, ayant préalablement procédé à un examen médico-légal 
de la victime et photographié l'ensemble des lésions constatées sur le corps de celle-
ci. 

Avant même l'examen physique des parties génitales de la victime, il s'était 
entretenu avec B______ sur ce qu'elle venait de vivre. La précitée lui avait dit 
qu'elle se promenait dans une rue seule lorsqu'elle avait été agressée par un 

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inconnu, jetée au sol et battue. La suite avait été moins claire car la victime avait dit 
avoir perdu connaissance et ne pouvait donc se déterminer sur le point de savoir s'il 
y avait eu pénétration ou pas, pénienne ou digitale, tout comme s'il y avait eu 
éjaculation ou non. B______ lui avait également rapporté n'avoir jamais eu de 
rapports sexuels.  

Le Dr L______ avait constaté que B______ s'était fait "casser la gueule" et avait 
été victime d'une agression d'une rare violence. Il n'avait jamais personnellement vu 
une telle violence sur le visage et le corps d'autres victimes, au-regard des dizaines 
de constats d'agression sexuelle qu'il avait été amené à réaliser. S'agissant des 
parties génitales, B______ présentait une plaie de l'hymen sur le rayon à 06h00, 
celle-ci s'étendant sur toute la hauteur, soit jusqu'à la base de l'hymen, et étant d'une 
largeur – et non d'une profondeur, comme mentionné par erreur dans un rapport – 
de 5 mm. Cette plaie était fraîche et sanguinolente, ce qui évoquait une plaie 
remontant au grand maximum aux 24 heures précédant l'examen. Celle-ci était 
compatible avec la pénétration de deux ou trois doigts avec violence, ou d'un objet 
avec violence ou d'un pénis sans forcément de violence. La pénétration d'un seul 
doigt ne pouvait vraisemblablement pas causer une telle lésion. La plaie elle-même 
ne pouvait pas avoir pu être causée par autre chose qu'une pénétration. Par ailleurs, 
en cas d'agression sexuelle d'une personne vierge, on constatait généralement des 
lésions de l'hymen, mais rarement des lésions du vagin. En l'espèce, il n'y avait pas 
d'autres plaies vaginales, anales ou périnéales, étant précisé qu'une pénétration 
complète était tout à fait concevable sans qu'il y ait la moindre lésion vaginale. 
Aucun spermatozoïde n'avait été découvert. B______ était tétanisée, exprimant peu 
d'émotions, étant "sous le choc". Elle parlait peu et répondait aux questions. Son 
récit lui avait paru absolument crédible et compatible avec les lésions constatées. 
La prophylaxie prescrite aux victimes d'agression sexuelle, notamment aux fins de 
circonvenir une infection VIH, était un traitement lourd. 

iii) Le Dr M______, ayant procédé à l'anamnèse de B______ le 31 juillet 2011 vers 
07h10, a recueilli le récit de la précitée sur ce qu'elle avait vécu la veille au soir, 
préalablement à son admission aux HUG. B______ – très collaborante et ayant le 
souci de dire ce dont elle se souvenait, sans en rajouter – lui avait notamment 
précisé qu'elle était vierge jusque-là. Le médecin-légiste a précisé qu'au vu de son 
expérience, le cas de l'intéressée était parmi les plus graves, en termes de violences 
ayant accompagné une agression sexuelle, qu'il lui avait été donné de constater. Par 
son examen somatique, le Dr M______ a relevé les multiples lésions affectant 
B______, soit celles décrites dans la documentation médicale la concernant (cf. 
d.a.). Toutes les lésions constatées étaient compatibles avec l'anamnèse et en 
corrélation avec plusieurs traumatismes contondants ainsi qu'une strangulation, 
dont la durée et l'intensité étaient attestées par la présence de nombreuses pétéchies 
sur le visage de la victime. Les lésions au niveau du cou étaient suffisamment 
étendues pour avoir résulté d'une pression des deux côtés du cou, d'une seule main 
ou des deux simultanément. Par ailleurs, une perte de connaissance – indice d'une 
souffrance cérébrale – consécutive à une telle strangulation était tout à fait possible, 
sans que l'on ne pût dire quelle en aurait été la durée, respectivement s'il se serait 

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agi de plusieurs pertes de connaissance. B______ ne présentait pas de lésions au 
larynx. La vie de la victime avait été concrètement mise en danger au moment 
même de son étranglement. Ce risque avait cessé dès la fin de la pression exercée 
sur le cou et la reprise de connaissance de la victime. Il était difficile de dire si 
certaines des lésions en cause étaient des lésions uniquement dues à l'agression ou 
des lésions de défense. Les lésions causées provenaient de coups donnés avec une 
force qualifiée de moyenne à sévère. La lésion à l'hymen était la plus typique d'une 
défloration. Cela étant, on ne pouvait dire si la pénétration vaginale était le fait d'un 
pénis, de doigts ou d'un objet.  

Identification de l'auteur, premières déclarations à la police et premiers constats 

e. L'enquête de police a débuté par l'exploitation d'images de vidéosurveillance 
ainsi que par des investigations liées à la téléphonie, lesquelles ont porté en 
particulier sur l'appareil soustrait à la victime. 

Après une première fausse piste, l'enquête a rebondi à compter du 5 septembre 
2011, étant donné que diverses cartes SIM, insérées dans le téléphone portable 
dérobé à B______, ont activé celui-ci. 

Ce fût le cas de deux cartes SIM enregistrées au nom de A______, à compter du 12 
septembre suivant. 

Le précité a ainsi été mis sous surveillance, faisant l'objet d'observations policières, 
alors même que le téléphone portable dérobé à B______ était activement écouté. Il 
résulte de conversations alors entretenues le 17 septembre 2011 par A______ avec 
sa maîtresse, C______, que celui-ci, observant des femmes inconnues dans la rue 
les avaient qualifiées de "paire de chiennes", "petites chiennes" ou de "Blackberry" 
à qui il voulait "faire l'amour". A______ était par ailleurs régulièrement en contact 
avec E______, sa compagne et mère de ses enfants, tous deux étant en situation 
irrégulière à Genève, étant précisé que la précitée avait déjà déposé plainte par le 
passé, soit le 24 janvier 2010, à l'encontre de l'intéressé à la suite de violences 
d'ordre conjugal. La procédure avait alors été classée et une interdiction d'entrée 
avait été notifiée à A______. 

La police, confortée par l'analyse ADN de prélèvements relatifs à A______, dont il 
est résulté qu'il y avait correspondance avec le profil Y retrouvé tant sur les 
vêtements de B______ que sur celle-ci, a procédé à l'interpellation de l'intéressé le 
19 septembre 2011. 

f. i) Selon le rapport d'arrestation, A______ avait sur lui le téléphone portable 
soustrait à B______.  

ii) A______ a fait part, dans un premier temps, de ce qu'il n'avait pas compris pour 
quels faits il était arrêté, ayant pensé que c'était à cause d'une appropriation de 
bicyclette dans la rue. Devant l'insistance de l'inspecteur qui lui demandait s'il 
savait pourquoi il était amené dans les locaux de la police, il avait ensuite pensé que 
"c'était peut-être pour l'agression qu['il] avai[t] commise". Peu après son arrivée à 
l'Hôtel de police et avant même le début de sa première audition et la notification 
des charges, il a spontanément dit à l'inspecteur : "J'ai suivi et j'ai tapé-tapé-tapé 

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une femme … Cela ne me ressemble pas … J'avais bu et fumé avec des amis … Je 
ne sais pas pourquoi j'ai fait ça, je ne sais pas si je l'ai violée ou pas. Si quelqu'un 

fait ça à ma sœur … Je le tue".  

Après avoir pris connaissance des faits qui lui étaient reprochés par la lecture du 
mandat d'amener, A______ a d'emblée reconnu être l'auteur de l'agression de 
B______. Il ne pouvait cependant pas donner d'explication quant à ces faits. Il 
n'avait jamais agi de la sorte et ne savait que dire de plus. Le jour de l'agression, il 
était sorti vers 14h00 et s'était rendu avec C______, enceinte de ses œuvres depuis 
plusieurs mois, à la fête de l'amitié paraguayenne, qui se tenait dans un parc près de 
la piscine de Carouge. Il y avait passé tout l'après-midi et le début de la soirée, 
mangeant et buvant de la bière qu'il avait parfois mélangée avec de la vodka. Il 
pensait avoir bu de 15h00 à 20h00. Dans la soirée, il avait également fumé de la 
marijuana à quatre reprises. Les joints avaient circulé entre les personnes présentes 
à la fête. Vers 20h00, sa compagne, E______, avait commencé à lui téléphoner, 
l'appelant à plusieurs reprises sans qu'il ne lui répondît dans un premier temps. Il 
avait quitté la fête entre 20h00 et 20h30, ayant prévu de se rendre à l'arrêt de tram 
de la place des Augustins pour rejoindre la rue de Lausanne, c'est-à-dire l'endroit où 
vivait E______. Il avait emprunté le pont de la Fontenette, où il avait remarqué une 
jeune fille, qui s'était fait "draguer" par des hommes passant dans une voiture ainsi 
que par de jeunes piétons. Cette jeune fille était vêtue de manière provocante; elle 
portait une minijupe et un petit débardeur court, qui laissait voir son ventre dénudé 
entre le haut de la jupe et le bas du débardeur. Elle avait en outre un décolleté 
également provoquant. Elle était mince et attrayante. Après le giratoire au bout du 
pont, il avait devancé la jeune fille, en empruntant le trottoir de gauche de la rue de 
l'Aubépine, alors que celle-ci marchait sur le trottoir de droite. Il avait temporisé 
son déplacement et vu la jeune fille s'engager dans un petit chemin sombre, 
perpendiculaire à la rue de l'Aubépine. Revenant sur ses pas, il avait ensuite 
emboîté le pas de l'intéressée, sans savoir pourquoi. Il pensait que c'était l'effet de la 
drogue et de l'alcool. Il avait commencé à accélérer le pas après le premier quart du 
chemin piétonnier. A un moment donné, il avait saisi la jeune fille autour du cou 
avec son bras gauche et apposé sa main droite sur le haut de la hanche de 
l'intéressée pour la saisir, pour qu'elle n'eût pas peur et qu'elle ne criât pas. Il lui 
avait dit : "tu t'arrêtes s'il vous plaît". Il ne l'avait pas menacée. Il l'avait ensuite 
entraînée dans les buissons et, alors que la jeune fille lui disait qu'elle allait tout lui 
donner, il lui avait dit qu'il n'était pas un voleur. Il l'avait agressée de l'arrière pour 
ne pas qu'elle pût voir son visage. Au moment où il avait relâché sa prise, la jeune 
fille s'était mise à crier et à se défendre. Elle s'était retournée et se tenait face à lui, 
ce qui l'avait rendu nerveux. C'était alors qu'il avait perdu la tête et qu'il l'avait 
frappée à plusieurs reprises, les poings fermés, sur le corps; il ne savait toutefois 
pas s'il l'avait frappée à la tête. Il faisait alors très sombre. Il avait ressaisi la jeune 
fille par le cou, la retournant dos à lui et poursuivant son geste d'étranglement plus 
fort qu'auparavant, puis l'avait palpée au niveau des seins par-dessus les vêtements 
et avait tenté de lui toucher les parties intimes. La victime avait ensuite perdu 
connaissance. Il n'était pas sûr d'avoir été excité sexuellement. Il avait été nerveux 

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de faire quelque chose de mal, avait ressenti de l'énervement et, en même temps, de 
la peur que quelqu'un le vît. Après cela, il était dans un tel état qu'il ne se souvenait 
plus de rien. Son prochain souvenir remontait au moment où il était arrivé à l'arrêt 
de tram "Blanche". A cet endroit, il s'était demandé pourquoi il avait fait ce mal. Il 
ne savait plus quelle heure il était et voulait juste se rendre chez E______, en 
prenant le tram. 

A______ a dit qu'il avait raconté tout ce dont il se souvenait. Lorsque la question 
d'un problème de mémoire lui a été posée par le policier qui l'interrogeait, il y a 
répondu par l'affirmative, expliquant qu'il avait, par exemple, de la peine à 
mémoriser des numéros de téléphone, des adresses. Par ailleurs, il ne se souvenait 
pas comment il était entré en possession du téléphone portable dérobé à la victime, 
qu'il avait éteint et dont il avait retiré la carte SIM. Il avait retrouvé ce téléphone 
dans la poche de son pantalon en jeans larges qu'il portait ce soir-là. A la vue de 
photographies de la victime et après être resté quelques instants silencieux, il s'est 
exclamé : "Oh, merde… C'est moi qui ai fait ça ? … Je suis le pire animal de la 
terre". Informé de l'âge de la victime, il a encore ajouté qu'il s'agissait d'une enfant. 
Il regrettait tout ce qu'il avait fait mais ne pouvait pas changer ce qui avait été 
commis. 

A______ a indiqué qu'à cette époque, il consommait régulièrement cinq ou six 
bières par jour. Il ne consommait pas de drogue. Sa sexualité était excellente et il 
avait des relations intimes régulières tant avec E______ qu'avec C______, chez qui 
il vivait à l'époque des faits, à P______ en France. Il ne s'était pas montré violent 
avec E______, avec qui il lui était arrivé d'avoir des "discussions normales". 

iii) Les policiers entendus au Ministère public ont été frappés par le fait que 
A______ a été capable de donner des détails particulièrement précis, notamment 
lorsqu'il a vu la victime, à quel moment il s'est mis à la suivre, sur quel trottoir, lui-
même, respectivement la victime, ont cheminé, sur le fait qu'il a temporisé et 
rebroussé chemin sur quelques mètres lorsqu'il a vu B______ s'engager dans 
chemin piétonnier et, s'agissant de l'agression proprement dite, sur l'endroit où il a 
placé son bras sur la victime et ce qu'il a fait de son autre main, placée à hauteur de 
hanche de la victime, et cela, jusqu'au moment où la victime a perdu connaissance. 
Toutefois, à partir de ce moment-là, A______ a prétendu ne plus se souvenir de 
rien. Il avait un trou de mémoire inexpliqué, jusqu'au moment où il s'était retrouvé à 
attendre le tram, ce qui n'a pas paru crédible aux policiers. 

Tout au long de son audition, A______ a donné des réponses qualifiées de "assez 
spontanées" par les policiers. Il n'a pas refusé de répondre à une question, mais a dit 
sur certains points qu'il ne se souvenait pas.  

Enquête 

g. Sur la base des divers témoignages enregistrés que des mesures techniques de 
surveillance ordonnées sur les téléphones et raccordements de A______, B______ 
et E______, la police a été en mesure d'établir une chronologie précise des 
événements ayant rythmé la soirée du 30 juillet 2011 : 

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- 19h19 à 20h46 : nombreux SMS et tentatives d'appels, respectivement un appel 
reçus par A______ de la part d'E______, qui lui a notamment demandé de lui 
restituer une valise ou de lui fournir un code d'accès à Internet, alors que 
l'intéressé se trouvait au boulodrome où s'était déroulée la fête de l'amitié; 

- 21h11-17 : moment à partir duquel A______ a quitté le boulodrome; 

- 21h21 : départ de son domicile par B______; 

- 21h25 : enregistrement par une caméra de surveillance au passage des Tireurs-de-
Sable du passage de B______; 

- 21h31 : début estimé de l'agression (en se fondant sur la base d'une vitesse de 
marche d'environ 5 km/h, alors que la distance entre le pont de la Fontenette et la 
scène de crime est de quelque 400 m); 

- 21h49 : réception d'un SMS par A______ sur l'un des téléphones portables saisis 
en sa possession et configuré avec une sonnerie à trois tons, lequel a activé une 
borne à la rue Gabrielle-Perret-Gentil 4, soit à proximité immédiate du lieu de 
l'agression; 

- 22h01 : envoi d'un SMS par H______ sur le raccordement de son amie, qui n'y a 
pas répondu, alors que le téléphone de la victime a activé une borne au boulevard 
de la Cluse 35, soit à proximité du lieu de l'agression; 

- 22h05 : prise en charge de B______ par l'ambulance au boulevard de la Cluse; 

- 22h30 : réception d'un SMS par A______, la borne alors activée par son téléphone 
étant celle de la rue du Mt-Blanc 18; 

- 22h41 : réception d'un SMS par A______ provenant de C______, le téléphone de 
l'intéressé ayant activé une borne à la rue de Lausanne 34; 

- 22h49 à 22h54 : SMS reçus par A______ de la part d'E______ et échange 
téléphonique entre la précitée et l'intéressé, permettant de le localiser dans le 
quartier des Pâquis; 

- 23h27 : réception d'un SMS par A______ provenant de C______, le téléphone de 
l'intéressé ayant activé une borne à la rue de Lausanne 68, avec un azimut 
compatible avec sa présence au domicile d'E______ sis Q______. 

La téléphonie a également permis de déterminer que A______ s'est déplacé le 31 
juillet 2011, en soirée, en direction de P______. 

h. C______ et plusieurs personnes ayant participé à la fête de l'amitié, ont été 
entendues par la police, la précitée et R______ ayant notamment comparu au 
Ministère public. 

h.a. i) le 19 septembre 2011, à la police, C______ a expliqué, avoir fait la 
connaissance de A______ à la fin juin de l'année précédente. Après s'être 
fréquentés durant une semaine, tous deux étaient devenus intimes. L'intéressé lui 
avait fait part de ce que la mère de son enfant travaillait en France, alors qu'il ne la 
voyait plus. Un mois plus tard, ils avaient cohabité durant une vingtaine de jours, 

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avant que A______ ne parte passer des vacances avec sa compagne légitime. A son 
retour, ils avaient continué à se voir, sans cohabiter, jusqu'en juin 2011, époque à 
partir de laquelle ils avaient commencé à vivre ensemble à P______ et elle-même 
était tombée enceinte.  

C______ a expliqué que le 30 juillet 2011, alors qu'il faisait déjà nuit, E______ 
avait appelé A______ pour lui dire que son fils était malade, selon ce que lui avait 
rapporté le précité. Elle s'était énervée mais A______ avait néanmoins quitté la fête 
en partant par le chemin qui longe l'Arve, en direction de la place des Augustins 
selon ce qu'on lui avait rapporté. Précédemment, A______ avait bu quelques bières 
au cours de la fête, mais pas beaucoup car il était prévu de rentrer par la suite en 
voiture à P______. La dernière fois qu'elle avait vu A______, celui-ci n'était pas 
saoul. C______ a précisé n'avoir jamais vu le précité ivre – sa consommation 
d'alcool étant faible – ou consommer de la drogue. 

Elle l'avait revu le lendemain à l'hôpital. Il paraissait tout à fait normal, n'avait pas 
l'air paniqué ni sous l'emprise de l'alcool. La semaine qui avait suivi, A______ 
s'était occupé de travaux de jardin et de la maison. Ils avaient vécu calmement. 
Toutefois, au début du mois de septembre, sous l'impulsion d'E______, A______ 
avait rejoint celle-ci. Il était très jaloux et ne s'était jamais montré violent avec elle. 

ii) Devant le Ministère public, C______ a confirmé ses propos, sous réserve de ce 
que A______ buvait beaucoup lorsqu'il était avec des amis. Il buvait toujours de la 
bière, en grandes quantités, au point d'être quelques fois ivre. Elle l'avait déjà vu 
dans cet état, à six ou sept reprises. L'intéressé avait une autre attitude lorsqu'il 
buvait de l'alcool; il devenait violent, plus jaloux, mais elle ne l'avait jamais, 
cependant, vu frapper quelqu'un. Le 30 juillet 2011 au soir, il n'était toutefois pas 
ivre lorsqu'il avait quitté le boulodrome. 

C______ a précisé qu'elle n'avait pas vu qu'il y aurait eu d'autres boissons que des 
sodas et de la bière à la fête de l'amitié. Personne, à la fête, n'avait consommé de 
stupéfiants. A______ l'avait quittée abruptement, alors que la nuit tombait, en 
emportant les clés de son logement de P______. Elle était donc restée dormir chez 
R______, l'organisatrice des festivités. Auparavant, sur le chemin du retour, une 
connaissance était tombée de vélo et avait dû être emmenée à l'hôpital. Elle avait 
alors adressé un SMS à A______ pour lui demander de lui restituer ses clés. En 
définitive, tous deux s'étaient retrouvés à Rive, et non à l'hôpital, le lendemain en 
début d'après-midi, puis A______ l'avait reconduite à P______, où il était resté 
jusqu'au soir. Lorsqu'elle lui avait demandé ce qu'il avait fait après l'avoir quittée, la 
veille, il lui avait répondu qu'il était allé aux toilettes et qu'il avait ensuite discuté 
avec des amis. Il avait ensuite changé de sujet de conversation et ne lui avait plus 
rien dit, si ce n'était de lui confirmer être allé chez E______. 

Malgré leur séparation, ils s'étaient encore assez souvent revus durant le mois de 
septembre. 

A aucun moment du mois et demi qui s'était écoulé depuis le 30 juillet 2011, 
A______ n'avait évoqué ou fait allusion à une difficulté qu'il aurait rencontrée le 

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samedi soir en question, après avoir quitté le boulodrome. Il lui avait au demeurant 
toujours paru normal durant cette période. 

h.b. i) R______, entendue le 28 octobre 2011 à la police, a indiqué qu'au cours de 
la fête de l'amitié, son concubin S______ et A______ avaient bu des bières, soit 
quelques "canettes", en préparant le feu. Ceux-ci avaient aussi participé à des joutes 
sportives. Ensuite était venu le temps des grillades. R______ n'avait pas vu circuler 
de drogue à la fête. Au demeurant, il n'y avait pas d'autre alcool que de la bière. 
Plus tard, elle avait remarqué que A______ avait commencé à se disputer avec 
C______, qui s'inquiétait beaucoup et ne voulait pas le voir partir. La précitée lui 
avait dit, par la suite, que A______ avait reçu des SMS et un appel de sa femme qui 
voulait qu'il rentrât. Son fils voulait aussi le voir. Entre 21h00 et 21h30, alors que le 
jour avait commencé à tomber, C______ lui avait dit que son compagnon avait 
disparu. Celle-ci avait tenté de l'appeler à plusieurs reprises, mais sans succès, étant 
attristée par le fait que A______ avait emporté ses clés, raison pour laquelle 
R______ lui avait proposé de passer la nuit à son domicile. 

ii) Devant le Ministère public, R______ a confirmé les déclarations qu'elle avait 
faites à la police. Elle a précisé que A______ ne lui avait pas semblé avoir de la 
difficulté à courir, jouer, s'entretenir avec les autres. Elle ne l'avait jamais vu 
consommer de la drogue, étant précisé qu'elle avait rencontré l'intéressé à quatre 
reprises et C______, ne lui avait pas non plus dit que ce fût le cas. La précitée avait 
eu l'occasion de lui faire part, une fois, que son compagnon buvait de la bière et 
changeait alors de comportement, qu'il se sentait très nerveux et en colère. Elle 
n'avait toutefois jamais constaté un tel état chez A______. Le 30 juillet 2011, en 
particulier, elle n'avait pas constaté jusqu'à 20h30 que l'intéressé aurait été ivre ou 
aurait eu un comportement bizarre.  

h.c. L'ami de R______, S______, entendu le 30 novembre 2011 par la police, a 
confirmé qu'au boulodrome, la fête de l'amitié s'était bien déroulée. Il avait eu 
l'occasion de discuter un peu avec A______, qu'il ne connaissait pas très bien, et de 
partager des bières avec lui, le précité ayant bu trois à quatre "canettes" selon son 
souvenir. A la fête, il n'y avait pas d'autres boissons alcoolisées. Deux ou trois 
personnes avaient fumé des "joints", ce qui n'avait pas été le cas – du moins devant 
lui – de A______. Le précité avait l'air de passer un bon moment. Il rigolait et ne 
donnait pas l'impression d'être contrarié ou stressé. Jusqu'au départ de l'intéressé, 
S______ a indiqué n'avoir pas constaté que celui-ci fût ivre ou malade à cause de 
l'alcool. A______ s'était énervé une ou deux fois dans la soirée, mais sinon il avait 
été relativement calme et de bonne humeur, avec un comportement normal. Il avait 
passé pas mal de temps au téléphone. Il était parti, alors que le soleil était déjà 
couché, sans rien dire, en particulier à C______, emportant la clé du logement de la 
précitée. S______ a dit avoir appris par la suite de C______ que A______ s'était 
énervé car celle-ci avait discuté avec un ami paraguayen. Il émettait l'hypothèse que 
A______ s'était montré jaloux, raison pour laquelle il avait quitté le boulodrome, 
n'appréciant pas la situation. 

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h.d. U______, entendue le 4 décembre 2011 par la police, a expliqué avoir vu à 
trois reprises A______ en compagnie de C______, notamment au boulodrome le 30 
juillet 2011. Elle-même y était arrivée aux alentours de 18h00. Elle avait salué les 
précités à son arrivée à la fête de l'amitié. A______, qui était en train de boire une 
bière, lui avait paru tout à fait normal. Il avait l'air de s'amuser et ne semblait pas du 
tout en état d'ébriété. A la fête, il y avait de la bière et des boissons non-alcoolisées. 
Elle n'avait pas constaté que A______ eût consommé des stupéfiants. 

i. L'analyse des bandes de vidéosurveillance fournies par les TPG n'a pas permis de 
retracer le cheminement de A______ au moyen des transports publics, s'agissant de 
plusieurs rames de tram de différentes lignes transitant à proximité du lieu de 
l'agression durant la tranche horaire allant de 21h25 à 22h15. 

j. Une mèche de cheveux, en vue d'une analyse médico-légale de traces de 
stupéfiants, a été prélevée sur A______ le 28 novembre 2011. Les analyses 
toxicologiques ont démontré une absence de consommation par l'intéressé de 
cocaïne, de méthadone, d'amphétamines, d'héroïne et de cannabis durant les 6 à 7 
mois précédent le prélèvement, sans qu'une consommation ponctuelle d'une ou 
plusieurs de ces substances pût être exclue durant cette même période. 

Déclarations au Ministère public et confrontation avec B______ 

k.a. A______, lors de sa mise en prévention, a déclaré que ce n'était pas lui qui 
avait commis l'agression à l'encontre de B______ "mais l'alcool et la drogue qu['il] 
avai[t] consommés qui [la lui avaient] fait la commettre". Il contestait avoir suivi la 
précitée. Ce soir-là, il avait quitté la fête de l'amitié après avoir reçu un appel de sa 
compagne, qui voulait qu'il passe chez elle à la rue Q______ car elle avait besoin 
d'une valise. Soudain, avant d'emboîter le pas de B______, "quelque chose de 
mauvais" lui avait traversé l'esprit et il ne se rappelait plus vraiment ce qu'il avait 
ensuite fait. Il reconnaissait néanmoins avoir saisi la jeune fille par la gorge, de 
l'arrière avec son bras gauche, mais sans savoir pourquoi. Avec sa main droite, il 
l'avait agrippée en bas du dos, au-dessus de la hanche du côté droit, et avait mis 
l'ongle de son pouce, qu'il avait long, contre celui-ci. Il lui avait demandé de ne pas 
crier et de rester calme. B______ lui avait alors dit qu'elle lui donnerait tout ce qu'il 
voudrait mais qu'il ne fallait rien lui faire, ce à quoi il lui avait répondu qu'il n'était 
pas un voleur. Elle avait crié et il avait serré le coude autour du cou de l'intéressée. 
Elle s'était ensuite évanouie, debout, et était tombée sur lui. Il l'avait alors lâchée et 
laissée tomber dans les feuilles, à l'intérieur des buissons. Avant de perdre 
connaissance, B______ avait essayé de se débattre, se retournant partiellement, et 
de le griffer, tout comme de lui donner des coups de pieds, ce qui l'avait énervé. Il 
lui avait donné des coups de poings, alors même qu'ils étaient tous deux debout. Il 
n'arrivait pas à se rappeler ce qui s'était ensuite passé. Il avait perdu le contrôle. Il 
n'avait aucune idée du temps qu'avait duré l'agression. La seule chose dont il se 
souvenait était l'instant où il était monté dans le tram à l'arrêt Blanche. Il s'était 
alors demandé ce qui s'était passé car il avait senti que ses mains lui faisaient mal. 

A______ a affirmé ne pas avoir été excité par la vue de B______, quand bien même 
il l'avait trouvée "très attractive et sexy". Il était sûr de ne pas s'être dévêtu durant 

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l'agression. Il pensait qu'il avait touché les seins de la victime et reconnaissait avoir 
tenté de lui caresser ses parties intimes. Il portait alors un pantalon jeans muni d'une 
ceinture et n'avait pas le souvenir d'avoir ouvert celle-ci à un moment donné. 

Il ne parvenait pas à dire pour quels motifs il s'en était pris à B______, sans doute 
pour lui faire mal, mais ce n'était en tout cas pas pour la tuer.  

Il reconnaissait avoir pris l'IPhone de la victime, "mais inconsciemment", car il s'en 
était aperçu de retour chez lui, au moment de prendre sa douche. L'appareil se 
trouvait alors éteint dans la poche latérale droite de son pantalon. A______ a dit 
s'être retrouvé confus à ce moment-là d'avoir ce téléphone avec lui. Le lendemain, il 
avait commencé à se rappeler des choses qu'il avait faites et prendre conscience 
qu'il avait agressé quelqu'un. 

k.b. i) B______, entendue en confrontation les 21 et 27 juin 2012, a confirmé ses 
précédentes déclarations.  

Elle a précisé ne pas avoir entendu l'agresseur arriver. Alors que ce dernier l'avait 
saisie par le cou, en l'enveloppant de son bras par-derrière, elle avait tout d'abord 
pensé être la victime d'un "racket". L'agresseur avait d'ailleurs gardé cette position 
jusqu'à ce qu'il l'emmenât dans les buissons. Croyant qu'il tenait une arme de son 
autre main, B______ a dit avoir marché sans résister du chemin piétonnier aux 
buissons, qui se trouvaient à un ou deux mètres de l'endroit où elle se tenait. 
L'agresseur l'avait poussée contre un grillage installé par-dessus un muret et l'avait 
menacée en lui disant : "tais-toi sinon je te tue". Elle n'avait jusque-là pas été 
encore en mesure d'apercevoir le visage de l'intéressé, qui se tenait toujours 
derrière-elle, avec celui-ci juste derrière sa tête. L'agresseur parlait doucement et 
calmement. B______, assez sensible aux odeurs, a répété qu'elle n'en avait pas 
senties, que ce fût notamment d'alcool, de drogue ou de fumée. L'agresseur avait 
soulevé doucement sa jupe, lui caressant la cuisse et remontant sa main jusqu'à sa 
fesse, tout en la maintenant toujours par le cou au moyen de l'autre bras. C'était à ce 
moment-là qu'elle avait commencé à se débattre et à crier. Dès lors, l'agresseur lui 
avait serré plus fort son cou et l'avait fait chuter au sol sur le dos. Il lui avait répété : 
"tais-toi sinon je te tue" et s'était mis à califourchon sur elle, enchaînant nombre de 
coups de poings sur son visage, surtout au niveau des yeux. Avant ces coups de 
poings, elle n'avait pas eu le temps de discerner le visage de l'agresseur. Elle avait 
tenté de le repousser, au niveau du torse, de ses deux bras. L'agresseur l'avait aussi 
étranglée en alternance avec les coups de poings, lui saisissant le cou des deux 
mains et les serrant autour de celui-ci au point qu'elle n'arrivait plus à respirer. 
Ensuite, elle était "tombée dans les pommes". Malgré un "trou noir", elle avait senti 
une pression qui l'empêchait de respirer. C'était comme si elle rêvait; entendant un 
ultra-son dans sa tête, elle s'était dit : "B______, il faut que tu te réveilles, parce 
que tu n'as pas dit au-revoir aux gens". Elle pensait qu'elle était en train de mourir. 
Au moment de se réveiller, elle suffoquait et n'avait plus de salive dans la bouche. 
Elle arrivait à peine à parler et n'avait plus de force. Le temps de son 
évanouissement lui avait semblé très long. Son string étant déplacé sur le côté, elle 
avait constaté que ses parties intimes se trouvaient dénudées. Elle ressentait quelque 

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chose d'inhabituel au niveau de ses parties intimes, comme un dérangement, sans 
savoir si elle avait été violée. Le cliquetis métallique qu'elle avait entendu en 
provenance de l'agresseur était celui fait par une ceinture qu'on ouvre ou qu'on 
ferme. Elle ne se souvenait par ailleurs pas que l'agresseur aurait remonté son 
pantalon. Elle avait également perçu, en se réveillant, le bruit d'une sonnerie d'un 
téléphone correspondant à la réception d'un message SMS, semblable à celle qu'il y 
avait sur son IPhone. Elle avait demandé de l'eau à son agresseur, qui se tenait alors 
en face d'elle, accroupi, car elle pensait que cela l'aiderait à respirer. Elle voyait flou 
et arrivait très peu à ouvrir les yeux. L'agresseur avait commencé à devenir nerveux 
et fouillé dans les feuilles et dans son sac. Avant cela, il était toujours resté calme, 
même pendant la bourrade de coups de poings. Il avait l'air de savoir depuis le 
début ce qu'il faisait. C'était au moment où elle lui avait demandé de l'eau qu'il était 
devenu nerveux ou inquiet, lui ayant répondu qu'il n'en trouvait pas. Quand 
l'agresseur était parti, elle avait pensé qu'il allait revenir, tant pour lui apporter de 
l'eau que pour l'agresser sexuellement. Elle n'avait pas réfléchi et s'était levée, 
prenant son sac, puis avait couru, prenant la direction opposée à celle de son 
agresseur – dont elle avait aperçu une fraction de seconde la silhouette à une 
dizaine de mètres, étant précisé que soit l'intéressé ne lui avait adressé la parole, 
soit elle n'avait rien entendu – dans le chemin Barthélémy-Menn. 

Elle se disait qu'elle ne voulait pas être triste car elle avait de la chance d'être en vie 
et parce qu'il aurait suffi que l'agresseur serrât un tout petit peu plus son cou pour 
qu'elle mourût. A l'hôpital, elle avait dû suivre une trithérapie pendant près d'un 
mois, ce qui avait altéré son sens du goût alors que l'odeur de la cigarette la faisait 
vomir. Elle n'avait plus jamais emprunté le chemin piétonnier où elle avait été 
agressée. Durant les mois qui avaient suivi l'agression, elle n'était plus sortie de 
chez elle toute seule. Elle se faisait toujours accompagner. Elle n'avait pas eu envie 
de reprendre l'école car elle avait encore des séquelles au visage et ne voulait pas 
qu'on lui posât de questions. Quand elle s'était senti mieux, son père lui avait acheté 
un vélo pour lui éviter de faire les trajets à pied. Elle était devenue beaucoup plus 
méfiante et à l'affût de tout quand elle sortait. Juste après les faits, elle avait dormi 
deux nuits avec son père puis, ensuite, avec son frère jusqu'à la rentrée scolaire, 
alors même qu'elle disposait d'une chambre séparée. Sa mère particulièrement et 
tout son entourage avaient été très choqués par ce qui lui était arrivé. Elle avait fait 
l'objet d'un suivi par une psychiatre aux HUG, avec une fréquence hebdomadaire 
dans les premiers temps puis une fois par mois. 

ii) A______, reconnaissant l'agression, a ajouté avoir demandé à la victime de ne 
pas crier sinon il allait la frapper. Au moment où la victime s'était mise à crier, il 
avait serré plus fort le cou de celle-ci, qui avait commencé à se débattre, cherchant 
à le frapper et le griffer. Il l'avait alors poussée et tous deux étaient tombés. Comme 
elle continuait à crier, ce qui l'avait rendu nerveux de peur que quelqu'un les 
entende ou que la police intervienne, il avait commencé à lui donner des coups, 
d'abord à plusieurs reprises avec la main ouverte puis avec le poing fermé, tout en 
lui saisissant le cou. Il pensait avoir donné à la victime quatre ou cinq coups de 
poings. Il avait refermé ses deux mains sur le cou de la victime, lequel était mince, 

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étant précisé qu'il pouvait en faire le tour complet avec ses deux mains. Ensuite, la 
victime s'était évanouie. Il avait eu peur en la voyant sans connaissance, ayant 
même pensé qu'elle pût être morte. Il avait "vu ce résultat qu['il] ne voulai[t] pas 
faire et qu['il] n'aurai[t] jamais cru être capable de faire". Lorsque la victime s'était 
réveillée, il ne savait pas quoi faire. Il se sentait très nerveux. Par peur ou 
inquiétude, il s'était mis à pleurer. Il n'avait pas vu le visage de la victime car il 
faisait alors nuit. La victime avait réclamé de l'eau parce qu'elle avait de la peine à 
respirer et toussait; il avait fouillé son sac, sans succès, puis était parti en chercher à 
proximité. Il avait pris à droite au bout du chemin et frappé à la porte d'une villa 
pour demander de l'eau. Personne ne lui avait répondu et il était revenu sur ses pas à 
ces fins. Il avait alors vu B______ déboucher sur la rue, sens dessus-dessous avec 
ses habits, avec des feuilles dans les cheveux. Elle avait heurté une poubelle à 
l'angle de la rue. Il lui avait dit n'avoir pas trouvé d'eau, alors qu'elle lui avait crié 
ne pas avoir besoin d'aide. Il avait constaté qu'elle avait "de la douleur, due au 
coups". Il n'avait rien pu faire d'autre et avait quitté les lieux, en empruntant le 
chemin piétonnier en sens inverse. Il avait pris un tram à l'arrêt "Blanche" jusqu'à la 
gare, puis un autre tram pour rejoindre le domicile de sa compagne. E______, en lui 
ouvrant, lui avait dit qu'il était ivre. 

A______ a dit se souvenir – parce qu'il s'était remémoré les événements et avait eu 
le temps de réfléchir, une fois passé le choc des premières auditions – avoir touché 
la jambe de la victime mais pas d'avoir remonté sa main jusqu'à la fesse de celle-ci. 
Il ne se rappelait pas non plus s'il lui avait touché le string. Ce n'était pas impossible 
mais, le cas échéant, c'était par-dessus la jupe de la victime. Il ne se souvenait ni 
avoir touché les parties intimes de celle-ci, ni qu'elle lui eût dit que, s'il lui donnait 
de l'eau, elle ferait tout ce qu'il voudrait, ni qu'il lui eût répondu : "Ah oui, tu feras 
tout ce que je veux ?". 

k.c. A______, lors de son audition finale du 15 mai 2013, a répété avoir commis les 
faits reprochés "seul, juste accompagné de l'alcool et de la drogue". B______ avait 
attiré son regard par le fait qu'elle était habillée légèrement, de façon provocante, et 
parce qu'il l'avait trouvée jolie. Après l'avoir atrrapée, il lui avait appuyé le pouce 
de sa main droite, ayant un ongle long, dans le bas du dos pour lui faire peur. Il était 
conscient que celle-ci pouvait penser que c'était une arme ou un couteau pointée sur 
elle. Il l'avait également menacée, lui ayant dit quelque chose comme : "tais-toi, ne 
crie pas, sinon, je vais te taper, je vais te tuer". Il n'avait pas suivi B______ pour la 
voler. Il reconnaissait lui avoir touché la fesse au moment où il avait remonté sa 
main sous la jupe de l'intéressée. Il ne savait pas pourquoi il avait donné à la 
victime toute une série de coups de poings. C'était peut-être parce qu'elle s'était 
défendue et que lui-même avait bu et fumé. Il se pouvait qu'il eût étranglé B______ 
avec les deux mains, mais il l'avait surtout fait avec une main. Il avait remarqué que 
celle-ci s'était évanouie car elle avait cessé complètement de se défendre. Elle 
respirait mais n'avait plus de tension dans son corps; elle était relâchée et ne 
bougeait plus. Il se rendait compte a posteriori qu'avec le traitement qu'il avait fait 
subir à la victime, celle-ci aurait pu mourir, quand bien même il n'en avait jamais eu 
l'intention. Il n'avait au demeurant pas été conscient sur le moment d'un tel risque 

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de mort. A son avis, il devait s'être écoulé trois ou quatre minutes entre le moment 
où il avait saisi B______ par derrière et le moment où elle s'était évanouie. Il l'avait 
ensuite "tripotée", c'est-à-dire l'avait touchée à hauteur de sa poitrine, sous ses 
vêtements, sur le devant des cuisses et au niveau de ses parties intimes dans son 
entrejambe. Il ne se souvenait plus s'il avait enfilé deux ou trois doigts dans le vagin 
de la victime, mais avait bien pénétré celui-ci avec les doigts, sans se rendre compte 
du fait que l'hymen de la victime était jusque-là intact, respectivement sans se 
rendre compte que celle-ci avait saigné. Il a dit qu'il n'avait pas été physiquement 
excité à ce moment-là – autrement dit qu'il n'était pas en érection – mais l'avait sans 
doute été mentalement. Il était sûr de ne pas avoir baissé son pantalon. Par ailleurs, 
son téléphone était sur vibreur, mais la mélodie à trois tons était bien la sonnerie de 
réception de SMS sur son téléphone. Cela dit, il ne se rappelait pas lui-même avoir 
entendu cette sonnerie. Il avait bien pris "consciemment" le téléphone portable de la 
victime et l'avait éteint après qu'il y ait eu un premier appel entrant, alors qu'il se 
trouvait encore à proximité de celle-ci. 

Après avoir pris le tram, il s'était rendu directement chez E______, mais ne savait 
pas à quelle heure il était arrivé chez elle. 

A______ a encore fait part de ses regrets et souhaité que la victime pût lui 
pardonner. 

k.d. E______ a expliqué avoir été blessée d'apprendre à fin juillet 2011 que la 
maîtresse de son concubin était enceinte des œuvres de l'intéressé. Durant toute la 
journée du samedi 30 juillet 2011, elle avait cherché en vain à joindre A______ 
pour se voir et en discuter. Il avait fini par répondre entre 19h00 et 20h00. Il avait 
l'air en bonne forme et lui avait dit qu'il avait bu deux bières lors d'une fête avec ses 
amis. Elle lui avait demandé de passer la voir sous un prétexte, ne voulant parler 
directement au téléphone. A 21h00, comme il n'arrivait toujours pas, elle avait tenté 
de le joindre, sans succès. Elle avait encore essayé à 21h30, en vain. Elle ne se 
souvenait plus de l'heure qu'il était lorsque A______ était finalement arrivé. Elle 
n'avait rien constaté de spécial sur lui. Il était "très calme", "bourré" et "sentait 
l'alcool", ce qui l'avait étonné parce que d'habitude, lorsqu'il buvait de l'alcool, il 
était agressif et jaloux. Ils avaient beaucoup parlé de C______ et A______ lui avait 
demandé de lui pardonner. Il l'avait également aidée à configurer un ordinateur et 
tous deux s'étaient couchés très tard dans la nuit. Le lendemain au parc Butini, 
A______ avait l'air absent, regardait en l'air et ne lui répondait pas. L'après-midi, il 
était certainement allé retrouver C______ à l'hôpital. 

k.e. V______, père de B______, a été entendu en cours d'enquête. Il a fait part de 
changements dans la personnalité de sa fille qu'il avait pu constater après les faits 
du 30 juillet 2011. Sa fille, qui était auparavant indépendante, ne pouvait plus sortir 
seule. Elle se faisait toujours accompagner par des amis ou par ses parents. La 
journée, elle se sentait plus rassurée depuis qu'elle disposait d'un vélo et ne se 
déplaçait, en règle générale, plus à pied, sinon pour aller à l'école. Après 
l'agression, B______ avait dormi avec lui-même, sa mère et son frère étant alors 
absents. Ensuite, son fils cadet avait dormi dans la chambre de B______, à la 

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demande de celle-ci, durant quelques nuits. Par la suite, une fois seule dans sa 
chambre, B______ ne dormait qu'avec la porte ouverte, ce qu'elle ne faisait jamais 
auparavant. Sa fille s'était sentie mieux depuis l'arrestation de son agresseur. Elle 
avait par ailleurs eu de la peine à retourner à l'école car elle craignait le regard des 
autres et le fait de devoir raconter ce qui lui était arrivé.  

k.f. H______, meilleure amie de B______, a indiqué que celle-ci elle était une 
jeune fille très ouverte et sociale, avec le contact facile, volontiers prête à aider les 
autres. C'était une fille forte, portant ses soucis familiaux, sans se plaindre ni les 
répercuter sur les autres. B______ avait un petit ami avec qui elle n'entretenait pas 
de relation intime, selon ce que l'intéressée lui avait confié. 

Le 30 juillet 2011 au soir, il avait été prévu d'aller danser avec un groupe de 
copines. H______ a dit avoir été surprise de ne plus avoir de réponses de son amie 
après 21h00. Elle avait essayé de joindre celle-ci à plusieurs reprises, mais sans 
succès, ses appels étant déviés sur une boîte vocale. 

Elle avait pu revoir B______ le dimanche après-midi 31 juillet 2011, laquelle les 
avait reçues, avec leur groupe de copines, chez elle. Elle avait trouvée B______ 
défigurée, la partie gauche du visage toute enflée, si bien qu'on ne la reconnaissait 
pas. L'intéressée n'arrivait pas à manger. Emotionnellement, elle ne montrait pas 
trop ce qu'elle ressentait. Elle leur avait raconté ce qu'elle avait vécu, soit ce dont 
elle se rappelait. Par la suite, B______ ne lui avait pas paru différente; elle était 
restée comme si rien ne s'était produit, ce qui avait surpris ses copines et H______. 
Cependant, c'était un reflet du caractère de B______, qui leur disait que ce qui 
comptait c'était le fait qu'elle soit vivante parce qu'elle avait vraiment cru qu'elle 
allait mourir. 

k.g. La Dresse W______, médecin responsable de l'UIMPV entendue par-devant le 
Ministère public, a indiqué avoir suivi B______ du 3 août 2011 jusqu'au 9 août 
2012. L'agression sexuelle avait été quelque chose d'indicible pour B______, qui 
savait de par son examen gynécologique qu'elle avait été la nature de celle-ci mais 
ne pouvait pas en parler. Elle disait à réitérées reprises qu'elle ne se souvenait de 
rien sur ce point et que, "de toute façon ce n'était pas [elle]", dans le sens où elle ne 
le concevait pas. B______ n'avait par ailleurs pas récupéré la mémoire des faits par 
la suite, étant précisé que, si cette absence était d'origine physiologique, notamment 
à cause de la strangulation subie, elle ne pourrait pas récupérer sa mémoire et si 
l'absence était d'origine psychologique, comme dans le cas d'une dissociation – un 
processus inconscient –, il n'était pas exclu qu'il puisse y avoir à plus ou moins long 
terme récupération de la mémoire des faits considérés, mais ce n'était pas du tout 
certain. Les personnes ayant vécu un tel traumatisme avaient le sentiment de vivre 
avec une "bombe à retardement" dans la tête, les faits pouvant, le cas échéant, 
resurgir des mois ou des années plus tard. 

B______ avait relaté en lien avec l'étranglement qu'elle s'était mordu la langue et 
avait ensuite eu une voix rauque. Elle avait décrit un moment où elle "partait 
complètement, flottait" et elle avait le souvenir de s'être dit à elle-même que c'était 
bête de "partir ainsi", sans même avoir pu dire au revoir aux siens.  

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Pour la victime, la virginité était quelque chose de très important. Elle était restée 
sur sa position de dire "ce n'était pas moi", "je ne sais pas ce qui s'est passé, et c'est 
mieux comme ça !". Il s'agissait, en fait, d'une position très protectrice pour 
l'intéressée, qu'il fallait respecter, correspondant à une réalité psychique qu'elle 
exprimait, car ce n'était pas elle qui avait voulu cela. B______, qui avait beaucoup 
de ressources internes, lui avait dit notamment "de toute façon dans ma tête, je suis 
encore vierge". 

B______ avait conservé des cicatrices sur ses jambes à la suite de l'agression, 
jusqu'à et y compris la fin de son suivi auprès de l'UIMPV. Cela la gênait car elle 
devait mettre de la crème pour dissimuler ses cicatrices, au-delà de ce que ces 
dernières étaient un rappel régulier des événements survenus. 

Les symptômes observés chez B______ étaient identifiables à ceux d'un état post-
traumatique.  

Par ailleurs, B______ se posait beaucoup de questions concernant sa santé sexuelle, 
la question étant devenue très difficile pour elle. A la fin de son suivi, sa patiente 
n'avait toujours pas entretenu de relation sexuelle. 

D'une manière générale, les faits du 30 juillet 2011 avaient eu des conséquences 
importantes dans la vie de la victime marquée par les audiences, les examens et les 
thérapies. 

Faits du mercredi 4 mai 2011 

Déclarations d'E______ 

l.a. E______, lors de son audition à la police du 19 septembre 2011, a expliqué 
avoir eu une grosse dispute avec A______, son concubin, en janvier 2009, laquelle 
avait donné lieu à l'intervention de la police ainsi qu'au dépôt d'une plainte de sa 
part.  

Le couple avait toujours eu des problèmes. Depuis le début de leur relation, son 
concubin l'avait toujours battue. Elle avait plusieurs cicatrices sur le corps, attestant 
ses dires, dont une cicatrice sur le front que A______ lui avait fait au début de leur 
relation. Il l'avait alors projetée au sol et sa tête avait heurté le pied d'un lit. La 
quasi-totalité des marques sur son corps était due à leurs disputes. A______ avait 
pour habitude de la projeter au sol et de lui donner des coups de pieds. Parfois, il la 
giflait.  

Le matin du 4 mai 2011, A______ avait surpris l'une de ses conversations sur 
Facebook avec un ami argentin, qui lui témoignait de l'affection. Il s'était énervé et 
avait commencé à la gifler. Les coups portés l'avaient projetée au sol. Alors qu'elle 
était à terre, il lui avait donné des coups de pieds. Elle s'était défendue tant bien que 
mal, en donnant, elle aussi, des coups de pieds. Il avait toutefois réussi à lui saisir 
les jambes et, finalement, la maîtriser en s'asseyant sur elle. A ce moment-là, il lui 
avait saisi le cou de ses mains et l'avait étranglée jusqu'à ce qu'elle perdît 
connaissance. Elle avait le souvenir, avant de tomber inconsciente, d'avoir été 
traitée de "pute" et de "chienne". A son réveil, elle ne se rappelait pas ce qui s'était 

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passé. Elle avait eu de fortes douleurs au niveau du cou et n'arrivait plus à boire et à 
manger. Elle n'arrivait même pas à avaler sa salive, tellement elle avait mal. Elle 
s'était décidée à aller à la police avec son fils, qui lui avait toutefois demandé de ne 
pas dénoncer son père. Elle y avait en définitive renoncé, prenant en compte sa 
situation irrégulière, et s'était installée chez sa mère. Celle-ci l'avait accompagnée 
chez le médecin, dont elle avait obtenu un certificat. Sa mère était très en colère 
contre son concubin. C'était la première fois que A______ allait aussi loin à son 
encontre et elle avait eu peur de mourir.  

Après un peu plus d'un mois, elle s'était installée dans un appartement que sa mère 
lui avait trouvé à la rue de Lausanne. A______ l'avait retrouvée et la suivait 
constamment. Dès qu'il s'apercevait qu'elle était seule, il venait l'importuner. Il ne 
faisait que de la surveiller et contrôler ses faits et gestes. Constatant qu'elle était 
seule, il venait de plus en plus souvent et lui "mettait la pression" pour qu'elle 
revînt. A un moment donné, tous deux s'étaient remis en ménage. Elle avait appris 
que A______ avait vécu au mois de juillet 2011 avec C______ qu'elle connaissait 
car celle-ci avait gardé son fils de temps à autre. La précitée lui avait par ailleurs 
appris qu'elle était enceinte de son compagnon, ce qu'elle n'avait pas cru dans un 
premier temps. A______ était un "homme à femmes". Il n'était pas fidèle et l'avait 
trompée au moins quatre fois. 

l.b. Par-devant le Ministère public, E______ a confirmé les circonstances de 
l'altercation du 4 mai 2011. 

Elle a précisé que le début de la dispute ne consistait pas en la découverte par son 
concubin, ce jour-là, d'un message sur Facebook – en réalité, découvert quelques 
jours plus tôt, ce qui l'avait rendu très jaloux – mais en ce qu'elle était "toute bien 
habillée pour sortir", ce qui avait pu lui laisser penser qu'elle allait rencontrer un 
autre homme.  

Tous deux s'étaient battus physiquement, mais lui avec plus de force qu'elle-même. 
Elle lui avait donné des coups de pieds et il s'était cogné la tête et le dos sur l'angle 
d'une table, ce qui l'avait rendu plus agressif encore que d'habitude. Il l'avait alors 
étranglée, lui saisissant le cou avec une, voire ses deux mains, et avait serré celui-ci 
fort. Elle avait perdu connaissance. Lorsqu'il l'avait étranglée, elle s'était défendue 
en le griffant au cou mais il avait serré plus fort. A______ n'aimait pas qu'on lui 
résiste. En se réveillant, elle était couchée sur le canapé et l'intéressé, inquiet, la 
caressait en lui disant, en pleurs, "réveille-toi mon amour…ça va, c'est tout bon 
?…pardonne-moi, je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça". Après l'altercation, elle avait 
eu très peur et s'était senti si mal qu'elle ne se souvenait pas de son propre prénom. 
Elle avait pris immédiatement après son agression des photos avec son IPhone des 
traces laissées sur son corps. Elle s'était rendue au poste de Plainpalais et avait 
appelé sa mère. Elle ne se sentait pas bien et pensait ne pas avoir évoqué à la police 
le fait d'avoir été étranglée. Sa plainte n'avait pas été enregistrée car on lui avait dit 
qu'elle risquait ensuite d'être renvoyée puisqu'elle demeurait sans statut en Suisse. 
On lui avait demandé de revenir, le cas échéant, avec un certificat médical. Elle 
s'était ensuite rendue à l'hôpital car elle ne se sentait toujours pas bien. Comme il y 

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avait trop d'attente, elle avait finalement décidé de se rendre le lendemain chez un 
médecin qu'elle connaissait, le Dr F______, à qui elle avait raconté ce qui s'était 
passé mais "sans aller dans les détails". Elle ne lui avait pas dit, en particulier, 
avoir perdu connaissance mais lui avait demandé d'examiner son cou. Le Dr 
F______ lui avait prescrit des médicaments et avait établi un certificat médical. 
Munie de ce certificat, elle était dès lors retournée avec sa mère au poste de 
Plainpalais. Etant donné qu'un risque d'expulsion existait et qu'elle ne voulait pas 
que son enfant pût se rendre compte de ce qu'elle aurait agi contre son père, elle 
n'avait en définitive pas déposé plainte. Les douleurs au cou et la peine à avaler 
salive et nourriture avaient perduré le jour suivant son étranglement. Elle ne savait 
pas si A______ avait eu l'intention de la tuer. C'était la première fois qu'il l'agressait 
de la sorte au point qu'elle fût inconsciente. Il lui avait fait très mal. Elle avait pensé 
sur le moment que, peut-être, elle allait mourir, ce dont elle avait fait part à sa mère, 
mais pas en utilisant les mots "il voulait me tuer, maman". 

Au début du mois de septembre 2011, son compagnon et elle-même s'étaient remis 
ensemble, occultant ce qui s'était passé au mois de mai précédent, car le sentiment 
amoureux était toujours là et leur fils souffrait beaucoup de leur séparation.  

A l'audience devant le Ministère public le 15 mai 2013, E______ a encore confirmé 
qu'à la suite de sa dernière visite à la prison à A______, elle avait pardonné à 
l'intéressé "l'épisode du 4 mai 2011 [qui] appart[enait] au passé", voulant refaire sa 
vie, et cela même si elle n'avait pas eu d'explications de la part de l'intéressé. 

Constatations médicales et enquête 

m.a. Le Dr F______ a dressé une attestation médicale le matin du 5 mai 2011 
concernant E______, qui présentait alors "des éraflures sur le cou d'env. 5 cm, sur 
les 2 bras et dans le dos (région lombaire), ainsi que sur le front (côté gauche)". 

m.b. Entendu par-devant le Ministère public, le Dr F______ a confirmé son 
attestation. Les lésions qu'il avait constatées étaient "fraîches" et E______ était 
"stressée, anxieuse". Le médecin ne se souvenait pas que la précitée lui eût fait part 
d'un épisode de violence, respectivement d'un étranglement subi de la part de son 
concubin, sans quoi il s'en serait rappelé. Elle ne lui avait pas donné, d'une manière 
générale, de précisions concernant les motifs de sa venue et c'était la seule fois que 
l'intéressée l'avait consulté. 

n. Selon rapport de police du 5 mars 2012 consacré à l'exploitation de divers 
téléphones portables saisis dans le cadre de la procédure, plusieurs photographies 
ont été extraites de celui utilisé par E______. Une dizaine d'entre elles représentent 
la précitée en pied ou son visage ou des parties de son corps avec des rougeurs et 
ont été enregistrées le 4 mai 2011. 

o. L'analyse rétroactive des données téléphoniques liées à l'un des téléphones 
portables de A______ a permis de déterminer que, le jour en question, l'intéressé 
devait être encore à l'appartement qu'il occupait à Plainpalais avec E______ jusqu'à 
08h40. Les communications intervenues ultérieurement et les antennes activées ont 
permis de mettre en évidence son déplacement dans le secteur de Champel dès 

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08h50, suivi d'une localisation régulière dans ledit secteur jusqu'à 16h48 et un 
retour à Plainpalais de 18h02 jusqu'à 21h10, ce jour-là. 

p.a. Une main-courante électronique a été enregistrée par le gendarme X______ du 
poste de Plainpalais, le 4 mai 2011 à 19h56, sous la rubrique "conflit". 

Elle fait mention de ce qu'à cette date, à 10h00, E______ s'est "présentée au poste 
afin de signaler que son petit ami, qui ne vit pas avec, l'aurait frappée ce matin. 

Plainte enregistrée ce soir", étant précisé qu'aucune inscription complémentaire n'y 
a été ajoutée et qu'aucune plainte n'a en fait été déposée. 

p.b. Le gendarme X______, entendu au Ministère public le 19 mars 2012, se 
souvenait de la venue au poste un matin d'E______, qui était alors accompagnée de 
sa mère, en vue d'un dépôt de plainte contre son petit ami qui avait eu le jour-même 
ou la veille un comportement violent à son encontre et dont elle avait peur. 
L'intéressé, surchargé, leur avait dit de revenir le soir. Toutefois, le soir en question, 
la mère avait téléphoné pour dire que, finalement, sa fille ne souhaitait pas déposer 
plainte.  

Le gendarme X______ a indiqué ne pas se rappeler du type de violences dont 
E______ s'était plaint. Selon son souvenir, il n'y avait pas de "traces" mais la 
précitée était choquée. Il ne se souvenait pas, en particulier, lui avoir demandé 
d'aller faire un constat médical, mais c'était dans l'ordre des choses. Il était par 
ailleurs possible, au vu du statut d'E______, qu'il ait attiré l'attention de celle-ci sur 
un risque d'expulsion. 

Le gendarme X______ a confirmé le contenu de son inscription dans la main-
courante. Par la suite, il n'avait plus eu de nouvelles de cette affaire. 

q. i) Y______, mère d'E______, a été entendue à la police le 28 septembre 2011. 
Elle a fait part du climat de violences conjugales dans lequel sa fille avait vécu, 
celle-ci s'étant confiée à elle lors de son arrivée à Genève en 2005. Au début du 
mois de mai 2011, elle avait informé A______ de ce que sa fille allait le quitter, 
suite à la violente agression dont elle avait été victime, et vivre dorénavant à ses 
côtés. Sa fille avait eu des écorchures sur les bras, le cou, les reins et la joue. Elle 
avait aussi des hématomes visibles au niveau du cou et eu de la peine à déglutir 
quasiment durant une semaine, ainsi qu'une voix rauque; elle avait été très mal et 
choquée. E______ lui avait expliqué que son concubin avait essayé de l'étrangler 
avec les mains, alors qu'elle était au sol et qu'elle avait perdu connaissance. Sa fille 
lui avait dit textuellement "il voulait me tuer maman". Y______ a précisé qu'elle 
n'avait même pas posé la question à sa fille des raisons de cette violence car "c'était 
devenu tellement habituel qu['elle] en a[vait] déduit qu'il devait s'agir de futilités". 
Le soir-même, toutes deux avaient été au poste de Plainpalais et sa fille était allé 
discuter seule avec un gendarme, qui l'avait mise en garde des poursuites qui 
pourraient être entreprises à son encontre au vu de son statut illégal si elle déposait 
plainte. E______ avait eu peur et n'avait finalement plus voulu agir. Le lendemain, 
elles s'étaient rendues chez le Dr F______, qui avait établi un certificat médical. Par 
la suite, A______ avait appelé à plusieurs reprises sa fille au téléphone notamment 

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pour l'insulter, selon ce que celle-ci lui avait rapporté, car elle refusait de revenir 
vers lui. Elle avait aussi lu un SMS injurieux que sa fille lui avait montré. Le 3 
septembre 2011, E______ revivait avec son compagnon. C'était contre sa volonté et 
elle avait fait part à sa fille de ce qu'elle devait se débrouiller pour trouver un 
logement autre que