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**Case Identifier:** a41f8398-66d6-54c7-9d8f-ca1e13291e97
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-02-08
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 08.02.2022 A/3280/2021
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-3280-2021_2022-02-08.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/3280/2021-DIV ATA/133/2022  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 8 février 2022 

 

    dans la cause  

 

Monsieur A______ 
  

contre 

COMMISSAIRE DE POLICE 
 

- 2/6 - 

A/3280/2021 

EN FAIT 

1)  Monsieur A______, né le ______1975, est de nationalité F______aise. Il est 
domicilié à B______/Allemagne. 

2)  Selon le rapport d'arrestation du 17 juillet 2021, la police avait dû intervenir 
la veille en début d'après-midi, en lien avec une éventuelle manifestation, aux 
abords de l'Hôtel C______ (ci-après : l'hôtel), sis à hauteur du chemin D______ à 
Genève, où séjournait alors Monsieur E______, chef d'État du F______.  

  Vers 15h00, la police avait dû faire appel à des renforts dans la mesure où 
M. A______, de concert avec dix autres personnes, tentait de pénétrer dans cet 
établissement. Trois d'entre elles avaient réussi à le faire et la police avait dû user 
de la force pour mettre fin à l'action de ces onze personnes.  

  Une plainte pénale avait été déposée le jour même par le directeur de l'hôtel 
agissant pour le compte de Hôtel C______. 

  M. A______, prévenu de violation de domicile (art. 186 du Code pénal 
suisse du 21 décembre 1937 [CP - RS 311.0]), avait partiellement reconnu les 
faits devant la police. Il était venu dans le but de discuter avec les autorités 
camerounaises. Il connaissait six des dix autres personnes interpellées, pour avoir 
manifesté avec elles à Paris. 

   Selon le rapport de renseignements du 17 juillet 2021 également, la 
manifestation avait pour but de dénoncer les prétendues différentes fraudes du 
gouvernement camerounais et de destituer M. E______. La tenue de cette 
manifestation avait fait l'objet d'un préavis négatif des autorités genevoises. 

3)  Le 16 juillet 2021 à 23h40, le commissaire de police a notifié à M. 
A______, sur la base de l'art. 53 de la loi sur la police du 9 septembre 2014 
(LPol - F 1 05), une décision, déclarée exécutoire nonobstant recours, 
d'interdiction de pénétrer dans les secteurs de l'hôtel et de la Mission permanente 
de la République du F______ auprès de l'ONU à Genève, pour une durée de trois 
mois, consécutivement aux faits précités. 

  Une violation de cette interdiction était passible de la peine prévue par 
l'art. 292 CP.  

4)  Par acte mis à la poste le 27 juillet 2021, M. A______ a fait opposition 
auprès du Ministère public de la République et canton de Genève (ci-après : MP) 
contre l'ordonnance pénale lui ayant été notifiée le 17 juillet précédent en raison 
de ces faits, qu'il contestait, de même que leur qualification et la peine prononcée 
« y compris l'interdiction de pénétrer dans une zone déterminée ». 

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5)  Le 23 septembre 2021, le MP a transmis copie de cette opposition à la 
chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre 
administrative) comme objet de sa compétence, dans la mesure où M. A______ y 
contestait la décision du commissaire de police.  

6)  M. A______ ne s'est pas manifesté auprès de la chambre administrative, si 
ce n'est par le versement de l'avance de frais requise, de CHF 500.-. 

7)  Le 9 décembre 2021, le commissaire de police a conclu au rejet du recours. 

  Il se référait à l'état de faits des rapports de police précités, faits qui 
justifiaient la décision contestée. 

  Il relevait que la mesure contestée était échue depuis le 16 octobre 2021.  

8)  Par courrier du 13 décembre 2021, M. A______ s'est vu impartir un délai au 
13 janvier 2022 pour formuler toute requête complémentaire et/ou exercer son 
droit à la réplique. 

  Il ne s'est pas manifesté dans ce délai. 

9)  Les parties ont été informées, le 18 janvier 2022, que la cause était gardée à 
juger.  

 

EN DROIT 

1)  Le recours a été interjeté en temps utile et transmis par le MP à la chambre 
administrative pour compétence (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 
26 septembre 2010 - LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure 
administrative du 12 septembre 1985 - LPA - E 5 10 ; art. 60 LPol). 

2) a.  Selon l’art. 65 LPA, l’acte de recours contient sous peine d’irrecevabilité, la 
désignation de la décision attaquée et les conclusions du recourant (al. 1). En 
outre, il doit contenir l’exposé des motifs ainsi que l’indication des moyens de 
preuve. Les pièces dont dispose le recourant doivent être jointes. À défaut, un bref 
délai pour satisfaire à ces exigences est fixé au recourant, sous peine 
d’irrecevabilité (al. 2).  

 b.  Compte tenu du caractère peu formaliste de cette disposition, il convient de 
ne pas se montrer trop strict sur la manière dont sont formulées les conclusions du 
recourant. Le fait que ces dernières ne ressortent pas expressément de l’acte de 
recours n’est pas en soi un motif d’irrecevabilité, pourvu que le tribunal et la 
partie adverse puissent comprendre avec certitude les fins du recourant 
(ATA/595/2020 du 16 juin 2020 consid. 2b). Une requête en annulation d’une 
décision doit par exemple être déclarée recevable dans la mesure où le recourant a 

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de manière suffisante manifesté son désaccord avec la décision ainsi que sa 
volonté qu’elle ne développe pas d’effets juridiques (ATA/398/2020 du 23 avril 
2020 consid. 2b).  

 c.  En l'espèce, on comprend de la lettre adressée par le recourant au MP le 
19 juillet 2021 qu'il s'oppose à la mesure d'interdiction de pénétrer dans une zone 
déterminée à la suite de son interpellation par la police le 16 juillet 2021. 

3) a. Aux termes de l'art. 60 al. 1 let. b LPA, ont qualité pour recourir les 
personnes touchées directement par une décision et qui ont un intérêt digne de 
protection à ce qu'elle soit annulée ou modifiée. Le recourant doit avoir un intérêt 
actuel à l'admission du recours (ATF 138 II 162 consid. 2.1.2). 

  Il est renoncé à l’exigence d’un intérêt actuel lorsque cette condition de 
recours fait obstacle au contrôle de la légalité d’un acte qui pourrait se reproduire 
en tout temps, dans des circonstances semblables, et qui, en raison de sa brève 
durée ou de ses effets limités dans le temps, échapperait ainsi toujours à la censure 
de l’autorité de recours (ATF 135 I 79 consid. 1 ; 131 II 361 consid. 1.2 ; 128 II 
34 consid. 1b ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_34/2009 du 20 avril 2009 consid. 3 ; 
ATA/418/2012 du 3 juillet 2012 consid. 2d). L’obligation d’entrer en matière sur 
un recours, dans certaines circonstances, nonobstant l’absence d’un intérêt actuel, 
ne saurait avoir pour effet de créer une voie de recours non prévue par le droit 
cantonal (ATF 135 I 79 consid. 1 ; 128 II 34 consid. 1b ; ATA/759/2012 du 
6 novembre 2012). Il faut en particulier un intérêt public – voire privé – justifiant 
que la question litigieuse soit tranchée, en raison de l’importance de celle-ci 
(ATF 135 I 79 consid. 1.1 ; 131 II 361 consid. 1.2 ; 128 II 34 consid. 1b ; 127 I 
164 consid. 1a). 

 b. En l'espèce, la décision d'interdiction de pénétrer dans un périmètre donné 
prononcée pour une durée de trois mois a été entièrement exécutée, de sorte que 
sur ce point, le recours a perdu tout objet. 

  Par ailleurs, il ne ressort pas du dossier d'éléments concrets permettant de 
retenir que le recourant pourrait à l'avenir se retrouver dans une situation 
identique. Il ne le soutient au demeurant pas ni ne l'étaye. 

  Il n'a de plus pas fait usage de son droit à la réplique après avoir eu 
connaissance de la position de l'autorité intimée, qui a pourtant expressément 
relevé la problématique de l'absence de son intérêt agir. 

  En conséquence, faute d'un intérêt actuel au recours, celui-ci est irrecevable. 

4)  Vu l'issue du litige, un émolument de CHF 500.- sera mis à la charge du 
recourant et aucune indemnité de procédure ne sera accordée à l'autorité intimée 
qui procède par son propre service juridique (art. 87 al. 1 et al. 2 LPA). 

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* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

déclare irrecevable le recours interjeté le 27 juillet 2021 par Monsieur A______ contre 
la décision du commissaire de police du 16 juillet 2021 ; 

met un émolument de CHF 500.- à la charge de Monsieur A______ ; 

dit qu'il n'est pas alloué d'indemnité de procédure ; 

dit que les éventuelles voies de recours contre le présent arrêt, les délais et conditions de 
recevabilité qui leur sont applicables, figurent dans la loi fédérale sur le Tribunal fédéral 
du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), dont un extrait est reproduit ci-après. Le mémoire 
de recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou 
par voie électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l'envoi ; 

communique le présent arrêt à Monsieur A______ ainsi qu'au commissaire de police. 

Siégeant : Mme Payot Zen-Ruffinen, présidente, Mme Krauskopf, M. Verniory, 
Mmes Lauber et McGregor, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

le greffier-juriste : 
 
 

F. Scheffre 
 

 la présidente siégeant : 
 
 

F. Payot Zen-Ruffinen 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

Genève, le   la greffière : 

Extraits de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110) 
consultable sur le site: http://www.admin.ch/ch/f/rs/c173_110.html 

Recours en matière de droit public 

(art. 82 et ss LTF) 
Recours constitutionnel subsidiaire 

(art. 113 et ss LTF) 

Art. 82 Principe Art. 113 Principe 

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A/3280/2021 

Le Tribunal fédéral connaît des recours : 
a. contre les décisions rendues dans des causes de droit 
public ; 
… 
Art. 83 Exceptions 
Le recours est irrecevable contre : 
… 
c. les décisions en matière de droit des étrangers qui 

concernent :  
1. l’entrée en Suisse, 
2. une autorisation à laquelle ni le droit fédéral ni le 

droit international ne donnent droit, 
3. l’admission provisoire, 
4. l’expulsion fondée sur l’art. 121, al. 2, de la 

Constitution ou le renvoi, 
5. les dérogations aux conditions d’admission, 
6. la prolongation d’une autorisation frontalière, le 

déplacement de la résidence dans un autre canton, 
le changement d’emploi du titulaire d’une 
autorisation frontalière et la délivrance de 
documents de voyage aux étrangers sans pièces de 
légitimation ; 

d. les décisions en matière d’asile qui ont été rendues :  
1. par le Tribunal administratif fédéral, 
2. par une autorité cantonale précédente et dont 

l’objet porte sur une autorisation à laquelle ni le 
droit fédéral ni le droit international ne donnent 
droit ; 

… 
Art. 89 Qualité pour recourir 
1 A qualité pour former un recours en matière de droit 
public quiconque : 
a. a pris part à la procédure devant l’autorité précédente 

ou a été privé de la possibilité de le faire ; 
b. est particulièrement atteint par la décision ou l’acte 

normatif attaqué, et 
c. a un intérêt digne de protection à son annulation ou à 

sa modification. 
… 
Art. 95 Droit suisse 
Le recours peut être formé pour violation : 
a. du droit fédéral ; 
b. du droit international ; 
c. de droits constitutionnels cantonaux ; 
d. de dispositions cantonales sur le droit de vote des 

citoyens ainsi que sur les élections et votations 
populaires ; 

e. du droit intercantonal. 

Art. 100 Recours contre une décision 
1 Le recours contre une décision doit être déposé devant le 
Tribunal fédéral dans les 30 jours qui suivent la 
notification de l’expédition complète. 
______________________________________________ 

Le Tribunal fédéral connaît des recours 
constitutionnels contre les décisions des autorités 
cantonales de dernière instance qui ne peuvent faire 
l’objet d’aucun recours selon les art. 72 à 89. 
Art. 115 Qualité pour recourir 
A qualité pour former un recours constitutionnel 
quiconque : 
a. a pris part à la procédure devant l’autorité 

précédente ou a été privé de la possibilité de le 
faire et 

b. a un intérêt juridique à l’annulation ou à la 
modification de la décision attaquée. 

Art. 116 Motifs de recours 
Le recours constitutionnel peut être formé pour 
violation des droits constitutionnels. 

Art. 100 Recours contre une décision 
1 Le recours contre une décision doit être déposé 
devant le Tribunal fédéral dans les 30 jours qui 
suivent la notification de l’expédition complète. 
___________________________________________ 

 

Recours ordinaire simultané (art. 119 LTF) 
1 Si une partie forme contre une décision un recours ordinaire et un recours constitutionnel, elle doit déposer les 
deux recours dans un seul mémoire. 
2 Le Tribunal fédéral statue sur les deux recours dans la même procédure. 

3 Il examine les griefs invoqués selon les dispositions applicables au type de recours concerné.