# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 963f0c3a-66e0-53e7-966d-00cca609d8f2
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2025-10-03
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 03.10.2025 P/19759/2024
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-19759-2024_2025-10-03.pdf

## Full Text

Siégeant : Madame Gaëlle VAN HOVE, présidente ; Madame Alessandra CAMBI 
FAVRE-BULLE, Monsieur Vincent FOURNIER, juges ; Madame 
Cristiana MEYLAN, greffière-juriste délibérante. 

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/19759/2024 AARP/388/2025 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 3 octobre 2025 (dispositif) 
complété le 3 novembre 2025 (arrêt motivé) 

 

Entre 

A______, actuellement détenu à l'établissement fermé de la Brenaz, chemin de Favra 10, 

1241 Puplinge, comparant par Me B______, avocat,  

appelant, 

intimé sur appel joint, 

et 

C______, avocat,  

appelant, 

 

 

contre le jugement JTCO/11/2025 rendu le 22 janvier 2025 par le Tribunal correctionnel, 

et 

D______, partie plaignante, comparant par Me E______, avocate,  

intimée, 

appelante sur appel joint, 

et 

F______, domiciliée ______, FRANCE, comparant par Me C______, avocat,  

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, case 

postale 3565, 1211 Genève 3, 

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intimés.

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EN FAIT : 

A. a. En temps utile, A______ appelle du jugement JTCO/11/2025 du 22 janvier 2025, 
par lequel le Tribunal correctionnel (TCO) l'a reconnu coupable de traite d'êtres 
humains par métier (art. 182 al. 1 et 2 du Code pénal [CP]), de lésions corporelles 
simples (art. 123 ch. 1 aCP), de menaces (art. 180 ch. 1 aCP), de viol (art. 190 al. 1 
aCP), de contrainte sexuelle (art. 189 al. 1 aCP) et de violation grave des règles de la 
circulation routière (art. 90 al. 2 de la loi sur la circulation routière [LCR]). Le TCO 
l'a condamné à une peine privative de liberté de huit ans, sous déduction de la détention 
avant jugement, a ordonné son expulsion de Suisse pour une durée de sept ans (art. 66a 
al. 1 let. g et h CP) et l'a condamné à payer à D______ CHF 15'000.-, avec intérêts à 
5% dès le 15 janvier 2023, en réparation du tort et CHF 15'957.45, avec intérêts à 5% 
dès le 15 janvier 2023, en réparation du dommage matériel. 

 A______ entreprend intégralement ce jugement, concluant à son acquittement de 
l'ensemble des infractions, sauf celle à la LCR, et à son indemnisation pour la détention 
subie. 

 b. Le TCO a, par le même jugement, acquitté F______ d'encouragement à la 
prostitution (art. 195 let. b et c aCP) et d'entrées illégales (art. 115 al. 1 let. a LEI), l'a 
reconnue coupable de tentative d'instigation à faux témoignage (art. 24 al. 2 cum 307 
al. 1 CP). Le TCO a arrêté à CHF 12'630.35 l'indemnité de procédure due à 
Me C______, défenseur d'office de F______ (art. 135 du Code de procédure pénale 
[CPP]).  

 En temps utile, Me C______ fait appel de cette décision, concluant à l'octroi d'une 
indemnité de CHF 15'127.45 en lieu et place de celle allouée par le TCO. 

 c. Dans le délai légal, D______ forme un appel joint, concluant à ce que A______ soit 
également reconnu coupable d'encouragement à la prostitution au sens de l'art. 195 
aCP et de tentative de lésions corporelles graves (art. 22 cum 122 CP). 

 d.a. Selon l'acte d'accusation du 4 septembre 2024, il est encore reproché ce qui suit à 
A______, faits commis à Genève et en France, notamment, à G______, H______ et 
I______, entre décembre 2022 et son arrestation, le 8 mars 2023 : 

Il s'est livré à la traite d'un être humain en recrutant D______ à des fins d'exploitation 
sexuelle et ce, en usant du stratagème dit du "lover boy" par lequel des hommes, 
généralement jeunes, simulent à des jeunes femmes une relation d'amour, les plaçant 
ainsi dans une situation de dépendance émotionnelle leur permettant ensuite de les 
manipuler et de les exploiter sexuellement. Ainsi, fin octobre ou début novembre 2022, 
A______ a rencontré D______ et lui a fait, sciemment, faussement croire qu'il était 
amoureux d'elle, qu'il la soutenait et qu'ils formaient un couple, qu'ils avaient des 

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perspectives d'avenir commun, en particulier de mariage et ce, afin d'instaurer une 
dépendance et une soumission à son égard, dans le but de l'amener à l'exploiter 
sexuellement, profitant par ailleurs du fait qu'il savait que D______ était isolée de sa 
famille ainsi que socialement, sans travail et particulièrement vulnérable. Puis, dès 
décembre 2022 ou janvier 2023 et jusqu'au 8 mars 2023, D______ désormais tombée 
amoureuse de lui, il l'a poussée à se prostituer pour son compte, en France et en Suisse, 
en particulier, dans l'appartement de J______ sis à la rue 1______ no. ______, [code 
postal] Genève et ce, dans le but d'exploiter son activité sexuelle et de s'enrichir, 
profitant de l'emprise instaurée, prétendant qu'elle était la femme de sa vie et qu'ils 
allaient se marier, qu'il fallait qu'elle se prostitue, mais peu longtemps, juste pour avoir 
suffisamment d'argent pour partir et se marier.  

En parallèle, progressivement, dès décembre 2022 et jusqu'au 8 mars 2023, afin de 
maintenir son emprise et son contrôle sur D______, A______ a instauré un climat de 
terreur et de violence en vue de la contraindre à se prostituer pour son compte et de lui 
remettre ses gains, étant précisé que la jeune femme, écartelée entre ses sentiments 
pour A______ et la peur, n'était ainsi plus en mesure de se déterminer librement.  

 Ainsi, dès le mois de décembre 2022 et jusqu'au 8 mars 2023, il a commencé à 
violenter physiquement et psychologiquement D______ et ce, à G______ [France], à 
H______ [France], dans la région genevoise et à Genève. En particulier, A______ : 

- l’a régulièrement violentée en lui assénant des coups, avec la main, les poings, les 
pieds ou des objets sur le corps, sur la tête et au visage, en la brûlant avec un 
briquet, en lui tirant les cheveux, en l'étranglant avec son bras, en brûlant ou 
tentant de lui brûler des mèches de cheveux, lui causant, ce faisant, des blessures, 
notamment des hématomes et des brûlures ;  

- l’a insultée et dénigrée régulièrement ; 

- l’a alarmée régulièrement en lui disant, notamment, que de toute façon, il n'irait 
jamais en prison, même s'il la tuait, car il avait trop de gens qui l'aimaient, qu’il 
était un démon et que même si la police débarquait, il dirait qu'elle était folle ; 

- l’a alarmée régulièrement en lui disant que si elle le quittait ou travaillait pour 
quelqu'un d'autre ou ne lui obéissait pas, il allait la tuer ou tuer ou faire du mal à 
des membres de sa famille ;  

- à une reprise, dans une voiture, à H______, à une date indéterminée, entre janvier 
et mars 2023, l’a frappée durant plusieurs heures, en lui écrasant notamment la 
tête sur la voiture, en fermant la fenêtre du véhicule sur sa main, en la brûlant avec 
un briquet chaud, en lui assénant des coups de bombonnes de gaz sur les jambes, 
en lui assénant des coups sur la tête, des coups de poing et de pieds, lui causant 
des blessures, notamment des hématomes et des brûlures ; 

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- dans l'appartement sis à la rue 1______ no. ______, [code postal] Genève, à une 
date indéterminée entre mi-février 2023 et le 8 mars 2023, l’a alarmée en la 
menaçant avec un couteau tranchant et en le plaçant contre son cou ;  

- dans l'appartement sis à la rue 1______ no. ______, [code postal] Genève, à une 
date indéterminée entre mi-février 2023 et le 8 mars 2023, lui a donné un couteau 
en lui disant de se planter ; 

- le 26 février 2023, dans l'appartement sis à la rue 1______ no. ______, [code 
postal] Genève, l’a frappée et, alors qu'elle s'était réfugiée dans la cuisine, il l'a 
alarmée en lui disant de ne pas faire de manière devant J______, sinon il la tuerait 
devant lui, puis, alors qu'elle était sortie dans l'allée, il l'a tirée par les cheveux 
jusqu'à l'ascenseur et, alors qu'elle était en position fœtale, lui a donné un puissant 
coup de pied au visage, lui cassant, ce faisant, une dent avant de lui donner encore 
d'autres coups de pied sur le visage, lui causant un hématome à l'œil droit et une 
blessure à l'arcade sourcilière ;  

- le 27 février 2023, l’a alarmée en lui écrivant "si tu joue wlh jteteint et jte porte 
dans la vago", soit si tu joues, je te tue et te transporte dans la voiture ; 

- entre le 28 février 2023 et le 1er mars 2023, l’a contrainte à revenir à Genève pour 
se prostituer pour lui, alors qu'elle avait fui à G______ et souhaitait arrêter de se 
prostituer et ce, en la menaçant de lui faire du mal, de faire du mal à sa mère et à 
son neveu, ainsi qu'à un prénommé K______, en lui écrivant qu'elle ne pourra rien 
dire à la police car il est trop malin, qu'elle va regretter de l'avoir connu, qu'elle 
est morte, ce qui l'a alarmée et déterminée à retourner à Genève, au domicile de 
J______, le 2 mars 2023 ; 

- le 8 mars 2023, dans l'appartement sis à la rue 1______ no. ______, [code postal] 
Genève, pris de force son téléphone pour vérifier ses échanges avant de la frapper 
à l'arcade sourcilière avec ledit téléphone puis, il l'a enfermée dans la salle de bain 
et lui a donné plusieurs coups de poings, de pieds et de genoux, l'a étranglée avec 
le coude, avant de lâcher prise et de la frapper à nouveau avec ses poings puis, 
alors qu'elle avait dit à F______ et L______ qu'elle allait partir, il l'a à nouveau 
alarmée en lui disant que son neveu allait être défiguré, étant précisé qu'elle a été 
blessée, notamment au front et à la lèvre ; 

- l’a contrainte à plusieurs reprises entre janvier et le 8 mars 2023 à subir contre son 
gré l'acte sexuel complet ou des actes d'ordre sexuel (décrits ci-après), sachant 
qu'elle était hors d'état de lui résister compte tenu de la peur générée par la 
violence systémique instaurée. 

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S'agissant de l'exploitation des activités de prostitution de D______, A______ a en 
particulier, entre décembre 2022 et son arrestation le 8 mars 2023 :  

- géré ses annonces érotiques ainsi que les contacts avec les clients ; 

- géré ses activités de prostitution en lui imposant les clients, les lieux, les horaires, 
les prestations et les tarifs et en la surveillant ou la faisant surveiller, notamment 
par F______, portant ainsi atteinte à sa liberté d'action ;  

- fait déplacer D______ à Genève, fin janvier 2023, dans l'appartement de J______ 
sis à la rue 1______ no. ______, [code postal] Genève, afin qu'elle s'y prostitue 
pour son compte ; 

- l’a contrainte à entretenir de nombreuses relations sexuelles tarifées, parfois 
jusqu'à 10 clients en un jour et ce, jours et nuits, dès qu'un client se présentait, y 
compris lorsqu'elle avait ses menstruations ou était malade ; 

- a confisqué et conservé le produit des prestations sexuelles tarifées effectuées par 
la suscitée afin de financier son train de vie ; 

- l’a menacée, notamment de mort ou de lésions corporelles, elle ou sa famille, si 
elle ne lui obéissait pas, si elle le quittait ou si elle travaillait pour quelqu'un 
d'autre ; 

- fait preuve de violences physiques régulièrement à son encontre afin de la 
maintenir dans un climat de terreur et d'emprise psychologique, alternant par 
ailleurs attitudes violentes et rabaissantes avec des comportements bienveillants 
et prétendument amoureux ; 

- conservé ou surveillé son téléphone, l'empêchant ainsi de contacter sa famille et 
ses proches. 

d.b. Entre fin janvier et début mars 2023, à Genève, dans l'appartement sis à la 
rue 1______ no. ______ à Genève, A______ a suivi D______ dans la salle de bain et 
l'y a enfermée avec lui. Puis, il lui a demandé de se déshabiller avant de la contraindre, 
par la force et par la pression et l'incapacité de résistance découlant des violences 
systémiques imposées depuis plusieurs mois décrites sous chiffre 1.1.5 [de l'acte 
d'accusation], à subir l'acte sexuel complet ainsi que des actes d'ordre sexuel, soit une 
fellation, une sodomie et à lui lécher l'anus et ce, alors qu'elle pleurait et lui disait 
qu'elle avait mal. Durant ces actes, il lui disait notamment de se regarder dans le miroir, 
"ta gueule, attends" ou encore : "je sais que tu aimes bien, je sais que tu aimes mon 
zeub, arrête de pleurer, fait pas genre, dis que tu es ma chienne, tu le sais de toute 

façon". 

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Autour du 6 mars 2023, à Genève, dans la chambre de l'appartement de J______ sis à 
la rue 1______ no. ______, [code postal] Genève, A______ a forcé D______ à se 
déshabiller après avoir fermé la porte. Puis, il l'a contrainte, par la force, notamment 
en lui donnant une baffe et par la pression et l'incapacité de résistance découlant des 
violences systémiques imposées depuis plusieurs mois décrites ci-dessus, à subir l'acte 
sexuel complet ainsi que des actes d'ordre sexuel. Ainsi, alors même qu'elle lui avait 
demandé de la laisser tranquille, qu'elle pleurait et lui disait "stop arrête toi s'il te 
plait", il lui a intimé l'ordre de se taire et de lui prodiguer une fellation. Il l'a également 
pénétrée vaginalement, de force et contre son gré, avec ses doigts et son pénis. Il l'a 
enfin contrainte à subir une pénétration anale avec son pénis, tout en l'immobilisant en 
lui tenant les deux bras avec une main, la mettant ainsi hors d'état de résister.  

Au moment de la pénétration anale, D______ a ressenti une grande douleur, à tel point 
qu'elle est tombée à terre et a vomi par la suite, étant précisé qu'une fissure pério-anale 
rouge a été constatée le 9 mars 2023.  

B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure : 

 Rencontre  

 a. A______ (ci-après également : le prévenu ou l’appelant) et D______ (ci-après 
également : la plaignante ou l’intimée) se sont rencontrés en France par les réseaux 
sociaux à la fin de l’année 2022. À cette époque, elle vivait en foyer à G______ et lui 
en région [de] M______ [France]. Il s’est rapidement installé chez elle. 

 Ils ont notamment consommé ensemble des ballons de protoxyde d’azote (gaz hilarant) 
et du cannabis.  

 b. Très rapidement, selon D______, A______ lui a demandé de « trouver des filles » 
pour les faire « travailler », soit se prostituer. A______ a finalement admis aux débats 
d’appel qu’il avait fait « travailler » une certaine N______, affirmant toutefois que 
c’était à l’instigation et sous le contrôle de D______ (A-4 ; C-100 ; C-139 ; 
PV Chambre pénale d'appel et de révision [CPAR] p. 7). Il ressort de l’analyse du 
téléphone de D______ que N______ a effectivement discuté de prostitution avec elle, 
et qu’une troisième personne, que la police supposait être A______, était impliquée 
dans son activité (C-96 ss ; messages des 19-23 décembre 2022). 

 La plaignante a expliqué que lorsque N______ avait voulu cesser cette activité, 
A______ l’avait contrainte à se rendre chez elle pour récupérer l'argent gagné, en la 
menaçant (A-3 ; C-140). A______ a initialement nié ou refusé de s’exprimer au sujet 
de N______, avant d’admettre, aux débats d’appel, s’être rendu chez elle avec 
D______, où il dit avoir refusé d’exercer des pressions sur l’intéressée et avoir attendu 

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au pied de l’immeuble pendant que la plaignante, agissant seule, allait chercher de 
l’argent auprès de N______ (PV CPAR p. 8).  

 c. Une altercation a opposé D______ et l’appelant aux alentours du 28 décembre 2022, 
au cours de laquelle elle a porté un coup de couteau au dos du prévenu (précisant 
n’avoir occasionné qu’une éraflure) avant de se taillader la joue droite. A______ l’a 
alors amenée à l’hôpital. Une cicatrice a été constatée et décrite par les médecins-
légistes lors de l’examen de la plaignante ; il est fait mention de cicatrices anciennes, 
notamment au dos, lors de l’examen du prévenu mais elles ne sont pas décrites (A-14 ; 
C-98 ; C-220 ss ; C-480/481 ; C-624 ; message sur clé USB C-683 : audioclip-
1672241279000-13143.mp4).  

 d. Au début de l’année 2023, aux alentours du 10 janvier, D______ a été expulsée de 
son foyer. Elle blâme cette décision sur un excès de bruit occasionné par une altercation 
avec A______ (A-4 ; C-98 ; messages du 10 janvier avec O______, clé USB C-106 ; 
PV TCO p. 21). Elle s’est alors rendue avec lui en région frontalière de Genève ; ils 
ont vécu notamment dans des hôtels ou des appartements mis à disposition par des 
tiers à H______ et à I______, avant de venir à Genève fin janvier 2023 (cf. infra). 

 e. D______ s’est régulièrement confiée par messages (via Instagram, principalement) 
à son amie O______. Elle lui a notamment fait part des difficultés de sa relation avec 
A______. Cette discussion entre amies s’est interrompue entre le 29 janvier et le 
1er mars 2023, date à laquelle D______ a informé son amie (laquelle avait manifesté 
de l’inquiétude face à son silence) qu’elle avait récupéré son compte. Elle a échangé 
quelques messages avec O______ le 1er mars 2023, avant d’à nouveau cesser de 
s’entretenir avec elle jusqu’au 8 mars suivant (le matin précédant son dépôt de plainte). 

 Il ressort notamment de ces discussions (plus de 1'000 échanges) les éléments suivants, 
relevés par la police et/ou la défense : 

- D______ explique d’abord que sa relation avec A______ (« le pelo de 
M______ [France] ») n’est pas sérieuse, qu’ils ne veulent pas une « relation 
classique comme tout le monde » (PV CPAR p. 33 ; C-99) ; 

- Début janvier, O______ met son amie en garde contre le fait de « faire des 
ballons » (C-98) ; 

- Le 11 janvier 2023, D______ se plaint que son amie l’a « laissée tomber 
amoureuse comme une kak » (C-98) avant de lui demander, le lendemain, si elle 
peut trouver quelqu’un qui puisse aller tapiner (« Stp trouve moi une fille qui veut 
tapiner »), qu’elle propose d’amener à Genève (C-98/99) ;  

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- O______ s’en inquiète (« toi du coup t'as juste à chercher des gens tu fais rien 
d'autre ? » C-100) et lui demande de ses nouvelles, si elle a trouvé à se reloger, 
notamment ; 

- Fin janvier 2023, D______ explique à O______ qu’elle aime le prévenu (« je te 
mens pas le coran je l'aime, je te mens pas, mais comme stafallah comme je l'aime 

je le déteste wallah », C-103). 

 Exercice de la prostitution 

 f. Selon D______, lorsque N______ avait cessé de travailler pour eux, A______ l’avait 
pressée de se prostituer à son tour (A-4 ; C-213 ; PV TCO p. 21), usant d’un mélange 
de promesses, de séduction et de menaces. Elle a ainsi commencé à le faire et à 
subvenir, par cette activité, aux besoins du couple. A______ en avait pris le contrôle, 
mettant des annonces en ligne, répondant aux clients et la véhiculant aux rendez-vous, 
puis il récupérait à chaque fois l’argent de la prestation, la laissant sans le sou, au point 
qu’elle n’avait pas de quoi s’acheter des protections hygiéniques lorsqu’elle avait ses 
règles (A-5, PV TCO p. 22).  

A______ pour sa part a beaucoup varié à ce sujet. S’il a admis devant les premiers 
juges que la plaignante ne s’était jamais prostituée avant qu’il ne la rencontre (PV TCO 
p. 6), il avait expliqué devant la police et le MP qu’elle lui avait caché cette activité 
(« J'ai réalisé, sans qu'elle ne me le dise et que je ne le sache concrètement, qu'elle se 
prostituait. Nous en avons alors parlé ensemble, je lui ai posé des questions, mais elle 

ne répondait pas. Je suis intelligent, je l'ai compris » A-49) et qu’il n’y était en rien 
mêlé (« Jamais de la vie. Je n'ai jamais été complice, je n'ai jamais aidé D______ 
dans ses démarches, je n'ai jamais touché de l'argent de la prostitution. Sur le dos 

d'une femme ?! Qu'elle honte ! Impossible. C'est ignoble de faire cela » A-50 ; cf. 
également C-16, PV TCO p. 7 : « Elle travaillait toute seule, c'est tout ce que je sais »). 
Il a contesté toute implication dans l’organisation de cette activité et affirmé tout en 
ignorer. 

Aux débats d’appel, A______ est revenu sur ses déclarations et a admis avoir joué un 
rôle qu’il qualifie de protecteur ou de « bon proxénète » dans le cadre de l’activité de 
prostituée de la plaignante, laquelle, toutefois, avait pris l’initiative de répondre à une 
proposition reçue pour N______ en se rendant elle-même au rendez-vous et 
connaissait manifestement le milieu de la prostitution (PV CPAR p. 8 : « D______ est 
revenue de chez le client "trop contente", mais elle m'a dit qu'elle n'avait jamais fait 

ça. Alors qu'en réalité, tout laissait penser croire le contraire car elle m'a tout 

appris »). 

g. Selon ses propres explications, D______ s’est dès lors prostituée sur la base 
d’annonces mises en ligne sur plusieurs sites par A______ sous différents pseudonymes 
(P______, Q______, R______, S______ etc. C-88). Elle a fourni ses prestations en 

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divers lieux en France voisine (« dans des caves, des parkings souterrains, des toilettes 
de centres commerciaux, des forêts, partout en fait » A-7, C-142). A______ gérait 
l’argent ; elle lui remettait le prix de la prestation, sans lui demander de compte. Selon 
elle, A______ disait qu’elle était la femme de sa vie, qu’elle n’allait exercer cette 
activité que brièvement pour avoir plein d’argent, qu’il ne la voyait pas comme une 
fille sale et qu’elle allait bientôt arrêter (A-4/5).  

L’enquête de police a permis d’établir que des annonces ont été mises en ligne pour la 
prostitution de D______ en tout cas dès les 14 et 16 janvier 2023 (C-112, C-123, C-
94). Des photos d’elle en tenue suggestive, destinées à la vente de ses charmes, ont été 
prises (par le prévenu C-100/101) dans la chambre d’hôtel que le couple a brièvement 
occupée (du 16 au 19 janvier 2023, C-102) à I______ après avoir dû quitter le foyer. 
Quelques jours plus-tard, il s’est installé à H______ dans un logement sans chauffage 
mis à disposition par une connaissance de l’appelant et où cette activité s’est poursuivie. 

A______ a admis aux débats d’appel avoir vécu des gains de la plaignante : « nous 
faisions moitié-moitié sur ses gains. C'est comme cela que je subvenais à mes besoins. 

Vous me rappelez qu'elle a expliqué en procédure que je me servais dans son sac à 

mains, ce n'est pas du tout le cas, ce n'est pas du tout dans ma mentalité de donner 

quelque chose et de le reprendre » (PV CPAR p. 16). Il a également admis qu’il gérait 
les conversations avec les clients : « je leur disais ce qu'ils voulaient entendre puisque 
je suis un homme et que je savais comment leur parler. Il fallait leur donner envie de 

venir, il fallait se démarquer. Je leur parlais car je parlais beaucoup mieux » 
(PV CPAR p. 8). 

Arrivée et activité à Genève 

h. Le 25 janvier 2023, sous son pseudonyme de P______, D______ est entrée en 
contact avec J______, qui lui a tout de suite proposé de venir chez lui à Genève pour 
y exercer son activité de prostituée (B-48 ; C-75 ; C-134 ; C-227-228). Elle lui a 
expliqué qu’elle viendrait avec un copain, ce qu’il a accepté. A______ et elle se sont 
donc installés chez le précité à la rue 1______, dans un petit appartement (une 
chambre, une cuisine, une salle de bains). Dès cette date, et jusqu’à l’intervention de 
la police le 8 mars 2023, D______ a exercé la prostitution principalement à Genève. 

Selon J______, D______ avait répondu immédiatement lorsqu’il l’avait contactée, un 
matin tôt, ce qui était inhabituel à cette heure-là. Elle avait insisté pour venir avec un 
homme ; il pensait que c’était par sécurité (B-40, C-134, C-217). J______ n’avait rien 
demandé en échange du logement fourni. Il semble qu’il était excité par le fait 
d’assister (depuis une autre pièce) à des prestations sexuelles ; il a cédé son lit à ses 
hôtes et dormait sur un matelas dans sa cuisine. Il a été qualifié par les différents 
protagonistes de soumis (A-8, C-211) ou de con (C-212) ; mais aussi d’intelligent et 
un peu bizarre (B-122), de « gentil » qui « ne compte pas » comme un homme (C-
615) ; on a aussi dit de la situation chez lui « ça me fait mal pour lui » (B-89). Selon 

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ses propres déclarations il a agi « par faiblesse de caractère [et les a] laissés s’étaler » 
(B-40) et prolonger leur séjour (B-49, C-134). Il a été client pour des prestations 
fournies par D______ et L______. 

S’il a initialement nié avoir connu la nature de la relation entre J______ et la 
plaignante, déclarant même être resté à Genève pour profiter de l’opportunité d’y 
chercher un travail et avoir été « sous l'emprise et la dépendance de l'amour » (C-231), 
A______ a admis devant la Cour avoir continué à fonctionner comme protecteur à 
Genève. Ainsi, l’arrivée à Genève n’a pas fondamentalement modifié les rapports entre 
les parties, la plaignante continuant à se livrer à la prostitution et le prévenu à organiser 
son activité, notamment en contactant les clients et récupérant l’argent des prestations 
fournies. 

i. A une date indéterminée, A______ a cassé le téléphone de D______ en le jetant 
contre le mur de la cuisine de l’appartement, l’empêchant de la sorte de prendre contact 
avec sa famille, les autres téléphones disponibles comportant des photos de profils en 
lien avec la prostitution et ne pouvant donc être utilisés pour de tels contacts, car la 
famille de la plaignante n’était pas informée de son activité (A-17, C-220). 

La police n’a pas retrouvé ni pu analyser complètement les téléphones de tous les 
protagonistes ; certaines données ont été effacées, les extractions effectuées ayant mis 
en évidence que des messages avaient disparu (A-12, B-12, B-126, C-181/182), même 
si l’appelant conteste que cela ait été le cas. Par ailleurs, certains téléphones retrouvés 
dans l’appartement ou sur les protagonistes ont manifestement été utilisés par plusieurs 
personnes, ce qui rend plus difficile l’attribution de son contenu et de son usage à l’un 
ou l’autre. Les analyses ont néanmoins permis de retrouver de nombreuses informations.  

Il ressort ainsi de celle effectuée sur le téléphone [de marque] T______ de A______ 
que cet appareil était utilisé notamment pour des conversations avec les clients de 
D______, sans qu’il ne soit possible de dire si elle menait elle-même ces conversations 
ou si c’était le prévenu qui le faisait (C-107 ; cf. également diverses conversations, sur 
cet appareil, de P______ avec R______, soit entre deux des pseudonymes de D______, 
clé USB C-124). La police a pu extraire les données de localisation de l’appareil, qui 
débutent en octobre 2016 mais ne vont pas au-delà du 6 mars 2023 (C-116 ; clé USB 
en pièce C-124, Smartphone-T_______A1 - A______\Export locations). 

j. Le samedi 10 février 2023, D______ et A______ se sont rendus ensemble dans la 
région de M______ où celui-ci était invité à un mariage. D______ n’y a toutefois pas 
assisté, A______ ayant refusé sa compagnie et l’ayant laissée dans une chambre 
d’hôtel louée pour l’occasion, sans le moindre argent (C-208). Le TCO a classé les 
faits de violence reprochés au prévenu à cette occasion. Les messages échangés entre 
eux (clé USB en pièce C-124, Smartphone-T_______ - A______\U_______ 2.2023-
06-19.18-22-24\report) confirment que D______ était seule et sans le sou, n’ayant pas 
de quoi acheter à boire ou des cigarettes. 

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k. Dans le courant du mois de février 2023, vraisemblablement le 25 (C-94), A______ 
a proposé à F______ et L______, qui se trouvaient en France voisine, de le rejoindre 
à Genève. S’il a d’emblée admis les avoir invitées à vivre avec eux à Genève (A-50 
= B-63), dans le but, selon lui, de rendre la plaignante jalouse, A______ a initialement 
nié que leur venue était en lien avec la prostitution. Il est revenu sur cette version en 
appel et a expliqué avoir été sollicité en ce sens par « V______ », une connaissance 
[de] M______ (PV CPAR p. 9). Il ressort de leurs explications que L______ se 
prostituait, alors que F______ ne le faisait que très occasionnellement. Cette dernière 
a été acquittée, par les premiers juges, de proxénétisme en lien avec l’activité de 
L______. 

D______ et F______ se connaissaient de longue date, ce qui a contribué à convaincre 
la première d’accepter la présence des deux autres, à laquelle elle s’était initialement 
opposée (A-9, B-88, B-120, C-677). 

L______ n’a jamais pu être entendue de façon contradictoire, ayant rapidement quitté 
le canton à la suite de son audition par la police. Il ressort néanmoins de la procédure 
qu’elle s’est livrée à la prostitution à Genève avec l’aide de F______ ; A______ a 
admis en appel lui avoir également servi de « protecteur » (PV CPAR p. 8). Il est 
également arrivé que L______ et D______ reçoivent des clients ensemble, étant 
précisé que la première acceptait de se livrer à la sodomie et à des prestations sans 
préservatif, ce que la seconde refusait. 

À cet égard, la défense fait référence en appel (pièce 20 de son chargé) à une 
conversation de L______ avec un client, dans laquelle elle évoque la sodomie et 
affirme que sa copine (sous-entendu D______) la pratique également. Cette dernière a 
expliqué en procédure qu’il arrivait que A______ proposât parfois à des clients des 
prestations anales, qu’elle ne voulait pas (C-678). Il ressort par ailleurs clairement des 
nombreux messages et annonces figurant au dossier que seule L______ fournissait ce 
service (C-5, C-33, C-110, plusieurs conversations sur la clé USB en pièce C-124,  
C-169), même si elle l’a contesté lors de son audition (B-119).  

Il est ainsi établi que D______ ne pratiquait pas la sodomie. 

l. Peu après l’arrivée des deux femmes dans l’appartement, D______ a quitté Genève 
pour retourner à G______, dans la nuit du 26 au 27 février 2023. Son départ a été 
précédé d’échanges avec le prévenu, qui voulait qu’elle s’en aille, ce qu’elle semblait 
accepter mais seulement si elle recevait son argent, ce qu’il refusait (C-70). Une 
connaissance (K______) est venue la chercher à Genève ; au moment de partir, elle a 
emprunté CHF 100.- à J______ (B-47 ; C-135/136). F______ a informé A______ de 
ce départ ; celui-ci semblait surtout préoccupé de savoir si D______ avait été 
« récupérée » par quelqu’un (C-170). F______ l’a également informé que la plaignante 
avait gardé une clé lui appartenant (clé USB en pièce C- 190, W______/2______ 
[marque/modèle] mini report_F______\W______.2023-06-15.15-18-50). Les 

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échanges qui ont suivi entre le prévenu et la plaignante ont rapidement dégénéré, celui-
ci proférant diverses menaces (notamment celle mentionnée dans l’acte d’accusation : 
« si tu joue wlh jteteint et jte porte dans la vago », C-71) pour la contraindre à revenir 
à Genève, notamment pour lui rendre la clé de l’appartement et/ou de la voiture, mais 
également pour l’empêcher de travailler avec quelqu’un d’autre. Il menaçait de s’en 
prendre à K______, à la mère de la plaignante ou à son neveu, ou encore de dévoiler 
à sa famille son activité de prostitution, au point que le 2 mars 2023, par crainte qu’il 
ne mette ses menaces à exécution, la plaignante est revenue à Genève, le prévenu allant 
la chercher à I______ pour la ramener dans l’appartement de J______ (A-11/12, C-71, 
messages sur la clé USB C-124 : U_______2.2023-06-19.18-15-51\report et 
U_______2.2023-06-19.18-16-29\report, C-212/213, C-213). Les relations entre eux 
à l’appartement ont manifestement été de plus en plus difficiles dès ce retour. A______ 
a remis EUR 300.- à la plaignante qui disait vouloir son argent ; elle a toutefois 
constaté, au moment de son dépôt de plainte, que la moitié de cette somme avait 
disparu de son sac (A-14/17), ce qu’elle évoque d’ailleurs, préalablement à ce dépôt 
de plainte, avec F______ (« Dit lui bien que jsai qu'il m'a niker 150 boule encore dans 
mon sac sur Allah c'est pas grave », C-184).  

m. Le 8 mars 2023, entre 18h58 et 19h37, A______ a discuté avec V______, lequel 
lui demandait d’intervenir en raison d’un conflit entre « les meufs » dans 
l’appartement. Dans son dernier message à l’appelant, V______ lui disait ceci « oh 
c'est des tapins frérot (.. .) t'as vu la seule chose que ça peut avoir cœur quand tu fais 
tapiner des meufs c'est qu'[elles] te niquent tout, [elles] te baisent toi ou [elles] vont 

voir d'autres pelo ... frère ah [elles] sont carrées, elles sont collées à nous, [elles] 

bougeront jamais frérot, mais [elles] s'embrouillent entre eux (...) sinon sur le boulot 

surtout, sur le sérieux, [elles] sont là (...) de toute façon même moi je gère plein de 

trucs, de toute façon c'est tes miss frérot, faut gratter de partout frérot, c'est comme ça 

dans la vie » (C-118). Interrogé sur cet échange aux débats d’appel, A______ a affirmé 
ne plus connaître l’objet de cette discussion, mais que « tes miss » devait se 
comprendre comme « tes missions » et que « Faut gratter partout » signifie qu'il faut 
gagner de l'argent partout, dans le proxénétisme mais également dans d'autres activités 
illégales comme le vol par exemple. 

Intervention policière 

n. Le 8 mars 2023 vers 22h10, l’intervention de la police a été requise à la suite d’un 
appel de D______ qui se plaignait de violences de la part de son proxénète. À l’arrivée 
de la police, la plaignante était dans la rue à hauteur du no. ______ rue 3______, en 
face de l’appartement de J______. Les gendarmes ont constaté peu après leur arrivée 
que A______ se trouvait à la fenêtre et observait leur intervention ; ils lui ont fait signe 
de les rejoindre, en vain, et se sont finalement présentés devant la porte de 
l’appartement, qui n’a été ouverte qu’après plusieurs minutes ; le prévenu a été 
interpellé et arrêté. Sur place se trouvaient également L______, F______, J______ ; 

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les deux premières ont également été acheminées à l’hôtel de police pour y être 
auditionnées. 

o. D______ a été conduite en ambulance à l’hôpital où elle a été prise en charge en 
urgence. Elle y a été examinée dans la nuit par des médecins-légistes, qui ont constaté 
de nombreuses lésions et traces de coups sur son corps. Il ressort de leur rapport  
(C-620 ss) que la plaignante présentait des ecchymoses d'âges différents au niveau du 
cuir chevelu, du visage et des quatre membres, des fractures au niveau des dents 11 et 
22, quatre lésions érythémateuses au niveau du col utérin et une fissure non 
hémorragique de la région périanale. Les ecchymoses constatées étaient la 
conséquence de traumatismes contondants ; elles étaient trop peu spécifiques pour en 
déterminer l'origine exacte. Toutefois, la présence d'ecchymoses d'âge différents sur 
l'ensemble du corps, était compatible avec des violences répétées tel que proposé par 
l'expertisée. Les lésions au niveau du col utérin et de la région anale étaient des lésions 
aspécifiques qui pouvaient avoir une origine traumatique contuse mais qui étaient trop 
peu spécifiques pour pouvoir se prononcer quant à leur origine précise. Elles étaient 
toutefois compatibles avec la notion rapportée par l'expertisée de pénétrations digitale 
et pénienne au niveau vaginal et d'une pénétration pénio-anale, sans que l'on puisse se 
prononcer sur le caractère consenti ou non de tels actes. 

p. D______ a déposé plainte, le lendemain, contre A______, exposant qu’il l’avait 
contrainte à se prostituer au cours des trois mois précédents et qu’il l’avait également 
contrainte à subir des relations sexuelles, vaginales et anales, quelques jours 
auparavant. Elle a notamment exposé avoir finalement fait appel aux services de police 
à la suite de coups reçus du prévenu le jour-même vers 19h, en raison de messages 
qu’il avait lus dans son téléphone à elle ; il avait ensuite quitté les lieux pour se rendre 
à H______ (A-10). Elle avait alors discuté avec F______ et L______, qui l’avaient 
calmée, mais A______ l’avait ensuite rappelée pour lui dire qu’il avait jeté ses affaires 
hors de l’appartement. Elle avait appelé la police car elle s’était retrouvée seule, 
blessée, sous la pluie, et que les menaces proférées par l’intéressé étaient « la fois de 
trop » (A-10). 

A______ l’avait séduite et ensuite poussée à se prostituer. Il l’avait maintenue dans 
cette activité en la menaçant constamment de mort, notamment au moyen d’un 
couteau, ainsi que sa famille. Il la frappait régulièrement. Lorsqu’il s’était rendu 
compte qu’elle allait lui échapper, les coups avaient augmenté en violence et en 
fréquence et il s’en était pris à son visage. Une semaine auparavant [Ndr : juste avant 
son départ pour G______, soit le 25 ou le 26 février], alors qu’elle s’était réfugiée 
auprès de J______ dans la cuisine, il l’avait contrainte à en sortir et l’avait tirée par les 
cheveux jusqu’à l’ascenseur. Elle s’était alors couchée en position fœtale et il lui avait 
porté un immense premier coup de pied avec sa chaussure au visage ; il lui avait ainsi 
cassé une dent, et avait continué. Elle saignait au niveau de l’arcade sourcilière et avait 
un « cocard » sur l’œil droit. Lorsque A______ s’était rendu compte de ses lésions, il 

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lui avait dit « regarde ce que tu m’as obligé à faire, j’ai été obligé d’abîmer ton 
visage » (A-11). 

Au cours de l’audition, la police a contacté par l’intermédiaire de la plaignante le 
nommé « K______ », qui a confirmé, au téléphone, être venu la chercher à Genève 
alors qu’elle présentait des hématomes au visage et une dent cassée (A-11). De la 
même manière, X______, une amie de la plaignante, a été contactée et a confirmé que 
celle-ci, lors de son retour à G______ à la fin février, présentait une trace de basket sur 
le visage et une dent cassée ; elle lui avait confié être contrainte de se prostituer par 
A______ (A-12). Ces deux personnes n’ont jamais été formellement entendues, le MP 
y ayant renoncé (C-609). 

D______ a notamment évoqué au cours de cette audition le fait que A______ l’avait 
mise en présence de connaissances qui avaient évoqué devant elle le meurtre d’une 
escorte, survenu quelques années auparavant et dont le corps avait été brûlé et mis dans 
une valise ; l’auteur, interpellé, risquait 20 ans de prison (A-15). La description de ces 
faits peut correspondre à un homicide survenu en septembre 2019, qui a défrayé la 
chronique en zone frontalière ; des procès se sont tenus en mars 2023 en France et en 
novembre 2023 à Genève. La plaignante n’a plus évoqué ces faits par la suite, avant 
les débats d’appel où elle en a à nouveau fait état, relevant avoir été menacée de subir 
le même sort, ce qui a suscité l’ire du prévenu. 

D______ a remis son téléphone aux policiers ; celui-ci était toutefois dépourvu de carte 
SIM (B-12) et la plaignante a constaté que des données en avaient été supprimées. Il 
lui a été restitué après analyse. 

q. L______ et F______ ont été auditionnées en qualité de personnes appelées à donner 
des renseignements et ont quitté l’hôtel de police aux petites heures, le 9 mars 2023 
(l’audition de F______ [B-75 ss] a pris fin à 04h32, celle de L______ [B-109 ss], à 
03h23). Par la suite, la police a considéré que leurs rôles devaient être qualifiés 
différemment. Une perquisition a été exécutée, avec son accord, au domicile de 
J______ le 9 mars 2023, à partir de 11h55 (B-56) et F______, trouvée sur place, a été 
arrêtée et entendue à nouveau, en qualité de prévenue (B-94 ss). Au cours de ses 
auditions, elle a contesté toutes les mises en cause de D______ et clairement pris le 
parti de A______, position qu’elle a conservée tout au long de la procédure. Elle a été 
arrêtée à l’issue de cette audition et est restée en détention jusqu’aux débats de 
première instance. 

Entre ces deux auditions à la police, F______ a contacté plusieurs personnes, au 
nombre desquelles V______, à qui elle a envoyé le message suivant, entre autres : 
« L______ c'est sur elle sort, wallah L______ regarde miskina comme elle est briefée 
frérot je lui ai dit si un jour il se passe quelque chose avec les schmitts, tant que toi et 

moi on s'est pas concertée et maintenant on va se concerter tout le temps avant je te 

ment pas [suite incompréhensible] » (Ndr : « les schmitts » signifie la police). On 

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comprend de ces échanges qu’elle n’a pas dit la vérité lors de son audition, et qu’elle 
est certaine que la version de L______ correspondra à la sienne car elle l’a « briefée » 
(C-185/186 ; clé USB en pièce C-190\W______/2______ Report). 

F______ a échangé des messages avec une certaine « Nin », notamment ce qui suit 
(message mis en évidence par la défense, C-185) : « J'ai tapé D______ frérot elle a 
appelé la police, j'étais en garde à vue jusqu'à 05h00 du matin frérot, L______ elle est 

en gardeav, A______ il est en gardeav frérot et j'ai pu cacher les téléphones à L______ 

où y'avait tout les clys frérot cette petite pute de D______ elle s'est plaint et elle a 

passé le téléphone qu'elle avait fait... qu'elle avait zerm pour ses clis a elle t'sais et 

frérot quand A______ il envoie des messages tu fais quoi mon bébé vient me sucer le 

zizi t'sais frérot tu sais...toi même tu sais comment ça parle frère bah le coran lui ça 

l'a menotté et moi ça m'a laissé sortir je te mens pas moi je suis dans mon "hak" et j'ai 

mis un peu sur mon dos frère je préfère mettre sur mon dos frère nique sa mère je suis 

une gadji et en gros euh faut je mmh comment dire faut que je re.. zerm c'était les 

schmitt euh spécial pour les prostitués et tout machin t'as compris ça fait normal t'sais 

en plus la police était à côté, à côté frérot je me suis repérée en même pas 1 minute 

sans 4G ». On comprend de la suite de ses échanges avec cette interlocutrice qu’elle a 
protégé A______ lors de sa première déclaration. 

F______ a en outre laissé plusieurs messages à D______, dont le ton oscille entre la 
narguer et la menacer ; elle exprime à des tiers sa volonté de se venger d’elle (« … un 
jour t’es au village tu vois D______ … nique lui sa mère ... elle m’a niqué mon plan 
je vais lui niquer sa mère la pute » [suite incompréhensible] : C-180, C-184). 

r. L______ a été à nouveau entendue, en qualité de prévenue (B-117 ss) et a adopté 
une position semblable, revendiquant même avoir rencontré J______ la première (ce 
qui est contredit par les pièces du dossier, cf. supra B.h et B.k) ou en affirmant que 
A______ n’avait aucun lien avec la prostitution (ce qui est également contraire à la 
procédure et que celui-ci admettra finalement en appel). Comme déjà relevé, elle a 
ensuite quitté la Suisse et n’a plus donné signe de vie ; elle n'a donc pas pu être 
interrogée sur ces contradictions. 

s. J______ a pour sa part été auditionné en qualité de prévenu à la suite de la 
perquisition, le 9 mars 2023 dès 19h45 (B-36 ss). Il a notamment expliqué n’avoir 
jamais constaté de violences avant que D______ ne lui fasse part, peu avant de faire 
appel à la police, de coups reçus de la part de A______. Il a toutefois constaté que ce 
dernier avait tendance à être énervé par la personnalité de D______, qui pouvait avoir 
des hauts et bas émotionnels, et que les frictions entre eux étaient croissantes (C-135). 
Il l’avait recueillie une fois dans la cuisine alors qu’elle avait besoin de réconfort, mais 
il n’avait pas perçu qu’elle était en danger (B-46). Il a confirmé lui avoir donné 
CHF 100.- à une reprise, pour qu'elle ne se retrouve pas « sans argent … à la rue » ; 
elle lui avait expliqué vouloir prendre ses distances et, a posteriori, il s’était rendu 
compte que le fait qu’elle se retrouve dans cette situation était problématique (B-49 ; 

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C-136). Il a décrit la relation entre le prévenu et elle comme étant la même que celle 
entre F______ et L______, précisant à cet égard que « F______ détenait l'argent et ne 
le partageait pas » (C-138). 

t. Comme déjà relevé, lors de son audition A______ a nié toute implication dans la 
prostitution, déclaré ignorer si L______ ou F______ se livraient à cette activité, et 
contesté les accusations de violence proférées par D______. Il a persisté dans ces 
dénégations tout au long de l’instruction et devant les premiers juges. 

Peu avant son interpellation, A______ avait contacté par les réseaux sociaux 
différentes connaissances en leur demandant de se rendre au domicile de la mère de la 
plaignante : « je veux juste que vous restiez, op, histoire d'envoyer des petits snap 
devant chez sa mère, histoire les gens elle me prenne au sérieux » (C-118). 

Il a été examiné par les médecins-légistes, qui ont constaté sur lui des ecchymoses au 
niveau du cou (dues à un suçon, selon A______), de l'avant-bras droit et de la jambe 
gauche, ainsi que des dermabrasions croûteuses au niveau de l'avant-bras gauche 
(lésions de grattage selon l’intéressé) et de la jambe gauche (dont l’une dûe à un choc 
contre le bord de son lit selon l'expertisé). Ces lésions sont trop peu spécifiques pour 
en préciser l'origine exacte, mais les experts ont relevé que les ecchymoses constatées 
au niveau du poignet droit sont compatibles avec le port des menottes (C-478 ss). 

u. La police a établi un cahier photographique de l’appartement de J______. Celui-ci 
est constitué d’une chambre avec une alcôve, d’une salle de bains, d’un WC séparé et 
d’une cuisine. La salle de bains est située directement en face de la porte palière ; la 
chambre se trouve sur la droite, au bout d’un couloir sur lequel ouvrent également le 
WC et la cuisine, laquelle se trouve à gauche en entrant (B-24 ss). Il ressort des 
déclarations des protagonistes et de l’enquête de voisinage que le bâtiment est ancien 
et mal isolé. 

Lors de l’enquête de voisinage, une voisine directe de J______ a expliqué avoir 
entendu du bruit émanant de cet appartement le 6 mars 2023 et, en particulier, des 
hurlements de femme le soir du 7 mars 2023 (C-43). Un voisin a confirmé avoir 
entendu des cris de femme « unidirectionnels », comme « laisse-moi tranquille », le 
5 et/ou le 6 mars 2023 (C-50). Une autre voisine a également relevé des bruits 
importants (cris, musique) les jours précédant l’intervention de la police ; elle a 
notamment entendu un homme insulter violemment quelqu’un le 7 mars 2023 et une 
personne pleurer dans les WC un dimanche (date indéterminée ; C-58). 

Atteintes à l’intégrité sexuelle 

v. Au cours de sa première audition à la police, sur question d’un policier (« Pour vous 
répondre… » A-13), D______ a expliqué que A______ avait abusé d’elle 

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sexuellement à plusieurs reprises. Elle a décrit notamment deux rapports « horribles » 
survenus dans l’appartement de J______, quelques jours auparavant. La description 
qu’elle en a faite a été reprise telle quelle dans l’acte d’accusation auquel il est dès lors 
renvoyé. Après le premier de ces rapports F______ avait constaté qu’elle marchait 
bizarrement et n'arrivait pas à s'asseoir ; elle lui avait expliqué ce qui s’était passé et 
celle-ci n’avait pas réagi. 

Le dernier rapport non consenti s’était produit chez J______. D______ s’était rendue 
dans la salle de bains pour se démaquiller et se mettre en pyjama ; A______ l’y avait 
suivie, avait fermé la porte à clé et lui avait demandé de se déshabiller. Elle s’était 
laissé faire en se disant « plus vite c'est fini, plus vite tu vas dormir et moins de coups 
tu prendras ». Les filles (L______ et F______) avaient entendu avant qu'elles ne 
s'endorment et F______ avait fait une remarque au prévenu le lendemain, qui lui avait 
demandé en s’énervant si elle le prenait pour un violeur. 

A______ a contesté tout rapport contraint ; il a en revanche déposé plainte contre 
D______ pour lui avoir prodigué une fellation contre son gré pendant son sommeil. Sa 
plainte a fait l’objet d’une décision de non entrée en matière du Ministère public (MP), 
étant précisé qu’un recours au Tribunal fédéral est pendant contre la décision 
ACPR/676/2024 de la Chambre pénale de recours confirmant ce refus.  

L______ a affirmé ne jamais avoir vu de violence entre les protagonistes ; elle a aussi 
affirmé que le prévenu ne vivait pas dans l’appartement et qu’il n’avait qu’une relation 
amicale avec la plaignante (B-117 ss, not. 121, 129). 

F______ a qualifié les accusations de D______ de « complètement fausses » exposant 
que c’était au contraire cette dernière qui avait pratiqué une fellation contre le gré de 
A______. 

D______ n’a pas été réentendue en détail au sujet de ces agressions avant la dernière 
audience d’instruction, qui s’est tenue le 25 avril 2024, soit plus d’une année après son 
dépôt de plainte. A cette occasion, elle a expliqué ne pas être en mesure de situer les 
agressions dans le temps, ni de les restituer à nouveau : « pendant que ces choses se 
passaient, il y avait tellement d'autres choses en même temps. Par exemple, il pouvait 

me pénétrer et me donner une baffe en même temps ou me dire "lèche moi l'anus" et 

me tirer les cheveux. Je ne peux pas dire exactement comment les choses se sont 

déroulées. Je ne peux pas dire si ça allait vite ou lentement. Je n'étais pas maître de 

moi-même. Il y avait des miroirs et je voyais ce qu'il me faisait. Je n'étais plus 

connectée à moi-même. Je me souviens qu'il y a eu une fois à la salle de bain et une 

fois dans la chambre. Je ne sais plus laquelle est l'avant dernière fois, je n'avais plus 

la notion du temps. Je ne savais même pas quelle heure il était (C-671) ».  
  

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Suite de la procédure 

w. F______ et A______ ont été détenus jusqu’à l’audience de première instance, à 
l’issue de laquelle la première a été remise en liberté. 

Au cours de sa détention, plusieurs courriers rédigés par F______ ont été saisis. Dans 
ces lettres volubiles, dont l’une au moins adressée à A______, elle écrit notamment, 
au sujet des déclarations de D______ : « J'ai fait passer un message à ma belle-sœur 
pour que X______ va dire que tout est faux, que l'autre avait déjà monté un plan au 

cas où tu la quittes et tout bref (...) j'ai géré. (...) tu vas porter plainte pour viol et 

diffamation et moi pour vol et diffamation aussi (...) mais entre toi et moi, tout ce 
qu'elle a dit c'est réel ». Interrogée à ce sujet, elle a expliqué que certains des propos 
de la plaignante étaient conformes à la vérité, mais pas ses allégations de viol. Ces 
lettres contiennent également des menaces à l’égard de celle-ci (cf. PV MP du 26 juin 
2023, C-129 ss). Dans un autre courrier, elle a expliqué la situation ayant conduit à son 
arrestation comme suit : « ça a débité jusqu'au jour où on a voulu faire plus ; on s'est 
dit la Suisse ; mais il fallait qu'elle s'enregistre, bref il n'a jamais profité de mes sous 

ou de moi, mais à la fin c'était lui le cerveau et il a voulu tout gérer ; il tapait une tapin 

jusqu'à un soir où elle a appelé les Schmitts et qu'elle a porté plainte contre lui et moi. 

Moi j'ai deux trucs, lui il en a huit au moins et on en a juste deux en commun, c'est 

tout; c'est moi qui l'ai embarqué dans mes machins et il a voulu faire le beau. Et ben 

voilà où on a terminé » (C-421). 

Dans un courrier destiné à sa belle-sœur, F______ lui demandait de faire pression sur 
des tiers dont l’audition comme témoins était pressentie ; le MP a par la suite renoncé 
à ces actes, considérant que lesdits témoins avaient été influencés (C-609). Pour ces 
faits, F______ a été reconnue coupable de tentative d’instigation à faux témoignage 
par le TCO. 

C. a. L’appel du défenseur d’office de F______ a été instruit par la voie écrite. Aux termes 
de son mémoire d’appel, il persiste dans ses conclusions. Le MP s’en rapporte à justice 
et le TCO se réfère à sa décision.  

b. En perspective des débats d’appel, la CPAR a informé les parties qu’elle 
examinerait d’office la question de sa compétence ratione loci au sens de l’art. 6 CP et 
les a invitées à s’exprimer à ce sujet dans leurs plaidoiries. 

 c. Aux débats d’appel, la défense a sollicité l’audition des experts médecins-légistes 
du CURML pour les entendre au sujet de la compatibilité de leur constatation 
(présence d’une fissure anale) avec une possible constipation. Cette question 
préjudicielle a été rejetée au bénéfice d’une brève motivation orale, le développement 
étant renvoyé au présent arrêt. 

- 20/54 - 

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d. A______ a fait une longue déclaration spontanée dans laquelle il est revenu sur 
l’ensemble de ses déclarations antérieures ; outre les éléments déjà repris ci-dessus 
dans l’établissement des faits, il a présenté de façon réitérée ses excuses à l’égard de 
D______. Interpellé sur la raison de ses excuses – dans la mesure où ses déclarations 
tendent à rejeter sur la partie plaignante une grande partie de la responsabilité des faits 
– il a exposé « [s’excuser] pour tout le mal arrivé à D______ depuis le début jusqu'à 
la fin. Je n'ai pas eu la maturité et l'intelligence de dire que c'était du n'importe quoi 

et qu'il n'y avait rien de normal à ce que nous vivions. J'avais aussi des problèmes à 

ce moment-là, j'étais drogué et alcoolisé. Nous nous sommes faits du mal 

mutuellement ». Il a entrepris un travail avec un thérapeute en détention, qui a conduit 
à un diagnostic de trouble de l’attention avec hyperactivité (TDAH) et a débuté un 
traitement qui l'aide à « comprendre et savoir pourquoi [il s’était] retrouvé dans un 
appartement à Genève avec des prostituées ». Il s’est aussi excusé pour les menaces 
proférées à l’égard de la partie plaignante, tout en contestant que ces menaces aient eu 
un lien avec la prostitution ou la violence, les mettant sur le compte de conflits 
réciproques. Il avait été très choqué par l’épisode du coup de couteau à G______ (supra 
B.c) et souligne qu’il aurait dû quitter la plaignante à ce moment-là, enchaînant 
immédiatement sur la sévérité de la peine prononcée en première instance (« J'ai fait 
six mois, trois mois, dix mois, pas plus. Je n'avais pas de suivi, pas d'école. Ces huit 

ans m'ont fait prendre conscience que cela doit s'arrêter. J'ai compris que c'était 

n'importe quoi et que cela ne pouvait pas continuer »). Les accusations de D______ 
étaient motivées par un désir de vengeance : « c'était grave conflictuel entre elle et 
moi. On ne calculait plus. F______ ne lui parlait plus, et F______ et L______ c'est la 

même chose. Donc D______ s'est dit qu'elle était là toute seule et que la seule chose 

qu'il lui restait à faire était de se venger en appelant la police et voilà c'est moi qui ai 

tout pris », mais il lui pardonnait. À la maison [Ndr : chez J______] il pouvait y avoir 
des tensions mais tout se passait bien, même s’il a dit également qu’il y avait eu des 
échanges de coups « des deux côtés (…) Ce n'est pas moi qui ais amené la violence 
dans cette histoire. J'ai aussi reçu des coups ». Interpellé sur un message dans lequel 
il disait à la plaignante qu’elle avait intérêt à être là à l’arrivée d’un client, il a répondu 
qu’il avait pu tenir des propos virulents, mais était « dans un film. [Il] prenai[t s]on 
rôle beaucoup trop à cœur ». Il n’enfermait personne et n’avait jamais mis ses menaces 
à exécution : « Si j'ai pu être violent dans mes propos, c'est parce que face à des 
personnes comme D______, ces personnes qui connaissent la rue, si on leur parle 

normalement elles nous prennent pour un débile et il faut donc s'imposer dans ce 

domaine pour être respecté. C'est vrai que ce n'est pas parce qu'elle m'énerve que j'ai 

le droit de la menacer ». 

 e. La mère de l’appelant a confirmé avoir repris contact avec son fils après le prononcé 
du TCO ; il l’avait appelée, en pleurs, le jour du verdict. Elle avait auparavant coupé 
les ponts avec lui en raison de son comportement avant son incarcération. Il l’avait 
sollicitée pour reprendre un suivi à sa sortie de prison et présenter des excuses à sa 
sœur avec laquelle il avait été en conflit. Elle lui faisait confiance et considérait qu’il 
pouvait rebondir. 

- 21/54 - 

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f. D______ a confirmé ses déclarations antérieures. Elle n’en avait « rien à foutre de 
ces excuses », qu’elle considérait comme n’étant pas sincères et relever de la 
manipulation, à laquelle elle n’était plus sensible. 

g.a. Par la voix de son conseil, A______ persiste dans ses conclusions en acquittement 
et conclut à l’absence de compétence des autorités suisses pour les faits antérieurs à 
son arrivée à Genève. Il s’oppose notamment aux conclusions civiles de la partie 
plaignante. 

 g.b. Le conseil de D______ persiste également dans ses conclusions et soutient que la 
compétence des autorités suisses découle de l’art. 6 CP, tout comme le MP qui appuie 
les conclusions de la partie plaignante et conclut au rejet de l’appel du prévenu. 

 g.c. Les arguments plaidés seront discutés, dans la mesure de leur pertinence, au fil 
des considérants qui suivent. 

D. a. A______ est né le ______ 2000 à M______, en France, pays dont il est originaire. 
Il est célibataire et sans enfant. Ses parents sont séparés depuis sa naissance. Il habite 
chez sa mère, de même que son frère et sa sœur. Il a poursuivi sa scolarité jusqu'en 
3ème à M______ et s'est arrêté par ennui, ayant été diagnostiqué, selon lui, avec un QI 
plus élevé que la moyenne. Il a travaillé chez un boucher, puis dans la livraison de 
pizzas, la peinture artistique, un grand magasin et comme chauffeur livreur. En 
détention, il a trouvé, grâce à l’aide de sa mère, un emploi auprès d’une entreprise 
exploitée par l’oncle de la femme de son frère, disposé à l’engager à sa sortie de prison. 
Il a pris conscience de l’utilité de son suivi thérapeutique qu’il compte poursuivre après 
son incarcération. 

b. Selon l’extrait de son casier judiciaire français et la demande d’entraide adressée 
par les autorités françaises au MP, il a été condamné dans son pays : 

- le 2 mars 2020, par ordonnance du Président du Tribunal judiciaire de M______, à 
une amende pour consommation de stupéfiants et recel ; 

- le 16 juin 2022, par le Tribunal correctionnel de Y______ [France], à 30 jours-
amende et trois mois d’emprisonnement avec sursis pour conduite sous l’influence de 
stupéfiants et sans permis ; 

- le 7 novembre 2023, par le Tribunal judiciaire de Z______ [France], à deux ans 
d’emprisonnement ferme pour une série de vols et tentatives de vols commis entre 
septembre 2019 et janvier 2020. Cette condamnation a été prononcée à son encontre 
alors qu’il était déjà détenu à Genève et a donné lieu à une demande d’extradition des 
autorités françaises (CP/4______/2024), dont copie a été versée au dossier pendant la 
procédure d’appel. 

- 22/54 - 

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E. a. A______ a renoncé en cours de procédure d’appel à l’assistance d’un avocat d’office 
au profit d’une défense privée, et a renoncé aux débats à toute indemnité au sens de 
l’art. 429 CPP. 

 Son défenseur d’office a déposé un état de frais pour la période antérieure à la 
renonciation, faisant état de 10h30 d’activité d’associé. En première instance, il a été 
indemnisé pour plus de 100 heures d’activité. 

 b. D______ a déposé aux débats une demande d’assistance judiciaire et l’état de frais 
de son conseil, faisant état de 10h30 d’activité d’associée, hors débats d’appel, lesquels 
ont duré 12h30. En première instance, elle a été indemnisée pour plus de 80 heures 
d’activité. 

 c. Me C______ a été nommé à la défense des intérêts de F______ par le MP ; il a 
produit deux états de frais. Le premier, du 10 janvier 2025, fait état d’une activité de 
stagiaire en 2023 (TVA 7.7 %) d’une durée de 64h30, à laquelle s’ajoutent 
11 déplacements. Pour 2024 et 2025 (TVA 8.1 %), il est fait mention de 4h20 d’activité 
de stagiaire et de 1h40 d’activité de collaborateur (lecture de dossier et consultation de 
celui-ci au TCO), auxquelles s’ajoutent deux déplacements, l’un au tarif stagiaire, 
l’autre au tarif de collaborateur, étant précisé que l’avocat chargé de la défense des 
intérêts de la prévenue a obtenu son brevet en cours de procédure. 

Le second état de frais est afférent exclusivement à la procédure de première instance 
et comporte 17 heures d’activité de collaborateur, soit 15h30 de préparation des débats 
et 1h30 d’entretien avec la prévenue, ainsi que cinq vacations (une du stagiaire et deux 
par jour d’audience pour le collaborateur), hors débats de première instance qui ont 
duré 9h15. 

d. Le TCO a alloué à Me C______ une indemnité de CHF 12'630.35, calculée comme 
suit : 
- 4h20 à CHF 110.00/h = CHF 476.65, 

- 64h30 à CHF 110.00/h = CHF 7'095.-, 

- 9h15 Audience de jugement à CHF 150.00/h = CHF 1'387.50, 

- 4h40 à CHF 150.00/h = CHF 700.-, 

- Total : CHF 9'659.15 + forfait courriers/téléphones arrêté à 10 % vu l'importance de 
l'activité déployée (art. 16 al. 2 RAJ) = CHF 10'625.05, 

- 11 déplacements A/R à CHF 55.- = CHF 605.-, 

- 5 déplacements A/R à CHF 75.- = CHF 375.-, 

- 2 déplacements A/R à CHF 55.- = CHF 110.-, 

- TVA 7.7 % CHF 647.55, 

- TVA 8.1 % CHF 267.75. 

- 23/54 - 

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La décision ne comporte aucune motivation des réductions opérées. 

EN DROIT : 

1. Les appels sont recevables pour avoir été interjetés et motivés selon la forme et dans 
les délais prescrits (art. 398 et 399 CPP). 

 Il en va de même de l'appel joint (art. 400 al. 3 let. b et 401 CPP). 

 La Chambre n'examine que les points attaqués du jugement de première instance 
(art. 404 al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 
CPP), sans être liée par les motifs invoqués par les parties ni par leurs conclusions, à 
moins qu'elle ne statue sur une action civile (art. 391 al. 1 CPP). 

2. 2.1. En vertu de l'art. 389 al. 1 CPP, la juridiction d'appel se fonde sur les preuves 
administrées pendant la procédure préliminaire et la procédure de première instance. 
L'administration des preuves du tribunal de première instance n'est répétée que si les 
dispositions en matière de preuves ont été enfreintes (al. 2 let. a) ; l'administration des 
preuves était incomplète (al. 2 let. b) ; les pièces relatives à l'administration des preuves 
ne semblent pas fiables (al. 2 let. c). L'autorité de recours administre, d'office ou à la 
demande d'une partie, les preuves complémentaires nécessaires au traitement du 
recours (al. 3). 

L'autorité peut notamment refuser des preuves nouvelles qui ne sont pas nécessaires 
au traitement du recours, en particulier lorsqu'une administration anticipée non 
arbitraire de la preuve démontre que celle-ci ne sera pas de nature à modifier le résultat 
de celles déjà administrées, lorsque le requérant peut se voir reprocher une faute de 
procédure ou encore lorsque son comportement contrevient au principe de la bonne foi 
en procédure (arrêts du Tribunal fédéral 6B_614/2012 du 15 février 2013 consid. 3.2.3 
et 6B_509/2012 du 22 novembre 2012 consid. 3.2). 

2.2. L’appelant sollicite une audition des experts médicaux au sujet de l'origine de la 
fissure anale qu’ils ont constatée. Ceux-ci ne se sont pas prononcés sur l’origine de 
cette lésion et ont clairement indiqué qu’elle est "trop peu spécifique pour pouvoir se 
prononcer quant à son origine précise". L’acte d’instruction requis n’est pas de nature 
à modifier ce constat. Il appartient à la Cour, dans le cadre de l'appréciation des 
preuves, de se déterminer sur la portée probante de cette constatation médicale. Une 
déposition des experts – qui n'ont de surcroit pas effectué eux-mêmes l'examen 
proctologique – n'est ainsi pas de nature à contribuer à la manifestation de la vérité.  

 Pour ces motifs, la question préjudicielle de l'appelant a été rejetée. 

- 24/54 - 

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3. 3.1. Le MP et les premiers juges retiennent que la juridiction genevoise est compétente 
pour statuer sur les faits de la présente cause qui se sont produits en France, en se 
fondant sur l’art. 6 CP voire sur la Convention d’Istanbul du Conseil de l'Europe. 

 3.2. L'art. 6 al. 1 CP prévoit que le Code pénal suisse est applicable à quiconque 
commet à l'étranger un crime ou un délit que la Suisse s'est engagée à poursuivre en 
vertu d'un accord international : si l'acte est aussi réprimé dans l'État où il a été commis 
(let. a) et si l'auteur se trouve en Suisse et qu'il n'est pas extradé (let. b). L'art. 6 al. 1 
let. b CP exige la présence en Suisse de l'auteur et l'absence de possibilité de son 
extradition. Selon la jurisprudence rendue au sujet de l'art. 19 ch. 4 LStup, transposable 
dans le contexte de l'art. 6 CP, l'absence d'extradition ne suppose pas nécessairement 
le rejet d'une demande d'extradition formulée par un Etat étranger (ACPR/524/2023). 
Il s'agit d'une condition purement factuelle, indépendante des raisons pour lesquelles 
une demande d'extradition n'intervient pas. Le juge suisse est toutefois tenu de 
s'assurer, si l'extradition n'est pas exclue d'entrée de cause, qu'elle ne sera pas requise, 
et doit obtenir un nihil obstat à l'exercice par la Suisse de sa propre compétence 
répressive (ATF 137 IV 33 consid. 2.1.3 ; ATF 118 IV 416 consid. 2a ; ATF  
116 IV 244 consid. 4 ; M. DUPUIS / L. MOREILLON / C. PIGUET / S. BERGER / 
M. MAZOU / V. RODIGARI (éds), Code pénal - Petit commentaire, 2e éd., Bâle 2017, 
ad art. 6 CP).  

La Confédération suisse et la France sont toutes deux parties à la Convention 
européenne d'entraide judiciaire en matière pénale (CEEJ). Les dispositions de ce traité 
l'emportent sur le droit autonome qui régit la matière, soit l'EIMP et son ordonnance 
d'exécution (OEIMP). Le droit interne reste toutefois applicable aux questions non 
réglées, explicitement ou implicitement, par le traité et lorsqu'il est plus favorable à 
l'entraide (ATF 129 II 462 consid. 1.1 p. 464). L'art. 21 CEEJ règle la dénonciation 
aux fins de poursuite. Saisies d'une telle dénonciation, les autorités judiciaires de l'État 
requis examinent si, d'après leur propre droit, une poursuite pénale doit être entamée. 
Ce mécanisme correspond à celui dit de "délégation de la poursuite" au sens des 
art. 88 ss EIMP (R. ZIMMERMANN, La coopération judiciaire internationale en 
matière pénale, 3e éd., 2009, n° 291 p. 271). Ces dispositions conventionnelles ne 
visent donc pas la délégation de la compétence répressive, mais uniquement les 
modalités qui conduisent l'État requis à exercer sa propre compétence de répression à 
la demande de l'État requérant. Dans l'hypothèse d'une dénonciation au sens des art. 
21 CEEJ, la compétence suisse n'est, en conséquence, donnée que si les règles de droit 
interne permettent de fonder l'application du droit pénal suisse.  

La Suisse et la France ont un accord complémentaire à la CEEJ : Accord entre le 
Conseil fédéral suisse et le Gouvernement de la République française en vue de 
compléter la CEEJ ; son art. XVI règle les modalités d’acceptation de la dénonciation 
aux fins de poursuites. La délégation par un État étranger à la Suisse est, en revanche, 
régie par les art. 85 ss EIMP (cf. P. POPP, Grundzüge der internationalen Rechtshilfe 
in Strafsachen, 2001, n° 87 p. 58). Conformément à l'art. 85 EIMP, à la demande de 

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l'État où l'infraction a eu lieu, la Suisse peut réprimer à sa place un acte commis à 
l'étranger si l'extradition est exclue, si la personne poursuivie doit répondre en Suisse 
d'autres infractions plus graves et si l'État requérant donne la garantie de ne plus la 
poursuivre pour le même acte après qu'elle aura été acquittée ou qu'elle aura subi une 
sanction en Suisse (al. 1 let. a, b et c). La poursuite pénale d'un étranger qui réside 
habituellement en Suisse peut aussi être acceptée si son extradition ne se justifie pas 
et que l'acceptation de la poursuite semble opportune en raison de sa situation 
personnelle et de son reclassement social (al. 2). Ces normes ne sont cependant pas 
applicables si l'infraction ressortit à la juridiction suisse en vertu d'une autre disposition 
(al. 3). Cette dernière règle impose ainsi, elle aussi, d'examiner préalablement si 
l'art. 19 ch. 4 LStup permet de fonder la compétence suisse (ATF 116 IV 244 
consid. 3b p. 248 s.). 

3.3. L’art. 182 al. 4 CP, qui prévoit la poursuite des infractions commises à l'étranger, 
n'a pas d'existence propre en dehors des articles 5 et 6 CP, auxquels il renvoie 
expressément. Ainsi, dans le cas d'infraction commise à l'étranger sur des victimes 
adultes, la compétence extraterritoriale fondée sur les accords internationaux dont la 
Suisse est partie s'avère nettement plus restrictive. Il n'est pas question d'une pleine 
compétence universelle, mais uniquement du principe aut dedere aut prosequi limité 
aux cas d'un ressortissant qui n'est pas extradé en raison de sa nationalité. Reste à 
déterminer si la poursuite est conditionnée au préalable au refus d'une demande 
d'extradition. De manière générale, la réponse dépend de la solution retenue par les 
conventions applicables. La Convention d’Istanbul (art. 44) ainsi que la Convention 
des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée (CNUCTO, art. 15), 
prévoient explicitement le refus d'une demande d'extradition (N. MERIBOUTE, La 
traite d'êtres humains à des fins d'exploitation du travail, Genève 2020, p. 364 ; cf. 
également B. PERRIN, La répression de la traite d'êtres humains en droit suisse, 
Genève 2020, pp. 430/431).  

3.4. En l’espèce, il est constant qu’aucune demande n’a été adressée par le MP à la 
France en lien avec les faits commis sur le territoire de ce pays. Aucune demande 
d’entraide n’a d’ailleurs même été adressée à ce pays pour instruire les faits qui s’y 
sont produits. En l’absence de renonciation par les autorités françaises à leur 
compétence de les poursuivre, pas même sous la forme d’un nihil obstat, la Cour de 
céans n’est pas habilitée à se prononcer sur ces faits. La Cour se trouve donc confrontée 
à un empêchement de procéder (art. 329 al. 4 CPP, applicable par le renvoi de l’art. 405 
al. 1 CPP) ; la procédure sera par conséquent classée pour les faits qui se sont déroulés 
sur territoire français. 

Le classement de la procédure pour une partie de la période pénale, soit les faits 
antérieurs à l’arrivée du prévenu et de la plaignante à Genève le 25 janvier 2023, ne 
fait toutefois pas obstacle à ce que ces faits soient pris en compte pour la qualification 
juridique de ceux commis sur territoire genevois, notamment dans la mesure où ces 
événements survenus à l’étranger ont eu un effet sur ceux qui se sont produits en 

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Suisse. Autrement dit, les actes commis à l’étranger qui ont eu un effet en Suisse 
peuvent pleinement être appréhendés pour l’appréciation des faits soumis à la 
compétence de la Cour de céans. 

4. 4.1. Selon l'art. 10 CPP, toute personne est présumée innocente tant qu'elle n'est pas 
condamnée par un jugement entré en force (al. 1). Le tribunal apprécie librement les 
preuves recueillies selon l'intime conviction qu'il retire de l'ensemble de la procédure 
(al. 2). Lorsque subsistent des doutes insurmontables quant aux éléments factuels 
justifiant une condamnation, le tribunal se fonde sur l'état de fait le plus favorable au 
prévenu (al. 3). 

 Le principe in dubio pro reo, qui découle de la présomption d'innocence, garantie par 
l'art. 6 ch. 2 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés 
fondamentales (CEDH) et, sur le plan interne, par les art. 32 al. 1 de la Constitution 
fédérale (Cst.) et 10 al. 3 CPP, concerne tant le fardeau de la preuve que l'appréciation 
des preuves au sens large (ATF 144 IV 345 consid. 2.2.3.1 ; ATF 127 I 28 consid. 2a). 

En tant que règle sur le fardeau de la preuve, la présomption d'innocence signifie, au 
stade du jugement, que ce fardeau incombe à l'accusation et que le doute doit profiter 
au prévenu. La présomption d'innocence est violée lorsque le juge rend un verdict de 
culpabilité au seul motif que le prévenu n'a pas prouvé son innocence (ATF 127 I 38 
consid. 2a p. 40) ou encore lorsque le juge condamne le prévenu au seul motif que sa 
culpabilité est plus vraisemblable que son innocence. En revanche, l'absence de doute 
à l'issue de l'appréciation des preuves exclut la violation de la présomption d'innocence 
en tant que règle sur le fardeau de la preuve (ATF 144 IV 345 consid. 2.2.3.3). 

Il n'y a pas non plus de renversement du fardeau de la preuve lorsque l'accusé refuse 
sans raison plausible de fournir des explications rendues nécessaires par des preuves à 
charge. Son silence peut alors permettre, par un raisonnement de bon sens conduit dans 
le cadre de l'appréciation des preuves, de conclure qu'il n'existe pas d'explication à 
décharge et que l'accusé est coupable (arrêt du Tribunal fédéral 6B_47/2018 du 
20 septembre 2018 consid. 1.1). 

Comme règle d'appréciation des preuves, la présomption d'innocence signifie que le 
juge ne doit pas se déclarer convaincu de l'existence d'un fait défavorable à l'accusé si, 
d'un point de vue objectif, il existe des doutes quant à l'existence de ce fait. Il importe 
peu qu'il subsiste des doutes seulement abstraits et théoriques, qui sont toujours 
possibles, une certitude absolue ne pouvant être exigée. Il doit s'agir de doutes sérieux 
et irréductibles, c'est-à-dire de doutes qui s'imposent à l'esprit en fonction de la 
situation objective (ATF 144 IV 345 consid. 2.2.3.3). 

4.2. Les cas de « parole contre parole », dans lesquels les propos de la victime en tant 
que principal élément à charge et ceux contradictoires de la personne accusée 
s'opposent, ne doivent pas nécessairement conduire à un acquittement fondé sur le 

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principe in dubio pro reo. L'appréciation définitive des déclarations des participants 
incombe au tribunal du fond (ATF 137 IV 122 consid. 3.3 p. 127 = JdT 2012 IV p. 79 ; 
arrêt du Tribunal fédéral 6B_1306/2017 du 17 mai 2018 consid. 2.1.1) 

Les déclarations de la victime constituent un élément de preuve. Le juge doit, dans 
l'évaluation globale de l'ensemble des éléments probatoires rassemblés au dossier, les 
apprécier librement (arrêts du Tribunal fédéral 6B_942/2017 du 5 mars 2018 
consid. 2.1.2 ; 6B_614/2012 du 15 février 2013 consid. 3.2.5), sous réserve des cas 
particuliers où une expertise de la crédibilité des déclarations de la victime s'impose 
(ATF 129 IV 179 consid. 2.4 p. 184 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_1306/2017 du 
17 mai 2018 consid. 2.1.1). 

Les déclarations successives d'un même témoin ne doivent pas nécessairement être 
écartées du seul fait qu'elles sont contradictoires ; il appartient au juge de retenir, sans 
arbitraire, la version qui lui paraît la plus convaincante et de motiver les raisons de son 
choix (arrêts du Tribunal fédéral 6B_28/2013 du 13 juin 2013 consid. 1.2 ; 
6B_429/2008 du 7 novembre 2008 consid. 4.2.3). Dans le cadre du principe de libre 
appréciation des preuves, rien ne s'oppose non plus à ne retenir qu'une partie des 
déclarations d'un témoin globalement crédible (ATF 120 Ia 31 consid. 3 spéc. p. 39). 

4.3. Il faut donc, en l’espèce, apprécier et confronter les versions des parties, à l’aune 
de ces principes, la Cour réservant l'analyse des éléments constitutifs des infractions à 
un second temps (cf. infra 5). 

4.3.1. Prostitution  

Se fondant sur le message de F______ retranscrit ci-dessus (B.q), la défense soutient 
que c’est en raison d’une dispute avec cette dernière et non avec A______, qui était 
selon elle alors à H______, que D______ aurait finalement fait appel à la police ; elle 
y voit la preuve d’un mensonge de sa part qui démontrerait sa volonté de nuire à 
l’appelant. 

Ce message est intégralement transcrit au dossier de la procédure et était donc connu 
des premiers juges, contrairement à ce qui a pu être plaidé. Par ailleurs, cet argument 
ne convainc pas. En effet, d’une part la plaignante a bel et bien expliqué, au moment 
de son dépôt de plainte, que le prévenu était parti à H______ après l’avoir frappée  
(A-10) ; son retour à Genève est attesté par sa présence à la fenêtre de l’appartement 
lors de l’intervention policière. Les localisations du téléphone du prévenu ne 
démontrent pas le contraire, puisqu’elles s’arrêtent le 6 mars 2023 (pièces C-110,  
C-124). Il n’est pas exclu, et sans importance, que la plaignante ait pu se tromper de 
quelques heures dans la chronologie de cet aller-retour à H______, qui ne vient pas 
contredire ses propos. Rien ne permet d’autre part de penser que F______ aurait frappé 
la plaignante, et on ne voit d’ailleurs pas pourquoi cette dernière le nierait si cela était 
arrivé ; au surplus, si une altercation les avait opposées, cela ne discréditerait pas pour 

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autant les explications de la plaignante étant rappelé qu’elle présentait, à dire de 
médecins-légistes, de nombreuses lésions de dates différentes et qu’elle a plusieurs 
fois exprimé avoir subi tellement de violences que ses souvenirs se confondent. Cette 
phrase de F______ (« j’ai tapé D______ ») ne fait aucun sens dans la procédure, étant 
souligné que ni l’une ni l’autre n’a mentionné de violences entre elles au cours de 
l’instruction, alors qu’elles ont été confrontées à plusieurs reprises et que la position 
procédurale de F______ a toujours été de protéger le prévenu, au prix de mensonges 
avérés par les déclarations ultérieures de celui-ci aux débats d’appel. On peut d’ailleurs 
relever que le langage argotique usuel entre les parties ne plaide pas en faveur d’une 
interprétation littérale du verbe « taper ». La suite de ce message (où l’on comprend 
que F______ a supprimé des preuves et menti pour protéger le prévenu) est en 
revanche corroborée par les éléments objectifs du dossier.  

Il découle de ce qui précède, mais aussi et surtout des messages et lettres qu’elle a 
envoyés ou rédigés juste avant et après son arrestation, que les déclarations de F______ 
sont dépourvues de toute crédibilité.  

Cela dit, il ressort des échanges entre l’appelant et V______ (supra B.m) qu’il y a eu 
un conflit dans l’appartement qui nécessitait une réaction de sa part. Cet échange 
accrédite en réalité la version de l’intimée, qui expose avoir discuté avec les deux 
autres femmes présentes après le départ de l’appelant, avant de recevoir un appel de 
celui-ci qui l’a conduite à appeler les secours (supra B.p).  

Par ailleurs, les déclarations de la plaignante ont été constantes tout au long de la 
procédure. Ses propos et gestes (ainsi lorsqu’elle a déchiré une lettre écrite par 
L______ à F______, lorsque cette dernière était en détention, C-138) reflètent parfois 
un tempérament vif et peuvent être empreints de colère, émotion qui ne signifie 
toutefois pas encore qu’elle aurait menti. Ces émotions sont tout à fait compatibles 
avec son récit et les éléments de la procédure (messages, photos, vidéos) dont il ressort 
que la plaignante peut être virulente et que les propos échangés entre les protagonistes 
sont souvent vulgaires et grossiers. La spontanéité de certaines réactions aurait plutôt 
tendance à asseoir sa crédibilité.  

Le fait que la plaignante ait connu des moments de détente pendant la période des faits 
(images mises en exergue par la défense dans son chargé de pièces) n’entache pas non 
plus la crédibilité de ses propos ; au contraire, la procédure confirme que, du point de 
vue de la plaignante, elle vivait une relation affective réelle avec le prévenu ; elle a 
d’ailleurs confirmé l’alternance de bons et mauvais moments dans cette relation.  

Les éléments matériels de la procédure corroborent largement l’exercice d’une activité 
de prostitution et le rôle actif du prévenu dans cette pratique, par le contrôle et 
l’organisation de l’activité, les contacts avec les clients et la récolte et le contrôle des 
gains réalisés. L’absence de moyens de l’intimée est confirmée par plusieurs éléments. 
Outre ses propres déclarations, constantes, à la police, au MP et devant le TCO, qu’elle 

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a encore confirmées en appel, le fait qu’elle a emprunté de l’argent à J______ 
(CHF 100.-, soit une somme relativement modeste) le jour où elle a décidé de quitter 
Genève confirme son impécuniosité (supra B.l). À cela s’ajoutent ses messages à 
l’appelant, dans lesquels elle se plaint de n’avoir aucun argent lors de leur déplacement 
du 10 février 2023, et ceux dans lesquels elle lui dit vouloir récupérer son argent 
lorsqu’elle quitte temporairement Genève à la fin février. Le fait qu’aucun argent n’a 
été retrouvé lors de l’intervention policière dans l’appartement (mais bien dans les 
affaires de F______) le confirme également, tout comme le message adressé par la 
plaignante à cette dernière dans lequel elle se plaint du fait que le prévenu a pris son 
argent dans son sac (supra B.l). Enfin, les propos de l’appelant en appel démontrent 
encore le contrôle qu’il exerçait, lorsqu’il affirme (avant de se corriger sur question de 
la Cour) que l’argent gagné par la plaignante, qu’ils partagent, est de l’argent qu’il lui 
« donne », laissant transparaître une conception des relations financières pour le moins 
biaisée. Il est ainsi établi que le prévenu contrôlait et organisait non seulement 
l’activité et la clientèle mais aussi les gains réalisés dans le cadre de la prostitution de 
la plaignante. Les menaces alléguées par l’intimée sont confirmées par certains 
messages vocaux retrouvés par la police, par exemple lorsque, le 27 février 2023, un 
client est parti sans avoir reçu sa prestation (« sur Allah, sur Allah, j'espère qu'il va 
revenir pour vous », C-74/75). La plaignante vivait manifestement dans la violence et 
la crainte de représailles ; elle a notamment évoqué dès sa première audition à la police 
l’affaire de la jeune femme brûlée et transportée dans une valise (supra B.p) et certaines 
menaces proférées par l’appelant (« si tu joue wlh jteteint et jte porte dans la vago », 
supra B.l) résonnent d’ailleurs avec ces faits. Elle a été violentée à réitérées reprises, 
comme cela ressort de sa plainte, du constat des médecins-légistes (supra B.o) et des 
écrits de F______ (supra B.w). À cet égard, l’affirmation de l’appelant selon qui la 
violence était mutuelle est contredite par les constats des médecins-légistes (supra B.t), 
qui ont observé sur sa personne des lésions bénignes, qui ne sont comparables ni par 
leur ampleur, ni par leur nombre, ni par leur gravité, à celles présentées par l’intimée. 

Comme relevé ci-dessus, les déclarations de F______ étaient mensongères et il ne peut 
y être apporté aucun crédit ; il en va de même de celles de L______, recueillies en tout 
début de procédure et manifestement faites en connivence avec F______, selon un plan 
convenu d’avance.  

Les propos de J______, dont la CPAR retient qu’il a (volontairement ou par faiblesse, 
selon ses propres mots) fermé les yeux sur une partie de ce qui se passait dans son 
appartement, accréditent en partie ceux de la partie plaignante. Il décrit clairement le 
prévenu comme un proxénète. S’il nie avoir assisté à de la violence de sa part, il ressort 
de ses déclarations que l’appelant exerçait un contrôle et des pressions sur la 
plaignante. 

Enfin, les dénégations initiales indignées de l’appelant démontrent sa capacité et sa 
facilité à mentir, puisqu’il est quasiment intégralement revenu en appel sur les propos 
tenus jusque devant les premiers juges. Sa nouvelle version des faits, dans laquelle il 

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se présente comme la victime de la manipulation amoureuse de la partie plaignante, 
n’emporte pas conviction et paraît bien plutôt adaptée aux éléments du dossier. Les 
messages menaçants retrouvés dans son téléphone et adressés à la plaignante, tout 
comme ses échanges avec des tiers (V______, notamment), conduisent la CPAR à 
retenir que c’est lui qui a manipulé et contraint l’intimée, et non le contraire, n’ayant 
pas hésité à user de la force physique pour la soumettre et conserver son emprise sur 
elle. 

Globalement, en ce qui concerne l’activité de prostitution, les propos de l’intimée sont 
donc jugés crédibles et confirmés par les éléments de la procédure. Sa crédibilité n’est 
pas réellement renforcée par les aveux partiels de l’appelant, dans la mesure où ces 
aveux ne viennent que tardivement confirmer la version qu’elle a soutenue dès le dépôt 
de sa plainte : de tels aveux n’étaient pas nécessaires à asseoir la foi prêtée aux propos 
de la plaignante. Il est ainsi établi que celle-ci s’est livrée à la prostitution, sur 
l’impulsion et sous la pression de A______, qui contrôlait son activité en recrutant ses 
clients, fixant les horaires des prestations et récoltant l’argent gagné. Dans la mesure 
où la plaignante expose avoir résisté aux quelques clients qui voulaient des prestations 
qu’elle ne souhaitait pas prodiguer (sodomie, notamment), il ne peut pas être retenu 
que A______ lui aurait imposé des actes. Il a néanmoins clairement géré son activité 
en l’amenant à accepter tous les clients qu’il recrutait pour elle, en l’empêchant de 
prendre son indépendance (épisode de l’aller-retour à G______) et en la contraignant 
à travailler pour lui seul. Enfin, l’appelant n’a pas hésité à avoir recours à la violence 
à l’égard de la partie plaignante, lui occasionnant les lésions constatées et décrites par 
les médecins-légistes. 

4.3.2. Violences sexuelles 

Les violences sexuelles dénoncées par l’intimée sont intégralement contestées par le 
prévenu. S’il est revenu, en appel, sur ses dénégations au sujet de l’activité de 
prostitution, il a persisté à nier toute agression sexuelle. 

Comme déjà relevé, les déclarations de F______ et de L______ à ce sujet sont 
dépourvues de toute crédibilité, celles-ci ayant activement cherché à protéger 
l’appelant. En revanche, les messages laissés ou lettres envoyées par la première 
nommée à des tiers, juste avant son arrestation et au cours de sa détention, contiennent 
des éléments pertinents pour éclairer les faits de la cause.  

On se trouve, s’agissant des atteintes à l’intégrité sexuelle de la plaignante, en présence 
de déclarations contradictoires. Contrairement aux faits en lien avec l’activité de 
prostitution, qui se sont déroulés de façon visible (annonces érotiques, messages 
vocaux et WhatsApp, échanges avec les clients, etc.), ces faits se sont déroulés dans 
l’intimité et il faut donc apprécier les propos des deux personnes concernées. En 
présence de versions inconciliables, il faut donc procéder à l’appréciation de leur 
crédibilité. 

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4.3.2.1. Les déclarations de l’intimée ont été constantes tout au long de la procédure. 
Elle n’a certes pas été amenée à fournir de nombreux détails – l’audience d’instruction 
du MP consacrée à ces agressions sexuelles ayant eu lieu plus d’une année après et les 
audiences antérieures ayant principalement consisté à lui demander si elle confirmait 
ses déclarations à ce sujet. Ses propos initiaux ont globalement été confirmés par 
l’enquête, que ce soit par le contenu des téléphones, les messages, les lettres de 
F______ ou encore les propres déclarations de A______ aux débats d’appel. Rien ne 
permet de penser qu’elle aurait fait des déclarations conformes à la vérité – contre tous 
les autres protagonistes de la cause – sur le déroulement des faits depuis sa rencontre 
avec l’appelant, mais menti sur ce chapitre qui a, de surcroît, été initialement abordé 
par suite d’une question du policier et non spontanément. Si elle avait vraiment voulu 
nuire à l’appelant, comme le soutient la défense, la plaignante aurait certainement 
évoqué rapidement et au début de sa déclaration ces accusations. Enfin, le regard porté 
par l’appelante sur ces faits lorsqu’elle a été auditionnée plus d’une année après, 
rapportant ne plus être maître d’elle-même ou être à l’extérieur de son corps, est 
singulièrement évocateur d’une expérience traumatique vécue et reflète une 
indubitable sincérité. Compte tenu de son jeune âge et de son niveau d’éducation 
sommaire, il n’est pas concevable que l’appelante ait inventé de tels ressentis. Son 
incapacité, lors de l’audience consacrée à ces faits, plus d’un an après son dépôt de 
plainte, à se remémorer le déroulement exact et le détail des actes subis, apparaît 
crédible dans le contexte de son activité quotidienne, qui l’a amenée à pratiquer de très 
nombreux actes sexuels avec de nombreux hommes, et d’un travail de reconstruction 
qui doit aussi lui permettre sinon d’oublier du moins d’estomper les souvenirs 
douloureux. Enfin, et même si ce n’est pas déterminant, les médecins-légistes ont 
constaté une fissure anale. Certes, une telle lésion peut en théorie avoir une autre 
origine (notamment la constipation, comme le soutient la défense), sa présence est 
néanmoins bien évocatrice d’un rapport anal, activité que l’intimée ne pratiquait pas. 
Associée à la grande douleur décrite, cette lésion doit être considérée comme étant en 
lien avec ces faits et confirme le propos de la plaignante, en ce qu’elle atteste en tout 
cas de la souffrance physique occasionnée par les actes de sodomie subis.  

Il faut donc retenir que les déclarations de l’intimée sont fortement crédibles. 

4.3.2.2. Les déclarations de l’appelant ont également été constantes, et il a même avec 
force dénoncé ce qu’il a qualifié d’agression sexuelle de l’intimée sur sa personne. Il 
n’a, sur ce point, pas été suivi puisque sa plainte a été classée, même si la décision fait 
l’objet d’un recours. Cela étant, il a, avec autant de force et de conviction, nié toute 
implication dans l’activité de prostitution de l’intimée, dénégations qui ont été 
largement contredites par les éléments matériels du dossier et par ses propres 
déclarations en appel.  

À cet égard, le revirement de l’appelant n’apparaît pas tant motivé par une prise de 
conscience de sa faute que par des considérations stratégiques face à la décision des 
premiers juges, dont l’ampleur de la peine l’a choqué. Nonobstant les excuses 

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présentées, la CPAR n’a pas été convaincue par sa nouvelle version des faits, qui 
semble avoir été adoptée pour mieux répondre aux éléments matériels du dossier, sans 
réelle prise de conscience et qui est dépourvue de toute sincérité. Le fait qu’il ait 
maintenu ses dénégations sur le volet des agressions sexuelles n’est donc pas renforcé 
par son changement de position.  

Dans ces circonstances, la CPAR retient que la parole de l’appelant manque 
singulièrement de crédibilité, d’une part en raison de ses longues dénégations, qui ont 
démontré la facilité avec laquelle il peut mentir en développant une argumentation à 
l’appui de son mensonge, et d’autre part en raison du manque de sincérité de ses aveux 
tardifs. 

4.3.2.3. Plusieurs autres éléments viennent encore affaiblir la version de l’appelant ou 
soutenir celle de l’intimée. Il en va ainsi des circonstances dans lesquelles les faits ont 
été dénoncés, qui ont déjà été évoquées ci-dessus : l’intimée n’a pas spontanément 
dénoncé les violences sexuelles subies ; elle a fait appel à la police par épuisement et 
de guerre lasse, ce qui ne relève pas d’une volonté de nuire au prévenu. Ses propos ont 
été mesurés ; elle n’a évoqué que deux épisodes de violence sexuelle, a admis qu’elle 
avait souvent entretenu avec le prévenu des relations consenties voire qu’elle n’avait 
opposé aucune résistance, sans insister sur une qualification pénale de ces actes, ni en 
début de procédure ni par la suite. Si la plaignante a, par son dépôt de plainte, réussi à 
se soustraire à l’emprise de l’appelant, les allégations de violence sexuelles n’étaient 
pas nécessaires pour atteindre ce but, et elle n’avait donc aucun bénéfice secondaire à 
les proférer. Une éventuelle volonté de nuire à l’appelant est encore démentie par le 
peu d’accent mis, dans ses propos, sur cet aspect de leurs relations et des violences 
subies. Les écrits de F______ (« entre toi et moi, tout ce qu'elle a dit c'est réel » supra 
B.w) viennent également au soutien de la plaignante, étant rappelé que la plaignante a 
rapporté une remarque de F______ au prévenu après les faits (supra B.v). Enfin, 
comme tout prévenu, l’appelant a un intérêt à mentir, au contraire de l'intimée. 

En définitive, la version de l’intimée emporte conviction. Il est donc établi qu’à deux 
reprises l’appelant l’a contrainte à subir un acte sexuel complet et une pénétration anale 
contre son gré, en passant outre sa résistance et ses pleurs.  

5. 5.1. Selo n l'art. 182 ch. 1 CP, quiconque, en qualité d'offreur, d'intermédiaire ou 
d'acquéreur, se livre à la traite d'un être humain à des fins d'exploitation sexuelle, 
d'exploitation de son travail ou en vue du prélèvement d'un organe, est puni d'une peine 
privative de liberté ou d'une peine pécuniaire. Le fait de recruter une personne à ces 
fins est assimilé à la traite. 

Selon l'art. 182 ch. 2 CP, si la victime est mineure ou si l'auteur fait métier de la traite 
d'êtres humains, la peine est une peine privative de liberté d'un an au moins. 

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L'infraction vise à protéger l'autodétermination des personnes. On parle ainsi de traite 
lorsque des personnes disposent d'autres êtres humains comme s'il s'agissait d'objets. 

Le comportement typique visé par l'art. 182 CP, à savoir le fait de livrer une personne 
à de la traite, est réalisé lorsque la victime – considérée comme une marchandise 
vivante – est contrainte par la force, par la menace, par toute forme de pression, par un 
enlèvement, une fraude, une tromperie, un abus d'autorité ou l’achat de la personne 
ayant autorité sur la victime ; il suffit que cette dernière soit dans une situation 
particulière de vulnérabilité, par exemple en étant isolée ou sans ressources dans un 
pays qui lui est étranger ; il faut ainsi examiner, en fonction des pressions exercées, si 
elle se trouve ou non en état de se déterminer librement. Pour autant, si une personne 
sans autorisation de séjour ou de travail n'est pas exempte de toute pression, en 
particulier quant à ses choix en matière d'activité lucrative, son recrutement et son 
engagement – même à des conditions défavorables ou en violation manifeste 
notamment de la législation sur les assurances sociales ou sur le travail – ne constituent 
pas à eux seuls des soupçons d'une infraction à l'art. 182 CP ; cela vaut en particulier 
si la personne en cause continue à disposer de la capacité de refuser l'emploi proposé 
ou de le quitter (arrêt du Tribunal fédéral 7B_75/2023 du 10 décembre 2024 
consid. 2.3.2). 

La définition usuelle du métier est applicable en cas de traite d'êtres humains. L'auteur 
agit de manière professionnelle, lorsqu'en raison du temps et des moyens consacrés à 
son activité délictueuse, ainsi que de la fréquence des actes pendant une période 
donnée et des revenus espérés ou obtenus, il ressort qu'il exerce son activité à la 
manière d'une profession, et en retire effectivement des revenus relativement réguliers 
contribuant de façon non négligeable à la satisfaction de ses besoins (A. MACALUSO/ 
L. MOREILLON / N. QUELOZ (éds), Commentaire romand, Code pénal vol. II, partie 
spéciale : art. 111-392 CP, 2ème édition, Bâle 2025 n. 34 ad art. 182). 

Selon la méthode dite du loverboy, des hommes, généralement jeunes, simulent à des 
jeunes femmes une relation d'amour, les plaçant ainsi dans une situation de dépendance 
émotionnelle leur permettant ensuite de les manipuler et de les exploiter sexuellement. 
Les loverboys accompagnent les femmes depuis leur pays jusqu'en Suisse, où ils se 
révèlent alors être des proxénètes, jusqu'à ce qu'ils finissent par revendre leurs victimes 
à un moment où à un autre (cf. arrêt du Tribunal fédéral 7B_54/2022 du 11 décembre 
2023, qui renvoie aux explications contenues sur le site internet de l'Office fédéral de 
la police : https://www.ejpd.admin.ch/fedpol/fr/home/kriminalitaet/menschenhandel/ 
opfer-taeter.html). 

La traite d’êtres humains comprend nécessairement, dans sa définition, une atteinte 
importante à la liberté de la victime ; la contrainte au sens de l’art. 181 CP doit de ce 
fait être considérée comme absorbée et son application en concours est exclue (A. 
MACALUSO / L. MOREILLON / N. QUELOZ (éds), Code pénal II, vol. II, Partie 
spéciale : art. 111-392 CP, 2e édition, Bâle 2025, n. 39 ad art. 182). 

https://www.ejpd.admin.ch/fedpol/fr/home/kriminalitaet/menschenhandel/%20opfer-taeter.html
https://www.ejpd.admin.ch/fedpol/fr/home/kriminalitaet/menschenhandel/%20opfer-taeter.html

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5.2. L'art. 195 CP punit d'une peine privative de liberté de dix ans au plus ou d'une 
peine pécuniaire quiconque pousse un mineur à la prostitution ou favorise la 
prostitution de celui-ci dans le but d'en tirer un avantage patrimonial (let. a), pousse 
autrui à se prostituer en profitant d'un rapport de dépendance ou dans le but d'en tirer 
un avantage patrimonial (let. b), porte atteinte à la liberté d'action d'une personne qui 
se prostitue en la surveillant dans ses activités ou en lui en imposant l'endroit, l'heure, 
la fréquence ou d'autres conditions (let. c) ou maintient une personne dans la 
prostitution (let. d). 

Cette disposition vise celui qui, à l'égard d'une personne qui se prostitue, dispose d'une 
position dominante lui permettant de restreindre sa liberté d'action et de déterminer la 
manière dont elle doit exercer son activité, tels que par exemple la fixation du montant 
que le client doit payer, la détermination de la part qui lui revient, le genre de pratiques 
sexuelles offertes, le choix du client, le lieu de l'activité et le revenu à réaliser. L'auteur 
est punissable en vertu de l'art. 195 let. c CP s'il exerce une certaine pression sur la 
personne concernée, pression à laquelle elle ne peut pas se soustraire sans autre, de 
sorte, d'une part, qu'elle n'est plus entièrement libre de décider si et comment elle veut 
exercer son activité et, d'autre part, que la surveillance et l'influence de l'auteur va à 
l'encontre de sa volonté ou de ses besoins (ATF 129 IV 81 consid. 1.2 ;  
126 IV 76 consid. 2 ; arrêts du Tribunal fédéral 7B_54/2022 du 11 décembre 2023 
consid. 4.1 et 6B_145/2019 du 28 août 2019 consid. 5.3.3). 

À l'inverse, dès lors que la personne prostituée demeure libre de déterminer si oui ou 
non, quand, dans quelle mesure et avec qui elle envisage d'avoir des relations sexuelles, 
la seule possibilité pour l'auteur de contrôler, par le biais de montants à reverser, 
l'étendue de l'activité sexuelle rétribuée ne suffit pas pour que l'infraction soit réalisée 
(ATF 126 IV 76 consid. 3 ; arrêt du Tribunal fédéral 7B_54/2022 du 11 décembre 
2023 consid. 4.1). 

En tant que les actes réprimés par l’art. 195 CP supposent une certaine contrainte, cette 
disposition est une lex specialis de l’art. 181 CP, dont l’application est partant exclue 
(A. MACALUSO / L. MOREILLON / N. QUELOZ (éds), op. cit., n. 29 ad art. 195). 

5.3. Sans se prononcer spécifiquement sur la question du concours, le Tribunal fédéral 
a confirmé à plusieurs reprises une condamnation pour traite d'êtres humains en plus 
de l'encouragement à la prostitution (cf. notamment ATF 129 IV 81 ; arrêts du Tribunal 
fédéral 6B_1168/2017 du 10 septembre 2018, 6B_541/2015 du 10 novembre 2015, 
6B_1006/2009 du 26 mars 2010 consid. 4 et 6B_277/2007 du 8 janvier 2008). Dans 
son message, le Conseil fédéral a considéré qu'un concours réel était admissible avec 
toutes les infractions contre l'intégrité sexuelle (FF 2005 2639 p. 2667). Si une partie 
de la doctrine est d'avis que la traite d'être humains, impliquant la perte chez la victime 
de son autodétermination en matière sexuelle, absorbe l'encouragement à la 
prostitution (S. TRECHSEL / M. PIETH [éds], Schweizerisches Strafgesetzbuch : 
Praxiskommentar, 4ème éd., Zurich 2021, n. 9 ad art. 182 ; M. NIGGLI / 

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