# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 731d0c5f-a9e7-5a53-aeda-49d2e92a56a7
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2003-06-16
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 16.06.2003 FI.2003.0015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_FI-2003-0015_2003-06-16.html

## Full Text

CANTON DE VAUD

TRIBUNAL ADMINISTRATIF

Arrêt

du 16 juin 2003

sur le recours interjeté par X.________,
représentée par Marie-Françoise May, avocat, 1002 Lausanne

contre

la décision sur réclamation rendue le 29
janvier 2003 par l'Administration cantonale des impôts (demande de
révision, période de taxation 1995-1996, impôt fédéral direct, impôt cantonal
et communal)

* * * * * * * * * * * * * * * *

Composition de la section: M. Etienne
Poltier, président; M. Raymond Bech et M. Fernand Briguet, assesseurs.
Greffier: M. Patrick Gigante.

Vu les faits suivants:

A.                     X.________, domicilié à
********/F, est propriétaire de plusieurs immeubles à ********; il détenait
notamment une part de 8/18èmes sur les immeubles sis nos 1********, avenue
Y.________ et a acquis les 10/18èmes restant en date du 12 juillet 1993. Le 24
décembre 1995, il a, par la plume du cabinet fiduciaire Jean-Pierre Défago,
déposé sa déclaration relative à la période de taxation 1995-1996; il a annoncé
un revenu imposable négatif (dont 131'786, respectivement 169'585 francs de
frais d'entretien d'immeubles déductibles pour les années 1993 et 1994) et une
fortune imposable de 3'505'000 francs. Pendant la procédure de taxation, il a
fait part de ce qu'il avait dépensé 253'510, respectivement 943'531 francs
durant les années 1993 et 1994 pour l'entretien de ses immeubles dans le
canton. Par décision de taxation définitive et de répartition intercantonale
des éléments imposables du 18 juin 1997, la Commission d'impôt de
Lausanne-Ville a arrêté à 311'200 francs son revenu imposable dans le canton,
au taux de 314'400 francs, avec la motivation suivante:

              "Les frais d'entretien pour
les immeubles sis à Y.________ 1******** sont admis par Fr. 125'278.-- pour
1993 et par 309'098 pour 1994 (fr. 247'279.-- pour la part de 8/18 et Fr.
61'819.-- pour la part de 10/18 acquise en 1993).

                        Ensuite de cette
taxation, le calcul de l'impôt cantonal et communal pour les années 1995 et
1996 lui a été notifié le 24 juin 1997. Le même jour, deux décisions de
taxation définitive, ayant trait à l'impôt fédéral direct cette fois-ci,
concernant les mêmes années, lui ont été notifiées; son revenu imposable a été
arrêté à 310'900 francs. 

B.                    En date du 17 juin 1997,
Jean-Pierre Défago, alors mandataire de X.________, s'est entretenu par
téléphone avec une fonctionnaire de la Commission d'impôt; par courrier du même
jour, il a résumé ainsi le contenu de cet entretien:

              "Messieurs,

              Suite à notre entretien
téléphonique de ce jour, nous sommes convenus:

              Immeuble Y.________ 1********
- Année 1993

              • revenu brut :                                      Fr.        
283'111.--

              • frais d'entretien forfaitaires                  Fr.         
31'456.--

              • frais d'entretien effectifs                      Fr.         
55'679.--

              Revenu net                                         Fr.        195'976.--

              (...)"

                        Le 3 juillet 1997, la
Commission d'impôt a fait parvenir à Jean-Pierre Défago une proposition de
règlement, avec répartition intercantonale des éléments imposables pour la
période 1995-1996, fixant à 275'800 le revenu imposable en matière d'impôt
cantonal et communal au taux de 279'300 francs (la déduction des frais
d'entretien d'immeubles étant finalement admise à hauteur de 348'802 francs).
Par courrier du 9 juillet 1997, Jean-Pierre Défago a accusé réception de cette
proposition et a confirmé le retrait de la "réclamation". Prenant
acte de ce retrait, la commission d'impôt a notifié le 11 juillet 1997 deux
décisions de taxation définitive, l'une en matière d'impôt cantonal et
communal, l'autre en matière d'impôt fédéral direct, en reprenant les éléments
figurant dans sa proposition du 3 juillet 1997. Ces décisions sont toutes deux
entrées en force.

C.                    Le 26 août 1997,
X.________, toujours par la plume de Jean-Pierre Défago, a requis la révision
des taxations définitives du 11 juillet 1997; il a invoqué l'arrêt rendu le 24
avril 1997 par le Tribunal fédéral (publié notamment in ATF 123 II 218 et ss et
traduit in RDAF 1997 II 582 et ss). Cet arrêt précise la jurisprudence
antérieure (inaugurée avec l'ATF 99 Ib 362) et la pratique (dite
"Dumont") qui prévalait jusqu'alors en matière de déduction des frais
d'entretien d'immeubles; désormais, en substance, pour les immeubles
nouvellement acquis mais dont l'entretien n'a pas été négligé, les frais
peuvent être déduits du revenu brut lorsqu'il ont trait à l'entretien
périodique et non au rattrapage (cons. 1c). Constatant que la proposition de
règlement du 3 juillet 1997 était fondée à tort sur la pratique
"Dumont", désormais dépassée, et invoquant la bonne foi de
l'administration, X.________ a prié l'autorité de taxation de revenir sur ses
décisions du 11 juillet 1997. Par décision du 29 août 1997, la commission
d'impôt a estimé toutefois que les motifs invoqués ne lui permettaient pas de
revenir sur les taxations définitives entrées en force; on extrait de sa
décision le passage suivant:

              "En effet, notre décision
était fondée sur la jurisprudence en vigueur lors de son établissement. Nous
avons été informés de la nouvelle jurisprudence à fin juillet 1997, par une
circulaire de l'Administration Fédérale des Contributions datée du 18 juillet
1997. Dès lors, la taxation 1995/1996 est entrée en force et nous ne saurions
revenir sur celle-ci."

                        Par courrier du 4
septembre 1997, le contribuable, toujours par la plume de Jean-Pierre Défago, a
informé la commission d'impôt que sa correspondance du 16 août 1997 valait
réclamation à l'encontre de la décision du 29 août 1997. En date du 17 octobre
1997, l'Administration cantonale des impôts (ci-après: ACI), à qui la
réclamation a été transmise comme objet de sa compétence, a exposé au
contribuable les raisons pour lesquelles la demande de révision lui paraissait,
prima facie, infondée; elle a donc invité celui-ci à retirer sa réclamation.
X.________ ne s'étant pas manifesté, l'ACI l'a relancé en date du 2 septembre
2002. Par courrier de son nouveau mandataire, BfG SA, société fiduciaire,
X.________ a indiqué qu'il maintenait sa réclamation. Par décision du 29
janvier 2003, l'ACI, estimant que les conditions permettant au contribuable de
requérir la révision de décisions de taxation définitive entrées en force, a
rejeté cette réclamation.

D.                    X.________, par la plume
de Marie-Chantal May, avocate, s'est pourvu auprès du Tribunal administratif,
en temps utile, contre la décision sur réclamation du 29 janvier 2003, en
concluant à son annulation. L'ACI a, pour sa part, conclu au rejet du recours.

                        Sur réquisition du
juge instructeur, l'ACI a produit une copie de la circulaire de
l'Administration fédérale des contributions du 18 juillet 1997, document
transmis au conseil du recourant; ce dernier n'a toutefois pas fait usage de la
faculté qui lui a été conférée de déposer des déterminations complémentaires.

Considérant en droit:

1.                     Le litige soumis au
Tribunal administratif dans le cas d'espèce a exclusivement trait à l'accueil
ou, au contraire, au rejet de la demande de révision présentée par le
contribuable à l'encontre des décisions de taxation définitive du 11 juillet
1997. Le cas d'espèce vise une situation très particulière; l'autorité fiscale
avait en effet déjà statué, en date du 11 juillet 1997 (pour la seconde fois
d'ailleurs), lorsqu'elle a eu connaissance (fin juillet selon ses allégations)
de la nouvelle jurisprudence du Tribunal fédéral et de la circulaire de l'AFC à
ce propos.

                        Le recourant soutient
à cet égard, en substance, que le principe "iura novit curia"
obligeait l'intimée à révoquer la décision précitée.

                        a) On sait qu'une
modification législative n'a vocation à s'appliquer qu'après sa publication et
la fixation de son entrée en vigueur (v., not. Pierre Moor, Droit
administratif, vol. I, 2ème éd., Berne 1994, n° 2.5.2.1); or, à l'inverse, un
changement de jurisprudence s'imposera immédiatement, y compris à l'autorité,
sans qu'il soit nécessaire d'adopter une disposition transitoire spécifique.
L'égalité de traitement exige en effet qu'une nouvelle jurisprudence soit
appliquée dans tous les cas aux affaires pendantes au moment où elle est
adoptée, ainsi qu'aux affaires futures (op. cit., vol. I n° 2.1.5.2, vol. II,
n° 2.4.3.2, réf. citées). Cependant, une décision rendue en conformité d'une
ancienne pratique, désormais révolue, demeure néanmoins conforme au droit pour
la période échue (cf. ATF 112 V 373; 111 V 161; v. en outre Archives 38, déjà cité,
cons. 4c/aa); en droit fiscal du reste, le droit applicable est en règle
générale celui en vigueur au moment où survient le fait générateur de
l'obligation (cf. Ernst Blumenstein/ Peter Locher, System des schweizerischen
Steuerrechts, 6ème éd., Zurich 2002, op. cit., p. 162; Jean-Marc Rivier, Droit
fiscal suisse, L'imposition du revenu et de la fortune, 2ème édition, Lausanne
1998, p. 80). Le seul fait qu'une inégalité de traitement subsiste entre le
sort réservé aux administrés selon la nouvelle jurisprudence et le régime
antérieur n'est du reste pas suffisant à invalider ce revirement (Moor, vol. I,
n° 2.1.5.2). Pour ce motif également, le Tribunal administratif, dans un arrêt
FI 1996/0032 du 31 janvier 2000, n'est pas entré en matière sur la révision
d'une amende pour soustraction fiscale, dès lors que le changement de
jurisprudence invoqué à l'appui de la demande concernait les périodes fiscales
ultérieures, dont les taxations étaient entrées en force.

                        b) Durant le délai de
réclamation ou de recours, il est certain que l'autorité peut librement
révoquer sa décision, dans la mesure où celle-ci n'est pas exécutoire (ibid.,
n° 2.4.3.8); dans un arrêt du 7 juillet 1995, publié in Archives 64, 575, cons.
1a/bb, le Tribunal fédéral admet du reste que la fixation de l'impôt puisse
être modifiée aussi longtemps que court le délai de recours. En revanche,
lorsqu'elle est entrée en force, une décision matériellement erronée n'est en
principe plus susceptible d'être révoquée; en matière fiscale, la fixation de l'impôt
devient ainsi définitive, tant pour le contribuable que pour la collectivité,
seule la voie de révision permettant, lorsque les conditions sont réalisées, de
revenir sur cette décision (cf. Archives 64, déjà cité, cons. 1a/bb; v. en
outre, dans le même sens, Blumenstein/Locher, op. cit., p. 456). Deux raisons
principales s'opposent de toute façon à la révocation par l'autorité d'une
décision entrée en force : le respect de la sécurité juridique, d'une part, le
fait que la décision soit issue d'une procédure complète et résulte d'une
instruction contradictoire, d'autre part (v. Moor II, n° 2.4.3.5). En outre, la
Haute Cour rappelle qu'une décision de taxation règle le rapport de droit
fiscal de manière identique à un jugement rendu sur la base d'un état de fait
unique et limité dans le temps, de sorte que sa remise en question ne peut
intervenir qu'à titre exceptionnel (Archives, ibid.; v. ég. Fritz Gygi,
Verwaltungsrecht, Bern 1986, p. 305).

                        Cependant, si
l'autorité fiscale en a bien la faculté, elle n'est pas pour autant tenue de
révoquer sa décision, non entrée en force, lorsque celle-ci se révèle
postérieurement illégale. Dans l'hypothèse où la décision serait viciée en
raison d'une modification de jurisprudence, cela supposerait de toute façon au
préalable que l'autorité prenne connaissance de ce changement durant le délai
de réclamation et de recours. Sans doute, l'autorité doit, lorsqu'elle statue,
appliquer le droit d'office (jura novit curia), sans être liée par les moyens
qu'invoquent les parties; en revanche, on ne saurait reprocher à l'autorité
d'avoir violé cette maxime après avoir statué. Par ailleurs, l'autorité n'a pas
l'obligation d'accorder d'office aux administrés des droits que la loi fait
dépendre d'une demande de leur part (v. Moor II, n° 2.2.6.5). Au contraire, il
appartient à l'administré d'invoquer, à l'appui d'une réclamation ou d'un
recours, le vice juridique dont souffre une décision, parce que l'autorité n'a
pas tenu compte d'un changement de pratique. Sans doute, il en va autrement
dans le cas, limite à vrai dire, où l'autorité n'aurait sciemment pas tenu
compte d'un tel changement; le principe de la bonne foi pourrait en pareille
situation exiger de l'autorité qu'elle révoque sa décision viciée. 

                        c) La procédure de
révision est une voie de droit extraordinaire qui permet exceptionnellement de
remettre en cause une décision entrée en force, ce qui est le cas des taxations
fiscales n'ayant pas fait l'objet d'un recours (v. arrêts FI 1995/0046 du 13
juin 1996, FI 1994/0065 du 18 août 1995, FI 1993/0053 du 20 décembre 1994, FI
1993/0016 du 10 mai 1994). Les conditions en sont arrêtées par la loi; ainsi,
en matière d'impôt fédéral direct, l'art. 147 LIFD. En matière d'impôt cantonal
et communal, elle était réglée, jusqu'au 31 décembre 2000, aux articles 107 ss
aLI (on entend par cette abréviation la loi du 26 novembre 1956 sur les impôts
directs cantonaux); depuis le 1er janvier 2001, elle l'est par les art. 203 ss
LI (loi du 4 juillet 2000 sur les impôts direct cantonaux).

                        aa) Ces trois textes
énoncent des conditions similaires; en substance, la taxation définitive peut
être révisée à la demande du contribuable (dans la LIFD, comme dans la LHID du
reste, elle peut également intervenir d'office, lorsque l'autorité qui a statué
découvre elle-même le motif de révision; v. FF 1983 III 1 et ss, not. 144) :
soit lorsque la décision a été prise en violation des règles essentielles de la
procédure, soit lorsque l'autorité de taxation ou de recours n'a pas tenu
compte de faits importants qui ressortent du dossier, enfin lorsque le
requérant découvre des faits nouveaux importants ou des preuves qu'il n'avait
pu invoquer dans la procédure de taxation ou de recours. Ces conditions,
propres à la révision au sens étroit, ont en commun, d'une part, d'avoir trait
à une irrégularité qui affecte la procédure dans laquelle la décision a été
prise, d'autre part, d'exiger de l'intéressé la démonstration de sa diligence,
à savoir qu'il n'ait pas été en mesure, sans faute de sa part, de faire valoir le
grief dans la procédure ordinaire (v. Moor, op. cit., vol. II, nos 2.4.4.1 et
2.4.5.3). 

                        bb) Par faits
nouveaux, on entend des faits antérieurs à la décision de taxation, mais
découverts après seulement (nova reperta); sont nouveaux les faits qui,
survenus à un moment où ils pouvaient être invoqués dans la procédure de
taxation initiale, n'étaient pas connus de lui malgré toute sa diligence (v.
Rivier, op. cit., p. 204; Ernst Känzig/ Urs Behnisch, Die Direkte Bundessteuer,
n° 35 ad art. 126 AIFD; réf. citées). Par faits importants ressortant du
dossier, il faut entendre l'ensemble des actes de procédure et des pièces que
l'autorité devait prendre en considération selon la décision dont elle est
saisie (v. Jean-François Poudret, Commentaire de la loi fédérale d'organisation
judiciaire, vol. V, Berne 1992, no. 5.2 ad art. 136; Ursina Beerli-Bonorand,
Die ausserordentlichen Rechtsmittel in der Verwaltungsrechtspflege des Bundes
und der Kantone, Zürich 1985, pp. 130-131; références citées).

                        De façon générale, dans
l'un comme dans l'autre cas précités de révision, une nouvelle appréciation
juridique ou une nouvelle jurisprudence ne sauraient en revanche être assimilée
à un fait (v. Poudret, op. cit., n° 2.2.1 ad 137; cf. en outre TA, arrêt CP
1994/0006 du 13 juin 1994; réf. citées). Il en va de même d'un changement de
pratique des autorités fiscales (v. Agner/Jung/Steinmann, Commentaire de la loi
sur l'impôt fédéral direct, Zurich 2001, ad 147 LIFD, p. 440, références
citées; Blumenstein/Locher, op. cit., p. 407). Le contribuable ne peut se
prévaloir en effet d'une fausse application du droit pour obtenir la révision
d'une décision entrée en force, dès lors qu'il s'agit là d'un moyen à invoquer
dans le cadre d'un recours en procédure ordinaire (cf. Känzig/Behnisch, op.
cit. n° 15); aussi, la révision ne permet pas de bénéficier d'une nouvelle
interprétation ou d'une nouvelle pratique de la part de l'administration (v.
ATF 98 Ia 572, cons. 5). Le Tribunal fédéral a du reste constamment rappelé
qu'un changement de jurisprudence (v. ATF 111 Ib 209, cons. 3; 103 Ib 87, cons.
3) ou d'interprétation d'une disposition légale applicable (v. Archives de
droit fiscal 38, 163, cons. 4c/cc; 19, 189; ATF 83 I 326) ne constituent pas
des motifs de révision d'une décision de taxation entrée en force. Dès lors,
dans un arrêt FI 1993/0134 du 23 juin 1994, le Tribunal administratif a refusé
de considérer l'adoption d'une directive du Conseil d'Etat, faisant suite à la
nouvelle teneur de l'art. 4a LIC, comme un fait nouveau susceptible d'entraîner
la révision d'une taxe communale. 

                        cc) En outre, la
révision est possible lorsque l'autorité a violé une formalité essentielle de
la procédure, de manière à détourner l'administré d'un moyen de défense, de
sorte que celui-ci ne pouvait songer à l'existence d'un vice (Moor II, n°
2.4.4.1; réf. citées, not. ATF 75 I 305). 

2.                     Dans le cas d'espèce,
le recourant se prévaut d'un arrêt du Tribunal fédéral qui a effectivement eu
pour conséquence de changer la pratique des autorités fiscales, s'agissant des
frais d'entretien d'immeuble; le Tribunal fédéral a en effet modifié son
interprétation des articles 22 al. 1 lit. a et 23 AIFD. 

                        a) L'ATF dont il est
question ci-dessus a été rendu le 24 avril 1997. L'autorité de taxation
soutient en avoir pris connaissance la première fois fin juillet 1997 par une
circulaire de l'AFC du 18 juillet 1997. Le recourant, qui ne conteste pas les
explications de l'autorité de taxation sur ce point, semble en avoir été
informé à peu près à la même époque. Il n'est pas exclu que la presse se soit
faite l'écho de ce changement de jurisprudence avant cette dernière date, alors
que la réclamation était toujours pendante dans le cas d'espèce; quoi qu'il en
soit, cela aurait de toute façon échappé aux deux parties. 

                        Les circonstances ont
ainsi fait que l'autorité de taxation a pris connaissance de cet arrêt alors
que ses décisions de taxation du 11 juillet 1997 pouvaient encore faire l'objet
d'une réclamation, le délai de trente jours imparti par les articles 101 aLI et
132 al. 1 LIFD n'étant pas encore échu. Contrairement toutefois à ce que semble
soutenir le recourant, l'autorité n'était nullement tenue de révoquer ses
décisions, ni même de l'en avertir; le recourant, qui prête en quelque sorte à
l'autorité fiscale la position d'un conseiller, n'est donc pas fondé à invoquer
le respect du principe de la bonne foi de l'administration (ce principe n'est
du reste pas en cause ici). 

                        En réalité, il
appartenait au contribuable d'invoquer ce moyen à l'appui d'une réclamation ou
d'un recours. Or, entre-temps, le recourant a, par courrier du 9 juillet 1997,
retiré formellement la "réclamation" qu'il avait interjetée contre la
première décision de taxation du 18 juin 1997, suite à la proposition de
règlement qui lui a été faite par l'autorité de taxation. Certes, il est en
général admis que le retrait du recours est irrévocable sous réserve d'un vice
de la volonté (v. ATF 111 V 158); en outre, il doit être considéré comme non
avenu s'il a pour cause une erreur provoquée par l'autorité (v. ATF 109 V 234).
Ces hypothèses permettent la révision de la décision mettant fin à la procédure
ensuite du retrait du recours (v. sur cette question, arrêts FI 2002/0085 du 14
mars 2003 et CP 1995/0003 du 5 mars 1997). Dès lors, on ne voit pas dans les
explications du recourant que ce retrait serait entaché d'un vice de la volonté
et aurait été opéré sous l'emprise d'une erreur essentielle; ce serait perdre
de vue que le recourant, qui était alors représenté par un mandataire
professionnellement qualifié, n'a du reste jamais soutenu que son consentement
au retrait de la réclamation était en quelque sorte vicié. En outre, comme il
n'est pas établi que l'autorité de taxation connaissait l'ATF du 24 avril 1997
avant fin juillet 1997, on ne voit pas en quoi sa proposition de règlement du 3
juillet 1997 aurait pu induire en erreur le recourant quant à son contenu.

                        b) Il reste à examiner
si, ce nonobstant, les conditions de la révision étaient réunies en
l'occurrence. Le recourant invoque la découverte, alors que le délai de
réclamation était échu, de la nouvelle jurisprudence du Tribunal fédéral. Or,
il ne s'agit là, ni d'un novum repertum que le recourant pouvait ne pas
connaître au cours de la procédure ordinaire, parce qu'il l'a découvert
postérieurement aux décisions de taxation, ni d'un fait important ressortant du
dossier dont l'autorité de taxation aurait négligé de tenir compte dans sa
décision. Quant à soutenir que cette autorité aurait violé une règle
essentielle de procédure en n'appliquant pas, d'office, la nouvelle
jurisprudence du Tribunal fédéral, cela reviendrait à supprimer toute
distinction entre la réclamation et la révision; en effet, le motif invoqué in
casu relève typiquement, sinon exclusivement, de l'application du droit en
procédure ordinaire. Dès lors, non seulement il n'a pas vocation à être invoqué
à l'appui d'une demande de révision mais, par surcroît, l'autorité n'était pas
tenue, lorsqu'elle en a pris connaissance, de réviser d'office la décision de
taxation de l'impôt fédéral direct. 

                        Force est ainsi de
constater avec l'autorité intimée que les conditions permettant la révision des
décisions de taxation du 11 juillet 1997 ne sont donc pas réunies en
l'occurrence.

                        c) Enfin, on ne voit
pas en quoi les conditions d'une révision facilitée seraient réunies. Cette
voie suppose une erreur de l'autorité manifeste et essentielle; elle est
ouverte lorsque le recourant a omis de requérir la correction de cette erreur
dans le cadre de la procédure de recours ordinaire et permet d'obtenir des
résultats plus conformes à l'équité, notamment dans les hypothèses où
l'autorité fiscale a commis des erreurs manifestes, aboutissant à des taxations
ne correspondant pas à la situation de fait du ou des contribuables concernés,
mais entrant néanmoins en force à la suite d'une inattention de ceux-ci (v.
arrêt FI 1999/0079 du 25 septembre 2000, confirmé par ATF non publié du 18
avril 2001, références citées). Or, le fait même que la jurisprudence invoquée
in casu ait fait l'objet de nombreux commentaires (cf. sur ce point, notamment,
Rivier, op. cit., p. 441; Peter Locher, Kommentar zum DBG, I.Teil, Basel 2001,
ad art. 32 LIFD, références citées in p. 778) démontre que l'erreur de
l'autorité de taxation n'était pas manifeste. 

                        Au surplus, la
révision facilitée suppose une pesée comparative des manquements procéduraux
respectifs de l'autorité fiscale et du contribuable (arrêt FI 1999/0079, déjà
cité). Or, ce changement de jurisprudence, s'il a échappé à l'autorité de
taxation durant la procédure de taxation, a également échappé au recourant,
pourtant représenté par un mandataire professionnellement qualifié; cela
explique qu'il n'ait pas pu faire valoir ce moyen de façon efficace en temps
utile.

3.                     Les considérants qui
précèdent conduisent ainsi le tribunal à rejeter le recours et à confirmer la
décision attaquée. Un émolument d'arrêt sera mis à la charge du recourant,
celui-ci succombant; au surplus, il ne sera pas alloué de dépens.

Par ces motifs

le Tribunal administratif

arrête:

I.                      Le recours est
rejeté.

II.                     La décision
sur réclamation rendue le 29 janvier 2003 par l'Administration cantonale des
impôts est confirmée.

III.                     Un émolument
de 800 (huit cents) francs est mis à la charge de X.________.

IV.                    Il n'est pas
alloué de dépens.

Lausanne, le 16 juin 2003

Le président:                                                                                             Le
greffier:

                                                                                                                  

 

Le présent arrêt est communiqué aux
destinataires de l'avis d'envoi ci-joint

En tant qu'il a trait à l'impôt fédéral
direct, le présent arrêt peut faire l'objet, dans les trente jours dès sa
notification, d'un recours de droit administratif au Tribunal fédéral. Le
recours s'exerce conformément aux art. 103 ss de la loi fédérale d'organisation
judiciaire (RS 173.110)