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**Case Identifier:** f322e65e-61c3-5a10-ab91-7bffbd3f718c
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-01-22
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 22.01.2013 A/1630/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-1630-2010_2013-01-22.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/1630/2010-ICCIFD ATA/39/2013  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 22 janvier 2013 

2ème section 

   dans la cause 

 

Madame  T______ 
  

contre 

ADMINISTRATION FISCALE CANTONALE 

et  

ADMINISTRATION FÉDÉRALE DES CONTRIBUTIONS 

_________ 

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 
23 mai 2011 (JTAPI/512/2011) 

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A/1630/2010 

EN FAIT 

1.  Madame T______, domiciliée à Genève, est contribuable dans ce canton. 
Elle n’a pas renvoyé dans les délais usuels sa déclaration fiscale 2008, malgré la 
sommation qui lui a été signifiée par pli recommandé par l’administration fiscale 
cantonale (ci-après : AFC-GE) la menaçant d’une taxation d’office. 

2.  Par deux bordereaux du 17 septembre 2009, envoyés sous pli simple, 
l’AFC-GE a taxé d’office Mme T______ pour les impôts cantonaux et 
communaux (ci-après : ICC) 2008 en prenant en considération un revenu 
imposable de CHF 70'000.- et une fortune imposable de CHF 198'000.-, de même 
que pour l’impôt fédéral direct (ci-après : IFD) 2008, sur la base d’un revenu 
imposable de CHF 70'000.-. 

3.  Par pli posté le 30 octobre 2009, Mme T______ a élevé réclamation contre 
ces deux bordereaux de taxation d’office en indiquant qu’elle s’était trouvée au 
chômage pendant toute l’année 2008 et n’avait pas réalisé de revenus. Elle n’avait 
pas non plus perçu d’indemnités de chômage. Elle priait l’AFC-GE de 
reconsidérer sa taxation, les revenus pris en considération pour la taxation d’office 
étant « illusoires ». Elle était actuellement « à l’arrêt » et ne pouvait pas se 
présenter au guichet personnellement. 

4.  Par deux décisions du 12 novembre 2009, l’AFC-GE a déclaré irrecevables 
pour cause de tardiveté les réclamations relatives à l’ICC et l’IFD 2008. Celles-ci 
ne respectaient pas le délai impératif de trente jours, ni les critères formels 
résultant respectivement de l’art. 39 al. 2 de la loi de procédure fiscale du 
4 octobre 2001 (LPFisc - D 3 17) et 132 al. 3 de la loi fédérale sur l’impôt fédéral 
direct du 14 décembre 1990 (LIFD - RS 642.11). De plus, la contribuable n’avait 
invoqué aucun motif sérieux justifiant une éventuelle réclamation tardive au sens 
des art. 41 al. 3 LPFisc et 133 al. 3 LIFD. 

5.  Le 22 janvier 2010, l’AFC-GE a expédié à Mme T______ un rappel de 
paiement relatif à l’ICC 2008.  

6.  Le 29 janvier 2010, elle lui a envoyé une sommation concernant l’IFD 2008. 

7.  Par courrier daté du 11 février 2010, réceptionné par l’AFC-GE sans 
enveloppe le 25 février 2010, Mme T______ a contesté l’ICC 2008 pour les 
raisons sus indiquées. De plus, elle a annexé un document attestant qu’elle avait 
été incarcérée en 2009. Il s’agissait d’une attestation émise le 28 janvier 2010 par 
la prison de Champ-Dollon certifiant que Mme T______ était détenue dans cet 
établissement depuis le 30 août 2009 pour une durée indéterminée. 

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8.  Le 24 février 2010, le service du recouvrement a accordé à Mme T______ 
un délai au 30 avril 2010 pour s’acquitter de ses impôts, dans l’attente de la 
réponse du service de taxation. 

9.  Par deux nouvelles décisions sur réclamation du 11 mars 2010, l’AFC-GE a 
déclaré irrecevables les réclamations formulées par la contribuable le 11 février 
2010 pour l’ICC 2008 et l’IFD 2008 au motif que les réclamations ne répondaient 
pas aux exigences prescrites.  

10.  Se fiant à la voie de droit indiquée dans ces deux décisions, Mme T______ a 
recouru le 23 avril 2010 auprès de la commission cantonale de recours en matière 
administrative (ci-après : la CCRA), devenue depuis le 1er janvier 2011 le 
Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI). Elle était 
hospitalisée depuis le mois de septembre 2009. Depuis mars 2010, elle était à la 
clinique de Belle-Idée et recourait contre ses deux taxations d’office, n’ayant pas 
réalisé les revenus sur lesquels elle était taxée. 

11.  Le 10 novembre 2010, l’AFC-GE a répondu que le recours devait être 
déclaré irrecevable, les décisions sur réclamation ayant « été notifiées à la 
contribuable le 11 mars 2010 ». Le recours, déposé le 3 mai 2010 (recte : reçu le 
3 mai 2010) était par conséquent tardif. Malgré son incarcération et son 
hospitalisation, la contribuable avait pu recourir. En tout état, elle n’avait pas 
démontré que son état était tel qu’il l’aurait empêchée de mandater un 
représentant. Si par impossible le recours devait être déclaré recevable, il devait 
être rejeté, la réclamation, respectivement le recours, contre une taxation d’office 
ne pouvant porter que sur son caractère manifestement inexact, ce que la 
recourante n’alléguait même pas. 

12.  Le 12 novembre 2010, l’AFC-GE a encore produit une confirmation de 
distribution établie le 9 novembre 2010 à sa requête par la Poste, démontrant que 
la sommation avant taxation d’office avait bien été distribuée à la contribuable le 
19 août 2009. 

13.  Par jugement du 23 mai 2011, le TAPI a rejeté le recours dans la mesure de 
sa recevabilité et mis à charge de la contribuable un émolument de CHF 300.-. Il a 
considéré que le recours interjeté devant lui l’avait été en temps utile, l’AFC-GE 
étant dans l’incapacité d’établir la date de réception des décisions sur réclamation 
envoyées sous pli simple, alors que le fardeau de la preuve lui incombait. Dans 
ces conditions, il n’était pas possible de soutenir que le recours interjeté le 23 avril 
2010 contre les décisions du 12 novembre 2009, mais qui ont été confirmées par 
deux décisions sur réclamation du 11 mars 2010 sans raison aucune, ait été tardif. 
En revanche, le contribuable taxé d’office ne pouvait contester une taxation 
d’office que si celle-ci était manifestement inexacte. Or, aussi bien dans sa 
réclamation que dans son recours, Mme T______ s’était bornée à dire qu’elle 
n’avait pas réalisé de revenus en 2008 et c’était à elle qu’il appartenait d’établir 

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que la taxation était manifestement inexacte. Il lui incombait de déposer une 
déclaration fiscale pour démontrer qu’elle n’avait réalisé aucun revenu en 2008. 
Quant aux problèmes de santé allégués, la recourante n’avait pas démontré qu’ils 
l’auraient empêchée d’agir elle-même ou de mandater un tiers pour la représenter. 
Elle avait d’ailleurs rédigé elle-même la réclamation. Dès lors, le recours ne 
pouvait qu’être rejeté pour défaut de motivation. 

14.  Ce jugement a été expédié aux parties le 8 juin 2011. 

15.  Par acte posté le 11 juillet 2012, Mme T______ a recouru contre ledit 
jugement auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la 
chambre administrative) en indiquant recourir contre la taxation d’office 2008 et 
solliciter une remise exceptionnelle compte tenu de son état de santé attesté par le 
Docteur B______ le 6 septembre 2009. Elle avait été incarcérée et hospitalisée à 
l’unité carcérale psychiatrique du 30 août au 16 novembre 2009, puis transférée à 
la prison de Champ-Dollon, où elle avait séjourné jusqu’au 4 mars 2010, avant 
d’être admise en milieu institutionnel ouvert à la clinique de Belle-Idée, où elle se 
trouvait encore à la date du dépôt du recours en juillet 2012. Son état de santé 
s’était stabilisé. Elle n’avait réalisé aucun revenu en 2008 et n’avait perçu que des 
intérêts sur sa fortune, lesdits intérêts s’élevant à CHF 2'183.-. 

16.  Le TAPI a produit son dossier le 26 juillet 2012. 

17.  Le 29 août 2012, l’AFC-GE a conclu à l’irrecevabilité du recours pour cause 
de tardiveté, la contribuable n’ayant invoqué aucun motif tendant à justifier son 
retard. 

18.  Le 3 septembre 2012, le juge délégué a écrit à l’AFC-GE. Selon le dossier 
produit par le TAPI, Mme T______ avait retiré le jugement rendu par ce dernier le 
23 mai 2011 en date du 11 juin 2012. Le recours ayant été interjeté en temps utile, 
l’AFC-GE était invitée à se déterminer d’ici le 14 septembre 2012. 

19.  Le 12 septembre 2012, l’AFC-GE a conclu au rejet du recours en s’en 
remettant à justice quant à la recevabilité de celui-ci. 

20.  Sur quoi, la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1.  Selon l’accusé de réception du jugement du TAPI figurant dans le dossier de 
ce dernier, le jugement querellé a bien été réceptionné par sa destinataire le 
11 juin 2011 et non le 11 juin 2012, comme le juge délégué l’a considéré dans un 
premier temps par erreur. Or, le délai de recours auprès de la chambre de céans est 
de trente jours dès réception du jugement du TAPI, conformément à 

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l’art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 
1985 - LPA - E 5 10). 

2.  Interjeté plus d’une année après la notification du jugement, le recours est 
ainsi manifestement tardif, Mme T______ n’ayant nullement allégué avoir été 
hospitalisée ou incarcérée en juin ou juillet 2011, de sorte qu’elle n’a pas été 
empêchée d’agir en temps utile. 

3.  Le recours est ainsi manifestement irrecevable. Vu l’issue du litige, un 
émolument de CHF 500.- sera mis à la charge de la recourante (art. 87 LPA). 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

déclare irrecevable le recours interjeté le 11 juillet 2012 par Madame T______ contre le 
jugement du Tribunal administratif de première instance du 23 mai 2011 ; 

met à la charge de la recourante un émolument de CHF 500.- ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Madame T______, à l’administration fiscale cantonale, à 
l’administration fédérale des contributions, ainsi qu’au Tribunal administratif de 
première instance. 

Siégeants : Mme Hurni, présidente, Mme Junod, M. Dumartheray, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

le greffier-juriste : 
 
 

F. Scheffre 

 la présidente siégeant : 
 
 

E. Hurni 

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Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :