# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a7214219-87b5-52ae-9f4b-c3bc553cb991
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-12-19
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Strafkammer 19.12.2022 502 2022 252
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_005_502-2022-252_2022-12-19.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 630, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00

www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

502 2022 252 - 253

Arrêt du 19 décembre 2022

Chambre pénale

Composition Président : Laurent Schneuwly
Juges : Jérôme Delabays, Sandra Wohlhauser
Greffière-rapporteure : Catherine Faller

Parties A.________, prévenu et demandeur

et

B.________, prévenu et demandeur

contre

C.________, Procureur général adjoint, défendeur

Objet Récusation (art. 56 ss CPP)

Demande du 25 octobre 2022

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considérant en fait et en droit

1. Le 6 juin 2022, la société D.________ SA (ci-après : la société) et son administrateur 
E.________ ont déposé plainte pénale contre F.________ et A.________ pour atteinte à l’honneur 
et violation de l’obligation de renseigner. En bref, ils exposent que l’épouse de F.________ a confié 
à la société divers travaux sur son véhicule, dont F.________ n’a pas été satisfait et l’ont amené à 
déposer une plainte pénale pour escroquerie contre E.________, qui s’est soldée par une 
ordonnance de non-entrée en matière. Il a également intenté une procédure civile où il a été 
débouté. Deux nouvelles plaintes pénales s’en sont suivies contre E.________, également 
sanctionnées par des ordonnances de classement, respectivement de non-entrée en matière. Dans 
un tract reçu le 22 mai 2022, E.________ a constaté qu’il est mis en cause pour avoir commis des 
méfaits et même des crimes envers F.________, ledit tract contenant sa photographie. Renvoi y est 
par ailleurs fait à un site internet (G.________) où, sous la plume de A.________, des termes 
attentatoires à l’honneur de E.________ sont formulés.

Cette plainte pénale a été inscrite au rôle du Procureur général adjoint C.________, qui a écrit aux 
prévenus le 7 octobre 2022.

2. Par pli commun daté du 24 octobre 2022, remis à la poste le 25 octobre 2022, F.________ et 
A.________ ont requis la récusation du Procureur Bourquin. Celui-ci a transmis cette demande à la 
Chambre pénale le 27 octobre 2022, avec sa détermination dans laquelle il a refusé de se récuser. 
Cette détermination a conduit F.________ et A.________ à répliquer spontanément par un écrit du 
7 novembre 2022, précisant que la demande de récusation concerne l’ensemble de la magistrature 
fribourgeoise, et qu’elle est dirigée évidemment aussi contre le Tribunal cantonal.

3. Conformément à l'art. 58 al. 1 CPP – qui certes ne prévoit aucun délai particulier – la récusation 
doit être demandée sans délai dès que la partie a connaissance du motif de récusation, c'est-à-dire 
dans les jours qui suivent la connaissance de la cause de récusation, sous peine de déchéance. Il 
est en effet contraire aux règles de la bonne foi de garder ce moyen en réserve pour ne l'invoquer 
qu'en cas d'issue défavorable ou lorsque l'intéressé se serait rendu compte que l'instruction ne 
suivait pas le cours désiré. La jurisprudence considère que les réquisits temporels de l'art. 58 al. 1 
CPP sont en principe satisfaits lorsque la demande de récusation est déposée dans les six et sept 
jours qui suivent la connaissance de la cause de récusation, mais qu'en revanche, ils ne le sont pas 
lorsqu'elle est formée trois mois, deux mois ou même vingt jours après que son auteur a pris 
connaissance du motif de récusation. Pour procéder à cette appréciation, il convient notamment de 
prendre en compte les circonstances d'espèce, ainsi que le stade de la procédure. Considérer que 
le droit de demander la récusation est perdu doit être apprécié avec retenue (arrêt TF 1B_647/2020 
du 20 mai 2021 consid. 2.1 et les références citées).

En l’espèce, les demandeurs ont appris à réception de la lettre du 7 octobre 2022 que la plainte 
pénale était traitée par le Procureur Bourquin. F.________ le savait au plus tard le 11 octobre 2022, 
date à laquelle il a écrit au Tribunal fédéral pour qu’il l’aide contre l’inaction de la magistrature 
fribourgeoise à reconnaître les actes dont il se dit victime. La demande de récusation a été déposée 
moins de deux semaines plus tard, ce qui est encore acceptable au regard de l’art. 58 al. 1 CPP.

4. Un magistrat est récusable selon l'art. 56 let. f CPP, « lorsque d'autres motifs, notamment un 
rapport d'amitié étroit ou d'inimitié avec une partie ou son conseil, sont de nature à le rendre suspect 
de prévention ». Cette disposition a la portée d'une clause générale recouvrant tous les motifs de 

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récusation non expressément prévus aux lettres précédentes. Elle correspond à la garantie d'un 
tribunal indépendant et impartial instituée par les art. 30 Cst. et 6 CEDH. Elle n'impose pas la 
récusation seulement lorsqu'une prévention effective du magistrat est établie, car une disposition 
interne de sa part ne peut guère être prouvée. Il suffit que les circonstances donnent l'apparence de 
la prévention et fassent redouter une activité partiale du magistrat. Seules les circonstances 
constatées objectivement doivent être prises en considération. Les impressions purement 
individuelles d'une des parties au procès ne sont pas décisives (ATF 144 I 159 consid. 4.3; 143 IV 69 
consid. 3.2). L'impartialité subjective d'un magistrat se présume jusqu'à preuve du contraire (ATF 
136 III 605 consid. 3.2.1).

5. En l’espèce, dans leur demande de récusation du 25 octobre 2022, F.________ et 
A.________ ne font pas valoir de grief contre le Procureur Bourquin personnellement. Sa seule tare, 
suffisante à leurs yeux, est qu’il est un magistrat, et donc partie prenante du « crime organisé dans 
lequel se vautrent les procureurs, juges, politiciens, hommes (femmes) d’affaires et souvent avocats 
fribourgeois. ». F.________ est cité, avec trois autres personnes, parmi les victimes fribourgeoises 
de cette entreprise criminelle. Les demandeurs s’étendent ensuite sur un cas d’escroquerie dont la 
valeur du blanchiment est supérieure à CHF 70'000 milliards, dans laquelle notamment diverses 
personnalités fribourgeoises – mais pas directement le Procureur Bourquin – ont trempé. 
L’acharnement du Ministère public fribourgeois à ne pas reconnaître les droits de F.________, sans 
même l’entendre, démontre l’engagement inconditionnel des Procureurs de ce canton en faveur du 
crime organisé. Ils concluent en refusant d’envisager qu’un quelconque magistrat du canton de 
Fribourg ou d’ailleurs puisse traiter la plainte pénale, hormis le Procureur général de la 
Confédération Stefan Blättler, car il n’est à ce jour pas encore certain qu’il est corrompu. 

On le voit, les demandeurs n’ont plus la moindre confiance dans les institutions judiciaires 
fribourgeoises et il est à l’évidence vain de tenter de les convaincre du contraire. Ils n’ont cela étant 
pas à choisir leurs juges selon les – faibles – mérites qu’ils daignent leur accorder. La Chambre 
pénale se limitera dès lors à relever une évidence, à savoir qu’un magistrat n’a pas à se récuser de 
par sa seule appartenance à la magistrature. Cela vaut tant pour le Procureur Bourquin que pour 
les membres du Tribunal cantonal, plus précisément de la Chambre pénale in casu, dont les 
demandeurs demandent la récusation pour le même motif.

Il s’ensuit que la demande de récusation, en tant qu’elle paraît dirigée contre les membres du 
Tribunal cantonal, est irrecevable car constituant une récusation « en bloc » des membres d’une 
autorité judiciaire sans que ne soit exposés des motifs de récusation concrets et individuels à 
l’encontre de chacun de ses membres (not. arrêt TPF BB.2018.190 du 17 juin 2019 in JdT 
2020 IV 126).

6. Dans leur détermination spontanée du 7 novembre 2022, F.________ et A.________ 
précisent quelque peu leurs griefs. Ils relèvent que, dans sa détermination du 27 octobre 2022, le 
Procureur Bourquin ne se réfère qu’aux faits à partir du 6 juin 2022, ce qui démontre son arbitraire 
et sa partialité, alors qu’il faut reprendre le dossier à la base pour comprendre pourquoi F.________ 
a choisi de dénoncer publiquement le crime dont il est victime. Ils estiment que le magistrat précité 
cherche manifestement à soustraire la responsabilité du Ministère public dans une affaire où celui-
ci a gravement failli en classant les plaintes pénales de F.________, permettant désormais à 
E.________ de se poser en victime dans une plainte pénale ne reposant que sur des mensonges 
et des manipulations. C.________ étant Procureur général adjoint, il collabore en outre étroitement 
avec le Procureur général Fabien Gasser, lui-même complice de multiples crimes judiciaires. 

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On peut s’interroger sur la tardiveté de ces griefs, formulés près d’un mois après que les demandeurs 
ont eu connaissance du fait que c’est le Procureur Bourquin qui est en charge de la plainte pénale 
dirigée à leur encontre (cf. consid. 3 supra). Peu importe toutefois car lesdits griefs sont dépourvus 
de toute consistance. Tout d’abord, les demandeurs seraient bien en peine de reprocher quoi que 
ce soit en l’état à la façon dont le magistrat précité instruit la cause objet de la plainte pénale du 
6 juin 2022, dès lors qu’il s’est limité à les interroger par écrit sur leur situation financière (lettre du 
7 octobre 2022 DO 9000). F.________ et A.________ ne prétendent pas qu’il s’est déjà 
précédemment occupé du litige opposant le premier cité à E.________. Que le Procureur Bourquin 
s’oppose à la demande de récusation ne le rend pas en soi suspect de partialité. Un magistrat a 
l’obligation de traiter un dossier qui lui est confié et ne peut s’y soustraire que s’il est confronté à un 
motif de récusation avéré, ce qui n’est pas le cas en l’occurrence. C’est le lieu enfin de relever que 
la plainte pénale ne vise pas un membre du Ministère public, en particulier le Procureur général.

En résumé, les arguments de F.________ et A.________ relèvent du procès d’intention, exposés 
en des termes outranciers et, pour certains, malveillants (ainsi détermination du 7 novembre 2022 : 
« Nous évoluons dans une Dictature en mains d’oligarques criminels contrôlés par l’état profond et 
les magistrats en place ne sont aujourd’hui que des marionnettes malfaisantes à l’image de voyous 
qui agissent en bande organisée. »). Leur demande de récusation ne peut qu’être rejetée.

7. Vu le rejet de la demande de récusation, les frais de la présente procédure, arrêtés à 
CHF 500.- (émolument : CHF 400.-; débours : CHF 100.-), sont mis solidairement à la charge des 
demandeurs (art. 59 al. 4 et 418 al. 2 CPP).

la Chambre arrête :

I. La demande de récusation des membres de la Chambre pénale du Tribunal cantonal est 
irrecevable.

II. La demande de récusation du Procureur général adjoint C.________ est rejetée.

III. Les frais judiciaires de la procédure de recours, arrêtés à CHF 500.- (émolument : CHF 400.-; 
débours : CHF 100.-), sont mis solidairement à la charge de A.________ et F.________.

IV. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours 
dès la notification de l’arrêt rédigé. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). L'acte 
de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 19 décembre 2022/jde

Le Président : La Greffière-rapporteure :