# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c3e1042f-87b2-5ec9-97b4-b1339a512133
**Source:** Bern Gerichte (BE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2024-04-10
**Language:** fr
**Title:** Bern Obergericht Beschwerdekammer in Strafsachen 10.04.2024 BK 2024 68
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/BE_ZivilStraf/BE_OG_008_BK-2024-68_2024-04-10.pdf

## Full Text

Cour suprême
du canton de Berne

Chambre de recours pénale 

Obergericht
des Kantons Bern

Beschwerdekammer in 
Strafsachen

Décision
BK 24 68

Hochschulstrasse 17
Case postale
3001 Berne
Téléphone +41 31 635 48 13
Fax +41 31 634 50 55
coursupreme-penal.berne@justice.be.ch
www.justice.be.ch/coursupreme Berne, le 10 avril 2024

Composition Juges d’appel Bähler (Président), Gerber et Horisberger
Greffière Vaucher-Crameri 

Participants à la procédure A.________
prévenu/requérant

B.________
requis

C.________
partie plaignante demanderesse au civil

D.________
représentée par Me E.________
partie plaignante demanderesse au pénal et au civil

Objet récusation

procédure pénale pour violation d'une obligation d'entretien, 
injure, dénonciation calomnieuse etc. (BJS 22 7676)

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Considérants:

1.

1.1 Une instruction pénale a été ouverte par ordonnance du 7 juillet 2022 à l’encontre 
d’A.________ (ci-après : le requérant) pour injures, diffamation, enregistrement non 
autorisé d’une conversation et obtention illicite de prestations d’une assurance 
sociale ou de l’aide sociale. 

1.2 Par ordonnance pénale du 31 janvier 2024, le Ministère public du canton de Berne, 
région Jura bernois-Seeland, Agence du Jura bernois (ci-après : le Ministère 
public), a condamné le requérant pour violation d’une obligation d’entretien, injure, 
dénonciation calomnieuse, obtention illicite de prestations d’une assurance sociale 
ou de l’aide sociale d’importance mineure et enregistrement non autorisé de 
conversations.

1.3 Par courrier daté du 7 février 2024 adressé au Ministère public, le requérant a 
formé opposition à l’encontre de l’ordonnance précitée et a au surplus demandé la 
récusation du Procureur B.________. 

1.4 Par courrier du 15 février 2024, le Procureur B.________ a transmis le courrier du 
requérant à la Chambre de recours pénale de la Cour suprême du canton de Berne 
comme objet de sa compétence en vertu de l’art. 59 al. 1 let. b CPP. Par la même 
occasion, il a fait parvenir sa prise de position sur la demande de récusation. 

1.5 Par ordonnance du 19 février 2024, le Président de la Chambre de recours pénale 
(ci-après : le Président) a ouvert une procédure de récusation, a transmis la prise 
de position du Procureur B.________ au requérant ainsi qu’aux parties plaignantes 
et a donné la possibilité à ces dernières de prendre position sur ladite demande 
dans un délai de 10 jours. 

1.6 Le 4 mars 2024, la partie plaignante demanderesse au pénal et au civil 
D.________, par Me E.________, a très brièvement précisé certains faits et a pour 
le surplus indiqué qu’elle laissait le soin à la Chambre de céans de statuer sur la 
demande. 

1.7 Par ordonnance du 6 mars 2024, le Président a pris et donné acte de la prise de 
position précitée et a constaté que la partie plaignante demanderesse au civil ne 
s’était pas prononcée. Il a renoncé à ordonner un second échange d’écritures et a 
informé les parties que d’éventuelles remarques finales étaient à déposer 
immédiatement. 

2.

2.1 Conformément à l’art. 58 al. 1er du CPP, lorsqu’une partie entend demander la 
récusation d’une personne qui exerce une fonction au sein d’une autorité pénale, 
elle doit présenter – sans délai – à la direction de la procédure une demande dans 
ce sens, dès qu’elle a connaissance du motif de récusation, sous peine de 
déchéance (ATF 140 I 271 consid. 8.4.3). Les faits sur lesquels elle fonde sa 
demande de récusation doivent être rendus plausibles.

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2.2 En l’espèce, il est constaté que le Ministère public a rendu son ordonnance pénale 
en date du 31 janvier 2024 et que le requérant a fait parvenir sa demande de 
récusation le 7 février 2024. Les motifs qu’il fait valoir à l’appui de sa demande sont 
directement en lien avec l’ordonnance pénale précitée. Dans ces conditions, il y a 
lieu de constater que sa demande, datée et signée, est intervenue dans les délais. 
Elle est dès lors recevable. 

3.

3.1 Le requérant ne se prévaut pas de l’un ou l’autre des motifs de récusation visés à 
l’art. 56 let. a à e CPP. Un magistrat est récusable, aux termes de l’art. 56 let. f 
CPP, lorsque d'autres motifs, notamment un rapport d'amitié étroit ou d'inimitié 
avec une partie ou son conseil, sont de nature à le rendre suspect de prévention. 
Cette disposition a la portée d'une clause générale recouvrant tous les motifs de 
récusation non expressément prévus aux lettres précédentes de l'art. 56 CPP. Elle 
correspond à la garantie d'un tribunal indépendant et impartial instituée par les 
art. 30 al. 1 Cst. et 6 par. 1 CEDH (ATF 143 IV 69 consid 3.2). Elle concrétise aussi 
les droits déduits de l'art. 29 al. 1 Cst. garantissant l'équité du procès et assure au 
justiciable cette protection lorsque d'autres autorités ou organes que des tribunaux 
sont concernés (ATF 141 IV 178 consid. 3.2.2). Elle n'impose pas la récusation 
seulement lorsqu'une prévention effective du magistrat est établie, car une 
disposition interne de sa part ne peut guère être prouvée. Il suffit que les 
circonstances donnent l'apparence de la prévention et fassent redouter une activité 
partiale du magistrat. Seules les circonstances constatées objectivement doivent 
être prises en considération. Les impressions purement individuelles d'une des 
parties au procès ne sont pas décisives (ATF 144 I 159 consid. 4.3 ; 143 IV 69 
consid. 3.2 ; arrêt 1B_25/2022 du 18 mai 2022 consid. 2.2). L'impartialité subjective 
d'un magistrat se présume jusqu'à preuve du contraire (ATF 136 III 605 
consid. 3.2.1 ; arrêt du Tribunal fédéral 1B_302/2022 du 7 septembre 2022 
consid. 2.1). 

3.2 Des décisions ou des actes de procédure qui se révèlent par la suite erronés ne 
fondent pas en soi une apparence objective de prévention ; seules des erreurs 
particulièrement lourdes ou répétées, constitutives de violations graves des devoirs 
du magistrat, peuvent fonder une suspicion de partialité, pour autant que les 
circonstances dénotent que le juge est prévenu ou justifient à tout le moins 
objectivement l'apparence de prévention. En effet, la fonction judiciaire oblige à se 
déterminer rapidement sur des éléments souvent contestés et délicats. Il appartient 
en outre aux juridictions de recours normalement compétentes de constater et de 
redresser les erreurs éventuellement commises dans ce cadre. La procédure de 
récusation n’a donc pas pour objet de permettre aux parties de contester la 
manière dont est menée l’instruction et de remettre en cause les différentes 
décisions incidentes prises notamment par la direction de la procédure (ATF 143 IV 
69 consid. 3.2).  

3.3 En l’occurrence, force est de constater que le recourant s’oppose à l’ordonnance 
pénale prononcée à son encontre et que l’ensemble des griefs qu’il fait valoir 
concerne le bien-fondé de l’acte précité. En particulier, le requérant revient en 

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détail sur chaque infraction. Il indique en substance, en lien avec la violation d’une 
obligation d’entretien, qu’une procédure en modification du jugement de divorce 
serait actuellement ouverte. En ce qui concerne les injures, il fait valoir que l’e-mail 
envoyé ne spécifie pas qui est nommé. S’agissant de la dénonciation calomnieuse, 
le requérant prétend que le Procureur n’est pas cohérent dans sa manière de 
procéder. Pour ce qui concerne l’obtention illicite de prestations d’une assurance 
sociale, le requérant mentionne un courrier dans lequel il ne serait aucunement fait 
mention qu’il aurait indument reçu de l’aide sociale. Enfin, et en lien avec 
l’enregistrement non-autorisé d’une conversation, le requérant soutient que le 
Procureur crée un délit de toute pièce car à aucun moment il n’a été spécifié qu’il y 
aurait eu le moindre enregistrement. En résumé, le requérant indique que 
l’ordonnance rendue par le Procureur n’est rien d’autre « qu’un pétard mouillé », et 
que l’ordonnance aurait été rendue sur la base de faux et de documents périmés. Il 
ne fait valoir aucun motif objectif laissant apparaître une prévention à son égard de 
la part du Procureur, ni ne produit de pièces pertinentes à l’appui de ses dires. 
Ainsi, force est de constater que l’ensemble des reproches soulevés par le 
requérant doivent être traités dans le cadre de la procédure d’opposition, la voie de 
la récusation n’étant en l’occurrence pas la voie de droit appropriée pour remettre 
en cause le bien-fondé de l’ordonnance pénale. Un prononcé de condamnation, 
par ailleurs en l’espèce non définitif au regard de l’opposition déposée, ne suffit 
pas, à défaut d’autres éléments, à fonder un soupçon de partialité (ATF 143 IV 69 
consid. 3.2 ; arrêt du Tribunal fédéral 1B_151/2015 du 1er juillet 2015 consid. 3). 

3.4 Au vu de ce qui précède, les griefs du recourant sont manifestement mal-fondés. Il 
n’existe aucun élément au dossier qui pourrait constituer un indice de prévention 
effective, respectivement d’une apparence de prévention de la part du Procureur. 
Ce dernier apparaît totalement impartial et il n’existe dès lors aucun motif de 
récusation valable à son encontre. Par conséquent, la demande de récusation 
dirigée contre le Procureur B.________ est matériellement infondée et doit être 
rejetée. 

4.

4.1 En application de l’art. 59 al. 4 CPP, les frais de la procédure de recours, 
comprenant un émolument global de CHF 800.00, sont mis à la charge du 
requérant, qui succombe. Pour le même motif, le requérant n’a droit à aucune 
indemnité. 

4.2 La partie plaignante demanderesse au civil ayant renoncé à prendre position dans 
le cadre de la présente procédure de recours, il n’y a pas lieu de lui allouer 
d’indemnité. 

4.3 En ce qui concerne la partie plaignante demanderesse au pénal et au civil, 
D.________, celle-ci s’est très brièvement déterminée par courrier daté du 4 mars 
2024. Toutefois, elle n’a pris aucune conclusion au sujet de la demande de 
récusation, et n’a pas non plus demandé le versement d’une quelconque 
indemnité, de sorte qu’il n’y a pas lieu de lui en allouer (cf. art. 433 CPP a 
contrario ; cf. également arrêts du Tribunal fédéral 1B _277/2013 du 15 octobre 
2013 consid. 6.2 et 6B_118/2016 du 20 mars 2017 consid. 4.5.2).  

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La Chambre de recours pénale décide:

1. La demande de récusation est rejetée. 

2. Les frais de la procédure de récusation, comprenant un émolument global de 
CHF 800.00, sont mis à la charge du requérant. 

3. Aucune indemnité n’est allouée.

4. A notifier:
- au prévenu/requérant (par courrier recommandé)
- au requis (par courrier recommandé)
- à la partie plaignante demanderesse au civil (par courrier recommandé)
- à la partie plaignante demanderesse au pénal et au civil, par Me E.________ (par 

courrier recommandé)

A communiquer:
- au Ministère public Jura bernois-Seeland, Agence du Jura bernois (avec le 

dossier – par colis recommandé)

Berne, le 10 avril 2024 Au nom de la Chambre de recours 
pénale
Le Président :

Bähler, Juge d'appel

La Greffière :

Vaucher-Crameri 

Voies de recours
Un recours en matière pénale selon les art. 39 ss, 78 ss et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral (LTF; 
RS 173.110) peut être déposé auprès du Tribunal fédéral (Av. du Tribunal fédéral 29, Case postale, 1000 
Lausanne 14) contre la présente décision dans les 30 jours qui suivent sa notification. Le recours doit 
respecter les exigences de l’art. 42 LTF.