# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b71e3849-598a-5bb0-84a6-ccd65bd6d06d
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-02-27
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Kindes- und Erwachsenenschutzhof 27.02.2015 106 2015 14
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_004_106-2015-14_2015-02-27.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

106 2015 14, 15 (ES), 16 (AJ), 17 et 18 (ES)

Arrêt du 27 février 2015

Cour de protection de l’enfant et de l’adulte

Composition Président: Jérôme Delabays
Juges: Roland Henninger, Catherine Overney
Greffier: Luis da Silva

Parties A.________, recourante, représentée par Me Benoît Morzier, 
avocat

contre

Justice de paix de l'arrondissement de la Gruyère, autorité 
intimée

Objet Placement dans une institution fermée (art. 314b CC) – Urgence (art. 
20 al. 1 LPEA)

Effets de la filiation – Retrait provisoire du droit de garde (art. 310 
CC) – Curatelles éducative et de surveillance des relations 
personnelles (art. 4 al. 1 LPEA et 308 al. 1 et 2 CC)

Recours du 23 février 2015 contre les décisions de la Justice de paix 
de l'arrondissement de la Gruyère du 6 février 2015

Requêtes tendant à la restitution de l’effet suspensif du 23 février 
2015

Requête d’assistance judiciaire du 23 février 2015

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considérant en fait

A. B.________ et A.________ sont les parents de C.________, née le 30 novembre 1999. Ils 
ont été mariés et sont à présent divorcés. Au moment du jugement de divorce, c’est la mère qui a 
obtenu l’autorité parentale et la garde de l’enfant. Le père, quant à lui, a obtenu un droit de visite 
usuel qu’il n’exercerait cependant plus à l’heure actuelle.

Par décision du 6 février 2015, la Justice de paix de l’arrondissement de la Gruyère (ci-après: la 
Justice de paix) a ordonné le placement provisoire en milieu fermé, dans l’unité psychiatrique pour 
adolescents (la Chrysalide) du Centre de soins hospitaliers de Marsens, de C.________, dès le 
10 février 2015, à 9 heures, et ce pour une durée indéterminée. L’autorité de protection de l’enfant 
a confié pour tâche à cet établissement d’examiner l’état de santé de l’intéressée, d’identifier les 
difficultés dont elle souffre, et, cas échéant, de lui procurer les soins nécessaires. La direction du 
Centre de soins hospitaliers de Marsens a été en outre invitée à produire, dans les meilleurs 
délais, un rapport médical concernant C.________, comprenant notamment des propositions sur la 
suite à donner au niveau de sa prise en charge médicale et sociale. Par ailleurs, l’autorité de 
protection de l’enfant a provisoirement – soit pour la durée du placement – retiré le droit de garde 
de la mère sur sa fille. Pour le surplus, il a été décidé que les frais suivraient le sort de la cause et 
qu’un éventuel recours contre cette décision serait dépourvu d’effet suspensif.

En bref, les premiers juges ont retenu qu’il ressort du dossier de la cause que depuis l’année 
scolaire 2013-2014, C.________ a beaucoup manqué l’école, que rien ne laisse présager qu’elle 
réintégrera l’année scolaire en cours, que ses absences ne sont plus justifiées par des certificats 
médicaux, qu’elle vivrait cloisonnée auprès de sa mère, qu’elle souffrirait d’un dérèglement du 
sommeil, que la manière dont elle passe ses journées et ses nuits est inconnue de l’autorité, qu’il 
lui serait impossible d’affronter la foule, qu’elle souffrirait des conséquences de harcèlements de la 
part d’élèves de l’école secondaire, qu’il n’a pas encore été possible d’élucider ce qui se serait 
passé dans le cadre scolaire, ni les éventuelles autres causes des difficultés de la jeune fille. La 
Justice de paix a également retenu que la mère s’est montrée peu collaborante avec les acteurs 
sociaux qui entourent sa fille et qu’elle refuserait – et/ou parasiterait – systématiquement toute aide 
qui lui est proposée, de sorte qu’il est impossible d’identifier les maux dont souffre sa fille, 
respectivement de savoir si les difficultés qu’elle rencontre sont le fruit de problèmes 
psychologiques et/ou d’éventuelles carences éducatives de la mère. En définitive, les premiers 
juges ont considéré que le bon développement de C.________ est compromis tant et aussi 
longtemps qu’elle vit avec sa mère, compte tenu du fait que celle-ci est, au mieux, incapable de 
soutenir sa fille conformément à ses obligations, et au pire, parasiterait l’aide susceptible de lui 
être fournie, de sorte qu’un placement apparaît comme étant la seule issue possible, à tout le 
moins le temps qu’on identifie les causes des difficultés rencontrées par l’enfant.

En parallèle, par ordonnance de mesures provisionnelles du même jour, le Juge de paix, en sa 
qualité de président de l’autorité de protection de l’enfant, a provisoirement institué une curatelle 
éducative et de surveillance des relations personnelles, au sens des art. 308 al. 1 et 2 CC, en 
faveur de C.________. Il a confié ce mandat à D.________, intervenante en protection de 
l’enfance, auprès du Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après: le SEJ), qui a notamment 
pour mission d’épauler les parents de C.________ dans leurs tâches éducatives et de prendre 
toute mesure nécessaire au bon développement de celle-ci. La curatrice est également chargée de 
veiller au bon déroulement de l’exercice des relations personnelles de C.________ avec ses 

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parents, en collaboration avec la direction du Centre de soins hospitaliers de Marsens. En outre, la 
curatrice est invitée à renseigner la Justice de paix concernant le déroulement du placement de 
C.________ en lien avec sa situation personnelle et familiale, et sur les perspectives d’avenir 
envisagées, notamment au point de vue de son suivi et de sa prise en charge, de son lieu de vie et 
de sa formation professionnelle, compte tenu de ses goûts et de ses aptitudes. S’agissant d’une 
mesure provisionnelle rendue dans l’urgence, un délai de dix jours a été imparti au mandataire de 
A.________, Me Benoît Morzier, pour se déterminer. Pour le surplus, il a été décidé que les frais 
suivraient le sort de la cause au fond.

Le 12 février 2015, la Justice de paix a décidé de compléter l’instruction par un rapport d’expertise 
sur la personne de A.________ à confier au Centre d’expertise forensique du réseau fribourgeois 
de santé mentale (DO 137). Le mandataire de l’intéressée a fait savoir, le 17 février 2015, qu’il 
n’avait pas de remarque particulière à formuler s’agissant du projet de questionnaire qui lui a été 
soumis.

B. Par mémoires de son conseil du 23 février 2015, A.________ a recouru contre les deux 
décisions précitées et pris, sous suite de frais et dépens, des conclusions qui peuvent être 
résumées comme suit: A titre préliminaire, elle conclut à la restitution de l’effet suspensif et à ce 
que la jonction des causes soit prononcée; au fond, elle conclut à l’admission de ses deux recours; 
principalement, elle conclut à la réformation des décisions attaquées, en ce sens que toutes les 
mesures prises en faveur de C.________ soient levées, qu’une expertise psychiatrique 
ambulatoire en sa faveur soit ordonnée et que des mesures d’instructions complémentaires soient 
entreprises; subsidiairement, elle conclut à l’annulation des décisions attaquées et au renvoi des 
causes à l’autorité intimée pour nouvelles décisions dans le sens des considérants. Pour le 
surplus, elle conclut à ce que l’assistance judiciaire lui soit accordée et à ce que Me Benoît Morzier 
lui soit désigné en qualité de défenseur d’office dans le cadre des procédures de recours.

C. Vu l’admission des recours, la Chambre de céans a renoncé à inviter l’autorité intimée, de 
même que B.________, à se déterminer. Pour les mêmes motifs, elle a également renoncé à 
entendre C.________.  

en droit

1. a) Dans un souci de simplification du procès (art. 125 CPC), dans la mesure où les recours 
concernent les mêmes parties et le même complexe de faits, il y a lieu de joindre les causes 
106 2015-14, 15, 16, 17 et 18 et de statuer sur celles-ci dans un seul arrêt, comme le sollicite la 
recourante en définitive.

b) Les décisions de l’autorité de protection, soit la Justice de paix, sont sujettes à recours 
auprès du Tribunal cantonal, plus précisément de la Cour de protection de l'enfant et de l'adulte 
(art. 450 al. 1 du Code civil [CC], 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et 
de l'adulte [LPEA, RSF 212.5.1] et 14 al. 1 let. d du Règlement du Tribunal cantonal du 
22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]).

c) Les recours ont été déposés dans le délai légal de 10 jours (art. 445 al. 3 et 450b al. 2 
CC), de sorte qu’ils ont été déposés en temps utile.

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d) La qualité pour recourir de A.________, directement touchée par la décision querellée, 
ne souffre aucune contestation possible (art. 450 al. 2 CC).

e) Les recours doivent être motivés (art. 450 al. 3 CC) – sauf en ce qui concerne le recours 
contre le placement en milieu fermé (art. 314b al. 1 et 450e al.1 CC) –, ce qui est le cas en 
l’espèce. Ils sont dès lors recevables en la forme.

f) A défaut de disposition contraire du droit cantonal, la Cour peut statuer sans débats (art. 
450f CC et 316 al. 1 CPC).

g) La procédure de recours est régie par la maxime d'office et par la maxime inquisitoire. 
La Cour dispose d'un plein pouvoir d'examen, en fait comme en droit (F. BOHNET, Autorités et 
procédure en matière de protection de l'adulte, in Le nouveau droit de la protection de l'adulte, 
Bâle 2012, p. 91 N 175 s.).

h) Le recours est suspensif à moins que l’autorité de protection de l’adulte ou l’instance 
judiciaire de recours n’en décide autrement (art. 450c CC).

En l’espèce, l’autorité intimée a décidé qu’un éventuel recours serait dépourvu d’effet suspensif. La 
recourante a sollicité la restitution de l’effet suspensif à l’appui de ses recours. Vu l’admission de 
ces derniers (cf. infra), sa requête en ce sens devient sans objet.

i) En matière de placement, l’instance judiciaire de recours, en règle générale réunie en 
collège, entend la personne concernée (art. 314b al. 1 et 450e al.4 CC).

Dans le cas présent, la Chambre a renoncé à entendre C.________, les recours étant admis (cf. 
infra).

2. La recourante se plaint d’une constatation incomplète ou inexacte des faits, d’une violation 
de la maxime inquisitoire, ainsi que d’une violation des principes de proportionnalité et de 
subsidiarité applicables dans toute procédure relative à l’institution d’une mesure de protection de 
l’enfant (cf. recours, ad motivation, ch. IV). En bref, elle estime, d’une part, que la Justice de paix 
n’a pas suffisamment instruit les causes et, d’autre part, qu’elle s’est fondée sur un état de fait 
incomplet ou inexact avant de prononcer les mesures entreprises, de sorte que celles-ci seraient 
trop incisives et, partant, violeraient les principes précités. Elle soutient en définitive que les 
premiers juges étaient tenus d’ordonner des mesures d’instruction complémentaires, 
respectivement de mandater le SEJ pour une enquête sociale, sous peine de violer la maxime 
inquisitoire. 

a) Le placement à des fins d’assistance des mineurs sous autorité parentale dans une 
institution fermée ou un établissement psychiatrique, ordonné sur la base des art. 307 et 310 CC, 
est régi par l’art. 314b CC qui renvoie, de manière générale, aux dispositions de la protection de 
l’adulte sur le placement à des fins d’assistance. L’art. 314 al. 1 CC prévoit que les dispositions de 
la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie. 

Ainsi, la procédure devant l’autorité de protection est régie par les art. 443 ss CC. Conformément à 
l'art. 446 CC, l'autorité de protection établit les faits d'office (al. 1) et procède à la recherche et à 
l'administration des preuves nécessaires (al. 2). Elle applique le droit d'office (al. 4). Aux termes de 
l'art. 447 al. 1 CC, la personne concernée doit être entendue personnellement, à moins que 
l'audition personnelle paraisse disproportionnée.

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b) Les conditions matérielles du placement d’un mineur à des fins d’assistance sont régies 
par l’art. 310 al. 1 CC, de sorte qu’une situation de danger propre au droit de filiation doit exister, 
c’est-à-dire que l’enfant n’est pas sous la garde de ses parents, protégé et soutenu comme le 
commanderait son développement physique, intellectuel et moral. Les motifs de placement sont, 
dans cette mesure, conçus de manière plus large que pour le placement à des fins d’assistance 
des adultes (COTTIER, in Commentaire du droit de la famille [CommFam], Protection de l’adulte, 
Berne 2013, n. 4 ad art. 314b CC, p. 1090). 

Comme sous l'empire de l'art. 314a aCC relatif à la privation de liberté à des fins d'assistance d’un 
mineur, le placement dans une institution fermée ou dans un établissement psychiatrique ordonné 
en application de l’art. 314b CC est subordonné à la condition qu’il y ait nécessité de garantir le 
développement physique ou moral de l'enfant en le plaçant sous éducation surveillée (MEIER, 
Commentaire romand, Bâle 2010, n. 4 ad art. 314a CC, p. 1943; DESCHENAUX/STEINAUER, 
Personnes physiques et tutelle, 4e éd., Berne 2001, n. 1228, p. 456). L’art. 5 par. 1 let. e CEDH ne 
mentionne pas de causes précises de placement, mais il se contente d’une clause générale en 
autorisant une privation de liberté d’un mineur décidée pour son « éducation surveillée ». Le 
placement en établissement plutôt que dans une autre forme d’accueil doit respecter le principe de 
proportionnalité. Ainsi, il ne doit être ordonné que si les problèmes rencontrés tiennent aussi à la 
personne de l'enfant et nécessitent une surveillance et une prise en charge socio-éducative 
particulière (MEIER, op. cit., n. 7 ad art. 314a CC, p. 1944). 

La notion d’institution fermée doit être comprise dans un sens large, de sorte qu’il n’est pas 
nécessaire qu’il s’agisse d’un établissement strictement fermé. L’art. 314b CC s’applique lorsque la 
liberté des enfants et adolescents placés est restreinte de manière importante du fait de 
l’encadrement et de la surveillance. Les foyers pour enfants au sein desquels la limitation de la 
liberté est plus étendue que dans une famille entrent déjà dans la notion d’institution limitant la 
liberté (STEINAUER/FOUNTOULAKIS, Droit des personnes physiques et de la protection de l’adulte, 
Berne 2014, n. 1421, p. 625 ; COTTIER, op. cit., n. 5 ad art. 314b CC, p. 1090).

c) A l'exception de l’art. 311 CC relatif au retrait de l'autorité parentale, les mesures de 
protection de l'enfant des art. 307 ss CC n'ont pas été modifiées par l'entrée en vigueur du 
nouveau droit, sous réserve de la dénomination de l’autorité compétente, de sorte que la doctrine 
et la jurisprudence antérieures au 1er janvier 2013 conservent toute leur pertinence.

En règle générale, la garde d'un enfant appartient au détenteur de l'autorité parentale. Le droit de 
garde, qui implique la compétence pour décider du lieu de résidence et du mode d'encadrement 
de l'enfant et pour exercer les droits et les responsabilités liés à l'assistance, aux soins et à 
l'éducation quotidienne, doit être distingué de la garde de fait consistant à donner au mineur tout 
ce dont il a journellement besoin pour se développer harmonieusement sur le plan physique, 
affectif et intellectuel (ATF 128 III 9; STETTLER, Le droit suisse de la filiation, Traité de droit privé 
suisse, III, tome II, 1, p. 247; MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 5e éd., 2014, n. 462, pp. 308 et 
309).

Lorsqu'elle ne peut éviter par une mesure moins grave que le développement de l'enfant ne soit 
compromis, l'autorité de protection de l’enfant doit retirer l'enfant aux père et mère ou aux tiers 
chez qui il se trouve et le placer de façon appropriée (art. 310 al. 1 CC). La cause du retrait doit 
résider dans le fait que le développement corporel, intellectuel ou moral de l'enfant n'est pas assez 
protégé ou encouragé dans le milieu de ses père et mère ou dans celui où ceux-ci l'ont placé 
(HEGNAUER, Droit suisse de la filiation et de la famille, 4e éd., Berne 1998, adaptation française par 

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Meier, n. 27.36, p. 194). Les dissensions entre parents peuvent également représenter un danger 
pour l'enfant (HEGNAUER, op. cit., n. 27.14, p. 186).

L'intérêt de l'enfant est la justification fondamentale de toutes les mesures des art. 307 ss CC. Les 
mesures de protection de l'enfant sont en outre régies par les principes de proportionnalité et de 
subsidiarité (Message du Conseil fédéral concernant la modification du Code Civil, FF 1974 II 
p. 84), ce qui implique qu'elles doivent correspondre au degré du danger que court l'enfant en 
restreignant l'autorité parentale aussi peu que possible mais autant que nécessaire et n'intervenir 
que si les parents ne remédient pas eux-mêmes à la situation ou sont hors d'état de le faire; elles 
doivent en outre compléter et non évincer les possibilités offertes par les parents eux-mêmes, 
selon le principe de complémentarité (HEGNAUER, op. cit., nn. 27.09 à 27.12, pp. 185 et 186). Le 
respect du principe de proportionnalité suppose que la mesure soit conforme au principe de 
l'adéquation et, partant, propre à atteindre le but recherché (MOOR/FLÜCKIGER/MARTENET, Droit 
administratif, vol. I, 3e éd., Berne 2012, n. 5.2.1.3, p. 814; KNAPP, Précis de droit administratif, 
4e éd., Bâle 1991, n. 538, p. 114). Une mesure telle que le retrait du droit de garde n'est ainsi 
légitime que s'il n'est pas possible de prévenir le danger par les mesures moins énergiques 
prévues aux art. 307 et 308 CC (HEGNAUER, op. cit., n. 27.36, p. 194). Le retrait du droit de garde 
doit être levé lorsque le milieu familial évolue favorablement, de sorte qu'un retour de l'enfant dans 
celui-ci devient opportun (art. 313 al. 1 CC).

d) Selon l’art. 445 al. 1 CC, applicable par analogie en vertu de l’art. 314 al. 1 CC, l’autorité 
de protection prend, d’office ou à la demande d’une personne partie à la procédure, toutes les 
mesures provisionnelles nécessaires pendant la durée de la procédure; elle peut notamment 
ordonner une mesure de protection à titre provisoire, en particulier le retrait provisoire de la garde 
avec placement de l’enfant (Droit de la protection de l’adulte, Guide pratique COPMA, 2012, 
n. 1.184, p. 74). Aux termes de l’art. 445 al. 2 CC, en cas d’urgence particulière, l’autorité de 
protection peut prendre des mesures provisionnelles sans entendre les personnes parties à la 
procédure. En même temps, elle leur donne la possibilité de prendre position; elle prend ensuite 
une nouvelle décision.

Toute mesure provisionnelle implique qu’il y ait urgence. Il faut donc qu’il y ait nécessité d’une 
protection immédiate en raison d’un danger imminent menaçant les droits de l’intéressé (HOHL, 
Procédure civile, Tome II, 2e éd., Berne 2010, n. 1758 p. 322). La notion d’urgence comporte des 
degrés et s’apprécie moins selon des critères objectifs qu’au regard des circonstances; ainsi, 
l’urgence apparaît comme une notion juridique indéterminée, dont le contenu ne peut être fixé une 
fois pour toutes. Il appartient au juge d’examiner de cas en cas si cette condition est réalisée, ce 
qui explique qu’il puisse se montrer plus ou moins exigeant suivant les circonstances sans 
s’exposer pour autant au grief d’arbitraire (TF 4P.263/2004 du 1er février 2005 c. 2.2).

e) En l’espèce, à l’instar de la recourante, la Chambre est d’avis que les mesures 
prononcées par les premiers juges sont trop incisives, à tout le moins prématurées en l’état actuel 
du dossier. S’agissant du placement en milieu fermé, respectivement du retrait provisoire du droit 
de garde, tout d’abord, il est utile de rappeler ici que ces mesures sont parmi les plus incisives du 
catalogue des mesures de protection de l’enfant et qu’elles ne doivent être envisagées que 
comme une ultima ratio. En tout état cause, quelle que soit la mesure de protection de l’enfant 
envisagée, celle-ci doit être prononcée sur la base d’un état de fait clair, identifiant le plus 
précisément possible le besoin de protection de l’enfant concerné, sous peine de tomber dans 
l’arbitraire. Or, dans le cas présent, force est de constater que, sur la base d’un dossier peu fouillé, 

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comme on y reviendra plus avant (cf. infra), la Justice de paix a prononcé d’emblée les deux 
mesures précitées, en séparant la fille de sa mère notamment, au risque de les perturber toutes 
les deux durablement, sans même avoir tenté d’identifier au préalable les causes des difficultés 
rencontrées par C.________. En effet, dans leur subsomption, les premiers juges ont retenu en 
substance que le bon développement de C.________ est compromis tant et aussi longtemps que 
cette enfant reste auprès de sa mère, celle-ci étant dans l’incapacité, selon lesdits magistrats, de 
soutenir sa fille conformément à ce que ses obligations légales le commanderaient de le faire. Ils 
ont également retenu, sans autre explication, « qu’un suivi ambulatoire n’est pas susceptible d’être 
mené en l’état », de sorte qu’un placement en milieu fermé de l’enfant s’imposait en définitive. La 
Chambre ne partage pas ces constatations qu’aucune expertise, respectivement aucun rapport 
d’enquête sociale, au dossier ne vient corroborer. En premier lieu, le constat selon lequel aucun 
suivi ambulatoire n’est susceptible d’être mené en l’état ne repose sur aucun élément factuel 
concret et se heurte aux déclarations de la recourante. En effet, le 12 février 2015, le Juge de paix 
a fait savoir au conseil de la recourante que l’autorité de protection de l’adulte envisageait de 
compléter son instruction par un rapport d’expertise concernant C.________, cet avocat aurait 
répondu qu’il n’avait aucune critique à formuler, allant jusqu’à préciser que sa mandante est 
favorable à la mise en place d’une telle expertise. Quoi qu’il en soit, en l’état actuel du dossier, à 
défaut d’une quelconque expertise ou d’un rapport d’enquête sociale, il semble difficile, pour ne 
pas dire impossible, d’identifier les causes qui sont à l’origine des difficultés rencontrées par 
C.________, qui peuvent être de nature les plus diverses. Il est ainsi notamment impossible de 
savoir si ces difficultés – dont la manifestation la plus ostensible est son absentéisme à l’école – 
sont le fruit de problèmes psychiques qui l’affecteraient ou, si au contraire, elles résultent 
d’éventuelles carences éducatives de sa mère – à cet égard, il est utile de souligner que 
A.________ fait actuellement l’objet d’une enquête et que des mesures de protection de l’adulte 
en sa faveur sont susceptibles d’être prononcées –, une combinaison des deux facteurs ne 
pouvant pas être exclue. Dans ces circonstances, il y a lieu d’admettre, comme le soutient à juste 
titre la recourante, que les premiers juges étaient tenus d’ordonner au préalable des mesures 
d’instruction complémentaires, avant de prononcer les mesures entreprises, sous peine de violer la 
maxime inquisitoire. Par surabondance de motifs, on soulignera que le placement en 
établissement fermé plutôt que dans une autre forme d’accueil doit respecter les principes de 
proportionnalité et de subsidiarité. Ainsi, il ne doit être ordonné que si les problèmes rencontrés 
tiennent aussi à la personne de l'enfant et nécessitent une surveillance et une prise en charge 
socio-éducative particulière. Or, comme on vient de l’examiner, il serait arbitraire, en l’état actuel 
du dossier, de parvenir à de telles constatations, de sorte que les mesures entreprises violent 
également les principes de proportionnalité et de subsidiarité. Enfin, au stade provisionnel, toute 
mesure implique qu’il y ait urgence. Il faut donc qu’il y ait nécessité d’une protection immédiate en 
raison d’un danger imminent menaçant les droits de l’intéressé. Or, pour les mêmes motifs que 
ceux qui viennent d’être exposés, le caractère urgent de la mesure est plus que douteux dès lors 
que l’on n’a même pas réussi à identifier la nature du danger qui menace le bon développement 
de C.________.

Pour l’ensemble de ces motifs, les différentes mesures prononcées par la Justice de paix le 
6 février 2015 en faveur de C.________ sont pour l’heure prématurées et doivent être annulées. 
L’autorité intimée est dès lors invitée à ordonner des mesures d’instruction complémentaires, 
respectivement à confier une enquête sociale au SEJ afin d’identifier les causes du besoin de 
protection de C.________, ainsi qu’une expertise à confier au Centre d’expertise forensique du 

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réseau fribourgeois de santé mentale avant de se prononcer à nouveau sur les mesures à 
prendre.

Il s’ensuit l’admission des recours et le renvoi des causes à l’autorité intimée pour nouvelles 
décisions dans les sens des considérants. Les requêtes d’effet suspensif deviennent ainsi sans 
objet.

3. A.________ demande que lui soit accordée l'assistance judiciaire totale, respectivement que 
Me Benoît Morzier lui soit désigné en qualité de défenseur d’office.

a) Sur la base de l'art. 117 CPC, une personne a droit à l'assistance judiciaire si elle ne 
dispose pas de ressources suffisantes et si sa cause ne paraît pas dépourvue de toute chance de 
succès. La doctrine et la jurisprudence existantes en la matière sous l'égide des anciennes 
réglementations conservent leur valeur avec le droit unifié (Message du 28 juin 2006 relatif au 
code de procédure civile suisse, FF 2006 6841/6912). Les conditions de l'assistance judiciaire 
selon le nouveau droit de procédure civile ne sont pas différentes de celles prévues, en tant que 
garantie minimale, par l'art. 29 al. 3 Cst. (TF, arrêt 5A_574/2011 du 6 janvier 2012 consid. 3).

En matière d'assistance judiciaire, le critère des chances de succès peut se révéler déterminant, 
car s'il n'apparaît pas rempli au terme d'un examen sommaire de la recevabilité et du bien-fondé 
du recours, peu importe alors de savoir si le requérant se trouve dans le besoin ou non, puisque 
les conditions sont cumulatives (TF, arrêt 6A.111/2006 du 16 février 2007 consid. 3). Selon la 
jurisprudence, un procès est dénué de chances de succès lorsque les perspectives de le gagner 
sont notablement plus faibles que les risques de le perdre et que, dès lors, elles ne peuvent être 
considérées comme sérieuses, de sorte qu'un plaideur raisonnable et aisé renoncerait à s'y 
engager, en raison des frais qu'il serait exposé à devoir supporter; en revanche, il ne l'est pas 
lorsque les chances de succès et les risques d'échec s'équilibrent à peu près ou que les premières 
n'apparaissent que légèrement inférieures aux secondes (ATF 133 III 614 consid. 5). L'élément 
déterminant réside dans le fait que l'indigent ne doit pas se lancer, parce qu'il plaide aux frais de la 
collectivité, dans des démarches vaines qu'une personne raisonnable n'entreprendrait pas si, 
disposant de moyens suffisants, elle devait les financer de ses propres deniers. Cette appréciation 
doit se faire sur la base des éléments pouvant être connus au moment d'examiner la requête 
d'assistance judiciaire et sur la base d'un examen sommaire, sans toutefois instruire une sorte de 
procès à titre préjudiciel (TF, arrêt 5A_574/2011 du 6 janvier 2012 consid. 3.1; cf. ég. CPC-TAPPY, 
art 117 N 31). 

b) En l’espèce, à l’instar de la recourante, il y a lieu d’admettre que la cause n’était pas 
dénuée d’une certaine complexité. En effet, compte tenu du caractère urgent des décisions 
querellées et de la nécessité de réagir rapidement, l’assistance d’un mandataire professionnel était 
pleinement justifiée pour sauvegarder ses droits. Pour le surplus, vu les pièces versées au dossier, 
son indigence doit être considérée comme établie.

Partant, elle doit être mise au bénéfice de l’assistance judiciaire. En outre, conformément à son 
souhait, Me Benoît Morzier, avocat à Lausanne, lui sera désigné en qualité de défenseur d’office.

Au vu du dossier et compte tenu du travail requis, en particulier de l’importance et de la difficulté 
de l’affaire (art. 57 al. 1 RJ), il se justifie d’octroyer une équitable indemnité de 1’500 francs 
(débours compris), TVA en sus par 120 francs, à Me Benoît Morzier pour la défense d’office de 
A.________ qui ne sera pas tenue de rembourser ce montant, vu l’admission du recours.

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4. Les frais judiciaires, fixés forfaitairement à 400 francs, seront mis à la charge de l’Etat, le 
recours étant admis (art. 106 al. 1 CPC; art. 6 al. 1 LPEA; art. 19 al. 1 RJ).

(dispositif en page suivante)

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la Cour arrête:

I. Les recours sont admis. 

Partant, les décisions rendues le 6 février 2015 par la Justice de paix de l’arrondissement de 
la Gruyère sont annulées et la cause est renvoyée à l’autorité de protection de l’enfant pour 
nouvelle décision dans le sens des considérants.

II. La curatelle éducative et de surveillance des relations personnelles, au sens de l’art. 308 al. 
1 et 2 CC, instituée provisoirement en faveur de C.________ est levée.

III. Ordre est donné à la direction du Centre de soins hospitaliers de Marsens de libérer 
C.________ immédiatement.

IV. Le retrait provisoire du droit de garde de A.________ sur sa fille est levé.

V. Les requêtes tendant à la restitution de l’effet suspensif sont sans objet.

VI. Les frais de la procédure de recours, fixés à 400 francs sont mis à la charge de l’Etat. 

VII. La requête d’assistance judiciaire de A.________ est admise.

Partant, Me Benoît Morzier, avocat à Lausanne, lui est désigné en qualité de défenseur 
d’office. Une indemnité équitable de 1’500 francs, débours compris, TVA par 120 francs en 
sus, est allouée à Me Benoît Morzier à la charge de l’Etat pour la procédure de recours. 
Cette indemnité n’est pas soumise à remboursement.

VIII. Communication.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral dans les trente jours 
qui suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). 
L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 27 février 2015/lda

Président Greffier