# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e7e02923-7f97-5a86-b6bc-1c13738c9ac7
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-08-02
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des baux et loyers 02.08.2018 C/29103/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_004_C-29103-2017_2018-08-02.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 6 août 2018. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/29103/2017 ACJC/1014/2018 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des baux et loyers 

DU JEUDI 2 AOÛT 2018 

 

Entre 

A______ SA, sise ______, appelante d'un jugement rendu par le Tribunal des baux et 
loyers le 15 mars 2018, comparant par Me Pascal JUNOD, avocat, rue de la Rôtisserie 

6, case postale 3763, 1211 Genève 3, en l'étude duquel elle fait élection de domicile, 

et 

Monsieur B______, intimé, comparant par Me Jean-Charles SOMMER, avocat, rue du 
Vieux-Collège 8, case postale 3407, 1211 Genève 3, en l'étude duquel il fait élection de 

domicile. 

 

- 2/7 - 

 

C/29103/2017 

EN FAIT 

A. Par jugement JTBL/281/2018 du 15 mars 2018, le Tribunal des baux et loyers, 
statuant par voie de procédure sommaire, a condamné A______ à évacuer 

immédiatement de sa personne et de ses biens ainsi que de toute autre personne 

dont elle était responsable, les arcades, bureaux et locaux commerciaux situés au 

sous-sol, rez-de-chaussée et 1
er

 étage de l'immeuble sis ______ à Genève (ch. 1 du 

dispositif), autorisé B______ à requérir l'évacuation par la force publique de 

A______ dès le 30
ème

 jour après l'entrée en force du jugement (ch. 2), débouté les 

parties de toutes autres conclusions (ch. 3) et dit que la procédure était gratuite 

(ch. 4). 

Le chiffre 1 du dispositif de ce jugement a été rectifié par jugement 

JTBL/289/2018 du 10 avril 2018, en ce sens que les locaux à évacuer sis ______, 

étaient précisés de la manière suivante : les bureaux de 118 m
2
 au 1

er
 étage, le 

local de 110 m
2
 au sous-sol et la surface de 75 m

2
 au rez-de-chaussée, le local de 

23 m
2
 au rez-de-chaussée, le local de 118 m

2
 au rez-de-chaussée, l'arcade de 62 

m
2
 au rez-de-chaussée et le dépôt d'environ 47 m

2
 au sous-sol et le local de 100 

m
2
 au 1

er
 étage (ch. 2 du dispositif). 

Ce dernier jugement a été reçu par les parties le 12 avril 2018. 

B. a. Le 16 avril 2018, A______ a formé appel contre le jugement du 15 mars 2018, 
rectifié par jugement du 10 avril 2018, concluant à son annulation et au 

déboutement de sa partie adverse de ses conclusions. 

 Elle a produit des pièces nouvelles. 

 b. Le 20 avril 2018 B______ a conclu à l'irrecevabilité de l'appel, subsidiairement 
à son rejet. 

 c. A______ a répliqué le 3 mai 2018, persistant dans ses conclusions. 

d. Les parties ont été informées le 16 mai 2018 de ce que la cause était gardée à 
juger, B______ ayant renoncé à dupliquer. 

C. Les faits pertinents suivants résultent du dossier : 

a. Entre 1997 et 1999, A______, en tant que locataire, a conclu avec  
B______, en tant que bailleur, six contrats de bail à loyer portant sur la location 

des locaux suivants sis ______ à Genève : 

- bureaux de 118 m
2
 au 1

er
 étage, pour un loyer fixé en dernier lieu à 35'992 fr. par 

an, sans les charges; 

- 3/7 - 

 

C/29103/2017 

- local de 110 m
2
 au sous-sol et surface de 75 m

2
 au rez-de-chaussée pour un loyer 

fixé en dernier lieu à 68'856 fr. par an charges non comprises; 

- local de 23 m
2
 au rez-de-chaussée, pour un loyer fixé en dernier lieu à 8'868 fr. 

par an charges non comprises; 

- local de 118 m
2
 au rez-de-chaussée, pour un loyer fixé en dernier lieu à 

44'064 fr. par an charges non comprises; 

- arcade de 62 m
2
 au rez-de-chaussée et dépôt d'environ 47 m

2
 au sous-sol pour un 

loyer fixé en dernier lieu à 40'704 fr. par an charges non comprises; 

- local de 100 m
2
 au 1

er
 étage pour un loyer fixé en dernier lieu à 37'944 fr. par an 

charges non comprises. 

b. Par avis comminatoires du 16 août 2017, B______ a mis en demeure A______ 
de lui régler dans les 30 jours les montants dus à titre d'arriéré de loyer et de 

charges pour la période de mai à août 2017 et l'a informée de son intention, à 

défaut du paiement intégral de la somme réclamée dans le délai imparti, de résilier 

les baux liant les parties conformément à l'art. 257d CO. 

c. Le 14 septembre 2017, A______ a sollicité de B______ une diminution de 
loyer au motif que la destination actuelle des locaux, à savoir la location/vente de 

______, l'exploitation de ______ en sous-sol et la vente de produits ______ ne 

permettait pas de dégager un bénéfice suffisant. Elle ajoutait qu'en 25 ans de 

location aucun travail d'entretien n'avait été effectué, soulignant qu'il y avait des 

rats dans l'immeuble. 

d. Considérant que les arriérés de loyer n'avaient pas été intégralement réglés dans 
le délai imparti, B______ a, par avis officiels du 5 octobre 2017, résilié les baux 

pour le 30 novembre 2017. 

e. Par six requêtes en protection des cas clairs déposées pour chacun des baux le 
13 décembre 2017, B______ a conclu à ce que le Tribunal prononce l'évacuation 

de la locataire et ordonne des mesures d'exécution directe. 

f. Les six causes ont été jointes le 8 février 2018 sous le numéro C/29103/2017. 

g. Lors de l'audience du Tribunal du 15 mars 2018, la locataire a indiqué qu'elle 
ne contestait pas l'existence d'arriérés de loyer, relevant qu'elle n'avait les moyens 

de payer ni les arriérés, ni les loyers courants en 21'000 fr. par mois environ au 

total. Elle a conclu à l'irrecevabilité de la requête relevant notamment qu'elle avait 

fait des demandes de travaux qui n'avaient pas abouti et que les locaux étaient en 

mauvais état. 

 

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C/29103/2017 

Le bailleur a persisté dans ses conclusions, précisant que l'arriéré était de 

171'280 fr. environ. 

La cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience. 

EN DROIT 

1. 1.1 L'appel est recevable contre les décisions finales et les décisions incidentes de 
première instance (art. 308 al. 1 let. a CPC). Dans les affaires patrimoniales, 

l'appel est recevable si la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de 

10'000 fr. au moins (art. 308 al. 2 CPC). 

 Les contestations portant sur l'usage d'une chose louée sont de nature pécuniaire 

(arrêts du Tribunal fédéral 4A_72/2007 du 22 août 2007 consid. 2; 4C_310/1996 

du 16 avril 1997 = SJ 1997 p. 493 consid. 1). 

Si les conditions pour ordonner une expulsion selon la procédure sommaire en 

protection des cas clairs sont contestées, la valeur litigieuse équivaut au dommage 

présumé, si les conditions d’une expulsion selon l’art. 257 CPC ne sont pas 
remplies, correspondant à la valeur locative ou la valeur d’usage 
hypothétiquement perdue pendant la durée prévisible d’un procès en procédure 
ordinaire permettant d’obtenir une décision d’expulsion, laquelle peut être estimée 
à neuf mois (arrêts du Tribunal fédéral 4A_207/2014 du 19 mai 2014 consid. 1; 

4A_622/2013 du 26 mai 2014 consid. 2; 4A_273/2012 du 30 octobre 2012 

consid. 1.2.2, non publié in ATF 138 III 620). 

1.2 En l'espèce, le loyer mensuel des locaux litigieux, charges non comprises, est 
de 21'000 fr. environ, de sorte que la voie de l'appel est ouverte. 

 1.3 L'appel a été interjeté dans le délai et suivant la forme prescrits par la loi 
(art. 130, 131, 311 al. 1 CPC). 

 La Cour revoit la cause avec un plein pouvoir d'examen (art. 310 CPC; HOHL, 
Procédure civile, tome II, 2010, n. 2314 et 2416; RETORNAZ, in : Procédure civile 

suisse, Les grands thèmes pour les praticiens, Neuchâtel, 2010, p. 349 ss, n. 121). 

2. 2.1 Selon l'art. 317 al. 1 CPC, les faits et les moyens de preuves nouveaux ne sont 
pris en considération en appel que s'ils sont invoqués ou produits sans retard 

(let. a) et s'ils ne pouvaient pas être invoqués ou produits devant la première 

instance bien que la partie qui s'en prévaut ait fait preuve de la diligence requise 

(let. b). Les deux conditions sont cumulatives (JEANDIN, Code de procédure civile 

commenté, 2011, n. 6 ad art. 317 CPC). 

2.2 Les pièces nouvelles 3 à 6 déposées par l'appelante, qui sont toutes antérieures 
à la date à laquelle la cause a été gardée à juger par le Tribunal, sont irrecevables, 

car elles auraient pu être produites en première instance. 

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C/29103/2017 

L'extrait du Registre du commerce produit sous pièce 2 appelante est quant à lui 

recevable car il vise un fait notoire. 

3. Le Tribunal a considéré que les conditions posées par l'art. 257d CO étaient 
réalisées de sorte que les résiliations des baux étaient valables. La locataire ne 

disposant plus de titre juridique l'autorisant à rester dans les locaux, son 

évacuation devait être prononcée. 

L'appelante fait valoir que le loyer est trop élevé par rapport à la rentabilité de son 

commerce et que l'intimé a refusé un changement de destination des locaux. Elle 

versait 10'000 fr. par mois et était disposée à restituer les locaux sis au 1
er

 étage. 

Le loyers des locaux du rez-de-chaussée et du sous-sol étant de 14'000 fr., la 

différence de 4'000 fr. par mois était "éteinte par compensation" au vu de 

l'absence de travaux et de la présence de rats. 

3.1  3.1.1 Aux termes de l'art. 257 CPC, le tribunal admet l'application de la procédure 
sommaire lorsque l'état de fait n'est pas litigieux ou est susceptible d'être 

immédiatement prouvé (let. a) et que la situation juridique est claire (let. b); le 

tribunal n'entre pas en matière sur la requête lorsque cette procédure ne peut pas 

être appliquée. Il peut être procédé par cette voie pour l'expulsion de locataires 

(ATF 139 III 38 consid. 2.5.3). 

L'état de fait n'est pas litigieux lorsqu'il n'est pas contesté par le défendeur; il est 

susceptible d'être immédiatement prouvé lorsque les faits peuvent être établis sans 

retard et sans trop de frais. La situation juridique est claire lorsque l'application de 

la norme au cas concret s'impose de façon évidente au regard du texte légal ou sur 

la base d'une doctrine et d'une jurisprudence éprouvées. En règle générale, la 

situation juridique n'est pas claire si l'application d'une norme nécessite l'exercice 

d'un certain pouvoir d'appréciation de la part du juge ou que celui-ci doit rendre 

une décision en équité, en tenant compte des circonstances concrètes de l'espèce 

(ATF 141 III 23 consid. 3.2 p. 26; arrêt du Tribunal fédéral 4A_306/2015 du 

14 octobre 2015 consid. 1). 

La possibilité d'opposer en compensation une contre-créance contestée existe 

aussi pour le locataire mis en demeure de payer un arriéré de loyer (art. 257d CO); 

la déclaration de compensation doit toutefois intervenir avant l'échéance du délai 

de grâce. La contre-créance opposée en compensation doit en outre pouvoir être 

prouvée sans délai (arrêt du Tribunal fédéral 4A_140/2014 du 6 août 2014, 

consid. 5.2). 

3.1.2 A teneur de l'art. 257d al. 1 CO, lorsque le locataire, après réception de la 
chose, a du retard pour s'acquitter d'un terme ou de frais accessoires échus, le 

bailleur peut lui fixer par écrit un délai de paiement et lui signifier qu'à défaut de 

paiement dans ce délai, il résiliera le bail. Le délai doit être d'au moins trente jours 

pour les baux d'habitations ou de locaux commerciaux. L'art. 257d al. 2 CO 

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C/29103/2017 

dispose qu'à défaut de paiement dans le délai fixé, le bailleur peut résilier le 

contrat avec effet immédiat; les baux d'habitations ou de locaux commerciaux 

peuvent être résiliés moyennant un délai de congé minimum de trente jours pour 

la fin d'un mois. 

L'avis comminatoire doit indiquer le montant impayé de façon suffisamment 

claire et précise. Une indication chiffrée n'est pas indispensable; il suffit que 

l'objet de la mise en demeure soit déterminable sans discussion, par exemple avec 

une désignation précise des mois de loyers impayés (arrêt du Tribunal fédéral 

4C_123/2000 du 14 juin 2000 consid. 3b, in CdB 2000 109).  

Lorsque l'avis comminatoire est adressé par pli recommandé, il est reçu le jour ou 

le locataire le retire au guichet postal. Sinon, il est réputé reçu le 7
ème

 et dernier 

jour du délai de garde postal (ATF 137 III 208, consid. 3.1.3; 140 III 244, 

consid. 5.1). 

3.2 En l'espèce, l'appelante, qui reconnaît ne verser que 10'000 fr. par mois de 
loyer au lieu de 21'000 fr. depuis août 2017, admet ne pas s'être acquittée des 

arriérés de loyer réclamés dans le délai comminatoire imparti par l'appelante.  

La contre-créance qu'elle invoque en compensation n'a pas d'effet libératoire car 

elle n'a pas été invoquée pendant le délai de grâce et son existence n'est pas 

rendue vraisemblable alors que l'intimé la conteste. Au demeurant, le montant 

allégué de cette contre-créance, en 4'000 fr. par mois, est insuffisant pour solder 

les arriérés de loyer. 

Le fait que l'intimé ait refusé de consentir aux propositions de l'appelante tendant 

à modifier la destination des locaux n'est quant à lui pas pertinent car rien ne 

l'obligeait à accepter une telle modification du contrat de bail. 

L'appelante ne conteste pour le surplus pas que les conditions de l'art. 257d CO 

soient réalisés. 

C'est par conséquent à juste titre que le Tribunal a considéré que le bail avait 

valablement été résilié et que l'appelante n'avait plus de titre valable l'autorisant à 

se maintenir dans les locaux litigieux. 

Les modalités d'exécution de la décision d'évacuation ordonnées par le Tribunal 

ne sont quant à elles pas contestées en appel. 

Le jugement querellé sera par conséquent confirmé. 

4. Il n'est pas prélevé de frais, s'agissant d'une cause soumise à la juridiction des 
baux et loyers (art. 22 al. 1 LaCC). 

* * * * * 

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C/29103/2017 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre des baux et loyers : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté le 16 avril 2018 par A______ contre le jugement 

JTBL/281/2018 rendu le 15 mars 2018 par le Tribunal des baux et loyers dans la cause 

C/29103/2017 et rectifié par jugement JTBL/289/2018 du 10 avril 2018 dans la même 

cause. 

Au fond : 

Confirme le jugement querellé. 

Dit que la procédure est gratuite. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Siégeant : 

Monsieur Ivo BUETTI, président; Madame Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ, 

juge; Madame Danièle FALTER, juge suppléante; Madame Maïté VALENTE, 

greffière. 

Le président : 

Ivo BUETTI 

 
La greffière : 

Maïté VALENTE 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005  

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la 

voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 15'000 fr.