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**Case Identifier:** 3e759c29-ffaa-587e-aab8-51c9c95bdccc
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-10-02
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 02.10.2008 C/17042/2007
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-17042-2007_2008-10-02.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE  Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/17042/2007 - 5 
 

POUVOIR  JUDICIAIRE * COUR D’APPEL * 
 

 
 CAPH/171/2008 

 

 

 

Monsieur T_______ 
Dom. élu :  
Me Marlène PALLY 
Route du Grand-Lancy 12 
1212 GRAND-LANCY 
 
 
Partie appelante 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
D’une part 

Monsieur E_______ 
p.a. E_______ 
___________ 
12__ _______ 
 
 
 
Partie intimée 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
D’autre part 

 
 
 
 

 
 

ARRÊT 
 

du 2 octobre 2008 
 

 
  M. Richard BARBEY, président 
 
 
  Mme Denise BOËX et M. Daniel FORT, juges employeurs 
 
  Mme Pierrette FISHER et M. Robert STUTZ, juges salariés 
 
 
  Mme Florence SCHULER, greffière d’audience 
 
 

 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/17042/2007 - 5 

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EN FAIT 

 
 
A. Le 11 mai 2006, E_______, qui exploite à ______ une entreprise individuelle de 

placement de personnel, a signé avec T_______, monteur électricien, un contrat 
cadre de travail établi sur formulaire préimprimé. 

  
 Selon l’art. 2, T_______ restait libre d’accepter ou de refuser une mission; en 

contrepartie, E_______ n’était pas obligé de lui en proposer. A teneur de l’art. 3, 
les rapports de travail pouvaient être résiliés en respectant un préavis de 2 jours 
ouvrables durant les treize premières semaines d’une mission de durée indéter-
minée, de 7 jours calendaires jusqu’au sixième mois d’une mission ininterrompue 
et d’un mois par la suite. Dans l’éventualité d’une mission de durée déterminée, 
les rapports de travail prenaient fin automatiquement à l’échéance de celle-ci. 
L’art. 5.4 précisait encore, que le collaborateur temporaire contraint d’interrompre 
une mission ou empêché de l’exécuter devait en informer immédiatement 
E_______ ainsi que l’entreprise utilisatrice (pièce 1 déf.). 

 
 
B/a. En mai 2006, T_______ a accompli une première mission de deux semaines chez 

A_______ SA, puis une seconde auprès de B_______ SA, entreprise d’électricité 
à Z_______, prévue initialement pour une période de trois mois. Cette dernière 
s’est toutefois prolongée (pièces 3/b-3/c déf; 15 dem; pv du 8.9.2008 p. 2). 

 
 L’intéressé s’est trouvé en incapacité pour cause de maladie du 9 décembre 2006 

au 7 janvier 2007 (pièces 1-2 dem. au verso). 
 
b. B_______ SA l’a repris à son service en tant que monteur électricien le 8 janvier 

2007, pour une nouvelle mission à plein temps de trois mois, moyennant le 
versement d’un salaire horaire brut de 25 fr. 74 plus 2 fr. 38 pour la part des 
vacances (pièce 3/a déf.). 

 
 T_______ s’est trouvé derechef incapable de travailler pour cause de maladie 

attestée par des certificats médicaux du mercredi 4 avril au dimanche 20 mai 2007 
(pièces 4-5 dem.). 

 
 Selon son dire, il aurait annoncé à E_______, dans les derniers jours de son 

incapacité, qu’il reprendrait le travail. Celui-ci lui aurait néanmoins signifié son 
congé le 21 mai 2007. E_______ a contesté ces allégations et affirmé que son 
interlocuteur avait au contraire refusé de poursuivre son activité chez B_______ 
SA, après que lui-même eût obtenu de sa cliente l'assurance qu'elle était prête à le 
réintégrer dans son effectif (demande p. 1; réponse du 25.8.2007 ; pv du 8.9.2008 
p. 2). 

 

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c. C_______, conseiller dans l’entreprise de E_______, a établi le 29 juin 2006 une 
première attestation d’employeur destinée aux services de l’assurance chômage, 
indiquant que la résiliation des rapports de travail avait été signifiée par l’agence 
de placement de personnel, avec deux jours de préavis, et qu’elle était motivée par 
la fin de la mission. 

 
 E_______ a corrigé par la suite ce document, puis a envoyé le nouvel exemplaire, 

dans lequel il était mentionné que T_______ avait refusé la mission chez 
B_______ SA à l’issue de sa maladie, ce qui avait mis un terme aux rapports de 
travail (pièces 1-2 dem.).   

 
 
C/a. Le 30 juillet 2007, T_______ a ouvert action devant le Tribunal des prud’hommes 

contre E_______, en paiement de 4'462 fr. 70 correspondant à son salaire de juin 
2007, plus 366 fr. 70 pour un solde sur son treizième salaire. A l’appui de ses 
prétentions, il a derechef exposé avoir été licencié. 

 
 Contestant sa version, le défendeur s’est opposé à la demande. A la requête du 

Tribunal, il a également communiqué au Tribunal, en date du 16 octobre 2007, 
des justificatifs démontrant qu’il s’était acquitté en mains de l’Office des pour-
suites de la somme de 334 fr. 70 correspondant à la part nette du treizième salaire, 
en exécution d’une saisie de salaire opérée à l’encontre du demandeur. 

 
b. Le Tribunal a entendu trois témoins. 
 
 Selon la déposition de D_______, collaborateur du demandeur, le demandeur 

avait refusé, sur les conseils de son avocat, de reprendre le travail chez B_______ 
SA de manière à pouvoir régler ses affaires personnelles, qui portaient semble-t-il 
sur des problèmes familiaux concernant en particulier la garde de sa fille. Il avait 
également décliné la proposition d’une autre mission plus proche de son domicile 
(pv du 15.10.2007 p. 2). 

 
 C_______ a confirmé avoir signé la première attestation d’employeur destinée 

aux Services de l’assurance chômage. A l’entendre, T_______ lui avait présenté le 
document déjà entièrement rempli, en lui affirmant avoir discuté auparavant avec 
E_______ et que tout était en ordre. Le témoin lui avait fait confiance, ce qui avait 
été une erreur (pv du 15.10.2007 p. 3-4; annexe au courrier déf. du 17.9.2007). 

 
 F_______, propriétaire et directeur de B_______ SA, a enfin relaté avoir été dis-

posé à reprendre T_______ à la fin de sa période d’incapacité en mai 2007, mal-
gré une dégradation des rapports de travail constatée en dernier lieu, dues aux 
nombreux problèmes personnels du demandeur. Il avait toutefois exprimé à 
E_______ le souhait que celui-ci s’entretienne préalablement avec le demandeur. 
Son interlocuteur lui avait promis de le faire. Le lendemain, T_______ lui avait 
personnellement téléphoné, en lui indiquant qu’il ne voulait pas reprendre le tra-
vail avant de régler les problèmes qu’il disait avoir avec le défendeur. Le troi-

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sième témoin a ajouté entretenir toujours de bonnes relations avec les deux parties 
(pv du 15.10.2007 p. 3).   

 
  Les dépositions ainsi recueillies n’ont suscité aucune réaction des plaideurs. 
 
c. Par jugement du 18 avril 2008, le Tribunal a débouté T_______ de ses préten-

tions, en considérant, d’une part, qu’il avait refusé de reprendre le travail à la fin 
de sa maladie et, de l’autre, que le défendeur avait établi s’être acquitté du solde 
du treizième salaire réclamé. 

 
 
D. T_______ appelle du jugement rendu et maintient ses conclusions de première 

instance. Il reproche en substance au Tribunal de s’être fondé sur les dépositions 
des deux collaborateurs de l’intimé, sans tenir compte des liens de dépendance qui 
les unissaient à leur employeur. Il dénonce également la déposition «mensongère» 
et «diffamatoire» de F_______, sans toutefois fournir d’autres précisions perti-
nentes à son sujet. Il expose enfin n’avoir jamais reçu la part du treizième salaire. 

 
 E_______ propose la confirmation de la décision attaquée. 
 
 A l’audience du 8 septembre 2008, l’appelant a contesté avoir téléphoné à 

F_______, en lui indiquant ne pas vouloir reprendre le travail avant de régler ses 
problèmes avec l’intimé. Il a ajouté s’être uniquement présenté, au terme de sa 
maladie, à l’agence du défendeur, qui était son interlocuteur, mais non chez 
B_______ SA.  

 
 
 

EN DROIT 
 
 
1. L’appel est recevable, ayant été interjeté dans le délai et suivant la forme prescrits 

(art. 56 al. 1, 59 LJP). 
 
 
2. Il se révèle en revanche infondé. 
 
2.1. L’employé ne peut prétendre au paiement de son salaire pour le mois de juin 

2007, qu’à la condition d’avoir offert ses services au terme de sa période d’inca-
pacité en mai de la même année (ATF 115 V 437 consid. 5/a ; SJ 1993 p. 365;. 
TF, arrêt 4C.331/2001 du 12.2.2002 consid. 4/c). Or, tous les témoignages recueil-
lis viennent infirmer sa version, suivant laquelle l’intimé l’aurait alors licencié, et 
donnent au contraire à penser que l’appelant a refusé de continuer sa mission 
auprès de B_______ SA. 

 
 La déposition de C_______ reste certes sujette à caution, puisque l’intéressé a af-

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firmé avoir uniquement signé et daté la première attestation d’employeur envoyée 
aux Services de l’assurance chômage, tandis qu’un examen du document révèle 
qu’il a sans doute rempli plusieurs autres rubriques du formulaire, notamment 
celles au bas du recto, relatives à la résiliation du rapport de travail. 

 
 A côté de cette déposition, D_______ a toutefois confirmé avoir été présent lors-

que le demandeur avait refusé de reprendre le travail chez B_______ ou d’assu-
mer une autre mission proposée. Enfin et surtout, F_______, qui est resté en bons 
termes avec les deux parties, a également reçu la même réponse, durant une con-
versation téléphonique avec l’appelant. 

 
 L’intimé a pour sa part indiqué n’avoir eu aucune raison de licencier l’employé en 

mai 2007 ; ses intérêts l’incitaient au contraire à le conserver parmi le personnel 
intérimaire rattaché à son entreprise et à lui faire rapidement reprendre le travail 
(pv du 8.9.2008 p. 3). L’explication ainsi fournie parait censée. 

 
 Le jugement sera dès lors confirmé, dans la mesure où il rejette la demande 

tendant au règlement du salaire de juin 2007. 
 
2.2. Les justificatifs communiqués démontrent d’autre part que le solde du treizième 

salaire a été payé en mains de l’office des poursuites, en exécution d’une saisie 
pratiquée à l’encontre du demandeur.     

 
 

PAR CES MOTIFS 
 

La Cour d’appel des prud'hommes, groupe 5 , 
 

A la forme : 
 
 Reçoit l’appel du jugement rendu le 18 avril 2008 par le Tribunal des prud’hommes 

dans la présente cause. 
 
Au fond : 
 
 Confirme ce jugement. 
 
 Déboute les parties de toutes autres conclusions. 
 
 
 
 
La greffière de juridiction Le président