# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 62b8d923-c2db-5584-995d-ea08392c0b63
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2012-12-18
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 18.12.2012 D-5233/2009
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-5233-2009_2012-12-18.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
 
 
 

 

  

 
 Cour IV 

D-5233/2009 

 

 

 

 A r r ê t  d u  1 8  d é c e m b r e  2 0 1 2  

Composition 

 
Gérard Scherrer (président du collège),  

Emilia Antonioni, Martin Zoller, juges, 

Germana Barone Brogna, greffière. 

 

 
 

Parties 

 
A._______, née le […], et ses enfants B._______, né le […], 

et C._______, née le […], 

 

Erythrée,  

recourants,  

 
 

 
contre 

 

 
Office fédéral des migrations (ODM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure.  

 

Objet 

 
Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 17 juillet 2009 / 

N […]. 

 

D-5233/2009 

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Faits : 

A.  

Le 15 septembre 2008, A._______a déposé une demande d'asile en 

Suisse. 

B.  

Lors de ses auditions, elle a déclaré être de nationalité érythréenne, ori-

ginaire de la localité de D._______ (région de Zoba Debub), d'ethnie et 

de langue maternelle tigrinya. En 1988, alors âgée d'un an, elle serait 

partie vivre au Soudan avec sa famille dans un camp peuplé de compa-

triotes ("E._______") situé près de la frontière de son pays.  

En 2002, après que ses parents se furent séparés et que son frère fut 

resté auprès de sa mère au Soudan, son père l'aurait emmenée vivre en 

Erythrée, dans leur village natal. En 2004, elle aurait débuté une relation 

amoureuse avec un dénommé F._______, alors enrôlé dans l'armée éry-

thréenne.  

Un soir de septembre 2006, son père aurait été appréhendé au domicile 

familial et emmené par des militaires pour des motifs non précisés. Sans 

nouvelles de lui, elle aurait souffert de problèmes psychiques et de diffi-

cultés de concentration qui l'auraient amenée à mettre aussitôt un terme 

à sa scolarité; selon une autre version, elle aurait fréquenté l'école jus-

qu'à fin 2006. Désormais seule et sans soutien parental, elle aurait conti-

nué de vivre au domicile familial, où son compagnon venait la rejoindre 

durant ses permissions militaires.  

A une date non précisée, elle aurait reçu une convocation militaire pour 

se rendre à G._______. Deux jours plus tard, craignant pour sa sécurité, 

elle se serait résolue à fuir le pays, sur les conseils de son compagnon, 

lequel aurait été lui-même sur le point de s'expatrier suite à sa désertion.  

Le 2 janvier 2007, elle serait parvenue à quitter son pays, illégalement, 

avec l'aide de passeurs, aux côtés de son ami. Elle aurait vécu durant 

cinq mois à Khartoum, au Soudan, puis une quinzaine de mois à 

Benghazi, en Libye, avant de gagner seule l'Italie, à bord d'un bateau, 

son compagnon ayant été contraint de rester sur place faute de moyens 

financiers suffisants. Elle serait entrée en Suisse, clandestinement, le 15 

septembre 2008.  

Elle a expliqué y avoir retrouvé ultérieurement F._______, également re-

quérant d'asile en Suisse (N …).  

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C.  

Le 17 janvier 2009, de son union avec F._______, l'intéressée a donné 

naissance à l'enfant B._______, lequel a été intégré, ipso jure, à la pro-

cédure de la mère.  

D.  

Par décision du 17 juillet 2009, l'ODM a rejeté la demande d'asile dépo-

sée par A._______, a prononcé son renvoi vers un "pays de la corne de 

l'Afrique" et ordonné l'exécution de cette mesure, considérant en particu-

lier que les déclarations relatives à la nationalité érythréenne de l'intéres-

sée et à ses motifs de fuite n'étaient pas vraisemblables au sens de l'art. 

7 de la loi sur l’asile du 26 juin 1998 (LAsi, RS 142.31). L'office a souligné 

également que la relation qu'entretenait l'intéressée avec son compagnon 

et père de son enfant n'était pas de nature à rendre inexigible l'exécution 

de son renvoi.  

E.  

Par mémoire du 17 août 2009, l'intéressée, agissant pour elle-même et 

son enfant, a interjeté recours contre cette décision, concluant à son an-

nulation, à la reconnaissance de sa qualité de réfugiée et à l'octroi de 

l'asile, subsidiairement, au prononcé d'une admission provisoire. Elle a 

requis l'assistance judiciaire partielle ainsi que la dispense d'une avance 

en garantie des frais présumés de la procédure. En premier lieu, elle a 

invoqué une violation de son droit d'être entendue, l'ODM ayant omis de 

lui transmettre les pièces de son dossier, nonobstant deux requêtes 

écrites dont les copies ont été jointes au recours. Sur le fond, elle a réité-

ré sa nationalité érythréenne ainsi que la véracité de son récit, à savoir 

qu'elle avait vécu au Soudan jusqu'en 2002, puis avait rencontré des en-

nuis à son retour en Erythrée du fait de l'arrestation de son père et de sa 

propre convocation au service militaire. Elle a invoqué par ailleurs le prin-

cipe de l'unité familiale, compte tenu de la nature des liens l'unissant à 

F._______, lequel avait entrepris entre-temps des démarches en vue de 

la reconnaissance de l'enfant B._______. 

F.  

Vu la nécessité de maintenir intact l'état de fait, le juge instructeur a oc-

troyé des mesures provisionnelles autorisant la recourante et son enfant 

à demeurer en Suisse provisoirement, par ordonnance du 27 août 2009, 

puis jusqu'à l'issue de la procédure, par décision incidente du 8 septem-

bre 2009. Par même décision, il a admis la demande de dispense du ver-

sement de l'avance de frais et précisé qu'il serait statué ultérieurement 

sur la demande d'assistance judiciaire partielle. Il a également transmis 

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les pièces essentielles du dossier à la recourante, lui impartissant un dé-

lai au 15 septembre 2009 pour déposer un mémoire complémentaire. 

G.  

Le 28 septembre 2009, a été produit un extrait d'acte de naissance daté 

du 22 septembre précédent concernant l'enfant B._______, dont 

F._______ a reconnu entre-temps la paternité. 

H.  

Le 14 septembre 2009, l'intéressée a fait valoir que le court délai accordé 

par le Tribunal administratif fédéral (le Tribunal) aux fins de compléter son 

recours ne réparait en rien le préjudice qu'elle avait subi du fait de l'envoi 

tardif de son dossier, dès lors qu'elle avait disposé de cinq jours effectifs 

uniquement pour déposer son acte. Elle a par ailleurs contesté les invrai-

semblances et contradictions relevées par l'ODM, lesquelles s'expli-

quaient, selon elle, par des problèmes psychiques et de concentration 

survenus après l'arrestation de son père.  

I.  

Par décision du 25 janvier 2010, l'ODM a reconnu la qualité de réfugié à 

F._______ et lui a accordé l'asile. 

J.  

Invité à se déterminer, l'ODM a proposé le rejet du recours dans sa ré-

ponse du 3 avril 2012, précisant, d'une part, que le certificat de baptême 

du 10 octobre 2010 n'était pas susceptible d'établir la nationalité de l'inté-

ressée, d'autre part, que celle-ci ne pouvait pas se prévaloir du principe 

de l'unité de la famille, dès lors qu'elle ne faisait pas ménage commun 

avec F._______. 

K.  

Le 30 avril 2012, la recourante a établi l'existence des démarches entre-

prises pour conclure son mariage civil avec F._______ en produisant des 

documents tendant à prouver l'existence d'une "vie familiale" entre elle-

même, son compagnon et leur enfant commun. 

L.  

Le 29 juin 2012, est née C._______, laquelle a également été intégrée, 

ipso jure, à la procédure de la recourante. 

 

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M.  

Par courrier du 17 juillet 2012, l'intéressée a produit notamment un extrait 

de l'acte de mariage du 22 juin 2012 ainsi que la communication d'une 

reconnaissance avant la naissance concernant l'enfant C._______. 

N.  

Par ordonnance du 9 août 2012, le Tribunal a invité une nouvelle fois 

l'ODM à se déterminer sur le recours, compte tenu de la nouvelle situa-

tion de l'intéressée. 

O.  

Par décision du 21 août 2012, l'ODM a reconsidéré sa décision du 17 juil-

let 2009, a reconnu la qualité de réfugié de la recourante et de ses en-

fants, et leur a accordé l'asile, en application de l'art. 51 al. 1 LAsi, préci-

sant que l'intéressée ne remplissait pas les conditions de l'art. 3 al. 1 et 2 

LAsi. 

P.  

Par ordonnance du 4 septembre 2012, à laquelle il n'a pas été répondu, 

la recourante a été invitée à faire savoir au Tribunal si elle maintenait ses 

conclusions tendant à la reconnaissance de sa qualité de réfugiée à titre 

originaire et a été avisée qu'à défaut de réponse l'instruction suivrait son 

cours.  

Q.  

Les autres faits ressortant du dossier seront examinés si nécessaire dans 

les considérants qui suivent. 

 

Droit : 

1.  

1.1 En vertu de l'art. 31 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal adminis-

tratif fédéral (LTAF, RS 173.32), ledit Tribunal connaît des recours contre 

les décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 1968 

sur la procédure administrative (PA, RS 172.021) prises par les autorités 

mentionnées à l'art. 33 LTAF. En particulier, les décisions rendues par 

l'ODM concernant l'asile peuvent être contestées devant le Tribunal, le-

quel statue définitivement en cette matière conformément à 

l'art. 105 LAsi, à l'art. 33 let. d LTAF et à l'art. 83 let. d ch. 1 de la loi sur le 

Tribunal fédéral (LTF, RS 173.110). 

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1.2 La recourante a qualité pour recourir. Présenté dans la forme et le dé-

lai prescrits par la loi, le recours est recevable (art. 48 et 52 PA et art. 108 

al. 1 LAsi). 

2.  

La recourante reproche à juste titre à l'ODM d'avoir commis une violation 

de son droit d'être entendue en ne lui transmettant pas, malgré ses de-

mandes, les pièces de son dossier. Cependant, dès lors que le Tribunal - 

lequel dispose notamment d'un plein pouvoir de cognition - a transmis 

ces pièces à l'intéressée, qu'elle a pu compléter son recours et exposer 

tous ses arguments, la violation constatée n'a pas porté à conséquence, 

de sorte que le vice peut en l'espèce être considéré comme guéri. Elle in-

voque par contre à tort une violation du droit à un recours effectif. En ef-

fet, elle disposait du délai légal de 30 jours dès la notification de la déci-

sion de l'ODM pour exercer son droit à recourir, qu'elle a mis en œuvre, 

et non pas uniquement d'un délai de cinq jours effectifs pour recourir, en-

tre le moment où elle a reçu les pièces du dossier et le délai imparti pour 

compléter son recours. Même si elle n'était pas en possession de toutes 

les pièces du dossier au moment du dépôt de son mémoire, l'intéressée 

pouvait exposer l'intégralité de ses moyens dans le délai légal et n'était 

en rien empêchée de le faire. Elle a, en outre, bénéficié d'un délai sup-

plémentaire pour déposer un mémoire ultérieurement (cf. let. G et H su-

pra). Son grief est ainsi mal fondé et doit être rejeté. 

3.  

L'ODM a, par décision du 21 août 2012, reconnu la qualité de réfugiée (à 

titre dérivé) et accordé l'asile à la recourante et à ses enfants, à la suite 

de son mariage, le 22 juin 2012, avec un compatriote reconnu comme ré-

fugié en Suisse. Partant, le recours du 17 août 2009, complété le 14 sep-

tembre suivant, est devenu sans objet en tant qu'il portait sur l'octroi de 

l'asile, le renvoi et l'exécution de cette mesure. En revanche, l'ODM a 

constaté une nouvelle fois au point 1 du dispositif de sa décision du 21 

août 2012 que la recourante ne remplissait pas les conditions pour la re-

connaissance de sa qualité de réfugiée selon l'art. 3 LAsi. Les conclu-

sions du recours sur ce point ne sont pas devenues sans objet dès lors 

que la recourante ne les a pas retirées. Seule cette question doit encore 

être tranchée. 

4.  

Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans le 

pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 

ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion, 

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de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou 

de leurs opinions politiques. Sont notamment considérées comme de sé-

rieux préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou de 

la liberté, de même que les mesures qui entraînent une pression psy-

chique insupportable. Il y a lieu de tenir compte des motifs de fuite spéci-

fiques aux femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi). 

Quiconque demande l’asile (requérant) doit prouver ou du moins rendre 

vraisemblable qu'il est un réfugié. La qualité de réfugié est vraisemblable 

lorsque l'autorité estime que celle-ci est hautement probable. Ne sont pas 

vraisemblables notamment les allégations qui, sur des points essentiels, 

ne sont pas suffisamment fondées, qui sont contradictoires, qui ne cor-

respondent pas aux faits ou qui reposent de manière déterminante sur 

des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 LAsi). 

5.  

L'intéressée a allégué être de nationalité érythréenne, avoir vécu pendant 

quatorze ans au Soudan dans un camp peuplé de compatriotes, puis à 

nouveau dans son pays durant les quatre années ayant précédé son dé-

part. Dès lors toutefois qu'elle n'a produit aucun document d'identité au 

sens de l'art. 1a de l’ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l’asile relative à la 

procédure (OA 1, RS 142.311) et que ses connaissances de son prétendu 

pays d'origine sont très lacunaires, notamment sur le plan géographique 

et historique, l'ODM a considéré qu'elle n'avait pas rendu vraisemblable 

sa nationalité érythréenne. Le Tribunal ne saurait cependant partager cet-

te analyse. Dans la mesure où la recourante maîtrise le tigrinya, langue 

parlée en Erythrée et dans laquelle ont été menées les auditions, il ne 

voit aucune raison sérieuse d'exclure la nationalité érythréenne de celle-

ci, malgré les lacunes indéniables constatées par l'ODM. 

La recourante étant considérée comme une ressortissante érythréenne, il 

convient d'examiner si elle remplit à titre personnel les conditions de la 

qualité de réfugiée, au regard des motifs d'asile allégués à l'appui de sa 

demande de protection.  

6.  

6.1 En l'occurrence, la recourante a déclaré en premier lieu avoir fui son 

pays de peur de subir le même sort que son père, arrêté par des militai-

res à son domicile en septembre 2006. Cependant, elle n'a su indiquer ni 

la date précise ni le motif de cette arrestation, s'étant limitée à mentionner 

l'existence d'un lien présumé de son père avec les "Shabia", terme dont 

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elle méconnaît toutefois la signification formelle. De plus, elle n'a fourni 

aucun détail significatif sur les circonstances ayant entouré cet événe-

ment, s'étant bornée à déclarer que "c'était le soir, il y avait mon père et 

moi à la maison. Mon père n'a rien dit, eux non plus n'ont rien dit, mais ils 

sont partis avec" (cf. pv d'audition du 10 juin 2009, p. 13). A ses dires, elle 

n'aurait posé aucune question aux militaires, ni même à son père, pour 

chercher à savoir pourquoi celui-ci avait été soudainement appréhendé. 

Elle ne se serait pas non plus intéressée au sort qu'il aurait subi ultérieu-

rement, allant jusqu'à ignorer s'il était mort ou encore en vie. Elle a dit par 

ailleurs avoir continué de séjourner au domicile parental après la dispari-

tion de son père sans connaître d'ennuis avec les autorités, ce qui dé-

montre qu'elle ne se sentait pas personnellement menacée. Aussi, elle 

n'a nullement rendu vraisemblable l'existence d'indices concrets fondant 

objectivement sa crainte subjective d'une arrestation. Les explications 

fournies au stade du recours, à savoir notamment qu'elle ne savait rien 

sur l'arrestation de son père du moment qu'il ne se confiait pas à elle et 

qu'elle-même ne lui avait posé aucune question du fait qu'elle était tétani-

sée par la présence des militaires, ne permettent manifestement pas de 

remettre en cause cette analyse.  

6.2 S'agissant de sa crainte de devoir effectuer son service militaire en 

cas de retour en Erythrée, elle n'est pas crédible. Ses déclarations ne 

contiennent aucun élément concret et substantiel qui rendrait vraisem-

blable qu'elle est concrètement entrée en contact avec les autorités mili-

taires et qu'elle a été appelée au recrutement. En effet, elle n'a pas su in-

diquer avec précision la date à laquelle elle aurait reçu la convocation mi-

litaire pour se rendre à G._______, s'étant satisfaite de déclarer que 

c'était deux jours avant son départ du pays. De plus, elle n'a fourni aucun 

autre détail significatif, en particulier la date à laquelle elle aurait été cen-

sée se présenter aux autorités, sous prétexte qu'elle n'avait pas ouvert 

l'enveloppe et qu'elle l'avait aussitôt mise à la poubelle du fait qu'elle avait 

pris peur. Les propos qu'elle a tenus sur ce point ont également varié au 

cours des auditions, déclarant tantôt que la convocation lui avait été re-

mise par une voisine (cf. pv d'audition du 25 septembre 2008, p. 5) tantôt 

qu'elle l'avait trouvée devant la porte à son retour de l'école (cf. pv d'audi-

tion du 10 juin 2009, p. 8). Cette divergence de taille, relative à un évé-

nement marquant, constitue en réalité une contradiction qui porte sur un 

motif d'asile essentiel et qui en altère sérieusement la crédibilité, d'autant 

que l'intéressée n'a avancé, dans son recours, aucun argument pertinent 

susceptible de l'expliquer. L'affirmation selon laquelle elle aurait connu 

des problèmes psychologiques et des difficultés de concentration ensuite 

de l'arrestation de son père n'est nullement étayée et ne saurait dès lors 

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être retenue, si ce n'est à titre d'argument avancé pour les besoins de la 

cause. 

6.3 Dans la mesure où l'intéressée n'a pas rendu crédible avoir été en 

contact avec les autorités militaires, la question de savoir si elle a refusé 

de servir et si, à ce titre, elle doit se voir opposer l'art. 3 al. 3 LAsi ne se 

pose pas.  

6.4 Il s'ensuit que le recours, en tant qu'il conclut à la reconnaissance de 

la qualité de réfugiée et à l'octroi de l'asile à titre originaire, doit être reje-

té. 

7.  

Vu l'issue de la cause, il y aurait lieu de mettre les frais de procédure, à la 

charge de la recourante, en application de l'art. 63 al. 1 PA. Compte tenu 

des circonstances particulières du cas d'espèce, le Tribunal renonce tou-

tefois à leur perception (cf. art. 63 al. 4 i.f. PA). La demande d'assistance 

judiciaire partielle est donc sans objet. 

8.  

Dans la mesure où la recourante obtient partiellement gain de cause, elle 

peut prétendre à des dépens réduits. Leur octroi ne se justifie toutefois 

pas, dès lors qu'elle n'est pas représentée et que la procédure n'est, en 

tout état de cause, pas réputée lui avoir causé des frais relativement éle-

vés, au sens de l'art. 64 al. 1 PA, et ce indépendamment de la question 

de savoir si les autres conditions nécessaires pour l'octroi de dépens ré-

duits seraient remplies en l'occurrence (cf. art. 5 et 15 du règlement du 

21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le 

Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2). 

 

(dispositif page suivante) 

  

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Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté, dans la mesure où il n'est pas devenu sans objet.  

2.  

Il n'est pas perçu de frais. 

3.  

La demande d'assistance judiciaire partielle est sans objet. 

4.  

Il n'est pas alloué de dépens. 

5.  

Le présent arrêt est adressé à la recourante, à l'ODM et à l'autorité can-

tonale compétente. 

 

Le président du collège : La greffière : 

  

Gérard Scherrer Germana Barone Brogna 

 

 

Expédition :