# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 7f5659d0-ff8c-5e4a-9902-30ce9ec8618e
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours civile HC / 2014 / 516
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_010_HC---2014---516_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

HN14.023232-141042

218 

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS CIVILE

_________________________________________

Arrêt du
23 juin 2014

__________________

Présidence
de               M.             
Winzap,
président

Juges             
:              MM.             
Giroud et  Crittin Dayen 

Greffière
:              Mme             
Juillerat Riedi

 

 

*****

 

 

Art.
109 al. 3 CDPJ

 

 

             
Statuant à huis clos sur le recours interjeté par 
K.________,
à Aigle, contre la décision rendue le 7 avril 2014 par la Juge de paix du district de la Riviera
– Pays-d’Enhaut dans la cause concernant la succession de L._______,
la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal voit :

 

             
En fait et en droit :

 

 

1.             
Le 20 décembre 1997, L._______ a fait un testament notarié par devant K.________. Par cet acte,
ce dernier et [...] ont été nommés co-exécuteurs testamentaires. 

 

             
Le 23 juin 2003, L._______ a signé un testament olographe dans lequel elle a adopté de nouvelles
dispositions pour cause de mort et révoqué toutes dispositions testamentaires antérieures.
Dans ce nouvel acte, elle n’a pas nommé d’exécuteur testamentaire. 

 

 

2.             
L._______ est décédée le 13 février 2011.

 

             
Par lettre du 31 mars 2011, la Juge de paix du
district de la Riviera – Pays-d’Enhaut (ci-après : la juge de paix) a communiqué
aux héritiers de la défunte une copie des dispositions de dernières volontés de celle-ci
datées du 23 juin 2003. 

 

             
Par lettre adressée le 3 janvier 2014 à la justice de paix, K.________ a requis une copie du
testament du 23 juin 2003. 

 

             
Dans sa réponse du 6 février 2014, la justice de paix l’a informé du fait que la
clause du testament du 30 décembre 1997 par laquelle il avait été institué exécuteur
testamentaire avait été révoquée par le testament du 23 juin 2003. 

 

             
Le 13 février 2014, K.________ a réitéré sa demande, en requérant que « les
ayants-droits et l’éventuel exécuteur testamentaire d’alors » reçoivent
une copie du testament du 23 juin 2003. 

 

             
Le 7 avril 2014, la juge de paix a notamment répondu à K.________ que le testament en question
avait été communiqué le 31 mars 2011 - soit le jour même de son homologation - aux
héritiers légaux et institués, ainsi qu’à l’exécuteur testamentaire
désigné dans les dernières dispositions, que la défunte avait révoqué les
précédentes dispositions dans son testament du 23 juin 2003 et qu’il n’avait de
la sorte plus été désigné comme exécuteur testamentaire. 

 

             
Par lettre à la juge de paix du 2 juin 2014, K.________ a mis en doute la capacité de discernement
de la défunte au moment de la rédaction de son testament en juin 2003. Il requis que lui soit
notifié une décision formelle comportant les voies de droit et délai de recours et a sommé
la juge de paix de communiquer l’ensemble des dispositions à tous les héritiers légaux
et institués des deux testaments afin de défendre les intérêts des héritiers
de la défunte et de leur permettre dans la mesure de leur libre appréciation de s’opposer
au testament postérieur, avec l’indication qu’à défaut de quoi il la priait
de considérer sa missive comme un recours, respectivement une plainte contre la décision du
7 avril 2014. Il a produit, en annexe à son courrier, deux certificats médicaux datés
des 16 juin 2001 et 27 mai 2009 et faisant état de la santé psychique de la défunte.

 

             
Par courrier du 5 juin 2014, la juge de paix a transmis le courrier précité à la Chambre
de céans comme objet de sa compétence. 

 

 

3.             
a) Les tiers n’ont qualité pour recourir
que si leurs intérêts juridiques sont touchés par la décision contestée (Blickenstorfer,
in Schweizerische Zivilprozessordnung - Kommentar [DIKE-Komm. ZPO], Zurich/St-GalI 2011, n. 86 ad Vorbem.
Art. 308-334 CPC ; Reetz, in Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung [ZPO], Zurich 2010,
n. 35 ad Vorbem zu den Art. 308-318 CPC ; Jeandin, in CPC commenté, Bâle 2011, nn. 12-13 ad
Intro. art. 308-334 CPC).

 

             
L’exécuteur testamentaire peut ester en justice es qualité ; il peut être considéré
comme le représentant non pas des héritiers mais de la succession et doit se voir reconnaître
la qualité de partie dans certains procès en relation avec la succession (Schuler-Buche, L’exécuteur
testamentaire, l’administrateur officiel et le liquidateur officiel, étude et comparaison,
thèse, Lausanne, 2003, p. 102). Dans les procès où la réglementation testamentaire
de ses pouvoirs est contestée, l’exécuteur testamentaire a qualité pour défendre
(idem, p. 105). Lorsqu’une question se pose quant à la validité du testament dont il
tire sa qualité d’exécuteur testamentaire, il peut continuer d’exercer son mandat
(idem, p. 112).

 

             
b)
En l’espèce, le recourant prétend agir afin de sauvegarder les droits de certains héritiers
favorisés par le testament du 30 décembre 1997 et dépossédés par le testament
du 23 juin 2003. On comprend qu’il entend que ces héritiers, qui n’auraient pas eu connaissance
du premier de ces testaments, soient en mesure de contester le cas échéant le second. Dans
cette mesure, il exerce en quelque sorte rétroactivement ses fonctions d’exécuteur testamentaire
pour la période intervenue jusqu’au testament du 23 juin 2003, si bien que sa qualité
pour recourir doit être admise.

 

 

4.             
a)
La procédure applicable à l’exécution testamentaire est réglée par le
droit cantonal (art. 54 al. 1 et 3 Titre final CC ; Künzle, Das Erbrecht, Berner Kommentar, Berne
2011, n. 554 ad art. 517-518 CC ; Christ/Eichner, in Abt/Weibel, Erbrecht, Praxiskommentar, Bâle
2011, n. 88 ad art. 518 CC; JT 1990 III 31) et relève de la juridiction gracieuse (Künzle,
loc. cit.). Le droit vaudois prévoit que l’exécuteur testamentaire est surveillé,
cas échéant révoqué, par le juge de paix (art. 5 ch. 3 et 125 al. 2 CDPJ [Code de
droit privé judiciaire vaudois du 12 janvier 2010; RSV 211.02]). Les art. 104 à 109 CDPJ sont
également applicables, compte tenu du renvoi de l’art. 111 al. 1 CDPJ. Aux termes de l’art.
109 al. 3 CDPJ, « lorsque la procédure sommaire est applicable, seul le recours limité
au droit est recevable contre le jugement de fond, le recours-joint étant admis ». Le
CDPJ ne prévoit pas expressément l’application de la procédure sommaire en matière
d’exécution testamentaire. Il faut cependant admettre que telle a été la volonté
du législateur cantonal, si l’on se réfère à l’exposé des motifs
relatif au CDPJ qui indique, s’agissant de l’art. 109 CDPJ, que « cette disposition
ne doit être applicable que si et dans la mesure où une autre disposition législative
y renvoie expressément. Reprenant le régime actuellement applicable à de telles affaires,
le projet lui-même prévoit une procédure sommaire de ce type pour toutes les affaires
gracieuses relevant de la loi cantonale de procédure (art. 108 à 162) [...] » (Exposé
des motifs relatif à la réforme de la juridiction civile - Codex 2010 volet « procédure
civile », EMPL CDPJ, mai 2009 n. 198, pp. 76 s. ; cf. également CREC 28 février 2013/62
c. 1a). L’application de la procédure sommaire implique que la voie de droit ouverte est celle
de l’art. 109 al. 3 CDPJ, auquel les art. 319 ss CPC (Code de procédure civile du 19 décembre
2008 ; RS 272) s’appliquent à titre supplétif (art. 104 al. 1 CDPJ).

 

             
b)
En l’espèce, la décision attaquée ne comportait pas d’indication d’une
voie de recours et le recours interjeté, à titre éventuel, l’a été près
de deux mois plus tard. Lorsqu’un avis des voies de droit fait défaut, on peut transposer
la jurisprudence du Tribunal fédéral relative à l’art. 49 LTF (loi sur le Tribunal
fédéral du 17 juin 2005 ; RS 173.110 ; Tappy, in Code de procédure civile commenté,
n. 12 ad art. 238). Selon cette disposition, une notification irrégulière, notamment en raison
de l’indication inexacte ou incomplète des voies de droit ou de l’absence de cette indication
si elle est prescrite, ne doit entraîner aucun préjudice pour la partie. Celle-ci est cependant
réputée savoir que les décisions des autorités sont attaquables dans un délai
légal ; on peut donc exiger d’elle qu’elle agisse dans un délai ordinaire,
respectivement qu’elle se renseigne dans un même délai au sujet de l’existence
d’une voie de droit (Amstutz/Arnold, in Basler Kommentar, n. 12 ad art. 49 LTF). Une telle exigence
pouvait d’autant plus être émise en l’espèce que le recourant est au bénéfice
d’une formation juridique et rompu aux affaires. Cela étant, ayant laissé s’écouler
près de deux mois avant de réagir au refus du premier juge d’accéder à sa demande,
le recourant est à tard pour interjeter un recours.

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours civile du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

en
application de l'art. 322 al. 1 CPC,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est irrecevable.

 

             
II.             
La décision est maintenue. 

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 500 fr. (cinq cents francs),
sont mis à la charge du recourant K.________. 

 

             
IV.             
L’arrêt est exécutoire.

 

Le
président :               La greffière
:

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

‑             
Me K.________,

-          
Me Fritz Schwegler (pour [...]) ; 

-          
[...]; 

-          
[...]. 

 

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme la Juge de paix du district de la Riviera – Pays-d’Enhaut.

 

             
La greffière :