# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** cd484a5a-e361-5a22-afa4-fcea33e098a0
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2022-12-19
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 19.12.2022 E-5704/2022
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-5704-2022_2022-12-19.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
 

 

  

 

 Cour V 

E-5704/2022 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  1 9  d é c e m b r e  2 0 2 2  

Composition 
 Camilla Mariéthoz Wyssen, juge unique,  

avec l’approbation de Grégory Sauder, juge ; 

Jean-Marie Staubli, greffier. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

Afghanistan,  

(…),   

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile (non-entrée en matière / procédure Dublin) et renvoi ; 

décision du SEM du 5 décembre 2022 / N (…). 

 

 

 

E-5704/2022 

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Faits : 

A.  

En date du 5 octobre 2022, A._______ a déposé une demande d’asile en 

Suisse. Il a été affecté au CFA de Boudry. 

B.  

Il ressort de la comparaison des données dactyloscopiques de l’intéressé 

avec celles enregistrées dans la banque de données "Eurodac" qu’il a 

déposé une demande de protection en Bulgarie, le (…) août 2022. 

C.  

Le 11 octobre 2022, l’intéressé a signé un mandat de représentation en 

faveur des juristes et avocats de Caritas Suisse à Boudry. 

D.  

Le 24 octobre 2022, le recourant a été entendu dans le cadre d’un entretien 

individuel Dublin sur la compétence présumée de la Bulgarie pour 

examiner sa demande d’asile ainsi que sur les éventuels motifs s’opposant 

à son transfert vers cet Etat. Il a indiqué avoir quitté l’Afghanistan quelques 

mois après la prise de pouvoir des Talibans et entrepris un parcours 

migratoire avec la Suisse comme destination. A son arrivée en Bulgarie, il 

aurait été forcé de donner ses empreintes digitales, puis refoulé à la 

frontière après avoir passé une nuit dans un commissariat. Il aurait été 

frappé et battu par des policiers, qui lui auraient pris ses effets personnels. 

Les conditions économiques en Bulgarie auraient été très mauvaises et il 

n’y aurait obtenu aucune aide. A titre de comparaison, sa situation en 

Afghanistan aurait été bien meilleure que celle à laquelle il avait été 

confronté dans cet Etat Dublin.  

Egalement questionné sur son état de santé, le recourant a indiqué avoir 

souffert de blessures à la main et au pied, causées par des coups reçus 

lors de son refoulement vers la Turquie. Il se serait soigné dans ce pays 

avant de franchir à nouveau la frontière bulgaro-turque. Il aurait développé 

des troubles du sommeil avec cauchemars, à la suite de son refoulement. 

Depuis son arrivée en Suisse, il se sentirait mieux. 

E.  

Le 26 octobre 2022, le SEM a soumis à l’Unité Dublin bulgare une 

demande aux fins de reprise en charge du recourant, fondée sur l'art. 18 

par. 1 let. b du règlement (UE) no 604/2013 du Parlement européen et du 

Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de 

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détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande 

de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un 

ressortissant de pays tiers ou un apatride (refonte ; JO L 180/31 du 

29.6.2013 ; ci-après : règlement Dublin III).  

Par communication du 3 novembre 2022, les autorités bulgares ont 

expressément accepté de reprendre en charge l’intéressé, en application 

de la let. c de cette même disposition. 

F.  

Le 17 novembre 2022, le SEM a réceptionné un certificat daté de la veille 

et dont il ressort que l’intéressé souffre de ronflements ainsi que d’un 

éventuel syndrome d’apnée. Une oxymétrie est recommandée à la suite 

de son attribution cantonale. 

G.  

Par décision du 5 décembre 2022, notifiée le lendemain, le SEM, se 

fondant sur l'art. 31a al. 1 let. b LAsi (RS 142.31), n’est pas entré en 

matière sur la demande d’asile du recourant et a prononcé son transfert 

vers la Bulgarie. 

H.  

Deux jours plus tard, le SEM a réceptionné un document médical de la 

veille, diagnostiquant une otite bilatérale chez l’intéressé. Du Ciproxin et 

deux antalgiques lui ont été prescrits.  

I.  

Le 9 décembre 2022, A._______ a interjeté recours contre la décision 

précitée auprès du Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal). Il a 

conclu à son annulation et à l’entrée en matière sur sa demande d’asile ou, 

subsidiairement, au renvoi de la cause au SEM. A titre incident, il a sollicité 

l’exemption du versement d’une avance de frais, l’octroi de l'assistance 

judiciaire totale, des mesures superprovisionnelles ainsi que l’effet 

suspensif. 

J.  

Les autres faits et arguments de la cause seront examinés, pour autant 

que besoin, dans les considérants en droit. 

  

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Droit : 

1.  

1.1 En vertu de l’art. 31 LTAF (RS 173.32), le Tribunal connaît des recours 

contre les décisions au sens de l'art. 5 PA (RS 172.021) prises par les 

autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. 

En particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l’asile et le 

renvoi peuvent être contestées devant le Tribunal (art. 33 let. d LTAF, 

applicable par renvoi de l’art. 105 LAsi), lequel statue alors définitivement, 

sauf demande d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à 

se protéger (art. 83 let. d ch. 1 LTF [RS 173.32]), exception non réalisée 

dans le cas présent. 

1.2 Le recourant a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA). Présenté dans la 

forme (art. 52 al. 1 PA) et le délai (art. 108 al. 3 LAsi) prescrits par la loi, le 

recours est recevable. Le Tribunal est donc compétent pour connaître du 

présent litige. 

2.  

2.1 En vertu de l’art. 31a al. 1 let. b LAsi, le SEM n’entre pas en matière 

sur une demande d’asile lorsque le requérant peut se rendre dans un Etat 

tiers compétent, en vertu d’un accord international, pour mener la 

procédure d’asile et de renvoi. 

Avant de faire application de la disposition précitée, le SEM examine la 

compétence relative au traitement d'une demande d'asile selon les critères 

fixés dans le règlement Dublin III (art. 1 et 29a al. 1 de l'ordonnance 1 du 

11 août 1999 sur l'asile [OA 1, RS 142.311]). S'il ressort de cet examen 

qu'un autre Etat est responsable du traitement de la demande d'asile, le 

SEM rend une décision de non-entrée en matière après que l'Etat requis a 

accepté la prise ou la reprise en charge du requérant d'asile 

(art. 29a al. 2 OA 1 ; cf. ATAF 2017 VI/7 consid. 2.1 ; 2017 VI/5 

consid. 6.2). 

2.2 A teneur de l'art. 3 par. 1 du règlement Dublin III, une demande de 

protection internationale présentée par un ressortissant d'un pays tiers ou 

par un apatride sur le territoire de l'un quelconque des Etats membres est 

examinée par un seul Etat membre, celui-ci étant déterminé selon les 

critères fixés à son chapitre III. 

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2.3 Dans une procédure de reprise en charge (anglais : take back), comme 

en l’occurrence, il n'appartient en principe pas à un autre Etat membre, 

saisi ultérieurement d'une seconde demande d'asile, de procéder à une 

nouvelle détermination de l'Etat membre responsable en application des 

critères fixés au chapitre III règlement Dublin III (cf. ATAF 2017 VI/5 précité 

consid. 6.2 et 8.2.1 ainsi que réf. cit.). Cette règle doit toutefois être 

tempérée par l’art. 7 par. 3 du règlement Dublin III, disposition prévoyant 

que les Etats membres doivent également tenir compte des critères de 

détermination visés aux art. 8, 10 et 16 du règlement Dublin III dans le 

contexte d’une reprise en charge (cf. ATAF 2017 VI/5 précité consid. 6.2, 

6.3, 8.2.1 et 8.3). 

2.4 L'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection 

internationale en vertu du règlement est tenu de reprendre en charge, dans 

les conditions prévues aux art. 23, 24, 25 et 29, le ressortissant de pays 

tiers ou l’apatride qui a retiré sa demande en cours d’examen et qui a 

présenté une demande dans un autre Etat membre ou qui se trouve, sans 

titre de séjour, sur le territoire d’un autre Etat membre (art. 18 par. 1 let. c 

du règlement Dublin III). 

3.  

3.1 En l’occurrence, les investigations entreprises par le SEM ont révélé, 

après consultation de l’unité centrale du système européen "Eurodac", que 

le recourant avait déposé une demande d’asile en Bulgarie. Fondé sur ce 

qui précède, le SEM a soumis aux autorités bulgares compétentes, le 

26 octobre 2022, dans le délai fixé à l’art. 23 par. 2 du règlement Dublin III, 

une demande aux fins de reprise en charge de l’intéressé, en application 

de l’art. 18 par. 1 let. b du règlement Dublin III. Le 3 novembre 2022 (soit 

dans le respect du délai de l’art. 25 par. 1 du règlement Dublin III), la 

Bulgarie a expressément accepté de reprendre en charge l’intéressé sur la 

base de l’art. 18 par. 1 let. c du règlement Dublin III (demande d’asile retirée 

en cours d’examen). 

3.2 La Bulgarie a ainsi valablement reconnu sa compétence pour traiter la 

demande d’asile de l’intéressé. Dans son recours, celui-ci ne conteste 

d’ailleurs pas cette compétence sur le principe, mais s’oppose à son 

transfert vers cet Etat pour d’autres motifs, qu’il y a lieu d’analyser dans les 

considérants suivants. 

  

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4.  

4.1 En vertu de l’art. 3 par. 2 2ème phrase du règlement Dublin III, il y a lieu 

tout d’abord d’examiner s’il y a de sérieuses raisons de croire qu’il existe 

en Bulgarie des défaillances systémiques dans la procédure d’asile et les 

conditions d’accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de 

traitement inhumain ou dégradant au sens de l’art. 4 de la Charte des droits 

fondamentaux de l’Union européenne (JO C 364/1 du 18.12.2000, 

ci-après : Charte UE). 

4.2 De jurisprudence constante, tel n’est pas le cas, même si des carences 

du système d’asile bulgare sont constatées (cf. arrêt de référence 

F-7195/2018 du 11 février 2020 consid. 6, spécialement 6.6.7 ; voir aussi, 

parmi d’autres, arrêts du Tribunal E-3122/2022 du 22 septembre 2022 

consid. 10.2 et réf. cit. ainsi que consid. 10.4 ; F-3879/2022 du 

13 septembre 2022 consid. 5.2). Partant, le respect par la Bulgarie de ses 

obligations tirées du droit international public et du droit européen en 

matière de procédure d’asile et de conditions d’accueil, en particulier le 

principe de non-refoulement énoncé expressément à l'art. 33 de la 

Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés 

(Conv. réfugiés, RS 0.142.30), ainsi que l'interdiction des mauvais 

traitements ancrée à l'art. 3 CEDH 

(RS 0.101) et à l'art. 3 de la Convention du 10 décembre 1984 contre la 

torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants 

(Conv. torture, RS 0.105), demeure présumé (cf. arrêt de référence du 

Tribunal F-7195/2018 précité consid. 6.6.1, 6.6.7 et 6.6.8). 

4.3 En l’espèce, les allégations vagues et non étayées du recourant, selon 

lesquelles il aurait subi, en Bulgarie, des violences de policiers ou de 

gardes-frontière dans le cadre d’un refoulement à la frontière, ne sauraient 

conduire le Tribunal à revenir sur sa jurisprudence précitée sur l’absence 

de défaillances systémiques dans ce pays. On ne saurait en effet pas 

accorder à ces assertions une portée générale décisive sous l’angle de 

l’art. 3 par. 2 2ème phrase du règlement Dublin III. Partant, c’est à juste titre 

que le SEM a considéré que cette disposition règlementaire ne s’opposait 

pas à ce que la Bulgarie soit désignée comme l’Etat membre responsable 

de la procédure d’asile du recourant (sur la base de l’art. 18 par. 1 let. c du 

règlement Dublin III). 

  

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5.  

5.1 Dans son recours, l’intéressé s’est opposé à son transfert vers la 

Bulgarie en sollicitant l’application de la clause discrétionnaire prévue à 

l’art. 17 par. 1 du règlement Dublin III. 

5.2 En vertu de cette disposition, chaque Etat membre peut décider 

d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée 

par un ressortissant d'un pays tiers ou un apatride, même si cet examen 

ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le règlement. Comme 

la jurisprudence l'a retenu (cf. ATAF 2017 VI/5 précité consid. 8.5.2 et 

jurisp. cit.), le SEM doit admettre la responsabilité de la Suisse pour 

examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée, 

même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le 

règlement Dublin III, lorsque le transfert envisagé vers l'Etat membre 

désigné responsable par lesdits critères viole des obligations de la Suisse 

relevant du droit international public. Il peut également admettre cette 

responsabilité pour des raisons humanitaires au sens de 

l'art. 29a al. 3 OA 1. 

5.3 Malgré l’absence de défaillances systémiques en Bulgarie, le Tribunal 

a conditionné le transfert des requérants d’asile particulièrement 

vulnérables vers ce pays à un examen approfondi du cas particulier, afin 

d’exclure le risque de traitement inhumain et dégradant. Cet examen peut 

impliquer l’obtention de garanties individuelles et concrètes (cf. arrêt de 

référence F-7195/2018 précité consid. 7.4.1 s.). 

5.4 En l’espèce, au vu des informations ressortant de la base de données 

"Eurodac" et de la communication du 3 novembre 2022, le recourant a pu 

entamer, en Bulgarie, une procédure de demande de protection 

internationale. Comme l’a relevé le SEM dans sa décision, il n’y a pas de 

raison de retenir que les autorités de ce pays refuseraient de le reprendre 

en charge et de mener à terme cette procédure. Le recourant n’a d’ailleurs 

pas démontré le contraire. Ses allégations selon lesquelles il aurait été à 

une reprise refoulé vers la Turquie ne sauraient être déterminantes en 

l’état. A supposer qu’il ait véritablement fait l’objet d’un "pushback", sa 

situation dans la présence procédure est foncièrement différente de celle 

dans laquelle il se trouvait à l’époque. En effet, les autorités bulgares l’ont 

depuis lors reconnu comme requérant d’asile et ont expressément 

confirmé leur volonté de poursuivre le traitement de sa demande. 

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Page 8 

5.5 Le recourant n’a pas non plus démontré l’existence d’indices sérieux 

que, dans son cas concret, ses conditions de vie en Bulgarie revêtiraient 

un tel degré de pénibilité et de gravité qu'elles seraient constitutives d'un 

traitement contraire aux art. 3 CEDH ou 3 Conv. torture. Il n'a en effet 

apporté aucun indice objectif, concret et sérieux qu'à son retour dans ce 

pays, il serait privé durablement de tout accès aux conditions matérielles 

minimales d'accueil prévues par la directive no 2013/33/UE du Parlement 

européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour 

l'accueil des personnes demandant la protection internationale (directive 

Accueil) au point qu'il faudrait renoncer à son transfert. Certes, il a indiqué 

avoir été frappé à coup de matraque par des policiers ou gardes-frontière 

et avoir souffert de blessures (à la main et au pied). Or, ces déclarations, 

nullement étayées, sont demeurées particulièrement vagues. On peine 

d’ailleurs à comprendre, à la lecture du dossier du SEM et de son recours, 

dans quel contexte ces maltraitances policières seraient intervenues. 

Nonobstant ce qui précède, des voies de droit existent en Bulgarie pour se 

plaindre de telles actions. Dans ce contexte, si le recourant devait être, 

après son retour en Bulgarie, confronté à des mesures policières 

disproportionnées ou injustifiées, il lui appartiendrait de s’en plaindre 

auprès des autorités administratives et judiciaires de cet Etat. 

5.6 S’agissant de son état de santé, le recourant a, depuis son arrivée en 

Suisse, consulté pour une respiration nocturne partiellement obstruée et 

une otite bilatérale. Au vu des documents médicaux produits, rien n’indique 

toutefois que ces affections seraient d’une gravité telle qu’elles 

nécessiteraient impérativement la poursuite d'un traitement en Suisse au 

point que son transfert serait contraire à l’art. 3 CEDH (cf. arrêt Paposhvili 

c. Belgique du 13 décembre 2016 [Grande Chambre], requête 

no 41738/10, rappelée dans l’arrêt Savran c. Danemark [GC] du 

7 décembre 2021, requête n° 57467/2015). Le recourant a reçu un 

traitement pour son otite et l’oxymétrie, mentionnée dans le certificat du 

16 novembre 2022, relève d’une simple recommandation. Concernant ses 

blessures, prétendument subies à la main et au pied lors de son 

refoulement, il a mentionné les avoir soignées en Turquie. S’il a certes 

indiqué dans son recours ressentir toujours des douleurs, imputables aux 

coups reçus, le dossier n’indique pas qu’il nécessiterait des soins 

particuliers en lien avec celles-ci. S’agissant de ses prétendus troubles 

psychiques, mentionnés dans le cadre de son entretien Dublin (troubles du 

sommeil avec cauchemars) et au stade de son recours (difficulté 

d’endormissement, cauchemars et attaques d’angoisse avec flash-backs 

des maltraitances policières), il n’a déposé aucune pièce attestant qu’il 

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aurait consulté l’infirmerie du CFA et que cette infirmerie aurait jugé 

opportun de le rediriger vers un médecin. Dans ce contexte, les pensées 

suicidaires, évoquées dans le recours, ne sont nullement démontrées. En 

tout état de cause, ses problèmes tant somatiques que psychiques 

pourront, le cas échéant, être investigués et pris en charge en Bulgarie, 

pays disposant de structures médicales adéquates et qui est lié à la 

directive Accueil (cf. art. 19). 

5.7 Au vu de ce qui précède, l’intéressé n’a pas démontré que son retour 

en Bulgarie le placerait dans une situation de vulnérabilité particulière, qui 

commanderait, conformément à la jurisprudence du Tribunal 

(cf. consid. 5.3 précité), un examen plus poussé de sa situation 

personnelle en cas de transfert. A fortiori, son transfert vers cet Etat n'est 

pas contraire aux obligations de la Suisse découlant de ses obligations 

internationales. Le SEM n'est donc pas tenu de renoncer au transfert et 

d'examiner lui-même la demande d'asile. 

5.8 Enfin, le Tribunal constate que le SEM a établi de manière complète et 

exacte l'état de fait pertinent et n'a commis ni excès ni abus de son large 

pouvoir d'appréciation en refusant d'admettre l'existence de raisons 

humanitaires au sens de l'art. 29a al. 3 OA 1 en combinaison avec 

l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III (cf. ATAF 2015/9 consid. 8), 

nonobstant la préférence marquée par le recourant de voir sa demande 

d'asile examinée par la Suisse. Il est rappelé à cet égard que le règlement 

Dublin III ne lui confère pas le droit de choisir l'Etat membre offrant, à son 

avis, les meilleures conditions d'accueil comme Etat responsable de 

l'examen de sa demande d'asile (cf. ATAF 2017 VI/5 consid. 8.2.1). 

5.9 Au regard de l’ensemble des éléments qui précèdent, le SEM a 

valablement considéré qu'il n'y avait pas lieu de faire application de la 

clause de souveraineté ancrée à l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III, que 

ce soit pour des raisons tirées du respect, par la Suisse, de ses obligations 

internationales ou pour des raisons humanitaires. 

6.  

6.1 Au vu de ce qui précède, c'est à bon droit que le SEM n'est pas entré 

en matière sur la demande d'asile, en application de l'art. 31a al. 1 

let. b LAsi, et qu'il a prononcé le transfert de l’intéressé de Suisse vers la 

Bulgarie, en application de l'art. 44 LAsi, aucune exception à la règle 

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générale du renvoi n'étant réalisée (cf. art. 32 OA 1). Le recours doit par 

conséquent être rejeté et la décision attaquée confirmée. 

6.2 S'avérant manifestement infondé, il est rejeté dans une procédure à 

juge unique, avec l’approbation d'un second juge (art. 111 let. e LAsi). Vu 

l’issue de la cause, il est, en outre, renoncé à un échange d’écritures 

(art. 111a al.1 et 2 LAsi). 

7.  

7.1 Dès lors qu’il est statué dans un arrêt immédiat, les demandes de 

mesures superprovisionnelles, d’octroi de l’effet suspensif et de dispense 

de paiement d’une avance de frais deviennent sans objet. 

7.2 Les conclusions du recours étant d'emblée vouées à l'échec, la 

demande d'assistance judiciaire totale est rejetée (art. 102m 

al. 1 let. a LAsi et 65 al. 1 PA). 

7.3 Compte tenu de l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de 

procédure à la charge du recourant, conformément à l'art. 63 al. 1 PA et 

aux art. 2 et 3 let. a du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, 

dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, 

RS 173.320.2). 

 

(dispositif page suivante) 

  

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Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

La demande d'assistance judiciaire totale est rejetée. 

3.  

Les frais de procédure, d'un montant de 750 francs, sont mis à la charge 

du recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans 

les 30 jours dès l’expédition du présent arrêt. 

4.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité cantonale 

compétente. 

 

La juge unique : Le greffier : 

  

Camilla Mariéthoz Wyssen Jean-Marie Staubli