# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 3088d910-ba4d-5675-a4bd-d4147f578a68
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-03-05
**Language:** fr
**Title:** Genf Tribunal pénal 05.03.2015 P/9414/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_TP_001_P-9414-2011_2015-03-05.pdf

## Full Text

Siégeant : Mme Sabina MASCOTTO, présidente, M. Fabrice ROCH et 
Mme Delphine GONSETH, juges, Mme Nicole CASTIONI, Mme Geneviève 
BAUMGARTNER, M. Patrick MUTZENBERG et Mme Loly BOLAY, juges 
assesseurs, Mme Jennyfer GUENAT, greffière-juriste délibérante, Mme Carole 
PRODON, greffière.  

P/9414/2011  

RÉPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E   

 
 

JUGEMENT  

DU TRIBUNAL CRIMINEL  

Chambre 18 

 
5 mars 2015  

 

MINISTÈRE PUBLIC  

L'enfant A______, partie plaignante, représenté par Me Thomas BARTH, curateur  

L'enfant E______, partie plaignante, représenté par Me Thomas BARTH, curateur 

L'enfant B______, partie plaignante, représenté par Me Thomas BARTH, curateur 

L'enfant C______, partie plaignante, représenté par Me Thomas BARTH, curateur 

Contre  

 
I______, né le ______1977, domicilié ______, prévenu, assisté de Me D______ 
 
O______, née le ______1981, domiciliée p.a Foyer pour requérants, d'asile - F______, 
______, prévenue, assistée de Me G______ 

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CONCLUSIONS FINALES DES PARTIES : 

LE MINISTÈRE PUBLIC conclut à ce qu'I______ soit reconnu coupable d'assassinat 
(art. 111 et 112 CP), condamné à une peine privative de liberté de 15 ans et maintenu en 
détention pour des motifs de sûreté. 

Il conclut à ce qu'O______ soit reconnue coupable d'assassinat (art. 111 et 112 CP), 
subsidiairement d'entrave à l'action pénale (art. 305 CP) et condamnée à une peine 
privative de liberté de 12 ans, subsidiairement de 18 mois assortie du sursis. 

Les enfants A______, E______, B______ et C______, soit pour eux Thomas BARTH, 
concluent à un verdict de culpabilité d'I______, s'en rapportent à justice quant à la 
qualification juridique à retenir et concluent à ce qu'I______ soit condamné à leur 
verser, à chacun, à titre de réparation du tort moral, CHF 30'000.- avec intérêts à 5% dès 
le 30 juin 2011. 

I______ admet sa culpabilité du chef de meurtre passionnel, au bénéfice de la légitime 
défense, subsidiairement de l'état de nécessité au sens de l'art. 18 CP, conclut au 
prononcé d'une peine juste et ne s'oppose pas aux conclusions civiles. 

O______ conclut à son acquittement, à ce qu'il lui soit octroyé, à titre d'indemnité pour 
détention injustifiée, CHF 11'200.- avec intérêt à 5% dès le 14 juillet 2011, à titre 
d'indemnité pour tort moral, CHF 30'000.- avec intérêt à 5% dès le 14 juillet 2011 et, à 
titre d'indemnité tendant à couvrir les honoraires de son Conseil, CHF 22'917.60. 

EN FAIT 

A. a. Par acte d'accusation du 30 septembre 2014, il est reproché à I______, d'avoir, à 
Genève, le 30 juin 2011, vers 4h00 du matin, tiré, à trois reprises, sur U______ au 
moyen d'un pistolet de calibre neuf millimètres, alors qu'il se trouvait embusqué proche 
de buissons et d'un véhicule, à proximité de l'entrée du Foyer H______, sis chemin 
J______, puis, à six reprises, en pénétrant ou après avoir pénétré dans le hall d'entrée du 
foyer, au moyen de ce même pistolet, alors qu'U______ était à terre, les neufs 
projectiles ayant atteint celui-ci et provoqué des lésions, entraînant une hémorragie 
interne et externe sévère, qui a très rapidement causé le décès d'U______ constaté, le 
jour-même, à 4h51, en ayant planifié ses agissements à l'avance, notamment, en 
recevant par l'intermédiaire d'O______, à une date indéterminée, les informations 
nécessaires lui permettant de savoir à quelle heure approximative U______ reviendrait, 
le 30 juin 2011, au Foyer H______, et par quelle porte il pénétrerait dans le bâtiment, 
afin de le trouver pour le tuer, en avertissant son épouse qu'il ne rentrerait pas à son 
domicile le soir des faits et en se rendant devant le foyer précité, arrivant aux alentours 
de 23h45, pour attendre sa victime plusieurs heures, à proximité de l’entrée sud du 
foyer, avant de faire feu sur celle-ci, en se procurant un pistolet, à une date indéterminée 
durant le premier semestre 2011, probablement durant le mois de mai ou juin 2011, 
arme qu'il avait cherchée depuis fin 2010 ou durant le premier semestre 2011, en 

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demandant notamment à au moins deux reprises entre la fin de l'année 2010 et le début 
de l'année 2011 à son cousin, K______, et à Y______, si ceux-ci pouvaient lui procurer 
une arme, dans l'intention de tuer U______ et en réitérant la même demande auprès 
d'AA______ ainsi que d'AB______, entre avril et juin 2011, et en prenant, dans les mois 
qui ont précédé le 30 juin 2011, de concert avec O______, la décision de tuer 
froidement U______, alors qu'il entretenait une liaison avec celle-ci et qu'U______ 
constituait un obstacle à leur vie commune, celui-ci ayant de surcroît découvert cette 
liaison le 18 juin 2011 et les empêchant de se voir depuis lors, 

faits qualifiés d'assassinat au sens des art. 111 et 112 du Code pénal suisse du 
21 décembre 1937 (CP; RS 311.0). 

b.a. Par le même acte d'accusation, il est reproché à O______ d'avoir, à Genève 
participé, comme coauteur, aux infractions reprochées à I______ décrites ci-dessus sous 
lettres a) (chiffre C.II.2. de l'acte d'accusation, première partie), 

faits qualifiés de meurtre avec la circonstance aggravante d'assassinat au sens des 
art. 111 et 112 CP. 

b.b. Il est également reproché, subsidiairement, à O______, de ne pas avoir, à Genève, 
alors qu'elle avait connaissance des desseins d'I______, entrepris de détourner celui-ci 
de ses projets décrits ci-dessus sous lettre a) (chiffre C.II.2. de l'acte d'accusation, 
seconde partie) et averti U______, son époux, envers lequel elle avait une position de 
garante en vertu des dispositions du droit du mariage, des intentions d'I______, laissant 
celui-ci persister dans ses agissements et tuer la victime à la façon d'une exécution, 

faits qualifiés de meurtre avec la circonstance aggravante d'assassinat au sens des       
art. 111 et 112 CP en application de l'art. 11 CP. 

b.c. Par le même acte d'accusation, il est reproché à O______, subsidiairement, dans 
l'hypothèse où cette dernière ne serait pas reconnue coupable des infractions 
susmentionnées, d'avoir, à Genève, alors qu'elle ne savait ou ne pouvait ignorer 
qu'I______ avait tué son époux lors de son audition le 30 juin 2011 à la police 
judiciaire, entre midi et quatorze heures, en qualité de personne appelée à donner des 
renseignements, tu l'existence de son amant, I______, et menti au sujet de la nature de 
sa relation avec celui-ci, dissimulant qu'elle entretenait avec lui une relation amoureuse 
et intime depuis plusieurs mois, étant précisé qu'au moment de son audition, la police 
n'avait aucun soupçon concret permettant de la tenir pour auteur de l'infraction et qu'elle 
avait donc l'obligation de collaborer découlant de son statut, ainsi que d'avoir entre 4h00 
du matin et 9h00, le 30 juin 2011, retiré la carte SIM relative au numéro 1______ de 
l'appareil dont le numéro IMEI est 2______ pour y placer la carte SIM relative au 
raccordement 3______, fait disparaître la carte retirée (1______), la dissimulant et/ou la 
détruisant, afin que la police ne puisse pas exploiter les données s'y trouvant, ni 
constater qu'elle avait eu des contacts téléphoniques avec I______ grâce à cette carte (y 
compris par messagerie) pendant les quelques heures précédant les coups de feu, ni 
obtenir l'identité de son amant et, par la même, celle de l'auteur des coups de feu sur 
U______, durant la période précitée, voire avant, ou à tout le moins jusqu’à son 

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arrestation le 12 juillet 2011, et d'avoir procédé à l'effacement de données (messages 
et/ou liste des appels) contenues dans les différents appareils téléphoniques qu'elle 
utilisait, notamment les appareils ayant les numéros IMEI 2______ et 4______, 

faits qualifiés d'entrave à l'action pénale au sens de l'art. 305 CP. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier. 

 Le couple O______ et U______ et les relations entre les prévenus 

 a. Les faits suivant ressortent des notes de la Dresse L______, psychiatre d'O______, de 
celles de l'Hospice général, du rapport de police du 29 novembre 2011, des certificats 
médicaux, des contrats de sous-location et autres pièces du dossier, des déclarations des 
parties et des celles des témoins AD______, AE______, AF______, M______, 
K______, AC______, N______, P______, AG______ et Q______. 

a.a. O______ et U______ sont cousins, ils se sont mariés en Irak en 1997 et ils ont eu 
quatre enfants, prénommés A______, E______, B______ et C______, nés 
respectivement en juin 1998, septembre 2000, décembre 2003 et novembre 2005. La 
famille A______, B______, C______, E______, O______ et U______ est arrivée en 
Suisse le 27 février 2008 et s'est installée, à Genève, le 17 mars 2008. Fin mai 2010, la 
famille A______, B______, C______, E______, O______ et U______ a emménagé 
dans un appartement de 4.5 pièces à la rue______. Précédemment, elle avait logé au 
Foyer pour requérants d'asile R______ puis à celui S______. 

Rapidement après leur arrivée en Suisse, de violentes disputes ont éclatés entre les 
époux O______ et U______. U______ frappait O______ pour toutes sortes de motifs. 
Cette dernière cachait les violences subies et évoquait des chutes pour justifier les 
marques qu'elle présentait, jusqu'à ses plaintes pénales des 27 octobre et 9 décembre 
2010. Il y avait eu une escalade de violence en 2010 (témoin AF______) et O______ 
avait été vue avec des hématomes aux yeux (témoins AD______ et AE______). 

En déposant plainte pénale, O______ a expliqué que son époux la battait depuis leur 
mariage en Irak. Ce dernier la frappait souvent avec les poings, les pieds ou une ceinture 
à divers endroits du corps et également à la tête. Elle avait eu à une occasion l'arcade 
sourcilière ouverte mais elle n'avait pas osé accuser son époux malgré l'intervention d'un 
agent de sécurité. Il lui avait mordu le doigt à une reprise. Il l'insultait, lui crachait 
dessus et tentait de la violer lorsqu'elle refusait d'avoir des relations sexuelles. U______ 
menaçait de la tuer ou de se suicider si elle le quittait ou déposait plainte à son encontre. 
Dès octobre 2010, elle lui avait dit qu'elle n'en pouvait plus. Il l'avait alors brûlée avec 
une cigarette. 

A intervalles réguliers dès septembre 2009, O______ a confié à la DresseL______ que 
le couple allait mal et qu'elle envisageait de se séparer de son époux. U______ refusait 
la séparation car il aimait son épouse et il était extrêmement touché par le fait que celle-
ci souhaitait le quitter. Entre les 20 et 24 octobre 2010, après avoir tenté d'apaiser les 
tensions du couple en se rendant dans une famille irakienne à ______(Zurich), les époux 
O______ et U______ ont divorcé selon les rites musulmans, AE______ ayant prononcé 
le divorce. U______ n'ayant pas dit trois fois la phrase nécessaire pour que le divorce 

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soit définitif, le couple pouvait encore se réconcilier mais O______ avait refusé de 
retourner auprès de son époux (témoin AE______). Le 13 novembre 2010, O______ a 
été placée au Foyer T______ par le centre LAVI. Un mois plus tard, O______ et ses 
enfants ont été transférés au Foyer H______ (ci-après le foyer), sis chemin J______, à 
Genève, tandis qu'U______ était en détention provisoire du 14 au 20 décembre 2010, 
libéré ensuite du retrait de plainte d'O______. U______ a réintégré le domicile conjugal 
au foyer en janvier 2011. O______ a abandonné les démarches judiciaires entreprises en 
vue d'une séparation et renoncé à poursuivre la procédure pénale initiée en raison des 
violences conjugales (P/______/2010).  

Des violences ont eu lieu avant et après l'incarcération d'U______ car O______ ne 
voulait plus de lui (témoin M______). Au printemps 2011 encore, U______ frappait sa 
femme, car il ne supportait pas l'idée d'une séparation (témoin AF______). Il adorait sa 
femme et lui offrait tout ce qu'elle voulait mais elle n'était pas heureuse (témoin 
K______). 

Le 10 février 2011, alors qu'O______ était absente depuis plusieurs jours, le couple 
O______ et U______ s'est présenté à une assistante sociale de l'Hospice général afin de 
lui faire part de la volonté d'O______ de divorcer civilement, bien qu'elle n'ait plus rien 
à reprocher à son époux depuis qu'ils vivaient au foyer. En parallèle, le couple O______ 
et U______ insistait pour obtenir un autre logement, et divers services intervenaient en 
leur faveur dans ce sens, dans la mesure où les conditions de vie au foyer étaient 
déplorables, en raison de l'insalubrité des lieux, de la présence de rats et de l'usage 
commun des sanitaires. Dès mars 2011, le couple O______ et U______ a 
systématiquement indiqué aux intervenants de l'Hospice général que tout allait bien et 
qu'O______ ne souhaitait plus se séparer de son époux. L'Hospice général leur a 
clairement fait savoir que toute proposition de logement hors du foyer pouvait être 
annulée s'il y avait des épisodes de violence. Le 4 avril 2011, selon un rapport de 
V______, la police a dû intervenir au foyer, vraisemblablement pour une fausse alerte, 
O______ ayant nié toute violence. Mi-mai 2011, U______ faisait part des difficultés 
conjugales et de la volonté d'O______ de divorcer (témoin AC______). Selon A______, 
O______ s'était présentée le 6 juin 2011 aux urgences des Hôpitaux universitaires de 
Genève (HUG) pour une brûlure suite à un conflit domestique, bien qu'aucune 
consultation n'ait été répertoriée par les HUG et qu'O______ ait affirmé qu'elle avait 
consulté un médecin pour un problème d'allergie. Le 7 juin 2011, suite à trois appels 
d'A______, indiquant des violences de son père sur sa mère, les agents de sécurité 
V______ s'étaient rendus dans la chambre de la famille A______, B______, C______, 
E______, O______ et U______ mais n'avaient rien constaté de suspect. Le 17 juin 
2011, la famille A______, B______, C______, E______, O______ et U______ a été 
informée que son déménagement dans un appartement au Foyer F______ était planifié 
pour le 1er juillet 2011. Si O______ s'était séparée de son époux, elle n'aurait pas obtenu 
cet appartement, selon l'Hospice général. 

Dans le cadre de la procédure P/______/2010, O______ a confirmé le 15 juin 2011 au 
Ministère public qu'elle n'avait plus l'intention de se séparer de son époux, et que celui-

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ci ne l'avait plus frappée ni insultée. Elle a pris acte du fait qu'une ordonnance de 
classement serait rendue. 

a.b. I______, originaire du Liban, installé à ______(Zurich) depuis 1998, a été marié 
une première fois de 2001 à 2005, puis a épousé en septembre 2007 N______, déjà 
mère d'une fille née en 2002. Le couple a eu une fille, W______, née en juin 2009. Le 
couple a rencontré des difficultés dès le mariage et dès janvier 2010, I______ était 
souvent absent (témoin N______). I______ a sous-loué à ______(Zurich) un 
appartement sis X______, distinct de son logement conjugal, dès le 1er février 2010. 
O______ et I______ ont fait connaissance en mars 2010, par l'entremise d'U______. Ils 
ont débuté une relation amoureuse quelques mois plus tard, se sont échangés des 
alliances datées du 23 août 2010 et se sont mariés religieusement entre les 20 et 30 
décembre 2010 à ______(Zurich), AE______ ayant alors officié. O______ a rencontré 
fréquemment I______ à ______(Zurich), accompagnée de ses enfants, dès l'été 2010. 
Elle y a vécu en majeure partie entre fin octobre et fin décembre 2010 et elle s'y rendait 
très fréquemment en 2011, soit seule, soit avec ses enfants durant les vacances scolaires. 
I______ était entièrement dévoué à O______, il en était profondément épris (témoins 
K______ et AE______). U______ n'était pas au courant de cette union et O______ 
justifiait ses absences par des visites à une amie à Berne. Après le mariage religieux, 
certains proches ont été mis au courant de la relation amoureuse d'O______ et 
d'I______ (témoins M______ et AD______).  

a.c. Le 18 juin 2011, A______ a requis l'intervention de l'Unité mobile d'urgence 
sociale (UMUS) car son père était violent avec sa mère et l'avait plaquée au sol, 
menacée avec un couteau et tenté de l'étrangler. E______ a confirmé que son père 
frappait sa mère. O______ a affirmé que depuis son incarcération, son époux ne la 
frappait plus. Elle pensait qu'A______ s'inquiétait dès qu'ils se disputaient par crainte 
que les violences ne recommencent. L'incarcération de son époux avait eu de graves 
conséquences sur sa famille en Irak, ses beaux-parents ayant menacé ses parents. 
O______ semblait fragile et soucieuse de préserver sa famille, cependant elle ne 
présentait aucune trace de violence et cet épisode était resté sans suite. 

Le 29 juin 2011, le couple O______ et U______ semblait serein et heureux à l'idée de 
quitter le foyer lors d'une entrevue avec une assistante de l'Hospice général. Les deux 
époux avaient des projets de formation et d'intégration.  

Enquête de police 

b. Les éléments suivants ressortent des rapports de la brigade criminelle des 30 juin et  
4 juillet 2011. 

b.a. Le 30 juin 2011, vers 04h00, la police a été avisée qu'un homme venait d'être blessé 
par balles au foyer. Plusieurs patrouilles de police sont intervenues sur les lieux. Malgré 
les soins portés par les secours à la victime, identifiée comme étant U______, son décès 
a été constaté à 4h51. Une pizza, un téléphone portable de marque NOKIA, contenant 
une carte SIM (no 5______), enregistré au nom d'I______, et un sac poubelle 110 litres, 
contenant des baguettes de pain, se trouvaient à côté du corps. 

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Plusieurs témoins ont déclaré avoir entendu deux séries de coups de feu. 

b.b. O______ et ses enfants ont immédiatement été pris en charge au foyer par les 
inspecteurs de la Brigade criminelle et emmenés au poste de police. Les enfants ont été 
confiés à un foyer sis Z______ durant l'audition de leur mère, dès 12h. A l'issue de 
celle-ci, à l'annonce du décès de son mari, O______ s'était mise à hurler et à se frapper 
le visage. Elle avait mis près de deux heures à se calmer. 

b.c. La perquisition du 30 juin 2011 au domicile de la victime a permis la découverte de 
deux téléphones, soit un téléphone portable NOKIA 1208 avec carte SIM 3______ au 
nom d'I______, IMEI 2______, dans le meuble de télévision et un téléphone portable 
NOKIA avec carte SIM 6______ IMEI 7______. 

O______ était porteuse le 30 juin 2011 de trois téléphones lors de son arrivée au poste 
de police, soit un téléphone portable SAMSUNG E 2550, IMEI 8______, avec carte 
SIM 9______, un téléphone portable LG KP500 blanc, IMEI 10______, numéro d'appel 
11______, et un téléphone portable NOKIA 222OS rose, IMEI 4______, démuni de 
carte SIM. Les numéros de téléphone utilisés par la veuve étaient aussi attribués à 
I______. 

Les premières analyses des données rétroactives du téléphone portable NOKIA 1208 
ont permis de constater que plusieurs cartes avaient été insérées dans ce téléphone dont 
celle relative au no 1______, qui n'avait pas été retrouvée lors de la perquisition, alors 
qu'elle avait été utilisée la nuit des faits lors de plusieurs échanges (SMS et appels) avec 
les numéros 12______ et 13______ entre 22h24 et 03h39.  

c.a. Selon le rapport d'autopsie rendu par le Centre universitaire romand de médecine 
légale (CURML) le 18 octobre 2011, U______ présentait de multiples lésions en 
rapport avec plusieurs projectiles ayant causé deux plaies à la tête, quatre plaies au 
thorax, huit plaies au membre supérieur gauche et deux plaies au membre inférieur 
droit. Il avait été atteint par des projectiles d'arme à feu à dix endroits sur le corps mais 
neuf projectiles avaient atteint le corps. Son décès était la conséquence d'une 
hémorragie externe et interne sévère, due à des lésions provoquées par des projectiles 
d'armes à feu, d'une part au niveau du thorax, soit une perforation pouvant être mortelle, 
à elle seule, à brève échéance, et d'autre part au niveau de la tête, soit des lésions pas 
nécessairement mortelles, à elles seules, à brève échéance, mais de nature à entraîner 
une hémorragie importante pouvant mener à une inhalation massive de sang et conduire 
à une asphyxie, à défaut de soins immédiats. Il n'était pas possible d'établir la 
chronologie des tirs. 

c.b. D'après le rapport de la Brigade de police technique et scientifique (BPTS) du 
2 novembre 2011, la victime, qui avait été découverte aux environs de 4h15 par un 
agent V______, était, à l'arrivée de la police, allongée sur le dos à l'intérieur du hall 
d'entrée du foyer, appuyée contre la porte, gisant dans son sang. Neuf douilles de calibre 
nominal de neuf millimètres ont été retrouvées. Trois, proches les unes des autres, se 
trouvaient dans les buissons situés à droite du chemin menant au bâtiment, à une 
vingtaine de mètres des escaliers donnant accès à la porte d'entrée, une douille était à 

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l'extérieur, sur la deuxième marche desdits escaliers, et cinq douilles étaient sur le sol, 
dans le hall d'entrée. Deux projectiles avaient été tirés dans la porte depuis l'extérieur et, 
selon les impacts de balle retrouvés, l'un avait traversé la vitre du battant droit, à une 
hauteur de 121 centimètres, et l'autre s'était fiché dans le montant métallique droit du 
battant gauche de la porte, à une hauteur de 124 centimètres. Selon les impacts au sol et 
dans une gaine plastique protégeant des câbles électriques, cinq projectiles avaient été 
tirés dans le sol du hall, à l'emplacement du corps de la victime, vraisemblablement 
depuis l'entrebâillement de la porte. En conclusion, au moins neufs coups de feu avaient 
été tirés, au moins deux depuis l'extérieur et au moins cinq dans le hall. 

Les orifices et les trajectoires des projectiles (du point d'entrée au point de sortie) ayant 
atteint le corps d'U______ étaient les suivants: de la joue droite à l'oreille gauche, du 
haut du dos à droite à l'épaule gauche, du milieu du dos à droite à l'avant gauche du 
torse, de l'arrière du haut du bras droit à la partie interne du coude, de l'intérieur à 
l'extérieur du haut du bras droit, de l'arrière à l'avant de l'avant-bras droit, du dos à 
l'annulaire de la main droite, dans l'arrière de la cuisse gauche (le projectile y est resté 
logé), du pied vers la malléole interne à la plante du pied gauche.  

Les auditions du 30 juin 2011 par la police 

d.a. AH______, propriétaire d'un commerce alimentaire, sis rue______ à Genève, 
employait U______ depuis cinq jours. Ce dernier avait travaillé cinq soirs d'affilées, de 
18h00 à 1h00 ou 2h00. Il avait lui-même raccompagné U______ à trois reprises, avec 
son véhicule, en le déposant sur la route bordant le foyer où le précité vivait. La nuit du 
29 au 30 juin 2011, U______ avait terminé son service entre 2h00 et 2h15. Son cousin, 
AI______, AJ______ et U______ étaient partis en direction de la gare vers 3h30 afin de 
prendre un taxi. Ce dernier avait emporté un carton de pizza et une petite dizaine de 
baguettes de pain qu'il avait mises dans un sac poubelle de 110 litres. 

d.b. Selon AI______, U______ travaillait dans le commerce de AH______ depuis trois 
ou quatre jours et il était habituel qu'ils rentrent en voiture avec AJ______ et 
AH______. La veille, U______ avait travaillé de 17h00 et à 2h30, puis attendu qu'on le 
ramène. AJ______, U______ et lui-même avaient pris un taxi vers 3h45. Ils avaient 
d'abord déposé AJ______, puis U______. Ce dernier avait été laissé directement devant 
l'entrée du foyer, vers 4h00 et il s'était dirigé normalement vers la porte d'entrée en 
portant un carton de pizza, ainsi que du pain dans un sac poubelle. Le taxi avait démarré 
en direction du rond-point situé sur la rue J______. Arrivé au rond-point, il avait 
entendu trois ou quatre coups de feu, les uns après les autres. Le chauffeur du taxi avait 
poursuivi sa route en empruntant le chemin______ afin de le déposer à la rue______, 
aux Avanchets. 

d.c. AK______, résident au foyer, dont la fenêtre de la chambre donnait sur la gauche 
de l'entrée principale, était rentré, le jour-même, par une porte située sur la gauche du 
bâtiment, du côté de l'avenue AL______, vers 2h45. Il n'avait croisé personne tant à 
l'extérieur qu'à l'intérieur du foyer et vers 3h45, alors qu'il regardait un film, la fenêtre 
ouverte, il avait entendu une série de trois coups de feu, qui provenaient de l'extérieur. 

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En s'approchant de la fenêtre, il avait vu un taxi, qui roulait lentement en direction de 
l'AM______, et au même moment, il avait entendu une nouvelle série de trois coups de 
feu provenant du même endroit que précédemment. Il avait vu le même taxi repassant 
en sens inverse et il avait ensuite aperçu un individu, qui partait en courant en direction 
de l'avenue AL______ et qui avait traversé la route en se dirigeant en direction de la 
ville. 

d.d. AN______, gardien V______ au foyer, était sorti du bureau vers 4h05 afin d'aller 
vérifier l'aile D du bâtiment et, en revenant, il avait entendu un grand bruit provenant de 
la zone où était située la loge de sécurité. Il s'y était immédiatement rendu et avait alors 
remarqué un homme à terre avec du sang sortant de la bouche et des oreilles. Il avait 
immédiatement placé la victime en position de sécurité et téléphoné aux services 
d'urgence 144 à 4h13, ainsi qu'à la police à 4h15. La victime bougeait mais ne parlait 
pas. A côté du corps, il y avait une pizza, des baguettes de pain et un sac poubelle de 
110 litres. La victime avait pour habitude de rentrer tard au foyer, entre 3h00 et 5h00. 
U______ battait souvent son épouse. Des incidents liés aux disputes du couple 
figuraient dans le journal de la sécurité. 

d.e. O______ s'était réveillée vers 5h00 et, constatant que son époux n'était pas rentré, 
elle avait tenté de l'appeler à de nombreuses reprises. Dix minutes plus tard, elle avait 
entendu du bruit, car des gens circulaient dans le couloir, ce qui avait réveillé sa fille, 
A______. Elles avaient décidé d'aller chercher U______ à son travail mais en avaient 
été empêchées par un policier, qui les avaient raccompagnées à la chambre et était resté 
avec elles. La veille, son époux était parti travailler vers 17h00 et l'avait appelée une 
dernière fois vers 23h30, pour prendre des nouvelles. U______ n'avait pas de conflit, 
mais elle avait été témoin d'une scène avec un tiers, suite à laquelle le précité était 
inquiet et disait avoir besoin d'argent. Elle avait rencontré des difficultés avec son époux 
dans le passé, mais celles-ci étaient depuis lors réglées. 

e. I______ et O______ ont été interpelés le 12 juillet 2011. Ils ont été mis en prévention 
par le Ministère public pour le meurtre, voire l'assassinat d'U______. 

Auditions des prévenus 

Auditions d'I______ 

f.a. Lors de ses auditions à la police et devant le Ministère public, après avoir nié toute 
implication dans le meurtre d'U______, confronté aux résultats des premières 
investigations policières, I______ a admis le meurtre.  

Il avait rencontré U______ en été 2009 lors d'une fête à ______(Zurich). Ils étaient 
devenus plus proches et se voyaient régulièrement. Il avait également connu O______ 
lors de cette fête mais ignorait alors qu'elle était l'épouse d'U______. Ce dernier avait 
encouragé O______ à le séduire pour lui soutirer de l'argent et ils étaient 
immédiatement tombés amoureux. U______ soupçonnait qu'il était l'amant d'O______ 
mais il ignorait qu'ils s'étaient mariés en décembre 2010. U______ l'avait menacé à 
plusieurs reprises par téléphone en lui reprochant sa relation avec O______ mais il avait 
avoué au précité qu'il aimait O______ le 30 juin 2011 seulement. Afin de cacher leur 

- 10 -  

 
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relation à U______, O______ et lui-même avaient convenu qu'il appelle celle-ci sur son 
numéro de téléphone 1______, dont U______ ignorait l'existence. Cela permettait à 
O______ de rester joignable par U______ sur son autre numéro de téléphone 
(11______) alors qu'elle conversait avec lui. U______ était jaloux et colérique et 
frappait violemment O______. Il avait assisté à des scènes de violence entre U______ et 
O______. Dès février 2010, avant de faire la connaissance d'O______, en raison de 
problèmes conjugaux, il avait loué un appartement, sis X______, à ______(Zurich) qu'il 
avait ensuite utilisé pour y retrouver O______ jusqu'en février 2011. Il avait ensuite 
sous-loué, jusqu'au 1er mai 2011, un autre appartement à ______(Zurich). U______ 
ignorait que c'était lui qu'O______ venait voir régulièrement. 

Il avait quotidiennement des contacts téléphoniques avec A______. Elle lui téléphonait 
pour le saluer et lui dire qu'il lui manquait. A______ lui racontait tout ce qui se passait 
chez elle et notamment les violences de son père sur sa mère. A plusieurs reprises, 
A______ lui avait téléphoné durant une dispute entre ses parents et lui avait fait écouter 
ce qui se passait. O______ lui confirmait qu'elle était battue et il avait pu constater des 
traces de coups sur le corps de celle-ci. Il avait donc encouragé A______ à contacter la 
police en cas de violente dispute. Lorsque la police était intervenue, O______ n'avait 
pas osé dire la vérité car U______ et sa famille l'avaient menacée et exerçaient des 
pressions sur elle. Il avait vu O______ pour la dernière fois aux alentours du 15 juin 
2011, après qu'ils ont passé la nuit à l'hôtel AO______ de ______(Zurich). U______ 
avait découvert leur relation ce jour-là, en trouvant des messages SMS échangés entre 
lui et A______, relation confirmée par un des plus jeunes enfants. U______ était alors 
devenu très violent et il avait menacé d'égorger les enfants si O______ ne revenait pas 
immédiatement. Au retour d'O______ à Genève, U______ l'avait menacée avec un 
couteau et l'avait violemment frappée de sorte que la police était intervenue sur appel 
d'A______. A compter de cet épisode, il avait craint U______ mais n'avait jamais 
envisagé de le supprimer. U______ avait battu O______ tous les jours depuis lors, selon 
ce que celle-ci et les enfants lui avaient rapporté. Il ne parvenait plus à travailler, il était 
inquiet pour O______ et les enfants car U______ exerçait des pressions sur ceux-ci afin 
d'en savoir plus sur la relation qu'il entretenait avec la précitée. U______ l'avait 
d'ailleurs appelé à plusieurs reprises pour le menacer de mort et il avait donc décidé de 
ne plus répondre à ses appels. Il n'avait pas pris ces menaces au sérieux car U______ ne 
s'en prenait qu'aux personnes faibles. Seule la sécurité d'O______ et des enfants lui 
importait. Tous les jours, il proposait à O______ de venir en Suisse-allemande avec les 
enfants.  

Après avoir indiqué qu'une semaine après l'événement de violence précité, O______ 
avait fait une fausse-couche, I______ a déclaré qu'elle avait perdu l'enfant qu'elle 
attendait en mai 2011 après avoir été frappée, étranglée et violée par U______. 
Ultérieurement, I______ a déclaré qu'O______ avait perdu l'enfant le 17 juin 2011. Aux 
alentours du 25 juin 2011, U______ lui avait proposé CHF 6'000.- en échange 
d'O______. Le 29 juin 2011, ce dernier avait tenté de le joindre à une vingtaine de 
reprises, la dernière fois à 23h00, mais il ne lui avait pas répondu. Il ne dormait plus 

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chez son épouse depuis plus de deux mois avant le décès d'U______. La majorité du 
temps il dormait dans son garage. 

Il possédait un véhicule OPEL Astra depuis mai 2011 et il avait pris un véhicule BMW 
en leasing depuis fin juin 2011 auprès de AQ______ mais pas dans l'intention de venir à 
Genève. Ce n'était d'ailleurs pas la première fois qu'il empruntait un véhicule à ce 
dernier. U______ lui avait dit un mois auparavant, à l'insu d'O______, qu'il était prévu 
qu'il prenne un autre logement dès le 1er juillet 2011, afin de laisser la précitée et les 
enfants dans leur nouvel appartement, mais il avait tout de même décidé d'aller lui 
parler car il ne lui faisait pas confiance. 

Après avoir déclaré que, le 29 juin 2011 dans l'après-midi, il avait reçu un appel 
désespéré d'O______ car U______ l'avait battue, lui avait déchiré ses vêtements, avait 
tenté de l'étrangler et l'avait menacée de mort pour la première fois, I______ a ensuite 
précisé qu'il ne se souvenait plus si U______ avait frappé O______ le jour-même où si 
celle-ci lui avait relaté à cette date des faits qui s'étaient produits quelques jours 
auparavant.  

Lors de son audition à la police, I______ a déclaré que, dans la journée du 29 juin 2011, 
il avait convenu d'un rendez-vous avec O______ pour le soir-même. Il avait passé la 
nuit du 28 au 29 juin 2011 au domicile de son épouse et le matin, il avait prévenu celle-
ci qu'il ne passerait pas la nuit suivante chez elle. A ce moment-là, il avait déjà 
l'intention de venir à Genève pour parler avec U______. Après qu'il était arrivé au 
foyer, O______ l'avait rejoint dans son véhicule parqué à proximité du foyer. Ils avaient 
discuté durant 1h30 à 2h30 environ et s'étaient, durant ce laps de temps, échangés des 
messages SMS car O______ remontait régulièrement dans le foyer pour veiller sur les 
enfants. I______ a répété à plusieurs reprises, à cette occasion, qu'il avait vu O______ 
ce soir-là. Au Ministère public, I______ a affirmé qu'O______ ignorait qu'il avait 
décidé de venir à Genève. Il ne le lui avait pas dit car elle aurait désapprouvé sa 
démarche et se serait opposée à ce qu'il rencontre U______. Ils avaient donc 
uniquement communiqué par téléphone ce soir-là et ses premières déclarations étaient 
dues à une mauvaise traduction de l'interprète. Il avait d'abord décidé de venir à Genève 
pour voir O______ mais il avait changé d'avis en chemin et décidé de parler à U______ 
pour s'assurer que celui-ci laisserait O______ tranquille.  

I______ a déclaré qu'il avait acquis l'arme employée la nuit du 29 au 30 juin 2011, entre 
janvier et août 2010, auprès d'un gitan allemand, en même temps qu'un pistolet 
d'alarme, des munitions et des iPhones. Il souhaitait envoyer l'arme au Liban mais 
l'avait finalement cachée dans son garage. O______ ignorait qu'il possédait des armes. Il 
ne savait pas combien de balles contenait l'arme étant donné qu'il ne l'avait jamais 
essayée. Le 29 juin 2011, en partant à Genève, il avait pris l'arme telle qu'elle lui avait 
été vendue et ne l'avait pas chargée lui-même. Il a indiqué dans un premier temps qu'il 
avait pris son arme, ce soir-là, sans raison particulière et a ensuite déclaré qu'il s'était 
muni d'une arme car U______ avait un lourd passé et qu'il craignait pour sa vie. Le 30 
juin 2011, en arrivant vers Zurich, il était sorti de l'autoroute et s'était rendu au lac de 
Zurich où il avait jeté l'arme. Il se trouvait en état de choc et ne se souvenait pas avoir 

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quitté Genève. Il avait repris ses esprits vers Aarau alors qu'il se trouvait dans les 
embouteillages, possédant encore l'arme à ce moment-là. Confronté aux rétroactifs le 
localisant au lac de Greifensee, il a admis connaître ce lieu, mais il ne se souvenait pas 
s'y être rendu. Il avait des pertes de mémoire et ne parvenait pas à être plus précis. Il a 
contesté avoir dit à qui que ce soit qu'il entendait s'en prendre à U______ ou tuer celui-
ci et a nié avoir cherché à se procurer une arme tant auprès d'AB______, d'AA______ 
ou d'Y______. Il était arrivé aux alentours de minuit à Genève et s'était directement 
rendu au foyer. Après avoir indiqué qu'il avait garé son véhicule dans le parking du 
foyer et marché autour du bâtiment, I______ a déclaré qu'il avait laissé son véhicule 
dans un parking éloigné du foyer. Il savait qu'U______ travaillait la nuit, au centre-ville, 
mais ne connaissait ni l'heure exacte à laquelle celui-ci terminait son service, qui variait 
entre 2h00 et 3h00, ni le moyen de transport qu'il employait pour rentrer. En arrivant au 
foyer, il savait qu'U______ n'était pas encore revenu chez lui étant donné qu'il avait 
parlé au téléphone avec O______. Lors de son dernier appel à O______, à 2h39, il lui 
avait effectivement demandé si U______ se trouvait encore au travail pour savoir si 
celui-ci n'était pas entré par une autre porte. Il y avait des gens qui allaient et venaient. 
Dans la mesure où il ne savait pas de quel côté U______ allait arriver, il tournait autour 
du foyer, longeait la rue et revenait sur le parking en étant constamment visible. Il avait 
attendu U______ environ trois heures et portait une attention particulière à la porte 
située sur l'avenue AL______ dans la mesure où cette nuit-là, il avait observé plusieurs 
personnes entrer par celle-là et qu'il l'avait aussi empruntée avec O______, à une 
reprise, lorsqu'il était venu au foyer. Lors de la reconstitution, I______ s'est rétracté et a 
déclaré qu'il n'avait vu personne entrer ou sortir par cette porte.  

Il se trouvait à une cinquantaine de mètres de l'entrée du foyer sur le trottoir de l'avenue 
AL______ lorsque le taxi, transportant U______, l'avait dépassé. Le véhicule s'était 
arrêté en face de l'entrée, sur l'avenue AL______, et il avait vu U______, qui portait un 
sac noir, sortir du taxi. Il l'avait appelé en criant et s'était avancé pour voir s'il s'agissait 
bien du précité. Le taxi était reparti et U______ avait déposé "quelque chose" parterre. 
I______ a précisé, lors de la reconstitution, qu'il s'agissait peut-être d'une petite sacoche. 
U______ ne portait aucun carton à pizza lors de leur discussion. Il n'avait pas non plus 
vu de baguettes de pain. U______ l'avait immédiatement insulté et était agressif. Il avait 
dit à U______ qu'O______ ne voulait plus de lui, qu'ils s'aimaient et s'étaient mariés 
religieusement. Ultérieurement, I______ a précisé avoir dit à U______ qu'O______ 
était enceinte de lui et que celle-ci avait perdu l'enfant à cause des coups que celui-ci lui 
avait portés. Après avoir indiqué que la dispute avait duré une dizaine de minutes 
environ, I______ a précisé qu'il s'était écoulé entre cinq et dix minutes entre l'arrivée 
d'U______ et le premier coup de feu. U______ faisait des petits allers-retours et était 
nerveux. Chaque fois qu'il s'approchait du précité, celui-ci se rapprochait de l'entrée du 
foyer. U______ lui avait tourné le dos en disant qu'il allait monter égorger O______ et 
revenir ensuite. Ce dernier avait ramassé le sac qu'il avait posé à terre. Il avait hurlé à 
U______ de s'arrêter pour discuter mais celui-ci avait sorti quelque chose de sa poche et 
s'était mis à courir en criant qu'il allait égorger O______. I______ a précisé lors de la 

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reconstitution qu'U______ sortait habituellement muni d'un couteau à cran d'arrêt mais 
qu'en l'occurrence il avait sorti un cutter en se dirigeant vers le foyer.  

Après avoir indiqué qu'il avait tenté de rattraper U______ mais que celui-ci l'avait fait 
tomber, I______ a déclaré qu'il était tombé tout seul à hauteur de l'arbre, qui bordait le 
passage conduisant à la poste d'entrée. Il était passé entre le véhicule et le buisson en 
espérant rattraper U______. Le projecteur situé au-dessus de la porte d'entrée du foyer 
s'était allumé lorsqu'U______ s'était approché. Etant donné que ce dernier allait plus 
vite que lui, que le précité avait ouvert la porte du foyer et qu'il avait menacé O______ 
avec un couteau un mois auparavant, il était convaincu qu'il ne parviendrait plus à 
l'arrêter. Alors qu'il se trouvait le long des buissons situés à droite de la porte d'entrée, il 
avait perdu le contrôle, pris son arme, chargé celle-ci et tiré un premier coup sur 
U______, pour protéger O______, alors que celui-ci ouvrait la porte du foyer. Lors de 
la reconstitution, I______ a précisé qu'il pensait avoir tiré les trois premiers coups 
depuis le même endroit.  

Lors de sa première audition à la police, il a déclaré que, suite au premier coup, 
U______ avait trébuché. Il avait continué à tirer machinalement et au deuxième coup, le 
précité était tombé au sol, rampait et trainait une de ses jambes. Il s'était ensuite 
approché de la victime, s'était posté au-dessus de celle-ci et avait vidé son chargeur en 
lui tirant dessus. Il a ultérieurement indiqué qu'il se souvenait uniquement des trois 
premiers coups. Il avait agi pour protéger O______ car il avait vu le mal dans les yeux 
d'U______. Il était reparti en courant et avait récupéré son véhicule garé près d'un parc. 
Lorsqu'il roulait, avant d'arriver à Zurich, il avait reçu un message SMS d'A______ qui 
lui demandait s'il dormait. Une demi-heure après, A______ lui avait téléphoné en lui 
indiquant qu'une personne avait été tuée au foyer et qu'elle cherchait son père.     Il 
l'avait rappelée alors qu'elle se trouvait dans les locaux de la police. Il avait également 
parlé avec O______ en l'appelant sur le téléphone portable d'A______. Il n'avait pas 
appelé directement O______ parce qu'il était totalement perturbé. De même, il n'avait 
plus utilisé son numéro de téléphone 13______ parce qu'il avait totalement oublié que 
ce numéro existait. Il avait également contacté son épouse aux environs de 7h00 alors 
qu'il se trouvait en route. Il s'était ensuite rendu à son garage. Tandis qu'il se trouvait 
dans son garage avec K______, AR______ avait téléphoné au précité lui indiquant 
qu'U______ avait été tué. Cette dernière s'était présentée au garage et souhaitait se 
rendre à Genève. Il avait, en compagnie de K______, déposé AR______, avec son 
véhicule BMW, au foyer et était reparti avec le précité à Zurich. Les jours qui avaient 
suivi, il avait fait des allers-retours entre Genève et Zurich, afin de s'assurer qu'O______ 
et les enfants avaient pu s'installer dans leur nouvel appartement et ne manquaient de 
rien.  

Deux semaines avant le décès d'U______, il avait effectivement dit à A______ qu'il 
préparait quelque chose qui se produirait avant les vacances et qu'il allait en finir avec le 
précité et le mettre en prison. De surcroît, il avait expliqué à A______ qu'il leur 
préparait une surprise. Il nourrissait depuis deux mois le projet de les emmener en 
vacances au Tessin pour faire du camping durant une quinzaine de jours. 

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Il savait ce qui l'attendait. Il vivait en Suisse et avait attendu l'arrivée de la police en 
connaissance de cause. O______ ignorait qu'il avait tué U______, elle n'avait rien à voir 
avec ce décès et elle lui avait seulement dit qu'U______ travaillait la nuit. Il regrettait ce 
qui s'était passé. Il avait agi par amour et par crainte pour O______, qu'il aimait ainsi 
que ses quatre enfants. Il n'avait jamais aimé une femme comme il l'aimait. Sa propre 
vie n'avait aucune importance et il aurait pu mourir pour O______.  

Audition d'O______ 

f.b. A la police et au Ministère public, O______ a contesté les faits qui lui étaient 
reprochés. Lorsqu'elle avait rencontré I______ en mars 2010, lors d'une fête à Zurich en 
compagnie d'U______, celui-ci avait souhaité qu'elle ait des relations intimes avec 
I______ afin de pouvoir lui soutirer de l'argent. I______ était devenu l'ami de la famille 
et venait régulièrement chez eux. Après avoir nié entretenir une relation avec I______, 
O______ a admis l'existence d'une relation platonique. Elle avait eu honte de l'avouer 
lors de sa première audition au vu des circonstances de celle-ci. U______ lui avait 
demandé de se séparer d'I______ car il avait compris qu'ils étaient tombés amoureux. 
U______ et elle avaient décidé de divorcer religieusement d'un commun accord car ils 
ne s'entendaient plus et n'avaient plus entretenu de relations sexuelles ensuite. I______ 
avait un petit appartement à ______(Zurich) où elle se rendait environ une fois par 
semaine depuis mars 2010, à l'insu d'U______ auquel elle affirmait rendre visite à une 
amie.  

Elle n'avait plus revu I______ depuis la dernière nuit passée en juin 2011 dans un hôtel 
à ______(Zurich). Confrontée aux analyses des données rétroactives, elle a admis qu'il 
s'agissait du week-end du 17 juin 2011. 

Elle était rentrée plus tôt à Genève après qu'U______ et A______ avaient tenté de la 
joindre à 461 reprises. U______ avait insisté pour qu'elle rentre afin qu'il puisse aller 
travailler. Ce dernier venait de commencer son nouveau travail et il n'était pas prévu 
qu'il commence le week-end où elle s'était absentée. Elle a d'abord contesté qu'U______ 
ait appris l'existence de sa relation avec I______ durant ce week-end et elle a affirmé 
qu'U______ s'était simplement énervé parce qu'A______ avait communiqué avec un 
garçon dont il ignorait l'identité et qu'il ne savait pas qui était l'utilisateur du numéro de 
téléphone 13______. O______ a ensuite admis qu'U______ avait insisté de façon 
menaçante pour savoir quelle était la personne qu'A______ appelait "tonton". Ce soir-là, 
U______ gesticulait mais il ne l'avait pas étranglée. Elle n'avait pas répondu aux 
questions d'U______ et A______ non plus. Cette dernière s'était mise à hurler et avait 
appelé la police craignant qu'U______ ne la batte, mais celui-ci s'était calmé. Le jour-
même ou le lendemain, I______ lui avait dit qu'U______ avait connaissance de leur 
relation mais celui-ci ne lui en avait jamais parlé directement, car cette relation avait 
débuté par sa faute. Au surplus, les multiples échanges téléphoniques du 18 juin 2011 
montraient qu'il avait compris qu'elle entretenait une relation avec I______. Après le 18 
juin 2011, il n'y avait eu aucun changement dans sa relation avec U______ ni dans celle 
avec I______. Elle n'avait pas revu ce dernier car elle n'en avait pas le temps, étant 

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occupée à déménager. U______ et elle-même avaient décidé de déménager et de 
continuer à vivre ensemble, même s'ils n'avaient plus de relation de couple. 

Chaque fois qu'U______ sortait, elle en profitait pour téléphoner à I______. Ils 
utilisaient d'autres téléphones portables pour communiquer et dissimuler leur relation. 
Elle pensait que le précité était un gentil homme et n'aurait jamais imaginé qu'il puisse 
tuer son époux. Ses enfants étaient proches d'I______ et le voyaient régulièrement, mais 
il n'était venu qu'à une reprise au foyer. U______ n'avait jamais menacé ce dernier. 

U______ avait pour habitude de rentrer du travail entre 3h30 et 4h00, annonçant son 
arrivée, lorsqu'il était derrière la porte de l'appartement, en lui téléphonant sur son 
numéro 11______, afin qu'elle puisse lui ouvrir avec la seule clef du logement. Pour 
éviter qu'U______ ne découvre la carte SIM correspondant au numéro d'appel 1______, 
utilisée pour communiquer secrètement avec I______, elle la retirait de son téléphone, 
la remplaçait par celle d'E______ et la cachait dans son sac lorsqu'U______ revenait au 
domicile, au moment où elle marchait vers la porte pour la lui ouvrir. Après avoir 
indiqué qu'U______ occupait son nouvel emploi depuis huit jours, O______ a déclaré 
qu'il avait débuté environ deux semaines avant son décès. Il travaillait du dimanche au 
jeudi de 18h00 à 3h30 et du vendredi au samedi de 18h00 à 5h00 environ. Il rentrait à 
pied ou raccompagné en voiture par son employeur. I______ était au courant de 
l'emploi d'U______ et de ses horaires de travail, dont elle lui avait parlé, mais il ignorait 
en revanche l'adresse de son lieu de travail. 

Sa culture lui interdisait de dire du mal d'une personne décédée. Ainsi, il lui était 
difficile d'expliquer ce qui s'était réellement passé entre elle et U______ et de répondre 
aux questions concernant la violence conjugale. U______ avait été extrêmement violent 
avec elle dans le passé mais il avait totalement changé de comportement après sa sortie 
de prison en décembre 2010. Il ne la frappait plus comme avant car il craignait qu'elle 
dépose à nouveau plainte. Elle avait retiré sa plainte car elle ne pouvait pas vivre sans 
U______ et il était bénéfique pour les enfants que ceux-ci grandissent aux côtés de leur 
père. Elle n'avait plus déposé plainte durant le premier semestre 2011 parce qu'U______ 
ne la frappait plus aussi fort et qu'elle se défendait. Avant son incarcération, U______ la 
battait jusqu'à ce qu'elle saigne. Ils avaient donc finalement décidé de continuer à vivre 
ensemble pour les enfants, mais elle avait cependant poursuivi sa relation avec I______ 
en parallèle, à l'insu d'U______. Elle se contentait de cette situation car elle voyait 
I______ quand elle désirait. Elle n'avait pas subi de pression de sa famille en Irak mais 
il était certain que celle-ci ne consentait pas à ce qu'elle divorce d'U______.  

Elle n'avait cependant pas renoncé à vivre avec I______ et avait pensé s'installer dans 
un pays proche de la Suisse avec les enfants afin qu'I______ puisse venir les voir de 
temps en temps, mais celui-ci estimait que la vie en Suisse serait préférable pour elle et 
les enfants. Elle n'avait jamais indiqué à I______ qu'elle avait fait une fausse-couche, 
elle n'avait pas été battue quotidiennement à compter du 18 juin 2011, mais il était vrai 
que les services sociaux lui avaient dit que si elle se séparait d'U______, elle n'aurait 
pas de nouvel appartement et risquait d'être privée de ses enfants. I______ lui avait 
conseillé plusieurs fois de quitter U______ lorsque celui-ci était violent. Elle avait 

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épousé religieusement I______ en décembre 2010, mais aucun membre de sa propre 
famille n'était au courant de ce mariage, tandis qu'AR______ savait qu'elle avait une 
relation avec I______ et qu'elle entretenait des rapports sexuels avec celui-ci.  

U______ n'avait jamais su qu'elle avait épousé I______ et il pensait que leur relation 
était terminée. Les jours précédents son décès, il tentait de la reconquérir et demandait à 
avoir des relations sexuelles. Il criait mais ne la battait pas quand elle refusait, ils se 
disputaient beaucoup et il y avait souvent des "problèmes" entre eux, mais elle ne se 
laissait plus faire et lui répondait.  

Le 29 juin 2011, elle s'était rendue avec U______ au Foyer F______ et la directrice les 
avait rendus attentifs au fait qu'en cas de disputes, ils risquaient de devoir retourner au 
foyer, mais elle ne s'était pas disputée avec son époux ce jour-là. U______ l'avait 
appelée à plusieurs reprises après être parti travailler, d'abord en raison du fait qu'il avait 
oublié son porte-monnaie, puis lors des deuxième et troisième appels pour lui demander 
de prendre soin des enfants. Elle avait également appelé ce dernier car elle avait manqué 
les appels du précité alors qu'elle était occupée avec leurs enfants. Lors de ses échanges 
avec U______, celui-ci lui demandait en général si tout allait bien, sachant qu'elle 
déplorait l'insalubrité des lieux.  

Après avoir contesté tout échange téléphonique avec I______ durant la nuit du 29 au 30 
juin 2011 et affirmé qu'elle avait dormi jusqu'à 5h00 sans interruption, O______ a 
admis avoir eu ces échanges téléphoniques mais elle a contesté avoir rencontré I______, 
affirmant qu'elle ne savait pas qu'il se trouvait à Genève. Lors de leur premier échange, 
ils avaient parlé de banalités et la conversation avait été brève. U______ l'avait ensuite 
appelée à deux reprises vers 22h00, car il était jaloux et elle devait l'informer de tout ce 
qu'elle faisait lorsqu'il était absent. Ce dernier l'avait encore appelée à 23h30. Vers 
minuit, I______ lui avait téléphoné pour savoir comment elle se sentait, puis une 
seconde fois alors qu'elle dormait. Elle l'avait également contacté téléphoniquement 
mais elle ne se souvenait plus des heures de ces appels. Sur demande d'I______, lors de 
leur dernier échange téléphonique, elle lui avait dit qu'U______ se trouvait encore au 
travail. 

Le 30 juin 2011, elle s'était réveillée vers 5h00 à cause du bruit et, constatant 
qu'U______ n'était pas rentré, elle avait tenté de le joindre par téléphone. Elle avait 
cependant pris le soin de retirer la carte SIM SWISSCOM (1______) du téléphone 
NOKIA 1208 appartenant à E______, et l'avait mise dans son sac. Une dizaine de 
minutes plus tard, A______ s'était réveillée à cause du bruit et avait demandé où se 
trouvait son père. Cette dernière avait alors tenté de joindre U______ avec son propre 
téléphone. Vers 5h50, elles avaient décidé d'aller chercher U______ sur son lieu de 
travail. En sortant du foyer, elles avaient remarqué la présence de policiers, qui les 
avaient priées de ne pas quitter le bâtiment. Elles avaient été raccompagnées dans leur 
chambre par des policiers et toute la famille avait été conduite au poste de police. Elle 
n'avait pas vu la police fouiller son sac le 30 juin 2011 lors de sa première audition. 
Après avoir appris qu'U______ était décédé, elle avait demandé à AR______ de venir à 
Genève. I______ avait accompagné cette dernière mais elle-même n'avait eu aucun 

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contact avec lui. Elle ne savait pas si en revanche A______ avait parlé à I______. 
O______ s'est ensuite ravisée et a déclaré qu'en réalité A______ avait contacté I______ 
alors qu'elles se trouvaient au poste de police. A______ lui avait également confié 
qu'elle avait envoyé un message SMS à I______ en se réveillant, avant de savoir 
qu'U______ était décédé. Le jour du décès d'U______, lorsqu'I______ avait 
accompagné AR______ à Genève avec K______, A______ avait vu I______ fouiller 
dans son sac. Ce dernier était venu la voir tous les jours après le décès d'U______.  

En tuant U______, I______ lui avait brisé le cœur dans la mesure où le préjudice subi 
par ses propres enfants se reportait sur elle-même. I______ avait fait cela pour vivre 
auprès d'elle mais il lui était impossible de vivre avec le meurtrier du père de ses 
enfants. 

Audition des témoins 

g.a. Les témoins AI______ et AH______ ont confirmé devant le Ministère public leurs 
déclarations du 30 juin 2011.  

AJ______ a déclaré qu'il travaillait dans le magasin de AH______ avec U______. La 
nuit du 29 au 30 juin 2011, ils avaient terminé leur service entre 2h00 et 3h00. Parti en 
taxi avec AI______ et U______, il avait été laissé chez lui en premier, comme cela se 
passait toujours. Parfois, ils déposaient ce dernier vers le centre commercial AP______. 
Cette nuit-là, U______, qui s'était disputé avec son épouse, lui avait demandé de 
préparer une pizza afin de l'amener à celle-ci pour faire la paix. U______ était une 
personne qui s'emportait rapidement. Le couple O______ et U______ se disputait 
souvent mais U______ était amoureux de son épouse. 

g.b. AA______ a déclaré qu'à une date indéterminée, avant la nuit du 29 au 
30 juin 2011, I______ lui avait demandé, à une reprise, s'il pouvait lui procurer une 
arme ou le mettre en contact avec une personne en mesure de le faire. I______ n'avait 
pas insisté suite à sa réponse négative. 

g.c. Selon AB______, I______ lui avait rendu visite sur son lieu de travail à une reprise 
au printemps 2011, pour lui demander s'il pouvait lui procurer une arme destinée à un 
agent de sécurité au Liban. 

g.d. K______, né le 6 avril 1987, a déclaré qu'I______ lui avait demandé à plusieurs 
reprises s'il connaissait quelqu'un qui détenait un pistolet. I______ était obsédé par 
l'envie d'acquérir une arme et avait dit, en plaisantant, qu'il voulait tuer U______, 
insistant lourdement et l'appelant à plusieurs reprises pour s'enquérir du succès des 
recherches d'Y______, auquel il avait demandé une arme en décembre 2010. A une 
reprise, il avait demandé à Y______ de mentir à I______, qui était en visite chez lui, en 
prétendant qu'il allait trouver une arme et qu'il la lui apporterait plus tard, pour le faire 
patienter. 

Il avait rejoint I______, à sa demande, dans son garage le 30 juin 2011 pour discuter de 
la vente d'un véhicule et celui-ci avait un comportement normal. En présence d'I______, 
il avait reçu un appel d'AR______ lui annonçant le décès d'U______. I______ avait 
alors proposé de les conduire à Genève avec un véhicule BMW. I______ et lui-même 

- 18 -  

 
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n'étaient pas restés longtemps au domicile de la famille A______, B______, C______, 
E______, O______ et U______. 

g.e. Selon Y______, I______ lui avait demandé de lui procurer une arme avant le 19 
janvier 2011. K______ l'avait contacté afin qu'il dise à I______ qu'il était en mesure de 
lui procurer une arme afin de calmer celui-ci. K______ lui avait raconté qu'I______ 
avait une maîtresse et qu'il pensait que l'époux de celle-ci voulait le tuer. Il avait donc 
joué son rôle et avait dit à I______ que l'individu, qui devait lui fournir une arme, avait 
du retard et qu'il fallait patienter. I______ était furieux et répétait qu'il avait besoin 
d'une arme. Une semaine plus tard, K______ l'avait rappelé afin de répéter à I______ 
qu'il y avait du retard dans la livraison de l'arme, ce qu'il avait fait. I______ lui avait 
alors proposé CHF 10'000.- ou 12'000.- pour qu'il exécute U______. Continuant à jouer 
son rôle, il avait dit à I______ qu'il allait y réfléchir, sans prendre le précité au sérieux. 

g.f. AQ______ a déclaré qu'I______ lui avait emprunté son véhicule BMW pour une 
fête et l'avait immatriculé le 29 juin 2011 à son propre nom, mais que ce n'était pas la 
première fois que celui-ci lui empruntait un véhicule. 

g.g. AS______, né le 5 janvier 1961, était l'oncle d'I______. Le 2 juillet 2011, il avait 
rencontré K______ et I______. Ce dernier avait un comportement normal. 

g.h. AC______ était déjà un ami d'U______ en Irak. Suite à l'annonce du décès du 
précité, il était resté avec O______ et sa famille du 30 juin au 2 juillet 2011. Le 30 juin 
2011, il avait rencontré I______ à son arrivée au Foyer H______. Du 2 au 12 juillet 
2011, I______, O______, les enfants de celle-ci et lui-même avaient fait des allers-
retours entre Genève et la Suisse-allemande. 

g.i. Selon N______, I______ avait dormi au domicile conjugal tous les soirs du 12 au 
28 juin 2011. Après avoir déclaré qu'I______ lui avait annoncé par téléphone, le 29 juin 
2011 entre 20h00 et 21h00, qu'il ne rentrerait pas, N______ a indiqué qu'elle ne se 
rappelait pas de l'heure exacte de cet appel. Son mari l'avait appelée le lendemain, vers 
7h00, ce qui était inhabituel. Il lui avait alors dit que c'était en raison des cauchemars 
faits qu'il lui téléphonait. Plus tard dans la journée, il l'avait informée du décès de l'un de 
ses collègues à Genève et il avait fait des allers-retours entre Genève et Zurich afin 
d'aider la famille du défunt. Il n'était revenu que le 10 juillet 2011 pour voir sa fille. Elle 
utilisait le numéro d'appel 14______. 

g.j. Lors de ses auditions à la police et devant le Ministère public, A______ a déclaré 
que deux semaines avant le décès de son père, I______ lui avait dit qu'il allait en finir 
avec son père en le mettant en prison parce que celui-ci battait sa mère. Il lui avait 
expliqué qu'il préparait quelque chose, qui se déroulerait avant les vacances estivales, ce 
que sa mère ignorait. I______ était amoureux d'O______ et souhaitait la protéger. 

Ses parents se disputaient souvent depuis leur arrivée en Suisse et cela avait continué 
après la sortie de prison de son père. Sa mère parlait de divorce mais son père s'y 
opposait fermement et elle avait surpris une conversation de laquelle il ressortait que le 
père d'U______ avait menacé de tuer le père de sa mère si celle-ci divorçait. Elle avait 
assisté à des épisodes de violence physique de son père à l'encontre de sa mère mais 

- 19 -  

 
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n'avait pas de souvenirs précis, sauf celui d'avoir vu sa mère blessée. La nuit du 6 au 7 
juin 2011, elle avait appelé la police parce que son père frappait sa mère, qui avait 
refusé de dire aux policiers ce qui s'était passé. Le 18 juin 2011, U______ – qui avait 
déjà des doutes – avait appris, en retrouvant des échanges de messages SMS entre elle-
même et I______, et par son petit frère, C______, qu'O______ avait une relation avec 
I______. Son père, muni d'un couteau, avait tenté de tuer sa mère en l'étranglant, en lui 
déchirant ses vêtements et en la mettant à terre. La police était intervenue, suite à son 
appel, mais sa mère avait une nouvelle fois nié la réalité. Elle avait déjà appelé la police 
à d'autres reprises, également sur conseil d'I______, mais O______ n'avait rien voulu 
dire parce qu'elle ne souhaitait pas qu'U______ retourne en prison et que cela engendre 
des problèmes entre les deux familles en Irak. Suite à l'épisode du 18 juin 2011, sa mère 
ne pouvait plus voir I______ en Suisse-allemande car son père ne la laissait plus sortir 
alors que celle-ci les y emmenait quasiment chaque week-end auparavant. Elle savait 
qu'I______ et sa mère étaient mariés religieusement ce que son père ignorait. I______ 
était venu une seule fois les chercher au Foyer H______, en l'absence d'U______. 

Elle avait entendu U______ proposer CHF 2'000.- à I______ pour sa mère, sa sœur et 
elle-même. Elle possédait un téléphone portable SAMSUNG noir et sa mère avait trois 
téléphones portables et une carte SIM qu'elle utilisait uniquement pour appeler I______, 
à l'insu de son père. I______ lui téléphonait régulièrement pour savoir comment se 
portait sa mère, si U______ la battait, si ses parents s'entendaient bien et si sa mère 
souhaitait reprendre une relation avec son père. 

Le 30 juin 2011, O______ s'était réveillée et avait tenté de joindre U______ à plusieurs 
reprises. Après avoir indiqué que sa mère l'avait réveillée vers 6h30, A______ a déclaré 
que, lorsqu'elle s'était réveillée, sa mère dormait encore et qu'elle s'était rendue aux 
toilettes et avait adressé un message SMS à I______, en réponse à celui-ci, pour lui dire 
bonjour. Il était déjà arrivé qu'elle le contacte à des heures matinales. Elle avait ensuite 
appelé I______ mais celui-ci lui avait demandé de patienter parce qu'il se réveillait et 
qu'il la rappellerait. Elle avait alors entendu dire qu'un "arabe" s'était fait tuer et était 
allée le dire à sa mère. Sa mère était inquiète, car U______ rentrait habituellement aux 
alentours de 3h00, et elle pleurait. Elle avait tenté en vain de joindre son père et 
lorsqu'elles avaient essayé de sortir pour retrouver le précité, elles avaient été arrêtées 
par des policiers, postés à chaque porte du bâtiment. Ces derniers les avaient conduits sa 
mère, ses frères et sa sœur en leurs locaux. Trois ou quatre heures après, ils avaient été 
conduits dans un foyer, puis leur mère les avait récupérés vers 15h00 et leur avait 
annoncé la mort de leur père. Elle leur avait expliqué que ce dernier avait été tué par des 
"petits pistolets". A la nouvelle du décès de son père, elle avait immédiatement 
soupçonné I______ d'en être l'auteur mais elle n'en avait eu la confirmation que lorsque 
sa mère avait été emprisonnée. Après qu'A______ a indiqué que le jour du décès de son 
père, elle avait surpris I______ cherchant quelque chose dans le sac de sa mère, elle a 
déclaré qu'un de ses frères ou sa sœur lui avait rapporté qu'il ou elle avait vu I______ 
fouiller dans le sac de leur mère. Elle ne se souvenait ni du jour, ni des circonstances 
dans lesquelles cela s'était produit. 

- 20 -  

 
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g.k. Entendue à la police et par le Ministère public, AR______ a déclaré qu'O______ et 
U______ s'étaient mariés par amour. U______ aimait son épouse et lui avait confié que 
si elle le quittait il serait perdu. A leur arrivée en Suisse, ils se disputaient souvent, 
U______ battait O______, il avait peur de la perdre mais il n'avait jamais suspecté 
celle-ci de tromperie et refusait de divorcer d'O______, la situation le rendant 
extrêmement triste. Elle savait qu'O______ et I______ avaient une relation et sortaient 
ensemble librement suite au divorce religieux. Elle n'en avait jamais parlé à U______ 
mais lui avait dit qu'O______ possédait un numéro "secret". Elle avait en revanche 
invité O______ à cesser de voir I______. Cette dernière lui avait confié être éprise 
d'I______ mais elle n'avait ni eu connaissance d'un mariage religieux entre les précités, 
ni du fait qu'ils entretenaient des relations sexuelles. Le 18 juin 2011, U______ avait 
trouvé un message SMS d'I______ sur un téléphone portable. U______ lui avait dit qu'il 
avait alors étranglé O______. Le 30 juin 2011, O______ l'avait appelée peu avant 6h00 
mais elle n'avait appris que plus tard que son frère était décédé, par l'intermédiaire d'une 
amie. Le jour-même, elle s'était rendue au Foyer H______ avec K______ et I______. 
Ce dernier était triste et très affecté par le décès d'U______. K______ et I______ 
n'étaient pas demeurés longtemps au foyer. Les jours qui avaient suivi, I______ et 
O______ étaient constamment ensemble. 

La téléphonie 

h.a. A teneur des rapports de police, des perquisitions ont été ordonnées au foyer, au 
Foyer F______, au domicile d'I______, sis ______, à ______(Zurich) et à son garage, 
sis à ______(Zurich), ainsi que des saisies effectuées sur les personnes d'O______, 
d'I______ et d'A______. Plusieurs téléphones portables ont été découverts, dont 
notamment : 

- un téléphone portable NOKIA 1208 IMEI 2______, contenant une carte SIM 
dont le numéro d'appel est 3______, enregistré au nom d'I______, trouvé dans le 
meuble de télévision au foyer lors de la perquisition du 30 juin 2011. Le téléphone 
portable et la carte SIM appartenaient à E______ mais O______ utilisait l'appareil 
pour y mettre la carte SIM correspondant au numéro 1______. 

Lors de la perquisition du 12 juillet 2011, la carte SIM numéro d'appel 3______ 
était insérée dans un téléphone portable NOKIA, 2220S rose IMEI 4______, 
qu'O______ possédait, alors démuni de carte SIM, lors de son audition du 30 juin 
2011. 

- un téléphone portable NOKIA, IMEI 7______, contenant une carte SIM numéro 
d'appel 6______, retrouvé lors de la perquisition effectuée le 30 juin 2011 au 
foyer. O______ avait l'appareil et la carte SIM sur elle lors de son interpellation 
du 12 juillet 2011. Cet appareil et ce numéro de téléphone étaient utilisés par 
O______. 

- un téléphone portable SAMSUNG E 2550, IMEI 8______, contenant une carte 
SIM numéro d'appel 9______. O______ avait cet appareil et cette carte SIM lors 
de son audition du 30 juin 2011. Lors de la perquisition du 12 juillet 2011, 

- 21 -  

 
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effectuée au Foyer F______, ce téléphone portable a été saisi sur A______. Cet 
appareil et ce numéro de téléphone étaient principalement utilisés par cette 
dernière. Cependant, il ressort des analyses rétroactives qu'O______ se servait 
également de ce numéro de téléphone pour contacter I______. 

- un téléphone portable LG KP500 blanc IMEI 10______, numéro d'appel 
11______, enregistré au nom d'I______, qu'O______ avait avec elle lors de son 
audition du 30 juin 2011 et lors de son interpellation, le 12 juillet 2011. Il 
s'agissait du numéro habituellement utilisé par O______. 

- un téléphone portable iPhone 4 noir IMEI 15______, contenant une carte SIM 
12______, acquis le 28 mai 2011 par I______, retrouvé au Foyer F______. 
L'appareil et le numéro de téléphone étaient utilisés par O______ jusqu'au 17 juin 
2011, puis par I______. 

- un téléphone portable iPhone 4 IMEI 16______, contenant une carte SIM dont le 
numéro d'appel est le 17______, enregistré au nom de N______ et utilisé par 
I______. 

- un téléphone SAMSUNG IMEI 18______, contenant une carte SIM numéro 
d'appel 13______. Cet appareil et ce numéro de téléphone étaient également 
utilisés par I______. 

h.b.a. Il ressort des rapports de police et des analyses et rétroactifs effectués sur les 
téléphones portables saisis et les numéros de téléphone répertoriés les éléments suivants. 

i) Le numéro d'appel 1______ était principalement en contact avec les numéros de 
téléphone 12______ et 13______ utilisés par I______. Cette carte SIM n'avait pas été 
retrouvée, ni lors de la perquisition du 30 juin 2011, ni lors de la fouille du sac 
d'O______ effectuée le même jour. Elle était active depuis le 9 avril 2011. U______ 
avait été contacté à onze reprises entre les 15 et 30 mai 2011 par ce numéro de 
téléphone. 

ii) U______ contactait principalement I______ sur deux numéros, soit les numéros 
13______ et 17______. Ces derniers avaient des contacts téléphoniques réguliers. 

iii) Le 17 juin 2011, O______ avait quitté Genève selon les bornes activées par son 
téléphone. Le 18 juin 2011, il y avait eu 461 connexions entre le numéro utilisé par 
O______ (11______) et ceux d'U______ et d'A______, essentiellement des appels en 
absence et des tentatives d'appels déviés. Sur l'ensemble des connexions, c'était le seul 
jour où U______ avait tenté de joindre O______, pendant plusieurs heures et jusqu'à 
trois ou quatre fois par minute, sans obtenir de réponse. 

iv) Selon l'analyse des bornes activées par le numéro de téléphone d'U______ 
(5______), celui-ci ne s'était pas rendu à son travail le 18 juin 2011. 

v) Le téléphone portable NOKIA 1208 IMEI 2______ a été utilisé durant la nuit du 29 
au 30 juin 2011 avec le numéro de téléphone 1______ jusqu'à 2h39. 

vi) Le 29 juin 2011, U______ a appelé plusieurs fois O______, soit à 16h35, 16h57, 
16h59, 17h42, 17h50 et 19h41. Chaque appel a duré entre six secondes et une minute et 

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demi U______ a appelé cette dernière à 19h59 durant douze minutes et à 21h49 durant 
plus de six minutes. O______ a tenté d'appeler U______ à cinq reprises entre 20h57 et 
21h28 et lui a envoyé un message SMS à 20h58. Elle l'a encore appelé à 23h26, durant 
un peu plus de quatre minutes. 

Le même jour, U______ a tenté de joindre (durée d'appel nulle) à cinq reprises I______ 
(numéro d'appel 17______) entre 21h39 et 22h42. 

vii) Le 29 juin 2011, I______ et O______ ont échangé des messages SMS de 23h43 à 
23h55, alors que celui-ci se trouvait proche du foyer selon les bornes activées par son 
téléphone portable. 

viii) La nuit du 29 au 30 juin 2011, I______ et O______ ne se sont ni téléphoné, ni 
adressé de messages SMS de 0h50 à 1h15 et de 1h20 à 2h14 (heure à laquelle O______ 
a adressé un message SMS à I______ sur son numéro 12______), alors que celui-ci se 
trouvait aux abords du foyer. O______ a adressé un second message SMS à I______ à 
2h18 sur un de ses autres numéros, soit le 13______. 

ix) Le matin du 30 juin 2011, le téléphone d'A______, correspondant au numéro d'appel 
9______, est resté avec O______ au poste de police, après le départ des enfants, car il 
activait des bornes à la rue Général-Dufour à 07h29 (envoi d'un message SMS à 
I______), à 7h47 à la rue des Deux-Ponts (envoi d'un message SMS à I______) et est 
localisé entre la rue des Deux-Ponts et le chemin de la Gravière jusqu'à 14h43. A 8h02, 
I______ a téléphoné durant plus d'une minute sur le numéro de téléphone d'A______. 
I______ a été appelé à 8h42 par le numéro d'A______ durant quasiment quatre minutes. 
Le téléphone n'est localisé au ______ (Foyer Z______) qu'à 15h34. Un message SMS 
est envoyé à 15h38 à I______, qui rappelle durant environ deux minutes à 15h39. 

x) A 8h00 le 30 juin 2011, I______ se trouvait à Greifensee selon les bornes activées 
par son numéro de téléphone 17______. 

xi) Depuis mi-juin 2011, I______ ne contactait O______ que sur le numéro 1______. 
Après le décès d'U______, I______ n'a plus essayé de joindre O______ en utilisant ce 
numéro de téléphone. De même qu'il n'a pas utilisé le numéro de téléphone 13______, 
employé la nuit du 29 au 30 juin 2011 pour contacter O______. 

xii) Le 30 juin 2011, le numéro de téléphone 9______, principalement utilisé par 
A______ mais également par O______, a adressé un message SMS à I______ à 5h15 
avant d'établir une connexion téléphonique avec le numéro d'U______ à 5h22 et 5h25. 
Ce numéro active une borne au chemin J______, en appelant I______, à 6h55, durant 
un peu plus d'une minute. 

xiii) Les analyses des données rétroactives démontrent qu'I______ a dormi au domicile 
de N______ du 18 au 28 juin 2011. Selon les données rétroactives, I______ a téléphoné 
à N______ le 29 juin 2011 à cinq reprises entre 10h40 et 20h56. I______ a appelé cette 
dernière à 6h53 le 30 juin 2011 activant une borne à Aarau. 

xiv) I______ a quitté Zurich entre 20h30 et 21h00 et est arrivé au foyer aux alentours de 
23h45 selon les bornes activées. 

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h.b.b. L'analyse des données rétroactives des appareils téléphoniques d'O______, 
démontre que celle-ci passait la majorité des week-ends, de fin février à mi-juin 2011, 
chez I______, en Suisse-allemande. Lorsqu'O______ était à Genève et I______ à 
______(Zurich), ils avaient de nombreux échanges téléphoniques au moyen de leurs 
différents numéros, même si la majorité des appels à O______ étaient effectués sur son 
numéro "secret". I______ et O______ ne se contactaient en général pas au-delà de 
minuit. 

Les échanges téléphoniques entre le numéro d'A______ et I______ débutaient en 
général en début d'après-midi et se terminaient en milieu de soirée. 

h.b.c. Plusieurs messages SMS ont été découverts et traduits, en particulier : 

i) U______ a adressé plusieurs messages SMS à O______ après le 18 juin 2011 : 

Le 20 juin 2011 à 23h42, message SMS d'U______ à O______ : "Dors bien, fais de 
bons rêves et bonne nuit". 

Le 23 juin 2011 à 00h38, message SMS d'U______ faisant suite à un échange avec 
O______ : "O______ pas de problème, mais tu dois avoir du courage et m'aider aussi à 
surmonter cette crise nous formons une personne, je ne peux pas (incompréhensible), je 
suis très fatigué". 

Le 28 juin 2011 à 20h13, message SMS d'U______ à O______ : "O______ ma chérie, 
tu me manques beaucoup, je te jure je vais mourir de rage. Moi je t'aime et je n'ai 

personne d'autre que toi, mon seul amour". 

ii) Le 25 juin 2011, A______ (9______) et I______ (12______) ont échangé de 
nombreux messages SMS entre 14h36 et 18h48, dont ceux-ci : 

15h33, I______ : "Ça suffit d'accord ?", 

15h34, A______ : "Tu ne veux pas dire ?", 

15h35, I______ : "Je ne veux rien après, ça suffit, d'accord ?", 

15h38, A______ : "Toi, tu ne veux pas que j'appelle ?", 

16h38, I______ : "Je t'ai dit je m'en occupe ok et ça suffit", 

16h38, A______ : "C'est un secret", 

De 16h42 à 16h53, A______ a envoyé encore plusieurs messages SMS à I______. 

A 17h45, I______ (12______) a appelé O______ (1______), la conversation ayant duré 
plus de quarante minutes. 

18h03, A______ : "Tonton, pardonne-moi, je jure que je ne le referai pas". 

A 18h48, I______ (12______) a appelé O______ (1______) et ceux-ci ont eu une 
conversation de dix-huit minutes. 

Entre 17h48 et 19h16, A______ a adressé vingt-sept messages SMS à I______ 
(12______). Ce dernier en a envoyé sept à la précitée, alors qu'il conversait 
téléphoniquement avec O______. 

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De 19h52 à 22h07, A______ et I______ ont continué à se contacter téléphoniquement 
de manière moins intense. 

Le 26 juin 2011 à 9h04, A______ a écrit encore à I______ "Hier pourquoi tu m'as crié 
dessus ?". 

Le 1er juillet 2011, A______ a adressé deux messages SMS à I______ où elle lui 
demande s'il est content pour son père et lui dit "tu voulais qu'il meurt". 

iii) Le 27 juin 2011 à 10h21, A______ a adressé le message SMS suivant à I______ : 
"Je t'envoie un message pour te dire comment vont maman et papa, ok ?" 

iv) Dès le 30 juin 2011, I______ insistait auprès d'A______ et d'O______ pour parler à 
celle-ci et O______ utilisait un autre numéro, soit le 6______. 

Le 3 juillet 2011, I______ a adressé un message SMS à O______ lui demandant si elle 
l'aimait encore. O______ lui a répondu "Tu es la lumière de mes yeux, je t'aime à la 
folie". 

Le 3 juillet 2011, I______ a envoyé un message SMS à A______ "Dit à maman de 
m'écrire un message, je vais devenir fou". O______ lui a répondu "C'est O______, 
pourquoi tu deviens fou, qu'est-ce que tu as fait". Il ressort des écoutes actives 
qu'O______ semblait vouloir éviter les contacts téléphoniques. 

Le 7 juillet 2011, I______ (numéro d'appel 17______) a adressé un message SMS à 
O______ (numéro d'appel 6______) : "Pourquoi, ils se doutent de quelque chose ?". 

h.c.a. Tous les messages SMS ont été effacés de l'appareil NOKIA 1208 IMEI 2______, 
utilisé la nuit du 29 au 30 juin 2011. Le même constat a été fait s'agissant de l'appareil 
NOKIA, 2220S IMEI 4______, utilisé jusqu'au 3 mars 2011. 

Tous les appels entrants, sortants ou manqués ont été effacés des appareils iPhone 4 
contenant les numéros 12______ et du 17______, jusqu'au 7 juillet 2011 pour le 
premier et jusqu'au 3 juillet 2011 pour le second, alors même que les données 
rétroactives de ces appareils mettent en évidence des échanges de messages SMS entre 
ces deux appareils. Il en va de même s'agissant des données de l'appareil SAMSUNG 
IMEI 18______, contenant la carte SIM numéro d'appel 13______, qui ont été effacées 
jusqu'au 12 juillet 2011. 

h.c.b. i) A teneur de l'expertise du 22 novembre 2012 et de son complément du 
14 mai 2014, des messages SMS supplémentaires à ceux recueillis par la Brigade de 
Criminalité Informatique ont été retrouvés sur les deux téléphones iPhone 4 appartenant 
à I______, IMEI 15______ (numéro d'appel 12______) et 16______ (numéro d'appel 
17______). Des messages SMS émis et reçus ont été extraits de ces appareils, sans qu'il 
ne soit possible de déterminer les dates et heures de ceux-ci ainsi que s'ils avaient été 
émis ou reçus. Dans le téléphone correspondant au numéro d'appel 12______, il a pu 
être déterminé que neuf messages SMS avaient été effacés, dont huit échangés avec le 
téléphone d'A______ (9______) et un avec celui d'O______ (1______), entre les 27 juin 
2011 à 19h52 et 7 juillet 2011 à 13h36. Le téléphone correspondant au numéro d'appel 

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17______ avait été éteint ou mis en veille entre le 29 juin 2011 à 19h35 et le 30 juin 
2011 à 4h54 (heure Greenwich), soit de 21h35 à 6h54 (heure locale). 

ii) Selon la traduction faite par O______, il s'agissait de messages SMS sans 
importance. 

h.c.c. Entendu par le Ministère public, AT______ a confirmé son rapport d'expertise du 
22 novembre 2012. Les messages SMS retrouvés avaient été effacés par l'utilisateur 
dans la mesure où il n'y avait pas d'effacements spontanés ou programmables possibles. 
Le 29 juin 2011 entre 21h39 et 22h42, le numéro d'appel 5______ avait essayé 
d'atteindre à plusieurs reprises le numéro d'appel 17______. L'analyse de l'appareil 
correspondant au numéro d'appel 17______ permettait d'affirmer qu'il avait été éteint 
durant la nuit et pas seulement mis en veille.  

h.d.a. Lors de son audition à la police, I______ a déclaré que l'iPhone 4, correspondant 
au numéro d'appel 17______, était l'appareil qu'il utilisait tous les jours. La nuit du 29 
au 30 juin 2011, il était possible que ce téléphone se soit éteint parce qu'il n'avait plus de 
batterie. I______ a expliqué que quatre ou cinq mois auparavant, il avait perdu la carte 
SIM correspondant au numéro d'appel 1______. Ensuite, il a déclaré qu'avant de repartir 
du foyer le 30 juin 2011, après avoir déposé AR______, il avait aperçu le sac 
d'O______, avait pris la carte SIM qui s'y trouvait et l'avait mâchée car il souhaitait la 
faire disparaître. Enfin, I______ a déclaré qu'en se rendant dans la chambre, il avait vu 
le sac d'O______, pris son portefeuille pour y glisser de l'argent et, étant donné que la 
carte SIM était sortie lorsqu'il avait ouvert le portefeuille, il l'avait mise machinalement 
dans sa bouche, le temps de glisser les billets à l'intérieur de celui-ci. La carte s'était 
cassée et abîmée sous la pression de ses dents. Le 12 juillet 2011, il avait oublié 
l'iPhone, qu'il utilisait régulièrement depuis deux mois et qui contenait la carte SIM dont 
le numéro d'appel était 12______, au Foyer F______ où logeaient O______ et ses 
enfants. I______ a ensuite précisé qu'il avait acheté ce téléphone pour l'offrir à O______ 
à l'occasion de son anniversaire. La précitée l'avait utilisé une quinzaine de jours et 
l'avait laissé à ______(Zurich) lorsqu'U______ avait découvert leur relation. Il avait 
acheté et donné quatre ou cinq cartes SUNRISE Prepaids à U______ afin de lui rendre 
service. 

h.d.b. Entendue à la police et par le Ministère public, O______ a déclaré que le 
téléphone portable SAMSUNG correspondant au numéro d'appel 9______, appartenait 
à A______. Cette dernière l'utilisait tous les jours depuis neuf mois.              Elle ne s'en 
était elle-même jamais servie. Le téléphone portable NOKIA 2200S, contenant une 
carte SIM dont le numéro d'appel est le 3______ appartenait à E______ et ne 
fonctionnait pas. L'appareil NOKIA 1208 appartenait également à E______ mais il était 
cassé. Elle n'avait jamais utilisé l'un ou l'autre des appareils d'E______ et n'y avait 
jamais inséré de carte SIM lui appartenant. Le téléphone portable iPhone 4 IMEI 
15______ dont le numéro d'appel est le 12______ lui avait été remis par I______ après 
le décès d'U______ afin qu'elle et ses enfants aient accès à internet. Le téléphone 
portable NOKIA, correspondant au numéro d'appel 6______ appartenait à U______ 
mais elle l'utilisait depuis le décès de celui-ci. Le téléphone portable LG, contenant la 

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carte SIM numéro d'appel 11______, était son appareil personnel. Elle en était l'unique 
utilisatrice depuis environ six mois. I______ lui avait acheté cette carte. 

Le numéro de téléphone 1______, lui servait à communiquer avec I______ à l'insu 
d'U______. Elle avait égaré la carte SIM qu'elle utilisait habituellement pour joindre 
I______ afin que son époux ne puisse pas prendre connaissance de ces échanges 
téléphoniques. I______ lui avait donné cette carte SIM en juillet 2010 et elle ne le 
contactait qu'au moyen de ce numéro de téléphone. Plus tard, I______ lui avait acheté 
un iPhone avec un abonnement, appareil qu'il avait repris le 18 juin 2011. S'il lui arrivait 
d'utiliser également le numéro de téléphone 11______ pour appeler I______, elle 
effaçait tout de suite les données. Il n'y avait aucune raison au fait qu'I______ l'appelle 
parfois sur son numéro 11______ plutôt que sur le 1______. Il arrivait que, lorsqu'elle 
n'avait plus de crédit sur son numéro 11______, elle utilise le numéro 1______ pour 
appeler U______ mais en masquant le numéro. 

La nuit du 29 au 30 juin 2011, elle s'était endormie vers minuit et avait conservé son 
téléphone auprès d'elle. Lorsqu'elle s'était réveillée à 5h00, elle avait retiré la carte SIM 
et l'avait déposée dans une petite poche située dans son sac à main, fermée par une 
fermeture à crémaillère. Il s'agissait de son sac à main habituel, qu'elle portait 
notamment lors de son interpellation. Elle avait également placé le téléphone dans le 
tiroir d'un meuble de télévision, en y insérant la carte d'E______. 

Autres éléments du dossier 

i.a. Un pistolet d'alarme a été retrouvé lors de la perquisition effectuée le 12 juillet 2011 
au garage d'I______ sis à ______(Zurich). Des photos prises dans l'appartement 
d'I______ le 7 novembre 2010, à ______(Zurich), représentant O______ et I______ 
s'amusant avec une arme, ont été versées à la procédure. Il ressort des déclarations des 
parties qu'il s'agissait de l'arme d'alarme détenue par I______. 

i.b. Le 29 juin 2011, I______ a immatriculé, à son nom, le véhicule BMW de 
AQ______ à ______(Zurich). 

i.c. L'alliance transmise par O______ comporte la mention "23/8/2010" gravée à 
l'intérieur. 

i.d. Lors de la reconstitution du 29 mai 2013, il a été relevé qu'un véhicule démarrant de 
l'endroit où U______ avait été déposé mettait entre dix et trente secondes, en fonction 
de la vitesse, pour parvenir au giratoire situé entre l'avenue AL______ et le chemin 
J______ et qu'il fallait environ trente secondes à une personne pour marcher du trottoir 
jusqu'à l'entrée principale du foyer. 

i.e. Il ressort du rapport de police du 14 juin 2013 que le foyer comportait six accès 
possibles ainsi que plusieurs sorties de secours que les résidents utilisaient également 
pour pénétrer dans le bâtiment. Le logement de la famille A______, B______, 
C______, E______, O______ et U______ était situé sur le chemin J______, du côté de 
l'entrée principale, qui se trouvait à l'opposé de celle où avait eu lieu l'homicide, cette 
dernière étant située de l'autre côté du bâtiment sur l'avenue AL______. 

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i.f. Entendu par le Ministère public, l'inspecteur AU______ a déclaré qu'il était 
intervenu au foyer lors de la découverte du corps d'U______ et qu'il avait procédé à une 
fouille minutieuse du sac d'O______, le 30 juin 2011, durant la première audition de 
celle-ci. Le but étant de découvrir tout élément en lien avec la téléphonie, le sac 
d'O______ avait alors été entièrement vidé. 

i.g. Entendu par le Ministère public, le AV______ a confirmé son rapport d'autopsie du 
18 octobre 2011 et a précisé que la victime était en mouvement ou courait, s'agissant du 
tir, relatif aux plaies situées sur la cuisse et la jambe gauches de la victime. Les autres 
tirs ne permettaient pas de déterminer la position de la victime, hormis le fait que celle-
ci tournait le dos au tireur, qui se trouvait sur le côté droit de l'entrée, soit en biais par 
rapport à la victime. Il était en revanche possible que cette dernière se soit retournée ce 
qui pouvait expliquer les tirs "d'avant en arrière". La victime ne se trouvait pas dans la 
même position pour les neufs tirs. Pour ce qui était des tirs à distance, à partir de quatre-
vingt centimètres environ, il n'était plus possible de faire la différence entre un tir fait 
d'une distance d'un ou cinquante mètres. 

i.h. Par courriel du 30 juin 2013, AW______ a indiqué au Ministère public qu'il avait 
téléphoné à AI______ et que celui-ci ne pouvait pas se libérer pour témoigner à Genève. 
Ce dernier allait néanmoins envoyer son témoignage par télécopieur avec ses 
coordonnées bangladaises. Par courriel du 5 juillet 2013, adressé à la police, AI______ 
a confirmé les déclarations faites à la police. 

i.i. Une procédure pénale a été ouverte à l'encontre de K______ et d'Y______ pour 
meurtre, assassinat et omission de prêter secours. 

Expertises psychiatriques 

j.a. Il ressort de l'expertise du 30 août 2012 qu'I______ ne souffrait d'aucune diminution 
de sa responsabilité et ne présentait aucun trouble mental au moment des faits. Il 
possédait pleinement la capacité d'apprécier le caractère illicite de son acte et la faculté 
de se déterminer d'après cette appréciation. 

j.b. Entendu le 8 mai 2013 par le Ministère public, AX______ a confirmé son rapport 
du 30 août 2012 et a précisé que la relation passionnelle entre I______ et O______ était 
empreinte d'idéalisme et de naïveté. I______ savait que l'acte commis était très grave et 
qu'il devrait en assumer les conséquences. Il avait agi pour protéger O______ et ses 
enfants. Il n'éprouvait aucune empathie pour la victime, car U______ était un homme, 
mauvais, violent, manipulateur et capable d'actes horribles, comme le fait de vendre son 
épouse. I______ se considérait comme un sauveur. 

k.a. A teneur de l'expertise du 8 mai 2013, O______ ne souffrait d'aucun trouble mental 
au moment des faits et sa responsabilité pénale était pleine et entière. La violence 
verbale et physique dont elle avait fait l'objet de la part de son époux avaient été des 
sujets d'entretiens réguliers avec son thérapeute. En 2010, O______ avait fait face à de 
multiples excès de violence de son époux à son égard. 

k.b. Entendue le 13 juin 2013 par le Ministère public, AY______ a confirmé son 
rapport du 8 mai 2013. O______ n'avait pas la même définition de la violence qu'une 

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femme occidentale, de sorte que les gifles et les coups n'en faisaient pas partie. Il lui 
était difficile de parler d'U______ après son décès en raison de préceptes religieux 
qu'elle respectait à la lettre. Selon l'expertisée, elle était soumise à son mari et ce n'était 
pas pour obtenir l'appartement convoité qu'elle avait été plus conciliante avec lui. La 
présence d'U______ était bénéfique aux enfants, mais I______ était l'homme de sa vie, 
il était attentionné et extrêmement proche de ses enfants, ce qui avait une grande 
importance pour elle. Il prenait toujours sa défense lorsqu'elle lui rapportait les griefs 
qu'elle avait contre d'U______. Elle avait d'ailleurs l'intention de vivre avec I______. 

C. Le Tribunal a procédé à l'audition des prévenus et de trois témoins. 

a. I______ a déclaré qu'il contestait avoir décidé avec O______ de tuer U______. Cette 
dernière ne lui avait donné aucune information concernant l'heure de sortie du travail 
d'U______ ni s'agissant de la porte par laquelle celui-ci entrait habituellement. 

Il avait en effet discuté d'arme avec AA______ et AB______, mais il s'agissait d'une 
plaisanterie, et peut-être aussi avec K______, dans un moment de colère en raison des 
violences d'U______, mais il ne s'agissait pas non plus d'une discussion sérieuse. Il 
savait que, ce soir-là, l'un des deux tuerait l'autre, si U______ n'acceptait pas de laisser 
O______ et ses enfants tranquilles. 

Depuis le 18 juin 2011, il avait réellement et constamment eu peur pour O______, qui 
lui confiait qu'U______ insistait quotidiennement pour avoir des relations sexuelles, la 
frappait parce qu'elle s'y refusait et l'implorait d'oublier leurs problèmes et d'accepter de 
vivre à nouveau avec lui. A______ lui avait téléphoné plusieurs fois car elle ne 
supportait plus la violence de son père. Cette dernière avait d'ailleurs fugué une fois et il 
lui avait dit de rentrer chez elle. Il lui semblait d'ailleurs que le message SMS du 25 juin 
2011 à 18h03 ("Tonton, pardonne-moi, je jure que je ne le referai pas") faisait suite à 
cette fugue. 

Il avait tenté de convaincre O______ de déposer à nouveau plainte après le 18 juin 2011 
mais celle-ci craignait que le service social ne lui attribue dès lors pas son logement. 

La fausse couche d'O______ avait été l'élément déclencheur de sa décision de 
rencontrer U______ et c'était par hasard, mais aussi pour la sécurité d'O______ et des 
enfants, et afin de pouvoir discuter d'homme à homme, qu'il avait décidé de le faire 
durant la nuit. Il avait renoncé à en parler par téléphone à U______ parce qu'il craignait 
qu'O______ en subisse les conséquences. 

La nuit des faits, il n'était pas resté embusqué dans les buissons. La conversation avec 
U______ avait duré au maximum trente secondes entre le moment où il était sorti du 
taxi et les premiers tirs. U______ avait alors eu confirmation de ce qu'il cherchait à 
savoir. S'il n'avait pas poursuivi U______ dans le bâtiment plutôt que de tirer, c'était 
pour éviter de faire de scandale devant les enfants, mais il savait en effet qu'U______ ne 
pouvait pas entrer dans la chambre sans qu'O______ ne lui ouvre la porte. C'était au 
moment où U______ s'était mis à courir en criant "je vais tuer O______", qu'il avait 
décidé de le tuer. 

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S'agissant de sa relation avec O______, il l'avait immédiatement aimée passionnément 
et lorsqu'il l'avait épousée, il lui avait promis de la protéger, d'assurer son entretien et 
celui de ses enfants. Alors qu'il organisait l'enterrement d'U______, il culpabilisait et 
essayait de tout faire pour atténuer ce sentiment. Il avait pu faire preuve de patience car 
il savait avoir agi pour protéger O______ et ses enfants. Il regrettait de ne pas être 
parvenu à leur avouer ce qu'il avait fait et avait l'intention de se livrer à la police le 
lendemain de son arrestation.  

A sa sortie de prison, il souhaitait pouvoir travailler et ouvrir une entreprise, afin de 
subvenir aux besoins de sa fille et des enfants d'O______. Il souhaitait vivre à Zurich 
avec N______. O______ était son épouse devant Dieu et il ne renoncerait ni à elle ni à 
ses enfants. Il avait entrepris un suivi psychothérapeutique à Champ-Dollon, en raison 
d'une fatigue psychique, ayant réfléchi à l'erreur commise. Il regrettait et culpabiliserait 
toute sa vie. 

b. O______ a contesté les faits reprochés. Elle n'avait pas parlé de sa relation avec 
I______ lors de sa première audition dans la mesure où elle n'avait pas été expressément 
interrogée à ce sujet et qu'elle ne pouvait pas en parler alors que son époux venait de 
décéder. 

Le soir du 18 juin 2011, après qu'il avait découvert les messages SMS, U______ lui 
avait demandé d'entretenir une relation sexuelle, avait déchiré son chemisier, mais s'était 
arrêté quand elle avait crié. Après le 18 juin 2011, elle avait eu peur de retourner voir 
I______ et attendait que les choses se calment, mais elle ne lui en avait pas parlé. 

Entre les 19 et 29 juin 2011, questionnée par I______ au sujet des violences dénoncées 
par A______, elle les avait admises, mais elle n'en parlait pas spontanément pour éviter 
de le blesser. I______ avait peur pour elle et l'avait invitée à déposer plainte. Elle avait 
tenté de le rassurer et avait refusé d'agir car elle ne souhaitait pas qu'U______ retourne 
en prison. Elle ne se souvenait plus si U______ avait été violent physiquement les 28 ou 
29 juin 2011. 

Il n'y avait pas de lien entre les conversations avec I______ et les appels à U______ la 
nuit du 29 au 30 juin 2011. Elle ne se souvenait pas du motif de son appel à U______ à 
23h26. 

Elle avait appris le décès d'U______ alors qu'elle se trouvait au poste de police, le 30 
juin 2011. Ce jour-là, elle avait son sac en permanence avec elle. Elle n'avait su que 
l'auteur du meurtre était I______ que lors de son interpellation du 12 juillet 2011. Après 
les faits, elle avait eu peu de contacts téléphoniques avec I______ car elle était très 
affectée par le décès d'U______ et ne souhaitait parler à personne. 

Avant les faits, elle avait prévu de continuer à vivre avec U______ mais chacun de son 
côté et elle n'avait pas l'intention, malgré le désir de celui-ci, de reprendre une vie de 
couple. Elle ne pensait alors pas à l'avenir, n'envisageait pas encore la suite de sa 
relation avec I______, attendant que les choses se calment. 

S'agissant du futur, elle souhaitait construire en Suisse romande un avenir pour elle et 
ses enfants – qui représentaient tout pour elle – mais elle n'incluait pas I______ dans ses 

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projets. Il ne représentait plus rien pour elle, il lui avait brisé le cœur. Ses sentiments 
étaient morts. 

c. AW______ a déclaré que le 30 juin 2011, O______ était restée en permanence sous 
la surveillance d'un policier au foyer étant donné qu'elle avait tenté de sortir pour 
retrouver son époux. Aux alentours de 7h30, la famille A______, B______, C______, 
E______, O______ et U______ avait été conduite au poste de police. Les enfants 
A______, B______, C______ et E______ avaient été emmenés au Foyer Z______ dans 
la matinée, avant l’annonce du décès à O______ et avant l'audition de celle-ci. Il était au 
bureau lorsque l’inspecteur AU______ avait fouillé le sac d'O______ le matin du 30 
juin 2011. O______ n’était pas présente car elle se trouvait en salle d’audition. Ce 
matin-là, ils avaient également procédé à la perquisition du logement de la famille 
A______, B______, C______, E______, O______ et U______. 

Il n'avait pas eu d’autres échanges de courriels avec le témoin AI______ que ceux qui 
figuraient à la procédure. Il avait parlé à ce dernier par téléphone une ou deux fois pour 
le persuader de venir sur requête du Ministère public et obtenir ses coordonnées. Le 
témoin AI______ lui avait spontanément adressé le courriel figurant à la procédure alors 
que cela n'était pas nécessaire dans la mesure où ses déclarations étaient complètes. 

Le taxi mentionné par le témoin AK______ n'était pas passé deux fois devant la 
BA______ la nuit du 29 au 30 juin 2011, car l'examen de l'ensemble des images de 
vidéosurveillance montrait qu'aucun véhicule n'avait fait demi-tour.  

Le foyer possédait une dizaine d'entrées en comptant les sorties de secours que certains 
résidents empruntaient pour entrer et sortir du bâtiment. 

d. AK______ a déclaré se souvenir de ses déclarations du 30 juin 2011. Il avait 
emprunté la porte d'entrée pour accéder à sa chambre. Il était possible qu'il soit entré par 
une autre porte plus proche de sa chambre et qui était en réalité une sortie de secours. 
Lorsqu'il avait entendu les coups de feu, il avait regardé par la fenêtre et avait vu un 
individu courir vers la gauche, à côté d'un buisson, mais il faisait sombre et il n'avait pas 
pu voir où celui-ci s'était rendu. Il avait aperçu un véhicule démarrer de l’endroit à partir 
duquel il avait perdu de vue la personne qui courait, remarqué un taxi et vu passer un 
véhicule de droite à gauche, après les coups de feu. Il ne se souvenait pas avoir indiqué 
à la police qu'il avait entendu une seconde série de coups de feu. 

e. AZ______ a déclaré qu'il avait rendu visite en prison à son frère, I______, lequel 
regrettait ce qui s’était passé, était désormais plus calme et parlait beaucoup de sa fille 
qui lui manquait. La famille au Liban avait été inquiétée suite aux faits. 

D. a.a. I______, originaire du Liban et de Colombie, est né le ______ 1977 en Colombie. 
Il a vécu au Liban où il a suivi l'école jusqu'à 14 ans et effectué un apprentissage de 
ferrailleur, travaillant dans ce domaine jusqu'en 1996. Il a séjourné une année en Suisse 
avant faire son service militaire au Liban. En 1998, il s'est installé en Suisse, a obtenu 
un titre de séjour en 2001 et a travaillé à son compte dans un garage dès 2003. Marié 
une première fois en 2001, puis une deuxième fois en 2007, il est père d'une fille, née en 
2009. A Champ-Dollon, il travaille à l'atelier de reliure depuis avril 2012. 

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a.b. A teneur de l'extrait du casier judiciaire suisse, I______ a été condamné à quatre 
reprises depuis le 5 février 2002 : 

- le 5 février 2002, par Beziksgericht de Zurich à une peine d'emprisonnement de 
20 jours avec sursis et délai d'épreuve de deux ans pour lésions corporelles simples; 

- le 20 février 2003, par le Beziksgericht de ______(Zurich) à une peine 
d'emprisonnement de 5 mois avec sursis et délai d'épreuve de 4 ans pour mise en 
circulation de fausse monnaie et tentative de mise en circulation de fausse monnaie; 

- le 20 mars 2006, par le Ministère public de ______(Zurich) à un emprisonnement de 
14 jours avec sursis et délai d'épreuve de 5 ans pour usage abusif de permis ou de 
plaques de contrôle; 

- le 2 mars 2007, par le Ministère public de ______(Zurich) à une peine pécuniaire de 
30 jours-amende, à CHF 80.- le jour-amende pour délit contre la loi fédérale sur les 
armes. 

b. O______ est née le ______ 1981 à ______, en Irak, pays dont elle est originaire. Elle 
a suivi l'école obligatoire jusqu'à 14 ans et s'est mariée en septembre 1997 avec 
U______, qui était son cousin germain du côté paternel. Elle a quatre enfants, nés en 
1998, 2000, 2003 et 2005. Elle est arrivée en Suisse en février 2008 avec son époux et 
ses enfants en qualité de requérante d'asile. Elle reste dans l'attente d'une décision 
s'agissant de sa demande d'asile. 

Elle ne travaille pas et a entamé une formation de coiffeuse en septembre 2012, 
couronnée d'un diplôme. Elle a suivi un stage de coiffure en janvier 2015. 

EN DROIT 

1. 1.1.1. A teneur de l'art. 111 CP, celui qui aura intentionnellement tué une personne sera 
puni d'une peine privative de liberté de cinq ans au moins, en tant que les conditions 
prévues aux articles 112 et suivants ne sont pas réalisées. 

1.1.2. Selon l'art. 112 CP, si le délinquant a tué avec une absence particulière de 
scrupules, notamment si son mobile, son but ou sa façon d'agir est particulièrement 
odieux, il sera puni d'une peine privative de liberté à vie ou d'une peine privative de 
liberté de dix an