# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 61328edc-d062-53dd-9d34-83c78fc35540
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-07-31
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Strafkammer 31.07.2015 502 2015 112
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_005_502-2015-112_2015-07-31.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

502 2015 112

Arrêt du 31 juillet 2015

Chambre pénale

Composition Président: Roland Henninger
Juges: Hubert Bugnon, Jérôme Delabays
Greffière: Sandra Mantelli

Parties A.________, prévenu et requérant, représenté par Me Christophe 
Claude Maillard, avocat 

contre

MINISTERE PUBLIC, intimé 

 

Objet Récusation (art. 56 ss CPP)

Demande de récusation de l’expert B.________ du 26 mai 2015

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considérant en fait

A. A.________ était administrateur, respectivement associé gérant des sociétés C.________ 
SA et D.________ Sàrl, à ce jour radiées. Elles avaient pour but l’exploitation d’une entreprise 
générale ainsi que la vente, la promotion et la réalisation dans le domaine du bâtiment et de 
l’immobilier en général. A.________ est également associé gérant de E.________ Sàrl qui réalise 
des expertises immobilières et du courtage immobilier, et qui exploite un bureau technique et une 
entreprise générale de construction.

B. Le 20 juin 2012, F.________ et G.________ ont déposé une dénonciation pénale pour 
tentative et instigation d’escroquerie à l’encontre de A.________, en sa qualité d’administrateur de 
C.________ SA, société avec laquelle ils ont conclu un contrat relatif à la conception et la 
réalisation d’une habitation familiale (DO 2'000). En substance, ils lui reprochent d’avoir empoché 
frauduleusement les rabais accordés par les maîtres d’état aux maîtres d’ouvrage en occultant sur 
leurs devis les rabais accordés, d’avoir rémunéré un employé au noir, et d’avoir poursuivi un 
mandat résilié par ses clients en sous-traitance (DO 4'440 ss).

Le 2 octobre 2012, H.________ et I.________, qui avait conclu avec la société D.________ Sàrl 
un contrat d’entreprise générale portant sur la conception et la réalisation d’une habitation 
familiale, ont également déposé plainte pénale pour escroquerie à l’encontre de A.________ (DO 
2'037). Ils ont en outre introduit une action civile en date du 2 avril 2013 (DO 2'201). Ils soutiennent 
que A.________ leur aurait volontairement fait miroiter l’installation d’un type de tuiles (Joran), qui 
devaient être incluses dans le forfait, alors que cela n’était techniquement pas possible, et que 
seules des tuiles moins esthétiques et moins onéreuses (Econorobs), étaient adaptées à la pente 
du toit. Ils prétendent également que A.________ leur aurait facturé des prestations qui auraient 
dû être incluses dans le forfait d’entreprise générale et qu’il aurait poussé une autre entreprise à 
solliciter une hypothèque légale pour une facture qui devait être incluse dans le forfait. Par ailleurs, 
certaines malfaçons diminueraient la valeur de la villa (DO 4’401 ss).

Dans le cadre du même litige, les époux H.________ et I.________ avaient déjà saisi le Président 
du Tribunal civil de l’arrondissement de la Sarine le 15 octobre 2010 d’une requête de preuve à 
futur (DO 20'006 ss). Dans ce contexte, B.________, architecte ETS, avait été mandaté par le 
Président du Tribunal pour expertiser l’immeuble du couple H.________ et I.________ en vue 
d’établir en particulier des problèmes liés à la construction de la toiture ainsi que d’autres défauts 
signalés (DO 2'104 ss). Le 30 mai 2011, B.________ a livré au Tribunal son rapport, puis un 
complément le 16 décembre 2011 (DO 2'106 ss). Le 8 mars 2013, une demande en paiement a 
été introduite par les époux H.________ et I.________, ensuite de l’échec de la tentative de 
conciliation. La procédure civile est actuellement toujours pendante.

Le 7 août 2012, le Ministère public a ordonné l’ouverture d’une instruction pénale pour escroquerie 
et éventuellement abus de confiance à l’encontre de A.________ (DO 5'000).

Par mémoire du 24 juin 2013, J.________ et K.________, qui avaient passé un contrat avec la 
société E.________ Sàrl relatif à la rénovation d’une maison, ont également déposé une plainte 
pénale à l’encontre de A.________ pour violation de la loi sur la concurrence déloyale (DO 2’262 
ss). Selon eux, A.________ se serait abusivement prévalu du titre d’architecte alors qu’il n’aurait 
pas été au bénéfice d’un tel diplôme (DO 4'403 ss).

Le 9 juillet 2013, le Ministère public a ordonné l’extension de l’instruction pénale ouverte à 
l’encontre de A.________ à l’infraction de violation de la loi sur la concurrence déloyale (DO 

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5'014). Le 22 avril 2014, H.________ et I.________ ont requis l’audition de B.________ en qualité 
de témoin dans le cadre de la procédure pénale (DO 9'174).

C. Par courrier du 1er avril 2015, le Ministère public a transmis aux avocats du prévenu et des 
époux, H.________ et I.________ et J.________ et K.________ un courrier intitulé "Point de la 
situation et questions pour l’expert" (DO 9'346 ss). Il est revenu sur les reproches formulés par les 
plaignants et a expliqué pourquoi, à son avis, ils semblaient infondés de sorte qu’il renonçait à 
investiguer plus avant. En revanche, le Ministère public a noté que l’enquête avait révélé que 
A.________ avait perçu des rétrocessions de 6 % du chiffre d’affaires de certains maîtres d’état 
(L.________ SA et M.________ SA), soit pour plus de CHF 16'000.- au total, au détriment des 
intérêts de maîtres d’ouvrage qui ne se sont pas constitués parties plaignantes jusqu’alors 
(N.________, O.________, P.________, Q.________, R.________, S.________, T.________, 
U.________). Le prévenu s’est justifié en indiquant qu’il s’agissait de participations au chiffre 
d’affaires de sociétés avec lesquelles il travaillait régulièrement et que les maîtres d’ouvrage 
n’étaient en aucun cas lésés puisqu’ils bénéficiaient de prix nettement inférieurs à ceux du marché. 
Le Ministère public a toutefois considéré que ces faits nécessitaient des investigations 
complémentaires et a informé les parties qu’il entendait nommer B.________, non pas en qualité 
de témoin comme requis par les époux H.________ et I.________, mais en qualité d’expert, afin 
qu’il se prononce sur la véracité des allégations du prévenu s’agissant de la question des 
rétrocessions.

D. En date du 8 mai 2015, A.________ a fait savoir au Ministère public qu’il s’opposait à la 
désignation de B.________ en qualité d’expert, ce dernier devant être récusé. En effet, d’une part, 
il a réalisé une expertise dans l’affaire civile qui l’oppose aux époux H.________ et I.________, et, 
d’autre part, ces époux ont demandé à ce qu’il soit entendu comme témoin dans la procédure 
pénale. Il a en outre formulé des questions complémentaires à celles du Ministère public à 
soumettre à l’expert (DO 9'355 ss).

E. Le 13 mai 2015, le Ministère public a rejeté la requête de récusation de A.________. Il a 
confirmé vouloir nommer B.________ en qualité d’expert dans la mesure où il n’est pas encore 
intervenu dans la procédure pénale et que le Ministère public a renoncé à l’entendre comme 
témoin. Le Ministère public a en outre maintenu le questionnaire à soumettre à l’expert tel qu’il 
l’avait initialement prévu (DO 4'415 ss).

F. Par mémoire du 26 mai 2015, A.________ a interjeté recours contre cette décision concluant 
à son annulation et au renvoi de la cause au Ministère public pour nomination d’un nouvel expert. 
Il a en outre conclu à la mise à la charge de l’Etat des frais de la procédure ainsi que des dépens à 
hauteur de CHF 1'200.-, TVA en sus. Le 2 juin 2015, le Ministère public a conclu au rejet du 
recours, frais et dépens à la charge du recourant.

en droit

1. a) aa) Aux termes de l’art. 393 al. 1 let. a CPP (Code de procédure pénale suisse du 
5 octobre 2007; RS 312.0), le recours est recevable contre les décisions et actes de procédure du 
ministère public. Une décision par laquelle le ministère public établit un mandat d’expertise 
désignant l’expert et définissant les questions précises qu’il lui donne mandat d’examiner (art. 184 
al. 2 let. a et c CPP) est ainsi susceptible de recours selon les art. 393 ss CPP (VUILLE, 
in Commentaire romand, Code de procédure pénale suisse, Bâle 2011, art. 184 CPP n. 17; HEER, 

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in Basler Kommentar, Schweizerische Strafprozessordnung, Jugendstrafprozessordnung, 2e éd., 
Bâle 2014, art. 184 CPP n. 38). Ce recours s’exerce auprès de l’autorité de recours (art. 20 al. 1 
let. b CPP), qui, dans le canton de Fribourg, est la Chambre pénale du Tribunal cantonal (art. 64 
let. c et 85 al. 1 LJ (loi du 31 mai 2010 sur la justice ; RSF 130.1). Le recours doit être adressé par 
écrit, dans un délai de dix jours dès la notification de la décision attaquée (art. 384 let. b CPP), à 
l’autorité de recours (art. 396 al. 1 CPP).

Si les parties peuvent ainsi recourir contre un mandat d’expertise (art. 184 CPP) pour critiquer le 
choix de l’expert, en faisant valoir notamment qu’il ne possède pas les qualifications requises pour 
le type d’expertise dont il s’agit, ce n’est en revanche pas par cette voie qu’elles doivent faire valoir 
des motifs de récusation à l’encontre de l’expert désigné, mais bien par la voie de la procédure 
prévue par les art. 56 ss CPP (arrêt TF 1B_243/2012 du 9 mai 2012 consid. 1.2; JT 2012 III 245; 
arrêt TF 1B_488/2011 du 2 décembre 2011 consid. 1.1). Dès qu’une partie a connaissance d’un 
motif de récusation (art. 183 al. 3 et 56 CPP), elle doit le communiquer à l’autorité sans délai (art. 
58 al. 1 CPP), et non pas seulement au moment du dépôt de l’expertise, une fois constaté que ses 
conclusions lui sont défavorables (CR CPP-VUILLE, 2011, art. 183 CPP n. 28). La personne 
concernée prend position sur la demande (art. 58 al. 2 CPP). Le Code de procédure pénale suisse 
ne désigne pas l'autorité compétente pour statuer sur une demande de récusation visant un 
expert. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral – qui relève que l'art. 183 al. 3 CPP prévoit 
uniquement que les motifs de récusation énoncés à l'art. 56 CPP sont applicables aux experts, 
sans renvoyer expressément à l'art. 59 CPP relatif à la décision sur récusation –, cette lacune peut 
être comblée en appliquant par analogie l'art. 59 al. 1 let. b CPP, qui prévoit que l'autorité de 
recours est compétente lorsque le ministère public, les autorités pénales compétentes en matière 
de contraventions et les tribunaux de première instance sont concernés. Ainsi, lorsqu’un motif de 
récusation est invoqué à l’encontre d’un expert désigné par le ministère public, par l'autorité pénale 
compétente en matière de contraventions ou par la direction de la procédure du tribunal de 
première instance, c’est, dans le canton de Fribourg, la Chambre pénale du Tribunal cantonal qui, 
en tant qu'autorité de recours (art. 64 let. c et 85 al. 1 CPP), est compétente pour statuer 
définitivement sur la demande de récusation de l'expert (arrêt TF 1B_488/2011 du 2 décembre 
2011 consid. 1.1; arrêt TF 1B_243/2012 du 9 mai 2012 consid. 1.2).

bb) En l'espèce, A.________ conteste la désignation de l’expert B.________ en faisant 
valoir un motif de récusation au sens de l'art. 56 let. b CPP; il ne critique en revanche ni ses 
qualifications ni le contenu des questions qui lui sont posées. Dans ces circonstances, le Ministère 
public n’était pas compétent pour statuer sur la requête de récusation de l’expert et aurait dû la 
transmettre à la Chambre pénale comme objet de sa compétence. Partant, l'acte de recours 
introduit constitue en réalité une demande de récusation, laquelle, déposée auprès de l'autorité 
compétente aussitôt que le Ministère public a fait savoir qu’il maintenait son intention de nommer 
B.________ en qualité d’expert (en l’espèce dans les 10 jours ouvrables [art. 90 al. 2 CPP et art. 
121 al. 1 et 2 LJ]), est recevable.

b) La partie instante doit motiver et rendre vraisemblable les faits et circonstances justifiant 
sa demande. L’art. 58 al. 1 in fine CPP précise que la demande doit être fondée sur des faits 
plausibles, ce qui exclut la critique ou de simples soupçons (PC-CPP, MOREILLON/PAREIN-
REYMOND, 2013, art. 58 n. 6).

Le requérant allègue les raisons pour lesquelles il considère que l’expert doit être récusé en citant 
des éléments concrets; la requête est dès lors recevable en la forme.

c) La qualité pour demander la récusation d’un expert appartient aux parties (art. 58 CPP). 
Le requérant, en tant que prévenu, dispose de la qualité de partie (art. 104 al. 1 let. a CPP). 

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2. Le Ministère public refuse de récuser B.________ du mandat d’expert qu’il lui a confié dans 
le cadre de la procédure pénale. Il soutient que l’art. 56 let. b CPP ne s’oppose pas à ce qu’il soit 
désigné en qualité d’expert, malgré le fait qu’il soit déjà intervenu à ce titre dans le cadre de la 
procédure civile impliquant les époux H.________ et I.________ à A.________. En effet, 
B.________ n’est pas encore intervenu dans la procédure pénale et le fait qu’il ait pris 
connaissance de certains faits connexes dans le cadre de son premier mandat ne l’empêche pas 
d’exercer son deuxième mandat avec l’indépendance nécessaire dans la mesure où il devra 
intervenir dans la même fonction que lors de son premier mandat, ce qui ne serait pas le cas s’il 
devait intervenir ultérieurement dans une autre fonction, par exemple, comme témoin. Or, le 
Ministère public relève qu’il a définitivement renoncé à entendre B.________ comme témoin et que 
même si les époux H.________ et I.________ devaient réitérés leur requête, il serait entendu en 
qualité d’expert et non de témoin compte tenu de son intervention préalable en qualité d’expert. 
Par ailleurs, le mandat contesté est restreint aux questions qui restent en suspens, questions qui 
ne touchent pas directement les époux H.________ et I.________. En outre, le requérant 
n’apporte aucun élément de nature à faire naître un doute sur l’impartialité de l’expert choisi au 
sens de l’art. 56 let. f CPP. Partant, le Ministère public considère qu’il n’existe pas de motifs de 
récusation (cf. décision du MP du 13.05.2015 et détermination du MP du 2.06.2015).

3. a) Le requérant se limite à contester le refus du Ministère public de récuser l’expert 
B.________, sans cependant revenir sur le choix des questions à lui soumettre opéré par le 
Ministère public. Il relève que l’expert désigné est déjà intervenu à ce titre dans le procès civil 
opposant les mêmes parties mais surtout que l’une des parties plaignantes a requis son 
témoignage dans le cadre de la procédure pénale si bien que même si cette réquisition de preuve 
a été rejetée par le Ministère public, elle pourrait être reformulée par la partie plaignante déboutée, 
après la clôture de la procédure préliminaire. Ainsi, il n’est pas possible de faire abstraction de la 
potentielle qualité de témoin de B.________ qui fait obstacle à son intervention en tant qu’expert 
dans la procédure préliminaire, celle-ci devant prévaloir sur celle d’expert. Partant, il convient de 
nommer un autre professionnel indépendant pour officier en tant qu’expert dans le cadre de la 
procédure pénale (cf. recours, p. 6 ss). 

b) aa) L'art. 56 CPP – applicable aux experts par renvoi de l'art. 183 al. 3 CPP – énumère 
divers motifs de récusation aux let. a à e, la let. f imposant la récusation "lorsque d'autres motifs, 
notamment un rapport d'amitié étroit ou d'inimitié avec une partie ou son conseil, sont de nature à 
le rendre suspect de prévention". L'art. 56 let. b CPP prévoit que toute personne exerçant une 
fonction au sein d'une autorité pénale est tenue de se récuser lorsqu'elle a agi à un autre titre dans 
la même cause, en particulier comme membre d'une autorité, conseil juridique d'une partie, expert 
ou témoin. Les règles sur la récusation valent par analogie pour les experts (art. 183 al. 3 CPP). La 
notion de « même cause » visée à l'art. 56 let. b CPP s'entend de manière formelle (CR CPP-
VERNIORY, 2011, art. 56 CPP n. 16), c'est-à-dire comme la procédure ayant conduit à la décision 
attaquée ou devant conduire à celle attendue (arrêt TF 1B_44/2014 du 15 avril 2014 consid. 3.1). 
Elle n'englobe en revanche pas une procédure distincte ou préalable se rapportant à la même 
affaire au sens large, soit au même ensemble de faits et de droit concernant les mêmes parties 
(DONZALLAZ, Loi sur le Tribunal fédéral, 2008, art. 34 LTF n. 545; POUDRET, Commentaire de la loi 
fédérale d'organisation judiciaire, vol. 1 1990, art. 22 OJ n. 3.1 et auteurs cités ; arrêt TF 
6B_621/2011 du 19 décembre 2011 consid. 2.3.1). Le fait d’avoir connu d’une autre cause 
concernant la même partie n’entraine normalement pas la récusation de la personne concernée 
(CR CPP-VERNIORY, 2011, art. 56 CPP n. 17). Ainsi, une « même cause » au sens de l'art. 56 let. 
b CPP implique une identité de parties, de procédure et de questions litigieuses (arrêt TF 
1B_44/2014 du 15 avril 2014 consid. 3.1 et les réf. citées). L'art. 56 let. b CPP suppose également 
que la participation antérieure à la même affaire soit intervenue à un autre titre. Connaître de la 

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même cause « à un autre titre » s'entend de l'intervention dans des fonctions différentes, mais 
aussi - en particulier pour les juges - de l'intervention dans la même fonction, mais dans des 
cadres différents (CR CPP-VERNIORY, 2011, art. 56 CPP n. 18). En matière pénale, agit aussi à un 
autre titre celui qui intervient dans la même fonction mais dans des cadres, ou avec des pouvoirs 
différents (CR CPP-VERNIORY, 2011, art. 56 CPP n. 19). Il est essentiel que la personne ait agi 
dans la même procédure, de manière à exercer une influence sur le sort de celle-ci (PC CPP-
MOREILLON/PARREIN-REYMOND, 2013, art. 56 CPP n. 13). Par ailleurs, la garantie du juge impartial 
ne commande pas la récusation d'un juge au simple motif qu'il a, dans une procédure antérieure - 
voire dans la même affaire (arrêt 4A_151/2012 du 4 juin 2012 consid. 2.2) -, tranché en défaveur 
du requérant (arrêt TF 1B_44/2014 du 15 avril 2014 consid. 3.1 et les réf. citées). S’agissant de 
l’expert, il n’y a pas lieu de récuser une personne uniquement car elle a déjà fonctionné comme 
expert devant l’instance précédente ou dans un autre cas impliquant les mêmes personnes, à 
moins qu’il ne soit rendu vraisemblable que la personne désignée serait susceptible d’être 
influencée (PC CPP-MOREILLON/PARREIN-REYMOND, 2013, art. 183 CPP n. 18). En revanche, 
l’expert doit être récusé s’il a antérieurement été expert privé pour l’une des parties (PC CPP-
MOREILLON/PARREIN-REYMOND, 2013, art. 183 CPP n. 16). 

bb) En l’espèce, la première procédure dans laquelle B.________ est intervenu en tant 
qu’expert est une procédure civile de preuve à futur introduite par les époux H.________ et 
I.________ à l’encontre de A.________, qui a conclu avec le couple un contrat d’entreprise 
générale portant sur la conception et la réalisation de leur maison d’habitation. Cette procédure a, 
en substance, pour but d’établir si la toiture du bâtiment a été réalisée conformément au contrat, si 
elle souffre de défauts imputables à l’entrepreneur général, si ce dernier est responsable d’autres 
défauts liés à la construction de l’immeuble signalés par les propriétaires et, cas échéant, quelle 
est la moins-value qui en résulte (DO 2'104 ss et 20’006 ss). B.________ a répondu aux questions 
que lui a soumises le Président du Tribunal civil et lui a livré son rapport d’expertise ainsi qu’un 
complément (DO 2'106 ss). La seconde procédure constitue une procédure pénale ouverte à 
l’encontre de A.________ dans laquelle des faits liés à son activité dans le domaine de la 
construction lui sont reprochés par plusieurs clients qui ont contracté avec lui et qui se sont 
constitués parties plaignantes, notamment les époux H.________ et I.________ qui ont dénoncé 
aux autorités pénales les faits qui font l’objet de la procédure civile afin qu’ils soient examinés sous 
l’angle pénal. Cependant, le mandat qu’entend confier le Ministère public à B.________ ne porte 
pas sur les faits dénoncés par les époux H.________ et I.________, ni d’ailleurs par les autres 
parties plaignantes. En effet, le Ministère public a l’intention de classer ce volet de la procédure. Le 
mandat d’expertise porte sur une toute autre question, soit de savoir si les rabais et les 
rétrocessions perçus par A.________ de la part de certains maîtres d’état dans le cadre d’autres 
chantiers dont les propriétaires ne se sont pas constitués parties plaignantes lèsent les intérêts de 
ces maîtres d’ouvrage, ce que conteste le prévenu; ce volet de la procédure ne touche par 
conséquent aucunement les époux H.________ et I.________ (DO 4'404). Partant, bien qu’une 
partie des faits examinés dans le cadre de la procédure pénale se recoupe avec ceux qui font 
l’objet de la procédure civile et concerne les mêmes parties, l’expertise est requise dans un autre 
pan de la procédure pénale. Il s’agit en réalité d’une procédure pénale distincte. Partant, les 
procédures civile et pénale dans lesquelles B.________ est appelé à intervenir traitent de 
questions différentes, entre d’autres parties et ne forment ainsi pas une même cause au sens de la 
jurisprudence et de la doctrine si bien que la première condition d’application de l’art. 56 let. b CPP 
n’est pas réalisée.

De plus, B.________ intervient dans la procédure pénale au même titre que dans le cadre de son 
premier mandat (art. 56 let. b CPP a contrario), soit en tant qu’expert judiciaire en vue d’établir 
d’autres faits que ceux qui ont fait l’objet de son précédent mandat. Il n’est d’ailleurs pas allégué 

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que B.________ aurait antérieurement été expert privé pour l’une des parties. Contrairement à ce 
que soutient le requérant, la réquisition des époux H.________ et I.________ d’auditionner 
B.________ en qualité de témoin dans le cadre de la procédure pénale qui les concerne, au sujet 
du dimensionnement de la charpente de leur villa, ne justifie pas sa récusation de sa fonction 
d’expert dès lors que le Ministère public a rejeté cette réquisition (DO 4'404). Le fait que les époux 
H.________ et I.________ puissent réitérer leur réquisition de preuve durant la suite de la 
procédure n’empêche pas non plus que le mandat d’expert lui soit confié dès lors que pour l’heure 
il n’est pas intervenu à quelque titre que ce soit dans la procédure pénale. Même si ultérieurement 
le juge du fond décide d’entendre B.________ dans la procédure pénale qui oppose le couple 
H.________ et I.________ au requérant, il est douteux qu’il le soit en tant que témoin, étant donné 
qu’il s’est déjà prononcé en tant qu’expert sur une problématique similaire dans le cadre de la 
procédure civile connexe et que son rapport a été versé au dossier pénal, de sorte que s’il est 
entendu sur les constatations de son rapport d’expertise, il le sera en tant qu’expert (arrêt TF 
6B_294/2012 du 29 septembre 2012 consid. 3.2.2). En effet, sa déposition portera inévitablement 
sur des jugements de valeur ou une interprétation des faits, déclarations propres à l’expert et non 
au témoin qui doit se limiter à rapporter des faits qu’il a constatés sans donner une interprétation 
personnelle (arrêt TF 6B_294/2012 du 29 septembre 2012 consid. 3.2.2; CR CPP-VUILLE, art. 182 
n. 1).

Il s’ensuit que les conditions d’application de l’art. 56 let. b CPP ne sont pas réalisées et que 
B.________ ne peut être récusé pour ce motif. Partant, ce grief est infondé.

c) aa) Certains cas de connaissance préalable du dossier ne sont pas appréhendés par 
l’art. 56 let. b CPP et doivent donc s’examiner à la lumière de la clause générale de la lettre f. On 
se trouve notamment dans un tel cas lorsque des causes ont été disjointes, ou concernent des 
faits connexes ou des participants aux mêmes infractions. Le critère décisif sera alors de savoir si, 
en participant à la première procédure, le membre de l’autorité, expert en l’espèce, aura déjà un 
jugement préformé sur un point essentiel dans la seconde procédure (CR CPP-VERNIORY, art. 56 
n. 34 et 16). 

Selon l'art. 56 let. f CPP, un expert est récusable "lorsque d'autres motifs, notamment un rapport 
d'amitié étroit ou d'inimitié avec une partie ou son conseil, sont de nature à le rendre suspect de 
prévention". La let. f de l'art. 56 CPP a la portée d'une clause générale recouvrant tous les motifs 
de récusation non expressément prévus aux lettres précédentes (ATF 138 IV 142 c. 2.1; TF 
1B_45/2015 précité c. 2.2). L'art. 56 CPP concrétise les droits déduits de l'art. 29 al. 1 Cst. 
garantissant l'équité du procès. Cette disposition assure au justiciable une protection équivalente à 
celle de l'art. 30 al. 1 Cst. s'agissant des exigences d'impartialité et d'indépendance requises d'un 
expert. Les parties à une procédure ont donc le droit d'exiger la récusation d'un expert dont la 
situation ou le comportement sont de nature à faire naître un doute sur son impartialité. Cette 
garantie tend notamment à éviter que des circonstances extérieures à la cause puissent influencer 
une appréciation en faveur ou au détriment d'une partie. Elle n'impose pas la récusation seulement 
lorsqu'une prévention effective est établie, car une disposition interne de l'expert ne peut guère 
être prouvée; il suffit que les circonstances donnent l'apparence de la prévention et fassent 
redouter une activité partiale. Seules des circonstances constatées objectivement doivent être 
prises en considération; les impressions individuelles d'une des parties au procès ne sont pas 
décisives (ATF 140 III 221 c. 4.1; ATF 139 III 433 c. 2.1.1; ATF 138 IV 142 c. 2.1; TF 1B_45/2015 
précité c. 2.2).

bb) Seules des circonstances particulières, objectivement constatées, laissant penser 
que B.________ n’est pas en mesure de mener son mandat en toute objectivité pourraient encore 
justifier sa récusation en application de l’art. 56 let. f CPP. Le requérant n’allègue toutefois rien de 

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tel. Quoi qu’il en soit, rien ne permet de supposer que B.________ puisse avoir une attitude 
partisane ou que son avis serait d'ores et déjà forgé sur la question des rétrocessions perçues par 
le requérant de la part de certains maîtres d’état suite à la réalisation de la première expertise. Son 
appréciation et ses compétences ne sont aucunement remises en cause, ni la manière dont il a 
conduit sa première expertise. En outre, l’objet de la première expertise diverge de celui sur lequel 
il est appelé à se prononcer dans le cadre de la procédure pénale et les faits reprochés au 
prévenu ainsi que les lésés dans le cadre de ces deux procédures ne sont pas les mêmes. Par 
ailleurs, les conclusions plutôt défavorables à l’entrepreneur prises par B.________ dans sa 
première expertise, soit que A.________ avait encore des engagements à honorer envers les 
époux H.________ et I.________ et que les moins-values qui en découlaient se montaient à 
CHF 49'390.- (DO 2'109 verso), ne commandent pas pour autant sa récusation.

d) Partant, la requête de récusation de A.________ doit être rejetée.

4. Vu l’issue de la procédure, les frais doivent être mis à la charge de du requérant (art. 59 al. 4 
CPP). Ils sont fixés à CHF 576.- (émolument: CHF 500.-; débours: CHF 76.-). Il n’est alloué 
aucune indemnité au requérant qui succombe.

(dispositif en page suivante)

Tribunal cantonal TC 
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la Chambre arrête:

I. La requête de récusation est rejetée.

II. Les frais de procédure, fixés à CHF 576.- (émolument : CHF 500.-; débours : CHF 76.-), sont 
mis à la charge de A.________.

III. Il n’est pas alloué d’indemnité.

IV. Communication.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours 
dès la notification de l’arrêt rédigé. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). 
L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 31 juillet 2015/sma

Président Greffière