# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 254c0b83-4042-5930-a37b-6a71b6b25ceb
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-11-14
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 14.11.2008 A/3614/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-3614-2008_2008-11-14.pdf

## Full Text

Siégeant : Karine STECK, Présidente; Maria GOMEZ et Olivier LEVY, Juges 

assesseurs 

  

 
 

R E P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/3614/2008 ATAS/1284/2008 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 

ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 3 

du 6 novembre 2008 

 

En la cause 

Madame S__________, domiciliée à GENÈVE recourante 

 

contre 

CAISSE CANTONALE GENEVOISE DE COMPENSATION, 
sise route de Chêne 54, 1208 GENEVE 

intimée 

 

 
 
 

 

A/3614/2008 

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EN FAIT 

1. Madame S__________ est affiliée auprès de la CAISSE CANTONALE 
GENEVOISE DE COMPENSATION (ci-après : la caisse) en qualité de personne 
sans activité lucrative depuis le 1er janvier 2006 (cf. confirmation d'affiliation du 29 
mai 2008). 

2. En date du 16 juin 2008, la caisse a rendu une décision de taxation fixant le 
montant des cotisations dues par l'assurée pour l'année 2006 à 437 fr. (sur la base 
d'une fortune de 189'602 fr. au 31 décembre 2006). Un décompte en ce sens a été 
établi le 19 juin 2008, qui réclamait à l'assurée, au surplus, la somme de 31 fr. 95 à 
titre d'intérêts moratoires, ce qui portait le montant total à 468 fr. 95.  

3. L'assurée a formé opposition à cette décision en date du 2 septembre 2008 en 
passant personnellement au guichet de la caisse. Elle s'est opposée aux intérêts 
moratoires en faisant remarquer qu'elle avait déposé sa demande d'affiliation en 
mai 2007 déjà. 

4. Par décision sur opposition du 8 septembre 2008, la caisse a déclaré l'opposition 
irrecevable pour cause de tardiveté, expliquant au surplus les raisons pour 
lesquelles des intérêts moratoires avaient été perçus.  

5. En date du 6 octobre 2008, la caisse a rendu une nouvelle décision sur opposition 
rectifiant une erreur de plume qui s'était glissée dans sa décision du 8 septembre 
2008. 

6. Par courrier déposé au guichet le 8 octobre 2008, l'assurée a interjeté recours contre 
la décision sur opposition du 8 septembre 2008. Elle fait valoir en substance qu'elle 
a demandé depuis bien longtemps à être affiliée comme personne sans activité 
lucrative et que le retard de la caisse ne lui est pas imputable, de sorte qu'elle n'a 
pas à se voir imposer des intérêts moratoires. Elle allègue au surplus avoir été 
absente de Suisse du 11 juin au 15 juillet 2008 et avoir ensuite été gravement 
malade. Elle produit à l'appui de ses dires deux certificats médicaux dont il ressort 
qu'elle a été dans l'incapacité totale de travailler du 15 juillet au 1er septembre 2008. 
Ces certificats ne donnent aucune indication supplémentaire mais l'assurée explique 
qu'elle souffre de la maladie de Hashimoto. 

7. Invitée à se déterminer, la caisse, dans sa réponse du 28 octobre 2008, a conclu au 
rejet du recours. Elle a toutefois pris la peine d'expliquer une fois encore les raisons 
pour lesquelles elle ne pouvait renoncer à la perception d'intérêts moratoires.  

8. En date du 6 octobre 2008, la caisse a rendu une nouvelle décision remplaçant celle 
du 8 septembre 2008 et corrigeant une simple erreur de plume.  

 

 
 
 

 

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EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 56V al. 1 let. a ch.1 de la loi genevoise sur l'organisation 
judiciaire (LOJ), le Tribunal cantonal des assurances sociales connaît en instance 
unique des contestations prévues à l’article 56 de la loi fédérale sur la partie 
générale du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPGA), relatives à la 
loi fédérale sur l’assurance-vieillesse et survivants du 20 décembre 1946 (LAVS). 
Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Le Tribunal de céans constate que le recours, interjeté en temps utile (art. 60 
al. 1 LPGA) est recevable en la forme. 

3. A ce stade de la procédure, le litige porte exclusivement sur la question de savoir si 
c'est à juste titre que l'intimée a qualifié l'opposition formée par l'assurée en date du 
2 septembre 2008 contre sa décision du 19 juin 2008 de tardive et l'a déclarée 
irrecevable.  

4. Selon l'art. 52 al. 1 LPGA, les décisions peuvent être attaquées dans les trente jours 
par voie d'opposition auprès de l'assureur qui les a rendues.  

Un délai compté en jours commence à courir le lendemain de la communication 
(art. 38 al. 1 LPGA). Il ne court pas du 15 juillet au 15 août inclusivement (art. 38 
al. 4 LPGA).  

En vertu de l’art. 40 al. 1 LPGA, le délai légal ne peut pas être prolongé. En effet, 
la sécurité du droit exige que certains actes ne puissent plus être accomplis passé un 
certain laps de temps : un terme est ainsi mis aux possibilités de contestation, de 
telle manière que les parties sachent avec certitude que l’acte qui est l’objet de la 
procédure est définitivement entré en force (Pierre MOOR, Droit administratif, vol. 
2, Berne 1991, p. 181).  

5. En l’espèce, le décompte du 19 juin 2008 a été notifié à l'assurée par pli simple. La 
date précise de la notification ne peut donc être établie mais on peut partir du 
principe que le décompte est parvenu à l'assurée au plus tard une semaine après, 
soit le 27 juin 2008, date à compter de laquelle le délai légal de trente jours pour 
former opposition a commencé à courir, pour arriver à échéance le 28 août 2008, 
compte tenu de la suspension du 15 juillet au 15 août.  

Force est dès lors de constater que l’opposition formée le 2 septembre 2008 n’est 
pas intervenue dans le délai légal.  

6. Reste à examiner si une restitution de délai peut être accordée. Tel peut être le cas, 
de manière exceptionnelle, à condition que le requérant ait été empêché, sans sa 

 
 
 

 

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faute, d’agir dans le délai fixé (art. 41 al. 1 LPGA) et pour autant qu’une demande 
de restitution motivée, indiquant la nature de l’empêchement, soit présentée dans 
les dix jours à compter de celui où il a cessé. Il s’agit là de dispositions impératives 
auxquelles il ne peut être dérogé (Jurisprudence des autorités administratives de la 
Confédération [JAAC] 60/1996, consid. 5.4, p. 367 ; ATF 119 II 87 consid. 2a; 
ATF 112 V 256 consid. 2a).  

En l'espèce, la recourante fait valoir qu'elle a été absente jusqu'au 15 juillet 2008. 
Cette absence ne saurait cependant constituer un motif de restitution de délai 
valable dès lors qu'il restait à la recourante, à son retour, plus d'un mois pour se 
manifester, compte tenu des féries.  

La recourante allègue par ailleurs avoir été gravement malade du 15 juillet au 
1er septembre 2008.  

Certes, une atteinte à la santé peut constituer un motif de restitution de délai. La 
jurisprudence est cependant très restrictive et ne voit un empêchement à agir que 
dans un obstacle objectif qui rend pratiquement impossible l’observation du délai et 
met l'intéressé ou son mandataire hors d’état de s’occuper de ses affaires ou de 
charger un tiers de s’en occuper pour lui, comme la survenance d’un accident 
nécessitant une hospitalisation d’urgence ou une maladie grave (ATF 119 II 86, 
ATF 114 II 181, ATF 112 V 255). La maladie ne peut être considérée comme un 
empêchement sans faute que si elle interdit au justiciable d'agir dans le délai ou de 
constituer un représentant à cette fin. Au surplus, l'empêchement ne dure qu'aussi 
longtemps que l'intéressé n'est en mesure - en raison de son état physique ou mental 
- ni d'agir lui-même ni de charger un tiers de le faire. Dès qu'il est objectivement et 
subjectivement en état d'agir lui-même ou de demander à un tiers d'agir à sa place, 
l'empêchement cesse d'être exempt de faute au sens de la loi (ATF 119 II 87 consid. 
2a traduit in Journal des Tribunaux [JdT] 1994 p. 56; ATF 112 V 25 consid. 2a et 
réf. citées; Jurisprudence des autorités administratives de la Confédération [JAAC] 
60/1996 p. 367 consid. 5.4). 

En l'espèce, les certificats produits par la recourante ne font état d’aucune 
pathologie physique qui aurait pu l’empêcher de former opposition ou de confier la 
défense de ses intérêts à un tiers. La maladie dont l'assurée est atteinte - soit la 
maladie de Hashimoto - est décrite par la littérature comme une maladie 
thyroïdienne bénigne d'évolution chronique entraînent souvent une hypothyroïdie. 
On ne saurait y voir un obstacle au fait d'adresser un courrier à la caisse pour faire 
valoir ses arguments ou de déléguer cette tâche à un tiers.  

En l'absence de motif valable de restitution de délai, c'est dès lors à juste titre que 
l'intimée a qualifié l'opposition d'irrecevable pour cause de tardiveté. Le recours 
doit donc être rejeté.  

 
 
 

 

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7. Par surabondance de moyens, le Tribunal de céans constate au surplus, s'agissant 
des intérêts moratoires qui ont été réclamés à l'assurée qu'ils l'ont été à juste titre.  

8. En effet, ainsi que la caisse l'a déjà expliqué à l'assurée, selon l’art. 26 al. 1 LPGA, 
les créances de cotisations échues sont soumises à la perception d’intérêts 
moratoires. L'art. 41 bis du règlement du 31 octobre 1947 sur l'assurance vieillesse 
et survivants (RAVS) confirme cette obligation.  

L'argument de la recourante, à savoir le fait qu'aucune faute ne peut lui être 
reprochée, ne peut être retenu. En effet, selon la jurisprudence du Tribunal fédéral 
des assurances, une caisse de compensation peut réclamer le paiement d’intérêts 
moratoires même si le retard dans le paiement des cotisations n’est pas dû à une 
faute du débiteur. Le but de cette mesure est en effet de compenser le fait que le 
débiteur obtient des intérêts en raison du paiement différé, avantage dont est 
précisément privé le créancier. L’obligation de payer les intérêts moratoires est 
ainsi indépendante de toute notion de faute (cf. notamment RCC 1992 p. 178 
consid. 4b), que ce soit de la part du créancier ou du débiteur.  

 

 

 

 

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

Préalablement : 

1. Prend acte de la décision du 6 octobre 2008, remplaçant celle du 8 septembre 2008.  

A la forme : 

2. Déclare le recours recevable.  

Au fond : 

3. Le rejette. 

4. Dit que la procédure est gratuite. 

5. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 
juin 2005 (LTF); le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 
moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit 
être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du 
recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l'envoi. 

 
La greffière 

 
 
 
 

Yaël BENZ  

 La présidente 
 
 
 
 

Karine STECK 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 
des assurances sociales par le greffe le