# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 06556d81-6cc5-5f4c-9a09-200fd2e41fe6
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2006-05-24
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 24.05.2006 CR.2005.0338
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_CR-2005-0338_2006-05-24.html

## Full Text

CANTON DE VAUD

  TRIBUNAL
  ADMINISTRATIF

  
	
   

  	
  Arrêt du 24 mai 2006 

  
	
  Composition

  	
  M. Vincent Pelet,
  président; MM. Panagiotis Tzieropoulos et Jean-Claude Favre. Mme
  Marie-Chantal May, greffière.

  

 

	
  recourant

  	
   

  	
  X.________, ********, à
  Y.________, 

  

   

	
  autorité intimée

  	
   

  	
  Service des automobiles et de la
  navigation, à
  Lausanne

  

   

 

	
  Objet

  	
  retrait de permis de conduire "admonestation"       

  
	
   

  	
  Recours X.________ c/ décision du Service des automobiles
  et de la navigation du 22 septembre 2005 (retrait du permis de 4 mois)

  

 

Vu les faits suivants

A.                               
X.________, né le ********, est titulaire d’un permis de
conduire les véhicules automobiles depuis le 8 juin 2000. Le fichier ADMAS des
mesures administratives ne recense aucune mesure le concernant. 

B.                              
Le mardi 5 juillet 2005, à 23 h. 19, X.________ a été
interpellé alors qu’il circulait sur la route de Genève à Nyon. Il zigzaguait
au volant de son véhicule au milieu de la chaussée Jura et a manqué de percuter
deux véhicules, dont celui des services de police. Un test à l’éthylomètre effectué
à 23 h. 31 a révélé qu’il présentait un taux d’alcoolémie de 1,44 gr. o/oo. Par
ailleurs, selon un prélèvement sanguin effectué à 0 h. 40, son taux
d’alcoolémie le plus bas se situait à 1,39 gr. o/oo. Son permis de conduire a
été saisi sur-le-champ.

C.                              
Les 11 juillet et 6 août 2005, l’intéressé a sollicité la
restitution de son permis de conduire en faisant valoir des motifs
professionnels liés à l’exercice d’une activité indépendante. 

D.                              
Par décision du 22 septembre 2005, le Service des
automobiles et de la navigation (ci-après : le SAN) a relevé que X.________
avait conduit un véhicule automobile en état d’ébriété (taux minimum
retenu : 1.39 gr. o/oo) et a ordonné le retrait de son permis de conduire pour
une durée de quatre mois, du 21 mars au 11 juillet 2006, en précisant qu’il
était tenu compte de la période pendant laquelle le permis de conduire avait
été provisoirement retiré à l’intéressé. 

E.                              
Le 4 octobre 2005, X.________ a déposé un recours au
Tribunal administratif contre cette décision. Soulignant que son permis de
conduire était indispensable à l’exercice de son activité professionnelle
indépendante dans la restauration, le recourant a sollicité implicitement une
réduction de la durée du retrait. 

Le juge instructeur a accordé l’effet suspensif à ce
recours le 18 octobre 2005. 

Dans sa réponse au recours du 15 novembre 2005, le
SAN a relevé qu’il avait tenu compte des besoins professionnels du recourant
dans la fixation de la durée de la mesure prononcée, mais qu'il s’était écarté
du minimum légal en raison de la gravité des faits retenus. Il a par conséquent
déclaré maintenir sa décision.

Les parties n’ayant pas requis la tenue d’une
audience, le Tribunal administratif a statué par voie de circulation. 

Considérant en droit

1.                               
Déposé dans le délai légal de vingt jours fixé par l’art.
31 al. 1 de la Loi cantonale du 18 décembre 1989 sur la juridiction et la
procédure administratives (LJPA), le recours est intervenu en temps utile. Il
est au surplus recevable en la forme. 

2.                               
Les faits reprochés au recourant datent du mardi 5 juillet
2005. Par conséquent, ils tombent sous le coup de la loi fédérale du 19
décembre 1958 sur la circulation routière (LCR) dont les dispositions modifiées
le 14 décembre 2001 (RO 2002, p. 2767) sont entrées en vigueur le 1er
janvier 2005 (RO 2004, p. 2849). 

3.                               
La loi fédérale sur la circulation routière distingue
trois catégories d’infractions d’ivresse au volant, en fonction de leur degré
de gravité. L’infraction est considérée comme légère lorsqu’une personne
conduit un véhicule automobile en état d’ébriété, pour autant qu’elle ne
présente pas un taux d’alcoolémie qualifié (0,8 gr. o/oo) et qu’elle ne
commette pas, ce faisant, d’autres infractions aux règles de la circulation
routière (art. 16a al. 1 let. b LCR). L’infraction est qualifiée de moyennement
grave lorsqu’une personne se rend coupable, de surcroît, d’une infraction
légère aux règles de la circulation routière (art. 16b al. 1 let. b LCR). Il y
a infraction grave lorsque le taux d’alcoolémie est qualifié, c’est-à-dire lorsqu’il
atteint 0,8 gr. o/oo (cf. art. 1 al. 2 de l’ordonnance de l’assemblée fédérale
du 21 mars 2003 concernant les taux d’alcoolémie limites admis en matière de
circulation routière).

En cas d’infraction légère, un avertissement est
adressé à son auteur. Si toutefois son permis de conduire lui a été retiré ou
qu’une autre mesure administrative a été prononcée à son encontre au cours des
deux années précédentes, le permis de conduire lui est retiré pour un mois au
moins (art. 16a al. 2 et 3 LCR). Une infraction qualifiée de moyennement grave
entraîne obligatoirement le retrait du permis de conduire pour une durée d’un
mois au minimum (art. 16b al. 2 let. a LCR). Si l’auteur fait l’objet
d’antécédents, la durée du retrait de permis est fixée en fonction du nombre et
de la gravité des antécédents de l’auteur, ainsi que de la date à laquelle son
permis de conduire lui a été retiré par le passé (art. 16b al. 2, let. a à f,
LCR). Il en va de même en cas d’infraction qualifiée de grave : si
l’auteur n’a pas d’antécédents, le permis de conduire lui est retiré pour trois
mois au moins (art. 16c al. 2 let. a LCR); en présence d’antécédents, la
durée du retrait de permis est fonction du nombre et de la gravité des
antécédents, ainsi que de la date des précédents retraits de permis (art. 16c
al. 2, let. b à e, LCR). 

Dans sa jurisprudence rendue sous l’empire de
l’ancien droit en matière de circulation routière, le tribunal de céans –
suivant en cela la jurisprudence de la Commission de recours (RDAF 1982 p. 225,
RDAF 1986 p. 407), réservait le minimum légal (alors fixé à deux mois) aux cas
où l’ivresse était proche du taux limite en vigueur à l’époque (entre 0,8 et
1,0 gr. o/oo), à condition toutefois que l’ivresse ait été la seule infraction
commise et que les antécédents du recourant aient été favorables. Lorsque le
taux dépassait 1,0 gr. o/oo, le tribunal de céans considérait, de manière
générale, qu’il se justifiait de prononcer un retrait de permis d’une durée
supérieure au minimum légal. Il a ainsi été jugé qu’une durée de trois mois
était adéquate pour un conducteur présentant un taux minimum d’alcool de 1,19
gr. o/oo (CR 1996/0007 du 22 mars 1996), 1,29 gr. o/oo (CR 1999/0067 du 17 juin
1999), 1,37 gr. o/oo (CR 2001/0323 du 28 janvier 2002), et même 1,56 gr. o/oo (CR
2000/0076 du 31 octobre 2000), alors que dans chaque cas les antécédents du
conducteur étaient bons et qu’il pouvait se prévaloir d’une certaine utilité
professionnelle du permis de conduire. 

Le principe dégagé par cette jurisprudence doit être
confirmé. Ce n’est dès lors que dans la mesure où le taux d’alcoolémie est
proche du taux limite, où la réputation de l’auteur en tant que conducteur de
véhicules est intacte et où aucune autre infraction n’a été commise, que l’on
pourra s’en tenir au minimum légal.

4.                               
En l’espèce, X.________ a conduit son véhicule alors qu’il
présentait un taux d’alcoolémie de 1,39 gr. o/oo (taux minimum retenu). Ce taux
est supérieur à celui de 0,8 gr. o/oo, à partir duquel il faut retenir
qu’un conducteur présente un taux d’alcoolémie qualifié, au sens de l’art. 1
al. 2 de l’ordonnance du 21 mars 2003 concernant les taux d’alcoolémie limites
admis en matière de circulation routière. L’infraction doit dès lors être
qualifiée de grave (art. 16c al. 1 let. b LCR). 

L’intéressé ne fait l’objet d’aucun antécédent au
fichier des mesures administratives (ADMAS). Dans ces conditions, l’art. 16c
al. 2 let. a LCR impose de prononcer un retrait du permis de conduire d’une
durée minimale de trois mois. L’on ne saurait cependant s’en tenir au minimum
fixé par la loi. Il faut en effet tenir compte du fait que l’ivresse du
recourant était bien supérieure au taux limite (0,5 gr. o/oo), et même au taux
d’alcoolémie qualifié (0,8 gr. o/oo). De surcroît, selon le rapport de police,
le recourant zigzaguait au milieu de la chaussée et a manqué d’emboutir deux
autres véhicules; il a de ce fait aggravé la mise en danger des autres usagers de
la route par son comportement (cf. art. 26 al. 1 LCR). Par conséquent, il se
justifie de s’écarter de la durée minimale et de prononcer un retrait du permis
de conduire de quatre mois. Cette durée peut paraître clémente, mais tient
équitablement compte du besoin professionnel allégué par le recourant qui
utilise son véhicule automobile dans l'exercice d'une activité indépendante. 

5.                Conformément aux art. 38 et 55 LPJA, un
émolument sera mis à la charge du recourant débouté. 

Par ces motifs

le Tribunal administratif

arrête:

I.                                  
Le recours interjeté le 4 octobre 2005 par X.________ est
rejeté.

II.                                
La décision du Service des automobiles et de la navigation
du 22 septembre 2005 est confirmée.

III.                               
Un émolument de 600 (six cents) francs est mis à la charge
du recourant. 

Lausanne, le 24 mai 2006 

Le président:                                                                                   La
greffière:

                                                                                                                  

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de
l'avis d'envoi ci-joint.

Le
présent arrêt peut faire l'objet, dans les trente jours dès sa notification,
d'un recours de droit administratif au Tribunal fédéral. Le recours s'exerce
conformément aux art. 103 ss de la loi fédérale d'organisation judiciaire (RS
173.110).