# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** d8c50d04-19ca-5e5d-8a02-34dc2ed3517b
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2011-08-17
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 17.08.2011 A/728/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-728-2011_2011-08-17.pdf

## Full Text

Siégeant : Juliana BALDE, Présidente; Christine LUZZATTO et Hans KERN, Juges 

assesseurs 

  

 

 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/728/2011 ATAS/756/2011 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 17 août 2011 

4
ème

 Chambre 

 

En la cause 

Monsieur F___________, domicilié à Massongy, France, 

représenté par le Docteur L___________  

 

recourant 

 

contre 

SUVA, CAISSE NATIONALE SUISSE D'ASSURANCE EN CAS 

D'ACCIDENTS, sise Fluhmattstrasse 1, 6002 Lucerne 

 

intimée 

 

 

 

 

A/728/2011 

- 2/7 - 

EN FAIT 

1.  Monsieur F___________ (ci-après l’assuré ou le recourant), né en 1974, domicilié 

en France, travaille depuis le 1
er

 mars 2007 en qualité d’horloger auprès de 

X___________ SA. A ce titre, il est assuré obligatoirement à la CAISSE 

NATIONALE SUISSE D’ASSURANCE EN CAS D’ACCIDENTS (ci-après 

SUVA) contre les accidents et les maladies professionnelles.  

2. Dans le cadre de son travail, l’assuré, a été en contact avec un collègue atteint d’une 

tuberculose active. En août 2010, le Dr L___________, spécialiste FMH en 

médecine générale, médecin d’entreprise, a pratiqué le test de Mantoux RT 23 et 

une radiographie du thorax. Le test s’est révélé positif, alors que l’image cardio-

pulmonaire état normale. Le médecin a posé le diagnostic de primo infection TBC 

et prescrit des radiographies de contrôle. Au total, des résultats positifs ont été 

retrouvés chez six salariés de l’entreprise. 

3.  Le 2 septembre 2010, le cas a été annoncé à la SUVA. 

4. Dans un avis du 22 novembre 2010, la Dresse M___________, de la division 

médecine du travail de la SUVA, indique que l’on ne peut retenir que cette 

suspicion de contamination tuberculeuse ait pu être provoquée par l’exposition 

professionnelle. Elle est seulement intervenue durant l’occupation professionnelle, 

de sorte qu’elle ne peut être reconnue comme maladie professionnelle.  

5. Par décision du 24 novembre 2010, la SUVA a refusé d’allouer des prestations, au 

motif que l’affection n’a pas été causée exclusivement ou de manière nettement 

prépondérante par l’exercice de l’activité professionnelle. 

6. L’assuré, sur les conseils de son employeur et du médecin d’entreprise, a formé 

opposition. Dans un courrier du 22 novembre 2010, le Dr L___________ indique 

que l’assuré, d’origine française, a été vacciné à la naissance et que les tests de 

contrôle des 29.09.1975, 13.10.1983 et 29.01.1987 sont à chaque fois positifs (à 

une croix - sans mesure en millimètre). Le Mantoux du 17 août 2010 a montré un 

résultat positif 1,5/13 mm. Le cas index est un collègue d’atelier et de restaurant. 

Compte tenu de ces éléments, le médecin considère qu’il y a une relation de cause à 

effet évidente. 

7. Par décision du 19 janvier 2011, la SUVA a rejeté l’opposition, au motif que la 

suspicion de contamination tuberculeuse n’a pas été provoquée par l’exposition 

professionnelle. L’assuré ne travaille pas dans un établissement sanitaire et 

n’exerce aucune des activités énumérées par la jurisprudence. La contamination est 

uniquement intervenue durant le travail, ce qui ne suffit pas pour engager la 

responsabilité de la SUVA. 

 

 

 

 

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- 3/7 - 

8. Le 17 février 2011, le Dr L___________ a contesté cette décision auprès de la 

SUVA, laquelle a transmis le courrier du médecin à la Cour de céans, comme objet 

de sa compétence, en date du 7 mars 2011. L’assuré a produit une procuration 

donnant pouvoirs au médecin d’entreprise pour le représenter dans le cadre de la 

présente procédure. A l’appui de son recours, le Dr L___________ explique qu’un 

cas de tuberculose active a été diagnostiqué chez un employé en août 2010 par son 

médecin traitant qui a fait le nécessaire pour la prise en charge thérapeutique. 

L’entreprise a été avertie et il a immédiatement entrepris le dépistage de l’entourage 

professionnel immédiat du cas source, selon les directives de l’Office fédéral de la 

santé publique (OFSP), de l’OCIRT et de la SUVA et du Centre Antituberculeux. Il 

a aussi averti la direction de l’OCIRT et le médecin cantonal qui lui ont demandé 

de déclarer les cas positifs comme maladie professionnelle. Il lui a par ailleurs été 

confirmé que l’entreprise se trouvant sur le territoire suisse, il incombe au médecin 

du travail de conduire la prise en charge selon les directives du pays. Les tests 

effectués sur tout le collectif intéressé ont révélé six cas de primo-infection, dont 

celui de l’assuré. Sa trajectoire vaccinale ne permet aucun doute quant au virage 

tuberculinique. Le médecin conclut à la prise en charge des coûts engendrés par le 

virage des tests tuberculiniques, s’agissant d’un événement accidentel, au vu de 

l’exigence de la directive CFST n° 6508 (MSST) mentionnant l’obligation de la 

prise en charge du risque par l’employeur. Or, selon les publications de l’OFSP et 

de la SUVA, ils doivent être pris en charge par l’assurance de l’employeur et de ce 

fait nécessitent une déclaration d’accident professionnel. 

9.  Dans sa réponse du 9 mai 2011, la SUVA conclut au rejet du recours, rappelant 

qu’une maladie professionnelle peut être prise en charge par l’assureur-accidents si 

elle satisfait aux conditions prévues par la loi. Sont réputées maladies 

professionnelles, les maladies dues exclusivement à des substances nocives ou à 

certains travaux qui figurent dans une liste exhaustive édictée par le Conseil 

fédéral. S’agissant des maladies infectieuses, l’assureur-accident doit prendre en 

charge les affections survenant lors de travaux dans des hôpitaux, des laboratoires, 

des instituts de recherches et établissement analogues, ce qui n’est pas le cas en 

l’occurrence. En outre, sont réputées maladies professionnelles les « autres 

maladies » dont il est prouvé qu’elles ont été causées exclusivement ou de manière 

nettement prépondérante par l’exercice d’une activité professionnelle. La maladie 

professionnelle doit alors avoir été provoquée à 75% au moins par l’exercice de 

l’activité professionnelle. Un événement unique et par conséquent un simple 

rapport de simultanéité ne suffisent pas. Or, en l’occurrence, la contamination est 

uniquement survenue durant l’activité professionnelle. Par conséquent, la 

tuberculose ne constitue par une maladie professionnelle à charge de la SUVA. 

10.  Après communication de cette écriture au recourant, la cause a été gardée à juger. 

 

 

 

 

 

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- 4/7 - 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 5 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 

26 septembre 2010 (LOJ; RS E 2 05) en vigueur dès le 1
er

 janvier 2011, la Chambre 

des assurances sociales de la Cour de justice connaît en instance unique des 

contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des 

assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA; RS 830.1) relatives à la loi fédérale 

sur l'assurance-accidents, du 20 mars 1981 (LAA; RS 832.20). 

Sa compétence ratione materiae pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. La LPGA, entrée en vigueur le 1
er

 janvier 2003, est applicable au cas d’espèce. Le 

recourant, domicilié en France, travaille pour le compte d’un employeur ayant son 

siège à Genève. Par conséquent, conformément à l’art. 58 al. 2 LPGA, la Cour de 

céans est compétente ratione loci. 

3. Interjeté dans les forme et délai prévus par la loi, le recours est recevable /art. 56 et 

60 LPGA ; art. 89B LPA). 

4. Le litige consiste à déterminer si la suspicion de tuberculose contractée par le 

recourant est une maladie professionnelle dont les conséquences sont à charge de 

l’intimé.  

5. Aux termes de l'art. 6 al. 1 LAA, et sous réserve de dispositions spéciales de la loi, 

les prestations d'assurance sont allouées en cas d'accident professionnel, d'accident 

non professionnel et de maladie professionnelle. 

Selon l'art. 9 al. 1 LAA, sont réputées maladies professionnelles les maladies (art. 3 

LPGA) dues exclusivement ou de manière prépondérante, dans l'exercice de 

l'activité professionnelle, à des substances nocives ou à certains travaux. Le Conseil 

fédéral établit la liste de ces substances ainsi que celle de ces travaux et des 

affections qu'ils provoquent. Se fondant sur cette délégation de compétence, ainsi 

que sur l'art. 14 OLAA, le Conseil fédéral a dressé à l'annexe 1 de l'OLAA la liste 

des substances nocives, d'une part, et la liste de certaines affections, ainsi que des 

travaux qui les provoquent, d'autre part.  

Sont aussi réputées maladies professionnelles les autres maladies dont il est prouvé 

qu'elles ont été causées exclusivement ou de manière nettement prépondérante par 

l'exercice de l'activité professionnelle (art. 9 al. 2 LAA). La maladie professionnelle 

est assimilée à un accident professionnel dès le jour où elle s'est déclarée, soit dès 

que la personne atteinte doit se soumettre pour la première fois à un traitement 

médical ou est incapable de travailler (cf. art. 9 al. 3 LAA).  

D'après la jurisprudence, l'exigence d'une relation exclusive ou nettement 

prépondérante est remplie lorsque la maladie est due pour 75 % au moins à 

 

 

 

 

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l'exercice d'une telle activité (ATF 126 V 186 consid. 2b, 119 V 201 consid. 2b et la 

référence). En d'autres termes, il faut que les cas d'atteintes pour un groupe 

professionnel déterminé soient quatre fois plus nombreux que ceux enregistrés dans 

la population en général (cf. ATF 116 V 143 consid. 5c; RAMA 1999 no U 326 p. 

108 sv. consid. 2). Les conditions d'application de l'art. 9 al. 2 LAA ne sont 

susceptibles d'être remplies que dans de rares situations compte tenu des exigences 

posées. Elles supposent en tout cas que la maladie résulte de l'exposition d'une 

certaine durée à un risque professionnel typique ou inhérent. Un événement unique 

et par conséquent un simple rapport de simultanéité ne suffisent pas (ATF 126 V 

186 consid. 2b ; MAURER, Schweizerisches Unfallversicherunsrecht, p. 222)). La 

question doit être appréciée principalement sur le vu des bases épidémiologiques 

médicalement reconnues (cf. ATF 126 V 183). Dans la mesure où la preuve d'une 

relation de causalité qualifiée selon l'expérience médicale ne peut pas être apportée 

de manière générale, l'admission de celle-ci dans le cas particulier est exclue. En 

revanche, si les connaissances médicales générales sont compatibles avec 

l'exigence légale d'une relation causale nettement prépondérante, voire exclusive 

entre une affection et une activité professionnelle déterminée, subsiste alors un 

champ pour des investigations complémentaires en vue d'établir, dans le cas 

particulier, l'existence de cette causalité qualifiée (ATF 126 V 189 sv. consid. 4c et 

les références). 

6. En l’occurrence, le recourant travaille pour le compte d’une entreprise privée active 

dans le domaine de l’horlogerie. Il a contracté une primo-infection tuberculeuse - 

soit une maladie infectieuse - après avoir été en contact, sur son lieu de travail 

(atelier et restaurant), avec un cas souche, à savoir un collègue atteint de 

tuberculose active. Or, s’agissant des maladies infectieuses, elles ne peuvent être 

considérées comme maladies professionnelles au sens de l’art. 9 al. 1 LAA que 

pour les travailleurs exposés à un risque élevé de contamination ; il s’agit des 

travaux effectués dans le secteur sanitaire (hôpitaux, laboratoires, instituts de 

recherches et établissements analogues ; cf. Ordonnance sur l'assurance-accidents, 

du 20 décembre 1982 -OLAA ; RS 832.202, annexe 1, chiffre 2b ;). 

Le cas d’espèce doit par conséquent être examiné au regard des conditions posées 

par l’art. 9 al. 2 LAA, dès lors qu’il est constant que le recourant n’a pas été exposé 

à des substances nocives ou à certains travaux au sens de l’art. 9 al. 1 LAA. En 

dehors des établissements sanitaires, une maladie infectieuse peut être reconnue 

comme une maladie professionnelle au sens et aux conditions de l’art. 9 al. 2 LAA 

lors de travaux effectués dans des secteurs où le risque de contamination est élevé 

en raison de concentrations de populations ou de communautés au sein desquelles 

la prévalence de cette maladie est élevée, tels que les Centres d’enregistrement et de 

procédure (CEP) de la Confédération pour requérants d’asile, les foyers d’urgence 

et d’accueil, les établissements pénitentiaires, etc. (cf. Manuel de la tuberculose 

2011, édité par l’OFPS et la Ligue pulmonaire suisse, www.tbinfo.ch; brochure 

suvaPro, version 2010). 

 

 

 

 

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Force est de constater que l’on ne saurait assimiler l’activité exercée par le 

recourant dans une entreprise horlogère comme présentant un risque accru de 

contamination. Partant, la primo-infection contractée par le recourant à son lieu de 

travail ne peut être considérée comme une maladie professionnelle au sens de l’art. 

9 al. 2 LAA. 

Le médecin d’entreprise objecte qu’il a suivi les recommandations de l’OFSP et du 

médecin cantonal. A cet égard, la Cour de céans relève que, certes, la tuberculose 

est une maladie à déclaration obligatoire pour les médecins et les laboratoires (cf. 

Loi fédérale du 18 décembre 1970 sur la lutte contre les maladies transmissibles de 

l’homme - Loi sur les épidémies, LEp, RS 818.101 ; Ordonnance sur la déclaration 

des maladies transmissibles du 13 janvier 1999 - RS 818.141.1), qu’elle implique 

un plan de traitement et de prévention, ainsi que la mise en place d’une procédure 

pour une enquête d’entourage, pour la remise de médicaments sous contrôle direct 

(Directly Observed Treatment - DOT) et pour le dépistage auprès des employés. 

Cela étant, il n’en demeure pas moins que du point de vue assécurologique, 

l’affection en cause doit satisfaire aux conditions légales pour être admise comme 

maladie professionnelle à charge de l’assureur intimé, ce qui n’est pas le cas ici. 

Les frais de traitement et les examens sont ainsi à la charge de l’assurance-maladie 

du recourant, étant précisé que les cantons peuvent prendre en charge les frais 

d’enquête d’entourage, s’agissant d’une tâche relevant des autorités cantonales de 

santé publique (cf. art. 11 ss, notamment 18 LEp). 

Au vu de ce qui précède, c’est à juste titre que l’intimé a refusé la prise en charge 

des frais liés à la primo-infection. 

7. Mal fondé, le recours doit être rejeté. 

 

 

 

 

 

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- 7/7 - 

PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. Le rejette. 

3. Dit que la procédure est gratuite. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 

dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 

(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 

public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 

17 juin 2005 (LTF; RS 173.110); le mémoire de recours doit indiquer les 

conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de 

son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie 

électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 

possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 

l'envoi. 

 

La greffière 

 

 

 

 

Isabelle CASTILLO 

 La présidente 

 

 

 

 

Juliana BALDE 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 

de la santé publique par le greffe le