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**Case Identifier:** 3e397407-347b-5a58-920f-5c42a24fa45f
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-05-16
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 16.05.2017 A/21/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-21-2017_2017-05-16.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/21/2017-PRISON ATA/547/2017  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 16 mai 2017 

1ère section 

   dans la cause 

 

Monsieur A______ 
 

contre 

ÉTABLISSEMENT DE CURABILIS 
 

- 2/9 - 

A/21/2017 

EN FAIT 

1)  Par jugement du 4 juin 2008, le Tribunal correctionnel du Tribunal 
d’arrondissement de la Broye et du Nord vaudois a condamné Monsieur A______, 
né en 1988, à six ans de peine privative de liberté pour agression, vol, dommages 
à la propriété, escroquerie, menaces, violation de domicile, actes d’ordre sexuel 
avec des enfants, acte d’ordre sexuel commis sur une personne incapable de 
discernement ou de résistance, viol, pornographie, dénonciation calomnieuse et 
contravention à la loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes du 
3 octobre 1951 (LStup - RS 812.121). 

2)  Par jugement du 14 juillet 2009, le Tribunal correctionnel du Tribunal 
d’arrondissement de Lausanne a ordonné la mise en œuvre d’une mesure 
thérapeutique institutionnelle au sens de l’art. 59 du code pénal suisse du 
21 décembre 1937 (CP - RS 311.0). 

3)  Par jugement du 5 août 2014, le Collège des juges d’application des peines 
du canton de Vaud a prolongé la mesure thérapeutique institutionnelle pour une 
durée de cinq ans. 

4)  Depuis le 11 avril 2016, M. A______ est détenu à l’établissement de 
Curabilis (ci-après : Curabilis). 

5) a. Le 22 décembre 2016, lors d’une fouille, une enveloppe portant la mention 
« lettre testamentaire » et adressée à Madame B______, infirmière à Curabilis, a 
été trouvée dans la cellule de l’intéressé. Selon le rapport d’incident, la direction 
avait autorisé l’ouverture de l’enveloppe, qui contenait une lettre, une bague et 
deux dessins. 

 b. Le premier dessin représentait un cadre dans lequel était représenté un 
couple, « Alain ♥ Eva », et leurs deux enfants. Sur le second dessin figurait un 
couple, la femme pleurant. Dans la lettre, M. A______ qualifiait Mme B______ 
comme la femme de sa vie, raison pour laquelle il lui donnait la bague et lui 
remettait son dessin représentant l’amour impossible. 

6)  Invité à se déterminer, l’intéressé a exprimé, le 23 décembre 2016, son 
incompréhension quant à l’ampleur que les choses prenaient et demandé la 
restitution de la bague en argent, qu’il souhaitait remettre à sa mère. 

  Une seule lettre lui avait été prise, alors que deux autres lettres comportaient 
le même intitulé. Il ne s’agissait pas d’une lettre de suicide, ni même d’une lettre à 
proprement parler. Il avait simplement voulu sortir certaines pensées sur papier. Il 
s’agissait simplement de mots sur un papier dans sa cellule, qu’il n’avait envoyés 
ou remis à personne. Cela ne contrevenait pas au règlement. 

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7)  Par décision du 26 décembre 2016, Curabilis a infligé une amende de 
CHF 50.- à M. A______ pour comportement inadéquat. 

8)  Par courrier du 29 décembre 2016, posté le 3 janvier 2017, M. A______ a 
indiqué à la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre 
administrative) que les faits qui lui étaient reprochés ne devaient pas pouvoir 
l’être et lui a demandé de « clarifier cette histoire ». 

  Il était en droit d’écrire et de dessiner ce qu’il souhaitait, du moment que les 
enveloppes n’était ni envoyées, ni remises à quelqu’un. Les trois enveloppes 
portant la mention « lettre testamentaire » se trouvaient dans une boîte dans sa 
cellule, ce qui ne pouvait être qualifié de comportement inadéquat. 

9)  Le 20 janvier 2017, M. A______ a transmis la décision attaquée à la 
chambre administrative. 

10)  Par réponse du 21 février 2017, Curabilis a conclu au rejet du recours. 

  L’intéressé ne se soignait pas mais apprenait à tromper le système. Il avait 
déjà approché plusieurs membres du personnel ou intervenants de sexe féminin 
dans d’autres établissements. Il avait des traits de manipulateur. Compte tenu de 
son profil, l’inspection de sa cellule obéissait à des considérations de sécurité et 
pouvait valablement intervenir. Il avait préféré éviter d’écrire dans un cahier 
thérapeutique, soustrait au contrôle des agents de détention mais utilisé dans le 
cadre thérapeutique, et avait conservé son message en y apposant la mention 
« lettre testamentaire », pour que les agents n’ouvrent pas ce pli en cas de fouille. 
Curabilis pratiquant la thérapie sous contrainte, un comportement consistant à 
déclarer son amour à un membre du personnel soignant par des voies détournées 
était contraire au but de l’établissement. La mise en place d’une politique de 
contrôle strict du respect du cadre normatif à Curabilis se justifiait en particulier 
par les pathologies psychiques dangereuses des détenus, dont le placement en 
milieu fermé était justifié par le danger représenté pour la société. La quotité de la 
sanction infligée était presque symbolique, eu égard au maximum de CHF 1'000.-. 

11)  Par réplique du 1er mars 2017, M. A______ a demandé à la chambre 
administrative « d’accepter son recours du 29 décembre 2016 ». 

  Une des trois lettres était adressée à un agent de détention. Aucune 
notification de retrait de matériel ne lui avait été communiquée. Depuis son 
arrivée à Curabilis, son abstinence aux stupéfiants et l’amélioration flagrante de 
son comportement devaient être notées. Le cahier thérapeutique n’était pas 
soustrait au contrôle du service médical. Le développement de fantasmes 
amoureux n’entrait pas encore en compte dans la ligne des soins avec ses 
infirmiers référents. La base légale appliquée laissait une grande place à la 

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subjectivité. Il n’y avait ni menace, ni insulte, ni mise en péril de l’institution dans 
sa lettre. 

12)  Le 7 mars 2017, la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 74 al. 1 du règlement de l’établissement de Curabilis du 26 mars 
2014 - RCurabilis - F 1 50.15 ; art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 
26 septembre 2010 - LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a et 63 al. 1 let. c de la loi sur 
la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2) a. L’acte de recours contient, sous peine d’irrecevabilité, la désignation de la 
décision attaquée et les conclusions du recourant (art. 65 al. 1 LPA). Il contient 
également l’exposé des motifs, ainsi que l’indication des moyens de preuve. Les 
pièces dont dispose le recourant doivent être jointes. À défaut, la juridiction saisie 
impartit un bref délai au recourant pour satisfaire à ces exigences, sous peine 
d’irrecevabilité (art. 65 al. 2 LPA). 

 b. Compte tenu du caractère peu formaliste de cette disposition, il convient de 
ne pas se montrer trop strict sur la manière dont sont formulées les conclusions du 
recourant. Le fait que les conclusions ne ressortent pas expressément de l’acte de 
recours n’est pas, en soi, un motif d’irrecevabilité, pourvu que l’autorité judiciaire 
et la partie adverse puissent comprendre avec certitude les fins du recourant 
(ATA/468/2017 du 25 avril 2017 consid. 2b et les références citées). Une requête 
en annulation d’une décision doit par exemple être déclarée recevable dans la 
mesure où le recourant a, de manière suffisante, manifesté son désaccord avec la 
décision ainsi que sa volonté qu’elle ne développe pas d’effets juridiques 
(ATA/280/2017 du 14 mars 2017 consid. 3b ; Pierre MOOR/Étienne POLTIER, 
Droit administratif, vol. 2, 3ème éd., p. 624 n. 5.3.1.2). 

 c. Quant à l’exigence de la motivation au sens de l’art. 65 al. 2 LPA, elle a 
pour but de permettre à la juridiction administrative de déterminer l’objet du litige 
qui lui est soumis et de donner l’occasion à la partie intimée de répondre aux 
griefs formulés à son encontre. Elle signifie que le recourant doit expliquer en 
quoi et pourquoi il s’en prend à la décision litigieuse. L’exigence de la motivation 
est considérée comme remplie lorsque les motifs du recours, sans énoncer les 
conclusions formelles, permettent de comprendre aisément ce que le recourant 
désire (ATA/799/2016 du 27 septembre 2016 consid. 2c et les références citées). 

 d. En l'espèce, même en l'absence de conclusions formelles, il ressort 
clairement de son courrier que le recourant souhaite l'annulation de l’amende 
prononcée par l’autorité intimée.  

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  Le recours est par conséquent recevable. 

3)  Le recours porte sur la conformité au droit de l’amende de CHF 50.- infligée 
au recourant pour comportement inadéquat. 

4) a. Le droit disciplinaire est un ensemble de sanctions dont l’autorité dispose à 
l’égard d’une collectivité déterminée de personnes, soumises à un statut spécial ou 
qui, tenues par un régime particulier d’obligations, sont l’objet d’une surveillance 
spéciale. Il permet de sanctionner des comportements fautifs – la faute étant une 
condition de la répression – qui lèsent les devoirs caractéristiques de la personne 
assujettie à cette relation spécifique, lesquels en protègent le fonctionnement 
normal. Il s’applique aux divers régimes de rapports de puissance publique, et 
notamment aux détenus. Le droit disciplinaire se caractérise d’abord par la nature 
des obligations qu’il sanctionne, la justification en réside dans la nature 
réglementaire des relations entre l’administration et les intéressés. 
L’administration dispose d’un éventail de sanctions dont le choix doit respecter le 
principe de la proportionnalité (Pierre MOOR/Étienne POLTIER, Droit 
administratif, vol. 2, 3ème éd., 2011, p. 142 à 145 et la jurisprudence citée). 

 b. Les sanctions disciplinaires sont régies par les principes généraux du droit 
pénal, de sorte qu’elles ne sauraient être prononcées en l’absence d’une faute. La 
notion de faute est admise de manière très large en droit disciplinaire et celle-ci 
peut être commise consciemment, par négligence ou par inconscience, la 
négligence n’ayant pas à être prévue dans une disposition expresse pour entraîner 
la punissabilité de l’auteur (ATA/310/2017 du 21 mars 2017 consid. 5a ; 
ATA/245/2017 du 28 février 2017 consid. 5b et les références citées). 

5)  Si une personne détenue enfreint le RCurabilis, une sanction proportionnée 
à sa faute, ainsi qu'à la nature et à la gravité de l'infraction, lui est infligée 
(art. 70 al. 1 RCurabilis). Il est tenu compte de l’état de santé de la personne 
détenue au moment de l’infraction disciplinaire (art. 70 al. 2 RCurabilis). Avant le 
prononcé de la sanction, la personne détenue doit être informée des faits qui lui 
sont reprochés et être entendue. Elle peut s'exprimer oralement ou par écrit 
(art. 70 al. 3 RCurabilis). Les sanctions sont l'avertissement écrit (let. a), la 
suppression, complète ou partielle, pour une durée maximale de trois mois, des 
autorisations de sortie, des loisirs, des visites et de la possibilité de disposer des 
ressources financières (let. b.), l'amende jusqu'à CHF 1'000.- (let. c) et les arrêts 
pour une durée maximale de dix jours (let. d ; art. 70 al. 4 RCurabilis). Ces 
sanctions peuvent être cumulées (art. 70 al. 5 RCurabilis). L'exécution de la 
sanction peut être prononcée avec un sursis ou un sursis partiel de six mois au 
maximum (art. 70 al. 6 RCurabilis). Le sursis à l'exécution peut être révoqué 
lorsque la personne détenue fait l'objet d'une nouvelle sanction durant le délai 
d'épreuve (art. 70 al. 7 RCurabilis). Après son prononcé, la sanction peut être 
suspendue ou la personne détenue en être dispensée pour justes motifs ou en 
opportunité (art. 70 al. 8 RCurabilis). Le directeur de Curabilis et son suppléant en 

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son absence sont compétents pour prononcer les sanctions (art. 71 
al. 1 RCurabilis). 

6) a. La personne détenue a l'obligation de respecter les dispositions du 
RCurabilis, les directives du directeur général de l'office cantonal de la détention, 
du directeur de Curabilis, du personnel pénitentiaire ainsi que les instructions du 
personnel médico-soignant (art. 67 RCurabilis). La personne détenue doit 
observer une attitude correcte à l'égard des différents personnels, des autres 
personnes détenues et des tiers (art. 68 RCurabilis). Sont interdits, l’évasion et 
tout acte visant manifestement à préparer l’évasion (let. a), l’insubordination et les 
incivilités à l’encontre des personnels de Curabilis (let. b), les menaces dirigées 
contre les différents personnels de Curabilis, les intervenants extérieurs ou des 
personnes codétenues et les atteintes portées à leur intégrité corporelle ou à leur 
honneur (let. c), les actes contraires aux mœurs (let. d), les mises en danger 
d'autrui ou de l'institution (let. e), les actions collectives (let. f), les atteintes 
illicites au patrimoine d’autrui (let. g), le fait de sortir des locaux de travail des 
objets ou des marchandises, sans autorisation préalable du personnel (let. h), 
l’introduction, la sortie, l’acquisition, la transmission et la possession d’objets 
interdits tels que des armes, des documents, des appareils de communication ou de 
l’argent liquide (let. i), l’introduction, la possession, la consommation et le 
commerce d’alcool ou de stupéfiants et de produits semblables ainsi que l’abus de 
médicaments, l'article 42 al. 4 RCurabilis étant réservé (let. j), le fait d’entretenir 
des contacts interdits avec des personnes codétenues ou des personnes extérieures 
au site (let. k), les abus dans le domaine des congés (let. l), le fait de troubler 
l'ordre ou la tranquillité dans le site ou les environs immédiats (let. m) et, d'une 
façon générale, le fait d'adopter un comportement contraire au but de Curabilis 
(let. n ; art. 69 al. 1 RCurabilis). 

 b. Le directeur de Curabilis peut en tout temps faire fouiller la personne 
détenue (fouille corporelle superficielle), ses effets personnels et sa cellule ou sa 
chambre, ainsi qu'ordonner une inspection des locaux (art. 66 al. 1 RCurabilis). 

7) a. Lorsque l'auteur souffre d'un grave trouble mental, le juge peut ordonner un 
traitement institutionnel si l'auteur a commis un crime ou un délit en relation avec 
ce trouble (let. a) et qu’il est à prévoir que cette mesure le détournera de nouvelles 
infractions en relation avec ce trouble (let. b ; art. 59 al. 1 CP). Le traitement 
institutionnel s'effectue dans un établissement psychiatrique approprié ou dans un 
établissement d'exécution des mesures (art. 59 al. 2 CP). Le traitement s'effectue 
dans un établissement fermé tant qu'il y a lieu de craindre que l'auteur ne s'enfuie 
ou ne commette de nouvelles infractions (art. 59 al. 3 1ère phr. CP). 

 b. La mission générale de Curabilis est de détenir des personnes majeures 
privées de liberté en application du droit pénal et, pour l'unité hospitalière de 
psychiatrie pénitentiaire, également du droit administratif ou civil, afin qu’elles 

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reçoivent des traitements, des soins psychiatriques ou de sociothérapie (art. 1 
al. 2 RCurabilis). 

  Les unités de mesures accueillent des personnes condamnées à une mesure 
thérapeutique institutionnelle pour traitement des troubles mentaux dans un 
établissement fermé au sens de l’art. 59 al. 3 CP, et exceptionnellement de l'art. 59 
al. 2 CP (art. 9 al. 1 let. a RCurabilis). Les unités de mesures ont pour but de 
dispenser un traitement thérapeutique institutionnel dont il est à prévoir qu'il 
détournera la personne détenue de nouvelles infractions (art. 10 al. 1 RCurabilis). 
De manière générale, la privation de liberté doit améliorer le comportement de la 
personne détenue et lui permettre d'établir au point de vue social et professionnel 
des liens indispensables à sa réinsertion, afin de prévenir la récidive (art. 10 
al. 2 RCurabilis). Le concept de prise en charge repose sur la thérapie, l'assistance 
sociale, le comportement, le travail, l'activité occupationnelle et la formation de la 
personne détenue (art. 10 al. 3 RCurabilis). 

8)  En l’espèce, l’autorité intimée était certes parfaitement fondée, suite à la 
fouille de la cellule du recourant, à ouvrir, pour des raisons sécuritaires, 
l’enveloppe adressée à une infirmière de l’établissement. 

  Toutefois, si les éléments trouvés dans l’enveloppe ont certainement une 
pertinence dans le cadre du traitement thérapeutique du recourant et s’il aurait été 
souhaitable que celui-ci utilise son cahier thérapeutique pour les exprimer, ou tout 
au moins qu’il fasse lui-même état de sa lettre, accompagnée de dessins et d’une 
bague, auprès de son thérapeute, l’absence d’une telle démarche, malgré sa 
nécessité, relève du travail thérapeutique et ne saurait, dans le cas d’espèce, 
constituer un comportement fautif relevant du droit disciplinaire. 

  En effet, l’enveloppe trouvée dans la cellule du recourant était certes 
adressée à une infirmière de l’établissement, mais ne lui a jamais été transmise. La 
lettre et les dessins, accompagnés d’une bague, traitaient par ailleurs de sentiments 
d’amour, néanmoins expressément qualifié d’impossible. L’autorité intimée 
n’affirme d’ailleurs pas que le recourant aurait adopté une attitude incorrecte à 
l’égard d’un membre du personnel selon l’art. 68 RCurabilis ou qu’il aurait 
formulé des menaces au sens de l’art. 69 al. 1 let. c RCurabilis. 

  Finalement, l’autorité intimée n’indique pas que des éléments de même 
nature auraient déjà par le passé été découverts dans la cellule du recourant. Il 
n’apparaît dès lors pas qu’une telle situation se soit déjà produite et que le 
comportement du recourant puisse être susceptible, de par sa répétition et 
l’absence de collaboration au traitement thérapeutique, d’être considéré comme 
fautif de par sa contrariété au but de Curabilis. 

  Au vu de ce qui précède, s’il est évident que l’autorité intimée devait 
communiquer les documents découverts dans la cellule du recourant au thérapeute 

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de ce dernier pour prise en compte dans son traitement thérapeutique, 
conformément au but de la mesure et de Curabilis, le comportement reproché à ce 
dernier ne constitue pas un comportement relevant du droit disciplinaire. 

9)  Dans ces circonstances, le recours sera admis et la décision litigieuse 
annulée. 

10)  Vu l’issue et la nature du litige, aucun émolument ne sera perçu 
(art. 87 al. 1 LPA ; art. 12 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en 
procédure administrative du 30 juillet 1986 - RFPA - E 5 10.03). Il ne sera pas 
alloué d’indemnité de procédure (art. 87 al. 2 LPA). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 3 janvier 2017 par Monsieur A______ contre la 
décision de l’établissement de Curabilis du 26 décembre 2016 ; 

au fond : 

l’admet ; 

annule la décision de l’établissement de Curabilis du 26 décembre 2016 ; 

dit qu’il ne pas perçu d’émolument, ni alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que conformément aux art. 78 et ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours 
qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en 
matière pénale ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ; 

communique le présent arrêt à Monsieur A______, ainsi qu'à l'établissement de 
Curabilis. 

 

https://intrapj/perl/JmpLex/E%205%2010.03

- 9/9 - 

A/21/2017 

Siégeants : M. Verniory, président, M. Thélin, Mme Payot Zen-Ruffinen, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

la greffière-juriste : 
 
 

S. Hüsler Enz 
 

 le président siégeant : 
 
 

J.-M. Verniory 
 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :