# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 0c5c9841-6cb0-5c83-b839-bc761dc4dcd0
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-12-15
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale 15.12.2008 P/13452/2003
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_010_P-13452-2003_2008-12-15.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par pli(s) recommandé(s) du 17 décembre 
2008  

Copie à l'OCP et au SDC 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

P/13452/2003 ACJP/301/2008 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale 

Audience du lundi 15 décembre 2008 

 

Entre 

Monsieur X______, comparant par Me Pierre SIEGRIST, partie appelante d'un 
jugement rendu par le Tribunal de police le 4 septembre 2006, 

et 

Y______SA, comparant par Me Michel BERGMANN, partie civile, 

LE PROCUREUR GENERAL de la République et canton de Genève, en son Parquet, 
Palais de justice, place du Bourg-de-Four à Genève, partie intimée. 

 

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P/13452/2003 

EN FAIT 

A. Par arrêt du 13 mai 2008 (6B_152/2007), le Tribunal fédéral a partiellement 
admis le recours en matière pénale interjeté par X______ contre l’arrêt de la 
Chambre pénale du 19 mars 2007 et renvoyé la cause à celle-ci afin qu'elle fixe à 
nouveau le nombre et la quotité des jours-amende de la peine pécuniaire avec 
sursis de telle manière que cette peine et l'amende additionnelle prononcée 
simultanément sanctionnent adéquatement la culpabilité du recourant, en tenant 
compte de sa capacité économique effective. 

 Le Tribunal fédéral a par ailleurs relevé que la Chambre pénale devrait, lors de la 
fixation de la peine, examiner si certaines des circonstances atténuantes de l'art. 48 
CP, en particulier celle de la lettre e de cette disposition, n’étaient pas réalisées, 
les actes reprochés au recourant s’étant déroulés entre le 6 décembre 2000 et le 26 
juin 2001. 

B. a. Par arrêt du 19 mars 2007, la Chambre pénale avait confirmé le jugement du 
Tribunal de police du 4 septembre 2006 dans la mesure où il avait reconnu 
X______ coupable d’infraction à l’art. 318 CP. Annulant ce jugement pour le 
surplus et, statuant à nouveau, en application du nouveau droit entré en vigueur le 
1er janvier 2007, elle avait condamné X______ à la peine de 30 jours amende – en 
lieu et place de la peine d’un mois d’emprisonnement fixée par le Tribunal de 
police –, déterminé le jour amende à 500 fr., mis X______ au bénéfice du sursis 
pendant une durée de 2 ans, l’avait condamné à une amende de 3'000 fr., 
déterminé la peine de substitution à 6 jours, le taux de conversion étant arrêté à 
500 fr. par jour, fixé le délai de radiation de l’amende à 2 ans, condamné X______ 
aux frais de la procédure d’appel ainsi qu’aux dépens de Y______SA, partie 
civile. 

 b. Dans la mesure où la Chambre pénale avait indiqué, en relation avec la peine 
pécuniaire de 30 jours-amende, que cette sanction devait détourner le recourant de 
commettre de nouvelles infractions, le Tribunal fédéral ne percevait pas 
concrètement quels motifs de prévention spéciale pouvaient justifier la sanction 
immédiate, que ne paraissaient pas pouvoir justifier non plus les mobiles du 
recourant qui, pour difficiles à cerner qu'ils fussent, n'étaient pas de nature 
financière. En soulignant la nécessité d'une sanction immédiate, le raisonnement 
de la Chambre pénale pouvait toutefois être justifié par les considérations de 
prévention générale qui sous-tendent la peine additionnelle au sens de l'art. 42 al. 
4 CP. Aussi, en l'espèce, le prononcé d'une telle amende n'était-il pas contestable 
dans son principe (arrêt du Tribunal fédéral 6B_152/2007, consid. 7.2.1).  

 Cela étant, il ressortait également de la motivation de l'arrêt entrepris que, selon la 
Chambre pénale, la peine de 30 jours-amende constituait une sanction adéquate de 

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la faute du recourant. Il s'ensuivait, sur le plan quantitatif, que la Chambre pénale 
ne pouvait, sans violer le principe selon lequel la peine doit être adaptée à la 
culpabilité de l'auteur, ajouter à la peine pécuniaire considérée comme adéquate 
une amende additionnelle non négligeable, sans réduire simultanément le nombre 
des jours-amende. Le recours était ainsi bien fondé sur ce point (arrêt du Tribunal 
fédéral 6B_152/2007, consid. 7.2.2). 

 De plus, la manière utilisée par la Chambre pénale pour fixer le montant du jour-
amende n'était pas conforme aux principes applicables en la matière, ne serait-ce 
que parce que le montant des jours-amende fixé par la Chambre pénale excédait le 
revenu brut du recourant (arrêt du Tribunal fédéral 6B_152/2007, consid. 8.5). 

C. Lors de l’audience devant la Chambre pénale du 22 septembre 2008, X______ a 
conclu à l’allocation d’une indemnité de procédure équitable. Il a produit diverses 
pièces, en particulier ses déclarations fiscales pour 2005 à 2007, qui montrent 
qu’il a obtenu des revenus variables.  

 Le Ministère public a conclu à la confirmation du jugement, avec suite de frais. 

D. Les faits pertinents suivants résultent du dossier : 

 X______, psychiatre, a été consulté par Z______ de 1999 à 2003. Il a établi, entre 
le 20 décembre 1999 et le 19 juillet 2001, différents certificats médicaux à 
l'intention de Y______SA, auprès de laquelle l'employeur de la patiente avait 
assuré son personnel en indemnités journalières maladie. Il y attestait, en 
substance, une incapacité totale de travail motivée par une dépression, des 
insomnies, des troubles hormonaux et une obésité. Y______SA a versé en faveur 
de Z______ des prestations à concurrence de 140'563 fr. 55 pour la période du 3 
août 1999 au 19 juillet 2001. 

 Le 25 août 2000, Z______ a présenté une demande de prestations à l'Office 
cantonal de l'assurance-invalidité, sur les instances de Y______ SA, qui entendait 
réduire ses propres prestations du montant de celles de l'assurance fédérale. Le 6 
décembre 2000, X______ a adressé à cet office un rapport circonstancié, à teneur 
duquel l'interruption de travail n'était pas due exclusivement à des raisons de 
santé, après une convalescence suite à une césarienne. Le médecin y observait que 
l'assurée avait préféré allaiter et éduquer sa fille, quitte à remettre en question sa 
profession et qu'il n'y avait pas de contre-indication à la poursuite de sa profession 
d'employée de bureau. Le 23 mai 2001, X______ a attesté à l'assurance-invalidité 
que sa patiente était à nouveau enceinte de plus de six mois, mais que son état 
était compatible avec une reprise de l'activité professionnelle dès fin juin 2001. Il 
a encore certifié le 26 juin 2001 que Z______ serait à nouveau capable de 
travailler à 100% dès le 19 juillet suivant. 

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 Par décision du 29 août 2001, l'Office cantonal de l'assurance-invalidité a rejeté la 
demande de prestations. Après avoir été informée de cette décision et avoir pris 
connaissance du dossier de l'assurance-invalidité, Y______SA a déposé plainte 
pénale pour escroquerie et faux certificat médical contre X______. 

E. X______ est né le ______ 1931. Il est marié et a deux enfants majeurs. Il exerce 
toujours son activité professionnelle de psychiatre dans un cabinet privé à ______. 

 Selon sa taxation fiscale pour l'année 2005, ses revenus bruts se sont élevés à 
238'856 fr. et les déductions liées à ses activités professionnelles, à 55'062 fr. Il a 
payé 2'656 fr. à titre d’assurance maladie et 34'049 fr. à titre d’impôts cantonaux 
et communaux. En 2006, ses revenus bruts ont été de 173'402 fr., dont il convient 
de déduire 47'750 fr. Sa prime d’assurance maladie était de 2'719 fr. et ses impôts 
cantonaux et communaux de 7'564 fr. En 2007, il a obtenu des revenus bruts de 
235'497 fr., alors que les déductions étaient de 22'664 fr. Sa prime d’assurance 
maladie a été de 2'717 fr. ; le montant de ses impôts cantonaux et communaux 
pour 2007 n’est en revanche pas connu. Le montant de ses impôts fédéraux pour 
les années 2005 à 2007 n’est pas davantage connu. 

 X______ n'a aucun antécédent judiciaire. 

EN DROIT 

1. La culpabilité de l’appelant est définitive ; reste en revanche à déterminer la peine 
qui doit lui être infligée. 

2. Il convient, en premier lieu de fixer le nombre de jours-amende, la condamnation 
à une peine pécuniaire n’étant pas remise en cause. 

 2.1 La détermination du nombre de jours-amende est fonction de la culpabilité de 
l'auteur. Il y a lieu d'appliquer la règle générale de l'art. 47 CP, selon laquelle le 
tribunal, hormis la faute au sens étroit (art. 47 al. 2 CP), doit prendre en 
considération les antécédents et la situation personnelle de ce dernier ainsi que 
l'effet de la peine sur son avenir (art. 47 al. 1 CP).  

 Le juge atténue la peine si l’intérêt à punir a sensiblement diminué en raison du 
temps écoulé depuis l’infraction et que l’auteur s’est bien comporté dans 
l’intervalle (art. 48 let. e CP). L’atténuation est obligatoire, mais selon la libre 
appréciation du tribunal. 

 2.2. En l’espèce, la Chambre pénale a considéré aux termes de son arrêt du 19 
mars 2007, pour des motifs dont la pertinence n’a pas été remise en cause par le 
Tribunal fédéral et auxquels il est possible de renvoyer, qu’une peine de 30 jours-
amende était adéquate. Il convient toutefois de réduire cette peine pour tenir 
compte, à titre de circonstance atténuante de l’art. 48 let. e CP, du temps écoulé 

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depuis l’infraction. En effet, les actes reprochés à l’appelant se sont déroulés entre 
le 6 décembre 2000 et le 26 juin 2001 et au moment du jugement de première 
instance (le 4 septembre 2006), puis de l'arrêt rendu sur appel (le 19 mars 2007) 
qui est déterminant, plus de cinq ans, respectivement près de six ans, s'étaient 
écoulés depuis les derniers faits, alors que le délai de prescription de l'infraction 
reprochée à l’appelant est de sept ans (art. 97 al. 1 CP; ancien art. 70 al. 1 CP).  

 L’appelant sera donc condamné à une peine de 20 jours-amende. 

3. Il convient ensuite de fixer le montant du jour-amende. 

 3.1 Les principes applicables pour fixer le montant du jour-amende ont été 
précisés par le Tribunal fédéral à l’arrêt 6B_152/2007 renvoyant la cause à la 
Chambre pénale (consid. 8.4). Il en ressort, en substance, qu’il doit être fixé en 
partant du revenu que l'auteur réalise en moyenne quotidiennement, lequel 
comprend, outre le revenu d'une activité lucrative dépendante ou indépendante, 
notamment les revenus d'une exploitation industrielle, agricole ou forestière, ainsi 
que les revenus de la fortune (loyers et fermages, intérêt du capital, dividendes, 
etc.), les contributions d'entretien de droit public ou privé, les prestations d'aide 
sociale ainsi que les revenus en nature (Message 1998, p. 1824). Ce qui est dû en 
vertu de la loi ou ce dont l'auteur ne jouit pas économiquement doit par ailleurs en 
être soustrait. Il en va ainsi des impôts courants, des cotisations à l'assurance-
maladie et accidents obligatoire, ou encore des frais nécessaires d'acquisition du 
revenu, respectivement pour les indépendants, des frais justifiés par l'usage de la 
branche (Message 1998, p. 1824). 

 L'évaluation du revenu net peut, dans la règle, être effectuée sur la base des 
données de la déclaration d'impôt (cf. art. 34 al. 3 CP). La notion pénale de revenu 
au sens de l'art. 34 al. 2 CP ne se confond cependant pas avec celle du droit fiscal, 
ce qui peut notamment avoir une incidence pour les indépendants, les 
propriétaires d'habitations ou les bénéficiaires de bourses. Si les revenus fluctuent 
fortement, il est nécessaire de se référer à une moyenne représentative des 
dernières années, sans que cela ne remette en cause le principe selon lequel la 
situation déterminante est celle existant au moment où statue le juge du fait (art. 
34 al. 2 2ème phrase CP). 

 3.2 En l’espèce, le revenu net de l’appelant varie assez fortement selon les années. 
Il peut toutefois être estimé, en moyenne, entre 2005 et 2007, à 146'175 fr. 
(147'089 fr. en 2005, 115'369 fr. en 2006 et environ 176'067 fr. en 2007, en tenant 
compte, pour cette dernière année, à titre d’impôts cantonaux et communaux, d’un 
montant équivalent à celui de 2005 puisque le montant effectivement dû n’est pas 
connu, mais qu’il doit être, à tout le moins, équivalent à celui payé en 2005, ses 
revenus étant similaires). Le revenu mensuel moyen net de l’appelant peut dès 
lors être évalué à 12'181 fr.  

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 Compte tenu de ce chiffre, le montant du jour-amende sera fixé à 400 fr. (12'181 
fr. ÷ 30 = 406 fr.). 

4. Il convient enfin d’examiner la question de l’amende infligée à l’appelant en vertu 
de l’art. 42 al. 4 CP. 

 4.1 Conformément à l'art. 42 al. 4 CP, le juge peut prononcer, en plus d'une peine 
assortie du sursis, une peine pécuniaire sans sursis ou une amende selon l'art. 106 
CP. Il s'agit, dans le domaine de la délinquance de masse, d'offrir au juge la 
possibilité d'infliger une sanction perceptible. Les infractions de masse, punies 
d'une simple amende lorsqu'elles sont de gravité minime, doivent pouvoir être 
réprimées d'une sanction ferme, lorsqu'elles atteignent le seuil de gravité des 
délits. Dans cette mesure, soit dans le domaine de la criminalité la moins grave, 
l'art. 42 al. 4 CP tend à réaliser l'égalité de traitement dans la sanction. La peine 
pécuniaire ferme additionnelle, respectivement l'amende, contribuent par ailleurs à 
accroître le potentiel coercitif relativement faible de la peine pécuniaire avec 
sursis, dans une optique de prévention générale et spéciale. Il s'agit d'une forme 
d'admonition à l'adresse du condamné afin d'attirer son attention (et autant que 
nécessaire l'attention générale) sur le sérieux de la situation tout en lui démontrant 
ce qui l'attend s'il ne s'amende pas (arrêt du Tribunal fédéral 6B_152/2007, 
consid. 7.1.1). 

 4.2 En l’espèce, le comportement dont l’appelant s’est rendu coupable ne fait 
manifestement pas partie de ce qui peut être qualifié de « délinquance de masse ». 
Une sanction immédiate, sous forme d’amende, ne permettrait pas d’attirer 
davantage l’attention de l’appelant sur le caractère répréhensible de ses actes. Il 
n’y a dès lors pas lieu de maintenir l’amende prononcée en application de l’art. 42 
al. 4 CP. 

5. Les frais de la procédure consécutive au prononcé de l’arrêt du Tribunal fédéral 
sont laissés à la charge de l’Etat. 

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PAR CES MOTIFS, 

LA COUR : 

Annule l’arrêt de la Chambre pénale du 19 mars 2007 dans la cause P/13452/2003 en 
tant qu’il a condamné X______ à une peine de 30 jours-amende, d’un montant de 500 
fr. l’un, l’a condamné à une amende de 3'000 fr. et a fixé la peine de substitution à 
6 jours. 

Et, statuant à nouveau : 

Condamne X______ à une peine de 20 jours-amende. 

Fixe le montant du jour-amende à 400 fr. 

Dit que les frais de la procédure consécutive au prononcé de l’arrêt du Tribunal fédéral 
sont laissés à la charge de l’Etat. 

Siégeant : 

Monsieur François PAYCHÈRE, président; Monsieur Jean-Marc STRUBIN et Madame 
Sylvie DROIN, juges; Madame Joëlle BOTTALLO, greffière. 

 

Le président : 

François PAYCHÈRE 

 La greffière : 

Joëlle BOTTALLO 

 

Indication des voies de recours : 

Conformément aux art. 78 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par devant le Tribunal fédéral 

par la voie du recours en matière pénale. 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.