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**Case Identifier:** aa281efd-0144-5158-83d2-d9b09383faef
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2012-02-20
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des baux et loyers 20.02.2012 C/15974/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_004_C-15974-2011_2012-02-20.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 22.02.2012. 

 
  

R E P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/15974/2011 ACJC/  

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des baux et loyers 

DU LUNDI 20 FEVRIER 2012 

 

Entre 

1) Monsieur X______, domicilié xx, rue B______ (GE), recourant contre un jugement 
rendu par le Tribunal des baux et loyers le 14 octobre 2011, comparant en personne,  

2) Madame Y______, domiciliée xx, rue B______ (GE), recourante, comparant en 
personne,  

 

d’une part, 

Et 

1) Madame Z______, représentée par A______, rue de ______, 1211 Genève 11, 
intimée, 

d’autre part, 

 

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C/15974/2011 

EN FAIT 

A. a) Par requête déposée le 11 août 2011 auprès du Tribunal des baux et loyers, 
l'agence immobilière A______ mandatée à cet effet par Z______ a sollicité 

l'exécution indirecte du jugement JTBL/204/2011 prononcé le 8 mars 2011 par le 

Tribunal des baux et loyers de Genève dans la cause C/1355/2011 opposant 

Z______ à X______ et Y______. 

Ce jugement, rendu contradictoirement selon la procédure de cas clairs, a con-

damné les cités à évacuer immédiatement de leur personne, de leurs biens et de 

tout tiers l'appartement de 5 pièces au 4ème étage plus une cave no xx dans l'im-

meuble sis xx, rue B______ (Genève).  

b) La requérante a joint le jugement précité, lequel était muni d'un timbre du 
Tribunal des baux et loyers du 25 mai 2011 attestant son caractère exécutoire. 

c) Par courrier du 21 septembre 2011, le Tribunal des baux et loyers a cité 
X______ et Y______ à comparaître pour une audience fixée le 11 octobre 2011.  

Les cités n'ont pas retiré les plis recommandés qui leur ont été adressés à cette fin. 

d) Lors de l'audience du 11 octobre 2011, tenue par le Tribunal des baux et loyers 
en présence d'un représentant de l'Hospice général et d'un représentant de l'Office 

du logement, la requérante a comparu et persisté dans sa demande. Elle a exposé 

que l'arriéré de loyer avait été résorbé par les locataires par un versement datant 

du mois de mai 2011 et exposé que ceux-ci s'acquittaient depuis lors régulière-

ment des indemnités pour occupation illicite des locaux. Elle a précisé cependant 

qu'il s'agissait de la troisième résiliation de bail pour défaut de paiement depuis 

2003. 

Les cités n'ont pas comparu. 

B. a) Après avoir retenu la cause à juger, le Tribunal des baux et loyers, statuant par 
jugement du 14 octobre 2011 a sursis à l'exécution par la force publique du juge-

ment JTBL/204/2011 rendu le 8 mars 2011 pendant une période de quatre mois à 

compter de l'entrée en force de son jugement et a autorisé Z______ à faire 

exécuter par la force publique le jugement JTBL/204/2011 à l'expiration du délai 

mentionné ci-dessus. 

b) Le jugement précité a été notifié à X______ et Y______ le 19 octobre 2011 par 
acte d'huissier judiciaire. 

C. a) Par acte posté le 28 octobre 2011 au greffe de la Cour de justice, X______ a 
déclaré faire recours contre ledit jugement.  

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C/15974/2011 

Il a implicitement conclu à son annulation, exposant avoir réglé tous les loyers et 

contestant dès lors le maintien de la résiliation du bail.  

Il estimait qu'il n'était plus justifié de rendre exécutoire le jugement, observant 

qu'il était inique d'expulser une famille avec des enfants en bas âge alors que le 

loyer était payé et qu'il existait une situation de pénurie de logement.  

b) Par courrier du 10 novembre 2011 adressé à la Cour de justice, Y______ a fait 
savoir qu'elle était d'accord avec le recours formulé par son mari contre le 

jugement du Tribunal des baux et loyers du 14 octobre 2011. 

c) Par courrier du 9 novembre 2011 adressé à la Cour de justice, Z______ a 
persisté dans sa demande d'exécution du jugement d'évacuation.  

d) La réponse a été transmise le 18 novembre 2011 aux parties recourantes.  

La Cour a retenu la cause à juger sans débats ni instruction.  

EN DROIT 

1. Il ressort de l'art. 309 let. a CPC que seule la voie du recours est ouverte contre les 
décisions du Tribunal de l'exécution.  

Selon l'art. 321 al. 1 CPC, le recours, écrit et motivé, est introduit auprès de l'ins-

tance de recours dans les 30 jours à compter de la notification de la décision moti-

vée. Ce délai est réduit à 10 jours pour les décisions prises en procédure sommaire 

(art. 321 al. 2 CPC). 

Les décisions du Tribunal de l'exécution sont rendues en procédure sommaire 

(art. 339 al. 2 CPC). 

En l'occurrence, la décision entreprise était une décision finale de première ins-

tance ne pouvant faire l'objet d'un appel. Rendue en procédure sommaire, elle 

devait être attaquée dans le délai de 10 jours à compter de sa notification.  

En l'occurrence ce délai a été respecté par le recourant, mais non par son épouse. 

2. 2.1. Selon l'art. 70 al. 1 CPC, les parties à un rapport de droit qui n'est susceptible 
que d'une décision unique doivent agir ou être actionnés conjointement.  

Selon l'art. 70 al. 2 CPC, les actes de procédure accomplis en temps utile par l'un 

des consorts valent pour ceux qui n'ont pas agi, à l'exception des déclarations de 

recours.  

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2.2. Dans le cas particulier, seul l'un des deux colocataires visés par le jugement 
d'évacuation ainsi que par le jugement d'exécution qui fait l'objet du recours, a 

recouru en temps utile. 

Il convient dès lors de déterminer si le recourant avait la qualité de consort néces-

saire auquel cas son recours devrait être déclaré irrecevable, faute d'avoir été 

exercé, dans le délai de recours, par les deux consorts. 

2.3. La consorité nécessaire résulte exclusivement du droit matériel (JEANDIN, 
Code de procédure civile commenté, 2011 n. 3 ad. art. 70 CPC). 

Selon la jurisprudence récente et la doctrine majoritaire, les colocataires, qu'ils 

soient conjoints, partenaires enregistrés ou simples colocataires, forment une con-

sorité matérielle nécessaire et doivent agir ensemble, en particulier pour contester 

le loyer. 

Dans une jurisprudence antérieure, concernant cette fois une résiliation du bail, le 

Tribunal fédéral avait relevé que la solidarité entre époux colocataires impliquait 

au contraire que chacun puisse faire valoir les droits découlant du contrat, si bien 

qu'il n'existait pas de consorité matérielle nécessaire entre époux colocataires, (TF 

in SJ 2011 I p. 29 consid. 3.1 et 3.3 et réf. à ATF 118 II 168 = SJ 1992 592). 

2.4. Dans le cas d'espèce, les occupants du logement ne sont plus partie prenante à 
un quelconque contrat de bail dès lors que, dans la procédure en exécution indi-

recte, il a déjà été constaté antérieurement par une décision définitive et exécutoire 

que le bail était éteint.  

2.5. S'il n'existe plus de rapport de colocation, il subsiste néanmoins une relation 
juridique découlant du droit matériel, à savoir celle relevant du logement de fa-

mille, dès lors que les occupants de l'appartement litigieux sont mariés.  

Or, selon l'art. 273 a CO, lorsque la chose louée sert de logement à la famille, le 

conjoint du locataire peut aussi contester le congé, demander la prolongation du 

bail et exercer les autres droits du locataire en cas de congé. 

Cette faculté que la loi confère à chacun des conjoints de prendre les dispositions 

nécessaires susceptibles de protéger le logement de famille doit logiquement se 

poursuivre après la résiliation du bail, tant que subsiste l'occupation du logement.  

Dans ce contexte, l'on doit considérer que chacun des conjoints est habilité, lors-

qu'il est actionné en évacuation du logement ou lorsque, ultérieurement, une 

demande d'exécution forcée du jugement d'évacuation est requise à son encontre à 

prendre seul les conclusions qui lui paraissent propres à préserver l'usage dudit 

logement de famille. En d'autres termes, il n'y a pas de consorité matérielle néces-

saire entre conjoints colocataires ou ex-colocataires.  

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2.6. Ainsi, dans le cas particulier, le recourant pouvait agir seul, sans le concours 
de son épouse, pour recourir contre le jugement du Tribunal de l'exécution. Son 

recours est ainsi recevable.  

En revanche, en application de l'art. 70 al. 2 CPC, son recours ne profite pas à son 

épouse.  

Cette dernière, qui a tardé à agir, devra donc se laisser opposer le jugement du 

14 octobre 2011. 

3. Il convient d'entrer en matière sur les griefs adressés par le recourant à l'encontre 
du jugement entrepris.  

3.1. Selon l'art. 320 CPC, le recours est recevable pour violation du droit ou 
constatation manifestement inexacte des faits.  

Par ailleurs, selon l'art. 341 al. 3 CPC, sur le fond, la partie succombante peut uni-

quement alléguer que des faits s'opposant à l'exécution de la décision se sont pro-

duits après la notification de celle-ci, par exemple l'extinction, le sursis, la pres-

cription ou la péremption de la prestation due.  

3.2. A cet égard, le recourant fait valoir qu'il a rattrapé, postérieurement au juge-
ment ordonnant son évacuation, l'arriéré de loyer qui avait conduit à la résiliation 

du bail et qu'il s'acquittait ponctuellement des indemnités pour occupation illicite 

des locaux. Cette allégation, admise par l'intimée, doit être considérée comme éta-

blie.  

Cela étant, cette situation, qui a été prise en compte par les premiers juges, ne rend 

pas caduque pour autant le jugement d'évacuation. En effet, l'obligation stipulée 

par ledit jugement n'a toujours pas été exécutée.  

3.3. Dans un deuxième moyen, le recourant fait valoir que la mise à exécution du 
jugement d'évacuation frapperait de manière injuste et sans nécessité une famille 

s'acquittant désormais régulièrement du loyer et exposée, en raison d'une pénurie 

du logement notoire, à ne pas retrouver de logement vacant ou décent si l'exécu-

tion du jugement devait être prononcée.  

Saisi d'une requête d'exécution, le Tribunal dispose, lorsque la décision prescrit 

une obligation de faire, de plusieurs modalités prévues par l'art. 343 al. 1 CPC.  

Le Tribunal de l'exécution peut librement choisir quelles modalités il ordonne afin 

de permettre l'exécution de la décision concernée. La partie requérante peut évi-

demment suggérer une méthode d'exécution. Le Tribunal de l'exécution doit, pour 

sa part, faire en sorte qu'une décision judiciaire déjà entrée en force soit exécutée 

dans les meilleurs délais (LUSCHER/HOFMANN, Le code de procédure civile, 

2009 p. 211). 

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Toutefois, plusieurs auteurs s'accordent à reconnaître que les mesures de con-

trainte directe prévues par l'art. 343 al. 1 let. d et e CPC revêtent dans la règle un 

caractère subsidiaire.  

Ainsi, le juge n'ordonnerait en principe l'exécution par la force publique que si la 

contrainte indirecte n'a pas produit d'effet ou semble d'emblée vouée à l'échec 

(HOHL, Procédure civile, Tome II, 2010 n. 3226 p. 573; JEANDIN Code de 

procédure civile commenté 2011 n. 15 ad. art. 343 CPC; OBERHAMMER, Kurz 

Kommentar zur ZPO, 2010, n. 10 ad art. 343 LPC). 

Le juge n'ordonnera l'exécution par contrainte directe que lorsque l'intérêt du 

créancier à une exécution rapide du jugement le nécessite (JEANDIN, op.cit. n. 15 

ad. art. 343 CPC; SUTTER-SOMM/HASENBÖHLER/LEUENBERGER, Kom-

mentar zur ZPO, 2010, n. 11 ad art. 343 CPC). 

La Cour de céans entend se rallier à ces opinions, ce d'autant plus qu'elles s'ins-

crivent dans la ligne préconisée par le législateur cantonal qui a prévu en son 

art. 26 al. 4 LACC que le Tribunal pouvait, pour des motifs humanitaires, surseoir 

à l'exécution du jugement d'évacuation dans la mesure nécessaire pour permettre 

le relogement du locataire ou du fermier.  

3.4. Dans le cas présent, aucune mesure de contrainte indirecte n'a encore été 
ordonnée.  

Le créancier n'a aucun intérêt actuel à obtenir une évacuation rapide du logement 

dès lors que le recourant s'acquitte jusqu'à présent ponctuellement des indemnités 

pour occupation illicite des locaux.  

Rien n'indique enfin qu'une mesure de contrainte indirecte puisse être inopérante.  

Dans ces circonstances, en ordonnant d'emblée l'évacuation des occupants du lo-

gement par la force publique avec, pour seul atermoiement, un délai de quatre 

mois, le Tribunal des baux et loyers n'a pas fait une application proportionnée et 

correcte de l'art. 343 CPC.  

Sa décision sera donc annulée concernant le recourant.  

La Cour, statuant à nouveau sur ce point comme l'art. 327 al. 3 let. b CPC l'y auto-

rise, condamnera le recourant à exécuter le jugement à compter d'un délai de deux 

mois dès réception du présent arrêt.  

A défaut d'exécution, il sera condamné à verser une amende d'ordre de 50 fr. par 

jour d'inexécution conformément à l'art. 343 al. 1 let. c CPC.  

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Il appartiendra à l'intimée, si elle s'y estime fondée, de déposer une nouvelle 

requête en exécution au cas où la susdite mesure s'avérerait inefficace (SUTTER-

SOMM et alii, op. cit., n. 15 ad art. 343 CPC). 

4. Conformément à l'art. 17 al. 1 LACC, il n'est pas prélevé de frais dans les causes 
soumises à la juridiction des baux et loyers, étant rappelé que selon l'art. 116 al. 1 

CPC, les cantons, peuvent prévoir des dispenses de frais plus larges que celles ins-

taurées par le droit fédéral.  

4.1. La présente décision, qui statue sur l'exécution forcée d'un jugement, peut 
faire l'objet d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral (art. 72 al. 2 let. b 

ch. 1 LTF). 

4.2. Les contestations portant sur l'usage d'une chose louée sont de nature pécu-
niaire (TF, SJ 1997 p. 493 consid.1). 

L'intérêt économique, du bailleur ou du locataire, dans le cadre d'une procédure en 

expulsion du logement, peut être assimilé à la valeur que représente l'usage des 

locaux pendant la période durant laquelle le déguerpissement de l'occupant n'a pas 

été exécuté par la force publique (TF n.p. 4A_72/2007 du 22 août 2007, 

consid. 2). 

4.3. En l'occurrence, les parties n'ont pas indiqué le montant du loyer qui était dû 
pour l'appartement litigieux.  

La valeur litigieuse ne peut donc être déterminée à ce stade.  

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre des baux et loyers : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours formé par X______ à l'encontre du jugement 

JTBL/1215/2011 rendu le 14 octobre 2011 par le Tribunal des baux et loyers dans la 

cause C/15974/2011-7-E. 

Déclare irrecevable le recours contre ledit jugement formé par Y______.  

Au fond : 

Annule ledit jugement en tant qu'il concerne X______.  

Et statuant à nouveau : 

Sursoit à l'exécution du jugement JTBL/204/2011 rendu le 8 mars 2011 pendant une 

période de deux mois à compter de la notification du présent arrêt.  

Condamne X______ à verser à l'Etat de Genève une amende de 50 fr. par jour dès 

l'échéance du susdit délai pour le cas où il n'exécuterait pas la décision d'évacuation. 

Dit que l'amende sera due jusqu'à la libération effective des locaux occupés par 

X______ visés dans le jugement JTBL/204/2011 précité.  

Déboute les parties de toutes autres conclusions.  

Siégeant : 

Monsieur Pierre CURTIN, président; Madame Sylvie DROIN et Monsieur Blaise 

PAGAN, juges; Madame Maïté VALENTE, greffière. 

 

Le président : 

Pierre CURTIN 

 La greffière : 

Maïté VALENTE 

 

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Indication des voies de recours: 

 
Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par devant le Tribunal fédéral 

par la voie du recours en matière civile. 

 
Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF cf. consid. 5.3.