# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 13c346fb-a31f-5d06-a240-0dc54e5ea336
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2015-07-31
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 31.07.2015 D-4624/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-4624-2015_2015-07-31.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour IV 

D-4624/2015 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  3 1  j u i l l e t  2 0 1 5  

Composition 
 Gérard Scherrer, juge unique,  

avec l'approbation de Hans Schürch, juge ; 

Yves Beck, greffier. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), Afghanistan, alias 

B._______, né le (…), Afghanistan,  

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile (non-entrée en matière / procédure Dublin) et renvoi; 

décision du SEM du 15 juillet 2015 / (…). 

 

 

 

D-4624/2015 

Page 2 

Vu 

la demande d'asile déposée en Suisse, le 10 juin 2015, par l'intéressé, 

sous l'identité de B._______, né le (…),  

la décision du 15 juillet 2015, notifiée six jours plus tard, par laquelle le 

SEM, se fondant sur l'art. 31a al. 1 let. b LAsi (RS 142.31), n'est pas entré 

en matière sur cette demande, a prononcé le transfert de l'intéressé vers 

la Hongrie et a ordonné l'exécution de cette mesure, constatant l'absence 

d'effet suspensif à un éventuel recours,  

le recours interjeté, le 28 juillet 2015, contre cette décision,  

les demandes d'assistance judiciaire partielle et d'octroi de l'effet suspensif 

dont il est assorti,  

la réception du dossier de première instance par le Tribunal administratif 

fédéral (ci-après: le Tribunal), le 30 juillet 2015,  

 

et considérant 

que le Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les 

décisions au sens de l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à 

l'art. 33 LTAF,  

qu'en particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile 

peuvent être contestées devant le Tribunal, lequel statue alors 

définitivement, sauf demande d'extradition déposée par l'Etat dont le 

requérant cherche à se protéger (art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi 

de l'art. 105 LAsi, et art. 83 let. d ch. 1 LTF), exception non réalisée en 

l'espèce,  

que l'intéressé a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA),  

qu'interjeté dans la forme (cf. art. 52 al. 1 PA) et le délai (cf. art. 108 al. 2 

LAsi) prescrits par la loi, son recours est recevable,  

que le SEM est en droit de se prononcer à titre préjudiciel sur la qualité de 

mineur dont se prévaut un requérant, s'il existe des doutes sur les données 

relatives à son âge (cf. ATAF 2009/54 consid. 4.1); que pour ce faire, il se 

fonde sur les papiers d'identité authentiques déposés, ainsi que sur les 

D-4624/2015 

Page 3 

résultats d'une audition portant en particulier sur l'environnement du 

requérant dans son pays d'origine, son entourage familial, et sa scolarité, 

voire d'un examen osseux, étant précisé que le requérant doit supporter 

les conséquences du défaut de la preuve relative à sa minorité, le fardeau 

de la preuve, au plan matériel, lui incombant (cf. arrêt du Tribunal E-

1928/2014 du 24 juillet 2014 consid. 2.2.1 et jurisp. cit.; cf. aussi art. 17 al. 

3bis LAsi),  

qu'en l'espèce, le SEM a retenu que l'intéressé était majeur, 

contrairement à ce qu'il prétend, 

que celui-ci n'a avancé, dans son recours, aucun argument convaincant ou 

moyen de preuve susceptibles de remettre en cause l'appréciation retenue 

par le SEM,  

que l'intéressé a en particulier fait des déclarations contradictoires ou peu 

plausibles sur son identité (sur cette notion: cf. art. 1a let. a de l'ordonnance 

1 du 11 août 1999 sur l'asile [OA 1, RS 142.311]) aux autorités des pays 

qu'il aurait traversés pour venir en Suisse,  

que, notamment, en Grèce, il s'y serait présenté sous l'identité de C._______ 

et il ne se souviendrait plus de l'âge qu'il aurait mentionné aux autorités 

hongroises,  

qu'il n'est pas crédible qu'il ne puisse, même approximativement, donner 

l'âge de sa mère, laquelle lui aurait pourtant appris sa date de naissance,  

que, surtout, les autorités hongroises, auraient expressément rejeté la 

demande de reprise en charge du SEM (cf. infra), si le recourant avait été 

enregistré auprès d'elles en tant que mineur; qu'en effet, dans ce cas, la 

Suisse aurait apparemment été responsable du traitement de la demande 

d'asile du recourant, en vertu de l'art. 8 par. 4 du règlement (UE) no 604/2013 

du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les 

critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de 

l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un 

des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride 

(refonte) (JO L 180/31 du 29.6.2013, ci-après: règlement Dublin III),  

qu'enfin, la copie de la "tazkira" remise à l'appui du recours n'est pas non 

plus de nature à rendre vraisemblable la minorité alléguée, vu la valeur 

probatoire particulièrement faible, voire inexistante, de ce document; que 

de telles pièces – dont les informations ne sont au surplus pas toujours 

D-4624/2015 

Page 4 

fiables même lorsqu'elles sont authentiques – peuvent être aisément 

falsifiées ou achetées (cf. en particulier Organisation suisse d'aide aux 

réfugiés [OSAR], Afghanistan: Tazkira, 12 mars 2013),  

qu'au vu de ce qui précède, le recourant n'ayant pas établi sa minorité, il 

est par conséquent tenu pour majeur, le grief de son recours y relatif devant 

dès lors être écarté,  

que peut dont rester indécise la question de savoir si le droit d'être entendu 

du recourant a été violé (cf. le recours, p. 3 dernier paragraphe et p. 4) par 

le fait que le SEM ne lui aurait pas communiqué le nom et les qualifications 

du médecin ayant procédé en Suisse à une analyse médicale le 12 juin 

2015, dans le cadre de laquelle les os de son poignet gauche ont été 

examinés et dont il ressort qu'il serait âgé d'au minimum 19 ans,  

qu'il s'agit maintenant de déterminer si le SEM était fondé à faire application 

de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, disposition en vertu de laquelle il n'entre pas en 

matière sur une demande d'asile lorsque le requérant peut se rendre dans 

un Etat tiers compétent, en vertu d'un accord international, pour mener la 

procédure d'asile et de renvoi,  

qu'avant de faire application de la disposition précitée, le SEM examine la 

compétence relative au traitement d'une demande d'asile selon les critères 

fixés dans le règlement Dublin III,  

que, s'il ressort de cet examen qu'un autre Etat est responsable du 

traitement de la demande d'asile, le SEM rend une décision de non-entrée 

en matière après que l'Etat requis a accepté la prise ou la reprise en charge 

du requérant d'asile, 

qu'aux termes de l'art. 3 par. 1 du règlement Dublin III, une demande de 

protection internationale est examinée par un seul Etat membre, celui-ci 

étant déterminé selon les critères fixés à son chapitre III, 

que la procédure de détermination de l'Etat responsable est engagée, 

aussitôt qu'une demande d'asile a été déposée pour la première fois dans 

un Etat membre (art. 20 par. 1 du règlement Dublin III),  

que dans une procédure de prise en charge (anglais : take charge), les 

critères énumérés au chapitre III du règlement (art. 8-15) doivent être 

appliqués successivement (principe de l'application hiérarchique des 

critères de compétence, art. 7 par. 1 du règlement Dublin III), 

D-4624/2015 

Page 5 

que pour ce faire, il y a lieu de se baser sur la situation existant au moment 

du dépôt de la première demande dans un Etat membre (art. 7 par 2 du 

règlement Dublin III ; ATAF 2012/4 consid. 3.2 ; CHRISTIAN 

FILZWIESER/ANDREA SPRUNG, Dublin II-Verordnung, Das Europäische 

Asylzuständigkeitssystem, état au 1er février 2014, Vienne 2014, pt. 4 sur 

l'art. 7), 

qu'en revanche, dans une procédure de reprise en charge (anglais : take 

back), il n'y a en principe aucun nouvel examen de la compétence selon le 

chapitre III (ATAF 2012/4 consid. 3.2.1 et réf. citées), 

que, lorsqu'aucun Etat membre responsable ne peut être désigné sur la 

base de ces critères, le premier Etat membre auprès duquel la demande 

de protection internationale a été introduite est responsable de l'examen 

(art. 3 par. 2 1ère phrase du règlement Dublin III),  

qu'en vertu de l'art. 3 par. 2 du règlement Dublin III, lorsqu'il est impossible 

de transférer un demandeur vers l'Etat membre initialement désigné 

comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il 

existe dans cet Etat membre des défaillances systémiques dans la 

procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui 

entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de 

l'art. 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne 

(JO C 364/1 du 18.12.2000, ci-après: CharteUE), l'Etat procédant à la 

détermination de l'Etat responsable poursuit l'examen des critères fixés au 

chapitre III afin d'établir si un autre Etat peut être désigné comme 

responsable, 

que lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur vers un Etat 

désigné sur la base de ces critères ou vers le premier Etat auprès duquel 

la demande a été introduite, l'Etat membre procédant à la détermination 

devient l'Etat responsable, 

que l'Etat responsable de l'examen d'une demande de protection 

internationale en vertu du règlement est tenu de reprendre en charge, dans 

les conditions prévues aux art. 23, 24, 25 et 29, le demandeur dont la 

demande est en cours d'examen et qui a présenté une demande auprès 

d'un autre Etat membre ou qui se trouve, sans en avoir reçu la permission, 

sur le territoire d'un autre Etat membre (art. 18 par. 1 point b du règlement 

Dublin III),  

D-4624/2015 

Page 6 

que, sur la base de l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III (clause de 

souveraineté), chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande 

de protection internationale qui lui est présentée par le ressortissant d'un 

pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu 

des critères fixés dans le règlement,  

qu'en l'occurrence, les investigations entreprises par le SEM ont révélé, 

après consultation de l'unité centrale du système européen «Eurodac», 

que le recourant a déposé une demande d'asile en Hongrie, le 16 mai 

2015,  

qu'en date du 23 juin 2015, le SEM a dès lors soumis aux autorités 

hongroises compétentes, dans les délais fixés à l'art. 23 par. 2 et à l'art. 24 

par. 2 du règlement Dublin III, une requête aux fins de reprise en charge, 

fondée sur l'art. 18 par. 1 let. b du règlement Dublin III,  

que, n'ayant pas répondu à cette requête dans le délai prévu par l'art. 25 

par. 1 du règlement Dublin III, la Hongrie est réputée l'avoir acceptée et, 

partant, avoir reconnu sa compétence pour traiter la demande d'asile de 

l'intéressé (art. 25 par. 2 du règlement Dublin III),  

que ce point n'est du reste plus contesté dans le recours,  

que l'art. 3 par. 2 al. 2 du règlement Dublin III n'est pas applicable, dès lors 

qu'il n'y a aucune raison de croire qu'il existe, en Hongrie, des défaillances 

systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des 

demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant 

au sens de l'art. 4 de la CharteUE,  

que le recourant ne le soutient du reste pas,  

qu'enfin, à l'appui de son recours, il n'a pas non plus allégué, ni a fortiori 

démontré, l'existence d'un risque concret que les autorités hongroises 

refuseraient de le reprendre en charge et, surtout, de mener à terme 

l'examen de sa demande de protection, en violation de la directive 

no 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 

relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la 

protection internationale [refonte] (JO L 180/60 du 29.6.2013, ci-après: 

directive Procédure) et la directive no 2013/33/UE du Parlement européen 

et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des 

personnes demandant la protection internationale [refonte] (JO L 180/96 

du 29.6.2013, ci-après: directive Accueil),  

D-4624/2015 

Page 7 

qu'il n'a pas non plus fourni d'élément concret susceptible de démontrer 

que la Hongrie ne respecterait pas le principe du non-refoulement, et donc 

faillirait à ses obligations internationales en le renvoyant dans un pays où 

sa vie, son intégrité corporelle ou sa liberté seraient sérieusement 

menacées, ou encore d'où il risquerait d'être astreint à se rendre dans un 

tel pays,  

que, finalement, il convient de rappeler que le règlement Dublin III ne 

confère pas aux demandeurs d'asile le droit de choisir l'Etat membre 

offrant, à leur avis, les meilleures conditions d'accueil comme Etat 

responsable de l'examen de leur demande d'asile (cf. par analogie ATAF 

2010/45 consid. 8.3),  

que, dans ces conditions, le transfert du recourant vers la Hongrie n'est pas 

contraire aux obligations découlant de dispositions conventionnelles 

auxquelles la Suisse est liée (cf. en particulier l'art. 3 CEDH et l'art. 3 de la 

Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou 

traitements cruels, inhumains ou dégradants [Conv. Torture, RS 0.105]),  

qu'enfin, le SEM a examiné les faits allégués par l'intéressé, susceptibles 

de constituer des "raisons humanitaires", au sens de l'art. 29a al. 3 OA1,  

qu'il a fait correctement usage de son pouvoir d'appréciation en prenant en 

compte les éléments allégués par le recourant et en motivant sa décision 

à cet égard (cf. consid. III),  

qu'il n'a pas fait preuve d'arbitraire dans son appréciation ni violé le principe 

de la proportionnalité ou de l'égalité de traitement, étant précisé que le 

Tribunal ne saurait substituer son appréciation à la sienne (cf. arrêt du 

Tribunal E-641/2013 consid. 8, destiné à publication),  

que l'autorité inférieure a donc établi de manière complète et exacte l'état 

de fait pertinent et n'a commis ni excès ni abus de son large pouvoir 

d'appréciation en refusant d'admettre l'existence de raisons humanitaires 

au sens de l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III en combinaison avec 

l'art. 29a al. 3 OA 1 (cf. ATAF E-641/2014 précité),  

que, dans ces conditions, c'est à bon droit que le SEM n'est pas entré en 

matière sur la demande d'asile du recourant, en application de l'art. 31a 

al. 1 let. b LAsi, et qu'il a prononcé son transfert de Suisse vers la Hongrie, 

en application de l'art. 44 LAsi, aucune exception à la règle générale du 

renvoi n'étant réalisée (art. 32 OA 1), 

D-4624/2015 

Page 8 

que, cela étant, les questions relatives à l'existence d'un empêchement à 

l'exécution du renvoi (ou transfert) pour des raisons tirées de l'art. 83 al. 2 à 

4 LEtr (RS 142.20) ne se posent plus séparément, dès lors qu'elles sont 

indissociables du prononcé de la non-entrée en matière (cf. ATAF 2010/45 

précité consid. 10), 

qu'ainsi, le recours doit être rejeté et la décision attaquée confirmée, 

que, s'avérant manifestement infondé, il est rejeté dans une procédure à 

juge unique, avec l'approbation d'un second juge (cf. art. 111 let. e LAsi), 

que, dans la mesure où il est immédiatement statué sur le fond, la requête 

formulée dans le recours tendant à l'octroi de l'effet suspensif est sans 

objet,  

que les conclusions du recours étant d'emblée vouées à l'échec, la requête 

d'assistance judiciaire partielle est rejetée,  

que, vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la 

charge du recourant (cf. art. 63 al. 1 PA; art. 2 et art. 3 du règlement du 

21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le 

Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]), 

 

 

(dispositif page suivante) 

  

D-4624/2015 

Page 9 

le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté.  

2.  

La requête d'assistance judiciaire partielle est rejetée.  

3.  

Les frais de procédure, d'un montant de 600 francs, sont mis à la charge 

du recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans 

les 30 jours dès l'expédition du présent arrêt.  

4.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité cantonale.  

 

Le juge unique : Le greffier : 

  

Gérard Scherrer Yves Beck 

 

 

Expédition :