# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a0dea657-362a-560c-b6ef-11a29ee6ebd6
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2017 / 61
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2017---61_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC16.021928-162060

43 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
19 avril 2017

_________________

Composition
:              Mme             
Rouleau,
présidente

             
              Mme             
Byrde et M. Maillard, juges

Greffier
              :             
M.              Elsig

 

 

*****

 

 

Art.
82 al. 1 LP

 

 

             
La Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal, statuant à huis clos en sa qualité
d'autorité de recours en matière sommaire de poursuites, s'occupe du recours exercé par
P.________,
à [...], contre le prononcé rendu le 23 juin 2016, à la suite de l’audience du 16
juin 2016, par le Juge de paix du district de Morges, dans la cause opposant le recourant à
U.________
SA, à [...].

 

             
Vu les pièces au dossier, la cour considère :

 

 

             
En fait :

 

 

1.             
Le 2 octobre 2015, à la réquisition de « E.________ AG » l'Office des poursuites
du district de Morges a notifié à P.________, dans la poursuite n°7'610’022, un
commandement de payer le montant de 28'000 fr. avec intérêt à 5 % l'an dès le
20 avril 2013, mentionnant comme titre de la créance ou cause de l'obligation "Prix
de vente selon convention d’achat d’actions du 19 octobre 2012".

 

             
Le poursuivi a formé opposition totale.

 

 

2.             
a) Le 10 mai 2016, « U.________ SA »,
par son conseil, a requis du Juge de paix du district de Morges qu'il prononce la mainlevée provisoire
de l'opposition. A l’appui de sa requête, elle a produit, outre l'original du commandement
de payer susmentionné, les pièces suivantes :

 

-
un extrait du Registre du commerce du Canton de Vaud du 22 mars 2016 relatif à la société
Q.________ SA en liquidation dont il ressort que la faillite de cette société, prononcée
le 18 octobre 2012, a été annulée le 29 novembre 2012, puis à nouveau prononcée
le 19 février 2015 après qu’un sursis concordataire eut été à de nombreuses
reprises prolongé; S.________ et T.________ en sont administrateurs avec signature à deux ;
le capital-actions de la société, d’un montant nominal de 494'429 fr. 30 a été
entièrement libéré ; il est composé de 49'442'930 actions nominatives de 1 centime ;

 

-
un extrait sans radiation du Registre du commerce du Canton de Genève du 22 mars 2016 relatif
à la société U.________ SA ;

 

-
une copie d’un procès-verbal du conseil d’administration de Q.________ SA, daté
du 11 octobre 2012 et signé par S.________ en tant que secrétaire, disant que le conseil d’administration
valide et accepte de porter au registre des actionnaires la cession par le poursuivi d’actions
de cette société à B.________ (1'700'000 actions), à S.________ (1'000'000 actions),
à T.________ (6'500'000 actions) et à E.________ AG (5'000'000 actions), et précisant
que les inscriptions au registre des actionnaires se feront sous réserve de la production par chaque
acheteur d’un certificat attestant que les actions sont acquises pour son propre compte ; les actions
cédées sont numérotées de 4'099'997 à 17'300'000 ; ce document mentionne en
outre que ces opérations conduisent à annuler le certificat d’actions no 1 portant sur
les 17'300'000 actions que le poursuivi détenait avant ces transactions pour le remplacer par cinq
nouveaux certificats d’actions de respectivement 4'099'997 actions pour le poursuivi, 5'000'000
actions pour E.________ AG, 6'500'000 actions pour T.________ et 1'000'000 actions pour S.________ ;

 

-
une copie d’une « Convention d’achats d’actions » du 19 octobre 2012 signée
par S.________ et T.________ pour Q.________ SA, ainsi que par « E.________ AG »
P.________, par laquelle ce dernier, en tant que «acheteur » et « E.________ AG »,
en tant que « vendeur » passent un contrat libellé comme suit :

 

«
Il est préalablement exposé
ce qui suit :

 

             
1.              Q.________ SA est une
SA (…)

             
2.              A la suite d’une
cession d’actions intervenue ce jour, E.________ AG dispose de la pleine et entière propriété
de 8'000’000 actions nominatives de la société Q.________ SA d’une valeur nominale
de CHF 0.01 (un centime de franc suisse) chacune, entièrement libérée.

             
3.              M. P.________ désire
acheter 2'570'000 (sic) d’actions de Q.________ SA société dont il est déjà
actionnaire, et ce, dès qu’il sera revenu à meilleure fortune.

             
4.              Confiant que la vente
de sa maison sise (…) à [...] va se concrétiser rapidement et/ou que Monsieur B.________,
domicilié à [...], lui avancera prochainement l’argent nécessaire, M. P.________
accepte de prendre l’engagement ferme et définitif de racheter 2'570’000 actions à
M. (sic) E.________ AG aux conditions de cette convention.

             
5.              Q.________ SA est représentée
dans cette transaction par son Conseil d’administration.

 

             
Cela exposé, les parties
conviennent ce qui suit :

 

             
Article 1

             
Le vendeur, vend, cède et transfère à l’acheteur, qui accepte, avec l’intégralité
des droits et obligations qui leurs sont rattachées, la propriété de 2'570’000 actions
nominatives de la société Q.________ SA d’une valeur nominale d’un centime (CHF
0.01) chacune, entièrement libérée.

             
Article 2

             
La vente de 2'570’000 actions de Q.________ SA par le vendeur est consentie et acceptée moyennant
le paiement au vendeur de CHF 28’000 (vingt-huit mille francs suisses) sous un délai maximum
de 6 mois à compter de la date de la signature de la présente convention.

             
Article 3

             
La propriété des actions présentement cédées sera transférée par le
vendeur à l’acheteur simultanément au paiement effectif de l’intégralité
de la somme due et mentionnée à l’article 2 ; les droits patrimoniaux afférents
aux actions cédées seront transférés à l’acheteur à la date d’exécution
du paiement.

             
L’acheteur s’engage à payer au vendeur le prix stipulé à l’article 2
par transfert au crédit du compte (…).

             
Article 4

             
Le vendeur certifie qu’il a la pleine et entière propriété des actions objet de
la vente et qu’il n’existe sur ces actions aucun droit de gage (…).

             
Aucune garantie n’est donnée à l’acheteur, qui déclare en outre parfaitement
connaître la situation comptable de Q.________ SA à la date du 30 juin 2012 (…).

             
Q.________ SA déclare que son Conseil d’administration a valablement approuvé la présente
cession d’actions et qu’elle inscrira l’acheteur en qualité d’actionnaire
et procèdera à l’endossement des titres pour constater le transfert des actions cédées
à la double condition de (i) recevoir une déclaration écrite de sa part confirmant que
l’acquisition des actions est faite pour son compte propre exclusivement et de (ii) recevoir une
preuve du paiement effectif et complet des actions. (…) ».

 

             
b) Par courriers recommandés du 13 mai 2016,
le juge de paix a notifié la requête au poursuivi et cité les parties à comparaître
à l’audience du 16 juin 2016.

 

             
Le 15 juin 2016,  le poursuivi s'est déterminé en déposant par télécopie
une réponse concluant, avec suite de frais et dépens, au rejet de la requête. A l’appui
de ses déterminations, il a produit les pièces suivantes :

 

-
une copie d’une procuration signée de sa main en faveur de Me Peter du 23 octobre 2014 ;

 

-
un extrait du Registre du commerce du Canton de Vaud du 6 juin 2016, avec radiations, attestant que le
poursuivi a été administrateur président de Q.________ SA, avec un pouvoir de signature
collective à deux, depuis la fondation de la société jusqu’en septembre 2012 ;

 

-
une copie d’un rapport en anglais de la direction du 23 août 2012 à l’attention
de l’assemblée générale de Q.________ SA ;

 

-
un extrait du Registre du commerce du Canton de Genève, avec radiations, relatif à la société
U.________ SA, dont il ressort que la raison sociale jusqu’au 27 août 2015 était E.________
AG ;

 

-
un extrait du site internet de U.________ SA ;

 

-
une copie du procès-verbal de l’assemblée générale de Q.________ SA du 27 juin
2011 ;

 

-
une copie d’un rapport en anglais de la direction du 21 novembre 2011 à l’attention
de l’assemblée générale de Q.________ SA ;

 

-
des copies de trois actes intitulés « Convention de cession d’actions » passés
le 11 octobre 2012 par le poursuivi, d’une part, séparément avec S.________, T.________
et E.________ AG, et signés par eux tous, d’autre part, par lesquels le poursuivi reconnaît
avoir emprunté aux précités diverses sommes avec intérêts (10'000 fr. à
S.________ en février 2012, 50'000 fr. à E.________ AG en juin 2011, et 65'000 fr. à T.________
en juillet 2011) et, faute de pouvoir rembourser ces montants, déclare céder à chaque
prêteur en propriété une partie des actions de Q.________ SA qu’il détient,
soit 1'000'000 d’actions à S.________, 5'000'000 à E.________ AG et 6'500'000 à
T.________, avec effet au 1er
janvier 2012 ; ces actes entraînent l’annulation des prêts ;

 

-
un décompte débiteur établi le 25 novembre 2015 par l’Office des poursuites du district
de Morges, relatif au poursuivi, faisant état de poursuites pour un montant de 62'262 fr. 75 ;

 

-
une copie d’un courrier du 10 décembre 2014 du conseil de MM. S.________ et T.________ ainsi
que de E.________ AG, au conseil du poursuivi, dans lequel il déclare que ce dernier est le débiteur
de ses clients d’un montant total de 125'000 fr. dont B.________ s’est porté garant
du paiement en février 2014, se décomposant comme suit : 10'000 fr. à S.________, et 115'000
fr. à T.________ et E.________ AG ; constatant qu’aucun paiement n’était intervenu
depuis trois ans, il a mis en demeure le poursuivi de s’acquitter dans les dix jours d’un
montant de 160'000 fr. représentant les sommes susmentionnées, plus les intérêts
et les frais 106 CO ;

 

-
une copie de la réponse du conseil du poursuivi du 16 décembre 2014, dans laquelle il conteste
que les clients de son confrère puissent justifier d’une quelconque créance à l’encontre
du poursuivi ou de B.________ et demande à recevoir les prétendus titres de créance en
question ;

 

-
une copie de la réponse à ce courrier du 21 janvier 2015 et de la réplique du 23 janvier
2015 dans lesquelles les conseils des parties ont maintenu leur position.

 

 

3.             
Par prononcé du 23 juin 2016, rendu à
la suite de l’audience du 16 juin 2016 qui s’est tenue en contradictoire, le Juge de paix
du district de Morges a prononcé la mainlevée provisoire de l’opposition (I), arrêté
les frais à 360 fr. (II), mis ces frais à la charge du poursuivi (III), et dit que ce dernier
rembourserait au poursuivant son avance de frais de 360 fr. et lui verserait 1’500 fr. à titre
de défraiement de son conseil professionnel (IV).

 

             
Le 24 juin 2016, le poursuivi a requis la motivation de la décision, qui a été rendue
le 22 novembre 2016 et notifiée au conseil du poursuivi le lendemain.

 

             
En substance, la juge de paix a considéré que la convention d’achat d’actions conclue
le 19 octobre 2012 prévoyait l’engagement ferme du poursuivi de racheter à la partie
poursuivante 2'570’000 actions et de payer le prix de 28’000 fr. dans les six mois dès
l’acte, soit d’ici au 19 avril 2013; elle en a conclu que cette convention valait titre à
la mainlevée provisoire ; en outre, elle a considéré que l’exception de non-retour
à meilleure fortune, soulevée par le poursuivi, l’avait été tardivement ; enfin,
elle a constaté que le poursuivi ne faisait valoir aucun moyen libératoire.

 

 

4.             
Le 2 décembre 2016, le poursuivi a déposé
un recours contre ce prononcé, en concluant, avec suite de frais et dépens, à sa réforme
en ce sens que la requête de mainlevée provisoire est rejetée, subsidiairement à
son annulation et au renvoi de la cause au premier juge pour nouvelle décision dans le sens des
considérants. Son recours était accompagné d’un onglet de quinze pièces sous
bordereau.

 

             
Le 6 décembre 2016, la Présidente de la cour de céans a accordé l’effet suspensif
au recours.

 

             
Le 20 janvier 2017, par l’intermédiaire de son conseil, l’intimée a déposé
une réponse qui conclut avec suite de frais et dépens au rejet du recours et à la confirmation
du prononcé.

 

 

 

             
En droit
:

 

 

I.             
Le recours a été déposé dans
le délai de dix jours qui a suivi la notification de la décision motivée, conformément
à l’art. 321 al. 2 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008; RS 272). Il
est écrit et motivé et contient des conclusions. Il est dès lors recevable. Les pièces
produites avec le recours sont irrecevables, dans la mesure où elles sont nouvelles (art. 326 CPC).

 

             
Déposée dans le délai imparti, la réponse de l’intimée est recevable (art.
322 al. 2 CPC).

 

 

II.             
a) Selon l’art. 82 al. 1 LP (loi fédérale
du 11 avril 1889 sur la poursuite pour dettes et la faillite; RS 281.1), le créancier au bénéfice
d’une reconnaissance de dette peut requérir du juge la mainlevée provisoire de l’opposition.
Constitue une reconnaissance de dette l’acte authentique ou sous seing privé d’où
résulte la volonté du poursuivi de payer au poursuivant, sans réserve ni condition, une
somme déterminée, ou aisément déterminable, et échue (Panchaud/Caprez, La mainlevée
d’opposition, 2e
éd. Zurich 1980, § 1; Gilliéron, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite
pour dettes et la faillite, Lausanne 1999, n. 29 ad art. 82 LP; ATF 136 III 627 c. 2; ATF 136 III 624
c. 4.2.2; ATF 132 III 480 c. 4.1, JT 2007 II 75; ATF 130 III 87 c. 3.1, JT 2004 II 118; ATF 122 III 125
c. 2, JT 1998 II 82). Pour qu’un écrit public, authentique ou privé ou qu’un ensemble
d’écrits vaille reconnaissance de dette, il doit en ressortir, sur la base d’un examen
sommaire, que le poursuivi a assumé une obligation de payer ou de fournir des sûretés,
donc une créance exigible, chiffrée et inconditionnelle, car si la reconnaissance de dette
n’est pas pure et simple, le poursuivant, pour obtenir la mainlevée provisoire, doit rapporter
la preuve littérale que les conditions ou réserves sont devenues sans objet (Gilliéron,
op. cit., n. 40 ad art. 82 LP).

 

             
Le contrat de vente ordinaire constitue une reconnaissance de dette pour le prix de vente échu pour
autant que le vendeur ait livré la chose vendue ou l'ait consignée lorsque le prix était
payable d'avance ou au comptant (TF 5A_630/2010 du 1er septembre 2011 consid. 2.1 ; TF 5P_247/2004 consid.
2 et les réf. cit. ; CPF du 27 novembre 2015/327 ; CPF du 22 octobre 2013/421 ; Gilliéron,
op. cit., n. 46 ad art. 82; Panchaud/Caprez, op. cit., § 71).

 

             
b) En l'espèce, le recourant fait valoir
que le premier juge a omis de tenir compte des conditions auxquelles la convention du 19 octobre 2012
était soumise ; d’après lui, l’acte de vente des actions était en effet expressément
soumis à deux conditions : (i) que lui-même soit parvenu à réaliser la vente de sa
maison de [...] et (ii) qu’il verse le montant de 28'000 fr. dans les six mois dès la signature
de la convention ; la première condition serait suspensive (art. 151 CO), et la seconde résolutoire
(art. 154 CO); il en déduit que la convention est devenue caduque le 20 avril 2013 ; le fait
que l’intimée lui ait réclamé le remboursement du prêt initial d’un montant
de 50'000 fr. postérieurement à cette date serait la preuve que son cocontractant avait aussi
considéré que l’acte en cause était caduc. Il fait également valoir que le
premier juge a mal interprété la convention en faisant mention du non-retour à meilleur
fortune ; lui-même n’a pas fait l’objet d’une saisie dans la présente cause,
ni d’un acte de défaut de biens. Dans la mesure où il a fait valoir un moyen libératoire
(la caducité du titre invoqué), le recourant en déduit que le premier juge a constaté
faussement les faits et violé les art. 151 et 154 CO ainsi que l’art. 82 al. 2 LP.

 

             
Pour sa part, et en substance, l’intimée conteste que le premier juge ait constaté inexactement
les faits ou violé l’art. 82 LP ; elle fait sienne l’interprétation de la convention
faite dans le prononcé attaqué.

 

             
c) La poursuivante se fonde sur une « Convention
d’achats d’actions » du 19 octobre 2012, signée par le poursuivi. Par cette convention,
les deux parties ont conclu un contrat de vente portant sur des actions nominatives d'une société
anonyme.

 

             
Conformément à ce qui a été rappelé plus haut, d’après la jurisprudence,
le contrat de vente signé vaut reconnaissance de dette pour le prix de vente échu pour autant
que le vendeur ait livré la chose vendue ou l'ait consignée lorsque le prix était payable
d'avance ou au comptant. L’action nominative, qu’elle soit ordinaire ou liée, n’est
pas une chose mobilière mais un titre à ordre (ATF 92 III 20, spéc. 25; Chaudet/Cherpillod/Landrove,
Droit suisse des affaires, 3e
éd., 2010, n° 408, p. 86). Elle est transférable par endossement ou par une déclaration
écrite analogue, sauf si cette dernière modalité est exclue par les statuts ; en toute
hypothèse, la remise de l’action est également nécessaire (ATF 90 II 164, spéc.
179 ; ATF 86 II 95 spéc. 99 ; Lombardini, in Tercier/Amstutz (éd.), in Commentaire romand
CO II, n. 9 à 11 ad art. 622 CO). En l’occurrence, il ressort de l’article 3 du contrat
que le transfert des actions nominatives et le paiement du prix de ces actions devaient avoir lieu simultanément.
Or, s’il est admis par le poursuivi qu’il ne s’est pas acquitté du prix de vente,
il ne ressort pas du dossier que, à la date de la réquisition de poursuite, ou même auparavant,
la poursuivante ait consigné les actions vendues si elles ont été émises individuellement
(ce qui paraît être le cas puisque le chiffre 4 de la convention mentionne leur endossement
par le conseil d’administration), ou à tout le moins qu’elle ait consigné les certificats
d’actions regroupant les actions concernées, puisqu’il ressort du dossier que de tels
certificats ont été émis et que leur statut juridique est similaire à celui des actions
(Lombardini, op. cit., n. 20 ad art. 622 CO ; Baudenbacher, in Honsell/Vogt/Watter (éd.), Basler
Kommentar, OR II, 5e
éd., 2016, n. 19 ad art. 622 OR).

 

             
Pour ce motif, le recours doit être admis et la requête de mainlevée provisoire rejetée,
sans qu’il soit nécessaire d’interpréter plus avant le contrat.

 

 

 

III.             
En conclusion, le recours doit être admis
et le prononcé réformé en ce sens que l’opposition est maintenue.

 

             
Vu l’admission du recours, les frais judiciaires de première instance, arrêtés à
360 fr., doivent être mis à la charge de la poursuivante. Celle-ci devra en outre verser au
poursuivi des dépens de première instance, fixés à 1'000 fr., (art. 106 al. 1 CPC ;
art. 3 et 6 TDC [tarif du 23 novembre 2010 des dépens en matière civile ; RSV 270.11.6]).

 

             
Pour la même raison, les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 570
fr., doivent être mis à la charge de l’intimée. Celle-ci versera en outre au recourant
des dépens de deuxième instance, fixés à 800 fr. (art. 3 et 8 TDC).

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est admis.

 

             
II.             
Le prononcé est réformé en ce sens que l’opposition formée par P.________ au
commandement de payer n° 7'610'022 de l’Office des poursuites du district de Morges, notifié
à la réquisition d’E.________ AG, devenue U.________ SA, est maintenue.

 

             
              Les frais judiciaires
de première instance, arrêtés à 360 fr. (trois cent soixante francs), sont mis à
la charge de la poursuivante.

 

             
              La poursuivante U.________
SA doit verser au poursuivi P.________ la somme de 1'000 fr. (mille francs) à titre de dépens
de première instance.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 570 fr. (cinq cent septante
francs), sont mis à la charge de l’intimée.

 

             
IV.             
L’intimée U.________ SA doit verser au recourant P.________ la somme de 1'370 fr. (mille trois
cent septante francs) à titre de restitution d’avance de frais et de dépens de deuxième
instance.

 

             
V.             
L'arrêt est exécutoire.

 

La
présidente :               Le greffier
:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Me Clarence Peter, avocat (pour P.________),

‑             
Me Christophe A. Gal, avocat (pour U.________ SA).

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 28’000 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés
devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification
(art. 100  al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
Mme le Juge de paix du district de Morges.

 

             
Le greffier :