# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a094d3f8-8eeb-5ac4-a12d-7dd7094c1692
**Source:** Bundesgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2001-07-03
**Language:** fr
**Title:** Verwaltungspraxis der Bundesbehörden (1987-2017) Bundesrat 03.07.2001 JAAC 65.115
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_VB/CH_VB_008_JAAC-65-115--_2001-07-03.pdf

## Full Text

JAAC 65.115

Extraits de la décision du Conseil fédéral du 3 juillet
2001 en la cause X SA contre le Département fédéral

de l’environnement, des transports, de l’énergie et de
la communication [DETEC]

Radiodiffusion locale. Obligation de crypter le signal transmis par
satellite. Principe fondamental de la législation suisse sur la radio et
la télévision: système des trois échelons.

- Le système adopté par la Suisse pour réglementer le domaine de la
radio et de la télévision repose sur un modèle à plusieurs échelons
(international, national, local/régional; consid. 2).

- Les radios locales doivent transmettre leurs programmes dans
les limites de la zone de diffusion prévue dans leur concession
conformément à la planification des réseaux émetteurs à ondes
ultra-courtes (OUC); il leur est interdit de diffuser des programmes à
l’échelon national ou international (consid. 2).

- En cas de transmission du signal par satellite, le signal doit être
crypté, sinon il serait susceptible d’être capté librement bien au-delà des
frontières nationales (consid. 6).

Lokalradios. Verpflichtung zur Verschlüsselung bei Verbreitung über
Satellit. 3-Ebenen-Modell als Grundpfeiler des schweizerischen Radio-
und Fernsehrechts.

- Die gesetzliche Regelung von Radio und Fernsehen beruht in der
Schweiz auf dem so genannten 3-Ebenen-Modell (internationale,
nationale und regionale bzw. lokale Sender; E. 2).

1

- Bei Lokalradios ist die Verbreitung auf die in der Konzession
umschriebene Region gemäss Sendernetzplanung für Ultrakurzwellen
(UKW) beschränkt; eine überregionale oder internationale Verbreitung
der Programme ist ihnen untersagt (E. 2).

- Bei Verbreitung der Signale über Satelliten sind die Signale zu
verschlüsseln, da sie sonst weit über die Landesgrenzen hinaus frei
empfangbar wären (E. 6).

Radiodiffusione locale. Obbligo di trasmettere i segnali per via
satellite in forma cifrata. Principio fondamentale della legge sulla
radiotelevisione: modello dei tre livelli.

- Il sistema adottato dalla Svizzera per regolamentare il campo
radiotelevisivo si basa sul cosiddetto modello dei tre livelli
(internazionale, nazionale, locale/regionale; consid. 2).

- Le radio locali devono trasmettere i loro programmi nei limiti della
zona di diffusione prevista nella loro concessione conformemente
alla pianificazione delle reti emittenti a onde ultracorte (OUC); è loro
proibito diffondere programmi a livello nazionale o internazionale
(consid. 2).

- In caso di trasmissione dei segnali per via satellite, gli stessi devono
essere cifrati in quanto, in caso contrario, essi potrebbero essere
captati liberamente al di là delle frontiere nazionali (consid. 6).

A. X SA est au bénéfice d’une concession pour la diffusion de son
programme radiophonique local pour la région Y. Désireuse de suivre les
progrès techniques de diffusion pour rester compétitive vis-à-vis de la
concurrence, X SA a décidé d’alimenter ses émetteurs et les têtes de réseaux
câblés par satellite. Pour effectuer une liaison technique satellitaire, son
choix s’est porté sur la société belge B. à Bruxelles. B., en tant que signataire
d’EUTELSAT, société opérateur de satellites, gère une plate-forme numérique
sur le satellite EUTELSAT HOT BIRD 3, 13° Est.

Depuis la Suisse, l’acheminement se fera via un satellite de contribution
«SESAT» à 30° Est, vers l’Uplink-Station de B. à Liedekerke en Belgique. Depuis
Liedekerke, le signal sera transmis vers la plate-forme numérique B. située
sur le satellite EUTELSAT HOT BIRD 3, 13° Est, d’où il peut être capté par les
auditeurs.

B. Le 3 février 2000, X SA a déposé une demande de «licence satellite» à
l’Office fédéral de la communication, suivie le 19 juillet 2000 d’une demande
d’extension technique de sa concession, pour la diffusion de son programme
par satellite.

C. En tant qu’autorité concédante pour la diffusion de programmes
de radio et de télévision régionaux et locaux, le Département fédéral de
l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC)

2

a accepté la demande de X SA, par décision du 7 décembre 2000, à condition
que le signal transmis vers le satellite EUTELSAT HOT BIRD 3, 13° Est soit
transmis sous forme cryptée.

En effet, sans cryptage, le signal transmis par ce satellite serait susceptible
d’être capté librement dans toute l’Europe, ce qui serait contraire à la
concession de X SA, qui prévoit que le programme soit transmis exclusivement
dans la zone couvrant la région n° 5 Y.

D. Le 18 janvier 2001, X SA (la recourante) a fait recours contre
la décision du DETEC du 7 décembre 2000, concluant à l’annulation de
l’obligation, imposée par le DETEC, de transmettre le signal par satellite sous
forme cryptée. X SA invoque principalement le fait que l’investissement non
prévu d’un cryptage, évalué à 100’000 francs, n’est pas envisageable pour elle.

Extraits des considérants:

1.1. La détermination de la zone et de la nature de la diffusion d’un
programme radio fait partie du contenu de la concession d’après l’art. 3
al. 1 let. c et d de l’ordonnance du 6 octobre 1997 sur la radio et la télévision
(ORTV, RS 784.401). La modification d’un de ces éléments entraîne ainsi une
modification de la concession (art. 14 al. 3 de la loi fédérale du 21 juin 1991
sur la radio et la télévision [LRTV], RS 784.40). C’est l’autorité concédante qui
est compétente pour modifier la concession. Le Conseil fédéral a délégué
au DETEC la compétence d’octroyer les concessions pour la diffusion de
programmes régionaux et locaux (art. 10 al. 3 LRTV et art. 1 al. 1 ORTV).

1.2. Selon l’art. 99 al. 1 let. d de la loi fédérale d’organisation judiciaire du
16 décembre 1943 (OJ, RS 173.110), le recours de droit administratif n’est pas
recevable contre l’octroi ou le refus de concessions auxquelles la législation
fédérale ne confère pas un droit. Les modifications doivent être traitées de la
même manière que l’octroi de concessions (sous réserve de l’art. 101 let. d OJ).

Le droit fédéral ne confère, sauf disposition contraire, aucun droit à l’octroi
d’une concession. En matière de radiodiffusion, l’art. 10 al. 2 LRTV précise que
nul n’a droit à l’octroi ou au renouvellement d’une concession. Le recours
de droit administratif n’est pas recevable en l’occurrence. En revanche,
la décision du DETEC est susceptible d’être entreprise par un recours
administratif au Conseil fédéral selon l’art. 72 let. a de la loi fédérale du 20
décembre 1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021).

2. Le système adopté par la Suisse pour réglementer le domaine de
la radio et de la télévision repose sur un modèle à plusieurs échelons, qui
correspond à la structure fédéraliste du pays. Aux échelons national et
international, c’est le Conseil fédéral qui octroie les concessions pour la
diffusion des programmes (art. 10 al. 3 1ère phrase LRTV).

Il en va autrement de l’échelon local et régional, où le Conseil fédéral délègue
au DETEC la compétence d’octroyer les concessions de programmes de radio
et de télévision. A ce niveau, un diffuseur peut obtenir une concession aux
conditions générales qu’il ait son domicile ou son siège dans la zone de
diffusion, et que la proportion de ses propres productions dans la totalité
du programme soit adaptée aux particularités de la zone de diffusion (art. 23
al. 1 LRTV). Une région correspond à une unité géographique, politique ou
économique (art. 22 LRTV). Il existe en outre des conditions techniques,

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comme par exemple celles qui sont contenues dans les directives du Conseil
fédéral du 31 août 1994 sur la planification des réseaux émetteurs à ondes
ultra-courtes (OUC; FF 1994 III 1574, ci-après: directives OUC).

X SA est une radio locale qui a obtenu une concession prévoyant que son
programme soit transmis exclusivement dans la zone couvrant la région n°5 Y
selon les directives OUC. C’est à cet effet que le DETEC, autorité concédante à
l’échelle locale et régionale, lui a octroyé une concession pour la diffusion d’un
programme radiophonique local en vertu de l’art. 10 al. 3 de la LRTV.

Les radios locales peuvent transmettre leurs programmes elles-mêmes ou
par l’intermédiaire d’un tiers, dans les limites de leur concession. Tout ce
qui a pour conséquence de diffuser des programmes à l’échelon national ou
international est interdit par le sens de la loi, le programme devant garder
un caractère régional (Message du Conseil fédéral du 28 septembre 1998
concernant la loi fédérale sur la radio et la télévision, FF 1987 III 661, ci-après:
message, p. 708; art. 25 LRTV). Ainsi la législation suisse sur la radio et la
télévision est basée sur le principe fondamental des trois échelons.

3. L’octroi de concessions de radio et télévision est un acte
discrétionnaire, puisqu’elle repose sur un libre pouvoir d’appréciation de
l’administration (art. 10 LRTV). Elle peut donc être accompagnée de conditions
et de charges (Blaise Knapp, Précis de droit administratif, 4ème éd., Bâle et
Francfort-sur-le-Main 1991, p. 298). Dans le domaine des concessions de radio
et de télévision, le DETEC bénéficie d’un pouvoir d’appréciation considérable
(message, p. 693) ce qui vaut aussi pour l’imposition d’obligations qui ont pour
but de garantir qu’une concession ne viole pas les principes du droit de la
radio et de la télévision.

Dans ce sens, le Conseil fédéral examine l’objet du recours d’après l’art. 49
PA, sous l’angle de la violation du droit fédéral, y compris l’excès et l’abus du
pouvoir d’appréciation, ainsi que de l’inopportunité.

4. Le DETEC accepte en principe la nouvelle forme de transmission du
programme par satellite, en imposant toutefois à X SA l’obligation de crypter
les informations transmises par satellites. L’objet du litige est la conformité au
droit fédéral de l’obligation imposée à X SA.

Le DETEC ne s’est pas prononcé sur la nature juridique de cette obligation,
mais pour le Conseil fédéral il est indiscutable que le respect de cette dernière
est une condition sine qua non de la décision principale et constitue ainsi un
élément essentiel de la décision du DETEC. Sans l’obligation de crypter, le
DETEC n’aurait pas autorisé X SA à diffuser son programme par satellite.

5. Le grief de X SA selon lequel la loi ne prévoit pas de réglementation
pour la diffusion technique par satellite n’est pas pertinent. Déjà lors de
l’élaboration de la loi, en 1987, le législateur était conscient des nouvelles
techniques de diffusion, parmi lesquelles l’utilisation du satellite. Il n’était
pas possible de régler définitivement toutes ces questions. Cependant, le
message relève que les problèmes techniques et politiques que les médias ne
manqueront pas de soulever à l’avenir devront être résolus à la lumière de
la LRTV, celle-ci ne contenant qu’une réglementation-cadre (message p. 689).
A défaut de disposition précise sur la diffusion par satellite, le DETEC s’est
inspiré du sens de la loi. De plus, il a imposé cette obligation justement pour
assurer le respect de la loi, et il était de toute façon légitimé à imposer une telle

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obligation sans base légale expresse (Knapp, op. cit., p. 224; Pierre Moor, Droit
administratif, 2ème éd., Berne 1994, Volume II, Les actes administratifs et leur
contrôle, p. 50).

6. Selon le principe de proportionnalité, qui s’applique à toute l’activité
étatique, les mesures administratives qui limitent la liberté économique
(art. 27 de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 [Cst.], RS 101) ne doivent
pas aller au-delà de ce qui est nécessaire pour atteindre le but de la norme
qui est à la base de la restriction. Tout en étant indispensables et propres à
atteindre le but d’intérêt public visé, ces mesures restrictives doivent porter
l’atteinte la moins grave aux intérêts privés. Enfin, les moyens utilisés doivent
rester dans un rapport raisonnable avec l’objectif poursuivi (André Grisel,
Traité de droit administratif, Neuchâtel 1984, Tome I, p. 348 ss; Pierre Moor,
Droit administratif, 2ème éd., Berne 1994, Volume I, Les fondements généraux,
p. 416 ss).

La compétence du DETEC pour octroyer des concessions de radio et de
télévision est limitée à l’échelon local et régional. Par conséquent, il ne
peut pas autoriser une diffusion de programme par satellite qui aurait pour
conséquence d’étendre la concession au niveau national et international.
Le DETEC a donc dû imposer à X SA de crypter le signal, pour respecter le
sens de la loi et de la concession de radiodiffusion locale. Il ressort en effet
du deuxième chapitre de la LRTV, qui traite de la radiodiffusion locale et
régionale, qu’une radio qui a obtenu une telle concession doit exercer son
activité dans les limites du territoire qui lui a été attribué. Or, le satellite
EUTELSAT HOT BIRD 3, 13° Est, par lequel X SA voudrait transmettre son
signal, couvre une très vaste zone géographique, qui englobe la plus grande
partie de l’Europe. Si X SA transmet son signal sans le crypter, il pourra être
capté facilement dans toute cette zone, par tout utilisateur disposant d’une
simple antenne. Son programme sera ainsi diffusé dans une zone qui dépasse
largement la région Y, qui lui a été attribuée.

Donner raison à X SA sur ce point reviendrait à remettre en cause le système
de notre législation sur la radio et la télévision, basée sur le principe des trois
échelons. Comme le souligne le DETEC à juste titre, une décision d’abandonner
ledit système représenterait une décision de portée politique telle qu’elle ne
peut être prise que par le législateur.

7. En choisissant le modèle des trois échelons, le législateur a clairement
établi que les intérêts des auditeurs de pouvoir recevoir des programmes
d’autres régions est moindre que la garantie du système, qui prévoit que
la transmission du programme local et régional est limitée à une aire
géographique précise (message p. 696).

La décision attaquée est conforme à la pesée des intérêts effectuée par
le législateur, il ne se justifie donc pas d’effectuer une pesée des intérêts
supplémentaire. Le grief de X SA, selon lequel l’écoute de son programme
par satellite au niveau national doit être considérée comme marginal, ne
justifie pas une nouvelle pesée des intérêts.

5

L’intérêt privé de X SA, purement financier, ne prime donc pas l’intérêt public
du respect de la législation.

8. En conclusion, l’obligation de crypter, liée à la modification de la
concession de X SA imposée par le DETEC, est conforme au droit fédéral. Au vu
de ce qui précède, le recours doit être intégralement rejeté.

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Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften

Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées

Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali

JAAC 65.115 - Extraits de la décision du Conseil fédéral du 3 juillet 2001 en la cause X SA

contre le Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la

communication [DETEC]

In Verwaltungspraxis der Bundesbehörden
Dans Jurisprudence des autorités administratives de la Confédération
In Giurisprudenza delle autorità amministrative della Confederazione

Jahr 2001
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Band 65
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Das Dokument wurde durch das Schweizerische Bundesarchiv und die Bundeskanzlei konvertiert.

Le document a été digitalisé par les Archives Fédérales Suisses et la Chancellerie fédérale.

Il documento è stato convertito dall'Archivio federale svizzero e della Cancelleria federale.

	Extraits de la décision du Conseil fédéral du 3 juillet 2001 en la cause X SA contre le Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication [DETEC]