# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 10b90372-f6c7-5aba-b9c4-a777447ceb01
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-05-14
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des baux et loyers 14.05.2020 C/28106/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_004_C-28106-2019_2020-05-14.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 14.05.2020. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/28106/2019 ACJC/626/2020 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre des baux et loyers 

DU JEUDI 14 MAI 2020 

 

Entre 

Monsieur A______, domicilié avenue ______, ______ Genève, recourant contre une 
ordonnance rendue par le Tribunal des baux et loyers le 16 avril 2020, comparant en 

personne, 

et 

1) SI B______ SA, intimée, comparant par Me Jacques BERTA, avocat, place 
Longemalle 1, 1204 Genève, en l'étude duquel elle fait élection de domicile, 

2) Madame C______, autre intimée, comparant par Me Guerric CANONICA, avocat, 
rue Pierre Fatio , case postale 3782, 1211 Genève 3, en les bureaux duquel elle fait 

élection de domicile.  

 

- 2/4 - 

 

C/28106/2019 

Vu la procédure C/28106/2019, pendante devant le Tribunal des baux et loyers, en 

exécution indirecte d'un procès-verbal de conciliation valant jugement d'évacuation;  

Vu l'ordonnance du 16 avril 2020 rendue par le Tribunal des baux et loyers, expédiée 

pour notification aux parties le même jour, rejetant la demande de suspension formée 

par A______, et réservant la suite de la procédure; 

Vu le recours formé en temps opportun par A______, locataire, contre cette décision, 

sollicitant l'annulation de la décision déférée et la suspension de la procédure jusqu'à 

droit jugé dans d'autres procédures connexes; 

Attendu, EN FAIT, que le recourant a, à titre préalable, sollicité l'octroi de l'effet 
suspensif à son recours, faisant valoir qu'une évacuation, en particulier en période de 

crise sanitaire liée au COVID-19, lui causerait un dommage irréparable; qu'il fait valoir 

à cet égard qu'il fait partie de la population dite "à risques" ce qui l'empêcherait 

d'entreprendre des démarches en vue de se reloger;  

Que les intimées se sont opposées à la restitution de l'effet suspensif, par écritures 

des 8 et 11 mai 2020; 

Considérant, EN DROIT, que la décision entreprise est une ordonnance de suspension 
au sens de l'art. 126 al. 1 CPC; 

Que la décision ordonnant la suspension de la cause est une mesure d'instruction qui 

peut, conformément à l'art. 126 al. 2 CPC, faire l'objet du recours de l'art. 319 let. b ch. 

1 CPC; 

Qu'en revanche, la décision de refus de suspension ne peut faire l'objet que du recours 

de l'art. 319 let. b ch. 2 CPC, le recourant devant démontrer le préjudice difficilement 

réparable résultant du refus de suspendre (arrêt du Tribunal fédéral 5D_182/2015 

du 2 février 2016 consid. 1.3 et la doctrine citée); 

Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant 

suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC); 

Que l'instance de recours est habilitée à décider d'office ou sur requête de suspendre le 

caractère exécutoire (cf. JEANDIN, in Commentaire Romand, Code de procédure civile 

2
ème

 éd., n. 6 ad art. 325 CPC); 

Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la suspension du caractère 

exécutoire de la décision entreprise, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle 

décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une 

décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site 

Internet de la Cour; 

- 3/4 - 

 

C/28106/2019 

Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation (ATF 137 

III 475 consid. 4.1; arrêts du Tribunal fédéral 5A_403/2015 du 28 août 2015 consid. 5; 

5A_419/2014 du 9 octobre 2014 consid. 7.1.2); 

Que, selon les principes généraux, l'autorité procède à une pesée des intérêts en 

présence et doit se demander, en particulier, si la décision est de nature à provoquer une 

situation irréversible; qu'elle prend également en considération les chances de succès du 

recours (arrêts du Tribunal fédéral 4A_337/2014 du 14 juillet 2014 consid. 3.1; 

4D_30/2010 du 25 mars 2010 consid. 2.3); 

Qu'en l'espèce, s'agissant d'une décision refusant la suspension, seul le recours de 

l'art. 319 let. b ch. 2 CPC est ouvert, le recourant devant démontrer l'existence d'un 

préjudice difficilement réparable; 

Que le dommage dont se plaint le recourant n'est à ce stade pas démontré, s'agissant 

d'une ordonnance refusant la suspension de la procédure et n'emportant pas son 

évacuation immédiate; qu'en effet, la procédure dont le Tribunal est saisi va se 

poursuivre avant qu'une décision ne soit rendue;  

Que les chances de succès du recours ne sont prima facie pas bonnes; 

Qu'ainsi, le refus de l'octroi de l'effet suspensif n'est pas de nature à créer une situation 

irréversible; 

Que, dès lors, sans préjuger de l'issue du recours, il n'apparaît pas justifié d'accorder 

l'effet suspensif sollicité. 

* * * * * 

  

- 4/4 - 

 

C/28106/2019 

 

PAR CES MOTIFS, 

La Présidente de la Chambre des baux et loyers : 

Statuant sur la suspension de l'effet exécutoire : 

Rejette la requête tendant à la suspension de l'effet exécutoire attaché à l'ordonnance 

rendue le 16 avril 2020 par le Tribunal des baux et loyers dans la cause C/28106/2019. 

Siégeant : 

Madame Pauline ERARD, présidente; Madame Maïté VALENTE, greffière. 

 

La présidente : 

Pauline ERARD 

 La greffière : 

Maïté VALENTE 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indications des voies de recours : 

 

La présente décision, incidente et de nature provisionnelle (137 III 475 consid. 1) est 

susceptible d'un recours en matière civile, les griefs pouvant être invoqués étant 

toutefois limités (art. 98 LTF), respectivement d'un recours constitutionnel subsidiaire 

(art. 113 à 119 et 90 ss LTF). Dans les deux cas, le recours motivé doit être formé dans 

les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.