# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c9604455-e1dc-58ba-bd11-d6e9ef2dd2df
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-12-01
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 01.12.2022 A/3127/2021
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-3127-2021_2022-12-01.pdf

## Full Text

Siégeant : Philippe KNUPFER, Président ; Pierre-Bernard PETITAT et Monique 
STOLLER FÜLLEMANN, Juges assesseurs. 

  

 
 

R É P U B L I Q U E  E T  
 
. 1  C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/3127/2021 ATAS/1048/2022 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 1er décembre 2022 

5ème Chambre 

 

En la cause 

Madame A______, domiciliée ______, CHÂTELAINE, comparant 
avec élection de domicile en l'étude de Maître Zoltan SZALAI 

recourante 

 

contre  

SUVA CAISSE NATIONALE SUISSE D'ASSURANCE EN CAS 
D'ACCIDENTS, sise Fluhmattstrasse 1, LUCERNE 

intimée 

 

https://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATAS/1048/2022

 
 
 

 

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EN FAIT 

 Madame A______ (ci-après : l’assurée, l'intéressée ou la recourante), née le A.      a.
______ 1963, est de nationalité suisse et réside à Genève depuis le 20 octobre 
1995. Elle est mariée et mère de trois enfants nés en 1984, 1987 et 1988.  

b. En parallèle des indemnités de chômage qu’elle percevait depuis le 1er juillet 
2010, l’assurée a en dernier lieu travaillé 2 heures 30 par jour à Genève en tant 
qu’agente d’entretien pour la société B______, sise ______ à Zurich. Cet emploi 
a pris fin au 30 juin 2015.  

 Le 13 décembre 2010, l’assurée a trébuché sur son sac à main et est tombée sur B.      a.
son genou droit, ce qui a engendré une fracture de sa rotule droite et une 
incapacité totale de travail. Elle n’a plus travaillé depuis cette date. 

b. Le 18 décembre 2012, une ostéosynthèse par haubanage et embrochage a été 
réalisée au sein du service de chirurgie orthopédique et traumatologique de 
l’appareil moteur des Hôpitaux universitaires de Genève (ci-après : HUG). 

c. Par décision datée du 28 janvier 2011, la SUVA caisse nationale suisse 
d’assurance en cas d’accidents (ci-après : la SUVA ou l’intimée) a octroyé à 
l’assurée des indemnités journalières d’un montant quotidien de CHF 4.35 depuis 
le 16 décembre 2010.  

d. Dans un rapport du 21 août 2012, les docteurs C______, spécialiste FMH en 
médecine physique et réadaptation, et D______, médecin-assistant, exerçant tous 
deux au sein de la Clinique romande de réadaptation de la SUVA à Sion (ci-
après : la CRR) ont retenu une incapacité de travail complète de l’assurée du 17 
juillet au 9 août 2012, tout en notant qu’une reprise de l’ancienne activité 
d’agente d’entretien semblait « difficile ». Ces médecins ont en revanche retenu 
que l’intéressée serait dans le futur capable de travailler sans perte de rendement 
dans une activité ne comportant que des ports de charges légères, voire rarement 
moyennes, et sans position contraignante pour les genoux.  

e. Le 20 septembre 2012, l’assurée a chuté en sortant de sa baignoire, ce qui a 
engendré une fracture de son poignet gauche.  

f. Le 25 septembre 2012, une opération d’ostéosynthèse sur l’extrémité inférieure 
du radius gauche de l’assurée a été entreprise aux HUG. 

g. Dans un rapport du 5 décembre 2012, la doctoresse E______, spécialiste FMH 
en anesthésiologie ainsi qu’en parmacologie et toxicologie cliniques, a relevé que 
l’assurée souffrait potentiellement de gonalgies (douleurs aux genoux) chroniques 
avec une possible composante neurogène. Elle a précisé que des examens 
complémentaires étaient prévus. 

h. Dans un rapport médical intermédiaire du 18 décembre 2012, le docteur 
F______, généraliste et médecin traitant de l’assurée, a relevé qu’un pronostic 
quant à l’état de santé de celle-ci devait être établi par un colloque 

 
 
 

 

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interdisciplinaire aux HUG en janvier 2013. En l’état, elle était incapable de 
travailler pour une durée inconnue. 

i. Le 20 août 2013, le matériel d’ostéosynthèse introduit le 25 septembre 2012 a 
été retiré lors d’une opération réalisée aux HUG. 

j. Dans un rapport médical intermédiaire du 11 février 2014, le Dr F______ a 
précisé que le traitement de l’assurée était toujours en cours, et ce pour une durée 
indéterminée. 

k. Le 11 septembre 2015, une opération de dénervation du poignet gauche de 
l’assurée a été réalisée aux HUG. Celle-ci faisait suite à un diagnostic d’arthrose 
post-traumatique audit poignet. 

l. Dans un avis du 27 février 2017, le docteur G______, spécialiste FMH en 
chirurgie orthopédique et traumatologie de l'appareil locomoteur et médecin 
d’arrondissement de la SUVA, a considéré que la situation médicale était 
stabilisée eu égard au genou droit de l’assurée, mais pas en ce qui concernait son 
poignet gauche. Eu égard audit poignet, une arthrose était radiologiquement 
observable. La capacité de travail de l’intéressée dans son ancienne activité 
d’agente d’entretien était nulle. S’agissant de sa capacité de travail dans une 
activité adaptée, un travail dans une activité sédentaire serait exigible, mais 
uniquement une fois l’état médical du membre supérieur gauche stabilisé.  

m. Dans des rapports médicaux intermédiaires du 19 mai et 28 octobre 2017, la 
doctoresse H______, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique et traumatologie 
de l'appareil locomoteur et en chirurgie de la main travaillant aux HUG, a relevé 
que le pronostic de l’atteinte au poignet gauche de l’assurée était réservé. Celle-ci 
était incapable de travailler et la date de fin de son traitement n’était, en l’état, pas 
prévisible.  

n. Dans un rapport médical intermédiaire du 30 octobre 2017, le docteur I______, 
spécialiste FMH en médecine physique et réadaptation, a retenu que, s’agissant 
du genou droit de l’assurée, le pronostic était réservé et que le traitement, soit les 
consultations de suivi et la physiothérapie occasionnelle, devrait être poursuivi 
jusqu’à sa mort.  

o. Dans un avis du 10 avril 2018, le docteur J______, chirurgien orthopédiste et 
médecin d’arrondissement de la SUVA, a considéré que l’état du poignet gauche 
de l’assurée était stabilisé avec présence d’une arthrose à la limite entre moyenne 
et grave. Il a précisé que si une chirurgie n’était pas programmée, il faudrait alors 
« décider de la stabilisation ». La capacité de travail de l’intéressée dans son 
ancienne activité d’agente d’entretien était nulle. Même un travail sédentaire sans 
port de charges avec le bras gauche et sans déplacements réguliers apparaissait 
difficile au Dr J______, en absence d’arthrodèse et d’usage permanent d’une 
canne.  

 
 
 

 

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p. Dans un rapport du 23 novembre 2018 adressé à l'office de l’assurance-
invalidité du canton de Genève (ci-après : l'OAI), le Dr I______ a relevé que la 
situation médicale du poignet gauche de l’assurée n’était pas encore stabilisée. La 
capacité de travail de l’intéressée était nulle dans toute activité au vu de ses 
limitations fonctionnelles qui impactaient aussi bien ses membres inférieurs que 
ses membres supérieurs et l’empêchaient notamment d’exercer une activité 
bimanuelle.  

q. Dans un second avis du 9 décembre 2020, le Dr J______ a retenu que l’atteinte 
au genou droit de l’assurée était médicalement stabilisée depuis le 27 février 
2017. S’agissant de son poignet gauche, il constatait une régression objective de 
la mobilité depuis les avis du 27 février 2017 et du 10 avril 2018 mais l’évolution 
allait « vers une stabilisation ». Il retenait néanmoins une stabilisation de la 
situation qui impliquait que le port d’une attelle ou une arthrodèse ne changerait 
rien dans l’utilisation objective du poignet. Sur cette base, le Dr J______ a 
considéré qu’une activité sédentaire légère sans port de charges tant du côté droit 
que du côté gauche avec manipulation uniquement de la main droite était exigible 
avec une capacité de travail de 100 % sans perte de rendement.  

r. Dans un rapport complémentaire du 29 décembre 2020, le Dr I______ a précisé 
qu’il considérait que la question de la capacité de gain de l’assurée était stabilisée 
et que les séances de physiothérapie avaient uniquement un but antalgique.  

s. Dans un avis du 7 janvier 2021, le Dr J______ a estimé que l’atteinte à 
l’intégrité subie par l’assurée s’élevait à 20 %. 

t. Dans un rapport médical intermédiaire du 8 février 2021, le docteur K______, 
spécialiste en médecine interne générale, a relevé que l’état de l’assurée était 
stationnaire et défavorable et que l’incapacité de travail de celle-ci était totale.  

 Par courrier daté du 26 février 2021, la SUVA a informé l’assurée qu’elle C.      a.
mettait fin immédiatement à la prise en charge de ses soins médicaux, sous 
réserve du paiement de paracétamol 1000 et de deux fois neuf séances de 
physiothérapie par année. Elle lui également annoncé qu’elle cesserait de lui 
verser des indemnités journalières au 30 juin 2021 et qu’elle allait rendre une 
décision sur ses autres prestations éventuelles, et notamment sur l’octroi d’une 
indemnité pour atteinte à l’intégrité.  

b. L’assurée s’est opposée à cette décision par courrier motivé daté du 18 mars 
2021 en requérant la poursuite du versement des indemnités journalières. 

c. Par décision datée du 22 juin 2021, la SUVA a rejeté le droit de l’assurée à une 
rente d’invalidité, en considérant que le degré d’invalidité de celle-ci s’élevait 
à 3 %. Elle lui a en revanche octroyé une indemnité pour atteinte à l’intégrité de 
CHF 25'200.- (20 % : 10 % pour chacun de ses troubles à la santé). 

 
 
 

 

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d. Par courrier daté du 6 juillet 2021, l’assurée s’est opposée à cette décision en 
soulignant notamment qu’elle n’avait toujours pas reçu de réponse à son 
opposition du 18 mars 2021. 

e. Par décision sur opposition datée du 10 août 2021, la SUVA a confirmé sa 
décision du 22 juin 2021 en précisant que le calcul du taux d’invalidité de 
l'intéressée était basé sur un salaire hypothétique de valide annuel de 
CHF 51'741.- et un salaire hypothétique d’invalide annuel de CHF 50'304.-, 
lequel tenait compte d’un abattement de 10 % fondé sur les limitations 
fonctionnelles de l’assurée. 

 Par mémoire du 14 septembre 2021, l’assurée a recouru contre la décision sur D.      a.
opposition susmentionnée auprès de la chambre des assurances sociales de la 
Cour de justice (ci-après : la chambre de céans) en concluant principalement à 
l’octroi en sa faveur d’une rente d’invalidité entière à partir du 1er juillet 2021 et, 
subsidiairement, au renvoi de la cause à la SUVA pour complément d’instruction. 
Elle a en outre requis qu’une expertise médicale judiciaire soit mise en œuvre. 

b. L’intimée a répondu par mémoire du 13 octobre 2021 en concluant au rejet du 
recours. 

c. La recourante a répliqué par courrier du 30 novembre 2021 en maintenant sa 
position. 

d. L’intimée a dupliqué par courrier du 21 janvier 2022 en joignant à celui-ci un 
avis médical complémentaire du Dr J______ daté du 12 janvier 2022.  

e. Par décision d’instruction du 27 janvier 2022, confirmée le 2 mars 2022 après 
une contestation de l’intimée, la chambre de céans a requis de celle-ci qu’elle 
produise à la procédure les questions qu’elle avait posées au Dr J______. 
L’intimée s’est exécutée en date du 14 mars 2022. 

f. La recourante s’est déterminée sur ces questions par courrier du 28 avril 2022. 
En date du 2 mai 2022, ces observations ont été transmises à l’intimée et les 
parties ont été informées que la cause était gardée à juger. 

g. Les autres faits seront exposés, en tant que de besoin, dans la partie « en droit » 
du présent arrêt. 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 5 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 
26 septembre 2010 (LOJ - E 2 05), la chambre des assurances sociales de la Cour 
de justice connaît en instance unique des contestations prévues à l’art. 56 de la loi 
fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 
(LPGA - RS 830.1) relatives à la loi fédérale sur l'assurance-accidents, du 20 mars 
1981 (LAA - RS 832.20). 

 
 
 

 

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Selon l’art. 58 al. 1 LPGA, le tribunal des assurances du canton de domicile de 
l’assuré au moment du dépôt d’un recours est compétent pour connaitre de celui-
ci. 

La compétence de la chambre de céans pour juger du cas d’espèce est ainsi 
établie. 

2. Interjeté dans le délai de recours de trente jours, suspendu du 15 juillet au 15 août 
2021 (cf. art. 60 et 38 al. 4 LPGA), et dans les formes prévues par la loi 
(cf. art. 61 let. b LPGA et art. 89B de la loi sur la procédure administrative 
du 12 septembre 1985 [LPA - E 5 10]), le recours est recevable. 

3. Le litige a pour objet le droit de la recourante à une rente d’invalidité. Les parties 
sont en particulier en désaccord en ce qui concerne la question de son degré 
d’invalidité. 

En revanche, le montant de l’indemnité pour atteinte à l’intégrité octroyé par 
l’intimée à l’intéressée n’a pas été contesté et ne fait partant pas l’objet de la 
présente procédure de recours. 

3.1 Selon la recourante, c’est à tort que l’intimée a arrêté son taux d’invalidité à 
3 % sur la base d’un revenu hypothétique d’invalide de CHF 50'304.- (abattement 
de 10 % inclus) en retenant une capacité de travail complète dans une activité 
adaptée. Pour ce faire, l’intimée s’est en effet fondée uniquement sur des avis 
médicaux de son médecin-conseil qui sont d’une part contradictoires et, d’autre 
part, sont contredits par le rapport du Dr I______, lequel retient que la recourante 
est incapable de travailler dans toute activité. 

3.2 Selon l’intimée, les avis de son médecin-conseil ne sont pas contradictoires 
mais révèlent uniquement une évolution en lien notamment avec la perception 
subjective par la recourante de son atteinte au poignet gauche. De plus, le marché 
du travail équilibré comporte suffisamment d’emplois adaptés aux limitations 
fonctionnelles de la recourante pour lui permettre de compenser presque 
totalement son incapacité de travail totale dans son ancienne activité d’agente 
d’entretien sur le plan économique. 

4. Pour rendre son jugement, le juge de droit social doit se baser sur les faits qui 
existent au moment de la décision contestée par-devant lui (ATF 143 V 295 
consid. 4.1.4 ; ATF 142 V 337 consid. 3.2.2 ; ATF 139 V 88 consid. 4.2). 

En l’espèce, ce principe a notamment pour conséquence que les éléments qui 
ressortent de la proposition de décision de l'OAI datée du 10 septembre 2021 ne 
peuvent être pris en compte que dans la mesure où ils se rapportent à la situation 
factuelle antérieure au 11 août 2021. Le dispositif de cette décision sort en 
particulier du cadre factuel de la présente procédure. 

5. Selon l’art. 6 al. 1 LAA, les prestations d’assurance sont notamment allouées en 
cas d’accident professionnel ou non professionnel. Selon l’art. 4 LPGA, est 
réputée accident toute atteinte soudaine et involontaire qui compromet la santé 

 
 
 

 

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physique ou psychique et dont la cause est extérieure et extraordinaire 
(« évènement accidentel »). 

En présence de plusieurs accidents qui ont causé une invalidité chez un assuré, il 
faut procéder à une fixation d’ensemble de la rente d’invalidité (ATF 123 V 45 
consid. 3b ; arrêt du Tribunal fédéral des assurances U 345/02 du 30 avril 2004 
consid. 5.2 ; ATAS/665/2022 du 11 juillet 2022 consid. 10.4) 

6. Selon l’art. 18 al. 1 LAA, si l’assuré est invalide à 10 % au moins par suite d’un 
accident, il a droit à une rente d’invalidité, pour autant que l’accident soit survenu 
avant l’âge ordinaire de la retraite. Selon l’art. 20 al. 1 LAA, la rente d’invalidité 
s’élève à 80 % du gain assuré, en cas d’invalidité totale ; si l’invalidité n’est que 
partielle, la rente est diminuée en conséquence. 

6.1  

6.1.1 Est réputée invalidité, l'incapacité de gain totale ou partielle présumée 
permanente ou de longue durée, résultant d'une infirmité congénitale, d'une 
maladie ou d'un accident (art. 8 al. 1 LPGA). Selon l’art. 7 LPGA, est réputée 
incapacité de gain toute diminution de l'ensemble ou d'une partie des possibilités 
de gain de l'assuré sur le marché du travail équilibré qui entre en considération, si 
cette diminution résulte d'une atteinte à la santé physique, mentale ou psychique et 
qu'elle persiste après les traitements et les mesures de réadaptation exigibles 
(al. 1). Seules les conséquences de l’atteinte à la santé sont prises en compte pour 
juger de la présence d’une incapacité de gain. De plus, il n’y a incapacité de gain 
que si celle-ci n’est pas objectivement surmontable (al. 2). 

6.1.2 Selon l’art. 18 al. 2 LAA, le degré d’invalidité d’un assuré pertinent pour 
l’octroi d’une prestation par une assurance-accidents est déterminé par la méthode 
prévue à l’art. 16 LPGA, sous réserve des règles spéciales prévues aux art. 28 et 
29 de l’ordonnance sur l'assurance-accidents du 20 décembre 1982 
(OLAA - RS 832.202). 

Selon l’art. 16 LPGA, pour évaluer le taux d'invalidité d’un assuré, le revenu que 
celui-ci aurait pu obtenir s'il n'était pas invalide (revenu hypothétique de valide) 
est comparé avec celui qu'il pourrait obtenir en exerçant l'activité qui peut 
raisonnablement être exigée de lui après les traitements et les mesures de 
réadaptation sur un marché du travail équilibré (revenu d’invalide) ; il faut ainsi 
diviser le revenu hypothétique de valide par le revenu d’invalide pour obtenir le 
taux/degré d’invalidité (ATF 148 V 174 consid. 6.1 ; ATF 143 V 295 consid. 2.1). 

6.2 Selon l’art. 19 al. 1 LAA, le droit à la rente prend naissance dès qu’il n’y a 
plus lieu d’attendre de la continuation du traitement médical une sensible 
amélioration de l’état de l’assuré et que les éventuelles mesures de réadaptation de 
l’assurance-invalidité ont été menées à terme ; le droit au traitement médical et 
aux indemnités journalières cesse dès la naissance du droit à la rente. 

 
 
 

 

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La question de la fin des prestations provisoires et celle de l'octroi de la rente 
et/ou de l'indemnité pour atteinte à l'intégrité constituent un tout juridique et 
doivent donc faire l'objet d'une décision unique de la part de l'assurance-accidents 
(ATF 144 V 354 consid. 4.2 ; arrêts du Tribunal fédéral 8C_95/2021 
du 27 mai 2021 consid. 3.2 ; 8C_235/2020 du 15 février 2021 consid. 2.3). Les 
prestations de soins au sens de l'art. 10 LAA et les indemnités journalières sont 
des prestations temporaires au sens de l’art. 19 al. 1 LAA (ATF 144 V 418 
consid. 3.2 ; ATF 143 V 148 consid. 5.3.3 et 6.2). 

La notion d'amélioration sensible de l'état de l'assuré ne fait pas, en tant que telle, 
référence à l'état médical d'un assuré, mais à l'influence de celui-ci sur sa capacité 
de travail (ATF 134 V 109 consid. 4.3 ; arrêts du Tribunal fédéral 8C_95/2021 
du 27 mai 2021 consid. 3.2 ; 8C_235/2020 du 15 février 2021 consid. 2.3 ; 
8C_674/2019 du 3 décembre 2019 consid. 4.1). Autrement dit, il est nécessaire 
que l'état de santé de l'assuré puisse subir une modification notable et que celle-ci 
soit de nature à modifier sa capacité de travail en général, soit sa capacité de gain, 
pour considérer qu'un cas d'assurance n'est pas encore stabilisé, au sens de 
l'art. 19 al. 1 LAA. L'état de santé de la personne assurée doit être évalué de 
manière prévisionnelle et non rétrospective, c'est-à-dire à la lumière des 
circonstances connues au moment de la clôture potentielle du cas 
(arrêts du Tribunal fédéral 8C_604/2021 du 25 janvier 2022 consid. 5.2 ; 
8C_44/2021 du 5 mars 2021 consid. 5.2 ; 8C_363/2020 du 29 septembre 2020 
consid. 3.2). 

7. Pour évaluer un droit à une prestation sociale dépendant de l’état médical d’un 
assuré, il faut pouvoir se fonder sur des opinions médicales probantes 
(ATF 134 V 231 consid. 5.1). 

7.1 Il n’existe pas de règles systématiques absolues en matière d’appréciation de 
rapports médicaux, le principe général restant l’appréciation libre de ceux-ci par le 
juge (ATF 143 V 124 consid. 2.2.2). Ainsi, la force probante d’un rapport 
d’expertise dépend en premier lieu du contenu de celui-ci, à savoir s’il est complet 
(au regard du/des trouble(s) médical(aux) potentiel(s) de l’assuré), s'il se base sur 
l'anamnèse, les « plaintes » de l'assuré et tous les autres éléments factuels 
disponibles, s'il est clair dans son appréciation de la situation médicale et si le ou 
les résultat(s) au(x)quel(s) il parvient est/sont motivé(s) (ATF 134 V 231 
consid. 5.1 ; ATF 125 V 351 consid. 3a ; arrêt du Tribunal fédéral 8C_290/2021 
du 12 octobre 2021 consid. 3.2). 

7.2 Selon la jurisprudence fédérale, il est possible de distinguer trois types 
d’expertises médicales : les expertises ordonnées auprès d’un expert indépendant 
par l’autorité judiciaire sur la base de l’art. 61 let. c LPGA et du droit cantonal 
(expertise judiciaire), les expertises ordonnées auprès d’un expert indépendant par 
l’autorité sociale sur la base de l’art. 44 LPGA (expertise administrative) et les 
rapports médicaux requis par une assurance sociale auprès de médecins qui lui 

 
 
 

 

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sont subordonnés, ou réalisés par un médecin sur demande de l’assuré 
(« expertise » de partie). 

S’il est évident que la force probante d’une expertise judiciaire est complète 
(ATF 125 V 351 consid. 3b/aa), le juge doit également accorder pleine valeur 
probante aux expertises administratives pour autant que celles-ci ne contiennent 
pas de contradiction et qu'aucun autre élément fondé ne remette en cause leur 
pertinence (ATF 137 V 210 consid. 1.3.4 et 2.3 ; ATF 125 V 351 consid. 3b/bb ; 
arrêt du Tribunal fédéral 8C_290/2021 du 12 octobre 2021 consid. 3.2). En 
revanche, une expertise commandée par une partie ou réalisée par un médecin 
interne à une assurance dispose certes d’une certaine force probante, mais celle-ci 
est clairement inférieure à celle réalisée par un médecin indépendant  
(ATF 135 V 465 consid. 4.4 ; ATF 125 V 351 consid. 3b/cc et 3b/ee), en ce sens 
qu’un tel rapport médical peut avant tout permettre de remettre en doute une 
expertise administrative ou judiciaire (ATF 125 V 351 consid. 3c). Lorsqu'une 
décision administrative sociale ne s'appuie que sur l'avis d'un médecin interne à 
l'assureur social et qu'il existe des doutes, même minimes, sur la pertinence de 
l'appréciation de ce médecin, il y a lieu de procéder à une instruction 
complémentaire, soit de ne pas se contenter de se reposer sur cette opinion interne 
à l’assurance (ATF 145 V 97 consid. 8.5 ; ATF 135 V 465 consid. 4.4 ; 
arrêts du Tribunal fédéral 9C_526/2021 du 3 octobre 2022 consid. 2.2 ; 
8C_23/2022, 8C_51/2022 du 21 septembre 2022 consid. 4.2.2 ; 8C_251/2022 
du 11 juillet 2022 consid. 3.2.2 ; 8C_347/2021 du 10 novembre 2021 consid. 4.4). 

8. En l’occurrence, l’intimée a considéré que la recourante était entièrement capable 
de travailler dans une activité adaptée. Il ne ressort cependant pas clairement de 
ses décisions si la date de stabilisation du cas au sens de l’art. 19 al. 1 LAA, et 
donc de clôture de celui-ci, est le 26 février (fin de la prise en charge des frais 
médicaux sauf exceptions selon courrier de l’intimée du 26 février 2022 auquel sa 
décision du 22 juin 2021 fait référence), le 22 juin 2021 (date de la décision sur la 
rente d’invalidité) ou le 30 juin 2021 (fin du paiement des indemnités 
journalières). 

D’emblée, on doit constater que le procédé de l’intimée consistant à séparer la 
date de fin de la prise en charge des soins médicaux, celle du paiement des 
indemnités journalières et celle de la décision relative à la rente d’invalidité n’est 
pas conforme au droit. Cela ressort du reste clairement de la jurisprudence publiée 
applicable détaillée par l’intimée en p. 6 de sa décision sur opposition. 

Une instruction de la chambre de céans sur ce point à des fins de clarification 
n’apparaît toutefois pas nécessaire car la cause doit de toute façon être renvoyée à 
l’intimée pour instruction complémentaire comme on le verra plus bas.   

9. Pour retenir que la recourante était entièrement capable de travailler dans une 
activité adaptée depuis une date indéterminée en 2021, l’intimée s’est fondée 

 
 
 

 

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exclusivement sur les avis de son médecin d’arrondissement. Il convient donc 
d’examiner la force probante de ceux-ci. 

Dans son avis médical du 10 avril 2018, le Dr J______ a considéré que l’état de 
santé de la recourante était stabilisé eu égard à son trouble à son poignet gauche. 
Si aucune chirurgie n’était programmée, il faudrait alors « décider de la 
stabilisation ». L’activité antérieure d’agente d’entretien n’était plus 
possible. Même, une activité adaptée dans un travail sédentaire sans port de 
charges avec le bras gauche et sans déplacements réguliers apparaissait difficile en 
l’absence d’arthrodèse et d’usage permanent d’une canne. 

Dans son avis médical du 9 décembre 2020, le Dr J______ a retenu que le trouble 
au genou droit de la recourante était stabilisé depuis le 27 février 2017 et que le 
trouble au poignet « droit » de celle-ci évoluait vers une stabilisation, bien qu’une 
régression objective de la mobilité dût être constatée depuis son examen réalisé le 
4 avril 2018. La situation étant stabilisée, le port d’une attelle ou la réalisation 
d’une arthrodèse radio-carpienne n’aurait rien changé dans l’utilisation du poignet 
gauche. Sur cette base, le Dr J______ a considéré qu’une activité sédentaire légère 
sans port de charges tant du côté droit que du côté gauche avec manipulation 
uniquement de la main droite était exigible avec une capacité de travail de 100 % 
sans perte de rendement. Le prénommé n’évaluait en revanche pas l’importance 
de l’atteinte à l’intégrité de l’intimée, faute de radiographie récente, nécessaire 
pour ce faire. 

Comme le souligne à juste titre la recourante, les avis du Dr J______ contiennent 
plusieurs contradictions. 

En premier lieu, le Dr J______ n’explique pas comment il a pu retenir le 10 avril 
2018 que l’état médical était stabilisé, mais qu’il faudrait « décider de la 
stabilisation », puis retenir le 9 décembre 2020 que l’évolution allait « vers une 
stabilisation », malgré une régression objective du poignet gauche de la 
recourante, mais que la situation était stabilisée et qu’il pouvait ainsi se prononcer 
sur ses limitations fonctionnelles. Sur ce point, les deux avis médicaux du 
prénommé sont ainsi non seulement contradictoires entre eux, mais comportent 
également des incohérences internes. Dans ses explications complémentaires du 
12 janvier 2022, le Dr J______ affirme que son avis du 10 avril 2018 s’inscrivait 
dans une situation évolutive et qu’il n’a pas retenu que l’état médical de la 
recourante était définitif à cette date. Cette justification entre toutefois en 
contradiction avec la lettre de son avis du 10 avril 2018 selon laquelle : « On peut 
considérer aujourd’hui que l’état est stabilisé avec une arthrose de poignet 
objectivée radiologiquement à la limite de l’arthrose moyenne et de l’arthrose 
grave » (cf. pièce 6 recourante, p. 2). 

Ensuite, le Dr J______ semble indiquer dans son premier avis qu’une arthrodèse 
est nécessaire, d’avant d’affirmer le contraire dans son second avis car « la 
situation étant stabilisée, le port d’une attelle ou une arthrodèse radio-carpienne ne 

 
 
 

 

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changerait rien dans l’utilisation objective du poignet » (cf. pièce 9 recourante, p. 
9). Le prénommé perd ici de vue que c’est l’état médical objectif d’un assuré qui 
permet d’établir si son état est stabilisé ou non. Or, il est difficile de comprendre 
comment l’état de la recourante peut être considéré comme suffisamment stabilisé 
pour fixer sa capacité de travail, respectivement de gain, alors même que la 
nécessité ou non d’une opération destinée à bloquer, en principe définitivement, 
une articulation reste en suspens. Dans ses explications complémentaires du 
12 janvier 2022, le Dr J______ précise qu’une arthrodèse n’a pas été réalisée, car 
la recourante semblait considérer subjectivement la mobilité de son poignet 
gauche comme acceptable bien qu’une arthrodèse permette une meilleure 
utilisation du poignet. Les éléments fondant une telle justification ne ressortent 
cependant en rien de l’avis du 9 décembre 2020. Ledit avis relevait du reste que 
l’intéressée « se comporte avec une attelle comme si elle avait une arthrodèse qui 
permet de soulager les problèmes douloureux » (cf. pièce 9 recourante, p. 8), ce 
qui laisse entendre que la recourante, loin de s’accommoder de son trouble au bras 
gauche, portait en permanence une attelle afin de soulager ses douleurs. 

En troisième lieu, le Dr J______ affirme dans son avis du 9 décembre 2020 qu’il 
n’est pas en mesure de statuer sur l’importance de l’atteinte à l’intégrité de la 
recourante car « là encore, nous ne disposons pas de radiographie récente » 
(cf. pièce 9 recourante, p. 9). Le prénommé semble donc conclure qu’il n’existe 
pas suffisamment de clarté sur l’état médical du poignet gauche de l’intéressée 
pour statuer sur l’atteinte à l’intégrité, en conformité avec la jurisprudence 
fédérale (cf. arrêt du Tribunal fédéral 8C_68/2021 du 6 mai 2021 consid. 4.4). Il 
n’explique en revanche pas comment il lui est possible de considérer que la 
situation est néanmoins stabilisée s’agissant des limitations fonctionnelles de 
l’intéressée liées à son trouble au poignet gauche en absence de radiographie 
récente, document qu’il semble pourtant considérer comme médicalement 
nécessaire. Or, une motivation détaillée aurait été nécessaire pour s’écarter du 
principe selon lequel le moment de la stabilisation est en principe le même 
s’agissant de la rente d’invalidité et de l’indemnité pour atteinte à l’intégrité 
(cf. arrêt du Tribunal fédéral 8C_68/2021 du 6 mai 2021 consid. 4.4). 

Enfin, le Dr J______ a retenu le 10 avril 2018 que l’exercice d’une activité 
adaptée par la recourante apparaissait « difficile », en tout cas en absence 
d’arthrodèse, avant de conclure le 9 décembre 2020 que l’état de santé de la 
recourante se dégradait mais qu’elle était capable de travailler à 100 % sans perte 
de rendement dans une activité adaptée et qu’une arthrodèse n’était pas 
nécessaire. Ces deux avis sont donc en discrépance sur la question essentielle de 
la capacité de travail de l’intéressée dans une activité adaptée, sans que ladite 
discrépance soit expliquée, ou même relevée par son auteur. Dans ses explications 
complémentaires, celui-ci précise que son second avis tenait compte des 
« évolutions favorables » de la situation de la recourante. Comme le souligne 
pertinemment celle-ci, cette affirmation non motivée est elle-même en 

 
 
 

 

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contradiction avec le contenu de son avis du 9 décembre 2020 qui fait état d’une 
régression objective de la mobilité du poignet gauche de l’intéressée. 

Dans l’ensemble, les avis du Dr J______ comportent ainsi de nombreuses 
incohérences et contradictions non motivées, au point d’en devenir 
incompréhensibles. Il faut en conséquence considérer qu’ils étaient d’emblée 
dénués de toute force probante. 

Partant, c’est à tort que l’intimée s’est basée exclusivement sur ceux-ci pour 
retenir que la recourante disposait d’une capacité entière dans une activité 
adaptée, et donc fixer son degré d’invalidité à 3 %. Cela vaut d’autant plus que 
l’intimée était consciente des contradictions contenues dans les avis médicaux de 
son médecin-conseil puisque dans une notice de son service légal du 16 décembre 
2021 intitulée « instruction complémentaire en procédure de recours », elle a 
requis du prénommé qu’il s’explique sur deux incohérences relevées par le conseil 
de la recourante dans ses écritures. L’intimée s’est donc fondée sur des avis 
internes qu’elle savait contradictoires pour rejeter le droit de la recourante a une 
rente d’invalidité en retenant un degré d’invalidité de 3 % malgré les limitations 
fonctionnelles considérables dont souffre cette dernière. Cette position est 
insoutenable. 

Du reste, l’affirmation du Dr J______ du 9 décembre 2020 selon laquelle la 
recourante serait entièrement capable de travailler dans une activité adaptée sans 
perte de rendement est contredite par le rapport du Dr I______ du 23 novembre 
2018, lequel a clairement affirmé qu’il retenait que la capacité de travail de 
l’intéressée était nulle dans toute activité vu l’importance de ses limitations 
fonctionnelles. Ce seul rapport médical suffit ainsi déjà à engendrer un doute 
quant à l’appréciation du médecin-conseil de l’intimée. L’opinion du Dr I______ 
apparaît en outre partagée par le Dr K______, qui a relevé dans un rapport 
médical intermédiaire du 8 février 2021 que l’état de la recourante était 
stationnaire et que son incapacité de travail était totale. 

En conclusion, il faut retenir que la cause n’a pas été instruite à satisfaction par 
l’intimée. 

10. Il convient maintenant de clarifier les conséquences juridiques de cette instruction 
insatisfaisante. 

10.1 Lorsque le juge des assurances sociales constate qu'une instruction 
complémentaire est nécessaire, il doit en principe mettre en œuvre une expertise 
lorsqu'il considère qu’un état de fait médical ne peut être élucidé que par ce biais 
et que l'expertise administrative ordonnée par l’autorité sociale est incomplète sur 
des points essentiels ou non-probante ; un renvoi à l’administration est en 
revanche possible lorsqu’il convient de clarifier une question médicale restée 
jusqu’alors non instruite (ATF 139 V 99 consid. 1.1 ; ATF 137 V 210 
consid. 4.4.1.4 ; arrêts du Tribunal fédéral 9C_354/2020 du 8 septembre 2020 
consid. 2.1 ; 8C_503/2019 du 19 décembre 2019 consid. 2.1).  

 
 
 

 

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10.2 En l’espèce, le seul élément médical abordant de manière motivée la question 
de la capacité de travail de la recourante dans une activité adaptée, soit de sa 
capacité de gain, est le rapport du Dr I______ du 23 novembre 2018. Ce rapport 
émane toutefois du médecin traitant de la recourante et remonte déjà à plusieurs 
années. Il n’apparaît donc pas possible de se fonder uniquement sur celui-ci pour 
trancher la question de la capacité de gain de l’intéressée, et dans la suite, celle de 
son droit à une rente d’invalidité. 

L’intimée n’a jusqu’ici pas ordonné d’expertise indépendante sur la question de la 
stabilisation de l’état de santé de la recourante, de ses limitations fonctionnelles, et 
de sa capacité de travail. Il y a donc lieu de lui renvoyer la cause afin qu’elle 
mette en œuvre une telle expertise orthopédique. 

11. En conclusion, le recours doit être partiellement admis. La décision sur opposition 
attaquée doit être annulée et la cause renvoyée à l’intimée pour instruction 
complémentaire, et en particulier pour que celle-ci mette en œuvre une expertise 
orthopédique indépendante. 

Cette expertise devra notamment porter sur la question du moment de la 
stabilisation médicale des troubles de la recourante au genou droit et au poignet 
gauche et sur les limitations fonctionnelles précises qui en découlent. L’expert 
devra en outre donner une appréciation de la capacité de travail de l’intéressée 
dans son ancienne activité d’agente d’entretien et dans une activité adaptée aux 
limitations fonctionnelles retenues, pour autant qu’une telle activité existe sur un 
marché du travail équilibré au sens de l’art. 7 al. 1 LPGA. 

12. En ce qui concerne les frais et dépens, un arrêt de cassation et renvoi doit être 
considéré comme un arrêt où le recourant obtient gain de cause, même si celui-ci 
n'y avait conclu que subsidiairement (ATF 141 V 281 consid. 11.1 ; 
ATF 137 V 210 consid. 7.1 ; arrêts du Tribunal fédéral 8C_453/2019 
du 3 février 2020 consid. 4 ; 8C_245/2019 du 16 septembre 2019 consid. 6 ; 
8C_128/2019 du 12 juillet 2019 consid. 5). 

La recourante obtenant gain de cause et étant assistée d’un avocat, une indemnité 
de CHF 3'500.- lui sera accordée à titre de participation à ses frais et dépens 
(art. 61 let. g LPGA ; art. 6 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités 
en matière administrative du 30 juillet 1986 [RFPA - E 5 10.03]). 

Pour le surplus, en l’absence de loi spéciale prévoyant des frais judiciaires, la 
procédure est gratuite (art. 61 let. fbis a contrario LPGA en lien avec l’art. 1 LAA). 

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

À la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. L’admet partiellement. 

3. Annule la décision attaquée et renvoie la cause à l’intimée pour complément 
d’instruction au moyen de la mise œuvre d’une expertise indépendante au sens des 
considérants. 

4. Alloue à la recourante une indemnité de CHF 3'500.- à la charge de l’intimée. 

5. Dit que la procédure est gratuite. 

6. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110); le mémoire de recours doit indiquer les 
conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de 
son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l'envoi. 

 
La greffière 

 
 
 
 

Véronique SERAIN 

 Le président 
 
 
 
 

Philippe KNUPFER 

 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 
de la santé publique par le greffe le