# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c69bd3df-755a-504b-92ce-ab7bc6f78db3
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2018-11-12
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 12.11.2018 E-6009/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-6009-2018_2018-11-12.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour V 

E-6009/2018 

 

 

 
 A r r ê t  d u  1 2  n o v e m b r e  2 0 1 8  

Composition 
 Jean-Pierre Monnet, juge unique,  

avec l’approbation de Gérard Scherrer, juge ; 

Anne-Laure Sautaux, greffière. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

Iran,  

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile et renvoi ;  

décision du SEM du 9 octobre 2018 / N (…).  

 

 

 

E-6009/2018 

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Faits : 

A.  

Le 16 juillet 2018, le recourant a déposé une demande d’asile en Suisse. 

A cette occasion, il a indiqué avoir quitté l’Iran le 28 novembre 2016.  

 

Par décision incidente du SEM du même jour, il a été assigné au Centre 

fédéral de Boudry, afin que sa demande y soit traitée dans le cadre de la 

phase de test, conformément à l'art. 4 de l'ordonnance sur les phases de 

test (OTest, RS 142.318.1). 

B.  

Il ressort des résultats du 19 juillet 2018 de la comparaison des données 

dactyloscopiques du recourant avec celles enregistrées dans la banque de 

données Eurodac qu’il a été interpellé, le 29 juillet 2017, en Grèce à l’oc-

casion du franchissement irrégulier d'une frontière extérieure à l'espace 

Schengen et qu’il y a demandé l’asile, le 4 septembre 2017. 

C.  

Lors de l’audition sur ses données personnelles du 23 juillet 2018, le re-

courant a déclaré être baloutche, de confession sunnite et provenir de la 

ville de B._______.  

 

Le 30 juillet 2018, il a été entendu, dans un entretien individuel, sur son 

parcours migratoire. Il a expliqué les raisons pour lesquelles il était opposé 

à son transfert en Grèce. 

D.  

Par décision incidente du 11 septembre 2018, le SEM a constaté la com-

pétence de la Suisse pour l’examen de la demande d’asile du recourant. 

E.  

Lors de l’audition sur les motifs d’asile du 28 septembre 2018, le recourant 

a déclaré qu’il avait, en dernier lieu, été pensionnaire dans l’école 

« C._______ » comprenant plus de (…) étudiants en théologie. Les 

week-ends, il aurait été hébergé par ses cousins paternels.   

 

En 2013, alors qu’il aurait étudié dans cette école, il se serait rendu avec 

son ami, D._______, auprès de l’administration pour obtenir un permis de 

conduire. Le directeur du « bureau du guide suprême chargé des affaires 

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sunnites », dépendant du Sepah, aurait exigé d’eux des renseignements 

en échange de la délivrance de ce permis. Son ami aurait fait preuve d’ar-

rogance en jetant les feuilles au visage du directeur ; il aurait été battu par 

deux hommes et jeté dehors. Le recourant aurait, quant à lui, accepté 

l’offre, pour s’éviter des représailles, et communiqué le numéro de son té-

léphone mobile au directeur. Nonobstant son acceptation, il n’aurait pas 

donné d’informations. Courant mars 2014, D._______ aurait été porté dis-

paru ; le (…) 2014, son corps aurait été retrouvé. Le recourant se serait 

alors rendu auprès du directeur précité pour vérifier s’il était impliqué dans 

cet homicide. A peine aurait-il prononcé le prénom de D._______ qu’il au-

rait déclenché l’hilarité du directeur, qui lui aurait demandé s’il voulait subir 

le même sort. Chaque jeudi durant les quatre mois suivants, le recourant 

se serait rendu audit bureau ; il aurait posé des microphones dans l’en-

ceinte de l’école et révélé l’identité d’étudiants étrangers, ainsi que d’Ira-

niens convertis au sunnisme. Il aurait ensuite interrompu cette activité. En 

conséquence, il aurait reçu des sms, malgré un changement de téléphone 

(ou de carte « sim »). Un soir, à la fin de l’été 2014, de retour d’un match 

de football, il aurait été agressé dans la rue et traité de « bâtard qui n’obéit 

pas aux ordres ». Suite à l’intervention de tiers, ses deux agresseurs, du 

Sepah, auraient pris la fuite. Suite à cette agression, le recourant serait 

resté cloîtré dans son école durant une année et demie ; il n’en serait qua-

siment pas resorti, sauf pour se rendre avec ses cousins auprès de l’admi-

nistration afin de se voir délivrer une nouvelle carte d’identité. Durant cette 

période, il aurait reçu, par sms, des menaces de meurtre, de dénonciation 

(calomnieuse) de participation au groupe armé sunnite Jundallah, consi-

déré comme terroriste, soit d’un crime passible de la peine capitale.  

Il s’était ouvert de ses problèmes à une personne d’un certain âge à la-

quelle il aurait enseigné le Coran depuis trois à quatre ans. Celle-ci lui au-

rait conseillé de quitter l’Iran ; elle aurait participé aux frais de son voyage. 

Il se serait rasé et aurait retiré son turban, afin de passer inaperçu. Il se 

serait ensuite rendu chez ses cousins, puis à Téhéran. Il s’y serait joint à 

un groupe d’Afghans. Avec ce groupe, guidé par deux passeurs, il aurait 

franchi la frontière turque, à pied, en septembre 2016.  

La date de départ de son pays, enregistrée lors du dépôt de sa demande 

d’asile, serait le résultat d’une erreur de calcul de sa part à l’occasion de la 

conversion du calendrier perse.   

 

Il a ajouté qu’en tant que baloutche sunnite, son départ illégal d’Iran sans 

avoir accompli le service militaire, suffisait à l’exposer à une peine déme-

surément sévère en cas de retour.   

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A l’appui de sa demande, il a en particulier produit la copie d’un document 

concernant la cérémonie religieuse, prévue le (…) 2014, pour son ami as-

sassiné, ainsi que la copie de sa carte d’identité, valable jusqu’en (…). Il a 

expliqué qu’il ne pouvait pas en produire les originaux, vu les dangers que 

pourraient encourir leur expéditeur, eu égard à la pratique au sein de la 

poste iranienne de vérification du contenu des courriers. 

F.  

Le 5 octobre 2018, le SEM a soumis au représentant du recourant un projet 

de décision négative, fondée sur le manque d’intensité des intimidations 

passées et sur l’absence de crainte fondée de persécution en cas de re-

tour. 

G.  

Dans sa prise de position du 5 octobre 2018, le représentant du recourant 

a invoqué que les menaces dont celui-ci avait fait l’objet en Iran revêtaient 

« un degré d’intensité très élevé ». Au vu de son profil d’opposant aux 

ordres du Sepah, d’élève d’une école sunnite sous surveillance et de son 

appartenance à la communauté baloutche discriminée, sa liberté et son 

intégrité étaient gravement en danger. Ainsi, les conditions de reconnais-

sance de la qualité de réfugié, respectivement de l’octroi de l’admission 

provisoire pour inexigibilité étaient réunies. 

H.  

Par décision du 9 octobre 2018 (notifiée le même jour), le SEM a refusé de 

reconnaître la qualité de réfugié au recourant, a rejeté sa demande d’asile, 

a prononcé son renvoi de Suisse et a ordonné l’exécution de cette mesure. 

  

Il a considéré que la mesure d’intimidation ayant consisté en une agression 

physique dans la rue à la fin de l’été 2014 ne revêtait pas un degré d’inten-

sité suffisant au regard des exigences de l’art. 3 LAsi. Il en allait de même 

des menaces reçues du Sepah durant un an et demi sur son téléphone. En 

effet, ces menaces ne reflétaient pas une réelle intention des autorités de 

s’en prendre à lui. « Selon toute vraisemblance », si les autorités avaient 

eu une véritable intention de lui nuire, elles auraient pris des mesures dras-

tiques à son encontre pour parvenir à leurs fins, comme elles l’avaient fait 

avec son ami.  

Sous l’angle de l’existence d’une crainte fondée en cas de retour, il a exa-

miné les seules craintes liées à l’appartenance du recourant à une minorité 

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ethnique et religieuse, à son départ illégal et à l’absence d’accomplisse-

ment du service militaire. Il a estimé qu’elles n’étaient pas objectivement 

fondées au sens de l’art. 3 LAsi. Il a répété que les problèmes précédem-

ment rencontrés par le recourant manquaient d’intensité. Il a ajouté que la 

minorité baloutche, de confession sunnite, ne faisait pas l’objet d’une per-

sécution collective en Iran, de sorte que l’appartenance du recourant à 

cette minorité n’était pas en soi décisive. En outre, il n’était pas hautement 

probable que les Iraniens ayant quitté illégalement leur pays encourraient 

à leur retour des sanctions telles qu’elles constitueraient de sérieux préju-

dices. Enfin, les mesures étatiques visant à faire respecter l’obligation de 

servir, un devoir civique, n’étaient pas décisives sous l’angle de l’asile, con-

formément à l’art. 3 al. 3 LAsi.  

 

En conclusion, le SEM a indiqué qu’à défaut de pertinence au sens de 

l’art. 3 LAsi des déclarations du recourant, il pouvait se dispenser d’en exa-

miner la vraisemblance (au sens de l’art. 7 LAsi). Les moyens de preuve 

produits n’étaient pas susceptibles de modifier son appréciation. Enfin, 

l’appréciation différente des faits exposée dans la prise de position du 5 oc-

tobre 2018 n’était pas non plus à même de modifier son point de vue.

  

Enfin, de l’avis du SEM, l’exécution du renvoi était licite, raisonnablement 

exigible et possible. 

I.  

Par acte du 16 octobre 2018, le représentant du recourant a informé le 

SEM de la résiliation de son mandat. 

J.  

Par acte daté du 17 octobre 2018 (posté le lendemain), le recourant a in-

terjeté recours contre la décision du SEM du 9 octobre 2018. Il a conclu à 

son annulation, au renvoi de l’affaire au SEM pour instruction complémen-

taire et nouvelle décision, à la reconnaissance de la qualité de réfugié, à 

l’octroi de l’asile et au prononcé d’une admission provisoire. Il a sollicité 

l’assistance judiciaire totale.  

 

Il a fait valoir que la décision reposait sur des faits inexacts ou incomplets. 

En effet, il avait l’impression d’avoir été incompris lors de sa dernière audi-

tion parce qu’il avait « indiqué des dates selon le calendrier arabe qui ne 

correspondaient pas à celui en usage en Suisse ». Dans l’hypothèse d’un 

retour en Iran, il serait y exposé à de « graves dangers ».  

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Droit : 

1.  

1.1 Selon l’art. 31 LTAF (RS 173.32), le Tribunal connaît des recours contre 

les décisions au sens de l’art. 5 PA (RS 172.021). En particulier, les déci-

sions rendues par le SEM concernant l'asile et le renvoi - lesquelles n'en-

trent pas dans le champ d'exclusion de l'art. 32 LTAF - peuvent être con-

testées devant le Tribunal conformément à l'art. 33 let. d LTAF (disposition 

applicable en vertu du renvoi de l’art. 105 LAsi [RS 142.31]). Le Tribunal 

est donc compétent pour connaître du présent litige. Il statue de manière 

définitive (cf. art. 83 let. d ch. 1 LTF [RS 173.110]).  

1.2 Le recourant a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA). Présenté dans 

la forme (cf. art. 52 al. 1 PA) et le délai (cf. art. 112b al. 3 LAsi et art. 38 de 

l'ordonnance sur la réalisation de phases de test relatives aux mesures 

d'accélération dans le domaine de l'asile [OTest, RS 142.318.1]) prescrits 

par la loi, le recours est recevable.  

1.3 Le Tribunal a un pouvoir d’examen limité (exclusion du contrôle de l'op-

portunité) en ce qui a trait à l'application de la loi sur l'asile conformément 

à l'art. 106 al. 1 LAsi et un plein pouvoir en ce qui a trait à l'application de 

la loi sur les étrangers, conformément à l'art. 49 PA en lien avec l'art. 112 

LEtr (cf. ATAF 2014/26 consid. 5 et 7.8). ).  

2.  

2.1 Le Tribunal applique le droit d'office, sans être lié par les motifs invo-

qués (cf. art. 62 al. 4 PA) ni par l'argumentation juridique développée dans 

la décision entreprise (cf. MOOR/POLTIER, Droit administratif, vol. II, 

3ème éd., Berne 2011, p. 782). La procédure est régie par la maxime inqui-

sitoire, ce qui signifie que le Tribunal constate les faits d'office (cf. art. 12 

PA) et apprécie les preuves selon sa libre conviction (cf. art. 40 de la loi du 

4 décembre 1947 de procédure civile fédérale [PCF, RS 273], applicable 

par le renvoi de l'art. 19 PA). Les parties doivent toutefois collaborer à l'éta-

blissement des faits (art. 13 PA) et motiver leur recours (art. 52 PA). En 

conséquence, l'autorité judiciaire saisie se limite en principe aux griefs sou-

levés et n'examine les questions de droit non invoquées que dans la me-

sure où les arguments des parties ou le dossier l'y incitent (cf. ATAF 

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2009/57 consid. 1.2 p. 798 ; ATF 122 V 157 consid. 1a, 121 V 204 con-

sid. 6c; Jurisprudence des autorités administratives de la Confédération 

[JAAC] 61.31 consid. 3.2.2; MOSER/BEUSCH/ KNEUBÜHLER, Prozessieren 

vor dem Bundesverwaltungsgericht, 2ème éd., 2013, no 1.55, p. 25 ; 

KÖLZ/HÄNER/BERTSCHI,Verwaltungsverfahren und Verwaltungsrechts-

pflege des Bundes, 3ème éd., 2013, no 1136, p. 398 ; voir aussi CLÉMENCE 

GRISEL, L'obligation de collaborer des parties en procédure administrative, 

2008, p. 57, 76 et 82 s.). 

2.2 La jurisprudence a notamment déduit du droit d'être entendu, garanti à 

l'art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 

18 avril 1999 (Cst., RS 101) et concrétisé par l'art. 35 PA, l'obligation pour 

l'autorité de motiver sa décision, afin que le destinataire puisse la com-

prendre, l'attaquer utilement s'il y a lieu et que l'autorité de recours puisse 

exercer son contrôle. Pour répondre à ces exigences, il suffit que l'autorité 

mentionne, au moins brièvement, ses réflexions sur les éléments de fait et 

de droit essentiels, autrement dit les motifs qui l'ont guidée et sur lesquels 

elle a fondé sa décision, de manière à ce que l'intéressé puisse se rendre 

compte de la portée de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause; 

l'autorité n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens 

de preuve et griefs invoqués par les parties, mais elle peut au contraire se 

limiter à ceux qui lui paraissent pertinents (cf. ATF 138 I 232 consid. 5.1 et 

jurisp. cit.). L'étendue de l'obligation de motiver dépend des circonstances 

du cas particulier ; ainsi, l'obligation de motiver est d'autant plus stricte lors-

que la décision repose sur un pouvoir de libre appréciation de l'autorité, 

lorsqu'elle fait appel à des notions juridiques indéterminées, lorsqu'elle 

porte gravement atteinte à des droits individuels, lorsque l'affaire est parti-

culièrement complexe ou lorsqu'il s'agit d'une dérogation à une règle légale 

(cf. ATAF 2013/56 consid. 3.1 ; voir aussi arrêt du Tribunal fédéral 

2A.496/2006 et 2A.497/2006 du 15 octobre 2007 consid. 5.1.1; ATF 112 Ia 

107 consid. 2b p. 107).  

 

Le droit d'être entendu représente une garantie constitutionnelle de carac-

tère formel, dont la violation entraîne en principe l'annulation de la décision 

attaquée, indépendamment des chances de succès du recours sur le fond 

(cf. ATAF 2014/38 consid. 8). 

 

3.  

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3.1 En l’espèce, dans la décision attaquée, le SEM a considéré que les 

coups reçus (qualifiés de « mesure d’intimidation ») et les menaces pas-

sées à l’encontre du recourant n’étaient pas constitutifs de sérieux préju-

dices au sens de l’art. 3 LAsi, faute de gravité. Pour nier l’intensité suffi-

sante des menaces, il a estimé, en substance, qu’une volonté réelle du 

Sepah de les mettre à exécution n’était pas vraisemblable, en l’absence de 

la prise de « mesures drastiques » à cette fin. Toutefois, cette motivation 

est non seulement source de confusion avec l’absence de pertinence 

qu’elle est censée démontrer, mais surtout insuffisante, en l’absence d’une 

pondération des signes d’invraisemblance (cf. ATAF 2012/5 consid. 2.2). 

Cela n’a pas échappé au SEM puisqu’il a indiqué, en conclusion, qu’il 

s’abstenait d’examiner la vraisemblance des déclarations. Il n’en demeure 

pas moins qu’il a mentionné, comme étant décisifs, des arguments tirés 

d’un examen de la vraisemblance des déclarations tout en indiquant par la 

suite qu’il pouvait se dispenser de cet examen. Sa décision présente donc 

une contradiction interne, qui ne peut être éliminée, ou tout au moins une 

ambiguïté irrémédiable. L'ambiguïté, voire la contradiction dans la motiva-

tion incomplète, conduit à une violation du droit du recourant à une décision 

compréhensible qu’il puisse attaquer utilement. Elle rend impossible au Tri-

bunal l’exercice de son contrôle. 

3.2 En outre, la motivation de la décision quant à l’absence de crainte ob-

jectivement fondée d’une persécution à venir est lacunaire. En effet, le 

SEM a examiné les seules craintes du recourant liées à son appartenance 

à une minorité ethnique et religieuse, à son départ illégal et à l’absence 

d’accomplissement du service militaire. S’agissant de sa crainte en lien 

avec la désobéissance aux ordres du Sepah, le SEM s’est borné à répéter 

que les problèmes précédemment rencontrés manquaient d’intensité (pour 

être qualifiés de sérieux préjudices). Toutefois, conclure à l’absence d’une 

persécution passée ne dispensait pas le SEM d’un examen de la crainte 

du recourant d’avoir à subir, en cas de retour au pays, de sérieux préju-

dices en lien avec les motifs de fuite allégués ayant trait à la désobéissance 

aux ordres du Sepah. Or, le SEM n’a examiné (en bonne et due forme, soit 

sur la base d’une appréciation complète et définitive) ni la vraisemblance 

au sens de l’art. 7 LAsi des faits à l’origine de la crainte du recourant d’avoir 

à subir une persécution en cas de retour ni la pertinence au sens de l’art. 

3 LAsi de la persécution crainte en cas de retour. En conclusion, on ne 

parvient pas à discerner les motifs pour lesquels le SEM a écarté la crainte 

principale du recourant en cas de retour. Pour cette raison également, le 

droit à une décision motivée est violé. 

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3.3 La violation par le SEM de l’obligation de motiver sa décision, compo-

sante du droit d’être entendu du recourant, conduit à l'annulation de la dé-

cision attaquée et au renvoi de la cause au SEM pour qu'il rende une nou-

velle décision, après avoir, s'il l'estime nécessaire, procédé à une instruc-

tion complémentaire. 

4.  

S'avérant manifestement fondé, le recours est admis dans une procédure 

à juge unique, avec l'approbation d'un second juge (cf. art. 111 let. e LAsi). 

Il est dès lors renoncé à un échange d'écritures, le présent arrêt n'étant 

motivé que sommairement (cf. art. 111a al. 1 et 2 LAsi). 

5.  

Lorsque, comme en l’espèce, l'affaire est renvoyée à l'instance précédente 

pour nouvelle décision, dont l'issue reste ouverte, la partie recourante est 

considérée comme ayant obtenu gain de cause, conformément à la juris-

prudence du Tribunal fédéral (cf. ATF 141 V 281 consid. 11.1 ; 137 V 210 

consid. 7.1; 133 V 450 consid. 13; 132 V 215 consid. 6.1; MARCEL MAIL-

LARD, commentaire ad art. 63 PA, in : Praxiskommentar VwVG, Wald-

mann/Weissenberger [éd.], 2ème éd., 2016, no 14, p. 1314). Partant, il n'est 

pas perçu de frais de procédure (cf. art. 63 al. 1 et 2 PA). Ayant agi en son 

propre nom, le recourant n’a pas fait valoir de frais de représentation. Il n'a 

pas non plus fait valoir d'autres frais indispensables et relativement élevés. 

Il n'y a donc pas lieu de lui allouer des dépens (cf. art. 64 al. 1 PA et art. 7 

ss du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indem-

nités fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]). Au 

vu de ce qui précède, la demande d'assistance judiciaire totale est deve-

nue sans objet.  

 

 

(dispositif : page suivante)  

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Page 10 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est admis, en tant qu'il conclut à l'annulation de la décision at-

taquée. 

2.  

La décision attaquée est annulée et l'affaire renvoyée au SEM, pour nou-

velle décision, au sens des considérants. 

3.  

Il est statué sans frais. 

4.  

Il n’est pas alloué de dépens. 

5.  

La demande d’assistance judiciaire totale est sans objet. 

6.  

Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité cantonale 

compétente. 

 

Le juge unique : La greffière : 

  

Jean-Pierre Monnet Anne-Laure Sautaux 

 

 

Expédition :