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**Case Identifier:** f75864dd-e321-5fea-921f-d383ca432c90
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-03-23
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 23.03.2021 A/311/2021
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-311-2021_2021-03-23.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/311/2021-EXPLOI ATA/340/2021  

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative  

Arrêt du 23 mars 2021 

2
ème

 section 

dans la cause 

 

Monsieur A______ 
  

contre 

SERVICE DE POLICE DU COMMERCE ET DE LUTTE CONTRE LE 

TRAVAIL AU NOIR 
 

 

- 2/8 - 

A/311/2021 

EN FAIT 

1)  Monsieur A______ exploite le café-restaurant à l’enseigne « B______ », 
dont il est propriétaire. 

2)  Selon le rapport de police établi le 23 décembre 2020, le même jour à 
21h15, plus de quatre personnes étaient installées à la même table en terrasse et 
les distances entre les tables n’étaient pas respectées, ce qui contrevenait aux 
mesures ordonnées par le Conseil d’État. 

3)  Invité par le service de police du commerce et de lutte contre le travail au 
noir (ci-après : PCTN) à se déterminer au sujet de ces constats, qui pouvaient 
donner lieu à une décision de fermeture de l’établissement, M. A______ ne s’est 
pas manifesté dans le délai imparti. 

4)  Par décision du 21 janvier 2021, notifiée le même jour, le PCTN a ordonné 
la fermeture immédiate de l’établissement « pour une durée de 21 jours 
supplémentaires à compter du 1er mars 2021, soit jusqu’au 21 mars inclus ». 

  Les infractions constatées dans le rapport de police contrevenaient aux 
arrêtés du Conseil d’État relatifs aux mesures destinées à lutter contre l’épidémie 
de Covid-19, notamment l’arrêté du 7 décembre 2020 du Conseil d’État et ses 
versions précédentes. Le non-respect de ces mesures favorisait activement la 
circulation du virus de Covid-19 et constituait un trouble grave à la santé 
publique. La fermeture immédiate de l’établissement était donc prononcée. 

  À la suite de la modification du 13 janvier 2021 de l’ordonnance du Conseil 
fédéral sur les mesures destinées à lutter contre l'épidémie de Covid-19 en 
situation particulière du 19 juin 2020 et de l'arrêté du Conseil d'État du 20 janvier 
2021 modifiant l'arrêté du 1er novembre 2020 d'application des mesures fédérales 
destinées à lutter contre l'épidémie de Covid-19 en situation particulière, 
l’exploitation des restaurants était interdite jusqu’au 28 février 2021. 

  La fermeture immédiate de l’établissement était donc prononcée pour  
vingt-et-un jours supplémentaires à compter du 1er mars 2021, soit jusqu’au 
21 mars 2021. 

5)  Par acte expédié le 29 janvier 2021 à la chambre administrative de la Cour 
de justice, M. A______ a recouru contre cette décision, dont il a demandé 
l’annulation. 

  Il reconnaissait qu’un client qui fêtait son anniversaire avait constitué une 
tablée de plus de quatre personnes, mais contestait que les distances entre les 
tables n’avaient pas été respectées. Les faits reprochés ne pouvaient lui être 
imputés, dès lors qu’au moment du contrôle de police, lui-même et tout le 

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personnel étaient occupées et n’avaient pu vérifier que le client en question 
observe les règles applicables. Ce client pouvait d’ailleurs confirmer que dans 
l’euphorie de la soirée, il « n’avait pas réagi quant au nombre de personnes assises 
à sa table ». La pandémie avait placé les restaurateurs dans une situation précaire 
et les vingt-et-un jours de fermeture supplémentaires n’allaient que péjorer une 
situation financière déjà très difficile. 

6)  Le PCTN a conclu au rejet du recours. 

  Il appartenait à l’exploitant de veiller au respect des mesures sanitaires. Le 
non-respect de ces mesures constituait un trouble grave à l’ordre public, dès lors 
qu’il favorisait la propagation du virus de Covid-19. La décision était donc 
fondée. 

7)  Le recourant ne s’est pas manifesté dans le délai imparti pour répliquer. 

8)  Sur ce, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger. 

EN DROIT 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est 
recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - 
LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

  Bien que la durée de la fermeture ordonnée ait pris fin le 21 mars 2021, le 
recourant conserve un intérêt actuel à ce que le bienfondé de la décision soit 
examiné, dès lors que la situation pourrait se reproduire dans des circonstances 
semblables, d’une part, et que la sanction prononcée à son encontre pourrait, en 
cas d’inobservation d’autres prescriptions, être prise en compte à titre 
d’antécédent, d’autre part (ATF 135 I 79 consid. 1 ; 131 II 361 consid. 1.2 ;  
128 II 34 consid. 1b ; ATA/710/2020 du 4 août 2020 consid. 3d). 

2)  Le recourant ne conteste pas que le client qui fêtait son anniversaire avait 
accueilli plus de quatre personnes à sa table. En revanche, il soutient que la 
distance entre les tables était respectée. 

 a. De jurisprudence constante, la chambre de céans accorde généralement une 
pleine valeur probante aux constatations figurant dans un rapport de police, établi 
par des agents assermentés, sauf si des éléments permettent de s'en écarter 
(ATA/67/2021 du 19 janvier 2021 consid. 2b ; ATA/502/2018 du 22 mai 2018 et 
les références citées). 

 b. En l’espèce, le rapport de police fait le constat que la distance entre les 
tables n’était pas respectée. Le rapport a été établi par un gendarme, qui était 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/135%20I%2079
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/131%20II%20361
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/128%20II%2034
https://decis.justice.ge.ch/ata/show/2451152
https://decis.justice.ge.ch/ata/show/2578267
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/502/2018

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accompagné d’une autre gendarme et d’une appointée. Le recourant n’avance 
aucun élément permettant de mettre en doute le constat effectué dans le rapport de 
police, établi pas des agents assermentés. Il n’y a donc pas lieu de s’en écarter. 

3)  Le recourant fait également valoir que l’inobservation des règles sanitaires 
ne lui est pas imputable ; il ne lui était pas possible de veiller à ce que les clients 
ne soient pas plus de quatre par table et que la distance entre les tables soit 
respectée, dès lors que l’ensemble du personnel et lui-même étaient alors occupés. 

 a. Selon l’art. 24 al. 1 de la loi sur la restauration, le débit de boissons, 
l’hébergement et le divertissement du 19 mars 2015 (LRDBHD - I 2 22), 
l’exploitant doit veiller au maintien de l’ordre dans son établissement, qui 
comprend sa terrasse, et prendre toutes les mesures utiles à cette fin. 

 b. Selon l’art. 12C al. 1 de l’arrêté du 7 décembre 2020 du Conseil d’État 
modifiant l'arrêté, du 1er novembre 2020, d’application de l'ordonnance fédérale 
sur les mesures destinées à lutter contre l’épidémie de Covid-19 en situation 
particulière du 19 juin 2020 et sur les mesures de protection de la population, dans 
les installations et établissements offrant des consommations, les boissons et/ou la 
restauration doivent exclusivement être commandées, servies et consommées assis 
à table à l'intérieur ou en terrasse. Le changement de table n'est pas autorisé. 
L’exploitant de l’installation ou de l’établissement, ou son remplaçant sur place, 
doit s’en assurer. L’al. 4 de l’art. 12C précité prescrit que les tables ne peuvent 
regrouper plus de quatre personnes et l’al. 7 prévoit que l’exploitant de 
l’établissement ou son remplaçant sur place met en œuvre et fait respecter les 
mesures de protection figurant à l’annexe 5 « Mesures visant les installations et 
établissements offrant des consommations » de l’arrêté. 

  Selon l’annexe 5, les exploitants ou leur remplaçant doivent, notamment, 
limiter le nombre de personnes par table à 4, sauf s’il s’agit de parents avec leurs 
propres enfants, et garantir une distance minimale de 1.5 mètres entre chaque 
groupe de clients. 

 c. Dès lors que la loi impose clairement à l’exploitant l’obligation de veiller à 
l’observation des règles applicables à l’exploitation de son établissement, il 
incombait au recourant de prendre les mesures nécessaires à cet égard. Celui-ci ne 
pouvait, en aucun cas, déléguer cette responsabilité à ses clients, ce qu’il n’a, au 
demeurant, pas fait. Il devait veiller à ce que les mesures sanitaires soient 
respectées, soit en agissant personnellement soit en instruisant son personnel de 
manière adéquate et suffisante pour que leur observation soit assurée. L’arrêté du 
Conseil d’État précité rappelait clairement que la responsabilité de l’observation 
des règles sanitaires incombait à l’exploitant. 

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  En ne prenant pas les mesures nécessaires pour s’assurer du respect des 
règles sanitaires qu’il devait observer dans son établissement, le recourant a failli 
à ses obligations. 

4)  Enfin, le recourant se plaint de la sévérité de la sanction. 

 a. Selon l'art. 62 al. 1 LRDBHD, si les circonstances le justifient, un 
commissaire de police procède à la fermeture immédiate, avec apposition de 
scellés, pour une durée maximale de dix jours, de toute entreprise dans laquelle 
survient une perturbation grave et flagrante de l'ordre public, notamment en 
matière de tranquillité, santé, sécurité et moralité publiques. La police fait rapport 
sans délai au département ainsi qu'à l'autorité compétente, si l'un des domaines 
visés à l'art. 1 al. 4 LRDBHD est concerné. Le département examine s'il y a lieu 
de prolonger la mesure, en application de l'al. 2. 

  Aux termes de l'art. 62 al. 2 LRDBHD, le département peut procéder à la 
fermeture, avec apposition de scellés, pour une durée maximale de quatre mois, de 
toute entreprise dont l'exploitation perturbe ou menace gravement l'ordre public, 
notamment en matière de tranquillité, santé, sécurité et moralité publiques. 

 b.  Le principe de la proportionnalité, garanti par les art. 5 al. 2 et 36 al. 3 de la 
Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101), 
exige qu'une mesure restrictive soit apte à produire les résultats escomptés et que 
ceux-ci ne puissent être atteints par une mesure moins incisive. En outre, il interdit 
toute limitation allant au-delà du but visé et exige un rapport raisonnable entre 
celui-ci et les intérêts publics ou privés compromis (ATF 126 I 219 consid. 2c et 
les références citées). 

5) a. En l’espèce, les faits reprochés au recourant concernent l’inobservation du 
nombre prescrit de personnes par table et de la distance à respecter entre les 
tables. Le non-respect de ces règles est susceptible de favoriser la propagation du 
virus de Covid-19 et est ainsi constitutif d’un grave trouble à la santé publique au 
sens de l’art. 62 al. 2 LRDBHD. 

  La loi autorise d’ordonner dans ce cas une fermeture d’une durée maximale 
de quatre mois. 

 b. Il ressort de la motivation de la décision que la fermeture de l’établissement 
a pris effet immédiatement, soit le 21 janvier 2021, pour une durée allant jusqu’à 
vingt-et-un jours après la réouverture des restaurants, qui était alors prévue le 
1er mars 2021. Ainsi, la durée totale de la fermeture était de quatre semaines, dont 
trois semaines devaient concerner une période de réouverture (prévue) des 
restaurants. 

  Dans la fixation de la durée de la mesure de fermeture, il convient de tenir 
compte du fait qu’à teneur du dossier le recourant ne présente pas d’antécédents 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/JmpLex/RS%20101
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/126%20I%20219

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en sa qualité d’exploitant d’un établissement public et que les faits retenus sont 
l’inobservation de la distance entre les tables et, pour une tablée, un nombre de 
personnes supérieur à quatre. 

  Dans un cas récent (ATA/284/2021 du 2 mars 2021 consid. 4d), la durée de 
fermeture a été fixée à cinq semaines. Le restaurateur avait accueilli, au minimum 
à cinq reprises, des clients au nombre de cinq ou six dans son établissement, 
malgré la fermeture des restaurants. Il n'avait pas mis à disposition de sa clientèle 
de gel hydro-alcoolique, n'avait pas fait respecter les distances de sécurité dans 
son établissement ni l’obligation de porter le masque d'hygiène. 

  En l’espèce, les faits reprochés sont nettement moins graves, l’infraction ne 
comportant notamment pas le fait d’avoir ouvert l’établissement en période de 
fermeture. Ils se rapportent toutefois également à un trouble grave à la santé 
publique, dès lors qu’ils favorisent la propagation du virus de Covid-19.  

  Compte tenu de l'ensemble des circonstances, de la gravité des faits, de la 
faute du recourant, de l’absence d’antécédents ainsi que du contexte de crise et de 
mesures sanitaires ayant frappé tous les restaurateurs, la durée de la fermeture 
ordonnée par la décision attaquée apparaît disproportionnée et sera, dès lors, 
ramenée à deux semaines. 

 c. En principe, la mesure prononcée ne saurait être exécutée durant les 
périodes de fermeture générale, sous peine d'être privée de tout ou partie de son 
efficience et de consacrer ainsi une inégalité de traitement avec les restaurateurs 
respectant la loi (ATA/284/2021 précité consid. 4d).  

  Telle que fixée dans la décision attaquée en l’espèce, la mesure a désormais 
pris fin. Dès lors que la chambre de céans, liée par le principe de l’interdiction de 
la reformatio in pejus, (ATA/652/2015 du 23 juin 2015 consid. 11c ; 
ATA/285/2013 consid. 16 et jurisprudence citée), ne peut péjorer la situation du 
recourant, elle annulera donc la décision uniquement en ce qui concerne la durée 
de la mesure et non son exécution, qui ne sera ainsi pas reportée au moment où les 
établissements publics seront autorisés à rouvrir leurs portes. 

  En conclusion, le recours sera partiellement admis et la décision attaquée 
modifiée en ce que la durée de la fermeture sera ramenée à deux semaines. 

6)  Vu l’issue du litige, l’émolument, réduit, de CHF 200.- sera mis à la charge 
du recourant (art. 87 al. 1 LPA). Agissant en personne, il ne peut se voir allouer 
une indemnité de procédure (art. 87 al. 2 LPA). 

 

* * * * * 
 
 

https://decis.justice.ge.ch/ata/show/2624074
https://decis.justice.ge.ch/ata/show/2624074
https://decis.justice.ge.ch/ata/show/2624074
https://decis.justice.ge.ch/ata/show/1887898?meta=&doc=reformation+in+pejus
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/285/2013

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PAR CES MOTIFS 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 29 janvier 2021 par Monsieur A______ contre 
la décision du service de police du commerce et de lutte contre le travail au noir du 21 
janvier 2021 ; 

au fond : 

l'admet partiellement ; 

annule la décision du 21 janvier 2021 uniquement en tant que la durée de la fermeture 
de l'établissement à l'enseigne « B______ » est ramenée à deux semaines ; 

met un émolument de CHF 200.- à la charge de Monsieur A______ ; 

dit qu’il n’est pas alloué d’indemnité de procédure ; 

dit que conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du  
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours 
qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en 
matière de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et 
moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être 
adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession 
du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l'envoi ; 

communique le présent arrêt à Monsieur A______ ainsi qu'au service de police du 
commerce et de lutte contre le travail au noir. 

Siégeant : M. Mascotto, président, Mmes Krauskopf et Tombesi, juges. 

Au nom de la chambre administrative : 

le greffier-juriste : 
 
 

F. Scheffre 
 

 le président siégeant : 
 
 

C. Mascotto 
 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/JmpLex/RS%20173.110

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A/311/2021 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 

 la greffière :