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**Case Identifier:** de490810-1b44-5e17-803e-ef6009dbff75
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-05-10
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 10.05.2021 P/24563/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-24563-2019_2021-05-10.pdf

## Full Text

Siégeant : Madame Alessandra CAMBI FAVRE-BULLE, présidente.  
 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/24563/2019 AARP/163/2021 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du 10 mai 2021 

 

Entre 

A______, domicilié ______, France, comparant par Me Cédric KURTH, avocat, boulevard 

James-Fazy 3, case postale 187, 1233 Bernex, 

appelant, 

 

contre le jugement JTDP/1176/2020 rendu le 16 octobre 2020 par le Tribunal de police, 

 

et 

SERVICE DES CONTRAVENTIONS, chemin de la Gravière 5, case postale 104,  

1211 Genève 8,  

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimés.

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P/24563/2019 

EN FAIT : 

A. a. En temps utile, A______ appelle du jugement du 16 octobre 2020 par lequel le 
Tribunal de police (TP) l'a reconnu coupable d’infraction à l’art. 90 al. 1 de la loi 
fédérale sur la circulation routière (LCR), lui infligeant une amende de CHF 650.- 
(peine privative de liberté de substitution : six jours), frais de la procédure à sa 
charge. 

A______ conclut à son acquittement, subsidiairement au renvoi de la cause au TP 
pour instruction, plus subsidiairement encore à une exemption de peine, réitérant ses 
réquisitions de preuve rejetées par la première juge. Il réclame la couverture de ses 
frais de défense. 

 b. Selon l'ordonnance pénale du Service des contraventions (SDC) du 4 octobre 
2018, il est reproché à A______ de s’être, le 22 mai précédent, déplacé d’une voie à 
l’autre sans égard pour les autres usagers de la route alors qu’il circulait au volant 
d’un bus à hauteur du n° 1______ de la rue 2______, à Genève. Il a ainsi maintenu 
une distance latérale insuffisante, d’où une mise en danger et un accident avec dégâts 
matériels légers. Le montant de l’amende hors frais, a été arrêté à CHF 1'100.-. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure : 

 a. Selon le rapport de renseignements du 11 juillet 2018, un accident avec dégâts 
matériels s’était produit le 22 mai précédent, à 11h37, à la hauteur du n° 1______ de 
la rue 2______, entre un bus des Transports publics genevois (TPG) conduit par 
A______ et un véhicule B______, de police, banalisé, conduit par C______. Le bus, 
sans voyageur, circulait sur la voie normale de la rue 2______, en direction de la 
place du même nom. Au niveau du n° 1______, il s’était rabattu sur la voie réservée 
aux transports publics, sans égard pour l’automobile qui, intégrée dans un dispositif 
de filature, y circulait mais s’était « entre temps » arrêtée. Un heurt s’en était suivi, 
entre l’arrière droit du bus et le rétroviseur gauche de l’automobile, lequel était 
endommagé. A______ avait déclaré que la voiture banalisée circulait à « vive 
allure » et C______ qu’il avait signalé sa présence en donnant un coup de klaxon 
lorsqu’il avait vu que le bus allait le percuter, ce que le piéton D______ avait 
confirmé. Les données du dispositif RAG dont était équipée la voiture établissait que 
celle-ci était à l’arrêt au moment du contact. 

 b. A______ a formé opposition en temps utile à l’ordonnance pénale du SDC, 
laquelle lui infligeait une amende de CHF 1'100.- outre des émoluments par 
CHF 150.-. 

 c.a. La première juge a décrit de la sorte les éléments de preuve à sa disposition : 

 « Il ressort des images de vidéosurveillance du véhicule des TPG, qu'au moment des 
faits, celui-ci était occupé par deux personnes, positionnées à droite du conducteur. 

La voiture de police était située à la droite du bus (Caméra porte n°3, 11:29:57; 

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Caméra porte n°2 11:29:58 à 11:30:00;), l'a devancé légèrement (Caméra 

conducteur, 11:30:01) et a tenté de le dépasser une première fois en vain, son 

chemin étant obstrué par un vélo et une camionnette blanche (Caméra conducteur, 

11:30:00 à 11:30:03). Suite à cette première manœuvre, le véhicule de police a 
freiné. Il s'est alors retrouvé à la hauteur de la deuxième porte du bus (Caméra porte 

n°2, 11.30:01 à 11:30:09), avant d'accélérer à nouveau, pour se positionner à la 

hauteur de la partie avant du bus, très proche de celui-ci, puis de s'arrêter (Caméra 

conducteur, 11:30:10 à 11:30:11). Ces deux tentatives de dépassement ont été 

remarquées par les deux personnes présentes aux côtés du conducteur, qui ont, l'une 

après l'autre, tourné leur tête en direction du véhicule de police (Caméra 

conducteur, 11:30:04 et 11:30:11). Durant ces manœuvres, le véhicule des TPG a 
continué sa route (Caméra porte n°2 11:30:11 à 11:30:12; Caméra porte n° 3, 

11:30:12 à 11:30:14; Caméra porte n°4, 11:30:14 à 11:30:15). Lorsque le véhicule 

de police a procédé à sa seconde tentative de dépassement (Caméra conducteur, 

11:30:09 à 11:30:11), la chaussée s'est rétrécie - du fait de la présence d'un parking 

à vélo et scooter, ainsi que de voitures garées sur le bord de la chaussée (Caméra 

conducteur, 11:30:10 à 11:30:15) - de sorte qu'elle ne permettait pas le passage des 

deux véhicules qui étaient alors côte à côte. » 

« L'analyse RAG2000 du véhicule de police démontre que sur les cinquante derniers 
mètres avant son arrêt final, celui-ci a freiné puis accéléré à plusieurs reprises. Il a 

une première fois réduit sa vitesse à 3.1 km/h avant d'accélérer jusqu'à 19.4 km/h. Il 

a ensuite, 25 mètres avant son arrêt complet, à nouveau réduit sa vitesse pour 

s'arrêter, avant d'accélérer à nouveau, atteignant 10.2 km/h, pour freiner une fois 

encore et s'arrêter pendant plus de onze minutes. Les clignotants de directions n'ont 

pas été enclenchés et la sirène n'a pas été actionnée. » 

« L'analyse RAG2000 du bus des TPG démontre que le clignotant droit a été 
actionné 67.78 mètres et 19.7 secondes, puis coupé dès 6.26 mètres et 4.8 secondes, 

avant l'arrêt total du véhicule. Sur les cent derniers mètres de sa course, le bus 

circulait à une vitesse inférieure à 20km/h. Durant les 28.82 derniers mètres de sa 

course, le véhicule a freiné, réduisant progressivement sa vitesse de 19.3 km/h à 

0 km/h. » 

 Lors de l’audience de jugement, « A______ a confirmé son opposition à 
l'ordonnance pénale, contestant avoir heurté le véhicule de police qui se trouvait sur 

la voie de bus en se déplaçant sur celle-ci, tout en admettant qu'une "touchette" 

s'était produite avec ce dernier. Il avait vu ledit véhicule "plus haut" dans le trafic, 

mais pas "juste avant" la touchette. Lorsqu'il avait voulu se rabattre, celui-ci, lequel 

se trouvait derrière lui, avait fortement accéléré pour le dépasser. La voiture de 

police avait ensuite freiné juste avant qu'il se rabatte et avait ainsi touché le bus des 

TPG avec son rétroviseur. Il se trouvait déjà sur la voie de bus lorsque 

l'automobiliste avait commencé à freiner. Ce dernier, pensant pouvoir passer, lui 

avait foncé dessus, alors qu'il était en partie rabattu sur sa voie. Mais cela avait fait 

"comme un entonnoir" et il l'avait touché. Si le conducteur du véhicule avait été à 

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l'arrêt, il l'aurait laissé passer. Il ne pouvait pas s'attendre à ce que quelqu'un le 

dépasse par la droite à ce moment précis, expliquant que, depuis sa cabine, il 

pouvait voir un véhicule se faufiler jusqu'à quelques millimètres de la paroi de son 

bus à l'aide de son rétroviseur. » 

 Trois témoins avaient été entendus : 

- « D______ a indiqué que le bus, venant depuis les quais, avait effectué un large 
virage pour se mettre sur la voie de bus à la rue 2______. Ladite voie était alors 

libre et une voiture de modèle ______ avait voulu forcer le passage, en donnant 

des coups d'accélérateur et de freins. Au moment où il était entré sur sa voie, le 

bus, obligé par la configuration des lieux de déborder sur la voie de circulation 

en effectuant son virage, avait touché le rétroviseur du véhicule, lequel était 

alors à l'arrêt. Il considérait que le conducteur de la voiture grise avait vu que le 

bus se remettait sur sa voie et qu'il n'arriverait pas à passer, raison pour laquelle 

il s'était arrêté. Il ne se souvenait pas si ce dernier avait klaxonné. » 

- « E______ a déclaré qu'au moment des faits, il accompagnait A______ à bord 
du bus, avec un autre collègue. Alors qu'ils se trouvaient sur la voie de 

circulation, un véhicule de modèle B______ noir circulait sur la voie réservée 

aux bus. Lorsque le véhicule des TPG s'était engagé sur sa voie, la voiture, 

laquelle se trouvait sur la même voie, avait commencé à accélérer et freiner. Il 

n'avait - ainsi que ses collègues - pas compris ce que cet automobiliste voulait 

faire. Celui-ci, situé à la hauteur de la deuxième partie du bus, après 

l'accordéon, se trouvait dans son champ de vision au moment où le bus avait 

tourné pour s'engager sur sa voie. Il freinait et accélérait et était donc en 

mouvement. A aucun moment, il ne l'avait vu à l'arrêt. Le témoin a déclaré qu'il 

avait dit à A______ de faire attention, car le véhicule arrivait et était en 

mouvement. Comme l'automobiliste avait freiné, il pensait qu'il laisserait passer 

le bus, puis, au moment où A______ s'était engagé sur sa voie, le véhicule avait à 

nouveau accéléré. C'est à ce moment-là que le heurt s'était produit. Pensant que 

l'automobiliste laisserait passer le bus, ils n'avaient pas pensé à descendre du 

véhicule pour aider leur collègue à effectuer une manœuvre, précisant que, dans 
la pratique quotidienne des chauffeurs de trams et de bus, ceux-ci ne descendent 

pas lors des dépassements en mouvements. A cet endroit-là, le bus n'était pas 

obligé de se déporter sur la voie des voitures pour prendre le virage. En 

revanche, il ne pouvait pas s'attendre à ce qu'une voiture remonte la voie de bus 

par la droite. Après l'accident, il avait tenté d'expliquer sa version des faits à la 

police venue sur place, qui ne l'avait pas écouté ; 

- « F______ a affirmé qu'il n'avait pas pu constater l'accident parce qu'il était à 
l'intérieur du bus et n'avait pas accès aux rétroviseurs. Il avait toutefois compris 

ce qui s'était passé, après être descendu du véhicule, lorsqu'il avait vu la voiture 

contre le bus. Ils roulaient sur la voie de circulation, lorsqu'un véhicule dont il 

avait compris par la suite qu'il s'agissait d'une voiture de police, se trouvait sur 

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la voie de bus. Cette dernière ne s'était pas arrêtée, forçant ainsi le passage, 

quand le bus s'était rabattu sur sa voie. N'ayant pas vu le véhicule, il ne pouvait 

préciser s'il était en mouvement ou à l'arrêt, expliquant toutefois que, s'il avait 

été à l'arrêt, le bus ne l'aurait pas touché en se rabattant, dans la mesure où le 

véhicule des TPG était droit et n'effectuait pas de virage. Même si le bus s'était 

arrêté, la voiture de police n'aurait pas eu la place de passer car le bus était déjà 

bien avancé. » 

c.b. Ces résumés sont fidèles aux images vidéos, aux données des RAG et au procès-
verbal de l’audience de jugement, étant cependant précisé que le premier temps 
d’arrêt de la voiture mis en évidence par le TP a duré 14 secondes (de 11 :30 :37 à 
11 :30 :51). Ayant redémarré, la voiture a atteint une vitesse d’environ 10 km/h à 
11 :30 :53 puis a décéléré dès 11 :30 :54 jusqu’à 11 :30 :57 (2.1 km/h) ré-accéléré et 
aussitôt ralenti à 11 :30 :58 (8.7 puis 6.1 km/h) pour s’immobiliser à 11 :31 :00. On 
peut en déduire que la « touchette » a dû intervenir, au plus tôt, à 11 :30 :58, soit 
7 secondes après la fin du temps premier temps d’arrêt.  

Il convient également de compléter l’état de fait par l’observation que le bus a roulé 
20 secondes entre le moment où il a enclenché le clignotant (11 :30 :23) et celui où il 
s’est arrêté (11 :30 :43). 

c.d. Le TP a jugé que les manœuvres de dépassement du véhicule automobile, au 
demeurant incorrectes, ne constituaient pas une circonstance tout à fait 
exceptionnelle ou si extraordinaire que le prévenu ne pouvait s'y attendre. La voiture 
de police avait en effet déjà tenté de dépasser le bus par la droite et essayé de forcer 
le passage, allant jusqu'à devancer le véhicule TPG, avant d'en être empêchée par un 
cycliste et une camionnette blanche. Ayant freiné, le véhicule automobile avait à 
nouveau entrepris de dépasser le bus par la droite, et s’était trouvé très proche de la 
paroi dudit véhicule, ce que les deux examinateurs présents aux côtés du prévenu 
avaient observé, à voir leur gestuelle sur les images, et le témoin E______ ayant mis 
en garde A______. Le prévenu était conscient du danger, preuve en étant qu’il avait 
progressivement ralenti avant de heurter le véhicule automobile, selon les données 
RAG2000. Il lui aurait donc appartenu, confronté au comportement de 
l'automobiliste, d'éviter l'accident en freinant et, si besoin, en s'arrêtant.  

C. a. Rejetant les réquisitions de preuve présentées par A______ au motif que l’art. 398 
al. 4 du code de procédure pénale (CPP) proscrivait, en matière contraventionnelle, 
l’administration de preuves nouvelles devant la juridiction de seconde instance, la 
Chambre pénale d’appel et de révision (CPAR) a ordonné l’instruction de la cause 
par la voie écrite (art. 406 al. 1 let. c CPP). 

 b. Par courrier du 8 mars 2021, A______ persiste dans les conclusions de sa 
déclaration d’appel, renvoyant à sa motivation, et sollicite la bienveillance de la 
CPAR, car l’accident avait impliqué, « bien malheureusement pour lui » un policier 
seul dans sa voiture. 

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 Aux termes de ladite motivation, le prévenu soulignait qu’il n’était pas établi que ce 
policier avait bien été intégré dans un dispositif de filature. Celui-ci avait, par de 
multiples (plus de deux) fortes accélérations, tenté de forcer un doublement illégal, 
soit un dépassement par la droite et sur la piste réservée aux transports publics. Il 
était parvenu à remonter le long du bus mais avait été contraint de renoncer à la 
« queue de poisson » qu’il projetait, par la présence du vélo qui le précédait ainsi que 
de la camionnette blanche qui avait cédé la priorité au bus. Les données RAG 
démontraient que C______ avait hésité, d’où l’alternance d’accélérations et de 
freinages constatée par le TP. Le policier avait procédé à une dernière accélération, 
ce qui lui avait permis de remonter partiellement le long du bus, mais il avait été 
contraint de s’immobiliser, faute d’espace suffisant entre celui-ci et le trottoir. Les 
trois occupants du bus avaient observé que la voiture avait abandonné sa manœuvre 
alors que celui-là, le clignotant droit enclenché, poursuivait son trajet rectiligne 
visant à s’insérer dans la voie réservée, à vitesse constante. Ils n’avaient aucune 
raison d’imaginer que le conducteur de la voiture serait assez inconscient pour tenter 
à nouveau de s’introduire dans l’étau qui se présentait devant lui. Cependant, le 
policier était déjà trop avancé de sorte que l’arrière articulé du bus avait touché sa 
voiture. Les deux chauffeurs professionnels qui faisaient passer un examen à 
A______ ne l’avaient pas averti de la présence d’un danger au moment où la voiture 
s’était immobilisée, démonstration de ce qu’ils avaient considéré qu’il n’y en avait 
pas.  

 Sous le contrôle de deux « experts professionnels », A______, dont les bons 
antécédents de chauffeur, en exercice depuis neuf ans, démontraient qu’il était un 
conducteur sérieux et attentif, s’était comporté de manière à ne pas gêner la 
circulation alors qu’il était en présence d’autres usagers faisant de même, soit le vélo, 
la camionnette blanche et, désormais, du moins en apparence, la B______, son 
conducteur ayant donné à croire qu’il avait renoncé à sa manœuvre téméraire. 
Conformément au principe de confiance, A______ ne devait pas s’attendre à ce que 
C______ entreprenne une nouvelle tentative de dépassement par la droite, celui-ci 
n’ayant donné aucun indice de ce qu’il aurait été un « chauffard fou » et la 
manœuvre étant impossible, faute de place. En particulier, aucun des trois occupants 
du bus n’avait entendu le moindre coup de klaxon signalant un sentiment d’urgence 
du conducteur de l’automobile. Or, c’était cette dernière tentative, entreprise alors 
que le bus avait déjà initié sa manœuvre de changement de voie, qui était la cause de 
l’incident, non l’inverse, comme arbitrairement retenu par le TP. 

 Le tribunal de première instance n’avait pas examiné la question d’une exemption de 
peine, pourtant plaidée, ce qui était d’autant plus choquant que les juridictions 
genevoises faisaient en revanche preuve de beaucoup plus de mansuétude à l’égard 
de policiers. Or, l’éventuelle culpabilité de A______ serait faible, vu la présence de 
deux autres chauffeurs dans la cabine, qui n’avait pourtant pas permis d’éviter 
l’accident. Les conséquences de l’acte étaient peu importantes et l’accident était 
principalement imputable à l’autre conducteur. Ce n’était pas en l’amendant et en lui 

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faisant supporter des frais de justice qu’il pourrait être escompté de A______ qu’il 
respecte à l’avenir les règles de la circulation. 

 c. Selon son écriture, le MP conclut au rejet de l’appel. Les éléments du dossier, 
notamment les constatations policières, les déclarations des témoins, tout 
particulièrement du témoin E______, les images et les analyses des données RAG 
établissaient que A______ avait conscience de ce que la voiture de police tentait de 
dépasser le bus de sorte qu’il lui aurait appartenu d’éviter l’accident en freinant ou en 
s’arrêtant. Le prévenu avait fait preuve de manque d’attention, voire de désinvolture 
alors que les risques intrinsèques liés à son comportement étaient importants, de sorte 
que la faute ne pouvait être tenue pour si faible qu’une exemption de peine pourrait 
être envisagée. L’amende, dont le TP avait réduit la quotité, tenait adéquatement 
compte de toutes les circonstances. 

 d. Le TP se réfère à son jugement. 

D. A______, né le ______ 1981 à G______ en Tunisie, est ressortissant suisse. Divorcé, 
il est père de quatre enfants dont un à sa charge. Il expose qu'il verse une pension 
mensuelle de CHF 1'800.- à son ex-épouse. Il est employé en qualité de chauffeur par 
les TPG et perçoit un salaire mensuel brut de CHF 6'400.-. Son loyer mensuel s'élève 
à CHF 1'050.- charges comprises, sa prime d’assurance maladie à CHF 278.- par 
mois. Il a un crédit bancaire d'EUR 27'000.- et ne dispose pas de fortune. 

EN DROIT : 

1. 1.1. L'appel est recevable pour avoir été interjeté et motivé selon la forme et dans les 
délais prescrits (art. 398 et 399 du Code de procédure pénale, du 5 octobre 2007 
[CPP ; RS 312.0]). 

 La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel (art. 404 
al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP). 

 1.2. Conformément à l'art. 129 al. 4 LOJ, lorsque des contraventions font seules 
l'objet du prononcé attaqué et que l'appel ne vise pas une déclaration de culpabilité 
pour un crime ou un délit, la ou le magistrat.e exerçant la direction de la procédure 
de la juridiction d'appel est compétent.e pour statuer.  

2. 2.1. En matière contraventionnelle, l'appel ne peut être formé que pour le grief selon 
lequel le jugement est juridiquement erroné ou l'état de fait a été établi de manière 
manifestement inexacte ou en violation du droit. Aucune nouvelle allégation ou 
preuve ne peut être produite (art. 398 al. 4 CPP). 

 Le pouvoir d'examen de l'autorité d'appel est ainsi limité dans l'appréciation des faits 
à ce qui a été établi de manière arbitraire (arrêt du Tribunal fédéral 6B_362/2012 du 
29 octobre 2012 consid. 5.2). En outre, aucune allégation ou preuve nouvelle ne peut 
être produite devant l'instance d'appel (art. 398 al. 4, 2e phrase CPP). Il s'agit là d'une 

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exception au principe du plein pouvoir de cognition de l'autorité de deuxième 
instance qui conduit à qualifier d'appel « restreint » cette voie de droit (arrêt du 
Tribunal fédéral 1B_768/2012 du 15 janvier 2013 consid. 2.1). En revanche, la partie 
appelante peut valablement renouveler en appel les réquisitions de preuve formulées 
devant la première juge et qui ont été rejetées (arrêt du Tribunal fédéral 6B_202/2015 
du 28 octobre 2015 consid. 2.2 et les arrêts cités). 

 Le libre pouvoir de cognition dont elle dispose en droit confère à l'autorité cantonale 
la possibilité, si cela s'avère nécessaire pour juger du bien-fondé ou non de 
l'application d'une disposition légale, d'apprécier des faits que le premier juge a omis 
d'examiner, lorsque ceux-ci se révèlent être pertinents (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_1247/2013 du 13 mars 2014 consid. 1.3).  

2.2.1. L’appelant a réitéré devant la juridiction d’appel les réquisitions de preuve 
qu’il avait présentées devant la première juge et que celle-ci avait été rejetées. 

Ces réquisitions sont les suivantes : 

- reconstitution par modélisation de la dynamique des déplacements des deux 
véhicules sur la base des données RAG ; 

- « détermination sur plan précis des lieux de l’accident » ; 

- apport du rapport de police relatif à la mission de C______ lors des faits. 

2.2.2. A l’appui de la première demande, le prévenu avait exposé devant le TP quelle 
était sa lecture des données RAG, soulignant notamment que le conducteur de la 
« fougueuse » voiture de police avait onze fois actionné et relâché le frein ; il 
paraissait ainsi estimer lui-même que les données RAG permettaient de reconstituer 
le déroulement des faits et il n’a d’ailleurs pas indiqué en quoi une modélisation 
serait un complément nécessaire aux éléments déjà à disposition. Il ne le fait pas 
davantage au stade de l’appel, proposant au contraire un état de fait complet, 
découlant à son sens des données RAG. Il reconnaît ainsi implicitement que la 
mesure probatoire n’était pas indispensable à l’établissement des faits. 

2.2.2. Devant le TP, le prévenu critiquait le rapport de police parce qu’il n’avait fixé 
qu’approximativement le point de choc, à 2,30 mètres du trottoir et que la position 
des véhicules n’avait pas été marquée au sol, d’où sa requête d’établissement d’un 
plan précis des lieux de l’accident. Il n’exposait cependant pas, et ne le fait toujours 
pas en appel, en quoi il serait indispensable d’avoir une connaissance plus fine de la 
position des véhicules au moment de l’accident. Il est au demeurant hautement 
douteux qu’il serait aujourd’hui possible d’établir un tel plan.  

2.2.4. Tout en exposant que la preuve de ce que C______ était en mission lors des 
faits ne justifierait en tout état pas la violation de la LCR commise par celui-ci, le 
prévenu estimait devant le TP nécessaire de vérifier si tel était bien le cas, afin de 

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mesurer la crédibilité de ce protagoniste, voire afin de vérifier si le véhicule était 
équipé d’une caméra, dont il conviendrait alors d’obtenir les images enregistrées. Il 
n’est pas revenu sur cette question dans sa déclaration d’appel, si ce n’est pour 
renvoyer à ses réquisitions de preuve de première instance. La crédibilité du policier 
n’est pas pertinente, l’intéressé n’ayant pas été entendu ; le TP s’est ainsi 
exclusivement fondé sur les éléments du dossier, les déclarations du prévenu et celles 
des témoins dont celui-ci a requis l’audition. A supposer que le policier C______ 
n’aurait pas été en mission, cela ne changerait rien à l’issue de la cause, dès lors qu’il 
n’a pas été retenu par la première juge que cette mission lui conférait une quelconque 
priorité et que cela aurait été reconnaissable par le chauffeur du bus. Outre qu’il est 
en contradiction avec la contestation relative à la réalité de la mission, le soupçon 
que l’accident aurait pu être filmé par la voiture de police et que son conducteur (ou 
sa hiérarchie) aurait dissimulé cette circonstance ne repose sur aucun élément 
concret, de sorte que la requête relève, à cet égard, de la fishing expedition.  

2.2.5. En conclusion, aucune des réquisitions de preuve de l’appelant n’était utile 
pour l’issue de la procédure de sorte que le TP n’a pas violé ses droits en les rejetant. 
Aussi, il n’y a pas de motif de retourner la cause à la première juge afin qu’elle y 
procède, étant rappelé que l’administration de preuves nouvelles en appel est exclue. 

3. 3.1. Le principe in dubio pro reo, qui découle de la présomption d'innocence, 
garantie par l'art. 6 ch. 2 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et 
des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 (CEDH – RS 0.101) et, sur le plan 
interne, par les art. 32 al. 1 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 
18 avril 1999 (Cst. – RS 101) et 10 al. 3 CPP, concerne tant le fardeau de la preuve 
que l'appréciation des preuves au sens large (ATF 144 IV 345 consid. 2.2.3.1 ; ATF 
127 I 28 consid. 2a). 

En tant que règle sur le fardeau de la preuve, la présomption d'innocence signifie, au 
stade du jugement, que ce fardeau incombe à l'accusation et que le doute doit profiter 
au prévenu. La présomption d'innocence est violée lorsque le juge rend un verdict de 
culpabilité au seul motif que le prévenu n'a pas prouvé son innocence (ATF 127 I 38 
consid. 2a p. 40) ou encore lorsque le juge condamne le prévenu au seul motif que sa 
culpabilité est plus vraisemblable que son innocence. En revanche, l'absence de doute 
à l'issue de l'appréciation des preuves exclut la violation de la présomption 
d'innocence en tant que règle sur le fardeau de la preuve (ATF 144 IV 345 consid. 
2.2.3.3). 

Comme règle d'appréciation des preuves, la présomption d'innocence signifie que le 
juge ne doit pas se déclarer convaincu de l'existence d'un fait défavorable à l'accusé 
si, d'un point de vue objectif, il existe des doutes quant à l'existence de ce fait. Il 
importe peu qu'il subsiste des doutes seulement abstraits et théoriques, qui sont 
toujours possibles, une certitude absolue ne pouvant être exigée. Il doit s'agir de 
doutes sérieux et irréductibles, c'est-à-dire de doutes qui s'imposent à l'esprit en 
fonction de la situation objective (ATF 144 IV 345 consid. 2.2.3.3). 

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3.2.1. L'art. 90 de la LCR constitue la base légale pour réprimer les violations de 
règles de la circulation ; à teneur de son al. 1, est puni de l'amende celui qui viole les 
règles de circulation prévues par cette loi ou ses dispositions d'exécution. 

L’art. 90 LCR est une disposition générale et abstraite et doit être complété par 
l'indication de la ou des règles concrètes de circulation qui ont été violées (ATF  
100 IV 71 consid. 1).  

3.2.2. Selon l'art. 26 ch. 1 de la loi fédérale sur la circulation routière du 19 décembre 
1958 (LCR ; RS 741.01), chacun doit se comporter, dans la circulation, de manière à 
ne pas gêner ni mettre en danger ceux qui utilisent la route conformément aux règles 
établies. Une prudence particulière s'impose à l'égard des enfants, des infirmes et des 
personnes âgées, de même que s’il apparaît qu'un usager de la route va se comporter 
de manière incorrecte (art. 26 ch. 2 LCR). 

Le principe de la confiance est déduit de l'art. 26 al. 1 LCR. Il autorise l'usager, qui 
se comporte réglementairement, d'attendre des autres usagers, aussi longtemps que 
des circonstances particulières ne doivent pas l'en dissuader, qu'ils se comportent 
également de manière conforme aux règles de la circulation, c'est-à-dire ne le gênent 
pas ni ne le mettent en danger (ATF 125 IV 83 consid. 2b p. 87 ; ATF 118 IV 277 
consid. 4a p. 280 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_959/2016 du 6 juillet 2017 
consid. 2.2). Seul celui qui s'est comporté réglementairement peut invoquer le 
principe de la confiance. Celui qui viole des règles de la circulation et crée ainsi une 
situation confuse ou dangereuse ne peut pas attendre des autres qu'ils parent à ce 
danger par une attention accrue. Cette limitation n'est cependant plus applicable 
lorsque la question de savoir si l'usager a violé une règle de la circulation dépend 
précisément de la possibilité qu'il a d'invoquer le principe de la confiance, en d'autres 
termes, si et dans quelle mesure il pouvait se fonder sur le comportement de l'autre 
usager (ATF 125 IV 83 consid. 2b p. 87 s. ; ATF 120 IV 252 consid. 2d/aa p. 254 ; 
ATF 143 IV 500 consid. 1.2.4). 

Le conducteur débiteur de la priorité peut se prévaloir du principe de la confiance. Si 
le trafic lui permet de s'engager sans gêner un véhicule prioritaire, on ne peut lui 
reprocher aucune violation du droit de priorité s'il entrave malgré tout la progression 
du prioritaire en raison du comportement imprévisible de ce dernier (ATF  
120 IV 252 consid. 2d/aa p. 254 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_959/2016 du 6 juillet 
2017 consid. 2.2 et les références). Constitue un comportement imprévisible le fait 
d'accélérer brusquement pour forcer le passage, de surgir de façon inopinée à une 
vitesse largement excessive ou de freiner vigoureusement tout à coup sans raison 
(ATF 125 IV 83 consid. 2c p. 88 ; arrêts du Tribunal fédéral 6B_959/2016 du 
6 juillet 2017 consid. 2.2 ; 4A_239/2011 du 22 novembre 2011 consid. 2.4.1  
= JdT 2011 I 321 et les références). Dans l'optique d'une règle de priorité claire, on 
ne peut toutefois admettre facilement que le débiteur de la priorité n'a pas à compter 
avec le passage, respectivement l'entrave d'un prioritaire (ATF 143 IV 500 
consid. 1.2.4 p. 506 ; ATF 120 IV 252 consid. 2d/aa p. 254 ; arrêts du Tribunal 

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fédéral 6B_631/2018 du 24 octobre 2018 consid. 1.2 ; 6B_959/2016 du 6 juillet 2017 
consid. 2.2). 

3.2.3. L'art. 34 al. 3 LCR prévoit que le conducteur qui veut modifier sa direction de 
marche, par exemple pour obliquer, dépasser, se mettre en ordre de présélection ou 
passer d'une voie à l'autre, est tenu d'avoir égard aux usagers de la route qui viennent 
en sens inverse ainsi qu'aux véhicules qui le suivent.  

Selon l'art. 44 al. 1 LCR, sur les routes marquées de plusieurs voies pour une même 
direction, le conducteur ne peut passer d'une voie à une autre que s'il n'en résulte pas 
de danger pour les autres usagers de la route. 

3.2.4. La violation fautive des devoirs de prudence doit être la cause naturelle et 
adéquate de l'accident (ATF 133 IV 158 consid. 6 p. 167 ; 129 IV 119 consid. 2.4 
p. 123). Un comportement est la cause naturelle d'un résultat s'il en constitue l'une 
des conditions sine qua non, c'est-à-dire lorsque, sans lui, le résultat ne se serait pas 
produit (ATF 138 IV 57 consid. 4.1.3 p. 61 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_253/2012 
du 7 septembre 2012, consid. 3.3.2). Le rapport de causalité peut être qualifié 
d'adéquat si, d'après le cours ordinaire des choses et l'expérience générale de la vie, le 
comportement était propre à entraîner un résultat du genre de celui qui s'est produit 
(ATF 138 IV 57 consid. 4.1.3 p. 61 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_253/2012 du 
7 septembre 2012, consid. 3.3.2). La causalité adéquate sera admise même lorsque le 
comportement de l'auteur n'est pas la cause directe ou unique du résultat. Peu importe 
que le résultat soit dû à d'autres causes, notamment à l'état de la victime, à son 
comportement ou à celui de tiers (ATF 131 IV 145 consid. 5.2 p. 148). La causalité 
adéquate peut toutefois être exclue si une autre cause concomitante, par exemple le 
comportement de la victime, constitue une circonstance tout à fait exceptionnelle ou 
apparaît si extraordinaire que l'on ne pouvait s'y attendre. L'imprévisibilité d'un acte 
concurrent ne suffit pas, en soi, à interrompre le rapport de causalité adéquate. Il faut 
encore que cet acte revête une importance telle qu'il s'impose comme la cause la plus 
probable et la plus immédiate de l'événement considéré, reléguant à l'arrière-plan 
tous les autres facteurs qui ont contribué à l'amener et notamment le comportement 
de l'auteur (ATF 134 IV 255 consid. 4.4.2 p. 265 s. et les arrêts cités). 

3.3.1. En l’espèce, le TP a retenu, au plan des faits, que l’appelant circulant au volant 
d'un bus des TPG sur la voie ordinaire, s'est déporté sur celle réservée aux transports 
publics, à sa droite, alors qu'un véhicule de police banalisée tentait de le dépasser. A 
ce même moment, la route se rétrécissait, de sorte qu'elle ne permettait pas aux deux 
véhicules de continuer à rouler côte à côte. Le prévenu a ainsi heurté avec l'arrière du 
véhicule des TPG le rétroviseur gauche du véhicule de police, qui avait auparavant 
freiné et s'était arrêté.  

Le TP a également constaté qu'avant le heurt, la voiture de police avait déjà tenté de 
dépasser le prévenu par la droite. Lors de cette manœuvre, le véhicule automobile 
avait essayé de forcer le passage du bus, allant jusqu'à le devancer, avant d'en être 

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empêché par un cycliste et une camionnette. Après avoir freiné, le véhicule 
automobile avait à nouveau essayé de dépasser le bus des TPG par la droite, se 
retrouvant très proche de la paroi dudit véhicule. Ces manœuvres avaient été 
constatées par les deux personnes présentes aux côtés de l’appelant, en particulier le 
témoin E______, lequel avait mis en garde le prévenu. L’appelant était si conscient 
du danger qu'il avait progressivement ralenti avant de heurter le véhicule automobile 
(consid. 2.2). 

Ce double constat n’est pas arbitraire et l’appelant ne soutient du reste pas – à tout le 
moins pas clairement – le contraire. 

On pourrait tout au plus lui reprocher d’être incomplet dans la mesure où il ne 
précise pas que le temps d’arrêt marqué par le véhicule a duré 14 secondes, et que 
l’accident est survenu au plus tôt sept secondes après cette première halte et le 
redémarrage de la voiture, ainsi que cela résultait aussi des données RAG de la 
voiture. Pour mieux asseoir son constat selon lequel le bus avait initié sa manœuvre 
de changement de voie alors que la voiture se trouvait déjà sur sa droite, le TP aurait 
également pu se fonder sur le fait que le bus a roulé pendant 20 secondes depuis le 
moment où il a enclenché le clignotant et que 21 secondes (14 + 7), soit un laps de 
temps quasi-identique, se sont écoulées entre le début du temps d’arrêt de la voiture 
et la collision.  

Aussi, même en tenant compte de ces éléments de preuve supplémentaires, on 
parvient à la même conclusion que le TP selon laquelle le bus conduit par l’appelant 
a initié sa manœuvre en vue de se rabattre sur la voie réservée alors que celle-ci était 
déjà occupée par une voiture, à hauteur de sa seconde partie, articulée. Il a donc 
entrepris de forcer le passage, considérant sans doute qu’il avait la priorité en 
présence d’une automobile circulant sur une voie de bus. C’est ainsi l’appelant qui a 
fait une « queue de poisson » au préjudice de la voiture, pour reprendre son 
expression.  

3.3.2. Au plan juridique, en se rabattant de la sorte, l’appelant a bien manqué d’égard 
pour un autre usagé de la route et contrevenu à l’art. 34 al. 3 LCR. Une première 
violation de la LCR est ainsi consommée. 

3.3.3. Certes, l’arrêt marqué par la voiture de police, d’une durée importante – 
14 secondes – était de nature à laisser penser à l’appelant que celle-là n’allait pas 
reprendre son avancée. Néanmoins, elle l’a fait, et au moins sept secondes se sont 
encore écoulées avant le choc. Durant ces sept secondes, l’appelant a eu tout loisir de 
réaliser sa méprise et l’a du reste fait, comme retenu sans arbitraire par le TP. Il ne 
peut donc se prévaloir du principe de la bonne foi. Au contraire, le fait que le 
conducteur de l’automobile s’était précédemment déjà mal comporté, aurait dû 
l’inciter à d’autant plus de prudence. En résumé, les deux conducteurs se sont 
également mal comportés, chacun persistant dans sa manœuvre, plausiblement dans 
l’idée que l’autre allait finir par renoncer. Ni l’un ni l’autre ne l’a fait, d’où le choc.  

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A l’instar de la première juge, on ne peut que retenir que l’appelant n’a pas pris les 
mesures propres à éviter que l’accident ne se produise, quitte à s’arrêter. Peu importe 
que le policer eut fait de même, dès lors qu'il n'y a pas de compensation des fautes en 
droit pénal (ATF 122 IV 17 consid. 2c/bb). 

3.3.4. Le verdict de culpabilité doit être confirmé. 

4. 4.1.1. Selon l'art. 47 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabilité de l'auteur. Il 
prend en considération les antécédents et la situation personnelle de ce dernier ainsi 
que l'effet de la peine sur son avenir (al. 1). La culpabilité est déterminée par la 
gravité de la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, par le 
caractère répréhensible de l'acte, par les motivations et les buts de l'auteur et par la 
mesure dans laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, compte 
tenu de sa situation personnelle et des circonstances extérieures (al. 2). 

La culpabilité de l'auteur doit être évaluée en fonction de tous les éléments objectifs 
pertinents, qui ont trait à l'acte lui-même, à savoir notamment la gravité de la lésion, 
le caractère répréhensible de l'acte et son mode d'exécution (objektive 
Tatkomponente). Du point de vue subjectif, sont pris en compte l'intensité de la 
volonté délictuelle ainsi que les motivations et les buts de l'auteur (subjektive 
Tatkomponente). À ces composantes de la culpabilité, il faut ajouter les facteurs liés 
à l'auteur lui-même (Täterkomponente), à savoir les antécédents (judiciaires et non 
judiciaires), la réputation, la situation personnelle (état de santé, âge, obligations 
familiales, situation professionnelle, risque de récidive, etc.), la vulnérabilité face à la 
peine, de même que le comportement après l'acte et au cours de la procédure pénale 
(ATF 142 IV 137 consid. 9.1 ; 141 IV 61 consid. 6.1.1). L'art. 47 CP confère un large 
pouvoir d'appréciation au juge (ATF 144 IV 313 consid. 1.2). 

 4.1.2. Selon l'art. 52 CP, si la culpabilité de l'auteur et les conséquences de son acte – 
conditions cumulatives – sont peu importantes, l'autorité compétente renonce à lui 
infliger une peine. Si les conditions indiquées à l'art. 52 CP sont réunies, l'exemption 
par le juge est de nature impérative (ATF 135 IV 130 consid. 5.3.2 p. 135). Si elles 
ne sont réalisées qu'en instance de jugement, un verdict de culpabilité est rendu, mais 
dépourvu de sanction (ATF 135 IV 130 consid. 5.3.2 p. 135). 

L'exemption de peine suppose que l'infraction soit de peu d'importance, tant au 
regard de la culpabilité de l'auteur que du résultat de l'acte. L'importance de la 
culpabilité et celle du résultat dans le cas particulier doivent être évaluées par 
comparaison avec celle de la culpabilité et celle du résultat dans les cas typiques de 
faits punissables revêtant la même qualification ; il ne s'agit pas d'annuler, par une 
disposition générale, toutes les peines mineures prévues par la loi (Message 
concernant la modification du code pénal suisse [dispositions générales, entrée en 
vigueur et application du code pénal] et du code pénal militaire ainsi qu'une loi 
fédérale régissant la condition pénale des mineurs du 21 septembre 1998, FF 1999 
p. 1871). Pour apprécier la culpabilité, il faut tenir compte de tous les éléments 

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pertinents pour la fixation de la peine, notamment des circonstances personnelles de 
l'auteur, tels que les antécédents, la situation personnelle ou le comportement de 
l'auteur après l'infraction. Une violation du principe de célérité ou un long 
écoulement de temps depuis les faits peuvent également être pris en considération 
(ATF 135 IV 130 consid. 5.4 p. 137 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_839/2015 du 
26 août 2016 consid. 6.1). 

Si, au regard de l'art. 47 al. 2 CP, la culpabilité est notamment déterminée par la 
gravité de la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, soit par la 
gravité objective du comportement, l'art. 52 CP impose d'apprécier séparément cet 
aspect et les autres éléments déterminant la culpabilité. Il n'y a donc pas de 
contradiction intrinsèque à retenir, d'une part, que la culpabilité doit être qualifiée de 
peu importante au sens de l'art. 52 CP et, de l'autre, que les conséquences de l'activité 
illicite ne le sont pas (arrêt du Tribunal fédéral 6B_1233/2016 du 29 août 2017 
consid. 3.2 et les références). 

4.1.3. L’amende, de même que la peine privative de liberté de substitution, doit être 
fixée en tenant compte de la situation de l'auteur afin que la peine corresponde à la 
faute commise (al. 3). À l'instar de toute autre peine, l'amende doit donc être fixée 
conformément à l'art. 47 CP (arrêts du Tribunal fédéral 6B_337/2015 du 5 juin 2015 
consid. 4.1 ; 6B_988/2010 du 3 mars 2011 consid. 2.1 et 6B_264/2007 du 
19 septembre 2007 consid. 4.5). Le juge doit ensuite, en fonction de la situation 
financière de l'auteur, fixer la quotité de l'amende de manière qu'il soit frappé dans la 
mesure adéquate (ATF 129 IV 6 consid. 6.1 in JdT 2005 IV p. 215 ; 119 IV 330 
consid. 3 p. 337). La situation économique déterminante est celle de l'auteur au 
moment où l'amende est prononcée (arrêt du Tribunal fédéral 6B_547/2012 du 
26 mars 2013 consid. 3.4 et les références citées). 

Un jour de peine privative de liberté de substitution (art. 106 al. 2 CP) correspond 
schématiquement à CHF 100.- d'amende (R. ROTH / L. MOREILLON (éds), Code 
pénal I : art. 1-100 CP, Bâle 2009, n. 19 art. 106). 

4.2. On ne saurait admettre que la culpabilité de l’appelant serait de peu 
d’importance. Circulant au volant d’un véhicule lourd et de grande taille, il lui 
appartenait d’être particulièrement attentif aux conditions de la circulation. Il a 
entrepris une manœuvre de rabattement sur sa voie réservée alors que celle-ci était 
occupée par une automobile, peu importe que celle-ci n’était, à tout le moins pas en 
apparence, autorisée à s’y trouver. Confronté à un comportement supposé fautif, un 
conducteur ne saurait prendre le risque de poursuivre sa route en faisant abstraction 
de cette circonstance, au risque de causer un accident, encore moins lorsqu’il est un 
chauffeur professionnel au volant d’un bus. De surcroît, en l’espèce, l’appelant n’a 
pas commis une, mais deux fautes, puisqu’après avoir entamé sa manœuvre, il l’a 
continuée alors même qu’il avait constaté que le véhicule était toujours présent, sur 
sa droite, ayant redémarré après avoir marqué un temps d’arrêt. La première 
condition d’application de l’art. 52 CP n’est ainsi pas réalisée. 

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L’amende infligée par le TP, qui a réduit le montant initialement arrêté par le SDC, 
tient adéquatement compte de l’ensemble des circonstances, en particulier le fait que 
l’autre conducteur impliqué était lui-même fautif.  L’appelant ne formule d’ailleurs 
aucune critique à l’égard de la quotité de CHF 650.- ou de la peine de substitution. 

L’appel sera partant intégralement rejetée. 

5. L’appelant succombe. Il supportera les frais de la procédure de deuxième instance, 
comprenant un émolument de CHF 1'200.- (art. 428 al. 1 CPP et art. 14 al. 1 let e du 
Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale [RTFMP]) et ne saurait 
prétendre à la couverture de ses frais de défense (art. 429 CPP a contrario).  

* * * * *  

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PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

Reçoit l'appel formé par A______ contre le jugement JTDP/1176/2020 rendu le 16 octobre 
2020 par le Tribunal de police dans la procédure P/24563/2019. 

Le rejette. 

Condamne A______ aux frais de la procédure d'appel, en CHF 1'355.-, qui comprennent 
un émolument de CHF 1'200.-. 

Confirme le jugement entrepris, dont le dispositif est le suivant: 

" Déclare A______ coupable d'infraction à l'art. 90 al. 1 de la loi sur la circulation 

routière (LCR). 

Condamne A______ à une amende de CHF 650.- (art. 106 CP). 

Prononce une peine privative de liberté de substitution de 6 jours. 

Dit que la peine privative de liberté de substitution sera mise à exécution si, de manière 

fautive, l'amende n'est pas payée. 

Rejette les conclusions en indemnisation de A______ (art. 429 CPP). 

Condamne A______ aux frais de la procédure, qui s'élèvent à CHF 614.-, y compris un 

émolument de jugement de CHF 300.- (art. 426 al. 1 CPP). " 

 […]  

" Fixe l'émolument complémentaire de jugement à CHF 600.- 

Met cet émolument complémentaire à la charge de A______." 

Notifie le présent arrêt aux parties. 

Le communique, pour information, au Tribunal de police, à l'Office cantonal de la 
population et des migrations et au Service cantonal des véhicules.  

La greffière : 

 Melina CHODYNIECKI   

 La présidente : 

Alessandra CAMBI FAVRE-
BULLE 

 

Indication des voies de recours : 
 

Conformément aux art. 78 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral (LTF), le présent 

arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec expédition 

complète (art. 100 al. 1 LTF), par-devant le Tribunal fédéral (1000 Lausanne 14), par la 

voie du recours en matière pénale, sous la réserve qui suit.  

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 ETAT DE FRAIS  

 

 COUR DE JUSTICE  

 

Selon les art. 4 et 14 du règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais et dépens 
en matière pénale (E 4 10.03). 

 

 

Total des frais de procédure du Tribunal de police : CHF 1'214.00 

Bordereau de frais de la Chambre pénale d'appel et de révision   

Délivrance de copies et photocopies (let. a, b et c) CHF 00.00 

Mandats de comparution, avis d'audience et divers (let. i) CHF 80.00 

Procès-verbal (let. f) CHF 00.00 

Etat de frais CHF 75.00 

Emolument de décision CHF 1'200.00 

Total des frais de la procédure d'appel : CHF 1'355.00 

Total général (première instance + appel) : CHF 2'569.00