# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 7ca3738c-3c43-5e17-96ad-b774b344ba0f
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2016-05-25
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 25.05.2016 A/3788/2013
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-3788-2013_2016-05-25.pdf

## Full Text

Siégeant : Jean-Louis BERARDI, Président; Maria Esther SPEDALIERO et Anny 

SANDMEIER, Juges assesseurs 

  

 
 

R É P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/3788/2013 ATAS/421/2016 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 25 mai 2016 

8
ème

 Chambre 

 

En la cause 

Monsieur A______, à GENEVE 

 

 

recourant 

 

contre  

SUVA, DIVISION ASSURANCE MILITAIRE, sise Laupenstrasse 
11, BERNE 

 

intimée 

 

 
 
 

 

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EN FAIT 

1. En octobre 1978, Monsieur A______ (ci-après : l’assuré ou le recourant), né le 
______ 1960, a commencé des études de mathématiques à l’Université de Genève 
et a passé avec succès une première session d’examens en juin 1979. Il aurait dû 
terminer ses études en été 1985.  

Entré à l'école de recrues le 16 juillet 1979, M. A______ a été licencié 
prématurément le 1er août suivant pour des troubles qui ont été qualifiés par le 
médecin de troupe de névrose d'angoisse consécutive à une panique aux premiers 
tirs avec son arme de service, après que l’intéressé eût rêvé, la nuit précédente, qu’il 
tirait sur ses camarades. Durant son congé de fin de semaine du 28 au 29 juillet 
1979, il avait revu dans la rue une camarade d’études, l’avait observée de l’intérieur 
de sa voiture jusqu’à ce qu’elle rentrât chez elle. Par la suite, il avait fait preuve à 
son égard d’un comportement perturbé, notamment en restant des nuits entières 
derrière sa porte. En novembre 1980, elle l’avait trouvé évanoui devant chez elle et 
il avait dû être transféré à l’hôpital pour ce qui apparaissait comme une tentative de 
suicide par empoisonnement. 

2. A partir de 1988, le prénommé a suivi un traitement de psychothérapie, en raison 
d'une angoisse diffuse, d'une idée de dépersonnalisation, d'idées de persécution et 
d'hallucinations. Son médecin traitant de l'époque a posé le diagnostic de 
schizophrénie paranoïde. Elle a également constaté un isolement psycho-affectif 
(avis de la Dresse B______ du 15 mai 1990).  

3. Le 15 mai 1990, le cas a été annoncé à l'assurance militaire. 

4. Par décision du 11 juin 1992, l'Office fédéral de l'assurance militaire (OFAM) a 
refusé de reconnaître la responsabilité de la Confédération pour cette affection, 
estimant que celle-ci n'était pas en relation avec le service militaire accompli en 
1979. 

5. Statuant sur recours de l'assuré le 29 février 1996, la Cour de justice du canton de 
Genève, se fondant sur une expertise du docteur C______, psychiatre et 
psychothérapeute FMH (du 4 juillet 1995), a condamné l'assurance à prendre en 
charge les suites de la schizophrénie paranoïde dont souffrait l'assuré. La causalité 
adéquate entre l’affection et les influences subies pendant l’école de recrues était 
présumée selon la loi et l’assurance n’avait pas établi que l’assuré souffrait de 
troubles psychiques préexistants au service militaire. 

Selon l’expert C______, l’assuré aurait présenté durant son école de recrues en été 
1979 des manifestations schizophréniques, à la suite desquelles, sans que le 
diagnostic ne fût toutefois posé à l’époque, il avait été médicalement licencié. Il 
existait donc vraisemblablement un élément de contemporanéité entre cette maladie 
et le service militaire. Même si l’on retenait que la maladie était antérieure, il fallait 
admettre que l’école de recrues avait exercé une influence défavorable sur son 
cours. 

 
 
 

 

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Un trouble psycho-sexuel (exhibitionnisme) avait accompagné les premiers signes 
de la maladie. « Par la suite, des périodes de très bref équilibre durant lesquelles M. 
A______ est parvenu à mettre en place un système défensif obsessionnel 
extrêmement rigide le faisant vivre dans un monde qui, pour être moins menaçant, 
devait absolument être désincarné, ont alterné avec des périodes de réactivation 
d’une anxiété du registre psychotique (…) ». 

Dans la mesure où les combats menés par l’expertisé pour qu’on lui donnât raison 
semblaient s’inscrire dans le cadre d’une haute exigence de logique et de cohérence 
jouant un rôle dans la façon dont il se défendait contre le vécu psychotique, l’expert 
avait l’impression que celui-ci ne pourrait guère se satisfaire des avantages 
matériels que lui procurerait un succès obtenu grâce à des mensonges. L’expertisé 
lui avait ainsi paru authentique et la description de l’évolution chronologique de sa 
maladie lui avait paru plausible. Les éventuels troubles présentés avant l’entrée en 
service n’étaient pas allés au-delà d’un stade prodromal. 

On ne relevait pas de troubles grossiers de la pensée, comme des coqs-à-l’âne 
(discours accéléré, sans suite ni liaison) ou des barrages, mais le cours de la pensée 
était quand même très particulier. Tant qu’on en restait à des détails de procédure, 
ce qui constituait le niveau de fonctionnement dans lequel l’expertisé paraissait le 
plus à l’aise, celui-ci s’exprimait d’une façon très contrôlée, précise, proche de 
l’écrit, faisant preuve d’une très grande vivacité et acuité intellectuelle, d’une 
logique jamais prise en défaut ; on observait une pensée structurée de façon 
extraordinairement rigide et précise. Lorsqu’on s’intéressait davantage à sa 
personne et qu’on refusait de se laisser décourager par une attitude défensive 
l’amenant souvent à tenter de replacer le débat sur un plan juridique, on voyait 
s’effriter un mode de fonctionnement très obsessionnalisé et on observait alors un 
flou de la pensée, on voyait M. A______ devenir hésitant, perplexe, laisser en 
suspens des phrases compliquées, tout cela suggérant des phénomènes de « fading 
mental » (forme atténuée du trouble majeur de la pensée que constitue le barrage, 
où on voit le débit s’arrêter brusquement, la pensée subissant une éclipse restant 
comme suspendue). 

La grande méfiance de l’expertisé et une intelligence très aiguë lui permettant de se 
défendre pied à pied, sur un mode obsessionnel, à la fois contre l’envahissement par 
un vécu délirant et aussi contre l’investigation de la sphère intime de sa 
personnalité, rendaient difficile le travail du psychiatre. 

Le tableau était celui d’un état résiduel schizophrénique (F20.5 selon la CIM-10), 
caractérisé par une symptomatologie avant tout négative (ralentissement 
psychomoteur, manque de résonnance affective, repli autistique). 

6. Dans une notice du 20 juin 1996, le Dr  D______ (OFAM) a retenu que l’assuré 
souffrait d’une schizophrénie résiduelle et d’un état dépressivo-anxieux secondaire 
à sa schizophrénie. On parlait de schizophrénie résiduelle chez certains patients qui, 
sous un traitement bien conduit, voyaient une partie de leurs symptômes spécifiques 

 
 
 

 

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disparaître. Il ne restait alors plus que les symptômes primaires, surtout 
l’aplatissement affectif et l’autisme, plus ou moins bien contrôlés. Le dossier de 
l’assuré mettait certes en évidence ses capacités intellectuelles, mais aussi sa 
rigidité de pensée et ses difficultés de contacts sociaux. Il souffrait encore 
d’angoisse de morcellement et d’anéantissement et ses nombreux écrits 
procéduraux lui servaient avant tout à contenir son « moi » pour en éviter 
l’éclatement schizophrénique. La capacité de travail était nulle. 

7. A la suite du jugement précité, l'OFAM a rendu une décision, le 25 octobre 1996, 
par laquelle il a accordé à M. A______ une rente d'invalidité avec effet au 1er août 
1985. Cette prestation était fondée sur une responsabilité totale de la Confédération, 
un taux d'indemnisation de 95 % et un degré d'invalidité de 100 % (depuis 1987). 
Saisi d'une opposition de l'intéressé, l'OFAM l'a rejetée par une nouvelle décision, 
du 6 juillet 1997. Le recours formé par l'assuré contre cette décision a été déclaré 
irrecevable par le Tribunal administratif du canton de Genève (jugement du 9 
décembre 1997), puis par le Tribunal fédéral des assurances (arrêt du 14 janvier 
1999). 

8. Dans un avis du 24 août 1997, le Dr E______, spécialiste en chirurgie 
orthopédique, auprès du Service du médecin-chef de l’OFAM, a évalué l’atteinte à 
l’intégrité de l’assuré à 17,5%. L’affection psychique avait manifestement entraîné 
une nette transformation de la personnalité entretenue par la présence apparemment 
latente de pensées délirantes (délire d’interprétation accompagné de sentiment 
d’angoisse et de persécution) et d’un sens déficient de sa propre valeur. L’expertisé 
présentait également un comportement asocial et antisocial (NDR : dans la version 
originale : « gesellschaftlichen/sozialen Rückzug », soit « repli sur soi, 
démophobie ») qui devaient suffire à expliquer l’impossibilité d’une réadaptation. 
La schizophrénie chronique constituait pour le patient une gêne dans 
l’aménagement de l’existence et de son comportement en général, selon le code 19 
ICIDH (« International Classification of Impairments, Disabilities and Handicaps », 
traduit selon la terminologie officielle en française, par : Classification 
internationale des handicaps : déficiences, incapacités et désavantages : 
http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/41005/1/9782877100205_fre.pdf ; depuis 
mai 2001 : Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la 
santé : CIF) ainsi qu’une déficience à pouvoir adopter un comportement approprié 
(code 14). D’autres handicaps concernaient le sentiment de sa propre valeur (code 
10), la compétence sociale au niveau professionnel et de loisirs (codes 17 et 18), 
ainsi que la résistance en général (code 71). La psychose chronique présentée par 
l’assuré était d’une gravité « à peu près moyenne » (« etwa mittelschweren 
Ausmasses »). La gravité des troubles de l’assuré n’atteignait pas ceux du cas W.P. 
35.823 (torpeur affective, absence de stimulis, pensée ralentie), évalué à 20%. 
Compte tenu de la composante anxieuse et dépressive, absente dans le cas G.M., 
évalué à 15%, il se justifiait d’augmenter le taux de gravité de 2,5%, soit un taux de 
17,5%.  

 
 
 

 

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9. Dans un rapport du 3 octobre 1997, le Dr F______, médecin traitant, a diagnostiqué 
un état résiduel schizophrénique et un état dépresso-anxieux secondaire à la 
schizophrénie. Le patient se plaignait d’insomnies, d’angoisses de morcellement, de 
tristesse. La thymie était triste et le patient présentait une apparence négligée. Il 
avait un discours trop logique poussé à l’illogisme, typique dans certaines formes 
de schizophrénie. 

10. Par une décision, du 28 octobre 1997, l'OFAM a alloué à l'assuré une rente pour 
atteinte à l'intégrité de 17,5 % dès le 1er janvier 1990, pour une durée indéterminée.  

Selon l’office, il ressortait du rapport d’expertise du Dr C______ du 4 juillet 1995 
qu’entre 1990 et 1995, un changement s’était opéré ayant abouti à une certaine 
stabilisation des troubles présentés par l’assuré. Faute d’informations plus précise, 
il n’était pas possible de définir avec exactitude le moment à partir duquel 
l’affection assurée s’était stabilisée durablement, d’autant plus que, dans le cas 
d’espèce, il s’agissait d’un processus s’étendant sur plusieurs mois. « Pour cette 
raison, en faveur de l’assuré, la date a été fixée au 1er janvier 1990 ». 

11. Dans son opposition du 8 décembre 1997, complétée le 16 avril 1998, l’assuré a 
reproché à l’OFAM d’avoir sous-évalué le taux de sa rente pour atteinte à 
l’intégrité, en méconnaissant son incapacité matrimoniale – « factuelle et 
juridique » -, ainsi que les impotentiae coeundi et generandi (ICG) dont il souffrait. 
Ces fonctions, tant sous leur angle social que « sous celui de l’espèce ou de 
l’individu, (étaient) des fonctions ordinaires et primaires de la vie au sens de l’art. 
49 al. 1 LAM ». 

12. Dans le cadre de l’instruction de cette opposition, la Dresse M______, médecin-
cheffe auprès l’OFAM, a indiqué, dans un avis du 27 juillet 1998, que la 
schizophrénie était une maladie chronique, qui pouvait être réversible. Il convenait 
dès lors d’être très rigoureux quant à l’admission d’un état de santé stabilisé, raison 
pour laquelle, en pratique, l’atteinte à l’intégrité chez des patients atteints de 
schizophrénie n’était fixée qu’au bout de 10 ans environ. L’état du patient s’était 
aggravé progressivement depuis 1979 et la récidive d’un acte psycho-sexuel 
perpétré en 1986 constituait vraisemblablement une poussée. On ne pouvait 
qualifier de durable l’état du patient au cours de ces années d’aggravation continue, 
durant lesquelles aucun diagnostic clair n’avait été posé, ni suivi médical ou 
traitement appliqué. La fixation de la naissance du droit à la rente pour atteinte à 
l’intégrité au 1er janvier 1990 était correcte sinon généreuse. 

En l’absence d’une expertise médicale, il n’était pas possible de parler 
d’« impotentiae coeundi et generandi » chez l’assuré, mais plutôt d’éventuels 
troubles de la puissance sexuelle, c’est-à-dire de la fonction et de la vie sexuelle. La 
schizophrénie chronique pouvait être à l’origine de tels troubles, de même que de 
nombreux médicaments. Dans le cas d’espèce, de tels troubles n’étaient pas 
documentés, ni non plus la question de leur lien avec la maladie ou de leur 
durabilité. Le taux de 17,5% prenait en compte une atteinte selon le code 17 ICIDH 

 
 
 

 

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décrivant des « incapacités dans la compétence sociale, telles que troubles du 
comportement affectif comme partenaire et gêne du sujet dans l’accomplissement 
de son rôle comme partenaire, y compris troubles dans les relations sexuelles avec 
un partenaire stable ». Le diagnostic d’ICG ne pouvait être posé que par un 
urologue.  

Les « symptômes négatifs » étaient des caractéristiques pathologiques qui en soi 
n’avaient pratiquement aucune valeur de maladie et n’étaient pas des symptômes 
typiques ou spécifiques. Combinés avec les symptômes classiques de la maladie, ils 
pouvaient néanmoins contribuer de manière décisive à poser un diagnostic de 
schizophrénie souvent difficile à établir. Ils comprenaient entre autres des états 
difficilement quantifiables comme la perte d’élan, la torpeur affective, la pensée 
ralentie, la passivité, le manque d’initiative, ainsi que la pauvreté de la quantité et 
du contenu du discours. Ces symptômes ne devaient toutefois pas avoir été causés 
par des neuroleptiques ou une dépression. En l’occurrence, le service du médecin-
chef de l’OFAM avait conclu que ce n’étaient pas les « symptômes négatifs » en 
tant que tels, mais plutôt les symptômes dépressifs du patient, qui dominaient le 
tableau clinique. Le patient ne présentait ni perte d’élan, ni appauvrissement du 
discours, ni manque d’initiative. Son activité inlassable pour faire valoir ses droits, 
son intelligence aiguë et son discours précis, dont on avait la preuve à chaque 
échange de correspondance entre lui et l’assurance militaire étaient autant 
d’éléments qui allaient à l’encontre d’une prédominance desdits symptômes 
négatifs. Seule une intelligence supérieure à la moyenne permettait au patient de 
surmonter ses problèmes. Son vécu était plutôt ramené à l’arrière-plan grâce à ses 
capacités intellectuelles. Les symptômes négatifs, comme d’ailleurs les troubles de 
la puissance sexuelle, déjà pris en compte dans l’appréciation d’octobre 1997, ne 
constituaient pas un « facteur de notabilité » et ne justifiaient pas une évaluation à 
la hausse du taux. 

13. Par décision du 18 août 1998, l’OFAM a partiellement admis l’opposition, en 
portant à 20 % le taux de l'atteinte à l'intégrité. Le médecin-chef n’avait pas tenu 
compte de l’ensemble des symptômes négatifs mis en avant par l’expert C______ 
dans son rapport du 4 juillet 1995, à savoir un ralentissement psychomoteur, un 
manque de résonance affective et un repli autistique. Il n’existait pas de valeur 
indicative pour une atteinte cérébrale consécutive à une schizophrénie, de sorte que 
l’égalité de traitement ne pouvait être assurée que sur la base de la casuistique. 
Celle de l’office montrait que les atteintes psychiatriques étaient évaluées entre 5% 
et 25%. Un cas W.P. N° 35.823 avait déterminé un taux de 20% en raison d’une 
torpeur affective, d’une absence de stimulus et d’une pensée ralentie. La proximité 
de ce cas avec celui de l’assuré justifiait un traitement égal. Les « impotentiae 
coeundi et generandi » n’avaient jamais été alléguées par l’assuré auprès des 
médecins et n’avaient donc fait aucune appréciation de leur part, si bien qu’il n’était 
pas possible de savoir quelle était l’origine de ces troubles et s’il y avait une 

 
 
 

 

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possibilité de traitement médical. En revanche, les troubles sexuels avaient déjà été 
pris en compte lors de la première fixation de l’atteinte à l’intégrité (17,5%).  

S’agissant du point de départ du versement de la rente, l’anamnèse de M. A______ 
montrait qu’après les premiers signes de schizophrénie en 1979, il avait commis un 
acte psycho-sexuel en 1981, avec récidive en 1986, ce qui témoignait d’une 
nouvelle poussée de la maladie. Il avait ensuite entamé un traitement psychiatrique 
en novembre 1988 chez la Dresse B______, qui s’était achevé au bout de sept mois 
en raison de difficultés relationnelles. Ce n’était qu’en février 1994 qu’un 
traitement avait été repris auprès du Dr F______. Faute d’une thérapie digne de ce 
nom avant 1994, il n’était pas possible de considérer que l’état de santé de 
l’intéressé s’était stabilisé auparavant. Par conséquent, l’office s’était montré 
généreux en faisant débuter la rente au 1er janvier 1990.  

Vu l’augmentation du taux de l’atteinte à l’intégrité à 20%, la rente, rachetée 
d’office et capitalisée au 1er novembre 1997, correspondait à CHF 129'683.30. 

14. M. A______ a recouru contre cette décision devant le Tribunal administratif du 
canton de Genève. Il a contesté la date d'ouverture du droit à la rente (qui devait 
selon lui être fixée au 27 avril 1985), le taux de l'atteinte à l'intégrité (il concluait à 
la reconnaissance d'un taux de 100 %), ainsi que les modalités de la capitalisation 
du rachat de sa rente. 

Il a en particulier fait valoir que les « impotentiae coeundi et generandi » ne 
relevaient pas d’un urologue, puisqu’en l’occurrence une telle atteinte n’était pas 
anatomo-fonctionnelle, mais psychosociale. Il convenait uniquement de tenir 
compte des répercussions du mal dont il était atteint. Le Dr C______ avait relevé 
un repli autistique et la mise en œuvre de défenses contre l’investigation de sa 
sphère intime. Il ne pouvait ainsi adopter un mode de vie propre à procréer de 
manière socialement correcte, soit dans le cadre de relations durables, « ce que le 
législateur avait enregistré en proscrivant le mariage de l’assuré. Que le fait pour 
l’assuré de ne pas faire usage d’une éventuelle capacité de reproduction résiduelle, 
c’est-à-dire hors mariage et hors relation stable (y compris à l’égard d’un enfant) ne 
saurait interrompre la relation de causalité adéquate entre le mal assuré et la perte 
de la faculté de reproduction, dès lors que le fait pour l’assuré de tenir compte des 
conséquences nuisibles, tant pour les individus inévitablement impliqués que pour 
la société, d’une reproduction dans un tel cadre ne saurait lui être imputable à 
faute » (mémoire, p. 5). 

Il a encore conclu au versement d’une indemnité de procédure et à ce que l’arrêt qui 
serait rendu par le tribunal ne fût pas communiqué à l’office fédéral des assurances 
sociales (OFAS). 

15. Dans sa réponse du 28 janvier 1999, l’OFAM a précisé que les handicaps concrets 
pris en compte en l’espèce dans la fixation du taux d’atteinte à l’intégrité 
concernaient une gêne dans l’aménagement de l’existence et du comportement en 
général (code 19 ICIDH), une gêne certaine dans l’aménagement et l’organisation 

 
 
 

 

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de sa vie due à des troubles de l’adaptation (code 14), un sentiment de 
dévalorisation (code 10), une gêne dans l’exercice de l’activité professionnelle et 
dans les loisirs (code 17 et 18), ainsi qu’une gêne quant à la tolérance à l’effort en 
général (code 71). Cette détermination des handicaps était basée sur les séquelles 
mises en évidence par l’expert C______ et les médecins-traitants, à savoir : nette 
transformation de la personnalité provoquée par la présence latente de pensées 
délirantes (délire d’interprétation accompagné de sentiment d’angoisse et de 
persécution, sens déficient de sa self-estime, comportement asocial et anti-social 
[repli sur soi, agoraphobie, isolement socio-affectif], ralentissement psychomoteur 
et état dépressivo-anxieux secondaire à la schizophrénie). L’assuré déduisait de son 
repli autistique et de ses moyens de défenses psychiques une perte de sa capacité de 
procréer ; il s’agissait d’une simple supputation, cette perte n’étant pas établie 
médicalement. De plus, les moyens de défense concernaient la sphère intime 
psychique du recourant et non pas sa sphère intime sexuelle. Dans son appréciation, 
l’OFAM avait d’ailleurs déjà tenu compte du repli autistique de l’intéressé (code 
17). La prétendue impossibilité de procréer n’étant qu’une des nombreuses 
manifestations de ce comportement asocial et antisocial, il n’y avait aucune raison 
de le prendre en considération deux fois dans l’appréciation de l’atteinte à 
l’intégrité. 

Concernant la date du début de la rente, le Dr C______ avait souligné la difficulté 
qu’avait la médecine à faire un pronostic sur l’évolution de la maladie. L’expertisé 
avait présenté des périodes de très relatif équilibre alternant avec des périodes de 
réactivation d’une anxiété de registre psychotique (décompensation) jusqu’à la date 
de l’expertise. Le traitement que poursuivait l’intéressé chez le Dr F______ depuis 
1994 avait commencé à produire une amélioration de l’état de santé vers 1996. La 
pratique voulait que l’atteinte à l’intégrité ne soit fixée qu’au bout de dix ans 
environ, au vu de la possibilité de rémission de la schizophrénie, qui arrivait dans 
un tiers des cas. Si cette maladie n’avait été annoncée à l’OFAM que le 18 mai 
1990, c’était parce qu’à partir de cette période, les symptômes avaient atteint une 
certaine intensité, après s’être aggravés avec les années. En retenant le 1er 
janvier1990, l’OFAM avait été très généreux, car à cette époque, le traitement avait 
été interrompu non par faute de résultats sur le plan médical, mais en raison de 
problèmes relationnels entre le recourant et son psychiatre. Le traitement n’avait 
repris de façon intensive qu’en 1994 auprès du Dr F______, jusqu’au 17 juin 1996, 
date à partir de laquelle le nombre de séances avait pratiquement diminué de moitié. 
Ce n’était donc qu’à partir du 18 juin 1996 que l’on pouvait parler d’une 
amélioration de l’état de santé du recourant. 

16. Par lettre du 6 février 1999, le recourant a sollicité que les débats relatifs à la 
procédure en cours soient publics, les problèmes posés n’étant, selon lui, pas tous 
uniquement techniques. 

 

 
 
 

 

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17. Dans sa réplique du 30 juillet 1999, le recourant a fait valoir que les traitements de 
longue durée dans le domaine de la psychiatrie avaient généralement un but de 
soutient et n’entraînaient que rarement des améliorations notables de l’état de santé. 
Il s’agissait dès lors de savoir si, à un moment de l’histoire de sa maladie, un 
traitement aurait été à même de produire une amélioration notable de son état de 
santé.  

Le taux d’indemnisation, hors la perte de sa capacité de reproduction, devait être 
fixé à 25% pour tenir compte d’une affection laissée de côté par la décision 
litigieuse, à savoir troubles du sommeil, d’une sous-estimation de l’impact de sa 
maladie sur sa vie sociale, ainsi que de la durée de la procédure depuis neuf ans. Le 
rapport d’expertise du Dr G______ et les rapports des médecins traitants n’avaient 
pas fait le bilan complet des déficiences que son affection engendrait. A cet égard, 
l’instruction avait été lacunaire, l’OFAM n’ayant pas pris en compte les autres 
codes ICIDH applicables à son cas.  

18. Dans sa duplique du 1er septembre 1999, l’OFAM a indiqué que les troubles du 
sommeil avaient été pris en compte dans le code 71 ICIDH. Selon la jurisprudence, 
lorsqu’une atteinte à l’intégrité était une conséquence typique de l’affection, elle 
était déjà comprise dans la valeur indicative et ne constituait pas une conséquence 
extraordinaire justifiant de s’en écarter. L’impact du diagnostic de schizophrénie 
sur la vie sociale du malade était inhérent audit diagnostic et ne justifiait donc pas 
une augmentation du taux visé par la schizophrénie elle-même. Selon la doctrine, 
on devait partir du principe que, lors de préjudices dans le mode de vie en général, 
la valeur indicative englobait une mesure moyenne du préjudice dans 
l’environnement personnel et social. La condition pour une prise en compte 
supplémentaire d’un préjudice était que l’élément en question représentât une 
valeur particulière dans la vie de l’assuré.  

La perte de la faculté de reproduction invoquée par le recourant n’était pas 
identique à une atteinte à la fonction sexuelle génératrice d’augmentation du degré 
de l’atteinte à l’intégrité. Une telle atteinte englobait la stérilité et l’impuissance. Or 
le recourant ne prétendait pas souffrir de telles séquelles en raison de sa 
schizophrénie chronique. Au demeurant, aucun rapport médical ne faisait mention 
de tels troubles sexuels. L’éventuelle inaptitude psychosociale à se reproduire 
n’était pas englobée dans les valeurs indicatives de l’OFAM en matière de 
schizophrénie chronique, de gravité « environ moyenne », retenue par le médecin-
chef. En effet, la schizophrénie chronique n’englobait pas nécessairement l’absence 
de vie familiale. 

Il n’était nullement établi médicalement que l’assuré présentât une inaptitude à se 
reproduire à titre de séquelle (physique) de son atteinte. Cette question pouvait 
toutefois rester ouverte, puisque dans son appréciation de l’atteinte à l’intégrité, le 
Dr E______ avait retenu que le recourant présentait une atteinte au mode de vie en 
général correspondant au code 17 de l’ICIDH, qui concernait les handicaps dans le 
rôle familial, à savoir tant dans le rôle de partenaire que dans celui de père. Partant, 

 
 
 

 

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il ne se justifiait de toute façon pas d’augmenter le taux de l’atteinte à l’intégrité 
fixé à 20%. 

19. Statuant le 26 octobre 1999, le Tribunal administratif a partiellement admis le 
recours et a renvoyé la cause à l'OFAM « afin qu’il poursuive l’instruction du 
dossier au sens des considérants ». 

L'OFAM était chargé de mettre en oeuvre une expertise afin de déterminer si 
l'atteinte assurée entraînait, de façon certaine, vraisemblable ou seulement possible, 
"une incapacité à entretenir des relations sexuelles (impotentia coeundi), ou à 
entretenir des relations sexuelles stables avec une personne de l'autre sexe 
(impotentia generandi)". Pour le surplus, le tribunal a confirmé les modalités du 
calcul du rachat de la rente appliquées par l'OFAM dans sa décision. 

Le tribunal a tout d’abord estimé que les troubles du sommeil allégués par le 
recourant et l’impact du diagnostic de schizophrénie sur sa vie sociale avaient été 
dûment pris en compte dans le taux de 20% retenu par l’office. Ces troubles étaient 
décrits dans le code 71 ICIDH et les conséquences sociales d’un tel diagnostic 
étaient intimement liées à la maladie elle-même. Conformément à la jurisprudence, 
ce rapport extrêmement étroit de cause à effet ne permettait pas de prendre en 
considération l’effet – qui se confondait avec la cause – dans le cadre de la rente 
pour atteinte à l’intégrité. 

En revanche, contrairement à ce qu’avait retenu l’office, les troubles décrits par le 
code 17 ICIDH (notamment les troubles dans les relations sexuelles avec un 
partenaire stable), englobé dans l’évaluation de l’atteinte à l’intégrité, ne 
concernaient manifestement pas une répulsion catégorique et totale vis-à-vis d’une 
relation intime, mais des troubles intervenant dans une telle relation. L’OFAM ne 
s’y était d’ailleurs pas trompé, puisqu’il avait souligné que les « impotentiae 
coeundi et generandi » devaient être le cas échéant confirmées par un urologue. En 
revanche, l’extrême difficulté de l’intéressé à laisser quiconque s’immiscer dans sa 
sphère psychique et émotionnelle, relevée par l’expert C______ – impliquant, selon 
le recourant, une impossibilité non seulement à entretenir des relations sexuelles, 
mais aussi, a fortiori, à entretenir une relation affective stable créant les conditions 
propices à la procréation -, pouvait, si tant est que cet expert voulût effectivement 
parler d’une incapacité profonde à nouer des relations humaines étroites, 
vraisemblablement entraîner de graves difficultés à entretenir des relations 
sexuelles non occasionnelles et, dès lors, à procréer dans des conditions 
acceptables.  

Par ailleurs, en assurance-accident, la perte de la capacité de reproduction entraînait 
une atteinte à l’intégrité dont le taux était fixé à 40%. Même si ce chiffre ne pouvait 
être transposé tel quel en assurance militaire, il demeurait que l’atteinte elle-même 
était considérée séparément des autres atteintes répertoriées. Il n’y avait pas de 
raison d’envisager différemment cette question dans l’assurance militaire. En effet, 
une telle atteinte, dont l’importance était considérable, était tout à fait distincte des 

 
 
 

 

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symptômes négatifs retenus en l’espèce. Peu importait, au demeurant, qu’elle fût 
d’origine physique ou psychique.  

L’état du dossier ne permettait pas de trancher la question litigieuse, il convenait de 
la soumettre à un expert. Dans le cadre d’une fixation éventuelle du taux de 
l’atteinte à l’intégrité, il paraissait cependant préférable de laisser ce soin à 
l’intimée, à laquelle sa casuistique donnerait une base solide pour définir ce taux.  

Par ailleurs, le tribunal a confirmé la date retenue par l’office du début du droit à 
l’indemnité fixée au 1er janvier 1990, estimant implicitement qu’après une période 
de dix ans, on ne pouvait en général pas espérer une amélioration de l’état de santé 
en cas de schizophrénie. 

Le tribunal a encore refusé la tenue d’un débat public, dès lors que les griefs du 
recourant faisaient essentiellement référence à des problèmes techniques ou liés aux 
particularités médicales du cas d’espèce. La seule question d’intérêt général 
soulevée par le recours concernait la prise en compte, au titre d’atteinte à l’intégrité, 
de l’incapacité d’avoir des relations sexuelles et de procréer, encore que le principe 
n’en fût pas contesté par l’intimé. Dès lors que le recourant obtenait gain de cause 
sur ce point, dans la mesure où le dossier était renvoyé à l’autorité administrative 
pour complément d’instruction, il ne subissait aucun préjudice du fait que les débats 
ne se seraient pas déroulés oralement et en audience publique. Au demeurant, la 
conclusion tendant à la publicité des débats entrait en contradiction avec celle 
relative à la non-communication de l’arrêt à l’OFAS. 

Enfin, le tribunal a rejeté la demande de versement d’une indemnité à titre de 
dépens. L’achat allégué de la documentation juridique était vraisemblablement 
antérieur à la procédure et sans lien avec elle ; le recourant percevait une rente pour 
une invalidité totale, de sorte qu’il ne pouvait avoir subi un préjudice issu de 
l’interruption momentanée d’une activité lucrative.  

20. Saisi d’un recours formé par M. A______ portant uniquement sur les modalités du 
calcul du rachat de la rente appliquées par l'OFAM dans sa décision, le Tribunal 
fédéral a confirmé cet arrêt (arrêt M 2/00 du 30 novembre 2000).  

21. Dans un rapport du 24 mai 2004, le Dr H______, spécialiste FMH en médecine 
interne, du Service médical de l’OFAM, a indiqué que la schizophrénie paranoïde 
de l’intéressé avait progressivement évolué au fil des années vers une schizophrénie 
résiduelle, c'est-à-dire que l'affection psychiatrique était présente, mais ne 
comportait plus d'idées délirantes, d'hallucinations, de discours ou de comportement 
grossièrement désorganisés ; toutefois, les symptômes négatifs étaient toujours 
présents sous la forme d'une persistance de l'isolement social, d'un émoussement 
affectif, d'une absence de vie affective ou sentimentale et globalement d'une 
absence de moments de plaisir ou de joie. 

 

 
 
 

 

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22. Après diverses péripéties procédurales et judiciaires, l’OFAM a confié le 18 mai 
2006, au Dr I______, spécialiste en chirurgie urologique, une mission d’expertise 
dans le but de déterminer si l’intéressé présentait une impuissance sexuelle. Selon 
un avis du Dr H______ du 10 novembre 2005, la question d’une expertise 
psychiatrique sur ce sujet dépendrait des résultats de cette expertise quant à une 
éventuelle dysfonction érectile. 

23. Dans son rapport d’expertise du 4 août 2006, le Dr I______ a constaté que 
l’expertisé ne souffrait pas d’une dysfonction érectile et que son état physiologique 
était normal. L’anamnèse ne mettait pas en évidence de plaintes d’ordre sexuel 
concernant l’érection ou l’éjaculation. La libido était présente, mais entraînait plutôt 
des comportements d’évitement. Si un trouble existait, il était vraisemblablement 
d’origine relationnelle. Sur le plan organique, aucune mesure thérapeutique n’était 
nécessaire. Le traitement des éventuelles causes relationnelles ou psychiques n’était 
pas de son domaine de compétence. 

24. Par courrier du 23 août 2006, la SUVA, Division Assurance militaire a rejeté la 
demande de rente supplémentaire, à titre d’atteinte à l’intégrité, pour les ICG, motif 
pris que l’assuré ne souffrait, d’un point de vue organique, ni de dysfonctionnement 
érectile, ni d’impuissance sexuelle. 

25. Relancée par courrier du 24 juillet 2008 du conseil de l’assuré de l’époque, Me 
J______, la SUVA, division Assurance militaire a accepté de procéder à une 
expertise complémentaire sur le plan psychiatrique.  

26. Dans un avis du 3 décembre 2008, le Dr K______, médecin d’arrondissement 
spécialiste FHM en psychiatrie et psychothérapie, a expliqué qu’il n’existait pas de 
lien direct entre la « probable psychose » et les troubles de la puissance sexuelle. La 
médication utilisée (neuroleptiques) pourrait être incriminée si elle était présente. 
La psychose était à l’origine de troubles de l’interaction sociale et affective au sens 
large. L’ICG n’était pas une séquelle admise de la schizophrénie paranoïde. Une 
expertise effectuée par un psychiatre-sexologue pourrait trancher cette question. 

27. Dans une notice complémentaire du 29 juillet 2009, le Dr K______ a estimé qu’il 
serait difficile d’établir une distinction claire entre le « purement sexuel » et la 
perturbation relationnelle liée à la psychose qui persistait et restait le facteur 
dominant qui empêchait la sexualité. L’expert devrait définir si la problématique 
sexuelle était traitable ou définitive, si elle représentait effectivement un handicap 
sur le long cours, le degré d’intensité de l’atteinte et sa date d’apparition. 

28. Après divers échanges de correspondance avec l’assuré, la SUVA, division 
Assurance militaire a finalement confié au Dr L______, psychiatre FMH, un 
mandat d’expertise le 24 novembre 2009. Faute de disponibilité, ce dernier a refusé 
dans un premier temps. Après une relance de l’assurance, le Dr L______ a accepté 
sa mission en avril 2012. Il s’agissait de répondre aux questions suivantes : 

 

 
 
 

 

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1) La schizophrénie paranoïde entraîne-t-elle, de façon certaine, vraisemblable ou 
possible, une incapacité à entretenir des relations sexuelles (impotentia 
coeundi) ? 

2) La schizophrénie paranoïde entraîne-t-elle, de façon certaine, vraisemblable ou 
possible une incapacité à entretenir des relations sexuelles stables avec une 
personne de l'autre sexe (impotentia generandi) ? 

29. Dans rapport d’expertise du 29 juin 2012, l’expert a conclu que la schizophrénie 
paranoïde pouvait créer une incapacité à entretenir des relations sexuelles 
indirectement, en cas de prise de neuroleptiques qui pouvaient avoir des effets 
secondaires provoquant une dysfonction sexuelle. Il était possible que la fonction 
sexuelle fût entravée par des préoccupations délirantes concernant la partenaire 
sexuelle (par exemple jalousie pathologique), ou l’acte sexuel en lui-même. Ces 
considérations étaient plutôt théoriques et il n’existait pas « d’évidence qu’elles 
concernaient spécifiquement » l’expertisé. Ce dernier n’avait apparemment jamais 
pris de neuroleptiques et les antidépresseurs qu’il avait reçus n’avaient pas d’effet 
secondaire touchant la sphère sexuelle, mis à part le TOLVON. Il ne se plaignait 
d’ailleurs pas de dysfonction sexuelle. Il était exclu ou tout au plus possible que le 
trouble psychiatrique intervienne à ce niveau. En revanche, de façon vraisemblable, 
ce trouble psychiatrique, par les croyances dysfonctionnelles qu’il provoquait, 
pouvait avoir un impact délétère sur les relations sociales, sentimentales ou intimes. 
« Ceci pourrait expliquer la pauvreté de la vie relationnelle et affective chez 
l’expertisé ». L’expertisé ne mettait pas en avant de symptomatologie psychiatrique 
dépressive ou psychotique. La forte angoisse diffuse dont il souffrait à la fin des 
années 80 n’était plus présente. Il décrivait un malaise dans les relations avec le 
sexe opposé lorsque la relation devenait plus proche. A partir de là, il évitait le 
contact pour ne pas avoir à parler de lui. A ce propos, il disait : « mon CV n’est pas 
dévoilable ».  

Sous l’intitulé « synthèse et discussion », l’expert a en particulier relevé que la vie 
sentimentale et professionnelle avait été pauvre de tout temps. A 17 ans, l’expertisé 
avait eu une relation sentimentale qui avait duré un an. Depuis, il avait toujours 
évité des contacts trop intimes avec les femmes, car cela l’angoissait de devoir leur 
parler de son passé. Il n’avait plus jamais eu de contacts sexuels, pas même avec 
une professionnelle. Son orientation était hétérosexuelle. Il évitait de s’approcher 
trop près affectivement et sexuellement d’une femme. Sa libido était intacte. Il 
existait une difficulté d’introspection, car il se montrait incapable d’expliquer 
précisément ce qui l’empêchait de s’approcher affectivement d’une femme. A ce 
niveau, il restait vague, évoquait la possibilité de décompenser psychiquement s’il 
affrontait cette angoisse.  

Le diagnostic était difficile à poser, le dossier ne contenant aucun rapport attestant 
des signes ou une symptomatologie clairement psychotique dans le passé. 
Actuellement, il n’y avait aucun symptôme « positif » de la schizophrénie, tout au 
plus un tableau clinique pouvant être interprété comme une symptomatologie 

 
 
 

 

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« négative » du trouble : performances sociales médiocres. C’est pourquoi, il était 
possible de poser un diagnostic de schizophrénie résiduelle (F.20.5). 

30. Par acte du 16 juillet 2012, adressé à Me J______, la SUVA, division Assurance 
militaire, se fondant sur les conclusions de cette expertise, a refusé d’accorder une 
rente supplémentaire à titre d’atteinte à l’intégrité pour les ICG. 

31. Par courrier du 25 juillet 2012, M. A______ a demandé à l’assureur quel type de 
décision (sur opposition ou susceptible d’opposition ?) serait prise pour le cas où il 
entendait solliciter une décision formelle à la suite de la « communication 
informelle du 17 (recte : 16) juillet 2012 en matière d’atteinte à l’intégrité ». 

32. Par courrier du 19 septembre 2012, l’assuré a « confirmé » que la procuration 
signée en faveur de Me J______ le 1er juillet 2008 ne déployait plus d’effet depuis 
le 17 juillet 2012, date de la « notification de votre décision ». Par ailleurs, n’ayant 
toujours pas reçu de réponse à sa requête du 25 juillet précédent, il invitait 
l’administration à lui communiquer les voies de droit ouvertes. 

33. Par courrier du 3 janvier 2013, la SUVA, division Asssurance militaire a pris note 
de la fin du mandat de Me J______. Elle a en outre invité M. A______ à lui faire 
savoir s’il souhaitait obtenir une décision formelle de refus d’octroi d’une rente 
supplémentaire à titre d’atteinte à l’intégrité. 

34. Ayant pris connaissance, dans l’intervalle, d’un recours déposé par l’assuré le 17 
décembre 2012 devant le Tribunal des assurances sociales du canton de Zürich 
contre « la décision sur opposition du 12 juillet 2012 », recours que ce tribunal a 
rejeté par jugement du 14 janvier 2013 (par arrêt du 10 juin 2013, le Tribunal 
fédéral déclarera irrecevable, faute d’une décision rendue au sens de l’art. 49 al. 1 
LPGA, le recours interjeté par l’assuré contre ce jugement), la SUVA, division 
Assurance militaire, a rejeté la demande d’octroi d’une rente supplémentaire à titre 
d’atteinte à l’intégrité (décision du 3 avril 2013). Selon elle, il était douteux que 
l’assuré présentât un diagnostic d’ICG. De plus, les éventuelles ICG n’étaient que 
des séquelles possibles de la schizophrénie paranoïde. Or la possibilité d’un fait 
n’était pas suffisante pour l’admettre. 

35. En temps utile, l’assuré a formé opposition contre cette décision, faisant en 
particulier valoir que l’expertise du Dr L______ était dénuée de valeur probante. 
« Renseignements médicaux pris », les conclusions de l’expertise étaient erronées. 
Au vu du temps écoulé, il se justifiait « d’inverser le fardeau matériel de la preuve » 
et de lui allouer une rente complémentaire pour atteinte à l’intégrité de 80% 
(courrier du 21 mai 2013). 

36. Dans un avis de transmission du 15 août 2013 au médecin-chef de l’assurance 
militaire, la SUVA, division Assurance militaire a relevé que, selon les conclusions 
du rapport d’expertise du Dr L______, l’éventualité que l’assuré souffrît d’une 
incapacité à entretenir des relations sexuelles (impotentia coeundi) devait être 
exclue, l’assuré ne se plaignant d’ailleurs pas de dysfonction sexuelle. En revanche, 

 
 
 

 

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il restait à déterminer si l’assuré présentait une impotentia generandi d’origine 
psychologique. 

37. Dans son rapport du 21 août 2013, la Dresse M______ a relevé qu’il n’existait pas 
de lien entre la capacité d’entretenir des relations sexuelles stables et celles de 
pouvoir procréer. Des problèmes concernant la capacité de procréer, soit des 
problèmes de stérilité, apparaissaient en cas d’anomalie des organes génitaux, de 
troubles de nature hormonale ou de modifications pathologiques des 
spermatozoïdes (tant du point de vue quantitatif que qualitatif). La capacité de 
procréer en tant que telle ou la stérilité n’avaient également aucun rapport avec la 
capacité d’avoir des relations sexuelles. Des difficultés d’ordre relationnel, 
s’appliquant aussi à la capacité d’avoir des relations sexuelles, se rencontraient 
notamment lors de schizophrénie. La capacité de procréer et celle d’entretenir des 
relations sexuelles étaient indépendantes l’une de l’autre. 

A teneur du rapport de l’expert I______, l’assuré ne souffrait pas d’un trouble de 
l’érection. En revanche, on ignorait s’il présentait un trouble de la procréation ou 
s’il était stérile, car l’urologue n’avait semble-t-il pas jugé nécessaire de réaliser un 
dosage hormonal ou une analyse des spermatozoïdes. Toutefois, même sans 
procéder à ces derniers examens, on pouvait affirmer que la schizophrénie n’avait, 
d’un point de vue pathophysiologique, aucun impact sur l’équilibre hormonal ou 
sur la qualité ou la quantité de spermatozoïdes. Cela étant, il était douteux que les 
termes « impotentia coeundi et generandi » aient été utilisés dans un sens médical 
en l’espèce. Il semblerait que l’on entendait plutôt par là un trouble de l’aptitude à 
créer et à entretenir des contacts en raison de la maladie.  

La schizophrénie était lourde d’implications pour la personne concernée, telles des 
difficultés à participer à une vie sociale normale. Cette maladie occasionnait 
typiquement une altération ou une perte de certaines compétences sociales, à un 
degré qui variait selon les individus. Chez l’assuré, la schizophrénie exerçait une 
influence négative sur ses aptitudes sociales, telles la capacité à créer des contacts 
sociaux ou à les entretenir, à établir des liens familiaux et à entretenir des relations 
sexuelles. C’était le cas dès le début de la maladie dans les années 80. L’expert 
L______ l’avait confirmé. Le chef de l’assurance militaire avait tenu compte de ce 
trouble de nature relationnelle dans son appréciation de l’atteinte à l’intégrité de 
1997 : une partie du taux estimé de 20% était attribuable à cette forme de handicap 
particulière. 

En conclusion, le problème d’une incapacité érectile n’existait pas, faute d’avoir pu 
être objectivé. L’incapacité de procréer ne l’avait pas été non plus, car l’expert 
urologue avait jugé qu’il n’était pas nécessaire d’effectuer les examens ad hoc, vu 
l’anamnèse et les résultats de l’examen clinique. 

38. Par décision du 23 octobre 2013, la SUVA, division Assurance militaire a rejeté 
l’opposition. L’assuré avait droit à une rente pour atteinte à l’intégrité de 20% 
depuis le 1er janvier 1990 pour une durée indéterminée, soit une rente capitalisée au 

 
 
 

 

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1er novembre 1997 de CHF 129'683.30. La décision du 3 avril 2013 était fondée sur 
des rapports et avis médicaux convaincants. 

39. Par acte du 25 novembre 2013, complété le 3 mars 2014, l’assuré a formé un 
recours contre cette décision par devant la chambre de céans. Il a principalement 
conclu à la fixation d’un taux d’atteinte à l’intégrité de 100%, subsidiairement à 
90%, ainsi qu’à l’octroi d’une « indemnisation en suite d’actes illicites » d’au 
moins 27,5% du montant dû à titre d’indemnité pour atteinte à l’intégrité, ou d’au 
moins 60% du montant dû à titre d’indemnité pour atteinte à l’intégrité, sous 
déduction de CHF 129’683.40, montant déjà versé par l’assurance. Il a également 
sollicité la condamnation de la défenderesse au paiement d’une indemnité de 
procédure valant participation à ses frais supportés à raison des procédures 
administrative et de recours. Préalablement, il a requis la production par l’assurance 
militaire de l’intégralité de ses directives internes, tables et échelles, ainsi que sa 
casuistique et celle des tribunaux cantonaux et du Tribunal fédéral en matière 
d’atteinte à l’intégrité. Il a encore sollicité la tenue d’une audience de plaidoiries. 

Le recourant s’est prévalu d’une expertise privée de la Dresse N______, psychiatre 
FMH, du 21 décembre 2012. Cette experte a diagnostiqué une schizophrénie 
résiduelle F 20.05, présente depuis l’été 1979. Elle a estimé que l’assuré était dans 
l’incapacité totale d’entretenir des relations sexuelles en raison de la schizophrénie 
paranoïde résiduelle. Toutefois, la capacité de reproduction de l’expertisé n’était 
pas altérée grâce à la technologie médicale (insémination artificielle). Si l’intéressé 
n’avait pas été atteint de schizophrénie paranoïde, il aurait certainement été capable 
d’entretenir, d’une part, des relations sexuelles complètes avec une personne de 
sexe féminin, et, d’autre part, des relations stables, y compris sexuelles et 
complètes, avec une personne de l’autre sexe.  

Dans son appréciation du cas, l’experte a relevé qu’à l’évocation de possibles 
relations sexuelles avec une femme, l’intéressé présentait un barrage de la pensée, 
correspondant bien aux termes qu’il utilisait : « quand une femme me fait des 
avances, je scotomise et je ne comprends plus rien sur le moment (et puis je fuis) 
(…). J’ai fui, parce que le cours ordinaire c’est d’avoir des relations sexuelles si on 
est un homme ordinaire, mais je ne suis pas un homme ordinaire. Une activité 
sexuelle suppose de l’amour pour moi, mais dès qu’il y a de l’amour chez moi, ça 
devient non sexuel ». Il avait été amoureux d’une femme en 1999 en République 
dominicaine, mais n’avait pas été attiré sexuellement. « Elle, elle avait des attentes 
de relations sexuelles par son comportement, mais sur le moment, je ne le réalise 
pas, je ne le perçois pas. J’ai eu plusieurs épisodes de ce style, mais c’est une 
scotomisation complète. C’est un mois après que j’ai réalisé qu’elle attendait de 
relations sexuelles et que je les (avais) évitées parce que (comme K……), c’était un 
idéal (…). C’est par peur d’une charge supplémentaire. Je ne sais pas (…). En 
fantasme, je pourrais imaginer des relations sexuelles. Mais pas sur le terrain. Peut-
être que je préfère ça, c’est moins effrayant et il y a moins de complications ». Cela 
le rebuterait d’avoir des relations sexuelles avec des prostituées, « du fait de 

 
 
 

 

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l’absence de relations humaines et je ne peux pas être amoureux de ces femmes ». 
Selon ses dires, sa seule activité sexuelle serait la masturbation. Il ne présentait pas 
de trouble de l’érection, ni de l’éjaculation et ressentait un orgasme. L’expertisé 
disait ne ressentir aucune attirance pour les hommes. Il se protégeait d’angoisses de 
morcellement par un discours obsessionnel, factuel et juridique. Les multiples 
recours et procédures lui permettaient de ne pas s’écrouler psychiquement. Il 
présentait des symptômes dits négatifs, à savoir un émoussement psychique, une 
abrasion des affects, un repli autistique et par moments un apragmatisme. L’atteinte 
majeure de cette schizophrénie se situait au niveau relationnel et affectif. Ceci 
entraînait une impossibilité de nouer des liens affectifs par crainte de 
l’envahissement et du morcellement. Tout rapprochement sexuel avec une femme 
serait vécu comme une intrusion insupportable avec risque d’une décompensation 
psychotique aiguë. Il s’en protégeait par l’absence de relations intimes avec une 
femme. 

Le recourant a par ailleurs relevé que l’expertise du Dr L______ était dénuée de 
valeur probante. En particulier, cet expert n’avait pas eu accès au dossier, ayant lui-
même admis qu’il ne disposait d’aucun rapport attestant des signes ou d’une 
symptomatologie clairement psychotiques dans le passé. L’expert avait retenu à tort 
que l’assuré n’avait fréquenté K. que quelques semaines, et non 16 mois ; avait 
omis de se prononcer sur le rapport de causalité entre les troubles assurés et ses 
deux incapacités sexuelles, dans la mesure où il ne souffrait plus depuis 25 ans de 
schizophrénie paranoïde, mais de schizophrénie résiduelle ; n’avait pas été en 
mesure de poser un diagnostic au moins établi au degré de la vraisemblance 
prépondérante ; le processus d’évitement des femmes n’était pas suffisamment 
motivé. 

 Certes, l’experte N______ avait relevé la possibilité de recourir à l’insémination 
artificielle. Cela n’était toutefois guère réalisable dans son cas. Il aurait fallu pour 
cela qu’il eût des sentiments pour une femme en âge de procréer, que ceux-ci 
fussent partagés (alors que lui-même était désormais déjà âgé de 54 ans), que celle-
ci renonçât à toute vie sexuelle et intime avec lui-même et qu’elle acceptât de 
procréer par insémination artificielle. Le recours à une mère porteuse était 
controversé, ce d’autant que lui-même avait une « condition de fou ». Sans compter 
le risque de maltraitance que cette solution ferait porter à l’encontre de la mère 
porteuse et de l’enfant. Au demeurant, cette question avait déjà été tranchée par 
l’arrêt du Tribunal cantonal des assurances (recte : tribunal administratif) du 26 
octobre 1999, d’où il ressortait que l’assuré devait être apte à entretenir des 
relations sexuelles stables pour être apte à procréer.  

 A l’instar de l’experte N______, la médecin-cheffe de l’assurance militaire avait 
elle-même admis, dans sa notice du 21 août 2013, qu’il existait un rapport de 
causalité entre la maladie assurée et les incapacités de l’assuré.  

 Au vu des rapports de causalité naturelle et adéquate entre les troubles assurés et les 
ICG, c’était à tort que l’assurance militaire n’avait pas pris en compte ces 

 
 
 

 

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incapacités dans la détermination du taux pour atteinte à l’intégrité. N’ayant pas 
connaissance des directives internes, tables, échelles et casuistique administratives 
et judiciaires utilisées par l’intimée, il ne pouvait utilement faire valoir ses moyens, 
en violation du principe de l’égalité des armes. L’autorité de céans devait examiner 
d’office la question du taux d’atteinte. Contrairement à ce qu’avait retenu l’OFAM, 
les ICG n’avaient pas été prises en compte dans le taux de 20%. Les cas de 
références cités par l’assurance militaire ne mentionnaient pas de telles incapacités. 
L’incapacité à entretenir des relations sexuelles ne se réduisait pas à celle de la 
disparition de la fonction érectile, sauf à créer une distinction injustifiée entre 
incapacité anatomico-fonctionnelle et incapacité psychique. A titre de comparaison, 
la valeur indicative relative à la perte de la faculté d’entretenir des relations 
sexuelles complètes était de 25% selon un jugement du Tribunal des assurances du 
canton de Bâle du 5 mai 2000, en cas de dysfonction érectile. Une telle affection 
n’empêchant toutefois pas toute relation sexuelle. Dans son cas, il convenait dès 
lors de porter le taux à 30%, voire à 35%, étant donné que l’incapacité n’était pas 
seulement sexuelle, mais portait également sur toute relation intime et qu’elle était 
survenue alors qu’il était jeune. S’agissant de la perte de la faculté de procréer, le 
taux de 10% retenu par le jugement bâlois était choquant, car la faculté de procréer 
était une fonction primaire de l’existence et constituait un bien juridique protégé par 
la Constitution et la CEDH. La vie de l’être humain comportait deux facettes 
profondément ancrées en lui. Croître et multiplier. Outre que d’être une nécessité 
biologique, cette exigence était profondément ancrée dans la psyché occidentale. Il 
n’avait pas eu de descendance avant la perte de sa capacité de reproduction. Il 
convenait de retenir un taux de 25%, voire 35% ou 50%. 

 Enfin, le recourant a réclamé le paiement d’intérêts moratoires à 5% l’an « sur 5 ans 
et demi », respectivement « sur 12 ans », compte tenu des manquements, omissions, 
retards et procédés illicites imputables à l’intimée depuis l’annonce du cas 
d’assurance jusqu’au jugement de la Cour de justice du 29 février 1996, 
respectivement entre le prononcé du jugement du Tribunal administratif du 24 
octobre 1999 et la décision sur opposition du 23 octobre 2013. 

40. Dans sa réponse du 8 avril 2014, l’intimée a conclu au rejet du recours. Il n’existait 
aucune contradiction entre l’avis du Dr L______ et celui de sa médecin-cheffe. La 
prétention en dommages et intérêts était exorbitante à l’objet du litige, lequel avait 
été circonscrit par l’arrêt de renvoi du Tribunal administratif du 26 octobre 1999, 
ordonnant à l’intimée de procéder à un complément d’instruction au sujet de 
l’impact éventuel des ICG sur l’atteinte à l’intégrité du recourant, le taux de 
l’atteinte fixé à 20% ne l’ayant pas pris en compte. Selon le tribunal, il convenait, 
au préalable, de vérifier l’existence effective, chez le recourant, desdites ICG. Le 
rapport du Dr L______ était probant, car fondé sur la lecture du dossier. Selon cet 
expert, le recourant ignorait la réalité, puisqu’il était persuadé, à tort, de souffrir de 
dysfonctions de nature sexuelle. A cet égard, il avait des croyances 
dysfonctionnelles provoquées par la schizophrénie. En réalité, il souffrait d’une 

 
 
 

 

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problématique d’évitement relationnel d’ordre psychique, mais en aucun cas d’ICG. 
Par conséquent, ce n’était que cette dernière problématique qui aurait pu avoir un 
impact éventuel supplémentaire sur le taux de l’atteinte à l’intégrité. Le rapport 
d’expertise de la Dresse N______ devait être écarté, car celle-ci avait été mandatée 
par l’assuré et avait dès lors le souci d’éviter tout ce qui pourrait perturber son 
travail et provoquer chez son patient un ressentiment qui rendrait sa mission plus 
difficile, voire impossible. La prétendue impotentia generandi n’avait pas été 
confirmée par l’urologue. Le recourant ne souffrait pas d’une incapacité à entretenir 
des relations sexuelles, selon le Dr L______, mais uniquement un problème de 
nature psychique à vivre de façon sociable et/ou intime avec des tiers. Cette 
problématique avait déjà été comprise dans le taux de 20%. 

41. Le 30 septembre 2014, le recourant a persisté dans ses conclusions. Si l’expert 
L______ avait véritablement pris connaissance de l’intégralité des pièces du 
dossier, il aurait pris connaissance de l’annonce originaire faite à l’assurance-
maladie le 15 mai 1990 par la Dresse B______, relevant l’existence 
d’hallucinations, ainsi que de l’expertise du Dr C______ mentionnant un épisode de 
schizophrénie floride depuis le milieu de l’année 1979 jusqu’à la fin 1980. Les 
troubles originaires avaient ainsi duré au moins 16 mois et non pas quelques 
semaines seulement. Il ne ressortait pas du dossier que l’intimée aurait transmis le 
dossier médical et administratif à cet expert, lequel n’avait pas non plus demandé 
qu’il lui soit communiqué. En relevant, à la suite du Dr L______, que l’assuré avait 
la conviction inébranlable et maladive (« croyances dysfonctionnelles ») d’être 
incapable d’entretenir des relations sexuelles et des relations sexuelles stables avec 
une personne de l’autre sexe, l’intimée admettait que c’était en raison d’un délire 
que le recourant ne pouvait pas entretenir de relations sexuelles. Il existait donc une 
contradiction entre le corps de l’expertise et ses conclusions. Le rapport d’expertise 
de la Dresse N______ démontrait qu’il existait un rapport de causalité entre les 
troubles assurés et les ICG. Ces deux incapacités n’avaient pas été prises en compte 
dans le taux d’atteinte à l’intégrité de 20%. Contrairement à la LAA, il convenait de 
tenir compte de l’impact concret de l’atteinte à la santé, et non pas du diagnostic. 
Comparer son cas avec d’autres cas de schizophrénie était ainsi fondamentalement 
erroné. Au demeurant, aucun de ces cas ne faisait état d’ICG. Les troubles en 
question n’atteignaient pas nécessairement toute personne atteinte de schizophrénie. 
La « seule comparaison inter-schizophrénique » revenait à mieux indemniser les 
patients militaires atteints de lésions cérébrales organiques que ceux atteints de 
schizophrénie. Or, les troubles fonctionnels en question pouvaient clairement être 
objectivés sous forme de lésions organiques subtiles pour autant que l’on se donnât 
la peine de recourir à l’imagerie fonctionnelle. 

La question des intérêts moratoires devait être examinée d’office, quand bien même 
l’intimée n’avait pas statué sur cette question dans sa décision sur opposition du 16 
juillet 2012 refusant toute augmentation du taux pour atteinte à l’intégrité. Au 
demeurant, celle-ci s’était implicitement prononcée sur cette question en rejetant 

 
 
 

 

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l’intégralité de ses conclusions par décision sur opposition du 23 octobre 2013, 
« telles qu’elles ressortaient des conclusions (formulées le 17 décembre 2012) 
devant le Tribunal des assurances sociales du canton de Zürich, soit, notamment, 
sur les demandes d’indemnisation pour cause de « retard, d’agissements illicites et 
dilatoires », dans le cadre de la procédure ayant abouti au jugement d’irrecevabilité 
du 14 janvier 2013, constatant que l’acte de la SUVA, division Assurance militaire 
du 16 juillet 2012 ne constituait pas une décision formelle.  

42. Dans sa duplique du 6 novembre 2014, la SUVA, division Assurance militaire a 
maintenu sa position. Dans son arrêt du 26 octobre 1999, le Tribunal administratif 
avait invité l’intimée à vérifier au préalable l’existence effectives des ICG chez le 
recourant. La question de l’impact éventuel desdites ICG sur le taux de l’atteinte à 
l’intégrité aurait éventuellement pu être abordée dans un second temps. La décision 
querellée ne se fondait pas uniquement sur le rapport d’expertise du Dr L______, 
mais sur l’intégralité du dossier médical. Les investigations complémentaires 
entreprises n’avaient pas permis de revoir à la hausse le taux d’atteinte à l’intégrité 
de 20%, lequel comprenait également la problématique psychique qui affectait le 
recourant. 

43. Exerçant son droit de réplique, le recourant a fait valoir qu’une fois établi, à dire 
d’urologue, l’absence d’ICG – ce dont lui-même n’avait jamais prétendu qu’elles 
existaient – il eût fallu trancher sérieusement la question de l’impact de la 
schizophrénie résiduelle en matière relationnelle. L’expert L______ n’avait pas 
« répondu au rapport de causalité naturelle (…) puisque la pesée des causes est 
antinomique à la causalité naturelle qui postule l’équivalence des causes ». Au 
demeurant, cet expert avait admis que la schizophrénie paranoïde était une cause 
suffisante pour créer une incapacité à entretenir des relations sexuelles.  

44. Dans ses observations du 18 février 2015, la SUVA, division Assurance militaire a 
rétorqué que les experts urologue et psychiatre mandatés par elle n’avaient 
démontré aucune ICG chez l’assuré. 

45. Dans ses déterminations du 13 avril 2015, le recourant a persisté dans les termes et 
conclusions de son recours. Dans son arrêt du 26 octobre 1999, le Tribunal 
administratif avait estimé que l’incapacité d’entretenir des relations sexuelles 
stables avec une personne de l’autre sexe entraînait chez l’assuré, pour des raisons 
sociales, la perte de la faculté de procréer. Le tribunal avait écarté la thèse de la 
médecin-cheffe de l’assurance militaire, selon laquelle les ICG, lorsqu’elles étaient 
d’origine psychique, tombaient sous le coup de l’art. 17 ICIDH. Les juges avaient 
également exclu toute discrimination fondée sur l’origine psychique des ICG. Ils 
avaient admis que la maladie dont était atteint l’assuré était propre à faciliter la 
survenance desdites ICG. La maladie était survenue pendant l’école de recrue de 
l’assuré et le dérèglement de la sphère sexuelle était contemporain à celle-ci. Une 
éventuelle expertise judiciaire devrait, par souci d’économie de procédure, être 
confiée au Dr C______. 

 
 
 

 

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46. Dans ses observations complémentaires du 21 mai 2015, la SUVA, division 
Assurance militaire a persisté dans ses écritures. 

47. Par envoi du 14 juin 2015, le recourant a transmis les annexes omises dans sa 
réplique du 30 septembre 2014. Il a également persisté à demander à ce que la 
cause soit plaidée. Le fait de savoir quelles pièces étaient ou non en main de 
l’expert L______ n’avait ni un caractère juridique, ni un caractère médical, si bien 
que les « débats ne saurai(en)t être exclus ». 

48. A la demande de la chambre de céans, l’intimée a produit une copie de ses 
directives internes, actualisées au 1er juillet 2015 (envoi du 6 octobre 2015).  

49. Le 6 octobre 2015, le recourant a versé le justificatif de son paiement des 
honoraires de l’experte N______ (CHF 3'800.-). 

50. En référence auxdites directives (§ 4.9), la chambre a également requis de l’intimée 
la communication des cas figurant dans le système d'information de l'assurance 
militaire (ISM) pouvant servir de comparaison pour la détermination du degré 
d'atteinte à l'intégrité psychique du demandeur, en particulier en cas de 
schizophrénie (résiduelle), respectivement d'inaptitude psychique à entretenir des 
relations sentimentales et sexuelles. 

51. Le 2 décembre 2015, la SUVA, division Assurance militaire a transmis les trois 
appréciations des atteintes à l’intégrité des cas d’assurance qui avaient servi de base 
de comparaison avec le cas du recourant. L’évaluation de l’atteinte à l’intégrité 
avait pris en compte une psychose chronique de gravité « moyenne environ ». Lors 
de la fixation initiale du taux de l’atteinte à l’intégrité (décision du 28 octobre 
1997), il n’existait pas, dans l’ISM, de valeur indicative pour une atteinte cérébrale 
consécutive à une schizophrénie. Par conséquent, l’évaluation avait été fixée par 
comparaison avec les cas d’autres assurés atteints du même type d’affection, soit 
une schizophrénie, de gravité analogue. Par la suite, l’assurance n’avait été 
confrontée à aucun autre cas comparable à celui du recourant. Dès lors, la 
comparaison des divers cas figurant dans le système d'information ISM indiquait 
toujours que l’atteinte à l’intégrité globale consécutive à une schizophrénie 
s’élevait, en régime d’assurance militaire, entre 5% et 20%. 

L’intimée a encore relevé que seul le degré de l’atteinte à l’intégrité du recourant 
consécutif à sa schizophrénie résiduelle faisait l’objet du litige. « Dans ce sens », 
l’inaptitude psychique du recourant à entretenir des relations sentimentales et 
sexuelles ne représentait qu’une atteinte parmi d’autres relevant de cette affection. 
Le taux de 20% retenu comprenait l’atteinte à l’intégrité globale relevant de la 
schizophrénie résiduelle affectant le recourant. En droit de l’assurance militaire, en 
cas d’atteintes multiples à l’intégrité, les pourcentages des différentes atteintes ne 
devaient pas dépasser la valeur maximale de 100% du montant annuel servant de 
base au calcul des rentes. Il s’ensuivait qu’en présence d’atteintes multiples, les 
pourcentages respectifs n’étaient pas toujours forcément cumulés. Contrairement à 
ce que l’arrêt du Tribunal administratif du 26 octobre 1999 avait subtilement laissé 

 
 
 

 

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entendre, on ne saurait aujourd’hui revoir à la hausse le taux de 20% retenu, au 
prétexte que le degré d’atteinte à l’intégrité consécutive à la seule perte de la 
capacité de reproduction était fixé, en régime d’assurance-accident, à 40%. Pareille 
façon de procéder « n’était possible ni conceptuellement, ni techniquement sans 
tomber dans l’arbitraire ». En régime d’assurance militaire, le mode de calcul d’une 
indemnisation était en effet sensiblement différent comparé au mode de calcul en 
régime d’assurance-accident, conformément à la jurisprudence. D’autre part, le taux 
de 40% retenu en régime d’assurance-accidents ne concernait que l’atteinte à 
l’intégrité consécutive à une perte de la capacité de reproduction d’origine 
exclusivement physique. 

52. Dans ses observations du 1er février 2016, le recourant a persisté dans ses 
conclusions antérieures. Selon l’arrêt du Tribunal administratif du 26 octobre 1999, 
il s’agissait de déterminer sa capacité à entretenir des relations sexuelles stables 
avec une personne de l’autre sexe, condition psychosociale requise pour que l’on 
pût considérer qu’il n’avait pas perdu la faculté de procréer. L’expertise de la 
Dresse N______ avait mis en évidence le fait que la maladie assurée avait causé la 
perte chez lui de cette faculté psychosociale. L’opinion contraire émise par 
l’intimée transgressait l’art. 8 al. 2 Cst, dès lors qu’elle était discriminatoire à 
l’encontre des personnes atteintes de troubles psychiques. Cette expertise avait en 
outre mis en évidence que la maladie assurée avait entraîné chez lui la perte de la 
faculté d’entretenir des relations sexuelles tout comme celle, plus générale, 
d’entretenir des relations par trop intimes. La référence à des cas de troubles 
psychiques proches de la schizophrénie était erronée. Il convenait plutôt de prendre 
en compte les incapacités concrètes dont il était atteint et de se référer, directement 
ou par analogie, à des incapacités similaires, et cela quelle que soit la nature 
(psychique ou physique) de l’atteinte à la santé qui était la cause de ces incapacités.  

L’intimée était demeurée particulièrement opaque quant à sa pratique en matière de 
détermination du taux d’atteinte à l’intégrité. Selon la doctrine, la perte de la faculté 
de reproduction devait correspondre à un taux de référence (maximum) de 50%, 
subsidiairement de 35%. Ce taux devait être ajusté au cas d’espèce. Le fait qu’il 
n’ait pas procréé avant la survenance de l’atteinte à la santé était un facteur militant 
en faveur de la hausse du taux à retenir. La perte de « la faculté sexuelle » 
correspondait, quant à elle, à un taux de 35%. Comme l’avait relevé le Tribunal 
administratif, le taux de 20% retenu par l’intimée n’englobait absolument pas la 
faculté de reproduction. Il n’y avait donc pas de concours entre les atteintes déjà 
prises en compte et celle de la perte de la faculté de reproduction. Par contre, il était 
vrai qu’il existait un recoupement entre les deux incapacités (coeundi et generandi), 
ce qu’il convenait de prendre en compte dans l’évaluation du taux d’atteinte à 
l’intégrité. L’intimée se cantonnait au taux qu’elle disait être usuellement retenu en 
cas de psychose moyenne. Or ce n’était pas le diagnostic qui était déterminant, mais 
les circonstances du cas d’espèce, notamment les incapacités existantes. Aucun des 
cas mis en avant par l’assurance militaire ne faisait état de l’une ou l’autre des 

 
 
 

 

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incapacités dont il était question. Au demeurant, les ICG n’étaient pas forcément 
présentes en cas de schizophrénie. La prise en compte des incapacités effectives 
s’imposait également en vertu de l’art. 8 al. 1 Cst, qui commandait de traiter 
différemment ce qui était différent. 

53. L’intimée a répliqué le 18 février 2016. Dans son arrêt du 26 octobre 1999, le 
Tribunal administratif n’avait pas forcément renvoyé la cause afin qu’il soit statué à 
nouveau en matière d’atteinte à l’intégrité, mais afin de procéder à un complément 
d’instruction au sujet de l’impact, éventuel, des ICG. L’expertise du Dr L______ 
avait démontré à satisfaction de droit que l’assuré pouvait bel et bien procréer. Au 
demeurant, celui-ci ne souffrait pas d’une véritable incapacité à entretenir des 
relations sexuelles ; il avait certes un problème – de nature psychique – à participer 
à une vie sociale et intime avec des tiers, mais il ne souffrait en aucun cas d’une 
impotentiae coeundi. 

S’agissant des critères de fixation de l’atteinte à l’intégrité, il ne s’agissait 
précisément pas de se baser sur le(s) diagnostic(s) de l’atteinte, mais sur les 
répercussions concrètes sur la qualité de vie en général provoquées par l’atteinte à 
l’intégrité en cause. Dans la mesure où, notamment, le recourant ne souffrait ni 
d’impotentiae generandi ni d’impotentiae coeundi, les cas de comparaison pris en 
compte par l’intimée se révélaient pleinement pertinents. 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 6 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 
26 septembre 2010 (LOJ - E 2 05) en vigueur dès le 1 er janvier 2011, la chambre 
des assurances sociales de la Cour de justice connaît en instance unique des 
contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des 
assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA - RS 830.1) relatives à la loi fédérale 
sur l’assurance-militaire du 19 juin 1992 (LAM - RS 833).  

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Interjeté dans les forme et délai prescrits par la loi, le présent recours est recevable 
(art. 56 et 60 LPGA; applicable par renvoi de l’art. 1 al. 1 LAM ; art. 89B de la loi 
sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 – LPA ; E 5 10).  

3. Après y avoir renoncé dans un premier temps, le recourant a sollicité la convocation 
d’une audience publique. 

 

3.1 La publicité de la procédure des organes judiciaires visés à l'art. 6 par. 1 CEDH 
protège les justiciables contre une justice secrète échappant au contrôle du public. 
Elle constitue aussi l'un des moyens de préserver la confiance dans les cours et 
tribunaux. Par la transparence qu'elle donne à l'administration de la justice, elle aide 
à réaliser le but de l'art. 6 par. 1 CEDH: le procès équitable, dont la garantie compte 
parmi les principes de toute société démocratique au sens de la CEDH (arrêt CEDH 
Sutter c. Suisse du 22 février 1984, par. 26). L'obligation de tenir une audience 

 
 
 

 

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publique n'est toutefois pas absolue et l'article 6 CEDH n'exige pas nécessairement 
la tenue d'une audience dans toutes les procédures. Tel est notamment le cas pour 
les affaires ne soulevant pas de question de crédibilité ou ne suscitant pas de 
controverse sur les faits qui auraient requis une audience, et pour lesquelles les 
tribunaux peuvent se prononcer de manière équitable et raisonnable sur la base des 
conclusions présentées par les parties et d'autres pièces (arrêt CEDH Jussila c. 
Finlande du 23 novembre 2006, par. 41). Des procédures consacrées exclusivement 
à des points de droit ou hautement techniques peuvent également remplir les 
conditions de l'art. 6 CEDH même en l'absence de débats publics (arrêt CEDH 
Ernst et autres c. Belgique du 15 juillet 2003, par. 66).  

Par ailleurs, la Cour européenne des droits de l'homme reconnaît que les autorités 
nationales peuvent tenir compte d'impératifs d'efficacité et d'économie, jugeant par 
exemple que l'organisation systématique de débats peut constituer un obstacle à la 
particulière diligence requise en matière de sécurité sociale et, à la limite, empêcher 
le respect du délai raisonnable visé à l'article 6 § 1 CEDH. Si la Cour européenne 
des droits de l'homme a d'abord souligné, dans plusieurs affaires, que dans une 
procédure se déroulant devant un tribunal statuant en premier et dernier ressort, une 
audience doit avoir lieu à moins que des circonstances exceptionnelles justifient de 
s'en dispenser, elle a par la suite précisé que l'existence de pareilles circonstances 
dépend essentiellement de la nature des questions dont les tribunaux internes se 
trouvent saisis, et non de la fréquence des litiges où celles-ci se posent. Cela ne 
signifie pas que le rejet d'une demande tendant à la tenue d'une audience ne puisse 
se justifier qu'en de rares occasions. Il convient, comme en toute autre matière, 
d'avoir égard avant tout au principe d'équité consacré par l'article 6 CEDH, dont 
l'importance est fondamentale (arrêt CEDH Jussila c. Finlande du 23 novembre 
2006, par. 40 s.). Cette question doit être examinée au regard des particularités de la 
procédure en cause et de la nature des questions à trancher (arrêt CEDH Ernst et 
autres c. Belgique du 15 juillet 2003, par. 66). L'obligation d'organiser des débats 
publics fondée sur l'art. 6 par. 1 CEDH suppose en principe une demande formulée 
de manière claire et indiscutable (ATF 134 I 331 consid. 2.3).  

3.2 En l’espèce, dans le cadre de leurs multiples échanges d’écritures devant la 
chambre de céans, les parties ont eu amplement l'occasion de se déterminer sur la 
question de la prise en compte, au titre de l’atteinte à l’intégrité, de l’incapacité du 
recourant d’avoir des relations sexuelles et de procréer, que ce soit tant pour 
motiver en détail leur propre grief, que pour répondre aux arguments présentés par 
la partie adverse. L’intimée n’a d’ailleurs pas véritablement contesté le principe 
d’une telle prise en compte, affirmant uniquement que le taux de 20% tenait déjà 
suffisamment en compte les incapacités en cause. On ne voit dès lors pas ce qu'une 
audience publique pourrait amener de plus sur ce point. Il n'est en particulier ici pas 
question de savoir quel effet feront les parties ou leurs arguments lors de l'audience, 
mais uniquement de juger d'arguments qui ont déjà été exposés de manière 
exhaustive et claire par écrit. Tous les points de fait et de droit susceptibles de 

 
 
 

 

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surgir dans cette affaire peuvent ainsi être examinés et tranchés de manière 
adéquate sur la base des écritures des parties. Au demeurant, le recourant n’invoque 
aucun besoin concret pour la présente procédure d'une audience publique, étant par 
ailleurs observé que « le fait de savoir quelles pièces étaient ou non en main de 
l’expert L______ » (ci-dessus § 47) n’apparaît pas déterminant en l’espèce. Ce 
point relève, en tout état, de l’appréciation de la valeur probante du rapport de cet 
expert. Il revêt donc un caractère avant tout juridique. Il en va de même du calcul 
de l’atteinte à l’indemnité qui ne repose pas sur des considérations purement 
médicales se rapportant à l’état de fait, mais résulte d’une appréciation juridique 
(ATF 177 V 77). Enfin, dans la mesure où le dossier est complet et l'état de fait 
pertinent suffisamment établi, la chambre de céans peut se dispenser de procéder à 
des mesures d'instruction complémentaires, telle l'audition personnelle du recourant 
dans le cadre de la présente cause (ATF 140 I 285 consid. 6.3.1 in fine). On 
rappellera pour le surplus que l'art. 29 al. 2 Cst. ne confère pas un droit 
inconditionnel à la tenue d'une audience et donc à s'exprimer oralement dans le 
cadre d'une procédure administrative (ATF 125 I 209 consid. 9b). 

3.3 Partant, il n’y a pas lieu de faire suite à la requête du recourant. 

4. Le litige porte sur le degré de l’atteinte à l’intégrité pour l’affection psychique 
survenue durant l’école de recrue effectuée par l’assuré en juillet 1979. 

5. Aux termes de l'art. 48 LAM, si l'assuré souffre d'une atteinte notable et durable à 
son intégrité physique, mentale ou psychique, il a droit à une rente pour atteinte à 
l'intégrité (al. 1). La rente pour atteinte à l'intégrité est due dès la fin du traitement 
médical ou lorsque la poursuite du traitement ne laisse plus prévoir d'amélioration 
notable de l'état de santé de l'assuré (al. 2). La gravité de l'atteinte à l'intégrité est 
déterminée équitablement en tenant compte de toutes les circonstances (art. 49 al. 1 
LAM). La rente pour atteinte à l'intégrité est fixée en pour-cent du montant annuel 
qui sert de base au calcul des rentes selon l'al. 4 et compte tenu de la gravité de 
l'atteinte à l'intégrité (art. 49 al. 2, première phrase, LAM). 

5.1 Une atteinte notable à l’intégrité physique, mentale ou psychique au sens de l’art. 
48 al. 1 de la loi existe lorsqu’elle équivaut à un vingtième au moins de la perte 
totale d’une fonction vitale comme l’ouïe ou la vue (art. 25 al. 1 de l’ordonnance 
sur l’assurance militaire du 10 novembre 1993 - RS 833.11; OAM). Le taux 
minimum entraînant l’octroi d’une rente pour atteinte à l’intégrité est fixé à 2,5 % 
du montant annuel qui sert de base au calcul des rentes selon l’art. 49, al. 4, de la 
loi. La rente pour atteinte à l’intégrité octroyée lors de l’atteinte d’une fonction 
vitale est fixée proportionnellement à la gravité de l’atteinte à l’intégrité échelonnée 
en graduations de 2,5 %, entre 2,5 et 50 % du montant annuel qui sert de base au 
calcul des rentes (art. 25 al. 2 OAM). Toutefois, la réglementation prescrite par 
l'ordonnance sur l'assurance militaire est contraire à la loi, dans la mesure où elle 
fixe à 2,5 pour cent le taux minimum déterminant pour l'octroi d'une rente pour 
atteinte à l'intégrité (art. 25 al. 1 et 2 OAM ; ATF 122 V 242 consid. 6a).  

 
 
 

 

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En cas d'atteintes multiples à l'intégrité, les pourcentages des différentes atteintes 
sont cumulés lors de la fixation de la rente pour atteinte à l'intégrité. La valeur 
maximale d'une rente pour atteinte à l'intégrité est fixée à 100 % du montant annuel 
qui sert de base au calcul des rentes (art. 25 al. 3 OAM). Un dommage particulier 
peut, mis en relation avec d’autres atteintes, avoir des conséquences plus graves que 
pris séparément. Tandis qu’une simple addition des dommages peut produire un 
résultat trop élevés. Dans ce cas, une évaluation globale peut s’avérer nécessaire 
(ATF 117 V 82). Elle s’impose également lorsqu’il n’est pas possible de distinguer 
clairement chaque atteinte ou lorsque leurs conséquences interfèrent partiellement 
entre elles (Jürg MAESHI/ Max Schidhauser, Indemnisation des atteintes à 
l'intégrité par l'assurance militaire, 1999, Publication de l'OFAM n° 7, p. 13). 

5.2 L’atteinte à l’intégrité couverte par l’assurance militaire ne réside pas dans 
l’affection en tant que telle, mais plutôt dans les répercussions de celle-ci sur la 
personnalité de l’assuré. Selon les circonstances, ces incidences peuvent être plus 
graves ou au contraire plus bénignes que ne le laisse supposer le seul état de fait 
médical. Le type d’affection ne permet donc pas de déterminer définitivement si 
une atteinte à l’intégrité particulière justifie un droit à la prestation 
(Maeschi/Schmidhauser, Die Abgeltung von Integritätsschäden in der 
Militärversicherung, RSAS 1997, p. 177 ss; Maeschi, Kommentar zum 
Militärversicherungsgesetz, n° 2 ad 48-50). Dans l’assurance militaire, le calcul de 
l’atteinte à l’intégrité se fait de manière individuelle et concrète, en tenant 
équitablement compte de toutes les circonstances, et non pas de manière égalitaire 
et abstraite, comme dans l’assurance-accidents obligatoire (ATF 113 V 221). Cette 
façon de procéder confère à l’assurance militaire une plus grande souplesse. Elle lui 
permet notamment de mieux individualiser l’évaluation, en tenant compte, par 
exemple, de l’âge ou de circonstances personnelles (ATF 113 V 140 consid. 3b). 

Une atteinte à l'intégrité ouvre en principe droit à une rente lorsque l'assuré est, d'un 
point de vue objectif, limité d'une manière notable dans la jouissance de la vie. Le 
degré de l'atteinte à l'intégrité, exprimé en pour-cent, est déterminé en comparant 
l'état fonctionnel et anatomique de l'intéressé, avant et après la survenance de 
l'événement dommageable (ATF 117 V 71 consid. 3a/bb/aaa). Toutefois, il ne s'agit 
pas de procéder à une comparaison médico-théorique de l'état fonctionnel avant et 
après l'événement, mais de déterminer dans quelle mesure un assuré est limité dans 
ses fonctions vitales et dans la jouissance de la vie (ATF 122 V 242 consid. 4a). 
Contrairement à l'ancienne pratique (ATF 117 V 71 consid. 3 a/bb/aaa), la loi ne 
limite pas le droit à une prestation à la seule atteinte des fonctions vitales dites 
primaires (comme la vue, l'ouïe, la faculté de marcher, etc.). Pour fixer le taux de 
l'indemnité il faut également prendre en considération des atteintes non 
fonctionnelles (comme des altérations visibles) qui représentent des entraves ou des 
limitations dans le mode de vie en général ou dans la jouissance de la vie. Par 
« mode de vie en général » on entend l'environnement personnel et social de 
l'assuré. En font partie les activités sociales comme la participation à la vie 

 
 
 

 

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associative ou culturelle ainsi que les loisirs, notamment les activités sportives, 
artisanales ou musicales (arrêts du Tribunal fédéral 8C_481/15 du 22 mars 2016 
coniss. 3.2 et 8C_222/2013 du 10 février 2014 consid. 2.2). Pour évaluer le 
préjudice résultant d'une atteinte à l'intégrité, l'assurance militaire a élaboré des 
directives internes, des tables, des échelles, etc., destinées à garantir l'égalité de 
traitement entre les assurés. Selon une jurisprudence constante, une telle pratique 
n'est en principe pas critiquable (arrêt du Tribunal fédéral C_222/2013, consid. 2.3). 
L’assurance militaire a ainsi fixé des valeurs indicatives pour les principaux cas 
d’atteintes. Celles-ci sont présentées sous la forme d’une grille sommaire indiquant 
où se situe l’atteinte à l’intégrité (Jürg MAESCHI/ Max SCHMIDHAUSER, Die 
Abgeltung von Integritätsschäden in der Militärversicherung, RSAS 1997, p. 191). 
La valeur de l’atteinte à l’intégrité est alors déterminée, en pourcent, par 
comparaison avec d’autres cas, déjà jugés, d’atteintes à l’intégrité. Font partie des 
incapacités, en premier lieu, celles affectant la locomotion, la mobilité, l’habileté, la 
communication, l’autonomie personnelle et le comportement. Elles peuvent 
présenter différents degrés de gravité prenant en considération dans une large 
mesure le besoin d’aide et d’assistance. Dans la pratique, on part du principe que la 
valeur indicative déterminant le préjudice agissant sur le mode de vie en général 
englobe une mesure moyenne du désavantage subi dans l’environnement personnel 
et social. La condition pour une prise en compte supplémentaire d’un désavantage, 
dans les loisirs par exemple, est que l’activité en cause doit représenter une valeur 
particulière dans la vie de l’assuré et que le désavantage subi ne puisse pas être 
compensé sans autre par l’exercice d’une autre activité comparable (arrêt du 
Tribunal fédéral des assurances M 5/88 du 12 juillet 1988; 
MAESCHI/SCHMIDHAUSER, op. cit., RSAS 1997, p. 186-187). Ces valeurs de 
référence fixent les grandes lignes d'évaluation, qui permettent de situer le 
dommage à l'intégrité. Mais, dans le cas concret, il faut examiner en tenant compte 
de toutes les circonstances si l'atteinte à l'intégrité correspond à cette valeur ou si 
elle lui est supérieure ou inférieure. On s'en écartera par exemple en présence de 
conséquences extraordinaires de l'événement assuré (arrêt du Tribunal fédéral des 
assurances M 7/00 du 22 octobre 2001 consid. 4a).  

5.3 Lors de l’appréciation des incapacités et des désavantages subis dans chaque cas, le 
service médical de l’OFAM s’en tient aux directives des l’OMS (jusqu’en 2001 : 
CIH: Classification internationale des handicaps : déficiences, incapacités et 
désavantages. Aujourd’hui : CIF : Classification internationale du fonctionnement, 
du handicap et de la santé) décrivant les trois niveaux à travers lesquels une atteinte 
à la santé peut se manifester. Ces niveaux recouvrent des notions telles que 
« affection », « atteinte des fonctions vitales » et « atteinte au mode de vie en 
général » (MAESHI/SCHMIDHAUSER, Indemnisation des atteintes à l'intégrité 
par l'assurance militaire, 1999, Publication de l'OFAM n° 7, p. 14). 

5.4 Selon la directive interne de l’OFAM intitulée « rente pour atteinte à l’intégrité, 
actualisée au 1er juillet 2015, l’évaluation de l’atteinte à l’intégrité est basée, en 

 
 
 

 

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général, sur un entretien personnel et un examen de la personne assurée par le 
médecin d’arrondissement. A cette occasion, il convient de relever et décrire 
consciencieusement aussi bien les constatations médicales (constations objectives 
formulées lors d’un examen clinique, résultats de laboratoire, radiographies, 
investigations spéciales et diagnostics), que les déclarations de l’assurés sur les 
déficiences, incapacités (restrictions dans les activités quotidiennes) et 
désavantages subis dans la vie quotidienne (restrictions dans la participation à la vie 
sociale) (directive, § 4.1). 

En particulier, sont considérées comme des désavantages, les répercussions 
négatives de l’affection couverte par l’assurance militaire sur la participation active 
à la vie publique, sociale et/ou culturelle. Il s’agit de déterminer quel est l’impact de 
l’affection sur la vie sociale d’une communauté, ce qui englobe la vie de couple, 
famille, associations, manifestations culturelles, etc… (directive, § 4.3). 

Les déficiences, incapacités et désavantages qui caractérisent une affection 
déterminée ainsi que les répercussions sur la vie quotidienne et les activités de loisir 
sont déjà prise en compte dans les valeurs indicatives (directive, § 4.5). Une atteinte 
est notable lorsque les déficiences, incapacités et désavantages subis dans la vie 
quotidienne se font sentir tous les jours, et pas seulement occasionnellement ou par 
intermittence et pas seulement après certains efforts, et que ces handicaps ont des 
répercussions négatives sur le mode de vie en général (directive, § 4.6). Dans 
certains cas particuliers, la gravité des déficiences, des incapacités et des 
désavantages affectant la vie quotidienne en raison d’une affection couverte par 
l’assurance militaire peut se révéler beaucoup plus importante que celle retenue 
dans la valeur indicative de l’assurance militaire, ce qui justifie une augmentation 
du taux d’atteinte à l’intégrité de 2,5 à 5%. Il incombe au médecin de motiver cette 
prise en compte supplémentaire (directive, § 4.7.1). 

5.5 Les médecins d’arrondissement ont la possibilité, par le biais du système 
d’information ISM de l’assurance militaire (banque de données enregistrées), 
d’accéder à des cas d’atteintes à l’intégrité similaire, déjà jugés et archivés. Ceux-ci 
peuvent servir de comparaison pour la détermination du degré de l’atteinte à 
l’intégrité, notamment avec ces d’incidences rares de maladie ou d’accidents ou en 
l’absence de valeurs indicatives. Si des valeurs indicatives sont disponibles pour 
l’atteinte à l’intégrité en question, il convient de renoncer à mentionner des cas de 
comparaison (directive, § 4.9). 

5.6 L'administration jouit d'un pouvoir d'appréciation étendu lors de la fixation du 
degré d'atteinte à l'intégrité (ATF 114 V 315 consid. 5a). A cet égard, le juge des 
assurances sociales ne peut, sans motif pertinent, substituer sa propre appréciation à 
celle de l'administration; il doit s'appuyer sur des circonstances de nature à faire 
apparaître sa propre appréciation comme la mieux appropriée (137 V 71 consid. 
5.2).  

 
 
 

 

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6. Pour apprécier le droit aux prestations d’assurances sociales, il y a lieu de se baser 
sur des éléments médicaux fiables (ATF 134 V 231 consid 5.1). Selon le principe 
de libre appréciation des preuves, pleinement valable en procédure judiciaire de 
recours dans le domaine des assurances sociales (cf. art. 61 let. c LPGA), le juge 
n'est pas lié par des règles formelles, mais doit examiner de manière objective tous 
les moyens de preuve, quelle qu'en soit la provenance, puis décider si les 
documents à disposition permettent de porter un jugement valable sur le droit 
litigieux. En cas de rapports médicaux contradictoires, le juge ne peut trancher 
l'affaire sans apprécier l'ensemble des preuves et sans indiquer les raisons pour 
lesquelles il se fonde sur une opinion médicale et non pas sur une autre. L'élément 
déterminant pour la valeur probante d'un rapport médical n'est ni son origine, ni sa 
désignation, mais son contenu. A cet égard, il importe que les points litigieux 
importants aient fait l'objet d'une étude fouillée, que le rapport se fonde sur des 
examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées, 
qu'il ait été établi en pleine connaissance du dossier (anamnèse), que la description 
des interférences médicales soit claire et enfin que les conclusions de l'expert soient 
bien motivées (ATF 134 V 231 consid. 5.1). Sans remettre en cause le principe de 
la libre appréciation des preuves, le Tribunal fédéral des assurances a posé des 
lignes directrices en ce qui concerne la manière d'apprécier certains types 
d'expertises ou de rapports médicaux (ATF 125 V 351 consid. 3b). Le juge peut 
accorder pleine valeur probante aux rapports et expertises établis par les médecins 
d'un assureur social aussi longtemps que ceux-ci aboutissent à des résultats 
convaincants, que leurs conclusions sont sérieusement motivées, que ces avis ne 
contiennent pas de contradictions et qu'aucun indice concret ne permet de mettre en 
cause leur bien-fondé. Le simple fait que le médecin consulté est lié à l'assureur par 
un rapport de travail ne permet pas encore de douter de l'objectivité de son 
appréciation ni de soupçonner une prévention à l'égard de l'assuré. Ce n'est qu'en 
présence de circonstances particulières que les doutes au sujet de l'impartialité d'une 
appréciation peuvent être considérés comme objectivement fondés. Etant donné 
l'importance conférée aux rapports médicaux dans le droit des assurances sociales, 
il y a lieu toutefois de poser des exigences sévères quant à l'impartialité de l'expert 
(ATF 125 V 351 consid. 3b/ee). Une expertise médicale établie sur la base d'un 
dossier peut avoir valeur probante pour autant que celui-ci contienne suffisamment 
d'appréciations médicales qui, elles, se fondent sur un examen personnel de l'assuré 
(RAMA 2001 n° U 438 p. 346 consid. 3d).  

Par ailleurs, le simple fait qu'un certificat médical est établi à la demande d'une 
partie et produit pendant la procédure ne justifie pas, en soi, des doutes quant à sa 
valeur probante. Une expertise présentée par une partie peut également valoir 
comme moyen de preuve. Le juge est donc tenu d'examiner si elle est propre à 
mettre en doute, sur les points litigieux importants, l'opinion et les conclusions de 
l'expert mandaté par le tribunal. Cette jurisprudence s'applique aussi lorsqu'un 
assuré entend remettre en cause, au moyen d'une expertise privée, les conclusions 
d'une expertise aménagée par l'administration (ATF 125 V 351 consid. 3b/dd et 3c). 

 
 
 

 

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Lorsqu'une décision administrative s'appuie exclusivement sur l'appréciation d'un 
médecin interne à l'assureur social et que l'avis d'un médecin traitant ou d'un expert 
privé auquel on peut également attribuer un caractère probant laisse subsister des 
doutes suffisants quant à la fiabilité et la pertinence de cette appréciation, la cause 
ne saurait être tranchée en se fondant sur l'un ou sur l'autre de ces avis et il y a lieu 
de mettre en œuvre une expertise par un médecin indépendant selon la procédure de 
l'art. 44 LPGA ou une expertise judiciaire (ATF 135 V 465 consid. 4 ; arrêt du 
Tribunal fédéral 8C_923/2010 du 2 novembre 2011 consid. 5.2). 

7. Le recourant réclame l’octroi d’une rente pour atteinte à l’intégrité de 100%, 
subsidiairement de 90%, en raison de ses (seules) ICG. L’autorité intimée a fixé 
celle-ci à 20%. 

7.1 Selon le jugement du Tribunal administratif du 26 octobre 1999, le recourant 
n’avait pas apporté la preuve de la perte des facultés d’avoir des relations sexuelles 
et de procréer. Néanmoins, celui-ci « fondait la vraisemblance de ses problèmes sur 
son extrême difficulté, relevée par le Dr C______, à laisser quiconque s’immiscer 
dans sa sphère psychique et émotionnelle, ce qui impliquerait, selon le recourant, 
une impossibilité non seulement à entretenir des relations sexuelles, mais aussi, a 
fortiori, à entretenir une relation affective stable créant les conditions propices à la 
procréation ». Le raisonnement du recourant « paraissait logique et convaincant si 
l’on admettait que le Dr C______ voulût effectivement parler d’une incapacité 
profonde à nouer des relations humaines étroites. De là découlerait 
vraisemblablement de graves difficultés à entretenir des relations sexuelles non 
occasionnelles et dès lors à procréer dans des conditions acceptables » (jugement, p. 
15). Il convenait ainsi de renvoyer la cause à l’OFAM pour compléter l’instruction 
par la mise en œuvre d’une expertise médicale destinée à vérifier l’existence de ces 
incapacités. 

7.2 Il ressort de l’expertise privée de la Dresse N______ que la schizophrénie 
paranoïde résiduelle dont l’assuré est atteint l’empêche, au degré de la 
vraisemblance prépondérante (applicable à l'appréciation des preuves en matière 
d'assurances sociales : ATF 126 V 353 consid. 5b), de nouer, et a fortiori 
d’entretenir, une quelconque relation « étroite », respectivement affective ou 
intime, avec une femme. Selon l’experte, l’atteinte majeure de cette schizophrénie 
se situait au niveau relationnel et affectif. Ceci entraînait une impossibilité de nouer 
des liens affectifs par crainte de l’envahissement et du morcellement. Tout 
rapprochement sexuel avec une femme serait vécu comme une intrusion 
insupportable avec risque d’une décompensation psychotique aiguë. L’expertisé 
s’en protégeait par l’absence de relations intimes avec une femme. 

Motivé de manière convaincante, prenant dûment en considération les plaintes 
exprimées et établi en pleine connaissance du dossier (anamnèse), ce rapport 
remplit les réquisits jurisprudentiels précités pour lui accorder pleine valeur 
probante. Son contenu et ses conclusions n’ont d’ailleurs pas été remis en cause par 
le service médical de l’assurance militaire. Au surplus, contrairement à ce que 

 
 
 

 

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soutient l’intimée, le simple fait qu'une expertise privée ait été établie à la demande 
d'une partie et produite pendant la procédure ne justifie pas, en soi, des doutes 
quant à sa valeur probante. 

Les conclusions de l’expertise de la Dresse N______ corroborent, au demeurant, 
l’hypothèse formulée par l’expert L______, selon laquelle ce trouble psychiatrique 
pouvait avoir un impact délétère sur les relations sociales, sentimentales ou intimes, 
ce qui pouvait expliquer la pauvreté de la vie relationnelle et affective de l’assuré. 
A noter que le Dr L______ s’est limité à relever dans son expertise qu’un 
diagnostic était difficile à poser, compte tenu d’une difficulté d’introspection et des 
propos vagues de l’expertisé quant à ses difficultés de s’approcher affectivement 
d’une femme. A lecture du rapport de la Dresse N______, il apparaît toutefois que 
l’expertisé s’est davantage exprimé sur cette question. Les conclusions de l’experte 
rejoignent également celles du Dr K______ du 29 juillet 2009, selon lesquelles la 
perturbation relationnelle liée à la psychose qui persistait chez l’assuré restait le 
facteur dominant qui empêchait la sexualité. Enfin, dans ses observations du 2 
décembre 2015, l’intimée a elle-même implicitement admis que la schizophrénie 
résiduelle dont souffrait l’assuré le rendait psychiquement inapte à entretenir des 
relations sentimentales et sexuelles, en expliquant que cette inaptitude n’en 
représentait qu’une parmi d’autres relevant de cette affection. 

7.3 En revanche, si l’on peut certes concevoir qu’aux yeux du recourant le fait 
d’entretenir des relations sexuelles stables soit plus propice à la procréation que le 
fait d’avoir des relations sexuelles occasionnelles, il n’y a pas de lien de cause à 
effet entre le fait d’être atteint de schizophrénie paranoïde résiduelle et le fait de ne 
pas pouvoir procréer. En particulier, il n’existe pas de lien de causalité entre la 
capacité d’entretenir des relations sexuelles stables (ni d’ailleurs occasionnelles) et 
l’aptitude à procréer (cf. aussi dans ce sens rapport de la Dresse M______ du 21 
août 2013). L’experte N______ a du reste confirmé que la capacité de reproduction 
de l’expertisé n’était pas altérée grâce à la technologie médicale - étant par ailleurs 
observé que l’intimée n’a procédé à aucune investigation qui permettrait de retenir 
le contraire.  

Au reste, une relation sentimentale stable n’engendre pas nécessairement la 
naissance d’enfants, notamment en cas de refus ou de stérilité de l’un ou l’autre des 
partenaires. En tout état, lier procréation et relation sentimentale stable relève avant 
tout d’un choix individuel dont une assurance sociale n’a en principe pas à 
répondre, quand bien même un tel choix serait, comme le laisse entendre le 
recourant, motivé par l’intérêt supérieur de l’enfant d’être élevé au sein d’un couple 
stable (cf. dans ce sens, par exemple, l’art. 18 de la Convention du 20 novembre 
1989 relative aux droits de l’enfant consacrant le principe selon lequel les deux 
parents ont une responsabilité commune pour ce qui est d'élever l'enfant et d'assurer 
son développement).  

Il s’ensuit que l’assurance militaire n’a pas à répondre du désavantage invoqué par 
le recourant de ne pas pouvoir procréer dans le cadre de relations personnelles 

 
 
 

 

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stables. Partant, un tel désavantage ne saurait être pris en compte dans la fixation du 
taux d’atteinte à l’intégrité, contrairement au désavantage résultant de son 
impuissance à entretenir des relations sexuelles (occasionnelles ou non).  

7.4 L’intimée soutient avoir pris en compte, dans son évaluation du