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**Case Identifier:** 88957390-1e2c-51eb-bba8-dd18978eadcd
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-05-27
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre constitutionnelle 27.05.2021 A/4030/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_015_A-4030-2020_2021-05-27.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/4030/2020-ABST ACST/22/2021 

COUR DE JUSTICE 

Chambre constitutionnelle 

Décision du 27 mai 2021 
 

dans la cause 

 

SYNDICAT INTERPROFESSIONNEL DE TRAVAILLEUSES ET 

TRAVAILLEURS - SIT 

et 

SYNDICAT UNIA 

et 

Madame A______ 

et 

Monsieur B______ 

et 

Monsieur C______ 

et 

Monsieur D______ 

et 

Madame E______ 

représentés par Me Christian Bruchez, avocat 

contre 

CONSEIL D’ÉTAT 

- 2/7 - 

A/4030/2020 

  Attendu, en fait, que : 

1)  Le 9 avril 2018 a été publié dans la Feuille d’avis officielle de la République et 
canton de Genève (ci-après : FAO) un avis selon lequel la communauté genevoise 

d’action syndicale (ci-après : CGAS) avait informé le Conseil d’État du lancement 
d’une initiative législative formulée intitulée : « 23 frs, c’est un minimum » 
(ci-après : l’IN 173) prévoyant notamment les modifications suivantes de la loi sur 
l’inspection et les relations du travail du 12 mars 2004 (LIRT - J 1 05) : 

« Art.1, al. 4 (nouveau) 
4
 Elle institue un salaire minimum afin de combattre la pauvreté, de favoriser 

l’intégration sociale et de contribuer ainsi au respect de la dignité humaine. Elle 
définit le rôle de l’office, de l’inspection paritaire et des autres autorités 
concernées dans la mise en œuvre des dispositions de la présente loi sur le 
salaire minimum. 

(…) 
Chapitre IV B (nouveau) Salaire minimum 
(…) 
Art. 39K (nouveau) Montant du salaire minimum 
1
 Le salaire minimum est de 23 F par heure. 

2
 Pour le secteur économique visé par l’article 2, alinéa 1, lettre d, de la Loi 

fédérale sur le travail dans l’industrie, l’artisanat et le commerce (LTr) du 
13 mars 1964, le Conseil d’État peut, sur proposition du Conseil de surveillance 
du marché de l’emploi, fixer un salaire minimum dérogeant à l’alinéa 1 dans le 
respect de l’article 1 alinéa 4. 
3
 Chaque année, le salaire minimum est indexé sur la base de l’indice des prix à 

la consommation du mois d’août, par rapport à l’indice en vigueur le 1er janvier 
2018. Le salaire minimum prévu à l’alinéa 1 n’est indexé qu’en cas 
d’augmentation de l’indice des prix à la consommation. 
4
 Par salaire, il faut entendre le salaire déterminant au sens de la législation en 

matière d’assurance-vieillesse et survivants, à l’exclusion d’éventuelles 
indemnités payées pour jours de vacances et pour jours fériés. 

(…) » 

2)  Après avoir constaté son aboutissement (arrêté du 31 octobre 2018, publié dans 

la FAO du 2 novembre 2018), le Conseil d’État admis la validité de l’IN 173 (arrêté 
du 27 février 2019 publié dans la FAO du 1

er
 mars 2019). 

3)  Lors de sa séance du 31 octobre 2019, le Grand Conseil a rejeté l’IN 173 et 
refusé de lui opposer un contreprojet, ce qui a été publié dans la FAO du 

1
er

 novembre 2019. 

4)  Lors de la votation populaire du 27 septembre 2020, l’IN 173 a été acceptée 
par 58,16 % des citoyens. Ce résultat a été validé par un arrêté du Conseil d’État du 
14 octobre 2020, publié dans la FAO du 16 octobre 2020. 

5)  Par communiqué de presse du 12 octobre 2020, le département de la sécurité, 

de l’emploi et de la santé (ci-après : le département) a indiqué que le conseil de 
surveillance du marché de l’emploi (ci-après : CSME), composé des représentants 
des partenaires sociaux de l’État, s’était réuni en séance extraordinaire, afin de 
discuter et de fixer les modalités d’application de la novelle issue de l’IN 173. Dans 
ce cadre, le CSME avait notamment pris acte d’une divergence d’interprétation de la 

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A/4030/2020 

loi entre les partenaires sociaux quant au montant du salaire minimum indexé, 

puisque les représentants des employeurs estimaient que ladite indexation devait être 

fixée une année après la mise en œuvre de la loi, soit au 1er janvier 2022, alors que 
les représentants syndicaux estimaient que la référence à janvier 2018 faisait foi, 

avec une indexation complète à 1,6 %, ce qui conduirait à un salaire horaire de 

CHF 23.37 à compter de la mise en vigueur de la loi. Le département estimait 

toutefois que l’indexation, applicable depuis janvier 2018, était de 0,6 %, soit un 
salaire horaire de CHF 23.- à l’entrée en vigueur de la loi et de CHF 23.14 à compter 
du 1

er
 janvier 2021. En revanche, les parties s’étaient entendues sur le fait que 

l’indexation, effectuée sur la base de l’IPC genevois, serait fixée en début de chaque 
année civile, soit au 1

er
 janvier. Par ailleurs, le CSME avait proposé au 

Conseil d’État que les salaires minimaux des secteurs de l’agriculture et de la 
floriculture soient identiques aux salaires inscrits dans les contrats-types de travail 

actuellement en vigueur dans ces domaines. 

6)  Par arrêté du 28 octobre 2020, publié dans la FAO du 30 octobre 2020, le 

Conseil d’État a promulgué la novelle correspondant au texte de l’IN 173, qui est 
entrée en vigueur le lendemain conformément à son texte. 

7)  Le 28 octobre 2020 également, le Conseil d’État a adopté l’arrêté relatif au 
salaire minimum légal pour 2020 et 2021 (ci-après : l’arrêté), publié dans la FAO du 
30 octobre 2020, qui a la teneur suivante : 

« Art. 1 Salaire minimum légal 
1
 Le salaire minimum brut visé à l’article 39K de la loi sur l’inspection et les 

relations du travail, du 12 mars 2004, est de 23 francs au 1
er

 novembre 2020 et 

de 23.14 francs par heure au 1
er

 janvier 2021, sous réserve des alinéas 2 et 3. 
2
 Dans le secteur de l’agriculture, le salaire minimum brut est de 16.90 francs au 

1
er

 novembre 2020 et de 17 francs par heure au 1
er

 janvier 2021. 
3
 Dans le secteur de la floriculture, le salaire minimum brut est de 15.50 francs 

au 1
er

 novembre 2020 et de 15.60 francs par heure au 1
er

 janvier 2021. 

 

Art. 2 Entrée en vigueur 
Le présent arrêté entre en vigueur le 1

er
 novembre 2020. » 

8)  Par acte du 30 novembre 2020, le Syndicat interprofessionnel de travailleuses 

et travailleurs (ci-après : SIT), le Syndicat Unia (ci-après : Unia), 

Mesdames A______ et E______ ainsi que Messieurs B______, C______ et D______ 

(ci-après : les recourants) ont interjeté recours auprès de la chambre constitutionnelle 

de la Cour de justice (ci-après : la chambre constitutionnelle) contre cet arrêté, 

concluant à son annulation, à ce qu’il soit dit que le salaire minimum légal horaire 
était de CHF 23.37 dès le 1

er
 novembre 2020 et à l’octroi d’une indemnité de 

procédure. 

9)  Le 15 décembre 2020, F______ Sàrl, G______ & Cie, H______ Sàrl, I______ 

SA et Monsieur J______ ont sollicité leur appel en cause dans le cadre dudit recours. 

  Ils avaient appris, à la suite de l’annonce effectuée par des acteurs du monde 
syndical genevois, que ces derniers avaient attaqué l’art. 1 al. 3 de l’arrêté, en ce 

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qu’il fixait un salaire minimum spécifique pour le secteur de la floriculture. Dès lors 
qu’ils bénéficiaient de l’exception de ladite disposition, ils seraient directement 
concernés par l’arrêt à rendre si le principe ou le montant du salaire minimum fixé à 
l’art. 1 al. 3 de l’arrêté devait être remis en cause pour le secteur de la floriculture. 

10)  Le 23 décembre 2020, le Conseil d’État a conclu au rejet du recours. 

11)  Le 23 décembre 2020, les recourants s’en sont rapportés à l’appréciation de la 
chambre constitutionnelle au sujet de la demande d’appel en cause. 

12)  Le 21 janvier 2021, le Conseil d’État en a fait de même. 

13)  Sur ce, la cause a été gardée à juger sur la requête d’appel en cause. 

 

  Considérant, en droit, que : 

1) a. L’autorité peut ordonner, d’office ou sur requête, l’appel en cause de tiers dont 
la situation juridique est susceptible d’être affectée par l’issue de la procédure. La 
décision leur devient dans ce cas opposable (art. 71 al. 1 de la loi sur la procédure 

administrative du 12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). L’appelé en cause peut exercer 
les droits qui sont conférés aux parties (art. 71 al. 2 LPA). 

 b. Selon la jurisprudence cantonale, cette disposition doit être interprétée à la 

lumière de celles relatives à la qualité pour recourir en procédure contentieuse. 

L’institution de l’appel en cause ne doit ainsi pas permettre à des tiers d’obtenir des 
droits plus étendus que ceux donnés aux personnes auxquelles la qualité pour agir est 

reconnue, mais a pour but, notamment, de sauvegarde le droit d’être entendu des 
personnes n’étant pas initialement parties à la procédure (ATA/313/2021 du 
9 mars 2021 consid. 1b et les références citées). 

 c. Ce dernier but est reconnu par la jurisprudence du Tribunal fédéral (arrêt du 

Tribunal fédéral 1C_134/2010 du 28 septembre 2010 consid. 4.2) ; ainsi – et 
conformément du reste à ce que prévoit expressément l’art. 71 al. 1 LPA –, il peut 
aussi s’agir d’étendre au tiers l’autorité de chose jugée, afin que le jugement lui soit 
opposable par la suite (arrêt du Tribunal fédéral 2C_373/2016 du 17 novembre 2016 

consid. 2.1). 

  Par ailleurs, il n’existe pas de droit à être appelé en cause (ATF 131 V 133 
consid. 13). 

2) a. Selon l’art. 60 al. 1 LPA, ont qualité pour recourir non seulement les parties à 
la procédure qui a abouti à la décision attaquée (let. a), mais aussi toute personne qui 

est touchée directement par une loi constitutionnelle, une loi, un règlement du 

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Conseil d’État ou une décision et a un intérêt personnel digne de protection à ce 
qu’elle soit annulée ou modifiée (let. b). 

 b. La jurisprudence a précisé que les let. a et b de la disposition précitée doivent 

se lire en parallèle : ainsi, le particulier qui ne peut faire valoir un intérêt digne de 

protection ne saurait être admis comme partie recourante, même s’il était partie à la 
procédure de première instance (ATA/139/2021 du 9 février 2021 consid. 2b et les 

références citées). L’exemple le plus évident concerne la partie à la procédure qui a 
obtenu le plein de ses conclusions au stade antérieur de la procédure, et n’est dès lors 
pas lésée par la décision ou le jugement de première instance (ATA/1352/2020 du 

22 décembre 2020 consid. 3b). 

  L’intérêt digne de protection consiste dans l’utilité pratique que l’admission du 
recours apporterait au recourant, en lui évitant de subir un préjudice de nature 

économique, idéale, matérielle ou autre que la décision attaquée lui occasionnerait. Il 

implique que le recourant soit touché de manière directe, concrète et dans une 

mesure et avec une intensité plus grandes que la généralité des administrés. Le 

recours d’un particulier formé dans l’intérêt général ou dans l’intérêt d’un tiers est 
exclu. Cette exigence a été posée de manière à éviter l’action populaire 
(ATF 139 II 499 consid. 2.2 ; arrêt du Tribunal fédéral 1C_442/2020 du 4 mars 2021 

consid. 1.2.1). 

 c. Lorsque le recours est dirigé contre un acte normatif, la qualité pour recourir 

est conçue de manière plus souple et il n’est pas exigé que le recourant soit 
particulièrement atteint par l’acte entrepris. Ainsi, toute personne dont les intérêts 
sont effectivement touchés directement par l’acte attaqué ou pourront l’être un jour a 
qualité pour recourir ; une simple atteinte virtuelle suffit, à condition toutefois qu’il 
existe un minimum de vraisemblance que le recourant puisse un jour se voir 

appliquer les dispositions contestées (ATF 145 I 26 consid. 1.2 ; arrêt du Tribunal 

fédéral 2C_1149/2018 du 10 mars 2020 consid. 1.3 ; ACST/16/2021 du 22 avril 2021 

consid. 3a). 

3)  En l’espèce, les requérants ne possèdent pas la qualité pour recourir contre 
l’acte attaqué. En effet, même si ladite qualité pour recourir est ouverte à toute 
personne dont les intérêts sont effectivement touchés directement par l’acte attaqué 
ou pourront l’être un jour, ce qui est le cas des requérants, il n’en demeure pas moins 
qu’ils ne sauraient être titulaires d’un intérêt à recourir ou à être appelé en cause pour 
défendre des actes qu’ils approuvent et dont le résultat va intégralement dans leur 
sens. Tel est le cas, comme ils l’indiquent dans leur requête d’appel en cause, du 
salaire minimum dérogatoire applicable au secteur de la floriculture (art. 1 al. 3 de 

l’arrêté). 

  En outre, admettre l’appel en cause des requérants ne trouverait aucune 
justification dans les buts classiques de l’institution de l’appel en cause, tels que 
rappelés plus haut ; en tant qu’exerçant leur activité dans le domaine de la 

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floriculture, l’arrêt de la chambre de céans leur sera de toute façon « opposable » (et, 
s’il leur était défavorable, ils regagneraient l’intérêt à recourir à son encontre, sans 
préjudice des autres conditions de recevabilité des recours au Tribunal fédéral), et 

l’on ne saurait admettre qu’il y ait lieu de sauvegarder leur droit d’être entendu du 
fait qu’ils n’aient pas participé à l’instance précédente. Comme l’a déjà jugé la 
chambre de céans (ACST/25/2019 du 7 août 2019 consid. 5), l’admission d’une telle 
requête aurait, par contre, pour effet, d’une part, de permettre à des tiers d’obtenir 
des droits plus étendus que ceux donnés aux personnes auxquelles la qualité pour 

agir est reconnue, ce qui prohibé par la jurisprudence, et, d’autre part, de conférer 
aux requérants un statut d’« amicus curiae », institution qui est connue de certains 
tribunaux internationaux (en particulier la Cour européenne des droits de l'Homme, 

sur la base de l’art. 36 § 2 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et 
des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 - CEDH - RS 0.101, tel qu’interprété 
par la jurisprudence), mais non de la procédure administrative genevoise. 

  Il s’ensuit que la demande d’appel en cause sera refusée. 

4)  Vu l’issue de la requête, un émolument de CHF 500.- sera mis à la charge 
solidaire des requérants, qui succombent (art. 87 al. 1 LPA), et aucune indemnité de 

procédure ne sera allouée sur appel en cause (art. 87 al. 2 LPA). Le sort des frais de 

la procédure sera pour le surplus réservé jusqu’à l’issue de celle-ci. 

 

LA CHAMBRE CONSTITUTIONNELLE 

refuse l’appel en cause de F______ Sàrl, G______ & Cie, H______ Sàrl, I______ SA et 
Monsieur J______ ; 

met à la charge solidaire de F______ Sàrl, G______ & Cie, H______ Sàrl, I______ SA et 

Monsieur J______ un émolument de CHF 500.- ; 

dit qu’il n'est pas alloué d’indemnité de procédure sur appel en cause, et réserve pour le 
surplus le sort des frais de la cause jusqu’à l’issue de celle-ci ; 

dit que conformément aux art. 82 ss LTF, le présent arrêt peut être porté dans les 

trente jours qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours 

en matière de droit public ; le mémoire doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de 

preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au 

Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 

conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ; 

communique le présent arrêt, en copie, à Mes Nicolas Wisard et Bettina Fleischmann, 

avocats des requérants, à Me Christian Bruchez, avocat des recourants, ainsi qu’au 
Conseil d’État. 

- 7/7 - 

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Au nom de la chambre constitutionnelle : 

la greffière-juriste : 

 

 

C. Gutzwiller 

 

 le juge délégué : 

 

 

Ph. Knupfer 

 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  

 

 

 

 

 la greffière :