# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** ecc49efe-57b1-5df1-9152-34396b1c1192
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-04-15
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 15.04.2010 A/592/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-592-2010_2010-04-15.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET 

 

CANTON DE GENEVE 

 

POUVOIR JUDICIAIRE 
 

 

DCSO/189/10 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 

17 juin 2005 (LTF ; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Commission de 

surveillance des Offices des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance 

en matière de poursuite pour dettes et faillite (art. 56R al. 3 LOJ). Il doit être déposé devant le 

Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les dix jours qui suivent la notification de l'expédition 

complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2 let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière 

de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). Le recours doit être rédigé dans 

une langue officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens 

de preuve, et être signé (art. 42 LTF). 

 

DÉCISION 

DE LA COMMISSION DE SURVEILLANCE 
DES OFFICES DES POURSUITES ET DES FAILLITES 

SIÉGEANT EN SECTION 

DU JEUDI 15 AVRIL 2010 

Cause A/592/2010, plainte 17 LP formée le 18 février 2010 par Mme A______. 

 

Décision communiquée à : 

- Mme A______ 

 
 

- M. A______ 

domicile élu : Etude de Me Flore Agnès NDA ZOA, avocate 
Rue Marignac 9 

 Case postale 324 
 1211 Genève 12 
 
 

- Office des poursuites  

 

 - 2 - 

 

E N   F A I T  

A. Le 14 décembre 2009, Mme A______ a requis et obtenu le séquestre, au préjudice 

de M. A______, de toutes sommes qui pourraient lui être dues par son employeur, 

E______ SA, xx, rue M______ à Genève, au titre de salaires ou autres 

rémunérations y compris le 13
ème

 salaire et avantages en nature (parking et autres 

frais payés par l'employeur). L'ordonnance de séquestre fait état d'une créance de 

46'947 fr. 36, qui serait due au titre de "Échéances prêt maison X______ en euros 
et en chf + prêt charges appart. Z______ + indemnités frais engagés". 

 Le 16 février 2010, l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) a communiqué aux 

parties un procès-verbal de non-lieu de séquestre de salaire et un procès-verbal de 

séquestre d'une créance litigieuse (n° 09 xxxx34 G). Il ressort du procès-verbal de 

non-lieu que le poursuivi est insaisissable en application de l'art. 93 LP ; l'Office, 

sur la base des justificatifs produits par M. A______, a retenu un salaire net de 

4'992 fr. 05 et un minimum vital de 2'660 fr. 44 ; il a fait mention d'une exception 

de compensation soulevée par l'employeur en ces termes : "L'employeur a accordé 
un prêt à son employé de CHF 49'565.-- remboursable en mensualités de        
CHF 2'700 fr.-- par mois dès le mois de janvier 2010. Dans le procès-verbal de 
séquestre de créance litigieuse, l'Office précise : "Cette exception de 
compensation a été soumise à la créancière laquelle l'a contestée. Défense a été 
faite à l'employeur du débiteur de disposer des avoirs séquestrés à hauteur de 
CHF 2'700.-- par mois jusqu'à la fin de la procédure. En effet, la créancière aura 
la faculté lors de la conversion du séquestre en saisie définitive de requérir la 
réalisation des avoirs par la voie d'enchère, de vente de gré à gré, de remise à 
l'encaissement ou de dation en paiement".   

B. Par acte déposé auprès du greffe de la Commission de céans le 18 février 2010, 

Mme A______, représentée pas sa mère, Mme C______, a porté plainte contre 

l'ordonnance de non-lieu de séquestre. Se référant à une décision rendue par la 

Commission de céans (DCSO/476/2006 du 18 juillet 2006), elle fait grief à 

l'Office d'avoir tenu compte d'un montant de 2'700 fr. "remboursé par 
compensation du salaire tous les mois à l'employeur par M. A______". Elle 
demande à la Commission de céans "d'instruire ce dossier". 

 Dans son rapport, l'Office, qui conclut au rejet de la plainte, déclare que 

l'employeur de M. A______ ayant soulevé une exception de compensation de sa 

créance avec le salaire du précité, que Mme A______ a contestée, il devait en 

tenir compte et saisir le montant à compenser à titre de créance litigieuse. Au 

surplus, l'Office relève que l'objet de la plainte est limité à l'exception précitée de 

sorte que les montants retenus pour déterminer le minimum vital, qui au 

demeurant ne souffrent pas la critique, n'ont pas à être vérifiés. 

 

 - 3 - 

 Invité à se déterminer, M. A______, qui émet des doutes quant à la réalité de la 

représentation de sa fille, Mme A______, par sa mère, dont il est divorcé, a conclu 

au rejet de la plainte.   

C. A la demande de la Commission de céans, Mme A______ a produit une 

procuration datée du 3 février 2010, légalisée par le maire de Z______, dont la 

teneur est la suivante : "Je soussignée, Mme A______, née le xx.1982, donne 
pouvoir à Mme C______, née le xx.1952, pour effectuer en mon nom toutes 
formalités administratives, financières et autres ainsi que pour me représenter 
auprès de toute autorité en Suisse". 

D. Le 12 avril 2010, Mme A______ a déposé une nouvelle écriture à teneur de 

laquelle elle demande à la Commission de céans d'exiger la production des 

justificatifs de toutes les charges retenues par l'Office, qu'elle dit contester, et qui 

l'ont conduit à déclarer le salaire de M. A______ insaisissable, ainsi que des 

justificatifs bancaires et "comptabilisés dans le comptes d'E______ SA (…) pour 
déterminer la dette réelle de M. A______ envers son employeur". Elle explique 
que, s'il est vrai qu'en tout premier lieu elle a contesté l'exception de compensation 

soulevée par l'employeur, elle a, à plusieurs reprises, demandé à l'Office d'être très 

attentif "quant aux justificatifs des frais annoncés par M. A______".  

 

E N   D R O I T  

1.a. La Commission de céans est compétente pour connaître des plaintes dirigées 

contre des mesures prises par des organes de l’exécution forcée qui ne sont pas 

attaquables par la voie judiciaire (art. 17 LP ; art. 10 al. 1 et art. 11 al. 2 LaLP ; 

art. 56R al. 3 LOJ). Le délai pour porter plainte est de dix jours à compter de celui 

où le plaignant a eu connaissance de la mesure attaquée (art. 17 al. 2 LP). 

1.b. Un procès-verbal de non-lieu de séquestre constitue une mesure sujette à plainte et 

la plaignante, en tant que séquestrante, a qualité pour agir par cette voie et a 

procédé en temps utile. 

1.c. A teneur de l'art. 9 al. 1 LPA, applicable par renvoi de l'art. 13 al. 5 LaLP, les 

parties peuvent se faire représenter par un conjoint, un ascendant ou un 

descendant. Sur demande, le représentant doit justifier ses pouvoirs par une 

procuration écrite. 

 En l'occurrence, il ressort de la procuration produite et datée du 3 février 2010, 

que la plaignante a donné procuration à sa mère, Mme C______ "pour (la) 
représenter auprès de toute autorité en Suisse", justifiant ainsi des pouvoirs de 
cette dernière pour la représenter dans le cadre de la présente procédure.  

 

 - 4 - 

1.d. Au surplus, la Commission de céans retiendra que la plainte satisfait aux 

exigences de forme et de contenu prescrites par la loi, dans la mesure où elle vise 

l'acte attaqué et que, même en l'absence de conclusions formelles, le but 

poursuivi, soit l'annulation du procès-verbal de non-lieu de séquestre au motif 

qu'il ne doit pas être tenu compte du remboursement d'une dette contractée auprès 

de l'employeur en compensation du salaire, est suffisamment claire (art. 13         

al. 2 LaLP ; Pauline Erard, CR-LP, ad art. 17 n° 33 ; Pierre-Robert Gilliéron, 

Commentaire, ad art. 18 n° 63 et ad art. 20a n° 71 in fine). 

Elle sera donc déclarée recevable. 

1.e. Les nouvelles conclusions prises par la plaignante dans son écriture du 12 avril 

2010, à teneur desquelles elle conteste les charges retenues par l'Office pour 

calculer le minimum vital du poursuivi, doivent, en revanche, être déclarées 

irrecevables, faute d'avoir été invoquées dans le délai de plainte (Pauline Erard, 

CR-LP ad art. 17 n° 36 et 20a n° 6). 

2.a. A teneur de l’art. 93 LP applicable par analogie à l’exécution d’un séquestre 

(art. 275 LP), tous les revenus du travail, les usufruits et leurs produits, les rentes 

viagères, de même que les contributions d’entretien, les pensions et prestations de 

toutes sortes qui sont destinés à couvrir une perte de gains ou une prétention 

découlant du droit d’entretien, en particulier les rentes et les indemnités en capital 

qui ne sont pas insaisissables en vertu de l’art. 92 LP, peuvent être saisis, 

déduction faite de ce que le préposé estime indispensable pour l’entretien du 

débiteur et de sa famille.  

2.b. Lorsque l’employeur prétend qu’à la suite d’avances qu’il a consenties, le salaire 

du poursuivi est réduit d’autant ou qu'il oppose en compensation à la part de 

salaire saisie sa créance contre le poursuivi, l'office des poursuites doit en tenir 

compte et saisir le montant à compenser à titre de créance litigieuse si les 

créanciers contestent la prétention de l'employeur (Michel Ochsner, CR-LP ad art. 

93 n° 170 ;  ATF 120 III 18, JdT 1996 II 60 ; ATF 90 III 35-36, JdT 1964 II 71 ; 

DCSO/101/2006 du 24 février 2006 ; DCSO/560/2004 du 25 novembre 2004 ;) 

  Un créancier saisissant pourra ensuite requérir la réalisation de cette créance 

(art. 116 al. 2 LP), selon les modes prévus pour les biens meubles, notamment par 

le biais d’une vente aux enchères publiques (art. 122 al. 1 et art. 125 al. 1 LP) ou 

d’une vente de gré à gré (art. 130 LP), mais aussi selon les deux autres modes que 

sont la dation en paiement et la remise à l’encaissement (art. 131 LP ; Walter A. 

Stoffel, Voies d’exécution, § 5 n° 164 ss ; Pierre-Robert Gilliéron, Commentaire, 

ad art. 131 n° 7 s. ; Magdalena Rutz, in SchKG II, ad art. 131 n° 1 et 8 ss). Il sied 

de rappeler ici que la réalisation des biens saisis peut être requise, s’il s’agit de 

biens meubles, y compris les créances et autres droits, un an au plus tard après la 

saisie (art. 116 al. 1 LP) et s’il s’agit de revenus saisis que l’employeur n’a pas 

remis à leur échéance à l’office, dans les quinze mois qui suivent la saisie 

(art. 116 al. 2 LP).  

 

 - 5 - 

3. En l'espèce, l'employeur du poursuivi a opposé une créance en compensation que  

la plaignante a contestée.  

 L'Office, conformément aux considérants qui précèdent, devait donc en tenir 

compte, en la déduisant du revenu du poursuivi, et la saisir, respectivement, la 

séquestrer à titre de créance litigieuse.  

 Lorsque le séquestre sera converti en saisie définitive, il appartiendra à la 

plaignante de requérir la réalisation de cette créance selon l'un des modes rappelés 

ci-dessus. 

 Quant à la décision de la Commission de céans du 18 juillet 2006 

(DCSO/476/2006), à laquelle la plaignante se réfère, elle ne lui est d'aucun 

secours. Dans cette cause, l'employeur, tiers séquestré, n'avait, en effet, pas 

opposé en compensation à la part de salaire saisie sa créance contre le poursuivi. 

4. Manifestement infondée, la plainte doit être rejetée.  

 

 

 

 

*  *  *  *  *  

 

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P A R   C E S   M O T I F S ,  

L A   C O M M I S S I O N   D E   S U R V E I L L A N C E    

S I É G E A N T   E N   S E C T I O N   :  

A la forme : 

Déclare recevable la plainte formée le 18 février 2010 par Mme A______ contre le 

procès-verbal de non-lieu de séquestre n° 09 xxxx34 G.  

Au fond : 

1. La rejette.  

2. Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

 

 

Siégeant : Mme Ariane WEYENETH, présidente ; MM. Philipp GANZONI et                 
Philippe VEILLARD, juges assesseurs.  

 

 

Au nom de la Commission de surveillance : 

 

Véronique PISCETTA      Ariane WEYENETH 

           Greffière :                         Présidente : 

 

 

 

 

La présente décision est communiquée par courrier A à l’Office concerné et par courrier 

recommandé aux autres parties par la greffière le