# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 81cc956e-fd09-59a2-9795-57575c721883
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-04-27
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Verwaltungsgerichtshöfe 27.04.2017 603 2016 39
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_007_603-2016-39_2017-04-27.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

603 2016 39

Arrêt du 27 avril 2017

IIIe Cour administrative

Composition Présidente: Anne-Sophie Peyraud 
Juges: Marianne Jungo, Johannes Frölicher 
Greffier-stagiaire: Samuel Campiche

Parties A.________, recourant, 

B.________, recourant, 

C.________, recourant, 

D.________, recourant, 

E.________, recourant, 

tous représentés par Me Charles Guerry, avocat

contre

AUTORITÉ FONCIÈRE CANTONALE, autorité intimée,

COMMUNE DE F.________, intimée

Objet Agriculture - Affermage par parcelles - Révocation - Amélioration de 
la structure d'autres entreprises agricoles 

Recours du 22 février 2016 contre la décision du 15 décembre 2015

Tribunal cantonal TC
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attendu

que, le 11 novembre 2014, l'Autorité foncière cantonale (AFC) a approuvé les fermages corrigés 
de sept contrats de bail à ferme agricole pour parcelles isolées, conclus le 26 mai 2014, entre la 
commune de F.________, propriétaire des immeubles, et sept agriculteurs - dont G.________ et 
H.________ -, après avoir résilié, avec effet au 21 février 2016, les précédents baux à ferme 
agricole, dont ceux conclus avec les prénommés; 

que, toutefois, le 15 décembre 2015, l'AFC a révoqué dite décision, au motif que les immeubles en 
question constituent en réalité une entreprise agricole dont le partage matériel ne peut être 
autorisé; 

que, contre cette décision, les cinq autres fermiers ont interjeté recours le 22 février 2016, 
concluant, avec suite de frais et dépens, à son annulation et au constat que le domaine agricole en 
question ne constitue précisément pas une entreprise agricole;

que, le 26 mars 2016, les anciens fermiers G.________ et H.________ ont demandé le retrait de 
l'effet suspensif au recours susmentionné, lequel leur a été accordé par décision du 29 avril 2016 
(603 2016 66);

que, dans ses observations du 28 avril 2016, l'AFC a proposé le rejet du recours, tout en 
soulignant que parmi les immeubles, propriété de la Commune de F.________, figure un ancien 
domaine agricole composé de deux constructions, un rural et une habitation, et de parcelles 
agricoles pour une surface totale de 17,3 ha, lequel constitue une entreprise agricole au sens de 
l'art. 7 de la loi du 4 octobre 1991 sur le droit foncier rural (LDFR; RS 211.412.11);

que, pour l'autorité intimée, les conditions permettant la révocation de l'approbation des contrats 
de bail à ferme agricole sont en outre remplies;

qu'à l'issue d'un second échange d'écritures, les parties campent sur leur position;

que la commune intéressée, propriétaire des immeubles en question, s'est déterminée à son tour 
le 9 septembre 2016 et souligne que la répartition des terres communales a été approuvée par 
tous les agriculteurs de la commune, sans exception;

que, le 16 décembre 2016, le rural principal a été détruit par un incendie;

que le 17 janvier 2017, la commune a indiqué qu'elle ne pouvait pas encore se prononcer sur 
l'avenir de la ferme communale mais qu'une conclusion rapide du dossier permettrait de lever 
l'incertitude entourant la question des baux agricoles et faciliterait ses prises de décision;

que l'AFC a souligné, le 24 janvier 2017, que si la commune ne reconstruit pas le rural, le domaine 
ne pourra plus être tenu pour une entreprise agricole, à défaut d'installations adéquates pour loger 
le bétail nécessaire pour atteindre 1 unité de main d'œuvre standard (UMOS);

que, le 14 février 2017, la commune a précisé que la décision sur la reconstruction ou non du rural 
revenait à l'assemblée communale et qu'il lui appartenait au préalable d'étudier tous les scénarios 
possibles dans l'intérêt de la commune;

qu'il a été considéré que ce courrier contenait une requête implicite de suspension de la procédure 
jusqu'à la décision sur l'éventuelle reconstruction du rural;

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que les fermiers recourants se sont opposés à une telle suspension en date du 22 février 2017, au 
motif que les conditions matérielles d'un affermage par parcelles sont de toute façon réunies, tant 
sous l'angle de l'art. 31 al. 2bis let. b de la loi du 4 octobre 1985 sur le bail à ferme agricole (LBFA; 
RS 221.213.2) que sous l'angle de l'art. 31 al. 2 let. c LBFA, que la commune opte pour la 
reconstruction du rural ou non;

que l'autorité intimé estime au contraire le 24 février 2017 qu'il y a lieu de suspendre la procédure;

que la commune a souligné, le 13 mars 2017, que la décision de l'assemblée communale ne 
pourrait pas intervenir comme d'abord estimé au 8 mai 2017 et qu'il lui faut au préalable connaître 
le bail à ferme qui s'appliquait au moment de l'incendie;

que les recourants rappellent le 13 avril 2017 que les seuls contrats de bail à ferme susceptibles 
d'être en vigueur à la date de l'incendie sont ceux conclus le 26 mai 2014 entre eux-mêmes et la 
commune;

considérant

que la compétence du Tribunal cantonal pour connaître du présent recours contre une décision de 
l'AFC est donnée par les art. 50 LBFA, 28 de la loi d'application cantonale du 24 février 1987 de la 
loi fédérale sur le bail à ferme agricole (LALBFA; RSF 222.4.3) et 114 al. 2 let. a du code cantonal 
du 23 mai 1991 de procédure et de juridiction administrative (CPJA; RSF 150.1);

que le recours a été interjeté dans le délai et les formes prescrits (art. 79 à 81 CPJA); par ailleurs, 
l'avance de frais a été versée en temps utile;

qu'il ne fait nul doute que les recourants, fermiers des baux révoqués, sont touchés par la décision 
attaquée et qu'ils ont un intérêt digne de protection à ce qu'elle soit annulée ou modifiée (art. 76 
let. a CPJA);

qu'il y a dès lors lieu d'entrer en matière sur les mérites du recours;

que, selon l'art. 77 CPJA, le recours devant le Tribunal cantonal peut être formé pour violation du 
droit, y compris l'excès ou l'abus du pouvoir d'appréciation (let. a) et pour constatation inexacte ou 
incomplète des faits pertinents (let. b). En revanche, à défaut d'habilitation légale expresse, le 
Tribunal administratif ne peut pas, dans le cas particulier, revoir l'opportunité de la décision 
attaquée (cf. art. 78 al. 2 CPJA);

que, conformément à l'art. 30 al. 1 LBFA, nul ne peut, sans autorisation, distraire d'une entreprise 
agricole des immeubles ou des parties d'immeubles en vue de leur affermage; 

que l'art. 31 al. 1 LBFA précise qu'avant que le fermier n'entre en jouissance de la chose affermée, 
le bailleur doit demander l'autorisation à l'autorité cantonale, compétente à cet effet en application 
également de l'art. 23 LALBFA;

que l’autorisation n’est accordée au sens de l'art. 31 al. 2 LBFA que si l’une des conditions 
suivantes est remplie: 

 le maintien de l’entreprise agricole ne se justifie plus (let. c), 

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 l’entreprise agricole est située, en tout ou en majeure partie, dans une zone à bâtir au sens 
de l’art. 15 de la loi fédérale du 22 juin 1979 sur l’aménagement du territoire (let. d), 

 l’entreprise n’est affermée par parcelles que temporairement et sera, plus tard, reconstituée 
comme unité économique (let. e), 

 le bailleur n’est plus en mesure d’exploiter lui-même tout le domaine pour des raisons telles 
que maladie grave ou âge avancé (let. f) ou, enfin, 

 au lieu d’immeubles ou partie d’immeubles affermés par parcelles, d’autres objets, mieux 
situés pour l’exploitation ou mieux adaptés à celle-ci, sont affermés à titre complémentaire 
(let. g);

qu'en outre, aux termes de l'art. 31 al. 2bis LBFA, l’autorité permet l’affermage par parcelles d’une 
entreprise agricole si les conditions suivantes sont remplies: 

 l’affermage par parcelles sert principalement à améliorer les structures d’autres entreprises 
agricoles (let. b), 

 aucun parent titulaire d’un droit de préemption ou d’un droit à l’attribution n’entend reprendre 
l’entreprise pour l’exploiter à titre personnel et aucune autre personne qui pourrait demander 
l’attribution dans le partage successoral (art. 11 al. 2 LDFR) ne veut reprendre l’entreprise en 
entier pour l’affermer (let. c) et 

 le conjoint ou le partenaire enregistré qui a exploité l’entreprise avec le propriétaire approuve 
l’affermage par parcelles (let. d);

qu'avec la disposition précitée, le législateur a permis désormais que des entreprises puissent être 
morcelées quand bien même aucune raison objective au sens de l'art. 31 al. 2 LBFA n'est donnée. 
La nécessité de l'autorisation vise aujourd'hui essentiellement à protéger les membres de la famille 
prêts à reprendre le domaine ainsi que le conjoint de l'arbitraire des propriétaires; elle vise en outre 
à améliorer la structure des entreprises agricoles dans le domaine de l'exploitation locale 
(STUDER/HOFER, Das landwirtschaftliche Pachtrecht, 2e éd. 2014, art. 30 n. 635;

que le Message concernant la réforme de la politique agricole: Deuxième étape (Politique agricole 
2002) (FF 1996 IV 1 s, 383 s) met clairement en évidence le changement évoqué: "le principe 
actuel, en vertu duquel les entreprises agricoles ne peuvent être aliénées par parcelles et, 
lorsqu'elles offrent à une famille paysanne de bons moyens d'existence, ne peuvent pas non plus 
être affermées par parcelles, est levé. Les entreprises pourront désormais être aliénées par 
parcelles (partage matériel), si deux conditions cumulatives, l'une subjective, l'autre objective, sont 
remplies", à savoir celles ancrées à l'art. 31 al. 2bis LBFA, dont en particulier l'amélioration de la 
structure d'autres entreprises;

qu'il faut admettre qu'il y a principalement amélioration de la structure d'autres entreprises lorsque 
plus de 50 % de la surface des terres revient à des fermiers qui exploitent déjà une entreprise 
agricole (STUDER/HOFER, art. 31 n. 693);

que contribuent à améliorer la structure d'autres entreprises les immeubles de l'entreprise 
affermée par parcelles qui sont attribués au fermier qui loue une entreprise agricole au sens de 
l'art. 1 al. 1 let. b LBFA ou qui exploite lui-même une entreprise agricole qui remplit les critères de 
l'art. 7 LDFR, respectivement de l'art 5 let. a LDFR (STUDER/HOFER, idem);

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qu'il y a lieu de compter également les surfaces qui sont données en bail aux exploitants dont 
l'entreprise, après l'affermage, remplit les exigences de l'entreprise agricole (STUDER/HOFER, 
idem);

qu'en l'occurrence, la commune de F.________ est propriétaire d'immeubles agricoles d'une 
surface totale de 35 ha;

qu'en font partie en particulier un ancien domaine agricole composé, avant décembre 2016, de 
deux constructions, un rural (actuel art. iii RF F.________) ainsi qu'une habitation indépendante, 
avec des parcelles agricoles, pour une surface totale de 17,3 ha;

que ce domaine est loué à G.________ depuis 1989, à l'exception de l'habitation, remise en 
location à son frère depuis 2012;

qu'en 2014 toutefois, la commune a demandé à l'AFC d'approuver divers contrats de bail à ferme 
agricole concernant l'intégralité des parchets et immeubles dont elle est propriétaire;

qu'elle entend en effet répartir ses immeubles sur l'ensemble des agriculteurs domiciliés sur son 
territoire;

que l'AFC, après les avoir approuvés le 11 novembre 2014, les a révoqués le 15 décembre 2015, 
au motif que le domaine loué à G.________ est une entreprise agricole au sens de l'art. 7 LDFR 
qui s'oppose à pareil affermage par parcelles;

que, dans la mesure où les nouveaux fermiers n'étaient pas entrés en possession des terres 
affermées, que celles-ci continuaient à être exploitées par les anciens fermiers, l'autorité intimée 
était en soi légitimée à révoquer la décision d'approbation dans l'intérêt d'une application correcte 
du droit objectif et surtout du but visé par la LDFR, laquelle cherche avant tout à maintenir les 
entreprises familiales comme fondement d’une population paysanne forte et d’une agriculture à la 
fois productive et orientée vers une exploitation durable du sol (cf. ATF 137 I 69 consid. 2.3; arrêt 
TF 1C_111/2016 du 8 décembre 2016 consid. 6.1; Message du 17 mai 2006 concernant 
l’évolution future de la politique agricole, FF 2012 1857 s.); 

que cela étant, l'affermage litigieux est néanmoins possible, quoiqu'en pense l'AFC, en présence 
d'une entreprise agricole, pour autant qu'il serve principalement à améliorer les structures d'autres 
entreprises agricoles, au sens de l'art. 31 al. 2bis LBFA;

que contrairement à ce que l'autorité intimée prétend, ce n'est pas uniquement lorsque le maintien 
d'une entreprise agricole ne se justifie plus au sens de l'art. 31 al. 2 LBFA que les motifs 
d'autorisation mentionnés à l'art. 31 al. 2bis LBFA doivent être examinés; 

qu'en effet, depuis la réforme agricole, deuxième étape, survenue en 2002, à côté des exceptions 
prévues à l'art. 31 al. 2 LBFA, il est possible, malgré l'existence d'une entreprise agricole, de 
procéder à un affermage par parcelles, pour autant notamment que cette démarche améliore 
d'autres entreprises agricoles;

que, partant, l'AFC - qui prétend que le domaine loué à G.________ constitue une entreprise 
agricole - était tenue d'examiner si les conditions posées par cette dernière disposition étaient 
remplies avant de pouvoir révoquer les baux à ferme approuvés en 2014;

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qu'il y a lieu de lui renvoyer la cause à cet effet, en application de l'art. 98 al. 2 CPJA, le dossier ne 
permettant pas de vérifier ce qu'il en est, s'agissant notamment de la nature des domaines des 
nouveaux fermiers;

qu'il doit en aller d'autant plus ainsi que l'incendie de décembre 2016 a détruit le rural et qu'il n'est 
pas possible, en l'état, de pouvoir trancher la question de savoir si le domaine agricole loué à 
G.________ est une entreprise agricole au sens de l'art. 7 LDFR;

que cette question devra en effet impérativement être résolue au cas où les conditions de l'art. 31 
al. 2bis LBFA ne sont pas réunies;

que, sur le vu de ce qui précède, le recours, bien fondé, doit être admis et la décision attaquée 
annulée;

qu'après instruction, une nouvelle décision sera rendue par l'AFC;

que, dans l'intervalle, il lui appartiendra de régler, à titre provisoire, le sort des baux à ferme 
litigieux, compte tenu de la finalité des dispositions légales en question et du fait que les 
recourants ne sont pas entrés en possession des terres affermées;

que, compte tenu de l'issue du litige, il y a lieu de renoncer aux débats publics requis (cf. art. 91 
al. 1bis CPJA);

qu'ayant obtenu gain de cause, les recourants ont droit à des dépens;

que la liste de frais produite le 20 avril 2016, laquelle porte également sur la procédure sur l'effet 
suspensif (603 2016 66), comptabilise plus de 35 heures et calcule les débours selon un forfait de 
5%;

qu'elle ne correspond pas complètement au tarif applicable (cf. tarif fribourgeois du 17 décembre 
1991 des frais de procédure et des indemnités en matière de juridiction administrative; RSF 
150.12) et qu'elle ne précise pas le montant facturé pour les heures de la stagiaire qui a co-signé 
le recours ainsi que la détermination subséquente;

qu'eu égard en outre à la complexité de l'affaire, l'indemnité de partie est ainsi raisonnablement 
arrêtée à CHF 6'000.-, débours compris, plus CHF 480.- au titre de la TVA, soit un montant de 
CHF 6'480.-, indemnité mise à la charge de l'Etat;

qu'il n'est pas perçu de frais de procédure et que l'avance de frais est restituée aux recourants;

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la Cour arrête:

I. Le recours est admis et la décision attaquée annulée.

Partant, la cause est renvoyée à l'autorité intimée pour instruction complémentaire et 
nouvelle décision au sens des considérants.

II. Il n'est pas perçu de frais de justice et l'avance de frais est restituée aux recourants.

III. Il est alloué aux recourants une indemnité de partie de CHF 6'000.-, débours compris, plus 
CHF 480.- au titre de la TVA, soit une somme de CHF 6'480.-, mise à la charge de l'Etat de 
Fribourg.

IV. Communication.

Cette décision peut faire l'objet d'un recours auprès du Tribunal fédéral, à Lausanne, dans les
30 jours dès sa notification.

La fixation du montant de l'indemnité de partie peut, dans un délai de 30 jours, faire l'objet d'une 
réclamation auprès de l'autorité qui a statué, lorsque seule cette partie de la décision est contestée 
(art. 148 CPJA).

Fribourg, le 27 avril 2017/ape

Présidente Greffier-stagiaire