# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** ab6cb750-9ade-54b2-bd45-f0ba553c8416
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours civile HC / 2016 / 269
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_010_HC---2016---269_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

JM14.045444-160320

65 

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS CIVILE

_________________________________________

Arrêt du
29 février 2016

__________________

Composition
:               M.             
Winzap,
président

             
              M.             
Sauterel et Mme Courbat, juges

Greffière
:              Mme             
Egger Rochat

 

 

*****

 

 

Art.
319 let. b, 321 al. 1 et 2, 322 al. 1 et 339 CPC

 

 

             
Statuant à huis clos sur le recours interjeté par
L.________,
à [...], intimé, contre l’ordonnance d’exécution forcée rendue le 25
janvier 2016 par la Juge de paix du district de Lausanne dans la cause divisant le recourant d’avec
 N.________
SA, à [...], requérante, la Chambre
des recours civile du Tribunal cantonal considère :

 

             
En fait et en droit :

 

 

1.
              Le 25 septembre 2014,
la société N.________ SA, dont le siège est à [...], a requis l’exécution
forcée du chiffre 2 de la convention conclue avec L.________ lors de l’audience de conciliation
du 30 avril 2014 de la Commission de conciliation en matière de baux à loyer du district de
Lausanne, selon lequel L.________ devait mandater à ses frais, d’ici le 30 juin 2014, une
entreprise sanitaire reconnue qui procéderait à l’examen de la pose de la douche et aux
travaux correctifs éventuellement nécessaires.

 

             
Par ordonnance d’exécution rendue le 18 mars 2015, la juge de paix a admis cette requête
et désigné en qualité d’expert la société [...] SA, à Lausanne, qui
a déposé un rapport le 21 mai 2015. N.________ SA ayant conclu à la correction de l’armoire
à compteur, l’expert a déposé un deuxième rapport le 9 octobre 2015. N.________
SA ayant conclu à la mise en conformité totale de la salle de bains aux frais de l’intimé,
l’expert a rendu un rapport complémentaire, le 10 décembre 2015, par lequel il a
indiqué qu’il n’y avait pas lieu de procéder à des correctifs s’agissant
de l’étanchéité de l’installation réalisée.

 

             
Par prononcé du 25 janvier 2016, la juge de paix a arrêté la note d’honoraires de
l’expert à 1'200 francs.

 

             
Après avoir entendu l’expert à l’audience du 20 janvier 2016, qui a estimé
que, après examen, aucun correctif de l’installation sanitaire effectuée n’était
nécessaire, la juge de paix a constaté que la requête d’exécution forcée
déposée par N.________ SA n’avait plus d’objet.

 

             
La juge de paix du district de Lausanne a ainsi rendu une ordonnance par laquelle elle a constaté
que la cause était devenue sans objet (I), arrêté les frais judiciaires à 1'400 fr.
et dit qu’ils étaient compensés avec l’avance de frais de la requérante (II),
mis les frais à la charge de la partie intimée (III) et dit que la partie intimée rembourserait
en conséquence à la requérante par 1'400 fr. ses frais judiciaires, sans allocation
de dépens pour le surplus (IV) et rayé la cause du rôle (V).

 

2.             
Par écriture du 12 février 2016, dont le timbre postal est daté du 13 février 2016,
reçue par la Justice de paix du district de Lausanne le 15 février 2016, et précisée
le 18 février 2016, L.________ a recouru contre cette ordonnance et contesté les chiffres III
et IV de son dispositif. Il invoquait une erreur, estimant, au vu de l’art. 106 al. 1
CPC, que la mise des frais judiciaires à sa charge était contradictoire avec les faits tels
que N.________ SA avait entamé la procédure d’exécution forcée et que celle-ci
était devenue sans objet. Selon lui, N.________ SA était la partie succombante. Il « remerciait
d’avance pour la vérification de ce jugement ».

 

3.             
L’ordonnance d’exécution forcée est une décision rendue en procédure
sommaire selon l’art. 339 al. 2 CPC, de sorte que le délai pour recourir contre une telle
décision est de dix jours en vertu de l’art. 321 al. 2 CPC.

 

             
En l’espèce, l’ordonnance d’exécution forcée querellée a été
envoyée pour notification le 28 janvier 2016 et reçue par les parties le 2 février 2016.
Le délai de dix jours commençant à courir le 3 février 2016, il était échu
le 12 février 2016. Le recours, posté le 13 février 2016, est dès lors
tardif d’un jour et doit être déclaré irrecevable pour cause de tardiveté.

 

4.             
De plus, à teneur de l’art. 321 al. 1 CPC, le recours doit être introduit par un acte
écrit et motivé.

 

             
Pour que l'exigence de motivation soit remplie, l'autorité de recours doit en tout cas pouvoir comprendre
ce qui est reproché au premier juge sans avoir à rechercher des griefs par elle-même,
ce qui exige une certaine précision dans l'énoncé et la discussion des critiques formulées
(CREC 16 mars 2015/119 ; Jeandin, CPC commenté, 2011, n. 4 ad art. 321 CPC et n. 3 ad art.
311 CPC par analogie).

 

             
Le recours doit en outre contenir, sous peine d'irrecevabilité, des conclusions en annulation ou
au fond (Jeandin, op. cit., n. 5 ad art. 321 CPC), soit l’exposé de ce que la partie veut
que le tribunal lui alloue dans sa décision (Tappy, CPC Commenté, 2011, n. 11 ad art. 221 CPC).

 

             
Si l'autorité de seconde instance peut impartir un délai au recourant pour rectifier des vices
de forme, à l'instar de l'absence de signature, il ne saurait être remédié à
un défaut de motivation ou à des conclusions déficientes, de tels vices n'étant pas
d'ordre formel et affectant le recours de manière irréparable (CREC 16 mars 2015/119 ;
Jeandin, op. cit., n. 4 ad art. 321 CPC et n. 5 ad art. 311 CPC par analogie).

 

             
En l’espèce, il est douteux, compte tenu de ce qui précède, que la motivation du
recourant fût suffisante. Il n’explique pas en quoi la répartition des frais serait contraire
à l’art. 106 al. 1 CPC. En outre, il ne formule aucune conclusion tendant à
l’annulation ou à la réforme de l’ordonnance attaquée. Par conséquent,
le recours serait également irrecevable à ce titre, sans qu’il y ait lieu d’impartir
un délai au recourant pour remédier aux vices de son écriture. 

 

5.             
Le présent arrêt peut être rendu sans frais judiciaires de deuxième instance (art. 10
TFJC [tarif des frais judiciaires du 28 septembre 2010, RSV 270.11.5]).

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours civile du Tribunal cantonal,

en
application de l'art. 322 al. 1 CPC,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est irrecevable.

 

             
II.             
L’arrêt, rendu sans frais, est exécutoire.

 

 

             
Le président :             
                           
                           
              La greffière :

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

‑             
M. L.________,

‑             
N.________ SA.

 

             
La Chambre des recours civile considère que la valeur litigieuse est inférieure à 30’000
francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Mme la Juge de paix du district de Lausanne.

 

             
La greffière :