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**Case Identifier:** 718c0c06-e95c-576d-935d-790651213195
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2022-03-23
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 23.03.2022 E-1281/2022
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-1281-2022_2022-03-23.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour V 

E-1281/2022 

 

 
 

 
 A r r ê t  d u  2 3  m a r s  2 0 2 2  

Composition 
 Grégory Sauder, juge unique,  

avec l’approbation de Gérald Bovier, juge ; 

Antoine Willa, greffier. 

   

Parties 
 A._______, né le (…), 

Guinée,   

représenté par Emel Mulakhel, Caritas Suisse, 

recourant,  

 
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), 

Quellenweg 6, 3003 Berne, 

autorité inférieure. 

   

Objet 
 Asile (non-entrée en matière / procédure Dublin) et renvoi ; 

décision du SEM du 10 mars 2022 / N (…). 

 

 

 

E-1281/2022 

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Vu 

la demande d’asile déposée, le 9 février 2022, par A._______ (ci-après : le 

requérant, l’intéressé ou le recourant) auprès du Centre fédéral d’asile 

(CFA) de B._______, 

l’attribution du requérant au CFA de C._______, 

les attestations et rapports médicaux des (…), (…) et (…) février 2022, 

la procuration signée, le 25 février 2022, en faveur des juristes de Caritas 

Suisse, 

l’entretien Dublin du 2 mars 2022, 

la requête de reprise en charge adressée par le SEM aux autorités 

allemandes, le 2 mars 2022, 

l’admission de ladite requête en date du 4 mars 2022, 

la décision du 10 mars 2022, notifiée le même jour, par laquelle le SEM 

n’est pas entré en matière sur la demande, en application de l’art. 31a al. 1 

let. b LAsi (RS 142.31), a prononcé le transfert de l'intéressé vers 

l’Allemagne et ordonné l’exécution de cette mesure, constatant l’absence 

d’effet suspensif à un éventuel recours, 

l’attestation médicale du (…) mars 2022, 

le recours interjeté, le 17 mars 2022, contre la décision du SEM auprès du 

Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal), par lequel le requérant 

conclut, principalement, à l’entrée en matière sur sa demande et, 

subsidiairement, à l’annulation de la décision attaquée ainsi qu’au renvoi 

de la cause pour instruction complémentaire et nouvelle décision, 

les requêtes d’assistance judiciaire partielle et d’octroi de l’effet suspensif 

dont ledit recours est assorti,  

les mesures superprovisionnelles prononcées en date du 18 mars 2022, 

  

E-1281/2022 

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et considérant 

qu’en vertu de l’art. 31 LTAF, le Tribunal connaît des recours contre les 

décisions au sens de l’art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à 

l’art. 33 LTAF, 

qu’en particulier, les décisions rendues par le SEM en matière d’asile 

peuvent être contestées devant le Tribunal, lequel statue alors 

définitivement, sauf demande d’extradition déposée par l’Etat dont le 

requérant cherche à se protéger (art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi 

de l’art. 105 LAsi, et art. 83 let. d ch. 1 LTF), exception non réalisée dans 

le cas présent, 

que l'intéressé a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA), 

que le recours, interjeté dans la forme (art. 52 al. 1 et 3 PA) et le délai 

(art.108 al. 3 LAsi) prescrits par la loi, est recevable, 

que saisi d’un recours contre une décision de non-entrée en matière sur 

une demande d’asile, le Tribunal se limite à examiner le bien-fondé d’une 

telle décision (cf. ATAF 2012/4 consid. 2.2 ; 2009/54 consid. 1.3.3 ; 2007/8 

consid. 5), 

que dans le cas d’espèce, il y a lieu de déterminer si le SEM était fondé à 

faire application de l’art. 31a al. 1 let. b LAsi, disposition en vertu de 

laquelle il n’entre pas en matière sur une demande d’asile lorsque le 

requérant peut se rendre dans un Etat tiers compétent, en vertu d’un 

accord international, pour mener la procédure d’asile et de renvoi, 

qu’avant de faire application de la disposition précitée, le SEM examine la 

compétence relative au traitement d’une demande d’asile selon les critères 

fixés dans le règlement (UE) no 604/2013 du Parlement européen et du 

Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de 

détermination de l’Etat membre responsable de l’examen d’une demande 

de protection internationale introduite dans l’un des Etats membres par un 

ressortissant de pays tiers ou un apatride (JO L 180/31 [refonte] du 29 juin 

2013, règlement Dublin III ; ci-après : RD III), 

que s’il ressort de cet examen qu’un autre Etat est responsable du 

traitement de la demande d’asile, le SEM rend une décision de non-entrée 

en matière après que l’Etat requis a accepté la prise ou la reprise en charge 

du requérant d’asile (cf. ATAF 2017 VI/5 consid. 6.2), 

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qu’aux termes de l’art. 3 par. 1 RD III, une demande de protection 

internationale est examinée par un seul Etat membre, celui-ci étant 

déterminé selon les critères fixés à son chapitre III, la procédure de 

détermination de l’Etat responsable étant engagée aussitôt qu’une 

demande d’asile a été déposée pour la première fois dans un Etat membre 

(art. 20 par. 1 RD III), 

que dans une procédure de prise en charge (anglais : take charge), les 

critères énumérés au chapitre III du RD III (art. 8 à 15) doivent être 

appliqués successivement (principe de l’application hiérarchique des 

critères de compétence ; art. 7 par. 1 RD III), 

que pour ce faire, il y a lieu de se baser sur la situation existant au moment 

du dépôt de la première demande dans un Etat membre (art. 7 par 2 RD 

III), 

qu’en revanche, dans une procédure de reprise en charge (anglais : take 

back), il n’y a en principe aucun nouvel examen de la compétence selon le 

chapitre III (cf. ATAF 2017 VI/5 consid. 6.2 et 8.2.1 ainsi que réf. cit.), 

qu’en vertu de l’art. 3 par. 2 RD III, lorsqu’il est impossible de transférer un 

demandeur vers l’Etat membre initialement désigné comme responsable 

parce qu’il y a de sérieuses raisons de croire qu’il existe dans cet Etat 

membre des défaillances systémiques dans la procédure d’asile et les 

conditions d’accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de 

traitement inhumain ou dégradant au sens de l’art. 4 de la Charte des droits 

fondamentaux de l’Union européenne (JO C 364/1 du 18.12.2000 ; 

ci-après : CharteUE), l’Etat procédant à la détermination de l’Etat 

responsable poursuit l’examen des critères fixés au chapitre III, afin 

d’établir si un autre Etat peut être désigné comme responsable, 

que lorsqu’il est impossible de transférer le demandeur vers un Etat 

désigné sur la base de ces critères ou vers le premier Etat auprès duquel 

la demande a été introduite, l’Etat membre procédant à la détermination 

devient l’Etat responsable, 

que l’Etat responsable de l’examen d’une demande de protection 

internationale en vertu du règlement est tenu de reprendre en charge – 

dans les conditions prévues aux art. 21, 22 et 29 – le demandeur qui a 

introduit une demande dans un autre Etat membre (art. 18 par. 1 let. a 

RD III), 

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que sur la base de l’art. 17 par. 1 RD III (clause de souveraineté), chaque 

Etat membre peut décider d’examiner une demande de protection 

internationale qui lui est présentée par le ressortissant d’un pays tiers ou 

un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères 

fixés dans le règlement, 

qu’en l’occurrence, les investigations entreprises par le SEM ont révélé, 

après consultation de l’unité centrale du système européen «Eurodac», 

que le requérant a déposé deux demandes d’asile en Allemagne en date 

des (…) juillet 2017 et (…) septembre 2018, toutes deux rejetées, 

que le 2 mars 2022, le SEM a soumis aux autorités allemandes 

compétentes, dans les délais fixés aux art. 23 par. 2 et 24 par. 2 RD III, une 

requête aux fins de reprise en charge fondée sur l’art. 18 par. 1 let. d RD III, 

que le 4 mars suivant, les autorités allemandes ont accepté de reprendre 

en charge le requérant, sur la base de cette dernière disposition, 

que l’Allemagne a ainsi reconnu sa compétence pour traiter la demande 

d’asile de l'intéressé, 

que ce point n’est pas contesté, 

que par ailleurs, il ressort du dossier du SEM qu’une attestation médicale 

du (…) février 2022 indique que le requérant a frappé un mur, ce qui a 

causé un œdème de l’annulaire gauche, 

qu’aux termes d’un rapport médical du (…) février 2022, l’intéressé souffre 

d’hallucinations et manifeste des idées suicidaires, le diagnostic retenu 

étant celui de schizophrénie paranoïde (réf. DSM F 20.2) décompensée, 

que son état nécessite un traitement géré par un spécialiste, 

que ces données sont confirmées par une attestation médicale du 

(…) février 2022, qui relève que l’intéressé était soigné avant son arrivée 

en Suisse et prenait de D._______ et de la E._______, mais avait cessé 

son traitement en septembre 2021, 

qu’une décision de placement à des fins d’assistance a été prise le même 

jour, le recourant étant hospitalisé au centre d’urgence psychiatrique de 

F._______, 

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qu’il manifestait une psychose accompagnée d’idées suicidaires 

scénarisées et d’hallucinations auditives, 

qu’une incapacité de travail jusqu’au (…) mars suivant a été constatée, 

que selon la lettre de sortie du (…) février 2022, qui confirme le diagnostic 

posé, le traitement consiste en prise D._______ à raison de (…) mg par 

jour et, si nécessaire, de (…), un suivi devant être mis en place, 

que lors de l’entretien Dublin, le recourant a indiqué que les médicaments 

l’aidaient beaucoup, mais qu’il craignait que les autorités allemandes ne le 

renvoient en Guinée, où il ne pourrait pas se soigner, 

qu’il a déclaré avoir commis une tentative de suicide au moyen d’un 

couteau en juin 2021, durant son séjour en Allemagne, point également 

cité dans l’attestation du (…) février 2022, 

qu’enfin, selon une attestation du (…) mars 2022, il souffre d’un urticaire 

traité par (…) et (…), 

que le mandataire a requis l’instruction d’office de l’état de santé de 

l’intéressé, 

que dans son recours, celui-ci réitère que l’instruction relative à ce dernier 

point a été incomplète, faisant valoir un établissement incomplet ─ voire 

inexact ─ des faits, 

qu’au sens de l'art. 106 al. 1 let. b LAsi, cet établissement est incomplet, 

lorsque toutes les circonstances de fait et les moyens de preuve 

déterminants pour la décision n'ont pas été pris en compte par l'autorité 

inférieure, et inexact, lorsque celle-ci a omis d’administrer la preuve d’un 

fait pertinent, apprécié de manière erronée le résultat de l’administration 

d’un moyen de preuve ou a fondé sa décision sur des faits erronés, en 

contradiction avec les pièces (cf. ATAF 2014/2 consid. 5.1 et réf. cit. ; 

2007/37 consid. 2.3 et réf. cit.), 

que selon le mandataire, l’hospitalisation intervenue en Suisse aurait été 

de nature à laisser présumer une aggravation du diagnostic posé, d’où la 

nécessité d’un nouveau rapport médical, 

que son mandant ne serait pas en mesure de retourner en Allemagne, en 

raison des événements qu’il y aurait vécus, 

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que ces assertions ne sont cependant aucunement étayées, 

qu’en l’espèce, le diagnostic et le traitement des troubles du recourant sont 

parfaitement clairs et apparaissent être les mêmes que ceux pour lesquels 

il était soigné en Allemagne, 

que la situation diffère ainsi de celle constatée dans l’arrêt F-1968/2020 

(consid. 4.4.4 à 4.4.6) invoqué par le recourant, dans lequel le diagnostic 

n’était pas suffisamment précis et ne permettait pas une appréciation 

adéquate de la compatibilité de l’état de santé de la personne intéressée 

avec son transfert, 

que selon les allégations du recourant, le diagnostic posé sera amené à 

évoluer, 

que les données médicales sur lesquelles s’est basé le SEM sont toutefois 

récentes, les modifications à venir de l’état de l’intéressé demeurant en 

l’état du domaine de l’hypothèse, 

qu’au surplus, il apparaît que ses troubles se seraient manifestés à la suite 

de l’interruption de son traitement en septembre 2021, ainsi qu’il l’a indiqué 

lors de l’entretien Dublin, 

que la décision de placement du (…) février 2022 mentionne d’ailleurs un 

« contexte de rupture de traitement », dont les causes sont inconnues, 

mais peuvent tenir à l’attitude du recourant lui-même, 

que la reprise du traitement est dès lors de nature à contrôler et à maîtriser 

l’évolution de l’affection psychique dont il est atteint, 

que le grief basé sur une instruction insuffisante doit ainsi être écarté, 

que s’agissant du fond, il n’y a aucune sérieuse raison de penser qu’il 

existe, en Allemagne, des défaillances systémiques dans la procédure 

d’asile et les conditions d’accueil des demandeurs, qui entraînent un risque 

de traitement inhumain ou dégradant au sens de l’art. 4 de la CharteUE 

(cf. art. 3 par. 2 al. 2 du règlement Dublin III), 

qu’en effet, ce pays est lié à cette Charte et partie à la Convention du 

28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés (Conv. réfugiés, RS 0.142.30) 

ainsi qu’au Protocole additionnel du 31 janvier 1967 (Prot., RS 0.142.301), 

à la CEDH et à la Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et 

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autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants 

(Conv. torture, RS 0.105) et, à ce titre, en applique les dispositions, 

que, dans ces conditions, cet Etat est présumé respecter la sécurité des 

demandeurs d’asile, en particulier leur droit à l’examen, selon une 

procédure juste et équitable, de leur demande, et leur garantir une 

protection conforme au droit international et au droit européen (cf. directive 

no 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 

relative à des procédures communes pour l’octroi et le retrait de la 

protection internationale, ci-après: directive Procédure]; directive 

no 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 

établissant des normes pour l’accueil des personnes demandant la 

protection internationale, ci-après: directive Accueil]), 

que, dans ces conditions, l’application de l’art. 3 par. 2 RD III ne se justifie 

pas en l’espèce, 

qu’en outre, l'intéressé n'a pas démontré l’existence d’un risque concret 

que les autorités allemandes refuseraient de le reprendre en charge et, le 

cas échéant, d’examiner les conditions d’exécution de son renvoi, dont il 

lui est loisible de demander le réexamen, 

qu’il n’a fourni aucun élément concret susceptible de démontrer à ce sujet 

que l’Allemagne ne respecterait pas le principe de non-refoulement et 

faillirait à ses obligations internationales, 

qu’en conséquence, le caractère exécutable d’un éventuel renvoi en 

Guinée devra être apprécié par les autorités d’asile allemandes 

compétentes et n’est pas pertinent dans la présente procédure, 

que par ailleurs, s’il ressort de la réponse des autorités allemandes du 

4 mars 2022, que celles-ci ont accepté de reprendre l’intéressé en charge 

et ainsi de le réadmettre sur leur territoire sur la base de l’art. 18 par. 1 

let. d du règlement Dublin III, disposition qui concerne les requérants dont 

la demande d’asile a été rejetée, 

que néanmoins, rien ne permet d’admettre que la décision négative des 

autorités d’asile allemandes ait été prononcée en violation du principe de 

non-refoulement, ancré en particulier à l’art. 33 Conv. réfugiés, à 

l’art. 3 CEDH ou encore à l’art. 3 Conv. torture, 

qu’à cet égard, rien n’amène le Tribunal à considérer que la demande de 

protection déposée en Allemagne par l’intéressé aurait été traitée en 

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violation de normes internationales contraignantes liant ce pays et en 

particulier de celles prévues par la directive Procédure, 

que, par ailleurs, une décision définitive de refus d’asile et de renvoi rendue 

par le pays vers lequel intervient le transfert ne constitue pas, en soi, une 

violation du principe de non-refoulement,  

qu’en outre, le recourant n’a pas démontré que ses conditions d'existence 

en Allemagne revêtiraient un tel degré de pénibilité et de gravité qu'elles 

seraient constitutives d'un traitement contraire à l'art. 3 CEDH ou encore 

à l'art. 3 Conv. torture, 

que contrairement à ce que prétend le recourant, son état de santé ne 

s’oppose pas à son transfert en Allemagne, au regard de l’art. 3 CEDH, 

que, selon la jurisprudence de la CourEDH (cf. arrêt de la CourEDH 

Paposhvili c. Belgique du 13 décembre 2016, Grand Chambre, requête 

n° 41738/10 ; dans ce sens aussi, arrêt de la Cour de Justice de l’Union 

européenne du 16 février 2017 en l’affaire C-578/16), le retour forcé des 

personnes touchées dans leur santé n'est susceptible de constituer une 

violation de l'art. 3 CEDH que lorsqu’il y a des motifs sérieux de croire que 

cette personne, bien que ne courant pas de risque imminent de mourir, 

ferait face, en raison de l’absence de traitements adéquats dans le pays 

de destination ou du défaut d’accès à ceux-ci, à un risque réel d’être 

exposée à un déclin grave, rapide et irréversible de son état de santé 

entraînant des souffrances intenses ou à une réduction significative de son 

espérance de vie (cf. aussi ATAF 2011/9 consid. 7.1),  

que tel n’est manifestement pas le cas en l’espèce, l’Allemagne disposant 

à l’évidence de structures médicales similaires à celles existant en Suisse, 

qu’il ne fait aucun doute que le recourant pourra y accéder aux soins 

essentiels à son état de santé, 

qu’en effet, même si la directive Accueil ne trouve plus application en 

l’espèce, dès lors que l’intéressé a été débouté par les autorités 

allemandes et est en principe tenu de retourner dans son pays d’origine 

(art. 3 par. 1 de ladite directive), l'assistance à laquelle il pourra prétendre 

jusqu’à l'exécution du renvoi relève du droit national allemand, 

qu’aucun élément concret ne permet de considérer que l’Allemagne 

refuserait, le cas échéant, au recourant l’accès aux soins en cas d’urgence 

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ou de problèmes graves, les soins médicaux essentiels étant garantis dans 

ce pays, même pour les personnes en situation irrégulière, 

que s’agissant des soins particuliers au moment de son transfert vers 

l’Allemagne, il appartiendra à l’intéressé et ses thérapeutes d'en informer 

les autorités suisses chargées de l'exécution de cette mesure, 

que dans ce sens, les modalités du transfert devront être déterminées de 

concert avec les autorités du pays de destination, comme l’a du reste 

précisé le SEM (cf. p. 5 de la décision attaquée), 

qu’il incombera ainsi aux autorités suisses chargées de l’exécution du 

transfert de transmettre aux autorités allemandes les renseignements 

permettant une telle prise en charge (art. 31 et 32 du RD III), 

que pour le surplus, rien n’indique que l’intéressé ne soit pas en mesure 

de voyager, 

que par conséquent, le transfert du recourant vers l’Allemagne est 

conforme aux engagements de droit international de la Suisse, 

que cela dit, sur la base de l’art. 17 par. 1 RD III (clause de souveraineté), 

chaque Etat membre peut décider d’examiner une demande de protection 

internationale qui lui est présentée par le ressortissant d’un pays tiers ou 

un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères 

fixés dans le règlement, 

que ce point, qui ressortit à l’opportunité, ne peut cependant plus être 

examiné au fond par le Tribunal, depuis l’abrogation de l’art. 106 al. 1 let. c 

LAsi, entrée en vigueur le 1er février 2014, 

qu’en présence d’éléments de nature à permettre l’application des clauses 

discrétionnaires, le Tribunal se limite à contrôler si le SEM a fait usage de 

son pouvoir d’appréciation et s’il l’a fait selon des critères objectifs et 

transparents, dans le respect des principes constitutionnels que sont le 

droit d’être entendu, l’égalité de traitement et la proportionnalité (cf. ATAF 

2015/9 consid. 7 s.), 

qu’en l’occurrence, le SEM a pris en compte les faits allégués par 

l’intéressé et susceptibles de constituer des raisons humanitaires au sens 

de l’art. 29a al. 3 de l'ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l'asile (OA 1, 

RS 142.311), en lien avec l’art. 17 par. 1 RD III (cf. p. 6 et 7 de la décision 

du SEM), 

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qu’il a exercé correctement son pouvoir d’appréciation, en examinant 

notamment s’il y avait lieu d’entrer en matière sur la demande pour des 

raisons humanitaires, et n’a pas fait preuve d’arbitraire dans son 

appréciation, ni violé le principe de la proportionnalité ou de l’égalité de 

traitement, 

que la décision attaquée n’est ainsi frappée d’aucune irrégularité sur ce 

point,  

que, dans ces conditions, c’est à bon droit que le SEM n’est pas entré en 

matière sur la demande d’asile de l’intéressé, en application de l’art. 31a 

al. 1 let. b LAsi, et qu’il a prononcé son transfert de Suisse vers 

l’Allemagne, en application de l’art. 44 LAsi, aucune exception à la règle 

générale du renvoi n’étant réalisée (art. 32 OA 1), 

que, cela étant, les questions relatives à l’existence d’un empêchement à 

l’exécution du renvoi (ou transfert) pour des raisons tirées de l’art. 83 al. 2 

à 4 de la loi sur les étrangers et l’intégration (LEI, RS 142.20) ne se posent 

plus séparément, dès lors qu’elles sont indissociables du prononcé de la 

non-entrée en matière (cf. ATAF 2015/18 consid. 5.2 et réf. citées), 

qu’au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté, 

que, s’avérant manifestement infondé, il l’est dans une procédure à juge 

unique, avec l’approbation d’un second juge (art. 111 let. e LAsi), 

qu’il est dès lors renoncé à un échange d’écritures, le présent arrêt n’étant 

motivé que sommairement (art. 111a al. 1 et 2 LAsi), 

que, dans la mesure où il a été immédiatement statué sur le fond, la 

requête formulée dans le recours tendant à l’octroi de l’effet suspensif est 

sans objet,  

que les mesures superprovisionnelles tombent par le présent arrêt, 

que pour le reste, les conclusions du recours étant d’emblée vouées à 

l’échec, la requête d’assistance judiciaire partielle est rejetée (art. 102m 

al. 1 LAsi, en lien avec l’art. 65 al. 1 PA), 

qu’en raison de l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de 

procédure à la charge du recourant, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 

art. 2 et 3 let. a du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, 

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dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, 

RS 173.320.2), 

 

 

(dispositif : page suivante) 

  

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le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté. 

2.  

La requête d’assistance judiciaire partielle est rejetée. 

3.  

Les frais de procédure, d’un montant de 750 francs, sont mis à la charge 

du recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans 

les 30 jours dès l’expédition du présent arrêt. 

4.  

Le présent arrêt est adressé au mandataire du recourant, au SEM et à 

l’autorité cantonale. 

 

Le juge unique : Le greffier : 

  

Grégory Sauder Antoine Willa 

 

 

Expédition :