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**Case Identifier:** 6290ab5b-e41e-5f1c-b8a0-40622f039902
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-10-30
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 30.10.2018 C/527/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-527-2018_2018-10-30.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 01.11.2018. 

 
 

R É P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/527/2018 ACJC/1491/2018 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU MARDI 30 OCTOBRE 2018 

 

Entre 

Monsieur A______, domicilié ______, appelant et intimé d'un jugement rendu  
par la 18ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 4 juillet 2018, 

comparant par Me Dalmat Pira, avocat, rue de Hesse 16, 1204 Genève, en l'étude 

duquel il fait élection de domicile, 

et 

Madame B______, domiciliée ______, intimée et appelante, comparant par  
Me Pierluca Degni, avocat, route de Chêne 11, case postale 6009, 1211 Genève 6, en 

l'étude duquel elle fait élection de domicile. 

 

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EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/10815/2018 du 4 juillet 2018, reçu par les parties le 
5 juillet 2018, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices 

de l'union conjugale, a notamment autorisé les époux B______ et A______ à 

vivre séparés (ch. 1 du dispositif), attribué à B______ la jouissance exclusive du 

domicile conjugal sis ______ à C______ [GE] (ch. 2), ordonné à A______ de 

quitter le domicile conjugal d'ici au 31 octobre 2018 (ch. 3), prononcé le chiffre 3 

sous la menace de la peine de l'art. 292 CP (ch. 4), autorisé B______ à recourir à 

l'intervention d'un huissier judiciaire et au besoin à la force publique dans 

l'hypothèse où A______ ne se conformerait pas spontanément au chiffre 3 (ch. 5), 

condamné B______ à verser à A______ par mois et d'avance, au titre de 

contribution à son entretien, 3'100 fr. pour une durée maximum de 24 mois, à 

compter de son départ du domicile conjugal (ch. 6) et prononcé la séparation des 

biens des époux (ch. 7). 

B. a. Par acte déposé au greffe de la Cour de justice le 16 juillet 2018, A______ 
appelle de ce jugement, dont il sollicite l'annulation des chiffres 4 et 5 du 

dispositif en tant qu'ils lui fixent le délai pour quitter le domicile conjugal au  

31 octobre 2018 et du chiffre 6 lui octroyant une contribution d'entretien dès son 

départ du domicile conjugal pour une durée maximum de 24 mois. Cela fait, il 

conclut à ce que la Cour condamne son épouse à lui verser, à titre de contribution 

à son entretien, rétroactivement dès le mois de janvier 2018 et ce jusqu'à son 

départ du domicile conjugal, par mois et d'avance, 1'900 fr. puis, dès ce départ, 

3'100 fr. pour une durée illimitée et lui accorde un délai d'un an à compter du 

prononcé de l'arrêt pour quitter le domicile conjugal. 

 Il a produit des pièces nouvelles, soit une convocation des HUG du 6 juin 2018 
pour une consultation prévue le 20 août 2018 (pièce n° 5), son extrait du registre 

de poursuites du 4 juillet 2018 (pièce n° 7), un avis de saisie de l'office des 

poursuites du 9 juillet 2018 à son encontre (pièce n° 8), une attestation du 

8 juin 2018 de [l'association] D______ (pièce n° 11), un rapport d'intervention 

psychiatrique d'urgence des HUG du 10 juillet 2018 (pièce n° 12) ainsi que deux 

certificats médicaux des HUG des 6 juin et 10 juillet 2018 (pièces n° 13 et 15). 

 Il a requis le prononcé de mesures superprovisionnelles, tendant à ce que la Cour 

condamne son épouse à lui verser, par mois et d'avance, une contribution 

d'entretien de 1'900 fr. dès le dépôt de son appel. Cette requête a été rejetée par 

arrêt de la Cour du 17 juillet 2018 et le sort des frais de procédure réservé à la 

décision au fond. 

 En outre, il a préalablement sollicité la suspension de l'effet exécutoire attaché au 

chiffre 3 du dispositif du jugement, qui a été refusée par arrêts de la Cour des 

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25 juillet 2018 et 11 octobre 2018. Le sort des frais a été renvoyé à la décision au 

fond. 

b. Par acte déposé au greffe de la Cour de justice le 16 juillet 2018, B______ 
appelle également de ce jugement, dont elle sollicite l'annulation des chiffres 3 et 

6 du dispositif. Elle conclut notamment à ce qu'il soit ordonné à son époux de 

quitter le domicile conjugal et de le libérer de ses biens personnels ainsi que de 

son mobilier avec effet immédiat, sous la menace de la peine de l'art. 292 CP et à 

ce que aucune contribution ne soit due à l'entretien de son mari. 

Elle a produit des pièces nouvelles, soit trois certificats médicaux datés 

respectivement des 9 mai, 9 et 29 juin 2018 (pièce n° 34), deux attestations d'un 

médecin et d'un psychologue des 30 mai et 12 juillet 2018 (pièces n° 35 et 36), un 

extrait de la page ______ [réseau social] de son époux non daté (pièce n° 37), 

deux formulaires de situation personnelle et financière à son nom et celui de son 

fils du 22 mai 2018 (pièces n° 38 et 38bis), une attestation de dépôt d'une plainte 

pénale du 30 mai 2018 à l'encontre de son mari pour le vol d'une montre (pièce  

n° 39), un courrier qui lui a été adressé par son père le 10 juillet 2018 (pièce 

n° 40), ainsi que plusieurs factures de ______ [suivi médical] à son attention pour 

les mois d'avril à juillet 2018 datées des 11 mai, 6 juin et 3 juillet 2018 (pièce  

n° 41). 

c. Dans leurs mémoires de réponse respectifs, chacun des époux a conclu au 
déboutement de l'autre des fins de son appel. 

B______ a conclu, préalablement, à l'irrecevabilité partielle de l'appel de son 

époux en ce qu'il demande un délai d'un an pour quitter le domicile conjugal, au 

motif qu'aucune conclusion n'a été prise quant à l'annulation du chiffre 3 du 

jugement du Tribunal. 

d. Dans leurs répliques et dupliques, les parties ont persisté dans leurs 
conclusions. 

A______ a produit, à l'appui de sa réplique du 23 août 2018, d'autres pièces 

nouvelles, soit une demande d'appartement adressée à la commune de C______ du 

31 juillet 2018 (pièce n° 21 réplique), deux attestations du service des sports de la 

Ville de Genève datées du 27 juillet 2018 certifiant notamment avoir vendu à 

l'intéressé un abonnement aux piscines municipales pour la période allant du  

21 mai au 18 août 2018 (pièce n° 24), une attestation de dépôt d'une plainte pénale 

du 15 mai 2018 à l'encontre du père de son épouse (pièce n° 25), une confirmation 

d'inscription à l'office cantonal de l'emploi du 23 mai 2018 ainsi que des 

recherches d'emploi effectuées dans ce cadre pour juillet 2018 (pièces n° 27 et 

28), deux décisions, respectivement de la caisse cantonale genevoise du chômage 

du 26 juillet 2018 et de l'office régional de placement du 30 juillet 2018, lui 

refusant un droit à l'indemnité et annulant ainsi son dossier (pièces n° 26 et 29), 

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son extrait du registre des poursuites du 4 juillet 2018 (pièce n° 30), un 

commandement de payer du 12 juillet 2018 ainsi qu'un acte de défaut de biens de 

l'office des poursuites du 9 août 2018 (pièces n° 31 et 36), diverses factures, 

rappels et sommations (E______ [caisse maladie], TPG, CHUV et HUG) reçus 

entre juillet et août 2018 (pièces n° 33 à 35, 37 et 38). 

A l'appui de sa duplique du 21 septembre 2018, A______ a produit d'autres pièces 

nouvelles, soit deux certificats médicaux des 10 septembre et 21 septembre 2018 

(pièces n° 28 et 31 duplique), une convocation de l'Hospice général du 5 juillet 

2018 (pièce n° 30), des rapports, attestations et ordonnances des HUG de 

septembre 2018 (pièces n° 29, 32, 35 et 39), plusieurs convocations des HUG des 

10, 11 et 13 septembre 2018 pour des consultations, examens médicaux ainsi 

qu'une hospitalisation prévue pour le 1er octobre 2018 (pièces n° 34, 36 et 37), un 

courrier du service de l'assurance-maladie du 17 août 2018 concernant une 

demande de subside (pièce n° 40), des factures et rappels (TPG, CHUV et HUG) 

reçus en septembre 2018 (pièces n° 41 à 43), un extrait de son registre des 

poursuites du 19 septembre 2018 (pièce n° 44), deux demandes de location pour 

des appartements datées des 10 et 18 septembre 2018 (pièces n° 45 et 46), un 

courriel du 11 septembre 2018 d'une voisine attestant avoir permis à l'intéressé de 

loger dans son appartement dès début septembre au début octobre 2018 (pièce  

n° 47), des tickets de F______ [loterie] du 8 septembre 2018 (pièce n° 49) ainsi 

qu'une fiche de salaire de G______ du 3 septembre 2018 (pièce n° 50). 

B______ a produit d'autres pièces nouvelles, soit un accusé de réception de  

1'200 fr. à titre de loyer signé par son père le 18 juillet 2018 ainsi que deux 

récépissés de paiement de 1'200 fr. à l'attention de son père d'août et septembre 

2018 (pièces n° 42, 44 et 46), une ordonnance de séquestre du 9 août 2018 à 

l'encontre de son époux concernant une montre (pièce n° 43), ainsi qu'un avis de 

saisie à son encontre de l'office des poursuites du 6 août 2018 (pièce n° 45). 

e. Les parties ont été informées de ce que la cause était gardée à juger par avis du 
24 septembre 2018. 

f. Par courriers spontanés des 26 septembre et 22 octobre 2018, A______ a 
sollicité son audition par la Cour en l'absence de son avocat et de son épouse. 

C. Les éléments suivants ressortent de la procédure : 

a. B______, née le ______ 1970, et A______, né le ______ 1976, tous deux de 
nationalité suisse, se sont mariés le ______ 1999 à C______. 

Ils n'ont pas conclu de contrat de mariage. 

Un enfant est issu de cette union, G______, né le ______ 1999 à Genève et 

aujourd'hui majeur. 

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Les époux résident, avec leur fils, dans la maison propriété des parents de 

B______. Ces derniers vivent au rez-de-chaussée, B______ et G______ au 

premier étage et A______ occupe une chambre dans les combles. 

Les époux ne payent pas de loyer. B______ allègue que le paiement d'un loyer 

avait été initialement convenu avec ses parents mais que, compte tenu des 

difficultés financières des parties, ses parents avaient renoncé provisoirement à le 

percevoir. 

A cet égard, il ressort d'une attestation manuscrite des parents de B______, 

produite devant le Tribunal, qu'un loyer de 1200 fr. avait été fixé. 

Par courrier du 10 juillet 2018, le père de B______ a exigé le paiement du loyer 

pour juillet 2018 et a accusé réception de 1'200 fr. à ce titre le 18 juillet 2018. 

B______ lui a versé le même montant pour août et septembre 2018. 

Il ressort des explications des parties et des pièces au dossier que l'atmosphère au 

domicile conjugal est tendue et délétère. 

Ces tensions se sont matérialisées notamment par le dépôt de plaintes pénales de 

part et d'autre. 

A______ rend occasionnellement visite à son père qui réside en H______. Il est 

également propriétaire d'une maison en I______, reçue en donation par ses 

parents. 

b. Par acte déposé au greffe du Tribunal de première instance le 12 janvier 2018, 
B______ a formé une requête de mesures protectrices de l'union conjugale. 

S'agissant des éléments encore litigieux en appel, elle a conclu à ce qu'il soit 

ordonné à son mari de quitter le domicile conjugal sous la menace de la peine 

prévue à l'art. 292 CP. 

c. Dans son écriture en réponse du 9 mars 2018, A______ ne s'est pas opposé au 
fait de quitter le domicile conjugal mais il a conclu à ce qu'un délai de 12 mois dès 

l'entrée en force du jugement lui soit accordé et à ce que son épouse soit 

condamnée à lui verser une contribution d'entretien de 3'100. fr. par mois. Il n'a 

pas précisé à partir de quelle date cette contribution était requise. 

d. Lors des audiences des 20 mars et 8 mai 2018, B______ a précisé que le couple 
ne payait pas de loyer à ses parents et qu'elle faisait l'objet de poursuites pour 

lesquelles elle versait chaque mois 3'280 fr. 

A______ a déclaré que, malgré de multiples recherches d'emploi, il ne trouvait 

pas de travail. Il souffrait de problèmes de santé depuis 2014 lorsqu'il avait subi 

une opération au pancréas. 

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B______ a confirmé que son mari avait fait de nombreuses recherches d'emploi, 

précisant qu'elle l'avait aidé dans cette tâche. 

La cause a été gardée à juger par le Tribunal au terme de l'audience du 8 mai 

2018, lors de laquelle les époux ont persisté dans leurs conclusions. 

e. Le 7 juin 2018, A______ a déposé au Tribunal une requête de mesures 
superprovisionnelles et provisionnelles concluant à ce que son épouse soit 

condamnée à lui verser, avec effet immédiat, une contribution d'entretien de  

3'100 fr. par mois. Il a exposé que son épouse ne lui versait plus rien pour couvrir 

son entretien courant. Il avait requis par courrier du 29 mars 2018, le versement 

d'une contribution de 2'000 fr. pour la durée de la procédure, mais cette demande 

avait été refusée par son épouse. 

Cette requête a été rejetée par ordonnance du 11 juin 2018 au motif qu'un 

jugement serait rendu prochainement par le juge des mesures protectrices, la cause 

ayant été gardée à juger. 

 f. La situation personnelle et financière des parties est la suivante : 

f.a. B______, âgée de 48 ans, travaille comme ______ auprès des J______, avec 
un salaire mensuel net à 100% de 5'865 fr. 90, versé en 13 mensualités, soit réparti 

sur 12 mois, 6'354 fr. 70 par mois. Elle fait l'objet d'une saisie de gain dite 

"arrangée" pour laquelle elle verse à l'office des poursuites 3'280 fr. par mois. 

Elle a été en incapacité de travail à 100% du 9 mai au 9 juin 2018, suivie d'une 

capacité de travail à 80% du 9 juin au 29 juillet 2018. Il a été médicalement attesté 

d'une dégradation de sa santé psychique due au conflit conjugal. 

Ses charges mensuelles, arrêtées par le Tribunal à 2'090 fr. 45, se composent de sa 

cotisation d'assurance-maladie (485 fr. 45), des impôts (185 fr.) de frais de 

transport TPG (70 fr.), et du montant de base OP (1'350 fr.). 

Elle allègue que doivent être intégrés à ses charges un loyer mensuel de 1'200 fr. 

ainsi que la saisie de gain "arrangée "susmentionnée. 

f.b. A______, âgé de 42 ans, est ______ [profession] dans ______ [domaine 
d'activité]. Il dispose d'une formation de ______ effectuée en I______ et d'un 

diplôme de ______ délivré par K______ [à] Genève. Il est sans emploi depuis 

2012. Après avoir touché des indemnités de l'assurance chômage jusqu'en 2013, il 

est sans ressources financières. 

Depuis 2014, il a effectué plusieurs recherches d'emploi pour des postes dans la 

______, ou encore en tant que réceptionniste, agent de vente, bagagiste et 

chauffeur. Ces recherches se sont avérées infructueuses. 

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Depuis 2014, lorsqu'il a été opéré d'une pancréatectomie G avec insulinome 

(tumeur) bénine, son état de santé est instable et il est régulièrement suivi par les 

HUG. Il justifie par pièces d'une incapacité de travail à 100% du 6 juin au 8 août 

2018 et du 10 septembre au 1er octobre 2018, jour où une hospitalisation a été 

prévue par les HUG. Il est suivi par D______, association active dans le soutien 

des hommes victimes de violence conjugale. 

Il fait l'objet de poursuites en lien avec ses primes d'assurance-maladie ainsi que 

d'un acte de défaut de biens. 

Ses charges mensuelles, arrêtées par le premier juge, s'élèvent à 2'955 fr. 10 par 

mois, et comprennent son loyer, estimé à 1'200 fr. charges comprises, sa cotisation 

d'assurance-maladie (474 fr. 70), l'assurance ménage (10 fr. 40), des frais de 

transport TPG (70 fr.) et le montant de base OP de 1'200 fr. 

B______ allègue que son époux doit se voir imputer un revenu hypothétique, que 

rien permet d'affirmer qu'il devra effectivement s'acquitter d'un loyer de 1'200 fr. 

et que l'assurance ménage ne doit pas être intégrée dans le calcul des charges de 

ce dernier, étant déjà comprise dans le montant de base OP. 

f.c. G______ est apprenti en ______ et perçoit à ce titre un salaire moyen de  
1'200 fr. par mois. 

D. Dans la décision querellée, le Tribunal a retenu que l'épouse bénéficiait d'un 
disponible de 4'264 fr. 54, après couverture de ses charges (6'354 fr. 70 – 
2'090 fr. 45), et que le budget de l'époux, sans ressources, accusait un déficit de 

2'955 fr. 10. La contribution d'entretien de l'époux a ainsi été fixée à 3'100 fr. et 

limitée à une durée de 24 mois. 

EN DROIT 

1. 1.1 L'appel est recevable contre les jugements de mesures protectrices de l'union 
conjugale, lesquels doivent être considérés comme des décisions provisionnelles 

au sens de l'art. 308 al. 1 let. b CPC (ATF 137 III 475 consid. 4.1), dans les causes 

non patrimoniales ou dont la valeur litigieuse au dernier état des conclusions 

devant l'autorité inférieure est supérieure à 10'000 fr. (art. 308 al. 2 CPC). 

 En l'espèce, la cause, qui porte notamment sur la fixation de la contribution 
d'entretien, est de nature pécuniaire (arrêts du Tribunal fédéral 5A_575/2011 du 

12 octobre 2011 et 5A_808/2016 du 21 mars 2017). La valeur litigieuse, calculée 

conformément à l'art. 92 CPC, est supérieure à 10'000 fr., de sorte que la voie de 

l'appel est ouverte. 

1.2 Interjetés dans le délai de dix jours (art. 271 et 314 al. 1 CPC) les appels sont 
recevables sous cet angle. 

https://intrapj/perl/decis/5A_575/2011
https://intrapj/perl/decis/5A_808/2016

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1.3 L'intimée invoque l'irrecevabilité partielle de l'appel en raison de l'absence de 
conclusion concernant l'annulation du chiffre 3 du dispositif. 

1.3.1 Même si l'art. 311 CPC ne le mentionne pas expressément, le mémoire 
d'appel doit contenir des conclusions; exceptionnellement, il pourra être entré  

en matière sur un appel formellement dépourvu de conclusions ou en cas  

de conclusions indéterminées et imprécises, si ce que demande l'appelant résulte 

de sa motivation, cas échéant en relation avec le jugement attaqué (ATF  

137 III 617 consid. 4.2, 4.3 et 6.3; 134 III 235 consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral 

5A_782/2013 du 9 décembre 2013 consid. 1.2). 

1.3.2 En l'espèce, bien que l'appelant ne conclue pas formellement à l'annulation 
du chiffre 3 du dispositif lui impartissant un délai au 31 octobre 2018 pour quitter 

le domicile conjugal, il explique de manière suffisamment compréhensible les 

modifications qu'il souhaite apporter par rapport à la décision querellée. Il indique 

en effet s'opposer au délai imparti pour quitter les lieux et solliciter un délai de 

départ plus long, soit d'une année à compter du prononcé de l'arrêt. 

Dans ces conditions, il faut admettre que son appel répond aux exigences de 

forme et de motivation prévues par la loi et rappelées ci-dessus et est donc 

recevable (art. 130, 131, 252 et 311 CPC). 

1.4 Par économie de procédure, les deux appels seront traités dans le même arrêt 
(cf. art. 125 CPC). 

Par souci de simplification, A______ sera désigné en qualité d'appelant et 

B______ en qualité d'intimée. 

2. La Cour revoit la cause en fait et en droit avec un plein pouvoir d'examen (art. 310 
CPC), sa cognition étant toutefois limitée à la simple vraisemblance des faits et à 

un examen sommaire du droit, l'exigence de célérité étant privilégiée par rapport à 

celle de sécurité (ATF 127 III 474 consid. 2b/bb, JdT 2002 I 352; arrêt du 

Tribunal fédéral 5A_762/2013 du 27 mars 2014 consid. 2.2). 

La fixation de la contribution d'entretien du conjoint dans le cadre de mesures 

protectrices de l'union conjugale est soumise à la maxime de disposition (art. 58 

CPC; ATF 129 III 417 consid. 2.1.2; arrêt du Tribunal fédéral 5A_421/2015 du 

21 janvier 2016 consid. 6.2.3). La Cour établit les faits d'office (maxime 

inquisitoire simple; art. 55 al. 2 et 272 CPC). 

3. Les parties ont allégué des faits nouveaux et produit des pièces nouvelles en 
appel. 

3.1 Selon l'art. 317 al. 1 CPC, les faits et les moyens de preuves nouveaux ne sont 
pris en considération en appel que s'ils sont invoqués ou produits sans retard 

https://intrapj/perl/decis/137%20III%20617
https://intrapj/perl/decis/134%20III%20235
https://intrapj/perl/decis/5A_782/2013

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(let. a) et s'ils ne pouvaient pas l'être devant la première instance bien que la partie 

qui s'en prévaut ait fait preuve de diligence (let. b). 

La Cour examine d'office la recevabilité des faits et les moyens de preuve 

nouveaux en appel (REETZ / HILBER, Kommentar zur Schweizerischen 

Zivilprozessordnung [ZPO], 3ème éd., 2016, n. 26 ad art. 317 CPC). 

3.2 En l'espèce, les pièces nouvelles n° 5, 7, 8, 11 à 13 et 15 produites par l'époux 
à l'appui de son appel sont recevables, ainsi que les faits qui s'y rapportent, 

postérieurs à la date à laquelle la cause a été gardée à juger par le Tribunal. 

Au surplus, les pièces produites à l'appui de sa réplique (pièces n° 21, 24 à 31 et 

33 à 38 réplique), ainsi que de sa duplique (pièces n° 28 à 32, 34 à 37, 39 à  47, 49 

et 50 duplique) sont également recevables pour les mêmes raisons. 

En revanche, les pièces n° 20, 22, 23 et 39 de sa réplique et n° 33 et 38 de sa 

duplique, sont irrecevables, puisque elles auraient pu être produites en première 

instance, l'appelant n'expliquant pour le surplus pas pour quel motif il aurait été 

empêché de les verser à la procédure de première instance. 

Les pièces n° 34 à 46 produites par l'intimée, postérieures à la clôture des 

enquêtes de première instance, sont également recevables. 

4. L'appelant sollicite son audition ainsi que celle de deux témoins devant la Cour. 

4.1 Conformément à l'art. 316 al. 3 CPC, l'instance d'appel peut librement décider 
d'administrer des preuves : elle peut ainsi ordonner que des preuves administrées 

en première instance le soient à nouveau devant elle, faire administrer des preuves 

écartées par le tribunal de première instance ou encore décider l'administration de 

toutes autres preuves. Le juge peut, par une appréciation anticipée des preuves, 

renoncer à ordonner une mesure d'instruction pour le motif qu'elle est 

manifestement inadéquate, porte sur un fait non pertinent ou n'est pas de nature à 

ébranler la conviction qu'il a acquise sur la base des éléments déjà recueillis (arrêt 

du Tribunal fédéral 5A_460/2012 du 14 septembre 2012 consid. 2.1). 

L'autorité jouit d'un large pouvoir d'appréciation (arrêt du Tribunal fédéral 

4A_229/2012 du 19 juillet 2012 consid. 4). 

4.2 En l'espèce, la Cour s'estime suffisamment renseignée sur la situation des 
parties, de sorte qu'une nouvelle audition de l'appelant, en l'absence de son avocat 

ainsi que de son épouse, ne s'avère pas nécessaire. 

Les autres offres de preuve de l'appelant ne sont pas opportunes, car, même à 

supposer que les témoins confirment la teneur des faits que l'appelant expose par 

écrit, ces faits ne sont, à eux seuls, pas déterminants pour l'issue du litige. N'étant 

ainsi pas susceptibles d'apporter d'autres éléments pertinents au dossier, les offres 

de preuve ne sont pas nécessaires et doivent être rejetées, ce d'autant plus que la 

https://intrapj/perl/decis/5A_460/2012
https://intrapj/perl/decis/4A_229/2012

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cause est soumise à la procédure sommaire dont le but est de favoriser un 

règlement rapide des litiges. 

La cause est ainsi en état d'être jugée. 

5. L'appelant ne conteste pas l'attribution du domicile conjugal à l'intimée, mais 
uniquement le délai qui lui a été imparti pour quitter les lieux, en sollicitant qu'il 

soit étendu d'une année, dès l'entrée en force du jugement, aux motifs que, faute 

de revenus et dans la mesure où son épouse refuse de contribuer à son entretien, il 

peine à trouver un logement. De même, il allègue que sa maladie l'entrave dans 

ses recherches d'appartement. 

 L'intimée estime que l'appelant doit quitter le domicile conjugal avec effet 
immédiat, ce d'autant plus que ce dernier sait depuis janvier 2018, moment du 

dépôt de la requête en mesures protectrices, qu'il devra quitter les lieux. 

5.1 Selon l'art. 176 al. 1 ch. 2 CC concernant l'organisation de la vie séparée des 
époux, à la requête de l'un des conjoints et si la suspension de la vie commune est 

fondée, le juge prend les mesures en ce qui concerne le logement conjugal. Il jouit 

à cet égard d'un large pouvoir d'appréciation (SCHWANDER, Basler Kommentar, 

3e éd., vol. I, n. 7 ad art. 176 CC). 

Lorsque le juge des mesures protectrices de l'union conjugale attribue 

provisoirement le logement conjugal à l'une des parties, il doit procéder à une 

pesée des intérêts en présence, de façon à prononcer la mesure la plus adéquate au 

vu des circonstances concrètes (ATF 120 II 1 consid. 2c; arrêts du Tribunal 

fédéral 5A_823/2014 du 3 février 2015 consid. 4.1 et 5A_298/2014 du 24 juillet 

2014 consid. 3.3.2). Sa décision doit être assortie d'un bref délai, pour permettre à 

l'époux concerné de déménager (CHAIX, Commentaire romand, Code civil I, 2010, 

n. 13 ad art. 176 CC). La pratique considère comme approprié un délai de départ 

oscillant entre quelques semaines et trois mois pour que l'époux non attributaire 

doive quitter le logement (arrêt du Tribunal fédéral 5A_470/2016 du 13 décembre 

2016 consid. 7). Lorsque la situation entre les époux est intenable ou lorsque la 

décision de séparation ne constitue pas une surprise pour l'époux concerné, le 

délai est en général bref (DOLDER/DIETHELM, Eheschutz (art. 175 ff. ZGB) – ein 
aktueller Überblick, PJA 2003 p. 655 ss, p. 666). 

5.2 En l'espèce, le premier juge a imparti un délai de presque quatre mois à 
l'appelant pour quitter le domicile conjugal, soit un délai relativement long au 

regard de la pratique en la matière. 

Il est avéré qu'il est difficile de trouver, à brève échéance, des locaux d'habitation 

dans le canton de Genève et il est vraisemblable que la situation financière de 

l'appelant décourage les potentiels bailleurs à conclure un contrat de bail avec lui. 

Toutefois, il ressort du dossier et des plaintes pénales déposées de part et d'autre 

https://intrapj/perl/decis/5A_470/2016

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C/527/2018 

que les tensions au sein du couple sont importantes. Même en ayant trouvé un 

modus vivendi, l'étage supérieur étant occupé par l'intimée et les combles par 

l'appelant, les époux ne parviennent pas à s'organiser, à communiquer, ni à rester 

respectueux l'un envers l'autre, de sorte que leur relation est critique au point de 

rendre impossible la cohabitation pour une durée supplémentaire. Au demeurant, 

les deux rendent vraisemblable qu'ils sont fragilisés dans leur état de santé tant 

physique que psychique à cause de la cohabitation. 

Au vu ce qui précède, l'intérêt de l'appelant à pouvoir demeurer plus longtemps 

dans le domicile conjugal ne l'emporte pas sur l'inconvénient qui résulte de ces 

tensions, dont fait état chacune des parties. Cette atmosphère, délétère pour les 

parties ainsi que pour leur enfant, certes majeur, mais qu'il convient également de 

préserver du conflit parental, ne permet pas une continuation de la cohabitation. 

Au vu de ces éléments, et du fait que l'appelant, sans emploi, dispose d'une 

maison en I______ où il pourrait loger temporairement, comme aussi chez son 

père en H______, ce jusqu'à qu'il ait conclu un bail fixe ou trouvé un logement 

provisoire (sous-location d'une chambre par exemple), il n'y a pas lieu de lui 

accorder un délai plus long pour quitter le domicile conjugal. 

Au demeurant, l'appelant n'a pas prouvé que ses difficultés de santé l'empêchent 

de poursuivre ses recherches d'appartement, qu'il semble déjà avoir entamées à 

l'heure actuelle, ni de démanger. 

Le jugement entrepris sera en conséquence confirmé sur ce point. 

Compte tenu de la procédure d'appel et de la date du prononcé du présent arrêt, il 

y a toutefois lieu de reporter au 30 novembre 2018 le délai imparti à l'appelant 

pour quitter le domicile conjugal. En conséquence, le chiffre 3 du dispositif du 

jugement attaqué sera annulé et il sera statué dans le sens de ce qui précède. 

Etant donné le contexte tendu entre les époux, la Cour estime que le Tribunal était 

en droit d'assortir l'ordre imparti à l'appelant de quitter le domicile conjugal dans 

le délai prescrit de la menace de la peine de l'art. 292 CP. Il en va de même de 

l'autorisation accordée à l'intimée de requérir l'exécution de l'évacuation par la 

force publique. 

6. L'intimée refuse de verser une quelconque contribution à l'entretien de l'appelant 
et conteste certaines charges retenues par le Tribunal. 

 6.1.1 Si la suspension de la vie commune est fondée, le juge fixe la contribution 
pécuniaire à verser par l'une des parties à l'autre (art. 176 al. 1 ch. 1 CC). 

Le principe et le montant de la contribution d'entretien due selon l'art. 176 al. 1 

ch. 1 CC se déterminent en fonction des facultés économiques et des besoins 

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C/527/2018 

respectifs des époux (ATF 121 I 97 consid. 3b; 118 II 376 consid. 20b et les 

références citées). 

La loi n'impose pas au juge de méthode de calcul particulière pour fixer la quotité 

de la contribution. La détermination de celle-ci relève du pouvoir d'appréciation 

du juge, qui applique les règles du droit et de l'équité (art. 4 CC). Pour déterminer 

une telle contribution d'entretien, l'une des méthodes considérées comme 

conformes au droit fédéral est celle dite du minimum vital avec répartition de 

l'excédent (140 III 337 consid. 4.2.2; arrêt du Tribunal fédéral 5A_860/2013 du 

29 janvier 2014 consid. 4.1). Elle consiste à évaluer les ressources de chacun des 

époux, puis à calculer leurs charges en se fondant sur le minimum vital de base du 

droit des poursuites (art. 93 LP), élargi des dépenses incompressibles, et à répartir 

le montant disponible restant entre les époux (ATF 126 III 8 consid. 3c; arrêt du 

Tribunal fédéral 5A_787/2016 du 12 janvier 2017 consid. 4.2.1). 

Le minimum vital du débirentier au sens du droit des poursuites doit être préservé 

(ATF 135 III 66 = JdT 2010 I 167; arrêt du Tribunal fédéral 5A_182/2012 du  

24 septembre 2012 consid. 5.1). 

Lorsque la situation financière des parties le permet, il est également justifié 

d'ajouter au minimum vital du droit des poursuites certains suppléments, non 

strictement nécessaires, tels que la charge fiscale courante (ATF 140 III 337 

consid. 4.2.3 et 4.4; arrêt du Tribunal fédéral 5A_565/2016 du 16 février 2017 

consid. 4.1.1), à l'exclusion des arriérés d'impôts (arrêt du Tribunal fédéral 

5A_508/2011 consid. 4.2.5) ainsi que certaines primes d'assurances non 

obligatoires, telles que la RC privée, l'assurance ménage ou les complémentaires 

d'assurance-maladie (BASTONS BULLETTI, L'entretien après divorce : méthodes de 

calcul, montant, durée et limites, in SJ 2007 II 77, p. 90). 

Une dette peut être prise en considération dans le calcul du minimum vital lorsque 

celle-ci a été assumée avant la fin du ménage commun aux fins de l'entretien des 

deux époux, mais non lorsqu'elle a été assumée au profit d'un seul des époux, à 

moins que tous deux n'en répondent solidairement (ATF 127 III 289 consid. 2a/bb 

et les références; consid. 4.2.5; BASTONS BULLETTI, op. cit., p. 90). 

Seules les charges effectives, dont le débirentier ou le crédirentier s'acquitte 

réellement doivent être prises en compte (ATF 140 III 337 consid. 4.2.3; arrêt du 

Tribunal fédéral 5A_426/2016 du 2 novembre 2016 consid. 4.2). 

En l'absence d'un loyer effectif, il faut prendre en compte, selon la jurisprudence, 

le coût d'un logement raisonnable eu égard aux prix moyens de location d'un objet 

de même taille dans la localité et aux moyens de l'intéressé ainsi qu'à ses besoins 

et à sa situation économique (BASTON BULLETTI, L'entretien après divorce, 

méthode de calcul, montant, durée et limites, in SJ 2007 II p. 85, réf. citées 

ad note 47). 

https://intrapj/perl/decis/121%20I%2097
https://intrapj/perl/decis/118%20II%20376
https://intrapj/perl/decis/140%20III%20337
https://intrapj/perl/decis/5A_860/2013
https://intrapj/perl/decis/126%20III%208
https://intrapj/perl/decis/5A_787/2016
https://intrapj/perl/decis/135%20III%2066
https://intrapj/perl/decis/2010%20I%20167
https://intrapj/perl/decis/5A_182/2012
https://intrapj/perl/decis/140%20III%20337
https://intrapj/perl/decis/5A_565/2016
https://intrapj/perl/decis/5A_508/2011
https://intrapj/perl/decis/2007%20II%2077
https://intrapj/perl/decis/127%20III%20289
https://intrapj/perl/decis/140%20III%20337
https://intrapj/perl/decis/5A_426/2016

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C/527/2018 

6.1.2 En matière de mesures protectrices de l'union conjugale, le début de 
l'obligation d'entretien remonte au moment du dépôt de la requête, étant rappelé 

que cette contribution peut être réclamée pour l'avenir et pour l'année qui précède 

l'introduction de la requête (art. 173 al. 3 CC; ATF 115 II 201 consid. 4a; arrêt du 

Tribunal fédéral 5A_251/2016 du 15 août 2016 consid. 2.1.3). 

L'effet rétroactif ne se justifie que si l'entretien dû n'a pas été assumé en nature ou 

en espèces ou dès qu'il a cessé de l'être (arrêts du Tribunal fédéral 5A_371/2015 

du 29 septembre 2015 consid. 3.; 5A_591/2011 du 7 décembre 2011 consid. 5.2). 

6.1.3 Pour fixer la contribution d'entretien, le juge doit en principe tenir compte du 
revenu effectif des parties. Il peut toutefois imputer à celles-ci un revenu 

hypothétique supérieur. Il s'agit d'inciter la personne à réaliser le revenu qu'elle est 

en mesure de se procurer et dont on peut raisonnablement exiger d'elle qu'elle 

l'obtienne afin de remplir ses obligations (ATF 137 III 118 consid. 2.3; 137 III 

102 consid. 4.2.2.2; arrêt du Tribunal fédéral 5A_876/2016 du 19 juin 2017 

consid. 3.1.2). Lorsque le juge entend tenir compte d'un revenu hypothétique, il 

doit examiner successivement deux conditions. Il doit d'abord déterminer si l'on 

peut raisonnablement exiger d'une personne qu'elle exerce une activité lucrative 

ou augmente celle-ci, eu égard, notamment, à sa formation, à son âge et à son état 

de santé. Le juge doit ensuite établir si la personne a la possibilité effective 

d'exercer l'activité ainsi déterminée et quel revenu elle peut en obtenir, compte 

tenu des circonstances subjectives susmentionnées, ainsi que du marché du travail 

(ATF 137 III 102 consid. 4.2.2.2; 128 III 4 consid. 4c/bb). C'est pourquoi on lui 

accorde un certain délai pour s'organiser à ces fins (ATF 129 III 417 consid. 2.2; 

114 II 13 consid. 5; arrêt du Tribunal fédéral 5A_651/2014 du 27 janvier 2015 

consid. 3.1 et les références citées). 

6.2 En l'espèce, les parties ne remettent pas en cause l'application de la méthode 
dite du minimum vital avec répartition de l'excédent appliquée par le Tribunal, de 

sorte que la Cour procèdera de la même manière. 

6.2.1 L'intimée reproche au Tribunal de n'avoir pas pris en compte dans ses 
charges, le loyer qu'elle payerait à ses parents à hauteur de 1'200 fr. ainsi que ses 

dettes, pour lesquelles elle verse 3'280 fr. par mois à l'office des poursuites. 

En l'occurrence, l'intimée a affirmé, lors de l'audience devant le Tribunal, ne pas 

payer de loyer à ses parents pour l'occupation d'une partie de leur maison. Ce n'est 

que, pour les mois d'août et septembre 2018, qu'elle apporte des preuves d'un tel 

paiement en faveur de son père, lequel semble vraisemblablement en lien avec la 

présente procédure. Les allégations de l'intimée selon lesquelles la situation 

financière de ses parents se serait dégradée au point qu'ils ne peuvent plus lui 

mettre gratuitement à disposition le logement ne sont quant à elles pas rendues 

vraisemblables par les pièces produites. 

https://intrapj/perl/decis/115%20II%20201
https://intrapj/perl/decis/5A_251/2016
https://intrapj/perl/decis/5A_371/2015
https://intrapj/perl/decis/5A_591/2011
https://intrapj/perl/decis/137%20III%20118
https://intrapj/perl/decis/137%20III%20102
https://intrapj/perl/decis/137%20III%20102
https://intrapj/perl/decis/5A_876/2016
https://intrapj/perl/decis/137%20III%20102
https://intrapj/perl/decis/128%20III%204

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C/527/2018 

Etant donné qu'aucun versement à titre de loyer n'a été effectué durant toute la 

durée de mariage par les époux et que les parents de l'intimée sont propriétaires de 

la maison où ceux-ci résident, il se justifie de ne pas intégrer, dans les charges de 

l'épouse, un montant à ce titre. 

C'est par conséquent à juste titre que le Tribunal n'a pas comptabilisé de loyer 

dans les charges de l'intimée. 

Pour ce qui concerne les dettes, elles sont au nom de l'intimée et cette dernière n'a 

pas prouvé que celles-ci aient été assumées aux fins de l'entretien des deux époux, 

de sorte qu'elles ne peuvent pas être comptabilisées dans ses charges. 

Les revenus et les autres charges de l'intimée en 2'090 fr. au total, qui ne sont pas 

contestés par l'appelant, seront confirmés. Son revenu mensuel étant de 

6'354 fr. 70, elle dispose ainsi d'un solde disponible mensuel de 4'264 fr. environ. 

6.2.2 L'intimée reproche au Tribunal d'avoir comptabilisé dans les charges de 
l'appelant l'assurance ménage ainsi que 1'200 fr. pour un loyer hypothétique, alors 

que rien ne permet d'affirmer que son époux devra effectivement s'en acquitter. 

Concernant les charges imputées à hauteur de 1'200 fr. pour le loyer de l'appelant, 

l'intimée perd de vue que son époux  devra se constituer un domicile propre, pour 

lequel il devra s'acquitter d'un loyer. Dès lors que l'intimée habite dans une 

maison, l'appelant est en droit, par égalité de traitement, de disposer d'un 

appartement pour son seul usage. 

Selon les statistiques cantonales, en tant que nouveau locataire, des logements 

seront proposés à l'appelant au loyer moyen de 1'157 fr. par mois, pour un deux 

pièces, ainsi que 1'491 fr. par mois, pour un trois pièces, charges non comprises 

(cf. annuaire statistique du Canton de Genève pour 2017, page 106 : logement de 

deux et trois pièces à loyer libre loué à des nouveaux locataires lors des douze 

derniers mois). 

Par conséquent, le budget de 1'200 fr. allégué par l'appelant paraît adéquat. 

L'appelant n'établit par contre pas qu'il devra s'acquitter d'une assurance ménage 

et responsabilité civile en 10 fr. 40 par mois de sorte que le grief de l'intimée sur 

ce point est fondé. 

Les charges incompressibles de l'appelant seront par conséquent ramenées à 

2'945 fr. par mois. 

6.2.3 L'intimée allègue qu'un revenu hypothétique doit être imputé à l'appelant. 
Ce dernier estime pour sa part que la durée de la contribution d'entretien ne doit 

pas être limitée à 24 mois. 

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C/527/2018 

Il résulte du dossier que l'appelant a cessé toute activité professionnelle depuis 

2012 et que, depuis 2014, il souffre de problèmes de santé en lien avec une 

opération du pancréas. L'existence desdits problèmes n'a pas été contestée par 

l'intimée. Les pièces produites établissent de plus que l'appelant est incapable de 

travailler à 100% depuis juin 2018. 

L'appelant justifie de nombreuses recherches d'emploi dans différents domaines. 

La réalité de ces recherches a été confirmée par l'intimée lors de l'audience devant 

le Tribunal. 

Etant donné qu'il ne perçoit aucun revenu depuis 2014, que sa santé semble 

fluctuante, que les traitements qu'il suit entravent vraisemblablement se 

recherches d'emploi et qu'il justifie de plusieurs recherches d'emploi infructueuses 

jusqu'à ce jour, il ne peut, au stade des mesures protectrices, lui être imputé un 

revenu hypothétique. 

L'intimée n'explique d'ailleurs pas précisément quel emploi son mari serait 

susceptible d'occuper et quel serait le salaire qu'il pourrait en retirer. 

Le principe du versement d'une contribution d'entretien doit par conséquent être 

admis. Le montant de 3'100 fr. par mois fixé par le Tribunal, qui laisse à l'appelant 

un solde disponible mensuel de 155 fr. (3'100 fr. – 2'945 fr.) et à l'intimée un solde 
de 1'164 fr. environ (6'354 fr. - 2'090 fr. – 3'100 fr.) suffisant pour lui permettre de 
rembourser, du moins partiellement ses dettes, est approprié et doit être confirmé. 

La durée de la contribution d'entretien ne peut par contre pas être limitée à 

24 mois. En effet, il n'est pas possible de déterminer à ce stade si l'appelant pourra 

effectivement retrouver une activité lucrative dans ce délai  ou, si son état de santé 

devait le justifier, solliciter des prestations auprès de l'assurance invalidité, lui 

permettant de couvrir l'entier de ses charges. La contribution en faveur de 

l'appelant sera par conséquent allouée pour une durée indéterminée. 

Le chiffre 6 du jugement entrepris sera dès lors modifié dans ce sens. 

6.2.4 L'appelant critique le point de départ du versement de la contribution 
d'entretien, fixée par le premier juge au 31 octobre 2018, soit dès la date établie 

pour son départ du domicile conjugal. Selon lui, il se justifierait de fixer le dies a 

quo en janvier 2018, lors du dépôt de la requête de mesures protectrices par 

l'intimée car celle-ci ne contribue plus à son entretien depuis 2016. 

En l'occurrence, l'intimée a conclu dans sa requête de mesures protectrices à ce 

qu'aucune contribution d'entretien ne soit fixée entre les parties. L'appelant a 

requis le versement d'une contribution dans son écriture du 9 mars 2018, sans 

cependant préciser à partir de quelle date celle-ci était demandée. 

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C/527/2018 

Ce n'est que dans sa requête de mesures superprovisionnelles du 7 juin 2018 qu'il 

a fait valoir pour la première fois qu'un versement immédiat d'une contribution 

d'entretien lui était nécessaire pour couvrir ses frais. 

L'intimée allègue que son époux vit chez elle, a "accès au réfrigérateur" et a reçu 

de l'argent de la part de la mère de l'intimée. Elle n'établit ce faisant pas avoir 

contribué, dans une mesure conforme à ses obligations, à l'entretien de l'appelant. 

Le dies a quo de la contribution d'entretien due à l'appelant sera dès lors fixé au 

1er juin 2018, puisque le versement immédiat d'une contribution a été sollicité par 

celui-ci le 7 juin 2018 pour la première fois. La somme de 1'200 fr., correspondant 

au loyer estimé pour l'appelant, sera déduite du montant de l'entretien qui lui est 

dû, ce jusqu'à son départ du domicile conjugal. En effet, il réside gratuitement 

dans le logement de son épouse, de sorte qu'il n'a pas à supporter des frais de 

loyer. 

Dès lors, pour la période transitoire courant jusqu'au départ de l'appelant du 

domicile conjugal, la contribution d'entretien due à l'appelant sera fixée à 1'900 fr. 

par mois (3'100 fr. – 1'200 fr.). Elle sera portée à 3'100 fr., par mois et d'avance, 
dès son départ effectif du domicile conjugal. 

Par conséquent, le chiffre 6 du jugement entrepris sera modifié dans ce sens. 

7. La fixation et la répartition des frais et dépens de première instance n'est pas 
remise en cause et est au surplus conforme aux principes juridiques applicables. 

Elle sera donc confirmée. 

Les frais judiciaires d'appel, y compris les décisions sur mesures 

superprovisionnelles et effet suspensif, seront fixés à 1'600 fr. (art. 96 et 104 al. 1 

CPC; art. 31 et 37 du Règlement genevois du 22 décembre 2010 fixant le tarif des 

frais en matière civile) et partiellement compensés avec l'avance de 800 fr. fournie 

par l'intimée, laquelle reste acquise à l'Etat (art. 111 al. 1CPC). Compte tenu de la 

nature et de l'issue de la procédure, ces frais seront mis à la charge des parties 

pour moitié chacune (art. 105, 106 et 107 al. 1 let. c CPC). L'appelant étant au 

bénéfice de l'assistance judiciaire, sa part des frais sera provisoirement supportée 

par l'Etat de Genève, lequel pourra en réclamer le remboursement ultérieurement 

(art. 122 al. 1 let. b, 123 CPC). 

Le litige relevant du droit de la famille, chaque partie supportera ses propres 

dépens (art. 107 al. 1 let. c CPC). 

* * * * * * 

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C/527/2018 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevables les appels interjetés le 16 juillet 2018 par A______ et B______ 

contre le jugement rendu le 4 juillet 2018 par le Tribunal de première instance dans la 

cause C/527/2018-18. 

Au fond : 

Annule les chiffres  3 et 6 du dispositif de ce jugement et, statuant à nouveau sur ces 

points : 

Ordonne à A______ de quitter le domicile conjugal, sis ______ C______, d'ici au  

30 novembre 2018. 

Condamne B______ à verser à A______, à titre de contribution à son entretien, 1'900 fr. 

par mois du 1er juin 2018 au 30 novembre 2018, et, par mois et d'avance, 3'100 fr. dès le 

départ effectif de A______ du domicile conjugal. 

Confirme le jugement querellé pour le surplus. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires d'appel à 1'600 fr., les met à la charge de B______ et 

A______ à raison d'une moitié chacun. 

Dit qu'ils sont partiellement compensés avec l'avance de frais de 800 fr. versée par 

B______, laquelle reste acquise à l'Etat de Genève. 

Dit que la part des frais judiciaires de A______ à hauteur de 800 fr. est laissée 

provisoirement à la charge de l'Etat de Genève. 

Dit que chaque partie supporte ses dépens d'appel. 

Siégeant : 

Monsieur Laurent RIEBEN, président; Monsieur Patrick CHENAUX, Madame 

Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ, juges; Madame Sandra MILLET, greffière. 

 

Le président : 

Laurent RIEBEN 

 La greffière : 

Sandra MILLET 

 

- 18/18 - 
 

C/527/2018 

Indication des voies de recours : 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 
(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 
notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 
fédéral par la voie du recours en matière civile. 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 
30'000 fr. 

http://intrapj/perl/JmpLex/RS%20173.110