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**Case Identifier:** 9852c0ef-fa29-5466-aa03-5d5c538adea2
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2013-08-23
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 23.08.2013 CR.2013.0018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_CR-2013-0018_2013-08-23.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 23 août 2013

  
	
  Composition

  	
  M. Pierre-André Berthoud, président; M. Christian Michel et Mme Dominique
  Laure Mottaz-Brasey, assesseurs; 

  Mme Marie-Christine Bernard, greffière.

  

 

	
  Recourant

  	
   

  	
  X.________, à 1********, 

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Service des
  automobiles et de la navigation, à Lausanne 

  

   

 

	
  Objet

  	
            

  
	
   

  	
  Recours X.________ c/ décision sur
  réclamation du Service des automobiles et de la navigation du 10 janvier 2013
  (retrait de permis pour une durée d'un mois)

  

 

Vu les faits suivants

A.                               
X.________, né en 1950, est titulaire d'un
permis de conduire, catégorie B, depuis 1971. Aucune inscription ne figurait
sur l'extrait du fichier des mesures administratives versé au dossier à la date
du 28 février 2012. Ce jour-là, à 8 h. 28, alors qu'il circulait au
volant de son véhicule immatriculé VD ******** sur la route de Berne, à
Lausanne, où la vitesse est limitée à 50 km/h, l'intéressé a été contrôlé
à une vitesse de 71 km/h, marge de sécurité déduite.

Par avis d'ouverture de procédure
du 11 mai 2012, le Service des automobiles et de la navigation (SAN) a informé X.________
qu'il envisageait de prononcer une mesure de retrait du permis de conduire à
son encontre. Le SAN l'a invité à consulter son dossier et à faire valoir ses
observations par écrit. X.________ a indiqué, par lettre du 30 mai 2012, qu'il
avait contesté, auprès du Préfet, la vitesse mesurée. Par lettre du 1er juin
2012, le SAN a informé l'intéressé qu'il suspendait la procédure administrative
dans l'attente de l'issue pénale.

Par ordonnance pénale du 12 juin
2012, le préfet du district de Lausanne, après avoir entendu X.________ lors
d'une audience tenue le 25 mai 2012, a maintenu l'amende de 500 fr. infligée à
l'intéressé par l'ordonnance pénale du 16 avril 2012 (et y a ajouté les frais
de procédure, de 200 fr.). Etait jointe une copie d'un rapport établi le 5 juin
2012 par l'Unité Radar de la Police de Lausanne suite à la demande du 29 mai
2012 du préfet (dont le contenu sera repris ci-dessous). X.________ n'a pas
formé opposition contre dite ordonnance.

Par décision du 14 août 2012, le
SAN a prononcé le retrait du permis de conduire de X.________ pour une durée d'un
mois. 

B.                              
Par décision sur réclamation du 10 janvier 2013,
le SAN a confirmé la décision du 14 août 2012. 

X.________ a recouru contre cette
décision sur réclamation auprès de la Cour de droit administratif et public du
Tribunal cantonal le 18 février 2013, en concluant à sa réforme en ce sens
qu'un avertissement soit prononcé. 

C.                              
Dans sa réponse du 10 avril 2013, le SAN a
conclu au rejet du recours.

Le recourant a déposé une réplique
le 7 mai 2013.

Le SAN a dupliqué le 4 juin 2013.

Les arguments des parties seront
repris ci-après dans la mesure utile.

D.                              
Par arrêt du 11 juillet 2013 (1C_488/2013), le
Tribunal fédéral a rejeté le recours interjeté par X.________ contre l'arrêt de
la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal du 4 avril 2013 (CR.2012.0062)
par lequel celle-ci confirmait l'avertissement prononcé par le SAN le 17
juillet 2012 à l'endroit de l'intéressé suite à l'excès de vitesse commis le 30
janvier 2012, à la rue de Cossonay, à Renens, où il avait été contrôlé à une
vitesse de 67 km/h, marge de sécurité déduite, alors que la vitesse est limitée
à 50 km/h.

E.                              
Le tribunal a statué par voie de circulation.

Considérant en droit

1.                               
Déposé dans le délai de trente jours prévu par
l’art. 77 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative
(LPA-VD; RSV 173.36), le recours est intervenu en temps utile. Il est au
surplus recevable en la forme.

2.                               
Est litigieuse la question de savoir si c'est à
juste titre que l'autorité intimée a prononcé un retrait du permis de conduire
à l'endroit du recourant suite à l’excès de vitesse qu'il a commis le 28
février 2012, à la route de Berne, à Lausanne, où il a circulé à 71 km/h alors
que la vitesse est limitée à 50 km/h.

a) Commet une infraction légère la
personne qui, en violant les règles de la circulation, met légèrement en danger
la sécurité d’autrui et à laquelle seule une faute bénigne peut être imputée
(art. 16a al. 1 let. a LCR). L’auteur d’une infraction légère fait l’objet d’un
avertissement si, au cours des deux années précédentes, le permis de conduire
ne lui a pas été retiré et qu’aucune autre mesure administrative n’a été
prononcée (art. 16a al. 3 LCR). Le permis de conduire lui est en revanche
retiré pour un mois au moins s’il a fait l’objet d’un retrait de permis ou
d’une autre mesure administrative au cours des deux années précédentes (art.
16a al. 2 LCR). En cas d’infraction particulièrement légère, il est renoncé à
toute mesure administrative (art. 16a al. 4 LCR). 

b) Commet une infraction
moyennement grave la personne qui, en violant les règles de la circulation,
crée un danger pour la sécurité d’autrui ou en prend le risque (art. 16b
al. 1 let. a LCR). Après une infraction moyennement grave, le permis de
conduire est retiré pour un mois au minimum (art. 16b al. 2 let. a LCR). Si, au
cours des deux années précédentes, le permis de conduire a été retiré une fois
en raison d’une infraction grave ou moyennement grave, le permis de conduire
est retiré pour quatre mois au minimum (art. 16b al. 2 let. b LCR). 

c) Commet une infraction grave la
personne qui, en violant gravement les règles de la circulation, met
sérieusement en danger la sécurité d’autrui ou en prend le risque (art. 16c al.
1 let. a LCR). Après une infraction grave, le permis de conduire est retiré
pour trois mois au minimum (art. 16c al. 2 let. a LCR). Il est retiré pour six
mois au minimum si, au cours des cinq années précédentes, le permis a été
retiré une fois en raison d’une infraction moyennement grave (art. 16c al. 2
let. b LCR). 

3.                               
a) Pour assurer l’égalité de traitement, la
jurisprudence a été amenée à fixer des règles précises dans le domaine des
excès de vitesse. Ces règles distinguent la circulation sur les autoroutes, les
autres routes (à savoir les routes hors des localités et les semi-autoroutes
dont les chaussées dans les deux directions ne sont pas séparées) et la
circulation à l'intérieur des localités. Il a ainsi été jugé qu’un dépassement
de la vitesse maximale de 20 à 24 km/h à l'intérieur des localités, de 25 à 29
km/h hors des localités et de 30 à 34 km/h sur l'autoroute, constituait objectivement,
sans égard aux circonstances concrètes, un cas de moyenne gravité qui, sauf
circonstances particulières, devait entraîner un retrait du permis (ATF 123 II
106; ATF 124 II 97; ATF 124 II 259). Ces chiffres s'appliquent lorsque les
conditions de la circulation sont favorables et que le conducteur jouit d'une
bonne réputation en tant qu'automobiliste; il n'est nullement exclu de faire
preuve d'une sévérité plus grande en fonction des circonstances concrètes (ATF
124 II 475; 124 II 97; ATF 123 II 37). Ces règles développées par la
jurisprudence sous l’ancien droit restent pleinement applicables sous le
nouveau droit (ATF 132 II 234; arrêt TA CR.2006.0079 du 7 avril 2006). 

b) En l'espèce, le recourant a
dépassé de 21 km/h la vitesse maximale autorisée sur un tronçon de route où la
vitesse est limitée à 50 km/h. Il a dès lors commis, selon la
jurisprudence précitée, une infraction moyennement grave au sens de l'art. 16b
al. 1 let. a LCR et, conformément à l'art. 16b al. 2 let. a LCR, le permis de
conduire doit lui être retiré pour une durée d’un mois au minimum.

4.                               
Le recourant conteste avoir circulé à 71 km/h.
Il admet avoir éventuellement circulé à une vitesse supérieure à 50 km/h, mais
pas à celle qui lui est reprochée. Prétendant qu'il ressort des deux photos
prises par le radar constatant son excès de vitesse que la voiture qui
circulait sur l'autre voie que lui - dans le même sens - roulait plus vite que
lui, il fait valoir qu'il est possible que ce soit la vitesse de cet autre
véhicule qui a été mesurée par le radar, au lieu de la sienne. Il demande de
pouvoir consulter les photos des excès de vitesse mesurés par ledit appareil
durant les deux minutes avant et les deux minutes après la mesure du sien, afin
de vérifier quels véhicules ont été photographiés durant ce laps de temps, sur
les trois voies de circulation que comporte la route de Berne à cet endroit.

a) Le jugement pénal ne lie en
principe pas l’autorité administrative. Pour ce qui est de l’existence d’une
infraction, l'autorité administrative ne doit pas s'écarter, sans raisons
sérieuses, des faits constatés par le juge pénal ni de ses appréciations
juridiques qui dépendent fortement de l’établissement des faits, en particulier
lorsque le jugement pénal a été rendu au terme d’une procédure publique
ordinaire au cours de laquelle les parties ont été entendues et des témoins
interrogés. L’autorité administrative ne peut ainsi s'écarter du jugement pénal
que si elle est en mesure de fonder sa décision sur des constatations de fait
inconnues du juge pénal ou qu'il n'a pas prises en considération, s'il existe
des preuves nouvelles dont l'appréciation conduit à un autre résultat, si
l'appréciation à laquelle s'est livré le juge pénal se heurte clairement aux
faits constatés ou si le juge pénal n'a pas élucidé toutes les questions de
droit, en particulier celles qui touchent à la violation des règles de
circulation (ATF 136 II 447 consid. 3.1 p. 451; 129 II 312 consid. 2.4
p. 315; 123 II 97 consid. 3 c/aa p. 103/104; 119 Ib 158 consid. 3 c/aa p. 163/164). Cela vaut notamment lorsque la décision pénale a
été rendue dans une procédure sommaire (ordonnance de condamnation) ou qu‘elle
se fonde uniquement sur le rapport de police et que les témoins n'ont pas été
formellement interrogés, mais entendus par des agents de police en l'absence de
l'accusé. Il en va ainsi, notamment, lorsque l'accusé savait ou devait
s'attendre, à raison de la gravité des faits qui lui sont reprochés, à ce que
soit également engagée contre lui une procédure de retrait de permis. Dans
cette situation, la personne impliquée est tenue, conformément aux règles de la
bonne foi, de faire valoir ses griefs éventuels et ses moyens de preuve dans la
procédure pénale sommaire, ainsi qu'à épuiser, en cas de besoin, les voies de
droit existantes. Elle ne peut attendre la procédure administrative pour
exposer ses arguments (ATF 136 II 447 consid. 3.1 p. 451;
123 II 97 consid. 3c/aa p. 104; 121 II 214 consid. 3a p. 217, et les
arrêts cites).

b) En l'espèce, pour rendre
l'ordonnance du 12 juin 2012 condamnant le recourant pour avoir dépassé de 21
km/h la vitesse maximale autorisée de 50 km/h, le préfet, après avoir
entendu l'intéressé, a demandé des précisions à l'Unité Radar de la Police de
Lausanne (ci-après: l'Unité Radar). Dans un rapport établi le 5 juin 2012, celle-ci
a relevé que le radar fixe qui avait mesuré la vitesse du recourant le 28
février 2012 fonctionnait de la façon suivante: la mesure de la vitesse était effectuée
individuellement pour chacune des voies de circulation, par des boucles à
induction, et n'était nullement influencée par un autre véhicule que par celui
qui était mesuré; la vitesse et la voie utilisées étaient reproduites sur les
documents photographiques. L'Unité Radar a également indiqué ne pas être en
droit d'accéder à la demande du recourant de lui produire toutes les photos
prises par le radar deux minutes avant et deux minutes après son infraction.

Dès lors que c'est après avoir
entendu le recourant et procédé à une instruction approfondie sur les questions
de fait que le recourant soulevait que le préfet a rendu son ordonnance (contre
laquelle le recourant n'a pas formé opposition), il apparaît que les faits sont
désormais établis à satisfaction et que le recourant est forclos à continuer de
les contester. Quant aux nouveaux arguments soulevés par le recourant dans sa
réplique du 7 mai 2012 et par lesquels il persiste à contester qu'il a commis l'excès
de vitesse en se fondant sur des éléments complémentaires que lui aurait
fournis, lors d'un entretien téléphonique du 5 avril 2013, un agent de l'Unité
Radar au sujet du fonctionnement du radar et dont le recourant prétend qu'ils
sont déterminants, on ne saurait les prendre en considération pour le même
motif: si le recourant entendait continuer de contester les faits tels qu'ils
ont été établis par le préfet, il devait le faire d'abord auprès des instances
pénales compétentes, en épuisant, cas échéant, les voies de droit existantes.

5.                               
Le recourant fait valoir que le dépassement de
vitesse n'excède que d'un km/h le seuil fixé pour les cas moyennement graves.

Or, cet argument est sans
pertinence car si l'on devait instaurer une marge de tolérance, cela
reviendrait en réalité à repousser la limite et à poser à nouveau la question
d'une marge de tolérance pour la nouvelle limite ainsi fixée (ATF 124 II 475
consid. 2b).

6.                               
Le recourant fait valoir qu'au vu de la
configuration des lieux (plusieurs voies de circulation, la présence de feux de
signalisation, etc.), le fait de circuler à une vitesse supérieure à 50 km/h n'a
pas créé de mise en danger des autres usagers. 

Il n'est pas du ressort de
l'autorité administrative de décider des limitations de vitesse sur les routes
et, quel que soit l'avis des usagers de la route sur ce point, ils doivent se
conformer aux signaux et aux marques (cf. art. 27 al. 1, 1ère phrase
LCR). Au surplus, on relève que l’absence de mise en danger de la vie d’autrui
ne joue pas de rôle, puisque la jurisprudence considère, comme on l’a vu
(consid. 3a ci-dessus), qu’un dépassement de la vitesse maximale de 20 à 24
km/h à l’intérieur des localités constitue objectivement une infraction
moyennement grave, sans égard aux circonstances concrètes.

7.                               
Le recourant fait valoir que, du fait des
éléments précités ci-dessus aux considérants 5 et 6, sa faute pourrait être
qualifiée de légère.

On rappelle que, selon le Tribunal
fédéral, chaque excès de vitesse s'accompagne d'une faute correspondante et que
la faute est ainsi qualifiée, lorsque les autres paramètres sont favorables, en
fonction de l'importance objective du dépassement: grave, moyennement grave ou
légère (cf. Cédric Mizel, Les nouvelles dispositions légales sur le retrait du
permis de conduire, in RDAF 2004 I p. 382).

8.                               
L’autorité intimée ayant tenu compte de
l’ensemble des circonstances du cas d’espèce en prononçant un retrait de permis
d’une durée d’un mois, qui correspond au minimum légal prévu par le législateur
en cas d’infraction moyennement grave, il convient de confirmer cette décision
(cf. un cas similaires arrêt CR.2008.0122 du 7 juillet 2009).

Au vu de ce qui précède, le recours
doit être rejeté et la décision entreprise confirmée. Vu le sort du recours,
les frais de la cause sont mis à la charge du recourant. Il n'y a pas lieu
d'allouer de dépens.

 

Par ces motifs

la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

I.                                  
Le recours est rejeté.

II.                                
La décision du Services des automobiles et de la
navigation du 10 janvier 2013 est confirmée.

III.                               
Un émolument de 600 (six cents) francs est mis à
la charge du recourant.

IV.                             
Il n'est pas alloué de dépens.

 

Lausanne, le 23 août 2013

 

Le président :

 

 

Le présent arrêt est communiqué aux
destinataires de l'avis d'envoi ci-joint, ainsi qu'à l'OFROU.

Il peut faire l'objet, dans les trente
jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le recours en
matière de droit public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du
17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours
constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,
indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.
Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.
Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,
pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la
décision attaquée.