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**Case Identifier:** f26950e8-1486-5587-b39c-a61060bc1d94
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-04-12
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 12.04.2022 A/670/2022
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-670-2022_2022-04-12.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/670/2022-FPUBL ATA/387/2022 

COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative 

Décision du 12 avril 2022 

sur effet suspensif 

 

dans la cause 

 

Monsieur A______  
représenté par Me Adrian Dan, avocat  

contre 

DÉPARTEMENT DE LA SÉCURITÉ, DE LA POPULATION ET DE LA SANTÉ 
 

 

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A/670/2022 

 Vu, en fait, la décision du 24 janvier 2022 du Conseiller d’État en charge du 
département de la sécurité, de la population et de la santé (ci-après : le département), 

déclarée exécutoire nonobstant recours, résiliant les rapports de service de 

Monsieur A______  avec effet au 30 avril 2022 pour inaptitude à remplir les exigences du 

poste ; qu’il lui était, notamment, reproché d’avoir entretenu une relation de proximité avec 
un gérant de salons de massages, d’avoir échangé et commenté sur Whatsapp des images à 
caractère pornographique, fourni à des tiers des informations concernant des affaires de 

police, dénigré des justiciables en des termes indignes de sa profession, s’être fait 
photographié, en uniforme, avec des travailleuses du sexe dans les locaux du gérant précité 

et d’avoir entretenu des relations étroites avec au moins l’une d’elles ; qu’il avait accepté 
des avantages de ce gérant, tels que repas ou des travaux d’électricité effectués 
gratuitement à son domicile, et implicitement cautionné l’importation en Suisse par le 
même gérant d’une arme soft air acquise en France ; qu’il avait, par ailleurs, été reconnu 
coupable par ordonnance pénale du 24 juillet 2020 de violation du secret de fonction pour 

avoir communiqué au gérant en question des informations couvertes par ce secret ; en 

outre, il lui était reproché d’avoir régulièrement quitté son secteur d’affectation, sans motif 
et pendant les heures de service, pour se rendre dans le quartier B______  ; enfin, il avait 

exercé une activité accessoire rémunérée de disque-jockey sans en avoir au préalable 

requis l’autorisation de son employeur ; enfin, la procédure de reclassement n’avait pas 
abouti ; 

 vu le recours expédié le 24 février 2022 par M. A______  à la chambre 

administrative de la Cour de justice contre cette décision, dont il demande l’annulation, 
concluant à sa réintégration à la police internationale (aéroport), à la production par le 

département et la Commandante de la police de l’intégralité des décisions rendues contre 
les policiers dans le cadre de l’« affaire B______  » et des notes transmises à la 
Commandante dans ce cadre ; 

 qu’à titre préalable, il a requis la restitution de l’effet suspensif ainsi que la 
production par le département et la Commandante de l’intégralité des décisions rendues 
contre les policiers dans le cadre de l’affaire précitée et des notes transmises à la 
Commandante dans ce cadre ; qu’il a exposé avoir été engagé comme gendarme le 1er 
février 2006 et avoir donné pleine satisfaction pendant toute sa carrière, qui l’avait portée 
au grade de Sergent, un préavis positif pour celui de Sergent-chef ayant été rendu peu 

avant la présente affaire ; qu’il avait suivi de nombreuses formations et été souvent félicité 
pour son travail ; que l’« affaire B______  », qui avait éclaté en février 2019, avait fait 
peser le soupçon sur de nombreux policiers d’avoir commis des infractions de corruption, 
d’acceptation d’un avantage et de violation du secret de fonction ; que ces soupçons 
faisaient suite à l’arrestation du gérant déjà évoqué ; que le recourant s’était expliqué en 
détail sur la nature professionnelle de la relation qu’il avait entretenue avec ce gérant ; 
qu’il n’avait pas sollicité de celui-ci des vidéos à caractère pornographique ; que 
l’électricien recommandé par le gérant n’avait pas voulu être rétribué pour le travail fait au 
domicile du recourant ; que lorsqu’il avait utilisé le terme « couleur grise » pour désigner 

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la couleur de peau d’une personne, il n’avait pas eu l’intention de l’injurier ; il s’agissait 
d’un terme faisant partie du langage des policiers ; que lorsqu’il « mixait » en tant que 
disque-jockey, le coût du matériel et de la musique était souvent plus élevé que sa 

rémunération ; qu’il en allait de même de son activité de « producteur de musique » ; qu’il 
n’était pas intervenu à la demande du gérant aux B______  alors qu’il travaillait à 
C______  ; que cette intervention avait fait suite à un signalement ; qu’il avait fréquenté la 
prostituée dénommée D______  pendant deux mois en 2012 ou 2013, mais ignoré qu’elle 
louait un appartement audit gérant ; qu’il était conscient qu’il n’aurait pas dû donner à ce 
dernier le nom d’une personne qu’il avait interpellée ;  

 qu’il a cité l’exemple de manquements de policiers plus graves ou comparables à 
ceux qui lui étaient reprochés et n’avaient pas entraîné la résiliation des rapports de 
service ; qu’il demandait l’accès à ces décisions et aux notes de la Commandante afin de 
connaître le point de départ de la prescription et de démontrer que le département aurait dû 

choisir la voie de la sanction administrative plutôt que du licenciement ; qu’enfin, la 
restitution de l’effet suspensif se justifiait au vu des chances de succès du recours et des 
difficultés financières auxquelles la décision querellée l’exposait ; 

 que le département a conclu au rejet de la requête d’effet suspensif ; qu’il a relevé 
que le recourant avait été condamné, le 13 juillet 2015, pour abus d’autorité ; que celui-ci 
avait été interpellé le 7 août 2014 par une députée du Grand Conseil lors d’une patrouille 
aux B______ , alors qu’il portait sur son uniforme un écusson brodé représentant une tête 
de mort au premier plan et la silhouette d’une femme au second et l’aigle des armoiries de 
Genève, le second écusson présentant un casque grec ; les faits reprochés dans la décision 

attaquée ressortaient clairement du rapport de l’Inspection générale des services de police 
du 13 février 2020 et de la condamnation pénale par le Ministère public ; la pornographie 

échangée entre le recourant et le gérant avait eu lieu tant sur le téléphone professionnel que 

privé du policier ; la nature des images pornographiques échangées sur le téléphone privé 

était particulièrement choquante ; le recourant ne niait pas les faits reprochés, mais en 

minimisait la gravité ; qu’enfin, aucune urgence ni dommage difficilement réparable ne 
justifiait la restitution de l’effet suspensif ; 

 que, dans sa réplique sur effet suspensif, le recourant a fait valoir que l’urgence 
résultait du fait que dans vingt-cinq jours, il serait au chômage ; son épouse percevant un 

salaire de EUR 3'500.- par mois, la famille disposait ainsi actuellement d’un revenu 
mensuel moyen de CHF 10'500.-, qui couvrait ses charges en laissant un disponible de 

CHF 1'330.- ; les indemnités de chômage qu’il pourrait percevoir en France ne 
s’élèveraient qu’à CHF 4'489.20 par mois, de sorte que la famille, qui comptait deux 
enfants adolescents issus de la précédente union de son épouse, ne pourraient plus couvrir 

ses charges mensuelles de CHF 9'170.- ; que si l’hypothèque de la maison n’était pas 
versée, il risquait de perdre sa maison, ce qui constituait un dommage difficilement 

réparable ; que par ailleurs, les chances de succès du recours n’étaient pas déterminantes 
pour décider de la restitution de l’effet suspensif ; qu’enfin, les faits reprochés dont fait état 

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le département dans sa réponse sur effet suspensif démontraient que la voie disciplinaire 

aurait dû être choisie ;  

 que, sur ce, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger sur effet 

suspensif ; 

 Considérant, en droit, l'art. 9 al. 1 du règlement interne de la chambre administrative 

de la Cour de justice du 26 mai 2020, à teneur duquel les décisions sur effet suspensif sont 

prises par la présidente de ladite chambre, respectivement par le vice-président, ou en cas 

d'empêchement de ceux-ci, par une juge ; 

 qu'aux termes de l'art. 66 de la loi sur la procédure administrative du 

12 septembre 1985 (LPA - E 5 10), sauf disposition légale contraire, le recours a effet 

suspensif à moins que l'autorité qui a pris la décision attaquée n'ait ordonné l'exécution 

nonobstant recours (al. 1) ; que toutefois, lorsqu'aucun intérêt public ou privé prépondérant 

ne s'y oppose, la juridiction de recours peut, sur la demande de la partie dont les intérêts 

sont gravement menacés, retirer ou restituer l'effet suspensif (al. 3) ; 

 que selon la jurisprudence constante de la chambre administrative, des mesures 

provisionnelles ne sont légitimes que si elles s'avèrent indispensables au maintien d'un état 

de fait ou à la sauvegarde d'intérêts compromis (ATF 119 V 503 consid. 3 ; ATA/795/2021 

du 4 août 2021 ; ATA/1043/2020 du 19 octobre 2020 ; ATA/303/2020 du 19 mars 2020) ; 

 qu'elles ne sauraient, en principe, anticiper le jugement définitif (Isabelle HÄNER, 

Vorsorgliche Massnahmen in Verwaltungsverfahren und Verwaltungsprozess in 

RDS 1997 II 253-420, 265) ; que, par ailleurs, l'octroi de mesures provisionnelles 

présuppose l'urgence, à savoir que le refus de les ordonner crée pour l'intéressé la menace 

d'un dommage difficile à réparer (ATF 130 II 149 consid. 2.2 ; 127 II 132 consid. 3) ; 

 que lors de l'octroi ou du retrait de l'effet suspensif, l'autorité de recours dispose d'un 

large pouvoir d'appréciation qui varie selon la nature de l'affaire (arrêt du Tribunal fédéral 

2C_1161/2013 du 27 février 2014 consid. 5.5.1) ; 

 que même après avoir ordonné une enquête administrative, l'autorité reste libre de 

décider de renoncer à la voie disciplinaire et de recourir au prononcé d'un licenciement si 

elle estime que les faits constatés ne sont pas d'une gravité de nature à justifier un renvoi 

par le biais de la révocation, mais rendent néanmoins inacceptable une continuation des 

rapports de service (arrêt du Tribunal fédéral 8C_631/2011 du 19 septembre 2012 consid. 

7.2) ; 

 que l'employeur jouit d'un large pouvoir d'appréciation pour juger si les 

manquements d'un fonctionnaire sont susceptibles de rendre la continuation des rapports de 

service incompatible avec le bon fonctionnement de l'administration (arrêt du Tribunal 

fédéral 8C_15/2019 du 3 août 2020 consid. 7.2 et les arrêts cités) ; 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/119%20V%20503
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/795/2021
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/1043/2020
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/303/2020
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/1997%20II%20253
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/130%20II%20149
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/127%20II%20132
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/2C_1161/2013
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/8C_631/2011
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/8C_15/2019

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 qu’en l’espèce, l’intérêt financier du recourant à ce que le versement de son salaire 
soit maintenu pendant la procédure de recours est important ; 

 que celui-ci ne rend cependant pas vraisemblable qu’en cas de refus de restituer 
l’effet suspensif, le revenu de son épouse, ses indemnités de chômage et la fortune du 
couple ne permettraient pas au couple de subvenir aux besoins de la famille ;  

 qu’en particulier, le recourant n’a pas produit de pièces, tels que relevés de comptes 
ou taxation fiscale, relatives à sa fortune et celle de son épouse rendant vraisemblable que 

ni lui ni son épouse ne disposeraient d’économies suffisantes pour faire, pendant la durée 
de la procédure, face au déficit induit par la fin du versement de son salaire ; 

 qu’ainsi, l’existence du risque de subir un dommage financier difficilement réparable 
que l’admission du recours ne pourrait réparer n’est pas rendue vraisemblable ; 

 que même s’il fallait admettre que le recourant et son épouse ne disposent pas 
d’économies – ce qui n’est pas rendu vraisemblable –, l'intérêt public à la préservation des 
finances de l'entité publique intimée, qui serait alors exposée au risque que le recourant ne 

rembourse pas les traitements versés en cas de rejet de son recours, est important et prime 

l’intérêt financier du recourant à percevoir son salaire durant la procédure (ATA/795/2021 
précité ; ATA/466/2021 du 28 avril 2021 ; ATA/1043/2020 précité) ; 

 que par ailleurs, le recourant a reconnu certains comportements reprochés, mais fait 

valoir que ceux-ci auraient dû faire l’objet d’une sanction et non d’un licenciement ;  

 qu’il est cependant rappelé que l’employeur dispose d’un large pouvoir 
d’appréciation dans le choix de prononcer une sanction ou le licenciement à la suite de 
manquements professionnels qu’il estime importants ; 

 qu’au regard des manquements reprochés au recourant, notamment sa nouvelle 
condamnation pénale du 6 novembre 2020 pour des faits en lien avec son activité 

professionnelle, une proximité inadéquate avec le milieu qu’il était appelé à fréquenter 
quotidiennement dans son travail et l’absence d’autorisation de son employeur pour 
exercer une activité de disque-jockey, le choix de l’autorité intimée de procéder à un 
licenciement plutôt qu’à une sanction n’apparaît, prima facie et sans préjudice de l’examen 
au fond, pas d’emblée arbitraire, compte tenu du large pouvoir d’appréciation dont celle-ci 
dispose en la matière ; 

 qu’en outre, le recourant ne peut déduire aucun droit à la restitution de l’effet 
suspensif du fait que l’intimé a continué à verser son traitement après sa suspension ; qu’il 
n’explique d’ailleurs pas le fondement d’une telle prétention ; 

 que le délai de prescription ne vaut que pour les procédures disciplinaires et ne 

s'applique pas au licenciement ordinaire (ATA/1356/2021 du 14 décembre 2021 consid. 8b 

et les références citées), de sorte que, prima facie et sans préjudice de l’examen au fond, le 
grief tiré de la prescription de certains faits reprochés ne paraît pas manifestement fondé ; 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/795/2021
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/466/2021
http://dmweb.justice.ge.ch/perl/decis/ATA/1043/2020
https://decis.justice.ge.ch/ata/show/2870253

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 qu’ainsi, au vu de l’absence de préjudice difficilement réparable, du fait que les 
chances de succès du recours ne paraissent prima facie pas manifestes et de l’intérêt public 
à l’exécution immédiate de la décision de licenciement, la requête de restitution de l’effet 
suspensif sera rejetée ; 

 qu’il sera statué ultérieurement sur les frais du présent incident. 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

rejette la requête d’effet suspensif ; 

réserve le sort des frais de la procédure jusqu’à droit jugé au fond ; 

dit que conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 

2005 (LTF - RS 173.110), la présente décision peut être portée dans les trente jours qui 

suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral ; 

- par la voie du recours en matière de droit public, s'il porte sur les rapports de travail entre 

les parties et que la valeur litigieuse n'est pas inférieure à CHF 15'000.- ; 

- par la voie du recours en matière de droit public, si la valeur litigieuse est inférieure à 

CHF 15'000.- et que la contestation porte sur une question juridique de principe ; 

- par la voie du recours constitutionnel subsidiaire, aux conditions posées par les art. 113 ss 

LTF, si la valeur litigieuse est inférieure à CHF 15'000.- ; 

le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de preuve et porter 

la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au Tribunal fédéral, 

Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne, par voie postale ou par voie électronique aux 

conditions de l'art. 42 LTF. La présente décision et les pièces en possession du recourant, 

invoquées comme moyens de preuve, doivent être jointes à l'envoi ;  

communique la présente décision à Me Adrian Dan, avocat du recourant, ainsi qu'au 

département de la sécurité, de la population et de la santé. 

 

 La juge : 
 
 
 

F. Krauskopf 

 

 
 

 

Copie conforme de cette décision a été communiquée aux parties. 

http://dmweb.justice.ge.ch/perl/JmpLex/RS%20173.110

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Genève, le  
 
 
 

 

 la greffière :