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**Case Identifier:** 334c259e-60eb-5584-a059-01a37d472d95
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2009-09-21
**Language:** fr
**Title:** Genf Tribunal administratif de première instance en matière fiscale 21.09.2009 A/167/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_TAPI_001_A-167-2008_2009-09-21.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/167/2008 ICC DCCR/944/2009 

 

DÉCISION 

DE LA COMMISSION CANTONALE DE RECOURS 

EN MATIÈRE ADMINISTRATIVE 

du 21 septembre 2009 

 

dans la cause 

 

 

Madame X___ 

 

 

contre 

 

 

ADMINISTRATION FISCALE CANTONALE 

(Impôt à la source 2006) 

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A/167/2008 

EN FAIT 

1. Durant l'année 2006, X___ (ci-après la contribuable ou la recourante), domiciliée en 
France, a exercé une activité salariée à Genève et, de ce fait, a été soumise au régime 
d'imposition à la source.  

2. Selon l'attestation-quittance portant comme date de remise le 31 décembre 2006 et 
valant pour la période du 1er janvier au 31 décembre 2006, la contribuable a 
réalisé un salaire brut de 97'782 fr. 05 duquel son employeur a prélevé un impôt à 
la source de 17'307 fr. 40, selon le barème A (personne seule) et au taux de 
17,70%.  

3. Par formule datée du 6 janvier 2007 et intitulée "Demande de rectification de 
l'imposition à la source (art. 23 LIS)", la contribuable a formé réclamation auprès 
de l'Administration fiscale cantonale (ci-après l'administration) à l'encontre de son 
imposition à la source pour l'année 2006, en faisant valoir une déduction 6'192 fr. 
pour ses cotisations à la prévoyance individuelle liée (3ème pilier) et le fait qu'elle 
avait deux enfants à charge. La contribuable a produit une attestation établie par 
sa caisse de prévoyance certifiant des versements des cotisations pour 6'192 fr. et 
les extraits d'actes de naissance de ses deux enfants, âgés de 2 et 4 ans. Elle a 
mentionné son adresse en France et indiqué que son "conjoint" ne travaillait pas 
en Suisse.  

4. Le 29 mai 2007, l'administration a établi un bordereau rectifiant l'imposition à la 
source 2006 de la contribuable et l'a envoyé à l'adresse de l'employeur sous pli 
simple, en indiquant que la voie de la réclamation était ouverte contre ce 
bordereau dans un délai de 30 jours à compter de sa notification. Fondé sur un 
revenu net imposable de 83'537 fr., l'impôt dû s'élevait à 13'449 fr. 45. En 
établissant ce bordereau, l'administration a admis la déduction pour les cotisations 
à la prévoyance individuelle liée et une charge de famille. Il en découlait en faveur 
de la contribuable un remboursement d'impôt de 3'904 fr. 75. 

5. Par lettre postée en France le 24 juillet 2007, la contribuable, par l'intermédiaire de 
son concubin, a de nouveau contesté son imposition à la source 2006 auprès de 
l'administration, en faisant valoir l'application du barème pour personne mariée, du 
fait que durant l'année 2006, elle vivait avec son concubin (en France) qui avait 
réalisé un revenu plus élevé qu'elle. Ce dernier avait travaillé à Genève pendant la 
période de janvier à avril 2006, après quoi il avait cessé son activité dans ce canton. 
Dans cette lettre, il a été précisé ce qui suit: "Je suis bien conscient que ma 
réclamation est hors du délai légal, mais je pense que les circonstances un peu 
particulières de notre situation pour l'année 2006 justifient ma demande".  

6. Par décision du 13 décembre 2007, l'administration a maintenu l'imposition, au motif 
que la requête de la contribuable du 24 juillet 2007 avait été déposée en dehors du 

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délai de 30 jours à compter depuis la notification du "bordereau (de) la rectification" 
du 29 mai 2007.   

7. Par acte déposé le 15 janvier 2008, la contribuable et son concubin ont recouru 
auprès de la Commission cantonale de recours en matière d'impôts en reprenant les 
termes de la "réclamation" du 24 juillet 2007. En particulier, ils reconnaissaient que 
cette dernière était tardive.  

8. Il ressort de l'instruction effectuée par la Commission cantonale de recours en 
matière d'impôts que l'imposition à la source 2006 du concubin de la recourante avait 
fait l'objet d'une décision sur réclamation de l'administration du 15 août 2006. Ce 
dernier avait déposé un recours contre cette décision auprès de cette commission le 
19 septembre 2006, mais l'avait retiré le 8 mai 2007.  

9. Dans sa réponse du 4 juillet 2008, l'administration s'est opposée au recours. La 
réclamation du 24 juillet 2007 avait été déposée en dehors du délai légal de 30 jours.  

 

EN DROIT 

1. La Commission cantonale de recours en matière administrative (ci-après la 
commission), qui a repris depuis le 1er janvier 2009 les compétences de la 
Commission cantonale de recours en matière d'impôts (art. 162 al. 4 de la loi sur 
l’organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - LOJ - E 2 05), connaît des recours 
dirigés, comme en l’espèce, contre des décisions de l'administration (art. 56X al. 2 et 
56Y LOJ; art. 49 de la loi de procédure fiscale du 4 octobre 2001 (LPFisc - D 3 17), 
applicable par renvoi de l’article 24 de la loi sur l'imposition à la source des 
personnes physiques et morales du 23 septembre 1994 (LISP - D  3  20)). 

2. Interjeté en temps utile et dans les formes prescrites devant la juridiction compétente, 
le recours est recevable au sens de l'article 49 LPFisc, lequel est applicable par renvoi 
de l’article 24 LISP. 

3. Selon l'article 23 alinéa 2 LISP, dont le titre est "Réclamation", le contribuable qui 
conteste le montant de la retenue à la source qui lui est faite peut déposer une 
réclamation écrite et motivée auprès du département des finances : 

a) si l'attestation tenant lieu de quittance a été remise avant le dernier 
jour du mois de février de l'année qui suit celle pour laquelle l'impôt a été 
retenu : jusqu'au 31 mars de cette même année; 

b) si l'attestation a été remise ultérieurement : dans les 30 jours qui 
suivent cette remise, mais au plus tard le 31 décembre de l'année qui suit 
celle pour laquelle l'impôt a été retenu. 

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4. Le règlement d'application de la loi sur l'imposition à la source des personnes 
physiques et morales (RISP - D 3 20.01) prévoit d'une part (art. 4), que "sur 
réclamation du contribuable (article 23 de la loi), l'administration admet les 
déductions supplémentaires suivantes : 

a) les versements à une institution de prévoyance professionnelle pour 
le rachat d'années d'assurance et la finance d'entrée, ainsi qu'à une institution 
reconnue de prévoyance individuelle liée, au sens et dans les limites 
admises par le droit fédéral en matière de prévoyance et par la loi LIPP-V; 

b) les pensions alimentaires et les contributions d'entretien au sens de 
l'article 5 de la loi LIPP-V; 

c) les frais de garde au sens et dans les limites admises par l'article 7 de 
la loi LIPP-V." 

D'autre part (art. 3), ce règlement prévoit que "l'administration rectifie l'imposition, 
après la fin de l'exercice, dans les cas suivants : 

a) lorsque les époux, faisant ménage commun, exercent tous deux une 
activité lucrative dans le canton et sont, de ce fait, soumis à la retenue 
calculée selon le barème A, sans charges de famille; 

b) lorsque le contribuable a exercé au cours de l'exercice plusieurs 
activités; 

c) lorsque, en plus des revenus de son activité lucrative, le contribuable 
a acquis des revenus en compensation au sens de l'article 2". 

5. La commission relèvera que la LISP ne prévoit pas expressément d'autre 
réclamation, à l'encontre de l'attestation-quittance remise au contribuable par son 
employeur, que celles prévues par les articles 23 LISP et 4 RISP précités. En effet, la 
disposition suivante de la LISP, soit l'article 24 intitulé "Recours", prévoit un recours 
à la commission, au sens de l'article 49 LPFisc auquel il renvoie, contre les décisions 
prises par l'administration suite aux réclamations prévues par les articles 23 LISP et 4 
RISP.  

Il s'ensuit que la décision prise par l'administration suite à la réclamation au sens des 
articles 23 LISP et 4 RISP doit être considérée comme une décision sur réclamation à 
l'encontre de laquelle est ouverte une voie de recours à la commission (art. 24 LISP 
et 49 LPFisc).  

Quant à l'article 3 RISP, d'après sa lettre, il apparaît que l'administration est tenue de 
rectifier d'office une imposition à la source, dans les cas énumérés de manière 
exhaustive et, a fortiori, elle est également tenue à le faire sur demande du 

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contribuable; d'après les termes de cette disposition, le dépôt de cette demande n'est 
en tout cas pas soumis au délai de l'article 23 lettre a LISP. 

Ainsi, la commission est d'avis que c'est uniquement le bordereau rectificatif, établi 
en application de l'article 3 RISP, qui peut faire l'objet d'une réclamation, dans un 
délai de 30 jours, au sens de l'article 39 LPFisc.  

6. En l'espèce, la recourante a formé réclamation le 6 janvier 2007 contre son 
attestation-quittance du 31 décembre 2006. L'administration s'est prononcée sur sa 
contestation le 29 mai 2007, en indiquant que la voie "de la réclamation était 
ouverte" contre sa propre décision. La question se pose de savoir s’il s’agit d’une 
décision de rectification (art. 3 RISP) ou d'une décision sur réclamation (art. 4 RISP 
et 23 LISP). Le Tribunal administratif a relevé que "la pratique de l'AFC n'est pas 
homogène quant à la qualification des décisions qu'elle rend sur demande de 
rectification et sur réclamation (…). Devant une pratique aussi instable, il est difficile 
pour le contribuable de savoir s'il doit recourir à la commission ou déposer une 
réclamation. La situation n'est en outre pas exempte de dangers pour lui, car la 
mention erronée d'une voie de droit ne confère pas un droit de recours" 
(ATA/159/2009 du 24 mars 2009).  

En l'occurrence, dans sa lettre du 6 janvier 2007 adressée à l'administration, la 
contribuable avait exprimé clairement qu'elle demandait, outre la déduction de son 
3ème pilier A, figurant dans les motifs de « réclamation » de l'article 4 RISP, la prise 
en compte des deux charges de famille (art. 1 RISP et 4 al. 1 LISP), relevant des 
motifs de la réclamation de l'article 23 LISP. L'administration s'est déterminée sur 
ces points par décision du 29 mai 2007. Cette décision, même si elle n'en remplissait 
pas nécessairement toutes les conditions, pouvait être considérée par la contribuable 
comme une décision sur réclamation au sens des articles 4 RISP et 23 LISP, contre 
laquelle un recours était ouvert auprès de la commission. Le délai de recours était de 
30 jours (art. 49 LPFisc). Or, dans ses écritures du 24 juillet 2007, le contribuable a 
réclamé pour la deuxième fois, au sens de l'article 23 LISP, en faisant valoir un 
nouveau grief relevant des motifs de la réclamation de l'article 23 LISP, soit 
l'application du barème marié (art. 4 al. 2 LISP) du fait qu'elle vivait avec son 
concubin qui avait un revenu plus élevé qu'elle. Les conclusions de la recourante 
étaient claires sur ce point, laissant entendre qu'elle ne souhaitait pas que sa lettre soit 
considérée comme un recours et précisant très clairement que sa "réclamation (était) 
hors du délai légal (…)". On ne saurait, dès lors, faire grief à l'administration de 
n'avoir pas transmis cette missive à la commission, comme le lui prescrivait l'article 
41 alinéa 2 LPFisc.  

En outre, la commission précisera que le motif de la "réclamation" de la contribuable 
du 24 juillet 2007 n'est pas celui de la "demande de rectification" au sens l'article 3 
lettre a RISP, puisque cette disposition n'est applicable qu'aux contribuables mariés, 
ce qui n'était pas le cas de la recourante en 2006. Si tel aurait été le cas et si la 
recourante avait invoqué le motif de cette dernière disposition, sa demande n'aurait 

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pas été soumise au délai de l'article 23 lettre a LISP, puisque, comme rappelé ci-
dessus, l'administration aurait été de toute façon tenue de rectifier sa taxation d'office 
pour un tel motif.  

7. En conclusion, relevant d'une réclamation au sens de l'article 23 LISP, la demande de 
la contribuable du 24 juillet 2007 est tardive, car hors du délai de l'article 23 lettre a 
LISP. Le recours doit être rejeté pour ce motif. 

8. En application des articles 87 alinéa 1 LPA et 1 et 2 du règlement genevois sur les 
frais, émoluments et indemnités en procédure administrative (RFPA – E 5 10.03), la 
recourante, qui succombe, est condamnée au paiement d’un émolument de 300 fr. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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PAR CES MOTIFS 

LA COMMISSION CANTONALE DE RECOURS 

EN MATIERE ADMINISTRATIVE 

1. déclare le recours recevable; 

2. le rejette; 

3. met à la charge de la recourante un émolument de 300 fr.; 

4. dit que, conformément aux articles 56A LOJ, 63 let. b et 65 LPA, la présente 
décision est susceptible de faire l'objet d'un recours auprès du Tribunal administratif 
(18 rue du Mont-Blanc, case postale 1956, 1211 Genève 1) dans les 10 jours à 
compter de sa notification. L'acte de recours doit être dûment motivé et contenir, 
sous peine d'irrecevabilité, la désignation de la décision attaquée et les conclusions 
du recourant. Il doit être accompagné de la décision attaquée et des autres pièces dont 
dispose le recourant; 

5. communique la présente décision à:  

a. X___; 

b. l'Administration fiscale cantonale. 

 

Siégeant : Sophie CORNIOLEY BERGER, présidente, Damien BONVALLAT et Yves 
DUPONT, juges assesseurs. 

 

Au nom de la Commission : 

La présidente 

Sophie CORNIOLEY BERGER 

 

Copie conforme de cette décision a été communiquée aux parties. 

 
Genève,  

 

 
Le greffier