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**Case Identifier:** ac2f27b3-aca0-5ef5-bf98-24064c0e5542
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-07-13
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 13.07.2017 C/11074/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-11074-2017_2017-07-13.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  

 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/11074/2017 ACJC/896/2017 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU JEUDI 13 JUILLET 2017 

 

Entre 

A______, domiciliée ______, ______ (GE), requérante sur requête de mesures 
superprovisionnelles et provisionnelles, comparant par Me Lucien Feniello, avocat, 29, 

rue de la Coulouvrenière, case postale 5710, 1211 Genève 11, en l'étude duquel elle fait 

élection de domicile, 

et 

B______, sise ______, ______ (GE), citée, comparant par Me Yama Sangin, avocat, 8, 
rue Rodolphe-Toepffer, 1206 Genève, en l'étude duquel elle fait élection de domicile. 

  

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 18 juillet 2017. 

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C/11074/2017 

EN FAIT 

A. a. C______ a pour but "l'achat, vente, administration et gestion de participations 
dans des sociétés ou entreprises commerciales et financières en Suisse et à 

l'étranger". 

 Jusqu'au 16 mai 2017, D______ et E______ en étaient les seuls administrateurs 

avec signature collective à deux. 

 A partir du 16 mai 2017, ils ont été remplacés par F______ et G______. 

 b. B______ a pour but "l'exploitation de discothèques, cafés, restaurants et 
établissements publics, prise de participation dans tous commerces ou sociétés 

poursuivant des buts analogues, et activités liées à la communication et 

l'événementiel". 

 D______ et E______ en sont administrateurs avec signature individuelle. 

 c. H______SA, en liquidation, a pour but "l'installation, exploitation, gérance de 
tous cafés, restaurants, brasseries, tea-rooms, bars et autres commerces similaires 

et notamment création et exploitation de cafés restaurants à l'enseigne "H______". 

 D______ et E______ sont administrateurs de la société et disposent d'une 
signature collective à deux. 

 Ladite société exploitait depuis 1993 un bar de nuit dancing à ______ (GE), sous 

l'enseigne " Le H______". 

 La faillite de H______SA a été prononcée le 3 avril 2017. 

 d. D______ et E______ sont également administrateurs de I______SA, dont le 
but est "l'ouverture, exploitation et gestion d'établissements dans le domaine de 

l'hôtellerie et de la restauration, ainsi que vente au détail de produits en relation 

avec l'activité principale, notamment sous la marque "I______". 

 e. A______ a pour but "l'acquisition, détention, gestion et vente de participations, 
directes ou indirectes, dans tous types d'entreprises et de sociétés, tant en Suisse 

qu'à l'étranger". 

 f. C______ est actionnaire unique de H______ et de I______SA et est détenue à 
40% par B______, à 40% par A______ et à 20% par J______. 

 g. Jusqu'en novembre 2015, I______SA a exploité, à ______ (GE), un restaurant 
du nom de "H______ Restaurant" sous l'enseigne "H______". 

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 Le 20 novembre 2015, le bail des locaux du "H______ Restaurant" a été cédé à 
K______ par I______SA et la société L______ a été créée avec pour but 

"l'exploitation d'établissements publics tels que cafés, discothèques, restaurants, 

bars à café ou entreprises similaires, la prise de participations dans tous 

commerces ou sociétés poursuivant des buts analogues, ainsi que toutes activités 

liées à la communication et à l'événementiel". 

 D______ et E______ sont administrateurs de L______ et disposent d'une 

signature collective à deux. 

 h. A______ et B______ sont actionnaires à 50% chacune de ladite société. 

 i. Le 6 juillet 2016, cette dernière a conclu un contrat de bail portant sur des 
locaux commerciaux sis ______ à Genève, dont la destination est l'exploitation 

d'un café restaurant midi et soir, d'un lounge et d'un bar de nuit dancing, sous 

l'enseigne "Le H______". 

 j. Le 2 novembre 2016, cette société, représentée par D______ et E______, a 
transféré le bail portant sur les locaux précités à B______. 

 k. La marque "Le H______" a été enregistrée par la société H______, sous P-
1______ le 16 février 1999 auprès de l'Institut fédéral de la propriété intellectuelle 

(ci-après : IPI). 

 Elle a, par la suite, été enregistrée à nouveau le 25 septembre 2012 avec un 
nouveau logo, sous n° 2______. 

 Ladite marque a été également enregistrée au niveau international, sous 

n° 3______. 

 Enfin, elle a été enregistrée par H______, avec un logo différent des deux 

marques précitées, sous n° 4______. 

 l. En décembre 2016, une procédure pénale pour détournement de fonds a été 
ouverte à l'encontre de M______, directeur financier de C______. 

 Dans le cadre de cette procédure, D______ et E______ ont été mis en prévention 
d'abus de confiance et d'instigation de faux dans les titres. 

 m. Le 10 janvier 2017, la marque "Le H______" n° 4______ a été transférée de la 
société H______ à B______, le transfert ayant été publié le 11 janvier 2017. 

 n. Le 14 mars 2017, B______ a déposé la marque "Le H______ Restaurant", 
demande enregistrée sous n° 5______. 

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 o. Le 15 mars 2017, une assemblée générale extraordinaire de C______ a été 
tenue, lors de laquelle les pouvoirs de D______ et E______ ont été radiés, dont la 

publication est intervenue le 16 mai 2017 dans la Feuille d'avis officielle du 

canton de Genève (ci-après : FOSC). 

 p. Le 6 avril 2017, B______ a, à nouveau, déposé la marque "Le H______ 
Restaurant" auprès de l'IPI, avec un nouvelle calligraphie et un nouveau logo. 

La demande a été enregistrée sous n° 6______ et est actuellement en vigueur. 

 q. B______ a annoncé, via la messagerie "Whatsapp", que "Le H______ 
Restaurant" allait rouvrir dès le 24 mai 2017 au ______ (GE), et que l'adresse e-

mail dudit restaurant était "restaurant@leH______.com". 

 La promotion de l'ouverture de cet établissement a été faite en partie sur la page 
Facebook de "Le H______". 

B. a. Le 19 mai 2017, A______ a déposé auprès de la Cour de justice une requête en 
mesures provisionnelles, assortie d'une requête en mesures superprovisionnelles. 

 Sur mesures superprovisionnelles, A______ a conclu à ce qu'il soit fait 
interdiction à B______ d'utiliser ou permettre à tout tiers d'utiliser la 

dénomination, l'enseigne et la marque "Le H______" et "Le H______ 

Restaurant", en lien avec l'établissement situé ______ à Genève ou situé à toute 

autre adresse, qu'il soit fait interdiction à B______ d'utiliser ou laisser un tiers 

utiliser l'adresse électronique "restaurant@leH______.com" et toute autre adresse 

électronique contenant la mention sous quelque forme que ce soit de "H______", 

"le H______" ou "H______ restaurant", qu'il soit ordonné à B______ d'adresser 

un "message texte" aux clients et toute autre personne ayant été informée de 

l'ouverture de l'établissement situé au ______ (GE) du fait que celui-ci ne portera 

pas le nom "Le H______ Restaurant" et n'utilisera pas l'adresse 

restaurant@leH______.com, et qu'il soit ordonné à B______ de retirer toute 

mention de l'établissement "Le H______ Restaurant" situé au ______ (GE), des 

comptes et pages de "Le H______" (@leH______clubgeneve) sur les réseaux 

sociaux, notamment Twitter, Facebook et Instagram. 

 Sur mesures provisionnelles, A______ a pris des conclusions similaires après 

audition des parties, demandant notamment en sus qu'un délai de 90 jours lui soit 

octroyé pour agir au fond. 

 Elle a, notamment, allégué qu'en tant qu'actionnaire de C______, qui détenait 

100% de H______, en liquidation, et de L______, elle disposait de droits 

patrimoniaux lui permettant d'agir en protection de la marque indûment transférée 

à B______ et en interdiction de l'ouverture d'un restaurant à l'enseigne "H______ 

Restaurant". Cette enseigne créerait également un risque de confusion avec 

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l'enseigne, la marque et le club "Le H______". Sa qualité d'actionnaire de 

C______ et de L______ lui permettrait de s'opposer à cet acte de concurrence 

déloyale. 

 b. Par ordonnance du 23 mai 2017, la Cour a rejeté la requête de mesures 
superprovisionnelles et a imparti un délai de dix jours à B______ pour répondre 

par écrit à la requête de mesures provisionnelles et produire ses pièces. 

 c. Par mémoire de réponse du 19 juin 2017, B______ a conclu, principalement, au 
déboutement de A______ de toutes ses conclusions. Subsidiairement, elle a 

conclu à ce que A______ soit astreinte à fournir des sûretés, dans les quinze jours 

suivant la notification de l'ordonnance sur mesures provisionnelles, d'un montant 

minimal de 4'610'000 fr., dans le cas où il devait être fait droit en tout ou en partie 

à ladite requête. 

 Elle a allégué que A______ ne disposait pas de la légitimation active pour se 
prévaloir de la violation des droits patrimoniaux prétendus de H______, en 

liquidation, de la protection de la marque "Le H______" et du droit de s'opposer à 

l'exploitation d'un restaurant à l'enseigne "H______ Restaurant". A______ ne 

disposait pas non plus de la légitimation active pour invoquer la protection contre 

la concurrence déloyale. 

EN DROIT 

1. Il a déjà été statué sur la recevabilité de la requête dans l'arrêt du 23 mai 2017. 
Il n'y a donc pas lieu d'y revenir. 

2. 2.1 La légitimation des parties au procès est examinée d'office, dès lors qu'il s'agit 
d'une condition de fond du droit exercé. Elle relève du droit matériel fédéral 

(ATF 139 III 353 consid. 2.1; 123 III 60 consid. 3a). Il ne s'agit pas d'une 

condition d'ordre procédural dont dépend la recevabilité de l'action. L'absence de 

légitimation active ou passive se traduit par un déboutement au fond, et non par 

l'irrecevabilité de l'action (ATF 140 III 598 consid. 3.2; 137 III 455 consid. 3.5; 

114 II 345; 107 II 85 consid. 2). 

 2.2 Aux termes de l'art. 261 al. 1 CPC, le juge ordonne les mesures 
provisionnelles nécessaires lorsque le requérant rend vraisemblable qu'une 

prétention dont il est titulaire est l'objet d'une atteinte ou risque de l'être (let. a) et 

que cette atteinte risque de lui causer un préjudice difficilement réparable (let. b). 

Selon l'al. 2 de cette disposition légale, le juge peut renoncer à ordonner des 

mesures provisionnelles lorsque la partie adverse fournit des sûretés appropriées. 

En vertu de l'art. 262 let. a CPC, le juge peut ordonner toute mesure 

provisionnelle propre à prévenir ou à faire cesser le préjudice, notamment une 

interdiction. 

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 Dans le cadre des mesures provisionnelles, le juge peut se limiter à la 

vraisemblance des faits et à l'examen sommaire du droit, en se fondant sur les 

moyens de preuve immédiatement disponibles (ATF 131 III 473 consid. 2.3; 

139 III 86 consid. 4.2). L'octroi de mesures provisionnelles suppose la 

vraisemblance du droit invoqué et des chances de succès du procès au fond, ainsi 

que la vraisemblance, sur la base d'éléments objectifs, qu'un danger imminent 

menace le droit du requérant, enfin la vraisemblance d'un préjudice difficilement 

réparable, ce qui implique une urgence (Message du Conseil du 28 juin 2006 

relatif au code de procédure civile suisse, in FF 2006 p. 6841 ss, spéc. 6961; 

BOHNET, in Code de procédure civile commenté, 2011, n. 3 ss ad art. 261 CPC). 

La preuve est (simplement) vraisemblable lorsque le juge, en se fondant sur des 

éléments objectifs, a l'impression que les faits pertinents se sont produits, sans 

pour autant qu'il doive exclure la possibilité que les faits aient pu se dérouler 

autrement (ATF 139 III 86 consid. 4.2; 130 III 321 consid. 3.3 = JdT 2005 I 618). 

3. La requérante allègue être fondée à requérir des mesures visant à empêcher la 
citée d'exploiter un restaurant à l'enseigne "H______ Restaurant", dès lors qu'elle 

est actionnaire de C______, qui détient à 100% H______, en liquidation, titulaire 

de la marque "Le H______". 

 3.1 Le droit à la marque confère au titulaire le droit exclusif de faire usage de la 
marque pour distinguer les produits ou les services enregistrés et d'en disposer. 

Le titulaire peut interdire à des tiers l'usage des signes dont la protection est 

exclue en vertu de l'art. 3 al. 1. Il peut en particulier interdire à des tiers d'apposer 

le signe concerné sur des produits ou des emballages, de l'utiliser pour offrir des 

produits, les mettre dans le commerce ou les détenir à cette fin, de l'utiliser pour 

offrir ou fournir des services et de l'apposer sur des papiers d'affaires, de l'utiliser 

à des fins publicitaires ou d'en faire usage de quelqu'autre manière dans les 

affaires (art. 13 al. 1 et al. 2 let. a, b, c et e LPM). 

 Sont exclus de la protection les signes identiques à une marque antérieure et 

destinés à des produits ou services identiques, les signes identiques à une marque 

antérieure et destinés à des produits ou services similaires, lorsqu'il en résulte un 

risque de confusion, et les signes similaires à une marque antérieure et destinés à 

des produits ou services identiques ou similaires, lorsqu'il en résulte un risque de 

confusion (art. 3 al. 1 LPM). 

 Selon l'art. 55 al. 1 let. b LPM, la personne qui subit une violation de son droit à la 

marque peut demander au juge de la faire cesser si elle dure encore. 

 3.2 En l'espèce, H______, en liquidation, est détenue à 100% par C______, dont 
la requérante est actionnaire à hauteur de 40%. Cette dernière soutient que seule 

H______ serait autorisée à utiliser la marque "Le H______". Or, quand bien 

même, comme le fait valoir la requérante, le transfert de marque opéré entre 

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H______ et B______ ne serait pas valable, le droit d'utiliser la marque "Le 

H______" appartiendrait uniquement à H______, en liquidation. Dans cette 

hypothèse, seule cette dernière société, respectivement l'Office des faillites (art. 

240 LP), serait légitimée à se plaindre de la violation du droit de ladite marque. La 

requérante ne démontre pas ni ne rend vraisemblable que sa qualité d'actionnaire 

de l'actionnaire unique de H______, en liquidation, lui conférerait le droit de faire 

valoir, en lieu et place de la faillie, des prétentions dont cette dernière serait 

titulaire. Elle ne rend à cet égard pas vraisemblable l'existence d'une procuration 

ou d'un quelconque mandat et n'invoque pas non plus une base légale lui octroyant 

le pouvoir d'agir aux fins de protéger les droits appartenant à la société en faillite. 

Elle ne dispose, dès lors, pas de la légitimation active pour agir contre la citée en 

protection de la marque dont elle n'est pas titulaire. 

 Par ailleurs, elle ne rend pas non plus vraisemblable le risque d'atteinte découlant 

du fait que, si la marque avait effectivement été indûment transférée de H______ 

à la citée, elle ne pourrait pas participer à la distribution du bénéfice résultant de 

l'exploitation dudit établissement. En effet, le seul éventuel dommage que pourrait 

subir la requérante si la marque avait été indûment transférée à la citée serait une 

éventuelle diminution du dividende de C______, dont le propre dividende dans 

H______, en liquidation serait diminué. Or, cette dernière étant en faillite et la 

requérante n'apportant pas de précision sur l'état d'endettement de la faillite, 

l'atteinte ou le risque allégué d'atteinte à ses droits patrimoniaux n'est pas rendu 

vraisemblable. 

4. La requérante soutient par ailleurs que l'exploitation de l'établissement dénommé 
"H______ Restaurant" par la citée serait susceptible de créer un risque de 

confusion avec l'enseigne, la marque et le club "Le H______". 

 4.1 A teneur de l'art. 2 LCD, est déloyal et illicite tout comportement ou pratique 
commercial qui est trompeur ou qui contrevient de toute autre manière aux règles 

de la bonne foi et qui influe sur les rapports entre concurrents ou entre 

fournisseurs et clients. L'acte de concurrence déloyale doit être objectivement 

propre à influencer le marché (ATF 136 III 23 consid. 9.1). Cette clause générale 

peut trouver application notamment lorsqu'un comportement tombe sous le coup 

d'une loi protégeant un bien immatériel, comme la LDA (ATF 136 III 232 

consid. 7.2). Par ailleurs, la règle générale exprimée à l'art. 2 LCD est concrétisée 

par les cas particuliers énoncés aux art. 3 à 8 LCD, mais elle reste applicable pour 

les hypothèses que ces dispositions ne viseraient pas (ATF 132 III 414 

consid. 3.1; 131 III 384 consid. 3). 

 L'art. 3 let. d LCD qualifie de déloyal le comportement de celui qui prend des 

mesures de nature à faire naître une confusion entre ses propres biens ou services 

et ceux d'autrui (sur la notion de risque de confusion: cf. ATF 135 III 446 

consid. 6.1). Le risque de confusion peut n'être qu'indirect, en ce sens qu'il suffit 

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que l'auteur fasse naître l'idée que deux produits, en soi distincts, proviennent de 

la même entreprise (arrêt du Tribunal fédéral 4A_467/2007 du 8 février 2008 

consid. 4.2, in sic! 6/2008 p. 454) ou d'entreprises qui sont étroitement liées l'une 

à l'autre (ATF 135 III 446 = JdT 2010 / 632 consid. 6.1 et les références citées). 

 Pour qu'il y ait acte de concurrence déloyale, il ne suffit pas que le comportement 

apparaisse déloyal au regard de la liste d'exemples figurant aux art. 3 à 8 LCD; il 

faut encore qu'il influe sur les rapports entre concurrents ou entre fournisseurs et 

clients, il doit influencer le jeu de la concurrence, le fonctionnement du marché 

(ATF 132 III 414 consid. 3.1; 126 III 198 consid. 2c/aa). 

 Celui qui, par un acte de concurrence déloyale, subit une atteinte dans sa clientèle, 

son crédit ou sa réputation professionnelle, ses affaires ou ses intérêts 

économiques en général peut demander au juge de la faire cesser et réclamer des 

dommages-intérêts (art. 9 al. 1 let. b et al. 3 LCD). 

 4.2 En premier lieu, il convient de relever qu'en tant que la requérante se prévaut 
du droit à la marque, ce second moyen se confond avec son premier moyen, dont 

il a été retenu qu'il ne portait pas (cf. consid. 3.2). Par ailleurs, il n'est pas contesté 

que la marque "Le H______" appartenait à la société H______, en liquidation et 

qu'elle a été transférée à la citée par le biais des administrateurs des deux sociétés 

susmentionnées, soit D______ et E______. Il n'est pas allégué que ce transfert 

aurait fait l'objet de contestation ou d'opposition de la part de la requérante. Ainsi, 

il est douteux que la faillie puisse encore se prévaloir de la marque. Quoi qu'il en 

soit et comme déjà évoqué supra, la requérante ne rend pas vraisemblable sa 

légitimation active pour se prévaloir du droit à la protection de la marque. Le seul 

fait qu'elle est actionnaire de l'unique actionnaire de H______, en liquidation ne 

lui confère pas cette légitimation. 

 Elle ne rend également pas vraisemblable sa légitimation active pour agir en ce 

qui concerne les droits sur l'enseigne "H______ Restaurant". En effet, I______SA 

exploitait un restaurant à l'enseigne "H______ Restaurant" et non la requérante. 

Par ailleurs, I______SA a cessé d'exploiter cet établissement en septembre 2015 et 

la société L______, dont les administrateurs sont D______ et E______, a été 

créée. Outre que ces faits sont connus de la requérante depuis de nombreux mois, 

elle n'expose pas en quoi la relation entre H______, en liquidation et L______ lui 

conférerait le droit de plaider la protection de l'enseigne "H______ Restaurant". 

 Par ailleurs, la requérante, qui n'est pas titulaire de la marque "Le H______" ou de 

l'enseigne "H______ Restaurant", ne peut se prévaloir du fait qu'elle subirait un 

acte de concurrence déloyale de par l'utilisation prétendument indue de la marque 

et de l'enseigne. Elle n'expose en particulier pas en quoi elle subirait dans ses 

droits un acte de concurrence déloyale. 

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 Enfin et derechef, la requérante ne rend pas vraisemblable que sa qualité 

d'actionnaire de C______, elle-même actionnaire de H______, en liquidation la 

légitime à agir pour faire valoir les droits issus d'éventuels actes déloyaux commis 

au détriment de la faillie. 

 4.3 Il sera, en dernier lieu, relevé que la requérante ne précise pas ni ne rend 
vraisemblable le dommage qu'elle serait susceptible de subir. Comme exposé plus 

haut (consid. 3.2), H______ étant en faillite et la requérante n'ayant donné aucune 

indication sur l'état de surendettement de celle-ci ni sur la situation financière de 

C______, elle ne rend pas vraisemblable que son dividende serait affecté par un 

acte de concurrence déloyale. Elle n'apporte, de même, aucune indication sur la 

situation financière de L______, de sorte qu'il n'est pas rendu vraisemblable que 

les actes reprochés à la citée entraîneraient pour elle une réduction du dividende, 

d'une part, et, d'autre part, qu'elle ne pourrait obtenir, le cas échéant, réparation de 

ce dommage. Faute d'avoir rendu vraisemblable l'existence d'un préjudice 

difficilement vraisemblable, sa requête doit également être rejetée pour ce motif. 

 En définitive, la requête de mesures provisionnelles, qui se révèle infondée, sera 

rejetée. 

5. Les frais judiciaires, comprenant les frais relatifs à la décision rendue sur mesures 
superprovisionnelles, seront arrêtés à 3'000 fr. (art. 95 al. 1 let. a, art. 96 CPC, 

art. 26 du Règlement fixant le tarif des frais en matière civile, RTFMC) et mis à la 

charge de la requérante, qui succombe (art. 106 al. 1 CPC). Ils sont compensés 

avec l'avance de frais fournie par celle-ci, qui reste acquise à l'Etat (art. 111 al. 1 

CPC). 

 La requérante sera en outre condamnée à verser à la citée la somme de 4'000 fr. à 
titre de dépens (art. 84 ss RTFMC). 

* * * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile 

Statuant sur mesures provisionnelles en instance unique : 

Au fond : 

Déboute A______ des fins de sa requête. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires à 3'000 fr., les met à la charge de A______ et les compense 

avec l'avance fournie, qui reste acquise à l'Etat de Genève. 

Condamne A______ à verser à B______ la somme de 4'000 fr. à titre de dépens. 

Siégeant : 

Madame Florence KRAUSKOPF, présidente, Monsieur Cédric-Laurent MICHEL et 

Madame Ursula ZEHETBAUER GHAVAMI, juges, Madame Camille LESTEVEN, 

greffière. 

 

La présidente : 

Florence KRAUSKOPF 

 La greffière : 

Camille LESTEVEN 

 

 

Indication des voies de recours : 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 
(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 
notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 
fédéral par la voie du recours en matière civile. 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 
30'000 fr.