# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** f410e0b3-4545-5f7b-a1f0-a4aa21c6ccb1
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2010-09-20
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 20.09.2010 E-5931/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-5931-2010_2010-09-20.pdf

## Full Text

Cour V
E-5931/2010
{T 0/2}

A r r ê t  d u  2 0  s e p t e m b r e  2 0 1 0

François Badoud, juge unique, 
avec l'approbation de Jenny de Coulon Scuntaro, juge ;
Chrystel Tornare Villanueva, greffière.

A._______, née le (...), Libéria,
recourante,

contre

Office fédéral des migrations (ODM),
Quellenweg 6, 3003 Berne,
autorité inférieure.

Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 21 juillet 2010 / 
N_______.

B u n d e s v e r w a l t u n g s g e r i c h t

T r i b u n a l  a d m i n i s t r a t i f  f é d é r a l

T r i b u n a l e  a m m i n i s t r a t i v o  f e d e r a l e

T r i b u n a l  a d m i n i s t r a t i v  f e d e r a l

Composit ion

Parties

Objet

E-5931/2010

Faits :

A.
Le 3 juillet 2010, A._______ a déposé une demande d'asile au Centre 
d'enregistrement et de procédure de Vallorbe.

Entendue lors de son audition audit  centre, le 7 juillet  2010, et plus 
particulièrement sur ses motifs d'asile, lors de l'audition du 21 juillet  
2010,  elle  a  déclaré  être  de  nationalité  libérienne  et  avoir  vécu  à 
B._______ jusqu'en 2006.

En 2006, elle aurait quitté le Libéria pour rejoindre le Ghana avec son 
père et sa grand-mère suite à des menaces qu'ils auraient reçues en 
raison du fait que son père aurait été (...) de Charles Taylor – ancien 
président du Libéria - et aurait combattu pour lui.

Au  Ghana,  elle  aurait  habité  chez  un  ami  de  son  père  dénommé 
C._______.  Elle  aurait  également  travaillé  en  qualité  de  vendeuse 
dans le magasin de celui-ci. Dans la nuit du 12 juin 2010, C._______ 
aurait  violé  l'intéressée.  Celle-ci  l'ayant  menacé  de  se  rendre  à  la 
police, il l'aurait brûlée au bras et au dos avec un fer à repasser. Le 
lendemain, elle se serait  réfugiée chez un prêtre qui aurait organisé 
son voyage jusqu'en Suisse. 

A  l'appui  de  sa  demande,  l'intéressée  a  déposé  un  certificat  de 
naissance établi le (...) 2009.

B.
Par  décision  du  21  juillet  2010,  notifiée  oralement  au  terme  de 
l'audition  du  même  jour,  l'ODM  a  rejeté  la  demande  d'asile  de 
l'intéressée, estimant que ses déclarations ne satisfaisaient  pas aux 
exigences de vraisemblance énoncées à l'art. 7 LAsi. Il  a également 
prononcé son renvoi de Suisse et ordonné l'exécution de cette mesure. 
Il  a  considéré  que  l'exécution  du  renvoi  était  licite,  possible  et 
raisonnablement exigible.

C.
Par recours du 20 août 2010, l'intéressée a conclu à l'annulation de la 
décision entreprise, à la reconnaissance de la qualité de réfugié et à 
l'octroi de l'asile, ainsi que, subsidiairement, à l'admission provisoire. 
Elle a également requis le bénéfice de l'assistance judiciaire partielle. 

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Elle a indiqué qu'elle ne pouvait retourner ni au Ghana ni au Libéria au 
motif qu'étant la fille d'un (...) de Charles Taylor, il était trop dangereux 
pour elle de se rendre dans ce pays. 

D.
Par  décision  incidente  du  27  août  2010,  le  Tribunal  a  imparti  à  la 
recourante un délai de sept jours pour régulariser son recours en le 
motivant.

E.
Par courrier du 6 septembre 2010, l'intéressée a fait valoir qu'il  était 
notoire  que  les  personnes  et  les  membres  des  familles  qui  avaient  
soutenu  Charles  Taylor  étaient,  actuellement  encore,  menacés  au 
Libéria. Elle a contesté s'être contredite lors de ses auditions. Elle a 
indiqué que les réponses données aux questions 54 et 55 de l'audition 
du  21  juillet  2010,  à  savoir  que  l'ODM  avait  mal  compris  ses 
déclarations et qu'elle avait été brûlée, dans la même nuit, après avoir  
été violée, et non le lendemain, expliquaient la prétendue contradiction 
mise en avant par l'ODM.

F.
Les  autres  faits  et  arguments  de  la  cause  seront  examinés,  si 
nécessaire dans les considérants en droit ci-dessous.

Droit :

1.  

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 de la loi du 17 juin 
2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32), le Tribunal 
administratif  fédéral,  en  vertu  de l'art. 31  LTAF, connaît  des  recours 
contre  les  décisions  au  sens  de  l'art. 5  de  la  loi  fédérale  du 
20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021) 
prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. En particulier, les 
décisions  rendues  par  l'ODM  concernant  l'asile  peuvent  être 
contestées  devant  le  Tribunal  administratif  fédéral  conformément  à 
l'art. 105 de la loi sur l’asile du 26 juin 1998 (LAsi, RS 142.31).

1.2 L'intéressée a qualité pour recourir. Présenté dans la forme et les 
délais prescrits par la loi, le recours est recevable (art. 48 et 52 PA et 
108 al. 1 LAsi).

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2.  

2.1 Sont des réfugiés les personnes qui,  dans leur Etat d'origine ou 
dans le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux 
préjudices ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de 
leur  religion,  de  leur  nationalité,  de  leur  appartenance  à  un groupe 
social  déterminé  ou  de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment 
considérées comme de sérieux préjudices la mise en danger de la vie,  
de l'intégrité corporelle ou de la liberté, de même que les mesures qui  
entraînent  une pression psychique insupportable. Il  y  a lieu de tenir 
compte des motifs de fuite spécifiques aux femmes (art.  3 al. 1 et 2 
LAsi).

2.2 Quiconque demande l’asile (requérant) doit prouver ou du moins 
rendre  vraisemblable  qu'il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est 
vraisemblable  lorsque  l'autorité  estime  que  celle-ci  est  hautement 
probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, 
sur des points essentiels, ne sont pas suffisamment fondées, qui sont  
contradictoires, qui ne correspondent pas aux faits ou qui reposent de 
manière  déterminante  sur  des  moyens  de  preuve  faux  ou  falsifiés 
(art. 7 LAsi).

3.  

3.1 En l'occurrence, l'intéressée n'a pas démontré que les exigences 
légales  requises  pour  la  reconnaissance  de  la  qualité  de  réfugié  et 
l'octroi de l'asile étaient remplies. Son recours ne contient sur ce point  
ni arguments ni moyens de preuve susceptibles de remettre en cause 
le bien-fondé de la décision querellée.

3.2 La recourante a déclaré avoir quitté le Libéria, en 2006, en raison 
des menaces qu'elle aurait reçues du fait que son père aurait été (...) 
de  Charles  Taylor. Elle  aurait  ensuite  quitté  le  Ghana où elle  s'était 
réfugiée au motif  qu'elle aurait  été violée et brûlée par l'ami de son 
père chez qui elle habitait.

3.3 S'agissant de la raison principale qui a déterminé la recourante à 
venir en Suisse, à savoir le viol et les blessures dont elle aurait  été 
victime au Ghana, le Tribunal constate que ce motif n'est pas pertinent 
en  matière  d'asile  (cf.  art.  3  LAsi).  En  effet,  les  craintes  que 
l'intéressée fait valoir ne sont pas en relation avec son pays d'origine,  
le Libéria, mais avec un pays tiers, le Ghana.

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Au demeurant, le Tribunal relève au passage que les allégations de la 
recourante à ce sujet  ne sont  que de simples affirmations qu'aucun 
moyen de preuve ne vient corroborer.

3.4 Concernant les menaces qu'elle aurait reçues au Libéria, force est 
de constater que la recourante n'a pas non plus établi la crédibilité de 
ses motifs.

En  effet,  là  encore,  les  craintes  alléguées  ne  constituent  que  de 
simples affirmations de sa part  et ne reposent sur aucun fondement 
concret  et  sérieux  et  ne  sont  étayées  par  un  quelconque 
commencement de preuve.

De plus, le récit est stéréotypé, imprécis et manque considérablement 
de  substance  de  sorte  qu'il  ne  satisfait  pas  aux  conditions  de 
vraisemblance de l'art. 7 LAsi. 

Ainsi, les déclarations concernant les menaces reçues au Libéria sont 
vagues et dépourvues des détails significatifs d'une expérience vécue. 
A titre d'exemple, lors de la première audition, l'intéressée a indiqué 
qu'elle ne se souvenait pas spécifiquement de la date à laquelle elle 
avait été menacée mais que cela s'était produit plusieurs fois en 2005 
et en 2006 (cf. p-v d'audition du 7 juillet 2010, p. 5), alors que durant la 
deuxième audition, elle a déclaré qu'elle et sa grand-mère avaient été 
menacées  à  deux  reprises  en  2005  (cf.  p-v  d'audition  du  21  juillet 
2010, p. 2). Elle est également restée très floue quant aux personnes 
qui  auraient  proféré  ces  menaces  se  contentant  d'indiquer  qu'il 
s'agissait de gens à qui son père avait fait des choses durant la guerre 
(cf. p-v d'audition du 7 juillet 2010, p. 5). Ces imprécisions laissent à 
penser  que  la  recourante  n'a  pas  vécu  les  événements  tels 
qu'invoqués à l'appui de sa demande.

Cela  dit,  il  convient  également  de  souligner  que  l'intéressée  n'a 
aucunement  établi  que  son  père  aurait  effectivement  été  (...)  de 
Charles Taylor. Au demeurant, elle n'a pas non plus démontré que les 
personnes ou les membres des familles qui auraient été partisans de 
Charles Taylor seraient actuellement menacés au Libéria, comme elle 
le soutient. A ce sujet, le Tribunal relève d'ailleurs qu'en 2003, après le 
départ  en exil  de l'ex-président  Charles  Taylor,  un  accord  global  de 
paix a été signé, le 18 août 2003, entre le gouvernement libérien et les 
deux factions rebelles,  les Libériens unis  pour  la  réconciliation et  la 

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démocratie  (LURD)  et  le  Mouvement  pour  la  démocratie  au  Libéria 
(MODEL).  Un  gouvernement  de  transition  a  alors  vu  le  jour.  Il  
réunissait les trois factions armées, à savoir le LURD, le MODEL et les 
partisans  de  Charles  Taylor,  à  parts  égales,  les  dix-huit  partis 
politiques  du  pays,  ainsi  que  la  société  civile.  Par  ailleurs,  en 
novembre 2004, les chefs des trois factions du LURD, du MODEL et 
des partisans de Charles Taylor ont signé un accord visant à dissoudre 
les branches militaires de leurs mouvements et à éradiquer la violence 
(cf.  arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  E-5347/2006  du  22  août 
2007). A cela s'ajoute que les déclarations de la recourante tendent  
également à contredire qu'elle serait en danger au Libéria, en raison 
du fait  que son père aurait  servi  sous les ordres de Charles Taylor, 
étant donné qu'elle a elle-même indiqué qu'en 2005, des gens avaient 
essayé à deux reprises de brûler sa maison mais qu'ils n'y étaient pas 
parvenus à cause de l'armée qui était intervenue (cf. p-v d'audition du 
21 juillet 2010, p. 5).

Enfin,  la  description  du  voyage  de  l'intéressée  relève  elle  aussi  du 
stéréotype,  celle-ci  étant  au  surplus  incapable  de  fournir  des 
indications  sur  les  documents  qui  lui  auraient  permis  de passer  les 
frontières  mais  qu'elle  n'aurait  jamais  eus entre  les  mains  ni  sur  la 
compagnie aérienne avec laquelle elle aurait voyagé. Il n'est pas non 
plus convaincant qu'elle ne sache pas qui a financé son voyage. En 
outre,  l'hypothèse  qu'elle  a  émise  selon  laquelle  ce  serait  le  prêtre 
chez  qui  elle  se  serait  réfugiée  qui  aurait  organisé  et  financé  ce 
voyage est purement gratuite et nullement étayée.

Dans ces conditions, de sérieux doutes se font jour quant aux réelles 
circonstances du départ de l'intéressée du continent africain.

Pour  le  surplus,  renvoi  est  fait  aux  considérants  pertinents  de  la 
décision de l'autorité inférieure. 

3.5 Il s'ensuit que le recours, en tant qu'il conteste le refus de l'asile,  
doit être rejeté.

4.  

4.1 Lorsqu’il  rejette  la  demande  d'asile  ou  qu'il  refuse  d'entrer  en 
matière à ce sujet,  l'ODM prononce, en règle générale, le renvoi de 
Suisse et en ordonne l'exécution ; il tient compte du principe de l'unité 

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de la famille (art. 44 al. 1 LAsi). Le renvoi ne peut être prononcé, selon 
l'art. 32  de  l'ordonnance 1  sur  l’asile  du  11 août  1999  (OA 1,  RS 
142.311),  lorsque le  requérant  d’asile  dispose d’une autorisation  de 
séjour  ou d’établissement  valable,  ou qu’il  fait  l’objet  d’une décision 
d’extradition  ou  d’une  décision  de  renvoi  conformément  à  l’art.  121 
al. 2 de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 (Cst., RS 101).

4.2 Aucune  exception  à  la  règle  générale  du  renvoi  n'étant  en 
l'occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer 
cette mesure.

5.

5.1 L’exécution du renvoi est ordonnée si  elle est licite, raisonnable-
ment exigible et possible (art. 44 al. 2 LAsi). Si ces conditions ne sont 
pas  réunies,  l'admission  provisoire  doit  être  prononcée. Celle-ci  est 
réglée par l'art. 83 de la loi fédérale sur les étrangers du 16 décembre 
2005 (LEtr, RS 142.20), entrée en vigueur le 1er janvier 2008. Cette 
disposition a remplacé l'art. 14a de l'ancienne loi fédérale du 26 mars 
1931 sur le séjour et l’établissement des étrangers (LSEE).

5.2 L'exécution n'est pas licite lorsque le renvoi de l'étranger dans son 
Etat d'origine ou de provenance ou dans un Etat tiers est contraire aux 
engagements de la Suisse relevant du droit international (art. 83 al. 3 
LEtr). Aucune personne ne peut être contrainte, de quelque manière 
que ce soit,  à  se rendre  dans un pays où sa vie,  son intégrité  cor-
porelle ou sa liberté serait menacée pour l'un des motifs mentionnés à 
l'art. 3 al. 1 LAsi,  ou encore d'où elle risquerait  d'être astreinte à se 
rendre dans un tel pays (art. 5 al. 1 LAsi). Nul ne peut être soumis à la 
torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants (art.  3 
de la  Convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de 
l’homme et des libertés fondamentales [CEDH, RS 0.101]).

5.3 L'exécution  de  la  décision  peut  ne  pas  être  raisonnablement 
exigée si le renvoi ou l'expulsion de l'étranger dans son pays d'origine 
ou de provenance le met concrètement en danger, par exemple en cas 
de guerre, de guerre civile,  de violence généralisée ou de nécessité 
médicale (art. 83 al. 4 LEtr).

5.4 L'exécution  n'est  pas  possible  lorsque  l'étranger  ne  peut  pas 
quitter la Suisse pour son Etat d'origine, son Etat de provenance ou un 
Etat tiers, ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr).

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6.  

6.1 L'exécution  du  renvoi  est  illicite,  lorsque  la  Suisse,  pour  des 
raisons de droit international public, ne peut contraindre un étranger à  
se rendre dans un pays donné ou qu'aucun autre Etat, respectant le 
principe du non-refoulement, ne se déclare prêt à l'accueillir ; il s'agit 
d'abord  de  l'étranger  reconnu  réfugié,  mais  soumis  à  une  clause 
d'exclusion de l'asile, et ensuite de l'étranger pouvant démontrer qu'il 
serait  exposé  à  un  traitement  prohibé  par  l'art. 3  CEDH  ou  encore 
l'art. 3  de  la  Convention  du  10 décembre  1984  contre  la  torture  et 
autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (Conv. 
torture, RS 0.105) (Message du Conseil  fédéral à l'appui d'un arrêté 
fédéral sur la procédure d'asile [APA], du 25 avril 1990, in: FF 1990 II 
624).

6.2 Dans le cas d'espèce, l'exécution du renvoi ne contrevient pas au 
principe de non-refoulement de l'art. 5 LAsi. Comme exposé plus haut, 
la  recourante n'a pas rendu vraisemblable qu'en cas de retour dans 
son pays d'origine, elle serait exposée à de sérieux préjudices au sens 
de l'art. 3 LAsi.

6.3 En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant 
du  droit  international,  il  sied  d'examiner  particulièrement  si  l'art.  3 
CEDH,  qui  interdit  la  torture,  les  peines  ou  traitements  inhumains, 
trouve application dans le présent cas d'espèce.

6.4 Si l'interdiction de la torture, des peines et traitements inhumains 
(ou dégradants) s'applique indépendamment de la reconnaissance de 
la qualité de réfugié, cela ne signifie pas encore qu'un renvoi ou une 
extradition serait prohibée par le seul fait que dans le pays concerné 
des violations de l'art. 3 CEDH devraient être constatées ; une simple 
possibilité  de subir  des mauvais  traitements  ne suffit  pas. Il  faut  au 
contraire  que  la  personne  qui  invoque  cette  disposition  démontre  à 
satisfaction qu'il existe pour elle un véritable risque concret et sérieux,  
au-delà  de tout  doute  raisonnable,  d'être  victime de tortures,  ou de 
traitements inhumains ou dégradants en cas de renvoi dans son pays. 
Il en ressort qu'une situation de guerre, de guerre civile, de troubles 
intérieurs graves ou de tension grave accompagnée de violations des 
droits  de  l'homme ne  suffit  pas  à  justifier  la  mise  en  oeuvre  de  la 
protection issue de l'art. 3 CEDH, tant que la personne concernée ne 
peut rendre hautement probable qu'elle serait visée personnellement - 
et  non  pas  simplement  du  fait  d'un  hasard  malheureux  -  par  des 

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mesures incompatibles avec la  disposition en question (JICRA 1996 
n° 18 consid. 14b let. ee p. 186s.).

6.5 En l'occurrence, le Tribunal relève que la recourante n'a pas été 
en mesure de démontrer  qu'il  existait  pour elle  un risque concret  et 
sérieux d'être victime de traitements de cette nature.

6.6 Dès  lors,  l'exécution  du  renvoi  de  la  recourante  sous  forme  de 
refoulement ne transgresse aucun engagement de la Suisse relevant 
du droit international, de sorte qu'elle s'avère licite (art.  44 al. 2 LAsi et 
83 al. 3 LEtr).

7.  

7.1 Selon  l'art. 83  al. 4  LEtr,  l'exécution  de  la  décision  peut  ne  pas 
être  raisonnablement  exigée si  le  renvoi  ou l'expulsion de l'étranger 
dans son  pays d'origine  ou  de provenance  le  met  concrètement  en 
danger, par exemple en cas de guerre, de guerre civile,  de violence 
généralisée ou de nécessité médicale. Cette disposition s'applique en 
premier lieu aux "réfugiés de la  violence", soit  aux étrangers qui  ne 
remplissent pas les conditions de la qualité de réfugié parce qu'ils ne 
sont  pas personnellement  persécutés,  mais qui  fuient  des situations 
de guerre, de guerre civile ou de violence généralisée, et ensuite aux 
personnes pour qui un retour reviendrait à les mettre concrètement en 
danger, notamment parce qu'elles ne pourraient plus recevoir les soins 
dont elles ont besoin. L'autorité à qui incombe la décision doit  donc 
dans chaque cas confronter les aspects humanitaires liés à la situation 
dans laquelle se trouverait  l'étranger concerné dans son pays après 
l'exécution  du  renvoi  à  l'intérêt  public  militant  en  faveur  de  son 
éloignement de Suisse (JICRA 1999 n° 28 p. 170 et jurisp. citée ; 1998 
n° 22 p. 191).

7.2 Bien que le Libéria présente un taux de criminalité élevé et  soit 
occasionnellement la scène de violences, la situation sécuritaire, il est 
vrai fragile, reste cependant stable depuis plusieurs années. Le pays 
ne connaît en particulier pas une situation de guerre, de guerre civile  
ou  de  violence  généralisée  sur  tout  son  territoire,  notamment  à 
B._______,  qui  permettrait  d’emblée  -  et  indépendamment  des 
circonstances du cas d’espèce - de présumer, à propos de tous ses 
ressortissants, l’existence d’une mise en danger concrète au sens de 
l’art. 83 al. 4 LEtr.

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7.3 En outre, il ne ressort du dossier aucun élément dont on pourrait  
inférer  que  l'exécution  du  renvoi  impliquerait  une  mise  en  danger 
concrète de la recourante. A cet égard, il faut relever  que celle-ci est 
jeune,  au  bénéfice  d'une  formation  scolaire  et  d'une  expérience 
professionnelle et n’a pas allégué de problème de santé particulier . De 
plus, au vu de l'invraisemblance de son récit, sa condition de femme 
seule n'est pas établie. Tous ces facteurs devraient lui permettre de se 
réinstaller au Libéria sans y affronter d'excessives difficultés.

7.4 Pour ces motifs, l’exécution du renvoi doit être considérée comme 
raisonnablement exigible.

8.
Enfin, la recourante est en possession de documents suffisants pour 
rentrer  dans  son  pays  ou,  à  tout  le  moins,  est  en  mesure 
d'entreprendre toute démarche nécessaire auprès de la représentation 
de son pays d'origine en vue de l'obtention de documents de voyage 
lui permettant de quitter la Suisse. L'exécution du renvoi ne se heurte 
donc pas à des obstacles insurmontables d'ordre technique et s'avère 
également possible.

9.

9.1 Cela étant, l'exécution du renvoi doit être déclarée conforme aux 
dispositions légales.

9.2 Il  s'ensuit  que  le  recours,  en  tant  qu'il  conteste  la  décision  de 
renvoi et son exécution, doit être également rejeté.

10.
Le  recours  s'avérant  manifestement  infondé,  il  est  rejeté  dans  une 
procédure à juge unique, avec l'approbation d'un second juge (art. 111 
let. e LAsi).

Il  est  dès  lors  renoncé  à  un  échange  d'écritures,  le  présent  arrêt 
n'étant motivé que sommairement (cf. art. 111a al. 1 et 2 LAsi).

11.
Dans  la  mesure  où  les  conclusions  du  recours  étaient  d'emblée 
vouées à l'échec, la demande d’assistance judiciaire partielle doit être 
rejetée (art. 65 al. 1 PA).

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12.
Au vu de l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure 
à la charge de la recourante, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 2 et 
3 let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens 
et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  (FITAF, 
RS 173.320.2).

(dispositif page suivante)

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Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce :

1.
Le recours est rejeté.

2.
La demande d'assistance judiciaire partielle est rejetée.

3.
Les frais de procédure, d'un montant de Fr. 600.-, sont mis à la charge 
de la recourante. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal 
dans les 30 jours dès l'expédition du présent arrêt.

4.
Le présent arrêt est  adressé à la recourante, à l'ODM et à l'autorité 
cantonale compétente.

Le juge unique : La greffière :

François Badoud Chrystel Tornare Villanueva

Expédition : 

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