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**Case Identifier:** bcb0e575-43ed-5737-b158-6d8a0c699863
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-10-16
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 16.10.2015 C/29590/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-29590-2010_2015-10-16.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés, ainsi qu'au Tribunal 
de première instance le 22 octobre 2015. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/29590/2010 ACJC/1265/2015 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 16 OCTOBRE 2015 

 

Entre 

A______, ayant son siège ______, (VD), appelante d'un jugement rendu par la 5ème 
Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 8 février 2013, comparant 
par Me Monica Zilla, avocate, rue de la Gare 36, 2012 Auvernier (NE), en l'étude de 
laquelle elle fait élection de domicile, 

et 

1) Monsieur B______, domicilié ______, (France), intimé, comparant en personne, 

2) Madame C______, domiciliée ______, (France), autre intimée, comparant en 
personne, 

3) Madame D______, domiciliée ______, (France), autre intimée, défaillante, 

4) Madame E______, domiciliée ______, (France), autre intimée, défaillante, 

5) Madame F______, domiciliée ______, (France), autre intimée, défaillante. 

 

Cause renvoyée par arrêt du Tribunal fédéral le 17 mars 2015 

 

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C/29590/2010 

EN FAIT 

A. a. G______, né le ______ 1916, est décédé le ______ 2000 à Genève où il était 
domicilié. 

 Par testament olographe du 10 octobre 1982, G______ avait institué héritières son 
amie et collaboratrice H______ ainsi qu'une fondation à constituer. 

 Aux termes de ce testament, H______ était instituée héritière des biens mobiliers 
personnels du défunt et usufruitière, sa vie durant, des biens immobiliers et 
mobiliers professionnels de celui-ci. La nue-propriété de ces derniers biens était 
attribuée à la fondation à constituer. 

 Divers légataires à titre particulier étaient par ailleurs désignés pour un montant 
total de 470'000 fr. Les droits de succession afférents à ces legs devaient être 
acquittés au moyen du patrimoine successoral. 

 b. Par décision du 31 janvier 2000, la Justice de paix a ordonné l'administration 
d'office de la succession de feu G______ et nommé Me I______, avocat, aux 
fonctions d'administrateur d'office en lui donnant notamment pour instruction de 
ne procéder qu'aux actes administratifs et conservatoires nécessaires et de ne faire 
des actes de disposition qu'avec l'accord du juge de paix. 

 c. H______ est décédée le ______ 2000 à Genève et a laissé pour héritiers légaux 
B______, C______, D______, E______, F______ et J______, tous domiciliés en 
France, ainsi que K______, décédée le ______ 2008. 

 Aucun d'eux n'a répudié la succession.  

 d. Par décision du 5 février 2001, la Justice de paix a autorisé Me I______ à 
procéder en faveur de l'Administration fiscale cantonale au versement d'acomptes 
sur les droits de succession au fur et à mesure de la réalisation de certains actifs de 
la succession.  

 e. Conformément aux dispositions pour cause de mort de feu G______, une 
fondation de droit privé au sens des art. 80 ss CC, ayant son siège à Genève, a été 
constituée le 20 mars 2003 sous la dénomination "A______". 

 f. En date du 29 septembre 2003, l'Administration fiscale cantonale genevoise a 
notifié à l'hoirie de feu G______ un bordereau de droits de succession par lequel 
elle a procédé au dégrèvement d'un précédent bordereau remis le 17 décembre 
2001 dans le cadre de la succession du précité. Ce document fait état d'un solde 
positif en faveur de l'hoirie de 134'711 fr. 05. 

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 A teneur de la feuille de taxation annexée audit bordereau, les droits de 
succession, y compris les centimes additionnels, les émoluments et les intérêts, 
s'élèvaient au total à 1'664'610 fr. 65 pour des valeurs à taxer totalisant  
5'523'411 fr. Ils se composaient de 840'703 fr. 45 taxés sur l'usufruit et la pleine 
propriété attribués à H______, de 587'460 fr. 30 taxés sur les avoirs en nue-
propriété de la Fondation après déduction en faveur de cette dernière d'un 
dégrèvement de 641'228 fr. 70, ainsi que de 236'446 fr. 90 taxés sur les legs à titre 
particulier. 

 A la demande de la Fondation, l'Administration fiscale cantonale genevoise a 
confirmé, en date du 6 septembre 2010, que le bordereau du 29 septembre 2003 
constituait la taxation définitive de la succession de feu G______. 

 g. Aux termes d'un décompte établi le 14 juin 2004, Me I______ a comptabilisé 
une créance de 239'409 fr. de la Fondation envers l'hoirie de H______, pour des 
droits successoraux dus par la seconde et prélevés directement sur les actifs de la 
succession de feu G______. 

 A teneur de ce décompte, les droits de succession à la charge de feu H______ sur 
la pleine propriété, l'usufruit et les legs s'élevaient à 888'277 fr. au total. Une 
somme de 207'850 fr. avait été acquittée au moyen d'actifs revenant à H______. 
Le solde des droits de succession à la charge de H______, soit 680'427 fr. 
(888'277 fr. - 207'850 fr.) avait, quant à lui, été acquitté au moyen des actifs 
successoraux. Le montant de l'actif net revenant à feu H______ dans le cadre de la 
succession de feu G______ s'élevant à 441'018 fr. au 14 juin 2004, l'hoirie de 
H______ était, après déduction de ce montant, débitrice de 239'409 fr. en faveur 
de la Fondation (441'018 fr. - 680'427 fr.). 

 h. Ce relevé a été transmis par Me I______ à Me L______, notaire en charge de la 
succession de feu H______, qui a sollicité, par courrier adressé le 6 septembre 
2004 au précité, l'abandon de la créance dont était titulaire la Fondation, 
moyennant versement de la totalité du disponible de la succession de H______, à 
savoir 17'709 fr. 

 i. Par courrier du 29 septembre 2006, la Fondation a invité Me I______ à obtenir 
de la part de Me L______ le versement de la somme de 17'709 fr. tout en 
précisant qu'elle n'entendait pas renoncer à sa créance de 239'409 fr. à l'encontre 
de la succession de feu H______. 

 j. Le 30 janvier 2009, la Justice de paix a homologué le certificat d'héritier en 
faveur de la Fondation et a relevé Me I______ de ses fonctions d'administrateur 
d'office. 

B. a. Par demande déposée en vue de conciliation le 20 décembre 2010 et introduite 
auprès du Tribunal de première instance le 16 septembre 2011, la Fondation a 

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assigné, sous suite de frais et dépens, B______, C______, D______, E______, 
F______, et J______ en paiement de 239'409 fr. avec intérêts à 5% l'an dès le  
6 septembre 2004. 

 J______ étant décédé et la Fondation ayant indiqué qu'elle entendait poursuivre la 
procédure à l'encontre des autres défendeurs, le Tribunal de première instance a, 
dès lors, implicitement considéré que J______ n'était plus partie à la procédure. 

 Les 8 et 28 mars 2012, le Tribunal de première instance a prononcé le défaut de 
D_____, E_____ et F______. 

 Dans le cadre de leur mémoire de réponse, B______ et C______ ont soulevé un 
incident de prescription et ont conclu, sous suite de frais et dépens, avec 
distraction de ceux-ci en faveur de leur conseil, au déboutement de la Fondation 
de toutes ses conclusions. 

 b. Par jugement JTPI/2021/2013 rendu le 8 février 2013 et communiqué pour 
notification aux parties le 11 du même mois, le Tribunal de première instance a 
constaté que la demande était prescrite (ch. 1), a débouté la Fondation de toutes 
ses conclusions (ch. 2), l'a condamnée aux dépens de la procédure, comprenant 
une indemnité de procédure de 3'500 fr. valant participation aux honoraires du 
conseil de B______ et C______, a ordonné la distraction des dépens alloués à ces 
derniers en faveur de leur conseil (ch. 4), et a débouté les parties de toutes autres 
conclusions (ch. 5). 

 c. Par arrêt ACJC/248/2014 du 28 février 2014, la Cour de justice a préalablement 
pris acte du désistement de la Fondation de son action en paiement à l'égard de feu 
D______, rayé la cause en ce qu'elle concernait cette dernière et confirmé le 
jugement pour le surplus. 

 d. Par arrêt 5A_269/2014 du 17 mars 2015, le Tribunal fédéral a admis le recours 
formé par la Fondation contre l'arrêt de la Cour susmentionné en ce qui concerne 
les intimés B______ et C______, annulé la décision attaquée et renvoyé la cause à 
la Cour pour instruction et nouvelle décision au sens des considérants. Le recours 
en ce qui concerne les intimées E______ et F______ a été rejeté.  

 En substance, le Tribunal fédéral a d'abord retenu que l'action était irrecevable en 
ce qu'elle était dirigée contre E______ et F______, faute de compétence des 
tribunaux suisses. S'agissant de B______ et C______, le droit suisse était 
applicable. Le paiement des droits de succession dus par les héritiers de feu 
H______ par l'administrateur d'office au moyen des biens de la succession de feu 
G______ constituait un paiement par un tiers au sens de l'art. 110 CO. L'action 
liée à la créance principale (fiscale) se prescrivait par cinq ans à compter de la 
transmission du bordereau de taxation, intervenue le 29 septembre 2003, soit le 29 
septembre 2008. Le 20 décembre 2010, lorsque la Fondation avait ouvert action, 

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le droit d'action rattaché à cette créance était prescrit. Cependant, la prescription 
est interrompue lorsque le débiteur reconnaît la dette (art. 135 ch. 1 CO). Dès lors, 
le courrier du 6 septembre 2004 de l'administrateur de la succession de feu 
H______ à l'administrateur de la succession de feu G______, dans lequel il 
reconnaissait la créance de la Fondation, emportait interruption de la prescription. 
Un nouveau délai de cinq ans avait commencé à courir, de sorte que l'action 
devait se prescrire le 6 septembre 2009. Il n'était pas possible de déterminer si le 
partage intervenu le 30 janvier 2009 avait à nouveau interrompu la prescription, 
en l'absence de toute précision sur le contenu de l'acte de partage. Il n'était pas non 
plus exclu que d'autres causes d'interruption de la prescription soient intervenues. 
Il fallait également examiner si l'art. 134 al. 1 ch. 6 CO trouvait cas échéant 
application. 

 e. La cause a été réinscrite au rôle de la Cour. Par courrier du 17 juin 2015, la 
Fondation a sollicité la production par la Justice de paix du dossier constitué lors 
de l'administration d'office de la succession de feu G______, ainsi que l'octroi 
d'un délai pour déposer un mémoire complémentaire et les moyens de preuve à 
l'appui des faits allégués. 

 B______ et C______ ne se sont pas déterminés dans le délai imparti, pas plus 
qu'ils n'ont élu domicile en Suisse, comme ils avaient été invités à le faire par 
courrier du 25 juin 2015. 

 Les parties ont été informées par courrier du 25 juin 2015 de ce que la cause était 
gardée à juger dès le 17 août 2015. 

EN DROIT 

1. La recevabilité de l'appel, constaté par l'arrêt de la Cour de justice du 28 février 
2014 sera confirmée. 

2. 2.1 En cas de renvoi de la cause par le Tribunal fédéral conformément à l'art. 107 
al. 2 LTF, l'autorité inférieure doit fonder sa nouvelle décision sur les considérants 
en droit de l'arrêt de renvoi.  

 Le principe de l'autorité de l'arrêt de renvoi, que prévoyait l'art. 66 al. 1 OJ, 
demeure valable sous l'empire de la LTF (ATF 135 III 334 consid. 2). En vertu de 
ce principe, l'autorité cantonale à laquelle une affaire est renvoyée est tenue de 
fonder sa nouvelle décision sur les considérants de droit de l'arrêt du Tribunal 
fédéral; sa cognition est limitée par les motifs de l'arrêt de renvoi, en ce sens 
qu'elle est liée par ce qui a déjà été tranché définitivement par le Tribunal fédéral, 
ainsi que par les constatations de fait qui n'ont pas été critiquées devant lui  
(ATF 131 III 91 consid. 5.2 et la jurisprudence citée). 

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 2.2 En cas de renvoi du Tribunal fédéral à l'instance d'appel, celle-ci peut 
renvoyer la cause à la première instance dans le cas où un élément essentiel de la 
demande n'a pas été jugé ou si l'état de fait doit être complété sur des points 
essentiels (art. 318 al. 1 let. c CPC). 

 2.3 En l'espèce, le Tribunal fédéral a retenu qu'il incombait aux instances 
cantonales d'établir quel était le contenu de l'acte de partage du 30 janvier 2009, 
pour déterminer s'il remplissait les conditions d'une reconnaissance de dette, 
interruptive de prescription, d'examiner s'il existait d'autres causes d'interruption 
de la prescription et enfin d'élucider les circonstances dans lesquelles la Fondation 
a fait valoir sa créance devant les tribunaux suisses, au regard de l'art. 134 al. 1  
ch. 6 CO.  

 Compte tenu du principe voulant que soit respecté le double degré de juridiction, 
la Cour renverra la cause au premier juge pour instruction complémentaire et 
nouvelle décision sur le fond dans le sens des considérants de l'arrêt du Tribunal 
fédéral.  

 Il se justifie donc d'annuler le jugement du Tribunal de première instance 
JTPI/2021/2013 du 8 février 2013. 

3. Lorsqu'aucune des parties n'obtient entièrement gain de cause, les frais sont 
répartis selon le sort de la cause (art. 106 al. 2 CPC). 

 L'issue du litige étant incertaine, la répartition des frais de la procédure d'appel 
sera déléguée à la juridiction précédente conformément à l'art. 104 al. 4 CPC. 

 Les frais judiciaires d'appel sont arrêtés à 10'000 fr. et sont compensés à due 
concurrence avec l'avance de frais de 12'000 fr. opérée par l'appelante, acquise à 
l'Etat par compensation (art. 111 al. 1 CPC). Le solde de cette avance, de 2'000 fr., 
sera restitué à l'appelante. 

 Les dépens d'appel seront fixés à 4'000 fr., débours et TVA comprise (art. 95, 104 
al. 1, 105 et 106 al. 2 CPC; art. 20 et 23 LaCC; art. 85 al. 1 et 90 du Règlement 
fixant le tarif des frais en matière civile). 

4. La valeur litigieuse est supérieure à 30'000 fr. 

 La présente décision, de nature incidente, est susceptible d'un recours en matière 
civile au Tribunal fédéral dans les limites de l'art. 93 LTF. 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

Statuant sur renvoi du Tribunal fédéral : 

Annule le jugement du Tribunal de première instance JTPI/2021/2013 du 8 février 
2013. 

Renvoie la cause audit Tribunal pour instruction et nouvelle décision dans le sens des 
considérants. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais d'appel : 

Arrête les frais judiciaires d'appel à 10'000 fr. compensés à due concurrence par l'avance 
fournie par A______, qui reste acquise à l'Etat. 

Ordonne aux Services financiers du Pouvoir judiciaire de restituer à A______ la somme 
de 2'000 fr. à titre de solde de l'avance de frais fournie. 

Fixe le montant des dépens d'appel à 4'000 fr.  

Délègue la répartition des frais d'appel au Tribunal de première instance. 

Siégeant : 

Monsieur Cédric-Laurent MICHEL, président; Madame Pauline ERARD et Madame 
Paola CAMPOMAGNANI, juges; Madame Marie NIERMARÉCHAL, greffière. 

 

Le président : 

Cédric-Laurent MICHEL 

 La greffière : 

Marie NIERMARÉCHAL 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec 

expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du recours en matière 

civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 30'000 fr.