# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 100c8217-a32f-5086-bec1-ab4ed063a96a
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2004-03-30
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 30.03.2004 A/1916/2003
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-1916-2003_2004-03-30.pdf

## Full Text

Siégeant : Mme Doris WANGELER, Présidente,  
 Mmes Isabelle DUBOIS et Juliana BALDE, Juges  

R E P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/1916/2003 ATAS/199/2004 

ARRÊT 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 
ASSURANCES SOCIALES 

du 30 mars 2004 

1ère Chambre 

 

 

En la cause 

 

 

Monsieur C__________  recourant 
 

 

 

contre 

 

 

OFFICE CANTONAL DE L’EMPLOI intimé 
GROUPE RECLAMATIONS  
Rue des Glacis de Rive 6, 1211 GENEVE 3 

 

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A/1916/2003 

EN FAIT 

1. Monsieur C__________ a exercé la profession de chauffeur de bus. Il s’est inscrit 
le 2 octobre 2002 auprès de l’Office cantonal de l’emploi (ci-après OCE). Un 
délai-cadre d’indemnisation courant du 2 octobre 2002 au 1er octobre 2004 a été 
ouvert en sa faveur. 

2. L’office régional de placement (ci-après ORP) a informé l’intéressé qu’il devait se 
rendre à un entretien d’embauche le 26 mars 2003 à 14 h 00 chez X__________ 
SA, un poste de chauffeur de bus étant vacant dans cette entreprise. 

3. L’intéressé n’a pas été engagé, étant arrivé au rendez-vous fixé avec deux heures 
de retard.  

4. Interrogé par l’ORP sur les raisons de son retard, l’assuré a indiqué qu’il était 
tombé en panne de voiture et qu’il n’avait pu téléphoner à X__________ pour 
avertir de son retard, ayant oublié tous les documents y relatifs chez lui.  

5. Par décision du 7 mai 2003, l’ORP a suspendu le droit à l’indemnité de chômage 
de l’assuré pour une durée de trente et un jours, considérant que les explications 
fournies ne constituaient pas un motif pertinent de faire échouer un emploi. 

6. L’intéressé a formé réclamation le 6 juin 2003 contre ladite décision. Il a joint à 
son courrier une attestation établie par Monsieur H__________ le 26 août 2003, 

aux termes de laquelle celui-ci certifie avoir dépanné l’assuré le jour de son 
rendez-vous jusqu’à 15 h 30. 

7. Par décision du 5 septembre 2003, le groupe réclamations a rejeté son opposition, 

au motif qu’il « n’avait pas eu le comportement diligent qui aurait dû être le sien 
le jour d’un entretien d’embauche ». 

8. L’assuré a interjeté recours le 5 octobre 2003 contre ladite décision. Il conteste 
avoir commis une quelconque faute,  

« car il était clairement dans mon intention d’accepter le travail précité 
et c’est sur le trajet pour me rendre à l’emploi assigné que ma voiture 
est tombée en panne. Je tiens à préciser que je désirais réellement 

reprendre mon activité professionnelle et j’étais tout à fait disposé à 
faire mon possible pour être assumé à ce poste. C’est clairement sans 
volonté de ma part que cet incident est advenu et on ne peut donc pas 

considérer cela comme intentionnel ». 

9. Entendu par le Tribunal de céans, le recourant a indiqué qu’il n’avait pas pu 
consulter d’annuaire téléphonique, ni prendre un bus des TPG pour se rendre au 
rendez-vous, étant tombé en panne en rase campagne. Il a expliqué que la 

réparation avait pris plus d’une heure parce que lui et son ami n’avaient pas 

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A/1916/2003 

compris immédiatement que la batterie était à plat. Il a ajouté qu’il était quoi qu’il 
en soit certain qu’il n’aurait pas été engagé par X__________, cette société étant 
très liée avec une autre société de transport pour laquelle il avait travaillé durant 

une année et qui l’avait licencié.  

10. Interrogée sur le comportement général du recourant, Madame I__________, 

représentant l’OCE, a déclaré qu’une suspension de trente et un jours avait déjà 
été prononcée contre le recourant, suspension que le groupe réclamations avait 

confirmée, ainsi qu’une autre suspension de trois jours, qu’en revanche aucune 
sanction dans le présent délai-cadre n’était intervenue. En vue d’une éventuelle 
conciliation, et sur demande expresse de la présidente du Tribunal, Madame 

I__________ a proposé de réduire la suspension à vingt jours. Cette proposition a 

cependant été refusée par le recourant. Sur quoi, la cause a été gardée à juger.  

 

 
 

EN DROIT 
 

1. Interjeté en temps utile, le recours est recevable (article 103 al. 3 de la loi fédérale 

sur l’assurance chômage du 25 juin 1982 – LACI). 

2. La loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales du 6 octobre 

2000 (LPGA) est entrée en vigueur le 1
er

 janvier 2003 entraînant la modification 

de nombreuses dispositions légales. Elle est applicable au cas d’espèce, la 
décision litigieuse datant du 24 mars 2003. 

3. Aux termes de l’art. 16 al. 1 LACI, en règle générale, l’assuré doit accepter 
immédiatement tout travail en vue de diminuer le dommage.  

Le droit de l’assuré à l’indemnité de chômage est suspendu lorsqu’il est établi 
qu’il n’observe pas les prescriptions de contrôle du chômage ou les instructions de 
l’office du travail notamment en refusant un travail convenable qui lui est assigné 
(art. 30 al. 1 let. d LACI). 

 La durée de la suspension qui doit être proportionnelle à la gravité de la faute, est 

de un à quinze jours en cas de faute légère, de seize à trente jours en cas de faute 

de gravité moyenne, et trente et un à soixante jours en cas de faute grave (art. 30 

al. 3 LACI et art. 45 al. 2 let. a/b/c OACI). 

Il y a faute au sens de la LACI lorsque la survenance du chômage n’est pas 
imputable à des facteurs objectifs d’ordre conjoncturel, mais est due à un 
comportement que l’intéressé pouvait éviter et dont l’assurance-chômage n’a pas 
à répondre. Par ailleurs on attend de l’assuré qu’il ne cause pas lui-même le 

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dommage, qu’il le prévienne. Dès lors, le critère de la culpabilité retenu par la 
jurisprudence est celui du « comportement raisonnablement exigible » de l’assuré. 
Il faut se demander dans chaque cas d’espèce si, au vu de toutes les circonstances, 
on pouvait raisonnablement exiger du travailleur qu’il conservât sa place de 
travail (Charles MUNOZ ; La fin du contrat individuel de travail et le droit aux 

indemnités de l’assurance-chômage, Lausanne, thèse, 1992, p. 167 et p. 175). 

4. Selon la jurisprudence, le chômeur qui ne se rend pas à un entretien de conseil ou 

de contrôle assigné par l’autorité compétente doit être sanctionné si l’on peut 
déduire de son comportement de l’indifférence ou un manque d’intérêt. En 
revanche, s’il a manqué un rendez-vous à la suite d’une erreur ou d’une 
inattention de sa part et que son comportement en général témoigne qu’il prend au 
sérieux les prescriptions de l’ORP, une sanction ne se justifie en principe pas. Le 
TFA a considéré qu’un assuré qui s’était présenté ponctuellement aux entretiens 
de conseil et de contrôle deux années durant et qui avait manqué pour la première 

fois un rendez-vous à cause d’une erreur d’inscription dans l’agenda ne devait pas 
être sanctionné (ATF du 30 août 1999). De même pour un assuré qui reste 

endormi le matin du rendez-vous et qui téléphone immédiatement pour demander 

à ce que l’on excuse son absence (ATF du 22 décembre 1998). Lorsqu’un assuré 
manque par erreur un entretien mais qu’il prouve par son comportement général 
qu’il prend ses obligations de chômeur et de bénéficiaire de prestations très au 
sérieux, il n’y a pas lieu de le suspendre dans son droit à l’indemnité pour 
comportement inadéquat (DTA 2000 101). 

5. En l’espèce, le recourant, en se rendant avec deux heures de retard à l’entretien 
d’embauche, a manifestement fait preuve d’une légèreté inacceptable. Il n’a plus 
particulièrement pas su prendre les mesures adéquates qui lui auraient permis 

d’informer X__________ de son retard, ou d’atteindre Soral avec un retard moins 
grand, en se faisant conduire immédiatement au lieu du rendez-vous, tout en 

reportant la remise en état de son véhicule à plus tard. On ne saurait ainsi affirmer 

qu’il prenne ses obligations de chômeur très au sérieux ; le fait qu’il ait été 
convaincu de ne pas être engagé quoi qu’il en soit, serait du reste de nature à 
expliquer son peu d’empressement.  

 Les explications données par l’assuré sur les motifs de son retard, tant par écrit 
que lors de sa comparution personnelle ont d’une façon générale paru peu claires 
et n’ont finalement pas convaincu le Tribunal.  

 Force est par ailleurs de relever qu’il a déjà connu deux suspensions de son droit, 
dont une pour faute grave de trente et un jours, dans le cadre de précédents délais-

cadres.  

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6. Dès lors, il y a lieu de considérer qu’il y a faute. Cependant, le Tribunal ne 
retiendra pas ici la gravité de  la faute prévue par l’art. 45 al. 3 OACI et fera usage 
de son pouvoir d’appréciation. 

 Le TFA a eu l’occasion de préciser que dans les cas de suspension pour le motif 
prévu à l’art. 44 al. 1 let. b OACI, l’art. 45 al. 3 OACI ne constituait qu’un 
principe dont l’administration et le juge des assurances pouvaient s’écarter lorsque 
les circonstances particulières du cas d’espèce le justifiait. Dans ce sens, le 
pouvoir d’appréciation de l’une et de l’autre n’est pas limité à la durée minimum 
de suspension fixée pour les cas de faute grave. Aussi bien l’administration que le 
juge ont la possibilité d’infliger une sanction moins sévère (arrêt non publié du 15 
février 1999 dans la cause C. 226/98 ; ATF du 12 mars 1999 dans la cause 

C. 188/98). 

 En l’occurrence, il s’avère que l’assuré n’entendait en réalité pas refuser le travail 
proposé.  

 Eu égard à cette circonstance atténuante particulière au cas d’espèce, le Tribunal 
de céans considère que seule une faute moyenne peut être reconnue à l’encontre 
de l’intéressé, et qu’une suspension d’une durée de vingt-cinq jours dans 
l’exercice de son droit à l’indemnité respecte le principe de la proportionnalité. 

 

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PAR CES MOTIFS, 
LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

 
Statuant 

 

conformément à la disposition transitoire de l’article 162 LOJ 

A la forme : 

1. Reçoit le recours ; 

Au fond : 

2. L’admet partiellement ; 

3. Fixe à vingt-cinq jours la durée de la suspension du droit aux indemnités dues à 

Monsieur C__________; 

4. Annule la décision de l’office régional de placement ; 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification par plis recommandé adressé au 

Tribunal fédéral des assurances, Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE, en trois 

exemplaires. Le délai ne peut être prolongé. Le mémoire doit : a) indiquer 

exactement quelle décision le recourant désire obtenir en lieu et place de la décision 

attaquée; b) exposer pour quels motifs il estime pouvoir demander cette autre 

décision; c) porter sa signature ou celle de son représentant. Si le mémoire ne 

contient pas les trois éléments énumérés sous lettres a) b) et c) ci-dessus, le 

Tribunal fédéral des assurances ne pourra  pas entrer en matière sur le recours qu’il 
devra déclarer irrecevable. Le mémoire de recours mentionnera encore les moyens 

de preuve, qui seront joints, ainsi que la décision attaquée et l’enveloppe dans 
laquelle elle a été expédiée au recourant (art. 132, 106 et 108 OJ). 

 

La greffière : 

Marie-Louise QUELOZ 

 

La présidente : 

Doris WANGELER 

 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu'à l'Office fédéral 

des assurances sociales et au secrétariat d'Etat à l'économie par le greffe