# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 0c0cde57-bfb9-5c55-af8e-f9aaf0bf015e
**Source:** Bern Gerichte (BE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-12-20
**Language:** fr
**Title:** Bern Obergericht Beschwerdekammer in Strafsachen 20.12.2018 BK 2018 413
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/BE_ZivilStraf/BE_OG_008_BK-2018-413_2018-12-20.pdf

## Full Text

Cour suprême
du canton de Berne

Chambre de recours pénale 

Obergericht
des Kantons Bern

Beschwerdekammer in 
Strafsachen

Décision
BK 18 413

Hochschulstrasse 17
Case postale
3001 Berne
Téléphone +41 31 635 48 13
Fax +41 31 634 50 55
coursupreme-penal.berne@justice.be.ch
www.justice.be.ch/coursupreme Berne, le 20 décembre 2018

Composition Juges d’appel Stucki (Président e.r.), Schnell et Geiser
Greffière Vogt

Participant à la procédure A.________
prévenu/recourant

Objet restitution de délai

procédure pénale pour infraction à la loi sur les stupéfiants

recours contre la décision du Ministère public du canton de Berne, 
Région Jura bernois-Seeland, du 20 septembre 2018 

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Chapeau :

Art. 85 al. 4 let. a, 352 CPP ; fiction de notification dans la procédure de l’ordonnance 
pénale

Les spécificités de la procédure de l’ordonnance pénale, qui doit se dérouler rapidement et 
qui a pour but de simplifier la procédure aussi bien dans l’intérêt du prévenu que celui de 
l’Etat, commandent de se montrer restrictif dans l’interprétation de la fiction de notification. 
On ne saurait exiger qu’après huit mois sans nouvelle notification d’acte officiel, le prévenu 
doive encore s’attendre à recevoir des communications de la part des autorités pénales 
(consid. 2.3).  

Considérants :

1.

1.1 A.________ a, par ordonnance du Ministère public, Région Jura 
bernois-Seeland (ci-après : Ministère public) du 27 février 2018, été condamné 
pour infractions à la LStup à une peine pécuniaire de 150 jours-amende au taux 
journalier de CHF 30.00 avec sursis pendant deux ans, ainsi qu’à une amende 
additionnelle de CHF 900.00, et en cas de non-paiement à une peine privative de 
liberté de 30 jours.

1.2 Par courrier remis au Ministère public le 8 mai 2018, A.________ a fait opposition à 
l’ordonnance pénale précitée.

1.3 Le 9 mai 2018, le Ministère public a écrit à A.________ pour lui communiquer que 
son opposition était tardive et pour l’informer des possibilités d’une restitution de 
délai au cas où il pouvait apporter la preuve qu’il était, sans sa faute, dans 
l’impossibilité de former opposition dans le délai échu le 29 mars 2018 (recte: 
19 mars 2018).

1.4 A.________ a répondu le 15 mai 2018 en s’excusant pour le retard de son 
opposition et en expliquant qu’il était absent. Il a joint à son courrier une copie d’un 
billet d’avion Genève-Lome (départ 25 février 2018). Il a précisé qu’il maintenait 
son opposition à l’ordonnance pénale.

1.5 Par ordonnance du 7 juin 2018, le Ministère public a suspendu la demande de 
restitution de délai déposée par A.________ et a transmis le dossier au tribunal de 
première instance dans l’attente de la décision rendue par ce dernier sur la validité 
de l’opposition.

1.6 Par décision du 6 août 2018, le Tribunal régional Jura bernois-Seeland a constaté 
que l’opposition formée par A.________ contre l’ordonnance pénale du 
27 février 2018 était tardive et partant irrecevable. Selon le relevé du suivi des 
envois de la Poste suisse, ladite ordonnance a été notifiée au prévenu le 
9 mars 2018 et ce dernier bénéficiait d’un délai de 10 jours pour former opposition, 
soit jusqu’au 19 mars 2018. L’opposition formée le 8 mai 2018 l’a donc été hors 
délai.

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1.7 Suite à cette décision, le Ministère public a invité A.________ à faire une demande 
écrite de restitution de délai en motivant  sa requête.

1.8 Par courrier du 16 août 2018, A.________ a expliqué qu’il était en vacances et que 
son absence l’avait empêché de retirer le courrier.

1.9 Par décision du 20 septembre 2018, le Ministère public a rejeté la demande de 
restitution de délai déposée par A.________ aux motifs suivants : Le prévenu était 
informé de la présente procédure pénale et aurait dû prendre les dispositions nécessaires pour 
s’assurer d’être atteignable durant son séjour à l’étranger. Faute d’indication sur la nature et la durée 
de son séjour, son empêchement doit donc être considéré comme fautif, si bien que sa demande de 
restitution de délai doit être rejetée. 

1.10 Par courrier posté le 21 septembre 2018, A.________ a recouru contre ladite 
décision en expliquant qu’il n’était pas au courant de l’ordonnance pénale avant de 
partir en vacances, précisant qu’il avait déjà planifié ces dernières avant les 
contrôles de police. Il a précisé que la police qui a procédé à son audition ne l’avait 
pas averti qu’il devait rester sur place. 

1.11 Une procédure de recours a été ouverte par ordonnance du Président e.r. de la 
Chambre de recours pénale du 5 octobre 2018 et un délai de 20 jours a été imparti 
au Parquet général pour prendre position.

Dans sa prise de position du 11 octobre 2018, le Parquet général a conclu au rejet 
du recours et à la mise des frais à la charge du recourant. Il se rallie à 
l’argumentation du Ministère public dans la décision querellée. Le Parquet général 
précise qu’il ressort du procès-verbal d’audition du 24 juin 2017, signé par le 
prévenu, que ce dernier a été informé du fait qu’il ferait l’objet d’un rapport de 
dénonciation et qu’il devra donc s’attendre à recevoir des notifications et des 
décisions de la part de l’autorité pénale compétente. Le prévenu était alors au 
courant de la procédure pénale instruite contre lui. Par le fait même qu’il y a eu une 
perquisition à son domicile et qu’il a été entendu en qualité de personne prévenue 
en juin 2017, il était évident pour lui qu’il y aurait une suite. Par ailleurs, le prévenu 
a déjà été condamné par ordonnance pénale en 2016. Il savait donc comment se 
déroule une procédure en Suisse et que celle-ci pouvait notamment être clôturée 
par une ordonnance pénale. Le Parquet général ajoute qu’il aurait clairement 
incombé au prévenu, qui s’est absenté durant une période de 2 mois, de s’arranger 
de façon à pouvoir recevoir les notifications de la justice, soit par les outils en ligne 
mis à disposition par la poste, soit en contactant le Ministère public ou la police 
pour les informer de son absence ou leur laisser une adresse alternative en vue 
d’éventuelles notifications. Le Parquet général en conclut que le prévenu n’a pas 
pu rendre vraisemblable que son empêchement de former opposition dans les 
délais n’était pas dû à sa faute. Son recours doit en conséquence être rejeté. 

1.12 Par ordonnance du 15 octobre 2018, La Présidente de la Chambre de recours 
pénale a imparti un délai de 20 jours au recourant pour répliquer.

1.13 Dans sa réplique du 19 octobre 2018, A.________ a répété que la police ne l’avait 
pas averti de rester sur place si bien qu’il a planifié son voyage pour visiter sa 
famille après sa convalescence suite à son traitement contre le cancer, précisant 
que c’est l’Association de la Ligue contre le cancer qui a financé ce voyage. Pour le 

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surplus, il conteste avoir fait l’objet d’une perquisition à son domicile et s’être rendu 
coupable de vente de drogues. 

2.

2.1 La décision du Ministère public du 20 septembre 2018 est susceptible de recours 
selon l’art. 393 al. 1 let. b CPP. A.________, qui est directement atteint dans ses 
droits par ladite décision, est légitimé à recourir (art. 382 CPP). Son recours 
déposé le 21 septembre 2018, l’a été dans le délai de 10 jours prévu à l’art. 396 al. 
1 CPP.

2.2 Selon l'art. 93 CPP, une partie est défaillante si elle n'accomplit pas un acte de 
procédure à temps ou ne se présente pas à l'audience fixée. Le délai peut lui être 
restitué si elle a été empêchée de l'observer et qu'elle est de ce fait exposée à un 
préjudice important et irréparable; elle doit toutefois rendre vraisemblable que le 
défaut n'est imputable à aucune faute de sa part (art. 94 al. 1 CPP). La restitution 
de délai suppose donc que la partie a été empêchée d'agir sans faute dans le délai 
fixé (arrêt du Tribunal fédéral 6B_110/2016 du 27 juillet 2016 consid. 2.2). 

Aux termes de l'art. 85 al. 4 let. a CPP, un prononcé est réputé notifié lorsque, 
expédié par lettre signature, il n'a pas été retiré dans les sept jours à compter 
de la tentative infructueuse de remise du pli, si la personne concernée devait 
s'attendre à une telle remise. Il est admis que la personne concernée doit 
s'attendre à la remise d'un prononcé lorsqu'elle est au courant qu'elle fait l'objet 
d'une instruction pénale au sens de l'art. 309 CPP. De jurisprudence constante, 
celui qui se sait partie à une procédure judiciaire et qui doit dès lors s'attendre à 
recevoir la notification d'actes du juge, est tenu de relever son courrier ou, s'il 
s'absente de son domicile, de prendre des dispositions pour que celui-ci lui 
parvienne néanmoins. A ce défaut, il est réputé avoir eu, à l'échéance du délai de 
garde, connaissance du contenu des plis recommandés que le juge lui adresse. 
Une telle obligation signifie que le destinataire doit, le cas échéant, désigner un 
représentant, faire suivre son courrier, informer les autorités de son absence ou 
leur indiquer une adresse de notification (arrêt du Tribunal fédéral 6B_936/2018 du 
4 décembre 2018 et jurisprudence citée).

2.3 La question se pose dès lors de savoir si, en l’espèce, le recourant devait 
s'attendre à recevoir, dans le cadre de la procédure ouverte contre lui, des 
communications de la part des autorités pénales, de sorte qu'il lui incombait de 
prendre des dispositions pour que toute communication lui parvienne durant 
ses vacances. 

Il ressort certes du procès-verbal d’audition du 24 juin 2017 que le recourant a 
été informé à la fin de l’interrogatoire qu’il faisait l’objet d’un rapport de 
dénonciation et  qu’il devait s’attendre à recevoir des notifications et décisions de 
l’autorité pénale, notamment une ordonnance pénale. 

Ainsi que l’a relevé le Tribunal fédéral, cette obligation ne saurait durer de façon 
illimitée. On ne peut attendre d’une personne impliquée dans une procédure qu’elle 
soit, pendant des années, en tout temps atteignable afin de ne pas subir de 
préjudice dans la procédure. Il y a dès lors lieu de tenir compte de la durée de la 

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procédure dans l’application des règles afférentes à la fiction de notification. Selon 
les avis doctrinaux, le laps de temps encore admissible pour exiger le respect de 
ce devoir procédural sans notification d’actes officiels en relation avec la procédure 
concernée se situe entre plusieurs mois et une année. Tout en laissant la question 
ouverte, le Tribunal fédéral s’est interrogé sur la conformité de ce devoir dans le 
cadre de la procédure de l’ordonnance pénale également, lorsqu’un laps de temps 
allant jusqu’à une année s’est écoulé depuis le dernier acte de procédure, 
précisant que les règles afférentes à la fiction de notification devaient être 
appliquées de façon raisonnable (arrêts du Tribunal fédéral 6B_110/2016 du 
27 juillet 2016, consid. 1.2 ; 6B_553/2008 du 27 août 2008, consid.3 ; 2P.120/2005 
du 23 mars 2006 consid. 4.2 publié in ZBl 108/2007, p. 46).  

Eu égard aux spécificités de la procédure de l'ordonnance pénale (art. 352 à 356 
CPP; cf. ATF 142 IV 158 consid. 3.4 ; 140 IV 82 consid. 2.3 et 2.6 p. 86; arrêt du 
Tribunal fédéral 6B_802/2017 du 24 janvier 2018 consid. 2.1), le Tribunal fédéral a 
considéré que le défaut (art. 356 al. 4 CPP) devait être interprété à la lumière de la 
garantie constitutionnelle (art. 29a Cst.) et conventionnelle (art. 6 ch. 1 CEDH) de 
l'accès au juge, dont l'opposition (art. 354 CPP) vise à assurer le respect en 
conférant à la personne concernée la faculté de soumettre sa cause à l'examen 
d'un tribunal (arrêt du Tribunal fédéral 6B_365/2018 du 5 juillet 2018, consid. 3.1). 
Selon le Tribunal fédéral, la fiction légale du défaut ne peut être appliquée que s’il 
ressort du comportement général du prévenu qu’au vu de son défaut, il se 
désintéresse de la procédure et qu’il a pris conscience des conséquences. Seule 
cette interprétation est conforme au principe de la bonne foi (arrêt du Tribunal 
fédéral 6B_152/2013 du 23 mars 2013, consid. 4.5).  

Compte tenu de la nature particulière de la procédure de l’ordonnance pénale qui 
repose sur des compromis dans un but de célérité et de simplification de la 
procédure aussi bien dans l’intérêt du prévenu que celui de l’Etat, il convient aussi 
de se montrer restrictif dans l’interprétation de la fiction de notification (jugement du 
Tribunal cantonal de St Gall, décision de la Chambre d’accusation du 9 août 2018, 
consid. 4). On rappellera que l’ordonnance pénale constitue une « offre de l’Etat au 
prévenu », non sujette à négociation, de faire l’économie d’un procès pénal devant 
un tribunal de première instance en acceptant la proposition de condamnation qui 
lui est faite et en l’informant de son droit de faire opposition et d’être jugé selon la 
procédure ordinaire (LAURENT MOREILLON, AUDE PAREIN-REYMOND, Code de 
procédure pénale, 2e éd., ad Art. 352, note 1). De par sa nature, l’ordonnance 
pénale est donc une procédure rapide qui pour but de décharger les tribunaux d’un 
nombre important d’affaires simples. 

Au vu de ces particularités, il y a lieu de considérer qu’on ne saurait exiger 
qu’après huit mois sans nouvelle notification d’acte officiel, le prévenu ait, dans le 
cas d’espèce, encore dû s’attendre à recevoir des communications de la part des 
autorités pénales et qu’il lui incombait de prendre des dispositions pour que toute 
communication lui parvienne pendant ses vacances à l’étranger, étant rappelé que 
la procédure de l’ordonnance pénale doit se dérouler rapidement, ce qui ressort de 
l’art. 309 al. 4 CPP qui stipule que « le ministère public renonce à ouvrir une 
instruction lorsqu’il rend immédiatement une ordonnance de non-entrée en matière 

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ou une ordonnance pénale » celle-ci devant être notifiée « immédiatement » par 
écrit (art. 353 al. 3 CPP). Ce principe de célérité était déjà prévu sous l’ancien code 
de procédure pénale qui exigeait que le « mandat de répression » soit décerné 
10 jours après réception du rapport de dénonciation (art. 264 al. 1 aCPP). Il ne faut 
pas non plus perdre de vue qu’en admettant une fiction de notification, le prévenu 
serait privé définitivement de la possibilité de porter l’affaire devant un tribunal et 
d’être jugé en procédure ordinaire, alors qu’il lui était permis de penser, eu égard 
au principe de célérité propre à la procédure de l’ordonnance pénale, qu’il n’avait 
plus à s'attendre à recevoir de notification. A cela s’ajoute qu’on ne se trouve pas 
dans le cas d’une personne qui a engagé une procédure de son propre chef et dont 
on pourrait s’attendre à ce qu’elle soit tout particulièrement attentive à prendre en 
tout temps les dispositions nécessaires à la réception de son courrier. Enfin, il n’est 
pas certain que le prévenu ait bien compris l’information que lui a donnée le policier 
à la fin de son audition de juillet 2017.

Vu ce qui précède, la fiction de notification de l’art. 88 al. 4 CPP ne peut, eu égard 
aux circonstances du cas d’espèce, être opposée à A.________ huit mois après le 
dernier acte de procédure.

Le recours est admis. La décision du Ministère public du 20 septembre 2018 est 
annulée et le délai d’opposition à l’ordonnance pénale du 27 février 2018 doit être 
restitué à A.________.

3.

3.1 Les frais de la procédure de recours, comprenant un émolument global de 
CHF 1'200.00, sont mis à la charge de l’Etat conformément à l’art. 428 al. 1 CPP.

 

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La Chambre de recours pénale décide :

1. Le recours est admis.

2. La décision du Ministère public, Région Jura bernois-Seeland, du 20 septembre 2018 
est annulée et la demande de restitution du délai d’opposition à l’ordonnance pénale 
du 27 février 2018 est admise.

3. Les frais de la procédure de recours, comprenant un émolument global de 
CHF 1'200.00, sont mis à la charge du canton.

4. A notifier :
- au Parquet général du canton de Berne
- à A.________

A communiquer:
- au Ministère public, Région Jura bernois-Seeland

Berne, le 20 décembre 2018 Au nom de la Chambre de recours 
pénale
Le Président e.r. :

Stucki, Juge d'appel

La Greffière :

Vogt

Voies de recours :
Un recours en matière pénale selon les art. 39 ss, 78 ss et 90 ss de la loi du 17 juin 1995 sur le Tribunal fédé-
ral (LTF; RS 173.110) peut être déposé auprès du Tribunal fédéral (Av. du Tribunal fédéral 29, Case postale, 
1000 Lausanne 14) contre la présente décision dans les 30 jours qui suivent sa notification. Le recours doit 
respecter les exigences de l’art. 42 LTF.

Remarques :
Les envois par fax et par e-mail ordinaire ne sont pas valables et ne sauvegardent pas les délais.
Le numéro du dossier doit figurer sur les envois (BK 18 413).