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**Case Identifier:** 9b53a6e0-e032-5ba3-885b-bee424d42c13
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-07-03
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 03.07.2018 C/25921/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-25921-2016_2018-07-03.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 5 juillet 2018. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/25921/2016 ACJC/874/2018 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU MARDI 3 JUILLET 2018 

 

Entre 

Madame A______, domiciliée ______, appelante d'une ordonnance rendue par la 
18ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 24 mai 2018, 

comparant par Me Florence Yersin, avocate, boulevard Helvétique 4, 1205 Genève, en 

l'étude de laquelle elle fait élection de domicile,  

et 

Monsieur B______, domicilié ______, intimé, comparant par Me Thomas Büchli, 
avocat, rue Verdaine 15, case postale 3015, 1211 Genève 3, en l'étude duquel il fait 

élection de domicile. 

 

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C/25921/2016 

Attendu, EN FAIT, que par ordonnance du 24 mai 2018, le Tribunal de première 
instance, statuant sur mesures provisionnelles, a laissé à A______ et à B______ 

l'autorité parentale conjointe sur les enfants C______, née le ______ 2011, et D______, 

née le ______ 2014 (ch. 1 du dispositif), attribué à A______ la garde des enfants 

C______ et D______ (ch. 2), réservé à B______ un droit de visite sur ses filles qui se 

déroulera, durant deux semaines, une demi-journée par semaine, le samedi ou le 

dimanche, avec passage au Point Rencontre, puis, durant un mois, une journée par 

semaine avec passage au Point Rencontre, puis, durant deux mois, un week-end sur 

deux, du samedi 9h00 au dimanche 18h00, avec passage au Point Rencontre, puis un 

week-end sur deux, du vendredi 16h00 au lundi 8h00, une nuit toutes les deux semaines 

du mardi 16h00 au mercredi 18h00, ainsi que la moitié des vacances scolaires, étant 

entendu que la première année, les vacances ne dépasseront pas deux semaines 

consécutives (ch. 3), instauré une curatelle d'organisation et de surveillance des relations 

personnelles (ch. 4), transmis cette ordonnance au Tribunal de protection de l'adulte et 

de l'enfant pour nomination du curateur (ch. 5), condamné B______ à verser en mains 

de A______ par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, en faveur de 

C______, dès le 1
er

 janvier 2016, la somme de 1'000 fr. et, en faveur de D______, du 1
er
 

janvier 2016 au 31 août 2017, la somme de 1'450 fr., puis de 1'000 fr. dès le mois de 

septembre 2017, sous imputation des montants déjà versés à ce titre (ch. 6), statué sur 

les frais et dépens (ch. 7 et 8) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 9); 

Que par acte expédié au greffe de la Cour le 7 juin 2018, A______ a formé appel contre 

les ch. 3 et 6 du dispositif de cette ordonnance, à sa confirmation pour le surplus et, cela 

fait, à ce que soit réservé à B______ un droit aux relations personnelles avec ses filles 

D______ et C______ qui se déroulera, durant un mois, à raison d'une demi-journée par 

semaine le samedi ou le dimanche avec passage des enfants par un Point Rencontre, 

puis à raison d'une journée par semaine le samedi ou le dimanche selon les mêmes 

modalités et à ce que B______ soit condamné à lui verser, par mois et d'avance, 

allocations familiales non comprises, dès le 1
er

 janvier 2016, une contribution de 1'450 

fr. à l'entretien de C______ et de 1'815 fr. à l'entretien de D______, sous déduction des 

montants déjà versés; 

Qu'elle a également conclu, à titre préalable, à la suspension du caractère exécutoire du 

ch. 3 du dispositif du jugement attaqué; qu'elle a invoqué à cet égard que l'ordonnance 

attaquée prévoyait un droit de visite qui s'apparentait presque à une garde partagée après 

trois mois et demi, alors que D______ n'avait jamais dormi chez son père et que 

C______ présentait des angoisses importantes en lien avec les relations qu'elle 

entretenait avec son père et n'avait plus dormi chez lui depuis le mois de septembre 

2016; que le suivi thérapeutique qui permettrait aux enfants d'être mieux préparées ne 

pourrait commencer qu'en septembre 2018; 

Qu'invité à se déterminer à cet égard, B______ a conclu au rejet de cette requête d'effet 

suspensif; que depuis trois mois, seuls deux brefs contacts avec ses filles avaient eu lieu, 

en présence de la mère; que l'absence de relations avec ses filles était contraire à leur 

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C/25921/2016 

intérêt et qu'un suivi des enfants n'était nullement recommandé comme un préalable à la 

reprise des relations personnelles avec les enfants; 

Considérant, EN DROIT, que le jugement querellé portant sur des mesures 
provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif ex lege (art. 315 al. 4 let. b CPC);  

Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut 

exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice 

difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de 

fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure 

ordinaire, qui en serait compromise (ATF 138 III 378 consid. 6.3; arrêt du Tribunal 

fédéral 4P.5/2002 du 8 avril 2002 consid. 3a);  

Que l'octroi ou le refus de l'effet suspensif doit, sauf motifs sérieux, éviter aux enfants 

des changements successifs à court terme, le bien de l'enfant commandant, dans la règle, 

de maintenir les choses en l'état et de laisser celui-ci auprès de la personne qui lui sert 

de référence (ATF 138 III 565 consid. 4.3.2; arrêts du Tribunal fédéral 5A_419/2014 du 

9 octobre 2014 consid. 7.1; 5A_648/2014 du 3 octobre 2014 consid. 3.2.2; 

5A_556/2013 du 7 octobre 2013 consid. 3.2.2; 5A_780/2012 du 8 novembre 2012 

consid. 3.3.2); 

Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de 

première instance que dans des cas exceptionnels; qu'elle dispose cependant d'un large 

pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas 

d'espèce (ATF 137 III 475 consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral 5A_403/2015 du 

28 août 2015 consid. 5); 

Qu'en l'espèce, il n'est pas contesté que les relations entre le père et les enfants ne sont 

pas régulières et suivies et que les enfants n'ont pas récemment dormi chez leur père; 

Qu'il ne peut être considéré, prima facie, que l'appel est manifestement et à l'évidence, 

dénué de toute chance de succès; 

Qu'il convient d'éviter aux enfants des changements successifs à court terme; 

Que cela étant, il ressort des explications et des conclusions de l'appelante qu'elle ne 

s'oppose pas à tout contact de l'intimé avec les enfants, mais à ce que ceux-ci passent la 

nuit chez leur père, et préconise, dans un premier temps, à ce que soit réservé à l'intimé 

un droit de visite similaire à celui prévu dans l'ordonnance attaquée; 

Que dans ces circonstances, il ne se justifie pas de suspendre purement et simplement le 

caractère exécutoire du ch. 3 du dispositif de l'ordonnance attaquée, ce qui reviendrait à 

réserver à l'intimé un droit de visite moins étendu que celui auquel l'appelante a conclu 

puisqu'à teneur des explications de l'intimé, celui-ci n'a vu ses filles qu'à deux brèves 

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C/25921/2016 

reprises depuis trois mois, en présence de l'appelante et que son droit de visite est, de 

facto, suspendu; 

Que la requête d'effet suspensif sera dès lors admise en ce sens qu'un droit de visite sera 

réservé à l'intimé à raison, durant un mois, d'une demi-journée par semaine, le samedi 

ou le dimanche, avec passage par un Point Rencontre puis à raison d'une journée par 

semaine, le samedi ou le dimanche, selon les mêmes modalités;  

Que cette décision ne préjuge en rien de la décision qui sera prise sur appel; 

Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec la décision au 

fond (art. 104 al. 3 CPC). 

* * * * * 

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C/25921/2016 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

Statuant sur requêtes de suspension du caractère exécutoire de l'ordonnance 
entreprise : 

Admet la requête formée par A______ tendant à la suspension du caractère exécutoire 

du chiffre 3 du dispositif de l'ordonnance OTPI/319/2018 rendue le 24 mai 2018 par le 

Tribunal de première instance dans la cause C/25921/2016-18 en ce sens qu'un droit aux 

relations personnelles est réservé à B______ à raison, durant un mois, d'une demi-

journée par semaine, le samedi ou le dimanche, avec passage des enfants par un Point 

Rencontre, puis à raison d'une journée par semaine, le samedi ou le dimanche, avec 

passage par un Point Rencontre. 

Dit qu'il sera statué sur les frais liés à la présente décision dans l'arrêt rendu sur le fond. 

Siégeant : 

Monsieur Laurent RIEBEN, président; Madame Jessica ATHMOUNI, greffière. 

 

Le président : 

Laurent RIEBEN 

 La greffière : 

Jessica ATHMOUNI 

 

 

 

 

 

 

 

Indications des voies de recours : 

La présente décision, incidente et de nature provisionnelle (ATF 137 III 475 consid. 1  

et 2), est susceptible d'un recours en matière civile (art. 72 ss de la loi fédérale sur le 

Tribunal fédéral du 17 juin 2005; LTF – RS 173.110), les griefs pouvant être invoqués 
étant toutefois limités (art. 93/98 LTF), respectivement d'un recours constitutionnel 

subsidiaire (art. 113 ss LTF). Dans les deux cas, le recours motivé doit être formé dans 

les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète de la décision 

attaquée. 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.