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**Case Identifier:** e04d438b-fdc3-5cdb-b316-a8df1b7d6ff0
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-10-02
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 02.10.2015 A/2866/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-2866-2015_2015-10-02.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/2866/2015-FPUBL  ATA/1024/2015  

 

 COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative 

Décision du 2 octobre 2015 

sur effet suspensif 

 

dans la cause 

 

Monsieur A______ 
représenté par Me Philippe Eigenheer, avocat  

contre 

HÔPITAUX UNIVERSITAIRES DE GENÈVE 
 

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A/2866/2015 

  Attendu en fait que :  

1)  Le 13 novembre 2008, le Grand Conseil a adopté la loi 10250, entrée en 
vigueur le 1er janvier 2009, qui introduisait notamment un nouvel article 23A dans la 
loi concernant le traitement et les diverses prestations alloués aux membres du 
personnel de l’État, du pouvoir judiciaire et des établissements hospitaliers du  
21 décembre 1973 (LTrait - B 5 15). 

  Il avait la teneur suivante : « Dès le 1er janvier 2009 et jusqu’à l’entrée en 
vigueur d’une nouvelle évaluation des fonctions, les cadres dès la classe 27 exerçant 
des responsabilités hiérarchiques peuvent recevoir une indemnité, égale à 8,3 % de 
leur salaire annuel, versée en treize mensualités. Le traitement, indemnité incluse, ne 
peut dépasser le montant correspondant à la classe 33, position 21, de l’échelle des 
traitements. Le Conseil d’État fixe par règlement la liste des bénéficiaires ». 

2)  Le 3 décembre 2013, plusieurs députés ont déposé un projet de loi (ci-après : 
PL) 11328 visant uniquement l’abrogation de l’art. 23A LTrait. 

3)  Le 29 janvier 2015, le Grand Conseil a adopté la loi 11328 qui abrogeait l’art. 
23A LTrait et introduisait un art. 23B dont la teneur est la suivante : « Dès l’entrée 
en vigueur d’une nouvelle évaluation des fonctions mais jusqu’à l’entrée en vigueur 
d’une nouvelle évaluation des fonctions mais au plus tard jusqu’au 31 décembre 
2017 exerçant des responsabilités hiérarchiques peuvent percevoir une indemnité, 
égale à 8,3 % de leur salaire annuel, versée en treize mensualités. Le traitement, 
indemnité incluse, ne peut dépasser le montant correspondant à la classe 33, position 
14, de l’échelle des traitements. Le Conseil d’État fixe par règlement la liste des 
bénéficiaires ». 

4)  La loi 11328 est entrée en vigueur le 28 mars 2015, soit le lendemain de sa 
promulgation. 

5)  Le 31 mars 2015, l’Union des cadres de l’administration cantonale genevoise 
(ci-après : UCA) et plusieurs cadres supérieurs bénéficiaires de l’indemnité prévue 
par l’art. 23A LTrait abrogé, ont interjeté recours auprès de la chambre 
constitutionnelle de la Cour de justice (ci-après : la chambre constitutionnelle) contre 
la loi 11328. 

6)  Le 30 avril 2015, le président de la chambre constitutionnelle a refusé de 
restituer l’effet suspensif au recours de l’UCA et de cadres supérieurs recourants 
(ACST/9/2015). 

7)  Le 6 juillet 2015, le conseil d’administration des Hôpitaux universitaires de 
Genève (ci-après : HUG) a adressé à Monsieur A______, collaborateur, promu le 1er 
février 2015, à un poste de cadre supérieur dans la liste des fonctions au bénéfice de 

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l’indemnité prévue par l’art. 23 LTrait, une décision de suppression de cette 
indemnité dès le 1er août 2015, en application de l’art. 23 B LTrait. Dite décision 
était déclarée exécutoire nonobstant recours. 

8)  Par arrêt du 30 juillet 2015, la chambre constitutionnelle a rejeté le recours de 
l’UCA (ACST/13/2015). 

9)  Par acte du 27 août 2015, M. A______ a recouru auprès de la chambre 
administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre la 
décision susmentionnée. 

  Il conclut à ce qui dite décision soit déclarée nulle et qu’en conséquence, il soit 
dit qu’il continuera à percevoir l’indemnité en cause dès le mois d’août 2015 jusqu’à 
l’entrée en vigueur d’une nouvelle évaluation des fonctions. Subsidiairement, la 
décision querellée devait être annulée avec effet ex tunc, avec les mêmes 
conséquences sur le versement de l’indemnité. 

  Les HUG avaient pris la décision querellée sans consultation préalable, privant 
ainsi M. A______ de toute possibilité d’exercer son droit d’être entendu. Le 
caractère abrupt de la mise en œuvre de cette modification législative vidait le 
principe de la bonne foi et la garantie des droits acquis. La suppression de 
l’indemnité pour les cadres dès la classe 27, sauf pour ceux qui étaient médecin aux 
Hôpitaux universitaires de Genève (ci-après : HUG) créait une inégalité de traitement 
sans raison objective et était arbitraire. 

  M. A______ sollicite la restitution de l’effet suspensif à son recours. La 
décision entraînait la suppression d’un montant mensuel de CHF 1'143.30 quelques 
jours seulement après sa notification. Cela engendrait pour lui des difficultés 
financières dans la mesure où les acomptes provisionnels relatifs à ses impôts avaient 
été fixés sur la base de son revenu avant cette suppression. Le paiement de ses 
charges courantes était ainsi mis en péril. Faute de disposition transitoire, il n’avait 
pu prendre les mesures nécessaires pour adapter lesdites charges à la situation 
nouvelle.  

10)  Le 28 août 2015, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger 
sur effet suspensif. 

   
 
Considérant en droit que : 

1)  La question de la recevabilité du recours sera en l’état réservée, son examen 
étant reporté à l’arrêt au fond. 

 

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2)  Aux termes de l’art. 66 LPA, sauf disposition légale contraire, le recours a effet 
suspensif à moins que l’autorité qui a pris la décision attaquée n’ait ordonné 
l’exécution nonobstant recours (al. 1) ; toutefois, lorsque aucun intérêt public ou 
privé prépondérant ne s’y oppose, la juridiction de recours peut, sur la demande de la 
partie dont les intérêts sont gravement menacés, retirer ou restituer l’effet suspensif 
(al. 3). 

3)  Les décisions sur mesures provisionnelles sont prises par le président ou le 
vice-président de la chambre administrative ou, en cas d’empêchement de ceux-ci, 
par un autre juge (art. 21 al. 2 de la loi sur la procédure administrative du  
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10 - et art. 7 al. 1 du règlement interne de la chambre 
administrative du 26 septembre 2010).  

4)  Lorsque l'effet suspensif a été retiré ou n'est pas prévu par la loi, l'autorité de 
recours doit examiner si les raisons pour exécuter immédiatement la décision 
entreprise sont plus importantes que celles justifiant le report de son exécution. Elle 
dispose d'un large pouvoir d'appréciation qui varie selon la nature de l'affaire. La 
restitution de l'effet suspensif est subordonnée à l'existence de justes motifs, qui 
résident dans un intérêt public ou privé prépondérant à l’absence d’exécution 
immédiate de la décision ou de la norme (arrêt du Tribunal fédéral 2C_1161/2013 du 
27 février 2014 consid. 5.5.1). 

                   Pour effectuer la pesée des intérêts en présence, l'autorité de recours n'est pas 
tenue de procéder à des investigations supplémentaires, mais peut statuer sur la base 
des pièces en sa possession (ATF 117 V 185 consid. 2b ; arrêt du Tribunal fédéral 
1C_435/2008 du 6 février 2009 consid. 2.3 et les arrêts cités). 

5)  En l’espèce, sur la base d’un examen prima facie du recours, les violations 
alléguées du droit d’être entendu, du principe de la bonne foi, de la garantie des 
droits acquis, du droit à l’égalité de traitement et de l’interdiction de l’arbitraire ne 
peuvent en tout état de cause pas être constatées d’emblée de manière indiscutable, 
ce d’autant moins que la loi 11328 a fait elle-même l’objet d’un recours auprès de la 
chambre constitutionnelle tendant à l’abrogation de celle-ci pour des griefs énoncés 
correspondant à ceux précités, et que ledit recours a été rejeté. 

6)  Le recourant fait valoir son intérêt privé à percevoir l’indemnité supprimée, de 
manière à pouvoir continuer à assumer ses charges financières, en particulier 
hypothécaires. 

  Il ressort des pièces produites par l’intéressé que son traitement est 
actuellement fixé en classe 27 annuité 11, représentant un montant mensuel brut de  
CHF 13'774.25, auquel s’ajoutait jusqu’au 31 mars 2015 l’indemnité prévue par 
l’art. 23A LTrait abrogé, soit un montant de CHF 1'143.30. Entre le mois de mars et 
le mois d’avril 2015, son revenu mensuel brut  est ainsi passé de CHF 14'917.55 à  
CHF 13'774.25, tandis que son revenu mensuel net passait de CHF 12'399.75 à  

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CHF 11'322.70, soit CHF 1'077.05 de moins. Une telle diminution n’est pas 
négligeable. Le montant disponible demeure toutefois important et ne permet pas de 
retenir d’emblée que la suppression de l’indemnité en cause est de nature à 
compromettre gravement les intérêts financiers du recourant et le recourant ne fournit 
pas d’éléments permettant de retenir que tel serait le cas pour lui. 

  S’agissant ainsi d’intérêts en jeu de nature purement pécuniaire, rien ne permet 
de déroger à la jurisprudence constante de la chambre de céans selon laquelle 
l’intérêt privé du recourant à conserver l’intégralité de ses revenus doit céder le pas à 
l’intérêt public à la préservation des finances de l’État (ATA7300/2015 du 24 mars 
2015 et les références citées). Il y a en effet une incertitude quant à la capacité de  
M. A______ à rembourser les montants perçus en cas de confirmation de la décision 
querellée alors que l’État de Genève serait à même de verser les montants dus en cas 
d’issue favorable du recours, cela même si la cause ne pourrait être tranchée 
rapidement. 

7)  Au vu de ce qui précède, la demande de restitution de l’effet suspensif au 
recours sera refusée, le sort des frais de la procédure étant réservé jusqu’à droit jugé 
au fond. 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

rejette la demande de restitution de l’effet suspensif au recours formé par Monsieur 
A______ contre la décision du 20 avril 2015 du 6 JUILLET 2015 du conseil 
d’administration ; 

réserve le sort des frais de la procédure jusqu’à droit jugé au fond ; 

dit que conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), la présente décision peut être portée dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière de 
droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de 
preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au 
Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. La présente décision et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique la présente décision, en copie, à Me Philippe Eigenheer, avocat du recourant, 
ainsi qu'au Hôpitaux universitaires de Genève. 

 
 Le président : 

 
 

Ph. Thélin 

 

 

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Copie conforme de cette décision a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 

 la greffière :