# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** c54127f5-a445-5d2d-bed0-344c789d3bbe
**Source:** Valais/Wallis (VS)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2022-03-28
**Language:** fr
**Title:** Wallis Sonstiges Gericht Sonstige Kammer 28.03.2022 TR 21 87
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VS_Gerichte/VS_BZG_999_TR-21-87_2022-03-28.pdf

## Full Text

Av. de la Gare 36, 1951 Sion 
 
 

 

TRIBUNAL DU TRAVAIL   
ARBEITSGERICHT  

Zustän 

 D.21.087 

 
Composition de la Cour : Marie-Christine Granges, Présidente ; Cathrine 
Mathey-Chappot, assesseur ouvrier ; Nicolas Kaufmann, assesseur 
patronal ; greffier : Jean-Pascal Fournier  

 
 
 
 
 

JUGEMENT DU  
28 MARS 2022 

 

 
 
 
 

dans la cause civile pendante  
entre 

 
 
 
X______, demandeur 
 
 

et 
 
 
Y______, pour la Boulangerie Z______, entreprise individuelle, défenderesse 

 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 

(Arriérés de salaire) 
 

 

 

 

2 

Vu les pièces du dossier d'où ressortent 

les faits suivants : 

 

 

A.-  a) X______ (ci-après l’employé), qui est titulaire d’un certificat d’aptitude 

professionnelle (CAP) obtenu en France, a été engagé dès le 1er mars 2021 

comme boulanger au service de Y______ (ci-après l’employeur), exploitante de la 

raison individuelle « Z______ » à Xy.  

 

b) L’engagement de l’employé a été fait pour une durée déterminée correspondant à 

la période d’absence pour cause de maladie du boulanger titulaire de la place (act. 

82, rép. no 3 ; act. 90, rép. no 2-3). L’engagement s’est fait uniquement sur base 

orale. 

 

c) Le 19 mars 2021, à la suite d’un différend avec le compagnon de Y______, 

l’employé a annoncé à l’employeur qu’il terminerait son travail à la fin du mois (act. 

18 ; act. 84, rép. no 13 ; act. 92, rép. no 14). 
 

d) Le 8 avril, alors que X______ se trouvait au Portugal, celui-ci a interpellé 

l’employeur par le biais de l’application « WhatsApp » quant au paiement de son 

salaire du mois de mars 2021. Il s’en est suivi le paiement par l’employeur d’un 

acompte de CHF 1'500.00 net (act. 11). 
 

e) A la demande de l’employeur qui n’avait pas réussi à trouver de nouveau 

boulanger, X______ a accepté de reprendre son travail dès son retour du Portugal 

intervenu le 14 avril 2021 (act. 83, rép. no 11 ; act. 84, rép. no 16 ; act. 85, rép. no 

21). 
 

f) La reprise d’activité s’est faite aux mêmes conditions à partir du 15 avril 2021 selon 

l’employé (act. 85, rép. no 25) et à partir du 19 avril 2021 selon l’employeur (act. 

93, rép. no 20 et 25). L’employeur prétend avoir remis à l’employé lors de sa reprise 

d’activité le solde de son salaire du mois de mars 2021, ce que l’employé conteste 

(act. 15 ; act. 85, rép. no 26). 
 

g) Le dimanche 9 mai 2021, l’employeur prétend avoir remis à X______ – par 

l’entremise de A______, une autre employée – une enveloppe contenant son 

salaire du mois d’avril 2021 (act. 23), soit un montant de CHF 1'603.75 net (act. 

22), ce que l’employé conteste également (act. 85-86, rép. no 27 ; act. 94, rép. no 

29). 
 

h) A partir du 26 mai 2021, l’employé ne s’est plus présenté sur sa place de travail 

(act. 29). 
 

i) Vu l’absence de l’employé, l’employeur a alors envoyé la police au domicile de 

X______ (act. 95, rép. no 34) qui a pu être ainsi joint le 2ème ou 3ème jour de son 

 

 

3 

absence par les forces de l’ordre qui lui ont demandé de prendre contact avec 

l’employeur (act. 16 ; act. 86, rép. no 33). 
 

j) Par lettre recommandée du 6 juin 2021, l’employeur a résilié le contrat de travail de 

l’employé avec effet immédiat. A l’appui de sa décision, il invoque comme motif le 

refus de l’employé de venir travailler durant plusieurs jours (10 jours) sans motifs 

valables, ce qui a mis en péril le bon fonctionnement de son entreprise. 

L’employeur relève également le refus de communiquer de l’employé, de répondre 

aux différents courriers, appels et sms (act. 28). 
 

k) A la suite de cela, l’employé a transmis à l’employeur un certificat médical établi le 

7 juin 2021 par le Dr B______, lequel a attesté du fait que l’employé se trouvait en 

incapacité de travail à 100 % du 27 mai au 6 juin 2021 (act. 26). 
 

l) Le 9 juin 2021, le Dr B______ a annulé son certificat médical du 7 juin 2021 à la 

suite d’un appel téléphonique de l’employeur (act. 27 ; act. 95, rép. no 37).  
 

m) Le 11 juin 2021, l’employé a signé son décompte de salaire du mois de mai 2021 

qui fait état d’un paiement en espèce de CHF 2'211.90 net. Sur cette pièce figure 

une note manuscrite « pour solde de tous apports » (act. 28). L’employé conteste 

avoir reçu ce montant (act. 87, rép. no 38). 
 

n) Le 15 juin 2021, l’employeur a encore versé CHF 400.00 à l’employé (act. 10). Pour 

l’employeur, il s’agirait d’un montant versé « pour avoir la paix, car X______ voulait 

venir tous les jours sur la terrasse de mon établissement pour formuler des 

revendications » (act. 95, rép. no 39 ; act. 16). Pour l’employé, il ne s’agirait que 

d’un acompte sur le salaire promis du mois de mai 2021 (act. 87, réponses aux 

questions no 36 et 40). 
 

o) Dès le 16 juin 2021, l’employé a retrouvé du travail auprès d’un autre employeur 

(act. 87, rép. no 42). 
 

 
 

B.- a) Le 6 juillet 2021, X______ (ci-après le demandeur) a déposé une requête à 

l’encontre de Y______ (ci-après la défenderesse) devant l’autorité de conciliation 

en matière de droit du travail. Les conclusions portaient sur les montants suivants 

(act. 5) :   

 

 
1. Salaire du mois de mars 2021 CHF 3'000.00 net 

2. Salaire du mois d’avril 2021 CHF 2'250.00 net 

3. Salaire du mois de mai 2021 CHF 4'500.00 net 

4. Salaire pendant le délai de congé CHF 1'050.00 net 

5. Indemnité pour licenciement immédiat injustifié CHF 3'000.00 net 

6. Indemnité de vacances CHF 1'100.00 net 

 

 

4 

 

 

 b) Le 4 août 2021, les parties ont participé à une séance de conciliation, au cours de 

laquelle aucun arrangement n’a pu être trouvé.  

 

 c) Le 19 août 2021, l’autorité de conciliation en matière de droit du travail a délivré 

une autorisation de procéder (act. 5). 

 

 

C.- a) Le 17 novembre 2021, le demandeur a déposé une demande simplifiée devant le 

Tribunal du travail à l’encontre de la défenderesse. Le demandeur reprend les 

conclusions prises devant l’autorité de conciliation (act. 1-14).  

 

b) Le 10 décembre 2021, la défenderesse a déposé sa réponse. Il relève que 

l’employé a été engagé pour un salaire de CHF 4'500.00 brut et non net. 

S’agissant du salaire du mois de mars 2021, il expose avoir versé un acompte de 

CHF 1'500.00 puis le solde lors de sa reprise d’activité le 19 avril 2021. Il reconnaît 

toutefois avoir fait l’erreur de ne pas avoir fait signer un récépissé, de sorte que le 

montant dû en raison de cette erreur se monterait à CHF 2'045.00. Il conteste les 

prétentions relatives au mois d’avril 2021 en relevant le fait que le demandeur 

n’avait travaillé qu’un demi-mois et que le salaire correspondant avait été versés 

en cash par l’entremise d’une collègue de travail. Il conteste également les 

prétentions concernant le mois de mai 2021 en faisant valoir que le demandeur 

travaillait à l’heure le mois en question et que, au demeurant, il avait reconnu avoir 

reçu le montant figurant sur le fiche de salaire. La défenderesse conteste encore 

le versement d’un salaire pendant le délai de congé en arguant du fait que le 

licenciement immédiat était tout à fait justifié. Quant à l’indemnité de vacances, il 

estime que le demandeur a eu cinq jours de vacances, soit 2 jours pour recevoir 

sa compagne et 3 jours pour fêter ses trente ans (act. 15-32). 

 

c) Le 21 décembre 2021, le demandeur a répliqué en confirmant ses conclusions. 

Selon lui, le salaire négocié correspondait à CHF 4'500.00 net, y compris heures 

de nuit, jours fériés et 13ème salaire. Sinon, il demande que lui soit payé les heures 

de nuit et les jours fériés. L’employé explique avoir accepté le paiement d’un 

acompte en comprenant que l’employeur attendait le paiement des indemnités de 

réduction de l’horaire de travail (RHT). Tout en reconnaissant ne pas avoir averti 

l’employeur de son absence au travail, il explique que les salaires ne lui avaient 

toujours pas été versés et que, par ailleurs, il avait été malade à la suite de la 

vaccination contre le COVID (act. 35-39). 

 
 

 

 

 

5 

D.- a) Le 28 mars 2022, les parties ont participé à une séance finale d’instruction et de 

jugement, au cours de laquelle le témoin A______ a été entendu. Au terme de 

l’audition des parties, le demandeur a modifié ses conclusions comme suit : 

 

 
1. Salaire du mois de mars 2021 CHF 3'000.00 net 

2. Salaire du mois d’avril 2021 CHF 2'250.00 net 

3. Salaire du mois de mai 2021 CHF 4'500.00 net 

 

  La défenderesse a quant à elle conclut au rejet de la demande.  

 

 b) Le même jour, le Tribunal a rendu le jugement suivant (act. 99-100) :  

 

 

1. La demande déposée par X______ à l’encontre de l’entreprise 

individuelle « Y______, pour la Boulangerie Z______ » à Xy est 

admise partiellement. 

2. L’entreprise individuelle « Y______, Boulangerie Z______ » à 

Xy versera à X______ le montant de CHF 5'499.25 net 

correspondant à un solde de salaire relatif aux mois de mars 

2021, avril 2021 et mai 2021.    

3. Il n’est pas perçu de frais. 

 

 

 b) Le judicatum a été notifié aux parties le 3 mai 2022 (act. 99-100) et le 12 mai 2022 

la défenderesse a demandé une expédition complète du jugement (act. 101).  
 

 

 

Considérant en droit : 
 

 

1.- a) Compte tenu des dernières conclusions prises, l’objet du litige porte 

essentiellement sur des arriérés de salaire concernant les mois de mars, avril et 

mai 2021. Ici, nul ne conteste que les parties étaient liées par une relation de 

travail. L’instruction a d’ailleurs permis de se faire une idée assez précise des 

circonstances ayant conduit à l’engagement du demandeur comme boulanger à 

partir du 1er mars 2021. Lors de son audition, la patronne Y______ a pu expliquer 

que son boulanger avait été diagnostiqué d’un cancer à la mi-février 2021. Il lui 

avait donc fallu trouver rapidement un remplaçant pendant la durée de son 

absence pour cause de maladie. C’est ainsi qu’elle avait trouvé la candidature de 

X______ sur internet (act. 90, rép. no 2). Sur quelles conditions de travail les 

parties se sont-elles mises d’accord ? Il s’agit dans un premier temps pour le 

 

 

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Tribunal de se pencher sur cette question comme préalable à l’établissement des 

montants dus.  

 

 b)  Au préalable, il convient de rappeler que, dans le domaine de la boulangerie-

pâtisserie-confiserie, les rapports de travail sont régis par une convention 

collective de travail (CCT) qui a été étendue par le Conseil fédéral, en l’occurrence 

par un arrêté du 6 novembre 2018, dont l’entrée en vigueur a été fixée au 1er janvier 

2019 avec effet jusqu’au 31 décembre 2023 (act. 69).  

 

  Selon l’art. 9 al.1 de la CCT de la boulangerie-pâtisserie-confiserie, « les rapports 

de travail sont à convenir par écrit ». Dans le cas d’espèce, l’employeur n’a 

manifestement pas respecté cette obligation puisqu’aucun contrat de travail écrit 

n’a été rédigé. Lors de son audition, Y______ a expliqué qu’elle n’avait jamais lu 

la CCT de la boulangerie et qu’elle ne s’était pas occupée des formules 

administratives car elle venait de reprendre la boulangerie à la suite d’une faillite 

(act. 91, rép. no 5). Pour le Tribunal du travail, cette explication fournie par 

l’employeur ne justifie en rien l’absence de contrat écrit qui a été voulu par les 

partenaires sociaux dans un souci de clarté qui fait manifestement défaut ici. 

S’agissant du montant du salaire, la position des parties ne concorde pas. Pour 

l’employeur, le salaire convenu s’élevait à CHF 4'500.00 brut. A l’appui de sa 

version des faits, l’employeur a déclaré : « C’est la seule chose sur laquelle je me 

suis renseignée pour ne pas être « à côté ». Je ne suis plus sûre d’avoir articulé 

« brut », mais pour moi tous les salaires se discutent en brut. Sinon, « imaginez 

ce qu’un salaire de CHF 4’500.00 net cela donne en brut par rapport à la CCT qui 

est à CHF 4'100.00 brut » (act. 91, rép. no 6). L’employeur a certes déposé des 

fiches de salaire pour les mois de mars et avril 2021 qui mentionnent ce montant 

de CHF 4'500.00 brut (act. 19 ; 22). Cependant, lors de son audition, l’employeur 

a reconnu qu’il ne se souvenait plus d’avoir transmis à l’employé la fiche de salaire 

du mois de mars tandis que, pour celle du mois d’avril 2021, il n’existe pas de 

preuve formelle dans la mesure où le témoin entendu ne peut formellement 

attester de la présence de cette fiche de salaire dans l’enveloppe. De son côté, 

l’employé fait valoir que les fiches de salaire des mois de mars et avril 2021 lui ont 

été remises pour la première fois lors de la séance de conciliation (act. 84, rép. no 

17 et act. 85 rép. no 23) et que, lors de son engagement, les parties s’étaient 

entendues sur un montant de CHF 4'500.00 net qui correspondait à peu près à ce 

que le demandeur avait reçu lors de ses précédents emplois. Il relève que ce 

montant comprenait le 13ème salaire ainsi que l’indemnisation des heures de nuit 

(act. 83, rép. no 4-5). Laquelle de ces deux versions doit emporter l’adhésion des 

juges ? 

 

c) L’existence d’un contrat, à l’instar de son contenu, se détermine par 

l’interprétation des déclarations de volonté des parties. Selon l’art. 18 al. 1 CO, 

pour apprécier le contenu d’un contrat, il y a lieu de rechercher la réelle et 

 

 

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commune intention des parties, sans s’arrêter aux expressions ou dénominations 

inexactes dont elles ont pu se servir, soit par erreur, soit pour déguiser la nature 

véritable de la convention. Le juge doit rechercher, dans un premier temps, la 

réelle et commune intention des parties (interprétation subjective), le cas échéant 

empiriquement, sur la base d’indices (ATF 132 III 268 consid. 2.3.2, 626 consid. 

3.1 p. 632; 131 III 606 consid. 4.1). Constituent des indices en ce sens non 

seulement la teneur des déclarations de volonté - écrites ou orales -, mais encore 

le contexte général, soit toutes les circonstances permettant de découvrir la 

volonté des parties, qu’il s’agisse de déclarations antérieures à la conclusion du 

contrat ou de faits postérieurs à celle-ci, en particulier le comportement ultérieur 

des parties établissant quelles étaient à l’époque les conceptions des contractants 

eux-mêmes (ATF 118 II 365 consid. 1; 112 II 337 consid. 4a p. 342 s.). 

L’appréciation de ces indices concrets par le juge, selon son expérience générale 

de la vie, relève du fait (ATF 118 II 365 consid. 1 p. 366/367). Si sa recherche 

aboutit à un résultat positif, le juge parvient à la conclusion que les parties se sont 

comprises. Cette constatation lie le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF), à moins 

qu’elle ne soit manifestement inexacte (art. 97 al. 1 et 105 al. 2 LTF), c’est-à-dire 

arbitraire au sens de 8 l’art. 9 Cst. Si le juge ne parvient pas à déterminer la 

volonté réelle et commune des parties - parce que les preuves font défaut ou ne 

sont pas concluantes - ou s’il constate qu’une partie n’a pas compris la volonté 

exprimée par l’autre à l’époque de la conclusion du contrat (ATF 131 III 280 

consid. 3.1 p. 286) - ce qui ne ressort pas déjà du simple fait qu’elle l’affirme en 

procédure, mais doit résulter de l’administration des preuves (arrêt 4A_98/2016 

du 22 août 2016 consid. 5.1 et les arrêts cités) -, il doit recourir à l’interprétation 

normative (ou objective), à savoir rechercher leur volonté objective, en 

déterminant le sens que, d’après les règles de la bonne foi, chacune d’elles 

pouvait et devait raisonnablement prêter aux déclarations de volonté de l’autre 

(application du principe de la confiance; ATF 132 III 268 consid. 2.3.2 p. 274/275, 

626 consid. 3.1 p. 632). Ce principe permet d’imputer à une partie le sens objectif 

de sa déclaration ou de son comportement, même si celui-ci ne correspond pas 

à sa volonté intime (ATF 130 III 417 consid. 3.2 p. 424 et les arrêts cités). La 

détermination de la volonté objective des parties, selon le principe de la confiance, 

est une question de droit, que le Tribunal fédéral examine librement; pour la 

trancher, il faut cependant se fonder sur le contenu de la manifestation de volonté 

et sur les circonstances, lesquelles relèvent du fait. Les circonstances 

déterminantes à cet égard sont uniquement celles qui ont précédé ou 

accompagné la manifestation de volonté, mais non pas les événements 

postérieurs (ATF 133 III 61 consid. 2.2.1 p. 67 et les arrêts cités). Ces règles 

d’interprétation valent également pour déterminer avec qui un contrat a été conclu 

(arrêt 4A_564/2014 du 11 février 2015 consid. 3.1). Le fardeau de l’allégation et 

le fardeau de la preuve de l’existence et du contenu d’une volonté subjective sont 

à la charge de la partie qui s’en prévaut (ATF 121 III 118 consid. 4b et les 

références; arrêt 4A_98/2016 du 22 août 2016 consid. 5.1). 

 

 

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d) Dans le cas d’espèce, si l’on se réfère à l’échelle des salaires de la CCT de la 

boulangerie-pâtisserie-confiserie, le salaire minimum pour un employé du secteur 

de la production, avec un équivalent CFC, s’élevait à CHF 4'091.00 brut (act. 76). 

Pour le Tribunal, il ne fait nul doute que le demandeur, qui est titulaire d’un CAP 

de boulanger en France, doit être considéré comme un travailleur qualifié au sens 

de l’art. 6a CCT. Le fait que lors de son audition la défenderesse se soit référé à 

un salaire minimum de CHF 4'100.00 (act. 91, rép. no 6) confirme le fait que 

l’employeur a considéré le demandeur comme un travailleur qualifié disposant 

d’une équivalence avec un CFC. A ce montant conventionnel minimum, il faut 

ajouter le droit à un 13ème salaire qui résulte de l’art. 13 CCT (act. 58) qui dispose 

:  

 
al.1 Au terme du temps d’essai, le travailleur a droit chaque année à un 13e salaire 

s’élevant à 100% de la moyenne des 12 derniers mois du salaire convenu 

contractuellement, sans allocations. Pour les employés percevant un salaire 

horaire, il faut tenir compte des suppléments pour vacances et des indemnités 

pour jours fériés dans le calcul du 13e salaire. Il n’existe aucun droit au 13e 

salaire pendant le temps d’essai. Il existe un droit à une part proportionnelle 

pour des années de travail incomplètes.  

 

al. 1bis Les employés travaillant majoritairement dans la restauration (personnel de 

restauration) ont par contre droit au 13e salaire dès le début du contrat de 

travail. Le droit à une part proportionnelle pour des années de travail 

incomplètes disparaît néanmoins si le contrat de travail avec le personnel de 

restauration est résilié dans le cadre du temps d’essai. 

 
 

En l’occurrence, les parties n’ont manifestement pas convenu d’un temps d’essai, 

car l’employeur recherchait en urgence un employé qualifié pour remplacer son 

boulanger qui venait d’apprendre qu’il avait un cancer. Sur cette base, le Tribunal 

a retenu que le demandeur avait droit au 13ème salaire.  

 

A ces montants, il faut encore ajouter l’indemnité de 25 % pour les heures de nuit 

accomplies entre 22h et 03h du matin selon l’art. 17 CCT. Lors de son audition, 

l’employeur a prétendu qu’il n’avait pas besoin d’heures de nuit. Il a cependant 

reconnu : « Je ne me suis pas inquiété des conséquences des heures de nuit. 

J’avoue que je n’aurais pas dû laisser faire, mais je ne pensais pas qu’on viendrait 

ensuite me réclamer des heures de nuit. C’est ma faute » (act. 91, rép. no 7). 

Etant donné qu’un seul décompte d’heures de travail a été déposé en cause, il 

n’est pas possible de calculer précisément le montant auquel le demandeur aurait 

eu droit. Cependant, en se basant sur le décompte d’heures du mois de mai 2021 

(act. 29), le Tribunal a estimé que le nombre d’heures de nuit s’élevait à environ 

4 heures par nuit, soit en moyenne 86.6 heures de nuit par mois. Comme le salaire 

horaire s’élevait à CHF 24.35 brut, soit le salaire de base conventionnel (CHF 

4'091) et le 13e salaire (CHF 341.00) divisé par 182 heures, le supplément pour 

les heures de nuit correspond à CHF 6.00 brut. Au total, si l’on prend en compte 

 

 

9 

le minimum conventionnel de CHF 4'091.00, le 13ème salaire (CHF 341.00) et les 

heures de nuit (CHF 519.60), on obtient un salaire mensuel brut estimé à CHF 

4'952.00 brut. Au regard de ces chiffres, le Tribunal a considéré que le salaire de 

CHF 4'500.00 net revendiqué par le demandeur et qui comprend le 13ème salaire 

et les heures de nuit, revêtait une vraisemblance suffisante compte tenu des 

circonstances du cas d’espèce. Le Tribunal a notamment pris en compte le fait 

que l’employeur a manqué à son obligation de conclure un contrat écrit. C’est 

donc ce montant de CHF 4'500.00 net qui a été retenu par le Tribunal du travail 

comme salaire de référence pour le calcul des prétentions, dont il convient 

maintenant d’examiner le bien-fondé. 

 

 

2.- a) Au sujet des prétentions de salaire du demandeur, l’instruction a permis de 

confirmer le fait que, si l’employé avait été engagé pour une durée déterminée liée 

à l’absence pour cause de maladie du boulanger titulaire du poste, le demandeur 

avait mis fin aux rapports de travail en date du 19 mars 2021 pour la fin du mois 

de mars 2021. Dans un premier temps, le demandeur avait prétendu être parti en 

vacances (act. 35), mais cette version des faits est contredite par un message 

WhatsApp du 19 mars 2021 déposé en cause par l’employeur (act. 18). Lors de 

son audition, le demandeur a finalement reconnu : « Je m’étais fâché avec son 

compagnon et j’avais ainsi dit à C______ que j’arrêtais à la fin du mois. Elle a 

accepté que j’arrête à la fin mars. Du coup, je suis parti au Portugal au début avril » 

(act. 83, rép. no 11). L’employeur n’a pas dit autre chose lors de son audition par 

le Tribunal (act. 92, rép. no 12-15). Il s’en suit que le demandeur a droit à son 

salaire complet pour le mois de mars 2021. Le demandeur reconnaît avoir reçu un 

acompte de CHF 1'500.00 net en date du 8 avril 2021 (act. 11 ; act. 84, rép. no 

18). L’employeur prétend également qu’il aurait versé en espèces le solde du 

salaire du mois de mars 2021 lors de la reprise de l’activité en date du 19 avril 

2021. Comme il le reconnaît, l’employeur n’a malheureusement aucune preuve 

pour ce paiement puisqu’aucun reçu n’a été signé. Le solde du salaire du mois de 

mars 2021 est donc dû, soit un montant de CHF 3'000.00 net. 

 

 b) Pour le mois d’avril 2021, l’instruction a permis d’établir que, après une première 

interruption des rapports de travail à la fin du mois de mars 2021, les parties se 

sont mises d’accord pour une reprise d’activité. Lors de son audition, le demandeur 

a expliqué : « Par la suite, nous avons repris contact pour discuter du salaire qui 

n’était toujours pas payé ainsi que de la reprise de mon travail, car elle était 

embêtée car il n’y avait pas d’autre boulanger. Cela s’est passé lors d’entretiens 

téléphoniques et de messages WhatsApp lorsque j’étais au Portugal » (act. 83, 

rép. no 11). De son côté, l’employeur a déclaré : « nous avions déjà discuté de son 

retour avant. Je lui avais dit que c’était bête de terminer ainsi et lui était gêné de 

me laisser dans la difficulté. Il est ensuite venu le 19 avril pour reprendre le travail. 

A ce moment-là, on a pas rediscuté des conditions de travail qui restaient les 

 

 

10 

mêmes. Les versions divergent sur la date de cette reprise. L’employeur parle 

d’une reprise le 19 avril » (act. 93, rép. no 20). La reprise d’activité, aux mêmes 

conditions est donc confirmée, mais il y a cependant divergence quant à la date 

de reprise de l’activité. Pour le demandeur, celle-ci s’est faite le 15 avril 2021, 

tandis que pour l’employeur elle se serait faite le 19 avril 2021 seulement. Le 

Tribunal du travail constate que, si l’on se réfère aux échanges WhatsApp déposés 

en cause, le demandeur est rentré de vacances le 14 avril 2021 (act. 6). Il apparaît 

dès lors vraisemblable que la reprise du travail du demandeur se soit faite le 

lendemain, le 15 avril, compte tenu de l’empressement de l’employeur à ce qu’il 

revienne travailler. L’employeur, qui n’a pas déposé les décomptes horaires, n’a 

pas réussi à prouver que la reprise du travail ne s’était effectuée que le 19 avril. Il 

s’en suit que le droit au salaire du demandeur pour le mois d’avril 2021 couvre la 

période du 15 au 30 avril 2021, soit un demi-mois de salaire ou CHF 2'250.00 net.   

 

S’agissant du salaire du mois d’avril 2021, l’employeur prétend qu’il aurait remis 

au demandeur - par l’entremise de A______ - le montant de CHF 1'603.75 net 

correspondant à la fiche de salaire établie pour le mois d’avril correspondant. 

Entendue à ce sujet par le Tribunal, le témoin A______ a expliqué : « Il s’agit du 

dimanche de la fête des mères. Comme mes enfants sont grands, j’ai dit à 

C______ que je pouvais travailler à sa place, car elle a de petits enfants. A ce 

moment-là, C m’a dit qu’elle avait le salaire du mois d’avril à remettre à X______. 

Je lui ai dit « pas de problème ». J’ai pris l’enveloppe et je l’ai mise dans ma voiture 

pour ne pas l’oublier. Le lendemain, j’ai ouvert le magasin, et lorsque X______ a 

terminé son travail il est remonté du laboratoire à la boulangerie. A ce moment-là, 

je lui ai remis l’enveloppe que m’avait remis C______. Je précise que X______ 

savait qu’il s’agissait de son salaire, car la veille il m’avait déjà demandé si j’avais 

une enveloppe pour lui de la part de C______. J’étais en train de travailler. 

X______ était au bar du tea-room. Il a checké en regardant le contenu de 

l’enveloppe. Il n’a pas fait de remarque et moi j’ai continué de travailler. Il est 

ensuite parti comme d’habitude. Je précise que je n’ai rien fait signer à X______ 

lors de la remise de l’enveloppe » (act. 80-81, rép. no 4) … « A mon souvenir, il 

n’a pas sorti les sous pour compter, mais il a ouvert l’enveloppe pour regarder si 

le contenu y était. Je l’ai vu faire » (act. 81, rép. no 6). Le demandeur objecte qu’il 

n’aurait rien reçu, s’étonnant du fait que l’employeur aurait opté pour la remise de 

son salaire par l’entremise d’une collègue de travail alors qu’ils se voyaient tous 

les jours et que l’employeur avait ses coordonnées bancaires (act. 86, rép. no 27). 

Pour le Tribunal, le témoignage sous serment de A______ ne peut pas être écarté 

sans motif. Le témoignage est apparu aux yeux du Tribunal comme crédible et 

sincère. Le Tribunal a aussi considéré que le demandeur n’a pas apporté la preuve 

d’une mise en demeure de l’employeur quant au paiement de son salaire du mois 

d’avril 2021. Si le salaire du mois d’avril 2021 n’avait pas été payé, comme le 

prétend le demandeur, comment expliquer l’absence de mise en demeure 

formelle ? Sur la base de ces éléments, le Tribunal a retenu que le salaire net du 

 

 

11 

mois d’avril par CHF 1'603.75 net avait déjà été versé au demandeur. Compte tenu 

du fait que le salaire net du mois en question aurait dû s’élever à CHF 2'250.00 

net, il subsiste un solde dû en faveur du demandeur qui s’élève à CHF 646.25 net. 

 

 c) Pour ce qui est du salaire du mois de mai 2021, le Tribunal constate qu’il n’y a pas 

eu d’accord entre les parties pour modifier les conditions de travail sur la base d’un 

salaire horaire, contrairement à ce que semblait indiquer la fiche de salaire y 

relative déposée en cause (act. 28). Il faut donc considérer que les conditions de 

travail étaient toujours celles initialement convenues, soit dans le cas d’espèce un 

salaire mensuel de CHF 4'500.00 net. Il ressort du dossier que le demandeur a 

signé la fiche de salaire du mois de mai 2021 avec la mention dactylographiée 

« versé en main propre le 11 juin 2021 » avec l’indication comme montant « salaire 

net 2'211.90 » (act. 28). La signature d’une quittance ne prouve pas autre chose 

que l’encaissement des sommes mentionnées et ne saurait priver le travailleur 

d’exercer des prétentions résultant de dispositions impératives de la loi (FAVRE / 

MUNOZ / TOBLER, le contrat de travail, code annoté, note 1.10 ad art. 341). Le 

demandeur ne conteste pas avoir signé cette fiche de salaire, mais il prétend qu’il 

n’aurait en réalité reçu que CHF 400.00 le 15.06.2021 (act. 10 ; act. 87, rép. no 36 

et 40). De son côté, la défenderesse a expliqué : « ce montant n’a rien à voir avec 

le salaire. Je lui ai versé ce montant uniquement pour avoir la paix, car X______ 

voulait venir tous les jours sur la terrasse de mon établissement pour formuler des 

revendications nouvelles » (act. 95, rép. no 39).  Pour le Tribunal, la version du 

demandeur se trouve en contradiction avec la fiche de salaire qu’il a signée et qui 

vaut quittance. Il y a donc lieu de retenir le versement effectif d’un montant de CHF 

2'211.90 net en faveur du demandeur. S’agissant du montant de CHF 400.00 net 

versé le 15 juillet 2021, aucun élément ne permet de confirmer la version du 

demandeur. Pour le reste, l’inscription manuscrite « pour solde de tous rapports » 

n’est pas valable, le demandeur ne pouvant renoncer à une partie de son salaire 

selon CO 341. Au demeurant, le demandeur a contesté l’avoir écrite et on ne peut 

en effet exclure qu’il s’agisse d’un rajout.  

 

  L’employeur prétend que l’employé ne se serait pas présenté à son poste le 27 

mai au soir (act. 15). Or, sur le formulaire des heures de travail déposé en cause, 

il est indiqué que le demandeur se trouvait en congé le 26, le 27 et le 28 mai 2021 

(act. 29). Lors de son audition, l’employeur a confirmé ces indications tout en 

précisant qu’il aurait dû travailler les 29, 30 et 31 mai 2021 (act. 95, rép. no 34). 

L’employé fait valoir qu’il aurait été malade quelques jours à la suite d’un vaccin 

COVID, mais ce fait n’est pas prouvé puisque le demandeur n’a pas pu produire 

un certificat médical valable qui l’atteste. Il s’en suit que le droit au salaire du 

demandeur pour le mois de mai 2021 doit être reconnu jusqu’au 28 mai 2021, ce 

qui représente un montant de CHF 4'065.00 net (4'500.00 / 31 x 28). Si l’on tient 

compte du montant déjà versé retenu ci-dessus (CHF 2'211.90), le solde dû pour 

le mois de mai 2021 s’élève à CHF 1'853.00 net. 

 

 

12 

 

Au final, si l’on récapitule les montants reconnus par le Tribunal dans les 

considérants qui précèdent, le solde des salaires à verser par l’employeur en faveur 

du demandeur s’élève à CHF 5'499.25 net, montant qui se décompte comme suit : 

 

 

 

 

 

 

 
 

Par ces motifs, 

 

 

LE TRIBUNAL DU TRAVAIL 

DECIDE : 
 
 

1. La demande déposée par X______ à l’encontre de l’entreprise individuelle 
« Y______, pour la Boulangerie Z______ » à Xy est admise partiellement. 

2. L’entreprise individuelle « Y______, pour la Boulangerie Z______ » à Xy 

versera à X______ le montant de CHF 5'499.25 net correspondant à un solde 
de salaire relatif aux mois de mars 2021, avril 2021 et mai 2021.    

3. Il n’est pas perçu de frais. 

 
 
Ainsi jugé à Sion, le 28 mars 2022 
 
 

 
 

 

Mars 2021 CHF 3'000.00 
Avril 2021 CHF 646.25 
Mai 2021 CHF 1'853.00 
Total CHF 5'499.25