# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 70777b01-d0de-5a53-95b9-68b5af82613e
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-03-20
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 20.03.2014 P/4261/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_009_P-4261-2011_2014-03-20.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par pli recommandé du 10 avril 2014 et à 
l'autorité inférieure. 

 

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/4261/2011 AARP/163/2014 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale d'appel et de révision 

Arrêt du jeudi 20 mars 2014 

 

Entre 

A______, actuellement détenu à la prison de Champ-Dollon, prévenu, assisté par Me Nicola 

MEIER, avocat, rue de la Fontaine 2, 1204 Genève,  

B______, domicilié ______ Genève, prévenu, assisté par Me Cristobal ORJALES, avocat, 

rue Du-Roveray 16, 1207 Genève, 

appelants, 

intimés sur appel joint, 

 

contre le jugement JTCO/104/2013 rendu le 5 juillet 2013 par le Tribunal correctionnel, 

 

et 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6b, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565 - 1211 Genève 3, 

intimé, 

appelant sur appel joint.

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EN FAIT  

A. a. Par actes expédiés, respectivement, les 8 et 15 juillet 2013, A______ et B______ 
ont annoncé entreprendre le jugement du 5 juillet 2013, dont les motifs ont été 
notifiés, au premier le 16 septembre 2013 et au second le 12 septembre 2013, par 
lequel le Tribunal correctionnel a :  

- acquitté A______ des faits décrits sous ch. A.I.1 de l'acte d'accusation, l’a 
reconnu coupable d’infraction grave à la loi fédérale sur les stupéfiants et les 
substances psychotropes du 3 octobre 1951 (art. 19 ch. 1 et 2 let. a aLStup ; 
RS 812.121 ; ch. A.I.2, A.I.3, A.I.4, A.I.5, A.I.6.1, A.I.6.2 et A.I.7) ainsi qu'à la 
loi fédérale sur les étrangers du 16 décembre 2005 (art. 115 al. 1 let. a et b LEtr 
; RS 142.20 ; ch. A.II.8), a révoqué la libération conditionnelle qui lui avait été 
accordée le ___ juin 2010 (solde de peine d'un an et sept mois), l’a condamné à 
une peine privative de liberté d’ensemble de huit ans, sous déduction de la 
détention subie avant jugement, a ordonné son maintien en détention pour des 
motifs de sûreté, enfin l’a condamné aux trois quarts des frais de la procédure, 
s’élevant à CHF 14'449.30, y compris un émolument de jugement de 
CHF 4’000. –. 

- reconnu B______ coupable de complicité d'infraction grave à la aLStup (art. 25 
du Code pénal suisse du 21 décembre 1937 [CP ; RS 311.0] et art. 19 ch. 1 et 2 
let. a aLStup ; ch. C.I.1 et C.I.2), l'a condamné à une peine privative de liberté de 
quinze mois, l'a mis au bénéfice du sursis et fixé le délai d'épreuve à trois ans, 
enfin l'a condamné au quart des frais de la procédure. 

- acquitté C______ du chef d'infraction grave à la aLStup (ch. B.I.1-B.I.3). 

b.a Par déclaration d’appel expédiée le 7 octobre 2013, A______ a partiellement 
contesté le jugement du 5 juillet 2013, concluant notamment : 

- à titre préalable : au retrait de la procédure des pièces relatives à l'exécution de la 
commission rogatoire internationale en France aux fins de procéder à l'audition de 
D______, des procès-verbaux et pièces s'y rapportant ainsi que de toutes les 
pièces issues de la procédure P/1______diligentée à l'encontre de D______. 

- au fond : à son acquittement du chef des infractions objets des chiffres A.I.3, 
A.I.4, A.I.6.2 et A.I.7, à ce que sa culpabilité soit reconnue dans une moindre 
mesure en relation avec les faits retenus au chiffre A.II.8 ; à la constatation d'une 
violation du principe de la célérité ; en tout état, au prononcé d'une peine privative 
de liberté n'excédant pas cinq ans, révocation de sa précédente libération 
conditionnelle comprise. 

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A______ a, par ailleurs, formulé diverses réquisitions de preuve, concluant, 
notamment, à ce qu'une procédure pénale vaudoise diligentée à l'encontre de 
E______ soit versée au présent dossier, subsidiairement à être confronté à ce dernier.  

b.b Par déclaration d’appel expédiée le 2 octobre 2013, B______ a également 
contesté le jugement du 5 juillet 2013, sollicitant d'être acquitté du chef de complicité 
d'infraction grave à la aLStup. 

Il a indiqué ultérieurement renoncer à faire valoir des prétentions en indemnisation.  

b.c Le 30 octobre 2013, le Ministère public s'est opposé aux appels interjetés par 
A______ et B______. Il a, par ailleurs, déclaré former appel joint du jugement 
querellé, sollicitant que A______ soit condamné du chef des agissements énoncés au 
chiffre A.I.1 de l'acte d'accusation et que la peine privative de liberté prononcée à son 
encontre soit portée à neuf ans, sous déduction de la détention subie avant jugement.  

 c.a A teneur de l’acte d’accusation du 13 mars 2013, il est reproché à 
A______ d'avoir, à Genève : 

-  Ch. A.I.1 "Livraison de janvier ou février 2011" : remis, à une date indéterminée, 
à une "mule" venue de Belgique à Genève, EUR 13'000.– ou EUR 14'000.– à 
l'intention de son fournisseur en Belgique, D______, puis d'avoir réceptionné, à 
Genève, 700 g à 1'000 g de cocaïne, d'un taux de pureté indéterminé, amenés par 
F______. 

Le Tribunal correctionnel a acquitté A______ de ce chef d'infraction, estimant que 
les éléments figurant au dossier étaient insuffisants pour étayer cette accusation. 

- Ch. A.I.2 "Livraison du 13 mars 2011" : d'avoir, dès le 11 mars 2011, organisé 
téléphoniquement avec D______ la livraison, de Bruxelles à Genève, de 1,5 kg de 
cocaïne d'un taux de pureté indéterminé ; d'avoir remis le prix d'achat de cette 
drogue, soit EUR 30'000.–, à G______ le 12 mars 2011; enfin, d'avoir réceptionné 
la cocaïne amenée par G______ le 13 mars 2011, venu de Belgique à cette fin et 
véhiculé entre Lyon et Genève par C______. 

Les premiers juges ont retenu, s'agissant de cette infraction, que A______ avait 
reçu de D______, le 13 mars 2011, une quantité indéterminée de cocaïne en 
contrepartie d'une somme indéterminée. 

- Ch. A.I.3 "Livraison du 16 mars 2011 (affaire vaudoise)" : d'avoir, entre les 15 et 
16 mars 2011, participé à un trafic de stupéfiants organisé, notamment, par 
E______ et H______, en acceptant d'avancer, à la demande de E______, CHF 
3'500.- pour défrayer une "mule" qui avait transporté 1'016 g de cocaïne, d'un taux 
de pureté indéterminé, depuis l'étranger et de mettre à disposition l'un des 
appartements qu'il occupait, situé à la rue X______, pour que la mule puisse 
expulser la drogue qu'elle avait ingérée, le tout, en échange d'une partie de la 

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drogue concernée, étant précisé que la cocaïne n'avait, finalement, pas pu lui être 
livrée en raison de l'interpellation de la "mule" par la police. 

 Le Tribunal correctionnel a reconnu A______ coupable des  agissements sus-
décrits. 

- Ch. A.I.4 "Livraison du 17 mars 2011" : d'avoir, du 14 au 17 mars 2011, organisé 
téléphoniquement avec un inconnu utilisant le raccordement n° 1______, la 
livraison de 1,5 kg de cocaïne, en indiquant à cet interlocuteur qu'il lui verserait 
"EUR ou CHF 8'900.–" pour l'acquisition d'une partie de cette drogue ; d'avoir, le 
17 mars 2011, pris possession, dans un véhicule conduit par I______, d'un sac à 
dos contenant une quantité de cocaïne estimée à plusieurs centaines de grammes. 

 Les premiers juges ont retenu, s'agissant de cette infraction, que A ______ avait 
reçu une quantité indéterminée de cocaïne, les éléments figurant au dossier ne 
permettant pas de considérer qu'il aurait versé, en contrepartie de celle-ci, la 
somme énoncée dans l'acte d'accusation. 

- Ch. A.I.5 et A.I.6.1 "Vente de cocaïne en mars 2011" et "Détention de cocaïne le 
19 mars 2011" : d'avoir vendu, entre le 1er mars et le 19 mars 2011, 250 g de 
cocaïne à des clients inconnus et détenu, aux fins de revente, dans l'appartement 
qu'il occupait à la route Y______, 230,97 g nets de cocaïne, d'un taux de pureté 
oscillant entre 36,3 et 38 %, contenus dans quatre sachets dissimulés dans la 
cuisine de cet appartement. 

 A______ a été reconnu coupable de ces agissements, qu'il avait, pour l'essentiel, 
admis. 

- Ch. A.I.6.2 "Détention de cocaïne le 19 mars 2011" : d'avoir détenu, aux fins de 
revente, seul ou avec un tiers demeuré non identifié, dans l'appartement qu'il 
occupait à la route Y______, 905,14 g de cocaïne, d'un taux de pureté moyen de 
40,8 %, conditionnés en sachets de 100 g environ, en gouttes et en doigts de 10 g 
environ, dissimulés dans une valise bleue dans la chambre à coucher. 

Le Tribunal correctionnel a reconnu A______ coupable de ce chef d'accusation, 
estimant que le prévenu avait été "à tout le moins" copossesseur de cette drogue.   

- Ch. A.I.7 "Livraison du 19 mars 2011" : d'avoir, dès le 16 mars 2011, organisé 
téléphoniquement avec D______ les modalités de la livraison, à Genève, d'une 
importante quantité de cocaïne ; d'avoir remis, le 17 mars 2011, pour l'acquisition 
de cette cocaïne, EUR 19'000.– à G______, venu de Belgique à cette fin et 
véhiculé entre Annemasse et Genève par C______; enfin,  d'avoir réceptionné, le 
19 mars 2011, dans l'appartement qu'il occupait à la route Y______, 905,14 g nets 
de cocaïne, d'un taux de pureté de 40,9 %, amenés par F______.   

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Les premiers juges ont reconnu A______ coupable d'avoir agi de la manière sus-
décrite, retenant toutefois que le prix d'achat de la drogue était indéterminé.  

Le Tribunal correctionnel a également admis, pour l'ensemble des infractions sus-
décrites, la circonstance aggravante de la quantité.  

- Ch. A.II.8 "Infraction à la LEtr." : d'être entré en Suisse aux alentours du 25 
janvier 2011 et d'y avoir séjourné sans autorisation jusqu'au 19 mars 2011. 

 Les premiers juges ont reconnu A______ coupable de ce chef d'infraction.  

c.b A teneur de l’acte d’accusation du 13 mars 2013, il est reproché à 
B______ d'avoir, à Genève, de concert avec A______ et C______, agi en qualité 
d'intermédiaire entre les sus-désignés : 

- Ch. C.I.1 : les 12 et 13 mars 2011, en sollicitant de C______ qu'il conduise 
G______ de Lyon à Genève pour que ce dernier livre 1,5 kg de cocaïne à 
A______ (cf. à cet égard let. A.I.2 de l'acte d'accusation), alors qu'il savait que la 
"mule" détenait de la drogue. 

- Ch. C.I.2 : le 17 mars 2011, en sollicitant de C______ qu'il conduise G______ 
d'Annemasse à Genève pour que ce dernier remette à A______ le prix d'achat de 
la cocaïne, livrée le 19 mars suivant (cf. à cet égard ch. A.I.7 de l'acte 
d'accusation), alors qu'il connaissait les intentions de G______. 

Les premiers juges ont reconnu B______ coupable de ces agissements, retenant 
qu'il avait agi par dol éventuel. 

B. Les faits pertinents pour l'issue du litige sont les suivants : 

 a.a Soupçonnant A______ de se livrer à un important trafic de stupéfiants, la police a 
installé, au mois de mars 2011, un dispositif de surveillance autour des deux 
appartements qu'il occupait, situés à la route Y______ et à la rue X______ ; les 
raccordements téléphoniques qui lui étaient attribués ont également été surveillés. 

 a.b Le 19 mars 2011, après avoir constaté que A______ accueillait, à proximité de 
son domicile à la route Y______, F______, passagère d'un véhicule conduit par 
C______, laquelle avait en sa possession une valise noire, puis que A______ et 
F______ s'étaient rendus dans le logement du premier, la police a procédé à 
l'interpellation de ces trois protagonistes.  

 Ont été découverts, au cours de la visite domiciliaire de l'appartement, 995,10 g net 
de cocaïne, d'un taux de pureté de 40,9 %, dans la valise noire apportée par F______, 
quatre sachets contenant 230,97 g net de cocaïne, d'un taux de pureté oscillant entre 
36,3 % et 38 %, dissimulés dans la cuisine du logement, ainsi qu'une valise bleue, 
entreposée dans la chambre à coucher, laquelle contenait : 905,14 g net de cocaïne 

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conditionnés en sachets de 100 g, en gouttes et en doigts de 10 g, d'un taux de pureté 
oscillant entre 31,1 % et 55,6 % ; du matériel de conditionnement ; CHF 13'120.– et 
EUR 2'235.–. 

 a.c Ont également été trouvés, à l'occasion de la perquisition du logement de 
A______ à la rue X______, une somme de EUR 6'370.- ainsi qu'une liste comptable 
manuscrite.   

 a.d Au moment de son interpellation, A______ était en possession de CHF 545.-. et 
de trois téléphones portables (n° 2______; n° 3______et n° 4______) ; F______ et 
C______ étaient également en possession de téléphones mobiles.   

 Les analyses des rétroactifs téléphoniques de ces appareils ont permis d'établir que le 
numéro de téléphone 2______attribué à A______ était utilisé depuis le 25 janvier 
2011; par ailleurs, les antennes activées par le numéro 3______ correspondaient, à 
compter de l'activation de ce raccordement, soit dès le 26 janvier 2011, à celles 
localisées aux alentours des deux domiciles de A______.  

 Ces analyses ont également révélé que A______ avait été en contact à de réitérées 
reprises avec :  

-  B______, domicilié à Genève. 

-  D______, résidant en Belgique. 

-  E______ et H______, tous deux domiciliés à Lausanne. 

C______ et B______ s'étaient également téléphonés à plusieurs occasions.  

S'étant déroulées en langue peuhl, dialecte africain, les conversations entre ces 
individus ont été écoutées et retranscrites par un traducteur agréé.  

Le Tribunal des mesures de contrainte a autorisé, le 27 mai 2011, l'extension - 
requise par le Ministère public le même jour - de la surveillance des écoutes 
téléphoniques de A______ au raccordement de B______.  

 a.e A______ et B______ ont, entre autres protagonistes, été mis en prévention, le 
premier en date du 20 mars 2011 et le second, le 2 décembre 2011. Ce dernier n'a pas 
été formellement informé par le Ministère public de la mesure de surveillance dont il 
avait fait l'objet. 

 a.f La procédure a été disjointe en tant qu'elle concernait F______ le 15 septembre 
suivant, sous le numéro P/2______, une procédure simplifiée étant mise en œuvre.  

F______ a été reconnue coupable, par jugement du Tribunal de police prononcé le 27 
octobre 2011, d'infraction à l'aLStup pour avoir transporté et livré à A______ un kg 

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de cocaïne le 19 mars 2011, a été condamnée à une peine privative de liberté de deux 
ans et mise au bénéfice du sursis. 

a.g En cours d'instruction, il est apparu que D______, résident belge, était détenu à 
Paris depuis le 18 avril 2011 pour détention de cocaïne.  

 Aux fins de procéder à son audition, le Ministère public a décerné deux commissions 
rogatoires internationales successives ; la première a été exécutée le 27 septembre 
2011, toutefois sans que ne soient respectées les modalités requises par le Ministère 
public, et la seconde, le 13 février 2012. A ces occasions, les parties à la présente 
procédure n'ont pas été invitées à soumettre les questions qu'elles souhaitaient voir 
poser à D______ ; le procès-verbal de la deuxième audition a été versé au dossier 
sans que les parties n'indiquent souhaiter lui poser des questions complémentaires.  

Le 18 décembre 2012, le Ministère public a, au cours d'une audience à laquelle ont 
assisté A______ et son conseil, entendu D______ en qualité de personne appelée à 
donner des renseignements, celui-ci étant mis à disposition par les autorités 
françaises.  

 Le 19 novembre 2012, il a été extradé vers la Suisse, où il a été mis en prévention, le 
8 janvier 2013. L'instruction relative à ce prévenu ayant débuté tardivement, la 
procédure le concernant a été disjointe le 11 mars 2013, sous le numéro P/1______, 
pour permettre le renvoi en jugement de A______ et de B______.  

D______  a sollicité la mise en œuvre d'une procédure simplifiée, laquelle lui a été 
accordée le 20 juin 2013.  

Une copie de la P/1______, dans sa teneur entre le jour de la disjonction des causes 
et le 20 juin 2013, a été versée à la présente procédure le 26 juin 2013.  

D______ a été reconnu coupable, par jugement du Tribunal correctionnel prononcé 
le 20 août 2013, d'infraction grave à l'aLStup pour avoir, à trois reprises, fait livrer de 
la drogue à destination de la Suisse - soit les livraisons correspondant à celles 
énumérées aux chiffres A.I.1, A.I.2 et A.I 7 de l'acte d'accusation dressé dans le 
cadre de la présente procédure, à concurrence des quantités qui y sont énoncées -, et 
condamné à une peine privative de liberté de trois ans.  

a.h En cours d'instruction, une commission rogatoire a également été décernée en 
Belgique. 

a.i Toujours en cours d'instruction, il est apparu qu'une procédure pénale était 
diligentée, depuis le 16 mars 2011, dans le canton de Vaud, à l'encontre de 
E______(alias ______) et de H______, résidents lausannois.  

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 Une copie de trois déclarations faites par E______ à la police vaudoise aux mois de 
mars et d'avril 2011 a, entre autres documents relatifs à cette procédure (cf. à cet 
égard lettre B.d.b infra), été versée au dossier.    

 La police genevoise, en présence du conseil de A______, a procédé, le 22 août 2011, 
à l'audition de E______ à la prison de Martigny ; ce dernier a également été 
auditionné par le Ministère public le 14 septembre suivant, en présence de A______ 
et de son conseil.   

b. Livraison de cocaïne intervenue au mois de janvier ou de février 2011 (ch. 
A.I.1 de l'acte d'accusation) 

b.a Après avoir nié, lors de son audition par la police française, à l'occasion de la 
première commission rogatoire internationale, toute implication dans la livraison de 
stupéfiants à Genève, D______ a exposé, au cours de la seconde de ces commissions, 
soit le 13 février 2012, avoir organisé avec "a______" (alias A______, que D______ 
a reconnu sur photographie) une "première livraison" de cocaïne à destination de 
Genève, au mois de janvier ou de février 2011. A cette fin, A______ lui avait fait 
envoyer EUR  13'000.- ou EUR 14'000.- à Bruxelles. "Une ou deux semaines plus 
tard", il avait remis à F______ une valise contenant entre 700 g et 1 kg de cocaïne, 
que cette dernière avait transportée à Genève à l'attention de A______.  

Auditionné contradictoirement le 18 décembre 2012 par le Ministère public en 
qualité de personne appelée à donner des renseignements, D______ s'est rétracté. La 
police lui avait exposé, le 13 février 2012, que A______ avait "dit des choses sur 
[lui]". Il avait alors été "énervé" et avait "dit n'importe quoi"; de surcroît, son 
audition avait été longue, raison pour laquelle il avait "fini par dire ok à tout ce [que 
les policiers lui] disaient, pour pouvoir remonter en cellule et manger".  

Extradé vers la Suisse, D______ a indiqué au Ministère public, dans le cadre de la 
procédure séparée P/1______diligentée à son encontre, le 17 avril 2013, qu'une partie 
de ses déclarations protocolées en France avaient été "complètement inventées". Le 
13 juin suivant, il a admis, sous la plume de son conseil, avoir fourni à trois reprises, 
soit y compris au mois de janvier ou de février 2011, de la drogue à destination de la 
Suisse et a refusé de s'exprimer au sujet de l'implication de A______. Le 20 juin 
suivant, alors qu'il requerait la mise en œuvre d'une procédure simplifiée, il a 
confirmé la teneur de ses déclarations du 13 février 2012 et a admis être impliqué 
dans les trois livraisons de drogue intervenues entre Bruxelles et Genève énoncées 
aux chiffres A.I.1, A.I.2 et A.I.7 de l'acte d'accusation dressé dans le cadre de la 
présente procédure.  

b.b L'audition de D______ menée en France le 13 février 2012 l'a été par les 
inspecteurs suisses J______ et K______; L______, policier français, était également 
présent.  

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Entendus par le Ministère public en qualité de témoins, J______ et L______ ont 
indiqué que D______ avait été calme et collaborant au cours de cette audition ; selon 
L______, les inspecteurs suisses n'avait exercé aucune pression sur l'intéressé. 
J______et K______, également entendue, ont nié avoir pu affirmer à D______ qu'il 
avait été mis en cause par A______, puisque tel n'avait pas été le cas.  

b.c Entendu par le Ministère public, puis par le Tribunal correctionnel, A______ a 
nié toute implication dans cette "première livraison" de cocaïne. Il n'avait jamais 
discuté avec D______, qu'il ne connaissait pas ; en effet, son seul contact en 
Belgique avait été un dénommé "z______" (cf. à cet égard lettres B.c et B.h infra). Il 
contestait avoir été présent à Genève avant le mois de mars 2011, soutenant avoir 
résidé en Belgique jusqu'à fin février 2011. 

Il a persisté dans ses dénégations devant la Cour, admettant être impliqué dans la 
livraison de 1,4 kg de cocaïne seulement (soit 400 g en relation avec les agissements 
énoncés au ch. A.I.2 de l'acte d'accusation [cf. lettre B.c ci-dessous] et 1 kg environ 
s'agissant de ceux énumérés au ch. A.I.7 dudit acte [cf. lettre B.h infra]).  

c. Transport et livraison de cocaïne du 13 mars 2011 (ch. A.I.2 et ch. C.I.1 de 
l'acte d'accusation) 

c.a Contrairement à ce qu'il avait soutenu jusqu'au stade de l'appel, à savoir que son 
rôle s'était limité à réceptionner 400 g de cocaïne livrée depuis la Belgique par un 
fournisseur nommé "z______", en vue de la revente de cette drogue, A______ ne 
conteste plus, devant la Cour : avoir organisé téléphoniquement avec D______, à 
compter du 11 mars 2011, la livraison, de Bruxelles à Genève, d'une quantité 
indéterminée de cocaïne, avoir remis le prix d'acquisition, d'une quotité indéterminée 
également, à G______ le 12 mars 2011, et avoir réceptionné, le 13 mars 2011, la 
drogue, amenée par ce dernier - venu de Belgique à cette fin et véhiculé entre Lyon 
et Genève, selon l'accord passé entre A______, B______ et C______, par ce dernier.  

c.b Lors de leurs conversations téléphoniques, A______, au moyen du raccordement 
n° 3______, et D______ ont utilisé un langage elliptique pour organiser cette 
livraison. Dans ce cadre, D______ a demandé si la personne amenée à véhiculer la 
"mule" serait "b______" (alias B______ ; pièce 303.7, conversation téléphonique du 
12 mars 2011, à 23h04).  

Les conversations téléphoniques échangées entre A______, également au moyen du 
numéro 3______, B______ et C______ au sujet de l'organisation du transport, le 13 
mars 2011, de G______ ont la teneur suivante : le 12 mars 2011 au soir, A______, se 
présentant comme étant "a______", a contacté B______ pour lui demander de 
"prendre une personne" à Lyon le lendemain, aux alentours de 12h30 (pièces 303.6 
et 303.9); après que son interlocuteur lui a demandé s'il "connai[ssait] le prix", 
A______ lui a répondu que "oui [il] ava[it] l'habitude avec [lui]" (pièce 303.9). En 
cours d'instruction (pièces 980, 998 et 1006), il est apparu que les contacts précités 

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ont eu lieu entre C______ et A______, B______ ayant provisoirement fait dévier sa 
ligne téléphonique sur le téléphone de C______. Après que C______ a averti 
B______ des appels de A______ (pièce 981), le second a personnellement contacté 
A______ ; il lui a alors demandé si la personne à transporter "a[vait] des papiers ou 
pas" (pièce 303.11). Le 13 mars 2011, à 8h15, B______ a informé "A______" du fait 
que ce serait un tiers – i.e. C______- qui se rendrait à Lyon ; A______ a alors insisté 
pour que le conducteur soit à onze heures sur place et proposé, pour s'en assurer, une 
majoration du prix du transport de CHF 100.- (pièce 307). A 11h30, C______ a 
contacté A______ afin de lui faire part, entre autres éléments, du fait qu'il s'était 
rendu "à la gare" à la demande de "b______" (pièce 310). A 12h57, B______ a 
appelé A______ pour l'"informer (…) que celui qui d[evait] venir s'il [était]chargé 
c'[était] 500 francs le prix" et que "si on sa[vai]t [que] celui qui d[evai]t venir [était] 
chargé [on] ne pren[ait] pas le risque à moins de 500 francs (…) c'[était] quelqu'un 
qu'on fai[sai]t passer qu'on risqu[ait] l'autre prix quoi (sic!)" ; A______ lui a 
répondu que "ces choses-là on ne di[sait]t même pas ça au téléphone on y pens[ait] 
même pas (sic!)" (pièce 319).  

c.c Entendu par le Ministère public, C______ avait, le 13 mars 2011, véhiculé un 
ressortissant africain entre Lyon et Genève à la requête de B______, lequel lui avait 
exposé que la personne concernée, démunie de pièce d'identité, souhaitait venir 
déposer une demande d'asile en Suisse. "b______" étant son ami, il lui avait 
"toujours fait confiance" s'agissant des courses que ce dernier lui proposait 
d'exécuter ; B______ et lui-même s'étaient d'ailleurs "dits qu'il fallait faire attention 
[de] ne jamais participer à des voyages liés à de la drogue". Le 13 mars 2011, 
"b______" ne l'avait pas "particulièrement mis en garde". Il ignorait que la personne 
concernée transportait des stupéfiants. 

Il a confirmé la teneur de ses déclarations devant le Tribunal correctionnel, 
soulignant que, de son point de vue, B______ ignorait que les transports qu'il lui 
avait demandé d'effectuer s'inscrivaient dans le cadre d'un trafic de stupéfiant ; 
"b______" n'aurait, en effet, pas pris le risque "de [lui] faire faire ces transports (…) 
s'il [l'avait su] et sans [lui] en parler".  

c.d Devant la Cour, A______ a indiqué que, selon lui, B______ ignorait l'objet du 
transport effectué le 13 mars 2011. 

c.e Entendu par la police, B______ a déclaré travailler en qualité de "taxi 
clandestin" ; ses amis le surnommaient "b______". Il pratiquait un tarif de CHF 10.– 
pour une course en ville de Genève. Etant personnellement indisponible, il avait 
requis de C______, le 13 mars 2011, qu'il effectue le transport dont "A______" 
l'avait chargé. Lorsque ce dernier avait évoqué, au cours de l'échange téléphonique 
objet de la pièce 307, que C______ percevrait une majoration de CHF 100.– s'il 
arrivait à l'heure, il avait "eu des doutes quant à la raison de ce transport" ; il avait 
alors "pensé qu'il s'agissait de drogue". Comme C______ l'avait informé, sur le trajet 
du retour Lyon-Genève, du fait qu'il n'y avait pas une, mais deux personnes à 

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véhiculer, il en avait déduit que "A______(…) mentait" ; il "était donc (…) possible 
que ces personnes soient chargées". Pour déterminer si tel était le cas, il avait 
contacté A______ (pièce 319) et lui avait exposé que si la personne était "chargée" le 
prix de la course serait de CHF 500.- ; l'autre tarif auquel il faisait référence dans la 
conversation avait trait au transport de personne souhaitant se rendre illégalement en 
Suisse. Si "A______" lui avait dit que la personne était "chargée", il aurait alors 
contacté C______ pour lui dire de ne pas procéder au transport. Il soupçonnait 
néanmoins que l'intéressé était "chargé".  

B______ a confirmé ses déclarations devant le Ministère public, en particulier le fait 
qu'il avait éprouvé "des doutes" au sujet du trajet du 13 mars 2011 ; toutefois, s'il 
avait "vraiment (…) pensé qu'il [s'était agi] d'un transport de drogue", il aurait dit à 
C______, qu'il ne souhaitait pas "mettre en difficulté", de ne pas l'effectuer. Le tarif 
minimum pour une course entre Genève et Lyon était de CHF 300.–. Interrogé sur la 
signification du terme "chargé" employé dans la conversation retranscrite sous cote 
319, il a exposé que celui-ci pouvait notamment faire référence à un transport d'une 
personne sans papier, voire à un  transport de drogue ; il avait déduit de la réponse de 
"A______", selon laquelle des aspects de ce type n'étaient pas abordés au téléphone 
et que l'"on y pens[ait] même pas", que les personnes concernées ne transportaient 
pas de drogue.  

Devant le Tribunal correctionnel, il a spécifié que l'expression "chargé" signifiait, 
selon lui, "quelqu'un qui transportait de la drogue" ; s'il avait évoqué le tarif de  
CHF 500.– c'était parce qu'il ignorait que la personne à véhiculer détenait des 
stupéfiants ; en effet, "tout le monde sa[vait] que le prix pour traverser la frontière 
avec de la drogue c'[était] EUR 2'500.–".  

En appel, il a, pour l'essentiel, persisté dans ses déclarations.  

d. Actes préparatoires à une livraison de cocaïne (15 et 16 mars 2011 ; ch. A.I.3 
de l'acte d'accusation) 

d.a Les 15 et 16 mars 2011, une personne utilisant les trois raccordements 
téléphoniques attribués à A______ a échangé diverses conversations avec E______ 
et H______, tous deux ressortissants guinéens résidant à Lausanne, au sujet de 
l'arrivée et de l'accueil d'une "mule" à Genève.  

La police s'est rendue, le 16 mars 2011, à 15h00, dans un hôtel (cf. à cet égard infra 
let. B.d.c et B.d.d) situé dans le quartier des Pâquis. Elle y a interpellé M______, 
originaire de Lettonie, lequel venait d'expulser divers cylindres contenant 1'016 g de 
cocaïne, tandis que E______ et H______ étaient interpellés par la police vaudoise.   

d.b Des retranscriptions des conversations téléphoniques échangées les 15 et 16 mars 
2011 ont été effectuées par les autorités pénales des cantons de Genève (pièces 425 

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et ss) et de Vaud ; la traduction des retranscriptions des conversations exécutées par 
les autorités vaudoises a été versée au dossier genevois (pièces 798 et ss).  

d.c Les éléments pertinents suivants ressortent de la teneur de ces conversations, 
étant précisé que dans la mesure où A______ conteste y avoir participé, la personne 
ayant utilisé ses raccordements téléphoniques sera désignée ci-après comme étant 
l'interlocuteur X.  

Le 15 mars 2011, à 12h38, E______ appelait - depuis Lausanne - l'interlocuteur X 
pour lui demander d'accueillir "l'autre", précisant que "s'il arrive là-bas tu sais ça 
doit sortir de tu sais…" et qu'il fallait à l'intéressé "un endroit (…) pour se reposer 
après" (pièce 425). A 22h02, E______ précisait à X qu'il attendait deux "pantalons", 
qu'il souhaitait lui laisser un "pantalon" et une "culotte" et que le prix c'était "3 et 5" 
(pièce 427). Le 16 mars 2011, à 9h09, E______ souhaitait savoir si "[s]on petit" - i.e 
H______ - avait appelé l'interlocuteur X, H______ étant chargé de récupérer "la 
peau blanche" à Genève (pièce 434). A 9h11, H______ appelait X pour lui dire que 
"l'autre" était à la gare et lui demandait "l'adresse" (pièce 436). A 9h15, 
l'interlocuteur X envoyait le message suivant à H______ : "rue X______" (pièce 
437). A 9h49, comme E______ exposait à l'interlocuteur X être sans nouvelle du 
"petit", X indiquait qu'il irait chercher "l'autre" - i.e. la "mule" (pièce 444). A 9h56, 
E______ informait X du fait qu'"il" - i.e. la "mule" - se trouvait dans l'établissement 
"______" ; l'interlocuteur X a alors demandé à E______ la rue dans laquelle était 
située cet établissement, adresse que ce dernier n'a pas été en mesure de lui fournir ; 
X informait, par ailleurs, E______ du fait qu'il avait "sur [lui] ce [qu'il devait] lui 
remettre" - i.e. à la mule ; E______ lui a alors demandé de ne "pas lui donner [le] 
truc pour l'instant" mais une fois que cela serait terminé (pièce 446). A 10h09, 
E______ expliquait à l'interlocuteur X que "l'autre" avait attendu trop longtemps, 
qu'il était allé "finir ça" dans un hôtel, que "ça commenç[ait] à sortir" et à "lui faire 
mal" (pièce 449). A 10h25, H______ indiquait à l'interlocuteur X que "l'autre" avait 
été contraint de "pr[endre] une chambre" puisqu'il y avait eu du "retard" et qu'il 
l'attendrait - i.e. la "mule" - à la "gare" ; il a, par ailleurs, informé X du fait que 
lorsqu'ils se verraient "[il lui] donne[rait]" ; l'interlocuteur X a alors indiqué à 
H______ qu'il était "presque" arrivé "à la maison" et lui a donné rendez-vous à "la 
rue X______" (pièce 453). A 10h28, E______ demandait à H______ de revenir - à 
Lausanne - lui exposant que "quelqu'un [d'autre] s'en occupera[it]" ; H______ lui a 
répondu qu'il devait aller "voir (…) l'autre gars pour l'argent" et qu'il y allait "de ce 
pas" (pièce 921 ; retranscription issue de la procédure pénale vaudoise, la 
conversation concernée ayant eu lieu entre les deux résidants lausannois). A 10h32, 
E______ informait l'interlocuteur X du fait qu'il souhaitait que le "jeune" - i.e. 
H______ - revienne (pièce 456). A 10h44, X indiquait à H______ qu'il ne devait pas 
"v[enir ici] pour rien" ; ce dernier lui a alors répondu qu'il allait "retourne[r]" (pièce 
457).  

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d.d Selon les polices genevoise (rapport du 16 juin 2011, pièces 418 et ss) et 
vaudoise (pièces 772 et ss), il fallait comprendre de ces échanges que E______, après 
avoir obtenu l'aval de son complice, N______, localisé aux Pays-Bas (pièce 773, 
rapport de police vaudois), avait fait appel à A______ pour organiser l'hébergement 
de la "mule" à Genève et non comme initialement convenu à Lausanne, et permettre 
à cette dernière d'expulser les 1'016 g de cocaïne (pièces 420 point 1.1, 773 point 
2.2.2 et 781 point 3.14.2). E______ souhaitait laisser 1,250 kg de cocaïne à 
A______ ; les CHF 3'500.– évoqués dans la conversation objet de la pièce 427 
tendaient à défrayer la "mule" (pièce 420, point 1.2). H______, venu de Lausanne à 
Genève, devait prendre en charge cette "mule" pour la ramener à Lausanne (pièces 
420 point 2.2 et 781 point 3.15.1) et obtenir de A______ la rémunération qu'il devrait 
verser audit transporteur (pièce 782 point 3.15.2). H______ et A______ n'étant pas 
parvenus à trouver la "mule", celle-ci s'était finalement rendue dans un hôtel pour 
expulser la drogue (pièce 420 s., points 2.1-2.13).  

Selon le rapport de police vaudois, lequel se réfère, notamment, à des conversations 
passées entre H______ et d'autres personnes que celle ayant utilisé les raccordements 
de A______, si bien que ces discussions n'ont pas fait l'objet de surveillance par les 
autorités genevoises, A______ avait, finalement, refusé de remettre à H______ la 
rémunération convenue pour la "mule", sur instruction de E______, ce dernier étant 
exaspéré par le comportement de H______ ; H______ s'était alors adressé à d'autres 
comparses pour tenter d'obtenir le financement nécessaire (pièce 782, point 3.15.2). 
H______ avait finalement accepté de rentrer à Lausanne (pièce 782 point 3.15.3).  

d.e Les conversations répertoriées sous cotes 425 et 449 de la procédure genevoise 
ne figurent pas dans la procédure vaudoise. Les traductions des conversations objets 
des pièces 427, 434, 436, 444, 446, 453, 456 et 457 diffèrent quelque peu de celles, 
correspondantes, figurant aux pièces 880, 895, 896, 909, 911, 920, 922 et 926 issues 
de la procédure vaudoise, établies par un autre traducteur que celui auquel ont 
recouru les autorités genevoises ; le sens des passages traduits cités supra demeure 
toutefois identique. Le message figurant sous cote 437 a, quant à lui, été envoyé en 
langue française. 

d.f Dans le cadre du dispositif de surveillance policier dont A______ a été l'objet, les 
inspecteurs J______ et O______ ont constaté que celui-là, après être sorti de son 
domicile situé à la rue X______, s'était rendu, le 16 mars 2011, vers 9h30, dans les 
environs de l'établissement "______" sans toutefois être parvenu à localiser cet 
établissement, observations dont ils ont confirmé l'exactitude devant le Ministère 
public le 23 août 2011, puis devant le Tribunal correctionnel pour le premier de ces 
policiers, seul auditionné par les premiers juges.     

d.g Entendu par la police vaudoise, E______a, tout d'abord, déclaré que H______ 
était arrivé en Belgique au début du mois de mars 2011 pour négocier de la cocaïne ; 
quant à lui, il était venu en Suisse en qualité d'"intermédiaire" pour "récupérer de 
l'argent". Par la suite, il a expliqué avoir été chargé par un ami hollandais, N______, 

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lequel devait organiser la livraison en Suisse de 300 g cocaïne, d'encaisser, après 
cette livraison, diverses sommes. La drogue devait être livrée par une "mule" à 
Lausanne ; elle l'avait finalement été à Genève le 16 mars 2011. N______ lui avait 
alors dit qu'il allait "faire intervenir" son oncle, lequel résidait dans cette ville. 
H______ s'était, par ailleurs, déplacé à Genève pour chercher la "mule".  

Interrogé par la police genevoise, E______a admis avoir eu des contacts 
téléphoniques avec l'oncle de N______, lequel résidait à Genève ; il ignorait toutefois 
son nom. Comme H______ avait eu du retard pour réceptionner la "mule", N______ 
lui avait demandé de contacter cet oncle pour défrayer celle-là. Après avoir écouté 
les conversations objet, notamment, des pièces 425, 434, 444, 446 et 449, au sujet 
desquels il a indiqué reconnaître sa voix mais ne pas pouvoir confirmer l'identité de 
son interlocuteur, il a contesté la teneur des traductions retranscrites sous ces pièces. 
Il a précisé n'avoir jamais demandé à son interlocuteur d'aller réceptionner la "mule" 
à Genève, ni avoir requis de ce dernier qu'il se rende à l'établissement ______. Il a 
exposé, en ce qui concerne la conversation objet de la pièce 427, reconnaître sa voix 
dans cette discussion et être en mesure de certifier, compte tenu de la teneur de la 
conversation, que son interlocuteur était l'oncle de N______ ; cette discussion avait 
porté sur la rémunération du transporteur de cocaïne, soit CHF 350.-, tâche dont son 
interlocuteur avait accepté de se charger "pour [le] dépanner" ; les références, dans 
cette discussion, aux "pantalon" et "culotte" se rapportaient, toutefois, exclusivement 
à des vêtements et non à des quantités de drogue.  

Entendu par le Ministère public en qualité de personne appelée à donner des 
renseignements, E______ a exposé que la livraison de drogue concernée "n'a[vait] 
rien à voir avec Genève" ; en effet, la "mule" devait être réceptionnée à Lausanne ; 
par ailleurs, il "ne vo[yait] pas pourquoi [il] aurai[t] confié cette drogue à quelqu'un 
[qu'il] ne connaissai[t] pas".  

d.h Devant le Ministère public, A______ a nié connaître E______. S'il a admis être 
le détenteur de deux des numéros de téléphones ayant fait l'objet des écoutes, 
raccordements qu'un dénommé P______ lui avait procurés à son arrivée en Suisse, à 
savoir ceux commençant par ___ - étant précisé que seule la conversation répertoriée 
sous la pièce 425 n'est pas concernée par ces numéros -, il a contesté avoir été 
l'interlocuteur de E______et de H______. La personne qui avait été en contact avec 
ces derniers était probablement P______. Il lui arrivait, par ailleurs, de prêter son 
téléphone portable à des connaissances ; il restait toutefois toujours à leurs côtés à 
ces occasions. Il ne pouvait être l'auteur du SMS retranscrit sous cote 437 de la 
procédure, puisqu'il ne savait pas écrire le français à cette époque. Il a également nié 
s'être rendu, le 16 mars 2011, dans les alentours de l'établissement "______". 

A______, qui a persisté dans ses déclarations lors de l'audience de jugement, a, 
vainement, sollicité du Tribunal correctionnel, pour la première fois après l'ouverture 
des débats, l'apport de l'intégralité de la procédure vaudoise au présent dossier ; il a 

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également requis d'être à nouveau confronté à E______, demande qui a été rejetée 
par les premiers juges.  

Il a persisté dans ses dénégations devant la Cour, précisant toutefois qu'il savait 
désormais écrire, ayant bénéficié de cours au sein de la prison de Champ-Dollon.  

e. Livraison du 17 mars 2011 (ch. A.I.4 de l'acte d'accusation) 

e.a Le 17 mars 2011, une personne utilisant l'un des trois raccordements attribués à 
A______ (soit le n° 4______) et une personne non identifiée utilisant le numéro de 
téléphone 1______ (ci-après l'inconnu) ont eu divers contacts.  

Les éléments pertinents suivants ressortent de la teneur de leurs conversations, étant 
précisé que dans la mesure où A______ nie avoir participé à celles-ci, la personne 
ayant utilisé son raccordement sera désignée ci-après comme étant l'interlocuteur X. 

A 12h43, l'inconnu tenait à l'interlocuteur X les propos suivants : "je l'ai eu il m'a dit 
que c'est 1 et demi qui arrive (…) vous vous voyez ok" et de poursuivre "tu lui 
prépares comme je t'avais dit n'est-ce pas ?" ; X lui répondait : "je vais voir si j'aurai 
les 6 peuls" ; son interlocuteur lui a alors rétorqué : "c'est petit moi je croyais que tu 
pouvais avoir même 15 l'argent (sic!)" ; l'interlocuteur X lui répondait qu'il lui avait 
"juste dit de voir comment l'accueillir" et rien de plus ; il souhaitait également savoir 
s'il "laiss[ait] la moitié ici" (pièce 504). A 13h34, X, auquel l'inconnu venait de 
demander de sortir, indiquait : "ah ok il m'attend j'arrive" (pièce 506). A 13h38, 
l'interlocuteur X appelait l'inconnu pour lui dire qu'il était "à côté des voitures mais 
ne l'[avait] pas vu" ; l'inconnu l'informait qu'il allait contacter la personne concernée 
(pièce 507). A 16h49, l'inconnu reprochait à X de ne pas lui avoir confirmé qu'il 
avait bien "reçu le truc" ; ce dernier lui a alors tenu les propos suivants : "oui excuse-
moi j'ai eu tort de ne pas t'avertir après la réception tu as raison mais tu vois 

j'attends les gens avec ça je cours de gauche à droite avec ça (…)" (pièce 508). A 
16h53, l'inconnu demandait à l'interlocuteur X "dans tout ça là que tu as entamé ça 
va finir (sic!) ?" ; X, qui s'est désigné comme étant "a______", lui répondait que "si 
ça prend du temps comme d'habitude ça ne fera pas plus qu'une semaine ça ce sera 

réglé ok (sic!)" (pièces 510 et 513). Enfin, à 20h56, l'interlocuteur X appelait 
l'inconnu pour lui dire : "je vais récupérer ce que je vous ai donné puis on calcule en 
fonction de ça (…) tu prends ta part je prends la mienne (…) je récupère les Euros 
(…) [et] je vais te donner les francs suisses" (pièces 518 et 519). 

e.b Selon la police (rapport du 7 juillet 2011), il fallait comprendre de ces 
conversations que l'opération du 17 mars 2011 avait été menée par l'inconnu, lequel 
était en contact avec une "mule" ; une partie de la drogue était destinée à A______.  

e.c A l'occasion de la surveillance exercée à proximité du domicile sis route 
Y______ de A______, les agents avaient constaté, le 17 mars 2011, qu'il avait quitté 
son domicile entre 13h00 et 14h00 et faisait "les cent pas à proximité de son 

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logement" ; après avoir perdu de vue l'intéressé pendant quelques instants, ils 
l'avaient vu sortir d'une voiture grise, muni d'un sac à dos qu'il ne détenait pas 
auparavant ; A______ avait ensuite regagné son logement.  

Ce constat a été évoqué pour la première fois par la police le 7 juillet 2011 (pièce 
489), alors que le précédent rapport du 8 juin 2011, qui détaillait le déroulement de la 
surveillance dont A______ avait été l'objet le 17 mars 2011 (pièce 289), n'en faisait 
aucune mention. Interrogé par le Tribunal correctionnel sur cet aspect, l'inspecteur 
J______a, dans un premier temps, déclaré que si le rapport objet de la pièce 289 ne 
mentionnait pas l'épisode du sac à dos, la remise de ce sac devait ne pas avoir eu 
lieu ; après que le rapport de police relatif à l'audition du conducteur de la voiture 
grise (cf. à cet égard infra) lui a été soumis, il a précisé se souvenir de ce véhicule ; 
l'absence de mention initiale de la remise du sac à dos s'expliquait par le fait que 
cette opération n'avait pas pu être mise en lien "avec les conversations 
[téléphoniques] et la filière belge", objets du rapport dressé sous cote 289, et qu'il 
avait alors "dû penser [que cet épisode] n'était pas un fait marquant". 

e.d Auditionné par la police le 6 septembre 2011, I______, père du détenteur officiel 
de la voiture grise dont la police indiquait avoir vu sortir A______ le 17 mars 2011, a 
indiqué être l'utilisateur de ce véhicule. Il effectuait régulièrement des transports, de 
personnes ou de marchandises. Il n'a pas identifié A______ sur la photographie qui 
lui a été présentée, ni ne se rappelait avoir été en contact avec lui à la route Y______.    

e.e A______ a nié être l'interlocuteur de l'inconnu à l'occasion des conversations 
téléphoniques retranscrites ci-dessus et rappelé qu'il lui arrivait de prêter son 
téléphone portable à des connaissances. Il a contesté être monté dans une voiture et 
en être ressorti avec un sac à dos.   

Il a persisté dans ses dénégations devant le Tribunal correctionnel, puis durant les 
débats d'appel.  

f. Vente de cocaïne au mois de mars 2011 et détention de 250 g de cocaïne, sous 
forme de quatre sachets, dissimulés dans la cuisine de l'appartement situé route 
Y______ (ch. A.I.5 et ch. A.I.6.1 de l'acte d'accusation) 

f.a Auditionné par la police, puis par le Ministère public, A______ a admis avoir 
réceptionné 400 g de cocaïne en provenance de Belgique au mois de mars 2011, 
drogue qui lui avait été livrée par le dénommé "z______" (cf. let. B.c ci-dessus) ; il 
avait conditionné ces stupéfiants et en avait vendu 150 g environ ; il avait dissimulé 
le reliquat de cocaïne dans une marmite, dans la cuisine de son appartement situé 
route Y______.   

f.b Il a confirmé ses déclarations devant le Tribunal correctionnel.  

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g. Détention de 905.14 g de cocaïne, dissimulés dans une valise bleue entreposée 
dans la chambre à coucher de l'appartement sis route Y_____ (ch. A.I.6.2 de 
l'acte d'accusation) 

g.a Le 12 mars 2011, A______ et une personne non identifiée utilisant le 
raccordement n° 5______ ont échangé deux contacts téléphoniques. A______ admet 
avoir participé à ces conversations, au moyen du raccordement n° 3______.  

A l'occasion du premier de ces échanges, A______ indiquait à son interlocuteur avoir 
besoin "de la chose demain matin si c'est possible", précisant qu'il s'agissait de 
"sous" ; après que A______ avait répondu négativement à la question que lui posait 
son interlocuteur, lequel souhaitait savoir s'il était "à la maison", cet interlocuteur lui 
a indiqué "si tu y vas, tu ouvres la valise, c'est dedans" (pièce 298). Lors de la 
seconde conversation, intervenue une minute plus tard, l'interlocuteur demandait à 
A______ de lui ramener ce qu'il lui avait donné, puis de regarder "encore dans la 
poche du boubou - vêtement - là, je pense qu'il y a encore, tu prends tout" (pièce 
299). 

g.b L'inspecteur J______ a déclaré, lors des débats de première instance, que la 
police n'avait pas constaté, à l'occasion du dispositif de surveillance mis en place aux 
alentours de l'appartement situé route Y______, de signe extérieur de cohabitation ; 
leurs observations avaient toutefois été ponctuelles.  

g.c Le titulaire du profil ADN masculin relevé sur certains des sachets de drogue 
contenus dans le bagage bleu n'a pas pu être identifié. 

g.d Entendu par la police, puis par le Ministère public, A______ a nié être le 
propriétaire de la valise retrouvée dans la chambre à coucher du logement situé route 
Y______. La drogue qui y était dissimulée appartenait à son colocataire, P______, 
qu'il savait s'adonner au trafic de stupéfiants, sans toutefois connaître davantage de 
détails ; il ignorait ce que contenait la valise. A l'occasion de la conversation 
retranscrite sous cote 298 de la procédure, il avait demandé à P______ de lui prêter 
de l'argent pour ses besoins personnels ; la valise à laquelle il était fait référence dans 
cette conversation n'était pas le bagage bleu contenant la drogue.   

Il a confirmé ses déclarations lors de l'audience de jugement, précisant qu'il n'y 
"avait pas de lien entre la cocaïne que [P______] vendait et la [s]ienne".  

Il a persisté dans ses explications devant la Cour, spécifiant que la valise objet de la 
conversation retranscrite à la pièce 298 se situait dans le salon de l'appartement ; ce 
bagage était celui dans lequel P______ lui avait dit de se servir ; la valise bleue qui 
s'est révélée contenir de la drogue était, quant à elle, entreposée dans la chambre à 
coucher et fermée par un code qu'il ne connaissait pas.   

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h. Transport, le 17 mars 2011, du dépositaire du prix d'achat d'une quantité 
indéterminée de cocaïne et livraison, le 19 mars 2011, de ces stupéfiants (ch. 
A.I.7 et ch. C.I.2 de l'acte d'accusation) 

h.a Contrairement à ce qu'il avait soutenu jusqu'au stade de l'appel, A______ ne 
conteste plus, devant la Cour : avoir, dès le 16 mars 2011, organisé avec D______ les 
modalités de la livraison, à Genève, d'une importante quantité de cocaïne et remis, le 
17 mars 2011, à G______, venu de Belgique à cette fin et véhiculé entre Annemasse 
et Genève, selon l'accord passé entre A______, B______ et C______, par ce dernier, 
une somme indéterminée pour acquérir ces stupéfiants, qu'il a réceptionnés le 19 
mars 2011. 

h.b Il résulte des conversations téléphoniques tenues entre A______, au moyen 
essentiellement du raccordement n° 4______, D______ et F______ que ces 
protagonistes ont utilisé un langage elliptique pour organiser cette livraison. En ce 
qui concerne la teneur des propos échangés entre A______ et F______, le premier a 
exposé au Tribunal correctionnel s'être intentionnellement adressé à la seconde en 
des termes peu clairs, puisqu'il s'était agi d'organiser le transport de stupéfiants.  

Les éléments pertinents suivants ressortent des conversations téléphoniques 
échangées entre A______, B______ et C______ aux fins d'organiser le transport, le 
17 mars 2011, de G______: le jour concerné, A______ a appelé B______ pour lui 
proposer "une course" aller-retour à Annemasse, ajoutant qu'"il n'a[vait] rien juste 
venir prendre des sous (…) qu'il puisse rentrer ici et ressortir d'ici (sic!)" ; B______ 
lui a répondu que c'était "[s]on ami" - i.e. C______- qui viendrait "le chercher" ; une 
rémunération de CHF 150.– a été convenue pour ce transport (pièce 349). C______ a 
ensuite contacté A______, lequel lui a précisé "c'est celui qui a l'habitude de venir là 
mais il n'a rien il vient juste prendre le truc (sic!)", précisant qu'il devait se rendre, 
avec son passager, à la route Y_____ (pièce 351).  

h.c Entendu par la police, C______ a exposé avoir, le 17 mars 2011, véhiculé un 
ressortissant guinéen pour le compte de "a______" à la route Y______, course en 
contrepartie de laquelle il avait été rémunéré CHF 50.– ; sur place, son passager avait 
récupéré de l'argent, dissimulé dans une chaussette. Il s'était douté que cet argent 
pouvait être lié à un trafic de stupéfiants. Devant le Ministère public, il a précisé que 
c'était à la demande de "b______" qu'il avait effectué ce trajet. Sa rémunération 
s'était élevée à CHF 150.–, somme que lui avait remise le passager au moyen de 
l'argent qui se trouvait dans la chaussette.  

Il a confirmé ses propos devant le Tribunal correctionnel, soulignant qu'il ignorait 
que la personne qu'il avait véhiculée "venait récupérer une importante somme 
d'argent liée au trafic de drogue". De son point de vue, B______ ne savait pas que ce 
transport s'inscrivait dans le cadre d'un trafic de stupéfiants.  

- 19/47 - 

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h.d Entendu par la police, puis par le Ministère public, B______ a déclaré que 
"a______" l'avait informé, lors de la conversation objet de la pièce 349, que la 
personne à véhiculer devait venir chercher de l'argent. Il ne s'était pas posé de 
questions particulières à cette occasion et avait demandé à C______ s'il souhaitait se 
charger de cette course, qu'il ne pouvait effectuer personnellement étant alors à 
l'armée. Si A______ lui avait d'emblée indiqué que la personne à transporter n'avait 
"rien" et venait juste pour "prendre des sous", c'était probablement parce que celui-là 
avait anticipé une réaction du type de celle qu'il avait eue pour le transport du 13 
mars 2011, trajet pour lequel il lui avait demandé si la personne était "chargée".  

Devant le Tribunal correctionnel, il a exposé que l'unique aspect qu'il avait évoqué 
avec "a______" en relation avec le transport du 17 mars 2011, avait trait au lieu du 
déplacement, à l'exclusion de toutes autres modalités, notamment financières ; en 
effet, comme il était à l'armée, il n'avait "pas le droit de parler au téléphone", si bien 
qu'il "était[t] stressé" et avait "peut-être parlé très vite" à l'occasion de la 
conversation retranscrite  sous la cote 349.  

Il a persisté dans ses déclarations devant la Cour, précisant qu'un tarif de CHF 200.– 
pour un trajet aller-retour entre Annemasse et Genève n'était, selon lui, pas excessif.   

i. Infraction à la LEtr. (ch. A.II.8 de l'acte d'accusation) 

i.a Entendu par la police, par le Ministère public, puis par le Tribunal correctionnel, 
A______ a déclaré admettre l'infraction à la LEtr qui lui était reprochée, exposant 
toutefois résider sur le territoire helvétique depuis le mois de mars 2011 seulement. Il 
a persisté dans cette explication devant la Cour.  

j. Témoins de moralité auditionnés par le Tribunal correctionnel 

j.a Q______, épouse de B______, entendue par le Tribunal correctionnel, a indiqué 
que son conjoint, avait "eu un souci avec la justice" par le passé ; affecté par cette 
situation, il avait alors décidé de "chang[er] de vie" et était "devenu une autre 
personne". Son époux lui avait exposé les agissements qui lui étaient présentement 
reprochés ; il lui avait dit qu'il était innocent, ce dont elle était personnellement 
convaincue ; en effet, "il n'aurait jamais pris un risque pareil, [ils] av[aient] deux 
enfants, il a[vait] un commerce, il [était] suisse".  

j.b R______, entendue par les premiers juges en qualité de témoin de moralité de 
B______, a déclaré connaître ce dernier depuis huit ans. B______ était une personne 
fiable, honnête, travailleuse et un bon père de famille. Ce dernier n'aurait, selon elle, 
"pas pris le risque de s'impliquer dans une affaire de drogue, [compte tenu de] sa 
situation actuelle". 

C.  a.a Par ordonnance présidentielle du 2 décembre 2013, la Chambre pénale d'appel et 
de révision (CPAR) a rejeté les réquisitions de preuve formulées par A______ et 
décidé d'une procédure orale.   

- 20/47 - 

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a.b Lors de l'audience du 11 février 2014, A______ a déclaré persister dans ses 
questions préjudicielles et réquisitions de preuve. 

a.c B______ a, quant à lui, sollicité que les pièces 303.6–303.11, 307, 308, 313, 316, 
319, 349 et 350, relatives aux écoutes téléphoniques le concernant, ainsi que 
l'ensemble de ses déclarations y afférentes (pièces 972 et ss), soient déclarées 
inexploitables.  

a.d Le Ministère public a conclu au rejet des questions préjudicielles et réquisitions 
de preuves formulées par les prévenus.   

a.e L'argumentation plaidée par les parties sur ces aspects sera, par souci de clarté, 
exposée dans la partie EN DROIT.   

a.f Après délibération, la Chambre de céans a rejeté les questions préjudicielles et 
réquisitions de preuve formulées par les prévenus au bénéfice d'une brève motivation 
orale, renvoyant, pour le surplus, aux considérants du présent arrêt.  

b. Invité à s'exprimer sur sa situation personnelle, A______ a été interrogé, entre 
autres éléments, sur la teneur actualisée de l'extrait de son casier judiciaire, lequel 
mentionne une condamnation intervenue en 2005 dans le canton de Neuchâtel, 
condamnation qui ne figurait pas sur l'extrait de casier dont disposait le Tribunal 
correctionnel le 5 juillet 2013.  

Il a nié cet antécédent.  

c. Les parties ont plaidé et persisté dans leurs conclusions.  

Par souci de clarté, les chefs d'infractions litigieux étant nombreux, les arguments 
dont les parties se sont prévalues seront repris, dans la mesure utile, dans la partie EN 
DROIT de la présente décision.  

d. A l'issue des débats, les parties ont renoncé au prononcé public du verdict. 

e.a Renseignement pris auprès de l'Office fédéral de la justice, il est apparu que 
l'inscription de la condamnation de 2005 au casier judiciaire de A______ résultait 
d'une fusion d'identité, opérée à une date indéterminée entre le 5 juillet 2013 et le 
mois de février 2014.  

e.b Invité par courrier du 14 février 2014 de la Chambre de céans à se prononcer sur 
cet aspect, A______ a admis, le 6 mars suivant, avoir effectivement été l'objet de 
cette condamnation.   

D. a. Né le ______ 1985, A______ est de nationalité sierra-léonaise, marié depuis 2007 
et père d'une fillette née en ______; son épouse et son enfant vivent actuellement en 
Guinée. Il est sans profession et n'est au bénéfice d'aucune autorisation de séjour en 
Suisse. 

- 21/47 - 

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Il expose avoir successivement vécu en Guinée, pays dans lequel sa famille disposait 
d'importants troupeaux, de sorte que celle-ci n'était pas dans le besoin, puis en Sierra 
Léone. Il était arrivé en Suisse en 2002 pour y déposer une demande d'asile. En été 
2010, soit après avoir été libéré conditionnellement, il avait décidé de quitter le 
territoire helvétique pour la Belgique, pays dans lequel il avait résidé jusqu'à la fin du 
mois de février 2011. Il soutient avoir alors eu besoin d'argent, étant consommateur 
de cocaïne, occasionnel selon ses déclarations à la police et régulier selon ce qu'il a 
affirmé par la suite, et souhaitant regagner l'Afrique pour y rejoindre son épouse, qui 
était enceinte ; les EUR 6'370.- retrouvés à son domicile au moment de son 
arrestation étaient destinés à payer la drogue au dénommé "z______" ; après avoir 
terminé de revendre les 400 g de cocaïne que ce dernier lui avait fait livrer, il aurait 
disposé de suffisamment d'argent pour s'acheter un billet d'avion et rentrer en 
Guinée. 

Devant la Cour, il a demandé pardon pour le trafic de 1,400 kg de cocaïne auquel il 
s'était livré, précisant ne pas être concerné par les autres infractions qui lui étaient 
reprochées. 

 A______ a des antécédents pour avoir été l'objet des condamnations suivantes :  

- le ______ 2005, par la Cour d'assises de Neuchâtel, à une peine privative de 
liberté de 35 mois, pour entrave à l'action pénale et crime contre la LStup. 

- le ______ 2007, par le Tribunal de police de Genève, à une peine privative de 
liberté de 15 mois avec sursis, délai d'épreuve 5 ans, pour crime contre la LStup. 

- le ______ 2008, par la Cour correctionnelle de Genève, à une peine privative de 
liberté de 3 ans et 6 mois pour crime contre la LStup, avec révocation du sursis 
prononcé le ______ 2007. Il a été libéré conditionnellement le ___  juillet 2010 
par jugement du Tribunal d'application des peines et des mesures du ___ juin 
2010. 

b. Né le ______ 1986, B______ est ressortissant guinéen et suisse. Divorcé, il est le 
père de deux enfants âgés de ___ ans et ___ ans.  

Il expose avoir acquis, antérieurement aux faits objets de la présente procédure, un 
______, commerce dont l'exploitation lui permettait de subvenir à ses besoins 
courants ainsi qu'à ceux de sa famille ; compte tenu de difficultés conjugales et de sa 
mise en prévention dans le cadre de la présente procédure, il n'avait plus été en 
mesure de poursuivre l'exploitation de son magasin, raison pour laquelle il l'avait 
vendu. Sans activité lucrative, il vit, en l'état, du prix de cession de son commerce, 
soit CHF 70'000.– ; il a provisoirement réintégré le domicile conjugal, sa situation 
financière ne lui permettant pas d'obtenir de logement ; il projette de reprendre, très 
prochainement, un autre commerce.      

- 22/47 - 

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Il expose également qu'à son arrivée en Suisse et alors qu'il était encore mineur, il 
avait œuvré comme "petit dealer dans la rue", activité qui lui avait valu d'être 
condamné. Le soutien de son ex-épouse et la naissance de sa fille aînée lui avaient 
permis d'arrêter ces agissements ; depuis lors, il avait toujours travaillé légalement.  

Il est sans antécédent judiciaire.    

EN DROIT  

1. Les appels formés par les prévenus sont recevables pour avoir été interjetés et 
motivés selon la forme et dans les délais prescrits (art. 398 et 399 du Code de 
procédure pénale, du 5 octobre 2007 (CPP ; RS 312.0). 

 Il en va de même de l'appel joint interjeté par le Ministère public (art. 400 al. 3 let. b 
et 401 CPP). 

 La partie qui attaque seulement certaines parties du jugement est tenue d'indiquer 
dans la déclaration d'appel, de manière définitive, sur quelles parties porte l'appel, à 
savoir (art. 399 al. 4 CPP) : la question de la culpabilité, le cas échéant en rapport 
avec chacun des actes (let. a) ; la quotité de la peine (let. b) ; les mesures qui ont été 
ordonnées (let. c) ; les prétentions civiles ou certaines d'entre elles (let. d) ; les 
conséquences accessoires du jugement (let. e) ; les frais, les indemnités et la 
réparation du tort moral (let. f) ; les décisions judiciaires ultérieures (let. g). 

 La CPAR limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel (art. 404 al. 1 
CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP). 

2. 2.1 A______ conclut, d'une part, à ce que les pièces résultant de la commission 
rogatoire qui s'est tenue en France en vue de procéder à l'audition de D______ 
(pièces 542 et ss et 1172 et ss) ainsi que celles inhérentes à la procédure simplifiée 
P/1______diligentée à l'encontre de ce dernier soient écartées de la procédure et, 
d'autre part, à ce que la procédure vaudoise dirigée contre E______ soit versée au 
présent dossier, subsidiairement à être confronté à ce dernier.  

 En substance, il se prévaut, en relation avec le premier de ses réquisits, d'une 
violation du droit d'être entendu, plus particulièrement de son droit de participer à 
l'administration des preuves en cas d'entraide judiciaire (art. 148 CPP) ; en effet, 
l'audition de D______ était intervenue sans qu'il ait pu dresser une liste de questions 
à poser à ce dernier ; cette violation, non sujette à réparation selon lui, conférerait au 
témoignage querellé un caractère inexploitable (art. 147 al. 4 CPP). Il en allait de 
même des déclarations de D______ issues de la procédure simplifiée, celles-ci ayant 
été recueillies alors qu'il ne pouvait plus, en raison de la disjonction des causes, être 
confronté à ce prévenu ; par ailleurs, les déclarations litigieuses pouvaient avoir été 
motivées par le souci de D______ de bénéficier d'une peine plus clémente. Quant à 
l'apport de la procédure vaudoise, cette mesure se justifiait, puisque celle-là pouvait 

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receler des éléments à décharge le concernant ; l'apport permettrait également 
d'éviter le prononcé de jugements contradictoires par les autorités pénales genevoise 
et vaudoise, dans l'hypothèse où E______ serait revenu, devant les juges du fond, sur 
les déclarations qu'il avait faites, à Genève, au sujet de l'implication de l'oncle de 
N______.  

 Le Ministère public conclut, pour sa part, au rejet de ces conclusions préalables. En 
effet, la violation du droit d'être entendu allégué par l'appelant avait été réparée par 
l'audition contradictoire de D______ devant le Ministère public et la disjonction des 
causes avait permis de respecter le principe de célérité en faveur de l'appelant ; le 
Ministère public avait ainsi été fondé à continuer d'instruire le cas de D______ hors 
la présence des prévenus visés par la procédure disjointe.  

2.1.1.1 Le droit d'être entendu, consacré par les art. 29 al. 2 de la Constitution 
fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. ; RS 101) et 3 al. 2 let. c 
CPP - dispositions de portée identique (arrêt du Tribunal fédéral 6B_80/2012 du 14 
août 2012 consid. 1.1) - comprend le droit pour une partie de participer à 
l'administration des preuves (ATF 135 II 286 consid. 5.1 p. 293 ; 132 II 485 consid. 
3.2 p. 494 ; 127 I 54 consid. 2b p. 56) et, en conséquence, de poser, ou de faire poser, 
des questions à un témoin, prérogative qui découle également des art. 32 al. 2 Cst., 6 
§ 3 let. d de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés 
fondamentales, du 4 novembre 1950 (CEDH ; RS 0.101) et 14 § 3 let. e du Pacte 
international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966 (Pacte ONU 
II ; RS 0.103.2) (A. KUHN / Y. JEANNERET, Commentaire romand : Code de 
procédure pénale suisse, Bâle 2011, n. 1 ss ad art. 147 et n. 28 ss ad art. 107). 

Après l'ouverture de l'instruction par le ministère public, ce droit de participation 
confère, en général (note marginale de l'art. 147 CPP), aux parties la faculté de poser 
des questions aux comparants convoqués par le procureur, dans le but d'établir ou de 
mettre en doute la crédibilité de ces derniers (A. KUHN / Y. JEANNERET (éds), op. 
cit., n. 10 ad art. 147). Cette participation s'opère, en principe, face à face, procédé 
qui permet aux parties d'apprécier, le cas échéant, la communication non-verbale de 
la personne entendue. Il est suffisant que celles-là aient, une fois au cours de la 
procédure, la possibilité de le faire (A. KUHN / Y. JEANNERET (éds), op. cit., n. 2 
ad art. 147). Une partie peut demander que l'administration de preuves soit répétée, 
lorsque, pour des motifs impérieux, elle-même ou son conseil n'a pas pu y prendre 
part ; il ne peut être renoncé à cette répétition que pour autant que le droit d'être 
entendu des parties soit satisfait d'une autre manière  (art. 147 al. 3 CPP). Lorsque 
l'administration des preuves intervient par commission rogatoire (art. 148 al. 1 CPP), 
le droit de participation des protagonistes est réputé satisfait lorsque ceux-ci peuvent 
adresser des questions à l'autorité étrangère requise (let. a), consulter le procès-verbal 
de l'administration des preuves effectuée par commission rogatoire (let. b) et poser 
par écrit des questions complémentaires (let. c).  

http://intrapj/perl/JmpLex/RS%20101
http://intrapj/perl/JmpLex/RS%200.101
http://intrapj/perl/JmpLex/RS%200.103.2

- 24/47 - 

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Les preuves administrées en violation des art. 147 et 148 CPP ne sont pas 
exploitables à la charge de la partie défaillante (art. 147 al. 4 et art. 148 al. 2 CPP ; 
ACPR/378/2011 du 15 décembre 2011). 

2.1.1.2 Selon l'art. 389 al. 1 CPP, la procédure d'appel se fonde sur les preuves 
administrées pendant la procédure préliminaire et la procédure de première instance, 
laquelle n'est répétée que si les dispositions en matière de preuves ont été enfreintes 
(al. 2 let. a), si l'administration des preuves s'est révélée incomplète (al. 2 let. b), 
respectivement si les pièces inhérentes à l'administration des preuves ne semblent pas 
fiables (al. 2 let. c). Par ailleurs, selon l'art. 343 al. 3 CPP, applicable aux débats 
d'appel par le renvoi de l'art. 405 al. 1 CPP, le tribunal réitère l'administration des 
preuves qui, lors de la procédure préliminaire, ont été administrées en bonne et due 
forme lorsque la connaissance directe du moyen de preuve apparaît nécessaire au 
prononcé du jugement. Seules les preuves essentielles et décisives dont la force 
probante dépend de l'impression qu'elles donnent doivent être réitérées. Afin de 
déterminer quel moyen de preuve doit l'être, le juge dispose d'un pouvoir 
d'appréciation. L'autorité cantonale peut notamment refuser des preuves nouvelles 
qui ne sont pas nécessaires au traitement du recours, en particulier lorsqu'une 
administration anticipée non arbitraire de la preuve démontre que celle-ci ne sera pas 
de nature à modifier le résultat de celles déjà administrées, lorsque le requérant peut 
se voir reprocher une faute de procédure ou encore lorsque son comportement 
contrevient au principe de la bonne foi en procédure (arrêt du Tribunal fédéral 
6B_614/2012 du 15 février 2013 consid. 3.2.3 et les références citées). 

 2.1.2 En l'espèce, les déclarations recueillies, le 13 février 2012, auprès de D______ 
à l'occasion de la commission rogatoire internationale décernée en France concernent 
exclusivement les agissements de l'appelant objets des chiffres A.I.1, A.I.2 et A.I.7 
de l'acte d'accusation.  

 2.1.2.1 L'intéressé ne remettant pas en question, devant la Cour, le verdict de 
culpabilité prononcé à son encontre du chef des deux dernières infractions précitées, 
sa requête tendant à l'inexploitation des pièces querellées est dénuée de pertinence en 
tant qu'elle concerne ces infractions.  

Elle demeure toutefois topique s'agissant des faits énoncés au chiffre A.I.1 de l'acte 
d'accusation.  

2.1.2.2 A cet égard, il est constant que le Ministère public n'a pas offert aux parties la 
possibilité d'adresser par écrit leurs questions à l'autorité étrangère ainsi que le stipule 
l'art. 148 let. a CPP ; en revanche, les protagonistes ont eu accès au procès-verbal de 
l'administration des preuves effectuée par commission rogatoire et n'ont, à l'époque 
concernée, pas souhaité poser de questions complémentaires à D______ (art. 148 let. 
b et let. c CPP). Si ses déclarations ont ainsi été recueillies en violation du principe 
des débats contradictoires, D______ a toutefois été auditionné par le Ministère 
public, le 18 décembre 2012, en qualité de personne appelée à donner des 

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renseignements, audience à l'occasion de laquelle l'appelant et son conseil ont été en 
mesure de l'interroger. En appointant une telle audience, la Procureure en charge du 
dossier a non seulement réparé l'omission sus-décrite - art. 147 al. 3 CPP par 
analogie - mais également conféré aux parties un droit de participation à 
l'administration de cette preuve plus étendu - soit une confrontation face à face, telle 
qu'instituée par l'art. 147 al. 3 CPP, lex generali - que celui ancré à l'art. 148 CPP, lex 
specialis. Par ailleurs, D______ a, entre le 8 janvier 2013, date de sa mise en 
prévention à Genève et le 11 mars 2013, jour de la disjonction des causes, 
régulièrement assisté aux audiences tenues par le Ministère public, si bien que 
l'appelant pouvait, s'il le souhaitait, encore requérir de l'intéressé toutes précisions 
utiles. Dans ces circonstances, le caractère illicite, et partant inexploitable, de la 
preuve querellée doit être nié.  

2.1.2.3 Il en va de même des déclarations de D______ issues de la procédure 
simplifiée. En effet, si l'utilisation de déclarations à charge recueillies dans le cadre 
d'une procédure connexe pourrait, selon les circonstances, se révéler problématique, 
sous l'angle du principe des débats contradictoires, respectivement des considérations 
motivant les déclarations d'une personne souhaitant être jugée selon une procédure 
simplifiée, tel n'est pas le cas en l'espèce, puisque D______ s'est limité, le 20 juin 
2013, à confirmer les déclarations qu'il avait faites à l'occasion de la commission 
rogatoire du 13 févier 2012, témoignage dont le caractère exploitable a été admis 
supra. 

2.1.2.4 Il reste que les diverses déclarations de D______ sont contradictoires, ce dont 
la CPAR tiendra compte lors de l'appréciation de ces éléments de preuve.  

 2.1.2.5 En ce qui concerne l'apport de la procédure pénale vaudoise diligentée à 
l'encontre de E______, subsidiairement la confrontation requise avec ce dernier, ces 
réquisitions de preuve sont tardives, à défaut pour l'intéressé de les avoir présentées 
avant la clôture de l'instruction préalable, subsidiairement en prévision de l'audience 
de jugement, plus subsidiairement encore à l'ouverture des débats de première 
instance. En tout état, l'administration de ces moyens de preuve n'apparaît pas 
nécessaire au traitement de l'appel, les éléments figurant au dossier, parmi lesquels 
figurent des extraits de la procédure vaudoise, étant suffisants pour statuer sur les 
agissements reprochés à l'appelant, objets du chiffre A.I.3 de l'acte d'accusation, 
seuls concernés par ses réquisits. Enfin, si l'appelant formule l'hypothèse qu'une 
nouvelle audition de E______, respectivement l'apport de la procédure vaudoise, 
pourraient révéler des éléments à décharge, aucun élément du dossier ne va en ce 
sens ; l'intéressé n'évoque d'ailleurs aucun indice concret à l'appui de son hypothèse. 

 Pour ces motifs, les questions préjudicielles et réquisitions de preuve présentées par 
A______ ont été rejetées.  

2.2 Pour sa part, B______ soutient, en substance, que les transcriptions d'écoutes 
téléphoniques le concernant ont été recueillies en violation des art. 309 al. 1 let. b 

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cum 309 al. 3, 278 al. 3 et 279 al. 3 CPP, aux motifs, respectivement, que 
l'ordonnance d'extension de la surveillance téléphonique à son endroit avait été 
rendue le 27 mai 2011, soit antérieurement à l'ordonnance d'ouverture d'instruction 
(prononcée le 5 décembre suivant), que le Ministère public avait omis d'engager 
immédiatement la procédure d'autorisation de la surveillance, puisque les 
conversations litigieuses avaient eu lieu en mars 2011, enfin qu'il n'avait jamais été 
formellement avisé, par la Procureure en charge du dossier, du fait qu'il avait été 
l'objet d'une surveillance téléphonique, ni informé, en conséquence, de sa possibilité 
de recourir contre cette mesure.  

Le Ministère public conclut au rejet de ces questions préjudicielles. En effet, la 
formalisation de l'ouverture d'une instruction par le prononcé d'une ordonnance 
constitue une prescription d'ordre (art. 309 al. 3 CPP), si bien que les éléments à 
charge éventuellement recueillis avant ce prononcé demeurent exploitables. Par 
ailleurs, le Ministère public avait respecté les modalités ancrées à l'art. 278 CPP en 
cas de découvertes fortuites, puisque l'extension de la surveillance avait été ordonnée 
immédiatement, l'engagement de la procédure d'autorisation n'étant, quant à lui, 
soumis au respect d'aucun délai.  

2.2.1 Selon l'art. 309 CPP, le ministère public ouvre une instruction lorsqu'il ordonne 
des mesures de contraintes (al. 1 let. b), au moyen d'une ordonnance qui désigne tant 
le prévenu que l'infraction qui lui est reprochée (al. 3).  

Aux termes de l'art. 141 al. 2 CPP, les pièces qui ont été administrées de manière 
illicite ou en violation des règles de validité par les autorités pénales ne sont pas 
exploitables, à moins que leur exploitation ne soit indispensable pour élucider des 
infractions graves. En revanche, selon l’al. 3 de cette même disposition, les preuves 
administrées en violation de prescriptions d’ordre demeurent exploitables.  

Lorsque la loi ne qualifie pas elle-même une disposition de règle de validité, il 
incombe à la jurisprudence d’établir cette distinction, en prenant pour critère 
l’objectif de protection auquel est censé répondre la norme (Message relatif à 
l’unification du droit de la procédure pénale du 21 décembre 2005, FF 2006 1057 p. 
1163). La doctrine considère que l'omission, par le ministère public, de prononcer 
une ordonnance d'ouverture d'instruction (art. 309 al. 3 CPP) n'a pas pour 
conséquence que les actes d'enquête accomplis par le procureur seraient nuls ou 
annulables, dès lors que la décision d'ouverture, de portée purement interne et de 
valeur déclaratoire, constitue une simple prescription d’ordre (COQUOZ / MOERI, 
Le CPP : questions choisies après trois ans de pratique, in SJ 2014 II p. 37 et ss, p. 
38 ; A. KUHN / Y. JEANNERET (éds), op. cit., n. 33 ad art. 309). 

2.2.2 Lorsqu'au cours d'une surveillance téléphonique, autorisée conformément à la 
loi, apparaît le nom d'un tiers, susceptible d'avoir participé à l'infraction à raison de 
laquelle la surveillance a été ordonnée, le ministère public doit ordonner 
immédiatement la surveillance et engager contre cette personne la procédure 

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d'autorisation prévue par la loi s'il veut pouvoir exploiter, entre autres informations, 
celles déjà recueillies (art. 278 al. 3 CPP ; arrêt du Tribunal fédéral 1B_211/2012 du 
2 mai 2012 = SJ 2012 I 466).  

2.2.3 Lors de la clôture de la procédure préliminaire au plus tard, le ministère public 
communique au prévenu qui a fait l'objet d'une mesure de surveillance les motifs, le 
mode et la durée de cette surveillance (art. 279 al. 1 CPP). De fait, la surveillance est 
dévoilée au moment où le magistrat qui l'a ordonnée en verse les résultats au dossier 
et y confronte la personne concernée ; c'est par écrit, généralement sous forme 
d'ordonnance, qu'a lieu cette communication, ordinairement avec indication des voies 
de droit (A. KUHN / Y. JEANNERET (éds), op. cit., n. 4 ad art. 279). L'intéressé 
peut interjeter recours contre la mesure, conformément aux art. 393 et ss CPP (art. 
279 al. 3 CPP). 

2.2.4 En l'espèce, le fait que le prononcé de l'ordonnance d'extension de surveillance 
téléphonique à l'endroit de l'appelant est intervenu antérieurement à celui de 
l'ordonnance d'ouverture d'instruction, n'emporte aucune conséquence (art. 141 al. 3 
CPP), cette dernière ordonnance ayant une portée interne et déclaratoire 
exclusivement.  

Quant à l'art. 278 al. 3 CPP, il consacre, en premier lieu, une injonction à l'intention 
du ministère public, à savoir celle d'ordonner immédiatement la surveillance en cas 
de découvertes fortuites ; cette injonction n'ayant pas pour vocation de protéger les 
intérêts du prévenu, l'appelant ne peut en déduire aucun droit. Cette disposition tend, 
en second lieu, à ce que le ministère public engage la procédure d'autorisation s'il 
veut pouvoir exploiter les informations déjà recueillies, respectivement celles à 
recueillir ; une telle autorisation ayant été délivrée en l'espèce, c'est à juste titre que 
l'intéressé ne se prévaut pas d'une violation de l'art. 278 al. 3 deuxième partie CPP.  

Enfin, si le Ministère public n'a pas formellement averti l'appelant, respectivement 
son conseil, de la mesure de surveillance dont il a été l'objet, cette information lui a 
été communiquée au moment où, devenu partie à la procédure, il a eu accès au 
dossier ; il disposait, depuis ce moment, d'un délai de 10 jours pour recourir contre le 
contrôle technique querellé, ce qu'il n'a pas fait.  

Au vu de ce qui précède, le caractère inexploitable des pièces litigieuses doit être nié.  

Pour ces motifs, les questions préjudicielles soulevées par l'intéressé ont été rejetées.  

3. La CPAR examinera à l'aune de la LStup dans sa teneur antérieure au 1er juillet 2011 
(aLStup), le nouveau droit n'étant pas plus favorable aux prévenus (art. 2 al. 2 CP 
applicable par le renvoi de l'art. 26 LStup), les chefs d'infraction reprochés à 
A______ (cf. consid. 4 infra) et à B______ (cf. consid. 5 infra). 

4. Le Ministère public conclut à ce que A______ soit reconnu coupable des 
agissements énoncés au chiffre A.I.1 de l'acte d'accusation. 

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 A______ sollicite, pour sa part, son acquittement des chefs d'infractions objets des 
chiffres A.1.3, A.1.4 et A.I.6.2 de cet acte, étant souligné qu'il ne remet pas en cause 
l'aggravante de la quantité en appel, et soutient, en relation avec le point A.II.8, être 
arrivé en Suisse au mois de mars 2011 seulement.  

Les parties précitées concluent au rejet de leurs conclusions respectives.  

Par souci de clarté, chacune des infractions sus-énoncées sera traitée séparément et 
l'argumentation correspondante des parties, exposée en amont du développement y 
relatif. 

4.1 Livraison de cocaïne, de Belgique à Genève, intervenue au mois de janvier 
ou de février 2011 (ch. A.I.1 de l'acte d'accusation)  

Le Ministère public soutient que les déclarations de D______ du 13 février 2012,  
recueillies à l'occasion de la commission rogatoire, selon lesquelles A______ aurait, 
après lui avoir remis une somme d'argent, réceptionné, à l'époque précitée, une 
quantité de cocaïne oscillant entre 700 g. et 1 kg, sont crédibles, aux motifs, 
essentiellement, que ces déclarations sont précises, que D______ s'est auto-incriminé 
dans le cadre de cette livraison, enfin que ce dernier connaissait le surnom de 
A______ ("a______") et l'avait reconnu sur photographie. 

Le prévenu conteste que les propos précités puissent revêtir une quelconque valeur 
probante, D______ s'étant, par la suite, rétracté.  

4.1.1 Le principe in dubio pro reo, qui découle de la présomption d’innocence, 
garantie, sur le plan international, par l’art. 6 ch. 2 CEDH et, sur le plan interne, par 
les art. 32 al. 1 Cst. et 10 al. 3 CPP, concerne tant le fardeau de la preuve que 
l’appréciation des preuves. 

En tant que règle sur le fardeau de la preuve, ce principe signifie qu’il incombe à 
l’accusation d’établir la culpabilité du prévenu, et non à ce dernier de démontrer son 
innocence. Il est notamment violé lorsque le juge rend un verdict de culpabilité au 
seul motif que le prévenu n’a pas prouvé son innocence (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 
40 et les arrêts cités). 

Comme règle de l’appréciation des preuves, le principe in dubio pro reo interdit au 
juge de se déclarer convaincu d’un état de fait défavorable au prévenu, lorsqu’une 
appréciation objective des éléments de preuve recueillis laisse subsister un doute 
sérieux et insurmontable quant à l’existence de cet état de fait. Des doutes abstraits 
ou théoriques, qui sont toujours possibles, ne suffisent certes pas à exclure une 
condamnation. La présomption d’innocence n’est invoquée avec succès que si le 
recourant démontre qu’à l’issue d’une appréciation exempte d’arbitraire de 
l’ensemble des preuves, le juge aurait dû éprouver des doutes sérieux et irréductibles 
sur sa culpabilité (ATF 120 Ia 31 consid. 2 p. 33 ss, ATF 124 IV 86 consid. 2a p. 87 
ss). 

http://intrapj/perl/decis/127%20I%2038
http://intrapj/perl/decis/120%20Ia%2031
http://intrapj/perl/decis/124%20IV%2086

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4.1.2 L'art. 19 ch. 1 al. 3 aLStup réprime notamment le comportement de celui qui, 
sans droit, importe des stupéfiants.  

4.1.3 En l'espèce, les agissements énoncés au chiffre A.I.1 de l'acte d'accusation, que 
A______ nie avoir commis, reposent exclusivement sur les déclarations de D______.  

Si les propos tenus par ce dernier le 13 février 2012 revêtent une certaine crédibilité, 
pour les motifs évoqués par le Ministère public mais également en raison du fait que 
les agents ayant procédé à son audition ont indiqué qu'il avait été, à l'occasion de la 
commission rogatoire, calme et collaborant, ils n'emportent toutefois pas, à eux seuls, 
conviction. En effet, D______ s'est rétracté le 18 décembre 2012 ; le 17 avril 2013 il 
a, pour l'essentiel, persisté dans cette position ; le 13 juin suivant, il a admis, par 
l'entremise de son conseil, son implication dans la livraison présentement examinée, 
ne souhaitant toutefois pas s'exprimer sur la participation éventuelle de A______. Ce 
n'est que dans le cadre de sa demande tendant à être jugé selon la procédure 
simplifiée, le 20 juin 2013, que D______ a confirmé la teneur de ses déclarations du 
13 février 2012. Compte tenu du contexte, particulier, dans lequel est intervenu ce 
revirement, la Cour considère, à l'instar du Tribunal correctionnel, qu'il subsiste un 
doute, suffisant, sur l'implication de A______ dans le cadre de cette "première 
livraison", doute qui doit lui profiter. 

Le jugement entrepris sera donc confirmé en tant qu'il a acquitté A______ du chef de 
l'infraction énoncée au ch. A.I.1 de l'acte d'accusation. 

4.2 Actes préparatoires à une livraison de cocaïne (15 et 16 mars  2011 ; ch. 
A.I.3 de l'acte d'accusation) 

A______ conteste avoir, ainsi que l'a retenu le Tribunal correctionnel, accepté 
d'avancer CHF 3'500.- à la demande de E______ pour payer la "mule" M______. Le 
fait que les autorités vaudoises ne l'avaient pas mis en prévention pour la livraison 
projetée du 16 mars 2011, laquelle aurait dû initialement intervenir à Lausanne, 
confirmait son absence d'implication dans l'organisation de cette livraison. 
Subsidiairement, il résultait du rapport de police vaudois résumant la teneur de 
conversations téléphoniques qu'il avait, finalement, refusé de remettre à H______ la 
rémunération qui devait être versée à la "mule" ; il avait ainsi, de sa propre initiative, 
renoncé aux actes préparatoires qui lui sont reprochés.  

Du point de vue du Ministère public, la teneur de l'ensemble des conversations, 
conjuguée aux constats de la police et à l'arrestation de la "mule" par les agents 
genevois, permettaient de tenir pour établie la culpabilité du prévenu du chef des 
actes préparatoires sus-énoncés.  

4.2.1 L'art. 19 ch. 1 al. 6 aLStup érige en infraction distincte le fait de prendre des 
mesures aux fins de réaliser - en qualité d'auteur ou de co-auteur (ATF 130 IV 131 
consid. 2.2.2 p. 136) - l'une des infractions énumérées aux al. 1 à 5 de cet article. Le 

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législateur a donc incriminé toutes les formes de tentative des délits énoncés à l'art. 
19 ch. 1 aLStup (ATF 133 IV 187 consid. 3.2 p. 193 ; 130 IV 131 consid. 2.1 p. 
135  s. ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_325/2008 du 5 janvier 2009 consid. 5).  

L'art. 19 ch. 1 al. 6 aLStup vise également les actes préparatoires antérieurs au seuil 
de la tentative ; l'on admet ainsi qu'une personne a pu commettre de tels actes avant 
même qu'elle ait eu un contact avec la drogue, sans égard au fait que cette personne 
ne soit, finalement, pas parvenue à trouver les moyens pour entrer en possession de 
celle-là (ATF 106 IV 74 consid. 3 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_454/2010 du 30 
septembre 2010 consid. 3).   

L’acte préparatoire doit néanmoins être caractérisé ; il faut qu’il représente la forme 
extérieure, constatable et non équivoque, de l’intention délictueuse et doit être 
destiné, de manière clairement apparente, à la commission d’une infraction à l’art. 19 
ch. 1 aLStup (B. CORBOZ, Les infractions en droit suisse, vol. II, 3e éd., 2010,, n. 
60 p. 909 s). 

4.2.2 En l'espèce, A______ conteste avoir été l'interlocuteur de E______et de 
H______ lors des contacts téléphoniques, les 15 et 16 mars 2011, que ces derniers 
ont eu avec une personne utilisant les trois raccordements attribués à cet appelant 
(soit les n° 2______, n° 3______et n° 4______) au sujet de l'arrivée et de l'accueil, à 
Genève, de la "mule" M______.  

Ses dénégations n'emportent pas conviction. En effet, il résulte de la pièce 453, 
retranscription d'une conversation téléphonique, dont la fiabilité sera examinée infra, 
que la personne utilisant l'un des trois numéros de téléphone de A______ indiquait à 
H______ être presque arrivé "à la maison" et lui donnait, ainsi, rendez-vous à la 
route "Y______". Il ressort également de la pièce 446 (conversation du 16 mars 2011 
tenue à 9h56) que la "mule" devait être récupérée à l'établissement "______" ; or, des 
inspecteurs de police ont précisément observé, le jour concerné, A______ passer 
devant cet établissement aux alentours de 9h30. H______ a, par ailleurs, reçu un 
SMS mentionnant l'adresse de l'un des deux domiciles de A______, soit la rue 
"X______" (pièce 437) ; compte tenu de ces éléments, l'allégué de A______ selon 
lequel il ne pouvait être l'auteur de ce message en raison du fait qu'il n'aurait alors 
pas suffisamment maîtrisé la langue française pour écrire son adresse n'est pas 
crédible. Il en va de même de ses déclarations selon lesquelles l'interlocuteur des 
conversations querellées aurait été, soit P______, soit l'une des connaissances 
auxquelles il lui était arrivé de prêter ses appareils ; en effet, ces déclarations, outre 
qu'elles ne trouvent aucune assise dans le dossier, sont contredites par l'usage, 
régulier, que faisait A______ des raccordements n° 3______et n° 4______ (cf. à cet 
égard lettres B.c.b, B.g.a et B.h.b EN FAIT). Enfin, la conversation objet de la pièce 
425 (téléphone du 15 mars 2011 à 12h38), passée au moyen du n° 2______, et les 
conversations suivantes (n° 3______ainsi que n° 4______) présentent une cohérence 
entre elles, si bien que A______ doit être considéré comme ayant été "l'interlocuteur 
X" de l'ensemble des conversations résumées à la lettre B.d.c EN FAIT.  

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A teneur de ces conversations téléphoniques, dont la traduction ne saurait être mise 
en doute, puisque le sens des propos qui y sont échangés est identique dans les 
retranscriptions opérées par les traducteurs genevois et vaudois pour les 
conversations communes aux deux procédures, A______ a accepté, le 15 mars 2011, 
d'accueillir M______ à Genève et de lui trouver un hébergement (pièce 425) ; il est 
ensuite convenu avec E______ qu'il conserverait une partie de la cocaïne et 
avancerait la rémunération due à la "mule" (pièce 427 et déclarations de E______ à 
la police genevoise), à concurrence d'un montant que la discussion objet de la pièce 
427 ne permet pas, contrairement à ce qu'ont retenu les premiers juges, de chiffrer à 
CHF 3'500.–. Le lendemain, A______ a offert d'accueillir M______ dans son 
logement situé à la rue X______ (pièce 437) ; H______ étant en retard pour 
récupérer la "mule", A______ a proposé d'aller la chercher à l'établissement 
"______" et de la rémunérer (pièce 446) ; comme A______ n'a pas trouvé, après 
l'avoir cherché, cet endroit (selon les constats opérés par la police) et que M______ a 
dû se rendre dans un hôtel pour expulser la drogue (pièce 449), celui-là est retourné 
dans son appartement situé route Y______ (pièce 453) ; A______ a alors donné 
rendez-vous à H______ à Y______ afin que ce dernier lui remette la cocaïne, ou à 
tout le moins une partie de celle-ci (pièce 453), et afin également de lui verser la 
rémunération due à la "mule", qu'il avait accepté d'avancer (pièce 921). 

En agissant de cette manière, A______ a clairement pris des mesures (art. 19 ch. 1 al. 
6 aLStup) destinées à organiser, de concert avec E______et H______, la réception, à 
Genève, d'une quantité de 1'016 g de cocaïne, délit réprimé par l'art. 19 ch. 1 aLStup. 

Dans ces circonstances, c'est en vain que l'appelant tente de se prévaloir de son 
absence de mise en prévention par les autorités vaudoises, absence au demeurant 
motivée par sa poursuite dans le canton de Genève du chef de cette infraction. 

Par ailleurs, le fait que A______ ne soit, finalement, pas parvenu à entrer en contact 
avec le transporteur n'est pas déterminant, puisque les actes préparatoires visé par 
l'art. 19 ch. 1 al. 6 aLStup sont punissables avant même qu'une tentative ne soit 
réalisée. 

La participation de l'appelant à l'accueil de la "mule" a, ensuite, certes, pris fin à son 
initiative et à celle de E______(selon le rapport de police dressé par les agents 
vaudois), aux alentours de 10h30, heure à laquelle il a été demandé à H______ de 
retourner à Lausanne (pièces 456, 457 et 921), soit avant que la "mule" n'ait été 
interpellée par la police (arrestation intervenue à 15h00). Cette renonciation est 
toutefois postérieure aux actes préparatoires sus-décrits, lesquels ont été 
effectivement accomplis par l'intéressé ; elle ne saurait donc faire obstacle à 
l'application de l'art. 19 ch. 1 al. 6 aLStup.  

Au vu de ce qui précède, la Cour retient que le prévenu a pris les diverses mesures 
sus-énoncées aux fins de permettre la livraison, à Genève, d'une quantité de 1'016 g 

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de cocaïne, étant précisé qu'il a, par la suite, soit quelques heures avant 
l'interpellation de la "mule" par la police, renoncé à poursuivre ses agissements. 

Le jugement dont est appel sera donc confirmé en tant qu'il reconnaît A______ 
coupable d'infraction à l'art. 19 ch. 1 al. 6 aLStup.  

4.3 Livraison du 17 mars 2011 (ch. A.I.4 de l'acte d'accusation) 

A______ conteste avoir reçu, à la date précitée, ainsi que l'a retenu le Tribunal 
correctionnel, une quantité indéterminée de cocaïne. En substance, le rapport de 
police détaillant le déroulement de la surveillance dont il avait été objet le 17 mars 
2011 (pièce 289) ne mentionnait pas qu'il aurait été observé, le jour concerné, en 
train de ressortir d'une voiture grise muni d'un sac à dos ; ce comportement, évoqué 
pour la première fois dans un rapport de police dressé six mois après la livraison 
litigieuse (pièce 489), n'avait d'ailleurs pas été confirmé par l'inspecteur J______ à 
l'occasion de son audition par le Tribunal correctionnel. Enfin, l'absence de mise en 
prévention, par la Procureure, de I______, conducteur de la voiture grise, 
corroborait, selon lui, l'inexistence de cette livraison.  

Du point de vue du Ministère public, la teneur des conversations objet des pièces 504 
et ss, conjuguée aux constats de la police, accréditaient l'existence de ladite livraison.   

4.3.1 L'art. 19 ch. 1 al. 5 aLStup réprime notamment le comportement de celui qui, 
sans droit, acquiert des stupéfiants.  

4.3.2 En l'espèce, un inconnu a, le 17 mars 2011, téléphoné à diverses reprises à une 
personne utilisant l'un des trois raccordements (n° 4______) attribué à A______. 

Si le prévenu conteste avoir été l'interlocuteur de cet inconnu, au motif qu'il lui 
arrivait de prêter ses téléphones à des connaissances, ses dénégations n'emportent pas 
conviction, pour les raisons exposées au considérant 4.3 supra. De surcroît, il résulte 
de la pièce 513, retranscription d'écoute téléphonique, que la personne ayant utilisé le 
raccordement sus-indiqué s'est désignée sous le pseudonyme de "a______", surnom 
de A______, ainsi que l'a confirmé B______ dans sa déposition à la police (cf. let. 
B.c.e EN FAIT) ; il ressort également des discussions objets des pièces 506 et 507 
que l'utilisateur du n° 4______ est sorti de son domicile aux alentours de 13h30 ; or, 
des inspecteurs de police ont précisément observé A______ - constat dont la fiabilité 
sera examinée infra -, le jour concerné, entre 13h00 et 14h00, faire "les cent pas à 
proximité de son logement" situé route Y______. L'appelant doit ainsi être considéré 
comme ayant été "l'interlocuteur X" de l'ensemble des conversations exposées à la 
lettre B.e.a EN FAIT.  

A teneur de ces conversations, A______ et l'inconnu évoquent, au moyen d'un 
langage elliptique, la remise d'une marchandise à A______ contre paiement (pièce 
504), la confirmation de la réception de cette marchandise par l'appelant (pièces 507 

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et 508), le temps qui sera nécessaire à A______ pour écouler celle-ci (pièce 510), 
enfin la répartition de diverses sommes d'argent (pièce 518).  

Compte tenu des précautions sémantiques prises par ces protagonistes, précautions 
similaires à celles dont s'est entouré A______ à l'occasion de diverses livraisons de 
drogue (cf. lettres B.c.b et B. h.b EN FAIT inhérentes aux agissements énoncés à la 
lettre A.I.2 et A.I.7 de l'acte d'accusation, agissements que l'intéressé ne conteste plus 
devant la Cour) et compte tenu également des déclarations de l'appelant devant le 
Tribunal correctionnel - A______ ayant reconnu avoir intentionnellement utilisé, au 
téléphone, des termes peu clairs lorsqu'il s'était agi d'organiser le transport de 
stupéfiants du 19 mars 2011 (cf. lettre B.h.b EN FAIT) -, la CPAR parvient à la 
conclusion que la livraison du 17 mars 2011 a porté sur une quantité indéterminée de 
cocaïne.  

La livraison effective de la cocaïne par A______ est corroborée tant par la 
conversation objet de la pièce 508, lors de laquelle l'intéressé admet la "réception" de 
la marchandise, que par les observations de la police, selon lesquelles l'appelant est 
sorti, le 17 mars 2011, d'une voiture grise muni d'un sac à dos qu'il ne détenait pas 
auparavant ; le fait que ces observations, confirmées par l'inspecteur J______ devant 
les premiers juges (cf. lettre B.e.c EN FAIT), n'ont pas été immédiatement 
consignées dans un rapport n'enlève, en regard des explications fournies par cet agent 
au Tribunal correctionnel, aucune crédibilité à celles-là ; ces observations sont, par 
ailleurs, cohérentes avec les conversations téléphoniques tenues au même moment. 

Enfin, l'absence de mise en prévention de I______ est dénuée de pertinence, le 
Ministère public ayant, semble-t-il, estimé que ce chauffeur n'était pas impliqué dans 
le trafic.  

Le jugement dont est appel sera donc confirmé en tant qu'il reconnaît A______ 
coupable d'infraction à l'art. 19 ch. 1 al. 5 aLStup.  

4.4 Détention de 905.14 g de cocaïne, dissimulés dans une valise bleue entreposée 
dans la chambre à coucher de l'appartement situé route Y______ (ch. A.I.6.2 de 
l'acte d'accusation) 

A______ soutient que les éléments figurant au dossier ne permettent pas de retenir 
qu'il aurait été, ainsi que l'a estimé le Tribunal correctionnel, "à tout le moins" le 
copossesseur de cette drogue ; celle-ci appartenait, en effet, exclusivement à son 
colocataire, P______. La teneur des conversations téléphoniques du 12 mars 2011, 
retranscrites aux pièces 298 et 299, attestait du fait qu'il avait bel et bien un 
colocataire. L'absence d'identification du profil ADN relevé sur certains des sachets 
de cocaïne contenus dans ce bagage accréditait d'ailleurs sa thèse.  

Du point de vue du Ministère public, A______ et le dénommé P______ avaient 
vraisemblablement agi de concert dans le cadre du trafic de stupéfiants auquel le 

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premier s'adonnait ; pour cette raison d'ailleurs, P______ n'avait pas eu besoin, au 
cours de la première des deux conversations échangées le 12 mars 2011 (pièce 298), 
d'indiquer à A______ l'endroit où se trouvait la valise bleue. Le prévenu était donc, à 
tout le moins, copossesseur de la drogue contenue dans ce bagage.  

4.4.1 L'art. 19 ch. 1 al. 5 aLStup réprime notamment le comportement de celui qui, 
sans droit, possède ou détient des stupéfiants. 

4.4.2 La possession et la détention de drogue n'ont qu'un caractère subsidiaire par 
rapport à d'autres actes, plus précis, énumérés à l'art. 19 ch. 1 aLStup, si bien que la 
commission de ces actes exclut de retenir, comme chef d'infraction indépendant, la 
possession et/ou la détention (B. CORBOZ, op. cit., n. 67 p. 912).  

4.4.3 En l'espèce, il est acquis que la valise bleue contenant la drogue se trouvait 
dans l'appartement dans lequel résidait A______. 

Cela étant, il peut être inféré de la teneur des conversations téléphoniques 
retranscrites sous cote 298 et 299 de la procédure que l'interlocuteur de A______ y 
logeait également, l'intéressé ayant été en mesure d'indiquer à celui-là l'endroit où se 
trouvait, dans l'appartement, tant de l'argent, à savoir dans une valise, qu'une chose 
indéterminée (dans la poche d'un vêtement ["boubou"]) ; dans ces circonstances, le 
fait que la police n'a pas constaté, à l'occasion de ses observations, au demeurant 
ponctuelles, de signes extérieurs de cohabitation n'apparaît pas déterminant.  

De surcroît, la thèse avancée par A______ selon laquelle le bagage auquel il est fait 
référence dans la conversation retranscrite à la pièce 298 serait une autre valise que 
celle, bleue, contenant la drogue n'apparaît pas d'emblée insoutenable, puisque le 
profil des empreintes relevées sur les sachets de cocaïne contenus dans ce dernier 
bagage n'a pas pu être identifié (cf. let. B.g.c EN FAIT).   

Dans ces circonstances, les éléments figurant au dossier ne permettent pas d'exclure, 
au-delà de tout doute raisonnable, que le colocataire de A______ aurait pu être 
l'unique détenteur de la drogue contenue dans la valise bleue, l'argument du 
Ministère public selon lequel A______ et le dénommé P______ auraient agi de 
concert dans le cadre du trafic de stupéfiants auquel s'adonnait le premier n'étant 
qu'une hypothèse possible, qui ne repose toutefois sur aucun élément concret.  

A titre superfétatoire, la Cour relève que, même s'il avait été retenu que A______ 
avait été le copossesseur de la cocaïne, la drogue aurait alors dû être considérée, dans 
le doute, comme le reliquat de la cocaïne acquise par l'intéressé à l'occasion de la 
commission des infractions énoncées aux chiffres A.I.2 de l'acte d'accusation, non 
contestée en appel, et A.I.4, pour la commission de laquelle l'in