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**Case Identifier:** 989ef0dc-d358-5360-8d6a-9736769640b1
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-01-22
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance 22.01.2018 C/15483/2016
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_006_C-15483-2016_2018-01-22.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/15483/2016 DAS/12/2018 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU LUNDI 22 JANVIER 2018 

 

Appel (C/15483/2016) formé le 3 avril 2017 par A______, domiciliée ______ 
(Genève), comparant par Me Thierry Ulmann, avocat, en l'Etude duquel elle élit 

domicile. 

* * * * * 

Arrêt communiqué par plis recommandés du greffier 

du    30 janvier 2018 à : 

- A______ 
 c/o Me Thierry Ulmann, avocat, 
 Route des Jeunes 4, 1227 Les Acacias. 

- B______ 
 c/o Me Pascal Marti, avocat, 
 Place des Philosophes 8, 1205 Genève. 

- C______ et D______ 
c/o Me Alberto F. Bauer, avocat 

Rue de la Terrassière 14, 1207 Genève 

- E______  
Place du Bourg-de-Four 9, 1204 Genève 

- F______  
Rue de Candolle 2, 1204 Genève 

- JUSTICE DE PAIX. 

 

 

 

 

 

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EN FAIT 

A. a) G______, né le ______ 1946 à Genève, originaire de Sion et Genève est décédé 
à ______ (Genève) le ______ 2016. 

 Il a laissé un testament public instrumenté par feu H______, notaire à Genève, en 

date du 1
er

 février 2007, ainsi que deux codicilles publics, instrumentés par le 

même notaire, les 14 janvier et 6 décembre 2011. 

 Un certificat d'héritiers a été établi le 10 août 2016 par F______, notaire, duquel il 

ressort que feu G______ a laissé pour seules héritières légales et réservataires 

connues, son épouse en secondes noces, A______, née ______, le ______ 1981 

ainsi que ses deux filles, issues de sa première union avec I______, à savoir 

C______, née le ______ 1977 et D______, née le ______ 1977. Il indique que le 

défunt a désigné, à défaut de feu H______, notaire, F______, notaire, comme 

liquidateur de sa succession. 

 Ce certificat d'héritier a été homologué par la Justice de paix en date du 25 août 

2016. 

L'administration fiscale cantonale ayant requis l'inventaire des biens dépendant de 

la succession de feu G______, la Justice de paix a commis, par décision du 

29 août 2016, F______, notaire, pour dresser l'inventaire des biens de la 

succession. 

 b) Le 10 février 2017, B______, né le ______ 1984 à ______ (France), domicilié 
à ______ (France), s'est adressé au notaire F______, en se réclamant le fils 

biologique de feu G______. Il joignait à son courrier une copie d'un jugement 

rendu le ______ 1999 par le Tribunal de première instance de Genève constatant 

qu'il n'était pas le fils de J______ et duquel il ressortait que feu G______, entendu 

comme témoin dans le cadre de cette procédure, avait indiqué qu'il était son père 

biologique. Il sollicitait de connaître l'inventaire successoral de la succession de 

feu G______, ce qui lui a été refusé par le notaire. 

Le 28 février 2017, B______ déposait une action en constatation de paternité 

auprès du Tribunal de première instance de Genève en expliquant les raisons pour 

lesquelles aucune action en reconnaissance de paternité n'avait été déposée 

auparavant. Il considérait, par ailleurs, que le droit français s'appliquait à la 

reconnaissance de paternité introduite et sollicitait la fixation d'un délai pour 

apporter la preuve du droit étranger. La procédure est toujours actuellement 

pendante devant le Tribunal de première instance de Genève. 

B. Par décision du 20 mars 2017, la Justice de paix a ordonné l'administration 
d'office de la succession de G______ (ch. 1 du dispositif), nommé E______, 

avocat, aux fonctions d'administrateur d'office (ch. 2), dit que E______ ne 

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procèdera qu'aux actes administratifs et conservatoires qui seront nécessaires (ch. 

3), dit que l'administrateur procèdera seul aux paiements étroitement liés à la 

gestion courante de la succession, à l'exception de tout autre acte de disposition 

qui ne pourra s'effectuer qu'avec l'accord préalable du juge de paix (ch. 4), prié 

l'administrateur de dresser un état des actifs et passifs (ch. 5), prié l'administrateur 

de prendre contact avec le représentant de l'administration fiscale pour effectuer 

l'inventaire des biens du défunt, inventaire à adresser aussitôt fait au juge de paix 

(ch. 6), l'a invité à recueillir toute information pertinente sur les héritiers du 

défunt, dans la mesure où ceux-ci ne sont pas tous identifiés et localisés (ch. 7), 

mis un émolument de décision de 250 fr. à la charge de la succession (ch. 8). 

 Cette décision a été communiquée pour notification par le greffe de la Justice de 

paix le 23 mars 2017. 

 Le juge de paix a considéré que la procédure en constatation de filiation introduite 

par B______ étant actuellement pendante devant le Tribunal de première instance 

de Genève, il y avait lieu de prendre des mesures pour préserver ses droits et 

ordonner l'administration d'office de la succession de feu G______. 

C. A______, épouse de feu G______, a formé appel contre cette décision par pli 
expédié le 3 avril 2017 à l'adresse du greffe de la Cour de justice, sollicitant 

préalablement la suspension de l'exécution de la décision. 

 En substance, elle considère que la Justice de paix a pris sa décision sur la base 

d'une constatation inexacte des faits et a violé les dispositions relatives à 

l'administration d'office d'une succession, ainsi que son droit d'être entendue, de 

même que ceux des autres héritières réservataires, n'ayant interpellé aucune 

d'elles, préalablement à la prise de la décision querellée. 

 En date du 18 avril 2017, la Chambre civile de la Cour de justice a rejeté la 

requête d'octroi d'effet suspensif. 

 Par réponse déposée le 9 mai 2017 au greffe de la Cour, C______ et D______ ont 

conclu au rejet de l'appel et à la confirmation de la décision de la Justice de paix, 

en argumentant leurs conclusions par le fait qu'elles ignoraient tout de la 

composition de la succession de feu leur père et qu'une administration officielle de 

cette dernière s'imposait afin notamment de dresser l'inventaire de la succession, 

de rétablir, de maintenir et de sauvegarder la masse successorale, de payer les 

impôts dans l'intérêt de cette dernière et ce jusqu'à droit connu sur l'action en 

établissement de la paternité pendante déposée par B______. 

 Par réponse déposée au greffe de la Cour le 17 mai 2017, E______ a conclu au 

rejet de l'appel, l'art. 554 al. 1 ch. 3 CC trouvant pleinement application, compte 

tenu de la demande en reconnaissance de paternité déposée par B______ le 

28 février 2017 au Tribunal de première instance de Genève, la question de savoir 

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si cette action était recevable au sens de l'art. 263 al. 3 CC appartenant au Tribunal 

de première instance et non au juge de paix. 

 Par réponse déposée au greffe de la Cour le 19 mai 2017, B______ a conclu au 

rejet de l'appel, avec suite de frais et dépens. 

EN DROIT 

1. 1.1 Les décisions du juge de paix qui relèvent de la juridiction gracieuse et sont 
soumises à la procédure sommaire (art. 248 let. e CPC) sont susceptibles d'un 

appel dans les dix jours (art. 314 al. 1 CPC) auprès de la Chambre civile de la 

Cour de justice (art. 120 al. 2 LOJ) si la valeur litigieuse est égale ou supérieure à 

10'000 fr. (art. 308 al. 2 CPC). La valeur litigieuse se détermine au regard de la 

valeur des actes accomplis ou devant être accomplis par l'administrateur d'office 

désigné par la décision querellée (arrêt du Tribunal fédéral 5A_414/2012 du 

19 octobre 2012 consid. 1.1). 

 La Cour revoit la cause en fait et en droit avec un plein pouvoir d'examen  

(art. 310 CPC). 

 1.2 Dans le cas d'espèce, la cause est de nature pécuniaire et la valeur litigieuse est 
supérieure à 10'000 fr., puisqu'elle comprend notamment des droits sur deux biens 

immobiliers situés dans le canton de Genève. 

 L'appel a été pour le surplus formé dans le délai et selon la forme prescrits par la 

loi. Il est ainsi recevable. 

2. L'appelante reproche au premier juge une violation de son droit d'être entendue 
pour ne pas avoir procédé à son audition, ni à celle des autres héritières instituées, 

avant de rendre sa décision.  

 2.1 Le droit d'être entendu découlant de l'art. 29 al. 2 Cst. comprend en particulier 
le droit pour le justiciable de s'expliquer avant qu'une décision ne soit prise à son 

détriment, celui d'apporter des preuves quant aux faits de nature à influer sur le 

sort de la décision, celui de participer à l'administration des preuves, d'en prendre 

connaissance et de se déterminer à leur propos (cf. notamment ATF 129 II 497 

consid. 2.2). 

 Bien qu'il soit qualifié d'inconditionnel ce droit n'est pas absolu. L'urgence permet 

d'y déroger (cf. notamment ATF 116 Ia 4 consid. 2.b/bb), l'administration d'office 

de la succession est une mesure de sûreté ayant pour but la conservation des biens 

successoraux. A ce titre, elle doit être ordonnée et exécutée sans délai et d'office. 

Vu la finalité de cette mesure, on peut admettre qu'elle soit prise sans entendre au 

préalable les opposants potentiels, lesquels sont renvoyés à faire valoir leurs 

arguments devant l'autorité de surveillance (arrêt du Tribunal fédéral 5P.322/2004 

consid. 3.2). 

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 2.2 Dans le cas d'espèce, certes, le juge de paix n'a pas interpellé les parties avant 
le prononcé de la mesure. Cela étant, au vu de la jurisprudence précitée et de la 

pleine cognition de la Cour de céans, cette violation éventuelle du droit d'être 

entendue de l'appelante en première instance doit être considérée comme réparée 

par les possibilités offertes et utilisées par l'appelante en seconde instance, 

laquelle a eu l'occasion de développer tous ses arguments par écrit dans son acte 

d'appel. 

 Sur ce point l'appel doit être rejeté. 

3. L'appelante reproche en outre au premier juge d'avoir constaté les faits de manière 
inexacte en estimant que la dévolution successorale serait incertaine, alors que tel 

n'est pas le cas. Elle considère que ce dernier aurait dû considérer que l'action en 

reconnaissance de paternité introduite par B______ était vouée à l'échec, compte 

tenu de l'écoulement du temps et ne pas ordonner, en conséquence, 

l'administration d'office de la succession, laquelle va par ailleurs engendrer des 

frais importants pour la succession. 

 3.1 Selon l'art. 554 al. 1 CC, l'autorité ordonne l'administration d'office de la 
succession (…) lorsqu'aucun de ceux qui prétendent à la succession ne peut 
apporter une preuve suffisante de ses droits ou s'il est incertain qu'il y a un héritier 

(ch. 2); lorsque tous les héritiers du défunt ne sont pas connus (ch. 3); dans les 

autres cas prévus par la loi (ch. 4). 

 En vertu de l'art. 263 al. 1 CC, l'action en constatation de paternité peut être 

intentée avant ou après la naissance de l'enfant, mais au plus tard par la mère, une 

année après la naissance (ch. 1), par l'enfant, une année après qu'il a atteint l'âge 

de la majorité (ch. 2). 

 S'il existe déjà un rapport de filiation avec un autre homme, l'action peut en tout 

cas être intentée dans l'année qui suit la dissolution de ce rapport (art. 263  

al. 2 CC). 

 L'action peut être intentée après l'expiration du délai lorsque de justes motifs 

rendent le retard excusable (art. 263 al. 3 CC). 

 3.2 En l'espèce, B______ a intenté une action en reconnaissance de paternité à 
l'encontre de feu G______ bien après le délai prévu à l'art. 263 al. 2 CC, dès lors 

que le jugement constatant que le lien de filiation entre B______ et J______ était 

dissout, date du ______ 1999 et que l'action en reconnaissance de paternité 

introduite par B______ l'a été le 27 février 2017. 

 Toutefois, B______ développe dans sa requête certains arguments afin d'expliquer 

ce retard, arguments qu'il appartiendra au juge civil d'examiner sur la base de 

l'art. 263 al. 3 CC et ce, sans préjudice du fait que le requérant entend voir 

appliquer le droit français à son action en reconnaissance de paternité, ce qu'il 

appartiendra également au juge civil de trancher. 

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 Il n'appartenait pas à la Justice de paix de se prononcer sur le bien-fondé d'une 

requête en constatation de paternité qui est actuellement pendante devant la 

juridiction compétente, et du résultat de laquelle peut découler une modification 

des héritiers réservataires. En conséquence, c'est à juste titre que la Justice de paix 

a considéré en vertu de l'art. 554 al. 1 ch. 3 CC que tous les héritiers du défunt 

n'étaient possiblement pas connus et a fait application de l'alinéa 1 de cette 

disposition qui prévoit, en pareil cas, que l'autorité ordonne l'administration 

d'office de la succession. Aucune mesure moins incisive ne pouvait être ordonnée 

afin de permettre d'atteindre le but visé à savoir la conservation de l'hérédité. 

L'argument selon lequel l'administration d'office confiée à E______, avocat, 

engendrerait des frais importants mettant en danger les intérêts de la succession - 

B______ apparaissant insolvable - n'est pas fondé, l'intérêt à la préservation de la 

dévolution successorale primant les frais que l'administration d'office de la 

succession engendre. Par ailleurs, l'appelante ne démontre pas que les frais 

engagés par cette administration d'office ne pourraient pas être supportés par la 

succession de feu G______, laquelle comprend pour le moins deux immeubles, 

dont l'un est en location.  

Toutefois, F______ ayant déjà été commis pour dresser l'inventaire des biens de la 

succession de feu G______, par décision exécutoire du 29 août 2016, c'est à tort 

que la Justice de paix a nommé E______ pour effectuer cette même tâche.   

 Il convient donc d'annuler le chiffre 6 de la décision querellée puisque la 

désignation de deux personnes pour la même activité occasionne des frais inutiles 

pour la succession et ne présente pas d'intérêt. F______, en sa qualité de notaire, 

présente toutes les compétences nécessaires pour établir l'inventaire de la 

succession, tandis que le choix de E______, avocat, pour exercer l'administration 

d'office de la succession est adéquat, ses qualités pour exercer cette fonction 

n'étant, à juste titre, pas remises en cause. 

4. Les frais d'appel, comprenant les frais de la décision sur restitution d'effet 
suspensif seront fixés à 1'000 fr., partiellement compensés par l'avance de frais en 

500 fr. versée par l'appelante, qui reste acquise à l'Etat, et mis entièrement à sa 

charge dans la mesure où elle succombe pour l'essentiel (art. 19 LaCC; 26 et 35 

RTFMC). Des dépens à hauteur de 1'500 fr. seront octroyés aux parties intimées, 

prises conjointementet solidairement, à charge de l'appelante (art. 85 et 88 

RTFMC; 23 al. 1 LaCC; 106 al. 1 CPC). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 
La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel déposé le 3 avril 2017 par A______ contre la décision 

DJP/135/2017 rendue le 20 mars 2017 par la Justice de paix dans la cause 

C/15483/2016. 

Au fond : 

L'admet partiellement. 

Annule le chiffre 6 du dispositif de la décision querellée. 

Confirme la décision pour le surplus. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires à 1'000 fr., les met à charge de A______ et les compense 

partiellement avec l'avance de frais effectuée à hauteur de 500 fr. par cette dernière, qui 

reste acquise à l'Etat de Genève. 

Condamne A______ au paiement du solde de ces frais en 500 fr. aux Services financiers 

du Pouvoir judiciaire. 

Condamne A______ au paiement de la somme de 1'500 fr. à titre de dépens en faveur 

des intimés, pris conjointement et solidairement. 

Siégeant : 

Monsieur Cédric-Laurent MICHEL, président; Mesdames Ursula ZEHETBAUER 

GHAVAMI et Jocelyne DEVILLE-CHAVANNE, juges; Madame Jessica QUINODOZ, 

greffière. 

 

   

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par devant le Tribunal fédéral 

par la voie du recours en matière civile. 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.