# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 1bc8eb8c-8b55-5127-a4fa-8c0f1d96635b
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-01-31
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Zivilappellationshöfe 31.01.2018 101 2017 347
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_001_101-2017-347_2018-01-31.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

101 2017 347

Arrêt du 31 janvier 2018

Ie Cour d’appel civil

Composition Président: Jérôme Delabays
Juges: Dina Beti, Sandra Wohlhauser
Greffier-rapporteur: Ludovic Farine

Parties A.________

B.________

et

C.________

toutes trois appelantes, représentées par Me Alexis Overney, 
avocat

dans la cause successorale qui concerne aussi D.________, 
représenté par sa curatrice E.________

Objet Intervention au partage (art. 609 al. 1 CC), nomination d'un 
mandataire professionnel

"Recours" (en réalité appel) du 30 octobre 2017 contre la décision de 
la Juge de paix de la Sarine du 16 octobre 2017

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considérant en fait

A. Le 21 novembre 2015 est décédé feu F.________. Celui-ci laisse comme héritiers son 
épouse A.________, pour une part de ½, et ses trois enfants C.________, D.________ et 
B.________, pour une part de 1/6 chacun. Selon l'inventaire établi le 23 février 2016 par la Justice 
de paix de la Sarine (ci-après: la Justice de paix), sa succession affiche un bénéfice de 
CHF 269'377.-, compte tenu de la valeur nette d'un immeuble (valeur fiscale [CHF 309'000.-] – 
dettes hypothécaires [CHF 194'171.-]), d'avoirs à hauteur de CHF 164'548.- et des frais funéraires 
à hauteur de CHF 10'000.- (pièce 4 du bordereau de l'appel). En réalité, par contrat d'abandon de 
biens du 28 septembre 2007, l'immeuble en question avait été cédé à C.________ et B.________ 
par leurs parents, en échange de l'octroi à ceux-ci d'un usufruit incessible et intransmissible (pièce 
5).

Le 20 juin 2016, la part de D.________ dans la communauté héréditaire de feu son père a été 
saisie par l'Office des poursuites de la Sarine (ci-après: l'OP Sarine) au profit de la Ville de 
Fribourg, pour une créance de CHF 43'755.15, plus les frais de poursuite (pièce 7). La réalisation 
ayant été requise, la Chambre des poursuites et faillites du Tribunal cantonal a ordonné, le 2 juin 
2017, la dissolution de cette communauté héréditaire et la liquidation du patrimoine commun, avec 
le concours de l'autorité compétente au sens de l'art. 609 CC (pièce 8). Dès lors, le 26 juin 2017, 
l'OP Sarine a demandé à la Justice de paix d'intervenir au partage en lieu et place de D.________, 
conformément à la disposition légale précitée (pièce 15). 

Le 4 juillet 2017, Me Alexis Overney, agissant au nom de A.________, C.________ et 
B.________, a soumis à la Justice de paix un projet d'acte de partage successoral partiel établi 
par Me G.________, notaire; celui-ci prévoit le versement à D.________, par ses trois co-
héritières, d'une somme de CHF 50'000.- pour solde de tout compte en relation avec les biens 
mobiliers et immobiliers figurant dans l'inventaire successoral (pièce 17). Ce projet d'acte a été 
accepté, outre les trois appelantes, par la créancière saisissante (pièce 10) et par la curatrice de 
D.________ (DO 200 2017 461 / 6).

Par décision du 16 octobre 2017, la Juge de paix a ordonné l'intervention au partage de la Justice 
de paix en lieu et place de D.________, au sens de l'art. 609 CC, et a confié ce mandat à 
Me H.________, avocat et directeur de I.________, à charge pour lui de procéder à la dissolution 
de la communauté héréditaire de feu F.________ et à la liquidation du patrimoine commun, ainsi 
que de rendre à la Justice de paix un rapport annuel et un rapport final. 

B. Le 30 octobre 2017, A.________, C.________ et B.________ ont interjeté "recours" contre 
la décision du 16 octobre 2017. Elles concluent à son annulation, subsidiairement au renvoi de la 
cause à la Juge de paix pour nouvelle décision, les frais de justice et les dépens étant mis à la 
charge de l'Etat de Fribourg.

Invité le 20 novembre 2017 à se déterminer, Me H.________, désigné mandataire par la décision 
querellée, n'a pas fait usage de cette faculté. 

Le 10 janvier 2018, la Justice de paix a transmis à la Cour de céans un courrier qui lui a été 
adressé le 4 janvier 2018 par le représentant des recourantes, lui demandant d'approuver, en sa 
qualité d'autorité de protection de l'adulte, le projet d'acte de partage successoral au dossier.

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en droit

1.

1.1 La décision querellée a été prononcée par la Juge de paix dans le cadre de ses attributions 
de juridiction gracieuse en matière de successions (art. 14 al. 1 de la loi fribourgeoise d'application 
du Code civil suisse du 10 février 2012 [LACC; RSF 210.1]), de sorte qu'elle est régie par le CPC 
(art. 1 let. b CPC). Elle est dès lors soumise à appel si la valeur litigieuse est de CHF 10'000.- au 
moins; dans le cas contraire, elle est susceptible de recours (art. 308 al. 1 let. a et 319 let. a CPC). 
Le délai d'appel ou de recours est de 10 jours (art. 314 al. 1 et 321 al. 2 CPC), la procédure 
sommaire étant applicable à la juridiction gracieuse (art. 248 let. e CPC).

En l'espèce, la décision litigieuse a été prononcée à titre incident dans la liquidation de la 
succession de feu F.________. La cause au fond est de nature pécuniaire, dès lors que, comme 
c'est la règle en matière successorale, elle vise un but économique (arrêt TF 5A_610/2013 du 
1er novembre 2013 consid. 1.2). Sa valeur litigieuse, qui détermine celle ayant trait à la décision 
incidente (arrêt TF 4A_331/2014 du 31 octobre 2014 consid. 1.1), est supérieure à CHF 10'000.-, 
et même à CHF 30'000.-: en effet, en matière de partage successoral, lorsque seule est litigieuse 
la part de l’un des ayants-droit au partage, la valeur litigieuse est égale à la part contestée (arrêt 
TF 5A_803/2015 du 14 janvier 2016 consid. 3.2). C'est donc la voie de l'appel qui est ouverte, et 
non celle du recours. Le fait que les appelantes aient intitulé leur acte "recours" ne saurait toutefois 
leur nuire, le mémoire réunissant les conditions de recevabilité d'un appel et devant ainsi être 
converti d'office, par application analogique de la solution pratiquée par le Tribunal fédéral (cf. ATF 
134 III 379 consid. 1.2; arrêt TF 5A_373/2016 du 28 juillet 2016 consid. 1.2).

Au surplus, compte tenu de l'art. 142 al. 3 CPC, le mémoire déposé le lundi 30 octobre 2017 l'a été 
dans le délai légal de 10 jours dès la notification de la décision attaquée, intervenue le 19 octobre 
2017. Il est dûment motivé et doté de conclusions, certes uniquement réformatoires. Cependant, 
dans la mesure où les appelantes contestent le principe même de l'intervention au partage de la 
Justice de paix, ainsi que la désignation d'un mandataire externe, de telles conclusions sont 
suffisantes in casu.

1.2 Comme déjà dit, la procédure sommaire (art. 252 ss CPC) s'applique aux causes de la 
juridiction gracieuse (art. 248 let. e CPC), le tribunal établissant toutefois les faits d'office (maxime 
inquisitoire, art. 255 let. b CPC).

1.3 La cognition de la Cour d'appel est pleine et entière, en fait comme en droit (art. 310 CPC).

1.4 Conformément à la possibilité prévue par l'art. 316 al. 1 CPC, la Cour statue sur pièces.

2.

2.1 Les appelantes contestent d'abord l'intervention de la Justice de paix au partage. Elles font 
valoir que la Juge de paix semble s'être crue liée par l'arrêt de la Chambre des poursuites et 
faillites du 2 juin 2017, alors qu'en l'espèce aucune requête en ce sens d'un créancier saisissant – 
condition prévue par l'art. 609 al. 1 CC – n'a été formulée. En outre, elles invoquent qu'un projet 
d'accord de partage partiel a été approuvé par toutes les parties concernées, de sorte que 
l'intervention de la Justice de paix n'est pas nécessaire (appel, p. 6 à 8).

Il est vrai que, selon l'art. 609 al. 1 CC, tout créancier qui saisit la part échue à un héritier, 
notamment, peut demander que l'autorité désignée par le droit cantonal – à Fribourg, la Justice de 
paix (art. 14 al. 1 LACC) – intervienne au partage en lieu et place de cet héritier. Cependant, les 
appelantes oublient que l'art. 12 de l'ordonnance du Tribunal fédéral du 17 janvier 1923 

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concernant la saisie et la réalisation de parts de communauté (OPC; RS 281.41) prescrit, lorsque 
l'autorité de surveillance a ordonné la dissolution et la liquidation de la communauté, que l'office 
des poursuites doit prendre les mesures juridiques nécessaires pour procéder à la dissolution et à 
la liquidation et exercer à cet effet tous les droits appartenant au débiteur; s'il s'agit d'une 
communauté héréditaire, l'office requerra le partage, avec le concours de l'autorité compétente aux 
termes de l'art. 609 CC, dans la mesure où il n'est pas habilité à intervenir lui-même au partage 
(CR CC II – SPAHR, 2016, art. 609 n. 4; cf. aussi arrêt TF 5A_760/2015 du 18 mars 2016 
consid. 3.2.1). Tel est précisément le cas en l'espèce, la dissolution de la communauté héréditaire 
et sa liquidation ayant été ordonnées le 2 juin 2017 et la Justice de paix ayant été saisie par l'OP 
Sarine le 26 juin 2017.

Par conséquent, en tant qu'il critique le principe de l'intervention de la Justice de paix, l'appel est 
mal fondé.

2.2 Les appelantes critiquent aussi la nomination d'un mandataire externe, qu'elles estiment 
superflue. Elles font valoir que le but de l'intervention au partage, qui a lieu dans l'intérêt des 
créanciers, est avant tout de parvenir à un contrat de partage successoral. Or, en l'espèce, un tel 
projet d'acte a été soumis aux co-héritiers et à la créancière saisissante, qui l'ont tous accepté, de 
sorte que la Justice de paix peut statuer elle-même, d'autant que la composition de la succession 
est simple (appel, p. 7 à 11).

L'autorité qui intervient au partage au sens de l'art. 609 CC le fait en lieu et place de l'héritier 
débiteur; elle n'a pas plus de droits que lui et n'a pas la compétence de prendre seule des 
décisions, de sorte qu'elle ne peut ni entreprendre le partage, ni le gérer elle-même. Elle dispose 
cependant de la faculté de faire obstacle aux décisions unanimes des co-héritiers, qui ne peuvent 
valablement partager sans son accord. Même si elle se substitue à l'héritier débiteur, elle doit, en 
premier lieu, défendre les intérêts du créancier. Sa tâche consiste à amener les héritiers à 
partager, pour que celui-ci puisse être désintéressé. En principe, l'autorité sollicitera un partage 
partiel, limité à la part successorale de l'héritier débiteur, de manière que le créancier puisse 
recevoir son dû le plus rapidement possible (ATF 129 III 316 consid. 3). Si elle ne peut obtenir un 
partage partiel en raison de l'opposition d'un héritier, elle entreprendra les démarches nécessaires 
à la réalisation du partage de toute la succession (pour le tout, CR CC II – SPAHR, art. 609 n. 14 s. 
et 17 à 19; BSK ZGB II – SCHAUFELBERGER / KELLER LÜSCHER, 5ème éd. 2015, art. 609 n. 12 à 14).

En l'espèce, il résulte du dossier qu'un projet d'acte de partage successoral partiel a déjà été établi 
et approuvé par l'ensemble des co-héritiers, ainsi que par la créancière saisissante. Il revient dès 
lors à l'autorité intervenant au partage d'examiner uniquement si ce contrat est conforme aux 
intérêts de la créancière. Pour ce faire, elle dispose de l'inventaire successoral qu'elle a établi le 
23 février 2016, qui fait état d'un bénéfice de CHF 269'377.-, montant qui devrait, le cas échéant, 
être rectifié pour tenir compte, non pas de la valeur fiscale de l'immeuble, mais de celle, 
capitalisée, de l'usufruit octroyé au de cujus par contrat d'abandon de biens du 28 septembre 
2007. L'autorité intimée, qui exerce la juridiction gracieuse en matière successorale, semble à 
même d'effectuer ce calcul. En outre, comme les appelantes le relèvent, la composition de la 
succession est très simple, puisqu'hormis cet usufruit elle comporte seulement des avoirs à 
hauteur de CHF 164'548.- et, au passif, des frais funéraires à hauteur de CHF 10'000.-. Sur cette 
base, et après avoir au besoin pris des renseignements auprès de l'OP Sarine sur d'éventuelles 
autres poursuites exécutoires visant D.________, la Justice de paix paraît avoir toutes les 
indications nécessaires pour intervenir au partage à la place de celui-ci et approuver ou refuser le 
projet d'acte de partage. Il n'est dès lors pas nécessaire d'avoir recours à un mandataire externe, 
même si l'art. 14 al. 3 LACC permet à la Justice de paix de s’assurer le concours d'un tel 
mandataire, notamment en cas de succession complexe.

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Au vu de ce qui précède, en tant qu'il s'en prend à la nomination de Me H.________, l'appel est 
bien fondé et doit être admis. Les chiffres III. à VI. de la décision querellée sont donc annulés, ce 
qui rend inutile d'examiner les autres griefs formulés dans l'appel.

3. Selon l'art. 106 al. 1 et 2 CPC, les frais sont mis à la charge de la partie succombante; 
lorsqu'aucune des parties n'obtient entièrement gain de cause, les frais sont répartis selon le sort 
de la cause. En outre, l'art. 107 al. 2 CPC prescrit que les frais judiciaires qui ne sont pas 
imputables aux parties ni aux tiers peuvent être mis à la charge du canton si l'équité l'exige.

En l'espèce, l'appel est partiellement admis. Dès lors, il se justifie que les appelantes supportent 
leurs propres dépens et la moitié des frais de justice, l'autre moitié de ces derniers étant laissée à 
la charge de l'Etat. Les frais judiciaires sont fixés à CHF 1'000.- et seront prélevés à hauteur de 
CHF 500.- sur l'avance versée par les appelantes, les CHF 500.- restants étant facturés 
directement à l'Etat.

la Cour arrête:

I. L'appel est partiellement admis.

Partant, les chiffres III. à VI. de la décision prononcée le 16 octobre 2017 par la Juge de paix 
de la Sarine sont annulés. Les autres chiffres du dispositif de cette décision sont confirmés.

II. A.________, C.________ et B.________ supportent leurs propres dépens d'appel et la 
moitié des frais de justice dus à l'Etat, l'autre moitié de ces derniers étant laissée à la charge 
de l'Etat.

Les frais judiciaires sont fixés à CHF 1'000.- et seront prélevés à hauteur de CHF 500.- sur 
l'avance versée par les appelantes, les CHF 500.- restants étant facturés directement à 
l'Etat. Le solde de leur avance est restituée aux appelantes.

III. Notification.

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en matière civile; 
la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 72 à 77 et 90 
ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). Il connaît également des recours 
constitutionnels subsidiaires; la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 113 à 119 et 90 ss LTF. Dans les deux cas, le recours motivé doit être 
déposé devant le Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les trente jours qui suivent sa 
notification. Si une partie forme un recours ordinaire et un recours constitutionnel, elle doit déposer 
les deux recours dans un seul mémoire.

Fribourg, le 31 janvier 2018/lfa

Le Président Le Greffier-rapporteur