# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 72abc6b7-ecbb-5bef-8395-66713e89b431
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2009-10-27
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 27.10.2009 A/2205/2009
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-2205-2009_2009-10-27.pdf

## Full Text

Siégeant : Isabelle DUBOIS, Présidente; Anne REISER et Eugen MAGYARI, Juges 

assesseurs 

  

 
 

R E P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/2205/2009 ATAS/1318/2009 

ARRET 

DU TRIBUNAL CANTONAL DES 

ASSURANCES SOCIALES 

Chambre 2 

du 27 octobre 2009 

 

En la cause 

Monsieur S___________, domicilié au  PETIT-LANCY 

 

recourant 

 

contre 

CAISSE CANTONALE GENEVOISE DE COMPENSATION, 
soit pour elle le SERVICE CANTONAL D'ALLOCATIONS 
FAMILIALES, Route de Chêne 54, GENEVE 

 

intimée 

 

 
 
 

 

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EN FAIT 

1. Monsieur S___________ (ci-après le recourant), né en 1964, de nationalité 
camerounaise, domicilié en Suisse depuis l'an 2000 et à Genève depuis le 2 juillet 
2008, est célibataire et titulaire d'une autorisation de séjour de type B. Il a une fille, 
née en 1992, domiciliée avec sa mère à Munich, en Allemagne. 

2. Au bénéfice d'un contrat de travail avec l'État de Genève, du mois de septembre 
2008 au mois de juillet 2011, il a déposé une demande allocations familiales au 
mois d'octobre 2008, auprès de la CAISSE CANTONALE GENEVOISE DE 
COMPENSATION, soit pour elle le SERVICE CANTONALD'ALLOCATIONS 
FAMILIALES (ci-après le SCAF). 

3. Par décision du 4 février 2009, confirmée sur opposition le 25 mai 2009, le SCAF a 
rejeté la demande. S'agissant de la période allant jusqu'au 31 décembre 2008, le 
recourant pouvait certes se prévaloir d'un droit aux allocations familiales sur la base 
de l'ancienne législation cantonale, pour autant qu'il établisse assurer l'entretien 
prépondérant de l'enfant, ce qui n'était pas établi. Pour la période postérieure au 1er 
janvier 2009, et en application de la nouvelle législation fédérale, le recourant ne 
bénéficiait pas d'un droit aux allocations familiales en raison de sa nationalité 
camerounaise et du fait qu'aucune convention de sécurité sociale n'avait été conclue 
entre le Cameroun et la Suisse. 

4. Dans son recours du 23 juin 2009, le recourant conteste l'absence de droit jusqu'au 
31 décembre 2008, en expliquant effectuer un versement mensuel de 316 € à la 
mère de l'enfant, selon relevés de compte produits en annexe, et entretenir des 
relations régulières avec sa fille dont il prend en charge les frais de transport. 
S'agissant de la période postérieure au 1er janvier 2009, le recourant remercie le 
SCAF de ses informations. Vu ce qui précède, il indique être prêt à retirer son 
recours si le SCAF devait revenir sur sa décision concernant la période antérieure 
au 1er janvier 2009. 

5. Dans sa réponse du 4 septembre 2009, le SCAF constate avoir commis une erreur 
d'appréciation sur le motif retenu pour nier le droit aux prestations du recourant. La 
question de la condition de l'entretien prépondérant et durable peut en l'occurrence 
rester ouverte, dans la mesure où les allocations familiales doivent quoi qu'il en soit 
lui être refusées, en application de l'accord sur la libre circulation des personnes (ci-
après ALCP) et de son règlement n° 1408/71. En effet, aux termes de cette 
législation, si plusieurs personnes ont droit à des prestations familiales pour le 
même enfant, dans plusieurs états, en raison de l'exercice d'une activité lucrative, 
c'est le droit de la personne qui exerce une activité dans l'État de résidence de 
l'enfant qui prime. Le droit de l'autre parent est suspendu jusqu'à concurrence du 
montant prévu par la législation de l'État de résidence, un complément différentiel 
pouvant être, cas échéant, versée. En l'occurrence, la mère de l'enfant a bénéficié 

 
 
 

 

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d'allocations familiales correspondant à la somme de 233,60 F par mois, ce qui est 
nettement supérieur au droit reconnu par la législation genevoise au recourant, qui 
est de 200 F par mois. 

6. Interpellé sur la question de savoir si ces dernières écritures avaient répondu à ses 
interrogations, avec un délai pour ce faire au 8 octobre 2009, le recourant n'a pas 
répondu, de sorte que la cause a été gardée à juger le 15 octobre 2009. 

EN DROIT 

1. Le Tribunal cantonal des assurances sociales statue en instance unique 
conformément à l'art. 22 de la loi fédérale sur les allocations familiales du 24 mars 
2006 (LAFam ; RS 836.2) en matière d'allocations familiales fédérales et 
conformément à l'art. 56 V al. 2 let. e LOJ en matière d'allocations familiales 
cantonales (LOJ).  

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. La LPGA, entrée en vigueur le 1er janvier 2003, est applicable à titre supplétif (art. 
1 LAFam) au cas d’espèce. 

3. Interjeté dans les forme et délai légaux, le présent recours est recevable (art. 30 et 
61 LPGA). 

4. Est litigieuse en l'espèce la question de savoir si le recourant peut prétendre aux 
allocations familiales pour son enfant domicilié en Allemagne dès le mois de 
décembre 2008. 

5. La loi fédérale sur les allocations familiales du 24 mars 2006 (LAFam; RS 836.2) et 
son ordonnance (OAFam; RS 836.21) sont entrées en vigueur le 1er janvier 2009. 
Par conséquent, leurs dispositions sont applicables pour les prestations litigieuses 
postérieures au 1er janvier 2009. Pour les prestations du mois de décembre 2008, les 
dispositions de l'ancienne loi cantonale genevoise d'allocations familiales et son 
règlement sont applicables (LAF et RELAF).  

À noter que ne sont en tout cas pas applicables en l'espèce les dispositions de 
l'Accord entre la Confédération Suisse, d'une part, et la Communauté Européenne et 
ses Etats membres, d'autre part, sur la libre circulation des personnes conclu le 21 
juin 1999, entré en vigueur le 1er juin 2002 (RS 0.142.112.681 - ALCP) et 
applicable depuis lors (cf. ATF 131 V 390 consid. 3.2 p. 395, 128 V 315). En effet, 
l’objectif de l’ALCP est notamment d'accorder les mêmes conditions de vie, 
d'emploi et de travail aux membres des pays contractants que celles accordées aux 
nationaux (art. 1 let. d) et prévoit la coordination des systèmes de sécurité sociale 
(art. 8). Selon l'art. 1 al. 1 de l'annexe II à l'ALCP - intitulée «Coordination des 
systèmes de sécurité sociale», fondée sur l'art. 8 de l'accord et faisant partie 

 
 
 

 

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intégrante de celui-ci (art. 15 ALCP) - en relation avec la section A de cette annexe, 
les parties contractantes appliquent entre elles en particulier le règlement (CEE) no 
1408/71 du Conseil du 14 juin 1971 relatif à l'application des régimes de sécurité 
sociale aux travailleurs salariés, aux travailleurs non salariés et aux membres de 
leur famille qui se déplacent à l'intérieur de la Communauté (ci-après : règlement 
no 1408/71), ainsi que son règlement d’exécution no 574/72 du Conseil du 21 mars 
1972, dans leur teneur en vigueur à la date de la signature de l'ALCP. Le terme 
«Etat(s) membre(s)» figurant dans ces actes est considéré renvoyer, en plus des 
Etats membres de l'Union européenne parties à l'ALCP, à la Suisse (art. 1 par. 2 de 
l'annexe II à l'ALCP). Or, le règlement (CEE) no 1408/71 prévoit expressément à 
son art. 2 « personnes couvertes » que le présent règlement s'applique aux 
travailleurs salariés ou non salariés et aux étudiants qui sont ou ont été soumis à la 
législation d'un ou de plusieurs états membres et qui sont des ressortissants de l'un 
des états membres ou bien des apatrides ou des réfugiés résidant sur le territoire 
d'un des états membres ainsi qu'aux membres de leur famille et leurs survivants. 
Force est en l'occurrence de constater que le Cameroun, pays dont le recourant est 
ressortissant, n'est pas un État membre ou assimilé. 

6. Pour la période postérieure au 1er janvier 2009, le recourant s'est dit satisfait des 
explications de la caisse, qu'il y a par ailleurs eu lieu de confirmer. 

En effet, l'art. 13 LAFam prévoit que les salariés au service d’un employeur 
assujetti qui sont obligatoirement assurés dans l’AVS à ce titre ont droit aux 
allocations familiales. Les prestations sont réglées par le régime d’allocations 
familiales du canton visé à l’art. 12, al. 2. Le droit naît et expire avec le droit au 
salaire. Toutefois, aux termes de l'art. 4 al. 3 LAFam, " pour les enfants vivant à 
l'étranger, le Conseil fédéral détermine les conditions d'octroi des allocations. Le 
montant des allocations est établi en fonction du pouvoir d'achat du pays de 
résidence". 

Le Conseil fédéral s’est ainsi vu octroyer par le législateur fédéral la compétence de 
déterminer les conditions d’octroi des allocations familiales pour les enfants vivant 
à l’étranger (cf. art. 4 al. 3 LAFam). En vertu de cette délégation de compétence, le 
Conseil fédéral a édicté l’art. 7 al. 1 OAFam. Il en ressort que les allocations 
familiales ne sont versées pour les enfants ayant leur domicile à l’étranger que si 
une convention internationale le prévoit (art. 7 al. 1 OAFam) et à condition, au 
surplus, qu’aucun droit aux allocations familiales n’existe à l’étranger (art. 7 al. 1 
let. a OAFam), que le droit aux allocations en Suisse se fonde sur l’exercice d’une 
activité lucrative (art. 7 al. 1 let. b OAFam), que l’allocation familiale soit due pour 
un enfant avec lequel l’ayant droit a un lien de filiation en vertu du code civil (art. 7 
al. 1 let. c OAFam) et enfin, que l’enfant n’ait pas atteint l’âge de 16 ans (art. 7 al. 1 
let. d OAFam). 

 
 
 

 

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La LAFam et l'OAFam sont complétées par des directives. Les directives pour 
l'application de la loi fédérale sur les allocations familiales LAFam (DAFam) 
valable dès le 1er janvier 2009, relatives à l'art. 7 al. 1 OAFam, prévoient ce qui 
suit: « les prestations ne sont octroyées pour des enfants vivant à l'étranger que si la 
Suisse y est obligée par des accords internationaux. Pour les allocations familiales 
selon la LAFam, seuls l'Accord sur la libre circulation des personnes, la Convention 
AELE et la convention avec l'ex-Yougoslavie (qui continue à s'appliquer aux 
ressortissants de la Bosnie-Herzégovine, du Kosovo, du Monténégro et de la 
Serbie) prévoient une telle obligation. Pour les allocation familiales selon la LFA, 
l'obligation d'exporter est en outre contenue dans des conventions avec la Croatie, 
la Turquie, la Macédoine et Saint-Martin ».  

En l'occurrence, la Suisse n'est obligée ni par un accord international ni par l'ALCP. 
De plus, le versement de telles allocations familiales au recourant est de toute façon 
exclu car l'enfant est âgé de plus de 16 ans.  

7. Pour la période antérieure à janvier 2009, singulièrement le mois de décembre 
2008, la première appréciation de l'intimé doit être confirmée. En effet, il est 
indéniable, et par ailleurs non contesté, que l'autorité parentale et la garde de 
l'enfant appartiennent en l'occurrence à la mère, domiciliée en Allemagne, qui 
perçoit d'ailleurs des allocations familiales à ce titre. Or, selon l'ancien art. 3 al. 1 
LAF, pouvait prétendre au versement d'allocations familiales la personne assujettie 
à la loi qui a la garde de l'enfant, ou qui exerce l'autorité parentale, ou encore qui 
assume l'entretien de manière prépondérante et durable. Force est de constater que 
le recourant n'a pas établi entretenir durablement et de façon prépondérante l'enfant. 
Il a uniquement établi participer à certains frais, en particulier de voyages dans le 
cadre de l'exercice du droit de visite. 

8. Vu ce qui précède, le recours sera rejeté. 

 

 

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LE TRIBUNAL CANTONAL DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. Le rejette. 

3. Dit que pour ce qui a trait aux allocations familiales fédérales, les parties peuvent 
former recours contre le présent arrêt dans un délai de 30 jours dès sa notification 
auprès du Tribunal fédéral (Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du 
recours en matière de droit public, conformément aux art. 82 ss de la Loi fédérale 
sur le Tribunal fédéral, du 17 juin 2005 (LTF ; RS 173.110); le mémoire de recours 
doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du 
recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie 
postale ou par voie électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et 
les pièces en possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent 
être joints à l'envoi. 

 

 
La greffière 

 
 
 
 

Maryse BRIAND 

 La présidente 
 
 
 
 

Isabelle DUBOIS 
   

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties par le greffe le