# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 463adf5b-a3f9-52ef-be08-7e1d6d9e4a7a
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des curatelles Arrêt / 2021 / 33
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_008_Arr-t---2021---33_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

B715.056556-201143

 

 

 

CHAMBRE
DES CURATELLES

___________________________________

Arrêt
du 25 janvier 2021

__________________

Composition
:               M.             
Krieger,
président

             
              Mmes             
Kühnlein et Courbat, juges

Greffier
              :             
Mme              Nantermod Bernard

 

 

*****

 

 

Art.
310 et 450 CC

 

 

             
La Chambre des curatelles du Tribunal cantonal prend séance pour statuer sur le recours interjeté
par A.W.________,
à Lausanne, contre la décision rendue le 31 janvier 2020 par la Justice de paix du district
de Lausanne dans la cause concernant les enfants B.W.________
et C.W.________.

 

 

             
Délibérant à huis clos, la Chambre voit :

 

             
En fait :

 

 

A.             
Par décision rendue le 31 janvier 2020 et
envoyée pour notification aux parties le 10 juillet 2020, la Justice de paix du district de Lausanne
(ci-après : justice de paix ou premiers juges) a mis fin à l'enquête en limitation de
l'autorité parentale, respectivement en retrait du droit de déterminer le lieu de résidence
instruite à l'égard de A.W.________, détentrice de l'autorité parentale sur ses filles
B.W.________ et C.W.________ (I) ; a rejeté les conclusions de A.W.________ contenues dans son courrier
du 16 janvier 2020 (II) ; a retiré, en application de l'art. 310 CC (Code civil suisse du 10 décembre
1907 ; RS 210), le droit de A.W.________ de déterminer le lieu de résidence de B.W.________,
née le [...] 2004, et d'C.W.________, née le [...] 2005, filles de G.________ (recte : G.________)
et de la précitée, célibataires, de nationalité éthiopienne (sic), domiciliées
à Lausanne (III) ; a confié un mandat de placement et de garde au SPJ (Service de protection
de la jeunesse, soit depuis le 1er
septembre 2020 la DGEJ [Direction générale de l'enfance et de la jeunesse]) (IV) ; a dit
que le SPJ exercerait les tâches suivantes : - placer les mineures dans un lieu propice à leurs
intérêts, - veiller à ce que la garde des mineures soit assumée convenablement dans
le cadre de leur placement, - veiller au rétablissement d'un lien progressif et durable avec leur
mère et leur père (V) ; a invité le SPJ à remettre annuellement à l'autorité
un rapport sur son activité et sur l'évolution de la situation de B.W.________ et C.W.________
(VI) ; a rappelé aux parents que la prétention à la contribution d'entretien des enfants
passait au SPJ avec tous les droits qui lui étaient rattachés dès le jour du placement
et que les parents étaient tenus de rembourser les frais d'entretien de leurs enfants placés
ou d'y contribuer en fonction de leurs revenus conformément à leur obligation d'entretien (VII)
; a rappelé qu'une thérapie mère-fille entre A.W.________ et ses filles B.W.________ et
C.W.________ auprès du C.________ devait être mise en œuvre immédiatement, conformément
au chiffre II de l'ordonnance de mesures provisionnelles rendue le 1er
février 2019 par le juge de paix (VIII) ; a privé d'effet suspensif tout recours éventuel
contre cette décision (art. 450c CC) (IX) ; a rejeté tout autre ou plus ample conclusion et
a laissé les frais de la présente cause, émolument d'enquête et débours compris,
à la charge de l'Etat (X et XI).

 

             
En droit, les premiers juges ont considéré
qu'ils étaient suffisamment renseignés pour clore l'enquête. Dès lors que la situation
de chacune des deux adolescentes était très différente, les premiers juges ont considéré,
s'agissant de la cadette, seule concernée par le recours, que son évolution semblait être
favorable depuis qu'elle était placée au Foyer [...] à Yverdon-les-Bains dans la mesure
où elle était investie dans sa scolarité, avait de bonnes relations avec ses pairs et
ne présentait pas de difficultés particulières. La relation avec ses parents était
de bonne qualité, une complicité, de la chaleur et de l'attachement ayant ainsi été
mis en avant avec sa mère sans pour autant que le désir d'C.W.________ de retourner vivre à
domicile ne soit clairement établi, l'adolescente se montrant extrêmement pudique dans ses
émotions et ses envies et peu claire à cet égard. Des doutes subsistaient s'agissant des
compétences de A.W.________ à pouvoir fournir un cadre adéquat et sécurisant pour
sa fille, pour l'heure pas démontrées, celle-ci étant labile sur le plan émotionnel
et ne reconnaissant pas ses propres limites.

 

             
Par acte du 11 août 2020, comprenant une
requête d'assistance judiciaire et accompagnée de trois pièces dont deux de forme, A.W.________
a recouru contre cette décision et pris les conclusions suivantes, sous suite de frais et dépens
:

 

«
I.              Le recours est admis.

 

Principalement
:

 

Il.             
Le dispositif de la décision rendue par la Justice de paix du district de Lausanne le 31 janvier
2020 est réformé comme suit :

 

             
I.              Met fin à l'enquête
en limitation de              l'autorité
parentale, respectivement en retrait du doit de déterminer le lieu de résidence instruite à
l'égard de A.W.________, détentrice de l'autorité parentale sur ses filles B.W.________
et C.W.________ ;

 

II.             
Retire, en application de l'art, 310 CC, le droit de A.W.________ de déterminer le lieu de résidence
de B.W.________, née le [...] 2004, fille de G.________ (recte : G.________) et de la précitée,
célibataire, de nationalité éthiopienne, domiciliée à Lausanne ;

 

III.             
Confie un mandat de placement et de garde au SPJ s'agissant de B.W.________ ;

 

            
IV.              Dit que le SPJ exercera
les tâches suivantes : 

            
- placer B.W.________ dans un lieu propice à ses intérêts,

-
veiller à ce que la garde de B.W.________ soit assumée convenablement dans le cadre de son
placement,

-
veiller au rétablissement d'un lien progressif et durable avec sa mère et son père ;

 

V.             
Rappelle aux parents que la prétention à la contribution d'entretien des enfants passe au SPJ
avec tous les droits qui lui sont rattachés dès le jour du placement et que les parents sont
tenus de rembourser les frais d'entretien de leurs enfants placés ou d'y contribuer en fonction
de leurs revenus conformément à leur obligation d'entretien ;

 

VI.             
Restitue à A.W.________ le droit de déterminer le lieu de résidence de sa fille C.W.________,
née le [...] 2005 ;

 

VII.   
Relève le SPJ de son mandat provisoire de placement et de garde à forme de l'art. 310 CC pour
ce qui concerne C.W.________ ;

 

VIII.             
Institue une curatelle d'assistance éducative au sens de l'art. 308 al. 1 CC en faveur d'C.W.________ ;

 

IX.             
Nomme en qualité de curatrice D.________, assistante sociale auprès du SPJ, et dit qu'en cas
d'absence de la curatrice désignée personnellement, le SPJ assurera son remplacement en attendant
son retour ou la désignation d'un nouveau curateur ;

 

X.             
Dit que la curatrice exercera les tâches suivantes :

-
assister les père et mère de ses conseils et de son appui dans le soin de la mineure C.W.________
;

-
donner aux parents des recommandations et des directives sur l'éducation, et agir directement, avec
eux, sur la mineure C.W.________ ;

 

XI.             
Invite le SPJ à remettre annuellement à l'autorité un rapport sur son activité et
sur l'évolution de la situation de B.W.________ et C.W.________ ;

 

XII.             
Rappelle qu'une thérapie mère-fille entre A.W.________ et ses filles B.W.________ et C.W.________
auprès du [...] doit être mise en œuvre immédiatement, conformément au chiffre
II de l'ordonnance de mesures provisionnelles rendue le 1er
février 2019 par le juge de paix ;

 

XIII.             
Laisse les frais de la présente cause, émoluments d'enquête et débours compris, à
la charge de l'Etat. »

 

             
A titre de mesure d'instruction, A.W.________ a requis l'audition de la mineure C.W.________.

 

             
Par courrier du 17 août 2020, la Juge déléguée de la Chambre des curatelles (ci-après
: juge déléguée) a dispensé la recourante, en l'état, d'avance de frais, réservant
la décision définitive sur l'assistance judiciaire.

             
Par courrier du 24 août 2020, le greffe de la Chambre des curatelles a imparti à la juge de
paix un délai de dix jours pour lui communiquer une prise de position ou une décision de reconsidération
(art. 450d CC). Par correspondance du même jour, il a fixé à G.________ et à Me Anne-Rebecca
Bula ainsi qu'au SPJ un délai de 30 jours pour déposer une réponse, les informant que
passé celui-ci, il ne serait pas tenu compte de leurs écritures (art. 147 al. 2 CPC [Code de
procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS 272]).

 

             
Par courrier du 25 août 2020, la Juge de paix du district de Lausanne (ci-après : juge de paix)
a renoncé à se déterminer ou à reconsidérer sa décision, se référant
au surplus à ses considérants.

 

             
Par courrier du 18 septembre 2020, Me Anne-Rebecca Bula s'en est remise à justice s'agissant du
recours interjeté par A.W.________ dans la mesure où les conclusions de celui-ci ne concernaient
pas B.W.________ dont elle était la curatrice de représentation uniquement.

 

             
Dans ses déterminations du 24 septembre 2020, la DGEJ a conclu au rejet du recours.

 

             
Dans sa réplique du 7 octobre 2020, la recourante s'est intégralement référée
à son mémoire de recours du 11 août 2020 et a maintenu sa requête en audition de
l'enfant mineure C.W.________.

 

             
Par courrier du 12 octobre 2020, la juge déléguée a requis de la DGEJ qu'elle actualise
la situation d'C.W.________ en lui soumettant un certain nombre de questions auxquelles elle la priait
de répondre dans un délai au 2 novembre 2020.

 

             
Par courrier du 2 novembre 2020, la DGEJ a répondu au courrier précité.

 

             
G.________ ne s'est pas déterminé sur le recours ni sur les déterminations, respectivement
l'actualisation précitée de la DGEJ.

 

             
Dans ses déterminations sur le courrier de la DGEJ du 2 novembre 2020, A.W.________ a maintenu les
conclusions de son recours.

C.             
La Chambre retient les faits suivants :

 

1.             
A.W.________, née le [...] 1977, et G.________, né le [...] 1971, sont les parents non mariés
et séparés depuis 2008 de B.W.________, née le [...] 2004 et d’C.W.________, née
le [...] 2005.

 

             
A.W.________ est seule détentrice de l'autorité parentale sur ses filles.

 

             
Ressortissante érythréenne, A.W.________ bénéficie d'un livret F et reçoit des
subventions sociales par l'intermédiaire de l'EVAM (Etablissement Vaudois d'Accueil des Migrants).
G.________, né en Ethiopie, a acquis la nationalité suisse. Il travaille en qualité de
bagagiste.

 

2.             
En février 2015, le SPJ a reçu de l’école un signalement l'informant de l'absentéisme
de B.W.________ et de ses problèmes de comportement. Le 20 avril 2015, il a reçu un second
signalement sous la forme d'un rapport d'intervention de la police, appelée le 20 avril 2015 par
la concierge de l'immeuble à la suite de cris d'enfants dans l'appartement de A.W.________, sis
rue des [...] à Lausanne.

 

             
Le 21 décembre 2015, le SPJ a requis de l'autorité de protection qu'elle lui confie un mandat
de placement et de garde de l'enfant B.W.________. Il indiquait suivre la famille depuis le mois de mai
2015 à la suite du signalement précité de l'école, avoir mis en place en mai 2015
une action éducative en milieu ouvert (AEMO) en raisons de difficultés sur le plan familial,
de violences et d'un manque de cadre éducatif posé par la mère ainsi qu'un suivi thérapeutique
au C.________, rapidement interrompu, et avoir placé B.W.________ en urgence au Foyer Q.________
du 27 juillet au 4 octobre 2015 puis, avec l'accord des deux parents, à l'Institut de I.________
dès le 8 octobre 2015. 

 

             
Après plusieurs mois d'action éducative auprès de la famille, le SPJ, au vu du manque
de collaboration de la mère, a requis de l'autorité de protection l'ouverture d'une enquête
en limitation de l'autorité parentale de A.W.________ sur sa fille B.W.________, laquelle a été
ordonnée à l'audience du 5 février 2016 et étendue à C.W.________ selon ordonnance
de mesures provisionnelles du 25 novembre 2016.

             
Le 3 février 2017, B.W.________ a fait une tentative de suicide à I.________ en avalant une
surdose de médicaments. Avec l'accord du SPJ, elle est retournée provisoirement au domicile
de sa mère tout en demeurant scolarisée dans cette institution. Le 2 avril 2017, elle a informé
celle-ci qu'elle craignait de rentrer à la maison, sa mère étant fortement alcoolisée
et l'appartement en grand désordre, ce que la police avait confirmé lors de son intervention
du 11 février 2017 au domicile de A.W.________.

 

             
Par ordonnance de mesures d'extrême urgence du 3 avril 2017, la juge de paix a retiré provisoirement
à A.W.________ son droit de déterminer le lieu de résidence de ses enfants B.W.________
et C.W.________ et confié un mandat provisoire de placement et de garde au SPJ, qui se chargerait
de placer les enfants au mieux de leurs intérêts. 

 

             
Le 3 avril 2017, les deux enfants ont été placés en urgence au Foyer de I.________ et
des visites de la mère, fortement médiatisées, ont été organisées.

 

             
Dans un rapport de renseignement du 10 mai 2017, le SPJ a indiqué que durant son retour provisoire
à la maison, B.W.________ avait été peu présente à l'école, avait accusé
une grande fatigue, sans doute due à de longs trajets pour s'y rendre, et avait confié à
son éducatrice ainsi qu'à son responsable pédagogique que les soirs de la semaine et les
week-ends chez sa mère étaient compliqués en raison de la consommation d'alcool de celle-ci ;
elle avait en outre évoqué des épisodes de violence verbale et physique et craint de laisser
sa petite sœur seule à la maison, mais redouté qu'un nouveau placement n'ait des conséquences
sur la santé psychique de sa mère. Le SPJ observait que depuis le début de leur intervention,
A.W.________ ne parvenait pas à répondre aux besoins de prises en charge de ses filles et à
admettre sa part de responsabilité dans la qualité des rapports qu'elles entretenaient et qu'C.W.________
était triangulée dans une dynamique perturbée dont elle subissait les préjudices.
Il concluait au maintien de son mandat de placement et de garde sur les deux fillettes dans l'objectif
de construire un cadre de protection suffisant et parvenir à rétablir des relations sereines
entre les filles et leur mère.

 

             
Par ordonnance de mesures provisionnelles du 12 mai 2017, la juge de paix a confirmé l'ordonnance
précitée du 3 avril 2017, considérant que la mère ne semblait pas, en l'état,
en mesure de répondre aux besoins de prise en charge de ses filles et de leur offrir une constance
éducative et émotionnelle suffisante.

 

             
Le 27 septembre 2017, B.W.________ a été admise à l'UHPEA (Unité Hospitalière
Psychiatrique de l'Enfant et de l'Adolescent) de l’Hôpital de [...].

 

3.             
Par requête de mesures provisionnelles et préprovisionnelles du 9 novembre 2017, A.W.________
a conclu à ce que son droit de déterminer le lieu de résidence de sa fille C.W.________
lui soit provisoirement restitué. 

 

             
Dans un rapport du 14 novembre 2017, le SPJ a indiqué qu'en dépit d'une certaine déstabilisation
et insécurité d'C.W.________ au Foyer de I.________ depuis le départ de sa sœur,
son placement dans cette institution faisait sens, la fillette peinant à gérer ses périodes
de congé et craignant que les événements du passé en rapport avec les comportements
de sa mère ne se reproduisent. Il soulignait la nécessité de lier ses prises en charge
pour les deux sœurs, la préservation de la fratrie demeurant centrale.

 

             
Par ordonnance de mesures superprovisionnelles du 14 novembre 2017, confirmée par ordonnance de
mesures provisionnelles du 23 novembre 2017, la juge de paix a rejeté la requête de A.W.________
du 7 novembre 2017, confirmé le retrait du droit de la prénommée de déterminer le
lieu de résidence de l'enfant C.W.________, lequel était la seule mesure à même de
veiller à l'établissement d'un lien progressif et durable avec la mère et a ordonné
une expertise psychiatrique auprès du SUPEA (Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et
de l'adolescent) sur les compétences parentales des père et mère.

 

4.             
Le 15 mars 2018, B.W.________ a intégré le Foyer d'urgence [...], à Yverdon-les-Bains,
avec un suivi AIMA (Antenne d'Intervention dans le Milieu pour Adolescents) au C.________.

 

             
Par courrier du 19 avril 2018, le SPJ a informé A.W.________ qu’elle pourrait rendre visite
à B.W.________ une fois par semaine durant 45 minutes et à C.W.________ chaque mercredi après-midi
ainsi qu'avoir sa fille cadette auprès d'elle à quinzaine du vendredi soir au samedi soir ou
du samedi soir au dimanche soir. Il a par ailleurs indiqué à G.________ que des visites sur
la journée seraient organisées, l'objectif à moyen-long terme étant qu’il puisse
progressivement accueillir ses filles sur des moments de week-ends. Enfin, il notait que les enfants
se rencontreraient chaque semaine et rendait les parties attentives au fait que si des difficultés
devaient surgir, la thérapie familiale aux C.________ restait le lieu privilégié pour
les aborder.

 

             
Dans un rapport à la justice de paix du 14 juin 2018, le SPJ a conclu au maintien des mesures ordonnées.
Il exposait que le projet de prise en charge de B.W.________ et C.W.________, développé en
collaboration avec le C.________ pour les suivis médicaux et le Foyer [...] pour les aspects protectionnels
et éducatifs, évoluait favorablement, que B.W.________ y serait admise définitivement
dès le 6 juillet suivant et qu'C.W.________, qui terminait son année scolaire à [...]
et son placement au Foyer de [...], serait admise en même temps que sa sœur au Foyer [...],
à Yverdon-les-Bains, que les parents étaient impliqués tout comme leurs filles dans la
mise en œuvre de ce projet et que les enfants avaient pu transmettre qu'elles se réjouissaient
d'être réunies. S’agissant des visites, le SPJ observait que le père avait des contacts
réguliers avec ses filles et s'investissait dans la vie de celles-ci, qui étaient aussi demandeuses.
Malgré que les visites de la mère à B.W.________ restaient plus compliquées, A.W.________
ayant pu exprimer que 45 minutes par semaine étaient trop pour elle, le SPJ estimait que le maintien
du lien était absolument nécessaire. Les visites d'C.W.________ étaient en revanche positives
de manière générale, la fillette en profitant et demandant à voir sa mère davantage.
Les sœurs avaient pu exprimer que lorsque leur mère venait en visite et qu'elle n'était
pas bien, il y avait moins d'échanges, ce qu'C.W.________ arrivait à gérer mais qui était
plus difficile pour B.W.________. Le suivi thérapeutique avait pu débuter (en l'absence d'un
travail thérapeutique intégrant la fratrie et la mère et au vu de la complexité des
relations triangulaires, une réunion de la famille n'était pour l'heure pas envisageable) et
le SPJ était parvenu à mettre en place un rythme régulier autour des visites et un cadre
qui était respecté par les parents et les enfants. 

             

             
Se déterminant sur les conclusions du SPJ, A.W.________ a déclaré que si elle persistait
dans ses réquisitions tendant à ce que le droit de déterminer le lieu de résidence
de ses filles, ou à tout le mois celui d'C.W.________, lui soit restitué, elle comprenait néanmoins
qu'il soit peu envisageable qu'il y soit fait droit alors que l'admission, respectivement la réunion
des filles au sein du Foyer [...] venait d'être réalisée et que le rapport d’expertise
n’était pas rendu.

             
Par ordonnance de mesures provisionnelles du 23 juillet 2018, la juge de paix, considérant que la
situation ne présentait pas, en l'état, d'évolution suffisamment conséquente pour
permettre de conclure à la présence d'un cadre garantissant la protection du développement
des enfants mais qu'il convenait néanmoins d'encourager les parents à poursuivre leurs efforts
dont les résultats étaient constatés, a maintenu la mesure de retrait provisoire du droit
de déterminer le lieu de résidence de A.W.________ sur ses enfants, poursuivant l'enquête
ouverte à cet égard.

 

5.             
Dans un rapport à l'attention de l'autorité de protection du 18 octobre 2018, la Fondation
[...] a observé qu'C.W.________ était sous l'emprise de sa sœur et devait lui obéir
pour lui prouver son amour, s'inquiétait beaucoup pour elle et peinait à se projeter dans ses
propres loisirs ou sa scolarité. Certes le placement de l'enfant avait tout son sens du point de
vue éducatif, mais la problématique de B.W.________ mettait sa cadette dans une situation complexe
quant à son développement de sorte que se posait la question de la nécessité du rassemblement
de la fratrie. Quant au placement de B.W.________, il était remis en cause par la problématique
psychique de l'enfant nécessitant des soins qui ne pouvaient pas être assumés au foyer,
une structure ouverte ne lui permettant pas non plus d'évoluer en toute sécurité.

 

             
Par courrier du 22 octobre 2018, le SPJ a informé la justice de paix  que depuis le début du
placement des enfants au Foyer [...], B.W.________ bénéficiait d'un accueil éducatif en
foyer complété quotidiennement par une prise en soins thérapeutique en hôpital de
jour au Centre des [...] d'Yverdon-les-Bains, lequel pouvait s'adapter en fonction des nécessités,
la liaison entre ces structures étant assurée par l'intervention bihebdomadaire d'une infirmière
de l'AIMA, mais qu’il observait une dégradation depuis quelques semaines du comportement de
B.W.________, qui mettait en échec les prises en charge, multipliait à la fois les transgressions
et mises en danger ainsi que les appels de détresse. Les tentatives de recadrage ayant échoué,
le SPJ avait pu remobiliser l'UHPEA de l'Hôpital de [...] pour un accueil en urgence qui avait pu
débuter le 10 octobre 2018. Cela étant, le SPJ soulignait qu'C.W.________ était impactée
par les évènements survenus ainsi que par sa situation familiale et exprimait sa souffrance.
Il ajoutait que la mère révélait d'importantes fragilités et une insuffisance de
son propre encadrement médical.

 

             
Par courrier du 19 novembre 2018, A.W.________, constatant que l'action socioéducative était
un échec et que les mesures mises en place ne répondaient plus aux besoins spécifiques
de B.W.________, a requis que l'expertise pédopsychiatrique soit étendue à la question
de l'évaluation de l'état psychique de l'enfant.

 

             
Par courrier du 27 novembre 2018, la juge de paix a requis du SUPEA qu'il étende sa mission à
la question de l'évaluation psychique de B.W.________.

 

6.             
Par courrier du 11 décembre 2018, A.W.________ a conclu, par voie de mesures provisionnelles, à
pouvoir exercer ses relations personnelles sur B.W.________ au sein du Foyer [...] chaque mercredi et
samedi soir à l'heure du souper et sur C.W.________ le mercredi après-midi de la sortie de
l'école à l'heure du souper, le week-end du vendredi à 18 heures au dimanche à 18
heures et durant la moitié des vacances scolaires et jours fériés ainsi qu'à la mise
en œuvre au C.________ d'une thérapie mère-fille, le cas échéant entre elle
et chacune de ses filles séparément, et à sa réintégration aux séances
qui se déroulaient hors sa présence depuis le mois de mars 2018, le SPJ étant invité
à veiller à l'élargissement progressif du droit de visite de la mère sur ses filles.

 

             
A l'audience du 1er
 février 2019, le SPJ a adhéré aux conclusions de la

requête
précitée de A.W.________ tout en précisant que si la fratrie était séparée,
la situation serait extrêmement difficile à gérer, voire pire si l'une des deux mineures
devait retourner chez sa mère, car si les filles admettaient des traitements différents s'agissant
du droit de visite de leurs parents, elles n'accepteraient pas un changement de lieu de vie de l'une
d'elles. Par ailleurs compte tenu de l'épuisement du foyer où était placée B.W.________,
le SPJ sollicitait le placement de la mineure en observation au CPA (Centre communal pour adolescents)
de [...]t, pour une durée d'un mois, afin de la contenir et d'obtenir des propositions pour son
avenir. Interpellée sur sa consommation d'alcool constatée dans un rapport de police du 14
décembre 2018, A.W.________ a expliqué qu’elle n’avait pas de problèmes mais
qu’elle reconnaissait avoir trop bu à certaines occasions, dont ce soir-là alors qu'elle
fêtait son anniversaire, mais jamais avant de voir ses filles, et qu’elle était consciente
qu'il ne fallait pas trop boire compte tenu de sa médication.

             
Par courrier du 1er
avril 2019, A.W.________ a conclu à la mise en œuvre immédiate d'une thérapie mère-fille,
respectivement à sa réintégration aux séances qui se déroulaient sans elle depuis
plus d'une année, et s'est ralliée aux propositions du SPJ relatives aux mesures sécuritaires
envisagées en faveur de B.W.________.

 

             
Le 24 juin 2019, la juge de paix a envoyé pour notification aux parties son ordonnance du 1er
février 2019 aux termes de laquelle elle ratifiait, pour valoir ordonnance de mesures provisionnelles,
la convention signée les 8, 16 et 24 mai 2019 par G.________, A.W.________, la curatrice de l'enfant
et le SPJ, selon laquelle le droit de visite des parents s'exercerait d'entente avec le SPJ. A défaut
d'entente, les parties ont convenu que la mère exercerait son droit de visite sur B.W.________ au
sein du Foyer [...] chaque mercredi soir, pour le repas du soir qui serait en principe pris avec C.W.________,
et chaque samedi soir pour le repas du soir ainsi que sur C.W.________ chaque mercredi après-midi
dès la sortie de l'école et jusqu'après le repas du soir qui serait en principe pris avec
B.W.________, un week-end sur deux, en alternance avec le droit de visite de G.________, du vendredi
à 18 heures au dimanche à 18 heures et durant la moitié des vacances scolaires et des
jours fériés, alternativement. Quant au droit de visite du père sur ses filles, il a été
fixé à un week-end sur deux, en alternance avec le droit de visite de A.W.________, du vendredi
à 18 heures au dimanche à 18 heures et durant la moitié des vacances scolaires et des
jours fériés, alternativement, étant précisé que G.________ travaillait en principe
deux à trois week-ends par mois de façon non régulière selon un planning qu'il s'engageait
à communiquer au SPJ et à la mère afin de convenir ensemble des fins de semaine de prises
en charge de chacun des parents. Enfin, si le père ne pouvait pas prendre sa fille C.W.________
pour un week-end, il en informerait le SPJ et la mère serait autorisée à prendre l'enfant
auprès d'elle, dans la mesure de ses possibilités, en sus des modalités précitées.
Par ailleurs, le SPJ s'engageait à veiller à l'élargissement progressif du droit de visite
de A.W.________ et à faire régulièrement toutes propositions précises et utiles en
ce sens à l'autorité de protection. 

 

             
Dans la même ordonnance, la juge de paix a ordonné la mise en œuvre immédiate d'une
thérapie mère-filles entre A.W.________, B.W.________ et C.W.________ auprès du C.________,
à charge pour celui-ci d’en fixer immédiatement les modalités.

7.             
Le 12 septembre 2019, X.________, psychologue adjointe, et la Dre

R.________,
cheffe de clinique auprès de l'Institut de Psychiatrie légale (IPL), ont rendu leur rapport
d'expertise. Dans le cadre de leurs observations, elles ont relevé que B.W.________ nécessitait
des soins et un cadre de vie contenant que sa mère ne semblait pas pouvoir lui offrir et qu'C.W.________
verbalisait l'envie de retourner vivre auprès de sa mère et de retrouver son ancien quartier
ainsi que ses amies d'enfance, mais faisait cependant confiance à l'évaluation des adultes
: « si on me dit de rester au foyer, j'y reste ». Les expertes ont exposé que A.W.________
semblait  présenter un déni de ses propres fragilités, se montrant peu accessible
à la thérapie et au soutien, peinait à reconnaître les besoins de ses filles et semblait
présenter une faible empathie à leur égard et que de ce fait, les capacités éducatives
maternelles apparaissaient pour l'heure diminuées. Elles ont relevé que la prénommée
 entretenait avec B.W.________ des relations passablement distantes et peu chaleureuses, qu’elle
semblait déléguer toute forme d'éducation et d'encadrement à des tiers et exprimait
avec une certaine ambivalence son désir de récupérer la garde de son aînée,
mais avait avec C.W.________ une relation empreinte de complicité de chaleur, mère et fille
exprimant de l'attachement l'une envers l'autre ainsi que le désir que l’enfant retourne vivre
avec sa mère ou encore passe plus de temps avec elle. Toutefois, tout comme pour la prise en charge
de B.W.________, la mère semblait pour l'heure encore trop labile sur le plan émotionnel et
n'apparaissait pas reconnaître ses propres limites. Les expertes concluaient que la poursuite du
placement des filles était nécessaire compte tenu de ce que la mère ne reconnaissait pas
ses propres difficultés et n'acceptait pas suffisamment le soutien des différents professionnels.
Ce comportement de A.W.________ impactait les compétences maternelles ainsi que la prise en charge
de ses filles, la mère semblant peu à même d’accompagner celles-ci, de les soutenir
et de les orienter dans leur quotidien.

 

8.             
Par courrier du 11 novembre 2019, A.W.________
a transmis à la justice de paix les résultats d'un bilan hépatique auquel elle s'était
soumise volontairement chez son médecin traitant, le Dr [...], et dont il ressortait que les quatre
valeurs analysées le 3 juillet, 11 et 27 septembre puis 25 octobre 2019 étaient toutes négatives
et celles des Gamma-GT (Gamma-glutamyltranspeptidase) et CDT (Carbohydrate Deficient Transferrin), visant
le dépistage d'alcoolisme chronique, particulièrement faibles. Elle rappelait que ces résultats
venaient corroborer ceux des analyses de sang effectuées entre le 29 juin 2015 et le 17 mars 2017,
lesquelles démontraient que ses consommations d'alcool n'étaient pas excessives.

 

9.             
Le 29 novembre 2019, la juge de paix a procédé à l'audition séparée de B.W.________
et d’C.W.________, la cadette des filles acceptant que le procès-verbal de ses déclarations
soit adressée à ses parents et au SPJ. 

 

             
C.W.________ a indiqué se porter bien, avoir de bonnes notes (4,5) et bien s'entendre avec les autres
enfants du foyer et les éducateurs. Elle a confirmé qu'elle avait le droit de sortir du foyer
jusqu'à 21 heures avec des copines, précisant qu'elle s'était fait de bons amis au sein
de l'école à Yverdon-les-Bains et qu'elle entretenait plutôt des contacts avec ses anciennes
camarades de classe car elle avait redoublé son année. Elle était pour l'heure en VG (voie
générale) 1, mais allait passer en VG2 pour le français et désirait faire le RAC
(raccordement) 1. C.W.________ a indiqué qu'elle allait chez ses parents un week-end sur deux, alternativement,
et qu'elle rencontrait sa mère le mercredi de midi à 17 heures. Il n'y avait rien d'organisé
avec sa sœur, qui allait plus facilement chez leur mère durant la semaine et qu'elle voyait
lorsqu'elle se rendait chez ses parents. C.W.________ souhaitait retourner à la maison, où
elle avait ses anciennes habitudes. Elle s'entendait bien avec sa mère, mais ne détestait pas
vivre dans le foyer d'Yverdon, et elle s'était plus habituée à vivre chez elle que chez
son père. Elle s'entendait globalement bien avec sa sœur, bien qu'il y avait parfois des embrouilles,
laquelle s'était inquiétée pour ses notes ; toutefois cela se passait bien désormais
et elle aimait particulièrement le français et l'histoire. Selon C.W.________, sa mère
allait bien mais était triste ; celle-ci venait la visiter les mercredis (parfois les visites étaient
décalées) et elles mangeaient ensemble puis elle la raccompagnait à la gare à 17
heures. Elle préférait le Foyer [...] à celui de I.________ en raison de la proximité
du premier avec le centre-ville et de la fréquentation du lieu, précisant qu'elle était
allée à Yverdon-les-Bains car sa sœur devait changer de foyer.

 

             
Du seul extrait autorisé des déclarations de B.W.________, il ressort que la jeune fille acceptait
que sa mère, son père et le SPJ soient informés qu'elle souhaitait bénéficier
d'une chambre indépendante et construire son avenir, qu'elle ne voulait pas rentrer à domicile,
ni que sa sœur n’y retourne, qu'elle voudrait que sa mère apprenne qu'elle la pensait
alcoolique et qu'il était nécessaire qu'elle se soigne pour qu'après tout aille et que
son père sache qu'elle le remerciait.

 

10.             
Selon le rapport annuel de prise en charge du Foyer [...] du 4 décembre 2019, C.W.________ avait
une évolution positive, se montrait désormais la plupart du temps respectueuse des adultes
et du cadre posé, à condition d’y voir du sens, mais n'aimait pas parler d'elle, de comment
elle vivait et ressentait les choses. L’enfant avait une bonne relation avec l'ensemble des jeunes
de son groupe et plusieurs centres d'intérêts, était investie dans sa scolarité et
en bonne santé physique et psychique même si parfois elle se sentait plus triste en raison
de la situation de sa sœur.

 

             
Dans un rapport de renseignements du 6 décembre 2019, H.________, adjoint suppléant de la cheffe
de l'ORPM (Office régional pour la protection des mineurs) Centre ainsi qu'Z.________ et D.________,
assistantes sociales pour la protection des mineurs, ont fait part d'une évolution positive d'C.W.________
et d'un certain équilibre de l’enfant entre la prise en charge au Foyer [...] et les temps
passés avec ses parents les week-ends et les mercredis après-midi avec sa mère. Ils notaient
cependant qu’il était complexe de connaître les sentiments de l’enfant et ses envies
quant à la suite. Celle-ci pouvait se montrer ambiguë en disant vouloir rentrer chez sa mère,
mais rapportait des états de tensions lorsque sa sœur était présente et acceptait
aussi les conclusions de l'expertise. Quant à B.W.________, celle-ci nommait les moments avec sa
mère à domicile comme compliqués et voulait en protéger sa sœur dont elle avait
l’impression qu’elle souffrait en silence et devait soutenir inconditionnellement sa mère.
Enfin, selon A.W.________, qui ne concevait pas que sa fille aînée puisse s'inquiéter
pour elle, B.W.________ serait de plus en plus à la maison car elle souhaiterait recréer un
lien avec elle et C.W.________ et retrouver sa place dans la famille. Le SPJ indiquait encore avoir pu
avoir accès à la psychologue de A.W.________ afin de mettre en place un entretien thérapeutique
rassemblant la mère, B.W.________ et leurs thérapeutes respectives pour que les préoccupations
des filles puissent désormais circuler et être davantage considérées.

 

             
Dans un rapport complémentaire du 6 décembre 2019, [...], cheffe de l'ORPM du Centre, et Z.________
ont indiqué que B.W.________ avait bénéficié de plusieurs placements successifs jusqu'à
l'été 2019 lorsque sa place au Foyer [...] avait été remise en question en lien avec
sa déscolarisation, ses multiples mises en danger, sa difficulté à bénéficier
de soins proposés et son décalage important par rapport aux autres enfants accueillis, que
l'adolescente avait mis en échec son placement au Foyer J.________ à Bienne, lequel lui permettait
pourtant de bénéficier d'une prise en charge médiatisée pour les arts comme elle
l'avait demandée, et qu'à son retour au Foyer [...], elle avait « explosé »
de sorte qu'une fin de placement et un retour au CPA de [...] avaient été décidé,
ce dernier ayant cessé en novembre 2019 en raison du comportement inadéquat, agressif et provocateur
de l'intéressée. Faute d'une structure pouvant l'accueillir, B.W.________ bénéficiait
depuis lors prise en charge ambulatoire par le DIOP (Dispositif d'intervention et d'observation pluridisciplinaire)
et d'un suivi médical au C.________ par le biais de la Dre [...], pédopsychiatre, et était
logée à [...] à Lausanne. Le SPJ ajoutait qu'il n'était pas en mesure d'envisager
un placement habituel pour cette adolescente, dont le fonctionnement était inconciliable avec les
exigences d'encadrement d'une collectivité d'adolescents et que son projet était de trouver
un lieu d'accueil individualisé, disposant de ressources pour lui offrir gîte et couvert par
le biais d'une disponibilité éducative et complémentaire à celle offerte par le DIOP.
Il estimait qu'il était essentiel pour B.W.________ de pouvoir se poser et s'installer quelque part,
laquelle avait urgemment besoin de pouvoir se projeter dans un lieu de vie sans que celui-ci ne soit
sans cesse remis en question, avec un nombre limité d'attentes et de demandes.

 

             
Toujours le 6 décembre 2019, le SPJ a confirmé le caractère particulier de la situation
de B.W.________ et précisé que la prise en charge au CPA de [...] avait pris fin en raison
principalement des comportements violents et agressifs de l'adolescente, lesquels avaient conduit le
personnel du centre à déposer plainte contre elle.

 

11.             
Par courrier du 16 janvier 2020, A.W.________ a requis de l'autorité de protection qu'elle distingue
la situation de ses filles. Se déterminant sur le rapport d'expertise du 12 septembre 2019 et les
derniers courriers du SPJ, elle indiquait qu'elle ne pouvait pas adhérer aux conclusions des expertes
préconisant la poursuite du placement en foyer des deux enfants, rappelant que la situation de l'aînée
avait servi à justifier le placement institutionnel de la cadette en raison du conflit de loyauté
dans lequel cette dernière se serait trouvée et la volonté des deux sœurs de ne pas
être séparée, qu'elle-même avait été évincée du suivi thérapeutique
auprès des [...], que la thérapie familiale n'avait pas repris malgré la décision
de la juge de paix du 1er
février 2019, laquelle était désormais envisagée uniquement entre elle et sa fille
aînée. Elle faisait valoir que ses efforts n'avaient pas été pris en compte par l'expertise
en tant qu'elle s'était toujours déclarée favorable à la mise en œuvre d'une
thérapie mère-filles au C.________, mais s'était retrouvée confrontée à
un refus des thérapeutes, qu'elle avait repris un suivi thérapeutique individuel, qu'elle était
profondément inquiète pour B.W.________ et souffrait beaucoup de la séparation d'avec
ses filles, qu'elle s'était soumise volontairement à un bilan hépatique qui avait démontré
qu'elle ne souffrait pas d'une dépendance à l'alcool et que ses rapports avec le SPJ s'étaient
largement apaisés dès lors qu'elle acceptait le soutien et l'aide proposés par ce service
et la collaboration avec le Foyer [...]. Elle concluait en définitive à ce que son droit de
déterminer le lieu de résidence sur C.W.________ lui soit restitué et qu'une curatelle
d'assistance éducative à forme de l'art. 308 al. 1 CC soit instituée en faveur de celle-ci,
dont le mandat resterait confié au SPJ. S'agissant de B.W.________, elle était consciente qu'un
retour à domicile n'était pour l'heure pas envisageable et réitérait en conséquence
son souhait de voir la thérapie mère-fille mise en œuvre rapidement, ne s’opposant
pas à ce qu'un mandat de placement et de garde à forme de l'art. 310 CC reste en l'état
confié au SPJ.

 

             
Dans un rapport de renseignements du 27 janvier 2020, le SPJ a indiqué qu'aux termes d'une rencontre
entre I'UPPEC (Unité de pilotage des prestations éducatives contractualisées) et les directions
des institutions pour adolescents, il avait été décidé que B.W.________ pouvait intégrer
le Foyer [...] à Lausanne, lequel était un foyer bas seuil accueillant des jeunes sur une durée
d'environ 9 mois. Après un mois de placement, il observait que si la situation de la jeune fille
s'était améliorée dans le sens d'une stabilité dans son lieu de vie, il restait que
son état psychique inquiétait et que ses besoins de soins étaient importants. Par ailleurs,
le DIOP restait impliqué et le CPA de [...] mobilisable en tout temps.

 

12.             
A l'audience du 31 janvier 2020, le SPJ a précisé que B.W.________ était très impulsive
et en grande souffrance, ce qui l'empêchait de respecter un cadre qui pour les adultes semblait
normal, fuyait tout ce qui était pour son bien et avait besoin de s'assurer que l'on tenait à
elle et, en conséquence, testait les limites et les intervenants. Son placement à [...] présentait
des aspects positifs en termes de protection de l'enfant et de stabilisation, le cadre offert, difficile
à maintenir, étant psychiquement contenant. Enfin, la rencontre entre l'adolescente, sa mère
et leurs thérapeutes respectifs n'avait pas encore pu se faire. S'agissant d'C.W.________, le SPJ
estimait qu'une mesure plus légère que le retrait du droit de déterminer le lieu de résidence
était prématurée, notamment au vu de l'expertise, mais qu'il n'était pas exclu que
cela puisse se faire une fois la situation consolidée, qu'il y avait une difficulté à
reconnaître les fragilités constatées, que les dispositions prises et la stabilisation
de l'enfant étaient encore récents et que le cadre devait se maintenir tel quel avant d'être
assoupli ; le placement d'C.W.________ permettait à la jeune fille de se différencier, notamment
par rapport à sa sœur, et de se construire avec des ressources complémentaires à
celles de sa famille. Le SPJ a ajouté qu'C.W.________ n'avait pas de suivi, bien que cela lui avait
été présenté à plusieurs reprises, et qu'il était difficile de savoir ce
qu'elle pensait et vivait dans la mesure où elle était discrète. Les thérapeutes
avaient préféré faire des réunions entre les deux sœurs avant de réunir
la famille, mais ce projet avait été abandonné. Le SPJ observait en outre que les filles
avaient un discours très différent par rapport à leur mère, B.W.________ se faisant
beaucoup de souci pour elle tandis qu'C.W.________ étant beaucoup plus lisse et discrète que
ce soit d'une manière générale ou à ce sujet plus particulièrement, et qu'il
avait été très compliqué d'entrer dans les difficultés de la mère dont
la vision de sa situation différait de celle rapportée par B.W.________.

 

             
Selon A.W.________, les relations personnelles avec C.W.________ se passaient bien. Elle aimait ses enfants,
les respectait, voulait leur bien et souhaitait gagner la confiance de l'autorité de protection
ainsi que de ses filles. Sa santé était bonne, elle était prête à faire des
tests d'alcoolémie (elle avait repris ces derniers en 2019 après les avoir interrompus en 2017)
et tenait son appartement en ordre. Elle souhaitait une thérapie mère-fille avec B.W.________,
laquelle n'avait jamais pu être mise en place, et estimait que la collaboration avec le SPJ et le
Foyer [...] était bonne. Elle souhaitait qu'C.W.________ revienne à la maison à la fin
de l'année scolaire 2019¬2020, mais était consciente que sa fille devait terminer sa scolarité
à Yverdon-les-Bains. Elle s'interrogeait sur la possibilité d’un droit de visite plus
régulier pour B.W.________, indiquant qu'elle parvenait à bien communiquer avec elle lorsqu'elles
se voyaient en dépit de moments de crises et qu'elle avait pris conscience qu'elle devait être
calme et réagir de manière différente et adéquate envers sa fille.

 

             
Me Bula, curatrice de représentation de B.W.________, a fait part de ses difficultés à
atteindre celle-ci, notamment en lien avec la procédure pénale ouverte devant les autorités
genevoises dans le cadre d'une affaire où une ou plusieurs personnes auraient abusé de l'adolescente.
Selon L.________, éducateur de B.W.________ auprès du Foyer [...], l'adolescente était
consciente d'avoir épuisé beaucoup de ressources et de solutions d'accueil et elle était
plus stable depuis qu'elle se trouvait dans ce nouveau foyer qui était plus adapté à sa
façon d'être, quand bien même son humeur et son avis étaient fluctuants et son rythme
de vie assez décalé. Il était pour l'heure le seul à parvenir à amener la jeune
fille à ses rendez-vous chez son psychiatre ou son médecin et avait mis beaucoup d'énergie
à ce que celle-ci rencontre sa curatrice, en vain.

 

13.             
Le 31 juillet 2020, [...], psychologue FSP auprès du C.________, a attesté que A.W.________
bénéficiait d'un suivi depuis le 18 octobre 2019.

 

14.             
Dans son bilan de l'action socio-éducative du 22 juillet 2020, le SPJ a noté que la situation
de B.W.________, après s'être largement dégradée, ce qui avait mis en échec
tous les lieux de placement, s'était  améliorée en ce qui concernait la stabilité
de son lieu de vie à partir de son intégration, en décembre 2019, du Foyer [...] à
Lausanne. Le SPJ considérait que le fait que B.W.________ reste au foyer et qu'elle sorte moins
était positif, l'adolescente étant moins dans la fuite. En revanche, son état psychique
demeurait inquiétant et ses besoins de soins étaient importants. Il semblait que malgré
la fragilité de la situation, en lien aussi avec son irrégularité, B.W.________ investissait
son espace thérapeutique et transmettait une volonté de s'inscrire dans ses activités.
Elle ne souhaitait plus avoir pour l'heure de contact avec sa mère, avec qui la relation était
très compliquée, mais maintenait des contacts avec son père chez qui elle se rendait pour
le week-end à quinzaine, voire davantage durant le confinement du printemps 2020, ainsi que durant
la moitié des vacances, avec un bilan très positif, gardant par là-même le contact
avec sa sœur. Elle disait aller mieux et avancer même si son état psychique restait fragile.
Elle arrivait à se projeter sur ses envies, mais il était important de pouvoir avancer par
étapes.

 

             
Le SPJ a également relevé qu'C.W.________ était bien intégrée au foyer [...],
entretenait une bonne relation avec l'ensemble des jeunes du groupe, participait à la vie de celui-ci,
avait de l'humour et plusieurs centres d'intérêts, se montrait la plupart du temps respectueuse
des adultes et du cadre posé pour elle, à condition qu'elle y voie du sens. Elle avait cependant
tendance à se frustrer et à se braquer lorsque les choses n'allaient pas dans son sens ainsi
qu'à parler d'elle-même et il était difficile pour l'équipe éducative de parler
avec elle de son ressenti. Le bilan d'Impact Jeune était également plutôt positif ; C.W.________
était investie lors de séances de coaching individuel, lesquelles avaient permis de travailler
la révision des vocabulaires et des maths, et obtenait de bons résultats lorsqu'elle faisait
l'effort d'apprendre. Durant l'année 2019, C.W.________ s'était réjouie de l'élargissement
du droit de visite et avait pu passer un week-end sur deux et la moitié des vacances chez chacun
de ses parents.

 

             
Le SPJ a encore noté que A.W.________ était consciente qu'il n'était pas bénéfique
que sa fille aînée rentre chez elle, acceptait de ne plus la voir, consentait en conséquence
à ce qu’il conserve la garde de B.W.________, mais désirait en revanche récupérer
celle d'C.W.________. Quant au père, il était ravi d'accueillir ses filles un week-end sur
deux et maintenait cette volonté.

 

15.             
Le 2 novembre 2020, sur réquisition du 12 octobre 2020 de la juge déléguée, Manon
Schick, directrice de la DGEJ, a indiqué que durant la période de confinement du printemps
2020, mère et fille avaient accepté qu'C.W.________ reste au foyer, que des relations personnelles
avaient été organisées et que A.W.________ s’était rendue disponible pour sa
fille malgré plusieurs retards et visites annulées. Après le confinement, les contacts
avaient repris régulièrement, mère et fille disant aimer passer du temps ensemble mais
restant très évasives sur la dynamique de leur relation. Selon leur discours, il n'y avait
jamais de conflit, mais la DGEJ avait cependant constaté que la mère avait pris pour habitude
d'éviter la confrontation avec sa fille, pouvant soit accepter de se ranger du côté d'C.W.________,
soit passer par diverses émotions y compris pour des sujets anodins. L'adolescente respectait les
règles, était autonome et mature. Cependant, il paraissait encore important d'accompagner la
mère dans ses prises de position vis-à-vis de sa fille et de l'aider à mettre en place
un cadre éducatif adéquat et sécurisant à domicile. La mère avait développé
petit à petit un lien de confiance avec le foyer, mais il ressortait des entretiens qu'elle restait
encore fragile. Elle pouvait en effet traverser des phases de difficultés lors desquelles elle peinait
à faire la part des choses entre ses besoins et ceux de sa fille et tenait un discours autocentré,
ne parvenant pas à mettre un cadre et des limites à C.W.________.

 

             
Concernant la question du cadre thérapeutique mis en place pour favoriser le lien entre la mère
et sa fille, la DGEJ a répondu qu'elle rencontrait encore d'importantes difficultés à
connaître l'état réel de la relation mère-fille tant les discours restaient identiques
et lisses lors de chaque entretien. Une thérapie mère-fille, qui permettrait d'assurer que
la relation était bénéfique et constructive pour C.W.________, semblait être acceptée
par A.W.________, mais il importait que du sens soit donné à celle-ci. A cet égard, la
Dre [...] serait prête à ouvrir l'espace thérapeutique de la mère pour y inviter
C.W.________, mais elle ne pouvait pas évaluer la dynamique relationnelle, A.W.________ ne semblant
pas très régulière dans son suivi psychiatrique et la praticienne constatant que cette
dernière passait par des périodes de déprime et allait parfois dans tous les sens sur
le plan professionnel et familial. Aussi la difficulté rencontrée par la DGEJ à obtenir
un retour clair sur l'état psychique de la mère continuait à l'inquiéter et il importait
d'assurer la protection d'C.W.________ une fois de retour à domicile.

 

             
Quant à B.W.________, elle semblait ne pas se projeter sur Lausanne et se sentait bien à Yverdon-les-Bains.
Elle souhaitait retourner vivre chez sa mère, même si elle persistait à ajouter qu'elle
se conformerait à la décision de justice. Elle avait amélioré ses résultats
scolaires et avait été promue en 10ème
Harmos. Elle bénéficiait d'un suivi individualisé entièrement géré par
le foyer (appuis scolaires, coaching individuel et devoirs) et se montrait ponctuelle et motivée.
Il paraissait primordial que la mère veille à s'impliquer petit à petit à ce niveau-là
afin d'assurer le suivi de sa fille en cas de retour à domicile. Le cadre des visites avait été
élargi dans le but de tester des périodes plus longues auprès de la mère et C.W.________
continuait à travailler sur son autonomie et ses compétences personnelles qui devraient lui
permettre, en cas de difficulté avec celle-ci, de le verbaliser ou de demander de l'aide voire de
soutenir celle-ci lorsque sa mère était dans une période de fragilité. Le projet
de retour allait être mis en place avec les mesures d'accompagnement nécessaires, sans qu'il
soit besoin de précipiter les choses (nouvelle école, rupture des liens sociaux etc.) S'agissant
d'une étape cruciale, il importait qu’C.W.________ participât activement au processus
de décision et à la préparation de son retour, y compris quant à sa temporalité,
et que tout soit mis en œuvre pour lui permettre de réussir son certificat de fin de scolarité
en 2021. Ainsi, un retour à domicile pourrait être planifié durant le premier trimestre
2021 moyennant que la mère collabore avec le foyer et la DGEJ et adhère aux mesures d'accompagnement
qui seraient mises en place et qu'C.W.________ participe à la décision et à toute la préparation
de son départ.

 

             
En droit
:

 

 

1

1.1             
Le recours est dirigé contre une décision de la justice de paix retirant à  la mère
le droit de déterminer le lieu de résidence de ses enfants mineures (art. 310 CC) et confiant
à la DGEJ un mandat de garde et de placement.

 

1.2             
Contre une telle décision, le recours de l'art. 450 CC est ouvert à la Chambre des curatelles
(art. 8 LVPAE [Loi du 29 mai d'application du droit fédéral de la protection de l'adulte et
de l'enfant ; RSV 211.255] et 76 al. 2 LOJV [Loi d'organisation judiciaire du 12 décembre 1979 ;
RSV 173.01]) dans les trente jours dès la notification de la décision (art. 450b al. 1 CC).
Les personnes parties à la procédure, les proches de la personne concernée et les personnes
qui ont un intérêt juridique à l'annulation ou à la modification de la décision
attaquée ont qualité pour recourir (art. 450 al. 2 CC). Le recours doit être dûment
motivé et interjeté par écrit (art. 450 al. 3 CC), les exigences de motivation ne devant
cependant pas être trop élevées (Droese/Steck, Basler Kommentar, Zivilgesetzbuch I, Art.
1-456 CC, 6e
éd.,  Bâle 2018, n. 42 ad art. 450 CC, p. 2825).

 

             
L'art. 446 al. 1 CC prévoit que l'autorité de protection établit les faits d'office. Compte
tenu du renvoi de l'art. 450f CC aux règles du CPC, l'art. 229 al. 3 CPC est applicable devant cette
autorité, de sorte que les faits et moyens de preuve nouveaux sont admis jusqu'aux délibérations.
Cela vaut aussi en deuxième instance (Droese/Steck, op. cit., n. 7 ad art. 450a CC, p. 2827 et les
auteurs cités). En matière de protection de l'adulte et de l'enfant, la maxime inquisitoire
illimitée est applicable, de sorte que les restrictions posées par l'art. 317 CPC pour l'introduction
de faits ou moyens de preuve nouveaux sont inapplicables (cf. JdT 2011 Ill 43 ; CCUR 16 avril 2020/74).

 

1.3             
La Chambre des curatelles doit procéder à un examen complet de la décision attaquée,
en fait, en droit et en opportunité (art. 450a CC), conformément à la maxime d'office
et à la maxime inquisitoire, puisque ces principes de la procédure de première instance
s'appliquent aussi devant l'instance judiciaire de recours (Droit de la protection de l'enfant, Guide
pratique COPMA Zurich/St-Gall 2017 [cité : Guide pratique COPMA 2017], n. 5.77, p. 180). Elle jouit
d'un plein pouvoir de cognition pour tous les motifs de recours prévus par la loi, à savoir
la violation du droit (ch. 1), la constatation fausse ou incomplète des faits pertinents (ch. 2)
et l'inopportunité de la décision (ch. 3) (Meier, Commentaire du droit de la famille, Protection
de l'adulte, Berne 2003 [cité : CommFam], n. 7 ad art. 450a CC et les références citées).
S'agissant de ce dernier critère, l'instance judiciaire de recours jouit d'un plein pouvoir d'appréciation
(Meier, CommFam, n. 10 ad art. 450a CC).

 

             
La Chambre des curatelles peut confirmer ou modifier la décision attaquée devant elle. Dans
des circonstances exceptionnelles, elle peut aussi l'annuler et renvoyer l'affaire à l'autorité
de protection, par exemple pour compléter l'état de fait sur des points essentiels (art. 318
al. 1 let. c ch. 2 CPC, applicable par renvoi des art. 450f CC et 20 LVPAE). Selon les situations, le
recours sera par conséquent de nature réformatoire ou cassatoire (Guide pratique COPMA 2017,
n. 5.84, p. 182).

             

1.4             
En l'espèce, interjeté en temps utile par la mère des mineures concernées, laquelle
a qualité de partie, le présent recours est recevable. Il en va de même des pièces
produites, si tant est qu'elles ne figurent pas au dossier de première instance.

 

             
La DGEJ et la curatrice de B.W.________ ont été invitées à se déterminer, ainsi
que le père des enfants. L'autorité de protection a été interpellée s'agissant
d'une éventuelle reconsidération. Elle y a renoncé, se référant intégralement
à la décision querellée.

 

 

2.

2.1             
La Chambre des curatelles, qui n'est pas tenue par les moyens et les  conclusions des parties, examine
d'office si la décision n'est pas affectée de vices d'ordre formel. Elle ne doit annuler une
décision que s'il ne lui est pas possible de faire autrement, soit parce qu'elle est en présence
d'une procédure informe, soit parce qu'elle constate la violation d'une règle essentielle de
la procédure à laquelle elle ne peut elle-même remédier et qui est de nature à
exercer une influence sur la solution de l'affaire (Poudret/Haldyfrappy, Procédure civile vaudoise,
3e
éd., Lausanne 2002, nn. 3 et 4 ad art. 492 CPC-VD, p. 763, point de vue qui demeure valable sous
l'empire du nouveau droit).

 

2.2

2.2.1             
La procédure devant l'autorité de protection est régie par les art. 443 ss CC. Les personnes
concernées doivent être entendues personnellement, à moins que l'audition ne paraisse
disproportionnée (art. 447 al. 1 CC).

 

             
Le droit d'être entendu est une garantie constitutionnelle de nature formelle, dont la violation
entraîne l'annulation de la décision attaquée sans égard aux chances de succès
du recours sur le fond (TF 5A_699/2017 du 24 octobre 2017 consid. 3.1.3 ; TF 5A 741/2016 du 6 décembre
2016 consid. 3.1.2 ; ATF 135 1187 consid. 2.2). Ce moyen doit par conséquent être examiné
en premier lieu et avec un plein pouvoir d'examen (TF 5A_540/2013 du 3 décembre 2013 consid. 3.1,
non publié in ATF 140 III 1 ; ATF 137 1195 consid. 2.2, SJ 2011 1345).

 

             
Le droit d'être entendu, garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. (Constitution fédérale de la
Confédération suisse du 18 avril 1999 ; RS 101), a pour but d'élucider les points obscurs
de l'état de fait et garantit à la personne concernée le droit d'être personnellement
active dans la procédure (ATF 135 II 286 consid. 5.1, JdT 2010 1720 ; ATF 122 I 53 consid. 4a, JdT
1997 I 304). Ce droit confère à toute personne le droit de s'expliquer avant qu'une décision
ne soit prise à son détriment, d'avoir accès au dossier, de fournir des preuves quant
aux faits de nature à influer sur la décision et de participer à l'administration des
preuves ou, à tout le moins, de s'exprimer sur son résultat lorsque cela est de nature à
influer sur la décision à rendre (TF 5A_915/2019 du 18 mars 2020 consid. 5.2 ; TF 5A_680/2014
du 21 novembre 2014 consid. 4.1 et les références citées). Ce droit ne s'étend toutefois
qu'aux éléments pertinents pour décider de l'issue du litige (ATF 130 II 425 consid. 2.1
; ATF 129 II 497 consid. 2.2).

 

2.2.2             
La justice de paix a procédé à l'audition de la mère, du SPJ, de la curatrice de
représentation de B.W.________ et de l'éducateur référent de celle-ci à l'audience
de clôture d'enquête du 31 janvier 2020, le père ne s'y étant pas présenté
en dépit d’une assignation régulière, mais ayant été entendu lors de précédentes
audiences par la juge de paix, de sorte que le droit des parties d'être entendues a été
respecté.

 

             
En outre, aux termes de l'art. 314a al. 1 CC, l'enfant est entendu personnellement, de manière appropriée,
par l'autorité de protection de l'enfant ou le tiers qui en a été chargé, à
moins que son âge ou d'autres justes motifs ne s'y opposent. L'audition ne présuppose pas que
l'enfant ait la capacité de discernement au sens de l'art. 16 CC. Selon la ligne directrice suivie
par le Tribunal fédéral, l'audition d'un enfant est possible dès qu'il a six ans révolus
(ATF 131 III 553 consid. 1.2.3 ; ATF 133 III 553 consid. 3).

 

             
En l'espèce, les enfants, en âge d'être entendues, ont été auditionnées
séparément par la juge de paix le 29 novembre 2019. La décision querellée est donc
formellement correcte et peut être examinée sur le fond.

 

2.2.3             
Estimant être en possession des preuves nécessaires, la Chambre des curatelles rejette la mesure
d'instruction requise tendant à l'audition de l'enfant C.W.________, considérant qu’il
n’est pas dans l’intérêt de l’enfant d’être à nouveau questionnée
sur les relations qu’elle entretient avec sa mère, d'autant qu'un rapport du Foyer [...] du
4 décembre 2019, que les courriers du SPJ, respectivement de l'ORPM du 6 décembre 2019, le
bilan de l'action socio-éducative du 22 juillet 2020 et l'actualisation de la situation par la DGEJ
du 2 novembre 2020 ont largement fait état de l'évolution de la situation de l'enfant.

 

 

3.

3.1             
La recourante conteste la décision du 31 janvier 2020 uniquement en ce qu'elle concerne les mesures
prises en faveur de sa fille cadette. Elle se prévaut tout d'abord d'une constatation fausse et
incomplète des faits retenus par la Justice de paix. Ainsi, il est inexact de prétendre que
la recourante ne serait pas à même de pouvoir fournir un cadre adéquat et sécurisant
pour sa fille et qu'elle serait trop labile sur le plan émotionnel ou ne reconnaîtrait pas
ses propres limites et que cela impacterait ses compétences maternelles ainsi que la prise en charge
de ses filles. En faisant sienne de manière inconditionnelle l'appréciation du 12 septembre
2019 des expertes X.________ et R.________, respectivement psychologue adjointe et cheffe de clinique
au sein de l'IPL du CHUV, sans tenir compte de l'évolution et des démarches entreprises par
la recourante de l'été 2019 à ce jour, l'autorité intimée n'a, selon cette dernière,
pas pris en considération tous les faits pertinents pour juger cette affaire.

             
La recourante a sa propre lecture du dossier et du rapport d'expertise établi le 12 septembre 2019,
mais n'apporte aucun élément propre à mettre en cause l'appréciation effectuée
par les experts ni n'explique pour quels motifs il y aurait lieu de s'éloigner de leurs conclusions.
A titre d'exemple, elle se dit favorable à une thérapie mère-fille mais s'est trouvée
confrontée au refus des thérapeutes. Par ailleurs, s'agissant du fait que l'évolution
n'a pas été prise en compte par les experts, la Chambre de céans, qui dispose d'un plein
pouvoir d'examen, a précisément requis que le rapport soit actualisé sur certains points
pour être en mesure de statuer sur la nécessité de la mesure de retrait du droit de déterminer
le lieu de résidence.

 

             
Le moyen doit dès lors être rejeté.

 

3.2

3.2.1             
D'après la doctrine et la jurisprudence, la protection de droit civil de  l'enfant obéit
à plusieurs principes. Les mesures de protection doivent écarter tout danger pour le bien de
l'enfant, sans égard à la cause du danger. L'Etat doit intervenir seulement si les parents
ne remédient pas d'eux-mêmes à la situation et refusent l'assistance que leur offrent
les services d'aide à la jeunesse (principe de subsidiarité). Il s'agit alors de compléter,
et non d'évincer, les possibilités offertes par les parents eux-mêmes (principe de complémentarité).
Enfin, les mesures prises doivent correspondre au degré du danger, en restreignant aussi peu que
possible mais autant que nécessaire (principe de proportionnalité) ; ce principe se traduit
dans la loi par une gradation de l'intervention, qui va de la mesure la plus légère à
la mesure la plus lourde (Message du Conseil fédéral relatif à la modification du code
civil suisse [filiation] du 5 juin 1974, cité : MCF Filiation, FF 1974 II p. 84 ; Meier/Stettler,
Droit de la filiation, 6e
éd., n. 1681, p. 1095 ; Kühnlein, Les droits fondamentaux et le principe de subsidiarité
en protection de l'adulte et de l'enfant, RMA 2/2019, p. 102). Le catalogue des mesures de protection
de l'enfant se trouve principalement aux art. 307-312 CC ; la curatelle de l'art. 306 al. 2 CC relève
également de la protection matérielle de l'enfant (Guide pratique COPMA 2017, n. 2.13, p. 36
et 2.18, p. 37 ; Kühnlein, op. cit., p. 107).

             

3.2.2             
L'art. 307 al. 1 CC confie à l'autorité de protection de l'enfant le soin de prendre les mesures
nécessaires pour protéger l'enfant si son développement est menacé et que les père
et mère n'y remédient pas d'eux-mêmes ou sont hors d'état de le faire. En plus d'être
nécessaires pour respecter le principe de proportionnalité, ces mesures doivent aussi être
suffisantes pour assurer la protection de l'enfant. Cela a pour conséquence que ces mesures sont
subsidiaires aux mesures des art. 310, 311 et 312 CC et qu'elles ne visent en particulier pas à
déterminer un nouveau lieu de placement de l'enfant qui présupposerait le retrait du droit
de déterminer le lieu de résidence de l'enfant (art. 310 CC) ; elles ne peuvent donc être
ordonnées que lorsque l'enfant est maintenu dans son cadre de vie habituel ou lorsqu'il vit déjà
hors de la communauté familiale (art. 307 al. 2 CC). Quant à la subsidiarité des mesures
prévues à l'art. 307 CC par rapport aux curatelles de l'art. 308 CC, ce sont essentiellement
les critères du degré de mise en danger et de la capacité à coopérer des père
et mère qui guideront l'autorité dans le choix de la bonne mesure à prendre. La mise en
danger du bien corporel de l'enfant regroupe les mauvais traitements, abus sexuels, une alimentation
insuffisante ou inappropriée, des soins d'hygiène et de santé insuffisants ou inappropriés,
le refus de traitement médical ou de prévention ou encore des conditions de logement insalubres.
La mise en danger du bien intellectuel ou moral du mineur englobe d'autres causes telles que l'absence
ou l'incapacité passagère des père et mère, en raison de leur âge ou de difficultés
de santé, de s'occuper sérieusement de l'enfant. Dans l'exécution de sa mission préventive,
l'autorité de protection de l'enfant jouit d'un large pouvoir d'appréciation quant au choix
du mode d'intervention. Elle peut, selon le texte de la loi, en particulier rappeler les père et
mère à leurs devoirs, donner des indications ou instructions relatives au soin, à l'éducation
et à la formation, et désigner une personne ou un office qualifiés qui aura un droit de
regard et d'information (al. 3) ; la formulation de la loi étant ouverte, la liste des mesures proposées
n'est pas exhaustive (Choffat, Panorama sur les curatelles de protection du mineur et les mesures de
protection moins incisives, Revue de l'avocat 9/2017, p. 378).

             

3.2.3             
Lorsque les circonstances l'exigent, l'autorité de protection nomme un curateur qui assiste les
père et mère de ses conseils et de son appui dans la prise en charge de l'enfant (art. 308
al. 1 CC). Selon le Message, la curatelle doit être ordonnée lorsque les circonstances l'exigent,
c'est-à-dire lorsque, à défaut d'un tel appui, les parents ne peuvent faire face à
leur tâche, sans toutefois que des mesures plus énergiques soient nécessaires (MCF Filiation,
FF 1974 Il p. 83). La mesure ne requiert pas le consentement des parents ; il faut en revanche que les
mesures de l'art. 307 CC ne suffisent pas et que l'intervention d'un conseiller « actif » apparaisse
appropriée pour parer au danger constaté (Meier/Stettler, op. cit., n. 1703, p. 1110).

 

3.2.4             
Lorsqu'elle ne peut éviter par une mesure moins grave que le développement de l'enfant ne soit
compromis, l'autorité de protection doit retirer l'enfant aux père et mère ou aux tiers
chez qui il se trouve et le placer de façon appropriée (art. 310 al. 1 CC). Cette mesure de
protection a pour effet que le droit de déterminer le lieu de résidence passe des père
et mère à l'autorité de protection, qui choisit l'encadrement de l'enfant (TF 5A_548/2015
du 15 octobre 2015 consid. 4.3 ; TF 5A_335/2012 du 21 juin 2012 consid. 3.1). La cause du retrait doit
résider dans le fait que le développement corporel, intellectuel ou moral de l'enfant n'est
pas assez protégé ou encouragé dans le milieu de ses père et mère ou dans celui
où ceux-ci l'ont placé (TF 5A_875/2013 du 10 avril 2014 consid. 3.1 ; TF 5A_729/2013 du 11
décembre 2013 consid. 4.1 ; TF 5A_835/2008 du 12 février 2009 consid. 4.1 et les références
citées). L'énumération des situations autorisant le retrait, provisoire ou non, du droit
de déterminer le lieu de résidence de l'enfant n'est pas exhaustive (Meier/Stettler, op. cit.,
n. 1744, pp. 1135-1138 ; Hegnauer, Droit suisse de la filiation et de la famille, 4e
éd., Berne 1998, adaptation française par Meier, n. 27.36, p. 194). Peut par exemple justifier
un tel retrait une inaptitude ou une négligence grave dans l'éducation et la prise en charge,
quelles qu'en soient les causes (maladie ou handicap physique, mental ou psychologique de l'enfant ou
des père et mère, environnement social, situation économique, conditions de logement,
parent seul et démuni, etc.), à laquelle ni les remèdes proposés par les institutions
de protection de la jeunesse, ni les autres mesures de protection ne permettent de faire face (Meier/Stettler,
loc. cit.). Les raisons de la mise en danger du développement de l'enfant importent peu : elles
peuvent être liées au milieu dans lequel évolue l'enfant ou résider dans le comportement
inadéquat de celui-ci, des parents ou d'autres personnes de l'entourage. Le fait que les parents
soient responsables ou non de la mise en danger ne joue pas non plus de rôle. Il convient d'être
restrictif dans l'appréciation des circonstances, un retrait n'étant envisageable que si d'autres
mesures ont été vouées à l'échec ou apparaissent d'emblée insuffisantes
(TF 5A_401/2015 du 7 septembre 2015 consid. 5.2 ; TF 5A_212/2013 du 5 septembre 2013 consid. 3.1).

 

             
Une mesure telle que le retrait du droit de déterminer le lieu de résidence n'est ainsi légitime
que s'il n'est pas possible de prévenir le danger par les mesures moins énergiques prévues
aux art. 307 et 308 CC (principes de proportionnalité et de subsidiarité ; TF 5A_404/2016 du
10 novembre 2016 consid. 3 ; TF 5A_724/2015 du 2 juin 2016 consid. 6.3 non publié aux ATF 142 I
88 ; TF 5A_548/2015 du 15 octobre 2015 consid. 4.3 ; TF 5A_621/2014 du 11 novembre 2014 consid. 8.1).
Dès lors qu'il s'agit d'une mesure servant à protéger l'enfant, il est sans pertinence
que les parents n'aient pas commis de faute (TF 5A_140/2008 du 9 juillet 2008 consid. 3.1 ; TF 5C.117/2002
du 1°' juillet 2002 consid. 3 ; sur le tout TF 5A_993/2016 du 19 juin 2017 consid. 4.2.2). Le retrait
du droit de garde doit être levé lorsque le milieu familial évolue favorablement, de sorte
qu'un retour de l'enfant dans celui-ci devient opportun (art. 313 al. 1 CC).

 

3.2.5             
Selon l'art. 23 al. 1 LProMin (Loi du 4 mai 2004 sur la protection des mineurs ; BLV 850.41), lorsque
l'autorité de protection de l'enfant retire le droit de déterminer le lieu de résidence
d'un mineur en application de l'art. 310 CC, le SPJ peut être chargé d'un mandat de placement
et de garde. Il pourvoit alors au placement du mineur dans une famille ou une institution, au mieux des
intérêts du mineur.

             

3.2.6             
Selon les standards établis par Quality4Children, élaborés par plusieurs

organisations
internationales (http://vvww.fpy.ch/q4c.pdf) ensuite de l'adoption de la Convention relative aux droits
de l'enfant du 20 novembre 1989 (entrée en vigueur pour la Suisse le 26 mars 1997 ; RS 0.107) et
suivis par la Conférence des directrices et directeurs cantonaux des affaires sociales (CDAS), il
existe trois étapes dans le processus de placement de l'enfant en foyer, à savoir : le processus
de décision et d'admission, le processus de placement et le processus de départ. Dans le cadre
de la troisième étape, Quality4Children indique que le processus de départ est une étape
cruciale dans la prise en charge d'enfants hors du foyer familial. Il doit minutieusement être planifié
et mis en œuvre sous la supervision des services de protection de l'enfance. Il se fait en outre
graduellement si cela est dans l'intérêt supérieur de l'enfant (standard 15).

 

3.3             
En l'espèce, la recourante est seule détentrice de l'autorité parentale sur ses deux filles
B.W.________ et C.W.________ et la procédure a débuté en 2015 à la suite d'un signalement
de l'école de B.W.________ pour des problèmes d'absentéisme et de comportement. Une action
socio-éducative sans intervention judiciaire a été tentée pendant plusieurs mois,
sans succès, et en 2017, le SPJ s'est vu confier un mandat de garde et de placement pour les deux
enfants. Dès 2019, il a été question du retour d'C.W.________ dans le foyer maternel mais
celui-ci était subordonné à la mise en œuvre immédiate d'une thérapie mère-filles.
Lors de la clôture de l'enquête, en janvier 2020, la justice de paix n'a pu que constater que
la thérapie en question n'avait pas été mise en œuvre. La recourante, qui ne souhaite
le retour que de sa fille cadette à son domicile, explique que depuis l'automne 2018, C.W.________
évolue de manière positive, le cadre des visites a pu être élargi et tout se déroule
bien. Elle bénéficie depuis plus d'une année d'un suivi thérapeutique individuel
et sa thérapeute, psychologue aux Toises, l'aide à gérer ses émotions et serait disposée
à évaluer et suivre la dynamique relationnelle entre la mère et la fille, ce qui n'a pas
pu être mis en œuvre jusqu'à présent. Elle reproche à la DGEJ de ne fixer aucun
objectif spécifique expliquant clairement les démarches concrètes qui doivent encore 

être
effectuées afin qu'C.W.________ puisse rentrer à la maison. Les expertes ont mis en évidence,
en 2019, que la recourante était dans le déni de ses propres fragilités et peu accessible
à la thérapie et au soutien, ce qui, du point de vue de la recourante semble avoir changé
depuis lors. L'attestation établie le 31 juillet 2020 par [...], psychologue FSP, ne fait qu'indiquer
l'existence d'un suivi sans que l'on ait d'information sur l'évolution de la situation de la recourante
et ses capacités à modifier ses habitudes éducatives, les expertes ayant relevé une
déficience de capacités au moment de leur évaluation. Selon les dernières informations
de la DGEJ, non contestées par la recourante, les visites entre la mère et la fille ne se sont
pas déroulées régulièrement en début d'année. En outre, pendant la période
de confinement et même si la recourante n'en porte pas la responsabilité, C.W.________ est
restée au Foyer [...]. Les professionnels relèvent que la mère peine encore à faire
la distinction entre ses besoins et ceux de sa fille et l'état réel de la relation mère-fille
n'est pas connu. La recourante reproche en substance à la DGEJ de ne pas avoir pris des mesures
concrètes en vue du retour d'C.W.________ à la maison mais elle n'est pas, de son côté,
en mesure de fournir des assurances claires quant à ses capacités parentales et son état
psychique, son suivi ne semblant pas régulier et l'attestation médicale étant pour le
moins évasive. Il faut également que la recourante prenne conscience de l'ensemble du réseau
qui accompagne sa fille, à savoir appuis scolaires, coaching individuel et devoirs, qui sont actuellement
entièrement gérés par le foyer et dans lequel la mère ne s'implique pas, avant d'envisager
qu'C.W.________ réintègre le foyer maternel. Il résulte de ce qui précède que
la mesure de placement est encore justifiée. Il faudra que le cadre des visites soit encore élargi
et respecté par la mère, que la relation mère-fille puisse être investiguée
et accompagnée et que la recourante s'investisse pleinement dans le cadre éducatif mis en place
pour accompagner sa fille pour que le placement puisse être levé tout en s'assurant que le
retour à domicile ne mette pas en péril tout le travail accompli par C.W.________ et par les
professionnels jusqu'à présent. Quoiqu'il en soit, un retour à domicile devrait dès
lors pouvoir être planifié de manière concrète, dès maintenant, pour le premier
trimestre 2021, comme proposé par la DGEJ, si la recourante respecte ses incombances.

 

 

4.

4.1             
En conclusion, le recours est rejeté et la décision querellée confirmée.

 

4.2             
Quand bien même le recours est rejeté, les conditions de l’art. 117 CPC sont réunies,
le recours n'étant pas d'emblée dénué de chances de succès. La requête
d'assistance judiciaire doit en conséquence être admise et Me Myriam Mazou désignée
comme conseil d'office de A.W.________ pour la procédure de recours dès le 11 août 2020.
En sa qualité de conseil d'office de la recourante, Me Mazou a droit à une rémunération
équitable pour ses opérations et débours. Le 7 décembre 2020, elle a déposé
une liste d'opérations récapitulant ses activités déployées dans le cadre de
la procédure de deuxième instance, faisant état de 26 heures et 6 minutes, dont 1 heure
et 45 minutes ont été effectuées par un avocat et 22 heures et 12 minutes par l’avocat-stagiaire.
Le temps consacré à l’élaboration du bordereau (1 heure) ne saurait être pris
en compte et celui indiqué pour la rédaction du recours (14 heures) est excessif et doit être
réduit de 5 heures. Il s'ensuit qu’au tarif de l'avocat de 180 fr. et de l'avocat-stagiaire
de 110 fr. (art. 2 al. 2 let. b RAJ [règlement du 7 décembre 2010 sur l’assistance judiciaire
en matière civile ; BLV 211.02.03]), Me Mazou a droit à une indemnité d'office d'un
montant de 2'535 fr. 90, soit  2'230 fr. d’honoraires (360 [2 x 180] + 1’870 [17 x 110]),
80 fr. de frais de vacation, 44 fr. 60 de débours (2 % x 2’230 ; art. 3bis al. 1 RAJ) et 181
fr. 30 de TVA sur le tout (7,7 %).

 

             
La bénéficiaire de l'assistance judiciaire est, dans la mesure de l'art. 123 CPC, tenue au
remboursement de l'indemnité à son conseil d'office provisoirement laissée à la charge
de I'Etat.

 

             
L'arrêt est rendu sans frais judiciaires de deuxième instance (art. 74a al. 4 TFJC [Tarif du
28 septembre 2010 des frais judiciaires civils ; BLV 270.11.5]).

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des curatelles du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

prononce
:

 

 

             
I.     
Le recours est rejeté.

 

             
II.    
La décision est confirmée.

 

III. 
L'assistance judiciaire est accordée à
la recourante A.W.________, Me Myriam Mazou étant désignée comme conseil d'office pour
la procédure de recours dès le 11 août 2020.

 

             
IV.   
L'indemnité d'office de Me Myriam Mazou, conseil d'office de              
A.W.________, est arrêtée à 2'535 fr. 90 (deux mille trente-cinq francs et nonante centimes),
TVA et débours compris.

 

             
             
V.   La bénéficiaire de l'assistance
judiciaire est, dans la mesure de l'art. 123 CPC, tenue au remboursement de l'indemnité à son
conseil d'office provisoirement laissée à la charge de l'Etat.

 

             
VI.   
L'arrêt est rendu sans frais judiciaires de deuxième instance.

 

Le
président :              La greffière
:

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

‑             
Me Myriam Mazou (pour A.W.________),

‑             
M. G.________,

-
              DGEJ, à l’att.
de Mme Z.________ et K.________, ORPM du Centre,

-             
Me Anne-Rebecca Bula,

 

et
communiqué à :

 

‑             
DGEJ, Unité d’appui juridique,

-             
Mme la Juge de paix du district de Lausanne,

 

par
l'envoi de photocopies.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente
jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

 

             
La greffière :