# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b9b3bc00-57b3-5fa5-aae0-28ffb0fb852b
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-06-02
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Assistance Juridique 02.06.2021 AC/3013/2020
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_005_AC-3013-2020_2021-06-02.pdf

## Full Text

Notification conforme, par pli recommandé de la greffière du 9 juin 2021 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

AC/3013/2020 DAAJ/73/2021 

COUR DE JUSTICE 

Assistance judiciaire 

DÉCISION DU MERCREDI 2 JUIN 2021 

 

 

Statuant sur le recours déposé par : 

 

Madame A______, domiciliée c/o Monsieur B______, ______, 

représentée par Me Rachel DUC, avocate, boulevard de Saint-Georges 72,  

1205 Genève, 

 

contre la décision du 21 octobre 2020 de la Vice-présidente du Tribunal de première 

instance. 

 

 

- 2/7 - 

 

AC/3013/2020 

EN FAIT 

A. a. A______ (ci-après : la recourante) est une ressortissante du Kosovo née le 
______ 1958.  

b. Elle a formé une demande d'autorisation de séjour auprès de l'Office cantonal de la 
population et des migrations (OCPM) le 23 juillet 2019 pour regroupement familial. 

Elle a exposé résider en Suisse depuis le 1er juillet 2019, avec son fils de 35 ans, de 
nationalité suisse, qui subvenait à ses besoins. 

c. Le 28 novembre 2019, la recourante a déposé auprès de l'OCPM une nouvelle 
demande d'autorisation de séjour, précisant que son fils avait toujours subvenu à ses 
besoins. 

d. Le 2 octobre 2020, l'OCPM l'a informée de son intention de rejeter sa demande et de 
refuser de soumettre son dossier au Secrétariat d'État au migrations (SEM) avec un 
préavis positif, dès lors qu'elle ne prouvait pas avoir résidé en Suisse de 2010 à 2018 et 
que sa situation financière n'était pas satisfaisante, faute de revenus propres. L'existence 
d'un cas de rigueur n'était pas réalisée. La recourante disposait de 30 jours pour formuler 
des observations. 

B. Le 20 octobre 2020, la recourante a sollicité l'assistance juridique pour formuler ses 
observations au sujet du projet de décision. L'OCPM voulait refuser sa demande 
d'autorisation de séjour au motif qu'elle ne remplissait pas les conditions du cas de 
rigueur, alors même qu'elle avait formé sa demande sous l'angle du regroupement 
familial.  

C. Par décision du 21 octobre 2020, notifiée le 5 novembre 2020, la Vice-présidente du 
Tribunal de première instance a rejeté la requête d'assistance juridique précitée, au motif 
que l'on pouvait raisonnablement attendre d'elle qu'elle rédige elle-même les 
observations nécessaires à la défense de ses intérêts, cas échéant avec l'aide d'un 
organisme spécialisé en matière de statut des étrangers. Il pourrait redéposer une 
nouvelle requête pour le cas où un recours contre la décision finale de l'OCPM devait 
s'avérer nécessaire.  

D. a. Recours est formé contre cette décision, par acte expédié le 25 novembre 2020 à la 
Présidence de la Cour de justice. La recourante conclut à l'annulation de la décision 
entreprise et à l'octroi de l'assistance juridique, sous suite de dépens. 

La recourante a nouvellement invoqué qu'elle ne parlait pas et n'écrivait pas le français, 
et que les questions juridiques qui avaient été soulevées dans ses observations à l'OCPM 
du 30 octobre 2020 étaient complexes, de sorte qu'elle n'aurait pu les relever toute seule. 

Elle a produit une pièce nouvelle. 

- 3/7 - 

 

AC/3013/2020 

b. La Vice-présidente du Tribunal de première instance a renoncé à formuler des 
observations. 

c. Par avis du 30 novembre 2020, la recourante a été informée de ce que la cause était 
gardée à juger. 

EN DROIT 

1. 1.1. La décision entreprise est sujette à recours auprès de la présidente de la Cour de 
justice en tant qu'elle refuse l'assistance juridique (art. 10 al. 3 LPA), compétence 
expressément déléguée au vice-président soussigné sur la base des art. 29 al. 5 LOJ et 
10 al. 1 du Règlement de la Cour de justice (RSG E 2 05.47). Le recours, écrit et 
motivé, est introduit auprès de l'instance de recours dans un délai de 30 jours (art. 10 
al. 3 LPA, 64 al. 3 LOJ, 130, 131 et 321 al. 1 CPC, applicables par renvoi des art. 10 
al. 4 LPA et 8 al. 3 RAJ; arrêt du Tribunal fédéral 1B_171/2011 du 15 juin 2011 consid. 
2.2). 

1.2. En l'espèce, le recours est recevable pour avoir été interjeté dans le délai utile et en 
la forme écrite prescrite par la loi. 

1.3. Lorsque la Cour est saisie d'un recours (art. 10 al. 3 LPA), son pouvoir d'examen est 
limité à la violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits 
(art. 320 CPC, applicable par renvoi de l'art. 8 al. 3 RAJ; arrêt du Tribunal fédéral 
1B_171/2011 précité). Il appartient en particulier au recourant de motiver en droit son 
recours et de démontrer l'arbitraire des faits retenus par l'instance inférieure (HOHL, 
Procédure civile, tome II, 2ème éd., n. 2513-2515). 

1.4. Il n'y a pas lieu d'entendre la recourante, celle-ci ne le sollicitant pas et le dossier 
contenant suffisamment d'éléments pour statuer (art. 10 al. 3 LPA; arrêt du Tribunal 
fédéral 2D_73/2015 du 30 juin 2016 consid. 4.2). 

2. A teneur de l'art. 326 al. 1 CPC, les conclusions et les allégations de faits nouvelles sont 
irrecevables dans le cadre d'une procédure de recours. 

Par conséquent, les allégués de faits dont la recourante n'a pas fait état en première 
instance et les pièces nouvelles ne seront pas pris en considération. 

3. 3.1. Toute personne qui ne dispose pas de ressources suffisantes a droit à l'assistance 
judiciaire à moins que sa cause paraisse dépourvue de toute chance de succès (art. 117 
CPC; art. 29 al. 3 Cst.). 

L'art. 63 loi d'organisation judiciaire (LOJ RSG E 2 05) qui traite de l'assistance 
juridique extrajudiciaire, prévoit que toute personne physique, domiciliée dans le canton 
de Genève et susceptible d'intervenir comme partie dans une procédure, dont la fortune 
ou les revenus ne sont pas suffisants pour lui assurer l'aide ou les conseils d'un avocat, 

http://intrapj/perl/decis/1B_171/2011
http://intrapj/perl/decis/1B_171/2011

- 4/7 - 

 

AC/3013/2020 

d'un avocat stagiaire, ou d'un médiateur assermenté en dehors d'une procédure 
administrative ou judiciaire, peut requérir l'assistance juridique (al. 1). L'assistance 
juridique est octroyée si celle-ci est nécessaire et que le demandeur poursuit un intérêt 
digne de protection (al. 2). 

3.2.  

3.2.1. Il faut en outre que l'assistance soit nécessaire, soit que la défense des droits du 
requérant l'exige, cette condition étant prévue expressément pour la commission d'office 
d'un conseil juridique (ATF 121 I 314 consid. 4b; CORBOZ, Le droit constitutionnel à 
l'assistance judiciaire, in SJ 2003 II 67, p. 75/78; art. 118 al. 1 CPC). 

D'après la jurisprudence, il se justifie en principe de désigner un avocat d'office à 
l'indigent lorsque sa situation juridique est susceptible d'être affectée de manière 
particulièrement grave. Lorsque, sans être d'une portée aussi capitale, la procédure en 
question met sérieusement en cause les intérêts de l'intéressé, il faut en sus que l'affaire 
présente des difficultés de fait ou de droit que le requérant ou son représentant légal ne 
peuvent surmonter seuls (ATF 130 I 180 consid. 2.2 et les arrêts cités). Le point décisif 
est toujours de savoir si la désignation d'un avocat d'office est objectivement nécessaire 
dans le cas d'espèce. A cet égard, il faut tenir compte des circonstances concrètes de 
l'affaire, de la complexité des questions de fait et de droit, des particularités que 
présentent les règles de procédure applicables, des connaissances juridiques du 
requérant ou de son représentant, de la personnalité du requérant, du fait que la partie 
adverse est assistée d'un avocat, et de la portée qu'a pour le requérant la décision à 
prendre, avec une certaine réserve lorsque sont en cause principalement ses intérêts 
financiers (ATF 128 I 225 consid. 2.5.2; 123 I 145 consid. 2b/cc; 122 I 49 
consid. 2c/bb; ATF 122 I 275 consid. 3a et les arrêts cités). La nature de la procédure, 
qu'elle soit ordinaire ou sommaire, unilatérale ou contradictoire, régie par la maxime 
d'office ou la maxime des débats, et la phase de la procédure dans laquelle intervient la 
requête, ne sont pas à elles seules décisives (ATF 125 V 32 consid. 4b et les arrêts 
cités). 

Ainsi, pour qu'un avocat rémunéré par l'État soit désigné, les intérêts du requérant 
doivent être menacés ou touchés d'une manière grave et le cas doit présenter - en fait et 
en droit - des difficultés qui rendent nécessaire le recours à l'assistance d'un avocat; 
l'assistance d'un avocat peut s'avérer indispensable en raison de la complexité de 
l'affaire ou des questions à résoudre, des connaissances juridiques insuffisantes du 
requérant ou encore de l'importance des intérêts en jeu (ATF 128 I 225, 232; 122 III 392 
consid. 3b; CORBOZ, Le droit constitutionnel à l'assistance judiciaire, SJ 2003 II 67, 
p. 79; AUER/MALINVERNI/HOTTELIER, Droit constitutionnel suisse, Berne 2013, vol. II, 
n. 1616 p. 714).  

- 5/7 - 

 

AC/3013/2020 

L'assistance juridique ne s'étend pas aux activités relevant de l'assistance sociale ou dont 
d'autres organismes subventionnés directement ou indirectement peuvent se charger à 
moindre frais (art. 3 al. 3 RAJ). 

La situation doit être appréciée à la date du dépôt de la requête et sur la base d'un 
examen sommaire (ATF 142 III 138 consid. 5.1; 133 III 614 consid. 5). 

3.2.2. Dans le cadre des observations précédent un projet de décision de l'OCPM, le 
requérant ne peut prétendre à l'assistance d'un avocat rémunéré par l'État que pour 
autant que lesdites démarches présentent des difficultés de fait ou de droit qu'il ne peut 
surmonter seul (DAAJ/54/2021 du 27 avril 2021 consid. 3.2; DAAJ/67/2018 du 7 août 
2018 consid. 3.3).  

3.3. Le 1er janvier 2019, est entrée en vigueur une modification de la loi fédérale sur les 
étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr), devenue la loi fédérale sur les étrangers et 
l'intégration du 16 décembre 2005 (LEI - RS 142.20). Conformément à la jurisprudence 
du Tribunal fédéral (arrêts du Tribunal fédéral 2C_841/2019 du 11 octobre 2019 
consid. 3; 2C_737/2019 du 27 septembre 2019 consid. 4.1), les demandes déposées 
avant le 1er janvier 2019 sont régies par l'ancien droit, étant précisé que la plupart des 
dispositions de la LEI sont demeurées identiques. 

La LEI et ses ordonnances d'exécution, en particulier l'ordonnance relative à 
l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative du 24 octobre 2007 
(OASA - RS 142.201), règlent l'entrée, le séjour et la sortie des personnes étrangères 
dont le statut juridique n'est pas réglé par d'autres dispositions du droit fédéral ou par 
des traités internationaux conclus par la Suisse (art. 1 et 2 LEI), notamment par l'ALCP, 
ce qui est notamment le cas pour les ressortissantes et ressortissants du Kosovo.  

3.4. Selon l'art. 42 al. 2 LEI, les membres de la famille d'un ressortissant suisse titulaires 
d'une autorisation de séjour durable délivrée par un État avec lequel la Suisse a conclu 
un accord sur la libre circulation des personnes ont droit à l'octroi d'une autorisation de 
séjour et à la prolongation de sa validité. Sont considérés comme membres de sa 
famille, le conjoint et ses descendants de moins de 21 ans ou dont l'entretien est garanti 
(let. a), ainsi que les ascendants du ressortissant suisse ou de son conjoint dont 
l'entretien est garanti (let. b). 

3.4.1. L'art. 30 al. 1 let. b LEI permet de déroger aux conditions d'admission en Suisse, 
telles que prévues aux art. 18 à 29 LEI, notamment aux fins de tenir compte des cas 
individuels d'une extrême gravité ou d'intérêts publics majeurs. 

3.4.2. L'art. 31 al. 1 OASA prévoit que pour apprécier l'existence d'un cas individuel 
d'extrême gravité, il convient de tenir compte notamment de l'intégration du requérant 
sur la base des critères d'intégration définis à l'art. 58a al. 1 LEI (let. a), de la situation 
familiale, particulièrement de la période de scolarisation et de la durée de la scolarité 
des enfants (let. c), de la situation financière (let. d), de la durée de la présence en Suisse 

- 6/7 - 

 

AC/3013/2020 

(let. e), de l'état de santé (let. f), des possibilités de réintégration dans l'État de 
provenance (let. g). Les critères énumérés par cette disposition, qui doivent 
impérativement être respectés, ne sont toutefois pas exhaustifs, d'autres éléments 
pouvant également entrer en considération, comme les circonstances concrètes ayant 
amené un étranger à séjourner illégalement en Suisse (Directives du Secrétariat d'État 
aux migrations, domaine des étrangers, 2013, état au 1er janvier 2021, ch. 5.6.10) 

3.5. Selon l'art. 41 LPA, les parties ont le droit d'être entendues par l'autorité compétente 
avant que ne soit prise une décision. Elles ne peuvent prétendre à une audition verbale 
sauf dispositions légales contraires.  

3.6. En l'espèce et quand bien même la rédaction d'observations à propos d'un projet de 
décision de l'OCPM se situe à un stade de procédure dite non contentieuse sans 
exigence formelle, il apparaît, prima facie, des difficultés particulières notamment en 
droit, que la recourante n'apparaît pas à même de résoudre seule sans l'aide d'un avocat. 

Il apparait que l'OCPM entend rendre une décision de refus en application des 
dispositions relatives au cas de rigueur, alors que la recourante semble se prévaloir de 
celles applicables au regroupement familial. Ainsi, un développement juridique paraît, 
déjà au stade du projet de décision de l'OCPM, essentiel. Il ne ressort pas du dossier que 
la recourante - ou son fils chez qui elle vit - dispose de connaissances juridiques 
nécessaires pour se déterminer sur les différents éléments retenus dans le projet de 
décision. Enfin, les intérêts en jeu sont importants pour la recourante laquelle devra, en 
cas de confirmation de la décision envisagée par l'OCPM, quitter la Suisse. Au vu du 
caractère technique et juridique de la question, l'assistance d'un avocat apparaît 
nécessaire pour permettre à la recourante de défendre utilement son point de vue par-
devant l'OCPM. 

La décision entreprise sera donc annulée et la cause sera renvoyée à l'autorité de 
première instance pour instruction et nouvelle décision, après examen des chances de 
succès et de la condition d'indigence. 

4. Sauf exceptions non réalisées en l'espèce, il n'est pas perçu de frais judiciaires pour la 
procédure d'assistance juridique (art. 119 al. 6 CPC). Par ailleurs, selon la pratique 
constante de l'Autorité de céans, aucune indemnité de dépens n'est allouée en matière 
d'assistance judiciaire, notamment au vu du caractère simple et non formel de cette 
procédure. Un recourant peut ainsi agir seul sans l'aide d'un avocat (arrêts publiés 
DAAJ/112/2016 du 13 septembre 2016 consid. 3; DAAJ/34/2013 du 30 avril 2013 
consid. 3).  

* * * * * 

- 7/7 - 

 

AC/3013/2020 

PAR CES MOTIFS, 

LE VICE-PRÉSIDENT DE LA COUR : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours formé par A______ contre la décision rendue le 21 octobre 2020 
par la Vice-présidente du Tribunal de première instance dans la cause AC/3013/2020. 

Au fond : 

Annule la décision entreprise et cela fait : 

Renvoie la cause à la Vice-présidente du Tribunal de première instance pour instruction 
complémentaire et nouvelle décision. 

Déboute A______ de toutes autres conclusions. 

Dit qu'il n'est pas perçu de frais judiciaires pour le recours, ni alloué de dépens.  

Notifie une copie de la présente décision à A______ en l'Etude de Me Rachel DUC (art. 137 
CPC). 

Siégeant : 

Monsieur Patrick CHENAUX, Vice-président; Madame Maïté VALENTE, greffière. 

 

 

 
 

 
 
Indication des voies de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en matière 

de droit public; la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 82 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110). Il 

connaît également des recours constitutionnels subsidiaires; la qualité et les autres 

conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 113 à 119 et 90 ss LTF. Dans 

les deux cas, le recours motivé doit être formé dans les trente jours qui suivent la notification 

de l'expédition complète de la décision attaquée. L'art. 119 al. 1 LTF prévoit que si une partie 

forme un recours ordinaire et un recours constitutionnel, elle doit déposer les deux recours 

dans un seul mémoire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.