# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a4f0e407-b2a3-5559-b2d9-da8a923f0256
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2011-10-26
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 26.10.2011 E-2435/2009
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_E-2435-2009_2011-10-26.pdf

## Full Text

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t

T r i buna l   adm in i s t r a t i f   f édé ra l

T r i buna l e   ammin i s t r a t i vo   f ede ra l e

T r i buna l   adm in i s t r a t i v   f ede ra l

Cour V
E­2435/2009

A r r ê t   d u   2 6   o c t o b r e   2 0 1 1

Composition Maurice Brodard (président du collège), 
Gérald Bovier, Muriel Beck Kadima, juges,
Jean­Claude Barras, greffier.

Parties A._______, alias A._______,
né le 1er juillet 1973, son épouse, B._______,
alias B._______, 
et leurs enfants,
C._______, 
D._______,
E._______,
Syrie,
recourants, 

contre

Office fédéral des migrations (ODM), 
Quellenweg 6, 3003 Berne,
autorité inférieure.

Objet Asile ; 
décision de l'ODM du 18 mars 2009 / N (…).

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Faits :

A. 
A.a.    Le  27  septembre  2007,  A._______,  son  épouse,  B._______,  et 
leurs enfants C._______, D._______ et E._______ ont demandé l'asile à 
la  Suisse.  Entendu  sommairement,  le  9  octobre  2007,  au  Centre 
d'enregistrement et de procédure de (…),  le recourant a dit être d'ethnie 
kurde, du clan des F._______ et venir du village de G._______ ([…] en 
arabe) dans la province de H._______ où il aurait été agriculteur. Il aurait 
fui  son  pays  à  cause  d'une  dispute  avec  les  attributaires,  des  Arabes 
syriens, d'une parcelle dont  il aurait été exproprié. Le 26 août 2007, soit 
cinq  ou  six  jours  après  la  décision  judiciaire  d'expropriation,  les 
attributaires de sa parcelle y auraient fait venir un tiers avec son tracteur 
pour  qu'il  la  laboure.  Le  recourant  et  un  cousin  s'y  seraient  alors 
précipités  à motocyclette  pour  les  en  empêcher.  Il  s'en  serait  suivi  des 
insultes  et  une dispute. Deux policiers  seraient  alors  arrivés et  auraient 
abattu  le chien du recourant et quand ce dernier eut voulu s'en prendre 
aux  attributaires  de  son  champ,  un  policier  se  serait  interposé  en  le 
repoussant  avec  son  arme.  En  essayant  de  s'en  emparer,  le  recourant 
aurait  provoqué une  rafale  de  coups  de  feu  et  comme  il  aurait  persisté 
dans sa tentative, un coup de feu serait encore parti, blessant le policier à 
l'épaule  droite.  Dans  la  confusion,  le  recourant  et  son  cousin  auraient 
ensuite pris la fuite, roulant jusqu'au Tigre, le fleuve sur la frontière avec 
la Turquie qu'ils auraient  franchie  le soir  venu pour se  rendre chez une 
tante  du  recourant  à  I._______.  Le  lendemain,  via  le  mari  de  leur 
hôtesse,  le  chef  du  village  du  recourant  lui  aurait  fait  savoir  que  des 
policiers  étaient  passés  à  son  domicile,  y  trouvant  des  tracts  du  Parti 
démocratique  du  Progrès  (un  parti  politique  kurde)  auquel  le  recourant 
aurait adhéré en 1994 après son service militaire. L'ayant aussi  informé 
de  l'arrestation,  à  sa  place,  de  son  père,  de  ses  deux  frères  et  de  son 
beau­père, il  lui aurait conseillé de s'exiler. La nuit suivante, le recourant 
serait parti à Cizre, en Turquie, avec son cousin. L'y ayant rejoint dix ou 
onze jours plus tard, son épouse lui aurait dit que son père et son beau­
père avaient été relaxés au bout de trois ou quatre jours contrairement à 
ses deux frères,  toujours détenus à ce moment. Le 17 septembre 2007, 
ils  auraient  pris  à  Istanbul  un  vol  à  destination  de  J._______  en 
compagnie d'un passeur. Au bout de quatre jours, un autre passeur leur 
aurait  fait  prendre  un  vol  à  destination  de  K._______  où  un  troisième 
passeur  les aurait attendus pour  les emmener en Suisse où  ils seraient 

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arrivés le 27 septembre 2007. Le recourant a encore précisé qu'il n'avait 
jamais été arrêté à cause de son engagement au Parti démocratique du 
Progrès.  Peu  après  cette  audition,  il  a  aussi  produit  sa  carte  d'identité 
syrienne et celle de son épouse.

A.b. Lors de son audition sur ses motifs de fuite, le 5 février 2008, à (…), 
le  recourant a,  par  contre,  déclaré que  le 26 août 2007, un habitant de 
son  village  lui  avait  signalé  que  les  attributaires  de  sa  parcelle  s'y 
trouvaient  avec  deux  policiers.  Il  s'y  serait  alors  rendu  à  motocyclette 
avec son cousin. Sur place,  le  ton serait  rapidement monté. Un policier 
aurait  ainsi  abattu  le  chien  du  recourant  qui  venait  de  mordre  son 
collègue. En essayant d'échapper au policier qui l'agrippait d'une main, le 
recourant aurait heurté son arme avec son coude. Un coup de feu serait 
alors  parti,  blessant  le  policier  à  l'épaule.  Dans  le  même  temps,  son 
cousin aurait  réussi à  retenir  le second policier en  train de se précipiter 
vers le recourant, son arme à la main. Arrivés sur ces entrefaites, six ou 
sept habitants de G._______, le village du recourant, suivis de quelques 
femmes, dont celle du  recourant se seraient  interposés dans  la dispute, 
empêchant le policier valide de faire feu sur le recourant et son cousin qui 
en auraient profité pour s'enfuir. Les deux auraient alors roulé en direction 
de  L._______,  un  village  près  du  Tigre.  Après  s'être  cachés  dans  les 
fourrés jusqu'au soir, ils seraient partis à pied à I._______ qu'ils auraient 
atteint  après  une  heure  de marche.  Le  recourant  a  encore  précisé  que 
lors  de  leur  fouille  à  son  domicile,  les  policiers  y  auraient  découvert 
quelques exemplaires de la "Voix kurde", une publication kurde en langue 
arabe, des tracts, un ouvrage de Massoud Barzani et un autre d'un poète 
kurde.  Il  aurait  aussi  été  interrogé  à  deux  ou  trois  reprises  par  les 
autorités qui voulaient savoir s'il était membre du Parti démocratique du 
Progrès.

A.c. Pour l'essentiel, la recourante a confirmé les dires de son mari. Elle 
n'a toutefois pas parlé d'un cousin aux côtés de son mari le 26 août 2007, 
mais de son frère. Elle a aussi déclaré qu'après la fuite de son mari, des 
policiers  à  sa  recherche  étaient  passés  trois  fois  au  domicile  familial  et 
que ce n'est qu'à leur second passage qu'ils auraient découvert sous un 
matelas des tracts et autres publications compromettantes.

B. 
B.a. Le 27 janvier 2009, l'Ambassade de Suisse à Damas a communiqué 
à  l'ODM,  qui  le  lui  avait  préalablement  demandé,  que,  titulaire  d'un 
passeport  syrien  valable,  le  recourant  qui  n'était  pas  recherché  par  les 

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autorités  syriennes,  avait  pris,  à  M._______,  un  vol  pour  J._______  le 
18 septembre 2007.

B.b.  Le  18  février  2009,  invité  à  se  prononcer  sur  la  réponse  de 
l'Ambassade  de  Suisse  à  Damas,  le  recourant  a  reconnu  qu'il  n'était 
jamais  allé  en  Turquie,  ajoutant  que  c'est  son  passeur  qui  lui  aurait 
demandé de déclarer qu'il avait  transité par  la Turquie pour brouiller  les 
pistes et protéger ainsi le réseau servant au transfert des clandestins. Le 
recourant  a  aussi  expliqué  qu'au moment  des  contrôles  d'identité  dans 
les aéroports, le passeur leur restituait leur passeport qu'il récupérait sitôt 
les  vérifications  achevées  et  qu'il  aurait  définitivement  conservés  après 
l'escale de K._______. Enfin, c'était encore le passeur qui aurait répondu 
aux questions des douaniers.  Le  recourant  a  aussi  laissé entendre que 
s'il  n'était  pas  officiellement  recherché,  cela  n'empêchait  pas  qu'il  le  fût 
effectivement,  l'intérêt  des  autorités  syriennes  n'étant,  pas  selon  lui,  de 
faire  connaître  systématiquement  qui  elles  recherchaient  surtout  s'il 
s'agissait de Kurdes comme lui.

C. 
Par décision du 18 mars 2009, l'ODM a rejeté la demande des recourants 
et de leurs enfants motifs pris que soit leurs déclarations, contradictoires 
sur des points essentiels et contraires à  la réalité, ne réalisaient pas  les 
exigences de vraisemblance de l'art. 7 de la loi sur l'asile du 26 juin 1998 
(LAsi,  RS  142.31),  soit  elles  ne  remplissaient  pas  les  conditions mises 
par l'art. 3 LAsi à la reconnaissance de la qualité de réfugié et à l'octroi de 
l'asile.  L'ODM  a  ainsi  relevé  que  le  recourant  s'était  contredit  sur  la 
présence  des  policiers  au  moment  de  son  altercation  avec  les 
attributaires  de  sa  parcelle,  sur  le  déroulement  des  événements  ayant 
entraîné  le  coup  de  feu  qui  avait  blessé  un  policier  à  l'épaule,  sur  le 
nombre de coups de  feu  tirés  lors de cette altercation, qu'au demeurant 
les déclarations des époux sur les circonstances de leur départ de Syrie 
ne  correspondaient  pas  à  la  réalité.  L'ODM  a  ainsi  souligné  que  si  le 
recourant avait réellement été recherché dans son pays, lui­même et les 
siens  n'auraient  assurément  pu  en  partir  par  l'aéroport  de  M._______ 
avec leurs documents d'identité quand bien même ils auraient été pris en 
charge  par  des  passeurs.  Enfin,  l'ODM  a  considéré  que  ni  les 
interrogatoires  que  le  recourant  dit  avoir  subis  à  cause  de  son 
engagement politique ni les problèmes liés à l'expropriation de sa parcelle 
n'entraient  dans  le  champ  de  l'art.  3  LAsi,  car  les  interrogatoires  en 
question n'étaient pas assimilables à de sérieux préjudices et parce que 
les pièces qu'il avait produites en procédure administrative démontraient 

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qu'il avait pu faire valoir ses prétentions dans le litige lié à la propriété de 
sa parcelle.

Par la même décision, l'ODM a encore prononcé le renvoi de Suisse des 
recourants, une mesure dont  l'ODM a estimé  l'exécution non seulement 
licite  et  possible  mais  encore  raisonnablement  exigible  sans  aucune 
restriction.

D. 
Dans son  recours  interjeté  le 14 avril  2009,  le  recourant maintient avoir 
toujours dit que les deux policiers, qui ne s'y trouvaient pas encore quand 
il avait accouru à sa parcelle le 26 août 2007, étaient intervenus après le 
début de son altercation avec  les attributaires de sa parcelle. Quant au 
coup de feu qui aurait blessé l'un des deux policiers présents ce jour­là, il 
serait, selon lui, parti dans la confusion la plus totale, au moment où lui­
même s'efforçait de se dégager de l'emprise de ce policier qui l'agrippait. 
De  même,  il  ne  peut  croire  que  ses  déclarations  divergeraient 
fondamentalement  de  celles  de  son  cousin  quand  bien  même  il  se 
pourrait que leur perception des faits pertinents ne soit pas forcément  la 
même. Il explique aussi leur départ de Syrie par l'aéroport de M._______ 
par les fortes sommes que leur passeur aurait versées à des agents de la 
sécurité. Par ailleurs, il redit que les autorités syriennes ont tout intérêt à 
faire accroire qu'il ne serait pas  recherché alors qu'en  réalité  il  l'est, car 
prétendre  le  contraire  reviendrait  à  admettre  qu'elles  persécutent  et 
discriminent  leurs  administrés  d'ethnie  kurde.  Enfin,  il  laisse  entendre 
que, depuis qu'il est en Suisse, il est devenu plus militant qu'auparavant, 
notamment  en  participant  à  de  nombreuses manifestations.  Se  fondant 
sur  les  rapports  d'"Human  Rights Watch"  (HRW)  et  du  "Syrian  Human 
Rights  Committee"  (SHRC)  pour  l'année  2006  sur  les  dangers  que 
courent  les Syriens déboutés de leur demande d'asile à l'étranger à leur 
retour en Syrie, il considère que l'exécution de son renvoi dans son pays 
avec sa famille n'est pas licite. Il conclut donc à la reconnaissance de leur 
qualité de réfugiés et à l'octroi de l'asile.

E. 
Par décision incidente du 22 avril 2009, le juge instructeur a autorisé les 
recourants à attendre en Suisse  l'issue de  la procédure et a admis  leur 
demande d'exemption d'une avance de frais de procédure, ajoutant qu'il 
serait statué dans l'arrêt au fond sur une éventuelle dispense des frais de 
procédure.

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F. 
Le 28 avril 2009, dans une détermination transmise aux recourants pour 
information,  l'ODM  a  estimé  que  le  recours  ne  contenait  ni  élément  ni 
moyen de preuve nouveau à même de  l'amener à modifier son point de 
vue. En conséquence,  il a renvoyé le Tribunal à ses considérants qu'il a 
intégralement maintenus.

G. 
Dans un courrier du 2 novembre 2010,  les  recourants ont  fait  suivre au 
Tribunal un rapport de l'"Organisation suisse d'aide aux réfugiés" (OSAR) 
du 8 septembre précédent dans lequel cette organisation remet en cause 
la fiabilité des enquêtes diligentées par l'Ambassade de Suisse à Damas 
sur la réalité des poursuites alléguées par les requérants d'asile syriens. 
Forts des conclusions de ce  rapport,  les  recourants estiment qu'il  serait 
inapproprié  et  injuste  de  préjuger  des  risques  qu'ils  courent  dans  leur 
pays  sur  la  seule  foi  des  conclusions  de  l'Ambassade de Suisse du 27 
janvier 2009.

H. 
Le 5 juillet 2011, l'ODM, en application de l'art. 58 al. 1 de la loi fédérale 
du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021), 
a partiellement reconsidéré sa décision du 18 mars 2009 et octroyé une 
admission  provisoire  aux  recourants  après  avoir  estimé  qu'au  vu  des 
troubles  auxquels  la  Syrie  étaient  actuellement  en  proie,  l'exécution  de 
leur renvoi n'était pas raisonnablement exigible.

I. 
Par  courrier  du 12 août  2011,  les  recourants,  qui  n'ont  pas  répondu au 
Tribunal qui  leur avait demandé,  le 11  juillet précédent, s'ils entendaient 
maintenir  leur  recours  en  matière  d'asile  après  s'être  vu  octroyer  une 
admission  provisoire,  ont  produit  une  attestation  en  leur  faveur  de  la 
section  suisse  du  Parti  démocratique  du  Progrès  accompagnée  d'une 
photocopie des titres de séjour des responsables de la section suisse de 
ce parti.

Droit :

1. 
1.1.  En  vertu  de  l’art.  31  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal 
administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32),  ledit  Tribunal  connaît  des 
recours contre  les décisions au sens de  l’art.  5 de  la  loi  fédérale du 20 

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décembre 1968 sur  la procédure administrative (PA, RS 172.021) prises 
par les autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF.

En particulier, les décisions rendues par l’ODM concernant l’asile peuvent 
être contestées, par renvoi de l’art. 105 de la loi du 26 juin 1998 sur l’asile 
(LAsi, RS 142.31)  devant  le Tribunal,  lequel  statue alors définitivement, 
sauf demande d’extradition déposé par l’Etat dont le requérant cherche à 
se protéger  (art. 83  let. d ch. 1 de  la  loi du 17  juin 2005 sur  le Tribunal 
fédéral [LTF, RS 173.110]).

1.2. Les  recourants ont qualité pour  recourir. Présenté dans  la  forme et 
dans le délai prescrits par la loi, le recours est recevable (art. 48 et 52 PA 
et 108 al. 1 LAsi).

2. 
2.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d’origine ou dans 
le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices 
ou craignent à juste titre de l’être en raison de leur race, de leur religion, 
de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou 
de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de 
sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l’intégrité corporelle ou 
de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression 
psychique  insupportable.  Il  y  a  lieu  de  tenir  compte  des motifs  de  fuite 
spécifiques aux femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi).

2.2.  Quiconque  demande  l’asile  (recourant)  doit  prouver  ou  du  moins 
rendre  vraisemblable  qu’il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est 
vraisemblable  lorsque  l’autorité  estime  que  celle­ci  est  hautement 
probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur 
des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont 
contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de 
manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 
LAsi).

2.3.  Il  y  a  pression  psychique  insupportable  lorsque  des  mesures 
systématiques  sont  prises  à  l'encontre  de  certains  individus  ou  d'une 
partie  de  la  population  et  qu'au  regard  d'une  appréciation  objective, 
celles­ci  atteignent  une  intensité  et  un  degré  tels  qu'elles  rendent 
impossible,  ou  difficilement  supportable,  la  poursuite  de  la  vie  ou  d'une 
existence  conforme  à  la  dignité  humaine,  de  telle  sorte  que  n'importe 
quelle personne confrontée à une situation analogue aurait été contrainte 

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de  fuir  le pays,  faute de pouvoir y bénéficier d'une protection adéquate. 
En d'autres termes, seules sont prises en considération  les mesures qui 
visent une minorité ethnique, religieuse, sociale ou politique et qui, soit en 
tant  que  telles,  soit  accompagnées  de  mesures  individualisées,  sont 
suffisamment  intenses pour constituer de sérieux préjudices au sens de 
l'art.  3  LAsi.  Enfin,  la  pression  psychique  doit  être  la  conséquence  de 
mesures concrètes,  auxquelles  l'intéressé était  effectivement exposé ou 
est  exposé  à  l'avenir  avec  une  grande  vraisemblance  (cf.  notamment 
dans ce sens  les décisions publiées  in Jurisprudence et  informations de 
la Commission suisse de recours en matière d'asile  [JICRA] 2005 n° 21 
consid.  10.3.1.  p.  200s.,  JICRA  1996  n°  30  consid.  4d  p.  291,  JICRA 
1996 n° 29 consid. 2h p. 282s).

3. 
3.1. En  l’occurrence,  il appert de ses déclarations que  le  recourant était 
agriculteur  dans  son  pays.  Lui­même  et  son  frère  auraient  ainsi  été 
propriétaires  de  deux  parcelles  de  100  et  56  donems  (un  donem 
équivalent  à  1000  m2)  auxquelles  se  serait  ajouté  un  fermage  de 
70 donems. Vers 2007, un litige, dont son frère se serait occupé avec le 
secours  d’un  avocat  les  aurait  opposés  à  l’Etat  syrien  qui  leur  aurait 
exproprié  48 donems  de  leur  parcelle  de  56  donems.  Le  recourant 
assimile  cette  expropriation  à  une  persécution  étatique  fondée  sur  des 
motifs  ethniques  dans  ce  sens  que,  selon  lui,  l’Etat  syrien  viserait  à 
affaiblir  les Kurdes de Syrie en  les dépossédant de  leurs biens pour  les 
attribuer aux Arabes syriens. En 1ère instance, il a produit trois documents 
officiels  relatifs  à  cette  expropriation.  Il  en  ressort  que  lui­même  et  son 
frère  paraissent  avoir  été  effectivement  partie  à  une  procédure 
d’expropriation visant à dédommager les habitants d’un village voisin dont 
les  terres  cultivables  auraient  été  immergées  consécutivement  à  la 
construction d’un barrage en leur attribuant 48 donems de la parcelle de 
56 donems du recourant et de son frère. A ce stade, il y a lieu de rappeler 
que,  conformément  à  une  jurisprudence  constante,  l'asile  n'est  pas 
accordé  en  guise  de  compensation  à  des  préjudices  subis, mais  sur  la 
base  d'un  besoin  avéré  de  protection.  Aussi,  dans  la  mesure  où  le 
recourant  et  son  frère  auraient  été  les  seuls  Kurdes  de  leur  village,  à 
l'exclusion  des  autres  habitants  de  cette  ethnie,  à  être  expropriés,  le 
Tribunal ne saurait admettre une persécution au sens de l'art. 3 LAsi pour 
ce  motif  dès  lors  que  tout  un  chacun  peut  être  un  jour  visé  par  une 
expropriation.  Le  Tribunal  constate  aussi  qu'il  n’est  en  rien  établi  que 
seuls  les  Kurdes  de  G._______,  à  l’exclusion  des  résidents  d’autres 
ethnies de  la  région si  tant est qu’il y en eut, auraient été visés par des 

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expropriations  du  genre  de  celle  dont  le  recourant  et  son  frère  ont  fait 
l’objet.  En  fait,  dans  cette  configuration,  une  persécution  n’aurait 
éventuellement été admissible que si les conséquences de l’expropriation 
de sa parcelle eussent été économiquement si défavorables au recourant 
que la pression qui en aurait résulté pour lui n’aurait plus été supportable. 
On  rappellera  ici  que  l’admissibilité  de  préjudices  économiques  est 
subordonnée à la condition que celui qui s’en prévaut ait perdu tous ses 
moyens d’existence et ait ainsi été empêché de mener une vie conforme 
à la dignité humaine (JICRA 2000 n° 17 consid. 1b ; JICRA 1996 n° 28 ). 
En  l’occurrence, après expropriation d’environ 5 hectares  (ha) de  terres 
cultivables, le recourant et son frère étaient encore propriétaires d’environ 
11 ha, auxquels s’ajoutait  le  fermage de 7 ha et  il n’est pas exclu qu’ils 
aient perçu une  indemnité consécutivement à cette expropriation. Aussi, 
vu ce qui précède, rien n'indique en définitive que l'expropriation alléguée 
ait été motivée par un des motifs énoncés exhaustivement à l'art. 3 LAsi. 
Rien  n'indique  non  plus  qu'elle  ait  été  suffisamment  intense  pour  être 
déterminante en matière d'asile.

3.2. Pour  le  reste,  le  recourant,  quoi  qu’il  en  dise,  a  bien  donné  deux 
versions  distinctes  de  la  dispute  survenue  dans  son  champ  le  26  août 
2007. Selon la première, qu’il n’a pas modifiée lors de la relecture qui lui 
en a été faite dans la langue de son choix, lui­même et son cousin étaient 
déjà sur sa parcelle quand deux policiers seraient intervenus pour mettre 
un  terme  à  la  dispute  qui  les  aurait  opposés  aux  attributaires  de  leur 
champ  et  c’est  en  essayant  de  désarmer  un  policier  qui  tentait  de  le 
repousser avec son arme que le recourant aurait déclenché, d'abord une 
rafale  de  coups  de  feu  puis  un  tir  isolé  qui  aurait  atteint  le  policier  à 
l’épaule.  D’après  la  seconde  version,  quand  son  cousin  et  lui­même 
seraient  accourus  à  sa  parcelle  à  motocyclette,  deux  policiers  s’y 
trouvaient  déjà  et  c’est  en  tentant  de  se  soustraire  à  celui  qui  l’aurait 
agrippé d’une main pour l’empêcher de s’en prendre aux attributaires de 
sa  parcelle  que  le  recourant  aurait  heurté  son  arme  du  coude,  faisant 
partir  un,  éventuellement  deux  coups  de  feu,  dont  l'un  aurait  blessé  ce 
policier. Les seules dénégations du recourant en la matière ne sauraient 
gommer ses contradictions. De fait, lorsque les déclarations claires, faites 
au centre d’enregistrement, portant  sur des points essentiels des motifs 
d’asile,  sont  diamétralement  opposées  aux  déclarations  faites 
ultérieurement à  l’autorité cantonale ou à  l’ODM,  le Tribunal est en droit 
de  les  retenir au détriment du  recourant  (JICRA 1993 no 3, p. 11ss;  cf. 
JICRA  1996  no  17,  p.  150ss).  Dans  le  présent  cas,  la  crédibilité  du 
recourant concernant ces événements  fait d’ailleurs d’autant plus défaut 

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que,  confronté  aux  constatations  de  l’ambassade  sur  les  circonstances 
de  sa  fuite,  il  a  expressément  admis  n’être  pas  passé  par  la  Turquie 
quand il est parti de Syrie avec sa famille et son cousin. Dès lors, en dépit 
des  réserves de  l’OSAR concernant  la  fiabilité des enquêtes diligentées 
par l’Ambassade de Suisse à Damas sur les requérants d’asile syriens, le 
Tribunal ne peut croire que le recourant était recherché quand il a quitté 
son  pays.  L’aurait­il  été  qu’on  ne  voit  alors  pas  ce  qui  aurait  pu 
l’empêcher  de  prouver  ses  dires  en  produisant  des  documents  idoines, 
sachant  que  le  policier  qu’il  dit  avoir  blessé  aurait  déposé  une  plainte, 
qu’après  l’arrestation  de  son  père,  de  ses  frères  et  de  son  beau­père 
(libérés dans les jours ou les mois qui ont suivi grâce à l'intervention d'un 
oncle du recourant, bien connu des responsables de la région), le grand­
père  de  son  épouse,  un  haut  responsable,  membre  de  la  Commission 
centrale  du  Parti  démocratique  du  Progrès,  aurait  constitué  un  avocat 
pour les défendre (cf. pv de l’audition du 5 février 2008, Q. 104), sachant 
enfin  que  des  membres  de  sa  famille  ont  pu  lui  faire  parvenir  des 
documents d’identité en Suisse.

3.3.  Enfin,  au  nombre  de  1,5  voire  2  millions,  les  Kurdes  de  Syrie 
connaissent tous une discrimination d'ordre culturel, aucune publication ni 
enseignement en  langue kurde n'étant autorisés. Selon  la  jurisprudence 
relative  à  la  situation  des  activistes  kurdes  syriens  politiquement 
engagés, un risque de persécution ne découlerait en pratique que d'une 
activité politique personnelle,  revêtant une certaine  intensité et montrant 
un degré d'engagement élevé (cf. JICRA 2005 n° 7 consid. 7.2.1, p. 70­
71).  Sont  donc  surtout  exposés  à  la  persécution  les  activistes 
particulièrement  connus  des  autorités,  ou  les  cadres  des  mouvements 
interdits  (à  l'exception  des  principaux  dirigeants,  protégés  par  leur 
notoriété), ainsi que  les personnes ayant activement milité en exil, mais 
non  les  simples  membres  de  ces  mouvements.  Dans  ces  conditions, 
l'affiliation du recourant – qui a d'abord dit n'avoir jamais été arrêté avant 
de se raviser, lors de son audition sur ses motifs de fuite, et de déclarer 
que  les  autorités  l'auraient  interrogé  deux  ou  trois  fois  sur  ses  activités 
politiques  ­  au  Parti  démocratique  kurde  du  Progrès,  sa  participation  à 
des  réunions  mensuelles  ou  bimensuelles  du  parti  ou  à  des  activités 
culturelles  lors  des  fêtes  du  Newroz,  ou  encore  la  tenue,  très 
occasionnelle, de réunions clandestines chez lui ne permettent pas de le 
considérer  comme un  activiste  notoire  et  particulièrement  engagé  de  la 
cause kurde en Syrie, ni de conclure qu'il  intéressait particulièrement les 
autorités, étant  rappelé qu'il n'était pas un cadre de son parti, même au 
niveau  local.  Enfin,  le  recourant  ne  soutient  pas  que  sa  famille,  avec 

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laquelle  il  est  en  contact,  ferait  l'objet  d'une  surveillance  de  la  part  des 
autorités syriennes depuis que  lui­même est censé avoir  fui  la Syrie  (cf. 
pièce A11/12, Q. 109). Cette attitude des autorités n'est pas de nature à 
faire  présumer,  de  leur  part,  un  grand  intérêt  pour  le  cas  du  recourant. 
Celui­ci  n'a  par  conséquent  pas  été  en  mesure  de  faire  apparaître  la 
pertinence de ses motifs. Par ailleurs, le 4 août 2011, le président syrien 
a promulgué un décret présidentiel  autorisant  le multipartisme en Syrie. 
Le Parti  démocratique  kurde du Progrès a par  conséquent  cessé d'être 
interdit à ce moment. Aussi, en dépit des  troubles auxquels  la Syrie est 
actuellement en proie,  le  recourant ne court  plus aujourd'hui  de  risques 
dans son pays à cause de son affiliation au Parti démocratique kurde du 
Progrès.  En  définitive,  étant  donné  l'attitude  des  autorités  syriennes 
envers les mouvements kurdes et leurs adhérents, telle que rappelée ci­
dessus,  le Tribunal considère qu'au moment de son départ,  le recourant 
n'encourait  pas  un  risque  de  persécution  ;  il  n'en  encourt  pas  non  plus 
aujourd'hui pour son activité d'antan.

3.4. Il s'ensuit que pour ce qui a trait à ses motifs de fuite antérieurs à son 
départ de Syrie, le recourant ne peut se voir accorder l'asile. En tant qu’il 
conteste le refus de l’asile, le recours doit par conséquent être rejeté.

4. 
4.1.  Celui  qui  se  prévaut  d'un  risque  de  persécution  dans  son  pays 
d'origine ou de provenance, engendré uniquement par son départ de ce 
pays  ou  par  son  comportement  dans  son  pays  d'accueil,  fait  valoir  des 
motifs subjectifs survenus après la fuite, au sens de l'art. 54 LAsi. De tels 
motifs peuvent, certes, justifier la reconnaissance de la qualité de réfugié 
au  sens  de  l'art.  3  LAsi  (cf.  PETER  KOCH  /BENDICHT  TELLENBACH,  Die 
subjektiven Nachfluchtgründe, Asyl 1986/2, p. 2), mais le législateur a en 
revanche  clairement  exclu  qu'ils  puissent  conduire  à  l'octroi  de  l'asile, 
indépendamment  de  la  question  de  savoir  s'ils  ont  été  allégués 
abusivement ou non (JICRA 2000 n° 16 consid. 5a p. 141 s. et  réf. cit., 
JICRA  1995  n°  7  consid.  7b  p.  67  ss  ;  cf.  également  ALBERTO 
ACHERMANN/CHRISTINA  HAUSAMMANN,  Handbuch  des  Asylrechts, 
Berne/Stuttgart 1991, p. 111 s. ; des mêmes auteurs, Les notions d'asile 
et de réfugié en droit suisse,  in : WALTER KÄLIN (éd.), Droit des réfugiés, 
enseignement de 3e cycle de droit 1990, Fribourg 1991, p. 45 ; SAMUEL 
WERENFELS,  Der  Begriff  des  Flüchtlings  im  schweizerischen  Asylrecht, 
Berne  1987,  p.  352  s.).  En  outre,  la  conséquence  que  le  législateur  a 
voulu  attribuer  aux  motifs  subjectifs  intervenus  après  la  fuite,  à  savoir 
l'exclusion de l'asile, interdit une combinaison de ceux­ci avec des motifs 

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antérieurs  à  la  fuite,  respectivement  des  motifs  objectifs  postérieurs  à 
celle­ci,  par  exemple  dans  l'hypothèse  où  ceux­là  ne  seraient  pas 
suffisants  pour  permettre  la  reconnaissance  de  la  qualité  de  réfugié  et 
l'octroi d'asile (JICRA 1995 précitée consid. 8 p. 70).

4.2. Aujourd'hui,  en Syrie, manifestations  et  arrestations  se  poursuivent 
sans  interruption.  Les  réformes  annoncées  ou  entreprises  par  le 
Président Bachar al­Assad n'ont affaibli ni la contestation ni la répression 
qui vise indistinctement tous ceux qui manifestent leur hostilité au régime 
et  leur  aspiration  au  changement.  En  témoignent  les  très  nombreuses 
victimes,  près  de  3000  selon  l'Organisation  des  Nations  Unies  (ONU), 
que cette  répression a  faites depuis  le début de  la mobilisation à  la mi­
mars.  Même  à  l'étranger,  les  Syriens  expatriés  qui  se  mobilisent  pour 
obtenir  le  départ  de  Bachar  Al­Assad  s'exposent  aux  violences  des 
militants du  régime en place à Damas. Dans ces conditions,  le Tribunal 
ne peut plus  tenir pour exacts et pertinents  les  faits  sur  lesquels  l'ODM 
s'est  fondé pour dénier au recourant  la qualité de réfugié. De fait, vu ce 
qui  précède,  il  n'est  pas  exclu  que  le  recourant,  même  s'il  ne  se 
caractérise pas par un profil politique particulier,  risque d'être persécuté 
en  cas  de  retour  en  Syrie,  ne  serait­ce  qu'à  cause  de  son  séjour  à 
l'étranger. En  l'état,  Il  convient  donc de  renvoyer  la  cause à  l'ODM afin 
qu'il complète les faits à cet égard.

4.3. Il s’ensuit que le recours, en tant qu’il conteste le refus de l’ODM de 
reconnaître  au  recourant  la  qualité  de  réfugié,  doit  être  admis  et  la 
décision de l'ODM du 18 mars 2009 annulée. L'affaire est renvoyée pour 
complément d'instruction et nouvelle décision au dit Office.

5. 
Vu  l'issue de  la procédure,  il  y aurait  lieu d'en mettre  les  frais  (Fr. 600) 
pour moitié à  la charge des  recourants  (art. 63 al. 1 PA). Ceux­ci ayant 
toutefois sollicité l'assistance judiciaire partielle, il y a lieu de faire droit à 
leur  requête dans  la mesure où  ils  sont  indigents  et  où,  au moment du 
dépôt  du  recours,  leurs  conclusions  n'étaient  pas  d'emblée  vouées  à 
l'échec (art. 65 al. 1 PA). Il n'est donc pas perçu de frais de procédure.

6. 
Il n’est pas non plus alloué de dépens car les recourants, qui ont agi sans 
mandataire,  n’ont  pas  fait  valoir  de  frais  indispensables  et  relativement 
élevés pour la défense de leurs droits (art. 64. al. 1 et 5 PA; art. 7 à 9 du 

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règlement du 21 février 2008 concernant  les frais, dépens et  indemnités 
fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]).

(dispositif page suivante)

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Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce :

1. 
Le recours est rejeté en ce qui concerne l'octroi de l'asile.

2. 
Le  recours  est  admis  en  tant  qu’il  conteste  le  refus  de  l’ODM  de 
reconnaître aux  recourants  la qualité de  réfugié et  la décision de  l'ODM 
du 18 mars 2009 est annulée sur ce point.

3. 
La cause est renvoyée à l'ODM pour complément d'instruction et nouvelle 
décision.

4. 
Il n'est pas perçu de frais de procédure.

5. 
Il n'est pas alloué de dépens.

6. 
Le  présent  arrêt  est  adressé  aux  recourants,  à  l’ODM  et  à  l’autorité 
cantonale compétente.

Le président du collège : Le greffier :

Maurice Brodard Jean­Claude Barras

Expédition :