# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** dfc7bd17-5d19-5339-bcdd-cf4b3d4422c4
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 1994-07-13
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 13.07.1994 GE.1994.0034
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_GE-1994-0034_1994-07-13.html

## Full Text

canton de vaud

TRIBUNAL ADMINISTRATIF

- A R R E T -

du 13 juillet 1994

__________

sur le recours interjeté par X.________,
représentée par son mandataire M. A.________, à ********,

contre

 

la décision rendue le 28 avril 1993 par le
Service des hospices cantonaux.

***********************************

 

Statuant par voie de circulation,

le Tribunal administratif, composé de :

MM.     Jacques Giroud, président

            Jean Koelliker, assesseur

Mme    V. Jaccottet Sherif, assesseur

constate en fait  :

______________

A.                     X.________, née en
********, a été engagée par l'Etat de Vaud en qualité d'aide de maison dans le
cadre d'un contrat de droit privé du 25 octobre 1978. L'engagement prenait
effet à compter du 16 novembre 1978 pour une durée indéterminée au service de
l'Hôpital psycho-gériatrique de B.________ pour un traitement brut annuel de
19'850 francs.

                        Par lettre du 28
avril 1993, le Service des hospices cantonaux a résilié ledit contrat avec
effet au 31 juillet 1993 en invoquant le fait que l'intéressée ne donnait pas
satisfaction dans son travail et n'avait pas donné suite à divers
avertissements. Aucune voie de recours n'était indiquée au pied de cette
décision.

                        Par lettre du 10 mai
1993 au Service des hospices cantonaux, X.________ a déclaré par son mandataire
A.________ notamment qu'elle avait travaillé durant plus de quatorze ans d'une
manière acceptable, qu'elle souffrait d'un léger handicap psychique, que la
sanction prise à son égard était d'une dureté extrême, que la décision du
Service des hospices cantonaux du 28 avril 1993 ne comportait pas l'indication
des voie et délai de recours, enfin qu'elle réservait "toutes les mesures,
voies et moyens propres à réformer" ladite décision. Il s'en est suivi un
échange de correspondances entre le Service des hospices cantonaux et
A.________.

                        Par lettre du 18 mai
1993 A.________ a encore saisi la Justice de Paix du cercle de B.________ d'une
"requête de conciliation" concernant le licenciement de sa mandante.

                        X.________ a fait
contrôler son chômage et a déposé une demande d'indemnité de chômage. Par
décision du 10 septembre 1993, la Caisse publique cantonale vaudoise de chômage
lui a imposé une suspension de douze jours de son droit aux indemnités pour
perte fautive d'emploi. Sur recours interjeté par A.________ en date du 2 octobre
1993, l'Office cantonal de l'assurance-chômage a annulé la décision de la
caisse en date du 4 mars 1994 au motif que, vu la longue durée des rapports de
travail entretenus par la recourante, aucune faute ne pouvait être imputée à
celle-ci.

                        Par lettre de
A.________ du 2 avril 1994 adressée au Tribunal administratif, X.________ a
déclaré recourir contre son licenciement. Invitée à préciser ses conclusions,
elle les a formulées comme il suit par lettre du même mandataire du 4 mai 1994
:

"1.  Le Service des hospices cantonaux
est invité à fournir un emploi à la recourante dans une région qui lui permette
de conserver son domicile actuel (dans un rayon de 10 à 15 km d'********).

Demandes subsidiaires, en cas d'impossibilité d'accorder cette réparation :

2.  L'Etat de Vaud verse une indemnité
équitable à la recourante (en principe, la moitié du manque à gagner provoqué
par la perte de l'emploi).

ou encore (en lieu
et place de la conclusion no. 2)

3.  La recourante est réintégrée à
l'Assurance-Invalidité qui avait assuré sa formation."

                        Invitée à se
déterminer au sujet du recours, l'autorité intimée a exposé dans ses
déterminations du 19 mai 1994 que le recours était tardif, qu'il n'était pas de
la compétence du Tribunal administratif, enfin qu'il ne satisfaisait pas aux
conditions de l'art. 31 LJPA et a conclu à son rejet.

                        Par lettre du 13
juin 1994, A.________ s'est référé notamment à sa lettre du 10 mai 1993
adressée au Service des hospices cantonaux ainsi qu'à son intervention auprès
de la Justice de Paix du cercle de B.________, demeurée sans suite.

et considère en droit :

________________

1.                     Alors même que la
décision attaquée est datée du 28 avril 1993 et que le Tribunal administratif
n'a été saisi directement pas la recourante que par la lettre de son mandataire
du 2 avril 1994, on peut se demander si le recours n'a pas été déposé en temps
utile. En effet, cette décision ne comportait aucune indication des voies de
recours et X.________ est intervenue auprès de l'autorité intimée par lettre du
10 mai 1993 pour manifester sa désapprobation et réserver une réforme de la
décision; cette lettre aurait dès lors pu être considérée comme un recours et
transmise au Tribunal administratif. Au surplus, par lettre du 18 mai 1993,
X.________ a saisi la Justice de Paix du cercle de B.________, qui aurait dû
décliner d'office sa compétence (art. 57 al. 1er ch. 3 CPC), ce
qui aurait incité l'intéressée à rechercher le juge compétent.

                        La question peut de
toute manière demeurer indécise, le Tribunal administratif n'étant de toute
façon pas compétent pour connaître du contentieux de la fonction publique
cantonale.

2.                     Le fonctionnaire
recourt contre une décision concernant sa situation auprès du Conseil d'Etat
(art. 94 al. 1er de la loi sur le statut général des fonctions publiques
cantonales ou Statut; RSV 1.6) et exerce une action pécuniaire contre l'Etat
auprès de la Chambre du contentieux des fonctionnaires du Tribunal cantonal,
respectivement du Président de cette autorité (art. 96 al. 1 et 2 du
Statut). En revanche, la personne engagée par contrat de droit privé ne peut
agir en ce qui concerne ses relations de travail avec l'Etat que devant la
juridiction civile prévue par l'art. 25 LVLT (RSV 8.1), à l'exception des
tribunaux de prud'hommes (art. 32 LTPr; RSV 2.4). Le Tribunal
administratif quant à lui, ne peut être saisi d'aucune contestation mettant aux
prises l'Etat cantonal d'une part, un fonctionnaire ou une personne engagée par
contrat de droit privé d'autre part en ce qui concerne des relations de service
ou de travail (art. 1er LJPA; RSV 1.5).

                        En l'espèce, la
recourante était au bénéfice d'un contrat de droit privé et doit donc agir
devant les tribunaux civils si elle entend réclamer quoi que ce soit en
relation avec son licenciement, de sorte que son recours doit être déclaré
irrecevable.

                        Il est vrai qu'après
quatre ans d'engagement par contrat de droit privé, l'autorité de nomination
aurait dû appliquer l'art. 5 al. 2 du Statut, qui cependant réserve
les "cas exceptionnels", et procéder à la nomination de la recourante
ou résilier cet engagement. Mais la passivité de l'autorité ne saurait être
interprétée comme une nomination tacite (arrêt du Conseil d'Etat du 22 décembre
1992, R 2 225/93), de sorte qu'il n'y a pas à tenir la recourante pour un
fonctionnaire et à transmettre la cause au Conseil d'Etat en application de
l'art. 6 LJPA.

3.                     Les motifs qui
précèdent conduisent le Tribunal administratif à décliner sa compétence. Compte
tenu de l'imprécision des conclusions prises, il n'est pas en mesure de
transmettre d'office la cause à l'autorité compétente (art. 6 al. 1 LJPA).
La recourante doit donc être renvoyée à agir devant le juge civil compétent, à
l'exclusion des tribunaux de prud'hommes. (JT 1991 III 74, plus spécialement
78).

                        Vu la situation de
la recourante et en application de l'art. 38 al. 3 LJPA, l'arrêt sera
rendu sans frais.

Par ces motifs,

le Tribunal administratif

a r r ê t e  :

I.                 Le recours est déclaré
irrecevable.

II.                 Il n'est pas perçu
d'émolument de justice.

Lausanne, le 13 juillet 1994/gz

Au
nom du Tribunal administratif  :

Le
président :