# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** e66c009d-ec02-54b8-9fcb-a5857ef7323d
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2023-11-13
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 13.11.2023 F-3702/2022
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_F-3702-2022_2023-11-13.pdf

## Full Text

B u n d e s v e r w a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b un a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b un a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 

 Cour VI 

F-3702/2022 

 

 
 

  A r r ê t  d u  1 3  n o v e m b r e  2 0 2 3   

Composition 
 Gregor Chatton (président du collège),  

Regula Schenker Senn, Yannick Antoniazza-Hafner, juges, 

Noémie Gonseth, greffière. 
 

 
 

Parties 
 1. A._______, 

2. B._______,  

3. C._______,  

4. D._______,  

5. E._______,  

6. F._______,   

7. G._______,  

tous agissant par  

8. H._______,  

tous représentés par Karine Povlakic,  

Entraide Protestante Suisse EPER/SAJE, Rue Enning 4, 

Case postale 7359, 1002 Lausanne,  

recourants,  

  
 

 
contre 

 
 Secrétariat d'Etat aux migrations SEM,  

Quellenweg 6, 3003 Berne,    

autorité inférieure.  

  
 

 
 

Objet 
 Refus d'autorisation d'entrée en Suisse en vue d'un long sé-

jour pour des motifs humanitaires. 

 

F-3702/2022 

Page 2 

Faits : 

A.  

A.a En date du 24 août 2021, H._______, ressortissante afghane née en 

1988 (ci-après : la requérante ou recourante 8), au bénéfice d’une autori-

sation de séjour en Suisse en tant que réfugiée, a déposé auprès du Se-

crétariat d’Etat aux migrations (ci-après : SEM) une demande visant à éva-

luer les chances de succès d’une demande de visas humanitaires en fa-

veur de divers membres de sa famille. Elle a exposé qu’avec la prise de 

pouvoir des talibans, sa famille était coincée dans une situation difficile et 

dangereuse à Kaboul, dès lors qu’il ne lui était pas possible de sortir pour 

déposer des demandes auprès de la représentation suisse à l’étranger. 

Par courrier du 27 août 2021, le SEM a, en substance, communiqué à l’in-

téressée qu’il n’était plus possible de requérir l’asile depuis l’étranger mais 

que les membres de sa famille pouvaient déposer une demande de visas 

humanitaires auprès d’une représentation suisse à l’étranger, à condition 

toutefois qu’ils s’y présentassent personnellement. 

A.b Par courrier du 16 février 2022, la requérante 8, agissant par le biais 

de son mandataire, a sollicité du SEM qu’il se prononçât sur la demande 

d’octroi de visas humanitaires en faveur d’A._______, né le (…) 1958, de 

B._______, née le (…) 1965, de C._______, né le (…) 1984, de 

D._______, née le (…) 1981, de E._______, né le (…) 2005, F._______, 

né le (…) 2008, et de G.________, née le (…) 2018 (ci-après : les requé-

rants ou recourants 1 à 7), tous ressortissants afghans.  

Dans un courrier du 22 février 2022, le SEM a, en substance, communiqué 

à l’intéressée que les faits allégués à l’appui de son dernier envoi n’étaient 

pas de nature à modifier sa position, telle qu’exprimée dans son courrier 

du 27 août 2021. Il a invité les membres de la famille de la requérante 8 à 

se présenter personnellement à une représentation Suisse à l’étranger 

pour requérir l’octroi de visas humanitaires. 

A.c Le 5 mai 2022, les requérants 1 à 7 ont sollicité auprès de la Repré-

sentation suisse à Islamabad (ci-après : la Représentation suisse) l’octroi 

de visas humanitaires. Le même jour, ils ont été entendus sur leurs motifs 

et ont produit un lot de pièces à l’appui de leurs allégués. 

Par décision du 12 mai 2022, la Représentation suisse a refusé l’octroi des 

visas sollicités au moyen d’un formulaire-type de refus de visa humanitaire. 

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Le 1er juin 2022, les requérants ont formé opposition contre cette décision 

par-devant le SEM. 

B.  

Par décision du 25 juillet 2022, le SEM a rejeté l’opposition susmentionnée 

et confirmé le refus d’autorisations d’entrée en Suisse. Cette décision a été 

notifiée le 28 juillet 2022. 

C.  

C.a Le 25 août 2022, les requérants, agissant toujours par le biais de leur 

mandataire, ont recouru contre la décision du SEM précitée par-devant le 

Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal ou le TAF). Ils ont conclu 

à l’annulation de la décision attaquée et à ce qu’il fût fait en sorte que les 

requérants 1 à 7 pussent entrer en Suisse aux fins du dépôt d’une de-

mande d’asile. Ils ont requis qu’il fût renoncé à la perception de frais de 

procédure. 

Par ordonnance du 9 septembre 2022, le Tribunal a constaté que les re-

courants 1 à 7 agissaient valablement par le biais de la recourante 8 et 

qu’ils étaient tous représentés par le Service d’aide juridique aux éxilé-e-s 

(SAJE) de l’Entraide Protestante Suisse (EPER) à Lausanne. Il les a invités 

à remplir le formulaire « Demande d’assistance judiciaire », en y joignant 

les moyens de preuve correspondants, et à lui fournir des renseignements 

complémentaires quant à leur lieu et leurs conditions de résidence actuels, 

à d’éventuelles démarches qu’ils auraient effectuées pour obtenir une pro-

tection ou une autorisation de séjour dans le pays d’accueil et à une éven-

tuelle aide (sur le plan matériel et/ou financier) dont ils bénéficieraient de 

la part de l’Etat d’accueil, d’une organisation non gouvernementale ou reli-

gieuse. 

Par courrier du 22 septembre 2022, les recourants ont donné suite à l’or-

donnance susmentionnée.  

C.b Par ordonnance du 3 octobre 2022, le Tribunal a admis la demande 

d’assistance judiciaire partielle des intéressés et invité l’autorité inférieure 

à produire un mémoire de réponse. 

Le 5 octobre 2022, la requérante 8, agissant seule, a apporté des complé-

ments à leur recours.  

Par ordonnance du 12 octobre 2022, le Tribunal a confirmé l’octroi aux re-

courants de l’assistance judiciaire partielle et transmis à la mandataire et à 

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l’autorité inférieure une copie du courrier de la requérante 8 pour informa-

tion, respectivement pour prise en compte dans le mémoire de réponse. 

C.c Dans sa réponse du 24 octobre 2022, l’autorité inférieure s’est déter-

minée sur le recours et les écritures ultérieures des recourants, concluant 

au rejet du recours et au maintien de la décision attaquée. 

Le 24 novembre 2022, les recourants ont produit un mémoire de réplique, 

dans lequel ils ont conclu au maintien des conclusions prises dans leur 

recours. 

Par ordonnance du 25 janvier 2023, le Tribunal a transmis un double de la 

réplique à l’autorité inférieure pour information et invité les recourants à lui 

communiquer s’ils avaient obtenu entretemps un entretien avec des colla-

borateurs du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés 

(UNHCR) ou de son partenaire « Society for human rights and prisoners 

aid (SHARP) » au Pakistan et toutes autres informations complémentaires 

pertinentes relatives à la situation des recourants 1 à 7 au Pakistan. 

Dans un courrier du 7 février 2023, les recourants ont donné suite à l’or-

donnance susmentionnée.  

C.d Par ordonnance du 20 avril 2023, le Tribunal a informé les recourants 

qu’il entendait tenir compte de certaines pièces contenues dans le dossier 

d’asile de la recourante 8 et qu’il leur impartissait un délai jusqu’au 11 mai 

2023 pour obtenir, s’ils le souhaitaient, de la part du SEM des copies des 

pièces concernées et pour se déterminer à ce sujet. Une copie du courrier 

des intéressés du 7 février 2023 a été transmise au SEM, pour information. 

Le 11 mai 2023, les recourants ont donné suite à l’ordonnance susmen-

tionnée et produit leurs déterminations. Par ordonnance du 19 mai 2023, 

le Tribunal les a transmises à l’autorité inférieure pour éventuelles obser-

vations.  

Dans son mémoire du 24 mai 2023, l’autorité inférieure a confirmé au Tri-

bunal que les écritures ultérieures des recourants ne lui permettaient pas 

une appréciation différente et ne modifiaient pas sa position exprimée dans 

son mémoire de réponse. 

Par courrier du 17 octobre 2023, les recourants ont fourni au Tribunal des 

informations complémentaires sur la situation au Pakistan. Ils l’ont prié, en 

substance, de statuer rapidement sur leur recours. 

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Par ordonnance du 26 octobre 2023, le Tribunal a transmis aux parties 

leurs dernières écritures et les a informées que la cause était, en principe, 

gardée à juger. 

D.  

Les autres éléments contenus dans les écritures précitées seront exami-

nés, si nécessaire, dans les considérants en droit ci-dessous. 

Droit : 

1.  

1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 LTAF, le Tribunal, en 

vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de 

l'art. 5 PA, prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. En particu-

lier, les décisions en matière de refus d'autorisation d'entrée prononcées 

par le SEM - lequel constitue une unité de l'administration fédérale telle 

que définie à l'art. 33 let. d LTAF - sont susceptibles de recours au Tribunal 

qui statue définitivement (art. 1 al. 2 LTAF en relation avec l'art. 83 let. c 

ch. 1 LTF). 

1.2 A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant le 

Tribunal est régie par la PA (art. 37 LTAF). 

1.3 Les recourants ont qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA). Présenté 

dans la forme et les délais prescrits par la loi, le recours est recevable 

(art. 50 al. 1 et 52 al. 1 PA). 

2.  

La partie recourante peut invoquer devant le Tribunal la violation du droit 

fédéral, y compris l'excès ou l'abus du pouvoir d'appréciation, la constata-

tion inexacte ou incomplète des faits pertinents ainsi que l'inopportunité de 

la décision entreprise, sauf lorsqu'une autorité cantonale a statué comme 

autorité de recours (art. 49 PA). L'autorité de recours n'est pas liée par les 

motifs invoqués par les parties (art. 62 al. 4 PA), ni par les considérants de 

la décision attaquée. Aussi peut-elle admettre ou rejeter le pourvoi pour 

d'autres motifs que ceux invoqués. Dans son arrêt, elle prend en considé-

ration l'état de fait existant au moment où elle statue (cf. ATAF 2014/1 con-

sid. 2). 

3.  

La législation suisse sur les étrangers ne garantit pas de droit ni quant à 

l'entrée en Suisse, ni quant à l'octroi d'un visa. Comme tous les autres 

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Etats, la Suisse n'est en principe pas tenue d'autoriser l'entrée de ressor-

tissants étrangers sur son territoire. Sous réserve des obligations décou-

lant du droit international, il s'agit d'une décision autonome (ATAF 2018 

VII/5 consid. 3.1 ; cf. le Message du Conseil fédéral concernant la loi sur 

les étrangers du 8 mars 2002, FF 2002 3469, 3531). De jurisprudence 

constante, la Cour européenne des droits de l'Homme (ci-après : la Cour 

EDH) a par ailleurs jugé que les Etats contractants avaient, en vertu d’un 

principe de droit international bien établi et sans préjudice des engage-

ments découlant pour eux de traités, y compris la CEDH, le droit de con-

trôler l’entrée, le séjour et l’éloignement des non-nationaux (cf., notam-

ment, arrêt de la Cour EDH [Gd Chambre], N. c. Royaume-Uni, du 27 mai 

2008, req. 26565/05, par. 30). Elle a, du reste, refusé d’entrer en matière 

sur une requête formée sur le fondement des art. 3 et 13 CEDH par des 

ressortissants syriens (qui avaient déposé auprès de l’ambassade belge à 

l’étranger des demandes de visas à validité territoriale limitée pour pouvoir 

entrer en Belgique aux fins d’y demander l’asile), au motif qu’ils ne rele-

vaient pas de la juridiction de la Belgique (cf. décision de la Cour EDH [Gd 

Chambre], M.N. et autres c. Belgique, du 5 mai 2020, req. 3599/18). 

4.  

4.1 En tant que ressortissants afghans, les recourants 1 à 7 sont soumis à 

l'obligation de visa pour l'entrée en Suisse, conformément au Règlement 

(CE) 539/2001 du Conseil du 15 mars 2001 (JO L 81 du 21 mars 2001, 

pp. 1-7) remplacé par le Règlement (UE) 2018/1806 du Parlement euro-

péen et du Conseil du 14 novembre 2018 (JO L 303 du 28 novembre 2018, 

pp. 39-58) qui ne se distingue pas de sa version antérieure sur ce point 

(cf. l'annexe 1 des règlements susmentionnés). 

4.2 Il n'est pas contesté que les conditions générales pour l'octroi d'un visa 

Schengen uniforme ne sont pas remplies. C'est ainsi à bon droit que les 

intéressés n'ont pas été mis au bénéfice d'un tel visa (art. 14 par. 1 et 

art. 21 par. 1 Code des visas [Règlement (CE) 810/2009 du Parlement eu-

ropéen et du Conseil du 13 juillet 2009 établissant un code communautaire 

des visas (JO L 243 du 15 septembre 2009, pp. 1-58)], en relation avec 

l'art. 5 al. 2 LEI [RS 142.20]). 

4.3 Par ailleurs, les recourants 1 à 7 ne pouvaient pas davantage solliciter, 

en l'état, la délivrance d'un visa humanitaire à validité territoriale limitée 

fondée sur l'art. 25 du Code des visas, étant donné que ce type de visa est 

prévu pour des personnes ayant l'intention de séjourner brièvement dans 

le pays d'accueil. Une demande de visa introduite dans le but de solliciter 

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une protection internationale dans un Etat membre et d'y accomplir ensuite 

un long séjour ne relève pas de l'application du Code des visas, mais en 

l'état actuel du droit de l'Union, du seul droit national (cf. ATAF 2018 VII/5 

consid. 3.5 ; voir également arrêt de la Cour de justice de l'Union euro-

péenne du 7 mars 2017, C-638/16, C et C contre Etat belge). 

4.4 Partant, l'objet du présent litige est limité à la question de savoir si le 

SEM était fondé à refuser l'octroi en faveur des requérants 1 à 7 de visas 

nationaux de long séjour pour motifs humanitaires basés sur l'art. 4 al. 2 

de l'ordonnance du 15 août 2018 sur l'entrée et l'octroi de visa (OEV, 

RS 142.204). 

5.  

5.1 En vertu de l'art. 4 al. 2 OEV (en relation avec l'art. 5 al. 4 LEI ; cf. à ce 

sujet ATAF 2018 VII/5 consid. 3.6.1), un étranger qui ne remplit pas les 

conditions de l'al. 1 peut être, dans des cas dûment justifiés, autorisé pour 

des raisons humanitaires à entrer en Suisse en vue d'un long séjour. 

5.2 Selon la jurisprudence, les « motifs humanitaires » débouchant sur la 

délivrance d'un visa de long séjour sont donnés si, dans un cas d'espèce, 

il est manifeste que la vie ou l'intégrité physique d'une personne ou des 

biens juridiques ou intérêts essentiels d'une importance équivalente (p. ex. 

l'intégrité sexuelle) sont directement, sérieusement et concrètement mena-

cés dans son pays d'origine ou de provenance (cf. également en ce sens 

l'art. 4 al. 2 OEV qui a codifié cette jurisprudence). L'intéressé doit ainsi se 

trouver dans une situation de détresse particulière - c'est-à-dire être plus 

particulièrement exposé à des atteintes aux biens juridiques précités que 

le reste de la population -, de manière à rendre impérative l'intervention 

des autorités et à justifier l'octroi d'un visa d'entrée en Suisse. Tel peut être 

le cas, par exemple, dans les situations de conflit armé particulièrement 

aiguës ou pour échapper à une menace personnelle réelle et imminente. 

Cela étant, si l'intéressé se trouve déjà dans un Etat tiers ou si, s'étant 

rendu auparavant dans un tel Etat et pouvant y retourner, il est reparti vo-

lontairement dans son Etat d'origine ou de provenance, on peut considérer, 

en règle générale, qu'il n'est plus menacé, si bien que l'octroi d'un visa 

humanitaire pour la Suisse n'est plus indiqué. En outre, d'autres éléments 

pourront également être pris en compte, en particulier l'existence de rela-

tions étroites avec la Suisse, l'impossibilité pratique et l'inexigibilité objec-

tive de solliciter une protection dans un autre pays, ainsi que les possibilités 

d'intégration des personnes concernées (cf. ATAF 2018 VII/5 consid. 3.6.3 

et réf. cit.). 

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6.  

6.1 A l’appui de leur demande, les requérants ont fait valoir qu’ils faisaient 

partie d’une minorité (chiite) particulièrement visée par les talibans. Ils ont 

exposé qu’au début de l’été [année], leur famille avait été harcelée par un 

homme (X._______) qui voulait épouser de force la recourante 8 et qui 

était membre du parti des pashtounes talibans. L’un des frères de l’intéres-

sée, qui l’accompagnait dans ses déplacements à l’extérieur, avait été gra-

vement blessé lors d’une attaque dans la rue et plus tard assassiné par cet 

homme et des complices. Les meurtriers, qui avaient été condamnés à cinq 

ans de prison, avaient été libérés trois ans et demi plus tard, sans que la 

famille ne fût informée de la condamnation ou de la libération anticipée. La 

famille avait continué d’être menacée et inquiétée, notamment par le biais 

d’appels téléphoniques. X._______ et quatre autres hommes avaient par 

ailleurs dit au recourant 3 qu’ils se vengeraient. En [année], la recourante 

8 avait quitté l’Afghanistan pour la Suisse, tandis que le reste de la famille 

avait tenté de déménager dans la province de [nom de la province] (recte : 

[…]). Ayant été retrouvée par X._______, qui travaillait pour la sécurité na-

tionale, la famille avait fui au Pakistan, mais avait été refoulée en [année], 

du fait qu’elle n’avait pas obtenu des autorisations de séjour. En décembre 

[année], le requérant 3 avait été pris dans une embuscade organisée par 

cet homme et violemment battu. Il était toutefois parvenu à s’échapper. Les 

menaces contre la famille avaient continué. En mars [année], le requérant 

3 avait été, une nouvelle fois, attaqué de manière violente dans la rue par 

trois hommes, X._______ ayant assisté à la scène. Avec l’arrivée des tali-

bans au pouvoir, la situation sécuritaire s’était aggravée et X._______ avait 

encore plus d’influence qu’auparavant. La famille avait vécu cachée chez 

des proches. Le requérant 3 avait été aussi menacé en raison de son em-

ploi d’enseignant. Un attentat avait été perpétré par les talibans en no-

vembre 2020 contre l’université où il enseignait, au cours duquel des en-

seignants et des élèves avaient été tués. L’intéressé était, en outre, militant 

des causes sociales et avait participé à différentes manifestations à Ka-

boul. En tant qu’enseignante dans une haute école pour filles, la requé-

rante 4 était elle aussi exposée. Elle avait également travaillé durant trois 

ans comme scénariste, productrice et assistante marionnettiste pour une 

chaîne de télévision. 

Dans leur opposition, les requérants ont précisé qu’à l’arrivée au pouvoir 

des talibans ils avaient dû fuir leur maison et se cacher chez des proches. 

En septembre [année], X._______ et ses associés étaient venus frapper à 

la porte de leur maison qu’ils louaient, se présentant comme des officiers 

de police venus pour arrêter le requérant 3. Le locataire leur avait répondu 

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qu’il ne savait pas où il se trouvait. Le lendemain, X._______ et ses aco-

lytes avaient frappé à la porte de leur voisin, étant toujours à sa recherche. 

Le requérant 3 avait reçu des messages de menace de la part de 

X._______. Ces menaces répétées et les nombreux appels insistants 

étaient très angoissants pour la famille. Les enfants n’étaient pas non plus 

retournés à l’école depuis leur fuite. Les requérants ont insisté sur le fait 

que X._______ était très influant dans le gouvernement taliban et qu’il dis-

posait désormais d’un pouvoir démultiplié. Quant aux activités militantes 

du requérant 3, ils ont précisé que ce dernier était membre bénévole du 

comité directeur d’une association à caractère sociale, au sein de laquelle 

il enseignait la calligraphie et organisait des séminaires destinés à amélio-

rer les compétences des étudiants. L’association faisait aussi de la préven-

tion contre l’usage des drogues parmi les jeunes et dispensait des cours 

de pédagogie aux futurs enseignants. Le requérant 3 avait, en outre, par-

ticipé à une rencontre organisée en automne 2018, qui avait porté sur le 

thème de l’éducation gratuite et les moyens d’attirer plus de filles à l’école 

et convaincre leurs parents. Ils ont enfin précisé que leur situation au Pa-

kistan, où ils se trouvaient actuellement, était précaire et qu’ils risquaient 

un refoulement vers l’Afghanistan. 

6.2 Dans sa décision du 25 juillet 2022, le SEM a relevé que, bien que ne 

minimisant pas les conditions difficiles auxquelles étaient confrontés les 

requérants en Afghanistan suite à la prise de pouvoir des talibans, les in-

téressés n’avaient pas démontré être plus particulièrement exposés à des 

atteintes à leur vie ou à leur intégrité physique que leurs compatriotes, s’ils 

devaient retourner en Afghanistan. Le SEM a considéré que les éléments 

invoqués n’étaient pas récents et que les documents et photographies four-

nis n’étaient pas d’une valeur probante suffisante, ceux-ci ayant pu être 

produits pour les besoins de la cause ou être liés à d’autres circonstances. 

Les requérants n’avaient ainsi pas prouvé qu’ils se trouvaient dans une 

situation d’urgence particulière qui rendrait indispensable une intervention 

des autorités suisses. Le SEM a, par ailleurs, constaté que les requérants 

avaient eu la possibilité de quitter leur pays sans difficulté particulière, au 

bénéfice d’un visa pour se rendre au Pakistan. La situation des requérants 

dans ce dernier pays n’était enfin pas différente de celle de bon nombre de 

ressortissants afghans y résidant actuellement. 

6.3 Dans leur recours, les requérants ont contesté l’appréciation du SEM 

selon laquelle les requérants 1 à 7 ne se trouvaient pas dans une situation 

de danger immédiat, actuel et concret. Le requérant 3 avait suffisamment 

établi qu’il était professionnellement et directement menacé par un taliban 

influent et ce, déjà avant le changement de régime. Les attaques dirigées 

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contre lui avaient été violentes et visaient à le tuer. La prise de pouvoir des 

talibans le rendait extrêmement vulnérable à une nouvelle attaque, dès lors 

que X._______ pouvait se rendre au domicile de la famille, assisté de ses 

hommes armés en tant que représentant de l’Etat. La vie du requérant 3 

était ainsi hautement en danger en cas de retour au pays et sa situation se 

distinguait du reste de la population. Les documents produits étaient perti-

nents pour établir la menace, qui persistait actuellement. Dès lors que la 

requérante 8 avait obtenu le statut de réfugiée en Suisse et que ses décla-

rations avaient été considérées comme hautement vraisemblables, il n’y 

avait pas de raison de douter que la famille demeurait sous l’emprise et la 

menace de cet homme. Les requérants ont également fait valoir que la 

requérante 8 vivait seule en Suisse, sans ses proches qu’elle n’avait jamais 

voulu quitter, et qu’elle avait besoin de la présence de sa famille auprès 

d’elle. 

Dans leur courrier du 22 septembre 2022, les recourants ont indiqué que 

les requérants 1 à 7 séjournaient au Pakistan, dans une localité proche 

d’Islamabad. Ces derniers s’étaient annoncés auprès des représentants 

du HCR sur place, le SHARP, et avaient eu un bref entretien pour expliquer 

dans les grandes lignes les raisons de leur fuite. On leur avait dit qu’ils 

seraient convoqués pour une autre audition mais que cela prendrait du 

temps. Aucune aide (financière ou matérielle) ne leur avait été apportée. 

Ils vivaient des fonds qu’ils avaient pu emmener en urgence, mais leurs 

ressources s’amenuisaient, une partie de celles-ci devant être allouée pour 

les dépenses médicales des requérants 1 à 3. 

Dans sa lettre du 5 octobre 2022, la recourante 8 a réitéré le fait que son 

frère, le recourant 3, était un militant civil, ayant dirigé plusieurs manifesta-

tions contre les talibans. Elle a rappelé que sa famille était menacée de 

mort en Afghanistan, en raison de X._______. Elle a également mis en 

avant les différentes attaques qui y étaient perpétrées contre les chiites. 

6.4 Dans sa réponse, le SEM a constaté que les éléments invoqués dans 

le recours n’étaient pas de nature à remettre en question son appréciation. 

Il a exposé que, selon les informations disponibles, il ne relevait pas d’ex-

pulsions systématiques du Pakistan. Pour la période postérieure à la prise 

de pouvoir des talibans, ni l’autorité partenaire australienne, ni les organi-

sations de défense des droits de l’Homme (comme Amnesty International) 

ne mentionnaient que le Pakistan violait le principe de non-refoulement. Il 

a fait valoir que les conditions d’entrée dans le cadre de la procédure de 

visas humanitaires avaient été voulues beaucoup plus restrictives qu’en 

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Page 11 

cas de dépôt d’une demande d’asile à l’étranger et que les requérants ne 

les remplissaient pas. 

6.5 Dans leur réplique, les requérants ont contesté être en sécurité au Pa-

kistan. Ils ont relevé que d’autres familles et individus avaient été inquiétés 

par la police pakistanaise et menacés d’être refoulés vers l’Afghanistan. Ils 

ont relevé qu’ils s’étaient rendus auprès du HCR pour un entretien, au 

cours duquel on leur avait dit de patienter, mais qu’ils n’avaient plus reçu 

de nouvelles depuis. Ils n’étaient donc pas enregistrés en tant que réfugiés 

ou demandeurs d’asile auprès du HCR et ne disposaient pas non plus 

d’une preuve d’enregistrement (PoR). Ils ne pouvaient dès lors pas demeu-

rer légalement au Pakistan et risquaient d’être renvoyés en Afghanistan si 

la police les découvrait. 

Dans leur courrier du 7 février 2023, les intéressés ont, en substance, pré-

cisé que le HCR sur place ainsi que le bureau SHARP n’avaient pas les 

ressources suffisantes pour entendre les demandeurs d’asile afghans au 

Pakistan. Il était extrêmement difficile d’obtenir un rendez-vous. Leurs ten-

tatives de prise de contact par téléphone ou en se rendant sur place 

avaient été infructueuses. Ils ont aussi précisé qu’ils n’avaient pas pu re-

nouveler leurs visas et qu’ils vivaient ainsi illégalement au Pakistan, avec 

le risque d’être arrêtés et refoulés de force en Afghanistan. 

Dans leur écriture du 17 octobre 2023, les recourants ont communiqué au 

Tribunal que la situation au Pakistan s’était dégradée, en raison de la vo-

lonté du gouvernement pakistanais d’expulser plus d’un million d’Afghans 

qui y séjournaient sans statut. Ils craignaient ainsi d’être refoulés en Afgha-

nistan, où ils seraient exposés à un danger de mort sous l’autorité des ta-

libans. 

7.  

Avant d’examiner s’il existe un risque concret de refoulement du Pakistan 

en Afghanistan, le Tribunal commencera par examiner s’il est manifeste 

que les recourants sont directement, sérieusement et concrètement mena-

cés dans leur vie ou leur intégrité physique en cas de retour dans leur pays 

d’origine.  

7.1 La procédure en matière de visa humanitaire est soumise aux règles 

générales de la procédure administrative fédérale, dont la maxime inquisi-

toire ancrée à l’art. 12 PA, en vertu de laquelle l’autorité établit les faits 

d’office (cf. ATF 143 II 425 consid. 5.1 ; ATAF 2022 VII/2 consid. 9.6). Cela 

étant, la maxime inquisitoire ne dispense pas les parties de collaborer à 

F-3702/2022 

Page 12 

l’établissement des faits (art. 13 PA ; ATF 140 I 285 consid. 6.3.1 ; ATAF 

2022 VII/2 consid. 9.6). Il leur incombe d’étayer leurs propres thèses, de 

renseigner l’autorité ou le juge sur les faits de la cause et de lui indiquer 

les moyens de preuve disponibles, spécialement lorsqu’il s’agit d’élucider 

des faits qu’elles sont le mieux à même de connaître (ATF 140 I 285 con-

sid. 6.3.1 ; arrêt du TF 2C_1056/2022 du 12 avril 2023 consid. 4.1). En 

matière de droit des étrangers, l’art. 90 LEI impose un devoir spécifique de 

collaborer à la constatation des faits déterminants à la charge de l’étranger 

(ATF 142 II 265 consid. 3.2 ; arrêts du TF 2C_1056/2022 précité consid. 

4.11 ; 2C_690/2021 du 18 mars 2022 consid. 3.1). Il est d’ailleurs dans 

l’intérêt de l’étranger de collaborer à l’établissement des faits pertinents, du 

fait qu’il risque, à défaut, de devoir supporter l’absence de preuve des faits 

dont il entend tirer un droit (art. 8 CC ; ATAF 2022 VII/2 consid. 9.6). En 

matière de visa humanitaire, il incombe ainsi principalement à l’étranger 

d’alléguer les faits pertinents et produire les moyens de preuve nécessaires 

à prouver qu’il se trouve dans une situation de danger particulière pour sa 

vie ou son intégrité physique (cf. arrêt du TAF F-2107/2022 du 3 juillet 2023 

consid. 3.3). 

7.2 Il faut en outre que la mise en danger dont se prévaut l’étranger soit 

manifeste (cf. ATAF 2018 VII/5 consid. 3.6.3). La preuve d’une menace di-

recte, sérieuse et concrète d’une atteinte à la vie ou à l’intégrité physique 

est considérée comme apportée lorsque l’autorité, sur la base d’éléments 

objectifs, en a acquis la conviction. Une certitude absolue n’est pas néces-

saire, mais il faut qu’il n’y ait aucun doute sérieux, ou du moins que les 

doutes qui subsistent paraissent légers (cf. ATF 148 III 134 consid. 3.4.1 ; 

130 III 321 consid. 3.2; ISABELLE BERGER-STEINER, Beweismass: Lehren 

des Privatrechts für das öffentliche Recht, in: Annuaire du droit de la mig-

ration 2008/2009, 2009, p. 115). Le degré de la preuve requis pour les visas 

humanitaires correspond ainsi, en principe, à celui applicable aux visas 

Schengen, selon lequel il ne doit pas y avoir de doutes raisonnables (ou 

fondés) sur l’authenticité des documents justificatifs présentés ou sur la 

véracité de leur contenu ainsi que sur la fiabilité des déclarations effec-

tuées par le demandeur (cf. art. 32 par. 1 let. b du règlement [CE] 

n° 810/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 éta-

blissant un code communautaire des visas [code des visas, JO L 243 du 

15.09.2009 p. 1] ; ATAF 2014/1 consid. 4.4 ; arrêts du TAF F-5278/2021 du 

5 janvier 2022 consid. 5.1 ; F-1890/2021 du 7 septembre 2021 consid. 7.1). 

7.3 Le degré de la preuve applicable en matière d’asile (cf. art. 7 LAsi 

[RS 142.31]) n’est ainsi pas suffisant pour établir l’existence d’une mise en 

danger manifeste (cf. arrêt du TAF F-1198/2022 du 3 février 2023 consid. 

F-3702/2022 

Page 13 

6.1.5 ; F-3335/2021 du 14 avril 2022 consid. 4.2.2). En d’autres termes, il 

ne suffit pas que celle-ci soit hautement probable, au sens de la jurispru-

dence applicable en matière d’asile (cf. ATAF 2015/3 consid. 6.5.1 ; 

2013/11 consid. 5.1). En effet, bien qu’il existe des similitudes avec les 

questions examinées dans le domaine de l’asile, ce sont les règles de pro-

cédure et le degré de la preuve applicables en droit des étrangers qui doi-

vent être privilégiés dans le cadre de l’examen des visas humanitaires 

(cf. ATAF 2015/5 consid. 2). 

Un allégement du degré de la preuve, dans le sens d’une vraisemblance 

prépondérante, est par contre imaginable lorsque la preuve stricte n’est 

pas possible ou ne peut pas être raisonnablement exigée, en raison d’un 

« état de nécessité en matière de preuve » (« Beweisnot » ; ATF 149 III 

2018 consid. 2.2.3 ; 148 III 134 consid. 3.4.1 ; 130 III 321 consid. 3.2). Cela 

peut être le cas, par exemple, lorsqu’il s’agit d’établir l’illégalité du séjour 

dans un Etat tiers ou le risque d’un refoulement dans le pays d’origine 

(cf. arrêts du TAF F-5064/2021 du 23 janvier 2023 consid. 6.2 ; F-985/2022 

du 1er décembre 2022 consid. 6.4.2). 

8.  

8.1 En l’occurrence, le Tribunal constate que les déclarations des recou-

rants 1 à 7 correspondent à celles faites par la recourante 8 lors de son 

audition sur les motifs d’asile. Il n’y a donc pas de contradictions sur ce 

point. Cela étant, les faits à l’origine de la fuite en Suisse de la recourante 8 

remontent maintenant à plusieurs années. Si l’on se réfère à ses déclara-

tions, les avances du prétendant taliban ainsi que l’assassinat de son frère 

se sont produits durant l’année […] et l’intéressée a fui l’Afghanistan dans 

le courant de l’année […]. Ce sont ainsi plus de huit ans qui se sont écoulés 

depuis lors. En outre, bien que les talibans aient repris le pouvoir en août 

2021, ce n’est qu’en avril 2022 que les recourants 1 à 7 ont quitté leur pays 

pour le Pakistan, au moyen de visas valables (cf. dossier du SEM, p. 287, 

261 et 245 s.). Or, d’après les déclarations des intéressés, le recourant 3 

aurait fait l’objet d’une nouvelle attaque violente en mars [année], à laquelle 

le prétendant de sa sœur aurait assisté. En septembre [année], le préten-

dant, accompagné de ses hommes, se serait en outre rendu au domicile 

familial pour l’arrêter. Au vu de ces circonstances, on peut se demander 

pourquoi les recourants 1 à 7 ne sont pas partis plus tôt d’Afghanistan. On 

relèvera par ailleurs que ces derniers ont apparemment pu quitter le pays, 

sans grande difficulté, par la voie terrestre, en possession de passeports 

afghans établis pour la majorité d’entre eux en octobre 2021, soit après la 

reprise du pouvoir par les talibans (cf. dossier du SEM, p. 288, 262, 255 et 

F-3702/2022 

Page 14 

247). Le fait que le prétendant bénéfice prétendument d’une grande in-

fluence dans le gouvernement des talibans ne les a ainsi pas empêchés 

d’obtenir des documents de voyage et de quitter le pays. Cela rend ainsi 

invraisemblable l’argument selon lequel les recourants 1 à 7 auraient été 

les victimes de persécutions systématiques de la part des talibans. 

8.2 Quant aux pièces produites pour étayer la menace, il y a lieu de relever 

que plusieurs d’entre elles se rapportent aux faits ayant précédé la fuite de 

la recourante 8 d’Afghanistan, soit, en particulier, la mort de son frère lors 

d’une attaque en [année] (cf. dossier du SEM, p. 228, 224 s. et 213 s.). 

Celles-ci ne permettent cependant pas à elles seules d’établir l’existence 

d’une menace concrète et actuelle des recourants 1 à 7 en cas de retour 

en Afghanistan. Les quelques photos des blessures dont aurait été victime 

le recourant 3 (cf. dossier du SEM, p. 223) ne sont, quant à elles, pas da-

tées, de sorte qu’il n’est pas possible de les recontextualiser. Elles n’ont 

partant qu’une faible valeur probante. Ce dernier constat vaut aussi pour 

les photos du prétendant qui ont été versées au dossier. S’agissant des 

messages et appels manqués, dont des traductions ont été produites, leur 

contenu est effectivement menaçant (cf. dossier du SEM, p. 139 ss). Cela 

étant, on relèvera que ces appels et messages sont datés des 21, 24 et 25 

mai 2022. Or, lors de son entretien à la Représentation suisse, le 5 mai 

2022, le recourant 3 a déclaré que depuis leur arrivée au Pakistan, ils 

n’avaient plus fait l’objet de menaces du fait qu’ils ne disposaient plus de 

cartes SIM afghanes (cf. dossier du SEM, p. 294). On peut dès lors se 

demander si ces extraits ont été établis pour les besoins de la cause, après 

que la Représentation suisse avait communiqué sa décision négative, le 

12 mai 2022. Les explications du recourant 3, selon lesquelles il aurait re-

gardé son ancien numéro de téléphone et constaté que le prétendant avait 

essayé de le joindre par WhatsApp et lui avait envoyé des messages de 

mort (cf. dossier du SEM, p. 137), ne permettent pas de saisir le motif pour 

lequel il aurait, après avoir apparemment changé de numéro de téléphone, 

tout de même répondu à ces messages menaçants et confirmé son lieu de 

séjour (soit le Pakistan). La valeur probante de ces extraits doit être par 

conséquent fortement relativisée. 

En définitive, force est de constater que les pièces produites ne suffisent 

pas à convaincre le Tribunal que les recourants sont directement, sérieu-

sement et concrètement menacés par cet individu qu’est l’ancien préten-

dant de la recourante 8. On rappellera, à ce titre, que le degré de la preuve 

est plus élevé s’agissant de l’octroi de visas humanitaires que celui appli-

cable lors de la procédure d’asile. Le fait que la recourante 8 ait obtenu, en 

2016, le statut de réfugiée en Suisse n’est dès lors pas un argument décisif 

F-3702/2022 

Page 15 

pour l’octroi de visas humanitaires en faveur des autres membres de sa 

famille. 

8.3 S’agissant des autres pièces produites pour étayer les activités profes-

sionnelles et militantes des recourants 3 et 4 (cf. dossier du SEM, p. 218 ss 

et 203 ss), elles ne démontrent pas que ces derniers eussent assumé des 

positions particulièrement influentes ou visibles, les rendant reconnais-

sables du grand public et donc particulièrement vulnérables à des repré-

sailles de la part du régime taliban (cf. arrêts du TAF F-953/2022 du 24 août 

2023 consid. 5.2 ; voir, a contrario, F-3559/2022 du 20 avril 2023 con-

sid. 3.5.1). Les pièces au dossier n’établissent du reste pas qu’ils auraient 

été personnellement la cible de telles représailles, du fait de ces activités. 

8.4 Quant à leur appartenance à une minorité chiite, il est vrai que les mi-

norités chiites, dont celle des Hazaras, sont victimes d’attaques, perpé-

trées en particulier par une branche de l’Etat islamique, en Afghanistan 

(cf. Human Rights Watch, Afghanistan : ISIS Group Targets Religious Mi-

norities, article du 6 septembre 2022, sur le site : 

https://www.hrw.org/news/2022/09/06/afghanistan-isis-group-targets-reli-

gious-minorities, consulté en novembre 2023 ; European Union Agency 

For Asylum, Afghanistan - Targeting of Individuals, Country of Origin Infor-

mation Report, août 2022, p. 138 ss, sur le site : https://coi.euaa.eu-

ropa.eu/administration/easo/PLib/2022_08_EUAA_COI_Report_Afgha-

nistan_Targeting_of_individuals.pdf, consulté en novembre 2023). Cela 

étant, le Tribunal considère, dans sa jurisprudence, que la seule apparte-

nance à la communauté des Hazaras ne constitue pas en soi un motif 

d’asile suffisant au sens de l’art. 3 LAsi (RS 142.31), d’autres éléments 

personnels étant, en sus, nécessaires (cf. arrêts du TAF D-3475/2020 du 

29 juillet 2020 consid. 4.1 ; E-4746/2018 du 27 juillet 2020 consid. 6.1 ;  

E-4422/2018 du 22 juillet 2020 consid. 3.4). A fortiori, les recourants 1 à 7 

ne peuvent pas tirer parti de leur seule appartenance à une minorité chiite 

pour obtenir des autorisations d’entrée en Suisse pour motifs humanitaires 

(cf., aussi, arrêts du TAF F-997/2022 du 18 octobre 2023 consid. 6.5 ;  

F-4178/2022 du 25 août 2023 consid. 8.6). 

8.5 En définitive, force est de constater que c’est à bon droit que l’autorité 

inférieure a retenu que les recourants 1 à 7 ne se trouvaient pas dans une 

situation de danger imminent, au sens de l’art. 4 al. 2 OEV, justifiant l'octroi 

de visas nationaux pour motifs humanitaires en leur faveur. Aussi, dès lors 

qu'ils ne présentent pas un profil à risque, il n'est pas nécessaire de se 

prononcer sur le risque d'expulsion du Pakistan. 

F-3702/2022 

Page 16 

8.6 En ce qui concerne les arguments avancés par les intéressés tirés de 

leur état de santé et de leurs conditions d’existence (cf., notamment, 

act. TAF 3 p. 2), le Tribunal ne remet pas en cause les conditions difficiles 

dans lesquelles se trouvent actuellement les recourants 1 à 7. Il ne saurait 

cependant retenir que ces derniers se trouvent dans un état de nécessité 

tel qu'il requière impérativement l'intervention des autorités helvétiques. 

Les recourants 1 à 7 n’ont en effet pas démontré que les atteintes à leur 

santé mentionnées dans leur courrier du 22 septembre 2022 (soit, pour le 

recourant 3, des problèmes de rein, pour la recourante 2 de l’ostéoporose, 

de l’hypertension et du cholestérol et, pour le recourant 1, une dépression 

chronique et des problèmes de santé mentale) constitueraient des me-

naces concrètes, immédiates et sérieuses d’atteinte à leur intégrité phy-

sique ou à leur vie justifiant l’octroi en leur faveur d’autorisations d’entrée 

en Suisse (cf. arrêt du TAF F-252/2023 du 1er septembre 2023 consid. 6.4).  

8.7 Enfin, bien que le désir de la recourante 8 de pouvoir réunir sa famille 

auprès d’elle est compréhensible, sa seule présence en Suisse ne saurait 

suffire à justifier l’octroi de visas humanitaires aux membres de sa famille 

(cf. arrêt du TAF F-252/2023 précité consid. 6.6). Enfin, à l'aune d'un exa-

men prima facie, les recourants 1 à 7 ne pourraient pas non plus se préva-

loir d'un regroupement familial au titre du droit d'asile comme prévu par 

l'art. 51 al.1 LAsi (RS 142.31), car ils ne font pas partie du cercle de per-

sonnes visées par la présente disposition (à savoir le conjoint ou l'enfant 

mineur de réfugié). Sous peine de vider de son sens l'objectif humanitaire 

du visa du même nom, l'on ne saurait admettre que celui-ci vise à permettre 

le regroupement familial des frères et sœurs ou ascendants de réfugiés 

reconnus en Suisse (au sujet de la restriction du champ des bénéficiaires 

de l'asile familial sous l'angle de l'art. 51 LAsi ; cf. ATAF 2015/29 con-

sid. 4.2.3). 

8.8 Dans ces circonstances, c’est à bon droit que l’autorité inférieure a re-

jeté l’opposition de la recourante 8 et refusé les autorisations d’entrée re-

quises par les intéressés. 

Le recours est, partant, rejeté. 

9.  

Vu l'issue de la cause, il y aurait lieu de mettre les frais de procédure à la 

charge des recourants, conformément à l'art. 63 al. 1 PA et aux art. 1 à 3 

du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités 

fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2). Ayant été 

mis au bénéfice de l’assistance judiciaire partielle (cf. act. TAF 4 et 6), les 

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Page 17 

intéressés n’ont pas à supporter les frais de procédure. Il sera ainsi statué 

sans frais. 

Les recourants n'ont, au surplus, pas droit à des dépens (art. 64 al. 1 PA ). 

(dispositif sur la page suivante) 

  

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Page 18 

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est rejeté.  

2.  

Il n'est pas perçu de frais de procédure. 

3.  

Le présent arrêt est adressé aux recourants et à l'autorité inférieure. 

 

 

 

Le président du collège : La greffière : 

  

Gregor Chatton Noémie Gonseth 

 

 

Expédition :