# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b74dad6b-47b5-5476-8c38-b795cdde6a9f
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2014-04-23
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 23.04.2014 D-1633/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_D-1633-2014_2014-04-23.pdf

## Full Text

B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i f  f éd é r a l  

T r i b u n a l e  am m in i s t r a t i vo  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  ad m i n i s t r a t i v  fe d e r a l  

 
 
    
 
 

 

  

 
 Cour IV 

D-1633/2014 

 

 

 

 A r r ê t  d u  2 3  a v r i l  2 0 1 4  

Composition 

 
Gérald Bovier, juge unique,  

avec l'approbation de William Waeber, juge ; 

Mathieu Ourny, greffier. 

 

 
 

Parties 

 
A._______, né le (…), 

Erythrée,   

représenté par (…), 

recourant,  

 
 

 
contre 

 

 
Office fédéral des migrations (ODM),  

Quellenweg 6, 3003 Berne,    

autorité inférieure.  

 

Objet 

 
Asile et qualité de réfugié ; décision de l'ODM du 

21 février 2014 / N (…). 

 

 

D-1633/2014 

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Vu 

les actes des 31 août et 16 décembre 2010, déposés auprès de l'Ambas-

sade de Suisse à Khartoum (ci-après : l'Ambassade), par A._______ a 

demandé l'asile en Suisse, 

le courrier du 13 mai 2011, par lequel l'ODM a invité le requérant à ré-

pondre par écrit à un questionnaire, faute de pouvoir procéder à une au-

dition sur place, à lui communiquer tous les faits et moyens de preuve 

nécessaires à sa demande d'asile, et à se déterminer sur un éventuel re-

jet de dite demande, 

la réponse de l'intéressé déposée le 14 juin 2011 à l'Ambassade, 

la décision du 16 janvier 2012, par laquelle l'ODM, se fondant sur l'ancien 

art. 20 al. 2 de la loi sur l'asile du 26 juin 1998 (LAsi, RS 142.31), a auto-

risé le requérant à entrer en Suisse, 

l'entrée en Suisse de ce dernier, le 15 mars 2012, 

les procès-verbaux des auditions des 2 avril 2012 et 6 février 2014, 

la décision du 21 février 2014, notifiée le 25 suivant, par laquelle l'ODM a 

nié la qualité de réfugié de l'intéressé, a rejeté sa demande d'asile, a pro-

noncé son renvoi de Suisse et lui a accordé l'admission provisoire, en rai-

son de l'illicéité de l'exécution du renvoi, 

le recours formé le 27 mars 2014 contre cette décision, assorti d'une de-

mande d'assistance judiciaire totale, 

 

et considérant 

que le Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal), en vertu de 

l'art. 31 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, 

RS 173.32), connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 

PA, prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF, 

qu'en particulier, les décisions rendues par l'ODM concernant l'asile peu-

vent être contestées, par renvoi de l'art. 105 LAsi, devant le Tribunal, le-

quel statue alors définitivement, sauf demande d'extradition déposée par 

l'Etat dont le requérant cherche à se protéger (cf. art. 83 let. d ch. 1 de la 

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loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]), condition 

non réalisée en l'espèce, 

que le Tribunal examine librement l'application du droit fédéral, sans être 

lié par les arguments invoqués à l'appui du recours (cf. art. 106 al. 1 LAsi 

et 62 al. 4 PA, applicables par renvoi des art. 6 LAsi et 37 LTAF), 

qu'il peut ainsi admettre un recours pour un motif autre que ceux invo-

qués devant lui (cf. ATAF 2007/41 consid. 2), 

que l'intéressé a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA) et que le re-

cours, respectant les exigences légales (cf. art. 108 al. 1 LAsi et art. 52 

PA), est recevable, 

que la jurisprudence a, notamment, déduit du droit d'être entendu, garanti 

à l'art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 

18 avril 1999 (Cst., RS 101) et concrétisé par l'art. 35 PA, l'obligation pour 

l'autorité de motiver sa décision, afin que le destinataire puisse la com-

prendre, l'attaquer utilement s'il y a lieu et que l'autorité de recours puisse 

exercer son contrôle, 

que, pour répondre à ces exigences, il suffit que l'autorité mentionne, au 

moins brièvement, ses réflexions sur les éléments de fait et de droit es-

sentiels, autrement dit les motifs qui l'ont guidée et sur lesquels elle a 

fondé sa décision, de manière à ce que l'intéressé puisse se rendre 

compte de la portée de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause ; 

qu'elle n'a toutefois pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, 

moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais peut au 

contraire se limiter à l'examen des questions décisives pour l'issue du liti-

ge (cf. ATF 138 IV 81 consid. 2.2 et réf. cit. ; ATAF 2011/22 consid. 3.3), 

qu'en l'espèce, dans sa décision du 21 février 2014, l'ODM n'a pas abor-

dé, ni en fait ni en droit, les problèmes invoqués par le recourant en lien 

avec son enrôlement au sein de l'armée érythréenne et les événements 

qui s'en seraient suivis jusqu'à sa fuite prétendument illégale du pays, 

qu'en particulier, sur la question de l'asile, l'autorité intimée s'est pronon-

cée uniquement, de manière très sommaire, sur les problèmes médicaux 

invoqués à l'appui de la demande d'asile, 

qu'elle ne s'est pas prononcée, ni sous l'angle de la vraisemblance, ni 

sous celui de la pertinence, sur les autres motifs allégués par l'intéressé, 

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que celui-ci a pourtant déclaré, notamment, avoir connu des problèmes 

avec les autorités érythréennes à son retour de B._______, en (…), et 

s'être fait confisquer son passeport ; qu'il a en outre expliqué avoir été 

contraint d'intégrer l'armée en (…), et avoir obtenu après quelque temps 

une dispense de (…), renouvelable ; qu'il aurait toutefois eu des difficultés 

pour faire renouveler sa dispense et aurait été plusieurs fois arrêté et pla-

cé en détention ; qu'il aurait quitté son pays de manière illégale, début 

(…), 

qu'en s'abstenant de mentionner ces éléments essentiels de la demande 

d'asile dans sa décision du 21 février 2014, et d'en tirer des conséquen-

ces en droit, l'ODM a violé de manière flagrante son obligation de motiver, 

empêchant par là le recourant d'attaquer la décision en question en 

connaissance de cause, 

que partant, l'ODM a violé le droit d'être entendu de l'intéressé, 

qu'au vu de ce qui précède, la décision du 21 février 2014 doit être annu-

lée, le recours admis et la cause renvoyée à l'autorité de première ins-

tance pour nouvelle décision, 

que l'ODM est notamment invité à se prononcer de manière précise et 

circonstanciée sur l'ensemble des motifs invoqués par le requérant, en 

particulier sur ceux cités ci-dessus, sous l'angle de l'asile et de la qualité 

de réfugié, 

que le recours s'avérant manifestement fondé, il est admis dans une pro-

cédure à juge unique, avec l'approbation d'un second juge 

(cf. art. 111 let. e LAsi), 

qu'il est renoncé à un échange d'écritures, le présent arrêt n'étant motivé 

que sommairement (cf. art. 111a al. 1 et 2 LAsi),  

qu'il est statué sans frais (cf. art. 63 al. 1 et 2 PA), 

que la question de savoir si les mandataires remplissent les conditions 

personnelles pour pouvoir être désignés comme mandataires d'office 

(cf. art. 110a al. 3 LAsi) peut être laissée indécise, 

que la note de frais du 27 mars 2014 couvre tous les frais engagés dans 

le cadre de la présente procédure, 

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que le montant de 1'200 francs est alloué à la partie à titre de dépens 

(cf. art. 64 al. 1 PA et art. 7 ss du règlement du 21 février 2008 concer-

nant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fé-

déral [FITAF, RS 173.320.2]), à charge de l'ODM, 

que cette indemnisation rend sans objet la demande d'assistance judi-

ciaire totale (cf. arrêt du Tribunal fédéral 1G_5/2011 du 11 avril 2012 con-

sid. 1 et 2), 

 

 

(dispositif page suivante) 

  

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le Tribunal administratif fédéral prononce : 

1.  

Le recours est admis. 

2.  

Les chiffres 1, 2 et 3 de la décision de l'ODM du 21 février 2014 sont an-

nulés et la cause est renvoyée à l'autorité inférieure pour nouvelle déci-

sion dans le sens des considérants. 

3.  

Il n'est pas perçu de frais de procédure. 

4.  

L'ODM versera un montant de 1'200 francs au recourant  à titre de dé-

pens. 

5.  

La demande d'assistance judiciaire totale est sans objet. 

6.  

Le présent arrêt est adressé au mandataire du recourant, à l'ODM et à 

l'autorité cantonale. 

 

Le juge unique : Le greffier : 

  

Gérald Bovier Mathieu Ourny