# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 94500b8b-d622-59b1-9fbb-f379bf010868
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2011-10-25
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 25.10.2011 A/1219/2011
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-1219-2011_2011-10-25.pdf

## Full Text

Siégeant : Florence KRAUSKOPF, Présidente; Christine TARRIT-DESHUSSES et 

Luis ARIAS, Juges assesseurs 

  

 

 

R E P U B L I Q U E  E T  

 

C A N T O N  D E  G E N E V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

 

A/1219/2011 ATAS/992/2011 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 24 octobre 2011 

9
ème

  Chambre 

 

En la cause 

Monsieur Z__________, domicilié à Thônex recourant 

 

contre 

FER CIAM 106.1, sise Caisse interpr. AVS Fédération Entreprises 

Romande, Rue de Saint-Jean 98/CP 5278, 1211 Genève 11 

intimée 

 

 

 

 

 

A/1219/2011 

- 2/7 - 

EN FAIT 

1. Monsieur Z__________, né en 1945, de nationalité tunisienne, a été domicilié en 

Suisse du 12 août au 15 octobre 1969, du 30 septembre 1973 au 13 novembre 1975, 

du 4 juillet 1977 au 15 novembre 1978, puis l'est depuis le 1
er

 mars 1979 à ce jour.  

2. Il a cotisé auprès de l'AVS en 1969 pendant trois mois, en 1971 pendant un mois, 

en 1973 pendant 4 mois, en 1974 pendant 12 mois, en 1975 pendant 11 mois, en 

1976 pendant trois mois, puis dès 1980 sans discontinuité. 

3. Considérant que le revenu annuel moyen était de 141'984 fr. et que l'assuré avait 

cotisé pendant 34 années et 4 mois, la Caisse interprofessionnelle AVS de la 

Fédération des Entreprises Romandes (FER-CIAM) a fixé, par décision du 6 janvier 

2011, le montant de sa rente AVS à 1'846 fr. par mois dès le mois de janvier 2011.  

4. Par décision du 31 mars 2011, la FER-CIAM a rejeté l'opposition formée contre 

cette décision par l'assuré. 

5. Par courrier expédié le 14 avril 2011 à la FER-CIAM, transmis par celle-ci à la 

Chambre des assurances sociales de la Cour de justice, l'assuré recourt contre la 

décision du 31 mars 2011. Il conteste les revenus retenus de 1991 à 1999 et de 

2001. Il s'interroge sur la question de savoir pourquoi les cotisations de 2010 ont été 

imputées à l'année 1979 et relève qu'en 2011, des cotisations AVS ont été perçues. 

Il semble ainsi considérer que l'année 2011 doit être incluse dans le nombre 

d'années de cotisation. Par ailleurs, il expose avoir travaillé en 1978 et 1979 et que 

des cotisations ont alors été perçues, qui ne figurent toutefois pas sur les relevés de 

la Caisse de compensation. Cette dernière lui a indiqué, par courriels, que les 

montants tels qu'ils ressortent des relevés de cotisation pour 1991 à 2001 ne 

peuvent être modifiés, dès lors qu'ils sont atteints par la prescription. N'ayant reçu 

ces relevés que dans la cadre de la présente procédure, le recourant s'étonne de ce 

que l'on évoque la prescription et s'interroge sur la question de savoir où ont passé 

les montants de ses cotisations. 

6. Dans sa détermination, la FER-CIAM relève que, selon l'échange de messages 

électroniques entre le recourant et le responsable de la division de perception des 

cotisations AVS, celles-ci ont été calculées en fonction des taxations des années 

contestées, qui ont force de chose jugée. Par ailleurs, d'éventuelles rectifications ne 

sont apportées au compte individuel que si les erreurs sont pleinement prouvées ou 

évidentes. En application de l'art. 52c RAVS, les revenus de l'année 2010 ne 

pouvaient être pris en considération dans le calcul de la rente. En revanche, les 

12 mois de cotisation 2010 étaient imputés à l'année 1979, afin de combler la 

lacune de cotisation pour 1979. L'assuré n'avait pas fourni d'indications permettant 

de retenir qu'il avait cotisé en 1978 et 1979. Il n'y avait donc pas lieu d'en tenir 

compte. 

 

 

 

 

A/1219/2011 

- 3/7 - 

7. Dans sa réplique, le recourant relève que des cotisations importantes ont été versées 

de 1991 à 2001. Il s'interroge où cet argent a passé et précise qu'il estime absurde 

d'évoquer la prescription pour un extrait de compte qu'il n'a reçu qu'à l'âge de la 

retraite. 

8. Dans sa duplique, la FER-CIAM expose, notamment, que dans la mesure où le 

salaire du recourant de 1991 à 2001 a été largement supérieur au revenu annuel 

moyen à compter duquel une rente entière est versée, une éventuelle augmentation 

de revenu déterminant demeurerait sans conséquence. Il est néanmoins loisible à la 

Cour de céans de requérir des informations supplémentaires auprès de la Caisse 

genevoise de compensation. 

9. Le recourant rejoint l'intimée sur ce dernier point et relève que même si son revenu 

annuel moyen était supérieur au plafond donnant droit à une rente entière, cela ne 

justifierait pas que des montants aléatoires figurent sur son extrait de compte. 

10. La cause a ensuite été gardée à juger. 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 1 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 

26 septembre 2010 (LOJ; RS E 2 05) en vigueur dès le 1er janvier 2011, la 

Chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît, en instance unique, 

des contestations prévues à l'art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit 

des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA; RS 830.1) relatives à la loi 

fédérale sur l'assurance-vieillesse et survivants, du 20 décembre 1946 

(LAVS; RS 831.10). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

Formé dans le délai et la forme prescrits, le recours est recevable (art. 60 et 61 let. 

bLPGA). Le fait qu'il ait été adressé à l'intimée, qui l'a dument transmis à la Cour, 

ne porte pas à conséquence (cf. ATF 118 Ia 241 consid. 3 et 4). 

2. Sont litigieux en l'espèce tant la durée de cotisation que le montant du revenu 

annuel déterminant, points qui seront examinés successivement ci-après. 

Détermination du nombre d'années de cotisation 

a) Conformément à l'art. 29bis al. 1 LAVS, le calcul de la rente est déterminé par les 

années de cotisations, les revenus provenant d'une activité lucrative et les 

bonifications pour tâches éducatives ou tâches d'assistance entre le 1er janvier qui 

suit la date où l'ayant droit a eu vingt ans révolus et le 31 décembre qui précède la 

réalisation du risque assuré (âge de la retraite). Sont ainsi déterminantes, en 

l'espèce, les cotisations effectuées entre le 1
er

 janvier 1966 et le 31 décembre 2009. 

 

 

 

 

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- 4/7 - 

Selon l’art. 29bis al. 2 LAVS, le Conseil fédéral règle la prise en compte des mois 

de cotisations accomplis dans l’année de l’ouverture du droit à la rente, des 

périodes de cotisation précédant le 1
er

 janvier qui suit la date des 20 ans révolus et 

des années complémentaires. A cet égard, l’art. 52c première phrase RAVS prévoit 

que les périodes de cotisations entre le 31 décembre précédant la réalisation du cas 

d’assurance et la naissance du droit à la rente peuvent être prises en compte pour 

combler les lacunes de cotisations.  

De l'art. 29ter al. 1 LAVS, il ressort que la durée de cotisation est réputée complète 

lorsqu'une personne présente le même nombre d'années de cotisation que les 

assurés de sa classe d'âge. Sont considérées comme années de cotisation, celles 

pendant lesquelles a) une personne a payé des cotisations, b) son conjoint a versé au 

moins le double de la cotisation minimale ou c) des bonifications pour tâches 

éducatives ou tâches d'assistance peuvent être prises en compte (art. 29ter al. 2 

LAVS). Une année de cotisation est, notamment, complète lorsque l'assuré a cotisé 

pendant plus de onze mois (art. 50 RAVS). 

Enfin, l'art. 52d RAVS prescrit que, pour combler des années de cotisations 

manquantes avant le 1
er

 janvier 1979, l'on ajoute selon la durée de cotisation 

postérieure à cette date, des années de cotisation, à savoir jusqu'à concurrence d'une 

une année si la durée totale est de 20 à 26 ans, de 2 ans si la durée est de 27 à 33 ans 

et de 3 ans si la durée est de 34 ans ou plus. 

b) En l'espèce, il ressort des relevés de la Caisse de compensation que le recourant a 

cotisé à l'AVS en 1969 trois mois, en 1971 pendant un mois, en 1973 pendant 

4 mois, en 1974 pendant 12 mois, en 1975 pendant 11 mois, en 1976 pendant trois 

mois, puis dès 1980 sans discontinuité. Il n'a pas cotisé en 1977, 1978 et 1979. Pour 

combler ces lacunes de cotisations avant 1980, les cotisations versées en 2010, soit 

pendant l'année où le recourant a atteint l'âge de la retraite, ont été imputées à 

l'année 1979, d'une part. Comme cela vient d'être exposé, les cotisations 2010 

n'entrent pas dans le calcul du nombre d'années de cotisation, dès lors que le 

compteur des années de cotisations s'arrête au 31 décembre de l'année précédant la 

prise de la retraite, soit in casu au 31 décembre 2009. Ces cotisations peuvent 

néanmoins être utilisées pour combler des lacunes, comme celle de 1979. D'autre 

part, 18 mois de cotisation ont été rajoutés à 1977 et 1978, en application de l'art. 

52d RAVS.  

Ainsi, le nombre d'années de cotisation à prendre en compte pour déterminer la 

durée de cotisation - et, partant, l'échelle applicable - est composé des années 1974 

et 1978 à 2009 en entier (soit 33 ans), puis de trois mois en 1969, un mois en 1975, 

quatre mois en 1973, 11 mois en 1975, 3 mois en 1976 et 6 mois en 1977 (soit 28 

mois ou 2 ans et 4 mois). Il en résulte que l'intimée a retenu à juste titre comme 

durée de cotisation 35 ans et 4 mois (cf. pièce 9 int., p. 8, sous "calcul de l'échelle"). 

Selon l'art. 52 RAVS, l'échelle applicable pour cette durée de cotisation par rapport 

 

 

 

 

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à celle de la classe d'âge du recourant indique l'échelle 35, à savoir celle 

correctement retenue par l'intimée. 

Revenu annuel moyen 

c) La rente est calculée sur la base du revenu annuel moyen, lequel se compose des 

revenus de l’activité lucrative (a), des bonifications pour tâches éducatives (b) et 

des bonifications pour tâches d’assistance (c) (art. 29quater LAVS). Pour le surplus, 

le calcul du revenu annuel moyen se fait par application des art. 51 et ss RAVS. 

S’agissant du revenu provenant d’une activité lucrative, sont pris en considération 

les revenus d’une activité lucrative sur lesquels des cotisations ont été versées, 

selon l’art. 29quinquies al. 1
er

 LAVS. La somme des revenus de l’activité lucrative 

est revalorisée en fonction de l’indice des rentes prévu à l’art. 33ter LAVS, selon 

l’art. 30 al. 1
er

 LAVS. Par la suite, la somme des revenus revalorisés provenant 

d’une activité lucrative et les bonifications pour tâches éducatives ou pour tâches 

d’assistance est divisée par le nombre d’années de cotisations (art. 30 al. 2 LAVS). 

Le calcul est réalisé à l’aide de tables de rentes dont l’usage est obligatoire en vertu 

de l’art. 30bis LAVS. 

Pour le calcul du revenu annuel moyen, les revenus provenant de l'activité lucrative 

réalisés entre le 31 décembre et la réalisation du cas d'assurance ne sont pas pris en 

considération (art. 52c seconde phrase RAVS). 

L'art. 141 al. 3 RAVS prévoit la possibilité de rectifier les inscriptions figurant sur 

le compte individuel d'un assuré. Encore faut-il toutefois que l'inexactitude des 

inscriptions ne soit pas manifeste ou qu'elle n'ait pas été pleinement prouvée. 

Selon la jurisprudence, lorsqu'un assuré prétend s'être acquitté de cotisations, il 

convient, pour des motifs de sécurité juridique, de se montrer strict en matière 

d'appréciation des preuves, surtout lorsqu'une telle affirmation est faite après 

plusieurs années, à l'occasion d'un litige portant sur la fixation d'une rente 

(ATFA n.p. du 26 août 1999, réf. H 81/99 consid. 2; ATF 117 V 262ss consid. 3; 

110 V 97 consid. 4 a). 

Dans l'arrêt du 26 août 1999 précité, le Tribunal fédéral a estimé que la production 

d'un certificat de travail établissant que l'assuré avait travaillé pour une entreprise 

donnée durant la période considérée ne suffisait pas à prouver l'existence d'une 

activité lucrative ayant donné lieu à la perception de cotisations. En effet, si le 

certificat de travail atteste bien de l'existence d'une relation contractuelle, il ne 

prouve aucunement que des cotisations aient été prélevées. A défaut de décomptes 

de salaire ou de fiches de paie, le Tribunal fédéral a donc jugé que l'assuré n'avait 

pas apporté la preuve qu'il avait exercé une activité soumise à cotisations. 

 

 

 

 

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- 6/7 - 

d) En l'espèce, le seul fait que le recourant avait sa résidence, en 1979, à Prilly ne 

permet pas de considérer qu'il a exercé une activité lucrative pendant cette année, ni 

a fortiori qu'il a cotisé à l'AVS. La jurisprudence précitée, exigeant une preuve 

stricte à cet égard, ne permet pas une autre conclusion. 

 Par ailleurs, l'année de cotisation 2010 dont il a été tenu compte pour déterminer la 

durée de cotisation établissant l'échelle applicable ne peut être prise en compte pour 

la détermination du revenu annuel moyen (art. 52c RAVS). Partant, le nombre 

d'années de cotisation à retenir pour déterminer le revenu annuel moyen du 

recourant est de 34 ans et 4 mois. 

S'agissant des cotisations versées entre 1991 et 2001, il ressort des explications 

données à l'assuré par courriel de la part du responsable de la division de la 

perception de la Caisse cantonale de compensation, que leur montant s'est fondé sur 

des décisions passées en force. Certaines taxations étaient intervenues à la suite 

d'un déplacement dans les bureaux du recourant. Ces décisions n'avaient pas été 

contestées. Contrairement au souhait exprimé par les parties, la Cour ne va pas 

ordonner à la Caisse de compensation de fournir plus d'explications sur le montant 

des cotisations perçues et du revenu pris en considération pendant la période 

litigieuse. En effet et comme les parties le reconnaissent, le revenu annuel moyen 

fixé par l'intimée de 141'984 fr. dépasse largement celui donnant droit à une rente 

entière, qui est, depuis le 1
er

 janvier 2011, de 83'520 fr. L'acte d'instruction 

demandé n'est ainsi pas de nature à influer sur l'issue du litige; il n'y sera donc pas 

fait droit (cf. au sujet de l'appréciation anticipée des preuves ATF 130 II 425 

consid. 2.1). Pour le même motif, l'examen de la question de savoir si la 

prescription soulevée par la Caisse de compensation peut être opposée à l'assuré 

peut souffrir de demeurer indécise. Enfin, la Cour n'étant pas l'organe de 

surveillance de la Caisse de compensation, il ne lui appartient pas de se prononcer 

sur le fonctionnement de celle-ci. 

Comme exposé plus haut (consid. 2), l'échelle 35 (consultable sur le site de l'Office 

fédéral des assurances sociales, www.bsv.admin.ch) est applicable au recourant. 

Selon cette échelle, la rente maximale est de 1'846 fr, par mois depuis le 1
er

 janvier 

2011.  

La décision entreprise est donc en tous points fondée et le recours doit être rejeté. 

3. La procédure étant gratuite (art. 85 al. 2 LAVS), il n'est pas perçu de frais. 

 

*  *  * 

 

 

 

 

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- 7/7 - 

PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

A la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. Le rejette. 

3. Dit que la procédure est gratuite. 

4. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 

dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 

(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 

public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 

17 juin 2005 (LTF; RS 173.110); le mémoire de recours doit indiquer les 

conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de 

son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie 

électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 

possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 

l'envoi. 

 

La greffière 

 

 

Maryse BRIAND 

 La présidente 

 

 

Florence KRAUSKOPF 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 

des assurances sociales par le greffe le