# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 7bc4329a-f9ae-5387-9eaf-802d46179ffc
**Source:** Jura (JU)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2011-11-17
**Language:** fr
**Title:** Jura Tribunal Cantonal Cour administrative 17.11.2011 ADM 2011 11
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/JU_Gerichte/JU_TC_005_ADM-2011-11_2011-11-17.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DU JURA
TRIBUNAL CANTONAL
COUR ADMINISTRATIVE

ADM 11 + 15 / 2011

Présidente a.h. : Sylviane Liniger Odiet
Juges : Daniel Logos, Philippe Guélat, Jean Moritz et Charles Freléchoux
Greffière : Gladys Winkler Docourt

ARRET DU 17 NOVEMBRE 2011

dans les procédures consécutives aux recours de

1. X.,
2. Y.,

- tous les deux représentés par Me Vincent Willemin, avocat à 2800 Delémont,

recourants,

dirigés contre la décision du Gouvernement du 11 janvier 2011 – demande 
d'exonération de la taxe des véhicules.

________

CONSIDÉRANT

En fait :

A. Y. et X. exercent depuis plusieurs années, respectivement depuis avant 2005, la 
fonction de geôliers au sein de la République et Canton du Jura. Selon leur contrat 
de travail, ils étaient alors membres de la Police cantonale et bénéficiaient de ce fait 
du statut spécifique de ce corps de police. 

A la suite d’une réorganisation au sein de l’administration cantonale, les deux 
intéressés ont été transférés dès le 1er janvier 2005 de la Police cantonale sous 
l'autorité du Service de l’inspection (devenue par la suite la Section de l'exécution des 
peines et des mesures du Service juridique). Certains avantages dont ils bénéficiaient 
ont cependant été maintenus, notamment l'exonération de la taxe des véhicules, ainsi 
que cela ressort d’une note du Service du personnel du 14 février 2005 communiquée 
à tous les agents de détention et qui se fonde sur des décisions du Gouvernement. 
Les nouveaux agents engagés après le 1er janvier 2005 sont toutefois soumis au 
régime ordinaire applicable à la fonction publique.

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Une directive du 22 mars 2006 relative à l’horaire des geôliers, et émanant du Service 
du personnel, rappelle par ailleurs à ceux-ci que depuis le 1er janvier 2005, ils sont 
rattachés au Service de l’inspection et ne font plus partie du corps de police, leur 
statut ayant été examiné et fait l’objet de décisions du Gouvernement qui leur ont été 
communiquées le 14 février 2005.

B. Au début de l’année 2010, Y. et X. ont reçu une facture de l’Office des véhicules (ci-
après l’OVJ). Après un échange de correspondance avec ce service, ils ont déposé 
le 16 avril 2010 une demande formelle d’exonération de la taxe véhicules.

Le Gouvernement a refusé ces demandes par décision du 11 janvier 2011. Il retient 
qu’au moment de leur transfert, Y. et X. ont continué à bénéficier du « statut police » 
en vigueur, pour ce qui concerne la retraite, les indemnités de logement et les 
inconvénients de service. Or les conditions au sein du corps de la police cantonale 
ont été revues et l'exonération individuelle pour les agents a été supprimée avec effet 
au 1er janvier 2010. Cette suppression s'applique dès lors également à Y. et X. Il n’y 
a pas de droit acquis, vu le changement de base légale. En outre, il n’existe plus à ce 
jour aucune exonération personnelle des taxes véhicules et les intéressés, à l’instar 
des autres agents de détention, perçoivent mensuellement une indemnité forfaitaire 
mensuelle de Fr 25.- pour couvrir les frais d’utilisation de leur véhicule privé dans le 
cadre de leurs activités professionnelles.

C. Y. et X. ont recouru contre cette décision par mémoires du 14 févier 2011, concluant 
à son annulation et à ce que leur droit à continuer à bénéficier de l'exonération de la 
taxe des véhicules à compter de l'année 2010 soit reconnu, sous suite des frais et 
dépens. Dans leur argumentation, tout à fait identique, ils relèvent qu’ils bénéficient 
de droits acquis. Ils ne sont en effet plus soumis au statut de policier depuis le 
1er janvier 2005 mais ont continué à bénéficier du statu quo sur certains aspects après 
leur transfert au sein du Service de l’inspection. L’exonération des taxes des véhicules 
constitue en particulier une garantie spécifique et un droit acquis, totalement 
indépendant des modifications ultérieures des dispositions applicables aux policiers. 
A cet égard, l’ordonnance concernant les indemnités pour dépenses spéciales 
accordées aux membres de la police cantonale et aux geôliers (RSJU 173.461.551) 
n’est plus applicable aux recourants depuis le 1er janvier 2005, qui ne bénéficient plus 
depuis cette date, de même que leurs collègues engagés postérieurement, des 
indemnités prévues au chapitre intitulé « indemnités supplémentaires accordées aux 
geôliers ». En outre, au contraire des agents de la police, ils sont contraints d’utiliser 
leur véhicule privé dans le cadre de leur fonction, en particulier pour aller chercher 
les repas des détenus à l’Hôpital de Porrentruy, ainsi que pour certains déplacements 
ponctuels. Dans ces circonstances, la modification de la base légale qui permettait 
l’exonération de la taxe sur les véhicules des membres du corps de police n’a pas 
d’influence sur l’exonération de ladite taxe pour les recourants, qui bénéficient de 
droits acquis.

D. Par ordonnance du 23 février 2011, le président de la Cour de céans a joint les causes 
des deux recourants.

3

E. Dans sa réponse du 31 mai 2011, le Gouvernement a conclu au rejet du recours. Il 
expose que lors de l’entrée en vigueur de la réforme le 1er janvier 2005, il a été décidé 
que pour les agents en place, les anciennes conditions Police seraient maintenues 
afin de leur permettre de conserver les mêmes droits, sur le plan de la rémunération, 
que ceux qui auraient été les leurs s’ils étaient restés à la police. Les nouveaux agents 
de détention engagés ne bénéficient pas de telles conditions. La note du Service du 
personnel du 14 février 2005 n’a qu’une valeur informative et ne crée en aucun cas 
un droit. Les agents de détention engagés avant le 1er janvier 2005 n’ont nullement 
disposé d’une assurance spéciale mais ont simplement continué à bénéficier 
d’avantages résultant de l’ordonnance qui leur était antérieurement applicable sur des 
points particuliers, précisés dans la note du 14 février 2005 et la directive du 22 mars 
2006. Ainsi, même si la base légale n’est pas expressément mentionnée dans les 
textes, il s’agit bien de l’ordonnance concernant les indemnités pour dépenses 
spéciales accordées aux membres de la police cantonale et aux geôliers. Or ce texte 
a été modifié avec effet au 1er janvier 2010 ; il ne prévoit désormais plus l’exonération 
individuelle de la taxe des véhicules. Il faut du reste relever que prétendre que 
l’exonération des taxes de l’Office des véhicules ne reposerait pas sur cette 
ordonnance revient à dire que cette exonération n’aurait eu aucun fondement légal 
depuis 2005. L’exonération repose manifestement sur cette base légale, sinon elle 
n’aurait pas pu être octroyée durant toutes ces années.

F. Les recourants ont repris pour l’essentiel leur argumentation antérieure dans leur 
réplique du 30 juin 2011. Ils ont par ailleurs produit une communication de la Police 
cantonale établie suite à une séance qui s’est tenue aux prisons de Porrentruy le 
26 novembre 2004 en présence du ministre de tutelle et du chef de service. Selon les 
recourants, cette communication démontre qu’ils bénéficient de garanties spéciales 
de nature individuelle.

G. Le Gouvernement s’est déterminé le 13 septembre 2011. Il souligne que tous les 
agents de détention, y compris les recourants, bénéficient depuis 2007 d’une 
indemnité forfaitaire mensuelle de Fr 25.- pour les déplacements qu’ils effectuent 
avec leur véhicule privé jusqu’à l’hôpital, alors même qu’en principe, les 
déplacements à l’intérieur de la localité du lieu de travail ne sont pas indemnisés selon 
les directives applicables à l’ensemble des collaborateurs de la fonction publique. Ce 
forfait n’a pas été revu à la baisse, alors même que de nouveaux agents ont été tout 
récemment engagés et que le tournus s’effectuera entre neuf personnes, et non plus 
cinq. Ce forfait est réputé prendre en compte les kilomètres effectués lors du 
déplacement, mais également l’usure, les assurances et les taxes OVJ. Les 
indemnités mentionnées dans l’ordonnance concernant les indemnités pour 
dépenses spéciales accordées aux membres de la police cantonale et aux geôliers 
ne sont plus versées aux agents de détention parce qu’elles sont devenues obsolètes 
par l’évolution de leur cahier des charges. Les recourants tentent manifestement de 
jouer sur tous les fronts, afin de bénéficier des avantages de leur ancien statut de 
policier, mais également du nouveau système mis en place pour les agents. Sur le 
plan de l’équité, la chose ne peut être soutenue et contrevient au principe de l’égalité 
de traitement. Les recourants ont bénéficié des avantages inhérents au statut de 

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policiers, mais ceux-ci ne sauraient subsister au-delà de leur suppression pour la 
police elle-même.

H. Les recourants se sont spontanément exprimés le 22 septembre 2011. Ils relèvent 
que l’indemnité forfaitaire mensuelle a été instituée pour éviter de fastidieux 
décomptes de frais pour chaque déplacement. Préalablement toutefois, les 
recourants bénéficiaient d’une indemnité kilométrique en plus de l’exonération des 
taxes OVJ, laquelle faisait partie de leurs conditions de travail. La restriction 
concernant l’indemnité des déplacements à l’intérieur de la localité du lieu de travail 
ne s’applique pas lorsque ces déplacements sont justifiés par l’organisation du 
service, comme c’est le cas ici puisque les agents de détention ne bénéficient pas 
d’un véhicule de service pour aller chercher les repas des détenus à l’Hôpital du Jura 
matin et soir. A cet égard, les agents de la police n’ont plus à utiliser leur véhicule 
privé pour les besoins du service, de sorte qu’il n’y a pas d’égalité de traitement sur 
ce plan. Il est par ailleurs surprenant que certaines dispositions de l’ordonnance 
concernant les indemnités pour dépenses spéciales accordées aux membres de la 
police cantonale et aux geôliers soient prétendument obsolètes, alors même que la 
dernière modification de cette ordonnance est entrée en vigueur en 2011. 

En droit :

1. La compétence de la Cour administrative, statuant dans une composition à 5 juges 
(art. 24 al. 2 litt. a LOJ), est donnée (art. 160 litt. a Cpa).

Interjetés dans les forme et délai légaux (art. 127 et 121 Cpa) par des personnes 
disposant manifestement de la qualité pour recourir (art. 120 Cpa), les recours sont 
recevables. Il y a dès lors lieu d'entrer en matière.

2.
2.1 Les rapports de service des agents publics sont régis par la législation en vigueur au 

moment considéré; les aspects patrimoniaux suivent par conséquent l'évolution de la 
législation. Les principes de l'égalité de traitement et de l'interdiction de l'arbitraire 
constituent en principe des garants suffisants des prétentions pécuniaires des agents 
publics contre les interventions du législateur. Les agents publics ne disposent d'une 
garantie absolue que si leurs prétentions bénéficient de la protection des droits 
acquis, laquelle découle aussi bien du principe de la bonne foi (art. 9 Cst.) que de la 
garantie de la propriété (art. 26 Cst.; cf. ATF 132 II 485 consid. 9.5, 106 Ia 163 consid. 
1b ; TF 9C_78/2007 du 15 janvier 2008 consid. 5.1). 

2.2 Les prétentions pécuniaires des agents publics n'ont en règle générale pas le 
caractère de droits acquis, si ce n'est dans les cas où la loi fixe une fois pour toutes 
les situations particulières et les soustrait aux effets des modifications légales ou 
lorsque des assurances précises ont été données à l'occasion d'un rapport juridique 
individuel (ATF 134 I 23 consid. 7.5, 118 Ia 245 consid. 5b, 117 V 229 consid. 5b ; 
MOOR/POLTIER, Droit administratif, Vol. II, 3ème éd., 2011, n. 1.1.2.4, p. 23). Il est en 
effet contraire à la bonne foi que l'autorité revienne sur des engagements qu'elle a 

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pris quant à l'immutabilité de certaines situations juridiques ou certains droits (KNAPP, 
La modification des conditions de service et les droits acquis des agents publics, in: 
Mélanges Berenstein, 1989, p. 317 ss., p. 328). Il faut également tenir compte du 
principe de la confiance en ce sens que l’on devrait retenir l’interprétation qu’un agent 
de bonne foi devait adopter face à la garantie reçue. La garantie des droits acquis 
peut et doit normalement avoir déterminé l’agent à se porter candidat, à accepter une 
nomination en qualité d’agent de la fonction publique ou à rester en service. Il convient 
toutefois de partir de la considération que la garantie des droits acquis est une mesure 
exceptionnelle, contraire à la règle normalement applicable, selon laquelle le droit en 
vigueur à chaque instant s’applique, même dans les relations administratives 
résultant de décisions ayant des effets continus ou périodiques. Il convient dès lors 
de présumer que la garantie est nécessairement limitée à des droits essentiels 
(KNAPP, op. cit., p. 334). En outre, la garantie des droits acquis doit être justifiée au 
fond ; elle doit avoir été accordée pour des motifs d’intérêt public, avoir été consentie 
à tous ceux qui se trouvaient dans la même situation, ne pas être disproportionnée, 
ne pas être arbitraire et ne pas avoir été interdite par une loi (KNAPP, op. cit., p. 333).

2.3 Il arrive qu’une nouvelle règle établisse un régime prévoyant le maintien permanent 
de certains droits résultant de la législation qu'elle abroge. Ce procédé a l'avantage 
d'être plus facilement acceptable par le législateur, en ce qu'il lui permet de définir 
exactement le champ de la garantie, et par les agents, en ce sens que sur des points 
sensibles le nouveau régime ne sera applicable qu'à de nouveaux agents. En 
principe, il n'est pas alors question de droits acquis mais de droits dont le maintien 
est promis a posteriori. En effet, sans cette règle transitoire, le nouveau droit aurait 
régi les cas mis au bénéfice de l'ancien régime. La règle devrait pouvoir être rédigée 
clairement, puisque l'on connaît exactement ce qui doit être maintenu et puisque le 
législateur est le maître du jeu à venir. Par exemple, la règle pourra maintenir les 
droits au niveau atteint lors de son entrée en vigueur et prévoir l'application du 
nouveau droit pour l'avenir, ce nouveau droit pouvant d'ailleurs supprimer le droit à 
toutes prestations pour le futur ou en changer les modalités d'acquisition. La règle 
pourra maintenir pour tout l'avenir l'ancien régime pour les agents en service lors de 
son entrée en vigueur, ou geler certains droits au niveau atteint lors de cette dernière 
et ne prévoir l'application du nouveau droit qu'à partir du moment où les nouveaux 
droits auront rattrapé le niveau ancien par l'application de la nouvelle règle. Si la 
nouvelle règle se borne à sauvegarder des droits acquis avant son entrée en vigueur, 
elle renvoie au problème de savoir quels étaient les droits acquis a priori (KNAPP, op. 
cit., p. 337 et 338 et les références).

3.
3.1 Jusqu'au 31 décembre 2004, les geôliers avaient la qualité d’agents de la police 

cantonale et avaient de ce fait un statut différent de celui des autres collaborateurs 
de la fonction publique jurassienne. La loi sur la police cantonale et les ordonnances 
y relatives dérogent en effet sur certains points aux lois et règlements qui fixent le 
statut et le traitement des fonctionnaires de l'Etat (cf. art. 24ss de la loi sur la police 
cantonale ; RSJU 551.1). Dès lors, jusqu’au 31 décembre 2004, les geôliers, en leur 
qualité d’agents de la police cantonale, bénéficiaient des indemnités prévues au 

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chapitre 1 de l’ordonnance concernant les indemnités pour dépenses spéciales 
accordées aux membres de la police cantonale et aux geôliers (RSJU 173.461.551), 
en particulier de l’exonération des taxes de l’Office des véhicules, ainsi que des 
indemnités supplémentaires accordées aux geôliers selon le chapitre 2.

3.2 Dès le 1er janvier 2005, les geôliers sont devenus des collaborateurs de la fonction 
publique « ordinaires ». Un régime particulier a cependant été prévu pour les agents 
de détention déjà en fonction à cette date, à l’instar des recourants. Ainsi que cela 
ressort de la note du Service du personnel du 14 février 2005, qui expose les 
décisions prises par le Gouvernement dans ses séances des 23 novembre et 14 
décembre 2004, ceux-ci bénéficient notamment du « statu quo pour le traitement, les 
indemnités (qui sont toutefois bloquées), les cotisations à la Caisse de pensions, l’âge 
de la retraite (idem POC), ainsi que les taxes de l’Office des véhicules ». Le procès-
verbal de la séance qui s’est tenue le 26 novembre 2004 en présence du ministre de 
tutelle, soit postérieurement à la séance du Gouvernement du 23 novembre 2004, 
mentionne « Décision salariale et retraite pour les agents en place : Maintenu : 
Salaire actuel avec possibilité d’accéder aux annuités restantes, taxes OVJ, voiture 
privée avec indemnité kilométrique, inconvénients de service, indemnité de logement, 
8 jours de repos ». La directive du 22 mars 2006, adressée à tous les geôliers, 
rappelle que les agents de détention ne font plus partie du corps de police et précise 
quelques éléments concernant l’horaire. Elle ne fait en aucun cas mention des taxes 
de l’OVJ.

4. Il apparaît ainsi que sur certains aspects particuliers, les recourants ont vu leur statut 
antérieur maintenu de sorte que leurs conditions de travail restaient soumises à 
l’ancien régime, soit le régime applicable aux membres du corps de police, peu 
importe qu'ils ne fassent plus partie du corps de police. Cette façon de faire était tout 
à fait conforme à la jurisprudence et la doctrine (cf. consid. 2.3 supra). On peut 
toutefois regretter que les recourants ne se soient pas vu notifier des décisions en 
bonne et due forme émanant du Gouvernement, plutôt que de se voir exposer la 
position de celui-ci par le Service du personnel dans une note interne, avec tous les 
problèmes d’interprétation que cela pose. On ne saurait dans ces circonstances 
attacher une signification particulière au fait que l’expression « (idem POC) » ne soit 
mentionnée qu’après l’âge de la retraite, et pas après les autres points. De même, 
l’absence de référence expresse à toute base légale ne signifie pas que les 
recourants sortaient de tout système légal pour bénéficier de droits intangibles qui ne 
se fonderaient plus sur aucun texte. Les recourants admettent d'ailleurs implicitement 
que le statut dont ils bénéficiaient depuis le 1er janvier 2005 pouvait être modifié 
(courriers à l'OVJ du 12 juillet 2010 ; PJ 9 et 14). Quant à la directive du 22 mars 
2006, adressée à tous les agents de détention, elle ne faisait que rappeler que le 
régime des membres du corps de police ne leur était plus applicable, sans mentionner 
le cas particulier des recourants. Dans ces circonstances, on doit admettre que le 
maintien a posteriori de leurs acquis restait fondé sur la législation applicable au corps 
de police et que les recourants devaient, de bonne foi, le comprendre ainsi, comme 
l'atteste d'ailleurs l'expression "statu quo" figurant dans la note du Service du 
personnel du 14 février 2005. La communication relative à la séance du 30 novembre 

7

2004 tenue aux prisons de Porrentruy n'apporte aucun élément susceptible de 
remettre en cause cette appréciation. En tout état de cause, on ne saurait inférer de 
ces documents que les recourants ont obtenu à cette époque des assurances 
précises que leur statut ne serait jamais modifié à l'avenir s'agissant en particulier de 
l'exonération de la taxe sur les véhicules.

A cet égard, le maintien du statut des recourants en 2005 n’excluait pas un 
changement ultérieur du régime applicable à la police, et par extension du leur 
puisqu'ils continuaient à en bénéficier sur quelques points. Le législateur peut en effet 
modifier le régime juridique de la fonction publique (KNAPP, op. cit., p. 329). 

Tel a justement été le cas en l’espèce, puisque l’article 3 de l’ordonnance concernant 
les indemnités pour dépenses spéciales accordées aux membres de la police 
cantonale et aux geôliers a été abrogé au 1er janvier 2010. Dès cette date, ils ne 
sauraient donc plus bénéficier de l'exonération de la taxe des véhicules par l'Etat, à 
l'instar des membres de la police cantonale. 

Il est par ailleurs sans pertinence que les recourants n’aient pas été consultés lors de 
la modification de l’ordonnance, puisqu’aucune disposition légale n’oblige 
expressément le Gouvernement à mettre sur pied une procédure de consultation 
lorsqu’il édicte une ordonnance (cf. art. 7 LOGA ; RSJU 172.11). 

S’agissant du fait que les agents de police n’auraient pas besoin d’utiliser leur voiture 
privée dans le cadre du service, au contraire des recourants, il faut souligner d’une 
part qu’il est notoire que notamment les collaborateurs du Service d’identité judiciaire 
(SIJ) doivent assumer des services de piquet et doivent manifestement disposer d’un 
véhicule propre pour intervenir sur le terrain. Ils ne sont pourtant plus exonérés des 
taxes OVJ. D’autre part, les autres agents de détention, engagés après le 1er janvier 
2005, doivent eux aussi disposer d’un véhicule propre, à l’instar des recourants, sans 
qu’ils soient pour autant exonérés du paiement de la taxe des véhicules. Il n’y a dès 
lors aucune inégalité de traitement, d'autant que les recourants touchent également 
les mêmes indemnités de déplacement que les agents de détention entrés en fonction 
après le changement de statut.

Au demeurant, et par surabondance, on ne saurait dire, au vu des avantages en 
question, de l’ordre de Fr 700.- par année, qu’il s’agit là d’un élément décisif qui a 
poussé les recourants à rester à leur poste plutôt qu’à chercher un autre emploi et 
que le principe de la confiance est ainsi mis à mal par le changement législatif imposé 
aux recourants. Au contraire, l’intérêt public à harmoniser les conditions de travail des 
différents agents de détention et à appliquer la loi dans sa teneur actuelle l’emporte 
ici sur l’intérêt privé des recourants à continuer à être exonérés des taxes OVJ en 
l’absence de toute base légale.

5. Il suit de ce qui précède que les recours doivent être rejetés. 

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6. Les frais de la présente procédure doivent être mis à charge des recourants qui 
succombent pour moitié chacun, solidairement entre eux pour le tout. Il n’y a pas lieu 
d’allouer de dépens, ni aux recourants qui succombent, ni à l’intimé (art. 230 Cpa). 

PAR CES MOTIFS
LA COUR ADMINISTRATIVE

rejette

les recours ;

met

les frais de la présente procédure, par Fr 1'000.-, à charge des recourants pour moitié chacun, 
solidairement entre eux pour le tout, à prélever sur leurs avances ;

n’alloue pas

de dépens ;

informe

les parties des voies et délai de recours selon avis ci-après ;

ordonne

la notification du présent arrêt :
- aux recourants, par leur mandataire, Me Vincent Willemin, avocat à Delémont ;
- au Gouvernement de la République et Canton du Jura, Hôtel du Gouvernement, Rue 

de l’Hôpital 2, 2800 Delémont.

Porrentruy, le 17 novembre 2011

AU NOM DE LA COUR ADMINISTRATIVE
La présidente a.h. : La greffière :

Sylviane Liniger Odiet Gladys Winkler Docourt

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Communication concernant les moyens de recours :

Le présent arrêt peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal 
fédéral. Le recours en matière de droit public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du 17 
juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours constitutionnel subsidiaire aux conditions 
des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 
14; il doit être rédigé dans une langue officielle, indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de 
preuve, et être signé. Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit. Si 
le recours n'est recevable que s'il soulève une question juridique de principe, il faut exposer en quoi 
l'affaire remplit cette condition. Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au 
mémoire, pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la décision attaquée.