# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 8658f587-1a18-5167-9a71-945fdad276bf
**Source:** Jura (JU)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-11-08
**Language:** fr
**Title:** Jura Tribunal de première instance Tribunal pénal 08.11.2021 TPI 2021 152
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/JU_Gerichte/JU_TPI_006_TPI-2021-152_2021-11-08.pdf

## Full Text

N N/réf. : TPI/00152/2021 - mn/ja 
t direct : 

Présidente : Marjorie Noirat
Juges assesseurs : Amandine Müller, Jade Augsburger
Commis-greffière : Lucile Gaignat

CONSIDERANTS DU JUGEMENT 
RENDU LE 8 NOVEMBRE 2021 

au Palais de Justice à Porrentruy

dans la procédure pénale dirigée contre

A.________, né le A.________1983, domicilié à A.________
- représenté en justice par Me Mathias Eusebio, avocat à 2800 Delémont 1,

prévenu d’actes d’ordre sexuel avec un enfant, contrainte sexuelle, viol, pornographie, 

tentative d’actes d’ordre sexuel avec un enfant, tentatives de contrainte sexuelle et voies de 

faits

B.________, née le B.________2007, domiciliée à B.________
agissant par sa mère C.________, née le C.________1972, domiciliée à C.________
 - représentée en justice par Me Camille Maulini, avocate à 1205 Genève,

Ministère public
Me Vanesa Hamzaj, Procureure de la République et Canton du Jura à Porrentruy.

TPI/152/2021 – Considérants du jugement rendu le 8 novembre 2021 – 2

I. EN PROCEDURE ET EN FAIT

A. Ouverture de l’action publique et renvoi

Par ordonnance du 8 juin 2020 (B.2), le Ministère public de la République et Canton 
du Jura a ouvert une instruction à l’encontre de A.________ suite aux faits dénoncés 
par Dresse D.________ dans son courriel du 20 avril 2020 à la police judiciaire de la 
République et Canton de Genève (A.1.2). Cela fait suite à la décision de reprise du 
for du 8 juin 2020 du Ministère public de la République et Canton du Jura (C.4).

C.________, mère de B.________ (ci-après : partie plaignante), a déposé plainte 
pénale pour sa fille à l’encontre du prévenu en date du 24 avril 2020 (E.27).

Par acte d’accusation du 8 septembre 2021, le Ministère public a ordonné le renvoi 
du prévenu devant le Tribunal pénal du Tribunal de première instance. Le prévenu 
est renvoyé pour actes d’ordre sexuel avec un enfant, contrainte sexuelle, viol, 
pornographie, tentative d’actes d’ordre sexuel avec un enfant, tentatives de contrainte 
sexuelle et voies de faits (S.1).

B. Auditions

B.1. Déclarations de la partie plaignante

La partie plaignante a été entendue par le biais d’auditions LAVI le 24 avril 2020 
(E.33) et le 10 août 2020 (E.51).

B.2. Déclarations des personnes entendues en tant que personnes appelées à 
donner des renseignements et des témoins

B.2.1. E.________, sœur de la partie plaignante, a été entendue le 24 avril 2020 par la police 
judiciaire à Genève (E.2ss), suite à la demande d’entraide en matière pénale du 15 
juin 2020 (F.1.2).

B.2.2. F.________, sœur de la partie plaignante et femme du prévenu, a été entendue en 
qualité de témoin par la police judiciaire le 4 décembre 2020 à Delémont (E.90ss).

B.2.3. Suite à la demande d’entraide intercantonale du 23 novembre 2020 du Ministère 
public de la République et Canton du Jura (F.2.1), la police judiciaire de la République 
et Canton de Genève a procédé à diverses auditions (F.2.10ss).

G.________, frère de la partie plaignante, a été entendu en qualité de témoin le 11 
janvier 2021 (F.2.21ss).

C.________, mère de la partie plaignante, a été entendue en qualité de témoin le 11 
janvier 2021 (F.2.31ss).

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H.________, sœur de la partie plaignante, a été entendue en qualité de 
témoin/victime par le biais d’une audition LAVI le 11 janvier 2021 (F.2.11 et F.2.42).

B.3. Déclarations du prévenu

Le prévenu a été entendu par la police judiciaire à Delémont en date du 19 novembre 
2020 (E.67ss). Il a été entendu par le Ministère public le 19 novembre 2020 en vue 
de son arrestation (E.84ss).

Le prévenu a également été entendu par le Tribunal pénal lors de l’audience du 
8 novembre 2021 (p. 64ss dossier TPI).

C. Renseignements médicaux relatifs à la partie plaignante

Par courrier du 28 octobre 2020, I.________, psychologue-psychothérapeute FSP, a 
relevé qu’un suivi psychothérapeutique avait été mis en œuvre à raison d’une fois par 
semaine dès le 29 mai 2020. Le diagnostic provisoire posé est Z61.4 difficultés liées 
à de possibles sévices sexuels infligés à un enfant par une personne de son 
entourage immédiat (G.1.7). 

Par courrier du 28 octobre 2021, I.________ a envoyé son rapport complémentaire. 
Elle a précisé que la partie plaignante poursuivait toujours un suivi thérapeutique 
auprès d’elle à raison d’une fois par semaine depuis le 29 mai 2020. Elle a relevé que 
son état général restait préoccupant. La partie plaignante est prise fréquemment de 
débordements de tristesse et d’abattement, fait des cauchemars où sa vie est en jeu 
et a eu des gestes auto-dommageables. Elle a notamment réussi à lui parler de la 
première fois où elle a été contrainte physiquement à subir des violences sexuelles 
de la part de son beau-frère et lorsqu’elle a parlé de cela, il lui est arrivé d’être prise 
de tremblements avec des réactions de défense difficilement contrôlables. 
I.________ a indiqué que face à l’évolution du suivi thérapeutique, le diagnostic restait 
inchangé, soit Z61.4 : difficultés liées à de possibles sévices sexuels infligés à un 
enfant par une personne de son entourage immédiat (p. 49 dossier TPI).

Dans son courrier du 2 octobre 2020, la Dresse D.________ a indiqué avoir reçu la 
partie plaignante en consultation le 20 avril 2020 en urgence, suite à la révélation 
d’abus sexuels subis par sa famille. Elle s’est chargée d’orienter la partie plaignante 
auprès des services compétents (G.1.13).

Dresse J.________, gynécologue, a indiqué, dans son courrier du 28 septembre 
2020, avoir reçu la partie plaignante en urgence à sa consultation du 20 mai 2020 en 
raison de douleurs du bas ventre importantes. Il n’y avait pas de lésions « fraîches » 
visibles. Elle a relevé que l’hymen était souple et permettait l’introduction d’un 
speculum (G.1.20). Par courrier du 14 juin 2021, elle a répondu aux questions posées 
et a indiqué que les constatations qu’elle avait faites ne pouvaient ni infirmer ni 
confirmer la virginité de la partie plaignante. Elle a indiqué que la partie plaignante 
avait signalé avec ses propres mots avoir eu l’impression que quelque chose rentrait 

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à l‘intérieur de son corps et que cela lui produisait de grandes douleurs. Elle a précisé 
que médicalement parlant, il est impossible de définir si une personne a déjà eu des 
rapports sexuels pénétrants (G.1.27).

D. Expertise du prévenu

Le Dr K.________, psychiatre-psychothérapeute FMH au Centre neuchâtelois de 
psychiatrie, a rendu son rapport d’expertise psychiatrique au sujet du prévenu le 
11 janvier 2021 (G.3.12ss). Suite aux questions posées, il a complété son expertise 
par le biais de son courrier du 8 avril 2021 (G.3.34).

E. Perquisition

Une perquisition a été effectuée au domicile du prévenu le 19 novembre 2020 et 
différents objets ont été saisis (H.1.3-H.1.6). Selon le rapport de la police cantonale 
du 18 février 2021, aucun élément pertinent pour la présente affaire n’a été découvert 
(H.1.13ss).

Le téléphone de la partie plaignante a également fait l’objet d’un mandat de 
perquisition (H.1.39). Il ressort du rapport de la police cantonale du 13 avril 2021 
qu’aucune donnée n’a pu être extraite dudit téléphone à mesure de son état de 
détérioration (H.1.41).

F. Edition du dossier SPOP du prévenu

Le dossier SPOP du prévenu a été édité dans la présente procédure (cf. p. 5 dossier 
TPI).

G. Défense d’office et assistance judiciaire gratuite pour la partie plaignante

Par décision du 27 juillet 2020, le Ministère public a accordé l’assistance judiciaire 
gratuite à la partie plaignante, avec effet au 13 mai 2020 (L.1.24). 

Par décision du 23 novembre 2020, avec effet au 19 novembre 2020, le Ministère 
public a mis le prévenu au bénéfice d’une défense d’office et a désigné Me Boris 
Schepard en qualité de mandataire d’office (L.2.1). Selon la décision du 25 juin 2021, 
le mandat de défense d’office accordé à Me Boris Schepard a été révoqué. Ses 
honoraires ont été taxés. Pour le surplus, Me Mathias Eusebio a été désigné en 
qualité de mandataire d’office (L.2.22).

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H. Situation personnelle et casier judiciaire

Le prévenu a exposé sa situation personnelle lors de ses auditions à la police et au 
Ministère public (E.81 ; E.85). Il en a fait de même lors de l’audience des débats (cf. 
p. 69 dossier TPI).

Le casier judiciaire du prévenu est vierge (P.2 et p. 7 dossier TPI).

I. Conclusions des parties

Lors de l’audience des débats du 8 novembre 2021, les parties ont déposé leurs 
conclusions, respectivement réquisitions, par écrit (cf. p. 79, 81 et 85 dossier TPI).

J. Il sera revenu ci-après, en tant que besoin, sur les autres éléments factuels du 
dossier. 

II. EN DROIT

1. Compétence et droit de procédure applicable 

Le Tribunal pénal du Tribunal de première instance est compétent pour traiter de la 
présente affaire (cf. art. 19 al. 1 CPP et art. 21 de la Loi d'introduction du Code de 
procédure pénale suisse, RSJU 321.1) et le Code de procédure pénale suisse (CPP) 
est applicable (art. 448 CPP).

2. Principe accusatoire

2.1. Dans sa plaidoirie, le prévenu, par son mandataire, invoque une violation de la 
maxime accusatoire en ce qui concerne l’acte d’accusation du 8 septembre 2021 du 
Ministère public. Selon lui, les états de fait compris dans l’acte d’accusation ne sont 
pas précis et les éléments constitutifs des infractions reprochées n’y sont pas 
mentionnés de manière claire.

2.2. L'article 9 CPP consacre la maxime d'accusation. Selon cette disposition, une 
infraction ne peut faire l'objet d'un jugement que si le Ministère public a déposé auprès 
du tribunal compétent un acte d'accusation dirigé contre une personne déterminée 
sur la base de faits précisément décrits. En effet, le prévenu doit connaître 
exactement les faits qui lui sont imputés et les peines et mesures auxquelles il est 
exposé, afin qu'il puisse s'expliquer et préparer efficacement sa défense. Le tribunal 
est lié par l'état de fait décrit dans l'acte d'accusation, mais peut s'écarter de 
l'appréciation juridique qu'en fait le Ministère public (art. 350 al. 1 CPP), à condition 
d'en informer les parties présentes et de les inviter à se prononcer (art. 344 CPP). Le 
principe de l'accusation découle également de l'article 29 al. 2 Cst. (droit d'être 
entendu), de l'article 32 al. 2 Cst. (droit d'être informé, dans les plus brefs délais et de 
manière détaillée, des accusations portées contre soi) et de l'article 6 par. 3 let. a 

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CEDH (droit d'être informé de la nature et de la cause de l'accusation ; notamment 
TF 6B_489/2013 du 9 juillet 2013, consid. 1.1 et les références citées). 

Les articles 324ss CPP règlent la mise en accusation, en particulier le contenu strict 
de l'acte d'accusation. Selon l'article 325 al. 1 CPP, l'acte d'accusation désigne 
notamment les actes reprochés au prévenu, le lieu, la date et l'heure de leur 
commission ainsi que leurs conséquences et le mode de procéder de l'auteur (let. f) 
de même que les infractions réalisées et les dispositions légales applicables de l'avis 
du Ministère public (let. g). En d'autres termes, l'acte d'accusation doit contenir les 
faits qui, de l'avis du Ministère public, correspondent à tous les éléments constitutifs 
de l'infraction reprochée au prévenu. Des imprécisions relatives au lieu ou à la date 
sont sans portée, dans la mesure où le prévenu ne peut avoir de doute sur le 
comportement qui lui est reproché (TF 6B_160/2017, TF 6B_161/2017 du 13 
décembre 2017, consid. 5.1 et les références citées).

Selon une jurisprudence constante, des imprécisions relatives au lieu ou à la date 
sont sans portée, dès lors qu’il n’existe dans l’esprit du prévenu aucun doute quant 
au comportement qui lui est reproché. S’agissant d’infractions d’ordre sexuel, 
l’indication temporelle d’une saison ou de plusieurs mois est en principe suffisante. 
La question de savoir si l’indication temporelle donnée est suffisamment précise doit 
être examinée concrètement en tenant compte de tous les éléments mentionnés dans 
l’acte d’accusation (TF 6B_275/2016 du 9 décembre 2016, consid. 2.1 ; TF 
6B_1141/2015 du 3 juin 2016, consid. 1.1 ; TF 6B_728/2014 du 3 juin 2015, consid. 
3.2 ; TF 6B_552/2014 du 25 septembre 2014, consid. 1.1 ; et les références citées ; 
Jugement du 25 avril 2017 de la Cour pénale du Tribunal cantonal CP 39/2016, 
consid. 5.1).

2.3. En l’espèce, l’argument soulevé par le prévenu ne peut être suivi par le Tribunal 
pénal. Il est constaté que le prévenu sait ce qui lui est reproché et qu’il est en 
particulier question des vacances chez lui et à Genève lorsque la partie plaignante 
était âgée entre 9 et 12 ans, respectivement entre les années 2016 et 2019. Cette 
période est suffisante dans ce contexte d’infractions sexuelles conformément à la 
jurisprudence constante. En outre, les déclarations de la partie plaignante doivent 
être remises dans leur contexte, à savoir qu’il s’agit d’une petite fille qui est quelque 
peu évasive par rapport aux faits qui l’ont fortement touchée, attendu qu’elle essaie 
de les oublier, et qu’elle a du mal à être précise quant au nombre de fois. Pour le 
surplus, le viol commis à réitérées reprises est indiqué dans l’acte d’accusation de 
sorte qu’on ne saurait admettre qu’un seul cas de viol est renvoyé.

3. Moyens de preuves

3.1. Le prévenu, par son mandataire, a, au cours de sa plaidoirie, relevé l’inexploitabilité 
des déclarations faites par la partie plaignante, dans la mesure où il n’a pas eu la 
possibilité de lui poser des questions. Il indique que les deux auditions LAVI de la 
partie plaignante doivent dès lors être écartées du dossier.

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3.2. Cet argument ne peut être suivi dans la mesure où conformément à l’art. 147 al. 3 
CPP, c’est à la partie qui souhaite faire répéter l’administration d’une preuve de la 
demander. Partant, les deux auditions LAVI de la partie plaignante sont recevables 
et il incombait au prévenu de demander la réaudition de la partie plaignante s’il avait 
des questions à lui poser.

4. Version avérée des faits

4.1. Selon l'article 10 al. 1 CPP, toute personne est présumée innocente tant qu'elle n'est 
pas condamnée par un jugement entré en force. À teneur de l’al. 2, le tribunal 
apprécie librement les preuves recueillies selon l’intime conviction qu’il retire de 
l’ensemble de la procédure.

La présomption d'innocence, aussi garantie par les articles 32 al. 1 de la Cst. et 
6 par. 2 CEDH, ainsi que son corollaire, le principe in dubio pro reo, concernent tant 
le fardeau de la preuve que l'appréciation des preuves (TF 6B_1230/2015 du 22 avril 
2016, consid. 3.2; ATF 127 I 38 consid. 2a). 

En tant que règle relative au fardeau de la preuve, la présomption d'innocence signifie 
que toute personne prévenue d'une infraction pénale doit être présumée innocente 
jusqu'à ce que sa culpabilité soit légalement établie et, partant, qu'il appartient à 
l'accusation de prouver la culpabilité de l'intéressé (TF 6B_1230/2015 du 22 avril 
2016, consid. 3.2). La présomption d'innocence est violée si le juge du fond 
condamne le prévenu au motif que son innocence n'est pas établie (ATF 127 I 39 
consid. 2a p. 40), s'il a tenu la culpabilité du prévenu pour établie uniquement parce 
que celui-ci n'a pas apporté les preuves qui auraient permis de lever les doutes quant 
à son innocence ou à sa culpabilité, ou encore s'il a condamné le prévenu au seul 
motif que sa culpabilité est plus vraisemblable que son innocence (TF 6B_748/2009 
du 2 novembre 2009, consid. 2.1). Comme principe présidant à l'appréciation des 
preuves, la présomption d'innocence est violée si le juge du fond se déclare convaincu 
de faits défavorables au prévenu sur lesquels, compte tenu des éléments de preuve 
qui lui sont soumis, il aurait au contraire dû, objectivement, éprouver des doutes (TF 
6B_1230/2015 du 22 avril 2016, consid. 3.2). 

Le tribunal apprécie librement les preuves recueillies selon l'intime conviction qu'il 
retire de l'ensemble de la procédure. Il prend en compte les preuves administrées 
durant la procédure préliminaire et lors des débats (art. 350 al. 2 CPP). Une certitude 
absolue n'est pas nécessaire ; la conviction subjective du juge suffit, si elle est 
raisonnablement justifiée. N'importe quel indice peut, suivant les circonstances, 
emporter la conviction du juge. Seuls cependant des faits établis avec une 
vraisemblance confinant à la certitude peuvent être mis à la charge de l'accusé (ATF 
133 I 33 consid. 2.1). En cas de "parole contre parole" ou en cas de versions 
successives du prévenu, le juge doit déterminer laquelle des versions est la plus 
crédible (CR CPP, no 34 ad art. 10 CPP,).

4.2. Au cas particulier, le prévenu est renvoyé pour actes d’ordre sexuel avec un enfant, 
contrainte sexuelle et viol. Il est également renvoyé pour pornographie ainsi que pour 

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tentative d’actes d’ordre sexuel avec un enfant, tentative de contrainte sexuelle et 
voies de fait.

Le prévenu conteste l’entier des faits qui lui sont reprochés, hormis le fait qu’il ait 
envoyé des messages à caractère pornographique, mais seulement dès 2019 (E.77 ; 
p. 64ss dossier TPI). Il sied de constater que les déclarations de la partie plaignante 
et du prévenu sont diamétralement opposées. Il en est de même des déclarations de 
F.________, femme du prévenu et sœur de la partie plaignante, qui sont divergentes 
avec la version de cette dernière.

Ainsi, il convient d’examiner la crédibilité des déclarations des différentes personnes 
entendues en cours d’instruction.

4.2.1. A titre liminaire, il convient d’exposer notamment différents éléments de fait ressortant 
du dossier, en particulier en ce qui concerne le contexte familial de la partie plaignante 
et du prévenu ainsi que leurs comportements respectifs.

4.2.1.1. La partie plaignante et victime, B.________, est née le B.________ 2007. Elle est la 
cadette d’une fratrie composée d’un frère et de 5 sœurs. Elle a quatre sœurs, 
H.________, née le H.________ 2003, E.________, née le E.________ 1994, 
F.________, née le F.________ 1993, et L.________, qui habite à Dubaï. Elle a 
également un frère, G.________, qui est né le G.________ 2000. Elle vit avec ses 
sœurs H.________ et E.________, son frère G.________ et leur mère C.________ 
à Genève. Leur père vit au Sri-Lanka.

Sa sœur F.________ est la femme du prévenu. Elle vit avec ce dernier à Delémont. 
Partant, le prévenu est le beau-frère par alliance de la partie plaignante (cf. A.1.1ss ; 
F.2.10ss et déclarations des personnes entendues). F.________ et le prévenu sortent 
ensemble depuis 2012. Ils se sont mariés traditionnellement en 2015 et dès cette 
date, ils ont habité ensemble (E.93). Ils se sont mariés à l’état civil en 2018. Ils 
habitaient à la rue .________ à Delémont jusqu’en 2017. En 2017, ils ont déménagé 
à la rue .________ à Delémont (E.93 ; E.72).

4.2.1.2. De manière générale, la famille de Genève se rendait pendant les vacances chez la 
sœur et le beau-frère dans le Jura. Lors des vacances scolaires et à plusieurs 
reprises, la partie plaignante restait seule quelques jours dans le Jura alors que le 
reste de sa famille retournait à Genève (cf. E.4 ; E.42 ; E.72 ; E.95 ; E.97 ; F.2.24 ; p. 
65 dossier TPI). Il était fréquent que le prévenu soit seul avec la partie plaignante 
(F.2.36 ; cf. déclarations de la partie plaignante) quand bien même F.________ a 
déclaré que ça n’est jamais arrivé et qu’elle était toujours présente (E.98). A ce sujet, 
il est renvoyé à l’analyse de la crédibilité des déclarations de cette dernière (cf. pt. 
2.2.3).

4.2.1.3. En ce qui concerne les circonstances du dévoilement, il sied de relever que cela 
résulte du hasard. En effet, le samedi 18 avril 2020, H.________ a indiqué à sa 
grande sœur E.________ avoir vu des messages échangés entre la partie plaignante 
et le prévenu et avoir été choquée. Il s’agissait de messages à connotation sexuelle. 

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E.________ a eu une discussion avec la partie plaignante et cette dernière s’est tout 
de suite mise à pleurer (A.1.2 ; E.3 ; E.12ss). E.________ a déclaré avoir constaté 
qu’il manquait des messages dans le cadre de la conversation entre la partie 
plaignante et le prévenu. Elle a indiqué que la partie plaignante en avait effacés. Or, 
H.________ a pu lire toute la conversation avant que les messages ne soient effacés. 
Il est constaté qu’effectivement, des messages ont été effacés (E.3 ; E.12ss ; F.2.11). 
Par la suite et dans un premier temps, E.________ a indiqué que la partie plaignante 
ne voulait rien dire et avait peur de représailles du prévenu. E.________ a indiqué 
que la partie plaignante lui aurait dit que si elle en parlait, le prévenu allait lui poser 
des problèmes (E.4). En outre, E.________ a déclaré avoir demandé à H.________ 
pourquoi elle n’a rien dit. Cette dernière lui a indiqué qu’elle avait peur et qu’elle ne 
voulait pas qu’il y ait de problèmes dans la famille (E.4). Ces déclarations faisant état 
de craintes de la partie plaignante sont appuyées notamment par la partie plaignante 
qui déclare elle-même que le prévenu lui a dit de ne dire cela à personne et que si 
elle disait cela à quelqu’un c’est comme si « elle serait morte » (E.36-37). La partie 
plaignante a expliqué à plusieurs reprises que le prévenu lui avait dit de ne le dire à 
personne (E.36-37 ; E.45). La partie plaignante a encore déclaré n’en avoir parlé à 
personne depuis la CP (recte vidéo : 6P) mais avoir essayé de le dire à sa 
psychologue, sans réussir. Elle a par la suite indiqué que sa psychologue serait 
absente en raison d’un congé maternité (E.43). Cela est appuyé par la Dresse 
D.________ qui a indiqué que la psychologue de la partie plaignante était en congé 
maternité (G.1.13). Pour le surplus, C.________ a déclaré que E.________ lui avait 
indiqué que le prévenu avait mis la main sur la bouche pour empêcher la partie 
plaignante de parler et l’avait emmenée dehors (F.2.34), ce que la partie plaignante 
a également déclaré. Partant, il est manifeste que la partie plaignante craignait le 
prévenu et avait peur de représailles, raison pour laquelle elle n’a pas dévoilé les faits 
mais qu’ils ont été portés à la connaissance de ses sœurs par hasard. 

Dans le cadre du dévoilement, E.________ a expliqué qu’après avoir rassuré la partie 
plaignante, cette dernière a accepté de tout lui dire. Elle lui a en particulier indiqué 
que tout a commencé lorsqu’elle avait 9 ans. E.________ a déclaré que la partie 
plaignante lui avait dit que cela arrivait lorsqu’elle était seule la nuit et qu’elle voulait 
en parler à F.________, mais que le prévenu ne lui laissait pas l’opportunité. La partie 
plaignante lui a fait part de certains détails (E.4). Quant à H.________, elle a relaté 
les mêmes faits, et en particulier le fait qu’elle avait vu le message que le prévenu 
avait envoyé à la partie plaignante où il était écrit « dans ta vulve ». Elle a également 
déclaré avoir indiqué cela à sa grande sœur E.________ qui en a ensuite discuté 
avec la partie plaignante (F.2.11). G.________ a expliqué avoir été mis au courant 
des faits après ses sœurs E.________ et H.________. Il a indiqué qu’elles avaient 
notamment les deux pleuré. Il a donc appris par sa sœur E.________ que la partie 
plaignante avait été sexuellement agressée par le prévenu. Il a également expliqué 
que la partie plaignante leur avait dit que le prévenu lui avait montré des vidéos, qu’il 
l’avait aussi touchée et qu’il lui avait rentré le pénis deux ou trois fois et qu’il avait 
éjaculé à l’extérieur. Il a pour le surplus relevé que « les messages un peu bizarres » 
parlaient des parties génitales des femmes (F.2.23). Ce dernier élément corrobore 
sans équivoque le témoignage de H.________ qui a indiqué que sur le message 
envoyé il était écrit « dans ta vulve ». La mère de la partie plaignante, C.________, a 

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relaté les mêmes faits au sujet des circonstances du dévoilement. Elle a déclaré qu’un 
message du prévenu avait été envoyé sur son portable et que ce message comportait 
beaucoup de « choses pas bien » sur la partie plaignante. En ce qui concerne le 
contenu du message, elle a indiqué ne pas savoir lire le français ni manier un 
téléphone portable. Elle savait toutefois que « c’étaient des choses pas bien ». La 
mère de la partie plaignante a précisé que sa fille ne se sentait pas bien, pleurait et 
qu’elle avait quelque chose qui lui avait fait mal aux parties intimes (F.2.33). Cela est 
en particulier appuyé par H.________ qui a déclaré qu’un jour, la partie plaignante 
s’est plainte à leur mère que ses parties intimes la grattaient (F.2.11). La mère de la 
partie plaignante a indiqué que cet événement avait eu lieu lorsque la partie 
plaignante était rentrée du Jura et le lendemain, elle avait dit à sa mère qu’elle avait 
mal aux parties intimes, que quelque chose la gênait (F.2.34). C.________ a déclaré 
qu’elle avait amené la partie plaignante chez la Dresse D.________ avant qu’elle ne 
vienne à la police et avant qu’on lui ait lu le message (F.2.34). A ce stade, il est relevé 
que les déclarations de la mère de la partie plaignante concordent avec le dossier, 
dans la mesure où la consultation auprès de la Dresse D.________ a eu lieu le 20 
avril 2020 (G.1.13) et que l’audition à la police a eu lieu le 24 avril 2020 (A.1.2 ; 
E.33ss). En outre, la mère de la partie plaignante a relevé avoir amené cette dernière 
après à la police, avant qu’on lui ait lu le message (F.2.34) et cela concorde avec le 
fait que E.________ et H.________ ont été mis au courant « après » (E.4). Partant, 
les déclarations de E.________, H.________, G.________, C.________ et la partie 
plaignante se recoupent toutes sur les circonstances du dévoilement. Elles doivent 
donc être considérées comme étant crédibles.

Il y a lieu également de relever que quand bien même le prévenu conteste la majorité 
des faits qui lui sont reprochés, il a toutefois déclaré que les problèmes ont commencé 
dès que la famille a lu les messages sur le téléphone (p. 67 dossier TPI).

Au vu de ce qui précède, il est manifeste que la partie plaignante voulait et essayait 
de parler de ses problèmes mais craignait le prévenu. Cela ressort également du fait 
que H.________ elle-même n’a pas eu le courage de déclarer les choses qu’elle 
savait tout de suite. Le prévenu avait ainsi une certaine emprise sur les petites sœurs 
de son épouse, en particulier la partie plaignante, tel que cela ressort notamment du 
rapport de l’expert (G.3.21).

4.2.1.4. Par ailleurs, la majorité des personnes entendues dans le cadre de la présente 
procédure n’a pas hésité à indiquer que le comportement général du prévenu leur 
semblait parfois déplacé. Tel est notamment le cas de la partie plaignante qui a 
indiqué que le prévenu, au Sri Lanka, prenait des petites filles sur ses genoux et les 
caressait. Elle trouvait cela bizarre (E.49). Elle a également indiqué que sa sœur de 
16 ans avait demandé à l’épouse du prévenu si elle trouvait normal que le prévenu 
fasse des bisous à la partie plaignante (E.59). La partie plaignante a également 
indiqué avoir dit à sa sœur que son mari ne faisait que de penser aux filles et qu’il 
était le plus populaire au Sri Lanka. Elle a réitéré que le prévenu faisait des trucs 
bizarres et qu’elle et sa sœur H.________ le voyaient comme un pédophile, tel est le 
cas notamment lorsqu’il a passé sa main dans le dos d’une cousine alors que cette 
dernière ne voulait pas (E.57). Il en est de même de la sœur H.________, laquelle a 

TPI/152/2021 – Considérants du jugement rendu le 8 novembre 2021 – 11

déclaré que le prévenu lui avait dit, alors qu’elle marchait devant lui, « t’as un petit 
cul ». Elle a également précisé que lorsqu’il la touche, notamment lorsqu’il joue à la 
serrer, elle le repousse (F.2.11). Pour le surplus, elle a indiqué avoir vu un message 
que le prévenu avait envoyé à la partie plaignante, et que sur ce dernier, il était indiqué 
« dans ta vulve ». Elle a précisé qu’il a par la suite été effacé. En outre, H.________ 
a déclaré n’avoir pas été bien lorsqu’elle a compris ce que signifiait « dans ta vulve » 
et qu’à côté, il y avait l’émoji de la « langue » (audition LAVI H.________, 1h14min.). 
H.________ a également indiqué que sur Viber, elle avait vu un échange de 
discussions entre le prévenu et la partie plaignante, lors duquel ce dernier lui avait 
demandé si elle avait ses règles (audition LAVI H.________, 26min.). H.________ a 
précisé que sur Viber, le prévenu lui disait à elle des « mots avec des regards 
sexuels ». Il lui envoyait des messages avec des mots qu’il ne fallait pas selon ses 
termes (audition LAVI H.________, 40min. ; 1h18min.). Pour le surplus, il ressort des 
conversations échangées entre H.________ et le prévenu qu’ils s’envoyaient 
beaucoup de messages et que le prévenu écrivait notamment « darling » suivi d’un 
cœur. Il envoyait beaucoup de photos de lui (cf. F.2.42 : DVD annexé à audition 
LAVI). En outre, même le frère de la fratrie a déclaré que sa sœur H.________ lui 
avait dit que le prévenu avait un comportement déplacé envers elle-même. En fait, le 
prévenu lui faisait des bisous et c’était comme s’il voulait lui faire des bisous sur la 
bouche, mais comme il y avait des gens, il lui faisait sur la joue (F.2.23-24). 
G.________ a toutefois précisé n’avoir jamais été témoin d’un comportement déplacé 
mais avoir vu le prévenu faire des bisous sur la joue de ses petites-sœurs (F.2.24). 
Pour le surplus, la mère de la fratrie a déclaré avoir vu, une fois, que le prévenu avait 
pris la main de la partie plaignante. A ce sujet, elle avait dit à la partie plaignante qu’il 
ne fallait pas faire cela, alors que le prévenu n’avait rien dit. Elle n’avait rien vu de 
plus (F.2.35). A contrario, le prévenu admet avoir fait des câlins à la partie plaignante 
notamment. Toutefois, il a indiqué avoir fait cela par jeu mais sans que ses gestes ne 
soient ambigus ou tendancieux (E.74). 

L’expert relève que le comportement du prévenu, sur la base du dossier et en 
particulier des déclarations de la partie plaignante, suggère l’existence d’une attirance 
pour les enfants d’âge prépubère ou au début de la puberté. Cet intérêt pédophile 
pourrait être, dans le présent cas, fixé (indépendant des circonstances) ou 
situationnel, favorisé par un sentiment de frustration sexuelle, d’isolement social, 
d’une faible estime de soi et d’une incapacité à établir des relations intimes avec les 
femmes (G.3.20). Néanmoins, l’expert indique qu’il n’est pas possible de retenir un 
diagnostic de pédophilie (G.3.21). L’expert mentionne également que le témoignage 
de la partie plaignante tend à démontrer l’existence d’une emprise psychologique du 
prévenu sur cette dernière (G.3.21). Au sujet de l’existence d’un trouble psychique au 
moment des faits, l’expert retient une utilisation nocive pour la santé d’alcool, dont 
l’influence s’est limitée à une désinhibition. Selon l’expert, il existe également un 
dysfonctionnement sexuel à l’éjaculation précoce qui a certainement contribué à la 
constellation des facteurs qui ont pu favoriser un passage à l’acte sexuel tel que ceux 
reprochés. Ces troubles sont à considérer comme étant de gravité légère à moyenne 
(G.3.23). Cette emprise psychologique du prévenu sur la partie plaignante ressort 
également des déclarations de cette dernière, en particulier lorsqu’elle a expliqué 
qu’elle disait toujours non et qu’à la fin, elle disait oui, tout en précisant qu’elle a du 

TPI/152/2021 – Considérants du jugement rendu le 8 novembre 2021 – 12

mal à dire non (E.39 ; E.48 ; E.36). Tel est le cas également lorsque la partie 
plaignante a précisé que si elle disait quelque chose, le prévenu lui disait que c’est 
elle qui aura honte (E.45). Cela découle également des fois où la partie plaignante 
s’en veut car elle pense que c’est de sa faute (E.49).

En outre et toujours s’agissant du comportement du prévenu, ce dernier a écrit un 
courrier à son ami. Il a en particulier déclaré avoir « commis des erreurs » et avoir 
« compris qu’il s’est comporté comme un idiot » (O.2.5). Il a en outre déclaré lors de 
l’audience du 8 novembre 2021 « je ne souhaitais pas détruire cette famille. Je n’ai 
pas voulu détruire sa vie dans quoique ce soit » (p. 71 dossier TPI). Cela peut laisser 
penser que le prévenu s’est rendu compte que son comportement était 
éventuellement inadéquat.

Au vu de ce qui précède, il est manifeste que le prévenu adoptait de manière régulière 
un comportement quelque peu déplacé à l’égard des petites sœurs de son épouse. Il 
sied en particulier de tenir compte de la différence d’âge entre les protagonistes et du 
fait que le prévenu, quand bien même il a déclaré avoir fait cela par jeu, pouvait et 
devait se rendre compte qu’un tel comportement était inapproprié, surtout s’il était 
régulier et contre la volonté des jeunes filles. Il sied également de prendre en compte 
les considérations de l’expert au sujet du comportement du prévenu et de ses 
troubles.

4.2.1.5. En ce qui concerne le comportement général de la partie plaignante, ses proches 
ont déclaré qu’il avait changé au fil du temps. Sa sœur E.________ a déclaré que 
depuis quelques temps, les relations avec la partie plaignante étaient compliquées. 
Elle a indiqué que lorsque sa petite sœur était fâchée, elle claquait les portes et 
insultait tout le monde. En outre, sa sœur H.________ l’avait informée en septembre 
2019, que la partie plaignante s’était scarifiée le poignet (E.6 ; E.38). Le frère de la 
partie plaignante a remarqué qu’elle avait des blessures (F.2.26). Il a également 
déclaré qu’à « un certain moment, elle a changé de comportement elle est devenue 
plus agressive au niveau de la parole, avec ma mère, parfois avec ma sœur 
H.________ aussi » (F.2.25). Il est également relevé que la partie plaignante a rédigé 
une lettre et fait un dessin, vraisemblablement en été 2019 (cf. E.6 ; F.2.11). Il est 
manifeste que même si ces lettres ne sont pas datées, elles ont été faites à tout le 
moins avant avril 2020 et ne sont pas l’objet d’un complot contrairement à ce 
qu’allègue le prévenu. En tout état de cause, elles n’ont pas été faites pour les besoins 
de la cause. Le dessin est très triste et met en scène une petite fille qui pleure, lâchant 
un couteau et ayant les poignets qui saignent. Pour le surplus, il semble être intitulé 
« c’est ma fin du monde ». En ce qui concerne la lettre écrite par la partie plaignante, 
il y est notamment écrit « […] mon beau-frère, quand je vais chez lui presque tous les 
jours il me dit de venir avec lui, je vais, il me ramène dans la cave, il veut me faire du 
sexe, j’aime pas aller avec lui […] » (E.24-25). Il est précisé que la partie plaignante 
a déclaré qu’elle pense que sa sœur a jeté la lettre car personne ne la retrouve (E.48) 
alors que sa sœur a indiqué que la partie plaignante ne savait pas qu’elle avait remis 
cette lettre à la police (E.6). Par ailleurs, le fait que la sœur E.________ ait transmis 
cette lettre à la police, sans que la partie plaignante ne le sache, dénote la valeur 
considérable qui lui est portée de sa part. La partie plaignante a indiqué avoir 10-11 

TPI/152/2021 – Considérants du jugement rendu le 8 novembre 2021 – 13

ans lorsqu’elle a écrit cette lettre (E.48) et cela se recoupe avec les déclarations de 
E.________, dans la mesure où cette dernière indique avoir trouvé cette lettre avant 
septembre 2019 (E.6). Pour le surplus, il est relevé que la partie plaignante a déclaré 
de manière très précise ce qu’elle avait écrit dans cette lettre et ses déclarations 
concordent très précisément avec ce qui est écrit dans sa lettre (E.48 ; E.25), de sorte 
que ses déclarations sont crédibles. En outre, sa sœur H.________ a également 
déclaré que la partie plaignante s’est mutilée et a écrit une lettre (F.2.11). Partant, il 
est établi à suffisance le fait que cette lettre ait été écrite par la partie plaignante, tout 
comme le fait que le comportement de la partie plaignante se soit modifié quelque 
peu durant les dernières années.

Pour le surplus, les intervenants au niveau médical ont fait les constatations 
suivantes. La Dresse I.________, psychologue-psychothérapeute FSP, a précisé 
avoir eu un premier entretien le 29 mai 2020 avec la partie plaignante. Lors du premier 
entretien, cette dernière lui a indiqué avoir subi des abus sexuels de son beau-frère. 
La doctoresse a relevé qu’un suivi psychothérapeutique a été mis en place à raison 
d’une fois par semaine. La partie plaignante n’est jamais entrée dans le détail de cet 
abus mais lorsque les entretiens s’en approchent, elle est prise d’anxiété, se 
déstructure puis rebondit en glissant sur d’autres problématiques. Il en est de même 
pour toute question qui a trait à la sexualité. Le diagnostic provisoire suivant a été 
posé : difficultés liées à de possibles sévices sexuels infligés à un enfant par une 
personne de son entourage immédiat (G.1.7). I.________ a confirmé son diagnostic 
dans son rapport complémentaire du 28 octobre 2021. Elle relève en particulier que 
le comportement de la partie plaignante reste préoccupant. Elle est prise 
fréquemment de débordements de tristesse et d’abattement, fait des cauchemars où 
sa vie est en jeu et a eu des gestes auto-dommageables. I.________ indique que 
depuis quelques mois, la partie plaignante peut discuter de certaines conséquences 
des violences subies et a notamment pu parler de la première fois où elle a été 
contrainte physiquement à subir des violences sexuelles de la part de son beau-frère 
(p. 49 dossier TPI).

Au vu de ce qui précède, il est indéniable que la partie plaignante se trouvait dans un 
état de mal-être profond et que son comportement s’est modifié durant la période 
allant de 2016 à 2020. Pour le surplus, cela a abouti au fait qu’en septembre 2019, la 
partie plaignante s’est scarifiée le poignet (E.6). Par la suite, un suivi a été mis en 
place et il en ressort que la partie plaignante devient anxieuse lorsqu’il y a lieu de 
parler de sexualité.

4.2.1.6. En ce qui concerne le téléphone portable, il est établi que la partie plaignante 
disposait d’un téléphone portable. Il s’agissait du téléphone portable de sa mère, dans 
la mesure où cette dernière ne l’utilisait pas. En effet, C.________ ne savait ni lire ni 
écrire en français et ne savait pas manier un téléphone portable. Elle ne l’utilisait pas. 
Pour le surplus, l’entourage familial de la partie plaignante, y compris le prévenu, avait 
connaissance du fait que la partie plaignante elle-même utilisait ce téléphone portable 
(F.2.34 ; E.3 ; E.96 ; E.12ss). Au sujet des déclarations du prévenu, lequel a indiqué 
ne pas savoir qui disposait du téléphone (E.70), il convient de relever qu’elles ne 
peuvent être suivies et de renvoyer à l’analyse de leur crédibilité ci-après (cf. not. 

TPI/152/2021 – Considérants du jugement rendu le 8 novembre 2021 – 14

E.77 ; E.79). A tout le moins et après changement de version, le prévenu a admis 
avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à la partie plaignante. Il a 
notamment indiqué que cela l’excitait sexuellement (E.77).

Partant, la partie plaignante utilisait le téléphone portable de sa mère et lorsque le 
prévenu envoyait des messages sur ledit téléphone, ils étaient adressés à la partie 
plaignante.

 
4.2.2. Crédibilité des déclarations du prévenu

Dans la mesure où les déclarations du prévenu et de la partie plaignante sont en 
contradiction, il convient d’analyser leur crédibilité. 

Les déclarations du prévenu ne sont pas crédibles en vertu de ce qui suit :

 Les déclarations du prévenu sont délibérément floues et varient au sein de la 
même audition. En effet, lors de sa première audition et entendu au sujet du fait 
qu’il aurait envoyé des messages, il a répondu avoir entendu dire qu’il aurait 
envoyé des messages à caractère sexuel à la petite et que cela était par jeu. 
Par la suite, il a indiqué qu’il envoyait ces messages toujours sur le même 
téléphone, en ne sachant pas qui les recevait. Il a précisé que les messages 
étaient pour tout le monde. Il envoyait des « photos concernant le sexe » plutôt 
pour la grande, pas pour la petite (E.70). Lorsque la police a indiqué au prévenu 
les reproches qui lui sont faits, ce dernier a répondu « en fait, j’avais envoyé 
cela à la grande et depuis qu’elle a un mari, ils ont transformé l’affaire en disant 
que j’avais envoyé cela à la petite » (E.70). A ce stade déjà, il est remarqué que 
les déclarations du prévenu apparaissent comme étant variables et floues. Il est 
manifeste que le prévenu modifie et arrange sa version des faits au fur et à 
mesure des informations qui parviennent à sa connaissance. Il a indiqué avoir 
envoyé ses messages sans mauvaises intentions. Dans la suite de l’audition et 
confronté aux messages qu’il a envoyés, le prévenu admet avoir envoyé ces 
messages à la partie plaignante. Il a précisé qu’il oubliait que c’était une petite 
fille derrière l’écran, mais que cela l’excitait sexuellement. Il a indiqué avoir écrit 
ces messages avec une mauvaise intention, mais cela résultait du fait qu’il avait 
bu (E.77). Pour le surplus, le prévenu a indiqué, lors de l’audience du 8 
novembre 2021, avoir envoyé des messages à la partie plaignante et que cela 
constitue une grosse erreur qu’il a faite. Il a même finalement indiqué que c’est 
la partie plaignante qui le forçait à lui envoyer des messages (p. 66 dossier TPI). 
Cet énième changement de version interpelle, qui plus est, lorsque la version 
finale aboutit au fait que le problème venait de la partie plaignante. Au vu de ce 
qui précède, il est manifeste que les déclarations du prévenu ne sont pas 
constantes et ne sont pas crédibles, puisqu’elles varient au fur et à mesure de 
l’audition. Par ailleurs, le prévenu tente par tous les moyens de diminuer la 
gravité de ses actes. Il ira même jusqu’à dire que finalement : « c’est même 
bien que cette affaire ait commencé, car j’aurais pu avoir de plus gros 
problèmes avec cette famille » (p. 68 dossier TPI). A ce stade, le Tribunal pénal 

TPI/152/2021 – Considérants du jugement rendu le 8 novembre 2021 – 15

peine à comprendre quels genres de problèmes pourraient être qualifiés de plus 
« gros » que ceux objets de la présente procédure.

 De l’avis même de l’expert, le prévenu s’est embrouillé notamment dans ses 
déclarations lorsque des précisions lui avaient été demandées. L’expert a 
indiqué que le prévenu « se fait de plus en plus embrouillé dans ses 
explications, passant du coq à l’âne, donnant l’impression de ne pouvoir 
s’orienter dans cet imbroglio », en particulier lorsqu’il expliquait ses interactions 
éventuellement sentimentales avec les sœurs de sa femme (G.3.16 ; G.3.19). 
Partant, il est relevé que les déclarations du prévenu se révèlent floues, en 
particulier lorsque des précisions lui sont demandées. En outre, lorsque les 
éléments de fait au dossier ne lui conviennent pas, il n’hésite pas à dire qu’ils 
sont faux ou que les personnes entendues mentent (cf. p. 66 et 67 dossier TPI 
notamment).

 Par ailleurs, le prévenu a fait état à plusieurs reprises de l’existence de 
problèmes entre sa femme et la famille de cette dernière et a argué pour le 
surplus être la personne qui pousse sa femme à renouer les liens avec sa 
famille (E.70). Or, à l’audience du 8 novembre 2021, il a indiqué que sa femme 
a coupé les ponts avec sa famille, mais que celle-ci a essayé de prendre contact 
avec sa femme, qui a refusé. Il a précisé que ce n’est pas lui qui a indiqué à sa 
femme de prendre contact avec sa famille (p. 64 dossier TPI). Les déclarations 
du prévenu à ce stade divergent. A un moment donné, il pousse sa femme à 
prendre contact avec sa famille, et à un autre moment, il ne lui dit rien. Le 
prévenu a également déclaré que la famille de la partie plaignante n’accorde 
que peu d’attention à cette dernière et qu’il a même grondé les autres membres 
de la famille à ce sujet (E.71). Il résulte de ce qui précède que le prévenu 
n’hésite pas à poser en réconciliateur et en « gentille » personne quand il est 
en difficulté. A contrario et également lorsqu’il est en difficulté, le prévenu fait 
des déclarations qui l’arrangent mais qui sont vraisemblablement irréalistes. A 
ce sujet, il n’a pas hésité à indiquer que la partie plaignante lui aurait dit que 
H.________ lui faisait des choses bizarres la nuit. Ainsi, les potentiels 
attouchements auraient été perpétrés par H.________ et non lui-même. Il a 
également déclaré que la partie plaignante n’était pas stable au niveau mental 
et que c’est pour cette raison qu’elle l’accuserait (E.75). Dans la mesure où il 
ressort du dossier que H.________ a parlé pour la première fois à sa sœur 
E.________ des messages qu’elle avait vus sur le portable de la partie 
plaignante, il est manifeste qu’elle n’aurait rien dit ni attiré l’attention si c’était 
elle qui avait fait du mal à la partie plaignante. Elle n’aurait pas alerté sa grande 
sœur du contenu des messages échangés entre eux. Pour le surplus et après 
avoir tenté de mettre la faute sur H.________, le prévenu n’a pas hésité à semer 
le doute et à dénoncer une autre personne. Il a notamment déclaré « je pense 
que vous devriez aussi investiguer sur l’homme qui vit avec eux dans leur 
appartement » (E.77). Il a encore relevé qu’il y a toujours eu des problèmes de 
famille et entre sœurs et que les problèmes sont là peut-être depuis qu’il y a le 
nouveau gendre (E.81). Le prévenu n’a pas hésité à se faire passer comme une 
victime, notamment devant l’expert, lorsqu’il a déclaré « tout ce qui était normal 
s’est retourné contre moi » (G.3.14). Il a finalement dit que les sœurs de la 

TPI/152/2021 – Considérants du jugement rendu le 8 novembre 2021 – 16

partie plaignante ont fait cela pour se venger de lui (p. 65 dossier TPI). Au vu 
de ce qui précède, ses déclarations sont dès lors sujettes à caution.

 En outre et après que les gestes qui lui sont reprochés lui ont été expliqués, le 
prévenu a indiqué s’être rendu dans la chambre de la partie plaignante la nuit 
car elle avait peur (E.77 ; E.78). Dans sa phrase suivante, il a déclaré qu’il allait 
dans sa chambre pour la surveiller afin qu’elle ne soit pas trop sur l’ordinateur 
(E.77). Lors de son audition avec arrestation devant le Ministère public, il a 
déclaré être allé dans la chambre de la partie plaignante uniquement parce 
qu’elle avait peur. Il a indiqué qu’ils regardaient des vidéos pour apprendre la 
langue tamoul (E.85-86). Les changements de versions successifs du prévenu 
dans le cadre de la même audition étonnent. Néanmoins, il est constaté que 
ses déclarations n’ont pour une partie pas varié. Or, lesdites déclarations sont 
en contradiction avec celles de son épouse à ce sujet, laquelle a indiqué qu’il 
ne s’est jamais rendu seul la nuit auprès de la petite (E.99). Cela interpelle.

 Pour le surplus, il est relevé que les déclarations du prévenu varient. Le prévenu 
a indiqué ne pas savoir qui est « .________ » pour finalement indiquer qu’il lui 
a envoyé des messages à connotation sexuelle et qu’il a eu une relation 
amoureuse avec elle (E.79).

 Il sied également de relever que le prévenu avait conscience qu’il n’agissait pas 
correctement à l’égard de la partie plaignante. En effet, il a indiqué avoir effacé 
des messages malsains qui lui avaient été envoyés car si sa femme les avait 
vus, cela aurait créé des problèmes (E.79 ; p. 72 dossier TPI). Sur demande de 
la police, le prévenu admet avoir demandé par messages à la partie plaignante 
des informations relatives à ses règles. Il déclare être au courant des règles de 
la partie plaignante suite à des discussions avec sa femme (E.79-80). Pour le 
surplus et au sujet des règles, il apparaît que ce point semble important dans 
la mesure où il ressort des déclarations de G.________ que la partie plaignante 
lui a expliqué que le prévenu lui « avait rentré le pénis deux ou trois fois et qu’il 
avait éjaculé à l’extérieur pour pas…je ne sais pas, il a éjaculé à l’extérieur » 
(F.2.23). Ainsi, il est manifeste que le prévenu faisait attention à ne pas éjaculer 
à l’intérieur, afin de ne pas prendre le risque que la partie plaignante tombe 
enceinte. Cela est appuyé par les déclarations du frère et par les déclarations 
de la partie plaignante qui a déclaré qu’à plusieurs reprises, il mettait son pénis 
dans son vagin, il disait que quelque chose allait sortir, puis un liquide blanc 
sortait après qu’il se soit « renlevé » d’elle (E.46-47 notamment). Au vu de ce 
qui précède, le fait que le prévenu s’intéressait aux cycles menstruels de la 
partie plaignante n’était pas dénué de sens à ses yeux. Il redoutait notamment 
une éventuelle grossesse, raison pour laquelle il s’intéressait à cela. Cela 
signifie également que le prévenu avait conscience de ne pas agir correctement 
avec la partie plaignante et des éventuelles conséquences qui pouvaient en 
découler. Le prévenu a pour le surplus dit « je pense qu’effectivement je suis la 
cause des problèmes qu’elle a en elle-même, mais je répète que je ne lui ai rien 
fait. Je pense que c’est à cause de moi qu’elle a tout ça ». Partant, le point de 
vue du prévenu, lequel indique ne lui avoir jamais rien fait de mal, ne peut être 
suivi compte tenu du fait qu’il pense que l’état de la partie plaignante est de sa 
faute.

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 Le prévenu a indiqué, à la fin de son audition à la police, que la partie plaignante 
lui avait dit qu’il allait souffrir (E.81). Or, quelques minutes auparavant, le 
prévenu avait précisé que la partie plaignante n’avait jamais fait aucun signe 
comme quoi elle ne l’aimait pas (E.80). Il s’agit encore d’un énième changement 
de version et une contradiction lors de la même audition.

 Il est constaté que les déclarations du prévenu ne sont pas identiques à celles 
de son épouse notamment. Ce dernier a indiqué qu’il allait dans la chambre de 
la partie plaignante car elle avait peur ou afin de la surveiller pour qu’elle ne 
reste pas trop longtemps sur l’ordinateur (E.77). Or, l’épouse du prévenu a 
déclaré que c’est elle qui allait contrôler que la partie plaignante se soit 
endormie, puis elle prenait l’ordinateur et l’éteignait (E.98). Quand bien même 
les déclarations de F.________ ne sont pas crédibles non plus (cf. ci-après), il 
sied de relever qu’il semble que les époux se sont accordés sur une partie de 
leur récit, mais que les détails varient.

 Par ailleurs, il sied de retenir qu’aucun constat ne peut être tiré du fait que les 
perquisitions et séquestres n’ont donné aucun résultat (Hss ; Kss). Il doit être 
retenu que le prévenu avait pour habitude de tout effacer, tel que cela ressort 
notamment de ses propres déclarations (E.79) et des nombreux messages 
effacés ressortant des captures d’écran des conversations qu’il y a eus avec 
H.________, lesquels sont gravés sur le DVD annexé à l’audition LAVI de cette 
dernière (F.2.42). Pour le surplus, il y a lieu de préciser que le prévenu n’a été 
entendu que 7 mois après la première audition de la partie plaignante et du 
dépôt de sa plainte, de sorte qu’il a pu se préparer à une éventuelle arrestation 
ou à tout le moins à une audition et a pu dissimuler les preuves vu qu’il avait 
connaissance des faits qui lui étaient reprochés bien avant sa première 
audition. En effet, différents appels téléphoniques avaient eu lieu au sein de la 
famille, bien avant sa première audition.

 Pour le surplus, il est précisé que le prévenu a tenté par tous les moyens de 
faire pression sur la famille de son épouse, respectivement la partie plaignante, 
alors même qu’il était en détention (D.1.79), par le biais de l’interprète qui 
s’avérait être son amie selon ses déclarations faites à l’audience des débats 
(p. 72 dossier TPI). Cela est un élément à prendre en compte dans l’analyse de 
la crédibilité des déclarations du prévenu et n’est ainsi pas à son avantage.

 Il est également constaté que le prévenu minimise fortement ses actes. Cela 
est notamment visible de par ses déclarations aux débats à propos du fait qu’il 
ait battu sa femme, en précisant que cela n’était qu’à une seule reprise et 
qu’entre un mari et une femme, il peut y avoir des tensions (cf. p. 72 dossier 
TPI). En effet, celle-ci a dit qu’il l’avait déjà frappée (E.108).

 Pour le surplus, le prévenu a été évasif et a indiqué qu’il ne se souvenait plus 
de certaines choses lorsque les questions le dérangeaient ou qu’il fallait poser 
cette question à quelqu’un d’autre, comme cela a été le cas aux débats lorsqu’il 
a été question des messages envoyés (cf. E.67ss et p. 65 dossier TPI).

Au vu de ce qui précède, les déclarations du prévenu manquent de crédibilité, de 
sorte qu’il n’est pas possible de retenir sa version des faits.

TPI/152/2021 – Considérants du jugement rendu le 8 novembre 2021 – 18

4.2.3. Crédibilité des déclarations de F.________

F.________ est la grande sœur de la partie plaignante et la femme du prévenu. Elle 
a été entendue par la police le 4 décembre 2020. Dans ses déclarations, elle a fait 
part de n’avoir aucune idée de la raison pour laquelle son mari a été arrêté. Elle a 
également déclaré à réitérées reprises que le prévenu n’a rien fait de mal (cf. E.90ss). 
Ses déclarations ne peuvent être suivies pour les raisons qui suivent :

 F.________ a indiqué ne plus avoir de contacts avec sa famille, en particulier 
avec sa sœur qui habite à Dubaï, et ce, suite à une dispute au téléphone. Elle 
ne sait plus pour quelle raison elles se sont disputées. Après que la police lui 
ait demandé si la dispute n’était pas la conséquence d’un problème qu’il y avait 
au sein de sa famille avec son mari, elle a reconnu que tel était bien le cas 
(E.94). Ses déclarations, notamment au sujet du fait qu’elle ne savait plus sur 
quoi portait la dispute au téléphone, ne peuvent être suivies. En effet, même le 
prévenu a indiqué que la dispute au téléphone portait sur le fait qu’il « aurait fait 
des problèmes sexuels à la petite et qu’il aurait envoyé des messages à 
caractère sexuel à la petite » (E.70). Par ailleurs, E.________ a fait état de ce 
coup de téléphone entre leur sœur de Dubaï et F.________ ainsi que de la 
dispute qui en a résulté (E.4). Ce coup de téléphone est même indiqué par le 
prévenu lui-même (E.70) de même que son épouse (E.94). Pour le surplus, il 
est relevé que lors de l’arrestation du prévenu, la police a entendu que le nom 
de la victime a été prononcé par ce dernier, lequel s’adressait à sa femme 
(E.95). Au vu de ce qui précède, les déclarations de F.________ manquent de 
crédibilité et ne peuvent être suivies. Par ailleurs, il est constaté qu’en tant 
qu’épouse du prévenu, elle a fait des déclarations en faveur de son époux, 
lesquelles ne reflètent pas la réalité. Il est en outre relevé que dans la suite de 
son audition, F.________ a déclaré que lors du téléphone de sa sœur de Dubaï, 
elle avait fait le lien avec B.________ (E.96). Elle a néanmoins déclaré à 
nouveau n’avoir jamais su ce qui était reproché à son mari et ni ne savoir que 
cela concernait la partie plaignante (E.100). Partant, il est manifeste que les 
déclarations de F.________ manquent de crédibilité et qu’elle les adapte au fur 
et à mesure des informations qui sont portées à sa connaissance.

 En outre, F.________ a déclaré que son mari s’endormait toujours en premier 
et que ce dernier n’avait jamais été seul avec la partie plaignante (E.98). Elle a 
indiqué qu’il ne s’était jamais rendu seul la nuit auprès d’elle (E.99). Or, après 
que la police ait porté à sa connaissance que le prévenu avait déclaré qu’il lui 
arrivait de rejoindre la partie plaignante la nuit dans son lit, F.________ a 
indiqué ne rien savoir à propos de ça et être choquée (E.100). Elle a déclaré 
que sitôt que son mari se levait, elle se réveillait et lui demandait où il allait. Il 
lui répondait qu’il allait aux toilettes et elle attendait qu’il revienne pour 
s’endormir. Cela durait 10 à 15 minutes. Elle a indiqué ensuite que cette durée 
lui paraissait bizarre, mais elle n’a à aucun moment pensé qu’il allait dans la 
chambre de la partie plaignante. Elle a précisé être très choquée. Il est relevé 
que la partie plaignante a pleuré lors de son audition à la suite de ces 
déclarations (E.100). Au vu de ce qui précède, il en résulte que ses déclarations 
ne sont pas crédibles et varient au fur et à mesure des éléments en sa 

TPI/152/2021 – Considérants du jugement rendu le 8 novembre 2021 – 19

connaissance. Elle n’a pas hésité à faire des déclarations en faveur de son 
époux, puis, confrontée à certains éléments, s’est rétractée pour dire autre 
chose. Ce constat résulte également de l’existence de clés aux portes des 
chambres notamment (cf. E.101).

 Par ailleurs, F.________ n’a pas hésité à faire des déclarations qui sont 
vraisemblablement irréalistes. Tel est le cas lorsqu’elle a déclaré ne pas savoir 
pourquoi son époux a été arrêté (E.95 ; E.100) ou ne pas savoir quel était l’objet 
de la dispute avec sa sœur au téléphone (E.94-95). Il en est de même 
lorsqu’elle a indiqué que la partie plaignante s’enfermait à clé dans sa chambre 
(E.101) alors que juste avant, elle avait déclaré qu’elle allait vérifier si elle s’était 
endormie (E.98). Si la partie plaignante s’était enfermée à clé puis endormie, il 
aurait été difficile d’entrer dans sa chambre pour vérifier si elle s’était endormie 
puis reprendre l’ordinateur. F.________ a justifié ce dernier point en indiquant 
qu’au début, il n’y avait pas de clé, raison pour laquelle elle pouvait entrer dans 
la chambre afin de vérifier si la partie plaignante s’était endormie (E.102). 
Toujours au sujet de ses déclarations divergentes, F.________ a indiqué que 
la partie plaignante n’a passé qu’une nuit chez eux, lorsqu’ils habitaient à la rue 
.________ et que cette nuit-là, le prévenu n’était pas là (E.97). Ses déclarations 
ne peuvent être suivies compte tenu du fait que le prévenu lui-même a déclaré 
que la partie plaignante était venue dormir à la rue .________, sans indiquer 
d’aucune façon qu’il n’était pas présent (E.72).

 Il est manifeste que l’épouse du prévenu a fait des déclarations en faveur de ce 
dernier, notamment lorsqu’elle a indiqué que le prévenu ne consommait pas 
d’alcool lorsqu’il rentrait du travail, ni ne sentait l’alcool lorsqu’il rentrait (E.103), 
alors que lui-même avait déclaré qu’il va tout le temps boire après le travail 
(E.77) et qu’il boit notamment un ou deux verres de vin (E.86). Il a également 
déclaré à l’expert qu’il buvait beaucoup, notamment quotidiennement plusieurs 
verres d’alcool, jusqu’à une bouteille (G.3.17). Par ailleurs, les déclarations de 
F.________ sont ambivalentes, notamment lorsqu’elle a indiqué qu’il faudrait 
envoyer la partie plaignante dans une école pour mineurs car elle a raconté 
n’importe quoi et que cela lui a gâché sa vie. Elle a également déclaré 
s’inquiéter pour son fils qui aura une mauvaise image de son père et qu’elle 
souhaite qu’il ne sache jamais que son père était en prison (E.103-104). Il 
semble ainsi que les propres intérêts de F.________ l’emportent et qu’elle ne 
prend pas conscience que les actes reprochés à son mari sont graves. En outre, 
elle tente par tous les moyens de faire passer son mari comme étant une 
personne irréprochable.

Au vu de ce qui précède, les déclarations de F.________ manquent de crédibilité, de 
sorte qu’elles ne peuvent être suivies.

4.2.4. Crédibilité des déclarations de la partie plaignante

A contrario, les déclarations de la jeune partie plaignante sont crédibles. Cela a déjà 
été constaté ci-avant notamment dans l’analyse des circonstances du dévoilement et 
de la comparaison des déclarations de la partie plaignante avec les éléments objectifs 

TPI/152/2021 – Considérants du jugement rendu le 8 novembre 2021 – 20

au dossier. Pour le surplus, ses déclarations sont crédibles pour les raisons qui 
suivent :

 De manière générale, il est constaté que le partie plaignante donne beaucoup 
de détails sur les faits qu’elle a vécus, ce qui laisse apparaître qu’elle a 
vraiment vécu ces épisodes et que cela ne résulte pas d’un récit appris par 
cœur. En outre, il convient de relever que lorsque la partie plaignante explique 
son récit, il lui est aisé de parler d’autre chose, pour ensuite continuer le fil de 
son histoire (cf. notamment E.43 : la partie plaignante a indiqué que le 
prévenu était monté sur elle. Elle a ensuite expliqué se sentir fautive et a 
indiqué que depuis la CP [recte vidéo : 6P] elle n’en a parlé à personne car 
elle n’arrivait pas, a expliqué notamment que sa psychologue était enceinte et 
qu’elle ne la verra plus pendant un moment. Puis, elle a continué son récit en 
indiquant que le prévenu était monté sur elle et a essayé de « mettre ça » ou 
réussi à « mettre son truc » dans son vagin et que cela a marché, soit il a 
vraiment réussi à le mettre) (E.43-44). Sur l’élément permettant de retenir que 
la partie plaignante n’invente pas ses déclarations, il est particulièrement 
retenu le fait qu’elle fait part de détails révélateurs qui ne laissent pas le flanc 
à la critique. Tel est le cas notamment lorsqu’elle précise que « quelque chose 
allait sortir » et qu’un liquide blanc sortait (cf. E.47). En effet, il est manifeste 
qu’une enfant de l’âge de la partie plaignante, respectivement 9 ans lorsque 
les faits ont commencé, ne peut pas savoir qu’un liquide blanc sort lors d’une 
éjaculation si elle ne l’a pas vécu ou vu. 

 Par ailleurs, il est constaté que la partie plaignante utilise ses propres mots 
pour expliquer les choses qu’elle a vécues. En outre, les déclarations de la 
partie plaignante à ce titre sont appuyées par celles de son frère G.________, 
qui a indiqué que la partie plaignante lui avait expliqué que le prévenu lui avait 
rentré le pénis deux ou trois fois et qu’il avait éjaculé à l’extérieur (F.2.23). 
Pour le surplus, elle a déclaré à plusieurs reprises que le prévenu lui avait 
« sucé » les seins (E.41), sa « partie privée » (E.45), touché les seins et le 
vagin (E.43) et mis ses mains dans son vagin (E.39). Ses déclarations sont 
appuyées et sont identiques à celles de son frère et de ses sœurs à ce sujet 
(A.1.3 ; E.4 ; F.2.23 ; F.2.33-34), attendu que seuls le prévenu et son épouse 
n’ont pas le même discours, ce qui n’est pas étonnant compte tenu du fait 
qu’ils ont déposé une version en faveur du prévenu. Les déclarations de la 
partie plaignante à ce sujet et à cet âge ne peuvent résulter que d’un véritable 
vécu. Par ailleurs, il est constaté que la partie plaignante est gênée de parler 
de ce genre de choses, attendu qu’elle utilise des mots propres à son 
vocabulaire d’enfant pour expliquer les faits. Il est également constaté que la 
partie plaignante a pris confiance au cours de son audition et que ses 
déclarations sont plus abouties à la fin de l’audition qu’au début, à mesure 
qu’elle a été réconfortée et félicitée par l’inspectrice qui lui posait les questions 
(E.33ss). Cela se recoupe avec le fait qu’elle a indiqué ne faire plus confiance 
à personne (E.43). En effet, au début des auditions, elle ne donne que très 
peu de détails et semble très gênée alors qu’à la fin de l’audition, elle arrive à 
exprimer l’ensemble des choses qu’elle a vécues. Ces éléments ont pour 
corollaire que la partie plaignante a effectivement vécu les faits qu’elle 

TPI/152/2021 – Considérants du jugement rendu le 8 novembre 2021 – 21

reproche au prévenu, sans qu’elle n’ait été instrumentée par sa famille à ce 
titre, contrairement à ce qu’allègue le prévenu.

 En outre, la partie plaignante a la gorge nouée, la voix qui tremble et se met 
à pleurer, en particulier au début d’audition ou lorsqu’elle parle des actes en 
lien avec les sévices sexuels (E.36-37). Ce comportement est appuyé par 
I.________, qui, lors de son rapport complémentaire du 28 octobre 2021, a 
indiqué que depuis quelques mois, la partie plaignante pouvait discuter de 
certaines conséquences des violences subies. Elle a expliqué qu’à ce titre, il 
arrive à la partie plaignante d’être prise de tremblements avec des réactions 
de défense difficilement contrôlables lorsque quelqu’un lui prend la main et 
qu’en lien à ces réactions, elle a pu parler de la première fois où elle a été 
contrainte physiquement à subir des violences sexuelles de la part de son 
beau-frère (p. 49 dossier TPI). En outre, la partie plaignante a fait état de ces 
états de faits par écrit, dans le cadre de sa thérapie, dans un cahier (cf.p. 37ss 
dossier TPI). Partant, les comportements physiques manifestés par la partie 
plaignante appuient le fait qu’elle a véritablement vécu les violences dont elle 
a fait part.

 S’agissant de la pénétration notamment, il est relevé que la partie plaignante 
a donné des détails allant dans le sens d’un vécu réel. Elle a notamment 
indiqué que le prévenu « a essayé de mettre ça dans mon vagin » et que cela 
a marché mais qu’elle ne voulait pas. Après qu’il lui a été demandé ce que 
cela signifiait pour elle « ça a marché », elle a indiqué qu’il a essayé et 
vraiment réussi (E.43-44). Elle a précisé par la suite qu’il a réussi à « mettre 
son… voilà » et parallèlement à ses déclarations elle a appuyé sur son bas 
ventre avec ses deux mains lors de son audition, ce qui dénote un vécu réel 
(E.44). Par la suite, elle a déclaré avoir « senti quelque chose qui rentrait dans 
[s]on vagin, après il s’est renlevé et après, il y avait un liquide qui est sorti ». 
Elle a exprimé qu’elle était sûre que c’était sa partie intime (E.47-48). Elle a 
en outre indiqué qu’il a réussi à « mettre son truc » tout en indiquant qu’il n’y 
a pas eu qu’une fois (E.44). Elle a déclaré avoir senti quelque chose qui 
rentrait dans son vagin (E.47). De plus, lors de son contrôle en urgence auprès 
de la gynécologue Dresse J.________ le 20 mai 2020, cette dernière a indiqué 
qu’il n’y avait pas de lésions fraiches visibles sur les parties génitales de la 
partie plaignante et que l’hymen est souple et permet l’introduction d’un 
speculum. La Dresse J.________ a relevé « je note toutefois que l’examen au 
speculum a pu être réalisé chez cette très jeune patiente » et que la partie 
plaignante lui a fait des confidences relatives à des actes d’ordre sexuel 
commis contre son gré (G.1.20). Il s’agit d’un élément objectif à prendre en 
considération quand bien même la Dresse J.________ a relevé que les 
constatations qu’elle a faites ne peuvent ni infirmer ni confirmer la virginité de 
la partie plaignante dans la mesure où, médicalement parlant, il est impossible 
de définir si une personne a déjà eu des rapports sexuels pénétrants. Elle a 
indiqué que ses constatations relèvent de son interprétation et que la partie 
plaignante lui a signalé avec ses propres mots avoir eu l’impression que 
quelque chose rentrait à l’intérieur de son corps. Elle a ajouté que l’acte en 
question lui produisait de grandes douleurs au niveau de la vulve ainsi que du 
vagin et que ces faits ont été commis à plusieurs reprises par le prévenu 

TPI/152/2021 – Considérants du jugement rendu le 8 novembre 2021 – 22

(G.1.27). Cet élément doit ainsi être pris en considération et mis en exergue 
à la lumière de l’entier du dossier et des conséquences qui sont émises. Au 
vu de ce qui précède, les faits sont établis à suffisance de cause en ce qui 
concerne la pénétration, respectivement les pénétrations.

 En outre, on ne discerne pas à ce stade l’intérêt que pourrait avoir la partie 
plaignante de ne pas raconter la vérité.

 Par ailleurs, il sied de constater que de nombreux détails évoqués par la partie 
plaignante sont appuyés par les témoignages au dossier. Tel est notamment 
le cas lorsque la partie plaignante a indiqué que le prévenu se rendait aux 
toilettes après avoir abusé d’elle dans la chambre d’ami (E.41 ; E.43 ; E.44 ; 
E.45). Cela est appuyé par la femme du prévenu qui a indiqué que lorsque 
son mari se levait la nuit, il allait aux toilettes. Elle a déclaré qu’il faisait 10-15 
minutes aux toilettes et lorsque la police lui a demandé si elle n’était pas 
étonnée qu’il fasse si long, elle a commencé à pleurer (E.100). Une telle 
réaction de la femme du prévenu et sœur de la partie plaignante n’est pas 
anodine. D’autres détails précisés par la partie plaignante sont également 
appuyés par le prévenu lui-même. Tel est le cas notamment de la présence 
des policiers qui contrôlaient les places de stationnement et ont également 
contrôlé le prévenu ainsi que la partie plaignante dans la voiture (E.79 ; E.59).

 Il ressort également du dossier que la partie plaignante a demandé à plusieurs 
reprises à ce que sa famille ne la laisse pas seule chez sa sœur et le prévenu 
(E.41). Ses dires sont notamment appuyés par les déclarations de sa sœur 
H.________ (F.2.11).

 La partie plaignante ne charge pas excessivement ni inutilement le prévenu 
lorsqu’elle fait ses déclarations. Elle indique même être responsable de 
certains de ces faits vu qu’elle a finalement fini par dire oui à quelques reprises 
(cf. not. E.36 ; E.37 ; E.39 ; E.45 ; p. 37ss dossier TPI). 

 Il est constaté que la partie plaignante n’utilise pas de termes précis ni de mots 
exacts au niveau sexuel, mais utilise des mots d’enfant en raison de son 
absence de connaissance du domaine sexuel. Il y a lieu de garder à l’esprit 
qu’elle vit dans une culture qui est très pudique. Elle fait également état de 
ses ressentis ce qui dénote un vécu réel, en particulier lorsqu’elle a déclaré 
être dégoûtée et que cela ressort également de sa gestuelle (cf. auditions 
LAVI B.________ ; p. 37ss dossier TPI).

 Il est également relevé par le Tribunal pénal que les messages, en tant 
qu’élément matériel, sont le schéma parfait de ce qui se passait et de 
l’insistance du prévenu, lequel passait outre la volonté de la partie plaignante. 
Cette dernière disait non, non, non, puis finissait par dire oui (cf. not. E.14 et 
déclarations de la partie plaignante).

 La défense a émis le reproche qu’une expertise de crédibilité n’avait pas été 
diligentée. A ce sujet, il est rappelé que le fait qu’une expertise de crédibilité 
n’ait pas été ordonnée n’est pas relevant dans la mesure où il appartient au 
Tribunal pénal de faire l’analyse de la crédibilité des déclarations sur la base 
des déclarations et éléments au dossier. En effet, le juge ne doit recourir à 
une expertise de crédibilité qu'en présence de circonstances particulières. 
Une expertise de crédibilité effectuée par un spécialiste peut notamment 
s'imposer s'agissant de déclarations d'un petit enfant qui sont fragmentaires 

TPI/152/2021 – Considérants du jugement rendu le 8 novembre 2021 – 23

ou difficiles à interpréter, lorsqu'il existe des indices sérieux de troubles 
psychiques ou encore lorsque des éléments concrets donnent à penser que 
la personne interrogée a été influencée par un tiers. Le tribunal dispose à cet 
égard d'un pouvoir d'appréciation (TF 6B_962/2019, consid. 1.4 et les 
références citées). Au cas particulier, les déclarations de la partie plaignante 
sont claires et précises. Elle fait état de nombreux détails notamment, de sorte 
qu’une expertise de crédibilité ne se justifiait pas.

 Pour le surplus, le résultat de l’expertise du prévenu faisant état d’un trouble 
de l’éjaculation précoce qui se recoupe avec les faits tels que décrits par la 
partie plaignante. En effet, le schéma « d’action » lors duquel le prévenu a 
pénétré la partie plaignante à plusieurs reprises semble bref. Cela se 
manifeste par le fait que la partie plaignante indique avoir senti quelque chose 
qui rentrait dans son vagin, puis il est ressorti, puis un liquide est sorti. Cela 
est appuyé par le fait qu’elle utilise notamment le mot « tout de suite » (E.47). 
Cet état de fait-là semble s’être passé assez rapidement, ce qui est finalement 
corroboré par l’expertise et le trouble du prévenu.

 En outre et quand bien même aucune photo de la partie plaignante nue n’a 
été retrouvée dans le téléphone portable du prévenu (K.ss), il sied de 
constater que si la partie plaignante n’avait pas vécu de tels épisodes, elle 
n’aurait pas été capable de donner autant de détails. Par ailleurs, lorsqu’elle 
a indiqué que le prévenu avait pris des photos d’elle « à poil », elle s’est mise 
à pleurer (E.37). Elle a indiqué à nouveau que le prévenu prenait des photos 
d’elle à poil, mais elle ne voulait pas qu’il en prenne (E.65). Par ailleurs, la 
partie plaignante a indiqué à plusieurs reprises ne pas savoir si le prévenu a 
toujours ces photos ou s’il les a effacées (E.37 ; E.40). Elle a en outre déclaré, 
après avoir dit ne pas savoir s’il est toujours en possession de ces photos, 
que sa sœur F.________ vérifiait à chaque fois le téléphone du prévenu 
(E.40). Il y a ainsi l’explication plausible quant au fait que les photos n’ont pas 
été retrouvées sur le portable du prévenu. En effet, il est clair que le prévenu 
les effaçait afin que sa femme ne se doute de rien. Pour le surplus, les détails 
donnés par la partie plaignante en ce qui concerne l’épisode durant lequel le 
prévenu l’a prise en photo à la cave sont révélateurs. En effet, la partie 
plaignante a expliqué que le prévenu avait mis les publicités « en bas », et 
qu’à la cave il y a une « mini-vitre ». Partant, il est clairement possible que le 
prévenu entrepose ses publicités en bas avant d’aller les distribuer. En outre, 
si la partie plaignante ne s’était pas rendue à la cave, elle n’aurait pas pu 
connaître l’existence d’une mini vitre. Les déclarations de la partie plaignante 
à ce titre doivent donc être considérées comme étant crédibles. 

 Au sujet du fait que le prévenu a montré des films pornographiques à la partie 
plaignante, cette dernière a déclaré qu’il lui montrait des vidéos de 
« personnes à poil en train de faire n’importe quoi » (E.44). Elle a même 
précisé par la suite que le prévenu lui montrait des films où les personnes « se 
faisaient déshabiller et tout », déclarant que cela était comme ça s’était passé 
pour elle. Elle a indiqué qu’il lui montrait ces vidéos pour qu’elle s’intéresse à 
ce genre de pratique alors que cela ne l’intéressait pas. Elle disait non et ne 
voulait pas regarder (E.48 ; E.64). Au vu de l’âge de la partie plaignante, il est 

TPI/152/2021 – Considérants du jugement rendu le 8 novembre 2021 – 24

manifeste que si le prévenu ne lui avait pas bel et bien montré cela, elle 
n’aurait pas pu faire de telles déclarations, faute de connaissance à ce titre.

 En ce qui concerne les complexes de faits renvoyés prétendument commis à 
Genève, vers le stade .________, il est relevé ce qui suit. Lorsque la partie 
plaignante a fait part de son récit à ce sujet, il est constaté sur la vidéo LAVI 
qu’elle allie très régulièrement les gestes à la parole, afin d’imager ses 
déclarations. Cela dénote de manière claire un vécu réel (elle mime une baffe 
E.59 ; elle montre sa joue droite et se tape plusieurs fois la joue droite avec 
sa main E.60). Pour le surplus, elle fait état de minimes détails dans le cours 
de ses explications (« elle a indiqué avoir fait semblant de jouer avec le 
rumicube » (E.60), « sa sœur F.________ était partie car le bébé n’arrêtait 
pas de pleurer » (E.60) ; « la partie plaignante et sa sœur H.________ ont 
demandé au prévenu pourquoi il roulait dans une voiture pourrie s’il disait qu’il 
était chef » (E.61), etc.). Pour le surplus, il sied de constater que le modus 
operandi du prévenu peut être qualifié de semblable à ses agissements à son 
domicile à Delémont à l’égard de la partie plaignante. Le prévenu profite en 
effet de se retrouver seul avec la partie plaignante. A cet égard, il n’hésite pas 
à prendre son véhicule et aller à certains endroits avec la partie plaignante. Si 
tant est que d’autres personnes, notamment sa femme et son bébé, étaient 
présents au début, il n’en demeure pas moins que lorsque le prévenu a tenté 
quelque chose avec la partie plaignante, c’est lorsqu’il se retrouvait seul avec 
elle. Ainsi, il n’hésitait pas à se rendre en voiture à proximité du stade 
.________ dans la mesure où il savait que la mère de la partie plaignante et 
sa famille se trouvaient à leur domicile à Genève, de sorte qu’il n’aurait pas 
pu arriver à ses fins dans l’appartement. Pour le surplus, lors d’un des 
épisodes où la police les a contrôlés, les policiers ont posé beaucoup de 
questions de sorte que quelque chose avait sans doute attiré leur attention, à 
savoir autre chose que le fait que le prévenu s’était mal garé (E.62-63). En 
outre, la partie plaignante a déclaré à plusieurs reprises que les faits s’étaient 
passés dans la voiture, vers son école à 5 minutes à pied, vers le stade 
.________, sur des places de parcs (cf. E.58, E.60, E.61). Cela est corroboré 
par les déclarations de H.________, qui a indiqué que le prévenu allait 
souvent parquer vers le stade .________ parce qu’il n’y avait pas beaucoup 
de places devant chez eux (cf. audition LAVI, 2ème vidéo, env. 10min). Pour le 
surplus, la partie plaignante a fait état d’un épisode où le prévenu aurait 
déchiré la veste de sa sœur H.________ dans la voiture en essayant de la 
retenir (E.64). Lors de son audition LAVI, H.________, après de longues 
secondes de réflexion et de silence, a déclaré que l’histoire de déchirer sa 
veste lui dit quelque chose (cf. audition LAVI, 2ème vidéo, 8min50sec). 
H.________ réfléchit très longuement et finit par dire que oui, le prévenu lui a 
peut-être tiré la veste (cf. audition LAVI, 2ème vidéo, 9min50sec). A ce stade, il 
est constaté que les longues réflexions de H.________ interpellent. En effet, 
il semble qu’elle a quelque chose à dire, mais craint éventuellement de les 
dire, par peur de dire quelque chose de faux. A tout le moins, les déclarations 
de la partie plaignante sur ce point sont crédibles, compte tenu de celles faites 
par sa sœur. 

TPI/152/2021 – Considérants du jugement rendu le 8 novembre 2021 – 25

 S’agissant du complexe de fait du paragraphe 5 de l’acte d’accusation, il 
repose sur les déclarations de la partie plaignante (E.58-59). Elle a indiqué 
que le prévenu essayait de lui faire des câlins. En particulier il a essayé de se 
rapprocher, de faire des choses qu’elle ne voulait pas et il forçait à fond. Elle 
a précisé avoir vu des personnes qui contrôlaient des voitures. Elle a ainsi 
toqué à la fenêtre. Ces personnes ont contrôlé son véhicule et elle a pu partir 
en courant, « c’était la bonne excuse » (E.59). La partie plaignante répète à 
nouveau cet épisode en déclarant que le prévenu a essayé de lui faire des 
câlins et qu’elle l’a poussé. Il lui a ensuite foutu une claque car elle n’a pas 
voulu. Par la suite, elle a vu des personnes qui contrôlaient les voitures, elle 
a tapé à la fenêtre et ces personnes sont venues contrôler la voiture du 
prévenu. Elle en a profité pour sortir en cachette (E.60). Au vu de ce qui 
précède, il est constaté que la partie plaignante, après que l’inspectrice lui ait 
demandé de tout raconter, a raconté à nouveau une seconde fois l’entier du 
déroulement de cette histoire dans la voiture. La partie plaignante a précisé 
les deux fois les mêmes détails (personnes qui contrôlaient ; avoir toqué à la 
vitre ; être partie). Partant, il est manifeste que la partie plaignante a 
réellement vécu cet épisode-là de sorte que ses déclarations sont crédibles.

 En ce qui concerne le complexe de fait du paragraphe 6 de l’acte d’accusation, 
il repose sur les déclarations de la partie plaignante également (E.62-63). La 
partie plaignante a répété à deux reprises le fil du déroulement de cet épisode. 
Elle était en train de dormir et le prévenu a essayé de la déshabiller, ce qui l’a 
réveillée. Elle se débattait et a vu des policiers. Ils contrôlaient les voitures et 
ont posé plusieurs questions à elle et au prévenu. Elle a indiqué qu’elle pense 
que les policiers ont vu quelque chose, raison pour laquelle ils ont posé autant 
de questions (E.63). Tel que cela a été vu ci-avant, les déclarations de la partie 
plaignante sont considérées comme crédibles. Cela est d’autant plus appuyé 
par le fait que la partie plaignante a raconté à deux reprises le déroulement 
de cet état de fait de manière précise.

 Les seuls éléments indiqués par la partie plaignante et non corroborés par des 
éléments objectifs ou les déclarations de témoins portent sur l’histoire des 
préservatifs et des cotons avec du sang retrouvés sous le tapis de la voiture 
du prévenu à Genève. A ce sujet, la partie plaignante a indiqué avoir vu cela 
dans la voiture et qu’elle et sa sœur H.________ en auraient parlé à leur frère 
(E.61-62). Or, G.________ a indiqué n’avoir jamais vu de préservatifs dans la 
voiture. Il en avait toutefois vus dans une armoire dans la chambre d’ami 
(F.2.26). A ce stade, les déclarations de G.________ n’ont que peu 
d’importance, dans la mesure où ce dernier n’a jamais été dans la voiture du 
prévenu à Genève en compagnie de la partie plaignante et de H.________ 
(cf. E.56ss), de sorte qu’il est évident qu’il n’a pas pu voir s’il y avait des 
préservatifs dans la voiture (F.2.26). Partant, le fait que G.________ a déclaré 
ne pas avoir vu de préservatifs dans la voiture du prévenu ne peut être retenu 
comme étant un élément susceptible de mettre à mal à la crédibilité des 
déclarations de la partie plaignante. S’agissant de H.________, elle a 
également déclaré ne plus se souvenir avoir vu des préservatifs et des cotons 
rouges dans le véhicule de son beau-frère (F.2.11 et audition LAVI). Elle a 
ainsi déclaré ne jamais avoir vu de cotons rouges sous le tapis de la voiture 

TPI/152/2021 – Considérants du jugement rendu le 8 novembre 2021 – 26

(audition LAVI). Ces éléments sont les seuls éléments qui ne concordent pas 
avec la version de la partie plaignante. Dans la mesure où l’ensemble des 
déclarations de la partie plaignante sont appuyées par des éléments objectifs 
ou les déclarations de son frère ou ses sœurs, il convient de ne pas porter 
trop d’importance à cette divergence de versions au sujet de la présence de 
préservatifs et cotons dans la voiture. Cela ne doit pas permettre d’ôter toute 
crédibilité aux déclarations de la partie plaignante, en particulier au vu de 
l’ensemble des éléments ci-avant. Par ailleurs, on serait tenté de penser que 
H.________ semble empruntée à certains moments de son audition, de par 
ses longs silences, et semble craindre de dire certaines choses (cf. ci-avant). 
Cela démontre qu’il n’y a pas eu de conspiration contre le prévenu, tel qu’il 
l’allègue.

Au vu de ce qui précède, les déclarations de la partie plaignante sont crédibles.

4.3. En ce qui concerne les faits renvoyés sous les paragraphes nos 5 et 6 de l’acte 
d’accusation, il sied de constater qu’ils ne contiennent aucune indication précise 
quant à la date. En effet, il est indiqué comme seuls éléments temporels « la 
deuxième fois que le prévenu est venu à Genève et alors que la victime était petite » 
et « à une période indéterminée et non prescrite ». Dans la mesure où la partie 
plaignante a déclaré à réitérées reprises que l’ensemble des faits se sont passés 
lorsqu’elle avait entre 9 et 12 ans (cf. déclarations de la partie plaignante), il est 
manifeste que les faits renvoyés portent sur cette période. En outre et au vu de 
l’ensemble du dossier, le prévenu comprend parfaitement ce qui lui est reproché et 
dans quelle période temporelle. Il convient de retenir la version la plus favorable au 
prévenu, en retenant que les faits renvoyés sous ces paragraphes ont eu lieu entre 
2016 et 2019, respectivement en 2016. Pour le surplus, il est constaté que la maxime 
d’accusation n’est pas violée, tel que cela a été vu ci-avant.

4.4. Au vu de l’appréciation de la crédibilité des déclarations des parties et témoins ainsi 
que l’analyse des éléments objectifs au dossier, force est de constater que le Tribunal 
pénal est convaincu que les faits se sont déroulés comme la partie plaignante les a 
expliqués en ce qui concerne les complexes de faits renvoyés sous les paragraphes 
nos 1, 1.1, 1.2, 1.3, 2, 3, 4, 5 et 6 de l’acte d’accusation du 8 septembre 2021. Partant, 
il retient cette version pour établie. Dans la mesure où la version accusatoire repose 
sur celle-ci, elle doit être retenue comme version avérée des faits. 

5. Infractions

5.1. Prescription 

L’infraction de voies de fait (art. 126 CP) est une contravention. Selon l’art. 109 CP, 
l’action pénale et la peine en cas de contravention se prescrivent par trois ans. 

Au vu de la version avérée retenue, soit que l’infraction de voies de fait a été commise 
entre 2016 et 2019, il convient de prendre la version la plus favorable au prévenu et 

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retenir qu’elle a été commise en 2016. Partant, cette infraction est prescrite et il 
convient de la classer.

5.2. Tentative (art. 22 CP)

A teneur de l’art. 22 al. 1 CP, le juge peut atténuer la peine si l’exécution d’un crime 
ou d’un délit n’est pas poursuivie jusqu’à son terne ou que le résultat nécessaire à la 
consommation de l’infraction ne se produit pas ou ne pouvait pas se produire.

5.3. Acte d’ordre sexuel avec un enfant (art. 187 CP)

5.3.1. A teneur de l’art. 187 al. 1 CP, celui qui aura commis un acte d’ordre sexuel sur un 
enfant de moins de 16 ans, celui qui aura entraîné un enfant de cet âge à commettre 
un acte d’ordre sexuel, celui qui aura mêlé un enfant de cet âge à un acte d’ordre 
sexuel, sera puni d’une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou d’une peine 
pécuniaire. 

Au plan objectif, l’art. 187 CP suppose une victime âgée de moins de 16 ans et dont 
la différence d’âge avec l’auteur excède trois ans, un acte d’ordre sexuel et un 
comportement typique (trois variantes : commettre, entraîner, mêler). Sur le plan 
subjectif, l’infraction implique l’intention ou en cas d’erreur sur l’âge de la victime, la 
négligence (DUPUIS ET AL., Petit commentaire Code pénal, 2ème èd, 2017 Bâle, nos 10 
et 11 ad art. 187 CP).

5.3.2. La notion d’acte d’ordre sexuel ne peut s’étendre qu’à des comportements graves, 
clairement attentatoires au bien juridique protégé (ATF 131 IV 100, consid. 7.1, JdT 
2007 IV 95 ; ATF 125 IV 58, consid. 3a et 3b, SJ 1999 I 439). Seul un comportement 
propre à mettre en danger le développement harmonieux des mineurs, et non plus 
« tout acte contraire à la pudeur », est répréhensible au sens de l’art. 187 CP (ATF 
125 IV 58, consid. 3a, SJ 1999 I 439). De manière générale, un acte d’ordre sexuel 
est une activité corporelle sur soi-même ou autrui, qui tend à l’excitation ou à la 
jouissance sexuelle de l’un des participants au moins (TF 6B_103/2011 du 6 juin 
2011, consid. 1.1).

En pratique, lorsqu’il s’agit de déterminer si un comportement constitue un acte 
d’ordre sexuel, doctrine et jurisprudence distinguent les actes n’ayant aucune 
apparence sexuelle, les actes clairement connotés sexuellement d’un point de vue 
objectif et les cas équivoques (DUPUIS ET AL., op. cit., no 20 ad art. 187 CP).

Les actes clairement connotés sexuellement du point de vue d’un observateur 
extérieur sont des actes d’ordre sexuel. Peu importe les mobiles, les sentiments ou 
la signification subjective des actes pour l’auteur et la victime (ATF 125 IV 58, consid. 
3b). Les actes clairement connotés sexuellement sont notamment l’acte sexuel, les 
actes analogues à l’acte sexuel, tels que les actes que commet l’auteur lorsqu’il met 
son sexe en contact particulièrement étroit avec le corps de la victime et, inversement, 
dont notamment les rapports bucco-génitaux, et les frottements des parties 

TPI/152/2021 – Considérants du jugement rendu le 8 novembre 2021 – 28

sexuellement de l’auteur contre les parties génitales ou la poitrine de la victime 
(DUPUIS ET AL., op. cit., no 23 ad art 187 CP et les références citées).

Constituent ainsi des actes d’ordre sexuel le baiser lingual d’un adulte à un enfant, 
mais non le fait de l’enlacer ou de donner des baisers sur ses lèvres ou sur ses joues 
(ATF 125 IV 58, consid. 3b), le fait d’imposer une série de baisers à une enfant tenue, 
contre son gré, étroitement enlacées durant quelques minutes, les mains de l’adulte 
passant parfois sur son séant (ATF 125 IV 58, consid. 2c), ou une caresse insistante 
du sexe, des fesses ou des seins, même par-dessus les habits (ATF 118 II 410). 
Lorsque la victime est un enfant, la pratique tend à admettre l'existence d'un acte 
d'ordre sexuel, même pour des attouchements furtifs par-dessus les habits, qui 
entraîneraient plutôt, entre adultes, l'application de l'article 198 al. 2 CP (DUPUIS ET 
AL., op. cit., no 27 ad art. 187 CP et les références citées).

5.3.3. L’art. 187 CP envisage trois hypothèses susceptibles de mettre en danger le 
développement d’un enfant de moins de 16 ans par un acte d’ordre sexuel : 
commettre un acte d’ordre sexuel sur un enfant, l’entraîner à commettre un tel acte 
et mêler un enfant à un acte d’ordre sexuel. La commission suppose un contact 
corporel entre l’auteur et la victime. Généralement l’auteur joue un rôle actif en 
s’approchant de l’enfant et en accomplissant les gestes constitutifs d’un acte d’ordre 
sexuel. Un rôle passif est toutefois suffisant. Peu importe que l’initiative vienne de la 
victime, que cette dernière ait facilité les agissements de l’auteur ou même qu’elle ait 
consenti à sa réalisation ; sa protection est absolue (DUPUIS ET AL., op. cit., no 31 ad 
art. 187 CP et les références citées).

5.3.4. Sur le plan subjectif, l’infraction requiert l’intention de l’auteur sur tous les éléments 
constitutifs objectifs de l’infraction, soit sur le caractère sexuel de l’acte et sur le fait 
que la victime est âgée de moins de 16 ans. Le dol éventuel suffit (DUPUIS ET AL. op. 
cit., no 40 ad art 187 CP).

5.3.5. S’agissant des concours, lorsque des actes d’ordre sexuel avec un enfant constituent 
également l’infraction de contrainte sexuelle ou de viol, il y a concours idéal entre ces 
dispositions en raison de la diversité des biens juridiques protégés (ATF 128 IV 97, 
consid. 2b, JdT 2004 IV 123). L’art. 197 ch. 1 CP et l’art. 187 CP ne peuvent entrer 
en concours, puisqu’ils répriment des faits distincts. Si l’auteur, après avoir montré un 
film pornographique, en vient à commettre un acte d’ordre sexuel sur l’enfant, l’art. 
187 CP absorbe l’art. 197 CP (DUPUIS ET AL., no 64 ad art. 187 CP).

5.3.6. Au cas d’espèce, le prévenu a à plusieurs reprises embrassé la victime, l’a forcée à 
se déshabiller, lui a touché et sucé les seins, lui a touché son sexe et l’a notamment 
pénétrée digitalement. Le prévenu a agi alors que la partie plaignante avait entre 9 et 
12 ans, alors que lui avait entre 33 et 36 ans. Il a agi à chaque fois qu’il se trouvait 
seul avec elle et à réitérées reprises quand bien même la partie plaignante manifestait 
son désaccord. Partant, les éléments constitutifs de l’infraction d’actes d’ordre sexuel 
avec un enfant sont remplis.

Dans la mesure où le prévenu n’a pas réussi à parvenir à ses fins lors des deux 
complexes de faits qui se sont déroulés dans la voiture à Genève, il convient de 

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retenir que l’infraction a été réalisée au stade de la tentative. Il sied à tout le moins de 
préciser qu’au vu de l’ensemble du contexte entourant le prévenu et la partie 
plaignante, l’intention doit être retenue dans ce contexte, à tout le moins au stade du 
dol éventuel.

Au vu de ce qui précède, le prévenu doit être déclaré coupable d’actes d’ordre sexuel 
avec un enfant et de tentatives d’actes d’ordre sexuel avec un enfant, dans les 
circonstances de temps et de lieu décrites dans l’acte d’accusation.

5.4. Contrainte sexuelle (art. 189 CP)

5.4.1. A teneur de l’art. 189 al. 1 CP, celui qui, notamment en usant de menace ou de 
violence envers une personne, en exerçant sur elle des pressions d’ordre psychique 
ou en la mettant hors d’état de résister l’aura contrainte à subir un acte analogue à 
l’acte sexuel ou un autre acte d’ordre sexuel, sera puni d’une peine privative de liberté 
de dix ans au plus ou d’une peine pécuniaire.

Les éléments constitutifs objectifs et subjectif de la contrainte sexuelle sont une 
victime, un moyen de contrainte, un acte analogue à l’acte sexuel ou un autre acte 
d’ordre sexuel, un comportement typique, un rapport de causalité et l’intention 
(DUPUIS ET AL., op. cit., nos 7 et 8 ad art. 189 CP). 

5.4.2. Cette disposition tend à protéger la libre détermination en matière sexuelle. Elle 
sanctionne un délit de violence qui doit donc en premier lieu consister en un acte 
d’agression physique. Toutefois, le fait que la loi mentionne parmi les moyens de 
contrainte possibles l’exercice d'une pression psychique montre clairement que 
l’infraction peut aussi être réalisée sans que l’auteur recourt à la force à proprement 
parler. Il peut au contraire suffire que, pour d'autres raisons, la victime se soit trouvée 
dans une situation telle que sa soumission est compréhensible eu égard aux 
circonstances. S’agissant plus précisément des moyens employés pour contraindre 
la victime, les dispositions citées mentionnent notamment la menace, la violence, les 
pressions d'ordre psychique et la mise hors d'état de résister. En introduisant la notion 
de « pressions psychiques », le législateur a aussi voulu viser les cas où la victime 
se trouve dans une situation sans espoir, sans pour autant que l’auteur ait recouru à 
la force physique ou à la violence. Ainsi, l’infériorité cognitive et la dépendance 
émotionnelle et sociale peuvent – en particulier chez les enfants et les adolescents – 
induire une pression psychique extraordinaire et, partant, une soumission comparable 
à la contrainte physique, les rendant incapables de s’opposer à des atteintes 
sexuelles. La jurisprudence parle de « violence structurelle » pour désigner cette 
forme de contrainte d’ordre psychique commise par l'instrumentalisation de liens 
sociaux. En premier lieu, pour que l’infraction soit réalisée, il faut cependant que la 
situation soit telle qu’on ne saurait attendre de la victime qu’elle oppose une 
résistance ; sa soumission doit, en d’autres termes, être compréhensible. 
L'exploitation de rapports généraux de dépendance ou d’amitié ou même la 
subordination comme telle de l’enfant à l'adulte ne suffisent en règle générale pas 
pour admettre une pression psychologique au sens des art. 189 al. 1 ou 190 al. 1 CP 
(ATF 131 IV 107 consid. 2.2 ; DUPUIS ET ALL., PC CP, 2016, 2ème éd., n° 2, 20 et 21 

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ad art. 189). En second lieu, il faut que l’auteur contribue à ce que la victime se trouve 
(subjectivement) dans une situation sans issue, en usant d’action excédant la seule 
exploitation de la situation de dépendance. Lorsque l’auteur profite d’une situation de 
contrainte préexistante, entraînant une dépendance de la victime envers son auteur 
c’est l’article 193 CP qui entre en considération (DUPUIS ET AL., op. cit., n° 22 ad art. 
189).

Lorsque la capacité de discernement existe, un auteur se trouvant dans le proche 
entourage social d’un enfant peut aussi, sans utilisation active de la contrainte ou de 
la menace de désavantages, exercer sur lui une pression et ainsi réaliser des 
infractions de contrainte sexuelle. L’auteur qui laisse entendre à l’enfant que les actes 
sexuels seraient normaux, qu’ils seraient une belle chose, ou qu’ils constitueraient 
une faveur, place l’enfant dans une situation sans issue, laquelle est également 
couverte par les infractions des art. 187 at 189 CP. Est déterminante la question de 
savoir si l’enfant – compte tenu de son jeune âge, de sa situation familiale et sociale, 
de la proximité de l’auteur, de la fonction de ce dernier dans sa vie, de sa confiance 
en l’auteur et de la manière dont sont commis les actes d’ordre sexuel – peut, de 
manière autonome, s’opposer aux abus. Lorsque des enfants de l’âge notamment de 
8 ans et demi à 10 ans et demi se laissent, sans opposition, impliquer dans des actes 
d’ordre sexuel, on ne saurait ainsi conclure à une participation volontaire. Il ne s’agit 
que d’un prétendu consentement. Lorsque l’auteur s’assure un état de contrainte par 
l’élaboration d’une relation secrète et qu’il maintient celle-ci, on peut sans autre 
considérer que la situation sans issue perdure pour l’enfant (JdT 2020 IV 299, consid. 
3.5.5, 3.5.6 et 3.5.8).

5.4.3. Pour déterminer si l’on se trouve en présence d’une contrainte sexuelle, il faut 
procéder à une appréciation globale des circonstances concrètes. Pour que la 
contrainte soit réalisée, il faut que l’auteur crée une situation de contrainte dans un 
contexte donné, ce qui n’implique pas que la contrainte soit à nouveau utilisée pour 
chacun de ses actes. Il suffit que la victime ait dans un premier temps opposé de la 
résistance dans la mesure où elle pouvait le faire et que par la suite l’auteur 
réactualise sa contrainte de manière à pouvoir encore abuser de sa victime (ATF 131 
IV 107, consid. 2.4). Constituent notamment une contrainte imposée par l’usage de 
la violence, le fait d’imposer une série de baisers à une enfant tenue, contre son gré, 
étroitement enlacée durant quelques minutes (ATF 125 IV 58, consid. 3c) ou le fait 
de maintenir la victime sous le poids de son corps (TF 6S.126/2007 du 7 juin 2007). 
La contrainte au moyen de pressions d’ordre psychique a été notamment admise 
dans le cas d’une enfant victime d’un homme séjournant régulièrement au domicile 
de la mère de l’enfant et jouant auprès d’elle un rôle quasi paternel ; en raison de la 
domination physique, de l’infériorité des connaissances de la vie et de la dépendance 
sentimentale et sociale de l’enfant, il a pu commettre les abus sans violence, l’enfant 
se trouvant dans un conflit de conscience qui la paralysait et la mettait hors d’état de 
résister (ATF 124 IV 154, JdT 2000 IV 134). Elle a également été admise à l’égard 
d’une personne qui jouait le rôle de père auprès de ses victimes (ATF 128 IV 97, 
consid. 2c/aa, JdT 2004 IV 123).

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5.4.4. Un rapport de causalité est nécessaire entre le moyen de contrainte et l’acte d’ordre 
sexuel que la victime subit ou accomplit. Il n’y a pas de causalité lorsque l’auteur 
profite d’une dépendance ou d’un état de détresse déjà existant (DUPUIS ET AL., op. 
cit., no 35 ad art. 189 CP).

5.4.5. En ce qui concerne l’intention, le dol éventuel suffit. L’auteur doit être conscient ou 
accepter l’éventualité que sa victime n’est pas consentante, qu’elle agit sous l’effet de 
la contrainte et qu’il s’agit d’un acte d’ordre sexuel (ATF 122 IV 97, consid. 2b).

5.4.6. En ce qui concerne les concours entre le viol (art. 190 CP) et la contrainte sexuelle 
(art. 189 CP), le viol est une lex specialis pour le cas où la victime est une femme et 
qui lui est imposé l’acte sexuel proprement dit. Les actes d’ordre sexuel commis en 
étroite liaison avec l’acte sexuel proprement dit, en particulier ceux qui sont les 
préliminaires, doivent donc être considérés comme absorbés par le viol. Un concours 
réel est toutefois envisageable si l’act