# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 9310f950-98e6-5320-958a-8d2e5bea89c1
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-12-07
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 07.12.2018 P/14524/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-14524-2018_2018-12-07.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/14524/2018 ACPR/731/2018 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du vendredi 7 décembre 2018 

 

Entre 

A______, actuellement détenu à la prison B______, comparant par Me C______, avocat,  

recourant, 

 

contre l'ordonnance de prolongation de détention du Tribunal des mesures de contrainte du  

2 novembre 2018, 

 

et 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6b, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565 - 1211 Genève 3, 

LE TRIBUNAL DES MESURES DE CONTRAINTE, rue des Chaudronniers 9,  

1204 Genève - case postale 3715, 1211 Genève 3, 

intimés. 

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P/14524/2018 

EN FAIT : 

A.  a. Par acte expédié le 14 novembre 2018 au greffe par messagerie sécurisée, 
A______ recourt contre l'ordonnance par laquelle, le 2 novembre 2018, le 
Tribunal des mesures de contrainte (ci-après : le TMC) a prolongé sa détention 
provisoire jusqu'au 7 janvier 2019. 

Le recourant conclut à l'annulation de cette décision et à son placement en 
hôpital ou en clinique psychiatrique. Sur mesures provisionnelles urgentes, il 
demande d'ores et déjà ce placement. 

b. La Direction de la procédure a rejeté la requête de mesures 
provisionnelles le 14 novembre 2018 (OCPR/45/2018). 

B. Il résulte de la procédure les éléments pertinents suivants : 

a. A______ a été appréhendé le 1er août 2018 pour avoir bouté le feu dans 
un cinéma du centre commercial D______, le 27 juillet 2018. Il a expliqué que 
"des voix" le lui avaient ordonné. Il est prévenu d'incendie intentionnel  
(art. 221 CP). 

b. L'enquête de police a conduit à lui imputer un incendie antérieur, celui de 
l'église E______, le 19 juillet 2018. Il le conteste.  

c. A______ a déclaré au Ministère public (PP C-3) qu'il n'avait pas souhaité 
parler des voix qu'il entendait au médecin qui le suit (en raison d'un traitement 
ambulatoire ordonné le 4 avril 2016 par le Tribunal correctionnel pour grave 
trouble psychotique), parce qu'il craignait d'être envoyé à F______ ou à 
B______ [établissements pénitentiaires]. Une expertise psychiatrique est en 
cours depuis le 3 septembre 2018. 

d. Le TMC a placé A______ en détention provisoire le 2 août 2018 et a 
prolongé, dans la décision attaquée, cette mesure jusqu'au 7 janvier 2019. 
D'emblée, la défense a demandé que le prévenu soit placé à F______ (sic) ou à 
G______ [établissement psychiatrique]. 

e. Depuis le 2 août 2018, A______ a brièvement séjourné, à deux reprises, à 
F______, notamment après avoir fait l'objet d'une sanction disciplinaire pour 
avoir endommagé du mobilier en cellule. 

C. Dans l'ordonnance querellée, le TMC rappelle l'existence des charges 
suffisantes et graves, retient un risque "patent" de réitération et concret de fuite 
et écarte toute hospitalisation à titre mesure de substitution, car les deux risques 
précités commandaient un lieu fermé et sécurisé. 

D. a. Dans son recours, A______ reproche au premier juge d'avoir violé  
l'art. 234 al. 2 CPP, car l'hospitalisation qu'il proposait n'était pas une mesure 

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de substitution, mais un lieu de détention, au sens de la disposition précitée. Or, 
son état s'aggravait à la prison B______, au point que sa vie était en danger. La 
sanction disciplinaire qui l'avait frappé, et contre laquelle il avait formé 
recours, était la réponse la plus inopérante et la plus dangereuse qui soit, 
preuve que le personnel pénitentiaire avait été incapable de prendre la mesure 
de l'urgence psychiatrique à laquelle il était confronté. Comme le traitement 
ambulatoire en vigueur apparaissait insuffisant, seul un traitement en milieu 
fermé assurerait la prise en charge thérapeutique nécessaire. 

b. Le TMC maintient les termes de son ordonnance querellée, sans autre 
développement. 

c. Le Ministère public conclut au rejet du recours comme étant mal fondé. 
Un cas relativement similaire avait conduit la Chambre de céans à refuser le 
placement sollicité, notamment tant qu'une telle solution n'était pas préconisée 
par expertise (ACPR/389/2015). C'était au corps médical, non à l'autorité 
judiciaire pénale, de déterminer le lieu de détention. 

d. Dans sa réplique, A______ estime, au contraire, qu'une telle compétence 
appartient au TMC ou, sur recours, à la Chambre de céans. Il produit un 
rapport "de surveillance psychiatrique" du Service de médecine pénitentiaire, 
du 23 novembre 2018, dont il ressort, en substance, que, depuis son retour de 
F______, il se montre plus accessible aux soins, un lien de confiance s'étant 
instauré avec le service médical, mais qu'il a besoin d'un cadre rassurant et 
structurant, que n'offre pas la prison B______. 

e. Le 28 novembre 2018, l'avocat de A______ a informé la Chambre de 
céans que son client se trouvait à la clinique de G______ en raison d'une 
nouvelle situation de crise, survenue le 26 précédent. Il y voit la confirmation 
du bien-fondé de ses conclusions. 

EN DROIT : 

1. Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai 
prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à 
recours auprès de la Chambre de céans (art. 222 et 393 al. 1 let. c CPP) et 
émaner du prévenu qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. a CPP), a 
qualité pour agir, ayant a priori un intérêt juridiquement protégé à la 
modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP). 

2. Le recourant ne conteste pas l'existence de charges suffisantes, ni les risques de 
fuite et de réitération que lui a opposés le premier juge. Il invoque uniquement 
une violation de l'art. 234 al. 2 CPP, estimant que sa place serait à F______ ou 
à G______.  

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2.1. Selon l'art. 234 al. 2 CPP, rangé sous le chapitre de l'exécution  
de la détention provisoire, l'autorité cantonale compétente peut  
placer le prévenu en détention dans un hôpital ou une clinique psychiatrique 
lorsque des raisons médicales l'exigent. L'autorité cantonale compétente  
est désignée par le droit cantonal (L. MOREILLON/ A. PAREIN-REYMOND, 
CPP, Code de procédure pénale, 2e éd. Bâle 2016, n. 8 ad art. 234).  
À défaut, la Direction de la procédure pourrait être compétente (N. SCHMID/ 
D. JOSITSCH, Schweizerische Strafprozessordnung : Praxiskommentar, 
3ème éd., Zurich 2018, n. 3 ad art. 234). À Genève, le législateur a 
effectivement confié cette compétence à la Direction de la procédure (art. 28 al. 
2 LaCP). 

2.2. Cela étant, F______ est un établissement de détention, comportant une 
unité hospitalière de psychiatrie pénitentiaire (art. 1 al. 1 let. B R [règlement 
F______]) susceptible d'accueillir des personnes privées de liberté en 
application du droit pénal (art. 18 al. 1 R[F______]) qui, temporairement 
dangereux pour eux-mêmes ou pour leur entourage (art. 18 al. 2 R[F______]), 
nécessitent des traitements et des soins psychiatriques aigus hospitaliers  
(art. 19 al. 1 R[F______]). Cette possibilité, au vu des termes utilisés, permet 
donc le transfert momentané à F______ d'un prévenu se trouvant en détention 
provisoire ou pour des motifs de sûreté. Le patient détenu y entre et séjourne le 
temps de recevoir des soins aigus, avant d'être transféré dans l'établissement de 
détention de provenance (art 21 al. 3 R[F______]). L'admission s'y fait sur la 
base d'un certificat d'un médecin attestant cette nécessité (ibid.); le médecin est 
aussi seul responsable de la sortie du patient (art. 21 al. 1 R[F______]). Pour le 
surplus, à la fin des soins, le patient détenu ne peut rester placé à l'unité 
hospitalière de psychiatrie pénitentiaire (art. 21 al. 3, 2e phrase, R[F______]). 

2.3. Il résulte de ce qui précède que le recourant n'a aucun droit d'exécuter sa 
détention provisoire à F______, indépendamment de l'autorité qui déciderait de 
son transfert dans l'établissement. Peu importe, par conséquent, que le premier 
juge n'ait abordé la question que sous l'angle d'une mesure de substitution à la 
détention (art. 237 CPP) – qu'un tel placement n'était précisément pas, comme 
l'a du reste jugé la Chambre de céans, confirmée par le Tribunal fédéral (arrêt 
1B_307/2014 du 1er octobre 2014 consid. 2.3.) –. 

Peu importe aussi que le Ministère public eût pu prendre l'initiative du 
transfert, conformément à l'art. 28 LaCP. En effet, on constate que le recourant 
a séjourné à F______ à deux reprises depuis son placement en détention 
provisoire, et ce, indépendamment de toute impulsion ou décision du Ministère 
public. Par ailleurs, et surtout, une raison médicale devait être préalablement 
établie (art. 234 al. 2 in fine CPP; art. 19 al. 1 R[F______]), et l'on ne voit pas 
que la Direction de la procédure eût pu décider motu proprio de faire transférer 
le recourant à F______, i.e. se passer d'un avis médical pour s'éclairer à ce 

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sujet. En d'autres termes, l'art. 28 LaCP ne peut s'appliquer indépendamment 
des conditions d'admission et de durée de séjour propres à F______. 

Par ailleurs, il est sans importance que le recourant ait été admis récemment à 
G______, où, à défaut de placement à F______, il semble aussi vouloir être 
transféré durablement : si, là encore, "l'autorité compétente" pouvait, à la sortie 
de F______, décider de son placement dans un établissement psychiatrique 
public (art. 21 al. 4 R[F______]) – ce qui est le cas de la clinique de G______ 
(art. 1 al. 2 let. b de la loi sur les établissements publics médicaux, LEPM; K 2 
05) –, l'admission n'y restait possible que sur présentation préalable d'un 
certificat médical (art. 16 LEPM). La solution serait donc la même que pour 
F______. 

2.4. Enfin, il convient de souligner que le rapport "de surveillance 
psychiatrique" du 23 novembre 2018, montre que, depuis son (deuxième) 
retour de l’unité hospitalière de psychiatrie pénitentiaire de F______, le 
recourant était plus accessible aux soins, un lien de confiance s'étant instauré 
avec le service médical. Ces éléments ramènent à sa juste proportion 
l'alarmisme qui parsème l'acte de recours. À cet égard, même non 
médicalement explicité par le recourant, son transfert, postérieur, à G______ 
n'y change rien : au contraire, il démontre qu'il reçoit les soins nécessaires à 
chaque fois que son état de santé l'exige. Pour le surplus, la question de savoir 
si la sanction disciplinaire qui a précédé la première entrée à F______ était 
adéquate et proportionnée échappe à la compétence de la Chambre de céans. 

3. Le recourant ne conteste pas que la détention subie à ce jour soit proportionnée 
à la peine ou à la mesure à laquelle il s'exposerait concrètement, au vu des 
préventions qui lui ont été notifiées et des troubles à l'origine de la mesure 
ambulatoire prononcée en 2016. Le recourant lui-même semble s'attendre, si ce 
n'est appeler, à une mesure thérapeutique en milieu fermé (acte de recours,  
p. 12). 

4. Le recourant, qui succombe, supportera les frais de l'État. L'émolument sera 
fixé à CHF 900.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des 
frais en matière pénale, RTFMP; E 4 10.03).  

* * * * * * 

  

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PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

 

Rejette le recours. 

Condamne A______ aux frais de la procédure de recours, qui comprennent un 
émolument de CHF 900.-. 

Notifie le présent arrêt au recourant (soit, pour lui, son défenseur), au Ministère 
public et au Tribunal des mesures de contrainte. 

Siégeant : 

Madame Corinne CHAPPUIS BUGNON, présidente; Monsieur Christian COQUOZ 
et Madame Alix FRANCOTTE CONUS, juges; Monsieur Julien CASEYS, greffier. 

 

Le greffier : 

Julien CASEYS 

 La présidente : 

Corinne CHAPPUIS BUGNON

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF ; RS 173.110) ; la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 

déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les 

trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires 

doivent être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, 

à l'attention de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique 

ou consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF). 

  

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P/14524/2018 ÉTAT DE FRAIS   

 
 

 
COUR DE JUSTICE 

 

 
 
 
Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais en matière pénale 
(E 4 10.03). 
 

Débours (art. 2) 

- frais postaux CHF 30.00 

Émoluments généraux (art. 4)  

- délivrance de copies (let. a) CHF       

- délivrance de copies (let. b) CHF       

- état de frais (let. h) CHF 75.00 

Émoluments de la Chambre pénale de recours (art. 13)   

- décision sur recours (let. c) CHF 900.00 

-  CHF       

Total  CHF 1'005.00