# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 6ede1607-f064-5de5-9da9-7fd276ee7e8f
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-06-16
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 16.06.2020 C/26832/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-26832-2017_2020-06-16.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 10 juillet 2020. 

 

 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/26832/2017 ACJC/891/2020 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU MARDI 16 JUIN 2020 

 

Entre 

Monsieur A______, domicilié ______ (GE), appelant d'un jugement rendu par la 3ème 
Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 14 juin 2019, comparant par 

Me Philippe Girod, avocat, boulevard Georges-Favon 24, 1204 Genève, en l'étude 

duquel il fait élection de domicile, 

et 

B______ SA, sise ______ (VD), intimée, comparant par Me Jean-Charles Lopez, 
avocat, rue De-Candolle 17, case postale 166, 1211 Genève 12, en l'étude duquel elle 

fait élection de domicile. 

 

 

- 2/11 - 

 

C/26832/2017 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/8629/2019 rendu le 14 juin 2019, reçu par A______ le 18 juin 
2019, le Tribunal de première instance (ci-après : le Tribunal) a condamné 

A______ à verser à B______ SA [compagnie d'assurances] (ci-après : B______) 

le montant de 27'578 fr. 05 avec intérêts à 5% l'an dès le 27 août 2014 (chiffre 1 

du dispositif), prononcé la mainlevée définitive de l'opposition formée au 

commandement de payer, poursuite n° 1______, notifié le 31 janvier 2017, à 

hauteur de 27'578 fr. 05, avec intérêts à 5% l'an dès le 27 août 2014 (ch. 2), mis 

les frais judiciaires, arrêtés à 2'400 fr. et compensés avec l'avance de frais versée 

par B______, à la charge de A______ et condamné en conséquence ce dernier à 

verser à B______ 2'400 fr. à titre de remboursement de l'avance de frais (ch. 3), 

condamné A______ à verser à B______ 5'000 fr. de dépens (ch. 4) et débouté les 

parties de toutes autres conclusions (ch. 5). 

B. a. Par acte expédié le 19 août 2019 à la Cour de justice, A______ a appelé de ce 
jugement, dont il a sollicité l'annulation. Cela fait, il a conclu à ce que B______ 

soit déboutée de toutes ses conclusions, avec suite de frais et dépens. 

 b. Par réponse du 14 octobre 2019, B______ a conclu au rejet de l'appel, sous 
suite de frais et dépens. 

 c. Les parties ont répliqué et dupliqué, persistant dans leurs conclusions. 

 d. Par courrier du 28 novembre 2019, la Cour a informé les parties de ce que la 
cause était gardée à juger. 

C. Les faits pertinents suivants résultent de la procédure : 

 a. B______ SA est une société anonyme inscrite le ______ 1989 au Registre du 
commerce du canton de Vaud et dont le siège est à C______ (VD). Elle a pour but 

social les opérations d'assurance et de réassurance autre que les assurances 

directes vie, sans limitation géographique. 

 D______ SA est une société anonyme inscrite le ______ 1989 au Registre du 

commerce du canton de Vaud et dont le siège est à C______ (VD). Elle a pour but 

social la surveillance et la protection de personnes, droits, biens mobiliers et 

immobiliers, le transport et le traitement de valeurs ainsi que la fourniture d'un 

service d'ordre et toute autre fonction lors de manifestations. 

 b. Le 28 décembre 2007, D______ SA a conclu pour son personnel une police 
d'assurance collective accidents obligatoire auprès de B______. 

 c. E______, domicilié à F______ (GE), est employé de D______ SA. A ce titre, il 
est assuré par B______ pour le risque accident. 

- 3/11 - 

 

C/26832/2017 

 d. Le 5 décembre 2009 à 5h00 du matin, A______ a infligé au moyen de sa tête 
un coup sur le crâne de E______ à la sortie de la discothèque "G______" à 

H______ (GE), selon une déclaration de sinistre remplie par le second le 12 

janvier 2010. 

 e. Selon un compte-rendu opératoire du 11 décembre 2009 des Hôpitaux 
Universitaires de Genève (HUG), E______ a subi une fracture fronto-orbitaire 

gauche ayant nécessité une plastie du sinus frontal. 

 Il a par ailleurs été en mis en arrêt de travail à 100% du 5 décembre 2009 au  

5 janvier 2010. 

 f. Le 12 février 2010, E______ et A______ ont signé une convention aux termes 
de laquelle le premier reconnaissait avoir reçu du second un montant de 5'000 fr. 

"à titre de réparation du dommage suite à l'altercation du 28 novembre 2009 

[sic]", ce dédommagement valant quittance pour solde de tout compte avec 

l'engagement de ne plus faire valoir de prétentions et de ne pas entreprendre de 

démarches judicaires.  

 g. Par courrier du 24 septembre 2010, B______ a informé A______ qu'elle lui 
adresserait prochainement un recours pour le remboursement intégral de ses 

prestations, lesquelles s'élevaient, en l'état, à 11'301 fr. 40. 

 h. Le 24 mars 2011, B______ a déclaré recourir contre A______ pour 
"l'intégralité de [ses] prestations (frais médicaux et indemnités journalières) pour 

un montant total arrêté à 11'625 fr. 55". Elle lui a adressé une reconnaissance de 

dette à signer et un bulletin de versement en précisant qu'elle acceptait les 

remboursements par acomptes réguliers de 200 fr. par mois au minimum. 

 i. Par courrier du 23 février 2012, A______, par l'intermédiaire d'un conseil qu'il 
avait constitué dans l'intervalle, a déclaré qu'il ne pouvait "entrer en matière sur 

une indemnisation totale mais souhaitait trouver un accord avec [l'] assurance". Il 

a précisé qu'il commencerait dès la fin avril 2012 à procéder à des versements 

mensuels réguliers de 200 fr. tout en écartant la possibilité de signer une 

convention d'indemnisation qui l'engagerait "au-delà de sa responsabilité et de ses 

possibilités."  

j. A______ a versé un montant de 200 fr. par mois d'avril à  
septembre 2012 et de novembre 2012 à janvier 2013. 

k. Dans un courrier du 4 avril 2013 à A______, B______ a constaté qu'aucun 
versement n'avait été enregistré depuis le  

1
er

 février 2013 et lui a remis un nouveau stock de bulletin de versement en 

précisant que sa dette s'élevait à 9'825 fr. 55. 

- 4/11 - 

 

C/26832/2017 

l. Après plusieurs relances restées sans réponses, B______ a, par courrier du 22 
octobre 2013, informé A______ qu'il restait débiteur d'un montant de 9'825 fr. 55 

et que E______ subirait prochainement une nouvelle opération médicale, 

consistant en l'ablation du matériel d'ostéosynthèse, de sorte qu'elle lui 

transmettrait un décompte final de sa dette. 

m. Le 19 novembre 2013, une seconde intervention chirurgicale consistant en 
l'ablation du matériel d'ostéosynthèse par un abord bitemporal a été effectuée sur 

E______. A cette occasion, ce dernier a rempli une nouvelle déclaration de 

sinistre indiquant une rechute de l'accident du 5 décembre 2009. 

L'intervention chirurgicale a entrainé chez E______ une incapacité de travail du 

19 novembre au 15 décembre 2013. 

n. Entre les mois de février 2010 et août 2014, B______ a acquitté un montant 
total de 29'378 fr. 05, ce qui correspond à 4'567 fr. 20 d'indemnités journalière 

pour les incapacités de travail de E______ du 8 décembre 2009 au 4 janvier 2010 

et du 19 novembre au  

15 décembre 2013, à 9'426 fr. 15 pour les frais médicaux en 2010, à 292 fr. 20 

pour les frais médicaux en 2011, à 288 fr. 10 pour les frais médicaux en 2013 et à 

14'804 fr. 40 pour les frais médicaux en 2014. 

Au stade de l'appel, le montant du préjudice de B______ n'est pas litigieux. 

o. Dans un courrier du 27 août 2014, B______ a informé A______ de l'archivage 
définitif du dossier de E______. Elle lui a, par ailleurs, communiqué que sa 

créance définitive à son égard s'élevait à 28'052 fr. 75. 

p. B______ a adressé le 24 août 2015 une réquisition de poursuite à l'encontre de 
A______ portant sur un montant de  

28'052 fr. 75 avec intérêts à 5% dès le 27 août 2014. Le commandement de payer 

dans la poursuite n° 2______ qui y a fait suite, notifié le 29 août 2015, a fait 

l'objet d'une opposition. 

q. Le 25 janvier 2017, B______ a requis l'envoi d'un second commandement de 
payer à A______ portant sur le même montant et enregistré sous la poursuite n° 

1______. A______ a fait opposition à ce commandement de payer, notifié le 31 

janvier 2017. 

r. Suite à l'échec d'une tentative de conciliation du 5 mars 2018, B______ a ouvert 
action par-devant le Tribunal de première instance le  

13 mars 2018, concluant, sous suite de frais et dépens, à ce que le Tribunal 

condamne A______ à lui verser le montant de 27'578 fr. 05 avec intérêts à 5% dès 

le 27 août 2014 et prononce la mainlevée définitive de l'opposition formée par 

A______ le 31 janvier 2017. 

- 5/11 - 

 

C/26832/2017 

s. Dans sa réponse du 16 mai 2018, A______ a conclu, principalement, à ce que la 
demande soit déclarée irrecevable, avec suite de frais et dépens. 

A titre subsidiaire, il a conclu à ce que l'objet du litige soit limité à la question de 

la prescription de l'action. Encore plus subsidiairement, il a conclu au 

déboutement de la demanderesse de toutes ses conclusions, avec suite de frais et 

dépens. 

t. A l'audience du Tribunal du 14 novembre 2018, A______ a déclaré s'être battu 
avec E______ à la sortie [de la discothèque] G______. Selon lui,  

E______ l'avait provoqué, insulté et poussé et il y avait eu des coups des deux 

côtés. Il avait ensuite versé neuf acomptes de 200 fr. à B______ entre le 1
er

 mars 

2012 et le 1
er

 février 2013 car il était jeune et ne savait pas quoi faire. Il avait 

cessé les versements faute d'argent et ne reconnaissait devoir aucun montant à 

l'assurance, dont la somme réclamée ne "faisait qu'augmenter".  

E______ a déclaré qu'à la sortie de la discothèque, A______ lui avait infligé un 

coup de tête au visage, à la hauteur du sinus frontal. Il n'avait pas été agressif à 

l'endroit de A______. Il n'avait pas déposé plainte car un accord avait été signé 

entre les deux protagonistes. 

Deux témoins de la scène ont en outre été entendus, à savoir I______, un ami de 

A______ et de E______, et J______, une amie de E______. I______ a déclaré 

n'avoir "rien vu du tout" et ne pas se rappeler les événements du 5 décembre 2009 

compte tenu du temps écoulé. Quant à J______, elle a évoqué une "altercation" et 

a déclaré avoir vu A______ asséner un coup de tête à E______, sans qu'elle ne pût 

dire qui avait provoqué l'autre. Elle a précisé que le coup de A______ ne lui 

semblait pas avoir été un acte de légitime défense. 

u. A l'audience de plaidoiries finales du Tribunal du 13 mars 2019, chaque partie a 
persisté dans ses conclusions et le Tribunal a gardé la cause à juger. 

v. Dans le jugement attaqué, le Tribunal a retenu, en substance, que A______ 
avait engagé sa responsabilité civile pour les conséquences du coup asséné 

intentionnellement à E______, lequel constituait un acte illicite. S'agissant de la 

prescription éventuelle de l'action récursoire, le Tribunal a considéré que le coup 

infligé par A______ à  

E______ correspondait aux éléments constitutifs de l'infraction de lésions 

corporelles simples au sens de l'art. 123 CP, si bien que la prescription applicable 

à l'action civile était celle de dix ans prévue par l'art. 97  

al. 1 let. c CP. B______ ayant eu connaissance du sinistre le 13 janvier 2010 au 

plus tôt, le délai de prescription n'était pas arrivé à échéance le 24 août 2015, date 

de la première réquisition de poursuite. 

 

- 6/11 - 

 

C/26832/2017 

EN DROIT 

1. 1.1 L'appel est recevable contre les décisions finales de première instance, dans 
les causes non patrimoniales ou dont la valeur litigieuse, au dernier état des 

conclusions, est supérieure à 10'000 fr. (art. 308 al. 1 let. a et al. 2 CPC).  

En l'espèce, le jugement entrepris porte sur une cause patrimoniale dont la valeur 

litigieuse, au vu des dernières conclusions devant le premier juge, excède 

10'000 fr., de sorte que la voie de l'appel est ouverte. 

1.2 Formé dans le délai et la forme prescrite par la loi (art. 311 al. 1 CPC), l'appel 
est recevable. 

1.3 La Cour revoit le fond du litige avec un plein pouvoir d'examen en fait et en 
droit (art. 310 CPC) et applique le droit d'office (art. 57 CPC). 

Le litige est soumis aux maximes des débats (art. 55 al. 1 CPC), avec devoir 

d'interpellation accru selon l'art. 247 al. 1 CPC, et de disposition (art. 58  

al. 1 CPC). 

2.  Dans un premier grief, l'appelant reproche au Tribunal d'avoir mésusé de son 
pouvoir d'appréciation en retenant qu'il avait agressé E______. Les circonstances 

des événements du 5 décembre 2009 n'ayant jamais été éclaircies, l'appelant 

soutient que le premier juge ne pouvait appliquer la durée de prescription 

applicable à l'action pénale. 

 2.1.1 Selon l'art. 60 al. 1 CO dans sa teneur antérieure au 1er janvier 2020  
(cf. art. 49 du titre final du CC dans sa version actuelle), l'action en dommages-

intérêts ou en paiement d'une somme d'argent à titre de réparation morale se 

prescrit par un an à compter du jour où la personne lésée a eu connaissance du 

dommage ainsi que de la personne qui en est l'auteur, et, dans tous les cas, par dix 

ans dès le jour où le fait dommageable s'est produit. L'alinéa 2 de cette disposition 

prévoit que si les dommages-intérêts dérivent d'un acte punissable soumis par les 

lois pénales à une prescription de plus longue durée, cette prescription s'applique. 

 Le juge civil tranche préjudiciellement et librement la question de la punissabilité 

(ATF 122 III 225 consid. 4, JdT 1997 I 195). Le juge est certes lié par une 

condamnation ou une décision libératoire prononcée au pénal (ATF 118 V 193 

consid. 4a) mais l'application de l'art. 60 al. 2 CO n'implique pas que l'auteur ait 

été condamné ni qu'une plainte ait été déposée (ATF 136 III 502 consid. 6.3,  

SJ 2011 I 80; ATF 101 II 321 consid. 3, SJ 2000 I 421 consid. 5c/bb). Il suffit que 

l'acte réunisse les conditions constitutives de l'infraction considérée (WERRO,  

n. 31 ad art. 60 CO, in Commentaire romand du CO I, 2
ème

 éd., 2012), l'art. 60  

al. 2 CO ayant pour but d'empêcher la prescription de l'action civile aussi 

longtemps que le défendeur reste exposé à une poursuite pénale (ATF 136 III 503 

- 7/11 - 

 

C/26832/2017 

consid. 6.3; cf. aussi Engel, Traité des obligations en droit suisse, 2
éme

 éd., 1997  

p. 577). 

Le délai de prescription plus long au sens de l'art. 60 al. 2 CO court du jour où 

l'auteur a exercé son activité coupable (art. 97 et 98 CP; WERRO, op. cit., n. 35  

ad art. 60 CO). 

La jurisprudence a précisé que le simple fait de laisser s'écouler du temps et de 

tarder à agir en justice ne constitue en principe ni une renonciation à la prétention, 

ni un abus de droit (arrêt du Tribunal fédéral 4A_367/2018 du 27 février 2019 

consid. 3.5.3).   

2.1.2 Selon l'art. 123 ch. 1 CP, celui qui, intentionnellement, aura fait subir à une 
personne une autre atteinte à l’intégrité corporelle ou à la santé sera, sur plainte, 
puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine 
pécuniaire. Par lésions corporelles simples, on entend une infraction intentionnelle 

de résultat qui se caractérise par les lésions corporelles que l'auteur veut infliger 

ou accepte de provoquer (CORBOZ, Les infractions en droit suisse, vol. I, 3
ème

 éd., 

2010, n. 1 ad art. 123 CP, p. 133). Les éléments constitutifs objectifs sont 

l'existence d'un comportement dangereux, c'est-à-dire propre à causer des lésions 

corporelles, des lésions corporelles simples consistant en une lésion du corps 

humain (blessure) ou une atteinte à la santé (maladie physique ou psychique) et un 

rapport de causalité naturelle et adéquate entre le comportement de l'auteur et les 

lésions subies par la victime (CORBOZ, op. cit., n. 2-16 ad art. 123 CP, p. 133).  

 Selon les art. 97 al. 1 let. c et 123 ch. 1 CP, la prescription de l'action pénale 

applicable aux lésions corporelles simples est de dix ans. 

 2.2 En l'espèce, si l'appelant et E______ n'ont pas les mêmes versions des 
événements survenus à la sortie [de la discothèque] G______, tous deux 

reconnaissent que le premier a infligé au second un coup à la tête. A cet égard, 

l'appelant a déclaré, à l'audience du 14 novembre 2018, s'être battu avec E______ 

et qu'il lui avait "sûrement, dans la bagarre, donné un coup au visage". Le témoin 

J______ a, quant à elle, déclaré avoir vu l'appelant donner un coup de tête à 

E______, coup qui ne paraissait pas être un acte de légitime défense. 

 Au vu des témoignages, le Tribunal n'a pas mésusé de son pouvoir d'appréciation 
en retenant que les éléments constitutifs de l'infraction de lésions corporelles 

simples étaient réalisés. A cet égard, l'appelant ne remet en cause, au stade de 

l'appel, ni l'atteinte à l'intégrité corporelle, ni l'existence d'un dommage ni le lien 

de causalité naturelle et adéquate entre le coup asséné au lésé et le préjudice subi 

par l'intimée. Il se contente d'exposer que des coups auraient été échangés de part 

et d'autre et qu'il aurait été "provoqué" par le lésé. Or, même à suivre la version 

des faits de l'appelant, on ne voit pas en quoi celle-ci pourrait modifier 

l'appréciation du juge sur la punissabilité de l'acte qu'il reconnait avoir commis. 

- 8/11 - 

 

C/26832/2017 

En effet, l'appelant lui-même a admis avoir pris activement part à une bagarre. Il 

n'a du reste pas allégué que le coup ainsi porté eût été un acte de légitime défense 

non punissable.  

 Par conséquent, un délai de prescription de dix ans, correspondant à celui de 

l'action pénale, s'appliquait aux prétentions récursoires de l'intimée contre 

l'appelant. Enfin, il n'y a pas, au vu de la jurisprudence citée plus haut, d'abus de 

droit dans le fait que l'intimée ait tardé à faire valoir ses prétentions, ce d'autant 

moins que durant la période de prétendue inaction, l'intimée a adressé plusieurs 

courriers à l'appelant sans susciter de réaction de la part de ce dernier. 

Dès lors, l'appréciation du premier juge s'agissant de la prescription échappe à 

toute critique, sous réserve du dies a quo qui correspond à la commission de l'acte, 

à savoir le 5 décembre 2009. Par conséquent, le Tribunal a considéré à bon droit 

que la prescription des prétentions récursoires de l'intimée n'était pas atteinte 

lorsque celle-ci a interrompu une première fois ce délai en adressant une 

réquisition de poursuite le 24 août 2015.  

Le jugement peut donc être confirmé sur ce point. 

3. Dans un deuxième grief, l'appelant reproche au premier juge de ne pas avoir 
retenu l'existence d'une faute concomitante du lésé de nature à réduire l'indemnité 

due. 

 3.1.1 Selon l'art. 44 al. 1 CO, le juge peut réduire les dommages-intérêts, ou même 
n’en point allouer, lorsque la partie lésée a consenti à la lésion ou lorsque des faits 
dont elle est responsable ont contribué à créer le dommage, à l’augmenter, ou 
qu’ils ont aggravé la situation du débiteur. 

 Il y a faute concomitante lorsque le lésé omet de prendre les mesures raisonnables 

aptes à contrecarrer la survenance ou l'aggravation du dommage. Par sa façon 

d'agir, la victime favorise la survenance du fait dommageable. Sa faute s'insère 

dans la série causale aboutissant au préjudice, de sorte que le comportement 

reproché au lésé est en rapport de causalité naturelle et adéquate avec la 

survenance du dommage. La faute concomitante du lésé constitue un facteur de 

réduction de l'indemnité lorsqu'elle n'est pas grave au point d'interrompre le lien 

de causalité adéquate et de libérer l'auteur de toute responsabilité (ATF 126 III 

192 consid. 2d; WERRO, op. cit., n. 12-13 ad art. 44 CO). 

 3.1.2 A teneur de l'art. 8 CC, chaque partie doit, si la loi ne prescrit le contraire, 
prouver les faits qu'elle allègue pour en déduire son droit. 

 En l'absence de disposition spéciale contraire, l'art. 8 CC détermine qui doit 

assumer les conséquences de l'échec de la preuve sur un fait déterminé (arrêt du 

- 9/11 - 

 

C/26832/2017 

Tribunal fédéral 4A_182/2007 du 28 septembre 2007 consid. 4.4.1 et références 

citées). 

 3.2 En l'espèce, l'existence d'une provocation du lésé ayant conduit l'appelant à le 
frapper n'est pas établie. Hormis les déclarations de l'appelant lui-même, les trois 

autres témoignages et déposition ne font pas état d'une provocation du lésé. Le 

témoin J______ a déclaré, à l'audience du 14 novembre 2018, ne plus se rappeler 

qui avait commencé à frapper l'autre, tout en précisant que le coup de tête porté au 

lésé ne paraissait pas être un acte de légitime défense. Le témoin I______ a 

déclaré ne pas avoir assisté à la scène et tant le lésé que l'appelant se renvoient la 

responsabilité d'avoir initié l'altercation physique.  

Dans ces circonstances, l'appelant n'a pas apporté la preuve qu'il aurait été 

"provoqué" par le lésé à la sortie du G______; cette version des événements n'est 

en effet corroborée par aucun élément au dossier à l'exception de ses propres 

déclarations. L'appelant supporte donc l'échec de la preuve sur ce point. 

Par conséquent, le grief de l'appelant sera rejeté. 

4. Enfin, l'appelant fait grief au Tribunal d'avoir omis de tenir compte de son 
versement de 5'000 fr. à E______ dans le calcul du dommage. 

 4.1 A teneur de l'art. 72 al. 1 LPGA, applicable par renvoi de l'art. 1 al. 1 LAA, 
dès la survenance de l'événement dommageable, l'assureur est subrogé, jusqu'à 

concurrence des prestations légales, aux droits de l'assuré et de ses survivants 

contre tout tiers responsable. Les droits passent à l'assureur pour les prestations de 

même nature (art. 74 al. 1 LPGA). Sont notamment des prestations de même 

nature l'indemnité pour atteinte à l'intégrité et l'indemnité à titre de réparation 

morale (art. 74 al. 2 let. e LPGA). 

En subrogeant l’assureur au moment de la survenance de l’événement 
dommageable, la loi empêche l’assuré de disposer de la prétention civile avant 
que l’assureur ait presté (arrêt du Tribunal fédéral 4A_74/2016 du  
9 septembre 2016 consid. 2.1; FRESARD-FELLAY, La victime d'un accident 

médical, indemnisée par le responsable, peut-elle prétendre des prestations de 

l'assurance-accident ?, in REAS 2012 p. 423). 

4.2 En l'espèce, la convention signée le 12 février 2010 entre l'appelant et le lésé 
n'est pas opposable à l'intimée dans la mesure où celle-ci porte sur des droits dont 

la titularité avait passé à l'intimée dès la survenance de l'événement dommageable. 

Or, le lésé ne pouvait pas disposer de prétentions qui avaient été légalement 

subrogées en faveur de l'intimée lors de la signature de la convention du  

12 février 2010. 

- 10/11 - 

 

C/26832/2017 

Dès lors, c'est à bon droit que le Tribunal a considéré que le montant de 5'000 fr. 

versé par l'appelant au lésé n'avait pas d'incidence sur la quotité des prétentions 

que l'intimée fait valoir dans le cadre de son action récursoire. 

Le jugement entrepris sera par conséquent confirmé sur ce point également. 

5. Les frais judiciaires d'appel seront arrêtés à 1'800 fr. (art. 17 et 35 RTFMC) et 
compensés avec l'avance de frais du même montant fournie par l'appelant, laquelle 

reste acquise à l'Etat de Genève (art. 111 al. 1 CPC). 

 Eu égard à l'issue de la procédure, les frais judiciaires d'appel seront intégralement 
mis à la charge de l'appelant, qui succombe (art. 106 al. 1 CPC). 

 Celui-ci sera en outre condamné à verser à l'intimée la somme de 3'000 fr., 
débours et TVA inclus (art. 85 et 90 RTFMC; art. 25 et 26 LaCC), à titre de 

dépens d'appel. 

* * * * * 

- 11/11 - 

 

C/26832/2017 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté le 19 août 2019 par A______ contre le jugement 

JTPI/8629/2019 rendu le 14 juin 2019 par la 3ème Chambre du Tribunal de première 

instance dans la cause C/26832/2017-3. 

Au fond : 

Confirme le jugement entrepris. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Met à la charge de A______ les frais judiciaires d'appel, arrêtés à 1'800 fr. et compensés 

avec l'avance de frais versée, qui reste acquise à l'Etat de Genève. 

Condamne A______ à verser à B______ SA la somme de 3'000 fr. à titre de dépens 

d'appel. 

Siégeant : 

Monsieur Laurent RIEBEN, président; Monsieur Patrick CHENAUX,  

Madame Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ, juges; Madame Sophie MARTINEZ, 

greffière. 

Le président : 

Laurent RIEBEN 

 La greffière : 

Sophie MARTINEZ 

 

 

 
Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 113 ss LTF, le présent arrêt peut être porté dans les 30 jours qui suivent 

la notification de l'expédition complète de l'arrêt, par la voie du recours constitutionnel 

subsidiaire; la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées par les 

art. 113 à 119 LTF. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 
Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 30'000 fr.