# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** a7f2da78-7bfb-51d7-a423-65e55a84dd7f
**Source:** Freiburg/Fribourg (FR)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-11-30
**Language:** fr
**Title:** Freiburg Kantonsgericht Strafkammer 30.11.2017 502 2013 213
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/FR_Gerichte/FR_TC_005_502-2013-213_2017-11-30.pdf

## Full Text

Tribunal cantonal TC
Kantonsgericht KG

Rue des Augustins 3, case postale 1654, 1701 Fribourg

T +41 26 304 15 00, F +41 26 304 15 01
www.fr.ch/tc

—
Pouvoir Judiciaire PJ
Gerichtsbehörden GB

502 2013 213

Arrêt du 30 novembre 2017

Chambre pénale

Composition Président: Hubert Bugnon
Juges: Jérôme Delabays, Sandra Wohlhauser
Greffière: Aleksandra Bjedov

Parties A.________, prévenu et recourant, représenté par Me Jean-Luc 
Maradan, avocat

contre

MINISTÈRE PUBLIC

Objet Fin de suspension (art. 315 CPP)  

Recours du 30 octobre 2013 contre l'ordonnance du Ministère public 
du 21 octobre 2013

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considérant en fait

A. Le 20 février 2012 un brigandage a été commis avec une arme à feu au domicile et au 
détriment de B.________. Celle-ci est parvenue à échapper à son agresseur et à se réfugier chez 
des voisins. Ces faits ont d'abord donné lieu à une ouverture d'instruction pénale contre inconnu 
pour brigandage (muni d'une arme, art. 140 ch. 2 CP) par ordonnance du 21 février 2012, puis à 
l'ouverture d'instruction pénale à l'encontre de plusieurs personnes déterminées, et notamment, 
par ordonnance du 13 juin 2012, à l'encontre de A.________ pour recel, éventuellement 
brigandage. 

Le rapport de dénonciation de la police établi le 15 janvier 2013 conclut à ce que l'auteur du 
brigandage est très probablement C.________, ressortissant italien, et, s'agissant de A.________, 
il énumère plusieurs éléments qui indiquent qu'il n'est pas exclu qu'il ait pu être l'instigateur de ce 
délit et/ou servir de chauffeur à l'auteur, le butin retrouvé en sa possession ayant pu être son 
salaire pour le travail fourni. 

B. Le Ministère public a, le 28 février 2013, rendu diverses ordonnances, notamment une 
ordonnance de suspension concernant C.________ qui n'avait pas pu être appréhendé et qui est 
signalé au RIPOL sous mandat d'arrêt, et, s'agissant de A.________, d'une part une ordonnance 
pénale concernant le recel d'un appareil photo (DO 10010) et d'autre part une ordonnance de 
suspension (art. 314 CPP en relation avec les art. 319 ss CPP) concernant la procédure relative 
aux faits du brigandage (DO 10014). 

Le prévenu a fait opposition à l'ordonnance pénale par acte de son conseil du 14 mars 2013, dont 
le Ministère public a accusé réception par lettre du 3 avril 2013 en l'informant que le dossier de la 
cause est transmis au Juge de police. 

Par lettre du 25 septembre 2013, le conseil du prévenu a requis du Ministère public le prononcé 
d'un classement de la cause qui avait été suspendue dans la mesure où la situation n'a pas évolué 
depuis lors. Réponse lui ayant été donnée, le 30 septembre 2013, que la suspension a été 
prononcée pour une durée illimitée, que la diffusion internationale du mandat requise dans 
l'intervalle est toujours sans résultat et qu'il n'y a aucun fait nouveau justifiant le classement, le 
prévenu a requis la reconsidération de cette réponse par lettre de son conseil du 18 octobre 2013, 
requérant en outre de connaître les démarches entreprises pour obtenir l'arrestation de 
C.________. 

Par lettre du 21 octobre 2013, le Ministère public a répondu en rappelant que la suspension a été 
ordonnée sans limite dans le temps, en relevant qu'il n'existe aucun fait nouveau justifiant le 
classement et en ajoutant que l'ordonnance de suspension pouvait faire l'objet d'un recours. 

C. Par mémoire de son mandataire du 30 octobre 2013, A.________  a interjeté recours "contre 
la «décision» contenue dans la correspondance du 21 octobre 2013", concluant principalement à 
l'admission du recours, à l'annulation de la décision du 21 octobre 2013 avec renvoi de la cause au 
Ministère public afin qu'il lève la suspension et ordonne son classement, frais et dépens à la 
charge de l'Etat, subsidiairement à l'admission du recours, à l'annulation de la décision du 
21 octobre 2017 avec renvoi de la cause au Ministère public afin qu'il lève la suspension et mène 
l'instruction à terme, frais et dépens à la charge de l'Etat.

Dans sa détermination du 12 novembre 2013, le Ministère public a conclu à l'irrecevabilité du 
recours, subsidiairement à son rejet. 

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Avant de procéder à l'examen du recours, il a été demandé au Ministère public par lettre du 
10 juillet 2014 si le mandat d'arrêt délivré à l'encontre du co-prévenu a abouti ou non. Il y a été 
répondu négativement le 21 juillet 2013. Il en est allé de même selon courriers des 
11 et 14 septembre 2015, 7 et 9 septembre 2016, 28 et 30 août 2017, tous communiqués en copie 
au recourant. Celui-ci a dès lors requis par écriture du 7 septembre 2017 qu'il soit donné suite à 
son recours. Avisé de la possibilité de faire connaître ses observations, le Ministère public l'a fait 
par lettre du 20 septembre 2017, à laquelle le recourant a répliqué par courrier du 
25 septembre 2017.  

en droit

1. a) Doté de conclusions et d’une motivation suffisante, le recours répond aux exigences de 
forme (art. 385 CPP) et il a manifestement été interjeté dans le délai légal de dix jours dès la 
notification de la décision que le recourant veut attaquer. Prévenu directement concerné par celle-
ci, le recourant a un intérêt juridiquement protégé à son annulation ou à sa modification. 

b) Si l'intimé relève avec raison que la question de savoir si une décision de suspension est 
sujette à recours est controversée, force est de constater que le recours n'a pas un tel objet. La 
suspension a été ordonnée le 28 février 2013, sans limite de temps, et elle n'a fait l'objet d'aucun 
recours. 

c) Son objet n'est pas non plus la confirmation d'une confirmation d'une suspension, 
comme l'indique l'intimé dans sa détermination par rapport à ses actes des 30 septembre et 
18 octobre 2013. Il ressort en effet des actes de la cause que dans un premier temps, par la lettre 
du 25 septembre 2013, le prévenu a requis qu'il soit mis fin à la suspension par un prononcé de 
classement. L'objet du premier des actes précités du Ministère public était donc un rejet de cette 
requête, et non pas une simple confirmation de la suspension. 

Puis dans un second temps, par la lettre du 18 octobre 2013, le prévenu a requis la 
reconsidération de la réponse négative qui lui a été donnée. La reconsidération ne constitue pas 
un moyen de droit prévu en procédure pénale et en tout état de cause elle ne pourrait servir à faire 
renaître un délai de recours écoulé sans avoir été utilisé. Or en l'espèce, le recourant s'était 
abstenu de contester par recours la réponse négative qui lui avait été signifiée le 
30 septembre 2013. Dans cette mesure, le recours n'était donc pas recevable. 

d) En revanche, il y a lieu de constater que le recourant mettait et met encore ou à 
nouveau en cause le refus de lever la suspension en invoquant l'absence totale de toute évolution 
de la procédure et le principe de célérité, ce qui doit en quelque sorte être considéré comme 
équivalent à un recours pour retard injustifié, lequel n'est soumis à aucun délai (art. 396 al. 2 
CPP). 

e) La Chambre jouit d'une pleine cognition, en fait, en droit et en opportunité (art. 393 al. 2 
CPP). Elle statue sans débats (art. 397 al. 1 CPP).

2. a) La reprise de l'instruction ne fait expressément l'objet, dans le Code de procédure 
pénale, que de l'art. 315 selon lequel le Ministère public reprend d'office une instruction suspendue 
lorsque le motif de la suspension a disparu. 

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En l'espèce, l'instruction a été suspendue au motif que cette procédure est intimement liée à celle, 
suspendue en raison de l'absence d'arrestation, conduite à l'encontre de C.________, qui est 
fortement soupçonné d'être l'auteur du brigandage alors que pour sa part A.________ est 
soupçonné d'y avoir participé à titre d'instigateur et de coauteur, notamment en conduisant l'auteur 
et en faisant le guet. 

Or il n'est pas contesté que le premier nommé n'a toujours pas été arrêté et que n'est par ailleurs 
survenu, depuis la diffusion du mandat international le 14 novembre 2013, aucun événement de 
nature à modifier le cours de la procédure, comme le Ministère public l'a confirmé le 30 août 2017. 

Il en résulte que le motif de la suspension n'a pas disparu et que l'hypothèse visée par l'art. 315 
CPP n'est manifestement pas réalisée. 

b) Reste à examiner si une levée de la suspension est possible en d'autres circonstances, 
hors cas de procédure visée par l'art. 55a CP, non concernée en l'espèce. 

aa) Jurisprudence et doctrine ne sont guère abondantes à cet égard. Elles s'accordent cependant 
à retenir que, même lorsque le motif de la suspension n'a pas disparu, une reprise est possible par 
exemple si des faits nouveaux nécessitant des vérifications apparaissent, respectivement et plus 
généralement dans tous les cas où il apparait que des actes d'enquêtes doivent encore être 
effectués sans attendre la disparition du motif de suspension (RJN 2011 303; PIERRE CORNU, in 
Commentaire romand, Code de procédure pénale suisse, 2011, art. 315 n. 2; LANDSHUT/ 
BOSSHARD, in: Kommentar zur Schweizerischen Strafprozessordnung, 2014, art. 315 n. 1a).

En l'occurrence, le recourant ne se prévalait et ne se prévaut toujours pas d'un fait nouveau ou 
d'un besoin d'un nouvel acte d'enquête. 

bb) L'écoulement du temps sur une certaine durée en l'absence totale d'évolution de la situation 
peut-il lui aussi constituer un motif de mettre fin à la suspension ?

De l'avis de la Chambre, il doit être répondu positivement à cette question. En effet, d'une part ne 
doit pas être perdu de vue l'art. 29 Cst qui garantit à chacun le droit d'être jugé dans un délai 
raisonnable (TF arrêt 1B_163/2014 du 18 juillet 2014 consid. 2.2). D'autre part une suspension est 
en elle-même contraire au principe fondamental de célérité de la procédure pénale. Aussi est-il 
unanimement admis que la suspension doit rester exceptionnelle et être prononcée avec retenue 
(TF arrêt 1B_67/2011 du 13 avril 2011 consid. 4.2; PC CPP, MOREILLON/PAREIN-REYMOND, 2016, 
art. 314 n. 6; PIERRE CORNU, op. cit., art. 314 n. 1; LANDSHUT/BOSSHARD, op. cit., art. 314 n. 4, et 
les réf. citées). 

En l'espèce la suspension ne durait que depuis 8 mois au moment du recours mais elle remonte 
maintenant à plus de 4 ans. Elle est certes en lien avec celle prononcée pour l'instruction menée à 
l'encontre de C.________, du fait qu'il n'a pas été arrêté, lequel n'a aucun intérêt à se plaindre de 
l'écoulement du temps. Lorsque plusieurs personnes sont impliquées ou paraissent impliquées 
dans la commission d'un délit et que l'une d'entre elles demeure introuvable depuis longtemps, on 
ne saurait cependant imposer aux autres d'attendre la proximité de l'échéance du délai de 
prescription de l'action pénale pour voir leur cause enfin mise en jugement.  

Force est en outre de constater que, si les huit mois initiaux étaient clairement admissibles, les 
4 ans actuels de suspension doivent être considérés comme une longue durée, qu'aucune 
évolution n'est survenue durant cette période et que rien n’indique que le suspect principal puisse 
être localisé et arrêté dans un avenir prévisible. 

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Dans ces circonstances, la suspension de la procédure menée à l'encontre du recourant doit être 
considérée comme devenue contraire aux principes précités et la cause doit dès lors être reprise 
par le Ministère public pour examen de l'issue qui doit lui être donnée. Il n'y a en revanche aucun 
motif à ce stade d'enjoindre au Ministère public de prononcer un classement, comme demandé. 

Le recours doit dès lors être partiellement admis dans ce sens. 

3. a) Vu le sort du recours, les frais doivent être mis à la charge de l'Etat (art. 428 CPP, 
art. 35 et 43 RJ). 

b) Pour la procédure de recours, le recourant ayant obtenu partiellement gain de cause, il a 
le droit d’être indemnisé pour ses frais de défense (cf. arrêt TC FR 502 2017 216 du 
26 octobre 2017 consid. 6.2). Une indemnité réduite – compte tenu du gain partiel et du fait 
qu'initialement le recours n'avait pas le fondement issu de l'écoulement du temps – de CHF 500.-, 
débours compris mais TVA par CHF 40.- en sus, apparait justifiée.

la Chambre arrête:

I. Le recours est partiellement admis.

Partant, la suspension prononcée le 28 février 2013 de l'instruction ouverte à l'encontre de 
A.________ est levée et la reprise de celle-ci par le Ministère public est ordonnée pour 
examen de l'issue qui doit lui être donnée.  

II. Une indemnité de CHF 540.-, TVA comprise, est allouée à A.________ pour la procédure de 
recours. Elle est mise à la charge de l’Etat. 

III. Les frais sont fixés à CHF 600.- (émolument: CHF 500.-; débours: CHF 100.-) et sont mis à 
la charge de l'Etat. 

IV. Notification.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal fédéral dans les trente jours 
dès la notification de l’arrêt rédigé. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont 
déterminées par les art. 78 à 81 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). 
L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 30 novembre 2017

Le Président La Greffière