# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 25575d06-7241-559a-ba48-0b02da88690e
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2010-11-10
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 10.11.2010 A/3585/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-3585-2010_2010-11-10.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/3585/2010-MC ATA/784/2010  

ARRÊT 

DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

du 10 novembre 2010 

en section 

    dans la cause 

 

 

 

Monsieur N______ 
représenté par Me Michael Kaeser, avocat  

 
 
 
 

contre 
 
 
 
 
OFFICIER DE POLICE 
 

_________ 

Recours contre la décision de la commission cantonale de recours en matière 
administrative du 25 octobre 2010 (DCCR/1516/2010) 

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A/3585/2010 

EN FAIT 

1.  Le 12 juillet 2008, Monsieur N______, né le X______ 1990, originaire de 
Gambie, démuni de papiers d’identité, s’est présenté au contrôle de la police 
frontière de l’Aéroport de Genève-Cointrin. Le même jour, il a déposé une 
demande d’asile en Suisse. 

2.  Le 14 juillet 2008, l’office fédéral des migrations (ci-après : ODM) a refusé 
provisoirement l’entrée en Suisse de l’intéressé. Ce dernier devait rester dans la 
zone de transit de l’aéroport pendant soixante jours.  

  Après avoir auditionné M. N______, l’ODM a rejeté le 31 juillet 2008 la 
demande d’asile et prononcé le renvoi de Suisse de l’intéressé. Celui-ci devait 
quitter l’aéroport le jour suivant l’entrée en force de cette décision, faute de quoi il 
s’exposerait à des mesures de contrainte. A l’appui de son refus, l’ODM a retenu 
que les allégués de M. N______ quant aux dangers encourus dans son pays 
n’étaient pas établis et que les problèmes invoqués n’avaient pas eu d’incidence 
sur sa décision de quitter le pays, puisque ceux-ci remontaient à plus de sept ans. 
M. N______ avait en effet allégué qu’en 2000, il était étudiant à Sérékunda. A la 
suite du viol d’une étudiante et de la mort d’un étudiant, la Gambia Student Union 
(ci-après : GAMSU) avait interpellé le gouvernement. Sans réponse de ce dernier, 
les étudiants, dont lui-même, avaient fait grève. Lorsque l’un de ses amis avait été 
interpellé par la police, M. N______ avait quitté Sérékunda pour se rendre à 
Bassé, où il avait vécu chez une connaissance. Il avait quitté le pays en décembre 
2007 et était arrivé en Suisse via le Mali.  

  Il a soumis à l’ODM un document de la GAMSU indiquant qu’un nommé 
S______ , activiste connu et "news reporter" de la GAMSU, n’avait pas réussi à 
s’échapper.  

  Interrogé par l’ODM, M. N______ a cependant déclaré qu’il n’avait exercé 
aucune activité auprès de la GAMSU, ni eu de rôle politique en Gambie. 

3.  Le canton de Genève a été chargé du renvoi de l’intéressé. Le 12 septembre 
2008, M. N______ a indiqué à un fonctionnaire de l’office cantonal de la 
population (ci-après : OCP) avoir compris qu’il devait quitter la Suisse et 
collaborer pour l’obtention de documents de voyage. Il était disposé à se présenter 
au bureau d’aide au départ de la Croix-Rouge genevoise (ci-après : BAD) pour 
organiser son départ. A défaut, il s’exposerait à des mesures de contrainte. 

4.  Le 16 septembre 2008, le BAD a informé l’OCP que M. N______ s’était 
présenté en ses bureaux mais qu’il n’était pas intéressé à retourner dans son pays, 
craignant pour sa sécurité personnelle.  

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  Le 18 septembre 2008, lors d’un nouvel entretien à l’OCP, M. N______ a 
contesté avoir tenu les propos précités au BAD. Il allait au contraire reprendre 
contact avec celui-ci pour organiser son retour.  

5.  M. N______ a été condamné pénalement par le Procureur général par 
ordonnances de condamnation : 

 - du 7 mai 2009, à une peine pécuniaire de trente jours-amende assortie du 
sursis pendant trois ans, pour infraction à l’art. 19 ch. 1 de la loi fédérale sur les 
stupéfiants et les substances psychotropes du 3 octobre 1951 (LStup - RS 
812.121) et pour opposition aux actes de l’autorité (art. 286 du Code pénal suisse 
du 21 décembre 1937 - CP - RS 311.0) ; 

 - le 12 février 2010, à une peine privative d’ensemble de soixante jours pour 
infraction à l’art. 19 ch. 1 LStup. La révocation du sursis précédent a été 
ordonnée. 

6.  Le 19 mars 2010, l’ODM a informé l’OCP que M. N______ avait été 
reconnu comme ressortissant de la Gambie par la délégation de ce pays lors des 
auditions centralisées auxquelles elle avait procédé le 12 mars 2010. L’ODM a 
alors invité l’OCP à réserver un vol auprès de SwissRepat pour exécuter le renvoi 
de l’intéressé. 

7.  Le 4 mai 2010, l’OCP a informé l’Hospice général (ci-après : l’hospice) que 
M. N______ ne s’était plus manifesté depuis le 6 avril 2010. 

8.  Entendu par un fonctionnaire de l’OCP le 11 mai 2010, M. N______ a 
expliqué avoir disparu depuis le 6 avril 2010 parce qu’il avait des problèmes avec 
la police et craignait de devoir aller en prison. Le 20 mai 2010, lors d’un entretien 
à l’OCP toujours, M. N______ a déclaré qu’il s’était présenté au BAD et qu’il 
était prêt à s’inscrire à un programme de départ. Cependant, il lui fallait encore un 
mois ou deux pour prendre contact préalablement avec sa famille. 

9.  Le 25 mai 2010, l’OCP a prié la police d’exécuter le renvoi de l’intéressé à 
destination de la Gambie. Le 16 juin 2010, un laissez-passer a été délivré par le 
consulat de Gambie au nom de M. N______, valable pour une durée de trois mois 
comme cela résulte d’un courrier de l’ODM du 16 juin 2010. Le vol à destination 
de Banjul réservé le 6 juillet 2010 pour renvoyer l’intéressé a néanmoins dû être 
annulé, celui-ci étant introuvable au Foyer des Tattes où il était supposé résider. 

10.  Entendu par un fonctionnaire de l’OCP les 2 septembre et 21 octobre 2010, 
M. N______ a expliqué qu’il se trouvait entre le 6 avril et le 10 mai 2010 chez 
une copine à Versoix. Il en était de même le 6 juillet 2010. Il avait tenté en vain 
d’entrer en contact avec sa famille et il avait encore besoin d’un mois ou deux 
pour s’assurer qu’il n’aurait pas de problème en rentrant dans son pays. 

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11.  Le 21 octobre 2010, le commissaire de police a ordonné la mise en détention 
administrative de l’intéressé pour trois mois après avoir procédé à l’audition de 
celui-ci en présence d’un interprète anglais. A l’occasion de cette déclaration, 
M. N______ a indiqué qu’il ne souhaitait pas que son consulat national soit avisé. 
Il s’opposerait à son retour en Gambie car sa vie y était menacée en raison du fait 
qu’il avait participé à des grèves d’étudiants avant de demander l’asile politique 
en Suisse. 

12. a. Entendu par la commission cantonale de recours en matière administrative 
(ci-après : CCRA) le 25 octobre 2010 en présence d’un interprète anglais, M. 
N______ a admis qu’il était ressortissant gambien. 

  Le 6 juillet 2010, il s’était absenté momentanément du foyer dans lequel il 
résidait et contestait avoir déclaré à l’officier de police ne pas vouloir rentrer dans 
son pays. Il a répété qu’il avait besoin d’un peu de temps pour contacter sa famille 
avec laquelle il n’avait plus de rapports depuis deux ans. Il voulait simplement 
savoir si, selon les membres de celle-ci, il pouvait rentrer dans son pays en toute 
sécurité. Il se disait prêt à partir de lui-même pour autant qu’il soit assuré de ne 
courir aucun risque en arrivant en Gambie. Il avait la ferme intention de tout tenter 
pour entrer en contact avec sa famille d’ici la fin du mois de novembre 2010. S’il 
pouvait bénéficier d’un délai de deux mois, il serait plus rassuré. 

  Finalement, il serait d’accord de prendre l’avion vers la fin novembre 2010 
même s’il ne pouvait pas d’ici là entrer en contact avec sa famille car il n’avait 
pas d’autre solution. 

 b. La représentante de l’officier de police a déclaré que le premier laissez-
passer délivré par le consulat de Gambie était échu. Une réservation avait été faite 
auprès de SwissRepat pour un vol entre le 23 et le 30 novembre 2010, la demande 
d’un nouveau laissez-passer ne pouvait être déposée tant que la réservation du vol 
n’était pas effectuée. Elle a sollicité la confirmation de l’ordre de mise en 
détention administrative pour trois mois afin de permettre l’exécution du renvoi de 
l’intéressé comme prévu, d’ici fin novembre 2010.  

13.  Par décision du 25 octobre 2010, la CCRA a confirmé l’ordre de mise en 
détention administrative mais pour quarante-cinq jours seulement, soit jusqu’au 5 
décembre 2010, en considérant que les conditions d’application de l’art. 76 al. 1 
let. b de la loi fédérale sur les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr - RS 142.20) 
étaient remplies, l’intéressé ayant démontré par son comportement qu’il n’avait 
pas l’intention de collaborer à son retour dans son pays d’origine, étant précisé 
qu’il avait déjà disparu dans la clandestinité entre le 6 avril et le 10 mai 2010. Le 
6 juillet 2010, il était introuvable alors qu’il aurait pu être renvoyé le même jour. 
Les autorités avaient fait preuve de toute la diligence requise en réservant un vol 
pour la dernière semaine de novembre, ce qui leur permettrait dans l’intervalle 
d’obtenir un nouveau laissez-passer. La prolongation de la détention pour 

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quarante-cinq jours était adéquate, conforme au droit et respectait le principe de 
proportionnalité. 

14.  Cette décision a été signifiée à l’intéressé le 25 octobre 2010. 

15.  Le 1er novembre 2010, M. N______ a recouru auprès du Tribunal 
administratif contre cette décision en concluant préalablement à ce qu’il soit 
autorisé à compléter ses écritures après réception et consultation de son dossier 
"exécution du renvoi" auprès de l’ODM. Principalement, son recours devait être 
admis et sa mise en liberté immédiate ordonnée. Subsidiairement, la décision de la 
CCRA devait être annulée et la détention administrative réduite au 30 novembre 
2010. En tout état, il sollicitait une indemnité de procédure. 

16.  La CCRA a produit son dossier le 4 novembre 2010.  

17.  L’officier de police a déposé son dossier et ses observations le 5 novembre 
2010. Il s’est référé à l’exposé des faits de la décision de la CCRA. Sur le fond, il 
a conclu au rejet du recours, une prolongation de délai de quarante-cinq jours 
respectant le principe de proportionnalité. Depuis plus de deux ans, M. N______ 
n’était pas parvenu à prendre contact avec sa famille comme il le souhaitait. Or, il 
avait bien disparu dans la clandestinité pendant la période sus-indiquée et n’était 
pas présent lorsque son renvoi aurait pu être exécuté le 6 juillet 2010 déjà.  

  Par ailleurs, la demande de réservation de vol SwissRepat pour la semaine 
du 23 au 30 novembre 2010 avait été présentée lors de l’audience de comparution 
personnelle devant la CCRA, ce qu’attestait le document joint au recours. Un 
nouveau laissez-passer avait été sollicité par l’ODM le 28 octobre 2010 auprès du 
consulat général de la République de Gambie à Schlieren, ainsi que le démontrait 
la pièce produite. 

  Toute diligence avait donc été faite et les tergiversations de M. N______ 
déclarant tantôt vouloir partir, tantôt vouloir différer son départ pour avoir le 
temps de prendre contact avec sa famille n’étaient pas crédibles dès lors qu’il 
avait émis ce souhait en 2008 déjà. 

18.  Sur quoi, la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1.  Interjeté le 1er novembre 2010 auprès de la juridiction compétente, le 
recours dirigé contre la décision de la CCRA du 25 octobre 2010, remise le même 
jour à M. N______ l’a été en temps utile et il est recevable (art. 56A al. 1 et 2 de 
la loi sur l’organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - LOJ - E 2 05 ; art. 63 al. 
1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA - E 5 

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10 ; 10 al. 1 de la loi d'application de la loi fédérale sur les étrangers du 16 juin 
1988 (LaLEtr - F 2 10). 

2.  Selon l’art. 10 al. 2 LaLEtr, le Tribunal administratif doit juger dans les dix 
jours qui suivent sa saisine. Ayant reçu le recours le 2 novembre 2010 et statuant 
ce jour, il respecte ce délai. 

3.  Les conditions de délai minimales imposées par les art. 8 al. 3 et 9 al. 3 
LaLEtr ayant été respectés, c’est à juste titre que la CCRA a abordé le fond du 
litige. 

4.  La juridiction de céans est compétente pour apprécier l’opportunité des 
décisions portées devant elle (art. 10 al. 2 LaLEtr). Elle peut confirmer, réformer 
ou annuler la décision attaquée ; cas échéant, elle ordonne la mise en liberté de 
l’étranger (art. 10 al. 3 LaLEtr). 

5.  Le recourant sollicite la possibilité de compléter ses écritures après 
réception et consultation de son dossier "exécution du renvoi" auprès de l’ODM. 
Le dossier produit par l’autorité intimée est à disposition du conseil de l’intéressé 
au greffe de la juridiction et il comporte les pièces produites concernant 
notamment la réservation d’un vol durant la dernière semaine de novembre et la 
demande de laissez-passer.  

6. a. Le droit d’être entendu au sens de l'art. 29 de la Constitution fédérale de la 
Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101) est une garantie de nature 
formelle dont la violation entraîne, lorsque sa réparation par l'autorité de recours 
n'est pas possible, l'annulation de la décision attaquée sans égard aux chances de 
succès du recours sur le fond (ATF 133 III 235 consid. 5.3 p. 250 ; Arrêt du 
Tribunal fédéral 5A.12/2006 du 23 août 2006 consid. 3.1 et les arrêts cités ; 
1P.179/2002 du 2 septembre 2002 consid. 2.2 ; ATA/172/2004 du 2 mars 2004 
consid. 5b). Sa portée est déterminée en premier lieu par le droit cantonal (art. 41 
ss LPA) et le droit administratif spécial (ATF 124 I 49 consid. 3a p. 51 et les 
arrêts cités ; Arrêt du Tribunal fédéral 2P.39/2006 du 3 juillet 2006 consid. 3.2). 
Si la protection prévue par ces lois est insuffisante, ce sont les règles 
minimales déduites de la Cst. qui s’appliquent (art. 29 al. 2 Cst. ; Arrêt du 
Tribunal fédéral 2P.39/2006 du 3 juillet 2006 consid. 3.2 et les 
arrêts cités ; A. AUER/G. MALINVERNI/M. HOTTELIER, Droit constitutionnel 
suissse, Berne 2006, Vol. 2, 2ème éd., p. 603, n. 1315 ss ; B. BOVAY, Procédure 
administrative, Berne 2000, p. 198). Quant à l'art. 6 § 1 de la Convention de 
sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 
1950 (CEDH - RS 0.101), il n'accorde pas au justiciable de garanties plus 
étendues que celles découlant de l'art. 29 al. 2 Cst. (Arrêt du Tribunal fédéral  
4P.206/2005 du 11 novembre 2005 consid. 2.1 et arrêts cités).  

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 b. En l’espèce, il sera statué au vu du dossier tel qu’il est constitué selon l’art. 
7A LaLEtr sans qu’il soit nécessaire de requérir de l’ODM son dossier "exécution 
du renvoi", les seules pièces pertinentes étant la réservation du vol pour la 
dernière semaine de novembre 2010, attestant du jour exact du vol d’une part, et 
la demande de laissez-passer adressée fin octobre 2010 au consulat général de 
Gambie, d’autre part. La brièveté des délais dans lesquels le tribunal de céans doit 
statuer ne permet pas d’obtenir un dossier d’"exécution du renvoi" qui serait en 
possession de l’ODM. 

  Ce mode de procéder ne viole en rien le droit d’être entendu du recourant 
qui, valablement représenté, a eu accès à son dossier, de même qu’à celui de 
l’autorité intimée. 

7. a. L’étranger qui a fait l’objet d’une décision de renvoi peut être mis en 
détention administrative si des éléments concrets font craindre qu’il entend se 
soustraire à son expulsion, en particulier parce qu’il ne se soumet pas à son 
obligation de collaborer au sens de l’art. 90 LEtr ou de l’art. 8 al. 1 let. a ou al. 4 
de la loi sur l’asile du 26 juin 1998- LAsi - RS 142.31 (art. 76 al. 1 let. b ch. 3 
LEtr). Il en va de même si son comportement permet de conclure qu’il se refuse à 
obtempérer aux instructions des autorités (art. 76 al. 1 let. b ch. 4 LEtr). L’art. 76 
al. 1 let. b ch. 3 et 4 LEtr décrivent tous deux des comportements permettant de 
conclure à l’existence d’un risque de fuite ou de disparition. Ces deux éléments 
doivent donc être envisagés ensemble (Arrêt du Tribunal fédéral 2C.128/2009, 
consid. 3.1 du 30 mars 2009). 

 b. Un risque de fuite existe lorsque l’étranger a déjà disparu une première fois 
dans la clandestinité, qu’il tente d’entraver les démarches en vue de l’exécution du 
renvoi en donnant des indications manifestement inexactes ou contradictoires, ou 
encore lorsqu’il laisse clairement apparaître qu’il n’est pas disposé à retourner 
dans son pays d’origine (ATF 130 II 56 consid. 3.1, et jurisprudence citée). 
Lorsqu’il existe un risque de fuite, le juge de la détention doit établir un pronostic 
en déterminant s’il existe des garanties que l’étranger prête son concours à 
l’exécution du renvoi, soit qu’il se conformera aux instructions de l’autorité et 
regagnera ainsi son pays d’origine le moment venu, c’est-à-dire lorsque les 
conditions seront réunies. Dans ce cas, le juge de la détention dispose d’une 
certaine marge d’appréciation (Arrêt du Tribunal fédéral 2C.400/2009, consid. 3.1 
du 16 juillet 2009). 

  Selon l’état de faits relaté ci-dessus, M. N______ sait depuis le 31 juillet 
2008 qu’il doit quitter le territoire suisse, sa demande d’asile ayant été rejetée ce 
jour-ci et son renvoi prononcé. 

  Dans la déclaration qu’il a faite à l’ODM, M. N______ a indiqué n’avoir 
jamais exercé d’activité politique dans son pays ni été membre de la GAMSU. Par 
ailleurs, il a fait des déclarations contradictoires quant à sa volonté de quitter la 

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Suisse, se disant parfois prêt à le faire et s’y opposant à d’autres occasions. Depuis 
2008, il argue du fait qu’il voudrait prendre contact avec sa famille pour s’assurer 
qu’il ne court aucun danger en rentrant en Gambie tout en alléguant qu’il n’a pas 
de nouvelles des membres de sa famille depuis deux ans. Il n’a de plus entrepris 
aucune démarche pour obtenir des documents d’identité n’ayant jamais contesté 
être ressortissant gambien. 

  Le 12 mars 2010, il a été reconnu comme tel par les autorités gambiennes 
venues l’entendre en Suisse. 

  Il a disparu du Foyer des Tattes entre le 6 avril et le 10 mai 2010 ce qui est 
avéré. Il était inatteignable de même le 6 juillet 2010, date à laquelle il aurait pu 
être renvoyé en Gambie. 

  Il est ainsi démontré que M. N______ ne collabore pas à l’exécution de son 
renvoi et fait au contraire tout pour s’y opposer, de sorte que les conditions 
d’application de l’art. 76 al. 1 let. b ch. 3 et 4 LEtr sont remplies. 

8.  Selon l’art. 80 al. 6 let. a LEtr, si l’exécution du renvoi s’avère impossible 
pour des raisons juridiques ou matérielles ou qu’il ne peut être raisonnablement 
exigé, cette dernière disposition légale renvoyant à l’art. 83 al. 1 à 4 LEtr, la 
détention peut être levée. Or, les motifs invoqués par l’intéressé quant aux 
éventuels dangers auxquels il serait exposé en Gambie sont les mêmes que ceux 
dont il s’est prévalu pour solliciter l’asile, alors que sa demande a été rejetée par 
une décision définitive et exécutoire. Le recourant n’a jamais allégué ni démontré 
qu’il serait le dénommé S______ mais a déclaré ne jamais avoir eu d’activité au 
sein de la GAMSU et encore moins exercé d’activité politique. Dans ces 
conditions, son renvoi en Gambie n’est nullement impossible. 

9.   Seul le maintien en détention administrative permettra d’assurer la présence 
de l’intéressé à fin novembre 2010 étant précisé que selon les documents produits, 
une place sur un vol est d’ores et déjà réservée sans qu’il s’agisse d’un vol forcé et 
la demande de laissez-passer pouvant aboutir rapidement, l’identité de l’intéressé 
de même que sa nationalité étant établies. 

10.  En conséquence, la durée de la détention déjà réduite à quarante-cinq jours 
par la CCRA, permettra le renvoi de l’intéressé à la date prévue. M. N______ 
aurait d’ailleurs déjà pu être renvoyé le 6 juillet 2010 déjà, de sorte que la 
prolongation de sa détention lui incombe. Aucune autre mesure moins incisive, 
telle qu’une assignation à résidence comme il le suggère, ne serait de nature à 
assurer sa présence le jour idoine pour les raisons sus-indiquées. Le maintien en 
détention pour la durée précitée respecte donc le principe de proportionnalité. 

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11.  En tous points mal fondé, le recours sera rejeté. Aucun émolument ne sera 
perçu, la procédure étant gratuite (art. 12 du règlement sur les frais, émoluments et 
indemnités en procédure administrative du 30 juillet 1986 - RFPA - E 5 10.03). 

 

* * * * * 

PAR CES MOTIFS 

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 

à la forme : 

déclare recevable le recours interjeté le 1er novembre 2010 par Monsieur N______ 
contre la décision de la commission cantonale de recours en matière administrative du 
25 octobre 2010 ; 

au fond : 

le rejette ; 

dit qu’il n’est pas perçu d’émolument ; 

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière 
de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens 
de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé 
au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique le présent arrêt à Me Michael Kaeser, avocat du recourant, à l’officier de 
police, à la commission cantonale de recours en matière administrative, à l’office 
cantonal de la population, à l’office fédéral des migrations ainsi qu’au centre Frambois 
LMC, pour information. 

Siégeants : M. Thélin, président, Mme Hurni, M. Dumartheray, juges. 

 

 

 

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Au nom du Tribunal administratif : 

la greffière-juriste : 
 
 

M. Tonossi 

 le vice-président : 
 
 

Ph. Thélin 
 
 

 

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 
 
 

 la greffière :