# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** b6104284-81aa-5063-a5dd-e6949eb16723
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2020-09-07
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile (Sommaires) 07.09.2020 C/26430/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_002_C-26430-2019_2020-09-07.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 25.09.2020. 

 

R É P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/26430/2019 ACJC/1306/2020 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU LUNDI 7 SEPTEMBRE 2020 

Entre 

A______ SA, sise ______, recourante contre un jugement rendu par la 7ème Chambre 
du Tribunal de première instance de ce canton le 8 juin 2020, comparant par  

Me Damien Blanc, avocat, place de l'Octroi 15, case postale 1007, 1227 Carouge, en 

l'étude duquel elle fait élection de domicile, 

et 

B______ SA, sise _______, intimée, comparant en personne.  

 

 

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C/26430/2019 

EN FAIT 

A. Par jugement JTPI/7064/2020 du 8 juin 2020, reçu par A______ SA le 24 juin 
2020, le Tribunal de première instance, statuant par voie de procédure sommaire, 

a prononcé, à hauteur de 10'000 fr. avec intérêts à 5% dès le 12 avril 2018, la 

mainlevée provisoire de l'opposition formée au commandement de payer 

poursuite n° 1______ notifié par B______ SA à A______ SA (ch. 1 du dispositif) 

et a condamné cette dernière à payer à B______ SA 400 fr. au titre des frais 

judiciaires (ch. 2 et 3). 

B. a. Le 3 juillet 2020, A______ SA a formé recours contre ce jugement, concluant à 
ce que la Cour de justice l'annule et déboute B______ SA de toutes ses 

conclusions. 

 b. B______ SA n'a pas répondu au recours dans le délai qui lui a été imparti pour 
ce faire par la Cour. 

 c. Les parties ont été informées le 13 août 2020 de ce que la cause était gardée à 
juger. 

C. Les faits pertinents suivants résultent du dossier. 

 a. La société C______ SA, anciennement sise 2______ à D______ [VD], a été 
inscrite au registre du commerce du canton de Vaud le ______ 2017. Elle a 

comme but social notamment la fourniture de services dans les domaines du sport, 

de l'audiovisuel et de l'événementiel. 

 Le 23 août 2017, E______ est devenu administrateur avec signature individuelle 
de C______ SA.  

 Le siège social de C______ SA a été transféré de D______ [VD] à F______ (GE) 

le ______ 2018 et la société a été inscrite au registre du commerce de Genève. 

 Le 8 février 2018, la raison sociale de C______ SA a été transformée en A______ 

SA. Le but social de la société et son administrateur sont restés inchangés. 

 b. Le 13 mars 2018, B______ SA a soumis à C______ SA une offre rédigée en 
anglais pour la fourniture d'un système d'éclairage LED pour un événement sportif 

se tenant à Genève le 26 mars 2018. Le prix de ce service était de 30'000 fr. pour 

un match.  

 A ce montant s'ajoutaient les frais d'hôtel pour tous les employés de B______ SA, 
lesquels n'étaient par chiffrés. 

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C______ SA a apposé son timbre humide sur cette offre, ainsi que deux signatures 

manuscrites. Le timbre indique que la société est sise 2______, à D______ [VD]. 

 c. Le 29 mars 2018, B______ SA a envoyé à C______ SA une facture en anglais 
de 24'087 fr. pour l'événement du 26 mars 2018 à Genève. Cette facture était 

libellée comme suit : 27'855 fr. au titre de location d'un système LED, sous 

déduction de 20'000 fr. d'acompte, montant auquel s'ajoutaient 3'080 fr. de 

"Setting costs Netherland", 2'800 fr. de "Setting costs Portugal" et 7'200 fr. de 

"Short-term LED production & setting costs", ainsi que la TVA, en 3'152 fr. 

 d. Le 20 décembre 2018, B______ SA a fait notifier à A______ SA un 
commandement de payer, poursuite n° 1______, portant sur 24'087 fr. avec 

intérêts à 5% dès le 12 avril 2018 au titre de facture LED pour un match de 

______. E______, administrateur de A______ SA, a formé opposition à ce 

commandement de payer. 

 e. Le 18 novembre 2019, B______ SA a requis la mainlevée de cette opposition.  

 Elle a notamment produit à l'appui de sa requête son offre du 13 mars 2018 et la 
facture du 29 mars 2018, sans fournir de traduction de ces documents. 

 f. Aucune des parties n'était présente ou représentée à l'audience du Tribunal du 
25 mai 2020, à l'issue de laquelle la cause a été gardée à juger. 

EN DROIT 

1. 1.1 S'agissant d'une procédure de mainlevée, seule la voie du recours est ouverte 
(art. 319 let. a et 309 let. b ch. 3 CPC). La procédure sommaire s'applique 

(art. 251 let. a CPC). 

 Aux termes de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC, le recours, écrit et motivé, doit être 

introduit auprès de l'instance de recours dans les dix jours à compter de la 

notification de la décision motivée, pour les décisions prises en procédure 

sommaire. 

En l'espèce le recours est conforme à ces exigences, de sorte qu'il est recevable. 

1.2 Dans le cadre d'un recours, le pouvoir d'examen de la Cour est limité à la 
violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 

CPC). L'autorité de recours a un plein pouvoir d'examen en droit, mais un pouvoir 

limité à l'arbitraire en fait, n'examinant par ailleurs que les griefs formulés et 

motivés par la partie recourante (HOHL, Procédure civile, Tome II, 2
ème

 éd., Berne, 

2010, n° 2307). 

Les maximes des débats et de disposition s'appliquent (art. 55 al. 1, 255 lit. a 

a contrario et 58 al. 1 CPC).  

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2. Le Tribunal a considéré que l'offre du 13 mars 2018, signée par C______ SA, qui 
prévoit un coût de 30'000 fr., constituait une reconnaissance de dette pour le 

montant de 27'855 fr. plus TVA, sous déduction du montant de 20'000 fr. déjà 

réglé, visé dans la facture du 29 mars 2018. Aucun titre de mainlevée n'ayant été 

produit pour les autres postes de ladite facture, la mainlevée provisoire de 

l'opposition devait être prononcée à hauteur de 10'000 fr., avec intérêts. 

 La recourante fait valoir que les pièces rédigées en anglais produites par l'intimée 
doivent être écartées de la procédure, de sorte qu'aucun titre de mainlevée valable 

n'avait été fourni par l'intimée. La requête de mainlevée n'était pas signée et devait 

être déclarée irrecevable. La signature figurant sur l'offre de l'intimée n'était pas 

celle de E______, administrateur unique de la recourante. De plus, au 26 mars 

2018, la société C______ SA était devenue A______ SA. C'était par conséquent à 

tort que le Tribunal avait prononcé la mainlevée provisoire. 

 2.1.1 Selon l'art. 82 al. 1 LP, le créancier dont la poursuite se fonde sur une 
reconnaissance de dette constatée par acte authentique ou sous seing privé peut 

requérir la mainlevée provisoire.   

Constitue une reconnaissance de dette au sens de cette disposition, en particulier, 

l'acte sous seing privé, signé par le poursuivi ou son représentant, d'où ressort sa 

volonté de payer au poursuivant, sans réserve ni condition, une somme d'argent 

déterminée, ou aisément déterminable, et exigible (ATF 139 III 297 consid. 

2.3.1).  

Un contrat écrit justifie en principe la mainlevée provisoire de l'opposition pour la 

somme d'argent incombant au poursuivi lorsque les conditions d'exigibilité de la 

dette sont établies et, en particulier dans les contrats bilatéraux, lorsque le 

poursuivant prouve avoir exécuté les prestations dont dépend l'exigibilité. Un 

contrat bilatéral ne vaut ainsi reconnaissance de dette que si le poursuivant a 

rempli ou garanti les obligations légales ou contractuelles exigibles avant le 

paiement dont il requiert le recouvrement, ou au moment de ce paiement, c'est-à-

dire s'il a exécuté ou offert d'exécuter sa propre prestation en rapport d'échange 

(arrêt du Tribunal fédéral 5A_1017/2017 du 12 septembre 2018 consid. 4.1.1). 

L'exception d'inexécution n'est pas relevée d'office par le juge. Le débiteur a ainsi 

la charge d'invoquer l'absence d'exécution (ABBET/VEUILLET, La mainlevée de 

l'opposition, 2017, ad art. 82 LP, n. 144). 

A moins qu'elle ne paraisse d'emblée suspecte - ce que le juge vérifie d'office - la 

signature manuscrite est présumée authentique. Il appartient au débiteur de rendre 

vraisemblable une éventuelle falsification. Celui-ci ne peut donc se contenter de 

contester l'authenticité; il doit démontrer au moyen de pièces ou d'autres moyens 

de preuve immédiatement disponibles qu'il est plus vraisemblable que la signature 

soit fausse qu'authentique (ABBET/VEUILLET, op. cit., , ad art. 82 LP, n. 16). 

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2.1.2 Selon l'art. 129 CPC, la procédure est conduite dans la langue officielle du 
canton dans lequel l'affaire est jugée. 

Les actes des parties sont adressés au tribunal sous forme de documents papier ou 

électroniques. Ils doivent être signés (art. 130 al. 1 CPC). 

Le Tribunal fixe un délai pour la rectification des vices de forme telle l'absence de 

signature (art. 132 al. 1 CPC). 

Selon la doctrine, si une partie procède dans une autre langue, un délai doit alors 

lui être imparti en vertu de l'art. 132 CPC pour procéder dans la langue officielle. 

Cela étant, il n'y a pas lieu de faire de formalisme excessif, notamment s'agissant 

des pièces accompagnant les écritures. Si l'on doit exiger que les écritures des 

parties soient rédigées dans la langue officielle et que les débats se déroulent dans 

cette langue, il y a lieu de se montrer plus souple en ce qui concerne les titres 

produits en procédure. Par ailleurs, le principe de la bonne foi implique que, si ni 

le juge ni l'autre partie ne réagissent à la production de titres en langue étrangère, 

l'on doit considérer que le vice est cas échéant couvert. Cette hypothèse pourra se 

présenter notamment lorsque les titres sont rédigés dans une langue répandue et 

connue comme l'anglais (BOHNET, Commentaire romand, ad art. 129 CPC, n. 3 et 

4). 

2.1.3 Selon l'art. 52 CPC, quiconque participe à la procédure doit se conformer 
aux règles de la bonne foi. 

Le principe de la bonne foi s'oppose à ce que des griefs d'ordre formel qui auraient 

pu être soulevés à un stade antérieur soient invoqués plus tard, une fois connue 

l'issue défavorable du litige (ATF 130 III 66 consid. 4.3; 132 II 485 consid. 4.3; 

134 I 20 consid. 4.3.1; arrêt du Tribunal fédéral 5A_641/2011 du 23 février 2012 

consid. 4.1.2). 

En tant qu’il sanctionne un comportement répréhensible de l’autorité dans ses 
relations avec le justiciable, l’interdiction du formalisme excessif poursuit le 
même but que le principe de la bonne foi. A cet égard, il commande à l’autorité 
d’éviter de sanctionner par l’irrecevabilité les vices de procédure aisément 
reconnaissables qui auraient pu être redressés à temps, lorsqu’elle pouvait s’en 
rendre compte assez tôt et les signaler utilement au plaideur (arrêt du Tribunal 

fédéral 2C_889/2011 du 3 novembre 2011 consid. 3.2; ATF 127 I 31,  

JdT 2011 I 727; TC/FR du 28 mars 2012 (101 2011-46) consid. 2.c/bb). 

Une partie qui n'a pas contesté en première instance l'authenticité d’un acte ni son 
contenu n’est plus habilitée, sans contrevenir aux règles de la bonne foi, à la 
contester ni en procédure de recours cantonal ni en procédure fédérale (arrêt du 

Tribunal fédéral 5A_344/2012 du 18 septembre 2012 consid. 4.4). 

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2.1.4 Les conclusions, allégations de fait et preuves nouvelles sont irrecevables 
dans le cadre d'un recours (art. 326 al. 1 CPC). 

2.2 En l'espèce, conformément à la jurisprudence précitée, le Tribunal pouvait 
parfaitement se dispenser d'exiger une traduction des pièces produites en anglais 

par l'intimée. En tout état de cause, un éventuel vice sur ce point est couvert par le 

fait que la recourante n'a pas réclamé de traduction des pièces concernées en 

première instance. 

Il n'y a dès lors pas lieu d'écarter les pièces rédigées en anglais du dossier. 

La recourante soulève pour la première fois devant le Cour un grief formel, à 

savoir que la requête de mainlevée déposée par l'intimée n'était pas signée.  

Conformément à la jurisprudence précitée, cette manière de procéder est contraire 

à la bonne foi.  

Si la recourante avait soulevé ce grief devant le Tribunal, celui-ci aurait imparti à 

l'intimée, conformément à l'art. 132 al. 1 CPC, un délai pour remédier à l'absence 

de signature.  

Il serait ainsi constitutif de formalisme excessif de sanctionner par l'irrecevabilité, 

au stade du recours, l'absence de signature de la requête, soit un vice de procédure 

qui aurait pu être redressé à temps, s'il avait été signalé en temps utile au plaideur. 

Le grief de la recourante concernant l'absence de signature de la requête doit par 

conséquent être rejeté. Cela est d'autant plus vrai que la recourante n'a jamais 

remis en cause l'authenticité de la requête déposée par l'intimée. 

La recourante fait par ailleurs valoir que, contrairement à ce qu'a retenu le 

Tribunal, l'intimée n'a pas produit de reconnaissance de dette. 

Dans la mesure où l'ancienne raison sociale de la recourante est C______ SA et 

que celle-ci était sise par le passé au 2______ à D______ [VD], il convient de 

retenir que c'est bien le timbre humide de la recourante qui figure sur l'offre de 

l'intimée du 13 mars 2018. 

L'allégation de la recourante selon laquelle les signatures figurant en regard de son 

timbre humide seraient fausses sont nouvelles, et par conséquent irrecevables. 

Les signatures en question n'ont au demeurant rien de suspect. Une signature 

manuscrite étant présumée authentique, le Tribunal a ainsi retenu à bon droit que 

la présence desdites signatures en regard du timbre humide de la recourante 

constituait une acceptation de l'offre de l'intimée, portant sur l'installation d'un 

système d'éclairage LED pour le prix de 30'000 fr. 

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Aucun élément du dossier ne permet par ailleurs de retenir que la prestation 

convenue n'a pas été fournie par l'intimée, étant rappelé que la recourante n'a pas 

formulé d'allégation en ce sens devant le Tribunal. 

Il résulte de ce qui précède que le contrat du 13 mars 2018 et la facture du 29 mars 

2018 valent bien titre de mainlevée provisoire de l'opposition formée par la 

recourante au commandement de payer notifié par l'intimée. 

La recourante ne conteste par ailleurs pas le montant pour lequel la mainlevée a 

été prononcée. 

Le recours doit dès lors être rejeté. 

3. La recourante, qui succombe, sera condamnée aux frais judiciaires de recours, 
arrêtés à 600 fr. (art. 48 et 61 OELP) et compensés avec l'avance versée, acquise à 

l'Etat de Genève (art. 111 al. 1 CPC). 

 L'intimée n'ayant pas répondu au recours, il n'y a pas lieu de lui allouer de dépens. 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 
La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable le recours interjeté par A______ SA contre le jugement 

JTPI/7064/2020 rendu le 8 juin 2020 par le Tribunal de première instance dans la cause 

C/26430/2019-7 SML. 

Au fond : 

Rejette ce recours. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Met à charge de A______ SA les frais judiciaires de recours, arrêtés à 600 fr. et 

compensés avec l'avance versée, acquise à l'Etat de Genève. 

Dit qu'il n'est pas alloué de dépens. 

Siégeant : 

Monsieur Laurent RIEBEN, président; Madame Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ 

et Monsieur Ivo BUETTI, juges; Madame Mélanie DE RESENDE PEREIRA, greffière. 

 

Le président : 

Laurent RIEBEN 

 La greffière : 

Mélanie DE RESENDE PEREIRA 

 

 

 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 113 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours constitutionnel subsidiaire. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 30'000 fr.