# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 086284c8-5f3a-5929-a2f1-5963a735abbe
**Source:** Bundesverwaltungsgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2011-08-25
**Language:** fr
**Title:** Bundesverwaltungsgericht 25.08.2011 C-5206/2010
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BVGer/CH_BVGE_001_C-5206-2010_2011-08-25.pdf

## Full Text

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t

T r i buna l   adm in i s t r a t i f   f édé ra l

T r i buna l e   ammin i s t r a t i vo   f ede ra l e

T r i buna l   adm in i s t r a t i v   f ede ra l

Cour III
C­5206/2010
C­5207/2010

A r r ê t   d u   2 5   a oû t   2 0 1 1

Composition Bernard Vaudan (président du collège), 
Blaise Vuille, Jean­Daniel Dubey, juges,
Georges Fugner, greffier.

Parties A._______, 
B._______
représentés par Maître Jean­Pierre Garbade, 
rue de la Synagogue 41, case postale 5654
1211 Genève 11,
recourants, 

contre

Office fédéral des migrations (ODM), Quellenweg 6, 
3003 Berne,   
autorité inférieure. 

Objet Refus d'approbation à l'octroi d'une autorisation de séjour en 
dérogation aux conditions d'admission (art. 30 al. 1 let. b 
LEtr) et renvoi.

C­5206/2010
C­5207/2010

Page 2

Faits :

A. 
A._______,  ressortissant  des  Philippines  né  en  1968  et  sa  compatriote 
B._______, née en 1972, ont été découverts  le 8  juin 2008 en situation 
irrégulière à Genève, dans le cadre d'une intervention policière pour des 
violences domestiques.

B.
Lors  de  son  audition  du  9  juin  2008  par  le  Gendarmerie  de  Carouge, 
A._______  a  déclaré  être  arrivé  à  Genève  le  30  juillet  1998  et  y  avoir 
depuis lors séjourné et travaillé sans autorisation. Il a expliqué qu'il avait 
été engagé par divers employeurs comme homme de ménage ou comme 
gardien,  qu'il  vivait  en Suisse avec  la dénommée B._______, mais qu'il 
avait encore son épouse et sa  fille aux Philippines et qu'il était en outre 
père  d'un  fils  de  deux  ans,  né  d'une  relation  avec  une  compatriote 
résidant à Genève, mais dont il ignorait l'adresse. 

Le 10 septembre 2008, il a présenté une demande formelle d'autorisation 
de séjour.

Entendu  le  4  novembre  2008  par  l'Office  cantonal  de  la  population  (ci­
après: OCP)  au  sujet  de  sa  situation  personnelle,  A._______  a  exposé 
qu'il était venu en Suisse en 1998 pour y rejoindre son épouse et pour y 
améliorer  sa  situation  financière,  précisé  que  son  épouse  et  leur  fille 
vivaient aux Philippines, alors que son fils vivait avec sa mère à Genève. 
Il a  relevé en outre qu'il avait encore un  frère et quelques cousins dans 
son  pays,  mais  qu'il  souhaitait  rester  en  Suisse  pour  des  raisons 
économiques.  Il  a  indiqué  enfin  qu'il  se  sentait  bien  en  Suisse,  y 
fréquentait essentiellement des compatriotes, mais qu'il avait entamé des 
cours de français en septembre 2008.

A._______  a  ultérieurement  versé  au  dossier  de  multiples  pièces 
relatives aux attaches sociales et professionnelles qu'il s'était constituées 
en Suisse.

C.
Le  12  mai  2008,  l'employeur  de  B._______  a  présenté  pour  elle  une 
demande de permis de travail à l'OCP, précisant que celle­ci travaillait à 
son service comme employée de maison depuis le mois d'octobre 2007.

Lors de son audition du 9  juin 2008 par  la Gendarmerie de Carouge,  la 
prénommée  a  déclaré  être  arrivée  à  Genève  en  septembre  2005  et  y 

C­5206/2010
C­5207/2010

Page 3

avoir ensuite séjourné et travaillé sans autorisation, précisant qu'elle était 
célibataire, sans enfants et que ses parents et ses sept  frères et sœurs 
vivaient aux Philippines. Elle a expliqué qu'elle formait depuis deux ans et 
demi  un  couple  avec  A._______,  que  celui­ci  l'avait  certes  frappée  et 
menacée lors d'une altercation à leur domicile, mais qu'elle souhaitait  lui 
laisser  une  seconde  chance  et  n'entendait  pas  entamer  une  procédure 
pénale à son encontre.

Entendue  le  4  novembre  2008  par  l'OCP  au  sujet  de  sa  situation 
personnelle,  B._______  a  exposé  qu'elle  était  arrivée  en  Suisse  le  9 
septembre  2005  pour  des  raisons  économiques,  qu'elle  y  avait  travaillé 
dans  l'économie  domestique  et  qu'elle  avait  toute  sa  famille  aux 
Philippines (soit ses parents, trois frères et trois sœurs), à l'exception de 
la belle­sœur de sa tante qui vivait à Genève. Elle a déclaré se sentir bien 
intégrée  en  Suisse  et  avoir  commencé  des  cours  de  français  en 
septembre 2008.

B._______  a  ultérieurement  versé  au  dossier  de  nombreuses  pièces 
relatives  aux  attaches  sociales  et  professionnelles  qu'elle  s'était 
constituées en Suisse.

D.
Le 27 avril 2009, l'OCP a communiqué à A._______ et à B._______ qu'il 
était disposé à leur délivrer une autorisation de séjour en application des 
art. 30 de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers (LEtr, RS 
142.20) et 31 de l'ordonnance du 24 octobre 2007 relative à l'admission, 
au  séjour  et  à  l'exercice  d'une  activité  lucrative  (OASA,  RS  142.201), 
mais  que  cette  décision  demeurait  subordonnée  à  l'approbation  de 
l'ODM, auquel il soumettait le dossier.

E.
Le  17  novembre  2009,  l'ODM  a  informé  A._______  et  B._______  qu'il 
envisageait  de  refuser  de  donner  son  approbation  à  l'octroi  d'une 
autorisation  de  séjour  en  leur  faveur  et  leur  a  donné  l'occasion  de 
déposer leurs observations avant le prononcé d'une décision.

F.
Dans  les  déterminations  qu'ils  ont  adressées  à  l'ODM  le  11  décembre 
2009, A._______ et B._______ ont allégué qu'ils se sentaient intégrés en 
Suisse  et  qu'ils  y  travaillaient  tous  deux  dans  le  secteur  domestique  à 
l'entière satisfaction de leurs employeurs respectifs. A._______ a précisé 
qu'il avait deux enfants à charge,  l'un aux Philippines,  l'autre en Suisse, 

C­5206/2010
C­5207/2010

Page 4

qu'il voyait deux fois par mois, et que son éventuel retour aux Philippines 
le  placerait  dans  une  situation  financière  difficile,  qui  ne  lui  permettrait 
plus de subvenir aux besoins de ses enfants. B._______ a exposé, quant 
à  elle,  qu'elle  attendait  un  enfant  de  son  concubin  et  que  son  éventuel 
renvoi  de  Suisse  la  placerait,  elle­même,  comme  sa  famille  aux 
Philippines  tributaire  de  son  soutien  financier,  dans  une  situation  de 
détresse économique.

Les  requérants  ont  versé  au  dossier  des  pièces  relatives  à  leur 
engagement professionnel en Suisse, ainsi qu'un certificat médical établi 
le  9  décembre  2009  confirmant  que  B._______  était  enceinte  de  7 
semaines.

G.
Le 23 juin 2010, l'ODM a rendu à l'endroit de A._______ et de B._______ 
des  décisions  de  refus  d'approbation  à  l'octroi  d'une  autorisation  de 
séjour  en  dérogation  aux  conditions  d'admission  et  de  renvoi.  Dans  la 
motivation  de  ses  décisions,  l'autorité  inférieure  relevait  que  les 
intéressés  avaient  longtemps  vécu  illégalement  en  Suisse,  ne  s'étaient 
pas créé d'attaches sociales et professionnelles particulièrement étroites 
avec  ce  pays,  n'y  avaient  pas  acquis  de  formation  particulière  et 
conservaient  en  réalité  des  attaches  avec  leur  pays,  dans  lequel  ils 
avaient  passés  leur  enfance,  leur  adolescence  et  une  grande  partie  de 
leur vie d'adulte et dans lequel vivaient encore des membres proches de 
leur famille.

H.
Le 19 juillet 2010, A._______ et B._______ ont conjointement recouru au 
Tribunal administratif  fédéral (ci­après:  le Tribunal ou le TAF), contre  les 
décisions de l'ODM du 23 juin 2010, en concluant à  leur annulation et à 
l'octroi  d'autorisations  de  séjour  en  leur  faveur.  Ils  ont  repris  pour 
l'essentiel  les arguments déjà avancés dans  leurs observations à  l'ODM 
du  11  décembre  2009,  en  réaffirmant  qu'ils  étaient  bien  intégrés  en 
Suisse, s'y étaient  toujours bien comportés et n'y avaient  jamais sollicité 
l'assistance  sociale.  Ils  ont  exposé  en  outre  qu'ils  attendaient  la 
naissance  de  leur  premier  enfant  et  que  leur  éventuel  retour  aux 
Philippines  les  placerait,  pour  ce  motif  également,  dans  une  situation 
économique très difficile, dès lors qu'ils n'y avaient ni maison, ni travail.

I.
Le 27 juillet 2010, le TAF a prononcé la jonction des causes C­5206/2010 
et  C­5207/2010  et  informé  les  recourants  qu'il  statuerait  dans  un  seul 

C­5206/2010
C­5207/2010

Page 5

arrêt  sur  le  recours  déposé  contre  les  décisions  de  l'ODM  du  23  juin 
2010.

J.
Appelé à se prononcer sur le recours, l'ODM en a proposé le rejet. Dans 
sa  réponse  du  20  septembre  2010,  l'autorité  inférieure  a  notamment 
relevé que les intéressés disposaient d'un important réseau familial dans 
leur pays, que la naissance en juillet 2010 de leur premier enfant rendait 
certes  leur  réinstallation  aux  Philippines  plus  difficile,  mais  qu'une 
dérogation aux conditions d'admission n'avait pas pour but de soustraire 
un étranger aux conditions de vie et d'existence qui prévalaient dans son 
pays.

K.
Invités  à  se  déterminer  sur  le  préavis  de  l'ODM,  les  recourants  ont 
rappelé  la durée de  leur séjour en Suisse (12 ans pour  l'un, 6 ans pour 
l'autre),  réaffirmé  les  difficultés  d'une  éventuelle  réinstallation  aux 
Philippines avec  leur enfant C._______, né  le 27  juillet 2010, et allégué 
que A._______ entendait maintenir des  relations  familiales avec son  fils 
D._______, dont la mère bénéficiait d'un statut durable en Suisse.

L.
Agissant  par  l'entremise  de  leur  mandataire  nouvellement  constitué, 
A._______  et  B._______  ont  encore  versé  au  dossier,  le  14  décembre 
2010, des pièces relatives à leurs engagements professionnels respectifs 
en Suisse. Ils ont également produit une déclaration écrite de E._______, 
ressortissante  philippine  avec  laquelle  A._______  avait  eu  un  fils, 
D._______,  né  le  6  novembre  2005,  déclaration  dans  laquelle  la 
prénommée  confirmait  que  le  recourant  entretenait  des  relations 
régulières  avec  son  fils,  désormais  titulaire  d'une  autorisation  de  séjour 
CE/AELE, et qu'il lui versait une pension pour l'entretien de l'enfant.

Droit :

1. 

1.1. Sous  réserve des exceptions prévues à  l'art. 32 de  la  loi du 17 juin 
2005 sur  le Tribunal administratif  fédéral  (LTAF, RS 173.32),  le TAF, en 
vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens 
de  l'art. 5  de  la  loi  fédérale  du  20 décembre  1968  sur  la  procédure 

C­5206/2010
C­5207/2010

Page 6

administrative  (PA, RS 172.021)  prises  par  les  autorités mentionnées  à 
l'art. 33 LTAF. 

En  particulier,  les  décisions  en matière  de  refus  d'approbation  à  l'octroi 
d'une autorisation de séjour en dérogation aux conditions d'admission et 
de  renvoi de Suisse  rendues par  l'ODM –  lequel constitue une unité de 
l'administration  fédérale  au  sens  de  l'art. 33  let. d  LTAF  –  sont 
susceptibles de recours au TAF (cf. art. 1 al. 2 LTAF).

1.2. La procédure devant le TAF est régie par la PA, à moins que la LTAF 
n'en dispose autrement  (cf. art. 37 LTAF, en relation avec  l'art. 112 al. 1 
LEtr). 

1.3.  A._______  et  B._______  ont  qualité  pour  recourir  (cf. art. 48  al. 1 
PA). Présenté dans  la  forme et  les délais prescrits par  la  loi,  le  recours 
est recevable (cf. art. 50 et 52 PA).

2. 
Les  recourants peuvent  invoquer devant  le Tribunal  la  violation du droit 
fédéral,  y  compris  l'excès  ou  l'abus  du  pouvoir  d'appréciation,  la 
constatation  inexacte  ou  incomplète  des  faits  pertinents  et,  à  moins 
qu'une  autorité  cantonale  n'ait  statué  comme  autorité  de  recours, 
l'inopportunité de la décision entreprise (cf. art. 49 PA). Dans le cadre de 
la  procédure  de  recours,  le  Tribunal  applique  d'office  le  droit  fédéral. 
Conformément à l'art. 62 al. 4 PA, il n'est pas lié par les motifs invoqués à 
l'appui  du  recours.  Aussi  peut­il  admettre  ou  rejeter  le  pourvoi  pour 
d'autres  motifs  que  ceux  invoqués.  Dans  son  arrêt,  il  prend  en 
considération l'état de fait et de droit régnant au moment où il statue (ATF 
135 II 369 consid. 3.3).

3. 

3.1. Depuis le 1er janvier 2008, le statut juridique des étrangers en Suisse 
est régi par  la LEtr et ses ordonnances d'exécution, notamment  l'OASA, 
pour autant qu'il ne soit pas réglé par d'autres dispositions du droit fédéral 
ou  par  des  traités  internationaux  conclus  par  la  Suisse  (cf. art. 2  al. 1 
LEtr), ce qui n'est pas le cas en l'espèce.

3.2.  Sous  réserve  des  exceptions  prévues  par  la  loi,  le  séjour  des 
étrangers  en  Suisse  est  subordonné  à  la  titularité  d'une  autorisation 
idoine  (cf. art. 10  et  11  LEtr ;  PETER  UEBERSAX,  Einreise  und 

C­5206/2010
C­5207/2010

Page 7

Anwesenheit,  in: Peter Uebersax/Beat Rudin/Thomas Hugi Yar/ Thomas 
Geiser [éd.], Ausländerrecht, Bâle 2009, p. 247 ch. 7.84).

Cette  règle  ne  souffre  toutefois  aucune  exception  s'agissant  des 
étrangers qui entendent exercer une activité lucrative en Suisse, lesquels 
doivent être  titulaires d'une autorisation, quelle que soit  la durée de  leur 
séjour (cf. art. 11 al. 1 phr. 1 LEtr).

3.3.  Aux  termes  de  l'art. 3  LEtr,  l'admission  d'étrangers  en  vue  de 
l'exercice  d'une  activité  lucrative  doit  servir  les  intérêts  de  l'économie 
suisse  ;  les  chances  d'une  intégration  durable  sur  le marché  du  travail 
suisse  et  dans  l'environnement  social  sont  déterminantes.  Les  besoins 
culturels  et  scientifiques  de  la  Suisse  sont  pris  en  considération  de 
manière appropriée  (al. 1). Les étrangers sont également admis  lorsque 
des  motifs  humanitaires  ou  des  engagements  relevant  du  droit 
international  l'exigent ou que  l'unité de  la  famille en dépend (al. 2). Lors 
de l'admission d'étrangers,  l'évolution socio­démographique de la Suisse 
est prise en considération (al. 3).

3.4. Dans  l'exercice de  leur  pouvoir  d'appréciation,  les autorités doivent 
tenir compte des intérêts publics, ainsi que de la situation personnelle et 
du degré d'intégration de l'étranger (cf. art. 96 al. 1 LEtr, en relation avec 
les art. 4 et 54 al. 2 LEtr).

4.
Dans le cadre de la présente procédure, l'ODM a rendu des décisions par 
lesquelles  il  a  refusé  son  "approbation  à  l'octroi  d'une  autorisation  de 
séjour en application de l'art. 30 al. 1 let. b LEtr".

Le Tribunal a déjà eu l'occasion de se prononcer sur la nature d'une telle 
décision  dans  le  contexte  des modifications  apportées  par  l'introduction 
du nouveau droit  (LEtr)  le 1er  janvier 2008 et  il suffit de s'y  rapporter en 
l'espèce (cf. ATAF 2010/55 consid. 4.1 à 4.4).

Cela  étant,  la  compétence  décisionnelle  dans  le  cadre  de  la  présente 
cause  appartient  à  la  Confédération,  et  plus  particulièrement  à  l'ODM 
(cf. art. 40 al. 1 et 99 phr. 1 LEtr, en relation avec les art. 85 et 86 OASA, 
qui  ont  remplacé  les  anciennes  règles  de  compétence  prévues  par 
l'art. 15 de la loi fédérale sur le séjour et l'établissement des étrangers du 
26 mars 1931 [LSEE; RS 1 113] et les art. 51 et 52 de l'ordonnance du 6 
octobre  1986  limitant  le  nombre  des  étrangers  [OLE; RO 1986  1791]  à 
partir  du  1er janvier  2008 ;  ATAF  2007/16  consid. 4.3  p. 195,  applicable 

C­5206/2010
C­5207/2010

Page 8

par  analogie ;  PETER NIDERÖST,  Sans­papiers  in  der  Schweiz,  in:  Peter 
Uebersax/Beat  Rudin/Thomas  Hugi  Yar/Thomas  Geiser  [éd.], 
Ausländerrecht, Handbücher für die Anwaltspraxis, Band VIII, Bâle 2009, 
p. 383s. n. 9.34 ; ANDREA GOOD/TITUS BOSSHARD, Abweichungen von den 
Zulassungsvoraussetzungen,  in:  Martina  Caroni/  Thomas  Gächter/ 
Daniela  Turnherr  [éd.],  Bundesgesetz  über  die  Ausländerinnen  und 
Ausländer [AuG], Berne 2010, p. 228 n. 9 ad art. 30 LEtr) et au Tribunal, 
en vertu de l'effet dévolutif du recours (cf. art. 54 PA).

Il  s'ensuit  que  l'ODM  et,  a  fortiori,  le  Tribunal  ne  sont  pas  liés  par  la 
décision des autorités genevoises de police des étrangers de délivrer aux 
recourants une autorisation de séjour  fondée sur  l'art. 30 al. 1  let. b LEtr 
et  peuvent  donc  parfaitement  s'écarter  de  l'appréciation  émise  par  ces 
autorités.

5.

5.1. A  teneur de  l'art. 30 al. 1  let.  b LEtr,  il  est possible de déroger aux 
conditions  d'admission  (art. 18  à  29)  notamment  dans  le  but  de  tenir 
compte  des  cas  individuels  d'une  extrême  gravité  ou  d'intérêts  publics 
majeurs (let. b). 

L'art.  31 al. 1 OASA, qui  comprend une  liste exemplative des critères à 
prendre  en  considération  pour  la  reconnaissance  des  cas  individuels 
d'une extrême gravité,  précise que,  lors de  l'appréciation,  il  convient  de 
tenir compte notamment de  l'intégration du requérant  (let. a), du respect 
de l'ordre juridique suisse par le requérant (let. b), de la situation familiale, 
particulièrement  de  la  période  de  scolarisation  et  de  la  durée  de  la 
scolarité des enfants (let. d), de la situation financière et de la volonté de 
prendre part à la vie économique et d'acquérir une formation (let. c), de la 
durée de  la présence en Suisse  (let. e), de  l'état de santé  (let. f) et des 
possibilités de réintégration dans l'Etat de provenance (let. g).

Il ressort de la formulation de l'art. 30 al. 1 let. b LEtr, qui est rédigé en la 
forme  potestative,  que  l'étranger  n'a  aucun  droit  à  l'octroi  d'une 
dérogation aux conditions d'admission pour cas individuel d'une extrême 
gravité et, partant, à l'octroi d'une autorisation de séjour fondée sur cette 
disposition  (cf.  GOOD/BOSSHARD,  op.  cit.,  p. 226s.  n. 2  et  3  ad  art. 30 
LEtr). 

5.2. Le nouveau droit entré en vigueur le 1er janvier 2008 n'a pas amené 
de  changements  significatifs  en  ce  qui  concerne  les  critères  de 

C­5206/2010
C­5207/2010

Page 9

reconnaissance d'une situation d'extrême gravité susceptible de conduire 
à  la  délivrance  d'un  permis  humanitaire,  le  législateur  fédéral  ayant  en 
effet prévu, s'agissant des conditions d'application de  l'art. 30 al. 1  let. b 
LEtr, de s'en  tenir à  la pratique  largement suivie  jusque­là par  le TF en 
relation avec  l'art. 13  let. f de  l'ordonnance du 6 octobre 1986  limitant  le 
nombre  des  étrangers  (OLE,  RO  1986  1791)  (cf. Message  du  Conseil 
fédéral concernant la loi sur les étrangers du 8 mars 2002, FF 2002 3469, 
spéc. p. 3543 ad art. 30 du projet  [qui correspond à  l'art. 30 LEtr]; ATAF 
2009/40  consid. 5  p.  567ss  [sur  la  portée  de  l'art. 14  al. 2  let. c  LAsi], 
spéc.  consid. 5.2.2  p. 569s.;  arrêt  du  TF  8C_724/2009  du  11 juin  2010 
consid. 5.3.1; GOOD/BOSSHARD, op. cit., p. 227s. n. 7 ad art. 30 LEtr).

5.3.  Il  appert  également  du  libellé  de  l'art. 30  al. 1  let. b  LEtr  ("cas 
individuel  d'une  extrême  gravité")  que  cette  disposition,  à  l'instar  de 
l'art. 13  let. f  OLE  ("cas  personnel  d'extrême  gravité"),  constitue  une 
disposition dérogatoire présentant un caractère exceptionnel.

Aussi, conformément à la jurisprudence constante relative à l'art. 13 let. f 
OLE,  qui  est  applicable  par  analogie  à  l'art. 30  al. 1  let b  LEtr,  les 
conditions auxquelles la reconnaissance d'un cas de rigueur est soumise 
doivent­elles être appréciées de manière restrictive. Le fait que l'étranger 
ait  séjourné  en  Suisse  pendant  une  assez  longue  période  (soit  durant 
sept à huit ans), qu'il s'y soit bien intégré et que son comportement n'ait 
pas  fait  l'objet  de  plaintes  ne  suffit  pas,  à  lui  seul,  à  constituer  un  cas 
individuel  d'une  extrême  gravité ;  encore  faut­il  que  la  relation  de 
l'intéressé avec la Suisse soit si étroite qu'on ne puisse exiger de lui qu'il 
aille  vivre  dans  un  autre  pays,  notamment  dans  son  pays  d'origine 
(cf. ATAF 2007/45 consid. 4.1 à 4.3 p. 589s., ATAF 2007/44 consid. 4.1 
et  4.2  p. 578s.,  ATAF  2007/16  consid. 5.1  et  5.2  p. 195s.,  et  la 
jurisprudence  et  doctrine  citées ;  arrêt  du  TAF  636/2010  consid. 5.3, 
partiellement publié in ATAF 2010/55). 

Parmi  les  éléments  déterminants  pour  la  reconnaissance  d'un  cas  de 
rigueur au sens de  la  jurisprudence susmentionnée,  il  convient de citer, 
en particulier,  la  très  longue durée du séjour en Suisse, une  intégration 
sociale  particulièrement  poussée,  une  réussite  professionnelle 
remarquable, une maladie grave ne pouvant être soignée qu'en Suisse, la 
situation  des  enfants,  notamment  une  bonne  intégration  scolaire 
aboutissant  après  plusieurs  années  à  une  fin  d'études  couronnée  de 
succès ;  constituent  en  revanche  des  facteurs  allant  dans  un  sens 
opposé  le  fait  que  la  personne  concernée  n'arrive  pas  à  subsister  de 
manière  indépendante  et  doive  recourir  à  l'aide  sociale,  ou  des  liens 

C­5206/2010
C­5207/2010

Page 10

conservés  avec  le  pays  d'origine  (par  exemple  sur  le  plan  familial) 
susceptibles  de  faciliter  sa  réintégration  (cf. ALAIN  WURZBURGER,  La 
jurisprudence  récente  du  Tribunal  fédéral  en  matière  de  police  des 
étrangers, Revue de droit administratif et  fiscal  [RDAF]  I 1997 p. 267ss, 
spéc. p. 292).

6.

6.1. Dans  l'argumentation de  leur  recours, A._______ et B._______ ont 
mis en exergue la durée de leur séjour en Suisse, leur bon comportement 
dans ce pays,  les attaches sociales et professionnelles qu'ils s'y étaient 
créées et les difficultés auxquelles ils seraient confrontés pour assurer la 
prise en charge financière de leur famille aux Philippines avec un enfant 
en bas âge.

6.2. Au regard des pièces probantes versées au dossier,  le Tribunal est 
amené à  constater  que A._______ et B._______  séjournent  en Suisse, 
selon  toute  vraisemblance  de  manière  ininterrompue,  lui  depuis  le  29 
juillet  1998,  elle  depuis  le  9  septembre  2005.  Toutefois,  selon  la 
jurisprudence applicable en la matière, le simple fait pour un étranger de 
séjourner en Suisse pendant de longues années, y compris à titre  légal, 
ne permet pas d'admettre un cas personnel d'extrême gravité  (cf.  l'arrêt 
du  Tribunal  fédéral  2A.540/2005  du  11  novembre  2005  consid.  3.2.1; 
ATAF 2007/16 consid.  7). Or,  il  apparaît  que  les  intéressés ont d'abord 
vécu en Suisse de manière totalement  illégale  jusqu'en septembre 2008 
et  que,  depuis  le  dépôt  de  leur  demande  de  régularisation,  ils  ne 
demeurent  sur  territoire  helvétique  qu'en  vertu  d'une  simple  tolérance 
cantonale,  laquelle  consiste  en  un  statut  à  caractère  provisoire  et 
aléatoire (cf. ATAF précité consid. 5.2).

En  conséquence,  les  recourants  ne  sauraient  tirer  parti  de  la  simple 
durée  de  leur  séjour  en  Suisse  pour  bénéficier  d'une  dérogation  aux 
conditions  d'admission.  Ils  se  trouvent  en  effet  dans  une  situation 
comparable à celle de nombreux étrangers qui sont appelés à quitter  la 
Suisse  au  terme  d'un  séjour  autorisé  ou  non  et  qui,  ne  bénéficiant 
d'aucun traitement particulier,  restent soumis aux conditions d'admission 
en vue de l'exercice d'une activité lucrative. 

6.3. Cela étant,  il  y a  lieu d'examiner  si  des critères d'évaluation autres 
que la seule durée de leur séjour dans ce pays seraient de nature à faire 
admettre qu'un départ de Suisse placerait A._______ et B._______ dans 
une situation excessivement rigoureuse.

C­5206/2010
C­5207/2010

Page 11

Il convient de relever d'abord que, hormis les infractions aux prescriptions 
de police des étrangers qu'ils ont commises en Suisse en y séjournant et 
travaillant  sans  autorisation  et  leur  altercation  qui  a  nécessité  une 
intervention  policière,  les  recourants  n'y  ont  pas  défavorablement  attiré 
l'attention  des  autorités  et  y  ont  toujours  assuré  leur  indépendance 
financière. Il ressort par ailleurs des pièces versées au dossier qu'ils ont 
toujours donné entière satisfaction à leurs employeurs et qu'ils ont su se 
faire apprécier de leur entourage social par leurs qualités humaines.

Le TAF ne saurait pour autant considérer, sur  la base des éléments qui 
précèdent,  que A._______  et  B._______  se  soient  créé  avec  la Suisse 
des  attaches  à  ce  point  profondes  et  durables  qu'ils  ne  puissent  plus 
raisonnablement  envisager  un  retour  dans  leur  pays  d'origine,  étant 
encore rappelé que les relations de travail, d'amitié ou de voisinage qu'ils 
ont pu nouer pendant  leur séjour dans ce pays ne sauraient  justifier, en 
soi,  une  dérogation  aux  conditions  d'admission.  Il  n'apparaît  pas  au 
demeurant qu'ils auraient établi des liens particulièrement étroits avec la 
population  helvétique,  en  participant  activement  à  des  sociétés  locales 
par exemple, A._______ ayant lui­même relevé, lors de son audition du 4 
novembre  2008  à  l'OCP,  qu'il  fréquentait  principalement  des 
compatriotes. Si les pièces du dossier confirment que, depuis leur arrivée 
sur territoire helvétique, les intéressés ont, par leur travail dans le secteur 
de  l'économie  domestique  (à  savoir  comme  employés  de  maison) 
constamment  assuré  leur  indépendance  financière  et  n'ont  nullement 
émargé à  l'assistance publique,  il sied de  relever qu'ils n'ont pas acquis 
en Suisse de connaissances ou de qualifications spécifiques que seule la 
poursuite de  leur séjour en Suisse  leur permettrait de mettre à profit, ni 
réalisé  une  ascension  professionnelle  remarquable,  circonstances 
susceptibles  de  justifier  à  certaines  conditions  l'octroi  d'un  permis 
humanitaire  (cf.  arrêt  du  TAF  636/2010  précité  consid.  6.1  et 
jurisprudence citée).

Par ailleurs, il convient de rappeler que A._______ et B._______ ont vécu 
aux Philippines jusqu'à l'âge de trente ans pour lui et trente­trois ans pour 
elle. Ils ont donc passé la plus grande partie de leur existence dans leur 
pays  d'origine,  notamment  toute  leur  jeunesse  et  les  premières  années 
de  leur  vie  d'adulte,  soit  une  période  qui  dépasse  largement  celle 
considérée  comme  décisive  pour  la  formation  de  la  personnalité  et, 
partant, pour l'intégration sociale et culturelle (cf. ATF 123 II 125 consid. 
5b/aa). C'est donc aux Philippines qu'ils ont  l'essentiel de  leurs  racines. 
Dans ces conditions, le TAF ne saurait considérer que les attaches qu'ils 
ont nouées avec la Suisse aient pu les rendre totalement étrangers à leur 

C­5206/2010
C­5207/2010

Page 12

pays,  au  point  qu'ils  ne  seraient  plus  en  mesure,  après  une  période 
d'adaptation, d'y retrouver leurs repères. Rien ne permet en tous les cas 
d'affirmer  que  les  difficultés  que  les  intéressés  sont  susceptibles  de 
rencontrer  à  leur  retour  aux  Philippines,  pays  où  résident  encore  des 
membres  de  leur  proche  famille  (dont  notamment  la  fille  du  recourant, 
ainsi  que  les  parents  et  les  frères  et  sœurs  de  la  recourante),  seraient 
plus  graves  pour  eux  que  pour  n'importe  lequel  de  leurs  concitoyens 
appelés à quitter la Suisse au terme de son séjour dans ce pays, ou que 
leur  situation  serait  sans  commune mesure  avec  celle  que  connaissent 
leurs compatriotes restés sur place.

6.4.
Bien qu'il ne fasse pas formellement partie de la présente procédure, dès 
lors  qu'il  est  né  après  le  prononcé  des  décisions  dont  est  recours,  le 
Tribunal se doit de prendre également en considération la situation du fils 
de A._______ et de B._______, C._______, né le 27 juillet 2010.

Le Tribunal constate à cet égard que cet enfant n'est âgé que de  treize 
mois et qu'il ne s'est à  l'évidence pas créé, durant cette courte période, 
des  attaches  particulièrement  étroites  et  durables  avec  la  Suisse  qui 
s'opposeraient à son retour dans le pays d'origine de ses parents. Dans 
ces  circonstances,  sa  situation  n'a  guère  d'incidence  sur  la  présente 
procédure de recours.

6.5
Force est dès lors de conclure que l'intégration des recourants en Suisse, 
qui  ne  revêt  nullement  un  caractère  exceptionnel,  ne  satisfait 
manifestement  pas  aux  conditions  restrictives  requises  pour  la 
reconnaissance d'une situation d'extrême gravité.

7. 
Dans  le  recours, A._______  s'est  implicitement  prévalu  de  l'art.  8  de  la 
Convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et 
des libertés fondamentales (CEDH, RS 0.101), au regard de la présence 
en  Suisse  de  son  fils  D._______,  né  en  2005  d'une  relation  avec  une 
compatriote  résidant  à  Genève  et  qui  est  désormais  titulaire  d'une 
autorisation de séjour CE/AELE, à  la suite du mariage de sa mère avec 
un ressortissant communautaire.

7.1  Un  étranger  peut,  selon  les  circonstances,  se  prévaloir  du  droit  au 
respect de sa vie privée et familiale au sens de l'art. 8 par. 1 CEDH (dont 
la portée est identique à celle de l'art. 13 al. 1 de la Constitution fédérale 

C­5206/2010
C­5207/2010

Page 13

de  la  Confédération  suisse  du  18 avril  1999  [Cst.,  RS  101])  pour 
s'opposer  à  l'éventuelle  séparation  de  sa  famille  à  la  condition  qu'il 
entretienne des relations étroites, effectives et  intactes avec un membre 
de  cette  famille  disposant  d'un  droit  de  présence  assuré  en  Suisse  (à 
savoir  la  nationalité  suisse,  une  autorisation  d'établissement  ou  une 
autorisation  de  séjour  à  la  délivrance  de  laquelle  la  législation  suisse 
confère  un  droit  certain  [cf.  notamment  ATF  135  I  153  consid.  2.1  p. 
154ss, ATF 135 I 143 consid. 1.3.1 p. 145s., ATF 130 II 281 consid. 3.1 
p. 285ss et  la  jurisprudence citée]). Les relations visées à  l'art. 8 CEDH 
sont  avant  tout  celles  qui  existent  entre  époux,  ainsi  que  les  relations 
entre  parents  et  enfants  mineurs  vivant  en  ménage  commun  (famille 
nucléaire, cf. notamment ATF 135 I 143 consid. 1.3.2 p. 146 et ATF 129 II 
11 consid. 2 p. 13s.).

7.2 Le droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l'art. 8 par. 
1 CEDH n'est pas absolu. Une ingérence dans  l'exercice de ce droit est 
possible selon l'art. 8 par. 2 CEDH, pour autant qu'elle soit prévue par la 
loi  et  qu'elle  constitue une mesure qui,  dans une société démocratique, 
est nécessaire à  la sécurité nationale, à  la sûreté publique, au bien­être 
économique  du  pays,  à  la  défense  de  l'ordre  et  à  la  prévention  des 
infractions pénales, à  la protection de  la santé ou de  la morale, ou à  la 
protection des droits et libertés d'autrui. La question de savoir si, dans un 
cas  d'espèce,  les  autorités  de  police  des  étrangers  sont  tenues 
d'accorder une autorisation de séjour  fondée sur  l'art. 8 CEDH doit être 
résolue sur la base d'une pesée de tous les intérêts privés et publics en 
présence (ATF 135 I 143 consid. 2.1 et jurisprudence citée).

En ce qui concerne l'intérêt public, il faut retenir que la Suisse mène une 
politique  restrictive en matière de séjour des étrangers, pour assurer un 
rapport  équilibré  entre  l'effectif  de  la  population  suisse  et  celui  de  la 
population  étrangère  résidante,  ainsi  que  pour  améliorer  la  situation  du 
marché du travail et assurer un équilibre optimal en matière d'emploi. Ces 
buts sont  légitimes au  regard de  l'art.  8 par. 2 CEDH  (arrêt du Tribunal 
fédéral  2C_327/2010  et  328/2010  du  19  mai  2011  consid.  4.1.2  et 
jurisprudence citée).

7.3 En principe, le Tribunal est amené à se prononcer sur les conditions 
auxquels  un  étranger  doit  satisfaire  pour  obtenir  une  autorisation  de 
séjour lorsqu'il dispose d'un droit de visite sur son enfant, lequel vit avec 
le parent titulaire d'un droit de présence assuré en Suisse. Les principes 
suivants ont été dégagés:

C­5206/2010
C­5207/2010

Page 14

S'agissant des liens entre parents et enfants, il convient de relever que le 
parent  qui  n'a  pas  l'autorité  parentale  peut  invoquer  la  protection  de  sa 
vie  familiale  dans  le  cadre  de  l'exercice  du  droit  de  visite,  lorsqu'il 
entretient une relation  intacte avec son enfant, même si ce dernier n'est 
pas placé sous son autorité parentale ou sous sa garde du point de vue 
du droit de  la  famille  (ATF 120  Ib 1 consid. 1 et 3, 120  Ib 22 consid. 4; 
arrêt du Tribunal  fédéral 2C_723/2010 du 14  février 2011 consid. 5.2 et 
références citées; WURZBURGER, op. cit., p. 285).

Cependant, l'étranger disposant d'un droit de visite sur son enfant habilité 
à  résider  en  Suisse  peut  en  principe  exercer  ce  droit  même  s'il  vit  à 
l'étranger, au besoin en aménageant ses modalités quant à la fréquence 
et  à  la  durée.  Un  droit  plus  étendu  peut  exister  en  présence  de  liens 
familiaux particulièrement forts dans les domaines affectif et économique 
et  lorsque, en  raison de  la distance qui sépare  le pays de  résidence de 
l'enfant  du  pays  d'origine  de  son  parent,  cette  relation  ne  pourrait 
pratiquement  pas  être  maintenue;  en  outre,  le  parent  qui  entend  se 
prévaloir  de  cette  garantie  doit  avoir  fait  preuve  en  Suisse  d'un 
comportement  irréprochable.  Un  comportement  est  irréprochable  s'il 
n'existe aucun motif en droit des étrangers d'éloigner ce parent ou de le 
maintenir  à  l'étranger,  en  d'autres  termes,  s'il  ne  s'est  rendu  coupable 
d'aucun comportement réprimé par le droit des étrangers ou le droit pénal 
(cf.  arrêt  du  Tribunal  fédéral  2C_325/2010  du  11  octobre  2010  consid. 
5.2.3).  Il  faut  en  outre  considérer  qu'il  existe  un  lien  affectif 
particulièrement  fort  lorsque  le  droit  de  visite  est  organisé  de  manière 
large  et  qu'il  est  exercé  de  manière  régulière,  spontanée  et  sans 
encombre  (cf.  arrêt  2C_723/2010  précité  consid.  5.2  et  les  références 
citées).

7.4 En l'occurrence, même si le recourant allègue entretenir des relations 
avec son fils D._______ dans le cadre d'un droit de visite, il n'en demeure 
pas  moins  que  cette  relation  ne  revêt  pas  une  intensité  comparable  à 
celle vécue par un parent qui, faisant ménage commun avec son enfant, 
partage l'existence de celui­ci au quotidien. 

Il s'impose de relever  ici que  le  recourant n'a, semble­t­il, pas entretenu 
de  relation  avec  son  fils  durant  ses  premières  années,  puisqu'il  s'est 
borné  à  déclarer  à  ce  sujet,  lors  de  son  audition  du  9  juin  2008  par  la 
police  genevoise,  qu'il  avait  un  fils  avec  une  compatriote  habitant  à 
Genève, mais qu'il ne connaissait pas son adresse. Lors de ses auditions 
du 16 septembre et du 4 novembre 2008 à l'OCP, il a certes affirmé qu'il 
payait une pension alimentaire à la mère de l'enfant, mais précisé qu'il ne 

C­5206/2010
C­5207/2010

Page 15

voyait son  fils que  "de  temps en  temps", en  raison de  tensions avec sa 
mère.  Dans  ses  déterminations  à  l'ODM  du  11  décembre  2009,  le 
recourant  alléguait  finalement  qu'il  voyait  son  fils  deux  fois  par mois  et 
qu'il  versait Fr.  400.­  par mois à  la mère de  l'enfant.  Le Tribunal  relève 
enfin que, dans une déclaration écrite du 9 novembre 2010, E._______, 
mère de  l'enfant,  relevait  tout au plus que A._______ n'avait pas oublié 
ses  obligations  de  père  en  lui  versant  une  contribution mensuelle  pour 
l'enfant et que leurs relations étaient celles d'un père avec son fils.

En considération des pièces et des déclarations précitées, il n'a nullement 
été  établi  que  le  recourant  entretiendrait  avec  son  fils  une  relation 
affective particulièrement forte, seule susceptible de justifier l'octroi d'une 
dérogation aux conditions d'admission, respectivement d'une autorisation 
de séjour en Suisse. Il apparaît sur un autre plan que le recourant ne peut 
se prévaloir d'un comportement irréprochable en Suisse, dès lors qu'il y a 
résidé  et  travaillé  durant  près  de  dix  ans  en  totale  violation  des  règles 
régissant le séjour et l'établissement des étrangers en Suisse.

Dans ces conditions et eu égard à la jurisprudence du Tribunal fédéral en 
la matière (cf. arrêts du Tribunal fédéral 2C_723/2010 précité consid. 5.3; 
2C_325/2010 précité consid. 5.2.1 et 2C_710/2009 du 7 mai 2010 consid. 
3.1), le Tribunal est amené à conclure que les relations entretenues par le 
recourant avec son fils D._______ ne sont pas suffisantes à reléguer au 
second plan l'intérêt public à une politique restrictive en matière de police 
des étrangers et à fonder l'octroi d'une autorisation de séjour.

En conséquence, la décision querellée ne viole pas l'art. 8 CEDH.

8.
Les  recourants  n'obtenant  pas  d'autorisation  de  séjour  en  Suisse,  c'est 
également à bon droit que l'autorité inférieure a prononcé, le 23 juin 2010, 
leur renvoi en application de l'ancien art. 66 al. 1 LEtr (RO 2007 5437; FF 
2009 8052), qui correspond aux motifs de  renvoi définis à  l'art. 64 al. 1 
let.  c  LEtr  entré  en  vigueur  le  1er  janvier  2011  (RO  2010  5925;  cf. 
Message  sur  l’approbation  et  la mise  en œuvre  de  l’échange  de  notes 
entre  la Suisse et  la CE concernant  la  reprise de  la directive CE sur  le 
retour [directive 2008/115/CE] [développement de l’acquis de Schengen] 
et  sur  une  modification  de  la  loi  fédérale  sur  les  étrangers  [contrôle 
automatisé aux frontières, conseillers en matière de documents, système 
d’information  MIDES]  du  18  novembre  2009,  FF  2009  8043).  Les 
recourants ne démontrent pas, en l'espèce, l'existence d'obstacles à leur 
retour  aux Philippines  et  le  dossier  ne  fait  pas  non plus  apparaître  que 

C­5206/2010
C­5207/2010

Page 16

l'exécution de  leur  renvoi  serait  illicite,  inexigible  ou  impossible au  sens 
de  l'art. 83  al. 2  à  4  LEtr,  de  sorte  que  c'est  à  juste  titre  que  l'ODM  a 
ordonné l'exécution de cette mesure.

9.
Il ressort de ce qui précède que, par ses décisions du 23 juin 2010, l'ODM 
n'a  ni  violé  le  droit  fédéral,  ni  constaté  des  faits  pertinents  de manière 
inexacte  ou  incomplète ;  en  outre,  les  décisions  attaquées  ne  sont  pas 
inopportunes (cf. art. 49 PA).

Partant, le recours doit être rejeté.

Compte  tenu  de  l'issue  de  la  cause,  il  y  a  lieu  de  mettre  les  frais  de 
procédure à la charge des recourants (cf. art. 63 al. 1 PA et art. 1 à 3 du 
règlement du 21 février 2008 concernant  les frais, dépens et  indemnités 
fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]).

(dispositif page suivante)

C­5206/2010
C­5207/2010

Page 17

Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce :

1.
Le recours est rejeté.

2.
Les frais de procédure, d'un montant de Fr. 1'200.­, sont mis à la charge 
des recourants. Ils sont compensés par l'avance versée le 19 août 2010. 

3.
Le présent arrêt est adressé :

– aux recourants (Acte judiciaire),
– à  l'autorité  inférieure,  dossier  SYMIC  n°  de  réf.  15765461.2  et 

15766658.0 en retour,
– à  l'Office  cantonal  de  la  population,  Genève,  en  copie  pour 

information (annexes: dossiers cantonaux en retour).

Le président du collège : Le greffier :

Bernard Vaudan Georges Fugner

Indication des voies de droit :

C­5206/2010
C­5207/2010

Page 18

Pour autant que les conditions au sens des art. 82 ss, 90 ss et 100 ss de 
la  loi  fédérale du 17 juin 2005 sur  le Tribunal  fédéral  (LTF, RS 173.110) 
soient  remplies,  le  présent  arrêt  peut  être  attaqué  devant  le  Tribunal 
fédéral,  1000  Lausanne  14,  par  la  voie  du  recours  en matière  de  droit 
public,  dans  les  trente  jours  qui  suivent  la  notification.  Le mémoire  doit 
être rédigé dans une langue officielle, indiquer les conclusions, les motifs 
et les moyens de preuve, et être signé. L'arrêt attaqué et les moyens de 
preuve doivent être joints au mémoire, pour autant qu'ils soient en mains 
du recourant (art. 42 LTF).

Expédition :