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**Case Identifier:** cb0e7ad7-d4ac-585e-b7eb-49271705c741
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2009-08-24
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre des prud'hommes 24.08.2009 C/17301/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_003_C-17301-2008_2009-08-24.pdf

## Full Text

RÉPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/17301/2008-3 

 
POUVOIR  JUDICIAIRE * COUR D’APPEL* 
 
 (CAPH/116/2009) 
 

 

E_____ 

Dom. élu : Me Alain DE MITRI 
Rue du Marché 12-14 

Case postale 5222 

1211 Genève 11 

 

Partie appelante 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 
D’une part 

T_____ 

Rue _____ 

_____ 

 

 

 

Partie intimée 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 
D’autre part 

 

 

 

 

 

 

ARRÊT 
 

du 24 août 2009 

 

 

  Mme Renate PFISTER-LIECHTI, présidente 

 

 

  MM  Marc LAVAL et Tito VILA, juges employeurs 

 

  MM. Christophe DETURCHES et Victor TODESCHI, juges salariés 

 

 

  Mme Florence SCHULER, greffière d’audience  
 

 

 

 Juridiction des prud’hommes 
 Cause n° C/17301/2008 - 3 

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 * COUR D’APPEL * 
 

 

 

EN FAIT 
 

 

A.   Par jugement du 11 février 2009, notifié le 20 février suivant, le Tribunal des 
Prud'hommes a condamné E_____ SA, ci-après E_____SA, à payer à T_____ la 

somme brute de 6'600 fr., avec intérêts à 5% dès le 22 juillet 2008, sous 

déduction du montant net de 3'515 fr. 90, a invité la partie qui en avait la charge 

à opérer les déductions sociales, légales et usuelles, a condamné E_____SA à 

délivrer à T_____ un certificat de travail, une attestation de libre engagement et 

les décomptes de salaire du 1
er

 janvier au 30 juin 2008, enfin a débouté les 

parties de toutes autres conclusions.  

 

  En bref, le Tribunal des Prud'hommes a considéré que le délai de résiliation 

régissant les relations de travail entre les parties était le délai légal de l'art. 335c 

al. 1 CO et que la disposition contractuelle contraire insérée dans le contrat 

individuel était inopérante. 

  

  Le Tribunal a, pour le surplus, débouté T_____ de ses conclusions en paiement 

d'une indemnité pour résiliation abusive. 

 

B.  Par acte déposé le 26 mars 2009 auprès du greffe de la Juridiction des 
Prud'hommes, E_____SA a appelé de ce jugement, dont elle sollicite 

l'annulation, concluant au déboutement de T_____ de sa demande en paiement 

du salaire pour le mois de juin 2008 et, en conséquence, à la modification des 

attestations de fin des rapports de service. 

 

  E_____SA a fait valoir que le Tribunal des Prud'hommes avait, à tort, écarté la 

disposition contractuelle prévoyant que le préavis de résiliation était d'un mois 

pour la fin d'un mois, dès lors que les parties avaient remplacé le premier contrat 

de travail par un autre. 

   

  Dans sa réponse du 20 avril 2009, T_____ a exprimé son incompréhension face 

à l'appel interjeté par son ex-employeur.  

 

  A l'audience du 18 juin 2008, devant la Cour d'appel, les parties ont persisté dans 

leurs conclusions respectives. T_____ a précisé qu'il concluait à la confirmation 

du jugement entrepris et que les prestations de chômage en 3'515 fr. 90 lui 

avaient été versées par la Caisse cantonale de chômage de Z_____.  

  

  L'argumentation des parties sera examinée ci-après, dans la mesure utile. 

 

C.   Dans les limites de ce qui précède, les faits pertinents suivants ressortent du 
dossier soumis à la Cour d'appel. 

 

  a. Le 19 octobre 2006, E_____SA, entreprise active dans la distribution en 
Suisse de montures de lunettes, de lunettes de soleil et de tous autres articles de 

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 * COUR D’APPEL * 
 

 

 

lunetterie pour hommes et femmes, avec siège à Genève, a engagé T_____, avec 

effet dès le 1
er

 janvier 2007, en qualité de responsable des ventes des marques 

Nike, Nautica et Michael Kors, pour la Suisse romande et le Tessin.  

 

  La clause contractuelle relative à la rémunération a été libellée comme suit : 

 

  L'employeur verse au travailleur à la fin de chaque mois. 

   - un salaire brut de Fr. 5'800 

  Pour un objectif minimum de Frs 675'000 de chiffre d'affaires réalisé par année 

net facturé. (Nike, Nautica et Michael Kors 50.) 

  Si les objectifs ne sont pas atteints, les deux parties se réuniront à fin octobre 

pour renégocier les conditions du présent contrat. 

  + prime de Frs 1'000 pour une facturation mensuelle de Frs 60'000 net facturé. 

  Où 

  + prime de Frs 2'000 pour une facturation mensuelle de Frs. 70'000 net 

facturé." 

  

  Sous la rubrique "Résiliation", il a été prévu que le délai serait d'un mois à 

l'avance, pour la fin d'un mois. 

 

  b. Le 29 décembre 2007, les parties ont signé un contrat à la teneur quasi-
identique, sous cette réserve que la marque Nautica a été supprimée, que l'entrée 

en service a été fixée au 1er janvier 2008 et que le salaire brut versé par 

l'employeur s'élevait à 6'600 fr. pour un objectif minimum de 5000 pièces, soit 

"environ Frs 675'000 de chiffre d'affaires réalisé par année net facturé". En cas 

de chiffre d'affaires supérieur à 750'000 fr. nets facturés, une prime 

supplémentaire annuelle de 1% devait être servie. 

 

  La clause relative au délai de résiliation a été reprise du précédent contrat et il 

était à nouveau prévu que si les objectifs financiers n'étaient pas atteints, les 

conditions du contrat seraient renégociées fin octobre. 

 

  c. Par courrier recommandé du 4 avril 2008, E_____SA a résilié le contrat de 
travail pour la fin du mois de mai, tout en libérant T_____ de son obligation de 

travailler. Ce congé était motivé par les mauvais résultats réalisés. 
  

  T_____ a répondu, le 6 mai 2008, que le délai de résiliation était de deux mois 

pour la fin d'un mois, conformément à l'art. 335c CO.  

 

  Il n'est pas contesté que E_____SA a versé à T_____ le salaire contractuel 

jusqu'à fin mai 2008. Un certificat de travail a été établi au 31 mai 2008. 

 

  d. Par courrier recommandé du 22 juillet 2008, T_____ a agi en paiement de 
13'744 fr. 15, avec intérêt à 5% dès le 22 juillet 2008, soit 6'600 fr. à titre de 

salaire pour le mois de juin 2008, 144 fr. 15 à titre de solde de commissions et 

7'000 fr. à titre d'indemnité pour licenciement abusif. 

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 * COUR D’APPEL * 
 

 

 

 

  e. Devant le Tribunal des prud'hommes, E_____SA, soit pour elle son directeur, 
A_____, a expliqué qu'au courant du mois d'octobre 2007, il avait eu une 

discussion avec T_____, ainsi que cela était prévu dans le contrat de travail, et 

lui avait fait savoir qu'en raison du chiffre d'affaires médiocre réalisé depuis son 

engagement, il lui donnerait une dernière chance en reconduisant son contrat 

pour l'année 2008. L'augmentation salariale en 800 fr. par mois avait été prévue 

pour le motiver. Durant les trois premiers mois de l'année 2008, T_____ n'avait 

réalisé qu'un chiffre d'affaires de 180 '000 fr., ce qui était nettement insuffisant 

par rapport à l'objectif annuel fixé. De plus, des clients avaient exprimé leur 

mécontentement et leur volonté de ne plus travailler avec T_____. Ces deux 

éléments cumulés avaient motivé sa décision de le licencier. A ses yeux, le 

premier contrat était un contrat à durée déterminée, de lors qu'il comportait la 

clause relative à la discussion concernant les objectifs à atteindre. Le second 

contrat était de même nature, soit de durée déterminée. 

 

  T_____, comparant en personne, s'est plaint de n'avoir reçu aucun document 

concernant les chiffres d'affaires réalisés en 2007 et 2008 et a précisé qu'il avait 

été malade pendant trois semaines au cours du mois de mars 2008. Il n'avait eu 

aucun entretien avec le directeur en octobre 2007. Le nouveau contrat lui avait 

été présenté le 7 janvier 2008, avec une augmentation de salaire, ce qui montrait 

bien que les résultats réalisés n'étaient pas si mauvais que cela. Il n'avait jamais 

eu connaissance de plaintes de la part de clients et n'avait rien à se reprocher.  

 

  T_____ a expressément renoncé au montant de 144 fr. 15. 

   

  Aucune des parties n'a sollicité d'actes d'instruction. 

 

 

  

EN DROIT 
 

 
1.   Interjeté dans les forme et délai prévus par la loi, l'appel est recevable (art. 57 de 

la loi sur la juridiction des prud'hommes). 

 

2.  Il ressort de l'audition des parties devant le Tribunal des prud'hommes que 
celles-ci étaient en désaccord concernant la durée du contrat, plus précisément sa 

nature déterminée ou indéterminée. 

 

  En ce qui concerne le contrat de durée déterminée, il a pour caractéristique 

principale de prendre automatiquement fin à l'échéance fixée (REHBINDER, 

Schweizerisches Arbeitsrecht, 14 éd., § 12 n° 131, Berne 1999). Autrement dit, 

aucune résiliation n'est nécessaire (art. 334 al. 1 CO). A contrario, un tel contrat 

ne peut être résilié avant l'échéance, sauf juste motif (art. 337 CO). 

 

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  Pour ce qui est du contrat conclu le 19 octobre 2006, prenant effet le 1er janvier 

2007, il saute aux yeux qu'il ne s'agit pas d'un contrat à durée déterminée, pour 

deux raisons. D'une part, aucune échéance n'est prévue et ce n'est pas la clause 

concernant une éventuelle réunion fin octobre pour "renégocier les conditions du 

présent contrat" qui peut lui conférer cette qualité. En effet, dans un tel contexte, 

l'employé ne pouvait pas savoir à quelle date son emploi devait prendre fin, ce 

qui n'est pas admissible. D'autre part, le contrat prévoit une clause de résiliation 

d'un mois pour la fin d'un mois, ce qui est typique pour un contrat à durée 

indéterminée. 

 

3.  Concernant le contrat daté du 29 décembre 2007, l'appelante a prétendu en 
première instance qu'il aurait été conclu à la suite d'une réunion du mois 

d'octobre précédent, dont l'intimé conteste qu'elle ait eu lieu. Quant à l'intimé, il 

a affirmé que ce contrat lui avait été soumis pour signature le 7 janvier 2008.  

 

  Force est de constater que la réalité de la réunion alléguée n'est pas établie et ce 

n'est pas la référence, dans le contrat du 19 octobre 2006, qui saurait valoir 

preuve à cet égard. De toute façon, l'appelante n'a pas prétendu qu'elle aurait 

formellement et en respectant le délai contractuel, d'un mois pour la fin d'un 

mois, mis fin à ce contrat. Or, si on se place à la date du 29 décembre 2007, le 

contrat du 19 octobre 2006 n'aurait pas pu être résilié valablement par 

l'appelante, étant rappelé que, selon l'intimé, il aurait signé ce contrat le 7 janvier 

2008 seulement. 

 

  Il découle de ce qui précède que le procédé consistant à faire signer à un 

employé un nouveau contrat, deux jours (au mieux) avant la prétendue fin - 

selon la perception de l'employeur - du premier, apparaît comme suspect, ce 

d'autant plus que la prétendue insuffisance de rendement de l'employé n'a pas été 

établie, aucun document probant concernant le chiffre d'affaires effectivement 

réalisées par l'intimé n'ayant été versé au dossier. 

 

  Il y a plus. On peine à croire que l'appelante aurait accordé à l'intimé une 

augmentation de salaire de 800 fr. par mois, ce qui était appréciable par rapport à 

un salaire de 5'800 fr. par mois, si les résultats réalisés par l'intéressée étaient 

aussi  catastrophiques qu'elle ne l'a allégué durant la procédure. 

 

  Dès lors que le nouveau contrat, à l'exception précisément du montant du salaire 

et de certaines modalités qui ne donnent aucune indication quant à une 

éventuelle insuffisance de prestations de la part de l'intimé, est pour le reste 

totalement calqué sur le précédent, y compris la clause de résiliation et un 

éventuel futur entretien en octobre pour "renégocier les conditions du présent 

contrat", il apparaît au contraire que ce mode de procéder a été choisi 

délibérément pour empêcher la naissance, au profit de l'employé, d'avantages 

contractuels auxquels il aurait normalement eu droit. En effet, rien ne permet de 

penser que l'appelante n'aurait pas continué de la sorte, à savoir soumettre à 

l'employé, à la fin de l'année ou au début de l'année suivante, un nouveau 

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contrat, par lequel elle s'accordait les mêmes facilités exorbitantes, à savoir 

bénéficier, de fait, de l'avantage d'un contrat à durée déterminée - en y mettant 

fin tacitement pour la fin de l'année ou en le laissant venir à échéance purement 

et simplement - ou en le renouvelant, muni d'une clause lui permettant de 

prononcer un licenciement avant la prochaine échéance. 

 

  C'est ainsi de manière totalement justifiée que les premiers juges, bien qu'ayant 

qualifié le premier contrat de contrat à durée déterminée, ont retenu qu'on était 

en présence d'une relation contractuelle conçue pour contourner les règles 

protectrices de l'employé, sans justification objective. Les références de 

jurisprudence et de doctrine citées dans le jugement entrepris doivent donc être 

reprises sans autre. 

 

  Il résulte de ce qui précède que l'appelante ne pouvait mettre fin au contrat la 

liant à l'intimé que moyennant un délai de résiliation de deux mois pour la fin de 

mois, conformément à l'art. 335 c al. 1 CO.  

 

  Le jugement entrepris doit en conséquence être confirmé, y compris l'aspect 

certificat de travail, l'intimé ayant droit au salaire pour le mois de juin 2008. 

 

4.  Il n'est pas contesté que l'intimé a perçu des prestations de l'office de chômage 
compétent géographiquement. En effet, l'intimé n'a pas fait appel incident pour 

réclamer que l'appelante soit tenue de lui verser l'intégralité du salaire afférent au 

mois de juin 2008. 

 

  Il y a en conséquence lieu d'en informer la caisse cantonale de chômage de 

Z_____ du prononcé du présent arrêt. 

  

5.  La procédure est gratuite. 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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PAR CES MOTIFS 
 

La Cour d'appel des prud'hommes, groupe 3 

 
 
  A la forme : 
 
  Déclare recevable l'appel interjeté par E_____SA contre le jugement rendu par le 

Tribunal des prud'hommes le 11 février 2009, dans la cause C/17301/2008-3. 

 

  Au fond : 
 
  Confirme ce jugement. 

 

  Transmet copie du présent arrêt à la Caisse de chômage de Z_____. 

 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

  

 

 

 

 

La greffière de juridiction       La présidente