# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 5babe254-0621-5a80-9789-bcacf4f22b11
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2015-08-20
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 20.08.2015 P/11263/2015
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-11263-2015_2015-08-20.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENEVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

P/11263/2015 ACPR/434/2015 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du jeudi 20 août 2015 

 

Entre 

A______, domicilié ______, comparant par Me Bruno MEGEVAND, avocat, Etude 
NOTTER, MEGEVAND & ASSOCIES, avenue de la Roseraie 76A, 1205 Genève, 

recourant, 

 

contre l'ordonnance de séquestre rendue le 11 juin 2015 par le Ministère public, 

 

et 

 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy - case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimé. 

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P/11263/2015 

EN FAIT : 

A. a. Par acte déposé le 25 juin 2015 au greffe de la Cour de justice, A______ recourt 
contre l'ordonnance rendue par le Ministère public le 11 juin 2015, notifiée le 15 
suivant, dans le cadre de la P/11263/2015, ordonnant la mise sous séquestre, en 
mains de l'Administration fédérale des douanes, d’une statuette en terre cuite 
représentant ______ datant de la dynastie des B______. 

Il conclut, sous suite de frais et de dépens, à l'annulation de ladite décision et la 
restitution immédiate en sa faveur dudit objet. 

b. À sa réception, le recours a été gardé à juger sans échange d'écritures ni débats. 

B. Il résulte de la procédure les faits pertinents suivants : 

 a. Dans un courrier du 10 juin 2015 adressé au Ministère public, l’Administration 
fédérale des douanes lui a dénoncé les faits suivants : A______ 
(destinataire/importateur) a importé de Singapour au bureau de douane de Genève-
Aéroport un objet désigné le ______ 2015 par son mandataire, F______ (déclarant), 
comme étant une "Sculpture en terre cuite - ______ * ______ cm" (no de déclaration 
douanière 1______), en ne signalant pas qu’il s’agissait d'un bien culturel au sens de 
la Loi fédérale sur le transfert des biens culturels (ci-après : LTBC). 

 La fausse déclaration étant constitutive d’un délit au sens de l’art. 24 LTBC, 
l’Administration fédérale des douanes a retenu l’envoi. 

b. À teneur d’un courrier du 10 juin 2015 de l’Office fédéral de la culture à 
l’Administration fédérale des douanes, selon une facture no 2______ du 31 mars 
2015 établie par la société "D______, ______, Singapour" ainsi qu'un rapport 
d'analyse réalisé le 18 janvier 2012 par la société "E______ Ltd, ______, England", 
l'objet saisi est une statue en terre cuite représentant un cheval de la dynastie ______ 
datant de ______ – ______ après J.-C., d'une valeur de SG$ 30'000.- (environ CHF 
20'500.-). 

Cet objet fait partie de l’une des catégories énumérées par la Convention de 
l’UNESCO du 14 novembre 1970 (RS 0.444.1) à son art. 1, dans la mesure où il 
s’agit d'un produit de fouilles archéologiques, et revêt de l’importance pour 
l’archéologie et l’histoire, vu sa grande rareté et son grand âge. Il constitue ainsi non 
seulement un bien culturel au sens de l’art. 2 al. 1 LTBC, mais encore un bien 
culturel d’importance significative pour le patrimoine culturel chinois au sens de 
l’Accord bilatéral du 16 août 2013 entre la Suisse et la République populaire de 
Chine (RS 0.444.124.91). Partant, il aurait dû être déclaré en tant que tel à 
l’importation. Ainsi, cette déclaration incorrecte était constitutive d’un délit au sens 
de l’art. 24 al. 1 let. c LTBC.  

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P/11263/2015 

En outre, une infraction à d’autres dispositions pénales, comme celles de 
l’art. 24 al. 1 let. a LTBC, qui sanctionne l’importation et le transfert de biens 
culturels volés ou dont le propriétaire s’est trouvé dessaisi sans sa volonté, n’était pas 
exclue, cette disposition s’appliquant aussi aux objets provenant de fouilles illicites, 
pour autant que l’État d’origine les considère comme sa propriété. Or, en Chine, tout 
bien culturel trouvé est considéré à certaines conditions comme appartenant à l'État et 
l'exportation d'un tel bien est en principe strictement interdite. Il appartenait ainsi aux 
autorités de poursuite pénale d’examiner si les conditions d’une confiscation étaient 
réalisées. 

c. Le 11 juin 2015, le Ministère public a ouvert une instruction pénale à l’encontre de 
A______ pour violation de l’art. 24 LTBC. 

C. Dans sa décision querellée, le Ministère public a considéré que l’objet séquestré 
entrait dans l’une des catégories énumérées par l’art. 1 de la Convention de 
l'UNESCO de 1970 à son art. 1, provenant de fouilles archéologiques, ainsi que dans 
la  catégorie des objets visés par l'accord bilatéral entre la Suisse et la Chine, 
notamment sous chiffre III lettre D de l'annexe à l'accord - "Statuettes (...) 
représentant des animaux (...pour la période allant...) de la préhistoire jusqu'à 1500 

après JC" - l’accord en question prévoyant la possibilité pour la République 
populaire de Chine d'exercer une action en retour visant l'objet séquestré (art. III de 
l'accord bilatéral), et partant, l'objet pourrait être le produit d'une importation illicite 
au sens de l'art. 2 al. 5 LTBC, renvoyant à l'art. 7 LTBC, en vertu de l'accord bilatéral 
en question. Dès lors, une mise sous séquestre apparaissait en l'état la seule mesure 
susceptible de permettre la mise en sûreté de l'objet pouvant être utilisé comme 
moyen de preuve et pouvant faire l'objet d'une confiscation en vue de sa restitution à 
la République populaire de Chine qui dispose d'une action en retour.   

D. À l’appui de son recours, A______ allègue avoir acheté la statuette en question le 31 
mars 2015 auprès d’une galerie d’art réputée basée à Singapour, D______, au prix de 
SG$ 30'000.-. À cette occasion, un certificat d’authenticité établi par E______ Ltd 
(GB) lui avait été remis. Si ce document mentionne certes que l’âge de la statuette 
remonte entre 1’000 et 1'600 ans, il n’indique pas qu’il s’agit d’un bien culturel. 
Quant à la galerie d’art, elle ne l’a pas davantage informé que l’objet en question 
serait susceptible d’être considéré comme un bien culturel. Il avait donc rempli le 
formulaire de dédouanement sur demande de F______ sans mentionner qu’il 
s’agissait d’un bien culturel, n’imaginant pas que son comportement violerait la 
LTBC. Les soupçons d'une infraction à l’art. 24 al. 1 let. c de cette loi étant exclus, 
ce que son audition pourrait confirmer, le séquestre devait être levé. 

 

 

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EN DROIT : 

1. Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits 
(art. 396 al. 1, 390 al. 1, 385 al. 1 CPP et 90 al. 2 CPP), concerner une décision du 
Ministère public sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 20 al. 1 let. b et 
393 al. 1 let. a CPP; art. 128 al. 1 let. a et al. 2 let. a LOJ) et émaner du prévenu, qui a 
donc un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification de la 
décision entreprise (art. 382 al. 1 et 104 al. 1 let. a CPP).  

2. La Chambre de céans peut décider de rejeter les recours manifestement mal fondés, 
sans échange d'écritures ni débats (art. 390 al. 2, 1ère phrase, a contrario, CPP).  

Tel est le cas du présent recours pour les raisons exposées ci-dessous. 

3. 3.1. Selon l'art. 263 al. 1 CPP, des valeurs patrimoniales appartenant au prévenu ou à 
des tiers peuvent être mises sous séquestre, notamment, lorsqu'il est probable qu'elles 
seront utilisées comme moyens de preuves (let. a), qu'elles devront être restituées au 
lésé (let. c) ou qu'elles devront être confisquées (let. d). En raison de l'atteinte portée 
aux droits fondamentaux des personnes concernées, la mesure de séquestre doit être 
prévue par la loi; des soupçons suffisants doivent laisser présumer la commission 
d'une infraction; le principe de proportionnalité doit être respecté, et il doit exister un 
rapport de connexité entre l'objet saisi et l'infraction. Au début de l'enquête, un 
soupçon crédible ou un début de preuve de l'existence de l'infraction reprochée suffit 
à permettre le séquestre, ce qui laisse une grande place à l'appréciation du juge. On 
exige toutefois que ce soupçon se renforce au cours de l'instruction pour justifier le 
maintien de la mesure (A. KUHN / Y. JEANNERET (éds), Commentaire romand : 
Code de procédure pénale suisse, Bâle 2011, n. 17 et 22 ad art. 263). 

Tant que l'instruction n'est pas terminée, que les réquisitions ne sont pas rédigées ou 
que la juridiction de jugement concernée n'est pas saisie, la vraisemblance que l'objet 
saisi a servi ou est le produit d'une infraction suffit. Il n'appartient, en effet, pas à la 
Chambre de céans, en tant qu'autorité de recours, de se substituer aux compétences 
du Ministère public visant à déterminer les infractions qui seront finalement 
poursuivies ni à celles de l'autorité de jugement qui devra appliquer les art. 69 et 
70 CP (OCA/46/2011 du 11 mars 2011). 

La saisie conservatoire est, en outre, soumise au principe de la proportionnalité (SJ 
1990 443/444). Ce principe est respecté lorsque le séquestre porte sur des valeurs 
dont on peut vraisemblablement admettre qu'elles pourront être confisquées en 
application du droit pénal. 

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3.2. En l'occurrence, l'art. 24 al. 1 let. c LTBC punit celui qui importe illicitement des 
biens culturels ou fait une déclaration incorrecte lors de l'importation ou du transit de 
ces biens. 

En l’état du dossier, il semble établi que la déclaration d'importation de la statuette 
litigieuse se référait faussement à un bien non culturel. 

Le recourant considère avoir importé en Suisse l'objet en question en toute bonne foi, 
ignorant qu’il pouvait s’agir d’un bien culturel au sens de la LTBC. 

Il appartiendra à l’instruction, qui ne fait que commencer, de le déterminer. 

Or, comme relevé par le recourant, son audition n’est pas encore intervenue, de sorte 
qu’une levée du séquestre apparaît ici prématurée. 

Par ailleurs, contrairement à ce qu’affirme le recourant, la grande valeur et la grande 
rareté, vu son origine et son âge, de l’antiquité visée, ajoutée à la fausse déclaration 
d'importation précitée, constituent, à ce stade, des indices suffisants pour soupçonner 
une éventuelle provenance illicite du bien saisi, au sens de l'art. 24 al. 1 let. a et/ou c 
LTBC, soupçons qu'il appartiendra au Ministère public d'éclaircir. 

On notera enfin que le recourant ne prétend pas subir un inconvénient majeur du fait 
du séquestre, notamment financier. 

C'est donc en parfaite conformité avec tant l'art. 263 CPP que le principe de la 
proportionnalité que le Ministère public a ordonné le séquestre dont est recours. 

4. Justifiée, l'ordonnance querellée sera dès lors confirmée et, partant, le recours rejeté. 

5. Le recourant, qui succombe dans ses conslusions, supportera les frais envers l'État, 
qui comprendront un émolument de CHF 1'000.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du 
Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP ; E 4 10.03). 

* * * * * 

  

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P/11263/2015 

PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

Reçoit le recours formé par A______ contre l'ordonnance de séquestre rendue le 11 juin 
2015 par le Ministère public, dans la procédure P/11263/2015. 

Le rejette. 

Condamne A______ aux frais de la procédure de recours, qui comprennent un émolument 
de CHF 1'000.-. 

Notifie le présent arrêt ce jour, en copie, à A______, soit pour lui à son conseil, et au 
Ministère public. 

Siégeant : 

Monsieur Christian COQUOZ, président; Mesdames Corinne CHAPPUIS BUGNON et 
Catherine TAPPONNIER, juges; Monsieur Xavier VALDES, greffier. 

 

Le greffier : 

Xavier VALDES 

 Le président : 

Christian COQUOZ 

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 

matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 

RS 173.110); la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 

par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les trente jours qui 

suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

  

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P/11263/2015 

P/11263/2015 ÉTAT DE FRAIS  

 
 

 
COUR DE JUSTICE 

 

 
 
 
Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais en matière pénale 
(E 4 10 03). 
 

Débours (art. 2) 

- frais postaux CHF 20.00 

Émoluments généraux (art. 4)  

- délivrance de copies (let. a) CHF       

- délivrance de copies (let. b) CHF       

- état de frais (let. h) CHF 75.00 

Émoluments de la Chambre pénale de recours (art. 13)   

- décision sur recours (let. c) CHF 1'000.00 

-  CHF       

Total  CHF   1'095.00