# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 377c64ab-a9a0-57ef-bda6-a466f1b36f43
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour d'appel civile HC / 2014 / 559
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_002_HC---2014---559_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

JI12.052270-141006

321 

 

 

JUGE
DELEGUéE DE LA cour d’appel CIVILE

___________________________________________________________

Arrêt du
13 juin 2014

__________________

Présidence
de               Mme             
Bendani,
juge déléguée

Greffier
              :             
Mme              Nantermod Bernard

 

 

*****

 

 

Art.
291 CC

 

 

             
Statuant à huis clos sur l’appel interjeté par Q.________,
à Lausanne, intimé, contre l’ordonnance de mesures provisionnelles rendue le 15 mai 2014
par le Président du Tribunal civil de l’arrondissement de Lausanne dans la cause divisant
l’appelant d’avec T.________,
à Paudex, requérante, la juge déléguée de la Cour d'appel civile du Tribunal
cantonal voit :

             
En fait :

 

 

A.             
Par ordonnance de mesures provisionnelles du 15 mai 2014, le Président du Tribunal civil de l’arrondissement
de Lausanne a donné l’ordre à la Société [...], sise route du [...], à
1018 Lausanne, de verser la somme de 600 fr. par mois, en mains de la requérante, sur son compte
no IBAN : [...], auprès de Postfinance, dès le 1er
février 2014, jusqu’à droit connu sur l’action au fond (I) ; dit que les frais
judiciaires, arrêtés à 400 fr., sont laissés à la charge de l’Etat, pour
l’intimé (II) ; dit que l’intimé versera à la requérante un montant
de 1'500 fr. à titre de dépens (III) et dit que le bénéficiaire de l’assistance
judiciaire Q.________ est, dans la mesure de l’art. 123 CPC, tenu au remboursement des frais judiciaires
laissés à la charge de l’Etat (IV).

 

             
Le premier juge a considéré que les circonstances du cas d'espèce justifiaient l'avis
aux débiteurs selon l'art 291 CC (Code civil suisse du 10 décembre 1907; RS 210) et a ordonné
à la société dont l’intimé est associé gérant de verser en mains
de la requérante la contribution mensuelle de 600 fr. qu’il s’était conventionnellement
engagé à verser pour l’entretien de sa fille [...], née le [...] 2008.

 

 

B.             
Par acte motivé du 28 mai 2014, accompagné
de trois pièces dont la décision entreprise, l’enveloppe l’ayant contenue et une
procuration justifiant des pouvoirs de son conseil, Q.________ a fait appel contre l’ordonnance
précitée en concluant, sous suite de frais et dépens, préalablement à l’octroi
de l’effet suspensif, principalement à sa réforme en ce sens que la requête d’avis
au débiteur déposée le 11 février 2014 par T.________ est rejetée, et subsidiairement
à son annulation et au renvoi du dossier à l’autorité de première instance
pour nouvelle instruction et nouvelle décision.

 

             
Par lettre du 2 juin 2014, l’intimée s’est opposée à l’octroi de l’effet
suspensif.

 

             
Par décision du 6 juin 2014, la Juge déléguée de la Cour de céans a rejeté
la requête d’effet suspensif contenue dans l’appel, aux motifs que l’obligation
de s’acquitter d’une contribution n’était pas de nature à provoquer un préjudicie
difficilement réparable, l’appelant conservant la faculté de répéter la somme
qu’il aurait indûment versée, que l’intérêt de la créancière
à l’entretien à une exécution immédiate l’emportait sur celui du débiteur
et qu’enfin l’intéressé ne démontrait pas, au stade de la vraisemblance, qu’il
ne conserverait pas les montants indispensables pour couvrir son minimum vital. Le même jour, la
juge déléguée a dispensé l’appelant du versement de l’avance de frais,
la décision définitive sur l’assistance judiciaire étant réservée.

 

             
L’intimée n’a pas été invitée à se déterminer.

 

 

C.             
Le juge délégué retient les faits suivants, sur la base de l’ordonnance querellée
complétée par les pièces du dossier :

 

1.             
Q.________ et T.________ sont les parents de [...], née le [...] 2008, que son père a reconnue
selon acte du 18 décembre 2008. 

 

             
Q.________ est également le père de deux enfants majeures, [...], née le [...] 1986, et
[...], née le [...], à l’entretien desquelles il ne contribue pas.

 

             
Le 21 avril 2009, Q.________ et T.________ ont signé une convention alimentaire, ratifiée par
la Justice de paix du district de Lausanne le 7 juillet 2009. Aux termes de celle-ci, Q.________ s’est
engagé à contribuer à l’entretien de sa fille [...] par le versement d’une
pension alimentaire de 600 fr. jusqu’à l’âge de 8 ans révolus, 700 fr. dès
lors et jusqu’à l’âge de 12 ans révolus, 800 fr. dès lors et jusqu’à
la majorité de l’enfant, allocations familiales non comprises, dite pension étant payable
le premier de chaque mois en mains de la mère de l’enfant.

 

             
Depuis la séparation du couple, intervenue au début de l’année 2010, l’enfant
est demeurée auprès de sa mère qui détient l’autorité parentale et la
garde sur sa fille.

2.             
Par requête de conciliation du 17 juin 2011,
Q.________ a ouvert action en modification de la contribution d’entretien envers sa fille [...].
Par requête de mesures provisionnelles du 28 juin 2011, il a conclu à la suspension du versement
de la contribution d’entretien, dès le 1er
juin 2011 et jusqu’à l’issue de l’action en modification introduite. 

 

             
Par ordonnance de mesures provisionnelles du 14 septembre 2012, le Président du Tribunal civil de
l’arrondissement de Lausanne (ci-après le président) a refusé de supprimer, ou à
tout le moins de suspendre, l’obligation d’entretien du requérant envers sa fille. Il
a retenu que le requérant entretenait un flou dans ses explications sur sa situation financière,
ce qui laissait supposer qu’il avait des revenus plus importants que ce qu’il prétendait,
qu’il n’avait non seulement pas prouvé un changement notable et durable dans sa situation
financière, mais n’avait pas non plus rendu vraisemblable, à un degré suffisant
au stade des mesures provisionnelles, que son minimum vital serait atteint s’il payait la contribution
due. Il a ajouté que le commandement de payer versé au dossier concernant le défaut de
paiement des contributions d’entretien en faveur de [...] pour la période du 1er
septembre 2009 au 31 juillet 2010 attestait du fait que le requérant n’avait jamais fait l’effort
de verser une quelconque contribution d’entretien en faveur de sa fille. Q.________ aurait du reste
clairement indiqué à la mère de l’enfant qu’il ne voulait prendre aucun engagement
vis-à-vis de la petite. Du reste, il n’exerçait un droit de visite que lorsqu’il
avait du temps libre et l’envie, prétextant être très occupé professionnellement.

 

             
Par demande du 18 décembre 2012, Q.________ a conclu à la suppression, dès le 1er
juin 2011, de la pension due en faveur de sa fille [...]. 

 

             
Dans sa réponse du 21 février 2013, T.________ a conclu au rejet de la demande.

 

3.             
Par requête de mesures provisionnelles du
20 janvier 2014, T.________ a conclu à ce qu’ordre soit donné à la société
[...], ou a tout autre débiteur de l’intimé, de lui verser dès le 1er
février 2014 la somme de      600 fr. par mois jusqu’à droit connu
sur l’action au fond. 

 

4.             
Q.________ travaille comme indépendant dans le domaine de la restauration. De février 2006
à juillet 2013, il a exploité en raison individuelle un café-restaurant-pizzeria à
l’enseigne «[...]». Il ne touchait pas de salaire de sa société et son revenu
annuel se composait du résultat de l’exploitation de son activité. En 2008, le bénéfice
de celle-ci se montait à 39'786 fr. ; en 2009, il était de 23'944 francs. En 2010, Q.________
a essuyé une perte de 10'178 fr. 75. En 2010 et 2011, il a opéré des prélèvements
privés à hauteur de 36'673 fr. 79 et    fr. 22'231 fr. 90. 

 

             
Q.________ est titulaire, en son nom propre ou au nom de son établissement, de baux à loyer
pour des appartements sis dans le même immeuble que le café-restaurant. L’un d’eux
serait occupé par un membre de son personnel et le loyer (760 fr.) déduit du salaire de celui-ci.
Le second serait inhabité, mais disponible pour les serveurs ou pour sa fille [...], en apprentissage
chez son père. Aucune retenue pour paiement d’un loyer (637 fr.) ne figure cependant sur les
fiches de salaire de [...], lesquelles attestent d’un gain mensuel net de 936 fr. par mois, et
le conseil de Q.________ l’a confirmé par courrier du 26 avril 2012.

 

             
Depuis le 4 juillet 2013, Q.________ est associé gérant avec signature individuelle de la société
[...], qui a repris l’intégralité des actifs        (95'696
fr. 95) et passifs (50’71 fr. 10) du café-restautant [...]. Ses associées sont ses filles
majeures [...], qui travaille avec lui, et [...]. La société a pour but l’exploitation
de cafés-restaurants ainsi que l’importation et l’exportation de produits alimentaires.

 

             
A l’audience de mesures provisionnelles du 9 avril 2014, Q.________ a conclu au rejet de la requête.
Il a confirmé qu’il n’était pas l’employé de la société [...],
mais l’administrateur de celle-ci, qu’il ne percevait pas de salaire et ne bénéficiait
pas du revenu d’insertion ni d’aucun subside. Il a expliqué qu’il prélevait
chaque mois sur les recettes du restaurant un montant suffisant pour couvrir ses dépenses incompressibles
(loyer [1'370 fr.] et assurance-maladie       [350 fr.]), lesquelles n’avaient
pas été modifiées depuis le dépôt de sa demande. Il a indiqué qu’il
accomplissait des services pour le compte de son restaurant ; en particulier, il utilisait sa voiture
privée pour effectuer diverses courses. 

 

 

             
En droit
:

 

 

1.             
L'appel est recevable contre une ordonnance de mesures provisionnelles (art. 308 al. 1 let. b CPC), dans
les causes non patrimoniales ou dont la valeur litigieuse est supérieure à 10'000 fr. (art.
308 al. 2 CPC). Les ordonnances de mesures provisionnelles étant régies par la procédure
sommaire, selon l'art. 248 let. d CPC (et selon I'art. 271 CPC par renvoi de l'art. 276 CPC pour les
procédures matrimoniales), le délai pour l'introduction de l'appel est de dix jours (art. 314
al. 1 CPC). L'appel en matière de mesures provisionnelles relève de la compétence d'un
juge unique (art. 84 al. 2 LOJV [loi d'organisation judiciaire du 12 décembre 1979, RSV 173.01]).

 

             
Formé en temps utile par une partie qui y a intérêt et portant sur des conclusions qui,
capitalisées selon l’art. 92 al. 2 CPC, sont supérieures à 10'000 fr., le présent
appel est recevable. 

 

 

2.             

2.1             
L’appel peut être formé pour violation
du droit ou pour constatation inexacte des faits (art. 310 CPC). L’autorité d’appel
peut revoir l’ensemble du droit applicable, y compris les questions d’opportunité ou
d’appréciation laissées par la loi à la décision du juge, et doit, le cas échéant,
appliquer le droit d’office conformément au principe général de l’art. 57
CPC. Elle peut revoir librement l’appréciation des faits sur la base des preuves administrées
en première instance. Le large pouvoir d’examen en fait et en droit ainsi défini s’applique
même si la décision attaquée est de nature provisionnelle (JT 2011 III 43 c. 2 et les
références citées).

 

2.2             
Les faits et moyens de preuve nouveaux ne sont pris en compte que s'ils sont invoqués ou produits
sans retard et ne pouvaient être invoqués ou produits devant la première instance, bien
que la partie qui s'en prévaut ait fait preuve de la diligence requise, ces deux conditions étant
cumulatives (art. 317 al. 1 CPC). Il appartient à l'appelant de démontrer que ces conditions
sont réalisées, de sorte que l'appel doit indiquer spécialement de tels faits et preuves
nouveaux et motiver spécialement les raisons qui les rendent admissibles selon lui (JT 2011 III
43 c. 2 et les références citées). Des novas peuvent par ailleurs être, en principe,
librement introduits en appel dans les causes régies par la maxime d'office, par exemple sur la
situation des enfants mineurs en droit matrimonial, à tout le moins lorsque le juge de première
instance a violé la maxime inquisitoire illimitée (JT 2011 III 44).

 

             
              En
tant que l’appel porte sur l’avis donné au débiteur de verser la pension pour l’enfant
mineur des parties, la maxime d’office et la maxime inquisitoire illimitée sont applicables
(art. 296 al. 1 et 3 CPC ; Hohl, Procédure civile, Tome II, 2ème
éd., nn. 2098, 2099 et 2161). La pièce produite par l’appelant est donc susceptible d’être
examinée par le juge.

 

 

3.             
L’appelant conteste l’avis au débiteur
prononcé par le premier juge.

 

3.1             
Lorsque les père et mère négligent
de prendre soin de l’enfant, le juge peut prescrire à leurs débiteurs d’opérer
tout ou partie de leurs paiements entre les mains du représentant légal de l’enfant.

             

             
L'avis au débiteur fondé sur l’art. 291 CC constitue une mesure d'exécution forcée
privilégiée sui generis, qui se trouve en lien étroit avec le droit civil et est de nature
pécuniaire. Le jugement portant sur un tel avis aux débiteurs est en principe un jugement final
sur le fond et non une mesure provisionnelle, à moins qu'il ne soit prononcé dans le cadre
de mesures protectrices de l'union conjugale ou de mesures provisionnelles au sens des art. 137 aCC ou
177 CC (ATF 137 III 193 c. 1, JT 2012 II 147).

 

             
L'avis au débiteur constitue une mesure particulièrement incisive, de sorte qu'il suppose un
défaut caractérisé de paiement. Une omission ponctuelle ou un retard isolé de paiement
sont insuffisants. Pour justifier la mesure, il faut disposer d'éléments permettant de retenir
de manière univoque qu'à l'avenir, le débiteur ne s'acquittera pas de son obligation,
ou du moins qu'irrégulièrement et ce indépendamment de toute faute de sa part (TF 5A_236/2011
du 18 octobre 2011     c. 5.3 ; TF 5A_464/2012 du 30 novembre 2012 c. 5.3). Il doit y
avoir lieu de craindre que de tels manquements se produisent également à l'avenir (CACI 16
août 2011/196 et réf.; Blätter für Zürcherische Rechtsprechung [ZR] 1955 no
99 p. 206; Hegnauer, Berner Kommentar, 1997, n. 9 ad art. 291 CC, p. 481).

 

             
Il a été jugé que, dans la mesure où le débiteur a versé les contributions
d’entretien avec un retard de trois à dix jours durant les mois de janvier à juillet
2012, le retard dans le paiement des contributions d’entretien ne peut être considéré
comme isolé (TF 5A_771/2012 du 21 janvier 2013 c. 2.1, in La Pratique de la famille [FamPra.ch.]
2013 p. 491). L’absence de menaces formelles par le crédirentier découlant du retard
dans le paiement ne constitue pas un motif empêchant d’ordonner un avis aux débiteurs
(TF 5A_771/2012 du 21 janvier 2013   c. 2.1, in FamPra.ch. 2013 p. 491).

 

             
              L’art. 291 CC s’applique
si le débiteur d’aliments ne verse pas, entièrement ou partiellement, les contributions
auxquelles un jugement l’astreint. En tant que mesure d’exécution, l’avis au débiteur
constate le montant énoncé dans le titre d’entretien ; le juge n’examine donc
ni l’état de fait ni les considérations de droit des mesures protectrices ou du divorce.
Ainsi, l’avis au débiteur facilite le recouvrement d’aliments. Il ne peut toutefois
pas entamer le minimum vital du débirentier, de sorte que les principes applicables au respect du
minimum vital en cas de saisie de salaire s’appliquent si la situation du débirentier s’est
détériorée depuis l’entrée en force du jugement fixant l’entretien dû
(Bastons Bulletti, Commentaire romand, n. 9 ad art. 291 CC ; TF 5A_223/2014 du 30 avril 2014 c.
2).

 

3.2             
L’appelant explique ne disposer d’aucune
créance envers la société qu’il a créée, dès lors qu’aucun
contrat ne règle la rétribution des gérants.

 

             
              L’appelant travaille
comme indépendant dans le domaine de la restauration. Auparavant, il exploitait, en raison individuelle,
le café-restaurant [...], à Lausanne. Depuis le 26 juin 2013, l’établissement est
géré par Q.________ et ses deux filles aînées, qui ont constitué une société
à responsabilité limitée dont la raison sociale est [...]. L’apport fait par l’appelant
était constitué des actifs de sa raison individuelle, évalués à 41'985 fr. 85.

 

             
              Certes, l’appelant
ne travaille pas comme employé de cette société, mais il en est le président et l’associé
gérant avec signature individuelle. Il est clair qu’il s’acquitte de ses charges par
le bénéfice tiré de l’exercice de sa société et qu’il prélève
par conséquent chaque mois sur les recettes de son établissement le montant nécessaire
à couvrir ses dépenses. En effet, l’intéressé a admis aux débats de première
instance qu’il accomplissait des services pour le compte de son restaurant, que ses charges ne
s’étaient pas modifiées depuis le dépôt de sa demande et qu’il ne bénéficiait
pas d’autres ressources (revenu d’insertion ou  subsides).

 

             
              Sur la base de ces éléments,
on doit admettre que l’appelant bénéficie bel et bien d’un montant mensuel versé
par [...].

 

3.3             
              L’appelant relève
que ses prélèvements auprès de la société ne servent qu’à couvrir
ses charges mensuelles incompressibles, à savoir son minimum vital.

 

             
              Certes, l’intéressé
allègue une diminution de ses revenus et la non couverture de son minimum vital. Or, il ne le démontre
d’aucune manière. Sa comptabilité fait état de certains frais qui pourraient être
diminués, voire supprimés. Il en va ainsi d’un appartement sis dans l’immeuble
qui abrite le restaurant, dans lequel l’appelant logerait un employé et dont le loyer (760
fr.) serait déduit de la fiche de salaire de celui-ci, et d’un second logement qui serait
inoccupé, mais qui servirait à loger des serveurs venant travailler dans l’établissement
ou serait destiné à l’usage de sa fille [...]. Dans un tel cas, le loyer devrait être
déduit du salaire. Or, et l’appelant l’a reconnu, la fiche de salaire de [...], qui
fait état d’un pécule d’apprentie de 936 fr. par mois, ne mentionne aucune retenue
pour paiement d’un loyer qui, de toute manière, serait particulièrement élevé
par rapport à de telles ressources. Dès lors, même en admettant qu’un employeur
conserve un appartement pour un de ses employés, tout en prélevant le loyer sur son salaire,
il est en revanche incompréhensible qu’il continue à louer un logement, en partie vide,
sans que cela ne relève d’aucune nécessité professionnelle. L’appelant pourrait
ainsi se départir du bail de ce second appartement et faire l’économie d’une dépense
de 637 fr. par mois, laquelle suffirait à couvrir la contribution d’entretien convenue et
dont le montant, s’agissant d’une procédure d’avis au débiteur, ne peut pas
être revu par le juge.

 

             
Au surplus, il ressort du commandement de payer de l’Office des poursuites de Lausanne-Ouest que
l’appelant n’a jamais fait l’effort de verser une quelconque contribution d’entretien
pour la période du 1er
septembre 2009 au 31 juillet 2010 et l’on ne saurait dans ces circonstances considérer qu’il
s’agit d’une omission ponctuelle ou d’un retard isolé de paiement. Dès lors
enfin que l’appelant a admis ne rien payer des pensions dues à sa fille et ne vouloir prendre
aucun engagement vis-à-vis de celle-ci, il y a lieu de craindre que de tels manquements se reproduisent
à l'avenir.

 

 

4.             
              En
conclusion, l’appel doit être rejeté dans la procédure de l’art. 312 al. 1
CPC.

             

             
              Conformément à
l’art. 117 CPC, le droit à l’assistance judiciaire suppose l’indigence du requérant
et que sa cause ne paraît pas dénuée de succès. Pour les motifs évoqués
ci-dessus, la requête d’assistance judiciaire doit être rejetée et les frais judiciaires
de deuxième instance, arrêtés à 600 fr. (art. 65 al. 2 TFJC [tarif des frais judiciaires
civils du 28 septembre 2010 ; RSV 270.11.5]) mis à la charge de l’appelant qui succombe
(art. 106 al. 1 CPC).

 

                           
Dès lors que l’intimée n’a pas été invitée à se déterminer,
il n’y a pas lieu de lui allouer des dépens de deuxième instance.

 

 

 

Par
ces motifs,

la
juge déléguée de la Cour d’appel civile du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos,

en
application de l'art. 312 al. 1 CPC,

prononce
:

 

 

             
I.             
L’appel est rejeté.

 

             
II.             
L’ordonnance est confirmée.

 

             
III.             
La requête d’assistance judiciaire de l’appelant est rejetée.

 

IV.      
Les frais judiciaires de deuxième instance,
arrêtés à 600 fr. (six cents francs), sont mis à la charge de l’appelant Q.________.

 

V.        
L’arrêt motivé est exécutoire.

 

La
juge déléguée :              
Le greffier :

 

 

 

 

Du
13 juin 2014

 

             
Le dispositif de l'arrêt qui précède est communiqué par écrit aux intéressés.

 

             
Le greffier :

 

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié en expédition complète, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
Me Mélanie Freymond (pour Q.________),

‑             
Me Claire Charton (pour T.________).

 

             
La juge délégué de la Cour d’appel civile considère que la valeur litigieuse
est supérieure à 30'000 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. le Président du tribunal civil de l’arrondissement de Lausanne.

 

             
Le greffier :