# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 8935297d-ceab-5e2c-af2c-3c2507bd4287
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour des poursuites et faillites ML / 2012 / 319
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_009_ML---2012---319_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

KC12.026008-121844

504 

 

 

Cour
des poursuites et faillites

________________________________________________

Arrêt du
12 décembre 2012

______________________

Présidence
de               M.             
Sauterel,
vice-président

Juges             
:              Mme             
Carlsson et M. Muller 

Greffier
              :             
Mme              van Ouwenaller

 

 

*****

 

 

Art.
80 LP

 

 

             
Vu la décision rendue le 21 août 2012 par le Juge de paix du district d'Aigle, prononçant
la mainlevée définitive de l'opposition formée par T.________,
à Ollon, au commandement de payer qui lui avait été notifié le 1er
mai 2012 dans la poursuite n° 6'206'155 de l'Office des poursuites du district d'Aigle exercée
contre lui à l'instance de l'A.________,
représenté par l'Office d'impôt du district de la Riviera – Pays-d'Enhaut (ci-après:
l'office), en paiement des montants de 2'000 fr. avec intérêt à 3 % l'an dès le 22
février 2012 et de 7 fr. 85 sans intérêt, mentionnant comme titre de la créance ou
cause de l'obligation: "Amende d'ordre défaut DI ICC 2009 (A.________) selon décision
de taxation du 12.01.2012 et du décompte final du 12.01.2012; sommation adressée le 20.03.2012"
et "Intérêts moratoires sur décompte",

 

             
vu la demande de motivation formée par le poursuivi le 23 août 2012,

 

             
vu le prononcé motivé, adressé pour notification aux parties le 25 septembre 2012,

 

             
vu le recours contre ce prononcé déposé le 4 octobre 2012 par le poursuivi,

 

             
vu la décision rendue le 24 octobre 2012 par le président de la cour de céans, accordant
d'office l'effet suspensif au recours,

 

             
vu les pièces au dossier;

 

 

             
attendu qu'aux termes de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre
2008; RS 272), le recours, écrit et motivé, est introduit auprès de l'instance de recours
dans le délai de dix jours à compter de la notification de la décision motivée ou
de la notification postérieure de la motivation,

 

             
que le recours déposé le 4 octobre 2012 par le poursuivi l'a été en temps utile et
dans les formes requises de sorte qu'il est recevable;

 

 

             
attendu qu'à l'appui de sa requête de mainlevée définitive du 2 juillet 2012, le
poursuivant a produit, outre l'original du commandement de payer susmentionné:

 

-
une "Invitation à déposer la déclaration 2009 – Sommation" du 25 octobre
2010 impartissant un délai de trente jours au poursuivi et à son épouse pour adresser
leur déclaration d'impôt 2009 à l'office;

 

-
une décision de taxation du 26 octobre 2011 qui, constatant que le poursuivi et son épouse
n'avaient pas obtempéré, évaluait d'office les éléments de leur revenu et de
leur fortune soumis aux impôts cantonal, communal et fédéral, une amende de 2'000 francs
leur étant en outre infligée pour l'impôt cantonal; ce document indique les voies de droit
applicables;

 

-
un décompte final relatif à l'"amende d'ordre défaut de déclaration d'impôt
ICC 2009" adressé le 3 novembre 2011 au poursuivi et à sa femme, indiquant un montant
de 2'000 francs et mentionnant les voies de droit;

 

-
une lettre du 24 novembre 2011 adressée par le poursuivi à l'office, sollicitant une restitution
de délai pour déposer une réclamation contre la décision du 26 octobre 2011 précitée,
sa santé ne lui ayant pas permis jusqu'alors de se déterminer;

 

-
une lettre du 2 décembre 2011 de l'office, adressée au poursuivi, l'invitant à lui faire
parvenir, d'ici au 21 décembre 2011, ses déclarations d'impôts 2008 et 2009;

 

-
une décision portant sur le calcul de l'impôt à la suite d'un réexamen de la dernière
décision de taxation du 12 janvier 2012 adressée au poursuivi et à son épouse, évaluant
d'office les éléments du revenu et de la fortune soumis aux impôts cantonal, communal
et fédéral, une amende de 2'000 fr. étant en outre infligée au poursuivi et à
son épouse pour l'impôt cantonal; cette décision mentionne les voies de droit applicables;
au bas de ce document figure l'indication signée du Préposé-receveur:

 

"Aucune
réclamation n'a été interjetée dans le délai légal contre la décision
de taxation résultant d'un rééxamen de la dernière décision de taxation. Ainsi,
les éléments imposables et le calcul de l'impôt 2009 notifiés le 12.01.2012 sont
entrés en force.

DECISION DE
TAXATION ENTREE EN FORCE

Vevey, le 2
juillet 2012";

 

-
un décompte final complémentaire relatif à l' "amende d'ordre défaut de déclaration
d'impôt ICC 2009" adressée le 12 janvier 2012 au poursuivi et à sa femme d'un montant
de 2'007 fr. 85, 7 fr. 85 d'intérêts moratoires ayant été ajoutés aux 2'000
fr. de l'amende; au verso de ce document, figure l'indication suivante, signée du Préposé-receveur:

 

"Aucune
réclamation n'a été interjetée dans le délai légal contre le prononcé
d'amende résultant d'un réexamen de la dernière décision de taxation 12.01.2012du

DECOMPTE FINAL
COMPLEMENTAIRE ENTRE EN FORCE

Vevey, le 2
juillet 2012";

 

-
un rappel du 20 mars 2012 relatif à l'amende d'ordre 12 janvier 2012, impartissant au poursuivi
et à son épouse un délai de dix jours dès réception pour verser le montant de
2'007 fr. 85;

 

-
un relevé de compte du 28 juin 2012 du poursuivi et de sa femme portant sur l'amende d'ordre, duquel
il ressort un solde de 2'080 fr. 85, 73 fr. de frais de commandement de payer étant ajoutés
2'007 fr. 85 du rappel;

 

 

             
attendu que le Juge de paix du district d'Aigle a prononcé la mainlevée définitive de
l'opposition à concurrence des montants réclamés, arrêté à 150 fr. les
frais judiciaires mis à la charge du poursuivi et dit qu'en conséquence celui-ci rembourserait
au poursuivant son avance de frais à concurrence de 150 fr., sans allocation de dépens pour
le surplus,

 

             
qu'il a considéré, en bref, que la décision de taxation et le décompte du 12 janvier
2012 n'avaient fait l'objet d'aucune réclamation de sorte qu'ils valaient titre à la mainlevée
définitive, pour le montant en poursuite;

 

 

             
attendu que le créancier qui est au bénéfice
d'un jugement exécutoire peut requérir du juge la mainlevée définitive de l'opposition
(art. 80 al. 1 LP [loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite du 11 avril 1889;
RS 281.1]),

 

             
              que sont assimilées
aux jugements exécutoires les décisions des autorités administratives suisses (art. 80
al. 2 ch. 2 LP),

 

             
              qu'une décision devient
exécutoire après sa notification à l'administré si celui-ci, informé de son
droit de recourir, n'en a pas usé (Panchaud/Caprez, La mainlevée d'opposition, § 134),

 

             
              qu'en l'espèce la
décision d'imposition du 12 janvier 2012 et le décompte final du même jour constituent
des décisions au sens de l'art. 80 al. 2 ch. 2 LP (art. 229 al. 2 LI [loi sur les impôts directs
cantonaux du 4 juillet 2000; RSV 642.11]),

 

             
              qu'il résulte des
attestations figurant sur les copies produites que ces décisions sont exécutoires,

 

             
              qu'elles valent donc titre
de mainlevée définitive pour le montant en poursuite ainsi que pour l'intérêt moratoire
(art. 223 LI),

 

             
que, lorsque la poursuite est fondée sur un jugement exécutoire rendu par une autorité
administrative suisse, le juge ordonne la mainlevée définitive de l'opposition à moins
que l'opposant ne prouve par titre que la dette a été éteinte ou qu'il a obtenu un sursis,
postérieurement au jugement,  ou qu'il ne se prévale de la prescription (art. 81 al. 1
LP),

 

                          
 que le recourant n'établit pas que l'une de ces conditions serait réalisée,

 

             
              qu'à l'appui de son
recours, il fait valoir que, pour des raisons médicales, il avait été empêché
de remplir sa déclaration dans les temps,

 

             
qu'il soutient que cette incapacité momentanée l'autorise à solliciter une restitution
de délai au sens de l'art. 168 LI,

 

             
              qu'il soulève ainsi
un argument de fond qui ne pouvait être examiné que par l'administration fiscale dans le cadre
d'une demande en restitution de délai, respectivement par les autorités de recours fiscales
saisies régulièrement et dans les délais légaux,

 

             
que la décision du 12 janvier 2012 est entrée
en force,

 

             
              que c'est donc à
bon droit que le premier juge a admis la requête du poursuivant,

 

             
que la décision attaquée ne peut être que confirmée par adoption de motifs,

 

             
que le recours, manifestement infondé au sens de l'art. 322 al. 1 CPC, doit être rejeté,

 

             
que les frais de deuxième instance du recourant sont arrêtés à 270 francs.

 

 

 

Par
ces motifs,

la
Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal,

statuant
à huis clos en sa qualité d'autorité

de
recours en matière sommaire de poursuites,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté.

 

             
II.             
Le prononcé est confirmé.

 

             
III.             
Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 270 fr. (deux cent septante
francs), sont mis à la charge du recourant.

 

             
IV.             
L'arrêt est exécutoire.

 

 

Le
président :               La greffière
:

 

 

 

 

Du
12 décembre 2012

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, prend date de ce jour.

 

             
Il est notifié, par l'envoi de photocopies, à :

 

T.________

‑             
L'Office des poursuites du district de la Riviera – Pays-d'Enhaut (pour l'A.________).

 

             
La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 2'000 francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation
ne soulève une question juridique de principe 
(art.
74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les
trente jours qui suivent la présente notification (art. 100  al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué à :

 

‑             
Mme le Juge de paix du district d'Aigle.

 

             
La greffière :