# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 9df6d6fc-ae11-5c8e-a9cc-ceac590d2b79
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2023-11-09
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 09.11.2023 A/3416/2022
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-3416-2022_2023-11-09.pdf

## Full Text

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
A/3416/2022-CS DCSO/492/23 

DECISION 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre de surveillance 
des Offices des poursuites et faillites 

DU JEUDI 9 NOVEMBRE 2023 

 

Plainte 17 LP (A/3416/2022-CS) formée en date du 17 octobre 2022 par A______, 

représenté par Me Malek Adjadj, avocat. 

* * * * * 

 

Décision communiquée par courrier A à l'Office concerné 

et par plis recommandés du greffier du     ______                       

à : 

- A______ 

c/o Me ADJADJ Malek 

AAA Avocats SA 

Rue du Rhône 118 

1204 Genève. 

- B______ 

p.a. Andrea HANHART, avocate 

Minervastrasse 99 

8032 Zürich. 

- Office cantonal des poursuites. 

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A/3416/2022-CS 

EN FAIT 

A. a. Il ressort du Registre du commerce du canton de Genève que la société à 

responsabilité limitée C______ SARL, ayant son siège rue 1______ no. ______, 

c/o D______ SA [société fiduciaire], [code postal] Genève, exploite un commerce 

d'œuvres d'art. 

 A______ en est l'unique associé et unique gérant, avec signature individuelle. Il 

est mentionné au Registre du commerce comme domicilié à E______. Il est 

l'unique titulaire de la signature pour cette société. 

 b. A______ a été officiellement domicilié de 2011 à 2017 à E______ (VD), rue 

2______ no. ______, selon attestation du Contrôle de l'habitant de la commune du 

20 février 2018. Il a annoncé son départ de la commune le 31 juillet 2017 pour le 

Portugal à l'adresse 3______, largo 3______ no. ______, [code postal] F______. 

 c. A______ est inscrit dans l'annuaire téléphonique "local.ch" avec les mentions 

suivantes "A______; adresse : rue 1______ no. ______, [code postal] Genève; 

téléphone : 4______ [no. fixe suisse]". 

 d. [La banque] B______ a requis la poursuite de A______, "rue 1______ 

no. ______, c/o D______ SA, [code postal] Genève", pour une créance de 

50'691 fr. à titre de "Bordereau de dépôt, communauté d'héritiers G______; 

Montant et Intérêts : accour de prêt Nr. 5______; Facture; Résiliation et facture 

du 6.12.1999". 

 La réquisition de poursuite était accompagnée d'une lettre indiquant que 

"Monsieur A______ sembl[ait] vivre au Portugal mais [que la banque avait] reçu 

l'information que ce n'[était] pas le cas. (…) Il habit[ait] rue 1______ 
no. ______, [code postal] Genève (www.local.ch). C______ SARL [était] aussi 

enregistrée à cette adresse. Monsieur A______ [était] directeur général de cette 

entreprise. En plus, A______ a[vait] une exposition au "H______" à Genève 

jusqu'au 2 octobre 2022. [Comme] il n'[avait] pas un séjour permanent le for de 

la poursuite [était] où il se trouv[ait] ou au siège de son établissement". 

 e. L'Office cantonal des poursuites (ci-après l'Office) a fait notifier un 

commandement de payer, poursuite n° 6______, au débiteur à l'adresse 

susmentionnée, lequel a été réceptionné le 7 octobre 2022 par "I______, employé" 

qui y a fait opposition totale. 

B. a. Par acte expédié le 17 octobre 2022 à la Chambre de surveillance des Offices 

des poursuites et faillites (ci-après la Chambre de surveillance), A______ a formé 

une plainte contre la notification de ce commandement de payer, concluant à son 

annulation. Il a allégué être domicilié au Portugal et ne pouvoir faire l'objet d'une 

poursuite à Genève. A titre de preuve de ce domicile, il a produit une facture de 

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consommation de gaz et d'électricité à son nom de 23 euros 99 pour la période du 

1
er

 janvier au 31 mars 2022 concernant un logement à J______ [Portugal], 

rua 7______ no. ______, 8______, [code postal] J______. L'adresse mentionnée 

dans la réquisition de poursuite ne correspondait qu'à une fiduciaire auprès de 

laquelle était domiciliée sa société C______ SARL. 

 b. Le plaignant a requis préalablement à ce que l'effet suspensif soit octroyé à sa 

plainte, lequel lui a été refusé, opposition ayant été formée au commandement de 

payer. 

 c. Dans ses observations du 26 octobre 2022, l'Office s'en est rapporté à 

l'appréciation de la Chambre de surveillance pour déterminer le domicile du 

débiteur au sens de l'art. 46 al. 1 LP. Il a expliqué avoir constaté que, nonobstant 

le fait que A______ n'avait jamais figuré dans les registres de l'Office cantonal 

genevois de la population et des migrations (ci-après OCPM) comme domicilié à 

Genève, il était mentionné dans l'annuaire téléphonique "local.ch" à l'adresse 

rue 1______ no. ______ à Genève, ce qui avait permis une notification. 

 d. Dans ses observations du 1
er

 décembre 2022, B______ a contesté que A______ 

dispose d'un domicile au Portugal. La facture de gaz et d'électricité produite ne 

correspondait pas à la consommation d'un logement habité de manière 

permanente. Aucun document officiel n'était produit par le plaignant prouvant un 

domicile au Portugal. B______ avait tenté, sans succès, d'atteindre son débiteur 

dans ce pays, à F______, à l'adresse susmentionné, et à J______, à une adresse 

dont elle disposait : rua 9______ no. ______, 3° esq. [code postal] J______. Par 

ailleurs, A______ ne pouvait plus être atteint rue 2______ no. ______, 

[code postal] E______ [VD], où l'Office des poursuites de K______ (VD) n'avait 

pu notifier d'actes de poursuite en mars 2022. Il fallait en déduire que l'intéressé se 

trouvait à Genève où il exploitait son entreprise par le truchement de sa société 

C______ SARL qui disposait d'employés selon le procès-verbal de notification du 

commandement de payer. 

 La créancière précisait qu'elle n'avait pas choisi de poursuivre A______ à Genève 

parce qu'il y aurait été domicilié, mais parce qu'il était sans domicile fixe, qu'il y 

exploitait un établissement, y avait un avocat qui gérait ses affaires depuis 

plusieurs années et s'y trouvait à tout le moins au moment de la réquisition de 

poursuite puisqu'il organisait une exposition au "H______". 

 e. A______ a répliqué le 19 décembre 2022 et persisté dans ses conclusions. Il a 

produit une facture de livraison de meubles pour son logement de J______, 

rua 7______ n° ______ et ______. 

 f. La Chambre de surveillance a ordonné le 19 mars 2023 à A______ de produire 

un ensemble de pièces permettant d'emporter la conviction sur l'existence d'un 

domicile au Portugal et ordonné la comparution personnelle des parties. 

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 g. Lors de l'audience du 15 juin 2023, A______, ressortissant suisse, a déclaré 

vivre au Portugal, depuis 2018 avec le statut de résident fiscal ce qui impliquait 

qu'il habite au minimum six mois par an dans ce pays. Il y développait une activité 

d'organisation d'expositions et de ventes de tableaux, voire l'édition d'ouvrages 

d'art, par le truchement de la société L______ LDA. Cette dernière déployait son 

activité dans la maison qu'il louait à J______, depuis le 2 février 2022, 

rua 7______ n° ______ et ______. Elle était d'ailleurs signataire du bail.  

 Pour développer son activité professionnelle, il disposait de locaux professionnels 

dans sa maison de J______, où travaillaient deux employés qu'il avait engagés. Il 

faisait appel à un avocat et à un comptable pour encadrer son activité. Il n'avait 

pas de galerie; en revanche, il disposait d'une vitrine située à M______ (BE) en 

Suisse. 

 La société C______ SARL à Genève était modérément active. La rue 1______ 

no. ______ était une pure adresse postale destinée à recevoir du courrier, dans les 

locaux d'une fiduciaire servant de domiciliation. A la connaissance du plaignant, il 

n'y avait que des bureaux dans l'immeuble. C______ SARL ne disposait d'aucuns 

locaux et n'avait aucun employé. Le plaignant n'était pas conscient du fait que sa 

qualité d'unique organe doté de la signature de C______ SARL impliquait qu'il 

soit domicilié en Suisse; il était en train de régulariser la représentation de la 

société pour qu'elle soit conforme au droit suisse. Il a contesté avoir organisé une 

exposition au "H______" à Genève. Il n'était généralement que de passage à 

Genève, pour voir un client en Suisse. S'il y séjournait, c'était uniquement une 

nuit, à l'hôtel ou chez des connaissances.  

 Il n'avait pas connaissance d'une inscription le concernant dans l'annuaire suisse 

du téléphone "local.ch". Interpellé sur le fait que le numéro de téléphone indiqué 

était précédé de l'indicatif de E______, il était incapable de se souvenir de son 

numéro de téléphone fixe lorsqu'il y habitait. Il entendait également régulariser 

cette inscription. Actuellement, il disposait, en Suisse, d'un numéro de portable 

précédé de l'indicatif 079.  

 A______ n'avait jamais vécu à Genève, à l'exception de quelques mois alors qu'il 

était âgé de 18 ans. Il n'y avait jamais été domicilié ni n'y avait jamais payé 

d'impôts. Il n'y avait aucun parent. Il était né à N______ [ZH] où il avait vécu 

avec sa famille et suivi sa scolarité. Il avait ensuite étudié à O______ [France], 

puis avait vécu en Angleterre et aux Etats-Unis. Il était revenu en Suisse vers 

2011-2012 pour y prospecter le marché de l'art en Europe. Il avait finalement jeté 

son dévolu sur le Portugal pour sa qualité de vie, le coût de la vie bon marché et 

l'activité, notamment culturelle, intéressante, avec la présence d'un important 

milieu d'expatriés. Il y avait une compagne ainsi qu'un réseau d'amis et de 

relations. Il entendait y rester durablement. 

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 Le plaignant avait plusieurs fois changé de logement au Portugal, entre F______ 

et J______ – ce qui expliquait les diverses adresses au Portugal figurant à la 
procédure –, avant de se fixer dans la maison qu'il louait actuellement rua 
7______ no. ______, dans laquelle il entendait vivre et travailler durablement. Le 

bail était d'ailleurs de longue durée. 

 Il affirmait qu'il recevrait un acte judiciaire qui lui serait notifié à cette adresse. 

 Finalement, A______ a expliqué que la créance en poursuite devait être une dette 

de son père, consécutive à la dénonciation d'un emprunt hypothécaire par 

B______. Il en avait entendu parler pour la première fois en 2020. 

 h. Le plaignant a déposé les pièces suivantes à l'appui de ses explications : 

 une attestation émise le 28 mars 2023 par l'Autorité fiscale et douanière de 
J______ certifiant qu'il était résident fiscal au Portugal sous numéro 

d'identification fiscal 10______; 

 un contrat de bail portant sur un appartement situé rua 11______ no. ______ à 
J______, conclu pour un an, renouvelable, dès le 1

er
 novembre 2021, signé à 

son nom personnel; 

 deux factures d'abonnement de télévision et de fourniture d'eau à son nom 
concernant cet appartement, de novembre et décembre 2021; 

 un contrat de bail portant sur une maison située rua 7______  
nos. ______-______ à J______, conclu pour une durée de 5 ans dès le 

1
er

 février 2022, signé par la société L______ LDA, afin d'y loger ses 

collaborateurs; le bail était cosigné par A______ en qualité de garant et 

principal payeur; 

 des factures de fourniture d'eau et d'évacuation des ordures pour la période de 
juillet à décembre 2022 libellées au nom de L______ LDA concernant l'adresse 

rua 7______ no. ______ (juin 76 euros 50, juillet 60 euros 35, août 

25 euros 99, septembre 37 euros 43, octobre 30 euros 12, novembre 

22 euros 56; consommation mensuelle moyenne d'eau : 2-3'000 l. par mois, 

avec une pointe à 14'000 l. en juillet 2022); 

 des photographies de son logement actuel rua 7______ no. ______, ainsi que 
des tickets de caisse pour des achats à J______. 

 i. B______ a déclaré que la banque avait décidé de poursuivre le débiteur à 

Genève en se fondant essentiellement sur les inscriptions figurant dans les 

annuaires et registres publics et sur les quelques informations déjà mentionnées 

dans ses observations du 1
er

 décembre 2022. Elle ne disposait pas d'éléments 

permettant de soutenir l'existence d'un domicile du plaignant à Genève. En 

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revanche, en l'absence de domicile fixe connu du débiteur, il y avait un for de 

poursuite au lieu où il se trouvait, en application de l'art. 48 LP, soit à Genève 

selon les informations dont elle disposait au moment de requérir la poursuite. 

 Les représentants de B______ présents à l'audience n'étaient pas en mesure 

d'expliquer à quoi correspondait la dette en poursuite. 

 j. L'Office a déclaré être allé de l'avant dans la notification à l'adresse rue 1______ 

no. ______, parce que l'annuaire "local.ch" y mentionnait le débiteur et que lors 

d'un passage sur place il avait pu constater qu'il y avait quelques appartements 

dans l'immeuble. Il n'avait pas considéré qu'il y avait une domiciliation à cette 

adresse, mais que le débiteur devait certainement s'y trouver effectivement. 

 k. A l'issue de l'audience, les parties ont brièvement plaidé et persisté dans leurs 

conclusions. B______ a par ailleurs conclu nouvellement à l'irrecevabilité des 

pièces rédigées en portugais; le plaignant s'y est opposé au motif que cet argument 

était invoqué tardivement. La Chambre de surveillance a gardé la cause à juger. 

 l. A______ a fait parvenir le 22 juin 2023 à la Chambre de surveillance une 

traduction partielle des pièces essentielles qu'il avait produites à toute bonne fin, 

persistant à considérer que l'argument était tardif. 

 Il a également déposé les contrats de travail de deux collaboratrices engagées par 

L______ LDA en mars et avril 2023, signés par lui-même au nom de 

l'employeuse – mentionnant l'adresse rua 12______ no. ______ à J______ comme 
siège de la société L______ LDA et lieu de travail –, ainsi que deux attestations 
des employées susvisées confirmant qu'elles exerçaient leur activité également au 

domicile et lieu de travail de A______, rue 7______ no. ______ à J______. 

 Ces pièces ont été communiquées aux autres parties le 27 juin 2023, lesquelles 

n'ont pas répliqué. 

EN DROIT 

1. Déposée en temps utile (art. 17 al. 2 LP) et dans les formes prévues par la loi 

(art. 9 al. 1 et 2 LALP; art. 65 al. 1 et 2 LPA, applicables par renvoi de l'art. 9 al. 4 

LALP), auprès de l'autorité compétente pour en connaître (art. 6 al. 1 et 3 LALP; 

art. 17 al. 1 LP), à l'encontre d'une mesure de l'Office pouvant être attaquée par 

cette voie (art. 17 al. 1 LP) et par une partie potentiellement lésée dans ses intérêts 

(ATF 138 III 219 consid. 2.3; 129 III 595 consid. 3; 120 III 42 consid. 3), la 

plainte est recevable. 

2. 2.1.1 Le for ordinaire de la poursuite est au domicile du débiteur (art. 46 al. 1 LP). 

Le domicile au sens de l'art. 46 LP correspond à celui défini par l'art. 23 al. 1 CC 

ou, le cas échéant, par l'art. 20 LDIP, qui se réfère à la même notion : une 

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personne physique a son domicile au lieu ou dans l'Etat où elle réside avec 

l'intention de s'y établir, ce qui suppose qu'elle fasse du lieu en question le centre 

de ses intérêts personnels et professionnels. L'art. 24 CC, selon lequel toute 

personne conserve son domicile aussi longtemps qu'elle ne s'en est pas créé un 

nouveau, n'est pas applicable en matière de poursuite (ATF 119 III 51 consid. 2a). 

 2.1.2 Le débiteur qui n'a pas de domicile fixe peut être poursuivi au lieu où il se 

trouve (art. 48 LP). 

 La présence physique requise par cette disposition implique un séjour d'une 

certaine durée dans un endroit donné et la création en ce lieu de rapports assez 

étroits. Un séjour tout à fait éphémère ou de pur hasard ne suffit pas  

(ATF 119 III 54 consid. 2d). Plus que pour le domicile, il faut se baser sur 

l'apparence extérieure, notamment la présence d'effets personnels, plutôt que sur 

des éléments subjectifs tels que la volonté (ATF 119 III 54 consid. 2d). Le fait 

qu'un acte de poursuite ait effectivement pu être remis au poursuivi à un endroit 

donné ne permet pas à lui seul d'admettre l'existence du for prévu par l'art. 48 LP 

(ATF 119 III 54 consid. 2d). Le seul fait que le débiteur soit administrateur d'une 

société ayant son siège à Genève n'est pas suffisant pour soutenir qu'il s'y 

trouverait au sens de l'art. 48 LP (décision de la Chambre de surveillance 

DCSO/98/2021 du 18 mars 2021 consid. 4.2). 

 Le recours au for spécial de l'art. 48 LP suppose l'absence de domicile, soit que le 

débiteur ne dispose d'aucun domicile au sens de l'art. 46 LP en Suisse ou à 

l'étranger. Cette condition n'a toutefois pas à être établie ou rendue vraisemblable 

par le créancier lors du dépôt d'une réquisition de poursuite : c'est au contraire au 

débiteur, dans le cadre d'une procédure de plainte, d'établir qu'il disposait au 

moment de la mesure contestée d'un domicile (SCHMID, Basler Kommentar, 

SchKG I, N 11 ad art. 48 LP; ATF 120 III 110 consid. 2b). 

 2.1.3 En application de l'art. 50 al. 1 LP, le débiteur domicilié à l'étranger qui 

possède un établissement en Suisse peut y être poursuivi pour les dettes de celui-

ci. 

 2.1.4 Les actes de poursuite sont notifiés au débiteur dans sa demeure ou à 

l'endroit où il exerce habituellement sa profession. S'il est absent, l'acte peut être 

remis à une personne adulte de son ménage ou à un employé (art. 64 al. 1 LP). 

 L'employé du débiteur est autorisé à recevoir des actes de poursuite sur le lieu de 

travail du débiteur, en l'absence de ce dernier. En revanche, parce qu'il manque ce 

lien de subordination, le collègue de travail ou la personne chargée simplement de 

vider la boîte aux lettres du débiteur ne sont pas des employés du débiteur 

(JEANNERET / LEMBO, Commentaire romand, Poursuite et faillite, 2005, n° 25 ad 

art. 64 LP). 

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 La notification à une société de domiciliation et la remise à des employés de cette 

dernière qui transmettent l'acte à l'organe de la société de domiciliation vaut 

notification valable à l'équivalent d'un fondé de procuration (arrêt du Tribunal 

fédéral du 7B.51/2002 du 22 mars 2002 consid. 2; ATF 120 III 64 consid. 3 

= JdT 1997 II 26; ATF 119 III 57 = JdT 1995 II 137; SJ 2000 II p. 210). 

 2.2.1 En l'espèce, le plaignant a contesté l'existence d'un for de la poursuite à 

Genève en niant y être domicilié, puisqu'il vivait au Portugal. L'Office s'en est 

rapporté à justice s'agissant du domicile du débiteur à Genève, faute d'éléments 

suffisants à disposition. 

 Ce faisant, le plaignant et l'Office ont fondé leurs observations sur l'existence ou 

l'inexistence d'un for de poursuite ordinaire à Genève, au domicile du débiteur, 

selon l'art. 46 LP, et sont par conséquent partis d'une prémisse erronée puisque la 

poursuivante a spécifié dans la lettre d'accompagnement de la réquisition de 

poursuite qu'elle se prévalait d'un for de poursuite spécial au lieu de séjour du 

débiteur, correspondant à celui de l'art. 48 LP, voire du for de l'établissement 

suisse d'un débiteur domicilié à l'étranger, correspondant à celui de l'art. 50 LP. 

Elle a confirmé cette position dans ses observations et à l'audience. Elle n'a jamais 

prétendu que le débiteur était domicilié à Genève au sens de l'art. 46 LP, mais 

uniquement qu'il y séjournait et qu'elle entendait lui faire notifier un 

commandement de payer au cours de ce séjour. 

 L'inexistence d'un domicile genevois du débiteur n'est par conséquent pas 

litigieuse entre le débiteur et la créancière. L'Office s'en est rapporté à justice sur 

cet objet, admettant ne pas disposer de suffisamment d'éléments pour retenir un 

domicile genevois du débiteur. Les explications fournies par le plaignant sur le 

déroulement de sa vie et de ses activités professionnelles permettent d'exclure 

définitivement un éventuel domicile genevois. 

 2.2.2 La créancière a évoqué la présence d'un établissement du débiteur à Genève, 

ce qui pourrait laisser penser qu'elle envisageait un for de poursuite au sens de 

l'art. 50 LP. 

 Ce dernier peut toutefois être écarté du seul fait que la créance en poursuite n'est à 

l'évidence pas en lien avec les affaires de cet établissement. 

 2.2.3 Reste à déterminer si un for de la poursuite existe au sens de l'art. 48 LP, 

fondé sur le séjour à Genève du débiteur au moment de la réquisition de poursuite. 

 L'application de l'art. 48 LP présuppose en premier lieu que le débiteur soit sans 

domicile connu, en Suisse ou à l'étranger. En l'espèce, il ressort des différents 

éléments réunis à la procédure, puis des explications du plaignant lors de sa 

comparution personnelle, que celui-ci s'est passablement déplacé au cours des 

dix dernières années, mais n'a jamais été sans domicile fixe ou connu. Il a ainsi été 

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domicilié à E______ de 2011 à 2018, ce qui ressort des inscriptions dans les 

registres administratifs et n'est pas réellement contesté. Il est désormais acquis 

qu'il a ensuite déménagé au Portugal où il a d'abord habité à F______, puis à 

J______, dans divers logements, avant de se fixer en février 2022 dans sa maison 

actuelle. Si la créancière a échoué dans ses tentatives de trouver le débiteur aux 

diverses adresses dont elle a disposé, c'est essentiellement parce qu'elle les a 

utilisées alors qu'elles n'étaient plus d'actualité et non pas parce qu'elles n'auraient 

pas été réelles. A ce stade de la procédure, il doit être retenu que le débiteur a 

prouvé son domicile à J______ depuis 2021, d'abord à la rua 11______ 

no. ______, puis à la rua 7______ no. ______. Si les premières factures de 

consommation d'énergie et d'achat de meubles produites par le débiteur étaient en 

effet insuffisantes à prouver son domicile à J______, l'ensemble des pièces 

produit ultérieurement permet de le retenir avec suffisamment de certitude, 

notamment les baux, les factures d'eau et l'attestation de résidence fiscale. En 

outre, les explications données par le débiteur à l'audience sont cohérentes et 

trouvent appui dans les pièces produites. Le débiteur disposant d'un domicile fixe 

établi, l'une des conditions à l'application de l'art. 48 LP n'est pas réalisée. 

 En second lieu, l'application de l'art. 48 LP implique que le débiteur séjourne à 

Genève, au sens décrit ci-dessus, ce qu'il appartient à la créancière d'établir. Celle-

ci allègue que le plaignant se serait trouvé à Genève au moment de la réquisition 

de poursuite pour organiser une exposition au "H______". Le débiteur le conteste. 

La créancière ne produit pas le moindre indice en ce sens et ses seules allégations 

sont insuffisantes pour retenir de telles circonstances. En outre, l'organisation 

d'une exposition temporaire est un événement trop ponctuel pour créer un séjour 

au sens de l'art. 48 LP qui se caractérise par une certaine permanence. Le seul lien 

d'une certaine intensité établi par la procédure entre le débiteur et Genève est la 

société à responsabilité limitée dont il est associé gérant et unique titulaire de la 

signature. Si le plaignant serait en principe tenu d'être domicilié en Suisse pour 

assurer une organisation valable à cette société, en tant qu'unique titulaire de la 

signature (art. 814 al. 3 CO), ce seul élément n'est pas suffisant à retenir qu'il 

serait durablement installé à Genève. Pour le surplus, le seul fait d'être organe 

d'une société n'est pas constitutif d'un séjour au siège de ladite société. De même, 

l'inscription dans l'annuaire "local.ch" mentionnant l'adresse de la rue 1______ 

no. ______ sous le nom du débiteur a vraisemblablement pour but de renseigner 

sur une adresse postale du plaignant et non pas de son lieu de domicile; cette 

inscription est de surcroît vraisemblablement obsolète puisqu'elle se réfère encore 

à un numéro de téléphone fixe du débiteur à E______, inactif depuis 2018. On ne 

peut rien tirer non plus du fait que le commandement de payer destiné au débiteur 

a pu être notifié à la rue 1______ no. ______ à un "employé"; la personne qui a 

signé n'est à l'évidence pas un employé du débiteur, puisque seule la société 

C______ SARL est domiciliée à cet endroit et pourrait y être atteinte par une 

notification en mains d'un de ses employés – respectivement en mains d'un 

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employé de la fiduciaire où elle est domiciliée; on ne saurait donc prétendre sur 

cette base que le débiteur séjourne à l'adresse rue 1______ no. ______ parce qu'un 

commandement de payer y aurait été reçu par un tiers. En conclusion, la 

créancière ne parvient pas à établir que le débiteur séjourne à Genève au sens de 

l'art. 48 LP. 

 Il découle de ce qui précède qu'il n'existe pas de for de la poursuite fondé sur 

l'art. 48 LP en l'occurrence. 

 2.2.4 En l'absence de for de poursuite à Genève, que ce soit sur la base des art. 46, 

48 ou 50 al. 1 LP, la plainte du débiteur sera admise et la poursuite annulée. 

3. La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP; art. 61 al. 2 let. a 

OELP) et ne donne pas lieu à l'allocation de dépens (art. 62 al. 2 OELP). 

* * * * * 

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PAR CES MOTIFS, 

La Chambre de surveillance : 

 

A la forme : 

Déclare recevable la plainte de du 17 octobre 2022 de A______ contre le 

commandement de payer, poursuite n° 6______, notifié le 7 octobre 2022 sur 

réquisition de B______. 

Au fond : 

Annule la poursuite n° 6______ et le commandement de payer notifié le 7 octobre 2022 

à A______ sur réquisition de B______. 

Siégeant : 

Monsieur Jean REYMOND, président; Madame Ekaterine BLINOVA et Monsieur 

Mathieu HOWALD, juges assesseurs; Madame Elise CAIRUS, greffière. 

 

Le président : 

 

Jean REYMOND 

 La greffière : 

 

Elise CAIRUS 

 

 

 

 

 

Voie de recours : 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Chambre de surveillance des Offices 

des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance en matière de poursuite pour 

dettes et faillite (art. 126 LOJ). Il doit être déposé devant le Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les 

dix jours qui suivent la notification de l'expédition complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 

2 let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a 

LTF). L’art. 119 al. 1 LTF prévoit que si une partie forme un recours ordinaire et un recours 
constitutionnel, elle doit déposer les deux recours dans un seul mémoire. Le recours doit être rédigé dans 

une langue officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens de 

preuve, et être signé (art. 42 LTF).  

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.