# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** af83a982-3718-548f-9598-d76105e35cf0
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2008-11-13
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour civile) Chambre de surveillance en matière de poursuite et faillites 13.11.2008 A/3854/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_007_A-3854-2008_2008-11-13.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET 

 

CANTON DE GENEVE 

 

POUVOIR JUDICIAIRE 
 

 

DCSO/500/08 

Le recours en matière civile au sens de l’art. 72 al. 2 let. a de la loi sur le Tribunal fédéral du 

17 juin 2005 (LTF ; RS 173.110) est ouvert contre les décisions prises par la Commission de 

surveillance des Offices des poursuites et des faillites, unique autorité cantonale de surveillance 

en matière de poursuite pour dettes et faillite (art. 56R al. 3 LOJ). Il doit être déposé devant le 

Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les dix jours qui suivent la notification de l'expédition 

complète de la présente décision (art. 100 al. 1 et 2 let. a LTF) ou dans les cinq jours en matière 

de poursuite pour effets de change (art. 100 al. 3 let. a LTF). Le recours doit être rédigé dans 

une langue officielle, indiquer les conclusions, en quoi l'acte attaqué viole le droit et les moyens 

de preuve, et être signé (art. 42 LTF). 

 

DÉCISION 

DE LA COMMISSION DE SURVEILLANCE 
DES OFFICES DES POURSUITES ET DES FAILLITES 

SIÉGEANT EN SECTION 

DU JEUDI 13 NOVEMBRE 2008 

Cause A/3854/2008, plainte 17 LP formée le 28 octobre 2008 par M. M______. 

 

Décision communiquée à : 

- M. M______  

 
 
 
 

- Garage V______ SA 

domicile élu : Etude de Me Philipp GANZONI, avocat 
Avenue de Champel 4 

  1206 Genève 
 
 

- Office des poursuites 

 

 - 2 - 

 

E N   F A I T  

A. Sur réquisition de M. V______, exploitant d'un garage-carrosserie, l'Office des 

poursuites (ci-après : l'Office) a notifié le 16 juin 2008 à M. M______ un 

commandement de payer dans le cadre de la poursuite n° 08 xxxx18 K. Le 

débiteur n'a pas formé opposition. 

Le 17 octobre 2008, M. M______ a formé opposition au commandement de 

payer. 

Par courrier recommandé du 17 octobre 2008, l'Office a écrit à M. M______ pour 

l'informer de ce qu'il rejetait son opposition, au motif qu'elle était hors délai. 

B. M. M______ a déposé une plainte le 27 octobre 2008 auprès de la Commission de 

céans contre la décision de l'Office, expliquant avoir été victime d'un accident de 

la circulation le 1
er

 février 2008 avec le créancier et que ce dernier aurait offert de 

prendre à sa charge les réparations de son véhicule dans son propre garage et 

qu'ensuite, M. V______ a fait parvenir la facture à l'assurance du plaignant, qui a 

refusé de la prendre en charge, au motif que M. V______ était en tort. Le 

plaignant explique que puisque son assurance a refusé de prendre en charge la 

réparation, M. V______ lui réclame ainsi personnellement le règlement de la 

facture. 

 

E N   D R O I T  

1. La présente plainte a été formée en temps utile auprès de l’autorité compétente 

contre une mesure sujette à plainte par une personne ayant qualité pour agir par 

cette voie (art. 17 LP ; art. 10 al. 1 et 13 LaLP). 

Elle est donc recevable. 

2.a.  A teneur de l’art. 74 al. 1 LP, l'opposition doit être faite, verbalement ou par écrit, 

immédiatement au moment de la notification du commandement de payer ou à 

l’office compétent dans les dix jours à compter de ladite notification. Le délai 

d'opposition est péremptoire, mais peut toutefois être prolongé aux conditions des 

art. 63 et 33 al. 2 LP ou restitué aux conditions de l’art. 33 al. 4 LP (Roland 

Ruedin, in CR-LP, n° 15 ad art. 74 LP ; Pierre-Robert Gilliéron, Poursuite pour 

dettes, faillite et concordat, 4
ème

 éd., n° 688 et 706 s.). 

Tant le destinataire du commandement de payer lui-même que son représentant 

légal ou contractuel, de même que toute personne compétente (art. 64 et 65 LP) à 

laquelle le commandement de payer a été notifié ont qualité pour former 

 

 - 3 - 

opposition (Roland Ruedin, in CR-LP, n° 3 ad art. 74 LP ; Pierre-Robert 

Gilliéron, Poursuite pour dettes, faillite et concordat, 4
ème

 éd., n° 669). 

2.b.  En l’espèce, la notification du commandement de payer est intervenue 

valablement en mains du plaignant en date du jeudi 16 juin 2008 (art. 64 al. 1 in 

fine ; Yvan Jeanneret / Saverio Lembo, in CR-LP, n° 22 ss, 24 ad art. 64 LP). Le 

plaignant ne le conteste d’ailleurs pas. Le délai d'opposition arrivait donc à 

échéance le lundi 26 juin 2008 (art. 74 et 31 al. 1 et 3 LP) L'opposition que le 

plaignant a formée le 17 octobre 2008 est donc bien intervenue tardivement.  

Avant d’en conclure que la plainte doit être rejetée, il faut encore examiner si la 

requête de restitution du délai d'opposition est recevable et, le cas échéant, bien 

fondée.  

3.a. Selon l’art. 33 al. 4 LP, quiconque a été empêché sans sa faute d’agir dans le délai 

fixé peut demander à l’autorité de surveillance qu’elle lui restitue ce délai. 

L’intéressé doit, à compter de la fin de l’empêchement, déposer une requête 

motivée dans un délai égal au délai échu et accomplir auprès de l'autorité 

compétente l’acte juridique omis (Pierre-Robert Gilliéron, Poursuite pour dettes, 

faillite et concordat, 4
ème

 éd., n° 707). 

La demande en restitution de délai doit être écrite et motivée, en ce sens qu’elle 

doit indiquer l’empêchement. Elle doit être accompagnée des moyens de preuve 

dont dispose la partie (par exemple un certificat médical) ou des preuves requises 

pour établir l’empêchement invoqué (JdT 2003 II 64, 67). 

3.b. La restitution du délai est subordonnée à l’absence de toute faute quelconque 

(empêchement non fautif). Entrent en ligne de compte non seulement 

l’impossibilité objective ou la force majeure, mais aussi l’impossibilité due à des 

circonstances personnelles ou à une erreur excusable. Ces circonstances doivent 

être appréciées objectivement, appréciation qui permet d'exiger du représentant 

professionnel un devoir de diligence plus grand que celui d’un intéressé, non 

familier de la procédure (Pierre-Robert Gilliéron, Commentaire, ad art. 33 n° 40). 

Parmi les exemples d’empêchement non fautif tirés de la jurisprudence, on trouve 

l’incapacité passagère de discernement, un accident ou une maladie subite et 

grave, un renseignement erroné donné par l’autorité compétente au sujet des voies 

de droit, une erreur provoquée par une décision peu claire. En revanche, une 

absence momentanée ou une brève maladie ne constituent pas un motif de 

restitution du délai (cf. Jean-François Poudret, Commentaire de la loi fédérale 

d'organisation judiciaire, Stampfli 1990, vol. I, ad art. 35 p. 247 et ss.). 

3.c. En l’espèce, en application des principes qui précèdent, le plaignant n’invoque pas 

un motif valable de restitution du délai d'opposition au commandement de payer. 

On ne saurait donc retenir que le plaignant a été empêché, de manière non fautive, 

d’agir dans le délai, lequel ne saurait lui être restitué. Cela d’autant plus que le 

 

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plaignant, à qui le commandement de payer a été valablement notifié, aurait pu 

former opposition soit immédiatement lors de la notification, soit dans le délai de 

dix jours de l’art. 74 al. 1 in fine LP. 

4. Au vu de ce qui précède, la plainte doit être rejetée. 

5.  Il sera rappelé que sous réserve d’un abus de droit manifeste, qui n’est en 

l’occurrence ni allégué ni a fortiori démontré, il n’appartient ni aux offices des 

poursuites ni aux autorités de surveillance de décider si une prétention est exigée à 

bon droit ou non (ATF non publié 7B.219/2006 et 7B.220/2006 du 16 avril 2007 

consid. 3.3).  

La jurisprudence du Tribunal fédéral reconnaît au poursuivi, à certaines 

conditions, la faculté d’ouvrir action pour faire constater l’inexistence de la dette 

et obtenir la radiation de la poursuite (ATF 120 II 20, JdT 1997 II 61 ; ATF non 

publié 7B.227/2000 du 17 octobre 2000 ; ATF 128 III 334, JdT 2002 II 76). 

Il y a donc lieu de renvoyer le plaignant à agir à cet effet, s’il l’estime opportun, 

devant le tribunal civil compétent. 

6. La présente décision est rendue en application des art. 72 LPA et 13 al. 5 LaLP, 

soit sans instruction préalable, c'est-à-dire sans que l'Office des poursuites et le 

poursuivant n'aient été invités à se déterminer sur la plainte, compte tenu de l'issue 

manifeste qu'il faut donner à cette dernière. 

7. La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP ; art. 61 al. 2 let. a 

OELP). 

*  *  *  *  *  

 

 - 5 - 

 

P A R   C E S   M O T I F S ,  

L A   C O M M I S S I O N   D E   S U R V E I L L A N C E    

S I É G E A N T   E N   S E C T I O N   :  

A la forme : 

Déclare recevable la plainte formée le 28 octobre 2008 par M. M______ contre la 

décision de l'Office des poursuites du 17 octobre 2008 dans le cadre de la poursuite 

n° 08 xxxx18 K. 

Au fond : 

1. La rejette. 

2. Déboute les parties de toutes autres ou contraires conclusions. 

 

 

 

Siégeant : M. Philippe GUNTZ, président ;  Mme Florence CASTELLA, juge 
assesseure et M. Yves de COULON, juge assesseur suppléant. 

 

Au nom de la Commission de surveillance : 

 

Paulette DORMAN      Philippe GUNTZ 

     Greffière :                      Président : 
 

 

 

 

 

La présente décision est communiquée par courrier A à l’Office concerné et par courrier 

recommandé aux autres parties par la greffière le