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**Case Identifier:** 81200325-7def-5de5-9e0d-f4dbf7650343
**Source:** Bundesstrafgericht ()
**Court Level:** federal
**Decision Date:** 2023-03-15
**Language:** fr
**Title:** Bundesstrafgericht 15.03.2023 BB.2023.9
**Docket/Reference:** BB.2023.9
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/CH_BSTG_001_BB-2023-9_2023-03-15

## Full Text

Consultation des dossiers (art. 101 et s. en lien avec l'art. 107 al. 1 let. a CPP);;Consultation des dossiers (art. 101 et s. en lien avec l'art. 107 al. 1 let. a CPP);;Consultation des dossiers (art. 101 et s. en lien avec l'art. 107 al. 1 let. a CPP);;Consultation des dossiers (art. 101 et s. en lien avec l'art. 107 al. 1 let. a CPP)

Décision du 15 mars 2023 
Cour des plaintes 

Composition  Les juges pénaux fédéraux 

Roy Garré, président, 

Daniel Kipfer Fasciati et Patrick Robert-Nicoud,  

la greffière Joëlle Fontana  

   

Parties  A., représenté par Mes Benjamin Borsodi et 

Stéphane Grodecki, avocats,  

recourant 

   

 contre 

   

  MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION,  

intimé 

 

   

Objet  Consultation des dossiers (art. 101 et s. en lien avec 

l'art. 107 al. 1 let. a CPP) 

  

B u n d e s s t r a f g e r i c h t   

T r i b u n a l  p é n a l  f é d é r a l  

T r i b u n a l e  p e n a l e  f e d e r a l e  

T r i b u n a l  p e n a l  f e d e r a l  

 

Numéro de dossier: BB.2023.9 

 

 

 

 

- 2 - 

 

 

Faits: 

 

A. Depuis le 27 octobre 2020, le Ministère public de la Confédération 

(ci-après: MPC) mène une instruction pénale contre A. 

(ci-après: le recourant) et son frère B. pour soupçons de blanchiment 

d’argent aggravé (art. 305bis ch. 1 et 2 CP) de valeurs patrimoniales issues 

de possibles détournements de fonds au préjudice de la banque C., 

orchestrés par le premier, gouverneur de ladite banque, avec l’aide du 

second. Tous deux auraient, notamment, signé un contrat le 6 avril 2002 

entre la banque C. et la société D. Ltd aux Îles Vierges britanniques, dont B. 

serait l’unique ayant droit économique. Ces détournements auraient 

bénéficié aux deux prévenus, ainsi qu’à des membres de leurs familles ou 

de leur entourage (act. 1.10 et 4).  

 

 

B. Le recourant, dont la première audition n’a pas eu lieu, a sollicité, à trois 

reprises, les 17 décembre 2020, 19 janvier et 3 mars 2021, l’accès au dossier 

de la procédure et/ou à certaines pièces (act. 1.2, 1.4, 1.8), l’obtenant 

partiellement (act. 1.3, 1.5, 1.9 et 1.10).  

 

 

C. Le 3 octobre 2022, « afin de garantir le respect du droit de participation à 

l’administration des preuves » durant l’audition d’un témoin prévue le 

2 novembre 2022, le MPC a, en particulier, remis au recourant une clé USB 

contenant l’intégralité de certaines rubriques du dossier, dont il dressait la 

liste (act. 1.15). En début d’audition du témoin, le MPC a remis aux conseils 

du recourant copie du procès-verbal de l’audition du témoin du 17 juin 2021 

par la Police judiciaire fédérale (ci-après: PJF) et, le 8 novembre 2022, copie 

de celui de l’audition du 2 novembre 2022 (act. 1.16). 

 

 

D. En date du 16 novembre 2022, le recourant a requis du MPC, à titre principal, 

la remise d’une copie complète de la procédure pénale et, à titre subsidiaire, 

celle de tous les éléments en lien avec le témoin entendu le 

2 novembre 2022 et la banque E. (act. 1.17). 

 

 

E. Le 4 janvier 2023, le MPC – répondant également à la requête d’accès au 

dossier de B. du 23 novembre 2022 – a retenu: 

  

« En lien avec vos courriers respectifs des 16 et 23 novembre 2022, aucun 

accès supplémentaire ne sera accordé à vos mandants à ce jour pour les 

motifs évoqués dans nos précédents courriers. Il est en particulier renvoyé 

- 3 - 

 

 

au courrier du 3 octobre 2022 » (act. 1.1). 

 

 

F. Par mémoire du 13 janvier 2023, le recourant a interjeté recours auprès de 

la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral (ci-après: la Cour de céans)  

contre l’acte précité du MPC, concluant, en substance, à son annulation et à 

ce qu’un accès complet à la procédure pénale lui soit accordé, sous suite de 

frais et dépens (act. 1). 

 

 

G. Invité à ce faire, le MPC a répondu, en date du 1er février 2023, concluant au 

rejet du recours, dans la mesure de sa recevabilité, sous suite de frais 

(act. 4).  

 

 

H. Par réplique du 17 février 2023, le recourant persiste dans ses conclusions 

(act. 6).  

 

 

I. La renonciation à dupliquer du MPC a été transmise au recourant, pour 

information, en date du 6 mars 2023 (act. 8 et 9). 

 

 

Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris, 

si nécessaire, dans les considérants en droit. 

 

 

 

La Cour considère en droit: 

 

1.  

1.1 En tant qu'autorité de recours, la Cour de céans examine avec plein pouvoir 

de cognition en fait et en droit les recours qui lui sont soumis (v. notamment 

TPF 2021 97 consid. 1.1; MOREILLON/DUPUIS/MAZOU, La pratique judiciaire 

du Tribunal pénal fédéral en 2011, in Journal des Tribunaux 2012, p. 2 ss, 

p. 52 n. 199 et références citées; KELLER, Zürcher Kommentar, 3e éd. 2020, 

n. 39 ad art. 393 CPP; Message relatif à l'unification du droit de la procédure 

pénale du 21 décembre 2005, FF 2006 1057, 1296 in fine).  

1.2 Les décisions et actes de procédure du MPC peuvent faire l'objet d'un 

recours devant la Cour de céans (art. 393 al. 1 let. a du Code de procédure 

pénale du 5 octobre 2007 [CPP; RS 312.0] et 37 al. 1 loi fédérale du 

19 mars 2010 sur l’organisation des autorités pénales de la Confédération 

- 4 - 

 

 

[LOAP; 173.71]). L’acte entrepris est une décision de refus de consultation 

du dossier requise le 16 novembre 2022, ouvrant la voie du recours. 

1.3 Toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la 

modification d’une décision dispose de la qualité pour recourir contre  

celle-ci (art. 382 al. 1 CPP). Prévenu, le recourant est directement touché 

dans ses droits par le refus de consulter le dossier de sa cause, de sorte que 

sa qualité pour agir doit être admise.  

1.4 Déposé le 13 janvier 2023, contre une décision notifiée le 5 janvier 2023, le 

recours l’a été en temps utile (art. 396 al. 1 CPP). 

1.5 Il y a donc lieu d’entrer en matière. 

 

 

2. Le recourant se prévaut, dans un premier grief, d’une violation du droit d’être 

entendu, en raison du défaut de motivation de la décision entreprise. Il 

reproche au MPC de ne s’être prononcé, dans la décision litigieuse comme 

dans le courrier du 3 octobre 2022 auquel le prononcé renvoie, sur aucun 

des arguments soulevés le 16 novembre 2022 à l’appui d’une remise d’un 

copie complète ou partielle du dossier (act. 1, p. 5 et s.; act. 6). 

  

2.1 La jurisprudence a déduit du droit d'être entendu de l'art. 29 al. 2 Cst. 

l'obligation pour l'autorité de motiver sa décision, afin que l'intéressé puisse 

se rendre compte de la portée de celle-ci et l'attaquer en connaissance de 

cause (ATF 143 III 65 consid. 5.2; 142 I 135 consid. 2.1; 138 I 232 

consid. 5.1; 136 V 351 consid. 4.2). Pour satisfaire à cette exigence, il suffit 

que l'autorité mentionne au moins brièvement les motifs qui l'ont guidée et 

sur lesquels elle a fondé sa décision. Elle n'a pas l'obligation d'exposer et de 

discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, 

mais peut au contraire se limiter à ceux qui, sans arbitraire, peuvent être 

tenus pour pertinents (ATF 142 II 154 consid. 4.2 et les références citées). 

Dès lors que l'on peut discerner les motifs qui ont guidé la décision de 

l'autorité, le droit à une décision motivée est respecté même si la motivation 

présentée est erronée. La motivation peut d'ailleurs être implicite et résulter 

des différents considérants de la décision (ATF 141 V 557 consid. 3.2.1 et 

les références citées).    

2.2 À l’appui de sa demande d’accès au dossier de la procédure du 16 novembre 

2022 (v. supra Faits, let. D), le recourant a, en particulier, relevé que le 

3 octobre 2022, le MPC ne transmettait aucun élément en lien avec le témoin 

à entendre le 2 novembre 2022, qu’un premier procès-verbal d’audition dudit 

témoin par la PJF, le 17 juin 2021, ne lui avait été remis que le jour de 

l’audition, sans explication quant au changement d’approche, qu’il n’existait 

- 5 - 

 

 

aucun motif justifiant une limitation de l’accès aux pièces en lien avec le 

témoin, que la procédure était ouverte depuis deux ans, que plusieurs 

auditions avaient probablement été déléguées à la PJF et de la 

documentation bancaire saisie et que le MPC n’avait pas donné suite à ses 

propositions d’audition en Suisse. Le recourant reprochait au MPC de 

retarder sa première audition, au sens de l’art. 101 CPP, pour justifier 

ultérieurement un refus d’accès au dossier (act. 1.17).  

2.3 En l’espèce, dans son prononcé entrepris, le MPC renvoie aux motifs de ses 

« précédents courriers » ainsi qu’à celui du 3 octobre 2022, par lequel il 

octroyait aux prévenus un accès limité au dossier, soit à certaines pièces 

dont il dressait la liste, tout en leur précisant que cet accès intervenait en 

exception à l’art. 101 al. 1 CPP et « sans préjudice d’un futur accès 

complémentaire par [leurs] mandants » (v. supra Faits, let. C et E). Ce 

renvoi, motivé par l’art. 101 al. 1 CPP (v. infra consid. 3.1.2), permettait au 

recourant de comprendre les motifs de la limitation à l’accès complet, 

emportant celle à l’accès partiel, requis le 16 novembre 2022, par ailleurs, 

identiques à ceux des « courriers précédents », mentionnés et produits dans 

son recours (v. supra Faits, let. B). Il en va de même de la lettre du MPC du 

8 novembre 2022, produite par le recourant, en tant qu’elle renvoie au 

courrier du 3 octobre 2022 (act. 1.16).  

2.4 Partant, la motivation de la décision entreprise est suffisante, puisqu’elle a 

permis au recourant de l’attaquer efficacement, ce indépendamment de la 

question de savoir si cette motivation est satisfaisante et/ou si un accès 

supplémentaire doit être accordé. En tout état de cause, une éventuelle 

violation du droit d’être entendu, à exclure en l’espèce, aurait pu être réparée 

devant la Cour de céans, qui jouit d’une cognition complète (v. art. 393 

al. 2 CPP), le recourant ayant eu la possibilité de s’exprimer, y compris sur 

les déterminations du MPC (v. ATF 145 I 167 consid. 4.4; 142 II 218 

consid. 2.8.1. et les références citées). 

2.5 Le grief du recourant tombe à faux. 

 

 

3. Dans un second grief relatif au droit d’être entendu, le recourant allègue une 

violation du droit d’accès au dossier (act. 1, p. 6 ss). 

 

3.1  

3.1.1 Le droit d'être entendu, garanti à l'art. 29 al. 2 Cst., comprend notamment le 

droit pour le justiciable de s'expliquer avant qu'une décision soit prise à son 

détriment, celui de fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur 

le sort de la décision, celui de participer à l'administration des preuves, d'en 

prendre connaissance et de se déterminer à leur propos (ATF 146 IV 218 

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- 6 - 

 

 

consid. 3.1.1; 142 II 218 consid. 2.3; 140 I 285 consid. 6.3.1). Tel que garanti 

par les art. 3 al. 2 let. c CPP et 29 al. 2 Cst., le droit d'être entendu comprend, 

par ailleurs, le droit pour les parties de prendre connaissance du dossier 

(ATF 126 I 7 consid. 2b; arrêt du Tribunal fédéral 6B_688/2014 du 

22 décembre 2017 consid. 6.1.1). Concrétisant les garanties relatives à un 

procès équitable et aux droits de la défense (art. 32 al. 2 Cst. et art. 6 

par. 3 CEDH), l'accès au dossier est en outre garanti, en procédure pénale, 

de manière générale, par les art. 101 al. 1 et 107 al. 1 let. a CPP (ATF 146 

IV 218 ibidem; arrêts du Tribunal fédéral 6B_1456/2017 du 14 mai 2018  

consid. 2.1; 1B_445/2012 du 8 novembre 2012 consid. 3.2).  

3.1.2 Aux termes de l'art. 101 al. 1 CPP, les parties peuvent consulter le dossier 

d'une procédure pénale pendante, au plus tard après la première audition du 

prévenu et l'administration des preuves principales par le ministère public. 

La consultation du dossier par le prévenu avant sa première audition n’est 

pas garantie par le CPP, même si rien n’empêche la direction de la procédure 

de l’autoriser en tout ou en partie, vu le pouvoir d’appréciation que lui confère 

la formulation ouverte de l’art. 101 al. 1 CPP (ATF 137 IV 172 consid. 2.3; 

137 IV 280 consid. 2.3; décision du Tribunal pénal fédéral BB.2017.115-116 

du 8 mai 2018 consid. 2.1). Le droit à la consultation du dossier n'est 

toutefois pas absolu, l'art. 101 al. 1 CPP réservant expressément 

l'art. 108 CPP, lequel prévoit notamment que les autorités pénales peuvent 

restreindre le droit d'une partie à être entendue, et partant à consulter le 

dossier, lorsqu'il y a de bonnes raisons de soupçonner que cette partie abuse 

de ses droits (al. 1 let. a) ou lorsque cela est nécessaire pour assurer la 

sécurité de personnes ou pour protéger des intérêts publics ou privés au 

maintien du secret (al. 1 let. b). Des restrictions au droit de consulter le 

dossier doivent toutefois être ordonnées avec retenue et dans le respect du 

principe de la proportionnalité (ATF 146 IV 218 consid. 3.1.2; arrêts du 

Tribunal fédéral 1B_344/2019 du 16 janvier 2020 consid. 2.3; 1B_112/2019 

du 15 octobre 2019 consid. 3.1; 1B_245/2015 du 12 avril 2016 consid. 5.1). 

Elles sont limitées dans le temps (LIEBER, Zürcher Kommentar, op. cit., n. 12 

ad art. 108 CPP), toutes les parties devant avoir en principe le droit de 

consulter le dossier au plus tard lors de la phase de clôture de l'instruction 

(art. 318 CPP; GRODECKI/CORNU, Commentaire romand, 2e éd. 2019, n. 11 

ad art. 318 CPP). C'est à la direction de la procédure qu'il appartient de 

statuer sur la consultation des dossiers. Elle prend dans ce cadre les 

mesures nécessaires pour prévenir les abus et les retards et pour protéger 

les intérêts légitimes au maintien du secret (art. 102 al. 1 CPP).  

3.1.3 Motiver les restrictions d’accès au dossier représente une difficulté 

particulière puisque l’autorité qui les prononce doit « exposer les preuves 

principales » qu’elle entend cacher momentanément aux parties. La 

motivation doit permettre aux parties et aux autorités de recours d’apprécier 

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et de contester la restriction sans pour autant évoquer les éléments dont la 

révélation priverait de sens la restriction et, potentiellement, nuirait à la 

recherche de la vérité. Cette précision relative doit être comprise à la lueur 

du fait que lesdites restrictions n’ont qu’un caractère provisoire et seront 

levées au plus tard à la fin de l’enquête, à la suite de quoi les parties pourront 

discuter les preuves obtenues et le cas échéant, requérir leur répétition ou 

leur complément (v. art. 318 CPP; v. décision du Tribunal pénal fédéral 

BB.2017.115 du 8 mai 2018 consid. 2.4). 

3.2 De l’avis du recourant, le MPC n’aurait pas appliqué les restrictions d’accès 

au dossier avec retenue, comme le veut la jurisprudence. En particulier, il 

reproche à l’autorité de ne pas donner suite à ses demandes d’audition pour 

retarder l’accès au dossier et de n’avoir jamais indiqué quelles sont les 

preuves principales devant encore être administrées. Les éléments dont la 

consultation est refusée, dont feraient partie l’entier des pièces relatives au 

témoin entendu le 2 novembre 2022, ne seraient pas des preuves 

principales. Après plus de quinze mois, l’argument du MPC du 28 septembre 

2021 selon lequel la documentation bancaire doit être examinée ne tiendrait 

plus (act. 1, p. 7 et s.).  

3.3 S’agissant du reproche relatif au fait que son audition n’a pas eu lieu, le 

recourant semble confondre demande d’accès au dossier et demande 

d’audition. Le recours contre un refus d’accès au dossier ne constitue pas la 

voie de droit pour faire grief au MPC de ne pas répondre à ses demandes 

d’audition – ou de retarder le moment de celle-ci (v. ég. supra consid. 2.2, in 

fine). Sur ce point, le reproche tombe à faux.  

3.4 En l’espèce, le refus du MPC d’étendre au recourant la consultation à l’entier 

du dossier de la procédure est, en l’état, motivé par le fait que sa première 

audition n’a pas eu lieu, ce qui suffit déjà en soi à justifier la restriction 

(v. supra consid. 3.1.2), et que l’administration des preuves principales – 

dont fait partie l’audition du recourant – est en cours (act. 4, p. 7, ch. 9 et 10).  

 

3.4.1 Dans sa réponse, le MPC précise que la procédure, bien qu’ouverte depuis 

plus de deux ans, n’en est encore qu’à ses débuts, vu sa complexité et ses 

ramifications à l’étranger. Elle porte sur des soupçons de blanchiment 

d’argent aggravé, dont l’infraction préalable a vraisemblablement été 

commise à l’étranger, de sorte que l’instruction nécessite une analyse de la 

volumineuse documentation bancaire éditée, ainsi que des mesures 

d’instruction dépendant de la coopération internationale, laquelle ne permet 

pas à une procédure de progresser de manière aussi significative que si son 

complexe de faits était purement interne et ne relève pas de la sphère 

d’influence du MPC. Il expose ensuite les éléments du dossier auxquels le 

recourant a eu accès, parmi lesquels les annonces MROS à l’origine de 

- 8 - 

 

 

l’affaire et la volumineuse documentation bancaire, lesquels revêtent une 

importance particulière au vu de la nature de l’affaire, ainsi que la copie de 

la commission rogatoire adressée au Liban. Le MPC expose également les 

pièces auxquelles le recourant n’aura pas accès avant d’avoir pu être 

entendu dans toute la mesure nécessaire, soit celles ayant trait à l’exécution 

de commissions rogatoires, ainsi que les pièces relatives à des mesures de 

contrainte, au nombre desquelles diverses perquisitions ayant conduit à la 

mise en sûreté de documents et données électroniques, dont l’exploitation 

et l’analyse sont en cours. Enfin, il précise qu’avant que l’administration des 

preuves principales ne soit terminée, il conviendra de convoquer d’autres 

auditions, dont celle des prévenus (act. 4, p. 6 et s.).  

3.4.2 Ces explications permettent, en l’état et dans les limites liées à l’exercice 

(v. supra consid. 3.1.3), d’exclure une disproportion dans la restriction, vu 

l’avancement de la procédure et le fait que l’audition du recourant n’a pas 

encore eu lieu.  

3.5 S’agissant, enfin, des pièces « en lien avec » le témoin entendu également 

le 2 novembre 2022 et la banque E. (v. supra Faits, let. D), et le reproche du 

recourant que « l’entier des pièces sur ce témoin » ne lui seraient toujours 

pas transmises (act. 1, p. 8), l’imprécision de la requête – même si elle peut, 

dans une certaine mesure, s’expliquer, vu l’accès au dossier limité octroyé 

au recourant – empêche de la traiter autrement qu’elle ne l’a été dans la 

décision entreprise (v. supra consid. 2.3), à ce stade de la procédure, soit 

avant la première audition du recourant, et compte tenu, précisément, des 

restrictions d’accès (v. supra consid. 3.1.3). Il incombait au recourant de 

motiver suffisamment les raisons pour lesquelles le MPC aurait dû lui 

permettre un accès au dossier plus étendu avant même sa première 

audition, ce qu’il n’a pas fait.  

 

3.6 Ce second grief doit également être écarté. 

 

 

4. Au vu de ce qui précède, le recours est rejeté. 

 

 

5. Compte tenu du sort de la cause et en tant que partie qui succombe, le 

recourant se voit mettre à charge les frais de la procédure (v. art. 428 

al. 1 CPP). Ceux-ci se limitent en l'espèce à un émolument qui sera fixé à 

CHF 2'000.-- en application des art. 5 et 8 al. 1 du règlement du Tribunal 

pénal fédéral sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la 

procédure pénale fédérale (RFPPF; RS 173.713.162). 

- 9 - 

 

 

Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 

 

1. Le recours est rejeté. 

 

2. Un émolument de CHF 2'000.-- est mis à la charge du recourant. 

 

 

Bellinzone, le 16 mars 2023 

 

Au nom de la Cour des plaintes 

du Tribunal pénal fédéral 

 

Le président: La greffière:  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Distribution 

 

- Mes Benjamin Borsodi et Stéphane Grodecki, avocats 

- Ministère public de la Confédération  

 

 

 

Indication des voies de recours 

Il n’existe pas de voie de droit ordinaire contre la présente décision.