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**Case Identifier:** 78c8f90b-649c-5050-ac62-2692bcff59da
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2017-08-15
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 15.08.2017 A/3321/2017
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-3321-2017_2017-08-15.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/3321/2017-PRISON  ATA/1180/2017  

 

 COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative 

Décision du 15 août 2017 

sur effet suspensif 

 

dans la cause 

 

Monsieur A______ 
représenté par Me Robert Assael, avocat  

contre 

ÉTABLISSEMENT FERMÉ LA BRENAZ 
 

 

- 2/4 - 

A/3321/2017 

Attendu, en fait, que : 

1)  Monsieur A______ est détenu à l’établissement fermé La Brenaz (ci-après : la 
Brenaz) depuis le 27 mai 2016, en exécution anticipée d’une peine dont la durée 
n’est, à ce jour, pas définitivement fixée. 

  À teneur du dossier, l’intéressé n’a pas d’antécédents disciplinaires.  

2)  Le 5 août 2017, Monsieur B______, agent de détention en formation, a rédigé 
un rapport concernant M. A______, lui reprochant un comportement inadéquat. 
L’objet du rapport était le suivant : 

  Sous la rubrique « décision de la direction », à la signature du surveillant sous-
chef, figure la mention « suppression activités sportives (foot et sports) pour une 
durée de 1 mois soit du 05.08.17 à 2100 au 05.09.17 à 2100 ». 

3)  Entendu le jour même par le surveillant sous-chef, l’intéressé a indiqué ne pas 
être d’accord avec la sanction. Il voulait tirer le ballon dans la direction du local des 
surveillants. 

4)  Le 7 août 2017, l’intéressé s’est vu notifier une décision de suppression 
complète de toutes les activités sportives du 5 août 2017 à 21h00 au 20 août 2017 à 
21h00. Il lui était reproché un comportement inadéquat lors de la séance de foot. 
D’une façon générale, il adoptait un comportement contraire au but de 
l’établissement. 

  Cette décision était déclarée exécutoire nonobstant recours. 

5)  Le 11 août 2017, M. A______ a saisi la chambre administrative de la Cour de 
justice (ci-après : la chambre administrative) d’un recours contre la décision précitée, 
concluant préalablement à la restitution de l’effet suspensif. 

  À la fin de la séance de sport, il avait désiré rendre le ballon au gardien, sur le 
chemin de ronde, lequel était séparé du terrain par un grillage. La balle était allée sur 
le toit de l’établissement, ce dont il s’était immédiatement excusé. 

  Ce faisant, il n’avait pas eu de comportement inadéquat ni contraire au but de 
l’établissement. Même si tel était le cas, la sanction même réduite contrevenait au 
principe de la proportionnalité. 

  L’effet suspensif devait être restitué afin que la sanction ne soit pas exécutée 
avant le prononcé du jugement. 

6)  Le 15 août 2017, La Brenaz a conclu au rejet du recours et de la demande de 
restitution de l’effet suspensif. 

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A/3321/2017 

  Il y avait un intérêt public à exécuter immédiatement la sanction pour garantir 
l’ordre et la sécurité de l’établissement ; l’intéressé ne démontrait pas que cette 
exécution immédiate lui ferait subir un préjudice extraordinaire. 

7)  Cette écriture a été transmise au recourant et la cause a été gardée à juger sur 
effet suspensif. 

Considérant, en droit, que : 

1)  Sauf disposition légale contraire, le recours a effet suspensif à moins que 
l’autorité qui a pris la décision attaquée n’ait ordonné l’exécution nonobstant recours 
(art. 66 al. 1 LPA). 

  Lorsqu’aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s’y oppose, la juridiction 
de recours peut, sur la demande de la partie dont les intérêts sont gravement 
menacés, retirer ou restituer l’effet suspensif (art. 66 al. 3 LPA). 

2)  Selon la jurisprudence constante de la chambre administrative, des mesures 
provisionnelles – au nombre desquelles compte la restitution de l'effet suspensif 
(Philippe WEISSENBERGER/Astrid HIRZEL, Der Suspensiveffekt und andere 
vorsorgliche Massnahmen, in Isabelle HÄNER/Bernhard WALDMANN [éd.], 
Brennpunkte im Verwaltungsprozess, 2013, 61-85, p. 63) – ne sont légitimes que si 
elles s’avèrent indispensables au maintien d’un état de fait ou à la sauvegarde 
d’intérêts compromis (ATF 119 V 503 consid. 3 ; ATA/566/2012 du 21 août 2012 
consid. 4 ; ATA/248/2011 du 13 avril 2011 consid. 4 ; ATA/197/2011 du 28 mars 
2011 ; ATA/248/2009 du 19 mai 2009 consid. 3 ; ATA/213/2009 du 29 avril 2009 
consid. 2). 

3)  a. Lorsque l'effet suspensif a été retiré ou n'est pas prévu par la loi, l'autorité de 
recours doit examiner si les raisons pour exécuter immédiatement la décision 
entreprise sont plus importantes que celles justifiant le report de son exécution. Elle 
dispose d'un large pouvoir d'appréciation qui varie selon la nature de l'affaire. La 
restitution de l'effet suspensif est subordonnée à l'existence de justes motifs, qui 
résident dans un intérêt public ou privé prépondérant à l’absence d’exécution 
immédiate de la décision ou de la norme (arrêt du Tribunal fédéral 2C_1161/2013 du 
27 février 2014 consid. 5.5.1). 

 b. Pour effectuer la pesée des intérêts en présence, l'autorité de recours n'est pas 
tenue de procéder à des investigations supplémentaires, mais peut statuer sur la base 
des pièces en sa possession (ATF 117 V 185 consid. 2b ; arrêt du Tribunal fédéral 
1C_435/2008 du 6 février 2009 consid. 2.3 et les arrêts cités). 

4)  Le recourant a effectué à ce jour une grande partie de la sanction, soit près des 
deux tiers. Par ailleurs, la responsabilité disciplinaire supposant l'existence d'une 
faute et des actes d’instruction, en particulier le visionnement des images de 
vidéosurveillance, seront probablement nécessaires. 

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  Dans ces circonstances, il se justifie de ne pas permettre que la sanction, dont 
tant le principe que la quotité sont contestés, soit complètement exécutée avant droit 
jugé au fond. 

5)  Dès lors, la demande de restitution de l'effet suspensif sera acceptée, et le sort 
des frais sera réservé jusqu'à droit jugé au fond. 

 vu l’art. 66 al. 3 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 ; 

 vu l’art. 7 al. 1 du règlement de la chambre administrative du 21 décembre 2010 ; 

 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

restitue l’effet suspensif au recours ; 

réserve le sort des frais de la procédure jusqu’à droit jugé au fond ; 

dit que conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), la présente décision peut être portée dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière de 
droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de 
preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au 
Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. La présente décision et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique la présente décision, en copie, à Me Robert Assael, avocat du recourant, ainsi 
qu'à l'établissement fermé la Brenaz. 

 
 La présidente : 

 
 

Ch. Junod 

 

 
 

 

Copie conforme de cette décision a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 

 

 la greffière :