# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** ad31f0ed-3c9c-5282-943d-b3b0bce4e989
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2019-09-06
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre des assurances sociales 06.09.2019 A/478/2019
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_014_A-478-2019_2019-09-06.pdf

## Full Text

Siégeant : Maya CRAMER, Présidente; Toni KERELEZOV et Monique STOLLER 
FÜLLEMANN, Juges assesseurs 

  

 
 

R É P U B L I Q U E  E T  
 

C A N T O N  D E  G E N È V E  

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  
 

A/478/2019 ATAS/794/2019 

COUR DE JUSTICE 

Chambre des assurances sociales 

Arrêt du 6 septembre 2019 

5ème Chambre 

 

En la cause 

Monsieur A______, domicilié c/o HÔTEL B______, à GENEVE, 
comparant avec élection de domicile en l'étude de Maître Diane 
BROTO  

 

recourant 

 

contre  

OFFICE DE L'ASSURANCE-INVALIDITÉ DU CANTON DE 
GENÈVE, sis rue des Gares 12, GENÈVE 

intimé 

 

 
 
 

 

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EN FAIT 

1. Monsieur A______, né le ______ 1962 et de nationalité suisse, est célibataire et 
sans enfant. Il est au bénéfice d’un certificat fédéral de capacité (CFC) de cuisinier, 
mais a travaillé depuis 1999 en tant que manœuvre en bâtiment, manutentionnaire, 
aide-électricien, aide-serrurier et aide-monteur. En dernier lieu, il a travaillé ad 
interim en tant qu’aide-monteur depuis le 10 janvier 2009 jusqu’au 22 décembre 
2015, par l’intermédiaire de C______ SA. 

2. Selon le rapport du 17 mars 2016 du docteur D______ des Hôpitaux universitaires 
de Genève (ci-après : HUG), l’intéressé était connu pour une fracture de la rotule 
gauche en 1988 sur traumatisme avec traitement conservateur et présentait depuis 
lors des périodes de douleurs à ce genou tous les cinq ans. Depuis janvier 2016, il 
souffrait de douleurs invalidantes de cette articulation, nécessitant de marcher avec 
des cannes et en charge partielle. Ce médecin a posé le diagnostic d’arthrose du 
genou gauche avec douleurs chroniques sans aggravation récente ni signes 
infectieux, mais avec un léger syndrome inflammatoire au bilan sans piste 
infectieuse. Il était conseillé au patient de prendre rendez-vous à la consultation du 
genou prothétique. Celui-ci présentait par ailleurs une conjonctivite bactérienne 
bilatérale, une hypertension artérielle (HTA) et une tachycardie à l’arrivée 
asymptomatique.  

3. Depuis le 12 mai 2016, une incapacité de travail de l'intéressé de 100 % est attestée 
par le docteur E______, généraliste.  

4. Depuis le 1er juin 2016, l’intéressé est pris en charge par l’Hospice général.  

5. Selon les informations complémentaires à la demande de prestations de l’assurance-
invalidité demandées par l'Hospice général à l’assistant social de l’assuré en date du 
19 juin 2017, la demande de prestations de l’assurance-invalidité avait été initiée 
par ce dernier. L’assuré avait été dépanneur en télécommunication en dernier lieu à 
100 % et avait dû arrêter cette activité le 31 décembre 2015 suite à un problème de 
santé au genou gauche. Il n’était pas à la recherche d’un emploi actuellement. Il ne 
pouvait plus travailler dans le métier manuel du bâtiment où il avait travaillé en 
dernier lieu, ni en tant que cuisinier à cause de son problème au genou.  

6. Par demande reçue le 21 novembre 2017, l’intéressé a requis les prestations de 
l’assurance-invalidité en raison d’une arthrose aiguë du genou gauche avec 
inflammation fréquente et épanchement du liquide synovial depuis juin 2015.  

7. Dans son rapport du 11 décembre 2017, le Dr E______ a émis les diagnostics de 
gonarthrose tricompartimentale sur ancienne fracture de la rotule gauche en 1988 et 
de probable gonarthrose droite, de syndrome « X » avec obésité, HTA, tachycardie, 
transpiration profuse et hypovitaminose D. L'assuré marchait avec des béquilles et 
s’essoufflait rapidement. Par ailleurs, il vivait seul, présentait un isolement social et 
était négligé.  

 
 
 

 

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8. Dans son avis médical du 17 avril 2018, la doctoresse F______ du service médical 
régional de l’assurance-invalidité pour la Suisse romande (ci-après: SMR), a 
considéré que la capacité de travail de l'assuré dans l'activité habituelle était nulle, 
mais qu'elle était totale dans une activité adaptée depuis janvier 2016. Les 
limitations fonctionnelles étaient les suivantes: absence de position debout, de 
marche prolongée, de déplacements répétés, d'utilisation d'escaliers, de travail en 
hauteur et de port de charges lourdes. Une activité légère et sédentaire était 
préférable. L'assuré souffrait aussi d'un syndrome métabolique et d'une ancienne 
dépendance à l'alcool sans répercussion sur la capacité de travail. Il existait enfin un 
contexte psychosocial difficile, mais étranger à l'invalidité. 

9. Le 20 avril 2018, l’office de l’assurance-invalidité du canton de Genève (OAI) a 
déterminé la perte de gain que le recourant subirait dans l’exercice d’une activité 
adaptée à ses limitations fonctionnelles par rapport au salaire réalisé dans son 
activité précédente. En se fondant pour le salaire d’invalide sur les statistiques 
2014, adaptées à l’évolution des salaires jusqu’en 2016, et en admettant un 
abattement du salaire statistique de 20 %, ledit office a déterminé la perte de gain à 
6,44 %.  

10. Par projet de décision du 20 avril 2018, l’OAI a fait savoir à l’assuré qu’il avait 
l’intention de lui refuser les prestations, au motif qu’il présentait une capacité de 
travail de 100 % dans une activité adaptée à son état de santé et que sa perte de gain 
dans une telle activité était insuffisante pour ouvrir le droit à une rente. Par ailleurs, 
un taux d’invalidité inférieur à 20 % n’ouvrait pas le droit aux prestations sous 
forme de reclassement professionnel. 

11. Par courrier du 14 mai 2018, l’assuré a contesté ce projet de décision, en alléguant 
que son incapacité de travail était de 100 % depuis le 1er janvier 2016, après plus de 
trente ans de service et sans aucun long arrêt médical. Sa mobilité était très réduite, 
devant se déplacer avec des béquilles et souffrant de douleurs, malgré divers 
traitements, soins et une courte hospitalisation. La décision de l’OAI était ainsi 
hâtive, d’autant plus qu’aucune entrevue par un spécialiste de l’OAI ne lui avait été 
proposée pour évaluer son taux d’invalidité.  

12. Selon le rapport du 6 août 2018 du Dr E______, l’assuré présentait une incapacité 
de travail totale dans l’activité habituelle et dans une activité adaptée. Il présentait 
des limitations fonctionnelles pour les déplacements, les efforts, la position debout 
et pour se baisser. Une incapacité de travail existait depuis le 12 mai 2016. Il a 
proposé que son patient soit soumis à une expertise. 

13. Dans son avis médical du 6 décembre 2018, le SMR a considéré qu’au vu des 
nouvelles pièces médicales versées au dossier, notamment une imagerie par 
résonance magnétique (IRM) du 7 décembre 2009 du genou gauche, il n’y avait pas 
d’élément nouveau sur le plan médical susceptible de modifier ses conclusions du 
17 avril 2018. Les limitations fonctionnelles mentionnées dans le rapport du 6 août 
2018 du Dr E______ correspondaient à celles retenues par le SMR. Une expertise 

 
 
 

 

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n’était pas nécessaire. Partant, dans une activité adaptée, d’un point de vue médico-
théorique, la capacité de travail était entière. 

14. Par décision du 8 janvier 2019, l’OAI a confirmé son projet de décision et a refusé 
toute prestation à l’assuré, en se fondant notamment sur l’avis médical du SMR 
précité. En ce qui concerne les mesures professionnelles, il a indiqué, s’agissant 
d’une orientation professionnelle, que compte tenu du large éventail d’activités non 
qualifiées que recouvrent les secteurs de la production et du service, un nombre 
significatif de ces activités étaient adaptées à ses empêchements, lesquelles ne 
nécessitaient dès lors pas l’intervention de l’assurance-invalidité. Pour un 
reclassement professionnel, les conditions légales n’étaient pas remplies, dès lors 
que l’assuré ne présentait pas de manque à gagner de 20 % au moins. L’assuré 
n’avait pas non plus droit à une aide au placement, les difficultés éprouvées pour 
retrouver un travail approprié par ses propres moyens n’étant pas dues à son état de 
santé.  

15. Par acte daté du 2 février 2019 et reçu le 5 suivant à l’OAI, l’assuré a contesté la 
décision précitée. Il a allégué que, depuis son accident, son état de santé ne faisait 
que de se dégrader. Il proposait de se faire examiner par un spécialiste indépendant 
ou par un des médecins-conseils de l’OAI.  

16. Le 5 février 2019, l’OAI a transmis sa contestation à la chambre de céans comme 
objet de sa compétence.  

17. Le 17 mai 2019, l’assuré a complété son recours, par l’intermédiaire de son conseil, 
et a conclu à l’annulation de la décision querellée, à l’octroi d’une rente d’invalidité 
dont le degré devrait être fixé après investigations complémentaires, et à l’octroi de 
mesures professionnelles. Subsidiairement, il a conclu au renvoi de la cause à 
l'intimé pour instruction complémentaire sur le plan médical, sous suite de dépens. 
Concernant la capacité de travail, le recourant a reproché à l’intimé de ne pas avoir 
tenu compte des rapports médicaux du Dr E______, selon lequel son incapacité de 
travail était totale. Quant aux médecins du SMR, ils ne l’avaient jamais examiné et 
n’avaient non plus tenu compte des douleurs chroniques et incapacitantes. Par 
ailleurs, le SMR n’avait donné aucun élément de justification pour s’écarter de 
l’appréciation du Dr E______ ni n’avait procédé à une instruction médicale 
complémentaire ou à une expertise, en dépit de son devoir d’instruction. Il a 
également critiqué le calcul de la perte de gain, en ce que l'intimé avait retenu un 
salaire statistique supérieur à titre de salaire d’invalide par rapport au salaire réalisé 
précédemment. En outre, il ne présentait pas les compétences pour un emploi de 
type administratif. Selon les calculs du recourant, son degré d’invalidité était ainsi 
de 25,15 %, ce qui lui ouvrait au moins le droit à des mesures de reclassement 
professionnel, d'autant plus qu'il était patent que son rendement ne pourrait être 
complet du fait qu’il avait du mal à se déplacer, à faire des efforts, à se baisser, à se 
pencher et à rester debout. A cela s’ajoutaient des douleurs chroniques qui 
risquaient d’être extrêmement incapacitantes. Outre les atteintes aux deux genoux, 

 
 
 

 

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il présentait enfin une obésité morbide, qui compliquait également les déplacements 
et ne ferait qu’empirer la situation au fil des années.  

18. Dans sa réponse du 11 juin 2019, l’intimé a conclu au rejet du recours. Les 
limitations fonctionnelles retenues par le Dr E______ n’avaient pas de répercussion 
dans l’exercice d’une activité adaptée (sédentaire, exercée en position assise). Il 
n’était par ailleurs pas déterminant que le deuxième genou était également atteint 
d’une arthrose, dès lors que les limitations fonctionnelles en découlant restaient 
identiques. En ce qui concerne le calcul du degré d’invalidité, il était conforme à la 
jurisprudence, en ce que ce calcul prenait en considération, pour le salaire 
d’invalide, les chiffres de l’Enquête suisse sur la structure des salaires (ESS). Enfin, 
dans une activité adaptée, il n’y avait pas de raison de retenir une baisse de 
rendement.  

19. Le 26 juin 2019, le Dr E______ a informé la chambre de céans, à sa demande, qu’il 
avait l’impression, depuis qu’il connaissait le recourant, qu’il allait être très difficile 
de l’intégrer dans la vie sociale et celle du travail. Il était toutefois nécessaire de le 
soumettre à une expertise pour évaluer ses capacités. 

20. Par écriture du 22 juillet 2019, le recourant a fait savoir à la chambre de céans qu’il 
se ralliait aux conclusions du Dr E______, en ce que celui-ci considérait que 
l’instruction de son dossier n’avait pas été assez approfondie.  

21. Par écriture du 22 juillet 2019, l’intimé a considéré que l’impossibilité du recourant 
de se réintégrer dans la vie sociale ou professionnelle ne pouvait justifier la mise 
sur pied d’une expertise.  

22. Sur ce, la cause a été gardée à juger. 

 

EN DROIT 

1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 2 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 
26 septembre 2010 (LOJ - E 2 05), la chambre des assurances sociales de la Cour 
de justice connaît, en instance unique, des contestations prévues à l'art. 56 de la loi 
fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 
(LPGA - RS 830.1) relatives à la loi fédérale sur l’assurance-invalidité du 19 juin 
1959 (LAI - RS 831.20). 

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie. 

2. Interjeté dans les délai et forme prescrits par la loi, le recours est recevable (art. 56 
ss LPGA). 

3. Est litigieuse en l’occurrence la question de savoir si le recourant présente une 
invalidité ouvrant le droit aux prestations sous forme de rente ou de mesures 
d’ordre professionnel. 

 
 
 

 

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4. Est réputée invalidité, l'incapacité de gain totale ou partielle présumée permanente 
ou de longue durée, résultant d'une infirmité congénitale, d'une maladie ou d'un 
accident (art. 8 al. 1 LPGA et 4 al. 1 LAI). Selon l’art. 7 LPGA, est réputée 
incapacité de gain toute diminution de l'ensemble ou d'une partie des possibilités de 
gain de l'assuré sur le marché du travail équilibré qui entre en considération, si cette 
diminution résulte d'une atteinte à la santé physique ou mentale et qu'elle persiste 
après les traitements et les mesures de réadaptation exigibles (al. 1). Seules les 
conséquences de l’atteinte à la santé sont prises en compte pour juger de la présence 
d’une incapacité de gain. De plus, il n’y a incapacité de gain que si celle-ci n’est 
pas objectivement surmontable (al. 2 en vigueur dès le 1er janvier 2008). 

b. En vertu de l’art. 28 al. 2 LAI, l’assuré a droit à une rente entière s’il est invalide 
à 70 % au moins, à un trois-quarts de rente s'il est invalide à 60 % au moins, à une 
demi-rente s’il est invalide à 50 % au moins, ou à un quart de rente s’il est invalide 
à 40 % au moins. 

c. Pour évaluer le taux d'invalidité, le revenu que l'assuré aurait pu obtenir s'il n'était 
pas invalide est comparé avec celui qu'il pourrait obtenir en exerçant l'activité qui 
peut raisonnablement être exigée de lui après les traitements et les mesures de 
réadaptation, sur un marché du travail équilibré (art. 16 LPGA et art. 28a al. 1 LAI). 

Il y a lieu de préciser que selon la jurisprudence, la notion d'invalidité, au sens du 
droit des assurances sociales, est une notion économique et non médicale; ce sont 
les conséquences économiques objectives de l'incapacité fonctionnelle qu'il importe 
d'évaluer (ATF 110 V 273 consid. 4a). L’atteinte à la santé n’est donc pas à elle 
seule déterminante et ne sera prise en considération que dans la mesure où elle 
entraîne une incapacité de travail ayant des effets sur la capacité de gain de l’assuré 
(arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 654/00 du 9 avril 2001 consid. 1).  

5. Pour pouvoir calculer le degré d’invalidité, l’administration (ou le juge, s’il y a eu 
un recours) a besoin de documents qu’un médecin, éventuellement d’autres 
spécialistes, doivent lui fournir. La tâche du médecin consiste à porter un jugement 
sur l’état de santé et à indiquer dans quelle mesure et pour quelles activités l’assuré 
est, à ce motif, incapable de travailler. En outre, les données médicales constituent 
un élément utile pour déterminer quels travaux on peut encore, raisonnablement, 
exiger de l’assuré (ATF 125 V 256 consid. 4 et les références). 

6. Selon le principe de libre appréciation des preuves, pleinement valable en 
procédure judiciaire de recours dans le domaine des assurances sociales (cf. art. 61 
let. c LPGA), le juge n'est pas lié par des règles formelles, mais doit examiner de 
manière objective tous les moyens de preuve, quelle qu'en soit la provenance, puis 
décider si les documents à disposition permettent de porter un jugement valable sur 
le droit litigieux (ATF 125 V 351 consid. 3). 

En ce qui concerne les rapports établis par les médecins traitants, le juge peut et 
doit tenir compte du fait que, selon l'expérience, le médecin traitant est 
généralement enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de 

 
 
 

 

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la relation de confiance qui l'unit à ce dernier (ATF 125 V 351 consid. 3b/cc). S'il 
est vrai que la relation particulière de confiance unissant un patient et son médecin 
traitant peut influencer l'objectivité ou l'impartialité de celui-ci (cf. ATF 125 V 351 
consid. 3a 52; ATF 122 V 157 consid. 1c et les références), ces relations ne 
justifient cependant pas en elles-mêmes l'éviction de tous les avis émanant des 
médecins traitants. Encore faut-il démontrer l'existence d'éléments pouvant jeter un 
doute sur la valeur probante du rapport du médecin concerné et, par conséquent, la 
violation du principe mentionné (arrêt du Tribunal fédéral 9C_973/2011 du 4 mai 
2012 consid. 3.2.1). 

Un rapport du SMR a pour fonction d'opérer la synthèse des renseignements 
médicaux versés au dossier, de prendre position à leur sujet et de prodiguer des 
recommandations quant à la suite à donner au dossier sur le plan médical. En tant 
qu'il ne contient aucune observation clinique, il se distingue d'une expertise 
médicale (art. 44 LPGA) ou d'un examen médical auquel il arrive au SMR de 
procéder (art. 49 al. 2 RAI; ATF 142 V 58 consid. 5.1; arrêt du Tribunal fédéral 
9C_542/2011 du 26 janvier 2012 consid. 4.1). De tels rapports ne sont cependant 
pas dénués de toute valeur probante, et il est admissible que l'office intimé, ou la 
juridiction cantonale, se fonde de manière déterminante sur leur contenu. Il 
convient toutefois de poser des exigences strictes en matière de preuve; une 
expertise devra être ordonnée si des doutes, même faibles, subsistent quant à la 
fiabilité ou à la pertinence des constatations effectuées par le SMR (ATF 142 V 58 
consid. 5; ATF 135 V 465 consid. 4.4 et 4.6; arrêt du Tribunal fédéral 9C_371/2018 
du 16 août 2018 consid. 4.3.1).  

7. Le juge des assurances sociales fonde sa décision, sauf dispositions contraires de la 
loi, sur les faits qui, faute d’être établis de manière irréfutable, apparaissent comme 
les plus vraisemblables, c’est-à-dire qui présentent un degré de vraisemblance 
prépondérante. Il ne suffit donc pas qu’un fait puisse être considéré seulement 
comme une hypothèse possible. Parmi tous les éléments de fait allégués ou 
envisageables, le juge doit, le cas échéant, retenir ceux qui lui paraissent les plus 
probables (ATF 130 III 321 consid. 3.2 et 3.3; ATF 126 V 353 consid. 5b; ATF 125 
V 193 consid. 2 et les références). Aussi n’existe-t-il pas, en droit des assurances 
sociales, un principe selon lequel l’administration ou le juge devrait statuer, dans le 
doute, en faveur de l’assuré (ATF 126 V 319 consid. 5a). 

8. Conformément au principe inquisitoire qui régit la procédure dans le domaine des 
assurances sociales, le juge des assurances sociales doit procéder à des 
investigations supplémentaires ou en ordonner lorsqu'il y a suffisamment de raisons 
pour le faire, eu égard aux griefs invoqués par les parties ou aux indices résultant du 
dossier. Il ne peut ignorer des griefs pertinents invoqués par les parties pour la 
simple raison qu'ils n'auraient pas été prouvés (VSI 5/1994 220 consid. 4a). En 
particulier, il doit mettre en œuvre une expertise lorsqu'il apparaît nécessaire de 
clarifier les aspects médicaux du cas (ATF 117 V 282 consid. 4a; RAMA 1985 

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p. 240 consid. 4; arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 751/03 du 19 mars 2004 
consid. 3.3). 

9. En l’occurrence, les diagnostics ne sont pas contestés, à savoir une gonarthrose 
tricompartimentale à gauche et une gonarthrose probable à droite, ainsi qu'un 
syndrome métabolique.  

Il ne semble pas non plus que les limitations fonctionnelles découlant de ces 
diagnostics soient contestées. En effet, les limitations retenues par le Dr E______ 
dans son rapport du 6 août 2018 recouvrent celles mentionnées par le SMR.  

Concernant l’appréciation de la capacité de travail, le dossier ne contient que les 
rapports du Dr E______, selon lequel la capacité de travail est nulle dans l’activité 
habituelle et dans une activité adaptée. Il considère par ailleurs qu’une expertise est 
nécessaire.  

L’appréciation de la capacité de travail dans une activité adaptée est contestée par 
le SMR, lequel considère, sans avoir examiné le recourant, que celui-ci dispose 
d’une capacité de travail à 100 % dans une telle activité.  

Il est vrai qu’en principe une personne limitée dans la marche comme le recourant 
peut théoriquement travailler dans une activité assise légère à 100 % et sans 
diminution de rendement. Néanmoins, le dossier ne contient aucun rapport médical 
l’attestant et l’avis du SMR n’est pas propre à mettre en cause l’évaluation du 
Dr E______, du fait que ledit service n'a pas procédé à un examen clinique. À cela 
s'ajoute le fait que le recourant n'est pas seulement handicapé pour marcher, mais 
souffre aussi de douleurs importantes au genou gauche qui peuvent réduire son 
rendement. 

Il semble par ailleurs que d’autres éléments interviennent dans l'évaluation de la 
capacité de travail, dès lors que le Dr E______ indique qu’il va être très difficile 
d’intégrer le recourant dans la vie sociale ou celle du travail. Selon le SMR, il s’agit 
d’éléments étrangers à l’assurance-invalidité. Cependant, cela n’est pas établi, de 
telles difficultés pouvant être également liées à un trouble psychique que le 
recourant avait les ressources de surmonter, tant qu'il n'était pas limité sur le plan 
physique, mais qui limite sa capacité d'adaptation dans une activité différente, 
d'autant plus qu'il est âgé de 57 ans.  

Cela étant, en présence d’un rapport médical du seul médecin traitant estimant que 
la capacité de travail est nulle, la chambre de céans juge insuffisant l’avis du SMR 
fondé sur le seul dossier et en l’absence de toute anamnèse, avis selon lequel la 
capacité de travail est totale. Il conviendrait notamment de déterminer aussi s’il 
existe une diminution de rendement dans une activité adaptée. 

Partant, il s'avère que l’instruction est incomplète. Il est par conséquent nécessaire 
de renvoyer la cause à l’intimé pour compléter l’instruction par une expertise 
rhumatologique ou par un examen par un médecin rhumatologue du SMR, 
éventuellement par un spécialiste en médecine interne. En cas d’indices, au vu du 

 
 
 

 

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comportement du recourant et de l’anamnèse, pour un trouble psychique, cet 
examen devrait être complété par une expertise psychiatrique ou par un examen par 
un psychiatre du SMR, afin d'évaluer si le recourant dispose des capacités adaptives 
nécessaires pour se réintégrer dans une activité professionnelle différente. 

10. Au vu de ce qui précède, le recours sera partiellement admis, la décision annulée et 
la cause renvoyée à l’intimé pour instruction complémentaire au sens des 
considérants. 

11. Le recourant obtenant partiellement gain de cause, une indemnité de CHF 2'500.- 
lui est octroyée à titre de dépens. 

12. Dans la mesure où l’intimé succombe, un émolument de CHF 200.- est mis à sa 
charge. 

 

 

*** 

 

  

 
 
 

 

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PAR CES MOTIFS, 

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES : 

Statuant 

À la forme : 

1. Déclare le recours recevable. 

Au fond : 

2. L’admet partiellement. 

3. Annule la décision du 8 janvier 2019. 

4. Renvoie la cause à l’intimé pour instruction complémentaire au sens des 
considérants et, ceci fait, nouvelle décision. 

5. Condamne l’intimé à verser au recourant une indemnité de CHF 2'500.- à titre de 
dépens. 

6. Met un émolument de CHF 200.- à la charge de l’intimé.  

7. Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt 
dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral 
(Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit 
public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 
17 juin 2005 (LTF - RS 173.110); le mémoire de recours doit indiquer les 
conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de 
son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie 
électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en 
possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à 
l'envoi. 

 
La greffière 

 
 
 

Diana ZIERI 

 La présidente 
 
 
 

Maya CRAMER 

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral 
des assurances sociales par le greffe le