# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 79da7d12-765a-5c81-9619-ae4a76f38abd
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2018-09-11
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale de recours 11.09.2018 PM/641/2018
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_011_PM-641-2018_2018-09-11.pdf

## Full Text

REPUBLIQUE ET  
 

CANTON DE GENÈVE  

POUVOIR JUDICIAIRE  

PM/641/2018 ACPR/506/2018 

COUR DE JUSTICE 

Chambre pénale de recours 

Arrêt du mardi 11 septembre 2018 

 

Entre 

A______, actuellement détenu à [l'établissement pénitentiaire] B______, ______, 
comparant par Me C______, ______, 

recourant, 

contre le jugement rendu le 19 juillet 2018 par le Tribunal d'application des peines et des 

mesures, 

et 

LE TRIBUNAL D'APPLICATION DES PEINES ET DES MESURES, rue des 

Chaudronniers 9 1204 Genève, case postale 3715, 1211 Genève 3, 

LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, 

1213 Petit-Lancy, case postale 3565, 1211 Genève 3, 

intimés. 

 

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PM/641/2018 

EN FAIT : 

A. Par acte expédié au greffe de la Chambre de céans le 2 août 2018, A______ recourt 
contre le jugement du 19 juillet 2018, notifié le 23 suivant, par lequel le Tribunal 
d'application des peines et des mesures (ci-après : TAPEM) a ordonné sa libération 
conditionnelle avec effet au jour de son départ de Suisse, dit que le solde de la peine 
non exécutée sera égal à la durée entre la date de son renvoi et le 29 novembre 2019, 
lui a imposé, au titre de règles de conduite, d'entreprendre des démarches en vue 
d'obtenir un laissez-passer, de collaborer avec les autorités compétentes en vue de 
son renvoi, de quitter le territoire suisse et de ne plus y revenir et fixé la durée du 
délai d'épreuve à la durée entre la date de son renvoi et la fin de sa peine, mais à un 
an minimum.  

Le recourant conclut à l'annulation du jugement attaqué et à l'octroi de sa libération 
conditionnelle. 

B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier : 

a. A______, né le ______ 1980, ressortissant algérien, a été condamné par : 

- jugement du Tribunal de police du 27 juillet 2010, à une peine privative de 
liberté de 24 mois, sous déduction de 164 jours de détention avant jugement, 
pour lésions corporelles simples, contrainte sexuelle et viol; il a été condamné à 
payer les frais de procédure de CHF 2'596.05 et à verser à la victime une 
indemnité pour tort moral de CHF 6'000.-, avec intérêts à 5% dès le 13 février 
2010, et les honoraires de son conseil de CHF 4'900.-; 

- ordonnance pénale du Ministère Public du 22 février 2014 à une peine 
privative de liberté de 120 jours, sous déduction d'un jour de détention avant 
jugement, pour séjour illégal; il a été condamné à payer les frais de procédure de 
CHF 250.-; 

- arrêt de la Chambre pénale d'appel et de révision (ci-après; CPAR) du 6 
octobre 2017, à une peine privative de liberté de 2 ans, sous déduction de 573 
jours de détention avant jugement, pour lésions corporelles graves et séjour 
illégal; il a été condamné à payer les frais de procédure de première instance de 
CHF 3'942.- et d'appel de CHF 3'063.50, et à verser à la victime une indemnité 
pour tort moral de CHF 30'000.-, plus intérêts à 5% dès le 24 novembre 2013. 

b. Il a été incarcéré le 16 janvier 2016 à [l'établissement pénitentiaire] D______ et 
transféré, ensuite, le 15 février, 2016 à l’établissement B______. 

Le 17 mars 2016, il a été placé en détention préventive, dans le cadre de la procédure 
à l'issue de laquelle il a été condamné par arrêt du 6 octobre 2017 de la CPAR 

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précité. Par ordonnance d'exécution anticipée du 2 mars 2017, il a été transféré, le  
17 juillet 2017, à B______. 

c. Les deux tiers des peines que A______ exécute actuellement sont intervenus le 
20 juin 2018, et la fin de la peine est fixée au 29 novembre 2019. 

d. À teneur de l'extrait de son casier judiciaire, il a, en outre, été condamné par 
jugement du 6 mai 2011 du Tribunal correctionnel à une peine privative de liberté de 
12 mois, sous déduction de 133 jours de détention avant jugement, ainsi qu'à une 
amende de CHF 200.-, pour lésions corporelles simples, voies de fait, contravention 
à la LStup et séjour illégal. 

Dans le cadre de l'exécution de ladite condamnation, le TAPEM a, par jugement du 
15 septembre 2011, refusé de lui accorder une libération conditionnelle. 

e. e.a. Le plan d'exécution de la sanction (PES), validé le 7 décembre 2017 par le 
SAPEM, relève, notamment, que : 

 A______ n'avait pas entrepris de démarche particulière pour collaborer à 
l'obtention de papiers, expliquant que celle-ci serait complexe; il projetait de 
rester en Suisse de manière clandestine; il avait reçu une décision de refus de 
sa demande d'asile en 2002; 

 il déclarait être venu en Suisse en 2002 pour des raisons économiques. À la 
suite du refus de sa demande d'asile et de l'échéance de son permis N, il avait 
vécu avec la victime de 2005 à 2015; il n'avait pas d'amis ni de réelles 
connaissances à Genève; les seules personnes qu'il fréquentait étaient des 
amis de la victime; dans le cadre de la détention, il n'avait eu aucun contact 
avec l'extérieur, excepté son avocat; 

 il n'avait pas de diplôme professionnel et n'avait suivi, pour l'heure, aucun 
cours; il souhaitait travailler dans les ateliers de cuisine ou de boulangerie, en 
lien avec les futures recherches d'emploi; il ne pourrait plus compter sur le 
réseau de la victime qui l'avait aidé à trouver un emploi et était réaliste sur les 
difficultés qu'il allait rencontrer et était prêt à s'installer dans un autre pays s'il 
ne trouvait pas d'emploi en Suisse; 

 l'hypothèse d'un risque de récidive violente à sa sortie était modéré; le risque 
majeur se rapportait notamment à la reprise d'une vie conjugale avec la 
victime, mais également à la mise en ménage avec une autre partenaire ou à 
la présence de toute personne menaçant de telles relations; un risque de 
récidive restait présent dans la mesure où son introspection demeurait 

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partielle, tendant à minimiser sa part de responsabilité dans les faits; un suivi 
thérapeutique volontaire lui était recommandé. 

e.b. Le PES prévoit seulement deux phases de progression de l’exécution de sa 
sanction : un maintien en milieu fermé et l’octroi d’une éventuelle libération 
conditionnelle.  

e.c. Les objectifs (généraux) à atteindre, pour obtenir la libération conditionnelle, 
étaient notamment de s'acquitter, durant la détention, des frais de justice et des 
indemnités-victime et d'acquérir des papiers d'identité. 

e.d. Les conditions générales à respecter pour obtenir chacune des deux phases 
étaient notamment : 

- de mettre en place des versements réguliers sur le compte Lavi et sur le compte 
Justice, 

- de contacter et collaborer avec les autorités compétentes en vue d’obtenir des 
papiers d’identité. 

f. Le 5 juin 2018, la Direction de B______ a émis un préavis favorable à la 
libération conditionnelle de A______ lequel avait fait preuve d’un comportement en 
détention très satisfaisant et n’avait fait l’objet d’aucune sanction depuis le 17 juillet 
2017. Le détenu travaillait au sein de l’atelier poly-mécanique, y exécutait les tâches 
confiées avec beaucoup de motivation et de manière constante. Il était décrit comme 
une personne travailleuse et proactive. 

g. À teneur d'un courriel du Bureau des migrations zurichois du 6 juin 2018 
A______ ne bénéficie d’aucun statut de séjour en Suisse. Il a fait l’objet d’une 
décision de non-entrée en matière au sujet de sa demande d’asile. En raison de 
l’absence de document d’identité, un renvoi dans son pays d’origine n’avait à ce jour 
pas été encore possible. 

h. Faute de titre de séjour valable sur le territoire suisse, le Service de probation et 
d'insertion a, par courriel du 5 juin 2018, considéré que la question de la pertinence 
d'un mandat de probation, en cas d'octroi éventuel d'une libération conditionnelle, ne 
se posait pas. 

i. Dans le formulaire en vue de l'examen de sa libération conditionnelle, A______ 
précise être célibataire, sans enfant, sans papiers d'identité et sans autorisation de 
séjour. À sa sortie de prison, il souhaite rester en Suisse et travailler en tant que 
peintre en bâtiment. Il avait "fait un compte Lavi", dix mois plus tôt, quand il avait 
eu les moyens de payer. À sa libération, il n'y aurait personne qui pourrait l'aider, il 
ne disposait pas de logement et n'avait "aucun problème à régler à part les victimes".  

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Il motive son projet pour ne pas récidiver par le fait qu'il résidait depuis 16 ans en 
Suisse et la détention qui l’avait fait réfléchir et prendre conscience que sa situation 
personnelle n’avait pas évolué. 

j. Le 15 juin 2018, le Service de l'application des peines et mesures (ci-après; le 
SAPEM) a préavisé défavorablement la libération conditionnelle de A______. Après 
le refus d'une précédente libération conditionnelle, il avait à nouveau été condamné 
pour des faits de même nature, réalisant les critères de la récidive spéciale. Malgré 
les recommandations de l'évaluatrice dans son PES, il n'avait pas entamé de suivi 
thérapeutique volontaire, et n'avait jamais effectué de versement des indemnités-
victime auxquelles il avait été condamné. 

Les mouvements de comptes de A______ étaient constitués principalement d’achats 
d’épicerie et de versements liés à sa rémunération. Les extraits de compte 
présentaient ainsi des soldes au 13 juin 2018 de CHF 826.- pour le compte libre, de 
CHF 1’046.35 pour le compte réservé et de CHF 784.65 pour le compte bloqué. Son 
compte destiné au paiement des frais de justice présentait un solde de CHF 240.- dès 
lors qu’il avait débuté des versements de CHF 30.- mensuels au mois de septembre 
2017; l’extrait de son compte Lavi présentait un solde de CHF 0.-. 

Ce service retient également l'absence de projet étayé relatif à sa sortie de prison vu 
sa situation administrative. Il n'avait pas respecté la condition générale de son PES de 
contacter et collaborer avec les autorités compétentes en vue d'obtenir des papiers 
d'identité. 

k. Par requête du 20 juin 2018, le Ministère public a conclu au refus de la libération 
conditionnelle vu le pronostic défavorable au vu des précédentes condamnations 
pour des infractions similaires, du précédent refus de libération conditionnelle, du 
risque de récidive modéré, de son introspection partielle et de sa tendance à 
minimiser sa part de responsabilité. Il ne pouvait être renvoyé faute de document 
d'identité malgré sa situation irrégulière en Suisse. Ses projets pour rester en Suisse 
étaient flous et aucun emploi ne lui avait été proposé à sa sortie. Il y avait ainsi lieu 
de craindre qu'il ne commette de nouvelles infractions. À titre subsidiaire, le 
Ministère public a conclu à ce que la libération conditionnelle ne soit accordée 
qu'avec effet au jour où son renvoi de Suisse pourrait être exécuté. 

l. Lors de l'audience devant le TAPEM, A______ a déclaré percevoir environ  
CHF 357.- par mois pour son travail à l'atelier poly-mécanique de B______. Il n'avait 
pas besoin du suivi psychothérapeutique et n'avait rien entrepris. Il éprouvait 
beaucoup de regrets d'avoir commis les infractions et s'en était excusé. Il souffrait de 
ce qu'il s'était passé avec E______ avec laquelle il avait vécu de longues années, 
même si cela ne se voyait pas. Il espérait qu'elle puisse lui pardonner.  

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En cas de sortie, il souhaitait rester en Suisse et trouver un travail, malgré son statut 
administratif. Il entendait légaliser son séjour en Suisse où il avait vécu 16 ans et 
pouvait compter sur des amis et connaissances pour rester en Suisse. Il n'envisageait 
pas de quitter le pays, mais si malgré toutes ses démarches, ce n'était pas possible, il 
se résoudrait à partir, sans savoir où aller. Il n'avait pas eu la possibilité 
d'entreprendre des démarches pour obtenir des papiers d'identité et s'en chargerait dès 
sa sortie de détention. Le consulat aurait expliqué qu'il fallait se rendre au pays pour 
essayer de retrouver des documents justifiants son origine. 

Il faisait des versements réguliers pour les frais de justice mais non pour la victime, 
sa participation pour celle-ci n'ayant pas été acceptée. Il avait toujours l'intention de 
payer cette indemnité si celle-ci était acceptée. Il n'envisageait pas de reprendre 
contact avec la victime d'une manière ou d'une autre. 

C. Dans la décision querellée, le TAPEM a retenu que le pronostic se présentait sous un 
jour défavorable au vu de ses multiples condamnations, du risque de récidive ciblé 
sur sa compagne et de son absence de projet de réinsertion. Sa situation personnelle 
demeurait inchangée; aucune démarche n'avait été entreprise pour obtenir des pièces 
de légitimation, le condamné annonçant vouloir les faire à sa libération, ni pour 
entreprendre un suivi psychothérapeutique comme préconisé par le PES au vu de ses 
problèmes de violence. Le Tribunal ne pouvait accepter que A______ se mette 
immédiatement en situation illégale dès sa libération. Le pronostic n'était pas 
clairement défavorable en ce qui concernait le risque de récidive, à condition que la 
libération conditionnelle soit assortie d'une règle de conduite visant à ce qu'il 
entreprenne des démarches en vue d'obtenir un laissez-passer, collabore avec les 
autorités compétentes pour obtenir ce laissez-passer, quitte le territoire suisse et soit 
renvoyé de Suisse. 

D. a. Dans son recours, A______ fait grief au TAPEM de ne pas lui avoir accordé la 
libération conditionnelle "en bonne et due forme" mais de l'avoir assortie d'une règle 
de conduite. Il avait à tort retenu qu'il présentait un pronostic défavorable. Les 
infractions à l'intégrité physique étaient exclusivement liées à son ex-compagne, 
E______. La rupture du couple et son engagement de ne plus entrer en contact avec 
elle estompaient totalement le risque de récidive. L'infraction à la LStup était une 
contravention isolée. Il entendait valoriser la durée de son séjour pour régulariser sa 
situation administrative et sa formation de peintre en bâtiment pour solliciter une 
autorisation de séjour en application des art. 31 LÉtr et 30 OASA. Pour ce faire, il 
ferait les démarches pour obtenir les documents d'identité valables avec l'aide de son 
conseil. 

 Sa situation administrative précaire serait inchangée qu'il bénéficie ou non de la 
libération conditionnelle; si cette situation n'excusait pas ses condamnations pénales, 

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elle expliquait les circonstances qui l'avaient poussé à commettre les infractions à la 
LÉtr. 

 La libération conditionnelle subordonnée à son expulsion était disproportionnée sans 

jugement pénal prononçant cette dernière. Les règles de conduite devaient être adaptées 

et ne pas l'obliger à accepter le renvoi pur et simple. "Ôter les opportunités offertes au 

recourant pour régulariser sa situation administrative comme semble le faire le TAPEM, 

n'aura que pour seul effet de la maintenir dans la clandestinité et partant desservir 

totalement l'intérêt public poursuivi par celui-ci " (sic). 

b. À réception du recours, la cause a été gardée à juger, sans échange d'écritures ni 
débats. 

EN DROIT : 

1. 1.1.  La décision rendue en matière de libération conditionnelle (art. 86 CP) 
constitue une "autre décision ultérieure" indépendante au sens de l'art. 363 al. 3 CPP 
(arrêts du Tribunal fédéral 6B_1136/2015 du 18 juillet 2016 consid. 4.3 et 
6B_158/2013 du 25 avril 2013 consid. 2.1; A. KUHN / Y. JEANNERET (éds), 
Commentaire romand : Code de procédure pénale suisse, Bâle 2011, n. 12 ad 
art. 363). 

Depuis le 1er janvier 2017, le recours au sens de l'art. 393 CPP est la voie de droit 
ouverte contre les prononcés rendus par le TAPEM en matière de libération 
conditionnelle (art. 42 al. 1 let. b LaCP cum ATF 141 IV 187 consid. 1.1 et les 
références citées). 

1.2.  La procédure devant la Chambre de céans est régie par le CPP, applicable au 
titre de droit cantonal supplétif (art. 42 al. 2 LaCP). 

1.3.  Le recours contre la décision querellée a été déposé selon la forme et dans le 
délai (art. 90 al. 2, 91 al. 1, 385 et 396 al. 1 CPP) et émane du condamné, qui a un 
intérêt à l'annulation de la décision entreprise (art. 104 al. 1 let. a, 111 et 382 CPP). 

2. La Chambre pénale de recours peut décider d'emblée de traiter sans échange 
d'écritures ni débats les recours manifestement mal fondés (art. 390 al. 2 et 
5 a contrario CPP). Tel est le cas en l'occurrence, au vu des considérations qui 
suivent. 

3. À teneur de l'art. 86 al. 1 CP, l'autorité compétente libère conditionnellement le 
détenu qui a subi les deux tiers de sa peine, mais au moins trois mois de détention, si 
son comportement durant l'exécution de la peine ne s'y oppose pas et s'il n'y a pas 
lieu de craindre qu'il ne commette de nouveaux crimes ou de nouveaux délits. 

https://intrapj/perl/decis/6B_1136/2015
https://intrapj/perl/decis/6B_158/2013
https://intrapj/perl/decis/141%20IV%20187

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La libération conditionnelle constitue la règle, son refus l'exception, laquelle ne sera 
admise que pour de bonnes raisons (ATF 133 IV 201 consid. 2.2; ATF 124 IV 193 
consid. 3 et 4d). La doctrine précise que le détenu dispose d'une prétention, 
respectivement d'un droit à l'obtention de la libération conditionnelle (M. NIGGLI / 
H. WIPRÄCHTIGER, Basler Kommentar, Strafrecht I, Bâle 2007, n. 5 ad art. 1576; 
S. TRECHSEL, Schweizerisches Strafgesetzbuch : Praxiskommentar, Zurich, 2008, 
n. 2 ad art. 86).  

La jurisprudence relative à l'art. 38 ch. 1 al. 1 aCP, sur le pronostic favorable, a 
conservé son actualité (arrêt du Tribunal fédéral 6B_72/2007 du 8 mai 2007 
consid. 4.1). Dans ce contexte, doivent être notamment pris en considération les 
antécédents judiciaires du détenu, les caractéristiques de sa personnalité, son 
comportement par rapport à son acte, son comportement en détention, au travail ou 
en semi-liberté, les conditions futures dans lesquelles il est à prévoir que le 
condamné vivra, s'agissant en particulier de sa famille, de son travail, de son 
logement, ainsi que le genre de risque que fait courir une libération conditionnelle à 
autrui (ATF 124 IV 193 consid. 3 et 4d; S. TRECHSEL, op. cit., Zurich, 2008, n. 8-9 
ad art. 86). 

Il convient par ailleurs d'examiner si le danger que représente le détenu au moment 
de sa libération augmenterait, diminuerait ou resterait inchangé en cas d'exécution 
complète de la peine (A. KUHN / L. MOREILLON / B. VIREDAZ / 
A. BISCHOFSKY, La nouvelle partie générale du Code pénal suisse, Berne, 2006, 
p. 361). Un risque de récidive étant inhérent à toute libération, qu'elle soit 
conditionnelle ou définitive, pour déterminer si l'on peut courir ce risque, il faut, non 
seulement, prendre en considération le degré de probabilité qu'une nouvelle 
infraction soit commise, mais également l'importance du bien qui serait alors menacé 
(ATF 125 IV 113 consid. 2a).  

Il est admissible de lier l'octroi d'une libération conditionnelle au fait que le 
condamné quitte effectivement la Suisse, si le pronostic est défavorable en cas de 
séjour en Suisse après sa libération anticipée, alors qu'il serait plus favorable en cas 
de retour dans son pays d'origine (arrêts du Tribunal fédéral 6A_78/2000 du 
3 novembre 2000 consid. 2 = BJP 2003 348; 6A_34/2006 du 30 mai 2006 consid. 
2.1; ACPR/432/2018 du 7 août 2018 consid. 3.3.; A. BAECHTOLD, Exécution des 
peines : l'exécution des peines et mesures concernant les adultes en Suisse, Berne 
2008, p. 269). 

3.1. En l'espèce, le recourant a subi les deux tiers de sa peine et son comportement 
en détention est satisfaisant. Les deux premières conditions de la libération 
conditionnelle sont donc réalisées. 

https://intrapj/perl/decis/133%20IV%20201
https://intrapj/perl/decis/124%20IV%20193
https://intrapj/perl/decis/6B.72/2007
https://intrapj/perl/decis/124%20IV%20193
https://intrapj/perl/decis/125%20IV%20113
https://intrapj/perl/decis/6A.78/2000
https://intrapj/perl/decis/6A.34/2006
https://intrapj/Decis/CPR/?L=5264&HL=

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Contrairement à ce que soutient le recourant, le TAPEM lui a accordé la libération 
conditionnelle considérant que le pronostic n'était pas clairement défavorable en ce 
qui concerne le risque de récidive (ciblé sur son ex-compagne).  

Cette autorité a, cependant, estimé ne pas pouvoir le mettre en liberté dès lors qu'il se 
retrouverait immédiatement en situation irrégulière. En effet, le pronostic était 
négatif dans l'hypothèse où il resterait en Suisse, en situation irrégulière, sans 
logement à sa sortie, sans travail et sans amis. Le recourant n'a, en outre, aucun projet 
de réinsertion consistant. Le TAPEM, qui aurait pu refuser la libération 
conditionnelle, l'a dès lors assortie d'une règle de conduite visant à ce que le 
recourant entreprenne les démarches nécessaires afin qu'il soit renvoyé de Suisse. Il 
aurait tout autant pu se limiter à ordonner cette libération à la date de son renvoi. Ce 
faisant, le Tribunal permet au recourant d'entamer les démarches – voire l'y 
encourage – qu'il aurait dû et pu faire depuis longtemps au vu de son PES, avec l'aide 
de son conseil voire de la Brigade de police des renvois.  

4. Justifié, le jugement querellé sera donc confirmé. 

5. Le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui comprendront un 
émolument de CHF 800.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif 
des frais en matière pénale, RTFMP ; E 4 10.03). 

* * * * * 

  

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PAR CES MOTIFS, 
LA COUR : 

 
Rejette le recours. 

Condamne A______ aux frais de la procédure de recours, qui comprennent un émolument 
de CHF 800.-. 

Notifie le présent arrêt ce jour, en copie, au recourant, soit pour lui son conseil, au 
Ministère public et au TAPEM.  

Siégeant : 

Madame Corine CHAPPUIS BUGNON, présidente; Monsieur Christian COQUOZ et 
Madame Alix FRANCOTTE CONUS, juges; Madame Sandrine JOURNET EL-
MANTIH, greffière. 

 

La greffière : 

Sandrine JOURNET EL-MANTIH 

 La présidente : 

Corine CHAPPUIS BUGNON 

 

 

 

 

Voie de recours : 
 
Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en 
matière pénale au sens de l'art. 78 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; 
RS 173.110); la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées 
par les art. 78 à 81 et 90 ss LTF. Le recours doit être formé dans les trente jours qui 
suivent la notification de l'expédition complète de l'arrêt attaqué. 
 
Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Les mémoires doivent 
être remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention 
de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse 
(art. 48 al. 1 LTF). 
  

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PM/641/2018 ÉTAT DE FRAIS   

 
 

 
COUR DE JUSTICE 

 

 
 
 
Selon le règlement du 22 décembre 2010 fixant le tarif des frais en matière pénale 
(E 4 10.03). 
 

Débours (art. 2) 

- frais postaux CHF 30.00 

Émoluments généraux (art. 4)  

- délivrance de copies (let. a) CHF       

- délivrance de copies (let. b) CHF       

- état de frais (let. h) CHF 75.00 

Émoluments de la Chambre pénale de recours (art. 13)   

- décision sur recours (let. c) CHF 800.00 

-  CHF       

Total  CHF  905.00