# Swiss Caselaw Document

**Case Identifier:** 16dd543d-1b13-59f7-a12c-6eb4a560719d
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-11-04
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Cour de droit administratif et public 04.11.2014 CR.2014.0054
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_Omni/VD_TC_031_CR-2014-0054_2014-11-04.html

## Full Text

TRIBUNAL CANTONAL

  COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

  
	
   

  	
  Arrêt du 4 novembre
  2014 

  
	
  Composition

  	
  M. Pascal Langone, président;  MM. Roland Rapin et
  Marcel-David Yersin, assesseurs; Mme Valérie Duvanel-Donzel, greffière.

  

 

	
  Recourant

  	
   

  	
  X.________, à Lucens, 

  

   

	
  Autorité intimée

  	
   

  	
  Service des
  automobiles et de la navigation,  

  

   

 

	
  Objet

  	
      Retrait de permis de conduire (admonestation)       

  
	
   

  	
  Recours X.________ c/ décision sur
  réclamation du Service des automobiles et de la navigation du 23 juillet 2014
  (retrait du permis de conduire pour une durée de trois mois)

  

 

Vu les faits suivants

A.                               
X.________, né le 20 avril 1976, est titulaire
du permis de conduire, catégories B, B1, F, G et M. Selon le registre des
mesures administratives (ADMAS), il a reçu un avertissement en 2011 pour excès
de vitesse.

Le 20 avril 2014, vers 20h05, X.________
a été interpellé à Lausanne sur l'autoroute A9 (Lausanne-Simplon) au volant de
la voiture VD ********, alors qu'il se trouvait en état d'ébriété. Le
prélèvement sanguin, effectué le même jour à 21h35, a révélé un taux
d’alcoolémie de 0,80 g‰ (taux
le plus favorable) au moment critique. Le 20 avril 2014 également, les agents
ont notifié une interdiction provisoire de conduire un véhicule automobile à
l'intéressé et ce dernier a été dénoncé au Ministère public.

B.                              
Le 23 avril 2014, X.________ a requis du Service
des automobiles et de la navigation (SAN) qu'il lui restitue provisoirement son
permis de conduire de manière à ce qu'il puisse se rendre à son travail. Il
invoquait le fait qu'il venait de retrouver un travail après une longue période
de chômage.

Le 24 avril 2014, le SAN a levé l'interdiction
provisoire de conduire qui avait été notifiée à l'intéressé et lui a restitué
le droit de conduire. Il précisait néanmoins que cette restitution intervenait
à titre provisoire.

C.                              
Le 20 mai 2014, le SAN a informé X.________
qu'il envisageait de prononcer une mesure de retrait du permis de conduire à
son encontre pour avoir conduit un véhicule automobile en état d'ébriété avec
un taux d'alcoolémie qualifiée (taux minimum retenu: 0,80 g‰) le 20 avril 2014 sur l'autoroute A9 à Lausanne.

D.                              
Par décision du 23 juin 2014, le SAN, qualifiant
l'infraction commise le 20 avril 2014 de grave, a retiré à X.________ son
permis de conduire pour une durée de trois mois (minimum légal) – à exécuter au
plus tard du 20 décembre 2014 au 14 mars 2015 y compris – pour les faits
précités dans son préavis du 20 mai 2014. Il précisait que, dans la fixation de
la durée effective du retrait du permis de conduire, il était tenu compte de la
période pendant laquelle le droit de conduire avait été provisoirement retiré à
l'intéressé.

Le 10 juillet 2014, X.________ a
déposé une réclamation.

E.                              
Le 23 juillet 2014, le SAN a rejeté la
réclamation du prénommé.

F.                               
Par acte reçu le 4 août 2014, X.________ a
recouru auprès de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal
(CDAP) contre la décision précitée. Il a en substance conclu à la réforme de la
décision entreprise dans le sens de l'allègement de la sanction et de l'éventuelle
possibilité de fractionner l'exécution du retrait de permis prononcé à son
encontre.

Le 11 septembre 2014, le SAN a
conclu au rejet du recours.

G.                              
Le tribunal a statué par voie de circulation.

Considérant en droit

1.                               
Commet une infraction grave la personne qui
conduit un véhicule automobile en état d'ébriété et présente un taux d'alcool
qualifié (art. 16c al. 1 let. b de la loi fédérale du 19 décembre 1958 sur la
circulation routière [LCR; RS 741.01]). Un taux d’alcool de 0,8 g‰ ou plus est un taux réputé qualifié (art. 55 al. 6 LCR et art. 1
al. 2 de l'ordonnance du 21 mars 2003 de l'Assemblée fédérale concernant les
taux d'alcoolémie limites admis en matière de circulation routière [RS 741.13]).

Le recourant ne nie pas avoir
conduit un véhicule automobile en état d'ébriété avec un taux d’alcool de 0,8 g‰ le 20 avril 2014, soit avoir commis une infraction grave.

2.                               
Le recourant invoque néanmoins son absence
d'antécédents et le besoin professionnel de disposer de son permis de conduire.
Il explique travailler comme préparateur automobile à Gland; il déplace
notamment des véhicules et va à des expertises. Son employeur lui aurait déjà
signifié que, s'il ne disposait plus de son permis, il serait dans l'obligation
de le licencier, ce qui serait catastrophique pour lui, qui est divorcé et a
deux enfants à charge. Il déclare ne pas contester le retrait de son permis,
mais souhaiterait son allègement et qu'il soit éventuellement possible de l'étaler
de façon à ce qu'il ne perde pas son emploi. 

a) Selon l'art. 16c al. 2 let. a LCR,
après une infraction grave, le permis de conduire est retiré pour trois mois au
minimum. Conformément à l'art. 16 al. 3 2ème phrase LCR, la durée
minimale du retrait ne peut être réduite.

Dans les cas d'application de
l'art. 16c LCR, il n'est pas possible, même dans des circonstances
particulières, de retirer le permis de conduire pour une durée inférieure aux
durées minimales prévues par cette disposition (ATF 135 II 334 consid. 2.2 p.
336; 132 II 234 consid. 2.3 p. 236 s.). En effet, la règle de l'art. 16
al. 3 LCR, qui rend désormais incompressibles les durées minimales de retrait
des permis de conduire, a été introduite dans la loi par souci d'uniformité. Le
législateur a ainsi entendu exclure expressément la possibilité ouverte par la
jurisprudence sous l'ancien droit, de réduire la durée minimale du retrait en
présence de circonstances particulières, notamment en faveur de conducteurs
professionnels (ATF 132 II 234 consid. 2.3). Le besoin professionnel du
véhicule ne permet ainsi pas de prononcer une sanction inférieure au minimum
prévu par l'art. 16c LCR (cf. arrêt CR.2014.0041 du 25 août 2014
consid. 5a, et les références citées).

Une exécution fractionnée du
retrait du permis de conduire n'est pas compatible avec le but préventif et
éducatif de la mesure; elle va à l'encontre de la conception du législateur
selon laquelle un retrait de permis doit être ordonné et effectivement subi
pour une certaine durée fixée par la loi (ATF 134 II 39 consid. 3).

b) L'autorité intimée a prononcé à
l'encontre du recourant un retrait de permis de conduire d'une durée
correspondant au minimum légal prévu par le législateur, soit trois mois.
L'utilité professionnelle et l'absence d'antécédents invoquées par l'intéressé
n'ont dès lors pas à être examinées, puisqu'il n'est de toute façon pas possible
de réduire la durée de la mesure prononcée à son encontre. Le recourant, au vu
de la jurisprudence précitée, ne saurait non plus bénéficier d'une exécution
fractionnée de son retrait de permis.

3.                               
Les considérants qui précèdent conduisent au rejet
du recours et à la confirmation de la décision attaquée. Les frais sont mis à
la charge du recourant, qui n'a pas droit à des dépens (art. 49 al. 1 et 55 al.
1 a contrario de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure
administrative [LPA-VD; RSV 173.36]).

Par ces motifs

la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

I.                                  
Le recours est rejeté. 

II.                                
La décision sur réclamation du Service des
automobiles et de la navigation du 23 juillet 2014 est confirmée.

III.                               
Un émolument de justice de 600 (six cents)
francs est mis à la charge d'X.________.

IV.                             
Il n'est pas alloué de dépens.

Lausanne, le 4 novembre 2014 

 

Le président:                                                                                             La
greffière:

                                                                                                                  

Le présent arrêt est communiqué aux
destinataires de l'avis d'envoi ci-joint ainsi qu'à l'OFROU.

Il peut faire l'objet, dans les trente
jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le recours en
matière de droit public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du
17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours
constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,
indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.
Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.
Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,
pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la
décision attaquée.