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**Case Identifier:** 14b2cd2a-9933-5ad9-89c6-73ce624328d0
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-09-26
**Language:** fr
**Title:** Genf Cour de Justice (Cour civile) Chambre civile 26.09.2014 C/2974/2008
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_001_C-2974-2008_2014-09-26.pdf

## Full Text

Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 1er octobre 2014. 

 
 

R E P U B L I Q U E   E T  
 

CANTON DE GENEVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

C/2974/2008 ACJC/1152/2014 

ARRÊT 

DE LA COUR DE JUSTICE 

Chambre civile 

DU VENDREDI 26 SEPTEMBRE 2014 

 

Entre 

Monsieur A______, domicilié ______ à Genève, appelant d'un jugement rendu par la 
17ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 3 septembre 2013, 
comparant par Me Thierry Ador, avocat, 44, avenue Krieg, case postale 45, 1211 
Genève 17, en l'Étude duquel il fait élection de domicile, 

et 

Madame B______, domiciliée ______ à Genève, intimée, comparant par Me Marc 
Lironi, avocat, 19, boulevard Georges-Favon, case postale 5121, 1211 Genève 11, en 
l'Étude duquel elle fait élection de domicile. 

 

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EN FAIT 

A. Par jugement rendu le 3 septembre 2013, notifié aux parties le lendemain, le 
Tribunal de première instance a annulé le testament olographe rédigé le 28 février 
2006 par C______ (ch. 1 du dispositif), constaté que la seule héritière légale de 
cette dernière est B______ (ch. 2) et qu'A______ ne détient aucun droit dans 
ladite succession (ch. 3), condamné en conséquence A______ en tous les dépens 
de première instance, comprenant notamment une indemnité de procédure de 
20'000 fr. à titre de participation aux honoraires d'avocat de B______ (ch. 4), mis 
à la charge d'A______ les frais judiciaires d'une précédente procédure d'appel, 
arrêtés à 6'000 fr. et à verser à B______ en sus de la somme de 9'350 fr. 
représentant les dépens d'appel (ch. 5), et débouté les parties de toutes autres 
conclusions (ch. 6). 

B. a. Par acte expédié le 4 octobre 2013 au greffe de la Cour, A______ appelle de ce 
jugement, dont il sollicite l'annulation. 

 Il conclut à ce que B______ soit déboutée de toutes ses conclusions, à ce qu'elle 
soit condamnée au paiement de tous les dépens de première instance et d'appel, 
comprenant les frais d'expertises et des témoins, ainsi qu'une indemnité de 
procédure à titre de participation aux honoraires de son avocat, et à ce qu'il soit dit 
que les frais engendrés par l'administration d'office de la succession ordonnée à la 
suite des contestations dudit testament sont à la charge de B______. 

 Il sollicite, subsidiairement, si la Cour retenait que la capacité de discernement de 
C______ ne pouvait être présumée et qu'une expertise médicale complémentaire 
ou une contre-expertise devait être ordonnée, la production par le Service de 
psychogériatrie du dossier concernant C______ relatif à son suivi ambulatoire en 
2006, ainsi que la mise en place, aux frais de B______, d'une contre-expertise 
médicale, avec la même mission que celle menée par le Dr D______, mais confiée 
à un expert en psychiatrie des personnes âgées, lequel devra déterminer, s'il 
conclut à la présence d'idées de persécution de la testatrice, a) leur effet sur le 
comportement en général de cette dernière, b) à quel moment cet effet se 
produisait et pour quel type d'acte en particulier et c) leur effet sur sa capacité de 
discernement lorsqu'elle a rédigé son testament le 28 février 2006 et celui du 1er 
mai 2005. 

 Plus subsidiairement, il conclut à la mise à la charge de B______ de la totalité des 
frais d'expertise et d'une partie des dépens ou, si mieux n'aime la Cour, au renvoi 
de la cause au Tribunal. 

 b. Le 18 décembre 2013, soit dans le délai de réponse, B______ a conclu au rejet 
de l'appel et à la condamnation d'A______ en tous les frais et dépens de la cause 

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de première instance et d'appel, comprenant le défraiement complet de son 
conseil. 

c. Par réplique du 21 mars 2014, soit dans le délai prolongé par la Cour à sa 
demande, A______ a persisté dans les explications et conclusions de son acte 
d’appel. 

 Il a produit une pièce nouvelle à l'appui de ses écritures, à savoir un arrêt de la 
Cour rendu le 12 mars 2014 révoquant le mandat d'administration d'office confié à 
E______ et renvoyant la cause à la Justice de paix pour nomination d'un nouveau 
mandataire. 

d. Par duplique du 2 mai 2014, soit dans le délai prolongé par la Cour à sa 
demande, B______ a persisté dans les explications et conclusions de son acte 
d’appel. 

e. Les parties ont été informées par la Cour de la mise en délibération de la cause 
par courrier du 5 mai 2014. 

f. Par courrier adressé le 22 mai 2014 à la Cour, A______ a contesté certaines 
allégations de B______ relatives au comportement - selon elle, douteux - qu'aurait 
adopté la famille de A______ vis-à-vis de la testatrice (cf. duplique p. 35 in fine et 
p. 36 in initio). Considérant qu'il s'agit d'allégations nouvelles tardives et 
constitutives de diffamation au sens de l'art. 173 CP, il a sollicité qu'elles soient 
écartées de la procédure et que B______ se rétracte. 

Il a en outre produit la décision rendue le 5 mai 2014 par la Justice de paix 
nommant un nouvel administrateur d'office de la succession de C______. 

g. Par courrier adressé le 12 juin 2014 à la Cour, B______ a conclu à 
l'irrecevabilité du courrier du 22 mai 2014, envoyé alors que la cause avait déjà 
été gardée à juger. Elle relève, à toutes fins utiles, que les allégations litigieuses ne 
sont pas nouvelles, puisqu'elles les avaient déjà formulées en première instance 
dans ses conclusions du 13 octobre 2010, et que la procédure relative à la 
révocation de l'administratrice d'office de la succession ne concerne pas la 
présente procédure. 

h. Par décision rendue le 7 juillet 2014, A______ a été mis, dès le 16 septembre 
2013, au bénéfice de l'assistance juridique limitée à la prise en charge des 
honoraires d'avocat pour la procédure d'appel, toute éventuelle restitution d'un 
montant de l'avance de frais effectuée par A______ devant rester acquise à l'Etat à 
titre de remboursement anticipé de ses prestations. 

C. Les faits suivants résultent du dossier soumis à la Cour : 

a. C______, née le ______ 1909, est décédée le ______ 2007 à Genève. 

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Elle avait pour seule héritière légale sa nièce B______, fille de son frère 
prédécédé. 

b. C______ a entretenu des relations avec la famille de F______ depuis les années 
80. Elle était la marraine d'au moins deux de ses enfants : A______ et G______, 
nés respectivement en 1982 et 1984, et baptisés en 1991. 

Au début de l'année 2006, C______ a résidé chez G______. Après son 
hospitalisation dans le Département de psychiatrie des HUG à la Clinique de 
Belle-Idée du 3 avril au 18 mai 2006 (cf. infra let. h), F______ et son épouse 
H______, ainsi que leurs deux filles, G______ et I______, se sont installés dans la 
villa de C______, sise à Genève. De l'avis des époux ______, les voisins de cette 
dernière, la famille de F______ s'est occupée de C______ de façon admirable. 

c. C______ a lié connaissance avec J______ en 2002. 

d. Le Dr K______ a été le médecin-traitant de C______ du 30 janvier 2001 au 10 
février 2006. 

Le 25 octobre 2005, il a constaté que sa patiente présentait un délire de 
persécution, pour lequel elle a été hospitalisée du 26 octobre au 21 novembre 
2005 dans le Service de gériatrie des HUG. A cette occasion, les médecins de ce 
service ont diagnostiqué, à titre principal, un trouble dépressif récurrent et, à titre 
secondaire, notamment des troubles cognitifs non investigués. Selon l'attestation 
d'hospitalisation, le trouble dépressif récurrent était lié à l'isolement social de la 
patiente, qui présentait un délire de persécution. Toutefois, C______ refusait sa 
prise en charge par un psychiatre ainsi qu'un traitement médicamenteux. 

Les 30 novembre et 12 décembre 2005, le Dr K______ a constaté que l'état de 
santé de sa patiente s'était amélioré et a estimé qu'elle disposait de la capacité de 
discernement à Noël 2005, en précisant qu'à son âge et dans son état, cette 
capacité pouvait varier d'un moment à l'autre. Il suffisait en effet que sa patiente 
soit déshydratée pour que la fonction du cerveau soit diminuée ou altérée. 

Lors de la dernière consultation du 10 février 2006, le Dr K______ a constaté que 
la capacité de discernement de C______ était correcte et qu'elle ne présentait plus 
de délires de persécution. Selon lui, durant ses épisodes de délire, sa patiente 
n'était pas en mesure de rédiger elle-même un testament. En revanche, elle aurait 
été capable d'écrire un texte sous dictée. 

Le Dr K______ et C______ étaient devenus amis. Elle avait passé trois Noël avec 
la famille du médecin, soit les Noël des années 2003 à 2005. Selon lui, elle 
cherchait quelqu'un qui s'occupe d'elle, en échange de la maison qui lui serait 
laissée en héritage. Elle faisait cette proposition à toute personne qui s'approchait 
d'elle. Elle l'avait notamment faite au Dr K______, qui l'avait refusée, ainsi qu'à 

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son conseiller en assurance, son jardinier, son garagiste et à un membre de la 
famille de F______. Elle était alors enthousiaste pendant deux ou trois mois, puis, 
soit il y avait conflit, soit elle se rendait compte de la disproportion des 
prestations. Il en avait été de même avec la famille de F______. 

e. Le 6 février 2006, C______ a été amenée aux urgences des HUG, présentant 
une crise d'angoisse et des idées de persécution à l'égard de son assureur. Un état 
délirant prononcé avec des idées d'empoisonnement a été diagnostiqué. Rassurée 
par la présence de la famille de F______, la patiente a été renvoyée chez elle 
accompagnée de celle-ci. 

f. Durant la nuit du 9 février 2006, C______ a également été admise pour des 
angoisses à l'Hôpital de la Tour, dont elle est ressortie le lendemain matin. 

g. Le Dr L______ a été le médecin de C______ à compter du  
14 février 2006. Lors de la première consultation à cette date, il a relevé que sa 
patiente souffrait de dénutrition et de faiblesse et qu'elle présentait les mêmes 
maux que ceux constatés par le service de gériatrie durant l'hospitalisation 
précitée. Cette pathologie multiple - fréquente en gériatrie - était accompagnée de 
"hauts et bas psychiatriques", tels que des délires de persécution et des angoisses. 
C______ s'était plainte auprès de lui que son assureur voulait lui voler sa maison. 

Le Dr L______ a ensuite eu des contacts téléphoniques ou de visu avec sa patiente 
les 17 février, 1er, 3, 22 et 29 mars 2006 lorsqu'elle allait mal. Lors de la 
consultation du 22 mars 2006, C______ s'est à nouveau plainte de son assureur. 
Elle avait prétendu être séquestrée par un trafiquant de drogue. Elle avait ensuite 
affirmé que son assureur l'avait aidée, que F______ en était jaloux, que ce dernier 
avait mis un camion chez elle et que la police était venue. C______ avait encore 
rapporté que ses bijoux avaient été dérobés par des yougoslaves et qu'elle 
souhaitait annuler une donation forcée. Enfin, elle avait tenu des propos 
incompréhensibles. 

Selon l'appréciation du Dr L______, C______ était capable de discernement sur 
certains points, mais pas sur d'autres. L'aspect persécution était persistant. Dans 
un moment de clarté, C______ était capable de rédiger un testament. Il ne 
connaissait pas la durée de ces moments. 

Le Dr L______ a précisé que sa patiente était à chaque fois accompagnée de 
F______. Il procédait à la consultation avec sa patiente seule. Il avait souvent fait 
sortir F______ de son cabinet, afin de s'assurer que sa patiente n'était pas sous son 
influence, et avait alors pu constater que tel n'était pas le cas. 

h. C______ a été hospitalisée à la Clinique de Belle-Idée du 3 avril au 18 mai 
2006 pour un trouble délirant persistant. Le rapport relatif à cette hospitalisation 
relève également que son délire de persécution était focalisé sur F______ qu'elle 

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accusait de vouloir la manipuler et la spolier de ses biens. La patiente avait été 
traitée avec un neuroleptique (médicament Haldol) grâce auquel la phase de délire 
avait été réduite de façon importante et le lien de confiance avec F______ rétabli. 
Ce dernier avait alors affirmé que C______ avait parfois été spoliée de son argent 
par des inconnus. Son médecin traitant avait exprimé les mêmes craintes. 

Coauteur de ce rapport, le Dr M______ a expliqué que le trouble délirant était une 
altération de la pensée. Les personnes souffrant de troubles cognitifs pouvaient 
également être en proie à des troubles délirants. Leur capacité de jugement était 
altérée, si bien qu'elles pouvaient se croire persécutées. En mai 2006, C______ 
présentait des erreurs de jugement sur l'état de ses biens et prétendait s'être fait 
spolier. Il était extrêmement difficile de déterminer si, entre octobre 2005 et mai 
2006, C______ était capable, à un moment déterminé, d'appréhender la réalité 
dans son ensemble. 

i. Par courrier du 11 mai 2006, le Dr M______ a informé le Tribunal tutélaire que 
l'état de santé de C______ ne lui permettait pas d'assurer la gestion de ses biens et 
qu'elle était susceptible par moment d'être influencée par des tiers, de sorte qu'elle 
recommandait l'instauration d'une mesure de curatelle non volontaire. C______ ne 
disposait pas de la capacité de discernement suffisante pour être entendue. 

Par courrier adressé le 19 mai 2006 au Tribunal tutélaire, N______, assistant 
social à la Clinique de Belle-Idée, a indiqué que les membres de la famille de 
F______ aidaient C______ dans les tâches quotidiennes. Il avait notamment pu 
constater, lors d'une visite à domicile pour procéder à une évaluation sociale et 
ergothérapeutique, que la maison et le terrain étaient propres et entretenus. Jusqu'à 
cette date, A______ s'occupait de la gestion financière et administrative des 
affaires de la défunte. Tant la famille de F______ que C______ avait confirmé le 
fait qu'elle avait à deux reprises été victime de tierces personnes mal intentionnées 
qui l'avaient escroquée. La mesure requise visait donc à protéger l'intéressée, mais 
également à "soulager" la famille de F______ et préserver le lien affectif. Il a 
enfin relevé que toutes les personnes qui avaient été en contact avec C______ et 
F______, très présent durant son hospitalisation, avaient remarqué, une fois la 
crise passée, que leur attachement était réel. 

Par ordonnance du 29 mai 2006, le Tribunal tutélaire a institué une curatelle 
combinée au sens des art. 392 ch. 1 et 393 ch. 2 CC. 

j. A la sortie de la Clinique de Belle-Idée, le Dr L______ a constaté que les délires 
de persécution de C______ s'étaient calmés. 

Celle-ci a été hospitalisée à la Clinique de Montana (Valais) du 7 au 28 juillet 
2006 en raison d'une altération de son état général, séjour durant lequel ont été 
diagnostiqués des troubles dépressifs récurrents et des délires de persécution 
persistants. Durant son séjour dans cet établissement, il a été constaté à plusieurs 

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reprises par le personnel hospitalier que C______ était agitée et désorientée, en 
particulier la nuit. 

k. En raison d'une dégradation de son état général de santé, C______ a été 
hospitalisée le 14 décembre 2006 et est décédée le 3 janvier 2007. 

l. Selon le rapport final de la curatrice de C______, celle-ci disposait au jour de 
son décès de biens estimés à 721'557 fr. et n'était pas endettée. 

m. Plusieurs testaments olographes signés du nom de la défunte, ainsi que d'autres 
documents, ont été établis. 

m.a. Selon le testament olographe daté du 23 mai 1993, H______ était instituée 
seule héritière.  

m.b. A teneur du testament olographe daté du 15 avril 2000, toutes les 
dispositions testamentaires antérieures étaient révoquées et I______ était désignée 
comme héritière unique.  

m.c. Le 20 septembre 2000, C______ a remis à un notaire, un document rédigé de 
sa main et signé par elle et F_____ et H______, intitulé "Pacte", à la teneur 
suivante : 

"Connaissant F_____ et H______ depuis de nombreuses années, avec lesquels 
nous sommes en grande amitié, nous avons décidé de former une famille, car il est 

inutile de dire que je suis seule. 

Je suis la marraine de 3 des enfants et pour l’aînée la mamie qui lui manque. J’ai 

toujours aidé les enfants à prendre le bon chemin et aujourd’hui ils sont pour moi 

comme mes propres enfants. 

F______ entretiendra la propriété et le jardin. Il s’engage à refaire le mur 

limitant la propriété et les quelques travaux qu’il jugera nécessaires, je lui fais 

une entière confiance. 

De H______ et des enfants, je ne parlerai pas, connaissant l’affection qu’ils ont 

pour moi. Ils ont déjà prévu chez eux une place pour moi lorsque je ne pourrai 

plus rester seule et se réjouissent de ma venue. 

Ils s’engagent tous à ne pas me laisser aller dans une pension pour personnes 

âgées. 

Je leur suis reconnaissante et tâcherai d’être à la hauteur. 

Ce pacte est valable pour autant que l’une des parties ne le dénonce." 

m.d. D'après le testament olographe daté du 5 décembre 2003, rédigé sous les 
auspices d'un notaire, toutes les dispositions testamentaires antérieures étaient 
révoquées.  

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m.e. Aux termes du testament olographe daté du 16 novembre 2004, les 
dispositions testamentaires antérieures étaient révoquées et J______ était instituée 
héritière unique. Ce document a été rédigé par C______ sur la base d'un projet 
que lui avait soumis un notaire, que la défunte était venue consulter. Sur le conseil 
de celui-ci, la testatrice avait recopié, chez elle, le projet proposé, puis l'avait 
transmis au notaire par l'intermédiaire de J______. 

m.f. Le 1er mars 2005, C______ a rédigé en présence de Me O______, notaire, un 
testament olographe par lequel elle révoquait tous les testaments antérieurs. Selon 
ce notaire, le document a été rédigé dans l'urgence, la testatrice hésitant encore sur 
les héritiers qu'elle voulait instituer et souhaitant réfléchir avant de faire un 
nouveau testament. Elle avait mentionné d'instituer une amie ou des cousines ou 
encore une "bonne œuvre" qui s'occupait d'enfants à l'étranger. Elle était inquiète 
et angoissée par l'idée de se retrouver seule. 

C______ a revu Me O______ le 7 avril 2005 et lui a fait part de son souhait de 
faire un avant-projet de testament. A cette occasion, elle réfléchissait à instituer la 
Croix-Rouge internationale ou Médecins sans frontière ou l'Eglise Protestante de 
Genève ou encore ses cousines. Elle n'avait plus mentionné son amie et avait 
renoncé à la "bonne œuvre" qui s'occupait des enfants. 

m.g. Le 14 mars 2006, C______ a déposé auprès de Me O______ un testament 
olographe, daté du 28 février 2006, à la teneur  
suivante : 

"TESTAMENT 

Je soussignée, Madame C______, originaire de ______, née le ______ 1909 à 

Genève, domiciliée ______. Je désire faire mon testament ainsi qu’il suit : 

Je révoque toute disposition antérieure.  

J'institue comme unique héritier Monsieur A______, né à Genève le ______ 1982, 

habitant au ______. Je lui lègue tous mes biens, la maison. 

J'ajoute qu'aucune personne de ma famille ne peut hériter de moi. 

Fait à Genève le 28 février 2006 

Maime [sic] C______" 

Accompagnée à cette occasion de F______, C______ a indiqué au notaire que ce 
testament reflétait ce qu'elle désirait. Le notaire n'a pas eu de doute sur 
l'authenticité de ce testament, mais il ne pouvait pas se prononcer sur l'éventuelle 
influence de F______ sur la testatrice. Selon lui, la testatrice paraissait plus 
sereine et sûre d'elle. Elle n'avait pas l'air d'avoir peur de son accompagnateur et 
avait parlé de lui et de sa famille de manière affectueuse. Le notaire avait toutefois 
été étonné que C______ institue comme héritier une personne qu'elle ne lui avait 
pas mentionnée, étant précisé qu'elle ne lui avait jamais parlé de sa nièce non plus. 

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C______ a également déposé le même jour chez le notaire un document 
dactylographié intitulé "Convention", daté du 28 février 2006, à la teneur  
suivante : 

"Connaissant la famille de F______ depuis 1981 avec laquelle je suis en amité 

[sic], nous avons décidé de former une famille, puisque je suis seule. 

Je suis la marraine des 4 enfants. Aujourd'hui, ils sont pour moi comme mes 

enfants. 

Je souhaite dès ce jour ne plus habiter seule. De ce fait je garde une place chez 

moi pour la famille de F______ et elle de son côté en garde une pour moi chez 

elle. 

La famille de F______ s'engage à m'aider dans toutes les tâches qui me sont 

nécessaires, car ils ne souhaitent pas me laisser aller dans un E.M.S. 

Je leur en suis très reconnaissante et tâcherai d'être à la hauteur". 

Cette convention porte la signature de C_____, ainsi que celles de A______, 
I______, G______ et d'un autre enfant de F______ (P______). G______ a déclaré 
qu'elle avait dactylographié ce document selon les indications de C______ qui 
l'avait corrigé. 

Cette convention a été précédée d'un projet portant des corrections manuscrites 
qui ont été intégrées dans le document signé. Selon G______, ces corrections sont 
celles de C______ et de A______. 

A cette occasion, Me O______ lui avait remis le formulaire des directives 
anticipées que C______ lui a retourné par la Poste, dûment rempli de sa main et 
daté du 29 mars 2006, selon lequel elle souhaitait notamment, si un représentant 
légal devait être désigné, qu'il s'agisse de A______ ou, à défaut, de P______ 
(mandat pour cause d'inaptitude) et habiter chez A______ si elle devait 
emménager dans un nouveau lieu de vie. 

n. Le répondeur automatique de l'Etude de Me O______ a enregistré le 31 mars 
2006 un appel de C______ qui indiquait être séquestrée dans sa grange. 

o. Faisant suite à l'ordonnance du 29 mai 2006 lui désignant un curateur (cf. supra 
let. i), C______ a adressé au Tribunal un courrier daté du 10 juin 2006, rédigé de 
sa main dans lequel elle indiquait : "(…) je désire vous dire que déjà avant mon 
hospitalisation à Belle Idée, mes filleuls et moi avons fait une convention. Ils se 

sont engagés à m'aider dans cette tâche qui me serait nécessaires. Nous vivons 

ensemble depuis ma sortie de l'hôpital et tout va pour le mieux. De ce fait, je ne 

souhaite aucune aide proposée par l'état. Mais toutefois je devais être au service 

d'un curateur, Monsieur A______, mon filleul, la personne souhaitée, une 

personne en qui j'ai entière confiance. Deplus sachez que je connais la famille de 

F______, que depuis 1981 et m'on aidé dans toutes mes tâches, par 

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reconnaissance j'ai écri un testament que j'ai remis chez Maître O______ pour 

mon filleul A______". 

p. Par courrier adressé le 2 février 2007 à la Justice de paix, J______ a requis le 
bénéfice d'inventaire de la succession de C______. 

q. Au vu du litige entre les différents héritiers institués aux termes des testaments 
successifs, la Justice de paix a ordonné, le 11 mai 2007, l'administration d'office 
de la succession et nommé E______ à cette fin. 

r. Par acte déposé le 15 janvier 2008 en vue de conciliation, J______ a saisi le 
Tribunal de première instance d'une action en nullité des testaments des 1er mars 
2005 et 28 février 2006 dirigée contre B______ et A______. Elle a sollicité une 
expertise graphologique de ces testaments (C/674/2008-17).  

Par acte déposé le 8 février 2008 en vue de conciliation, B______ a assigné 
A______ devant le Tribunal de première instance en nullité du testament du 28 
février 2006. A titre préalable, elle a sollicité une expertise graphologique de ce 
testament. A titre principal, elle a conclu à l'inefficacité - subsidiairement à 
l'annulation - du testament olographe précité, à la constatation qu'elle est l'unique 
héritière de feu C______ et que J______ et A______ ne détiennent aucun droit 
dans la succession de la défunte. A titre subsidiaire, elle a préalablement requis la 
levée du secret médical auprès des Hôpitaux de Belle-Idée et de Loëx concernant 
l'état de santé de la de cujus et l'apport de son dossier de curatelle (C/2974/2008-
17). 

A______ a conclu au déboutement de J______ et de B______ de toutes leurs 
conclusions, mais ne s'est pas opposé aux expertises sollicitées par ces dernières 
pour autant qu'elles en supportent les frais. 

La jonction des deux causes sous le n° C/674/2008-17 a été ordonnée par 
jugement du 4 juillet 2008. 

L'apport du dossier de curatelle a été ordonné par ordonnance du 18 septembre 
2008. 

Après les enquêtes, les parties ont persisté dans leurs conclusions, y compris 
celles relatives à l'expertise graphologique. A______ a, en sus, sollicité, pour le 
cas où le Tribunal retiendrait que les éléments de la procédure seraient insuffisants 
pour apprécier la capacité de discernement de la défunte au moment de la 
rédaction du testament olographe du 28 février 2006, une expertise médicale 
exécutée par un psychiatre visant à fournir les éléments pour l'appréciation de la 
capacité de discernement de la défunte à cette date. 

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s. Par jugement du 3 février 2011, le Tribunal a rejeté les demandes d'expertises et 
débouté J______ et B______ de toutes leurs conclusions, condamnant en outre 
ces dernières en tous les dépens, comprenant une indemnité de procédure de 
20'000 fr. valant participation aux honoraires d'avocat de A______. 

t. Par arrêt du 18 novembre 2011, statuant sur appel de B______, la Cour de 
justice a annulé le jugement précité et renvoyé la cause au Tribunal pour que 
soient ordonnées une expertise graphologique portant sur l'authenticité du 
testament du 28 février 2006 et une expertise médicale aux fins de déterminer la 
capacité de discernement de la de cujus au moment de la rédaction du testament 
du 28 février 2006, réservant le sort des frais de première instance et délégant au 
Tribunal la répartition des frais d'appel, comprenant des frais judiciaires arrêtés à 
6'000 fr. et des dépens fixés à 9'350 fr. 

La Cour a considéré que, dans la mesure où l'authenticité du testament du 
28 février 2006 était contestée depuis le début de la procédure par J______ et 
B______, il appartenait au premier juge de procéder à une vérification d'écriture 
sans que l'existence de doutes remettant en cause l'authenticité dudit testament ne 
soit nécessaire, cette question n'étant pertinente que pour déterminer la répartition 
du fardeau de la preuve et son objet. En tout état, il existait des éléments suffisants 
pour mettre en doute cette authenticité. Or, hormis le cas de faux grossiers, la 
vérification et la comparaison d'écriture était un domaine technique pour lequel le 
juge ne disposait pas des connaissances suffisantes et qui requérait les services 
d'un expert en la matière, de sorte que le premier juge ne pouvait faire l'économie 
d'une expertise judiciaire portant sur l'authenticité du testament du 28 février 
2006. 

En ce qui concernait la question de la capacité de discernement de la de cujus au 
moment de la rédaction dudit testament, il apparaissait que d'octobre 2005 à son 
décès, en janvier 2007, C______ était atteinte dans sa capacité de discernement, 
période durant laquelle elle avait joui de moments de lucidité. Les déclarations 
des personnes selon lesquelles la défunte avait "toute sa tête" ne remettaient pas 
en cause le constat de l'état général de la défunte durant cette période; tout au plus 
accréditaient-ils l'existence de moments de lucidité. On ne pouvait dès lors plus 
retenir que C______ était présumée capable de discernement le 28 février 2006. Il 
appartenait ainsi à A______ de prouver que la défunte avait agi durant une 
période de lucidité. Dans la mesure où il avait sollicité une expertise médicale 
pour le cas où la Cour retiendrait que les éléments de la procédure seraient 
insuffisants pour apprécier la capacité de discernement de la défunte en date du 28 
février 2006, il y avait lieu de renvoyer également la cause au première juge pour 
ordonner une expertise médicale sur ce point. 

u. J______ n'ayant pas formé appel et le jugement du 3 février 2011 étant devenu 
définitif à son égard, la division de la cause C/674/2008-17 sous C/674/2008-17 

- 12/29 - 
 

C/2974/2008 

(J______ c/ A______ et B______) et C/2974/2008-17 (B______ c/ A______) a 
été ordonnée par jugement du 2 mars 2012. 

Par décision du 14 mai 2012, le Tribunal a condamné J______ aux dépens de la 
procédure C/674/2008-17, comprenant les frais exposés dans la cause, ainsi 
qu'une indemnité de procédure à titre de participation aux honoraires d'avocat de 
5'000 fr. pour chacune des parties adverses. 

Les indemnités des témoins entendus à la demande des trois parties s'étaient 
élevées à 1'440 fr. au total qu'il se justifiait de répartir par moitié entre les deux 
causes, dans la mesure où l'audition des trois médecins et du notaire qui avaient 
sollicité une indemnité (art. 237 aLPC) était nécessaire et utile dans le cadre des 
deux procédures. 

v. Désigné par le Tribunal en qualité d'expert pour déterminer si le testament du 
28 février 2006 avait été rédigé, daté et signé par C______, Q______, 
collaborateur scientifique à l'Institut de Police scientifique de l'Université de 
Lausanne, a, dans son rapport du 22 août 2012, indiqué que ses constatations lui 
permettaient de soutenir très fortement l'hypothèse que la totalité du testament du 
28 février 2006 pouvait être attribuée à la testatrice et qu'il n'y avait aucun indice 
pertinent pour soutenir l'hypothèse d'une falsification. Les pièces sur lesquelles il 
s'était basé - notamment les directives anticipées de la défunte - émanaient bien 
toutes de la main d'une seule et même personne. L'expert a en outre exprimé 
quelques doutes quant aux facultés intellectuelles de la défunte et quant à sa 
faculté de concentration au moment de la rédaction du testament en cause, 
précisant toutefois qu'une altération des facultés et des capacités de la testatrice ne 
signifiait pas qu'elle n'était plus capable de discernement ou dans l'impossibilité de 
tester, cette question n'étant pas de sa compétence. 

Q______ a confirmé les constatations de son rapport lors de son audition devant 
le Tribunal le 4 février 2013. 

w. Le Dr D______, médecin psychiatre au Département de médecine 
communautaire et de premier recours aux HUG et médecin-adjoint agrégé 
responsable de la psychiatrie légale au Centre universitaire romand de médecine 
légale, a été désigné par le Tribunal en qualité d'expert aux fins de : 

- décrire les pathologies dont a souffert C______ d'octobre 2005 à son décès, et 
leur évolution, 
- déterminer si C______ était atteinte dans sa capacité de discernement durant 
cette période, 
- déterminer les actes que C______ était en mesure d'accomplir durant cette 
période, compte tenu des pathologies dont elle souffrait, 
- déterminer en particulier si la convention conclue le 28 février 2006 avec la 
famille de F______, les directives anticipées du 29 mars 2006 et la lettre adressée 

- 13/29 - 
 

C/2974/2008 

le 10 juin 2006 au Tribunal tutélaire sont des actes que C______ a accomplis 
durant une période de lucidité, et 

 - établir si C______ a rédigé le testament du 28 février 2006 durant une période 
de lucidité. 

 Pour ce faire, l'expert s'est basé sur un entretien téléphonique avec le Dr L______ 
et avec le Dr M______ intervenus le 17 décembre 2012, les pièces fournies par les 
parties, le dossier médical des HUG de la défunte et son dossier de suivi 
ambulatoire effectué, entre le 7 juin et le 3 janvier 2007, par le Service de 
psychogériatrie. 

Il a conclu, dans son rapport du 17 janvier 2013, que la testatrice n'avait pas, 
durant cette période, sa capacité de discernement dans le domaine des décisions 
testamentaires et que le testament du 28 février 2006 n'avait pas été rédigé durant 
une période de lucidité. 

Il a retenu que C______ - qui avait longtemps joui d'une bonne santé générale et 
avait développé, à une période indéterminée, une maladie de Basedow ayant 
nécessité une ablation de la thyroïde, une cardiopathie ischémique et une surdité 
bilatérale modérée - avait souffert, à compter d'octobre 2005, d'un trouble délirant 
persistant, également nommé délire paranoïaque, et de troubles dépressifs. Les 
personnes qui en sont atteintes ne présentent habituellement pas d'hallucinations 
ni de désorganisation majeure du fonctionnement mental. La ou les idées 
délirantes constituent le symptôme principal de la maladie et le sujet présente une 
forte, voire totale conviction vis-à-vis de ses idées pathologiques et agit en 
fonction de celles-ci. Ce type de trouble délirant est réputé persister régulièrement, 
parfois toute la vie. Il est habituellement atténué par la prise d'une médication 
neuroleptique, mais il ne disparaît jamais totalement et réaugmente en intensité 
dès que le traitement est interrompu. Dans le cas de C______, l'expert a constaté 
que le traitement par le médicament Haldol avait permis une atténuation des 
convictions délirantes, mais que, dès que ce traitement avait été modifié ou 
diminué, la symptomatologie avait réémergé et s'était intensifiée. Ce traitement 
n'avait débuté qu'en avril 2006. 

C______ présentait également des troubles cognitifs légers depuis la fin du mois 
d'octobre 2005, lesquels s'étaient aggravés à partir du mois de mai 2006 jusqu'à 
son décès, dans la mesure où il avait été constaté à la fin de son hospitalisation, à 
la fin du mois de mai 2006, qu'elle ne savait plus se servir d'un téléphone et que 
son retour à son domicile nécessitait la mise en place d'une importante structure 
de soutien. 

Concernant la capacité de discernement relative à la rédaction d'un testament, les 
troubles légers observés entre octobre 2005 et mai 2006 n'étaient pas de nature à 
altérer significativement celle-ci. Cependant, le trouble délirant persistant 
entraînait une incapacité à agir raisonnablement dans le domaine spécifique du 

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C/2974/2008 

délire. Or, celui-ci concernait précisément la question de la propriété et de la 
transmission de ses biens, domaine dans lequel les croyances et convictions de la 
testatrice étaient pathologiques. Le délire était présent et "floride" durant la 
période de rédaction du testament et aucun traitement susceptible de l'atténuer 
n'était en cours, de sorte qu'C______ ne présentait ni les capacités cognitives ni 
les capacités volitives de nature à permettre une prise de décision objective. Elle 
était totalement incapable de discernement dans le domaine testamentaire, alors 
que concernant d'autres sujets, comme sa volonté de rester chez elle et de ne pas 
aller dans une maison de retraite, sa compréhension et son interprétation de la 
réalité n'étaient pas directement influencées par son trouble délirant persistant. 
L'expression de sa volonté pouvait avoir été perturbée par l'affaiblissement de ses 
capacités intellectuelles. Cependant, cet affaiblissement était resté léger jusqu’à 
environ mai 2006 et ne pouvait être considéré comme perturbant gravement les 
capacités cognitives de la défunte. Par la suite, il s'était aggravé et était susceptible 
d'altérer sa capacité de discernement dans une grande part des actes de la vie. 
L'expert a relevé que le courrier du 10 juin 2006 au Tribunal tutélaire était 
étonnamment bien rédigé et contrastait avec le constat du service de 
psychogériatrie selon lequel la défunte ne savait plus se servir d'un téléphone et 
avait besoin d'une aide importante dans les actes de la vie quotidienne. 

Le Dr D______ a confirmé les constatations de son rapport lors de son audition 
devant le Tribunal le 17 mai 2013. Il a en outre précisé qu'il n'était pas possible 
d'évaluer de manière extrêmement précise l'évolution d'un trouble délirant 
persistant, mais l'expérience montrait que les personnes qui en souffraient étaient 
atteintes de façon constante, avec des fluctuations dans l'intensité de ce trouble. Il 
a précisé que, dans la logique de son délire, la testatrice craignait que ses biens ne 
soient transmis à des profiteurs ou à des abuseurs. En fonction de ce délire, elle 
avait choisi la personne qui devait recevoir ses biens. Le fait d'être calme à un 
moment ou à un autre n'avait aucun rapport avec la présence ou l'absence de 
trouble délirant. Ainsi, le fait qu'un médecin ou le notaire avaient pu remarquer à 
un certain moment que C______ était calme ne changeait pas ses constatations. 

x. Dans ses dernières conclusions, B______ a conclu à l'annulation du testament 
du 28 février 2006 et à ce qu'il soit constaté que A______ ne détenait aucun droit 
dans la succession litigieuse, celui-ci devant en outre être condamné aux dépens 
de première instance et d'appel, comprenant une équitable participation aux 
honoraires de son avocat, ainsi qu'à l'entier des frais d'expertises. Elle sollicitait, 
subsidiairement, la mise en place d'une contre-expertise graphologique. 

Pour sa part, A______ a persisté dans ses conclusions en déboutement de 
B______ de toutes ses conclusions, sollicitant en outre la condamnation de celle-
ci en tous les dépens, comprenant une participation aux honoraires de son avocat, 
de première instance et d'appel, les frais d'expertises, des témoins, ainsi que les 
frais engendrés par l'administration d'office de la succession. Il a, subsidiairement, 

- 15/29 - 
 

C/2974/2008 

conclu à la production par le Service de psychogériatrie du suivi ambulatoire en 
2006 de la défunte et à la mise en place d'une contre-expertise médicale avec la 
même mission que celle menée par le Dr D______, mais confiée à un expert en 
psychiatrie des personnes âgées, lequel devrait indiquer s'il confirmait le 
diagnostic d'idées de persécution, quels étaient ses effets, à quel moment ils se 
produisaient et pour quel type d'acte en particulier, notamment leur influence sur 
la capacité de discernement de la testatrice au moment de la rédaction de son 
testament le 28 février 2006. 

y. Aux termes du jugement entrepris, le Tribunal a retenu que l'expertise 
graphologique concluait à l'authenticité du testament litigieux et qu'aucun élément 
au dossier ne permettait de mettre en doute les conclusions de cette expertise, de 
sorte qu'il n'y avait pas lieu d'ordonner une contre-expertise graphologique. 

S'agissant de la capacité de discernement de la défunte à teneur de l'arrêt de la 
Cour du 18 novembre 2011, il appartenait à A______ d'établir, au moyen d'une 
expertise médicale, que C______ avait rédigé son dernier testament dans un 
moment de lucidité. Or, l'expert médical était parvenu à la conclusion que le 
testament du 28 février 2006 n'avait pas été rédigé durant une période de lucidité 
et que la défunte n'avait pas, durant cette période, sa capacité de discernement 
dans le domaine des décisions testamentaires. Le premier juge a considéré que le 
rapport de l'expert médical était parfaitement compatible avec les autres éléments 
recueillis lors des enquêtes, en particulier les témoignages des Dr L______, 
K______ et M______, si bien que rien ne justifiait de s'en écarter. Il n'y avait dès 
lors pas lieu d'ordonner une contre-expertise médicale ni de procéder à d'autres 
actes d'instruction, lesquels avaient au demeurant été requis tardivement. 

D. Les arguments des parties en appel seront examinés ci-après dans la mesure utile à 
la solution du litige. 

EN DROIT 

1. Aux termes de l'art. 405 al. 1 CPC entré en vigueur le 1er janvier 2011 (RS 272), 
les recours sont régis par le droit en vigueur au moment de la communication de 
la décision entreprise. S'agissant en l'espèce d'un appel dirigé contre un jugement 
notifié aux parties après le 1er janvier 2011, le recours exercé contre la décision est 
régie par le nouveau droit de procédure. 

 En revanche, la procédure de première instance est demeurée régie par l'ancien 
droit de procédure dès lors que la demande a été introduite avant le 1er janvier 
2011 (art. 404 al. 1 CPC), soit par l'ancienne Loi genevoise de procédure civile du 
10 avril 1987 (ci-après : aLPC) et l'ancien Règlement fixant le tarif des greffes en 
matière civile (ci-après : aRTGMC); ceci vaut donc notamment pour les 
procédures probatoires et les frais et dépens de première instance. 

- 16/29 - 
 

C/2974/2008 

2. 2.1 L'appel est recevable contre les décisions finales de première instance, dans 
les causes non patrimoniales ou dont la valeur litigieuse, au dernier état des 
conclusions devant l'autorité inférieure, est supérieure à 10'000 fr. (art. 308 al. 1 
let. a et al. 2 CPC). 

En se référant au dernier état des conclusions, l'art. 308 al. 2 CPC vise les 
conclusions litigieuses devant l'instance précédente, non l'enjeu de l'appel (TAPPY, 
Les voies de droit du nouveau Code de procédure civile, in JdT 2010 III 126). 

Dirigée contre une décision finale rejetant une action en nullité du testament qui 
comporte, en cas de victoire de l'appelante, un gain potentiel (BRÜCKNER/WEIBEL, 
Die erbrechtlichen Klagen, 2006, p. 16, n. 19) supérieur à 10'000 fr. (art. 308 al. 1 
let. a et al. 2 CPC; cf. supra let. l), le présent appel, motivé et formé par écrit dans 
un délai de trente jours à compter de la notification de la décision (art. 311 al. 1 
CPC), est recevable (art. 130, 131 et 311 al. 1 CPC).  

 2.2 Sont également recevables les écritures responsives des parties (art. 248 let. d, 
312 al. 1 et 314 al. 1 CPC), ainsi que leurs déterminations spontanées, lesquelles 
ont été déposées après que la cause a été gardée à juger, mais dans un délai 
raisonnable (ATF 138 I 154 consid. 2.3.3; 137 I 195 consid. 2.3.1 in SJ 2011 I 
345; 133 I 98 consid. 2.1 et 2.2 in JdT 2007 I 379; 133 I 100 consid. 4.8). 

 2.3 L'appelant a produit des pièces nouvelles à l'appui de sa réplique et de son 
courrier du 22 mai 2014. 

L'appelant conclut en outre à l'irrecevabilité d'allégués nouveaux contenus dans la 
duplique de l'intimée (cf. p. 35 in fine et p. 36 in initio). 

2.3.1 A teneur de l'art. 317 al. 1 CPC, les faits et moyens de preuve nouveaux ne 
sont pris en compte qu'aux conditions suivantes : a) ils sont invoqués ou produits 
sans retard et b) ils ne pouvaient être invoqués ou produits devant la première 
instance bien que la partie qui s’en prévaut ait fait preuve de la diligence requise. 

Il appartient au plaideur qui entend invoquer des novas improprement dits devant 
l'instance d'appel de démontrer qu'il a fait preuve de la diligence requise, ce qui 
implique notamment d'exposer précisément les raisons pour lesquelles le moyen 
de preuve n'a pas pu être produit en première instance. Dans le système du CPC, 
cette diligence suppose qu'au stade de la première instance déjà, chaque partie 
expose l'état de fait de manière soigneuse et complète et qu'elle amène tous les 
éléments propres à établir les faits jugées importants (arrêt du Tribunal fédéral 
4A_334/2012 du 16 octobre 2012 consid. 3.1, in SJ 2013 I 311 et les références 
citées). 

2.3.2 En l'espèce, les pièces produites par l'appelant à l'appui de sa réplique et de 
son courrier du 22 mai 2014 - à savoir l'arrêt de la Cour du 12 mars 2014 

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C/2974/2008 

révoquant l'administrateur d'office de la succession et la décision de la Justice de 
paix du 5 mai 2014 nommant un nouvel administrateur d'office - constituent des 
pièces nouvelles qu'il ne pouvait produire précédemment et qu'il a déposées 
devant la Cour en faisant preuve de la diligence requise. Elles sont dès lors 
recevables quand bien même elles ne sont d'aucune utilité pour la résolution du 
présent litige. 

 S'agissant de la duplique de l'intimée, celle-ci ne comporte pas d'allégués 
nouveaux, puisque les allégués contestés avaient déjà été formulés en première 
instance. Ils n'ont dès lors pas à être écartés de la procédure. 

2.4 La Cour revoit la cause avec un plein pouvoir d'examen (art. 310 CPC; HOHL, 
Procédure civile, tome II, 2ème éd., 2010, n. 2314 et 2416). 

3. L'art. 16 CC a été modifié avec le nouveau droit de protection de l'adulte, entré en 
vigueur le 1er janvier 2013 (RO 2011 725). Jusqu'au 31 décembre 2012, la norme 
se référait à "la maladie mentale" et à "la faiblesse d'esprit" comme causes 
entravant la faculté d'une personne d'agir raisonnablement. Dans sa version 
actuelle, cet article dispose que "toute personne qui n'est pas privée de la faculté 
d'agir raisonnablement en raison de son jeune âge, de déficience mentale, de 
troubles psychiques, d'ivresse ou d'autres causes semblables est capable de 
discernement au sens de la présente loi". 

Bien qu'ayant tranché la cause en 2013, l'autorité de première instance a jugé des 
questions relatives à la capacité de discernement de la testatrice en se référant à 
l'ancienne teneur de l'art. 16 CC, sans aucune motivation sur le droit transitoire. 

 Il ressort du Message du Conseil fédéral que, les dispositions actuelles du Titre 
final du CC (Tit. fin. CC) étant valables également pour des révisions ultérieures, 
sous réserve de règles de droit transitoires spéciales, il n'est pas apparu nécessaire 
d'édicter des dispositions transitoires spéciales pour les articles du droit des 
personnes, du droit de la famille, du droit des successions et des droits réels qui 
ont été modifiés et que les art. 5, 12 et 16 al. 3 Tit. fin. CC s'appliquent en plus des 
art. 2 et 3 (FF 2006 p. 6737). 

 Or, il découle de l'art. 5 Tit. fin. CC réglant le droit transitoire des dispositions 
relatives à l'exercice des droits civils - dont fait partie l'art. 16 CC - que "l'exercice 
des droits civils est régi, dans tous les cas, par les dispositions de la présente loi" 
(al. 1), à moins que cela n'ait pour conséquence de priver une personne de ses 
droits civils (al. 2). Cette disposition pose ainsi le principe de la rétroactivité du 
nouveau droit tel qu'également consacré aux art. 2 et 3 Tit. fin. CC. 

 Il convient ainsi d'en déduire que, sauf exception prévue à l'art. 5 al. 2 Tit. fin. CC 
non réalisée en l'espèce, le nouvel art. 16 CC est applicable dès le 1er janvier 2013. 
Dès lors, c'est bien sous l'empire de l'art. 16 CC dans sa nouvelle teneur - et non 

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C/2974/2008 

dans son ancienne terminologie - que le premier juge aurait dû juger des questions 
relatives à la capacité de discernement de la testatrice. 

 Cela étant, la modification de l'art. 16 CC a pour but de supprimer toute 
connotation stigmatisante (FF 2006 p. 7626). La portée matérielle de la nouvelle 
disposition est la même que celle de l'art. 16 aCC (MEIER/LUKIC, Introduction au 
nouveau droit de la protection de l'adulte, 2011 p. 93 no. 204), de sorte que les 
principes tirés de l'ancienne disposition demeurent applicables et que l'utilisation 
de l'ancien droit par le juge n'a pas eu d'incidence sur la résolution du litige. 

4. 4.1 Seule une personne capable discernement et âgée de 18 ans dispose de la 
faculté de disposer de ses biens par testament (art. 467 CC). Si tel n'est pas le cas, 
le testament peut être attaqué par tout héritier ou légataire intéressé (art. 519 al. 1 
ch. 1 et al. 2 CC) dans un délai d'un an à compter de la connaissance de la 
disposition et de la cause de nullité, mais dans les tous cas dix ans après la date de 
l'ouverture de l'acte (art. 521 al. 1 CC). Nonobstant la lettre de la loi, l'action vise 
l'annulation des dispositions contestées (ABT, PraxKomm Erbrecht, 2011, n. 1 
ad art. 519 ZGB). 

4.2 Est capable de discernement au sens du droit civil, celui qui a la faculté d'agir 
raisonnablement. Cette disposition comporte deux éléments, un élément 
intellectuel, la capacité d'apprécier le sens, l'opportunité et les effets d'un acte 
déterminé, et un élément volontaire ou caractériel, la faculté d'agir en fonction de 
cette compréhension raisonnable, selon sa libre volonté. La capacité de 
discernement est relative : elle ne doit pas être appréciée dans l'abstrait, mais 
concrètement, par rapport à un acte déterminé, en fonction de sa nature et de son 
importance, les facultés requises devant exister au moment de l'acte. Il faut que le 
disposant ait pu se rendre compte de la portée des dispositions précises qu'il a 
prises au moment où il les a prises. La question à résoudre est de savoir si le 
testateur n'était pas privé de la faculté d'agir raisonnablement non pas d'une 
manière toute générale, mais en considération du testament litigieux et au moment 
où il a été confectionné (ATF 134 II 235 consid. 4.3.2; ATF 124 III 5 consid. 1a, 
in JdT 1998 I p. 361; ATF 117 II 231 consid. 2a; arrêt du Tribunal fédéral 
5A_501/2013 du 13 janvier 2014 consid. 6.1.1.). 

4.3 La capacité de discernement est la règle. En matière de capacité de disposer à 
cause de mort, la jurisprudence en a déduit que, s'agissant d'adultes, la capacité de 
discernement doit être présumée, car selon l'expérience générale de la vie, ils ont 
généralement le discernement; celui qui prétend que le disposant était incapable 
de disposer au moment de l'acte doit le prouver et, parce que la nature même des 
choses rend impossible la preuve absolue de l'état mental d'une personne décédée, 
le degré de la preuve requis est abaissé à la vraisemblance prépondérante. 
En revanche, lorsqu'une personne est atteinte de maladie mentale ou de faiblesse 
d'esprit, l'incapacité de discernement est présumée, car cette personne doit 

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C/2974/2008 

généralement être considérée, d'après l'expérience générale de la vie, comme étant 
selon une vraisemblance prépondérante, dépourvue, en principe, de discernement; 
c'est alors à celui qui se prévaut de la validité du testament d'établir que la 
personne concernée a accompli l'acte litigieux dans un moment de lucidité; la 
contre-preuve que celle-ci a agi dans un intervalle lucide étant difficile à 
rapporter, la jurisprudence facilite la preuve: il suffit de prouver que la personne 
concernée, malgré une incapacité générale de discernement au vu de son état de 
santé, était au moment déterminant capable de discernement avec une 
vraisemblance prépondérante (ATF 124 III 5 consid. 1b; arrêt du Tribunal fédéral 
5A_501/2013 du 13 janvier 2014 consid. 6.1.2.). 

Toute atteinte à la santé mentale ne permet pas de présumer l'incapacité de 
discernement. Il faut que cette atteinte crée une dégradation durable et importante 
des facultés de l'esprit (arrêt du Tribunal fédéral 5A_501/2013 du 13 janvier 2014 
consid. 6.1.2.). 

Selon les principes jurisprudentiels qui demeurent applicables (cf. supra ch. 3 in 
fine), sont notamment visés par l'art. 16 CC les troubles psychiques durables et 
caractérisés qui ont sur le comportement des conséquences évidentes, 
qualitativement et profondément déconcertantes pour un profane averti (arrêt du 
Tribunal fédéral 4A_194/2009 consid. 5.1.1, in RSPC 2009 p. 368; ATF 117 II 
231 consid. 2b). Il existe cependant des maladies mentales qui ne se manifestent 
pas de manière aigüe et qui consistent en une diminution générale des facultés de 
l'esprit; ces maladies ne sont pas décelables pour une personne non avertie, si bien 
que ce n'est souvent qu'à l'aide d'une expertise qu'on peut les mettre en lumière 
avec leurs symptômes (ATF 124 III 5 consid. 1b, in JdT 1998 I p. 361). 
De manière générale, la constatation d'anomalies psychiques est difficile pour les 
personnes non qualifiées en psychiatrie (SCHRÖDER, PraxKomm Erbrecht, 2011, 
n. 38 zu art. 467 ZGB). 

D'autres moyens probatoires peuvent en revanche être tenus pour suffisants, s'ils 
permettent de déterminer l'état mental de la personne décédée, au moment de la 
confection de l'acte, avec une vraisemblance confinant à la certitude (ATF 117 II 
231 consid. 2b). A cet égard, on ne peut, en général, pas tirer de conclusions 
générales sur la capacité de discernement d'une personne à partir du simple 
contenu d'un acte ou de ses effets juridiques (arrêt du Tribunal fédéral 
5C.282/2006 consid. 3.3.3, commenté in WOLF/BALMER/WILD, Erbrecht 07, njus 
2007, p. 17 ss, p. 24). On ne recherche, en effet, pas à savoir si le disposant a agi 
de manière raisonnable, juste et équitable; tout au plus, une disposition absurde 
constitue-t-elle un indice du défaut de discernement (ATF 124 III 5 consid. 4c/cc, 
in JdT 1998 I 361; ATF 117 II 231 consid. 2a; arrêt du Tribunal fédéral 
5A_501/2013 du 13 janvier 2014 consid. 6.1.1.). 

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 4.4 Une expertise judiciaire sur l'état mental du de cujus ordonnée durant la 
procédure en annulation du testament constitue un élément de preuve servant à 
déterminer quelle présomption relative au discernement de celui-ci doit prévaloir; 
la contre-preuve reste possible à apporter (arrêt du Tribunal fédéral 5A_501/2013 
du 13 janvier 2014 consid. 6.1.3.). 

 4.5 En matière successorale, l'expertise ordonnée sur l'état mental du disposant 
doit contenir en particulier un avis sur l'état de santé mentale de la personne 
intéressée ainsi que sur les effets que d'éventuels troubles de la santé mentale 
pourraient avoir sur la capacité intellectuelle et volontaire de celle-ci de gérer son 
patrimoine. Sur la base de l'expertise, le juge doit être à même de répondre aux 
questions juridiques découlant des art. 16 CC et 467 CC, notamment dire si la 
personne souffre d'une maladie mentale ou d'une cause semblable la rendant 
dépourvue de la faculté d'agir raisonnablement dans la disposition de ses biens par 
testament. On ne peut soumettre à un expert que des questions de fait, non des 
questions de droit, dont la réponse incombe impérativement au juge, qui ne peut 
pas déléguer cet examen à un tiers. Il s'ensuit que celui-ci ne saurait se fonder sur 
l'opinion exprimée par un expert lorsqu'elle répond à une question de droit. 

Le juge apprécie librement la force probante d'une expertise. Dans le domaine des 
connaissances professionnelles particulières, il ne peut toutefois s'écarter de 
l'opinion de l'expert que pour des motifs importants qu'il lui incombe d'indiquer, 
par exemple lorsque le rapport d'expertise présente des contradictions ou attribue 
un sens ou une portée inexacts aux documents et déclarations auxquels il se réfère. 
En se fondant sur une expertise non concluante ou en renonçant à procéder aux 
enquêtes complémentaires requises, le juge pourrait commettre une appréciation 
arbitraire des preuves et violer l'art. 9 Cst. (ATF 138 III 193 consid. 4.3.1 p. 199; 
136 II 539 consid. 3.2 p. 547 s.; 130 I 337 consid. 5.4.2 p. 346; arrêt du Tribunal 
fédéral 5A_795/2013 du 27 février 2014 consid. 5.1.2.). 

Selon l'art. 267 aLPC, si le juge n'est pas suffisamment éclairé par le rapport 
d'expertise, il peut en ordonner un nouveau par le même expert ou par un autre. 

Le juge ne saurait se fonder sur un rapport d'expertise incomplet, obscur ou 
équivoque ou rendu par un expert incompétent ou peu digne de confiance. Si la 
comparution personnelle de l'expert ne suffit pas à réparer les vices du rapport, le 
juge pourra le charger d'un rapport complémentaire, ordonner une contre-expertise 
ou une expertise nouvelle. Une contre-expertise a pour but de faire vérifier par un 
autre expert la conformité des résultats auxquels le premier spécialiste est 
parvenu; elle ne sera ordonnée que si des doutes sérieux apparaissent sur le bien-
fondé des conclusions du premier expert, mais il n'y sera pas recouru au motif 
qu'une partie critique l'opinion du premier expert. L'expertise nouvelle ne peut 
être ordonnée que si le premier spécialiste paraît incompétent ou peu digne de 
confiance et que son rapport ne saurait ainsi servir de fondement sérieux au 

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jugement du litige (BERTOSSA/GAILLARD/GUYET/SCHMIDT, Commentaire de la loi 
de procédure civile genevoise, n. 1 et 2 ad. art. 267). 

5. 5.1 L'appelant reproche en premier lieu au Tribunal de ne pas avoir retenu que la 
de cujus était présumée capable de discernement. 

 Il soutient que la décision de renvoi de la Cour du 18 novembre 2011 est une 
décision incidente, qu'il n'avait pas à l'attaquer directement au Tribunal fédéral et 
qu'elle ne liait pas l'instance inférieure. Le Tribunal n'aurait ainsi pas dû reprendre 
sans autre examen les considérations de la Cour selon lesquelles la défunte devait 
être présumée incapable de discernement en raison de troubles psychiques, mais 
aurait dû retenir que la testatrice était capable de discernement durant la période 
allant de 2005 à janvier 2007 sur la base du fait que, durant cette période, ses 
idées de persécution qui s'étaient manifestées de manière ponctuelle n'avaient pas 
causé de dégradation durable et importante des facultés de l'esprit comme le 
requiert la jurisprudence. Il suffisait de lire l'expertise médicale - bien que 
contestable sur de nombreux points selon lui - pour constater que la défunte avait 
en effet gardé sa pleine capacité de discernement pour tous les actes importants de 
sa vie durant cette période. 

 L'intimée fait, pour sa part, valoir que l'arrêt du 18 novembre 2011 a 
définitivement tranché la question de la présomption d'incapacité de discernement 
de la défunte pour la période d'octobre 2005 à janvier 2007, limitant ainsi la 
marge de manœuvre du Tribunal et scellant le sort de la présomption d'incapacité 
de discernement de la de cujus. En renonçant à interjeter un recours au Tribunal 
fédéral contre cette décision, l'appelant a admis les considérations de la Cour et est 
forclos pour la remettre en question. 

 5.2 Lorsque l'autorité d'appel renvoie une cause en première instance pour 
nouvelle décision, le juge de première instance est lié par les considérants de la 
décision de renvoi. Ce principe est applicable tant au régime de l'ancien droit de 
procédure genevois (BERTOSSA/GAILLARD/GUYET/SCHMIDT, op. cit., n. 1 ad 
art. 317; HABSCHEID, Droit judiciaire privé suisse, 1981, p. 492) que sous celui du 
CPC (arrêt du Tribunal fédéral 4A_646/2011 du 26 février 2013 consid. 3.2). 

 5.3 Il ressort ainsi de ce qui précède que le premier juge était lié par les 
considérants de l'arrêt de la Cour du 18 novembre 2011 selon lesquels il se 
justifiait, au vu de l'état de santé psychique de la défunte, de présumer qu'elle était 
incapable de discernement au moment de la rédaction du testament du 28 février 
2006. 

 C'est ainsi à raison que le premier juge a examiné si l'appelant avait apporté la 
preuve de la capacité de discernement de l'intéressée sur la base des nouveaux 
éléments de preuves recueillis, notamment le rapport d'expertise médicale. 

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 Cela étant, quand bien même il conviendrait de retenir que le Tribunal n'était pas 
lié par les considérants de l'arrêt de renvoi et qu'il était libre de procéder, après 
l'expertise, à un nouvel examen de la présomption qui prévalait, cela n'aurait pas 
eu pour conséquence de modifier l'issue du litige, comme cela ressort des 
considérants qui suivent. 

 5.4 Conformément à la jurisprudence précitée, la capacité de discernement - qui 
comporte la capacité d'apprécier le sens, l'opportunité et les effets d'un acte 
déterminé, ainsi que la faculté d'agir en fonction de cette compréhension 
raisonnable, selon sa libre volonté - doit être appréciée concrètement, par rapport 
à un acte déterminé et au moment de l'acte. 

 Il ressort de l'expertise médicale - laquelle n'est pas contestée par les parties sur ce 
point - que la défunte est demeurée, jusqu'en mai 2006, en mesure d'accomplir 
tout acte qui n'était pas directement en relation avec le sujet de ses délires. 
Elle était ainsi, selon l'expert, capable de discernement d'une manière générale, à 
l'exception des questions en lien avec ses troubles psychiques. 

La question à résoudre est de savoir si la testatrice n'était pas privée de la faculté 
d'agir raisonnablement, non pas d'une manière générale, mais en considération du 
testament litigieux et au moment où il a été confectionné, respectivement déposé 
chez le notaire. Partant, on ne saurait suivre l'appelant lorsqu'il soutient que 
l'expertise serait contestable du fait qu'elle distingue la capacité de la défunte 
d'agir raisonnablement en matière testamentaire, d'une part, et dans tous les autres 
domaines, d'autre part. 

6. Reste ainsi à examiner si l'appelant a apporté la contre-preuve permettant, avec 
une vraisemblance prépondérante, de renverser la présomption d'incapacité de la 
testatrice en matière testamentaire. 

6.1 L'appelant reproche au Tribunal d'avoir retenu que le rapport d'expertise 
concorde avec les éléments recueillis dans le dossier et lors des enquêtes. 
Il soutient que ledit rapport contiendrait au contraire moult contradictions avec ces 
éléments et que l'expert a conclu à tort que le délire de persécution de la défunte 
aurait été constant et se serait, en particulier, constamment manifesté en ce qui 
concernait ses biens et leur transmission. Il en veut pour preuve, notamment, les 
déclarations des Drs K______, L______ et M______, selon lesquelles le 
testament aurait pu être établi durant un moment de lucidité, la déclaration de 
Me O______ selon laquelle la testatrice lui avait paru tout à fait normale le 14 
mars 2006 et lui avait indiqué que le testament reflétait ce qu'elle désirait, le fait 
qu'elle avait mentionné l'existence du testament litigieux dans le courrier qu'elle a 
adressé le 10 juin au Tribunal tutélaire et le fait qu'elle avait pu rentrer chez elle à 
la fin du mois de novembre 2005, ce qui n'aurait pu être le cas si elle avait été en 
proie à des délires. L'appelant en déduit que l'expertise en tant qu'elle conclut à ce 

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que la défunte n'avait pas la capacité d'agir raisonnablement dans le domaine 
testamentaire n'est qu'une interprétation personnelle faisant fi des autres éléments 
de preuve et est, par conséquent, infondée et arbitraire. Elle ne saurait ainsi servir 
de fondement sérieux, de sorte qu'il se justifie d'ordonner une nouvelle expertise 
laquelle devra être menée par un expert spécialisé en gériatrie au vu de la 
complexité du cas. 

 Il ajoute que, selon lui, la testatrice était capable de discernement dans le domaine 
testamentaire ou, à tout le moins, qu'elle avait établi son testament durant un 
moment de lucidité. Il fait valoir que les crises de délire ne se rapportaient pas à la 
crainte de se faire extorquer un testament, mais de se faire escroquer de son 
vivant, de sorte que l'expert a de manière illogique et incohérente associé la 
crainte de se faire spolier à la confection d'un testament. Par ailleurs, la défunte 
savait qu'elle pouvait en tout temps annuler un testament qu'elle aurait été 
contrainte de rédiger, si bien qu'"on ne voit pas comment un délire de persécution 
aurait eu un impact sur les dispositions pour cause de mort [qu'aurait prises] 
Madame C______". Par ailleurs, cette dernière savait qu'elle devait faire un 
testament pour éviter que sa maison revienne à sa nièce, ce qu'elle ne voulait pas. 
Il ressortait du dossier - notamment de témoignages probants - que le 
comportement de la défunte n'avait dénoté aucune déficience mentale : elle avait 
agi avec calme et avait réitéré sa volonté à plusieurs reprises, notamment dans sa 
lettre du 10 juin 2006. La défunte avait un caractère bien trempé et rien ne 
permettait de retenir qu'elle aurait été sous la pression d'idées délirantes ou de tiers 
lorsqu'elle avait rédigé son testament le 28 février 2006 et l'avait déposé en mains 
de son notaire le 14 mars 2006. Il résultait enfin de la chronologie des faits que le 
testament et la convention du 28 février 2006 avaient été établis environ quinze 
jours après la dernière manifestation d'idées délirantes et près de trois semaines 
avant la manifestation suivante. Elle était donc demeurée calme - ou angoissée à 
certains moments - mais jamais délirante durant une période de près de cinq 
semaines au moment où elle avait rédigé ses nouvelles volontés, étant en outre 
relevé que ses idées de persécution n'avaient jamais visé l'appelant. 

 L'intimée considère, pour sa part, que le rapport d'expertise médicale est explicite, 
complet, clair et univoque et que l'appelant tente de substituer son appréciation du 
cas à celle d'un psychiatre reconnu. Contrairement à ce qu'allègue l'appelant, la 
défunte avait certes paru calme à son notaire, mais ce dernier avait été surpris par 
le choix de sa cliente, qui avait décidé d'instituer une personne dont elle ne lui 
avait pas parlé lors des deux précédents rendez-vous. Elle relève enfin que 
l'appelant est forclos à remettre en cause la validité du testament du 1er mars 2005. 

6.2 Les parties ne contestent pas - à juste titre - que la défunte a souffert d'une 
légère altération de ses capacités cognitives entre octobre 2005 et mai 2006, 
laquelle n'avait pas perturbé ses capacités cognitives. Ce constat est étayé par 
différents rapports médicaux et témoignages. 

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 Selon les attestations médicales et le rapport d'expertise médicale du 17 janvier 
2013, la défunte a en outre souffert, d'octobre 2005 à son décès, sur le plan 
psychiatrique, d'un trouble délirant persistant, de troubles dépressifs et d'une 
altération des fonctions cognitives moyenne de mai 2006 à son décès. 

 Selon les conclusions de l'expertise médicale, ces troubles psychiatriques ont 
porté atteinte à sa capacité de discernement et elle n'était plus en mesure 
d'accomplir les actes en relation avec le sujet de son délire, à savoir la possession 
de ses biens et leur transmission. Cette atteinte étant d'intensité variable, mais 
permanente, le testament du 28 février 2006 ne pouvait avoir été rédigé durant une 
période de lucidité. 

 L'expert a en particulier fondé son analyse sur les pièces médicales du dossier, les 
témoignages des médecins et auxiliaires médicaux devant le Tribunal, un entretien 
téléphonique avec les Drs L______ et M______, le dossier de la défunte aux 
HUG et le dossier de son suivi ambulatoire par le Service de psychogériatrie. 

 On ne saurait remettre en cause, comme le fait l'appelant, le diagnostic 
psychiatrique de la défunte selon lequel elle a souffert d'un trouble délirant 
persistant, ce trouble ayant été constaté et diagnostiqué par tous les thérapeutes 
l'ayant suivie. Contrairement à ce que soutient l'appelant, les propos de celle-ci 
lors de ses crises de délire n'étaient ni sensés ni justifiés par des épisodes où elle 
se serait fait, à quelques reprises, spoliée par de tierces personnes. S'il apparaît, 
certes, qu'elle a pu faire l'objet d'actes malveillants de la part de tiers, son 
comportement au moment de ses crises allait bien au-delà d'une simple méfiance à 
l'égard de ses proches et de ses connaissances, puisque ses propos étaient, dans 
ces moments, confus et incompréhensibles.  

Se pose toutefois la question de savoir si ce trouble était de nature à porter atteinte 
à sa capacité de discernement en matière testamentaire. 

 L'expert a expliqué qu'une personne atteinte de trouble délirant persistant - ou 
délire paranoïaque - ne présente habituellement pas d'hallucinations ni de 
désorganisation majeure du fonctionnement mental. La ou les idées délirantes 
constituent le symptôme principal de la maladie et le sujet présente une forte, 
voire totale conviction vis-à-vis de ses idées pathologiques et agit en fonction de 
celles-ci. Ce type de trouble délirant est réputé persister régulièrement, parfois 
toute la vie. Il est habituellement atténué par la prise d'une médication 
neuroleptique, mais il ne disparaît jamais totalement et réaugmente en intensité 
dès que le traitement est interrompu. Dans le cas de l'expertisée, le traitement 
médicamenteux débuté en avril 2006 avait en effet permis une atténuation des 
convictions délirantes, mais la symptomatologie avait réémergé et s'était 
intensifiée, dès que ce traitement avait été modifié ou diminué. Le Dr M______ a 
également indiqué devant le Tribunal que ce trouble était une altération de la 

- 25/29 - 
 

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pensée et que la capacité de jugement des personnes en souffrant était altérée, si 
bien qu'elles pouvaient se croire persécutées.  

Selon l'expert, il n'était pas possible d'évaluer de manière extrêmement précise 
l'évolution d'un trouble délirant persistant. Selon le Dr M______, il était 
extrêmement difficile de déterminer si, entre octobre 2005 et mai 2006, sa patiente 
avait été capable d'appréhender la réalité dans son ensemble. Mais l'expert indique 
toutefois que l'expérience montrait que les personnes qui en souffraient étaient 
atteintes de façon constante, avec des fluctuations dans l'intensité de ce trouble. Le 
Dr L______ a en effet constaté que sa patiente vivait des épisodes de "hauts et bas 
psychiatriques", mais que l'aspect persécution était persistant. L'expert a précisé 
que le fait d'être calme à un moment ou à un autre n'avait aucun rapport avec la 
présence ou l'absence de trouble délirant, si bien que le fait qu'un médecin ou le 
notaire avait pu remarquer à un certain moment que la défunte était calme ne 
changeait pas ses constatations. 

Toujours selon l'expert, le trouble dont avait souffert la défunte avait altéré sa 
perception relative tant à la possession de ses biens qu'à leur transmission, dans la 
mesure où, dans la logique de son délire, la testatrice craignait que ses biens ne 
soient transmis à des profiteurs ou à des abuseurs. En fonction de ce délire - qui 
était présent et "floride" durant la période de rédaction du testament et ne faisait 
l'objet d'aucun traitement -, elle avait choisi la personne qui devait recevoir ses 
biens, à défaut de prendre une décision objective. 

6.3 La lecture du rapport de l'expertise médicale du 17 janvier 2013 révèle que le 
Dr D______ a mené sa mission sur la base d'une connaissance approfondie des 
divers éléments du dossier, ainsi que des dossiers médicaux des HUG et du 
Service de psychogériatrie. En outre, le rapport ne contient pas de contradictions 
intrinsèques ou lacunes. 

Contrairement à ce que soutient l'appelant, la chronologie des faits entre octobre 
2005 et mai 2006 indique que le délire paranoïaque était très présent. La de cujus 
a, en effet, été hospitalisée du 26 au 21 novembre 2005. Son état s'est amélioré 
pour se péjorer à nouveau dès le 6 février 2006, date à laquelle elle a été amenée 
aux urgences des HUG dans un état délirant. Elle a été une nouvelle fois 
hospitalisée le 9 février suivant pour des angoisses; il n'est pas précisé si elle 
présentait à cette date des idées paranoïaques. Le Dr L______ a pu constater que 
sa patiente présentait des délires de persécution les 14 février et 22 mars 2006, 
celle-ci ayant notamment, à cette dernière occasion, déclaré avoir été séquestrée 
par un trafiquant de drogue et tenu des propos incompréhensibles. Le 31 mars 
suivant, Me O______ a reçu un message téléphonique de la défunte dans lequel 
elle indiquait être séquestrée dans sa grange. Celle-ci a enfin été hospitalisée du 3 
avril au 18 mai 2006 à la Clinique de Belle-Idée. 

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Rien ne permet de remettre en question les explications médicales de l'expert sur 
les caractéristiques et la symptomatologie du trouble délirant persistant dont a 
souffert la testatrice dès le mois d'octobre 2005, notamment en ce qui concerne le 
caractère persistant avec intensité variable de ce trouble, persistance qui a 
également été constatée par le Dr L______. 

Ainsi, le fait que plusieurs personnes aient attesté que la défunte était, par 
moment, calme et semblait en pleine possession de ses moyens, ne permet pas 
d'exclure qu'en période d'accalmie, son trouble délirant était présent de manière 
non perceptible pour un tiers et était susceptible d'altérer sa capacité de jugement 
en relation avec ses biens. En effet, les considérations de l'expert ont, sur ce point, 
une force probante plus importante que les témoignages des personnes précitées, 
lesquelles n'ont pas forgé leur appréciation sur des connaissances psychiatriques. 

On ne saurait pas plus remettre en question l'analyse psychiatrique de l'expert - 
qu'aucun élément figurant à la procédure ne permet de contredire - selon laquelle 
le trouble délirant de la de cujus affectait sa capacité de jugement tant s'agissant 
de la possession de ses biens que s'agissant de leur transmission, l'appelant se 
bornant à contester cette analyse et à présenter son propre point de vue. 

Par ailleurs, contrairement à ce que fait valoir ce dernier, le fait que la défunte 
savait comment établir et révoquer un testament - pour l'avoir fait à plusieurs 
reprises - ou encore le fait que les délires paranoïaques n'aient - semble-t-il - 
jamais été focalisés sur la personne de l'appelant ne sont pas de nature à exclure 
que sa perception de la réalité en lien avec ses biens était perturbée. Certes, le 
choix d'avoir institué un membre de la famille de F______ n'est pas inattendu au 
vu de ses dispositions antérieures, mais il a surpris Me O______, sa cliente ne lui 
ayant pas mentionné cette possibilité lors des rendez-vous qu'il avait eus 
précédemment avec elle. De plus, on ne saurait suivre l'appelant lorsqu'il soutient 
que la testatrice ne voulait absolument pas que ses biens reviennent à sa nièce, 
dans la mesure où elle a choisi d'annuler toutes ses dispositions antérieures le 1er 
mars 2005, sans instituer un autre héritier et ce pendant presque une année, 
prenant ainsi le risque - non négligeable vu son grand âge - que sa nièce hérite de 
ses biens. Enfin, la lettre établie le 10 juin 2006 par la défunte à l'attention du 
Tribunal tutélaire - dans laquelle elle indique avoir établi un testament en faveur 
de l'appelant - a été écrite alors qu'elle souffrait d'un affaiblissement de ses 
capacités cognitives. 

Il apparaît ainsi que l'expertise est claire, complète et ne contient pas de 
contradictions, et qu'il ne se justifie pas d'ordonner une contre-expertise ou même 
de solliciter une expertise complémentaire. Il ne sera, par conséquent, pas non 
plus donné suite à la production de pièces sollicitée par l'appelant, celui-ci n'ayant 
de surcroît aucunement motivé son appel sur cette question. 

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Contrairement à ce que requiert l'appelant, point n'est par ailleurs besoin 
d'examiner la capacité de discernement au moment de la rédaction du testament 
du 1er mars 2005, cette question ne faisant pas partie de l'objet du présent litige. 

6.4. Au vu de ce qui précède, c'est ainsi à juste titre que le premier juge a retenu 
que, entre octobre 2005 et mai 2006, la défunte devait être présumée incapable de 
discernement en matière testamentaire. L'appelant n'a pas apporté de contre-
preuve permettant de renverser cette présomption. Il se justifiait ainsi d'annuler le 
testament litigieux, l'intimée étant dès lors la seule héritière légale de la défunte et 
l'appelant ne détenant aucun droit dans sa succession. 

La décision entreprise sera, par conséquent, confirmée sur ce point. 

7. L'appelant conclut à ce que soit mis à la charge de l'intimée la totalité des frais 
d'expertise et une partie des dépens occasionnés par la contestation de 
l'authenticité du testament litigieux, au motif que l'intimée a occasionné des actes 
d'instruction inutiles en remettant en cause l'authenticité dudit testament. 

 7.1 A teneur de l'art. 176 al. 1 aLPC, applicable à la procédure de première 
instance (art. 404 al. 1 CPC; cf. supra ch. 1), tout jugement doit condamner la 
partie qui succombe aux dépens, lesquels comprennent les frais de la cause et une 
indemnité de procédure (art. 181 al. 1 aLPC). En matière de répartition de la 
charge des dépens, la règle fondamentale consiste à indemniser la partie qui 
obtient gain de cause au préjudice de celle qui succombe pour les frais qu'elle a dû 
engager judiciairement afin de faire valoir les droits qui lui sont reconnus; le 
principe de base, qui régit la répartition des dépens, est donc celui du résultat 
("Erfolgsprinzip" : ATF 119 Ia 1 consid. 6b; BERTOSSA/GAILLARD/GUYET/ 
SCHMIDT, op. cit., n. 6 ad art. 176). Cette règle doit être appliquée strictement, 
sauf exceptions prévues par la loi (SJ 1978 p. 256; SJ 1980 p. 613; SJ 1986 
p. 615). 

Par exception à ce principe, l'art. 176 al. 2 aLPC prévoit que, même s'il a obtenu 
gain de cause, le plaideur victorieux peut être condamné à une partie des dépens, 
notamment si ses conclusions étaient exagérées ou s'il a provoqué des frais 
inutiles. Cette exception part de l'idée que la partie qui succombe n'a pas à 
supporter de frais inutiles, en particulier ceux liés aux émoluments perçus sur un 
montant qui n'est en définitive pas alloué. Elle doit être appliquée avec réserve et 
limitée aux cas flagrants (BERTOSSA/GAILLARD/GUYET/SCHMIDT, op. cit., n. 7 ad 
art. 176). 

 7.2 En l'espèce, la Cour a, dans la décision du 18 novembre 2011, considéré qu'il 
existait des éléments suffisants pour mettre en doute l'authenticité du testament du 
28 février 2006. 

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C/2974/2008 

 On ne saurait dès lors retenir que l'intimée a occasionné des frais inutiles au sens 
de l'art. 176 al. 2 aLPC en sollicitant une expertise graphologique de ce document, 
de sorte que la répartition des dépens de première instance sera confirmée. 

8. L'appelant, qui succombe entièrement en appel, sera condamné aux frais d'appel, 
fixés à 6'000 fr. et couverts par l'avance de frais déjà fournie par ce dernier, qui 
reste acquise à l'Etat de Genève (art. 95, 104 al. 1, 105, 106 al. 1 et 111 al. 1 CPC; 
art. 17 et 35 RTFMC- RS/GE E 1 05.10). 

L'appelant sera également condamné aux dépens d'appel de sa partie adverse, 
arrêtés à 12'000 fr., TVA et débours compris, au regard de l'activité déployée par 
le conseil de l’intimée (art. 95, 104 al. 1, 105 al. 1 et 106 al. 1 CPC; art. 20, 25 et 
26 al. 1 LaCC; art. 25 al. 1 LTVA; art. 84, 85 al. 1 et 90 RTFMC), étant précisé 
que l'assistance judiciaire ne dispense pas du versement des dépens à la partie 
adverse (art. 118 al. 3 CPC). 

* * * * * 

- 29/29 - 
 

C/2974/2008 

PAR CES MOTIFS, 

La Chambre civile : 

A la forme : 

Déclare recevable l'appel interjeté par A______ contre le jugement JTPI/11077/2013 
rendu le 3 septembre 2013 par le Tribunal de première instance dans la cause 
C/2974/2008-13. 

Au fond : 

Confirme le jugement entrepris. 

Déboute les parties de toutes autres conclusions. 

Sur les frais : 

Arrête les frais judiciaires d'appel à 6'000 fr., les met à la charge de A______ et dit 
qu'ils sont entièrement compensés avec l'avance de frais, qui reste acquise à l'Etat de 
Genève. 

Condamne A______ à verser à B______ la somme de 12'000 fr. à titre de dépens 
d'appel. 

Siégeant : 

Madame Florence KRAUSKOPF, présidente; Monsieur Laurent RIEBEN, Madame 
Fabienne GEISINGER-MARIETHOZ, juges; Madame Nathalie DESCHAMPS, 
greffière. 

 

La présidente : 

Florence KRAUSKOPF 

 La greffière : 

Nathalie DESCHAMPS  

 

 

Indication des voies de recours : 

 

Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 

(LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa 

notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal 

fédéral par la voie du recours en matière civile. 

 

Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. 

 

Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 

30'000 fr.