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**Case Identifier:** 769b3d38-693b-5568-90d9-70f740ff0a13
**Source:** Genève (GE)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2014-07-31
**Language:** fr
**Title:** Genève Cour de justice (Cour de droit public) Chambre administrative 31.07.2014 A/2168/2014
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_CJ_013_A-2168-2014_2014-07-31.pdf

## Full Text

R É P U B L I Q U E  E T  
 

CANTON DE GENÈVE 

P O U V O I R  J U D I C I A I R E  

A/2168/2014-EXPLOI  ATA/613/2014  

 

 COUR DE JUSTICE 

Chambre administrative 

Décision du 31 juillet 2014 

sur effet suspensif 

 

dans la cause 

 

Madame A______ 
représentée par Me Pascal Junod, avocat  

contre 

SERVICE DU COMMERCE 
 

 

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A/2168/2014 

Attendu, en fait, que : 

1)  B______ Sàrl (ci-après : la société) est une société à responsabilité limitée 
inscrite au registre du commerce du canton de Genève depuis le 1er octobre 1997. 
Son but statutaire consiste en l'exploitation d'une imprimerie et de tout autre 
commerce, notamment de boulangeries-pâtisseries. Ont la signature individuelle pour 
le compte de la société Madame B______, associée-gérante détenant l'intégralité du 
capital de CHF 20'000.-, et Monsieur B______. 

  La société est propriétaire de la pâtisserie-salon de thé « B______ » (ci-après : 
l'établissement), située au ______, avenue C______ à Genève. 

2)  Le 22 mai 2012, la société, sous la signature de M. B______, a conclu avec 
Monsieur A______ un contrat de gérance, avec effet au 1er juillet 2012. Dès cette 
date, l'intégralité des charges et produits du commerce seraient de la responsabilité 
du gérant, lequel s'engageait également à garder l'activité de pâtisserie-tea room au 
sein de l'établissement, et à verser des mensualités s'élevant au total à CHF 8'803.- à 
la société. Le contrat avait une durée initiale de trois ans, puis serait renouvelé 
tacitement d'année en année sauf résiliation par écrit dans un délai de six mois au 
moins avant son échéance. 

3)  Le 4 septembre 2012, Monsieur D______ a déposé au guichet du Service du 
commerce (ci-après : Scom) une demande d'autorisation d'exploiter l'établissement. 

4)  Le 1er avril 2014, alors que la demande précitée était semble-t-il encore en 
cours de traitement, M. D______ a indiqué au Scom ne plus vouloir exploiter 
l'établissement, ce dont le Scom a pris acte par courrier du 9 avril 2014, considérant 
ainsi qu'il retirait sa requête d'autorisation du 4 septembre 2012. 

5)  Le 20 mai 2014, le Scom a effectué un contrôle de l'établissement. Celui-ci 
était exploité sans autorisation à ces fins. M. A______ a expliqué à l'inspecteur du 
Scom qu'il était en conflit avec M. B______ et la société au sujet du bail, une 
procédure étant pendante auprès du Tribunal des baux et loyers (ci-après : TBL). Il a 
ajouté être prêt à faire toutes les démarches pour se mettre en conformité ; sa fille, 
Madame A______ était titulaire du certificat fédéral de capacité (ci-après : CFC) de 
cafetier-restaurateur. 

  Un rapport d'inspection a été établi le jour même. 

6)  Le 10 juin 2014, l'avocat de M. A______ a écrit au Scom. 

  L'établissement était en réalité exploité par M. A______ et sa fille, titulaire du 
CFC, qui souhaitaient que cette dernière puisse reprendre l'exploitation de 
l'établissement. M. A______ était malheureusement en conflit ouvert avec la société, 
qui avait par deux fois et pour des motifs contestés résilié le bail et qui ne signerait 

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donc aucun document autorisant l'exploitation de l'établissement par Mme A______ 
aussi longtemps que le litige n'aurait pas été tranché par le TBL. 

  Il sollicitait donc provisoirement l'autorisation d'exploiter au nom de 
Mme A______. 

7)  Le 26 juin 2014, le Scom lui a répondu qu'aucune des hypothèses prévues par 
l'art. 7 de la loi sur la restauration, le débit de boissons et l’hébergement du 
17 décembre 1987 (LRDBH - I 2 21) pour l'octroi d'une autorisation à titre précaire 
n'était réalisée. 

  Pour obtenir une autorisation d'exploiter, l'administré devait notamment, selon 
l'art. 5 al. 1 let. g LRDBH, être désigné comme tel par le propriétaire. Aucune 
autorisation ne pouvait dès lors être délivrée à M. A______ ou à sa fille sans l'accord 
de M. B______ (recte : de la société). 

  Compte tenu du fait que l'établissement était désormais exploité sans 
autorisation, le Scom avait imparti à la société un ultime délai au 7 juillet 2014 pour 
déposer une requête en autorisation et produire les pièces nécessaires. À défaut, la 
fermeture immédiate de l'établissement serait ordonnée. 

8)  Le 4 juillet 2014, Mme A______ a déposé une requête d'autorisation, mais 
celle-ci était à sa seule signature. 

9)  Le 10 juillet 2014, le conseil de M. A______ a demandé au Scom de patienter 
encore une semaine pour voir si M. B______ acceptait de signer le formulaire. En 
cas de silence ou de refus de sa part, il saisirait le TBL d'une requête en mesures 
provisionnelles urgentes. 

10)  Par décision du 14 juillet 2014, le Scom a refusé à Mme A______ l'autorisation 
d'exploiter, la société propriétaire du fonds de commerce n'ayant pas signé le 
formulaire et ayant manifesté son désaccord par courriel du 8 juillet 2014. La 
condition posée par l'art. 5 al. 1 let. f LRDBH n'était dès lors pas réalisée. 

  Par décision du même jour, le Scom a ordonné la fermeture immédiate de 
l'établissement, en application des art. 4 et 67 LRDBH. Cette décision était déclarée 
exécutoire nonobstant recours. 

11)  Par acte déposé le 18 juillet 2014, Mme A______ a interjeté recours auprès de 
la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) 
contre les décisions précitées, concluant préalablement à la restitution de l'effet 
suspensif au recours contre la décision de cessation d'exploitation, et principalement 
à l'annulation des deux décisions et à l'octroi de l'autorisation d'exploiter. 

  Le refus de la société propriétaire de signer le formulaire de demande 
d'autorisation d'exploiter en sa faveur était fait dans le seul but de contourner la 

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procédure en cours devant le TBL en entraînant la fermeture de l'établissement et en 
en récupérant ainsi la maîtrise après avoir évincé les actuels exploitants de fait. 
M. B______ avait ainsi contrevenu à la plus élémentaire bonne foi. 

  Il se justifiait de restituer l'effet suspensif. Chaque jour de fermeture entraînait 
un manque à gagner non négligeable, et des marchandises avaient d'ores et déjà dû 
être jetées. Aucun intérêt public ne s'opposait au maintien de l'exploitation de 
l'établissement, toutes les conditions posées par l'art. 5 LRDBH à l'exception de 
l'accord du propriétaire étant réunies. 

  L'acte de recours ne donnait aucune indication quant au dépôt éventuel d'une 
demande de mesures provisionnelles par-devant le TBL. 

12)  Le 25 juillet 2014, le Scom a conclu au rejet de la demande de restitution de 
l'effet suspensif. 

  La soumission à autorisation prévue par la LRDBH visait plusieurs intérêts 
publics, à savoir permettre à l'administration de contrôler les établissements publics, 
limiter l'activité à un cercle de personnes disposant de connaissances spécifiques et 
veiller à ce que l'activité ne porte pas atteinte aux droits civils de tiers, ce dernier 
intérêt étant matérialisé par les conditions posées à l'art. 5 al. 1 let. f et g LRDBH. 

  En l'espèce, l'octroi de l'effet suspensif empêcherait le propriétaire de 
l'établissement de disposer de celui-ci, ceci alors que Mme A______ avait durant 
deux ans poursuivi son activité d'exploitante à l'insu du Scom et avait ainsi contourné 
la législation applicable. 

13)  Sur ce, la cause a été gardée à juger sur la question de l'effet suspensif. 

 

Considérant, en droit, que : 

1)  Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est, 
prima facie, recevable (art. 132 de la loi sur l’organisation judiciaire du 26 septembre 
2010 - LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 
12 septembre 1985 - LPA - E 5 10). 

2)  Sauf disposition légale contraire, le recours a effet suspensif à moins que 
l’autorité qui a pris la décision attaquée n’ait ordonné l’exécution nonobstant recours 
(art. 66 al. 1 LPA). 

  Lorsqu’aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s’y oppose, la juridiction 
de recours peut, sur la demande de la partie dont les intérêts sont gravement 
menacés, retirer ou restituer l’effet suspensif (art. 66 al. 3 LPA). 

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3)  Selon la jurisprudence constante de la chambre administrative, des mesures 
provisionnelles – au nombre desquelles compte la restitution de l'effet suspensif 
(Philippe WEISSENBERGER/Astrid HIRZEL, Der Suspensiveffekt und andere 
vorsorgliche Massnahmen, in Isabelle HÄNER/Bernhard WALDMANN [éd.], 
Brennpunkte im Verwaltungsprozess, 2013, 61-85, p. 63) – ne sont légitimes que si 
elles s’avèrent indispensables au maintien d’un état de fait ou à la sauvegarde 
d’intérêts compromis (ATF 119 V 503 consid. 3 ; ATA/566/2012 du 21 août 2012 
consid. 4 ; ATA/248/2011 du 13 avril 2011 consid. 4 ; ATA/197/2011 du 28 mars 
2011 ; ATA/248/2009 du 19 mai 2009 consid. 3 ; ATA/213/2009 du 29 avril 2009 
consid. 2). 

4)  L'octroi de mesures provisionnelles présuppose l'urgence, à savoir que le refus 
de les ordonner crée pour l'intéressé la menace d'un dommage difficile à réparer 
(ATF 130 II 149 consid. 2.2 ; 127 II 132 consid. 3 = RDAF 2002 I 405). 

  Elles ne sauraient, en principe tout au moins, anticiper le jugement définitif ni 
équivaloir à une condamnation provisoire sur le fond, pas plus qu’aboutir 
abusivement à rendre d’emblée illusoire la portée du procès au fond (arrêts précités). 
Ainsi, dans la plupart des cas, les mesures provisionnelles consistent en un minus, 
soit une mesure moins importante ou incisive que celle demandée au fond, ou en un 
aliud, soit une mesure différente de celle demandée au fond (Isabelle HAENER, 
Vorsogliche Massnahmen in Verwaltungsverfahren und Verwaltungsprozess, 
RDS 1997 II 253-420, p. 265). 

5) a. Lorsque l'effet suspensif a été retiré ou n'est pas prévu par la loi, l'autorité de 
recours doit examiner si les raisons pour exécuter immédiatement la décision 
entreprise sont plus importantes que celles justifiant le report de son exécution. Elle 
dispose d'un large pouvoir d'appréciation qui varie selon la nature de l'affaire. La 
restitution de l'effet suspensif est subordonnée à l'existence de justes motifs, qui 
résident dans un intérêt public ou privé prépondérant à l’absence d’exécution 
immédiate de la décision ou de la norme (arrêt du Tribunal fédéral 2C_1161/2013 du 
27 février 2014 consid. 5.5.1). 

 b. Pour effectuer la pesée des intérêts en présence, l'autorité de recours n'est pas 
tenue de procéder à des investigations supplémentaires, mais peut statuer sur la base 
des pièces en sa possession (ATF 117 V 185 consid. 2b ; arrêt du Tribunal fédéral 
1C_435/2008 du 6 février 2009 consid. 2.3 et les arrêts cités). 

6) a. Selon la jurisprudence et la doctrine, un effet suspensif ne peut être restitué 
lorsque le recours est dirigé contre une décision à contenu négatif, soit contre une 
décision qui porte refus d’une prestation. La fonction de l’effet suspensif est de 
maintenir un régime juridique prévalant avant la décision contestée. Si, sous le 
régime antérieur, le droit ou le statut dont la reconnaissance fait l’objet du 
contentieux judiciaire n’existait pas, l’effet suspensif ne peut être restitué car cela 
reviendrait à accorder au recourant d’être mis au bénéfice d’un régime juridique dont 

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il n’a jamais bénéficié (ATF 127 II 132 ; 126 V 407 ; 116 Ib 344 ; ATA/354/2014 du 
14 mai 2014 consid. 4 ; ATA/87/2013 du 18 février 2013; Ulrich HÄFELIN/ 
Georg MÜLLER/Felix UHLMANN, Allgemeines Verwaltungsrecht, 6ème éd., 2010, 
n. 1800 ; Pierre MOOR/Étienne POLTIER, Droit administratif, vol. 2, 3ème éd., 2010, 
n. 5. 8. 3. 3 p. 814). 

 b. Lorsqu’une décision à contenu négatif est portée devant la chambre 
administrative et que le destinataire de la décision sollicite la restitution de l’effet 
suspensif, il y a lieu de distinguer entre la situation de celui qui, lorsque la décision 
intervient, disposait d’un statut légal qui lui était retiré de celui qui ne disposait 
d’aucun droit. Dans le premier cas, la chambre administrative pourra entrer en 
matière sur une requête en restitution de l’effet suspensif, aux conditions de l’art. 66 
al. 3 LPA, l’acceptation de celle-ci induisant, jusqu’à droit jugé, le maintien des 
conditions antérieures. Elle ne pourra pas en faire de même dans le deuxième cas, vu 
le caractère à contenu négatif de la décision administrative contestée. Dans cette 
dernière hypothèse, seul l’octroi de mesures provisionnelles, aux conditions 
cependant restrictives de l’art. 21 LPA, est envisageable (ATA/70/2014 du 5 février 
2014 consid. 4b ; ATA/603/2011 du 23 septembre 2011 consid. 2 ; ATA/280/2009 
du 11 juin 2009 et ATA/278/2009 du 4 juin 2009). 

7)  En l'espèce, la recourante ne demande la restitution de l'effet suspensif que 
pour la décision à contenu positif (bien que défavorable pour elle), soit l'ordre de 
cessation d'exploitation ; il s'agit du reste, et pour cette raison, de la seule des deux 
décisions ayant été déclarée exécutoire nonobstant recours. 

8)  La législation applicable, à savoir les art. 4, 5 et 67 LRDBH, est claire, et 
prévoit d'une part que cesse immédiatement l’exploitation de tout établissement 
exploité sans autorisation en vigueur, et d'autre part que l'autorisation d'exploiter 
suppose l'accord du propriétaire de l'établissement. La recourante ne cite du reste 
aucune disposition légale ni aucune jurisprudence fédérale ou cantonale à l'appui de 
sa thèse, se contentant d'invoquer que M. B______ ne cherche par son comportement 
qu'à nuire à elle-même et à son père. 

  Les chances de succès du recours apparaissent ainsi insuffisantes pour pouvoir 
restituer l'effet suspensif au recours, le maintien d'une situation antérieure illégale 
n'apparaissant en outre pas comme un intérêt digne d'être protégé et donc 
prépondérant. 

  De plus, le fait que la société utilise éventuellement la situation administrative 
particulière pour contourner la procédure civile en cours ne saurait constituer en 
l'espèce une fraude à la loi du point de vue du droit administratif, et seul le TBL 
pourrait le cas échéant décider, par voie de mesures provisionnelles, de préserver 
l'objet du litige en ordonnant à la société – qui n'est pas partie à la présente procédure 
– de signer le formulaire de demande d'autorisation d'exploiter. À cet égard, la 

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recourante ne mentionne d'ailleurs pas dans son recours si elle a finalement déposé 
une telle demande de mesures provisionnelles. 

9)  Dès lors, la demande de restitution de l'effet suspensif sera rejetée, et le sort 
des frais sera réservé jusqu'à droit jugé au fond. 

 Vu l’art. 66 al. 3 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 ; 

 vu l’art. 7 al. 1 du règlement de la chambre administrative du 21 décembre 2010 ; 

 

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE 

refuse de restituer l’effet suspensif au recours ; 

réserve le sort des frais de la procédure jusqu’à droit jugé au fond ; 

dit que conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 
2005 (LTF - RS 173.110), la présente décision peut être portée dans les trente jours qui 
suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière de 
droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de 
preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au 
Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux 
conditions de l’art. 42 LTF. La présente décision et les pièces en possession du recourant, 
invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;  

communique la présente décision, en copie, à Me Pascal Junod, avocat de la recourante, 
ainsi qu'au service du commerce. 

 
 Le vice-président : 

 
 
 

J.-M. Verniory 

 

 
 

 

 

 

 

 

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Copie conforme de cette décision a été communiquée aux parties. 

 

Genève, le  
 
 
 

 

 la greffière :