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**Case Identifier:** 61766e86-8e79-59f3-b45b-6967dfa97289
**Source:** Vaud (VD)
**Court Level:** cantonal
**Decision Date:** 2021-01-01
**Language:** fr
**Title:** Vaud Tribunal cantonal Chambre des recours civile HC / 2017 / 145
**Docket/Reference:** 
**URL:** https://entscheidsuche.ch/docs/VD_FindInfo/VD_TC_010_HC---2017---145_nodate.html

## Full Text

TRIBUNAL
CANTONAL

	
 

 

 

 

JH14.037543-170143

61 

 

 

CHAMBRE
DES RECOURS CIVILE

_________________________________________

Arrêt du
7 février 2017

____________________

Composition
:               Mme             
Courbat,
présidente

             
              M.             
Pellet et Mme Giroud Walther, juges

Greffière
:              Mme             
Robyr

 

 

*****

 

 

Art.
65 LPAv, 73 al. 2 LOJV, 77, 79 al. 1 LPA-VD

 

 

             
Statuant à huis clos sur le recours interjeté par Z.________,
à [...], intimée, contre la décision rendue le 10 janvier 2017 par le Juge de paix des
districts du Jura-Nord vaudois et du Gros-de-Vaud dans la cause divisant la recourante d’avec B.________,
à [...], requérant, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal considère :

             
En fait et en droit :

 

 

1.             
Par décision du 10 janvier 2017, le Juge de paix des districts du Jura-Nord vaudois et du Gros-de-Vaud
a dit que les conclusions de Z.________ sont rejetées (I), que la note d’honoraires n°
06663 du 16 juin 2014 de B.________, de 12'581 fr. 65, est maintenue dans sa quotité (II), que les
frais de la décision sont arrêtés à 350 fr. et compensés avec l’avance
de frais du requérant (III) et que Z.________ versera à B.________ la somme de 350 fr. en remboursement
de ses frais de justice (IV), la cause étant rayée du rôle (V).

 

2.             
Par acte du 23 janvier 2017, Z.________ a recouru
contre cette décision, en concluant, avec suite de frais et dépens, principalement à sa
réforme en ce sens que les 25'267 fr. 45 qu’elle a versés à Me B.________ suffisent
pour rémunérer l’activité exercée par celui-ci dans les causes civiles et pénales
traitées conjointement entre les mois de décembre 2012 et septembre 2013 et à ce que les
frais de la procédure de modération de première instance soient au surplus laissés
à la charge de l’intimé. Subsidiairement, la recourante a conclu à l’annulation
et au renvoi de la cause au premier juge pour nouvelle décision dans le sens des considérants.

 

3.

3.1             
En vertu de l'art. 65 LPAv (loi
sur la profession d'avocat du 9 juin 2015 ; RSV 177.11), la décision de modération peut
faire l'objet d'un recours auprès du Tribunal cantonal. Celui-ci doit être adressé à
la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal (art. 73 al. 2 LOJV [loi d'organisation judiciaire
du 12 septembre 1979; RSV 173.01]). 

 

             
Selon l’art. 65 al. 2 LPAv, la procédure
est régie par la LPA-VD (loi du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative; RSV 173.36).
En particulier, les dispositions du chapitre IV (art. 73 à 91 LPA-VD) consacré au recours administratif
sont applicables par analogie (art. 99 LPA-VD). Selon les art. 77 et 79 al. 1 LPA-VD, le délai de
recours est de trente jours dès la notification de la décision attaquée, l'acte de recours
devant être signé et indiquer les conclusions et motifs du recours (Jomini, Les honoraires
et débours de l'avocat vaudois et leur modération, in JdT 1982 III 2 ss, spéc. n. 4,
p. 4).

 

3.2             
Les conclusions et motifs du recours
doivent manifester la volonté de recourir, c'est-à-dire de contester la décision attaquée
et d'en obtenir la modification: c'est l'élément constitutif central d'un recours. La jurisprudence
fait preuve d'une relative souplesse en ce qui concerne tant la formulation des conclusions que la motivation
des recours. Elle n’exige ainsi pas que les conclusions soient formulées explicitement, quand
elles résultent clairement des motifs allégués. Il suffit qu'on puisse déduire de
l'acte de recours sur quel point et pour quelle raison la décision attaquée est contestée.
La simple allégation que la décision serait erronée et le seul renvoi global à des
actes de procédure antérieurs sont en revanche insuffisants. La motivation du recours doit
se rapporter à l'objet de la décision et au raisonnement juridique qui la soutient, sous peine
d'irrecevabilité (ATF 137 III 617 ; Bovay/Blanchard/Grisel Rapin, Procédure Administrative
Vaudoise – LPA-VD, Bâle 2012, n. 2.14 ad art. 79).

 

3.3             
En l’espèce, le recours est dirigé
contre une décision du juge de paix statuant sur une requête de modération. Le premier
juge a prononcé que la note d’honoraires n° 06663 du 16 juin 2014 de l’intimé,
de 12'581 fr. 65, est maintenue dans sa quotité. Cette note d’honoraires porte sur le volet
civil du mandat confié par la recourante à l’intimé ; le volet pénal de
ce mandat a également fait l’objet d’une procédure de modération.

 

             
La recourante conclut à ce que la décision soit réformée en ce sens que « les
25'267 fr. 45 qu’elle a versés à Me B.________ suffisent pour rémunérer l’activité
exercée par celui-ci dans les causes civiles et pénales traitées conjointement entre les
mois de décembre 2012 et septembre 2013 ». Une telle conclusion est toutefois irrecevable.
Il existe manifestement d’autres notes d’honoraires qui n’ont pas été traitées
par le premier juge dans la décision contestée. La conclusion prise par la recourante ne permet
dès lors pas à l’autorité de recours de comprendre ce qui est contesté dans
la décision attaquée. Elle ne permet pas non plus de saisir quelle est la part de la somme
de 12'581 fr. 65 qui est contestée. A cet égard, la motivation du recours est également
insuffisante pour saisir ce que la recourante admet ou conteste. Quant à la conclusion subsidiaire
en annulation, elle n’est pas non plus motivée. 

 

             
La recourante devait ainsi impérativement chiffrer ses conclusions relatives à la note d’honoraires
n° 06663 qui a été soumise à modération. Ne l’ayant pas fait, son recours
est irrecevable.

 

             
La recourante conclut également à ce que les frais de la procédure de modération
de première instance soient mis à la charge de l’intimé. Le recours est irrecevable
sur le fond de sorte que la cause ne peut plus être revue. Partant, les frais – qui constituent
l’accessoire de la cause – ne peuvent pas non plus être revus. A supposer que cette
conclusion soit recevable, elle devrait de toute façon être rejetée. En effet, l’art.
32 TFJC ne règle pas la question de la répartition des frais, mais celle du calcul du montant
de l’émolument forfaitaire. L’art. 51 LPA-VD prévoit en outre une répartition
des frais compte tenu de l’intérêt des parties à la procédure et du sort fait
à leurs conclusions. Au vu de l’issue de la procédure, la décision du premier juge
de mettre les frais à la charge de la recourante était bien fondée.

 

 

4.             
Au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté dans la faible mesure de sa
recevabilité selon le mode procédural de l'art. 322 al. 1 CPC.

 

             
Les frais judiciaires de deuxième instance, par 100 fr. (art. 75 TFJC [tarif des frais judiciaires
civils du 28 septembre 2010, RSV 270.11.5]), sont mis à la charge de la recourante.

 

 

Par
ces motifs,

la
Chambre des recours civile du Tribunal cantonal,

prononce
:

 

             
I.             
Le recours est rejeté dans la mesure de sa recevabilité.

 

             
II.             
Les frais judiciaires de deuxième instance sont mis par 100 fr. (cent francs) à la charge de
la recourante Z.________.

             
III.             
L’arrêt est exécutoire.

 

La
présidente :               La greffière
:

 

 

 

Du

 

             
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :

 

‑             
Me Léonard Bruchez (pour Z.________),

‑             
Me B.________.

 

             
La Chambre des recours civile considère que la valeur litigieuse est inférieure à 30'000
francs.

 

             
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal
fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral –
RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF.
Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit
du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève
une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant
le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).

 

             
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑             
M. le Juge de paix des districts du Jura-Nord vaudois et du Gros-de-Vaud.

 

             
La greffière :